-ocr page 1-

NOUVELLE

ICONOGRAPHIE

FOURRAGÈRE

-ocr page 2-

'un ouï!". m-wmphit ι. «i'bììjii uurand ì comp., «ut de u pomme

-ocr page 3-

f/ r S

6

M /

NOUVELLE

ICONOGRAPHIE

FOURRAGÈRE

HISTOIRE BOTANIQUE, ÉCONOMIQUE ET AGRICOLE

DES PLANTES FOURRAGÈRES

P. NAUDIN

ET DES

PLANTES NUISIBLES QUI SE RENCONTRENT DANS LES PRAIRIES ET LES PATURAGES

AVEC PLANCHES GRAVÉES SUR CUIVRE ET COLORIÉES

par mm.

J. GOURDON

Docleuren médecine, Professeur a l'École vétérinaire
de Toulouse.

Vétérinaire en 1"' au 19e régiment d'artillerie ii
cheval, chevalier de la l.égion d'Honneur.


PAR 18

v. * 1
>
h
W 3

P. ASSELIN, SOécESSpi DEr£ÌCHffijEUNE ET LABE

LmiVilé« de Va', iw cu lté! de Xjïöecink

I \ s* 7

BT DE LA SOCIÉTÉ CÉÀRAIE. DE ^jÉnéClM VÉTKK1N Al HE

'V ]) y

rijksuniversiteit te utrecht

M DCCC LXNI

1839 8168

III

-ocr page 4-

Bibliotheek der
Rijksuniversiteit te Utrecht
Afd. Diergeneeskunde

-ocr page 5-

AVANT-PROPOS

Jamais, mieux qu'à notre époque, on n'a senti la nécessité, comme
base d'une bonne exploitation du sol, de l'entretien du bétail. Par les
engrais qu'ils fournissent, par les produits qu'on en obtient, par leur travail,
les bestiaux, en effet, sont l'unique moyen de cultiver la terre avec fruit,
de lui conserver définitivement sa fécondité, d'en développer toutes les
ressources, de satisfaire enfin aux besoins multipliés d'une production
toujours croissante.

De là l'importance extrême des cultures fourragères, destinées à four-
nir aux animaux, justement considérés aujourd'hui comme la clé de voûte
de notre agriculture, une nourriture variée et substantielle. Le temps n'est
plus où le seul produit des prairies naturelles, des terres en friches, pouvait
suffire à l'alimentation des animaux de la ferme. L'extension des cultures,
en restreignant l'espace réservé aux pâturages primitifs, a rendu indispen-
sable la recherche de nouveaux moyens d'alimentation, la production de
plantes plus nutritives, qu'il a fallu dès lors emprunter à toutes les classes
du règne végétal.

Ainsi ont pris naissance les prairies artificielles qui, en se multipliant,
ont si profondément modifié les lois fondamentales de la pratique agricole.
Leur premier effet a été d'élever le prix de la terre ; ce qui, par contre-coup,
a rendu nécessaire un meilleur choix des plantes devant entrer dans leur
composition. En même temps s'est développé, par une conséquence nalu-
relle, le besoin d'une étude plus approfondie de ces mêmes plantes, dont
les espèces peuvent varier à l'infini suivant les animaux à nourrir, le climat,
le sol, les moyens d'exploitation dont on dispose, etc.

-ocr page 6-

ayant-propos.

En ces circonstances, on a pu parfois regretter que les moyens propres
à acquérir une connaissance complète des plantes fourragères ne se soient
pas offerts en proportion de l'importance économique et agricole que ces
plantes ont acquise. Non que les traités spéciaux fassent défaut; il en est,
au contraire, d'excellents, qui enseignent tout ce qu'en ces matières il
est nécessaire de connaître. Nous pouvons citer ainsi, entre autres, la
Maison rustique du dix-neuvième siècle, le Cours d'Agriculture pratique de
M. G. Heuzé, le
Traité des plantes fourragères de M. H. Lecoq, etc. Mais
n'étant point, sinon très partiellement, accompagnés de la représentation
des objets décrits, sans laquelle on ne saurait aborder qu'avec diiliculté
une étude de cette nature, ces ouvrages n'excluaient point une étude nou-
velle, principalement figurative, des espèces végétales si variées, comprises
sous le nom de Plantes fourragères. C'est cette œuvre que nous avons
entreprise en publiant la présente
Iconographie, description, accompagnée
d'un Atlas, de la plupart des plantes qu'au point de vue de l'alimentation
des .animaux domestiques il importe de savoir distinguer.

Nous avons compris dans ce cadre, non-seulement les plantes cultivées
comme fourragères, mais encore celles qui, sans être l'objet d'une culture
spéciale, fournissent ou peuvent donner aux animaux des matériaux alimen-
taires. L'on ne s'étonnera pas de la liste étendue des végétaux se trouvant
dans ce cas, eu égard au petit nombre des espèces habituellement culti-
vées. On devra y voir uniquement la preuve que la culture fourragère n'a
pas atteint tout son développement, n'a pas su utiliser encore toutes les
richesses que la nature a mises à sa disposition.

Outre les espèces alimentaires, se trouvent mentionnées dans l'ouvrage,
d'abord les principales plantes nuisibles qu'il n'est pas moins essentiel de
pouvoir reconnaître ; puis, enfin, toutes celles qui, sans être nuisibles, et
sans offrir non plus d'utilité réelle, se rencontrent néanmoins assez com-
munément dans les prairies et les pâturages pour mériter d'être connues.

Malgré l'étendue de son cadre, l'Atlas de notre Iconographie n'est point
et ne pouvait être absolument complet. On le concevra aisément : quelque
soin que nous avons pu prendre pour représenter, indépendamment des
plantes fourragères essentielles, celles qui, par leurs bonnes ou leurs mau-
vaises qualités, intéressent le cultivateur, l'éleveur, etc., il ne nous a point
été possible d'y comprendre la totalité des végétaux qui, à l'un ou à l'autre
de ces titres, eussent pu y entrer. Le champ, en effet, est sans limites; mais
il fallait nous borner et nous arrêter à un choix; nous l'avons fait en nous

VI

-ocr page 7-

avant-propos.

attachant spécialement à représenter les espèces les plus utiles ou les plus
répandues. Quant à celles qui n'ont point été figurées, nous en avons au
moins rappelé, dans le texte, le nom et les propriétés principales.

Il est presque inutile de faire remarquer que cet ouvrage n'est point
une Flore proprement dite, ni un traité de Botanique. Son litre lui traçait
un autre plan que nous nous sommes efforcés de suivre, d'abord en nous
bornant, pour ce qui concerne la description des plantes, à énumérer les
caractères les plus propres à aider les personnes étrangères ou non exercées
aux études botaniques, à reconnaître les espèces ; puis en complétant ces
indications, pour les plantes spécialement cultivées comme fourragères,
par des notions plus étendues sur le mode de culture et leur emploi.

Dans le principe, nous avions eu la pensée de réunir, dans un volume
spécial qui devait suivre
I'Iconographie, les notions diverses touchant l'em-
ploi alimentaire des plantes et l'alimentation du bétail en général. Mais nous
avons senti l'inconvénient d'un double texte dans un ouvrage de cette
nature déjà accompagné d'un Atlas, et il nous a paru préférable de réunir
à l'histoire même des plantes décrites, les matières devant faire l'objet de ce
deuxième volume.

Pour nos descriptions, un ordre était nécessaire. Nous avons suivi
l'ordre botanique, le seul qui fût possible, et qui, en réunissant les espèces
rapprochées par leurs caractères essentiels et souvent par leurs propriétés
médicales ou alimentaires, non-seulement fait mieux saisir les rapports
naturels des plantes, donne une idée plus nette des groupes les plus impor-
tants, mais évite les répétitions et facilite les recherches, même aux lecteurs
les moins familiarisés avec ce genre d'études. Ayant à choisir entre les
diverses classifications botaniques en usage, nous avons donné la préférence
h celle de De Candolle, la plus généralement adoptée aujourd'hui, et aussi
la plus simple, en ce qu'elle n'admet qu'un petit nombre de divisions, fon-
dées sur des caractères nets, tranchés et faciles à saisir.

Quant au classement des genres et des espèces dans chaque famille,
nous nous sommes le plus ordinairement inspirés de la
Flore de France par
MM. Grenier et Godron, tout en nous attachant à donner un rang prédo-
minant aux espèces principales, eu égard au point de vue où nous nous
sommes placés, et dont la détermination sera facilitée, nous l'espérons,
par les tableaux synoptiques nombreux qui accompagnent ou suppléent la
plupart des descriptions.

VII

-ocr page 8-

VIII AVANT-PROPOS.

En terminant ces quelques lignes d'avant-propos, un mot de remer-
ciement aux savants qui ont bien voulu, pour l'exécution de ce travail,
nous aider de leur concours, et parmi lesquels nous devons citer : M. Baillet,
professeur de botanique et d'agriculture à l'École vétérinaire d'Alforl,
M. F. Plée, l'habile auteur du grand ouvrage de botanique illustrée : les
Types des familles des plantes de France, qui a mis à la fois à notre dis-
position, avec le plus généreux désintéressement, son double talent d'artiste
et de botaniste, et dont les conseils éclairés nous ont été maintes fois du
plus utile secours.

-ocr page 9-

...................

'mm

TABLE MÉTHODIQUE

DES CLASSES, FAMILLES ET GENRES

MENTIONNÉS DANS L'OUVRAGE

I e Classe. — THALAMIFLORES.

Famille des RENONCULACÉES Juss. 3

Renoncule, Ranunculus L............5

Ficaire, Ficaria DG........................8

Adonide, Adonis L........................8

Clématite, Clematis L...............8

Pigamon, Thalictrum L................9

Anémone, AnemoneL.............10

Populage, Caltha L........................10

Aconit, Aconitum L......................11

Dauphinelle , Delphinium L. ... 12

Trolle, Trollius L..........................12

Hellébore, Helleborus L ..............12

Nigelle, Nigella L........................13

Ancolie, Aquilegia L....................'14

Famille des ACTÉ ÂGÉES......................14

Famille des PAPAVÉRACÉES Juss.. 14

Pavot, Papaver L......................15

Chélifloine, Chelidonium T..........10

Glaucion, Glaucium T...............16

Famille des FUMARIACÉES DG... . 17

Fumeterre, Fumaria L................17

Corydale, Corydalis DG................17

Famille des CRUCIFÈRES Juss..........18

Raifort, Raphanus L......................20

Ravenelle, Raphanistrum T.... 20

Chou, Brassica L..........................20

Moutarde, Sinapis L......................22

Roquette, Eruca DC....................23

Diplotaxe, Diplotaxis DC..............23

Cresson, Nasturtium Rb..............24

TouiTette, Turritis L..................24

Sisymbre, Sisymbrium L..............24

Giroflée, Cheiranthus L...... . . 25

Barbarée, Rarbarea R. Br..... 25

Vélar , Erysimum L...............25

Julienne, llesperis L......................25

Arabette, ' Arabis L........................26

Cardamine, Cardamine L............26

Rapistre, Rapistrum Boerh. ... 26

Grambé, Crambe T........................26

Neslie, Neslia Desv........................27

My agre, MyagrumT.... ............27

Buntas, Bunias R. Br..................28

Lunaire, Lunaria L ....................28

Alysson , Alyssum L......................28

Gameline, Camelina Cr..............28

Drave, Drab a L..............................29

Cochléaria, Cochlearia L..............29

Ibéride, Iberis L............................29

Passerage , Lepidnim L................30

Tabouret, Thlaspi L......................30

Capselle, Capsella Vent..............30

Pastel, Isatis L..............................31

Famille des CISTACÉES......................32

Giste, Cistus T................................32

Helianthème, Helianthemum L.. 32

Famille des RÉSÉDACÉES DG............33

Réséda, Reseda L..........................33

Famille des VIOLACÉES T..................34

Famille des CARYOPHYLLÉES..........34

Spergule, Spergula........................36

Spergelle, Spergella Rech............38

Ceraiste, Cerastium L..................38

Sabline, Arenaria L......................38

Stellaire, Slellaria L......................39

Sagine, Sagina L.........................39

Œillet, Dianthus L........................39

Saponaire, Saponaria L................40

Gypsophile, Gypsojihila L............40

Silène, Silene DG............................40

Agrostème, Agrostemma L..........41

Lychnide , Lychnis L ..................42

Cucubale, Cucubalus Gaertn... 43

Famille des LINACÉES..........................43

Famille des MALVACÉES J..................44

Mauve, Malva L .........................45

Famille des HYPÈRIGACÉES DG.... 45

Millepertuis, Hypericum L............46

Androsème, Androsœmum All 46

Famille des GÉBANIACÉES DC..........46

Géranion, Geranium L................47

Erodie, Er odium L'Hérit............49

Famille des VITACÉES...................49

Vigne, Vitis L..................................50

Ampelopside, Ampélopsis DC. , 50

Famille des OXALIDÉES DC..............51

Famille des CORIARIÉES DC..............52


CALICIFLORES.

2e Classe.

Famille desTÉRÉBINTHACÉES Juss. 53

Sumac, Rhus L............... 53

Famille des LÉGUMINEUSES Juss.. 54
1 rc Tribu. — Génistées.......... 57

Ajonc, Ulex L............... 57

Spartier, Spar Hum L.......... 62

*


-ocr page 10-

TABLE METHODIQUE.

Genêt, Genista L............ 63

Sarothamne, Sarothamnus Wimm 65

Cytise, Cytisus E............ 67

Bugrane, Ononis L............ 69

Anthyllide, Anthyllis L........ 70

Lupin, Lupinus T............. 71

2e Tribu. — Trifoliées.......... 76

Trèfle, TrifoliumT............ 76

Dorycnium, Dorycnium T...... 103

Mélilot, MeliloUis T............ 103

Trigonelle, Trigonella h.......105

Luzerne, Medicago............ 107

Haricot, Phaseolus L..........121

Lotier, Lotus L................ 121

Tétragonolobe , Tetragonolobus

Scop.....................125

Psoralier, Psoralea L.......... 125

3e Tribu. — Galégées........... 126

Galega, Galega T.............126

Réglisse, Glycyrrhiza T........127

Baguenaudier, ColuteaL....... 127

Robinier, Bobinia L........... 128

4e Tribu. — Astragalées........129

Astragale, Astragalus L.......'129

Phaque ou Astragaloïde,Phaca L. 131

Oxytropis, Oxytropis DC....... 132

Biserule, Biserula L..........132

5e Tribu. — hédysarées......... '132

Esparcette, Onobrxjchis T....... 133

Sainfoin, Iledysarum L........ '143

Ornithope, Ornithopus Desv. ... '145

Coronille, Coronilla Neck...... '147

Sécurigère, Securigera DG...... 149

Ilippocrépide, Hippocrepis L. .. 149

Scorpiure, Scorpiurus L....... '150

6e Tribu. — Viciées............. '150

Fève, Faba T................ 151

Craque, Cracca Riv........... 160

Vesce, Vicia T................ 163

Lentille, Lens T.............. '176

Ers, Ervum L....... ......... . 178

Ervilie, Ervilia Link..........179

Gesse, Lathymish............. 181

Orobe, Orobus L.............. 193

Pois, Pisum L................ 195

Cicérole ou Chiche, Cicer L. . . 200

7e Tribu. — Sophorées.........202

Famille des ROSACÉES Juss ...... 203

Ire Tribu. — Amygdalées......... 205

2e Tribu. — Spirées............ 205

Spirée, Spirœa L.............. 205

3e Tribu.— Potentillées.......207

Benoîte, Geum L............... 720

Sibbaldie, Sibbaldia L......... 208

Potentine, Potentilla L........ 208

Tormentille, Tormentìlla L..... 211

Fraisier, Fragaria L.......... 212

Comaret, ComarUtn L......... 212

Ronce, Bubus L.............212

Dryade, Dry as L.............214

4e Tribu. — Rosées............. 214

5e Tribu. — Sanguisorbées...... 215

Aigremoine, Agrimonia T...... 215

Pimprenelle, Potertum L....... 216

Sanglai sorbe, Sanguisorba L____218

Alchemille, Alchemilla T....... 219

6e Tribu. — Pomacées........... 220

Famille des ONAGRARIÉES Juss .. 221

Epilobe, Epilobium L.......... 221

Onagre ou Œnothère,ŒnotheraL 223

Isnardie, Isnardia L........... 224

Gircée, Circœa L.............. 224

Macre, Trapa L...............225

Famille des LYTHRARIÉES Juss.... 226

Salicaire, Lythrum L.......... 226

Peplide, Peplis L..............227

Famille des GUCURBITACÉES Juss. 228

Courge, Cucurbita L........... 229

Calebasse, Lagenaria Ser ..... 238

Benincasa, Benincasa Savi..... 238

Concombre, Cucumis L........ 238

Momordique, Momordica L..... 241

Bryone, Bryonia L ........... 242

Famille des PORTULAGEES Juss.... 243

Pourpier, Portulaca T......... 243

Montie, MontiaL.............. 243

Claytone, Claytonia L......... 243,

Ulluco, Ullucus Lozan......... 244

Famille des CRASSULACÉES DG.. 244

Crassule, Crassula L.......... 245

Bulliardie, Bulliardia DC....... 245

Tillée, Tillœa Mich............ 245

Orpin, Sedum DG............. 245

Cotylédon, Cotylédon L........ 248

Joubarbe, Sempervivum L. .. ... 248

Rhodiole, Bhodiola L..........249

Famille des SAXIFRAGÉES Juss.... 249

Saxifrage, Saxifraga L......... 250

Dorine, Chrysosplenium L. ... 251

Famille des OMBELLIFÈRES T..... 252

Ire Tribu. — Daucinées.........254

Carotte, Daucus L............. 255

Orlaya, Orlaya Hoff........... 271

2e Tribu. — Thapsiées........... 272

Siler, Siler Scop............... 272

Thapsie, Thapsia L........... 272

Laser, Laserpitium L ........272

3c Tribu. — Caucalinées........ 273

Turgénie, Turgenia Hoff......273

Caucalide, Caucalis L.........274

Torilide, Torilis Hoff.......... 274

4e Tribu. — Corjandrées........ 275

Bifora, Bifora Hoff...........275

Coriandre, Coriandrum L.,. ... 276

5e Tribu. — Angélicées.........276

Angélique, Angelica L.........276

Levisticum, Levisticum Koch... 277

Selin, Selinum L.............. 278

6e Tribu. — Peucédanées........278

Aneth, Anethum T............278

Impératoire, Imperatoria L.... 279

Panais, Pastinaca T........... 279

Berce, Heracleum L..........284

Férule, Ferula T.............285

Peucédane, Peucedanum Koch. . 286

Tordyle, TordyliumT.........287

Opopanax, Opopanax Koch..... 288

7e Tribu. — Séselinées........... 288


-ocr page 11-

XITABLE MÉTHODIQUE.

Griste, Crithmum L......................289

Meum, Meum T..............................289

Silaus, Silctus Bess...........290

Livêche, Ligusticum L..................290

Trochiscantlies , Trochïscanthes

Koch..........................................290

Athamanta, Athamanta Koch... 291

Séseli, Seseli L..............291

iEthuse, JEthusa L...........292

Fenouil, Fœniculum Hoff............292

Cnidium, Cnidium Cuss........293

Œnanthe, Œnanthe L..................293

8e Tribu. — Amminées. . ...............296

Buplèvre, Bupleurum L..............296

Berle, Sium L................................298

Berule, Berula Koch......................299

Boucage, Pimpinella L...... . 299

Ammi, Ammi L............................300

Bunion, Bunium L..........301

Carvi, C, arum L..............................301

Persil, Petroselinum Hoff.....302

Sison, Sison Lag............................303

Jîgopode, JEgopodium L..............304

Ptychotis, Ptychotis Koch............304

Cicutaire, Cicuta L........................304

Ache, Apium Hoff........................305

Helosciadum, llelosciadumKoch. 305

Falcaria, Falcaria Riv..................306

Trinie, Trinia Hoff...........306

9° Tribu. — Scandicinées................306

Scandix, Scandix Gaertn............307

Anthrisque, Anthriscus Hoff. .. 307

Myrrhis, Myrrhis Scopp................308

Cerfeuil, Chœrophyllum h .... 309

Conopode, Conopodium DC. .... 310

10e Tribu. — Smyrnées.........310

Maceron, Smyrnium L........310

Ciguë, Conium L..........................311

Cachrys, Cachrys T........................312

Pleurospermum, Pleur ospermum

Hoff...................312

Molospermum, Molospermum

Koch.............................312

Physospermum, Physospermum

Cuss..........................................312

Echinophore, Echinophora T... 313

lie Tribu. — Hydrocotylées. .... 313

Hydrocotyle, Hydrocotyle T. .. . 313

Astrance, Astrantia L..................313

12e Tribu. — Éryngiées........314

Panicaut, Eryngium L ................314

Sanicle, Sanicula T........................315

Famille des CAPRIFOLIACÉES Ricii. 316

Lierre, Hedera L.............316

Cornouiller, Cornus L..................317

Adoxe, Adoxa L.............317

Sureau, Sambucus T......................318

Viorne, Viburnum L....................318

Chèvrefeuille, Lonicera L.....319

Famille des LORANTHACÉES Juss . 320

Gui, Viscum T ..............................321

Famille des RUBIAGÉES Juss............321

Garance, Rubia T......................322

Galliet, Galium L..........................323

Vaillantie, VaülantiaDG.; Valan-

tia L....................327

Sherarde, Sherardia L........327

Asperule, Asperula L....................327

Crucianelle, Crucianella L. ... 329

Familie des YALÄRIANfiES DC.....329

Centranthe, Centranthus DG.... 330

Valeriane, Valeriana L................330

Valerianelle, Valerianella Poll. 332

Fedia, Fedia Mcench........334

Familie des DIPSACEES DC.......335

Cardere, Dipsacus T..............335

Ceplialaire, Cephalaria Sciirad. 336

Scabieuse, Scabiosa L....................337

Knautie, Knautia Coult.......339

Familie des COMPOSfiES Vaill..........340

l»*e Sous-Famüle.— Cynarocepha-

les Juss.................342

Ire Tribu. — Echinopsidees............342

Echinope, Echinops L..................343

2e Tribu. — Silybees........................343

Silybe, Silybum Vaill....................343

Tyrimne, Tyrimnus Coss................344

Galactite, Galactües Mcench. ... 344

3e Tribu. — Carduees...........345

Chardon, Carduus G^ertn.....345

Cirse, Cirsium T............................348

Artichaut, Cynara Vaill.......352

Picnomon, Picnomon Lob.....352

Gardoncelle, Carduncellus Adans 353

Onoporde, Onopordum Vaill, .. 353

Notobasis, Notobasis Cass......354

4e Tribu. — Centauriees..................354

Cnicaut, Cnicus Vaill....................354

Crupine, Crupina Cass......355

Microlonchus, Microlonclius DG. 355

Centauree, Centaurea L................355

Centaurium, Centaurium Hall. 360

Sarrete, Serratula DC..................361

Rhapontic, Rhaponticum DC... 361
Kentrophylle, KentrophyIIum

Neck. ......................................362

Garthame, Carthamus L..............362

5e Tribu. — Carlinees..........363

Atractyle, Atractylis L..................363

Carline, Carlina T........................364

Steheline, Stcchelina DC..............365

Jurinee, Jurinea Cass..................365

Leuzee, Leuzea DC............366

Chamsepeuce, Chamoepeuce Pros

Alp..........................................366

Bardane, Arctium L. ........ 366

Saussurea, Saussurea DG..............367

Berardie, Berardia Vill..............368

Tribu. — Xerantiiemees......368

Immortelle, Xeranthemum T... 368
2e Sous-Famüle. — Corymbiferes

Juss..........................................369

Ire Tribu. — Calendulees. ...... 370

Souci, Calendula Neck........370

2e Tribu. — Inulees............371

Carpesium, Carpesium L..............371

Micropus, Micropus L.........371

Evax, Evax G^ertn........................372


-ocr page 12-

taule méthodique.

Cotonnière, Filago ï.......... 372

Hélichryse, Helichrysum DC.... 373
Gnaphale,
Gnaphalium Don. ... 373
Léontopodium,
Leontopodium R.

Brown. .................. 374

Antennarie , Antennaria R.

Brown................... 374

Cupulaire, Cupularia Gon.....375

Pulicaire, Pulicaria G^ertn.... 375

Jasonia, Jasonia DG........... 376

Aunée, Inula L............... 376

Tribu. — Buphtiialmées......378

Buplithalme ou CEil - de-Bœuf,

Buphthalmum L ......... 378

Astéroïde, Astericus Mcench. ... 379

Pallenis, Pallenis Gass......... 379

4e Tribu. — Gamomillées........379

Bident, Bidens L.............380

Hélianthe, Heliant.hus L.....381

Madie, Madia Mol............. 392

Anacyelus, Anacyclus Pers..... 392

Achillée, AchilleaL..........392

Cota, Cota Gay................ 395

Anthémis, Antliemis L......... 395

Camomille, Chamomilla God ... 396

Santoline, Santolina T......... 397

Diotis, Diotis Desf.....„......397

Spilanthe, Spilanthes Jacq...... 397

5c Tribu. — Sénécionées......... 398

Armoise, ArtemisiaL.......... 398

Tanaisie, Tanacetum Less...... 401

Plagius, Plagius DC........... 402

Chrysanthème, Chrysanthemum

T.......! ...............402

Leucanthème, Leucanthemum T. 402

Matricaire, Matricaria L....... 404

Doronic, Donoriçum L......... 404

Aronic, Aronicum Neck........ 405

Arnica, Arnica L.............405

Ligulaire, Ligularia Gass...... 405

• Seneçon, Senecio Less......... 406

6e Tribu. — Astérinées........4Ö8

Chrysocome, Chrysocoma L.... 409

Conyse, Conysa Less. ........409

Phagnalon, Phagnalon Gass. ... 409

Vergerette, Erigeron L........410

Belîidiastrum , Bellidiastrum

Micii..................... 410

Stenactis, Stenactis Nees....... 410

Astère, Aster Nees............ 411

Solidage, Solidago L........... 411

Bellion, Bellium L ........... 412

Pâquerette, Bellis L...........412

7e Tribu. — Eupatoriées......... 413

Tussilage, Tussilago L......... 413

Pétasite, Petasites T...........413

Homogyne, Bomogyne Cass.... 414
Cacalie,
Cacalia L.; Adenostyles

Cass..................... 414

Eupatoire, Eupatorium L...... 415

3e Sous-Famille. — Chicoracées

Juss...................... 416

l'e Tribu. — Gichoriées.........416

Rhagadiole, BhagadiolusT.....417

Lampsane, Lampsana L.......417

Aposéride, Aposeris Neck......418

Arnoséride, Arnoseris G^ertn.. . 418

Hyoséride, Hyoseris Juss.......418

Hédypnoïcle, Hedypnois T......418

Tolpis, Toljns G^ertn..........419

Cupidone, Catananche Vaill. .. 419

Chicorée, Cichorium L.........419

2e Tribu. — Crépidées.......... 427

Ptérothèque, Pterotheca Gass. .. 428

Soyérie, Soyeria Monn......... 428

Épervière, Hieracium L........428

Andryale, Andryala L ........433

Crépide, Crépis L............433

Barkhausie, Barkhausia Mœnch. 435

Chondrille, Chondrilla L....... 436

Pissenlit, Taraxacum Juss.....436

Laitue, Lactuca T............439

Prénanthe, Prenanthes L....... 442

Laitron, Sonchus L............442

Mulgédie, Mulgedium Cass......444

Picridée, Picridium Desf......444

Zacinthe, Zacintlia T.........445

3e Tribu. —Sciorzonérées.......445

Urosperme, Urospermum Juss.. 445
Helminthie,
Helminthia Juss... 446

Thrincie, Thrincia Rotii....... 446

Liondent, Leontodon L......... 447

Picride, Picris Juss...........448

Scorzonère, Scorzonera L......448

Podosperme, Podospermum DC. 450

Salsifis, Tragopogon L........450

Géropogon, Geropogon L......452

4e Tribu. — Hypochœridées.....452

Porcelle, Iiypochœris L........452

Sériole, Seriola ............ 453

Robertie, Bobertia L...........453

5e Tribu. — Scolymées..........453

Scolyme, Scolymus L.........453

Famille des AMBROSIACÉES Link. . 454
Lampourde,
Xanthium T..... . 455

Ambroisie, Ambrosia T........455

Famille des GAMPANULACÉES Juss. 456

Lobélie, Lobelia L...... .... 456

Jasione, Jasione L ............456

Raiponce, Phyteuma L.........457

Spéculaire, Specularia Heist... 458

Campanule, Campanula L.....459

Wahlenbergie , Wahlenbergia

Schrad .................. 462

Famille des VACCINIÉES DC.......462

Airelle, Vaccinium L.......... 462

Canneberge, Oxycoccos T......463

Famille des ERIGACÉES Lindl.....463

Arbousier, Arbutus T.........464

Andromède, Andromeda L..... 465

Phyllodoce, Phyllodoce Don .... 465

Rosage, Bhododendron L......465

Azalée, Azalea L.............465

Dabœcie, Dabœcia Don.......466

Callune, Calluna Salisb........466

Bruyère, Erica L.............. 468

Pyrole, Pyrolu T.............469

Monotrope, Monotropa L....... 470


-ocr page 13-

XITABLE MÉTHODIQUE.

3r Classe. — COROLLIFLORES.

Famille des LENTIBULARIÉES L.-G.

Rich..................... 471

Grassette, Pinguicula T.......471

Utriculaire, Utricularia L .. . . 472
Famille des PRIMULACÉES Vent. .. 472

Hottone, Iiottonia L...........473

Primevère, Primula T.. .....473

Cortuse, Cortusa L............ 475

Grégoria, Gregoria Due........475

Androsace, Androsace T......475

Cyclame, Cyclamen T..........475

Trientale, Trientalis L......... 476

Soldanelle, Soldanella T.......476

Glaux, Glaux T................ 476

Coris, Coris T................. 476

Lysimaque, Lysimachia L.....477

Asterolin, Asterolinum Link et

Hoffm................... 478

Mouron, AnagallisL..........478

Centenille, Centunculus L......479

Samole, Samolus T............ 479

Famille des JASMINÉES Juss....... 479

Jasmin, Jasminum T........... 480

Olivier, Olea T............... 480

Phyllirea, Phyllirea T........481

Troène, Ligustrum T..........481

Lilas, Lilac T ; Syringua L.....481

Orne, Or nus T...............481

Frêne, Fraxinus T............ 482

Famille des APOCYNÉES Juss______483

Pervenche, Vinca L......... 483

Apocyn, Apocynum T..........483

Nérier, Nerium L........... 484

Famille des ASCLÉPIADIÉES R. Bit. 484

Asclépiade, Asclepias L........485

Gomphocarpe, Gomphocarpos

R.Br.................... 485

Dompte - Venin, Vincetoxicum

Mœnch.................. 485

Gynanehe, Cynanchum L.......486

Famille des GENTIANÉES Juss..... 486

Gentiane, Genliana T..........487

Swertie, Swertia L............489

Érythrée, Erythrœa Ren.......489

Gicendie, Cicendia Adans...... 490

Chlorette, Chlora L............ 490

Ményanthe, Menyantes T. ......491

Limnanthème, Limnanthemum

Gmel....................491

Famille des POLYGALÉES Juss.....492

Polygala, Polygala L.......... 492

Famille des CONVOLVULACÉES Vt. 493

Liseron, Convolvulus L .......494

Cresse, Cressa L ..... ........ 498

Cuscute, Cuscuta T............ 498

Famille des SESAMÉES DC........509

Sésame, Sesameum L.......... 509

Famille des BORRAGINÉES Juss. .. 509

Ire Tribu. — Litiiospermées...... 510

Mélinet, Cerinthe T...........511

Vipérine, Echium T ..........511

Pulmonaire, Pulmonariu T..........512

Gremil, Lithospermum T............513

Orcanette, Onosma L ..................514

Alkanna, Alkanna Tausch.....514

Myosotis, Myosothis L.........514

2o Tribu. — Ànchusées..........516

Gonsoude, Symphytum..........516

Buglosse, Anchusa........................519

Lycopside, Lycopsis L..................520

Nonnée, Norinea Médik........521

Bourrache, Borrago T..................521

3e Tribu. — Cynoglossées.......522

Cynoglosse, Cynoglossum T . ... 522

Bardanette, Echinospermum Sw. 523

Héliotrope, Eliotropium L. ... 523

Rapette, Asperugo T.........524

Omphalode, Omphalodes T.....524

Eritriche, Eritrichum Sciirad .. 524

Famille des SOLANÉES Juss..............525

Morelle, Solanum L\ ... ............526

Tomate, Lycopersicùm T..............569

Piment, Capsicum L.........569

Quoqueret, Physalis L..................570

Nicandra, Nicandra, Adans. .. 570

Belladone, Atropa L....................570

Mandragore, Mandragora T--------571

Lyciet, Lyciurn L............572

Stramoine, Datura L.........572

Tabac, Nicotiana L....................573

Jusquiame, Hyoscyamus T............573

Famille des VERBASCÉES Bartl. . . 574

Molène, Verbascum L.........574

Celsie, Celsia L............... 576

Famille des SCROPHULARIACEES L. 576

Ire Tribu. — Antirrhinées....... 577

Scrophulaire, Scrophularia T... 577

Muflier, Antirrhinum T........ 578

Anarrhine, Anarrhinum Desf., 579

Linaire, Lin aria T..... ......579

Gratiole, Gratiola L........... 580

Lindernie, Lindernia All...... 581

2e Tribu. — Véronicées.......... 581

Véronique, Veronica T......... 581

Digitale, Digitalis T........... 584

Sibthorpie, Sibthorpia L.......585

Erine, Erinus L............... 526

Limoselle, Limosella L ....... 586

3e Tribu. — Riiinanthées.......586

Rhinanthe, Rhinanthus L... .. 587

Pédiculaire, Pedicularis T.....588

Euphraise, Euphrasia T.......589

Odontitès, Odontites Hall....... 590

Bartsie, Bartsia L............. 590

Trixago, Trixago Stev........ 591

Mélampyre, Melampyrum T---- 591

Tozzia, Tozzia L..............593

Famille des OROBANCIIÉES L. G. R. 593

Orobanche, Orobanche L....... 594

Lathrée, Lathrœa L........... 596

Clandestine, Clandestina T..... 596

Phelipée, Phelipœa G. A. Mey. . 596


-ocr page 14-

XITABLE MÉTHODIQUE.

Famille des LABIÉES T........................597

Ire Tribu. — Lavandulées................598

Lavande, Lavandula L.......599

Basilic, Ocymum T........................599

2c Tribu. — Mélissées......................599

Mélisse, Melissa T............600

Horminelle, horminum L............600

Calament, Calamintha Mœncii. 600

Micromérie, Micromerie Benth. . 601

Sarriette, Satureia L....................601

3e Tribu. — Népétées......................602

Népéta, Nepeta L..........................602

Gléchome, Glecoma L..................602

Dracocéphale, Dracocephalum L. 603

4e Tribu. — Stachydées..................603

Crapaudine, Sideritis L........603

Marrube, Marrubium L........604

Ballotte, Ballotta L...........604

Lamier, Lamium L...........604

Agripaume, Leonurus L........ 605

Galéope, Galeopsis L..........606

Phlomide, Phlomis L....................607

Stachyde ou Epiaire, Stachys L.. 607

Bétoine, Betonica L......................608

Scutellaire ou Toque, Scutella-
ria
L.....................609

Mélitte, Melittis L.............609

Brunelle, Brunella T.. .......609

Prasium, Prasium L.......... 610

5e Tribu. — Salviées........... 610

Romarin, Bosmarinus......... 610

Sauge, Salvia L............... 611

6e Tribu. — Thymées............ 613

Thym, Thymus L.............. 613

Origan, Origanum T..........614

Hyssope, Hyssopus L...........614

7e Tribu. — Teucriées........... 615

Bugle, A jug a L..............615

Germandrée, Teucrium L...... 616

8e Tribu. — Menthées........... 617

Preslie, Preslia Opitz.........618

Menthe, Mentha L............. 618

Lycope, Lycopus L .........620

Famille des VÈRBÉNACÉES Juss. .. 620

Verveine, Verbena T........... 621

Gattilier, Vit ex L.............. 621

Famille des PLANTAGINÉES Juss.. 621

Plantain, Plantago L.......... 622

Littorelle, Littorella L . ... ..... 626

Famille des PLUMBAGINÉES Endl.. 626

Dentelaire , Plumbago T........ 626

Limoniastrum, Limoniastrum M. 627

Statice, Statice Willd.........627

Armérie, Armeria Wii,ld......628

Famille des GLOBULARIÉES DC.... 629
Globulaire,
Globularia L....... 629


4e Classe. — MONOCHLAMYDEES.

Famille des NYGTAGINÉES Juss.... 630
Nyctage,
Nyctago Juss.; Mirabi-
lis L
.................... 630

Famille des CHÉNOPODÉES Vent. 631

Ire Tribu. — Spinaciées.......... 632

Arroche, Atriplex T ..........632

Obione, Obione G/ertn........ 633

Épinard, Spinacia T........... 633

2e Tribu. — Ghénopodiées. .,..... 634

Bette, Beta T................. 634

Anserine, Chenopodium L...... 659

Roubieva, Boubieva Moq....... 661

Blite, BUtum T............... 661

3e Tribu. — Campiiorosmées...... 661

Kochia, Kochia Roth.......... 662

Camphrée, Camphorosma L.... 662
Corisperme,
Corispermum A. Juss 662

4c Tribu.— Salicorniées........ 663

Salicorne, Salicornia T......... 663

5e Tribu. — Salsolées...........663

Soude, Salsola G.œrtn. ....----663

Suseda, Suœda Forsk.......... 664

Famille des BASELLÉES Ad. Brong. 664
Famille des
AMARANTHACÉES R. Br 665

Amaranthe, Amaranthus L..... 665

Polycnème, Polycnemum L..... 665

Famille des PHYTOLACCÉES R. Br. 666

Phytolaque, Phytolacca L.....666

Famille des POLYGONÉES Juss.....667

Patience, Bumex L............ 668

Renouée, Polygonum L........ 671

Sarrasin, Fagopyrum T........674

Rhubarbe, Bheum L........... 682

Oxyria, Oxyria Hïll . . ......... 683

Famille des EUPHORBIACÉES Ad. de

Juss.................... 683

Euphorbe, Euphorbia L........ 684

Mercuriale, Mercurialis L.....687

Famille des URTICINÉES Brong. ... 689

Ire Tribu. — Urticées........... 689

Ortie, Urtica L................ 690

Pariétaire, Parietaria T........ 694

2c Tribu. — Cannabinées........695

Chanvre, Cannabis T.......... 695

Houblon, Humulus L.......... 696

3e Tribu. — Morées............. 697

Mûrier, Morus T.............. 697

4e Tribu. — Celtidées........... 697

Micocoulier, Celtis T........... 698

5e Tribu. — Ûlmacées..........698

Orme, Ulmus L............... 698

Famille des AMENTAGÉES Juss..... 699

Ire Tribu. — Platanées.......... 700

2e Tribu. — Juglandées.......... 700

3e Tribu. — Cupulifères...... .. 700

Hêtre, Fagus T...............700

Châtaignier, Castanea T.......701

Chêne, Quercus T............. 701

Noisetier, Corylus T...........702

Charme, CarpinusL........... 703

4e Tribu. — Bétulinées.......... 703

Bouleau, Betulus T............ 703

Aulne, Alnus T............... 704

5e Tribu. — Salicinées........... 704


-ocr page 15-

Saule, Salix T..................................704

Peuplier, Populus T......................706

Famille des CONIFÈRES Juss..............707

ire Tribu. — Abiétinées..................708

Pin, PinusL............................708

Sapin, Abies L..................................709

Mélèze, Larix T..............................710

2e Tribu. — Cupressinées....... 710

Genévrier, Juniper us L......... 710

3e Tribu. — Taxinées............ 711

If, Taxus T................... 711

4c Tribu. — Épiiédracées ou Gné-

tacées................... 712

xv

table méthodique.


5e Classe. — MONOCOTYLÉDONÉES.

Famille des ALISMACÉES R. Br. .. 713

Sagittaire, Sagittaria L........ 713

Fluteau, Alisma L............. 714

Damasonie, Damasonium Juss.. 714

Butome, Butomus L........... 714

Famille des ASPARAGINÉES Juss.. 715

P;irisette, Paris L............. 715

Streptope, StreptopusL. G. Rich 716
Polygonate, Polygonatum T.... 716

Muguet, Convallaria L......... 716

Maianthème, MaianlhemumMViGG 716

Asperge, Asparagus L.......... 717

Smilax, Smilax L.............717

Fragon, Buscus L.............. 717

Famille des DIOSCORÉES R. Br. ... 717

Tame ou Tamier, Tamus L..... 718

Dioscorée ou Igname, Dioscorea L 718
Famille des COLCHICACÉES DG.... 719

Colchique, Colchicum T........ 720

Bulbocode, Bulbocodium L..... 722

Mérendère, Merenderà Ram .... 722
Veratre ou Varaire, Ver al rum T. 722

Tofieldie, Tofieldia Huds....... 723

Famille desLILIACÉES Juss........ 723

ire Tribu. — Tulipées............ 723

Tulipe, Tulipa T............. 724

Fritillaire, Fritillara L........724

Loydie, LLoydia Salisb.......725

Lis, Lilium L................ 725

Urginée, Urginea Stein........ 725

Uropétale, Uropetalum Gawl... 726

2e Tribu. — Hyacintiiées. ....... 726

Erythrone, Erythronium L..... 726

Gagée, GaçreaSALiSB........... 726

Seille, Scilla L..............727

Ornithogale, Ornithogalum L... 727

Agraphide, Agraphia Link...... 727

Hyacinthe, Hyacinthus T....... 728

Muscari, Muscari T............ 728

Bellevalie, Bellevalia Lp....... 728

Ail, Allium L................. 729

3e Tribu. —Hémérocallidées---- 731

Asphodèle, Asphodelus L....... 731

Phalangère, Plialangium T..... 732

Narthécie, Narthecium Mœhr. . . 732
Paradisia, Paradisia Mazz .... 733
Hemerocalle, Hemerocallis L... 733

Aphyllanthe, Aphyllantes T..... 733

Famille des NARCISSÉES Juss..... 734

Narcisse, Narcissus L.... .....734

Pancratier, Pancratium L...... 736

Amaryllide, Amaryllis h....... 736

Galanthine, Galanthus L....... 736

Nivéole, Leucoium L ......... 737

Famille des IRIDÉES Juss.......... 737

Iris, Iris L.................... 738

Hermodactyle, HermodactylusT. 739

Ixie, lxia L................... 739

Safran, Crocus L.............. 739

Glayeul, Gladiolus L.......;... 740

Famille des ORCHIDÉES Juss...... 740

l'-o Tribu. — Opiirydées......... 742

Orchis, Orchis L.............. 742

Gymnadénie, Gijmnadenia L. G.

Rich..................... 745

Platanthère, Platanthera L. G.

Rich..................... 745

Anacamptide, Anacamptis L. G.

Rich..................... 745

Acéras, Aceras R. Br.......... 746

Herminion, HerminiumL.G. Rich 746

Ophrys, Ophrys L ............ 746

Serapias, Serapias L..... ...... 747

Nigritelle, Nigritella L. C. Rich. 748

2e Tribu. — Malaxidées......... 748

Malaxis, Malaxis Swartz....... 748

Liparis, Liparis L. C. Rich ---- 749

Coralline, Corallorhiza Hall... 749
Epipogon,
Epipogium Gml. . .. 749

3e Tribu. — Spiranthées......... 749

himodore, Limodorumh. C. Rich 750

Néottie, Neoltia L. G. Rich ____750

Listéra, Listera R. Br......... 750

Spiranthe, Spiranthes L. C. Rich 751

Goodyère, Goodyera R. Br..... 751

Epipactis, Epipactis L. C. Rich. 751
Céphalanthère,
Cephalantliera L.

C. Rich.................. 752

4e Tribu. — Cypripédiées.......752

Cypripède, Cypripedium L.. .. 752

Famille des AROÎDÉES Juss....... 753

Gouet, Arum L............... 753

Galla, Calla L................. 754

Acore, Acorus L ............. 755

Famille des TYPHACÉES DG....... 755

Massette, Typha L ............ 756

Rubanier, Sparganium L...... 757

Famille des JONCÉES DC.......... 758

Jonc, J uncus L................ 758

Luzule, Luzula DC............ 761

Famille des CYPÉRACÉES Lestib. . 763

Souchet, Cyperus L............ 764

Ghoin, Schœnus L............ 765

Linaigrette, Eriophorum L .... 766

Cladie, Cladium R. Br........766

Rynchospora, Bynchospora Wahl 766


-ocr page 16-

XITABLE MÉTHODIQUE.

Scirpe, Scirpus L.............. 767

Eleocharis, Eleocharis R. Bk . 768
Fimsbristyle, FimsbristylisMVahl 769

Elyna, Elyna Schrad.......... 769

Laiche, Carex Mich .......... 769

Famille des GRAMINÉES........... 773

Ire Tribu. — Arundinées.......778

Roseau, Arundo L............ 778

Phragmite, Phragmites Trin... 778

2e Tribu. — Festuc'ées........... 779

Fétuque, Festuca L........... 780

Brome, Bromus L............ 780

Dactyle, Dactylis.............. 784

Glycérie, Glyceria R. Br....... 785

Molinie, Moîinia Schrank......786

Paturin, Poa L................ 786

Eragrostide, Eragrostis P. Bv.... 787

Brïze, Briza L................ 787

Mélique, Melicci L............. 788

3e Tribu. — Avénées............ 788

Danthonie, Danthonia DG...... 789

Avoine, Avena L............. 789

Arrenathère, Arrenatherum P.

Bv....................... 795

Iloulque, Holcus L..... .......795

Gancbe, Aira L.......... ... 795

4e Tribu. — Kœlériées.......... 796

Crételle, Cynosurus L.......... 796

Kœlérie, Kœleria Pers......... 797

5e Tribu. — Agbostidées.......797

Agrostide, Agrostis L.......... 798

Stipe, Stipa Kunth............ 798

Millet, Milium L.............. 799

6e Tribu. — Panicées..........799

Baldingère, Baldingera Dum. .. 800

Chiendent, Cynodon Rich......800

Panic, Panicum L.............801

Digi taire, Digitarla Scop.......802

Paspale, P asp alum DG.........803

Sorgho, Sorghum Pers........ 803

7e Tribu. — Sétariées........... 805

Sétaire, Setaria P. Bv......... 805

8e Tribu. — Piialaridées.........807

Flouve, Anthoxanthum L...... 807

Alpiste, Phalaris P. Bv........ 808

Fléole, Phleum L.............. 808

Vulpin, Alopecurus L.... ...... 809

9e Tribu. — Gastridiées........810

10e Tribu. — Hordéacées........ 811

Orge, Hordeum L............. 811

lie Tribu. — Triticées.........815

Ivraie, Lolium L ............. 816

Froment, Trilicum L.......... 819

Seigle, Secale L............... 822

12e Tribu. — Zéacées............ 825

Maïs, Zea L................... 825


6fi Classe. — ACOTYLÉDONEES CELLULO-VASCULAIRES.

Famille des FOUGÈRES Swartz. ... 836

Ire Tribu. — Ophioglossées...... 838

Opbioglosse, Ophioglossum L... 838

Botriche, Botrychium Sw.....838

2e Tribu. — Osmundées.......... 838

Osmonde, Osmunda L......... 839

3e Tribu. — Polypodiées......... 839

Cétérach, Ceterach Bauii....... 839

Polypode, Polypodium L.......839

4e Tribu. — Aspidiêes...........840

Aspidie, Aspidium R. Br.....840

Polystic, Polystichum Roth..........840

Cystoptère, Cystopteris Bebnii . 841

Doradille, Asplenium L................841

Pteride, Pteris L.............842

Capillaire, Adianthuni L..............843

Scolopendre, Scolopendrium Sm. 843

Famille des ÉQUISÉTACÉES Vaucii. 843

Prêle, Equisetum L................844

Famille des LYCOPODIACÉES DC... 846


7e Classe. — ACOTYLÉDONEES CELLULAIRES.

Famille des MOUSSES............847

Famille des LICHENS.............. 849

lie Tribu. — Hyménothalamés— 850

2e Tribu. — Gastérothalamés----852

3e Tribu. — Idiothalâmés ou Crus-
tacés....................852

4e Tribu. — Goniothalamés ou

Pulvérulents..........852

Famille des CHAMPIGNONS....... 852

lre Tribu. — Basidiosporés....... 853

2e Tribu. — Thécasporés........ 854

Tribu. — Clinosporés ou Stro-

matosporés..............................854

4e Tribu. — Cystosporés..................854

5" Tribu. —Tricosporés.........855

6r Tribu. — Artiirosporés..............855

Famille des ALGUES............................855

1™ Tribu. — Floridées..........856

2" Tribu. — Fucacées......................856

3« Tribu. — Confervées..................857

4rTribu. — Algues élémentaires. 858


fin de la table méthodique.

-ocr page 17-

NOUVELLE

ICONOGRAPHIE FOURRAGÈRE

Le règne végétal, dont sont tirées les espèces fourragères, peut être
partagé en trois grands embranchements : les végétaux
Dicotylédones, Mono-
cotylédonés
et Acotylédonés.

I" Embranchement. DICOTYLÉDONES Juss.

Se multipliant au moyen de graines principalement constituées par un
embryon pourvu de deux ou de plusieurs cotylédons. — Organes reproducteurs
mâle ot femelle (flammes et pistil), visibles et distincts, d'où le nom de
Pha-
nérogames
(de yavepôç, visible et ydao?, noce) qui leur a été donné par Linnée ;
tissu composé en tout temps de vaisseaux ainsi que de tissu cellulaire, ce
qui leur a fait attribuer, par De Candolle, le nom de
Vasculaircs; surface des
organes extérieurs pourvue de stomates.

Tige pourvue d'une écorce, d'un corps fibreux constitué par une série
de couches concentriques, et d'une moelle centrale ; accroissement extérieur,
c'est-à-dire par l'addition, chaque année, dans les espèces vivaces, d'une
couche nouvelle sous l'écorce, à la périphérie du corps central, d'où le nom
d'Exogènes, que leur a donné De Candolle. Offrant, comme caractères secon-
daires : une tige plus ou moins subdivisée; des feuilles pétiolées ou sessiles
et pourvues de nervures ramifiées ; des enveloppes florales le plus souvent à
cinq divisions. — Se partagent en deux groupes :

l°Les Dicotylédones à pêrianthe double, c'est-à-dire pourvus de deux enve-
loppes florales (calice et corolle) ; — ils forment trois classes :

Les thalamiflores, offrant les deux parties du pêrianthe indépendantes
l'une de l'autre ; une corolle à pétales distincts, insérée, avec les étamines,
sur le réceptacle (
thalamus) ; un ovaire supère, libre ;

Les caliciflores, caractérisés par un calice à sépales plus ou moins
soudés entre eux (calice monosépale) ; une corolle à pétales libres ou soudés
(polypétale ou monopétale), insérée avec les étamines sur le calice; un ovaire
parfois libre et supère, parfois adhérent au calice (infère) ;

Les corolliflores, présentant : un calice monosépale, une corolle monopé-
tale insérée sous l'ovaire et portant les étamines ; un ovaire libre et supère,
quelquefois adhérent au calice.

2° Les Dicotylédones à pêrianthe simple, c'est-à-dire n'ayant qu'une seule
enveloppe florale, laquelle est quelquefois d'aspect herbacé, réduite à une
écaille ou nulle. — Forment une seule classe, les
monochlamydks.

-ocr page 18-

9 NOUVELLE ICONOGRAPHIE FOURRAGÈRE.

2° Embranchement. MONOCOTYLÉDONÉS Juss.

Embryon muni d'un seul cotylédon. —Tige sans écorce distincte, n'offrant
ni couches concentriques ni moelle centrale, et constituée par un tissu homo-
gène , formé de faisceaux fibro-vasculaires, diversement entrecroisés et occu-
pant le centre vers le sommet de la tige. Tige simple, s'accroissant par un
bourgeon terminal ; feuilles engainantes, pourvues de nervures simples et
parallèles; enveloppes florales offrant trois ou six divisions, parfois nulles,
ou remplacées par des écailles ou des soies. — Sont compris en une seule
classe, à laquelle De Gandolle a donné lo nom d'j
Endogènes phanérogames, par
suite des idées inexactes qui régnaient à son époque sur le mode d'accroisse-
ment de ces végétaux.

3e Embranchement. ACOTYLÉDONÉS Juss,

Germe sans embryon et par suite sans cotylédons. — Dépourvus d'éta-
mines et de pistils, ils se multiplent au moyen d'organes, nommés
spores ou
sporules, d'une structure purement celluleuse et homogène. Ils ont reçu de
Linnée le nom de
Cryptogames (de κρυπτός, caché et γαρος), leur mode de
reproduction étant alors inconnu. — Ils forment deux classes :

Les végétaux cellulo-vasculaires, Endogènes cryptogames de De Gandolle,
dont le tissu est pourvu do vaisseaux apparaissant après la germination ; ils
ont des racines, des tiges et des feuilles, un épiderme pourvu de stomates, et
s'accroissent par l'extension d'un axe plus ou moins apparent;

Les Végétaux cellulaires, formés par un tissu dépourvu de vaisseaux,
de stomates, et composé exclusivement de tissu cellulaire.

Le tableau suivant résume cette classification des différents groupes du
règne végétal.

classes.

Périantlie
double.

Pétales distincts, insérés classes.

avec les étamines sur

le réceptacle...... l™ Thalamiflores.

Pétales libres ou soudés,
insérés avec lus étamines

sur le calice......2= Caliciflores.

Corolle monopètale insérée
sous l'ovaire et portant

dicotylédones

Périantlie simple,

VÉGÉTAUX'

3c Corolliflores.
4e Monochlamydés.
5e Monocotylédonés.
e« V. cell.-vascàlairès.
7e V. cellulaires.

les étamines...... 3e Corolliflores.


-ocr page 19-

THALAMIFLORES

Famille des RENONCULACÉES Juss.

rosacées et anomales ToURN.; polyandrie p0lygyn1e Lix.; hypopétalie Juss.

La famille des Renonculacées , ainsi nommée du genre Renoncule qui
en offre le type, se distingue par les caractères suivants :

Fleurs hermaphrodites, de forme régulière ou irrégulière, à pêrianthe
double, quelquefois simple, inséré sous l'ovaire; —
calice à 3.5 sépales ou plus
généralement caducs, souvent colorés; —
corolle régulière ou irrégulière,
composée de pétales en nombre égal, double ou triple des sépales, et alter-
nant avec ceux-ci ; ces pétales, plans, concaves, onguiculés ou en forme de
cornet·, donnant à la corolle des figures très diverses; —
étamines libres, hypo-
gvnes, en nombre indéterminé, quelquefois considérable ; —
ovaire formé d'un
plus ou moins grand nombre de carpelles, un, trois ou plus, séparés souvent,
d'autres fois soudés entre eux et pourvus chacun d'une loge monosperme ou
polysperme; chaque carpelle surmonté d'un style toujours libre, ordinairement
persistant, à stigmate simple ; —
fruits secs, les uns indéhiscents et monosper-
mes, les autres polvspermes et s'ouvrant par leur angle interne; —
graines
renfermant un embryon très petit , qu'entoure un périsperme sec et corné ; —
feuilles alternes ou opposées, pétiolées ou sessiles, simples ou composées,
entières ou diversement découpées, avec pétiole à base engainante ; —
tige
herbacée ou sous-frutescente, quelquefois sannenteuse ; — racines fibreuses
ou fasciculées, parfois tuberculeuses.

Les Renonculacées contiennent toutes un principe âcre, très actif, qui
agit fortement sur les muqueuses, notamment sur celle du tube digestif, et
peut déterminer, quand les plantes sont ingérées par les animaux, de graves
accidents. Ce principe exerce môme son action sur la peau et y produit une sorte
de vésication. Ce sont donc des plantes nuisibles. Quelques-unes ne sont
vénéneuses qu'à l'état frais, et particulièrement quand elles sont arrivées à
leur entier développement. Quelques autres, par la dessiccation ou la cuisson
dans l'eau bouillante, perdent leur principe actif, en môme temps que leurs
propriétés nuisibles. La présence de ce principe donne à plusieurs plantes
de la famille des vertus médicamenteuses que l'on utilise en médecine.

Les Renonculacées comprennent un grand nombre d'espèces, abondam-
ment répandues partout, et formant plusieurs genres que les botanistes par-

lnE GLASSE. —

-ocr page 20-

RENONCliLACÉES.

tagent, suivant la .forme du fruit, en deux sections principales, se subdivi-
sant elles-mêmes, d'après la disposition des enveloppes florales, en plusieurs
sous-sections; ces dernières comprennent chacune plusieurs genres, dont les
caractères distinctifs se trouvent résumés dans le tableau ci-dessous :

Fruits secs
monospermes
indéhiscents.

CO

W
'g

-fj

Ss
o

H
M

Fruits secs
polyspermes
déliiscents.

Pétales ( Calice à 5 sépales,
nectarifères. ( Calice il 3 sépales.
Pétales dépourvus de nectaire. .

Style plumeux ; feuilles op-
posées..........

Style court ; feuilles alternes
pourvues de stipules,. . .
1 Involucre à 3 folioles, éloigné de la fleur.
Involucre rapproché de la fleur......

Fleurs
irrégulières.

f Follicules
libres.

Fleurs
régulières.

Périantlie
double.

I Follicules I
soudés
à la base.

Périantlie simple (calice pétaloïde).

Sépale supérieur en

casque.......

Sépale supérieur épe-
ronné h la base, . .

Calice herbacé , moins
grand que la corolle.
Calice pétaloïde, dé-
passant la corolle. .
Pétales très petits, tubuleux ; sépales

très grands............

Pétales petits, tubuleux, labiés. . .
Pétales prolongés en long éperon.

Périantlie double.

^ Périantlie simple,
constitué par un
calice à divi-
sions pétalo'ides

4,5 sépales.

Ranunculus.
Fie a ri a.
Adonis.

Clematis.

Thalictkum.

Anemone.

Hepatica.

Caltiia.
Aconit um.
Delphinium.

Pœonia.

Thollius.

IIelleboeus,

Nigella.

Aquilegia.


-ocr page 21-

JtENONCULACÉES. % 5

Genre RENONCULE. — RANUNCULUS L.

Fleurs jaunes ou blanches, terminales ou latérales ; — calice à 5 sépales caducs; — corolle
ordinairement à 5 pétales, portant à leur base un onglet pourvu en dedans d'un nectaire nu ou
pourvu d'une écaille; — carpelles plus ou moins nombreux, disposés on capitules globuleux ou
ovoïdes, et surmontés cliacun d'un bec droit ou recourbé; —
feuilles alternes, entières ou plus
ou moins découpées ; —
racines fibreuses.

Ce genre, qui sert de type à la famille, comprend un grand nombre d'es-
pèces , que l'on trouve partout, depuis les marais jusque sur les pelouses des
montagnes. Souvent elles sont mêlées en abondance à l'herbe des prairies, et
exercent alors sur les bestiaux l'intluence nuisible propre aux végétaux de
cette famille. De violentes coliques, accompagnées de convulsions, sont les symp-
tômes les plus saillants de l'intoxication produite par les Renoncules. Comme
elles perdent leur âcreté par la dessiccation, elles n'offrent plus, mêlées au
foin, les mêmes dangers. Néanmoins, il convient de les extirper des prés et
des pâturages, où les bestiaux peuvent les prendre en vert et en éprouver de
fâcheux effets. Les Renoncules ne sont pas toutes nuisibles au même degré.
La
R. scélérate, la IL acre, la R. {tommette, et la R. langue-, passent poul-
ies plus actives.

RENONCULE SCÉLÉRATE. — R. SCELERATUS L.

Noms vulgaires. — Renoncule des marais, Mort aux vaches, Grenouillettc aquatique, Grenouillette
des prés, Bassinet des prés, Herbe sardonique.

Fleurs jaunes, petites, nombreuses. — Calice réfléchi. — Carpelles très nombreux en capitules
allongés, à bec presque nul, —Feuilles profondément divisées, à segments oblongs ou dentelés;
les inférieures lobées. — Tige glabre, rameuse, fistuleuse, souvent très grosse à la base, haute de
3 à 6 décimètres. — Espèce annuelle. — Fleurit tout l'été.

Abondante dans les marais, dans les fossés, dans les prés marécageux ,
autour des habitations, de préférence dans les lieux où l'eau est corrompue,
cette plante est une des plus âcres de la famille ; ses seules émanations déter-
minent des picotements au nez et aux yeux. On voit pourtant les moutons et
les chèvres,
gft&nd ils sont pressés par la faim, en brouter les sommités fleu-
ries. Mais eÛ.Q.-é'st extrêmement dangereuse pour les autres animaux, notam-
ment pour les chevaux, les bœufs et les vaches, chez lesquels, même à une
dose assez faible, elle détermine des symptômes d'empoisonnement.

-ocr page 22-

RENONCliLACÉES.

RENONCULE FLAMMETTE. — R. FLAMMULA L.

Noms vulgaires. — Renoncule flamme, Flammvle, Petite-Douve.

Fleurs jaunes, petites, disposées en petits bouquets terminaux, portés sur de longs pédon-
cules. — Carpelles lisses. — Feuilles inférieures ovales, lancéolées et pétiolées, les supérieures
lancéolées, allongées, légèrement dentées. — Tige fistuleuse de 3 à 6 décimètres, coucliée, traçante
ou redressée. — Espèce vivace. — Fleurit au milieu de l'été.

Se trouve, comme la précédente, dans les lieux humides et offre les
mômes propriétés vénéneuses. Elle est d'autant plus nuisible que ses rameaux
dressés se mêlent à l'herbe broutée par les animaux, et que ceux-ci, dès lors,
parviennent difficilement à l'éviter. Elle fait périr ainsi, chaque année, un
assez grand nombre de bêtes à laine.

RENONCULE ACRE. — R. ACRIS L.

* /

Noms vulgaires. — Renoncule des prés, Bassinet des prés, Bouton d'or, Grenouillette, Jauneau,
Patte-de-loup; Pied-de-corbin; Piécot; Fleur-de-beurre.

Fleurs grandes, terminales, d'un jaune luisant. — Calice velu, étalé. — Carpelles glabres, à
bec court, un peu recourbé. — Feuilles profondément découpées en lobes anguleux et dentés ; les
supérieures trifides ; les radicales h contour pentagonal, et longuement pétiolées ; rarement tachées
de brun. — Tige velue, dressée, fistuleuse, haute de 1 à 4 décimètres. — Espèce vivace. — Fleu-
rit tout l'été.

Cette espèce est l'une des plus communes du genre ; elle vient dans les
prairies humides, où parfois elle finit par prédominer, ce qui est l'indice d'un
sol épuisé et mal entretenu, bien qu'on puisse la rencontrer aussi en abon-
dance dans des prés de très bonne qualité. Elle offre, ainsi que son nom l'in-
dique, et à un assez haut degré, les propriétés malfaisantes des autres Renon-
cules. Les animaux la rejettent ; mais son abondance la leur rend difficile à
éviter, surtout au moment de sa floraison.

Renoncule langue , R. lingua L.

Grande-Douve.

Fleurs grandes, jaunes. Feuilles sessilos, lancéolées. Tige forte et longue, de 5 à 8 décimè-
tres. Souche stonolifère. Vivace.

Se trouve dans les marais, dans les fossés plus que dans les prairies. Est plus rare que les
précédentes, dont elle partago l'âoreté et les propriétés nuisibles.

Renoncule bulbeuse, R. bulbosus L.

Grenouillette des prés, Rave ou Herbe de Saint-Antoine.

Fleurs d'un beau jaune, terminales; sépales réfléchis, velus. Tige dressée, peu rameuse,
haute de 5 h, 8 décimètres, renflée en bulbe h sa base. Vivace.

Croît partout, dans les prés, les pâturages, le long des chemins. Très acre aussi ; est mangée
souloment par los chèvres et les moutons. Avec ses racines fraîches, pilées et mêlées à de la
graisse, on fait une pâte pour empoisonner les rats, les souris, les mulots, etc.

-ocr page 23-

ren0nct3 lacées,

Renoncule aquatique, H. aquatilis DC.

Mille-Feuille aquatique, Brouille blanche.

Fleurs blanolies.

Offre un grand nombre do variétés ; croît dans les fossés, les eaux stagnantes. Est mangée,
sans être recherchée, par presque tous les bestiaux.

Renoncule flottante, R. flidtans DG.

Fleurs blanches. Tigo très longue.

Commune dans les eaux limpides et courantes, elle est mangée sans inconvénient par les
bestiaux, surtout par les vaches qui la recherchent jusqu'au fond de l'eau. Sur les bords do l'ill,
ses tiges ot ses feuilles desséchées servent à la nourriture des bestiaux pendant l'hiver.

Renoncule rampante, R. repens L.

Renoncule des prés, Bassinet, Petite bassine, Bassinet rampant, Pied-de-coq, Pied-dc-poule,

Pied court, Piépon.

Fleurs jaunes, grandes.

Commune dans les endroits un peu humides, dans les fossés, les prés et les champs en

jachère, le long des haies. Moins acre que les autres espèces, elle n'est point nuisible aux

animaux, qui la mangent, même en vert, sans en être incommodés. Le bétail, cependant, ost loin
do la rechercher. Quelquefois elle est employée comme légume.

Renoncule a feuilles d'aconit, R. aconilifolius L.

Pied-de-corbeau, Bouton d'argent.

Fleurs blanches.

Croît dans les lieux humides, dans les prés de montagnes. Est dédaignée des bestiaux.

Renoncule des champs, R. arvensis L.

Belle pue elle.

Fleurs jaunes.

Communo dans les terres cultivées. Non refuséo par les animaux, bien qu'elle leur soit
nuisible.

Renoncule a petites fleurs, R. parviflorus L.
Fleurs jaune pâle.

Vient dans les champs et les lieux un peu humides ou un peu ombragés, le long des haios.

Renoncule a tête d'or, R. auricomus L, .

Renoncule dorée, Renoncule des bois.
Abondante dans les bois argileux et humides et les lieux ombragés ; fleurit des premières au
printemps. Tous les bestiaux la mangent, excepté les chevaux.

7

Renoncule des montagnes, R. montanus DC.
Commune dans les Pyrénées ot les Alpes.

-ocr page 24-

8 RENONCliLACÉES.

Genre FICAIRE. — FICARIA DC.

Calice ii 3 sépales; — corolle à 6-12 pétales; — carpelles obtus, en tête globuleuse.

Offre une seule espèce.

FICAIRE RENONCULE. — F. RANLNCULOIDES DC.

Noms vulgaires,—Petite éclaire, Eclairette, Clair-bassin, Sillonnée, Grenouillette, Gannille, Jauneau,

Petite chélidoine, Herbe aux hémorroïdes, Petite scrophulaire, Pissenlit doux, Pissenlit rond.

Fleurs jaunes. — Racine charnue, fasciculée. — Vivacc.

Longtemps confondue avec les Renoncules, dont elle ne diffère que par
ses fleurs à divisions ternaires, la Ficaire vient dans les terrains humides,
ombragés, et fleurit l'une des premières au printemps. Elle offre, dans le
Midi, des variétés à larges feuilles et à fleurs plus grandes. Un peu moins acre
que les Renoncules, elle est mangée par tous les bestiaux; les cochons en
recherchent les racines. Dans le nord de l'Europe et dans quelques contrées
pauvres de la France, les habitants en font cuire les feuilles, qu'ils man-
gent comme les épinards.

Genre ADONIDE. — ADONIS L. .

Calice à 5 sépales caducs; —corolle à 5.9 pétales dépourvus de nectaire; — fruit formé
de carpelles nombreux réunis en capitules oblongs ; —
feuilles découpées en fines lanières.

Adonide d'automne, A. autumnalis L.

Adonide commun, Goutte de sang.

Fleurs d'un pourpre foncé.

Espèce commune dans les champs, les moissons, où sa présence offre d'ailleurs peu d'incon-
vénients.

Genre CLÉMATITE. — CLEMATIS L.

Fleurs solitaires ou en panicules ; — corolle nulle ; ·— calice formé de 4 à 5 sépales pétaloï-
des; —
carpelles nombreux surmontés chacun d'un style accrescent, souvent long et plumeux
après la floraison ; —
feuilles opposées; — tiges grêles, herbacées ou sarmeuteuses, touffues et
entrelacées, s'attachant aux corps environnants auxquels elles se soutiennent par leurs pétioles
qui s'entortillent comme des vrilles.

Ce genre renferme plusieurs espèces, presque toutes acres et irritantes.
Les plus communes sont la
C. des haies et la C. odorante.

Clématite des haies, C. vitalba L.

Clématite commune, Vigne blanche, Berceau de la vierge, Viorne des pauvres, Herbe aux gueux.

Fleurs blanches, de moyenne grandeur, réunies en panicules. Styles plumeux très longs.
Feuilles pennées, à folioles largement ovales, en cœur à la base, portées par des pétioles volubiles.
Tige formant un grand nombre de rameaux, grêles, flexibles, s'entrelaçant avec les plantes
voisines, formant ainsi des touffes plus ou moins épaisses. Toute la plante légèrement velue.
Espèce vivace. Fleurit en été.

-ocr page 25-

HENONCULACÉES. 9

Extrêmement commune dans les liaies et les buissons, où elle répand une odeur à la fois
douoe et pénétrante, la Clématite est, dans toutes ses parties, d'une âcreté prononcée; ses tiges
et ses feuilles jouissent même de propriétés vésicantes qui permettent de les employer commo
révulsif. Malgré ses propriétés actives, qu'elle perd d'ailleurs par la dessiccation, la Clématite
commune, dans certaines localités, est mangée par le bétail ; ainsi, sur les bords de la Méditer-
ranée, entre Agde et Narbonne notamment, elle est, dans ce but, recueillie, sécliée et mise en
bottes. Dans le Lyonnais, on la donne, sèche ou cuite, aux vaches. Les Italiens on mangent les
pousses cuites en guise d'asperges.

Clématite odorante, C. flammula L.

Clématite brûlante.

Fleurs très nombreuses. Feuilles deux fois pennées. Toute la plante glabre.

Se rencontre dans les mêmes lieux et jouit des mêmes propriétés que l'espèce précédente.
Elle produit, sur la peau, la sensation d'une brûlure. On la donne aussi aux bestiaux après
l'avoir fait sécher.

Genre PIGAMON. — THALICTRUM L.

Fleurs petites, en pauicules; — corolle nullo ; — calice il 4.5 sépales caducs; — carpelles plus
ou moins striés, terminés par un style court, non plumeux ; —
feuilles alternes, deux ou trois
fois pennées ; —
tige herbacée, glabre.

Renferme un grand nombre d'espèces, qui offrent entre elles une
grande ressemblance et possèdent à peu près les mômes propriétés. Moins
malfaisantes que les autres plantes de cette famille, ces espèces sont pourtant
laxatives et diurétiques.

Pigamon jaune, T. flavumL.

.Pigamon commun, Pied-de-milan, Rue des chèvres, Rue des bois, Rue des prés, Rhubarbe

des pauvres, Fausse rhubarbe.

Fleurs herbacées jaunâtres, en panicules terminales. Feuilles à folioles épaisses, cunéiformes
ou trilobées. Tige droite et sillonnée, de 5 à 8 décimètres. Vivace.

Recherchée des bestiaux, qui la mangent verte ou sèche, cette plante, la plus commune du
genre, donne un foin abondant, gros, « de bonne mâche, » mais de qualité médiocre. Ses racines
et ses feuilles pourraient être utilisées comme laxatifs.

Pigamon a feuilles d'ancolie, T. aquilegifolium L.

Colombine panachée, Colombine plumacée.

Fleurs violacées ou assez souvent blanches. Folioles presque orbiculaires, lobées.

Vient dans les bois montagneux. Cultivée dans les jardins.

-ocr page 26-

10 IlENONCL'LACÉES.

Genre ANÉMONE. — ANEMONE L.

Fleurs de couloui* variable, le plus ordinairement solitaires, rarement géminées ou en ombelle
simple, supportées par un pédoncule radical et munies d'un involucre à trois folioles plus ou
moins distant do la Heur; —
corolle nulle; — calice à 5.10 sépales pétaloïdes, caducs; —
carpelles non striés, portant un style persistant, nu ou plumeux ; — feuilles toutes radicales,
subdivisées.

Ce genre comprend de nombreuses espèces dont la plupart habitent les
bois et les prairies découvertes. Généralement âcre et corrosives, elles ne
sont broutées par les bestiaux que lorsque ceux-ci sont pressés par la faim.
Comme les Renoncules, les Anémones perdent leur âcreté par la dessicca-
tion et se mêlent alors au foin sans inconvénient.

ANÉMONE PULSATILLE. — a. pulsatilla L,

Noms vulgaires. — Fleur ou Herbe du vent, Fleur aux dames, Fleur de Pâques, Passe fleur,

Coquerelle, Coquelaurde, Teigne-œuf.

Fleurs d'un violet pille, grandes, campanulées, il 6 folioles velues il leur face externe,
recourbées en dehors dans leur moitié supérieure. —■ Carpelles soyeux, réunis en une tiHo arrondie
et portant un style plumeux ; folioles de l'involucre profondément dentées. — Fouilles ailées, à
découpures très fines — Une ou plusieurs tiges uniflores de 1 à 4 décimètres. — Vivace.

Cette plante, assez commune, vient sur les pelouses sèches, les coteaux
exposés au vent. Elle fleurit de bonne heure et disperse ses graines sans
laisser de traces de son passage. Sa précocité la fait quelquefois brouter des

chèvres et des moutons.

>,

Anémone des bois,.A. nemorosa L.

Bassinet purpurin, Sylvie, Fausse anémone, Renoncule des bois, Bassinet blanc.

Fleurs petites, blanches ou rosées en dehors, portées sur un pédoncule grêle, allongé et uni-
flore. Carpelles pubescents, terminés par un style court. Taille de 1 à 3 décimètres. Vivace.

Fort commune dans les bois et dans les prés, cette planto offre toutes les propriétés de
la précédente; mais, fleurissant de bonne heure et s'élevant peu, elle est sans danger.

Genre POPULAGE. — CALTHA L.

Corolle nulle ; — calice à 5 sépales pétaloïdes; — 5 à 10 carpelles libres, comprimés et pointus.

Renferme une seule espèce.

POPULAGE DES MARAIS. — C. PALUSTRIS L.

Noms vulgaires. — Souci d'eau, Souci des marais, Clair-bassin de rivière, Grand bassin d'or,

Gannelle, Giron, Cocusseau.

Fleurs d'un beau jaune. — Feuilles réniformes. — Tige pou rameuse, haute do 1 h 3 déci-
mètres. — Espèce vivace. — Fleurit au commencement du printemps.

Très commune dans les prairies marécageuses, acre et vénéneuse, cette
plante est repoussée par les animaux, excepté par les porcs, qui la mangent

-ocr page 27-

REN0NCLLACÉES. 11

sans en souffrir. Sèche, elle no fait qu'un mauvais foin. Sa précocité, dans
tous les cas, la rend plus nuisible dans les pâturages que dans les prairies.
Dans
certaines localités l'on en fait confire les boutons, et on les mange comme
des câpres. Parfois, on se sert de ses fleurs, que l'on pile avec un peu d'alun,
pour colorer le beurre. Cette plante est très difficile à faire disparaître des
terres qu'elle a envahies.

Genre ACONIT. — ACONITUM L.

Double enveloppe florale; — fleurs en grappes simples ou panieulées; — calice formé de
5 sépales colorés, inégaux, le supérieur en forme de casque recouvrant la corolle; —
corolle à
5 pétales irréguliers; les deux supérieurs, allongés, renfermés dans le casque et munis d'un long
onglet canaliculé, coudé à sa base; les pétales inférieurs très petits ou nuls; — 3 2» 5
carpelles
libres, aigus; — feuilles palmatiséquées.

Plantes âcres, ne perdant, par la dessiccation, qu'une faible partie de leurs
propriétés vénéneuses. Comprend plusieurs espèces, toutes vivaces.

ACONIT NAPEL. — A. NAPELLUS L.

Noms vulgaires. —- Fleur en casque, Capuchon, Capuce de moine, Coqueluchon, Madrietle,

Tliora, Tore, Tue-loup.

Fleurs d'un bleu violacé, d'une nuance plus ou moins claire, disposées en grappes terminales,
serrées, formant des espèces d'épi. — Feuilles nombreuses, pétiolées, palmées, découpées en
lanières linéaires, luisantes, glabres. —Tige droite, cylindrique, simple ou rameuse au sommet;
haute de 5 à 15 décimètres. — Racine épaisse, napiforme.

Très commun dans les lieux humides et ombragés des hautes montagnes,
ainsi que dans les bois, l'Aconit constitue, dans toutes ses parties, un poison
violent pouvant tuer les personnes ou les animaux qui le mangent ; il pro-
voque une sorte d'ivresse et des contractions spasmodiques. C'est donc une
plante essentiellement nuisible, dont il faut soigneusement purger les pâtu-
rages, et qu'il faut éviter également de laisser se mêler au foin.

Aconit tue-loup, A. lycoctonwn L.

Fleurs jaunes, en grappes ovoïdes, terminales.

Vient dans les mêmes lieux que le précédent, dont il possède toutes les propriété» vénéneu-
ses, peut-être à un plus haut degré d'activité.

Aconit anthora, A. anthoraL.

Fleurs jaunes avec un casque large; taille peu élevée.

Egalement vénéneux.

-ocr page 28-

12 RENONCliLACÉES.

Genre DAUPHINELLE. — DELPHINIUM L.

Fleurs en grappes paniculées, terminales; — calice à 5 sépales colorés, le supérieur portant
un éperon à la base; —
corolle à 4 pétales irréguliers, les deux supérieurs prolongés en un
éperon commun inclus dans l'éperon du calice ; — 1 à 5
carpelles sessiles, terminés en pointe; ■—
feuilles plus ou moins divisées; — plantes herbacées, annuelles.

Plusieurs espèces.

PIED D'ALOUETTE SAUVAGE. — D. CONSOLIDA L.

Noms vulgaires. — Dauphinelle des blés, Dauphinelle consoude, Consoude royale, Eperon de chevalier,
Eperon de la vierge, Herbe aux poux, Herbe pédiculaire, Herbe à la pituite.

Fleurs bleues, éparses sur les rameaux. — Feuilles sessiles, à découpures longues et linéai-
res. — Tige cylindrique, à rameaux écartés, grêles, presque nus. — Taille, de 3 à G décimètres.

Vient naturellement dans les champs. Elle est acre et astringente; ses
graines surtout sont nuisibles. En trop grande quantité dans la paille, elle
communique à celle-ci des propriétés pernicieuses.

Genre TROLLE. — TROLLIUS L.

Fleurs régulières; — calice à 5.20 sépales colorés; — corolle à 8.10 pétales tubuleux, plus
courts que le calice; —
carpelles nombreux, verticillés sur plusieurs rangs.

Comprend une seule espèce commune.

Trolle d'Europe, T. Européens L.

lioule-d'or, Renoncule de montagne.

Fleurs jaunes, grandes, globuleuses, terminales et solitaires. Feuilles palmées, incisées et
dentées. Tige droite, de 2 iï 3 décimètres.

Croît dans les montagnes. Elle est dédaignée des animaux, qui la mangent cependant quand
elle est desséchée et mêlée au foin.

Genre HELLÉBORE. — HELLEBORUS L.

Calice t\ 5 sépales colorés ou herbacés, persistants; — corolle à 5.20 pétales très petits,
tubuleux, plus courts que le calice ; — 3.20
carpelles, ordinairement soudés à la base, diver-
gents et terminés en pointe;—
feuilles palmées, diversement divisées, glabres; —plantes vivaces.

Les Hellébores, qui croissent surtout dans les lieux ombragés, sont
tous irritants, plus nuisibles pour les solipèdes que pour les bêtes à cornes.
Moins aqueux que les Renoncules, ils ne perdent pas leurs propriétés malfai-
santes par la dessiccation.

HELLÉBORE NOIR. — H. NIGER. L.

Noms vulgaires. — Hellébore à fleurs roses, Rose de Noël, Rose d'hiver, Herbe de feu.

Fleurs d'un rose tendre, larges de 5 à 6 centimètres, solitaires ou géminées sur des hampes
cylindriques, rouge&tres, hautes de 1 à 3 décimètres et accompagnées de bractées lancéolées.

-ocr page 29-

renonculacées. 13

_Feuilles toutes radicales, longuement pétiolées, épaisses, très amples, digitées, composées de

7 à 9 divisions, ovales, lancéolées, dentées à leur partie supérieure d'un vert noir. — Racine
épaisse, charnue et chevelue.

Croît sur les montagnes du midi de l'Europe, dans les lieux pierreux et
ombragés ; fleurit en liiver, et ne craint point les gelées.
D'une saveur âcre et
amère, toutes les parties de cette plante constituent un purgatif violent. Les
racines sont employées dans la médecine du bœuf pour faire des trochisques.
Elle est cultivée dans les jardins pour la beauté de sa fleur et l'époque excep-
tionnelle de sa floraison.

Hellébore fétide, H. fœtidus L.

Pied de griffon, Patte d'ours, Pas de lion, Pied de lion, Herbe de Saint-Antoine, Herbe aux fées, Herbe
aux bœufs, Herbe du crû, Maucerf, Marfouré, Fève de loup, Pommelée, Parménie.
Fleurs verdâtres, rouges sur le bord, en corymbes terminaux. Feuilles glabres, d'un vert
foncé, coriaces, digitées, à 7 ou 9 divisions lancéolées, pointues et dentées. Bractées ovales.
Tige droite, de 3 à 6 décimètres, épaisse, ratneuse à son sommet. Racine charnue, très fibreuse.
Exhale dans toutes ses parties une odeur vireuse, surtout quand on la froisse.

Cette plante, très répandue, vient dans les bois, les terrains secs, les lieux élevés ; elle fleu-
rit pendant l'hiver et au printemps, et reste verte toute l'année. Très ûcre, elle purge violemment
les bestiaux qui la mangent et peut même, parfois, déterminer la mort. Brugnone assure que cette
espèce fait périr tous les ans quelques-uns des poulains qui vivent dans les pâturages des Alpes.

Hellébore vert, H. viridis L.

Fleurs rares, entièrement vertes. Feuilles radicales digitées, d'un vert gai. Tige de 15 à
30 centimètres. Racine pivotante, garnie de nombreuses fibrilles.

Fleurissant plus tard et plus rare que la précédente, elle vient dans les mêmes lieux et jouit
des mêmes propriétés.

Hellébore d'hiver , II. hiemalis L.

Fleurs jaunes, droites, larges de 2 à 3 centimètres, ressemblant à celles do la Renoncule
des prés, solitaires au sommet do la tige. Feuilles arrondies et découpées en lobes simples.

Fleurit à la fin de l'hiver. Mêmes propriétés que les autres Hellébores. Est cultivée dans les
jardins.

Genre NIGELLE. — NIGELLA L.

I

Corolle ii 5-10 pétales, plus petits que les sépales, bilabiés, à lèvre inférieure bifide, et por-
tant un onglet.

Nigelle des champs, N. arvensis L.

Nielle, Barbiche, Barbe de capucin, Poivrelle, Toute-épice.

Fleurs bleuâtres.

Croît naturellement dans les blés de l'Europe, souvent même en abondance. Non précisément
nuisible aux récoltes. Ses semences ont une saveur aromatique, douce, et une saveur âcre qui les
fait employer dans les offices à titre d'épice.

-ocr page 30-

14 PAPAVÉRACÉES.

Genre ANGOLIE. — AQUILEGIA L.

Calice à 5 sépales coloriés et caducs ; — corolle à 5 pétales roulés en cornet, se prolongeant
en bas en autant d'éperons courbés en dedans ; — 5
carpelles soudés par la base.

Ancolie vulgaire, A. vulgaris L.

Gant de Notre-Dame, Aiglantine.
Commune dans le3 pâturages des montagnes, dans les bois. Acre et vénéneuse, elle est repous-
sée des bestiaux.

Famille des ACTÉACÉES.

Fleurs régulières ; — calice à 4 sépales pétaloïdes ; — corolle à 4 pétales ;
— 1 carpelle uniloculaire, polysperme ; — fruit cliarnu et indéhiscent.

Le genre Actée, Actsea L., qui seul forme cette famille, a été long-
temps compris dans la famille des Renonculacées ; on l'en a séparé à cause
de son fruit, bacciforme et non capsulaire. Offre, dans nos contrées, une seule
espèce.

Actée d'Europe, A. spicata L.

Herbe de Saint-Christophe, Chri'tophoriane.

Fleurs petites, blanches, disposées en grappes serrées, formant un long épi terminal. Feuilles
grandes, très divisées.

Vient communément dans les bois montueux. Acre, vénéneuse, et exhalant une odeur désa-
gréable, cette plante ost refusée par les animaux, excepté par la chèvre, qui la prend impuné-
ment. On se sert de sa racine pour en faire des trocliisques.

Famille des PAPAVÉRACÉES Juss.

ROSAÉCES ov CRUCIFORMES T.; POLYANDRIE MONOGYNIE L.; IIYPOPÉTALIE J.

Tire son nom du genre Pavot , Papaver.

Fleurs hermaphroditesrégulières ; — calice à 2 sépales libres, concaves,
caducs ; —
corolle à 4 pétales; — ëtamines nombreuses, hypogynes; — ovaire
libre, uniloculaire, portant plusieurs stigmates sessiles et formant un disque
qui en couronne le sommet ; —
fruit capsulaire ou siliqueux, contenant un
grand nombre de petites graines ; —
feuilles alternes, dentées, pinnatifides.

Les espèces de cette famille, peu nombreuse, sont des plantes herbacées,
contenant toutes, en assez grande abondance, un suc Acre et vénéneux.

-ocr page 31-

PAPAVÉRACÉES. 15

Genre PAVOT. — PAPAVER L.

Fleurs très grandes, solitaires, portées sur de longs pédoncules ; — fruit consistant en une
capsule globuleuse ou oblongue, surmontée d'une couronne de stigmates en étoile, s'ouvrant par
des pores placés sous les stigmates ; —
graines supportées par les cloisons.

Le suc des Pavots est Liane, laiteux et doué de propriétés narcotiques
prononcées. Ce suc, extrait de certaines espèces exotiques et desséchées,
constitue l'opium. Moins abondant dans les espèces indigènes, il n'en rend
pas moins ces plantes dangereuses pour l'alimentation; on a remarqué que
leurs propriétés nuisibles se développent surtout après la formation des cap-
sules. On trouve encore, dans les graines des Pavots, une huile grasse et
douce, que l'on extrait pour les usages domestiques.

COQUELICOT. — P. RHEAS L.

Noms vulgaires. — Pavot des champs, Pavot rouge, Pavot-coq, Ponceau, Gravesalle, Mahon,

Rouzello (près de Toulouse).

Grandes fleurs ronges. — Capsule presque globuleuse, arrondie à la base. — Feuilles non
embrassantes, à divisions oblongues, dentées. — Tige dressée, liante de 3 b t> décimètres.

Commun dans les champs cultivés, le Coquelicot offre les propriétés
vénéneuses du genre. Toutefois, s'il est en petite quantité, il n'est pas nuisi-
ble, car il se dessèche avant la moisson, et sa graine, par le criblage et le
vannage, est facile à séparer du blé. Mais, s'il est abondant, il peut nuire à la
croissance des céréales ; il est difficile alors de le faire disparaître, à cause de
la facilité avec laquelle ses graines se conservent en terre pendant phisieurs
années. — Mêlé aux fourrages, dans les prairies artificielles surtout, il pro-
duit les effets des narcotiques : convulsions, tremblements, etc. L'un de nous
a vu mourir une jument et son poulain qui avaient mangé des tiges de
Coquelicot mises en tas après le sarclage d'un champ de blé ; les symptômes
offerts par ces animaux étaient presque ceux du vertige. D'autres chevaux
qui en mangèrent aussi furent pris de violentes coliques. — On doit donc
veiller à ce que les fourrages frais soient rigoureusement purgés de cette
plante.

Pavot ordinaire, P. somniferum L.

Fleurs blanches ou violacées, solitaires à l'extrémité des tiges. Feuilles embrassantes, inci-
sées, glauques, très longues. Tige de 8 à 15 décimètres.

Cultivée en grand pour l'huile que ses graines renferment (huile d'oliette ou d'oeillette), et
pour ses fruits vendus dans le commerce sous le nom de
têtes de pavot, cette plante est vénéneuse
pour les animaux, et doit être rejetée avec soin des cultures fourragères.

Pavot douteux , P. dubium L.

Fleurs d'un rouge clair. Capsule oblongue, atténuée à la base.

Vient dans les champs, parmi les moissons, moins abondamment que le Coquelicot. Possède
les mêmes propriétés.

-ocr page 32-

1G PAPAVÉRAGÉES.

Genre CHÊLIDOINE. — CHELIDONIUM T.

Calicò un peu coloré; — fruit constitué par une silique à deux valves; — feuilles alternes,
découpées ou sinuées,

GRANDE CHÊLIDOINE. — C. MAJUS L.

Noms vulgaires. — Chélidoine majeure, Eclaire, Claire, Herbe à l'hirondelle, Herbe aux verrues.

Fleurs jaunes, à 4 pétales, réunies plusieurs ensemble au sommet de pédoncules communs,
— Silique cylindrique, longue de 2 à 4 centimètres, s'ouvrant de la base au sommet. — Feuilles
pétiolées, longues do 12 à 15 centimètres, il 3 ou 5 découpures, à segments ovales, glauques en
dessous. — Tige cylindrique rameuse, liaute de 3 à 6 décimètres. — Espèce vivace. — Fleurit
d'avril à septembre.

La Chélidoine est une mauvaise plante. Quand on la froisse, elle exhale
une odeur repoussante. Toutes ses parties renferment un suc jaune, âcre,
donnant lieu à des irritations intestinales qui peuvent devenir mortelles. Elle
est repoussée de tous les bestiaux. Vient communément dans toute l'Europe,
au pied des vieux murs, dans les décombres, dans les lieux couverts. Employée
autrefois comme purgative ou diurétique, quelquefois contre les ophthalmies
ou pour faire passer les verrues, elle est aujourd'hui sans usage.

Genre GLAUCION. — GLAUCIUM T.

Fruit siliqueux, s'ouvrant en deux valves du sommet à la base ; — feuilles glauques, profon-
dément divisées.

Glaucion a fleurs jaunes, G. luleum SC.

Chélidoine glauque, Glaucienne jaune.

Fleurs solitaires, d'un jaune doré. Silique allongée, arquée, glabre, à surface raboteuse.
Feuilles larges, un peu charnues.

CroM parmi les décombres, les graviers, sur les plages sablonneuses. De toutes ses parties
fine un suc jaune, fiere, qui la rend vénéneuse et la fait repousser des animaux.

Glaucion corniculé, G. corniculatim Go.

Pavot cornu.

Pétales orangés, tachés de noir aux onglets. Silique ovoïde, hérissée de soies l'aides.

Commmune dans les champs et les moissons du Midi, cette espèce offre les propriétés nuisi-
bles de la précédente.

-ocr page 33-

fumariacées,

Famille des FUMARIACÉES DC.

ANOMALES T. ; DFADELPH1E HEXANDRIE L, ; PAPA VERACÉES .1.

Tire son nom du genre Fumeterre, Fumaria.

Fleurs irrégulières ; — calice à 2 sépales caducs ; — corolle à 4 pétales im-
briqués, inégaux, ou plus ou moins soudés à la base, le supérieur prolongé en
éperon ; —
ètamines à fdets réunis en deux faisceaux, portant chacun 3 anthè-
res; —
ovaire à une loge; — fruit sec, capsulaire ou siliqueux ; — feuilles
alternes, pétiolées, divisées.

Plantes herbacées, molles, contenant dans leurs diverses parties un suc
aqueux et amer. Espèces peu nombreuses.

Genre FUMETERRE. — FUMARIA L.

Pétale supérieur brièvement éperonné ; — silicule indéhiscente, monosperme.

FUMETERRE OFFICINALE. — F. OFFICINA LIS L.

Noms vulgaires. — Fiel de terre, Pisse-sang, Pied-de-gêline, Lait battu.

Fleurs petites, rougeâtres, tachées de pourpre et disposées en épis terminaux ou opposés aux
feuilles.— Fruit plus large que long, éehancré au sommet.— Feuilles découpées, pinnatiséquées,
à segments oblongs linéaires. — Tige simple ou rameuse, haute de 2 à 6 décimètres. — Racine
annuelle pivotante.

La Fumeterre vient abondamment dans les champs labourés, dans les jar-
dins et les vignes; elle fleurit pendant presque tout l'été. Elle offre une
saveur amère, qui la fait regarder comme tonique et apéritive.

Les vaches et les moutons la mangent; mais elle est dédaignée des autres
bestiaux.

Fumeterre a vrille, F. capreolata L.

Feuilles en pétioles volubiles. = Vient dans les champs, les buissons.

Genre CORYDALE. — CORYDALIS DC.

Corolle à pétale supérieur longuement éperonné ; — fruit siliqueux, polysperme.

corydale bulbeux, C. SOlida smith.
Fumeterre bulbeuse.

Grandes fleurs purpurines. — Commune dans les bois et les prairies couvertes des montagnes,
elle est recherchée des grands ruminants.

17

-ocr page 34-

18 CRUCIFÈRES.

Famille des CRUCIFÈRES Juss

cruciformes T. ; tetradynamie L. ; iiypopétalie J.

Cette famille tire son nom de la forme de la corolle, composée de 4 pétales
disposés en croix.

Fleurs hermaphrodites, généralement régulières, en grappes simples et
terminales, s'allongeant à mesure que les fleurs se développent; —
calice à
4 sépales libres; —
corolle à 4 pétales en croix, le plus souvent égaux, ongui-
culés, et alternant avec les sépales ; — 6
étamines, dont 2 plus courtes (tétra-
dynames); —
ovaire libre, à deux loges, surmonté d'un style ou stigmate
persistant ; —
fruit constitué par une silique ou une silicule, le plus souvent
déhiscente, à 2 loges et à 2 valves, et variable dans la forme; —
feuilles
alternes.

Croissant partout, dans les champs, autour des habitations, sur les mon-
tagnes, les plantes de cette famille, très nombreuse et une des plus naturelles
du règne végétal, sont remarquables par leur grande uniformité de caractè-
res, ainsi que par l'analogie de leur composition et de leurs propriétés;
toutes renferment une certaine proportion de soufre et d'azote, se décompo-
sent promptement quand elles ont été arrachées, en répandant une odeur
piquante ammoniacale. On y rencontre, en outre, un principe actif constitué
par une huile essentielle, qui leur donne une saveur acre et une odeur désa-
gréable. Abondant dans certaines espèces, ce principe l'est beaucoup moins
dans d'autres, qui sont alors simplement excitantes, et que l'on utilise, à ce
titre, soit dans la médecine, soit comme condiments.

Modifiées par la culture, un assez grand nombre d'espèces de cette famille
sont devenues, pour l'homme comme pour les animaux, des plantes alimen-
taires d'une extrême utilité ; nous citerons parmi elles, principalement pour les
bêtes à cornes, le
chou, la rave, le navet, le rutabaga, etc. D'autres espèces sont
l'objet de cultures industrielles importantes, telles sont le
colza, la ccmeline,
le pastel. D'autres, telles que la giroflée, la julienne, les lunaires, sont cultivées
comme plantes d'ornement. Quelques-unes , enfin, sout nuisibles.

Au point de vue botanique, en raison même de leur grande ressemblance,
les crucifères sont assez difficiles à classer. Depuis Linnée, on les groupe géné-
ralement, suivant que le fruit est une silique ou une silicule, en deux gran-
des sections : les
Siliqueuscs et les Silieuleuses, que l'on subdivise ensuite
d'après les variétés offertes par la forme de ce même fruit, leur mode de
déhiscence, leurs nervures, etc., en plusieurs genres, dont le tableau ci-après
résume les caractères distinctifs.

-ocr page 35-

CRUCIFÈRES. 19

. ,,,. , , . . J Silique oblongue, conique...
Silique indéhiscente, cloisonnée........j Silique allongée, bosselée...

I Graines I Valves de la silique à 1 nervure.,
Cotylédons junisériées. j Valves do la silique à 3 nervures..
infléchis, j Graines j Valves de la silique à 3 nervures.

' bisériées. { Valves de la silique à 1 nervure.
Graines
j Silique cylindrique à valves convexes...
bisériées. ( Silique linéaire à valves comprimées...

Silique à valves à 3 nervures.............

( Stigm. à 2 lobes divariqués.
,, (St. noni Valv. à veines anast.
13 ' ( lobée. ( Valv. sans anastom.

Silique linéaire, cylindrique.......

Silique 'plane ou comprimée.......

o.,.., I S. linéaire. ..

Silique a valves sans nervures, j g janC('.0^e

Silicule articulée (indéhiscente).

' Siliculo indéhiscente.

Cloison
aussi
large que
le fruit.

Valves
sans
I nervure

Lunaria.

Alyssum.

Camelina.
Draba.
Cochlear] a.

Silicule
déhiscente.

Valves h
1 nervure

Silicule

non
articulée.

Pétales inégaux........... .......... Iberis.

Calice bossu à la base.,..,..

Calice non bossu...........

S. globuleuse, uniloculaire..

S. à 3 loges............

S. ovoïde ou tétragone, à 2.4
logos par paire.........

Calice bossu à la base, S.

grande, mince, elliptique.
Calice non bossu. S. moins
grande.............

S. obovée...........

S.ovale, à valv.convexes.
S.globuleuse ou ovoïde..

Raphanus.
Rapiianisteum.
Brassica.
Sin api s.

Eruca.

Diplotaxis.

Nasturtium.

Turritis.

Sisymbrium.

ClIEllt ANTIIUS.

Barbarea.

Erysimum.

Hespeiiis.

Arahis.

Cardamine.

Dentaria.

Rapistrum.
Crambe.
Neslia.
Myagrum.

Bunias.

Silique
déliiscente

non
cloisonnée.

Cotyl.
I plans. '

Silique
Jà valves
uniner-
viées.

Gr.
I unisé-
, riées.

( Funicule de la
' gr. supérre.

i F. latéraux..
Fleurs jaunes. Silicule on

cœur renversé.......

Siliculo à valves non ailées.......

ÎS. uniloculaire, à 1.2 graines.
S. à 2 loges, à 1 graine
chacune...............

Cloison
perpro
àia plus!
grande
largeur'

du
fruit.

Fleurs
I blanches.

Siliculc
déliisc.

Silicule

létales Varge,Tent

ailé.

[ égaux.'

Lepidium.

TllLASI'I.

Biscutella.

Capsella.

Isatis.

Senebiera.


-ocr page 36-

20 CRUCIFÈRES.

Genre RAIFORT. — Il A P H AN US L.

Calice fi sépales dressés, les deux latéraux bossus ; — silique à parois spongieuses.

Raifort cultivé , R. sativus L.

Fleurs grandes, blanches ou violettes. Racine charnue.

Forme deux races, l'une et l'autre cultivées dans les jardins potagers pour leur racine, que
l'on connaît, celle de la première race, sous le nom de
Radis ou Petiie-rave ; celle de la seconde,
sous celui de
Radis noir.

Raifort landra, R. landra Moretti.

Fleurs blanches ou jaunes, à pétales veinés. Feuilles radicales en rosette, étalées, lyrées-
interrompues, à segments écartés, entremêlés de petits lobes. Toute la plante hérissée de poils
rudes. Taille de 3 à 6 décimètres. Vivace.

Commune dans la Provence, le Roussillon et une partie du Languedoc, notamment sur les
bords de la Garonne, cette plante est repoussée des animaux, et par cela même préjudiciable aux
prairies qu'elle infeste.

Genre RAVENELLE. — RAPHANISTRUM T.

Calice à sépales dressés, les latéraux bossus à la base ; — silique allongée et en chapelet,
terminée par un long style, composée de plusieurs articles monospermes, se séparant àia maturité.

Renferme une seule espèce.

RAVENELLE DES CHAMPS. — R. ARVENSE Wall.

Noms vulgaires. — Ravenelle, Ravenaille, Rapiste, Raifort raphaniste, Faux raifort, Raifort

sauvage, Rosse, Russe.

Fleurs assez grandes, jaune pâle, blanches ou violacées, veinées. Style beaucoup plus long
que le dernier ronflement de la silique. Feuilles lyrées, à lobes inégaux, arrondis, dentés ou cré-
nelés; les inférieures plus grandes. Tige dressée, de 3 à 5 décimètres, hérissée de poils raides.
Racine grêle, pivotante. Espèce annuelle.

Cette espèce constitue une mauvaise plante, commune sur les bords des
chemins, dans les moissons, où elle est difficile à détruire, et dont les graines
Acres peuvent altérer la qualité des céréales. Elle est peu recherchée des ani-
maux, qui parfois, cependant, en mangent les feuilles.

Genre CHOU. — BRASSICA L.

Fleurs jaunes ou blanches , réunies en grappes terminales ; — calice il sépales dressés ou pres-
que ouverts, égaux, deux d'entre eux légèrement bossués à leur base; —
siliquc allongée, cylin-
droïde ou tétragonale, ps»r suite de la présence sur chaque valve d'une nervure dorsale, accompa-
gnée de veines latérales anastomosées ; —
feuilles glauques, parfois hispides, entières ou plus
ou moins divisées. — Espèces en général herbacées, bisannuelles, rarement annuelles ou vivaces.

-ocr page 37-

CRUCIFÈRES. 21

Cultivées depuis longtemps comme plantes alimentaires, les espèces,
assez nombreuses, de ce genre, ont subi de profondes modifications qui, en
se perpétuant, ont constitué une série de races et de sous-races, distinctes
par leurs propriétés et leurs usages comme par leurs caractères extérieurs.
Très aqueuses, ces plantes, par leurs feuilles et leurs racines, procurent aux
animaux une nourriture abondante mais peu substantielle, et qui convient
plutôt aux ruminants qu'aux bêtes de travail. Vu l'impossibilité où l'on est de
les dessécher, elles doivent être consommées à l'état frais; ce qui offre peu
d'inconvénients, attendu qu'elles restent vertes tout l'hiver et que leurs raci-
nes peuvent se conserver longtemps en cet état. Les feuilles récoltées, toute-
fois , ne se conservent pas ; elles se décomposent au contraire assez vite, en
répandant une odeur ammoniacale prononcée.

Enfin on retire, des graines de certaines races de choux, une huile qui sert
pour l'éclairage, et même, parfois, à titre d'assaisonnement.

Les modifications infinies que la culture a fait subir aux diverses espèces
de ce genre, en multipliant les variétés, ont rendu fort difficile leur classifi-
cation. De Candolle, qui a fait de ces plantes une étude spéciale, les range
toutes en cinq espèces principales : les
B. olcracca, B. campestris, B. rapa,
B. napus, B. prccox, se subdivisant chacune ensuite en un certain nombre
de races et de variétés.

Chou potager, B. oleracea L.

Siliques cylindriques, bosselées et ascendantes; sépales redressés.

Cette espèce est celle qui a le plus profondément subi l'influence de la main de l'homme. Elle
offre de nombreuses variétés, que l'on groupe habituellement en cinq sous-races, savoir :

a. Le Chou cavalier ou Caulet (B. 0. acephala), le plus haut de l'espèce. — Feuilles dis-
séminées le long de la tige, sans jamais se réunir en tète. — Forme un grand nombre de sous-
races, la plupart cultivées pour la nourriture des bestiaux, et dont la plus commune est le
Chou
cavalier commun,
appelé encore Chou vert, C. arbre, C. à vache, C. chèvre; puis le Chou branchu,
l'une et l'autre très productives ; les bestiaux mangent leurs feuilles comme fourrage vert.

b. Le Chou frise (B. 0. bullata), Chou de Milan, de Bruxelles, Mille-têtes. — Feuilles à peine
divisées, bullées, formant une tête volumineuse et peu serrée.

c. Le Chou cabus (B. 0. capitata), Chou pommé, déprimé, Cœur-de-bœuf, etc. — Feuilles conca-
ves, non ondulées, mais étroitement imbriquées en tête terminale. — Cette race, dans laquelle on
distingue diverses sous-races que différencie la forme de la tête, est surtout cultivée, de même
que la précédente, dans les jardins potagers, pour la nourriture de l'homme.

d. Le Chou rave (B. 0. caulo-rapa). — Feuilles non réunies en tête ; tige offrant un renfle-
ment particulier au-dessus du collet. — A formé également plusieurs sous-races, dont la prin-
cipale est le
Chou rave de Siarn, qui fournit aux bestiaux ses feuilles, et le renflement de sa tige
constitué par une pulpe blanche et ferme.

e. Le Chou fleur (B. 0. Botrylis). — Branches courtes, s'étiolant et se rassemblant en
grand nombre à l'extrémité de la tige pour former des masses mamelonnées.

Chou des champs , B. campestris L.

Fleurs jaunes. Tige dressée , rameuse ; feuilles glauques non réunies eu tête ; les supérieures
oblongues, amplexicaules. On en distingue trois races :

a. Le Colza (B. C. oleifera). — Racine pivotante, garnie de fibres nombreuses ; feuilles décou-
pées, moins larges que celles des autres choux. — Cette variété, principalement cultivée pour sa
graine, qui donne une huile fort répandue, fournit aux bestiaux un bon fourrage vert pour la fin de
l'hiver. On fait encore consommer la paille dont on a retiré la graine, ainsi que les tourteaux
qui restent après l'extraction de l'huile.

b. Le Chou a faucher (B. C. pabularia). — Racine grêle et longue. — Peut être fauché
plusieurs fois pour la nourriture des bestiaux.'

e. Le Chou navet (B. C. napo-brassica).—- Racine renflée, près du collet, eu une espèce de

-ocr page 38-

22 CRUCIFÈRES.

tubercule. — Il fournit aux animaux sa racine et ses feuilles ; peut supporter les plus grands froids
sans altération. Cette espèce offre deux variétés : le
Chou navet commun, dont la racine blanche ou
rouge, charnue, renflée comme un gros navet, forme le produit principal ; le
Rutabaga ou encore
Chou de Laponie, navet de Suède, qui se distingue du préoédent par sa racine jaune et arrondie, en
même temps plus pesante, plus nourrissante et d'un meilleur goût ; fournit aussi un fourrage vert
très nutritif, et meilleur pour les vaches laitières que celui des espèces voisines, en ce qu'il n'al-
tère pas le goût du lait et donne un beurre de bonne qualité. Il constitue, en Angleterre, un des
principaux aliments du bétail.

Rave, B. rapa L.

Feuilles vertes, non glauques, les inférieures lyrées, liispides ; les supérieures entières , am-
plexicaules. Racine volumineuse, d'une saveur plus oti moins sucrée, mais peu nutritive.

Comprend plusieurs races, dont la plus communément cultivée pour les bestiaux est la Rave
plate
(B. R. depressa), appelée encore Rave commune. Grosse rave, Rabioule, Twrneps, Turlips. Viont
ensuite la
Rave longue (B. R. oblonga), moins commune, bien que consommée do même. Dans cette
espèce se range encore la
Rave sauvage ou Ravette (B. R. oleifera), cultivée pour ses graines oléagi-
neuses.

Navet , B. napus L.

Feuilles radicales, rudes et lyrées; les supérieures cordiformes, embrassantes, glabres. Racine
épaisse, fusiforme.

Forme deux variétés principales : le Navet cultivé (B. N. esculenta), cultivé pour sa racine,
plus sucrée que celle de la Rave, dans les jardins potagers; le
Navet oléifère (B. N. oleifera) ou
Navette d'hiver, qui diffère du précédent par une racine fibreuse, de la grosseur de la tige. Elle est
cultivée comme plante oléagineuse et comme plante fourragère pour ses feuilles. Elle produit dès
l'automne, pendant l'hiver et jusqu'au printemps.

Navette d'été , B. precox Waldst.

Cette espèce se rapproche beaucoup de la précédente , mais est moins productive. On la cul-
tive pour ses feuilles, qui donnent en été du fourrage vert.

Genre MOUTARDE. — SINAPIS L.

Fleurs jaunes, on grappes terminales ; — silique oblongue, terminée par un bec aigu et sail-
lant; valves à 3 nervures ; —
graines pendantes, globuleuses.

Ce genre, qui offre la plus grande analogie avec le précédent, comprend
plusieurs espèces qui, presque toutes, peuvent servir comme fourragères.

MOUTARDE DES CHAMPS. — S. ARVENS1S L.

NOMS VULGAIRES. — Moutarde sauvage, Moutardon, Senevé, Séné, Sauve, Sendre, lotte, Russe, Rosse,

Rabena, Navette des serins, Guelos.

Fleurs grandes. — Silique horizontale, très longue, noueuse, surmontée d'une languette allon-
gée, un peu courbée. — Racines noires. — Feuilles sessiles, d'un vert sombre, presque glabres,
larges, lobées ou seulement dentées. —Tige rameuse, de 3 à 6 décimètres. —Annuelle.

Commune dans les champs, sur le hord des chemins, cette plante est
mangée par les bestiaux ; mais elle leur convient peu, surtout quand elle est
prise en grande quantité; auquel cas, suivant des observations anciennement
faites à l'École de Lyon sur des chevaux et des vaches, elle peut devenir nuisi-
ble. Elle possède, en outre, une certaine àcreté qui irrite la bouche et provo-
que la salivation.

-ocr page 39-

O'î

\ U

CRUCIFÈRES.

En résumé, c'est une mauvaise plante qui se comporte souvent comme
plante parasite, et qu'il faut arracher. Elle est difficile à extirper, à cause de
sa rusticité et de la facilité avec laquelle ses graines peuvent se conserver
longtemps dans le sol, sans perdre leur pouvoir germinatif.

Moutarde blanche, S. alba L.

Moulardin, IJerbe au beurre.

Silique courte, hérissée, surmontée d'un long style; graines jaunes. Feuilles ailées à leur
base, avec un grand lobe terminal. Tige légèrement velue. Espèce annuelle.

Rustique, d'une croissance rapide, cette plante se montre dans les mêmes lieux que la précé-
dente. On la cultive pour sa graine et comme plante fourragère. Elle vient en automne, et donne
jusqu'à la fin de décembre un fourrage vert, sain et nutritif, estimé surtout pour les vaches. Elle
croît très rapidement, surtout dans la première période de son développement , et peut être semée
avec avantage, comme fourrage d'automne, sur les terrains calcaires et crayeux, ou en culture déro-
bée. Elle peut aussi être enfouie comme engrais vert.

Moutarde noire, S. nigra L.

Russe boue, Seneué noir, Chou à graines noires.

Fleurs jaunes, petites, eu longues grappes droites. Feuilles d'un vert clair, lyrées inférieure-
ment ; entières ou divisées en lobes lancéolés supérieurement, Siliques tétragones, serrées contre
la tige, surmontées d'un style court ; graines noires à la maturité. Espèce annuelle.

Cette espèce vient dans les champs, sur les bords des chemins. Ses feuilles donnent un four-
rage vert assez abondant. Cultivée surtout pour sa graine, elle sert à l'usage médicinal, ainsi que
pour la préparation do la moutarde de table. Ses graines, très nombreuses et se conservant long-
temps, infectent souvent les champs.

Moutarde giroflée, S. chciranthus Koch.

Fleurs grandes, d'une belle couleur jaune, en épis lâches, Siliques étalées, grêles, très lon-
gues. Bisannuelle ou vivace.

Elle fournit plusieurs variétés qui viennent, les unes sur les hautes montagnes; d'autres dans
les champs incultes, aux bords des rivières. Elle pourrait être utilisée pour mettre en valeur quel-
ques mauvais terrains

Moutarde blanchatre, S. incana L.

Fleurs petites. Siliques courtes, serrées contre la tige. Feuilles vert jaunâtre ou blanchâtre.

Vient surtout dans les champs pierreux du Midi.

Genre ROQUETTE. — ERUCA DC.
Style long, ensiforme.

Roquette cultivée, E. saliva DC.

Vient dans les lieux incultes ; cultivée comme condiment ; ses Heurs ont l'odeur de la fleur
d'oranger.

Genre DIPLOTAXE. — DIPLOTAXIS DC.

Heurs jaunes ou blanches; — calice non bossué; — silique linéaire, tétragone, surmontée d'un
style court; —
feuilles pétiolées, incisées ou pinnatifides.

-ocr page 40-

24 CRUCIFÈRES.

Diplotaxe a feuilles étroites , l). tenuifolia DC.

Sisymbre à feuilles menues, Roquette sauvage.
Fleurs jaunes, assez grandes, Silique redressée. Feuilles à lobes longs, entiers ou dentés. Tige
presque ligneuse à la base, rameuse. Taille de 3 à 6 décimètres. Vivace. Fleurit tout l'été.

Croît abondamment dans les lieux incultes, sur les bords des chemins, dans les décombres.
D'une odeur forte et désagréable, sa saveur acre et brûlante la rend, en outre, nuisible pour les
animaux.

Genre CRESSON, — NASTURTIUM Rb.

Silique très petite, à valves convexes.

Cresson de fontaine, N. officinale R. Brown.

Calili, Santé du corps.

Vient dans les petits cours d'eau. Sa saveur piquante le fait employer comme aliment ; mais
on ne récolte pour cela, en France, que celui qui vient naturellement au bord des fontaines et des
ruisseaux. — On connaît encore le C. sauvage (N.
Sylvestre), qui vient dans les prés sablonneux et
sur les bords des rivières.

Genre TOURRETTE. — TURRITIS L.

Silique linéaire dressée.

Tourrette glabre, T. glabra L.

Fleurs d'un blanc jaunâtre, = Vient aussi dans les lieux abandonnés.

Genre SISYMBRE. — SISYMBRIUM L.

Sépales demi-ouverts, non bossués ; — silique cylindrique, style presque nul.

Ce genre, très nombreux, offre peu d'importance au point de vue de la
question fourragère, les espèces qui la composent étant généralement dédai-
gnées par les bestiaux.

Sysimbre officinal, S. officinale DC.

Herbe au chantre, Tortelle, Moutarde des haies.

Fleurs jaunes. Silique courte, renflée à la base.

Commun dans les haies, aux bords des chemins, dans les décombres et les lieux incidtes.

Sysimbre alliaire, S. alliaria Scop.

Herbe aux aulx.

Fleurs blanches. Feuilles orénelées, exhalant, quand on les froisse, une forte odeur d'ail qui
éloigne quelques animaux et se communique au lait des vaches.

-ocr page 41-

CRUCIFÈRES. 41

-

.....

;/; ■ ,··.'■ ·.·'■ . y;

25

Genre GIROFLÉE. — CHEIMNTHUS L.
Giroflée jaune,
C. cheiri L.

Giroflier des murailles, Rameau d'or, Violier, Suissard.
Fleurs jaunes, grandes, odorantes.

Commune sur les rocliers, les vieux murs. — Elle fournit par la culture de belles variétés
qui servent de plantes d'ornement. Inusitée.

Genre BARBARÉE. — BARBAREA R. Br.

Calice à sépales dressés; — silique linéaire, tétragone, valves convexes, avec une nervure
médiane· saiOanto ; —
feuilles entières ou légèrement dentées.

Barbarée commune, B. vulgaris R. Bn.

Herbe de Sainte-Barbe, Herbe aux charpentiers, Herbe de Sainte-Marguerite, Herbe de Saint-Julien,
Julienne jaune, Cresson de terre, Cresson vivace, Rondotte.

Silique courte et étalée, à style allongé et grêle. Feuilles luisantes, pinnatiséquées inférieure-
ment, à segments dentés.

Vient, dans les lieux ombragés et humides, sur les bords des ruisseaux. Elle est peu recher-
chée des bestiaux.

Barbarée précoce, B. precox Rb.

Cresson des jardins.

Diffère de la précédente par ses feuilles oblongues et ses siliques très allongées. Est moins
répandue.

ERYSIMUM L.

Genre VÉLAR.

Vélar giroflée, E. chciranthoïclcs L.

Vient dans les champs humides, sur les bords des ruisseaux.

Genre JULIENNE. — HESPERIS L.

Sépales dressés, dont deux bossués ; — silique linéaire, allongée, un peu comprimée, presque
cylindrique.

Julienne sauvage, H. matronalis L.

Julienne des Dames, Giroflée musquée, Giroflée de Mahon, Mahonille, Caraffée, Cassolette, Ârragone,

Damas, Girarde.

Fleurs blanches, lilacées, en panicule corymbiforme, répandant, surtout le soir, une odeur
très agréable.

Se rencontre dans les lieux humides. Les bestiaux la mangent volontiers.

-ocr page 42-

42 CRUCIFÈRES.

Genre ARABETTE. — ARADIS L.

Sépales sevrés, dont floux bossués ; — silique longue, linéah'o, dresséo.

Espèces nombreuses, venant généralement dans les endroits pierreux,
les bois sablonneux, les coteaux arides.

Arabette a feuilles sagittées, A. sagitatta DC.

Fleur blanche. Très commune.

Genre CARDAMINE. — CARDA MI NE L.

Fleurs lilas ou blanches, en grappes terminales ; — sépales étalés, non bossués ; — pétales à
onglet long et dressé; —
silique linéaire, comprimée, à valves planes, sans nervures, s'ouvrant et
se roulant avec élasticité lors de la déhiscence ; —
feuilles pinnatiséquées ou pennées avec impaire.

Espèces très nombreuses, d'une saveur acre et piquante, et recherchant,
en général, l'ombre et l'humidité.

CARDAMINE DES PRÉS. — C. PRATENSIS L.

Noms vulgaires. — Cresson clos prés, Petit cresson aquatique, Cresson élégant, Cressonnelle,

Passerage sauvage, Bec-à-l'oiseau.

Fleurs assez grandes, d'un rose violacé, parfois blanches, d'une odeur douce et agréable. —
Siliques dressées, terminées par un style court. — Feuilles d'un vert gris, pennées, à folioles linéai-
res, entières; les inférieures
à folioles ovales ou arrondies, sinuées, anguleuses; la terminale plus
grande, quelquefois réniforme. — Tige droite, presque simple, haute de 1 à 4 décimètres. — Espèce
vivace. — Fleurit dès les premiers jours d'avril.

Cette jolie plante, extrêmement commune, vient surtout dans les prés
humides et marécageux. Elle offre une saveur acre et piquante qui la rappro-
che du cresson de fontaine. En vert, elle est mangée avec plaisir par les bes-
tiaux, surtout par les vaches.

Genre RAPISTRE. — RAPISTRUM Boerh.

Si lieu le formée de deux articles uniloculaires et monospermes.

Rapistre rugueux, R. rugosum DC.

Myagre rugueux, Coquillier rugueux.

Fleurs jaune pille. Silioule hérissée. Tige anguleuse.

Commune dans les ohamps et les moissons du midi de la France.

Genre CRAMBÉ. — CRAMDE T.

SUieule h deux articles, l'inférieur stérile, le supérieur ovoïde, renfermant 1 graine suspendue.

Une seule espèce indigène.

-ocr page 43-

crucifères,

CRAMBÈ MARITIME. — C. MARITIMÀ L.

Nom vulgaire. — Chou marin.

Fleurs blanches on rosées. —Feuilles grandes, un peu charnues et pesantes, ondulées comme
celles dos choux.— Taille de 2 à 5 décimètres. — Espèce vivaee. —■ Précoce.

Commune sur les bords de la mer, et notamment sur le littoral de l'Océan,
où elle contribue efficacement à fixer les sables des dunes ; cultivée, en Angle-
terre, surtout comme plante potagère, cette espèce peut également être utili-
sée comme fourragère. M. Joigneaux, notamment, la recommande à ce der-
nier titre dans différents écrits. Les porcs, moutons et lapins la mangent,
dit-il, avec plaisir ; les vaches s'y habituent vite. Suivant le même auteur,
le Crambé, qui affectionne les terres légères, des climats humides, prospère
aussi dans les climats secs, et peut devenir ainsi une précieuse ressource dans
les sols crayeux, sablonneux, schisteux, granitiques, où les autres végétaux
alimentaires viennent difficilement.

On ignore quel serait le rendement total de cette plante qui n'a jamais
été cultivée en grand. Toutefois, tenant compte de la quantité et du poids des
feuilles qu'un pied peut fournir, M. Joigneaux a calculé que cette plante peut
arriver à un rendement, par hectare, de 50,000 kilog. de feuilles, en deux ré-
coltes, l'une en août, l'autre en septembre. En supposant même ce chiffre
notablement diminué, il resterait encore un produit suffisant pour rendre
avantageuse cette culture.

Genre NESLIE. — NESL1A Desv.

Silicule globuleuse, non ailée et surmontée d'un style filiforme.

Neslie paniculée, N. pmiculata Desv.

Petites fleurs jaunes, en grappes terminales. Feuilles entières, lancéolées. 3 à 6 décimètres.
Vient dans los moissons, les champs cultivés et maigres.

Genre MYAGRE. — MYAGRUM T.

Silicule cylindroïde, non ailée, dilatée au sommet on 2 bosses latérales, à 3 loges ; les deux

supérieures stériles.

Myagre per fot,ié , M. pcrfoliatwn h.
Fleurs petites, jaunes, en grappes. Silicules serrées contre la tige. Feuilles inférieures lyrées,
les supérieures entières, lancéolées, embrassantes. Tige glauque. Taille de 3 à 6 décimètres.
Vient dans les moissons, principalement dans le Midi.

27

-ocr page 44-

28 CRUCIFÈRES.

Genre BUNJAB. — BUM AS R. Br.

Silicule ovoide ou tétragone, dure, coriace, à 2 ou à 4 loges superposées par paires, chaque
loge monosperme.

Bunias fausse roquette, B. erucago L.

Masse de bedeau.

Silicule tétragone, pourvue sur les angles d'une crête saillante interrompue. Style trcs long.
Tige poilue, haute de 3 à 4 décimètres.

Commune dans les moissons.

Bunias oriental, B. orientalis L.

Silicule ovoïde, biloculaire non ailée, avec un style court. Tige rude, haute de ô à 12 déci-
mètres. Vivace. Fleurit au printemps.

Bien qu'originaire du Levant, cette espèce résiste aux plus grands froids, ainsi qu'aux plus
grandes sécheresses. Elle s'accommode de toute espèce de terrains, et se multiplie d'elle-même avec
facilité, quelquefois même avec trop d'abondance, ce qui oblige à l'arracher. Ces qualités l'ont fait
recommander comme plante fourragère. En raison surtout de sa précocité, elle peut fournir, avant
toutes les autres plantes, des récoltes abondantes d'un fourrage printanier, sur la valeur nutri-
tive duquel, au reste, on n'est point encore parfaitement d'accord.

Genre LUNAIRE. — LUNARIA L.

Fleurs violettes; — silicule elliptique, très grande, mince, stipitée, à valves planes, sans ner-
vures, style court, filiforme ; —
feuilles cordiformes, dentées.

Lunaire annuelle, L. annua L.

Grande lunaire, Clé de montre, Médaille de Judas, Satinée, Passe-salin, Bulbonac.
Silicules arrondies aux deux bouts, et remarquables, àia maturité, par la couleur argentée et
la transparence des valves.

Genre ALYSSON. — ALYSSUM L.

Silicule comprimée, éehancrée au sommet, 1 ou 2 graines dans chaque loge ; — feuilles entiè-
res, d'un vert grisâtre.

Espèces nombreuses.

Alysson calicinal, A. calycinumL.

Fleurs jaune pâle, presque blanches. Feuilles petites, oblongues. Taille de 1 à 2 décimètres.
Vient dans les lieux arides et pierreux.

Genre CAMELINE. — CAME LIN A Cit.

Fleurs jaunâtres ; — silicule ovale, un peu amincie à la base, déprimée sur les bords, surmon-
tée d'un style grêle ; valves très convexes, non bordées ; —
feuilles lancéolées, amplexicaules,
velues.

-ocr page 45-

CRUCIFÈRES. 29

Cameline cultivée, C. saliva Cr.

Caménine, Navette d'été, Navette trémoise, Sésame d'Allemagne, Graine de beurre, Rouge-bé.
Haute de 3 îi 6 décimètres. Animelle.

Croît dans toute l'Europe. A la fois textile et oléagineuse, elle est cultivée surtout pour
l'imile qu'on en retire. Elle est également avantageuse par sa précocité, et en ce que, enfouie en
vert, elle donne un bon engrais végétal.

Genre DRAVE. — DBABA L.

Silicule elliptique, entière, à valves un peu convexes, sans rebords ; loges polyspermes.

Espèces nombreuses.

Drave du printemps, D. verna L.

Erophile commune.

Fleurs blanches, pétales profondément bitides. Une ou plusieurs tiges filiformes. Feuilles toutes
radicales, en rosette. — Vient partout.

Genre COCHLÉARIA. — COCHLEARIA L.

Fletirs blanches ; — silicule globuleuse ou ovoïde, un peu comprimée, non bordée ; — feuilles
glabres, entières ou légèrement sinuées.

Cociilèaria officinal, C. officinalis L.

Cranson officinal, Herbe aux cuillieres, Herbe au scorbut.
Feuilles inférieures épaisses et arrondies, les supérieures sessiles, sinuées. Bisannuelle.
Vient dans le Nord, dans les lieux humides. Est recherchée des bestiaux.

Cochléaria d'Armorique, C. Armoracia L.

Cranson rustique, Faux Raifort, Grand Raifort, Cran de Bretagne, Cran des Anglais, Moutarde des
capucins, M. des Allemands, Moutardelle, Radis de cheval.
Remarquable par sa taille élevée, sa racine volumineuse, longue, charnue, cette espèce croît
naturellement le long des ruisseaux et dans les prairies humides de la plupart des régions de la
France. Sa racine, ficre, utile pour l'usage médicinal, ne peut servir comme aliment.

Genre IBÉRIDE. — IBERIS L.

,r . · ■ ■ - ; .1 , I . M 'lv->! K

Fleurs blanches ou lilas , — sépales très inégaux ; — silicule ovale, échancrée au sommet ou
bilobée ; valves carénées, souvent ailées.

Ibéride a feuilles pennées, I. pinnata L.
Ibéiudë1 amère , ƒ.
amara L. ·

Se rencontrent communément l'une et l'autre dans les moissons et les lieux pierreux.

„,,.,<„.· mih *-.'W<·' ÎK··' ·■ .»ViTi*MiS'M« *\«">*ïi*· .....- .i «/»« MA· ■

-ocr page 46-

30 CRUCIFÈRES.

Genre PASSERAGE. — LEPIDIUM L.

Fleurs blanches ; — silicule divisée comme dans le genre Iberis, à valves oarénées, ailées on
non; loges monospermes.

Comprend plusieurs espèces, plus ou moins Acres dans toutes leurs par-
ties et peu recherchées des bestiaux.

Passerage cultivée, L. scitivum L.

Passerage des jardins, Cresson alênois, Nasitord.

Petites fleurs blanches portées sur de petits épis dans les aiselles des feuilles supérieures. Sili-
cule à valves largement ailées. Taille de 3 à 4 décimètres. Espèce annuelle.

Ses feuilles, que l'on mange en salade comme le cresson, ont la saveur chaude, acre et piquante
de la moutarde ; elles exhalent, en outre, une odeur désagréable.

Passerage des champs, L. campcstrc R. 13r.

Tabouret des campagnes.

Silicule ailée. = Vient dans les champs et les lieux incultes.

Passerage a larges feuilles, L. latifolium L.

Grande passerage, Moutarde des Anglais.

Silicides ovales, non ailées, à peine échancrées au sommet.

Mêmes propriétés que la précédente. Vient dans les terrains frais et humides do toute l'Eu-
rope. Employée comme assaisonnement, elle est, en outre, mangée par tous les bestiaux.

Genre TABOURET. — TFIL ASPI L.

Fleurs blanches, en grappes terminales ; —silique oblongue ou orbiculaire, éehanerée au som-
met; à valves carénées, prolongées par une aile membraneuse; loges polyspermes; —
feuilles infé-
rieures pétiolées, les supérieures embrassantes.

Tabouret des champs, T. arvcnsc L.

Monnayère.

Silicule grande, orbiculaire, bilobée au sommet, h aile bordée d'une nervure. Taille de 2 h
4 décimètres.

Vient en abondance dans les champs sablonneux, dans les moissons et parmi les décombres.
Est mangée, sans être recherchée, par tous les bestiaux, mais elle donne un mauvais goût au lait
et à la viande. Ses semences, acres, laissent dans la bouche un goût d'ail ou d'oignon.

Tabouret perfolié , T. pcrfoliatum L.

Plus petite que la précédente. = Vient dans les terrains calcaires. Peu recherchée des
bestiaux.

, i '
Genre CAPSELLE. — CAPSELLA Vent.

Sépales dressés, non bossués ; ·— silicule comprimée latéralement, obovale triangulaire, éehan-
erée au sommet, surmontée d'un style court, iv valves oarénées, non ailées ; 2 loges polyspermes,
à graines bisériées.

Ne comprend qu'une espèce

-ocr page 47-

CRUCIFÈRES. 31

CAPSELLE BOURSE A PASTEUR. — C. BURSA PASTORIS Mœnch.

Noms vulgaires. — Bourse d berger, Bowrsette, Tabouret, Malette, Mouffette, Mille-fleurs.

Fleurs blanches, petites, en épis terminaux. — Silicules portées par de longs pédicelles fili-
formes. — Feuilles ciselées, les inférieures pétiolées, en lyre, diversement divisées, étalées en
rosette; les supérieures peu nombreuses, entières, lancéolées, embrassantes. — Racine droite et
pivotante. — Une ou plusieurs tiges dressées, pubesceutes. — Taille variable de 1 à 6 décimètres
environ. — Annuelle. — Fleurit toute l'année, même sous la neige.

Longtemps comprise dans le genre Thlaspi, la Capselle bourse à pasteur
est une plante très variable d'aspect, suivant les terrains où elle pousse.
Extrêmement commune dans les lieux cultivés, parmi les décombres, sur
les vieux murs, au bord des chemins, etc., mais surtout dans les endroits om-
bragés et non marécageux, c'est l'une des espèces les plus répandues. Elle
ne laisse même pas que d'offrir, sous ce rapport, quelques inconvénients, vu
la difficulté que l'on éprouve à l'extirper des champs qu'elle a envahis. Elle
est mangée par tous les bestiaux. Dans certaines localités, on la recueille
pour la donner aux vaches. Elle a été autrefois usitée en médecine.

Genre PASTEL. — ISATIS L.

Sépales à demi-étalés ; — silicule oblongue, ailée, uniloculaire ; —■ feuilles inférieures atténuées
eu pétiole ; les supérieures à 2 auricules aiguës.

PASTEL DES TEINTURIERS. — I. TINCTORIA L.

Noms vulgaires. — Guide, Guesde, Vouède, Herbe de Saint-Philippe.

Fleurs petites, jaunes, en large panicule. — Silicules obovales, lancéolées, pendantes, noi-
râtres. — Feuilles d'un vert bleuâtre, lisses, entières, lancéolées; les supérieures embrassantes.
— Bisannuelle.

Croissant spontanément dans les lieux secs et pierreux, sous toutes les
latitudes, depuis les bords de la Baltique jusqu'au fond de l'Italie, le Pastel
est spécialement cultivé pour la teinture, à laquelle ses feuilles fournissent
une couleur bleue de nuances très variées, mais peu usitée aujourd'hui. On
le cultive aussi comme plante fourragère. Très précoce, résistant à la séche-
resse aussi bien qu'aux gelées tardives et aux froids les plus rigoureux, con-
tinuant sa pousse même en hiver, il fournit aux bestiaux un fourrage prin-
tanier très nourrissant, et d'autant plus précieux qu'on peut l'obtenir à
l'époque de l'année où il est le plus difficile de se procurer des fourrages frais.
Il vient dans les terrains maigres, ce qui rend sa culture plus avantageuse
encore.

-ocr page 48-

32 C1STAGKES,

Famille des CISTACÉES.

ROSACÉES T. ; POLYANDRIE L. ; CISTINÊES J.; CISTÉES DC.

Cette famille, qui tire son nom du genre Cistus, a pour caractères :

Fleurs hermaphrodites, régulières, en grappes terminales, rarement soli-
taires ; —
calice à 5 sépales, sur deux rangs, 3 intérieurs et 2 extérieurs ;
inégauxquelquefois à 3 sépales ; —
corolle à 5 pétales caducs, égaux ; — éta-
mines
libres, hypogynes, en nombre indéfini ; — ovaire libre ; — capsule à
1.10 loges, s'ouvrant en autant de valves; —
graines nombreuses; — feuilles
simples, entières, généralement opposées.

Cette espèce ne renferme que deux genres, comprenant chacun un grand
nombre d'espèces, remarquables par la beauté de leurs fleurs, qui répandent
une odeur aromatique plus ou moins prononcée, mais sont sans usage.

Genre CISTE. — CISTUS T.

Fleurs roses ou blanches; — calice h 3.5 sépales presque égaux; — capsule à 5.10 loges
s'ouvrant en autant de valves ; —
graines attachées à un placenta central, avec un embryon
filiforme tourné en spirale.

Les diverses espèces qui le composent, appartenant au midi de l'Europe,
à l'Afrique, sont communes sur les bords de la Méditerranée. Elles servent
de plantes d'ornement et sont dédaignées par les bestiaux ; les chèvres seules
en rongent les jeunes pousses.

Genre IIELIANTHÈME. — HE LIA NTHEMUM L.

Fleurs généralement jaunes, quelquefois roses ou blanches; — calice h, 5 sépales, les deux
extérieurs beaucoup plus petits, quelquefois nuls ; —
capsule k 1 loge ou à 3 loges incomplètes
et 3 valves; —
graines attachées sur les valves, avec on embryon simplement recourbé.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces qui habitent surtout les
lieux secs et résistent aux grandes sécheresses.

HELIANTHÈME COMMUN. — H. VULGARE g/ertn.

Noms vulgaires. — Cisle-Helianthème, Herbe d'or, Fleur du soleil, Hysope des garrigues.

Pleurs jaunes, grandes, solitaires, ou formant par leur assemblage de belles grappes termi-
nales, courtes et peu fournies, se tournant toujours vers le soleil, et ne durant qu'un jour. —
Feuilles ovales, oblongues, opposées, brièvement pétiolées, blanches en dessous, légèrement roulées
sur les bords ; stipules lancéolées, aiguës. —- Tige couchée, ascendante, grêle, de 2 h 3 décimè-
tres, sous-frutescente. — Vivace.

-ocr page 49-

résédacées. 33

Très abondante sur les coteaux arides, les pelouses sèches, les pâturages
calcaires, les clairières des bois, où elle couvre parfois de grands espaces. Cotte
espèce, recherchée pai4 les bestiaux, fournit en juin et en juillet un pâturage
abondant et résistant parfaitement à la sécheresse. On pourrait en faire des
prairies sur les montagnes du midi de la France, où rien ne vient, faute de
terre, attendu que l'Hélianthème n'en exige presque pas, ses racines s'éten-
dant facilement sur la pierre et allant chercher la nourriture de la plante dans
les interstices des rochers.

Famille des RÉSÉDACÉES DC.

ANOMALES t.; DODÉCANDRIE L. ; CAPPARIDÊES ,).

Ainsi nommée du genre Réséda.

Fleurs irrégulières, petites, en grappes terminales allongées ; — calice
à 4.G sépales inégaux ; — corolle à 4.6 pétales inégaux, écartés , à limbe laci-
nié ; —
ètamines nombreuses, soudées à la base en un ou plusieurs corps ;
— fruit capsulaire ; — graines à cotylédons charnus ; — feuilles alternes.

Cette famille ne comprend qu'un très petit nombre de plantes, générale-
ment amères dans leurs diverses parties.

Genre RÉSÉDA. — RESEDA L.

Capsule à 1 loge polysperme, s'ouvrant au sommet.

Renferme plusieurs espèces, à racine acre, jouissant de propriétés diu-
rétiques et sudorifiques, mais sans usage.

G AUDE. — R. LUTEOLA L.

Noms vulgaires. — Réséda gaude, Réséda jaunissant, Herbu à jaunir, Vaude.

Fleurs d'un jaune verdâtre, en grappes très allongées. — Calice à 4 sépales. —Feuilles lan-
céolées, étroites, entières, ondulées, luisantes. — Tige dressée, anguleuse, glabre. — Taille de
5 à 10 décimètres. — Espèce bisannuelle.

Assez commune dans les lieux secs, la Gaude vient à peu près partout,
sur les bords des champs et des chemins, sur les vieux murs et dans les en-
droits pierreux. Repoussée des animaux à cause de son amertume, elle est
cultivée pour la matière colorante jaune, la
hilèoline, que contiennent toutes
ses parties et que l'on utilise dans la teinture.

-ocr page 50-

3G CARYOPHYLLÉES.

Famille des VIOLACÉES.

ANOMALES T.; SYNGÉNÉSIE MONOGAMIE L.; CISTINÉES J. ; VIOLARIÊES DC.

Fleurs solitaires, irrégulières ; — calice à 5 sépales inégaux se prolongeant
au-dessous de leur insertion ; —
corolle à 5 pétales, l'inférieur plus large, sou-
vent prolongé, au-dessous de son point d'attache, en un éperon creux ; —
5
êtamines à filet court, élargi, les 2 inférieures avec un appendice qui entre
dans l'éperon ; anthères contiguës entre elles ; —
ovaire uniloculaire ; — fruit
capsulaire, à 3 valves ; — graines nombreuses, à albumen charnu ; — feuilles
alternes, simples, stipulées. Plantes herbacées ou sous-frutescentes.

Comprend un seul genre, le genre Violette, Viola T., qui renferme un
certain nombre d'espèces exotiques ou indigènes. Celles-ci, communes dans
les bois, les haies, les prairies ou les champs, bien que mangées par les ani-
maux, ne peuvent, à cause de leur petitesse et de leur précocité, être considé-
rées comme fourragères.

PENSÉE DES CHAMPS. — V. TlilCOLOli L.

Noms vulgaires. — Pensée sauvage, Violette tricolore, Violette des champs ou des moissons.

Violette agreste, Jacée tricolore, Herbe ou Fleur de la Trinité.

Fleurs tricolores, nuancées de jaune, de blanc et de violet, sans odeur, portées sur de longs
pédoncules. — Fouilles crénelées, ovales ou cordiformes à la base. —· Stipules grandes, lyrées ou
pinnatifides. — Taille de 1 à 4 décimètres. — Espèce annuelle ou bisannuelle.

Cette espèce, commune dans les champs, les moissons, surtout dans les
terres sablonneuses, est mangée seulement par les moutons et les chèvres.
On la cultive dans les jardins pour l'élégance de ses fleurs.

Famille des CARYOPHYLLÉES Tourn.
DÉCANDRIE l.; HYPOPÈTALIE J.

Cette famille, qui tire son nom de I'GEillet, Dianthus Caryophyllus, a été
appelée encore, par les botanistes modernes,
Dianthées ou Dianthacées.

Fleurs régulières, hermaphrodites, rarement unisexuées ; — calice persis-
tant, à 5 ou 4 sépales, libres, ou unis seulement à la base, ou bien soudés en
tube dans une partie plus ou moins grande de leur étendue ; —
corolle par-
fois nulle par avortement, composée de 4.5 pétales libres, à onglet souvent
long et étroit, à lame large, entière ou divisée, offrant quelquefois à la face

-ocr page 51-

OARYOPHYLLEES .5.)

interne, au sommet de l'onglet, deux petites écailles colorées, qui forment par
leur ensemble une espèce de corolle secondaire, nommée
coronule, pouvant,
dans les fleurs doubles, prendre un très grand développement; —
ètamines en
nombre égal ou double à celui des pétales, libres ou soudées entre elles parla
base; —
ovaire libre, surmonté de 2.5 styles distincts, fdiformes, allongés;
•— fruit charnu et indéhiscent dans une espèce, capsulaire dans toutes les
autres, s'ouvrant alors au sommet par des dents ou des valves en nombre
égal ou double à celui des styles, généralement uniloculaire et polyspenne,
parfois offrant 2.5 loges que séparent imparfaitement des cloisons incom-
plètes ; —
graines portées sur un placenta central, à surface ordinairement
chagrinée, à périsperme farineux ; —
feuilles simples, opposées, entières, sou-
vent sessiles et même connées à la base, accompagnées parfois de stipules sca-
rieuses ; —
tige simple ou multiple, rameuse, dichotome, à articulations plus
ou moins renflées.

Cette famille, fort étendue, très naturelle, offre un grand nombre d'espè-
ces, généralement printanières, s'accommodant très bien des terrains secs et
arides. Beaucoup d'entre elles sont consommées par les bestiaux qui les trou-
vent dans les pâturages, et auxquels elles fournissent une bonne nourriture.
Une seule, toutefois, est cultivée comme fourragère, c'est la
Spergiile. Les au-
tres, que les bestiaux broutent aussi, ne se développent point assez pour pou-
voir être soumises à la culture. Dans les champs et les moissons, où souvent
elles abondent, elles ne font que salir la paille et le grain. Plusieurs sont cul-
tivées comme plantes d'ornement. Elle n'ont, en résumé, sous le rapport
agricole et économique, qu'une faible importance.

Quelques botanistes modernes ont dédoublé les Caryophyllées en deux
familles distinctes : les
Dianthées ou Silènêes, comprenant les espèces chez les-
quelles les divisions du calice sont soudées ; et les
Alsinées ou Alsinaeèes, à
sépales libres. On peut se borner à former deux tribus de ces deux groupes,
dont les autres caractères, d'ailleurs, offrent une assez grande similitude pour
autoriser à les considérer comme une seule famille

Le tableau suivant résume les caractères distinctifs des principaux
genres :

i Capsule ( Feuilles linéaires, stipulées. ... Spergujla.

5 styles. J à 5 valves. | — — non stipulées. Spergella.

Capsule à 8.10 dents..................................Cerastium.

5florale:''S ! ( Capsule ( Feuilles linéaires, stipulées..., Spergularia.

3 dents. | —. — non stipulées, Alsine.

3 styles. ^ Cansule l Pétales entiers, 10 étamines. . Arenaria.

à 6 dents I — dentés, 3.5 étamines.. Holosteum.

( — bifides, 10 étamines.. Stkllaria.

4 divisions florales..........................................................................Sagina.

I 2 styles, i Calice muni d'un calicule écailleux..........Diantiius.

Fruit \ Capsule j çayce m] ( Calice tubuleux......................Saponaria.

l capsulaire S v®lves. { ' ( Calice campanulé....................Gypsoi^iila.

I déhiscent, ƒ 3 styles· Capsule à 6 valves........................................Silene.

5 styles. I CoroUe nue*................................Agrostemma,

' ( Corolle pourvue d'une coronule....................Lychnib.

Fruit baeciforme...............................................Cccuisai.cs .

Calice
à sépales
libres.

S
g

S
o

a

<1 ! Calice
° ' à sépales
soudés.

-ocr page 52-

3G CARYOPHYLLÉES.

Genre SPERGULE. — SPERGULA.

Fleurs blanches, eii eymes terminales, divariquées, irrégulières; — calice à 5 sépales cohé-
rents à la base ; —
corolle à 5 pétales entiers ; — 5,10 staminés ; — 5 styles; — capsule à
5 valves, uniloculaire et polysperme; —
graines plus ou moins comprimées, marginées ; — feuilles
linéaires, fasciculées, comme verticillées, accompagnées de stipules scarieuses; — tiges articulées,
ordinairement rameuses au sommet.

Ce genre comprend un petit, nombre d'espèces annuelles, constituant
autant de petites plantes communes sur les terrains secs et arides, et que les
bestiaux paraissent rechercher. Une de ces espèces est cultivée en grand
comme plante fourragère.

SPERGULE DES CHAMPS. — S. ARVENSIS L.

Noms vulgaires. — Spergule de Brabant, Spergoute, Spargoute, Spargoule, Espar goule, Sporée,

Spurie, Spourier, Fourrage de disette.

Fleurs petites, en cyme dichotome ou triohotome. — Pétales obtus. — 10 étamines. — Grai-
nes noirâtres, subglobuleuses, entourées d'un rebord très étroit. ·— Feuilles canaliculées en des-
sous, munies de stipules larges. — Tige légèrement velue, visqueuse, peu rameuse, haute de 2 a
4 décimètres. — Floraison de mai ii août.

Commune parmi les moissons, dans les terrains sablonneux, la Spergule
est cultivée en grand, comme fourrage annuel, dans plusieurs contrées et
particulièrement en Flandre, dans les Pays-Bas, où elle occupe de larges sur-
faces et permet de profiter de terres sèches et sablonneuses qui ne produi-
sent que peu de trèfle. Elle pourrait être cultivée de même dans toute autre
localité, pour remplacer ce dernier fourrage, quand il a péri par la gelée.
Les terrains sablonneux, frais et légers, lui conviennent particulièrement ;
c'est la plante par excellence des sols siliceux ; elle y forme des touffes ram-
pantes peu fournies, mais qui donnent un bon pâturage.

On la sème au printemps, en mars ou avril, après un labour, sans fumier;
mais il vaut mieux la semer à la fin de l'été, après la moisson, sur les chau-
mes que l'on a retournés par un léger labour. On répand environ 28 kilog.
(45 litres) de graine par hectare ; la graine, très fine, doit être peu recouverte.
Douée d'une extrême promptitude de végétation, la plante arrive en six semai-
nes ou deux mois à maturité. Un peu d'engrais liquide favorise son dévelop-
pement et augmente le produit. Elle peut fournir ainsi jusqu'à 13 ou 14 mille
kilog. de fourrage vert par hectare, qui perd les quatre cinquièmes par la
dessiccation.

La Spergule, semée au printemps, est quelquefois fauchée et fanée comme
une plante fourragère ordinaire. Mais il y a peu d'avantages à la traiter ainsi,
à cause de la nature aqueuse de la plante qui en rend la dessiccation difficile,
et de la ténuité extrême de ses feuilles qui produit un grand déchet. Aussi

-ocr page 53-

3G CARYOPHYLLÉES.

la fait-on généralement consommer en vert, soit sur place, en liberté ou au
piquet, soit en la fauchant pour la donner à l'étable ; elle fournit alors du
fourrage vert jusqu'à l'hiver.

Elle convient à tous les bestiaux; les chevaux, les chèvres, les moutons
la recherchent également. Mais elle est surtout réservée aux bôtes à cornes,
aux vaches notamment, auxquelles elle donne un meilleur lait. Dans les
Pays-Bas, le beurre des vaches qui en sont nourries, dit
beurre de Spergule,
est considéré comme de qualité supérieure.

En résumé, cette plante forme un bon fourrage; mais elle est peu pro-
ductive, môme cultivée. Sa culture, cependant, peut être avantageuse,
d'abord, en ce qu'elle prospère dans les sols où d'autres plantes ne sauraient
venir; puis, par la rapidité de sa croissance, qui lui permet de s'intercaler
dans les assolements sans contrarier les cultures ; elle peut se placer ainsi
entre deux récoltes de céréales, ou être mise en culture dérobée sur les terres
non améliorées.

Enfouie en vert, elle donne un bon engrais végétal. Dans un climat
humide, on peut, en la transformant en vert, en obtenir jusqu'à trois récoltes
consécutives; semée une première fois en mars, on l'enterre en juin; second
semis aussitôt après et enterrage au commencement d'août ; ensuite, troisième
semis que l'on peut enfouir en avril suivant. Ces trois récoltes sont estimées
valoir trente-trois charrettes de fumier par hectare.

On cultive encore la Spergule pour sa graine, que recherchent les oiseaux
et dont on fait du pain dans quelques contrées. Dans ce cas, on la sème dans
la dernière quinzaine d'avril, afin de pouvoir la récolter au 1" août; quel-
quefois on la sème en mars pour la récolter en juin ; le produit est d'environ
12 hectolitres par hectare. Les graines étant extraites, les fanes vertes ou
sèches forment une excellente nourriture.

La Spergule, surtout celle que l'on sème à la fin de l'été comme fourrage
d'automne, est souvent attaquée par des chenilles noires qui envahissent les
champs en quantités considérables et peuvent, en peu de jours, faire dispa-
raître la récolte. Pour arrêter leurs ravages, les cultivateurs ouvrent, à travers
les emblaves, des sillons de 30 centimètres de profondeur sur autant de lar-
geur, et à parois perpendiculaires; les chenilles y tombent et n'en peuvent
pas sortir.

— On a recommandé à la place de cette plante une variété de la même
même espèce, dite
Spergule géante, grande Spergule, dont certains auteurs ont
fait une espèce particulière
(S. maxima Rich.). Originaire de Courlande, elle
diffère du type par sa haute taille, qui s'élève à 10 ou 14 décimètres, et par sa
graine brunâtre, pointillée de jaune et de brun doré. Introduite en France par
M. Bossin, on l'a donnée comme possédant les mêmes qualités fourragères
que la précédente, et comme également propre aux sols sablonneux et'frais.
Cultivée de la même manière que l'espèce naine, croissant aussi fort rapide-
ment, elle peut être coupée avant que les mauvaises herbes aient eu le temps

-ocr page 54-

3G CARYOPHYLLÉES.

de mûrix· ; elle nettoie ainsi le sol et le laisse libre assez tôt pour recevoir les
céréales d'automne. Son produit, en fourrage vert ou sec et en graine, est le
double environ de celui donné par la petite espèce. Malgré tout cela, en
Belgique, elle est moins estimée, car elle perd en délicatesse ce qu'elle gagne
en quantité ; elle devient vite coriace et ne fournit par suite aux bestiaux
qu'un fourrage médiocre.

Spergule a cinq étamines, S. pentandra L.

Fleurs en eyme terminale. Pétales lancéolés, aigus. 5 étamines. Graines comprimées, entou-
rées d'un large rebord. Feuilles non canaliculées en dessous, à stipules très petites. Tige glabre,
non visqueuse, rameuse, de 1 à
2 décimètres. Fleurit d'avril à mai.

Cette espèce se rencontre aussi sur les bords des chemins, dans les moissons, dans les terrains
sablonneux et pierreux ; mais elle est moins abondante que la précédente. Les moutons la man-
gent sans difficulté.

Genre SPERGELLE. — SPERGELLA Rech.

Feuilles non stipulées. Espèces ne dépassant point 5 h, 10 centimètres; toutes vivaces.

On rencontre ces plantes dans les montagnes des Alpes, dans les champs
sablonneux, humides, de l'Ouest et du Midi, dans les lieux marécageux, au
bord des ruisseaux. Toutes plaisent également aux moutons et aux vaches.
Mais leur petite taille les rend sans importance.

Genre GERAISTE. — CERASTIUM L.

Fleurs blanches, bractéolées, en eyme, rarement solitaires; — calice ordinairement à 5 sépa-
les ; — 5
pétales bifides ou bipartits, quelquefois entiers ; — 10.8 étamines; — capsule cylindri-
que ou conique. Espèces de très petite taille, la plupart vivaces. Fleurissent de bonne heure.

Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces, communes le long
des chemins, dans les prés, dans les champs, surtout dans les montagnes, et
fort difficiles à distinguer entre elles. Les animaux les mangent toutes ; mais
elles n'ont pas de valeur agricole.

Genre SABL1NE. — A REN A RI A L.

Calice à ô sépales, à bords scarieux ; — 5 pétales entiers ; — capsule- ovoïde.

Dans ce genre sont compris un assez grand nombre de très petites plantes
que les bestiaux mangent volontiers, et que l'on rencontre communément
sur les montagnes et dans les prés.

-ocr page 55-

3G CARYOPHYLLÉES.

Genre STELLAIRE. — STELLAIUA L.

Fleurs blanches; — feuilles sossiles.

Plusieurs espèces, toutes recherchées des bestiaux.

STELLAIRE MOYENNE. — S. MEDIA Vill.

Noms vulgaires. — Morgeline, Mouron blanc, Mouron îles oiseaux.

Fleurs solitaires, très petites. — Feuilles ovales, presque cordiformes ; ligne de poils courts
sur toute la longueur de la tige. — Taille de 1 ii 3 décimètres. — Fleurit toute l'année.

Très répandue, abondant dans les lieux humides, sur les bords des fossés,
au pied des murs, et, dans tous les lieux cultivés, cette plante est remarquable
par sa facilité à croître en toute saison et dans tous les terrains. Elle végète
promptement. Les vaches et tous les bestiaux la recherchent. C'est la princi-
pale plante fourragère des oiseaux élevés en cage.

Stellaire holostèe, S. holoslca L.

Stellaire des haies, Langue-d'oiseau.

Fleurs assez grandes, en cyme dichotomique, portées sur de longs pédicelles filiformes. Feuil-
les opposées, sessiles, finement dentelées. Tige rameuse, grêle, couchée, haute de 5 à 6 déoi-
mètres. Vivace.

Se trouve dans les lieux secs de toute la France, le long des chemins, dfins les haies , dans
les prairies. Elle fleurit au commencement du printemps, et donne en peu de temps un fourrage
assez abondant que recherchent tous les bestiaux, les vaches surtout. Elle pourrait, en certaine!
circonstances, remplacer la Spergule.

Genre SAGINE. — SAGINA L.

Fleurs blanches, à peine apparentes; — 4 sépales; — 4 pétales plus courts que le cidice,
quelquefois avortés ; — 4
étamines ; — 4 styles ; — capsule à 4 dents.

Plantes très petites et communes dans les champs sablonneux. Comprend
un petit nombre d'espèces sans importance.

Genre OEILLET. — DIANTHUS L.

Fleurs eu cyme ou solitaires, involucrées ; ■— calice tuberculeîfcc à 5 dents, muni à sa base
d'un ealicule formé de plusieurs écailles imbriquées ; —
corolle il 6 pétales longuement onguicu-
lés; — 10
étamines; — capsule s'ouvrant au sommet en 4 valves; — feuilles connées , plus ou
moins étroites.

Genre comprenant un grand nombre d'espèces, annuelles, bisannuelles
ou vivaces, dont les espèces, répandues dans toute la France, habitent de pré-
férence les lieux secs et arides, les pelouses des montagnes. Les bestiaux brou-
tent. toutes ces espèces quand elles sont jeunes et tendres ; plus tard ils les
négligent.

-ocr page 56-

caryophyllées.

Genre SAPONAIRE. — SAPONARIA L.

Calice dépourvu de calieuie à sa baso.

Offre un petit nombre d'espèces.

Saponaire des vaches, S. vaccaria L.

Fleurs roses, en eyme dichotomique terminale. Calice à 5,(5 angles saillants. Pétales nus à la
gorge. Feuilles opposées, sessiles, grandes, ovales, aiguës, à base arrondie, munies d'auricules
connées. Tige raide, dressée, rameuse au sommet, glauque, haute de 4 à 6 décimètres. Espèce
annuelle. Floraison en juillet.

Commune dans les champs les plus arides du Midi de l'Europe, parmi les moissons, cette
espèce est recherchée de tous les bestiaux, notamment des vaches, comme l'indique son nom.

Saponaire officinale , S. officinalis L.

Savonaire, Savonière, Saponière, Herbe-à-savon.

Fleurs roses, d'un lilas pfile ou blanc, odorantes, en panicule dicliotome terminale. Calice à
4 dents inégales. Pétales munis à la gorge de 2 écailles linéaires. Feuilles ovales, acuminéos, à
3 nervures, d'un vert foncé, les supérieures sessiles. Une ou plusieurs tiges dressées, rameuses au
sommet. Taille de 4 à 6 décimètres. Vivace. Floraison de juillet à septembre.

Cette espèce se montre surtout dans les lieux humides et ombragés, le long des cours d'eau,
des fossés. Sa racine, agitée dans l'eau, lui cède un principe qui la fait mousser. Elle est mucila-
gineuse , légèrement tonique et amère. Les bestiaux la refusent.

Saponaire a feuilles de rasilic , S. ocyinoïdes L.

Écailles des pétales très petites. Feuilles petites, obovales. Tige rampante, étalée, velue.
Vivacc.

Forme, dans les lieux montagneux du Midi, des touffes épaisses, que les bestiaux mangent
volontiers; mais elle n'est nulle part assez abondante pour compter comme fourragère.

Genre GYPSOPHILE. — GYPS0PH1LA L.

Calice campanulé, composé de pétales à onglet très courts; — feuilles linéaires.

Comprend un petit nombre d'espèces ; commune dans les montagnes et
les lieux sablonneux. Sans importance.

G$nre SILÈNE. — SILENE DG.

Fleurs en eyme terminale; —■calice à 5 dents, à tube étroit, parfois vésiculeux; — 5 pétales
i limbe plan, quelquefois pourvu d'éoailles, longuement onguiculés; — 10 étamines ; — feuilles
opposées, toutes sessiles ; — une ou plusieurs tiges grêles, souvent visqueuses dans le haut.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, annuelles, bisannuelles
ou vivaces, dont plusieurs se rencontrent dans les prairies. Elles se dessè-
chent facilement et donnent un foin que les animaux mangent sans difficulté.

40

-ocr page 57-

CAIIYOPHYLLÉES.

SILÈNE ENFLÉ. — S. 1NFLA TA DC.

Noms vulgaires. — Silène-à-vessie, Behen, Cucubale Be/ien, Boulet, Colibclle, Sclafidau (Roussillon),

Cresabous (Forez), Pois-à-craquois.

Fleurs blanches ou légèrement purpurines, en cyme dichotome. —Calice vésiculeux, glabre,
réticulé. — Pétales bifides et ii gorge nue. — Feuilles d'un vert glauque, entières, ovales, acu-
minées. —■ Tiges nombreuses , couchées ii leur base on droites, rameuses, de 3 à 8 décimètres.
— Vivace. — Floraison en juin.

Habitant toute la France, depuis les bords de la mer jusqu'à de hautes mon-
tagnes, cette espèce est l'une des plus communes de nos contrées. On la rencon-
tre dans les prairies, dans les champs, sur les bords des routes. Elle vient dans
tous les terrains, mais surtout dans les sols légers et sablonneux. Elle résiste
à toutes les intempéries ; aussi pourrait-elle être mêlée aux plantes que l'on
cultive dans les terres sèches et arides, en vue d'utiliser celles-ci. Consommée
par tous les animaux, elle est surtout recherchée des vaches. Dans le Rous-
sillon, les habitants la mangent en salade, et cuite en guise d'épinards.

Silène penché , S. nutans L.

Fleurs blanches, pfdes, en panicule unilatérale et penchée. Calice non vésiculeux, atténué à
la base, velu. Feuilles radicales élargies, spatulées; les eaulinaires très étroites. Tiges dressées,
peu rameuses, de 3 à 6 décimètres. Vivace.

Espèce également fort commune sur les coteaux arides, dans les bois sablonneux de presque
toute la France, où elle forme de petits bouquets se distinguant à leur belle verdure et à leurs
feuilles dressées. Recherchée des chevaux, des moutons et des chèvres, elle est refusée par les
bêtes à cornes.

Genre AGROSTEMME. — AGROSTEMM A L.

Calice à nervures saillantes, à 5 dents plus longues que le tube et dépassant la corolle; —
5
pétales longuement onguiculés, à'limbe large, plan, dépourvu d'écaillés; — 10 étamines; — cap-
sule
à 5 valves; — feuilles alternes, sessiles.

Ne renferme qu'une seule espèce.

Agrostemme githage, A. githago L.

Nielle des blés, Fausse nielle, Gosse.

Fleurs d'un beau rouge violet, grandes, solitaires au sommet de la tige ou des rameaux.
Calice velu, ovoïde à la base, resserré vers le haut. Feuilles linéaires, aiguës, allongées. Tige poi-
lue, raide, dressée, rameuse au sommet, haute de 4 à 8 décimètres. Annuelle. Floraison de juin
et juillet.

Très commune dans les moissons, où elle se fait remarquer par ses belles fleurs, cette espèce
mêle sa graine à celle des céréales et nuit à la qualité du pain, qu'elle rend noir et amer; d'où la
nécessité de l'extirper, par l'arrachage et un bon assolement, des champs où elle se multiplie. La
. plante verte est recherchée par les bestiaux ; mais la difliculté de la multiplier quand elle est seule,
empêche de la cultiver comme plante fourragère.

-ocr page 58-

('. A H Y 0 PHYLLÉ ES.

Genre LYCHNIDE. — LYCHN1S L.

Fleurs dioïques ou hermaphrodites , en cyme ou en panieule terminale ; — calice tubuleux ,
à 5 dents, à nervures saillantes; — 5
pétales à onglet allongé, munis d'écaillés à la gorge; —
10
étamines; —· capsules s'ouvrant à 5.10 dents.

Ce genre comprend un certain nombre d'espèces dont quelques botanistes
ont fait plusieurs genres. Ce démembrement n'est point nécessaire, le genre
étant parfaitement caractérisé par ses 5 styles et sa corolle munie d'une
coronuïe.

Lychnide iiioïque, L. dioïca DC.

Lychnide du soir, Silène des prés, Saponaire blanche, Floquet, OEillet de Dieu, Compagnon blanc,
Passe-fleur sauvage, Robinet, Sublet, Ivrogne.

Fleurs dioïques, grandes, blanches, odorantes, en panicules dichotomes, lâches, s'ouvrant le
soir. Calice verdâtre, velu. Pétales à limbe bifide, pourvu de deux petites écailles dentées. Cap-
sule s'ouvrant par 10 dents égales, dressées. Feuilles d'un vert foncé, lancéolées, aiguës. Tiges
dressées, visqueuses au sommet, de 5 à 10 décimètres. Vivace.

Commune dans les champs, dans les lieux incultes, au bord des routes, cette espèce vient dans
toute la France et dans tous les terrains non trop humides. Les bestiaux la mangent tous sans dif-
ficulté.

Lychnide sauvage , L. sylveslris DC.

Lychnide diurne.

Fleurs quelquefois hermaphrodites, roses ou purpurines, sans odeur et s'ouvrant le jour. Calice
rougeâtre ; dents de la capsule s'enroulant an-dehors. Taille de 5 à (i décimètres. Vivace.

Elle habite les bois, les prairies, en général, les lieux humides et ombragés, où elle est par-
fois très abondante. Peu recherchée des bestiaux.

Lychnide visqueuse, L. viscaria L.

Attrape-mouche, Lampette visqueuse, OEillet de janséniste.

Fleurs hermaphrodites, en bouquets axillaires opposés, formant une grappe terminale, de cou-
leur rose ou rouge. Calice renflé supérieurement en massue ; limbe des pétales entier. Feuilles
lancéolées, linéaires, connées, ciliées à la base. Taille de 4 à 6 décimètres. Vivace.

Commune dans les bois sablonneux, les prés montagneux", les lieux secs, cette espèce est
broutée seidement par les moutons. On la cultive dans les jardins.

Lychnide des prés , L. flos-çuculi L.

Fleur-de-coucou, Pain-de-coucou, OEillet des prés, Centaurée des prés, Véronique des jardins. Amourette.

Lampette, Robinet déchiré.

Fleurs hermaphrodites, roses, en grappes lâches. Calice rougeâtre, limbe des pétales divisé
en 4 lanières linéaires. Taille de 4 à 5 décimètres. Vivace.

Commune dans le centre et le nord de la Franco, cette espèce habite surtout les prairies et
les bois humides. Cultivée dans les jardins, elle est refusée par les animaux ; mais produisant peu
de feuilles, et perdant beaucoup pat la dessiccation, elle n'est pas nuisible.

-ocr page 59-

LINACÉES,

Genre CUCUBALE. — CUCUBALUS Gaertn.

Calice oampanulé, à 5 divisions lancéolées; — S pétales à long onglet, à limbe bifide, munis
au collet d'écaillés peu apparentes; — 10
étamines ; — fruit bacciforme, polysperme.

Renferme une seule espèce.

Cucubale porte-baies , C. bacci férus L.

Coulichon à baies.

Fleurs d'un blanc verdâtre, en panicule dicliotome, lâche. Baie noire et luisante. Feuilles ova-
les, entières, brièvement pétiolées. Tige de 5 à 10 décimètres. Vivace.

Cotte plante, très commune dans les haies, buissons ot lieux ombragés, est sans utilité comme
fourragère.

Famille des LINACÉES.

CARYOPH YLLÉES T.; PENTANDRIE L.; IIYPOPÉTÀLtE J.; UNE ES DC,

Cette, famdle, qui tire son nom du genre Lin, Linum, qui la compose seul,
était autrefois réunie avec les Caryophyliées.

Fleurs hermaphrodites ; — calice persistant à 5.4 sépales ; — corolle à 5.4 pé-
tales libres, très caducs; — 5.4
étamines soudées à la base entre elles et avec
5 rudiments d'étamines alternant avec elles ; —
ovaire à 5.3 loges, chacune
divisée par une fausse cloison en deux compartiments uniovulés ; —
styles en
même nombre que les loges de l'ovaire; —
fruit capsulaire, se divisant en
5.3
carpelles, offrant chacun deux loges secondaires monospermes ; — graines
suspendues, à périsperme mucilagineux et embryon oléagineux ; — feuilles
sessiles, éparses, quelquefois opposées; — tiges grêles, dressées, sans nœuds.

L'unique genre de cette famille comprend un assez grand nombre d'es-
pèces, dont une est cultivée en grand comme plante textile.

Lin cultivé , Linum usitatissimwn L.

Fleurs d'un beau bleu clair, solitaires, portées sur de ' longs pédoncules. Calice à 5 sépales.
Corolle à 5 pétales, à onglet court, presque trois fois plus longs que le calice. Capsules globuleu-
ses, contenant 10 graines ovales, fauves, luisantes. Feuilles éparses, sessiles, linéaires. Tige grOle,
droite, cylindrique, rameuse à son sommet, d'une hauteur moyenne de 4 à 5 décimètres, et
atteignant parfois, surtout dans le nord de la France, à 8.9 décimètres. Espèce annuelle.

Cultivée dans beaucoup de localités, et principalement dans le Nord, pour en obtenir de la
niasse, cette espèce, dans certaines contrées méridionales, donne aussi du fourrage vert. On la
sème alors, soit au printemps, soit, si les gelées ne sont pas à oraindre, en automne, à raison
de 175 kilog. de graines par hectare. La terre doit être légère, substantielle, bien ameublée et bien
fumée par avance. Quand le lin à atteint la moitié de sa hauteur, on le fauche, ot il peut repous-
ser encore assez pour donner une seconde coupe, sinon un pâturage.

La graine, utilisée en industrie pour son principe oléagineux, est propre aussi à la nourri-
ture des animaux. On l'utilise surtout pour la confection de certaines préparations alimentaires.

-ocr page 60-

malvacées.

Lin a feuilles étroites, L. angustifolium Huds,

Fleurs d'un bleu pâle. Sépales internes ciliés. Pétales émarginés deux fois plus longs que les
sépales. Feuilles linéaires aiguës. Tiges nombreuses, grSles, peu rameuses. Taille de 2 à 4 déci-
mètres. Vivace.

Cette espèce, très répandue dans les prairies du midi et de l'ouest de la France, fournit un
fourrage passable, un peu fibreux.

Lin des Alpes , L. Alpinum L.

Fleurs bleues. Tige rampante. Taille de 15 à 20 centimètres. Vivace.

Se rencontre sur les pelouses des Alpes et du Jura, où il est pâturé par tous les animaux.

Lin vivace , L. perenne L.

Fleurs très grandes, d'un bleu violacé. S'élève à 3 ou 4 décimètres. Vivace.

Mangé par les animaux quand il se rencontre. Est cultivé dans les jardins , où il se répand
facilement.

Lin a feuilles menues , L. tenuifolium L.

Fleurs roso-lilas veinées. Tiges non ligneuses, très feuillées. Vivace.

Lin de France, L. Gallicum L.

Fleurs jaunes. Espèce annuelle.

Lin purgatif, L. catharticum L.

Fleurs blanches, petites. Feuilles opposées. Taille de 1 à 2 décimètres. Annuelle.

Se rencontre dans toutes les régions de la France. Doué d'une amertume accompagnée de légè-
res propriétés purgatives, qui le font refuser par les bestiaux.

Famille des MALVACÉES J,

CAMPANULÉES T.; M0NADELPII1E POLYANDRIE L. ; HYP0PÉTALIE J.

Tire son nom du genre Mauve, Malva.

Fleurs hermaphrodites, régulières, axillaires ; — calice monosépale à 5 di-
visions, muni quelquefois d'un calicule; —
corolle à 5 pétales onguiculés,
réunis par la hase avec les filets des étamines, de manière à figurer une
corolle monopétale ; —
étamines en nombre indéfini, inonadelphes, c'est-à-dire
réunies en tube par leurs filets ; —
ovaire libre, formé de carpelles unilocu-
laires; —
feuilles simples, alternes, accompagnées de stipules.

Plantes simples, sous-frutescentes et ligneuses, très répandues dans les
régions tropicales, et se réduisant, dans nos contrées, à un très petit nombre
d'espèces, dont quelques-unes sont remarquables par la beauté de leurs
fleurs, et utiles à la médecine par leurs propriétés émollientes. Peu répan-
dues dans les prairies, elles sont rejetées de totis les animaux, à cause de leur
saveur fade.

-ocr page 61-

HYPÉRICACÉES. 45

Genre MAUVE. — MALVA L.

Calice muni ii l'extérieur d'un calicule à 3 divisions; —fruit composé de carpelles nombreux,
verticillés, se séparant à la maturité.

Mauve sauvage, M. sylvestris L.

Grande mauve.

Fleurs grandes, purpurines, rayées d'une teinte plus foncée, réunies on fascicules sur des
pédoncules axillaires, inégaux. Corolle beaucoup plus longue que le calice. Feuilles pétiolées,
velues, cordiformes. Tige ascendante, hérissée, de 3 îi 8 décimètres. Bisannuelle.

Espèce des plus communes , cette plante se trouve abondamment répandue dans les lieux
incultes, au bord des chemins, autour des jardins et des villages. Elle est fort usitée en méde-
cine ; mais les bestiaux ne la mangent point ; aussi, vu son abondance , est-on parfois obligé de
l'arracher; on la jette alors au fumier ou bien l'on en fait de la litière.

Appartiennent encore à cette famille, les genres : Guimauve, Althica L., qui fournit à la
médecine des espèces émollientes ;
Lavatèke , Lavatera L., dont on cultive les espèces comme
plantes d'ornement;
Hibisque, Hibiscus L. ou ketmie, belle plante de jardin ; le Cotonnier,
Gossypium L., etc.

Famille des HYPÉRICACÉES DC.

ROSACÉES T.; POLYADELPHŒ POLYANDRIE L·.; HYPÉRJCINÊES J.

Nommée ainsi du genre Millepertuis, Hypericum.

Fleurs régulières ; — calice à 4.5 sépales ; — corolle à 4.5 pétales, souvent
bordés et parsemés de points glanduleux noirâtres ; —
etmxines en nombre
indéfini, réunies en 3 ou 5 faisceaux distincts ; —
ovaire libre, globuleux, sur-
monté de 3 ou 5 styles ; —
feuilles entières, opposées ou verticillées, souvent
bordées de points noirs, et parsemées d'une multitude de petits points trans-
parents, formés par des vésicules contenant une huile essentielle incolore,
et ressemblant à autant de pertuis, d'où le nom donné au genre principal de
la famille.

Très répandues dans les régions tropicales, les plantes de cette famille
forment des herbes ou des arbustes, qui habitent des lieux et des terrains
très divers. Quand on les frotte avec les doigts, elles répandent une odeur
plus ou moins forte. D'une saveur amère et astringente, elles sont, pour les
animaux, plutôt malsaines qu'utiles, surtout pour les moutons; les chevaux
seuls les mangent sans inconvénient. A l'état sec, elles ne peuvent servir
comme fourrage, à cause de la dureté des tiges et des rameaux.

-ocr page 62-

Hi (rÉRANIACÉES.

Genre MILLEPERTUIS. — HYPERICUM L.

Étivnmts en 3 faisceaux ; — fruit capsulaire s'ouvrant en 3 valves. — Plantes lierbaoées ot
vivaces.

Millepertuis perforé, H. pcrforatum L.

Millepertuis, Herbe aux mille pertuis, aux mille trous, Herbe aux piqûres, Herbe de Saint-Jean,

Chasse-diable, Trucheran jaune.

Fleurs d'un beau jaune, très nombreuses, disposées en corymbes terminaux. Feuilles sessiles,
oblongues, elliptiques, obtuses. Tiges cylindriques, dressées, fermes, rameuses , offrant dans leur
longueur deux lignes peu saillantes, glabres. Taille de 5 à 8 décimètres. Vivace,

Espèce commune dans les lieux incultes et montagneux , le long des chemins et des haies.
Les chevaux et les bœufs, ainsi que les chèvres, la mangent avant sa floraison.

Genre ANDROSÈME. — ANDROS/EMUM All.

Étamine it 5 faisceaux ; — fruit bacciforme, uniloculaire, indéhiscent, ou capsule s'ouvrant
seulement au sommet.

Androsème officinale, A. officinale All.

Hyperic androsème , Toute saine.
Commune dans les lieux ombragés et humides. Autrefois très employée en médecine, elle est
aujourd'hui sans usages.

Famille des GÉRANIACÉES DG.

ROSACÉES T.; MONADELPHIE DÉCANDRIE L. ; HYPOPÉTALŒ J.

Doit son nom au genre Géranion , Géranium.

Fleurs ordinairement régulières, solitaires ou portées sur des pédoncu-
les biflores ou pluriflores ; —
calice à 5 sépales distincts ; — corolle à 5 pétales
libres; — 10
ètamines, à filets réunis à la base, dont 5 plus courtes, parfois
stériles ; — 5
styles soudés à un axe central ; — ovaire formé de 5 carpelles
uniloculaires, à 1 ou 2 graines, verticillés ; —
fruit composé de 5 coques,
monospermes par avortement, se détachant avec élasticité de l'axe à la ma-
turité ; —
graines sans albumen ; — feuilles toujours accompagnées de 2 stipu-
les; —
tiges dichotomes, articulées;—plantes herbacées ou sous-frutescentes,
souvent odorantes.

Les plantes de cette famille, spontanées dans les bois, les champs, les
lieux incultes, secs ou humides, sont très communes dans les prairies et les
pâturages, sur les bords des fossés, où leurs tiges et leurs feuilles étalées occu-
pent parfois de larges espaces, et où elles sont difficiles à détruire, à cause

-ocr page 63-

géraniacées. 4?

de la facilité avec laquelle elles se multiplient. Sans usages en médecine,
bien qu'astringentes et excitantes, elles sont de médiocre valeur pour l'usage
alimentaire des bestiaux, et doivent ère extirpées des champs qu'elles ont
envahis.

Les espèces indigènes, assez nombreuses, sont toutes comprises dans
deux seuls genres.

Genre GÉRANION. — GERANIUM L.

Fleurs blanches, roses, purpurines ou violacées, solitaires on géminées; — corolle à 5 pétales
égaux; — 10
étamines fertiles, dont 5 plus courtes , et les 5 plus longues nectarifères à leur
base ; —
carpelles arrondis au sommet, avec une arête glabre à la face interne, se détachant de
l'axe à la maturité et s'enroulant en dehors de la base au sommet.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, communes dans les prés
et dans les champs, et peu recherchées des bestiaux, bien que ne leur déplai-
sant point; desséchées, elles se mêlent au foin sans nuire à ses qualités.

GÉRANION COLOMBIN. — g. COLVMBINUM i.

Nom vulgaire. — Pied-de-pigeon.

Fleurs purpurines, striées, de moyenne grandeur, supportées par des pédoncules biflores,
naissant dans les bifurcations de la tige ou à Paiselle des feuilles , et plus longs que celles-ci ;
pétales échancrés. — Feuilles orbiculaires profondément divisées, £i 5.7 segments. — Carpelles
glabres. ·— Plante couverte de poils appliqués. — Taille de 2 à 4 décimètres. — Annuelle.

Vient dans les haies, dans les bois, les champs sablonneux, sur les bords
des chemins. Mangé seulement par les moutons et les chèvres.

Géranion a feuilles molles, G. molle L.

Fleurs petites, purpurines en dessus, plus pâles en dessous. — Pétales bifides, de la longueur
du calice. — Carpelles glabres, ridés transversalement. — Feuilles orbiculaires, profondément
divisées en 7.9 lobes obtus et crénelés. — Tige et feuilles velues. — Taille de 2 à 5 décimètres.
— Annuel.

Commun dans les lieux secs, le long des haies et des chemins, au milieu
des pierres et des broussailles, ce Géranium est, comme le précédent,
mangé seulement par les moutons et les chèvres.

Géranion a feuilles découpées , G. dissectum L.

Fleurs petites, lilas. Pédoncules plus courts que les feuilles. Carpelles velus.

Accompagne communément l'espèce précédente, avec laquelle elle offre une grande analogie.

Géranion sanguin, G. sanguinewn L.

Sanguinaire, Herbe-à-becquet.

Fleurs grandes, purpurines, veinées, portées sur des pédoncules uniflores. Pétales échancrés.
Feuilles arrondies, profondément divisées. Tige rouge. Vivace.

Croît dans les bois, les terrains calcaires et sablonneux, et dans les herbages des montagnes.
Les bestiaux le mangent à l'état vert et il l'état sec, mais sans le rechercher.

-ocr page 64-

48 gérani âgées.

Géranion des Pyrénées, G. Pyrenaicum L.

Fleurs petites, purpurines, portées sur des pédoncules biflores. Pétales bifides, deux fois plus
longs que le calice. Carpelles lisses, légèrement pubescents. Tiges et feuilles velues. Taille de 3
si 5 décimètres. Vivace.

Croît partout, et notamment dans les prairies de montagnes de presque toute la France, et
végète jusque dans le mois de décembre, Les bêtes il cornes le mangent, ainsi que les autres bes-
tiaux.

Géranion fluet, G. pusillim L.

Fleurs petites, violettes. Pétales dépassant à peine le calice. Tiges et feuilles velues

Vient principalement dans les lieux secs et incultes. Partage les diverses propriétés de l'es-
pèce précédente.

Géranion noueux, G. nodosum L.

Fleurs grandes, d'un rouge violet, veinées. Pétales à onglet eilié. Feuilles polygonales, divi-
sées, à 3.5 lobes dentés. Une ou plusieurs tiges dressées, anguleuses, il nœuds renflés. Vivace.

Assez rare, cette plante vient surtout dans les bois montagneux, les lieux ombragés et
humides. Elle est mangée par les bêtes à cornes, ainsi que par les moutons et les chèvres.

Géranion des prés, G. pratense L.

Fleurs purpurines-violacées ou blanches. Pétales arrondis au sommet. Feuilles grandes,
velues, à 5.7 lobes. Stipules longues et linéaires. Taille de 3 à 6 décimètres. Vivace.

Vient dans les prairies humides d'une partie do la France; est mangée rarement par les
bestiaux.

Géranion brun , G. phœum L.

Fleurs rouge brun on noir violet, supportées sur des pédoncules biflores opposés aux feuilles.
Pétales arrondis h, onglet court. Feuilles partagées en 5 lobes dentés. Tige velue. Vivace.

Croît spontanément dans les prairies humides des Alpes, des Pyrénées et de l'Auvergne, ou
les bêtes il cornes la mangent volontiers. Donne une fane abondante qui se mêle au foin de ces
prés.

Géranion de Robert, G. Robertianwn L.

Ilerbe-à-Robert, Robertin, Bec-de-grue.

Fleurs purpurines, veinées de blanc. Pétales arrondis à onglet glabre, aussi long que le limbe.
Feuilles polygonales dans leur pourtour, à 3,5 divisions profondes, incisées. Annuel.

Cette plante, qui répand une odeur forte, désagréable, vient communément dans les lieux
ombragés, le long des haies, sur les vieux murs. Elle est astringente et repoussée par les bestiaux.

Géranion a feuilles rondes, G. rotundifolium L.

Fleurs petites, roses ou purpurines. Pétales entiers, arrondis, à onglet plus court que le limbe.
Feuilles réniformes, crénelées, à 5.7 lobes peu profonds. Annuel,

Très commun, ce Géranium vient dans les haies, les décombres, sur les coteaux arides où les
bestiaux le recherchent peu.

-ocr page 65-

vitagées. 49

Genre ERODIE. — ERODIUM L'Hérit.

Fleurs purpurines 011 violettes, en cymes umbelliformes ; — corolle à 5 pétales un peu iné-
gaux; — 10 élimines dont 5 stériles; — carpelles pourvus d'une arête, volue à la face interne,
qui se détache de l'axe du sommet à la hase, et se roule en tire-bouchon ; —
feuilles ovales,
dentées , plus ou moins profondément divisées.

Ce genre, détaché du genre Géranium, auquel il avait été réuni par Lin-
née, comprend un certain nombre d'espèces que les bestiaux mangent égale-
ment, excepté quand elles sont en fruit.

ERODIE A FEUILLES DE CIGUË. — E. CICUTARIUil Wild.

Noms vulgaires. ■— Géranium à feuilles de ciguë, Dec-de-grue, Cicutaire.

Fleurs rougeâtres, réunies en ombelle, au nombre de 4 à (5, au sommet de longs pédoncules.
— Pétales inégaux, les deux inférieurs plus petits. — Feuilles divisées, à segments rapprochés et
incisés, — Plusieurs tiges étalées, velues. — Taille de 1 à 3 décimètres. — Annuelle.

Cette plante, légèrement odorante, est très commune. Elle vient dans les
lieux incultes, les terrains sablonneux, aux bords des champs et des chemins.
Fleurissant dès les premiers jours du printemps, elle fournit aux bestiaux, qui
la recherchent, une nourriture précoce.

Erodie bec de cigogne, E. ciconlum Wild.

Fleurs d'un violet purpurin, en ombelles. Fruit avec un bec de 12.15 centimètres. Feuilles il
lobes divisés. Tige couchée, pubescente. Annuelle.

Vient dans les lieux secs des provinces méridionales, au bord des champs. Est peu recherchée
des bestiaux

Famille des VITACÉES.

PENTANDRIE L. ; VITÉES J. ; AMPÈLIDÉES kuntii. ; VITIFÈRES ; VIN1FÈRES.

Fleurs hermaphrodites ou polygames, régulières; — calice très petit, mo-
nosépale, à 5 dents peu marquées ; —
corolle à 5 pétales ; — 5 élamines libres;
— ovaire libre, à 2 loges; — fruit bacciforme, à 1.2 loges, contenant 4.5 graines
a tégument dur, osseux.

Cette famille, comprenant un assez grand nombre d'espèces exotiques, en
offre deux qui sont particulièrement cultivées dans nos contrées.

-ocr page 66-

50 vitacées.

Genre VIGNE. — VITIS L.

Corolle à 5 pétales soudés supérieurement et formant une calotte .qui se détache d'une seule
pièce.

Une seule espèce indigène.

Vigne cultivée, V. vinifera L.

Fleurs verdâtres, odorantes, très petites, en grappes serrées opposées aux feuilles, quelque-
fois avortées et réduites à une vrille rameuse. Feuilles simples, alternes, pétiolées , palmées ou
digitées, à 5 lobes dentés; à 2 stipules. Baies noires, violacées ou jaunâtres. Tige rameuse, sar-
menteuse, à rameaux grimpants, Vivace. Floraison en juin.

Propre aux climats tempérés et venant surtout facilement dans les provinces méridionales de
la France, la Vigne, dont le fruit est utilisé, soit directement dans l'usage alimentaire, soit pour
en obtenir le vin, qui fournit à son tour le vinaigre , l'alcool, le tartre, et sur les usages connus
desquels nous n'avons pas à nous étendre, la Vigne, disons-nous, peut en outre servir à l'alimen-
tation du bétail. Ce sont les feuilles surtout que l'on emploie dans ce cas. On les donne en toute
saison, fraîches, fermentées ou sèches, et, par le principe acidulé qu'elles contiennent, elles cons-
tituent une sorte de condiment que recherchent tous les bestiaux.

En certains lieux, dit Grognier, on livre aux vaches, qui en sont très friandes, les produits
de l'épamprement de la-Vigne; ailleurs, on mène les moutons dans les vignes, immédiatement
après les vendanges ; ou bien on cueille les feuilles avec soin, on les fait sécher et on les serre dans
un lieu sec pour l'hiver. Toutefois, il ne faudrait pas abuser pour les vaches de cette alimentation,
qui a l'inconvénient de rendre le lait facile à tourner aussitôt qu'on le chauffo. Pans le Mont-d'Or
lyonnais, les feuilles de vigne forment depuis longtemps la principale nourriture des chèvres, dont
le lait sert à confectionner les fromages renommés de cette contrée. Dans certaines circonstan-
ces, on fait également usage, comme matière alimentaire, soit pour les chevaux, soit pour les ani-
maux de l'espèce bovine, des sarments frais.

Genre AMPELOPSIDE. — AMPELOPSIS DC.

Corolle ii ô pétales libres, étalés, réfléchis; — feuilles composées, digitées.

Ampelopside lierre, A. hedcracea L.

Vigne vierge, Vigne folle, Cisse à cinq feuilles.
Originaire de l'Amérique du Nord, cette espèce forme une plante grimpante, que l'on cultive
dans les jardins pour former des treilles, garnir les murs, où la teinte rouge que prend son
feuillage est d'un assez bel aspect.

-ocr page 67-

oxalydées.

Famille des OXALIDÈES DC.

CAMPANULACÉES T.: DECANDRTE PENTAGYNIE L,; GÉRA NIÉES J.

Fleurs régulières ; — calice à 5 divisions ; — 5 pétales ; — 10 élamines sou-
dées à la base, dont 5 plus courtes ; —
ovaire libre à 5 angles, à 5 loges et
surmonté de 5 styles; —
fruit capsulaire à 5 loges polyspermes, à déhiscence
loculicide; —
graines suspendues à l'angle interne des loges, enveloppées
d'une arille qui, à la maturité, se contracte avec élasticité et les lance au
dehors ; —
feuilles longuement pétiolées, trifoliolées, à folioles échancrées au
sommet, en cœur renversé et se mouvant sous l'influence des agents exté-
rieurs ; —
racines quelquefois munies de tubercules féculents.

Les espèces peu nombreuses de cette famille sont des plantes générale-
ment herbacées, qui contiennent dans leurs diverses parties, et notamment
dans leurs feuilles, un principe acidule dû à la présence de l'acide oxalique.

Comprenant un seul genre, le genre Oxalide. Oxalis L., qui offre les
caractères de la famille.

OXALIDE OSEILLE. — 0. ACETOSELLA !..

Nom» vulgaires. — Oseille des bois, 0. de bûcheron, 0. à trois feuilles, Alleluia, Surelle, Surette,
Pain-de-coucou, Herbe-de-bœuf, Trèfle aigre

Fleurs blanches, solitaires, portées sur de longs pédoncules très grêles, partant de la souche
et munis vers leur milieu de deux petites bractées opposées. — Tige nulle. — Feuilles consé-
quemment radicales, nombreuses , d'un vert clair , légèrement pubescentes. — Souche grêle,
rameuse, munie d'écaillés charnues et imbriquées. — Espèce vivace. — Floraison d'avril à mai.

Habite les bois, les lieux couverts. Ses feuilles possèdent une saveur aci-
dule, plus agréable que celle de l'oseille, et qui pourrait faire employer cette
plante comme condiment rafraîchissant propre à être mélé aux fourrages,
surtout pendant les fortes chaleurs. Seule, elle est difficilement mangée par
les bestiaux. On en retire le sel d'oseille.

-ocr page 68-

CORIAIUÉES.

Famille des CORIARIÉES DC.

DIOECIE PENTAGYNIE L.; PÉR1PÊTALIE J.

Fleurs régulières, hermaphrodites on polygames, en grappes terminales;
— calice à 5 divisions profondes ; — corolle à 5 pétales libres, persistants et
croissant avec le fruit ; — 10
étamines liypogynes ; — 5 ovaires uniovulés et
5 styles; —
fruit formé de 5 coques monospermes, indéhiscentes, renfermées
dans les enveloppes florales devenues charnues, lui donnant l'apparence d'un
fruit bacciforme ; —
graines dépourvues d'albumen.

Se compose du seul genre Corroyère , Coriaria l.

corroyère a feuilles de myrte, C. myrtifolia l.

Redoul, Redoux.

Fleurs petites, verdâtres, peu apparentes. Baies luisantes, noirâtres. Feuilles opposées, rap-
prochées, nombreuses, ovales-lancéolées, aiguës, lisses, d'un vert foncé, un peu coriaces, ressem-
blant à celles du myrte, ne tombant point en hiver. Rameaux tétragones. Taille de 1 à 2 mètres.
Floraison au printemps.

Cet arbrisseau, d'un port élégant, croît naturellement sur les collines et les lieux incultes,
aux bords des rivières et dans les champs. Commun dans le Midi, et principalement dans le Lan-
guedoc, il vient aussi en Algérie. On le cultive parfois dans les jardins. Il est très astringent ; ses
feuilles, desséchées et réduites en poudre, sont employées par les tanneurs et pour la teinture en
noir. Ses fruits sont très vénéneux. Ils peuvent déterminer des accidents mortels, manifestés par
des convulsions violentes, chez les chèvres, les moutons, les porcs, qui les broutent quelquefois,
ainsi que chez les personnes qui viendraient à en manger accidentellement.

52

-ocr page 69-

2ME classe. - GALIGIFLORES

Famille des TÉRÉBINTHACÉES Juss.

PENTANDRIE L.; PÉIUPÉTALIE J.

Fleurs régulières, hermaphrodites, dioïques ou polygames, très petites,
disposées en panicules axillaires ou terminales ;
calice monosépale à 3.5 divi-
sions; —
corolle à 3.5 pétales, quelquefois nulle;— 3.5 clamines libres ou
adhérentes ; —
ovaire libre ou adhérent, surmonté de 3 à 5 styles ; — fruit
drupacé; — graines sans albumen; — feuilles alternes. — Arbres ou arbris-
seaux résineux ou laiteux.

Renferme un petit nombre de genres, généralement d'origine exotique.

Genre sumac. — IÏÏIUS l.

Calice et corolle à 5 divisions; — 5 ctamines·, — 3 styles courts; — fruit à 1 noyau renfer-
mant une seule graine.

Arbrisseaux plus ou moins élevés, gorgés d'un suc astringent.

Sumac des comioyeurs , R. coriaria l.

Rouvre des corroyeurs, Vinaigrier.

Fleurs blanchâtres, en grappes compactes. Feuilles imparipennées, à 7.13 folioles ovales, den-
tées on scie, à pétiole velu. Hameaux ailés, velus, grisâtres. Taille de 2 à 3 mètres.

Commune dans les lieux secs du Midi, parfois cultivée dans les jardins d'agrément, cette espèce,
est très astringente dans toutes ses parties , ce qui la fait employer dans les tanneries. Pour los
animaux, c'est une mauvaise plante ; elle est vénéneuse et peut donner lieu à des accidents graves
aux moutons et chèvres qui la mangent.

-ocr page 70-

70 ' LÉGUMINEUSES.

Famille des LÉGUMINEUSES Jus?.

papil10xacées t.; diadelphie deça murie l.; péripé ta lie j.

Famille ainsi appelée du nom de son fruit ou légume.

Fleurs hermaphrodites, irrégulières; — calice non adhérent à l'ovaire,
tubuleux, à 5 divisions inégales, rarement réduites à 4 ou à 2 ; —
corolle dite
papilionacée, par l'analogie qu'elle offre avec un papillon, ordinairement
à 5 pétales libres, très rarement soudés en une corolle monopétale, variables
de formes et de disposition, et qui ont reçu des noms particuliers : le supé-
rieur, plus grand et recouvrant les autres, celui
d'étendard ou pavillon; deux-
autres, latéraux et symétriques, celui
d'ailes ; les deux autres, placés en bas,
rapprochés ou soudés par leur bord inférieur de manière à former une pièce
unique, celui de
carène ; — 10 ètamines insérées avec les pétales sur la base du
calice, couchées dans la carène, quelquefois libres, le plus communément sou-
dées, soit toutes ensemble (monadelphes), soit au nombre de neuf, la dixième
restant libre (diadelphes), et dans ces deux derniers cas formant un long
tube cylindrique qui enveloppe le pistil ; —
ovaire libre, simple, unilocu-
laire, multiovulé, surmonté d'un style simple, ascendant; —
fruit sec, nommé
gousse ou légume, généralement bivalve, membraneux coriace, déhiscent, uni-
loculaire où à 2 loges par le prolongement d'une des sutures, ou bien indéhis-
cent et formé alors de plusieurs articles se séparant transversalement ; —
graines lisses, ovales, à cotylédons foliacés ou charnus, et attachés alterna-
tivement aux deiix valves ; —
feuilles alternes, souvent articulées et accom-
pagnées de stipules, quelquefois simples, le plus ordinairement composées,
multifoliolées, digitées ou pennées avec ou sans impaire. — Plantes de toutes
dimensions, présentant des herbes, des arbrisseaux et des arbres.

Cette famille, l'une des plus naturelles du règne végétal et que carac-
térise spécialement sa corolle- papilionacée, est extrêmement nombreuse.
Répandue sur toute la surface de la terre, elle présente une multitude d'es-
pèces, indigènes et exotiques, douées de propriétés diverses qui en font une
des familles à la l'ois les plus intéressantes et les plus utiles.

Quelques-unes d'entre ces espèces offrent ces phénomènes remarquables
de mobilité qu'on nomme le sommeil et le réveil des plantes. C'est ainsi que
l'on voit, le matin, les folioles étendues des Robinias se dresser dès que le
soleil est sur l'horizon, puis, le soir, se baisser de nouveau et rester fléchies
toute la nuit. On observe, sur le Trèfle, un phénomène analogue ; vers le soir,
les deux folioles latérales de la feuille se serrent l'une contre l'autre, pen-
dant que la foliole moyenne vient les recouvrir, ce qui change tout à fait
l'aspect de la prairie. A cette famille encore appartiennent : la Sensitive, sur
laquelle le moindre contact donne lieu au reploiement des folioles; et la cu-
rieuse Desmodie oscillante, ayant les feuilles composées de trois folioles, dont
la moyenne se relève et s'abaisse alternativement, suivant que le soleil est à
l'horizon ou en disparaît, tandis que les deux folioles latérales, beaucoup plus

-ocr page 71-

55 ' LÉGUMINEUSES.

petites, par un mouvement rapide et saccadé qui s'exécute nuit et jour, sans
relâche, se portent alternativement l'une vers l'autre.

Par leurs propriétés variées, les plantes légumineuses sont employées à
des usages multipliés, dans l'industrie, la médecine, l'économie domestique,
l'agriculture,
etc. Ainsi, tandis que les arbres de la famille fournissent des
bois de charpente, tels que le bois de Faux-acacia, ou des bois d'ébénisterie,
comme le Palissandre, d'autres espèces donnent à la teinture des matières
colorantes, parmi lesquelles on peut citer l'indigo, le principe rouge du Bois
de Campêche, du Bois de Brésil, du Santal. Cette famille fournit encore divers
produits destinés à l'usage médical, telles sont: la gomme arabique et la
gomme du Sénégal, que fournissent plusieurs espèces d'Acacias ; la gomme
adragante, produit de certains arbrisseaux du genre
Astragalus ; le cachou,
de nature astringente ; certaines résines excitantes, comme le sang-dragon,
le copahu, le baume de Tolu, etc. ; quelques médicaments laxatifs, le séné, la
casse, etc. D'autres espèces donnent des principes gras : l'huile d'arachide,
des substances aromatiques : la fève de Tonka, etc.

Mais de toutes les applications que reçoivent les espèces légumineuses,
les plus importantes sans contredit sont celles qu'elles doivent à leurs quali-
tés comme plantes alimentaires. Riches en principes azotés, sucrés, amyla-
cés, les espèces indigènes papilionacées surtout constituent des aliments
d'une grande valeur nutritive. Beaucoup d'entre elles sont cultivées en grand
pour la nourriture de l'homme, auquel elles fournissent des légumes savou-
reux : les haricots, les pois, les fèves, les lentilles, etc. C'est enfin à cette
famille qu'appartiennent les principales espèces fourragères employées pour
la nourriture des herbivores et qui doivent ici, conséquemment, plus particu-
lièrement nous occuper.

Si l'on ajoute à cela que les espèces légumineuses, vivant à la fois aussi
bien de l'air, par leurs feuilles, que de la terre, par leurs racines générale-
ment longues et développées, épuisent relativement peu le sol où elles sont
cultivées; que souvent, au contraire, elles l'enrichissent par leurs racines,
qui s'y décomposent promptement, on concevra mieux encore l'importance
exceptionnelle, au double point de vue économique et agricole, des végétaux de
cette famille.

Très nombreuse, et en même temps très naturelle, la famille des Légumi-
neuses
s'est trouvée, par cela même, fort difficile à classer pour l'étude, faute
de caractères assez tranchés pour distinguer nettement les différents genres
qui la composent. Les auteurs la divisent généralement, d'après la forme de
la corolle et la disposition des étamines, en trois sous-familles principales :

1° Les Papilionacées : une corolle papilionacée, toujours irrégulière ;
10 étamines, généralement diadelphes, parfois monadelphes ou libres, s'in-
sérant avec les sépales sur le calice ( périgynes) ;

2° Les Césalpiniées ou Gassiées : corolle régulière ou un peu papilionacée,
formée de 5 pétales égaux, périgynes ; 10 étamines libres et périgynes ;

-ocr page 72-

56 ' LÉGUMINEUSES.

3° Les Mimosées : corolle nulle ou régulière, formée de 4.5 pétales égaux,
libres ou réunis, insérés sous l'ovaire (hypogynes); étamines nombreuses,
libres, hypogynes.

A ces deux dernières sous-familles appartiennent spécialement les espèces
exotiques, dont nous n'avons point ici à nous occuper. Nous nous bornerons
à citer, parmi les plantes les plus remarquables qu'elles comprennent

Dans les Cassiées : le Caroubier (Ccratonia siliqua L.), commun sur les
bords de la Méditerranée, et dont le fruit, mangé par les pauvres gens du midi
de la France, sert quelquefois à l'engraissement des bestiaux ; les espèces du
genre
Casse (Cassia), dont on retire la pulpe laxative qui porte ce nom, et dont
quelques-unes contiennent le principe purgatif connu sous le nom de
séné ;
les Tamarins (Tamarindus); l'Arbre copahu (Copaifcra officinalis) ; le Bois de
Fernambouc (
Cesalpinia echinata) ; le Bois de Campêche (Hematoxyhm cam-
pechianum
) ; les Féviers (Gleditschia), etc.

Dans les Mimosées : la Sensitive ( Mimosa pudica ) ; les diverses espèces
du genre
Acacia (Acacia), auxquels appartiennent les arbres à gomme , et
dont une,
VA. catechu, fournit le cachou; VInga elegans, cultivé dans nos jar-
dins, etc.

Quant aux Papilionacées , qui comprennent toutes les espèces fourra-
gères indigènes qu'il est intéressant et utile de connaître, on les subdivise
pour la facilité de l'étude en une série de tribus, se distinguant chacune par
divers caractères empruntés à la disposition des étamines, et à celle de la
gousse et des feuilles. Le tableau synoptique suivant en fait connaître les
caractères distinctifs essentiels.

i Etamines monaclelplies.............................. Génistées.

(Feuilles trifoliolées..... Trifoliées.

I Gousse uniloeulaire. I

\ ( Feuilles imparipennées... Galégées.

Etamines )

diadelphes. j Gousse biloeulaire ; feuilles imparipennées..... Astragalées.

I Gousse articulée ; feuilles ordinairement impari-

( pennées.............................. Hedysarées.

Etamines diadelphes et monadelphes ; gousse uniloeulaire ;
feuilles paripennées
............................... Viciées.

Etamines libres................................... Sophoréos,

-ocr page 73-

57 ' LÉGUMINEUSES.

Ire Tribu. — GBNISTEES.

Etamines monadelphes. Gousse unilooulaire, polysperme ou oligosperme.
— Comprend plusieurs genres, se distinguant par divers caractères résumés
dans le tableau ci-après :

Calice à 2 sépales. — Feuilles simples, sans limbe ni folioles. Ulex.

Feuilles simples \ I C. fendu, en forme de spaltlie ; feiiillos lfoliolées. Spartium.

ou < \ / Corolle à étendard non dressé; f. 1 fol. Genista.

n oio los. Calice J bi]abîé ) Corolle à étendard i Ét. orbiculaire. Sarothammus.
à 5 div. ] ' I redressé. j

( Feuilles trifoliolées. ( Ét. obiong.... Cytisub.

C. à 5 lobes. — Feuilles trifoliolées. ..................Ononis.

Feuilles imparipennées..................................................................................Anthyllis.

Feuilles digitées..............................................................................................Lupinus.

Genre AJONC. — ULEX L.

Fleurs axillaires; — calice coloré, persistant, il 2 sépales concaves, l'un à 2 dents, l'autre
h 3 dents, accompagnés de 2 petites bractées latérales; — corolle à pétales presque égaux, dépas-
sant il peine le calice;
étendard rabattu, écliancré au sommet; carène à 2 pétales; — gousse
renflée, bivalve, ii peu près de la longueur du calice, renfermant un petit nombre de graines; —
feuilles réduites à leur pétiole, linéaires, piquantes, portant à leur aisselle un rameau épineux.

Sous-arbrisseaux épineux, vivaces, ne comprenant qu'un très petit nom-
bre d'espèces.

AJONC D'EUROPE. — U. EUROPELS L.

Noms vulgaires. — Genêt épineux, Jonc épineux, Jonc marin, Jomarin, Haut-jonc, Auge on, Jan,
Rois-Jean, Jean Brusc, Brusc, Jaube, Jogue, Jauge, Lande, Lande épineuse, Landier, Lande de
Bretagne, Sainfoin d'hiver, Sainfoin d'Espagne, Hedin, Hudin, Tuie, Vigneau.

Fleurs jaunes, grandes, solitaires ou géminées. ·— Calice jaunâtre, très velu, avec les brac-
tées aussi larges ou plus larges que le pédicelle. — Corolle à carène droite, de la longueur des
ailes. — Gousse velue, hérissée, un peu plus longue que le caliee. ·—Tige et rameaux diffus, très
durs, épineux au sommet. — Taille de 1 à 2 mètres, — Vivace.

L'Ajonc d'Europe, si remarquable par la quantité d'épines dont il est
hérissé, est une plante assez commune, propre aux terrains arides et siliceux,
cultivée dans quelques pays comme plante fourragère, et très recherchée des
bestiaux, quand les épines ne les repoussent pas.

Culture et récolte de l'Ajonc.

L'Ajonc est le produit ordinaire des sols stériles. 11 se rencontre dans une
multitude de localités, en France et dans toute l'Europe, et occupe parfois

H

r n

-ocr page 74-

58 ' LÉGUMINEUSES.

d'immenses étendues, surtout dans les contrées desséchées et découvertes,
sur les terrains froids, maigres et arides. Il pousse sous les climats les plus
divers, en Écosse comme en Espagne, sur les montagnes comme sur les bords
de la mer, et partout il apparaît comme l'emblème de la stérilité. Très com-
mun dans les Landes, il est cultivé spécialement comme plante fourra-
gère, en Belgique, en Bretagne et dans le pays de Galles. On lui réserve, dans
ces localités les sols étendus, siliceux, peu calcaires, qui s'y rencontrent si
fréquemment, et que l'Ajonc préfère aux terrains secs et légers. 11 vient mal
dans un hou terrain, bien qu'il puisse se développer dans les terres laboura-
bles ordinaires. Mais on l'écarté habituellement de ces dernières terres pour
le réserver aux vastes espaces nus, rebelles à toute autre culture, qui lui con-
viennent mieux sous tous les rapports.

La culture de l'Ajonc est des plus simples. Elle n'entraîne que les frais de
fumure et de première préparation du sol. Le chiendent est son ennemi prin-
cipal. Quand ce dernier existe, on en débarrasse le terrain par un labour et un
écobuage, et l'on sème sur un léger labour, sans fumier, de février en avril ;
20 kilog. de graines par hectare suffisent pour un semis à la volée, et 12 kilog.
pour un semis en ligne. La graine s'altérant facilement doit être choisie nou-
velle.

La plante, arrivée au degré de développement nécessaire, est fauchée
comme un pré. La première récolte se fait dans la seconde année, au mois de
septembre, c'est-à-dire avant la floraison, qui a lieu l'hiver ou au commen-
cement du printemps. De la sorte on ne donne pas aux tiges le temps d'acqué-
rir assez de dureté pour résister à la faux. La floraison, alors empêchée, est
reculée jusqu'au printemps. On coupe encore au commencement de cette
saison, puis de nouveau à la fin de l'automne, et on continue dès lors la
récolte tout l'hiver, à mesure des besoins. La plante, coupée ainsi, a 3 ou
4 décimètres de hauteur.

Les récoltes se succèdent, de la même manière, les années suivantes, et
sans autres frais. Un semis peut être exploité de la sorte dix, quinze, vingt
ans. En Angleterre, il en est qui ont atteint jusqu'à vingt-sept ans. Le pro-
duit varie d'ailleurs suivant la nature du sol. Sur un terrain maigre, l'Ajonc
est petit, dur, épineux, tandis que sur un bon terrain, il est moins dur et
donne une récolte qui vaut, dit-on, trois coupes de trèfle. Son rendement
annuel est estimé à environ 30,000 kilogrammes par hectare.

Pour utiliser le terrain entre la semence et la première récolte, on sème
généralement, en Bretagne, l'Ajonc avec le seigle, que l'on récolte à la manière
ordinaire. On l'associe aussi à l'orge, à l'avoine, au sarrazin ; mais comme les
premières pousses de l'Ajonc ont besoin d'air et de soleil, il importe que ces
céréales soient semées clair.

En somme, la culture de l'Ajonc est peu coûteuse; la plante durant
plusieurs années, c'est pour la première seulement qu'il faut compter des
frais de préparation du sol, d'acquisition de graines, d'ensemencement, etc.,

-ocr page 75-

légumineuses. 59

les soins d'entretien étant ensuite nuls ou exigeant tout au plus quelques
dépenses de main-d'œuvre, qui ne sont d'ailleurs réclamés qu'en hiver, à
une époque on les bras sont abondants.

Dans certaines localités du pays de Galles, la culture de l'Ajonc va plus
loin. Elle est entrée clans la rotation, et ne dure que quatre ans. On fauche
la plante deux fois durant ce temps ; puis le soi est rompu par la charrue ef
ensemencé de blé. Cette culture est améliorante. Son principal inconvénient
est la difficulté de faire disparaître l'Ajonc des champs où il a poussé. Plu-
sieurs labours suffisent à peine pour les en débarrasser. Aussi, quand on veut
faire cesser une culture d'Ajonc, doit-on arracher d'abord la plante, puis brû-
ler les souches, les racines, dont 1? cendre ajoutera la fertilité du sol.

Emploi alimentaire et autres usages de l'Ajonc.

On ne peut faire consommer l'Ajonc pendant l'année entière. C'est spé-
cialement une nourriture d'hiver. D'avril à octobre, durant sa floraison, sa tige
contracte une amertume qui le fait refuser du bétail. Il est bien remarquable
que cette plante devienne savoureuse et salutaire précisément à l'époque où
la terre, dépouillée de toute verdure, n'offre aucun autre aliment en pâture
aux animaux.

On donne l'Ajonc à tous les bestiaux, auquel ce végétal fournit une nour-
riture excellente, très substantielle et surtout très recherchée. Ainsi, depuis
un temps immémorial, les montagnards du pays de Galles nourrissent, pen-
dant six mois de l'année, leur bétail avec les pousses écrasées de l'Ajonc; et
toutes les bêtes s'en montrent extrêmement avides, elles le préfèrent même
au foin. Les vaches qui s'en nourrissent donnent un lait abondant et d'excel-
lente qualité. L'Ajonc est encore utilisé comme aliment en Bretagne, où on le
distribue aux vaches et aux chevaux qui s'en trouvent également bien. Il leur
donne de l'embonpoint et suffit à l'entretien des animaux de labour. On ne
pourrait cependant pas le faire manger seul, pas plus qu'aucune autre légu-
mineuse d'ailleurs, aux chevaux employés à un fort travail. Mais il convient
parfaitement aux animaux jeunes. Ainsi, dès 1666, Querbrat-Calloët, en par-
lant de l'éducation des chevaux, indiquait l'Ajonc comme très utile pour la
nourriture des poulains et proposait une machine pour le piler.

Le principal inconvénient, en effet, de l'Ajonc et qui nuit le plus à son
emploi dans l'alimentation, est la présence de ces épines acérées qui garnis-
sent ses tiges, éloignent les animaux et empêchent qu'on le leur livre dans son
état naturel. Pour remédier autant que possible à cette difficulté, on ne fait
consommer que les jeunes pousses de l'année. Mais cela ne suffit pas ; les
animaux ne pourraient en continuer l'usage, si la plante n'était au préalable
écrasée, soit au maillet ou à la meule, soit à l'aide de diverses machines cons-
truites à cet effet, et n'était réduite, par L'un dé ces moyens, en une sorte de
pulpe accessible à la mastication.

-ocr page 76-

60 ' LÉGUMINEUSES.

Quand il n'a pas été coupé depuis longtemps, l'Ajonc forme un arbuste
difficile à utiliser. Il faut alors, dans l'hiver, le couper ras de terre, bien
remuer la terre entre les racines, diviser celles-ci, et bientôt
011 voit de nou-
veaux jets qui, au bout de quelques mois, forment une riche nourriture, que
l'on coupe à mesure, suivant les besoins journaliers.

Convenablement écrasé, l'Ajonc épineux constitue un aliment d'excellente
qualité que les animaux prennent avec plaisir et qui les entretient dans une
parfaite condition de santé. On estime que sa valeur nutritive, au point de
vue chimique, est d'un tiers inférieure à celle du foin. Mais l'expérience a
démontré que lorsqu'il est employé en mélange, il nourrit presque autant
que ce dernier fourrage. Au surplus, comme il ne nuit en aucune façon à la
culture des autres substances alimentaires, quelle que soit sa valeur nutri-
tive, il sera toujours d'une utile ressource, un moyen facile d'avoir une quan-
tité de fourrage
extra, toujours vert et nourrissant, pouvant remplacer le
foin dans un temps de sécheresse ou de disette, et d'autant plus précieux
qu'on peut partout l'obtenir à très bas prix. Avec cette plante, la nourriture,
en moyenne, revient aux deux tiers meilleur marché qu'avec le foin.

On pourrait parfaitement l'utiliser, de cette manière, dans la plupart des
contrées pauvres où les fourrages ordinaires font défaut. Sa culture est d'au-
tant mieux indiquée, dans ce cas, que c'est précisément sur des terrains mé-
diocres qu'il acquiert le plus de vigueur, qu'il dure le plus longtemps.

On compte en France, sur une superficie de 53 millions d'hectares, en
dehors du terrain occupé par les villes, les constructions, les routes, etc.,
plus de 9 millions d'hectares sans aucune culture. En supposant le quart seu-
lement de cette étendue convertie à la culture de l'Ajonc, on aurait plus de
nourriture que n'en consomment en six mois tous les bœufs, tous les chevaux
et tous les moutons qui vivent sur notre territoire. Semé sur les talus des
chemins de fer, sur les pentes des collines sujettes aux éboulemeuts, l'Ajonc,
par ses fortes racines, retiendrait les terrains, tout en livrant un produit con-
sidérable pour l'alimentation du bétail.

Ajoutons, toutefois, que malgré les avantages offerts, en certaines circons-
tances par la culture de l'Ajonc, il n'y a point lieu de la conseiller pour les
assolements ordinaires, auxquels d'autres plantes sont mieux appropriées. Il
doit être réservé pour les terrains vagues et improductifs, comme il y en a
tant dans nos pays. De la sorte, il peut rendre encore assez de services pour
qu'il n'y ait pas urgence à l'introduire dans les cultures régulières, malgré
l'exemple des Anglais, qui en ont obtenu, paraît-il, des résultats imprévus,
des revenus, par exemple, de 1,000 à 2,000 francs par hectare. Sans accepter
ces chiffres comme l'expression absolue de la vérité, surtout si l'on tient
compte de la différence des prix suivant les localités, on n'est pas moins
autorisé à tirer de ces faits une preuve de la haute valeur de l'Ajonc comme
plante fourragère, et de la possibilité de créer par son emploi, pour nos con-
trées les plus pauvres, une source importante de richesse et de bien-être.

-ocr page 77-

lé 3u mineuses. cl

On a cherché à utiliser de plusieurs autres manières cette plante, si peu
maniable en apparence. Ainsi, dans les Landes, où elle est très commune,
mais où l'on sait encore très peu en tirer parti pour l'usage alimentaire, elle
forme presque exclusivement la litière du bétail. On en fait encore d'excel-
lentes haies vives ; à cet effet, on la sème en lignes sur les bords des proprié-
tés. Si on veut empêcher l'Ajonc d'envahir l'intérieur des terres, on répand la
graine sur une éminence qu'on sépare par un fossé de la propriété à clore.
Ces haies s'élèvent rapidement et fournissent tous les ans un bon fourrage
que l'on récolte en tondant l'Ajonc avant la floraison. Elles se dégarnissent
assez rapidement ; mais les graines qui se développent au centre, suffisent
presque toujours, en se ressemant, à remplir les endroits vides. Il convient,
au surplus, pour les conserver, de les protéger·contre la dent des animaux.

L'Ajonc forme, en outre, un excellent combustible, donnant beaucoup de
chaleur. On l'emploie encore pour recouvrir les toitures, pour protéger les
jeunes semis d'arbres, pour supporter les tissus que l'on fait blanchir à la
rosée ou au soleil, etc.

Variétés de l'Ajonc épineux.

L'Ajonc épineux offre quelques variétés. Ainsi, depuis quelques années,
on a rencontré, dans les lieux où l'Ajonc se montre naturellement, notam-
ment en Bretagne, des pieds
sans épines, ou à épines assez souples pour en
permettre l'emploi immédiat comme plante fourragère. On a nommé celte
variété
Ajonc queue de renard. Si l'on réussissait à la reproduire par semence,
elle pourrait devenir l'objet d'une exploitation spéciale très fructueuse. Mal-
heureusement , 011 n'a pu encore y parvenir. Ce sont des essais à tenter de
nouveau, et à conseiller aux cultivateurs qui auront occasion de rencontrer
quelques-uns de ces pieds.

Ajonc provincial, U. provincialis DC.

Fleurs petites, à ailes plus étroites et plus courtes que la carène. Graines non écliancrées.

Cette espèce est propre aux provinces méridionales; elle se rencontre réunie a VU. Europxus
dans les contrées du centre. Elle possède les mêmes propriétés économiques et peut remplir les
mêmes usages.

«B

n

Ajonc nain, Ulexnanus Smith.

Bruyère jaune.

Fleurs jaunes, petites, à calice pubescent, avec les bractées plus étroites que le pédicelle.
Corolle à carène courbe. Gousse ne dépassant pas le calice. Tige velue, sillonnée, dressée ou tom-
bante, de 3 ii 5 décimètres.

Cette espèce, qui diffère surtout de la précédente par ses moindres proportions, croît égale-
ment dans les lieux arides et partage toutes les propriétés de
VU. Europxus. Ou la trouve commu-
nément dans les Landes et dans toute la vallée du Gers, jusqu'au pied des Pyrénées. L'Ajonc
nain demande des terres moins fortes que l'Ajonc d'Europe. Les terrains argilo-siliceux, les boul-
bènes du pays, sont les sols qui lui conviennent plus particulièrement. On peut en tirer parti
comme de l'espèce principale. Il est de même très nourrissant. Les brebis, au printemps, en

-ocr page 78-

légumineuses.

recherchent la fleur. Mais les épines repoussent les animaux. On cultive l'Ajonc nain , dans quel-
ques jardins, comme plante d'ornement. Tous les pieds ne fleurissant pas à la même époque,
il forme des massifs qui restent en fleurs les deux tiers de l'année.

L'Ajonc maein, U. acuhatus, qu'on a proposé pour en faire d'excellentes clôtures, n'est qu'une
variété de cette espèce.

- .. * V

Genre SPARTIER, — SPARTIUM L.

Fleurs en grappes axillaires ; —calice squarieux, persistant, à 5 dents, fendu supérieurement
jusqu'il la hase, de manière à figurer une spathe légèrement dentelée ; —
corolle à étendard très
ample, redressé , orbiculaire ; à ailes étalées, avec carène, à deux pétales distincts ; —
style très
long, ascendant, courbé ; —
gousse linéaire, comprimée, contenant un grand nombre de graines :
—- feuilles unifoliolées, écartées, peu nombreuses, à court pétiole, oblongues ou lancéolées, entiè-
res; stipules nulles; —
tige ligneuse.

Ce genre comprend une seule espèce.

SPARTIER JUNCIFORME. — S. JUNCEUM L.

Nom vulgaire. — Genêt d'Espagne.

Fleurs grandes, jaunes, odorantes, rassemblées en belles grappes. — Gousse velue. —Feuilles
pubescentes en dessous. — Tige dressée, formant un sous-arbrisseau non épineux, se subdivisant
en un grand nombre de rameaux dressés, grêles, cylindriques, nus et flexibles, semblables ii des
joncs et contenant comme ceux-ci une moelle abondante'. — Taille de 1 ii 2 mètres.

Cette espèce, qui vient spontanément dans les bois et les coteaux arides
des parties méridionales de la France et de l'Europe, est très communément
cultivée dans les parcs et les jardins à cause de son odeur suave, de ses belles
fleurs et de ses rameaux toujours verts.

On la cultive également, dans quelques départements du Midi, comme
plante textile et comme espèce fourragère. Elle est employée ainsi, depuis
un temps immémorial, dans les environs de Lodève (Hérault). On la sème,
en janvier, sur les.lieux les plus arides, les coteaux les plus en pente. Au
bout de trois ans , pendant lesquels on se borne à la défendre contre la dent
des bestiaux, on la coupe pour en préparer de la filasse, dont l'usage reste
limité à la consommation du pays. Le Genêt d'Espagne prospère sur tous les
sols arides et desséchés par le soleil, qu'il concourt à rendre productifs. Ses
racines, qui s'enfoncent profondément et parcourent le sol dans tous les sens,
opèrent une sorte de labour naturel qui, joint à l'engrais produit parles
détritus qui restent dans la terre, prépare parfaitement celle-ci pour d'autres
cultures. Lorsqu'on veut donner le Genêt d'Espagne en fourrage, on choisit
une bonne exposition et une terre légère et sablonneuse que l'on doit d'abord
ameublir. On sème clair, à la fin de l'automne, 4 à 5 kilog. de graines par
hectare. La troisième année on peut commencer à couper, pendant l'hiver,
de jeunes rameaux dont on nourrit les moutons et les chèvres, qui les
mangent avidement. On leur fait· même parfois brouter les jeunes pousses.

02

-ocr page 79-

63 ' LÉGUMINEUSES.

Cette nourriture prolongée donne lieu souvent à des inflammations du tube
digestif et des voies urinaires, que l'on attribue aux propriétés, légèrement
irritantes et purgatives, des semences. Cette maladie, connue sous le nom
de
genesta.de, cède facilement au changement d'alimentation et à l'emploi de
boissons rafraîchissantes.

Une plantation de genêts peut fournir des rameaux pendant plus de
trente ans, après quoi les figes ne sont plus bonnes que comme engrais ou
comme combustibles. Toutefois, d'après Thaer, on pourrait les utiliser dans
l'alimentation comme celles de l'Ajonc, en les écrasant par des procédés ana-
logues. On obtiendrait de la sorte, dit-il, un fourrage des plus nourrissants,
donnant un goût agréable même au beurre d'hiver. L'infusion des sommités,
mêlée au lait, produit un bon breuvage qui donne un goût délicat à la chair
des veaux. Les abeilles recherchent beaucoup les fleurs de cet arbuste. Ses
graines sont de leur côté très propres à nourrir les poules et les autres
oiseaux de la basse-cour.

Toutes ces considérations pourraient rendre avantageuse la culture en
grand de cette espèce, dans tous les lieux où la nature sablonneuse ou rocail-
leuse du sol repousse les autres cultures, et où l'on veut se livrer à l'élève du
mouton.

Genre GENÉT. — GENISTA L.

Fleurs jaunes ; — calice persistant, à 2 lèvres, la supérieure divisée en 2 loties ; — corolle »
étendard non dressé, étroit, oblong, à carène obtuse, droite, devenant réfléchie ; — style courbé
au sommet; —
feuilles généralement unifoliolées, à court pétiole ; — tige ligneuse, pourvue par-
fois d'épines.

Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces formant des sous-
arbrisseaux qui viennent dans les bois et les lieux incultes. Elles possèdent
toutes des propriétés amères et diurétiques, et peuvent contribuer à la nour-
riture des bestiaux. Voici un petit tableau synoptique donnant les caractères
distinctifs des espèces les plus importantes. "

i( radicantes ; FeuUL ob]ongnes obtusesGpilosa_
I Rameaux \ Rameaux ) pédieelles °

non < non ailés. 1 non braetéolés. ( Feuill. linéaires................G. humifusa.

épineux, i [ Tiges dressées ; pédieelles braetéolés..............G. tinctoria.

> \ il

\ Rameaux ailés.....................................................a. sagittalis.

( Gousse glabre; feuilles de 2 formes.. . ..................g. anqlica.

Hameaux )

V épineux, j Gousse velue; feuilles toutes ( Grappe oblongue..............g. germanica.

[ semblables. j Grappe umbelliforme. .. g. Iiispanica.

Genêt poilu, G. pilosa L.

Fleurs nombreuses, en grappes terminales, unilatérales, supportées sur des pédieelles plus
longs que le calice. Calice et corolle velus. Gousse liuéaire, comprimée, très velue. Feuilles très
petites, oblongues, pliées en gouttière, velues on dessous : les inférieures fascieulées; les supé-
rieures alternes, solitaires. Tiges couchées, radicantes. rameuses dès la base, à rameaux nom-

-ocr page 80-

64 ' LÉGUMINEUSES.

breux, courts, anguleux, pubescents. Taille de 3 à 5 décimètres. Floraison tout l'été, depuis le
commencement du printemps.

Cette espèce croît dans les terres arides, les lieux pierreux des montagnes, parmi les bruyè-
res ; ses longues racines pénètrent jusqu'à 2 ou 3 mètres do profondeur, ce qui lui permet de vivre
dans les terrains les plus secs, de résister au froid aussi bien qu'aux fortes chaleurs, et de végéter
à peu près toute l'année. C'est de tous les Genêts celui que. les bestiaux et principalement les
moutons préfèrent; il paraît même leur être salutaire, par le principe amer qu'il contient; ces
animaux le broutent jusqu'à la racine ; mais il repousse immédiatement en produisant de nom-
breux rameaux qui s'étalent et garnissent les terrains. Il s'associe très bien au trèfle, aux grami-
nées et en général aux plantes fourragères des terrains secs, et peut ainsi procurer un pâturage
presque continuel. Sa graine, qui est grosse, lève facilement et les plants réussissent toujours.
C'est donc, en résumé, une bonne plante, avec laquelle on pourrait utiliser de très mauvais
terrains et en obtenir une nourriture assez abondante.

Genêt rampant, G. humifusa Villars.

Feuilles linéaires, poilues sur les deux faces. Pédieelle des fleurs plus court que le calice.

Espèce très rare en France, signalée dans une seule localité, les rochers de Brama-Buou
(Hautes-Alpes). Peu recherchée des animaux.

Genêt des teinturiers, G. tinctoria L.

Genestra, Genestrelle.

Fleurs en grappes nombreuses, oblongues, formant par leur réunion une grande panieule pyra-
midale. Calice et corolle glabres. Gousse oblongue, glabre. Feuilles nombreuses, presque sessiles,
éparses, ovales, lancéolées, glabres sur les faces, ciliées sur les bords. Tiges à rameaux droits et
serrés contre la tige, grêles, cylindriques, presque herbacées. Taille de 4 à 6 décimètres

Ce Genêt est commun dans toute l'Europe, principalement dans les pâturages des montagnes
calcaires, où ses racines atteignent jusqu'à 2 mètres de profondeur. Il lève et se propage avec
facilité, dure longtemps. Tous les bestiaux, les chevaux et les moutons, notamment, le recher-
chent, surtout quand il est jeune. Les teinturiers, autrefois, recueillaient les sommités pour en
obtenir une couleur jaune, dite
genestrolle, qui n'est presque plus employée de nos jours. Cet arbuste,
par ses fleurs, produit un bel effet dans les jardins paysagers.

On trouve, dans les montagnes du centre de la France , une variété de cette "plante dont on
a fait une espèce particulière, le Genêt a larges feuilles ,
G. latifolia, se distinguant du type
par ses feuilles plus larges, obtuses et luisantes comme celles du buis. Elle forme de beaux gazons,
et donne des fanes moins dures et plus abondantes que l'espèce ordinaire. On pourrait la propager
utilement sur les pelouses des montagnes, où déjà elle vient naturellement, et où elle fournirait
sans doute d'excellents pâturages.

Genêt a tige ailée, G. sagittalis L.

Fleurs grandes, en grappes presque globuleuses, non feuillées. Calice velu. Gousse oblongue,
comprimée, noirâtre, velue. Feuilles peu nombreuses, alternes, sessiles, lancéolées, entières. Tige
presque herbacée, demi-coucliée, à rameaux nombreux, dressés, comprimés, herbacés, pubescents,
offrant dans leur longueur 3 ailes larges, foliacées, produites, par la déeurrence des feuilles, et s'in-
terrompant de distance en distanoe pour l'insertion de celles-ci. Taille do 2 à 4 décimètres.

Abondante sur les collines arides et les sols calcaires, parmi les pelouses sèches et au milieu
des buissons, cette espèce est refusée des bestiaux, qui en broutent seulement les sommités quand
elle est jeune. Est nuisible, par cela même, aux pâturages communaux de certaines parties de la
France. N'est utile que pour garnir les gazons des jardins paysagers.

For-

Genêt d'Angleterre, G. anglica L.

Gousse renflée. Feuilles des rameaux florifères larges et arrondies, les autres linéaires,
mant un arbrisseau en buisson, de 1 mètre de hauteur environ.

-ocr page 81-

81 ' LÉGUMINEUSES.

Cette espèce se rencontro pins oti moins fréquemment sur les pelouses arides ; elle ne peut
servir à l'alimentation h cause de la rareté de ses feuilles, de la dureté de ses tiges, et surtout
de ses épines nombreuses, qui tiennent éloignés tous les animaux,

Genêt d'Allemagne, G. germanica L.

Gousse courte, ovoïde, comprimée. Feuilles longuement ciliées. Taille de 3 h 6 décimètres
Habite les mêmes lieux et offre les mêmes inconvénients que le précédent.

Genêt d'Espagne, G. hispanica L.

Feuilles velues. Taille de 1 à 2 décimètres.
Mauvaise plante, repoussée également des animaux.

Genre SAROTHAMNE. — S-AROTHAMNUS Wimm.

Fleurs pédicellées, solitaires ou fasciculées aux nœuds supérieurs des rameaux ; — calice sca-
rieux, à 2 lèvres courtes, écartées, la supérieure il 2 dents, l'inférieure à 3 ; —
corolle à étendard
redressé, orbiculaire ; —
style long et filiforme; — gousse linéaire, comprimée, polysperme ; —
feuilles trifoliolées, quelquefois unifoliolées supérieurement. — Arbrisseaux non épineux,

Ce genre comprend très peu d'espèces, dont une seule est usitée.

SAROTHAMNE COMMUN. — S, SCOPARIUS Koch.

Spart hm scoparium L. ; Genista scoparia Lam.

Nom vulgaibe. — Genêt à balai.

Fleurs grandes , jaunes , faiblement odorantes , isolées il l'aiselle des feuilles , généralement
unilatérales et formant des grappes terminales. — Style contourné en spirale pendant la floraison.
— Gousse velue sur les- deux faces. — Feuilles très petites, les inférieures pétiolées et à 3 folioles
oblongues, pubescentes, sessiles, unifoliolées et glabres; les supérieures toutes extrêmement cadu-
ques, tombant à la floraison. —Tige ligneuse, à rameaux nombreux, dressés, flexibles, anguleux,
d'un vert foncé. — Taille de 1 ii 2 mètres , quelquefois beaucoup plus. — Floraison en mai et
juin.

Cet arbrisseau est extrêmement commun dans les bois incultes, les ter-
rains arides, les pâturages sablonneux , dans les landes les plus stériles des
parties centrales et méridionales de l'Europe. Partout les bestiaux, et surtout
les moutons, en mangent avec avidité les feuilles, les fruits et les jeunes
pousses. Il est, en outre, employé aux usages les plus variés : pour faire des
balais, des liens propres à la vigne , de la filasse ; pour tanner les cuirs ; pour
faire, avec les troncs, des échalas très durables. On en fait encore de la litière,
de l'engrais, en l'enterrant ; ou bien on le brûle, soit comme combustible,
soit pour en tirer de la potasse, etc. Enfin, par l'éclat, de ses fleurs et la per-
manence de son vert, il est très propre à orner les jardins paysagers.

On le cultive en Italie et dans d'autres contrées méridionales pour ces
divers objets, et en même temps comme plante fourragère. On utilise de la
sorte des terres qui autrement resteraient incultes. Pour le semer, il faut en
cueillir la graine avant la maturité, sinon elle se perd, lancée au loin par la

-ocr page 82-

82 ' LÉGUMINEUSES.

torsion de la gousse; on la laisse achever de mûrir, dans un grenier bien
aéré, mélangée à trois ou quatre fois son poids de terre ou de sable.

Cette graine est répandue, dans les premiers jours du printemps, par-des-
sus l'avoine, et n'est point recouverte par la herse, car elle ne peut souffrir
d'être enterrée. On sème clair si on veut du bois, épais si 011 veut du fourrage,
de la litière ou de l'engrais. Dans ce dernier cas, on fauche les tiges, dès la
seconde année, jusqu'à trois fois ; deux ans après, 011 y passe la charrue. On
sème une céréale, ensuite une légumineuse, puis on revient au Genêt, et l'on a
ainsi un assolement productif pour les terrains de mauvaise nature.

Il est question, dans un mémoire de François de Neufchateau, de l'em-
ploi qu'on fait du genêt à balai, clans les environs de Bruxelles, pour amélio-
rer les fonds sablonneux, en le mêlant à de l'avoine et à du trèfle. On récolte
l'avoine la première année, le trè'fle la seconde, le genêt la troisième, et on
laisse le sol en bon état, propre à recevoir des céréales. Dans quelques can-
tons de la Bretagne, on cultive cette plante uniquement pour en couper
tous les ans les rameaux, que l'on enterre dans les champs en culture.
Cette méthode et les précédentes conviendraient à tous les pays de landes.

'D'après cela, on voit combien il est à regretter que cet arbuste soit si peu
apprécié, abandonné aux classes pauvres des campagnes, et quels services il
pourrait rendre pour garnir les coteaux à pentes rapides, les rochers nus et
arides, sur lesquels il créerait la terre végétale propre à en assurer la fertilité
future.

Quand on le destine à l'usage alimentaire, c'est la troisième année qu'on
en coupe les jeunes rameaux, que l'on donne non-seulement aux moutons et
aux chèvres, mais encore aux vaches et aux chevaux. Avant de les distribuer,
il faut les écraser avec un maillet, une presse ou tout autre moyen analogue ;
on obtient ainsi une excellente nourriture, qui, avec quelques grains, entre-
tient parfaitement les animaux de travail. Dans les Gévennes, on en donne
aux moutons les rameaux frais, pendant l'été, et le feuillage sec, pendant
l'hiver. Dans plusieurs parties de l'Auvergne, des femmes et des enfants,
pendant la floraison de la plante, vont sur les coteaux en recueillir les
fleurs pour les distribuer aux cochons qui en sont très friands.

Pour faire disparaître le Genêt à balai des prairies où il se développe, il
suffit généralement de le couper ras de terre au moment où il est en fleurs,
la section du tronc amenant la mort de la racine. Mais, quand on ne veut
plus récolter le fourrage, mieux vaut l'arracher pour profiter de celle-ci.
Lorsqu'il a disparu, si on vient à passer la charrue, il arrive parfois que l'on
met au jour des graines qui, cachées par le gazon, ne pouvaient se dévelop-
per ; elles peuvent alors germer et pousser pendant plusieurs années. Pour
en débarrasser le sol, on les coupe comme il vient d'être dit.

-ocr page 83-

67 ' LÉGUMINEUSES.

Sarothamne purgatif, S. purgans God.; Spartium purgans L.

Griot.

Fleurs d'un jaune pâle, solitaires. Feuilles toutes sessiles. Tiges à rameaux nombreux, les
inférieurs nus, les supérieurs garnis de feuilles. Taille de 2 ii 4 décimètres.

Cet arbrisseau croît dans les lieux secs, stériles, montueux, les sables des rivières, principa-
lement dans nos provinces méridionales. Ses feuilles et ses graines ont des propriétés purgatives ;
mais elles sont sans usages.

Sarothamne en arbre, S. arboreus Webb.

Feuilles toutes pétiolées et trifoliolées.

Vient dans le Midi, en Afrique. Il a les propriétés du précédent; est également inusité.

Fleurs en grappes pendantes..............................

!! Feuilles supér.

sessiles.....

Feuilles toutes

___, , pétiolées....

terminales Ca]ice long j FL norabreuse8.

' tu1juleux ' Fl. rares......

Fleurs latérales....................

Fleurs axillaires....................

( Feuilles unifoliolées..........................

Genre CYTISE. — CYTISUS L.

Fleurs jaunes; — calice persistant, à 2 lèvres écartées : la supérieure entière, tronquée ou
bidentée; l'inférieure à 3 dents; —
corolle à étendard ample, redressé, oblong, plus long que les
ailes et la carène; —
style courbé au sommet; — gousse très longue, linéaire, comprimée, poly-
sperme ; —
feuilles ordinairement trifoliolées ; — tige ligneuse, dépourvue d'épines.

Ce genre comprend plusieurs espèces, formant des arbres ou des arbris-
seaux , qui viennent aisément sur les terrains peu fertiles et s'y développent
avec vigueur. Les animaux en mangent volontiers les fleurs, ce qui permet,
bien qu'on ne puisse en former des prairies, de ranger ces espèces parmi les
plantes fourragères. On doit toutefois éviter de faire consommer leurs grai-
nes, qui sont purgatives et malfaisantes. Voici un tableau synoptique don-
nant les caractères distinctifs des principales espèces de Cytises :

C. labummi.

C. sessilifolius.

C. nigricans.

C. capitatus.
C. supinus.

C. hirsutus.
C. triflorus.

C. decumbens.

Cytise des Alpes, C. labumum L.

Cytise à grappes, Cytise faux ébénier, Ébénier sauvage, Ébénier des Alpes, Aubours, Arbois,

Dois-de-lièvre.

Fleurs grandes, jaunes, odorantes, formant de longues grappes pendantes. Calice pubescent.
Gousse velue, h bord supérieur épais, caréné. Feuilles longuement pétiolées, à folioles ovales,
oblongues, mucronées, un peu soyeuses et blanchâtres en dessous. Tige ligneuse, droite, à rameaux
ouverts , s'élevant à 4 ou 6 mètres. »

Cette espèce est un fort bel arbre, qui croît naturellement dans plusieurs contrées montueuses
de la France, notamment dans les Alpes et le Jura. Les moutons et les chèvres en mangent les
feuilles et les jeunes pousses sans difficulté ; mais les vaches ont besoin de s'y habituer ; les che-
vaux les repoussent. On cultive ce Cytise comme fourrage. Les sols arides, graveleux , sablonneux

-ocr page 84-

68 ' LÉGUMINEUSES.

lui conviennent, mais il redoute les terrains crayeux. On le sème en mars, et il donne bientôt de
jeunes pousses, que l'on peut transplanter dès l'automne on au printemps suivant. 11 croît ensuite
rapidement sans exiger aucune culture. On le donne aux bestiaux en sec ou en vert.

Quand il doit servir comme fourrage sec, on le récolte soit tous les ans, soit tous les detix
ans. Pour cela, en août et en .septembre, on coupe les jennes branches, après que le soleil a fait
évaporer la rosée, puis on les laisse sécher et ou les met en fagots que l'on abrite dans les gran-
ges. Lorsqu'il doit être donné en vert, on se borne à l'effeuiller comme le mûrier et on donne les
feuilles aux troupeaux.

Dans de bons terrains, ou peut cultiver le Cytise des Alpes comme plante annuelle. On le
sème alors en février, puis, en juin et en juillet, on le fauche pour le faire manger en vert ; ou bien
on le coupe seulement en automne, et ou en fait sécher les jeunes pousses pour l'hiver. On pour-
rait entreprendre cette culture dans la plupart des contrées arides, où elle serait d'une grande
ressource.

Cytise a feuilles sessiles, C. sessilifolius L.

Trèfle des jardiniers.

Fleurs jaunes, eu nombreuses grappes, courtes, terminales, paueiflores. Calice muni, h la
base, de trois petites écailles caduques. Feuilles à folioles petites, ovales ou rhomboïdilles, un peu
mucronées : les supérieures sessiles, les inférieures et celles des rameux stériles, pétiolées.
Arbrisseau glabre, très rameux, d'un beau feuillage, de 1 à 2 mètres do hauteur.

Cette espèce, originaire des contrées du sud et du sud-est de la France et de l'Europe, sur
les coteaux exposés au soleil, est fort répandue dans les jardins. Les bestiaux la mangent comme
le Cytise des Alpes, et on peut la cultiver de la même manière.

Cytise noirâtre, C. nigricans L.

Fleurs disposées en grappes terminales allongées.

Cette espèce doit son nom à la couleur brune que prennent ses corolles en se desséchant. On
pourrait la cultiver et l'employer de la même manière que le Cytise des Alpes.

Cytise en tète, C. capitatus Jacq.

Fleurs nombreuses, réunies en masses globuleuses terminales entourées de feuilles. Rameaux
grêles, très hérissés. Taille de 4 à 6 décimètres.

Cette espèce noircit, comme la précédente, par la dessiccation, et se trouve dans les mêmes
sites. Les bestiaux la broutent également.

Cytise couché, C. supinus L.

Fleurs peu nombreuses. Tigo radicante, de 3 à 4 décimètres.

Habite surtout les coteaux arides de l'Est.

Cytise velu , C. hirsutus L.

Fleurs grandes, latérales, en grappo feuillée. Arbuste de 4 il 5 décimètres, à rameaux dres-
sés, très feuillés.

Commun dans los Alpes, dans les lieux secs des contrées méridionales, ou tous les animaux,
excepté les chevaux, mangent ses rameaux avec plaisir. Suivant Bosc, il donne beaucoup de lait
aux femelles laitières.

Cytise a trois fleurs, C. triflorus DC.

Fleurs aux aisselles des feuilles supérieures. Feuilles à folioles velues, nuicronées, la moyenne
plus longue. Arbuste de 1 il 2 mètres. — Originaire du Midi.

Cytise penché, C. decumbens Walp.

Fleurs en longues grappes unilatérales. Tige couchée, souvent radicante.

Participe aux propriétés des précédentes espèces.

-ocr page 85-

85 ' LÉGUMINEUSES.

Genre BUGRANE. — ONONIS L.

Fleurs roses ou jaunes ; — calice eampanulé à 5 divisions profondes, linéaires; — corolle à
étendard ample, étalé, ovale ou orbieulaire, il earcne prolongée en bec; —
étamines réunies il leur
partie inférieure; —
style genouillé au milieu; — gousse ordinairement renflée, uniloculaire, oli-
gosperme; —
feuilles alternes, à une ou plusieurs folioles, ordinairement trifolioliées, souvent gluan-
tes et d'une odeur fétide; —
tige presque toujours ligneuse, munie quelquefois d'épines longues et
acérées; —
racine longue et épaisse.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, dont quelques-unes
offrent de l'intérêt, mais seulement par leur abondance, car les animaux
les repoussent à cause des épines qui les garnissent. C'est l'un des genres,
parmi les Légumineuses, qui plaisent le moins au bétail.

BUGRANE RAMPANTE. — 0. REPENS L.

0. arvensis Lam. ; 0. procurrens Wall.

Noms vulgaires. — Arrête-bœuf, Care-bœuf, Epine-de-bœuf, Arc-bœuf, Rougrane, Rougraine,
Rugrande, Rurgave, Agavon, Agon, Tendon, Etendon, Mâche noire, Herbe-à-l'âne.

Fleurs roses, veinées, axillaires, solitaires, brièvement pédouculées. — Gousse velue, plus
courte que le calice. — Feuilles à 3 folioles ovales, obtuses, légèrement dentées en scie, les supé-
rieures quelquefois simples. — Tiges étalées à la surface du sol, radicantes, dures, de 2 à 6 déci-
mètres. — Souche épaisse, longue, stolonifère. ·—Plante sous-frutescente, pubescente, dont toutes
les parties exhalent une odeur fétide. — Floraison de juin à septembre.

Commune dans les champs, sur les tertres, le long des chemins ou dans
les prés secs, sans redouter les terres fortes et argileuses, cette espèce est
broutée avec plaisir, quand elle est jeune, parles ânes, d'où le nom
à'Onos,
que lui donnaient les Grecs. Les chèvres, les moutons, les vaches aussi, en
mangent les jeunes pousses. Mais bientôt ils l'abandonnent, à cause de ses
épines, qui croissent et durcissent avec les rameaux.

L'Arrête-bœuf, dont le nom indique la force des racines, capables d'ar-
rêter la charrue, n'est point cultivé. Il constitue, au contraire, pour les terres
arables et les prés, une mauvaise plante, d'autant plus à redouter qu'elle est
fort difficile à détruire. Au moment de la faucliaison, elle durcit et nuit au
fourrage avec lequel elle se trouve mélangée. On a conseillé de la semer sur
les lieux en pente, où ses racines pourraient servir à retenir le terrain.

Bugrane épineuse, 0. spinosa L.; 0. campcstris Koch.

Fleurs roses. Gousses égalant ou dépassant le calice. Tige dressée. Souche non stonolifere.

Connue aussi sous le nom d'Arrête-bœuf, cette espèce, très voisine de la précédente, en par-
. tage toutes les propriétés.

Bugrane natrix, 0. natrix L.

Bugrane de columna, 0. columnse L.

Bugrane visqueux, 0. viscosa L.

Fleurs jaunes. = Espèces communes dans les diverses régions du Midi.

-ocr page 86-

70 ' LÉGUMINEUSES.

Genre ANTHYLLIDE. — ANTHYLLIS h.

Calice renflé, à 5 dents ; — corolle à étendard redressé, à ailes adhérentes à la carène ; —
style courbé; — gousse petite, comprimée, à 1 ou 2 graines, renfermées dans le calice.

Renferme plusieurs espèces, dont une principale.

ANTHYLLIDE VULNÉRAIRE. — A. VULNERARIA L.

Noms vulgaires. — Vulnéraire des paysans, Trèfle jaune des sables, Trèfle sapin.

Fleurs jaunes ou rougeâtres, très rarement blanches, ramassées en capitules terminaux, sou-
vent géminés et munis chacun à leur base d'une bractée digitée.—Calice à dents très inégales, les
deux supérieures presque complètement soudées. — Feuilles ailées, à plus de 5 folioles, lancéolées,
étroites, entières, parfois mucronées, la terminale plus grande. — Tiges herbacées, nombreuses,
presque simples, un peu velues, couchées sur le sol, hautes de 2 à 4 décimètres. — Racine
longue et pivotante. — Vivace. — Fleurit tout l'été.

Espèce assez commune, l'Anthyllide se rencontre fréquemment sur les
lieux secs et élevés, les coteaux secs et pierreux, dans les champs siliceux.
Elle forme de larges touffes étalées que les animaux aiment à pâturer. Sa
sève possède des propriétés astringentes qui lui ont fait attribuer, par les
gens de la campagne, des propriétés cicatrisantes, d'où son nom de
vulnéraire.

Cultivée en Saxe.depuis 1850, puis de là dans le nord de l'Allemagne, en
Picardie, l'Anthyllide a été, dans ces derniers temps, simultanément recom-
mandée par divers auteurs. Elle paraît surtout convenir pour la mise en cul-
ture des terres légères, des sols calcaires peu profonds, des terrains médiocres
sur lesquels réussissent mal les autres espèces fourragères. On la sème
généralement au printemps, dans une céréale, pour en obtenir, l'année sui-
vante, une récolte précoce, pouvant remplacer le farouch. D'après le
Bon
jardinier,
de nouveaux essais auraient permis de reconnaître qu'il vaudrait
mieux la semer au mois d'août, sur les chaumes de blé ou d'avoine.

Il faut environ 20 kilog. de graines par hectare, quand on la répand
seule ; mais à cause de son amertume, il est préférable de la semer en mélange
avec du ray-grass, de la fétuque ovine, etc. Supportant parfaitement l'hiver,
prenant beaucoup de développement, elle donne un produit assez abondant,
environ 8 à 9 mille kilog. par hectare, se réduisant à 3,000 kilog. à peu près
de fourrage sec. Ce foin, de bonne qualité, est fort recherché des moutons et
des vaches ; les chevaux, toutefois, ont besoin de s'y faire. Pour la valeur ali-
mentaire, il vient immédiatement après les trèfles.

L'Anthyllide est donc une plante à recommander pour utiliser les prai-
ries sèches, trop souvent envahies par les mauvaises espèces, et appelée,
conséquemment, à jouer un rôle dans l'amélioration des terres pauvres.

-ocr page 87-

71 ' LÉGUMINEUSES.

Genre LUPIN. — LUPINÏJS T.

Fleurs alternes ou vcrticillées, en grappes terminales; — calice à 2 lèvres, entières ou divi-
sées ;
corolle à étendard grand, strié, à côtés réfléchis, et carène à 2 pétales, terminée on bec;
— etamines a 5 anthères oblongues et 5 arrondies ; — gousse oblongue, comprimée, bosselée,
coriace, polysperme, à graines séparées par du tissu cellulaire ; —
feuilles digitées, multifoliolées,
à stipules soudées au pétiole par leur base.

Ce genre comprend plusieurs espèces, toutes herbacées et annuelles, la
plupart cultivées dans les jardins pour la beauté de leurs fleurs. Tous les
Lupins offrent entre eux une grande ressemblance, par leur port comme par
leurs propriétés, et ils constituent tous de bonnes plantes fourragères, en
môme temps qu'améliorantes, dont la culture tend à se répandre.

LUPIN BLANC. — L. ALBUS L.

Noms vulgaires. — Lupin cultivé, Fève-de-loup, Pois-loup.

Fleurs blanches, alternes, réunies en une grappe dressée, dépourvue d'appendices. — Calice
à lèvre supérieure entière, l'inférieure à 3 divisions, — Gousse velue, à 5 ou 6 graines blanches,
orbiculaires, aplaties. — Feuilles alternes, à 5.9 folioles obovales, molles, longuement velues en
dessous et à leurs bords. ~ Tige dressée, cylindrique, iistuleuse, rameuse, fortement pubescente,
pouvant dépasser la hauteur de 1 mètre.

Originaire des contrées méridionales, le Lupin blanc est depuis long-
temps cultivé en grand, dans plusieurs parties de la France et de l'Italie,
ainsi que dans le Levant, comme plante d'ornement, comme aliment et
comme engrais. Il était fort connu des anciens ; Columelle (liv. II, chap. 10)
en indique d une manière assez exacte les principales propriétés économiques.

Il est peu rustique, craint le froid, aussi ne réussit-il bien que sous les
climats chauds ; le retard apporté aux semis par les gelées tardives du
Nord, fait surtout obstacle à ce qu'il soit cultivé dans ces régions. Mais il
résiste parfaitement à la sécheresse.

Il vient sur les plus mauvais terrains, sur les sols maigres, argileux,
graveleux ou ferrugineux, les terres légères et sablonneuses. Il redoute l'hu-
midité, les terres compactes et limoneuses.

La farine de Lupin était employée autrefois pour la nourriture de
l'homme ; et cet usage s'est conservé dans plusieurs localités, en Piémont, en
Corse et dans quelques parties du midi de la France. Mais la graine, amère
et tonique, doit auparavant être soumise à une certaine préparation, consis-
tant à la faire macérer dans l'eau, qu'on change plusieurs fois, jusqu'à ce que
cette graine se soit dépouillée de son amertume, qui réside dans l'enveloppe.

On donne aussi le Lupin blanc aux animaux domestiques. Sa graine,
d après Y. Yvart, macérée, cuite ou moulue, est prise avec plaisir par les
bestiaux, qu'elle pousserait à l'engrais. Dans les Pyrénées-Orientales, on
cultive la plante avec avantage comme pâturage d'hiver; on l'associe ordinal-

-ocr page 88-

72 ' LÉGUMINEUSES.

rement au farouch qui accroît la qualité du fourrage. On peut aussi le donner
en pâturage aux moutons, qui s'en accommodent mieux que les autres ani-
maux; mais il faut, pour cela, ne pas attendre qu'il ait durci. M. Rodât, en
raison de l'amertume de sa graine, l'a particulièrement conseillé, dans le
Cultivateur aveyronnaïs, comme un bon moyen contre la pourriture du mou-
ton; on donne alors les graines crues ou cuites, et même les feuilles. M. A. de
Gasparin prescrit la graine de Lupin dans le même cas et conseille d'en
faire entrer la farine par moitié dans un pain destiné aux animaux malades.
On a encore recommandé le Lupin, à l'état de fourrage sec, pour le gros
bétail, qui toutefois le recherche peu et souvent même le refuse. Il ne con-
vient point au cheval, et surtout au cochon, chez lequel il provoque des
indigestions , avec môtéorisation pouvant se terminer par la mort.

Mais ce n'est pas comme substance alimentaire que le Lupin blanc offre
le plus d'importance ; ce qui lui donne surtout une grande valeur économi-
que, c'est la propriété remarquable qu'il possède de pouvoir se transformer
en engrais, et d'ajouter ainsi considérablement, quand il est enfoui en vert,
à la fertilité du sol sur lequel il végète. Aucun autre végétal ne l'égale sous
ce rapport. Son effet, dans ces circonstances, a été comparé à celui de l'en-
grais de mouton. D'après Y. Yvart, dans la vallée de Niévole (Haute-Italie),
on obtient plusieurs récoltes consécutives de froment, rien qu'en enfouissant
en automne une récolte intercalaire de Lupin, qui, à la fois, nettoie et fertilise
le champ.

Cette puissance fertilisante réside dans toutes les parties de la plante,
dans les graines principalement. Elle est accrue encore par la propriété singu-
lière que possède la racine d'emmagasiner dans ses nodosités, la matière
organique.

Le Lupin, employé comme engrais, est semé après la récolte, de même que
le blé, et sur un seul labour. On répand environ 1 hectolitre et demi de graines
par hectare. Il commence à pousser en avril; en juin, il a acquis tout son
développement et forme alors une masse touffue d'un très bel effet. C'est le
moment de l'enfouir, ce que l'on fait en passant une charrue à versoir, après
l'avoir couché sur le sol. La plante pourrit très vite, et dès le mois de septem-
bre elle se trouve changée en terreau. Par-dessus on sème immédiatement
du blé, ou du seigle qui réussit mieux encore, et les céréales poussent dès ce
moment aux dépens du Lupin. Comme les deux labours donnés pour semer
et enfouir le Lupin eussent été nécessaires pour la céréale, il en résulte que
cet engrais ne coûte que le prix de la graine et le temps employé à la semer,
ce dont il faut encore déduire la dépaissauce qu'on a pu en obtenir.

-ocr page 89-

73 ' LÉGUMINEUSES.

LUPIN JAUNE. — L. LUTEUS L.

Fleurs jaunes, odorantes, en verticilles régulièrement superposées le long de la grappe termi-
nale. — Calice muni, entre les deux lèvres, de deux petits appendices linéaires. —Graines bico-
lores. — Feuilles à 7.9 folioles , oblongues cunéiformes.

Le Lupin jaune, originaire des régions méridionales, peut être cultivé
avec avantage pour la mise en valeur et l'amélioration des terres pauvres. Il
a particulièrement été recommandé, à cet effet, il y a quelques années
(Jour-
nal d'Agriculture pratique,
1857, t. VII), par M. Edouard Karcher, de Sarre-
bruck (Prusse rhénane), et plus récemment par M. Gaud, dans diverses pu-
blications. M. Lecoq, de Glermont, dit également en avoir essayé la culture
avec succès sur les terres pauvres et siliceuses.

Cette plante, en eifet, convient spécialement aux terrains sablonneux.
Elle ne vient point dans les sols compactes ou calcaires, réussit, toutefois,
dans les argiles non calcaires ; mais préfère, à tous, les sols ferrugineux , sur
lesquels ne peuvent croître d'autres végétaux. Elle se montre, d'un autre
côté, peu exigeante, à cause de la force de ses racines qui pénètrent profon-
dément dans le sol et le sous-sol, et vont chercher, jusqu'à 1 mètre, les ma-
tières salines entraînées par les pluies et que les racines moins profondes des
autres plantes cultivées dans les sables ne peuvent atteindre.

De plus, conservant longtemps ses feuilles vertes, cette plante offre l'avan-
tage de tirer de l'air la plus grande partie de ses principes nutritifs, et de
pouvoir ainsi s'entretenir aux dépens de l'atmosphère, presque jusqu'au mo-
ment où on la coupe. Elle enrichit, de la sorte, le sol, au lieu de l'épuiser, et
constitue une excellente préparation pour toutes les cultures qui doivent lui
succéder. Enterrée en vert, elle forme, comme le Lupin blanc, un engrais
énergique, pouvant rendre des sables, ou des terrains en friches sans valeur,
propres à la culture du blé, du seigle ou d'autres céréales, et même des four-
rages. Ajoutons que le Lupin jaune, en s'emparant entièrement du terrain,
le nettoie en détruisant les plantes parasites qui tendent à l'envahir. Cette
plante, enfin, est propre à l'alimentation des bestiaux auxquels elle fournit,
soit ses graines, soit du fourrage vert ou sec.

La Lupin jaune doit être cultivé exclusivement dans les sables. On le sème
en mars, avril ou mai, quand on veut en obtenir la graine, ou en juin seule-
ment, quand on veut avoir du fourrage ou l'enfouir comme engrais. Le sol
étant préalablement et profondément ameubli, on sème et on recouvre la
graine, qui doit être peu enterrée, avec un ou deux coups de herse. On répand
environ 50 kilog. de semence par hectare, quand on veut récolter de la graine.
Si on doit le couper en vert ou l'enfouir comme engrais, il en faut 100 kilog.
en terre propre, et 130 kilog. en terre salie. Le Lupin cultivé pour la graine
doit être mis toujours en terre propre ; on peut, dans ce cas, trouver avantage
à fumer; dans les autres cas, on s'en dispense.

-ocr page 90-

74 ' LÉGUMINEUSES.

Le Lupin jaune croît d'abord lentement ; mais une ibis les tiges dévelop-
pées, il pousse vite ; sa croissance est arrêtée par la gelée seulement. Il résiste
d'ailleurs parfaitement aux températures extrêmes ; il supporte mieux que le
Lupin blanc la chalèur, la sécheresse et la gelée. Il résiste à— 3°; un froid de
— 4° tue la feuille, et de — 5° tue la tige.

Pour récolter la graine, il faut attendre que les gousses de la tige mé-
diane aient pris une teinte brune verdâtre; ce moment venu, il ne faut pas
retarder la coupe de la plante, car, en séchant, les gousses s'ouvrent et lancent
leurs graines à plus de 2 mètres, ce qui ferait perdre une partie de la récolte.
Derrière le faucheur, deux femmes relèvent les andains pour en faire des meu-
lons de 1 mètre de diamètre, en ayant soin de mettre le pied des plantes en
l'air et les gousses en bas. Lorsqu'on visitant les meulons on reconnaît que la
maturité est complète, on rentre et l'on bat de suite. On retire les fanes, en
laissant les cosses avec les graines, et l'on étend le tout dans un grenier, où
la dessiccation s'achève.

Quand on veut faner le Lupin jaune, on le coupe à la faux. On laisse les
andains deux jours, puis on les retourne une fois chaque jour jusqu'à ce que
les tiges soient desséchées. On forme alors des meules de 2 mètres de diamè-
tre qu'on rentre quinze jours après, mais qui peuvent rester, sans inconvé-
nient, deux ou trois mois sur le· champ. « Le rendement, dit M, Gaud, est en
rapport avec la profondeur de la couche sableuse, c'est-à-dire que plus cette
couche sera profonde, plus la plante aura de hauteur, la tige centrale d'un
pied de Lupin jaune, cultivée dans un sable profond, mesurée de la dernière
fleur au collet de la plante, représentant régulièrement deux fois la longueur
de sa racine.....

« Cette règle n'est applicable qu'aux terres sablonneuses dans lesquelles
domine la silice, les seules où il y ait intérêt de cultiver cette plante, dont le
produit diminue lorsqu'elle rencontre des quantités plus ou moins grandes de
cailloux calcaires, et arrive à zéro dans les terres argileuses. C'est dans le sable
ferrugineux que le Lupin jaune donne sa plus brillante récolte; 1 hectare de
cette terre, de 50 centimètres de profondeur, rapporte 49,000 kilog. de
fourrage vert, représentant 12,000 kilog. de fourrage sec; si au lieu de couper
la récolte on la roule et qu'on l'enterre, on obtiendra une excellente fu-
mure, car 100 kil. de Lupin en fleurs contiennent 1 kilog. 650 gr. d'azote. »

Ces faits montrent l'extrême avantage offert par la culture du Lupin
jaune. Végétant avec vigueur sur les sols où règne la stérilité, il rend ceux-ci
productifs sans exiger d'engrais. Il constitue lui-même, au contraire, une
fumure excellente, après avoir assimilé les principes de l'air et ramené, à la
surface du sol sablonneux, les engrais entraînés loin des racines.

Comme fourrage vert, il peut être mangé par tous les bestiaux. Toute-
fois, quand il est seul, les chevaux et les bêtes à laine le refusent, à cause du
principe amer qu'il renferme et dont on atténue le goût en le mêlant avec
d'autres fourrages. Ainsi, pour le donner aux vaches, on se trouve bien de le

-ocr page 91-

75 ' LÉGUMINEUSES.

semer mêlé avec des vesces, ou avec YErvum monanthos; il ne doit pas d'ail-
leurs entrer pour plus d'un tiers dans la ration, afin de ne pas donner un
mauvais goût au laitage. Les moutons, également, ont besoin de s'y habituer;
il constitue, pour eux, un excellent préservatif de la cachexie aqueuse. Les
graines, macérées dans l'eau, concassées et mêlées avec du son, font un excel-
lent mélange, propre à l'alimentation des espèces chevaline, ovine et porcine.
En résumé, le Lupin jaune est une plante de grande valeur pour les landes
et les terres sablonneuses, qu'elle fertilise en même temps qu'elle peut venir
en aide au cultivateur pauvre, auquel elle fournit à la fois fourrage, litière et
fumier, et dont il serait à désirer, conséquemment, de voir la culture se
répandre partout où la nature du terrain fait obstacle à l'extension des cul-
tures ordinaires.

Lupin a feuilles étroites, L. angustifolius L.

Lupin à café.

Fleurs bleues. Calice à lèvre supérieure bifide, l'inférieure entière. Graines très grossos, mar-
quées de taches blanches et fauves. Feuilles à 7.9 folioles étroites, linéaires.

Commune dans les moissons et dans les terres sablonneuses du Midi, cette espèce est culti-
vée, à la place du Lupin blanc, dans les environs do Dax. Elle croît encore, naturellement, dans
les mauvaises terres du centre de la France, et paraît mieux que celui-ci convenir aux assolements
de ces contrées. Partout elle serait utile, outre sa valeur comme engrais , pour servir de support
aux vesces, aux gesses, etc., qu'elle empêcherait ainsi de pourrir sur le sol.

Lupin réticulé , L. reticulatus Desv.

Fleurs petites, d'un bleu pille. Calice à lèvre inférieure lancéolée, bi-tridentée. Graines petites,
un peu comprimées, marquées d'un réseau formé de lignes blanchâtres et de lignes noires. Feuilles
it 7.9 folioles linéaires, obtuses, canaliculées en dessus. Tige dressée, simple ou rameuso, très
feuillée.

Plus commun en France que le précédent, avec lequel on le confond souvent, et dont il par-
tage les propriétés.

Lupin hérissé , L. hirsutus L.

Fleurs bleues. Gousse très poilue. Feuilles à 5.7 folioles obovées, un peu mucronées. Plante
partout recouverte de poils étalés.

Habite les mêmes lieux que le précédent, qu'il peut suppléer. Espèce rarement cultivée.

Lupin bigarré, L. varius L.

Fleurs odorantes, nuancées de bleu et de blanc, quelquefois do jaune ou de rouge, en demi-
vertieilles. Calice à lèvre supérieure bifide, l'inférieure à 3 dents. Gousse velue, à graines volu-
mineuses, arrondies, tachées de blanc et de roux. Feuilles à 5.9 folioles lancéolées, obtuses.

Se rencontre dans les moissons des provinces méridionales. Cultivé aussi comme espèce four-
ragère et pour être enfoui comme engrais. Ses graines , très nutritives, engraissent les animaux
de boucherie. Enfin on l'utilise comme plante d'ornement.

-ocr page 92-

76 ' LÉGUMINEUSES.

Sd" Triton. — TRXPOLIEIEIS,

Étamines diadelplies. Gousse uniloculaire. Fouilles trifoliolées. Galice à
5 divisions. Plantes herbacées. — Plusieurs genres énumérés dans le tableau
ci-dessous.

Gousse incluse......................................Tkifolium.

Ailes de la corolle soudées à

Etamines 1 I la carène..........................Dorycnium.

droites \ \ / G. indéhiscente,

Gousse / Ailes l droite..............Melilotus.

exserte ) de j G · déhisc., pres-

la corolle/ que droite.... Trjgonella.

libres j G. largo ou oon-
en avant
f tournée en

\ spirale..............Medicago.

Étamines contournées en spirale..........................Piiaseolus.

! Gousse nue.... Lotus.

Gousse ailée________Tetragonolobtis.

1 Graines
libres
dans

la
gousse

Gousse
l polysperme

•H
o

Gousse monosperme, indéhiscente, incluse........................ Psoralea.

Genre TRÈFLE. — TRIFOLIUM T.

Fleurs en capitules globuleux ou ovoïdes, plus ou moins allongés, do nuances diverses; —
calice tubuleux, à 5 divisions peu profondes; — corolle à pétales parfois soudés entre eux à la
base et avec les étamines, avec étendard aussi long ou plus long que les ailes, et une carène
obtuse, plus courte que le reste de la corolle ; —
gousse très petite, ne dépassant point ou presque
point le calice, ovoïde ou oblongue, droite, difficilement déhiscente, renfermant do I à 4 graines; —
feuilles trifoliolées, avec stipules adhérentes au pétiole; — tiges droites ou couchées, presque tou-
jours multiples. — Espèces toutes herbacées, annuelles, bisannuelles ou vivaces.

Les espèces du genre Trèfle, extrêmement nombreuses, sont, en outre,
fort répandues. On les trouve dans les bois et les lieux cultivés, et sous les
altitudes les plus diverses, dans les plaines comme sur les montagnes. Toutes
sont recherchées par les animaux et constituent d'excellentes plantes fourra-
gères. Leurs tiges, toujours tendres, les feuilles , très abondantes , les fleurs,
sont également nourrissantes. Les Trèfles ont l'avantage encore de pouvoir
vivre en société, d'admettre sur le même sol d'autres plantes sans que leur
végétation en souffre. Trois espèces principalement sont cultivées chez nous
en grand; ce sont le
Trèfle des prés, le Trèfle incarnat et le Trèfle ram-
pant
; elles constituent une des plus précieuses ressources pour l'agriculture
et l'entretien du bétail. Quelques autres espèces sont exceptionnellement
cultivées dans certaines localités ; les autres, bien que consommées par les
bestiaux, ne sont point soumises à la culture.

Le tableau ci-contre donne la liste, avec leurs caractères distinctifs, leur
durée, l'époque de leur floraison, leur lieu d'habitation ordinaire, leur impor-
tance agricole relative, des espèces du genre
Trèfle les plus communes dans
nos contrées :

-ocr page 93-

77 ' LÉGUMINEUSES.

[C. à d. lane.

C. à dents
sétacées.

Fl. bractéol.

Fl. pou ou
non bract.

Etendard lisse
ou presque lisse.

Etendard strié.
Feuilles supérieures opposées.,..

ESPÈCES.

Durée.

Plorais.

Habitat.

PRATENSIS

l-

¥

Eté

Partout

MEDIUM

L.

¥

Eté

Partout

Diffusum

L.

©

Eté

Midi

MARITIMUH

Duds.

©

Eté

M. Ou.

ochboledcuh

L.

¥

Eté

Partout

Squarrotum

1.

¥

Eté

Partout

Lappaceum

L.

©

Eté

Midi

RÜHENS

L.

¥

Eté

Partout

Alpestre

L.

¥

Eté

Mont.

Cherleri

L.

©

Eté

Midi

Bispidum

Df.

©

Eté

Midi

INCARNATDM I,.

©

Print.

Partout

Stellatum

L.

©

Eté

Midi

Angustifolium

L.

©

Eté

Midi

Purpureum

DC.

©

Eté

Midi

REPENS

L.

¥

P. Aut.

Partout

IIYBKIDUM

L.

¥

Eté

Nord

Michelianum

God.

©

Eté

Midi

ELEGANS

Sari.

¥

Eté

Midi

Subtcrratieum

L.

©

Print.

Partout

Parviflorum

Erh.

©

Eté

Espag.

MONTANIIH

L.

¥

Print.

Mont.

Aeyense

L.

©

P. Aut.

Partout

Slrictum Waltl, Kit.

©

Print,

M. Cen.

Glomeratum

L.

©

Print.

Midi

Suffocatum

L.

©

Print.

Midi

Scahrum

L.

©

Print.

Midi

Feaciperum

L.

¥

E. Aut.

Partout

Spüsiosum

L.

©

Print.

Midi

Rreupinalum

L.

©

Eté

Midi

Tomcntosum

L.

©

Print.

Midi

Steutum

L.

©

Eté

Partout

Alpinom

L.

¥

Eté

Mont.

Cœtpitosum

Beyn.

¥

Eté

Mont.

Vniflcnun

L,

¥

Eté

Mont.

PBOCUMBENS

L.

©

P. Aut.

Partout

Filiforme

L.

©

Eté

Partout

Agraiuuv

L.

©

E. Aut.

Partout

Païens

Sclir.

©

Eté

Partout

Badium

Sehr.

¥

Eté

Mont.

Spadicbuh

L.

©

Eté

Mont.

iC. à, dents
sétacées.

C. it dents
* lancéolées.,

,, „ , nervures
l'euil. sup.

opposées

en

involucre / Calice à
20
nervures

Feuilles supérieures alternes

O

Tiges radicantes
(

Tiges non
radicantes

Capitules

tous
axillaires

Dents i
du calice
dressées. I

D. du calice
courbées. !

r n -i -h ( Fleurs non
' Capit, axill. .. ,,

,r, /bractéolees.

pédonculés j pl ^

Capitules \ Fl. bract.

tous sessilcs ) ™ i
( l· 1. non br.

Capitules
axillaires et
terminaux

o

JU
O.

Calice devenant vésiculeux

Espèces sans tige, à souche ligneuse.

Feuilles
Fleurs jaunes ^ toutes alternes
ou brunes

vnua ( en NOIRES : Espèces cultivées en grand, en Franc«,

W eÏpL. ,! ™ ® "«"«S ·■ Espèces cultivées à l'étranger ou exceptionnellement.

ESPKCBSea r"'"8 capitales : Espèces non cultivée., mais commune«

( en ifdNfun, Espèces non cultivées et rare».

-ocr page 94-

78 ' LÉGUMINEUSES.

TRÈFLE DES PRÉS. — T. PRATENSE L.

Noms vulgaires. — Trèfle rouge, T. pourpré, T. de Hollande, T. de Flandre, T. de Normandie,
T. de Piémont, Grand trèfle, Triolet, Trémène, Trianelle, Tréouli, Herbe-à-vache, Suçotte, Clave,
Claver
(en anglais).

Fleurs purpurines, roses ou d'un blanc jaunâtre, réunies en capitules terminaux , ovoïdes ou
oblongs, presque sessiles, au-dessus de deux feuilles opposées formant une espèce d'involucre. —
Calice tubuleux, à divisions filiformes, inégales, ciliées, et à 10 nervures. — Gousses petites, mo-
nospermes, renfermant des graines rondes, jaunâtres ou d'un brun violet. — Feuilles à pétiole
plus long vers la partie inférieure de la plante, îi folioles elliptiques ou ovales, entières, sou-
vent tachetées de blanc et de noir, — Stipides membraneuses, courtes et triangulaires dans leur
partie libre, terminées par une pointe raide. — Tige ascendante, haute de 2 à 6 décimètres. —
Racine épaisse, ligneuse, pivotante, fibreuse, portant plusieurs tiges. — Espèce vivace. —
Fleurit pendant toute la belle saison.

Le Trèfle des prés, espèce indigène dans nos contrées, vient naturelle-
ment dans la plupart des lieux herbeux et humides, dans les prés dont le sol
est frais sans être trop compacte, dans les pâturages des montagnes. Il est
cultivé comme plante fourragère pour former des prairies bisannuelles, et a
conquis, à ce titre, dans notre agriculture, une place des plus importantes.

Culture du Trèfle des près.

Bien qu'indigène dans nos contrées, le Trèfle n'est point entré dans la
grande culture depuis aussi longtemps qu'on pourrait le supposer d'après
la place qu'il y occupe aujourd'hui. Il ne paraît pas avoir été cultivé avant le
seizième siècle. Olivier de Serres ni aucun de ses contemporains n'en font
mention. Du temps de Duhamel même, il était encore peu répandu. Il n'y a
pas plus d'un siècle qu'il est définitivement entré dans les assolements, où il
forme la base de presque toutes les prairies qui ne doivent durer que deux ans.

Choix et préparation du terrain. — Tous les sols ne conviennent pas égale-
ment à la culture du Trèfle ; il redoute les terrains trop secs, les expositions
chaudes, et préfère les sols frais et humides, ceux précisément où il croît
d'une manière spontanée. En Hollande, en Angleterre, les terres sablonneu-
ses et légères, à cause de l'humidité naturelle du sol, peuvent lui convenir;
en France, où le terrain est généralement plus sec, il ne réussit que dans les
sols argilo-siliceux, marneux, humides surtout, et en même temps meubles et
profonds. Il profite moins dans les terres purement calcaires où prospère le
sainfoin. Il viendrait mal également dans des terrains marécageux ou
mal égouttés.

Quelque soit le terrain, sa condition première, pour la réussite du Trèfle,
est qu'il soit bien ameublé, nettoyé et fumé. Il est d'une mauvaise économie
de regarder à la dépense pour arriver à ce résultat, le produit à obtenir
payant toujours largement, dans ce cas, les avances faites au sol. Les labours

-ocr page 95-

79 ' LÉGUMINEUSES.

profonds sont nécessités par la forme pivotante et la longueur de la racine.
11 faut faire précéder les semis de deux de ces labours au moins ; quelques
cultivateurs en recommandent quatre. On complète cette opération par l'ad-
dition d'engrais, fumier ou autres substances, d'amendements calcaires sur-
tout, les plus propres à favoriser le développement du végétal. Là encore
toute épargne est un mauvais calcul, la diminution de récolte qui en résulte
dépassant toujours beaucoup ce qu'on a cru gagner par une parcimonie mal
entendue. Une erreur commune est de croire, sous prétexte que le Trèfle est
une culture améliorante, qu'il peut se passer de fumure. Il n'en est rien ; le
Trèfle, comme toute plante de produit, a besoin d'engrais, et les profits qu'on
en obtient sont toujours en proportion de la quantité de matière fertilisante
que le sol a reçue.

Ensemencement. — Le Trèfle n'est presque jamais semé isolément. La faci-
lité qu'il possède de coexister tout d'abord, sans danger, sur un même sol, avec
d'autres plantes, permettant de l'associer de diverses manières, on met à profit
cette qualité précieuse pour le mêler à certaines récoltes, et rendre ainsi
inutile la jachère, tout en améliorant le sol. C'est de la sorte qu'il peut avan-
tageusement être uni avec les principales céréales.

Le Trèfle est semé généralement au printemps, dès le mois de mars ou
môme en février, dans les pays chauds. On répand alors la graine, à la volée,
avec celle des céréales printannières, orge ou avoine, soit en même temps,
soit immédiatement après la semaille principale, soit après la levée de celle-
ci, ce qui peut retarder l'opération jusqu'à la fin d'avril. On la sème aussi,
à cette même époque, sur les champs ensemencés, dès l'automne, en seigle ou
froment ; le semis, alors, se fait en mars, avant que la céréale ait couvert le sol,

Dans une terre trop riche, suivant M. de Dombasle, la semaille avec une
céréale de printemps peut devenir, par le développement que prend le Trèfle,
un danger pour la céréale, et diminuer la quantité du grain ; on évite cet
inconvénient en semant le Trèfle seulement après que la céréale de mars est
levée et quand elle commence à couvrir le terrain.

On a conseillé encore, dans le Midi surtout, de semer le Trèfle en automne
avec une céréale d'hiver, le blé ou le seigle. Le choix entre ces méthodes sera
déterminé par la nature du terrain. Si celui-ci est compacte, durcit au prin-
temps et n'est pas aisément attaqué par la herse, ce qui pourrait empêcher la
prairie de lever, il convient de semer sur une céréale d'été. Il en sera de
même sur tout terrain où le blé, par trop de richesse ou pour toute autre
cause, est exposé à verser et à faire ainsi obstacle à la levée de la fourragère.
Au contraire, sur un terrain léger, meuble, facile à entamer par la herse,
comme le sont les sols crayeux, marneux ou sablonneux, il vaut mieux semer
le Trèfle en automne avec une céréale d'hiver.

La graine répandue, on l'enterre légèrement : avec la herse ordinaire, si
on a jeté la semence avec celle de la céréale, ou bien avec la herse renversée,
le rouleau ou un châssis garni d'épines, si on l'a semée seule. S'il pleut après

-ocr page 96-

80 ' LÉGUMINEUSES.

l'ensemencement, on ne doit môme pas l'enterrer du tout. Quand on sème au
printemps, sur une céréale qui a passé l'hiver, on attend un temps pluvieux,
et il n'est point nécessaire alors de recouvrir le Trèfle, suffisamment protégé
par les feuilles de la céréale. Quelquefois on sème le Trèfle sur les champs cou-
verts d'une légère couche de neige ; à la fonte de celle-ci, la graine entre dans
la terre sans avoir besoin d'être recouverte, et germe aux premières chaleurs.

Le Trèfle n'est pas semé uniquement avec des céréales. On a recommandé
de l'associer avec le lin et le sarrazin, qui en favorisent la pousse. Il réussirait
de même, sans doute, avec toute culture de saison qui laisserait place à sa
graine et ne l'empêcherait point de se développer. Enfin, il peut arriver qu'on
soit obligé de le semer seul, ce qui a lieu quand le sol est épuisé. En ces cir-
constances, s'il est bien cultivé, il peut donner encore une bonne récolte et
laisser le terrain propre à une autre culture.

On mêle très rarement le Trèfle à d'autres espèces fourragères. En vue
d'augmenter la récolte, on a tenté de l'associer à la luzerne, au ray-grass, ce
qui n'a pas donné des résultats satisfaisants. On a mieux réussi avec le sain-
foin ; cette tentative s'est même généralisée dans le Sud-ouest. Mais on aurait
plus d'avantage à le semer avec de l'orge ou de l'avoine destinée à être coupée
en vert.

On répand la graine, tantôt épurée, tantôt enveloppée dans le calice, ou,
comme l'on dit, en
coque ou en bourre. Si on sème en coque, il faut préalable-
ment vérifier le bou état de la graine, et en apprécier la quantité d'après le
rendement en graine épurée. La quantité de celle-ci à répandre par hectare
est très variable, suivant les lieux ; elle va de 3 à 4 ldlog. jusqu'à 20 kilog, ;
la quantité moyenne est de 14 à 16 kilog. On sème plus épais sur les terres
légères que sur les terres fortes où les plantes tallent davantage.

Soins de culture. —Le Trèfle semé soit en automne, soit en hiver, soit, ce
qui est le cas ordinaire, au printemps, se comporte de même, une fois venu
le moment de son développement. Il lève dès les premières pluies et les pre-
miers jours de chaleur, puis pousse lentement, ombragé par la céréale.
Après la moisson, le Trèfle croît avec plus de rapidité, surtout s'il a été
semé avec l'avoine, qui mûrit plus tôt. Puis il arrive à l'hiver, qu'il passe
facilement, pouvant même résister à des gelées intenses; au printemps il se
remet à pousser, pour bientôt ensuite tomber sous la faux.

Dans le cours de cette période, le Trèfle n'exige aucun soin, sinon quel-
ques fumures. Ainsi, à la fin de l'automne, si on peut le recouvrir d'une cer-
taine quantité de fumier, on augmentera sensiblement le produit. Cela est
surtout nécessaire quand on n'a pu fumer avant d'ensemencer. A défaut de
fumier, on peut employer le plâtre, la suie, la chaux, la poudrette, les cendres
de tourbe, de bois, de charbon, etc., que l'on répand en petites quantités, en
choisissant, pour cela, un temps calme et humide.

Parfois à la fin de l'automne, si le temps a été chaud, le Trèfle se met à
fleurir ; on pourrait être tenté de le couper. On doit s'en abstenir, et ne pas

-ocr page 97-

81 ' LÉGUMINEUSES.

non plus livrer la plante aux bestiaux ; il vaut mieux l'abandonner à elle-
même et la laisser ainsi fortifier ses racines.

Au printemps, quand le Trèfle se remet à pousser, il faut procéder au
plâtrage, pratique des plus essentielles, et qui peut, en certains terrains,
doubler la récolte. La quantité de plâtre à répandre est de 4 à 500 kilog. par
hectare. Après la première coupe, un léger marnage produit encore un bon
effet. Il en est de même de l'emploi des engrais pulvérulents répandus, par
un temps huipaide, sur la plante déjà garnie de quelques feuilles.

Récolte. — Le Trèfle bien cultivé, dont les racines ont pu convenablement
s'étendre, donne toujours, après avoir été coupé, une seconde coupe presque
aussi abondante que la première. Il peut même, s'il a été plâtré, arrosé avec
du purin, donner quatre coupes. Mais, en général, il convient de s'en tenir à
la seconde et de faire le sacrifice de la dernière, que l'on livre aux bestiaux
ou que l'on enterre, et qui, de cette manière, profite aux récoltes suivantes.

Le Trèfle ainsi ne dure en tout, dans les cas ordinaires, que dix-huit mois,
et ne produit que pendant une saison. Ses racines étant vivaces, on pourrait,
il est vrai, le conserver plus longtemps, comme le Trèfle naturel, que l'on voit
quelquefois vivre dans les prés sept à huit ans sans changer de place. Mais
il n'y aurait aucun avantage à garder aussi longtemps le Trèfle cultivé, qui,
après la seconde année, devient toujours faible, est envahi par les mauvaises
herbes et laisse ensuite un sol mal disposé pour les récoltes suivantes.

Le mode de récolte du Trèfle varie suivant qu'il doit être donné aux ani-
maux en vert ou en sec. Quand on le fait prendre en vert, on peut le livrer
en pâturage aux animaux, méthode peu avantageuse à laquelle on n'a recours
qu'exceptionnellement; ou bien, ce qui vaut mieux, on le donne à l'étable
ou à l'écurie. Dans ce dernier cas, on se borne à le récolter partiellement,
en ne fauchant chaque fois que ce qui est nécessaire pour la consommation
d'un petit nombre de jours, et en échelonnant les coupes de manière à pou-
voir distribuer du Trèfle pendant toute la saison.

Mais le plus ordinairement le Trèfle est desséché pour être converti en
foin. La récolte, dans ce cas, exige quelques soins spéciaux. Il faut attendre,
d'abord, que la plante soit complètement en fleurs. Fauché plus tôt, le Trèfle
fournirait un fourrage trop aqueux, peu nourrissant, et d'ailleurs difficile à
faner ; d'un autre côté, si on attendait trop, il épuiserait inutilement la terre,
et ce qu'il gagnerait en hauteur il le perdrait par la chute des feuilles de sa
base. Toutefois, si le temps menace d'être peu favorable, mieux vaut retarder
qu'avancer le fauchage.

L'époque de la première coupe varie suivant les climats; ordinairement
elle a lieu vers la fin de mai ou en jnin ; l'apparition des fleurs indique le
moment propice pour les coupes suivantes ; mais, en général, il est préférable
d'enfouir la troisième, qui fait un bon engrais végétal.

Fanage. — Le Trèfle coupé, on procède au fanage, opération toujours fort
délicate, le Trèfle étant, de toutes les plantes cultivées en prairies artificielles,

-ocr page 98-

82 ' LÉGUMINEUSES.

la plus aqueuse et la plus difficile à dessécher. Les feuilles, minces, sont, à
la vérité, assez vite sèches; mais il n'en est pas de même des tiges, qui re-
tiennent une grande quantité d'eau de végétation, par laquelle sont entrete-
nus verts à l'intérieur les capitules fleuris. Dans ce cas, si on remue trop
le Trèfle, ses feuilles se détachent et tombent. Il faut donc éviter, en fanant
le Trèfle, de le lancer en l'air comme 011 le fait pour les graminées, et se
borner à le retourner doucement avec une fourche.

Le Trèfle coupé craint également l'excès de chaleur et l'humidité. S'il
sèche trop vite, sous l'influence d'une température élevée, il devient dur,
friable, et, dès qu'on le touche, il perd ses sommités fleuries et ses feuilles,
qui tombent en poussière. Si, au contraire, après avoir été fauché, il reçoit de.
l'humidité, il s'altère facilement, se moisit, s'échauffe, et peut arriver à n'être
plus bon qu'à mettre au fumier. Pour éviter ces effets fâcheux, il faut ne le
mettre en tas que lorsqu'il est bien sec et ne point trop le tasser.

Pour toutes ces raisons on conçoit que le fanage du Trèfle ne peut s'exé-
cuter comme celui du loin ordinaire. Les plantes qui forment celui-ci ont des
feuilles longues qui se pelotonnent et s'amassent facilement sous le râteau.
Il n'en est pas de même avec le Trèfle, dont les feuilles courtes, arron-
dies, tombent à terre quand elles sont séparées de la tige et sont perdues.
Pour les conserver, on a conseillé plusieurs modes de fanage. Un des plus
ordinairement en usage consiste à laisser le Trèfle en andains, sans y tou-
cher, pendant un jour ou deux et même davantage, si le temps n'est point
propice. Le temps favorable arrivé, on ouvre les andains et on éparpille le
fourrage, sans trop le secouer, afin d'éviter la chute de la feuille. On retourne
deux ou trois fois, dans la journée, le fourrage éparpillé, et le soir, avant la
nuit, on le met en petits tas, larges de 40 à 50 centimètres, et nommés
chc-
vrottes
ou bocottes. Si le temps est beau, on laisse ces tas pendant deux ou
trois jours sans les toucher. Si on ne juge pas la dessiccation suffisante, on les
ouvre dès le lendemain, mais sans éparpiller autant le fourrage, que l'on re-
tourne une ou deux fois, après quoi on ferme le tas. Quand la pluie a aplati
ces tas, on se borne à les retourner en les desserrant un peu pour y faire
pénétrer l'air.

Il reste alors peu à faire pour que la dessiccation soit complète. On se
contente d'ouvrir les tas, puis on les ouvre pour charger les charrettes. Par-
fois, quand les chevrottes sont à moitié sèches, on les transporte à bras, une à
une, pour en faire des'tas coniques de 15 à 20 décimètres de haut, terminés
en pointe aiguë, et que l'on évite de presser. Dans ces petites meules, que
l'on peut mettre plus encore à l'abri des ravages de la pluie en les recouvrant
d'un chapeau de paille, le fodrrage sèche, et d'autant mieux que ces tas sont
plus régulièrement faits.

On reconnaît que la dessiccation est achevée, quand les fleurs, de rouges
sont devenues noires et ne sont plus vertes à l'intérieur, ou bien encore,
quand la tige ne peut être tordue sans se briser. Alors on rentre le fourrage.

-ocr page 99-

83 ' LÉGUMINEUSES.

Il faut le transporter seulement le matin et le soir, et ne le toucher jamais
à la chaleur du jour, car il se brise alors facilement et perd beaucoup de
ses feuilles. S'il n'a pu parfaitement sécher, ce qui arrive assez communé-
ment à la seconde coupe, qui se l'ait dans une saison moins favorable, on
peut favoriser le fanage en mêlant le fourrage ou en le stratiflant avec de
la paille d'avoine, laquelle ainsi s'améliore elle-même. Le seul inconvé-
nient de cette méthode est d'entraîner quelques frais pour le transport de
la paille.

. Le Trèfle, préparé comme il vient d'être dit, par l'évaporation de son eau
de végétation, perd une grande partie, environ 70 %, de son poids. Quelque-
fois il devient noir ; mais cette couleur brune ne nuit en rien à sa qualité, s'il
est bien sec.

M. Gaud recommande la méthode de fanage suivante à tous les cultiva-
teurs qui possèdent un râteau à cheval : une demi-heure après le commence-
ment de la fauchaison, des ouvrières viennent secouer et répandre les andains,
afin que l'air les pénètre plus facilement; le soir, sur les 4 heures, on fait
passer le râteau à cheval, qui ramasse le tout en forts rouleaux bien serrés,
en observant de faire culbuter le râteau de manière à ce que ces rouleaux
soient bien alignés. Le lendemain matin, deux femmes placées l'une de-
vant l'autre ouvrent ces rouleaux à l'aide de fourches, afin d'y faire péné-
trer le hâle ; le soir, ces ouvrières ferment ces rouleaux en les tirant sur elles
avec des fauchets, et en leur faisant faire en même temps un demi-tour
pour que la partie qui se trouvait en dessus se trouve en dessous, et que le
rouleau vienne se placer sur un terrain qui a subi pendant toute la journée
1influence du soleil. Le jour suivant, même travail d'ouverture le matin, de
fermeture et de culbutage le soir, jusqu'à ce que l'on juge le fourrage bon à
enlever ou à botteler. Les fourrages ainsi traités conservent une belle cou-
leur verte, un parfum très prononcé, et les neuf dixièmes au moins de leurs
fleurs et de leurs feuilles.

Il est un autre mode de fanage, usité dans plusieurs parties de l'Allema-
gne, que l'on pourrait quelquefois, dans nos contrées, utiliser avec avantage.
C'est ce que l'on noirfme la méthode
Klapmayer. En voici la description en
peu de mots. Dès le lendemain du jour où l'herbe a été coupée, on la met en
tas de 2 à 2, 5 mètres de diamètre, et d'égale hauteur s'il se peut. On
foule fortement ces tas dans toutes leurs parties ; peu d'heures après, la fer-
mentation s'y établit et marche rapidement. Au bout de deux, trois ou quatre
jours, quand elle est arrivée au point où la chaleur ne permet pas de tenir
la main dans le tas, et où l'on voit, lorsqu'on y fait une ouverture, la vapeur
s'échapper, on démonte promptement le tas et on étend à l'entour le foin qui
a pris une couleur brune. Quelques heures de soleil ou de vent suffisent alors
pour dessécher entièrement le foin et le mettre en état d'être rentré. Les
feuilles s'en détachent moins facilement que par le procédé de fanage ordi-
naire. Si une partie des tas, par suite de l'action du vent ou d'un tassage mal

-ocr page 100-

84 ' LÉGUMINEUSES.

fait, n'avait assez fermenté, ce que l'on reconnaîtrait à la couleur de l'herbe,
restée plus ou moins verte , alors que le reste est devenu brun, on mettrait à
part ce foin vert pour le faire sécher seul ou le soumettre à une nouvelle fer-
mentation.

Par cette méthode, le foin de Trèfle peut être coupé et séché en trois
jours. Le principal inconvénient qu'elle présente est d'être coûteuse, d'exiger
un grand nombre de bras ; mais elle est précieuse en temps de pluie, alors
que le moindre retard peut entraîner la perte de toute la récolte. Le foin
ainsi préparé a d'ailleurs un goût sucré qui plaît aux animaux, et cela milite
encore en faveur de ce mode de fanage.

Un autre procédé de fanage, dit par dressage, a été récemment décrit dans
le journal le
Sud-Est (année 1865) par M. A. Prestat. Il est en usage, dans le
département de l'Aube, depuis 1816; il a depuis été appliqué sans interrup-
tion et toujours avec succès. Pour le mettre en pratique, on commence par
couper le Trèfle au moyen d'une faux armée à la liampe de crochets destinés
à maintenir le fourrage coupé et à le disposer plus uniformément en an-
dains continus. Cela fait, on roule ces andains à l'aide du râteau, de manière
à former de petits tas qui peuvent représenter 2 kilogrammes et demi de
loin sec, et désignés dans le pays sous le nom de
machots. Puis ces mâchots
sont réunis deux à deux, de façon que les tiges soient toutes dans une position
verticale et que leurs pieds reposent sur le sol; puis avec quelques brins
d'herbes on les lie, en les serrant fortement par l'extrémité supérieure. On
forme ainsi une espèce de moyette qui sèche parfaitement bien. On n'a pas
à craindre le mauvais temps, la position verticale des tiges leur permettant
de s'égoutter avec facilité, sans que la pluie pénètre jamais dans la masse. La
méthode, d'ailleurs, est très expéditive, deux personnes pouvant facilement
dresser, par jour, 1 hectare de fourrage. Celui-ci reste vert, conserve toutes
ses feuilles et par conséquent toute sa valeur nutritive.

La présence de la cuscute, dans tous les cas et avec tous les procédés,
augmente les difficultés du fanage. On ne peut les atténuer qu'en ayant soin
de mettre à part, pour les sécher ou les détruire, toutes les parties du four-
rage qui sont attaquées par la plante parasite.

Récolte et préparation de la semence. — La récolte de la semence est un point
important de la culture du Trèfle ; certains pays où le Trèfle est cultivé très
en grand en font l'objet d'une industrie spéciale ; telles sont la Hollande et la
Flandre, et quelques-uns de nos départements du Nord et du Sud-ouest. On
récolte toujours cette graine sur le Trèfle de deuxième année ; elle vaut mieux
que celle qu'il donne parfois à l'automne de la première. Pour la ramasser on
attend également la seconde coupe, en avançant, à cet effet, l'époque de la
première. La graine de la première pousse a effectivement moins de valeur,
attendu que la végétation, alors plus vigoureuse, des tiges et des feuilles, se
fait aux dépens de la fructification : outre que la plante elle-même est exposée
à verser si on la laisse sur pied jusqu'à la maturité de la semence.

-ocr page 101-

85 ' LÉGUMINEUSES.

Les procédés en usage pour cette récolte varient suivant les circonstan-
ces. Si l'on a une grande quantité^de graines à ramasser, on fauche les plantes
avec la faucille ou la faux, on les étend sur le champ en couches minces, et
quand elles sont bien sèches, on les lie pour les battre à la grange avec le
fléau, ou bien dans un moulin, où elles se nettoient plus facilement. C'est la mé-
thode la plus expéditive. L'autre, plus longue, plus coûteuse, consiste à enle-
ver à la main les têtes seulement qui renferment la graine, quand elles sont
bien sèches, et à les battre sans délai, lorsque le temps est encore chaud,
avec des gaules; les graines, dans ces conditions, sortent plus facilement de
la gousse. De la sorte on sépare plus sûrement, de la graine de Trèfle, la graine
de cuscute et autres semences nuisibles qui s'y mêlent souvent.

D'autres procédés encore sont en usage pour la récolte de la graine de
Trèfle. Ainsi, les Américains se servent d'une sorte de ravale formée d'un
caisson, dont, trois côtés sont fermés et dont le quatrième porte une espèce de
peigne horizontal qui ramasse la graine, quand l'instrument, porté sur deux
roues, est promené sur le champ, traîné à la main ou par un cheval, suivant
l'étendue du champ.

On a essayé de divers moyens pour l'égrenage des gousses de Trèfle.·
Autrefois on les pilait dans des auges en bois, avec des pilons également en
bois, procédé long et dispendieux, auquel on a substitué les moulins à tan ,
des machines à frottement, qui n'ont pas mieux fait. M. L. de Villeneuve a
recommandé une râpe formée d'une plaque de tôle aplatie et percée de trous
comme une râpe de cuisine, qui n'a pas non plus donné de résultat satisfai-
sant.

Une autre machine, un peu plus compliquée, mais d'un effet plus certain
et plus complet, est une
êgreneuse récemment inventée par M. d'Ardenne, de
Villefranche (Avevron). C'est une caisse locomobile, dans laquelle la matière à
égrener passe d'abord entre six rouleaux cannelés, qui coupent les grosses
tiges, les pailles, et exercent une première pression sur la matière ; celle-ci
tombe ensuite sur un rouleau conique garni de dents de fer recourbées, qui
la secouent, l'éparpilient, après quoi elle va achever de s'égrener en passant
entre des râpes qui s'écartent plus ou moins l'une de l'autre. Par le vannage,
on sépare les détritus, et la graine reste parfaitement dépouillée. On se sert
encore, avec avantage, des machines à battre le blé, et, de préférence, de
petites machines à battre, spécialemeut construites à cet effet,, que l'on trouve,
depuis quelques années, chez les fabricants.

La semence obtenue, il faut, pour achever de la préparer, la séparer des
mauvaises graines, et notamment de la graine de cuscute, qui peuvent s'y
trouver mélangées. A cet effet, on peut recourir au procédé très simple,
conseillé par M. Testard-Allin (
Annales de la Société d'agricult. de l'Allier,
année 1864), et qui consiste à passer la graine à purifier dans un crible en
peau, appelé crible à poussière. On la prend par portions de 2 ou 3 litres,
on secoue assez longtemps pour que tout ce qui est moins gros que le Trèfle

-ocr page 102-

102 ' LÉGUMINEUSES.

puisse passer, et la graine de cuscute, très fine, se trouve ainsi complètement
entraînée.

Le produit d'un champ de Trèfle est, par hectare, d'environ 1,000 kilog.,
quelquefois plus, de graines nettoyées. Ces graines varient d'aspect; on y
distingue ordinairement deux nuances, l'une jaune, l'autre violette ou brune;
la première couleur est l'indice d'un maturité plus complète. La graine la
plus pesante, la plus nette, la mieux nourrie, est la meilleure pour ensemen-
cer. On tiendra compte aussi, pour le choix des graines de semence, de la
provenance; les plus estimées sont celles de la Hollande, delà Flandre et celle
des départements du Nord. Avant d'en faire usage, si on soupçonne la graine
d'être mêlée de semences nuisibles, on 1a. plonge dans.d'eau; les mauvaises
graines surnagent, et on peut ainsi les reconnaître.

Valeur économique du Trèfle des prés.

Le Trèfle est l'une de nos plantes fourragères les plus productives ; ses
récoltes, quand il a été convenablement plâtré et fumé, et quand il est possi-
ble de faire plus de deux coupes, peuvent s'élever au chiffre de 10,000 kilog.
par hectare; mais ce rendement est rare, et la moitié seulement est déjà con-
sidérée comme une bonne récolte, d'autant plus fructueuse, dans tous les cas,
qu'elle est venue sans avoir exigé aucun labour, ni d'autres soins que les
additions d'engrais nécessaires.

Là n'est pas le seul avantage du Trèfle. Vivant surtout par ses feuilles,
très nombreuses et douées d'une grande force d'aspiration, il épuise peu le.
sol; d'un autre côté, il le nettoie, le purge des mauvaises plantes, l'ameublit,
en outre, par l'action de ses racines, et le rend ainsi particulièrement propre
à la culture des céréales. Sous ce rapport, aucune plante ne l'égale. Cultivé
d'une façon convenable, il accroît même sensiblement la fertilité du champ;
les récoltes qui lui succèdent donnent de meilleurs produits que celles obte-
nues après la jachère.

Ces qualités précieuses font du Trèfle la plante par excellence, sur les
terres qui lui conviennent, pour alterner les récoltes. Il a contribué, de la
sorte, pour une grande part, en la rendant inutile, à restreindre la jachère,
tout en offrant une précieuse ressource pour l'entretien du bétail, grâce à
laquelle l'agriculture a commencé à moins souffrir de la pénurie des engrais.

On a cependant fait au Trèfle quelques reproches ; mais ils sont peu
fondés. On a dit ainsi qu'il avait l'inconvénient de trop, alléger le sol, de le ren-
dre
creux, suivant l'expression consacrée ; mais ce fait, vrai seulement sur les
terres légères et auquel, d'ailleurs, il est facile de remédier par des amende-
ments convenables, est, au contraire, un avantage sur les terres fortes et
compactes, dont le Trèfle désagrège les molécules résistantes mieux que ne le
feraient les meilleurs instruments aratoires. On a dit encore qu'il favorise le
développement du chiendent, mais cela n'a lieu que lorsqu'on n'a pas, au
préalable, suffisamment purgé le sol de cette gramiuée, et ne saurait par con-

-ocr page 103-

87 ' LÉGUMINEUSES.

séquent être imputé au Trèfle plus qu'à toute autre culture. Enfin, 011 l'a
accusé de
lasser promptement la terre ; cela pourrait arriver si on le faisait,
revenir trop souvent sur un même terrain ; mais quand on l'établit avec les
soins recommandés, et en ayant l'attention d'en éloigner assez le retour,
ce danger n'est plus à craindre, et le Trèfle devient, au contraire, ainsi que
nous l'avons dit plus haut, un moyen efficace de fertilisation.

Base essentielle des prairies artificielles qu'il a particulièrement contri-
bué à créer, le Trèfle a ouvert, dans les contrées où 011 l'a introduit, une ère
nouvelle pour l'agriculture triennale. Par la facilité avec laquelle il est cultivé
et placé entre les autres récoltes , il rend aisée leur alternance ; aussi
peut-il entrer dans presque tous les assolements. La seule précaution à pren-
dre c'est de laisser, avant de le faire revenir sur le même champ, un temps
convenable, qui doit être au moins de cinq ou six ans. Plusieurs places peu-
vent lui être données dans la rotation. D'abord on s'est borné à l'intercaler,
à la place de l'année de jachère, entre deux années de froment. Puis, M. de
Dombasle a recommandé de le placer dans la récolte de céréales qui suit im-
médiatement la récolte sarclée et fumée. C'est, ce que l'on fait aujourd'hui
généralement dans le Nord, où le Trèfle est semé avec l'avoine après une ré-
colte de racines fumées, et où on le fait suivre par le blé. Ce mode d'alter-
nance, le meilleur pour le Trèfle, peut être adopté partout avec les mêmes
avantages.

Usages alimentaires du Trèfle des prés.

Le Trèfle, employé en vert et en sec, constitue, pour tous les animaux
domestiques herbivores, une nourriture saine et substantielle, dont ils sont,
les uns et les autres, également avides. Il convient surtout aux animaux
d'engrais, qu'il entretient en bon état et auxquels il donne une viande de
bonne qualité ; aux animaux jeunes, dont il favorise le développement. On
le donne aussi avec avantage, non-seulement aux bœufs et aux moutons,
mais encore aux porcs qu'il engraisse parfaitement ; à cet effet, il suffit de
mettre ceux-ci dans les tréflières que l'on veut détruire et dont 011 tire encore,
de la sorte, un parti excellent.

Le Trèfle donne aux vaches un lait abondant, riche en matière caséeuse,
mais peut-être valant moins, sous le rapport de la quantité et de la qualité du
beurre, que celui des vaches nourries avec le foin des prairies naturelles.
Pour les animaux de travail, il constitue une nourriture rafraîchissante, que
les chevaux même préfèrent aux graminées, quoiqu'il leur convienne moins
que celles-ci; le Trèfle, en effet, quand il est frais, tend à les relâcher, et,
quand il est sec, à les engraisser et à les échauffer, ce qui nuit à leur vigueur.

Le principal inconvénient^lu Trèfle est d'exposer les animaux, quand il est
pris en trop grande abondance, à des indigestions suivies de météorisme, pou-
vant plus ou moins mettre leur vie en danger. Cet inconvénient est à redou-
ter, surtout, avec le fourrage vert, que les animaux préfèrent au sec, et qu'ils

-ocr page 104-

88 ' LÉGUMINEUSES.

mangent, par suite, avec d'autant moins de mesure. On l'évite en donnant
le Trèfle avec réserve et en ayant soin de le mélanger à d'autres aliments, à la
paille particulièrement. Le pâturage du Trèfle, notamment, réclame la plus
grande surveillance. Par ces simples précautions, dont la nécessité même ne
fait qu'attester la puissance nutritive de ce fourrage, le Trèfle, ne cessant d'of-
frir aucun danger, se maintiendra au rang qu'il a justement conquis parmi
les plus riches matières alimentaires que nous possédons pour l'entretien de
nos animaux domestiques.

Variétés clu Trèfle des prés.

Le Trèfle qui croît spontanément dans les prairies, sur les pelouses des
montagnes, offre des variétés assez nombreuses, mais que l'on n'a pas encore
tenté de soumettre à la culture.

Quant à l'espèce cultivée, elle offre une variété à tige fistuleuse qui prend
un grand développement, et dont quelques auteurs ont fait une espèce dis-
tincte, le
Trèfle cultivé, T. sativum Reich., qui forme lui-même plusieurs
sous-races, parmi lesquelles nous citerons la variété dite
grand Trèfle nor-
mand;
originaire du pays de Caux, plus élevé et plus tardif que le Trèfle com-
mun, ce Trèfle, indiqué par M. de Laquesnerie, ne donne qu'une coupe,
mais qui, souvent, en vaut deux du premier. Une autre variété, cultivée en
Suisse, a été présentée sous le nom de
Trèfle d'Argovie; il pouvait, disait-on,
durer quatre ou cinq ans, était plus précoce de quinze jours que le Trèfle
ordinaire, montait davantage en tige, donnait plus de feuilles et offrait
plus de vigueur. L'expérience n'a pas confirmé ces promesses, et la culture
du Trèfle d'Argovie ne s'est pas répandue.

Trèfle intermédiaire, T. médium L.

Trèfle flexueux.

Fleurs rouges, en capitules ovoïdes. Calice à divisions inégales. Feuilles à folioles elliptiques,
pubescentes en dessous. Stipules étroites, avec une longue pointe terminale. Tiges flexueuses,
ascendantes. Taille de 2 à 5 décimètres. Racine traçante.

Vient dans les lieux frais et sablonneux, dans les forêts, plutôt dans le Nord que dans le
Midi. Végète activement à l'ombre. Plus rustique, dure plus longtemps que le Trèfle commun, et
repousse très bien sous la dent des bestiaux. Tous les animaux le mangent; il est cultivé en
Angleterre pour la nourriture des vaches, sous le nom de
Marl-coiv-grass (Herbe-à-vache mar-
nière), et partout peut être utilisé en pâturage.

Trèfle diffus, T. diffusum L.

Fleurs purpurines. Folioles obovées, cunéiformes, celles des feuilles supérieures elliptiques.
Tiges diffuses, couvertes de poils étalés.

Croît dans les lieux sablonneux du Midi en petites touffes. Mangé par tous les bestiaux.

Trèfle maritime, T. maritimum Huds.

Trèfle irrégulier.

Fleurs roses ou blanches, en capitules ovoïdes, presque sessiles. Calice glabre, à divisions
ciliées, raides, égales. Feuilles toutes pétiolées, à folioles oblongues, denticulées, pubescentes, les

-ocr page 105-

LÉGUMINEUSES. 89

inférieures marginées. Stipules étroites, terminées en pointes allongées. Tige rameuse, dressée,
haute de 2 à 5 décimètres. Fleurit de mai à juillet.

Se rencontre surtout dans les prés maritimes des bords de la Méditerranée et de l'Océan, et
de préférence sur les sols riches et peu argileux ; se montre aussi parfois dans les localités arrosées
par les eaux minérales. Produit un fourrage assez abondant, de bonne qualité et du goût de tous
les bestiaux. Il est particulièrement cultivé dans le bas Médoc où il ooncourt, en première ligne,
à former des pâturages vastes et productifs.

Trèfle ochroleuque, T. ochroleucum L.

Trèfle couleur (J'ocre, T. jaunâtre.

Fleurs blanches, un peu jaunâtres, en capitules ovoïdes, presque sessiles. Calice velu, à divi-
sions linéaires, inégales ; l'inférieure bien plus longue. Feuilles toutes pétiolées, à folioles ovales,
pubescentes, les inférieures émarginées au sommet. Stipules étroites, terminées en pointe. Tige
simple ou peu rameuse, dressée, haute de 2 à 5 décimètres. Souche ligneuse, émettant des feuil-
les. Floraison de juin à août.

Répandue dans presque toute la France, et venant surtout dans les prés secs, un peu mon-
tagneux, dans les buissons, les terrains siliceux, cette espèce pourrait concourir à former dos
pâturages pour les terrains très secs, où d'autres espèces viendraient difficilement. Tous les bes-
tiaux la mangent.

Trèfle rude, T. squarrosum L.

Fleurs blanches ou roses. Calice à dents inégales. Stipules à partie libre très allongée. Tiges
petites. Rameaux étalés.

Cette espèce vient sur les pelouses où souvent elle est cachée par d'autres plantes ; les mou-
tons la mangent; mais elle n'acquiert point un assez grand développement pour offrir une valeur
réelle comme fourrage.

Trèfle bardane, T. lappaceum L.

Fleurs roses ou blanches, en capitides globuleux, pédonculés. Calice à dents lancéolées,
aiguës. Tiges grêles, fluxueuses, à rameaux divergents.

Originaire du Midi, cette espèce croît en Corse, ainsi que dans les champs et les prés du
Sud et du Sud-ouest. Elle est recherchée et mangée par tous les animaux, et plus particulière-
ment par les chevaux.

Trèfle rouge, T. rubens L.

Fleurs d'un beau rouge, en'forts capitules ovoïdes, allongés, souvent géminés. Calice glabre,
h divisions très courtes. Feuilles à folioles allongées, étroites, striées, dentées. Stipules longue-
ment adhérentes au petiole. Tiges fortes, dressées, hautes de 3 à, 6 décimètres.

Cette belle espèce de Trèfle, originaire de l'Europe méridionale, se rencontre assez commu-
nément dans le centre et le sud de la France. Elle habite surtout les prés, les bois montueux des
Pyrénées, des Alpes et des montagnes volcaniques du Centre, où, souvent, au milieu des rochers,
on la voit former de larges buissons. Ses racines profondes lui permettent de résister aux gran-
des chaleurs. Elle est mangée par tous les bestiaux, auxquels elle fournit principalement ses
feuilles et l'extrémité de ses tiges. Les parties inférieures étant un peu ligneuses, elle pourrait
être utilisée sur des sols pierreux et arides. Elle dure longtemps, mais avec des irrégularités, des
intermittences, qui empêchent de la livrer à une culture réglée.

Trèfle des Basses-Alpes, T. alpestre L.

Fleurs purpurines ou roses, en capitules assez gros, globuleux, sessiles, solitaires ou gémi-
nés. Calice velu, à divisions inégales. Feuilles à folioles lancéolées, fermes, entières, à fines ner-

-ocr page 106-

90 ' LÉGUMINEUSES.

vures. Stipules étroites, munies d'une longue pointe, Tige simple, dressée, velue; haute de 2 à
6 décimètres.

Cette espèce, qui ressemble beaucoup au Trèfle commun, croît dans toutes les montagnes
do la France; elle abonde surtout dans le Cantal; habite de préférence les bois, les buissons, les
lieux abrités, qui maintiennent le sol frais et humide. Elle fournit un excellent fourrage, et pour-
rait servir avec avantage pour ensemencer les terrains frais des montagnes, et pour entrer en
mélange avec les graminées des prairies.

Trèfle de Gherler, T. Cher 1er ii L.

Fleurs blanchâtres, en capitules globuleux. Feuilles toutes pétiolées, à folioles obovées, cunéi-
formes. Stipules ovales, aiguës. Tige rampante ou dressée, haute de 5 à 10 centimètres.

Cette petite espèce, méridionale, se trouve surtout sur les sables des bords de la Méditerra-
née. Elle est très recherchée des bestiaux, mais peu productive.

Trèfle hispide, T. hispidum Dl'.

Fleurs purpurines. Stipules terminées en longue pointe sétacée. Tige très poilue, étalée ou
redressée, haute de 1 à 3 décimètres.

Espèce très voisine de la précédente; originaire du Midi. Sans usages.

TRÈFLE INCARNAT. — T. INCARNATUM L.

Noms vulgaires. — Farrouche, Farouch, Férou, Lupinelle, Trèfle annuel, Trèfle de Roussillon,
Medouches de Tourou (Fraises d'âne,
dans le Roussillon), Farradjè.

Fleurs généralement d'un beau rouge incarnat, quelquefois roses ou blanches; réunies en épis
terminaux, oblongs ou cylindriques, velus et inclinés il leur maturité; dépourvus de feuilles flora-
les. — Calice longuement velu, à 5 divisions linéaires, presque égales, un peu étalées. — Corolle
à étendard allongé. — Gousse monosperme, velue et roussâtre. — Feuilles alternes au sommet,
à folioles largos, arrondies ou cordiformes, dentelées dans leur moitié supérieure, souvent échan-
gées au sommet, pubescentes sur les deux faces. — Stipules ovales, obtuses, terminées par une
pointe courte et lancéolée. — Tige simple, dressée, à poils appliqués, haute de 3 à 6 décimètres.
— Fleurit de mai à juillet.

Le Trèfle incarnat croît spontanément dans diverses parties de la France,
mais surtout dans le Midi, où on le trouve souvent en touffes isolées, au mi-
lieu des champs, des prairies, sur le bord des rivières. Cultivé aujourd'hui
comme plante fourragère, il sert à former des prairies annuelles, que recom-
mandent surtout leur précocité.

Culture du Trèfle incarnat.

Le Trèfle incarnat paraît avoir été d'abord cultivé dans le Roussillon,
comme l'indique un des noms qu'il a reçus ; c'est de cette région, qu'après y
être restée longtemps limitée, sa production s'est étendue, généralisée en
France. 11 diffère du Trèfle des prés en ce qu'il ne dure qu'un an et ne donne
qu'une coupe.

Choix et préparation du sol. — Ensemencement. — Le Trèfle incarnat peut
être cultivé sur toute terre saine à froment ou à seigle ; il réussit également
dans les terres qui conviennent au Trèfle des prés, et même sur les sols secs

-ocr page 107-

légumineuses. 91

et arides, pourvu que l'année soit pluvieuse. Il redoute seulement les terrains
trop calcaires, exposés à se gonfler par la gelée, et il préfère, en général, la
plaine aux pays de montagnes.

Le sol n'exige d'ailleurs aucune préparation spéciale. Ainsi, il peut venir
après une récolte, sur les chaumes, sans labour préalable. Toutefois, il donne
des produits plus abondants quand on passe la charrue avant de répandre
la graine.

Le farouch est semé quelquefois au printemps, mais plus ordinairement
au mois d'août ou au commencement de septembre, immédiatement après
une récolte de céréales. On choisit un moment où la terre est fraîche, et l'on
répand soit de la graine mondée, soit des gousses, qui paraissent donner de
meilleurs résultats que la graine nue, si toutefois elles ne sont pas infestées
de graines du
Bromus mollis qui porte, dans le Sud-ouest, la fausse déno-
mination de
Farouch femelle. Quand on emploie celle-ci, on la jette après avoir
retourné les chaumes par un léger labour ou avoir ameubli la surface du
sol par des hersages répétés. Il faut, dans ce cas, de 20 à 25 kilog. de
graines par hectare. Si l'on n'a que de la graine en gousse, ces prépara-
tions sont moins nécessaires, bien qu'également avantageuses. En général,
on se borne à jeter la semence en gousse sur le chaume, et à passer le rou-
leau pour écraser les limaces. 11 en faut alors, par hectare, au moins 50
à 60 kilog.; quelquefois on en sème jusqu'à 100 kilog.; il n'y a aucun incon-
vénient à semer épais, et la récolte est d'autant plus abondante. Il faut encore
avoir soin, quand on sème de cette manière, de bien diviser la graine dans la
main pour éviter son agglomération.

Le farouch est ordinairement semé seul, le mélange avec des céréales
paraissant lui être défavorable. Quelquefois, cependant, quand on le sème au
printemps, on l'associe avec avantage à quelques plantes qu'on fauche avant
1 hiver, telles que l'avoine, le maïs, le millet, la vesce, le lupin. On l'a semé
encore avec des navets, qu'on récolte en hiver, sans qu'il ait paru en avoir
souffert. Ces mélanges donnent une grande quantité de fourrages pour la fin
de l'automne.

Soins de culture. — Récolte. — Le farouch une fois semé n'exige presque
aucun soin, l'importance du produit qu'il donne dépendant surtout de l'en-
grais reçu par la précédente récolte. Ainsi, venant après une récolte fumée,
il pousse toujours avec plus de vigueur. Le plâtrage aussi accroît son rende-
ment. On répand le plâtre au printemps, dès que les premières feuilles de la
plante ont paru ; il en faut environ 200 kilog. par hectare. Si on répand en
automne une partie de ce plâtre, il produit plus d'effet, et la plante, en outre,
supporte mieux l'hiver. En octobre, si le Trèfle est fort, on peut le faire
pâturer par des veaux, qui s'en trouvent bien, sans que cela nuise à la pousse
du printemps ni à la récolte du fourrage.

Cette récolte se fait de diverses manières, suivant l'époque où le Trèfle
a été ensemencé et le mode suivant lequel il doit être consommé. Ainsi,

-ocr page 108-

92 ' LÉGUMINEUSES.

quand il a été semé au printemps, s'il doit être desséché, ce qui est rare, on
ne peut le faucher avant les premiers jours d'octobre. Mais comme le plus
ordinairement il est destiné à être donné en vert, 011 commence, afin de pou-
voir en distribuer plus longtemps, à le couper avant cette époque ; 011 le fau-
che ensuite par portions, à intervalles convenablement ménagés, jusqu'à la
fin d'octobre.

Quand il est semé en automne, il est en pleine fleur et peut être récolté,
l'année suivante, vers la fin de mai, et même avant cette époque dans le
Midi. S'il doit être consommé en vert, on commence le fauchage plus tôt, vers
les premiers jours du même mois, aussitôt l'apparition des premières fleurs,
de façon à avoir le temps de le faire manger en totalité. Mais si l'on veut le
dessécher, il faut attendre sa complète floraison. Ce moment arrivé, il
importe de ne mettre aucun retard à le couper, car il s'égrène facilement et
perd ainsi de sa valeur nutritive. De plus, si l'on attend trop, comme, aus-
sitôt la floraison achevée, il sèche vite sur pied, on est exposé à n'obtenir
plus qu'un mauvais fourrage, que les animaux refusent de manger, et auquel
ils préfèrent même la paille.

Quand le Farouch a été coupé, on procède à son fanage en prenant les
mêmes précautions que pour le Trèfle des prés. Il se dessèche d'ailleurs plus
facilement que celui-ci et ne perd pas autant ; sa diminution n'atteint pas aux
deux tiers de son poids.

Le Trèfle incarnat est extrêmement productif. Bien que donnant une
seule coupe, il fournit à peu près autant de fourrage que les deux coupes
réunies du Trèfle des prés. Son rendement total s'élève, en vert, à une
proportion variable de 10,000 à 30,000 kilog. ; et en sec, depuis 4,000 jusqu'à
10,000 kilog. suivant les terrains, les soins de culture, etc.

Valeur économique du Trèfle incarnat.

La culture du Trèfle incarnat est d'une grande importance pour l'agricul-
teur, non-seulement en raison du rendement considérable de cette fourragère,
mais surtout par l'extrême facilité de sa production, qui n'exige presque
aucun soin, et par sa précocité, qui lui permet, quand il est semé en automne,
de laisser le terrain libre dès le mois de juin, c'est-à-dire assez tôt pour obte-
nir cette même année une seconde récolte de betteraves, de raves, de pom-
mes de terre, de maïs, de lin, de chanvre, etc., suivant l'assolement adopté.
Aucune plante ne l'égale sous ce rapport, et ne peut donner comme lui,
presque sans frais, sans soins, sans déranger l'ordre des cultures, d'abondan-
tes récoltes de fourrages. Ajoutons, enfin, qu'occupant très peu de temps le
sol, il ne l'épuisé pas; il l'améliore, au contraire, par les détritus du bas de
la plante, par ses feuilles et ses racines qui se décomposent très vite. Enfoui
au moment de la floraison, il constitue même, pour le sol, un très bon
amendement.

Ces qualités précieuses le rendent facile à intercaler dans beaucoup d'as-

-ocr page 109-

légumineuses. 93

solements. Ainsi, il peut toujours remplacer la jachère dans l'assolement
triennal. On le fait, en ce cas, succéder à une récolte de froment bien fumée.
N'épuisant pas le sol, il laisse toute facilité, après avoir été récolté, pour
ensemencer de nouveau en blé. Mais il convient surtout alors pour précéder
une récolte de seigle. Dans l'assolement quadriennal, on le fait quelquefois
alterner avec le Trèfle des prés. Dans ce dernier cas , on peut encore diviser
en deux la sole réservée à la fourragère, et y semer alternativement les deux
Trèfles, ce qui met un espace de huit ans entre le retour de chaque espèce
sur le même terrain. Il constitue, enfin, une excellente ressource pour regar-
nir un Trèfle manqué ; on le sème sur les espaces trop clairs, et la récolte
principale, accrue d'autant, cesse d'être compromise.

Un inconvénient du Trèfle incarnat est d'être sensible à la gelée ; ce qui
rend sa culture difficile dans le Nord. Mais en le semant de bonne heure, de
manière à ce qu'il soit bien enraciné avant les froids, il n'a rien à craindre de
la mauvaise saison.

Usages alimentaires du Trèfle incarnat.

Le Trèfle incarnat est donné aux animaux en vert et en sec. Le plus
généralement d est mangé en vert, soit sur place, en pâture, soit à l'étable.
Mais on aurait avantage à le donner plus communément qu'on ne le fait sous
forme de foin. Il convient à tous les bestiaux, aux bêtes à l'engrais, aux vaches
laitières, et même aux chevaux, qu'il rafraîchit et entretient parfaitement. En
Normandie, on le fait consommer en pâturage aux juments poulinières et
aux poulains ; il expose alors ceux-ci à quelques dangers par suite de l'agglo-
mération, dans l'estomac des bêtes, des poils que portent les fleurs, lesquels
forment des espèces de pelotes ou d'égagropiles pouvant occasionner des
accidents mortels. La gousse de Farouch est encore donnée parfois aux che-
vaux en place d'avoine.

On considère généralement le fourrage fourni par le Trèfle incarnat
comme inférieur, qu'il soit vert ou sec, à celui que donne le Trèfle des prés.
11 a toutefois, sur celui-ci, l'avantage, quand il est consommé en vert, d'expo-
ser beaucoup moins les animaux à la météorisation. D'un autre côté, il est
précieux par sa précocité, grâce à laquelle, au printemps, il fournit de la nour-
riture verte, quand les autres fourrages n'en peuvent donner encore. Ainsi, il
devance la Luzerne de huit à dix jours, le Trèfle des prés de vingt jours ; ce
qui est d'une grande importance à ce moment, alors que les provisions d'hiver
commencent à faire défaut. Enfin le Farouch, non-seulement peut donner du
fourrage de bonne heure, mais encore il permet d'en avoir très tard, à la fin
de la belle saison. De plus, il sert, dans le Sud-ouest, à fournir des pâtura-
ges, en hiver, pour les moutons. Ces avantages, qui se joignent à l'abondance
de sa production, font concevoir l'intérêt très grand qui s'attache à la propa-
gation de cette fourragère.

-ocr page 110-

94 ' LÉGUMINEUSES.

Variétés du Trèfle incarnat.

Le Farouch offre plusieurs variétés, qui ont été soumises à la culture.
L'une d'elles, connue sous le nom de
T. Molinerii Balbis, paraît être le type
de l'espèce. Elle offre avec la variété ordinaire d'assez notables différences,
bien que non suffisamment caractérisées, botaniquement, pour qu'on ait cru
devoir en faire une espèce particulière. Ces différences sont fournies par la
physionomie de la plante, son tempérament plus rustique, son mode de
végétation. Ainsi, le
T. Molinerii est plus petit que le Trèfle incarnat ordi-
naire, plus velu; a ses fleurs plus pâles, d'abord d'un blanc sale, puis rouge
clair ou couleur de chair, et rassemblées en capitules plus allongés. Il résiste
mieux au froid et croît spontanément dans presque toutes les prairies de
France, pourvu qu'elles ne soient pas trop élevées. Il est plus long à germer
et à se développer, peut durer deux et jusqu'à trois années. Il monte moins
en tige, mais se ramifie beaucoup du pied si le terrain lui convient. Cette
variété, qui n'est pas ordinairement cultivée seule, peut devenir précieuse
pour les hautes prairies de montagne, où la variété commune ne réussirait pas.

Une autre variété est le T. incarnat tardif, cultivé depuis fort longtemps
dans le pays toulousain, concurremment avec le Farouch ordinaire, et indiqué
par M. Baignac, sous le nom de
T. de la Saint-Jean, comme croissant, en outre,
aux environs d'Agen. Retardant de dix à douze jours sur le Farouch ordinaire,
il se sème et se cultive de même, et lui succède dans son produit. Il convient
surtout quand on veut prolonger la durée d'une récolte verte, ou bien regar-
nir un Trèlle trop clair. ; il s'accorde mieux, en effet, que le Farouch, avec le
Trèfle commun pour l'époque de sa floraison.

Une troisième variété est le Farouch ù fleurs blanches, obtenue par M. Le-
jeune, signalée ensuite par M. Yilmorin-Andrieux, et plus tardive encore, de
dix à quinze jours, que la précédente. Elle est aussi plus fourragère, et non
moins recherchée des bestiaux. Les semis et les soins de culture sont les
mêmes que pour le Trèfle incarnat ordinaire.

Enfin, tout récemment, le Bon Jardinier signalait un Farouch extra-tardif,
à fleurs rouges, fleurissant plus tard encore que le Farouch à fleurs blan-
ches, qu'il suit immédiatement pour l'époque de son produit, et qui paraît
même plus productif encore que les variétés précédentes.

Trèfle étoilé, T. stellatum L.

Fleurs roses ou blanches, en capitules globuleux, denses et velus. Calice à divisions raides,
égales et étalées en étoile à la maturité. Feuilles à folioles velues, un peu triangulaires, élargies
et dentelées à leur partie supérieure. Stipules très longues, denticulées. Tiges nombreuses, diffu-
ses, velues, hautes de 1 à 3 décimètres.

Originaire du Midi, cette espèce abonde surtout dans les lieux arides et. incultes des régions
méridionales, où tous les bestiaux la mangent.

-ocr page 111-

LÉGUMINEUSES. 95

Trèfle a feuilles étroites, T. anguslifolium L.

Fleurs roses, en capitules oblongs. Calice velu, à divisions linéaires. Feuilles à folioles
allongées, linéaires, aiguës. Stipules terminées en pointe. Tige simple, dressée, à poils appliqués,
haute de 2 à 5 décimètres.

Espèce commune dans les champs et les bois du midi de la France. Très recherchée des ani-
maux, et principalement des chevaux.

Trèfle pourpré, T. purpureum DG.

Fleurs purpurines. Calice à dents très inégales, l'inférieure beaucoup plus longue. Feuilles
inférieures à folioles oblongues. Tige de 1 fi 4 décimètres, à poils étalés.

Très voisine de la précédente, cette espèce, originaire du Midi, se rencontre sur les bords
des champs et des chemins.

TRÈFLE RAMPANT. — T. REPENS L.

Noms vulgaires. — Trèfle blanc, petit Trèfle de Hollande, Triolet, Triffolet, Trainelle, Trianelle
blanche, Trauffle, Troublotte, Louvotte, Irtolet, Fin-Houssy
(en anglais).

Fleurs blanches ou légèrement rosées, en capitules globuleux, portées sur de longs pédon-
oules toujours axillaires , réfléchies après la floraison. — Calice glabre, à 5 divisions lancéolées,
dressées, inégales, les supérieures plus longues, ordinairement colorées. — Gousse exsorte,
linéaire, contenant 3 ou 4 graines très petites. — Feuilles longuement pétiolées, à folioles arron-
dies et denticulées, ordinairement vertes, quelquefois brun pourpre, souvent marbrées de blanc à
la face supérieure. — Stipules étroites, terminées par une pointe allongée. — Tiges grêles, nom-
breuses, couchées, émettant quelquefois des racines à, chaque articulation. — Taille de 2 à 5 déci-
mètres. — Racine pivotante, portant un grand nombre de divisions fibreuses. — Vivace ; fleurit
de mai à octobre.

Le Trèfle rampant est une espèce fort commune dans toutes les régions
de la France ; elle croît partout, dans les prés, près des habitations, sur les
bords des chemins et des fossés. Elle vient dans toute espèce de terrain, môme
dans les lieux argileux, inondés, bien qu'elle se plaise davantage dans les sols
légers et sablonneux. Est spécialement cultivé comme plante fourragère.

Le Trèfle blanc offre plusieurs variétés, plus ou moins précoces et vigou-
reuses , ayant des fleurs et des feuilles de nuances assez variées, toutes
soumises au môme mode de culture et offrant à peu près la même valeur
économique.

Culture du Trèfle rampant.

Cultivé en Europe depuis peu de temps, le Trèfle rampant l'est aujour-
d'hui dans beaucoup de localités, plus au Nord cependant qu'au Midi, en
Angleterre, notamment, et en Hollande, d'où l'on exporte encore une grande
quantité de ses graines. Par suite de la disposition de ses tiges, qui rampent
sur le sol, échappent facilement à l'action de la faux, il est peu propre, quand
il est seul, à être cultivé en prairie ; aussi est-il principalement réservé pour
les pâturages, destination qui lui convient d'autant mieux qu'il ne craint pas
d'être foulé et brouté par les animaux, et qu'il talle au contraire davantage

-ocr page 112-

96 ' LÉGUMINEUSES.

après la pâture. Mêlé à d'autres plautes, il peut, en outre, concourir à former
d'excellentes prairies naturelles.

Choix et préparation du terrain. — Ensemencement. ■— Soins de culture. — Plus
rustique que le Trèfle des prés, le Trèfle blanc exige des terres moins humi-
des ; et bien qu'il préfère les sols compactes qui conviennent au premier, il
s'accommode également des sols légers, sablonneux, un peu frais. C'est un
des fourrages qui viennent le mieux sur les terres hautes. Vu la disposition
de sa racine qui, quoique pivotante, offre beaucoup de divisions étalées, il
n'a pas besoin d'une terre profonde ou labourée profondément ; ce qui expli-
que pourquoi il vient également bien sur les terres fortes et sur les terres
légères.

Quand il doit être cultivé seul, on sème le Trèfle blanc en automne ou
au printemps. En automne on répand la graine sur les champs ensemencés
en seigle ou en froment, après deux labours, ou sur une autre production
hivernale. Au printemps, on la sème par-dessus ces grains, ou bien avec
l'orge et l'avoine, en procédant d'ailleurs comme pour le Trèfle des prés.

La graine, très fine, doit être peu enterrée. Cela est rendu encore néces-
saire par la tendance de la tige à se développer latéralement, mode de crois-
sance qui permet, en outre, d'économiser la semence. Ainsi, 8 kilog. de
bonne graine par hectare pourraient suffire pour bien couvrir un champ.
Mais comme la graine, très petite, est difficile à semer et peut se perdre,
comme aussi la plante pâturée n'a pas le temps de prendre tout son accrois-
sement, il faut toujours une plus grande quantité de graine ; on la fixe, en
général, à 12 kilog. par hectare.

Le Trèfle rampant, une fois semé, n'exige pas de soins particuliers.
Puisant sa nourriture dans une grande étendue de la surface du sol où il
rampe, en même temps que, par son tallage, il s'oppose à l'évaporation de
l'eau de la terre, il a moins besoin d'être fumé que le Trèfle commun. Les
engrais, néanmoins, et notamment les matières calcaires, la chaux, la suie, les
les cendres, etc., en activent beaucoup la végétation, et quelquefois suffisent
pour le faire apparaître spontanément. Le plâtre surtout est efficace sous ce
rapport ; c'est même, de tous les Trèfles, celui sur lequel cet amendement a
le plus d'action ; il semble parfois le faire naître, tant sous sa seule influence
on voit, dans les prés où il a été répandu, la légumineuse se multiplier avec
abondance.

Sa végétation est encore activée par l'action du rouleau, par le piétine-
ment des bestiaux, qui, en la forçant à s'étendre, rendent la plante plus
épaisse, plus vigoureuse, et en font un gazon très dense. Ses tiges, étalées,
garnissent alors le terrain nu, ou bien elles passent sous les plantes plus
élevées avec lesquelles le Trèfle a été semé, et forment une espèce de taillis
qui recouvre une plus ou moins grande étendue de la surface du sol.

Ainsi cultivé, seul, le Trèfle rampant, dont les racines sont très vives,
dure de quatre à cinq ans. Il se développe de bonne heure, résiste aux gran-

-ocr page 113-

légumineuses. 97

des sécheresses ainsi qu'aux froids, et donne chaque année un hon fourrage.
Sa vigueur, toutefois, est variable suivant les saisons. Ainsi, quand l'année
est sèche, on ne le voit pas paraître sur le pré; il revient quand l'état de l'at-
mosphère change. Ces éclipses de la plante peuvent être passagères ou se
continuer pendant plusieurs années.

Bien qu'il puisse durer davantage, il convient en général de rompre le
pré vers la quatrième année. Dans les terrains secs, quand le Trèfle blanc est
pâturé ras, il ne dépasse souvent pas trois ans. Quelquefois môme on le traite
comme le Trèfle commun et on le rompt dès la deuxième année. Il faut agir
de la sorte quand on voit les bromes, les chiendents et autres parasites
envahir la prairie.

Le Trèfle rampant épuisant le sol plus que le Trèfle commun, on ne
peut pas, comme celui-ci, le faire suivre par le froment. Il est préférable de
le remplacer par des pommes de terre ou mieux encore par une récolte sar-
clée.

La culture de cette espèce a réussi quelquefois dans des lieux arides, aux-
quels môme il a donné de la valeur. On l'a vu ainsi, après avoir duré quelques
années, favorisé par le plâtre ou la chaux, laisser après lui une belle prairie
naturelle couverte de graminées.

Récolte. Usages. Valeur économique et agricole.

Ordinairement pâturé, le Trèfle rampant est très rarement soumis à la
dessiccation. Quand 011 veut le convertir en foin, on peut, dès la seconde
année, le faucher au mois de juin et faire une seconde coupe à la fin d'août.
Il sèche plus facilement que le Trèfle commun, perd alors environ le tiers
de son poids, et donne un fourrage de bonne qualité, mais peu abondant.

Là, toutefois, n'est point sa véritable destination. Il est toujours préféra-
ble de le faire consommer en vert, sur place. Moins aqueux que le Trèfle
commun, il expose beaucoup moins les animaux aux indigestions et leur four-
nit à tous, au milieu de l'été, un pâturage succulent, bien qu'un peu court,
ce qui est un avantage, en ce sens qu'il risque moins ainsi d'être pris
avec excès. Il engraisse parfaitement les moutous et les porcs, qui le préfè-
rent au Trèfle commun; il convient également aux vaches; en Allemagne, on
en fait des pâturages exclusivement réservés à ces derniers animaux.

Dans ces conditions, la culture du Trèfle rampant offre quelques avanta-
ges réels : la plante, en effet, dure longtemps, exige peu de soins, et ne
souffre point d'être foulée et broutée par le bétail, qualités qui la rendent
surtout précieuse pour l'entretien des bêtes à laine.

On tire encore très communément un excellent parti du Trèfle rampant
en le mêlant, en des proportions variables, à diverses graminées vivaces qui,
soutenant ses feuilles, le forcent à croître en hauteur et le rendent ainsi très
propre à entrer dans une prairie naturelle. Il est une des meilleures plantes

-ocr page 114-

98 ' LÉGUMINEUSES.

que l'on puisse unir, de la sorte, aux graminées ; il augmente la quantité et
la qualité du foin, et ajoute ainsi beaucoup à la valeur de la prairie.

Mêlé au ray-grass seulement, comme on le pratique assez généralement
en Angleterre, il donne un bon fourrage; celui-ci se développant plus tôt, on
peut même laisser paître jusqu'au milieu de mai sans nuire au développe-
ment du foin, que l'on fauche six semaines ou deux mois après.

On» le mêle encore quelquefois au Trèfle des prés. Celui-ci d'abord
domine ; mais disparaissant à la troisième année, le Trèfle blanc prend le des-
sus, et, avec ce qui reste de la plante bisannuelle, il fournit un excellent four-
rage, tout en constituant un bon fonds de prairie que l'on peut améliorer en
y semant du ray-grass ou du dactyle pelotonné ; on a, par ce moyen, une
prairie permanente, dont le plâtre et les engrais pulvérulents peuvent
encore augmenter beaucoup le produit.

Trèfle hybride, T. hybridum L.

Fleurs rosées on blanches, en capitules globuleux. Calice à dents inégales, séparées par un
sinus arrondi. Feuilles à folioles elliptiques, presque rhomboïdales, obtuses , denticulées, munies
de nervures. Tiges ascendantes, très glabres, fistuleuses.

Cette espèce se trouve principalement dans le Nord, en Suède, en Norwége, où on la cultive
depuis longtemps. Elle y a atteint jusqu'à 1 mètre et demi d'élévation, et peut donner, dit-on,
pendant quinze ou vingt ans, jusqu'à 10,000 kilog. de fourrage par hectare. Le Trèfle hybride
est également cultivé dans quelques départements du Nord , notamment dans la Moselle, où
M. Louis, de Metz, a particulièrement contribué à le répandre. Il lui faut des terres fortes ; on le
sème en gousse dont on répand jusqu'à 100 Irilog. par hectare, soit en automne, avec les seigles,
soit au printemps, avec les graines de mars. Il peut être pâturé, sans que le surplus de la récolte
en soit compromis. Semé dans le Midi, sa végétation pourrait être entravée par les alternatives de
froid et de dégel plus grandes que dans les régions septentrionales.

Trèfle de Micheli, T. Michelianim Savi.

Fleurs roses, en oapitules arrondis. Calice à dents égales, très longues, séparées par un sinus
étroit et arrondi. Stipules courtes, ovales. Tiges dressées, fistuleuses.

Ressemblant beaucoup par son port à l'espèce précédente, le Trèfle de Micheli en diffère sur-
tout par son origine méridionale. Vient en Corse, dans le midi et à l'ouest de la France, Il se
rencontre dans les prairies, où les bestiaux le mangent avec plaisir. Il se développe beaucoup par
la culture.

Trèfle élégant, T. ekgans Savi.

Fleurs roses, en capitules globuleux, longuement pédonculés, se renversant après la féconda-
tion. Calice à divisions filiformes, inégales, allongées. Feuilles à folioles ovales, denticulées, à
sommet arrondi. Stipides allongées et terminées en pointes. Tige pleine, dressée, couchée à la
base. Haute de 5 à 6 décimètres.

Cette espèce, qui se rapproche beaucoup du Trèfle blanc et n'en diffère essentiellement que
par ses tiges non radicantes, et que l'on confond quelquefois aussi avec le Trèfle hybride, habite
principalement les contrées méridionales, le midi de la France, l'Italie, le nord de l'Afrique. Il
vient surtout dans les sols sablonneux et humides. Mêlé à diverses graminées, il forme dans quel-
ques localités du centre de la France d'excellents pâturages. M. de Dombasle en a essayé la cul-
ture. Il donne une seide coupe, mais elle est abondante et produit du bon foin. Il peut aussi être
pâturé ; il est tendre, et mangé avec avidité par les bestiaux.

-ocr page 115-

légumineuses. 99

Trèfle souterrain , T. subterraneum L.

Fleurs fertiles d'un blanc jaunâtre, au nombre do 2.5, pédicellées, et réunies, en capitules,
à un grand nombre de fleurs stériles, réduites à un calice roide accreseent; capitules s'enfonçant
en terre après la fécondation pour y mûrir les graines des fleurs fertiles. Feuilles à folioles obcor-
dées, denticulées au sommet. Tiges couchées, flexueuses, velues, hautes de 1 à 3 décimètres.

Cette espèce, assez singulière par le mode de développement de ses fleurs, se trouve répan-
due dans presque toute la France, dans les lieux sablonneux, les bords des chemins, les coteaux
secs. Elle est surtout recherchée par les moutons, qui la préfèrent h beaucoup de graminées.

Trèfle a petites fleurs, T. parviflorum Erh.

Fleurs blanches ou roses, très petites , eu capitules brièvement pédonculés. Calice il dents
très inégales, filiformes, se recourbant en dehors. Tiges diffuses, hautes de 1 à 3 décimètres.

Cette espèce, rare en France, est plus commune en Espagne et dans quelques régions des
Pyrénées-Orientales. Elle acquiert par la culture un grand développement. Elle est mangée par
les moutons.

Trèfle de montagne, T. montanum L.

Fleurs blanches, un peu jaunâtres, en capitules globuleux, terminaux et axillaires, ceux-ci
portés sur de longs pédoncules. Calice velu, à, dents inégales. Feuilles à folioles elliptiques et den-
ticulées , soyeuses en dessous. Stipules lancéolées, très étroites. Tige droite, peu rameuse, velue,
fistuleuse, de 2 à 3 décimètres de hauteur. Souche ligneuse, épaisse, s'implantant profondément
dans le sol.

Cette espèce, commune en Europe, se rencontre principalement dans les prés montueux, les
terrains secs et sablonneux du nord et du centre de la France ; s'y trouve d'ailleurs rarement en
abondance Elle donne un bon fourrage, recherché des animaux ; mais la partie inférieure des tiges
est un peu dure. On la cultive en Belgique et dans quelques parties de la Prusse rhénane, pour
l'alimentation du gros bétail; elle donne du fourrage vert et soc. Ce Trèfle produit moins que le
Trèfle commun, mais il a sur lui l'avantage de prospérer sur des terrains sees où ce dernier ne
réussirait pas. C'est un des Trèfles qui se dessèchent le mieux ; aussi est-il facile à convertir en
foin.

TRÈFLE DES CHAMPS. — T. ARVENSE L.

Noms vulgaires. — Patte-de-lièvre, Pied-de-lièvre, Pied-de-lion, Pluet, Mignonnet blanc, Minois,

Minous.

Fleurs très petites, blanches ou rosées, en capitules allongés, presque cylindriques, velus-
soyeux. — Calice très velu, à dents ciliées. — Feuilles petites , à folioles linéaires, oblongues ,
denticulées au sommet, soyeuses sur les deux faces. —- Stipules ovales. ——- Tige i^rôle, très rameuse,
d'un vert blanchâtre, à poils appliqués. — Taille de 1 à 3 décimètres. — Floraison de mai il sep-
tembre.

Très commune dans les moissons de presque toute la France et du nord
de l'Afrique, surtout dans les terres légères, cette espèce est de tous les Trè-
fles celui que les animaux recherchent le moins ; les chèvres et les moutons
seuls le mangent volontiers. Mais comme le Trèfle des champs végète vigou-
reusement, môme pendant la sécheresse, il peut être cependant avantageux
comme moyen de tirer parti de certaines terres en jachère, tout en fournis-
sant un bon pâturage pour le petit bétail. Il offre ainsi, en Algérie, où il est

-ocr page 116-

100 ' LÉGUMINEUSES.

très commun, une utile ressource, surtout en juin et en juillet, pour l'entre-
tien des troupeaux.

Trèfle raide, T. strictum Wald.-Kit.

Fleurs roses, non réfléchies, en capitules entourés d'un involucre de bractées. Calice glabre,
à dents non ciliées. Tige dressée, do 1 à 3 décimètres.

Abonde dans les prairies sèches du Midi et du Centre. Donne peu de fourrage.

Trèfle aggloméré, T. glomeratum L.

Fleurs roses, menues, en capitules globuleux, serrés. Calice h dents ovales, aristées, auricu-
lées à la base, étalées après la floraison. Feuilles très petites, à folioles ovales, denticulées, à som-
met arrondi. Stipules scarieuses, lancéolées. Tige dressée, glabre, de 1 à 2 décimètres.

Se rencontre dans les prairies sèches de la Provence, et croît, en général, dans les terrains
arides et siliceux , où il forme des gazons peu élevés. Mangée par tous les animaux, surtout par
les moutons, cette espèce a néanmoins peu d'importance comme fourragère.

Trèfle étoTiffé , T. suffocatum L

Fleurs blanchâtres, en capitules petits, très rapprochés. Calice à dents lancéolées, aristées,
non auriculées, plus longues que la corolle. Tige gazonnante, de 2 à 5 centimètres, cachée sous les
feuilles.

Vient dans les lieux secs et arides du Midi et de l'Ouest, sur les rochers, où il forme de
petites touffes, que recherchent les moutons. Plante trop petite pour devenir fourragère.

Trèfle rude, T. scabrum L.

Fleurs petites, blanches ou rosées, en petits capitules ovoïdes, denses. Calice velu, à dents
lancéolées, inégales, se courbant en dehors après la floraison. Feuilles à folioles oblongues ou cunéi-
formes. Stipules triangulaires, h pointes étalées. Tige grêle, flexueuse, pubescente, de 1 à 2 déci-
mètres.

Vient sur les pelouses sèches, les lieux sablonneux. Espèce peu fourragère.

TRÈFLE FRAISIER, — T. FRAGIFERUM L.

Noms vulgaires. — Trèfle fraise, T. capiton.

Fleurs roses, très petites, dressées, sessiles, en capitules hémisphériques, portés sur de longs
pédoncules axillaires. — Calice bilabié, la lèvre inférieure herbacée, la supérieure membraneuse et
se boursoufflant, après la fécondation, en membrane vésiculeuse rougeâtre, la réunion de ces vési-
cules prenant alors l'aspect d'une fraise. — Feuilles à folioles ovales, élargies au sommet, denti-
culées. — Stipules étroites et allongées. — Tige couchée , radicante, de 1 à 3 décimètres. —
Fleurit de juin à octobre.

Cette espèce, qui offre quelque analogie avec le Trèfle blanc, est extrê-
mement commune le long des chemins, des fossés, dans les prairies sèches
et dans les lieux humides, sur les pelouses et sur les collines. Elle vient de
préférence sur les terrains frais, argileux ou sablonneux, plutôt que sur
un sol calcaire, et résiste facilement à de longues submersions, ce qui per-
met, en certains cas, de l'utiliser. Elle donne une grande quantité de feuilles
qui, ainsi que les tiges, repoussent facilement après avoir été broutées. Elle
fournit un bon fourrage qui plaît, à tous les bestiaux; mais par sa petite

-ocr page 117-

LÉGUMINEUSES. 101

taille, elle semble spécialement destinée aux moutons, chez lesquels elle ne
provoque pas la météorisation. Elle est trop courte pour qu'on puisse la
faucher. Sa présence dans les prés est toujours un indice de la bonne qualité
du fourrage.

Trèfle écumeux, T. spumoswm L.

Fleurs rougeâtres. Calice tubuleux d'abord, puis vésiculeux. Tiges très rameuses, do 1 n
3 décimètres.

Originaire de la Corse et des parties méridionales de la Provence, cette espèce, assez com-
mune, vient dans les pâturages secs et les bords des cliamps du midi et du centre de la France.
Croît très rapidement et donne un fourrage vert extrêmement tendre, dont les animaux se nour-
rissent parfaitement.

Trèfle retourné , T. resupinatum L.

Fleurs roses ou purpurines, presque sessiles, en capitules arrondis. Calice pnbescent, à dents
très saillantes, divariquées. Corolle renversée, ayant l'étendard en bas. Feuilles à folioles obovées
ou cunéiformes, dentées, glabres. Tige dressée, glabre, très rameuse, de 2 à 4 décimètres.

Cette plante, assez jolie, vient dans les lieux incultes et les sables du Midi, où elle se mon-
tre assez communément. Elle est très précoce, et recherchée de tous les bestiaux.

Trèfle cotonneux , T. tomentosum L.

Fleurs petites, roses. Calice fortement tomenteux, à dents supérieures courtes, cachées dans
les poils. Corolle étalée.

Espèce commune dans les prés maritimes de la Méditerranée. Elle plaît au bétail, et donne
un fourrage vert très tendre, facile à sécher, mais peu abondant.

Trèfle strié, T. striatum L.

Fleurs très petites, rose pâle, en capitules ovoïdes. Calice très velu, presque globuleux, for-
tement strié, à divisions linéaires aiguës, presque égales, étalées. Feuilles à folioles obovées, den-
ticulées au sommet, pubescentcs. Stipules membraneuses, terminées en pointes, les supérieures
plus largos. Tiges rameuses dès la base. Taille de 1 à 3 décimètres.

Ce petit Trèfle se rencontre dans toute la France, dans les prairies, les clairières dos bois, et
croît dans tous les terrains. 11 est très recherché des bestiaux et pourrait être cultivé avec avan-
tage dans les prairies permanentes, si l'on pouvait aisément s'en procurer de la graine.

Trèfle des Alpes , T. Alpinum L.

Réglisse de montagne, Réglisse des Alpes.

Meurs roses ou rouges, rarement blanches, peu nombreuses, grandes, portées sur de courts
pédicelles, réunies en verticilles involucrés au sommet d'un long pédoncule partant de la souche
et formant ainsi des sortes de capitules lâches ou ombelles. Calice à 5 divisions égales. Feuilles
partant de la souche, à folioles lancéolées-linéaires, denticulées. Stipules très longues, étroites et
nristées. Taille de 1 à 3 décimètres au plus.

Cette jolie espèce est commune dans les pâturages des hautes montagnes, où elle se rencon-
tre à peu près exclusivement. Elle croît de préférence sur les terrains sablonneux et légers, où
ses longues souches se développent mieux. Recherchée des bestiaux, surtout des vaches, elle
donne, bien que peu élevée, un abondant pâturage et un bon fourrage, facile il sécher. Ses racines
ont le goût sucré de celles de la réglisse.

Trèfle en gazon , T. cœspitosum Reyn.

Fleurs roses ou blanches, en capitules globuleux, portés sur de longs pédoncules. Calice à
dents lancéolées, presque égalos. Feuilles ii folioles élargies au sommet, dentées. Stipules scarieu-
ses, étroites, aiguës. Taille de 6 îi 12 centimètres.

-ocr page 118-

102 ' LÉGUMINEUSES.

Cette petite espèce se rencontre dans les pâturages élevés des Alpes et des Pyrénées ; dans les
lieux arides et les sentiers des montagnes , où elle forme des gazons, que les moutons recherchent
beaucoup, et qui repoussent facilement sous l'action de la dent. Est de peu d'importance à cause de
sa petite taille.

Trèfle a fleurs simples, T. uniflorum L.

Fleurs roses, solitaires ou géminées, portées sur de courts pédoncules. Feuilles à folioles orbi-
culaires. Tige velue, haute de 3 à 6 centimètres.

Vient sur les lieux élevés du Midi», où elle forme des gazons serrés. Sans importance comme
fourragère.

Trèfle couché, T. procumbens h.

Trèfle étalé, Trèfle houblon, Petit trèfle jaune, Petit trèfle brun, Mignonette jaune, Petite mignonette.

Fleurs jaunes, peu nombreuses, en oapitules ovoïdes, axillaires et terminaux, portées sur de
longs pédoncules roides. Calice très ouvert à la gorge. Corolle à étendard renversé et lisse, à
carène ouverte sur le dos, légèrement recourbée au sommet. Feuilles petites, à folioles obtuses,
obovales, denticnlées supérieurement, la moyenne pétiolée. Stipules aurieulées à la base, attei-
gnant la moitié de la longueur du pétiole. Tige rameuse, étalée, très petite.

Ce Trèile se rencontre dans les lieux secs et sablonneux, dans les champs maigres, sur les
pelouses peu garnies. Il donne un fourrage de bonne qualité, pâturé avec avidité par les moutons,
mais peu abondant ; sa petite taillo, d'ailleurs, faisant obstacle à ce que les autres bestiaux puis-
sent le brouter. Cultivé, il prend peu de développement. Aussi, dans quelques parties de l'Angle-
terre, où on le cultive, n'est-il jamais semé seul; on le mêle avec d'autres espèces dans le
but de varier et d'améliorer la qualité du foin.

Trèfle filiforme, T. filiforme L.

Petite tranche, Petite trance.

Fleurs jaunes, portées sur des pédoncules longs et flexueux. Feuilles à foliole moyenne ses-
sile ou presque sossile. Stipules non élargies à la base. Tiges grêles, couchées, rameuses.

Habite les mêmes lieux que l'espèce précédente, notamment les prairies sèches, où il offre
une variété qui ne s'élève pas à plus do quelques centimètres. Donne un bon fourrage vert ou sec;
mais il est de trop petite taille pour compter comme plante fourragère.

Trèfle des campagnes, T. agrarium L.

Trèfle champêtre, T. jaune, T. houblon, Mélilot houblonnet, Minette dorée, Trance, Thimothy.

Fleurs d'un beau jaune, nombreuses, imbriquées, en capitules ovoïdes ou presque globuleux
Corolle à étendard strié, plan sur le dos, fortement recourbé au sommet. Feuilles à folioles obo-
vales, denticnlées, sessiles, la moyenne pétiolée. Stipules ovales, arrondies à la base, plus longues
que le pétiole. Tiges grêles, rameuses, dressées, de 1 à 3 décimètres.

Se trouve communément dans les ohamps sablonneux, les pâturages et les prés humides, sur
les jachères, dans les bois et les vallées. Se fane très facilement et donne un bon fourrage vert et
sec que les chevaux surtout aiment excessivement. Il pourrait être semé et récolté. Bien que ne
nuisant pas aux céréales, il doit cependant être écarté des champs dont il diminue le produit.
Mieux vaut le semer à part si on veut le récolter.

Trèfle étalé, T. patens Sch.

Trèfle doré, Trèfle de Paris.

Fleurs jaunes, ressemblant à celles de l'espèce précédente. Feuille à foliole moyenne ses-
sile ou pétiolulée. Stipules dentées, aurieulées à la base et plus courtes que le pétiole. Tige peu
rameuse.

Vient dans les prés humides, notamment dans les environs de Paris et dans le centre de la
France. Recherchée des bestiaux, elle peut, sous le rapport agricole, être tout à fait assimilée au
Trèfle des campagnes.

-ocr page 119-

LÉGUMINEUSES. 103

Trèfle bai, T. bcidium Sch.

Fleurs brunes , en capitules presque globuleux , portées sur un pédoncule épais. Feuilles à
folioles obcordées, toutes sessiles, denticulées. Stipules lancéolées, pointues. Tiges droites, simples.

Se rencontre dans les prairies des hautes montagnes ; quelquefois abonde dans les lieux humi-
des. S'élève peu, se dessèche facilement; est très recherchée des bestiaux qui vont pâturer dans
les hautes régions.

Tbèfle brun, T. spadiccum L.

Fleurs brunes, en capitules allongés, presque cylindriques, et portés sur des pédoncules grêles.

Habite, comme l'espèce précédente, les prés des montagnes, où elle pousse parfois en touffes
considérables, qui fournissent aux troupeaux une bonne pâture.

Genre DORYCNIUM. — DORYCNIUM T.

Fleurs petites, blanches ou roses, en capitules pédonculés, terminaux ou axillaires ; — calice
évasé, à 5 dents disposées en 2 lèvres; — corolle à ailes adhérentes à la carène, plus courtes que
l'étendard; —-
gousse renflée, courte, déhiscente, oligosperme; — feuilles sessiles, trifoliolées ; —
ttipules libres, égales aux folioles.

Genre peu nombreux, ne comprenant que quelques espèces.

Dorycnium sous-ligneux , D. suffruticosum Vill.

Fleurs en petites têtes nombreuses, à corolle blanchâtre, et la carène d'un bleu noirâtre au
sommet. Gousse ovoïde à 1 graine. Feuilles à 3 folioles linéaires, oblongues, entières. Tiges
ligneuses, tortueuses, grêles, à rameaux dressés, pubescents. Taille de 3 à 4 décimètres.

Croît dans les lieux stériles et sablonneux, les coteaux arides du midi de la France. Non
oonsommé par les bestiaux.

Dorycnium herbacé, D. herbaccum Vill.

Fleurs comme l'espèce précédente. Tige herbacée, rude, rameuse, de 3 à 4 décimètres.

Vient de même dans les sables et lieux arides des provinces méridionales. Sans usages

Genre MÉLILOT. — MELILOTUS T.

Fleurs petites, réunies en grappes spiciformes, plus ou moins allongées, lâches, portées sur des
pédoncules axillaires; —
calice persistant, en tube évasé, it 5 dents presque égales; — corolle à
étendard aussi long ou plus long que les ailes, celles-ci libres en avant, soudées par la base à la
carène; —
gousse indéhiscente, ovoïde, droite, plus longue que le calice, à 1 ou 4 graines; —
Feuilles trifoliolées, à stipides soudées inférieurement au pétiole.

Autrefois confondues avec les Trèfles, les espèces du genre Mélilot, peu
nombreuses, sont surtout remarquables par l'odeur de foin, très agréable,
plus prononcée quand la plante est à demi-flétrie, qu'elles répandent. Les
bestiaux les mangent quand les tiges n'en sont pas trop dures. Toutes four-
nissent un suc que les abeilles recherchent avec avidité pour leur nourriture.

-ocr page 120-

104 ' LÉGUMINEUSES.

MÉLILOT OFFICINAL. — M. OFFIC1NALIS Lm.

Noms vulgaires. — Mélilot des champs, Mélilot citrin, Mirlilot, Lotier jaune, Muglé, Trèfle odorant,
T. des mouches, T. de cheval, Couronne royale, Trouillel.

Fleurs jaunes, rarement blanclies, en grappes effilées, plus longues que la feuille, dressées
ou pendantes. — Corolle à étendard plus long que les ailes, et celles-ci pliis longues que la carène.
—Gousse ovale, mucronée, ridée en travers, glabre ou légèrement pubeseente.—Feuilles à folioles
oblongues, dentées it leur partie supérieure, d'autant plus étroites qu'elles se rapprochent du
sommet.—Tige rampante, dure, rameuse, de 4 à 10 décimètres,—Racine pivotante et fibreuse.
— Espèce bisannuelle. — Floraison de juin à. septembre.

Le Mélilot, commun dans la plupart des localités de la France, vient
dans les terres médiocres et arides, dans les champs secs; il "se montre rare-
ment, toutefois, dans les prés, au milieu des graminées. C'est une plante que
tous les animaux, notamment les moutons et les chevaux, prennent avec-
plaisir. Quelques auteurs en ont conseillé la culture.

Vu son peu de durée, cette espèce pourrait convenir pour les assolements
à court terme. Le Mélilot, garni toute l'année d'un grand nombre de feuil-
les, de fleurs et de fruits, fournit alors un fourrage assez abondant. Il offre,
en outre, l'avantage de croître facilement sur les plus mauvaises terres, et
de pouvoir, grâce à ses racines profondes qui lui permettent de résister à la
sécheresse, rester vert au milieu de l'été. Enfin, grâce à l'odeur qu'il exhale,
il est parfaitement propre à aromatiser une grande quantité de foin. Mais,
d'un autre côté, à cause de ses tiges rampantes, il est difficile à faucher ; il
a de plus l'inconvénient d'être ligneux quand on attend la floraison pour le
couper, et de perdre beaucoup par la dessiccation si on le coupe plus tôt ;
d'où il résulte qu'on ne peut guère le transformer en foin. Enfin, à l'état frais,
en vert, il est d'un usage dangereux, à cause de la facilité avec laquelle
il provoque, chez les animaux, le météorisme.

Le meilleur emploi qu'on puisse en faire est de le mêler à des plantes
fourragères faibles, qui en atténuent la dureté et auxquelles il communique
sa bonne odeur. — On peut, en outre, donner sa graine à la volaille, qui
en est fort avide.

Mélilot blanc, M. alba Lm.

Mélilot de Sibérie.

Fleurs non odorantes, blanches, petites, nombreuses, ou grappes effilées, plus longues que la
feuille. Gousse comme l'espèce précédente. Feuillos à folioles dentées, étroites dans les feuilles
supérieures, presque orbiculaires dans les feuilles inférieures, et parsemées de quelques poils.
Tige dure, rameuse, dressée, forte, pouvant s'élever jusqu'à 15 décimètres. Espèce bisannuelle.
Fleurit de juin à septembre.

Regardé comme originaire de Russie, le Mélilot à fleurs blanches croît partout en abondance ;
il so trouve principalement dans les lieux secs, sur les plages sablonneuses. Tliouin, qui, en 1788,
le distingua de l'espèce précédente avec laquelle l'avait confondu Linnée, en recommanda, ainsi
que Daubonton, la culture, qui fut tentée en plusieurs localités. Il pourrait être semé comme le
Trèfle des prés et entrer dans les mêmes assolements. On en répand, dans ce cas, 12 à 15 kilog.

-ocr page 121-

LÉGUMINEUSES. 105

par hectare; mais il n'y a nul inconvénient à en semer davantage. Bien que les animaux pren-
nent volontiers cette plante, elle ne vaut cependant pas le Trèfle, sur lequel elle n'offre d'autre
avantage que de pouvoir venir sur de mauvaises terres. Dans tous les cas, elle doit être fauchée
de bonne heure, afin d'empêcher les tiges de devenir ligneuses, et, en même temps, d'en accroître
la durée; elle peut donner ainsi, dans l'année, plusieurs coupes d'un fourrage abondant, sans
compter des semences que les volailles et les bestimix mangent avec plaisir. Mais, comme tous
les Mélilots, ce végétal météorise facilement les animaux. Pour remédier à ces divers inconvénients,
Thouin avait recommandé de semer le Mélilot blanc avec la vesce bisannuello, qui offre à peu
près le même mode de végétation, et à laquelle il servirait de soutien, tout en améliorant ses pro-
duits. On a encore essayé, au moyen de cette plante, d'amender, en l'enfouissant en vert, les
terres mauvaises. En somme, sa culture est peu répandue.

Mélilot bleu, M. caerulca Lm.

Mélilot d'Allemagne, Trèfle musqué, Trèfle miélé, Lotier odorant, Baumier, faux Baume du Pérou.

Fleurs odorantes, bleues, en grappes courtes, ovoïdes. Gousse ovale, une fois plus longue
que le calice, glabre, ridée longitudinalement , contenant 1 ou
2 graines. Feuilles h folioles
oblongues, dentées ou scie, plus étroites dans le bas. Tige dressée, fistuleuse, haute de 3 à 6 dé-
cimètres. Espèce annuelle. Fleurit eu juillet et août.

Originaire de la Bohême, et remarquable par la forte odeur aromatique qu'il exhalo, et qui
rappelle un peu celle du jus de réglisse, le Mélilot bleu réussit dans dos terres très arides et
résiste parfaitement à la sécheresse, ce qui a engagé à le cultiver, comme plante fourragère, dans
plusieurs localités. Ses tiges, très garnies de feuilles, sont moins dures que celles des autres Méli-
lots ; aussi est-il mangé avec avidité par les animaux ; mais de même que toutes les espèces du
genre, il les météorise avec mie extrême facilité. Ses fleurs, hachées, sont employées pour
aromatiser certaines espèces de fromages, · et leur donner cette teinte bleue verdâtro que l'on
recherche dans leur pâte.

Outre ces trois espèces principales, on connaît encore d'autres Mélilots : les M. mes-
sanensis Lm., sulcata
Df., parviflora Df., italica Lm., elegans Salzm., gracilis DC., qui se
rencontrent principalement dans les contrées méridionales, la Provence, la Corse, l'Italie, l'Al-
gérie, etc., et qui offrent à peu près tous les inconvénients et les avantages des espèces plus
haut décrites.

Genre TRIGONELLE. — TRIGONELLA L.

Fleurs axillaires, solitaires, géminées ou multiples; —calice campanulé, à 5 divisions presque
égales ; —
corolle à ailes et étendard un peu ouverts et de même longueur, îi carène très courte,
obtuse, et cachée dans les ailes ; —
gousse allongée, comprimée, linéaire, plus ou moins cour-
bée en arc, polysperme;—
feuilles trifoliolées, h foliole médiane plus longuement pétiolée; —
stipules petites et distinctes.

Ce genre renferme un petit nombre d'espèces, toutes méridionales, fort
recherchée des bestiaux, mais dont aucune chez nous n'est cultivée en grand.

TRIGONELLE FOIN GREC. — T. FOENIJM GRJÏCUM L.

Noms vulgaires. — Fenugrec, Saine-graine, Seinegré, Senegré.

Fleurs d'un jaune pâle, sessiles, solitaires ou géminées à l'aisselle dos feuilles. — Gousse de
10 à 12 centimètres, allongée, aplatie, arquée en faux, terminée par un long bec grêle et coni-
que, représentant le style, et renfermant 15
k 20 graines, d'un brun jaunâtre, légèrement tubercu-
leuses, d'une odeur forte et aromatique, d'une consistance mueilagineuse. — Feuilles n folioles
glabres, asse« grandes, obovales ou oblongues, denticulées au sommet, vertes en dessus, plus pâles

-ocr page 122-

106 ' LÉGUMINEUSES.

en dessous.—· Une ou plusieurs tiges dressées, grêles, fistuleuses, pubeseentes. — Taille de 2 à
5 décimètres. — Annuelle. — Floraison de juin à juillet.

Le Fenugrec ou foin grec, comme son nom l'indique, est originaire de la
Grèce, qui l'avait elle-même reçu de l'Egypte, où cette plante est cultivée
sous le nom de
helbé depuis un temps immémorial ; elle jouit d'une grande
réputation, non seulement pour la nourriture des animaux, mais encore pour
celle de l'homme. L'usage s'en est conservé dans ce pays où, pour toute cul-
ture, on se borne à répandre la graine sur le limon du Nil, et à l'arracher
soixante-dix jours après. Ce végétal était également fort estimé en Grèce, où,
à cause de la forme de la gousse, comparable à une corne de bœuf ou de
chèvre, il avait reçu les noms de
buseros ou de xgoccros. Tous les agronomes
latins le signalent comme un fourrage commun dans ce pays et recherché de
tous les bestiaux, mais particulièrement des bœufs. Ses graines servaient, en
outre, à la nourriture des esclaves.

En Europe, la culture du Fenugrec est moins répandue qu'autrefois,
ayant été abandonnée pour celle de plantes fourragères plus productives. On
ne cultive guère aujourd'hui cette plante qu'en Suisse et en Allemagne, pour
sa graine, et dans quelques régions de l'Italie. Elle s'est aussi acclimatée en
France; on la trouve dans les champs et les sables du Midi. Elle se fait
remarquer par son peu d'exigence; c'est, de toutes les plantes, une de celles
qui ont le moins besoin de culture, ce qui faisait dire autrefois à Pline qu'elle
vient d'autant mieux qu'on la soigne moins.

Sonini, qui en a essayé et recommandé la culture, dit que bien qu'elle
vienne sur les terres maigres et sablonneuses, la plante prend cependant plus
de développement quand la terre, sans cesser d'être légère, est riche et bien
fumée ; qu'elle peut être semée en automne, ce qui la fait fleurir et mûrir alors
plus tôt; mais que dans la crainte qu'elle souffre de l'hiver, il vaut mieux la
semer au printemps; qu'une fois semée, elle n'exige d'autres soins que l'enlè-
vement des mauvaises plantes qui dévorent sa substance; et, enfin, qu'on doit
la faucher en juillet, au moment de sa floraison.

En résumé, le Fenugrec, comme plante fourragère, produit peu; il
donne, il est vrai, un très bon fourrage ; mais craignant le froid et la pluie,
il ne peut être cultivé que dans le Midi, où d'autres plantes le remplaceront
toujours avec avantage.

Le foin de Trigonelle constitue une nourriture substantielle et très saine,
donnant aux animaux de la vigueur et de l'embonpoint. On l'emploie dans
quelques contrées de l'Italie pour l'engraissement des bœufs ; mais elle donne
à la viande un mauvais goût qui oblige à terminer l'engraissement avec une
autre nourriture.

Ses graines sont plus employées que ses tiges. Elles servent à divers
usages pharmaceutiques, et dans l'art culinaire, comme légume de fantaisie.
En Suisse et en Allemagne, on les donne, comme tonique, aux chevaux faibles
et relâchés.

-ocr page 123-

LÉGUMINEUSES. 107

Trigonelle de Montpellier , T. Monspcliaca L.

Fleurs odorantes, jaunes, au nombre de 8.15, presque sessiles, agglomérées en capitules om-
belliformes à l'aisselle des feuilles. Gousses étalées, courbées en faucille. Graines tuberculeuses.
Feuilles à folioles obovales, dentelées au sommet. Tige grêle, couchée, à rameaux pendants, de
1 à 3 décimètres. Annuelle.

Commune dans les lieux arides et sablonneux du Midi, cette espèce est sans importance
comme plante fourragère, bien que tous les bestiaux, et notamment les moutons, la mangent avec
plaisir.

Il en est de même des autres espèces du même genre, les T. prostata DC., corixiculata L.,
hybrida Pour. , polycerata L., ornithopodioides DC., qu'il nous suffira de mentionner.

Genre LUZERNE. — MEDICAGO.

Fleurs ordinairement disposées en grappes axillaires, pédonculées, quelquefois solitaires au
sommet des pédoncules; —
calice tubulenx, oylindrique, à 5 divisions égales; — corolle caduque,
à étendard étalé, plus long que les ailes et la carène, celle-ci obtuse, bifide et éloignée de l'éten-
dard ; —
gousse dépassant le calice, unilooulaire, polysperme, et affectant des formes diverses :
réniforme, courbée en faux ou contournée en spirale, quelquefois garnie d'épines sur son bord
externe ; —
feuilles pétiolées, trifoliolées, munies de deux stipules soudées au pétiole par leur
base, entières, dentées ou laciniées;
— tige grêle, rameuse. — Espèces indigènes toutes herba-
cées, annuelles, bisannuelles ou vivaces.

Ce genre renferme un grand nombre d'espèces, presque toutes originai-
res du Midi. Celles qui croissent naturellement dans le Nord se trouvent
principalement dans les prés, tandis que les espèces méridionales viennent
partout, dispersées dans les champs et les lieux arides. Elles se montrent seu-
lement dans les plaines, et n'apparaissent que très rarement dans les contrées
montagneuses ; aucune espèce, sauf une ou deux exceptions, ne paraît pouvoir
se développer au-delà de 1,500 mètres d'élévation. Les espèces du genre
Luzerne sont toutes recherchées des bestiaux, pour lesquels elles constituent
un fourrage sain et nutritif. Plusieurs peuvent entrer avec avantage dans la
composition des prairies, et leur présence augmente la valeur des terres
livrées à la pâture. Deux seulement de ces espèces, la
Luzerne cultivée et
la
Lupuline , sont cultivées en grand comme plantes fourragères et ont ac-
quis, à ce titre, la première surtout, une extrême importance agricole. Quel-
ques autres espèces cependant pourraient aussi entrer dans la culture.

On trouvera, dans le tableau synoptique ci-contre, rémunération de
celles de ces espèces les plus répandues, avec l'indication de leur durée, de
l'épo que de leur floraison et de leur lieu principal d'habitation.

11 est quelques autres espèces encore, plus ou moins communes dans
les régions basses et élevées du Midi, sur les bords de la Méditerranée;
mais leur importance absolument nulle comme fourragères nous dispense de
les mentionner.

-ocr page 124-

108 ' LÉGUMINEUSES.

l Stipules dentées <

ESPÈCES.

6
•z

c

Floraison.

Habitat,

LUPULINA

L.

©

Pr. Aut.

Nord

Radiata

L.

®

Été

Midi

Falcata

l.

¥

Été Aut.

No. Ce.

Arborea

L,

5

Été

Midi

SATIVA

L.

¥

Pr. Aut.

Partout

Orbicularis

A1.

®

Print.

Midi

Sculettala

A1.

®

Été

Midi

Turbinata

A1.

®

Été

Midi

Tornata

Will.

®

Été

Midi

Minima

L.

®

Été

Partout

Gerardi

Go.

®

Print,

Ciliariì

Will.

®

Été

Midi

Maculata

Will,

®

Print.

Partout

Lappacea

Lm,

®

Été

Midi

Prrrco.v

DC.

®

Print,

Midi

Pcntacycla

DC.

®

Été

Midi

Tcrebellum

Will.

®

Midi

Laciniata

Al.

®

Été

Midi

Apiculata

Will.

®

Été

Dcnliciilata

Will.

®

Striata

DC.

®

Été

Midi

Discifonnis

DC.

®

Été

Midi

Marina

L.

¥

Été

Midi

Coronata

Lm.

®

Été

Midi

Ezhinus

DC.

®

Tribnloïdes

Lm.

®

Été

Midi

Cylindracca

DC.

®

Été

Midi

Muricata

Go.

®

Été

Midi

Littoralis

I)C.

®

Été

Midi

Tubcrculala

Will.

®

Été

Midi

Truncatulata Go.

®

Été

Midi

I Gousse reniforme.

Gousse courbée en faux.

Gousse [ Fleurs violettes...........

en spirale ) , Stl les laoiniées.,

l'leurs i

non
épineuse

launes )

' Sti

Stipules dentées... <

Gousse \
. velue 1

liousse
ovoïde
ou

[ globuleuse/Gousse
glabre

genre

MEDICAGO <

Spires
se

dirigeant
il droite

/ Gousse
\ glabre

LtOUSSO 1 °

discoïde \

I Gousse 1
\ velue Ì

Gousse cylindrique.
Stip. laciuiées

Gousse
en spirale
épinouse

Spires
se dirigeant
à gauche

en CAPITALES NOIRES : Cultivées en grand, en France
espèces 011 m,IKS OAUTAJ.ks ! Cultivées exceptionnellement ou communes.
( en
italiques : Non cultivées et rares.

LUZERNE LUPULINE. — M. LUPULINA L.

Noms vulgaires. — Minette dorée, Trèfle jaune, Trèfle noir, Luzerne houblonnée, Lotier, Loliot,
Mignonnette, Mirlilot des champs, Triolet, Truyote, Ihtjoline.

Fleurs jaunes, très petites, nombreuses, réunies en grappes ovoïdes, serrées, sur un pédoncule
grêle. — Gousse très petite, noire, monosperme, réniforme, un peu tordue au sommet, convexe,
à faces striées, pubescente. — Feuilles ii folioles #ovalos, élargies, denticulées au sommet, avec
stipules à pointe aiguë. — Tiges grêles, rameuses, étalées ou dressées, anguleuses, pubescentes,
hautes de 2 à 4 décimètres. — Racine pivotante. — Espèce bisannuelle. — Floraison de mai à
à septembre.

Très commune dans tout le nord de la France et de l'Europe, la Lnpuline
croît spontanément dans les prés, dans les champs, sur les pelouses et les
bords des chemins, ainsi que dans les lieux arides, sur les coteaux crayeux.

NOMS

-ocr page 125-

légumineuses. _ 109

Recherchée avec avidité par les animaux, elle est cultivée comme plante four-
ragère dans plusieurs régions de la France, où elle s'est très généralement
propagée, après être longtemps restée confinée dans quelques cantons du
Boulonnais. On la rencontre aujourd'hui communément dans les bonnes
prairies de la Normandie, de la Belgique et de l'Italie.

Culture, valeur économique, usages de la Lupuline.

La Lupuline prospère dans les terrains frais, substantiels, profonds ;
mais elle redoute l'excès d'humidité. Elle vient aussi parfaitement dans les
sols médiocres, légers, qui conviennent au Trèfle rampant, et môme dans
les terrains maigres, secs et crayeux, où elle peut enfoncer ses profondes
racines.

On la cultive comme le Trèfle des prés. Elle est semée ordinairement en
mars, à raison de 15 à 18 kilog. de graines par hectare. Très rustique, elle
résiste à la sécheresse dans les situations les moins avantageuses, ainsi qu'aux
grands froids. Elle est très précoce, et repousse très vite après avoir été cou-
pée. Elle ne donne que deux coupes, dont le produit, peu considérable, ne
dépasse guère 3,000 kilog. de fourrage vert par hectare; séchée, elle se réduit
à peu de chose. Bien qu'ordinairement bisannuelle, si on la fauche de bonne
heure, avant sa floraison, elle peut durer une troisième année.

La Lupuline est avantageuse par sa précocité, par sa facilité à croître
dans les mauvais terrains, les sols arides et crétacés. Elle donne un fourrage
peu abondant, mais dont la petite quantité est rachetée par l'excellente qua-
lité. Elle fournit aux animaux, qui en sont tous avides, un fourrage sain et
nourrissant, et qui n'a point l'inconvénient, même employé en vert, de déter-
miner le météorisme. Quand ses graines ne sont qu'en partie formées, elle
nourrit parfaitement les chevaux, qui la recherchent. Mais elle est surtout-
propre à former des pâturages pour les hôtes à laine, auxquelles ses tiges
menues, rameuses, s'élevant peu au-dessus du sol, offrent une facile dépais-
sance. Elle ne souffre d'ailleurs ni du piétinement ni de l'action de la dent, ce
(lui contribue, pour beaucoup, à rendre ce mode de consommation de la
Lupuline plus profitable que sa conversion en foin.

Particulièrement propre, à cause de sa courte durée, aux assolements à
court terme, la Lupuline a été diversement associée dans les cultures. Ainsi,
d'après Vilmorin , elle peut occuper, dans les assolements de terres à seigle,
la même place qu'occupe le trèfle dans les terres à froment.

Le mieux, suivant V. Yvart, dans les assolements a court terme des
terres médiocres, c'est de la semer au printemps, avec de l'orge, de l'avoine,
sur des terres qui, l'année précédente, auraient été ensemencées, ou en plan-
tes légumineuses, ou en sarrazin, en navets, en pommes de terre, ou autres
plantes convenables à cette nature de sol ; de s'en servir pour la pâture des
bêtes à laine, à la fin de la première et pendant une partie de la seconde
année de son ensemencement ; d'y faire parquer, à la fin delà seconde année,

-ocr page 126-

110 ' légumineuses.

les animaux qui en auront été nourris, et d'ensemencer la terre en seigle, ou
tout autre grain applicable aux circonstances, après l'enfouissement de cette
prairie bisannuelle.

Un autre emploi avantageux de la Lupuline est de la mêler à quelques
graminées vivaces choisies ; elle peut former ainsi, dans de bonnes terres,
une excellente prairie permanente, où elle persiste, vu la facilité avec laquelle
elle se multiplie par elle-même. On a conseillé encore de la mêler au sain-
foin ; elle fournit, la première année, une bonne coupe et garnit ensuite la
terre. Dans tous les cas, elle est peu épuisante, et laisse le sol bien préparé
pour la culture des céréales.

Luzerne radiée, M. radiala L.

Fleurs jaunes, au nombre de 1.2 sur un pédoncule long et grêle. Gousse très grande, aplatie,
foliacée sur les bords. Tiges arrondies, dressées ou étalées, de 2 à 3 décimètres.

Vient communément dans les provinces du Midi, en Provence et dans le Roussillon. Est man-
gée volontiers par les bestiaux qui la rencontrent dans les champs.

Luzerne faucille, M. falcata L.

Luzerne de Suède, Tranche, Rebu.

Fleurs jaunes, réunies en grappes courtes sur de longs pédoncules. Gousse courbée en
faucille, formant quelquefois un tour de spire, polysperme. Feuilles à folioles oblongues, mucro-
nées, denticulées au sommet. Stipules lancéolées. Tiges couchées et redressées, hautes de 6 à
8 décimètres. Vivace,

Cette Luzerne vient surtout dans le Nord, et se rencontre communément dans les prés et sur
les coteaux secs, le long des chemins, dans les lieux arides et calcaires. Elle est très recherchée
des bestiaux, possède d'ailleurs toutes les qualités alimentaires de la luzerne ordinaire, mais elle
est beaucoup moins productive. Aussi n'est-elle pas cultivée, bien que l'avantage qu'elle oifre de
venir dans des sols oii la première ne peut subsister pourrait permettre parfois de l'utiliser. Son
inconvénient principal est de se développer, sur un seul pied, en touffes volumineuses qui étalent

leurs rameaux sur le sol et rendent ainsi la plante très diftioile îi faucher.

%

Luzerne arborescente, M. arborea L.

Fleurs jaunes, en capitules sphéroïdes. Gousse comprimée, en croissant, ressemblant à celle de
l'espèce préoédente. Feuilles nombreuses, à folioles cunéiformes, entières ou éehanerées en cœur
à leur sommet, pubescentes. Tige frutescente, très rameuse, un peu cotonneuse, haute de 2 à
3 mètres. Vivace.

Originaire des îles de la Grèce, cet arbrisseau est cultivé dans beaucoup de jardins. Ses
feuilles sont très reolierohées des bestiaux. Suivant M. Amoreux, qui en a préconisé la culture,
cette espèce ne serait autre que le fameux
Cytise des anciens, dont les agronomes latins, et plus
particulièrement Pline (XIII, 24), ont vanté les qualités pour la nourriture du cheval et des
autres animaux domestiques. En France, on ne pourrait la cultiver que sur les bords de la Médi-
terranée, où elle donnerait, suivant M. Amoreux, des résultats très avantageux. Là, elle peut
endurer la rigueur de l'hiver sans perdre ses feuilles. On la sème en ligne, au mois de mai, et
dès l'automne elle donne une première coupe. On récolte ses rameaux à la faucille et aux ciseaux.
Elle dure plus qu'auoune plante
à fourrage, et reprend avec facilité par bouture, ce qui constitue
uu excellent moyen de la multiplier et d'en avoir promptement des produits.

-ocr page 127-

légumineuses. _ 111

LUZERNE CULTIVÉE, — M. SATIVA L.

Noms vulgaires. — Foin de Bourgogne, Trèfle de Bourgogne, Grande Luzerne, Sainfoin (dans le Midi),
Lauserte, Auserda ou Aserdo (dans le Roussillon).

Fleurs violettes ou bleuâtres, en grappes oblongues, portées sur des pédoncules axillaires,
plus longs 'que les feuilles. — Gousse glabre ou pubescente, ridée, étroite, contournée en une
spirale de 2 ou 3 tours au plus, laissant une ouverture circulaire au centre, renfermant plu-
sieurs graines réniformes et jaunâtres. — Feuilles nombreuses, à folioles ovales, lancéolées,
mucronées au sommet et garnies de quelques poils. — Stipules lancéolées, aouminées, entières ou
dentées. —· Tiges glabres, fermes, rameuses, anguleuses, dressées, s'élevant jusqu'à 8 ou
10 décimètres. — Racine pivotante, épaisse, très longue. —· Vivace. — Fleurit de mai à
septembre.

Originaire cles régions méridionales, la Luzerne vient naturellement, en
France, dans les prés, dans les champs, dans les fissures des murailles et
dans beaucoup de lieux arides. Très recherchée des animaux , elle constitue
l'une de nos principales plantes fourragères, que l'on cultive en grand pour la
formation des prairies artificielles permanentes.

Culture de la Luzerne.

Cultivée chez les anciens, qui paraissent l'avoir tirée de la Médie, et des-
quels elle tient le nom de
saint foin ou sainfoin, qu'elle conserve encore dans
beaucoup de localités, la Luzerne a été de tout temps l'une des plantes les plus
appréciées comme fourragères. Olivier de Serres exprime le prix qu'on y atta-
chait autrefois en l'appelant
une des merveilles de noslre mesnage. Aujourd'hui
on la cultive en France et dans la plupart des contrées de l'Europe, et partout
elle tient le premier rang pour la formation des prairies artificielles de longue
durée. Assez précoce pour donner du fourrage vert quinze jours au moins
avant le Trèfle, très productive, extrêmement vivace, grâce à sa forte racine
atteignant parfois une longueur de 3 mètres, et qui, en la soustrayant à
l'influence des grandes sécheresses, peut prolonger sa durée jusqu'à près
de trente ans, tout en empêchant la récolte de faire jamais défaut ; n'épuisant
pas le sol, qu'elle enrichit, au contraire, de ses débris, la Luzerne présente en
effet, on le voit, outre ses vertus alimentaires, des qualités véritablement
excep tionnelles, et qui justifient amplement la place importante qu'elle occupe
dans l'agriculture et l'économie du bétail.

Choix et préparation du terrain. — Dans nos climats tempérés, la Luzerne
peut venir partout ; toutefois , comme en raison de sa précocité elle redoute
les gelées du printemps, et qu'une douce chaleur aidée d'une humidité modé-
rée lui sont nécessaires, elle se trouve toujours mieux dans le Midi que dans
le Nord. C'est pour cette même raison qu'on devra choisir une exposition
méridionale, au soleil, loin des arbres et bien aérée.

Sans être difficile sur le choix du terrain, la Luzerne aime surtout des
sols profonds, substantiels et assez meubles, dans lesquels puisse se dévelop-

-ocr page 128-

légumineuses. 13.")

per sa longue racine, cause de sa prospérité. La plante craint ainsi les sols
sablonneux, caillouteux, arides, les calcaires purs, les fonds froids et compac-
tes où sa racine ne pourrait pénétrer, et où, en restant superficielle, celle-ci
serait plus accessible aux sécheresses, à l'action de l'humidité, et par cela
même exposée à pourrir ou à s'épuiser promptement. Cette racine se déve-
loppe, au contraire, parfaitement dans les terrains argilo-calcaires mêlés de
terre végétale, dans les dépôts limoneux, et surtout quand le sol, sans être
humide, contient cependant assez d'eau pour entretenir la végétation.

Dans tous les cas, avant.d'établir une luzernière, il importe que la terre
soit défoncée, ameublie par de profonds labours et convenablement fumée.
L'engrais employé doit être très exactement incorporé au sol. Pour cela, le
mieux est de préparer celui-ci par une ou plusieurs cultures améliorantes,
telles que celles de la vesce, de la fève, des haricots, des pommes de terre, des
raves, des navets, ou par toute autre récolte sarclée, propre à ameublir, à
nettoyer et à fertiliser le terrain. Si l'on met l'engrais l'année même du semis,
on devra
11e l'employer que suffisamment consommé. Il faudra veiller surtout
à ce qu'il
11e contienne pas de graines des plantes adventices que la Luzerne
redoute beaucoup; c'est dans ce but, notamment, qu'il est essentiel de ne
pas faire usage du fumier qui n'aurait pas éprouvé de fermentation. Si le sol
est trop compacte, on l'amende avec de la chaux ou du plâtre. Pour ces soins
divers, il ne serait point d'une sage économie de s'épargner des frais qui
seront ensuite largement couverts par l'augmentation du produit annuel.

Ensemencement. — L'époque des semailles de la Luzerne varie suivant le
climat. La plante craignant le froid, les gelées tardives de l'hiver, il est
d'usage, dans le Nord, de la semer en mai ou en juin. Dans le Midi 011 peut
la semer en mars et même dès l'automne, si la terre est sèche ; la plante s'y
fortifie pendant l'hiver et pousse au printemps avec plus de vigueur. O11
répand ordinairement la graine, quand
011 sème au printemps, sur orge 011
avoine, qui, étant fauchées, laissent la fourragère seule. Dans les terres sèches
et légères, V. Yvart recommandait de la semer en automne avec de l'escour-
geon ou du seigle. On a conseillé encore de la semer mêlée à d'autres plan-
tes, avec de la graine de trèfle, par exemple. Cette méthode est peu avanta-
geuse. Le trèfle, il est vrai, donne des produits dès la première année, quand
la Luzerne est à peine développée ; mais lorsqu'il disparaît, il laisse des pla-
ces que la Luzerne ne remplit pas toujours et que viennent alors occuper les
plantes parasites.

Il est donc préférable, dans tous les cas, de répandre seule la graine de
Luzerne. On la sème en lignes ou à la volée. Ce dernier mode est le plus
généralement suivi. Il faut semer dru pour étouffer les plantes adventices;
20 à 25 kilog. de graines par hectare suffisent ordinairement pour cela. En
Angleterre,
011 en répand de 18 à 20 kilog. Schwerz conseillait d'aller jus-
qu'à 40 kilog. C'est le meilleur moyen, selon lui, de se dispenser du sarclage
et du hersage. Le semis en lignes, proposé par Tull, avait pour but de rendre

-ocr page 129-

légumineuses. _ 113

faciles les sarclages ; mais le semis à la volée, quand la graine est assez abon-
damment répandue, atteint le même but. Dans les climats septentrionaux,
en Ecosse, en Irlande, on a essayé, pour préserver la plante du froid, de la
semer en lignes, pour pouvoir en novembre la couvrir de terre ; elle passe,
de la sorte, l'hiver à l'abri et au printemps on la découvre. On a essayé
encore de planter la Luzerne, afin d'obtenir, dès la première année de la
plantation, un produit que ne donnerait pas le semis. Gela peut servir pour
regarnir une luzernière, mais ne saurait être l'objet d'une application en
grand.

Quelque procédé d'ensemencement que l'on suive, la graine doit être
choisie jeune, fraîche, lisse, brune, pesante, exempte surtout de toute graine
parasite. La graine récoltée dans le Midi est la meilleure.

Soins de culture. — La Luzerne, herbe très vivace, peut, une fois déve-
loppée, durer longtemps sans beaucoup de soins; mais pour qu'elle prospère
et donne jusqu'à la fin un bon produit, il convient d'y répandre chaque année,
au printemps ou en automne, quelques engrais consommés ou pulvérulents,
des cendres de tourbe ou de houille, de la suie, de la chaux éteinte, de la
marne, du plâtre, mais surtout du plâtre calciné et pulvérisé, qui, dans cer-
tains terrains, agit sur la Luzerne aussi bien que sur le Trèfle. Ces engrais,
indispensables pour préparer le sol de la luzernière, le sont moins, il est vrai,
quand la plante est développée, la racine allant alors profondément chercher
la nourriture de la plante ; mais ils sont utiles toujours pour en activer la
végétation et accroître la masse du fourrage. On commence à les répandre vers
la troisième ou la quatrième année, et l'on ne doit, en ce cas, jamais craindre
l'excès ni la verse qui pourrait en résulter, car si la prairie pousse trop dru,
on peut la faucher jeune, outre l'avantage que l'on a ainsi de la mieux sous-
traire à l'invasion des mauvaises plantes, en empêchant la formation des clai-
rières. Lorsque celles-ci se montrent trop nombreuses ou trop larges, il faut
les regarnir en y semant quelques graines ou en repiquant quelques pieds
retirés des endroits trop touffus.

L'irrigation, jointe à l'emploi des engrais, est un moyen très efficace
d'augmenter le produit d'une luzernière, de multiplier les coupes, surtout
si l'on est secondé par l'influence de la chaleur. Dans nos contrées tempé-
rées, c'est surtout de sa première à sa troisième année que la Luzerne a
besoin d'être arrosée ; plus tard, ses racines pénétrant à une grande profon-
deur, elle résiste mieux aux chaleurs, mais elle donne moins de produits.

En même temps, on devra attentivement veiller, afin de combattre l'en-
vahissement des mauvaises plantes et des insectes qui attaquent la prairie.
Pour cela, les anciens, ainsi que nous l'apprend Pline, avaient recours au
sarclage. De nos jours, on se débarrasse des mauvaises plantes en les fau-
chant avec la Luzerne, si elles sont annuelles, et en les arrachant, si elles
sont vivaces. On obtient le même résultat, quand la plante est bien enracinée,
en passant la herse, à plusieurs reprises et en divers sens, à la fin de l'au-

8

-ocr page 130-

légumineuses. 13.")

tomne et après la dernière coupe. On répète, au printemps, cette opération
qui, de plus, offre l'avantage d'ameublir la terre et d'activer la végétation,
sans que la Luzerne, vu la profondeur de sa racine, ait à en souffrir.

De ces plantes parasites la plus à redouter, pour la Luzerne, est la cus-
cute,
à cause surtout de sa rapide extension, du nombre de ses filaments qui
finissent par étouffer la plante. Pour s'en préserver, la première chose est
d'éviter de faire usage de semences provenant des luzernières infectées. Si
la plante parasite apparaît dans la prairie, il faut trancher jusqu'au collet,
avant que la cuscute soit en graine, tous les pieds de Luzerne affectés, puis
enlever du champ toutes les portions de tiges coupées, et ressemer les endroits
dégarnis. On a proposé encore de tuer la cuscute par les amendements caus-
tiques, tels que la chaux vive, le feu, employés immédiatement après la
récolte. Mais ces moyens restent souvent sans efficacité. On n'a plus alors
d'autre ressource que de rompre la luzernière.

La Luzerne est exposée encore aux attaques d'une espèce de champignon
souterrain, le
Rhizoctone, observé surtout dans le Midi et signalé pour la
première fois par M. de Dombasle. On ne connaît aucun moyen d'en préve-
nir l'invasion; on en limite l'envahissement par un fossé assez profond
creusé autour de la partie infestée, sur laquelle on rejette la terre extraite.

Quant aux divers insectes qui attaquent la Luzerne, outre les moyens
spéciaux préconisés pour les détruire, on parvient, en général, sinon à les
faire disparaître, mais au moins à eu limiter les ravages, en fauchant la plante
dès qu'on s'aperçoit qu'ils menacent de se multiplier. Dans le Nord, le plus
commun est, le
hanneton, qui se montre surtout dans les luzernières fréquen-
tées par les bœufs et les vaches, parce qu'il se niche dans les excréments de
ces animaux et y dépose ses œufs. On reconnaît la présence de sa larve en
voyant les pieds de Luzerne se flétrir. Le plus sûr moyen d'en prévenir les
atteintes est d'éviter le séjour des bêtes à cornes dans les Luzernes.

Dans le Midi, on redoute plus spécialement le Négril (Colaspis atra Oliv.)
sur les mœurs et les ravages duquel nous aurons plus tard à revenir, en
étudiant les divers insectes nuisibles aux plantes fourragères.

Un autre danger auquel est exposée la Luzerne est la gelée clu printemps,
qui est surtout à craindre quand le sol est humide et quand la pureté du
ciel favorise le rayonnement nocturne du calorique. Si le soleil vient alors
frapper la plante, elle est grillée et perdue. Pour la sauver, le plus sûr est
de faucher promptement les tiges frappées, en ayant soin, toutefois, d'at-
tendre qu'elles soient dégelées, l'observation ayant appris que les pieds que
l'on mutile dans l'état de congélation périssent.

Récolte. Fanage. Produits. — A moins de circonstances exceptionnelles,
telles que l'imminence de la gelée, la présence de parasites, etc., il con-
vient d'attendre, pour faucher la Luzerne, qu'elle soit en pleine floraison.
Plus tôt, elle serait trop aqueuse, peu nourrissante, outre que, par une coupe
prématurée, en forçant la production, on épuise la plante. D'un autre côté,

-ocr page 131-

légumineuses. 115

si on la fauche trop tard, la Luzerne se fatigue par le travail de la matura-
tion, et l'on n'a qu'un fourrage dur, ligneux et difficile à digérer. Quelque-
fois, il convient de faucher dès que les premières fleurs commencent à paraî-
tre; on agit ainsi quand, après une sécheresse, on voit les feuilles du bas de
la tige jaunir et tomber. En ce cas, les pieds repoussant de nouveaux jets
au lieu de croître en hauteur, si l'on retardait trop le fauchage, l'on n'au-
rait plus qu'un fourrage mêlé de tiges dures et de pousses trop tendres qui,
se desséchant inégalement, serait de moins bonne qualité, sans compter
ce que l'on perdrait sur la coupe suivante.

Quoique moins difficile que celui du trèfle, le fanage de la Luzerne
exige, pour être bien exécuté, les mêmes précautions, la plante perdant
aisément ses feuilles et moisissant avec assez de promptitude, surtout si
elle a été mouillée après être tombée sous la faux. Quand elle est bien
sèche, on la serre en grenier, en la stratifiant autant que possible avec la
paille, afin de l'empêcher de s'échauffer et de fermenter, ce qui, en même
temps, donne à la paille un goût agréable qui plaît à tous les bestiaux.

La Luzerne donne des récoltes extrêmement abondantes. C'est de toutes
les plantes fourragères la plus productive. Elle fournit chaque année plu-
sieurs coupes, d'autant plus multipliées et plus considérables que le terrain
est meilleur, mieux fumé, qu'une certaine humidité, jointe à une tempéra-
ture élevée, favorise la végétation de la plante.

On commence à la faucher dès la seconde année, et souvent on en obtient
déjà deux belles coupes. La troisième année, elle atteint son maximum et
peut en fournir trois, même quatre. Sous un climat chaud, si les conditions
générales sont favorables, on peut aller à cinq et même au-delà. C'est le nom-
bre auquel on arrive habituellement en Algérie, où la culture de cette plante
commence à prendre de l'extension. En Italie, en Espagne, on a pu, en cer-
tains cas, faire jusqu'à dix, douze, quatorze coupes; une production aussi
excessive, à la vérité, épuise vite la plante ; mais elle donne au moins la preuve
de l'extraordinaire puissance de végétation de cette espèce.

En France, dans le midi, on dépasse rarement cinq coupes; et ce nom-
bre va en diminuant à mesure qu'on se rapproche du nord. Le produit
total, qu'on peut calculer sur une moyenne de trois coupes, offre, d'ailleurs,
de grandes variations; on l'a évalué de 10 à 25,000 kilog. de fourrage vert et
à 6 à 10,000 kilog. de fourrage sec, par hectare.

La Luzerne donne, en outre, sa graine, que l'on récolte principalement
dans le Midi, et sur les prairies qui, ayant plusieurs années d'existence, ont
plus de vigueur pour la faire mûrir. Comme cette production est épuisante,
il est même bon d'attendre que la prairie soit à la fin de sa carrière. 11 ne
faut d'ailleurs demander la graine qu'à la seconde coupe de l'année, la pre-
mière, trop vigoureuse, étant exposée à verser et à pourrir avant de grainer,
et. pouvant, de plus, renfermer des semences nuisibles.

Durée, rupture de la prairie. — Une luzernière, nous l'avons dit, peut

-ocr page 132-

légumineuses. 13.")

durer très longtemps, douze, quinze ans, si le sol lui convient ; elle peut
même donner de bons produits pendant vingt-cinq ou trente ans, sans exiger
d'autres soins qu'un peu de fumier et quelques hersages. Elle périt, au con-
traire, beaucoup plus tôt, ne dépasse pas cinq ou six ans, si elle est en mau-
vais terrain et mal soignée. Il est peu avantageux, en général, de la garder
un temps trop long; une durée de quatre à six ou dix ans, selon les loca-
lités, paraît la plus convenable pour en obtenir un bon rendement.

Il ne faut pas attendre, d'ailleurs, pour remplacer la luzernière, qu'elle
soit tout à fait épuisée, ce qui l'expose à donner accès à de nombreuses
plantes parasites qui diminuent son produit tout en affamant la terre.
Le cultivateur habitué à observer saisit facilement les signes de cette
décrépitude de la plante ; elle pousse des tiges moins hautes, moins tendres,
moins succulentes ; le collet s'élève au-dessus du sol, prend une texture
presque ligneuse ; la prairie se dégarnit partiellement, laissant vicies des
espaces irréguliers plus ou moins étendus. Quand, à ces changements,
s'ajoute l'apparition, au milieu des vides de.la luzernière, de quelques plantes
adventices, telles que les bromes, l'agrostide commune, la chicorée sauvage,
le pissenlit, les mousses, la folle-avoine, etc., il n'y a pas à hésiter, il faut
rompre la prairie, après avoir préparé une pièce de terre pour un nouvel
ensemencement, afin de ne pas compromettre la nourriture de son bétail.

Après elle, la luzernière laisse un sol fécond, dans lequel les racines, en
se transformant peu à peu en engrais végétal, entretiennent longtemps la
fertilité, surtout si on ne se hâte pas de l'affaiblir par des cultures épuisan-
tes. On estime que l'engrais restant au sol, quand 011 rompt une luzernière
bien entretenue, équivaut à vingt-cinq ou trente charges de fumier, qui vien-
nent compenser l'intérêt des frais d'établissement.

Il importe, pour la Luzerne comme pour les autres végétaux, quand elle
a été défrichée, de ne point la faire revenir trop tôt sur le terrain où elle a
été cultivée. On admet généralement que, pour rétablir la fécondité de cou-
ches profondes, il faut au moins laisser s'écouler, avant de faire reparaître la
plante sur un champ, un temps égal à celui de sa durée. Quand 011 veut
reconstituer la luzernière, il convient, d'ailleurs, d'user, pour la préparation
du sol, des mêmes précautions que pour le premier établissement, et de ne
pas la semer, comme on le fait trop souvent, quand la terre cesse de donner
d'autres produits. En soumettant à l'écobuage une luzernière rompue, on
peut avancer de quelques années l'époque de son rétablissement. Une cul-
ture suivie du chanvre, en nettoyant bien le terrain, peut encore en faciliter
le retour.

Usages alimentaires de la Luzerne cultivée.

La Luzerne constitue pour les herbivores domestiques un aliment pré-
cieux que tous recherchent, bien qu'il paraisse, en général, mieux conve-
nir aux bêtes à corne qu'aux autres bestiaux. Elle peut être consommée sur

-ocr page 133-

légumineuses. _ 117

pied ou à l'étable. Mais on la donne rarement en pâturage, ce mode de con-
sommation exposant les animaux à la météorisation, tout en nuisant à la
plante, qui souffre du piétinement, de l'action de la dent et des insectes que
les excréments attirent. Mieux vaut la donner au râtelier, où elle peut être
prise en vert ou en sec.

La Luzerne verte donne beaucoup de lait aux vaches ; mais la crème et
le beurre des bûtes qui s'en nourrissent, quand la plante est trop jeune, con-
tractent quelquefois un goût désagréable. On fait manger encore la Luzerne
verte aux animaux d'engrais et même aux bêtes de travail. Mais il faut évi-
ter cle la donner avec excès, par crainte des indigestions, de la pléthore, etc.,
qu'elle peut occasionner.

Sèche, elle est très nourrissante, bien qu'un peu dure, et convient aux
mêmes bestiaux que la Luzerne verte. On doit la donner d'ailleurs avec non
moins de précautions, et seulement quand elle a resué, car, lorsqu'elle est
nouvelle, elle échauffe, occasionne la constipation, et expose davantage les
bêtes au météorisme. Sous cette forme, elle supplée avantageusement le foin
des prairies naturelles ; le mieux, cependant, est de la donner mélangée avec
ce dernier fourrage.

La Luzerne de la première coupe est la plus nutritive ; les fleurs et les
sommités fleuries en sont avidement recherchées. Celle de la deuxième coupe,
moins estimée, n'entre dans les distributions, pour les chevaux de l'armée,
que dans la proportion de un tiers sur deux de la première coupe.

On a encore utilisé, pour l'alimentation du bétail, les racines de la
Luzerne ; il suffit, pour cela, d'arracher chaque jour la quantité de ces raci-
nes que l'on veut faire consommer, de les laver soigneusement après les avoir
fait tremper dans l'eau, puis de les diviser au hache-padle. On peut faire
entrer ces racines à la dose de 3 à 4 kilog. dans la ration journalière des
bêtes à corne, qui paraissent s'en bien trouver. C'est un moyen à la fois d'uti-
liser plus complètement les débris d'une luzernière rompue et d'accroître,
dans une année de disette, sa provision de fourrages.

Variété de la Luzerne cultivée.

On connaît, sous le nom de Luzerne jaune, Luzerne intermédiaire,
M. média Pers., Luzerne rustique, M. rustica Vilm., une variété intéressante
de la Luzerne commune, que quelques auteurs ont considérée comme le type
primitif de l'espèce, et dans laquelle d'autres ont vu, à tort, une hybride de
cette dernière et de la Luzerne faucille. Elle se caractérise : par ses fleurs, en
grappes courtes, d'abord jaunes pâles, puis verdâtres et ensuite violettes ; par
sa gousse contournée en une seule spire, c'est-à-dire formant un tour de moins
que celle de l'espèce type ; par ses tiges couchées à la base, puis ascendantes,
pouvant atteindre, d'après M, de Vilmorin, plus de 1 mètre de longueur.

Originaire de la Suisse et du Tyrol et très commune dans le midi de la
France, cette variété est aujourd'hui cultivée en Alsace et dans diverses par-

-ocr page 134-

légumineuses. 13.")

ties de l'Allemagne, où elle s'est répandue surtout depuis 1850. Elle donne
nn bon fourrage, estimé à l'égal des meilleurs trèfles, mais qui durcit assez
vite. Son principal avantage est de croître dans tous les terrains, même dans
ceux où la variété ordinaire ne vient point, par exemple dans les sols sablon-
neux. Elle est plus tardive que celle-ci, dure longtemps, supporte très bieu
le mélange d'autres fourrages, des graminées notamment, et peut être, sans
danger, pâturée parles moutons. Elle donne, en deux coupes, de 9 à 12,000 kil.
de fourrage sec.

Luzerne orbiculaire, M. orbicularis All.

Fleurs jaunes, petites, au nombre de 2.3 au sommet de pédoncules axillaires, plus courts
que les feuilles. Gousse discoïde
k 3.5 spires inégales, serrées les unes contre les autres, sans
ouverture au centre. Feuilles à folioles cunéiformes ou obovales , mucronées, denticulées au som-
met. Stipules laciniées. Tige rampante ou dressée, de 2 à 4 décimètres.

Se trouve dans les lieux incultes, parmi les moissons de presque toute la France, mais prin-
cipalement dans les provinces méridionales. Est mangée par tous les bestiaux; forme une bonne
plante de pâturages.

Luzerne a écusson , M. scutellata All.

Fleurs jaunes, au nombre de 1.3 sur un pédoncule plus court que la feuille. Gousse presque
globuleuse, il 5.6 spires. Stipules dentées. Tige velue, de 2 à 4 décimètres.

Vient spontanément sur les bords de la Méditerranée.

Luzerne en toupie , M. turbinata All.

Fleurs jaunes, au nombre de 1.2 sur un pédoncule aussi long que la feuille. Gousse ovoïde
à 6.8 spires, très serrées. Stipules dentées. Tiges couchées, de 1 à 2 décimètres.

Vient dans les mêmes lieux que la précédente.

Luzerne contournée, M. tornata Willd.

Fleurs jaunes sur un pédoncule égalant la feuille. Gousse cylindrique à 5.6 spires égales se
dirigeant h, gauche. Stipules profondément dentées. Taille de 2 à 3 décimètres.

Mêmes lieux que les précédentes.

Luzerne naine, M. minima L.

Fleurs jaunes, très petites, au nombre de 3.5, portées sur des pédoncules filiformes. Gousse
globuleuse, petite, à 4.5 spires rapprochées, portant sur les bords deux rangées d'épines
égèrement orocimes. Feuilles il folioles cunéiformes, dentées légèrement au sommet, pubescentes.
Stipules entières. Tige pubescente, ascendante ou dressée, haute de 1.3 déoimètres.

Cette petite espèce est très commune dans les lieux secs et arides de presque toute la France.
Bonne pour les bestiaux qui la mangent, mais ne la recherchent point, surtout quand elle est mûre,
à oause des épines de sa gousse et du peu de saveur de sa tige qui, bieu que petite, durcit très
facilement. La plante d'ailleurs n'a que peu de durée. Ainsi, souvent, en six semaines, elle a
accompli toutes les phases de sa végétation, et ne peut, par suite. constituer qu'une très faible
ressource alimentaire.

Luzerne de Gérard, M. Gerardi Willd.

Fleurs jaunes, petites, au nombre de 2.4. Gousse ovoïde, à 4.6 tours de spire, bordés cha-
cun d'un double rang d'épines, courtes, coniques. Feuilles à folioles cunéiformes, denticulées.
Stipules laciniées. Tige étalée ou ascendante, de 1 à 3 décimètres.

Vient dans les pelouses sèolies, dans les terrains sablonneux et calcaires.

Luzerne ciliée, M. ciliaris Willd.

Fleurs simples ou doubles sur des pédoncules aristés. Gousse ovoïde, pubescente, à 6.8 spires,

-ocr page 135-

légumineuses. _ 119

portant des épines nombreuses, longues , étalées et entrecroisées. Stipules dentées. Taille de 2 à
4 décimètres.

Croît dans les champs du Midi, sur les gazons des Pyrénées. Ainsi que la précédente, elle
plaît au bétail, mais de même aussi elle produit très peu.

Luzerne tachée, M. macxQatn Willd.

Maillet tes.

Fleurs d'un beau jaune au nombre de 2.5, sur un pédoncule plus court que la feuille.
Gousse presque globuleuse, un peu déprimée, à 4.5 spires à épines arquées, divergentes. Feuilles
il folioles obcordées, dentées, marquées souvent d'une large tache noire ou brune. Stipules
dentées. Tiges anguleuses , couchées, diffuses , de 3 à 6 décimètres.

Cette espèce, très précoce, et commune dans toute la France, se trouve principalement dans
les prés humides, où elle forme de larges touffes qui se développent parfaitement à l'ombre des
graminées et presque dans l'eau. Elle se ressème d'elle-même et produit un excellent fourrage,
avidement recherché de tous les bestiaux. Sa culture pourrait être avantageuse dans les terrains
humides, où les autres Luzernes refusent de végéter. Il faudrait la semer on automne et elle pour-
rait être exploitée au printemps suivant. Elle produirait plus que la Lupuline.

Luzerne bardane, M. lappacea Lm.

Fleurs jaunes, au nombre de 2.5, sur des pédoncules égalant la feuille. Gousse volumineuse,
ovoïde, à 3.5 spires, pourvues d'épines divergentes, allongées et crochues. Feuilles à folioles obcor-
dées. Stipules laciniées. Tiges de 2 à 5 décimètres.

Luzerne précoce, M. prxcox DC.

Pédoncule plus court que la feuille. Gousse glabre, à 3.4 spires, garnies d'épines divariquées.
Stipules laciniées.

Luzerne a cinq tours , M. penlacycla DC.

Gousse ix 5 spires décroissantes, à épines fortes, crochues, étalées.

Luzerne trépan, M. terebellvm Willd.

Gousse tronquée aux deux extrémités, à épines courtes.

Luzerne laciniée, M. laciniata All.

Fleurs au nombre de 1.2 plus longues que la feuille. Gousse à 4.5 spires décroissant aux
extrémités, ii épines longues, divergentes. Feuilles à folioles et stipules laciniées.

Cette espèce, ainsi que les précédentes, vient principalement dans les régions méridionales.
Toutes peuvent également servir de pâture aux bestiaux, qui les mangent volontiers.

Luzerne a pointes, M. apiculata Willd.

Fleurs jaunes, réunies en grappes an nombre de 3.8. Gousse presque globuleuse, un peu
déprimée, à 2.3 spires, munies de petites épines courtes, droites et divergentes. Feuilles il folioles
obovales, à peine denticulées. Stipules laciniées. Tige de 2 à 5 décimètres.

Croît spontanément dans les moissons, les champs en friche, les terrains sees et arides, et
résiste aux longues sécheresses.

Luzerne denticulée, M. denticulata Willd.

Gousse à épines saillantes, longues et recourbées au sommet. = Se trouve dans les mêmes
lieux que la précédente. Les animaux la mangent de même avec plaisir.

Luzerne striée, M. striata DC.

Fleurs au nombre de 4.6, sur un pédoncule plus long que la feuille. Gousse munie de pointes
courtes. Tige anguleuse, couchée, de 2 à 4 décimètres. = Vient sur les sables des bords de l'Océan.

-ocr page 136-

légumineuses. 13.")

Luzerne en disque, M. disciformis DG.

Fleurs au nombre de 2,4. Gousse nue à la spire supérieure, pourvue à la face inférieure de
longues épines crochues. = Vient dans les provinces méridionales.

Luzerne marine , M. marina L.

Fleurs grandes, d'un jaune vif, au nombre de 6.12, sur un pédoncule égal à la feuille.
Gousse à 2 ou 5 spires, à épines courtes, quelquefois tuberculeuse. Feuilles à folioles cunéiformes
entières, couvertes d'un duvet blanc. Stipules entières. Tiges blanches et tomenteuses, rampantes,
longues.

Vient dans les sables de la Méditerranée et de l'Océan, où ollo peut acquérir un grand déve-
loppement. Pourrait être cultivée dans les terrains pauvres, d'autant mieux qu'elle est fort recher-
chée des moutons et des chevaux.

Luzerne couronnée, M. coronata Lm.

Fleurs très petites, au nombre de 8.15 , portées sur un pédoncule très grêle, beaucoup plus
long que la feuille. Gousse très petite, à 1.2 spires. bordées d'épines en couronne. Stipules den-
tées à la base. Tiges filiformes, de 1 à 2 décimètres.

Cette petite espèce croît dans le Midi et produit peu.

Luzerne hérisson, M. echinus DC.

Fleurs multiples sur des pédoncules plus courts que la feuille. Gousse cylindrique à 5.6 spi-
res, très lâches, à deux rangs d'épines très grêles. Stipules fortement dentées. Plante glabre, de
3 à 5 décimètres. = Vient dans les régions maritimes du Midi.

Luzerne chausse-trape , M. tribuloïdes Lm.

Fleurs portées sur un pédoncule plus court que la feuille. Gousse oylindrique à 3.5 spires
égales,
épines divergentes. Folioles obovées, cunéiformes. Stipules laciniées.

Vient dans diverses régions du Midi.

Luzerne en cylindre, M. cylindracea DG.

Fleurs au nombre de 4.6 sur un pédoncule aussi long que la feuille. Gousse cylindrique à
5.6 spires serrées. Folioles grandes, rhomboïdales. Stipules laciniées. Plante velue, de 3 à 6 dé-
cimètres. — Se trouve plus communément en Corse.

Luzerne hérissée, M. muricata Benth.

Fleurs simples ou doubles, sur un pédoncule plus long que la fouille. Gousse convexe à la base
et au sommet, à 7.8 spires à bords armés d'épines étalées. Stipules dentées. Tige velue , de 1 à
3 décimètres. = Vient dans les champs cultivés du Midi.

Luzerne des rivages, M. littoralis DG.

Fleurs portées par un pédonoule plus long que la feuille. Gousse plane, à 3.5 spires égales,
garnies d'épines étalées. Tiges couohécs, de 1 à 2 décimètres.

Commune sur les sables de la Provence.

Luzerne tuberculée, M. tubcrculata Willd.

Fleurs au nombre de 2.6 sur un pédoncule aristé aussi long que la feuille. Gousse plane à
la base, convexe au sommet, à 4.5 spires à bords tuberculeux. Tiges anguleuses, pubesoentes, de
2.4 déoimètres. = Croît en Corse et dans les provinces méridionales de là Franoe.

Luzerne écourtée, M. truncatulata G/ertn.

Fleurs sur un pédoncule plus court que la feuille. Gousse plane à 3.5 spires égales, garnies
d'épines courtes appliquées sur les tours de spire voisins.

Vient dans les mêmes lieux que l'espèce précédente. — Ces dernières espèces, toutes origi-
naires du Midi, sont, les unes et les autres, sans importance comme plantes fourragères.

-ocr page 137-

légumineuses. _ 121

Genre HARICOT. — PHASEOLUS L.

Fleurs on grappes, bractéolées, portées sur des pédoncules axillaires; — calice bilabié, la lèvre
supérieure entière ou dentée, l'inférieure à 3 dents ; ·—
corolle il étendard redressé, il carène con-
tournée en spirales avec les étamines et le style; —
gousse pondante, oblonguo, bosselée, à doux
valves, contenant plusieurs graines séparées par des saillies celluleuses ; —
feuilles à trois folioles
très grandes, articulées. — Plantes annuelles, herbacées.

Ce genre fournit plusieurs espèces, cultivées pour la nourriture de
l'homme, et dont la culture a multiplié les variétés.

Haricot commun , P. vulgaris L.

Fleurs blanches , jaunâtres ou violacées. Calice à lèvre supérieure bidontée. Gousse presque
droite. Graines volumineuses, oblongues, de couleur variable. Feuilles
à folioles irrégulièrement
ovales, la moyenne plus longuement pétiolulée. Tige longue, volubile, grimpante.

Originaire de l'Inde, et depuis longtemps naturalisée en Europe, cette espèce est cultivée dans
les jardins potagers pour sa graine, après la récolte de laquelle il ne reste que dos valves et des
tiges, peu recherchées des animaux.

Les autres espèces cultivées sont : le Haricot multiflore, P. multiflorus Lm., à fleurs d'un
rouge vif, et le
Haricot nain , P. nanus L.

Les horticulteurs divisent ces diverses espèces et leurs variétés eu deux groupes principaux :
les Haricots
grimpants ou d rames, cultivés dans les jardins , et les Haricots nains ou non à rames,
que l'on sème ordinairement dans les champs. Ni les unes, ni les autres, ne sont fourragères.

LOTUS L

CoKNicur.ATCs

L.

¥

Uliginosus SciA.

Dccumbens

Go.

¥

Angustissimus

I|,

©

llispidut

Dr.

©

Parvi floras

Dr.

®

E du i. is

I,.

©

A riitalu*

DC.

©

Ornilhnpodioidçs

L.

©

Cytisaidcs

DC.

'H-

Crclicus

l.

V

Hirtnlus

l.

5

Rectus

l.

Ô

Genre LOTIER.

Fleurs jaunes ou rougeâtres, devenant vertes par la dessiccation, solitaires ou géminées, plus
souvent réunies en capitules, au sommet do pédoncules axillaires. —
calice tubuleux, à 5 divisions ;
corolle à étendard et ailes de même longueur, rapprochées au sommet; — étamines à filets iné-
gaux, les plus longs très élargis; —
gousse allongée, droite, cylindrique ou anguleuse, à 2 valves
qui se tordent sur elles-mêmes après la déhiseence, polyspermo ; —
graines séparées par du
tissu cellulaire, formant des cloisons transversales ; —
feuilles trifoliolées, à folioles entières ; —
stipules libres, foliacés.

Ce genre renferme plusieurs espèces herbacées, la plupart méridionales,
qui viennent spontanément dans les prairies et les pâturages, où elles s'allient
aux graminées et forment une nourriture saine, que recherchent les animaux,
et dont plusieurs pourraient être cultivées en grand. Le tableau suivant fait
connaître, avec leurs caractères distinctifs, l'ensemble de nos espèces indigènes :

ίί Pédoncule l

à8.12 fleurs f

■ ■

Pédoncule
uiumuuiu i i h. 2.6 fleurs

I

\ Gousse gonflée et arquée
Pédoncule uniflore....,..........

' Fleurs jaunes,
carène relevée
en bec

genre

LOTUS*)

Dents latérales (Gousse comprimée, bosselée.,
du calice !

plus courtes ( Gousse cylindrique.
Fleurs blanches, carène brune pourprée et obtuse...

-ocr page 138-

légumineuses. 13.")

LOTIER CORNICULÉ. — L. CORNICULATUS L.

Noms vulgaires. — Lotier d'Allemagnef L. des prés. Trèfle cornu, Trèfle jaune} Pois jolif
Pied-d'oiseau, Pied-de-Pigeon, Pied-du-Bon-ûieu, Petit sabot de la mariée.

Fleurs d'un beau jaune, quelquefois rougeâtres à l'extérieur, réunies au nombre de 8.10, en
capitules ombelliforincs, à l'extrémité de pédoncules axillaires plus longs que la feuille. — Calice
velu, hérissé, à dents triangulaires à la base, plus courtes que le tube. — Corolle avec ailes à
limbe élargi, prolongé à la base. — Caréné courbée vers son milieu. — Gousse cylindrique,
grêle, étalée. — Feuilles à folioles ovales ou ohovales, plus pfiles en dessous. — Stipules ovales,
un peu cordées à la baso. — Tiges grêles, rameuses, droites et grimpantes ou rampantes, pou-
vant atteindre 4 à il décimètres. — Espèce herbacée, vivace. — Floraison de mai à octobre.

Commune dans les diverses régions de la France, cette plante croît assez
abondamment dans les bois, les prés, les pâturages, ainsi que dans les lieux
humides. Elle vient également bien sur les terrains secs, et ne cesse, pendant
les plus fortes chaleurs, de végéter et de donner des fleurs. Elle est très rus-
tique et résiste également au froid, aux grandes sécheresses et aux inonda-
tions (V. Yvart).

Très recherché des bestiaux, et surtout des chevaux, le Lotier forme un
excellent fourrage. Il constitue, notamment, une bonne plante de pâturage,
que l'on trouve dans les meilleurs près de la Normandie, de la Flandre, de la
Belgique, de l'Allemagne et de la Lombardie. Dans quelques contrées de
l'Angleterre, on le cultive même pour la nourriture des moutons. Facile à
dessécher, le Lotier donne, en outre, un excellent foin.

A tous les titres, il mérite d'être rangé dans les bonnes espèces fourra-
gères. Malheureusement, sa graine peu abondante et difficile à récolter em-
pêche sa culture de se répandre. Toutefois, si on ne peut, économiquement,
le cultiver seul, il est toujours avantageux de mêler sa graine, en petites
quantités, à d'autres graines fourragères, dont il améliore et augmente les
produits ; ainsi, en le mêlant, soit aux graines destinées aux terrains secs et
sablonneux, soit à la Lupuline, au Trèfle ou à quelques graminées destinées
aux lieux humides, il contribue à former de bons prés.

Facile modifier par la culture, le Lotier corniculé forme un assez grand
nombre de variétés que l'on peut grouper en deux races principales : la pre-
mière vient dans les prés secs et découverts et dans ceux que l'on arrose ; elle
se mêle alors aux plantes fourragères, au-dessous desquelles elle se tient, en
rampant à la surface du sol, où elle peut parfois atteindre la taille de 1 mètre.

La deuxième, moins développée, habite surtout les prés humides et ma-
récageux. On en a fait plusieurs espèces particulières : le
Lotier grêle ,
L. tenuis Kit.; L. tenuifolms Reichb., se distinguant du type par ses folioles et
ses stipules plus étroites, lancéolées, ses tiges plus menues, qui ne dépassent
pas 3 ou 4 décimètres, espèce qui souvent s'élève beaucoup dans les prai-
ries humides ou soumises à l'irrigation ; le
Lotier velu , L. villosus Thuil.,
caractérisé par les poils qui recouvrent toute la plante.

-ocr page 139-

légumineuses. _ 123

Ces variétés possèdent les propriétés économiques de l'espèce type, et
sont, toutes, sans exception, recherchées des bestiaux, auxquels elles fournis-
sent une nourriture excellente, en vert ou en sec.

Lotier des marais, L. uliginosus Schk.; L. major Smith.

Fleurs au nombre de 8 à 12, disposées presque en verticille. Calice à dents linéaires, réflé-
chies. Corolle à ailes arrondies, avec limbe non prolongé et carSne courbée dès la base. Feuilles à
folioles obovales-oblongues, les supérieures aiguës, glauques en dessous, ciliées. Tige toujours
dressée, haute de 4 à 8 décimètres. Racine formant une souche longue, rampante, stoloniffere.
Floraison de juin à septembre.

Cette espèce, pins élevée, et, en outre, plus fourragère, donne plus de graines que le Lotier
corniculé. Elle vient dans les terrains plus humides. C'est une des rares plantes qui croissent bien
sur un sol marécageux. Ainsi, on la voit souvent apparaître spontanément dans les lieux qui ont
longtemps été sous l'eau, comme dans les étangs que l'on dessèche pour les mettre en culture.
Cette propriété, que le Lotier des marais partage avec le Trèfle blanc, rend ces espèces précieuses
à cultiver dans les localités semblables. Semé dans un sol tourbeux, riche en humus, mêlé à quel-
ques graminées aquatiques, telles que le
poa aquatica, le fesluca fluitans, le Lotier des marais
forme d'excellentes prairies qui, dès la première année, donnent une très belle récolte, devenant
plus abondante encore les années suivantes (Sprengel). Il pourrait encore être utilement employé,
mais non seul, dans les mélanges destinés à former dos prairies naturelles.

On sème ce Lotier en mars et avril, à raison do 8 à 15 lrilog. par hectare. Quoique vivace,
étant bientôt chassé, des lieux humides où il croît naturellement, par les graminées qui envahis-
sent le sol, sa durée, en général, n'excède guère deux ans. Sa graine, plus abondante que celle
de l'espèce précédente, est facile à extraire de la gousse; il suffit de battre la plante au fléau.

Très recherché des animaux , le Lotier des marais passe pour donner aux vaches un beurre
excellent et d'une belle couleur jaune. Il jouit, d'ailleurs, de toutes les qualités alimentaires des
autres espèces du genre.

Lotier couché , L. decwrnbens Poir.

Fleurs au nombre de 2.5 seulement. Calice à dents linéaires , rapprochées. Tiges grêles,
flcxueuses, rampantes. Vivace.

Cette espèce, très voisine de la précédente, se rencontre en Provence , sur les bords de la
Méditerranée, autour des marais salants.

Lotier a tiges grêles, L. angustissimus L. ; L. diffusus Smith.

Fleurs au nombre de 1.2 sur un pédoncule filiforme. Calice hérissé, k dents linéaires plus
longues que le tube. Gousse très grêle. Feuilles
k folioles obovales au bas de la plante, lancéolées
dans le haut. Stipules étroites, aiguës. Tiges très grêles, rameuses, do 1 à 3 décimètres. Racine
pivotante. Floraison de mai à septembre.

Vient dans les champs, les prairies, les lieux arides et sablonneux du Midi et de l'Ouest.
Espèce peu importante, que les animaux cependant mangent volontiers.

Lotier hérissé, L. hispidus Df.

Fleurs au nombre de 2.4. Stipules larges et obtuses. Plante couverte de poils mous et blan-
châtres. — Habite les contrées méridionales.

Lotier a petites fleurs, L. parmflorus Df.

Fleurs au nombre de 5.6. Gousse oblongue. Taille de 5 à 15 centimètres. Racine tuberculeuse.

Espèce commune dans les lieux sablonneux, les contrées méridionales de l'Europe et en Afrique.

-ocr page 140-

légumineuses. 13.")

Lotier comestible, L. cdulis L.

Fleurs assez grandes, au nombre de 1.2. Corolle jaune, à carène violette au sommet.
Gousse renflée, épaisse, arquée, avec une rainure profonde à son bord supérieur, à cavité munie
d'une cloison formée par la réflexion des valves. Feuilles à folioles cunéiformes. Stipules obtuses
Tiges tombantes, un peu velues, de 1 à 3 décimètres.

Cette espèce vient spontanément sur le littoral de la Méditerranée. Elle se dessèche bien ,
donne un foin de bonne qualité, que les bestiaux, et surtout les cochons, mangent volontiers. On
la crdtive dans le Midi, comme plante alimentaire, pour ses gousses et ses graines que l'on mange
comme les petits pois.

Lotier barbu , L. aristatus DC.

Fleur simple portée sur un court pédoncule. Gousse cylindrique, très arquée. Stipules plus
grandes que la pétiole. Tigos grêles, de 5 à 15 centimètres. Espèce annuelle.

Se trouve dans le Midi, sur les sables des bords de la Méditerranée.

Lotier pied d'oiseau, L. omithopodioïdes L.

Fleurs simples sur un pédoncule à peine aussi long que la feuille. Gousse comprimée, bosse-
lée, arquée, réfléchie. Graines lenticulaires. Stipules presque orbiculaires, aussi longues que le
pétiole. Tige rameuse, de 1 à 3 décimètres.

• Commune dans les champs cultivés du Midi, cette petite plante donne un fourrage do bonne
qualité, mais peu abondant.

i -

Lotier faux cytise, L. cytisoïdes DG.

Fleurs au nombre de 2.4. Calice blanchâtre. Gousse comprimée, bosselée, droite ou presque
droite. Graines ovoïdes. Stipules aiguë's. Tiges couchées, diffuses, poilues, nues à la base, de
1 à 2 décimètres.

Vient dans les lieux maritimes, en Provence, dans le Roussillon ; se contente des terrains les
plus arides, et vit surtout aux dépens do l'atmosphère, ce qui rendrait sa culture avantageuse
dans les terrains très secs, s'il redoutait moins le froid. Est recherché des chèvres et des moutons.

Lotier de crête, L. creticus L.

Fleurs portées sur un long pédoncule. Gousse cylindrique. Feuilles sessiles ou presque ses-
siles. Tigo à poils appliqués, nue à la base. Taille de 1 à 3 décimètres.

Habite les mômes lieux que la précédente.

Lotier rude , L. hirsutus L.

Fleurs grandes , au nombre de 5.10. Gousse renflée. Stipules plus longues que le pétiole.
Tige ligneuse, à rameaux non anguleux , très velus.

Vient dans les lieux secs. Espèce non fourragère à cause de sa dureté.

Lotier droit, L. rectus L.

Fleurs petites, nombreuses. Gousse cylindrique. Stipules égales au pétiole. Tige ligneuse,

Vient dans les parties humides des contrées méridionales ; n'est point propre non plus , h
cause de sa dureté, h, se transformer en fourrage.

-ocr page 141-

légumineuses. _ 125

Genre TÉTRAGONOLOBE. — TETRAGONOLOBUS Scor.

Fleurs en petit nombre, portées sur des pédoncules axillaires bractéolés ; — corolle !i carène
ascendante, terminée en bec;—
gousse allongée, tétragone, polysperme, munie de 4 ailes longitu-
dinales, membraneuses , s'ouvrant en 2 valves qui se roulent en tire-bouchon; ■—
feuilles trifolio-
lées.

Ce genre ne renferme qu'un petit nombre d'espèces, d'importance secon-
daire et que l'on a longtemps comprises dans le genre précédent.

Tétragonolobe siliqueux, T. siliquosus Roth. ; Lotus siliquosus L.

Fleurs assez grandes, solitaires, d'un jaune pâle ou violacées, portées sur des pédoncules plus
longs que la feuille. Ailes de la gousse peu développées. Feuilles ii folioles obovales, entières.
Stipules libres, embrassantes, aiguës. Tige herbacée, peu rameuse, velue, de 1 il 3 décimètres.
Vivaee. Floraison de mai à juillet,

Vient dans le centre et le midi de la France; se trouve dans les prés humides, au bord dos
eaux. S'étale à la surface du sol et produit pou. Mangée volontiers par les animaux, cotte espèce
est cultivée dans quelques contrées comme fourragère. — Elle offre une variété dont on a fait une
espèce particulière, le
Tétragonot.obe maritime, T. nwritimus DC., qui ne se distingue de l'es-
pèce principale que par sa tig6 glabre , ses feuilles plus épaisses, et que les animaux préfèrent.
Elle peut fournir également ii l'homme, comme comestible, ses siliques et ses graines.

Tétragonolobe rouge, T. purpureus Moench.; Lotus tetragonolobus L.

Lotier cultivé, Lotier rouge.

Fleurs solitaires, rarement géminées, de couleur brune avec les ailes et la carène noirâtres ;
pédoncule égalant la feuille. Gousse grosse, munie de 4 grandes ailes crépues ou ondulées.
Feuilles à folioles cunéiformes. Stipules ciliées. Tige velue, de 2 à 4 décimètres. Annuel.

Spontanée en Provence, en Corso, en Afrique, cette plante commence en certaines localités à
êtro cultivée comme fourrage. Elle exige un bon terrain , bien exposé et convenablement fumé.
Elle donne alors un fourrage abondant, mais sans rien de spécial qui puisse le faire préférer.

Genre PSORALIER. — PSOBALEA L.

Fleurs en capitules; — calice tubuleux, devenant enflé, ii 5 divisions très étroites, l'inférieure
plus longue, poilu; —
corolle avec étendard allongé, à bords réfléchis, et carène à 2 pétales; —
gousse indéhiscente, mouosperme, à bec comprimé, saillant.

Genre peu nombreux , n'offrant qu'une espèce à mentionner.

Psoralier bitumineux, P. bituminosa L.

Herbe au bitume.

Fleurs d'un bleu pâle , rassemblées en capitules serrés sur de longs pédoncules axillaires.
Fleurs à 3 folioles lancéolées, entières, la moyenne longuement pétiolulée, plus pâles et velues en
dessous. Tiges grêles, dressées, hautes de 8 à 10 décimètres. Vivaee.

Cette plante, de toutes les parties de laquelle s'exhale une odeur bitumineuse, vient dans le
Midi, sur les coteaux exposés au soleil. Non fourragère.

-ocr page 142-

légumineuses. 13.")

3' Tribu. — GALÉOÉES.

Étamines diadelphes. Gousse uniloculaire, déhiscente. Feuilles impari-
pennées. — Comprend un petit nombre de genres, qui renferment des plan-
tes herbacées et des arbres.

. , , . I Calice à 5 dents. Feuilles stipulées. .. Galega.
Plantes herbacées.) 1

GALÉGÉES | ( Calice bilabié. Feuilles sans stipules.., Glycyrhiza.

( Calice à 5 dents. Gousse vésiculeuse. . Coltitea.
Calice pq. bilabié. Gousse comprimée. Robinia.

Genre GALEGA. — GALEGA T.

Calice évasé, à 5 dents aiguës, presque égales; — corolle à étendard redressé, à peu près
égal à la carène, avec les ailes plus courtes ; —
gousse bivalve, sessile, droite , linéaire, compri-
mée, bosselée, marquée de fortes stries obliques, polysperme ; —
feuilles pennées, avec impaire.

Genre peu nombreux, ne comprenant qu'une espèce indigène.

GALEGA COMMUN. — 0. OFFIC1NALIS L.

Noms vulgaires. — Lavanèse, Rue de chèvre, Herbe aux chèvres, Faux indigo, Piment royal.

Fleurs blanches ou bleuâtres, quelquefois lilas-rosées, eu grappes allongées, spiciformes, pen-
dantes au sommet de longs pédoncules axillaires. — Feuilles à 13.19 folioles, oblongues, mucro-
uées, la terminale ordinairement éohancrée. — Stipules en fer de flèche. — Tiges nombreuses,
dressées, striées, glabres, fistuleuses, hautes de 8 à 10 décimètros.

Cette espèce, dont les feuilles répandent une odeur aromatique et offrent
une saveur douce d'abord, puis acre et amère, vient spontanément dans la
plupart des contrées méridionales de l'Europe, et dans le centre de la France.
On la trouve çà et là, dans les prairies, les bois, les buissons, le long des
haies, principalement dans les terrains gras et frais, au bord des eaux, mais
nulle part en abondance.

Cultivée comme plante d'ornement, à cause de la longue durée de ses
lleurs, qui s'épanouissent jusqu'aux gelées; fournissant une petite quantité
d'une fécule bleue analogue à l'indigo, on a pensé encore, vu l'abondance de
ses fanes et la facilité de sa culture, à en former des prairies artificielles. Mais
elle est peu du goût des bestiaux, qui la refusent constamment, quand elle a
pris tout son développement, à cause de son amertume et de la dureté de ses
tiges, et qui n'en mangent que les jeunes pousses. Mais elle vient si haute,
pousse tant de tiges, qu'on pourrait peut-être trouver avantage à le cultiver,
ne fût-ce que pour litière et pour le chauffage. On devrait la semer alors à
raison de 20 kilog. de graines par hectare. Bosc a conseillé, de plus, de l'en-
fouir en vert comme engrais.

-ocr page 143-

légumineuses. _ 127

Galega oriental, G. orientalis L.

Cette espèce, originaire du Levant, à été signalée par M. Pépin (Ann. de Flore et de Pomone),
comme très précoce, se développant pour ainsi dire sous la neige, et pouvant, par cette raison ,
être de quelque avantage pour fournir du fourrage vert il une époque oii il est toujours difficile de
s'en procurer. Les chevaux et les autres animaux paraissent s'en accommoder. Le Galega donne
deux coupes dans l'année, après avoir été brouté au printemps. Il vient sur les terres médiocres et
sans profondeur, résiste aux intempéries do nos hivers et lie craint que la sécheresse. — Culture
d'hiver il essayer.

Genre RÉGLISSE. — GLYCYRRHIZA T.

Calice tubuleux, bossu à la base, à 2 lèvres : la supérieure à 4 dents, l'inférieure linéaire
entière ; —
corolle avec étendard dirigé en avant ; — carène aiguë, à 2 pétales distincts ; — gousse
sessile, courte, comprimée, contenant 2.4 graines; — feuilles pennées avec impaire.

Comprend un petit nombre d'espèces, dont une seule vient spontanément
dans nos contrées.

Réglisse cultivée, G. glabra L.

Fleurs petites, bleuâtres, violacées ou rougeâtres , en grappes allongées, lâches, supportées
par des pédoncules axillaires. Feuilles à 11.15 folioles glabres, visqueuses. Tiges multiples, rameu-
ses, fermes, hautes de 8 à 10 décimètres. Racine cylindrique, très longue, jaunâtre intérieurement,
d'une saveur sucrée.

Cette espèce, sous-frutescente, croît spontanément en Italie, en Espagne, dans le midi de la
France. On la cultive pour ses racines, qui ne servent qu'à l'usage médicinal, soit pour édulcorer
des boissons, soit pour préparer des infusions béchiques, dos électuaires. La plante est soumise au
sarclage, et avant l'hiver on retranche des nouvelles pousses, avec un instrument tranchant, les
sommités, que l'on fait manger aux animaux.

Genre BAGUENAUDIER. — COLUTEA L.

Calice eampanulé, à 5 petites dents; — corolle à étendard ample, à carène tronquée au som-
met; —
style barbu avec stigmate inséré au-dessous du sommet; — gousse bivalve, pédicillée,
renflée, à parois minces et membraneuses, polysperme; —
feuilles imparipennées.

Comprend plusieurs espèces, dont une seule se rencontre dans nos con-
trées.

Baguenaudier commun, C. arborcscens L.

Faux-Séné.

Fleurs jaunes, grandes, au nombre de 2,5, en grappes axillaires, pédonculées. Calice à éten-
dard bordé d'une ligne rouge. Feuilles à 7.13 folioles obovales, mucronées. Stipules très petites.
Arbrisseau très rameux, de 2 à 3 mètres.

Cet arbrisseau croît naturellement dans plusieurs contrées de la France, an centre, à l'est et
dans le midi. Il est cultivé principalement dans les jardins et les bosquets, comme plante d'orne-
ment, Extrêmement vivace, il se développe rapidement dans les sols arides, sublonneux ou cal-
caires, et peut être effeuillé, sans danger, plusieurs fois dans l'année. Ses feuilles sont légèrement
purgatives et vomitives , ce qui a fait conseiller leur emploi à la place du séné. Néanmoins, les
bestiaux , surtout les moutons, les mangent aveo plaisir, et sans en éprouver les effets purgatifs
si elles sont prises en petite quantité. Ils mangent de même les fruits vésiculeux.

-ocr page 144-

légumineuses. 13.")

Genre ROBINIER. — ROBINIA L.

Fleurs 'blanches ou roses, en grappes axillaires ; — calice campanulé, à 4.5 dents courtes,
lancéolées, formant presque 2 lèvres; —
corolle à étendard ample, étalé, et carène aiguë ou un
peu obtuse, bifide, de même longueur que les ailes ; —-
gousse bivalve, pédicellée, aplatie, bosse-
lée, polysperme ; —
feuilles imparipennées.

Ce genre comprend plusieurs espèces arborescentes, toutes originaires
d'Amérique, et remarquables par le grand développement qu'elles peuvent
prendre.

Robinier faux-acacia, R. pseudo-acacia L.

Acacia commun, Acacia blanc.

Fleurs très nombreuses, ordinairement blanches, en grappes pendantes, répandant une odeur
suave très prononcée. Feuilles
à 15-25 folioles entières, nuancées, mobiles, se relevant le jour
pour suivre la marche du soleil. Stipules d'abord herbacées, puis devenant ligneuses et formant à
la base du pétiole commun deux épines dures, aplaties, recourbées. Arbre à tronc droit, pouvant
s'élever
à 25 on. 30 mètres. Racines traçantes, très voraces.

Introduit en France vers lfiOO par Jean Robin, le Robinier ou Acacia, comme on le désigne
plus communément, est un arbre très répandu, très recherché pour l'ornement des jardins, des
bosquets et des promenades. Croissant avec une grande rapidité, conservant sa verdure jusqu'à la
fin de l'automne, il offre encore l'avantage de n'être jamais attaqué par les vers.

Les feuilles de cet arbre fournissent aux animaux une excellente nourriture. Nouvelle-
ment cueillies, elles sont prises avec avidité par les bestiaux , et desséchées elles constituent
un bon fourrage pour l'hiver. Elles forment le fond principal de ce qu'on a nommé les
prairies
aériennes,
qui peuvent on tout temps constituer, pour les bestiaux, un supplément précieux d'ali-
mentation.

M. C. Uterliart a obtenu de cet arbre une variété particulière, dépourvue d'épines, et qui porte
son nom, 11.
pseudo-acacia Uterharti. Ce fut en 1833, à Jarcy-les-Lys (Seine-et-Oise), que parmi de
nombreux semis d'Acacia, il remarqua un sujet différent des autres : 1" parla force de ses scions,
2° par la grandeur do ses folioles, 3° par l'absence d'épines. Des expériences ultérieures mon-
trèrent la possibilité d'utiliser cet arbre au point de vue de l'alimentation des bestiaux, et de le
répandre en Algérie, pour en obtenir des prairies aériennes très fourragères, et où ce nouveau
Robinier serait d'autant plus utile, qu'il végète très bien sur les terrains arides et secs.

Le Nouveau Journal des Connaissances utiles (novembre 1857), rappelle que M. Raymond,
savant horticulteur do Arersailles, a obtenu des succès importants de cette variété, cultivée en
prairies aériennes sous forme 'de broussailles, dont les rameaux à demi-lierbacés, coupés comme
fourrage, remplacent les meilleurs pâturages pour la nourriture des bestiaux, partout où la
production des plantes fourragères est entravée par l'aridité du sol. Ayant pu nous rendre compte
du mode de culture suivi chez M. Raymond , à Versailles , nous avons vu de magnifiques carrés
de R. Faux-Acacia d'Uterlwrt qui, assurément, pourraient être avec avantage imités et propagés
dans notre colonie.

On cultive encore dans les jardins, sous le nom d'Acacia parasol, d'A. boule, d'A. sans
Épines , une variété du Robinier qui s'élève beaucoup moins que l'espèce type, offre une cime
touffue, assez régulièrement spbérique, ne fleurit jamais dans nos contrées, et dont quelques au-
teurs ont fait une espèce particulière, le R.
umbraculifera DC. Moins avantageuse que la variété
principale, et propre surtout à former des ombrages impénétrables aux rayons du soleil, elle pour-
rait également fournir ses feuilles aux animaux.

D'autres espèces de ce genre, le Robinier visqueux, R. viscosa Vent. ; le Robinier a fleurs
Roses ou Acacia rose,
R. hispida L. ; le Robinier épineux, R. spinosa L,, etc., sont cultivées
encore dans nos jardins; mais elles n'ont pas été utilisées comme fourragères.

-ocr page 145-

légumineuses. ml

4e Trilbvi. — ASTRAGÀLÉBS.

Etamines diadelplies. Gousse à 2 loges plus ou moins complètes. Feuilles
imparipennées. Galice à 5 divisions. Fleurs en grappes axillaires. — Com-
prend un petit nombre de genres se distinguant par les caractères résumés
dans le tableau ci-après :

Cloison formée par la suture inférieure......

. r , I Gousse presque uniloeulaire.
Cloison formée V ,, . 1 , 1

, , 1 Carene obtuse...........

par la suture < - i ,

, . ) Crousse a 2 loges plus ou moms

supérieure I ,. y, . ,,

Astracalus.

pliaca.
OxYTROPIS.
IÏ18ERCI.A.

I Gousse unie
sur les bords

ÀSTRAGALÉES

[ distinctes. Carene apiculee.

Gousse dentée sur les bords.

Genre ASTRAGALE. — A S TUA G A LUS L.

Calice tubtileux ou campanulé, à 5 dents ; — corolle il étendard plus long que les ailes, à carène
obtuse, presque égale aux ailes-, —
gousse exserto, plus ou moins allongée, à 2 loges polyspcr-
mes, séparées par une cloison longitudinale résultant du prolongement de la suture inférieure.

Ce genre, fort nombreux, est composé d'espèces qui croissent principale-
ment sur les coteaux et,dans les lieux secs. Robustes et rustiques, ces plan-
tes résistent aisément à la chaleur, à la sécheresse; mais elles s'accommodent
peu des terres compactes et humides. Elles redoutent également le froid,
filles ont peu d'importance comme plantes fourragères, bien que tous les
animaux ruminants les mangent en vert avec une certaine avidité. Par leurs
longues racines, elles sont plus tôt propres à fixer les sables mouvants des
landes. Le tableau de la page ci-contre fera connaître les noms et les carac-
tères distinctifs des principales espèces françaises de ce genre.

Asthagale a feuilles de nÉGLissE, A. glycyphyllos L.

Réglisse bâtarde ou sauvage, Fausse réglisse, Orglisse, Racine douce, Chasse-vache, Malmaison.

Fleurs d'un jaune verdâtre, en grappes oblongues, plus courtes que les feuilles. Calice cam-
panulé, non vésiculeux , à dents linéaires courtes. Gousse comprimée, arquée, terminée en pointe
au sommet, creusée d'un sillon profond sur le bord externe. Feuilles à 7.15 folioles, grandes,
ovales, obtuses, pâles en dessous. Stipules libres, lancéolées. Tiges nombreuses, couchées,
flexuetises, rameuses dès la base, anguleuses. Souche à divisions rampantes, émettant des jets
souterrains, s'enfonçant jusqu'à 1 mètre dans le sol. Taille de 5 à 10 décimètres.

Commune dans les lieux incultes, le long des bois, des haies et des buissons, cette espèce
vient dans toute la Franco. Pâturée ou fauchée de bonne heure, elle constitue un fourrage que les
bestiaux mangent sans le rechercher. Lorsque les tiges de cette espèce se trouvent resserrées et
redressées par l'effet d'un semis épnis, les animaux paraissent mieux s'en accommoder. Sa racine
n'a pas été, cependant, cultivée comme fourragère, et ses feuilles offrent une saveur douce qui
en ont fait conseiller l'emploi comme substance médicinale.

Astragale pois-chiche, A. cicer L.

Fleurs d'un jaune pâle, en grappes ovales. Calice tubuleux, à dents courtes. Etendard ovale,
échancré. Gousse, vésicnleuse, ovoïde, terminée en pointe, velue. Feuilles à 11.19 folioles

a

-ocr page 146-

légumineuses. 13.")

pubescentes. Tiges couchées, diffuses. Souche à divisions rampantes, longues, très vivaces. Taille
de 3 à 6 décimètres.

Cette espèce, qui se rencontre dans la plupart des régions de l'Est, dans le Dauphiné, en
Suisse, en Savoie, dans le Jura, vient dans les lieux secs, les bords des chemins , le long des
vieux murs. Mangée assez facilement par tous les bestiaux, elle a été conseillée pour être semée
sur les coteaux calcaires de médiocre qualité.

Calice non vésiculeux.
Calice vésiculeux. . ..
Espèces annuelles............

( Ailes entières. Stipules
.' soudées.........

Ailes bifides. Stip. libr.
Loges monosp.

Loges polysp..
Calice vésiculeux....

Glïctphtllos

L.

IL

ClCER

L.

'Îf

AiorEConoïiiES

L.

Narbonensis

G oiian,

Epiglottis

L.

®

Ilamosns

L.

®

Onodbvchis

L.

■X

liayoncnsis

Lois.

'if

A ustnacus

L.

HtpoblotTis

I,.

'if

Glaux

I..

if

Purpureas

Lin.

7f

Vesicarius

I,.

If

Pentaglottis

L.

®

Stella

Gouan.

®

Scsamctis

I,.

®

M0NSPF.SSULANÛÎ

L.

Incanus

I,.

2c

Depressiti

!..

if

Trayacant/ia

L.

Âristatus

L'Her.

+
0

Espèces
I vivaces

/ Fleurs jaunes
ou blanches

Grappes
oblong. I

Espèces
vivaces

[Calice
1 Grappes \tubul.
jlobul. I


O

Ch

XJ1

' w

xn

D

J

<

O
■<i
Ci3
h

co

Fl. bleues
ou purpur.

i Fleurs pédonculées.....

[ Fleurs presque sessiles.

S Grappes oblongues.. ,

Grappes globuleuses..

Esp. annuelles

a

M
'A
14
O

I Espèces acaules.
Fiantes ligneuses.,.

Gousse exsorte, obtuse...........

Gousse incluse, terminée en pointe.

Astragale queue de renard, A. alopccuroïdcs L.

Fleurs jaunes, grandes, très nombreuses, en grappes ovoïdes, serrées, presque sessiles. Calice
laineux, enilé h la maturité. Etendard ovale, contracté en onglet fin. Gousse incluse, ovale,
courte, comprimée latéralement, terminée en bec arqué. Feuilles très longues, composées de
20.30 paires de folioles velues sur leurs bords. Tiges dressées, raidos, épaisses, striées, velues.
Racine épaisse, profonde, à divisions courtes. Taille de 5 à 10 décimètres.

Cette plante, assez belle, se montre principalement dans les Alpes du Dauphiné, et dans les
prairies do quelques autres parties du Sud. Elle est pou recherchée des bestiaux, que paraissent
repousser les poils qui recouvrent toutes les parties de la plante.

Même observation à l'égard do l'A. Narbonensis, Gotjan , qui diffère de l'espèce précédente
par ses grappes plus lâches. Les espèces annuelles,
A. epiglottis L. et A. hamosus L., sont de
petites plantes , qui viennent dans les lieux socs et pierreux du Midi et sont sans usages.

Astragale sainfoin, A. onobrychis L.

Fleurs d'un pourpre bleuâtre, assez grandes, en grappes dressées, ovoïdes, serrées. Calice
tubuleux, velu, à dents linéaires. Etendard à limbe linéaire, dépassant de beaucoup les ailes.
Gousse dressée, très velue, sessile, triangulaire, creusée sur le dos d'un large sillon. Feuilles
composées do 8.12 paires de folioles obtuses. Stipules soudées ensemble. Tiges couchées â la
base, puis redressées, flexueusos. Taille de 3 à 4 décimètres.

Commune dans les pâturages des Alpes, de la Provonce, du Dauphiné, dans la Lozère, cette
plante est mangée seulement par les moutons. Les autres animaux la broutent seulement dans sa
jeunesse.

-ocr page 147-

légumineuses. _ 131

LM. Iiayonensis Lois., qui croît particulièrement clans les régions de l'extrême Sud-ouest, et
VA. austriacus L., qui vient dans les Alpes, se rapprochent par leurs caractères de l'espèce précé-
dente, et sont également peu recherchées.

Astragale hypoglotte, A. hypoglottis L.

Fleurs violettes, en grappes dressées, toujours globuleuses. Calice tubuleux. Etendard ovale,
échancré, plus long que les ailes. Gousse ovoïde , en cœur à la base, contenant une seule graine
dans chaque loge. Feuilles à 15.25 folioles. Stipules soudées. Tige couchée, puis dressée. Taille
de 1
h 2 décimètres.

Vient dans les pâturages montueux, les lieux frais de l'Alsace, des Alpes et do la Provence.

Les espèces vivaces, A. glaux L., A. purpureus Lm., et A. vesicarius L., qui ont de grands
rapports avec la précédente, croissent de même dans les diverses contrées de l'Est. Les espèces
annuelles,
A. pentaglottis L., A. Stella Gouan et A. sesameus L., viennent plus spécialement dans
les champs stériles do la Provence, Elles sont toutes sans usages.

Astragale de Montpellier, A. Monspessulanus L.

Fleurs purpurines, rarement blanches, très longues, en grappes lâches, portées sur des pédon-
cules couchés partant de la souche. Calice longuement tubulé. Etendard échancré, très long,
dépassant les ailes; celles-ci aiguës, munies d'une dent sous le sommet. Gousses sessiles, presque
cylindriques, courbées, contenant un grand nombre de graines. Fouilles à 15.20 paires de folioles.
Stipules soudées au pétiole par leur base. Taille do 1 à 2 décimètres.

Une des plus communes du genre, cette espèce se rencontre dans les lieux herbeux et en
friches, sur les coteaux arides du Midi et du Centre, depuis les Pyrénées jusqu'aux montagnes do
l'Auvergne. Elle fleurit de bonne heure et produit pendant très longtemps. Les moutons et les
chèvres s'en nourrissent volontiers quand ello est jeune.

L'A. incanus L. et VA. depressus L., espèces à fleurs blanches, très voisines de la précédente,
et participant de ses propriétés, se rencontrent principalement dans les lieux stériles et mon-
tagneux du Midi.

L'y!. tragacanlha L., espèce à tige ligneuse, garnie d'épines à grandes fleurs blanches, et que
l'on trouve surtout dans les sables maritimes delà Provence, et
\'A. aristalus L'Her., à fleurs
d'un blanc purpurin, qui se trouve communément dans les Ilautes-Alpes du Dauphiné, sont sans
valeur et sans emploi comme plantes fourragères.

Genre PHAQUE ou ASTRAGALOIDE. — PHACA L.

Corolle h carène obtuse ; — gousse presque uniloculairo, la suture supérieure prolongée ne
formant qu'une demi-cloison, la suture inférieure épaissie en dedans et déprimée en dehors.

Ce genre, qui ne diffère essentiellement du genre astragalus que par sa
gousse à une seule loge, offre plusieurs espèces.

On distingue, parmi les espèces de ce genre, le Ph. frigida DC., le Ph. Alpina Wulp., à
fleurs jaunes; le
Ph. astragalina DC , à fleurs panachées; le Ph. Australis L., à fleurs blanchâ-
tres et violettes, et le
Ph. Gerardi VlLL., espèce très voisine de la précédente, qui toutes habi-
tent les Alpes du Dauphiné et sont sans emploi.

-ocr page 148-

légumineuses. 13.")

Genre OXYTROPIS. — OXYTROPIS DG.

Corolle à caràio terminée en une petite pointe; -— gousse il cloison plus ou moins complète,
toujours formée par l'inflexion de la suture supérieure.

Ce genre offre quelques espèces, toutes de nulle valeur comme plantes
fourragères.

Do ces espècos, les unes, pourvues d'une tige herbacée, l'O. monlana DC., ii fleurs purpurines,
et l'O.
pilosa DC., à fleurs jaunes, se rencontrent principalement, comme les précédentes, dans
les llautos-Alpos du Dauphiné; les autres,
dépourvues de tige, tantôt il fleurs jaunes, 0. campes-
tris
DC. et 0. feetida DC.; tantôt il fleurs bleues ou violettes, 0. cyanea Rir.n., 0. Pyrenaica Gor>.,
0. uralensis DC., qui se trouvent dans les Alpes et dans les Pyrénées.

Genre BISERULE. — BISE RU LA L.

Corolle k carène obtuse ; — gousse il cloison complète, formant 2 loges, comprimée latérale-
mont, dentée sur lo dos.

Comprend une seule espèce.

L'unique espèce do cc genre, le II. pelecinus L., à fleurs blanches ou bleuâtres, vient principa-
lement sur les bords de la Méditerranée. Sans usages.

Trilt» 11.

HliD YSAKKES .

Étamines diadelphes. Gousse articulée, c'est-à-dire divisée en loges ou
articles transversaux. Feuilles généralement imparipennées. — Renferme
plusieurs genres, dont les caractères distinctifs se trouvent résumés dans le
tableau ci-après :

Feuilles
imparipennées

Gousse à un seul article....
Gousse à plusieurs articles..

Fleurs en grappes. Dents
du calice toutes libros

zfi

w
3

si
'fi

O

■g

ai

Gousse non terminée en corne.
Gousse terminée en corne...
Gousse avec écliancrures en fer
à cheval sur les bords..,.

Carène
terminée
en bec

Feuilles simples. Gousse tournée en spirale.

j FI. on ombelle, ( Carène obtuse.
ou solitaires.
Los 2 dents
sup. du calice
à 1/2 soudées

Onobrychis.
Hedysarum.

ornitiiorcs.

Coronilla .
Secdrigera .

IIlFPOCBEFIS.
ScORl'lLRUS.


-ocr page 149-

i.éguaiineusiis.

Genre ESPAIiCETTE. — 0N0BRYCU1S T.

Fleurs nombreuses, en grappes axillaires, oblongues, plus ou moins fournies; piklicelles (les
fleurs munis (le 2 petites bractéoles; —
calice tubuleux, à 5 divisions linéaires, toutes libres, en
alêne, presque égales; —
corolle à étendard oblong , échaneré, réfléchi par les côtés, à ailes très
courtes, à carène large, tronquée obliquement; —
gousse à un seul article, monosperme, compri-
mée, pubescento, à faces réticulées, rugueuses ou épineuses, à suture interne droite et épaisse,
ii suture externe carénée, arquée ; —
feuilles imparipennées, garnies de stipules soudées on une
seule oppositifuliée, bifide, à lobes aigus.

Ce genre, qui ne compte en France qu'un petit nombre d'espèces, four-
nit des plantes principalement aptes à vivre sur les terrains secs, les coteaux
calcaires. L'une d'elles, fort recherchée des animaux, est cultivée en grand.

ESPAllCETTE CULTIVÉE. — 0. SATIVA Lm.

Noms vulgaires. — Esparcel, Sparcetle, Asparcelle, Eparelte, Sainfoin, (iras foin, Foin de Bour-
gogne, Bourgogne, Fenasse, Herbe éternelle, Clièpre, l'ellagra, Felagra, Pclarga, Luzerne
(Midi),
Tête-de-coq, Crête-de-coq.

Fleurs roses ou purpurines, veinées de rouge, en grappes oblongues longuement pédonculées.
— Calice il dents linéaires, une fois plus long que le tube. — Corolle à ailes très petites , plus
courtes que le calice. — Gousse avec faces à côtes saillantes ou à tubercules à suture externe,
carénée, dentelée. — Feuilles à 0.12 paires de folioles, celles des feuilles inférieures oblongues,
celles des feuilles supérieures linéaires, aiguës, apicttlées, légèrement pubesceutes en dessous. —
Tiges redressées, sillonnées, pubesceutes, vertes ou rougeâtres. — Racine il divisions longues et
pivotantes, dures, vigoureuses. —Taille de 4 à 8 décimètres. — Vivace.

Croissant naturellement sur les terrains secs et arides, dans les fentes
des rochers calcaires, où s'enfoncent ses longues racines, cette espèce est sur-
tout propre au centre et au midi de la France. A l'état sauvage, elle n'est
qu'une plante grêle, à feuilles étroites et peu nombreuses ; mais elle se
développe beaucoup par la culture, et constitue alors une plante fourragère
de premier ordre, concourant avec le Trèfle et la Luzerne à la formation
des prairies temporaires d'une certaine durée.

Cultivée d'abord dans les montagnes, dans les régions arides, où elle croît
spontanément, l'Esparcettea commencé à apparaître, vers le commencement
du dix-septième siècle, dans le Dauphiné; delà, sur la recommandation
d'Olivier de Serres, sa culture s'est répandue dans les plaines. Partout elle
s'est montrée propre à fertiliser les terres naturellement incultes, et notam-
ment les terres élevées, arides et calcaires. V. Yvart, qui l'a expérimentée, en
avait fait une étude spéciale, encore utile à consulter. M. Bornot de Savoisy
a publié sur cette culture une excellente
Introduction pratique et raiaonnée à
laquelle seront empruntées une partie des notions qui suivent.

-ocr page 150-

légumineuses. 13.")

Culture de l'Esparcette.

Choix et préparat ion du sol. — L'origine de l'Esparcette, la nature des lieux
où elle se développe spontanément, indiquent le genre de terrains qu'elle pré-
fère. Ainsi les sols arides, élevés, secs, calcaires ou crayeux, les terres
sablonneuses et légères lui conviennent spécialement. D'excellentes terres à
froment lui sont moins propres, surtout à cause des graminées et autres
plantes adventices qui ne tardent pas, dans ce dernier cas, à surcharger la
prairie, et qui ne sont pas à redouter sur les terrains pauvres où l'Esparcette
se maintient seule et propre pendant longtemps. Dans quelques contrées, on
la sème avec avantage sur des terres meubles et profondes, telles qu'il les
faut pour la Luzerne ; elle réussit alors, à la condition que le sol et le sous-
sol soient parfaitement secs, l'humidité étant ce que ce végétal redoute le
plus, même quand l'eau ne se rencontre qu'à une certaine profondeur; d'où
sa préférence pour les coteaux très inclinés, qui s'égouttent toujours plus
facilement.

Le Sainfoin croît, d'ailleurs, à toutes les expositions, môme dans les
lieux bas et ombragés ; il préfère toutefois le grand air, l'exposition à l'Est
et au Sud.

Bien que l'Esparcette vienne sur les terres légères et sablonneuses, il est
utile néanmoins que celles-ci soient préparées, comme pour les autres cul-
tures fourragères, par des labours, dos ensemencements et des engrais. A
défaut de fumier, il sera toujours bon de la faire précéder d'une récolte en-
fouie en vert, avec du lupin, de la vesce ou du sarrazin. Avant l'ensemen-
cement, deux labours au moins sont nécessaires, l'un au mois d'octobre ou
de novembre, l'autre aussitôt après les grandes gelées.

Ensemencement. — L'époque des semailles ne peut être fixée d'une ma-
nière absolue; on sème au printemps, en été ou en automne, selon le
climat et les conditions de l'exploitation, variables dans chaque localité. Les
semailles en août réussissent généralement, ne craignant guère que la séche-
resse. Victor Yvart conseillait et pratiquait le semis en automne, fait le plus
de bonne heure possible, la plante alors résistant mieux aux sécheresses du
printemps et produisant davantage. Mais, d'un autre côté, les terres légères
dans lesquelles on répand la graine, étant exposées à se soulever sous l'in-
fluence des alternatives du froid et du dégel, ce qui nuit essentiellement à
la jeune plante, il est plus avantageux, quand on redoute cet inconvénient,
de semer au printemps, en mars ou au commencement d'avril. Cette mé-
thode, la plus généralement suivie, est celle qui convient le mieux pour les
bonnes terres.

On sème l'Esparcette ordinairement seule. Mais comme elle produit peu
la première année, il peut être avantageux de l'associer à une céréale, blé ou
seigle, ou à la vesce, dont la récolte paie les frais des premiers travaux. La

-ocr page 151-

légumineuses. 13.")

quantité de semence n'est point la même dans ces différents cas. Quand le
Sainfoin est seul, on en répand de 35 à 50 décalitres. Cette quantité, d'ail-
leurs, variera suivant la grosseur, la qualité de la graine, la nature et la
préparation du sol, l'époque de l'ensemencement. Il en faut d'autant moins,
en général, que la semence est de meilleure qualité, plus fraîchement récol-
tée, l'exposition plus favorable, le terrain mieux amendé, etc.

Toutefois, le trop est préférable au trop peu, le fourrage étant d'autant
plus tendre que la prairie est plus épaisse; les tiges, en effet, ne pouvant
alors prendre tout leur développement, restent molles, déliées ; et comme
elles sont en même temps plus nombreuses, elles gagnent d'un côté sans
perdre beaucoup de l'autre, outre l'avantage qu'offrent les tiges serrées
d'étouffer, dès la première année, les plantes étrangères qui leur disputent
le terrain. On a remarqué même que les tiges les plus fortes étouffaient les
plus faibles, de façon qu'il n'en reste jamais au-delà du nombre que le sol
peut réellement nourrir.

Lorsque l'on sème le Sainfoin avec une céréale, avec le seigle notam-
ment, 18 décalitres de graines peuvent suffire. On répand le Sainfoin d'abord,
le seigle ensuite, et l'on recouvre avec la herse.

Dans tous les cas, on ne doit répandre la semence que lorsque la terre est
bien essuyée, assez humide cependant pour aider à son développement, et
la température de la terre et de l'atmosphère assez élevée pour déterminer
une prompte et complète germination. Si le temps est trop sec, les gousses
ne s'ouvrant pas, on perd beaucoup de graines; on évite cet inconvénient
en faisant au préalable tremper la graine dans l'eau pendant vingt-quatre ou
quarante-huit heures. On la fait égoutter quelque temps, on la mêle à de la
terre sèche et on la répand ainsi. La semence sera toujours enterrée profon-
dément, plus que celle du Trèfle et de la Luzerne.

Il importe surtout de bien choisir la graine d'Esparcette. Cette graine
doit être bien mûre. Elle olïre alors une couleur grise à reflets bleuâtres ou
une couleur brune lustrée, avec l'intérieur d'un beau vert. Une graine pâle
ou blanchâtre dénote une récolte faite prématurément. Si sa nuance est
terne, il est à craindre qu'elle soit échauffée. Elle offre les conditions voulues
quand elle es), lisse, sèche, pleine, grosse et lourde, sans mauvaise odeur et
purgée des mauvaises graines qui s'y trouvent fréquemment mêlées. Un hec-
tolitre de bonne graine doit peser 31 kilog. Elle conserve pendant trois ans
au plus sa faculté germinative. Mais comme les semences les plus récemment
récoltées sont les meilleures, lèvent plus tôt et donnent des produits plus
vigoureux, on devra les choisir fraîches, chose non toujours possible dans
le commerce, qui souvent livre de la graine recueillie prématurément, et que
l'on récolte ainsi pour éviter les pertes résultant de la facilité avec laquelle
cette graine se détache à la maturité. Elle ne germe point alors, et on s'ex-
plique de la sorte comment des semailles de Sainfoin manquent souvent. Cela
fait comprendre aussi l'avantage que l'on trouverait, en général, à recueillir

-ocr page 152-

légumineuses. 13.")

soi-même la semence : d'autant qu'une récolte de graines nuit peu à une
sainfoinière, la prairie se regarnissant par les graines qui tombent au
moment de la récolte. Un hectare de pré peut en fournir assez, dans ces
conditions, pour ensemencer deux hectares.

Soins de culture. — Après l'ensemencement, le Sainfoin exige peu de
soins. Un hersage pendant l'hiver, puis quelques sarclages pour débarrasser
la prairie des mauvaises.herbes qui la salissent, quelques semis partiels pour
regarnir les clairières qui s'y forment, sont les seules opérations nécessaires.
Si on a semé avec le seigle, il n'y a pas à s'occuper de la prairie jusqu'à la
récolte de celui-ci. La moisson faite, il faut préserver les jeunes plants de la
dent des animaux. En août et septembre, ils ont acquis la force d'un regain
ordinaire qu'on peut, sans inconvénient, abandonner au pâturage (lu gros
bétail. En aucun cas, d'ailleurs, on 11e devra faire pâturer le Sainfoin avant
qu'il soit bien enraciné, que les feuilles et les tiges soient assez longues pour
préserver la racine.

Les engrais, comme pour toutes les autres espèces fourragères, en aug-
mentent le produit. Le plâtrage, surtout, exerce une inlluence favorable.
L'opération se fait d'après les mêmes règles et en suivant la même marche
que pour le Trèfle. La seule différence, c'est que le plâtrage qui, pour le
Trèfle se fait dès la première année, doit être différé, pour le Sainfoin, jus-
qu'à la seconde et même jusqu'au printemps de la troisième, puis ensuite
être répété tous les trois ans au moins. La prairie s'en trouve mieux et dure
plus longtemps. Si l'on a semé l'Esparcette avec une céréale de printemps, il
faut la laisser croître sans y toucher, la plâtrer quand elle a deux ans, faucher
la première coupe, quelle qu'elle soit, et ne faire pâturer que sur la fin de
l'automne.

Récolte. Fanage. Produits. — On fauche le Sainfoin comme le Trèfle,
quand la plante est en fleurs, sans attendre toutefois la complète floraison;
de la sorte, si le fourrage est moins abondant il sera, d'un autre côté, moins
dur et de meilleure qualité. D'ailleurs 011 ne perd rien, car on retrouve tou-
jours sur la coupe suivante, plus abondante et plus précoce, ce qu'on a laissé
à la première.

Le fauchage se fait en mai dans le midi, eu juin dans le nord et le
centre de la France. On y procède en observant exactement les mêmes rè-
gles pratiques que pour le Trèfle, auquel nous renvoyons conséquemment
pour les détails de
l'opération.

Le iànage doit se faire avec précaution, en évitant la pluie et en remuant
la plante le moins possible. La dessiccation, qui s'opère comme celle du
Trèfle, est plus facile à obtenir. L'Esparcette noircit moins aisément, reste
presque toujours verte, ce qui en fait 1111 des meilleurs fourrages secs que
reçoivent les animaux.

On suit, dans l'Est, une méthode de fanage assez expéditive, consistant
à mettre l'Esparcette en bottes à mesure qu'on la coupe. Ces bottes sont dres-

-ocr page 153-

légumineuses. _ 137

sées, le pied à terre, les unes contre les autres, par faisceaux de quatre. On
les laisse ainsi, sans y toucher, pendant quatre ou cinq jours; au bout de
ce temps elles sont parfaitement sèches sans que les tiges aient perdu au-
cune de leurs feuilles. Il s'opère même, au centre de chaque botte, un com-
mencement de fermentation qui ajoute à la sapidité de la plante. Ce botte-
lage est surtout avantageux dans les temps pluvieux, l'eau coulant à la
surface des tas sans les pénétrer, et sans que la qualité du fourrage en souf-
fre, tandis qu'avec la méthode ordinaire, la moindre averse le détériore et
occasionne toujours au moins la perte de la feuille.

Le Sainfoin perd en se desséchant les deux tiers de son poids. 11 peut
donner, dès la seconde année, à une première coupe, de 3 à 4,000 kilog. de
fourrage sec. Si on fait une seconde coupe, ce qui n'est pas toujours possi-
ble, la quantité est beaucoup plus faible et ne dépasse guère le tiers ou le
quart de la première. Suivant le baron Crud, on peut admettre, pour rende-
ment annuel moyen, un total de 6,000 kilog. Dans les terres médiocres, le
produit reste fort au-dessous de ce chiffre. Dans les terres calcaires, non
exposées au froid ou à la sécheresse et qui sont à la fois meubles et profon-
des, l'Esparcette, au contraire, donne davantage ; elle peut aller parfois jus-
qu'à produire autant que la Luzerne.

Le Sainfoin, dans les circonstances ordinaires, donne une seule coupe,
après laquelle et jusqu'à la fin de l'année, la prairie est livrée au pâturage.
Dans le principe, on prétendait en obtenir jusqu'à trois coupes ; mais il est
douteux que cette fourragère ait jamais fourni une telle récolte.

La mise en pâturage des sainfoinières en abrège la durée; mais comme
la plante est facile à remplacer sur d'autres terres, où elle peut revenir après
un temps convenable, il n'en résulte aucune perte sensible. Un danger plus
réel pour la plante est celui qui résulte de la disposition naturelle qu'a la
racine à sortir de terre après la fauchaison, de manière à amener le collet à
quelques centimètres au-dessus du sol, où il se trouve ainsi fort exposé à
être coupé par la dent du bétail, auquel cas la plante est perdue. C'est sur-
tout pendant les fortes chaleurs ou quand la terre est très humide que cet
inconvénient est à redouter.

Durée, rupture de la prairie. — Le Sainfoin, comme toutes les plantes
vivaces; a une durée qui varie suivant les circonstances, favorables ou
défavorables, dans lesquelles il se trouve placé. Eu général, il dure plus
longtemps sur les coteaux secs calcaires que sur les terrains fertiles et
exposés à l'humidité. Ainsi, dans les plaines, il ne dépasse guère cinq ou
six ans ; souvent même, dans les dernières années, on le voit se dégarnir
et être envahi par quelques végétaux, le brome mou, le brome stérile
principalement, dont l'apparition indique généralement le terme de la
prairie. En rompant celle-ci au bout de quatre ans, on évite cet envahis-
sement de végétaux étrangers, dont on aurait ensuite beaucoup de peine à
débarrasser la fourragère, si une fois on les laissait s'y mêler.

-ocr page 154-

légumineuses. 13.")

Dans les mauvaises terres on fait durer l'Esparcette beaucoup plus long-
temps, jusqu'à dix et quinze ans ; on a même observé certains terrains, pour-
vus d'un approvisionnement inépuisable de calcaires, où la plante se main-
tient en quelque sorte indéfiniment, surtout si elle est débarrassée des
parasites. En général, on ne doit en ce cas rompre la prairie .que lorsqu'elle
cesse de donner des produits passables, d'abord, parce que les bonnes terres
à Sainfoin sont peu propres à d'autres cultures, et aussi parce que plus la
prairie dure, mieux la terre s'en trouve.

Avant de défricher l'Esparcette, on peut y faire parquer les troupeaux ,
fournissant un engrais qui contribue sensiblement à l'amélioration du sol.
Il est également avantageux de faire le sacrifice de la dernière coupe en
faveur de la récolte qui doit lui succéder.

Le Sainfoin ne doit revenir sur un même champ qu'après un temps
égal à sa durée. D'après M. Louis de Villeneuve, qui a fait des essais, à ce
sujet, dans le Sud-ouest, dix à douze ans seraient l'intervalle qu'il con-
viendrait de laisser entre la destruction et le rétablissement d'une prairie
semblable.

Récolle de la graine. — La graine, que chaque cultivateur fera bien de
récolter lui-même, est, dans quelques régions de la France, l'objet d'une
branche spéciale de commerce. Sa récolte, dans tous les cas où elle peut se
faire, exige les mêmes précautions. Il faut d'abord, quand on veut avoir de
la bonne graine, attendre, pour la récolter, qu'elle soit bien mûre. Une
graine non suffisamment à maturité ne ferait qu'une mauvaise prairie ;
aussi importe-t-il que cette condition soit exactement remplie, même au
risque de n'obtenir des fanes qu'un mauvais fourrage.

L'obtention de la semence dans l'état convenable ne laisse pas, toute-
fois, que d'offrir certaines difficultés, par suite de la durée de la floraison
qui, se prolongeant pendant près de trois semaines, fait que la maturité des
graines n'est point simultanée, celles du bas de l'épi tombant déjà, alors que
celles du milieu sont à peine mûres, et celles du haut encore vertes ou à
peine formées. Dans ces conditions, si l'on fauche trop tôt, ces dernières,
stériles, dominent ; trop tard, on n'a qu'une récolte insignifiante et l'on perd
les premières graines mûres, qui sont les meilleures. Entre ces inconvénients
contraires, il vaut mieux avancer la récolte, ce qui offre d'ailleurs l'avantage
d'avoir des fanes moins dures et de les mieux ensuite utiliser comme
fourrage. En ce cas, on attend le moment où les premières graines sont
prêtes à se détacher; on coupe alors la plante avec précaution, le matin,
pendant la rosée ; on les étend sous un hangar pour les faire ressuyer, et on
les bat à la veille de s'en servir, en ayant soin de ne les secouer que légère-
ment, de manière à n'en détacher que la graine arrivée à parfaite maturité.

Il faut, en outre, pour récolter la graine, choisir le moment où la prai-
rie est dans son plus grand rapport et la plante parfaitement enracinée. La
graine prise sur une plante de deux ou trois ans au plus, et autant que pos-

-ocr page 155-

légumineuses. 139

sible sur celle qui fleurit pour la première l'ois, donne une graine plus pure,
plus dépouillée de toute semence étrangère, meilleure en elle-même, plus
productive, que lorsqu'elle est fournie par une prairie épuisée ou seulement
par une seconde coupe. Par la même raison, on la choisira, pour cette récolte,
sur la partie de la prairie où le Sainfoin est le plus vigoureux. Il n'y a pas à
craindre, d'ailleurs, qu'il en résulte aucun préjudice pour la plante, car le
Sainfoin qui, dans le cours de sa durée, ne produit qu'une fois de la graine
en souffre à peine, outre que la prairie se regarnit facilement au moyen des
semences qui retombent sur le sol.

On fauche l'Esparcette de graine vers le commencement de juin. L'opé-
ration se fait de grand matin, avec la rosée et par un temps calme, de ma-
nière à éviter les ardeurs du soleil ou le vent, et à empêcher la plante de
s'égrener. Le lendemain, au milieu du jour, on dépose les tiges coupées sui-
des draps étendus à terre, et en frappant dessus légèrement, les graines se
séparent. —Pour tout cela, il ne faut regretter ni les soins ni la dépense, que
l'abondance et la supériorité du produit compenseront toujours largement. Il
est à craindre, il est vrai, que pour les graines destinées au commerce, 01111e
prenne pas toujours autant de précautions; cela 11e fait que mieux compren-
dre l'importance de récolter, autant qu'on le peut, sa graine soi-même.

La bonne graine est grisâtre au dehors et verte au dedans. Une fois
récoltée, elle s'échauffe aisément et perd ses couleurs caractéristiques. Pour
la mettre à l'abri de cet inconvénient, il faut bien l'étendre sur le grenier
et la remuer souvent, jusqu'au moment où 011 la juge assez sèche pour lu
mettre en tas.

Valeur économique et agricole de l'Esparcette.

Vivant surtout aux dépens de l'atmosphère, puisant profondément sa
nourriture à l'aide de ses longues racines qui vont chercher dans le sol,
pour les utiliser à son développement, une masse de substances qui reste-
raient sans emploi, résistant au froid et à la sécheresse plus qu'aucune autre
de nos plantes ordinaires cultivées en prairies artificielles, le Sainfoin cons-
titue, au premier chef, une culture améliorante, sans compter l'engrais
dont il enrichit le sol par les détritus de ses feuilles et de ses racines. Aussi
est-il essentiellement propre à être cultivé sur les mauvais terrains auxquels
il donne de la valeur, à mettre en état de produire du froment, des terres sur
lesquelles, auparavant, malgré tous les soins, on 11e pouvait faire venir que
du seigle.

Le Sainfoin , en même temps, fournit de très bonnes pâtures pour les
troupeaux, et d'autant plus précieuses qu'on les obtient sur ces terres crayeu-
ses impropres à donner aucun autre produit. Le pâturage, en ce cas, est
obligatoire, la plante 11e pouvant être fauchée ; mais il n'altère pas la prairie,
surtout si on l'ouvre à propos et si la tige n'est point coupée trop bas. La

-ocr page 156-

légumineuses. 13.")

dépaissance au contraire améliore les prés qui vieillissent, et c'est par elle
surtout que l'Esparcette augmente la valeur des terres légères. Ce fourrage
est principalement avantageux dans les campagnes sèches du Midi, où il
donne plus de revenus que le blé et où il pourrait, avec profit pour les culti-
vateurs, occuper des espaces beaucoup plus grands que ceux qui lui sont
aujourd'hui consacrés.

Ces propriétés si intéressantes de l'Esparcette ont été depuis longtemps
reconnues ; elles ont été signalées par Olivier de Serres , Duhamel, Rozier,
Tessier, Turck, Victor Yvart et beaucoup d'autres agronomes. Ce dernier,
surtout, a eu l'occasion d'en faire l'expérience pratique. A l'aide d'un certain
nombre d'hectares plantés en Esparcette, et maintenus par une rotation con-
venablement combinée, il est parvenu, sur un sol ingrat, ruiné par les séche-
resses et les débordements, non-seulement à obtenir une grande quantité de
productions céréales et autres qu'en avait bannies depuis longtemps la
jachère, mais à entretenir en bon état de nombreux troupeaux que sans cela
ils n'eût pas pu nourrir.

M. B. de Savoisy a remarqué cependant que dans beaucoup de terres de
montagnes il réussit peu ; mais il a vu aussi que cela n'arrive que sur des
sols absolument arides, n'ayant reçu, depuis des siècles, ni soins 111 engrais
quelconques, et qu'il n'y a rien à conclure de ce fait particulier, sinon qu'en
cela, comme en toute chose, 011 ne tire rien de rien.

Ce n'est pas, d'ailleurs, une raison de se décourager. Malgré les faibles
rendements obtenus d'abord, il faut continuer cette culture qui, tout en four-
nissant du pacage aux moutons, finit par rendre le terrain propre à la végé-
tation, à le rendre apte à recevoir des cultures plus productives, à le prépa-
rer enfin à une amélioration plus radicale, qu'on obtiendra toujours avec
des travaux et du fumier.

Toutes les parties de l'Esparcette, les racines, les tiges, les feuilles, con-
courent à enrichir le sol. Pour les utiliser avec le plus d'avantages, 011 rompt
la prairie par des labours peu profonds, et l'on y sème une céréale, laquelle
se nourrit aux dépens des portions de la plante qui se décomposent les premiè-
res. L'année après, on laboure plus profondément, de manière à pouvoir
semer une plante à longues racines pouvant aller au-delà chercher les
principes fertilisants qui n'ont point été d'abord décomposés et absorbés.

L'Esparcette, enfin, par sa résistance aux intempéries, est utile pour rete-
nir, au moyen de ses racines pivotantes, qui souvent se bifurquent et s'en-
trelacent, les terres meubles des coteaux crayeux, et ainsi, à défaut d'arbres
et d'arbrisseaux, prévenir les éboulements qui accompagnent fréquemment
les cultures annuelles.

L'Esparcette, en outre, peut entrer dans des assolements divers, varia-
bles suivant le terrain et sa propre durée. Dans les bonnes terres, elle est
propre aux assolements de trois à quatre ans, et peut alterner avec des
céréales d'automne ou du printemps, le blé, le seigle, l'orge. Elle est propre

-ocr page 157-

légumineuses. ml

encore aux assolements irréguliers, au-dessus de quatre ans, qu'exigent sou-
vent les sols légers ; elle alterne alors avec la pomme de terre, le topinam-
bour, le sarrazin. V. Yvart l'intercalait : 1° avec le froment, très rarement
avec le seigle; 2° avec des prairies momentanées suivies immédiatement de
sarrazin, de lentillons ou de navets, ou d'autres cultures améliorantes, dans
la même année ; 3° avec une autre céréale hivernale ou printannière ; 4° avec
une ou plusieurs autres cultures améliorantes, analogues à celles de la
seconde année; 5° avec une céréale, accompagnée ordinairement d'un nou-
vel ensemencement en Sainfoin, qui reparaît sans inconvénient à la sixième
année, sur les terres qui ne l'ont porté qu'un espace de temps égal à cet
intervalle.

En Bourgogne, en Auvergne, le Sainfoin succède aux vignes que l'on
est forcé de remplacer, et que l'on peut y replanter, au bout de quelques
années, quand le sol a bénéficié de la culture de la fourragère.

Usages alimentaires de l'Esparcette.

L'Esparcette constitue l'un des meilleurs fourrages que l'on puisse don-
ner aux animaux. Elle convient à tous, et, sous ce rapport, elle n'est point
au-dessous du Trèile et de la Luzerne. A poids égal, soit vert, soit sec, elle
nourrit plus que ces derniers, sur lesquels elle a d'ailleurs le grand avantage
de ne point occasionner la météorisation : qualité importante qui n'est pas
ce qui contribue le moins, dans le Sud, à rendre précieuse la culture de cette
fourragère. Elle donne aux vaches un très bon lait, ce que no fait pas la
Luzerne; elle engraisse promptement le gros et le petit bétail, et convient
parfaitement aux animaux qui ont été nourris, pendant l'hiver, de raves
et de navets. Mais elle est surtout propre à la nourriture des bêtes à laine,
auxquelles elle fournit presque en toute saison un pâturage très sain, avec
lequel on n'a pas à redouter les indigestions gazeuses que l'ont naître si faci-
lement le Trèfle et les autres fourrages aqueux. Le regain est réservé aux
agneaux qui viennent d'être sevrés.

Elle forme aussi une bonne nourriture pour les chevaux, auxquels, tou-
tefois, on la donne plus rarement. On réserve à ceux-ci, ainsi qu'aux mulets,
les tiges et les fanes durcies dont on a recueilli la graine, les débris qui tom-
bent des graines à foin, et quelquefois la graine, qu'ils mangent en guise
d'avoine.

Les fleurs du Sainfoin conviennent aux abeilles, qui y puisent les prin-
cipes d'un miel excellent. C'est à l'abondance de cette plante en Auvergne,
dit M. H. Lecoq, que le miel de ce pays doit les bonnes qualités qui le dis-
tinguent et le rapprochent des miels du Gatinais et de Narbonne.

-ocr page 158-

légumineuses.

Variété de l'Esparcette : Sainfoin à deux coupes.

La culture exerce une influence manifeste sur les produits du Sainfoin.
Ainsi, V. Yvart avait remarqué qu'en cultivant cette plante sur des terres
meubles et profondes, comme celles qui conviennent à la Luzerne, on peut
en obtenir une variété à tiges plus grosses, à feuilles plus larges, à graines
un peu plus fortes et donnant des produits plus abondants que le type;
c'est ce que l'on a nommé
Sainfoin chaud, Sainfoin à deux coupes.

La variété ainsi obtenue, dont Bosc a recommandé la culture en 1809,
se rencontre surtout au nord de la France, dans les départements du Nord,
du Pas-de-Calais, aux environs de Péronne. Plus précoce que la race primi-
tive, elle fournit deux coupes abondantes et quelquefois davantage. Seule-
ment elle donne un foin plus dur, ce qui n'empêche pas les animaux de le
prendre avec avidité. Le Sainfoin à deux coupes exige plus de semence ; on
en répand de 45 à 55 décalitres. Transporté sur un mauvais terrain, il donne
d'abord une récolte plus abondante que celle que l'on obtient de la variété
originairement cultivée sur ce sol. Mais cet accroissement, d'autant plus
durable que la variété est plus anciennement constituée, a un terme, et, au
bout d'un certain temps, la plante, pour peu qu'elle soit abandonnée à elle-
même, perdant ses caractères acquis, revient à sa condition primitive.

Cette facilité de retour au type du Sainfoin à deux coupes nécessite, pour
la conservation de cette variété, des soins tout particuliers, qui doivent porter
notamment sur le choix de la semence. La graine de ce Sainfoin se distin-
gue peu de celle de l'espèce ordinaire ; elle est seulement un peu plus grosse ;
mais la différence n'est point suffisante pour permettre de la reconnaître, à la
vue seule ; c'est pourquoi, à moins de la prendre chez un commerçant en qui
on puisse avoir une confiance absolue, il est toujours plus sûr de la récolter
directement.

Pour cela, comme le conseille M. P. Joigneaux, on fera bien d'avoir une
petite pépinière de porte-graines, où la plante sera semée en lignes, de ma-
nière à permettre les binages et les sarclages. On choisira, pour cela, un bon
terrain dont on accroîtra la fertilité avec des composts de bon fumier de
ferme, additionné, suivant les exigences du sol, de chaux, de plâtre, de cen-
dres de bois, de suie, de boues ressuyées, et arrosés avec du purin. On
attendra la seconde ou troisième année pour récolter la graine, qui sera
recueillie avec toutes les précautions recommandées pour la récolte des grai-
nes du Sainfoin commun.

Le Sainfoin à deux coupes exige un sol meilleur que l'espèce commune,
autrement, comme nous l'avons dit, il dégénère avec grande rapidité. Il se
récolte d'ailleurs de la même manière et donne des produits en proportion
des soins que l'on a apportés à sa culture.

-ocr page 159-

légumineuses.

Cette variété de Sainfoin s'est peu multipliée ; cela tient à ce qu'elle ne
se contente pas des terrains médiocres où le Sainfoin commun prospère. Sa
culture s'étendra à mesure que les besoins de la production auront fait sentir
la nécessité d'une amélioration soutenue des terres.

Sainfoin des rochers, 0. saxatilis L.

Fleurs d'un blanc jaunâtre, rayées de rouge, nombreuses, en grappes allongées. Corolle à
étendard apiculé égalant la carène; celle-ci plus longue que les ailes. Gousse h côtes saillantes,
sans épines, à suture externe carénée, ailée, lisse. Feuilles à 12.15 paires de folioles, linéaires,
aiguës, soyeuses. Souche frutescente. Taille de 1 à 4 décimètres.

Commune sur les coteaux pierreux et secs du Dauphiné et de la Provence, cette espèce fait
partie de la plupart des pelouses sèches et pâturages des régions méridionales. Les tiges et les
feuilles en sont fort recherchées des bestiaux ; toutefois , elle n'est point cultivée, bien que fort
ressemblante au Sainfoin commun, dont elle ne diffère que par ses moindres proportions dans
toutes ses parties, ce qu'il est permis d'attribuer au défaut de culture. V. Yvart, qui en avait eu
sous les yeux plusieurs pieds lui paraissant mériter d'être cultivés , par leur élévation et par leur
grande résistance à la sécheresse sur un mauvais terrain, s'était proposé de faire à cet égard quel-
ques essais qui ne paraissent pas avoir jamais été tentés.

Sainfoin couché , 0. supina DC.

Fleurs petites, blanchâtres, rayées de rouge, nombreuses, en grappes oblongues , denses.
Corolle à étendard plus long que la carène, à ailes plus courtes que le calice. Gousse garnie do
côtes saillantes, armées d'épines, à suture externe carénée et épineuse. Feuilles à 7.12 paires de
folioles, étroites, un peu écartées, velues sur les bords. Tiges couchées. Souche rameuse. Taille
de 1 à 4 décimètres.

Venant principalement sur les Alpes dauphinoises et les montagnes du Pioussillon, dans les
prés secs et sur les bords des chemins, cette espèce, sapide et nutritive, constitue un bon four-
rage, fort recherché des animaux. Non cultivée.

Sainfoin tête-de-coq , 0. caput-galli Lm.

Fleurs purpurines, très petites, au nombre de 3.6, formant une petite grappe lâche. Corolle
à étendard plus long que la carène. Gousse offrant sur les faces des côtes saillantes et munies
d'épines, à suture externe carénée et pourvue d'épines plus longues. Feuilles à, 5.7 paires de
folioles. Souche nulle. Taille de 2 à 5 décimètres.

Vient sur les terres sèches du Midi, où elle fournit aux bestiaux un aliment de bonne qualité.

On signale quelquefois, à côté de cette espèce, l'O. crista-galli Lm., qui s'en rapproche, mais
que l'on rencontre très rarement en France. Il en diffère par la gousse, laquelle n'offre des épines
que sur la suture externe.

Genre SAINFOIN. — I1EDYSARUM L.

Fleurs purpurines ou blanchâtres, en grappes axillaires, longuement pédonculées , avec pédi-
celles munis, au sommet, de deux petites bractéoles aiguës et, à la base, d'une longue bractée
linéaire; —
calice tubuleux , à 5 divisions subulées, toutes libres, presque égales; — corolle à
étendard échancré, réfléchi par les côtés, à ailes très courtes, à carène tronquée obliquement; —·
gousse h plusieurs articles monospermes, orbiculaires ou ovales, comprimés, arqués sur les deux
sutures; —
graines comprimées, creusées à l'ombilic; — feuilles imparipennées.

Ce genre renferme un petit nombre d'espèces, dont une seule est cultivée
comme fourragère dans les contrées méridionales.

-ocr page 160-

\ \\ légumineuses.

Sainfoin des couronnes, II. covonarium L.

Sainfoin à bouquets, Sainfoin des jardiniers, Sainfoin d'Espagne, Scilla, Sulla (en Italie).

Fleurs d'un rouge incarnat vif, nombreuses, réunies 011 grappe serrée, courte, ovoïde. Gousse
à 3.5 articles arrondis, garnis sur leurs deux faces de tubercules épineux, inégaux, un peu recour-
bés. Feuilles à 4.5 paires de folioles assez grandes, ovales ou un peu arrondies, bordées d'un liséré
blanc et soyeux. Stipules lancéolées, petites, aiguës. Tiges nombreuses, presque simples, flexueu-
ses, glabres. Taille de G à 10 décimètres. Souche vivace.

Particulièrement propre aux pays chauds , cette espèce se rencontre dans les prés secs du
Midi de l'Europe, notamment on Espagne, à Malte, dans les Calabres et quelques autres contrées
do l'Italie, oii elle est cultivée en grand comme plante fourragère. Elle est très productive et
fournit un excellent fourrage, recherché, soit en vert, soit en sec, par tous les bestiaux, qu'elle
nourrit et engraisse parfaitement. Cette plante est en Italie une ressource précieuse, sans laquelle,
dit Bosc, on ne pourrait nourrir que des moutons et des chèvres , qu'on aurait même de la peine
à entretenir
011 été , saison pendant laquelle toutes les autres plantes fourragères se dossèehent
complètement.

A Malte, on cultive ce Sainfoin à bouquets comme le Trèfle dans nos contrées ; on le sème
sur des chaumes, où la graine n'est recouverte que par lo piétinement des animaux ; on le récolte
au printemps suivant, et après la seconde coupe
011 le détruit, en retournant le sol pour 1111 autre
semis, soit d'orge, soit de froment. Les débris de la plante apportent à la terre une amélioration
notable qui profite à la céréale.

En Calabre, on cultive lo Sainfoin dans les terres fortes et crétacées. On le sème aussi sur les
chaumes, après que ceux-ci ont été brûlés. Puis, sans aucun soin de culture, on attend le prin-
temps où la plante, après être restée longtemps à germer, s'élèvo tout à coup et forme une belle
prairie, épaisse, couvrant tout le champ et s'élevant parfois à plus de 1 mètre de hauteur. On la
fauche ordinairement pour la donner en vert, et la récolte peut se prolonger ainsi depuis le mois
de mai jusqu'au mois d'août. La récolte achevée, on laboure la terre et ou sème du blé qui vient
plus beau quo dans les autres terres et donne une riche récolte.

Pendant que le blé est resté sur le sol, le Sainfoin 11e s'est point montré; mais lorsqu'il a
été enlevé et qu'on a brûlé le chaume, apparaît le Sainfoin qui s'est conservé dans la terre ; et
ainsi de suite tous les deux ans , sans que les deux plantos so nuisent réciproquement. Ou a vu
ainsi, dit Grimaldi, des champs une fois
sullés, donner régulièrement, pendant quarante ans et
au delà, dos récoltes alternatives de Sulla et de blé ; et il n'a fallu d'autre soin, pour conserver
une prairie si singulière , que la peine de répandre une première fois la graine de la fourragère.
Ce fait, en apparence extraordinaire, est confirmé, suivant la remarque de V. Yvart, par des faits
analogues dus au Sainfoin commun et à la Luzerne, que l'on voit souvent reparaître, après
une récolte de grains, lorsque ceux-ci ont été semés sur une prairie détruite dans les premières
années de son établissement, alors que les racines, jeunes encore, ont pu conserver, bien que
renversées, toute leur force de végétation.

Malgré les qualités de cetto plante, sa culture on grand est peu possible en France, à cause
do son extrême sensibilité au froid. Il suffit, en effet, d'une température de 4° pour la détruire
complètement; aussi ne pourrait-elle être cultivée quo dans les régions les plus méridionales. Il
lui faudrait un fond meuble, substantiel et convenablement préparé, et une exposition au Midi.

Eu attendant qu'il entre dans les grandes exploitations , 1e Sainfoin d'Espagne est cultivé
dans les jardins pour la boauté de ses fleurs et l'odeur agréable qu'il répand.

Sainfoin des Alpes, II. obscurum L.

Fleurs violettes ou blanchâtres, grandes, en grappes lâches, oblongues. Gousse lisse, à 2.5
articles, glabres, sans épines, non bordés. Feuilles à 7.9 paires do folioles. Stipules soudées en
une seule opposée à la fouille, grande, bifide, engainante- Tige drossée. Souche à divisions hori-
zontales. Taille de 2 à 4 décimètres. Vivace.

Vient dans les Pyrénées et los Alpes du Dauphiné. Il est mangé avec plaisir par les bestiaux ;
mais il n'est point assez productif pour être cultivé.

-ocr page 161-

légumineuses. 161

Petit sainfoin, H. humile L.

Fleurs purpurines, assez grandes, en grappes oblongues. Gousse pubescente, à 2.3 articles,
munis d'aiguillons. Feuilles à 7.10 paires do folioles petites. Stipules soudées en une seule
oppositifoliée, petite, bilido. Tiges drossées. Taille do 2 h 3 décimètres. Vivace.

Croît spontanément sur les coteaux du Midi, sur les rivages de la Méditerranée. Il est
mangé par les bestiaux, mais n'est point cultivé.

Sainfoin en tête , II. capitatum Df.

Fleurs rosées, peu nombreuses, en grappe globuleuse. Gousse pubescente, à 2.4 articles, for-
tement bordés, munis d'aiguillons croclms au sommet. Feuilles à 5.8 paires do folioles. Stipules
libres. Tiges couchées , la médiane dressée. Taille de 2 à 5 décimètres. Annuel.

Vient sur les bords de la Méditerranée. Non cvdtivé.

Genre ORNITHOPE. — 0RNITH0PUS Desv.

Fleurs peu nombreuses , réunies en ombelle sur un pédoncule filiforme axillaire; — calice
tubuleux, à 5 dents, les deux supérieures soudées à leur base ; — corolle h étendard plus long
que les ailes, qui dépassent elles-mêmes la carène ; celle-ci très petite, arrondie au sommet; —
gousse h plusieurs articles, linéaire, grêle, comprimée latéralement, réticulée, presque droite,
terminée par un bec conique plus ou moins recourbé ; —
feuilles imparipennées ; — stipules
libres; — tiges grêles multiples. — Plantes herbacées, annuelles.

Go genre comprend plusieurs petites espèces, propres aux terrains secs
ou sablonneux, et fort recherchées du bétail. Mais, vu leur peu de durée,
leur petite taille, le peu d'abondance de leurs fanes, elles ne peuvent avoir,
comme fourragères, qu'une importance secondaire.

ORNITHOPE FLUET. — 0. l'EUPUSILLUS L.

Noms vulgaires. — Ornithope délicat, Vied-d'oiseau.

Fleurs blanchâtres, mêlées de jaune, avec l'étendard veiné do rougo, très petites, au nombre
de 3.7, portant sous les fleurs une feuille bractéale dépassant celles-ci. — Calice à dents plus
courtes que le tube. — Corolle à carène saillante hors du calice. — Gousses de 12.18 millimè-
tres, dressées, étalées, arquées, avec concavité supérieure, contractée aux articulations. —Feuilles
velues, à 7-12 paires do folioles, ovales, obtuses, mucronées. — Stipules doubles, lancéolées,
noires à la pointe. — Tiges grêles , couchées, très multipliées. — Racine pivotante, descendant
à 4 ou 5 décimètres de profondeur. — Taille de 1 à 3 décimètres. — Annuel.

Commune dans les lieux secs, sablonneux ou graveleux, un peu ombra-
gés, au bord des bois, sur les pelouses et parmi les moissons de presque
toute la France, et partout fort recherchée du bétail, pour lequel elle cons-
titue une nourriture saine et agréable, cette espèce a particulièrement été
recommandée par Sprengel pour la transformation, en excellents pâturages,
des sols arides ou sablonneux, où beaucoup d'autres légumineuses ne pour-
raient prospérer. Elle doit cet avantage à sa longue racine qui lui permet
d'aller chercher, dans les sables les plus stériles, l'humidité et les autres
principes nécessaires à son développement, et de nourrir, pendant la séche-
resse, de nombreuses tiges, que l'on voit s'étendre en formant un gazon

10

-ocr page 162-

légumineuses. 13.")

épais et qui, après avoir été broutées par le bétail, se multiplient à l'infini
en repoussant de nouveaux jets.

L'Ornithope vient fort bien parmi les graminées, croît très promptement
et ne souffre pas du pâturage. Bien que n'étant point vivace, quand la terre
n'est pas trop chargée de gazon, il se propage en se resemant de lui-même; ce
que l'on facilite encore en hersant le sol au printemps, en même temps qu'on
répand un peu de semence. On ne livre la plante au pâturage que lorsqu'elle
a pris racine. En la semant dru, dit Sprengel, 011 pourrait la faucher, et en
obtenir ainsi, pour les moutons et les agneaux, un fourrage lin et succulent.
Semée avec la petite Renouée (
polygonum aviculare), elle fait, sur une terre
sablonneuse, un excellent pâturage d'un an. Mêlée avec du Trèfle blanc, des
graminées, des Genêts, etc., elle constitue un pâturage de plusieurs années;
il suffit, à cet effet, de répandre la graine de ces plantes, an printemps, sur
un seigle ; celui-ci coupé, on se contente, pour conserver, dans un sol sablon-
neux et sec, l'humidité de l'hiver, de fumer sur le chaume, et au printemps
suivant, après avoir passé la herse, on jette la graine de Pied-d'oiseau qu'on
recouvre par le rouleau.

On voit, par la composition chimique de cette plante, qu'elle exige un sol
riche en potasse, comme la petite Oseille (
rumcx acctosella) ; cela indique
qu'elle viendra bien partout où cette dernière espèce croît en abondance,
comme le sont les landes de Bruyères du centre de la France, sols qui con-
tiennent beaucoup de potasse.

Dans les lieux humides et fertiles, le Pied-d'oiseau forme une variété,
0. intcrmedius Rotli., considérée comme une espèce par certains auteurs.

Ornithope comprimé, 0. compressus L.

Fleurs jaunes, petites, au nombre de 3.5, sur un pédoncule bractéolé. Corolle à carène ne
dépassant pas le caliée. Gousse fortement comprimée, peu contractée aux articulations. Feuilles ii
folioles nombreuses ; les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles. Stipules doubles. Taille
do 2 à 5 décimètres.

Vient dans les lieux sablonneux du Midi et do l'Ouest, sur les pelouses, dans les champs et
les vignes. De même que l'espèce précédente, elle est mangée avec plaisir par les bestiaux et par
les moutons surtout. N'a point été soumise à la culture.

Ornitiiope cultivé, 0. salivus Brot.; 0. roseus Duf.

Omilhope rosé, Serradelle, Serraililla (Portugal).

Fleurs rose-clair, avec l'étendard rayé de violet, plus grandes que dans tontes les autres
espèces du genre, au nombre do 3.5, portées sur un pédoncule bractéolé. Gousses inclinées d'un
même côté, contractées aux articulations. Feuilles à folioles nombreuses, velues, nmeronées ; les
inférieures pétiolées, les supérieures sossiles. Stipules doubles. Tiges nombreuses. Taille de
1 il 3 décimètres.

Vient dans les lieux sablonneux du Sud-ouest et de l'Ouest, sur les rives de la Garonne, de
Toulouse à Bordeaux. Mangée avec plaisir par les bestiaux, elle pourrait, comme les précédentes,
être cultivée dans les lieux socs et sablonneux de nos départements méridionaux.

Sous le nom de Serradilla, elle est cultivée de temps immémorial dans le nord du Portugal,
où la hauteur des montagnes rend le climat à peu prés analogue à celui du centre de la France,
et elle fait, dans ce pays, en vert et en sec, la base de la nourriture du gros bétail. On la cultive
dans d'autres contrées encore, notamment dans les Campines belges, où les larges touffes que for-

-ocr page 163-

légumineuses. _ 147

ment ses tiges nombreuses et ses feuilles innombrables, entretiennent la fraîcheur (lu sol et don-
nent un fourrage d'une grande finesse recherché do tous les bestiaux. La plante, craignant, l'hi-
ver, doit être semée au printemps ; elle supporte bien la chaleur et la sécheresse, et fournit pour
l'été de bons pâturages pour les bêtes à laine.

Ornithope non bractéolé, 0. ebracteatus Brot.

Fleurs jaunes, avec l'étendard veiné de rouge, au nombre de 2.5, sur un pédoncule non brac-
téolé. Corolle avec carène saillante hors du calice. Gousse cylindrique, non contractée aux arti-
culations. Feuilles toutes pétiolées, à 3.6 paires do folioles .élargies au sommet, mucronées.
Tiges très grêles, ascendantes. Taille de 1 à 5 décimètres.

Cette espèce, assez précoce, vient, comme la précédente, dans les lieux sablonneux du Mid;
et de l'Ouest, sur les bords de la Méditerranée, dans le Roussillou, sur les rives de la Garonne
et les rivages de l'Océan. Non cultivée.

Genre CORONILLE. — CORONILLA Neck.

Fleurs ordinairement jaunes, eu ombelles axillaires; —calice court, ii 5 dents, les deux supé-
rieures à moitié soudées; —
corolle à pétales longuement onguiculés, à carène terminée en bec;
— gousse linéaire, cylindrique, à 2, 4 ou 6 angles; — feuilles imparipennées, rarement trifolio-
lées, avec la foliole médiane beaucoup plus grande.

Ce genre comprend des espèces herbacées ou ligneuses en assez grand
nombre, qui croissent dans les lieux secs et pierreux, de préférence sur les
terrains calcaires, et sont généralement peu recherchées des bestiaux. Voici
un tableau des principales espèces françaises avec leurs caractères distinctifs.

[ Fleurs mêlées de violet et de blanc. Stipules libres......

Onglet de l'étendard avec une

<
a

s
g

o

O

w
g

te
w
a

Feuilles

1 Stipules \ 11011
libres < bordées

Stipules soudées.
Feuilles à rebord
transparent

Feuilles trifoliolées, Gousse à, 6 angles........................ Scorpioide! Kock.

Feuilles avec rebord transparent.....

Gousse à 4 angles..........j

Feuilles \
impari- /
pennées 1

I Fleurs

I jaunes-

Varia

I.

¥

Emtrus

l.

5

Valentina

l.

5

Glauca

L.

Ò

Jtmcca

L.

5

Montana

Scop.

y

Minima

L.

y

Vaginalis

Lin.

y

Scorpioides

Kock.

®


CORONILLE BIGARRÉE. — C. VARIA L.

Noms vulgaires. — Coronille changeante, Faucille, Pied-de-grolte.

Fleurs élégantes, panachées de blanc, de rose et de lilas, au nombre de 12.15, disposées en
couronne sur un pédoncule très long. — Corolle à étendard ovale. —Gousses dressées ou étalées (
flexueuses, à 3.6 articles tétragones. — Feuilles à 7.12 paires de folioles, oblongues, d'un beau
vert. — Stipules petites. — Tiges herbacées, fistuleuses, diifuses. — Racines multipliées, tra-
çantes et profondes. — Taille de 2 il 6 décimètres.

Cette espèce est commune dans les bois, aux bords des champs et des
chemins, sur les coteaux siliceux et calcaires de presque toute la France. A
l'état vert, elle n'est point mangée par les bestiaux, auxquels elle paraît être
nuisible. Mais quand elle a été soumise à la dessiccation, elle donne un bon
fourrage, facile à préparer, et que les animaux recherchent.

-ocr page 164-

légumineuses. 13.")

Tollard aîné, dans le supplément du Dictionnaire de Rozier, paru vers le
commencement de ce siècle, est le premier qui ait appelé l'attention sur cette
plante et signalé ses qualités. Suivant cet auteur, elle résiste parfaitement
aux sécheresses, grâce à ses profondes racines; s'élève peu, durcit vite quand
elle est seule, mais peut s'élever jusqu'à 1 mètre, et fournir, si elle est fau-
chée de bonne heure, un assez bon fourrage, surtout lorsqu'elle est associée
à d'autres plantes. Jeune, elle est broutée avec plaisir par les moutons ; et,
sur les coteaux secs et crayeux, elle pourrait être associée aux plantes pro-
pres à ces régions.

Malgré ces avantages,' la culture de la Coronille bigarrée n'a point été,
en France, l'objet d'essais suivis. Elle a été tentée seulement en Angleterre,
où l'on se préoccupe plus que chez nous de varier la nourriture du bétail.

Coronilla emérus, C. Emerus L.

Séné sauvage, faux Séné, faux Baguenaudier.

Fleurs jaunes, grandes, au nombre do 2.3 sur un pédoncule court. Corolle à étendard orbi-
culaire, pourvu d'une écaille à sa face interne. Gousse longue, droite, pendante, à 7.10 articles.
Feuilles à 2.3 paires do folioles obovées. Arbuste de 5 à 12 centimètres.

Vient sur les cotoaux calcaires dos provinces de l'Est et du Sud-ouest, au bord des rivières,
des bois et des buissons. Ses feuilles jouissent de propriétés purgatives; aussi les animaux ne lâ
mangent-ils qu'à l'état sec.

Les autres ospèces indigènes, toutes à lleurs jaunes, le C. valcntina L., arbuste à fleurs odo-
rantes, liant de 4 à 7 décimètres, qui vient en Corse; le
C. glauca L., arbrisseau de 8 à 10 déci-
mètres, qui vient dans le Midi, et que l'on cultive dans les jardins pour sou feuillage glauque et
ses belles fleurs odorantes ; le
C. juncea L., arbuste habitant les collines de la Provence ; le
C. vaginalis Lm., espèce fort rare des contrées de l'Est; le C. montana Scop., à fleurs fétides,
qui habite les collines calcaires do l'Est, sont toutes aussi plus ou moins purgatives, et ne sont,
comme la précédento, mangée par les animaux qu'après avoir été soumises à la dessiccation.

Coronille naine , C. minima L.

Fleurs jaunes, au nombre de G.12 sur un long pédoncule. Gousses courtes, penchées d'un
même côté, à 2.4 articles tétragones. Feuilles à 3.4 paires de folioles , entourées d'un bord car-
tilagineux transparent. Stipules soudées en une seule opposée à la feuille. Tiges grêles, cou-
chées. Taille do 1 à 2 décimètres.

Commune sur les coteaux secs do l'Est et du Midi, sur les pontes argilo-calcaires du Lau-
raguais, et dans quelques régions do l'Ouest, cette espèce est peu recherchée par les animaux,
sinon par les moutons et les chèvres, qui la broutent quelquefois. On pourrait l'utiliser pour gar-
nir les terrains arides et rocailleux et former ainsi dos pâturages , auxquels elle fournirait son
feuillage abondant et précoce, outro l'avantage qu'elle offre de repousser très vite sous la dent.
Ello est trop petite, d'ailleurs, pour être fauchée et fanée.

Coronille a queue de scorpion , C. scorpioïdes Koch.

Fleurs jaunes, petites, au nombre de 2.4 sur un pédoncule égalant la feuille. Corolle à éten-
dard orbiculaire. Gousses courbées en hameçon, penchées horizontalement d'un même côté,
à 3.8 articles. Fouilles la plupart trifoliolées, à folioles latérales un peu épaisses, la terminale plus
grande, elliptique. Tiges herbacées, la centrale dressée. Taille do 1.2 décimètres.

Cette espèce, la seule annuelle du genre, croît sur le3 pelouses, dans les moissons et champs
cultivés, des provinces du Midi et de l'Ouest. Ello vient dans des sols très arides, m su.·} ne donne
que peu do produits. Est mangée par les animaux. Non cultivée.

-ocr page 165-

légumineuses.

Genre SÉCURIGÈRE. — SECURIGERA DG.

Fleurs on ombelles axillaires ; — calice court, à 5 dents, les deux supérieures iv moitié sou-
dées ; —-
corolle à étendard obové, il ailes larges, à carène aiguë, terminée 011 bec; — gousse
uniforme, allongée, arquée, comprimée, à articles peu apparents à cause de la saillie des sutures,
terminée en bec courbé ; —
graines quadrangulaires ; — feuilles imparipenuées.

Renferme une seule espèce.

Sécurigère conoNiLLE, S. coronilla DG.

Fleurs jaunes, au nombre de 6.8 sur un pédoncule long. Gousse longue. Feuilles à 5.7 paires
de folioles cunéiformes. Tiges dressées. Taille de
2 à 3 décimètres.

Vient dans les régions sèches du Sud-est. Mangée par les animaux. Non cultivée.

Genre IIIPPOCRÉPIDE. — IIIPPOCREPIS L.

Fleurs jaunes, axillaires ou terminales; — calice campanulé, it 5 dents, les deux supérieures
à moitié soudées; —
corolle h étendard redressé, orbiculaire, longuement onguiculé; à carène
terminée en bec; —
gousse allongée, grêle, comprimée latéralement, creusée sur le bord interne
d'échancruros correspondantes aux graines; —
graines oblongues, arquées; — feuilles imparipen-
uées, à folioles petites, les inférieures obovées, les supérieures oblongues, linéaires; —
stipules
petites, aiguës.

Comprend un petit nombre d'espèces, dont une seule est répandue.

iilppocrépide en ombelle, II. COniOSCl L.

Uippocrèpe, Fer-à-cheval.

Fleurs jaunes, veinées sur l'étendard, au nombre de 6.12, pendantes et eu ombelle sur un
long pédoncule. Gousse à échancrures demi-circulaires, garnie de rugosités glandulaires, à 2.4 arti-
cles. Graines courbées en demi-cerclo. Feuilles à 5.7 paires de folioles, très petites, mucronulées.
Tiges simples, ascendantes, dures. Taille do 1 à 2 décimètres. Vivace.

Commune dans toutes les régions de la France, cotte espèce vient naturellement dans les
prairies sèches, les terrains calcaires et arides, les sols volcaniques; elle s'y développe très bien,
et forme de larges touffes qui s'étendent facilement du pied , en donnant une fane assez abon-
dante, recherchée des bestiaux, surtout des moutons, quand elle est jeune; mais après la florai-
son, elle est trop dure pour servir de fourrage. Petite et peu productive, cette espèce pourrait
servir à former les mélanges propres il ensemencer les terrains secs.

Hippocbépide glauque, H. glauca Ten.

Gousse plus longue et plus étroite que l'espèce précédente , à échancrures moins profondes.
Graines presque droites. Feuilles glauques
011 dessous.

Vient dans les lieux stériles de la région des oliviers. Rare et non cultivée. Vivace.

Hippocbépide ciliée, II. ciliata Willd.

Fleurs peu nombreuses, sur un pédoncule court. Gousse hérissée, glanduleuse, ii échan-
crures profondes, formant presque un cercle, à 5.8 articles. Graines très courbées. Feuilles
à 3.5 paires de folioles. Taille de 1 il 2 décimètres. Annuelle.

Lieux secs du Midi et de l'Est, région des oliviers. Peu recherchée des animaux. Sans usages.

Hippocrépide a un seul fruit, II: unisiliquosa L.

Fleurs solitaires ou géminées, presque scssiles. Gousse hérissée, à échancrures formant un
cercle complet, il 3.5 articles. Graines très courbées. Feuilles il 5.7 paires de folioles. Taille do
6 à 12 centimètres. Annuelle.

Vient dans les mêmes lieux que les espèces précédentes. Peu recherchée et sans usages.

-ocr page 166-

légumineuses. 13.")

Genre SCORPIURE. — SCORPIURUS L.

Fleurs jaunes ; — calice à 5 dents, les deux supérieures h moitié soudées ; — corolle à
carène bifide, terminée en bec; — gousse cylindrique, coriace, roulée sur elle-même, h côtes
longitudinales, épineuses ou tuberculées; —
graines arquées; — feuilles simples , atténuées en
pétiole ; —
stipules soudées au pétiole.

Comprend un petit nombre d'espèces toutes annuelles, et ne s'élevant
qu'à une faible hauteur.

Scorpiure vermiculé, S. vermiculata L.

Chenille.

Fleurs solitaires, rougeâtres sur l'étendard, petites, portées sur un long pédoncule axillaire.
Gousso garnie de tubercules en séries régulières. Feuilles lancéolées, velues. Tiges rampantes.

Vient naturellement dans les régions sèches des provinces méridionales. Est mangée par les
bestiaux, mais de nul intérêt pour l'agriculture.

Le S. muricata L., à pédoncules portant 2.3 fleurs, h gousse faiblement tuberculeuse; le
S. subvillosa L., à 2.3 fleurs, à gousse munie d'épines; le S. sulcata L., à gousse formant 2 spires
régulières, ii aiguillons disposés sur quatre rangs, — se trouvent dans les mêmes lieux que les
précédentes, et sont également sans usages.

6° Triton. — VICIÉES.

Étamines monadelphes ou diadelphes. Gousse non articulée, bivalve,
uniloculaire. Feuilles ordinairement paripennées, à pétiole terminé en vrille
ou en arête. Fleurs toutes axillaires. — Comprend plusieurs genres, se dis-
tinguant par les caractères résumés dans le tableau ci-après :

Étamines monadelphes

| I Stylo

'Etamines 1 comprimé
diadelphes] d'avant
/ en arrière

Faba.
Cr acca.

Style comprimé latéralement,

Tube des
étamines
Feuilles tronqué
paripen. obliquem.

Ervum.

Ervilia.

Lathyrüs.

Okobus.

Pisuji.

ClCER.

Feuilles imparipennées

Gousse à sommet symétrique, non
prolongé en bec............


-ocr page 167-

légumineuses.

Genre FÈVE. — FABA T.

Fleurs en grappes axillaires brièvement pédonculées, peu nombreuses ; — calice à 5 dents
inégales, les deux supérieures plus courtes ; —
corolle h. étendard ample, dépassant les ailes, à
carène courte; —
étamines monadelphes, à tube tronqué obliquement au sommet; — style allongé,
filiforme, légèrement aplati ; —
gousse sessile, prolongée en bcc du côté du bord supérieur,
oligosperme; —
graines oblongues, aplaties sur les faces, séparées du tissu cellulaire.

Ce genre, établi par Tournefort, puis confondu dans le genre Vesce par
Linnée, qui en avait l'ait le
Vicia faba, a été rétabli et maintenu par la majo-
rité des auteurs modernes. Il renferme une seule espèce.

FÈVE COMMUNE. — F. VULGAMS Mœncii.

Fleurs très grandes, blanches ou rosées, veinées de noir, avec une taelie noire sur les ailes.

— Gousse volumineuse, renilée, pubescente, légèrement visqueuse, verte, noirâtre à la maturité.

— Graines très grosses. — Feuilles non en vrille, terminées en une arête droite ou flexueuse,
à 1.3 paires de folioles sessiles, amples, épaisses, entières, elliptiques, obtuses, mucronées, gla-
bres. — Stipules demi-sagittées, dentées, avec une tache brune sur la face supérieure. — Tige
simple ou peu rameuse, drossée, épaisse, presque quadrangulaire, fistulcuse.—Racine pivotante,
fibreuse. — Taille de 4 à 8 décimètres. --- Annuelle.

Originaire de la haute Asie, rencontrée en Perse à l'état sauvage par le
voyageur Olivier, la Fève est cultivée en Europe depuis l'époque la plus
reculée, soit dans les jardins comme espèce potagère, soit dans les champs
comme plante fourragère. On la cultive très en grand dans plusieurs locali-
tés, notamment dans le Valais, où on la préfère à la pomme de terre.

La Fève forme plusieurs variétés, dont les principales sont la Fèverole et
la
Fève des marais.

Parmi les autres variétés, on distingue : la Fève naine hâtive, petite, pré-
coce, assez productive, importée de la côte d'Afrique il y a une soixantaine
d'années; — la
Fève julienne, un peu plus grande que la précédente, commune
dans les jardins ; — la
Fève verte, un peu plus tardive, conservant la couleur
verte de ses fruits, et originaire de la Chine ; — la
Fève violette, dont une
sous-variété, à fleurs pourpres, pourrait être cultivée comme plante d'orne-
ment ; — la
Fève à longue cosse, plus élevée que celles qui précèdent, plus
tardive, et remarquable par la longueur et le grand nombre de ses fruits ; —
la
grosse Fève de Windsor, à graines larges et aplaties, la plus forte de toutes,
mais peu productive et résistant difficilement au froid, etc. Ces différentes
variétés, exclusivement réservées aux jardins potagers ou d'agrément, n'ont
point à nous occuper ici, où nous n'avons à considérer que les deux
premières, les seules que l'on cultive en plein champ en môme temps que
comme plantes potagères.

La Fève des marais, F. V. major (grosse Fève ordinaire), est la plus géné-
ralement cultivée, dans les champs et les jardins, pour son fruit volumineux

-ocr page 168-

légumineuses. 13.")

et succulent. Elle offre une sous-variété, appelée Fève picarde, qui esl moins
grosse et plus aplatie.

La Fèvehole, F. V. minor, F. V. cquina (Petite Fève, Fève-des-Champs, Fève-
de-cheval, Fèvelotte, Favelotte, Fave, Gourgane),
paraît être le type <le l'espèce;
c'est celle au inoins dont s'est rapprochée le plus la plante provenant des
graines sauvages rapportées de la Perse par Olivier. Elle est petite, tardive,
fournit beaucoup, donne des fruits presque cylindriques, âpres et durs, c'est-à-
dire d'un goût moins agréable que celui des variétés potagères ; elle vient dans
beaucoup d'endroits qui ne pourraient fournir d'autres produits : le long des
haies vives, dans les clairières des bois, dans les sentiers abandonnés, au
bord des champs qui avoisinent les routes, etc., et où il ne faudrait qu'un
peu de soin pour en tirer un grand parti. Cette variété, principalement cul-
tivée dans les champs, est la plus importante au point de vue agricole, et
celle dont nous aurons principalement, en conséquence, à étudier la culture.

Culture de la Fève.

On cultive la Fève dans les champs, soit pour en obtenir la graine, em-
ployée à la nourriture de l'homme ou des animaux, soit comme plante four-
ragère, destinée à être fauchée ou à être donnée en pâturage, soit pour l'en-
fouir comme engrais vert. Nous aurons, dès lors, à exposer : d'abord les soins
généraux applicables à tous les cas, puis les soins spéciaux exigés suivant
l'objet de la culture.

Préceptes généraux de culture.

Choix et préparation du sol. —La Fève préfère les terres fortes, meubles,
fraîches et substantielles ; elle prospère dans des localités qui seraient beau-
coup trop argileuses pour d'autres cultures. Elle donne aussi des produits
abondants dans les terres calcaires. En somme, dans nos climats tempérés,
elle vient à peu près partout, ne redoutant réellement que l'excès d'humi-
dité et les fortes sécheresses. La terre, quelle qu'elle soit, doit être ameublie
par de profonds labours, qui seront faits avant l'hiver, afin que le froid achève
d'émietter le sol; cette opération est principalement nécessaire pour faciliter
la pénétration de la racine pivotante de la plante.

Ensemencement. — On répand la semence au printemps ou à l'automne.
Dans le Midi, où l'on a moins à redouter pour la jeune plante l'influence du
froid, on sème en automne, jusqu'en décembre. Les pousses alors sont mieux
enracinées, plus vigoureuses, et la plante, résistant mieux à la chaleur,
donne des produits plus abondants. Vers le Nord, on devra, au contraire,
semer au printemps, en ayant soin seulement de le faire le plus tôt possible,
dès que les gelées cessent d'être à craindre, et cela, d'abord parce que la plante
plus vite constituée résiste d'autant mieux à la sécheresse, qu'elle redoute
par-dessus tout ; puis, parce qu'on rend ainsi la terre plus promptement dis-

-ocr page 169-

légumineuses. 153

ponible pour la récolle qui doit succéder à la Fève. Le mois de février ou le
commencement de mars est l'époque qui convient le mieux alors pour les
semailles. En choisissant une variété particulière, dite
Fèvcrolc d'hiver, 011
pourrait semer plus tôt encore, c'est-à-dire avant l'hiver.

On répand la semence de Fève, soit à la volée, soit en lignes ou rayons.

L'ensemencement à la volée se fait sur le champ non labouré, ou bien
dans les raies ouvertes par la charrue. Mais il est toujours préférable que le
champ soit au préalable labouré, hersé et même roulé. La graine répandue,
il convient, dans tous les cas, de la recouvrir par plusieurs hersages.

Le semis en lignes ou rayons se l'ait, soit à la main, dans les raies ouver-
tes par la charrue, soit au semoir, soit en plantant la graine, ce qui est long
et dispendieux. Les raies seront aussi droites que possible, assez écartées
pour qu'on puisse y faire passer la petite herse triangulaire et la houe à
cheval, c'est-à-dire qu'elles doivent être distantes de 5 à 6 décimètres envi-
ron. Cet écartement sera moindre dans les petites cultures, où le binage et
le sarclage se font à la main. M. Robert Brown emploie le semoir à brouette,
refend les raies pour recouvrir la semence, puis, après dix à douze jours, il
passe la herse en travers, afin de niveler pour le binage. Deux sillons d'écou-
lement sont tracés ensuite entre chaque ligne ; on enterre de la sorte les
graines de 9 à 10 centimètres, ce qui n'a aucun inconvénient, même dans
les terres argileuses. Si la terre est très humide, on établira les lignes d'en-
semencement au sommet des billions relevés.

Le semis en lignes est plus dispendieux que le semis à la volée; mais il a·
l'avantage d'exiger moins de semence et de donner des produits plus abon-
dants. Thaer, Y. Yvart, A. Wieland et d'autres agronomes encore, surtout
en Angleterre, ont fait sur ces deux modes d'ensemencement des essais com-
paratifs qui ont donné des résultats concluants. Ainsi le semis en lignes a
oifert les avantages suivants : économie d'un tiers de semence ; germination
plus sûre, produits en grains plus abondants, sans que l'on puisse d'ailleurs
préciser le chiffre du surplus, estimé depuis un cinquième jusqu'à deux et
trois fois plus ; enfin, action amélioratrice sur le sol plus prononcée.

La quantité de semence à répandre varie suivant sa qualité, sa gros-
seur, l'état du sol, le mode d'ensemencement. Comme nous venons de le
voir, il en faut toujours davantage quand on sème à la volée. La quantité
peut varier ainsi de 150 à 250 litres par hectare. En Ecosse, on en sème
près de 350 litres. Dans le Valais, on va jusqu'à 4 hectolitres; en Angleterre
et en France, la quantité moyenne, pour les bons terrains, est de 2 hectoli-
tres par hectare. Par le procédé de semis en lignes, de Robert Brown,
30 graines par mètre de rayon suffisent.

On aura, encore à porter son attention sur le choix des graines, qui doi-
vent être mûres, nourries, fraîches ; comme elles gardent longtemps leurs
facultés germinatives, surtout quand on les conserve dans les gousses, il
est recommandé de ne battre les tiges qu'au moment d'ensemencer. Les

-ocr page 170-

légumineuses. 13.")

graines seront pleines, et d'une couleur brune ou rougeâtre. Si elles étaient
blanches et ridées, cela indiquerait un défaut de maturité ; trop noires ou
ternes, elles dénoteraient une altération due à la fermentation ou à l'hu-
midité.

Les graines étant exposées aux attaques des mulots et autres animaux,
qui en sont friands, il convient, avant de les semer, de les tremper vingt-
quatre heures dans l'eau, ce qui, en ramollissant le périsperme, hâte la germi-
nation , et les soustrait plus tôt aux causes de destruction qui les menacent.

Soins divers de culture. — Après que la graine a été répandue, il faut
passer plusieurs fois la herse et le rouleau pour ameublir et égaliser conve-
nablement la surface du champ. Quand la plante est près de lever, on passe
de nouveau la herse. Cette opération, qui expose seulement à faire perdre
quelques pieds, a pour avantage de diviser la terre, de détruire une grande
partie des plantes nuisibles qui peuvent exister à une faible profondeur, de
hâter la végétation et de favoriser la sortie de la Fève.

Sur le semis à la volée, on s'en tient à ce hersage que l'on pratique une
seule fois avec une herse légère. Si on a semé en raies assez écartées pour
le passage de la petite herse ou de la houe à cheval, on commence, quelque
temps avant que la plante lève, par employer le premier instrument pour
détruire et extirper les plantes nuisibles, en recommençant plusieurs fois
s'il est nécessaire. Plus tard, quand la plante est assez élevée pour pouvoir
ôtre buttée, et quand elle est près de fleurir, on fait usage de la houe à
cheval.

Culture de la Fève pour la graine.

Lorsque la Fève est cultivée pour la graine, le terrain, ameubli par la
charrue, doit en outre ôtre fumé le plus possible avec des fumiers longs et
pailleux, ayant subi seulement la fermentation nécessaire pour la destruc-
tion des graines nuisibles. Cette addition de fumier est d'autant plus indis-
pensable que, généralement, la Fève précède une récolte de blé, à laquelle
l'engrais doit surtout servir. Dans le Valais, on fume à raison de 18,000 à
20,000 kilog, de fumier par hectare.

On peut semer à la volée ; mais le semis en lignes, qui donne moins de
feuilles et plus de graines, devra toujours être préféré.

Les habitants du Valais, qui sèment en lignes, répandent, dans le sillon
tracé par la charrue, environ 4 hectolitres et demi de graines par hectare. Ce
semis exceptionnellement épais, comme le remarque M. de Gasparin, ne
donne pas beaucoup plus de graines que s'il était plus clair ; mais il a pour
résultat une grande abondance de tiges, dont le produit est regardé comme
important; de plus, les plantes ne tallent pas, ce qui fait que toutes les
gousses arrivent en même temps à maturité ; enfin, de l'abondance des
fanes résulte, au pied des plantes, un ombrage étouffant qui dispense de
nombreux sarclages.

-ocr page 171-

légumineuses. _ 155

Dans ce même pays, il est d'usage encore, pour augmenter le produit
de la Fève, lorsqu'elle est parvenue à une certaine hauteur, de la coucher à
moitié dans la terre, de manière à laisser ressortir le haut de la tige et les
rameaux qu'elle a déjà poussés. De la partie enterrée naissent une multitude
de radicules qui concourent à activer le développement de la plante.

Après la floraison, on pratique, dans quelques régions de la France,
notamment dans l'Auvergne, le pincement de l'extrémité des tiges, dans le
but de hâter la maturation des fruits. L'opération se fait avec les doigts,
une faucille, un instrument quelconque, et a effectivement, pour résultat,
en arrêtant la végétation de la tige, de faire refluer la sève vers les graines.
Bonne pour la petite culture, une telle méthode est peu praticable en grand.

La Fève est exposée aux attaques de plusieurs ennemis ; le Puceron est
le plus redoutable ; il attaque les sommités, c'est-à-dire les parties les plus
tendres, et par ses nombreuses piqûres, produit une grande extravasation de
sève, ce qui nuit à la formation et au développement des fruits. Ce parasite
est d'autant plus à craindre, que la plante souffre davantage de la séche-
resse ; c'est ce qui fait que les Fèves semées avant l'hiver y sont toujours
moins exposées. Pour en préserver la plante, le binage et le sarclage suffi-
sent souvent ; sinon il faut recourir au pincement, en pratiquant l'excision
des extrémités attaquées.

On n'attend point, pour récolter la Fève, que les fruits soient complète-
ment mûrs, d'abord parce qu'en tardant trop on perd du temps pour la
récolte à suivre; puis, parce que les tiges et les feuilles qui, récoltées à
temps et bien préparées, servent à l'alimentation des bestiaux, deviennent
plus tard dures et ligneuses et ne sont plus bonnes qu'à servir de litière et
de combustible. La maturité s'annonce à la couleur noire que prennent les
gousses, au fanage de la tige et à la chute des feuilles. Il faut, conséquent-
ment, ne point attendre, pour commencer la récolte, que ces caractères
soient trop prononcés. C'est généralement en septembre ou en octobre que
l'on coupe la plante dont on veut extraire les graines.

Cette récolte se fait de plusieurs manières. On peut arracher la plante,
la couper à la faucdle ou la faire tomber sous la faux. Le fauchage est le
procédé le plus expéditif et le plus économique.

La plante fauchée est soumise à la dessiccation, et quand elle est sèche,
en extrait les graines au fléau. Les Fèves se conservent mieux ainsi que si
on les séparait immédiatement des tiges, outre que celles-ci, que l'on ne
peut donner que peu à peu au bétail, sont plus appétissantes quand elles
sont nouvellement battues.

Mais cette dessiccation de la plante entière est toujours longue et diffi-
cile, à cause de la grande quantité d'eau de végétation que renferment la tige
et les feuilles. On la facilite en faisant les javelles aussi minces que possible ;
on porte ensuite celles-ci hors du champ, afin de laisser le terrain libre aux
travaux ultérieurs. Il faut avoir soin, d'un autre côté, de ne lier et ne mettre

-ocr page 172-

légumineuses.

les tiges à couvert que lorsqu'elles sont bien sèches; île la sorte, elles se con-
servent et se battent beaucoup mieux.

Dans le Valais, on n'attend point que les gousses aient bruni et que la
tige soit flétrie, comme on le fait ailleurs. On regarde la Fève comme bonne
à être cueillie dès que son germe est noirci, bien que les cosses soient encore
vertes. On arrache alors la plante avec toutes ses folioles et on la fait sécher,
non sur le sol, mais sur cle hauts étendoirs formés de traverses supportées
par des sapins, et sur des rangées de barreaux horizontaux qui entourent
les granges. L'hiver venu, on bat au fléau dans les granges, et le grain est
séparé de la paille par le van ou le tarare. Le produit est de 22 à 28 hecto-
litres de graines par hectare, et de 5,800 à 7,400 kilog. de tiges desséchées,
formant un fourrage estimé, regardé comme supérieur au foin.

La graine de Fève battue trop tôt est exposée à diverses altérations ;
elle s'échauffe et peut être attaquée par la Bruche des pois (
Bruchus grana-
rius
Scliœn.) qui, en détruisant le germe, la rend impropre à la reproduction
et à la consommation.

_

Culture de la Fève comme fourrage.

Le terrain ayant été préparé, fumé, comme lorsque l'on veut récolter la
graine, la Fève que l'on destine à servir de fourrage est toujours semée à la
volée, et très dru, attendu que la plante ne talle pas. On peut, en outre,
lorsque la graine n'a pas été répandue avant l'hiver, semer un peu plus tard
qu'on ne le fait dans le cas précédent, la plante devant rester moins long-
temps sur le sol que lorsqu'on attend, pour en faire la récolte, sa complète
maturité.

La Fève fourragère ou Fèverole doit être fauchée à la floraison, avant la
maturité des graines. Toutes les parties de la plante sont alors, il est vrai,
épaisses, charnues et difficiles à sécher; mais si on attendait davantage, elles
seraient dures et la végétation serait arrêtée; tandis que si la première coupe
est faite avant que les fruits soient mûrs, la plante peut être fauchée plu-
sieurs fois, et fournir même un pâturage assez prolongé, la mise en pâture
des tiges en fleurs faisant ordinairement pousser plusieurs jets latéraux, qui
donnent une bonne nourriture.

Une fois coupée, la Fèverole est consommée en vert ou transformée en
foin. Elle donne alors un fourrage très nourrissant ; mais la quantité d'eau
de végétation que contient la plante rend ce fourrage difficile à préparer.

Quelquefois on ne coupe les Fèves qu'après la formation des cosses. On
a ainsi des gerbées qui constituent un bon fourrage d'hiver recherché des
moutons et des chevaux. Les tiges, dans ce cas, sont plus faciles à sécher et
à conserver que lorsque la plante a été coupée jeune. Néanmoins, à cause de
leur grosseur et de l'eau abondante qu'elles renferment, il faut avoir soin,
comme lorsque l'on veut récolter la graine, de les tenir en javelles minces.

La Fève fourragère est souvent semée avec d'autres plantes, et ces nié-

156

«

M

— ——■

-ocr page 173-

légumineuses. _ 157

langes, fauchés en vert ou après la formation de la graine, forment, dans
l'un et l'autre cas, une nourriture des plus substantielles. Ainsi, tantôt on
forme, arec le seigle et l'avoine, un mélange que l'on sème avant ou après
l'hiver, et que l'on récolte en juin et juillet pour nourrir les animaux pen-
dant la saison chaude; tantôt on la môle, ainsi qu'on le fait notamment dans
le Pas-de-Calais, avec la gesse, la vesce, les pois, les lentilles, et quelques grains
de céréales; ces mélanges, connus sous les noms de
hivernage, dragée, dravée,
gravière, tvaret, favero,
forment une excellente nourriture d'hiver et d'été.

La culture de la Fèverole est toujours avantageuse, non-seulement par
la nourriture verte ou sèche qu'elle donne, soit qu'on la coupe en fleurs, soit
qu'on attende que les gousses soient formées, mais encore parce qu'elle
ameublit et nettoie le champ; parce que fauchée avant la formation du fruit,
elle épuise peu le sol ; parce qu'enfin elle n'occupe la terre que pour peu de
temps, favorise ainsi toutes les opérations ultérieures et l'admission des
autres cultures.

Culture do la Fève comme engrais vert.

Empruntant à l'atmosphère, par ses feuilles larges et épaisses, une
grande partie de sa nourriture, la Fève apporte au sol, quand on l'enfouit au
moment où elle est en fleurs, une proportion considérable de matière fertili-
sante. De là l'emploi assez fréquent de cette plante comme engrais vert. Elle
exige dans ces circonstances les mêmes soins de culture que lorsqu'elle doit
être transformée en fourrage, sauf qu'elle n'a pas besoin de recevoir de
fumier. Une bonne méthode encore, en ce cas, est de faire pâturer le champ
de bonne heure par les bêtes à laine. Au lieu d'une seule tige , il en pousse
alors plusieurs, qui s'élèvent moins, mais qui, couvrant davantage le sol
en se ramifiant, sont ensuite plus faciles à enterrer.

L'enfouissement se fait, au moment où la plante est en fleurs, à l'aide
de la charrue. On facilite l'opération en la couchant au préalable avec le rou-
leau, après une pluie, ou quand elle est encore mouillée par la rosée. Quel-
quefois on l'enfouit à la bêche ; alors il convient d'arracher d'abord la plante.
Dans un cas ou dans l'autre, la plante, molle et succulente, 11e tarde pas à
se décomposer et à se transformer en terreau.

Cette culture, sans rien prendre à la terre, puisque la plante enfouie
lui restitue tout ce qu'elle lui a emprunté, l'enrichit encore de tout ce qu'elle
a extrait de l'air. Elle constitue donc un moyen infaillible d'amélioration du
sol que l'on ne peut que souhaiter voir plus généralement utiliser.

Valeur économique et agricole de la Fève.

Vivant surtout aux dépens de l'atmosphère et n'enlevant presque rien au
sol pour s'entretenir et se développer, la Fève, quel que soit le mode de cul-
ture auquel on la soumette, est une plante précieuse pour l'industrie rurale.

-ocr page 174-

légumineuses. 13.")

On peut ainsi par elle, au moyen de deux hectolitres de graines que l'on
sème par hectare, et dont on retire 8 à 10,000 kilog. de produits, extraire' de
l'atmosphère, par le seul Tait de la végétation, plusieurs milliers de kilogram-
mes de substances nutritives, qui restent sans frais au bénéfice de l'agricul-
teur. La Fève, en outre, n'occupe le sol que peu de temps et le nettoie des
mauvaises herbes, soit par le sarclage qu'elle exige, quand on la sème en
ligne, soit par l'ombre qu'elle produit, quand elle est semée à la volée.

La Fève est ainsi la plante par excellence pour diviser, ameublir, net-
toyer et fertiliser la terre, et sa culture est l'une des meilleures que l'on
connaisse pour préparer à recevoir le froment et autres céréales, les terres
froides et rebelles dont l'exploitation serait sans cela coûteuse et peu pro-
ductive. La Fève, sous ce rapport, est même supérieure au Trèfle, car elle
peut réussir là où ce dernier parfois reste absolument improductif.

Il est à regretter même que cette faculté fertilisante de la Fève ne soit,
pas plus communément utilisée pour l'amélioration des terres pauvres, sur
lesquelles il n'est point possible de répandre, en quantité suffisante, les en-
grais ordinaires. 11 est plus fâcheux encore que l'on laisse sans emploi,
comme cela arrive fréquemment, les tiges fanées qui restent après la récolte
des graines, et que l'on prive ainsi le sol d'un engrais des plus précieux.
C'est dans ce cas surtout qu'il est vrai de dire qu'en agriculture il n'y a pas
de petite perte, et que savoir les éviter est le premier progrès à accomplir.

Quoi qu'il en soit, on peut juger, par là, de quel avantage est pour le
cultivateur la culture de la Fève, qui lui fournit, d'abord sa graine pour la
nourriture de l'homme et du bétail, puis ses fanes comme fourrage et comme
engrais, et enfin constitue une excellente préparation pour les céréales.

La Fève peut entrer dans divers assolements, alterner seulement avec le
froment, ou bien entrer dans une rotation biennale de froment en alternant
avec le trèfle et le maïs. Elle est surtout favorable aux céréales quand elle a
été semée de bonne heure et en ligne, bien nettoyée et enlevée assez tôt
pour laisser le temps de donner au sol les préparations nécessaires. Si sa
récolte est trop tardive, il est parfois plus avantageux d'ajourner les semailles
au printemps et d'admettre alors le blé de mars, l'orge ou l'avoine, qui ne
profitent pas moins de l'amélioration apportée au sol par la Fève.

La Fèverole vient très bien aussi sur un défrichement de gazon, de
trèfle ou d'une autre prairie artificielle ; ou bien elle peut être semée avec
le trèfle pour former une prairie artificielle, qu'elle protège la première
année par l'abri qu'elle lui fournit. Quelquefois, entre les rayons, on sème
soit des pommes de terre, soit des raves ou des navets qui ont le temps
de se développer après la fauchaison, et qui peuvent être récoltés avant
que l'on sème le blé, et l'on se procure ainsi, à peu de frais, une double
récolte.

Quand la Fève succède au froment, si le climat est assez chaud, il est
possible, en semant la légumineuse immédiatement après la moisson, d'en

-ocr page 175-

légumineuses. _ 159

obtenir encore une récolte mûre. Dans le Nord, si la maturité n'est pas
complète, il reste la ressource d'enterrer la plante comme engrais vert.

Emploi alimentaire, de la Fève.

La Fève constitue, pour tous les animaux, une substance alimentaire
également recherchée des uns et des autres, et d'une grande valeur nutri-
tive. La graine et les fanes sont consacrées à cet usage.

La graine sert, en outre, à la nourriture de l'homme, notamment dans
les provinces du midi et de l'ouest de la France, ainsi qu'en Italie. Mais on
fait usage surtout, dans ce cas, de la grosse variété de la Fève des Marais ;
tandis que pour les animaux on emploie surtout la Fèverole, qui est plus
rustique, moins délicate. Cette graine peut être donnée de plusieurs maniè-
res :
entière, soit sèche, soit ramollie par l'eau, soit à demi-cuite ; concassée,
ou enfin moulue, sous forme de farine délayée dans de l'eau ou additionnée
d'un peu de son.

Elle est très nourrissante, engraisse promptement les bœufs, les porcs,
auxquels elle donne un lard ferme et une chair excellente. Elle convient
aussi aux femelles laitières, dont elle augmente le lait. Elle est bonne
encore pour les veaux à la mamelle; sa farine délayée dans de l'eau
remplace une partie du lait de la mère, et favorise l'engraissement d'une
façon aussi efficace qu'économique. 11 est inutile d'ajouter que dans toute
circonstance elle peut être mélangée aux autres grains qui forment la nour-
riture ordinaire des animaux auxquels on la donne. Dans le Valais, on fait
manger la même Fève aux hommes et aux chevaux. La ration journalière de
ceux-ci est de un demi-kilog. environ de graines avec une quantité de foin
convenable.

La fane de la Fève, quand elle est convenablement préparée, est aussi
fort recherchée des bestiaux. Elle doit, pour cela, n'avoir point été coupée
trop mûre et avoir été bien séchée avant la mise en grange. Elle forme alors
un aliment très substantiel pour la nourriture d'hiver des chevaux de tra-
vail et des bêtes à cornes, ainsi que pour celle des moutons. Cette paille
étant un peu sèche, on rendra le fourrage meilleur en la mêlant à de la
paille de pois, surtout de pois blanc. Il est des contrées où les moutons et
les chevaux ne reçoivent jamais de foin et mangent, à la place, une nourri-
ture composée de paille de Fèves, de Pois et de Vesces, dont ils paraissent
se bien trouver. Dans le Valais, où les débris du battage de la Fève sont fort
appréciés, on les sépare en trois parts, suivant leur degré de division. La
partie la plus menue, produit des folioles, est réservée pour la nourriture des
porcs ; les deux autres parts, formées par les rameaux et les tiges, sont con-
servées pour les vaches.

-ocr page 176-

LEGUMINEUSES.

Genre CHAQUE. — CRACCA Riv.

Fleurs en grappes axillairos, pédonoulées ; — calice à 5 dents inégales, plus courtes quo lit
corolle ; les inférieures très étroites ; —
étamines diadolplies, à tube tronqué très obliquement
au sommet; —
style fin, comprimé latéralement, non barbu; — gousse oblongue, polyspcrme,
tronquée obliquement au sommet prolongé en bec; —
graines globuleuses; — feuilles terminées
par une vrille rameuse, à folioles nombreuses ; —
tiges faibles et grimpantes.

Ce genre, confondu par la plupart des auteurs avec le genre Vicia, s'en
trouve séparé dans la
Flore de France de MM. Grenier et Godron. 11 nous a
paru utile de maintenir cette distinction, qui, en réduisant le nombre, encore
considérable, des espèces comprises sous le nom générique de Vesces, ne
pourra qu'en faciliter l'étude. Le tableau suivant fera connaître, avec leurs
caractères distinctifs essentiels, les espèces françaises de ce genre nouveau.

160

-

aHBuemW!

Calice non bossu à la base

[ Etendard égal
Gousses à graines \ !lllx ailes

nombreuses.
Fleurs grandes,
colorées

o

o
<

pi

o

h
m
h
W

CJ

Gousses
f à 2.4 grain.
Fleurs
petites,
pilles

Etendard plus long que les ailes.

i Gousse non bosselée.

Gousse bosselée....

fournies / ,, ,. ... . , .

( Gousse non stipitée. style glabre. .

Major

Frank.

2C

Tettiti l'olili

God.

¥

Varia

God.

®

Villosa

God.

2C

Bcrtholonii

God.

®

A Irapurpurca

God.

<D

MoNANinOS

God.

®

Calcarata

God.

®

Disperata

God.

®

BieîSNIS

God.

©

M inor

Riv.

®

CRAQUE ÉLEVÉE.
Vicia crocea L. —

- C. MAJOR Frank.

V. multi flora Poll.

Vesce craque, V. multiflore, V. à épi, Vesceron, Jardeau, Jars e au, Luzeau,
Luiset des prés, Pois-à-crapaud.

Fleurs violettes ou bleues, réunies au nombre de 15.20 en une grappe serrée, oblongue. —
Corolle avec étendard redressé, il onglet orbiculaire, de même longueur que le limbe. — Gousse
ovale, courte, brune. — Graines brunes, marbréos. — Feuilles à 8.10 paires de folioles linéai-
res, velues. — Stipules demi-sagittées, entières. — Tige carrée, striée. — Souche vivace, très
traçante. — Taille de 6 il 15 décimètres.

Très commune dans les lieux couverts, les prés frais, les bords des ruis-
seaux et des rivières de presque toute la France; plus rare dans les champs
et les moissons, cette espèce vient dans tous les terrains et résiste même
aux inondations. Dans les sables déposés par les rivières, elle peut attein-
dre à un grand développement, en formant des champs épais. Mais elle
a besoin d'être soutenue; le seigle est la plante qui paraît le mieux convenir
pour cela. La Yesce craque produit en abondance, dure longtemps, se dessè-
che facilement et donne un beau foin. Quand ses graines sont mûres, sa
fane est encore assez tendre pour être mangée; si on la coupe à l'époque de
la floraison, elle repousse promptement. Avec cela, très recherchée des lies-

Noms vulgaires.

-ocr page 177-

légumineuses.

tiaux, la Vesce craque offre toutes les conditions voulues pour constituer une
excellente plante fourragère, que l'on pourrait cultiver dans tous les mau-
vais terrains, et dont on obtiendrait surtout un bon fourrage en la mêlant
au seigle et à l'avoine.

Elle offre plusieurs variétés. M. H. Lecoq en a trouvé une, sur les mon-
tagnes volcaniques de l'Auvergne, qui s'élève, seule et sans appui, jusqu'à
5 décimètres de hauteur et qui croît par petites touffes dans les prés élevés.

Une autre variété, distinguée comme espèce particulière parles auteurs,
est celle dite
C. Gerardi God.; Vicia Gcrardi Willd., que caractérisent ses grap-
pes plus denses, ses graines moins nombreuses, plus grosses, ses feuilles à
folioles plus nombreuses, et qui vient dans les prairies des Alpes et de la
Provence, ainsi que dans les Pyrénées.

Près de cette même espèce doit être rangée une plante, mentionnée par
Vilmorin dans le
Bon Jardinier, sous le nom de Vesce velue, Vicia villosa, et
qu'il ne faut pas confondre avec l'espèce française, ci-après décrite, qui porte
ce même nom. Originaire de Russie, cette Vesce est grande et vigoureuse,
très rustique, et résiste parfaitement aux plus grands froids. Dans des semis
en bonne terre sableuse, elle a végété avec une grande rapidité et a atteint
un développement extraordinaire, en formant une masse impénétrable, et
de plus de 2 mètres de haut, de tiges et de feuilles. En Suède, où elle croît
abondamment, elle a été l'objet d'essais qui ont donné de bons résultats.
Elle offre, toutefois, l'inconvénient de ne pouvoir être cultivée qu'autant
qu'on l'associe à une autre plante qui en soutienne les tiges molles et flexi-
bles, et qu'il ne se trouve pas, dans nos climats, d'espèce qui concorde avec
elle pour la durée et l'époque de la végétation. Le seigle seul, bien que de
petite taille, pourrait lui être de quelque secours.

Craque a feuilles ténues, C. tenuifolia God.; Vicia tenuifolia Rotli.

Fleurs allongées, d'un bleu pâle, nombreuses, en grappe lâche. Gousse large, brune à la
maturité. Feuilles à 7.10 paires de folioles linéaires, mueronées. Taille de 1 à 2 mètres.

Se rencontre fréquemment dans les bois , les buissons, les prairies de presque toute la
France. Constitue une nourriture recherchée. Non cultivée.

Craque variée,.C. varia God.; Vicia varia Host.

Fleurs allongées, violettes, avec les ailes presque blanches, nombreuses, en grappe lâche,
oblongue. Gousse glabre, fauve. Graines globuleuses, brunes. Feuilles à 5.7 paires de folioles étroi-
tes. Tiges faibles. Taille de 2 à 15 décimètres. Annuelle et bisannuelle.

Espèce très commune dans les moissons de presque toute la France, mais principalement
dans le Midi, et que l'on retrouve dans la paille.

Craque velue, C. villosa God.; Vicia villosa Roth.

Fleurs violettes, avec les ailes bleues, nombreuses, en grappe lâche. Gousse très large,
fauve. Feuille à 5.7 paires de folioles. Plante couverte de poils. Taille de 3 à 12 décimètres.

Espèce très rare, que l'on rencontre surtout dans les lieux pierreux et stériles de l'Est.

Craque de Bertoloni, C. Bertolonii God.; Vicia pseudocracca Bert.

Fleurs bleues avec les ailes jaunes, au nombre de 3.6 en grappe longue. Calice bossu à la
base. Gousse fauve. Feuilles à 4.8 paires de folioles. Taille de 3 à. 10 décimètres.

Vient dans les diverses régions de la Provence et en Corse. Sans usages.

1(51

11

-ocr page 178-

légumineuses. 13.")

Chaque pourprée, C. atropurpurca God.; Vicia alropurpurea Df.;

V. perennis DC.

Fleurs d'un pourpre noir nu sommet, rarement rougeâtres, au nombre do 4.10 en grappe
serréo, ne dépassant pas la feuille. Calice non bossu à la base. Style plié et tordu sur son axe.
Gousse bosselée, fauve. Graines d'un noir velouté. Feuilles îi 5.9 paires de folioles. Tiges velues.
Taillo de 3 à 8 décimètres. Annuelle et bisannuelle.

Cette espèce, que l'on rencontre assez communément dans les moissons du Midi, sur le litto-
ral de la Méditerranée, est fort recherchée dos bestiaux; elle est de nature à donner, dans les ter-
rains secs, des produits assez avantageux pour qu'on puisse en essayer la culture. Jusqu'à présent,
elle est restée sans usages.

CRAQUE A UNE FLEUR. — C. MONANTHOS Gor>.

Ervum monanthos L.; Vicia monanthos Df.; Lathyrus monanthos Willd.

Noms vulgaires. — Ers ou Vesce « fleurs solitaires, V. à une peur, Lentille d'Auvergne,

Jaroude, Jarassi.

Fleurs petites, d'un blanc bleuâtre, tachées de noir au sommet de la carène, solitaires, sui-
des pédoncules ne dépassant point la feuille. — Calice à dents plus longues que le tube. — Gousse
brièvement stipitée, bosselée, glabre, fauve à la maturité. — Graines rousses, marbrées. —
Feuilles à 5.7 paires de folioles étroites, échancrées au sommet, mucronulées. — Stipules do deux
sortes, l'une sossile, linéaire, entière ; l'autre pétiolulée, laciniée, à divisions sétacées. — Taille
de 3.G décimètres. — Annuelle.

Cette plante vient dans les lieux cultivés, parmi les moissons de l'est,
du centre et du midi de la France. Les terrains calcaires ne lui sont point
favorables. Elle prospère, au contraire, sur les terrains siliceux et sablon-
neux les plus médiocres, les sols schisteux, volcaniques, où ne pourraient
venir ni la Vesce ordinaire, ni les pois, ni les fèves, et où le seigle lui-
même ne végéterait que difficilement. On la cultive pour ses graines, em-
ployées comme les lentilles dans la nourriture de l'homme, et pour ses fanes
qui donnent un fourrage doux et de bonne qualité. On la sème en automne,
et elle résiste très bien à l'hiver. Sa graine est répandue seule, ou mieux,
mêlée avec une graminée, principalement avec le seigle ou l'avoine d'hiver,
qui en soutient les tiges. Un hectolitre de graines par hectare suffit. On la
fauche à deux époques, suivant qu'on veut en obtenir du fourrage ou des
graines. Facile à sécher, elle donne un foin moins échauffant que la Vesce
et qui convient à tous les herbivores. Bien que moins productive que les
espèces cultivées ordinaires, elle constitue cependant, vu la nature des ter-
rains où elle se développe, une ressource précieuse
pour certaines régions,
qui resteraient sans elle vouées à la stérilité. M. Vilmorin en a constaté
aussi l'utilité pour les mauvais sables et l'a vu produire, dans ces conditions,
des quantités considérables de fourrages, qui apportaient à la ferme une
importante amélioration.

Près de cette espèce se rangent le C-. calcamta God., Finit calcarata Df., qui se distingue
à ses fleurs violettes, nu nombre de 2.5, et à sa gousse non bosselée : espèce très rare, que l'on

-ocr page 179-

légumineuses. _ 163

trouve dans les moissons des provinces méridionales; et le C. dtsperma God., Vicia disperma DC.
V. parviflora Lois., à fleurs très petites, blanchâtres, au nombré de 2.6, et il gousse bosselée,
contenant 2 graines : espèce propre aux champs sablonneux du Midi. L'une et l'autre sont sans
usages.

Craque bisannuelle, C. biennis..... V. blennis L.

Vescc de Sibérie.

Fleurs bleues on violacées, nombreuses, en grappes spiciformes, serrées, longuement pédon-
culées. Gousse comprimée, courte, glabre, renfermant 3.4 graines. Feuilles ii 5.6 paires de folioles
lancéolées, glabres. Stipules demi-sagittées, aiguvs. Taille de 1 à 3 mètres. Bisannuelle.

Cette plante, d'origine septentrionale, a été indiquée par Thouin comme propre ii la culture.
Elle produit, en effet, beaucoup, est très rustique, résiste au froid, et peut fournir, pendant toute
la mauvaise saison, du fourrage vert au bétail. C'est Iïi son principal avantage pour les pays
froids. La difficulté est de soutenir ses longues tiges grimpantes. Thouin a proposé, pour cela, de
l'associer au Mélilot blanc, espèce bisannuelle aussi et qui donne un bon fourrage. Exigeant, pour
se développer, un bon terrain, la Yesce de Sibérie peut alterner avec le froment et être semée,
soit au printemps, soit en automne.

Craque a fruit velu, C. minor Riv.; Ervuin hirsutum L.; Vicia hirsuta Koch.

Fleurs très petites, blanches, ou légèrement bleuâtres, au nombre de 3.8, sur un pédoncule
court. Calice à dents égales, plus longues que le tube. Gousse très courte, non stipitée, bosselée,
poilue, noire, contenant 2 graines. Feuilles à 8.10 paires de folioles linéaires, tronquéos. Sti-
pules ù divisions sétacées. Tiges très grêles. Taille de 2 à 6 décimètres.

Commune dans les terres cultivées , parmi les moissons , dans les buissons et les bois, cette
espèce, bien que non cultivée, est fort recherchée de tous les bestiaux, auxquels elle fournit un
fourrage tendre et appétissant. Ses tiges molles se transforment facilement en foin, dont on pour-
rait, en le mêlant à de la paille ou à d'autres fourrages secs, obtenir un utile supplément d'ali-
mentation. Elle réussirait dans les sols secs et médiocres.

Genre VESCE. — VICIA T.

Fleurs solitaires ou géminées à l'aisselle des feuilles, ou en grappes latérales brièvement
pédonculées ; —
calice h 5 dents plus courtes que la corolle ; — élamines diadelphes ou submona-
delphes , îi tube tronqué très obliquement ; —
style mince, comprimé d'avant en arrière , formant
un angle droit avec l'ovaire ; —
gousse oblongue, polysperme, tronquée obliquement au sommet,
qui se prolonge en bec ; —
graines globuleuses ou réniformes ; — feuilles paripennées, à folioles
nombreuses, avec pétiole terminé en vrille plus ou moins rameuse ; —
stipules libres, demi-sagit-
tées ; —
liges flexibles, anguleuses, grimpantes.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, annuelles ou vivaces,
que l'on rencontre communément dans les champs, au. milieu des moissons,
le long des haies, des buissons, plutôt que dans les prés, où leurs tiges flexi-
bles les soutiendraient mal. Venant dans tous les terrains, et plaisant
à tous
les animaux, ces plantes sont les unes et les autres, indistinctement, pro-
pres
à être utilisées comme fourragères. Le genre Vcscc est en effet, sous
le rapport agricole, l'un des plus riches des Légumineuses, et il peut prendre
rang
à côté des genres Trèfle et Luzerne, sur lesquels il offre même l'avan-
tage de fournir un chiffre plus considérable d'espèces à cultiver. On les dis-
tingue,
à ce dernier point de vue, en deux catégories : les Vesces annuelles,
parmi lesquelles se trouvent les espèces les plus généralement cultivées, et
les
Vesces vivaces, plus ou moins répandues dans les champs, les bois et les
haies, et dont plusieurs pourraient être, avec avantage, soumises à une
culture régulière. — Ci-après le tableau descriptif des espèces françaises de ce
genre :

-ocr page 180-

légumineuses. 13.")

! Gousse jaune

/n

Gousse noire

, sessile j f „ ,

\ Espèce vivace.......

Fleurs aériennes et souterraines.

<1

G
£

H
«

i
»

o

Style
barbu

au
sommet/

Feuilles
à
Trille

Gousse
lstipitée

Fleurs

en
grappe

Gousse stipitée.

Fleurs jaunes.,, .,.
Fleurs purpurines. .,
Souclic stonolifère. .
Vrille nulle.

Rae. ) Souche
iviva. | non
stonol.

Racine annuelle.

Style [ Souche ( Fleurs jaunes.

non barimi non FL Placées. .1
au ) stonol. ( j

Flours
solitaires

ou
géminées

sommet ( Souche stonolifère____

Gousse sessile.

ESPÈCES.

SATIVA I-

Coniata WlU

Angustitolia Iloti)
LATUYROIDES L
Pyrcnaica I'ourr
Amphicarpa
LUTEA
Hy brida
Pekegeina
SEPIl'M
Argentea
DtJ&iETOuuai
Onobry chioïdes

Porlh.
L.
L.
L.
L.
Lapey.
L.
L.
Df.
Jacq.
Duby.
L.
DG.
L.
L.
L.
L.

A Itissima

Pannonica

Syrtica

PlSIFOMIlS

Okobus

Sylvatica

Cassubiea

Nakbonensis

Bithynica

<s

'V

s
a

Florais.

HaliUat.

®

Pr. Eté

Partout

®

Pr. Été

Midi

®

Pr. Eté

Partout

®

Print.

Partout

¥

Eté

Midi

®

Print.

Midi

®

Pr. Eté

Partout

®

Pr. Eté

Midi

®

Pr. Eté

M. C.

¥

Pr. A.

Partout

¥

Eté

Midi

¥

Eté

Est

¥

Pr. Eté

Sud-Est

¥

Eté

Midi

®

Pr. Eté

Midi

®

Eté

S.-O.

¥

Pr. Eté

N.-E.

¥

Pr. Eté

C. Midi

¥

Eté

Est

¥

Eté

Centre

®

Pr. Eté

Midi

®

Pr. Eté

S.-O.


VESCE CULTIVÉE. — V, SATIVA L.
Noms vulgaires. — Vesce de pigeon, Peselle, Poiselle, Barbotte, Disdille, Billon, grand Jerzeau.

Fleurs bleues ou violacées, grandes, brièvement pédicellées, —· Calice i\ dents égales, linéai-
res, ciliées, de même longueur quo le tube. — Gousse sessile, jaunâtre îi la maturité, oblongue,
comprimée, bosselée sur les faces, fortement réticulée, pubescente. — Graines irrégulièrement
globuleuses, comprimées, lisses, séparées par du tissu cellulaire lâche. — Feuilles ii 5.7 paires de
folioles obovéos ou oblongues , tronquées ou émarginées au sommet, mucronées , les supérieures
plus étroites. — Tige rameuse inférieurement, ilexueuse , plus ou moins pubescente. — Taille
de 3 ii 8 décimètres. — Annuelle ou bisannuelle.

Commune dans les champs, les moissons, les buissons, les haies, etc.,
et venant dans toute l'Europe, cette espèce est depuis longtemps cultivée en
grand comme plante fourragère. Elle a subi par la culture, dans la longueur
de la tige, la largeur des folioles, la grandeur de ses fleurs, beaucoup de mo-
difications qui, en se perpétuant, ont fini par constituer plusieurs variétés,
ayant chacune, dans la pratique agricole, leur utilité propre. Les principales
de ces variétés sont : la
Vesce d'hiver, la Vesce de printemps et la Vesce blanche.

La Vesce d'hiver ou d'automne (Hivernage, Hivernache, Gesse) se sème
en automne. Son grain est plus gris, plus gros, plus pesant que celui de
la Vesce de printemps. Elle se ramifie et s'étend davantage, fleurit plus
tôt, produit plus en fourrage et en grains, donne une récolte de graines
plus facile à récolter, par suite de la plus grande facilité avec laquelle ces

-ocr page 181-

légumineuses. _ 165

graines se détachent delà gousse. Résistant bien au froid, cette variété, cul-
tivée dans toute la France, convient surtout au Nord, à la Flandre, où elle
est très répandue.

La Vesce de printemps ou d'été , que l'on sème à l'entrée de la belle
saison, offre un grain plus brun, plus petit, plus arrondi que la précé-
dente ; elle s'élève et produit moins, redoute beaucoup la sécheresse et les
chaleurs prolongées. On la cultive dans notre pays au Midi et au Nord.

La Vesce blanche ou Vesce du Canada, V. leùcosperma Mœnch., se
distingue à ses fleurs blanches, à ses grains, de couleur blanche et plus gros
que ceux des variétés principales. Moins répandue que celles-ci, plus déli-
cate, plus précoce, moins rustique que la Vesce du printemps, mais donnant
un produit plus recherché des bestiaux, elle est cultivée avec succès dans
quelques départements de l'Est, en Suisse et en Italie.

A côté de ces variétés principales, il en est quelques autres moins répan-
dues; on en connaît une, ainsi, cultivée dans la Somme, qui supporte
mieux le froid que les autres semailles tardives. De son côté, M. Durieu de
Maisonneuve (
Bon Jardinier, 1861), en a signalé une autre, remarquable par
le volume de ses gousses, et qui croît spontanément en Algérie, où elle est
très recherchée par les Arabes ; on pourrait, sans nul doute, la cultiver avec
avantage comme fourrage vert.

Culture de la Vesce.

Choix et préparation du terrain. — Bien que s'accommodant d'un terrain
de fertilité moyenne, la Vesce produit davantage en une bonne terre, qu'on
devra choisir : plutôt forte que légère pour la Vesce de printemps, et moins
consistante, sablonneuse môme, pour la Vesce d'hiver. Celle-ci redoute sur-
tout l'excès d'humidité, qui la fait pourrir et l'expose aux ravages de la gelée.
Elle craint également l'excès de sécheresse qui arrête sa végétation ; aussi
les sols frais sans être humides, et ceux modérément tenaces, sont-ils les
meilleurs pour cette plante.

Il faut, avant de semer la Vesce, ameublir le sol par des labours pro-
fonds, à cause de la racine grêle et pivotante de la plante. Un seul labour,
toutefois, s'il est bien fait et donné au moment opportun, peut suffire pour
assurer le succès de la prairie. Il faut aussi niveler le terrain autant que
possible, les sols pierreux et inégaux rendant le fauchage plus difficile et
moins complet.

Le sol doit en outre être additionné d'engrais frais, pailleux, peu con-
sommés, qui sont surtout nécessaires quand on cultive la plante pour la
graine, ou quand on veut faire succéder à la Vesce une récolte de céréale.

Ensemencements.— L'époque à laquelle il convient de semer la Vesce n'a
rien de fixe. Avec les variétés que l'on possède, l'on peut, pour ainsi dire,
semer en toute saison. On se guidera, pour se déterminer à cet égard, sur le

-ocr page 182-

légumineuses. 13.")

climat, la nature et les besoins actuels du sol, la marche de l'assolement, en
se rappelant qu'en principe, toutes conditions égales d'ailleurs, les semailles
les plus avancées sont toujours celles qui donnent les meilleurs produits.

« Les premières semailles se font en mars, quelquefois en février. La
graine se conserve longtemps en terre ; aussi arrive-t-il quelquefois aux
Yesces d'hiver de ne pousser qu'au printemps, au moins en partie. Elle con-
serve six ans sa faculté germinative (H. Lecoq). »

On sème à la volée et quelquefois en lignes. La quantité de semence,
qui n'est, d'ailleurs, point facile à déterminer exactement, et qui varie en
quelque sorte dans chaque localité, dépend du procédé d'ensemencement que
l'on suit. Il en faut, en moyenne, 25 décalitres par hectare, quand
011 sème
à la volée, et 20 seulement quand on sème en lignes. Ajoutons que la variété
de printemps doit être semée plus clair que celle d'hiver, exposée à plus de
chances défavorables ;
011 sèmera plus clair aussi la Yesce qui doit achever
de mûrir que celle qui doit être coupée pour fourrage ou enterrée en vert.
Eu général, il vaut mieux semer trop dru que trop clair, la terre s'amélio-
rant davantage par les débris plus abondants de la plante, et étant, en outre,
moins exposée à être envahie par les végétaux parasites.

Soins de culture. — La semence répandue dans les sillons du labour, il
faut aussitôt herser le champ en tout sens, afin que la graine, qui ne doit
pas être trop profonde, ce qui l'exposerait à pourrir, se place d'une manière
uniforme à la surface du champ ; cette précaution est nécessaire encore pour
la préserver des atteintes des pigeons qui en sont fort avides. On devra eu-
suite passer le rouleau afin de niveler la surface du sol et faciliter ainsi l'opé-
ration du fauchage. Gela fait, si on a semé à la volée, il n'y a plus à s'occuper
de la plante qui, en se développant, étouffera toutes les mauvaises herbes,
même les chardons, qui tendent souvent à s'y mêler. Si l'on a semé en
lignes, il convient, à la fin de l'automne, de butter les lignes, de donner une
façon entre celles-ci et de butter encore au mois de mars suivant.

La Vesce est exposée, non-seulement aux attaques des pigeons, mais
encore aux ravages de plusieurs insectes, notamment des chenilles, des alli-
ses. Le meilleur moyen de combattre ces parasites est de répandre le matin,
à la rosée, par un temps calme, ou bien avant ou aussitôt après la pluie, de
la cendre de tourbe et du plâtre calciné et pulvérisé. On fait ainsi périr les
insectes, tout en favorisant la végétation.

La plante est sujette encore à être attaquée par une variété très vigou-
reuse do cuscute. Dès qu'on s'en aperçoit,
011 doit faucher la Vesce, de ma-
nière à ne pas laisser à l'espèce parasite le temps de mûrir ses graines, et à
soustraire de la sorte, à leur influence, les cultures suivantes, qui pourraient
plus ou moins en souffrir.

Récolte et Fanage. Produits. — La récolte de la Vesce se fait, suivant
l'objet qu'on se propose, à des époques différentes. Ainsi, quand on veut
récolter du fourrage,
011 fauche à la floraison, plus tôt lorsque la plante doit

-ocr page 183-

légumineuses. _ 167

être consommée en vert que quand elle doit être fanée et transformée en
foin. Si, pour ce dernier objet, on la coupe en fleur, elle donne un foin plus
délicat, mais moins substantiel; il est rare toutefois qu'on la coupe à cette
époque; on attend ordinairement que les fleurs soient passées en grande
partie et que les premières gousses soient près de mûrir. Si le foin est destiné
à des solipèdes, on fera môme bien d'attendre que les gousses soient pres-
que toutes formées ; le fanage sera plus facile et le fourrage meilleur. Le
fauchage après la floraison est également la meilleure méthode pour avoir
un fourrage vert très nourrissant, et pour profiter à la fois des tiges et des
graines vertes qui restent enfermées dans les gousses.

Quand on veut récolter la graine pour semence ou pour la consomma-
tion, il faut attendre qu'elle soit mûre. On perd alors sur la fane, qui est
plus dure, et qui ne peut plus servir que comme fourrage inférieur. Les
graines ne mûrissant pas en même temps, on doit, pour les récolter, ne
point les laisser arriver toutes à maturité complète, car, en voulant pro-
fiter des dernières,
011 perdrait les premières mûres qui ont toujours plus
de valeur. 11 convient, en conséquence, de faucher dès que la plus grande
partie des gousses commence à se dessécher, à se décolorer, à prendre une
teinte brunâtre, et en avançant plutôt qu'en retardant cette époque.

Le fanage de la Vesce se fait bien en général ; mais il exige un temps
assez long, surtout si
011 coupe la plante avec les gousses vertes, qui retien-
nent davantage l'eau de végétation. On ne la mettra en bottes ou en meules
qu'après un parfait séchage, et on la conservera dans un endroit très sec,
car étant fort spongieuse, elle attire facilement l'humidité, s'altère alors,
devient poudreuse et perd toutes ses qualités.

Les Vesces de printemps que, dans le Nord, on sème en mars, et qui
mûrissent tard, sont, à cause de l'humidité des automnes, toujours difficiles
à préparer. Quelquefois même on 11e peut les moissonner, et l'on est réduit
à les laisser se perdre sur le sol. On 11'évite cet inconvénient qu'en les cou-
pant plus tôt et en choisissant un temps favorable à la préparation du foin.

La Vesce, suivant les circonstances, peut donner une ou plusieurs cou-
pes. Si l'année est chaude et humide, et qu'on fauche de bonne heure, on
peut ainsi en obtenir deux et même trois coupes. Dans des conditions oppo-
sées, une coupe seule est le produit ordinaire. La plante fournit par hectare
une moyenne de 3,000 kilog. de fourrage sec. Sur un sol non fumé, ce chiffre
ne dépasse guère 2,500 kilog.; mais sur une terre engraissée, il peut s'élever
jusqu'à 4,000 kilog. Dans un sol humide, frais, ombragé , où les fanes
s'allongent, on a plus de foin, dont la quantité alors augmente aux dépens
de la graine, que dans les terres sèches, exposées au soleil et bien aérées,
où la graine, au contraire, se produit en plus grande abondance.

Valeur économique et agricole de la Vesce.

La Vesce est une excellente plante fourragère, connue et appréciée de

-ocr page 184-

tous les bons cultivateurs, avantageuse surtout clans la pratique des assole-
ments et comme moyen de préparer la terre à d'autres cultures. Pouvant
être semée presque toute l'année et sur toute espèce de terrains, elle permet
d'abord d'employer les fumiers à mesure qu'ils se forment, au lieu de les
laisser exposés à l'air, à la pluie, au vent, qui les altèi'ent et en diminuent la
valeur.

D'un autre côté, empruntant beaucoup à l'atmosphère, en môme temps
que par l'épaisseur de son feuillage elle s'oppose aux déperditions du sol, la
Vesce ne consomme pas le fumier qu'elle reçoit ; elle l'utilise seulement pour
acquérir une plus grande activité végétative, grâce à laquelle elle peut don-
ner plus de fourrage, laissant, d'ailleurs, presqu'intégralement cet engrais
dans le sol pour les récoltes qui suivent ; outre que cette fumure aide à la
pousse des mauvaises plantes, que la Vesce étouffe, ou que l'on peut couper
avec celle-ci avant qu'elles aient répandu leurs semences. La Vesce constitue
de la sorte un des meilleurs moyens que l'on ait de détruire les chardons,
soit en les privant d'air, soit en permettant de les couper dès qu'ils nais-
sent. Laissant après elle le terrain net, émietté, très propre aux cultures sar-
clées, elle a l'avantage, de plus, d'économiser des sarclages pour la récolte
suivante.

Les deux variétés communes de l'espèce offrent, d'ailleurs, chacune leurs
avantages propres. La Vesce de printemps, que l'on peut cultiver dans toutes
les terres, donne, dans les terrains maigres et dans les années de sécheresse,
un produit sinon très abondant, mais plus considérable que celui que l'on
obtiendrait d'autres plantes fourragères. On la sème quand on a achevé les
récoltes d'hiver, après les céréales précoces, la navette, le colza, etc. Elle
occupe la terre qu'elle n'épuise pas, en attendant les semailles d'automne.
Elle est fort utile pour remplacer un trèfle manqué, et, en général, les four-
rages que la sécheresse des mois de mars et d'avril ont détruits.

La Vesce d'automne craint les terrains trop humides, mais elle résiste
assez bien à nos hivers quand ils ne sont pas rendus excessifs par de trop
grands écarts de température. D'ailleurs, lorsqu'une partie de la prairie est
détruite par une forte intempérie, les pieds qui résistent s'étendent et se
ramifient assez pour réparer presque complètement le dommage, et au prin-
temps on n'en a pas moins, de très bonne heure, un excellent et abon-
dant fourrage vert. C'est même là, dans le Nord, une façon de semer cette
plante que mettent parfois à profit les cultivateurs.

Par sa précocité, la Vesce d'automne arrive à propos au moment où sont
finies les provisions d'hiver et avant que l'on puisse faucher le Trèfle et la
Luzerne, et elle laisse encore assez tôt le sol libre pour recevoir d'autres cul-
tures. Dans tous les cas, elle constitue une précieuse ressource quand il y a
disette de fourrages ordinaires ; elle vient au secours du cultivateur dont la
récolte de foin s'annonce mauvaise, et qui peut, du milieu de mai jusqu'à
la fin de juin, juger de l'état de ses prés et suppléer au déficit par un semis

-ocr page 185-

legumineuses, 169

proportionnel de Vesces. 11 lui est, de même, possible de suppléer à un man-
que de regain par de la Vesce d'hiver, qui apporte, en avril et en mai, un
moyen assuré d'entretenir le bétail, chose toujours difficile alors, quand les
foins ont été rares l'année précédente.

La Vesce d'hiver surtout est avantageuse comme moyen général d'avoir
du vert tout l'été, et d'autant plus que l'on commencera à la faucher de
bonne heure, et que l'on aura soin de répandre sur la prairie du pbltre et
autres engrais pulvérulents. Si on sème la Vesce à différents intervalles,
par exemple de quinze en quinze jours, pendant les quatre derniers mois do
l'année, puis en février et en mars, on aura, depuis le mois de mai jusqu'à
la récolte du maïs-fourrage, chaque jour sa provision d'un très bon four-
rage vert.

Cette plante, dans quelques contrées de l'Angleterre, a remplacé la
jachère. A cet effet, on sème de bonne heure des Vesces d'hiver qu'on fau-
che tardivement au printemps, et qu'on donne alors aux brebis et aux
agneaux. Après cette coupe, on sème un mélange de graines de vesces et
de raves, et le fourrage qui en provient est donné aux agneaux à l'époque
où il faut labourer pour semer le blé. Ce second fourrage, semé quelquefois
à la fin de juin, est consommé en vert, sur pied. On nourrit de la sorte
beaucoup de bétail, on a des engrais en abondance et on laisse un sol par-
faitement préparé aux cultures suivantes. Arthur Young vante beaucoup
cette méthode et la recommande à tous les fermiers d'Angleterre. Les agri-
culteurs de France ne trouveraient pas moins d'avantages à la mettre en
pratique.

Sans occuper le sol une année entière, la Vesce peut encore être fort
avantageuse comme récolte dérobée entre le blé et les plantes à sarcler, qui
lui succèdent; ou bien pour former des assolements variés, dans lesquels,
sans occuper longtemps le sol, elle joue toujours le rôle do culture amélio-
rante. M. Lullin, de Genève, qui a particulièrement vanté cette fourragère,
recommande ainsi, comme très productif, l'assolement suivant :

Première année : vesces fumées, fauchées pour fourrage, avec choux
cavaliers, turneps ou rutabagas entre les rayons ; 2e année : fèves en lignes
avec turneps intercalés ; 3e année : froment ou avoine ; 4e année : trèfle ;
5e année : blé, suivi de sarrazin ; 6e année : vesces fumées et turneps con-
sommés à l'étable ; 7e année : blé.

Cette rotation donne en sept années douze récoltes, dont huit amélio-
rantes et quatre de grains ou graines.

Dans des terres légères, la rotation sera celle-ci. Première année : ves-
ces fumées, suivies de turneps ou de choux cavaliers, suivant le terrain ;
2° année : orge ou blé ; 3e année : trèfle ; 4e année : blé, suivi de sarrazin. —
On peut y substituer la suivante, qui est plus avantageuse encore. Première
année : vesces suivies de turneps; 2e année : blé, suivi de sarrazin ; 3e an-
née : carottes fumées et choux cavaliers ou maïs entre les lignes ; 4° année :

-ocr page 186-

légumineuses. 13.")

orge ou blé; 5e année : trèfle; 6e année : blé, suivi de sarrazin. Cela donne,
en six ans, dix récoltes, dont cinq améliorantes et cinq en grains.

Destinée à s'élever, en s'attachant, par ses vrilles, aux plantes qui peu-
vent lui servir de support, la Yesce est rarement cultivée seule. Le plus
souvent on la mêle à ces plantes, sans l'appui desquelles elle rampe et pourrit,
tandis qu'au contraire elle prospère si elle est soutenue, ses produits aug-
mentant à mesure qu'elle s'élève et reçoit plus d'air. Ce mélange est recom-
mandé surtout quand la Yesce est cultivée comme fourrage. On l'unit ainsi,
dans le Nord, avec du seigle, des fèves, des pois, des lentilles, etc.; et l'on
forme de la sorte un fourrage connu sous le nom
d'hivernage qui fournit une
excellente nourriture pour l'hiver. Quand on le sème en mars, on le nomme
trémois ou trumois, dragée, dravi'ere, warat, mélarde, barjelade, etc.

Dans diverses contrées de l'Est, en Savoie, on mêle la Vesce à des pois,
du sarrazin et du maïs ; le mélange, bien fumé, est semé pendant les mois
de mai et de juin, tous les huit ou dix jours, ce qui permet d'en avoir pen-
dant un mois à six semaines à faucher en fleurs, et fournit pour les bœufs
de travail un excellent aliment vert pour les fortes chaleurs, tout en laissant
le terrain préparé pour les récoltes sarclées.

Quelquefois on unit la Vesce avec du seigle ou de l'avoine seulement, en
remplaçant environ un quart de sa graine par celle de la plante qu'on veut
lui associer. Dans l'Est et les autres localités où l'on cultive la Vesce blan-
che, on mêle de la sorte, à cette dernière variété, un quart ou un cinquième
d'orge qui lui sert de soutient et en augmente le produit. Si on laisse mûrir
la plante, on sépare les deux graines, à la récolte, par le criblage.

Par la réussite de la Vesce dans toutes ces circonstances, on peut appré-
cier les nombreux avantages qu'offre la culture de cette légumineuse, utile,
premièrement par elle-même, comme espèce fourragère, et particulièrement
propre, comme le conseille Mathieu de Dombasle, à former la base de la
nourriture verte des bestiaux; secondement, par l'amélioration dont elle dote
le sol, qu'elle enrichit et divise à la fois, et prépare ainsi parfaitement aux
cultures suivantes ; enfin, par la facilité avec laquelle elle entre, à toutes les
époques de l'année, clans les différents assolements, ce qui en fait une res-
source toujours prête pour établir des cultures dérobées et remplacer des
récoltes manquées, sans appauvrir la terre. *

On a reproché à cette plante, lors de la récolte en graine de la Vesce
d'hiver, de laisser sur le sol des graines qui se mêlent aux grains d'automne
semés immédiatement après, et qui poussent en même temps, de sorte
qu'il est fort difficile ensuite de les séparer. Le fauchage, dès le début de
la maturation des graines, est le meilleur moyen de remédier à ce léger
inconvénient.

Uusages alimentaires de la Vesce.

On s'accorde généralement à regarder la Vesce comme un excellent

-ocr page 187-

légumineuses. _ 171

fourrage pour tous les herbivores, aussi bien pour les bêtes à laine que pour
les vaches laitières, les bœufs cle travail et les chevaux. On la fait manger
en vert et en sec.

Sous forme de fourrage vert, elle convient particulièrement aux bêtes à
laine. Elle favorise alors l'engraissement des agneaux, auxquels on la donne
comme pâture, au printemps. Un meilleur moyen d'en tirer parti, tout en
profitant de l'engrais laissé par les troupeaux, c'est d'en faucher chaque jour
une provision suffisante pour la nourriture du troupeau, et de la faire con-
sommer sur place, dans des râteliers installés sur la pièce même de Yesce,
et de faire pâturer ensuite, avant de la parquer, chaque partie fauchée.

La Yesce en vert convient encore, dans la saison des chaleurs, aux bœufs
de travail, comme aliment rafraîchissant. Elle passe aussi pour donner beau-
coup de lait aux vaches comme aux brebis nourrices ; mais, d'un autre côté,
on lui reproche, quand elle est employée seule et pendant un certain temps,
de donner au beurre un goût amer et huileux peu agréable. L'emploi de la
dragcc n'offre point cet inconvénient.

La Vesce convient, de plus, pour nourrir les jeunes porcs; enfin, elle
constitue une excellente nourriture pour les chevaux au vert ; mais elle est
échauffante, ce qui ne permet pas, dans ce dernier cas, d'en continuer long-
temps l'usage. Il est préférable de la réserver aux petits et aux grands rumi-
nants, chez lesquels elle a même l'avantage de ne point occasionner aussi
facilement des indigestions que le Trèfle et la Luzerne.

La Vesce, soumise à la dessiccation, n'est pas moins appréciée que la
plante fraîche ; quand elle a été recueillie en temps opportun, c'est-à-dire
récoltée et sécliée en fleurs, avec ses gousses demi-mûres, elle constitue un
bon fourrage, appétissant, très nourrissant et parfaitement convenable pour
les chevaux, les bœufs de labour, et l'engraissement de tous les bestiaux.
C'est, pour les moutons surtout, une très bonne nourriture d'hiver, notam-
ment sous la forme du mélange dit
hivernage. On peut aussi donner à ces
derniers la fane dépouillée de la graine ; cette paille de Vesce est une des
plus estimées; les chevaux, en particulier, s'en accommodent très bien. Dans
plusieurs contrées, on se procure un bon fourrage eu semant des vesces avec
du seigle de printemps, en les fauchant et les faisant sécher comme du
foin.

Quant à la graine, elle convient pour l'engraissement des bœufs et des
bêtes à laine à tous les âges. On la fait manger encore aux chevaux, en place
d'avoine, à poids égal, mais non à mesure égale, car elle pèse beaucoup
plus. Cette graine étant échauffante, ne doit pas être donnée seule ; il con-
vient de la mêler au sarrazin ou à d'autres grains. Réduite en farine, elle
fait d'excellentes buvées pour les vaches, ou une eau blanchie pour les
juments et les poulains. Distribuée aux porcs, elle paraît plus nuisible que
profitable. Elle passe pour être aussi favorable aux volatiles de basse-cour,
aux canards, aux poules, aux jeunes dindons, surtout s'ils la mangent seule

-ocr page 188-

172 légumineuses. 13.")

et sans interruption pendant plusieurs jours. Elle constitue, au contraire,
une bonne nourriture pour les pigeons, qui la préfèrent à tout autre grain
et auxquels elle donne une chair excellente.

En Italie, la graine de Vesce blanche est comestible ; on la fait entrer
dans le pain, et elle remplace les pois dans les mets.

Vesce a feuilles cordées, V. cordata Wulf.

Fleurs violettes. Gousses non bosselées, glabres. Feuilles à folioles en cœur renversé dans
celles inférieures, oblongues, cunéiformes, échancrées et longuement mucronées dans les feuilles
supérieures. Annuelle.

Vient dans la Provence. Se rapproche beaucoup de la précédente. Sans usages.

Vesces a feuilles étroites, V. angustifolia Roth.

Fleurs petites, violettes ou blanches, quelquefois géminées. Gousse presque cylindrique, non
bosselée, velue, courte. Feuilles à vrille rameuse, à 4.7 paires de folioles, linéaires-aiguës à la
partie supérieure. Stipules lancéolées, auriculées. Taille de 2 à 5 décimètres. Annuelle.

Cette espèce se rencontre dens les champs, les buissons, les bois de toute la France, et prin-
cipalement dans les sols sablonneux. Elle donne un bon fourrage, moins abondant que celui de la
Vesce cultivée, mais elle a l'avantage de prospérer sur des sols arides oii celle-ci ne réussirait
point.

Confondue par quelques auteurs avec le V. saliva, elle en est aujourd'hui séparée par le
plus grand nombre des botanistes. — Elle forme des variétés assez nombreuses, dont on a fait
parfois des espècos particulières ; telles sont notamment le
V. segetalis Thuill. ; le V. Bobarli
Forst. ; le V. Forsleri Jord. ; le V. lorulosa Jord., que l'on rencontre assez communément dans le
Sud-ouest.

Vesce fausse gesse, V. lathyroïdes L.

Fesce gessière.

Fleurs petites, violacées ou blanches, toujours solitaires, presque sessilos. Gousse étroite,
non bosselée, glabre. Feuilles terminées par une pointe ou une vrille simple, à 2.4 paires de folio-
les, les inférieures bordées, obeordées, les supérieures linéaires. Tiges grêles, rampantes. Taille
do 1 ii 2 décimètres. Floraison en avril-mai. Annuelle.

Cetto petite espèce vient clans les prés sablonneux, los graviers, los terres stériles de presquo
toute la France. Très précoce, elle apparaît et se développe dès les premiers jours du printemps
et donne un fourrage recherché, des moutons surtout. Dans les sables de la Sologne, elle fournit,
ii la fin do l'hiver, aux troupeaux, une nourriture précieuse, sans laquolle serait compromise
l'existence de beaucoup de bêtes (Boso). Ressemblant beaucoup à la Vesce ordinaire qui serait
restée naine, elle pourrait la suppléer dans certaines régions stériles.

Vesce des Pyrénées, V. Pyrendica Pourr.

Fleurs grandes, violettes, solitaires. Gousse noire. Fouilles à vrille courte ou nulle, à 3.(i pai-
res de folioles obeordées, mucronées. Racine stonolifère. Taille de 3 à 15 centimètros. Vivacc.

Commune dans les pâturages des Pyrénées, cette plante, bien que donnant un bon fourrage,
est trop peu productive, vu sa petite taille, pour pouvoir être soumise à la culture.

Vesce a double fruit, F. cimphicarpa Dorth.

Fleurs toujours solitaires, naissant les unes sur les rameaux aériens et pourvues d'une
grande corolle violette, les autres sur los rameaux souterrains et sans corolle ni étamines. Gous-
ses velues; celles des tiges aériennes, linéaires, un peu enflées, noires, renfermant 5.6 graines;
les autres ovales, aristées, blanches et renfermant 1.2 graines. Feuilles à vrille rameuse, nulle
aux feuilles inférieures; à 3.5 paires de folioles. Annuelle.

Cette plante se montre dans les lieux arides du Midi, de Narbonne à Nice, sur le littoral do
la Méditerranée. Elle donne un foin bon, délicat, mais peu abondant; elle n'est cependant pas
sans avantages, vu l'état inculte des lieux où elle vient naturellement.

-ocr page 189-

LÉGUMINEUSES. 173

Vesce a fleurs jaunes, V. lutca L.

Fleurs d'un jaune soufré, solitaires on géminées, presque sessiles. Gousse à la fin réfléchie,
noire, couverte de poils tuberculeux à la base. Graines lisses. Feuilles à vrille rameuse, à 5.7 pai-
res de folioles étroites, arrondies au sommet. Tiges faibles, striées. Taille de 2 à 5 décimètres.
Annuelle.

Commune dans les champs, les moissons, les bords des chemins de presque toute la France,
mais principalement dans le Midi, et recherchée des bestiaux comme toutes les autres Vesces,
cette espèce est cultivée en Italie et dans le Levant, où elle donne, dit-on, jusqu'à trois coupes
dans un été, et peut encore fournir un pâturage ou être enterrée en vert. D'après quelques essais
tentés parla Société d'agriculture de Versailles, elle pourrait, en France, donner des résultats
analogues, ce qui, à supposer qu'on parvînt à les généraliser, rendrait cette plante préférable à
la Vesce ordinaire. De nouvelles tentatives sont toutefois nécessaires pour que l'on puisse se pro-
noncer sur sa valeur agricole réelle.

Vesce iiyeride, V. hybrida L.

Fleurs jaunes, souvent mêlées de pourpre, toujours solitaires. Corolle à étendard très velu.
Gousse munie de poils non tuberculeux. Feuilles à (5.7 paires de folioles obovées. Tiges assez
fortes. Taille de 2 à 5 décimètres. Annuelle.

Très ressemblante à la Vesce jaune, cette plante vient dans les moissons et les lieux herbeux
du Midi, plus rarement dans l'Ouest et le Centre. Elle est mangée très avidement par les mou-
tons. Non cultivée.

Vesce voyageuse , V. peregrina L.

Fleurs violettes, purpurines. Gousse grande, stipitée, à la fin pendante, fauve, Graines lisses
et un peu anguleuses. Feuilles à vrille rameuse, à 3.6 paires do folioles linéaires , échancrées,
à 2 lobes aigus. Tige grêle et anguleuse. Taille de 3 à 6 décimètres. Annuelle.

Cette espèce, qui doit son nom à la propriété qu'elle possède de projeter au loin ses semen-
ces à l'époque de la maturité, vient dans les moissons des provinces de toute la moitié sud de la
France. Elle est fourragère, bonne, mais peu productive. Elle constitue, dans les lieux socs, une
utile ressource pour les troupeaux.

VESCE DES HAIES. — V. SEPIUM L.

Fleurs bleuâtres, veinées de pourpre, ou blanchâtres, au nombre de 2.5, étalées horizonta-
lement, et formant une grappe plus courte que la feuille. — Calice à dents inégales, triangulaires,
brusquement subulées. — Gousse très comprimée, noire, glabre. — Feuilles à vrille rameuse,
à 5.7 paires de folioles, décroissantes de la base au sommet, à bords et nervures velus. — Tiges
faibles, anguleuses, légèrement velues. — Racine traçante et s'enfonçant profondément. — Taille
do (i à 10 décimètres. — Floraison d'avril à septembre. — Vivace.

Cette espèce, fort répandue dans les Ixaïes, les buissons, les prairies, et
qui végète une grande partie de l'année, est, de plus, très rustique; elle vient
également dans les sols maigres et fertiles, dans les terrains secs et humi-
des, mais produit davantage dans les lieux frais et ombragés. Elle donne, soit
en vert soit en sec, un fourrage abondant et de bonne qualité, et, en outre,,
un excellent pâturage. Se contentant de terres médiocres, facile à dessécher,
et ayant, de plus que la Vesce commune, l'avantage d'être vivace, elle con-
vient parfaitement pour les mélanges de graines destinées à former des prai-
ries permanentes. Ses graines seulement sont difficiles à récolter à cause de
leur dispersion, au moment de la maturité, par la contraction subite des

-ocr page 190-

174 légumineuses.

valves de la gousse. La Yeseo des haies, comme les autres espèces vivaces de
ce genre, qui fournissent beaucoup de semences et se propagent en outre par
leurs racines, est essentiellement propre aux terres compactes et argileu-
ses, qu'elle utilise en les ameublissant et les fertilisant. Toutes gagnent
beaucoup à être associées à d'autres plantes, qui, en favorisant leur dévelop-
pement, empêchent la partie inférieure de leurs tiges de pourrir.

Vesce argentée, V. argenlca Lp.

Fleurs grandes, blanches, veinées de violet sur l'étendard , avec le sommet de la carène
pourpre, au nombre de 4.10 en grappe serrée. Gousses jaunâtres. Feuilles sans vrille, souvent
imparipennées, à 4.10 paires de folioles linéaires. Tiges dressées. Souche vivace à divisions ram-
pantes. Plante poilue, blanchâtre, de 1
h 2 décimètres. Vivace.

Habite les buissons et les bois des montagnes des Alpes et des Pyrénées, et pourrait être
utilisée, avoc la précédente, dans les prairies des terres fertiles, où ses produits seraient beaucoup
plus abondants que ceux qu'elle fournit à l'état sauvage.

Vesce des buissons, V. dumetorum L.

Fleurs purpurines, puis d'un jaune pâle, réunies, au nombre de 3.7, en une grappe lâche.
Gousse fauve, glabre. Feuilles à vrille rameuse, à 4.5 paires de folioles ovales, ciliées sur les
bords. Stipules demi-lunaires, fortement dentées. Tige anguleuse, presque ailée. Taille de 10 à
15 décimètres. Vivace.

Vient dans les Pyrénées, ainsi que dans les montagnos de l'Est, les Alpes, le Jura, les Vos-
ges. Elle fournit un bon fourrage, et pourrait, d'après Thon in, être avantageusement soumise à
la culture.

Vesce fausse Esparcette, V. onobrychioïdes L.

Fleurs grandes, violettes, au nombre de 6.12 en grappe lâche. Gousse un peu enflée, brune,
glabre. Feuilles à vrille rameuse, à 5.7 paires de folioles généralement étroites, Souche épaisse,
ligneuse. Taille do 5 ii 12 décimètres. Vivace.

Vient dans les moissons et les lieux arides du midi, du centre et de l'est de la France. Sans
emploi.

Vesce élevée, V. altissima Df.

Fleurs blanches, avoc étendard bleuâtre, au nombre de 12.15 en grappe lâche. Gousses fau-
ves. Feuilles îi vrille simple ou rameuse, h 5.9 paires de folioles arrondies, apiculées au sommet.
Taille de 1 il 2 mètres. Vivace.

Vient dans les haies et les buissons de la Corse et de l'Afrique. Pourrait être utilisée dans
les régions les plus chaudes do nos contrées.

Vesce de Hongrie , V. pannonica Jq.

Fleurs purpurines, veinées, au nombre de 2.5 on grappe courte. Corolle ?i étendard velu.
Gousse courte, jaunâtre, velue. Feuille à vrille simple ou rameuse, il 5.8 paires de folioles à
peine échancrées. Tige velue, sillonnée. Taille do 3 ii 6 décimètres. Annuelle.

Plante commune dans les moissons du Centre et du Midi, et fort aimée des bestiaux. Elle
pourrait être cultivée comme la Vesce commune, et serait probablement aussi productive, tout en
étant moins difficile sur le choix du terrain, et en résistant parfaitement à la sécheresse.

Près de cette ospèce se range le V. syrtica Duby, h fleurs jaunes, il gousse linéaire, plante
annuelle, fort rare, signalée seulement dans les moissons de Dax.

Vesce pisiforme, V. pisiformis L.

Fleurs d'un jaune verdâtre , au nombre de 10.15 en une grappe serrée et courte. Gousse
glabre, fauve. Feuilles il vrille rameuse, ii 4 paires de folioles très grandes, ovales, avec 2 folio-

-ocr page 191-

LÉGUMINEUSES. 175

les plus petites, éloignées îles autres et rapprochées de la tige. Stipules embrassantes, dentées.
Tige glabre, striée. Taille de 15 à 20 décimètres. Vivace.

Cette espèce, qui a le port d'un Pisum, d'où le nom qu'elle a reçu, vient dans les bois mon-
tagneux de la Lorraine, do l'Alsace, de la Bourgogne, et pousse également dans les provincos du
Midi, sur le littoral de la Méditerranée, où elle est quelquefois cultivée. Elle produit assez abon-
damment, en donnant un fourrage agréable aux bestiaux, et qui se dessèche bien. Mais elle ne
remplacerait pas la Vesce commune.

Vesce orobe , V. orobus DG.

Fleurs lilas ou blanches, veinées et maculées de violet, nombreuses, en grappe serrée. Gousse
jaunâtre. Feuilles à vrille remplacée par une pointe, !i 8.14 paires de folioles oblongues, muero-
nées, velues. Tige très velue à la base. Taille de 2 à 4 décimètres. Vivace.

Vient dans les lieux boisés, les pâturages élevés des Pyrénées et de l'Auvergne. Mangée
avec plaisir par tous les bestiaux, elle pourrait concourir à former des prairies de montagne.
Peut-Ctre, en plaine, réussirait-elle moins bien.

Vesce des dois, V. sylvatica L.

Fleurs blanches ou violacées, au nombre de 10.15 en grappe pendante et unilatérale Gousse
un peu enflée, velue, noirâtre. Feuilles à vrille rameuse, à 6.10 paires do folioles oblongues. Sti-
pules laciniées. Taille de 10 à 15 décimètres. Vivace.

Vient dans les montagnes du Dauphiné, dans les Alpes, en Corse, au milieu dos bois, dans
les lieux secs, où elle fournit une assez bonne nourriture aux bestiaux.

Vesce d'Allemagne, V. cassubica L.

Fleurs violettes ou rouge pâle, eu grappe lâche, spieiforme. Gousse très courte et ne ren-
fermant que 2 graines. Feuilles ii vrille rameuse, à 10.15 paires de folioles. Tige faible, grim-
pante. Souche stonolifère. Taille de 5 à 10 décimètres. Vivace.

Vient dans les bois secs du centre de la France, sur les bords do la Loire et de ses affluents.
Elle fournit un bon fourrage, mais n'est point utilisée, bien que Tliouin en ait conseillé la culture.

Vesce de Narbonne, V. Narboncnsis L·.; V. serratifolia Kocli.

Ve ce à feuilles dentées.

Fleurs purpurines, au nombre de 1.5 en une grappe courte, presque sessile. Gousse longue,
noire, munie sur les sutures de poils tuberculés. Feuilles inférieures sans vrille, il 1 paire de
folioles entières; les supérieures à vrille rameuse, à 2.3 paires de folioles grandes, elliptiques,
finement dentées. Stipules grandes, demi-sngittées. Tige simple, dressée, munie de 4 lignes de
poils. Taille de 2 à 5 décimètres. Annuelle.

Commune dans les provinces du Midi et du Centre, cette espèce vient dans les moissons,
sur les bords dos chemins et des fossés. Elle préfère, en général, les sols fertiles et humides, où
ello se développe rapidement, et forme de larges touffes, qui donnent une fane abondante, mais
assez difficile à dessécher ; on peut la faire aussi consommer en fourrage vert. Hien ne s'oppose-
rait à ce qu'on en tentât la production régulière.

Vesce de Bithynie, V. Bilhynica L.

Fleurs grandes, purpurines, solitaires ou géminées, sur des pédoncules inégaux. Gousse
conrte, velue, brune. Feuilles à vrille rameuse, à 1.3 paires de folioles, celles des supérieures
plus étroites. Stipules amples, fortement doutées. Taille de 2 à 4 décimètres. Annuelle.

Vient dans les prairies et les moissons du midi de la France, notamment dans les provinces
de l'Ouest, clans les environs de Toulouse, de Tarbes, de Bayonne, etc. Pans emploi comme four-
ragère.

-ocr page 192-

192 légumineuses.

Genre LENTILLE. — LENS T.

Fleurs nombreuses, en grappes axillaires, pédonculées ; — calice régulier, à 5 divisions éga-
les , aussi longues que la corolle ; —
e'tamines diadelpbes ; — style comprimé d'avant en arrière,
poilu sur toute sa face supérieure; —
gousse stipitée, courte, rliomboïdale, non bosselée, prolongée
en beo par son bord inférieur, à 2 graines ; —
graines lenticulaires.

Ce genre et les deux suivants renferment des plantes herbacées, en petit
nombre, fort ressemblantes aux Vesces, avec lesquelles plusieurs botanistes
les ont confondues. Elles sont cultivées soit pour la nourriture de l'homme,
soit comme fourragères, et toutes sont fort recherchées des bestiaux. Le
genre
Lens ne contient que deux espèces.

LENTILLE CULTIVÉE. — L. ESCULENTA Mœncii.

Ervum lens L.; Cicer lens Willd.

Fleurs petites, blanches, veinées do violet, au nombre de 1.3 sur un pédoncule filiforme,
presque égal à la feuille. —* Calice à dents linéaires, beaucoup plus longues qne le tube. —
Gousses pendantes, larges, comprimées, fauves à la maturité. — Feuilles à vrille simple ou four-
chue, réduite à une petite arête dans les feuilles inférieures ; à 5.7 paires de folioles, oblongues,
étroites, tronquées. — Stipules lancéolées, presque entières. — Tiges grêles, anguleuses, dres-
sées, rameuses, pubescentos. — Taille de 2 à 4 décimètres. — Annuelle.

Cette espèce, qui croît spontanément dans les champs, offre deux varié-
tés, l'une et l'autre soumises à la culture, et qui sont :

La Lentille commune, L. E. vulgaris God. (grosse Lentille, Lentille
comestible, Lentille blonde, Nantille, Esse, Arrousc, Arroufle),
caractérisée par ses
graines jaunâtres, carénées sur les bords ;

La Petite lentille, L. E. minor; L. E. subsphœrospermum God.; Ervum
dispermum
Roxb. (Lentille rouge, Lentille à la reine, Lentillon, Entillon), à grai-
nes trois fois plus petites, brunes, marbrées, arrondies sur les bords.

Culture et emploi alimentaire de la grosse Lentille.

La grosse Lentille est cultivée, soit par sa graine, qui constitue pour
l'homme une excellente nourriture, soit pour sa fane, que recherchent les
animaux. Cette culture, qui a atteint une certaine importance, se fait en
grand dans plusieurs parties de la France, notamment dans les départements
d'Eure-et-Loir, delà Haute-Loire, et dans les environs de Soissons, localités
où elle est généralement intercalée avec la culture des céréales.

Craignant les excès de température, le trop grand froid comme les trop
grandes chaleurs, cette plante vient bien, surtout, entre le 40e et le 50e degré
de latitude; aussi est-ce principalement vers le 45e degré qu'on la trouve à
l'état sauvage dans les champs et dans les vignes. Elle préfère les terres meu-
bles et légères, plutôt sèches qu'humides, aux terrains froids et argileux, où
elle se développe mal et acquiert pou de qualités.

-ocr page 193-

LÉGUMINEUSES. 177

On la cultive souvent à la main, en faisant dans la terre, de distance
en distance, des trous où l'on dépose quelques graines. Cette méthode est
lente, et a de plus l'inconvénient de rendre difficile le nettoyage du sol, tout
en accumulant, sur un seul point, plusieurs plants qui s'affament et se nui-
sent réciproquement. Il est préférable de semer en rayons, derrière la char-
rue, en laissant, entre chaque sillon ensemencé, un sillon vide ; ce procédé
est, à la fois, plus expéditif, plus économique et plus productif, et permet,
en outre, un plus facile emploi du cultivateur ou de la herse triangulaire.

Le semis à la volée convient peu pour cette culture, qui exige pour
prospérer de fréquents sarclages et liouages, opérations qu'on n'exécute bien
qu'après avoir semé en lignes, et qui sont indispensables pour préparer con-
venablement la terre aux cultures subséquentes.

Généralement répandue seule sur la terre, la Lentille est quelquefois
mêlée à des graminées, à des fèves, etc., méthode toujours avantageuse
quand la plante est destinée à être employée comme fourrage.

Les tiges de la Lentille, après le battage, fournissent une bonne nourri-
ture pour les animaux; elles constituent, à ce point de vue, une des meil-
leures pailles connues, que l'on estime dans certains cas à l'égal du foin.
Quand on fauche la plante en lleurs, elle donne, tout en laissant un sol bien
préparé, un fourrage de qualité supérieure. Fauchée aussitôt que les gousses
sont formées, elle constitue, suivant M. de Dombasle, soit en vert, soit en
sec, le plus nourrissant de tous les fourrages, et qu'il y aurait même de
l'inconvénient à donner seul ou trop abondamment aux bestiaux.

Culture et emploi alimentaire de la petite Lentille.

Beaucoup plus rustique que la grosse Lentille, venant facilement dans
des terrains secs de nature diverse, le Lentillon est beaucoup plus cultivé
en grand que la première vai-iété, et sert plus spécialement à la nourriture
des bestiaux, auxquels il convient parfaitement. Cette culture, pour laquelle
on utilise des terres médiocres, se fait avec succès dans plusieurs de nos
départements du Nord, du Centre et de l'Est, dans la Champagne, la Lor-
raine, la Flandre, aux environs de Paris, etc.

Le Lentillon présente deux sous-variétés, une de printemps, que l'on
mélange ordinairement avec de l'avoine, à laquelle elle s'attache par ses
vrilles ; l'autre
d'automne, qui supporte les rigueurs des hivers de nos cli-
mats, et que l'on sème ordinairement en la mêlant avec le seigle.

Ne craignant la sécheresse ni l'une ni l'autre, ces deux sous-variétés sont
également peu difficiles sur le choix du terrain. Elles redoutent seulement
les terres humides et compactes, et préfèrent les terres meubles et sèches.
De toutes les Légumineuses, le Lentillon est la plante qui réussit le mieux
sur les terres siliceuses.

On sème le Lentillon à la volée, rarement seul, le plus souvent mêlé à

la

-ocr page 194-

178 légumineuses.

11110 graminée, l'avoine on le seigle, suivanl, l'époque du semis, et qui entre
pour un quart dans lo mélange. Il faut de 12 à 15 décalitres de graines, que
l'on répand sur deux labours, et que l'on recouvre ensuite par un hersage
léger.

On fauche la plante à l'époque de la floraison, avant la maturité de la
graine, dont la formation épuise le sol, et qu'on ne laisse mûrir que lors-
qu'on veut la récolter. On obtient un fourrage vert que l'on peut transformer
en foin par la dessiccation. Le Lentillon donne, en général, des produits peu
abondants ; mais cette faible quantité est compensée par la qualité du four-
rage, qui est excellente. Quelquefois on la fait consommer sur place par les
moutons, ce qui améliore le sol en le purgeant des plantes nuisibles, et,
laisse encore un intervalle suffisant pour le préparer à de nouvelles cultures.

Les variétés du Lentillon, qui parfois, avant l'hiver, remplacent le sei-
gle, sont, en général, très propres à suppléer aux récoltes détruites par quel-
que intempérie. Leur culture, convenablement faite, prépare le sol pour les
cultures de blé ou autres qui doivent suivre; elles l'épuisent davantage, lors-
que la plante est récoltée à maturité, inconvénient qui est d'ailleurs racheté
par la bonne qualité des produits.

Le Lentillon, en vert ou en sec, donne un fourrage substantiel, qui pré-
sente, comme le foin, un arôme particulier, propre à fortifier, à engraisser,
à donner du lait; il convient à tous les animaux. Avec ses graines, on nour-
rit la volaille, les pigeons, les bœufs et les moutons.

Lentille noirâtre, L. nùjricans L.

Fleurs petites, bleuâtres, au nombre de 1,2 sur un pédoncule long et filiforme. Feuilles
dépourvues de vrille, à 2.3 paires de folioles, linéaires supérieurement. Taille de 1 à 2 décimè-
tres. Annuelle.

Cette petite espèce, qui fleurit de bonne heure, vient spontanément dans les lieux arides et
sur les plages maritimes du Midi. Non cultivée.

Genre ERS. — ERVUM L.

Fleurs solitaires ou peu nombreuses, en grappes axillaires, pédonculées ; — calice à 5 dents
linéaires, les supérieures plus courtes ; —
étamines diadelplies; — style filiforme, comprimé d'avant
on arrière; —
gousse stipitée, linéairo, arrondie au sommet et non prolongée en bec; — graines
globuleuses ; — feuilles h, vrille simple ou rameuse.

Ce genre comprend un petit nombre d'espèces, assez répandues, recher-
chées des bestiaux, mais peu productives et non soumises à la culture.

Ers a quatre graines, E. tetraspermum L. ; Vicia tetraxperma Mœnch.

Fleurs petites, lilas, solitaires ou géminées. Gousse presque cylindrique, à 4 graines glo-
buleuses , noires. Feuilles à vrille simple ou bifurquée, à 3.5 paires de folioles linéaires.
Tige grêle, grimpante. Taille de 2 à 5 décimètres. Annuel.

Cette espèce est commune dans les moissons, dans les bois, parmi les buissons des diverses
parties de la France.

-ocr page 195-

LÉGUMINEUSES. 195

Ens velu, E. pubesccns DC.

Fleurs lilas, au nombre Je 2.5. Gousses longues, 4,6 graines. Feuilles à folioles ovales infé-
rieurement, elliptiques à la partie moyenne. Toute la plante poilue Annuel.
Vient dans les plaines du littoral de la Méditerranée.

Ers grêle , E. gracile DC. ; Vicia gracilis Lois.

Fleurs grandes, d'un bleu pâle, au nombre de 2.5 sur un pédoncule très long. Feuilles à
3.5 paires de folioles linéaires , très aiguës. Tiges grimpantes. Taille de 2 à 6 décimètres. Annuel.

Vient dans les moissons de presque toute la France ; se mêle à la paille, dont elle améliore
faiblement les qualités alimentaires.

Genre EHVILIE. — ERVIL1A Link.

Fleurs en grappes axillaires, pédonculées, peu nombreuses ; — calice à 5 dents presque éga-
les ; —
élamines diadelphes ; —~ style en alêne ; — gousse stipitée, oblougue, monoliforme, contrac-
tée au sommet, munie d'un bec court, et contenant 3.4
graines globuleuses.

Ce genre, confondu par Linnée et quelques autres botanistes dans le
genre Ers, comprend une seule espèce, cultivée en grand dans certaines
localités.

ERVILIE CULTIVÉE. — F.. SATIVA Link.

Ervum crvilia L.; Vicia ervilia Willd.

Noms vulgaires. — Lentille ervilier, Ers ervilier, Ervilière, Lentille bâtarde, Pois mauresque, Pois-

de-pigeon, Pesette, Vesce noire, Jarosse, (aux Orobe, Orobe des boutiques, Arobe, Alliez, A van-

coule, Eros, Errès, Essès (Provence), Goirils, Konnin, K'rsa'Allah (Algérie).

Fleurs petites, blanchâtres ou roses, veinées, au nombre de 1.3 sur un pédoncule court. —
Calice à dents linéaires, plus longues que le tube. — Gousse pendante, oblougue, enflée, très
bosselée, contenant 3.4 graines. — Feuilles terminées par une petite arête, à 8.12 paires de
folioles linéaires, tronquées. — Stipules demi-sagittées, dentées. — Tige quadrangulaire, ferme,
dressée. — Taille de 2 à 4 décimètres. — Annuelle.

Cette plante croît spontanément dans les champs cultivés, au milieu
des moissons, principalement dans le centre et le midi de la France, où elle
est cultivée quelquefois comme fourrage. On lui consacre des terres sèches
et médiocres, sur lesquelles on répand la graine, soit au printemps, soit de
préférence à l'automne, en semant plus épais quand on veut récolter la
fane, que lorsqu'on se propose de recueillir la graine. Elle est sensible au
froid; mais, par compensation, elle ne redoute ni la chaleur ni la sécheresse.
On la coupe avant la maturité, et elle fournit une bonne nourriture pour les
bestiaux, principalement pour les moutons. Enfin, on la cultive comme
engrais vert pour ameublir et améliorer le sol.

L'Ervilie, dont la culture en France est tout exceptionnelle, est cultivée
beaucoup plus en grand sur la côte d'Afrique, en Egypte et en Algérie.
M. Guérin-Méneville, qui observa cette plante dans notre colonie, en 1859,

-ocr page 196-

180 LÉGUMINEUSES.

en a l'ait tout récemment (le 9 août 1865), à la Société impériale et centrale
d'Agriculture, l'objet d'une intéressante communication. Il rappelle, dans
cette note, que chez les Arabes, l'Ervilie, hautement estimée, y est considé-
rée comme un véritable don de la Providence, car elle seule donne le moyen
d'entretenir les animaux à l'époque des grandes sécheresses. Sa graine, que
l'on fait manger aux bœufs et aux chevaux, après un léger concassage, passe,
aux yeux des indigènes, pour nourrir deux fois plus que l'orge. La plante se
contente elle-même des sols les plus ingrats et se développe malgré les séche-
resses les plus prolongées.

Intéressé par ces renseignements que lui avaient fournis les Arabes,
M. Guérin-Méneville a voulu en essayer l'acclimatation, dans l'espoir de doter
d'une source de plus de revenus les contrées méridionales où les sécheresses
ne sont pas rares. Il a d'abord entrepris ces essais aux environs de Paris et
de Toulon, et n'a pas réussi. 11 obtint ensuite de pouvoir les continuer à la
ferme impériale d'expérimentation de Yincennes, et a obtenu de meilleurs
résultats. Les semis furent faits sur un plateau aride', dans un terrain
maigre et non fumé. Dans ces conditions peu favorables, la plante a donné,
tous les ans, des produits de plus en plus satisfaisants. La récolte, sur une
surface de 160 mètres carrés, a été de 30 litres de graines, à raison
de 0,825 lrilog. le litre, soit un rendement d'environ 19 hectolitres à l'hec-
tare, ce qui est remarquable dans un terrain infertile où un semis d'avoine,
l'année auparavant, n'avait rien produit. Si la culture de l'Ervilie se répan-
dait, on pourrait améliorer la plante, lui donner plus de taille, et, par suite,
obtenir des produits plus abondants encore.

Les auteurs qui ont parlé de l'Ervilie lui attribuent presque tous, se
répétant les uns les autres, des propriétés nuisibles pour le bétail. On dit
ainsi qu'elle forme, pour les chevaux, un fourrage échauffant; que mangée
verte, elle est vénéneuse pour les cochons ; que sa graine est nuisible aux
pigeons et à la volaille ; que, mêlée au blé, elle rend le pain malsain, pro-
duit une débilitation musculaire. Ces effets fâcheux ne sont point démontrés,
et s'ils étaient réels, la plante ne jouirait probablement pas de la même
estime auprès des Arabes. D'un autre côté, M. Payen, qui en a fait l'analyse,
n'y a trouvé aucun élément toxique; il a constaté seulement, dans une
substance grasse enlevée par l'éther, la présence d'un produit soluble dans
l'eau, offrant un goût âcre à l'arrière-bouche, mais dont l'expérience
directe n'a point encore établi les propriétés délétères. On est, par suite, auto-
risé à croire que si l'Ervilie a paru quelquefois dangereuse, cela tient à
l'usage immodéré qu'on en aura fait, en quoi elle se rapproche de beaucoup
d'autres espèces de la même famille et même des plus usitées, dont l'abus a
toujours été considéré comme nuisible. En résumé, la valeur de cette plante
est loin d'être encore complètement connue, et réclame de nouveaux essais
pour être bien appréciée.

-ocr page 197-

LÉGUMINEUSES. 181

Genre GESSE.

Fleurs solitaires, ou réunies en grappes peu fournies, portées sur des pédoncules axillaires ;
— calice à ô dents, les deux supérieures plus courtes ; — corolle à étendard grand, redressé ; —
élamines diadelplies ou monadelplies, à tube tronqué transversalement; — style réfléchi ii la base,
comprimé sous le sommet, d'avant
011 arrière, caualiculé en dessous et garni en dessus d'une
ligne de poils ; —
Gousse oblongue ou linéaire, tronquée obliquement au sommet prolongé cil bec ;
polysperme ; —
feuilles à folioles peu nombreuses, à pétiole terminé en vrille rameuse, quelquefois
élargi, foliacé, sans vrille ni folioles,'—
stipules demi-sagittées ; — tiges grêles, faibles, angu-
leuses ou ailées , la plupart grimpantes.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces herbacées, annuelles,
bisannuelles ou vivaces, qui toutes produisent, dans les lieux où elles crois-
sent, un fourrage abondant et recherché des bestiaux. Quelques-unes d'en-
tre elles viennent spontanément dans les prairies, et plusieurs sont cultivées
en grand comme plantes fourragères; celles-ci sont d'autant plus précieu-
ses qu'elles viennent dans les lieux humides, sur les terrains médiocres, où
les bonnes espèces sont rares. — Ci-après le tableau des principales espèces
de ce genre.

LATHYRUS L.

Tiges légèr. ( Gousse avec 2 ailes,
ailées | Gousse non ailée..

Fleurs

solitaires) Tiges l FeuiUeg inrér saus vriu
non /

ailées ^ yrjjie^ toutes les feuilles..
1.3 fleurs. Tiges largement ailées.......

tri
CD

PS

a

H
<

hj

M
«

*
H

O

, es

ro
-o3

Fleurs
\nombreus.

Tiges ailées

Fl. nombr.

Feuilles
à 2.3 paires
do folioles

Tiges ( Fl. roses, odorantes,
non ailées j Fl. jaunes........

Fl. roses et vert..
Fl. rouge vif.

Pétiole larg. ailé,
pourprées ) Pétiole non ailé. .

1.3 fleurs jaunes...........

! Fleurs solitaires, jaunes.

Fl. nomb. \G. droite, boss.

pourprées]„
^ 1 ' (G, incurvée...

1 „ Feuilles sans folioles. Fleurs solit. ou géminées.

a

ESPÈCES.

•g

s
«

Florais.

Habitai.

arimca

L.

®

Eté

Partout

lyissolia

L.

©

Eté

Partout

SATIVUS

L.

®

Eté

Midi

CICERA

L.

®

Eté

Midi

Incompicitus

L.

®

Eté

Midi

Sphtvricus

Rclz,

®

Eté

Cent. Ilidi

arigui.atus

L.

®

Eté

O11I. Midi

Selifolius

L.

®

Print.

Midi

Hirsutes

L.

(D

Eté

Partout

ouoratüs

L.

®

Eté

Iode Sicil.

Tinoitanus

L.

®

Eté

Maroc

TUBEROSUS

L.

¥

Eté

Partout

PRATENSIS

L.

¥

Pr. Eté

Mont.

Sylvestris

L.

¥

Eté A.

Partout

latifomcs

L.

Eté A.

Ceal. Midi

Heterophyllus

L.

¥

Eté

mont. Ésl

Cirrhosut Sering.

¥

Eté

Midi

Palustris

L.

¥

Eté

Nord

Annuiis

L.

®

Eté

Midi

OcUEBS

DC.

®

Print.

Midi

Clymenum

L.

®

Pr. Eté

Midi

Articulatut

L.

®

Eté

Midi

Incurviif

Both.

¥

Eté

Sibérie


GESSE SANS FEUILLES. — L. APHACA L.

Noms vulgaires. — Pois-aux-lïeeres, Pois-de-souris, Heluiscau,

Fleurs petites, jaunes, veinées de noir sur l'étendard, solitaires ou géminées sur un pédon-
cule plus long que le pétiole. — Calice à dents linéaires, longues. — Gousse comprimée, courbée

-ocr page 198-

182 légumineuses. 13.")

on faux, réticulée, glabre, jaunâtre. — Graines ovoïdes, lisses, marbrées. — Feuilles sans
folioles , réduites à un pétiole filiforme, terminées en vrille. — Stipules grandes, entières, simu-
lant deux fouilles opposées, sessiles , ovales, auriculées à la base et serrées l'une contre l'autre.

— Tiges peu rameuses, glabres, grimpantes. — Taille de 2 à 5 décimètres. — Annuelle.

Commune dans les champs, au milieu des cultures de la plupart des
régions de la France, mais principalement dans les plaines, cette espèce s'étale
quelquefois sur la terre, mais plus souvent s'attache à la tige du blé, du sei-
gle et des autres céréales. Quand, par son abondance, ce qui est à redouter,
elle ne devient pas alors un inconvénient pour les récoltes, en diminuant
le rendement en grains, elle ajoute, par sa présence, aux qualités alimen-
taires de la paille et la rend propre à remplacer le foin dans la nourriture
des chevaux et des bêles à cornes. Seule, elle produit peu; sa fane est d'ail-
leurs recherchée de tous les bestiaux, surtout des moutons. Ses graines
passent pour être vénéneuses.

Gesse sans vrilles , L. Nissolia L.

Gesse de Nissole, Nissolie des boutiques.
Fleurs purpurines, solitaires, sur un pédoncule court. Gousse droite, grêle, légèrement velue.
Graines rugueuses, brunes. Feuilles sans vrilles ni foliolos, réduites à un pétiole foliacé, simulant
une fouille lancéolée comme une feuille de graminée. Stipules très petites, en alêne. Tiges grêles,
raidos, dressées, non grimpantes. Taille de 3 à 8 décimètres. Annuelle.

Cette espèce vient communément dans les moissons, les champs pierreux, les bois découverts
de presque toute la France, plutôt dans le Midi que dans le Nord. Elle est mangée avec plaisir
par tous les bestiaux ; mais produisant peu, elle est sans importance.

GESSE CULTIVÉE. — L. S ATI VUS L.

Noms vulgaires. — Gesse commune, Gesse domestique, Gesse blanche, Gesse à larges gousses, Pàis
gesse, l'ois carré, Pois-de-brebis, Pois breton, Pois gras, Lentille carrée, Lentille d'Espagne,
Lentille suisse, Lentillin, Jarra, Jarosse, Riboge
(Picardie).

Fleurs blanches , roses ou bleues, grandes, solitaires, sur un pédoncule plus long que le
pétiole. — Calice à dents très longues. — Gousse comprimée, large, ovale, munie, sur le dos,
de 2 ailes membraneuses, disposées en gouttière, réticidée, glabre, fauve, renfermant 3.4 graines.

— Graines grosses, comprimées, anguleuses, lisses, unicolores, d'un blanc verdâtre. — Feuilles
à pétiole étroitement ailé, à vrille simple ou rameuse, à 1 paire de folioles linéaires-lancéolées.

— Stipules aiguës, courtes. — Tiges peu ailces, faibles et grimpantes. — Taille ds 3 à G déci-
mètros. — Annuelle.

Cette espèce, originaire d'Espagne et propre au Midi, vient spontané-
ment dans les moissons. Elle était cultivée par les anciens, qui en faisaient
grand cas pour la nourriture des bestiaux. Olivier de Serres, qui la désigne
sous le nom de
jarrus, la recommandait pour l'engrais des porcs. De nos
jours, sa culture est répandue clans plusieurs départements du Midi et de
l'Ouest, où elle permet d'utiliser des terres argileuses, médiocres. Quelques
cultivateurs l'ont essayée avec avantages dans d'autres localités.

Craignant seulement le froid et l'excès d'humidité, la Gesse cultivée
peut venir dans la plupart des terrains où l'eau ne séjourne pas, aussi bien

-ocr page 199-

LÉGUMINEUSES. 199

dans les mauvais sols argileux que dans des sols calcaires et de peu de
valeur; elle préfère, toutefois, les terres meubles, fraîches et substantielles.

On la sème ordinairement en mars ou en avril. Dans le Midi, où l'on a
moins à redouter les rigueurs de l'hiver, on la sème en automne ; elle est
alors plus vigoureuse et plus productive. On répand 1 hectolitre et demi de
semence par hectare. La plante étant faible, il est avantageux d'y joindre
quelques graminées à tige ferme, telle que le brome des prés, le dac-
tyle pelotonné, l'avoine, qui végètent dans les mômes terrains. Les graines
semées sont recouvertes par la herse, et la prairie, jusqu'à la récolte, reçoit
les mêmes soins do culture que la Vesce.

Le moment de la récolte varie suivant le produit qu'on se propose d'ob-
tenir. Ainsi, quand on veut la faire manger en vert, 011 la coupe au moment
de la floraison. En la fauchant de bonne heure, elle peut, comme la Vesce,
si elle se trouve dans des circonstances favorables, fournir plusieurs coupes
ou un pâturage abondant. Si, au contraire, 011 doit faner la plante afin de la
garder pour fourrage d'hiver, il faut attendre que les premières gousses com-
mencent à fleurir, mais sans dépasser ce moment. Suivant M. de Père, il est
un point de maturité qu'il importe alors de saisir exactement, car si 011 la
devance, la plante, trop verte, risque de faire prendre la diarrhée aux bes-
tiaux; et si on retarde trop la récolte, le fourrage qui sèche tout à la fois
serait trop dur, les tiges se trouvant toutes en graine en même temps. Enfin,
quand on veut obtenir la graine, il faut nécessairement attendre la maturité
complète.

La culture de la Gesse, comme celle de la Vesce, peut être considérée
comme préparatoire et améliorante, surtout lorsqu'elle est coupée avant la
formation des graines. Elle produit, sans épuiser le sol, un fourrage abon-
dant qui convient à tous les bestiaux. Par sa forme anguleuse, sa graine se
défend mieux que la Vesce contre l'avidité des pigeons, ce qui permet au
cultivateur de voir sortir du sol autant de tiges qu'il lui a confié de semen-
ces. — Enfin, de même que les autres Légumineuses, la Gesse peut, lors-
qu'elle est enfouie en fleurs, former un engrais vert; mais l'espèce suivante
paraît mieux convenir pour cet usage.

La Gesse, cultivée en sec ou en vert, est recherchée de tous les ani-
maux. Mais elle est principalement cultivée par les moutons, qui en sont
très avides. Elle les échauffe moins que la Vesce, surtout quand on ne l'a
pas coupée trop tardivement. Elle engraisse, en outre, les vaches, et active
la sécrétion du lait.

Les semences forment également une bonne nourriture pour les bes-
tiaux, qu'elle entretient et engraisse assez promptement. On les donne à la
volaille, mais surtout aux porcs ; M. Dussieux, près de Chartres, a spécia-
lement cultivé la Gesse pour l'engrais de ce dernier animal ; mais il donne
la graine après lui avoir fait subir 1111 degré de cuisson ou l'avoir réduite en
farine grossière, pour la mêler à d'autres aliments; elle lui a paru, dans ces

-ocr page 200-

184 LÉGUMINEUSES.

cas, préférable même à l'orge, tant au point de vue de la valeur alimentaire
qu'à celui des produits obtenus.

Dans quelques contrées, la semence de Gesse est utilisée encore pour la
nourriture de l'homme. Cueillie verte, elle peut être transformée en excel-
lente purée. En Espagne, on l'utilise comme les petits pois. Mais son enve-
loppe coriace la rendant de difficile digestion, il vaut mieux la réserver
pour la nonrriture du bétail.

GESSE-CHICHE. — L. CICERA L.

Noms vui.gaiuks. — Petite Gesse, Gessette, Jarat, Jarote, Jarosse, Jarousse, Garrousse, Garosse,
Garroute, Gairroute, Garobe, petit Pois chiche, petit Pois carré, Pois cornu.

Fleurs d'un rouge brique, de moyenne grandeur, solitaires, sur des pédoncules courts. —
Gousse comprimée, non ailée, canaliculée sur le dos, glabre, fauve, contenant 5.6 graines. —Grai-
nes petites, anguleuses, lisses, marbrées de noir. — Feuilles à pétiole peu ou non ailé, à vrille,
à 1 paire de folioles étroites, aiguës. — Stipules égalant le pétiole, amples, lancéolées. — Tiges
minces, légèrement ailées au sommet, rameuses, grimpantes. — Taille de 3 à 6 décimètres. —
Annuelle.

Commune dans les moissons des provinces du Midi, de l'Est, et même
du Centre, dans les bois de chêne, cette espèce, ainsi que la précédente, est
cultivée comme plante fourragère, principalement en Espagne et dans plu-
sieurs départements du midi de la France, surtout dans les Bouches-du-
Rhône. Au commencement du siècle, elle a été introduite dans quelques
localités des environs de Paris, près de Meaux, et paraît y avoir réussi.
Depuis, sa culture a été considérablement étendue en France. Plus petite
que la Gesse cultivée, dans la largeur de ses tiges, de ses feuilles et de ses
fruits, bien que d'une égale élévation, la Jarosse donne aussi moins de pro-
duits ; mais étant plus rustique et moins difficile sur le choix du terrain, elle
peut, dans certaines circonstances, lui être préférée. D'après Vilmorin, elle
est plus rustique que la Vesce d'hiver.

Culture de la Gesse-chiche.

Apte à se développer sur tous les terrains, la Gesse-chiche réussit sur-
tout parfaitement sur les sols calcaires, qu'ils soient, d'ailleurs, forts, légers
ou graveleux. L'important est qu'ils ne soient pas trop humides pendant
l'hiver, ce qui pourrait compromettre le développement des semences.

Dans le Midi, où l'on n'a pas à redouter les excès de l'hiver, on sème or-
dinairement cette plante en automne, à la fin d'août et dans le cours de sep-
tembre. On répand la graine sur des terres qui ont porté du blé, après avoir
enterré le chaume à la charrue, ou sur le chaume même. L'essentiel est
que la terre soit sèche; l'opération, pour cela, doit être faite avant les pluies
d'automne. Semée par un temps humide, la Gesse-chiche réussit mal; la

-ocr page 201-

LÉGUMINEUSES. 185

semence peut même être tout à fait perdue. On répand cette graine moins
dru que le blé ; il en faut, en moyenne, de 250 à 300 litres par hectare.

La Gesse végète d'abord très lentement; mais ne craignant pas les
gelées, elle n'est pas pour cela compromise par la mauvaise saison; quand
de forts hivers en font exceptionnellement périr une partie, ce qui reste
acquiert plus de vigueur et talle davantage. Elle réussit infailliblement, pour
peu que le printemps soit favorable ; si cette saison est sèche, la Gesse s'élève
moins; mais dès que quelques pluies surviennent, elle s'épaissit beaucoup,
en formant un lit serré et uni.

Le moment de la récolte varie suivant qu'on veut obtenir du fourrage
ou de la graine. Quand la Gesse doit être fanée, on la coupe au moment où
elle est bien en fleurs : dès qu'elle est fauchée, on la sèche sur place comme
le foin, et on la rentre sans attendre qu'elle soit entièrement desséchée, afin
qu'elle ne se brise pas trop. On obtient ainsi à peu près autant de fourrage
qu'en peut donner une bonne coupe de luzerne, faite sur une surface égale :
soit environ 7,000 kilog. par hectare. Après la fauchaison, et dès que le four-
rage est enlevé, on retourne le terrain au moyen d'une forte charrue, afin
que les racines brisées et les feuilles encore fraîches qu'on enterre, aient le
temps de se pourrir avant leur dessiccation.

Lorsqu'il s'agit de recueillir les graines, il importe d'attendre leur par-
faite maturité, et il faut être attentif à saisir ce point, car si la plante n'est
pas assez mûre, la graine se retire et se dessèche; et si elle l'est trop, celle-ci
s'échappe de la gousse et il s'en perd beaucoup. Le moment venu, des fem-
mes arrachent la Gesse, qui, vu la faiblesse de sa racine, offre peu de résis-
tance ; puis la plante est portée sur l'aire, où elle est foulée et nettoyée
comme les autres grains. Le produit, en graines, est de 8 à 10 pour 1 envi-
ron. Cette graine est exposée à être piquée par les insectes, ce qui oblige à
tremper dans l'eau bouillante toute celle qu'on ne garde pas pour semence.

La Gesse-chiche est cultivée encore comme engrais vert. C'est une des
meilleures plantes que l'on puisse réserver à cet usage. Dans le terri-
toire d'Aix, elle est, depuis longtemps, exclusivement semée dans ce but.
L'enfouissage a lieu au moment où la plante est en pleine floraison. Si l'opé-
ration se fait sur une petite surface, on fauche chaque jour la quantité que
l'on peut enfouir à bras ; souvent, alors, l'herbe étant trop épaisse, trop abon-
dante pour le terrain qui l'a portée, on en transporte sur le champ voisin,
qui s'enrichit ainsi sans frais. Mais si le terrain est étendu, on se sert d'une
forte charrue à versoir, et on place à mesure, dans les sillons ouverts, les
tiges abattues, que recouvre le sillon suivant. L'herbe est aussi bien enfouie
de cette manière que si on l'eût enterrée à la pioche.

Certains propriétaires, pour épargner quelques journées de travail, font
passer les bœufs et les moutons sur la prairie, afin qu'après avoir brouté les
sommités de la Gesse, ils l'abattent et la foulent sous leurs pieds, ce qui
permet à la charrue de l'enterrer plus facilement, mais à la condition qu'un

-ocr page 202-

186 LÉtiUAUNEUSBij.

ouvrier vienne ensuite, avec la bêche, recouvrir l'herbe qui pourrait rester
sur la. terre. Cette méthode ne vaut pas la première et ne réalise qu'une
économie apparente.

Quoi qu'il en soit, une fois la Gesse recouverte par la terre, comme elle
n'est bien pourrie qu'en automne, il ne faut plus labourer qu'au moment
d'ensemencer. Si on passait la charrue plus tôt, on ramènerait la plante à
la surface, avant qu'elle fût changée en terreau, et on n'en obtiendrait point
l'effet désiré. Il n'y a, d'ailleurs, aucun inconvénient à attendre ainsi, une
culture donnée aussi profondément ne permettant point aux mauvaises plan-
tes de se développer dans un aussi court espace de temps.

Valeur agricole et économique de la Gesse-chiche.

Comme la plupart des autres Légumineuses, la Jarosse, empruntant
une grande partie de sa nourriture à l'atmosphère, enrichit le sol où on la
cultive, au lieu de l'appauvrir. Môme quand on la laisse grainer, elle n'effrite
point la terre. Ainsi, d'après des observations déjà anciennes de V. Yvart,
un terrain qui a porté la Gesse-chiche, produit autant de blé que lorsqu'il
est resté en jachère, surtout si on a passé la charrue immédiatement après
la récolte, et cela outre les avantages qu'offre la plante comme fourrage ou
comme engrais vert.

Elle convient surtout pour remplacer, dans le Midi et toutes les locali-
tés, eu général, où la sécheresse est à redouter, les prairies artificielles per-
manentes. Semée avant l'hiver, étant moins délicate et craignant moins le
froid que la Vesce, elle réussit parfois mieux que celle-ci, tout en s'élevant
aussi haut et donnant autant de fourrage. Son principal inconvénient, qu'elle
partage au surplus avec les autres plantes annuelles, est d'obliger chaque fois
à renouveler la semence et les labours, et de ne donner qu'une coupe de
fourrage, tandis qu'une prairie permanente n'oblige ni à cultiver, ni à semer»
tout en donnant plusieurs coupes. Mais celles-ci, bien que supérieures en
principe, 11e réussissent point partout, et c'est dans ces circonstances que
deviennent utiles des plantes comme la Jarosse, qui offrent le moyen d'utili-
ser des terres qui resteraient sans elles abandonnées à une stérile jachère, et
laissent, par une culture facile et peu coûteuse et un seul labour après la fau-
chaison, le sol parfaitement préparé à recevoir le blé. Ajoutons qu'il est des
localités, comme on l'observe dans les Bouches-du-Rhône, où cette plante,
par suite de la rareté des pluies, est souvent le seul fourrage qu'on puisse
récolter.

La propagation de la Gesse-chiche mérite donc d'être encouragée comme
culture améliorante, principalement pour les pays secs. V. Yvart a pu, par elle,
obtenir sur un même terrain et avec une seule fumure, jusqu'à dix récoltes
consécutives. Il semait, d'abord, sur le champ fumé, des légumes de toute
espèce; puis venait le blé; puis la Jarosse pour fourrage ; et en continuant

-ocr page 203-

légumineuses. _ 187

ainsi, alternativement, il arriva à obtenir en dix ans : 1 récolte de légumes,
5 de blé et 4 de fourrages. Aussi croit-il pouvoir recommander cette plante
comme un des meilleurs moyens d'anéantir la jachère.

Gomme engrais vert, la Gesse-chiche n'est pas moins profitable. Cet
engrais, aussi bon que le fumier, ne dure, il est vrai, que doux ans. Il a de
plus l'inconvénient, dans les terrains bas et frais, de retarder un peu la
maturité des graines, par la fraîcheur qu'il apporte à la terre. Mais dans les
lieux élevés, où l'humidité au contraire fait défaut, cet engrais convient à
tous égards et réussit toujours. Ne coûtant que la semence, il constitue un
des moyens les plus économiques de rendre à ces terrains la fertilité dont
ils sont privés.

Emploi alimentaire de la Gesse-chiche.

La Gesse-chiche fournit à l'alimentation du bétail ses graines et ses
fanes. Ainsi la graine est employée avec succès à l'engrais des bœufs et des
cochons, auxquels on la donne entière, ou en farine délayée dans l'eau des
boissons. Elle est bonne aussi pour la volaille; les pigeons surtout en sont
friands. Enfin, dans certaines contrées, elle est employée comme légume
frais ou sec dans l'alimentation de l'homme. Il importe, toutefois, d'être fort
réservé sur l'emploi de cette graine, qui, lorsqu'elle est donnée en une cer-
taine quantité, produit des accidents graves. Ainsi Vilmorin rapporte qu'à la
suite de l'usage de la graine de Jarosse, dans certaines années de pénurie,
quelques personnes sont mortes et d'autres ont été frappées de paralysies
incurables. Dow, dans le
Dictionnaire du Jardinier, dit que le mélange de la
farine de cette graine avec moitié de celle de froment, détermine la rigidité
des membres. Il y a quelques années, le docteur James Irving a publié le
récit curieux d'une espèce d'épidémie de paralysie, avec rigidité des membres
inférieurs, survenue aux Indes, dans le district d'Allahabad, par suite de
l'usage de ce même végétal; auparavant, le docteur Thomas Thomson, dans
ses
Voyages à l'Himalaya, avait déjà rapporté plusieurs cas de paralysie, dus
à la même cause, observés par lui au Thibét. Cette paralysie avait même été
constatée sur des animaux, notamment dans le territoire de San go r, dont
les habitants, suivant le docteur K. Kirk, croyaient que les bœufs et les che-
vaux qui se nourrissent de Gesse perdent l'usage de leurs membres.

Ces faits établissent d'une manière assez positive les propriétés toxiques
des semences de la Gesse-chiche, pour ne plus laisser de doutes à cet égard
et pour qu'on soit autorisé à recommander la plus grande circonspection
dans leur emploi.

La paille de Jarosse ne paraît pas dangereuse au même degré. Ainsi elle
est fort recherchée des bœufs, des chèvres, des moutons surtout, qu'elle
nourrit et engraisse parfaitement. Elle convient également aux porcs, aux-
quels on la donne encore eu vert et qui s'en montrent fort avides. Mais elle

-ocr page 204-

188 légumineuses. 13.")

ne semble pas convenir au même degré aux chevaux et aux mulets, chez
lesquels, d'ailleurs, ainsi qu'il résulte de faits observés à plusieurs reprises,
par MM. Rimbaut, de Brinvillers (
Compte-rendu de l'Ecole d'Alfort, 1822),
Renault et Delafond
(Rec. de Mèdec. vétèr., 1833, p. 608; 1834, p. 471), Len-
glen
(Jbid., 1860, p. 993), elle donne lieu au développement du cornage.
Cette affection, dans les divers cas observés, s'est manifestée après l'usage,
continué pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, de la Jarosse; appa-
raissant après un exercice plus ou moins prolongé, en s'accompagnant d'une
dyspnée intense, qui menaçait l'animal de suffocation, elle se terminait par
l'asphyxie et la mort de celui-ci, si on continuait à le faire travailler.

Ce cornage, qui paraît dû à une paralysie des nerfs du larynx, ne se
manifeste que par accès, pendant l'exercice ; il cesse au repos ; la respiration
alors revient à son état normal, sans qu'aucun dérangement, d'ailleurs, se
déclare dans les autres fonctions. La maladie se prolonge pendant un temps
variable, et l'on est obligé, pour que l'animal puisse travailler, d'appliquer
un tube à trachéotomie. Elle finit par guérir, si l'on interrompt immédiate-
ment l'usage de la Jarosse ; mais si, au contraire, l'on continue à faire con-
sommer ce végétal, elle ne cesse que par la mort du sujet. Dans certaines
circonstances, comme l'a observé M. Lenglen, elle s'est compliquée d'accidents
plus graves : soit d'une exaltation de la sensibilité générale, avec faiblesse du
train postérieur se terminant par la mort ; soit une immobilité complète du
train postérieur finissant par disparaître. Mais les animaux avaient été nour-
ris alors, pendant trois mois et demi, avec une forte ration de Jarosse, 4 kilog.
par jour, fauchée à la maturité, c'est-à-dire renfermant une notable propor-
tion de graines, auxquelles il est permis d'attribuer les phénomènes de para-
lysie observés. Quant au cornage, est-il occasionné par les fanes de la Jarosse
ou par les graines qui ont pu rester dans la paille? C'est ce que l'on ne
saurait dire encore, par suite de l'insuffisance des premières observations ;
de nouveaux faits pourront seuls l'apprendre. En attendant, les accidents
plus haut relatés suffisent pour faire comprendre la nécessité de ne distri-
buer qu'avec les plus grandes précautions la Gesse-chiche, surtout si elle est
en graine, et de s'abstenir môme tout à fait d'en faire usage pour les solipè-
des et pour tous les animaux de travail en général. Employée verte, seule-
ment chez les animaux à l'engrais, et pendant un temps limité, elle pourra
être employée sans danger et constituer un très utile supplément aux provi-
sions alimentaires.

Gesse a petites fleurs, L. inconspicuus L.; L. axillaris Lm.;

L. micranthus Gérard.

Fleurs très petites, lilas, solitaires, sur un court pédoncule articulé à la base. Gousse linéaire,
presque cylindrique. Feuilles à pétiole non ailé, à vrille simple, remplacée, dans les feuilles infé-
rieures , par une pointe courte ; à 1 paire de folioles linéaires. Tiges filiformes , non ailées, dres-
sées. Taille de 1 à 3 décimètres. Annuelle.

Cette espèco, cliétive en toutes ses parties, vient spontanément dans les moissons des pro-

-ocr page 205-

LÉGUMINEUSES. 189

vinees méridionales. Bien que recherchée du bétail, ne serait point assez productive pour être
cultivée avec avantage.

Gesse a graines spiiériques, l. sphxrkus Retz.

Fleurs d'un rouge plus ou moins vif, solitaires, sur un pédoncule filiforme, court, longuement
aristé, articulé vers le milieu. Gousse linéaire, un peu bosselée, à nervures longitudinales saillau-
tes. Graines globuleuses. Feuilles à pétiole légèrement ailé, à vrille simple et longue, remplacée
par une pointe courte dans les feuilles inférieures ; à 1 paire de folioles étroites. Tiges grêles,
dressées. Taille de 2 à 5 décimètres. Annuelle.

Assez commune dans les moissons des provinces du Midi, du Centre et de l'Ouest, dans les
prés, les bois et les lieux secs, cette espèce est, comme la précédente, mangée par les animaux ;
mais elle est de même sans usages.

Gesse a graines anguleuses, L. angulalus L.

Fleurs petites, d'un pourpre bleuâtre, solitaires, sur un pédoncule filiforme, très long, aristé
et articulé au sommet. Gousse comprimée, linéaire, un peu bosselée. Graines petites, tuberculeu-
ses. Feuilles à pétiole non ailé, à vrille longue et rameuse, remplacée par une pointe courte infé-
rieurement, à 1 paire de folioles étroites, aiguës. Tiges non ailées, dressées. Taille de 2 à 6 déci-
mètres. Annuelle.

Spontanée dans les lieux sablonneux et arides, cette espèce vient encore assez communément
dans les moissons du Midi, du Centre et de l'Ouest, où elle forme de grosses touffes presque
droites, qui, par leur abondance, sont toujours nuisibles aux récoltes. Elie est très recherchée des
bestiaux, ce qui, parfois, pourrait rendre sa culture profitable, d'autant qu'elle offrirait un moyen
de tirer parti de certains sols médiocres, de nature granitique et schisteuse, sur lesquels, d'après
la remarque de Bosc, elle vient de préférence et prend un assez grand développement.

Gesse a feuilles sétacées, L. setifolius L.

Fleurs petites, purpurines, solitaires, sur un long pédoncule. Gousse stipitée, courte, com-
primée, pubescente sur les sutures. Fouilles à pétiole non ailé, à vrille simple ou rameuse,
à 1 paire de folioles très étroites, terminées en alêne au sommet. Tiges très grêles, non ailées.
Taille de 1 à 3 décimètres. Annuelle.

Dans une variété de cette plante, dont on a fait une espèce particulière, L. amphicarpos
Gouan, quelques gousses, pliées sur elles-mêmes , se développent à la base de la tige et s'enfon-
cent en terre.

Cette espèce, assez précoce, vient dans les lieux arides des bords de la Méditerranée, Elle
est sans usages.

Gesse velue, L. hirsutus L.

Pois Noé.

Fleurs violettes devenant bleues, au nombre de 2.3 sur un long pédoncule. Gousse un peu
enflée, carénée sur le dos, couverte de poils tuberculeux à la base. Graines fortement verruqneu-
ses. Feuilles à pétiole court, non ailé, à vrille rameuse, à 1 paire de folioles elliptiques, étroites,
mucronées. Tiges ailées, grimpantes, velues. Taille do 3 à 10 décimètres. Bisannuelle.

Se montrant dans les cultures, au bord des champs, et dans les terres incultes de toute la
France, cette espèce, très productive, a été recueillie et essayée comme fourragère. Vilmorin, dans
le
Bon Jardinier, cite le baron de Wall, qui l'a cultivée avec succès. Elle lui a paru à lui-même
pouvoir rivaliser avec la Vesce d'hiver, bien que moins rustique que celle-ci. Elle produit
beaucoup de semences qui pourraient fournir une bonne nourriture pour les pigeons. Ces semen-
ces restent dans les cosses, si la plante, comme elle doit l'être, est coupée en vert. Elle constitue
alors un assez bon fourrage.

Gesse odorante, L. odoratus L.

Pois odorant, P. de senteur, P. musqué.

Fleurs grandes, roses ou pourprées, odorantes, au nombre de 2.3 sur un long pédoncule.
Gousse oblongue, très poilue. Feuilles
à 1 paire de folioles ovales, pubeseentes, fi pétiole étroite-

-ocr page 206-

j.Ki;i;\n\f.usKs.

ment bordé. Tiges largement ailées, grimpantes, rudes, velues. Taille de 5 ii 10 décimètres.
Annuelle.

Cette espèce, la plus jolie du genre, est, depuis un temps immémorial, cultivée dans les
jardins pour la beauté de ses fleurs, nuancées de blanc, de rose, de bleu, de violet, et pour leur
odeur suave, approchant de celle de la fleur d'oranger. On en distingue deux variétés, une à
étendard violet, avec les ailes et la carène bleues, qui est originaire de Sicile; l'autre à étendard
rose, avec ailes et carène blanches, originaire de Ceylan. Les graines de cette plante lion
employées aux semis sont données avec avantage aux volailles de toute espèce. Sa fane est, en
outre, recherchée de tous les animaux ; aussi pourrait-elle, en certains cas, être semée pour
fourrage.

Gesse de Tanger, L. Tingitanus L.

Fleurs violettes ou rouges, très grandes, solitaires ou géminées sur un long pédoncule. Gousse
mince, légèrement réticulée, noueuse, il sutures épaisses. Feuilles a 1 paire de folioles mneronu-
lées. Tige largement ailée, très glabre. Taille de 1 à 2 mètres. Annuelle.

Originaire de Mauritanie, et d'une taille élevée, cette espèce pourrait être cultivée avec quel-
que avantage dans les climats chauds. Quelques amateurs d'agriculture l'ont essayée dans plusieurs
cantons du midi de la France, et en ont obtenu un fourrage agréable aux bestiaux. Cette culture,
toutefois, ne s'est point répandue.

GESSE TUBÉREUSE. — L. TUBEROSUS. L.

Noms vulgaires. — Gland de terre, Mégazon, Maguzon, Macusson, Mac,son, Macjon, Motion,

Minson, Makoise, Mitrouillet, Favouetles, Jacquerelle, Louisette, Annette, Anote de Bourgogne,

Arnoute. Chourles.

Fleurs d'un rose vif, odorantes, grandes, réunies au nombre de 3.5, en grappe lâche, sur
un pédoncule plus long que la feuille. — Corolle avec étendard à limbe plus large que long. —
Gousse petite, enflée, cylindrique, un peu arquée, munie sur le dos de 3 côtes peu saillantes. —
Graines lisses. — Feuilles à pétiole court, non ailé, à 1 paire de folioles oblongues , obtuses. —
Tiges non ailés, faibles , grimpantes. — Souche grêle, rampante, pourvue, h l'extrémité des
radicules, de renflements tuberculeux, charnus. — Tige de 5 à 12 décimètres. — Vivace.

Cette fort jolie plante, qui doit son nom aux petits tubercules dont sont
garnies ses racines, est commune dans les champs cultivés, les haies, les
bonnes prairies naturelles de presque toute la France, mais principalement
du midi et du centre. Elle est mangée avec plaisir par tous les bestiaux, et
vient dans tous les terrains, de préférence, cependant, sur les sols frais et
légers. Mais elle produit trop peu pour être cultivée avec profit comme four-
ragère, et elle offre l'inconvénient, par ses racines qui tracent et se multi-
plient, de n'être extirpée que difficilement des terres où elle a été cultivée.
Si les fanes de la Gesse tubéreuse ont peu d'importance, les tubercules des
racines en ont davantage. Les porcs, qui en sont très friands, vont dans le
sol les rechercher. Dans quelques localités, les habitants des campagnes les
mangent comme comestibles, soit crus, soit cuits dans l'eau ou sous la
cendre. Leur saveur rappelle celle de la châtaigne. On récolte ces racines
à la suite des labours d'automne et d'hiver, et. l'on peut les conserver jus-
qu'au milieu du printemps.

190

-ocr page 207-

rrêfiT'MÏNErSES. 191

CESSE DES PRÉS, — /.. PRAfËNSIS L.

Fleurs jaunes, veinées de violet sur l'étendard, au nombre de 3.12 en grappe courte sur un
long pédoncule. — Gousse comprimée, fortement et obliquement veinée, presque glabre, noire.

— Feuilles à pétiole non ailé, canaliculé en dessus, à 1 paire de folioles présentant 3 nervures
saillantes. — Stipules munies chacune, à la base, de 2 appendices étroits et réfléchis. — Tiges
non ailées, grimpantes, très rameuses. —- Souche «rôle, pivotante et traçante, non tuberculeuse.

— Taille de 5 à 10 décimètres. — Vivace.

L'une cles plus répandues du genre, cette espèce vient dans toute la
France, dans le Nord et les régions montagneuses principalement. On la
trouve dans les bois, les haies et les buissons, mais surtout dans les lieux
frais, les prés humides, au bord des eaux. Sa racine traçante la fait s'éten-
dre beaucoup dans les prairies naturelles, où elle abonde. File est très pré-
coce, vient sur tous les terrains, dans les sols marécageux, comme sur les
montagnes, résiste parfaitement à la gelée, pousse plus tôt que la Vesce
ordinaire, et se dessèche bien en donnant un bon foin.

Elle est très recherchée des bestiaux, en vert comme en sec, principa-
lement des chevaux, des chèvres et des bêtes à laine. Arthur Young la
regarde comme une des meilleures plantes pour les prairies, et méritant plus
d'attention qu'on ne lui en accorde. Elle est cultivée en grand, en Angle-
terre, pour former des prairies permanentes; mais ne l'est point encore chez
nous, où elle pourrait se substituer avantageusement, en certains cas, au
Trèfle et à la Luzerne. La Gesse des prés offre naturellement plusieurs
variétés qu'on pourrait améliorer encore par la culture.

Gesse des bois, L. sylvestris L.; L. platyphyllus Retz.

Gesse sauvage, Pois-aux-lihres, Penoyer.

Fleurs assez grandes, à étendard rose en dedans, taché de vert au dehors, les ailes pourpre
au sommet, la carène verdâtre, au nombre de 4.10, en grappe lâche sur un long pédoncule.
Gousse comprimée, munie sur le dos de 3 côtes peu saillantes, denticulées. Graines chagrinées.
Feuilles à pétiole ailé, à 1 paire de folioles très allongées, offrant 3 nervures saillantes. Tiges
largement ailées, grimpantes. Taille de 1 il 3 mètres. Vivace.

Commune dans les prés montueux, les lieux boisés de presque toute la France, venant quel-
quefois dans les prairies, s'accrochant partout, aux branches et aux végétaux de son voisinage,
cette espèce, qui serait productive par suite de son grand développement, est mangée de tous les
bestiaux, mais sans être recherchée. On la cultive surtout comme plante d'ornement.

Gesse a larges feuilles, L. latifolius L.

Grande Gesse, Gesse perpétuelle, Pois perpétuel, Pois éternel, Pois vivace, Pois à bouquet, Pois-de-vache,

Pois de la Chine.

Fleurs grandes, roses, rouge vif ou pourpre violet, nombreuses, en grappe allongée sur un
très long pédoncule. Gousse comprimée, longue, munie sur le dos de 3 côtes lisses, la médiane
saillante et tranchante. Graines fortement tuberculeuses. Feuilles iï pétiole largement ailé
à 1 paire de folioles elliptiques, très amples, entières, mucronées, munies do nervures saillantes.
Tiges largement ailées, grimpantes. Taille de 1 à 2 mètres. Vivace.

Cette fort belle espèce vient dans les haies, les bois, les vignes, les lieux un peu ombragés,
en général, des provinces du Centre, de l'Ouest et du Midi. Plus encore que les autres plantes du
mémo genre, elle a besoiji de soutiens, et quand elle on trouve elle s'élève fort liant. Les bestiaux

-ocr page 208-

192 LÉGUMINEUSES.

la recherchent quand elle est jeune ; mais lorsqu'elle a pris tout son développement, ils ne peu-
vent manger ses tiges, grosses comme un tuyau de plume et dures en proportion. C'est là ce qui
empêche de cultiver cette plante pour fourrage, bien qu'en la coupant avant qu'elle soit en fleurs,
on puisse la faire consommer et, dans tous les cas, obtenir de ses feuilles un fourrage abondant.
Ses graines, fort nombreuses, sont également très propres à nourrir la volaille. On la cultive
dans les jardins pour la beauté de ses fleurs.

Gesse a feuilles variées, L. heterophyllus L.

Fleurs roses, au nombre de 5.10, en grappe lâche. Gousse très longue, atteignant 9 centimè-
tres, presque cylindrique, renflée. Feuilles à pétiole très largement ailé, à 1 paire de folioles infé-
rieurement, et à 2 paires, dans les feuilles moyennes et supérieures. Taille de 5 à 8 décimètres·
Vivace.

Vient dans les bois des hautes montagnes du Dauphiné, dans le Jura. Elle donne un produit
abondant et pourrait être employée pour rendre productifs les terrains les plus secs et les plus
arides. Certaines touffes, rencontrées à la source du Doubs, ont donné, ii l'état sauvage, jusqu'à
ti ou 8 kilog. de nourriture verte. Espèce à cultiver dans les lieux élevés, où les espèces ordi-
naires ne pourraient réussir.

Gesse a vrilles, L. cirrliosus Sering.

Fleurs purpurines, au nombre de 4.10, en grappe lâche. Gousse munie sur le dos de trois
côtes, la médiane saillante et tranchante. Feuilles à pétiole non ailé, à 2.3 paires de folioles sou-
vent alternes. Tiges ailées, grimpantes. Taille de 10 à 15 décimètres. Vivace.

Cette grande espèce, signalée par Seringe dans le Prodromus, se rencontre dans les lieux
stériles des Pyrénées-Orientales. Sans usages.

Gesse des marais, L. palustris L.

Fleurs purpurines, puis bleues, au nombre de 2.8 sur un pédoncule grêle plus long que la
feuille. Gousse comprimée, glabre, fauve. Graines lisses. Feuilles à pétiole non ailé, canaliculé en
dessus, à 2.3 paires de folioles Tiges grêles, ailées, grimpantes. Taille de 4.6 décimètres. Vivace.

Espèce commune dans les prés marécageux du nord et du centre de la France, sur les bords
du Rhin, en Lorraine, aux environs de Paris, en Normandie. Un terrain humide semble être la
condition première de son développement ; elle vient quelquefois même dans l'eau. Elle est mangée
par tous les animaux sans être recherchée ; mais, étant supérieure aux autres plantes de marais
par sa sapidité et ses propriétés nutritives, elle mériterait d'être multipliée, au moins pour
améliorer le foin des prés marécageux.

Gesse annuelle, L. annuus L.

Fleurs jaunes, au nombre de 1.3 sur un pédoncule court. Gousse comprimée, canaliculée sur
le dos, glabre. Graines anguleuses, tuberculeuses. Feuilles à pétiole un peu ailé dans les feuilles
supérieures, à 2 paires de folioles allongées, linéaires, raides, à nervures saillantes. Tiges un peu
ailées au sommet, grimpantes. Taille de 4 à (i décimètres. Annuelle.

Espèce assez rare, venant dans les moissons, les lieux incultes et sablonneux des provinces
méridionales, en Corse. Elle est assez productive et recherchée des bestiaux. Non cultivée.

Gesse jaune, L. ochrus DC.; Pisum oclirus L.

Pois ailé.

Fleurs blanches ou d'ur. jaune pâle, solitaires, sur un pédoncule court, articulé au milieu ou
plus haut. Corolle avec étendard bi-bosselé. Gousse comprimée, munie de 2 ailes membraneuses
sur le dos, glabre. Graines lisses. Feuilles inférieures et moyennes réduites au pétiole foliacé;
les supérieures à pétiole ailé, à vrille simple ou trifide, à 2.4 paires de folioles. Stipules nulles infé-
rieurement. Tiges ailées, grimpantes. Taille de 4 à 8 décimètres. Annuelle.

Très précoce, commençant à fleurir dès le mois de mars, cette espèce vient dans les champs
et les moissons du Roussillon, de la Provence. Elle n'est pas difficile sur le choix du terrain, et
a été soumise à la culture dans quelques parties du département du Var. Les bestiaux la man-
gent volontiers.

-ocr page 209-

LÉGUMINEUSES. 193

Gesse pourprée, !.. clymenum L.

Fleurs à étendard purpurin, avec les ailes bleues, au nombre de 1.5. Style terminé en pointe
réfléchie. Gousse comprimée, légèrement bosselée, canaliculée sur le dos. — Les autres carac-
tères comme l'espèce précédente.

Vient dans les haies, les buissons, les lieux arides des bords de la Méditerranée. N'est
point cultivée.

Gesse articulée, L. articulatus L.

Fleurs à étendard pourpre, avec les ailes et la corolle blanches. Gousse fortement bosselée
sur les faces, non canaliculée sur le dos. Graiuos lenticulaires, veloutées, — Les autres carac-
tères comme la précédente.

Espèce assez rare, qui vient spontanément sur les bords de la Méditerranée, principalement
vers le Sud-est. Très recherchée des bestiaux.

Gesse recourbée , L. incurvus Roth.

Fleurs d'un rouge foncé, nombreuses, sur 1111 long pédoncule. Gousse incurvée. Feuilles à
folioles rugueuses, ponctuées. Tige peu ailée. Taille élevée. Vivace,

Originaire de Sibérie, cette espèce, peu connue, a été signalée aux agronomes par Sonini,
sur la recommandation du botaniste Willemet, Essayée 011 petit, dans une propriété de la Lor-
raine, elle a paru se bien conserver on pleine terre et donner un fourrage de bonne qualité.

nnoBus L.

Genre GROBE.

Fleurs en grappes, sur des pédoncules axillaires ; — calice à 5 dents inégales, les 2 supé-
rieures plus courtes, écartées·, —
ëtamines diadelphes, à tube tronqué transversalement; — style
très grêle, aplati d'avant en arrière, velu au sommet; — gousse cylindrique, oblongue, atténuée
eu coin à la base, glabre, polysperme ; —
graines lisses; — feuilles paripennées, sans vrille, it
pétiole canaliculé en dessus, terminé par une courte arête ; —
stipules domi-sagittées ; — tiges
herbacées, raides, dressées, non grimpantes; — souche épaisse, ligneuse.

Ce genre comprend un certain nombre d'espèces, presque toutes viva-
ces, confondues par plusieurs auteurs avec les Gesses, dont elles diffèrent
par l'absence de vrilles, ainsi que par leur port, leur taille moins élevée et
leurs tiges non grimpantes. Les Orobes croissent dans les bois et les lieux
couverts, sur les montagnes. Plusieurs d'entre eux se rencontrent dans les
herbages, où ils contribuent à nourrir les animaux, qui les mangent avec
plaisir. Quelques espèces sont alimentaires, d'autres figurent dans les jar-
dins comme plantes d'ornement. Aucune n'est cultivée comme fourragère,
bien que, par leur rusticité et leur peu de délicatesse sur le choix du terrain,
elles pussent parfois être utilisées dans la pratique agricole. Voici un tableau
de celles d'entre elles qui viennent spontanément dans les prairies et les
pâturages.

Pédonc. multiflor .

Lalhyrotdes

l,

Versus

f..

Variegatue

Ten.

Niger

L.

SylvatlcM

l.

tubenosds

L.

Lutevs

L.

Albus

L.

Cnncsccìit

L.

Stirali lis

Vont.

¥

■jî
ii
■k
:x
¥
¥

¥

2c

©

Tige ^
Fleurs bleues \ non ailée 1 N
iger

!

Genre OROBIJS

lou purpurines

Folioles larges

Feuilles
à plusieurs

paires
de folioles

Folioles très étroites

-ocr page 210-

lkgumineusks.

Orobe fausse gesse, 0. lathyroïdes L.

Fleurs d'un beau bleu, nombreuses, en grappes spieiformes serrées. Feuilles à 1 paire de
folioles, lancéolées, mucronées, il nervures divariquées. Taille de 3 à 4 décimètres.

Originaire de Sibérie et très rustique, cotte espèce se rencontre dans quelques prairies du
Nord, où elle reste abandonnée sans culture.

OROBE PRINTANIER. — 0. VERNUS L.

Lathyrus vernus Wimmer.

Fleurs grandes, bleues ou purpurines, au nombre de 3.7 sur un long pédoncule. — Gousse
longue, brune. — Graines globuleuses, jaunes. — Feuilles à 2.4 paires de folioles ovales,
aeuminées, vert-clair. — Stipules auriculées à la base. — Tiges faibles, simples. —Souche
épaisse, noueuse. — Taille de 2 il 4 décimètres. — Floraison en mars et avril.

Celte espèce, fort précoce, vient dans les bois montagneux de l'Est,
dans le Jura, les Alpes du Dauphiné, et môme dans certaines parties des
Pyrénées. Elle est recherchée des bestiaux, surtout des chevaux, qui la pré-
fèrent à beaucoup d'autres plantes. Sa racine était autrefois employée dans
la pharmacie. Elle serait, dans le genre Orobe, une des espèces que l'on
aurait le plus d'avantages à cultiver en grand, si jamais ces plantes entraient
dans la culture.

Orobe a fleurs bigarrées, 0. variegatus Tenore ; Lathyrus variegatus God.

Fleurs petites, très caduques, en grappe courte et serrée, à étendard rose veiné de pourpre,
à ailes bleues et carène verdâtre. Gousso couverte de petites glandes brunes. Graines brunes.
Feuilles il folioles très brièvement aeuminées. Floraison en mai.

Ressemblant pour tous les autres caractères à l'O. vernus, cette espèce vient surtout dans les
contrées méridionales, les bois montagneux de la Corse. Recherchée aussi des bestiaux.

Orobe noirâtre, 0. niger L.; Laltyyrus niger Wimmer.

Fleurs purpurines passant au bleu livide, puis au noir, au nombre de 4.8 en grappe unilaté-
rale longuement pédonculée. Gousse un peu comprimée, couverte dans sa jeunesse de papilles
rougeâtres, noircissant. Graines ovoïdes, brunes. Feuilles ii 4.6 paires de folioles, petites, glau-
ques en dessous. Stipules linéaires, sétacées. Taille de 3 à 8 décimètres.

Cette espèce, qui doit son nom il la couleur noire que prennent toutes ses parties par la des-
siccation , vient principalement dans les bois montagneux non humides et où le sol est de nature
calcaire. On la trouve dans toute la France, notamment dans le centre et l'est, d'où elle s'avance
jusque dans lo nord de l'Allemagne. Elle est recherchée des bestiaux , malgré la dureté qu'ac-
quièrent ses tiges après la floraison. Elle donne un produit assez abondant, mais elle se dessèche
difficilement et perd ses feuilles.

Orobe des bois, 0. sylvaticus L.

Fleurs purpurines,-au nombre de 6.12. Gousse stipitée. Feuilles à 7.10 paires de folioles
petites, aeuminées, très rapprochées. Tiges basses, couchées. Toute la plante velue.

Vient dans les bois des régions septentrionales. Assez rare; plus commune en Angleterre.

Orobe tubéreux , 0. tuberosus L.; Lathyrus macrorhizus Wimmer.

Fleurs d'un rose vif passant au bleu verdâtre, au nombre de 2.4. Gousse élargie au sommet,
noire. Feuilles à 2.4 paires de folioles non aeuminées, glauques en dessous. Tiges ailées, grêles,
dressées ou couchées. Racine à souche rampante, stonolifère, renflée çii et lii en tubercules.
Taille de 3 ii 4 décimètres. Floraison en avril et mai.

-ocr page 211-

LÉGUMINEUSES. 195

Cette espèce offre plusieurs variétés, se distinguant par la forme et la largeur des folioles et
dont quelques auteurs ont fait des espèces particulières; telles sont, par exemple, l'O.
Pyrenai-
cus
DC.; l'O. tenuifolius Rotli.; l'O. divaricalus Lapeyr., etc. On la rencontre très communément
dans les bois taillis, les prés ombragés de la majeure partie de la France, ainsi que du nord et
du centre de l'Europe. Très précoce, pouvant croître même dans l'argile pure, elle fournit aux
animaux que l'on mène paître dans les bois une nourriture peu abondante, mais de bonne qua-
lité, surtout quand la plante est encore verte. Les porcs surtout so montrent friands de ses
tubercules qu'ils cherchent en fouillant le sol. La racine tuberculeuse, douce et nutritive, est
employée, en Ecosse, après avoir été cuite dans l'eau, à l'alimentation de l'homme; mais elle
est trop peu volumineuse pour constituer une ressource importante.

Orobe jaune, 0. luteus L·.; 0. montanus Scop.; Lathyrus montanus God.

Fleurs jaunes, grandes, au nombre de 5.10 sur un long pédoncule bractéolé. Gousse fort
longue, un peu comprimée, arquée, fortement réticulée, brune. Graines globuleuses, brunes.
Feuilles à 3.5 paires de folioles apiculées, molles. Stipules très grandes. Tiges très fouillées,
pubescentes. Taille de 2 à 6 décimètres. Fleurit en mai et juin.

Vient dans les forêts des hautes montagnes des Alpes, des Pyrénées, de l'Auvergne, où elle
forme de belles touffes, que tous les animaux recherchent jusqu'au moment de la floraison; après
quoi ses tiges deviennent trop dures pour être consommées. Pouvant acquérir un grand dévelop-
pement, cette plante serait bonne pour concourir à former des prairies précoces dans les pays de
montagnes,

Orobe blanc, 0. albus L. ; 0. asphodeloïdes Gouan ;
Lathyrus asphodeloïdes God.

Fleurs d'un blanc jaunâtre, quelquefois avec l'étendard bleu, au nombre de 6.8 sur un pédon-
cule très long à bractéoles caduques. Gousse fauve. Graines comprimées, anguleuses. Feuilles à
2,3 paires de folioles étroites, à pétiole terminé en pointe longue. Souche courte, émettant des
radicules enflées, fusiformes, faseiculées. Taille de 2 à 4 décimètres.

Vient dans les prairies de montagnes, les lieux secs des Alpes du Dauphiné, des Pyrénées,
des montngnes du Centre, de l'Anjou. Recherchée aussi des animaux.

Orobe blanchissant, 0. canescens L. ; 0. filiformis Lm.;
Lathyrus canescens God.

Fleurs assez grandes, bleues, parfois mêlées de blanc, au nombre de 4.10 sur un pédoncule
très long à bractéoles persistantes. Graines ovoïdes. Fouilles à pétiole terminé par une pointe
courte, foliacée. Stipules longues. Souche émettant des radicules filiformes.

Offrant le port et les autres caractères de la précédente, cette espèce vient dans les mêmes
lieux qu'elle, et partage ses propriétés. Elle est seulement plus précoce et plus rare.

Orobe des rochers, 0. saxatilis Vent.; Lathyrus ciliatus Guss.

Fleurs petites, bleuâtres, solitaires. Gousse stipitée, courte. Feuilles à 2.3 paires de folioles,
linéaires vers le haut, cunéiformes, tridentées inférieurement. Soucho pivotante, émettant quel-
ques radicules stonolifères. Taille de 10 à 15 centimètres Annuelle.

Cette espèce, la plus petite et la seule annuelle du genre, vient sur les collines calcaires des
bords de la Méditerranée.

Genre POIS. — PI SU M L.

Fleurs grandes, sur des pédoncules axillaires; — calice à 5 dents aiguës, les supérieures plus
courtes et plus larges; —
corolle ii étendard ample, muni de 2 bosses calleuses il la base ; ~
elamines diadelphes, h tube tronqué transversalement; — style genouillé il la base, arqué, com-

-ocr page 212-

I. ÉG-U MI NET J SE R.

primé latéralement, canalicnlé en dessous et velu en dessus ; — gousse sessile , oblongue, polys-
perme, tronquée obliquement au sommet, prolongée en bec court; —
feuilles à pétiole non ailé,
k vrille rameuse, à plusieurs paires de folioles ; — stipules très grandes, foliacées, auriculées il la
base, —
tige flexueuse, ordinairement grimpante.

Ce genre comprend un petit nombre d'espèces, dont deux seules ont de
l'importance en agriculture, l'une comme potagère, l'autre comme fourra-
gère ; toutes fournissent des fanes qui plaisent beaucoup aux animaux, et
des graines farineuses essentiellement alimentaires.

Pois cultivé, P. sativum L.

Fleurs blanches ou violacées, solitaires ou géminées. Gousse plus ou moins renflée. Graines
globuleuses, lisses. Feuille terminée par une vrille à 3 filets, k 2.3 paires de folioles sessiles,
larges, ovales. Stipules très amples, simulant 2 folioles. Tiges cylindriques, grimpantes. Taille de
8 à 15 centimètres. Annuel. Floraison de mai à juillet.

Se montrant rarement d'une manière spontanée, cette espèce est depuis longtemps cultivée
dans tous nos jardins potagers pour ses graines et ses fruits employés à la nourriture de l'homme.
Elle a subi, sons l'influence de la culture, de nombreuses modifications, qui ont donné lieu à la
formation d'autant de variétés, dont deux principales :

Le Petit Pois, P. S. nanum ; P. S. saccharatum Sering. (P. commun, P. à écosser, P. à par-
chemin
s), caractérisé par sa gousse presque cylindrique, à valves coriaces, à graines arrondies, très
sucrées, constituant la seule partie comestible du fruit ;

Le Pois a gkos fruit, P. S macrocarpum Sering. (P. goulu, P. gourmand, P. mange-tout,
1'. tout-parchemin
), à gousse très grande, très aplatie, arquée, avec valves non coriaces et bonnes
à manger.

Chacune de ces deux variétés principales présente un grand nombre de sous-variétés, les
unes
naines, les autres à rames, que l'on cultive soit dans les jardins, soit en grand, dans les
champs, pour obtenir en quantité plus considérable les pois, verts ou sces, nécessaires à la con-
sommation. Les fanes et les cosses de ces diverses variétés forment pour tous les animaux un
fourrage excellent. — La récolte la plus considérable est celle des pois secs; le moment d'y procé-
der est annoncé par la dessiccation de la tige. On arrache alors celle-ci de terre, on achève de la
faire sécher sous des hangars, et quand elle est au point nécessaire, les gousses sont détachées,
ouvertes, les pois mis de côté, et les cosses vides réunies avec les tiges pour le bétail. Si on les
cueille avant la maturité, les grains se rident, perdent en quantité, mais ils gagnent en qualité :
et les tiges moins dures forment un meilleur fourrage. Dans tous les cas, il est bon de les hacher
avant de les donner aux animaux.

POIS DES CHAMPS. — P. ARVENSE L.

Noms vulgaires. — Pois gris, P. de mouton, P. de brebis, P. d'agneau. P.-porc, P. de lièvre,
P. de pigeon, Grisaille, Disaille, Pisaille. Moisard.

Fleurs bleuâtres, d'un rouge violet, les ailes pourpre foncé, solitaires ou géminées. —
Gousse comprimée, à parois minces. — Graines petites, globuleuses, mais déformées par la com-
pression, lisses, de couleur grise ou brune variable. — Fouilles à 1.2 paires de folioles ovales,
dentées dans leur moitié supérieure. — Stipules grandes, simulant deux feuilles oblongues, sou-
vent maculées de violet ii la base. — Tige grêle, striée, grimpante ; toute la plante glabre et
d'un vert glauque. — Taille de 1 mètre. — Annuel. — Floraison en été.

Considérée par quelques botanistes comme le type originaire du Pois
cultivé, qui est plus fort dans toutes ses parties, cette espèce se montre
souvent dans les champs, parmi les moissons et les cultures, à l'état sau-
vage. Elle est cultivée dans toute la France comme plante fourragère et

190

-ocr page 213-

LÉGUMINEUSES. 197

forme trois variétés principales, qui ne se distinguent guère que par l'épo-
que à laquelle elles doivent être semées ; ce sont :

Le Pois gris hatif, qui se sème en mars ;

Le Pois gris de mai, plus tardif, que l'on sème dans le mois de mai.

Le Pois gris d'hiver, que l'on sème à l'automne.

Culture du Pois des champs.

Les terres à froment peu humides, les terrains frais, faiblement tena-
ces, sur lesquels prospèrent les fèves et les choux, sont aussi les plus conve-
nables pour le Pois des champs. Il réussit encore sur les terres à seigle non
trop légères, et même sur des terres friables et de médiocre qualité, lorsque
la constitution atmosphérique est plus humide que sèche. Toutes les varié-
tés, d'ailleurs, redoutent également les champs ombragés, et demandent
pour se développer une exposition découverte, le défaut d'air et de lumière
nuisant toujours singulièrement à la fructification de la plante.

La terre doit être préparée par quelques labours, mais elle n'exige
point d'engrais, au moins pour le Pois lui-même, car une fumure est tou-
jours nécessaire quand une récolte de grains doit suivre. Si la plante doit
être fauchée avant sa maturité complète, et si 011 la cultive sur un sol com-
pacte et argileux, 011 emploiera de préférence les fumiers pailleux et peu
consommés, qui servent à la fois d'amendement et d'engrais.

L'époque du semis varie suivant le climat, la nature du terrain, la
variété de la plante. On peut semer ainsi, suivant les cas, en mars, en mai
ou en automne. En principe général, il faut, dans les climats méridionaux,
avancer les semis pour éviter les fortes chaleurs que la plante redoute, et
les différer au contraire jusqu'au printemps dans les climats froids et humi-
des. On sème le plus souvent à la volée. La quantité de graines à répandre
est de 25 décalitres environ de graines par hectare. Il y a, dans tous les
cas, avantage à semer plutôt dru que clair, car alors la plante, plus touffue,
en prévenant l'évaporation du sol et en étouffant les plantes nuisibles, exerce
sur la terre une action améliorante, et permet, en même temps, d'économi-
ser ainsi des frais de sarclage et de houage.

Après le semis, il faut, au moyen d'un léger labour suivi d'un hersage,
se hâter d'enterrer la graine, afin de la soustraire aux dégâts des pigeons
qui en sont très avides.

On fauche le Pois gris destiné à être converti en fourrage vert ou sec,
soit au moment de la floraison, soit, comme les autres légumineuses à grai-
nes farineuses, après la formation de la majeure partie des gousses. Il reste
alors encore assez de temps pour la récolte principale qui doit suivre.
Cela fait, 011 procède au fanage du fourrage vert, que l'on conserve générale-
ment pour la nourriture d'hiver des bestiaux. La dessiccation est assez lente,
à cause des tiges qui sont dures, et des graines nombreuses et encore vertes

-ocr page 214-

198 LÉGUMINEUSES.

renfermées dans les gousses. Le rendement par hectare en foin sec est d'en-
viron 2,500 kilog. sur un sol non fumé; sur un terrain fumé, cette quantité,
d'après Thaër, peut s'élever à 4,000 kilog.

Quelquefois la plante est récoltée de bonne heure pour être donnée en
vert aux bestiaux. On la coupe alors à deux décimètres du sol; elle repousse
aussitôt, et si des pluies surviennent, on peut, trois semaines après, la faire
pâturer par des moutons.

Quand on veut obtenir la graine, on attend le moment où les gousses
jaunissent, sans trop tarder pour faucher ; sinon, les premiers Pois mûrs, qui
sout les meilleurs, pourraient se perdre en s'égrenant sur le champ, et les
tiges desséchées ne fourniraient plus qu'un médiocre fourrage. Il faut se
bâter de passer la faux quand les tiges sont fortement couchées sur le sol,
surtout si la terre est humide, car la plante, alors exposée à pourrir, ne
donnerait que fort peu de graine. Après le fauchage, on bat au iléau ou
à la gaule, et l'on sépare les graines de la fane.

Quand le Pois gris a mûri ses semences, il. exige un temps assez long
pour pouvoir être semé de nouveau dans le môme champ. S'il revient trop
tôt à la môme place, il jaunit et donne des produits faibles. Un intervalle de
six ans est celui qu'il convient généralement de laisser entre les diverses
cultures de cette plante.

Valeur agricole cl économique du Pois des champs.

D'une végétation rapide, le Pois gris est propre, ainsi que la Vesce, à
être semé sur des jachères. Bien traité, il prépare également le sol à recevoir
des céréales. On peut ainsi, immédiatement après la culture, avec un seul
labour, obtenir d'abondantes récoltes de grains. Les variétés les plus culti-
vées à cet effet sont celles de printemps, qui se sèment en mars ou en mai.
La variété d'automne, dont la culture commence à se répandre, convient
surtout pour les pays exposés à la sécheresse. Semée avant l'hiver, elle résiste
à la gelée, se trouve établie l'année suivante quand arrivent les fortes cha-
leurs, et elle donne de bons produits, même dans les sols graveleux où les
récoltes du printemps ne résistent généralement pas aux ardeurs de l'été. Elle
est d'ailleurs récoltée assez tôt pour qu'on puisse la faire suivre d'une
culture dérobée, qui proiite de l'engrais que le Pois laisse après lui.

Toutes les variétés du Pois gris sont propres à mettre en culture des
défrichements de trèfle, de luzerne, de sainfoin, de pâturages et de prairies
à base de graminées, de bois, ou des arrachages de vignes, etc.; elles don-
nent, en ce cas, des produits par eux-mêmes toujours avantageux, sans
préjudice des améliorations qu'en retire le sol.

En raison de leur imparfaite fructification quand ils sont couchés à
terre, on associe ordinairement les Pois, pour leur donner un appui, à diffé-
rentes plantes, à la fève, à l'avoine, au seigle, etc.; on obtient de la sorte ces

-ocr page 215-

LÉGUMINEUSES. 199

mélanges estimés, connus sous les noms de dragée, dravière, dont il a précé-
demment, été question (V. page 170).

Le Pois gris peut aussi être enterré comme engrais vert ; il convient,
en ce cas, à cause de sa croissance rapide et de la grande quantité de fanes
qu'il produit, bien que la Vesce lui paraisse préférable, en ce qu'elle s'en-
fouit mieux, pourrit plus vite et coûte moins à faire naître.

Emploi alimentaire du Pois des champs.

Les Pois peuvent être rangés parmi les substances alimentaires les plus
recherchées des bestiaux. Gomme on le voit par les noms divers qui leur
ont été donnés, les Pois conviennent également à tous les animaux, aux
quadrupèdes comme aux oiseaux de basse-cour, auxquels ils fournissent, soit,
leurs fanes vertes ou sèches, soit leurs graines.

Le fourrage vert donné par cette plante constitue une excellente nour-
riture pour les chevaux, les vaches laitières et les autres grands ruminants :
elle aide à l'engrais des bœufs, des porcs et des bêtes à laine à tous les
âges. Pour les moutons spécialement, lès Pois constituent une alimentation
choisie, surtout lorsque la plante a été fauchée un peu avant la maturité et
qu'on a laissé les graines dans les cosses.

Les fanes sèches de Pois, quoique très nourrissantes aussi, étant plus
dures, sont plus difficilement entamées par les moutons et les bêtes à cornes,
qui n'ont pas de dents incisives à la mâchoire supérieure; elles conviennent
davantage aux chevaux. En les hachant ou en les faisant macérer un
certain temps dans l'eau, ou peut, toutefois, les faire consommer, avec la
même facilité, par les uns et par les autres. La paille est estimée, au sur-
plus, comme un des aliments les plus précieux pour les moutons, à ce
point que, dans quelques fermes d'Angleterre, on sème des Pois exclusive-
ment pour cet objet.

La graine n'a pas une moindre valeur alimentaire. On l'emploie avec
le plus grand avantage pour engraisser les agneaux, dont elle rend la chair
délicate et succulente, ainsi que pour l'engrais des porcs. Sa farine, mêlée à
de la farine d'orge, puis fermentée, constitue une nourriture économique qui
engraisse très promptement ces animaux et leur donne une chair de bon
goût. On fait manger aussi cette graine aux bœufs, aux chèvres, aux che-
vaux, qui ne s'en montrent pas moins avides. Elle est bonne enfin poul-
ies pigeons, et, en général, pour tous les oiseaux de basse-cour. On
voit, dans les champs où on les mène après la récolte, les oies et les dindons
ramasser les graines perdues, et même celles que la germination a déjà
ramollies.

Enfin on peut utiliser, pour l'alimentation du bétail, les cosses vides de
Pois, qui constituent une nourriture sucrée de bonne qualité, dont souvent,
et à tort, on ne tire aucun parti.

-ocr page 216-

200 LÉGUMINEUSES.

Pois élevé , P. elatius Bieb.

Fleurs grandes, rosées, à ailes d'un rouge noirâtre, solitaires ou géminées. Gousse très lon-
gue, comprimée. Graines séparées par un tissu filamenteux. Feuilles il 2.3 paires de folioles.
Stipules ovales, non maculées. Tige robuste. Taille de 6 à 12 décimètres. Annuel.

Cette espèce, très précoce, vient spontanément dans les rochers maritimes des diverses
régions de l'Ouest et du Sud. Sans emploi agricole.

Pois maritime, P. maritimum L.; Orobus maritimus Reichb.;
Latliyrus maritimus Gocl.

Fleurs grandes, purpurines, au nombre de 4.8 sur un pédoncule court. Graines petites,
noires. Feuilles à 2.5 paires de folioles elliptiques. Stipules grandes, lancéolées, munies (le
2 oreilles à la base. Taille de 2 à 4 décimètres. Vivace.

Ce Pois, le seul vivace du genre qui vienne en France, se montre sur les rives de l'Océan
et de la Méditerranée, et s'étend parfois dans certaines provinces de l'Ouest. Non cultivé.

Genre CICÉROLE ou CHICHE. — CICER L.

Fleurs solitaires, sur des pédoncules axillaires ; — calice il 5 divisions linéaires, longues; —
corolle il étendard dépassant les ailes, à carène petite, obtuse; — étamines diadelphcs, à tube
tronqué obliquement; —
style en alêne ; — gousse sessile, contenant 2 graines ·, — graines angu-
leuses , chagrinées, terminées en un bec contourné en tête do bélier; —
feuilles imparipennées,
à 6.8 paires de folioles ovales, dentées eu scie; —
stipules ovales, incisées dentées.

Ce genre comprend une seule espèce, qui est soumise à la culture.

POIS-CHICIIE. — C. ARIETINUM L.

Noms vulgaires. — Pois léte-de-bélier, P. pointu, P. cornu, P. bècu, P. blanc, Cèseron,

Ciserole, Cézé, etc.

Fleurs petites, purpurines, violacées ou blanches, sur des pédoncules courts, munis de 2 brac-
téoles subulées. — Gousse renflé, presque rliomboïdale, fauve, velue. — Tige dressée, ferme,
rameuse au sommet. — Plante velue, couverte de poils glandulifères sécrétant un liquide caus-
tique (acide oxalique). — Taille do 2 à 4 décimètres. ■— Annuel.

Connu dès la plus haute antiquité, et se développant quelquefois spon-
tanément, le Pois-chiche est depuis longtemps cultivé dans les provinces
méridionales de la France, où, bien que sa récolte soit inférieure à celle du
Pois cultivé, il est préféré, comme plus rustique, et résistant mieux aux
sécheresses prolongées et à l'action du soleil. Mais sa culture est surtout
répandue en Espagne, en Italie, en Egypte et dans tout le Levant, où il
entre pour une large part dans l'alimentation des populations.

Gomme les autres espèces anciennement cultivées, il forme plusieurs
variétés. M. Desvaux en a distingué cinq principales, savoir :

Le Pois-chiche comestible, C. A. cdulc (Pois-chabot, dans l'Ouest; Gar-
vane
ou Garvance, dans le Midi ; Garvansas ou Garbansos, en Espagne). Cette

-ocr page 217-

LÉGUMINEUSES. 217

variété se caractérise par son grain, plus gros que dans toutes les autres, de
couleur rosée, muni d'une pointe courbe avec des rides qui représentent
assez bien une tête de bélier. C'est la meilleure connue et la plus généra-
lement cultivée en Espagne et en Orient. Soumise à la torréfaction, elle
donne une infusion assez agréable, ce qui a déterminé à la cultiver, dans
quelques contrées, pour cet objet·, sous les noms de
Pois-café, Café français.

Le Pois-chiche rond, C. A. globosum, à grains moins gros que le précé-
dent, jaune, sans ride et muni seulement d'une petite pointe. 11 est, de bonne
qualité aussi, mais il produit peu.

Le Pois-chiche commun, C. A. commune (Pois-chiche, Chiche, Ciche, Pesetle),
à grain oblong, pointu d'un côté, très ridé en dessus, anguleux en dessous,
et d'un jaune roussâtre foncé. Cette variété est la plus répandue dans nos
contrées; elle est moins délicate que les deux premières.

Le Pois-chiche denté, C. A. dentatum, dont le grain diffère du précé-
dent, par les dentelures prononcées qui garnissent les angles dont le grain
est bordé. On le rencontre aux Colonies.

Le Pois-chiche noir, C. A. nigrum, différent du commun par son grain
d'un beau noir mât qui ne nuit point à sa qualité.

Cultivé principalement, dans le Midi, en vue de la nourriture de l'homme,
et ne fournissant que ses tiges sèches au bétail et aux troupeaux, le Pois-
cliiche, dans le nord de la France et de l'Europe, est, au contraire, cultivé
surtout comme plante fourragère. Les terrains légers et poreux lui convien-
nent spécialement, bien qu'il ne craigne point les irrigations ni les pluies
abondantes, lorsqu'il est en pleine végétation. Comme il redoute peu le froid
et peut supporter d'assez fortes gelées, on le sème généralement à l'automne,
assez tôt pour qu'avant la mauvaise saison la graine ait le temps de germer,
et la plante celui de prendre quelque développement. S'il était attaqué par la
rigueur de la température, il serait facile d'ailleurs de le semer de nouveau au
printemps, et il n'en donnerait pas moins du fourrage vert pendant une grande
partie de l'été, bien que le produit obtenu alors fût toujours moindre que s'il
eût été semé avant l'hiver. La graine est répandue quelquefois à la volée ;
mais il vaut mieux semer en rayons, afin de pouvoir pratiquer le sarclage
et le binage. On répand de 15 à 20 décalitres de graines par hectare.

Dans le Midi, où l'on récolte seulement la graine, on fauche le Pois-
chiche quand il est en pleine maturité. Dans les provinces du Nord, où la
plante sert à la nourriture des animaux, on la coupe à plusieurs reprises, ne
conservant que la quantité nécessaire pour avoir des semences l'année sui-
vante. Dans l'hiver, si la plante n'est pas trop développée, on fait pâturer le
semis par les brebis ; elle talle alors davantage, donne plus de fourrage et
plus de graines. Au printemps, on en fauche les tiges plusieurs fois, et on les
fait manger en vert aux vaches, aux brebis, aux femelles surtout, qui en
sont très avides et s'en trouvent bien.

La récolte des graines se fait quand les gousses ont une couleur fauve.

-ocr page 218-

202 LÉGUMINEUSES.

On arrache alors les tiges, car il est rare qu'on les coupe ; on sépare les grai-
nes et on donne les fanes sèches aux animaux.

La plante épuisant beaucoup le sol quand on la laisse venir en graine,
on ne doit la faire revenir qu'à de longs intervalles sur le même terrain.

Te Tribu. — SOPHORÉBS.

Étamines libres. Gousse non articulée, uniloculaire. — Renferme un
petit nombre de genres, la plupart exotiques.

On ne connaît qu'une seule espèce indigène, I'Anagyre fetide, Anagyris fxtirla L. (Bois
puant), arbre de 2 à 3 mètres, à fleurs jaunes tachées de noir, en grappes multillores, à gousses
de 15 centimètres, ondulenses sur les bords, à feuilles trifoliolées, et fleurissant en février et en
mars. — Remarquable par sa précocité, ainsi que par l'odeur puante qu'il répand, cet arbre est
assez commun sur les coteaux arides du Midi. Jadis ses diverses parties étaient usitées en méde-
cine ; il est aujourd'hui sans usages.

Dans les espèces exotiques, se trouve notamment le genre Sofhora Spr.. qui fournit une
belle espèce arborescente à nos jardins d'agrément.

Dans la sous-famille des Papilionacées, nous citerons encore l'espèce
suivante, ne pouvant rentrer, par ses caractères botaniques, clans aucune
des tribus précédentes.

Apios tubureux, Apios tuberosa Mœnch.

Glycine apios, Grappe musquée.
Fleurs violacées, odorantes, en grappes courtes; ailes dirigées en bas; carène longue et en
spirales. Etamines diadelphes, spiralées légèrement. Gousse oblongue, biloculaire, polvsperme.
Feuilles imparipennées, à 2.3 paires do folioles entières, aiguës. Tiges grêles, volubiles. Souche
émettant de longs coulants souterrains, offrant par intervalles des renflements plus ou moins gros,
ovoïdes ou fusiformes, féculents. Taille de 2 à 3 mètres. Vivace.

Originaire de l'Amérique du Nord, cette espèce est cultivée seulement dans les jardins. Ses
tubercules, qui atteignent, dès la première année, le volume d'un œuf de poule, et sont, en
outre, très nutritifs en même temps que d'une saveur franche et agréable, pourraient servir
à l'alimentation de l'homme et même il celle des animaux. On l'a proposée, il cet effet, en subs-
titution de la pomme de terre. Mais l'inégalité de ses produits, la difficulté offerte par l'arra-
chage des coulants qui s'étendent parfois
à plusieurs mètres de la souche, et enfin la propriété
qu'ont ses tubercules de pouvoir rester deux ou trois ans en terre sans pousser des tiges, sont
des obstacles qui nuisent essentiellement
à la propagation de sa culture

On peut en dire autant de la Pjcotiane , Psoralea esculenta Pursli, plante de la même
famille, introduite en 18-16 par Lamare-Picot, et présentée aussi comme pouvant, par ses racines
tuberculeuses, se substituer il la pomme de terre. Mais les essais entrepris n'ont donné que des
résultats peu satisfaisants. D'abord la plante ne peut être reproduite par les tubercules, car il en
faudrait une quantité égale à la récolte; et quant à la production par semis, elle est très incer-
taine, vu que beaucoup de graines manquent; elle est de plus, très lente, les racines ne fournis-
sant des tubercules qu'au bout de plusieurs années. Cette plante ne pourrait donc être exploitée
qu'autant que la culture lui aurait fait subir des modifications qui la missent plus en rapport avec
les exigences de la pratique agricole.

-ocr page 219-

LÉGUMINEUSES. 203

11 nous reste enfin à signaler, dans la sous-famille des Césalpiniées,
les quelques espèces qui suivent :

Arachide souterraine, Avachis hypogœa L.

Pistache de terre.

Fleurs polygames, jaunes, ordinairement géminées. Calice à tube long, ii 2 lèvres, la supé-
rieure quadridentée. Êtamines monadelplies. Ovaire se portant après la fécondation, par l'allon-
gement de son support , vers la terre où il s'enfonce, se développe, et devient un fruit oblong,
presque cylindrique, souvent étranglé au milieu, indéhiscent, réticulé, jaunâtre, fragile. Graines
ovoïdes, grosses. Feuilles paripennées, à 2 paires de folioles entières, obovales. Tige à rameaux
dressés, grêles, cylindriques. Taille de 3 à 6 décimètres. Annuelle.

Originaire du Mexique, où elle est cultivée pour sa graine, cette espèce a été introduite en
Europe au milieu du siècle dernier, et s'y est à peu près naturalisée. Vers 1802, on a songé à la
cultiver en grand pour les usages domestiques. Des essais tentés dans les Landes, aux environs
de Toulouse, près do Montpellier, de Toulon, etc., et même dans la Charente-Inférieure, ont
donné des résultats assez favorables pour assurer sa réussite dans nos régions méridionales et.
dans l'Ouest. Mais le défaut d'emploi de la graine a empêché cette culture de se répandre. Les
semences de l'Arachide ont une saveur douce, comparable à celle des amandes ; de plus, elles
donnent une huilegrasse, abondante, bonne pour les usages culinaires, et qui a la précieuse
faculté de ne point rancir. Ces graines, si on parvenait à les obtenir économiquement, convien-
draient aux bestiaux, pour lesquels elles constitueraient une nourriture savoureuse.

L'Arachide exige une terre douce, légère, et une bonne exposition à l'abri des vents du Nord
On répand la graine en mai ou on juin, quand la terre est assez échauffée pour la faire germer
de suite. On sème ordinairement en rayons, en espaçant les graines de 15 centimètres. On façonne
et on bine entre les rayons et les touffes, et quand on voit les feuilles changer de couleur, les
tiges se dessécher, on arrache celles-ci comme les pommes de terre ; les fruits sont conservés et
battus au moment d'extraire l'huile des graines.

Les tourteaux peuvent être employés à la nourriture des bestiaux, ainsi que les feuilles sèches
de la plante, constituant un fourrage comparable à celui fourni par les fanes desséchées des autres
légumineuses.

Caroubier, Ccratonia siliqua L.

Fleurs polygames et dioïques, très petites, nombreuses, on grappes oblongues, dépourvues de
corolle. Calice rougeâtre. Gousse de 15 centimètres, indéhiscente, comprimée, divisée intérieure-
ment par des cloisons pulpeuses. Feuilles imparipennées, à 3.5 paires de folioles. Arbre de
7 à 10 mètres.

Très commun dans le midi de la France, en Espagne, en Italie et dans les diverses contrées
du Levant, cet arbre donne des fruits sucrés et alimentaires que l'on distille pour en former des
liqueurs alcooliques et que l'on réservo aussi, et plus ordinairement, pour la nourriture et l'en-
grais des bestiaux. Ses feuilles, très astringentes, sont employées comme le tan.

Gainier a siliques, Ccrcis siliquastrum L.

Arbre de Judée.

Fleurs roses, en petites grappes dressées. Gousse très comprimée. Feuilles entières, orbicu-
laires.

Croît dans diverses provinces du Midi. Sa graine, astringente et rafraîchissante, pourrait aussi
être donnée aux bestiaux.

-ocr page 220-

'204 ROSACÉES.

Famille des ROSACÉES Juss.

ICOSANDRIE L,

Tire son nom du genre Rosa.

Fleurs régulières, à inflorescence variée; — calice à 5.4 divisions, quel-
quefois entouré d'un involucre extérieur faisant corps avec lui ; —
corolle à
5.4 pétales, périgynes, libres, régulièrement étalés; parfois nulle; —
étami-
nes
nombreuses et distinctes, insérées avec les pétales sur la gorge du
calice ou sur un disque charnu; anthères biloculaires; —
pistil de formes
diverses, formé de un ou plusieurs carpelles uniloculaires, contenant 1.2 ovu-
les, et surmontés chacun d'un style ; —
fruit très varié de formes, sec ou
drupacé ; —
graines sans albumen, à cotylédons foliacés ou charnus ; — feuilles
simples, alternes, éparses ou fasciculées ; — stipules libres ou soudées. —
Her bes, arbustes ou arbres de grandes dimensions, contenant tous, dans
leurs diverses parties, une certaine quantité de tannin qui leur donne des
propriétés astringentes et une saveur acerbe marquée.

Une des plus importantes du règne végétal par le grand nombre d'es-
pèces qu'elle renferme, et par l'utilité variée de celles-ci, dans les jardins et
les vergers notamment, cette famille offre moins d'intérêt au point de vue
des cultures fourragères, il est quelques-unes de ces espèces, cependant,
qui donnent un fourrage abondant, amer et tonique, et que recherchent tous
les bestiaux. Ces plantes, communes surtout dans les lieux élevés, commu-
niquent aux pâturages de montagne des propriétés salutaires de nature à
améliorer la qualité de la viande et du lait des animaux qui s'en nourrissent.

La plupart des botanistes modernes ont séparé la famille des Rosacées
en plusieurs familles nouvelles, se distinguant les unes des autres par la
forme du fruit, l'absence ou la présence de quelques-uns des organes de la
floraison. Nous conserverons l'ancienne classification, qui a l'avantage de
maintenir réunies des plantes offrant dans leurs propriétés générales la plus
grande analogie, en nous bornant à admettre la division ci-après des espèces
en six tribus :

Amygdalées.
Spirées.
Potentillées.
Rosées.

Sanguisorbées.
Pomacées,

ROSACÉES

Calice adhérent à l'ovaire

-ocr page 221-

ROSACÉES. '205

lie Tribu. — AMYGDALÉES.

Calice caduc, à 5 divisions, non adhérent à l'ovaire. Ovaire libre, à
1 seul carpelle uniloculaire. Fruit à mésocarpe charnu, constituant une
drupe, à endocarpe ligneux.

Cette tribu, composée d'arbres ou arbrisseaux de dimensions variables, à rameaux quelque-
fois épineux, et généralement considérée aujourd'hui comme une famille distincte, comprend un
certain nombre de genres, dont les espèces, presque toutes d'origine exotique, mais parfaitement
naturalisées dans nos contrées, tiennent la première place dans nos vergers. Sont compris, dans
ce groupe, les genres :
Amandier, Amygâalus T.; Pêcher, Persica T.; Abricotier, Armeniaca T.;
P
runier, Prunus T., et Cerisier, Cerasus Jtiss.

Ces arbres fournissent à la consommation : d'abord leurs fruits, âpres et acerbes quand ils
sont jeunes, mais doux et sucrés à la maturité ; et quelquefois leurs graines ou
amandes. On uti-
lise, en outre, leur écorce, renfermant du tannin, comme médicament amer et astringent, ainsi
qu'un suc gommeux qui transsude du tronc et des branches, se dessèche à l'air, et qui est connu
sous le nom de
gamme du pays. Enfin leurs feuilles et leurs jeunes rameaux, soit il l'état frais, soit,
desséchés, en fagots, peuvent constituer parfois d'utiles ressources pour l'alimentation du bétail.

3' Tribu. — SPIRÎiES.

Carpelles réunis eu un seul verticille, s'ouvrant par leur bord interne et
contenant 2.G graines. Êtamines en nombre indéfini. — Un seul genre.

Genre SPIRÉE. — SP1R/EA L.

Calice à 5 divisions profondes, sans calicule ; — corolle à 5 pétales; — styles terminaux ; —
feuilles simples ou divisées.

Renferme quelques espèces à tige herbacée, qui croissent naturellement
dans les campagnes, et plusieurs autres,
à tige ligneuse, qu'on rencontre
principalement dans les jardins d'agrément. Toutes sont amères, toniques
et astringentes.

SPIRÉE FILIPENDULE. — S. FILIPENDULA L,

Fleurs rougeâtres en dehors, blanches en dedans, en panicules terminales. — Corolle il péta-
les dépassant les étamines. — Carpelles dressés les uns contre les autres. — Feuilles la plupart
radicales, pinnatiséqnées, ii 15.20 segments très inégaux, incisés. — Stipules demi-circulaires,

-ocr page 222-

'222 ROSACÉES.

auriculées, dentées. —Tige herbacée, simple, dressée, peu feuillée. —Racines renflées en tuber-
cules ovoïdes. — Taille de 3 à 6 décimètres. — Vivace. — Floraison en juin.

Cette plante croît en abondance dans les bois, les pâturages, les lieux
frais et couverts de presque toute la France. Elle donne une assez grande
quantité de feuilles que tous les bestiaux, les chevaux exceptés, mangent
avec plaisir. Les tubérosités de ses racines contiennent une fécule d'un goût
agréable et que les cochons, notamment, aiment beaucoup.

Spirée ulmaire, S. ulmaria L.

Heine des prés, petite Barbe-de-chèvre, Pieds-de-bouc, Herbe-aux-abeilles, Ormière, Vignette, Corète.

Fleurs blanches, en cyrnes terminales. Corolle à pétales longuement onguiculés, plus courts
que les étamiues. Ovaire à 5.9 carpelles contournés en spirale. Feuilles pinnatiséquées, à 5.9 pai-
res de segments elliptiques, très inégaux, le terminal plus grand, palmatiflde, tous dentelés.
Stipides demi-circulaires, dentées. Tige herbacée, droite, .ferme, rougeâtre. Taille de 10 à
15 décimètres. Vivace.

Cette espèce croît dans les prairies très humides, au bord des eaux, où elle se distingue par
son port majestueux, auquel elle doit probablement le nom de
Reine des prés. Très commune, elle
entre quelquefois dans la composition des foins, auquel elle communique une odeur agréable, tout
en constituant par elle-même un fourrage grossier en apparence, mais appétissant et recherché
des bestiaux, surtout si elle a été fauchée au moment de sa floraison. Les chevaux cependant la
négligent, tandis que les moutons et les chèvres s'en montrent avides. Ses fleurs sont quelquefois
employées comme le thé. Elle est à recommander, comme astringente et diurétique, pour les usa-
ges pharmaceutiques.

Spirée barbe-de-chèvre, S. armcus L.

Épine-de-bouc.

Fleurs blanches, dioïques par avortement, en petits épis cylindriques, formant par leur réu-
nion une ample panicule terminale. Ovaire h 3.4 carpelles réfléchis. Feuilles grandes, de 2.3 déci-
mètres , incisées, à segments ovales inégalement dentés. Tiges herbacées, dressées. Taille de
10 à 15 décimètres. Vivace.

Originaire des parties montagneuses de l'Europe méridionale , cette espèce vient assez com-
munément dans les bois élevés des Vosges et du centre de la France. Elle plaît aux vaches et aux
chèvres, et partage d'ailleurs les propriétés des espèces précédentes.

Outre ccs trois espèces herbacées, ce genre contient encore deux espèces indigènes , consti-
tuant des arbustes à feuilles simples, sans stipules, qui sont : le .S.
hypericifolia L., à fleurs en
fascicules latéraux, à feuilles obovales, haut do 4 à 6 décimètres, et commun dans les taillis et
bois pierreux du Centre ; le
s. salicifolia l,, à fleurs en grappes terminales, à feuilles lancéolées,
dentées en soie, de 5 à G centimètres, et qui se montre autour des habitations. Ces espèces, avec
quelques autres exotiques, figurent seulement dans les jardins d'agrément, où elles se font remar-
quer par un beau feuillage et leurs jolies fleurs en bouquets.

-ocr page 223-

ROSACÉES. '207

3· Triton. — POTBNTILLÉE8,

Carpelles nombreux, monospermes, indéhiscents, insérés sur un récep-
tacle commun. Étamines en nombre indéfini. — Comprend plusieurs genres,

se distinguant comme l'indique le tableau ci-après :

Calice ( terminal, persistant. — Étamines nombreuses..........Geum.

pourvu) i 5 étamines. — Style caduc..................................Sibbaldia.

r / Calice d'un j Stylo \ [style caduc.—(Envelopp. floral, à 5 div. Potentili.a.

W et caltculef, t , i { \ ·{

'3 \ corolle 1 RtUal ) Étamines ) R(i0elltft0,e sec (Envelopp. floral. a4 div. Tormentili^ .

^ à i nombr. ) ) _ ,„ .„ ,, „

^ <4.5div,/ / Style persist. Feuilles tnfoliolees. . . I-ragaria.

a j I [Réeept. cliarnu j Feuilles pinnatiséquées. Comarum,

? I \ Calice sans calicule. — Réceptacle charnu......................................Rubub.

\ Calice et corolle à 8.9 divisions, sans calicule..............................................Dkyas.

Genre BENOITE. — GEUM L.

Fleurs jaunes; — calice à 5 divisions, muni d'un calicule également, à 5 divisions; — corolle
à 5 pétales arrondis , élargis ; — style croissant après la floraison et formant une longue arête ;

— carpelles secs, poilus, groupés, en une tête globuleuse, sur un réceptacle convexe, sec, hispide ;

— feuilles, les unes radicales, pinnatiséquées, à segments inégaux, incisés, le terminal plus am-
ple ; les autres caulinaires, il 3 segments.

Genre renfermant plusieurs espèces, herbacées et vivaces, toutes douées
de propriétés toniques et dont quelques-unes se montrent, assez fréquem-
ment, surtout dans les lieux frais et humides.

BENOITE COMMUNE. — G. URBANUM L.

Noms vulgaires. — Benoite des villes, Benoîte officinale, Herbe de saint Benoit, Herbe bénite,
Sanicle de montagne, Galiote, Gariote, Grippe, Giroflée, Recise, Reprise.

Fleurs solitaires, dressées. — Calice à divisions réfléchies après la floraison. — Carpelles
surmontés d'une arête nue, rouge, genouillée, articulée à son quart supérieur. — Feuilles radi-
cales , à folioles trilobées et dentées, les caulinaires quelquefois simples et trilobées. — Stipules
foliacées, incisées. — Tige dressée, grêle. — Racine répandant une odeur forte et agréable de
giroflée. — Taille de 3 à 8 décimètres. — Floraison en mai-juillet.

Cette espèce, dont le nom vient de bcnedicta (herbe bénite), à cause des
grandes propriétés que lui attribuaient les anciens, se montre très communé-
ment dans les bois, le long des haies, dans les lieux ombragés et frais de
tout le nord de l'Europe. Tous les bestiaux en mangent les feuilles, surtoul
quand elle est jeune, et en aiment la saveur astringente. Elle est une des
plantes que, dans les pays de petite culture, les gens de la campagne vont

-ocr page 224-

'208 ROSACÉES.

ramasser au printemps pour donner à manger aux vaches. Sa racine serl
comme astringente aux usages médicinaux. Elle est bonne, en outre, dit-on,
pour empêcher le vin de s'aigrir.

Près de cette espèce se placent : le G. Pyrenaïcum Willd., à fleurs penchées, à sépales
redressés, que l'on rencontre sur toute la chaîne des Pyrénées; et le
G. intermedium Erli., à
fleurs penchées, à calice coloré, étalé, qui habite les lieux ombragés;

Benoîte des ruisseaux, G. rivale L.

Benoîte aquatique.

Fleurs jaunes, veinées de rouge, penchées. Calice à sépales redressés. Carpelles à arête
genouillée-articulée. Fruit supporté sur un pédicelle. Feuilles velues, à lobe terminal cordiforme.
Tige dressée. Taille de 3 à (S décimètres.

Assez commune sur les bords des cours d'eau, dans les lieux humides voisins des montagnes,
où elle forme des touffes plus ou moins épaisses , cette espèce constitue un bon fourrage, recher-
ché de tous les bestiaux, et possède, en plus, toutes les propriétés do la Benoîte commune. On la
cultive aussi dans les jardins.

Se rapproche de la Benoîte aquatique, le G. sylvaticum Pourr., à calice étalé, à corolle plus
grande, à fruits plus développés, et que l'on rencontre principalement sur les bords de la Médi-
terranée.

Benoîte des montagnes, G. monianum L.

Fleurs solitaires, grandes, d'un beau jaune. Carpelles surmontés d'une longue arête plumeuse,
non articulée, rougeâtre. Feuilles radicales à lobe terminal très grand, subcordiforme. Taille de
2 à 3 décimètres.

Cette espèce, qui recherche les lieux humides et un peu abrités, se rencontre fréquemment
dans les hauts pâturages des différentes montagnes de la France. Jusqu'à la floraison, elle est
mangée avec plaisir par le bétail.

Citons, près de cette espèce, le G. reptans I.., se distinguant par ses feuilles à lobes presque
tous égaux, incisés, et par sa racine stonolifère; plante qui croît surtout dans les Alpes du Dau-
phiné et dans les Pyrénées.

Genre SIBBALDIE. — SÏDDALDIA L.

Calice et calicule à 5 divisions évasées ; — corolle à 5 pétales lancéolés, obtus ; — 5 Stami-
nés ; — styles
latéraux, courts, caducs; — carpelles secs, au nombre de 5,10 sur un réceptacle
concave, sec, recouvert par le calice.

Le S. procumbens L., unique espèce de ce genre, se distinguant à ses fleurs petites, verdâ-
tres, au nombre de 3,6, à ses feuilles supérieures quelquefois fasciculées, est une plante com-
mune dans les Alpes et les Pyrénées, Sans usages.

Genre POTENTILLE. — POTENTILLA L.

Fleurs jaunes ou blanches ; — calice et calicule à 5 divisions chacun ; — corolle h 5 pétales
obcordés ; —
styles latéraux, courts, caducs; — ovaire à carpelles nombreux,'petits , secs, réunis
en capitule sur un réceptacle convexe, sec et poilu ; —
feuilles composées , à folioles dentées ou
incisées; —
stipules adhérentes au pétiole; — souche vivaee, épaisse, presque ligneuse.

-ocr page 225-

ROSACÉES. '209

Ce genre renferme un grand nombre d'espèces, toutes vivaces, d'une
taille peu élevée, et dont quelques-unes sont fort communes dans les campa-
gnes, dans les prés secs et sablonneux, sur les pelouses des montagnes. Elles
viennent sur tous les terrains, dans les fentes des rochers comme dans les
marais. Tous les animaux les mangent, mais sans les rechercher; elles ont
d'ailleurs, vu leur peu de développement, peu d'importance au point de vue
de l'alimentation du bétail ; elles fournissent seulement leurs fleurs et leurs
feuilles, douées de propriétés astringentes, aux usages médicinaux. — Ci-
après le tableau des espèces françaises du genre.

/ Feuilles trifoliolées. J

Feuilles à
3.5foliol.s

Feuilles i

\ 5.

REPTANS

1..

ANSER1NA

L.

GBANWFI.ÛKI

L.

l'wglda

Vili.

Minima

llall.

NIYEÀ

1,.

Sl'dacaüi.is

!..

VERNA

L.

Cinerea Cliaix.

A tpeslris

Dali.

l'y renateti

DU.

Al'BEA

!..

Intermedia

1..

Opaca

1..

Mnltifida

1,.

FHAGAHIA

nu.

Mierantha

SPI.ENDKNS

DU.

Alba

!..

Nithja

!..

CAULBSCENS

L.

Crassinervia

Viv.

Nivalis

lap.

ALCHEVIILLOiUES Lap.

Fleurs blanches. Feuilles pennées. RVPESTRIS

FI. jaunes

j

Carpelle 1

[ Becta

!..

Feuilles 1

) enveloppé |

\ llirtn

1,.

digitées

i 1

[ ARGENTEA

1..

1

. Carp. nu, <

( Collina

Wil).

(

Inclinata

VIM.

Feuilles pennées....

SUPINA

L.

Fruticosa

!..

j Tige radicante. ( Feuilles digitées.
Fleurs jaunes ( Fouilles pennées.

i Tiges
' florales
j
latérales ;

ou
axillaires

Carpelles
'Fleurai \ lisses

jaunes ^ Feuilles
digitées

' Carpelles
rugueux I

Feuilles pennées.. .

Tige
11011
radicante

Espèces
herbacées \

Fleurs blanches.
ì Feuilles digitées

,4

5.7 folio!.J

Genre
POTENTIEL A

Tiges florales
terminales

Espèce ligneuse.

POTENTILLE RAMPANTE. — />. HEP TANS !..

Nom vulgaire, — Quintefeuille.

Fleurs grandes , solitaires, sur de longs pédoncules. — Calicule plus grand que le calice. —
Feuilles longuement pétiolées, digitées, à 3.5 folioles cunéiformes, dentées au sommet, pubescen-
tes en dessous. — Tige simple, radicante dans toute sa longueur, avec des noeuds émettant cha-
cun 2.5 feuilles, et atteignant 4 ii 6 décimètres. — Souche dure, épaisse.

Très commune au bord des chemins, des fossés, dans les lieux couverts
et humides, se montrant aussi dans les champs et les prés, où ses tiges cou-

14

-ocr page 226-

'210 ROSACÉES.

chées échappent à la faux, cette Potentille est mangée avec assez de plaisir
par tous les bestiaux; c'est l'espèce du genre la plus ordinairement réservée
aux usages médicaux.

POTENTILLE AN SERINE. — P. ANSERINA L.

Noms vulgaires. — Arrfentine , Herbc-a»x-oies, Bec-d'oie.

Fleurs d'un beau jaune , grandes , solitaires , sur de longs pédoncules. — Calice soyeux et
blanehfttre. — Feuilles grandes, pennées, à (i.10 paires de folioles oblongues, ii dents aigui:s,
rapprochées, soyeuses-argentées, en dessous principalement. — Tiges rampantes et radicantes,
avec des nœuds d'où naissent plusieurs feuilles en touffe.

Cette espèce est abondante le long des chemins, près des habitations,
dans les prés, dans les lieux sablonneux où l'eau séjourne pendant l'hiver.
Elle est consommée, sans être recherchée, par les animaux, sinon par les
vaches qui s'en accommodent surtout quand elle se trouve mêlée à des gra-
minées et quand elle croît dans des lieux humides où ses feuilles prennent
plus de développement. Les oies, notamment, mangent avec plaisir les
feuilles de cette plante, ce qui lui a fait donner son nom
d'An serine. Sa
racine, qui répand une odeur de panais, est consommée comme légume
dans quelques contrées du Nord. Partout, les animaux de l'espèce porcine
la recherchent avec une grande avidité. Dans certaines localités, d'après
M. Joigneaux, on emploie avec avantage la décoction des feuilles de cette
plante pour combattre la diarrhée des veaux.

Potentille printanière, P. verna L.

Fleurs d'un jaune doré, en cymes terminales irrégulières, peu fournies. Feuilles d'un vert
foncé, les radicales longuement pétiolées, à 5.7 folioles obovées, les caulinaires presque sessiles,
simples ou ternées. Tiges nombreuses, couchées, étalées en touffe compacte, velue, atteignant
10 à 15 centimètres. Floraison eu avril et en septembre.

Cette petite Potentille vient dans les lieux secs , dans les bois sablonneux, au bord des che-
mins, sur les pelouses, exposées au soleil, des montagnes calcaires de toute la France, où on la
voit étaler ses belles fleurs aux premiers jours du printemps et refleurir a la fin de la saison.
Tous les bestiaux, et surtout les moutons, la mangent avec plaisir

Potentille dorée, P. aurea L.

Fleurs grandes, d'un jaune vif, safrané à la base des pétales. Calice argenté-soveux.
Feuilles radicales longuement pétiolées, à 5 folioles oblongues, dentées au sommet. Tige grêle,
dresséo.

Vient sur les pelouses de toutes les montagnes de France, où elle se mêle aux graminées.
Elle est mangée par les bestiaux ; mais, par le petit nombre de ses feuilles , a peu d'importance.

Potentille fraisier, P. fragaria DG.; Fragaria sterilis L.

Fleurs petites, au nombre de 1.3 sur do longs pédoncules, à pétales écliancrés au cœur.
Feuilles trifoliolées, soyeuses-argentées en dessous. Tiges grêles, de 5 à 15 centimètres. Florai-
son de mars à mai.

Espèce très précoce et fort commune dans les lieux arides et les bois montagneux de toute
la France. Sans emploi.

-ocr page 227-

ROSACÉES. '211

Potentille brillante, P. splendens DC.; P. Vaillanti Nestl.

Fleurs grandes. Feuilles radicales il 3.5 folioles obovales, dentées , argentées en dessous ;
1.2 feuilles caulinaires unifoliolées. Racine horizontale à rhizomes parfois stolonifères. Floraison
en mai et juin.

Se montre dans les bois sablonneux, les pâturages du sud-ouest, de l'ouest et de presque
tout le centre de la France, où les bestiaux la pâturent avec les autres plantes.

Potentille ascendante, P. caulescens L.

Fleurs nombreuses, en corymbe serré. Calieule égal au calice. Feuilles longuement pétiolées,
à 5.7 folioles. Tige ascendante, forme, de 1 à 3 décimètres. Floraison en été.

Espèce abondante sur les pelouses des sommets du Jura, des Alpes du Daupliiné, des Céven-
nes, où elle forme parfois de larges touffes, que mangent avec plaisir les moutons.

Potentille des rochers, P. rupestris h.

Fleurs grandes. Feuilles radicales nombreuses, pennées, à 5.7 segments ovales, dentés, le
terminal pétiolulé, cunéiforme. Feuilles caulinaires sessiles, pétiolulées. Tiges rougeiitres, de
2 à 4 décimètres. Floraison en été.

Vient dans les lieux secs, pierreux, des Alpes, des Pyrénées, des montagnes du Centre et
de l'Est, oii elle est pâturée par les troupeaux qui fréquentent ces collines.

Potentille argentée, P. argcntea L.

Fleurs petites , nombreuses. Calice cotonneux. Feuilles radicales pétiolées, les caulinaires
sessiles, à 5 folioles incisées profondément, blanches en dessous et d'un vert foncé en dessus.
Tiges tomenteuses, blanchâtres, étalées-ascendantes, de 2 à 5 décimètres.

Se montre dans les lieux secs et incultes, au bord des chemins, dans les bois de la plupart
des vallées de l'Est, du Centre et du Sud-ouest. Les animaux la broutent rarement, et ses tiges
dures ne donnent qu'un mauvais foin.

Potentille penchée, P. supina L.

Fleurs d'un jaune pâle, petites, sur des pédoncnles courts, à la lin courbés en bas. Calieule
dépassant le calice. Feuilles radicales longuement pétiolées, pennées, ii 7.11 folioles incisées-den-
tées. Tige couchée, très rameuse.

Cette espèce, la seule annuelle du genre, vient dans les sables humides , au bord des étangs
des vallées de l'Est. Elle est mangée par tous les animaux sans Otre recherchée.

Genre TORMENTILLE. — TORMENTILLA L.

Fleurs jaunes, solitaires, sur de longs pédoncules; — calice avec calieule, chacun il 4 divi-
sions; —
corolle ii 4 pétales, très rarement 5; —étamines nombreuses; — styles latéraux, caducs;
— carpelles nombreux sur un réceptacle sec et poilu ; — feuilles digitées.

Ce genre renferme un petit nombre d'espèces vivaces offrant les prin-
cipales propriétés des plantes de la famille.

Tormentille droite, T. crecta L. ; Potentilla tormentilla Nestl.

Tormentille officinale, Blodrot.

Fleurs petites, à pétales échaucrés en cœur. Feuilles radicales pétiolées, tombant à la florai-
son, les caulinaires toutes sessiles, à 3.5 folioles, oblongues , profondément dentées au sommet.
Stipules incisées-dentées, simulant 2 folioles. Tiges étalées-dressées, très feuillées. Plante velue,
blanchâtre, de 3 à 4 décimètres.

Très répandue dans les prés, les bois , sur les pelouses sèches, jusqu'au sommet des Alpes,
cette espèce est mangée par les moutons et les vaches. Mais vu son peu de développement, elle

-ocr page 228-

"212 rosacées.

n'a point (l'importance comme fourragère. Sa racine, très astringente et aromatique, est recherchée
par les cochons; elle est aussi employée en médecine contre les flux diarrhéiques, et comme subs-
tance tannante.

Tormentille rampante, T. reptans L.; Potentilla procumbens Sibth.

Calice dépassé par le calicule. Tiges couchées, radioantes, émettant à chaque nœud de 2 à
5 feuilles inégalement pétiolées, à 3.5 folioles obovées, incisées, aiguës.

Cette espèce, qui se reproduit par les racines que les nœuds des tiges émettent à l'automne,
est commune, surtout, dans l'Ouest. Elle jouit des propriétés de la précédente. Non usitée.

Genre FRAISIER. — FRAGARIA h,

Fleurs blanches ; — calice et calicule à 5 divisions ; — corolle a 5 pétales obovés ; — étami
nés
nombreuses; — styles latéraux, persistants; — carpelles nombreux, secs, réunis en capitule
sur un réceptacle convexe, qui s'accroît après la floraison et devient charnu, coloré ; —
feuilles
trifoliolées ; — racines stolonifères.

Ce genre comprend un grand nombre de variétés, toutes vivaces, rame-
nées par les auteurs à trois espèces seulement, et toutes cultivées pour leur
fruit, bien connu et fort estimé partout pour les usages de table.

L'espèce principale est le Fraisier commun , F. vesca L., que l'on trouve dans les bois, les
lieux herbeux et couverts, au pied des haies et des buissons.

Les autres sont le F. collina Ehrli., qui vient surtout dans les bois et sur les collines calcai-
res, et le
F. magna Thuill., plus rare, et que l'on rencontre dans plusieurs régions du Centre. —
Les racines des Fraisiers jouissent des propriétés des Potentilles. Ces espèces n'ont point d'emploi
dans l'économie du bétail.

Genre COMARET. — COMA RU M L.

Calice et calicule il 5 divisions ; — corolle il 5 pétales lancéolés, aigus ; — élamines nom-
breuses ; —
styles latéraux, persistants ; — ovaire il carpelles secs , enfoncés, sur un réceptacle
convexe, persistaut, spongieux, presque charnu, velu; —
feuilles pennées.

Comprend une seule espèce.

Comaret des marais, C. palustre L.

Quintefeuille à (leurs rouges.

Fleurs d'un pourpre foncé, en cyme irrégulière. Corolle à pétales très courts. Feuilles à
5.7 segments, rapprochés, oblongs, dentés. Tiges rampantes ii la base, ascendantes, velues. Raci-
nes longuement rampantes, Vivace.

Vient au bord des eaux, dans les tourbières, les marais des montagnes et des plaines du
nord de l'Europe. Elle n'est mangée que par les vaches, qui la consomment sans la rechercher.

Genre RONCE. — RUBUS L.

Fleurs blanches ou roses, solitaires ou en grappes ; — calice persistant, sans calicule, à 5 divi-
sions ; —
corolle à 5 pétales insérés sur le calice; — styles presque terminaux, caducs; — fruit

-ocr page 229-

ROSACÉES. '213

formé de carpelles il péricarpe charnu et non osseux, réunis en tête sur un réceptacle conique,
charnu, persistant; —
feuilles palmées ou pennées, à 3.7 folioles; — tige frutescente, faible, il
rameaux ordinairement munis d'aiguillons.

Ce genre présente un certain nombre d'espèces, offrant entre elles une
extrême ressemblance, et sur la distinction desquelles ne s'entendent point
les botanistes, dont quelques-uns, en multipliant ces espèces outre-me-
sure, n'ont fait qu'ajouter, sans utilité, à la difficulté de leur étude. Les
Ronces ne constituent, en réalité, qu'un petit nombre de types bien
déterminés, offrant dans leurs propriétés une très grande analogie. Leurs
feuilles amères sont alimentaires pour le bétail et constituent un bon condi-
ment tonique. Elles sont communes dans les champs et les prairies où elles
nuisent et font perdre du fourrage par leurs épines, notamment celles à tiges
radicantes, qui s'étendent au loin avec facilité et sont toujours difficiles à
extirper. — Le tableau ci-après résume les caractères distinctifs des espèces
indigènes les plus généralement admises.

Tige herbacée.

Tige
anguleuse

Genre RUBUS

| Tige \
\ limeuse

Tige presque arrondie.
Réceptacle se séparant des carpelles. .

Réceptacle
adhérent
! aux carpelles

Tige dressée. , .

Tige
presque couchée

Saxatii.is

1,.

Fiibticosm

1,.

Hirtus

W. el N.

Tomcntosim

Borck.

Collinuf

M.

C.iiSirs

L.

Glandulosiis

Bell.

Idjîus

!..


Ronce des rochers, R. saxatilis L.

Fleurs petites, blanches, solitaires, ou groupées par 3,(5 en grappes ombelliformes. Corolle à
pétales linéaires, dressés. Fruit rouge, hémisphérique. Feuilles à 3 folioles rhomboïdales aiguës,
pubescentos. Stipules embrassantes Tige couchée, herbacée, à aiguillons faibles, sétacés. Taille
de 3 à G décimètres,

Cette Ronce, la plus petite du genre, croît dans les lieux pierreux de la plupart des monta-
gnes de France, sur les collines et les rochers plus ou moins élevés, où elle se mêle ii différentes
herbes. Elle est recherchée surtout des moutons et des chèvres, et, soumise il la dessiccation, elle
forme un bon fourrage que mangent tous les bestiaux.

Ronce commune, R. fruticosus L.

Ronce arbrisseau, R. des haies, Mûrier des haies, Calimuron (Pas-de-Calais).

Fleurs grandes, blanches ou rosées, en grappes terminales. Calice à divisions réfléchies après
la floraison. Fruit noir, d'une saveur douce. Feuilles h 3.5 folioles, ovules, dentées. Tiges sar-
menteuses, garnies de forts aiguillons.

Extrêmement commune dans les haies, les buissons, les bois, le long des champs et des fos-
sés, en un mot
peu près partout, cette espèce fournit à tous les animaux, qui les mangent
avec plaisir, ses feuilles et ses jeunes pousses. Le cheval y touche peu cependant, surtout quand
les feuilles ont durci. Elle est surtout employée pour garnir des haies. La tige sert à faire des
ouvrages de vannerie; toutes les parties vertes servent comme détersifs en médecine, et avec le
suc des baies, additionné de sucre, on fait une espèce de vin.

Ronce a fruit bleu, R. exsius L.

Fleurs blanches, en grappe. Fruit recouvert par les divisions du calice, d'un bleu noirâtre,
assez volumineux, formé de grains se séparant à la maturité. Feuilles à 3 folioles aiguës. Tige
couchée, grêle, à aiguillons petits, peu nombreux·

Comme la précédente, cette Ronce croît dans les haies, les bois et les champs , au bord des
chemins, des fossés et des ruisseaux. Elle est commune dans toute la France, et ses feuilles astrin-
gentes sont mangées avec plaisir par les moutons et les chèvres.

-ocr page 230-

'214 ROSACÉES.

Ronce framboisier, R. idxus L.

Ronce du Mont-Ida.

Fleurs blanches, petites, solitaires ou fasciculées, à la fin penchées. Calice à divisions réflé-
chies après la floraison. Corolle à pétales dressés, connivents. Fruit ovoïde, rouge-clair, d'une
odeur et d'une saveur agréables. Feuilles à 3.5 folioles, d'un blanc argenté et tomenteux en dessous,
dentées. Tiges blanchâtres, inermes ou aiguillonnées.

Spontané dans les lieux boisés et montueux de presque toutes les montagnes du nord de l'Eu-
rope, et sur colles do l'intérieur de la France, le Framboisier aime surtout l'ombre et l'exposition
du nord. Tous les bestiaux, le cheval excepté, mangent ses feuilles et ses parties encore vertes.
On le cultive dans les jardins et en plein champ pour son fruit, la
framboise , destiné aux usages
de table.

Genre DRYADE. — DRY AS L.

Calice à 8.U divisions, sans calicule ; — corolle à 8.9 pétales ; — styles insérés latéralement,
très longs, plumeux, s'accroissant après la floraison ; —
fruits à carpelles secs, poilus, insérés
sur un réceptacle déprimé, sec, hérissé, persistant.

Renferme une seule espèce.

Dryade a huit pétales, D. octopctala L.

Chènette.

Fleurs d'un beau blanc, grandes, solitaires, sur des pédoncules terminaux. Feuilles pétiolées,
incisées , à segments oblongs, dentés , blanches et tomenteuses en dessous. Tiges dures, très
rameuses, un peu rougeâtres, couchées. Taille de 1 à 2 décimètres. Vivace.

Cette espèce, assez jolie, vient sur les pelouses élevées du Jura, des Alpes, des Pyrénées,
et se rencontre dans les contrées les plus septentrionales du nord de l'Europe. Jusqu'à sa florai-
son, elle est fort recherchée des moutons et des chèvres.

4e Tribu. — HOSÉES.

Carpelles nombreux, uniovulés, indéhiscents, renfermés dans le tube
du calice, devenant charnu à la maturité. Étamines en nombre indéfini.

Ee genre Kosier, Rosa L., qui a donné son nom à la famille, et qui seul constitue cette
tribu, comprend un groupe de plantes particulièrement remarquables par la beauté de leurs fleurs.
Ce sont des arbrisseaux, à tiges et rameaux armés d'aiguillons qui en éloignent les animaux, et
dont les espèces nombreuses, multipliées en variétés infinies et intéressant exclusivement l'horti-
culteur, sont de nulle importance dans l'économie agricole.

-ocr page 231-

ROSACÉES.

3e Tribu.. — SANGUÏSORBÈBS.

Ovaire à 1.2 carpelles monospermes, indéhiscents, secs, renfermés
dans le tube du calice devenant presque ligneux. — Comprend un petit
nombre de genres caractérisés ainsi qu'il suit :

Agrimonia.
poteril'm.

Sanguisorba.
Etamines 4........... Alciiemilla.

Corolle et calice à5div.— Étam, 12.20. — Style terminal.

Etam. 20.30. -— Ovaires2.

SÀNGUISORBÉES

Corolle nulle. ) Style terminal ^ £taK) 4. „ 0vaire 1

Calice à 4 div.

' Style latéral.

Genre AIGREMOINE. — AGRIM0N1A T.

Fleurs hermaphrodites, jaunes, en grappes terminales; — calice à 5 divisions connivcntes
après la floraison, à tube presque ligneux, cannelé, hérissé au sommet d'épines suhuleuses, cro-
chues; —
corolle à 5 pétales étalés; — etamines 12.20, insérées avec les pétales il- la gorge du
calice ; —-
style terminal ; — feuilles irrégulièrement pinliatiséquées à segments ovales, dentés,
les uns très grands, les autre plus petits.

Ce genre, peu nombreux, ne renferme que deux espèces indigènes.

AIGREMOINE EUPAT01RE — A. EUPAT01UA L.

Noms vulgaires. — Eupatoire des anciens, E. des Grecs, Herbe de Saint-Guillaume, Francormier,

Soubeirette.

Fleurs petites, nombreuses, eu grappes longues, effilées, sur un pédoncule court, muni d'une
bractée trifide à la base et de deux bractéoles supérieurement. — Calice ii divisions obtuses,
cannelé presque jusqu'à la base. — Ovaire à 1 carpelle. — Feuilles à 5.9 segments, velus eu
dessus, cendrés-cotonneux en dessous. — Stipules grandes, embrassantes, incisées-dentées. —
Tige velue, dressée, rameuse au sommet, — Taille de 3 à 8 décimètres. — Vivace.

Fort commune dans les haies, les buissons, le long des chemins, sur les
pelouses sèches et ombragées, l'Aigremoine constitue une plante amère dont
les moutons et les chèvres seuls mangent les feuilles. Elle est d'un usage
fréquent en médecine humaine et vétérinaire ; sa décoction est employée
comme tonique à l'intérieur et comme détersive à l'extérieur. Les Cosaques
de la petite Russie la donnent au bétail pour combattre les vers. On obtient,
en outre, de ses tiges et de ses feuilles bouillies, une couleur jaune. Elle est
cultivée, enfin, comme plante d'ornement.

Aigremoine odorante, A. odorata Miller.

Fleurs grandes, en grappes courtes, compactes. Calice à divisions aiguës, avec sillons ne
dépassant pas la moitié du tube. Ovaire à 2 carpelles. Feuilles glanduleuses en dessous, exha-
lant une odeur de térébenthine.

-ocr page 232-

rosacées.

Cette espèce, assez rare, ressemblant beaucoup par son aspect général à la précédente, est
plus grande seulement dans toutes ses parties. Originaire d'Italie, elle se rencontre dans diverses
régions du Nord. Ses feuilles fournissent une décoction qui a quelque analogie avec celle du thé.
Non recherchée par le bétail, elle est assez fréquemment cultivée dans les jardins.

Genre PIMPRENELLE. — POTERIUM L

Fleurs monoïques ou polygames, sessiles, à épis courts et serrés, presque globuleux, les fleurs
femelles occupant le sommet et les fleurs mâles la base de l'épi; —
calice persistant, à 4 divisions
caduques, entouré do 2.3 bractéoles squammiformes ; —
corolle nulle; — étamines 20.30, insé-
rées sur la gorge du calice, plus longues que les sépales et pendantes; —
ovaire à 2.3 carpelles,
terminés chacun par un style à stigmate plumeux ; —
fruit constitué par 2.3 akènes insérés
dans le tube du calice, à la fin induré et à 4 angles; —
feuilles imparipemiées.

Comprend une seule espèce.

PIMPRENELLE COMMUNE. — P. SANGU1SORBA L.

Noms vulgaires. — Petite Pimprenelle, Pimprenelle des montagnes . Bipinelle.

Fleurs petites. — Calice verdâtre mêlé de pourpre. — Style il stigmate d'un beau rongé. —
Feuilles ii 9.25 folioles presque sessiles, petites, ovales ou arrondies, fortement dentées. — Tige
dressée, anguleuse. ■— Taille de 2 à 6 décimètres. — Vivace. — Fleurit de mai ii septembre.

Quelques autours ont subdivisé cette espèce en plusieurs espèces nouvelles, ne se distinguant
entre elles que par la disposition des angles du fruit. Les considérations qui suivent s'appliquent
aux unes et aux autres, lesquelles, toutes, d'ailleurs, se ressemblent exactement par l'aspect géné-
ral do la plante ainsi que par leurs propriétés.

Très commune dans toute la France, la petite Pimprenelle vient spon-
tanément dans les bois, les prés secs et les pelouses des montagnes, sur les
terrains volcaniques et calcaires, Amère et astringente, elle constitue une
bonne nourriture, et a été cultivée, soiL en prairies, soit en pâturages. En
Angleterre, elle a été pour la première fois soumise à la culture en grand,
en plein champ, par M. Rocque, propriétaire de la Provence.

Elle se plaît surtout sur les terres sèches, calcaires ou sablonneuses,
perméables à l'eau. Grâce à ses racines longues et pivotantes, elle résiste
parfaitement aux excès de froid et de sécheresse, végète même au milieu de
l'hiver, et repousse avec facilité sous la dent. On la sème ordinairement en
mars, ou bien en septembre pour les terres légères. On répand de 30 à
40 kilog. de graines par hectare. La même graine est bonne pendant trois
ans.

Particulièrement réservée pour la nourriture des troupeaux, la petite
Pimprenelle convient essentiellement pour créer d'excellentes pâtures sur
les terres pauvres et sèches, sablonneuses ou calcaires, et pourrait, ainsi
contribuer à améliorer beaucoup de mauvais terrains en France. Elle pros-
père aussi sur les bonnes terres; mais elle est alors relativement moins avan-
tageuse, vu le grand nombre des autres espèces fourragères qu'on peut avec

-ocr page 233-

ROSACÉES. '217

plus d'avantage l'aire venir sur celles-ci. Elle s'est cependant montrée parfois
extrêmement productive.

Ainsi, d'après A. Young, M. Anderdon, près d'Henlade, en 1767, put
obtenir de cette plante, semée en bon terrain, du 14 février à la lin de sep-
tembre, jusqu'à huit coupes, dont quelques pieds atteignaient 45 à 50 centi-
mètres. Le même agriculteur observa une plantation de Pimprenelle qui,
coupée vers le milieu de décembre, s'élevait, vers la lin de janvier, à une
hauteur de 10 à 12 centimètres, bien que le temps eût été constamment à la
gelée et à la neige. M. Anderdon constata encore ce fait assez peu croyable :
une seule racine qui avait poussé par hasard dans un champ de Luzerne
avait donné 870 pousses vertes.

Ce qui résulte surtout de ces observations, c'est que la petite Pimpre-
nelle a la faculté de pousser en hiver; ce qui permet, en laissant sur pied,
à l'automne, un regain un peu épais, d'en obtenir une récolte très précoce,
qui assure, dès le mois de février, une nourriture abondante aux troupeaux.

Quant aux qualités alimentaires de la petite Pimprenelle, elles restent
encore à déterminer exactement. A. Young, que nous citions plus haut, dit
qu'elle convient spécialement aux moutons ; que les chevaux, qui l'aiment à
l'état frais, la refusent souvent à l'état sec; que les vaches, au contraire, la
préfèrent dans ce dernier état. D'un autre côté, ajoute-t-il, on a vu des che-
vaux en manger volontiers les fanes dont on avait retiré la graine. Cher-
chant à résoudre expérimentalement ce qu'il pouvait ν avoir de fondé dans
ces assertions contradictoires, il remarqua, en résumé, que les moutons
recherchent la Pimprenelle avant qu'elle soit montée en graine; que les
chevaux et les bêtes à cornes qui souvent la refusent quand elle est fraîche,
s'y habituent facilement, surtout si on commence par la mélanger avec d'au-
tres plantes de leur goût, et finissent même par la manger avec plaisir;
qu'enfin, elle communique, au lait des vaches qui s'en nourrissent, une
linesse de goût très agréable.

De son côté, V. Yvart, après avoir noté que le fourrage sec et fortifiant
constitué par cette plante convient aux bêtes à laine, fait observer que, culti-
vée seule, la petite Pimprenelle durcit promptement, monte bientôt en graine
et fournit un foin médiocre, peu recherché par les bestiaux. D'où il résulte-
rait qu'elle est plutôt propre à être mélangée avec les graminées vivaces et
autres plantes pouvant croître comme elle sur les terrains crétacés, ari-
des et élevés ; elle fournit alors une nourriture saine, agréable à tous les bes-
tiaux, même aux chevaux qui la recherchaient le moins d'abord.

En somme, la petite Pimprenelle, donnée aux moutons en pâture, consti-
tue une ressource précieuse comme moyen d'obtenir pour ces animaux, sui-
des prairies sèches et médiocres, une bonne nourriture d'hiver, et du
vert précoce au printemps. En toute saison. elle convient comme condi-
ment tonique propre à améliorer les fourrages fades ou aqueux.

Cette plante est bonne .aussi pour les lapins, qui la mangent avec avi-

-ocr page 234-

218 CUCURBITACÉES.

dite. Enfin, elle est employée quelquefois comme plante potagère, dans les
fournitures de salade; le surplus, non utilisé, est donné aux bestiaux.

Dans tous les cas, le moyen le plus sûr de la faire consommer et de
surmonter les répugnances que peuvent, au début, manifester les animaux à
son égard, est de l'associer à des plantes fourragères aptes à pousser comme
elles dans des terrains secs, 011 de la mélanger, quand elle est récoltée, à des
fourrages auxquels les bestiaux sont habitués.

Genre SANGUISORBE. — SANGUISORBA L.

Fleurs hermaphrodites, sessiles, en épis terminaux, très serrés, courts et ovales, avec brac-
téoles lancéolées, égalant les fleurs; —
calice à 4 divisions, caduques, à tube contracté et velu
au sommet ; —
corolle nulle ; — étamines 4, insérées sur la gorge du calice et égalant ses divi-
sions ; —
ovaire à 1 carpelle, aveo style terminal et stigmate dilaté, devenant un akène renfermé
dans le tube induré du calice, quadrangulaire, ailé, à faces lisses ; —
feuilles imparipennées ; —
stipules grandes, incisées.

Ce genre comprend une seule espèce, herbacée, pouvant être utilement,
dans certains cas, soumise à la culture.

SANGUISORBE OFFICINALE, — S. OFFICINALIS L.

Noms vulgaires. — Grande Pimprenelle, Pimprenelle des montagnes, P. des jardins, P. d'Italie.

Sanguisorbe des boutiques.

Calice d'un pourpre brun, donnant aux fleurs une teinte rougeâtre. — Feuilles à 9.13 folio-
les cordiformes, régulièrement dentées , d'un vert glauque en dessus, plus pfiles en dessous. —
Tige glabre, anguleuse, drossée, rameuse au sommet. — Racine grêle et rampante. — Taille de
5 à 10 décimètres. — Vivace.

Assez commune dans les prés arides et tourbeux des plaines et des mon-
tagnes de presque toute la France, sauf la région méditerranéenne, où elle
île se montre point, cette plante, comme celle qui précède, est parfois culti-
vée en vue d'en obtenir un fourrage principalement destiné aux bêtes à laine,
et pouvant aussi être donné à d'autres animaux.

La grande Pimprenelle est peu difficile sur le choix du terrain. Elle
vient bien sur les sols maigres, surtout ceux de nature calcaire, ne craint ni
le froid, ni la sécheresse, mais réussit mieux quand le sol est frais, humecté.
Elle est excellente aussi dans les prairies aquatiques, dont elle améliore le
foin, en corrigeant, comme l'espèce précédente, par sa saveur astringente,
le mauvais effet des plantes trop aqueuses. Dans une terre fraîche et subs-
tantielle, elle est fort productive.

On la sème en mars ou en septembre, 'sur deux ou trois labours, en ré-
pandant 30 ou 40 kilog. de graines par hectare. Quand elle est semée au prin-
temps, elle peut être pâturée dès l'automne, et fournir un fourrage d'hiver
d'une certaine importance. Sur une terre calcaire et un peu fraîche, elle

-ocr page 235-

ROSACÉES. '219

repousse vite, drageonne beaucoup et peut donner, dans le cours de l'été
suivant, plusieurs coupes, deux au moins, que l'on fait manger en vert à
l'étable. Dans tous les cas, il convient de la faucher de bonne heure pour
prévenir l'endurcissement de ses tiges. En l'empêchant de fructifier, 011 peut
lui conserver plusieurs années ses propriétés fourragères, tout en la faisant
servir de pâturage pendant l'hiver.

Salubre et nutritive, la grande Pimprenelle est un bon aliment pour les
moutons, sur lesquels les substances astringentes exercent toujours une in-
fluence favorable. Elle est aussi fort du goût des lapins, à la nourriture des-
quels il est utile de l'ajouter quand on le peut. Ses feuilles sont également
employées comme assaisonnement dans la salade.

Genre ALCHEMILLE. — ALCHEM1LLA T.

Fleurs hermaphrodites, très petites; —calice à 4 divisions, muni d'un calicule soudé au tube,
à 4 divisions aussi; —
corolle nulle; — étamines 4 , très courtes, insérées sur le calice; — style
partant de la base du carpelle; — ovaire à 1.2 carpelles, devenant un fruit sec, ovale-aigu,
enfermé dans le tube induré du calice; —
feuilles palmatiséquées ; — stipules conniventes.

Ce genre comprend un petit nombre d'espèces herbacées ou sous-frutes-
centes, annuelles ou vivaces, dont trois au moins sont alimentaires.

ALCHEMILLE COMMUNE. — A. VULGAIUS L.

Noms vulgaires. — Pied-de-lion, Patte-de-lapin, Mantclet-des-dames, Porte-rosée, Soubeirette.

Fleurs nombreuses, petites, jaunâtres, eu corymbcs serrés terminaux. —Calice à dents pres-
que égalées par celles du calicule. — Feuilles réniformes , plissées de la base à la circonférence,
divisées profondément en 5,9 lobes orbiculaires, peu profonds, régulièrement dentés dans tout
leur pourtour ; les caulinaires presque sessiles, les radicales longuement pétiolées. — Tiges dres-
sées, velues. — Racine épaisse, ligneuse. — Taille de 2 à, 3 décimètres. — Vivace.

Cette espèce, assez commune, vient dans les prés, les pâturages, les lieux
frais et humides de la plaine, dans tout le nord de la France et de l'Europe.
On la trouve aussi sur les Alpes et les montagnes du centre de la France,
dont elle atteint presque les sommets. C'est une bonne plante de pâturage
et dont la présence indique toujours un terrain fertile; tous les bestiaux la
recherchent. Bonafous l'indique comme faisant partie des meilleures espèces
du pays de Gruyères, près de Fribourg. Elle repousse très vite quand elle a
été broutée, et vient abondamment si elle peut recevoir les eaux des fumiers
qui s'écoulent des chalets.

11 faut ranger près de cette plante : I'jI. pentaphylla L., espèce plus rare, se distinguant par
ses fleurs en double verticille, avec calicule à peine visible, ses feuilles à 5 lobes obovés, sa tige
ligneuse, et que l'on ne trouve guère que dans les pâturages humides des plus hauts sommets
des Alpes; puis 1'j4.
Pyrenaica L., caractérisée par ses feuilles à 7.9 lobes, et habitant les mêmes
lieux.

-ocr page 236-

'220 ROSACÉES.

Alchemille des Alpes, A. Alpina L.

Fleurs d'un vert jaunâtre, en petites grappes nombreuses, ramassées en corymbe allongé,
spieiforine. Calice à calicule très petit. Feuilles arrondies, non plissées, blanches, soyeuses en des-
sous, divisées profondément en 5.1) segments dentés au sommet. Tiges dressées. Vivace.

Espèce commune dans les pâturages des Alpes, des Pyrénées , dos hauts sommets de l'Au-
vergne, du Jura, des Vosges, et dans les montagnes du nord do l'Europe, où elle reste limitée à
la zone supérieure des sapins, et forme de larges gazons que les bestiaux 110 mangent que lors-
qu'ils sont pressés par la faim.

Alchemille des champs, A. arvensis Scop.

Petit pied-de-lion, Perce-pierre, Perce-pied, Aphane des champs.

Fleurs opposées aux feuilles, en glomérules serrées et embrassées par les deux stipules con-
niventos. Calice à calicule extrêmement court. Etamines, 1.2 fertiles, les autres avortées. Feuilles
non plissées, en éventail, divisées en 3 lobes cunéiformes segmentés. Tiges couchées, de 1 à 2 déci-
mètres. Annuelle.

Cette petite planto, fort commune dans les champs et les moissons de toute la France, sur-
tout dans les terrains sccs, sablonneux et caillouteux, est broutée avec plaisir par les moutons.

6e Tribu. — l^OMACÈES.

Ovaire à 2.5 carpelles. Calice adhérent à l'ovaire, se développant pour
former le fruit, dit mélonide, à péricarpe charnu, à endocarpe membraneux,
cartilagineux ou osseux, et couronné par les dents du calice. Etamines nom-
breuses.

Cette tribu, dont les botanistes modernes ont généralement fait une famille distincte, est for-
mée d'arbres et d'arbrisseaux très communs, répandus principalement dans les jardins et les
vergers, et comprenant, dans nos contrées, les genres :
Ne'flier, Mespilus L.; Alisier ou Auue'-
fine
, Cratxgus l.; Cotonnier , Cotoneaster DC.; Coignassier, Cydonia T.-, Poirier, l'y rus l. ;
Pommier, Malus t., et Amélanchier , Amelanchier Mœnch.

Comme les Amygdalées, les plantes de cette tribu contiennent dans toutes leurs parties du
tannin, auquel elles doivent dos propriétés toniques qui permettent de les employer aux mêmes
usages dans la médecine, les arts et l'industrie. Leurs troncs et leurs branches fournissent aussi
de la gomme du pays, et leurs fruits, doux et sucrés à la maturité, peuvent subir la fermentation
alcoolique et offrir parfois, ainsi que leurs feuilles, des ressources utiles pour l'alimentation des
animaux.

-ocr page 237-

Famille des ONAGRARIÉES Juss.

ROSACÉES T.

Fleurs hermaphrodites ; — calice à tube allongé et adhérent à l'ovaire,
limbe à 2.4 divisions; —
corolle à 2.4 pétales, rarement nulle; — ètamines
au nombre de 8.4.2, insérées au tube du calice avec la corolle, sur un dis-
que plus ou moins distinct; —
ovaire unique, inl'ère, à 2.4 loges multiovu-
lées ; —
style simple, à 2.4 stigmates libres ou soudés entre eux ; — fruit
charnu ou capsulaire, à 2.4 loges oligospermes, à un nombre égal de valves
portant les cloisons, quelquefois uniloculaire par avortement de celles-ci ;
— graines sans endosperme, à cotylédons foliacés ou charnus ; — feuilles
simples, opposées ou éparses ; — stipules nulles.

Cette famille, formée de végétaux herbacés, rarement frutescents, ne
renferme qu'un petit nombre de genres indigènes, comprenant des espèces
que l'on trouve spécialement dans les lieux humides et ombragés, et qui sont
parfois très communes dans les prairies. Les animaux les mangent, mais
elles n'ont pas d'importance comme fourragères. — Créée par Jussieu et
maintenue par De Candolle, la famille des Onagrariées a été démembrée par
les botanistes modernes, qui en ont formé un grand nombre d'autres familles,
dont plusieurs ne comprenant qu'un genre. Nous la conserverons telle qu'elle
a été établie primitivement, avec les genres dénommés dans le tableau qui
suit':

... , ,. 1 Tube brièvement prolongé,

lube du calice \ ,, . , 1 ° ,, „ _._»„„

, , -, ] Graines plumeuses..... Epilobiitm.

t-1 ■, i prolongé an-dessus < „. , , . , ,
Frmt \ de l'ovaire — 8 étam ) 1 ube lonSuement prolongé,
déhiscent ) "
f Graines nues......... Œkotiiera.

UNAÎiRAIUÉES. 221

Tube du calice non prolongé — 4 ètamines...... Iskardia.

i Fruit bilocul. — Cal. et corolle à 2 div. — 2 étam. Cikca3a.
' Fruit unilocul. — Cal. et corolle à 4 div. — 4 étam. Tbapa .

ONAGRARIÉES

Fruit
\ indéhiscent

Genre ÉPILOBE. — EPIL0B1UM L.

Fleurs roses, purpurines ou blanches, en grappes ou panicules terminales; — calice à tube
brièvement prolongé au-dessus de l'ovaire, avec limbe à 4 divisions caduques ; —
corolle à 4 pé-
tales; —
ètamines 8; — fruit capsulaire, grêle, très allongé, tétragone, à 4 logos polyspermes et
à 4 valves ; —
graines couronnées par une aigrette soyeuse.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, toutes herbacées ou
vivaces, propres à l'Europe, et généralement remarquables par l'abondance
de leurs lleurs. Sans emploi spécial, elles sont cependant, pour la plupart,
mangées par les animaux. Le tableau ci-après résume les caractères distinc-
tifs des principales espèces connues dans nos contrées :

-ocr page 238-

m

Fleurs dressées.
Feuilles caulinaires sessiles

Fleurs penchées.
Fouilles toutes pétiolées

sessiles

Feuilles
toutes pétiolées

spif.atcm

Lin.

kosmamnirolium Hœn.

IIlBSlITUM

1..

paeviflorusi

Stili'.

Montancm

1,

Lanccolatum

Scb.

Palustre

I,.

Virgatum

Fr.

Âlsinefolium

Vili.

Alpinum

L.

Roscum

Sdir.

Teiraganttm

1,.

Trigonum

Sdir.

onagrariees.
Pétales entiers — Étamines penchées.

Corolle irrégulière

Stigmates
libres

Genre
EEILOBIUM

I Corolle régulière. ]
Pétales bilobés.
Ktam. dressées

Espèces
i stolonifères

Stigmates
soudés

Épilobe a épi, E. spicatum Lm.

Petit laurier rose, faux Laurier, Laurier nain, Laurier de Saint-Antoine, Herbe de Saint-Antoine,
Antonin, Antonine, Nèriette, Osier fleuri.

Fleurs grandes, d'un rouge violacé, rarement blanches, en grappe allongée, spiciforme, feuil-
lée à la base, munie de bractées au sommet. Corolle irrégulière, à pétales obovés, les deux infé-
rieurs plus étroits. Feuilles longues, lancéolées, presque sessiles, non dentées, d'un vert blanchâtre
en dessous. Tige dressée, arrondie, très feuillée, glabre, souvent rougeâtre. Racines à souche
traçante. Taille de 5 à 15 décimètres.

Cette ospèco constitue une fort belle plante, commune dans toute l'Europe, et que l'on trouve
surtout abondamment dans lo nord de la France, d'où elle s'avance jusqu'au centre et au midi.
Elle habite les haies, les bois montagneux et peu feuillés. Les vaches, les moutons et les chèvres
en mangent les feuilles avec avidité, surtout quand elles sont jeunes. Dans quelques contrées du
Nord, les habitants utilisent comme comestibles ses racines, ses jeunes pousses et la moelle
des tiges. On en fait entrer aussi les feuilles dans la fabrication de la bière. Avec les aigrettes
dos semences, on prépare une sorte de ouate qu'on a inutilement tenté de filer. Enfin , on cultive
quelquefois l'Epilobe à épi comme plante d'ornement, bien que la facilité avec laquelle tracent ses
racines ne soit pas sans inconvénient dans les jardins.

Épilobe a feuilles de romarin, E. rosmarinifolium Hœnck. ;
E. angustifolhm Lm.

Fleurs grandes, roses ou blanchâtres, peu nombreuses, eu grappe courte, feuillée jusqu'au
sommet. Feuilles très rapprochées, souvent faseieulées aux nœuds, régulièrement linéaires. Taille
de 4 à 6 décimètres.

Vient dans l'Est et le Sud, le long des ruisseaux, des torrents et des sables de rivière. Elle
fournit, comme la précédente, un fourrage agréable aux bestiaux,

Épilobe velu, E. hirsutum L.

Nériette amplexicaule.

Fleurs purpurines, plus grandes et plus ouvertes que dans toutes les autres espèces du genre.
Pétales écliancrés en cœur. Feuilles opposées, amplexicaules, oblongues, dentées, les supérieu-
res alternes. Tiges dressées dès la baso, très rameuse, arrondie. Racine stolonifère. Taille de
10 à 15 décimètres.

Espèce fort commune le long des ruisseaux et des rivières , au bord des étangs , dans tous
les lieux ombragés et humides. Elle est consommée par tous les bestiaux. Quelquefois elle vient
avec tant d'abondance qu'on doit la couper, soit pour en faire du fourrage, soit pour l'employer
en litière ou comme combustible.

Épilobe a petites fleurs, E. parviflorum Schreb. ; E. molle Lm.

Fleurs petites, d'un violet pâle, en grappes feuillées. Feuilles lancéolées, pubescentes. Tige
dressée, arrondie. Racine non stolonifère. Taille de 5 à 10 décimètres.

Commune dans toute la France, cette plante vient surtout dans les lieux humides , au bord
des fossés, dans l'eau des marais et des étangs. Elle est mangée aussi par tous les bestiaux.

-ocr page 239-

ONAGRARIÉES. 2-23

Épilobe des montagnes, E. montanum L.

Nériette des montagnes.

Fleurs d'un pourpre pâle. Feuilles lancéolées, arrondies à la base, dentées; les radicales
dressées, presque imbriquées. Tige dressée. Taille de 2 h, 6 décimètres

Espèce commune dans toute la France, sur les hautes montagnes il l'ombre des grands arbres.
Tous les bestiaux la mangent.

Est voisin de cette espèce, l'£. lanceolatum Seb. et Maur., que caractérisent ses fleurs blan-
ches d'abord, puis d'un rose vif, ses feuilles radicales étalées, et sa taille ne dépassant point
2 à 5 décimètres. — Il vient dans les lieux arides , sur la lisière des bois, dans la presque tota-
lité de la France.

Épilobe des marais, E. palustre L.

Fleurs d'un pourpre pâle, quelquefois blanchâtres. Feuilles d'un vert opaque, lancéolées-
linéaires, les moyennes sessiles. Tige drossée, arrondie, velue au sommet. Taille de 3 à 6 déci-
mètres.

Cette plante, que l'on trouve dans les lieux, humides, les prairies tourbeuses de la plus grande
partie de la France, pourrait, vu ses qualités alimentaires, être employée à la nourriture duliétail,
et être semée, à cet effet, dans les prairies basses, bien que, par son abondance même, elle mérite
d'être rangée parfois au nombre des plantes nuisibles.

Les autres espèces du genre, très rapprochées des précédentes par leurs propriétés, n'offrent
entre elles que de faibles différences. Elles comprennent :

L'E. virgatum Fries, à lleurs purpurines, à tiges couchées et radicantes il la base, munies de
2.4 lignes saillantes, et que l'on rencontre dans les marais tourbeux de l'Est et du Nord.

L'E. alsinefolium Yill., E. origanifolium Lm., à fleurs grandes, peu nombreuses, à feuilles
luisantes, foncées, acuminées; à tige simple, couchée, puis redressée; d'une taille de 1 à 2 déci-
mètres ; venant au bord des ruisseaux et sur les montagnes élevées du Centre et de l'Est.

L'E. Alpinum L., à fleurs très petites, à feuilles d'un vert pâle, obtuses; à tige presque
filiforme, couchée, puis redressée et munie de 2 lignes saillantes et velues naissant des bords
du pétiole; d'une taille de 5 à 15 centimètres; plante des hautes montagnes de l'Est et des
Pyrénées.

L'E. roseum Schreb., à fleurs roses, petites; à feuilles obtuses; toutes longuement pétio-
lées; à tige dressée dès la base, avec 2.4 lignes saillantes, poilues; venant dans les lieux humi-
des, au bord des fossés et des ruisseaux.

L'E. tetragonum L., à feuilles luisantes, étroitement lancéolées, obtuses, les moyennes ses-
siles ; à tige dressée dès la base, avec 4 nervures saillantes; commune dans toute la France, et
croissant dans les lieux humides, au bord des marais et des fossés.

L'E. trigonum Schrank., ii fleurs assez grandes, à feuilles ternées ou quaternées, dentées, les
supérieures acuminées, sessiles; à tige dressée dès la base, et qui se trouve dans les pâturages
des escarpements de montagnes vers l'Est et le Centre.

Genre ONAGR fi ou OENOTHÈRfi. - ŒNOTIIERA L.

Fleurs jaunes, solitaires, axillaires, réunies en grappes terminales feuillées s'allongeant à la
maturité ; —
calice h, tube effilé, longuement prolongé au-dessus de l'ovaire, à 4 sépales réfléchis,
caducs ; —
corolle il 4 pétales ; — étamines 8 ; — style à 4 stigmates en croix ; — fruit eapsulaire,
coriace, oblong, à 4 valves et 4 loges renfermant quelques
graines, petites, anguleuses, nues ; —
feuilles éparses.

Genre renfermant plusieurs espèces, toutes exotiques, dont deux seule-
ment naturalisées dans nos contrées.

-ocr page 240-

ONAIrR ARI KES.

Onagre bisannuelle, Œ. biennis L.

Herbe-aux-ânes, Jambon de Saint-Antoine, J, des jardiniers.

Fleurs à pétales courts, en cœur renversé. Feuilles lancéolées, les radicales en rosette appli-
quée, profondément sinuées-dentées à leur base, sèches à la floraison ; les caulinaires éparses,
il
peine dentelées. Tige dressée, munie de poils tuberculeux à la base. Taille de <i à 15 décimètres.
Bisannuelle.

Cette espèce, originaire d'Amérique, d'où elle fut importée au commencement du dix-sep-
tième siècle, et aujourd'hui complètement naturalisée en Europe, est très commune aux bords des
rivières, dans les clairières des bois et les lieux sablonneux de presque toute la France. Elle
fleurit une grande partie de l'année ; mais ses fleurs ne durent que quelques heures. Les cochons
aiment beaucoup ses racines, qui ont un goût agréable, et que l'on mange même comme légume,
crues ou cuites, dans quelques parties de l'Allemagne. La plante, employée autrefois pour les
usages médicinaux, n'est plus maintenant utilisée que pour l'embellissement des jardins.

On connaît encore VOE. muricata L., plus l'are que l'espèce précédente, et s'en distinguant
par ses fleurs plus petites et ses feuilles étroites et aiguës ; elle vient sur le bords des rivières
du Centre, de l'Est et du Nord-est.

Genre ISNARDIE. — ISNARDFA L.

Fleurs petites, axillaires, solitaires; — calice à tube court, à 4 divisions; — corolle nulle;
— étamines 4 ; — style en tête ; — fruit capsulaire, couronné par les dents du calice, à 4 valves
et à 4 loges oligospermes ; —
graines nombrouses , jaunes , très petites ; — feuilles opposées,
épaisses, luisantes.

Une seule espèce indigène.

Isnardie des marais, I. palustris L.

Plante aquatique, radicante, de 1 à 3 décimètres. Vivace. = Vient dans les marais, les
ruisseaux, et se rencontre assez communément, surtout dans les prairies du Nord. Sans usages.

Genre CIRCÉE. — CÌRC/EA L.

Fleurs blanches ou rosées, petites, régulières, en grappe terminale lâche; — calice un peu
prolongé et brusquement contracté eu col au-dessus de l'ovaire, a 2 sépales caducs ; —
corolle
'il.2 pétales bifides, insérés sur un disque qui remplit la gorge du calice; — étamines 2 ; — ovaire
bilocnlaire ; — fruit sec, coriace, indéhiscent, hérissé de poils crochus, ii 2 loges monospermes;
— racine stolonifere.

CIRCÉE PARISIENNE. — C. LUTETIANA L.

Noms vulgaires. — IJerbe de Saint-Étienne, H. de Saint-Simon, H. aux sorciers. II. à la
magicienne, H. enchanteresse, Tierce, Circée pubescente.

Fleurs roses, en grappe effilée, dressée, sur des pédoncules réfléchis, non braotéolés. — Calice
velu. — Fruit en massue. — Feuilles assez grandes, d'un vert foncé en dessus, ovales, un peu

y 24

-ocr page 241-

ONOjRARIÉES.

cordées à la base, aiguës, dentées, à pétiole long, canaliculé. — Tige droite, velue, rameuse. —
Taille de 3 à 5 décimètres.

Commune dans les lieux frais, ombragés, dans les bois humides de pres-
que toute la France, parfois extrêmement abondante dans les forêts, la Cir-
cée, à laquelle on attribuait autrefois des propriétés surnaturelles, est regar-
dée encore comme nuisible par le préjugé populaire. C'est là une erreur,
attestée par le goût prononcé que les bestiaux , et surtout les moutons, ont
pour cette plante. Sa propriété de croître principalement à l'ombre peut
même, en certains cas, être utilisée pour regarnir des pacages stérilisés par
une mauvaise exposition.

Circée des Alpes, C. Alpina L.

Fleurs à pédoncules bractéolés. Calice glabre. Fruit allongé. Feuilles cordiformes, luisantes,
transparentes, à pétiole plane et ailé. Taille de 1 à 3 décimètres.

Cette petite espèce, que l'on rencontre communément dans les forêts humides des Vosges,
du Jura, des Alpes et des Pyrénées, est mangée aussi par les moutons.

Dans les mêmes lieux se montre le C. intermedia Ehrh., espèce tenant le milieu, par ses carac-
tères, entre les deux espèces précédentes, et que les moutons mangent de même.

Genre MACRE. — TRAPA L.

Fleurs blanches, isolées, axillaires; — calice à tube court, soudé avec la base de l'ovaire, il
4 divisions persistantes, s'accroissant après la floraison et devenant épineuses ; —
corolle h 4 pé-
tales ; —
étamines 4; — ovaire à 2 loges uniovulées; — fruit indéhiscent, ligneux, uniloculaire
et monosperme par avortement, muni latéralement de 4 grosses épines en croix formées par les
dents du calice; —
graine volumineuse, à cotylédons inégaux, farineux.

Comprend une seule espèce, entièrement aquatique.

Macre nageante, T. natans L.

Châtaigne d'eau, Marron d'eau, Truffe d'eau, Noix d'eau, Tribule aquatique, Cornue, Cornette,
Cornuelle, Corniole, Camoufle, Cornifle, Corniche, Echardon, Echarbot, Saligot, Galurin.

Feuilles, les unes submergées, pinnatitides, à segments capillaires; les antres flottantes, dis-
posées en rosette étalée au sommet de la tige, à limbe rhomboïdal, denté aux deux bords supé-
rieurs, porté par un long pétiole creux et renflé vers son milieu. Tige simple, naissant dans l'eau
et arrivant à sa surface. Annuelle.

Cette espèce, fort commune, vient dans les mares et les étangs, dans toutes les eaux sta-
gnantes mais non croupissantes. Les vaches mangent avec plaisir son feuillage flottant à la surface
des eaux ; dans les pays où elle abonde, on la tire de l'eau avec de longs râteaux pour la leur
donner fraîche comme fourrage. Le fruit, qui offre à peu près la couleur des châtaignes, est rem-
pli d'une pulpe blanche, farineuse, sucrée, et d'un goût assez agréable; il nourrit les oiseaux
aquatiques; on le mange aussi comme comestible, cru on cuit sous la cendre.

225

11

-ocr page 242-

lythrariées.

Famille des LYTHRARIÉES Juss.

ROSACÉES T.; DODÉCANDRIE L.; SALKAIRES ou SALICARIÉES Juss.

Fleurs hermaphrodites, régulières, purpurines ou rougeâtres, axillaires ;
— calice monosépale, non adhérent, à 8.12 dents sur 2 rangs; — corolle à
4.6 pétales insérés sur la gorge du calice ; —
ètamines en nombre égal ou
double à celui des pétales, insérées sur le tube du calice; —■
ovaire unique,
à plusieurs loges multiovulées, surmonté d'un style simple ; —
fruit capsu-
laire, membraneux, à 2 loges, à déhiscence irrégulière; —
graines sans
albumen ; —
feuilles simples, entières, sessiles, non stipulées.

Cette famille renferme des espèces la plupart exotiques et arborescen-
tes. Un petit nombre seulement, toutes herbacées, viennent dans nos con-
trées, où elles habitent les lieux humides. Elles sont comprises dans deux
genres.

Genre SALICAIRE. — LYTHRUM L.

Calice long, tubuleux, strié, à 8.12 dents, les internes plus courtes; — ètamines 8.12 insé-
rées plus bas que les pétales ; —
style filiforme, allongé; — capsule cylindrique on oblongue,
allongée, bivalve.

Ce genre renferme plusieurs espèces, douées de propriétés toniques,
qu'elles doivent à la présence du tannin. Les animaux ne les refusent point,
mais le développement qu'elles prennent parfois empêche de les considérer
comme de bonnes plantes d'herbages.

SALICAIRE COMMUNE. — L. SALICA RIA L.

nom vulgaire. — Lysimachie rouge.

Fleurs rouges, en fascicules bractéolés, rassemblés en un épi terminal, interrompu à la base.
— Calice à 12 dents, les externes en alêne. - Corolle
à pétales étroits, allongés. — Etami-
nes 12, dont (i plus courtes. — Feuilles opposées ou ternées, lancéolées, aiguës, en cœur à la
base, glabres. — Tige il 4.6. angles, dressée, raide, simple, rameuse au sommet. — Taille de
6 à 12 décimètres. — Vivace. — Fleurit il la fin de l'été.

Cette plante, assez abondante, se montre dans les lieux humides, dans
les prairies basses ou inondées, au bord des ruisseaux de la majeure partie
de la France, mais principalement dans les provinces méridionales. Elle aime
l'ombre et se plaît sous les saules, d'où le nom qu'elle a reçu. Elle est man-
gée par tous les bestiaux, mais principalement par les moutons, qui la
recherchent en vert et en sec, bien que ses grosses tiges quadrangulaires
donnent un foin très dur. Elle a été recommandée par V. Yvart, pour con-

226

-ocr page 243-

LYTHUARIÉES. 227

courir à former les prairies humides. Fleurissant tard elle nuit peu, d'ail-
leurs, aux prairies, car étant fauchée avant d'avoir durci, elle donne alors
un bon aliment qui peut, sans inconvénient, se mêler aux autres fourrages.
La Salicaire est encore employée dans les tanneries.

Salicaire a feuilles d'hysope, L. hyssopifolia L.

Fleurs petites, rosées, solitaires. Calice à 12 dents. Feuilles alternes, linéaires, allongées,
atténuées à la base. Taille de 1 à 3 décimètres. Annuelle.

Vient dans les lieux sablonneux et humides : fossés, bords des mares, champs submergés
pendant l'hiver, de presque toute la France. Elle est mangée aussi par les bestiaux,

Salicaire a feuilles de thym, L. Ihymifolia L.

Fleurs les plus petites du genre, solitaires, très rapprochées. Calice à 8 dents, les internes
à peine visibles. Corolle à 4 pétales. Feuilles épaisses, presque linéaires, les inférieures obtuses.
Taille de 5 à 10 centimètres. Annuelle.

Se montre dans les lieux humides de la région méditerranéenne. Les bestiaux la broutent
quand ses tiges ne sont point durcies.

Citons encore : le L. bibractcatum DC., à fleurs munies, au sommet du pédoncule, de 2 brac-
tées herbacées, à feuilles atténuées à la base, avec une tige très rameuse, de 1 à 2 décimètres,
annuelle, et venant dans les lieux incultes et humides de la région des oliviers ; — le
L. Grœf-
feri
Ten., se distinguant à ses feuilles presque en cœur à la base, à ses tiges couchées et radi-
cantes à la base; taille de 2 à 6 décimètres; elle est vivace et vient aussi dans les endroits
humides des provinces méridionales.

Genre PEPLIDE. — PEPIJS L.

Calice campanulé ou ovoïde, à 10.12 dents, les internes plus longues; — corolle à 5.0 péta-
les; —
étamines insérées avec les pétales ; — capsule presque globuleuse.

Comprend deux ou trois espèces, toutes annuelles, ne dépassant point
1 à 2 décimètres, et habitent les mares, les étangs et les lieux inondés.

Le Peplide pourpier, P. porlula L., qui vient dans les lieux inondés de toute la France ;
le
P. erecta Req., commun surtout dans les mares et étangs des provinces méridionales, sont les
espèces principales de ce genre. Sans importance dans l'économie du bétail.

-ocr page 244-

cucurbitaciies.

Famille des CUCURBITACÉES Juss.

CA Ml· A NUL A CÉES T.; MONOECIE et D10ECIE L. ; PÈ1UPÉTALIE Juss.

Tire son nom du genre Cucurbita Courge.

Fleurs en général unisexuées : monoïques, dioïques ou polygames, axil-
laires, régulières; —
calice monosépale, à tube globuleux, adhérent à l'ovaire
dans les Heurs femelles, à 5 divisions; —
corolle monopétale, jaune, blanche
ou rose, à 5 divisions, insérées sur le limbe du calice ; — dans les fleurs
mâles : 5
étamines triadelphes, 1 libre et les autres réunies 2 à 2, insérées à
la base de la corolle; à filets courts ; à anthères allongées, flexueuses, sou-
dées au tube; — dans les fleurs femelles :
style épais, court, à 3 divisions,
avec chacune un stigmate épais, bilobé;
ovaire infère à 3.5 carpelles, à un
nombre égal de loges, chacune divisée en 2 compartiments par une fausse
cloison verticale et allant de l'axe à la périphérie ; —
fruit charnu, dit pépo-
nide, à 3.5 loges, quelquefois uniloculaire par avortement des cloisons, et
plus ou moins volumineux ; —
graines nombreuses, horizontales, aplaties,
enveloppées d'un tissu mou ou pulpeux, à cotylédons plans, sans albumen ;
— feuilles alternes, pétiolées, simples, palmées, plus ou moins découpées
en 5 lobes, garnies de poils; —
stipules nulles; — tiges herbacées, grêles,
striées, rudes et velues, couchées ou grimpantes, quelquefois volubiles, mu-
nies de vrilles simples ou rameuses, naissant à côté des pétioles, avec
rameaux naissant entre les feuilles et les vrilles.

- Les Cucurbitacées constituent une famille très naturelle, comprenant
exclusivement des plantes herbacées, de grande taille et la plupart annuelles.
Presque toutes exotiques et originaires des pays chauds, ces plantes ont
néanmoins réussi, depuis longtemps, à s'acclimater dans nos contrées plus
froides, et plusieurs y sont cultivées en grand, pour leur fruit principale-
ment. Dans leur état naturel, elles renferment toutes un principe âcre, amer
et caustique, que la culture, en Europe, a fait disparaître, en même temps
qu'elle a donné aux fruits une saveur douce, sucrée, accompagnée sou-
vent d'un arôme agréable. Ces fruits se sont considérablement modifiés, en
outre, sous le rapport de leur aspect extérieur; ils ont atteint, dans certaines
espèces, un développement énorme, tout en affectant une variété infinie de
formes. Ils sont employés avec avantage dans l'alimentation de l'homme et
des animaux.

Toutes les Cucurbitacées qui n'ont point conservé leur principe âcre sont
propres à l'usage alimentaire. Dans ce cas se trouvent, uniquement, les
espèces exotiques et acclimatées. Ces plantes, crues, cuites ou sèches, cons-
tituent en Turquie, et dans diverses autres régions de l'Orient, l'une des
bases de l'alimentation du peuple. En France, bien que d'un usage moins
général, elles jouent cependant, comme espèces potagères, un rôle des plus
importants.

Elles n'offrent pas moins d'intérêt au point de vue de l'économie rurale,

-ocr page 245-

CUCUUBITACÉES. 220

par l'abondance des produits, propres à l'alimentation des bestiaux, qu'elles
peuvent fournir. Les espèces indigènes étant refusées par les animaux, ces
produits ne proviennent, de même, que des espèces exotiques acclimatées, et
encore, parmi celles-ci, un petit nombre seulement sont-elles spécialement
cultivées comme plantes fourragères; mais les fruits des unes et des autres
convenant également aux bestiaux, auxquels on peut, conséquemment, don-
ner tous ceux en excès ou de moins bonne qualité, ainsi que les débris non
consommés que ces fruits laissent en plus ou moins grande abondance,
l'agriculteur a intérêt à connaître toutes les espèces, au moins, qui ont été
l'objet de tentatives de culture.

Les Cucurbitacées ne sont pas seulement des plantes alimentaires. Quel-
ques espèces, qui ont conservé leur principe actif, comme la Bryone, la
Coloquinte, fournissent à la médecine des substances purgatives. De plus,
les semences des espèces cultivées, douces et mucilagineuses, peuvent être
employées comme émollientes. D'un grand nombre d'entre elles, on retire
une huile grasse, dite
huile de pépin, qui sert à la médecine et dans les arts.

Extrêmement modifiée par la culture, la famille des Cucurbitacées est
l'une de celles dont la subdivision a créé aux botanistes le plus d'embarras.
Les types primitifs, que séparaient seulement des différences peu tranchées,
ayant pour la plupart disparu sous les altérations diverses que les plantes
ont éprouvées, une extrême confusion s'est établie entre eux, et a fait naître
les plus grandes difficultés pour la distinction, soit des genres, soit des espè-
ces. Voici un tableau des genres, en assez petit nombre, que l'on admet
aujourd'hui, et dans lesquels peuvent être comprises l'ensemble des variétés,
de grande et de petite culture, aujourd'hui connues en France :

.... , ( Graines non écliancrées au sommet....................Cucurbita,

. Antheres en colonne. ]

p Graines à bords épaissis, f échai)cré au sommot..........................Lagenabu.

•ta I >
I

Π/,,,.. t , { Graines à bords épaissis. Benikcasa.

g y I H. monoïques et polygames,* 1

! Anthères \ femelles touj. solitaires / (jra;nes à bords amincis, Cucumis.

g f conniventes, /

o ' contournées en S ] Fl. monoïq., mai. et fem. réunies à l'aisselle des feuilles. Momobdica.

Fl. monoïques ou dioïques, en cymc.............. Bryonia.

Genre COURGE. — CUCURBITA L.

Fleurs monoïques, solitaires, jaunes, très grandes; — calice à divisions en alêne, campanulé
dans les fleurs mâles; rétréci supérieurement dans les fleurs femelles; —
étamines à anthères,
incurvées, soudées en colonne; —
ovaire à 3.5 loges multiovulées ; — fruit ordinairement très
volumineux, charnu, à écorce plus ou moins épaisse, dit
ptponide ; uniloculaire à la maturité; —

-ocr page 246-

•230 CUCURBITACÈES,

graines épaissies sur les bords; — feuilles largement pétiolées, cordées, à 5 lobes; — tiges cou-
chées, très rameuses, garnies de vrilles.

Les espèces de ce genre, toutes annuelles, et originaires des Indes, sont
aujourd'hui répandues partout. Venant des pays chauds, elles aiment toute-
fois la chaleur et l'humidité et ne croissent qu'en été. Faciles à multiplier par
graine ou par houture, elles sont cultivées pour leurs fruits, qui donnent des
produits en abondance. Les Courges ont pris ainsi une place importante dans
l'agriculture de l'Europe, et ont été notamment recommandées pour amélio-
rer l'agriculture du Midi, aucune culture, en effet, si l'on compare les frais
exposés avec les produits obtenus, n'étant plus économique. Le genre Courge
est d'ailleurs le seul de la famille qui renferme des espèces spécialement cul-
tivées pour le bétail, auquel ces plantes fournissent, non-seulement leurs
fruits, mais encore leurs graines, mucilagineuses, rafraîchissantes et oléagi-
neuses, plus leurs feuilles, toutes alimentaires quand elles sont jeunes. Quel-
ques-unes de ces espèces, par les formes bizarres et multipliées de leurs
fruits, sont cultivées en outre comme plantes d'ornement.

Les espèces du genre Courge, peu fixes et faciles à liybrider, ont subi,
plus qu'aucune autre de la môme famille, l'influence de la culture. Le fruit
surtout a été profondément modifié, dans la forme, le volume, la couleur,
qui offrent des variétés infinies; dans la composition et le goût, qui de sec
et amer est devenu plus ou moins aqueux et sucré. Cette multitude de for-
mes, que l'on peut augmenter encore en croisant les variétés entre elles, a
rendu leur distinction assez difficile pour que certains auteurs, renonçant à
les classer, aient trouvé plus simple de les grouper toutes ensemble sous la
dénomination générique de
Pépon polymorphe. Sans nous arrêter à cette
expression, qui ne fait que consacrer la confusion existante au lieu de la
faire cesser, nous nous bornerons, pour l'étude des innombrables variétés
du genre Courge, à les grouper en un petit nombre d'espèces, en ne consi-
dérant que celles le plus généralement admises.

Courge potiron, C. maxima Ducli.

Pédoncule très long, renflé, strié. Fruit d'un énorme volume, souvent très pesant, globu-
leux, oblong ou déprimé aux extrémités, quelquefois ombiliqué; à surface lisse, rarement verru-
queuse ou brodée, à chair ferme et fade. Graines blanches, lisses, ovales, gonflées, abords amincis.
Feuilles très amples, plus larges que longues, en cœur, à lobes arrondis et découpures peu pro-
fondes, Tigos très longues, étalées sur le sol.

Cette espèce, la plus répandue do la famille et depuis longtemps soumise à la culture, com-
prend plusieurs variétés, dont trois principales, offrant elles-mêmes un nombre indéterminé de
sous-variétés. Ce sont :

Le PoTinoN jaune ou commun, C M. potiro Ser., fruit le plus gros de tous, un peu déprimé,
jaune ou orange, il écorce lisse et luisante, quelquefois brodée ; creux à la maturité ; tiges très
longues, grimpantes, à vrilles entières, et couvrant par ses larges feuilles de grands espaces;
variété la plus commune.

Le gros Potiron vert, C. M. viridis Ser., fruit globuleux, très gros, d'un vert intense,
creux à la maturité; tiges grimpantes et très longues; variété moins rustique que la précédente,
mais de qualité supérieure.

Le petit Potiron vert, C. M. courgero Ser. (Courgeron), fruit petit, vert, ou jaune panaché
de vert, plein à la maturité ; tige dressée, naine, à nœuds très rapprochés ; vrilles avortées.

Le Potiron, cultivé dans presque toute la France pour la nourriture de l'homme, est récolté
principalement dans les jardins potagers, où on le soumet à quelques soins qui ont principalement
poùr objet de favoriser le développement des fruits. On fait germer les graines, en mars, sur cou-
che ou sous cloche, dans des pots remplis de terreau; puis, dans la première quinzaine de mai ,
on les porte en pleine terre, si le sol est bien préparé, ou bien dans de petites fosses de 4 à 5 dé-
cimètres de large sur 3 do profondeur, que l'on remplit de fumier et de terreau.

Quand la plante est suffisamment développée, on coupe la première tige au-dessus du 2» ou

-ocr page 247-

CUCUUBITACÉES. 220

du 3e œil pour qu'il se produise autant de bras. Le fruit noué, on arrête, à 2 ou 3 nœuds au-
dessus, la branche qui le porte. On laisse deux fruits, rarement trois sur un même pied; on n'en
laisse même qu'un si on veut l'obtenir très gros. Quelquefois on enterre los bras principaux sur
une grande partie de leur longueur ; des racines adventices se forment alors à l'aisselle des feuilles,
et apportent à la plante un surcroît de sève qui concourt h grossir le fruit.

Ce fruit, dont le poids atteint dans quelques circonstances 100 et 150 kilog., est rempli
d'une pulpe douce, sucrée et alimentaire, constituant, non-seulement pour l'homme, mais encore
pour le bétail, une excellente nourriture. Le Potiron jaune surtout est propre à cet usage. On le
cultive alors en plein champ, comme la Citrouille, à laquelle il peut être substitué; il est, dans
ce cas, soumis exactement aux mêmes soins de culture, tels qu'ils seront indiqués ci-après.

COURGE CITROUILLE. — C. PEPO L.

Noms vulgaires. — Citrouille à vaches, C. iroguoise, Courge de Saint-Jean, Giraumon, etc.

Pédoncule mince, à 5 fortes cannelures. — Fruit très volumineux , globuleux ou oblong,
lisse, jaune pâle, ou rouge avec des bandes vertes, souvent garni de cornes obtuses. — Graines
avec un bourrelet très prononcé sur les bords, aplaties, moins douces au toucher que celles du
C. maxima. — Feuilles cordées-obtuses, à 5 lobes, découpés et séparés par dos échancrures pro-
fondes. — Tiges couchées , courtes, à vrilles presque nulles. — Poils très rudes, presque épi-
neux.

Avec le Potiron, la Citrouille est, de toutes les plantes de la même famille,
celle qui offre le fruit le plus volumineux. Elle présente, comme les autres
espèces du genre, un assez grand nombre de variétés, parmi lesquelles 011
distingue principalement :

Le Giraumon jaune ou doré (Citrouille à vaches), constituant la variété la
plus généralement cultivée en grand ;

Les Gtraumons blancs, noirs, verts, etc., se distinguant par la couleur
et atteignant des grosseurs très variables;

Le Giraumon turban (Bonnet turc), à fruit comprimé, jaune ou verdâtre,
à couronne vert foncé ; chair plus ferme et plus sucrée que celle du Potiron ;

La Goubge melonnée ou musquée, cultivée sur de grandes superficies,
principalement dans le Midi ; les
Goubges diverses de Chypre, de Valpa-
baiso,
du Brésil, et d'autres encore, cultivées exceptionnellement comme
espèces fourragères :

La Courge d'Italie (Cougourzelle), la Courge a la moelle, le Courgeron
de Genève,
etc., qui se mangent avant la maturité.

Cultivée pour son fruit, dans les jardins potagers, la Citrouille, par les
différentes variétés qu'elle forme, constitue l'une des plus importantes espè-
ces, non-seulement du genre, mais de la famille tout entière. D'une culture
plus facile que le Potiron commun, les Courges sont souvent abandonnées à
leur développement naturel, et n'en donnent pas moins d'excellents produits,
mais que l'on peut toujours accroître par une culture soignée et une bonne
taille. Enfin, comme plante de grande culture, la Citrouille est préférable à
aucune autre de la même famille, étant presque seule, de toutes les Cucur-

-ocr page 248-

232 ClICURUITACfiES.

bitacées, qui, malgré son origine des pays tropicaux, ait assez de force de
constitution, pour croître et prospérer sous les diverses latitudes de la
France. Aussi, depuis quelques années surtout, a-t-elle commencé à être
cultivée très en grand, comme espèce fourragère, dans différentes localités,
notamment à l'Ouest, dans le Maine, l'Anjou, la Touraine, ainsi que dans les
vallées et les plaines fertiles de la Franche-Comté, où elle sert à la nourri-
ture des bestiaux que l'on élève dans ces pays.

Culture de la Citrouille.

Choix du terrain—Ensemencement —Soins de culture. —La Citrouille réus-
sit sur les terres à blé, à maïs, à sarrazin, à chanvre ; mais les sols sableux,
graveleux, légers et cependant substantiels, lui sont le plus favorables. Il
n'est point d'ailleurs nécessaire que le terrain soit nettoyé pour la recevoir.
La terre est disposée à plat, ou en sillons espacés d'environ 1 mètre, que l'on
recouvre d'engrais sur lequel on sème. Les engrais qui conviennent le mieux
pour cet usage, sont : le fumier éteint, les curages de trous à fumier, les
terreaux de basse-cour bien consommés, etc.

L'ensemencement a lieu à la fin d'avril ou au commencement de mai.
Un sillon étant tracé, puis l'engrais qui doit faciliter le développement de
la plante y étant répandu, on disperse les graines, à 8 ou 10 centimètres de
distance, si l'on veut plus tard éclaircir le plant; ou bien, ce qui est préfé-
rable et plus généralement pratiqué, on les dépose, en mettant plusieurs
graines ensemble, dans des fossettes préparées à cet effet. Suivant la qualité
du sol, les pieds sont diversement espacés, depuis 50 centimètres jusqu'à
2 mètres ; le plus souvent, on laisse entre eux un intervalle de 1 mètre en-
viron. Les graines une fois déposées, on les enterre en traçant à côté un
autre sillon, et ainsi de suite..

Quelquefois, au lieu de semer sur place, on fait germer la graine à
l'avance, dans le courant de mars, soit sur couche ou sous cloche, soit dans
des pots remplis de terreau, et on transplante en pleine terre à la fin d'avril.

Quand on a semé à la volée, dès que le plant a cinq ou six feuilles, on
l'éclaircit en laissant 1 mètre de distance entre les pieds restants. Si le semis
a été fait par paquets, on laisse à chacun un seul pied, le plus beau, et on
arrache les autres. Tous donneront des fruits d'autant plus gros qu'on aura
pu mettre une plus grande quantité de fumier dans le champ, et surtout au
pied de chaque plante, soit avant, soit après le semis.

Jusqu'au moment où le fruit se noue, le sol ne réclame d'autres soins
que le sarclage des parties du champ où l'herbe pousse trop abondamment.
Quand le fruit a atteint la grosseur d'une pomme, on laboure des deux côtés,
en laissant constamment le plant enterré jusqu'aux premières feuilles.

La Citrouille, ordinairement cultivée seule, est assez fréquemment mé-

-ocr page 249-

CUCUUBITACÉES. 220

langée sur le sol avec d'autres plantes. Ainsi, dans l'Est et le Sud-ouest, on
la sème souvent dans des champs qui portent du maïs, ou bien entre des
rangées de chanvre et de pomme de terre ; on espace alors les plants de
Citrouille à 2 ou 3 mètres, plus ou moins, suivant l'importance de la cul-
ture intercalée.

M. Lucien Georges a récemment fait connaître le procédé suivant de
culture, usité en Bretagne, et qui paraît avoir donné les résultats les plus
avantageux.

Ayant choisi, dans un terrain, malpropre et ombragé par des arbres si
on le veut, un carré de 10 mètres de côté, on commence, en février, par le
labourer et le bêcher profondément, en grosses mottes et sans le fumer. A la
fin d'avril ou au commencement de mai, par un beau temps, on étale à la
surface une couche de fumier consommé, que l'on mélange, avec la fourche
ou le boucard, avec la couche superficielle du sol.

Cela fait, pour semer, on prépare 25 pochets, dont 10 à chaque côté du
carré au midi et au nord, et à 1 mètre en retraite du bord, et 5 autres au
milieu du carré, à une distance double, c'est-à-dire à 2 mètres les uns des
autres. Tous sont remplis d'une pelletée ou deux de ce terreau de fumier
pourri qu'on trouve toujours dans la cour d'une ferme. On sème sur place
2 ou 3 graines que l'on enterre à 5 centimètres de profondeur, dans le ter-
reau du pochet, et dont plus tard on extrait un ou deux des plus faibles
plants, pour n'en garder qu'un seul vigoureux.

Quelquefois, on fait lever les graines à l'avance sur un tas de fumier, en
les mettant dans des coquilles d'oeufs ou bien dans un peu de terre de taupi-
nières de prairies, étalée à une épaisseur de 9 à 12 centimètres. Quand appa-
raissent les premières feuilles au-dessus des cotylédons, les plants, en
mottes, sont transportés en pleine terre. Dès que le végétal, semé ou planté,
a un peu grandi, on lui donne un binage et on applique un copieux paillis
de fumier de vache qui conserve la fraîcheur pendant toute la végétation.

Lorsque d'autres plantes, telles que la betterave, le sorgho, le maïs, le
chou cavalier, doivent être intercalées, on choisira, pour cette contre-planta-
tion, le moment de l'application du paillis, qui doit bien couvrir la terre.

Les soins à donner à la plante sont des plus simples. On laisse à chaque
pied un seul bras, celui du centre, qui du reste pousse toujours avec le plus de
vigueur. On coupe tous les bras latéraux, à mesure qu'ils paraissent, jusque
dans l'aisselle de la feuille, où ils s'attachent, sur la tige centrale. L'opération
répétée une fois tous les quinze jours suffit pour empêcher l'encombrement de
la plantation. On laisse faner sur le terrain ce qui est retranché; cela sert de
paillis. A mesure que l'on procède à cette taille, on dirige les tiges des deux
rangs du bord en les croisant au milieu de l'espace de 1 mètre qui les sépare,
en sorte qu'elles forment des cordons de branches couchées en travers sur
le sol, de 50 en 50 centimètres. Quant aux plants de la ligne du milieu, on
les dirige en travers des plants de la bordure, en alternant, une tige à droite

-ocr page 250-

CUCUUBITACÉES. 220

et l'autre à gauche. Quaud il y a un ou deux fruits de noués, on coupe la
tige une feuille ou deux au-delà du dernier fruit ; alors toute la sève se con-
centrant dans les fruits, les fait grossir avec une activité surprenante.

Les variétés que l'auteur conseille pour cultiver de la sorte, sont le gros
Potiron jaune
des maraîchers de Paris, quand il s'agit d'une culture res-
treinte, et pour la grande culture, le
Potiron vert d'Espagne, qui, bien que
moins volumineux que le précédent, donne plus de fruits sur chaque pied et
se conserve plus longtemps, quand il est récolté avec soin.

Récolte —Conservation—Produits. — La Citrouille mûrit, selon les saisons
et les années, du 1er octobre au 15 novembre. On reconnaît la maturité à la
couleur jaune du sommet, à sa queue qui se cerne un peu, au dessèchement,
de la branche qui la porte. On peut, quand on la voit dans cet état, la cueil-
lir de suite ; mais il est mieux de la laisser suer quelques jours dans les
champs, surtout si les gelées ne menacent point. Dans tous les cas, il ne faut
la récolter que bien mûre, en choisissant un beau temps.

Le fruit de la Citrouille, ne pouvant supporter le froid, doit être con-
servé dans un lieu sec, à l'abri de la gelée ; une température moyenne de
5° au-dessus de zéro est la meilleure pour l'empêcher de s'altérer. On le ren-
ferme dans des celliers, des hangars faciles à aérer, dans une cave sèche, ou
bien dans une étable, sur des tablettes ou des claies. Quelquefois on est dans
la nécessité de laisser ces fruits dehors ; on les préserve alors de la gelée en
les recouvrant de paille ou de chaume.

Les citrouilles, dans les circonstances ordinaires, se conservent ainsi
jusqu'en février et en mars. Les moins mûres sont exposées à pourrir vers
les environs de Noël. Pour n'en point perdre, on défait vers cette époque les
tas, on met de côté pour les employer d'abord les fruits qui se gâtent, et on
conserve les autres. M. Lucien Georges annonce que les fruits de la variété
cultivée à Rennes, lorsqu'ils sont récoltés bien mûrs, peuvent se conserver
line année entière, condition très avantageuse pour l'entretien, en toute sai-
son, des vaches laitières.

Le chiffre de la récolte varie suivant la qualité du sol, la distance des
semis, le mode de culture adopté. Les fruits, d'autant plus gros que les pieds
sont plus espacés, peuvent peser ainsi chacun de 8 à 10 kilog. et jusqu'à 25 et
30kilog., comme on en obtient en Franche-Comté. Dans cette même pro-
vince et dans la Sarthe, on arrive, avec des variétés peu perfectionnées et une
culture médiocrement soignée, à un rendement moyen de 60,000 kilog. à
l'hectare. A Grand-Jouan, on a obtenu plus de 100,000 kilog. sans l'applica-
tiond'une taille spéciale. Quelques particuliers, dans des cultures restreintes,
sont arrivés à un chiffre plus élevé encore. En suivant la méthode culturale
décrite par M. L. Georges, M. Dugré, dans les jardins de l'hospice de Ren-
nes, a obtenu, sur moins de 100 mètres carrés, 1,774 kilog., ce qui fait un
rendement proportionnel de 187,000 kilog. à l'hectare, sans compter une ré-
colte de betteraves intercalée.

-ocr page 251-

GUCURBITA.CÉES. 235

Valeur agricole et économique de la Citrouille.

Par l'abondance de ses produits, on peut apprécier l'importance qu'a
promptement acquise la Citrouille comme espèce fourragère, notamment
dans les contrées de l'Est et de l'Ouest, où elle s'est le plus répandue et
où elle rend de très grands services pour l'entretien du bétail. A cela doit
s'ajouter l'avantage qu'elle offre comme culture préparatoire et améliorante.
La Citrouille, en effet, par ses feuilles larges et nombreuses, qui, en même
temps qu'elles s'opposent à l'évaporation du sol, puisent abondamment dans
l'air, l'eau et les principes nutritifs qui doivent servir au développement du
végétal, enrichit plutôt la terre qu'elle ne lui emprunte ; c'est même une de
celles qui en la nettoyant le mieux l'épuisent le moins, ce qui en fait une
des plus propres à préparer les champs pour les semailles d'automne.

La Citrouille est encore précieuse par les graines qu'elle fournit et qui
servent à l'alimentation des bestiaux et aux usages médicaux ; cette graine
constitue l'une des quatre semences froides majeures. On en extrait encore
une huile rougeâtre, abondante, dite
huile de pépin. La graine, à cet effet,
après qu'elle a été extraite du fruit, est ramassée dans des paniers; puis,
après l'avoir triée, on la fait sécher dans des greniers bien aérés; quelque-
fois, pour en hâter la dessiccation, 011 la fait passer dans un four presque
refroidi. La graine sèche est mondée pendant les longues soirées d'hiver. A
cet effet, on l'humecte, au préalable, afin d'empêcher les cotylédons de se
briser. L'opération se fait, en déchirant, avec le pouce, le rebord prononcé
de la graine ; la partie centrale sort ensuite par la simple pression des doigts.
On la met alors sur des claies ou des toiles, quelquefois après l'avoir de
nouveau fait passer au four, pour achever la dessiccation.

Cette graine fournit de l'huile, soit à froid, quand 011 la destine à l'usage
alimentaire, soit à chaud quand on veut, ce qui est le plus ordinaire, avoir
de l'huile d'éclairage. La quantité, dans ce dernier cas, est toujours plus con-
sidérable.

Cent citrouilles donnent 6 à 8 boisseaux de graines, qui, après mondage
et dessiccation, se réduisent au quart. Il faut 2 kilog. et demi de ces dernières
pour produire 1 litre d'huile. Les résidus de cette opération ou tourteaux
sont donnés aux bestiaux.

On a obtenu encore de la Citrouille, du sucre ; ainsi, en Hongrie, où 011
a essayé d'en extraire ce produit, on en a retiré jusqu'à 4 et demi pour 100,
chiffre fort élevé et qui, si on l'obtenait régulièrement, rendrait le sucre
ainsi produit meilleur marché que celui de betteraves.

-ocr page 252-

CUCUUBITACÉES. 220

Emploi alimentaire de la Citrouille.

Depuis longtemps cultivée pour la nourriture de l'homme, qui l'emploie
de plusieurs manières, en pulpe ou en purée, quelquefois mêlée à la pâte des
céréales pour la préparation d'un pain d'assez bon goût, la Citrouille est uti-
lisée aussi pour l'alimentation des animaux. Mais ce n'est guère que depuis
le commencement de ce siècle qu'elle a reçu en France, sous ce dernier rap-
port, de grandes applications. On l'emploie pour nourrir les bestiaux de
toute espèce, principalement les bêtes à cornes, les porcs et les moutons,
qu'elle rafraîchit et maintient en bon état de chair. Elle donne aux vaches,
qui s'en montrent très avides, un lait abondant et de bonne qualité. Elle est
utile principalement, comme nourriture d'hiver, pour les animaux nourris
au régime sec ; elle les rafraîchit et prévient les irritations intestinales. On
prétend, ce qui est admissible, que les vaches qui s'en nourrissent sont
moins portées à recevoir le taureau. En Orient , on en fait manger aux
chevaux.

On donne aux bestiaux la citrouille crue ou cuite, seule ou mélangée.
Dans l'Est, elle est distribuée crue aux vaches; on évite seulement d'y lais-
ser la graine, qui, dit-on, est malsaine pour elles et nuit à la qualité du lait.
On se borne à la couper par tranches, en y mêlant un Liers de nourriture
sèche, des choux, du son, des feuilles d'orme ou des fourrages secs hachés.
La Citrouille est avantageuse encore pour l'entretien des jeunes élèves, aux-
quels on la fait manger, soit cuite avec du son, des choux verts et autres
plantes fourragères, soit, comme on le fait en Champagne pour obtenir un
engraissement rapide des veaux de ferme, en la mêlant au lait et aux bois-
sons farineuses.

Dans le Maine, l'Anjou, la Touraine, ainsi que dans le Doubs, où on
cultive la Citrouille en grand pour le porc, qui la mange avec plaisir, et à
l'entretien desquels elle est très favorable, on la soumet auparavant à la
cuisson, qui développe le principe sucré. On cuit alors l'écorce avec la pulpe,
et quelquefois même avec les graines quand on veut engraisser rapidement
les animaux. Dans la Lorraine et sur les bords du Rhin, où ce fruit cons-
titue une importante ressource pour l'élève des porcelets et cochons de lait,
on fait manger la Citrouille en purée, avec de la farine, soit aux truies prêtes
à mettre bas, soit aux petits avant de les vendre.

Aux moutons, on la donne crue après l'avoir divisée. Au moment de
distribuer la Citrouille, on la prépare d'ailleurs d'une manière différente pour
chaque espèce. On coupe d'abord le fruit en deux pour en extraire la graine ;
puis on en fait des morceaux, très petits pour les moutons, plus gros poul-
ies vaches, et on se borne à la briser pour les porcs.

Les poules aussi mangent la Citrouille; on leur abandonne tout ce que

-ocr page 253-

CUCURB1TACÉES. 237

laissent les bestiaux ; il ne faut pas, toutefois, qu'elles en prennent en excès,
car elles pourraient en être incommodées et périr.

La feuille, quoique peu nourrissante, donne, de son côté, un assez bon
fourrage d'été et d'automne, utile surtout quand la sécheresse rend les pâtu-
rages peu productifs. On la recueille avec les tiges, lorsqu'on pratique l'opé-
ration de la taille faite en vue d'activer le développement du fruit. Cette
récolte est surtout importante quand le fruit a atteint à peu près sa grosseur,
parce qu'alors il est utile de couper toutes les branches folles qui poussent, ù
deux ou trois nœuds au-dessus. On obtient ainsi des produits assez abondants
sans nuire à la récolte principale.

Courge Pastisson , C. melopepo L.

Bonnet d'électeur, Bonnet de prêtre, Artichaut de Jérusalem.

Fruit d'un volume moyen, irrégulier, plus ou moins resserré dans son milieu, sommet for-
mant un bourrelet circulaire, surmonté de trois saillies proéminentes. Feuilles finement denticu-
lées. Tiges croissant en touffes et ne courant pas sur terre.

Forme plusieurs variétés, se distinguant notamment par la couleur du fruit; les principales
sont :

Le Pastisson jaune, variant du jaune au blanc; le plus précoce;

Le Pastisson vert, le moins gros, à côtes peu marquées, à chair moins aqueuse ;

Le Pastisson panaché, à bandes vertes et jaunes ; le plus gros et très estimé.

Le fruit du Pastisson à chair jaune, très savoureux et très alimentaire, est l'objet d'une
grande consommation à Paris, o(i on le mange de plusieurs manières. Il peut mûrir en pleine
terre ; cet avantage, se joignant à celui qu'offre la plante de ne pas courir sur le sol, permettrait
de le cultiver en grand pour la nourriture du bétail.

Courge veriiuqueuse, C. verrucosa L.

Courge de Barbarie, Barberine, Barbaresyue sauvage, Giraumon long.

Fruit volumineux, allongé en concombre, il côtes verruqueuses, marbrées de jaune ou de

noir.

Cette espèce offre plusieurs variétés se distinguant surtout par la couleur du fruit, qui est
vert, jaune doré, gris, blanc ou noir, d'une teinte unie ou panachée. Sa chair, très délicate, est
alimentaire comme celle des précédentes espèces ; elle est fort répandue et vient partout ; elle
est souvent cultivée comme variété d'ornement.

Courge orangée, C. aurantia Willd.

Fruit offrant le volume et la couleur d'une orange.

Forme deux variétés principales :

La Fausse orange, C. A. orangina Ser. (Orangin, Orangine); fruit orangé, à pulpe fibreuse,
presque sèche ;

La Fausse coloquinte, C. A. colocynthoides Ser. (Coloquinelle); fruit varié, à pulpe sèche.

Ce fruit, très beau, très curieux, mais non amer et se conservant longtemps, se mange par-
fois, mais alors confit, avant son entier développement. C'est aussi une plante d'ornement.

Courge cougourdette , C. ovifera L.

Fausse poire.

Fruit ayant à peu près la forme et le volume d'une poire, d'un vert brun, marqué de ban-
des et mouchetures d'un blanc de lait.

Variable de grosseur, ce fruit, arrivé à maturité, est très beau et se conserve longtemps.
11 sert comme objet d'ornement; quand il est jeune, on le mange confit. Les feuilles jeunes aussi
se mangent cuites.

-ocr page 254-

cucurbitacées.

Genre CALEBASSE. — LAGENARIA Ser.

Fleurs monoïques, blanches, odorantes, solitaires, longuement pédonculées; — calice campa-
nulé, à tube très court,
k divisions en alêne; — étamines à anthères soudées en colonne; —
fruit en massue ou en bouteille, devenant coriace ; — graines épaissies sur les bords, échancrées
au sommet; —
feuilles molles-amples, entières, ondulées, un peu visqueuses, odorantes; — liges
grêles, longues, grimpantes, à vrilles rameuses, palmées.

Renferme une seule espèce cultivée dans nos contrées.

Calebasse ordinaire, L. vulgaris S.; Cucurbita lagenaria L.

Fleurs en fascicules étoilés. Fruit à chair blanche. Annuelle.

Les fruits de la Calebasse sont remarquables surtout par la dureté que leur enveloppe ac-
quiert, à la maturité, et qui permet de les transformer en vases propres à renfermer des liquides ;
ils affectent, d'ailleurs, des formes assez diverses, qui constituent autant de variétés distinc-
tes. On connaît ainsi :

La Calebasse gourde, L. V. gourda (Gourde des pèlerins') ; étranglée par le milieu et for-
mant deux ventres inégaux ;

La Cougourde, L. V. cougourda (Bouteille, Poire à poudre)·, ventrue inférieurement, k col
oblong ;

La Gourde plate, L. V. depressa; fruit globuleux et déprimé;

La Gourde massue, L. V. clavata (G. trompette, G. en croissant) ; fruit très allongé, renflé
à une extrémité comme une massue. On le coupe quelquefois, quand il a atteint son développe-
ment, en tranches minces que l'on fait sécher et que l'on mange comme les haricots ; variété
facile à multiplier.

Toutes ces variétés peuvent fournir une pulpe bonne h manger et des graines rafraîchis-
santes.

Genre BENINCASA. — BEN1NCASA Savi.

Fleurs monoïques et polygames, solitaires, jaunes ; — calice k dents courtes, larges, dentées;
— corolle à pétales ondulés ; — fruits recouverts d'une matière cireuse ; — graines à bords très
épaissis.

Le B. cerifera Savi, seule espèce du genre, a des fruits allongés, de la grosseur d'un concombre
moyen. Plus délicat que le Concombre, à chair plus légère, ce fruit autrefois cultivé, puis tombé
dans l'oubli, a été de nouveau mis en culture par les soins de la Société d'acclimatation. 11 donne
des produits abondants, et peut être, comme la Courge, cultivé en pleine terre.

Genre CONCOMBRE. — CUCUMIS L.

Fleurs monoïques ou polygames, assez grandes, jaunes, les femelles solitaires, les mâles sou-
vent fasciculées ; —
calice tubuleux, campauulé, à divisions courtes, en alêne; — étamines à
anthères conniventes, courbées en S; —
ovaire il 3 loges multiovulées ; — fruit charnu, à écorce
épaisse, variable de forme et de volume; —
graines nombreuses, ovales, ii bords amincis, logées
dans des cellules remplies de pulpe; —
feuilles k 3.5 lobes, denticulés; — tiges rampantes sur le
sol, rameuses, longues, munies de vrilles.

Comme celles du genre Courge, les espèces du genre Concombre sont ton-

238

-ocr page 255-

GUCURBITA.CÉES. 239

tes des plantes annuelles, exotiques, puis acclimatées, et qui, par la culture,
ont donné de nombreuses variétés.

Concombre cultivé, C. sativus L.

Fruit cylindrique oblong, arqué, rugueux, liérissé, devenant jaune, lisse et glabre, à 3 loges
distinctes. Feuilles à lobes aigus. Tiges sarmenteuses, hérissées.

Originaire des Indes et des parties méridionales de l'Afrique, le Concombre ost aujourd'hui
cultivé partout pour les fruits qui servent aux usages culinaires. On en distingue plusieurs
variétés :

Le Concombre vert, C. S. viridis Ser. (C. à cornichons); fruit très petit, d'un vert vil'et
qui paraît être le type primitif de l'espèce. Jeune et confit dans le vinaigre, il est employé comme
condiment sous le nom de
Cornichon. — Ce qu'on nomme le gros Concombre vert est le même
parvenu à maturité ;

Le Concombre jaune, C. S. flavus Ser.; fruit allongé, de moyenne grosseur, à chair d'un
blanc jaunâtre, fade, douceâtre et peu nutritive.
C'est la première variété qu'on ait possédée en
Europe ; elle forme deux sous-races, le
C. hâtif, né le siècle dernier dans les jardins de Versailles,
et le
C. de Russie, plus petit, plus grand et le plus précoce de tous. En France, on fait cuire les
concombres, excepté dans le Midi, où on les mange en salade avec d'autres Cucurbitacées ; dans
le nord de l'Europe, ils sont toujours mangés crus, en salade, ou mêlés à des viandes, à du pois-
son salé, etc. On en fait aussi des cornichons, usage auquel, en France, on réserve exclusivement
la variété précédente;

Le Concombre blanc, C. S. albus Ser.; fruit allongé, plus volumineux que le jaune, à chair
très blanche, très cultivé, pour les usages culinaires, aux environs de Paris. Au village de Bon-
neuil, on cultive, en plein champ, la variété dite
Concombre de Ronneuil, plus spécialement em-
ployée pour la fabrication de la pommade do Concombre ;

Le Concombre perroquet, C. S. variegatus Ser.; fruit jaune, mêlé de vert, très sapide;

Le Concombre a bouquet, C. S. fasligiatus Ser.; à fleurs et fruits se dressant au sommet.

Concombre melon, C. melo L.

Fleurs polygames ou hermaphrodites. Feuilles arrondies, anguleuses. Fruit marqué de
8.12 sillons, très gros, globuleux, à surface lisse on rugueuse. Feuilles à 5 lobes obtus, peu
distincts.

Originaire des régions tropicales de l'Asie, le Melon est connu depuis un temps immémorial
en Europe ; sa culture toutefois ne s'est généralement répandue que depuis le commencement de
ce siècle. Aujourd'hui, il est cultivé partout, pour son fruit, à chair blanche, jaune ou rougeâtre,
molle et succulente, d'une saveur sucrée et d'une odeur musquée, et des plus estimées pour la
nourriture de l'homme; il sert quelquefois aussi ii celle des animaux. 11 fournit encore ses grai-
nes, riches en mucilage et en huile grasse, et faisant partie des semences froides majeures.

Le Melon fournit un grand nombre de variétés que l'on range en trois races principales :

Le Melon brodé ou commun, C. M. reticulatus Ser.; fruit globuleux ou oblong, à écorce
couverte d'un réseau grisâtre, à chair généralement jaune, quelquefois verte. — Offre un grand
nombre de sous-variétés : le
M. maraîcher, à chair peu odorante; le M. sucrin de Tours; le SI. de
Honfleur;
le M. des Carmes, etc., à chair jaune; le M. Grammont ; le M. de Smyrne, etc., à chair
verte. C'est parmi les Melons de cette race, très productifs, et les plus rustiques de l'espèce, que
se trouvent les variétés cultivées, en pleine terre, dans les provinces du nord de la France ;

Le Melon cantaloup, C. M. cantalupo Ser.; fruit à écorce épaisse et verruqueuse, ou cou-
verte de protubérances de diverses formes, inégales, rugueuses, dites
gâles ; chair sucrée et mus-
quée.— Sous-variétés nombreuses, notamment : le
Cantaloup orange, d'un petit volume ; le C. hâtif
d'Allemagne,
de médiocre qualité; le C. prescott, à chair délicieuse; le C. boule de Siam; le C. de
Hollande,
tous aplatis ; le C. de Portugal, allongé et très gros, pesant jusqu'à 12 et 15 kilog. Ces
melons, dont la production est fort étendue, sont cultivés sur couche ;

Le Melon de Malte, C. M. Maltensis Ser.; fruit à écorce lisse et mince, à ehair ferme,
blanche, jaune, ronge ou verte, d'une saveur sucrée, et répandant un arôme léger et fugitif; sans

-ocr page 256-

CUCURBITACÉES.

vide intérieur et contenant ainsi, sous un moindre volume, une plus grande masse de matière
alimentaire. — Dans cette race se rangent les
M. d'Egypte, de Perse, de Chypre, d'Italie, de
Séville,
etc., ot notamment le M. de Malte d'hiver, qui se conserve beaucoup plus longtemps que
les autres variétés, et peut être consommé jusqu'en janvier.

Les Melons sont semés à deux fois, les plus précoces en janvier et février, les autres après
1·,,. fin mars et en avril, sur couche, sous châssis ou sous cloche, ordinairement dans des pots, que
l'on transporte au bout de quelques semaines on pleine terre, où l'on continue à entretenir autour
d'eux, au moyen de cloches, de châssis, et quelquefois de paillassons, la chaleur nécessaire à leur
développement. On taille successivement les tiges jusqu'à ce qu'il ne reste sur le plant que deux
ou trois fruits que l'on cueille il la fin de l'été.

Quand les melons sont en abondance, on peut avantageusement en utiliser une partie à l'en-
tretien du bétail, de vaches laitières notamment, auxquelles on fera bien de réserver, d'ailleurs,
en tout temps, les fruits de moins bonne qualité qui ne peuvent être servis sur table, et les écor-
ces des fruits dont la chair a été mangée.

Concombre serpent, C. flexuosus L.

Fruit sillonné et tortueux, atteignant 1 à 2 mètres de long, de couleur verte.

Ce fruit, curieux par sa forme et sa longueur, est cultivé comme le Concombre. Récolté
jeune, quand il est encore peu développé, il sert à faire des cornichons. Quand il est plus grand,
on le coupe par tranches et on le prépare de la même manière.

De cette espèce se rapprochent :

Le C. chale L, (Concombre d'Egypte), à fruit elliptique, atténué à la base, frileux. — Ori-
ginaire d'Egypte et d'Arabie.

Le C, Dudaim L. (C. de Perse), dont le fruit, vert et doré, a la forme d'une orange et exhale
un arôme délicieux.

Le C. prophetarum L. (C. des prophètes, Coloquinte d'Arabie), caractérisé par un fruit glo-
buleux, hérissé, et d'une saveur amère.

Le C. anguria L. (C. d'Amérique), dont le fruit, globuleux, hérissé et rempli d'un suc agréa-
ble, est cultivé surtout et avec un grand succès à la Jamaïque.

Concombre pastèque, C. citrullus L.

Fruit ovoïde, lisse, vert ou moucheté de blanc, à chair rougeâtre, verte ou blanche. Grai-
nes noires ou rouges, rudes au toucher. Feuilles à 5 lobes pinnatifides, larges, fermes. Tiges
grimpantes, à vrilles bifurquées.

Cette espèce donne un fruit d'une saveur sucrée, à chair plus aqueuse que celle du Melon,
et plutôt désaltérant que nourrissant. Il atteint parfois un assez grand volume, et forme aussi
plusieurs variétés, dont deux principales :

Le Melon d'eau, C. C. jace Ser.; à chair rougeâtre, très aqueuse;

La Pastèque, C. C. pasteca Ser.; à chair plus ferme, rouge ou blanche.

Ces variétés, qu'on trouve principalement dans le Midi, en Provence, en Espagne, en Afrique,
où l'élévation de la température surtout contribue à en faire un aliment agréable, sont cultivées
à peu près comme les melons, avec cette différence qu'une fois les tiges développées ou les laisse
croître librement sans retrancher aucun des fruits. La
Pastèque notamment offre un certain intérêt
comme plante de grande culture, dans les pays chauds, où sa pulpe, douce et sucrée et très ali-
mentaire pour les animaux, pourrait constituer un utile supplément de substance fourragère.

Concombre amer, C. colocyntllis L.

Coloquinte.

Fruit globuleux, du volume d'une orange, vert, puis jaune, à chair blanchâtre, très amère.
sèche et spongieuse à la maturité.

Ce fruit, célèbre autrefois par son amertume et ses propriétés purgatives très prononcées ,
est peu usité de nos jours. La plante est presque exclusivement cultivée dans «os jardins d'agré-
ment, où le fruit perd beaucoup des propriétés actives qu'il possède quand il a été recueilli sur les
plages sablonneuses et brûlantes de l'Egypte ot de l'Inde.

-ocr page 257-

GUCURBITA.CÉES. 241

Concombre a angles aigus, C. acutangulus L.

Popange, Papingaie de la Chine, P. du Sénégal, P. des Antilles.

Fruit du volume d'un petit concombre, à 10 angles tranchants, à chair blanche et aqueuse,
à graines noires.

Originaire de la Chine et de l'Inde, cette plante a été introduite en Europe, par Pallas, des
bords do la mer Noire, où des négociants brames l'avaient apportée de l'Inde. Son fruit, d'un goilt
délicieux, a joui d'une grande renommée, qu'il ne possède plus actuellement au même degré.

Genre MOMORDIQUE. — MOMOJWICA I,.

Fleurs monoïques, les mâles et les femelles groupées ensemble il l'aisselle des feuilles; —
calice à divisions linéaires, campanulé, il tube très court, dans les fleurs mâles; ovoïde, serré sur
l'ovaire dans les fleurs femelles; —
étamines h anthères courbées en S; — ovaire h 3 loges mul-
tiovulées; —
fruit bacciforme, uniloculaire.

Renferme un petit nombre d'espèces, dont une indigène.

Momordique élastique, M. elaterium L.; Elaterium cordifolium Mœnch.;

Ecballium elaterium Ricli.

Ecballion, Momordique piquante, Concombre sauvage, C. d'âne, C. d'attrape, C. vesceur,

C. gicleur, Giclet.

Fleurs jaune pâle, veinées, les mâles en grappe allongée, lâche, longuement pédonculée; les
femelles ordinairement solitaires. Fruit oblong, olivaire, long de 2 à 3 centimètres, vert-jaunâ-
tre, épineux, poilu , tombant à la maturité, et lançant au-deliors, par l'ouverture du pédoncule,
les graines et le liquide mucilagincux qui les entoure. Feuilles épaisses, rudes, velues, blanches
tomenteuses en dessous, fortement écliancrées en cœur à la base, irrégulièrement sinuées. Tiges
couchées en partie, mais non rampantes, courtes, se maintenant en touffe, sans vrille. Taille de
3 à 6 décimètres. Vivace.

Venant spontanément dans nos contrées, et commune dans les provinces méridionales,
notamment dans le Sud-ouest, cette espèce se montre surtout dans les lieux incultes , au milieu
des décombres et autour des habitations. C'est une plante amère, fétide, nauséabonde dans tou-
tes ses parties, le fruit plus que les feuilles, celles-ci plus que les racines. Elle jouit, en outre,
de propriétés diurétiques très prononcées, qu'elle doit en partie, sans doute, h la présence du
nitre qu'elle renferme, et qui est assez abondant pour que la plante, desséchée, fuse comme le
salpêtre sur les charbons ardents; ce même sel explique l'efficacité de la racine, quelquefois
employée en remède contre les hydropisies. On on prépare encore un extrait vendu sous le nom
d
'elaterium, qui purge avec violence, donne lieu ii des coliques, il des irritations intestinales ;
autrefois très recherché, ce produit est à peine en usage aujourd'hui. Les anciens utilisaient aussi
les propriétés énergiques de cette plante contre les bêtes nuisibles ; ils pilaient les feuilles et les
fruits et les mélangeaient avec de l'argile ou de la chaux pour en former un enduit que l'on éten-
dait, dans les greniers, et qui éloignait les rats, les insectes, etc. Son efficacité même, en ce cas,
permet de considérer la Momordique comme une plante nuisible, qu'il importe de ne pas laisser
s'introduire parmi les espèces fourragères.

Momordique lisse, M. balsamina L.

Balsamine, Pomme de merveille.

Fruit de couleur écarlate, oblong ou globuleux, anguleux, long de fi à 8 centimètres. Feuilles
palmées, glabres. Tiges grimpantes, crénelées, terminées par une vrille. Taille de C à 10 déci-
mètres.

Cette espèce, cultivée dans les jardins potagers d'agrément, fournit des fruits comestibles et
rafraîchissants, auxquels on attribuait autrefois des propriétés exceptionnelles et qui jouissaient
d'une grande faveur pour les usages médicinaux. A peu près sans emploi aujourd'hui.

16

-ocr page 258-

GUCURBITA.CÉES. 258

Momordique a feuilles de vigne, M. charantia L.

Fruits rouges, oblongs, courbés eu cornichons. Feuilles à 7 lobes, poilues. — Originaire de
l'Inde, cette plante est cultivée seulement dans les jardins.

Genre BRYONE. — BRYONIA L.

Fleurs monoïques ou dioïquos, en cymes axillaires; — calice campanulé dans les fleurs
mâles; globuleux, resserré en col sur l'ovaire dans les fleurs femelles; —
étamines h anthères
linéaires, courbées en S; —
ovaire à 3 loges biovulées ; — fruit bacciforme, petit, globuleux,
lisso ; —
feuilles rudes sur les deux faces, en cœur à la base, à 7 lobes incisés, le terminal aigu,
plus long; —
tiges flexibles, grimpantes, irrégulièrement volubiles.

Renferme un assez grand nombre d'espèces, dont deux seulement vien-
nent spontanément dans nos contrées.

Bryone dioïque, B. dioïca Jacq.

Vigne blanche, Navet du diable, Couleuvrée, Racine vierge, Tan me (Nord).

Fleurs dioïques, d'un jaune vordâtre, les mâles 2 ou 3 fois plus grandes et plus longuement
pédonculées que les femelles. Fruit rouge, à suc visqueux, contenant 5.(5 graines comprimées,
marbrées de noir. Tige grêle, rameuse, hérissée de poils courts, raides, insérés sur des glandes.
Racine très grosse, cylindrique, pivotante, rameuse, charnue. Taille de 2 à 3 mètres. Vivace.
Floraison durant tout l'été.

La Bryone, assez commune on France, vient dans les bois, sur les haies et les buissons. Par
ses jets nombreux, elle est propre à former des berceaux et des treillages. Ses racines froissées,
répandent une odeur nauséabonde. Mais elle est surtout intéressante par sa racine, d'une saveur
amère, vireuse, duo à la présence d'un principe âcre, très actif, la
bryonine, fort employé,
autrefois surtout, comme purgatif drastique pour combattre les hydropisies , les rhumatismes, etc.
Cette racine contient, en outre, une grande quantité de fécule, qui pourrait fournir de l'amidon.
Bien desséchée, lavée et pilée, la racine de Bryone perd ses propriétés actives et forme une
nourriture saine, utilisable pour les animaux comme pour l'homme. La plante est d'ailleurs facile
il multiplier, dans les haies, parmi les broussailles, où on pourrait la récolter tous les^deux ans.

Bryone blanche , B. alba L.

Fleurs monoïques. Fruit noir, globuleux. Feuilles ii 5 lobes. Vivace.

Vient dans les forêts de l'Europe, sur les haies, en Lorraine, dans les Pyrénées. Cette
espèce, dont l'existence spontanée en France a été contestée, est sans usages.

Citons pour terminer, parmi les espèces exotiques de la famille des
Cucurbitacées dont la culture a été essayée dans nos contrées :

Le Sycios angulatus L., fleurs monoïques, en corymbe; fruits ovoïdes, spineux; originaire
d'Amérique ;

Le Melothria pendula L., fleurs monoïques, solitaires; fruit ovale, globuleux, suspendu; ori-
ginaire aussi d'Amérique ;

Le Tricosanthes anguina L., fleurs mouoïques, en grappes, blanches; fruit oblong, cylindri-
que, terminé en un long bec, velu hispide ; originaire de la Chine et des Indes ;

Le Gronovia scandens L., fleurs hermaphrodites; étamines libres; fruit bacciforme, globu-
leux, monosperme ; originaire du Mexique.

-ocr page 259-

PORTUI. lOliES.

Famille des PORTULACÉES Juss.

Fleurs hermaphrodites; — calice soudé intérieurement à l'ovaire, à
2.3 divisions ; —
corolle à 4.6 pétales, insérés au tube du calice; — êlami-
nes
3.6 ou plus, insérées à la base de la corolle ; — ovaire unique, unilocu-
laire; —
style terminal à 3.5 divisions; — fruit capsulaire, uniloculaire,
polvsperine ; —
feuilles entières, simples, sans stipules.

Cette famille comprend un petit nombre de plantes annuelles, plus ou
moins charnues, et la plupart exotiques.

Genre POURPIER. — PORTULACA T.

Fleurs jaunes; — calice à 2 sépales caducs; — corolle ordinairement à 5 pétales inégaux ;
— capsule ovoïde, trigone, s'ouvrant cireulairement par un opercule;— graines noires, nombreu-
ses; —
feuillçs sessiles, charnues.

Genre renfermant plusieurs espèces, toutes exotiques, et dont une seule,
naturalisée, est cultivée en nos contrées.

Pourpier cultivé, P. oleracea L.

Tige couchée, rameuse, souvent rougeâtre. Taille de 1 à 3 décimètres.

Commune dans le midi do la France, cette espèce vient spontanément dans les jardins, dans
les vignes, au milieu des décombres. D'une nature douce et rafraîchissante, elle est cultivée dans
les jardins pour les usages culinaires et comme plante d'ornement. Elle est employée aussi comme
antiscorbutique, et ses tiges, ainsi que ses feuilles, pourraient sans inconvénient être données aux
animaux. Craignant beaucoup le froid, elle ne peut être semée qu'en avril ou mai.

Genre MONTI E. — MONTI A L.

Calice à 2.3 sépales persistants ; — corolle h 5 pétales inégaux; — étamines 3; — style
ii 3 divisions ; — capsule s'ouvrant en 3 valves et contenant 3 graines.

Le M. fontana L., unique espèce du genre, est une petite plante à Heurs blanches, de
5 à 10 centimètres, ii feuilles charnues et jaunâtres, que l'on trouve dans les champs humides et
sablonneux, au bord des ruisseaux.

Genre GLAYTONE. — CLA YTONJA L.

Calice à 2 sépales persistants; — corolle à 5 pétales: — êtamines 5; — style h 3 divisions;
— capsule h 3 valves contenant 3 graines ; — herbes glabres, succulentes.

Le C. perfoliata Donn., la seule espèce du genre cultivée dans nos contrées, est une plante
à petites fleurs blanches, de 3 à 4 décimètres, très rameuse. Originaire de Cuba, de Mexico, elle
fournit anx usages culinaires ses feuilles, que l'on emploie comme les épinards et l'oseille, et
quelquefois en place du Pourpier.

-ocr page 260-

cltassulacées.

Genre ULLUGO. — VLLUCVS Lozan.

Fleura 011 grappes blanches ; — calice à 2 sépales ; — corolle à 5 pétales ; — staminés 5 ; —
capsule uniloeulaire, il 1 graine; — racine tubéreuse.

Ulluco tubiîreux, U. tuberosus Loz.

Melloco.

Espèce unique (caractères du genre). ~ Plante originaire du Chili, où elle est cultivée pour
sa racine, tnueilaginense et comestible, et introduite en France, au mois de janvier 1048, comme
succédanée à la pomme de terre. Sa culture en grand, essayée pendant plusieurs années consécu-
tives, a été depuis abandonnée. Elle ne paraît pas dans nos climats, dit le
Bon Jardinier, donner
un produit assez considérable pour constituer une plante agricole, et ses fruits, d'un autre côté,
ne mûrissent pas assez pour devenir féculents ; ce qui fait qu'elle ne petit fournir des produits ni
pour l'homme, ni pour les animaux. Ajoutons que ne se développant bien que sous l'influence de
l'humidité de l'automne, ses semis de printemps ne sont pas plus avancés à l'entrée de l'hiver,
limite de sa végétation, que ceux faits dans l'arrière-saison.

Famille des CRASSULACÉES DC.

ROSACÉES T., PENTANDRIE et DECANDRIE L.; JOUBARBES Jus».

Fleurs hermaphrodites, rarement dioïques, régulières;·—calice persis-
tant, à 3.20 sépales plus ou moins soudés à la base; —
corolle à 3.20 pétales
insérés avec les étamines au fond du calice; —
ètamines en nombre égal ou
double de celui des pétales; —
ovaire libre, à 3.20 carpelles distincts, munis
à leur base d'écaillés glanduleuses, et surmontés d'autant de
styles simples,
persistants; —
fruit formé de capsules sèches, uniloculaires, s'ouvrant par
leur suture interne, et contenant chacune plusieurs
graines, très petites ; —
feuilles simples , entières , planes ou cylindriques , charnues-succulentes,
diversement disposées ; —
stipules nulles.

Famille entièrement composée de plantes herbacées, charnues, de petite
taille et croissant principalement au milieu des pierres, sur les rochers,
dans des lieux souvent inaccessibles; quelques espèces se montrent dans
les champs et les prairies des terres sèches; mais ne pouvant être cultivées,
elles ne sont qu'une faible ressource pour l'agriculteur, outre qu'elles
n'offrent aux bestiaux qu'une nourriture fade, médiocrement appétissante et
peu recherchée. — Voici le tableau des genres qu'elle comprend dans nos
contrées.

s

v ' '

-ocr page 261-

CRASSlîLACEES. '245

Fleurs
hermaphrodites

j

S \

&

m

CO
<1
es
O

Fleurs dioïques

Étamines ( Carpelles j Fleurs à 5 divis
Calice ] eu llombre égal < polysper. { Fleurs à 4 divis
lot corolle /à celui des pétales ( Carpelles dispern.es.....

à 3.5 div. gtamines eu nom),re double \ Pétales libres..

de celui des pétales ( Pétales soudés.

Calice et corolle à (5.20 divisions..................

— Calice et corolle à 4 divisions. — Étamines 8.....

Cbassula.
Bulliardia.

tlll.ea.
SliDtîM.
C
otylédon.
Sempervivcm.
Khodiola .


Genre CRASSULE. — CMSSULA L.

Fleurs blanches ou rosées; — calice à 4.5 divisions; — corolle à 4.5 pétales; — étamines 5;
— ovaire à 4.5 carpelles polysperines ; — feuilles éparses, presque cylindriques.

Espèces peu nombreuses, toutes annuelles et cle très petite taille.
Crassule rougeatre, C. rubans L.

Orpin rougedtre.

Fleurs sessiles en épis unilatéraux, rapprochés en corymbe au sommet des tiges. Ovaire à
carpelles divergents, longuement acuminés. Tige dressée, pubescente, glanduleuse. Plante rou-
geâtre dans toutes ses parties, haute de 5 à 10 décimètres.

Vient dans les terres sèches et pierreuses, sur les vieux murs, dans les cultures et los vignes
de toute la France. Ses feuilles étaient autrefois employées comme vulnéraires.

Le C. cœspitosa Cav., de moitié plus petit, fleurit en avril et vient sur les terres sèches du
Midi; — le
C. andegavensis DC., à fleurs en bouquets, à carpelles dressés, se montre particuliè-
rement sur les rochers schisteux de l'Ouest.

Genre BULLIARDIE. — BULL1ARD1A DC.

Fleurs roses, pédonculées, en cymes irrégulières; —: calice et corolle à 4 divisions; — éta-
mines
4 ; — ovaire à 4 carpelles polysperines; — feuilles opposées, connées, linéaires.

Le B. Vaillantii DC., TUlsea aquatica L., unique espèce du genre, est une plante annuelle,
de 2 à 0 centimètres, que l'on trouve dans les mares des terrains sablonneux de l'Ouest.

Genre TILLÉE. — TILLE A Mien.

Fleurs blanches, sessiles, solitaires, axillaires; — calice et corolle à 3.4 divisions; — étami-
nes
en même nombre; — ovaire à 3.4 carpelles, contenant 2 graines séparées par un étrangle-
ment ; —
feuilles opposées, connées, comme imbriquées, souvent rougeâtres.

Le T. muscosa L. (Tillée mousse, Mousse grasse), la seule espèce du genre, est une petite plante
de 2 à 6 centimètres, annuelle, qui croît dans les terrains pierreux et sablonneux , parmi les
vignes, dans les allées de parc, et assez communément dans les sables des Landes et de plusieur«
autres régions du Sud-ouest et du Centre.

Genre ORPIN. — SEDUM DC.

Fletirs jaunes, blanches ou rosées; — calice à 5.7 sépales; — corolle à 5.7 pétales libres;
— - étamines en nombre double; — ovaire à 5.7 carpelles: — Unes souvent de 2 sorte*, les iince

-ocr page 262-

246 ORASSUEACEES.

florifères, les autres stériles, celles-ci couvertes de feuilles imbriquées, ou disposées au sommet
en rosette terminale.

Ce genre, le plus nombreux de la famille, renferme des espèces annuel-
les, bisannuelles et vivaces, qui croissent sur les rochers et les vieux murs;
elles ne sont point toutes uniformément caractérisées par les botanistes. Voici
un tableau de celles de ces espèces les plus communes dans nos contrées :

Pétales
très étalés

Pétai, dressés

Pétales obtus. ,

Pétales aristés.

ges étalées. — Pétales obtus.

ACRE

!..

Sexangulare

L.

Bolonicnse

Lois.

A Ipestre

Vili.

llEFLEIUM

L.

Rupestre

L.

Elegant

Lej.

AIbescens

llaw.

Anopetalum

ne.

Altissimum

Poir.

Album

L.

Micranthum

Basi.

Hirsutum

Ali.

Anglic um

Uuds.

Dasypkyllnm

L.

Villosuji

L.

A nnuum

L.

Cemìa

1.

Stellatimi

L.

TELEPHIOM

L.

Fallarlii

Koch.

Maximum

Sul.

A nacarnpserot

!,.

Feuil. obtuses ) Pétales aigus, étalés. . . j
Caps, diverg. ] '

Pétales obtus, dressés..

Fleurs
jaunes

Etamines
Feuil. aiguës \ à filets
ou mucronées \ glabres
Cap. dressées

Etamines à filets poilus.,

Souche
vivace.
Tiges
florifères
annuelles i

Feuilles éparses |

I

Feuilles
étroites ou
globuleuses

^ Feui

Fleurs roses

( Feuilles opposées..........

Fleurs roses.
Fleurs jaunes.

ß

w

c/3

S

v.

a

e

Racine non vivace.............

Racine annuelle. — Fleurs roses ou purpurines

Feuilles
\ planes

tTig.dress.\ Flellrs purpurines.
) Pét. aigus

l Tiges

Souche vivace

Tiges florifères annuelles { ° ( Fleurs jaune-verdâtre. .

ORPIN ACRE. — S. ACHE L.

Noms vulgaires. — Orpin brûlant, Joubarbe acre, Vermiculaire, Pain d'oiseau,
Poivre de muraille, Marquel.

Fleurs jaunes, en 2,3 épis recourbés, insérés dans les bifurcations supérieures de la tige et
rapprochés en corymbe terminal. — Corolle il pétales linéaires, allongés, étalés. — Feuilles des
tiges florifères, alternes, obtuses, arrondies et prolongées à la base ; celles dos rameaux stériles
imbriquées, sur 2.3 rangs, toutes vertes d'abord, puis rougeâtres. — Tiges nombreuses, ram-
pantes à la base et relevées en touffe. — Taille de 6 à 12 centimètres. — Vivace.

Cette espèce, très acre dans toutes ses parties, est commune dans les
lieux pierreux et sablonneux exposés au soleil, sur les vieux murs; on la
rencontre aussi dans les pâturages secs et arides, où elle occupe le sol inu-
tilement et gâte le foin, par la difficulté qu'elle éprouve à se dessécher. Les
bestiaux, d'ailleurs, la rejettent, à l'exception des chèvres qui seules la brou-
tent quelquefois. Cette plante a été employée en médecine, à l'extérieur,
comme détersif, contre les plaies de mauvaise nature, et à l'intérieur comme
vermifuge, diurétique et vomitif.

Le S. sexangulare L.. à feuilles disposées sur H rangs sur les rameaux stérile«, et moins ficre,

(

-ocr page 263-

CRASSULACÉES. 247

— et le S. boloniense Lois., viennent dans les mêmes lieux ; — le S. alpestre VilL, est commun
sur les diverses montagnes de la France.

Orpin a fleurs réfléchies , S. reflexum L.

Fleurs jaunes en épis scorpioïdes bifurqués, rapprochés en corymbe penclié. Corolle à pétales
étalés. Fruit à capsules dressées. Feuilles linéaires, mucronées, prolongées en éperon à la base.
Taille de 2 à 4 décimètres. Vivace.

Vient dans les lieux sablonneux, les coteaux pierreux des basses montagnes; assoz recher-
ché des bestiaux et quelquefois mangé en salade.

Citons près de cette espèce : — le S. rupestre L., à sommités fleuries dressées, et se montrant
dans les mêmes lieux ; —le S.
elegans Lej., à fleurs très petites, d'un jaune vif, il feuilles pres-
que planes, étroitement imbriquées au sommet des rejets stériles, et commun dans les lieux
sablonneux du Centre et de l'Ouest; — le
S. albescens Haw., plante très petite, se rencontrant
à l'Ouest et au Midi; — le S.
anopetalum DC., à fleurs sessiles, en épis scorpioïdes très rappro-
chés, commun dans les lieux arides et pierreux de tout le Midi; — le S.
altissimum Poir., à
fleurs en épis fortement recourbés , s'élevant de 3 ii 5 décimètres, et venant sur les coteaux
arides, dans toute la région des oliviers, dans les Pyrénées et h, l'Est.

Orpin blanc, S. album L.

Petite Joubarbe, Trique-Madame.

Fleurs blanches ou rosées, en corymbe à rameaux dicliotomcs. Corolle à pétales étalés. Cap-
sules dressées. Feuilles éparses, oblongues ; celles des tiges stériles en rosette terminale. Taillo
de 2 à 3 décimètres.

Commune sur les rochers, les vieux murs, sur les toits de chaume, cette espèce est recher-
chée des bestiaux, et peut être donnée notamment aux chèvres. Dans certaines contrées, on la
cultive comme fourniture de salade.

Espèces voisines et offrant les mêmes propriétés : —le S. micranthum Bast., plus petite de
moitié dans toutes ses parties, et habitant les mêmes localités; — le S.
hirsutum Ail., à feuilles
hérissées, de petite taillo aussi, et venant dans les lieux secs et élevés de l'Est, du Centre et
de tout le Midi; — le S.
anglicum Iluds., à feuilles toutes imbriquées, même sur les tiges florifè-
res, et commun dans les Pyrénées et les lieux secs de l'Ouest; — le S.
dasyphyllum L., il fleurs
blanches, rayées de pourpre, à feuilles opposées sur les tiges florales, presque globuleuses et non
prolongées à la base, toute la plante souvent d'un beau bleu d'améthyste ; vient partout dans les
lieux humides et pierreux.

Orpin velu, S. villosum L.

Patte-de-lapin.

Fleurs roses, pédicellées, en corymbe irrégulier. Capsules dressées. Feuilles épaisses, obtuses,
pubescentes-glanduleuses, ainsi que toutes les autres parties de la plante. Taille de 5 à là centi-
mètres. Bisannuel.

Vient dans les lieux humides des montagnes de l'Est et des Pyrénées, où elle se mêle aux
autres plantes broutées par les troupeaux.

Le S. annuum L., espèce voisine, est annuelle; fleurs jaunes, unilatérales, eu épis scorpioï-
des, à capsules divergentes, feuilles linéaires. Habite les montagnes de l'Est, du Centre et du Midi

Orpin paniculé, S. cepsea L.

Orpin à fleurs d'oignon, Faux oignon.

Fleurs d'un blanc rosé, en grappes étalées sur toute la longueur de la tige et figurant ainsi
une étroite panicule. Corolle à pétales acuminés. Capsules dressées. Feuilles planes, entières,
spatnlées, étalées, opposées ou en verticille. Taille de 2 à 4 décimètres. Annuel.

Espèce commune sur les coteaux, le long des murs et des fossés, dans les lieux pierreux et
ombragés de toute la France.

-ocr page 264-

ciiassu la cé e s.

Espèce voisine, le S. stellutum L., à fleurs sessiles, en épis scorpioïdes, à capsules étalées en
étoile, à feuilles anguleuses, dentées, et venant dans le Midi et la Corse.

Oiipin télèphe, S. telephium L.

Orpin reprise, Joubarbe des vignes, Grassette, Fève grasse, Feuilles grasses, Herbe grasse, H. à h
coupure, H. des charpentiers, H. de Saint-Jean.

Fleurs rouges, blanches ou jaunâtres, en corymbe terminal serré. Corolle à pétales étalés,
recourbés, creusés au sommet. Feuilles planes, oblongues, épaisses, dentées on scie, opposées ou
ternées. Tige grosse, dressée, très feuillée. Taille de 3 à 8 décimètres. Vivaee.

Cette espèce, très variable d'aspect et fort commune, vient dans les lieux secs et rocailleux,
sur les pontes herbeuses des montagnes, dans les vignes et les buissons. C'est la seule du genre
qui fasse ordinairement partie des prairies, où les bêtes à cornes, ainsi que les cochons, la recher-
chent. Elle est aussi usitée en médecine, comme résolutive et vulnéraire.

S'en rapprochent : —le S. fabaria Koch., à fleurs purpurines, très commun dans les régions
élevées des Alpes, des Pyrénées, des Vosges, dos Monts-d'Auvergne ; — le S.
maximum Suter,
à fleurs d'un jaune verdâtre, à pétales en capuchon au sommet, à feuilles larges et embrassantes,
et habitant les montagnes de l'Est; — le
S. anacampseros L., à fleurs roses, en corymbe om~
belliforme, à pétales planes, obtus, à feuilles prolongées en coin à la base, celles des rameaux
stériles en rosette serrée ; plante de petite taille , venant dans les lieux secs des Pyrénées et des
Alpos du Dauphiné.

Genre COTYLÉDON. — COTYLEDON L.

Calice h 4.5 divisions; — corolle à 4.5 pétales soudés en tube; — étamines 10 soudées sur
la corolle; —
ovaire à 4.5 carpelles.

Cotylédon ombilic, C. umbUicus L.

Cotylet ombilic, Nombril de Vénus, Ecuelle, Coucoumèle.

Fleurs d'un jaune très pâle, verdâtre ou un peu rougeâtre, très nombreuses, en longues
grappes pédicellées Calice et corolle à 4 divisions. Ovaire à 4 carpelles. Feuilles presque toutes
radicales, arrondies, ombiliquées, concaves, épaisses, crénelées. Tige ordinairement simple, pres-
que sans feuilles. Racine tubéreuse. Taille de 2 à 5 décimètres. Vivaee.

Cetto plante, assez curieuse de forme, vient sur les murailles et les rochers du Midi, du
Centre et do l'Ouest, Peut être broutée sans inconvénient par les bestiaux. On en a conseillé
l'emploi contre les indurations des mamelles.

Le C. sedoïdes DC'., espèce voisine, à fleurs roses, sessiles, au nombre de 2.3 au sommet des
tiges, avec calice et corolle à 5 divisions, à feuilles nombreuses, imbriquées, et haute de 3 à
f> centimètres, est annuelle et habite les rochers des Pyrénées.

Genre JOUBARBE. — SEMPERVIVUM L.

Fleurs en épis scorpioïdes, réunis en corymbe terminal; — calice à 6.20 divisions; —
corolle il 6.20 pétales soudés à la base ; — étamines en nombre double, soudées à la base des
pétales ; —
ovaire à 6.20 carpelles polyspermes ; — feuilles planes, charnues, éparses sur les tiges
florifères, celles des rameaux stériles rapprochés en rosette au sommet.

Espèces en petit nombre, toutes charnues et vivaces.

•248

-ocr page 265-

rauxifraoées.

Joubarbe des toits, S. lectorwin L.

Grande Joubarbe, Artichaut de muraille, Artichaut bâtard.

Fleurs roses. Calice et corolle à 12 divisions, les unes et les autres étalées en étoile. Capsules
divergentes, avec un espace vide au centre. Feuilles acuminées, les inférieures glabres, celles
des rejets stériles, planes, charnues, pubescentes, glanduleuses, imbriquées au sommet en une
rosette arrondie imitant un petit artichaut. Taille de 2 à 5 décimètres.

Commune sur les vieux murs, les toits de chaume, cette espèce vient encore sur les rochers
du Jura, des Alpes et des Pyrénées. Douée de propriétés acres et astringentes, elle est repoussée
des bestiaux; on l'employait autrefois en médecine contre la fièvre et l'esquinancie ; elle sort
aussi comme plante d'ornement, pour garnir les chaumières et les rocailles.

Autres espèces indigènes et habitant les mêmes lieux : — le S. montanum L., il feuilles
cunéiformes, obtuses, et de taille petite; — le
S. arachnotdeum L., à rosettes recouvertes d'un
duvet blanc, épais, entremêlé de nombreux fils, comme des toiles d'araignées, d'une taille de
1 à 2 décimètres; — le S.
hirtum L., à fleurs jaunâtres avec sépales et pétales dressés, à car-
pelles dressés, contigus; plante glanduleuse, hérissée.

Genre RHODIOLE. - RH0D10LA L.

Fleurs dioïques, on corymbe serré , sur des rameaux verticillés ; calice à 1 divisions ; —
corolle à 4 pétales, souvent avortés dans les fleurs femelles ; — étamines 8 ; — ovairi à 4 car-
pelles polyspermes,

Le H. rosea L., espèce unique du genre, à fleurs jaunâtres ou purpurines, à feuilles éparsès,
très rapprochées, glabres, à racine tubéreuse, odorante, vivace, astringente, se montre au som-
met des Vosges, des Alpes et des Pyrénées.

Famille des SAXIFRAGÉES Juss.

Fleurs hermaphrodites, régulières; — calice h 5.4 divisions; — corolle
à 5 pétales libres, caducs, insérés sur un disque terminant le tube du calice;
— étamines 10.8; — ovaire libre ou soudé au calice ; — styles 2; — fruit cap-
sulaire, à 1 ou 2 loges contenant un grand nombre de
graines très petites, à
périsperme charnu; —
feuilles sans stipules, souvent bordées d'écaillés crus-
tacées ; les unes radicales, les autres caulinaires.

Famille composée d'un assez grand nombre de petites plantes, annuelles
ou vivaces, herbacées ou frutescentes, que l'on trouve principalement sur
les rochers élevés, jusqu'aux limites des glaciers. Quelques-unes cependant
croissent dans les plaines, dans les prés, les champs et les bois, et au bord
des eaux. Les bestiaux les mangent toutes, mais sans les rechercher ; elles
n'ont d'ailleurs, vu leurs petites dimensions, aucune importance économique.
Les espèces indigènes sont toutes comprises dans deux genres.

-ocr page 266-

SAX1FRAGÉES.

Genre SAXIFRAGE. — SAX1 FRAGA L.

Fleurs blanches, en cyine terminale plus ou moins irrégulière ; — calice et corolle à 5 divi-
sions j —
étamines 10; — capsule biloculairc, à 2 valves, couronnée par un double bec.

Ce genre, extrêmement nombreux et constituant presque à lui seul,
dans nos contrées, toute la famille, comprend des plantes de montagne qui
aiment cependant l'humidité et croissent de préférence sur les rochers om-
bragés, au pied des cascades, où elles ne peuvent guère être consommées
que par les moutons. — Le tableau ci-après résume les caractères distinctifs
principaux des espèces indigènes :

Ovaire libre. — Feuill. altern. à bords non cartilag. — Sép. libr.

Yivaces..

Sépales presque libres.
Rejets nuls

' Annuelles

Pétales à long onglet

Souche frutesc.

Tiges
feuill.

Sép.
obtus

Ovaire
adhér.

au
calice

Sépales
soudés.
Rejets
vivaces

Pétales
à onglet /
court
ou nul

/Fenili.,
altern, '

Souche

non
frutesc.

Sép.
aigus

Tiges floral, nues. — Ovaire libre. — Feuilles à bords non cartilagineux.

•x)
O

Ûj

Feuilles
à bords

non
cartilag. I

Feuilles érodées
aux bords

Feuilles à bords cartilagin.
Rejets vivac. — Sép. soud.

Feuilles lisses,
très entières

, Feuil. oppos.; bords cartilag. — Rej. viv. —Sép. soud.

Stellaris
Cuneifolia
Umbrasa
Uirsuta
Rotundifolia
Hirculus
A spera
( GRANULATA
\ Bulbifera
Tridactyutes
Petra'a
Geranioïdes
Pedali fida
Smith.
Nervosa L.

Pentadactyîis Lap,
Ascendali I-ap.
Ajugccfolia L.
Pubescens Pourr,
Grientandica L.

Will.
Lap.
Wulf.
L.
Lap.
L.
L.
Jacq.

T..
Bill.

Gouan.
Lapej.
Bell.

E-rarala
Intricala
Mu scoïdes
A ndrosaeea
Flenifalia
Scdoidcs
IlrPMOÏDES
A izonn
Cotylédon
Linynlata
Mutala
Media
Aretioides
Diapcnsoïdes
Cirsia

Yaldcnsis DC.
Oppasitifolia L,
infiora
 Ail.

Refusa Gouaii.


Saxifrage étoilée, S. stellaris L.

Fleurs petites. Corolle à pétales rétrécis aux deux extrémités, marqués, vers la base, de
deux taches jaunes. Ovaire libre. Feuilles toutes radicales, en rosette plus ou moins serrée,
obovées, dentées au sommet. Hampe de 10 à 25 centimètres. Vivace.

Commune dans les lieux humides des montagnes de toute la France, où elle est pâturée pnr
les troupeaux et les vaches.

-ocr page 267-

SA.XIIRAGÉES.

SAXIFRAGE GRANULÉE. — S. GRANUIATA L.

Noms vulgaikes. — Perce-pierre, Casse-pierre, Rompt-pierre, Saxifrage blanche,

Herbe à la grâvelle.

Fleurs iisse/. grandes, ii pédicelles courts. — Corolle à pétales obovés, longs, ii 3.5 nervures
vertes. — Ovaire adhérent au calice et dépassant le tube. — Feuilles un peu charnues, rénifor-
ines, crénelées, les radicales pétiolées, les caulinaires presque sessiles. — Tige dressée, simple,
pubescente, peu feuillée à la base et nue supérieurement. — Racine grenue, produisant de nom-
breuses bulbilles. — Taille de 2 à 5 décimètres. — Yivace.

Cette espèce est l'une des plus grandes et en même temps la plus com-
mune du genre. On la trouve partout , du midi de la France et de l'Italie
jusqu'au nord de l'Europe, dans toute la chaîne des Pyrénées et des Alpes,
ainsi que dans les montagnes du Centre ; elle vient principalement sur les
coteaux secs, au milieu des gazons montueux, dans les prés et endroits dé-
couverts des hois sablonneux, où tous les bestiaux la mangent quand ils la
rencontrent. Fleurissant de bonne heure, elle n'entre que pour une très fai-
ble part dans la composition du foin. Ses bulbilles sont diurétiques, mais
inusités.

Saxifrage des murailles, S. tridactylitcs L.

Fleurs petites, à pédicelles longs, munis de 2 bractées filiformes, fructifères. Fouilles radi-
cales spatulées, trifides. Taille de 5 à 15 centimètres. Annuelle. Floraison en mars et avril.

Cette petite plante, très précoce et assez commune, vient dans les champs sablonneux, sur
les rochers et les vieux murs de toute la France; apéritive et diurétique; sans importance.

Saxifrage hypnoïde, S. hypnoïdes L,

Fleurs it pétales marqués de 3 nervures verdâtres. Feuilles à 3.5 lobes, les caulinaires
munies de bourgeons aigus aux aisselles. Taille de 1 à 2 décimètres. Yivace.

Commune dans les Pyrénées, les Alpes et les montagnes de l'Auvergne, où elle forme de
larges gazons que les troupeaux pâturent quand elle est jeune et qu'ils négligent plus tard.

A côté de ces espèces principales croissent en même temps, mais en moindre abondance,
sur les pelouses des montagnes, à des hauteurs diverses, les autres Saxifrages; elles possèdent
toutes les mêmes propriétés, et les bestiaux les mangent également sans les rechercher.

Genre DORINE. — CHRYSOSPLEN1UM L.

Fleurs jaunâtres, en cyme terminale, entourée de feuilles en rosette ; — calice à 4 divisions,
rarement à 5, dont 2 plus petites ; à tube soudé à l'ovaire; —
corolle nulle ; — étamincs 8.10 ;
— capsule uniloculaire, ;ï 2 valves planes; — feuilles presque orbiculaires, crénelées, épaisses.

Genre peu nombreux, comprenant des plantes vivaces et herbacées.
Dorine a feuilles alternes, C. altemifolium L.

Saxifrage dorée, Cresson doré, Cresson de rocher, Hépatique dorée, Herbe à l'archamboucher.

Feuilles radicales longuement pétiolées, à base fortement échancrée; les caulinaires alternes.
Tige dressée, à 3 angles. Plante d'un vert très pâle, de 1 à 2 décimètres.

Yient dans les bois et les lieux humides des montagnes, au bord des ruisseaux de tout le
nord de l'Europe, où elle fleurit de bonne heure. Est mangée par les bestiaux comme les Saxifrage?.

Le C. oppositifolium L. (Hépatique des marais), à feuilles toutes opposées, les radicales briè-
vement pétiolées, i\ tige radicante à la base et à 4 angles, vient dans les mêmes lieux.

-ocr page 268-

0.MBKLL1FKHES.

Famille cles QMBELLIFÈRES T.

t'ENTANDRIE WGYNIE L.

Fleurs hermaphrodites, rarement polygames ou dioïques par avorte-
ment, très petites, jaunes, verdâtres ou blanches, quelquefois roses, rarement
en tète ou en verticille, ordinairement portées sur des pédoncules uniflores,
réunis en plus ou moins grand nombre et allant en divergeant, de manière
à former une ombelle simple (<
ombellule); ordinairement, plusieurs de ces
ombellules, placées au sommet de nouveaux pédoncules, partant aussi d'un
même point et arrivant au même nivoau, forment une nouvelle ombelle,
plus grande (
ombelle composée)·, chaque ombelle, à la base, est munie de
bractées, formant : un
involucelleh la base des ombellules et un involucre à la
base des ombelles composées ; —
calice très petit, tubuleux, entier ou à 5 di-
visions, à tube soudé à l'ovaire ; —
corolle insérée à la gorge du calice,
à 5 pétales libres, caducs, entiers ou bifides, souvent inégaux, dressés ou
infléchis, ordinairement plus développés vers les bords de l'ombelle ; —
éta-
mines
5, insérées avec les pétales et alternant; — ovaire à2 loges, uniovulées,
surmonté d'un disque glanduleux bilobé, qui en recouvre tout le sommet; —
style 2, terminaux, courts, soudés à la base, divergents;

Fruit sec, souvent couronné par les dents persistantes du calice, formé
de 2 carpelles ou
akènes, monospermes et indéhiscents, chacun adhérent à
une moitié du calice, avec 3 dents d'un côté et, 2 de l'autre ; ces deux akènes
réunis par leur face interne (
commissure), se séparent, à la maturité, de
la base au sommet, mais en restant suspendus par le haut à un axe central
filiforme (
columelle ou carpophore), simple ou bifide, libre ou soudé aux akè-
nes; ceux-ci, très irréguliers à leur surface extérieure, sont ordinairement
munis, chacun, sur le dos, de 5 côtes saillantes, dont 1 dorsale, 2 marginales
et 2 intermédiaires; ces côtes
(cotes primaires), plus ou moins entières, en ailes
membraneuses ou épineuses, résultent, alternativement, du développement
de la nervure moyenne et des sutures des sépales ; quelquefois sont au nom-
bre de 9, par l'existence, entre les premières, de 4 autres côtes
(côtes secon-
daires),
résultant du développement des nervures latérales des sépales; les
côtes primaires séparées par 4 espaces (·
vallécules), en nombre double quand
il y a des côtes secondaires; fruit offrant, dans l'épaisseur du péricarpe, des
canaux résinifères qui dessinent, à l'extérieur, des lignes ordinairement
colorées, longitudinales
(bandelettes), .placées au niveau des vallécules, rare-
ment sous les côtes primaires ; —
graine soudée au péricarpe, rarement libre
et suspendue, avec la face correspondant à la commissure, le plus souvent
plane, quelquefois incurvée longitudinalement ou transversalement; albu-
men épais, cornu ;

Feuilles alternes, à pétiole dilaté et engainant à la base, le plus souvent
décomposées et sur-décomposées, à segments capillaires, linéaires, oblongs,
ovales, ou suborbiculaires, le plus souvent sessiles, sans stipules; —
tiges
rameuses, striées ou cannelées, souvent fistuleuses, ou remplies d'une
moelle abondante. — Plantes généralement herbacées, rarement sous-fru-
tescentes, et de moyennes dimensions.

Cette famille, extrêmement naturelle, et que l'on trouve uniformément
maintenue dans toutes·les classifications artificielles et naturelles, est sur-

252

-ocr page 269-

O.MBKLLIFÈitliS, 253

tout remarquable par l'unité d'inflorescence des plantes qui la composent, et
à laquelle elle doit le nom qu'elle a reçu. Ces plantes n'ont pas moins de
ressemblance entre elles par leur port et la plupart de leurs caractères géné-
raux. Presque toutes renferment un principe actif, doué de propriétés varia-
bles, plus ou moins prononcées et que partage la plante elle-même. Ce prin-
cipe, qui varie suivant les espèces, donne parfois à la plante une odeur
aromatique, une saveur chaude et des propriétés excitantes; il est constitué
alors par une matière résineuse, résidant principalement dans la racine, ou
bien par une huile essentielle abondante, qui siège aussi parfois dans la
racine, mais s'accumule ordinairement dans les canaux résinifères des fruits,
auxquels cette huile communique une grande activité. D'autres fois il donne
à la plante une odeur vireuse et des propriétés vénéneuses plus ou moins
énergiques; il a pour base, dans ce cas, des alcaloïdes, que l'on trouve
répandus dans toutes les parties du végétal. Dans certaines espèces, le prin-
cipe actif est un poison violent ; dans quelques autres, c'est une sorte de
matière extractive, amère et narcotique, que l'on peut retirer comme un suc
propre, de l'écorce et des feuilles notamment, et qui constitue ces gommes-
résines (assa-fœtida, galbanum, gomme-ammoniaque, opoponax, sagape-
num) utilement employées en médecine comme excitants antispasmodiques.

Ces propriétés des Ombellifères se modifient sous l'influence du climat
et de la température. Ainsi les espèces des climats chauds qui croissent à
l'air et au soleil, contiennent toujours une plus forte proportion d'huile
essentielle, et sont par cela même plus aromatiques, plus excitantes; tandis
que celles qui viennent dans les lieux bas et humides, plus ou moins inon-
dés, renferment surtout en excès le principe extractif et possèdent presque
toutes des propriétés vénéneuses prononcées. Ces propriétés peuvent être
atténuées par la culture, sous l'influence de laquelle, dans certaines espèces,
le principe aromatique s'unit même à des matières sucrées et mucilagineu-
ses, et donne lieu ainsi à la formation de substances alimentaires qu'on
utilise pour l'homme et pour les animaux.

Répandues sur toute la surface du globe, les Ombellifères dominent
cependant dans les régions tempérées, en Europe, où viennent naturelle-
ment la plupart des espèces dont se compose cette famille. Un grand nombre
se montrent spontanément dans les champs et les pâturages; plusieurs
même se mêlent en très grande quantité à l'herbe des prairies, et entrent
ainsi dans la composition de la nourriture des bestiaux. Elles exercent alors
une influence qui varie suivant la nature des lieux qu'elles habitent; ainsi,
tandis que celles qui croissent dans les terrains marécageux ont une action
nuisible, celles qui végètent dans les lieux secs, arides, sur les coteaux
découverts, agissent, au contraire, favorablement sur les animaux ; alimen-
taires par elles-mêmes, elles contribuent, en outre, à rendre le fourrage aro-
matique, tonique et excitant. Ces plantes, pour produire ces derniers effets,
doivent être employées en vert. Elles se dessèchent, il est vrai, assez facile-

-ocr page 270-

ZO'i OMltELUFKIiES.

ment, et peuvent, une fois sèches, se mêler au foin sans inconvénient ; mais
perdant alors leur principe aromatique, elles n'offrent plus aucun avantage,
et celles qui sont de grande taille, avec une tige épaisse, deviennent au con-
traire nuisibles à cause de leur dureté.

En raison même de l'extrême ressemblance qu'elles offrent entre elles,
les Ombellifères ont toujours été difficiles à classer méthodiquement. Le
fruit seul présente, d'une espèce à l'autre, des différences assez sensibles,
pour permettre d'établir, entre les espèces, une démarcation caractéristique.
Aussi a-t-il servi de base, conjointement avec le mode d'inflorescence, aux
classifications aujourd'hui en usage, et dans lesquelles la famille se trouve
divisée en plusieurs tribus, comprenant chacune un plus ou moins grand
nombre de genres. Voici un tableau de ces tribus, s'éloignant peu du cadre
adopté par la plupart des auteurs.

Fr. garni d'aiguillons.

Akène
à 9 côtes
saillantes

Ombelles
composées.
Fruit

Gr. plane à la commissure

Fr, comprimé par le dos ) „ .„

r 1 ( Fr. sans aiguillons. .

Graine creusée en long à la commissure.

Fruit comprimé par le côté...............

Graine creusée en travers à la commissure.

Fruit globuleux........................

Akènes séparés

Fruit comprimé
par le dos.

4 ailes. .....
Akènes soudés.
2 ailes......
Peucédanées.

[bandelettes

••A

Amminées.

Séselinées.

Scandicinées.

Smyrnées.

Hydrocotylées,

Eryngiées.

Fruit comprimé par le côté......

Fr. non comp., à section orbiculair.
Fr. attén. ou term. en bec.
Fruit enflé, non atténué, ,

«
fa

W
CQ

i Fruit à 5 côtes saillantes.....

! Fruit sans côtes, à écailles et

aiguillons.

Gr. plane
il la
l commissure

Akène
à 5 côtes
saillantes

Gr. creusée on long \
ii la commissure I

Ombelles simples. Bandelettes nulles.
Graine plane à la commissure.

Ire TrIT>u. — DAUCIN1ÎES.

Ombelles composées. Fruit comprimé par le dos. Akène à 9 côtes sail-
lantes, les 5 primaires peu développées, filiformes, hérissées de soies courtes,
les 4 secondaires plus saillantes armées d'aiguillons. Une bandelette sous
chaque côte secondaire. Columelle libre, simple ou bifide. Graine à face com-
missurale plane. — Deux genres seulement, dans nos contrées, composent
cette tribu.

Î Côtes secondaires à aiguillons sur un seul rang............... Dauctts.

.

Côtes secondaires il aiguillons sur 2.3 rangs................ Orlaya,

Daucinées.

Thapsiées.

Caucalinées.

Coriaudrées.

Angélicées.

-ocr page 271-

UilBELLlFEHES. 255

Genre CAROTTE. ~ DAUCUS L.

Fleurs blanches ou rougeâtres, rarement jaunâtres ; — calice il 5 (lents ; — corolle à pétales
obovés, cordiformes, marginés, la pointe fléchie en dessus, plus grands dans les fleurs de la cir-
conférence ; —
fruit ovale ou oblong ; akène à côtes secondaires ailées disposées sur un seul
rang; —
involucre à folioles pinnatifides, et segments linéaires; les folioles de l'involucelle entiè-
res ou triséquées.

Ce genre comprend un certain nombre d'espèces, la plupart bisannuel-
les, dont une, cultivée, tient 1111 rang important parmi les plantes potagères

et fourragères.

Voici un tableau de ces espèces :

! Fleur centrale ( Feuilles infér. oblong.
purpur., stérile ( Feuilles infér. triang..

CAROTA L.

Gimjidinm L.
Bocconi
Gius.
Maritimi!) Lm.
Serratiti Moris.
Dentata! Bei'tol.
Matimbs Diisf.
Mauritanicut 1..
llispidus
Do-.f
Gummifcr Lm.
Situili a Tira.
Mancatiti L.

i Feuilles infér. triang. .
Fleur centrale )
non stérile (

Genre
DAUCUS

l Fleur centrale purpur. et stérile.

f Fleur centrale non stérile.

Feuilles infér. oblong.
Réceptac. de l'ombel. dilaté,— Fl. cent, purpur. et stér.
Ombelles planes ou convexes

Réceptacle non dilaté ^

CAROTTE CULTIVÉE. — d. cahota L.

Noms vulgaires. — Racine jaune, Pastonade, Pastenade.

Fleurs ordinairement blanches, petites, celle du centre purpurine et stérile. — Ombelle très
longuement pédonculée, à la fin se creusant en coupe, à rayons plus courts vers le centre, arqués
et convergents à la maturité; rassemblés sur un réceptacle non dilaté. —Fruit à aiguillons subu-
lés, distincts, terminés par 1.3 pointes infléchies en dehors. — Feuilles molles, velues ou gla-
bres, les inférieures oblongues, à segments ovales; les supérieures sessiles, à segments inégaux,
presque linéaires. — Tige rude, striée, dressée, rameuse, peu feuillée au sommet. — Taille de
5 h 10 décimètres. — Bisannuelle. — Floraison de juin à septembre.

Cette espèce, fort commune et répandue à l'état sauvage dans toute la
France, vient spontanément partout, au bord des champs et des chemins,
sur la lisière des bois, sur les pelouses sèches, dans les prés et les prairies
artificielles, qu'elle infeste souvent. Les animaux, qui la mangent volontiers
quand elle est jeune, la refusent quand elle est en fleurs ; son feuillage alors,
par l'odeur forte qu'il répand, est peu propre, en effet, à leur servir de nour-
riture ; mais en petite quantité, il peut être utilisé comme condiment. Très
sensible à l'influence des terrains, cette espèce, suivant qu'elle pousse sur
un sol pauvre ou sur un sol riche, offre clans ses dimensions des différences
considérables. Soumise à la culture, elle a subi d'importantes modifications
qui eu ont fait l'une de nos meilleures plantes alimentaires. Sa racine, natu-

-ocr page 272-

256 l IMBELLII''È HE S.

Tellement dure, grêle, souvent ramifiée, d'une odeur forte et d'une saveur
âcre, est devenue volumineuse, cylindrique, fusiforme ou conique, pivotante,
charnue, d'une saveur douce et sucrée. Cette transformation s'opère avec
une assez grande rapidité; Vilmorin est parvenu ainsi, au moyen de semis
tardifs et du choix successif des individus, à amener en trois générations
seulement, la racine prise à l'état sauvage à un état de développement con-
sidérable. De forme variable, cette racine cultivée est ordinairement grosse
dans sa partie supérieure, diminue progressivement et se termine en pointe ;
elle est, en outre, plus ou moins volumineuse suivant la qualité et la pro-
fondeur du terrain; quelquefois quand la couche fertile du sol est d'une fai-
ble épaisseur, elle acquiert une très grande largeur en s'arrondissant à son
extrémité. Elle ne se transforme pas moins sous le rapport de la couleur,
qui varie du jaune au rouge, au violet et au blanc. Ces modifications, obte-
nues et perpétuées par la culture, ont produit une assez grand nombre de
races ou variétés offrant chacune des qualités spéciales, et que 1 ou distin-
gue surtout par la couleur. Voici les principales d'entre elles :

Variétés rouges :

La Carotte rouge longue ordinaire ;

La C. rouge d'Altringham, cultivée en Angleterre;

La C. rouge pale a grosse tête, cultivée en Flandres, très productive
et fort estimée ;

Le C. rouge courte hâtive ou de Hollande , recommandable par sa
grande précocité et sa bonne qualité ;

Le C. rouge demi-longue, obtenue en 1846 par M. Duval, du métissage
des deux précédentes, et réunissant le développement du premier type à
la précocité du second; se termine en pointe obtuse, avec un pivot central ;

La C. rouge a collet vert, très longue, lisse, à peau et chair d'un rouge
clair orangé, avec un collet se teignant d'un vert foncé et s'élevant à 10 ou
15 centimètres au-dessus du sol; très abondante et d'un goût aromatique,
elle est surtout propre à la Belgique, où on la cultive avec avantage.

Variétés jaunes :

La C. jaune courte, ordinaire ;

La C. jaune longue ou d'AcHicouRT, une de nos meilleures variétés;

Une variété violette :

La C. violette, à intérieur ordinairement jaune, très grosse et très
sucrée, mais d'une diflicile conservation ; originaire d'Espagne, elle est fort
recherchée, surtout en Amérique.

Variétés blanches :

La G. blanche longue ordinaire ;

La C. blanche demi-longue;

La C. grosse blanche de Breteuil , très grosse, demi-courte, conique
ou en toupie, de couleur citrine extérieurement., et d'une longue conser-
vation ;

\

û.

-ocr page 273-

01IBELLIFÈRES. 257

La G. blanche des Vosges, d'une couleur variable du blanc au jaune-
citron , demi-courte, très nette, grosse, à l'ane peu développée et très pro-
ductive; de qualité excellente, elle est douce, tendre, très sucrée, et se
conserve très bien; elle a été recommandée par M. de Dombasle qui, dans
un Mémoire publié en 1842, en a fait connaître les avantages ;

La G. blanche a collet vert, très grosse et très longue, presque cylin-
drique, avec collet vert s'élevant toujours hors de terre, et d'une grande
vigueur; importée des Pays-Bas, en 1825, par Vilmorin, cette variété, fort
estimée, et l'une des plus productives de toutes les races connues, convient
surtout pour les terrains de peu de fonds ; de qualité excellente d'ailleurs,
c'est l'une des plus propres à la culture fourragère.

Toutes ces variétés jouissent de propriétés alimentaires également déve-
loppées ; les
C. rouges, toutefois, ont en général le goiït plus relevé que les
jaunes et les blanches; celles-ci sont particulièrement estimées par leur dou-
ceur et par l'avantage qu'elles offrent de se conserver longtemps.

Longtemps cultivée d'une manière exclusive pour la nourriture de
l'homme, dans les jardins potagers, la Carotte a fini par s'introduire, comme
espèce fourragère, dans la grande culture, où elle s'étend de plus en plus, à
mesure que l'on apprécie mieux l'utilité, pour l'entretien du bétail, des four-
rages-racines, parmi lesquels l'espèce qui nous occupe, par l'excellence et
l'abondance de ses produits, tient un rang distingué. La culture en grand
de la Carotte ne tend que depuis peu à se généraliser en France. Elle est au
contraire très ancienne en Belgique, dans la Flandre française et hollan-
daise, où de temps immémorial cette racine est employée à la nourriture des
bestiaux. De ces contrées, où elle paraît avoir d'abord été introduite, cette
culture s'est propagée dans plusieurs départements du Nord et de l'Est, dans
la Somme, le Pas-de-Calais, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, puis en Lorraine,
en Franche-Comté, en Normandie, et dans diverses provinces du Midi. En
Angleterre, la culture de la Carotte en plein champ remonte à 1111 siècle envi-
ron. Le premier essai est dû à la Société d'encouragement pour les arts,
établie à Londres, et qui, en 1764, fit publier un mémoire de M. Billing,
fermier à Weashenam, comté de Norfolk, qui avait commencé l'année pré-
cédente ses ensemencements ; ce mémoire, souvent reproduit, renferme
d'excellentes considérations utiles encore à consulter aujourd'hui. A. Young
mentionna plus tard la Carotte comme étant cultivée dans les terres sableu-
ses de la partie Est de Suffolk, où elle avait été vraisemblablement importée
des côtes voisines de la Belgique et de la Hollande. Aujourd'hui la culture
de la Carotte est devenue presque générale en Angleterre, surtout depuis la
maladie des pommes de terre, qui a contribué à la faire entrer de plus en
plus dans l'alimentation de l'homme et des animaux.

Toutes les races de Carotte pourraient indistinctement être cultivées
pour les animaux, mais 011 préfère généralement, pour les cultures fourra-
gères, les variétés blanches et jaunes, et notamment la
Carotte blanche à

-ocr page 274-

258 OMIÎELLIFÈRES.

collet vert, aujourd'hui la plus répandue ; viennent ensuite la Carotte blanche
de Dreteuil,
très appropriée aussi à la grande culture, et la C. blanche des
Vosges.
On cultive encore comme racines-fourrages, la C. jaune d'Achicourt,
la C. rouge à collet vert, la C. rouge d'Altringham, la C. rouge pale, qui était
préférée en Angleterre avant l'introduction de la Carotte blanche à collet
vert, cultivée spécialement en Flandre ; la
C. rouge demi-longue, avantageuse
dans la grande culture à cause de sa grande précocité. On pourrait enfin
utiliser, de la même manière, dit Vilmorin, la variété obtenue par la culture
de l'espèce sauvage. Les autres variétés, en général plus savoureuses, sont
plus spécialement réservées à la culture potagère.

Culture de la Carotte.

Choix et préparation du terrain. — Une terre douce, franche, sablon-
neuse, profonde, substantielle, ni trop calcaire, ni trop argileuse et bien
ameublie, est celle qui convient le mieux pour la culture de la Carotte. Elle
craint les sols pierreux, graveleux, non homogènes, où la racine se corde, se
bifurque ; sur les sols minces, gisant sur des sous-sols rocheux, tels que
ceux de la formation oolithique, les Carottes ne peuvent être cultivées avec
beaucoup de succès ; les racines deviennent crochues et sont difficiles à arra-
cher de terre, parce que leurs racines poussent des filets dans les interstices
de la roche.

En Angleterre, on choisit de préférence, pour cette culture, les sols
profonds et sableux dits
loams, sur lesquels les frais de culture et d'arrachage
sont toujours moins élevés que pour un sol plus compacte. Quelquefois,
mais plus rarement et jamais dans de grandes étendues, on cultive cette
racine sur des sols tourbeux, assainis et amendés.

L'essentiel, dans tous les cas, pour obtenir une bonne récolte de carot-
tes, c'est une parfaite pulvérisation du sol, l'enlèvement des mauvaises her-
bes et des eaux stagnantes. Sur des terres bien travaillées, la Carotte peut
être cultivée sans qu'on ait à s'inquiéter beaucoup de la composition de la
terre ; seulement on ne doit pas oublier que la dépense de culture est accrue
eu proportion de sa ténacité, et que la récolte peut être enlevée aisément
d'un loam sableux libre, sans faire tort au sol par les charriages ; tandis que
dans une saison humide, une terre un peu argileuse souffre des charrois,
tandis que les racines elles-mêmes sont emmagasinées dans de mauvaises
conditions, à cause de la terre qu'elles emportent avec elles.

Lorsque l'on doit semer sur un champ de trèfle ou de ray-grass, il
importe de labourer le plus tôt que l'on peut, de manière à permettre au
froid, à la neige, de bien diviser le sol, et de le rendre plus propre à recevoir
la graine; précaution d'autant plus nécessaire que la terre est plus dure,
plus tenace. Après une culture sarclée, qui nettoie et ameublit le sol, on
peut retarder le labour.

Ensemencement. — L'époque, pour les semis de la Carotte, est très varia-

«aSife.

-ocr page 275-

01IBELLIFÈRES. 259

ble, suivant les localités et les conditions de la culture ; on sème ainsi depuis
février jusqu'en mai et même en juillet. En semant de bonne heure, la len-
teur de la première phase de végétation de la graine laisse au sol le temps
de se couvrir de mauvaises herbes ; mais si l'on attend une époque trop tar-
dive, les racines atteignent difficilement toute leur croissance ; d'où l'avan-
tage, en définitive, surtout si l'on a un sol bien préparé, de semer avant que
la saison soit avancée, même sur la neige, comme on l'a conseillé. Dans le
Midi, en général, on sème plus tard que dans le Nord, pour éviter que la
plante monte en graine ; si l'on met la Carotte en culture dérobée, dans le
blé ou toute autre céréale qui retient sa végétation, on peut semer plus tôt,
en février, par exemple.

Le semis se fait à la volée ou en lignes. La méthode à la volée, généra-
lement adoptée jadis, et pratiquée encore par beaucoup de cultivateurs, exige
5 à 7 kilog. de graines. Avant de les répandre, on aura soin de bien faire
sécher ces graines au soleil et de les frotter entre les mains pour enlever
les aiguillons qui les garnissent à l'extérieur et les font adhérer ensemble
par paquets. La graine préparée de la sorte et passée par un tamis fin qui la
dépouille de tout ce qui est inutile, est mêlée, aux deux tiers environ de son
volume, avec du sable fin ou des cendres, qui facilitent sa dissémination et
assurent la régularité de sa distribution par la main du semeur.

Le semis en lignes, qui a l'avantage de faciliter le sarclage et les autres
façons ultérieures, tend, par cette raison, à se substituer de plus en plus au
semis à la volée. Il peut se faire aussi à la main ; on trace des sillons distants
de 40 ou 50 centimètres, et on répand les graines de façon à ce qu'elles se
trouvent, dans les sillons, à 3 ou 4 centimètres au moins les unes des autres.
Il ne faut pas que ces graines soient déposées trop profondément ; si le sillon
est petit, on les répand au fond, mais il vaut mieux les placer au sommet de
deux billons rapprochés. Dans le fond du sillon, quand celui-ci est large,
elle naîtrait tout aussi bien, mais elle ne trouverait pas la terre meuble né-
cessaire au complet développement de la racine.

Si le vent souffle au moment du semis, il faut tenir très près de terre la
main qui projette les graines. On peut se servir d'une bouteille dont le bou-
chon soit traversé par un très fort tuyau de plume ou un petit tube de fer
blanc ou de verre d'environ 6 millimètres de diamètre intérieur. On règle la
sortie en mettant dans le bouchon des tubes de diamètres variables.

L'ensemencement au moyen des semoirs mécaniques serait préférable
aux semis à la main, sans les aiguillons qui garnissent la graine et la ren-
dent peu coulante; on peut cependant en assurer une régulière distribution,
de même que pour les semis à la volée, en mêlant les graines avec de la
cendre de bois, du sable sec ou du poussier de charbon. Les semoirs méca-
niques employés pour les blés peuvent, dans ces conditions, servir à l'ense-
mencement des carottes ; on mêle alors, aux 4 ou 6 kilog. de graines semées
par hectare, de 180 à 260 litres de ces mêmes substances pulvérulentes.

-ocr page 276-

260 OMIÎELLIFÈRES.

Un litre de graines pesant environ 250 grammes, les poids indiqués
ci-dessus peuvent être traduits par 16 à 24 litres par hectare. On pourrait
en mettre environ un quart de moins sans danger ; mais les graines levant
quelquefois difficilement ou étant dévorées par les insectes, il vaut mieux
adopter les chiffres ci-dessus et semer un peu épais, sauf à arracher, en
binant, les pieds trop serrés.

Cela dépend, du reste, de la qualité des graines, de l'état du terrain et
de l'humidité du climat; 3 kilog. de graines représentent la quantité la plus
petite qu'on puisse semer avec l'espoir d'une bonne récolte.

Dans tous les cas, les semis faits avec la graine de l'année étant sujets
à monter, on choisira de préférence la graine de deux ans.

Si l'on voulait avancer de quelques jours la germination de ces graines,
on les mêlerait avec du sable humide et on les placerait dans un lieu chaud,
une étuve, une serre chaude, un lieu sec quelconque, si l'on n'était pas
pressé de semer. La méthode suivante est aussi employée avec succès : en-
viron huit ou neuf jours avant l'ensemencement, la graine est placée dans
un sac et trempée dans l'eau pendant quarante-huit heures ; elle est alors
enlevée et répandue sur le plancher, en couches de 23 à 25 centimètres
d'épaisseur, suivant la chaleur de la saison, et ayant soin que les graines
ne s'échauffent pas trop ; au bout de six ou sept jours, les graines commen-
cent à germer, et il est alors temps de les mettre en terre au moyen du
semoir mécanique.

Quelque procédé d'ensemencement que l'on suive, il faut toujours, avant
de répandre la graine, bien ameublir le sol avec la herse et le rouleau, et
enfouir la graine le moins possible. Quand elle a été déposée, si on a semé à
la volée, on l'enterre au moyen d'un léger hersage, suivi d'un roulage qui
concentre l'humidité dans le sol. Quand on a semé en lignes, on se borne à
affaisser la crête des billons en passant le rouleau en travers des lignes ; un
râteau, au besoin, peut suffire.

Avant d'ensemencer, il faut encore préparer le sol par une bonne
fumure. Le fumier riche et bien consommé devra toujours en ce cas être
préféré au fumier frais, qui peut contenir de mauvaises graines. Si l'on doit
appliquer des engrais artificiels pulvérulents, il convient également de les
répandre à la volée avant le semis des graines. La suie et le sel marin sont
les engrais les plus propices à la culture de la Carotte ; il faut appliquer de
7 à 9 hectolitres de sel et de 18 à 27 hectolitres de suie par hectare. Le guano
a été aussi employé avec succès ; le charbon de bois ou de tourbe peut hâter
la germination des semences en attirant l'humidité ; l'effet du sel marin et de
la suie peut être en partie attribué à la môme cause.

Soins de culture. — Ce que réclame d'abord la Carotte lorsqu'elle a
germé, est le sarclage, que l'on opère dès que la plante est assez forte pour
être distinguée sûrement des mauvaises herbes et surtout des autres Om-
bellifères qui croissent naturellement dans les champs. Dans les contrées

-ocr page 277-

01IBELLIFÈRES. 261

humides, les plants de carottes sortent de terre au bout de vingt jours en-
viron; dans les climats secs, ils ne sortent qu'après quatre à cinq semaines.
Quoi qu'il en soit, dès qu'ils ont atteint 8 à 10 centimètres, on commence
les binages, avec la houe, en choisissant un temps sec, et en se hâtant de
manière à finir avant la pluie.

Ce premier sarclage ne fait point souffrir les jeunes carottes, bien
qu'elles se trouvent couvertes de terre après l'opération. Quelques jours après
qu'il a été pratiqué, toujours par un temps sec, on passe la herse sur les
semis pour ameublir et rafraîchir la terre, arracher et empêcher de repa-
raître les mauvaises herbes qui tendraient à repousser. Un peu plus tard,
quand les pieds atteignent 15 centimètres, si le champ n'est pas bien net et
qu'il y ait encore de mauvaises herbes, on donne une seconde façon à la
houe et on achève, s'il y a lieu, en faisant de nouveau passer la herse, de
manière à détruire complètement les espèces parasites. De là, en effet,
dépend tout le succès de cette culture, que l'on n'assure, par suite, qu'à
l'aide de sarclages et de binages pratiqués en tout temps et avec le plus
grand soin.

Quand les carottes ont été ensemencées à la volée, on emploie, pour la
première opération, des binettes dont la largeur n'excède pas 10 centimètres,
sauf à arracher à la main les mauvaises herbes trop épaisses ou qui se
trouvent trop près des carottes. On peut à ce moment commencer à éclair-
cir, en espaçant les racines à 15 ou 20 centimètres. Ordinairement on ne
procède à l'éclaircissage qu'au second binage ; mais il y a tout avantage, au
point de vue de l'importance des produits, à éclaircir de bonne heure et à
répéter l'opération un peu plus tard. On se sert alors d'un instrument plus
large, et on espace les plants à 20, 30 ou 40 centimètres, suivant les
terrains. Cela fait, un ou deux binages sont encore nécessaires; on les
donne aussitôt que les circonstances l'exigent.

Quand on a semé en lignes, les sarclages et binages sont plus faciles et
plus économiques, et, à la dernière façon, on peut chausser commodément
chaque rang de plantes. On se sert, en ce cas, si l'écartement des sillons est
moindre de 40 centimètres, de la houe à main, surtout de la houe hollan-
daise ordinaire qui est maniée facilement et avec rapidité dans les sols
légers ; si l'écartement des ligues dépasse 40 centimètres, la houe à cheval
est employée avec avantage, surtout dans les terrains limoneux compactes.
Dès le second binage à la houe, on espace les carottes sur les lignes à 20 ou
30 centimètres, plutôt moins que plus, car si le poids des racines diminue,
leur nombre sera plus grand et leur qualité meilleure. On aura soin, d'ail-
leurs, de laisser toujours les plants les plus forts.

Ordinairement cultivée seule, la Carotte, très souvent aussi, est semée
sur des champs déjà ensemencés avec d'autres plantes, avoine, orge, seigle,
blé, lin, fèves, choux, etc. Ce mélange donne à peu de frais, dans la même
année, sur des champs fertiles et bien préparés, une seconde récolte, dite

-ocr page 278-

262 OMIÎELLIFÈRES.

culture dérobée, aujourd'hui en usage, et avec infiniment d'avantages, dans
beaucoup de localités. Ainsi, en Angleterre, où le climat est très favorable à
la croissance des mauvaises herbes, on sème fréquemment avec la Carotte
une petite quantité d'avoine, d'orge, de moutarde ou de navets-turneps ; ces
plantes paraissent hors terre plus tôt que les carottes et marquent les lignes,
de façon que les binages à la houe à cheval et à la main peuvent être faits
beaucoup plus tôt ; mais cela est nécessaire seulement dans les sols où les
espèces nuisibles sont très abondantes. Quelquefois, la carotte est semée
avec des graines de printemps, ou bien sur des seigles et froments en herbes,
après un hersage.

Dans les Vosges, on répand les graines dans les seigles, avant la maturité
de ceux-ci, et aussitôt la récolte de la céréale assurée, on arrache les éteules
comme si l'on sarclait. Les carottes prennent alors un grand développe-
ment et peuvent être récoltées avant la fin de l'année. Cette méthode exige
un sol convenable; s'il est peu riche, il ne produit rien; s'il l'est trop, la
plante est étouffée, ce qui arrive surtout quand on la sème sur du froment,
que l'on fauche plus tard que le seigle. Sur les terres sèches du Midi, où la
Carotte pousse moins activement, cet inconvénient n'est pas à redouter, et la
Carotte peut être semée avec un grand avantage sur le blé en culture déro-
bée, ainsi que l'a constaté M. J. d'Holier, près de Villefranche (Haute-
Garonne). Cet habile agriculteur sème la Carotte du 15 février au Ie1' mars dans
les blés préalablement fumés, en choisissant autant que possible un terrain
frais et humide ; quand vient le moment de couper le blé, c'est à peine si
l'on aperçoit les jeunes pieds de Carotte ; mais s'il survient une pluie après
la moisson, ils ne tardent pas à verdir et à se développer. A ce moment il fait
donner une façon, un sarclage à la main, avec éclaircissage du plant. Il n'est
besoin de biner qu'autant que la jdante est envahie par les mauvaises her-
bes. Après le premier sarclage, M. d'Holier fait répandre sur la Carotte une
légère couche de fumier d'étable en couverture, qui préserve la plante des
rayons du soleil et lui conserve l'humidité du sol nécessaire à son dévelop-
pement. Le même agriculteur recommande encore expressément une précau-
tion négligée par beaucoup de propriétaires, c'est de ne pas laisser pâturer le
champ parle bétail, dont la dent meurtrière peut totalement anéantir la récolte.

Dans beaucoup de localités, on sème en même temps la Carotte et le
Lin ; ces deux plantes paraissent avoir l'une pour l'autre une mutuelle sym-
pathie ; le Lin abrite les jeunes carottes contre la sécheresse et son arrachage
ameublit ensuite la terre autour de celles-ci, qui en profitent. Cette méthode
est notamment suivie dans les Vosges, dans la Flandre, où l'on réserve spé-
cialement à ce mélange la variété de mars, que l'on répand sur des champs
de seigle ou de lin, la variété de mai étant cultivée seule et répandue sur la
terre nue.

On mêle encore quelquefois la Carotte au panais, ou bien à des choux,
que l'on plante dans les intervalles des lignes. Dans tous les cas, quand on

-ocr page 279-

01IBELLIFÈRES. 263

la cultive en récolte dérobée, on éprouvera de très bons effets d'un engrais
liquide répandu après l'enlèvement de la récolte principale.

La Carotte est exposée à plusieurs ennemis ; le plus dangereux est le
hanneton, qui la cerne tout autour et cause sa ruine ; la larve de cet insecte,
ou ver-blanc, ne lui est pas moins redoutable. La Carotte a aussi à craindre
beaucoup la courtilière, qui, lorsque la racine est encore mince, la partage
en deux avec la scie qui arme chacune de ses pattes de devant. Citons en-
core la limace, qui fait parfois de grands ravages dans les plants de Carotte.
Des soins de culture réguliers, joints à une surveillance attentive, sont le
plus sûr moyen de préserver cette racine des ravages des uns et des autres
de ces parasites.

Récolte. Conservation. Produits. — Les carottes ne prenant leur entier
développement que de septembre à décembre, et craignant moins d'ailleurs
que les autres racines les petites gelées d'automne, c'est ordinairement vers
la fin de novembre ou en décembre qu'on procède à leur arrachage. Comme
elles ne sont réellement altérées que par un froid de 7 à 8°, plusieurs au-
teurs ont même conseillé de les laisser en terre durant tout l'hiver, et de ne
les en tirer qu'à mesure des besoins. Il est hors de doute que si le climat ne
présente pas des alternatives trop brusques de fortes gelées et de dégels, les
carottes peuvent ainsi se conserver parfaitement ; mais c'est une pratique qui
présente de nombreux inconvénients : d'abord le sol n'est pas débarrassé
assez tôt ; ensuite, pendant les gelées, il est impossible d'arracher les ca-
rottes ; puis en temps humide, en arrachant les racines, on détériore le sol
par le piétinement ; il faut ajouter à cela que les racines arrachées pendant
l'hiver sont dans de très mauvaises conditions, et que, enfin, lorsque les
carottes restent en terre trop longtemps, elles émettent un certain nombre
de radicelles latérales, lesquelles, non-seulement épuisent inutilement le sol,
mais en outre rendent l'arrachage tardif beaucoup plus difficile.

Il est donc toujours préférable de les retirer du sol et de les emmagasi-
ner avant le mauvais temps, sans anticiper toutefois sur le moment fixé. En
principe, on doit choisir un temps sec pour l'arrachage, et il vaut mieux
commencer cette opération un peu trop tôt ou la différer quelque peu que de
l'effectuer pendant un temps humide ou pendant la gelée; car, bien que les
carottes résistent, dans le sol,.à une forte gelée, elles sont détériorées par
une faible gelée, une fois hors de terre.

Les carottes sont arrachées à la main ou avec un outil à main. Billing
recommandait, pour cette opération, l'emploi d'une fourche à quatre bran-
ches; un homme, avec cet instrument, ouvre la terre à 15 ou 20 centimètres
sans endommager les racines ; il est suivi par un enfant qui ramasse celles-ci
et les met en tas. En terre sablonneuse, la fourche doit être assez légère pour
pouvoir être manœuvrée d'une main, l'autre main étant appliquée aux fanes
des carottes pour aider à les arracher du sol. Un petit instrument, en forme
de cuiller, est aussi employé, en Angleterre, dans le même but que la four-

-ocr page 280-

264 OMIÎELLIFÈRES.

che, et convient également bien, et, sur quelques sols, mieux même que ce
dernier instrument.

Les carottes arrachées, on enlève les feuilles, ce qui doit être fait sans
blesser les racines, car les plaies les font pourrir ou dessécher. Quelques
cultivateurs cependant, d'après V. Yvart, recommandent, en vue de préve-
nir toute végétation ultérieure, d'enlever avec les feuilles une tranche mince
de la partie supérieure du collet ; d'autres préfèrent couper les feuilles au
ras de la racine, sans entamer celles-ci, pensant que si les rejetons doivent
la priver d'une partie de ses qualités, il est toujours possible, si les tas
sont surveillés et découverts au printemps, de les retrancher avant qu'ils
aient fait quelque mal grave, et que le mieux, dans tous les cas, est de
détériorer les racines le moins que l'on peut.

Pour faciliter l'opération, à mesure qu'on arrache les racines, on les
couche en longues rangées, le long desquelles passent les femmes et les en-
fants qui coupent les feuilles ; on tient ces rangs suffisamment espacés pour
permettre le passage d'un chariot, de manière à ce qu'il ne puisse fouler ni
les racines ni les feuilles.

Les carottes ainsi préparées doivent rester quelques heures dans le
champ avant d'être déposées dans le lieu où on les conserve. Cette conser-
vation est difficile, les carottes craignant la gelée, et étant exposées à
s'échauffer et à pourrir quand elles sont mises en tas. On les emmagasine
quelquefois dans le champ même où elles ont été récoltées ; ou bien, si l'on
peut disposer d'un terrain sain et sec, dans une fosse ou dans des tranchées,
que l'on recouvre de feuilles ; ou mieux encore, dans un local spécial rap-
proché de la ferme; on aura soin, dans tous les cas, de ne point les entasser
avant qu'elles ne soient parfaitement sèches.

En Angleterre, dans le Suffolk, pour éviter réchauffement, on les dis-
pose, sur le sol, en tas allongés, mais très étroits, ayant environ 1 mètre de
largeur et 75 centimètres de haut; ils sont couverts d'abord de paille, et en-
suite avec la terre enlevée des côtés du tas ; pour faciliter l'aération, on dis-
pose la paille de manière à ce qu'elle dépasse le sommet. De ces tas, les
carottes peuvent être enlevées en bonne condition, au fur et à mesure des
besoins. Au printemps, les tas de carottes qui ne sont pas consommés doi-
vent être visités, les racines gâtées mises de côté, et les rejets enlevés des
racines saines; après quoi les racines sont empilées en tas pareils aux
premiers, mais seulement couverts de paille.

Une autre méthode d'emmagasiner les carottes, consiste à les entasser
entre des claies garnies de paille, ou contre un tas de paille ; mais, dans
les hivers rigoureux, ce mode ne les protège pas assez contre les gelées.

Le moyen de ventilation suivant a été employé avec succès par M. Bailly.
On fait creuser une fosse de 35 centimètres de profondeur, d'une longueur et
d'une largeur en proportion avec la quantité de racines à serrer. On la rem-
plit d'abord jusqu'au niveau du sol ; puis le tas étant bien égalisé, on place

-ocr page 281-

01IBELLIFÈRES. 265

au milieu et dans le sens de la longueur une espèce de prisme triangulaire,
formé de perches de 5 à 6 centimètres de diamètre, unies par des lattes de
30 à 35 centimètres, et offrant entre elles environ 3 centimètres d'intervalle.
Cet appareil fait office de ventilateur et doit être assez long pour conduire
l'air d'un bout à l'autre du tas. De 4 en 4 mètres, on place, en correspon-
dance avec le ventilateur, une cheminée verticale construite de la même
manière, mais à quatre faces, et assez haut pour arriver jusqu'au sommet du
tas, lorsque celui-ci sera recouvert de terre. Cela fait, on met les racines en
tas, on les recouvre d'une couche de 6 centimètres de paille, ensuite d'une
couche de terre de 50 centimètres au moins, bien unie, battue à la pelle, et
fournie par un fossé que l'on creuse tout autour de la première fosse, et au-
quel on donne de l'écoulement afin que les eaux n'y séjournent pas. On
laisse ouvertes toutes les issues du ventilateur et des cheminées, à moins
que le froid n'excède 2 ou 3°, ou que la chaleur, au contraire, ne com-
mence à se faire sentir, une haute température, dit M. Bailly, étant aussi
nuisible à la conservation des carottes que le grand froid. Par ce moyen, les
carottes peuvent être conservées en bon état jusqu'au mois de mai.

On a conseillé encore, pour préserver la Carotte de la gelée, de la placer
dans des celliers où l'on entretient quelques vases pleins d'eau. Tous les
jours on enlève la glace, et les racines, de la sorte, ne gèlent jamais. L'effi-
cacité de ce procédé s'explique par le dégagement de la chaleur latente de
l'eau, lors de son passage de l'état liquide à l'état solide, et qui suffit pour
préserver l'air ambiant d'un trop fort abaissement de température.

Quelque procédé qu'on ait employé, les carottes se gardent facilement
intactes jusqu'au mois d'avril ou de mai. De toutes les racines communé-
ment cultivées, ce sont celles qui se conservent le mieux, et que l'on fait
toujours, par cela même, consommer les dernières.

La Carotte est une des espèces fourragères les plus productives que l'on
possède. Son rendement, par hectare, s'élève, suivant la nature des terrains,
de 30 à 50 mille kil. Thaer estimait son produit moyen à 36,000 kil. D'après
Schwerz, 1 hectare produit 35,000 kilog., qui représentent 4,550 kilog. de
matière sèche; dans les meilleures conditions, on peut arriver à 40,800 kilog.
M. de Dombasle porte ce rendement à 925 hectolitres ; or, le poids de 1 hec-
tolitre étant de 54 kilog., cela fait en total un poids d'environ 50,000 kilog.
M. Colombel dit même avoir obtenu de la Carotte blanche à collet vert
980 hectolitres, ce qui ferait à peu près 53,000 kilog. Ce chiffre paraît être le
maximum auquel on puisse arriver, dans les meilleures terres, et avec un
degré d'humidité convenable. Dans le Midi, sur les terres sèches ou mé-
diocres, on ne dépasse guère 20,000 kilog. La Carotte blanche des Vosges,
sous ce rapport, est supérieure à la Carotte à collet vert, surtout dans les
terres peu fertiles ; en bon sol, elle arrive facilement à 40,000 kilog.

Récolte de la graine. — Quand on veut obtenir de la bonne graine de
Carotte, il faut d'abord mettre de côté les plus grosses racines, les plus colo-

-ocr page 282-

266 OMIÎELLIFÈRES.

rées et celles offrant, dans chaque variété, la forme la plus parfaite. Dans les
grosses races, on choisit les plus longues ; dans les variétés hâtives, on donne
la préférence, au contraire, aux plus courtes.

Si on ne craint pas la gelée, on les replante dès le mois de novembre ;
sinon on attendra le mois de février. On réserve pour cela une terre substan-
tielle et bien divisée ; on espace les grosses variétés à 1 mètre, les petites à
une distance moindre, et on entoure la plante des mêmes soins que dans la
culture ordinaire.

Lorsque l'on plante plusieurs variétés, il faut éviter de les mêler et
même de les tenir trop rapprochées sur le sol, afin de n'avoir pas à craindre
la communication des poussières fécondantes, de laquelle pourrait résulter
des croisements de nature à entraîner la dégénérescence des races.

Une fois les graines à maturité, pour les récolter clans leur plus parfaite
qualité, on les détache des rameaux à mesure que ceux-ci sont mûrs, et on
les fait sécher à l'air libre. On commence par les principales tiges, qui mû
rissent d'abord, et l'on continue, jusqu'à la terminaison de la récolte, sans
rejeter les branches latérales qui, malgré ce qu'on ait dit, donnent un aussi
beau produit que les premières. Les graines bien préparées se conservent
trois ou quatre ans.

Valeur économique et agricole de la Carotte.

La Carotte est considérée, à juste titre, comme l'une des espèces fourra-
gères dont la culture, à tous les points de vue, offre le plus d'avantages, soit
pour l'abondance et l'excellence de ses produits, soit par l'utilité qu'elle offre
comme plante d'assolement.

Comme on l'a vu par les chiffres de rendement indiqués plus haut, elle
constitue une espèce éminemment productive, et pouvant fournir, sur une
étendue de terrain donnée, une quantité de matière alimentaire que pres-
qu'aucune autre plante fourragère n'égale ou ne dépasse. Sur le même espace
et annuellement, elle donne plus de produit que la Luzerne, et comparative-
ment à la pomme de terre, dit M. de Dombasle, elle fournit, en général, une
récolte double au poids et en volume. En Flandre, elle a de tout temps été
considérée comme donnant toujours des produits supérieurs à ceux de toute
autre culture.

On peut juger, par cela, de l'importance toute spéciale de cette racine
dans l'économie agricole, et de l'étendue des services qu'elle peut rendre,
surtout dans les campagnes éloignées des grands centres de population, pour
l'élève du bétail, et la production abondante du fumier. D'après les calculs de
A. Young, 10 arpents de terre (environ 4 hectares), plantés en carottes, doi-
vent suffire pour nourrir 8 chevaux, 12 bœufs et 60 moutons par an; or, en
France, où l'on estime qu'il faut un arpent pour nourrir un bœuf ou une
vache, on voit de quelle utilité sera cette racine comme culture fourragère et
quel avantage on trouverait à la substituer à la jachère. Si l'on considère, en

-ocr page 283-

01IBELLIFÈRES. 267

outre, ainsi que cela a été constaté, que la consommation par les bestiaux
du produit de 1 hectare en carottes, fournit la quantité d'engrais qu'il faut
pour fumer le double de cette étendue, on peut mieux encore se rendre
compte du rôle important que cette racine est appelée à jouer dans le déve-
loppement des cultures perfectionnées.

Outre l'importance de ses produits, la Carotte est encore éminemment
avantageuse, dans les assolements, comme plante améliorante et prépara-
toire pour les autres cultures. Ne montant pas en graine, elle emprunte peu
au sol, qu'elle ombrage au contraire de son épais feuillage et qu'elle fertilise,
en outre, par les feuilles qui se détachent de sa tige. Aussi, malgré l'abon-
dance des récoltes qu'elle donne, épuise-t-elle fort peu la terre, et peut-elle,
avec des engrais convenables, revenir, plus facilement que beaucoup d'autres
plantes, plusieurs années consécutives sur le même champ. Elle peut ainsi
être cultivée avec succès dans des sols très inférieurs qui ne donnent que de
très faibles récoltes de betteraves, de navets ou d'autres racines fourragères,
et n'exige point rigoureusement, pour cela, des engrais abondants et bien
consommés, ni de labours multipliés. Ce qu'elle demande surtout, ce sont
des binages, des sarclages, opérations d'ailleurs peu nécessaires quand les
cultures ont été au préalable bien soignées, et qui, dans tous les cas, en net-
toyant, ameublissant le sol, profitent essentiellement aux cultures qui doi-
vent suivre.

Ajoutons que les extrémités des racines pouvant s'étendre jusqu'à 8, 10
et môme 15 décimètres de profondeur, suivant les variétés cultivées, la
Carotte prend dans le sous-sol la plus grande partie de ses aliments, laissant
ainsi s'accumuler les substances fertilisantes à la surface où peuvent, dès lors,
se nourrir et prospérer les plantes dont les racines pénètrent moins profondé-
ment. C'est le cas des diverses céréales, le froment et l'orge notamment, qui
viennent toujours bien après la Carotte, et donnent des grains plus beaux
et en plus grande abondance. Souvent on a remarqué, par exemple, que le
froment, sur les sols légers, sablonneux, est meilleur après cette racine
qu'après le turneps. C'est une conséquence de la position plus superficielle
de cette dernière racine, qui prend presque tous ses aliments dans les cou-
ches supérieures.

C'est à cause de cela encore que la Carotte réussit mieux après le blé,
qui appauvrit seulement la surperficie du sol, que lorsqu'elle succède aux
cultures à longues racines qui arrivent aux couches profondes. Il en coûte
plus aussi, il est vrai, pour mettre le champ en carottes qu'on raves, parce
qu'elle exige des labours plus profonds et de plus nombreux sarclages ; mais
le bénéfice, en résumé, est plus considérable, car les raves sont sujettes à
manquer et souvent pourrissent au premier printemps, tandis que la durée
de la Carotte est plus certaine, plus longue, circonstance précieuse et qui
assure des fourrages pour la saison où les approvisionnements sont ordi-
nairement épuisés.

-ocr page 284-

268 OMIÎELLIFÈRES.

Quand, on commence une culture de Carotte, elle semble, assez habituel-
lement, n'offrir, dans les premières phases de sa végétation, qu'une récolte
précaire ; mais quand la plante est développée, et qu'elle a été convenable-
ment aménagée, nulle racine ne produit une plus abondante récolte, outre
que la Carotte est moins que les raves et les navets sujette aux éventualités
tenant à une mauvaise saison, aux maladies ou à l'action des insectes.

Ces avantages divers assurent une place importante à la Carotte dans un
bon système de culture. Elle peut, ainsi, s'intercaler utilement entre deux
récoltes de céréales; ou bien précéder l'établissement d'une prairie artifi-
cielle ; et il n'y a pas à douter que, cultivée habilement, elle ne puisse entrer
dans une rotation établie, à la place, soit de la pomme de terre, soit de toute
autre racine montrant, par suite de sa répétition prolongée sur le même sol,
un commencement de dégénérescence. Par ses racines longues et fusiformes,
qui pénètrent à une grande profondeur, elle produit un effet équivalant à un
ameublissemeut artificiel du sol, et plus prononcé même que celui que l'on
obtiendrait de la charrue sous-sol, qui n'irait pas aussi profondément et
remuerait le sol moins complètement.

Enfin la Carotte peut être encore utilisée en culture dérobée. Sans autre
frais que l'achat de la graine et ceux nécessités par l'ensemencement et quel-
ques journées de travail pour les sarclages, elle donne alors un bénéfice net,
assure une abondante provision de fourrage pour la fin de l'hiver, tout en
laissant le sol parfaitement préparé pour les emblavures d'automne.

Il faut ajouter que la culture de la Carotte est favorable encore en ce
qu'elle exige moins de capitaux que de la main d'oeuvre, et qu'elle donne
surtout du travail à cette portion de la population rurale ouvrière qui en
manque le plus souvent, à ceux que leur âge ou leur sexe rendent inaptes
aux occupations fatigantes et qui trouvent, soit dans les façons légères à don-
ner au sol, soit dans l'arrachage et le nettoyage des racines, un travail tou-
jours fructueux.

La culture de la Carotte, à cause de l'humidité, convient surtout aux
provinces du Nord ; mais, ainsi que le prouvent les exemples plus haut cités,
bien que donnant des produits moins abondants, et malgré la chaleur, elle
peut, si l'on sait choisir un terrain convenable, prospérer également dans le
Midi et devenir pour l'agriculture de ces régions la base d'importantes
améliorations.

Emploi alimentaire de la Carotte.

De l'avis à peu près unanime de tous les agronomes, la Carotte constitue
l'un des meilleurs aliments fourragers que l'on puisse donner aux bestiaux.
Elle est salutaire, fortifiante et d'une valeur nutritive relativement élevée.
« Un très grand nombre d'expériences authentiques, dit V. Yvart, consta-
tent de la manière la plus positive que cette racine, lavée et coupée, est de
beaucoup préférable, sous le rapport alimentaire, à la rave, au navet, au

-ocr page 285-

01IBELLIFÈRES. 269

choux, et même à la pomme de terre et au topinambour, ainsi qu'aux four-
rages ordinaires, verts ou secs. »

La Carotte est surtout propre à l'engrais rapide des bestiaux, des bœufs,
des porcs, dont elle rend le lard blanc, ferme, excellent, aussi bon que
celui des animaux nourris avec des grains. Elle augmente le lait des truies
et des brebis nourrices, et ne profite pas moins aux veaux et aux agneaux
sevrés. Les vaches qui en consomment donnent plus de lait et un beurre de
meilleure qualité; quelques agriculteurs ont remarqué toutefois que lors-
qu'elle est donnée en trop grande quantité, elle communique au lait une
saveur nauséabonde.

Mais ce qui la distingue spécialement des autres racines, c'est la supé-
riorité qu'elle offre pour l'alimentation du cheval, auquel elle paraît particuliè-
rement convenir; elle lui donne de la force, de la vigueur, le maintient en bon
état et peut, jusqu'à un certain point, dans sa ration, remplacer l'orge et
l'avoine. Billing qui le premier en Angleterre tenta d'alimenter le bétail avec
des carottes, en essaya l'effet, en 1763, sur 16 chevaux faisant tous les ouvra-
ges de la ferme, et auxquels, pendant six mois, de novembre à avril, il ne
donna ni foin ni grains ; ils mangèrent seulement des carottes, avec une petite
quantité de paille et des pois, et ce régime a suffi, sans qu'ils cessassent un
jour de travailler, pour les maintenir en parfait état de santé. Sans suppri-
mer entièrement la ration de grains, surtout si les animaux sont soumis à
un travail pénible, il résulte toujours de ce fait, confirmé depuis par de nom-
breux essais, que l'on peut employer avantageusement la Carotte pour nour-
rir les chevaux en hiver; que cette nourriture leur est surtout favorable pour
les rétablir quand ils sont épuisés par le travail ou échauffés par une mau-
vaise alimentation. Une ration de 30 ou 40 kilog. par jour, avec 3 ou 4 kilog.
de foin, est suffisante pour les maintenir en bon état ; cette proportion sera
moindre, naturellement, si on peut disposer de graines ou d'autres substan-
ces alimentaires.

Outre ses propriétés alimentaires, la Carotte est avantageuse encore par
le goût prononcé que les animaux manifestent pour elle. Tous la recherchent,
et il est rare que ceux qui en sont nourris s'en dégoûtent ou en soient incom-
modés, même lorsqu'ils la prennent avec excès. Quaud on leur en donne
pour là première fois, ils hésitent d'abord à la prendre ; mais dès qu'ils y sont
habitués, ils paraissent la préférer à toute autre racine. Billing avait dis-
persé sur le sol, dans un enclos, des carottes mêlées à des choux et à des
raves, et il y laissa pénétrer des bœufs et des moutons accoutumés à se nour-
rir de ces derniers aliments; ces animaux mangèrent le tout, les carottes
d'abord avec un peu de difficulté, puis à la fin avec une préférence marquée.
La même expérience, répétée avec les autres animaux de la ferme, donna
des résultats identiques. Les porcs prirent les carottes avec avidité, les
chevaux également ; ils mangeaient la racine entière, la tête et la queue
aussi bien que le corps de la racine. Il y a longtemps, d'ailleurs,

-ocr page 286-

270 OMBEIXIFÊRES.

d'après Thaer, que l'on a observé en Allemagne le goût des chevaux pour la
Carotte.

La Carotte est donnée aux animaux crue ou cuite, seule ou mélangée ;
mais le plus souvent crue, après avoir été nettoyée ou coupée en morceaux ;
c'est de toutes les racines, d'ailleurs, celle qui peut le mieux se passer de la
cuisson. Cuite et écrasée, elle convient surtout pour les veaux et les autres
animaux d'engrais. Bien qu'elle puisse être consommée seule, il est parfois
avantageux de la mêler à d'autres aliments, à la betterave, à la pomme de
terre, etc., auxquels elle communique ses qualités aromatiques. Les Anglais
la font sécher en tranches minces ou en poudre, et la conservent ainsi pour
la marine et pour les animaux.

Avec la Carotte on peut aussi nourrir la volaille, à qui on la fait manger
cuite ou sous forme d'une excellente pâtée faite avec la racine hachée et
mêlée à du son.

La Carotte n'est pas moins importante dans l'économie domestique ;
saine, savoureuse et de facile digestion, elle constitue à l'état frais un excel-
lent aliment, que l'on peut soumettre à la dessiccation et conserver. Comme
toutes les substances sucrées, elle peut fournir de l'eau-de-vie ; enfin, en mé-
decine, on l'emploie comme apéritive, carminative et diurétique.

Outre la racine, on peut encore faire manger aux animaux les feuilles
de la Carotte cultivée qui leur plaisent particulièrement. Mais comme l'ef-
feuillage prématuré nuit à la croissance de la racine et rend la plante elle-
même épuisante, il importe d'attendre, pour récolter ces feuilles, que les
racines soient mûres et aient pris presque tout leur développement. On se
procure alors, pour la fin de l'automne, un excellent fourrage, qui possède
toutes les propriétés des racines.

La plante sauvage, dite faux chcrvi, est loin d'offrir les mêmes qualités
alimentaires. En petite quantité, elle ne nuit point au fourrage, surtout lors-
qu'elle est jeune et tendre ; dans cet état, les animaux la mangent avec plai-
sir; mais lorsqu'elle approche de la maturité, ses tiges grosses et dures la font
dédaigner de tous.

La grande facilité qu'elle a de végéter et de se semer elle-même, fait
qu'elle envahit parfois de larges surfaces dans les prairies négligées; d'où la
nécessité de la détruire au printemps, ce qui est d'autant plus facile qu'elle
est beaucoup plus hâtive que d'autres plantes.

Dans les lieux où le terrain peut être envahi par la cuscute, la Carotte
sauvage est facilement couverte par cette plante parasite, qu'elle favorise par
la disposition de ses rameaux. Ainsi, dans les vieilles luzernières, où elle
apparaît, elle concourt à la propagation de la cuscute en lui donnant appui.
Elle est donc nuisible sous tous les rapports. Le dédain qu'en font les ani-
maux, lorsque les fleurs sont développées, en est d'ailleurs la meilleure
preuve.

-ocr page 287-

01IBELLIFÈRES. 271

Les autres espèces du genre Daucus sont des plantes rares, offrant plus ou moins de res-
semblance, pour le port et la taille, avec l'espèce principale, et que l'on trouve presque exclusi-
vement sur les rochers maritimes de la région méditerranéenne. Se rapprochant le plus du
D. carotta :

Le D. gingidium L., se distinguant par les aiguillons du fruit, terminés en pointe étoilée;

Le D. Bocconi Guss., à fleur centrale non stérile et offrant le même caractère dans les aiguillons
du fruit.

Carotte maritime, D. maritimus Lm.

Fleurs blanches ou rougeâtres, en ombelle très petite, peu fournie. Fruit iv aiguillons rappro-
chés. Tige peu feuillée. Taille de 3 à 4 décimètres.

Vivant dans les sables maritimes des bords de la Méditerranée, cette espèce, sans emploi,
a été soumise à la culture par Vilmorin, qui en a obtenu, dès la seconde génération, des racines
grosses et charnues. Si l'on n'avait l'espèce principale, ces essais montreraient la possibilité de
trouver, dans cette plante, line nouvelle ressource fourragère.

Les espèces voisines : D. serratus Moris, et D. dentatus Bertol., sont de plus petite taille et de
moindre importance encore.

Carotte élevée, D. rnaximus Desf.

Fleurs très larges à la circonférence de l'ombelle ; celle-ci très grande, atteignant jusqu'il
15 centimètres. Taille de 8 à 15 décimètres.

Fort précoce et celle du genre qui atteint la taille la plus élevée, cette espèce vient princi-
palement dans les champs et collines arides des montagnes du Roussillon. Sans être recherchée,
elle peut, surtout quand elle est jeune, être de quelque utilité pour les animaux qui paissent dans
les régions qu'elle habite.

Même observation îi l'égard des espèces suivantes :

Le D. maurilanus L., à fleurs toutes égales ; habite principalement les rochers de la Corse ;

Le D. hispidus Desf., il ombelle très étalée, de plus petite taille et commune aussi en Corse;

Le D. gummifer Lm., plante de 2 à 3 décimètres, et que l'on rencontre sur les bords de
l'Océan ainsi que de la Méditerranée ;

Le D. siculus Tin., à ombelle petite, avec fleurs plus grandes à la circonférence, presque
sans tige et ne s'élevant qu'à la hauteur de 10 à 15 centimètres ;

Le D. muricatus L., h ombelle oppositifoliée, à fruit assez gros, élargi, s'élevant à 3.5 déci-
mètres, et la seule espèce annuelle du genre ; habitant surtout la Corse.

Genre ORLAYA. — ORLAYA IIoff.

Fleurs blanches ou rosées ; — corolle h pétales repliés en dedans ; — akène à côtes secondaires
saillantes, carénées, armées de 2.3 rangs d'aiguillons subulés, très longs; —
involucre à plusieurs
folioles entières ; —
feuilles bi-tri-pennatiséquées, à segments courts, rapprochés, presque linéaires.

Renferme plusieurs espèces, dont une seule de quelque importance par
son abondance.

0. a grandes fleurs, 0. grandiflora Iioff.; Caucalis grandiflora L.

Géroville, Mélinot, Persillée.

Fleurs d'un beau blanc, celles de la circonférense rayonnantes, dix fois plus grandes que
celles du centre. Ombelle formée de 5.8 rayons presque égaux. Tige dressée, rameuse dès la base,
à rameaux étalés, rudes au toucher. Taille de 2 à 4 décimètres. Annuelle.

Espèce très commune dans les champs argilo-calcaires, les jachères, les herbages, le long
des routes, et que mangent les bestiaux quand elle est jeune.

L'O. platijcarpos Koch, et l'O. maritima Kooh, sont deux autres espèces du genre, plus rares,
et que l'on rencontre dans les sables et les moissons des côtes de la Méditerranée.

-ocr page 288-

272 OMIÎELLIFÈRES.

3° Tribu, — THAPSIÉBS.

Ombelles composées. Fruit comprimé par le clos, lenticulaire. Aliène à
9 côtes, les 5 primaires filiformes ou obtuses, les 4 secondaires filiformes ou
développées en ailes membraneuses. Columelle libre, simple ou bifide. Graine
à face commissurale plane. — Comprend, dans nos contrées, les trois genres
suivants :

Îles 4 côtes secondaires filiformes..................... . ,. . Sileh.

2 côtes secondaires filiformes, et les 2 marginales ailées...... Tiiapsia.

j les 4 côtes secondaires ailées............................ Laserpitium.

Genre SILER. — SI 1ER Scor.

Fruit à côtes primaires saillantes et obtuses ; à côtes secondaires filiformes ; — involucre nul
on paucifoliolé.

Une seule espèce.

Siler trilobé, S. trilobum Scop.

Pleurs blanches. Ombelle très grande, longuement pédoncnlée. Feuilles 2.3 fois ternées, à
segment supérieur trilobé. Taille de 8 il 12 décimètres. Vivace.

Vient principalement dans les bois montagneux de l'Est. Non recherché des bestiaux.

Genre THAPSIE. — TIIAPSIA L.

Corolle a pétales entiers; — fruit h côtes primaires filiformes, à côtes secondaires 2 filifor-
mes et 2 développées en ailes membraneuses; —
involucre et involucelle nuls.

Une seule espèce indigène.

Thapsie villeuse , T. villosa L.

Fleurs jaunes. Ombelles latérales plus petites. Feuilles 2.3 fois ailées; les supérieures h
limbe avorté, les inférieures velues. Taille de 6 à 9 décimètres. Vivace.
Vient sur les lieux stériles de la région méditerranéenne. Sans emploi.

Genre LASER. — LASERPITIUM L.

Calice à 5 petites dents ; — corolle à pétales échancrés ; — fruit à côtes secondaires toutes
développées en ailes membraneuses ; —
involucre et involucelle foliolés.

Comprend plusieurs espèces, dont, une seule offre de l'intérêt.

-ocr page 289-

OMBELLIFÈRES. 273

Laser a larges feuilles, L. latifolium L.

Laser d'IIercule, Turbith de montagne, Turbith bâtard, faux Turbith, Centaurée blanche.

Fleurs blanches, Ombelles très grandes à rayons nombreux. Pétales en cœur renversé.
Feuilles grandes, 2.3 fois disséquées, ii segments larges( dentieulés. Taille de 6 à 12 déci-
mètres, Yivace.

Fort commune dans les bois montagneux, les prés élevés de toute la France, cette espèce,
quand elle est jeune, est mangée par tous les animaux, par les bêtes il cornes surtout, qui la
refusent quand elle est en fleurs.

Les autres espèces du même genre, que les bestiaux mangent également dans leur jeunesse,
sont principalement :

Le L. hirsutum Lm.; feuilles à segments linéaires, taille de 3 îi 5 décimètres, vivace; et
venant dans les prairies des Alpes ;

Le L. aquilegifolium DC.; involucre à 1.3 folioles caduques, fruit oblong linéaire, taille do (>
ii 12 décimètres, vivace; croît dans les bois montagneux du Midi ;

Le L. Siler L.; fleurs quelquefois rosées ; fruit linéaire ; feuilles à segments ovales, entiers ;
taille de 6 à 12 décimètres, vivace; venant dans les prairies des Pyrénées, de la Lozère, des
Alpes, du Jura;

Le L. Gallicum C. Bauli.; fruit tronqué il la base, à ailes marginales plus larges, feuilles
fi segments opposés ; taille de 3 à 6 décimètres, vivace ; se montrant sur les coteaux arides du
Midi, dans les Pyrénées-Orientales.

Le L. prutenicum L,; fleurs jaunissant ; feuilles rudes, ciliées; tige anguleuse, sillonnée, de
5 à 10 décimètres; bisannuelle; se montrant dans les forêts et sur les prairies humides des Alpes.

Fruit à section ei
égales.......

Fruit ii section \
elliptique. j

CAUCALINÉES.

3° Triton. — CAUOALINÉE8.

Ombelles composées. Fruit comprimé par le côté. Aliène à 9 côtes sail-
lantes, les 5 primaires filiformes, les 4 secondaires armées d'aiguillons. Une
bandelette sous chaque côte secondaire. Columelle libre, bifide. Graine à face
commissurale canaliculée longitudinalement par l'enroulement des bords
latéraux. — Comprend, dans nos contrées, les trois genres suivants :

8. — Côtes dorsales, primaires et secondaires
.................................... tcrgenia.

Côtes secondaires plus saillantes........... Caucalis.

Côtes secondaires non distinotes........... Torilis.

Genre TURGÉNIE. — TURGENIA Hoff.

Calice ii 5 dents sétacées ; — corolle il pétales échancrés, les extérieurs rayonnants; — fruit
déprimé, creusé au niveau de la commissure, réduite il une surface étroite, linéaire ; akènes il
côtes dorsales, primaires et secondaires, semblables et armées de 2.3 rangs d'aiguillons, les mar-
ginales tuberculeuses; —
involucre à 3.5 folioles à bords scarieux.

Une seule espèce.

18

-ocr page 290-

274 OMIÎELLIFÈRES.

Turgénie a larges feuilles, T. latifolia H. ; Caucalis latifolia L.

Fleura blanches, souvent rougeûtres ail dehors. Ombello longuement pédonculée, à 2.4 rayons
raides et anguleux. Feuilles pinnatiséquées, à segments ohlongs, profondément dentés. Tige dres-
sée, peu rameuse, hérissée, do 2 à 4 décimètres. Annuelle.

Cette espèce est fort commune dans les moissons et les cultures des terrains argilo-calcai-
res, principalement du Midi ; ses fruits, mêlés au blé en altèrent la pureté et rendent le pain
brun, amer et malsain. Elle est difficile îi extirper des champs qu'elle a envahis; on ne la détruit
que par dos cultures sarclées ou des semis de plantes étouffantes. Les animaux la mangent avant
sa floraison.

Genre CAUCALIDE. — CAUCALIS L.

Calice à 5 dents lancéolées ; — corolle à pétales écliancrés, les extérieurs rayonnants ; —
fruit oblong, aplati latéralement, il section transversale elliptique, avec côtes primaires liliformes,
hérissées do soies, et côtes secondaires armées de 1.3 rangs d'aiguillons; —-
involucre nul ou h
1,3 folioles.

Comprend seulement deux espèces.

Caucalide fausse carotte, C. daucoïdcs L.

Gratteau.

Fleurs blanches ou rougeûtres. Ombelle à 2.5 rayons. Fruit avec côtes primaires, ii pointes
renflées h, la base, et côtes secondaires à 1 seul rang d'aiguillons crochus au sommet. Feuilles
2.3 fois disséquées, à segments nombreux, étroits, rapprochés. Tige dressée, rameuse, poilue,
do 1 à 3 décimètres. Bisannuelle.

Cette petite espèce, quo l'on rencontre communément dans les moissons des terrains cal-
caires, au bord des fossés et des chemins, est recherchée de tous les bestiaux.

Le C. leptyphylla L., seconde espèce du genre, se distinguo de la précédente par le fruit,
à côtes primaires ayant les pointes subulées dès la base, et i\ côtes secondaires avec 2.3 rangs
d'aiguillons; elle est annuelle, vient dans les mêmes lieux et elle est, de même, mangée par tous
les animaux.

Genre TORILIDE. — TORILIS IIoff.

Calice à 5 dents lancéolées ; — corolle iv pétales écliancrés, les extérieurs rayonnants ; -—
fruit aplati latéralement, à section elliptique; côtes primaires épineuses, côtes secondaires non
distinctes, ou divisées, jusqu'à la base on tubercules épineux, remplissant complètement les val-
lécules; —
involucre nul; — tiges et rameaux rudes, hérissés.

Renferme trois ou quatre espèces fort répandues.

Torilide apre, T. anthriscus Gmell.; Tordylium anthriscus L.

Fleurs rougeûtres. Ombelle convexe à 5.12 rayons. Involucre à 5 folioles. Fruits couverts
d'aiguillons recourbés ascendants. Feuilles bipennées, à segments incisés, rudes. Tigo dressée,
do 5 à 8 décimètres, quelquefois plus. Bisannuelle.

Cette espèce, fort commune dans toute la Franco et les diverses parties de l'Europe, surtout
dans les terrains gras et pierreux à demi-ombragés, se montre dans les haies, dans les buissons,
au bord des routes. Elle n'est pas d'abord toujours facile
à voir sous les autres plantes qui la
cachent ; mais il suffit de couper le sommet de la tige pour provoquer l'apparition d'autant de
nouvelles tiges qu'il y a de feuilles sur la portion restante; elle prend alors un très grand déve-
loppement en so chargeant- d'une masse considérable de rameaux. Tous les bestiaux la reclier-

-ocr page 291-

01IBELLIFÈRES. 275

chent, les chevaux surtout, de sorte que, bien qu'elle scit commune, il y aurait peut-être encore
avantage il la semer dans les pâturages. En ce cas, il faudrait, à l'automne, en arracher quelques
pieds, dont on répandrait la graine au printemps. Si on attendait cette dernière époque pour
récolter la graine, on no la trouverait plus; elle aurait été, pendant l'hiver, mangée par les
oiseaux qui en sont très friands.

Torilide noueuse, T. nodosa Gœrtn. ; Tordylium nodosum L.

Fleurs rosées. Ombelle petite, presque sessile, opposée à la feuille, à 2.3 rayons très courts.
Involuero nul et involucelle multifoliolée. Fruits internes tuberculeux, les externes épineux, à
commissure étroite, linéaire. Feuilles 2 fois disséquées, il segments dentés, Tige diffuse, do
1 à 3 décimètres on plus. Annuelle. Floraison en avril-mai.

Commune dans les champs arides, les décombres, du Midi, du Centre et de l'Ouest, et fort
précoce, cette espèce, comme la précédente, se développe beaucoup quand on coupe les tiges, et
forme de même des touffes que les animaux et surtout les chevaux aiment à l'excès, ce qui per-
mettrait de l'utiliser de la même façon dans les pâturages.

Torilide des champs, T. infesta Wall.; Scandix infesta L.

Fleurs blanches. Ombelles planes, à 3.8 rayons; les fleurs do la circonférence très irrégu-
lières, longuement rayonnantes. Fruit entièrement recouvert d'aiguillons. Taille do 3 à 5 déci-
mètres, Bisannuelle.

Espèce fort répandue dans touto la France, surtout dans les terrains argileux et calcaires ;
ello vient dans les ohamps arides, sur les bords des chemins, où elle est pâturée par les bestiaux.

A citer encore, le T. heterophylla Guss.; ombelle plane, fi 2.3 rayons; fruit aiguillonné d'un
seul côté; feuilles supérieures entières à 2.3 lobes linéaires; taille de 2 à 4 décimètres; espèce
annuelle, qui se rencontre principalement dans les lieux arides du Midi.

4c Trilbu. — COKIANU II L· E ».

Ombelles composées. Akène à 9 côtes, les 5 primaires déprimées, les
4 secondaires plus saillantes. Vallécules sans bandelettes. Columelle soudée,
bifide. Graine à face commissurale canaliculée transversalement par son en-
roulement du sommet à la base. — Les deux genres suivants composent cette
tribu :

Î Calice entier. Fruit didyme......................... Bifoiïa.

Calice à 5 dents. Fruit globuleux. ................... Comanimujm.

Genre BIFORA. — DIFORA Hoff.

Corolle à pétale échancré ; — fruits avec akènes distincts, presque globuleux ; à côtes pri-
maires formant de légers sillons, et côtes secondaires larges, rugueuses, peu saillantes; com-
missure percéc de 2 orifices ; —
involucre nul ou il 1 foliole linéaire.

Comprend deux espèces seulement.

-ocr page 292-

276 OMIÎELLIFÈRES.

Bifora commun, B. testiculata DG.

Fleurs blanches. Ombelle à 2.3 rayons. Fruit éoliancré à la base, mamelonné au sommet.
Feuilles pinnatiséquées, les supérieures sessiles. Taille de 2 à 3 décimètres. Annuelle.

Cotte plante, d'odeur fétide, se rencontre communément dans les moissons du Midi et do
l'Ouest; son odeur écarte les animaux.

La seconde espèce, le D. radians Bieb., qui se distingue à ses ombelles à 6.7 rayons, avec
fleurs rayonnantes à la circonférence, ses fruits échancrés au sommet et à la base, ■vient dans
les même3 lieux, et repousse également les animaux par son odeur.

Genre CORIANDRE. — CORIANDRUM L.

Calice à 5 dents inégales ; — corolle à pétales échancrés ; les extérieurs rayonnants ; —
fruit globuleux, à, côtes primaires ondulées, et côtes secondaires carénées; — involucre nul.

Une seule espèce.

Coriandre cultivée, C. sativum L.

Fleurs d'un blanc rougeiltre. Ombelle à 5.10 rayons striés. Fouilles inférieures à segments
larges, les supérieures à segments linéaires, aigus, presque filiformes. Taille de 6 à, 8 décimètres.
Annuelle.

Venant quelquefois spontanément, cette espèce, lorsqu'elle est en végétation, répand une
odeur désagréable de punaise, qui augmente encore quand on écrase ses feuilles ou ses fruits
verts, et qui est remarquable surtout par sa persistance. Cotte plante, qui par son odeur éloigne
les animaux, est cultivée pour ses semences, lesquelles, desséchées, ont une saveur forte et aro-
matique, et que l'on emploie, à titre d'excitant stomachique, dans la médecine et l'art culinaire.

5e Trübt*.. — AIVGlbXjIOÉJEiS.

Ombelles composées. Fruit comprimé par le clos. Akène à 5 côtes, dont
3 dorsales filiformes ou ailées, et 2 marginales développées en ailes membra-
neuses larges, contiguës, mais distinctes. 1 ou
2 bandelettes dans chaque
vallécule. Columelle libre; bipartite. Graine à face commissurale plane. —
Dans cette tribu sont compris les trois genres suivants :

! Pétai, entiers— [ Involucre nul ou oligophylle..............................Angelica.

Vallécule ]

à 1 bandelette. ( Involucre polypliylle..........................................Levisticum,

Pétales échancrés — Vallécule t\ 2 bandelettes............................Selikum.

Genre ANGÉLIQUE. — ANGELICA L.

Calice entier; — corolle à pétales lancéolés, aigus, entiers; — fruit ohlong à côtes dorsales
filiformes; —
involucre nul ou à un petit nombre de folioles subulées et caduques; involucelle
multifoliolée.

Plusieurs espèces, toutes vivaces.

-ocr page 293-

01IBELLIFÈRES. 277

Angélique officinale, A. archangelica L.

Angélique des jardins, A. de Bohême.

Fleurs d'un blanc verdâtre. Ombelles très grandes, convexes, régulières. Fruit à bandelettes
nombreuses, isolant la graine du péricarpe. Feuilles très grandes, 2.3 fois pinnatiséquées, à pétiole
très large. Tige dressée, robuste, fistuleuse. Racino grasse, allongée, cliarnue, blanche en dedans.
Taille de 10 à 15 décimètres.

Cette très belle plante, d'une odeur douce, aromatique, très agréable, d'une saveur chaude
et un peu amère, est surtout commune dans le nord de l'Europe. A l'état spontané, elle est très
rare en France et paraît seulement avoir été trouvée dans quelques prés montueux do la Pro-
vence, de l'Auvergne et do l'Alsace. Par compensation, elle est fort commune dans les jardins,
où on la cultive pour les usages de la médecine et de la confiserie ; cette culture, dont Niort sur-
tout a depuis longtemps le monopole, exige un terrain profond et substantiel. La plante, d'une
forte constitution, résiste à toutes les influences atmosphériques, ainsi qu'aux insectes, que son
odeur éloigne. En Islande, eu Laponie, où elle prend un grand développement, les indigènes en
mangent toutes les parties. Elle peut être aussi donnée aux bestiaux qui s'en montrent partout
fort avides. Elle donne au lait des vaches un goût aromatique.

Angélique sauvage, A. sijlvestris L.

Fleurs d'un blanc rosé. Ombelles grandes à 25.30 rayons. Fruit éclianeré à la base. Feuilles
inférieures très grandes, à limbe triangulaire, 3 fois pinnatiséquées, il lobes dentés eu scio. Tige
épaisse, fistuleuse. Taille de 5 à 15 décimètres.

Cette espèce, commune dans tout le nord do l'Europe, so montre surtout aux bords des
eaux, dans les prés humides et couverts, dans les bois des montagnes. Tous les animaux la man-
gent quand elle est jeune, et n'y touchent plus quand elle est en fleurs.

Près de cette espèce se range le A. ebulifolia Lap., qui s'en distinguo â" ses ombelles à
40.80 rayons, ses feuilles à segments plus aigus, et que l'on trouve dans les prairies des Pyrénées.

I-

Angélique des Pyrénées, A. Pyrensea Spreng.; Scseli Pyreneum L.

Ombelle à 3.9 rayons inégaux. Involucro unifoliolé. Feuilles inférieures ovales dans leur
pourtour, à segments linéaires. Tige presque nue, de 1 à 3 décimètres.

Cette petite espèce vient dans les pâturages dos Alpes, et dans toute la chaîne des Pyrénées,
où elle est très fréquemment broutée par les bestiaux.

Genre LEVISTICUM. — LEVISTICUM Koch.

Calice entier; — corolle à pétales orbiculaires , entiers, infléchis; — fruit oblong, à côtes
dorsales aiguës; —
involucre et involucello multifoliolés.

Comprend une seule espèce.

Levisticum officinal, L. officinale Koch.

Lireche officinale, Ache des montagnes.

Fleurs jaunes. Ombelle à 6.12 rayons. Folioles de l'involucre bordées de blanc. Fruit oblong,
courbé îi la maturité. Feuilles luisantes, 2.3 fois pinnatiséquées, à segments entiers. Tige
dressée, à rameaux opposés et verticillés. Taille de 15 à 20 décimètres. Vivace.

Cette plante, dont toutes les parties exhalent une odeur aromatique prononcée, se montre
surtout dans les provinces méridionales de la France, dans les Alpes, les Pyrénées. Sa racine, ûcre
et stimulante, ainsi que ses fruits, sont employés comme excitants.

-ocr page 294-

278 OMIÎELLIFÈRES.

Genre SELIN. — SELINUM L.

Calice entier ; — corolle à pétales éeliancrés, connivents ; — fruit à côtes dorsales aiguës ;
les marginales se rapprochant en laissant un vide entre elles; vallécules latérales munies do deux
bandelettes ; —
involucre nul ou à 1 foliole subulée ; involucelle multifoliolée.

Renferme une seule espèce.

Selin a feuilles ue carvi , S. carvifolia L.

Persil des marais.

Fleurs blanches. Ombelles serrées à 15.20 rayons. Feuilles ovales dans leur pourtour, les
inférieures 2.3 fois disséquées, à segments linéaires. Tige dressée, presque ailée. Taille de 6 à
10 décimètres. Vivace.

Cette espèce, que l'on trouve dans toute la France, vient dans les bois couverts, dans les
prés humides, dont elle contribue à aromatiser les herbes. Tous les animaux, mais surtout les
vaches, le mangent avec plaisir. Elle se dessèche facilement, et quand la fauchaison n'a pas été
trop tardive, elle donne un foin sec assez agréable.

6« Tribu. — PBUCEDANIDES.

Ombelles composées. Fruit comprimé par le dos, lenticulaire. Akène à
5 côtes, les 2 marginales contiguës, soudées et développées en un aile mem-
braneuse formant autour du fruit une large bordure ; les 3 dorsales peu déve-
loppées. Columelle libre, bipartite. Graine à face commissurale plane. —
Comprend les genres suivants :

Côtes dorsales carénées. — Calice entier. — Vali, à 1 bandelette Anethum.

Vallécule à 1 bandel. aussi lon-
gue que le fruit

Imperatoria
Pastinaca.

Heracleum.

Ferula.
Peucedanum.

Fruit
à bordure<
plane

Calice entier
ou

à peine denté

t/3

w
«

O

§

w

ph

Côtos dorsales
filiformes

Cal. à 5 dents

Vali, à 1.3 band
aussi longues
que l'akène

Vallécule à 1 bandel. plus courte
que le fruit..............

Vallécule à 1 seule bandelette,
plus courte que l'akène......

Pétales aigus,

entiers.....

Pétales obtus,
écliancrés. ..

Fruit à bordure convexe.Côtos dors, filifor.

Calice ii 5 dents —Pétai, éclianc. Tordylium.
Calice entier— Pétales entiers. Opopanax.

Genre ANETH. — ANETHUM T.

Corolle h pétales presque orbiculaires ; — fruit elliptique, à côtes dorsales carénées ; vallé-
cules pourvues d'une large bandelette ; —
involucre et involucelle nuls.

Une seule espèce.

-ocr page 295-

01IBELLIFÈRES. 279

Aneth odorant, A. graveolens L.

Fleurs jaunes. Ombelles grandes, planes, à 20.30 rayons. Feuilles à segments linéaires fili-
formes. Tige arrondie, de 3 à 10 décimètres. Annuelle.

Cette plante, légèrement fétide, vient dans les cliamps et les moissons méridionales. N'est
point recherchée des animaux.

Genre IMPÉRATOIRE. — IMPERATOIUA L.

Calice entier; — fruit presque orbiculaire, il côtes dorsales rapprochées, écliancré ii la base
et au sommet ; vallécule à 1 seule bandelette; —
involucre nul.

Une seule espèce.

Impiîratoire commune, I. ostrutiwn L.

Ostrute, Ottruche, Benjoin de pays.

Fleurs blanches ou rougeâtres. Ombelles très amples, à 30.40 rayons grêles, très inégaux.
Feuilles pianos, les inférieures longuement pétiolées, très grandes, 2.3 fois ailées, folioles sou-
vent trilobées, à segments ovales, dentés en scie ; les supérieures petites, sessiles, sur une gaine
large à la base, Tige dressée, fistuleuse, de 4 à 6 décimètres. Vivace.

Très commune dans les pâturages do montagnes de presque toute la France et de tout le
nord de l'Europe, cette espèce étale ses larges feuilles au-dessus des autres plantes fourragères
qu'elle risque même d'étouffer. Les animaux les mangent sans les rechercher. Se desséchant mal,
cette plante donne un mauvais foin. Sa racine grosse, noueuse, d'une saveur âcre et amèro,
d'une forte odeur aromatique, est employée, pour les usages médicaux, comme excitant.

Genre PANAIS. — PASTINACA T.

Calice entier ou finement denté; — corolle à pétales orbiculaircs, entiers, à sommet tron-
qué; —
fruit ovale ou orbiculaire, à côtes dorsales filiformes et bordure plane; — valle'cules à
1 bandelette plus courte que les côtes; —involucre et involucello r.uls ou presque nuls; —
feuilles simplement pinnatiséquées.

Comprend un petit nombre d'espèces, toutes bisannuelles, dont une cul-
tivée comme plante fourragère et potagère.

PANAIS CULTIVÉ. P. SAT1VA L.

Noms vulgaires. — Panel, Pastanade, Paslenade blanche, Pastenague, Racine blanche,

grand Chervi cultivé, Churleau.

Fleurs jaunes. — Ombelle à 8.10 rayons allongés et inégaux, l'ombelle centrale plus
grande. — Feuilles à 9.11 segments, oblongs, aigus, crénelés, les inférieurs quelquefois pinna-
tiséqués ou triséqués ; feuilles des rameaux entières ou tridentées, toutes pnbescentes, à pétiole
grêle. — Tige dressée, fistuleuse, très anguleuse, rameuse, à rameaux supérieurs opposés ou
verticillés, — Taille de 9 à 12 décimètres.

Très commune dans toute la France, cette espèce vient naturellement
dans les champs et les pâturages, dans les lieux incultes et le long des haies,
dans les saulsaies et au bord des cours d'eau. Elle abonde quelquefois dans
les blés, surtout dans les régions centrales et méridionales de la France, et

-ocr page 296-

280 OMIÎELLIFÈRES.

nuit alors beaucoup aux produits de la récolte. La plante, dans ces condi-
tions, constitue ce qu'on nomme le
Panais sauvage, P. S. sylvestris DC., dont
quelques auteurs ont fait une espèce particulière
(P. sylvestris Mil!.), et que
M. Ponsard a essayé de soumettre à la culture ; en la semant en août, il
en a obtenu, au printemps suivant, un bon légume, de qualité supérieure à
celle du Panais cultivé ordinaire. Ces essais pourraient être répétés.

Par l'effet de la culture, le Panais, comme la Carotte, a subi plusieurs
modifications essentielles. Ses feuilles sont devenues glabres; sa racine, de
grêle, dure et âcre, est devenue épaisse, charnue, sucrée, aromatique. Il
constitue, sous cette forme nouvelle, une autre variété, le
Panais cultivé,
P. S. cdulis DC., se subdivisant elle-même en deux sous-races pricipales :

Le Panais long, à racine longue et fusiforme, et plus ou moins divisée;

Le Panais rond ou de Metz, à racine plus courte et en forme de toupie,
et plus hâtif que le précédent.

Cultivé depuis fort longtemps en Angleterre, en Belgique, en plein
champ comme espèce fourragère, le Panais est bien moins connu en France;
si ce n'est en Bretagne et dans quelques parties du département de la Man-
che, où on le cultive depuis des siècles pour sa racine, employée dans la
nourriture du bétail. La préférence qu'on lui accorde dans ces régions est
motivée surtout par le précieux avantage qu'elle offre de ne point souffrir des
gelées et de pouvoir, si le sol n'est pas trop humide, rester dans le champ
tout l'hiver.

Culture du Panais.

%

Le Panais qui, à l'état sauvage, se contente des lieux secs et incultes,
est plus exigeant quand il est soumis à la culture ; il réclame alors, comme
la Carotte, un sol calcaire et argileux, profond et humide, où sa racine puisse
librement se développer. Il est toutefois moins difficile que celle-ci, et il
réussit mieux qu'elle dans les terres un peu fortes. L'essentiel est que le sol
soit ameubli par de profonds labours, et que l'humidité ne lui fasse pas
défaut. Dans une terre sèche, il se développe peu et acquiert trop de consis-
tance. On pourrait d'ailleurs en essayer la culture partout où il serait possi-
ble de suppléer à la fraîcheur naturelle du sol par des arrosages faciles et
peu coûteux.

On cultive le Panais, dont on veut récolter la racine, exactement de la
même manière que la Carotte. Il exige de même de fortes fumures, et l'em-
ploi d'un fumier riche et apte à s'assimiler promptement avec la couche
arable; à moins, ce qui est préférable, qu'on ne le répande avant l'hiver,
de façon à donner à l'engrais plus ou moins pailleux que l'on emploie, le
temps de se décomposer et de bien se mêler au sol avant les semailles du
printemps. On répand alors 5 à 6 ltilog. de graines par hectare. La graine,
ne se conservant pas plus d'un an, sera choisie fraîche. Quand les mauvaises
herbes se montrent, on commence les houages et les sarclages, comme on le

-ocr page 297-

01IBELLIFÈRES. 281

fait pour la carotte, eu ayant soin seulement, quand il s'agit du Panais,
d'éclaircir davantage, à cause de la plus grande étendue de son feuillage.

A l'automne, à l'approche de la gelée, on coupe les feuilles qui servent à
la nourriture des bestiaux, et on laisse la racine en terre où elle se conserve
jusqu'au moment de l'arrachage en prenant môme un certain accroissement.
On l'arrache au printemps, avant que la végétation ait recommencé ; si
on attendait que la sève se fut mise en mouvement pour la pousse de la
deuxième année, la racine durcirait, deviendrait ligneuse et perdrait de sa
valeur alimentaire.

Le Panais, comme la carotte, peut être semé en culture dérobée sur les
céréales, le lin, le chanvre, etc., pour fournir la même année, et à peu de
frais, une seconde récolte. Il est alors nécessaire, à cause de l'étendue de son
feuillage, de le semer fort clair.

Quelquefois, comme cela se pratique en Belgique, le Panais et la Carotte,
qui exigent la même nature de terrain, sont semés ensemble. A la fin de
l'été, on arrache celle-ci qui se développe plus tôt, et quand elle est épui-
sée, soit pendant, soit après l'hiver, on récolte le Panais, et 011 prolonge
ainsi, pendant six mois, la production dans le même champ.

En Bretagne, d'après M. Le Brigant de Plouezocli, le Panais est semé
dans une terre fumée l'année précédente. Cette terre est bien retournée, bien
ameublie, au moyen de la bêche, avec laquelle on enlève le fond des raies
quand la charrue a passé. On forme des planches larges de 3 ou 4 mètres,
entre chacune desquelles on creuse un petit fossé dont on jette la terre sur
les planches. Avec un râteau, on brise les mottes, on aplanit le terrain, en
ménageant, de chaque côté, une pente légère vers les fossés. A la fin de
février ou en mars on répand la graine, que l'on recouvre avec le râteau. On
sème clair; si la plante lève abondamment en quelques points, on en arra-
che une partie, et l'on sarcle dès que les premières herbes apparaissent. Il
est d'usage de semer en même temps que le Panais, des fèves de marais, et
de planter des choux autour de chaque planche : méthode excellente pour
s'assurer, à la récolte, un excédant de produits.

On récolte le Panais en octobre ou en novembre, en se servant d'une
pelle ou d'une tranche, et pour conserver les racines, on les tient serrées les
unes contre les autres dans un endroit sec.

Cette culture, toujours d'après M. Le Brigant, donne un bénéfice triple
de celui retiré d'un espace égal de terrain semé en froment donnant 9 pour 1,
outre la récolte de choux et la récolte de fèves qu'il produit en plus, et cela
tout en laissant la terre préparée pour recevoir l'année suivante du froment
et même du lin.

Le Panais n'est pas seulement propre à être cultivé pour sa racine ; il
peut encore servir comme plante fourragère ; il fournit alors des produits
abondants sur l'importance desquels l'attention des agriculteurs 11e s'est
peut-être point assez fixée. On peut le semer, par exemple, sur les terres en

-ocr page 298-

282 OMIÎELLIFÈRES.

jachère, en août ou septembre, après une récolte de céréales, ainsi que le
conseille Rozier, et en obtenir, outre un engrais naturel à ces champs, un
excellent pâturage d'hiver et de printemps pour le bétail et les troupeaux, et
môme, si l'on veut, plusieurs coupes de bon fourrage ; dans ce cas, on devra
le semer plus épais que lorsque la racine est l'objet principal de la récolte.

Il est possible encore, comme le conseillait récemment M. Belot-Défou-
gère, de l'Allier (
Journal d'agriculture pratique, 1865), de lui réserver dans la
rotation une place spéciale. On le sème alors du commencement d'avril au
15 mai, dans un terrain préparé comme pour la culture de la carotte; le
semis est fait en rayons espacés de 30 centimètres; on donne, pendant la
belle saison, un ou deux binages, on éclaircit les plants de façon à ce qu'ils
se-trouvent éloignés de 8 à 10 centimètres, et dès le mois d'octobre, le
feuillage a atteint 30 ou 40 centimètres. On peut alors le couper à la fau-
cille à 5 ou 6 centimètres de terre, et le donner au bétail qui en est très friand.

Le Panais pouvant rester en terre sans subir d'altération, on laisse le
champ en repos jusqu'à la fm de février ou au commencement de mars.
Les pousses à cette époque auront repris de 25 à 30 centimètres, et du
15 avril au 15 mai on pourra faire une nouvelle coupe à la même hauteur
que la première. Après quoi, la végétation aura repris une telle activité que
le Panais atteindra rapidement 1 mètre à 1 mètre 50. La récolte sera alors
abondante, et pourra donner quatre fois autant de fourrage vert que la
luzerne. A cette dernière récolte, on arrache la racine avec la plante, et avant
de donner celle-ci aux bestiaux on coupe les racines en morceaux et on les
mêle au feuillage. L'auteur que nous avons cité ajoute que si le besoin de
fourrage vert en octobre n'est pas impérieux, il sera préférable de ne pas faire
la première coupe de cette saison ; on obtiendra ainsi en février une récolte
plus précoce et plus satisfaisante, qui compensera largement celle que l'on
aura négligée dans la saison précédente.

Ces faits concordent avec ceux constatés par M. de Saint-Genis, que cite
V. Yvart, lequel ayant semé le Panais sur un blé de mars, s'est procuré au
printemps suivant, en fauchant les tiges prêtes à fleurir, un fourrage très
abondant, très succulent, et fort recherché de tous les bestiaux.

Valeur agricole et économique du Panais.

D'une valeur, au point de vue économique et agricole, qui le rapproche
sensiblement de la Carotte, le Panais offre, sur cette dernière racine, quel-
ques avantages. Ainsi, outre la qualité remarquable qu'il possède de résister
à l'hiver, ce qui, en permettant de le conserver dans le champ, évite les
frais, les embarras, et sauve les risques de la conservation, il donne un
feuillage plus élevé, plus touffu, mangé avec avidité par le bétail, et qui,
après les sarclages, à l'automne, fournit plus de fourrage que la Carotte.

Enfin, tout en exigeant comme celle-ci un sol substantiel et profond, il
est, sous ce rapport, moins délicat et résiste mieux dans un terrain com-

\

-ocr page 299-

01IBELLIFÈRES. 283

pacte et humide. Dans les sols peu profonds, on peut d'ailleurs semer le
Panais rond, qui exige moins de terre, et dont l'emploi, par cela même, est
appelé à rendre cette culture praticable dans un plus grand nombre de loca-
lités. Plus facile à arracher, à nettoyer, cette variété sera, pour ces diverses
raisons, celle que l'on adoptera, si, comme cela est à désirer, la culture du
Panais se généralise.

En résumé, le Panais est une plante extrêmement productive, donnant,
outre sa racine, un fourrage abondant et de bonne qualité, et dont la cul-
ture, partout où elle sera possible, ne saurait trop être recommandée.

Emploi alimentaire du Panais.

Plus ferme, plus aromatique, moins aqueux que la Carotte, et contenant
une forte proportion de matière nutritive, le Panais constitue une excellente
racine fourragère. Outre les feuilles, qui fournissent un bon fourrage, à des
époques où il est difficile de s'en procurer, aux vaches et aux autres bestiaux,
on a, dans sa racine, une matière alimentaire abondante que l'on peut faire
manger aux diverses espèces domestiques. On le donne, en Belgique, aux
vaches et aux porcs. En Bretagne, le Panais sert à nourrir et même à en-
graisser tous les animaux de la ferme; les chevaux, les bœufs, les vaches et
les cochons s'en accommodent également.

On distribue d'abord les racines crues, refendues ou coupées par tran-
ches ; puis, dès que les bêtes paraissent s'en dégoûter, 011 coupe les racines et
on les entasse dans un grand vase avec un peu d'eau seulement pour remplir
les intervalles que les morceaux laissent entre eux et on les fait cuire; les bes-
tiaux dès lors les mangent avec une grande avidité et ne s'en dégoûtent plus.
Pendant tout l'hiver, les cochons ne reçoivent pas autre chose ; les vaches
également, quand les autres fourrages manquent, sont entretenues avec le
Panais, qui rend le lait plus abondant et le beurre meilleur. Ou lui attribue
toutefois l'inconvénient de communiquer de l'amertume au lait des vaches
qui s'en nourrissent exclusivement.

En général, comme aliment, le Panais est moins estimé que la Carotte.
Donné cru, il donne lieu, quelquefois, à des indigestions aussi dangereuses
que celles produites par le trèfle. D'après M. Eléouet, il peut provoquer, chez
le cheval, des ophthalmies aiguës, et si l'animal est prédisposé à la fluxion
périodique, il en hâte le premier accès.

On donne les feuilles aux bestiaux, soit à l'approche des gelées, soit au
printemps, au moment où 011 les coupe avant l'arrachage des racines.

Le Panais n'est pas seulement une plante fourragère. Il est encore très
cultivé dans les jardins comme espèce potagère; sa racine constitue un
légume assez répandu, d'un goût agréable et nourrissant.

On en extrait encore, comme de la Carotte, un sirop estimé. Margraaf
en a extrait du sucre. Enfin, on l'a quelquefois substitué à l'orge, dans la
fabrication de la bière.

-ocr page 300-

284 OMIÎELLIFÈRES.

Outre le Panais cultivé, le genre fournit encore : le P. divaricata Desf,, à fruit plus petit,
à tige cylindrique liaute de 3 à 6 décimètres; et le
P. lucida Gouan, à feuilles à 5.7 segments
avec pétiole épais, haute de 15 à 20 décimètres. Ces deux espèces, très pubescentes et fétides,
sont rares, et se trouvent principalement en Corse.

Genre BERCE. — HERACLEUM L.

Calice à 5 dents; — corolle h pétales échancrés, avec un lobule infléchi; ceux des fleurs exté-
rieures, ordinairement grands, rayonnants, bifides ; —
fruit ovale ou orbioulaire, à côtes dorsales
très fines, il bordure plane; vallécules à 1 bandelette, plus courte que les côtes , et se terminant
en massue; —
involucre à un petit nombre de folioles caduques.

Renferme plusieurs espèces, bisannuelles ou vivaces, remarquables, en
général, par leur grand développement, et dont une fort répandue.

BERCE BRANCURS1NE. — II. SPHONDYL1UM L.

Noms vulgaires. — Fausse Drancursine, Brancursine sauvage, B. bâtarde, Panais sauvage, Panais
de vache, Angélique sauvage, Acatitho d'Allemagne, Patte-d'oie, Patte-de-loup, Bibreuil, Frenelle.

Fleurs d'un blanc verdfitre ou rosé, ■—· Ombelle à 15.30 rayons. — Fruit ovale, écliancré au
sommet. — Feuilles grandes, rudes au toucher, pubescentes en dessous, pinnatiséquées, à 5 seg-
ments amples, lobulés, incisés, le terminal en cœur, triflde ; pétiole très dilaté à la hase. — Tige
raide, dressée, cannelée, rameuse au sommet. — Racine épaisse et très longue. — Taille de 10
à 15 décimètres. — Bisannuelle.

Fort commune dans toute la France, cette espèce se rencontre dans les
bois, les prairies grasses et humides, où par son abondance, parfois, elle
étouffe les autres herbes. Quand elle est jeune, elle constitue pour les che-
vaux, les vaches et les autres bestiaux, qui tous la recherchent, un fourrage
excellent. Mais étant très précoce, repoussant très vite, ainsi qu'on le voit
dans les prairies nouvellement fauchées, où ses feuilles paraissent les pre-
mières, elle est, à cause de cela même, nuisible aux prairies, car à la fau-
chaison ses tiges sont trop dures pour entrer dans les fourrages secs, et ses
feuilles, également durcies, ne donnent qu'un mauvais foin. Il est donc utile
d'en empêcher la propagation ; pour cela il suffit, au moment de la floraison,
de couper, avec une pioche, les tiges entre deux terres ; la plante ne vivant
que deux ans, disparaît, en effet, quand on l'empêche de porter graine. Il
convient, en pratiquant cette opération, de prendre quelques précautions, les
cultivateurs belges ayant remarqué, comme nous l'apprend M. Joigneaux,
que l'arrachage de la plante, opéré le matin, quand elle est encore couverte
de rosée, provoque le développement, sur les mains, d'ulcères douloureux.

Malgré ces inconvénients divers, tenant compte de la précocité de la
plante, de sa grande vigueur végétative, de la résistance qu'elle oppose, grâce
à sa longue racine, à la sécheresse et autres intempéries, quelques auteurs
en ont conseillé la culture comme fourragère. Mais il faudrait, pour cela,
qu'elle fût mêlée à d'autres plantes précoces qui permettraient de la faucher

-ocr page 301-

01IBELLIFÈRES. 285

de bonne heure ; elle fournirait, de la sorte, une grande quantité de feuilles
tendres et savoureuses, excellentes pour les vaches ; seulement, comme les
feuilles se reproduisent très vite, elle devrait être coupée souvent. Si l'on
essayait cette culture, il importerait de choisir des graines fraîches, car
elles ne se conservent pas.

Les tiges et les feuilles de la Berce renferment une assez grande quantité
de sucre, que l'on utilise dans certaines contrées du Nord. Ainsi, la décoc-
tion fermentée de ses feuilles tient lieu de bière aux pauvres, en Pologne, en
Lithuanie. Dans ces mêmes pays, on mange les tiges vertes après en avoir
enlevé l'écorce. Ces tiges, séchées au soleil, se couvrent d'une efflorescence
sucrée que l'on recueille, en Sibérie, comme une friandise. On utilise mieux
encore ces tiges, en les faisant fermenter dans l'eau, et en retirant de ce
liquide un alcool, pernicieux quand les tiges ont conservé leur enveloppe cor-
ticale, mais très sain lorsqu'elles en ont été dépouillées. Des essais faits en
Piémont, d'après les procédés suivis en Sibérie, ont prouvé qu'il serait peut-
être possible de retirer de la Berce une quantité d'alcool suffisante pour ren-
dre cette opération fructueuse.

Près de cette espèce se rangent :

VII. alpinum L., à feuilles simples, orbiculaires dans leur pourtour, et palmatifides à
5.7 lobes, plante que l'on trouve dans les prairies des Alpes, du Jura et des Pyrénées, et où elle
joue le même rôle que la Brancursine dans les prairies de plaine;

L'H. panaces L., à feuilles ovales dans leur pourtour, palmatiséquées, divisées en 3 seg-
ments aigus et dentés, et qui croît dans les mêmes lieux que l'espèce précédente;

L'H. minimum Lm., petite plante de 1 à 3 décimètres, à tiges grêles et couchées, peu
rameuses, avec des ombelles à 3.5 rayons seulement et des fruits dépourvus de bandelettes;
venant principalement dans les Alpes du Daupliiné.

Berce jaunatre, H. flavescens DC.; H. sibiricum Lec.

Fleurs jaune-verdâtre, égales, non rayonnantes à la circonférence. Ombelles grandes, à
10.15 rayons. Fruit en cœur renversé. Feuilles pubescentes en dessous, pinnatiséquées, il
2.3 paires de segments crénelés. Taille de 8 à 12 décimètres. Bisannuelle.

Commune dans les montagnes du Centre, où elle remplace la Berce commune, et dans
les Alpes du Dauphiné, cette espèce a été soumise à la culture, avec quelque apparence de succès,
par M. Descolombiers. Ses tiges ont atteint jusqu'à 3 mètres de hauteur, et ses feuilles ont pris
un très grand développement, qui a permis d'en tirer un grand parti pour l'entretien du bétail
et surtout des moutons. La plante, pour réussir, doit être semée en automne, puis repiquée.

Malgré ces avantages, de nouveaux essais sont encore nécessaires pour permettre de bien
apprécier la valeur de cette espèce, ainsi que celle des autres Berces, comme plantes fourragères.

Genre FÉRULE. — FERULA T.

Fleurs jaunes; — ombelles latérales plus petites, souvent stériles, et dépassant l'ombelle cen-
trale; —
calice à 5 dents courtes; —pétales aigus, entiers; — fruit oblong, à côtes dorsales
filiformes; —
vallécule à plusieurs bandelettes peu apparentes; — feuilles à divisions linéaires.

Genre ne renfermant qu'un petit nombre d'espèces indigènes, toutes
vivaces ; on compte parmi elles :

-ocr page 302-

286 OMIÎELLIFÈRES.

Le F. ferulago L., ombelle à 6.10 rayons, h involuere multifoliolé ; feuilles il segments diva-
riqués ; taille de 3 à 6 décimètres ;

Le F. nodiflora L., ombelle à 25.30 rayons, sans involuere; feuilles supérieures à pétiole
longuement engainant; taille de 1 à 2 mètres;

Le F. glauca L., feuilles glauques, charnues, à segments plus larges, et taille élevée.

Les unes et les autres de ces espèces viennent spontanément sur les rivages de la Méditer-
ranée et sont sans usages. Au même genre appartiennent les espèces orientales dont on extrait,
par incision du collet des racines, la gomme résine connue sous le nom d
'assa-fœtida.

Genre PEUCÉDANE. — PEUCEDANUM Koch.

Calice i\ 5 dents ; — corolle h pétales obovés, entiers ou écliancrés, avec un lobule infléchi ;
— fruit oblong, il côtes dorsales filiformes, et bordure plane; —vallécules à 1.3bandelettes, occu-
pant toute la longueur de l'akène; —
involuere variable; involncelles à folioles linéaires.

Dans ce genre, assez mal caractérisé, se trouvent comprises un certain
nombre d'espèces, tenant toutes, par différents caractères, à des genres voi-
sins , auxquels les différents auteurs les ont alternativement réunies. Ces
diverses espèces, vivaces et assez communes dans les prés, sont mangées par
les bestiaux, notamment par les vaches, qui paraissent les rechercher. Voici
le tableau de celles aujourd'hui admises comme indigènes :

Pétiolo cylindrique non l FL jaunGs.| 0l""cm4LE
Involuere nul ou ) canalioulé.
 j ' ( Panic,datum

paucifolioléet caduc ) Valléculeà 1 bandelette ( Fl. blanch, paeisiense

Pétiole triangul., canal. Val. à 3 band. Caryiiolium

( Cervaria

Genre
PEUCEDANUM

ifol. 1

Involucro multifol
Pétiole canalioulé.
Valléo. ii 1 bandel.

Pétiole droit!

P<StioIc / --------( Venetum

,, , j triangulaire )-,,.,
fl. blancn. \ ( Pétiol, artic.
Oreoselinum Mœnch.

Pétiole cylindrique..... Palustre Mœnch.

Fleurs jaunes, — Pétiolo triangul, ,, Afsaticum L.

L.
Lois.
DC.
Vili.
Lap.
Koch.

Peucédane officinale, P. officinale L.

Queue-de-pourceau, Fenouil de porc.

Fleurs jaunâtres, en ombelles grandes, dressées, à 15.20 rayons. Fruit plus court que lo
pédicelle. Feuilles 2.3 fois ternées, ii divisions planes, allongées, on glaive. Tige rameuse supé-
rieurement. Racine très grosso. Taille de 8 à 12 décimètres.

Cette espèce, commune dans les diverses régions de la France, au Centre, il l'Est, sur les
côtes de l'Océan et de la Méditerranée, se trouve principalement dans les prairies un peu humi-
des, où sa végétation acquiert plus de vigueur. Elle fournit un fourrage bon et assez abondant,
et pourrait Gtre soméo dans les lieux où l'humidité éloigne un certain nombre d'autres plantes.
Los graines, semées au printemps, mettent quatre ou cinq semaines ii lever, et peuvent fournir
deux coupes chaque année.

Le P. paniculatum Lois., qui se distingue à ses ombelles divariquées, en panicule, à ses
fouilles filiformes, so trouve principalement en Corse.

Peucédane parisienne, P. Parisicnse DC.

Perce-pierre, Brise-pierre, Saxifrage des anciens, Séseli de Montpellier, Silave.

Fleurs blanches ou rosées, en ombelles il 12.15 rayons. Feuilles à divisions longues, linéai-
res, entières, divariquées. Tige presque nue au sommet, d'un vert gai. Taille de 8 ii 12 déci-
mètres.

Espèce commune dans les bois et les landes, qui se trouve aussi dans les près d'une grande

-ocr page 303-

01IBELLIFÈRES. 287

partie de la France, notamment dans les vallées des bords de la Loire. Elle est mangée surtout
quand elle est jeune, se dessèelie bien alors et donne un bon fourrage.

Peuciîdane a feuilles de carvi, P. carvifolium Vill.; Selinum Chabrxi Jacq.

Fleurs d'un blanc verdâtre ou jaunâtre, en ombelles à 5.15 rayons inégaux. Feuilles profon-
dément subdivisées en segments linéaires, les inférieures longuement pétiolées, oblongues dans
leur pourtour. Taille de 4 à 8 décimètres.

Commune dans toute la France, cette espèce vient dans les lieux humides, au bord des riviè-
res. Recherchée du bétail, surtout quand elle n'a point encore acquis tout son développement,
comme la précédente, elle donne alors un foin sec d'assez bonne qualité.

Peuciîdane des cerfs, P. cervaria Lap.

Fleurs blanches ou rosées, en ombelles à 20.30 rayons. Involucre réfléchi. Feuilles glauques
en dessous, à segments étalés, lancéolés, dentés, les inférieures grandes, triangulaires dans leur
pourtour, 2.3 fois pinnatiséquées, longuement pétiolées. Taille de 8 à 12 décimètres.

Vient sur les coteaux incultes, les bois montagneux, les pâturages élevés, do presque toute
la France. Possède les propriétés alimentaires des précédentes espèces.

Le P. vcnetum Koch, à fleurs blanches, on ombelles à 6.15 rayons, à tige rameuse dès la
base, haute de 6 à 10 décimètres, est plus rare, et ne se trouve guère que dans les Alpes.

Peuciîdane de montagne, P. oreselinum Mœncli.; Athamanta oreoselinum L.

Fleurs blanches en ombelles à 15.20 rayons. Involucre réfléchi. Fruit émarginé au sommet*
Feuilles 3 fois pennées, à segments ovales, trifides au sommet, étalés, à pétiolo coudé à chaque
division. Taille do 5 à 10 décimètres.

Vient dans les prairies sèches, les bois et pelouses de montagnes, les lieux sablonneux, cail-
louteux et eu friches, dans toute la France, mais plus abondamment dans le Nord.

Peucédane des marais, P. palustre Mœnch.; Selinum palustre L.

Fleurs blanches, en ombelles grandes à 20.30 rayons, Involucre réfléchi. Fruit émarginé au
sommet. Feuilles profondément divisées en lanières linéaires, les inférieures très grandes, trian-
gulaires dans leur pourtour, 3.4 fois pinnatiséquées. Tige fistuleuse à la base. Taille de 9 à 12 déci-
mètres.

Vient dans les prés humides et les marais, dans les diverses régions de la France, sauf le
Midi, oh elle se montre peu.

Le P. alsaticum L., à fleurs jaunâtres, à feuilles à 3.5 divisions, à segments ovales; tige
rougeâtre ; haute de 6 à 15 décimètres ; se montre principalement sur les coteaux calcaires de l'Est

Genre TORDYLE. — TORDYLIUM T.

Fleurs blanches ; — corolle à pétales extérieurs rayonnants ; — fruit rugueux et poilu, à côtes
dorsales à peine visibles, à bordure épaisse, tuberculeuse, convexe sur les deux faces; vallécules
à I ou plusieurs bandelettes filiformes ; —
involucre et involucelles mnltifoliolés.

Ne renferme que deux espèces, l'une et l'autre annuelles.

Tordyle élevé, T. maximum L.

Fleurs en ombelles à 5.10 rayons inégaux, les fleurs de la circonférence à 3 pétales rayon-
nants, bifides, inégaux. Fruit à bordure unie. Feuilles pinnatiséquées, rudes, à 5.7 segments lan-
céolés, le terminal plus allongé. Taille de 5 à 10 décimètres.

Plante venant assez communément dans les moissons, les collines incultes, le long des haies
et des chemins, dans presque toute la France, mais sans importance.

Le T, apulurn L., fleurs de la circonférence à 1 seul pétale rayonnant; fruit à bordure cré-
nelée; feuilles molles à segments obtus, le terminal non allongé; tige feuillée seulement à la base,
de 1 à 5 décimètres. Fleurit en mai et ne vient que dans le Midi.

-ocr page 304-

288 OMIÎELLIFÈRES.

Genre OPOPANAX. — OPOPANAX Koch.

Calice entier ; — corolle à pétales entiers, presque orbiculaires, à lobule aigu ; — fruit
ovale, à côtes dorsales filiformes, à bordure épaisse et convexe, très étroite; vallécules à 3 ban-
delettes ; —
involucre et involucello multifoliolés.

Genre comprenant une seule espèce, vivace, en même temps exotique et
indigène.

Opopanax de chiron, 0. Chironium Koch.; Pastinaca Chironium L.

Panacée de Chiron.

Fleurs jaunes, on ombolles verticillées, formant une grande panioule. Feuilles un peu épais-
ses, les supérieures
à limbe presque nul, les inférieures 2.3 fois pinnatiséquées, h segments lan-
céolés ou ovales, à, pétiole hérissé. Racine très épaisse, jaune, rameuse. Taille de 6 à 15 déci-
mètres.

Cette plante, qui vient spontanément dans nos contrées méridionales, sur le littoral de la
Méditerranée, est commune surtout en Orient, où elle fournit, par l'incision de sa racine, la
gomme-résine du mémo nom employée en médecine comme excitant et antispasmodique, et à
laquelle on attribuait autrefois des vertus curatives universelles. Cette plante qui, par la culture
jpreud un grand développement, pourrait fournir au bétail un supplément de substance fourragère.

Cbithmum.

Bandelettes nombreuses.
Pétales elliptiques,

entiers........

Côtes V ) Pét.obov., tronqués

ailées 1 011g e ( h la base, émarg. Silatjs.
ou ] Pétai, brièvement onguiculés,

carénées / émarginés............. Ligebticum.

Pétai, longuement onguiculés,

entiers................ Tkochiscanthes.

•7" TrlTbti. — SÉSELINÉES.

Ombelles composées. Fruit non comprimé, à section transversale orbi-
culaire. Akène à 5 côtes, filiformes ou ailées, égales ou plus larges latérale-
ment. — Un certain nombre de genres, non uniformément déterminés par
les auteurs, composent cette tribu. Voici un tableau de ceux le plus généra-
lement admis, et dans lesquels peuvent être comprises l'ensemble des espèces
indigènes.

Graine libro dans un péricarpe spongieux

Pétales
sans
onglet

Meum.

Vallécul.
à

plusieurs
bandelet.
Côtes
toutes
égales.

Columelle

libre
bipartite

tn
W

g

cn
•H
m

Graine
plane
à la S
commis!.

Vallécul. à 1 bandel. —
Côtes margin. plus larg.

Collumelle adhérente. —
Vallécules à 1 bandelet. —
Côtes saillantes.

Côtes filiformes — Pétales onguiculés.. Athamanta.
Pétai, tous égaux—Calice

à 5 dents....................Seseli.

Pétales ext. rayonnants

— Calice entier..........iEnrosA.

Côtes marginales plus larges —

Pétales entiers.................FceniCuedm.

Côtes toutes égales ·— Pétales

émarginés..................................Cnidium.

Graine convexe à la commissure — Columelle adhérente — Vallée.

h 1 bandelette................................ ..................Œnanthe.

-ocr page 305-

01IBELLIFÈRES. 289

Genre CRISTE. — CRITHMUM h.

Calice entier; — corolle à pétales entiers; — fruit ovoïde, à côtes saillantes, carénées, les
latérales plus larges; péricarpe spongieux; —
graine libre, entourée de bandelettes ; — involucre
et involucelle à plusieurs folioles aiguës, réfléchies.

Une seule espèce.

Criste marine, C. maritimum L.

Crête marine, Fenouil marin, Baccile, Perce-pierre, Passe-pierre, Herbe de Saint-Pierre.

Fleurs d'un blanc verdâtre, en ombelles à rayons nombreux, épais. Feuilles 2.3 fois ternées,
à folioles charnues, linéaires, pétiolées inférieurement. Tige dressée, épaisse, cannelée. Racine
fusiforme, à divisions rampantes. Taille de 1 à 3 décimètres. Vivace.

Espèce assez commune sur les côtes maritimes de l'Europe méridionale, au bord de la Médi-
terranée et de l'Océan , où elle pousse dans les interstices des rochers. Ses feuilles, aromatiques et
d'une saveur salée, sont conservées dans le vinaigre pour être employées comme assaisonnement.
Sur les rivages maritimes, elle vient assez abondamment pour qu'il soit inutile de la cultiver.
Dans les contrées éloignées de la mer, on la sème dans les jardins, en terre légère, un peu
humide, de préférence dans les joints des pierres, au pied des murs exposés au Midi ou ii l'Est.
Celle des régions maritimes est la plus estimée; elle pourrait être mélangée aux matières fourra-
gères à titre d'assaisonnement.

Genre MEUM. — MEUM T.

Calice entier, quelquefois à 5 dents; — corolle il pétales elliptiques entiers; — fruit oblong,
à côtes saillantes, carénées, égales; vallécules ii bandelettes nombreuses; —
involucre nul; invo-
lucelle à plusieurs folioles aiguës.

Renferme seulement trois espèces, toutes indigènes et vivaces.
Meum des montagnes, M. athamanticum Jacq.; Alhamanta meum h.

Fenouil des Alpes, Cistre, Cestre, /Ethuse à feuilles capillaires.

Fleurs blanches, en ombelles à, rayons très inégaux, celles de la circonférence en partie
stériles. Feuilles 2.3 fois pinnatiséquées, il divisions dernières courtes, capillaires, très nombreu-
ses; les radicales pétiolées, les supérieures sessiles. Tige dressée, fistuleuse, peu rameuse, presque
nue. Taille de 1 à 4 décimètres.

Espèce fort commune sur les pelouses des montagnes de presque toutes les contrées de la
France, où, par son odeur pénétrante, elle aromatise les foins que l'on récolte dans ces régions.
Tous les bestiaux la recherchent avec avidité, et elle communique un goût agréable au lait
des vaches qui s'en nourrissent. Ses feuilles repoussent facilement, quand elles ont été broutées,
et restent tendres pendant longtemps, ce qui en fait une plante très avantageuse comme fourra-
gère. A ce titre, elle mériterait d'être multipliée plus qu'elle ne l'est. Elle a sa place dans tous
les pâturages de montagnes , et devrait, par cela même, être semée partout où elle peut croître.
Elle rendrait ainsi des services pour la culture des terrains élevés. On pourrait aussi tenter de la
cultiver en plaine, où peut-être elle ne réussirait pas moins.

Meum mutelline, M. mutellina Gaertn.; Phellandrium mutcllina L.

Fleurs blanches ou rosées, eu ombelles à rayons presque égaux. Feuilles 2 fois pinnatisé-
quées, à folioles linéaires. Taille de 1 à 2 décimètres.

Vient abondamment dans les hautes prairies des Alpes et des montagnes du Centre, où les

19

-ocr page 306-

290 OMIÎELLIFÈRES.

bestiaux la mangent volontiers, avant la fruotification. D'après Bonafous, ce serait une des meil-
leures plantes du pays de bruyères.

Citons enfin le M. Pyrenaïcum DC. (genre Endressia de quelques auteurs) ; fleurs blanches, en
ombelles presque globuleuses ; calice à 5 dents, croissant après la floraison ; taille peu élevée ;
espèce que l'on rencontre surtout dans les pâturages des Pyrénées-Orientales.

Genre SILAUS. — SI LA US Bess.

Calice entier; — corolle à pétales obovés, faiblement émarginés, tronqués à la base; — fruit
à côtes carénées, égales, et vallécules h, bandelettes nombreuses ; — involucre et involucelle h
plusieurs folioles.

Genre comprenant deux espèces indigènes, vivaces.

Silaus des prés, S. pratensis Bess.; Peuccdanum silaus L.

Fleurs jaunes, en ombelles à 12.15 rayons. Involucre à 1.2 folioles. Feuilles 3 fois ailées, à
segments linéaires, munies de nervures transparentes. Tige striée, presque nue au sommet. Taille
de 5 à 10 centimètres.

Cette espèce, commune dans les prairies et bois humides des diverses régions de la France,
se trouve fréquemment mêlée, dans les prés naturels, au Peucedan officinal, et fournit un four-
rage assez bon et abondant. Ses graines, semées au printemps, mettent un peu plus d'un mois il
lever ; et elle peut fournir deux coupes chaque année.

La seconde espèce S. virescens Boiss. Bunium virescens DC. , s'en distingue à ses fleurs ver-
dàtres, ses feuilles ii nervures opaques, sa tige fouillée au sommet, sa racine stolonifère ; elle
se montre principalement sur les coteaux calcaires de l'Est, et pourrait être utilisée comme la
précédente.

Genre LIVËCHE. — LIGUSTICUM L.

Calice entier ou à 5 dents; — corolle à pétales obovés, longuement onguiculés, émarginés;
— fruit oblong, lisse, à. côtes saillantes, presque ailées, égales, avec vallécules à bandelettes nom-
breuses; —
involucre variable.

Ce genre, autrefois très nombreux, a été réduit, par une nouvelle déter-
mination des plantes, à quelques espèces sans importance.

Ces espèces, toutes vivaces, à fleurs blanches, à feuilles 2.3 fois pinnatiséquées et à seg-
ments linéaires, aristés sur les bords, comprennent ;

Le L. (erulaceum AIL, involucre et involucelle multifoliolés ; rameaux alternes; taille de 2 il
6 décimètres, et que l'on rencontre surtout dans les Alpes du Dauphiné et le Jura;

Le L. Pyreneum Gouan, ombelle très grande; involucre nul ou à 1.4 folioles; rameaux souvent
opposés et verticillés; taille de 10 h, 15 décimètres; vient dans les Pyrénées-Orientales;

Le L. corsicum Gay, plante de 1 îi 2 décimètres ; spontané sur les montagnes de la Corse.

Genre TROCHISCANTHES. — TROCHISCANTHES Kocn.

Calice à 5 dents; — corolle à pétales entiers, onguiculés; — fruit ovoïde, à côtes saillantes,
presque ailées, égales, avec valléoules larges, à 3.4 bandelettes; —
involucre nul ou unifoliolé et
involucelle il 3.5 folioles caduques.

Genre composé d'une seule espèce.

-ocr page 307-

01IBELLIFÈRES. 291

Le T. nodiflorus Koeli, à fleurs d'un blanc verdâtre, en ombelles nombreuses, paniculées, k
feuilles 3 fois ailées, les supérieures réduites au pétiole, et s'élevant à 1 ou 2 mètres ; vivaee. Se
trouve principalement dans les Alpes du Dauphiné. Sans usages.

Genre ATHAMANTA. — ATHAMANTA Koch.

Calice à 5 dents ; — corolle à pétales obovés, onguiculés ; — fruit linéaire, oblong, velu-
hérissé, à cStes filiformes, vallécules à 2 bandelettes ; —
involucre paucifoliolé, involucelle à folio-
les membraneuses.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, sans importance, dont
une seule indigène.

L'A. cretensis L., à fleurs blanches; feuilles 2.3 fois pinnatiséquées, et s'élevant de l à
3 décimètres; vivace. Se rencontre sur les rochers des Alpes, du Jura, des Cévennes.

Genre SÉSELI. — SESELI L.

Calice à 5 dents, courtes, épaisses ; — corolle il pétales obovés, émarginés ; — fruit ovoïde,
ou oblong, à côtes épaisses, tuberculeuses, les latérales souvent un pou plus larges ; vallécules
rarement à 2.4 bandelettes; —
involucre nul ou presque nul; — involucelle il folioles bordées de
blanc.

Genre composé de plusieurs espèces, croissant toutes dans les lieux secs
et sur les coteaux, et possédant des propriétés aromatiques qui les font
rechercher de tous les bestiaux.

Séseli de montagne, S. montanwn L,

Fleurs blanches ou rosées, en ombelles à 6.12 rayons courts. Calice à dents aiguës, étalées.
Involucelle à folioles linéaires. Feuilles inférieures à pétiole canalieulé, segments à bords
rudes et infléchis; les supérieures sessiles. Tiges nombreuses, dressées, raides. Taille de 2 à
6 décimètres. Vivace.

Espèce offrant des formes très variables, et commune dans les bois secs et montueux , les
coteaux et collines de toute la France.

Séseli coloré, S. coloratum Erhr.; S. annuum L.

Ombelles à, 15.20 rayons, Involucelle k folioles membraneuses, blanches, avec une nervure
verte. Tige solitaire, souvent pourprée. Bisannuelle ou vivace.

Se rencontre dans les mêmes lieux que la précédente.

Séseli élevé, S. elatum, L.

Ombelles petites, à 3.6 rayons. Feuilles inférieures à segments filiformes, les supérieures
simples, réduites, à une seule lanière. Tige dressée, rameuse, dès la base. Taille de 3 à 5 déci-
mètres. Bisannuelle.

Vient sur les coteaux pierreux et stériles des bords de la Méditerranée,

Séseli tortueux, S. tortuosum L.

Ombelles très nombreuses, Îi4.10 rayons épais. Feuilles inférieures il pétiole canalicule, h, seg-
ments charnus, linéaires, en canal; les supérieures réduites au pétiole. Tige épaisse, rameuse
dès la base, à rameaux tortueux, entrelacés. Taille de 2 à 5 décimètres. Vivace.

Habite les mêmes lieux que la précédente.

-ocr page 308-

292 OMIÎELLIFÈRES.

Séseli a feuilles de carvi, S. carvifolium Vill.

Ombelles à 12.20 rayons. Feuilles d'un vert cendré, étroites, les inférieures à pétiole cana-
liculé, ii segments linéaires ; les supérieures sessiles. Tige solitaire, rameuse au sommet. Taille de
5 à 8 décimètres. Vivace.

Se rencontre dans les pâturages secs et lierbeux des Alpes.

Séseli a odeur d'encens, S. libanotis Vill. ; Athamanta libanotis L.

Ombelles grandes, convexes, à 30.40 rayons. Feuilles pâles en dessous, h, segments oblongs,
pinnatifides, les inférieurs croisés autour du pétiole commun. Tige peu rameuse. Taille de 6 il
12 décimètres. Bisannuelle.

Espèce présentant un grand nombre de variétés, et fort commune dans les bois montagneux
de la plus grande partie de la France.

Genre /ETTIUSE. — /ETII USA L.

Calice entier ; — corolle à pétales ohovés, les extérieurs rayonnants ; — fruit ovoïde, à côtes
saillantes, carénées, les latérales plus larges et étroitement ciliées ; vallécules à 1 bandelette ; —
involucre nul ou unifoliolé; involucelle n'enveloppant que la moitié de l'ombellule.

Genre formé d'un très petit nombre d'espèces, dont une seule indigène.
.ZEthuse des chiens, JE. cynapium L.

Petite ciguë, Ciguë des jardins, Cicutaire folle, Ache des chiens, Persil des chiens, Persil bâtard,

Vaux persil.

Fleurs blanches, avec une tache verte sur l'onglet. Ombelles longuement pédonculées,
ii 5.10 rayons. Feuilles molles, d'un vert sombre, 2.3 fois ailées, à segments ovales, lancéolés,
découpés en lanières linéaires, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles, avec une gaine
bordée de blanc. Tige dressée, cannelée, flstuleuse, rameuse, ordinairement sillonnée de lignes
rougeâtres. Taille de 5 à 10 décimètres. Annuelle.

Fort commune dans les bois et les haies, dans les moissons et los lieux cultivés, cette espèce
se rencontre encore fréquemment dans les jardins peu soignés, dont le sol est gras et humide, et
où vient aussi le Persil. Elle ost très vénéneuse, mais plus pour l'homme que pour les animaux ,
qui paraissent la manger sans en Être incommodés, à l'exception cependant des oies, pour
lesquelles elle ost un poison. Elle est surtout dangereuse en ce qu'elle peut être facilement
confondue avec le Persil et le Cerfeuil, qui lui ressemblent beaucoup et auxquels souvent elle se
trouve mêlée. On la distingue il sa couleur plus obscure et à son odeur vireuse, camphrée, que
l'on développe en la frottant entre les doigts. Il importe de la détruire partout où elle se mon-
tre; mais il est parfois difficile d'en débarrasser les jardins, sa graine, que les labours enfon-
cent dans la terre, conservant longtemps sa faculté gorminative.

Genre FENOUIL. — FŒNICULUM Hûff.

Calice entier, à, limbe épaissi ; — corolle h pétales entiers, tronqués ; — fruit oblong, il côtes
un peu saillantes, obtusémont carénées, les marginales plus larges; vallécules il 1 bandelette;
involucre et involucelle nuls.

Genre peu nombreux, ne renfermant qu'une espèce indigène.

j\

-ocr page 309-

01IBELLIFÈRES. 293

FENOUIL OFFICINAL. — F. OFFICINALE All.

Anethum fœniculum L.

Noms vulgaiiies. — Fenouil de Florence, F. de Malle, F. des vignes, Anelh de Paris,

A. de France, A. doux.

Fleurs jaunes, en ombelles il 15.30 rayons. — Feuilles 2 fois ailées, décomposées en laniè-
res nombreuses, filiformes, très allongées, pendantes, avec pétiole élargi en aile membraneuse.
— Tige dressée, striée, rameuse. — Plante d'un vert sombre, de 8 à 15 décimètres, — Bisan-
nuelle.

Espèce commune sur les coteaux arides, dans les vignes, les lieux secs
et pierreux de toute la France, mais surtout dans les régions méridionales.
De toutes ses parties s'exhale une odeur forte et aromatique, la faisant
repousser des bestiaux qui pâturent dans les prés secs, où elle se répand
parfois avec une extrême abondance. On la cultive aussi dans les jardins
comme plante d'ornement. Mais elle est surtout utilisée pour ses semences,
qui constituent un remède excitant, aromatique, et dont on peut extraire,
soit une huile essentielle, rarement employée, soit une huile grasse qui peut
servir aux usages domestiques. En Italie, on en cultive une variété dont on
mange la racine et les jeunes pousses.

Genre CNIDIUM. — CN1DIUM Cuss.

Calice entier; — corolle à pétales émarginés ; — fruit ovoïde, à eûtes saillantes, égales,
presque ailées; vallécules larges à 1 bandelette; —
involucre nul ou à 1.2 folioles linéaires.

Le C. apiotdes Spreng., seule espèce de ce genre, est une plante de 1 mètre de hauteur en-
viron, à feuilles 2.3 fois pinnatiséquées, que l'on trouve principalement sur les montagnes du
Dauphiné. Sans usages.

Genre OENANTIiE. — (ENA NTIIE L.

Calice à 5 dents, croissant après la floraison ; — corolle à pétales obovés, émarginés, avec
un lobule fléchi ; —
fruit à côtes obtuses et vallécules à 1 bandelette; columeUe adhérente ; —
graine convexe ou arrondie à la commissure ; — racine fasciculée.

Genre formé d'un certain nombre d'espèces, toutes vivaces, assez répan-
dues, habitant pour la plupart les lieux humides et marécageux, et plus ou
moins vénéneuses. Ces plantes dangereuses pour l'homme et pour les ani-
maux, sont généralement repoussées par ceux-ci et doivent être détruites
partout où elles se montrent. Voici un tableau de celles de ces espèces
qu'on trouve ordinairement dans nos contrées.

-ocr page 310-

294

Feuilles toutes à sogm.

linéaires..........Feucebanifolia Tuli.

Ombellules ] Fruit attén. àia base ) Feuilles radie, à segm.

larges............Lachenai.ii Gmcll.

Ombelles à rayons épaissis — Fruit tronqué

à la base............................Sitaifolia ' Bitb.

Fruit anguleux — Feuilles toutes pétiolées —

Tige stolonifere......................Fistulosa L.

\ globuleuses \ Fruit globul. — Feuilles supérieures sessiles

Tige non stolonifero................Gi.odulosa l.

ombellifères.

( Ombell. à 15.30 rayons grêl. Cbocata l.

( Ombell. il 6.12 rayons épaissis Pisinnelloïdes L.
Ombel. à rayons grêl.

Ombellules planes en dessus

Fl. central,
des

W 1 ombellules,
W 1

H

55

ö
g

'A
W

O

seules / convexes
fertiles et
presque
sossiles

Ombellules

Fleurs toutes également pédicellées et fertiles......................Pheliandmum Lm.

ŒNANTHE SAFRANÉE. — OE. CBOCA TA L.

Noms vulgaires. — OEnanthe à suc jaune, Ciguë aquatique, Persil laiteux, Painsacre, Parsacre,
Pain-pin, Pain frais, Navet du diable, Selle, Bêle, Bène.

Fleurs blanches, en ombelles à involucre variable, quelquefois nul. — Fruit cylindrique,
oblong, muni de côtes nombreuses , fines. — Feuilles 2 fois pinnatiséquées, à segments incisés-
dentés, larges, devenant glauques et d'un vert plus sombre à la floraison. — Tige dressée, fistu-
leusc, fortement cannelée, à rameaux supérieurs souvent opposés. — Racine formée de fibres et
de tubercules longs, épais, napiformes , contenant un suc jaune. — Taille do 10 à 12 déci-
mètres.

Cette espèce, qui vient dans tout le nord de l'Europe, et que l'on trouve
surtout dans l'ouest et le midi de la France, habite, comme les autres espè-
ces du genre, les prairies basses et humides, les bords des rivières, les fossés,
où parfois elle est extrêmement abondante. Sa racine, qui ressemble à celle
du dahlia, et que l'on distingue à son odeur désagréable et au suc jaune
qu'elle renferme, est très vénéneuse; pour les vaches notamment, elle cons-
titue un poison violent qui entraîne la mort en quelques heures. La pulpe de
cette racine doit même n'être maniée qu'avec précaution, son contact avec la
peau suffisant pour donner lieu à des accidents assez sérieux. Dans les cam-
pagnes, elle est employée souvent contre les hémorroïdes ; mais son usage
présente des dangers qui ne permettent pas de recommander une telle médi-
cation. Les tiges et les feuilles n'offrent pas les mêmes propriétés toxiques et
peuvent être mangées sans inconvénient ; mais comme elles communiquent
un mauvais goût au lait et au beurre, mieux vaut s'abstenir de les donner
à ces animaux, qui les recherchent peu d'ailleurs, et détruire la plante en
totalité partout où elle apparaît. Dans quelques localités 011 s'en sert pour
empoisonner les taupes.

OEnanthe boucage, CE. pimpmclloïdes L.

Fleurs d'un blanc jaunâtre, en ombelles à 6.12 rayons épais, et involucre à plusieurs folioles
caduques. Fruit cylindrique, avec côtes saillantes et obtuses, muni d'un anneau calleux à la base.
Feuilles radicales 2 fois ailées , à segments ovales cunéiformes, incisés-dentés, les supérieures
à 5.7 segments linéaires, très allongés. Tige dressée, fistuleuse. Racine formée de fibres grêles,
se terminant en un tuberculo ovoïde. Taille de 3 à 5 décimètres.

\

-ocr page 311-

01ibellifères. 295

Vient dans les prés secs des régions maritimes du Midi et de l'Ouest. Ses racines charnues
n'ont point les propriétés vénéneuses de la précédente. En Bretagne et dans plusieurs autres loca-
lités du Nord, on les utilise sous le nom de
jouanettes, hernottes, abrenotles, comme produits
comestibles.

OEnanthe peucédane, OE. pcuccdanifolia Poil.

Fleurs blanches, assez grandes, à 6.10 rayons, les extérieures il pétales rayonnants, fendus
on 2 lobes ; avec involucre nul ou unifoliolé. Fruit oblong, contracté sous le limbe du calice,
atténué à la base, muni de côtes en nombre double de celles des autres espèces du genre. Feuilles
bipinnatiséquées, toutes à segments linéaires. Tige, fistulouse. Racine en fibres renflées dès leur
origine en tubercules napiformes. Taille de 5 à 9 décimètres.

Vient dans les prés humides de toute la France. I.es animaux la repoussent.

OE. de Lachenal, Œ. Lachenalii Gmell.

Fleurs d'un blanc pur, en ombelles il 8.15 rayons grêles, à pétales extérieurs à 2 lobes,
peu rayonnants. Involucre nu ou 1.6 folioles caduques. Fruit oblong, atténué à la base, îi côtes
obtuses. Feuilles radicales bipinnatiséquées, il segments larges, les supérieures à segments linéai-
res-aigus. Tige pleine. Racine en fibres fusiformes à l'extrémité. Taille de 5 il 9 décimètres.

Croit dans les prés humides d'une grande partie de la France, et devient noirâtre en se
desséchant.

L'jE. silaïfolia Bieb, que distinguent de la précédente ses fruits munis d'un anneau calleux,
et ses feuilles glauques, toutes linéaires, est surtout propre au Midi; plante rare.

OE. eistuleuse, Œ. fistulosa L.

Persil des marais, Chervi des marais, Jonc odorant, Gousse.

Fleurs blanches, à pétales extérieurs rayonnants; ombelle terminale fertile, à 3 rayons, les
ombelles latérales stériles, ii 3.7 rayons. Fruit obové, anguleux, ii péricarpe charnu. Feuilles
longuement pétiolées, les caulinaires pinnatiséquées, à segments linéaires, entiers ou trifides ; les
radicales bipinnatiséquées, munies de stolons, à segments larges. Tige et pétioles fistuleux.
Racine à fibres épaisses et fusiformes. Taille de 5 à 10 décimètres.

Cet espèce, extrêmement commune dans toute la France, vient dans les marais, les fossés,
mêlée aux joncs et aux alismas, et s'avance souvent jusque dans les prés marécageux. Elle a
une saveur amère et peu agréable, et possède toutes les propriétés nuisibles de l'Œnanthe safra-
née, et comme elle, conséquemment, doit être rejetéo des lieux qu'elle envahit.

OEnanthe globuleuse, Œ. globulosa L.

Fleurs en ombelles à 5.6 rayons courts, inégaux, dont 2 ou 3 seulement fructifères et s'épais-
sissant à la maturité. Fruit presque sessile, globuleux, à péricarpe épais et spongieux. Feuilles
inférieures pétiolées, bipinnatiséquées, à segments élargis, les supérieures sessiles à 3.7 segments
linéaires. Tige couchée à la base, puis ascendante, fistuleuso. Racine à fibres se renflant progres-
sivement jusqu'à l'extrémité. Taille de 2 à 6 décimètres.

Vient dans les étangs et les marais do la région méditerranéenne. Elle est pernicieuse et
repoussée par les bestiaux comme la précédente.

OEnanthe aquatique, Œ. phellandrium Lm.; Phellandrium aquaticum L.

Phellandre, Ciguë aquatique.

Fleurs en ombelles brièvement pédonculées, oppositifoliées, à 7.10 rayons grêles, tous fruc-
tifères, sans involucre. Fruit oblong, atténué au sommet. Feuilles bipinnatiséquées, à segments
lancéolés, divisés en lanières étroites dans les feuilles submergées. Tige fistuleuse, très rameuse,
émettant des racines aux nœuds inférieurs. Racine fusiforme. Taille de 5 à 15 décimètres.

Cette espèce, commune dans les marais, les fossés, les ruisseaux de toute la France, comme
la plupart des autres espèces du genre, passe pour très vénéneuse, surtout pour les chevaux ;
les bêtes à cornes, cependant, en broutent sans inconvénient les feuilles et les jeunes pousses ;
toutefois, par prudence, on évitera de les leur abandonner.

-ocr page 312-

296 ombellifères,

Se Tribu. — AMMINÉES.

Ombelles composées. Fruit comprimé par le côté. Akène à 5 côtes pri-
maires égales, filiformes ou ailées. Graine à face commissurale plane. —
Dans cette tribu, une des plus nombreuses de la famille, se trouvent compris
les genres ci-après :

Columelle libre — Calice entier........................Befleurum.

Akènes contigus. Sibm.

Akènes distincts. Berula.

Vallécules à plusieurs bandelettes..........................Pimfinella .

Î Pétales à 3 lobes... Ammi.

t,,. , ( Eac. tubér. Bunium.
Pétai. \

lob

"(Eac. n, tub. Carvi.

que
le fruit

S
O

S

v
U

V

a

3

"o
Q

\ fe

Vallécul.
à 1 band.

Fruit didyme............ Petuoselindm.

Bandolottes plus courtes que le fruit. . Sison.
Vallécules sans bandelettes.................. jEgopodium.

Feuilles entières

Columello adhér. — Vali, à plusieurs band.

M
g-

i
tn

Calice à 5 dents _ i Fruit oblong, à côtes filiformes. Pttchoxis.

Vallécul. à 1 band.

Columelle entière

Fr. didyme, à côtes pr. planes. Cicdta.

Fr. didyme— Vall. latéral, à 2.3 band. Ariusr.

( Fr. oblong — Vall. toutes à 1 bandelet. IIelosciaddm.

Fleurs polygames — Columelle libre, bifide — Calice entier....................Falcakia.

Fleurs monoïques et dioïques — Columelle libre, bifide — Calice entier. Trima.

Genre BUPLÈVRE. — BUPLEURUM L.

Fleurs jaunes ; — calice entier; — corolle à pétales presque orbiculaires, entiers, roulés en
dedans ; —
columelle libre ; — feuilles entières.

Ce genre, le plus nombreux de la tribu, comprend des espèces herbacées
et ligneuses, dont quelques-unes sont assez répandues dans nos contrées,
mais étant, les unes et les autres, de nulle importance au point de vue de
l'économie rurale. Voici le tableau des espèces indigènes :

-ocr page 313-

01ibellifères. 297

„ .„ T , , ( Omb. à 5.8 ray. — ïnvolue. dressé.

Feuilles perfol. - Involucre nul [ 0mb. à2.3ray.-Involucelle étalé

«,

PS

&

w

1—5

O-i ,

P

o

w

«

V,

s
O

Feuilles
uninerviées,
réticulées

Plante ligneuse
Plant, ligneuses

Feuilles

non
perfoliées
Ombel.
involncr.

Involucre à fol. distinct.

Plantes herbacées
Feuilles embrass.

( Involucre à fol. soudées.

Involucre a fol. caduques.

Hameaux drossés, grêles.....

Rameaux en buisson, épineux.

Involucel. ( Tigo feuillée.. ..
étalé { Tige presq. nue.

Feuilles
p.luri-
ncrviées i

Feuilles
à nervure

marginale /Involucel. Fr. ovoïde, lisse
j-----
j ' Fr. didyme, tuber.

Plant.

1 herbac.

Feuilles
saus nerv.
margin. \ Fruit
Involucel. / oblong,
étalé [ lisse

dressé

Fruit didyme, large, tubercul.
Tige sans feuilles.,.

Feuill. caul.j

plus larges)
Tige J

feuillée j Feuill. caul. \

plus étroites 1

Botundifoliusi l.
Protraction Link. H.

Longifolium
Angulosum
Stcllalum
Fiu'ticosum
Frutisccscens
Spinosum
Falcatum
Ilujidum
Aristatum
Gtaucum
Boli. Cast.
Teruissimum L.
l'ctraum L.

Hanunculoïdct L.

Jacq.

L.
VIII.

Gcrardi

Junceum

Gramincnm

l.
L.
L.
L.
I..
Gouau
l.
L.
Baril.


Buplèvre a feuilles rondes, B. rotundifolium L.

Oreille-de-lièvre.

Ombelles à 5.8 rayons courts. Involucelle à 3.5 folioles, dressées, conniventos. Fruit noir,
lisse, sans bandelettes. Feuilles entières, largement ovales, perfoliées. Tige de 3 à 8 décimètres.

Se montre dans les cultures et les moissons des terrains argilo-calcaires de presque toute la
France.

Vient dans les mêmes lieux, le B. protractum Link., qui se distingue de la précédente
espèce par ses ombelles à 2.3 rayons, ses fruits plus gros, tuberculeux, et ses feuilles supé-
rieures plus allongées.

Citons encore : le B. longifolium L., haut do 3.7 décimètres, qui se montre dans les Vosges
et le Jura; le
B. angulosum L., taille de 1 à 5 décimètres, venant dans les Pyrénées élevées; le
B. stellcCtum L., haut de 1 à 4 décimètres, qui vient dans les Alpes.

Buplèvre ligneux, B. fruticosum L.

Ombelle convexe, à 6.30 rayons inégaux, Fruit oblong, lisse, à côtes tranchantes, une
bandelette entre elles. Feuilles coriaces, persistantes, sessiles. Tige ligneuse, dressée, de 1 à
2 mètres.

Cette espèce, qui vient spontanément dans la région des oliviers, dans les Pyrénées-Orien-
tales, est un assez beau végétal, que l'on trouve encore dans les jardins, oit il est cultivé comme
plante d'ornement.

Le B. fruticescens L., arbuste de 4.9 décimètres, vient dans les mêmes lieux. Le B. spinosum
Gouan, appartient à la Corse.

Buplèvre a feuilles en faux, B. falcatum L.

Ombelles à 5.10 rayons filiformes. Involucre à 1.3 folioles petites, inégales. Feuilles oblon-
gues, devenant linéaires h, la partie supérieure, où elles sont ordinairement courbées en faux,
eanaliculées. Tige grêle, fiexueuse, de 5 à 8 décimètres.

Espèce fort commune, dans les lieux secs, au bord des chemins, dans les haies et sur les
coteaux de toute la France.

Le B. rigidum L., qui en diffère par ses ombelles ii 2.4 rayons, ses feuilles coriaces, s'élève
à 3.6 décimètres; il habite surtout les lieux secs des provinces méridionales.

-ocr page 314-

298 ombellifères,

Le B. aristatum Bartl., à. involueelle dépassant l'ombellule ; feuilles linéaires, très aiguës;
taille de 1 ii 3 décimètres, est commun dans les lieux secs et rocailleux du Sud-est;

Le B. glaucum Rob. et Cast., feuilles lancéolées, très glauques , taille de 1 à 2 décimètres,
vient dans les lieux sablonneux de la région méditerranéenne.

Buplèvre menu, D. tenuissimum L.

Ombelles îi 2.4 rayons grêles, très inégaux. Involucre et involueelle à folioles linéaires.
Fruit presque globuleux, didyme. Feuilles sessiles, acuminées. Tige grêle, peu feuillée, de 1 à
3 décimètres.

Cette petite plante, dont la floraison dure jusqu'en septembre, est une des plus communes
du genre, dans les lieux incultes, les champs sablonneux et graveleux, les pelouses des coteaux
arides, dans le midi, l'ouest et le centre do la France.

Les autres espèces se trouvent principalement : le B. petrxum L., à involueelle à folioles
jauniitres, et feuilles linéaires, dans les pâturages des Alpes ; —
le B. ranunculoïdes L., haut de
1 ii 5 décimètres, dans les pâturages du Jura, des Alpes et des Pyrénées; — le
B. Gerardi
Jacq., et le B. junceum L., l'un et l'autre de 3 à 6 décimètres, les champs et lieux stériles des
provinces méridionales; — le
B. gramineum Vill., il ombelle souvent penchée, de 3 à 5 décimè-
tres, les Alpes et les Pyrénées.

Genre BERLE. — SIUM L.

Calice à 5 dents, quelquefois très petites ; — corolle à pétales obovés, émarginés, fléchis ; —
fruit ovoïde, glabre; akènes à côtes filiformes, et vallécules à 3 bandelettes superficielles; colu-
melle ordinairement adhérente aux akènes, bipartite; involucre multifoliolé; —
feuilles pinnati-
séquées.

Genre renfermant un petit nombre d'espèces, dont une seule indigène,
et une autre acclimatée.

BERLE A LARGES FEUILLES. — S. LA TIFOLIUM L

Nom vulgaire. — Ache d'eau.

Fleurs blanches, en ombelles grandes à rayons nombreux. — Involucre il 5.6 folioles iné-
gales. — Feuilles inférieures très grandes, ii pétiole fistuleux, en 9.11 segments oblongs, oppo-
sés, dentés; les supérieures sessiles, — Tige dressée, sillonnée, géniculée. — Racine stolonifère.
— Taille de 8 à. 16 décimètres. — Vivace.

Cette espèce, fort commune dans toute la France, ne vient que dans les
terrains humides, au bord des ruisseaux et des eaux courantes, dans les
fossés, qu'elle remplit quelquefois entièrement. Elle est mangée par les bes-
tiaux, notamment les cochons et les vaches, dont quelques-uns semblent
la rechercher avidement; ainsi Boso rapporte avoir vu des vaches aimant
tellement cette plante qu'elles couraient, dès qu'elles étaient libres, vers
une fontaine où elle végétait. Mais cette alimentation a l'inconvénient de
communiquer au lait un mauvais goût. La plante, d'ailleurs, n'est pas sans
offrir quelques dangers pour l'animal lui-même. On lit, par exemple, dans
les
Mémoires de l'Académie de Suède, pour 1740, que des paysans, qui fai-
saient manger la racine de la Berle à leurs bestiaux pour les préserver d'une

-ocr page 315-

01ibellifères. 299

maladie contagieuse, n'en observèrent aucun effet, tant qu'ils n'employèrent
cette racine que tendre et cueillie avant le milieu de juin ; mais que l'ayant
donnée au mois d'août, les animaux suèrent extraordinairement, se jetèrent
par terre, étendant les membres, frappant de la tète sur le sol; que ces
symptômes se renouvelèrent à plusieurs reprises, et que quelques bêtes y
succombèrent ; qu'un enfant qui mangea de cette racine présenta aussi les
symptômes les plus graves et ne guérit qu'en prenant beaucoup de lait.

De ces faits il résulte que la Berle est une plante nuisible qu'il ne faut
point donner aux animaux. Bien que quelques auteurs la recommandent
contre certaines de leurs maladies, il convient de s'en méfier comme de
toutes les ombellifères qui vivent dans les lieux humides.

Beble chebvi , S. sisarum L.

Chervi, Cheruis, Chironis, Girole.

Feuilles supérieures à 3 segments. Racine tubéreuse, fasciculée, fusiforme. Taille de 6 à
8 décimètres. Vivaee.

Cette espèce, originaire do la Chine et des autres contrées de l'extrême Orient, est, depuis
un temps illimité, cultivée en Europe pour sa racine, qui est très sucrée et que l'on mange comme
les scorsonères, On la sème au printemps et en automne, et on récolte cette racine tout l'hiver.

Genre BERULE. — BERULA Kocn.

Calice à 5 dents, petites, aiguës ; — corolle à pétales émarginés ; — fruit petit, glabre, à
akènes séparés; columelle adhérente aux akènes, bipartite; —
feuilles pinnatiséquées.

Une seule espèce indigène.

Berule a feuilles étroites, B. angustifolia Koch.; Sium angustifolium L.

Fleurs blanches. Feuilles luisantes, les inférieures très grandes, à long pétiole fistuleux,
à 9.15 segments dentés en soie, les supérieures sessiles. Racine stolonifère. Taille de fi k 10 déci-
mètres. Vivace.

Commune dans les lieux aquatiques, les fossés, au bord des ruisseaux de toute la France,
cette espèce partage les mauvaises propriétés de la Berlo à larges feuilles.

Genre BOUCAGE. — PIMPINELLA L.

Fleurs blanches, en ombelles penchées avant la floraison; — calice entier; — corolle à péta-
les émarginés; —
involucre et involucelle nuls;— feuilles pinnatiséquées, îi 5.9 segments.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, dont quelques-unes assez
communes pourraient figurer parmi les plantes fourragères.

Boucage saxifrage, P. saxifraga L.

Petit Boucage, petit Bouquetin, Pied-de-bouc, petit Persil de bouc, Pied-de-chèvre, Boucage
pimprenelle, petite Pimpinelle, petite Saxifrage.

Fleurs en ombelles à 9.15 rayons. Fruit ovoïde, petit. Feuilles inférieures à segments arron-
dis, obtus, dentés ou incisés, les supérieures à segments linéaires, ordinairement réduites au
pétiole. Tige arrondie, presque nue. Taille de 3 à 5 décimètres. Vivace.

-ocr page 316-

300 ombellifères,

Cette espèce, commune dans toute la France, vient sur les lieux élevés, les coteaux incul-
tes, dans les pâturages secs, où elle est fort recherchée des bestiaux. Elle est ferme, sapide, peu
aqueuse, et constitue un fourrage d'assez bonne qualité, dont tous les bestiaux se montrent
avides. Sa graine même peut être donnée aux chevaux en place d'avoine, quand ils ont peu de
travail à fairo. M. Roques l'a conseillée pour faire des prairies artificielles. Le mérite principal de
cette plante est de pouvoir prospérer dans les terres les plus arides, et de résister parfaitement
aux excès de température. M. H. Leeoq dit l'avoir vu végéter dans des sables volcaniques où
aucun autre végétal n'aurait pu se montrer ; elle y vit par ses racines profondes qui s'implantent
dans les fissures des rochers, et y puisent les sucs dont elle se nourrit. C'est de la sorte qu'elle
peut résister à la chaleur et à la sécheresse réunies, conserver toute l'année sa fraîcheur et
fournir par ses feuilles, qui repoussent promptement après avoir été broutées, une pâture en
quelque sorte continue. Bosc a donc pu, avec raison, conseiller d'en faire des prairies artificielles
daifs les terrains calcaires arides, tels que les coteaux crayeux do la Champagne. Sans doute,
elle ne donne qu'un fourrage peu abondant ; mais dans des lieux où rien ne peut pousser et avec
la facilité qu'elle a de se reproduire, elle constitue une de ces précieuses ressources qui ne sont
jamais à négliger.

Boucage a grandes feuilles, P. magna L.

Grand Boucage, grand Bouquetin, grand Persil de bouc, grande Pimpinelle, Pimpinelle blanche,

grande Saxifrage.

Fleurs quelquefois roses, à rayons grêles. Fruit ovoïde, glabre. Fouilles luisantes en dessus,
rudes sur les bords, les inférieures grandes, pétiolées, à segments ovales, aigus, dentés ou inci-
sés; les supérieures plus petites, sessiles. Tige feuillée, dressée, anguleuse. Taille très variable,
de 2 à 15 décimètres. Vivace, Floraison au printemps.

Cette espèce est, comme la précédente, répandue dans toute la France; mais elle vient sur-
tout dans les lieux humides et couverts, au fond des vallons, sur les bords des bois et des ruis-
seaux. Elle offre de nombreuses variations : dans sa taille, quelquefois très petite, et qui peut
dépasser 1 mètre ; dans ses feuilles, plus ou moins amples ; dans ses fleurs, qui sont blanches,
roses ou purpurines. Très précoce, elle vient vite, et, grâce à ses longues racines, repousse promp-
tement après avoir été coupée ; elle résiste parfaitement aux longues sécheresses, dure longtemps
et donne un fourrage abondant, excellent pour les bêtes îi cornes, bien que moins fin que celui de
la petite Pimpinelle, et qui a, de plus, l'inconvénient de durcir de bonne heure. Par la culture, la
grande Pimpinelle pourrait devenir une bonne plante fourragère qui réussirait partout, soit qu'on
la semât seule, soit qu'on l'associât à des graminées à hautes tiges, et dont ou ferait sans doute,
également, d'excellents pâturages. — Sa racine, un peu âcro et excitante, et provoquant la sali-
vation, a été quelquefois employée en médecine comme diurétique.

Au même genro appartiennent :

Le 1'. peregrina L., fruit poilu, feuilles d'un vert pâle, les inférieures en cœur; taille de 5
à 10 décimètres, bisannuolle et fleurissant au printemps; espèce commune sur les collines pier-
rouses des bords de la Méditerranée ;

Le P. tragium Vill., fruit tomenteux, feuilles un peu coriaces, les supérieures réduites à des
pétioles s'imbriquant sur la tige; taille de 1 à 3 décimètres, vivace; vient sur les rochers calcai-
ros de la Provence et du Dauphiné ;

Le P. anisum L., fruit tomenteux, feuilles inférieures trifides, tige de 6 à 10 décimètres,
annuelle; espèce originaired'Egypto, depuis longtemps cultivée dans plusieurs cantons du midi de
la France, pour son fruit,
l'Anis, employé en pharmacie, ainsi quo par les confiseurs et liquoristes.

Genre AMMI. — AMMI L.

Fleurs blanches; — calice entier; — corolle fi pétales échancrés, avec deux lobes inégaux et
un intermédiaire infléchi; —
involucre i\ folioles linéaires, incisées, étalées; — fruit oblong, à

-ocr page 317-

01ibellifères. 301

côtes filiformes et saillantes, avec vallécules à 1 bandelette ; columelle libre, bipartite ; — feuilles
pinnatiséquées.

Renferme un petit nombre d'espèces, toutes annuelles et sans emploi
dans l'industrie rurale, sinon comme plantes aromatiques.

Ammi visnague, A. visnaga Lm.

Herbe aux cure-dents.

Fleurs en ombelles à rayons fortement connivents à la maturité, sur un réceptacle fi la fin
dilaté. Feuilles nombreuses, 2.3 fois divisées en segments linéaires entiers, canaliculés. Taille de
2 à 9 décimètres.

Vient au bord des champs dans les provinces méridionales.

Ammi commun, A. majus L.

Ombelles à rayons non convergents, réceptacle non épaissi. Feuilles très variables do forme,
1.2 fois divisées, les inférieures à segments larges; les supérieures à segments linéaires ou
ovales. Taille de 4 à 6 décimètres.

Vient dans les champs stériles, parmi les blés et les vignes dans le Midi et l'Ouest, et dans
les champs de luzerne vers les régions du Nord et de l'Est.

Se range, près de cette espèce, l'A. glaucifolium L., à feuilles glauques, toutes 3 fois divi-
sées, avec les dernières divisions linéaires, entières ou il 2 dents. Se montre sur les coteaux pier-
reux du Midi.

Genre BUNION. — BUNIUM L.

Calice entier ; — corolle à pétales obovés, émargiués, avec un lobule infléchi ; — fruit à côtes
filiformes et vallécules à 1 bandelette; columelle libre, bifide; —
racine tubéreuse, charnue; —
feuilles pinnatiséquées.

Genre ne renfermant que deux espèces indigènes, l'une et l'autre
vivaces.

Bunion noix de terre, B. bulbocastanum L.

Châtaigne de terre, Terrenoix.

Fleurs blanches, en ombelles à 12.16 rayons inégaux. Involucrc et involucelle à plusieurs
folioles inégales, plus ou moins larges. Feuilles 2 fois ailées, il segments linéaires , les radicale®
triangulaires dans leur pourtour, pétiolées; les caulinaires toutes sessiles. Tige droite, Racine glo-
buleuse. Taille de 2 à 5 décimètres.

Cette espèce, commune dans le Centre, l'Est et le Sud-Est, vient spontanément dans les
champs cultivés, calcaires et argileux. Sa racine, d'une saveur agréable, ost bonne iv manger.
Elle est surtout recherchée des porcs.

La seconde espèce du genre est le B. alpinum Waldst et Kit., fleurs quelquefois rougeâtres ;
ombelles à 3.7 rayons; feuilles à segments charnus; tige flexueuse à la base. Vient surtout dans
les montagnes de la Corso.

Genre CARVI. — CARUM L.

Fleurs stériles au centre de l'ombelle; — calice entier; — corolle à pétales émarginés ; —
fruit ii côtes filiformes, à 1 bandelette; — racine non tubéreuse ; — feuilles pinnatiséquées.

Ce genre, très rapproché du précédent, avec lequel beaucoup d'auteurs
le confondent, comprend aussi deux espèces, dont l'une offre une certaine
importance économique.

-ocr page 318-

302 ombellifères,

Carvi officinal, C. carvi L.

Cumin des prés, Anis des Vosges.

Fleurs d'un blanc jannittre, en ombelles à 8.16 rayons inégaux. Involucre et involucelle nuls
ou paucifoliolés. Fruit ovoïde. Feuilles oblongues dans leur pourtour, 2 fois ailées, à segments
linéaires-aigus, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles. Tige cannelée, rameuse. Racine
entière, fusiforme, odorante. Taille de 3 il 6 décimètres. Bisannuelle. Floraison au printemps.

Commune dans tout l'est de la France, venant aussi dans les Pyrénées, et très rare au Nord
et au Centre, cette espèce croît surtout dans les prairies des montagnes froides, au bord des bois,
où elle est recherchée par les moutons et les bêtes à cornes. Facile à dessécher, elle donne un bon
foin qu'on peut faire manger à tous les bestiaux. — Elle était cultivée autrefois pour sa racine,
qui peut devenir comestible, et que l'on mangeait comme la Carotte et le Panais. Elle était semée
à cet effet, à la fin de l'été ou au printemps, puis l'été suivant, sarclée deux ou trois fois; aux
premiers froids, on arrachait les racines, et on donnait la fane aux vaches et aux moutons. Cette
culture pourrait encore être essayée. —Le Carvi officinal est intéressant, de plus, par ses semon-
ces, très aromatiques, et comprises dans les quatre semences chaudes majeures, utilisées comme
excitantes en médecine. C'est l'Anis des pays du Nord; il en a toutes les propriétés et sert aux
mêmes usages. Dans les Vosges, on l'emploie pour aromatiser les fromages. Enfin on en tire une
huile grasse qu'on pourrait utiliser pour los usages domestiques. La plante est cultivée en grand
pour la semence dans quelques parties de l'Allemagne, notamment dans les environs de Halle.
Thaer a donné les détails relatifs à cette culture.

Carvi verticillé, C. verlicillatum Koch.

Ombelles à rayons nombreux. Involucre et involucelle ii folioles nombreuses, courtes, aiguës.
Fruit linéaire-oblong. Feuilles presque linéaires dans leur pourtour, à segments courts, découpés
en lanières linéaires étalées, comme vertioillées. Tige presque nue supérieurement. Racine courte,
à fibres fasciculées. Taille de 3 à 7 décimètres. Vivace. Floraison jusqu'en automne.

Venant surtout dans les bois humides, les prairies tourbeuses, cette espèce est commune
dans tout l'ouest et le centre de la France, et se montre aussi, mais plus rarement, dans l'Est
Sans usages.

Genre PERSIL. — PETROSEUNUM Hoff.

Calice entier; — corolle à pétales presque orbieulaires, courbés, peu écliancrés ; — involucre
à 2.3 folioles linéaires, aiguës ; — fruit ovale, presque didyme, à côtes filiformes et vallécules
à 1 bandelette amincie aux doux extrémités; columelle libre, bipartite; —
feuilles pinnatiséquées.

Genre comprenant deux espèces, dont une communément cultivée dans
les jardins potagers.

Persil cultivé , P. sativum IToff. ; Apium petroselinum L.

Fleurs petites, d'un jaune verdûtrc, en ombelles à rayons nombreux, étalés, presque égaux.
Feuilles luisantes, triangulaires dans leur pourtour, les inférieures 2 fois ailées, à segments cunéi-
formes, incisés - dentés ; les supérieures triséquées, à segments linéaires. Tige très rameuse.
Racine pivotante, fusiforme, blanchâtre. Taille de 3 à 10 décimètres. Bisannuelle.

Cetto espèce, que l'on suppose originaire de la Sardaigne, croît spontanément çà et là, dans
les cultures et sur les murs, principalement on Provence. Elle est cultivée depuis longtemps dans
tous les jardins, pour les usages ordinaires, et dans quelques localités comme espèce fourragère.
Par la culture on en a obtenu, outre le Persil ordinaire, plusiours variétés, dont les principales
sont :

Le Persil frisé (P. S. c.rispum), dont les semences donnent souvent le Persil ordinaire;

Le P. nain très frisé, remarquable par la beauté de ses feuilles, et lent à monter;

-ocr page 319-

01ibellifères. 303

Le P. a larges feuilles (P. S. latifolium), qui est sujet à avorter ;

Le P. a grosse racine (P. s. tuberosum), dont la racine charnue sert pour les usages culi-
naires ;

Le P. de Naples, à grosses côtes;

Le P. céleri, le plus grand de tous, et dont les côtes, blanchies, se mangent cuites comme
le céleri.

Cultivé comme plante potagère, le Persil vient partout, mais principalement dans les terres
fraîches et légères , bien ameublies par des labours profonds. On mêle à la terre du fumier non
trop consommé, qui pourrait altérer l'odeur et la saveur de la plante. Comme le Persil craint les
gelées, on le sème seulement au printemps, depuis février dans le Midi, plus tard dans le Nord,
et jusqu'en août. La graine est répandue à la volée ou en rayons et enterrée seulement à 1 ou
2 centimètres au plus. Il lève au bout de quarante jours environ, plus tard, si la terre est sèche.
Quand il est suffisamment développé, on sarcle et on arrose s'il est nécessaire. On coupe des
feuilles tout l'été, jusqu'aux gelées; puis on recommence en avril. En ayant soin de les couper
avant la floraison, on peut faire durer les plantes trois années. On recueille la graine sur les om-
belles développées, les premières arrivées ii leur complète maturité. Cette graine ne se conserve
que trois ans.

On peut suivre le même procédé de culture pour le Persil employé comme plante fourragère.
Cette culture est pratiquée dans certaines parties de l'Allemagne, en Saxe et en Moravie notam-
ment , où le Persil est donné aux bestiaux, aux moutons principalement, non d'une manière
continue, mais de temps à autre, quelquefois tous les deux jours dans l'arrière-saison , dans le
but de les faire transpirer et d'activer les fonctions digestives. On choisit, à cet effet, le
Persil
à grandes feuilles,
que l'on sème, à raison de 25 kilogrammes de graine par hectare, dans le mois
de mai, à la volée, en terre fraîche et bien fumée, sur laquelle on passe ensuite la herse et le
rouleau. On coupe l'herbe avec la faucille, deux ou trois fois par semaine, avant la rosée, et on
la donne on cet état aux moutons.

Y. Yvart, de son côté, a signalé plusieurs essais favorables de cette culture. Il a répandu
la graine on plein champ, seule ou mélangée soit avec du trèfle, soit avec des graminées vivaces,
et a obtenu de la sorte un fourrage apéritif, propre surtout à être donné aux bêtes à laiue dans
les pays humides, durant la saison des pluies, et à les préserver de la pourriture. Le Persil,
excitant et aromatique, est, en effet, on ne peut plus convenable pour améliorer les fourrages
aqueux et en faciliter la digestion. — On sait que les lièvres et les lapins aiment également cette
plante, qui est au contraire un poison actif pour les petits oiseaux.

Persil des moissons , P. segetum Koch. ; Sison segetum L.

Fleurs blanches ou rougeâtres, en ombelles à 2.6 rayons dressés, très inégaux. Feuilles res-
serrées, à segments ovales lancéolés, plus petits ou réduits au pétiole dans les feuilles supérieu-
res. Tige dressée, peu feuillée, il rameaux effilés. Taille de 4 à 6 décimètres. Annuelle.

Espèce commune dans les champs cultivés, humides et argileux, dans les vignes, do la plus
grande partie de la France.

Genre SISON. — SISON Lag.

Calice entier; — corolle à pétales échancrés; — involucre et involucelle à 1.3 folioles linéai-
res entières; —
fruit ovale, à, côtes filiformes, et vallécules à 1 bandelette plus courte que le
fruit, et épaissie en massue; columelle libre, bipartite; —
feuilles pinnatiséquées.

Genre renfermant une seule espèce.

S. amomum L. ; fleurs en ombelles à 3.5 rayons ; feuilles pétiolées vers le bas, sessiles vers
le haut; taille de 5 à 10 décimètres; bisannuelle. Vient dans les lieux humides et couverts, les
haies et les buissons, de la plus grande partie de la France.

-ocr page 320-

304 ombellifères,

Genre iEGOPODE. — iïGOPODIUM L.

Calice entier; — corolle h pétales éehanerés, inflécliis; — involucre et involucelle nuls; —
fruit ovoïde, à côtes filiformes, sans bandelettes ; columelle libre, divisé au sommet ; — feuilles
2.3 fois pinnatiséquées.

Genre renfermant une seule espèce.

/Egopode commun, JE. podagraria L.

Podagraire, Herbe aux goutteux, Pied-de-chèvre, Boucage à feuilles d'angélique.

Fleurs d'un blanc rougefitre, en ombelles à 12.20 rayons, les latérales stériles. Feuilles infé-
rieures longuement pétiolées, à segments larges, dentés; les supérieures sessiles. Tige dressée,
robuste, profondément sillonnée. Racine rampante. Taille de 5 à 7 décimètres. Vivace.

Commune dans le nord de la France et de l'Europe, cette plante croît dans les bois, les
lieux Irais et ombragés, où elle acquiert parfois un très grand développement. Ses feuilles ont une
saveur chaude, agréable, comme celles de l'angélique, et qui eu avait fait autrefois conseiller
l'usage contre la goutte. Les bestiaux la mangent avec plaisir quand elle est jeune. Elle possède
les qualités et les propriétés de la Boucage saxifrage, et pourrait de même servir à former, dans
les lieux où elle pousse naturellement, dos prairies artificielles, d'autant plus productives que sa
feuille, abondante, repousse avec facilité. Dans certaines contrées, on mange en salade ses jeunes
pousses.

Genre PTYCHOTIS. — PTYCHOTIS Kocu.

Fleurs blanches, penchées avant la floraison; — calice à 5 dents; — corolle h pétales obeor-
dés, bifides, avec un pli transversal sur la nervure médiane; —
fruit oblong, très petit, à côtes
filiformes, et vallécules à 1 bandelette; columelle libre, bipartite; —
feuilles pinnatiséquées.

Genre 11e renfermant qu'un petit nombre d'espèces sans importance.
Ptychotis a feuilles variées, P. heterophylla Koch; Seseli saxifragumL.

Ombelles petites, à 5.10 rayons; involucre nul ou à folioles caduques. Fruit il côtes tran-
chantes. Feuilles à segments divisés, plus amples inférieuremeut. Tige dressée, pleine, très
rameuse. Taille de 1 à 3 décimètres. Bisannuelle.

Vient dans los lieux secs ot pierreux du Midi et de l'Est. Possède les propriétés du Carvi
officinal et pourrait être utilisé dans des circonstances analogues.

Appartiennent encore à ce genre :

Le P. verticillata Dub., ayant toutes les feuilles à segments capillaires; haute de 1 à 3 déci-
mètres ; annuelle et florissant au printemps ; plante surtout connue en Corse ;

Le P. thorei God., à involucre persistant ; à feuilles toutes en lanières linéaires; tige couchée,
filiforme, de 10 à 15 centimètres; vivace. Sejmontre dans les lieux humides des Landes,

Genre CICUTAIRE. — CICUTA L.

Calice à 5 dents foliacées; — corolle à pétales obeordés, avec un lobule fléchi ; — Involucre
nul, involuoelle iiTolioles linéaires, étalés; — fruit presque globuleux, didyme, à côtes planes et

-ocr page 321-

ombellifèives.

vallécules à 1 bandelette large; eolumelle libre, bipartite; — graine à commissure orbiculaire ;
— feuilles 2.3 fois pinnatiséquées.

Genre peu nombreux, ne comprenant qu'une espèce indigène.
Gicutaire vireuse, C. virosa L.; Cicutaria aquatica Lm.

Ciguë vireuse, Ciguë aquatique.

Fleurs blanches, on ombelles grandes, lâches, à 10-15 rayons lisses et grêles, plus grandes
latéralement. Feuilles molles, munies d'un long pétiole cylindrique, tubuleux, il segments lan-
céolés, linéaires-sétacés. Tige dressée, fistuleuse. Racine très grosse, caverneuse, blanche, renfer-
mant un sue jaune très vénéneux. Plante soxivent rougeâtre, fétide, de 8 à 12 décimètres. Vivace.

Cette espèce, fort commune en Allemagne, plus rare en France, habite principalement le
Nord, l'Ouest et le Centre. Elle croît dans les marais tourbeux, au bord des étangs et des fossés,
et possède des propriétés vénéneuses très prononcées. Elle passe pour la plus dangereuse de tou-
tes les ombellifères. Le suc de sa racine surtout est extrêmement actif. Elle constitue un poison
pour l'homme et pour les animaux; et bien que, d'après Liunée, les chèvres puissent la manger
impunément et que les bestiaux d'ailleurs y touchent peu, elle doit être détruite avec soin par-
tout où elle apparaît. En cas d'empoisonnement par cette plante, les vomitifs d'abord, puis l'eau
vinaigrée à haute dose, sont les remèdes à lui opposer.

Près de cette espèce, on peut citer le C. maculata L., plante des parties marécageuses de
l'Amérique du Nord et du Canada, ne se rencontrant jamais dans nos contrées à l'état spontané et
possédant les mêmes propriétés que la précédente.

Genre AGHE. — APIUM Hoff.

Calice entier; — corolle h pétales presque orbiculaires, entiers, fléchis; —- involucre et invo-
lucelle nuls; —
fruit subglobuleux, didyine, à côtes filiformes, blanches; vallécules médianes
iv 1 bandelette, les latérales à 2.3 bandelettes; eolumelle entière; —
feuilles pinnatiséquées.

Une seule espèce indigène.

Aciïe odorante, A. graveolens L.

A cite des marais, A. d'eau, A, douce, Céleri, Eprault. .

Fleurs blanches, on ombelles à peine pédonculées, à 6-12 rayons. Feuilles luisantes, à 3.5 seg-
ments, incisés-dentés, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles sur une gaine étroite et
bordée de blanc. Tige dressée, fistuleuse, très sillonnée. Racine forte, dure, devenant épaisse et
charnue par la culture. Plante très odorante, de 2 à 6 décimètres. Bisannuelle.

Répandue en France et dans toute l'Europe, cette espèce vient spontanément sur les côtes
de la Méditerranée et de l'Océan, dans les lieux salés de l'intérieur des terres, le long des ruis-
seaux, dans les prairies humides. Son odeur aromatique et sa saveur désagréable en éloignent les
bestiaux, sauf les moutons et les chèvres, qui paraissent s'en accommoder. — Cette plante es.t
cultivée dans tous les jardins sous le nom de
céleri, et forme plusieurs variétés, dont les unes, les
plus nombreuses, à feuilles droites et longuement pétiolées, fournissent à la consommation leurs
feuilles, que l'on mange cuites ou eu salade. Une autre variété, connue sous le nom de
céleri rave,
se distingue à ses feuilles largés, à pétiole court, et étalées horizontalement sur le sol, et à sa
racine grosse, charnue, arrondie, consommée comme légume à la façon des autres racines. — Le
Céleri servant exclusivement aux usages culinaires est sans importance dans l'économie agricole.

Genre HELOSCIADUM. — HELOSCIADUM Koch.

Fleurs petites, blanches, en ombelles oppositifoliées; — corolle à pétales entiers; — fruit
ovoïde, à côtes filiformes saillantes, et vallécules à 1 bandelette; eolumelle libre, entière; — feuil-
les
pinnatiséquées.

305

20

-ocr page 322-

QMBELMFÈRES.

Genre renfermant plusieurs espèces.

Espèces toutes vivacss, aquatiques, et trouvées exclusivement dans les lieux humides et tour-
beux, les prairies marécageuses, les marais, les ruisseaux, —La plus commune est l
'if, nodiflorum
Kocli, plante de forme et de taille très variables, à ombelles brièvement pédonculées, avec un in-
volucre îi folioles bordées de blanc, une tige dressée et les feuilles supérieures sessiles; elle vient
dans toute la Franco. — On rencontre avec elle
VII. repens Koch, qui se distingue à ses fouilles
toutes pétiolées et sa tige rampante, de plus petite taille. — Citons encore
YH. inundatum Koch,
reconnaissable à ses feuilles submergées, è, segments linéaires, ses ombelles sans involucre, et
plus répandu dans le Nord-est et le Centre.

Genre FALGARIA. — FA LC ARI A Riv.

Fleurs polygames, petites, blanches; — calice entier dans les fleurs mâles, h 5 dents dans les
fleurs hermaphrodites; —
corolle à pétales échanerés, sinués, infléchis ; —involucre à folioles iné-
gales, sétacées ; —
fruit oblong, à côtes filiformes et valléculos à 1 bandelette; columelle libre,
bifide ; —
feuilles à segments linéaires, dentés, souvent courbés en faulx; les radicales entières ou
triséquées, les caulinaires pinnatiséquées.

Une seule espèce,

Le F. Rivini Host, Sium falcaria L., plante bisannuelle, haute de 3 ii 10 décimètres, avec une
racine fusiforme très longue, et que l'on roncontre dans les champs arides et calcaires, au milieu
des seigles, dans les haies et les lieux pierreux de presque toute la France. N'est point mangée
par les animaux.

Genre TRINIE. — TRINIA Hoff.

Fleurs dioïques ou monoïques, petites, blanches; — calice entier; — corolle à pétales en
lanières roulées dans los fleurs mâles, ovales-aigus dans les fleurs femelles ; —
involucre nul ou
paucifoliolé ; —
fruit ovoïde, noir, à côtes filiformes obtuses ; valléeules à bandelette unique ou
nulle; columelle libre, bipartite.

Renferme une seule espèce.

Trinie commune, T. vulgaris DC.; Pimpinella dioica L.

Ombelles nombreuses, petites, à, 3.9 rayons grêles. Feuilles inférieures 2.3 fois ailées, à seg-
ments linéaires aigus, les supérieures sessiles. Tige anguleuse, très rameuse dès la base. Racine
napifonne. Taille de 1 à 3 décimètres. Bisannuelle. Floraison au printemps.

306

Cette petite plante, très commune dans l'est, le centre et le midi de la France, vient dans
les lieux secs, sur les pelouses des coteaux calcaires. Elle est mangée par tous les bestiaux, sur-
tout par les moutons; mais vu sa petite taille, elle reste sans importance.

9° Triton. — SOANDIOmÉES.

Ombelles composées, rarement simples. Fruit comprimé par le côté, pro-
longé en bec ou atténué au sommet. Akène à 5 côtes primaires égales, filifor-

-ocr page 323-

ombellifèfles. 307

mes ou obtuses, rarement ailées. Columelle généralement bifide. Graine à face
commissurale canaliculée longitudinalement par l'enroulement des bords
latéraux. — Dans cette tribu, peu nombreuse, sont compris les genres
suivants :

scandix.
ànthriscu8.

Mykrhis.

CllŒROPHTLLtîM.
CONOVODIUM.

Genre SCANDIX. — SCANDIX Gaertn.

Fleurs petites, blanches, en ombelles simples ou à un petit nombre de rayons; — calice pres-
que entier; —
corolle à pétales obovés, tronqués ou émargiués ; — fruit linéaire, prolongé en bec
beaucoup plus long que l'akène; à côtes obtuses, avec valléeules colorées, à bandelettes nulles ou
peu apparentes ; columelle à peine fendue au sommet ; —
involucre nul ou monophylle ; involucello
ii plusieurs folioles aeuminées, ciliées; —
feuilles à dernières divisions linéaires.

Un petit nombre d'espèces indigènes, toutes annuelles.
Scandix peigne-d e~ Vénus , S. pecten-Veneris L,

Cerfeuil aiguille, C. à aiguillette, Herbe à l'aiguillette, Aiguillette, Aiguille de berger, Aiguille des dames,

Grande-Dent, Emporte-Peigne.
Fleurs en ombelles simples ou à 2 rayons épais. Involucelle à 5 folioles larges, bi-trifides,
ciliées. Fruit à côtes tuberculeuses, jaunâtres, avec bec atteignant 5 centimètres, comprimé par
le dos, à faces planes. Feuilles 2.3 fois pinnatiséquées, à segments presque arrondis, profondé-
ment divisés. Tige géniculée, à rameaux étalés. Taille de 2 à 3 décimètres.

Cette plante, qui vient dans toute la France, est assez commune dans les champs, les prés
pauvres eu herbages. Elle est très amère, et, à cause de cela, refusée des bestiaux, qui cepen-
dant s'y accoutument, mais sans la rechercher jamais. Son fruit, facile à séparer du blé, l'empê-
che de trop se propager dans les moissons. Elle ne constitue, dans tous les cas, qu'une mauvaise
herbe, qu'il convient de faire disparaître dès qu'elle se montre.

S. hispanica Boiss, involucelle à folioles entières, petites; fruit avec bec de 3 centimètres,
à faces convexes, commun surtout dans les cultures du Sud-est,

S, australis L., ombelles à 2.4 rayons grêles et allongés; involucello à folioles bordées de
blanc; fruit avec bec de 15 millimètres, grêle, comprimé par le côté ; vient dans la région médi-
terranéenne.

Genre ANTHRISQUE. — ANTHR1SCUS Hoff.

Fleurs blanches ; — calice entier; — corolle ii pétales obovés, tronqués ou émarginés ; — fruit
à sommet brusquement rétréci, prolongé en un bec plus court que l'akène et pourvu de 10 côtes ;
akènes à côtes apparentes au sommet seulement, sans bandelettes ; columelle libre, bifide ; —
involucre nul; involucelle à plusieurs folioles aeuminées, ciliées; — feuilles 2,3 fois pinnatiséquées,
les supérieures sessiles, les inférieures pétiolées.

Genre composé d'un petit nombre d'espèces, dont une cultivée comme
plante potagère et une autre pouvant être utilisée comme fourragère.

' Fruit linéaire, terminé en i Bec plus long que le fruit...
bec — Valléeules sans ]

bandelettes ( Bec plus court que le fruit. ,

| Valléeules sans bandelette — Fruit à

SCANDICINÉES { \ 2 tuniques, caréné..............

Fruit atténué au 1 Valléeules à 1 bandelette — Fruit

f sommet, non rostré j linéaire......................

/ Valléeules à 2.3 bandelettes — Fruit
I ovoïde.......................

-ocr page 324-

308 ombellifères.

Anthrisque commun, A. vulgaris Pers.; Scandix anthriscus L.

Ombelles latérales, brièvement pédoneulées, à 3.6 rayons fins, égaux, étalés. Fruit ovoïde,
oouvert d'aiguillons crochus, muni à sa base d'un cercle de poils. Feuilles molles, velues, les su-
périeures à gaîne bordée de blanc. Taiile de 2 à 5 décimètres. Annuelle.

Cette plante, douée d'une odeur désagréable, vient dans toute la France, au bord des champs
et des chemins, dans les haies et les lieux incultes. Sans importance.

Anthrisque cerfeuil, A. cerefolium Hoff.; Scandix cerefolium L.

Cerfeuil commun, C. cultivé.

Ombelles latérales presque sessiles, à 3.5 rayons égaux, filiformes; les terminales parais-
sant pédoneulées, pourvues d'une petite feuille à leur base. Involucelle à 2.3 folioles, rejetées d'un
seul côté. Fruit noir, luisant, ponctué, linéaire, sans aiguillons ni poils à la base. Feuilles d'un
vert pftle. Tige renflée sous les nœuds, pubescente au-dessus, fistuleuse. Taille de 4 à 8 décimè-
tres, Annuelle.

Originaire des contrées méridionales de l'Europe, se montrant souvent spontanément dans
les champs du Midi, autour des habitations, cetto espèce a été de tout temps cultivée dans les
jardins, pour ses feuilles, aromatiques, d'un goût agréable et employées comme assaisonnement.
Pour l'avoir toujours fraîche, on la sème toute l'année, de mars en septembre. En séchant, elle
conserve une partie de son odeur, ce qui permet d'en faire provision pour l'hiver. Par ses propriétés
excitantes, elle pourrait, semée dans les prairies artificielles annuelles, être utilisée avec avantage
comme plante assaisonnante pour les fourrages, et d'autant mieux que les animaux, principale-
ment les vaches, les moutons, les chèvres et les lapins, manifestent pour elle un goût prononcé.

Anthrisque sauvage, A. sylvestris Hoff.; Chœrophyllum sylvestre, L.

Cerfeuil sauvage, Persil aux ânes, Came.

Ombelles h. 8.16 rayons presque égaux, toutes longuement pédoneulées, nues à la base. In-
volucelle complet. Fruit brun, lisse, luisant, linéaire-oblong, pourvu d'un cercle de poils. Feuilles
luisantes, ciliées; les supérieures avec gaîne bi-auriculée. Tige fistuleuse, canaliculée. Taille de
6 à 12 décimètres. Vivace.

Cette plante, d'une odeur forte, peu agréable, d'un goût âcre et amer, vient dans toute la
France. Elle est fort commune dans les haies, les bois, dans les prairies surtout où elle abonde
quelquefois et domine toutes les autres. Elle est fort précoce, ce qui permet de la couper, dit-on,
deux fois avant le trèfle ; de plus, elle végète avec une grande vigueur, peut ainsi atteindre une
hauteur do 1 mètre, au milieu des pierres, des ronces et des buissons. Ces qualités rendent cette
plante utilisable comme fourrage vort précoce; mais, pour donner de bons résultats, elle doit être
cultivée seule; car, mêlée aux autres plantes des prairies, elle profite moins, en ce que, beau-
coup plus hâtive, elle est déjà dure quand arrive le moment de la fauchaison, ce qui fait que les
animaux repoussent le foin auquel olle est mêlée. On cultivera l'Anthrisque sauvage de pré-
férence sur les terres substantielles, fraîches et un peu ombragées. Il croît parfaitement à l'ombre
des taillis, dans les sols calcaires ou volcaniques. — Comme l'indique l'un des noms qui lui ont
été donnés, cetto espèce plaît surtout aux ânes, malgré son odeur et sa saveur fortes. Les autres
animaux la consomment avec plus de difficulté ; mais ils finissent par s'y accoutumer et s'en
trouvent bien. Elle profite surtout aux vaches, encore que l'on considère sa racine comme
mortelle pour cos animaux, opinion non fondée et provenant sans doute de la ressemblance extrême
de cette plante avec la grande ciguë. Ses fleurs, enfin, qui répandent une assez, forte odeur de
miel, sont reoherohées des abeilles.

Genre MYBRHIS. — MYRRHIS Scopp.

Fleurs blanches; — calice entier; — corolle à pétales obovés, émarginés ; — /rui'i oblong ,
non terminé en bec; akènes munis à l'extérieur d'une deuxième membrane, relevée en côtes for-

1

-ocr page 325-

01ibellifères. 309

mant 5 carènes tranchantes; vallécules sans bandelettes; coluinelle libre, bifide; — involucro nul ;
— fouilles 3 fois pinnatiséquées.

Une seule espèce indigène.

Myrrhis odorant, M. odorata Scop.; Scandix odorata L.; Chœrophyllum

odoratum Vili.

Cerfeuil odorant, C. d'Espagne, C. musqué, Fougère musquée.

Ombelle à (3.10 rayons dressés; involucelle à 5.7 folioles linéaires. Fruit long, de 2 à 3 cen-
timètres, olivâtre, luisant, sillonné. Fouilles grandes, vert-pâle. Tige fistuleuse. Taille de 6 à
10 décimètres. Vivace.

Exhalant une odeur d'auis très prononcée, cette plante, commune dans les Alpes et les mon-
tagnes de l'Est, vient surtout dans les pâturages élevés, qu'elle aromatise. Elle est cultivée dans
les jardins et employée pour les usages domestiques, comme le Cerfeuil.

Genre CERFEUIL. — CHŒROPHYLLUM L.

Fleurs blanches ou rosées ; — calice entier; — corolle à pétales obcordés; — fruit linéairo,
atténué au sommet, non terminé en bec; côtes obtuses; vallécules à 1 bandelette; columclle
bifide; —
involucre nul ou oligophylle ; — feuilles 2.3 fois pinnatiséquées, à segments ovulaires,
incisés, les supérieures sessiles, les inférieures pétiolées.

Genre comprenant 5 à 6 espèces, toutes offrant peu d'intérêt.
Cerfeuil bulbeux, C. bulbosum L.

Ombelles petites, à 15,20 rayons inégaux, très fins. Involucelle à 5.6 folioles, l'interne très
courte et tronquée. Fruit de 6 millimètres. Feuilles sessiles longuement engainantes, très molles.
Tige fistuleuse, tuberculeuse, hérissée dans le bas. Racine napiforme. Taille de 1 il 2 mètres.
Bisannuelle.

Commune dans les provinces du nord-est de la France, cette plante vient dans les haies, les
buissons, les saulsaies de lieux sablonneux. On a tenté de la cultiver pour sa racine, féculante et
un peu sucrée, bien que très petite. Mais cette culture, recommandée par le
Bon Jardinier, n'a
pas franchi encore la période d'essai.

De cette espèce se rapprochent les suivantes, toutes vivaces :

Le C. aureum L., involucelle à folioles toutes égales; fruit jaune; feuilles à courte gaine;
— venant sur les lieux boisés des montagnes ;

Le C. Villarsii Koch, plus petite que la précédente, habitant les bois montagneux ;

Le C. hirsutumL., plante hérissée, que l'on trouve sur les bords des ruisseaux, dans les prai-
ries humides des montagnes, de l'Est et du Centre.

Cebfeuil penché, C. temulum L.

Ombelle penchée à 6.12 rayons. Involucelle à 5.8 folioles. Tige pleine, renflée sous les
nœuds, maculée en rouge-brun. Taille do 3 à 10 centimètres. Bisannuelle.

Vient dans toute la France, parmi les haies, les buissons, les lieux incultes, où les animaux
la mangent quand elle est jeune.

Une dernière espèce, le C. nodosum Lm., avec ombelle à 2.3 rayons, est propre à la Corse.

-ocr page 326-

310 ombellifères,

Genre GONOPODE. — CONOPODIUM DC.

Fleurs blanclies ; — calice entier ; — fruit ovoïde, atténué au sommet, non terminé on bec ;
à côtes -filiformes et valléculos à 2.3 bandelettes; columello bifide; —
involucre nul ou oligopliylle;
— feuilles 2.3 fois pinnatiséquées, à lanières linéaires.

Une seule espèce.

Conopode dénudé, C. dcnudatum Koch; Bunium denudatum DC.

Ombelle à 8.12 rayons. Fruit noir, ovoïde. — Tige flexueuse, nue inférieurement. Racine
globuleuse. Taille do 1 à 4 décimètres. Yivace.

Espèce commune dans les bois, prés et oliamps sablonneux du Centre et de l'Ouest. Sans
usages.

10e Triton.

SMTRNEES.

Ombelles composées. Fruit ordinairement enflé, comprimé par le côté,
non atténué au sommet ni prolongé en bec. Akène à 5 côtes primaires varia-
bles. Golumelle libre, bipartite. Graine à face commissurale canaliculée lon-
gitudinalement. — Tribu comprenant, dans nos contrées, les genres sui-
vants : ,

Fruit didyme — Involucre nul............. Smyrnium

Calico entier

Fruit ovoïde —
Inv. multifoliolé

Fr. ovoïde —
, Akène à bords
contigus

! Fleurs

toutes { euiiligua ( ment ailées....................Moeospermcm.

fertilès

( Fruit didyme— Akène à bords écartés.. PiiYSOsrERSiuM.
Fleur centrale do l'ombelle seule fertile — Feuilles

et dents du calice épineuses....... ................Eciiinoi'hora.

Fruit soc, sans bandelettes.
Fruit il périoarpe spongieux,

avec bandelettes. ......

I Ak. avec meinb. extér. à

1 5 côtes ailées.........

) Ak. nu, à côtes inégale-
ment ailées. .........

conium.

Cachrys.

Pleurosfermxjm.

SMYRNÉES (

Genre MACERON. — SMYRNIUM L.

Fleurs d'un vert jaunâtre; — corolle à pétales entiers, lancéolés; — fruit didyme, noir;
akènes globuleux, il côtes dorsales plus saillantes; vallécules à 1 bandelette; —
graine roulée en
cercle; —
feuilles ternatiséquées, à segments oblongs, les supérieures sessiles.

Genre renfermant un petit nombre d'espèces, toutes bisannuelles, fort
précoces, propres aux contrées méridionales, et pouvant être consommé par
les bestiaux.

-ocr page 327-

01ibellifères. 311

Maceeon potager, S. olusatrwn L.

Ombelle à 5.15 rayons. Fruit gros. Feuilles profondément divisées, à gaine large. Tige à
rameaux supérieurs opposés. Racine épaisse, fusiforme. Taille do 6 à 12 décimètres.

Espèce venant dans les prairies humides des régions maritimes du Midi et de l'Ouest, sur
les bords do la Loire, et dont la racine se mange comme du céleri. Culture peu répandue.

Le S. perfoliatum L., fruit plus petit; feuilles caulinaires entières, dentelées, embrassantes à
la base; tige ailée au sommet; et le S.
rotundifolium DC., feuilles supérieures très entières; tige
non ailée ; — sont moins répandues encore que la précédente.

Genre CIGUË. — CONIUM L.

Fleurs blanches ; — corolle h, pétales obeordés, émarginés ; — fruit ovoïde ; akènes à bords
entre
-baillés, à 5 côtes égales, saillantes, ondulées; vallécules striées, sans bandelettes; — invo-
lucre
et iuvolucolle h, 3.5 folioles; — feuilles bi-tripinnatiséquées, à segments très petits , aigus,
incisés, les supérieurs confluents.

Une seule espèce indigène.

CIGUË TACHÉE. — C, MACULATUM L.

Noms vulgaires. — Grande Ciguë, Ciguë des anciens, C. d'Athènes, C. de Socrale, Fenouil sauvage,

grande Cocue, Cambrion.

Ombelles terminales oppositifoliées, à 12.20 rayons, très ouvertes. — Involucelle il folioles
rejetées d'un seul côté. — Fouilles molles, luisantes, d'un vert sombre. —-Tige dressée, robuste,
fistuleuse, maculée, surtout vers le bas, de taches pourprées; très rameuse au sommet. —-Racine
fusiforme, jaunâtre. — Taille de 8 à 15 décimètres. — Bisannuelle,

Cette plante, de toutes les parties de laquelle s'exhale une odeur forte,
vireuse, d'urine de chat, est fort commune dans les diverses régions de la
France. Préférant les terrains ombragés et humides, elle vient au bord des
eaux, dans les fossés, le long des haies, dans les décombres et les cimetières.
Elle est plus rare dans les bons prés. Elle est très vénéneuse, propriété que
révèle l'odeur désagréable qu'elle répand, et qui est due à la présence d'un
alcoloïde particulier désigné sous le nom de
conicinc ou cicutine.

L'action vénéneuse de la Ciguë, prononcée surtout dans le Midi de l'Eu-
rope, est presque nulle dans les pays froids, en Russie. Elle s'exerce
principalement sur l'homme et les carnivores ; ses effets sont moindres chez
les herbivores, les moutons et les chèvres surtout, et sur les oiseaux, qu'elle
n'incommode que lorsqu'elle est prise en grande quantité. Elle produit, chez
les animaux qui en éprouvent les effets, des engourdissements, des vertiges,
des troubles de la vue, pouvant aller, si la dose est forte, jusqu'aux convul-
sions et à la mort. Les vomissements, quand ils sont possibles, l'emploi de
l'eau acidulée ou vinaigrée, sont les principaux moyens à lui opposer.

Le danger de la Ciguë, dans les prairies et les lieux cultivés, est accru
encore par la ressemblance qu'elle offre avec le Persil, dont elle se distin-

-ocr page 328-

312 ombellifères,

gue seulement par la couleur plus obscure de ses feuilles, et par l'odeur re-
poussante qu'elle exhale. Il importe donc qu'une espèce aussi dangereuse
soit arrachée et détruite avec soin partout où elle parait ; cela est d'ailleurs
toujours facile, car il suffit, la plante étant bisannuelle, d'en couper la racine
entre deux terres pour en arrêter la reproduction.

Les propriétés actives de la Ciguë ont permis de l'utiliser en médecine.
On l'emploie principalement à l'extérieur, comme sédatif et comme fondant.
Elle est même, pour cet objet, souvent cultivée dans les jardins.

Une espèce exotique du même genre, le C. Arracacha Hook, originaire do la Colombie, où on
la cultivo pour sa racine alimentaire, a été proposée comme succédanée à la pomme de terre.
Mais les essais entrepris, pour la naturalisation de cette plante en Europe, n'ont point abouti jus-
qu'à ce jour.

* _ i .'r. » . *
Genre
CACHRYS. — CACHRYS T.

Fleurs jaunes ; — corolle à pétales ovales, entiers ; — fruit jaune, très gros, tronqué au som-
met, à péricarpe spongieux, à côtes épaisses, confluentes; —
feuilles décomposées en lanières
filiformes, les supérieures sessiles.

C. lacvigata Lm., ombelle grande, à 10.20 rayons, rayons supérieurs opposés ou verticillés;
taille de 5 à 10 décimètres; vivace; — venant dans les contrées dos bords de la Méditerranée,
mais de nulle utilité

Genre PLEUROSPERMUM. — PLEUROSPERMUM Hoff.

Fleurs blanches ; — fruit pourvu de 2 membranes, l'extérieure enflée, à 5 côtes creuses et
ailées, valléeules à 1.2 bandelettes.

Le P. austriacum Hoff,; Ligusticum austriacum L., ombelle à 20.40 rayons; tige à rameaux
souvent verticillés; taille de 6 à 12 décimètres; — croissant dans les Alpes.

Genre MOLOSPERMUM. — M0L0SPERMUM Koch.

Fleurs blanches, jaunissantes ; — fruit à côtes dorsales, ailées, valléeules à 1 bandelette.

M. cicutarium DC.; Ligusticum peloponesiacum L,, ombelle centrale, grande, à 30.40 rayons,
les latérales plus petites, enverticilles; racine épaisse, charnue; taille de 1 à 2 mètres; —plante
fétide, souvent confondue avec la Ciguë; commune dans les Alpes et les Pyrénées,

' ' ■ V' . ■*'' '* "7 ' " ,

Genre PHYSOSPERMUM. — PHYSOSPERMUM Cuss.

Fleurs blanches; — fruit didyme, avec aliènes à bords éoartés, à 5 côtes égales, filiformes ;
valléeules à 1 bandelette ; —
feuilles supérieures réduites à la gaîne pétiolaire.

-ocr page 329-

01ibellifères. 313

P. aquilegifolium Koch, ombelle de 10.20 rayons; taille de 6 à 10 décimètres; — vient dans
les Alpes du Daupbiné.

Genre ECHINOPHORE. — ECH1N0PH0RA T.

Fleurs blanches, rayonnantes, les extérieures mâles, la centrale seule femelle; — fruit en-
fermé dans le réceptacle, entouré par les ovaires avortés des fleurs mâles; —
feuilles épaisses,
décomposées, à lobe central épineux, les supérieures sessiles.

E. spinosa L., ombelle à 5,8 rayons courts, inégaux; rameaux en corymbe; taille de 1 à
3 décimètres; — vient sur les sables maritimes de la Méditerranée et de l'Océan.

11« Tribu. — HYDHOCOTYLKES.

Ombelles simples. Akène à 5 côtes primaires, peu développées ; vallé-
cules sans bandelettes. — Tribu composée de deux genres.

( Fruit comprimé par le côté, didyme, à côtes filiformes,. Hydkocotylk.

HYDROCOTYLÉES

( Fruit subprismatique, à côtes écailleuses............. Astiîantia.

Genre IÎYDROCOTYLE. — HYDROCOTYLE T.

Fleurs très petites, blanches ou rosées ; — calice entier; — corolle à pétales entiers, dressés;
— fruit comprimé, écliancré à la base et au sommet et formant 2 lobes carénés sur le dos; à côtes
filiformes, inégales; —
graine carénée à la commissure; — involucre oligopliylle; — feuilles lon-
guement pétiolées, orbiculaires, à nervures peltées.

Hydrocotyle ordinaire, H. vulgaris L.

Ecuelle d'eau.

Fleurs presque sessiles, on verticilles rapprochés au sommet d'un pédoncule naissant, avec
les feuilles, des noeuds d'une tige rameuse et rampante. Vivace.

Espèce commune dans toute la France ; vient dans les marais, les prairies humides et tour-
beuses. Non dangereuse, mais sans importance.

Genre ASTRANCE. — ASTRANTIA L.

Fleurs blanches ou purpurines; — calice à dents foliacées, aristées; — corolle iv pétales con-
nivents, à longue pointe; —
fruit un peu comprimé par le dos; akènes presque soudés, à 5 côtes
primaires renflées, hérissées de dents écailleuses, creuses en dedans ; columelle adhérente ; —
involucre très grand, étalé, à folioles oblongues, blanches ou purpurines, vertes au sommet; —
feuilles inférieures palmatiséquées, à segments dentés, ciliés.

-ocr page 330-

314 ombelufères.

Astrance majeur, A. major L.

Astrance à larges feuilles, grande Astrance, grande Radiaire, Sanicle femelle,'Sanicle de montagne,

Otruche noire.

Ombelles latérales opposées. Calice à dents plus longues que les pétales. Tige fistuleuse,
presque simple, à rameaux opposés. Taille de 3 à fi décimètres. Vivaee.

Plante assez commune dans les bois, les prairies élevées et ombragées du Jura, des Alpes,
dos Cévennes, des Pyrénées, où les animaux la broutent dans sa jeunesse, sans la rechercher.
Elle est cultivée dans les jardins, où elle forme des touffes épaisses et élégantes.

L'A. mincir L., qui s'en distingue par ses ombelles latérales alternes ou fasciculées, ses fleurs,
sa tige, ses feuilles plus grêles, vient dans les mêmes lieux, mais dans les régions plus élevées.
Les animaux la broutent de même.

13e Triìbu. — ÉRYNGIÉES.

Ombelles simples ou irrégulièrement composées. Fruit à section trans-
versale orbiculaire. Akène dépourvu de côtes saillantes, muni d'écaillés et
d'aiguillons. Columelle soudée aux akènes. Graine
à face commissurale
plane. — Tribu comprenant les deux genres indigènes suivants :

Î Fruit écailloux ou tubuleux — Columelle bipartite............... Eryngium.

Fruit garni d'épines crochues — Columelle entière.......................Banjcula.

Fleurs bleues — Involucre bleuâtre.. .
[ Feuill. coriaces, orbic.— Invol,

blanc..................

Feuill, molles, ovales — Invol.

ClMPE8TI»E

l.

¥

Jtn rilimnm

L

7f

Bonryali

fîouati.

¥

Spina-allnt

Vili.

¥

A Ipittitm

L.

¥

Yiviporum

I,.

¥

Pusilliim

fiay.

©

Genre PANICAUT. — ERYNGIUM L.

Fleurs blanches ou bleues, sessiles, sur un réceptacle garni de paillettes piquantes, entouré
d'un involucre épineux; —
calice à dents foliacées, terminées en épines; — corolle à [létales
connivents, obovés, émargiués ; —
fruit arrondi, couvert d'écaillés imbriquées; columelle bipar-
tite; —
feuilles épineuses, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces, offrant le port et l'as-
pect des chardons, et que leurs feuilles piquantes font repousser des ani-
maux. Voici le tableau de celles propres à nos contrées :

I Fleurs blanches — Calice à dents

(Involucre ) dressées....................

à 4.6 foliol. ) Fleurs bleues — Calice à dents

Fleurs
blanch.

Capitules sessiles

Capitules
pédoncul.

Involucre |
à 10 fol.
et plus

Genre
ERYNGIUM

Inv. à 5 foliol. — Fleurs bleues........Yiviparum

Inv. à foliol. nombr. — Fleurs blanches.. Putillnm

-ocr page 331-

01ibellifères. 315

Panicaut des champs, E. carnpestris L.

Panicaut à cent têtes, Chardon à cent têtes, Chardon Roland, Chardon roulant, Chardon bleu, Chardon
d'âne, Fouasse à l'âne, Poinchou, Relâche, Erlache.

Fleurs blanches, en capitules globuleux. Involucre à folioles blanchâtres, épineuses, dépas-
sant le capitule. Fruit couvert d'écaillés membraneuses, acuminées, couronné par 5 dents épinou-
ses. Feuilles coriaces, largement ovales, bipinnatiséquées, à lobes divariqués et épineux, les
inférieures à pétiole embrassant. Tige à rameaux entrelacés. Plante d'un vert pâle, glauque,
de 3 à 6 décimètres.

Cette espèce, commune dans toute la France, vient le long des bois et des chemins, sur les
pelouses sèches, dans les lieux arides. Elle est sans utilité, et nuit dans les herbages comme tou-
tes les plantes épineuses. Tous les animaux la repoussent, et elle ne peut pas non plus servir de
litière. On peut l'utiliser, lorsqu'elle est abondante, en la brûlant, soit comme moyen de chauf-
fage seulement, soit pour en retirer la potasse. Anciennement on en mangeait la racine.

Les autres espèces participent toutes des mêmes propriétés. On les trouve :
L'E.
maritimum L., à fruit spongieux, racine stolonifère, — sur les sables maritimes do la
Méditerranée et de l'Océan ;

L'E. Bourgali Gouan, de plus petite taille, — dans les pâturages des Pyrénées.

L'E. spina alba Vill., haut de 2 à 4 décimètres , — dans los Hautes-Alpes ;

L'E. Alpinum L., à fruit obové, écailleux sur les bords de l'akène, — dans les pâturages
élevés des Alpes et du Jura; il se montre rarement à l'état spontané, mais il est parfois utilisé
dans les jardins paysagers pour décorations;

L'E. viviparum Gay, à fleurs d'un blanc d'azur, en capitules petits, déprimés; il feuilles radi-
cales nombreuses, formant rosette; — dans les lieux inondés des côtes de Bretagne;

L'E. pusillum L., petite plante de 5 à 30 centimètres; — dans les lieux humides des con-
trées maritimes, en Corse.

Genre SANICLE. — SANICULA T.

Fleurs blanches ou rosées, polygames, sur un réceptable pailleté, formant des capitules dis-
posés par 3 en une ombelle générale ; ■—
calice à 5 dents foliacées, aristées ; — corolle à pétales
connivents; —
fruit subglobuleux, hérissé d'aiguillons crochus; akènes dépourvus de côtes, mu-
nis de bandelettes; columelle entière; —
feuilles palmatipartites, à lobes rhomboïdaux, dentés.

Une seule espèce indigène.

Sanicle d'Eubope, S. Europxa L.

Sanicle commune, Sanicle mâle, Herbe du défaut.

Feuilles presque toutes radicales, longuement pétiolées. Tige nue, avec 1 ou 2 rameaux au
sommet. Plante luisante, vert foncé, de 2 à 5 décimètres. Vivace.

Vient dans les lieux boisés et humides de toute la France. Jouissant autrefois d'une grande
réputation médicinale, elle est aujourd'hui sans usages; cependant, on l'emploie encore quelque-
fois pour favoriser la délivrance des vaches.

-ocr page 332-

316 caprifoliacèes.

Famille des CAPB.IFOLIACEES Hich.

PENTANDRIE L.; CHÈVREFEUILLES Juss.

Emprunte son nom à l'espèce Lonicera Caprifolium.

Fleurs hermaphrodites, diversement disposées, soudées en partie par le
calice; —
calice monosépale, adhérent intérieurement à l'ovaire, à 4.5 dents
courtes, persistantes ; —
corolle monopétale, ordinairement irrégulière, quel-
quefois à 4.5 ou 10 pétales distincts, insérée au sommet du tube calicinal; —
ètarnines 4.5 ou 10, insérées sur le tube de la corolle ; — ovaire à 3.5 loges ou
moins, à 1 ou plusieurs ovules ; styles libres ou soudés, en nombre égal à
celui des loges ; stigmate très petit ; —
fruit charnu à 5 loges ou moins, par-
fois osseuses, à 1 ou plusieurs graines; —
graine suspendue, à endosperme
parfois ample, charnu ou corné ; —
feuilles généralement opposées, simples,
solitaires, rarement imparipennées; —
stipules nulles.

Famille composée d'espèces toutes vivaces, herbacées ou ligneuses, à tiges
quelquefois sarmenteuses et volubiles. Cultivées, pour la plupart, comme
arbrisseaux d'ornement, elles ne fournissent, à l'économie rurale, que très
peu de produits utiles. — Dans cette famille sont compris les genres indigè-
nes suivants, que les botanistes modernes ont subdivisés en plusieurs familles
nouvelles et distinctes :

„ „ , .. , ( Fruit non osseux................ Hedeea.

Corolle polypétale — \

Fr. h log. monosp. j Fnût . ^^ ^^............. Cornus.

j Etam. à filet bipartite — 4.5 styles —

CAPRIFOLIACÈES 1 ( C°:°"e \ Fr· à 4·5,10^ V ......* ' -n " »°XA'

l rotacée 'Etam ^fij^ l Fr· 3.5 log.— Fouilles

„ „ îFr. àlog. ) J imparipennées..............Sambccus.

Corolle I 0 ƒ entier — { , ,·, .„

,. < monosp. / , , Fr. à 1 loge — l· eûmes

monopét. ( btyle nul f entières_K....................Viburnum.

\ Corolle tubuleuse — Fruit à 3 log. polyspennes.. Lonicera.

Genre LIERRE. — HEDERA L.

Corolle à pétales libres, étalés; — fruit baeciforme, globuleux, couronné par le calice,
à 5.10 loges monospermes.

Genre que l'on fait entrer dans une famille nouvelle, celle des Hédèracêes
ou Araliacées, et représenté, dans nos contrées, par une seule espèce.

Lierre commun, H. hélix L.

Lierre rampant, L. à cautères.

Fleurs d'un jaune-vefdâtre, en ombelles sphériques. Feuilles éparses, lobées, coriaces, lui-
santes, persistantes en hiver. Tige ligneuse, grimpante, atteignant la hauteur des plus grands
arbres, auxquels elle s'attache par des radicules adventices ; quelquefois assez forte pour se sou-
tenir seule. Floraison en automne; maturation du fruit en hiver.

Extrêmement commune dans toute la France, cette ospèce, si fréquemment utilisée pour

-ocr page 333-

caprifoliacées. 317

couvrir les murs, border les plate-bandes, vient dans les bois, sur les rochers, les vieux murs et
les troncs d'arbres, auxquels elle porte toujours préjudice. Son fruit est purgatif et vomitif, et
elle exhale, de toutes ses parties, quand on l'écrase, une odeur assez prononcée. Ses feuilles
sont fréquemment employées pour entretenir les exutoires. Elles sont aussi employées dans l'ali-
mentation du bétail; par leur amertume, elles conviennent spécialement au mouton. En Breta-
gne, on les donne, en outre, aux chèvres et aux vaches, pour lesquelles, durant l'hiver, quand les
autres fourrages manquent, ils deviennent une utile ressource. Les grives et les merles les man-
gent également dans cette saison.

Genre CORNOUILLER. — CORNUS L.

Calice à 4 divisions; — corolle à 4 pétales; — étamines 4 ; — style simple; — fruit à noyau
osseux, biloeulaire, à loges monospermes; —
feuilles pétiolées, elliptiques, acuminées, à nervures
parallèles, convergentes; —
tige ligneuse.

Genre comprenant deux espèces, constituées par des arbustes peu élevés,
utilisés surtout dans les parterres.

Cornouiller male, C. mas L.

Cormier.

Fleurs jaunes, en ombelle, avec involucre. Drupe ovoïde, rouge, acide, comestible.

Vient dans les haies et les bois des terrains calcaires. Son fruit, dit corne, corniole, cor-
nouille,
peut être mangé après avoir subi la fermentation.

Cornouiller sanguin, C. sanguinea L.

Sanguinelle.

Fleurs blanches, en cyme, sans involucre. Drupe globuleuse, petite, noire, non comestible.
Feuilles rougissant à l'automne.

Vient principalement dans les haies, bois et coteaux du Midi; fournit h, l'économie domes-
tique sa graine, dont on retire une huile grasse employée il l'éclairage.

Genre ADOXE. — ADOXA L.

Calice à 2.3 dents, accrescent; — corolle rotacée, à 4,5 divisions; — étamines 4.5, à fdets
divisés dans toute leur longueur; —
ovaire à 4.5 styles; —fruit bacciforme, il 4.5 loges monos-
permes; —
feuilles 2.3 fois disséquées.

Une seule espèce.

Adoxe mosciiatelle, A. rnoschatellina L.

Fleurs verdâtres, à odeur musquée, petites, sessiles, en capitules longuement pédonculés.
Tige quadrangulaire, herbacée. Souche rampante, offrant des bulbes d'oii naissent des tiges flora-
les. Taille de 10 à 15 centimètres.

Cette petite plante, très précoce, vient dans l'est et le centre de la France, dans les Pyré-
nées. Elle recherche les bords des ruisseaux, les lieux couverts. Son odeur la fait repousser des
bestiaux. *

-ocr page 334-

318 caprifoliacées.

Genre SUREAU. — SAMDUCUS T.

Fleurs blanches ou rosées; — calice à 5 divisions réfléchies; — étamines 5; — ovaire à 3.5
stigmates sessiles; —
fruit bacciforme, globuleux, à 3.5 loges ou moins, à 3,5 graines; —feuilles
pinnatiséquées, à 5.9 segments, lancéolés, acuminés, dentés.

Genre composé d'un petit nombre d'espèces, toutes fort communes dans
les diverses régions de la France.

Sureau noir, S. nigra L.

Sureau ordinaire, grand Sureau, Suseau, Sujat, Supier, Sihu, Suc, Sambequier.

Fleurs en cymes planes, très odorantes. Fruit noir, quelquefois blanc ou vert. Arbuste ou
arbre pouvant atteindre 3 à 4 mètres, avec rameaux à moelle blanche, très abondante.

Très commune dans les haies, au voisinage des habitations, dans les bois frais, et employée
partout pour iormer des bordures, auxquelles la rapidité de sa croissance la rend particulièrement
propre, cette espèce est encore utilisée par la médecine, à laquelle elle fournit ses fleurs, ses
baies, son écorce, ses racines. Sa mauvaise odeur empêche les bestiaux de la brouter; les moutons
et les chèvres seuls paraissent s'en accommoder. Mais la décoction de ses feuilles est bonne pour
chasser les pucerons et autres insectes qui s'attachent, en abondance, aux feuilles des arbres.
Enfin, ses baies servent quelquefois à préparer, par leur fermentation, une espèce de vin.

Sureau a grappes , S. racemosa L.

Sureau de montagne.

Fleurs en panicules ovoïdes, serrées. Fruit rouge, en grappes. Arbuste de 2 à 3 mètres de
haut, avec rameaux ii moelle de couleur fauve.

Espèce commune sur la plupart des lieux montagneux de la France. Elle est cultivée dans
les bosquets pour la belle couleur de ses fruits, mais les bestiaux la négligent.

Sureau hyèble, S. ebulus L.

Eble, Euble, petit Sureau, Sureau en herbe.

Fleurs en cymes dressées. Fruit noir, Feuilles à stipules foliacées, dentées, inégales. Tige
herbacée, cannelée, rameuse. Taille de fi à 15 décimètres.

Cotte espèce, do toutes les parties de laquelle s'exhale une odeur fétide prononcée, se trouve
partout, au bord des chemins, des fossés, dans les lieux incultes, sur les terrains argileux. Em-
ployée autrefois en médecine, elle est aujourd'hui sans usage. Tous les bestiaux la repoussent.
C'est une mauvaise plante, difficile îi détruire.

Genre VIORNE. — VIDURNUM L.

Fleurs blanches, en cymes; — calice à 5 divisions, très petites; — corolle rotacée-campanu-
lacée, à 5 lobes; —
étamines 5; — ovaire à 3 stigmates sessiles; —fruit bacciforme uniloculaire,
à 1 seule graine ; —
tige ligneuse.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, constituant toutes de pe-
tits arbustes rameux, fort employés pour l'ornement des bosquets.

» Viorne aubier, V. opulus L.

Obier, Sureau aquatique, S. d'eau, S. des marais, Caillebot.

Fleurs rayonnantes, celles de la circonférence plus grandes, planes; celles du centre campa-
nnlées. Fruit globuleux, rouge vif. Feuilles il 3.5 lobes profonds, acuminés-dentés, en cœur à lu
base, avec stipules sétaoées. Arbuste de 2 à 3 mètres.

-ocr page 335-

caprifoliacées. 319

Vient au bord des eaux, dans les bois et taillis ombragés et humides de la majeure partie de
la France. Tous les animaux , les chevaux surtout, en mangent les feuilles. Les vieilles souches
donnent des rejets abondants, très feuillés, qui produisent ainsi parfois d'assez grandes quantités
d'un bon fourrage supplémentaire. Ses fruits, très recherchés des oiseaux, servent d'appiit pour
les attirer.

Une variété, à fleurs doubles et très abondantes, de cette espècè, est cultivée dans les jardins
sous le nom de
boule-de-neige. Son feuillage pourrait être également donné au bétail.

Viorne cotonneuse, V. lantana L.

Mantiane, Mansanne, Mancienne, Mansiène, Marselle, Coudre mancienne, Bourdaine blanche, Bardeau,

Hardeau, Valinié, Rose de Guelgre.

Fleurs odorantes. Corolle à lobes égaux. Fruit comprimé, noir. Feuilles ovales, obtuses, den-
ticulées, en cœur à la base, tomenteuses en dessous, sans stipules. Arbuste de 2 à 3 mètres, à
rameaux tomenteux, comme recouverts d'une poussière farineuse.

Espèce commune dans les bois, les haies, sur les collines de toute la France. Ses branchos,
souples, servent à faire des liens. Ses fruits, astringents, sont mangés par les peuples du Nord.
Ses feuilles sont assez recherchées des bestiaux. Les cultivateurs du Beaujolais la récoltent et la
font entrer, pour une bonne part, dans les feuillées qu'ils préparent, chaque année, pour nourrir
les chèvres en hiver.

Viorne laurier-tin , V. tinus L.

Fleurs presque inodores. Corolle à lobes égaux. Fruit noir, globuleux. Feuilles entières, ova-
les, un peu coriaces, pubescentes, persistantes en hiver, sans stipules. Arbuste de 1 à 2 mètres.
Floraison en février.

Espèoe commune surtout dans le Midi, où elle est cultivée en plein champ ; mais sans em-
ploi dans l'économie rurale.

Genre CHÈVREFEUILLE. — LONICERA L.

Fleurs blanches, rosées ou jaunâtres, odorantes, entête ou géminées; — calice ii 5 dents; —
corolle tubulense ou irrégulièrement campanulée, à 2 lèvres, la supérieure il 4 lobes, l'inférieure
entière; —
étamines 5; — ovaire à style filiforme, avec stigmate trilobé; — fruit bacciforme,
à 3 loges oligospermes; —
feuilles entières, simples, généralement caduques; — tige ligneuse.

Genre composé d'un assez grand nombre d'espèces, venant communé-
ment dans les bois et les haies de la plus grande partie de la France, et pres-
que toutes cultivées dans les parterres pour leur feuillage et leur odeur.
Leurs tiges sont utilisées par l'industrie, leurs fruits et leurs fleurs en méde-
cine, et leurs feuilles sont mangées par les vaches, les moutons et les chè-
vres. Voici le tableau des espèces indigènes :

Feuil. supér. distinctes — FL en tête pédonc. Peuïclemenum L.

IF1. en tête longuem, pédonc.. Etrpsca Sanii

Fl. en tête ( I'euil. caduques. Cjphikouum !..

sessile j Feuil. persist... impie.™ Ail.

t Cor. il t. court ( Fruit rouge.. Xvlosteiji !..

2 baies ) bossu à la base j Fruit noir.. . migra L.
distinctes ) „ , , ,

I Cor. h, tube long, non qossu.. Pyremiha !..

Baies soud. ( Cor. presq. régul.— Fr. rouge Alpigrna !..

en une seule j Cor. bilabiée — Fr. noir-bleu. Cterulea L.

Fl. en têtes term,
vertioillées —
Tige volubile

Genre
LONICERA

Fl. géminées,sur
des pédouc. axill.
— Tige dressée

-ocr page 336-

320 loranthacées.

Chèvrefeuille des bois, L. pcriclymenum h.

Chèvrefeuille sauvage, Cranquillier.

Fleurs jaunes-rougeStres, odorantes, pédonculées. Baies d'un rouge-vif. Feuilles ovales-lan-
céolées, aiguës, les supérieures sessiles, non connées. Tige sarmenteuse, à rameaux pubescents.

Vient partout, mais principalement dans le Nord; se trouve rarement à l'état sauvage.

Chèvrefeuille d'Étrurie, L. Etrusca Santi.

Fleurs longuement pédonoulées. Baies rouges. Feuilles entières, obovées, légèrement coria-
ces, celles des rameaux fleuris sessiles et connées supérieurement. Tige sarmenteuse, à rameaux
épineux.

Vient dans la région méditerranéenne, jusqu'au centre de la France.

Chèvrefeuille des jardins, L. caprifolium L.

Fleurs en têtes sessiles, sur deux feuilles florales formant involucre. Baies d'un rouge vif.
Feuilles entières, orbiculaires, soudées vers le haut dans les rameaux florifères.

Vient principalement sur les terrains calcaires en Lorraine et en Alsace, et quelquefois dans
le Midi.

De cette espèce se rapproche le L. implexa Ait.) se distinguant à ses feuilles ohlongues, per-
sistantes, et venant surtout sur les bords do la Méditerranée.

Chèvrefeuille a bois blanc, L. xylosteum L.

Fleurs petites, géminées, pédonculées, très velues, à bractées linéaires. Corolle à tube court,
bossu à la base. Baies globuleuses, rouges, soudées à la base. Feuilles entières, ovales, molles,
velues, toutes pétiolées. Arbrisseau à tige dressée de 1 "à 2 mètres.

Espèce assez commune, cultivée souvent., et pouvant être employée comme les précédentes.

Se rencontrent beaucoup plus rarement les autres espèces du genre :

Le L. nigra L., fruit noir, feuilles elliptiques, taille de 1 mètre environ, — venant sur
toutes les hautes montagnes de France ;

Le L. Pyrenaïca L., fleurs presque régulières, fruit rouge, feuilles entières, oblonguos, taille
de 1 mètre à peine, — se trouvant dans les régions élevées des Pyrénées;

Le L, Alpigena L., fleurs hilabiées, fruits rouges, feuilles très grandes, entières, ovales,
taille de 1 mètre ; — venant aussi dans les montagnes ;

Le L. cxrulea L., fruits d'un bleu noir, feuilles petites, taille do moins de 1 mètre; —habi-
tant los plus hautes montagnes.

Famille des LORANTHACÉES -Tuss.

Tire son nom du genre exotique Loranthus.

Fleurs régulières, unisexuées; — calice tubuleux, adhérent cà l'ovaire,
à 2.4 divisions très courtes; —
corolle nulle dans les fleurs mâles, à4 pétales
squammiformes dans les fleurs femelles ; —
ètamines 4, à anthères sessiles,
soudées au calice; —
ovaire infère, uniloculaire, monosperme, à stigmate
simple ; —
fruit sessile, bacciforme, transparent, couronné par le calice ; —
graine dépourvue d'enveloppe propre, à albumen charnu et cotylédons sou-
vent soudés ; —
feuilles simples, opposées, coriaces, persistantes ; — stipules
nulles ; — tige ligneuse, ramifiée, à rameaux articulés.

-ocr page 337-

rubiacées. 321

Famille composée de plantes toujours vertes, vivant généralement en
parasites sur les grands végétaux ligneux, et contenant, dans ses diverses
parties, un suc visqueux. — Représentée dans nos contrées par un seul
genre, qui est resté longtemps compris dans la famille des Caprifoliacées.

Genre GUI. — VISCUM T.

Fleurs petites, sessiles; — calice à 4 divisions; — baie blanche, sessile, visqueuse.

Deux espèces indigènes, dont une assez communément répandue.
Gui
commun, V. album L.

Gui blanc, Vergnet, Gillon, Pomme hémorrhoïdale.

Fleurs petites, en têtes, monoïques et dioïques. Baies globuleuses, contenant un suc vis-
queux. Feuilles en spatule, coriaces. Tige ligneuse, à rameaux dichotomes, divergents, formant
une touffe arrondie. Taille de 3 à 5 décimètres.

Arbrisseau parasite toujours vert, venant sur tous les arbres dicotylédonés de nos climats,
principalement sur les poiriers et les pommiers, sur les saules, les sapins, les peupliers, etc., à
la surface desquels il forme de larges touffes, s'implantant par des radicules qui s'insinuent à
travers l'écorce jusqu'au bois, qu'elles ne pénètrent point ; mais elles sont recouvertes par les
couches ligneuses qui, chaque année, se forment entre le bois et l'écorce. Nuisible aux arbres qui
la supportent, extrêmement amère, cette espèce, dans les contrées où elle est très abondante,
est utilisée, pendant l'hiver, pour nourrir les troupeaux, qui s'en montrent friands. Dans les forêts
de sapins, on récolte même le Gui régulièrement pour le donner aux vaches, qui le mangent cru,
mais le préfèrent cuit et plus ou moins assaisonné ou salé. On le distribue aussi aux cochons. Les
grives en recherchent les baies. La plante était autrefois employée en médecine, contre les mala-
dies nerveuses. C'est avec son écorce qu'on prépare la
glu.

Une seconde espèce est le V. oxgcedri DC., caractérisé par ses fleurs toutes dioïques, à corolle
nulle, ses baies vertes, s'ouvrant avec élasticité pour lancer la graine, ses feuilles réduites à des
écailles, sa taille ne dépassant pas 10 centimètres, — et que l'on trouve principalement sur les
genévriers de l'Europe méridionale.

Famille des RUBIACÉES Juss.

FLOSCULEUSES t.; TÉTRANDIE l., EPICOROLLIE CH OR ISA a' THÉR1E -trsh.

Emprunte son nom au genre Rubia, Garance.

Fleurs hermaphrodites, régulières, quelquefois polygames, ordinaire-
ment groupées en petites cymes formant une panicule terminale ; —
calice
tubuleux, à 4.6 dents, très courtes ou nulles, et tube adhérent à l'ovaire ; —
corolle monopétale, insérée au sommet du tube calicinal, à 3.6 divisions ca-
duques; —
étamines en nombre égal aux divisions de la corolle et alternanl

51

-ocr page 338-

322 rubiacées.

avec elles ; — ovaire à 2 carpelles uniloculaires et uniovulés, surmonté d'un
style simple ou bifide ; —
fruit sec, didyme, formé de 2 coques monospermes
et indéhiscentes, quelquefois surmontées par les dents du calice, rarement
charnu ; —
graine à albumen corné, à cotylédons foliacés. —Feuilles simples,
entières, à bords denticulés, sessiles, verticillées; —
stipules nulles; — tiges
quadrangulaires, herbacées ou sous-frutescentes, articulées.

Cette famille, très naturelle et extrêmement étendue, comprend des espè-
ces indigènes et des espèces exotiques. Celles-ci sont les plus nombreuses, et
quelques-unes d'entre elles constituent des arbres d'une grande hauteur. On
peut citer, parmi les plantes plus importantes de ce dernier groupe : les
espèces du genre
Cinchona, dont l'écorce constitue les diverses variétés de
quinquina; le Cephselis ipecacuanha, fournissant la racine émétique employée
sous le nom
à'ipecacuanha; l'Uncaria garnbir, dont on retire la gomme
astringente
kino; le Coffea arabica, ou Caféier, dont les graines constituent le
café, etc.

Quant aux espèces indigènes, ce sont toutes des plantes herbacées, re-
marquables par la disposition verticillée de leurs feuilles, qui leur a même
fait donner le nom d
'Etoilées. Quelques-unes sont avantageusement utilisées
dans l'industrie. Elles habitent, en général, les terrains secs, les champs ou
les prairies, et la plupart sont recherchées des bestiaux. — Elles se trouvent
comprises dans les genres suivants :

I Fruit charnu, non couronné par le calice — Corolle rotacée plane. Rudia.

Corolle ( Calice à 4 dents pq. nulles, caduques. Galium.
rotacée-plane j £a|jce ^ g div., couronnant le fruit.. Vaillantia.

Î Fruit surm. par le calice accrescent. Sherabdia.
Fruit non I Fleurs en cyme — Corolle

couronné 1 à 4.5 lobes connivents Asperijla.

par 1 Fleurs en épis — Corolle

le calice' à 4 lobes étalés............Crtjcianella.

Genre GARANCE. — RUBIA T.

Fleurs en grappes axillaires, opposées et terminales, à pédicelles trieliotomes, étalés; — calice
très petit, entier ou à peine denté, il tube évasé; — corolle rotacée plane, à 4.5 divisions; —
fruit charnu, formé de 2 baies noires, petites, globuleuses, unies à la maturité; — feuilles à bords
et nervures dorsales denticulés, coriaces, en verticilles de 4.6; —
tiges multiples, faibles, tom-
bantes, fi bords aiguillonnés, accrochants ; — racine rampante.

Genre très naturel, comprenant, dans nos contrées, un petit nombre
d'espèces, toutes vivaces, se distinguant à peine entre elles par la forme des
feuille«, ce qui a déterminé certains auteurs à réduire encore ce nombre et à
le limiter à deux.

Garance des teinturiers, R. tinctorum L.

Anthères allongées. Stigmate en massue. Feuilles à nervures dorsales très saillantes. Tiges
entièrement herbacées et annuelles. Raoine rougeâtre à l'intérieur.

Probablement originaire des contrées méridionales et subspontanée dans presque toute la
France, oette espèce vient dans les lieux pierreux, dans les buissons et les haies, le long des

RUBIACÉES

Fruit sec,
f à carpelles
séparés

-ocr page 339-

rubiacées. 323

murs. Elle est cultivée très en grand, dans plusieurs départements du midi, Vauoluse, l'Hérault,
dans l'Alsace et dans quelques autres contrées, pour sa racine, qui fournit une matière colorante
très usitée. Cette matière a la propriété de colorer eu rouge les os et même le lait des animaux
qui en mangent, ce qui l'a fait fréquemment employer dans les expériences de physiologie. Elle
joint, en outre, des propriétés toniques prononcées, mais qui n'ont pas reçu d'application. Les
fanes de la Garance constituent un produit accessoire, mais qui constitue, quand la plante est jeune,
un assez bon fourrage. Afin d'en profiter, on a coutume, dans le Midi, de faucher la plante au
mois de mai, et souvent une ou deux fois encore, puis de faire séoher les fanes, que l'on distribue
ensuite aux bestiaux.

Garance voyageuse, H. pengrina L.

Anthères arrondies. Stigmate en tête. Feuilles à nervures à peine sensibles. Tige presque
ligneuse, persistante à sa partie inférieure.

Vient principalement sur les bords de la Méditerranée, et remonte, par l'Est et par l'Ouest,
presque jusqu'au nord de la France. On la trouve sur les coteaux secs, dans les haies, les brous-
sailles, dans les bois arides. Elle pourrait fournir un bon fourrage, si ses tiges et ses feuilles trop
rudes ne repoussaient les animaux.

Près de cette espèce se rangent le R. lucida L. et le R. angustifolia L., qui s'en distinguent
seulement par la forme des feuilles, et confondus, dans la
Flore de MM. Grenier et Godrou, avec le
R. peregrina, dont ils possèdent d'ailleurs toutes les propriétés.

Genre GALLIET. — GAIJUM L.

Fleurs ordinairement blanches ou jaunes ; — calice entier ou à 4 dents peu distinctes ; —
corolle rotacée-plano, à 4 divisions; — fruit seo, à 2 carpelles presque globuleux se séparant à la
maturité, non couronné par le calice; —
tiges multiples, grêles, noueuses; — racines traçantes,
longues, grêles.

Genre comprenant un très grand nombre d'espèces, toutes herbacées,
annuelles ou vivaces, et habitant principalement les prairies, les lieux secs.
Ces plantes portent encore, communément, le nom de
Caille-lait, indiquant
une propriété qu'elles ne possèdent point dans nos contrées et qui les l'ait
employer dans quelques pays du Nord, la Suède, la Norwége, l'Islande, pour
la fabrication des fromages. Les animaux mangent volontiers ces plantes,
surtout quand elles sont jeunes. Elles forment alors un bon fourrage, que cer-
taines espèces môme produisent en abondance. Mais difficiles à faner, elles
ne fournissent qu'un mauvais foin. D'un autre côté, elles ne se multiplient
point également partout et ne viennent bien que là où elles croissent spon-
tanément.

Ce genre, le plus nombreux de la famille, se compose d'espèces qui
offrent entre elles souvent une extrême ressemblance, tout en se montrant
elles-mêmes assez variables, ce qui les rend, au point de vue botanique,
difficiles à déterminer d'une manière exacte; aussi les auteurs ont-ils diver-
sement constitué ces espèces, tantôt les dédoublant en espèces nouvelles,
tantôt réunissant en une seule des espèces auparavant distinctes, créant
ainsi une surabondance de synonymes qui ajoutent encore à l'embarras de
cette détermination. — Dans le tableau suivant se trouvent réunies, sous
les noms le plus communément adoptés, les espèces les mieux fixées :

-ocr page 340-

rubiacees.

Pleurs ( Tige de 4 h 5 décim. —Feuill. allong.
jaunes ( Tige de 2 déoim. — Feuilles courtes.

VERUM L.

Arenarium Lois.
corrudoekoliom Vili.

Feuil. linéai.

Feuil. lane..
Feuil. obov,
1 Pét. aristés.

( Pét. mutiq. j
Fl. en panic. \

Tige
dépourvue!
d'aiguill. Fleurs
blandi.

Fl. en ombel.
F. charnues

F. minces

f Pédoncules
Tige de 4^ multiflores
à 8 cent. \
ou couch.j

f Pédoncules uniflores

Fleurs roses
ou rouges

Feuilles
uuinerv.

Verticill. de 4 à 6 feuil. lancéol.

Verticill. de 8.10 feuil. linéair.

Péd. diffus..

en
panic

Feuilles
Fl. blanc. ) obtuses j

Tige
pourvue
d'aiguill.
croohus

ü
«

«

o

I Fl. roses) Fr. glabre
l — Espèc. ( Ped.divanq

Fleurs ] annuelles J Fruit soyeux, hérissé... .

Fl. long on dessous

FI. blanches

Esp. viv. j 1 ï)artout

Feuilles lancéolées......

(Fl. en grap.i Art. etfr. poilus

Ped. \ dressées, j Artic. de la tige
mltirtor.l ]ongues ( et fr> g]abres

Fleurs

axill. (blanches / Fleuvs en grappes courtes,
J \ courbées après la floraison

Péd. uniflores — Fleurs jaunâtres,.

.„ . . ( Péd. bractéolés,

Fl. en
panic, pyr.

dressée

/Tige dres.
dópassant<
2 décimèt.

Fl. en
pallie, étalée,
diffuse

I F1· axiH·, jaunes, polygames m)n ^ _

Feuil. trinerviées

Fleurs en panicules, blanches, hermaphrodites

Cinerami
Licvigatum
Sylvaticnm
ELATUM
ERECTUM
Mucronatum
SILVESTRE
Commutatimi

Montanum
Saiatile
Pusillum
Cwspitosum
Ilelvclicum
Megalospermum
Vili.
PyRENAICUM Gouan.
Rubrum
Purpureum
Maritintum
Corsicum
Parisiensb
Divariuatuji
Setaccimi
Debile
Palustre
Eloncìatdm

ul|(ì inosi'm
APARINE

Spurium
Vaillantii
Sacc/iaralum
Tricorne
Verticillalnm Dattili.
Murale Ali.

CRUCIATA Scop.
Vernum Scop.

Rotundifolium L.
Ellipticum Wild.
Boreale i..

AU.
1,.
L.

Thuill.
Iluils.
Li».
Poll.
J rd.
Vili.
L.
L.
Ham.
Weig.

L.
L.
I,.
Spr.
1.,
Liti.
Lm.
Desv.

I.,
Presi.
!..
L.
L.
DC.
All.
With.


GAILLET JAUNE.

G. VERUM L.

Noms vulgaires. — Caillelait jaune, C. vrai, Fleur de la Saint-Jean, petit Muguet.

Fleurs petites, d'un jaune foncé, odorantes, disposées, par petits bouquets, en panicule ter-
minale, oblongue, très rameuse, assez fournie. — Fruit petit, lisse, glabre. — Feuilles vertieil-
lées par 8.12, raides, linéaires, presque sétacées. ~ Tiges à peine anguleuses, raides, dressées,

il

-ocr page 341-

hubiacée8. 325

non pourvues d'aiguillons crochus, velus à la hase. — Taille de 2 à 5 décimètres. — Toute la
plante d'un vert foncé, noircissant à la dessiccation.

Très commune dans les contrées du nord et du centre de l'Europe, cette
espèce, à laquelle a été plus spécialement donné le nom de Caille-lait, est
fort répandue dans toute la France, où elle vient dans les prés secs, au bord
des bois et le long des haies. Ses sommités fleuries, dont l'emploi a été par-
fois conseillé pour les usages médicaux, fournit une belle matière colorante,
qui teint la laine en jaune-orangé. Sa racine donne une couleur rouge qui
produit sur le lait et les os des animaux qui s'en nourrissent un effet analo-
gue, bien que moins prononcé, à celui qu'on obtient de la Garance. Toute la
partie verte de la plante constitue un bon fourrage que recherchent surtout
les moutons et les chèvres. Ne pouvant donner qu'un mauvais foin, elle doit
être consommée sur place ; si on l'empêche de fleurir, elle repousse facile-
ment et peut durer longtemps.

Peuvent être consommés dans les mêmes conditions :

Le G. arenarium Lois., fleurs d'un beau jaune, en grappe courte, spiciformo; feuilles épais-
ses, verticillées par 6.10 ; tiges étalées sur le sol, de 1 à 2 décimètres, — qui croît sur les rivages
par 6, sablonneux de l'Océan ;

Le G. corrudœfolium Vill., fleurs blanchâtres, en panicules unilatérales ; feuilles verticillées
linéaires, subidées; tiges dressées, rigides, lisses, de 3 à 5 décimètres, — venant dans les lieux
secs du Midi et du Nord-est.

Gaillet élevé, G. elatum Thuill.; G. mollugo L.

Caillelet mollugine, Croisette noire, grosse Croisetle.

Fleurs d'un blanc sale, nombreuses, en panicule très ample, à rameaux étalés, régulièrement
opposés. Fruit petit, arrondi, glabre, chagriné, à très courts pédicelles. Fleurs verticillées par 6.3,
petites, ovales, un peu transparentes, mucronées. Tiges lisses, faibles, se soutenant aux plantes
qui l'entourent, à rameaux divariqués, longues de 10 à 15 décimètres.

Plus commune encore que le Gaillet jaune, cette espèce croît dans toute la France, et vient de
même le long des haies , des buissons, sur les bords des bois et des chemins, mais surtout dans
les prés un peu humides. Elle fournit un fourrage qui plaît également aux bestiaux, surtout quand
elle est verte. Ses racines sont employées en Russie, comme celles de la Garance, pour teindre
les laines en rouge.

Se rencontrent aussi assez communément, et peuvent être utilisées, de même, pour la nour-
riture des troupeaux :

Le G. erectum Iluds., souvent confondu, sous le nom de G. mollugo avec l'espèce précédente,
dont elle se distingue par ses fleurs très blanches, plus grandes, en panicule plus étroite, moins
fournie; son fruit plus gros, ses tiges dressées, renflées, blanchâtres aux articulations, sa taille
ne dépassant pas 3 h. 6 décimètres, — et venant principalement dans la région méditerranéenne,
sur les Alpes ;

Le G. sylvestre Poil., fleurs en panicule étalée formée de petits corymbes dressés, et· pédi-
celles tricliotomes; feuilles verticillées par 7,8, minces, linéaires; tiges grêles, diffuses, ascendan-
tes, de 2 à 3 décimètres, — commune dans l'est et le nord de la France;

Le G. montanum Vill.; G. Ixie Thuill., fleurs très blanches, en panicules paucillores; fruit
gros, chagriné; feuilles verticillées par 7.8, très étalées, linéaires, d'un vert-clair; tiges dressées,
glabres, lisses, de 1 à 2 décimètres, — formant d'énormes touffes compactes, sur les régions
montagneuses du Midi, du Centre et de l'Est;

Le G. saxatile L., fleurs en panicule formée de petites grappes trichotomcs; fruit tubercu-
leux; feuilles verticillées par 6, plus rapprochées et plus larges inférieurement ; tiges lisses, cou-

-ocr page 342-

326 rubiacées.

chées, de 4 à 8 centimètres, — plante gazonnanto qui croît sur la roche, dans les Vosges, le
Jura, les Pyrénées, dans les lieux tourbeux de l'Ouest;

Le G. Pyrenaïcum Gouan, fleurs supportées par des pédoncules uniflores venant à l'aisselle
des dernières feuilles ; celles-ci verticillées par 6, jaunissant par la dessiccation ; tiges de 2 à
4 centimètres, en touifes serrées, — venant- sur toute la chaîne des Pyrénées;

Le G. Parisiense L., fleurs rougeâtres au pourtour, en panicule oblongue, irrégulière; feuilles
vertioillées par 6.7, linéaires, étalées-réftécliies, aiguillonnées sur les bords; tiges grêles, dres-
sées , à angles denticulés, souvent rougeâtres, de 1 à 3 décimètres, — commun dans les lieux
pierreux de toute la France ;

Le G. divaricatum Lm., fleurs très petites, rougeâtres, en panicule ovoïde, très ample, à
rameaux dichotomes, divariqués ; feuilles verticillées par 7, dressées, linéaires , aiguillonnées ;
tige grêle, dressée, ordinairement solitaire, rameuse dès la base, — venant dans les terrains
sablonneux, les moissons de diverses régions de la France, à l'Est, au Centre, à l'Ouest;

Le G. palustre L., fleurs en panicule lâche; anthères purpurines; feuilles verticillées par 4.5,
très petites ; tiges très nombreuses, couchées, rampantes, rudes sur les angles, de 2 à 4 décimè-
tres, — plante noircissant par la dessiccation, croissant dans toute la France, dans les lieux ma-
récageux, au bord des fossés et des ruisseaux, et sur les hauteurs des Alpes ;

Le G. elongatum Presl., différant de la précédente par les dimensions en tout plus grandes,
atteignant 1 mètre, — et se montrant dans les mêmes lieux, mais plus communément dans la
région méditerranéenne ;

Le G. uliginosum L., fleurs en panicule grêle, lâche; anthères jaunes; feuilles vertioillées
par 6.7, linéaires, très aiguës; tiges grêles, de 3 à 4 décimètres, fortement hérissées sur les an-
gles, — venant dans les prés humides, les marais tourbeux et fangeux.

Gaillet accrochant, G. aparinc L.

Gratteron, Grattons, Gratteaux, Grapelle, Grippe, Asprèle, Rable, Reble, Ri'eble, Capet à teigneux.

Fleurs blanches ou verdâtres, en petites grappes axillaires, dressées, plus longues que les
feuilles. Fruit gros, tuberculeux, hérissé de poils crochus. Feuilles verticillées par ti.iî, aiguillon-
nées, linéaires. Tiges faibles, grimpantes, très rameuses, à articulations renflées et velues, attei-
gnant plus de 1 mètre.

Cette espèce, extrêmement commune, vient partout, dans les haies et les buissons, dans les
lieux incultes. Les bestiaux en mangent les jeunes pousses; mais les aiguillons dont elle est héris-
sée la font promptement abandonner. C'est une mauvaise plante à extirper des lieux où elle
s'est développée.

Sont dans le même cas et se montrent dans les mêmes régions :

Le G. spurtum L., à fruit glabre, non tuberculeux, plus petit que celui de l'espèce précé-
dente, à tige non renflée aux articulations ;

Le G. Vaillantii DC., à fruits hispides, hérissés, non tuberculeux;

Le G. tricorne With, à fleurs en grappes axillaires, sur des pédoncules triflores, et fruit tuber-
culeux, glabres.

Gaillet croisette , G. cruciata Scop. ; Valantia cruciata L.

Croisette velue, Croix de Saint-André, Eperonnelle.

Fleurs jaunes, en cymes axillaires, courtes, sur des pédoncules bi-tricliotomes, bractéolés,
polygames, les latérales mâles, la centrale hermaphrodite. Fruit lisse, glabre. Feuilles verticillées
par 4, étalées-réfléoliies, longuement ciliées, velues sur les 2 faoes. Tiges simples, sillonnées, poi-
lues. Taille de 3 à 6 décimètres.

Espèce très précoce, commune dans presque toute la France, et venant, comme les précé-
dentes , dans les prés, les haies et les buissons. Elle croît par larges touffes, que broutent seuls
les moutons, et se mêle au foin sans inconvénient. Sa racine est employée aussi pour fournir de
la matière colorante.

Le G. boreale L., fleurs en cymes terminales serrées, h rameaux opposés; feuilles verticillées
par 4; tige raide, dressée, très feuillue, de 2 il 4 décimètres, — est commun dans les prairies

-ocr page 343-

rl'biacées. 327

humides du Centre, du Sud-ouest et de toute la région pyrénéenne ; il possède les qualités de
l'espèce précédente, et ses racines servent, on outre, à la coloration de la bière.

Genre VAILLANTI E. — VAILLANTIA DC.; V ALANTI A L.

Fleurs axillaires, sessiles, polygames, les 2 latérales mâles, la centrale hermaphrodite; —
calice à 5 divisions sétacées, inégales; —corolle rotacée, trifide dans les fleurs mâles, quadrifides
dans les fleurs femelles ; —
fruit formé par 3 ovaires soudés, à 3 cornes, couronné par les dents
du calice, monosperme.

Une seule espèce,

Le V. muralis L., fleurs d'un jaune-verdâtre, on corymbe bi-triflore; feuilles vcrticillées
par 4; tige de 8 à 10 centimètres, — petite plante qui vient spontanément, dans la région médi-
terranéenne surtout, sur les rochers et les murailles ; est mangée par les bestiaux qui la rencontrent.

Genre SHÉRARDE. — SHERARDIA L.

Fleurs toutes hermaphrodites, en cyme au sommet des rameaux ; — calice à (> dents aiguës,
croissant après la floraison ; —
corolle infundibuliforme, à tube allongé et limbe à 4 lobes, étalé ;
— étamines 4, exsertes ; — fruit sec, formé de 2 carpelles hérissés, surmontés chacun par les
3 dents accrescentes, presque épineuses, du calice.

Une seule espèce indigène.

SHÉRARDE DES CHAMPS. — S. AlIVENSlti L.

Fleurs bleuâtres, quelquefois blanches, sessiles, au nombre de 4.8, rapprochées au sommet
des rameaux, au centre d'un verticille formant involucre. — Feuilles verticillées par 4.6, plus
nombreuses vers le haut, étalées, hérissées. — Tiges nombreuses, grêles, couchées, rameuses,
hérissées. — Annuelle ou bisannuelle.

Espèce très commune dans les champs et les cultures, dans les jachères
surtout, où elle se développe librement et abondamment. Fort précoce et
végétant toute l'année, elle forme des touffes qui s'étalent et grandissent
avec rapidité. Tous les bestiaux, les chevaux, les chèvres et surtout les
moutons, la mangent, quelquefois même la recherchent. Elle est une des
plantes qui nourrissent les troupeaux que l'on conduit sur les champs en
jachère ou dont la récolte a été enlevée.

Genre ASPÉRULE. — ASPERULA L.

Fleurs en cymes rapprochées en panicule ou corymbe terminal, ordinairement blanches ; —
calice à 4 dents très courtes; — corolle a tube allongé, et limbe à 4 lobes étalés; — fruit formé
de 2 coques globuleuses, non couronné par les dents du calice.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces, douées de propriétés
amères et aromatiques pouvant rendre avantageux leur mélange avec les

-ocr page 344-

328 rubiacëes.

matières fourragères. La racine de la plupart d'entre elles renferme une ma-
tière colorante qu'on utilise dans quelques pays pour teindre la laine. Aucune
de ces espèces n'est soumise à la culture, bien que plusieurs d'entre elles, par
les applications économiques et industrielles dont elles sont l'objet, puissent
offrir de l'intérêt au cultivateur. — Voici le tableau des espèces indigènes.

I Fl. longuem. ( Fr. aiguitl. —Feuill. ovalair.

/ Feuilles l ^eurs ) pédicellées j Fr. lisse — Feuilles linéaires.
<i I ) blanches ) „. „ _ ,„ ,,

^ I verticillees { ( Fl. sessiles — Fr. lisse — Feuill. linéair.

par 6.8

P-i

j \ Fruit tubercul. — Tigeramp

_ I Feuilles linéaires

touilles

I I /.f"1"68 , \ \ Fruit lisse — Tige dressée..

g verticill. par 4 — /

O \ Fl. blanch., sessil.) Feuilles ovalaires ( Fruit lisse — Tige dressée..

[ larges | Fruit rugueux — Tige ramp.

Aspérule odorante, A. odorata L.

Reine des bois, Muguet des bois, petit Muguet, Ilepatique des bois, H. odorante, H. étoilée.

Fleurs blanches, longuement pédonculées, légèrement odorantes. Corolle campanulée, à limbe
égal au tube. Fruit couvert d'aiguillons crochus. Feuilles verticillées par 6.8, ovales, assez am-
ples, minces, glabres, ponctuées. Tiges multiples, simples, dressées, glabres. Taille de 2 à 3 déci-
mètres. Racine longuement rampante, souvent stolonifère.

Commune dans toute la France, excepté dans la région méditerranéenne, cette espèce vient
dans les bois et taillis, les lieux motitueux et couverts où elle abonde parfois, surtout lorsque le
terrain est fertilisé par la décomposition des feuilles tombées. Tous les bestiaux et surtout les
chevaux la recherchent, et elle constitue pour eux une excellente nourriture. A peu près inodore
à l'état frais , la plante, par la dessiccation, acquiert une odeur suave assez prononcée qui par-
fume le foin auquel elle se trouve mêlée. De plus, elle communique une odeur agréable au lait des
vaches qui s'en nourrissent. Cette plante forme la base des
vulnéraires suisses, dont on fait des
infusions qui se prennent comme le thé.

Peuvent être consommés également, par les bestiaux , bien que n'offrant pas les qualités de
l'espèce précédente :

L'A. galioides Bieb.; Galium glaucum L., limbe de la corolle plus long que le tube; fruit lisse;
feuilles linéaires; taille beaucoup plus élevée, — se trouvant assez abondamment répandue sur les
coteaux arides, dans les lieux pierreux et ombragés du Midi, du Centre et de l'Est;

L'A. hirta Ram., fleurs d'un blanc rosé, presque sessiles; plante toute hérissée, gazonnante,
do petite taille, — qu'on trouve dans les fentes de rooliers de toute la chaîne des Pyrénées ;

L'A. arvensis L., fleurs bleues, brièvement pédicellées en capitule entouré d'un involucre
formé do bractées inégales, ciliées ; feuilles linéaires ; tige dressée, à peine anguleuse, de 1 à 2 déci-
mètres, — la seule espèce annuelle du genre, venant en abondance, dans les jachères surtout, et
assez recherchée des bestiaux.

Aspérule cynanchine, A. cynancliica L.

Herbe à l'esquinancie, Garance de Chine, petite Garance, Rougeole, Rubéole.

Fleurs d'un blanc rosé, presque sessiles, bractéolées. Corolle à limbe presque égal au tube.
Fruit tuberculeux. Feuilles verticillées par 4, rarement par 5.6, les supérieures opposées 2 à 2,
linéaires. Tiges nombreuses, diffuses, très rameuses, lisses, de 2 à 3 décimètres. Racine épaisse,
rameuse, rouge.

Plante venant dans toute la France et croissant surtout dans les prés secs, sur les collines
arides, pierreuses ou sablonneuses, où les animaux la broutent volontiers. Sa racine donne une
couleur rouge assez prononcée qu'on utilise comme la Garance. Ainsi que son nom l'indique, elle
a été autrefois conseillée contre les maux de gorge.

Sont communément confondues sous les mêmes noms, avec l'espèce précédente, et ont les
mêmes usages :

ODOBATA

l.

¥

Galioïdes

Bieb.

2C

Il tria

lia m.

îf

A rvensis

L.

®

CîNANCBICA

i,.

¥

Longiftora

Wald-Kit.

¥

Tiuctoria

L.

¥

Taurina

L.

¥

Licvigala

L.

21

-ocr page 345-

valérianées. 329

L'A. longiflora Waldst et Kit, corolle à tube trois fois plus long que le limbe; taille moins
élevée, ·—· venant dans les Alpes;

L'A. tinctorial·,., corolle à 3 lobes seulement; fruit lisse; tige dressée, presque solitaire ;
racine rampante, — qui se trouve dans des lieux fort divers, les Vosges, les Pyrénées-Orientales,
le centre de la France.

Espèces plus rares et sans emploi :

L'A. taurina L., ileurs odorantes, polygames, braotéolées; feuilles verticillées par 4, larges,
à 3 nervures; racine rampante; plante robuste, précoce, — venant dans les Alpes du Dauphiné;

L'A. Ixvigata L., feuilles à 1 seule nervure, — venant sur les bords de la Méditerranée.

Genre CRUCIANELLE. — CRUC1ANELLA L.

Fleurs en épis denses panachés de vert et de blanc, entourées à la base de 2.3 bractées ; —
calice entier, tubuleux; — corolle infundibuliforme, à tube allongé, à 4.5 lobes connivents et pro-
longés en pointe sétacée, infléchie ; —
fruit see formé de 2 carpelles oblongs, non couronné par
le calice.

Genre formé d'un petit nombre d'espèces propres aux lieux secs et sté-
riles des contrées méridionales, et sans usages, bien que les bestiaux puis-
sent les consommer sans inconvénients. — On y comprend :

Le C. latifoliaL., fleurs en épis très longs, à bractées internes soudées ; corolle à 4 divisions;
fleurs verticillées par 4.5, ovales; tige rude, ascendante, de 2 à 4 décimètres; espèce annuelle,
— propre au Languedoc et à la Provence ;

Le C. angustifolia L., fleurs à épis plus courts, avec bractées toutes libres; feuilles linéaires;
tige lisse, annuelle, — principalement répandue dans le Sud-ouest, aux environs de Toulouse et
dans toute la région pyrénéenne jusqu'au plateau central de la France ;

Le C. maritima L., fleurs jaunes en épis ovoïdes; corolle à 5 divisions; feuilles petites,
coriaces, verticillées par 4, imbriquées inférieurement ; tige ligneuse, de 1 à 3 décimètres, —
croissant sur les -bords de la Méditerranée.

Famille des VALÉRIANÉES DC.

INFUNDll)ULIFORMES T.; MONANDR1E et TËTRANDIE L.; Dll'SACÉES Jus*.

A pour type le genre Valeriana.

Fleurs en grappes ou cymes terminales, plus ou moins irrégulières ; —
calice monosépale, soudé à l'ovaire, à 3.10 dents, dressées ou roulées en de-
dans et devenant plumeuses à la maturité ; —
corolle monopétale, tubuleuse,
insérée sur l'ovaire, à tube ordinairement gibbeux ou éperonné, à 2.5 lobes;
— ètamines 1.3 insérées sur la corolle; — ovaire à 3 carpelles soudés, sur-
monté d'un style simple, filiforme, à 1.3 stigmates; —
fruit sec, indéhiscent,
à 3 loges, dont 1 seule fertile et monosperme, couronné parle calice, les
2 autres stériles ; —
graine à albumen nul, à embryon droit. — Feuilles oppo-
sées, les radicales fasciculées ; —
stipules nulles ; — lige simple ou rameuse,
à rameaux dichotomes et opposés, souvent pourvue de rhizomes odorants.

-ocr page 346-

330 valérianées.

Cette famille comprend des espèces annuelles ou vivaces, non très nom-
breuses, mais toutes fort recherchées des bestiaux, indépendamment des
applications que plusieurs d'entre elles reçoivent comme plantes potagères,
médicinales ou d'ornement. — On les groupe dans les genres suivants :

Calice à li rubo roulé, se développant i 1 étamine.....

en aigrette plu m eu s e — ]

clcntrantiius.

Valeriana .

Valerianella.

Fedia.

Corolle irrégulière ( 3 étamines. . ..

VALÉRIANÉES

3 étamines.
2 étamines.

Calice à limbe non enroulé
Corolle régulière

Genre CENTRANTHE. — CENTRANTHUS DC.

Fleurs rouges ou rosées , en cymes axillaires et terminales, sur des pédoncules inégaux for-
mant corymbe ; —
calice roulé en dedans pendant la floraison, et se déroulant, à la maturité, en
aigrette plumeuse couronnant le fruit; —
corolle à, 4.5 lobes, à tube prolongé en éperon à la base,
ou bossue sous la gorge; —
étamines 1; — tige îistuleuse.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, glauques et glabres, tou-
tes vivaces.

Centranthe rouge, C. ruber DC.

Centranthe des jardins, Valériane rouge, Behen rouge, Barbe de Jupiter, Lilas de terre, Cornaccia.

Fleurs rouges, odorantes. Feuilles ovales, lancéolées, pétiolées vers le bas de la tige, ses-
siles vers le liant, entières, quelquefois denticulées. Tige lisse. Taille de 4 à 8 décimètres.

Espèce propre au midi de la France, où elle se montre assez communément ; croît dans les
terrains pierreux et maritimes, sur les vieux murs, au voisinage des habitations. Elle est fort
précoce, vigoureuse, reste longtemps verte et repousse avec facilité du pied quand elle a été cou-
pée ou broutée. Recherchée par tous les bestiaux, qui la consomment avec avidité, cette plante
offre ainsi des qualités qui permettraient, dans le Midi, de la cultiver avec avantage, ne fût-ce
que pour utiliser beaucoup de mauvais terrains.

Dans le même genre, se trouvent comprises les espèces suivantes , également recherchées
des animaux :

Le C. angustifolius DC., à feuilles linéaires, très entières, — commune sur les débris mou-
vants du Jura, des Alpes, des Pyrénées ;

Le C. calcitrapa· Dufr., corolle bossue sur la gorge, non éperonuée; feuilles lyrées, pinnatifi-
des, à divisions incisées, la terminale plus grande; tige striée, rameuse dès la base; taille de 1
à 3 décimètres, — croissant dans les lieux pierreux et arides du midi de la France et de l'Est;

Le C. nervosus Moris, à feuilles ovales, entières, — propre à la Corse.

Genre VALÉRIANE. — VALERIANA L.

Fleurs blanches ou rouges en cymes terminales rapprochées en corymbe ordinairement tri-
chotomes, quelquefois enpauicule, pourvues de bractéoles longues, linéaires, scarieuses ; —
calice
roulé en dedans, se déroulant en aigrette plumeuse couronnant le fruit; -— corolle à 5 lobes, à
tube régulier ou bossu à la base ; —
étamines 3 ; — feuilles entières ou pinnatifides avec segment
impair plus grand; —
tige simple, dressée, fistuleuse, généralement glabre.

-ocr page 347-

valérianées. 331

Genre comprenant les espèces indigènes suivantes, toutes vivaces, et
pouvant, les unes et les autres, entrer dans l'alimentation du bétail.

Stigmate ( Feuill. toutes pinnatifides, à 15.21 segm. laneéol.
' trifide ( Feuil. caul. pinnatif., à 5.7 segm., les rad. entièr.

Stigmate entier — Feuill, caulin. ternées, les radie, entières.

Feuill. caulin.
à 7.11 segm.

Feuil. oaul.
pinnatilid.,
] les rad. eut.

Fleurs
unisexuées

Racine rampante, stolonifère.
Racine tubéreuse non stolouif.

Feuilles caulinaires à 5 segments.......... GlobuUtriœfolie Ram.

Feuilles caulinaires à 3 segments.......... Tbipteris l.

i Feuilles caulinaires lancéolées.. Montana I,.

( Celtica L.

Feuilles caulinaires linéaires... ! SajcatiUs l,.

f Saliunca Ail.

Officinalis
Piiu

fyrenaïca

DlOÏCA

Tuberosa

l.
L.
L.
L.
L.

<1

§

M

w
>

»

s

y,
»

o

Fleurs
hermaphr.

Valériane officinale, V. officinalis L.

Herbe aux chats.

Fleurs rougeâtres ou rosées, odorantes, en corymbe ample, étalé. Fruit ovoïde, allongé.
Feuilles toutes pinnatifides, à 15.21 segments lancéolés, plus ou inoins crénelés; les radicales
très allongées, longuement pétiolées. Racine tronquée, quelquefois stolonifère, pourvue de nom-
breuses fibres, très odorantes. Taille de 10 à 15 décimètres.

Commune dans le centre et le nord de l'Europe et dans presque toute la France, cette espèce
forme une belle plante, venant principalement dans les bois humidos, les prairies marécageusos,
au bord des fossés et des ruisseaux. Sa racine, d'une saveur amère et d'une odeur pénétrante,
nauséeuse, qui exerce sur les chats cette action attractive si connue, agit fortement sur le système
nerveux, et constitue l'un des antispasmodiques les plus employés. A l'état vert, la Valériane est
mangée avec plaisir par tous les bestiaux, qui la recherchent à toutes les époques de la végéta-
tion. Elle peut exercer, quand elle est prise en abondance, une action purgative.

VALÉRIANE PHU. — V. PHU.

Fleurs blanches ou rosées, odorantes, en corymbe étroit, resserré. — Fruit ovoïde, allongé.
— Feuilles radicales entières, oblongues, les supérieures pinnatiséquées à 2.3 paires de segments
entiers. — Rhizome tronqué, non stolonifère, odorant. — Taille de 7 à 12 décimètres.

Cette espèce, sauvage ou subspontanée dans diverses régions de l'Est et
de l'Ouest, se montre assez communément au voisinage des habitations. Elle
est moins abondante que la Valériane officinale et possède à peu près les
mêmes propriétés alimentaires que celle-ci. On la cultive dans les jardins
comme plante d'ornement.

Le V. Pyrenaïca L., feuilles radicales entières, cordiformes, les caulinaires ternées, à foliole
terminale très grande, — vient dans toute la chaîne des Pyrénées, a les mêmes propriétés que
les précédentes.

Valériane dioïque, V. dioïca L.

Petite Valériane.

Fleurs rougeâtres, dioïques, les femelles plus petites, en corymbe plus serré. Fruit ovoïde,
glabre. Feuilles radicales entières, elliptiques, longuement pétiolées; les caulinaires pinnatifides,
il 7.11 segments linéaires, le terminal plus grand. Racine grêle, stolonifère, longuement rampante,
odorante. Taille de 2 à 3 décimètres.

Cette espèce, fort précoce, commune dans tout le nord de l'Europe et dans presque toute la

-ocr page 348-

332 valérianées.

France, excepté dans la zone méridionale, vient dans les lieux humides, les prairies marécageuses,
les lieux boisés. Moins active que la Valériane officinale, dont elle offre d'ailleurs toutes les pro-
priétés, elle est également, à l'état vert, très recherchée des bestiaux. Mais vu sa petite taille,
malgré son abondance, parfois, dans les prés, elle n'a qu'une très faible importance économique,
d'autant que ., se desséchant avant la faucliaison, elle ne peut pas profiter au foin , et qu'on ne
peut songer d'ailleurs à la cultiver à part.

Ont une importance moindre encore, bien que pouvant être utilisées dans les mêmes circons-
tances, les autres espèces du genre .

Le V. tuberosa L., fleurs polygames, fruit hérissé sur les deux faces, taille de 1 à 2 décimè-
tres, — propre à la région pyrénéenne, ainsi qu'aux montagnes du Centre et de l'Est ;

Le V. globularixfolia Ram., fleurs polygames, fruit tétragone, feuilles radicales ovales ou
orbiculaires, brièvement pétioléos, les supérieures à 5 segments linéaires; racine forte, non tubé-
reuse, non stolonifere, émettant plusieurs souches ligneuses étalées produisant de souches florales
à leur sommet, — venant dans toute la chaîne des Pyrénées ;

Le V. tripteris L., fleurs polygames, feuilles radicales arrondies, les caulinaires ternées, à lobe
terminal plus grand, racine comme l'espèce précédente, — croissant dans toutes les montagnes
de France, au pied des pics, sur les ébouloments, les pentes herbeuses, où elle s'étend en touffes
parfois assez serrées, et que les animaux paraissent rechercher;

Le V. montana L., fleurs dioïques, feuilles caulinaires toutes entières, quelquefois dentées
ou incisées, — venant également sur les montagnes ;

Le V. celtica L., fleurs jaunâtres, en thyrse, feuilles radicales oblongues, sessiles, taille de
4 à 10 centimètres, — espèce propre aux Alpes ;

Le V. saxatilis L., fleurs blanches en panicule, feuilles radicales spatulées, — trouvée dans la
Suisse et sur les Alpes ;

Le V. saliunca AIL, fleurs roses, serrées en capitule, feuilles caulinaires rares, entières,
linéaires, quelquefois avec une dent à la base, taille de 5 à 12 centimètres, — venant sur les
sommets élevés des Alpes.

Genre VALÉRIANELLE. — VALERIAN ELLA Poll.

Fleurs très petites, blanches, bleuâtres ou rosées, solitaires dans les angles des tiges bifur-
quées, ou bien réunies au sommet des rameaux en cymes ou glomérules munis de bractées ; —
calice à limbe non enroulé, parfois accrescent, quelquefois nul; — corolle infundibuliforme, sans
éperon ni gibbosité, à 5 lobes; —
étamines 3; — fruit couronné par le calice persistant, non plu-
meux, à loges stériles contiguës ou séparées ; —
tige à divisions dichotomes; — feuilles opposées,
sessiles, les inférieures disposées en rosette, les supérieures plus étroites et plus ou moins dentées
à la base.

Genre formé de plantes herbacées de petite taille, annuelles ou bisan-
nuelles, très rustiques et généralement précoces. Communes dans les terres
en culture, elles peuvent toutes être utilisées dans l'alimentation du bétail.
On en donne, vers la lin de l'hiver, les jeunes pousses aux animaux, pour
lesquels elles constituent un aliment sain et agréable, mais peu abondant. —
Offrant entre elles la plus grande ressemblance, les espèces en sont généra-
lement difficiles à distinguer. Voici le tableau de celles qui viennent dans
nos contrées :

-ocr page 349-

valerianees.

[log stér plus I ®Pa'ss'> à cloison nulle ou incomplète..........

grandes que I i Fr. canaliculé — Bractées obtuses..

la loge fertile ) Fr. non épaissi,

et contiguës ( a olols· oomPlcte I Fr. globuleux — Bractées aiguës. . .

Fr. à loges stériles contiguës—Calice à 3 pointes aristées.

Bractées dress., longues
Bract, étal., courtes. . . .

Calice à limbe entier..........

Dents dressées........

Calice I
à 6 dents ·
aristées |

Dents étalées.........

Dents infléchies en globe.

333

Poil.

©

Lois.

®

DC.

©

PC.

©

PC.

©

PC.

©

Lois

PC.

©

Pcsv.

©

PC.

©

PC.

©

Lois.

©

Mœncli.

©

Omtoria
Cabinata
Auricula

Puntila

Echinata

l'ubcrula

Slicrocarpa

fioritomi

Eriocarpa
francata
Coronata
Discoïdca
Vcsicarìa

<

rA

I—I

S

w

<

Loges

stériles

h
«

plus

ss

'S

petites

que la loge
fertile

Fruit
à loges
stériles (

non
contig

Limbe du calice nul ou I
plus petit que le fruit, ·
et non nervié

Limb.ducal.l
plus ou aussi )
grand que
le fruit,
et nervié
en réseau

VALÉRIANELLE POTAGÈRE. — V. OLITORIA Poll.; VALEMANA LOCUSTA L.

Noms vulgaires. — Mâche, Doucette, Blanchette, Blanquette, Boursette, Raiponce, Poule-grasse,
Laitue de brebis, Salade royale, S. de chanoine.
S. verte, S. de blé, Gallinette, Grillette, Chuquette,
Clairette, Coquille, Accroupie.

Fleurs d'un blanc bleuâtre ou rosé, en petits bouquets terminaux. — Calice entier. — Fruit
lenticulaire, plus large que long, avec un sillon à sa circonférence, à loges stériles grandes, sépa-
rées par une cloison mince, ordinairement incomplète ou nulle; péricarpe épaissi sur la loge fer-
tile. — Feuilles entières, ciliées, les inférieures spatulées, les supérieures étroites, aiguës, sinuées
à la base. — Tige faiblement anguleuse, rude sur les angles, rameuse dès la base, à rameaux
très étalés. — Taille de 1 à 3 décimètres.

Commune en Europe et dans toute la France, cette espèce vient dans
les lieux cultivés, les champs, les vignes, les jardins, sur les vieux murs,
partout où la terre a été remuée. Elle est fort précoce et végète tout l'hiver
sous la neige. Aussi est-elle cultivée dans les jardins potagers pour être man-
gée comme salade d'hiver. On la sème, à cet effet, tous les huit ou dix jours
de la mi-août jusqu'à la fin d'octobre. Sa délicatesse la rend également des
plus agréables à tous les bestiaux, et, par sa faculté de végéter en hiver,
elle peut constituer une ressource précieuse pour les troupeaux auxquels on
voudrait donner du vert dans la mauvaise saison. Bosc conseille d'en semer,
à cet effet, après la récolte, dans les champs laissés en jachère, et môme d'en
former des cultures spéciales pour les agneaux. Tous les terrains lui con-
viennent, et elle vient à toute exposition. Il suffit, pour qu'elle prospère, que
le sol soit un peu frais.

Valérianelle a fruit caréné, V. carinata Lois.

Fruit oblong, presque tétragone, creusé en nacelle sur une des faces, à loges stériles sépa-
rées par une cloison complète; péricarpe non épaissi.

Espèce un peu moins commune quo la précédente, mais venant dans les mêmes lieux et
pouvant servir aux mêmes usages.

-ocr page 350-

334 valérianées.

Valérianelle a fruit auriculé, V. auriculata DC.

Calice il limbe saillant, petit, tronqué obliquement, formant une sorte d'oreille denticulée à
la base. Fruit ovoïde, globuleux. Tige rameuse supérieurement.

Espèce commune, surtout dans le Centre et le Nord, plus rare dans le Midi, et se rencontrant
dans les lieux cultivés, les champs en friches, sur les sols sablonneux notamment. Même emploi
que les précédentes.

Peuvent être encore utilisées de même :

Le V. pwnila DC., calice presque nul, à 3 petites dents obtuses; fruit presque globuleux, il
côte centrale saillante ; feuilles plus longues que les espèces précédentes, — venant dans le Midi
et l'Est;

Le V. echinata DC., calice à 3 pointes; fruit presque tricorne; tige lisse, — se montrant
dans la région méditerranéenne ;

Le V. puberula DC., calice il limbe entier, très court, circonscrivant une aire presque circu-
laire; fruit très petit, ovoïde; feuilles non ciliées, — propre aussi à la région méditerranéenne;

Le V. microcarpa Lois., calice à limbe petit, court, cilié, tronqué obliquement; fruit très
petit, ovoïde; feuilles inférieures linéaires-obtuses; bractées longues et dressées, — venant dans
le Sud-Est;

Le V. Morisonii DC., calice à, limbe plus saillant, bractées plus courtes et étalées, — surtout
commun dans le Nord ;

Le V. eriocarpa Desv., calice à limbe tronqué obliquement, formant une couronne complète,
développée; fruit gros, ovoïde, velu, hérissé; tige à rameaux divariqués; taille de 1 à 2 décimè-
tres, — espèce petite, venant dans toute la France, mais principalement dans les sols graveleux
et sablonneux du Midi ;

Le V. truncata DC., calice à limbe tronqué très obliquement en oreille, — venant en Provence.

Valérianelle a fruit couronné, V. coronata DC.

Mâche d'Italie, M. Régence.

Fleurs en capitules subglobuleux, serrés. Calice à limbe à 6 dents dressées, formant une
couronne plus large que le fruit, et terminées par une pointe crochue. Fruit ovoïde, velu. Feuilles
dentées et même pinnatifides à la base. Tige grêle, élancée, rameuse au sommet.

Vient dans tout le Midi, jusqu'à la latitude de Lyon; commune dans les moissons et les cul-
tures de tous les sols; espèce estimée comme potagère, et également utilisable comme fourragère.

Viennent dans les mêmes lieux, mais plus au Midi, et plus rarement :

Le V. discoïdea Lois, calice à limbe à 6 dents étalées; tige plus courte;

Le V. vesicaria Mœnoh,, calice il limbe très grand, vésiculeux, ii 6 dents infléchies les unes
vers les autres.

Genre FÉD1A. — F EDI A Moench.

Fleurs rouges, en ombelle; — calice petit, à limbe dressé, denté; — corolle à tube très
allongé, bilabiée; —
étamines 2; — fruit capsulaire, à 3 loges, couronné par les dents du calice.

Une seule espèce dans nos contrées :

Le F. cornucopiie DC., feuilles ovales, obtuses; tige charnue, de 3 à 4 décimètres, — venant
principalement sur les bords de la Méditerranée.

-ocr page 351-

rubiacées. 335

Famille des DIPSACÉES DG.

FLOSCULEUSES T.; TÉTRANDRiE L. ; EPICOROLLIE CH OMS A NTHÉRIE Joss.

A pour type le genre Dipsacus, Cardère.

Fleurs hermaphrodites, irrégulières, réunies en capitules denses, termi-
naux, sur un réceptacle commun, nu ou couvert de paillettes, et entouré d'un
involucre multifoliolé, chaque fleur munie d'un calicule ou involucelle sim-
ple, caliciforme, à limbe entier ou denté, persistant, plus ou moins marqué
en dehors d'angles saillants séparés par des sillons; —
calice monosépale, à
tube adhérent à l'ovaire, rétréci au sommet en col étroit, et brusquement
élargi en un limbe cupuliforme, persistant, accrescent, entier ou lobé ; —
corolle monopétale, insérée sur le calice, tubuleuse, à 4.5 divisions inégales ;

— étamines 4, insérées sur la corolle, à anthères libres, bilobées ; — ovaire adhé-
rent au calice, uniovulé, à style simple, filiforme; stigmate simple ou bifide;

— fruit sec, indéhiscent, couronné par le limbe du calice transformé en ai-
grette poilue, épineuse ou membraneuse, uniloculaire, monosperme; —
graine
suspendue, soudée au péricarpe, à albumen charnu et embryon droit. —
Feuilles opposées, souvent connées ; — stipules nulles.

Famille composée d'un petit nombre de genres, comprenant des plantes
herbacées, annuelles, bisannuelles ou vivaces, quelques-unes utilisées dans
l'industrie, d'autres pouvant servir comme fourragères, mais non générale-
ment susceptibles, comme telles, d'une culture régulière. — Toutes les espè-
ces indigènes se trouvent comprises dans les genres suivants :

r,, . , .„ . I Involucre à bractées épin., plus longues
Récept, a paill. coriaces, \ , .„ , . , ^

F , 1 . . , . ' 1 que les paillettes du réceptacle,. . . Dipsacus.
terminées en pointe épin. < » . ' . ,, . \

i t i n ·} J Involucre à bractées non épiu., moins

j _involucelle sessile /

DIPSACÉES J ' longues que les paillettes duréceptacle CEriiAi/aria.

Récept. à paill. scarieuses, sans pointe épin__Involucelle sessile. Scabiosa.

Récept. dépourvu de paill., hérissé de soies — Involucelle pédieellé. Knautia.

Genre CARDÈRE. — DIPSACUS T.

Fleurs en capitules ovoïdes-oblongs, volumineux, sur un réceptaole à paillettes coriaces, im-
briquées, pliées en gouttière, terminées en une longue pointe épineuse; —
involucre à bractées
lancéolées-linéaires, raides, inégales, plus longues que les paillettes du réceptacle, la plupart très
développées, à côte dorsale saillante; —
involucelle sessile, tétragone, à 8 sillons, à 4 dents cour-
tes ou nulles; —
calice à limbe tétragone, velu, caduc; — corolle à 4 lobes; — stigmate simple;
— fruit oblong, h aigrette membraneuse ; — feuilles coriaces, hérissées, les caulinaires lancéo-
lées, connées, formant, parleur réunion, un godet évasé et profond; les radicales brièvement
pétiolées ; —
tige aiguillonnée.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, toutes bisannuelles, de
taille assez élevée, douées de propriétés amères et toniques. Elles sont nui-
sibles dans les herbages par leurs aiguillons, qui repoussent, le bétail, et, par

-ocr page 352-

336 rubiacées.

leurs grandes dimensions, dans tous les lieux où elles ne sont pas l'objet
d'une culture spéciale.

Cardère a foulon, D. fullonum Mill.

Cardère à drapier, C. à bonnetier, Chardon à carder, Chardon lainier, Coupe de Vénus.

Fleurs lilas ; réceptacle à paillettes toutes égales, oblongues, à pointe épineuse recourbée en
bas. Involucre à bractées inermes, étalées-ascendantes, plus courtes que le capitule. Feuilles cau-
linaires entières ou incisées-dentées, faiblement aiguillonnées sur la nervure médiane; les radicales
à bords lisses, ciliés. Tige dressée, raide, cannelée, fistuleuse, rameuse, hérissée d'aiguillons
courts, inégaux. Taille de 8 à 15 décimètres.

Cette espèce, cultivée pour l'usage des manufactures de drap, vient quelquefois d'une ma-
nière spontanée dans les lieux incultes, les bords des chemins, de presque toutes les régions de la
France. Au point de vue de l'économie du bétail, c'est une mauvaise plante, qu'il faut extirper des
prairies et des herbages.

CARDÈRE SAUVAGE. — D. SYLVESTRIS L.

Noms vulgaires. — Laitue aux ânes} grande Verge à pasteur, Cabaret des oiseauxt

Curette de Venus, etc.

Fleurs lilas ou blanches, réceptacle à paillettes droites, à pointe non recourbée au sommet.
— Involucre k bractées aiguillonnées, ascendantes, les plus longues dépassant beaucoup le capi-
tule. — Feuilles très épineuses sur la nervure médiane et sur les bords, les caulinaires entières,
les radicales oblongues, étalées sur le sol. — Tige dressée, peu rameuse. — Taille de 10
k 15 déci-
mètres.

Espèce plus commune que la précédente, très répandue dans toutes les
contrées de la France et venant spontanément dans les lieux incultes, au
bord des champs, des chemins, des fossés. Sans emploi, nuisible toujours,
elle doit être extirpée des lieux cultivés qu'elle envahit.

Même observation à l'égard des autres espèces, moins communes que la précédente, com-
prises dans le même genre,

Le D. laciniatus L., fleurs blanchâtres ; feuilles caulinaires, pinnatifides, hérissées de soies et
non aiguillonnées, — qui croît surtout dans le Nord-ouest, le Centre et le Sud-ouest ;

Le D. ferox Lois., fleurs blanches ou bleuâtres, en capitules globuleux, sur un réceptacle à
paillettes très longues, foliolées; feuilles aiguillonnées sur les deux faces, toutes crénelées ou
pinnatifides; tige très aiguillonnée, de 2 à 3 décimètres, — espèce propre au Midi, à la Corse.

Genre CÉPHALAIRE. — CEPHALARIA Schrad.

Fleurs en capitules globuleux, sur un réceptacle à paillettes coriaces, terminées en une longue
pointe épineuse; —
involucre k bractées foliacées, non épineuses ni aiguillonnées, semblables aux
paillettes et ne les dépassant point; —
involucelle tétragone, ordinairement hérissée, à 4.8 dents;
— calice à limbe tétragone, velu; — corolle il 4 lobes; —feuilles radicales pétiolées; — tige dres-
sée, sans aiguillons.

Genre offrant un petit nombre d'espèces, les unes et les autres de nul
intérêt économique ou agricole, et nuisibles dans les lieux cultivés.

Croissent dans nos contrées :

Le C. pilosa God.; Dipsacus pilosus L. (Verge à pasteur), fleurs blanches; involucre étalé-
réfléchi; corolle il lobes inégaux; feuilles ovales, très grandes, crénelées, les caulinaires pourvues

-ocr page 353-

rubiacées. 337

d'une paire de segments à la base, —assez commune dans tout le Nord, le Centre et le Sud-ouest,
venant le long des ruisseaux ;

C. syriaca Sclirad., Scabiosa syriaca L., fleurs bleuâtres ; corolle à lobes égaux ; feuilles toutes
entières, lancéolées, les inférieures dentées; taille de 2 à 4 décimètres; annuel, — se montrant
dans les moissons et lieux cultivés des bords de la Méditerranée et de la région pyrénéenne, no-
tamment sur les bords de l'Ariége ;

Le C. transylvanica Sclirad., Scabiosa transylvanica L.; différent de la précédente par ses pail-
lettes courtes; sa corolle à lobes extérieurs beaucoup plus grands; ses feuilles cauliuaires pinnati-
séquées, à lobe terminal plus grand, — et se montrant dans les mêmes lieux ;

Le C. alpina Sehrad., Scabiosa alpina L.; fleurs jaunes; corolle à lobes égaux; feuilles comme
l'espèoe précédente; tige solitaire, sillonnée, velue, de 10 à 15 décimètres; vivace, — croissant
sur les Alpes et le Jura ;

Le C. leucantha Sclirad, Scabiosa leucantha L., se distinguant de la précédente par ses fleurs
blanchâtres, sa corolle à lobes extérieurs plus grands ; ses feuilles cauliuaires à 3 paires de seg-
ments incisés-dentés ; ses tiges multiples, lisses, — asssz commune dans les coteaux et lieux
pierreux de tout le Midi, des Alpes aux Pyrénées ;

Le C. centauroides Coult, fleurs jaunes; feuilles à 6.8 paires de segments entiers, — propre
au Sud-est.

Genre SGABTEUSE. — SCABIOSA L.

Fleurs en capitules hémisphériques longuement pédonculés, ordinairement rayonnantes à la
circonférence; —
réceptacle garni de paillettes scarieuses; — involucre à folioles simples sur un ou
plusieurs rangs; —
involucelle sessile, cylindroïde, à tube velu, offrant dans sa longueur 8 côtes
saillantes séparées par autant de sillons, ou creusé au sommet de 8 fossettes; couronné par un
limbe scarieux , membraneux , entier ou lobé, rarement spongieux , plus court que les dents du
calice; —
calice prolongé supérieurement eii tube rétréci, s'épanouissant, au sommet, eu 5 arê-
tes longues, étalées, sétaeées; —
corolle à 5.4 lobes; — stigmate échancré. — Feuilles entières
ou divisées, les caulinaires généralement pinnatiséquées, à lobe terminal plus grand; —
tige dres-
sée, raide, non aiguillonnée, velue, hérissée.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces, constituant toutes des
plantes herbacées, annuelles ou vivaces, assez communes dans toutes les
régions de la France, et pouvant être utilisées, pour la plupart, à l'alimenta-
tion des animaux, d'autant qu'elles craignent peu la sécheresse et repous-
sent facilement après avoir été coupées ou broutées. Mais devenant promp-
tement dures, elles ne profitent que si elles sont consommées avant la
maturité. — Voici le tableau des principales espèces indigènes :

Feuill.
caulinair
pinnat. { Fleurs jaunes

Feuil. caul., bi-tripinnat.

Feuilles radicales entières......

Involucre à folioles soudées à la base. . . .

à limbe spongieux, court, infléchi —
Feuilles radicales incisées

Feuilles radicales incisées
Feuilles radicales entières
Corolle à 4 lobes — Involucelle à limbe herbacé..................

Fleurs bleues.

COUJMBAIUA

L.

Lucida

Vill

¥

Ochrotcuca

L.

V

Guamuntia

L.

V

SUAVr.01.kn8

Desf,

V

Urceolatn

Desf.

¥

Maritima

!..

®

Atropdrpurea

!..

®

Stellen«

!..

®

l'crakica

!..

■IL

Gruminîfblia

!..

'IL

Sl'CCISA

L.

7L

i Feuill.1
/radical,
incis.

! Involucelle ( Invo1·
à limbe \ * fol.
membran. ' libres

en !
couronne (

Involucelle

J5 ^

"ÔJ ÛC

S <U
B.

1 -S

03 d

XI a

"o <*
— «

10

-a

s?
Ü S

■<

2
«

I

w

H

M

g

«
O

,1

Involucelle creusé de 8 fossettes
à limbe membraneux

Ï2

-ocr page 354-

dipsacéks.

Scabieuse colombaiise, S. columbaria L.

Fleurs bleues ou violettes; réceptacle à paillettes linéaires. Involucre à bractées sur un seul
rang. Involucelle à 8 sillons; limbe membraneux très court. Feuilles caulinaires à segments étroits
linéaires, les radicales spatulées, crénelées ou dentées. Tige simple ou rameuse. Taille de 3 à
7 décimètres.

Commune dans les prairies et sur les montagnes, cette espèce paraît rechercher les lieux
secs et arides, les coteaux calcaires, les sables granitiques, les prairies crayeuses, les sols volca-
niques particulièrement, où elle acquiert ses plus grandes dimensions On la trouve sur la lisière
des bois, sur les pelouses et dans les prés secs. Tous les bestiaux la recherchent jusqu'à sa florai-
son , qui est d'ailleurs assez tardive et se prolonge même jusqu'en décembre ; circonstance· qui
pourrait engager à en faire l'objet de quelques essais de culture, dans les terres arides, rebelles
à toute végétation productive.

Pourraient être utilisées, dans des circonstances analogues, les autres espèces du genre :

Le Se. lucida Vill., petite plante, de 1 à 2 décimètres, — se montrant dans les Pyrénées et
dans les montagnes de l'Est ;

Le Se. ocliroleuca L., fleuilles bipinnatifides, — espèce propre au Midi, peu répandue;

Le Se. gramuntia L., fleurs bleues, —assez commun dans toute la région méditerranéenne,
d'où il remonte jusque vers Lyon, et consommé par les bestiaux qui le rencontrent;

Le Se. suaveolens Desf., fleurs odorantes, d'un violet pâle; feuilles caulinaires à segments
entiers, taille de 2 à 4 décimètres — venant sur les montagnes de l'Est, Alpes, Jura, etc.;

Le Se. urceolata Vahl, fleurs rosées ; feuilles caulinaires à segments linéaires, les radicales
entières, charnues; tige de 3 à 5 décimètres, — venant principalement en Corse;

Le Se. maritima L., fleurs purpurines ou rosées; réceptacle à paillettes linéaires; involucre
à bractées réfléchies; feuilles radicales oblongues; taille de 3 à 12 décimètres, — espèce se mon-
trant communément dans tout le Midi, surtout dans le Sud-ouest, aux environs de Toulouse;

Le Se. atropurpurea L., fleurs très grandes, d'un brun pourpré foncé, —venant dans les
mêmes lieux que la précédente, et cultivée dans les jardins comme plante d'ornement sous le nom
d'
Herbe des veuves ;

Le Se. stellata L., fleurs d'un bleu grisâtre; réceptacle presque globuleux, à paillettes lar-
ges; tige de 2 à 4 décimètres, — croissant sur les bords de la Méditerranée;

Le Se. ucraniea L., fleurs d'un blanc jaunâtre ou bleuâtre; réceptacle cylindrique à paillettes
linéaires; feuilles caulinaires pinnatifides à segments entiers, les radicales entières, — venant
principalement dans les contrées du Centre ;

Le Se. graminifolia L., fleurs violettes; réceptacle presque globuleux, à paillettes lancéolées;
feuilles toutes entières, linéaires, argentées-soyeuses ; tige nue, de 1 à 2 déoimètres, — petite
plante qui croît surtout dans les Alpes du Dauphiné.

Scabieuse succise, Se. succisa L.

Scabieuse tronquée, Mors du diable, Morsure du diable, Remors du diable, Herbe à diable.

Fleurs violacées; réceptacle à paillettes presque filiformes inférieurement. Involucelle à 8 sillons
et à 4 dents herbacées et dressées. Corolle à 4 divisions, toutes égales. Feuilles toutes entières,
lancéolées, dentées, par paires écartées. Racine verticale, courte, tronquée, à fibres épaisses.
Taille de 4 à 10 décimètres.

Fort commune dans tout le nord de l'Europe et de la France, cette espèce vient principale-
ment sur les terrains tourbeux et argileux, dans les lieux herbeux et frais, les bois, prés et pâtu-
rages humides. Elle fleurit tard; mais bien que les bestiaux la broutent quand elle est jeune, elle
est moins recherchée par eux que les autres espèces.

Y

-ocr page 355-

rubiacées. 339

Genre KNAUTIE — KNAUTIA Coult.

Fleurs violacées, réunies en capitules sur un réceptacle dépourvu de paillettes, portées sui-
de long pédoncules; —
involucre à folioles simples, ovales-lancéolées, aiguës; — involucelle briè-
vement pédicellé, anguleux, non sillonné, à 4 dents inégales, poilu, hérissé; —
calice à limbe
divisé en 8 arêtes sétacées, dressées, beaucoup plus longues que l'involucelle; —
corolle il 4 lobes;
— stigmate bifide; fruit tétragoue comprimé; — tige arrondie, fistuleuse, peu rameuse.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, toutes herbacées, annuel-
les ou vivaces, ayant le port et toute l'apparence des Scabieuses, avec les-
quelles elles ont été longtemps confondues, et le sont encore généralement.
Elles sont de même fort communes, et peuvent être aussi-cultivées comme
fourragères. — Les espèces constituant ce genre, établies sur des caractères
de peu d'importance, ne sont point exactement déterminées ; et plusieurs
d'entre elles sont considérées par quelques auteurs comme de simples varié-
lés. Nous nous bornerons à signaler dans le nombre celles qui sont le plus
généralement admises.

KNAUTIE DES CHAMPS. — K. AUVENSIS Koen.

Scabiosa arvensis L.

Noms vulgaires. — Scabieuse des Champs, Langue de vache, Oreille d'ûne, Ilerbe aux sabotiers,

Mirliton, Fluet.

Fleurs en capitules hémisphériques, un peu aplanis, celles de la circonférence rayonnantes.
— Involucre rétréci au sommet. — Fruit ovale-élargi. — Feuilles grandes, les caulinaires pin-
natifides, à lobes entiers, lancéolés, le terminal plus grand, amplicaules ; les radicales très
variables, entières ou divisées. — Plante velue, de 5 à 10 décimètres. — Vivace.

Cette plante, très commune et fleurissant presque toute l'année, vient
partout, dans les champs cultivés, les prairies, les pâturages, sur les colli-
nes , au bord des chemins et des bois. Tous les bestiaux, à l'exception des
porcs, la recherchent quand elle est jeune. On dit qu'elle donne une teinte
bleue au lait des vaches qui la consomment. On la cultive, comme fourra-
gère, dans plusieurs parties des Cévennes (Bosc). Un terrain frais et léger,
dans ce cas, est ce qui lui convient le mieux; on y sème par hectare 12
à 15kilog. de graines qui doivent être répandues tardivement, en mai ou
juin, ce qui permet d'avoir une coupe la première année, et plusieurs l'année
suivante. En la semant plus tôt, 011 l'affaiblirait trop et on en retirerait
moins. La plante coupée se dessèche bien et donne un assez bon foin.

Knautie des bois, K. sylvatica Dub.; Scabiosa sylvatica L.

Fleurs en capitules presque hémisphériques, les extérieures peu raj-onnantes. Fruit ovale-res-
serré. Feuilles lancéolées, entières ou dentées en scie, les inférieures presque embrassantes. Taille
de 5 à 10 décimètres. Vivace.

Espèce aussi fort commune dans les près, bois et lieux ombragés des montagnes de l'Est et
du Centre, ainsi que dans les Pyrénées, le long des grandes rivières. Elle est mangée par tous
les animaux jusqu'à la floraison, et constitue pour les uns et les autres un très bon aliment.

-ocr page 356-

34 ü COMPOSEES.

D'une végétation active, produisant une très grande quantité de feuilles, et repoussant avec
rapidité, elle donne, surtout sur les sols volcaniques du Centre, un fourrage abondant, qui étouffe
tous les autres végétaux et dont on peut obtenir un foin d'assez bonne qualité. Elle pourrait être
cultivée comme l'espèce précédente et serait même, sur les sols humides et susceptibles d'irriga-
tion, plus avantageuse, plus productive. Il suffirait, pour avoir un foin tendre, d'avancer la fau-
chaison de quinze jours, ce qui serait d'ailleurs le moyen de favoriser le développement de nou-
velles pousses.

Nous citerons encore :

Le K. longifolia Koch, fruit étroitement elliptique ; feuilles toutes entières, lancéolées-linéai-
res ; les inférieures longuement pétiolées; taille de 3 à 5 décimètres; vivace, — espèce très
voisine de la précédente, et venant sur les montagnes de l'Est, du Centre et dans les Pyrénées,
dans les prairies humides et tourbeuses de la région des sapins ;

Le K. hybrida Coult., fleurs rose pâle, en capitules presque plans; feuilles caulinaires-lyrées
ou pinnatiséquées, les radicules oblongues, obtuses; annuel, — espèce se montrant surtout dans
les moissons de la région méditerranéenne.

Famille des COMPOSÉES Vaill.
SYNGÉNÉSIE POLYGAMIE L.; ÈP1COROLLŒ SYNANTHÉR1E Jnss. ; SYNANTHËRÉES C Rich.

Fleurs très petites, hermaphrodites, quelquefois uuisexuées ou neutres
par avortement, sessiles, réunies, sur un réceptacle commun, en capitule
formant ce qu'on nomme communément une
fleur composée; ce capitule
(.calathide), globuleux, hémisphérique ou allongé, portant des fleurs, tantôt
toutes du même sexe (,
homogame), tantôt de sexes différents (hèlèrogame).
Le réceptacle commun (phoranthe ou clinanlhe), formé par le sommet du
pédoncule élargi en plateau, tantôt plan ou convexe, tantôt uni ou alvéolé,
nu ou garni de soies, de poils ou de paillettes, à l'aisselle desquels se déve-
loppent les fleurs; entouré d'un involucre commun (
pèricïïne), à bractées
libres, disposées en cercle ou imbriquées sur plusieurs rangs, rarement sou-
dées; —
calice monosépale, à tube adhérent à l'ovaire, à limbe variable, mem-
braneux, écailleux, soyeux ou nul; —
corolle monosépale, insérée sur le haut
du calice, tubuleuse, à limbe tantôt régulier à 4.5 dents
(fleurons), et tantôt
irrégulier et prolongé en languette dite
ligule {demi-fleurons)·, — ètamines 5,
insérées sur le tube de la corolle, à filets ordinairement libres, quelquefois
articulés supérieurement ; anthères dressées, linéaires, soudées entre elles en
un tube entourant le pistil (
synanthères), toutes biloculaires et s'ouvrant inté-
rieurement par deux fentes longitudinales; —
ovaire unique, infère, unilocu-
laire, uniovulé, surmonté par un
style filiforme, ou renflé supérieurement,
simple dans les fleurs mâles, à stigmate peu apparent, offrant, dans les fleurs
femelles ou hermaphrodites, deux branches terminales, libres ou soudées,
diversement recourbées et pourvues de poils raides et courts
(poils collec-
teurs
), portant, en outre, à leur face interne, de petits corps glanduleux, que
l'on considère comme les stigmates; —
fruit sec, indéhiscent, monosperme
(akène), quelquefois prolongé en bec, nu ou couronné par le limbe persistant
du calice, qui se transforme souvent en une aigrette plus ou moins dévelop-
pée ; —
graine dressée, ordinairement soudée avec le péricarpe, à embryon
droit et albumen nul. —
Feuilles généralement alternes, rarement opposées.

-ocr page 357-

COMPOSÉES. 341

— Plantes de différentes dimensions, offrant des herbes annuelles ou viva-
ces, des abrisseaux et des arbres.

La plus nombreuse de toutes les familles du règne végétal, dont elle cons-
titue à elle seule la dixième partie environ, en même temps l'une des mieux
caractérisées et délimitées, et, par conséquent, l'une des plus naturelles, la
famille des Composées est abondamment répandue dans toutes les parties du
monde et principalement dans les pays chauds et tempérés. Elle comprend
un grand nombre d'espèces venant spontanément en France et en Europe ;
mais la plupart de ces dernières sont presque exclusivement herbacées, tan-
dis que, dans les régions intertropicales, elles constituent des arbrisseaux
et des arbres plus ou moins développés. Elles sont partout, en outre,
extrêmement multipliées, grâce à leurs graines, ordinairement nombreuses
et la plupart munies d'aigrettes plumeuses, par lesquelles, au moindre souffle
du vent, elles peuvent être transportées au loin et se propager ainsi à l'infini.

Cette famille, d'un autre côté, par les propriétés diverses des plantes qui
la composent, offre une importance considérable au point de vue de l'agri-
culture, de l'économie domestique, de la médecine, de l'industrie. Elle ren-
ferme, ainsi, des espèces amères, qui servent comme toniques et apêratives;
d'autres douées de propriétés aromatiques qui les font utilement employer
comme stimulants-stomachiques ; d'autres qui fournissent des produits ali-
mentaires à l'homme et aux animaux.

Toutes, d'ailleurs, ou à peu près, peuvent nourrir les herbivores, pour
lesquels elles constituent, en général, un aliment tonique et de bonne qua-
lité. Quelques-unes, plus abondantes dans les prairies, entrent môme assez
communément dans la composition des fourrages. Mais elles ont, en général,
l'inconvénient de durcir à la maturité; certaines d'entre elles sont, de plus,
piquantes, ce qui les rend nuisibles dans les herbages, où elles gênent encore
par la place qu'elles tiennent et par l'obstacle qu'elles opposent à la manu-
tention du foin et de la paille.

Trop nombreuse pour pouvoir être étudiée sans subdivisions, la vaste
famille des Composées a été partagée en plusieurs tribus, que les botanistes
ont diversement constituées. Nous suivrons la classification la plus générale-
ment adoptée, et qui prend pour base la disposition respective, sur le récep-
tacle, des fleurons et des demi-fleurons. Elle comprend les trois principales
sous-familles suivantes :

1re Sous-Famille : Cynarocéphales, capitules composés de fleurons seu-
lement ; style articulé et renflé en nœud vers le sommet ;

2e Sous-Famille : Corymbifères, capitules composés : soit de fleurons
seulement, soit de fleurons au centre et de demi-fleurons à la circonférence,
et dit alors
radiés; style non articulé et non renflé en nœud vers le sommet;

3e Sous-Famille : Chicoraeées, capitules composés de demi-fleurons
seulement; stvle ni renflé ni articulé.

-ocr page 358-

34 ü COMPOSEES.

lre Sous-Famille. — CYNAROCÊPHALES Juss.

FLOSCULEUSES T.; CARDUACÉES A. Rien.; TVBULIFLORES-CYKARÉES DC.

Capitules composés de fleurs toutes égales, à corolle tubuleuse avec
4.5 dents symétriques
(fleurons); celles du centre toujours hermaphrodites;
celles de la circonférence quelquefois stériles et plus grandes; —
style des
fleurs hermaphrodites, articulé et renflé en nœud vers le sommet.

Réceptacle ordinairement épais et charnu, presque toujours garni de pail-
lettes ou de soies, avec un involucre souvent épineux.
Feuilles ordinairement
découpées, épineuses.
Tige développée, dressée, quelquefois nulle. — Espèces
herbacées, la plupart épineuses.

Les espèces de ce groupe végétal, fort nombreuses et surtout extrême-
ment répandues dans nos contrées tempérées, renferment toutes un principe
extractif amer qui leur donne des propriétés toniques plus ou moins pronon-
cées. La plupart peuvent être utilisées pour la nourriture des bestiaux, qui
les prennent volontiers, lorsqu'elles sont jeunes, malgré les épines qui les
recouvrent. Quelques espèces sont, en outre, employées dans l'économie
domestique, dans les arts et comme plantes d'ornement. — Cette sous-
famille a été subdivisée en plusieurs tribus, que l'on distingue ainsi qu'il
suit :

entièrement libres. Xéranthémées.

Aigrette à poils soudés en

anneau ii la base.... Carduées.

Aigrette à poils libres

ou paléiformes..... Centauriées.

;e poilue — Filets des

soudés à la corolle. Garlinées.

Î Aigrette paléiforme
étamines entière!

lrr Trilbu. — ÉOHINOPSIDÉES.

Pleurs toutes hermaphrodites et pourvues chacune d'un involucre par-
tiel. Etamines à filets soudés à la base et libres au sommet. Akène à aigrette
coroniforme. — Comprend un seul genre.

-ocr page 359-

COMPOSÉES. 343

Genre ÉCHINOPE. — ÊCHINOPS L.

Capitules solitaires, globuleux, sur un réceptacle tuberculeux, sphérique, portant un grand
nombre de fleurs munies chacune d'un involucre oblong à écailles carénées, imbriquées, les inté-
rieures linéaires-sabulées ; —
involucre général nul ou petit, réfléchi; — aliènes allongés, poilus,
munis d'une aigrette courte, membraneuse, coroniforme, laciniée, caduque; —
feuilles pinnatifides,
cotonneuses en dessous; —
tige dressée.

Genre composé de deux espèces, vivaces, assez répandues et pouvant être
mangées par les bestiaux.

Échinope azurée, E. vitro L.

Petite Boulette.

Fleurs d'un beau bleu de ciel. Aigrette dépassée par les poils de l'akène. Feuilles coriaces,
vertes, lisses, à lobes lancéolés, dentés, épineux. Taille de 2 à 4 décimètres.

Plante commmune dans tout le Midi, des bords de la Garonne aux bords du Rhône, et crois-
sant dans les lieux arides, les bords des routes et des champs.

Échinope a tètes rondes, E. spliseroccphalus L.

Boulette à têtes rondes.

Fleurs d'un bleu pâle, en capitules volumineux. Aigrette en cupule non dépassée par les
poils de l'akène. Feuilles molles, sinuées, à lobes triangulaires-dentés, peu épineuses. Taille de
fi à 12 décimètres.

Croît dans les lieux incultes et pierreux de toute la région du Centre, de l'Est à l'Ouest ;
souvent cultivée dans le jardin comme plante d'ornement.

2« TriltJU.. — SILYBÉES.

Fleurs sans involucre partiel, toujours hermaphrodites au centre du
capitule. Etamines à filets complètement soudés. Akène à aigrette caduque,
formée de poils soudés en anneau à la base. — Dans cette tribu se trouvent
compris les trois genres suivants :

!F1. toutes égales i Fleurs toutes fertiles — Akènes obovés............SilytîUM.

— Aigrette j

à poils denticulés ' Fleurs de la circonfér. stériles — Ak. tetragon. Tyrimnus.

Fleurs de la circonf. plus grandes, rayonnantes, stériles — Aigrette

à poils plumeux — Akènes cylindriques....................................Galactites.

Genre SILYBE. — S1LYBUM Vaill.

Fleurs toutes égales, hermaphrodites et fertiles, sur un réceptacle épais, hérissé de paillettes
sétacées ; —
involucre globuleux, ventru à la base, à écailles fortes, imbriquées, appliquées à la
base, renversées ou étalées et fortement épineuses au sommet; —
akènes obovés, comprimés,

-ocr page 360-

344 composées.

arqués, noirs, avec aigrette à poils dentieulés, formant un anneau muni supérieurement d'une cou-
ronne de poils fins.

Genre comprenant une seule espèce.

SILYBE MARIE. — S, MARIA NUM G^ektn.

Carduus Marianus L.

Noms vulgaires. — Chardon-Marie, Chardon argenté, C. taché, C. de Notre-Dame, Lait de
Notre-Dame, Lait de Sainte-Marie, Artichaut sauvage, Epine blanche.

Fleurs violet-vineux, en capitules solitaires volumineux. — Feuilles grandes, lisses, large-
ment marquées de blanc, ondulées et inégalement épineuses sur les bords, les supérieures ovales-
lancéoléos, embrassantes, les inférieures sinuées-pinnatifides, à segments larges, dentés, atténuées
à la base. — Tige forte, dressée, glabre. — Taille de 6 à 15 décimètres. — Bisannuelle.

Fort commune dans toute la France, dans le Centre et le Midi principa-
lement , cette espèce forme une belle plante, qui croit dans les lieux incultes,
au bord des routes et des fossés. Elle renferme dans toutes ses parties un
principe amer, auquel elle doit des propriétés toniques qui l'ont fait autrefois
employer en médecine. Le Chardon-Marie convient aux animaux; mais
ceux-ci ne le peuvent brouter que pendant sa jeunesse ou lorsqu'on a brisé,
à l'aide du fléau, les épines qui hérissent toute sa surface. Dans certains pays,
on l'utilise pour les usages de la table ; on en mange alors, dans les jeunes
pousses seulement, les tiges, feuilles et réceptacles, que l'on accommode de
diverses manières.

Genre TYRIMNE, — TYRIMNUS Coss.

il·;

Fleurs toutes égales, celles de la circonférence souvent stériles, sur un réceptacle fibrillé; —
involucre hémisphérique, à écailles imbriquées, terminées par une petite épine; — akène tétragone
comprimé; aigrette h poils fins, dentieulés au sommet.

Une seule espèce.

Tyrimne commun, T. leucographus Coss.; Carduus leucographus L.

Fleurs purpurines, en capitules solitaires penchés. Feuilles minces, veinées de blanc en
dessus, aranéeuses en dessous, sinuées-dentées, épineuses, les catilitiaires décurrentes. Tige
grêle, dressée, h rameaux nus au sommet, de 3 à 5 décimètres. Bisannuelle,

Plante propre à la région méditorrauéenne, venant dans les champs arides et les lieux incul-
tes. Peut être employée ii l'alimentation des bestiaux comme le Chardon-Marie.

Genre GALA.CTITE. — GALACT1TES Moench.

Fleurs du centre hermaphrodites, celles de la circonférence plus grandes et rayonnantes,
stériles, sur un réceptacle à paillettes rares, caduques; —
involucre ovoïde, écailles iipbriquées,

• 1

-ocr page 361-

COMPOSÉES. 345

étroites, nombreuses, terminées en épine; — akènes cylindriques, comprimés, striés, avec aigrette
à poils plumeux.

Comprend une seule espèce.

Galactite tomenteuse, G. tomentosa Mœnch; Centaurea galactites L.

Fleurs purpurines, en capitides nombreux, solitaires, oblongs. Feuilles veinées de blanc,
cotonneuses en dessous, pinnatipartites, à lobes épinoux, étroits et écartés. Tige drossée, de 3 à
fi décimètres. Bisannuelle.

Plante de la région méditerranéenne, commune, en outre, dans les vallées du Tarn et de la
Garonne, où elle habite principalement les lieux secs, arides et découverts. Utilisable à la façon
des autres Chardons, elle est sans emploi spécial, sinon, parfois, comme plante de parterre.

3e Trilbtl. — CARDUKKS.

Fleurs sans involucre partiel, toutes égales, toujours hermaphrodites au
centre du capitule. Etamines à fdets libres. Akène à aigrette caduque, à poils
soudés en anneau à la base. — Tribu comprenant les genres suivants :

Aigrette à poils non plumeux. denticulés........... Carduus.

Ecaill. del'inv.

Ak. oblongs-comprim. Cibsjum.

Aigr. louguem, ) il éPine simPle \ Akènes tétragones. , . Cynara .
plumeuse

t/2
Ed

■a
&

S

Ü

Ecaill. de l'inv. avec appendice penné. Picnomon.

Aig, brièvem. plumeuse — Ecail. extern, de l'inv. lierb. Carduncellus,

Réceptacle à alvéoles bordées d'une membrane dentée............Onopohdon.

Fleurs de la circonférence stériles — Aigrette à poils plumeux sur 2 rangs. Notobabis.

=3 ®

S.S

Fleurs
toutes
hermaphr. ] ij x
—Aigrette { S «
à poils
sur plus .
de 2 rangs

Genre CHARDON. — CARDUUS G,krtn.

Fleurs purpurines ou blanches, hermaphrodites et fertile toutes égales, en capitules termi-
naux, sur un réceptacle à paillettes sétacées; —
involucre à écailles entières, imbriquées, mucro-
nées ou épineuses; —
akènes comprimés, lisses, oblongs; aigrette à poils longs, denticulés, non
plumeux, sur plusieurs rangs, soudés en anneau à la base. —
Feuilles pinnatiiides, plus ou moins
sinueuses, crépues, ciliées-spinuleuses, ordinairement pourvues d'épines, les supérieures décur-
rentes sur la tige; —
tige dressée, striée, rameuse, souvent épineuse et pubescente.

Genre renfermant un assez grand nombre d'espèces, quelques-unes fort
communes, venant principalement sur les sols calcaires, et que l'on trouve
partout, surtout au bord cles chemins et des routes, au milieu des décom-
bres, au pourtour des habitations. Les bestiaux en mangent presque toutes
les espèces, malgré les épines qui les recouvrent. Par le battage au fléau, par
la cuisson, ou en les récoltant quand elles sont encore jeunes, on en facilite
l'emploi et on peut en faire des fourrages utiles. — Voici le tableau des espè-
ces indigènes qui composent ce genre :

-ocr page 362-

34 ü COMPOSEES.

floral., j Eeaill. à pointe molle . . . ,
mi , JîoniUe à pointe forte et

Capit. group, par 3.4 —Inv. ovoïde
Capit. nombreux — Invol. globuleux

TENlHPLOHtS

Curi.

®

Liliyiosns

Moi·.

©

l'yonoccjihalus

L,

©

NUTANS

h.

©

Acanthoïdks

L.

©

CAItLl.N.r.rOl.UiS

Lm.

¥

Defloiiatus

L.

¥

Médius

Gousn.

X

Hamiilosiis

Willd.

©

Nigrescens

Vili,

©

Vivariensis

Jord.

cnispis

L.

©

À uricosus

Vili.

©

Carlinoïdi'i

Gouau.

¥

Ftisïinili fioriti

Viv.

©

Cephalarithiis

Viv.

©

Sanctœ-Dalma?

Lois.

©

PERSONATA

Jacq.

¥

Inv. oblong., à i Capit. pq. sessiles, ( Feuill. floraies sans épines, . .
écaill. glandulif. < avec feuill. floral, j Feuil. florales épineuses, . , .
Capit. caducsf Oapit. longuement pédonc., sans feuill. florales, . .

Ecailles réfléchies au i Capit. gros, penchés. .
sommet, à pointe forte j Capit. petits, dressés. .

Ecailles l Pédonc. courts — Ecail. à épine courte

dress. ou ) 1 Ecaill. tr. inég., non acum.

étalées, à \ Pédoncule
pointe forte' a'l°ns / Ecaill, pq. égales, aeumin.

•s
c

s

fo-ïï

r e
"3 H

-n

se

c/j
£>
Ö

-

"S.

«I
O

s
«

SS
s
O

d T3
O s
•o tj

■il a
.. o
M S

di
, ci

o

Ecailles réfléchies au sommet, il pointe molle.

Feuill.
nulles ou
peu visibles

Cap. agrég.
en corymbe
ou en
panicule

i §
S 'a,

M «
« °

U
O

"o

>

a

piquante

Feuilles florales longues, épineuses

Feuilles supér. entières

Chardon a petites fleurs, C. tenuiflorus Curt.

Capitules petits, oblongs, réunis en grand nombre au sommet des rameaux, et pourvus de
petites feuilles florales. Involucre à écailles externes blanches, terminées en une longue pointe
triquètre, arquée-étalée. Feuilles vert clair, parfois veinées de blanc, à segments largos, palma-
tilobés. Tigo à rameaux ailés jusqu'au sommet. Taille de 3 à 10 décimètres. Annuelle ou bisan-
nuelle.

Ce Chardon est l'un des plus répandus dans le centre, l'ouest et le midi de la France ; on le
trouve en tous lieux, surtout au bord des routes, dans les décombres, au pied des murs, où on
peut le récolter dès la fin de l'hiver pour en livrer au bétail les feuilles battues ou fanées.

Sont plus rares et peuvent être utilisées de la même manière :

Le C. litigîosus Moris., C. sarclons DC., à feuilles florales mêlées d'épines longues et nom-
breuses, — venant dans le Midi, en Corse principalement;

Le C. pycnocephalus L., capitules paueiflores, longuement pédonculés, sans feuilles florales;
akènes visqueux, — propre il tout le Midi, de l'Ouest aux bords de la Méditerranée, et habitant
les lieux incultes de ces régions.

Chardon penché, C. autans L.

Fleurs parfois blanches, odorantes, en capitules volumineux, penchés, solitaires, géminés ou
ternés, sur de courts pédoncules nus, dépourvus de feuilles florales. Involucre subglobuleux ,
à
écailles vertes, prolongées en pointe rude, très étalée, et terminées en pointe piquante. Feuilles
à divisions profondes, à segments petits, dentés. Tige ailée, nue au sommet. Taille de 3 à 6 dé-
cimètres. Bisannuelle.

Espèce extrêmement commune dans toute la France, venant dans les lieux incultes, où la
fout facilement reconnaître ses beaux capitules penchés, et qui paraît préférer les terrains secs.
Elle est fort recherchée des fines et des chevaux, qui la mangent jusqu'il la floraison. Dans cer-
tains pays même, on la récolte pour nourrir les vaches ù l'étable. Les moutons seuls la refusent
ii cause des épines qui la recouvrent.

Se rencontrent moins communément :

Le C. acanthoïdes L., capitules dressés, à pédoncules courts, ailés jusqu'au sommet; involucre
à écailles brusquement aeuminées en une pointe courte; feuilles presque glabres, peu piquantes,
— assez répandue dans le nord et l'est de la France ;

Le C. carlinsefolius Lm., capitules gros; pédoncules courts, nus au sommet; involucre à
écailles linéaires, en longue pointe étalée; feuilles glabres sur les deux faces, il divisions profon-
des, et segments palmatilobés, — régions élevées des Alpes et des Pyrénées ;

\

s :')■

-ocr page 363-

composées. Vil

Le C. dejloratua L., capitules gros, dressés, puis penchés5 involucre à écailles très inégales,
terminées en pointe très courte, étalées supérieurement ·; feuilles à segments lancéolés, bi-trifides,

— espèce fort commune, surfout dans le Jura, sur les Alpes, aux Pyrénées, et s'étendant dans
toute la vallée de la Garonne. Refusée par les chevaux, elle convient à tous les autres bestiaux,
surtout aux vaches, qui la recherchent;

Le C. médius Gouan, capitules sur de longs pédoncules nus, courbés en arc supérieurement;
involucre à écailles presque égales, à très longue pointe aiguë; feuilles à segments nombreux, se
chevauchant-, — vallées des Pyrénées ;

Le C. hamulosus Wild, capitules légèrement inclinés sur des pédoncules longs, nus au som-
met; involucre à écailles linéaires, à épine longue, étalée; feuilles étroites, il segments dentés,

— lieux stériles de la Provence, du Gard, des Pyrénées-Orientales ;

Le C. nigrescens Vill., capitules dressés, assez forts, sur des pédoncules ailés jusqu'au som-
met; involucre à écailles linéaires, terminées en une épine longue, molle; feuilles à segments
ovales, dentés; tige très rameuse, — les champs et lieux arides du Languedoc, de la Provence
et des Alpes du Dauphiné, où les mangent tous les grands bestiaux ;

Le C. vivariensis Jord., capitules devenant penchés, et pédoncules nus au sommet, — com-
mun dans tout, le nord de la France.

Gi-iardon crépu, C. crispus L.

Fleurs en capitules petits, dressés, agrégés en plus ou moins grand nombre sur des pédon-
cules presque sessiles, ailés jusqu'au sommet, à feuilles florales très petites. Involucre à écailles
très étroites, à pointe fine, molle, étalée-dressée. Feuilles à segments larges, tl'ilobés. Tige et
rameaux ailés. Taille de
5 à 12 décimètres. Bisannuelle.

Espèce très polymorphe offrant de nombreuses variations ; dans le nombre des capitules, la forme
de l'involucre, la couleur des feuilles, etc. Elle se montre partout, mais plus communément au
Nord et à l'Est, dans la chaîne du Jura; vient autour des habitations, au bord des routes, et
fournit aussi un bon fourrage quand on la débarrasse de ses épines.

Espèces voisines, pouvant s'utiliser de même, mais plus rares :

Le C. auricosus Vill., C. podacantha L., fleurs blanches ou roses; capitules en corymbe ;
involucre à écailles munies d'une forte pointe triquètre ; feuilles à segments garnis d'épines fortes
dirigées en tous sens, — plante de petite taille, venant dans le Dauphiné ;

Le C. carlinoides Gouan, Carlina pyrenatca DC., écailles il pointe forte et simple, feuilles à
segments étalés, avec une longue épine terminale, — se montrant dans toutes les Pyrénées;

Le C. fasciculiflorusViy., fleurs blanches, en capitules petits, avec feuilles florales mêlées de
longues épines; involucre à écailles linéaires, non aeuminées ; feuilles à segments triangulaires;
tige ailée, sauf au sommet, — espèce très précoce, propre à la Corse;

Le C. cephalanthus Viv., fleurs d'un pourpre vif; tige ailée jusqu'au capitule, —venant dans
les mêmes lieux que la précédente;

Le C. Sanctm-Balmx L., capitules réunis par 3.4; involucre à écailles carénées, linéaires, à
pointe triquètre, non piquante, arquée au sommet; feuilles supérieures presque entières ou lobées,
— venant dans les Alpes du Dauphiné et de la Provence.

Chardon fausse-bardane , C. personata Jacq. ; Arctium personata L.

Fleurs en petits capitules, sessiles, agrégés en une grande panicule, à petites feuilles florales,
Involucre globuleux, à écailles brunes ou violettes, linéaires, les externes à longue pointe arquée
en dehors. Feuilles molles, les supérieures entières, lancéolées, dentées, non crépues, les infé-
rieures lyrées-pinnatifides. Rameaux faiblement ailés. Taille de 1 à 2 mètres. Vivace.

Espèce croissant sur les montagnes du Centre et de l'Est, mais surtout commune dans le
Jura et le Dauphiné, et habitant les lieux humides des montagnes ; on la trouve ainsi parfois
abondamment dans les grandes prairies des Alpes dauphinoises , où les chevaux et les bêtes à
cornes la mangent jusqu'à sa floraison, mais où, quand elle est séchée, elle gâte le foin auquel
elle est mêlée.

-ocr page 364-

34 ü COMPOSEES.

Genre CIRSE.

Fleurs purpurines, blanches ou jaunâtres, hermaphrodites ou unisexuées, en capitules termi-
naux, sur un réceptacle à paillettes sétaeées ; —
involucre h écailles entières, imbriquées, mucro-
nées ou terminées par une courte épine, avec une tache noire sur le dos; —
aliènes comprimés,
lisses, oblongs, surmontés d'une aigrette à poils longs, plumeux, épaissis au sommet, soudés en
anneau à la base. —
Feuilles sinuées-pinnatifides, plus ou moins épineuses, à segments divariqués,
étroits, les caulinaires sessiles, les radicales ordinairement grandes, atténuées en pétiole souvent
ailé; —
tige dressée, sillonnée, plus ou moins pubescente.

Genre offrant un assez grand nombre d'espèces, ayant le port et l'aspect
des Chardons, avec lesquels plusieurs auteurs les ont réunies, et dont elles
ne diffèrent botaniquement que par l'aigrette à poils plumeux de leur fruit.
Les Cirses, en outre, sont en général moins épineux et offrent un plus grand
nombre d'espèces vivaces. Plusieurs d'entre eux viennent en abondance dans
les champs, au bord des chemins, ainsi que dans les lieux bas et humides.
Comme les Chardons, ils constituent des plantes toniques et nutritives, qui
peuvent également être consommées par les bestiaux, surtout quand elles
sont jeunes ou quand on a eu la précaution de les écraser ou de les faire
cuire. On a même conseillé de multiplier les Cirses, pour les faire manger en
vert, en les cultivant dans les terrains secs et arides, où ils viennent le
mieux. Mais il n'y a pas lieu de recommander cette culture de plantes qui
se propagent assez d'elles-mêmes, et qu'il convient plutôt d'arracher des her-
bages, 011 leurs feuilles étalées étouffent les bonnes plantes et repoussent le
bétail par les épines qui hérissent leurs segments.

Le genre Cirsium, très nombreux, a été accru encore par beaucoup d'au-
teurs, qui ont fait des espèces nouvelles de plusieurs plantes qui paraissent
n'être que des hybrides non suffisamment caractérisés. — Voici le tableau des
espèces indigènes le mieux caractérisées :

CIRSIÜM T.

Feuill. demi-embras. non auric.

Feuilles [ Capit, non bractéol.
embrass. j

auriculéesf Capit. avec bractéol.

longues ) Feuill, non embrass.
Capitules solitaires

Capit. agrégés en corymbe

Capitules agrégés. ».....

Capitules solitaires. .....

ARYENSE

Scop.

¥

ACAULE

AU.

¥

Polyanthemutìi

DG.

¥

PALUSTRE

Scop.

¥

Monspessdlakck Ail.

¥

Patiisiri-Hulbos.

DC.

¥

Bulbosuu

DC.

¥

Anglicom

Lob.

¥

IlETEROPIIÏLLUM

AU

¥

TRICOGEinjLO»lS DC.

¥

Ambigunm

DC.


/

Krisitiiai.es

Scop.

¥

Ol.ERACRl'Jl

Scop.

¥

Rufesccns

P.ani.

¥

Spinossissimum Scop.

¥

Glabrum

DC.

¥

EIUOPUORUM

Scop.

®

Odantalépi*

Bi.iss.

®

Ferox

DC.

¥

Echiuatum

ne.

¥

Italiciim

D

©

LANCEOLATI M Scop.

©

Crinitutn

Poiss,

©

Fleurs unisexuées — Feuilles non hérissées à la face supérieure.
I Plante sans tige................................

Ecailles de l'involuore à épine longue...

Capit. agrégés en corymbe.

Fenili, sup.
décurrentes '

Ecailles
de l'in vol. à
épine courte I Capitules solitaires

«s

a
§

o

H

a

§

O

Fl. purpur.
Feuill. flor.
nulles

Feuilles

non
décurren.

S

ta

; Capitules sans feuilles florales ,

Fleurs \ ^

jaunes ou < Capitules à l Feuill embrassant, j
, blanchât.
j fcuiU. flor. \ '

M

El
®

E

Feuilles I
non
| décurrentes

Feuilles
supérieures
décurrentes

Feuilles hérissées, à la
face supérieure,
de petites épines
subulées

\

-ocr page 365-

composées. 349

CIHSE DES CHAMPS. — C. ARVENSE Scor.

Serratula urvcnsis L.

Noms vulgaikes. — Chardon hémorrofdal, Chardon commun, Sarrète des champs.

Fleurs d'un rose cendré, odorantes, unisexuées, en capitules presque sessiles, agglomérés en
eorymbe, et dépourvus de feuilles florales. — Involucre ovoïde à écailles brunies au sommet, lan-
céolées , à nervure dorsale saillante, terminées par une petite épine étalée. — Feuilles pâles en
dessous, seulement lobées, ondulées, inégalement épineuses sur les bords, embrassantes. — Tige
très rameuse au sommet, haute de 4 à 10 décimètres. — Souche traçante, descendant il 2 ou
3 mètres. — Yivace.

■ Cette espèce, qui croît dans toute la France, est extrêmement commune
partout, au bord des routes, dans les champs pierreux et les moissons, prin-
cipalement au milieu des avoines, beaucoup plus rarement dans les prés. Se
multipliant, grâce à ses graines nombreuses, ailées, que le vent transporte
au loin; grâce aussi à ses racines longues, traçantes et robustes, avec une
extrême facilité, elle infeste les champs cultivés, auxquels elle nuit de plu-
sieurs manières : en étouffant les céréales et les autres plantes, en piquant les
moissonneurs, ce qui rend les moissons pénibles, en mêlant ses graines à celles
du blé. C'est l'espèce à laquelle, dans les campagnes, 011 donne généralement
le nom de
Chardon, et qui est l'objet spécial de l'èchardonnage, opération que
l'on pratique soit en arrachant la plante à la main ou avec une tenaille de
bois construite à cet effet, soit en la coupant entre deux terres avec un cou-
teau ou une sorte de houlette tranchante dite
èchardonnct. Quelque procédé
que l'on suive, l'important est d'y procéder avant la floraison, afin d'empê-
cher la plante de grainer. Mais ne pouvant éviter ses graines, que le moindre
vent peut apporter des lieux voisins et même de très grandes distances, outre
que les racines incomplètement arrachées, repoussant facilement, font sou-
vent reparaître la plante au bout de deux ou trois ans, on éprouve toujours
une grande difficulté pour débarrasser les champs de cette espèce parasite et
nuisible. Le meilleur moyen d'en triompher et de l'extirper complètement,,
est un bon assolement ou la transformation de la culture en prairie artifi-
cielle.

Comme les Chardons, le Cirse des champs est mangé par tous les bes-
tiaux quand il est jeune, et jusqu'à ce qu'il monte en fleur. Il est surtout
profitable aux vaches laitières ; les ânes aussi en sont avides, et il est même
recherché par les chevaux, les bœufs et les porcs. Il peut fournir aux uns et
aux autres un fourrage précoce très salubre, si on a le soin de le battre
pour en briser les épines et si on le mélange avec de la paille. En utilisant les
Cirses de la sorte, on peut couvrir une partie des frais d'arrachage, tout en
se procurant, pour le bétail, un assez bon supplément de fourrage. On donne
encore cette plante aux oies et aux canards; en mêlant ses feuilles et ses jeu-

-ocr page 366-

34 ü COMPOSEES.

nés tiges hachées avec du sou, on obtient une bonne nourriture qui convient
surtout à la première période de l'élève.

Le nom de Chardon hèmorrhoïdal que porte encore cette plante, lui a été
donné à cause des galles ou renflements rouges, ressemblant à une veine
gonflée, que fait naître à sa surface la piqûre d'un insecte (
Cynips serra-
tulse
Fab.). Ces renflements sont recueillis, et après en avoir corrigé l'amer-
tume par l'ébullition dans une première eau, on les donne aux cochons qui
s'en montrent avides. Dans quelques pays même, il sont mangés à table,
comme les champignons.

Cirse sans tige, C. acaule Ail.; Carduus acaulis L.

Chardon nain.

Fleurs purpurines, en capitules volumineux, solitaires, sur des pédoncules courts partant de
la souche, munis de 4.5 braetéoles linéaires. Involucre à écailles molles, glabres, courtes, briève-
ment spinulées au sommet. Feuilles toutes radicales, en rosette, pubeseentes en dessous, à seg-
ments étalés, courts, larges, trilobés, spinulés à leur extrémité. Tige nulle. Vivaee.

Cette espèce, fort commune aussi, vient dans toute la France, dans les terrains secs, sur les
lieux secs et découverts et sur les pelouses, où elle est mangée par les moutons et les chèvres,
les autres bestiaux s'abstenant d'y toucher. Bien que souvent abondante dans les prés , son peu
d'élévation la faisant échapper à la faux, ou ne la trouve pas habituellement dans les foins. Mais
étouffant et empêchant de pousser les bonnes plantes, elle est, avec juste raison, considérée comme
nuisible et doit en conséquence être détruite partout où elle apparaît, soit par l'arrachage, soit,
et de préférence, par un bon assolement.

C. pohjanthemnm DC.; capitules très petits, agglomérés en grappe courte ; 1 mètre; — vient
dans les lieux aquatiques, en Corse.

Cirse des marais, C. palustre Scop.; Carduus palustris L.

Capitules ordinairement sessiles, petits, agglomérés en corymbe. Involucre à écailles lancéo-
lées, avec une petite épine étalée. Feuilles velues sur les deux faces, à segments étroits, bi-tri-
fides, spinuleux, les supérieures longuement décurrentes. Taille do 8 à 15 décimètres. Vivace.

Commune dans toute la France, cette espèce vient dans les lieux humides , aux bords des
sources et des ruisseaux ; mangée par les animaux quand elle est très jeune, elle est repoussée
par eux, à cause de ses épines, longtemps avant la floraison. — Il en existe plusieurs variétés
dont quelques auteurs ont fait des espèces distinctes.

C. Monspessulanum AIL, Carduus Monspessulanus L., capitules petits, en corymbe ; involucre à
écailles aiguës, terminées, les extérieures par une très courte épine étalée, les intérieures par une
longue pointe scariense, noire, dressée; feuilles entières, lancéolées, les supérieures décurrentes;
racine stolonifère; 12 à 15 décimètres; — venant dans les Alpes du Dauphiné et delà Provence,
sur toute la chaîne des Pyrénées, jusque dans la vallée de la Garonne ;

C. palustri-bulbosum DC., capitules solitaires; involucre à écailles petites, toutes terminées
en une courte pointe étalée; feuilles à segments très étalés, demi-décurrentes; (i à 12 décimètres ;

— venant dans les prairies humides, en Alsace, en Lorraine;

C. bulbosum DC., capitules solitaires ; involucre à écailles très inégales, les extérieures très
courtes, brièvement spinulées; feuilles planes, ù segments profonds, bi-trifides, les supérieures
demi-embrassautes; souche à fibres radicales renflées, fusiformes; 5à7 décimètres; vivace;

— vient presque partout, dans les bois, les lieux herbeux et humides;

C. anglicum Lob., capitule solitaire, avec 1 à 2 capitules latéraux rapprochés; involucre lai-
neux, à écailles étroites; feuilles d'un vert pâle, lobées-dentées, demi-embrassantes; tige nue au
sommet ; souche stolonifère ; 3 à 5 décimètres, vivace ; — espèce commune partout, de l'Est à
l'Ouest, venant dans les prairies humides, vers les marais tourbeux, et mangée par les chevaux et
les vaches:

-ocr page 367-

COMPOSÉES. 351

C, heterophyllum Ail., Carduus heterophyllus L., capitules grands, solitaires ou rarement agré-
gés; involucre à écailles linéaires; feuilles caulinaires embrassantes ; 10 à 15 décimètres ; —
venant dans les lieux humides des Alpes et des Pyrénées;

C. tricocephalodes DC., C. rivulare Link, capitules agrégés par 2.4, les latéraux plus petits,
pourvus d'une courte bractée linéaire; involucre globuleux; feuilles il segments très étalés, em-
brassantes; tige presque nue supérieurement, de 8 à 12 décimètres, vivace; — commun dans le
Jura, les Alpes du Dauphiné, les montagnes du Centre et les Pyrénées ;

C. ambiguum DC., fleurs purpurines, quelquefois jaunâtres; capitules pourvus d'une longue
bractée linéaire ; feuilles étroites, à lobes lancéolés, embrassautes ; tige très feuillée, de 3 fi 5 dé-
cimètres; — venant sur les hautes régions des Pyrénées;

C. erisithales Scop., C. ochroleucum Ail., Cnicus erisithales L., fleurs ordinairement jaunes :
involucre globuleux à écailles linéaires-aiguës, étalées-réfléchies supérieurement; feuilles grandes,
à segments lancéolés, dentés, étalés à angle droit, embrassantes, aurieulées; 5 fi 7 décimètres,
— Jura et montagnes d'Auvergne, prés et forêts de montagnes;

C. oleraceum Scop , Cnicus oleraceus L., capitules presque sessiles, agglomérés, pourvus de
feuilles florales grandes, lancéolées, jaunâtres; involucre oblong, à écailles molles, pâles, étalées
au sommet ; feuilles molles, vert-pâle, grandes, dentées ou pinnatifides, les supérieures embras-
santes, aurieulées; tige feuillée jusqu'au sommet, de 8 à 12 décimètres, — commun dans toute
la France, dans les prés humides, les bois, au bord des rivières ; mangé par les chevaux qui en
recherchent les larges feuilles, et laissé par les vaches ;

C. rufescens Ram., capitules agrégés par 3.4; involucre à écailles pectinées-ciliées; feuilles
lobées, les supérieures presque linéaires, embrassantes ; toute la plante couverte de poils rotissâ-
tres; 8 à 10 décimètres, — Pyrénées-centrales, recherchée des chevaux avant la floraison;

C. spinossissimum Scop,, Cnicus spinossissimus L·., fleurs blanchâtres; capitules agrégés, en-
tourés de feuilles florales nombreuses, décolorées, longues, pinnatifides, épineuses; involucre n
écailles longuement épineuses; feuilles à segments lobés pourvus d'épines longues, jaunes, vulné-
rantes; 2 à 4 décimètres, — Alpes du Dauphiné, bord dos ruisseaux;

C. glabrum DC., capitules agrégés, à feuilles florales, nombreuses, longues, très épineuses;
involucre à écailles brièvement épineuses; feuilles coriaces, glabres, à lobes courts, avec une épine
jaune, forte; 1 à 3 décimètres, — dans toutes les parties liantes des Pyrénées.

Cirse laineux, C. eriophorum Scop; Carduus eriophorus L.

Chardon laineux, Chardon aux ânes.

Fleurs purpurines ou blanches, en capitules volumineux, solitaires, munis quelquefois de
courtes feuilles florales. Involucre globuleux, fortement aranéeux, à écailles étroites, dentées aux
bords, à pointe terminale longue, très étalée, spinuleuse. Feuilles liérissées-spinuleuses en dessus,
fortement blanches-tomenteuses en dessous, à segments longs, trifides, à lobes divergents, pour-
vus d'une épine jaunâtre assez longue; les supérieures demi-embrassantes, les radicales très
grandes. Tige très rameuse, de 10 à 15 décimètres. Bisannuelle.

Espèce fort répandue, se montrant dans les lieux secs et montueux de presque toute la
France, notamment dans les contrées montagneuses du Midi et du Centre; elle vient surtout en
abondance sur les terrains qui ont été fumés et se montre ainsi parfois dans les prairies et champs
cultivés de la Beauce et de la Normandie. Est recherchée, avant le développement de ses fleurs,
par les chevaux, les ânes et les vaches.

C. odontolepis Boiss., capitules à feuilles florales longues; involucre à écailles non dentées,
— venant en Provence ;

C. ferox DC., Cnicus ferox L., fleurs blanches, capitules à longues feuilles florales; involucre
à écailles linéaires, acumiuées; feuilles coriaces, fortement hérissées en dessus, à segments bilobés,
épineux, les supérieures demi-embrassantes, les radicales petites; 6
h 10 décimètres, — Alpes
du Dauphiné et de la Provence, Cévennes, Pyrénées-Orientales;

C. echinatum DC., fleurs purpurines; involucre à écailles avec une pointe courte, fortement
arquée en dehors; plante trapue, de 2 à 3 décimètres, — régions sèches du Midi;

C. italicum DC., capitules le plus souvent agrégés, h feuilles florales longues; feuilles à dé-
eurrence brusquement arrêtée, — Midi, Corse.

-ocr page 368-

34 ü COMPOSEES.

Cirse lancéolé, C. lanceolatum Scop, Carduus lanceolatus L.

Fleurs purpurines, en capitules assez gros, solitaires. Involucre ovoïde, velu, à écailles ter-
minées en une longue pointe triquètre, étalée-dressée. Feuilles spinuleuses en dessus , poilues en
dessous, à segments inégaux, écartés, divisés en lobes étroits, lancéolés, divariqués, tous épi-
neux; les supérieures longuement décurrentes, en aile large, sinuée, épineuse. Tige grosse, ailée,
rameuse, de 10 à 15 décimètres. Bisannuelle.

Commun dans toute la France, ce Cirse se montre aux bords des oliamps et des chemins,
dans les décombres et les lieux incultes, où il se trouve souvent réuni au
Carduus nutans. 11 peut
être de même consommé par le bétail après préparation convenable.

C. crinitum Boiss., capitules très volumineux; involucre globuleux, à écailles étalées-arquées
supérieurement, — bords de la Méditerranée.

Genre ARTICHAUT. — CYNARA Vaill.

Fleurs bleues, toutes égales, hermaphrodites, en capitules très gros, solitaires, sur un récep-
taole charnu, fibrillifère; —
involucre globuleux, à éoailles coriaces, entières, terminées par une
épine; —
akène tétragone, légèrement comprimé, surmonté d'une aigrette k poils plumeux, —
Feuilles pinnatifides, à segments décurrents sur le pétiole ; — tige dressée, cannelée, rameuse.

Genre renfermant deux espèces seulement, considérées par quelques
auteurs comme n'en formant qu'une seule ; toutes deux vivaces et cultivées
comme plantes potagères.

Artichaut cardon, C. cardunculus L.

Involucre à écailles lancéolées, terminées par une forte épine étalée. Feuilles bi-pinnatifides,
à longues épines jaunâtres. Taille de 10 à 15 décimètres.

Originaire de l'Europe méridionale, cette espèce vient spontanément dans les diverses régions
escarpées et en friches du Midi. La plus grande de nos plantes potagères, elle est cultivée pour
ses feuilles, dont les nervures et les pétioles, développés par la culture et blanchis par étiolement,
forment un bon légume. — On en distingue plusieurs variétés.

Artichaut commun, C. scohjmus L.

Involucre à folioles ovales, charnues à la base, échancrées et mucronées au sommet. Feuilles
pinnatifides, très amples Taille de 8
à 12 décimètres.

Cette espèce, que l'on suppose également d'origine méridionale, ne vient point spontanément
en France. Elle est cultivée pour son capitule, que l'on cueille avant l'épanouissement des Heurs,
et dont on mange le réceptacle oharnu et concave, en même temps que la partie inférieure des
écailles. Ses feuilles et ses tiges, amères et toniques, forment un bon fourrage pour les vaches,
qui les mangent avec avidité. On les a conseillées oomme fébrifuges et diurétiques.

Genre PICNOMON. — PICNOMON Lob.

Fleurs purpurines, toutes égales, hermaphrodites, en capitules solitaires ou agrégés, à récep-
tacle charnu, fibrillifère; —
involucre k écailles coriaces, munies d'un appendice linéaire, renversé,
penné; —
akènes lisses, en aigrette à soies plumeuses, formant un anneau a 5 angles.

Le p. acarna Cass., Cnicus acama L., seule espèce du genre, à feuilles longues, linéaires,
lancéolées, dentées-épineuses, décurrentes sur la tige, haute de 3 à 5 décimètres, — vient dans
es lieux stériles de la région méditerranéenne et du Sud-est. Sans usages.

-ocr page 369-

composées. 353

Genre CARDONCELLE. — CARDUNCELLUS Adans.

Fleurs bleues, toutes égales, hermaphrodites, en capitules solitaires, sur un réceptacle à pail-
lettes courtes, sétacées; —
involucre à écailles herbacées, épineuses au sommet; — akènes tétra-
gones, avec aigrette à poils brièvement plumeux. —
Feuilles pinnatipartites, à segments lancéolés-
linéaires, terminés par une épine molle, en rosette; —
tige souvent nulle.

Genre ne comprenant que deux petites espèces indigènes, vivaces et sans
emploi, bien que pouvant être consommées jeunes par le bétail :

Le C. Monspeliensium AU., Cartliamus carduncellus L., involucre à écailles épineuses sur les
bords, avec forte épine terminale; feuilles coriaces, — coteaux calcaires du Sud-est ;

Le C. mitissimus DC., Cartliamus mitissimus L., involucre avec écailles à épine molle ou nulle;
feuilles molles, -— assez répandu sur les coteaux calcaires du Sud-ouest, de l'Ouest et du Centre.

Genre ONOPORDE. — ONOPORDON Vaill.

Fleurs ordinairement purpurines, toutes égales, hermaphrodites, en capitules volumineux,
solitaires, sur un réceptacle charnu, il alvéoles profondes, bordées d'une membrane dentée ; —
■involucre globuleux, à écailles dures, rudes aux bords, atténuées en épine triquètre; — akènes
comprimés, anguleux, striés, avec aigrette fauve, à poils à peine plumeux. — Feuilles blanchâ-
tres, tomenteuses, lobées ou pinnatifides, dentées, épineuses.

Genre ne renfermant qu'un petit nombre d'espèces, toutes bisannuelles,
propres surtout aux lieux stériles du Midi, et dont une seule commune.

Onopobde acanthoïde, 0. acanthiwn L.

Chardon à feuilles d'acanthe, C. acanthin, Chardonnelte, Artichaut sauvage, Pet-d'âne, Pédant·,

Épine blanche

Involucre aranéeux, à écailles très nombreuses, presque linéaires, très étalé au sommet, que
termine une épine vulnérante. Feuilles grandes, ovales-oblongues, sinuées-anguleuses, les supé-
rieures longues et décurrentes, les radicales pétiolées. Tige raide, rameuse au sommet, munie,
dans toute son étendue, de 2.3 ailes larges, foliacées, continues, épineuses, lîaeine fusiformc,
assez grosse. Plante couverte de longs poils blancs, haute de 5 à 15 décimètres.

Espèce croissant dans toute la France, et surtout commune dans les lieux incultes, au bord
des routes et des fossés, autour des villages, où, par ses larges feuilles radicales, elle occupe
toujours un grand espace. Elle est refusée par les animaux, sauf par les ânes qui la broutent avec
avidité. Elle peut servir encore à la nourriture de l'homme, par sa racine, bonne et douce il
manger, et par ses réceptacles, qui ont presque le goût de l'artichaut. Ses graines constituent,
une excellente nourriture pour la volaille, et, de plus, contiennent une huile grasse abondante,
bonne pour l'éclairage. Ses tiges, en outre, peuvent être employées comme combustibles, et ses
cendres, contenant beaucoup de potasse, donnent un bon amendement. Enfin, les poils de la tige,
raclés et desséchés, forment un duvet inflammable servant d'amadou en Espagne et en Afrique.
L'Onoporde acanthoïde est donc une plante dont ou pourrait tirer quelque parti ; néanmoins, l'on
se borne généralement à l'arracher des champs où elle se montre.

Les autres espèces, plus rares, sont :

L'O. tauricum Willd., 0. virens DC., involucre pubescent-glanduleux, à écailles violacées,
très étalées au sommet ; feuilles grandes, lancéolées, irrégulièrement anguleuses, décurrentes,
devenant vertes; tige de 3 à 5 décimètres, — depuis longtemps naturalisé dans le Midi ;

L'O. illyricum L., involucre à écailles réfléchies au sommet; feuilles lancéolées, pinnatifides,
les caulinaires plus étroites, décurrentes ; tige de 5 il 15 décimètres, —venant dans le Midi et
l'Est, dans les lieux stériles, au bord des routes;

23

-ocr page 370-

34 ü COMPOSEES.

L'O. acau/e L., fleurs blanches; involucre glabre, à écailles étalées-dressées, à longue épine;
feuilles presque toutes radicales, en rosette, très grandes, pinnatifides, à lobes larges, triangu-
laires; tige très courte, faisant paraître les capitules sessiles au centre do la rosette des feuilles,
— croissant dans les diverses régions des Pyrénées ;

L'O. arabicum L., exotique, — cultivé dans les jardins pour ses larges feuilles blanches et
ses grosses têtes de Heurs.

Genre NOTOBASIS. — NOTOBASIS Cass.

Fleurs purpurines, les externes stériles, en capitules presque sessiles, entourés de feuilles
florales, sur un réceptacle charnu, pailleté; —
involucre subglobuleux, aranéeux, à écailles épi-
neuses; —
akènes comprimés, courbés, avec aigrette à poils plumeux sur 2 rangs.

Une seule espèce,

Le N. syriaca Cass., Carduus syriacus L., feuilles luisantes, veinées de blanc, sinuées, épi-
neuses, embrassantes, auriculées ; tige de 3 il ti décimètres, annuelle, — espèce propre à la
Corse et à l'Algérie.

4' Trtl)u. — CENTAURIEKS.

Fleurs sans involucre partiel, toujours hermaphrodites au centre du
capitule. Étamines à filets libres. Aigrette persistante, à poils souvent paléi-
formes, libres jusqu'à la base, rarement caduque ou nulle. — Tribu compre-
nant les genres suivants :

I Aigrette caduque, poils extérieurs brièvement soudés à

I la base — Fleurs toutes égales........................................Cnicus.

/ Fleurs l

clela ),. . , | Fleurs toutes égales....................................Crupina.

circonfér. < Aigr. persist., l e

stériles J à poils J pjeurs / Involucre à écailles nues. .. Mickoloncfiur.
in I I entièrement ) . ,
W 1 I libres I mar8ma'es

S \ [ rayonnantes f Invol. à écaill, appendiculées Centaure a.

< \ ! Invol. à i Aigrette paléacée........................................Centaurium.

>5 I l écailles \

ri I , ■ 'entières, i .. (Ombil. basil aire—Invol. ovoïde. Serratula.
- I .Aigrette ^ 'J Aigrette*

Fleurs ] '10isi9t' ) épineus.f Poilue f Ombil. latéral — Invol, hémisphér. Rhaponticum.
toutes \ !

fertiles J Invol. à écaill. pinnatifid., épineus.—Aigr. paléacée Kentrophylli m.

\ Aigrette nulle — Involucre à écailles épineuses......................Carthamtts.

CNICUS vaill.

Genre GNIGAUT.

Fleurs toutes égales, celles de la circonférence stériles ; réceptacle à paillettes filiformes; —
involucre ovoïde, à écailles épineuses, les externes plus grandes, foliacées, dépassant les fleurs;

•Y

-ocr page 371-

COMPOSÉES. 355

— akènes cylindriques, striés, à aigrette caduque, sur 2 rangs, l'externe formée de soies denti-
eulées, très brièvement soudées en anneau à la base, l'interne plus courte.

Une seule espèce.

Cnicaut commun, C. benedictus L.

Chardon béni.

Fleurs jaunes, en capitules volumineux, solitaires. Feuilles vert-pâle, pubescentes, épineuses,
à nervures blanches, saillantes et anastomosées, sinuées-dentées ou pinnatifides, les caulinaires
sessiles et brièvement décurrentes , les radicales pétiolées. Tige laineuse, à rameaux divariqués,
feuillés jusqu'au sommet. Taille de 2 à 4 décimètres. Annuel.

Espèce assez commune dans les régions méridionales de la France. Toutes ses parties offrent
une amertume caractérisée qui ont fait conseiller l'emploi de cette plante, des fleurs et des semen-
ces notamment, comme fébrifuge, sudorifique et apéritive ; ses propriétés supposées lui ont même
fait donner le nom sous lequel elle est communément désignée. L'usage du Chardon béni, à ce
point de vue, est aujourd'hui abandonné; mais on peut, dans l'économie rurale, en tirer le même
parti que des autres Chardons.

Genre CRUPINE. — CRUPINA Cass.

Fleurs toutes égales, celles de la circonférence stériles, réunies en très petit nombre sur un
réceptacle
à paillettes linéaires; en capitules solitaires ; — involucre presque cylindrique, à écailles
lancéolées, entières; —
akènes poilus, à aigrette sur 2 rangs, l'externe formé de poils fauves,
très inégaux, l'interne plus court.

Deux espèces assez peu répandues, annuelles, sans usages :

Le C-. vulgaris Cass., Cenlaurea crupina L., fleurs purpurines, par 2.3 dans chaque capitule;
feuilles hérissées, piunatipartites, à segments linéaires; taille de 3 à (i décimètres, — venant dans
les lieux stériles des provinces méridionales ;

Le C. Morisonii Bor., fleurs par 9.15 dans chaque capitule, — venant en Corse.

Genre MICROLONCHUS. — MICROLONCHUS DC.

Fleurs de la circonférence stériles, rayonnantes, sur un réceptacle pailleté ; — involucre ovoïde,
glabre, à écailles ovales, larges, jaunâtres; —
akènes comprimés, ridés, avec aigrette persistante,
double, l'externe formée de soies libres jusqu'à la base et sur plusieurs rangs; l'interne réduite à
une écaille unilatérale plus longue que l'externe.

Une seule espèce, bisannuelle, sans usages :

Le M. salmanticus DC., Centaurea salmantica L., fleurs blanches ou purpurines, en petits
eapitides solitaires; feuilles caulinaires entières, linéaires-dentées, les inférieures laciniées, à seg-
ments dentés, — se montrant assez communément dans les lieux stériles du Midi, en même temps
que les Chardons.

Genre CENTAURÉE. — CENTAUREA L.

Fleurs de la circonférence stériles, ordinairement plus grandes, rayonnantes ; réceptacle à
paillettes sétacées, en capitules solitaires an sommet des rameaux ; —
involucre à écailles imbri-
quées , munies d'un appendice, tantôt terminal, tantôt se prolongeant sur les bords de l'écaillé,

-ocr page 372-

34 ü COMPOSEES.

et généralement cilié, mntique ou épineux ; — akènes oblongs, comprimés latéralement, lisses,
pourvus d'une aigrette persistante, formée de poils paléiformes libres jusqu'à la base, disposés sur
plusieurs rangs, l'interne à poils plus courts, connivents; cette aigrette quelquefois nulle, —
Feuilles
ordinairement étroites, entières ou divisées, les supérieures sessiles, les inférieures pétiolées.

Genre comprenant un très grand nombre d'espèces, beaucoup apparte-
nant à l'Europe, principalement aux contrées du Midi, le reste aux régions
chaudes des autres parties du monde. Plusieurs d'entre elles sont très com-
munes en France et croissent surtout dans les lieux secs et arides, aux bords
des champs et des chemins, sur les pelouses de montagnes. Quelques espèces
seulement habitent les prairies et peuvent être considérées comme fourragè-
res. Elles sont rustiques, ne craignent point la sécheresse, poussent rapide-
ment après avoir été coupées ou pâturées et contiennent un principe amer
qui en l'ait une nourriture salubre, recherchée môme par les animaux. Mais,
vu leur précocité, elles sont presque toujours passées au moment de la fau-
chaison et ne fournissent au foin que leurs tiges dures, que refuse le bétail.
Aussi sont-elles, en général, dans les prés, à moins qu'on ne puisse les
faucher de bonne heure, plus nuisibles qu'utiles. Quelques-unes même, mu-
nies d'épines, sont, toujours repoussées. — Outre ces espèces indigènes, on
cultive, dans nos contrées, un certain nombre d'espèces exotiques; mais elles
figurent exclusivement dans les jardins, comme plantes d'ornement.

Les espèces, naturellement fort nombreuses du genre Centaurca, ont été
multipliées encore par les auteurs, qui en ont fait de nouvelles avec beaucoup
de plantes que l'on peut considérer comme de simples variétés ou des hybri-
des des espèces principales. — Voici le tableau de celles d'entre elles, crois-
sant en France, (fui paraissent le mieux caractérisées :

Appendice^ nûs j

/ Appendice \ «on
i développé, 1 réfléchi
\ non
Appendice beurrent
terminal <
distinct I

Appendice réfléchi.

I Append, très petit, triangul., non décurr.
\ Append, déeurr. jusqu'à la base de l'écaillé

Ap. à cils bruns, courts.

dée'urr! j c^curren. j Ap à ci]g Wancg) ]ongs_
, jusqu'à < ,

Append.pbasedei FeuiL SUP· ''»«'air. entièr.

I bordant / l'écaillé f d™",r j Feumes 3Upé),_ ]oMes

Ecailles de l'invol,
à appendices
j cornés, épineux

i Feuilles

'écaille

Append, triangul., très brièvement décurrent.^
— Feuilles non décurr.. à bords roulés^

Appendice décurrent jusqu'à la base de l'écaillé

Ì Feuilles non décurrent.
Aigrette nulle

Feuilles décurrentes
Aigrette longue
11011 \ ,
décurrent j Append, bordé ^ Fenili, décurrentes |
I d'épines . .

L.
I..
Willd
1..
Rail).
I,.
I..
W illd.
I.ill
I,.
L.
Jord,
Willd,
I..
I.in.
I..
I.
Liu,
Pourr,
Jord.
Jord.
L
L
DC.
L.
!..
L.
I..
L.
L.

! Ak [ App. frangé
App. entier
Appen, cilié

Ak. avec aigrette, <

JACEA

Amara

NlfittESCENS

Nigiia

Procumbens

Pectinata

Uni flora

Nervosa

tnlybacca

Pullula

MONTANA

Luyduncnsis

Axillaris

CYANlS

Variegata

scabiosa

PaMculata

Maculosa

C.orytnbosa

Polycephata

Leucopha-a

Com.isa

CALCITRAPA

Myacunlha

s0j.sti1iai.i8

Mclitensis

Xapifolin

Sonc/iifolia

ASPtKA

Spliœrorephala

I Ecailles
jdel'involucre
à appendices/
oiliés, 1
non épineux

a

3

H

O
w

X
H

^ presq. égales I Fenili, non déeurr. j

Ml

-ocr page 373-

COMPOSÉES. iO 357

CENTAURÉE JACÉE. — V. JACEA L.

Noms vulgaires. — .lacée des prés, Centaurée des prés, Trésor des prés, Herbe du Centaure.

Bouquet du foin, Téte-de-Moineau, Rliapontic vulgaire.

Fleurs purpurines, rarement blanches, eu capitules quelquefois géminés, entourés rte quel-
ques feuilles florales. — Involucre globuleux ; appendices bruns, appliqués, orbiculaires, concaves,
plus grands que l'écaillé, frangés, irrégulièrement, ciliés. — Akènes blanchâtres, sans aigrette. —
Feuilles fermes, toujours vertes, velues, lancéolées, les supérieures entières ou dentées à la base;
les inférieures sinuées ou pinnatitides. — Tige dressée, rameuse seulement, cannelée, remplie
de moelle, à rameaux épais, courts, dressés. — Taille de 3 à 6 décimètres. — Vivace.

Espèce lbrt commune au nord et au centre de la France, plus rare dans
le Midi, et se montrant dans les prés secs, sur les pelouses de montagne,
dans les bois peu touffus, le long des chemins, c'est-à-dire presque partout,
excepté dans les marais et les sables très arides. Quand elle est jeune, la
Jacée est mangée par tous les bestiaux, auxquels ses feuilles fournissent un
bon fourrage, qui repousse très vite; mais ils la refusent dès qu'elle com-
mence à fleurir. Fort répandue dans certaines prairies, où ses longues raci-
nes pivotantes lui donnent le moyen de résister longtemps à la sécheresse,
elle peut être utile parfois pour fournir un pâturage recherché des bêtes à
laine, à une époque où les chaleurs prolongées s'opposent au développement
des graminées ou des autres espèces de prairies. Aussi V. Yvart, sans la
qualifier, ainsi que le faisait Gretté de Palluel, de
Trésor des prés, la considé-
rait-il comme avantageuse pour les prairies non aquatiques, où elle se pro-
page facilement, et peut fournir un fourrage abondant et de bonne qualité
lorsqu'elle est fauchée de bonne heure et convenablement mélangée avec les
graminées. On pourrait en semer alors, par hectare, de 8 à 10 kilog. de grai-
nes. Mais le plus souvent, dans les prés à faucher, elle est nuisible, à cause
des tiges dures et peu feuillées, des capitules scarieux qu'elle laisse dans le
foin, et parce que sou abondance est presque toujours l'indice d'une terre
fatiguée qu'il est temps de labourer et de mettre en culture.

Espèces voisines et assez communes :

Le C. amara L., C. serotina I5or., fleurs marginales brièvement rayonnantes, en capitules
toujours solitaires; involucre ovoïde; appendices entiers ou fendus; feuilles cotonneuses, les supé-
rieures linéaires; tige à rameaux grêles, étalés, de 5 à 10 décimètres. — Plante à formes très
variables, remarquable spécialement par l'époque tardive de sa floraison, même dans le Midi, et
commune dans toute la France; elle vient dans les lieux secs et arides, sur les coteaux, le long
des bois, et peut être utilisée comme fourragère dans les mêmes circonstances que la Jacée.

Le C. nigrescens Willd., C. pratensis Thuill., involucre à écailles brunes; appendices dressés,
ovales-lancéolés, ciliés ; feuilles variables. — Intermédiaire entre la Jacée et la suivante, cette
espèce se rencontre communément dans les prés et les bois d'une grande partie de la France, du
nord-est au sud-est, et possède les propriétés de l'une et de l'autre.

Le C. nigra L., fleurs souvent toutes tubuleuses et fertiles, eu capitules volumineux; appen-
dices appliqués, noirs ou bruns, lancéolés, entourés de longs cils; feuilles rudes, vertes, mucro-
nées, les supérieures étroites, entières, les inférieures sinuées-dentées ; tige dressée, de 4 à 8 dé-

-ocr page 374-

COMPOSÉES. iO 374

cimètres. — Espèce commune dans toute la France, habitant les prairies, les bois des terrains
siliceux, les haies et les buissons ; croissant, en général, aux mêmes lieux que la Jacée, elle
participe de ses qualités et de ses défauts et peut être utilisée de la même façon.

Se montrent plus rarement :

Le C. procumbens Balb., appendices arqués en dehors; feuilles blanches, cotonneuses, ondu-
lées, embrassantes ; tige couchée, — venant en Corse ;

Le C. pectinata L., fleurs ordinairement toutes égales; involucre ovoïde, à appendices fau-
ves, étroits, plus longs que l'écaillé, réfléchis, longuement ciliés-pennés; feuilles cotonneuses, les
supérieures embrassantes, auriculées, entières ou dentées, les inférieures lyrées; tige ascendante,
de 2 à 4 décimètres, — assez abondante dans les lieux arides de tout le midi de la France ;

Le C. uniflorab., fleurs de la circonférence rayonnantes; feuilles arrondies à la base, non
auriculées; tige simple, dressée, ne portant jamais qu'un seul capitule; 1 à 4 décimètres, —
hautes prairies des Alpes du Dauphiné et de la Provence ;

Le C, nernosa Willd,, feuilles parsemées au-dessus de petites glandes dorées, les supérieures
tronquées ou auriculées à la base; tiges nombreuses, ne portant chacune qu'un seul capitule, —
mêmes lieux que la précédente ;

Le C. intybacea Lm., fleurs purpurines, toutes égales, en capitules nus; appendices fauves,
petits, bordés de 7.11 cils égaux; akènes arqués, il aigrette longue, caduque; feuilles glabres,
les supérieures linéaires, les inférieures lyrées; tige frutescente à la base, de 5 à 10 décimètres,
— lieux secs de la région méditerranéenne;

Le C. pullata L., fleurs bleues, blanches ou purpurines, en capitules entourés de longues
feuilles florales; involucre il écailles très aiguës; appendices petits, formant à toute l'écaillé une
bordure noire crénelée-ciliée; feuilles lancéolées, les supérieures presque nulles, les inférieures en
rosette; tige simple ou nulle, de 5 à 20 centimètres, — mêmes lieux que la précédente.

Centaurée des montagnes, C. montana L.

Grand bleuet, Barbeau vivace.

Fleurs de la circonférence bleues, très grandes, celles du centre purpurines, en capitules très
grands. Involucre ovoïde; appendices formant à l'écaillé une large bordure noire, incisée, garnie
de cils bruns, courts. Feuilles molles, lancéolées, les supérieures entières, acuminées, longuement
décurrentes. Tige dressée, do 2 il 4 décimètres. Racine stolonifère.

Une des plus belles espèces indigènes du genre, cette plante se rencontre communément
dans les bois et sur les pelouses élevées de diverses contrées de la France, principalement dans
les Alpes et les montagnes du Centre, où on la voit quelquefois couvrir des espaces considéra-
bles. Les sols volcaniques et les pentes herbeuses des montagnes exposées aux brouillards sont
particulièrement favorables à son développement. Les bestiaux paraissent la rechercher, et, en se
desséohant, elle donne un bon fourrage. — Elle est aussi cultivée comme plante d'ornement.

Espèces voisines :

Le C. Lugdunensis Jord., capitules moins grands ; appendices à cils plus longs; feuilles briè-
vement décurrentes; racine non stolonifère, — venant dans les environs de Lyon et quelques
autres régions de l'Est ;

Le C. axillaris Willd,, appendices à cils blancs, longs; feuilles longuement décurrentes:
racine stolonifère; taille de 2 à 3 décimètres, — hautes prairies des Alpes.

Centaurée hleuet, C. cyanus L.

bluet, Blavet, Blavette, Blavelte, Blaverolle, Blavéole, Bavéote, Barbeau, Boufa, Aubifoin, Aubiton,
Casse-lunettes, Carconille, Chevalot, Pérole, Fleur de Zacharie.

Fleurs de la circonférence bleues, celles du centre purpurines. Involucre ovoïde ; appendices
formant à l'écaillé une bordure étroite, brune, dentée, à cils courts argentés au sommet. Akène
ii aigrette fauve, égalant la graine. Feuilles molles, cotonneuses, les supérieures linéaires, entiè-
res, terminées en pointe fine, non décurrentes ; les inférieures pinnatipartites, à segments linéai-
res. Tige dressée, à rameaux grêles. Taille de 3 à 10 décimètres. Bisannuelle.

Espèce venant dans toute la France, et fort répandue dans les moissons, souvent aussi dans

-ocr page 375-

COMPOSÉES. iO 359

les prés secs et dans les prairies artificielles, vivaees. Elle abonde surtout dans les terrains secs,
légers, sablonneux ou caillouteux, et domine parfois dans les champs au point de réduire nota-
blement la récolte principale, en mêlant plus ou moins, à la paille donnée aux bestiaux, ses tiges
dures et desséchées. Fleurissant une grande partie de l'année et se ressemant de lui-même, le
Bluet est toujours, dans ces cas, difficile à détruire autrement que par l'adoption d'un bon asso-
lement avec cultures sarclées. C'est donc une plante nuisible dans les champs où elle abonde,
bien que ses tiges et ses feuilles, amères et astringentes, soient mangées avec plaisir par les
vaches et les brebis, ainsi que par les porcs. — On préparait autrefois, avec ses fleurs, une
essence employée pour les maladies d'yeux et reconnue aujourd'hui être sans action. Enfin, le
Bluet sert comme plante d'ornement, d'un bel effet dans les parterres.

Espèces voisines :

Le C. variegata Lm., C. seusana Chaix, appendices formant une large bordure brune, avec
cils longs, argentés; feuilles toutes linéaires-aiguës, I à 3 décimètres, — propre aux Alpes du
Daupliiné et de la Provence ;

Le C. scabiosa L., fleurs toutes purpurines, en gros capitules; appendices formant une large
bordure noire, à cils flexueux, courts; feuilles d'un vert foncé, toutes pinnatipartites, les supé-
rieures embrassantes, les inférieures très inégalement divisées; 2 si 8 décimètres, — espèce com-
mune dans toute la France, principalement dans le Midi, venant dans les lieux stériles, les bords
des champs, des bois et des chemins, ainsi que les cultures et moissons des terrains argilo-
calcaires ;

Le C. paniculata L., fleurs purpurines ou blanchâtres, en capitules petits, groupés en une
panicule allongée, lâche, étalée, rameuse; appendices fauves, très petits, triangulaires, briève-
ment décurrents sur l'écaillé, à cils peu nombreux; feuilles fortement ponctuées, laineuses, pin-
natifides, les supérieures il lobes étroits, roulés par les bords, les radicales subdivisées; 3 à fi déci-
mètres, — espèce s'étendant dos régions de l'Est, sur les bords de la Méditerranée, dans les
Pyrénées-Orientales et sur les graviers de la vallée de la Garonne, et habitant les lieux secs et
stériles, les coteaux, les champs;

Le C. maculosa Lm., espèce très voisine de la précédente; capitules pins gros; appendice à
cils fléchis en dehors, — commune sur les coteaux, les pelouses sèches des régions de l'Est et
du Centre, et au bord des routes et des rivières dans le Midi.

Autres espèces très voisines et beaucoup plus rares : le C, corymbosa. Pourr., Heurs en
corymbe irrégulier; tige presque ligneuse à la base ; habitant quelques parties du Midi, les fentes
de rochers ; — le C.
polycephala Jord., capitules en large panicule corymbiforme divariquée;
appendice à épine raide, longue; venant dans le Sud-est; —le
C. leucophaa Jord., fleurs rosées,
feuilles à lobes plans; venant sur une région assez étendue, du Jura aux Alpes et aux Pyrénées-
Orientales.

C. collina L., fleurs jaunes, en capitules volumineux, avec 1.2 feuilles florales; appendices
bordant l'écaille, cilié, épineux ; feuilles fermes, pinnatipartites, les supérieures non décurrcntes :
tige dressée, de 3 à 6 décimètres , — venant assez communément dans les champs et sur les
coteaux des provinces du Midi.

CENTAURÉE CHAUSSE-TBAPE, — C. VA LC1WAPA L.

Nom vulgaire. — Chardon étoile.

Fleurs purpurines, toutes égales, en capitules nombreux, entourés de feuilles florales, grou-
pés sur de très courts rameaux, épais, axillaires. — Involucre ovoïde, à écailles très coriaces;
appendice pâle, penné, muni d'une épine terminale très longue, très forte, étalée, canaliculée, et
de plusieurs épines latérales beaucoup plus petites, — Akènes sans aigrette. — Feuilles molles,
pubescentes, pinnatipartites, à lobes linéaires, dentés; les raméales supérieures entières. — Tige
dressée, très rameuse, formant buisson. — Taille de 2 à 4 décimètres, — Bisannuelle.

-ocr page 376-

360 COMPOSE ES.

Espèce très commune dans presque toute la France, habitant les pelou-
ses et lieux stériles, les champs incultes, les bords des chemins, et assez
abondante parfois pour gêner le passage des animaux et les empêcher de
pâturer. Elle fleurit jusqu'à la fin de l'automne et fournit d'abondantes récol-
tes aux abeilles. Les poules se nourrissent de ses graines, qui les engrais-
sent, et les mangent après qu'on les a détachées des capitules avec le fléau.
Mais les bestiaux, que repoussent les fortes épines de l'uivolucre, ne touchent
point à la plante. Dans certaines contrées, on utilise, pour les usages de la
table, ses feuilles amères et sa racine épaisse et succulente. Quelquefois même
les enfants mangent, en guise d'artichaut, les écailles un peu amères des
capitules. — L'abondance excessive de la Chausse-t.rape en rend souvent la
destruction nécessaire. On y procède alors, comme pour les autres Chardons,
en coupant, pendant l'hiver, la racine entre deux terres. Cette opération faite
à la fin de l'été, permet d'utiliser les tiges comme moyen de chauffage, d'en
obtenir de la potasse, etc. Mais il n'est point possible de les faire consommer
par le bétail comme les tiges et les feuilles des autres Chardons. La racine,
autrefois très renommée pour le traitement des voies urinaires, et les feuilles,
recommandées comme fébrifuges, sont aujourd'hui inusitées en médecine.

Le C. myacantha DC., espèce très voisine; appendice fauve, à épine centrale moins longue;
feuilles glabres, — se montre assez rarement dans quelques régions do l'Est;

C. solstitialis L., fleurs jaunes, celles de la circonférence plus courtes, sans feuilles florales;
appendices pâles, palmés, prolongés en une épine longue, ferme, très étalée, et 2.3 spinules à la
base; feuilles tomenteuses, presque épineuses au sommet, les supérieures linéaires, entières, lon-
guement décurrentes, les inférieures lyrées-pinnatifides ; 1 à 4 décimètres; annuelle, — plante
commune dans toutes les campagnes du Midi, et venant au milieu des cultures, des moissons,
sur les sables et graviers le long des rivières, se montrant au Nord dans les champs de luzerne;
repoussée aussi du bétail à cause des épines de l'involucre et des feuilles ;

Le C. melitensis L., epèce voisine; fleurs glanduleuses, en capitules, avec feuilles florales quel-
quefois axillaires ; appendice à épine moins piquante ; feuilles vert-foncé, ponctuées ; taille plus
élevée, — se montrant dans les lieux secs du Midi et de l'Est;

C. napifolia L., fleurs purpurines; appendice large, étalé, à épines courtes; feuilles longue-
ment décurrentes; tige presque nue au sommet; 2 à (i décimètres, — Midi, Corse;

C. sonchifolia L., appendice réfléchi; feuilles demi-décurrentes; tige très feuillée au sommet,
—- rochers maritimes de la région méditerranéenne ;

C. aspera L., fleurs purpurines, peu rayonnantes; appendice étalé-réfiéclii, bordé de 3.5 épi-
nos jaunâtres, courtes, presque égales ot piquantes ; feuilles rudes , garnies sur les faces et les
bords d'aspérités calleuses, les supérieures linéaires, sinuées, souvent auriculécs, les inférieures
lyrées; 3 à 8 décimètres; — fort répandue dans les lieux secs et stériles, pierreux ou caillou-
teux, de tout le Midi, de l'Ouest à l'Est; repoussé du bétail;

C. sphœrocephala L., fleurs de la circonférence très rayonnantes; feuilles tomenteuses, les
supérieures embrassantes ; tige flexueuse, — venant surtout en Corse.

Genre CENTAURLUM. — CENTAUR1UM Hall.

rieurs toutes égales et fertiles, en capitules gros, solitaires, à paillettes sétacées; —- involu-
rrii globuleux-unique, à écailles entières, larges, ovales, légèrement scarieuses sur les bords; —

-ocr page 377-

COMPOSÉES. iO 361

akène comprimé latéralement, lisse, à aigrette formée de paillettes libres, persistantes. — Feuilles
profondément pinnatitides ; — tige droite, rameuse, nue au sommet.

Genre confondu par Linné, de Candolle, avec les Centaurées, et présen-
tant un petit nombre d'espèces, dont deux seulement propres à nos contrées.

Centaurium officinal, C. officinale Cass.; Centaurea centaurium L.

Centaurée officinale, C. commune, grande Centaurée.

Fleurs purpurines. Feuilles à segments lancéolés, inégalement dentés en scie, décurrents sur
le pétiole. Taille de <i à 12 décimètres. Vivace.

Se montre sur les hautes montagnes du Midi, dans les Alpes italiennes. La plante entière est
amère et fournit ses fleurs, souvent employées dans les usages médicaux, ainsi que sa racine. Ne
compte guère comme fourragère.

C. aljiinum Cass., fleurs jaunes; feuilles à lobes linéaires, dentés au sommet seulement;
vivace, — montagnes de la Savoie.

Genre SARRÈTE. — SERRA TU LA DC.

Fleurs purpurines, toutes égales, sur un réceptacle à paillettes sétacées; — involucre ovoïde,
ii écailles non épineuses; —
akènes oblongs, glabres, pourvue d'une aigrette persistante, formée
de poils denticulés, libres jusqu'à la base, sur plusieurs rangs, les externes plus courts. —
Feuilles
non épineuses, entières, les supérieures sessiles, les inférieures longuement pétiolées; — tige
dressée.

Genre peu nombreux, dont une seule espèce répandue.

Sarrète des teinturiers, S. Hnctoria L.

Fleurs eu capitules dioïques par avortement, en grappe corymbiformo. Involucre à écailles
violettes au sommet, les extérieures ovales-lancéolées, les intérieures linéaires, très allongées.
Feuilles finement dentées, parfois pinnatifides à la base. Taille de 2 à 8 décimètres. Vivace.

Plante très polymorphe, présentant de nombreuses variétés, et commune dans toute la France ;
elle vient dans les bruyères, les bois et prés couverts, sur les pelouses de montagnes, et fournit
à l'industrie une matière tinctoriale jaune. Elle est recherchée des bestiaux, excepté, dit-on, par
les bêtes à cornes, et, en se desséchant, elle donne un foin dur, que les animaux mangent quand
il est mêlé à d'autres plantes. Espèce devant être détruite, d'ailleurs, plutôt que conservée clans
les prairies et les herbages.

Les autres espèces du genre sont :

Le S. heterophylla Desf., fleurs toutes hermaphrodites et fertiles, en capitules solitaires;
feuilles entières, linéaires, ovales ou pinnatifides; tige simple, feuillée ; vivace, — venant dans
les hautes prairies des Pyrénées;

Le S. nudicautis, différant de la précédente par ses feuilles toujours entières, sa tige nue,
— et se montrant dans les mêmes lieux.

Genre RHAPONTIC. — RIJAPONTICUM DC.

Fleurs purpurines, toutes égales, en capitules très gros, solitaires, sur un réceptacle à pail-
lettes linéaires-sétacées; —
involucre hémisphérique, à écailles très nombreuses, pourvues quel-
quefois d'un appendice; —
akènes obovés, à aigrette simple, persistante, longue, formée de poils
denticulés, sur plusieurs rangs, l'externe plus court. —
Feuilles non épineuses, tomenteuses en
dessous, les radicales longuement pétiolées.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, vivaces et sans importance
économique.

-ocr page 378-

362 COMPOSE ES.

Le H. scariosum Lm. (Sarrète vhapontic), involucre à écailles dilatées en un large appendice
searieux aux bords; feuilles toutes pétiolées, les caulinaires rapprochées vers le bas de la tige,
souvent lyrées, les radicales lancéolées-aiguës, dentées; 4 à 6 décimètres, — espèce se montrant
sur les pelouses du Daupliiné, où les bestiaux la mangent comme la Sarrète commune ;

Le H. helenifolium God., appendice glabre, fendu; feuilles toutes entières, les supérieures ses-
siles, les radicales ovales, très grandes; 10 à 15 décimètres, — croissant sur les hautes Alpes du
Daupliiné et de la Provence ;

Le /(. cynaroïdes Less., Cnicus centauroïdes L., involucre à écailles laciniées aux bords, sans
appendice; feuilles supérieures sessiles, lancéolées, incisées, les inférieures très grandes, pinnati-
partites; 1 mètre, — venant dans les prairies élevées des Pyrénées centrales.

Genre KENTROPHYLLE. — KENTHOPUYLLUAl Neck.

Fleurs toutes égales, en gros capitules solitaires; réceptacle à paillettes sétacées; — involu-
cre
ovoïde, à écailles extérieures foliacées, pinnatifides, épineuses, les intérieures coriaces, linéai-
res, aiguës; —
aliènes gros, presque globuleux, à aigrette persistante, formée de poils paléifor-
mes, libres jusqu'à la base, sur plusieurs rangs, l'interne à poils plus longs, eonnivents. —
Feuilles coriaces, fortement nerviées, pinnatifides, à segments aigus, incisés, épineux, les supé-
rieures sessiles, les inférieures pétiolées; —
tige dressée.

Genre ne comprenant que deux espèces, dont une assez commune.

Kentrophylle laineux, à", lanatum Duby; Carthamus lanatus L.;

A", luteum Gass.

Fleurs jaunes. Involucre à écailles externes étalées, presque semblables aux feuilles caulinai-
res supérieures, les moyennes larges, appliquées. Akènes jaunes, tachés de noir. Feuilles visqueu-
ses, demi-embrassantes. Tige très fouillée. Taille de 3 à 5 décimètres. Annuelle.

Espèce fort commune dans le midi et l'ouest de la France, et croissant dans les lieux stériles,
au bord des routes. Repousse partout le bétail par les épines qui garnissent ses feuilles et ses
capitules, et nuit ainsi aux herbages, comme les chardons.

Le K. cœruleum God., fleurs bleues; involucre à écailles externes sur deux rangs, appliquées:
feuilles non visqueuses, lisses, dentées, — Sud-est, Corse.

Genre CARTHAME. — CARTHAMUS L.

Fleurs toutes égales, en capitules volumineux, agrégés en eorymbe; réceptacle a paillettes
sétacées; —
involucre renflé à la base, à écailles externes herbacées, très grandes, ciliées-épineu-
ses, étalées, les internes drossées; —
akène tétragone, lisse, sans aigrette.

Une seule espèce croissant dans nos contrées.

Carthame des teinturiers , C. tinctorius L.

Safran bâtard, Vermillon de Provence.

Fleurs rouge-oranger. Feuilles coriaces, luisantes, fortement nerviées, lancéolées-aiguës,
dentées-épineuses, les supérieures sessiles, demi-embrassantes. Tige dressée, rameuse, striée.
Plante glabre, do 3 à 5 décimètres. Vivace.

Cette espèce, originaire des pays chauds, ne vient point spontanément en France. Elle est seu-
lement cultivée, dans plusieurs départements du Midi, comme plante tinctoriale pour ses fleurs,
qui fournissent deux principes colorants, l'un jaune et l'autre rouge; celui-ci seul utilisé dans la
teinture et les compositions do toilette. Le Carthame, très amer, a été préconisé comme plante
fourragère à cause de sa précocité ; niais devenant dur et piquant à la maturité, il ne peut être con-

-ocr page 379-

COMPOSÉES. iO 363

sommé que pendant sa jeunesse. Ses fruits, connus sous le nom de graines de perroquet, convien-
nent aux volailles; ils contiennent une huile grasse très amère, qui en avait fait autrefois conseiller
l'usage en médecine.

5c Tribu. — CARL1NÉKS.

Fleurs sans mvolucre partiel, ordinairement toutes égales, hermaphro-
dites et fertiles. Btamines à filets libres au sommet, soudés inférieurement
à la corolle. Anthères pourvues, à la base, de deux prolongements filifor-
mes, et, au sommet, d'un appendice plus ou moins long. Akène à aigrette
poilue, caduque ou persistante, à poils libres ou soudés. — Comprend les
genres suivants :

. Fleurs de la circonférence rayonnantes — Aigrette caduque............. Atractylis.

^ Aigr. à poils soudés en anneau — Kécept, paléolé Saubsdrka.
^ Aigr. à poils tordus en spirale — Récept, alvéolé BehARMA.

Genre ATRACTYLF. — ATRACTYLIS L.

Fleurs de la circonférence un peu plus grandes, rayonnantes, en capitules solitaires; récep-
tacle à paillettes soudées en tube à la base; —
involucre ovoïde, à écailles épineuses au sommet,
dépassant les fleurs, les externes foliacées; —
akènes oblongs, poilus; aigrette caduque, à poils
plumeux au sommet, soudés en anneau à la base.

Deux espèces indigènes :

Le A. humilis L., fleurs purpurines; feuilles coriaces, étroites, pectinées, pinnatitides, épi-
neuses ; tiges nombreuses, simples, ascendantes, de 1 a 3 décimètres ; vivaee, — dans les lieux
pierreux du Midi ;

Le A. cancel ta ta L. (Fuselée), fleurs bleues; feuilles entières; annuelle, — Midi, Afrique.

-ocr page 380-

364 COMPOSE ES.

Genre CARLINE. — CARLINA T.

Fleurs toutes égales, en capitules ordinairement solitaires; réceptacle à paillettes soudées en
tube il la base, lacérées au sommet; —
involucre hémisphérique à écailles externes foliacées, den-
tées-épineuses, les internes allongées, étroites, acuminées, colorées, et rayonnant autour des
Heurs; —
akènes oblongs, poilus, à aigrette caduque, assez longue, formée d'un seul rang de poils
plumeux soudés inférieurement par groupes de 3 ou 4. —
Feuilles incisées , épineuses, fortement
nerviées, blanchi)tres-cotonneuses en dessous ; —
tige dressée ou presque nulle.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces que l'on trouve principa-
lement sur les pelouses et dans les prairies des terrains secs, dans le Midi
notamment. Leurs feuilles dures et épineuses repoussent les animaux quand
la plante est à maturité ou commence à fleurir; mais elles leur plaisent quand
elles sont jeunes. — Voici le tableau de nos espèces indigènes :

Ecailles externes pinnatifides, les internes violacées.
Ecailles externes entières, les internes jaunâtres. . .

Paillettes du récéptacle àdiv. subulées —
Ecailles internes jaunâtres

Paill. du récept. il ( Ecailles intern. jaun .
divis. épaissies ( Ecailles intern. purp.

Feuill. entières — Ecailles intern. jaunes

Tige pq. nulle —
Fenili, pétiolées

<

2
<

a

w

«

s5
W

Capit. solitair. —
Feuill. pinnatif.

Plantes
caulesc.
Feuilles
Itou t. sess.

Capit. agrégés

Acaulis

h.

©

Acanieifoi.ia

Ail.

©

Vulgaris

L.

®

Macrocephala

moris

©

corïmbosa

L.

©

Lanata

I,.

©

Nrbrodensis

Guss.

©


CARLINE SANS TIGE. — C. ACAULIS !..
C. chamœleon Vili.

Noms vulgaires. — Carline noir, Carline changeante, Caméléon noir, Cliardonnerette, Pigneuleu.

Fleurs jaunâtres, en un seul capitule, volumineux, central. — Involucre à folioles externes
pinnatifides, très inégales, les internes très longues, blanches en dessus, violacées en dessous,
ciliées au milieu. — Fouilles étalées en rosette, pinnatipartites, pétiolées. —Tige presque nulle,
faisant paraître le capitule sessile au centre des feuilles, parfois s'élevant jusqu'à 2 décimètres.
— Bisannuelle.

Espèce offrant plusieurs variétés, établies principalement d'après la lon-
gueur de la tige. Occupant un assez vaste rayon, elle s'étend des Vosges et
du Jura, aux Alpes et aux Pyrénées. Surtout commune sur les pelouses
sèches du Dauphiné, elle y est quelquefois assez abondante pour devenir
nuisible par l'espace qu'elle occupe, n'étant utilisée que par les bestiaux, qui
la mangent quand elle est jeune.

Carline a feuilles d'acanthe , C. acanthifolia Ail. ; C. cynara Pourr.

Caméléon blanc, Artichaut sauvage, Chardousse, Ciardousse, Loque, Rabès.

Fleurs en un capitule central large de f5 à 10 centimètres. Involucre à folioles externes en-
tières, toutes égales, lancéolées; les internes très longues, blanches ou jaunes, ciliées. Feuilles
étalées en une large rosette de 5 à 0 décimètres de diamètre, lancéolées-pinnatifides, pétiolées.
Tige toujours très courte, faisant paraître le capitule sessile au centre des feuilles.

Cette espèce, assez commune aussi, habite les Alpes, les Pyrénées et les montagnes du centre
de la France, et vient au milieu des pâturages de ces régions, où elle est broutée par les ani-

-ocr page 381-

COMPOSÉES. iO 365

——————

maux, comme la précédente. Dans ces divers pays, on eu mange, en outre, le réceptacle, qui a la
saveur de l'amande amère, comme celui de l'artichaut; il est même, quelquefois, à cet effet,
apporté sur les marchés. Mais on ne peut faire servir à cet usage que les capitules sauvages, que
l'on sèche pour l'hiver; car la plante, même dans les endroits où elle croît abondamment, ne
souffre pas la culture, et ne peut venir dans les jardins. L'involucre ayant la propriété de se
dilater en temps sec et de se resserrer par l'humidité, fait que l'on emploie encore le capitule dans
les campagnes comme hygromètre. Cette propriété lui est commune avec les autres Carlines.

Carline commune, C. vulgaris L.

Fleurs en capitules nombreux, en corymbe, au sommet de rameaux longs et feuillés. Invo-
lucre à écailles externes terminées par une épine courte, les internes d'un jaune pâle luisant,
eiliées. Feuilles coriaces, pliées en deux, à lobes divariqués, les caulinaires sessiles, embrassantes,
très étalées. Tige rameuse, très feuillée, de 2 à 4 décimètres.

La plus commune du genre, cette espece est répandue dans toute la France, particulièrement
sur les terrains calcaires. Elle habite les lieux incultes des coteaux et de la plaine, les bords des
routes, les pelouses sèches, où les animaux, qui la mangent jeune, la repoussent à la maturité.

Le C. macrocephala Moris, capitules plus volumineux ; écailles à épine très longue, — vient
dans les régions les plus méridionales ;

C. corymbosciL,, écailles externes à épine courte et- forte, les internes ovales, d'un beau
jaune, non ciliées; feuilles et tige comme le
C. vulgaris; — vient dans tout le Midi, de l'est à
l'ouest, et habite les lieux incultes, les pelouses sèches ;

C. lanata L,, écailles externes à épine longue, les internes purpurines sur les deux faces, non
ciliées-, feuilles caulinaires dressées, laineuses sur les deux faces, — habite les lieux stériles et
secs de toute la région méditerranéenne ;

C. nebrodensis Guss., capitules assez grands, au nombre de 1.5 sur une même tige; écailles
externes à épine longue, les internes d'un blanc jaunâtre; feuilles planes, entières, lancéolées,
de 3 à 5 décimètres, — se rencontrant surtout dans les prés élevés des Arosges et des montagnes
d'Auvergne.

Genre STÉHÉLINE. — STsEUELINA DC.

Fleurs toutes égales, en capitules solitaires ou géminés, entourés de feuilles florales ; récep-
tacle
à paillettes étroites ; — involucre cylindrique, à écailles lancéolées-aiguës, entières, inermes,
appliquées; —
akènes striés; aigrette caduque, très longue, formée de poils lisses, soyeux, blancs,
soudés en plusieurs faisceaux.

Une seule espèce indigène :

Le S. dubia L., fleurs purpurines, entourées d'un involucre rouge-rose; feuilles vert-cendré,
blanches-tomenteuses en dessous, linéaires, entières ou faiblement sinuées-dentées ; tige ligneuse,
tortueuse ii la base, très rameuse et feuillée; 2.4 décimètres, — propre à tout le Midi, abondant
surtout dans les vallées pyrénéennes jusqu'aux approches des montagnes du Centre; ne peut
fournir au bétail que des produits secs et ligneux, peu nutritifs, par conséquent.

Genre JURINÉE. — JUB1NEA Cass.

Fleurs toutes égales, en un capitule unique, volumineux; réceptacle à paillettes frangées; —
involucre il écailles linéaires-aiguës, inermes; — akènes tétragones, écailleux ; aigrette caduque,
formée de poils raides, dentelés, brièvement soudés en anneau (i la base.

Deux espèces indigènes, vivaces :

-ocr page 382-

366 COMPOSE ES.

J. Bocconi Guss., Serratula humilts DC. (Chardon mou), fleurs rosées; écailles extérieures
réfléchies au sommet; feuilles vert-cendré, blanches-tomenteuses en dessous, pinnatipartites,
presque toutes radicales, en rosette; tige simple, très courte, souvent nulle; vivace, — se mon-
trant sur les coteaux arides des bords de la Méditerranée, des Cévennes; peu fourragère;

J. Pyrenaïca God., capitules plus petits; involucre à écailles toutes appliquées; feuilles moins
divisées, — vallées élevées des Pyrénées centrales.

Genre LEUZÉE. — LEUZEA DC.

Fleurs toutes égales en un capitule solitaire, volumineux; —involucre ovoïde, à écailles iner-
mes, pourvues d'un appendice terminal, large, orbiculaire, plus ou moins fendu, fauve ou brun;
— akène à aigrette caduque, formée de poils fins, plumeux, sur plusieurs rangs, brièvement sou-
dés en anneau à la base.

Une seule espèce indigène :

L. conifera DC., Centaurea eonifera L., fleurs purpurines; feuilles blanches-tomenteuses en
dessous, pinnatifides, à lobes entiers, mueronés; tige redressée, ordinairement simple; 1 il 4 déci-
mètres; vivace, — lieux secs et pierreux du Midi; peu nutritive.

Genre CHAMiEPEUGE. — CHAMAiPEUCE Pros. Alp.

Meurs toutes égales; capitules agrégés en grappe spiciforme; — involucre à écailles entières,
lancéolées, épineuses au sommet; —
akènes subglobuleux, lisses; aigrette caduque, à poils plu-
meux sur plusieurs rangs, soudés en anneau à la base.

Une seule espèce indigène :

Ch. Casabonse DC., Heurs purpurines; feuilles lisses en dessus, blanches ou rousses en des-
sous, entières, lancéolées, pinnatinerviées, il nervures toutes terminées en épine, les caulinaires
sessiles, les radicales pétiolées; tige dressée, de 4 à S décimètres; bisannuelle, — régions du
Sud-est, Corse; repousse les animaux par ses feuilles sèches et épineuses.

Genre BARDANE. — ARCT1UM L.

Fleurs toutes égales et fertiles, en capitules multiples; réceptacle à paillettes sétaeées; —
involucre subglobuleux, à écailles se prolongeant en une longue pointe étalée et crochue au som-
met; —
akènes oblongs, comprimés, striés, maculés de noir, à aigrette caduque, formée de poils
denticulés, courts, raides, disposés sur plusieurs rangs et libres jusqu'il la base.

Genre constitué, dans nos contrées, par une seule espèce à formes variées.

BARDANE COMMUNE. — A. LAPPA L.

Lappa commimis Coss. et Germ.

\

Noms vulgaikes. — Glouteron, Gratteau, Grippon, Peignerole, Herbe aux teigneux, Lappe,
Bouillon noir, Oreille de géant, Napolier, Poire de vallée.

Fleurs purpurines, en capitules plus ou moins nombreux. — Feuilles entières, pétiolées, non
épineuses, sinuées-ondulées, vertes en dessus, blnnches-aranéeuses en dessous, les supérieures

-ocr page 383-

COMPOSÉES. iO 367

ovales, les inférieures extrêmement grandes, ovales, eordiformes à la base. — Tige dressée,
robuste, striée, rameuse. — Bisannuelle.

Espèce répandue dans toute la France, et commune dans les lieux incul-
tes et stériles, au bord des routes, parmi les décombres, ainsi que dans les
prairies dont le sol est gras, frais et profond, et où elle se fait facilement,
remarquer par ses larges feuilles et ses capitules épineux, qui s'accrochent à
tout, aux habits des passants, au poil des animaux. Les vaches, les moutons
et les chèvres la mangenL quand elle est jeune, mais la refusent quand
elle est à maturité. Aussi doit-elle être détruite comme plante nuisible à
l'agriculture, en raison, notamment, de la place qu'elle occupe. Comme elle
donne, en brûlant, beaucoup de potasse, on peut, d'ailleurs, l'utiliser pour
en obtenir cet alcali. Les habitants des campagnes du Nord en font usage,
en outre, comme comestible, et la consomment à la façon de l'artichaut, et
de l'asperge; elle leur fournit un aliment sain et d'assez bon goût. On donne,
de plus, la semence aux poules, qui s'en montrent friandes. Enfin , la Bar-
dane est encore usitée en médecine, à laquelle elle fournit toutes ses parties,
sa racine, douceâtre et amère, dont 011 fait des tisanes sudorifiques ; ses
feuilles, astringentes, qui servent comme vulnéraires; ses graines, réputées
comme diurétiques.

Cette plante, assez variable dans ses formes, offre quelques variétés
assez distinctes, dont plusieurs auteurs modernes ont fait des espèces parti-
culières. 11 en est trois principales, qui viennent, d'ailleurs, dans les mêmes
lieux et possèdent les mêmes propriétés. Ce sont :

Le Lappa major Gœrtn., capitules volumineux, en grappe corymbiforme lâcbe; involucre
glabre, à écailles toujours vertes, plus longues que les fleurs, les internes plus courtes; taille de
10 ou 15 décimètres, — variété fort répandue;

Le Lappa minor I)C., capitules moitié plus petits, en grappe oblongue; involucre à écailles plus
courtes que les fleurs, toutes égales, les internes colorées en violet; un peu moins haute, —
plus commune encore que la précédente;

Le Lappa lomentosa Lm., capitules de grosseur intermédiaire, en grappe corymbiforme:
involucre fortement aranéeux, à écailles plus courtes que les fleurs, les internes violettes au som-
met; plante velue-tomenteuse, — variété moins répandue que les deux autres.

Genre SAUSSUREA. — SAUSSURE A DC.

Fleurs toutes égales; capitules groupés en corymbe; — involucre ovoïde, à écailles entières,
appliquées; —
aliènes à aigrette double, l'externe persistante, l'interne formée de poils plumeux,
caducs, soudés en anneau à la base. —
Feuilles sinuées-dentées, tomenteuses en dessous, les su-
périeures toutes sessiles.

Genre ne comprenant qu'un petit nombre d'espèces vivaces et de nulle
importance, vu leur petite taille :

Le S. depressa Gren., fleurs rouges, très odorantes; écailles bordées de noir; feuilles étroi-
tes, décurrentes; 6 à 10 centimètres, — se montrant dans toute la chaîne des Alpes;

Le S. macropliylla Saut., fleurs rouges; feuilles inférieures échancrées en cœur à la base:
1 à 2 décimètres, — propre aux Pyrénées-Orientales ;

-ocr page 384-

368 COMPOSE ES.

Le S. discolor DC., fleurs purpurines; feuilles supérieures non déeurrentes, peu nombreuses,
les inférieures pétiolées; 2 it 4 décimètres, — quelques régions du Dauphiné.

Genre BÉRARDIE. — BERARDIA Vile.

Fleurs toutes égales ; capitule solitaire, sur un réceptacle alvéolé ; — involucre h écailles étroi-
tes, aiguës, entières, inenvies ; —
akènes à aigrette persistante, tordue en spirale.

Une seule espèce indigène, sans importance :

Le IS. subacaulis Vill., Arctium lanuginosum Lm., fleurs blanchâtres ; feuilles coriaces, tomen-
teuses sur les
2 faces, fortement nerviées de blanc, onduleuses; 5 à 15 centimètres; vivace; —
Hautes-Alpes, vallées des Pyrénées.

(>' Tribu. — XÉHANTHÉMÉBS.

Fleurs sans involucre partiel, presque égales, hermaphrodites et fertiles
au centre, stériles à la circonférence. Étamines à filets complètement libres,
et anthères pourvues à la base de deux prolongements filiformes ciliés.
Akène à aigrette paléiforme, persistante. — Un seul genre.

Genre IMMORTELLE. — XERANTIIEMUM I1.

Fleurs purpurines, eu capitules solitaires; — involucre à écailles scarieuses, les internes plus
longues, lancéolées-aiguës; —
akènes poilus, à aigrette formée de 5.10 paillettes lancéolées, ter-
minées par une soie raide. —
Feuilles tomenteuses-blanchàtres, entières, lancéolées, étroites ; —
tige dressée, anguleuse, blanchâtre, à rameaux étalés, nus au sommet.

Genre formé d'un petit nombre d'espèces annuelles, sans emploi dans
l'économie rurale.

Le X. cylindraceum Sibtli. et Stn., involucre presque cylindrique, il écailles externes ovales,
les internes conniventes ; akène à aigrette plus courte que la graine; 2 à 5 décimètres, — répan-
due à peu près partout, de l'Est à l'Ouest et au Midi, principalement dans les vallées de la Loire,
du Rhône et de la Garonne;

Le X. inapertum Willd, involucre ovoïde, il écailles externes orbiculaires, les internes il peine
rayonnantes, s'étalant au soleil; akènes à aigrette plus longue quo la graine; 1 à 3 décimètres,
— assez répandu au Midi, à l'Est et dans les montagnes du Centre, et habitant les lieux secs et
stériles, les coteaux arides, les champs sablonneux ;

Le X. annuum L., involucre hémisphérique, à écailles externes ovales, les internes très lon-
gues, rayonnantes, purpurines; 3 à <> décimètres, —propre au Midi, et cultivée dans les jardins
pour ses capitules de longue durée.

-ocr page 385-

COMPOSÉES. iO 369

2e Sous-Famille. — CORYMBIFÈRES Juss.

RADIÉES T.: TUBUL1FLORES ne.

Capitules ordinairement radiés, tantôt homogames ou à fleurs toutes sem-
blables, tantôt hétérogames ou composés de deux ordres de fleurs, celles du
centre ordinairement hermaphrodites, quelquefois mâles, à corolle tubulep.se,
à 4.5 dents symétriques
(fleurons), celles de la circonférence femelles, quel-
quefois stériles, à corolle rarement tubuleuse, le plus souvent ligulée
(demi-
fleurons)
et rayonnant autour du disque; — style non articulé et non renflé en
nœud vers le sommet, terminé par deux branches stigmatifères plus ou moins
allongées.

Réceptacle nu ou pailleté, avec un involucre formé de folioles herbacées,
imbriquées et disposées sur plusieurs rangs. —
Fexiilles ordinairement alter-
nes. — Espèces herbacées, non épineuses, à fleurs non toujours disposées
en corymbe, malgré le nom de
Corymbifères qui leur a été donné.

Plus nombreuses encore que celles du groupe qui précède, les espèces
qui composent cette sous-famille sont également très répandues et multi-
pliées dans nos contrées. La plupart renferment, dans leurs diverses parties,
une huile essentielle et un principe extractif amer, qui leur donnent des pro-
priétés excitantes et toniques avantageusement mises à profil pour les usages
médicaux. Chez quelques-unes, ces propriétés se manifestent par une odeur
aromatique plus ou moins prononcée, une saveur chaude et amère, que l'on
utilise dans diverses industries. Certaines espèces sont cultivées pour l'éco-
nomie domestique, et un grand nombre ornent les jardins d'agrément. Bien
que fort communes au milieu des prairies et des pâturages, elles sont pour la
plupart peu recherchées des bestiaux ; celles d'entre elles qui sont consom-
mées constituent d'ailleurs une nourriture saine et stimulante, qui convient
à tous les animaux. — Les auteurs ont divisé cette sous-famille en tribus
plus ou moins nombreuses; nous n'en conserverons que les suivantes, qui
suffisent pour permettre d'embrasser tous les genres dans un classement na-
turel et méthodique :

Calendulées.
Inulées.
Buphthalmées.
Camomillées.
Sénecionées.
Astérinées.
Eupatoriées.

Anthères

m
w 1

K
«

fa

pourvues,
à la base,

id'append,
[filiformes'

S

S

>■<
PS

Anthères

O

o

dépourv.
d'append.

Style iilifor., k brancli. linéair., comprim , obtuses

[ Réceptacle pailleté — Style à branches pénicillées.

f Style à branches linéaires, pénicillées. . .

\

\ nu

Style à br. cylindriques ou presque cylindriques. . ,

-ocr page 386-

370 COMPOSE ES.

lrr 1-rlbU. — OAI^EIVDULÉlEiiS.

Style légèrement renflé au sommet, à branches courtes, épaisses, con-
vexes et velues à l'extérieur. Anthères pourvues à la hase de courts appendi-
ces filiformes. Réceptacle nu. Akènes sans aigrette. — Un seul genre.

Genre SOUCI. — CALENDULA Neck.

Fleurs radiées, celles du centre mâles, celles de la circonférence sur 2.3 rangs; capitules
solitaires; réceptacle presque plan, tuberculeux; —
involucre hémisphérique, ii folioles égales,
sur 2 rangs; —
akènes irréguliers, courbés en arc, épineux sur le dos. — Feuilles alternes, entières
ou légèrement dentées, les supérieures demi-embrassantes.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, dont une seule indigène
dans nos contrées, et quelques autres cultivées dans les jardins.

Souci des champs, C. arvensis L.

Petit souci, Souci des vignes, Fleur de tous les mois, Gauchefer.

Fleurs jaune-vif, en petits capitules. Akènes externes linéaires, terminés en bec, les internes
courts, tronqués, creusés en nacelle. Feuillos velues, lancéolées, dentées, les inférieures briève-
ment pétiolées. Tige dressée, rameuse, pubescente, de 1 à 3 décimètres. Annuel.

Espèce répandue dans toute la Franco, excepté dans les montagnes de l'Est, et fort com-
mune partout, dans les vignes et les lieux cultivés, dans les champs argileux principalement.
Elle végète tout l'hiver et fleurit toute l'année, même pendant les gelées. Cette puissance de
végétation est parfois un inconvénient, d'autant que les graines du Souci se conservent longtemps
en terre lorsqu'elles sont trop enfoncées et que la plante trouve ainsi un moyen de se reproduire
dans les efforts mêmes que l'on fait pour la détruire. Tous les bestiaux la mangent. Dans cer-
taines contrées, on la ramasse avec soin pour la donner aux vaches ; Bosc conseille même de la
semer pour fourrage de premier printemps. On pourrait ainsi, surtout dans les pays vinicoles,
utiliser avec avantage le Souci des champs. On répand alors la graine en automne, dans les vignes,
et on se procure, pour le mois de mars, sans nuire à la production du raisin , un supplément de
fourrage d'assez bonne qualité. Les vignes fumées sont les plus favorables il ce genre de culture.
On emploie encore les fleurs du Souci pour colorer le beurre en jaune, et les feuilles, souvent,
servent aux usages culinaires.

Souci officinal, C. offtcinalis h.

Souci des jardins.

Fleurs jaune-orangé, eu capitules amples. Akènes tous recourbés, ailés sur les bords. Feuilles
entières, spatulées. Plante plus grande dans toutes ses parties que la précédente.

Espèce originaire des contrées méridionales et cultivée comme plante d'ornement. Elle cons-
titue aussi une plante médicinale, que l'on conserve dans les officines
à titre de médicament exci-
tant, aromatique, mais que l'on emploie peu aujourd'hui.

-ocr page 387-

COMPOSÉES. iO 371

»'· Tribu. — nvTJi-rsres.

Style filiforme, à branches linéaires, comprimées, obtuses au sommet,
glabres ou pubescentes, non pénicillées. Anthères pourvues à la base de deux
appendices filiformes. Akènes à aigrette plumeuse ou nulle. Réceptacle nu.
ou pourvu d'écaillés à la circonférence seulement. Fleurs toutes tubuleuses
ou radiées, jaunes. — Comprend les genres ci-après :

i Akènes cylindriques, pourvus de côtes — Réceptacle nu,. Caupesiun,

,, '1 Réceptacle entièrement nu........... Micropi's.

ak. comprimes, j

lisses i

[ Réceptacle pailleté à la circonférence. . . , Evax.

Réceptacle pailleté à la circonférence....... Filago.

3 / / Fleurs toutes \ i Fl. fem. marg. sur 1 rang. Helichkysum.

tubuleuses - i Récept. FL fera. marg. t Aig;à lJoils

Ak. lisses Réceptac. plan Sur plusieurs Gnai'i,aulm·

1 I ntifiPivnm < 1 ViiniYÛ t

'en anneau. Leontofodh'm.

entièrem. \ \ rangs I

Aigrette I \ uu I Récept. alvéolé—Capitules dioïques
poilue \ —Aigrette en anneau.........
AntÈKNAHJA.

de côtes

Ak, lisses, à couronne cupulif. — Récept. alvéolé Cupclarja .

Fleurs radiées j i Récept. alvéolé.. Pdlicajua.

Récept nu j (Aigrettedouble]

Ak. pourv. \ ' Récept. plane. , , .Tasonia.

\ Aigrette simple............................Imjla.

Genre CARPESIL'M. — CARPESWM L.

Fleurs toutes tubuleuses, celles de la circonférence femelles, à limbe ligulé, sur plusieurs
rangs; —
involucre hémisphérique, à écailles externes foliacées, réfléchies, les internes appliquées;
— akènes resserrés en col au sommet.

Une seule espèce indigène.

£'. cernuum L., fleurs eu capitules très penchés, terminaux ou axillaires; feuilles lancéolées,
molles; tige rameuse, de 2 à 5 décimètres; annuel, — assez répandu dans les prairies de l'Est
et jusque dans les Pyrénées-Orientales.

Genre M1CROPUS. — MICIWPIJS L.

Fleurs du centre mâles, celles de la circonférence femelles, h corolle filiforme, sur un seul
rang-, capitules très petits, sessiles, groupés en glomérules ; —
involucre à folioles sur 2 rangs,
les externes molles, linéaires, les internes peu nombreuses, courbées en capuchon, enveloppant

-ocr page 388-

372 COMPOSE ES.

les fleurs et les fruits de la circonférence; — feuilles sessiles, linéaires. — Plantes blanchâtres,
entourées d'un duvet soyeux.

Genre peu nombreux, composé de plantes de très petite taille, annuelles,
se montrant dans les lieux arides et calcaires du Midi, et de nulle ressource
pour le bétail.

M. erectus L., capitules à feuilles florales dépassant les fleurs ; feuilles alternes, onduleuses
aux bords; tiges multiples, la centrale dressée, de 1 à 2 décimètres, — espèce la plus répan-
due du genre, et se montrant assez communément dans les champs arides de l'Est, du Centre et
de tout le Midi ;

M. supinus Gouan, involuere épineux; feuilles opposées; tiges couchées, 4 à 6 centimètres,
— Dauphiné, Provence, Pyrénées;

M. bombycinus Lag., capitule très laineux, à feuilles florales courtes; feuilles planes; 5 à
H centimètres, — Midi.

Genre EVAX. — EVAX Gjertn.

»

Fleurs de la circonférence sur plusieurs rangs, à corolle filiforme ; capitules en glomérules
terminaux, entourés de feuilles florales longues et rayonnantes; —
involuere à folioles appliquées.
— Feuilles blanches-tomenteuses, rapprochées-imbriquées, les plus grandes au sommet.

E. pygmcca Pers., plante de 2 il 5 centimètres, seule espèce de ce genre venant en France,
et se montrant, l'hiver, aux lieux humides du Midi.

Genre COTONNIÈRE. — FILA GO T.

Fleurs jaunâtres, peu nombreuses, celles de la circonférence il corolle filiforme; capitules très
petits, en glomérules compactes, arrondis, et entourés de feuilles florales ; —
involuere très
cotonneux, il folioles scarieuses, lisses; les internes formant les paillettes du réceptacle; —
aliènes
papilleux ; aigrette fragile, caduque, celle des fleurs externes nulles ou dissemblables. — Feuilles
alternes, entières, petites, étroites , nombreuses et rapprochées. — Plantes blanchâtres, tomen-
teuses, toutes annuelles.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces assez communes, ve-
nant dans les lieux secs et aérés, parmi les chaumes, et sans importance
comme fourragères, en raison de leur petite taille. Échappant à la faux, elles
sont à peine atteintes par les bestiaux, sinon par les moutons qui les brou-
tent avant la floraison. — Voici le tableau des espèces françaises.

illécept. filiforme t Involuere à ( Feuilles spatul., planes, étalées SPAinci.iT* Presi.
à, fol. appliquées, \ folioles carén. { Feuilles lancéol-, ondul., dress. Germanica l.
cuspidées ( Invol. à foliol. concaves—Feuilles pq. imbriq. Erinccp/inla Guss.

Récept. élargi, à l Invol à fol. ( Feuil. dressées, arrond. à la base Artknsis L.

folioles en étoile, | sur 2 rangs ( Feuil. étalées, rétrécies à la base Mcylccta DC.

non cuspidées ( Invol. il foliol. sur 4 rangs — Feuill. appliquées Montana L.

m |

5 \ Akènes externes enveloppés par les folioles de l'involucre................Gallica L.

F. spathulata Presl., glomérules à 12.15 capitules; feuilles éparses, obtuses; tige dichotome,
à rameaux flexueux divariqués, de 1 à 3 décimètres, — répandu dans toute la France, surtout
dans les terrains calcaires ;

F. germanica L. (Herbe à coton), glomérules il 20.30 capitules; feuilles très rapprochées,
ucrouées; tiges à rameaux dressés, de 1 à 3 décimètres, — espèce offrant plusieurs variétés,

-ocr page 389-

COMPOSÉES. iO 373

fort commune dans toute la France, surtout dans les terrains siliceux, venant au bord des che-
mins, des fossés, dans les moissons et chaumes do la plaine ;

F. eriocephala Guss , plante très tomenteuse partout, — propre au Sud-Est ;

F. arvensis L., capitules pédicellés en petits glomérules formant des grappes spiciformes ;
involuere à folioles internes plus nombreuses et plus longues, s'étalant en étoile à la maturité ;
2.3 décimètres, — espèce partout fort commune, surtout dans les terrains silceux et sablonneux,
venant dans les moissons et sur les pelouses sèches;

F. neglecta DC., involuere à folioles internes plus nombreuses, de même longueur que les
externes; plante non laineuse, couverte de poils blancs appliqués, — venant dans les Vosges, sur
le grès bigarré, dans les cultures;

F. montana L., F. minima Fr., capitules sessiles, en glomérules rassemblés en panicule dicho-
tome; tige grêle, de 1 à 2 décimètres, — très répandue dans les sols sablonneux et caillouteux,
dans les bois, sur les lieux montueux et secs;

F. gallica L., Logfia subulata Cass., capitules sessiles, 3.5 par glomérules; involuere il folioles
concaves, étalées en étoile; feuilles raides, dressées; 1.2 décimètres, — commun dans toute la
France, sols sablonneux ou argilo-siliceux, dans les moissons.

Genre HÉLICHRYSE. — HELICHRYSUM DC.

Fleurs de la circonférence peu nombreuses, sur 1 seul rang, il corolle filiforme; capitules
petits, groupés en corymbe dense; —
involuere à folioles jaune-d'or, searieuses, planes, non éta-
lées; —
aliènes sans côtes, papilleux ; aigrette formée de poils sur 1 seul rang. — Feuilles alter-
nes, lancéolées-linéaires. — Plantes velues-laineuses.

Genre renfermant plusieurs espèces, vivaces, dont une seule répandue :

H. stsechas DC., Gnaphalium stxchas L. (Immortelle), involuere luisant ; fouilles roulées en
dessous par les bords, rapprocliées-imbriquées sur les rameaux non florifères, plus petites vers le
sommet, odorantes quand on les froisse; tiges multiples, ligneuses
à la base, très rameuses; 3 ii
5 décimètres, — plante assez répandue dans tout le Midi, venant sur les friches et les coteaux
seos, sur les graviers le long des rivières. Trop dure pour pouvoir être broutée par le bétail.

Autres espèces plus rares et sans emploi : VII. decumbens Comb., involuere entouré par les
feuilles supérieures, 1.2 décimètres; rochers dos bords de la Méditerranée; —
VH. anguslifo-
lium
DC., feuilles très étroites ; Midi, Corse; — VII. feetidum Cass., capitules grands, en corymbe
étendu, feuillos fétides, tige herbacée, de 1 à 2 mètres; originaire du Cap et naturalisé dans
l'Ouest; — l'ff.
arenarium DC., feuilles planes, tiges herbacées, dressées, do 2 à 3 décimètres;
venant dans les terrains siliceux de l'Est, des bords du Rhône il l'Alsace.

Genre GNAPHALE. — GNAPHALIUM Don.

Fleurs de la circonférence sur plusieurs rangs, à corolle filiforme; — involuere à folioles colo-
rées, searieuses, planes, les externes plus larges, étalées; —
aliènes avec aigrette il poils sur un
seul rang. —
Feuilles alternes, entières, plus ou moins étroitement lancéolées. — Plantes blan-
châtres-tomentenses.

Genre formé de plusieurs espèces herbacées, annuelles et vivaces, se
rapprochant, par le port et l'aspect, des
Filago, avec lesquels plusieurs auteurs
les réunissent; également repoussées par le bétail, elles doivent être, de
même, extirpées des champs et des prairies.

-ocr page 390-

374 COMPOSE ES.

Gnaphale des bois, G. sylvaticum L.

Capitules roussfttres, presque sessiles, nombreux, insérés à l'aisselle des feuilles supérieures
et formant une longue grappe spiciforme. Involucre à folioles luisantes, brunes supérieurement.
Feuilles uninerviées, vertes en dessus, blanebes-tomenteuses en dessous, nombreuses à la base,
décroissantes jusqu'au sommet. Tige simple, dressée, de 2 il 4 décimètres. Vivace.

Plante commune dans toute la France, principalement vers le nord, dans les bois et dans
les montagnes du Centre, sur les pentes herbeuses des vallées, et que les animaux rejettent cons-
tamment, bien que tous la mangent à l'état sec, mêlée aux autres fourrages.

Se rapprochent de cette espèce :

Le G. Norvegicum Gunn., grappe plus courte; feuilles trmerviées, moins nombreuses, toute
la plante plus tomenteuse, — se montrant sur la plupart des hautes montagnes, Jura, monts
d'Auvergne, Pyrénées;

Le G. supinum L., grappe penchée; feuilles blanches sur les deux faces; tiges filiformes,
couchées, en gazon, de ô il 8 centimètres, — les mêmes régions que la précédente, lieux stériles.

Gnaphale jaunatre, G. luteo-album L.

Immortelle des champs.

Capitules jaune-clair, laineux, en glomérules non feuillés, formant une grappe corymbi-
forme. Involucre à folioles d'un blane-sale, luisantes. Feuilles uninerviées, blanches-laineuses sur
les deux faces, les supérieures demi-embrassantes, linéaires-aiguës, les inférieures obtuses, spa-
tulées. Tige dressée, presque nue air sommet. 2 à 4 décimètres. Annuel.

Plante répandue dans presque toute la France, et commune dans les lieux sablonneux et
humides, oit les animaux s'abstiennent de la toucher.

Espèces voisines :

Le G. uliginosum L., glomérules entourés de feuilles florales et en grappe plus serrée; feuilles
presque glabres on dessus, et toutes linéaires; tige très rameuse dès la base, à rameaux diffus,
étalés, 1 à 2 décimètres, — commun dans toute la France, dans les sables humides et maréca-
geux , au bord des fossés ;

Le G. unduiatum L., capitules en grande panicule; feuilles spinuleuses, décurrentes; tige
dressée, très rameuse supérieurement,.— originaire du Cap et naturalisée en Normandie.

Genre LÉONTOPODllJM. — LE0NT0P0D1UM R. Brown.

Akènes avec aigrette formée de poils sur un seul rang, soudés en anneau à la base (les autres
caractères du genre
Gnaplialium).

Une seule espèce :

Le L. alpinum Cass., Filago leontopodium L., capitules presque sessiles, en glomérule corym-
biforme, au centre d'un verticille de feuilles florales étalées ; feuilles supérieures sessiles; tige
dressée, simple, de 1 it 2 décimètres, plante blanehâtre-tomeuteuse, — croissant au milieu des
pâturages escarpés des montagnes, dans les Pyrénées, les Alpes, le Jura.

Genre ANTENNARIE. — ANTENNAR1A R. Brown.

Fleurs on capitules dioïques, les mâles à corolle tubuleuse, les femelles ii corolle filiforme;
réceptacle alvéolé; —
involucre à folioles scarieuses, luisantes; — akènes avec aigrette il poils
soudés en anneau il la base, —
Feuilles alternes. — Plantes blanches-tomenteuses.

-ocr page 391-

COMPOSÉES. iO 375

Genre ne comprenant qu'un petit nombre d'espèces, dont une seule
répandue.

Antennarie dioïque, à. dioïca Gautn.

Herbe blanche, petite Piloselle, Pied de chat, OEil de chien.

Capitules blanchâtres, en corymbe serré. Involucre à folioles plus longues dans les capitules
femelles. Feuilles supérieures petites, linéaires, dressées, les inférieures spatulées, obtuses. Tige
simple, dressée, émettant des rejets rampants. Taille de H à 15 centimètres. Vivace,

Espèce assez commune sur les sables siliceux de presque toute la France, et croissant par-
tout, en petites touffes serrées, au milieu dès bruyères, sur les pâturages découverts, sablonneux
et arides des collines et des montagnes. Elle est broutée seulement par les moutons : les cochons;
selon Bosc, eu rechercheraient les racines. On utilise, en outre, cette plante en médecine comme
béchique.

.4. carpatica Bl. et Fing, capitules roussfttres; feuilles toutes lancéolées-aiguës; tige non
radicante, — venant sur les hautes régions des Alpes et des Pyrénées;

A. margaritacea R. Brown, plus élevée, forte, — cultivée dans les jardins sons le nom A'im-
mortelle blanche.

Genre CUPULA1RE. — CUPULARIA God.

Fleurs radiées, celles de la circonférence peu nombreuses; réceptacle plan, alvéolé, à alvéoles
bordées d'une membrane dentée; —
involucre à folioles linéaires-aiguës; — akènes velus; aigrette
longue, formée d'un rang de poils reposant sur une sorte de cupule
à bords crénelés. — Feuilles
alternes, sessiles, d'un vert sombre. — Plantes glanduleuses exhalant une odeur forte.

Deux espèces seulement, assez répandues dans nos régions méridionales.

C. graveolens God., Erigeron graveolens DC., fleurs jaunes ou violettes, très brièvement ra-
diées, en capitules nombreux tout le long de la tige et des rameaux, formant une longue grappe
pyramidale; feuilles rudes, entières, les supérieures linéaires-aiguës; tige rameuse dès la base,
de 2 à 5 décimètres; annuel, — plante commune dans les lieux cultivés et humides de tout le
Midi, de l'Est à l'Ouest; repoussant les animaux par une odeur forte et désagréable.

C. viscosa God., fleurs jaunes, largement radiées, en capitules volumineux, formant une grappo
pyramidale; involucre visqueux; feuilles grandes, sinuées-dentées, les supérieures demi-embrus-
santes; tige dressée, frutescente à la base, très feuillée, de 5 h 10 décimètres ; vivace; — se mon-
trant dans les lieux incultes de tout le Midi.

Genre PULICAIRE. — PULICARIA G/ERTN.

Fleurs radiées, celles de la circonférence sur 1 seul rang: réceptacle plan, légèrement alvéolé ;

— involucre hémisphérique, à folioles inégales, linéaires, à pointe étalée, ciliée; — akènes pourvus
de côtes, velus; â aigrette double, l'externe très courte, coroniforme, laciniée ; l'interne poilue.

— Feuilles alternes, petites, entières, tomenteuses en dessous; — tige dressée, rameuse. — Plantes
velues-laineuses.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, communément confon-
dues avec les Années, et dont deux sont fort répandues.

Pulicaire commune, P. vulgaris Gaîrtn.; Inula pulicaria L.

Herbe aux pucerons.

Fleurs ligulées ne dépassant pas l'involucre, très nombreuses. Capitules petits, groupés en
panicule corymbiforme. Feuilles molles, onduleuses, les supérieures sessiles, lancéolées, arrondies

-ocr page 392-

376 COMPOSE ES.

à la base : les inférieures pétiolées. Tige à rameaux latéraux dépassant l'axe, de 1 à 3 décimè-
tres. Annuel.

Plante exhalant une odeur fétide, commune dans toute la France, et venant dans les prairies
humides, les terrains inondés pendant l'hiver, au bord des rivières et des fossés. Elle n'est point
consommée par le bétail, et, par son odeur désagréable, dit-on, éloigne les insectes.

Pueicaire dysentérique, P. dysenterica Gœrtn.; Inula dysenterica L.

Année des prés, Herbe de Saint-Roch.

Fleurs ligulées dépassant l'involucre. Capitules hémisphériques, groupés en corymbe peu
fourni. Feuilles molles, onduleuses, les supérieures embrassantes, auriculées, les inférieures tom-
bant à la lloraison. Tige rameuse au sommet , de 3 à 5 décimètres. Vivaoe.

Espèce très commune dans toute la France, venant au bord des eaux, dans les marais et lieux
humides, et se mêlant aux fourrages des prairies marécageuses. Les bestiaux y touchent peu
quand elle est à l'état frais.

Dans le même genre on trouve encore :

Le P. odora Rechb., Inula odora L., fleurs ligulées très longues; feuilles planes, les supé-
rieures demi-embrassantes, les inférieures grandes, ovales; racine tuberculeuse, écailleuse, odo-
rante ; 2 à 4 décimètres ; vivaoe, — se montrant en Provence et dans les autres régions maritimes
du Midi ;

Le P. sicula Moris, Erigeron sicula L., fleurs ligulées ne dépassant pas l'involucre, capitules
en grappes terminales; feuilles linéaires, roulées par los bords, demi-embrassantes; tige rougeâ-
tre, grêle ; annuel, — espèce se montrant dans les fossés et marais du Midi.

Genre JASONIA. — JAS0N1A DC.

Fleurs jaunes, celles de la circonférence rares; capitules en corymbe; — involucre à folioles
linéaires; —
akènes à aigrette double, l'externe très courte, l'interne longue. — Feuilles alter-
nes, linéaires, lancéolées, glanduleuses.

Deux espèces, vivaces, l'une et, l'autre sans importance.

Le J. tuberosa DC., Erigeron tuberosum L., quelques fleurs ligulées à la circonférence; feuilles
toutes obtuses; souche tubéreuse; 2.4 décimètres, — venant sur les rochers arides du Midi;

Le J. glutinosa DC., Erigeron glutinosum DC., fleurs ligulées nulles; feuilles linéaires-aiguës;
1.3 décimètres, — dans le Sud-est; plus rare.

Genre AU NÉE. — INULA L.

Fleurs jaunos, radiées, celles de la circonférence quelquefois stériles, à languette étroite,
linéaire; réceptacle parfois alvéolé ; capitules solitaires ou on corymbe; —
involucre hémisphérique,
à folioles lancéolées-aiguës, les internes scarieuses, plus étroites ; —
akènes à aigrette simple, for-
mée d'un seul rang de poils. —
Feuilles alternes, lancéolées, entières ou presque entières, les
supérieures ordinairement sessiles; —
tige dressée, rameuse. — Plantes pubescentes.

Genre composé d'un certain nombre d'espèces, formant de très belles
plantes, communes dans nos contrées, et venant clans toute espèce de ter-
rains. Les animaux les refusent, ce qui les doit faire éloigner des prairies où
elles se rencontrent, — Ci-après le tableau des espèces indigènes :

-ocr page 393-

Capitules solitaires.

Involucre réfléchi..
Involucre dressé.. .

Feuill. non embrass. — Inv. dressé

Involucre réfléchi. .

Feuilles non embrassantes. .
Feuilles embrass. et décurr.

377

HELENIUM

L.

2f

Salicina

L.

'if

il mita

1..

¥

montana

1..

y

cmthhoïues

l,

b

Vaillanti

Vill.

¥

Bbitannica

L.

2C

Hélnnioïdcs

ne.

■Jf

Spirwifolia

!..

conïza

I)C.

©

Bifrons

!..

©

composées.

Fleurs ligulées plus longues -

i Feuilles
Capitules j embrassantes
solitaires j

Réceptacle alvéolé

<1
J
5

S

M
■A
K

a
O

Fleurs
ligulées

Feuilles non embrassantes. .

l déliassant | .
ll'involucro i Capitule

es

eu
corvmbe

Réceptacle
plan

Involucre dressé.

f Feuilles j
, embrassantes
j

Fl. ligul. ne dépas. pasl'inv,
— Capitules en corymbe

Aunée commune, J. heleniurn L.; Corvisartia helenium Mérat.

Aromate germanique, Aillaune, OEil de cheval, Laser de Chiron.

Capitules grands, solitaires, à fleurs ligulées nombreuses, dépassant beaucoup le disque;
lnvolucre à folioles externes larges, ovales, étalées au sommet. Feuilles très grandes, ovales-lan-
céolées, dentées, épaisses, blanclies-tomentetises et fortement veinées en dessous, les supérieures
embrassantes, les inférieures dépassant 30 centimètres et pétiolées. Tige forte, cannelée, bran-
chue, atteignant 10 à 15 décimètres. Souche épaisse, charnue, odorante. Vivace.

Plante répandue dans toute la France, et se montrant dans les lieux frais et ombragés, dans
dans les prairies grasses et humides, r,u bord des fossés. Sa présence indique presque toujours un
sol gras, fertile et profond. Toutes ses parties exhalent par la chaleur ou quand on les froisse, une
odeur forte et peu agréable, qui la fait repousser du bétail, et qui doit la faire détruire quand elle
se montre dans les prés. Sa racine répand une forte odeur aromatique camphrée, est, en outre,
excitante et tonique; elle est employée en médecine sous les noms
d'Enula compana, de Quinquina
indigène,
comme tonique et vermifuge; on l'utilise surtout, à cause de son bas prix, dans la méde-
cine des animaux. Est cultivée encore dans les jardins comme plante d'ornement.

I. salicina L., capitules peu volumineux; iuvolucre à folioles externes ciliées, réfléchies au
sommet; feuilles d'un vert foncé, minces, un peu rudes, ciliées aux bords, presque glabres;
3.0 décimètres, — commune dans toute la France, et se montrant dans les pâturages secs, dans
les bois montagneux ;

I. hirta L., fleurs ligulées pourprées en dessous; capitules grands, unis quelquefois à 2.3 plus
petits, latéraux; involucre à folioles égales, dressées, velues; feuilles d'un vert gai, coriaces,
rudes, velues et ciliées, et fortement nerviées ; tige écailletise à la base, très hérissée, de
3 à 5 décimètres, — espèce venant dans la plupart des contrées de la France, notamment dans
les prairies élevées des Alpes et des montagnes du Centre, en Alsace;

L montana L·., capitules grands, et quelquefois 1.2 plus petits, latéraux; involucre il folioles
blanches-tomenteuses, dressées; akènes velus; feuilles couvertes de longs poils soyeux; les supé-
rieures petites, étroites; tige simple, de 1 à 3 décimètres, — assez répandue partout, principale-
ment dans le Midi, et venant sur les coteaux arides, dans les bois découverts ;

1. crithmoides L., capitules en corymbe simple et lâche, sur des pédoncules allongés, renflés;
involucre à folioles toutes appliquées; feuilles linéaires, charnues, les inférieures souvent trifides;
tige ligneuse à la base, formant buisson, de 5 h 10 décimètres, — espèce très abondante sur les
côtes de l'Océan et de la Méditerranée, et habitant les rochers du bord de la mer, où les habitants
en recueillent les feuilles, que l'on mange comme celles de la Criste marine;

ƒ. Vaillanti DC., involucre à folioles arquées en dehors; tige herbacée, très feuillée, de 4 h
(i décimètres, — venant dans les Alpes du Daupliiné, au bord des ruisseaux, dans les bois
humides ;

I. Britannica L., capitules eu corymbe peu fourni, parfois solitaires; involucre iv folioles
égales, les externes très lâohes, velues; feuilles molles, inégales, d'un vert sombre, velues, nom-
breuses; 3 à 6 décimètres, — très répandue partout, et venant dans les prés humides, au bord
des rivières et des fossés ;

1. helenioïdes DC., fleurs à ligule velue; capitules 2.3 en corymbe lâche; feuilles décroissan-

WM

-ocr page 394-

378 COMPOSE ES.

tes de la base au sommet ; 3 à 5 décimètres, — plante très poilue assez répandue dans les lieux
secs de la région pyrénéenne;

I. spirseifolia L., fleurs à ligule tridentée, courte; capitules en corymbe étendu ; feuilles coria-
ces, spinuleuses; tige écailleuse à la base, couverte par les feuilles, 4 à 6 décimètres, — venant
sur les collines sèches du Midi et de l'Est;

I. conysa DC., Conysa squarrosa L., capitules petits, en corymbe compacte; iuvolucre à folio-
les ciliées, les externes réfléchies; feuilles molles, d'un vert pâle, fortement nerviées et pubescentes
en dessous; 5 à 10 décimètres, — plante exhalant une odeur désagréable, qu'augmente le frot-
tement, et venant sur les terrains secs, dans les friches de montagnes, au bord des bois et des
chemins; elle est amère et aromatique et a été employée en médecine;

I. bifrons L., capitules petits, en corymbe dense ; feuilles minces, glanduleuses; 5 à 10 déci-
mètres, — se montrant sur les coteaux et dans les bois des Alpes et des montagnes du Centre.

3e Tribu. — BCPHTHALMÉES,

Style à branches linéaires, comprimées, arrondies et pubescentes au
sommet. Anthères pourvues à la base d'appendices filiformes. Réceptacle à
paillettes carénées. Akènes pourvus d'une couronne membraneuse lacérée.
Fleurs radiées, jaunes. — Tribu ne comptant, dans nos contrées, qu'un petit
nombre d'espèces, comprises dans les genres suivants :

Invol. à folioles toutes appliq. — Fleurs ligulées sur 1 rang Bupiithalmum.

Fl. ligulées sur 1 rang Astericus.
Fl. ligulées sur 2 rangs Pallenis.

BUPHTHALMËES'

^ Inv

olucre à foliol. externes étalées

Genre BUPHTHALME ou OEIL-DE-BOEUF. — BUPHTHALMUM L.

Fleurs en capitules solitaires, nus; — aliènes du centre oblongs, carénés â la face interne,
ceux de la circonférence plus grands, triquètres. —
Feuilles alternes, linéaires-lancéolées, rudes,
pubescentes, les supérieures sessiles; —
tige raide, dressée.

Deux espèces, vivaces et de peu d'importance :

B. salicifolium I,,, capitules grands, largement radiés; réceptacle à paillettes internes tron-
quées ; 3 ii 6 décimètres, — venant sur les coteaux calcaires et dans les prairies sèches de l'Est
et du Centre ; *

I). grandiflorum L., capitules d'un jaune plus vif, plus grands; réceptacle à paillettes non
tronquées; feuilles plus longues, plus étroites, — se rencontrant dans les plaines du Dauphiné.

■'^p .■'.·,'■; ... ...... ." ,

-ocr page 395-

COMPOSÉES. m

Genre ASTÉROÏDE. — ASTERICUS Moench.

Fleurs en capitules solitaires, entourés de feuilles florales; — involucre il folioles externes
plus grandes, foliacées, étalées; —
aliènes du centre carénés, ceux de la circonférence plus grands,
triquètres. —
Feuilles alternes, oblongues, entières, pubescentes, pétiolées; — tige dressée.

Deux espèces, de très petite taille et sans importance :

A. maritimus Mœncli, Buphthalmum maritimum L., involucre à folioles ne dépassant pas le
capitule; tige simple, 8 à 15 centimètres, vivace, — se montrant sur les rocliers et les coteaux
des bords de la Méditerranée;

A. aqualicus Mœnch, Buphthalmum aqualicum L., involucre il folioles externes dépassant le
capitule; feuilles supérieures embrassantes; tige rameuse, annuelle, — bois, fossés et lieux humi-
des de la région méditerranéenne.

Genre PALLEN IS. — PALIE NI S Cass.

Fleurs de la circonférence sur 2 rangs, il tube ailé, en capitules solitaires, sans feuilles flora-
les ; —
involucre hémisphérique, à folioles externes foliacées, lancéolées-aiguës, épineuses, rayon-
nantes, dépassant longuement le capitule; —
aliènes du centre obeoniques, ceux du pourtour com-
primés, ailés.

Une seule espèce.
Pallenis épineux , P. spinosa Cass. ; Buphthalmum spinosum L.

Capitules petits. Feuilles d'un vert pâle, velues et ciliées, nombreuses, les supérieures petites,
lancéolées, embrassantes, les inférieures spatulées. Tige dressée, rameuse au sommet, de 2 à
4 décimètres. Bisannuelle.

Plante fort répandue dans tout le Midi et l'Ouest, et se montrant dans les cultures, sur les
pelouses sèches, dans les friches et lieux secs, au bord des champs et des chemins, oii les bestiaux
la broutent sans la rechercher.

4» Tribu. — OAMOMILLÉES.

Style à branches linéaires, ayant le sommet pourvu d'un faisceau de poils
et tronqué ou prolongé en cône au delà. Anthères nues à la base. Akène à
aigrette pailletée ou nulle. Réceptacle pourvu de paillettes écailleuses. —
Renferme les genres suivants :

v

-ocr page 396-

380

composées.
^ Aigrette épin., persistante — Réceptacle alvéolé
Aigrette pailletée, caduque — Réceptacle plan. .
^ Ak. largem. ailés — Capit. grands, solit.

Akènes lisses <

f Ak. non ailés — Capitules en corymbe
Fleurs ) / Réceptacle convexe, à paillettes toutes persist.

radiées ]Akènes\ — Akène couronné....................

à < I Récept. à paill. toutes persist.

côtes I Récept. conique 1 — Fleurs tubul. comprim.
[ — Ak. non cour. ] Récept.' à paill. supér. caduq.

[ — Fl, tubul. à base élargie

Î' Ak. lisses — Fl. tubuleuses à base élargie

— Feuilles pinnatifides..............

, Vl ! , , · 1

Ak. a cotes -— l· 1. tubuleuses eperonnées —

Feuilles entières..................

I Akènes pourv. d'aigrette

m

w
«

3

o

s
<

&

Akenes
\ nus

Bidens.
Helianthus.
Anacyclus.
Achillea .
Cota.

Anthémis .
Chamomilla.
Santolina.
Diotis.


Genre BIDENT. — BIDENS L.

fi

Fleurs jaunes, rarement radiées, celles de la circonférence sur un seul rang; réceptacle
alvéolé, pailleté; —
involucre hémisphérique à folioles sur 2 rangs, les externes herbacées, iné-
gales, étalées ou réfléchies, les internes plus courtes, scarieuses; —
akènes bruns, oblongs, striés,
surmontés de 2.4 arêtes épineuses. —
Feuilles opposées; — tige dressée, rameuse.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, toutes annuelles, habitant
principalement les lieux humides.

Bident trifolié, B. tripartita L.

Vident à calice feuille, Chanvre aquatique, Eupatoire bâtarde, Tête cornue, Cornuet,
Langue-de-chat, Herbe aux malingres.

Fleurs toutes tubuleuses, en capitules solitaires, dressés. Involucre à folioles externes très
longues, à bords rudes. Feuilles presque glabres, tripartites, à segments lancéolés-dentés, res-
semblant aux feuilles du chanvre, le terminal plus grand, à pétiole court et ailé. Tige rougeâtre,
de 2 ii 6 décimètres.

Espèce répandue dans toute la France, et fort commune dans les marais, les bois et prairies
humides, les fossés à eaux stagnantes, le long des ruisseaux et des rivières. Se propageant facile-
ment par ses fruits, qui s'attachent aux habits, au poil des animaux, elle est quelquefois en telle
abondance, qu'elle devient un fléau pour l'agriculture, qui ne s'en débarrasse que par un bon asso-
lement. Elle ost peu recherchée des bestiaux; cependant, les moutons et les bêtes à cornes la
mangent quand elle est jeune. Ses fleurs fournissent à la teinture une mauvaise matière colorante
jaune.

Bident penché, B. cernua L.

Fleurs quelquefois radiées, en capitules terminaux penchés. Involucre à folioles internes lar-
ges, jaunâtres, imitant les fleurs ligulées. Feuilles entières, lancéolées-dentées, sessiles, presque
connées. Tige souvent flexueuse, rude, grosse, de 1 il 5 décimètres.

Espèce, comme la précédente, fort commune partout, et venant également dans les eaux des
marais et des fontaines boueuses, au bord des ruisseaux et des étangs. Ses feuilles ont un goût plus
âcre, et elle n'est pas davantage recherchée des bestiaux. Ses fleurs donnent * aussi un principe
jaune, mais plus intense. — Cette espèce offre plusieurs variétés, dont une, très petite, est connue
sous le nom de
Bident noir. Toutes doivent être arrachées des champs et des prairies qu'elles
occupent.

-ocr page 397-

COMPOSÉES. iO 381

Dans le même genre, on trouve encore :

Le B. hirta Jord., capitules dressés; feuilles entières, ovales, dentées, pétiolées; tige courte
et hérissée, — venant dans le Lyonnais et le Dauphiné ;

Le B. bipinnata L., Kerneria bipinnata God., fleurs brièvement radiées, en capitules dressés;
involuere à folioles linéaires, les externes plus courtes, réfléchies; feuilles bi-pinnatiséquées, à
segments entiers ou dentés, toutes pétiolées, — espèce assez commune à tout le Midi, et se mon-
trant dans les lieux cultivés et humides, d'où il convient de l'extirper.

Genre HÉLIANTHE. — HÉLIANTHUS L.

Fleurs radiées, celles du centre très rapprochées, à tube renflé, celles de la circonférence
stériles, très développées, à ligule elliptique; réceptacle plan, il paillettes larges, concaves, entou-
rant les akènes; —
involuere à folioles externes herbacées, acuminées, étalées, plus grandes que
les internes; —
aliènes comprimés, tétragones, surmontés d'une aigrette formée de 2.3 paillettes
caduques. —
Feuilles grandes, dentées, pétiolées, à 3 nervures principales; — tige dressée, cylin-
drique, robuste, rude au sommet, remplie de moelle, rameuse au sommet.

Genre comprenant un assez grand nombre d'espèces, toutes exotiques,
dont deux seulement, depuis longtemps introduites en Europe, se sont accli-
matées, et ont pris rang parmi nos espèces économiques et fourragères,
indépendamment de quelques autres exclusivement cultivées dans les jardins
comme plantes d'ornement.

HÉLIANTHE ANNUEL. — II. ANNUUS L.

Noms vulgaires. —· Hélianthe d grandes fleurs, Herbe au soleil, Soleil, Soleil annuel, grand Soleil,
Couronne de soleil, Tournesol, Girasol, Giransola.

Fleurs en capitules très grands, penchés, uniques, ou plusieurs disposés en corymbe; récep-
tacle très épais, charnu, spongieux. — Involuere il folioles très développées, oblongues, à pointe
étalée ou réfléchie. — Akènes anguleux, noirâtres, renfermant un albumen blanc, oléagineux. —
Feuilles longuement pétiolées, très amples, ovales-cordiformcs, les supérieures alternes, les infé-
rieures opposées. — Taille de 1 à 3 ou 4 mètres. — Racine fibreuse. — Annuel.

Cette espèce, exotique, ne vient point spontanément dans nos contrées.
Originaire du Pérou, elle a été, dit-on, introduite en Espagne en 1720, et de
là en France, vers 1725. Mais elle n'était point alors, chez nous, une nou-
veauté, car déjà, en 1600, elle avait été signalée, sous le nom d
'Herbe-au-soleil
ou de Vire-soli, par Olivier de Serres, qui n'en parle pas comme d'une plante
nouvelle. Longtemps confinée exclusivement dans les jardins, elle a commencé
à être cultivée, dans les premières années du siècle dernier, comme plante
économique, en Bavière, en Franconie, en Russie, en Belgique, pays où sa
culture s'est maintenue, et n'a cessé d'offrir de très grands avantages. On
cultive aussi le grand Soleil en Chine sur une très vaste échelle.

En France, la culture en grand de l'Hélianthe annuel a été essayée pour
la première foi« en 1787, par Cretté de Palluel, qui crut pouvoir s'appuyer
de l'exemple des cultivateurs bavarois pour tenter l'introduction dans notre
pays de ce précieux végétal. Cette culture a été recommandée, depuis, à dif-

M

-ocr page 398-

382 COMPOSE ES.

férentes reprises, par Vilmorin, Bosc, V. Yvart, ThiébauL de Bernaud, etc.
Enfin, quelques travaux, publiés tout récemment par MM. Cenas, Koltz,
Joigneaux, ont de nouveau appelé l'attention sur cette plante et sur les im-
portants produits qu'on peut en obtenir. La culture en grand de l'Hélianthe,
néanmoins, n'a point réussi encore à se généraliser dans notre pays. Il y a
lieu d'espérer, toutefois, que la connaissance plus parfaite des avantages
qu'il paraît offrir, finira par décider nos cultivateurs à tenter la mise en
exploitation d'un végétal qui se recommande aux titres les plus divers
comme plante fourragère, économique et industrielle, et appelée notamment,
en raison de la quantité considérable d'huile que ses graines renferment, à
prendre un rang important parmi nos espèces oléagineuses.

Culture de l'Hélianthe annuel.

L'Hélianthe vient dans toute espèce de terrain. Cretté de Palluel pensait
qu'il peut réussir dans une terre humide et sablonneuse, préparée par un
labour avant l'hiver. Un sol ameubli, frais et substantiel, se joignant à une
exposition méridionale, constituent, en résumé, les conditions les plus favo-
rables à son développement. 11 n'exige pas, d'ailleurs, de fortes fumures, la
plante puisant dans l'atmosphère, à l'aide de ses larges feuilles, la plus
grande partie des éléments de sa subsistance.

On répand la graine au printemps, dès que les gelées ne sont plus à
craindre. Le semis se fait en lignes, au rayonneur, avec un espace de 80 cen-
timètres entre les lignes et entre les plants, qui forment quinconce; dans
chaque trou, on met deux graines à 5 centimètres de profondeur. Quelque-
fois le grand Soleil est mis en culture intercalaire; les distances alors sont
établies selon le terrain qu'on lui consacre. Au lieu du semis direct, V. Yvart
conseillait de repiquer, à 1 mètre de distance, les plants venus sur couche ;
de la sorte, dit-il, on a plus de temps pour préparer la terre; on peut attendre
patiemment les dernières gelées, et le nettoyage du sol est plus facile.

Après le semis, dès que les jeunes plants apparaissent, on commence
l'éclaircissage, en laissant les pieds les plus forts et en profitant des autres
pour repiquer sur les espaces vides. On donne un premier binage quand la
terre commence à se couvrir d'herbes ; puis on pratique un buttage, utile
pour favoriser le développement des racines, qu'on fait suivre d'un second
binage, s'il y a des plantes adventices, et d'un second éclaircissage, dont le
produit fournit un bon supplément de matières fourragères. On procède en
môme temps à la taille des branches surabondantes, de manière à ne laisser
sur chaque pied que deux ou trois branches latérales et deux ou trois capi-
tules ; cette opération est utile surtout pour favoriser le développement des
graines et accroître leur rendement.

L'Hélianthe est exposé à diverses causes de destruction, qui doivent appe-
ler l'attention du cultivateur. Ainsi la plante, en raison de son élévation,

-ocr page 399-

composées. 383

redoute les vents forts; pour en atténuer les effets, on réunit les tiges au
moyen de brins de paille. L'Hélianthe est parfois atteint, en outre, d'une
espèce
d'ergot, qui provoque l'allongement des graines, à la façon du seigle-
ergoté, et rend nulle la production de l'huile; on ne peut, en ce cas, qu'en-
lever les grains attaqués à mesure qu'ils apparaissent. La plante craint encore
un insecte, le
Perce-oreille, qui se cache dans les fleurs et dévore la graine ;
on le chasse en secouant les tiges tous les jours. Enfin, on doit redouter les
oiseaux, les mésanges surtout, et particulièrement quand la maturité appro-
che ; pour en éviter les atteintes, on n'a d'autre moyen alors que de faire
garder les plantations jusqu'au montent de la récolte.

La récolte des graines de Soleil se fait de mi-septembre à mi-octobre,
quand la semence, prête à mûrir, commence à devenir brun-foncée ou noire,
et quand les feuilles jaunissent. Il ne faut point trop attendre, car les graines
trop mûres se perdent ou peuvent être mangées par les oiseaux. On coupe les
capitules en leur laissant une queue de 30 centimètres, par laquelle 011 les
conserve suspendus, la tête en bas, dans un lieu sec et aéré, où ils achèvent
de mûrir et se dessèchent. La graine sèche se conserve ensuite facilement,
jusqu'au moment où elle est mise à la presse, après avoir été mondée. Après
la récolte de la graine, on enlève les tiges, qui sont séparées des racines, puis
liées et amoncelées lorsqu'elles sont suffisamment sèches.

Le rendement de l'Hélianthe est celui d'une plante très productive; il est
évalué, par hectare, à 25 ou 35 hectolitres de graines, pesant chacun de 85 à
90kilog.; plus 10 à 12,000 kilog. en tiges, feuilles, réceptacles. En Allema-
gne, en Russie, où l'espèce a été améliorée par une culture prolongée, ce
rendement est plus considérable encore.

Parla culture, on a obtenu deux variétés de grand Soleil, l'une à un seul
capitule
, l'autre à capitules multiples, et les agronomes ne sont point unanime-
ment d'accord sur celle à laquelle il convient d'accorder la préférence. Les
Chinois, qui cultivent ce végétal avec succès, aiment mieux la première
variété; en France, au contraire, on considère la variété rameuse comme
plus productive. L'Héliante à une fleur, lorsqu'il est bien choisi et cultivé
dans de bonnes conditions, donne toutefois un grain supérieur, plus gros,
plus lourd et plus régulier, et presque aussi abondant que celui fourni par
l'autre variété, ce qui s'explique par le volume de ses capitules uniques,
que l'on voit parfois atteindre un diamètre de 30 à 50 centimètres. Cette der-
nière variété offre d'ailleurs un autre avantage, c'est celui d'échapper plus
facilement aux ravages des oiseaux granivores, et cela grâce au poids des
capitules qui force, après la floraison, les tiges à se courber, de manière à ce
que la surface des fleurs portant les graines, regarde à terre, et, par cela seul,
se place hors de l'atteinte des oiseaux.

*

-ocr page 400-

384 COMPOSE ES.

Valeur agricole et économique de l'Hélianthe annuel.

Par le chiffre élevé des produits qu'il est possible d'en obtenir, le grand
Soleil mérite d'être rangé parmi les plantes économiques les plus dignes d'être
recommandées à l'attention des cultivateurs qui cherchent de nouvelles
espèces à introduire dans leurs exploitations; d'autant plus que sa culture est
facile, qu'il est peu exigeant sous le rapport de la qualité et de la richesse
du terrain, et qu'il peut fournir ainsi, sans beaucoup de frais, un appoint
considérable au rendement général de la ferme.

L'Hélianthe peut, ou entrer dans l'assolement, et il vient alors aussi bien
avant qu'après une plante sarclée; ou bien être semé comme culture dérobée
ou intercalaire, soit entre deux récoltes de céréales, soit en bordure le long
des chemins et des champs. Dans tous ces cas, il offre un égal avantage en
ce que, puisant largement dans l'atmosphère pour s'entretenir, il est très peu
épuisant.

Cette force d'absorption donne, d'ailleurs, au grand Soleil, une propriété
des plus intéressantes et des plus utiles, et qui n'est point le moindre de ses
titres à l'attention des agriculteurs de tous les pays : c'est celle de purifier
l'air en le débarrassant des effluves paludéens. Le fait a été observé notam-
ment en Belgique, où la culture du grand Soleil est regardée même comme
l'un des moyens les plus efficaces d'assainir les localités rendues insalubres
par le voisinage des marais.

Mais dans nos contrées, c'est surtout comme plante oléagineuse que
l'Hélianthe annuel pourrait être cultivé avec avantage. La graine, en effet,
produit uue huile d'une odeur agréable, d'un goût comparable à celui de
l'huile de noisette, et estimée en Bavière, en Russie, lorsqu'elle est obtenue
à froid, à l'égal de l'huile d'olive. Préparée à chaud, elle est moins bonne
pour la consommation; mais elle peut servir alors pour les arts et l'éclairage.
Cette huile est, de plus, très abondante; ainsi, les graines pressées à froid,
en donnent 16 pour 100, quantité qui s'élève à 30 ou 35 pour 100, quand elles
sont traitées à cliaud.

Après l'extraction de l'huile, on obtient enfin des tourteaux constituant
pour le bétail une excellente nourriture, meilleure pour l'engraissement que
les tourteaux de colza, et n'altérant point, comme ceux-ci, la qualité delà
viande. Estimés surtout lorsque la graine a été traitée à froid, ils sont moins
bons, il est vrai, quand cette graine a été soumise à la chaleur; mais ils
fournissent alors un engrais riche et puissant, propre à toute culture.

Le grand Soleil peut être utilisé encore de diverses manières. Ses grai-
nes, mondées et torréfiées, sont employées dans la parfumerie, la pâtisse-
rie, etc., et fournissent un principe propre à la teinture en bleu. Les fleurs
servent à préparer une couleur fauve très solide; elles sont, d'un autre côté,
recherchées par les abeilles auxquelles elles donnent un bon miel; les abeilles

-ocr page 401-

composées. 385

qui se nourrissent, de ces fleurs sont par malheur exposées à une espèce
à'acarus microscopique, signalé par M. Duchemin, et qui attaque l'insecte,
le tue, et peut, en passant de l'un à l'autre, détruire des ruches entières. On
emploie aussi les tiges à faire des tuteurs, des palissades; par le rouissage,
on en a même obtenu une espèce de chanvre pouvant servir à faire des cor-
des. Enfin, elles constituent, avec les réceptacles secs, un très bon combus-
tible, donnant une cendre très riche en potasse, — elle en contient environ
2 pour 100, — et que l'on peut extraire pour les usages industriels, pour la
fabrication du nitre, etc.

Usages alimentaires de l'Hélianthe annuel.

Considéré comme plante fourragère, le grand Soleil fournit à l'alimen-
tation du bétail, outre les tourteaux obtenus dans la préparation de l'huile,
ses feuilles et ses graines.

Ses feuilles, extrêmement grandes, constituent un aliment de bonne qua-
lité, que recherchent les lapins, les chèvres, les moutons ainsi que les vaches,
et même les chevaux, et d'autant plus utile qu'il donne son maximum de
produit à une époque de l'année où ordinairement les fourrages verts font
défaut ou sont grillés par la chaleur. Pour en faire la récolte, tous les huit
ou dix jours on casse, sur chaque pied, quatre ou cinq des plus grandes
feudles en commençant par le bas ; et si l'on a eu soin d'espacer convenable-
ment les semis, on peut, sans nuire à la production de la graine, avoir de ce
feuillage depuis le milieu de juillet jusqu'à la fin de septembre.

Quant aux graines, que le grand Soleil fournit en abondance, elles cons-
tituent une des meilleures nourritures qu'on puisse donner à la volaille, qui,
on le sait, s'en montre avide. On la réserve surtout pour les perroquets ;
mais elle n'est pas moins recherchée par les poules, les pintades, les canes,
les dindons, qu'elle engraisse et maintient en santé; il importe même, pour
éviter un engraissement trop rapide, de ne la distribuer qu'en mélange. En
Angleterre, dans le comté de Norfolk notamment, elle rend de très grands
services pour l'engraissement des dindons renommés de ce pays. Enfin, on
fait manger ces graines aux lapins, qui ne s'en trouvent pas moins bien, et
guérissent même, sous l'influence de ce régime, des affections diarrhéiques
qui les atteignent communément.

La plante a été utilisée encore à la nourriture de l'homme. Ainsi, avant
l'éclosion des fleurs, le réceptacle peut être mangé comme les artichauts.
Dans la Virginie, les semences servent à faire du pain et de la bouillie; et
on mange aussi les sommités de la plante jeune, après les avoir fait cuire et
les avoir trempées dans de l'huile et du sel. Les sauvages en consomment
les graines elles-mêmes, en même temps qu'ils en tirent de l'huile propre à
différents usages

25

-ocr page 402-

386 COMPOSE ES.

HÉLIANTHE TUBÉREUX. — H. TUBEROSUS L.

Noms vulgaires. — Topinambour, Topinamboux, Topine, Tournesol tuhéreux, Soleil vivace, Poire

de terre, Artichaut de terre, Artichaut de Jérusalem, Artichaut du Canada, Canada, Crompire,

Cartoufle, Cartouf, Taratouf, Tertifle.

Fleurs en capitules petits, dressés, en corymbe lâche ; réceptacle peu épais. — Involucre il
folioles lancéolées-linéaires. —Feuilles opposées ou alternes, grandes, ovales, aiguës, dentées,
rugueuses, décurrcntes sur le pétiole : les inférieures cordées à la base. — Tige unique, rarement
rameuse, droite, ferme, presque ligneuse. — Souche rameuse, donnant naissance à plusieurs tiges,
à la base desquelles, entre les racines, naissent des rameaux souterrains, courts, épais, qui
s'épaississent et deviennent tuberculeux. — Taille de 1 à 2 mètres, s'élevant quelquefois à 3 et
à 4 mètres. — Vivace.

Espèce exotique, que l'on suppose originaire du Brésil, du Mexique ou
du Canada, et depuis plusieurs siècles importée en Europe, où on la cultive
pour ses tubercules, qui servent à la nourriture de l'homme et des animaux,
mais où elle ne vient point spontanément, sinon çà et là au pourtour des lieux
cultivés. Bien que connu depuis longtemps, puisque déjà Olivier de Serres
le mentionne sous le nom de
Cartoufle, le Topinambour n'a commencé à
être cultivé en grand que depuis une époque relativement récente. Ce fut au
siècle dernier seulement que Duhamel le proposa pour la première fois
comme plante alimentaire; et encore n'est-ce que plus tari, après que
Y. Yvart eut fait connaître (en 1809) les avantages que cette plante pourrait
offrir pour l'entretien des troupeaux, que sa culture a commencé à se répan-
dre, en restant d'abord limitée à certaines régions, la Lorraine et l'Alsace
principalement, pays où le Topinambour est encore aujourd'hui cultivé le plus
en grand. Toutefois, depuis la maladie des pommes de terre, et surtout
depuis qu'on a reconnu la possibilité de retirer du Topinambour une forte
quantité d'uu bon alcool, cette plante a appelé plus sérieusement l'attention
des cultivateurs; des essais de culture ont été tentés dans les localités les plus
diverses, et les résultats obtenus permettent de penser que sa production
finira par se généraliser en France et par prendre un rang important parmi
nos cultures industrielles et fourragères.

La partie essentielle du Topinambour est le tubercule, qui se développe
à la base de la tige, entre les racines, et s'enfonce à une profondeur variable
de 10 à 20 ou 30 centimètres. Ces tubercules sont allongés, de forme plus ou
moins irrégulière, et pourvus d'écaillés qui sont de véritables bourgeons.
Lorsqu'ils sont arrachés, abandonnés à eux-mêmes, ils se ramollissent, se
flétrissent et perdent promptement la plus grande partie de leur poids. Ils
possèdent, d'ailleurs, une rusticité extrême, qui leur permet de résister aux
froids les plus intenses ainsi qu'aux plus vives chaleurs de l'été. Les longues
sécheresses en retardent quelquefois, mais n'en arrêtent point l'accroisse-
ment; si la plante a souffert par excès de chaleur, aux premières pluies elle

-ocr page 403-

COMPOSÉES. iO 387

reprend son développement, et dans le cours de l'hiver, après l'étiolement
de la tige, les tubercules continuent à végéter, quelle que soit la tempéra-
ture; des froids de 15° à 18° même ne les atteignent point.

Cette extraordinaire résistance au froid donne au Topinambour la
faculté importante et exceptionnelle de se reproduire presque indéfiniment,
sans engrais, sur la terre qu'il occupe, et cela même lorsqu'il est arraché;
les plus petits fragments souterrains restés dans le sol suffisant pour donner
naissance à de nouveaux jets. Il faut ajouter qu'en France, il ne peut se mul-
tiplier autrement que par tubercules, ses graines ne mûrissant point dans
notre climat, sinon exceptionnellement dans la zone la plus méridionale.

D'une saveur douce et sucrée, les tubercules du Topinambour sont re-
marquables encore par leur composition, laquelle diffère de celle des autres
tubercules en ce qu'ils ne renferment point de fécule, et contiennent, à la
place, du sucre incristallisable, s'élevant à la proportion de 14 à 15 pour 100.

La culture du Topinambour en a produit un certain nombre de variétés ;
la plus importante est :

Le Topinambour commun, tubercule rougeâtre ou blanc-rosé, un peu
allongé, de forme irrégulière, avec une chair d'une couleur blanc-jaunâtre,
et le seul communément cultivé;

Citons, en outre, le Topinambour jaune, obtenu en 1808 par M. Vilmo-
rin : tubercule jaunâtre, plus petit, plus irrégulier et inférieur au type pré-
cédent, variété peu répandue, de même qu'un certain nombre d'autres,
obtenues de semis dans les régions méridionales.

Culture du Topinambour.

Choix du sol. Plantation. Soins de culture. — Plante essentiellement rus-
tique, pouvant réussir dans tous les climats, le Topinambour est de plus
très peu exigeant sous le rapport du terrain. Il vient dans les sols les plus
divers, même dans les plus médiocres, et prospère là où la pomme de terre
ne donne aucun produit, ne redoutant que les sols humides ou à sous-sol
imperméables. Il préfère toutefois les sols calcaires, et, bien que pouvant
croître partout, il donne toujours un total de produits en rapport avec la qua-
lité des terrains qu'on lui a consacrés.

De là l'indication, malgré sa rusticité, de le semer dans une terre con-
venablement préparée par des labours profonds, donnés avant et après l'hi-
ver. Il est profitable également, bien que de toutes les plantes ce soit celle qui
réussisse le mieux sur les sols appauvris et de mauvaise qualité, de ne lui
point épargner les engrais. On peut employer, soit le fumier, à raison de 20
à 25 mille kilog. par hectare, soit les engrais minéraux divers, cendres, ter-
reau, poudre d'os, guanos, chiffons de laine, etc., et surtout les engrais cal-
caires, qu'il consomme en abondance, en même temps qu'il absorbe énergi-
quement dans l'atmosphère une partie des éléments qui le composent.

-ocr page 404-

388 COMPOSE ES.

Le Topinambour se propageant par tubercules, on plante ceux-ci au
printemps, en février ou mars, aussitôt que les dégels permettent de labou-
rer les terres. Dans les sols très meubles, sur les coteaux, la plantation sera
faite de préférence en automne. On met en terre les tubercules entiers, car
ils sont sujets à pourrir lorsqu'on les coupe. L'opération est faite à la bêche
ou à la charrue, comme pour la pomme de terre, et les plants sont mis en
lignes, éloignés les uns des autres de 60 centimètres environ, les tubercules
rapprochés à la moitié de cette distance. Quelquefois on espace davantage
les plants ; mais le sol est moins ombragé alors, pendant l'été, par les tiges
et les feuilles, et conserve moins sa fraîcheur. La profondeur à laquelle on
dépose les tubercules varie de 5 à 15 centimètres, rarement davantage, à
moins qu'ils soient plantés dans le sable. La quantité semée, avec les espa-
cements qui viennent d'être indiqués, est d'environ 20 à 25 hectolitres par
hectare.

Quelquefois on ne l'ait aucun semis; on se borne, au moment de la
récolte, à enlever les tubercules mis à découvert par la charrue, et ceux qui
restent dans le sol suffisent pour que le champ se trouve garni de plants
l'année suivante. Les touffes alors ne sont plus disposées en lignes; c'est
un inconvénient pour les façons à donner au sol, mais on a l'avantage d'éco-
nomiser tout ce qui aurait été dépensé en tubercules pour l'ensemencement.

Les soins de culture sont à peu près ceux que l'on donne à la pomme
de terre. Quand les premières pousses apparaissent, on pratique un vigou-
reux hersage, qui ameublit la couche arable, favorise la sortie des tiges et
détruit les mauvaises herbes qui ont pu se développer. Plus tard, la plante
se développant assez pour étouffer ces herbes, on peut se borner, pour tous
soins d'entretien, à quelques binages avec la houe à cheval, qui rompent la
couche arable et facilitent la pénétration des agents atmosphériques. Cette
opération n'est possible qu'autant que les plants ont été semés en lignes et
sont venus d'eux-mêmes ; sinon on doit s'en tenir aux premiers hersages pra-
tiqués en avril, mai ou juin.

Avant la récolte, quelquefois, on coupe les tiges et les feuilles vertes, qui
fournissent aux bestiaux un fourrage abondant. Une expérience de M. Bous-
singault a fait voir que cette taille peut nuire sensiblement à la production
des tubercules. Mais un autre agronome, M. Laprade, de la Vienne, a observé
que si on a soin de couper la tige à 1 mètre 30 du sol, le rendement en tuber-
cules n'est en rien diminué, ce qui reste de tige suffisant pour entretenir la
végétation du plant dans toute son activité ; et que l'on peut, sans incon-
vénient, en prenant cette précaution, se procurer, pour la fin du mois d'août,
un supplément précieux de fourrage vert.

Récolte. Produits. — La récolte des topinambours se fait en hiver, du
15 décembre au 15 mars ordinairement, et seulement à mesure des besoins,
les tubercules s'altérant promptement <à l'air, se desséchant ; tandis que, d'un
autre côté, ils se conservent parfaitement dans le sol, quelle que soit la tem-

-ocr page 405-

COMPOSÉES. iO 389

pérature régnante. V. Yvart avait même cru remarquer qu'en restant en
terre, dans les automnes humides, ils augmentent de volume. D'autres
observations, il est vrai, et notamment une expérience faite en 1852 par
M. Opperman, ont paru établir, au contraire, que les tubercules alors per-
dent une partie de leur poids, mais en gagnant, par compensation, sous le
rapport de la qualité, en ce qu'ils deviennent moins aqueux et plus sucrés.
Dans tous les cas, la récolte doit être achevée en mars, époque où les tuber-
cules se mettent à repousser, ou bien à laquelle doivent commencer les
travaux pour une nouvelle récolte, si une autre plante doit succéder au
Topinambour.

On recueille les tubercules par arrachage des pieds, après avoir fait pas-
ser la houe ou la charrue qui commence à les déraciner. L'ouvrier vient
après, saisit chaque toufïe, l'arrache et en détache la terre en la frappant
contre son sabot.

Le rendement en tubercules est extrêmement variable, selon la fertilité
des terres, les soins donnés à la culture; on a obtenu depuis 100 jusqu'à
750 hectolitres par hectare, chaque hectolitre pesant environ, comme la
pomme de terre, 65 kilog., ce qui fait une moyenne de 25,000 ltilog. de tuber-
cules par hectare.

Outre les tubercules, le Topinambour fournit ses feuilles et ses tiges ver-
tes ou sèches. Les tiges sont abondantes et bien fournies de feuilles en juillet
et août, et si on les coupe alors, on peut arriver à un rendement de 20 à
25 mille kilog. de fourrage vert par hectare, perdant à peu près la moitié
de son poids par le fanage. Mais une récolte aussi abondante serait préju-
diciable aux tubercules, ce qui ne serait pas si on se bornait, d'après le con-
seil de M. Laprade, rappelé plus haut, à couper, vers la fin d'août, le sommet
des tiges.

Quant aux tiges et feuilles desséchées conservées après la floraison, il
convient de les couper, bien qu'elles n'aient pas une très grande valeur,
dans le mois d'octobre, aussitôt qu'elles commencent à jaunir. On peut encore
alors les utiliser pendant l'hiver. Si on attend davantage, elles noircissent et
n'ont plus la même valeur. Aussitôt qu'elles ont été coupées, on lie les bran-
ches en fagot que l'on dresse pour les faire sécher, après quoi on les met à
l'abri de la pluie, en meule ou dans des granges. Le rendement en fanes
sèches est variable, selon les circonstances; il est évalué à environ 10,000 kil.
en moyenne.

Valeur agricole et économique du Topinambour.

Par sa rusticité, sa facilité de vivre principalement aux dépens de l'air,
en n'empruntant au sol que ses éléments minéraux, l'activité de sa végéta-
tion, sa faculté de croître en tout terrain, les récoltes abondantes qu'il donne
en produits propre à la nourriture de tous les animaux, le Topinambour

m

-ocr page 406-

390 COMPOSE ES.

constitue une plante d'un haut intérêt économique. C'est, d'après M. Bous-
singault, un des végétaux de la grande culture qui produisent le plus, en
consommant le moins d'engrais et en exigeant le moins de façons. On ne le
conseillera point, cependant, dans les terres d'un prix élevé. Mais dans les
sols médiocres, où la betterave, la pomme de terre et les autres cultures
sarclées ne réussissent point, le Topinambour donnera toujours des produits
relativement considérables, eu égard aux faibles déboursés qu'il exige, et qui
en font la plante fourragère par excellence des terres pauvres, où l'on ne
récolte pas assez de fourrage pour nourrir le bétail, et où l'on n'a point assez
de capitaux pour élever à son maximum la production du sol.

Le Topinambour est surtout avantageux par la grande quantité de sucre
que renferment ses tubercules, et dont la proportion est deux fois plus éle-
vée que celle renfermée dans la betterave. Ce sucre, il est vrai, n'est point
cristallisable ; mais il fermente facilement, et peut se transformer en un
excellent alcool, qui se rectifie parfaitement, et dont on peut obtenir jus-
qu'à 5 à 7 litres par 100 kilog. de tubercules.

Enfin, on utilise les tiges du Topinambour soit pour en former des
rames ou des échalas, soit comme combustible, soit pour en former des
litieres.

Au point de vue de la culture, indépendamment des produits qu'on peut
en obtenir, le Topinambour est avantageux, non-seulement en ce qu'il peut
se reproduire presque infiniment sans travaux et sans frais de semence,
mais en ce qu'il n'est jamais attaqué par aucun insecte ni par aucune ma-
ladie, et aussi parce que sa récolte se fait sans frais, dans le cours de l'hiver,
alors que les bras sont le moins occupés, et parce que, étant arraché à me-
sure des besoins, il n'exige pas de locaux pour être conservé.

On reproche précisément, il est vrai, au Topinambour sa vitalité extrême
qui, le faisant renaître chaque année de ses tubercules, le rend fort difficile
à extirper des champs qui en ont produit. Celà n'est point un inconvénient,
lorsqu'il est cultivé sur des terres mal préparées à recevoir d'autres récoltes,
et sur lesquelles ainsi il donne incessamment des produits sans frais nou-
veaux; mais lorsqu'on veut l'introduire dans un assolement, cette persistance
de végétation devient, eu effet, un embarras, qu'on peut considérer comme
la cause principale qui jusqu'à présent a le plus contribué à éloigner le
Topinambour des cultures régulières. La plante n'est pas cependant impos-
sible à détruire. On y parvient en cultivant, sur la terre où le Topinambour
a végété, soit des plantes qui exigent des sarclages nombreux, soit une prai-
rie artificielle formée de plantes fourragères étouffantes : trèfle, lupuline,
vesce, ivraie vivace, etc., suivant les cas. D'abord, il faut avoir eu soin, au
moment de la récolte, d'arracher les tubercules le plus complètement pos-
sible; puis, au printemps suivant, après avoir fait pâturer, par les vaches et
les moutons, les tiges qui auraient pu repousser, de donner un premier labour
en ramassant, derrière la charrue, les tubercules déterrés qui avaient d'abord

-ocr page 407-

COMPOSÉES. iO 391

échappé. Puis, on répète la même opération à chaque nouvelle façon que
réclame la culture sarclée ou la prairie semée, en ayant soin de couper, en
même temps, avec l'échardonnette, les pieds qui germent et se mêlent aux
pousses de la nouvelle culture; cela fait, la végétation de celle-ci suffit en-
suite pour étouffer définitivement la plante tuberculeuse, et en débarrasser
le sol.

Emploi alimentaire du Topinambour.

Le Topinambour fournit à l'alimentation du bétail ses tubercules, ainsi
que ses feuilles vertes ou sèches.

Les tubercules, riches en principes sucrés, et contenant une certaine
proportion de matières azotées, constituent un bon aliment qui convient à
tous les animaux de la ferme. Les bêtes à cornes s'en montrent avides, sur-
tout à la fin de l'hiver, époque où les tubercules sont moins aqueux et plus
sapides qu'en automne. Mais on les réserve plus généralement pour les mou-
tons et les porcs. A ceux-ci on les donne quelquefois à manger sur place en
leur faisant déterrer, dans des taillis de grandes forêts, de tubercules semés
à cet effet. Au début, les animaux prennent quelquefois les topinambours
avec difficulté; mais tous s'y habituent promptement et finissent par les
rechercher et les manger avec plaisir.

On donne généralement les topinambours crus, l'observation n'ayant
pas appris qu'il y ait avantage à les faire cuire. On se borne, après les avoir
lavés à grande eau, à les diviser, soit en les écrasant par une mouture gros-
sière ou avec un battoir, soit en employant le coupe-racines. On peut les
donner dans cet état, ou bien après les avoir saupoudrés avec du son ou des
balles d'avoine. Quelquefois, lorsqu'ils sont donnés à trop forte dose, ils
provoquent, chez les moutons surtout, des météorisations ou une espèce
d'ivresse. On évite cet inconvénient en mêlant, aux tubercules, un peu de
sel, des baies de genièvre concassées, ou quelque autre substance tonique;
ou bien en les alliant à de la nourriture sèche, et en ne les faisant jamais
entrer pour plus de moitié dans la ration journalière des animaux.

On évitera, d'ailleurs, de faire manger aux bestiaux les tubercules altérés
par un trop long séjour dans l'eau ou une trop longue conservation, et qui
peuvent donner lieu à des accidents. Mais on peut utiliser avec avantage les
résidus des tubercules distillés pour la fabrication de l'alcool.

Quant aux feuilles et aux tiges, surtout lorsqu'elles ont été récoltées en
temps convenable, elles constituent une excellente nourriture, que recher-
chent surtout les vaches et les moutons, auxquels on les donne, vertes ou
fanées, sans préparation, mêlées seulement à d'autres fourrages, qui en aug-
mentent la valeur nutritive. Dans les pays pauvres, ces feuilles et ces tiges
séchées peuvent même devenir la ressource principale pour l'entretien des
troupeaux en hiver.

-ocr page 408-

392 COMPOSE ES.

Genre MADIE. — MAD1A Mol.

Fleurs radiées, celles de la circonférence femelles, à ligule courte; réceptacle garni au pour-
tour de paillettes embrassant les akènes; —
involucre à folioles sur 1.2 rangs; — aliènes angu-
leux, à sommet nu, ceux du centre pourvus d'une aigrette pailletée. —
Feuilles entières,
sessiles, les inférieures opposées, les supérieures alternes, domi-embrassantes.

Genre 11011 indigène, comprenant une seule espèce, récemment acclimatée.
Madie cultivée, M. sativa Mol.

Madi, Madi visqueux, Mellosa.

Fleurs d'un jaune safrané, en capitules grands, presque globuleux, solitaires ou géminés,
brièvement pédicellés et bractéolés. Feuilles étroites, allongées, rudes. Tige dressée, rameuse.
Taille de 3 à 4 décimètres. Annuelle. Plante visqueuse, couverte do poils glanduleux, répandant
une odeur forte et désagréable.

Plante originaire du Chili, où elle vient spontanément et où on la cultive pour la graine,
dont on extrait, par expression ou coction, une huile claire et douce, servant à divers usages
domestiques ou industriels. Introduite en Allemagne, puis en France, il y a une trentaine d'an-
nées, cette espèce se recommande par la facilité de sa culture, son rapide développement, sa rus-
ticité et l'abondance de son produit en graines et en huile. On la sème au printemps jusqu
la fin
de mai, et dès le mois de septembre, quand la maturité est complète, on la récolte pour en retirer
les graines. On reproche à cette plante la forte odeur qu'elle répand, et qui, jusqu'à présent, a
constitué le principal obstacle à l'extension de sa culture. Cette odeur, il est vrai, éloigne les
insectes et devient ainsi pour la plantation un moyen de protection. D'un autre côté, elle offre
l'inconvénient de repousser aussi les bestiaux, et de les empêcher de consommer la plante à l'état
frais. Cependant, les moutons paraissent s'accommoder des tiges sèches, bien qu'elles conservent
un peu de cette odeur. Ainsi, M. do Sainville, de Château-Renard (Loiret), en 1842, en fit man-
ger plusieurs centaines de bottes à des troupeaux, qui s'en trouvèrent parfaitement. Si l'on ne
trouve pas avantage à utiliser la Madie comme fourragère, on peut l'enfouir comme engrais vert,
et elle constitue alors pour le sol un très bon amendement.

Genre ANACYCLUS. — ANACYCLUS Pers.

Fleurs radiées, celles du centre à tube ailé, celles de la circonférence sur 1 rang; — akènes
munis de chaque côté d'une aile membraneuse auriculée au sommet. — Feuilles alternes, bipin-
natifides, à segments linéaires. — Plantes velues, annuelles.

A. clavatus Pers., fleurs ligulées blanches; tige à rameaux divariqués, rougeâtres, 3 à 4 déci-
mètres ; —
A, valentinus L., fleurs ligulées jaunes, dépassant à peine l'involucre; — A. radtalus
Lois. ; Anthémis valenlina L., fleurs ligulées jaunes, très rayonnantes, — plantes sans importance,
propres aux Pyrénées et à la région méditerranéenne.

Genre ACHILLÈE. — ACHILLEA L.

Fleurs radiées, celles du centre à tube comprimé-ailé, celles de la circonférence sur 1 rang;
akènes comprimés, étroitement marginés. — Feuilles alternes; — tige dressée ou ascendante,
raide, striée.

-ocr page 409-

COMPOSÉES. iO 393

Espèces assez nombreuses, toutes vivaces, habitant principalement les
contrées méridionales, et dont un petit nombre seulement, assez répandues,
ont été utilisées.

I Involuc.ovoïde. I
Fleurs de la
circonférence j
plus courtes

Involucre
hémisphérique.

Fleurs
toutes égales,
blanches

<

W

hJ
g

M

u
<

h
«

fc
H

G

Segments V
sur un \
seul plan f

Feuilles fascioulées................

Feuilles fasciculées, entières......

Feuilles en dents de peigne.......

„ ... ... { Corymbe composé...........

ieuul. entières, \ J r

ou dentées j Corymbe presque simple......

Feuilles ( Corymbe composé —Fenili, tr. amples
, pinnatifides j Corymbe simple — Feuilles étroites,.

Segments égaux.....

Segni, infér. pluslongs.

Segni.
, divariq.

MILLEFOLIUM
Compacta

L.
L m.

Segments égaux

Segments inégaux

i Tanaccti/blia

All.

J Venti fera

DC.

( Odorata

L.

{ Nonius

L.

{ Ligustica

All.

Chamœmclifolia Poiiri.

Aîîiîhatuii

I..

Tomentosa

L.

PTMIMICA

L.

J Pyrcnaica

Sibili.

( Ucrba-Costa

All.

■ Macrophylla

I..

Nana

L.

'Feuilles/
isolées

Fleurs
blanches.
Feuilles
pinnatifides

Fleurs jaunes


ACHILLÉE MILLEFEUILLE. — A. MILLEFOLIUM L.

Noms vulgaires. — Millefeuille, Sourcil-de-Vénus, Saigne-nez, Saignelte, Herbe à la coupure,
Herbe aux charpentiers, Herbe aux voituriers, Herbe militaire, Herbe de Saint-Jean.

Fleurs blanches ou purpurines, on petits capitules groupés en corymbe dense. — Feuilles
oblongues, bipinnatifides, ii segments nombreux, très menus, presque égaux, non insérés dans un
même plan. — Tige simple ou rameuse au sommet. — Racine longuement traçante.— Taille de
3 à 5 décimètres.

Espèce fort commune, répandue dans toute la France, venant partout,
dans les lieux incultes, au bord des bois et des chemins, dans les champs et
les prairies. Douée de propriétés toniques et légèrement aromatiques, elle
est recherchée de tous les bestiaux, ce qui a fait conseiller de l'utiliser
comme plante fourragère, emploi pour lequel la recommandent d'ailleurs
plusieurs autres qualités importantes. Ainsi, elle est fort précoce, d'une
croissance rapide et d'une longue durée ; commence à végéter dès les pre-
miers jours du printemps, dure jusqu'aux gelées, en produisant toujours des
pousses nouvelles, et conserve même un peu de verdure pendant l'hiver.
Elle vient communément dans toutes les bonnes prairies, surtout celles dont
le sol est argileux et où elle donne des feuilles vigoureuses, ce qui ne l'em-
pêche point, grâce à ses racines longues et traçantes, de se montrer dans les
terrains secs, et de résister aisément aux sécheresses et aux fortes chaleurs.
Enfin, elle peut durer 7 à 8 ans.

Malgré ces avantages, comme elle est en somme peu productive, elle ne
constitue qu'un fourrage d'ordre secondaire, ne méritant point tout à fait le
nom
d'Herbe admirable que lui donnait A. Young. Ainsi, bien que se dessé-
chant facilement, elle n'est point propre à être fauchée, car, montée en fleurs,
elle donne un foin dur et désagréable, et coupée jeune elle en fournit une

-ocr page 410-

COMPOSÉES.

trop petite quantité pour rendre l'opération fructueuse. Mais comme plante
de pâturage, la Millefeuille peut être avantageusement utilisée, car elle
repousse aussitôt qu'elle a été broutée, et se range même, par cette propriété,
parmi les bonnes espèces connues pour faire paître surplace. On peut ainsi la
faire entrer dans tous les mélanges de fourrages destinés à être consommés
en pâturage, et auxquels elle communique ses propriétés toniques. Elle peut
aussi être semée seule ; on répand alors la graine au printemps, à raison de
5 à 6 kilog. par hectare, soit seule, soit avec de l'avoine qui fournit une
récolte la première année.

Les prés de Millefeuille, qui, dit-on, éloignent les mouches, peuvent être
livrés à tous les bestiaux, mais ils conviennent principalement aux vaches et
aux moutons, à ceux-ci notamment, auxquels sont toujours favorables les
qualités astringentes de la plante;
011 la fait manger aussi aux porcs, qui la
recherchent. La Millefeuille, toutefois, n'est pas consommée exclusivement
en pâturage ; ainsi, dans les contrées du Centre, on la ramasse avec soin,
dans les bois taillis, pour nourrir les bestiaux à l'étable. Les cultivateurs de
certaines régions la font de plus entrer dans la pâtée que l'on donne aux
jeunes dindons. Enfin, en Allemagne, la racine elle-même, qui a le goût de
la carotte, est employée comme fourrage et donnée à tous les bestiaux.

A. compacta Lm., oapitules assez volumineux ; feuilles à segments inférieurs plus larges,
— venant sur les coteaux de la· Provence, du Daupliiné, dans le Jura, où elle est consommée
comme la Millefeuille, à laquelle elle est inférieure, toutefois, comme fourrage;

A. odorata L., feuilles d'un vert cendré, velues, — se montrant dans la région méditerra-
néonno et les Pyrénées-Orientales;

.1. nobilis L., capitules en corymbe très rameux ; feuilles d'un vert grisâtre,-— très abon-
dante sur les coteaux calcaires de l'Est, dans les Vosges, sur la Lozère, dans la Provence et le
Languedoc, où elle est broutée par les troupeaux ;

A. ageratum L. (Acliillée visqueuse, Eupatoire de Mezué), capitules en corymbe dense;
feuilles fasciculées, entières, dentées en scie, — croissant dans les lieux pierreux et un peu
humides des départements méridionaux.

Achillée sternutatoire , A. ptcirmica L.

Herbe o éternuer, Herbe sarrasine, Ptarmique commune, Lin sauvage.

Fleurs blanches, en capitules assez grands, groupés en corymbe composé, étalé. Feuilles
glabres, sessiles, linéaires-lancéolées, dentées en scie. Taille de 4 à 6 décimètres.

Plante répandue dans toute la France, mais moins commune que la Millefeuille, et venant
surtout dans les prés humides, les fossés, où elle se multiplie parfois d'une manière excessive. Elle
n'est point mangée par les bestiaux, sur lesquels elle exerce une influence nuisible ; et nuit tou-
jours, quand elle est- en excès, à la qualité du foin. Ses feuilles et sa racine desséchées et réduites
en poudre sont employées comme sternutatoires. — Une variété de cette espèce est cultivée dans
les jardins sous le nom de
Bouton d'argent.

Les autres espèces de genre, qui viennent dans les Alpes et les Pyrénées, sont sans importance.

#

-ocr page 411-

COMPOSÉES. iO 395

Genre COTA. - COTA Gay.

Fleurs radiées, celles du centre jaunes, à tube ailé, celles de la circonférence sur 1 rang;
réceptacle à paillettes persistantes, terminées en épine ; —
akènes couronnés. — Feuilles alternes,
pinnatifides avec des lobes plus petits entre les segments; —
tige dressée, forte.

Cota des teinturiers, C. tinctoria Gay; Anthémis tinctoria L.

Camomille des teinturiers, C. jaune, OEil-de-bceuf.

Fleurs odorantes, toutes jaunes, et ne dépassant pas l'involucre. Akènes à couronne mem-
braneuse courte. Feuilles à racbis large, à segments profondément dentés, cuspidés. Tigo très
fouillée. Plante pubescente, de 4 à 6 décimètres. Yivace.

Espèce répandue dans les lieux secs et pierreux, sur les coteaux calcaires de l'Est, depuis la
Provence jusqu'à la chaîne des Vosges. Elle est mangée par les chèvres et les moutons et recher-
chée des chevaux. On retire de ses fleurs une teinture jaune.

Cota élevé, C. altissima Gay; Anthémis altissima L.

Camomille élevée.

Fleurs ligulées blanches, dépassant longuement l'involucre; pédoncules renflés; réceptacle à
paillettes longuement épineuses. Akènes à couronne aiguë. Feuilles bipinnatifldes, à dents lon-
guement cuspidées. Taille de 6 à 12 décimètres. Annuelle.

Espèce fort répandue dans les lieux stériles et les champs cultivés de toutes les provinces
méridionales, principalement dans le Sud-Ouest, aux environs de Toulouse. Occupant inutilement
le sol, elle doit 8tre extirpée des champs et des prés qu'elle envahit.

C. triumfetti Gay, Anthémis austriaca DC., fleurs ligulées blanches, plus longues que l'invo-
lucre; pédoncules non renflés; feuilles bipinnatifides, en dents de peignes; vivace, — répandue
dans les bois montagneux des Pyrénées-Orientales.

Genre ANTHÉMIS. — ANTHEMIS L.

Fleurs radiées, celles du centre jaunes, à tube comprimé, celles de la circonférence blanches,
sur 1 seul rang, à ligule réfléchie; réceptacle conique; —
akènes pourvus de côtes, tronqués au
sommet. —
Feuilles alternes, pinnatifides.

Genre réduit à un petit nombre d'espèces, indigènes et exotiques.
Anthémis des champs, A. arvensis L.

Camomille des champs, OEil-de-vache.

Réceptacle à paillettes lancéolées, terminées en pointe raide. Akènes très inégaux, à côtes
lisses, couronnés par un bourrelet irrégulier. Feuilles étroites , bipinnatifides, à segments linéaires,
courts, rapprochés. Tige dressée, très rameuse. Taille de 1 à 2 décimètres. Annuelle. — Plante
velue, exhalant de toutes ses parties une odeur aromatique faible et peu agréable.

Espèce venant dans toute la France, et très répandue dans les champs cultivés, les terres
argileuses. Les bestiaux, excepté les porcs, les mangent volontiers. Communique aux fourrages et
aux pailles une légère odeur et une saveur qui plaisent surtout au cheval.

Anthémis fétide, A. cotula L.

Camomille puante, Cotule, Maroute, Bouillot, Cliaillerie.

Réceptacle à paillettes linéaires, sétacées. Akènes à côtes tuberculeuses, ii sommet nu. Feuilles

-ocr page 412-

396 COMPOSE ES.

bipinnatifides, assez grandes, à segments linéaires allongés, étalés. Annuelle. —Taille et port de
la précédente, mais exhalant de toutes ses parties une odeur pénétrante et désagréable.

Commune dans toute la France, cette espèce souvent abonde au milieu des moissons, des
champs cultivés. Repoussée des bestiaux à cause de son odeur, elle doit être détruite par l'intro-
duction d'un bon système de culture. Etait autrefois employée comme anti-spasmodique.

Le même genre renferme trois autres espèces indigènes, plus rares que les précédentes, et
s'en distinguant par leurs feuilles simplement pinnatifides et un pou charnues :

L'A. montanaL., feuilles à segments bi-quinquéfides ; tiges nombreuses, peu feuillues; vivace,
— espèce très variable de forme, se montrant dans les Pyrénées, sur les bords de la Méditerranée,
dans les montagnes et sur le sable des rivières du Centre;

L'A. maritima L., feuilles à segments entiers; tige suffrutescente à la base; vivace, — et
VA. secundiramea Biv., feuilles à segments bi-trilides; tiges toutes herbacées, radicantes, — pro-
pres l'une et l'autre à la région méditerranéenne.

Anthémis Pyrèthre, A. Pyrethrum L.

Fleurs ligulées, rougeâtres sur les bords; réceptacle à paillettes obtuses. Akènes à couronne
membraneuse dentée. Feuilles à segments incisés. Tiges multiples, ascendantes, peu rameuses.
Racine pivotante, fusiforme, charnue. Vivace.

Espèce originaire des pays chauds, commune dans les contrées méridionales de l'Europe, en
Espagne, notamment, et quelquefois rencontrée dans la région pyrénéenne. Elle est remarquable
par les propriétés excitantes de sa racine, laquelle, en contact avec la peau, produit une sen-
sation de froid, suivie par une impression de brûlure. Elle est inodore, mais offre une saveur acre
et brûlante, qui excite énergiquement la salivation et l'a fait employer, sous le nom de
Racine
salivaire,
comme sialagogue. Enfin , elle exerce sur tous les insectes une action stupéfiante et
toxique des plus prononcées, qui en font un moyen des plus précieux de se débarrasser des insec-
tes. Réduite en poudre, elle forme la base de la plupart des préparations insecticides, aujourd'hui
si répandues dans le commerce. — Elle est cultivée aussi comme plante d'ornement.

Genre CAMOMILLE. — CHAMOMILLA God.

Fleurs radiées, celles du centre jaunes, à tube cylindrique, élargi à la base et embrassant le
haut de l'ovaire, celles de la circonférence blanches, sur 1 rang, réfléchies; réceptacle devenant
conique; —
akènes très petits, caducs, nus au sommet, à 3 côtes au côté interne. — Feuilles
alternes, bipinnatifides.

Genre comprenant trois espèces indigènes, assez répandues.
Camomille odorante, Ch. nobilis God.; Anthémis nobilis L.

Camomille romaine, Chaille.

Fleurs du centre à tube non appendiculé; réceptacle à écailles blanches, obtuses; involucre
appliqué. Feuilles étroites, à segments nombreux très fins. Tige grêle, rameuse, souvent couchée.
Taille de 1 à 3 décimètres. Vivace. — Plante velue, répandant une odeur forte et agréable.

Espèce fort répandue, très commune surtout dans l'ouest et le centre de la France, et qui
abonde en Italie, dans la campagne romaine. Vient dans les moissons, les pâturages secs et pier-
reux, les clairières des bois, où elle est peu recherchée des bestiaux. D'une saveur Scre et très
amère, elle est surtout réservée à l'usage médical, comme plante tonique, stomachique, exci-
tante, etc. Elle est, à cet effet, cultivée en grand dans les jardins; l'espèce sauvage offre toute-
fois des propriétés plus prononcées, qui en font souvent préférer l'emploi.

Ch. miccta God., Anthémis inirta L., Heurs du centre à tube prolongé en appendice; feuilles
oblongues à segments inégaux ; tige dressée, de 2 à 4 décimètres ; annuelle, — commune dans les
cbamps sablonneux, les bords oailloutcux des rivières du Midi et de l'Ouest; sans usages.

-ocr page 413-

COMPOSÉES. iO 397

Ch fuscata God., Maruta fuscata DC., fleurs du centre sans appendice; involucre réfléchi ;
tige dressée, de 1 à 2 décimètres; annuelle, — ss montrant dans les plaines basses du Midi.

Genre SANTOLINE. — SANTOLJNA T.

Fleurs jaunes, toutes tubuleuses, celles du centre à tube ailé, s'élargissant il la base et
embrassant l'ovaire ; capitules presque globuleux ; —
aliènes tétragones, lisses, nus et tronqués au
sommet. —
Feuilles alternes, lobées, un peu charnues, à racliis épais; — liges frutescentes, très
rameuses.

Un petit nombre d'espèces indigènes, toutes méridionales et sans usages.

S. chamœcyparissus L., feuilles linéaires très petites, velues, à 4.fi rangs de dents ascendan-
tes; 2 à 6 décimètres, — plante très polymorphe, commune sur les coteaux calcaires du Midi.

S. viridis Willd., feuilles plus étroites, glabres, — sur les bords du canal du Midi.

S. pectinata Lag., feuilles oblongties, pinnatifides, il segments sur 1 seul rang; 2 à 3 déci-
mètres, — Pyrénées et coteaux de la Provence.

Genre DIOTIS. — D10TIS Desf.

Fleurs jaunes, toutes tubuleuses, à tube ailé et prolongé à la base en 2 éperons obtus. —
Feuilles alternes, sessiles, entières, spatulées.

Le D. candidissima Desf., Athanasia maritima L., tige couchée ou ascendante, de 2 à 5 déci-
mètres; vivace; plante tomenteuse et aromatique, — la seule du genre, et venant dans les sables
maritimes de la Méditerranée et do l'Océan ; sans usages.

Genre SP1LANTHE. — SP1LANTHES Jacq.

Fleurs toutes tubuleuses, rarement radiées; — aliène à côtes ciliées, à sommet nu. —Feuilles
opposées.

Espèces nombreuses, toutes exotiques, dont une seule acclimatée.
Spilantiie cultivé, S. oleracea Jacq.

Cresson de Para, Abécédaire.

Fleurs jaunes en capitules solitaires, ovoïdes. Feuilles entières, ovales, tronquées ou cordi-
formes à la base. Tige rameuse, peu élevée. Annuelle.

Plante depuis longtemps cultivée dans les jardins potagers, et remarquable par la saveur
acide, piquante de ses feuilles, particulièrement propres ii provoquer la salivation, ce qui permet-
trait de l'utiliser soit comme condiment, soit en frictions sur les gencives, pour réveiller l'appétit
éteint par défaut de tonicité des tissus.

On cultive encore, sous le nom de Cresson du Brésil (S. fusca), une variété do l'espèce précé-
dente, et qui ne s'en distingue qae par la couleur roussûtre de ses fleurs et de ses feuilles.

-ocr page 414-

398 COMPOSE ES.

3e Tribu. — SÉNÉOIONÉES.

Style à branches linéaires, à sommet pourvu d'un faisceau de poils, et
tronqué ou prolongé en cône au delà. Anthères nues et arrondies à la base.
Akène à aigrette poilue ou nulle. Réceptacle dépourvu de paillettes. — Com-
prend les genres ci-après :

[ Akènes lisses, sessiles, à sommet nu............. Artemisia.

S I Fl' *outes / Akènes à [ Akène sessile, à couronne membr. réeul. Tanacetum.
® 1 tubuleuses \ . \ ' °

bC \ / cotes> j

"35 ) [ couronnés ( Ak. stipité, à cour, membr., en languette. Plagius.

w \

a j

^ 1 « I [ Ak. à côtes tout autour. ( Ak. extérieurs ii 3 angles. Chrysanthemdm.
\ Fleurs du centre

5S ]< \ Fl. radiées ^ à tube ailé ( Akènes tous obeoniques. . . Leucanthemdm.

•a [ Ak. à côtes à la face int. — Fl. du centre à tube cylind. Matricaria .
•tâ

'n ' T i ( Aigrette à Ak. extern, à sommet nu. Doronicum.

Involucre V i ·
à folioles V»sieurs rangs.

sur

Akènes

I à

'.aigrette poilue

' _ < Feuill. altern. f Ak. extern, pourvusd'aier. Aronicum.
r2.3rangs.) ' 1 &

à /II. radiées j Aigrette \ rang — Feuilles opposées. . . Arnica.

llnvol. à folioles sur 1 rang, i Involucre à folioles libres. Ligttlaria.
Fleurs j

tubuleuses et radiées I Invol. à fol. soud. à la base. Senecio.

Genre ARMOISE. — ARTEMISIA L.

Fleurs jaunâtres, toutes tubuleuses, celles delà circonférence tridentées, en capitules pourvus
do bractées entières ou divisées; —
involucre à folioles imbriquées; — anthères appendiculées au
sommet; —
akènes sessiles, obovés, lisses, b sommet nu et arrondi. — Feuilles alternes, générale-
ment divisées ; —
racines émettant dos touffes de feuilles.

Genre comprenant un assez grand nombre d'espèces, toutes vivaces,
d'une saveur amère et répandant une odeur aromatique plus ou moins pro-
noncée. Dispersées dans toute l'Europe, ces plantes habitent les régions les
plus diverses, depuis les sommets neigeux des montagnes jusqu'aux rives
maritimes sablonneuses des contrées méridionales. Malgré leur amertume el
leur odeur, les bestiaux les mangent, fraîches ou desséchées, sans toutefois
les rechercher. En petite quantité, elles communiquent aux herbages leurs
propriétés toniques et stimulantes; mais en excès, elles pourraient être nui-
sibles, comme tous les végétaux excitants. — Voici le tableau des principales
espèces indigènes :

-ocr page 415-

COMPOSÉES. iO 399

Grappe en panicule.

i Grappe longue, lâche.
( Grappeglobul. court.

I Capit. ovoïdes, en grappe simple, irrégul.

Feuilles bipinnatiséq...
Feuill. pq. ( Gr. spicif.
Capit. ) ^ palmées ( Gr. unilat·.

globul. ) l F.bl. soy. — Pl.herb.

rappe ; peu;|jes preSq. glabres
* f — Plante ligneuse

„ . . ( Pl. ligneuse.

- Grappe panicul. '

Corolle insér. obliq.
sur l'ov. ~ Stigm.
term, en disque cilié 1
— Réceptacle nu

Feuilles
pinnatif.

Fl. du centre stér.

Pl. herbacée.
Pan. ample, fouillée — Ram. penchés.

Panic. étroite, nue — Ram. dressés.
Feuilles entières oubi-trifides— Panic. serrée.

f Plantes
\ herbacées

Grap. simple

1 Réeept

Corolle

V

insérée

au

sommet

de

l'ovaire.

Si
£

Stigmate

V

filiforme,

f ^
d

nu

cL

ID

•3
M

Fleurs '
du centre
fertiles

Plantes ligneuses.

' Grappe
simple

in
g

y

u
<1

H

m
§

O

ABSINTHIUM

vitellina
Gi.acioi.is
Camp/tarata
A rborcscens.
VULGARIS
A
tiiata
Spicata
Nana
Insipida
CUumœmclifolia
Nili.

A lì HOT A.NI! SI I..

CAMl'liSTIUS L.

Diiacunc'ji.cs I.

Mauitima L.

Gallica Wllld,

A ragonnensis Lin.

Cœrulescens I..

L.
Vili.

L.
Vili.
L.
L.
Lin.
Wulf,
Gaud.
Vili.


ARMOISE ABSINTHE. — A. ABSINTHIUM L.
Noms vulgaires. —
Grande absinthe, Absinthe suisse, Armoise amire, Alvine, Aluine.

Capitules petits, brièvement pédiculés, penchés, groupés en grappes unilatérales formant une
grande panicule étalée. — Involucre à folioles externes-linéaires. — Feuilles blanches-soyeuses,
surtout en dessous, pétiolées, larges, bipinnatiséquées, à segments entiers ou à divisions obtuses.
— Tige dressée, très rameuse. — Taille de 4 à 6 décimètres.

Plante fort commune dans les contrées montagneuses de l'Est, du Midi
et du Centre, en Algérie aussi, et venant sur les rochers, dans les lieux
incultes. Très amère dans toutes ses parties et répandant une odeur peu
agréable, elle est principalement employée, en infusion comme tonique et
excitante, et comme telle cultivée dans les jardins. Elle concourt aussi à la
fabrication de la liqueur qui porte son nom. Ses feuilles, cueillies au mois
d'août, ont été conseillées pour imprégner les greniers à blé, où leur parfum
âcre et pénétrant suffit pour débarrasser le grain des insectes et notamment
des charançons, qui l'infestent incessamment. Malgré son amertume, l'Ab-
sinthe est mangée par les animaux; mais elle communique à la viande et au
lait un goût particulier qui 11e permet point d'en continuer longtemps, sans
inconvénient, l'usage dans l'alimentation.

Se rapprochent de l'Absinthe, par leurs propriétés, leurs usages et les lieux qu'elles habitent :

VA. mutellina Vill. (Génépi blanc), capitules en grappes longues; involucre à folioles obtu-
ses; feuilles à pétiole dilatée, à divisions linéaires, les supérieures à limbe palmatifide; 1 à 2 dé-
cimètres; très odorante, — recherchée par les chèvres et les moutons;

L'j). glaciatis L., capitules en ombellule serrée, presque globuleuse; feuilles orbiculaires,
palmées, à segments triildes; 5 it 15 décimètres, — peu productive.

-ocr page 416-

400 COMPOSE ES.

ARMOISE COMMMUNE. — A. VULGARIS L.

Noms vulgaires. — Fleur, Herbe, Couronne, Ceinture de Saint-Jean, Remise.

Fleur d'un jaune rougeâtre. — Capitules sessiles, le long des rameaux en grappe pyramidale
longue, irrégulière. — Involuore à folioles extérieures aiguës. — Feuilles blanches-tomenteuses
eu dessous, ovales, auriculées, les supérieures entières ou tripartites, les inférieures plusieurs fois
incisées. — Taille de 8 â 15 décimètres.

Très répandue dans toute la France, venant sur les collines incultes,
dans les lieux frais et sablonneux, au bord des routes et des haies, dans les
décombres, mais rarement dans les prairies, elle est mangée par les bes-
tiaux, surtout quand elle a été desséchée, mais sans être recherchée, à cause
de son odeur ; est usitée aussi comme tonique et stimulante.

A. atrata Lm., A. tanacetifolia Ail. (Génépi noir), grappe très étroite, unilatérale; feuilles
bi-tripinnatifides, à segments linéaires; 2 à 3 décimètres; presque sans odeur; —
A. spicata
Wulf (Génépi blano), grappe simple, spiciforme ; feuilles sessiles supérieurement, à segments
obtus; tiges coucliées-ascendantes; 5 à 15 centimètres; ayant l'odeur de l'absinthe, — espèces
propres aux montagnes du Dauphiné, plus rares que la précédente, et ayant les mêmes proprié-
tés ; employées aussi, conjointement, dans la fabrication de certaines liqueurs ;

A. abrotanum L. (Aurone mâle, Citronelle), capitules penchés; feuilles très petites, à seg-
ments linéaires; tige ligneuse, à rameaux nus inférienrement; 8 à 12 décimètres, — arbrisseau
d'une odeur rappelant celle du citron , originaire du midi de l'Europe, et néanmoins pouvant ré-
sister aux plus rudes hivers; cultivé dans les jardins pour son odeur et comme plante médicinale.

Armoise des champs, A. campestris L.

Aurone des champs, Aurone sauvage, Armoise sauvage, Armoise bâtarde.

Fleurs d'un vert jaunâtre, rougeâtres au centre. Capitules brièvement pédicellés, en grappes
formant une grande panicule pyramidale. Feuilles glabres, bipinnatiséquées, à segments filifor-
mes, divariqués. Tiges multiples, ligneuses à la base, coucliées-ascendantes. Taille de 8 à
6 décimètres.

Espèce presque sans odeur, offrant un grand nombre de variétés, différant surtout par la
taille
(genuina, alpina, crithmifolia, etc.), les unes et les autres très communes, et venant dans
toute la France, sur les sols sablonneux ou pierreux, sur les pelouses arides, dans les lieux secs
et découverts, partout où peuvent pénétrer ses profondes racines. Recherchée, quand elle est
jeune, des moutons et des chèvres, elle n'offre plus à la floraison qu'une substance sèche et dure
qui repousse le bétail, L'Armoise sauvage est bonne encore, quand elle est verte, comme assai-
sonnante pour mêler aux fourrages aqueux et peu nutritifs. Elle sert aussi comme stimulante et
antlielmintique.

A. dracunculus L. (Estragon, Dragonne, Serpentine), fouilles sessiles, lancéolées, les supé-
rieures entières, les inférieures trifides; racine plus ou moins contournée, — plante glabre, aro-
matique, d'une saveur fraîche-piquante, originaire de Sibérie et cultivée dans les jardins potagers
comme condiment ;

A. maritima L., feuilles blanches-tomenteuses sur les deux faces; tige herbacée ascendante,
de 2 à 4 décimètres, — espèce d'une odeur aromatique peu agréable, venant sur la côte nord-
ouest de l'Océan ;

A. gallica L., feuilles plus petites; tige ligneuse à la base, — côtes de la Méditerranée et du
sud-ouest de l'Océan.

-ocr page 417-

COMPOSÉES. iO 1

Genre TANAISIE. — TANACETUM Less.

Fleurs jaunes, toutes tubuleuses; — involucre à folioles inégales, imbriquées; — akènes ses-
siles, à 5 côtes, surmontés par une couronne membraneuse régulière. —
Feuilles alternes, les
supérieures sessiles, demi-embrassantes, auriculées, toutes ponctuées-excavées ; —
tige dressée,
sillonnée.

G-enre renfermant un petit nombre d'espèces herbacées, toutes odorantes.
Tanaisie commune, T. vulgare L.

Tanacée, Herbe amère, Herbe aux vers, Herbe de Saint-Marc, Barbatine, Larmise, Remise,

Capitules nombreux, longuement pédonculés, en corymbe composé, dense, large. Involucre à
folioles toutes obtuses. Feuilles bipinnatifides,
à segments incisés, linéaires, dentés. Racine tra-
çante. Taille de 8
à 12 décimètres. Vivace.

Venant dans toute la France, cette espèce se montre communément dans les lieux incultes,
au bord des routes, des fossés, des rivières, dans les prés, au voisinage des habitations. Ses som-
mités, d'une odeur aromatique, forte et pénétrante, et offrant une saveur amère, acre et nau-
séeuse assez prononcée, sont depuis longtemps prescrites comme toniques, vermifuges, excitantes.
La Tanaisie, cultivée dans les jardins comme plante d'ornement ou médicinale, est, îi cause de
son odeur, sans doute, repoussée des animaux, bien que Linné ait assuré que tous la mangent.
V. Yvart affirme, de son côté, qu'elle est agréable, en vert, aux vaches, aux bêtes à laine et aux
chevaux, lorsque la chaleur n'a pas trop développé son arôme. Mais il la considère surtout comme
précieuse, en hiver, pour la nourriture des moutons, qui recherchent son fourrage sec, et contre la
pourriture desquels elle constitue un excellent préservatif. Le même auteur ajoute en avoir fait
plusieurs fois usage dans les saisons pluvieuses et en avoir obtenu un très bon effet sur le tempé-
rament naturellement relâché des bêtes à laine. M. de Morogues aussi en conseille l'emploi pour
la nourriture des troupeaux, en se basant, de plus, sur sa rusticité et sa fécondité, qui permet-
tent de la faire venir sur des terrains de toute nature, même les plus pauvres. Il a pu observer
qu'elle croît mieux sur des sables frais, mais qu'elle vient très bien aussi sur les sables secs, dans
les lieux caillouteux et arides, et que ses racines traçantes rendent partout sa propagation facile.

Semée avec des plantes précoces, et récoltée avant la maturité, c'est-à-dire avant le déve-
loppement complet de ses propriétés aromatiques, elle peut, d'ailleurs, convenir partout comme
plante assaisonnante.

T. annuum L., capitules brièvement pédonculés; involucre à folioles très aiguës; racine
pivotante; 4 à 12 décimètres; annuelle, — venant dans les lieux incultes et sablonneux de lu
région méditerranéenne ;

T. Audiberti DC., capitules en corymbe simple; involucre à folioles aiguës; 2.5 décimètres;
vivace, — plante des contrées méridionales.

Tanaisie balsamite, T. balscmita L.

Menthe-coq, Herbe au coq, Grand-baume, Baume des jardins.

Capitules brièvement pédonculés en corymbe composé; involucre à folioles lancéolées. Feuilles
larges, entières, lancéolées, obtuses. Racine rampante. Taille de 6 à 10 décimètres. Vivace, —
Plante velue, d'une odeur forte et pénétrante.

Propre aux contrées méridionales, cette espèce vient également dans plusieurs autres régions
du Nord et du Centre. Cultivée comme la Tanaisie ordinaire, dans les jardins, surtout à cause de
son odeur agréable, elle peut servir aux mêmes usages médicaux. Elle est employée, de plus,
pour aromatiser les liqueurs; enfin, elle pourrait aussi être utilisée pour assaisonner les substances
fourragères.

as

-ocr page 418-

402 COMPOSE ES.

Genre PLAGI US. — PL A Gì IIS DG.

Fleurs jaunes, toutes tubuleuses; — akènes stipités, surmontés d'une couronne prolongée en
languette. —
Feuilles alternes, entières.

P. ageratifolius DC., Chrysanthemum flosculosum L·., capitules en grappes ; feuilles obovées,
coriaces; tige ligneuse à la base; fi à 10 décimètres, — seule espèce du genre, et propre au Midi ;
sans emploi.

Genre CHRYSANTHÈME. — CHRYSANTHEMUM T.

Fleurs radiées, jaunes, celles du centre à tube comprimé-ailé; — involucre à folioles imbri-
quées; —
akènes du centre cylindriques, ceux de la circonférence triquètres, ailés. — Feuilles
alternes, divisées ; — tiges dressées.

Genre composé d'un petit nombre d'espèces, touLes annuelles, de taille
peu élevée, venant dans les moissons et assez souvent dans les pâturages, où
elles sont broutées quand elles sont fraîches :

Ch. segetum L., capitules assez grands, il pédoncules renflés; akènes plus larges que longs,
ceux delà circonférence ailés; feuilles glauques, épaisses, trifides au sommet ou pinnatifides, les
supérieures embrassantes; 2 à 4 décimètres, — plante assez répandue, venant dans les moissons
de presque toute la France ;

Ch. coronarium L, (Chrysanthème des jardins, Marguerite dorée), akènes larges, tous ailés;
feuilles bipinnatifides, à segments lancéolés-incisés, — se montrant ça et là, près des lieux
habités, dans le Midi; cultivée dans les jardins d'agrément; potagère en Chine;

Ch. Myconis L., akènes longs, pourvus d'une couronne membraneuse; fouilles entières,
étroites, dentées en scie, — commune dans les moissons de la région méditerranéenne.

Genre LEUCANTHÈME. — LEUCANTHEMUM T.

Fleurs radiées, celles de la circonférence blanches, celles du centre jaunes, il tube comprimé-
ailé ; —
involucre à folioles imbriquées, inégales ; —- akènes tous obeoniques, pourvus de 5.10 côtes
saillantes, pourvus ou non d'une couronne membraneuse, sans aigrette. —
Feuilles alternes.

Genre formé d'un certain nombre d'espèces, toutes vivaces, quelques-unes
fort communes, et se montrant principalement dans les bois et les lieux cul-
tivés du Midi. Plusieurs espèces de ce genre, appartenant à un petit nombre
de types exotiques, sont cultivées dans les jardins sous le nom de
Chrysan-
thèmes.
Ci-après le tableau des principales espèces indigènes :

I Akènes tous à sommet nu — Fleurs centrales non prolongées. . . . \ulgare lm.

/ IISi I Fleurs l Feuilles linéaires, entières.............giuminifolrm Lui.

S I SI" 1 Ak. ext. \ centrales ' Fouilles ( Feuill.charn.—Capit. grands. Maximum DC.
■Z 1 - < seuls < non prolong, f oval. dent. ( Feuill. mine. — Cap. tr.petits, montandm DC.
p
I u j-« I courouii. / Fl. centrales i Ak. ii demi-cour.—Feuilles pinnatifid. Pai.matux lm.

« f ' prol. sur l'ovaire ( Ak. à couronne entière — Feuill. spatul. Vallem DC.

O jl I \ Akènes tous couronnés — Feuilles spatulées, incisées, charnues... Cormwpifolium&o*.
ÎJ I 'c f Ak. à 5 côtes, ( Feuilles linéaires ou pinnatifid. — Tig. flor. à 25 paill. Alpitmm Lm.

I \ tous couronnés ( Feuilles cunéiformes — Tige florale aphylle..... . . . Tomrnlosum God.

~ I Invol. hémisphériq. — Ak. à 5 côtes, ( Feuilles supér. sessiles. à 21.31 segm. Corïmbosbu God.
f tous couronnés — Feuill. pinnatifid. | Feuilles toutes pétiolées, h 9.17 segm. Pabthenium God.

-ocr page 419-

00 M POSÉES.

LEUCANTHËME COMMUN. — L. VULGARE Lm., CHRYSANTHEMUM LEUCAA'THEMVM !..

Noms vulgaires. — Grande Marguerite, Marguerite des champs, M. des prés, grande Pâquerette,
Raquette, grand OEil-de-bœuf, Herbe aux abeilles.

Capitules assez grands, longuement pédoncules, en corymbe simple. — Involucre ombiliqué,
à folioles pourvus d'une bordure brune, dilatée, lacérée. — Feuilles inférieures spatulées, itlong
pétiole et à limbe crénelé, les supérieures embrassantes, étroites, inégalement dentées. — Tige
dressée, striée, portant plusieurs capitules. — Taille de 3 à 5 décimètres. Bisannuelle ou vivace.

Cette espèce, très variable par ses dimensions, ses ramifications, la forme
de ses feuilles, vient dans toute la France, et se montre très communément
dans les lieux les plus divers, dans les bois, les prés et tous les lieux her-
beux. Tous les sols lui conviennent; ainsi on la rencontre également sur les
terrains secs et dans les lieux marécageux, et souvent elle devient espèce
dominante dans les terrains cultivés qui se transforment naturellement en
prairies. Elle vient aussi dans les prairies artificielles qui s'épuisent et tou-
chent à leur fin, ce qui la rend abondante dans tous les foins. A l'état frais,
elle est mangée par tous les bestiaux, par les chevaux surtout. Mais dessé-
chée, elle donne un foin sec et dur, peu utile dans les fourrages, et d'où il
convient, en conséquence, de l'éliminer. La grande Marguerite sert quelque-
fois aux usages médicaux comme tonique et vulnéraire.

Peuvent donner lieu, presque toutes, à des observations analogues, les autres espèces du
genre :

L. graminifolium Lm., Chrysantliemum graminifolium L,, tige uniflore, de 1 à 2 décimètres,
— venant sur les coteaux calcaires des Pyrénées, de la Provence ;

L. maximum DC., feuilles inférieures cunéiformes, dentées au sommet, les supérieures lan-
céolées-étroites, presque entières, on dentées régulièrement; tige simple, uniflore, de 3 à (i déci-
mètres; —
L. montanum DC., Chrysantliemum montanum L., feuilles, les inférieures spatulées, les
supérieures à dents inégales; tige uniflore, de 2 à 3 décimètres, — fort répandues toutes deux
dans les prairies de montagnes des Alpes, des Pyrénées, et abondant notamment dans les monta-
gnes de l'Ariége, d'où elles descendent dans les vallées de l'Ariége et de la Garonne;

L. palinatum Lm., Chrysanthemum monspeliense L., feuilles supérieures sessiles, toutes pinna-
tiiides, il segments linéaires, écartés; 2 à 4 décimètres, — se montrant dans les plaines et sur les
coteaux des Pyrénées-Orientales et des Cévennes ;

L. pallens DC.; — L. coronopifolium God.; — L. Alpinum Lm.; — L. tomentosum God,, —
espèces de petite taille, se montrant surtout dans les coteaux du Midi, dans les Alpes et les
Pyrénées ;

L. corymbosum God., Chrysanthemum corymbosum L., capitules assez grands, en corymbe;
feuilles pinnatifides, à segments lancéolés; tige peu rameuse, de 4 à 10 décimètres, — plante
presque inodore, fort répandue sur les coteaux calcaires, dans les bois secs et montueux de l'Est
et de l'Ouest, et de tout le Midi ;

Leecanthème matiucaire, ƒ,. parthcnium God. et, Gren.,
Chrysanthemum corymbosum L., Chrysanthemum parthenium Pers.

Matricaire officinale.

Capitules petits, en corymbe lâche. Tiges très rameuses, de 3 il 5 décimètres.

Plante d'une odeur forte et pénétrante, d'une saveur nmère, commune dans toute la France,

-ocr page 420-

404 COMPOSE ES.

venant dans les lieux secs et pierreux, sur les graviers des rivières, autour des habitations et
parmi les décombres. Ses propriétés excitantes, assez énergiques, permettent de la considérer,
quand elle n'est point trop abondante, comme plante assaisonnante, pouvant surtout être mêlée
avec avantage aux pailles des céréales. Elle est employée dans les usages médicaux comme toni-
que et stimulante pour l'estomac, et, de plus, en raison de son action sur l'utérus, comme emmé-
nagogue; cultivée dans les jardins comme plante médicinale.

Genre MATRICATRE. — M AT El CARI A L.

Fleurs radiées, jaunes au centre, celles de la circonférence blanches et à la fin réfléchies ;
— involucre à folioles imbriquées, obtuses ; — akènes obeoniques il 3.5 côtes, à la face externe,
surmontés d'une courte couronne membraneuse. —
Feuilles alternes, bipinnatifides, à segments
linéaires; —
tige dressée, rameuse, diffuse.

Un j>etit nombre d'espèces, toutes annuelles, de petite taille, douées de
propriétés amères, et communes dans les champs :

M. chamomilla L., réceptacle creux; feuilles à segments plats; 2 à 4 décimètres, — espèce
très odorante, commune dans toute la France, venant dans les lieux secs et pierreux, dans les
moissons, et pouvant être employée comme la camomille romaine, dont elle possède les propriétés
excitantes et toniques ;

M. inodora L., réceptacle plein; feuilles à segments canaliculés en dessous, — plante pres-
que inodore, très répandue aussi dans les champs en friches, les moissons, au bord des rivières,
mais sans usages ;

M. maritima L., akènes gros; feuilles charnues, à segments carénés en dessous, — se mon-
trant sur les sables de l'Océan , d'une extrémité ii l'autre de la côte de France.

Genre DORONîC. — DORON1CUM L.

Fleurs radiées, jaunes; involucre étalé, à folioles imbriquées, sur 2.3 rangs, acuminées,
velues-ciliées; —
akènes à côtes, ceux du disque seulement pourvus d'une aigrette poilue à plu-
sieurs rangs. —
Feuiiles alternes, incisées-dentés ; — tige dressée.

Espèces peu nombreuses, toutes vivaces, et douées de propriétés irritan-
tes, parfois même toniques, et assez communément répandues pour qu'il soit
A propos d'en purger les terres cultivées :

D. plantagineum L., capitules solitaires; feuilles molles, les inférieures longuement pétiolées,
ovales, décurrentes ii la base, les supérieures lancéolées, demi-embrassantes ; tige frêle, nue au
sommet, de 4 il 9 décimètres, — répandue dans les terrains sablonneux des vallées de la Seine et
de la Loire, et employée en Allemagne pour faire des trochisques;

D. Pardalianches Willd., capitules plus grands ; feuilles inférieures presque orbiculaires, en
cœur à la base, — fort répandue dans les bois montagneux et les plaines de l'Est jusqu'aux
Vosges, ainsi que dans celles du Centre et de l'Ouest ;

D. Austriacum Jacq., capitules en corymbe, feuilles inférieures cordiformes, — venant dans
les bois montagneux des Pyrénées, des montagnes du Centre et de l'Est.

-ocr page 421-

COMPOSÉES. iO 405

Genre ARONIG. — ARONICUM Neck.

(Caractères du genre Dobonicum) aliènes tous pourvus d'aigrette. — fige dressée, fistnleuse.

Espèces peu nombreuses, toutes vivaces, sans importance :

A. doronicum Rechb,, capitules solitaires; feuilles entières, oblongues, les inférieures pétiolées,
les supérieures embrassantes; tige très simple, de 1 à 3 décimètres, — se montrant dans les lieux
élevés et humides des Alpes du Dauphiné;

A. scorpioides DC., Arnica scorpioidts L., feuilles anguleuses, dentées, les inférieures tron-
quées ou en cœur, — lieux élevés des Pyrénées et des Alpes ;

A. corsicum DO., capitules on corymbe, feuilles supérieures auriculées; <i à 9 décimètres. —
venant en Corse, dans les ruisseaux de montagne.

Genre ARNICA. — ARNICA L.

Fleurs radiées: — itivolucre à folioles imbriquées, sur 2 rangs; — akènes à côtes, hérissés,
tous pourvus d'une aigrette poilue à 1 seul rang. —
Feuilles opposées, entières.

Une seule espèce indigène.

Arnica de montagne, A. montana L

Daronic d'Allemagne, Panacée des chutes, Tabac de montagne, T. des Vosges, T. des Alpes, Plantain
des Vosges, P. des Alpes, Bétoine des Vosges, B, des montagnes, Pulmonaire de montagne.

Fleurs jaunes-orangées, celles de la circonférence à ligule tridentée. Capitules grands, soli-
taires. Feuilles sessiles, les radicales étalées en rosette, 1.2 paires de caulinaires opposées. Tige
raide, uniflore, de 3 à 6 décimètres. Vivaee. — Plante ciliée, velue.

Répandant à l'état frais une odeur assez agréable, et d'une saveur acre, amère et nauséeuse,
elle habite exclusivement les pays de montagne, se montrant surtout dans les pâturages des sols
granitiques des Vosges, des Alpes et des Pyrénées, ainsi que dans les plaines sablonneuses du
Centre et du Sud-ouest, où elle se multiplie parfois d'une manière excessive. Les bestiaux n'y
touchent point, et elle se mêle peu au foin, étant difficilement attaquée par la faux. Récoltée sur-
tout pour les usages médicinaux, l'Arnica est fort employée pour combattre les chutes et contu-
sions, les affections nerveuses, etc. Dans quelques localités, on en récolte aussi les feuilles poul-
ies priser en guise de tabac.

Genre L1GULAIRE. — LIGULA RI A Cass.

Fleurs radiées, très amples ; — involucre à folioles sur 1 rang, munies » la base de 2 brac-
téoles opposées allongées; —
akènes à côtes saillantes, pourvus d'une aigrette poilue ii plusieurs
rangs.

L. sibirica Cass., Cinc varia sibirica L., capitules jaunes, en grappe simple , feuilles radicales,
grandes, réniformes, dentées, longuement pétiolées, les supérieures sessiles sur une gaine pétio-
laire; plante rougeâtre, de 8 à 15 décimètres, vivace, — se montrant dans les prairies humides
des montagnes du Centre, des Cévennes, dans les Pyrénées-Orientales, etc.; sans usages.

-ocr page 422-

comfosiî lis-

Genre SENEÇON.

Fleura toutes tubuleuses ou radiées, jaunes; capitules en grappe corymbiforme ; réceptacle à
alvéoles caduques; —
involucre formé de folioles sur 1 rang, soudées à la base, généralement
barbues, pourvu souvent d'un calicule ; —
akènes cylindriques à côtes, tous à aigrette poilue.
— Feuilles alternes, les inférieures pétiolées; — tige dressée, ordinairement fistuleuse.

Genre formé d'.un grand nombre d'espèces, quelques-unes extrêmement
répandues et qui croissent partout, dans les bois, les prés, dans les lieux secs
et humides, sur les montagnes humides et dans les plaines sablonneuses, au
centre et dans le midi de la France principalement. Ces plantes, que ne
recherchent jamais les bestiaux, et qui sont plus souvent nuisibles qu'utiles
par leur abondance, ne peuvent être utilisées que pour augmenter la masse
du fumier. Les auteurs en ont plus ou moins multiplié les espèces; voici le
tableau des principales de celles qui viennent spontanément en France :

SE NEC 10 Less

Ecaill. appliq.—Ak. velus.
Ecaill. lâcbes— Ak. glab.
Feuilles à segni, inégaux.
Feuilles à segni, égaux. .

Calie, à 4.5 écailles...........

Fenili, toutes pétiolées.
Fenili, sup. ( Ak. velus,
sessiles ( Ak. glab.

10.12 il. ligulées..............

Calicule à écailles nombr. (Ecailles très petites..
10.12 il, ligulées ( Ecaill. dépass. l'invol.
Calie, à écaill. nombr. — Ak. hérissés.

Ak. ( Fenili, sup. dent,
velus ( Feuill. sup, pinnat.

Akènes glabres........

cyl.

Calie, à
1.2 écaill.

«
M

©
fa

Fe. in f. Wl. lig. jaune-pfile
„Jpèt.-Cor
simple -

0-3

"3 2

o .

«••g

, c

Corymbe eonip. ( Rac.
— Ak. du centre j
seuls velus l Kac. glob.

Cor. simp,—Ak. t. hériss
Feuill. bl.-cotonn
.,i 5>7 fl> , j Cap. multifl
toutes pét. — fe ( Cap. paucifl.

\Calic. à 2.5 écailles/ 10.12 il. lig. — Cap. paucifl
Ak. à aig, long.—Feu. inf. spat
< ; Ak.àaig. tr. c, —Feu.inf.lanc

f Fl. ligulées presque rouges..................

Feuilles toutes sessiles — Corymbe composé.............

I Calicule
Fleurs \ Feuilles 1 à 8.10 écaill.
tontes < pinnatilob. I Calicule
tubul.
I [ à 4.5 écaill.

Feuilles dentées

4.5 fleurs
ligulées I

Calicule
V'i 3.0 écaill.

T3
3
i
o

0

1

tn

a

M

Vi
a

Feuilles
vertes,
les supér.
I sossiles
' ou
embrass.

Fleurs
radiées

Calie, à
|2.3 écaill.

VULGARIS
ViscosUS

stlvatlclis
Lividits
Cacaliasteb
Sabacen1cds
Dorin

Jacquinianus
Tournefortii
Paludosus .
Doronico»!
Kiiuctkoi.ius
Leucanthemif alius Poirr.
Crassifolius
Adonidifoi.ius
JACOB.EA
Aquaticss
Gallicus

Lcucaphyllus
Incaniti
Cineraria
Spathulaîfomos
Brachychœtus
Anrantiacus
Palustris

L.

®

L.

®

L.

©

L.

®

Lin.

2i.

L.

if

L.

V

Ilthb.

If

Lap.

¥

L.

¥

L.

%

!..

'if

Poirr.

®

Willi!.

®

'If

Lois.

L.

®

Huds.

©

Vili.

®

I)C.

¥

L.

¥

DC.

DC.

¥

DC.

¥

DC

DC.

®


SENEÇON COMMUN. — S. VULUAH1S h.

Noms vulgaikks. — Tout-venu, Herbe aux charpentiers, Herbe foireuse, Audivilin.

/

Capitules petits, en grappe simple. — Involucre il folioles linéaires, blanches, dentelées sur
les bords. — Feuilles un peu épaisses, à segments égaux, dentés, les supérieures embrassantes,
auriculées. — Tige molle, rameuse. —Taille de 2 à 3 décimètres. — Fleurissant toute l'année.

Espèces des plus communes, venant dans toute la France, et se montrant

-ocr page 423-

COMPOSÉES.

pendant toute l'année dans les prairies, les champs, les jardins, dans les
lieux cultivés et les lieux incultes les plus divers. Recherchée par les porcs,
elle est dédaignée des autres espèces, sinon par les vaches, qui, pendant
l'hiver, s'en accommodent volontiers. Le Seneçon est mangé aussi par les
lièvres et les lapins, et donné, en outre, aux serins et aux chardonnerets.
Enfin, il a été quelquefois employé comme émollient. En résumé, plante à
extirper soigneusement à cause de sa tendance à se multiplier partout.

S, viscosus L., capitules plus gros, en grappe plus lâche; feuilles rares, il divisions peu pro-
fondes, — plante visqueuse, fétide, venant au bord des bois, dans les lieux incultes et montneux
de toute la France ;

S. sylvaticus L., capitules nombreux, en grappe composée; calicule à écailles extrêmement
courtes; feuilles longues, il segments incisés, inégaux, — plante odorante, se montrant dans les
bois peu touffus des plaineS et des montagnes, les champs sablonneux de presque toute la France ;

S. cacaliaster Lm., capitules nombreux, en corymbe composé, compacte; feuilles lancéolées,
dentées en scie, les supérieures demi-embrassantes, les inférieures décurrentos, — extrêmement
commun sur les hauts plateaux des montagnes du Centre, où il forme, dans les bois et pâturages,
des touffes nombreuses que mangent quelquefois les bêtes h cornes;

S. saracenicus L., capitules nombreux en corymbe composé; involucre à folioles obovées ;
feuilles toutes pétiolées, veinées, dentées; tige ordinairement purpurine, — plante variable do
taille et de forme, se montrant partout, principalement dans les bois montagneux des terrains
granitiques, et que les animaux mangent quand elle est jeune;

S. paludosus L., capitules peu nombreux; involucre à folioles linéaires; feuilles supérieures
linéaires, dentées en scie, sessiles, non embrassantes, — commun dans les provinces de l'Est,
venant au bord des rivières, dans les lieux marécageux, au milieu des joncs et des roseaux;

S. doronicum L., capitules développés, les plus grands dtt genre; involucre à folioles linéai-
res; feuilles épaisses, coriaces, deuticulées , les supérieures demi-embrassantes, — plante très
polymorphe, commune dans les lieux pierreux, les pâturages élevés de toutes les montagnes du
Centre, de l'Est et du Midi ;

S. erucifolius L·., fleurs très rayonnantes; capitules on corymbe lâche; involucre il folioles
obovées; feuilles blanches en dessous, pinnatilobées, à segments parallèles, les supérieures auri-
oulées, — fort commun dans les bois, les haies, les pâturages des lieux humides, et nuisible
par les tiges dures qu'il laisse dans les foins ;

S. adonidifolius Lois., capitules très petits, nombreux, en corymbe composé, dense; involucre
brun à folioles linéaires, se courbant sur les graines; feuilles bipinnatiséquées, à segments linéai-
res, entiers ou divisés, les supérieures embrassantes, — fort commun sur les montagnes du
Centre, de l'Est et du Midi, et formant , sur toutes les parties sèches et rocailleuses, où le font
reconnaître ses belles fleurs dorées, de larges touffes qui recouvrent et envahissent les pelouses,
mais que les animaux refusent, circonstance fâcheuse, vu la facilité, avec laquelle cette plante
pousse sur les terrains incultes et siliceux où do meilleurs végétaux ne peuvent vivre.

SENEÇON JACOBÉE. — S. JA COBOEA L.

Noms vulgaires. — Herbe dorée, Herbe de Jacob, Herbe de saint Jacques, Joncs à mouches.

Capitules petits, en corymbe composé. — Involucre à folioles linéaires; calicule il 1.2 écailles
très courtes. — Feuilles molles, les inférieures lyrées-pinnatifides, à lobe terminal très grand ,
denté, les supérieures inégalement lobulées, auriculées. — Tige rougeâtre. — Taille de
ô à !) décimètres.

-ocr page 424-

408 COMPOSE ES.

Plante partout extrêmement commune, dans les prairies sèches, dans
les haies et buissons, au bord des fossés et des chemins, et que les moutons
mangent quand elle est jeune; les autres bêtes n'y touchent que pressées par
la faim. Elle nuit au foin en s'y mêlant, et n'est guère bonne qu'au fumier.
Cependant, on la cultive quelquefois dans les jardins, et on l'a employée
encore comme émolliente.

S. anuaticus Hucts., feuilles inférieures beaucoup plus grandes, lyrées, les supérieures sessi-
les, à segments linéaires, — se montrant dans les prairies humides et les lieux aquatiques de
toute la France ;

S. gallicus Chaix., feuilles pinnatiséquées, roulées sur les bords, les supérieures embrassan-
tes; petite taille, — venant dans les lieux cultivés des plaineS*de l'Est et du Midi;

S. spathulssfolius DC., fleurs largement radiées; feuilles tomenteuses, les inférieures spatu-
lées ou cordiformes, crénelées, les supérieures étroites, lancéolées, —- se montrant, au milieu des
bois et des prairies, dans presque toute la France.

«<■ Tribu. — ASTERINEES.

Style à branches linéaires, comprimées, arrondies au sommet, non
pourvues de faisceaux de poils. Anthères nues et arrondies à la base. Akè-
nes velus, à aigrette formée de poils ciliés, ou nulle. Réceptacle dépourvu de
paillettes. — Capitules hétérogames : fleurs de la circonférence ordinairement
femelles et ligulées, celles du centre hermaphrodites, à corolle tubuleuse,
régulière. — Comprend les genres suivants :

ÎAigr. à, 2 rangs — Fl. toutes tubul. hermaphrod. Chrysocoma,

Aigr. il 1 rang, ( Récept. fibrillif.— Cap. en grappe. Contza.
Fl,
externes J

_________ fem., filiform. ( Récept, nu—Cap, solit.outernés. Phagnalon.

g I sans

|1 côtes 1 I Fleurs ligulées ( Aigrette à 1 rang... Erigeros.

Aigrette à 2 rangs ,, Bellidiastrum.

a 1 J \ sur plusieurs rangs

£> J 1

£ \ \ Fleurs radiées

H 1 -s I . J tt, ,, (Aigrettes dissemblables.. Stenactis.

e i I r leurs ligulées ^ °

l rang j toutcs semblables.. Aster

sur

Akènes à côtes — Fleurs radiées, celles ligulées sur 1 rang........ Solidago.

Akènes à aigrette poilue mêlée de paillettes, sans côtes — Fl. radiées. . Bellium.
Akènes sans aigrette, sans côtes — Fleurs radiées.................. Bellis.

-ocr page 425-

COMPOSÉES. iO 409

Genre CHRYSOCOME. — CHRYSOCOMA L.

Fleurs toutes hermaphrodites ; réceptacle plan à alvéoles bordées d'une membrane dentée ;
— involucre hémisphérique, à folioles linéaires, imbriquées, étalées ; — akènes k aigrette poilue,
formant 2 rangs. —
Feuilles alternes.

Chrysocome a feuilles de lin, Ch. linosyris L.; Linosyris vulgaris DC.

Dorelle, Chevelure dorée, Flocon d'or.

Fleurs jaunes, à divisions linéaires, étalées; capitules de moyenne grosseur, en corymbe
toutfu. Feuilles linéaires-lancéolées, coriaces. Tige dressée, très feuillée, de 2 à, 5 décimètres.
Vivace.

Seule espèce indigène du genre; répandue dans presque toute la France, et assez commune
sur les collines sèches, au milieu des pelouses boisées, des montagnes, où, en se développant, elle
acquiert une dureté qui ne permet point de l'utiliser comme fourragère; plante, en conséquence,
à extirper. — Elle est quelquefois cultivée comme plante d'ornement pour ses fleurs jaunes, d'un
bel effet dans les jardins d'ornement.

Genre CONYZE. — CONYZA Less.

Fleurs blanches, celles de la circonférence femelles, à corolle filiforme, nombreuses, sur plu-
sieurs rangs; capitules en grappe; réceptacle fibrillifère; —
involucre à folioles linéaires, imbri-
quées; —
akènes à aigrette poilue, à 1 rang. — Feuilles alternes: — tige herbacée.

Gonyze commune , C. ambigua DG.

Vergerette crépue.

Capitules petits, en grappe oblongue, composée. Feuilles linéaires-lancéolées, pétiolées, les
inférieures plus larges, denticulées, toutes rudes, cendrées. Tige dressée, de 2 à 5 décimètres.
Annuelle. — Plante velue, glutineuse.

Espèce, la seule indigène du genre, répandue dans tout le Midi, notamment dans le Sud-
Ouest, aux environs do Toulouse, et se montrant dans les champs, les prés abandonnés, au bord
des chemins, dans les décombres, sur les vieux murs et souvent mêlée iv la Vergerette du Canada.
•Sans emploi, elle est nuisible par la place qu'elle occupe, et doit être détruite par la culture.

Genre PHAGNALON. — PHAGNALON Cass.

Fleurs jaunes, celles de la circonférence à corolle filiforme, en capitules solitaires, géminés
ou ternés, sur un long pédoncule nu; —
involucre k folioles imbriquées, scarieuses ; — akènes
très petits, à aigrette poilue, à 1 rang. — Feuilles alternes, entières, linéaires, roulées; — lige
presque ligneuse, très rameuse. — Plantes blanclies-tomenteuses.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, formant de très petits
arbrisseaux, propres au Midi, venant dans les lieux secs, et sans usages.

Ph. sordidum DC., Unaphalum sordtdum L., capitules ordinairement ternés; involucre serré;
feuilles toutes très étroites, — espèce la plus commune du genre et venant dans los rochers et
les vieux murs ;

-ocr page 426-

426 COMPOSE ES.

l'Ii. saxatile Uass., Conyza saxatilis !.., capitules solitaires; iuvolucre lâche ; feuilles inférieu-
res plus larges, — rochers des Pyrénées-Orientales, de la Provence;
P/t.
tenorii Presl., capitules solitaires, — venant en Corse.

Genre VERGERETTE. — ERIGE H ON L.

Fleurs radiées, celles de la circonférence sur plusieurs rangs, blanches, roses ou purpurines,
celles du centre jaunes; réceptacle convexe, alvéolé, nu; —
involucre à folioles imbriquées; —
akènes linéaires, à aigrette poilue sur 1 rang. — Feuilles alternes, sessiles, linéaires, entières:
— tige dressée, rameuse au sommet. — Plantes poilues ou rudes.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces, la plupart exotiques,
originaires d'Amérique, naturalisées en France, et dont une surtout s'est
extrêmement répandue.

Vergerette du Canada , E. canadensis L.

Fleurs ligulées, très courtes, d'un blanc rosé. Capitules très petits, en grappe pyramidale
composée. Feuilles radicales obtuses, courtes. Taille de 3 à 8 décimètres. Annuelle.

Espèce originaire du Canada et devenue fort commune dans toute la France; elle se montre
dans les champs, les bois, les lieux pierreux et sablonneux, eu général dans les terrains mal
entretenus ou en jachère, qu'elle envahit avec une extrême promptitude, parfois au point de les
rocouvrir d'une manière complète et d'étouffer les herbes meilleures qui pourraient y croître. Une
culture régulière, des sarclages répétés, sont l'unique moyen que l'on ait de se débarrasser de
cette plante envahissante et iv peu près de nulle valeur comme fourragère.

E aerts L., fleurs ligulées très longues; capitules solitaires, en grappe corymbiforme lâche:
fouilles inférieures beaucoup plus grandes; bisannuelle, — espèce indigène, également très com-
mune dans les lieux arides, secs et pierreux de toute la France.

Les autres espèces acclimatées, les E. Villarsii lîell., E. Alpinus L., E. ylabratus IIopp..
E. uniflorus L., sont toutes à fleurs ligulées étalées, à feuilles inférieures pétiolées et vivaces, —
et se montrent exclusivement dans les lieux élevés des Pyrénées et des Alpes du Daupliiné.

Genre BELLID1ASTRUM. — BELL1DIASTRUM Mien.

Fleurs radiées, celles de la circonférence blanches, sur 1.2 rangs; réceptacle nu; — akènr h
aigrette poilue, sur 2 rangs. — Feuilles toutes radicales, obovées, dentées.

lì. Miohelii Cass., Doronicum bellidiastrum L., capitule solitaire; tige simple, nue; vivace, —
seule espèce du genre, croissant sur les pelouses sèches des montagnes de l'Est. Sans usages.

Genre STENAGTIS. - STENACTIS Nees.

Fleurs radiées, blanches, à ligule longue et étroite; — akènes dissemblables, ceux de la cir-
conférence à 1 rang de poils courts, ceux du centre à 2 rangs, l'externe très court. —
Feuilles
alternes, entières, les radicales dentées.

S. annua Nees., Aster annuus L., capitules en grappe corymbiforme ; 3 à 12 décimètres:
bisannuelle, — seule espèce du genre croissant en France; originaire d'Amérique, elle s'est natu-
ralisée dans l'Est, où elle se mêle parfois aux espèces fourragères.

-ocr page 427-

COMPOSÉES.

Genre ASTEHE. — ASTER Nees.

I

Flœurs radiées, celles de la circonférence bleues ou violacées, sur 1 rang, celles du centre
jaunes; réceptacle plan, à alvéoles bordées d'une membrane dentée; —
akènes à aigrette poilue,
sur plusieurs rangs. —
Feuilles alternes, entières, trinerviées, lancéolées, les inférieures plus
larges; —
tige dressée. — Plantes velues.

Comprenant des espèces indigènes, d'autres exotiques et acclimatées, toutes vivacos.

A. amellus L. (Œil-de-Christ), Heurs ligulées bleues, capitules en corymbe, — belle plante,
assez commune sur les coteaux calcaires et arides des Pyrénées-Orientales, des montagnes du
Centre et de l'Est;

A. Alpinus L., Heurs violettes; capitules solitaires, — roches et pâturages des Alpes;

A. Pyrenseus DC., fleurs bleues, — lieux secs des Hautes-Pyrénées;

A. trinervis Desf., fleurs lilas ; capitules en corymbe, — montagnes du Centre, Pyrénées-
Orientales ;

A. acris L., voisine de la précédente, plus petite, — région méditerranéenne;

A. Tripolium L., feuilles charnues, — lieux humides du littoral de la Méditerranée et de
l'Océan, marais salants de la Lorraine;

A. brumalis Nees., A. Novi-Delgii L., A. salignus Willd., espèces originaires d'Amérique,
naturalisées et venant principalement dans les régions basses de l'Est et du Nord-Est;

A. Sinensis L. (Reine-Marguerite), plante exotique, offrant do nombreuses variétés, cultivées
dans tous les jardins.

Genre SOUDAGE. — SOLIDAGO L.

Fleurs radiées, celles de la circonférence sur 1 rang; réceptacle à alvéoles bordées d'une
membrane dentée; —
involucre ovoïde; — akènes à côtes, à aigrette poilue, sur 1 rang. —
Feuilles alternes, presque toutes pétiolées, entières.

Genre comprenant diverses espèces, dont une seule indigène.
Soudage verge d'or, S. virga aurea L.

Grande verge dorée, Herbe des Juifs.

Fleurs toutes jaunes, celles de la circonférence longuement ligulées. Capitules nombreux- on
grappe paniculée, étalée. Feuilles lancéolées, les radicales plus larges, obtuses, dentées. Tige de
2 it 4 décimètres. Vivace.

Plante offrant de nombreuses variétés, venant dans toute la France, et très commune dans
les prés secs, les saussaies, les bois montagneux. Amère et astringente dans toutes ses parties,
elle est mangée par les animaux dans sa jeunesse seulement. Longtemps employée comme vulné-
raire, elle est aujourd'hui sans usages, et n'est cultivée que comme plante d'ornement.

S. Canadensis L., S. glabra Desf., S, lithospermifolia Willd., etc., espèces originaires d'Amé-
rique, acclimatées et cultivées dans diverses localités comme plantes de parterre.

-ocr page 428-

COMPOSÉES.

Genre BELLION. — BELLIUM L.

Fleurs radiées, celles du centre jaunes, celles de la circonférence rosées, sur 1 rang; —
involucre à folioles sur 2 rangs ; — akènes bordés, sans côtes, à aigrette formée de paillettes
alternant avec des poils. —
Feuilles toutes radicales.

B. bellidioïdes L., capitule solitaire, 5 à 10 centimètres; vivace, — seule espèce du genre,
venant en Corse.

Genre PAQUERETTE. — BEL LIS L.

Fleurs radiées, celles du centre jaunes, celles de la circonférence sur 1 rang, à ligule longue,
blanche, étalée, souvent rouge à l'extrémité; capitule solitaire; réceptacle conique, nu; —
invo-
lucre
hémisphérique, à folioles sur 2 rangs ; — akènes bordés, sans côtes ni aigrette.

Comprenant, un petit nombre d'espèces, dont une très répandue.
Pâquerette vivace, B. perennis L.

Petite Pâquerette, petite Marguerite, Marguerite vivace, Marguerite des prés, Marguerite lie,
petite Consoude, petite Consyre.

Feuilles toutes rapprochées de la base, formant rosette, un peu épaisses, pétiolées, obovées-
spatulées, dentées en scie. Tige toujours simple, de 1 à 2 décimètres. — Fleurit toute l'année.

Cette plante, connue dans toute la France, pouvant croître sur les terrains les plus divers ,
abonde dans presque toutes les prairies, dans les pâturages, dans les champs, au bord des che-
mins. Ses racines très profondes lui permettent de végéter à peu près toute l'année et de précé-
der ainsi, dans les pâturages, la plupart des autres plautes fourragères. A la belle saison, elle
est étouffée, il est vrai, par celles-ci, mais elle reparaît plus tard, et les remplace quand elles
ont disparu sous la faux ou la dent des animaux. Mangée avec plaisir, par les moutons surtout,
la petite Pâquerette est très nutritive, ne souffre pas du pâturage et du piétinement, et repousse
facilement après avoir été broutée. Sa précocité, toutefois, est sa qualité la plus essentielle; car
elle produit peu, vu son faible développement, et
à cause de cela n'est point propre à être semée
pour être fauchée. Aussi n'est-elle guère utilisable que comme plante de pâturage; à ce titre, sur
un sol qui lui convient, elle peut prendre assez de développement pour devenir une bonne espèce
fourragère. — Dans les parterres, on en cultive, pour ornement, quelques variétés à fleurs pleines.

B. sylvestris Cyr., diffère de la précédente par ses fleurs plus grandes, ses feuilles lancéolées.
— vient dans les lieux herbeux du Languedoc, de la région méditerranéenne ;

B. annua L. (Marguerite de la Saint-Michel), feuilles obovées, éparses sur la moitié inférieure
delà tige, celle-ci rameuse, de 5 à 15 centimètres; annuelle, — plante assez abondante sur les
pelouses de la région méditerranéenne, et partageant les propriétés de la petite Pâquerette.

-ocr page 429-

COMPOSÉES. iO 413

Tribu. — EïJPATORIÉHS.

Style à branches cylindriques ou demi-cylindriques. Anthères nues et
arrondies à la base. Akènes à aigrette poilue, tous pourvus de côtes. Récep-
tacle nu. — Comprend les genres ci-après :

iFl. femell.-ligulées radiées — Récept. alvéolé — Capit. solit. Tussilago.
FI femell ;i i Réceptacle alvéolé — Capitules en grappe, Petasites.
i i C0r0"e I Réceptacle plan — Capitules solitaires. .,. Homogyne.

^ I Capitules homogames, [ Corolle ii 4 div. — 4 étamines — Feuill. alternes. Cacalia.
3 f hermaphrodites. ]

~ \ Réceptacle plan ' Corolle à 5 divis. —- 5 étamines — Feuill. opposées. Edpatoridm.

Genre TUSSILAGE. — TUSS1LAG0 L.

Fleurs jaunes, radiées, eu capitules solitaires, celles du centre hermaphrodites, stériles, celles
de la circonférence femelles, à ligule étroite, sur plusieurs rangs; réceptacle alvéolé; —
akènes ii
aigrettes dissemblables, celles du centre à 1 rang, celles de la circonférence il 2 rangs. —
Feuilles
alternes, les inférieures pétiolées, les supérieures squamiformes. drossées, demi-emhrassantes.

Une seule espèce indigène.

TUSSILAGE COMMUN. — T. FA RFA R A L.

Noms vulgaires. — Pas-d'Ane, Taconnet, Herbe de saint Quirin. Racine de peste.

Involucre ii folioles violettes. — Feuilles inférieures, orbiculairos, à contour anguleux
denté, échancrées en cœur à la base, épaisses, blanches en dessons, se développant sur un long
pétiole, et croissant après la chute de la fleur; les supérieures purpurines. — Tiges multiples,
simples, dressées, de 1 à 2 décimètres. — Vivace.

Plante assez commune dans toute la France, et se montrant principale-
ment dans les lieux argileux et humides, dans les vignes et au bord des
chemins, dans les champs cultivés, où elle se multiplie quelquefois à l'excès,
jusqu'à devenir nuisible par son abondance. Les bestiaux la mangent cepen-
dant, mais sans la rechercher; aussi est-il convenable de profiter des labours
d'été pour la détruire. Sa racine, amère et désagréable, est sans emploi: mais
on a quelquefois utilisé ses fleurs comme adoucissantes et pectorales.

Genre PÉTASITE — PETASJTES T.

Fleurs roses ou purpurines, en capitules nombreux, en grappe ou en corymbe, incomplète-
ment dioïques : certains pieds principalement hermaphrodites et stériles. à corolle campanulée,

-ocr page 430-

COMPOSÉES.

avec quelques fleurs femelles autour; d'autres pieds, comprenant seulement 4.5 fleurs herma-
phrodites, entourées de plusieurs rangs de fleurs femelles, celles-ci toujours à corolle filiforme,
tronquée obliquement; réceptacle alvéolé; —
akènes tous à aigrette, sur plusieurs rangs. — Feuilles
alternes, les inférieures longuement pétiolées, à limbe réniforme, large, denté, échancré en cœur
à la base, les supérieures squamiformes, sessiles, embrassantes, plus étroites dans les fleurs
femelles ; —
tige simple, épaisse, dressée.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, toutes vivaces, de petite
taille, remarquables par leur précocité et se montrant uniformément dans
les lieux humides, au bord des ruisseaux et des rivières, dans les montagnes
principalement.

Pétasite commun, P. offwinalis Moench. ; Tussilago petasites L.

Grand Pas-d'Ane, Chapeline, Herbe aux teigneux, Herbe à la teigne, Herbe à la peste, Contre-Peste.

Capitules de la plante hermaphrodite (T. petasites L.), presque sessiles; ceux de la plante
femelle (2'.
hybrida L.) plus petits et plus longuement pédonculés. Involucre à folioles brunes.
Feuilles inférieures très grandes, inégalement dentées, paraissant après les fleurs, les supérieures
purpurines. Taille de 3 à 5 décimètres.

Belle plante croissant dans les prés humides et profonds de la majeure partie de la France,
où elle fleurit en février et en mars. Elle répand une odeur désagréable, presque fétide, qui éloi-
gne les animaux et en fait une fort mauvaise plante qu'il convient d'extirper des herbages, oit
elle se montre communément. Autrefois employée comme plante excitante, elle est aujourd'hui
sans usages.

P. albus Gœrtn., capitules tous pédonculés ; feuilles supérieures vertes, — espèce voisine de
la précédente, commune dans toutes les montagnes de l'Est et du Centre, et plus volontiers man-
gée par les animaux ; se trouve quelquefois dans les fourrages fauchés ;

p. niveus Baumg., fleurs eu grappe compacte, plus lâche dans les pieds femelles; involucre
rougeâtre ; feuilles triangulaires, d'un blanc de neige en dessous, — se montrant principalement
dans les lieux élevés des Pyrénées et des Alpes du Dauphiné;

P. fragans Presl. (Héliotrope d'hiver), fleurs femelles brièvement ligulées, violacées; capitu-
les brièvement pédonculés; feuilles radicales orbiculaires, les supérieures quelquefois pourvues
d'un limbe réniforme, — plante petite, à odeur de vanille, qui fleurit en hiver; cultivée dans les
jardins, et se montrant çii et là dans des lieux fort divers, au Midi et au Nord.

Genre HOMOGYNE. — HOMQGYNE Cass.

Fleurs blanches ou purpurines, eu capitules solitaires, celles du centre hermaphrodites, celles
de la circonférence femelles, à corolle filiforme; —
akènes à aigrette sur plusieurs rangs. —
— Feuilles presque toutes radicales, pétiolées, à limbe orbieulaire, régulièrement denté, profon-
dément fendu à la base, les caulinaires inférieures munies d'un pétiole largement dilaté, les
supérieures squamiformes.

H. alpina Cass., Tussilago alpina L., feuilles épaisses, luisantes en dessus, velues en dessous;
tige dressée, rougeâtre, de 1 à 3 décimètres; vivace, — seule espèce du genre, se montrant,
comme les précédentes, dans les pâturages humides des Pyrénées, des Alpes, du dura, du mont
Dore, et pouvant île même être mangée par les animaux.

Genre CACA LIE. — CACA LIA L.; ADENOSTYLES Cass.

Fleurs purpurines on blanches, toutes tubuleuses, hermaphrodites, à 4 divisions et 4 étami-
nes; capitules en corvmhe compacte, à pèdicelles bractéolés; —
involucre à folioles peu nom-

............■I«—

-ocr page 431-

COMPOSÉES. iO 415

breuses, sur 1 rang; — akènes à aigrette sur plusieurs rangs. — Feuilles alternes, réniformes,
échancrées à la base, pétiolées, les supérieures plus petites, il pétiole plus court.

Espèces peu nombreuses, toutes vivaces, habitant surtout les lieux élevés
et humides.

Cacalie commune, C. albifrons L.; C. pctasitcs L.

Capitules à 3.5 Heurs. Involucre serré. Feuilles blanclies-tomenteuses en dessous, les radi-
cales très grandes, inégalement dentées, les supérieures à pétiole embrassant auriculé. Tige
rameuse, velue, de 6.10 décimètres.

Belle plante, fort commune sur les rocbers humides, sur les bords des torrents et les pentes
herbeuses des Pyrénées, des Alpes, du Jura, des Vosges, des montagnes du Centre, où elle est
broutée par les chèvres et les moutons.

C. alpina Jacq., feuilles glabres sur les deux faces, presque triangulaires, dentées régulière-
ment; tige simple, très petite, —- vient dans les mêmes lieux que la précédente; est mangée
également par les bestiaux ;

C. leucophylla Willd., capitules à 15.20 fleurs; involucre évasé; feuilles blanches-cotonneu-
ses sur les deux faces; tige simple, — venant dans les pâturages élevés des Alpes.

Genre EUPATOIRE. — EUPATORIUM L.

Fleurs purpurines, on corymbe rameux, toutes tubuleuses, hermaphrodites; corolle à 5 divi-
sions; 5 étamines pourvues supérieurement d'un appendice lancéolé; —
involucre il folioles peu
nombreuses, imbriquées ; —
style à branches très longues ; — akènes h aigrette sur 1 rang. —
Feuilles ordinairement opposées, glanduleuses on dessous.

Deux espèces seulement, vivaces et propres aux lieux humides.
Eupatoire commune, E. cannabinum L.

Eupataire à feuilles de chanvre, E. chanvrin, E. des Arabes, E. d'Âvicenne, Origan des marais,
Herbe de
sainte Cunégonde, Pantagruélion sauvage.

Fleurs odorantes. Feuilles brièvement pétiolées, ordinairement palmatifides, à 3.5 lobes lan-
céolés, actiminés-dentés. Tige dressée, striée, presque simple, de 6 à 10 décimètres, velue.

Espèce assez commune, se montrant partout, dans les bois humides, au bord des ruisseaux,
dans les pâturages marécageux. Broutée seulement par les chèvres, elle nuit dans les herbages
par son volume, et gâte le foin par ses tiges, dures comme des baguettes; lorsqu'elle a été fau-
chée avant sa maturité, elle forme un assez bon fourrage pour les moutons. Amère, âcrc et légè-
rement purgative, cette plante a longtemps été employée comme tonique ou apéritive; elle est
aujourd'hui il peu près sans usages.

E. corsicum Req., feuilles plus souvent entières, ovales ou tri parti tes, à segments non acu-
ininés ; tige très rameuse, commune surtout en Corse.

-ocr page 432-

416 COMPOSE ES.

3e Sous-Famille. — CHICOBACÉES Jobs.

■s'E MI- FI. OS CUL EUS ES t.: LIG ULIFL OU ES oc.

Capitules à ileurs toutes semblables, hermaphrodites, à corolle fendue
en long et disposée en languette à5 dents
(demi-fleurons), et rayonnantes; —
style non articulé ni renilé en nœud vers le sommet, à branches filiformes,
ordinairement recourbées, presque obtuses, pubérulentes, à lignes stigmati-
ques distinctes et courtes.

Réceptacle peu ou point charnu, ordinairement dépourvu de paillettes,
glabre ou velu, avec un involucre formé de folioles herbacées.
Feuilles tou-
jours alternes, dépourvues d'épines. — Espèces herbacées, rarement suff'ru-
ticuleuses, non épineuses, lactescentes.

Sous-famille composée d'un grand nombre d'espèces, la plupart très mul-
tipliées dans les diverses régions de la France. Toutes renferment un suc
abondant plus ou moins laiteux, doué de propriétés très variables, le plus
souvent amer et tonique, quelquefois anodin et calmant, d'autres fois âcre et
narcotique. Les espèces qui contiennent le moins de ce principe sont alimen-
taires et bienfaisantes, et recherchées des bestiaux, pour lesquels elles cons-
tituent de bonnes espèces fourragères. Quelques-unes, modifiées par la cul-
ture, servent, en outre, à la nourriture de l'homme. D'autres fournissent des
substances utilisées dans les usages médicaux. — Cette sous-famille peut se
subdiviser, comme les précédentes, en plusieurs tribus :

J Akène à aigrette coronifonne ou nulle............... Gichoriées.

g ! no^jfaflJ^f,; \ Akène il ( Aigrette à poils simples, non dilatés. . . . Crépidées
^ J f a'Srette Poitue j Aigr. à poils plumeux, dilatés à la base. . Scorsonérées.

«

o

y

S

o

Réceptacle i Aigr. il P°ils plumeux, dilatés ii la base — Paill. caduques. Hypochéridées.
pailleti. j coroniforme ou écailleuse — Paillettes persistantes Scolymées.

H :

1" Tribu. — CICHORXÉES,

Akènes à aigrette coroniforme membraneuse, paléacée, ou nulle. Récep-
tacle non pailleté, glabre ou pourvu de soies. — Comprenant plusieurs gen-
res, la plupart réduits à une seule espèce, mais offrant presque tous des
variétés plus ou moins nombreuses :

-ocr page 433-

COMPOSÉES.
Invol. à folioles envelopp., accresc. — Ak. persist.

I à 1 Invol. àfoliol. ( Akène tronqué au sommet . . . .

sommet nu i , , \ 1

l I dressées. !

Akène caduc f Ak. atténué en bec—Pl. acaule.

Akène à couronne membraneuse courte — PL caulescente..

Ak. à aigrette i Ak. int. comprimés, ailés — Pl. acaule,
paléacée-sétacée, :

sur 2 rangs ( Akènes tous cylindriques...........

Récept. garni desoies, ( Aigrette à écailles lancéolées-sétacées.
Fleurs bleues. ]

Invol. à fol. sur plus, rangs. ( Aigrette à écailles courtes et obtuses..

417

Rhagadioiais.

Lampsana,

Aposeris.

Arnoseris.

I-Iyosbbjs.

HEDïrtiois.

TOLPIfi.

catananche.

ClCHORItJM.

a>
C

S

in !

l E

W 1

1 I

S

] 1

S ,

' 5

O <

X

1 c5
1 -si

1

< J

U

Genre RHAGADIOLE. — RHAGADIOLUS T.

Fletirs jaunes; capitules en panicule divariquée; — involucre à folioles accrescentes et enve-
loppant les akènes extérieurs; avec calicule; —
akènes nus au sommet, les internes incurvés,
les externes divergents, en étoile. —
Feuilles très variables, les inférieures plus grandes, obi011-
gues-lancéolées ou sinuées-lyrées, à lobe terminal très grand, orbiculaire et denté, les supé-
rieures plus petites, entières ou dentées.

Une seule espèce, offrant de nombreuses variétés dont quelques auteurs
ont fait des espèces distinctes.

Rh. stellatus DC., Lampsana stellala L., tige rameuse, de 1 à 2 décimètres; annuelle, —
plante commune dans les champs et moissons de la Provence, du Languedoc et dans tout le
bassin de la Garonne. — Une variété plus développée, à feuilles inférieures lyrées
(Rli. edulis
Gœrtu., Lampsana rhagadiolus L.), peut fournir, bien que peu recherchée des bestiaux, un utile
supplément de substance fourragère.

Genre LAMPSANE. LAMPSANA L.

Fleurs jaunes; capitules très petits, en panicule dressée; — involucre dressé, à folioles linéai-
res, avec un court calicule; —
akènes allongés, striés, nus au sommet; caducs. —Feuilles
inférieures lyrées, à lobe terminal très grand, ovale ou cordiforme, les supérieures ovales-aiguës,
toutes dentées, parfois crépues.

Une seule espèce, offrant aussi plusieurs variétés.

Lampsane commune, L. communis L.

Herbe aux mamelles, Saune blanche, Poule grasse, Gras-de-Moulon, Grageline, Graveline.

Tige dressée, rameuse, parfois blanche et cotonneuse. Taille de 3 il 8 décimètres. Annuelle.

Plante fort répandue partout, dans les bois, le long des haies et des champs, et dans tous les
lieux cultivés. Les bestiaux la mangent, mais ne la recherchent point. Les chèvres n'y touchent
pas. Dans les campagnes, elle est quelquefois employée comme plante émolliente, surtout contre
les engorgements et gerçures des mamelles des vaches.

27

-ocr page 434-

418 COMPOSE ES.

Genre APOSÉRIDE. — A POSE RI S Neck.

«

Fleurs jaunes, au sommet (l'un pédoncule radical; — involucre dressé, avec calicule; — akè-
nes
atténués en un bec court, striés, à sommet nu; caducs. — Feuilles toutes radicales, oblongues,
pinnatifîdes, à segments triangulaires.

A. fœlida Less., Hyoseris fœtida L·., hampe de 1 à 2 décimètres; vivace, — seule espèce du
genre, se montrant dans les pâturages des Pyrénées et des Alpes du Dauphiné.

Genre ARNOSÉRIDE. — ARNOSERIS G/ertn.

Fleurs jaunes; capitules presque globuleux, solitaires, sur des pédoncules fistuleux, striés et
renflés en massue au sommet; —
involucre à folioles nombreuses, linéaires, sur 1 rang, conni-
ventes après la floraison; aVec un petit calicule; —
akènes allongés, à 5 angles, rugueux, sur-
montés d'un rebord membraneux et entier. —
Feuilles toutes radicales, en rosette, très petites,
oblongues, ordinairement dentées.

A. pusilla Gsertn., Hyoseris minima L., tiges nombreuses, dressées, nues, portant 1.3 fleurs;
de 1 à 3 décimètres; annuelle, — seule espèce du genre, fort répandue partout du Nord-Est au
Sud-Ouest, dans les lieux sablonneux, les pâturages secs et siliceux, et trop dure pour les
bestiaux.

Genre HYOSÉRIDE. — HYOSERIS Juss.

Fleurs jaunes; capitules solitaires, sur des pédoncules radicaux; — involucre h folioles
enveloppant les akènes extérieurs ; pourvu d'un calicule ; —
akènes externes presque cylindri-
ques à aigrette très courte, laciniée , les internes comprimés-ailés, à aigrette formée d'écaillés
prolongées en soie. —
Feuilles toutes radicales, en rosette, pinnatifîdes, roneinées.

H. scabra L., capitules de 8.12 fleurs, au sommet d'un pédoncule de 1 décimètre au plus,
très dilaté au sommet; annuelle , — lieux secs de la région méditerranéenne;

H. radiata L·,, capitules à fleurs très nombreuses, sur un pédoncule de 2.3 décimètres, non
dilaté; involucre étalé; vivace, — mêmes lieux.

Genre HÉDYPNOIDE. — HEDYPNOIS T.

Fleurs jaunes, en capitules presque globuleux; — involucre à folioles enveloppant les akènes
extérieurs; avec un calicule ;
— akènes presque cylindriques, les externes il aigrette très courte,
laciniée, les internes à aigrette formée d'écaillés terminée en une soie lancéolée, —
Feuilles
oblongues, sinuées-dentées ou pinnatifîdes, les supérieures linéaires.

H. polymorpha DC., plante de petite taille, a tige diffuse, plus ou moins rameuse, offrant de
nombreuses variétés souvent considérées comme espèces, tantôt à capitules glabres sur des pédon-
cules non renflés (
Hyoseris hedypnois L.), tantôt à capitules hérissés, avec pédoncule non renflé
(H. rhagadiolofdes L.), ou pédoncule renflé fistuleux [H. cretica L.). — venant dans les lieux sees,
les pâturages sablonneux de tonte la région méditerranéenne.

-ocr page 435-

composées. 419

Genre TOLPIS. — TO LP IS Gjîrtn.

Fleurs jaunes ; capitules en panicule irrégulière, lâche; — involucre h folioles linéaires sur
2.3 rangs; —
akènes à aigrette formée de 4.5 soies inégales. — Feuilles inférieures oblongues-
spatulées, incisées-dentées, les supérieures linéaires, peu nombreuses; —
lige glabre, presque
nue, simple ou à rameaux étalés-ascendants.

T. barbata Willd., Crépis barbata L., fleurs centrales brunes; involucre il folioles externes
longues et étalées; 1 à 4 décimètres; annuel, — plante assez communément répandue dans la
région méditerranéenne, à l'Est et dans tout le Midi, et sur les bords de l'Océan jusqu'en Breta-
gne, venant au bord des chemins, dans les lieux secs et pierreux;

T. virgata Bertol., fleurs toutes jaunes; involucre à folioles externes, courtes et appliquées;
bisannuel, — limité aux lieux secs de la région méditerranéenne.

Genre CUPIDONE. — CAT AN ANCHE Vaill.

Fleurs en capitules assez grands, solitaires; réceptacle hérissé de longues soies; — involucre
il folioles imbriquées, écailleuses-argentées, les externes appendiculées ; — akènes à aigrette com-
posée de 5.7 écailles lancéolées, terminées par une soie. —
Feuilles linéaires. — Plantes velues.

C. cerulwa L,, fleurs bleues; feuilles très longues, très étroites, quelquefois fendues à la
base; tige dressée, rameuse, de 5 à 8 décimètres; vivace, — vient sur les cotoaux pierreux, dans
les lieux incultes de toute la région méridionale de la France, de Grenoble à Bordeaux et aux
Pyrénées. Trop dure pour le bétail, elle est cultivée dans les jardins pour ses fleurs, qui s'ou-
vrent le matin seulement.

C. lulea L., fleurs jaunes; feuilles lancéolées-linéaires on dentées; annuel, — région monta-
gneuse du Sud-Est ; champs cultivés de l'Algérie.

Genre CHICORÉE. — CICHORIUM L.

Fleurs bleues, en capitules, les uns axillaires et sessiles, les autres terminaux et solitaires;
réceptacle garni de poils au centre ; —
involucre double, l'interne à folioles dures, longues, sur
1 rang et soudées à la base ; l'externe à folioles plus courtes et libres ; —
akènes à 4 angles, striés,
larges au sommet, avec aigrette courte, formée d'une couronne d'écaillés courtes et dressées. —
Feuilles inférieures grandes, oblongues, roncinées, il lobe terminal très grand, les caulinaires
petites ; —
tige forte et rameuse.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, dont deux principales,
soumises à la culture, ont acquis une grande importance comme plantes
économiques et fourragères.

CHICORÉE SAUVAGE. — C. MTYBUS L.

Noms vulgaires. — Chicorée an,ère, grande Chicorée, Ecoubetle,

Fleurs grandes, en capitules axillaires, géminés ou teniés, ordinairement l'un d'eux pédon-
cule. — Involucre à folioles ciliées-glanduleuses, les externes lancéolées. — Aigrette de l'akène

-ocr page 436-

420 composées.

à écailles très courtes, érodées au sommet. — Feuilles velues sur les nervures, les inférieures
rétrécies en pétiole, à lobes dentés-anguleux, les supérieures entières, lancéolées, demi-embras-
santes. — Tige dressée, robuste, sillonnée, rameuse et flexueuse au sommet, à rameaux raides,
divariqués, peu feuillés. — Racine pivotante. — Taille de 8 à 15 décimètres. -— Vivace.

Plante fort commune et répandue dans toute la France, où elle vient
spontanément au bord des champs, des chemins et des fossés, sur les pelou-
ses des coteaux et dans les lieux incultes, et principalement sur les terrains
calcaires ou crayeux. Douée dans toutes ses parties d'une extrême amertume,
qui, depuis longtemps, la fait utiliser comme médicament tonique, la Chi-
corée sauvage est par cela même, dans son état naturel, peu recherchée des
bestiaux. Mais par la culture elle perd une partie de cette amertume, et peut
être employée alors avec avantage comme plante fourragère.

Cretté de Palluel fut le premier qui tenta d'introduire la Chicorée sau-
vage dans la grande culture comme fourragère. 11 entreprit à cet effet, en
1784, près de Paris, des essais qui tout d'abord lui donnèrent des résultats
assez avantageux pour l'encourager à poursuivre l'expérience. V. Yvart, à
son tour, essaya cette culture et en obtint le même succès. Arthur Young,
témoin de ces tentatives, les renouvela de son côté avec succès. Depuis lors,
la culture de la Chicorée sauvage comme fourragère s'est répandue un peu
partout, mais sans se généraliser nulle part, malgré la recommandation de
Mathieu de Dombasle.

On forme avec cette plante des prairies vivaces essentiellement précoces,
et qui ont, dans certains cas, donné des résultats économiques importants,
rivalisant avec ceux fournis par le trèfle et la luzerne. Le Midi surtout est
favorable à cette plante. Ainsi, elle fait partie des prairies les plus renom-
mées de la Lornbardie; et 011 la cultive en Sicile pour les mulets.

Outre son emploi comme fourragère, la Chicorée est utilisée encore, soit
comme plante potagère, soit comme plante économique pour sa racine, dont
011 obtient par torréfaction un succédané au café. Sont cultivées pour cela
des variétés de l'espèce principale, qui fournissent également des produits à
l'alimentation des animaux domestiques. La Chicorée sert également aux
usages médicaux ; on utilise à cet effet ses feuilles et ses racines, avec les-
quelles on prépare des tisanes toniques. Enfin, dans quelques régions de
l'Ouest,
011 confectionne avec les tiges sèches des balais qui servent surtout
à nettoyer les aires du battage, et qui sont, sous ce rapport, préférables aux
autres balais, en ce que, moins touffus, ils emportent la paille sans entraîner
le grain.

Culture de la Chicorée sauvage.

Sol convenable. Ensemencements. Soins de culture. — La Chicorée vient
dans les terres les plus diverses. Cretté de Palluel dit l'avoir semée avec
succès dans un sol sablonneux et médiocre. Elle prospère également dans les
terrains argileux et humides ; mais c'est dans les terres argilo-calcaires pro-
fondes qu'elle donne les produits les plus abondants.

-ocr page 437-

composées. 421

On la propage par graines. Les semis se l'ont au printemps, après un seul
labour, ou en automne si le climat est favorable. On répand la semence à la
volée ou en rayons ; la première méthode est plus économique ; le semis en
rayons est plus productif, mais entraîne plus de frais et donne des tiges plus
dures. Ce procédé convient seulement pour les sols très humides; il est
suivi en Angleterre, où on sème en lignes espacées de 15 à 25 centimètres.
On répand environ 12 kilog. de graines par hectare. Cette graine, enterrée
peu profondément, est recouverte avec la herse.

La graine est répandue seule, ou bien avec une plante qui l'abrite et la
protège, le plus souvent dans les avoines, avant le second hersage qui couvre
la semence, ou dans les orges, en ayant soin alors de répandre les deux
graines le même jour. La Chicorée semée ainsi produit moins la première
année ; mais elle rend davantage par la suite.

La plante semée exige peu de soins. 11 suffit de tenir le sol propre par
quelques sarclages à la main. Il convient en outre, chaque année, au prin-
temps, de passer la herse pour détruire les plantes à racine traçante qui
envahissent la couche arable et cultivée.

La Chicorée, arrivée à son développement, grâce à ses profondes raci-
nes, résiste à toutes les intempéries : à la sécheresse, dont la préservent, en
outre, ses premières feuilles larges et touffues, qui croissent de très bonne
heure, s'étalent, couvrent la terre encore humide et lui conservent ainsi une
fraîcheur suffisante pour atténuer l'effet des chaleurs ; au froid et à la gelée,
aux vents et aux orages, de l'action desquels les préservent, en outre, ses
tiges fortes et raides.

Récolte. Produits. — Semée dans un sol convenable et profond, préparé
par un labour, la Chicorée végète activement, peut donner plusieurs récoltes
la même année. On la fauche comme une prairie ordinaire, et on peut ainsi
en obtenir deux, quatre et jusqu'à six coupes, si on a fumé pendant l'hiver.
La plante doit être coupée jeune, avant que les tiges aient acquis un degré
de gosseur et de dureté de nature à la rendre impropre à la consommation;
le moment convenable est celui où les tiges arrivent à 30 centimètres de
hauteur environ.

Le produit obtenu est assez abondant. Cretté de Palluel le porte à
50,000 kilog. environ par hectare pour quatre coupes dans l'année, ce qui
serait un rendement supérieur à celui de la meilleure prairie ordinaire,
naturelle ou artificielle. V. Yvart, toutefois, n'ose pas garantir un résultat
toujours aussi avantageux. A. Young a obtenu, de son côté, un chiffre moyeu
de 38,000 kilog. Quoi qu'il.en soit, il reste évident que ce produit doit
varier, comme celui de toutes les autres plantes fourragères, suivant le
terrain et les conditions de la culture.

La Chicorée, plante très aqueuse, se dessèche difficilement et prend alors
une teinte noire attestant l'altération de la qualité. Aussi n'essaie-t-on point
habituellement, après l'avoir fauchée, de la soumettre an fanage pour la

-ocr page 438-

422 composées.

transformer en fourrage sec. Cependant, comme elle ne peut être consom-
mée en totalité aussitôt après la récolte, il a fallu chercher un moyen de la
conserver un certain temps; pour cela, le procédé le meilleur consiste sim-
plement à la stratifier avec de la paille d'avoine ou de blé devant servir à la
nourriture du bétail et qui acquiert ainsi de nouvelles qualités alimentaires.

La Chicorée sauvage, bien que vivace, n'a pas une durée très longue :
rarement elle dépasse cinq ou six ans; le plus souvent même on la voit
commencer à décroître avant ce délai. Et comme il convient de ne pas atten-
dre pour la remplacer que son produit ait trop sensiblement diminué, on
peut estimer sa durée ordinaire à trois ou quatre ans ; quelquefois même on
la rompt après la deuxième année.

Après la dernière récolte, on peut laisser ses racines dans le sol, pour
lequel elles constituent une matière fertilisante efficace. D'autres fois, en
automne et en hiver, ces racines, fort nombreuses et très serrées, sont enle-
vées et mises à dessécher pour divers usages.

Récolte de la graine. — Lorsque la Chicorée est cultivée pour la graine,
celle-ci est récoltée lorsque la plante a atteint sa plus grande vigueur, vers la
seconde ou à la troisième année. L'année où l'on veut obtenir cette graine,
il ne faut point priver les plants de leurs feuilles, lesquelles sont essentielles
pour la fructification. On commence la récolte dès que les tiges commencent
à blanchir, afin que la maturité des dernières lleurs n'épuise pas inutilement
le sol, tandis que la première semence, qui est toujours la meilleure, pour-
rait se perdre et souiller le champ.

Cette récolte se l'ait au commencement de l'été. On laisse sécher les
tiges coupées, et quand elles sont complètement sèches, on les bat au fléau,
autant que possible, quand l'air est parfaitement sec, les graines se déta-
chant alors plus facilement de leurs enveloppes. L'hectolitre de graines ainsi
obtenues pèse 30 kilog.

La Chicorée cultivée pour sa graine étant très épuisante, doit être, immé-
diatement après la récolte, défrichée et suivie d'une autre culture amélio-
rante et préparatoire, à moins que la terre n'ait été préalablement fumée et
qu'on ait pratiqué la culture en rayons, qui laisse toujours un terrain mieux
préparé.

Valeur agricole et économique de la Chicorée.

Apte à croître sur les terrains les plus divers, et prospérant notamment
sur les terrains argileux et humides, où les espèces fourragères ordinaires
viennent difficilement; douée d'une grande résistance à la sécheresse, comme
aux froids les plus rigoureux, aux vents et aux orages ; d'un accroissement
facile, d'une végétation prompte et se prolongeant longtemps en automne;
rustique et exigeant peu de frais de culture, la Chicorée sauvage mérite à
tous ces titres de prendre un rang important parmi les cultures fourragères.
Elle convient surtout, par sa précocité, en ce qu'elle offre un moyen d'avoir

-ocr page 439-

composées. 423

un fourrage abondant dans une saison où manque la nourriture i'raiebe; sa
culture, comme le faisait observer Cretté de Palluel, pourrait, en outre, être
introduite partout où les pâturages naturels manquent, où les semences des
prairies artificielles ordinaires se refusent au sol. Dans les bonnes terres, il ne
serait point rationnel, sans doute, de la substituer au trèfle et à la luzerne;
mais sur certains terrains médiocres et perméables, elle permettra toujours
de former des prairies artificielles aussi précieuses par leur facile entretien
que par l'abondance de leurs produits.

Cretté, en associant la Chicorée à la pimprenelle, au trèfle et au sain-
foin , a formé des prairies qui ont réussi, et dont les bestiaux se sont parfai-
tement accommodés. Mais la Chicorée a bientôt dominé et chassé les autres
plantes, et la pimprenelle tout d'abord.

M. H. Lecoq dit avoir essayé, de son côté, un mélange de ce genre, mais
plus compliqué, et qui lui a donné un magnifique résultat. La pimprenelle
est aussi partie la première, et la Chicorée a lutté longtemps contre la
luzerne, qui, bien que semée en petite quantité, a fini par rester seule maî-
tresse du terrain. La Chicorée, semée par parties égales avec le trèfle rouge
et le brome des prés, a donné, ajoute le même auteur, un des meilleurs
fourrages que l'on puisse obtenir.

M. de Père estime aussi la Chicorée sauvage, et la considère comme
pouvant tenir une place distinguée dans un cours de récoltes bien réglé,
d'autant que, pouvant venir dans les lieux où le trèfle échoue, elle peut,
dans une rotation, être substituée à celui-ci et occuper la terre pendant un
temps égal.

Quand elle n'est cultivée que pour ses feuilles et ses tiges, la Chicorée
est, de plus, améliorante, et propre à nettoyer le sol, surtout si elle a été
semée en rayons et sarclée. Aussi est-elle, dans ces cas, toujours suivie de
belles récoltes printanières. Mais l'emploi de cette plante étant généralement
réservée aux sols médiocres et épuisés, il est presque toujours nécessaire,
après sa récolte, de faire usage des engrais, et cela surtout si l'on a enlevé
toutes ses racines; si l'on laisse celles-ci, l'engrais devient moins utile, et
un bon labour peut suffire pour remettre le sol en état de recevoir une nou-
velle semence.

Emploi alimentaire de la Chicorée.

La Chicorée qui croît spontanément, venant dans les lieux secs et arides,
où elle contracte une amertume très prononcée dans toutes ses parties, est
peu recherchée des animaux. Mais lorsqu'elle est cultivée dans les terrains
frais et ombragés, auxquels elle est habituellement réservée, elle perd une
partie de cette amertume et acquiert par cela même des qualités alimentai-
res, qui permettent alors de l'employer avec avantage, non-seulement comme
aliment nouveau à ajouter à la liste de ceux que l'on possède, mais comme
substance particulièrement utile par ses propriétés spéciales. La Chicorée,

-ocr page 440-

424 composées.

en effet, essentiellement tonique, convient pour stimuler l'estomac, augmen-
ter l'appétit, réagir utilement sur les tempéraments lymphatiques; c'est un
des meilleurs condiments toniques à adjoindre aux différents fourrages, et
dont tous les bestiaux se trouvent bien.

La Chicorée convient surtout aux bêtes à laine, tant comme aliment que
comme médicament tonique et purgatif, qui, au printemps, vient heureuse-
ment corriger, chez ces animaux, les effets de la nourriture sèche d'hiver et
prévenir le développement du sang de rate, de la cachexie aqueuse et des
diverses affections asthéniques. Semée à graines perdues dans les prairies
naturelles et artificielles, elle ajoute aux qualités alimentaires des produits
fournis par celles-ci, et contribue d'une manière tout à fait favorable à l'en-
tretien des troupeaux.

Aux vaches, elle donne un lait abondant et crémeux, ne se ressentant
en rien, dit Cretté dePalluel, de l'amertume de la plante. Plusieurs auteurs,
toutefois, parmi lesquels on peut citer Gilbert, Thaër, Bourgeois (de Ram-
bouillet), disent avoir constaté que la Chicorée rend le lait amer, ainsi que
le beurre et le fromage préparés avec celui-ci. En Flandres, les cultivateurs
ont la même opinion, d'où le peu d'estime dont jouit, dans ce pays, la
Chicorée comme fourragère. Cette opinion doit être fondée ; mais l'expérience
a prouvé que la Chicorée mérite surtout le reproche qu'on lui fait lors-
qu'elle est mangée seule et pendant longtemps, et qu'on atténue cet inconvé-
nient jusqu'à le faire disparaître, en ayant soin de ne donner la plante qu'en
mélange et avec réserve.

Les porcs aussi sont avides de la Chicorée, dont ils mangent les feuilles
et les racines. On la donne même aux chevaux, auxquels elle convient
notamment comme moyen de les préparer au vert, et qu'elle peut même
guérir de certaines affections cutanées. Cretté de Palluel dit, par exemple,
avoir soumis à l'alimentation par la Chicorée trois chevaux atteints : deux,
de démangeaisons générales, et un d'eaux-aux-jambes, lesquels se sont tous
trois parfaitement guéris sans autre traitement, et ont même pris, avec un
poil lisse, un certain degré d'embonpoint.

La Chicorée est généralement donnée en vert à l'étable; c'est la forme
sous laquelle elle profite le plus. Les animaux d'abord la prennent difficile-
ment; mais ils s'y accoutument vite, et la mangent ensuite avec avidité tant
qu'on leur en distribue. Elle peut aussi être, au printemps, livrée en pâtu-
rage aux vaches et aux bêtes à laine. On a conseillé encore de la dessécher
pour pouvoir la donner pendant l'hiver aux troupeaux; mais elle profite
beaucoup moins sous cette forme que lorsqu'elle est distribuée en vert, le
meilleur mode de consommation qui lui convienne.

Variétés de la Chicorée,

On a obtenu, par la culture de la Chicorée sauvage, plusieurs variétés
qui fournissent des produits importants à l'économie domestique. Les prin-

-ocr page 441-

composées. 425

cipales de ces variétés sont : la Ch. potagère, la Ch. sauvage améliorée et la
Ch.-café.

Chicorée potagère. — Cette Chicorée est, 11011 pas une variété propre-
ment dite, mais la Chicorée ordinaire cultivée dans les jardins potagers pour
les usages culinaires et cueillie, à cet effet, avant sou entier développement.
On sème à cet effet la Chicorée ordinaire, dont la feuille naissante fournit
une salade un peu amère, saine et généralement estimée. On peut en avoir
toute l'année par des semis successifs, un peu épais, en pleine terre ou sur
couche, selon la saison, et qui n'exigent que des arrosements.

C'est de cette même plante qu'on obtient la salade blanche d'hiver dite
Barbe de capucin, Cheveux de paysan, qui est, depuis longtemps, l'objet d'une
culture maraîchère importante. Pour l'obtenir, 011 fait les semis en mars ou
avril, et en novembre et décembre les plants sont placés dans une cave, les
racines entre ries couches de terreau ou de fumier consommé, où, sous l'in-
fluence de l'obscurité et de la température douce et égale du lieu, la Chico-
rée pousse des feuilles blanches et étiolées, que l'on récolte à mesure qu'elles
apparaissent, en les coupant ou en les arrachant.

Chicorée sauvage améliorée. — Obtenue, il y a quelques années, par
M. Jacquin, au moyen du choix successif des individus, cette variété peut
être considérée comme une amélioration intéressante de la
Barbe de capucin
ou Chicorée ordinaire ; elle diffère de celle-ci en ce que, au lieu d'une touffe
composée de quelques feuilles écartées, elle forme une sorte de pomme con-
sistant en plusieurs jets pressés les uns contre les autres avec le cœur fourni
comme une escarole, ce qui pourrait lui l'aire donner le nom de
Chicorée
pommée.
On la sème en pépinière de mars à juin, et on la transplante à
40 centimètres. Cette variété fournit une sous-variété panachée, à feuilles
mouchetées de rouge, que l'on cultive de même pour salades. En Belgique,
on cultive la racine de cette Chicorée pour les usages culinaires, comme celle
de la scorsonère.

Particulièrement remarquable par la largeur de ses feuilles, la Chicorée
sauvage améliorée pourrait également être utilisée dans la grande culture,
pour laquelle, vu le développement de son feuillage, elle serait même plus
productive que l'espèce ordinaire.

Chicorée-café. — Outre son emploi comme fourragère, la Chicorée sau-
vage est cultivée encore pour sa racine, qui, torréfiée et pulvérisée, donne
une poudre offrant, par son amertume, une certaine analogie avec le café, et
que l'on emploie, comme celui-ci, soit seule, soit, ce qui a lieu le plus sou
vent, en mélange avec la poudre de café. Cet usage de la racine de Chicorée,
né des guerres du premier Empire et du blocus continental, s'est depuis fort
répandu en Europe et n'a point cessé. Sa généralisation est ce qui a le plus
contribué à étendre la culture de cette plante, d'abord en France, puis prin-
cipalement en Belgique et en Allemagne.

La plante cultivée à cet effet diffère un peu de la Chicorée sauvage

-ocr page 442-

426 composées.

ordinaire. Elle offre des feuilles plus larges, et des racines plus grosses, lon-
gues, charnues et douces comme des carottes blanches. C'est faute de l'avoir
connue que beaucoup de cultivateurs, qui s'en sont tenus à la variété ordi-
naire, ont échoué en essayant cette culture.

On cultive la Chicorée-café comme la variété fourragère. On la sème de
même un peu clair, en lignes que l'on sarcle, et auxquelles seulement on
donne deux binages dans le cours de l'été. Les racines sont arrachées l'hiver
suivant; et après avoir été dépouillées de leur chevelu et rigoureusement
lavées, elles sont découpées en rouelles, desséchées à l'étuve, torréfiées dans
de grandes chaudières ou sur des plaques de fonte, et enfin réduites en
poudre dans de grands moulins à café.

De même que la variété précédente, la Chicorée-café, aussi vigoureuse,
résistant mieux à la sécheresse et offrant un feuillage plus large que la
variété commune, pourrait être introduite dans la grande culture, où elle
remplacerait avantageusement celle-ci comme fourragère. Il serait sans
doute possible, également, d'en utiliser les racines pour la nourriture des
bestiaux, surtout des porcs, qui, mangeant très bien celles de l'espèce ordi-
naire, s'accomoderaient mieux, naturellement, de racines plus succulentes.
Cet emploi offrirait d'autant plus d'avantages que les racines de Chicorée ne
sont pas exposées à la gelée, et peuvent ainsi, point essentiel, rester en
terre pendant l'hiver.

C. divaricatum Schousb. ; iirvolucre ii folioles externes obtuses, non glanduleuses ; aigrette à
écailles longues, lancéolées-aiguës; feuilles supérieures très petites; tige lisse, rameuse, divari-
quée dès la base ; bisannuelle, — espèce très voisine de la précédente, venant sur les lieux secs
du littoral méditerranéen; sans usages.

Chicorée Endive , Ch. indivia L.

Fleurs en capitules axillaires, dont l'un pédonculé. Aigrettes à paillettes longues. Feuilles
entièrement glabres, les inférieures et moyennes sinuées-dentées, les supérieures largement ovales,
cordiformes, embrassantes. Annuelle.

Plante exotique, supposée originaire de l'Inde et cultivée dans tous les jardins potagers, où
elle ost soumise à l'étiolement, qui lui enlève une partie de l'amertume qu'elle possède naturelle-
ment. On en a obtenu, par la culture, plusieurs variétés toutes utilisées exclusivemont pour les
usages culinaires. Les principales sont :

La Scarole (Sèariole, Escarole),Ch. I. latifolia, à feuilles larges et peu dentées; — variété très
répandue en France, cultivée surtout autour des grandes villes, et consommée soit comme salade,
soit comme légume. On en distingue plusieurs sous-variétés : la
grande Escarole ou E. de Hol-
lande,
la plus volumineuse; l'£. ronde, à c'œur presque pommé; l'E. blonde, presque jaunâtre en
naissant et oraignant l'humidité ;

L'Endive (Chicorée blanche, Ch. frisée), Ch. I. crispa, à feuilles profondément découpées, fri-
sées sur les bords et toujours couchées sur la terre.— Offre de nombreuses sous-variétés : la
Ch. de
Meaux,
la plus anciennement cultivée et propre surtout à la cuisson; la Ch. d'Italie, plus pleine et
plus précoce; la
Ch. toujours blanche, blonde en naissant, ne pommant pas et se coupant jeune ; la
Ch. corne-de-cerf, il feuilles vert foncé, minces et cœur jaune, etc.

Ces différentes variétés sont toutes soumises au même mode de culture. On les sème de jan-
vier à juillet, sur couche et sous châssis , sous cloche ou on pleine terre, suivant la saison ; on
repique ensuite les plants, il 35 centimètres, dans tous les sens ; et quand ils sont assez gros, 011

-ocr page 443-

composees. 427

les serre avec un lien de paille pour faire blanchir le cœur. Eu ayant soin de les rentrer avant la
fin de la bonne saison , on peut en avoir jusqu'en janvier.

Chicorée de Sicile, Ch. I. sylvestris; variété trouvée, en 1840, par M. de Gasparin, en
Sicile, où elle est cultivée, sous le nom de
Svariola, comme fourrage vert. Dans son premier
développement, elle ressemble à la Chicorée sauvage; elle a seulement les feuilles un peu plus
blondes et ondulées. Mais plus tard , comme on l'a reconnu , elle acquiert tous les caractères de la
Scarole, et n'a comme elle qu'une durée annuelle. Elle en diffère seulement par ses feuilles lon-
gues, vertes et qui ne font· point cœur, ce qui permet de la considérer comme le type même de
l'espèce à l'état sauvage Elle offre particulièrement de l'intérêt comme plante fourragère.

_—_-

« Cette variété, dit Vilmorin, est d'une végétation vigoureuse et d'un prompt accroisse-
ment; semée à la fin de mars, elle présentait à la mi-juin une masse de fourrage très fournie,
haute de 80 centimètres à 1 mètre, et qui s'est élevée à plus do 1™,50. Un semis fait le 18 juillet a
pleinement monté, et a fourni, au commencement d'octobre, une coupe abondante. Cette plante se
classera donc très probablement avec avantage parmi les fourrages auxiliaires, tels que la vesce,
le maïs, la moutarde blanche, etc., qui sont d'un si grand secours pour la nourriture du bétail
pendant l'été et l'automne. Elle mérite, sous ce rapport, do devenir l'objet d'essais suivis et
variés, soit sur la jachère, soit sur les chaumes retournés immédiatement après la moisson.
(Bon
jardinier.) »

Î3° Tribu.

CREPIDEES.

Akènes à aigrette formée de poils simples, non dilatés à la
culés et non plumeux. Réceptacle non pailleté, nu ou pourvu
Tribu fort nombreuse, comprenant les genres ci-après :

Ak. dissemblables, ceux du bord carénés, ailés, libres.

., , [ Ak. tronq, aux2extr.—Iîéc.alv.
Akeues V

Akènes
non

Réceptacle ^ terminés j ^^ ^ tronqués } Ak.,lle3 ( Réc nonpoilU) ;llvéoL
semblables
J sommet ( à la base ( Récept. à long, soies.

crj
H
■W

a

p

■a
ci

Réceptacle
nu.
j Fl. jaunes
1 ou bleues

ou <
fibrileux.
Fl. jaunes

Akènes atténués au sommet.
Akènes terminés en un bec supportant l'aigrette., .

!.. -j ( Ak. avec coronule à 5 épines....
Ak. ovoïdes, \ '

épineux j écailles épiu. supérieures.. .

v 1 r

Akènes comprimés, ni écailleux, ni épineux ...

i Fl. 5, sur un rang, pourpres.

Akènes p[ I10mbr. ( Fleurs jaunes.
I comprimes 1 , . \ J

Ak. tous ) / sur plusieurs j

Akènes l semblables ) ' raugs ( Fleurs hleues.

non ) /

terminés) ' Ak. il 4 angl., arqués — Fl. nombr. jaunes,

en bec I

Ak. dissemblables, ceux du bord courbés, enveloppés.

base, deuti-
de soies. —

Ptehotheca.
soyekia.

Hiebacium.

Ankiiyala.

Crépis.

Hahkiiacsia.

Chondrilla.

Taraxacum.

Lactuca.

Prekaktiies.

SoNcntm.

Mxjlgediuji.

PicRiniiM.

Zacintiia.

. ' S®

- - ;, -■· ■ m y

m *

-ocr page 444-

428 composées.

Genre PTÉROTHÈQUE. — PTEROTHECA Cass.

Réceptacle couvert de soies légères; — involucre caliculé; —akènes du centre linéaires, striés,
atténués en bec au sommet, ceux du bord plus gros, courts, carénés au dehors, et portant en
dedans 3 ailes membraneuses ; aigrette à poils capillaires.

Ptérotiièque de Nismes ou commune, Pt. Nemausensis Cass.;
Hieracium sanctum L.

Fleurs jaunes; capitules en corymbe peu fourni, serré. Feuilles toutes radicales, Iyrées ou
dentées, obtuses, à segment terminal rhomboïde, plus grand. Tiges multiples, rameuses au som-
met. Taille de 1 à 3 décimètres. — Fiante à poils glanduleux; annuelle.

Une seule espèce, commune dans tout le Midi, particulièrement dans la Haute-Garonne et le
Gers, où elle envahit les champs cultivés, les prés et les prairies artificielles, surtout les vieilles
luzernières qu'elle infeste; elle se mêle ainsi au foin, dont elle altère plus ou moins la qualité;
sa présence, quand elle est coupée jeune, offrant d'ailleurs peu d'inconvénient.

Genre SOYÉRIE. — SOYER1A Monn.

Réceptacle alvéolé, parfois fibrilleux ; — akènes tronqués aux deux extrémités, avec aigrette
à poils raides. —
Feuilles grandes, lancéolées-dentées, embrassantes, auriculées.

S. montana Monn., Hypochœris pontana L., capitule grand, solitaire; plante de 2 à 4 décimè-
tres, pubescente, — pelouses des hauts sommets du .Jura, des Alpes et des Pyrénées;

S. paludosa L,, Hieracium paludosum L., capitules en corymbe lâche; plante glabre, —
vallées humides, bords des ruisseaux do toutes les régions montagneuses do France.

Genre ÉPERVIÈRE. — HIERACIUM L.

Réceptacle alvéolé, il bords parfois munis do poils courts; — involucre à folioles imbriquées
ou à plusieurs rangs, les extérieures alors formant calicule; —
akènes allongés, à 10 côtes, atté-
nués à la hase, avec aigrette sessile, à poils raides, scabres, fragiles, d'un blanc roussâtre.

Ce genre, un des plus nombreux de la famille des Synanthérées, se
compose exclusivement d'espèces herbacées, toutes vivaces, disséminées sur
tout le sol de la France, habitant les localités les plus diverses, et se mon-
trant partout, dans les vallées, au milieu des bois et des forêts, sur les pentes
arides et dans les fissures des rochers, mais principalement dans les prairies
et pâturages élevés des Alpes et des autres grandes montagnes de notre pays.

Les bestiaux les mangent presque toutes quand ils les rencontrent mêlées
aux herbes ordinaires des pâturages, quelquefois même ils les recherchent;
certaines espèces cependant sont dédaignées par eux . sans doute à cause des
poils longs, cotonneux et piquants qui les recouvrent et qui éloignent jus-
qu'aux chèvres. Envisagées en elles-mêmes, les Epervières, participant aux
propriétés générales de la famille à laquelle elles appartiennent, peuvent
être considérées comme plantes alimentaires toniques, offrant notamment
l'avantage, vu l'époque tardive de leur, floraison, de rester vertes une grande
partie de la saison, avantage qu'atténue toutefois leur faible développement.

-ocr page 445-

composées. 429

Les Epervières, plantes non-seulement fort nombreuses, mais extrême-
ment polymorphes, offrent de nombreuses variétés à caractères peu tran-
chés et se" rapprochant les unes des autres par une multitude de nuances
insensibles, qui en rendent la détermination très difficile. De là les espèces
nouvelles décrites par chacun des auteurs qui ont étudié ce genre, et les
synonymes nombreux qui leur ont été appliqués. Ne pouvant ici envisager
cet ensemble, fort peu défini d'ailleurs, d'espèces et de variétés, et dont
beaucoup sont considérées comme de simples hybrides de types préexistants,
nous nous bornerons à rénumération des types, suffisamment caractérisés,
qui sont le plus généralement admis. On a formé de ces espèces trois grou-
pes principaux :

1er Groupe. — Akènes de 2 millimètres an plus, à sommet crénelé; aigrette à poils fins et
soyeux. —
Tige en forme de hampe ou scapiforme, se renouvelant annuellement par stolons sou-
terrains ou épigés, manquant parfois dans les terrains arides :

Tige simple, uniflore.................... PILOSEI.LA L.

Tige divisée en 2.3 longs pédoncules uniflores. Piloielltnum Frscli.
Fleurs pourpres — Corymbe il 4
.5 capit. — Souelie stolonifère, . AUlUNïIACliM !..

/ Souche stol. — Jnvol. à foliol. obtuses. AUUlCUt.A !..
it. ) Souche non stolonif. ( Feuill. obtuses, Pumilum Lp.
/ Invol. à foliol. aiguës
j Feuilles aiguës. Glaciale l.ackn

. . .. , . .. ( Poils non glandul.. Cymosun L.

Involuc. a foliol. aiguës! ,, ., , -, ,

( Poils glanduleux . . . Sabinum Seb. et M.

Inv. à fol. obtus, i Pedonc. étalés.........Florcntinum Ail.

Poils glanduleux j Ped. dress., à duv. étoilé, Phîaltum Vill.

Souche à stolons radicants — Invol. à foliol. obtuses. Phatense Tumcli.

iTige nue, à Heurs solitaires

Tige
I àl.3fe.1
Fl. en
corym.
| Pédonc.
courts

Corymbe à 1.5 capit.

I

Capit. ^
en cor. .
multiflJ

3 S

IS

tn o

h

Groupe. — Akènes de 4 millimètres, à sommet bordé par un bourrelet non denté;

aigrette à poils rudes et inégaux. — Tiges se renouvelant annuellement par des rosettes qui se

développent en automne, avant la floraison, et persistent eu hiver :

. , . ( Poils courts, glanduleux, Glanduliferum

' Capitules solitaires (.,.,, , ·, ,

I ( Poils longs, non glandul. Pilifcrum

( Tiges à 1.5 capitules..................Saxatilk

Plante stolonifère — Tige pq. nue. . static«folidsi

! Plante non j Feuill. caul. embrass . Leucc/ihleum

stolonifère ( Feuill. caul. sessiles . glabcum

„ , , \ Feuilles sessiles.......Glabratum

Corolles glabres \ „ ... ,

B I Feuilles embrassantes.. . villosb»

Feuilles ( Invol. lfiche .... CerinilwtJcc

| Feuilles
à poils
non
iglandul.

) Corollesi

Neo-Cerinthe
Vooksiacum

fcO
H

Feuilles à court pétiole..... . . · Composilum

Feuilles à long pétiole........A latum

Tige rameuse au sommet.......Vteudu-Cerinthc Kodi

L

S
P

HH

O
g

f—I
«

i F

Feuilles à poils
glandulenx

Invol.
à foliol.

sur
1 rang,
avec
caliculel

Feuill. à poils plumeux
Pédoncules longs

[ Style
Fe. àpoilsV

non plum. ) f

i gland, j Style

t f brun ,

,iaune

Pédonc. courts

ni

i Fl. eu cor

fdemi-embrass. j Invol. serré, ,
Feuilles sessiles............

Corymbe multiflore
Corolles ciliées
Fleurs en

corymbe ( Tige rameuse dès la base.......Ampi.exicaiii.e

Tige uniflore.......................... ALPINUM l.

Feuilles il poils glanduleux — Tige feuillée — Fl. en 2.3 capit Jacquini Vill.

S Fleurs en 1.2 capitules........Lioitardi Vill.

Fleurs en ( Tige nerv., laineuse.. Lanatum Vill.

, corymbe ( Tige sans nervures. . . Andryaloides Vill.

Tige nue — Fleurs en corymbe.......Bupeiirc AU.

( Pédoncul. allong. — Tige il 1 feuille. Cinarctccn* Jurd.

Tige à 1.2 feuilles. . . . Stclligerum Frol.

Tige il 3.4 feuilles .... Lavicaute Jord.

Tige nue, ( Feuill. radie, orbicul., entièr. mirohim l.

ou à 1.2 feuill. | Feuill. radie, ellipt. incisées. Cœslum Fric«.

Tige ii 2.5 feuilles — Feuill. radie, elliptiques, sïlvaticum i.m.

Ilop|i.
llopp.
Vili.
Vill.
g oïl.
Ail.
Hopp.
L.
L.
F rive.
Moug.
L|>.
Lp.

I Tige nue , scapiforme

Feuilles glauques, non poilues.}
Fleurs en 2.7 capitules

Corolle à
1.5 capit.

-ocr page 446-

446 composées,

3<; Groupe. — Akènes (comme dans le groupe précédent). — Tiges se renouvelant annuelle-
ment par bourgeons radicaux latents, qui ne s'épanouissent qu'au printemps, et forment des
rosettes qui tombent ordinairement avant la floraison :

, ... (Feuill. isol. i Feuill. lisses supérieurem.
Style jaune.
I ! Cap. enomb. j Feuill. rudes sur les 2 faces.

Invol.àfol. < I Feuilles imbriquées—Capit. en pauicule.

obtuses | Feuilles embrass., cordif. — Capit. en corymbe.

il 1 ■' f 1 11 toutes| Feuilles cordiformes.

Fe ré ûlièr dent i (!m',rass· < Feuill. ovales, aiguës,
e.regui r. en FeuiUeg il)fér_ p«sti0lées, ajgllës.

. Involucre à folioles aiguës — Feuilles à 3.5 dents.

Corolles glabres — Cap. 1.5, solit.
Corolles ciliées — Capit. en cor.
Feuill. I Capit. gros; Cor. serré.
très ent. ( Cap. pet. — Cor. étolé.
Feuill. denticul. — Capit. en pan.
Feuill. ent.— 1.5 cap.—Pl. t.vel.

Plantes
à poils
simples.
Corolles
glabres

O

ä
w

£

Toute la plante glanduleuse.
Feuilles incisées

Plantes
à poils
glandul.

Sty. brun.
Capitules
nombr.

Feuill. I
radie,
tomb,
/iilaflor·!

Feuilles radicales persistantes ; dentées.

ÎF euilles
entières
ou deutic
Akènes
pourpr.

Feuilles incisées à la base — Akènes gris.

UMBELLATI;!« L.

jEstivum Fries.
Eaiopiionrîi
Sl-Am.
Virimi m Pali.

Sadauuum L.

Hirsutuni Berilli.
Bokeai.e Fries.
Tridentalum Fries.
AlBIDÏM Vili.

Picroïdes Vili.
Cydoniœfulium Vili.
Prenantuoil>es Vili.
Pyrenaicum Jord.
Vuldepitosnm Vili.
Mutuiti Fries.

Li/copi folium F roi.


Epervière piloselle, H. pilosella L.

Oreille-de-rat, Oreille-de-souris, Veluette.

Fleurs de la circonférence ordinairement purpurines à l'extérieur, en capitules assez gros,
solitaires au sommet d'une tige simple et nue. Involucre à folioles internes linéaires-aiguës, les
externes obtuses. Feuilles toutes radicales, étalées en rosette, entières, obovées, tomenteuses en
dessous. Souche rampante, à stolons radicants, quelquefois florifères. Taille de 1 ù 3 décimètres.
— Plante toute couverte de longs poils blancs, sétiformes. Floraison en mai.

Cette espèce, qui vient dans toute la France, se montre dans les prés, dans les bois, au bord
des chemins, dans tous les lieux secs et arides, où elle se développe parfois avec une extrême
abondance. Poussant plus tôt que les autres espèces du genre, et pourvue d'une racine qui pénè-
tre à 2 ou 3 décimètres dans le sol, elle se fait remarquer : d'abord, par son extrême rusticité, qui
lui permet de se multiplier et de se développer dans les sols les plus infertiles ; puis, par la faculté
qu'elle possède de résister aux plus fortes gelées ainsi qu'aux plus grandes sécheresses; elle ne
craint pas non plus le piétinement des animaux. et repousse parfaitement sous la dent. Tous les
bestiaux la mangent, la recherchent même ; elle passe cependant pour être parfois nuisible aux
moutons; mais cela n'a point été démontré, ce qui permet de continuer il considérer la Piloselle
comme une plante de prés secs, qui pourrait, dans certains cas, être propagée avantageusement
sur des sables arides, impropres il d'autres cultures.

Epervière orangère, H. aurantiacum L.

Epervière de Hongrie.

Fleurs pourprées; 4.5 capitules en corymbe lâche et brièvement pédonculés. Feuilles d'un
vert-gai, les radicales oblongues, pétiolées, les caulinaires plus petites. Souche rampante, à sto-
lons quelquefois manquant. — Toute la plante hérissée de longs poils noirs et couverte supérieu-
rement d'un épais duvet étoilé.

La plus remarquable du genre par la beauté de sa fleur, cette espèce vient communément
sur les pelouses et les pentes herbeuses de la plupart des montagnes de Franoe, où les bestiaux
la mangent volontiers. Elle est souvent cultivée dans les jardins.

Epervière auriculée, H. auricula L.

Grande Oreille-de-rat,

Fleurs toutes jaunes; 3.5 capitules oblongs, très brièvement pédonculés. Feuilles radicales
en rosette, lancéolées-obtuses, nues et glauques sur les deux faces, ciliées à la base; une seule

-ocr page 447-

composées. 431

feuille caulinaive très petite. Souche ii stolons radicaux, hérissés à l'extrémité. — Floraison
en mai.

Vient dans toute la France, excepté dans la région méditerranéenne, et se rencontre assez
abondamment au bord des fossés et des mares, dans les bois et les pâturages sablonneux un peu
humides, où parfois elle se multiplie à l'excès et couvre de grandes étendues, ce qui a peu
d'inconvénients, les animaux mangeant tous cette plante avec plaisir.

Il, pumilum Lp., fleurs jaunes; 1.3 capitules en ombelle courte; tige presque nue, de
5 à 12 centimètres; toute la plante glanduleuse, — assez abondante dans les pâturages élevés
des Pyrénées-Orientales et des Alpes ;

H. cymosum L., fleurs jaunes; capitules nombreux en cyme ombelliforme; tige de 4.6 déci-
mètres; plante poilue, non glanduleuse, — commune sur les pelouses sèches des collines chaudes
et arides des montagnes de l'Est, et notamment des Alpes-Maritimes ;

H. prœaltum Vill., fleurs jaunes; capitules petits, très nombreux, en corymbe lâohe; tige
rameuse, de 3.6 décimètres; souche offrant parfois des stolons florifères, non radicants ; plante il
poils glanduleux, — assez commune, et venant dans toute la France, au nord et au midi;

H. pratense Tauscb , fleurs jaunes; capitules nombreux, en corymbe serré; feuilles sinnées-
denticulées, velues sur les deux faces; tige simple, glanduleuse au sommet, — dans les prairies
humides des Vosges, des montagnes de la Côte-d'Or et du Sud-Est;

H. saxatile Vill., fleurs jaunes; 1.5 capitules il longs pédoncules; feuilles entières, aiguës:
tige scapiforme, nue, de 1 à 2 décimètres; souche très laineuse au collet; plante poilue-glandu-
leuse, — dans les Alpes du Daupliiné, la Lozère et les Pyrénées centrales;

H. staticœfolium Vill., fleurs jaune soufré; 1.5 capitules, à pédoncules longs, écailleux, ren-
flés au sommet; feuilles presque toutes radicales, linéaires-lancéolées, denticulées, glabres; tige il
rameaux écartés, de 2.3 décimètres; racine émettant des stolons hypogés, — répandue dans
toutes les vallées des Alpes dauphinoises et du Jura méridional ;

H. glaucum Ail., fleurs jaune doré; 2.7 capitules, — infimes lieux que la précédente;

H. villosum L., fleurs jaunes ; 1.5 capitules grands; involucre à folioles très larges, étalées,
très laineux; feuilles très poilues, les inférieures oblongues, dentées ou crispées, les supérieures
entières, embrassantes; tige feuillée, de 1 à 4 décimètres; plante toute hérissée, laineuse,— très
variable de formes, offre des variétés nombreuses, qui se montrent dans le Jura, le Mont-d'Or et
ja région élevée des Alpes, avec une abondance parfois extrême ;

H. vogesiacum Moug., fleurs jaunes; 1.3 capitules; feuilles presque entières, aiguës, hérissées
seulement au bord et sur la nervure centrale, les radicales pétiolées; tige flexueuse, lisse, de
2 à 5 décimètres, — assez répandue dans les prairies des Vosges surtout, puis dans celles du
Jura, des montagnes du Centre et des Pyrénées;

II. amplexicaule L., capitules eu corymbe ascendant très long; feuilles lancéolées, à dents
larges il la base, embrassantes; tige de 1 à 3 décimètres; plante poilue-glanduleuse, — prés et
pentes sèches du Jura, des Alpes, des monts d'Auvergne, des Pyrénées;

H. Alpinum L., fleurs jaunes, en capitules ordinairement solitaires; involucre à folioles lar-
ges et très obtuses; feuilles oblongues ou spatulées, pétiolées; tige à 1.3 feuilles, de 1 ii 2 déci-
mètres; toute la plante poilue-glanduleuse, — bonne plante fourragère, fort répandue dans les
pâturages des Alpes du Daupliiné;

H. Jacquini Vill., fleurs en 2.3 capitules; feuilles radicales peu nombreuses, quelquefois
nulles, longuement pétiolées, ovales, incisées, pinnatifides Ma base; toute la plante glanduleuse,
— assez commune dans les Pyrénées, les Alpes et le Jura.

Epervière des murs, H. murornm L.

Herbe à l'Epervière.

Fleurs jaunes, en 5.7 capitules formant un corymbe étalé. Involucre il folioles toutes aiguës.
Feuilles minces, ovales, plus ou moins dentées ou lobées à la base, longuement pétiolées, couver-
tes de longs poils, les radicales nombreuses en rosette, les canlinaires rares ou nulles. Tige pres-
que nue, subscapiforme, de 2 à 5 décimètres.

-ocr page 448-

432 composées.

Plante très polymorphe, offrant, dans la forme, la vestiture, l'aspect des feuilles, de nom-
breuses variétés, dont beaucoup d'auteurs ont fait des espèces distinctes. Très commune dans
tonte la France, cette espèce se rencontre partout, habite les altitudes les plus diverses, les vieux
murs, les lieux montueux et arides, principalement les bois et champs incultes des collines gra-
nitiques, les sols argileux des montagnes. Tous les animaux la mangent, et les chevaux même la
recherchent.

Epervière des bois , H. sylvaticum Lm.

Fleurs jaunes, en capitules peu nombreux, formant une panicule corymbiforme. Involucre h
folioles aiguës. Feuilles oblongues presque entières, dentées on incisées à la base, à pétiole ailé, les
radicales peu nombreuses; tige rameuse, à 2.5 feuilles. Taille de 3 à 6 décimètres.

Plante offrant, comme la précédente, de nombreuses variétés, et également fort répandue
dans toute la France, principalement dans les régions montagneuses du Midi et de l'Ouest, où
elle habite surtout les bois et lieux incultes. Est mangée aussi par tous les bestiaux.

Epervière en ombelle, H. vmbellatum L.

Fleurs jaunes. Capitules en ombelle, parfois en panicule. Involucre à folioles en rangs nom-
breux, les externes aiguës et réfléchies, les internes dressées, obtuses. Feuilles nombreuses,
étroitement lancéolées, dentées à la base, lisses supérieurement, sessiles, non embrassantes.
Tige rameuse au sommet, feuillée, de 5 à 10 décimètres. — Plante à peine pubescente, un peu
lactescente.

Plante très commune et répandue dans toute la France, ou elle habite des lieux fort divers,
les buissons et les bruyères, les bois et lieux secs, les pentes herbeuses des montagnes et les
prés. Mangée par tous les bestiaux, elle constitue la principale des Epervières à tige feuillée,
qu'ils broutent avant la floraison, et celle qu'ils paraissent généralement préférer. Desséchée,
elle laisse un produit de peu de valeur à cause de la dureté et de la grosseur de ses tiges nues
et des poils qui la recouvrent au moment de la maturité.

H. œstivum Fries, feuilles rudes sur les deux faces, devenant, très noires par la dessiccation,

— espèce très voisine de la précédente, qu'elle accompagne dans les hauts pâturages des Alpes,
où elle abonde principalement;

H. criophorum Sl-Am., capitules en panicule ombelliforme ; feuilles très rapprochées, imbri-
quées, sessiles et non embrassantes, régulièrement dentées en scie; tige rameuse au sommet, de
5 à 9 décimètres; toute la plante recouverte d'une laine épaisse et abondante, qu'elle perd par la
oulture, — vient sur les bords de l'Océan, dans toute la région des Landes; repousse les bes-
tiaux par son duvet laineux ; »

H. sabaudum L., capitules en grappe corymbiforme; feuilles ovales, cordiformes, embrassan-
tes, — répandue dans les montagnes de l'Est, du Centre et de la région pyrénéenne, où elle
habite les bois des collines ;

H. boréale Fries, capitules en corymbe étroit, à pédoncules raides, écailleux; involucre à
folioles larges, obtuses, appliquées; feuilles nombreuses, entières ou irrégulièrement dentées, les
inférieures pétiolées, les supérieures plus étroites et sessiles; tige rameuse au sommet, de
5 ii 10 décimètres, — espèce offrant, de nombreuses variétés; assez commune dans les bois de
toute la France ;

H. albidum Vill., fleurs en 1.5 capitules solitaires; feuilles lancéolées-linéaires presque
embrassantes, dentées en scie; tige nue à la base, très feuillée supérieurement , de 1 à 2 déci-
mètres, — habitant surtout les contrées montagneuses;

H. prenanthotdes Vill., capitules eu corymbe étalé; tige très feuillée, de 3 il 10 décimètres,

— fort répandue dans les Vosges, le .Inra, les Alpes et les Pyrénées.

-ocr page 449-

composées. 433

Genre ANDRYALE. — ANDRYALA L.

Fleurs jaunes, capitules en corymbe ; réceptacle garni de longues soies ; — involucre à
folioles presque égales, sur 1.2 rangs, les externes en calicule; —
akènes très petits, à 10 côtes,
formant prolongements au sommet ; aigrette très caduque, à soies raides, denticulées, d'un blanc
sale. — Plantes couvertes d'un duvet cotonneux blanchâtre, et prenant à la dessiccation une
teinte rousse prononcée.

A. sinuata L., capitules nombreux, en corymbe serré, très brièvement pédonculés ; feuilles
inférieures roncinées ou pinnatifides ; tige simple de 4 à 8 décimètres ; annuelle, — espèce com-
mune dans tout le centre, l'ouest et le midi de la France, et venant dans les lieux secs et caillou-
teux, au bord des champs, des bois, dans les vignes ; ne formant qu'un mauvais fourrage à cause
du duvet qui la couvre;

A. integrifolia L., feuilles inférieures entières, — simple variété de la précédente;

A. Ragusina L., capitules peu nombreux, en corymbe étalé, longuement pédonculés; feuilles
oblongues, incisées ou dentées ; tiges multiples de 1 à 3 décimètres ; vivace, — lieux escarpé·
des Pyrénées et des Alpes ;

A. incana DC., feuilles caulinaires très entières, — analogue â l'espèce précédente, qu'elle
accompagne ordinairement.

Genre CRÉPIDE. — CREPIS L.

Fleurs jaunes ; capitules ordinairement eu corymbe; — akènes b sommet aminci, non terminé
en bec, pourvu de côtes ou stries longitudinales ot d'une aigrette à soies capillaires d'un blanc
de neige. —
Feuilles roncinées ou pinnatifides.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces, dont plusieurs abon-
dent dans les prés et les champs; d'autres sont cultivées dans les parterres.
Elles possèdent les propriétés amères et toniques des Epervières, qu'elles
accompagnent communément, et sont de même recherchées des bestiaux,
notamment quand elles sont jeunes. — Ci-après le tableau des espèces
indigènes :

■ liée, nu.

Invol. à longs poils noirs glandul

BIENNIS

L.

V1RENS

Vili.

®

HESTIS

VV. K.

®

SCABRA

DC.

®®

TECTORliM

L.

®

Pclcuba

L.

®

Hlallarioidei

Vili.

¥

Grandiflora

Tausch,

¥

Succisüfolia Tausch.

¥

Lampuanoidct

Frol.

¥

Pygmœa

L.

V

Aurea

Casö.

V

Bulbosa

Cas·.

V

Pb^jiorsa

Tausch.

¥

Stigm.
jaune

I Stigm.
brun

Fol. ext. étalées —
Fol. ext. appliquées-
Fol. glabr.
à l'intér.

Feuill. non
glandul.
Jlnv.âfoliol.
)toutes égal.

Ak. à
10.13
côtes

Feuilles glandul. — Invol. à fol. ext. très courtes. ,
Ak. plus long que l'aigr. — Capit. solit. — Pl. gland
Capit. solit.—Feuil. rad. roncin.

2

I t.®
1 î—I

O

bC i

Ak. à

20côt. lAk. égal, l'aigrette

a

PS

u,

H

M
g

» .
O

Stigm.
jaunes.

Tige nue, J
I seapiforme/

Ak. plus courts
que l'aigrette
Capit.

solitair, j Ak.àti.8 côt.— Souch. à div. tub.— Fl.jaun. Bulbosa
Capitules en corymbe — Souche tronq. — Fl. jaunes.

Crépide bisannuelle, C. biennis L.

Chicorée d'hiver, Fuselée biennale.
Capitules grands en corymbe large; réceptacle velu. Involucre à folioles linéaires, poilues en

-ocr page 450-

434 composées.

dedans, les externes étalées. Akènes longs, à 10 côtes rugueuses. Feuilles oblongues, rudes,
poilues, les radicales pétiolées, dressées, les caulinaires plus petites, auriculées-embrassantes.
Tige rameuse, velue-hérissée, de 6 à 10 décimètres. Bisannuelle.

Espèce commune dans toute la France, venant sur les collines et dans les pâturages, notam-
ment dons les prés frais et substantiels, où elle abonde parfois au point de constituer l'espèce
dominante. Recherchée de tous les bestiaux, des porcs surtout, qui en mangent avec avidité les
feuilles et les racines, elle fournit dans certaines campagnes une ressource principalement utilisée
pour la nourriture des vaches, auxquelles on en donne les rosettes vertes, que des femmes vont
ramasser à cet effet durant toute la belle saison. On a même conseillé sa culture comme fourra-
gère; se conservant fraîche tout l'hiver, elle offrirait l'avantage, d'après Bosc, de fournir, pendant
cette période de l'année, un fourrage vert pour les moutons. — Offrant d'ailleurs les qualités
de la Chicorée, elle pourrait être semée dans les mîmes sols, aussitôt la maturité de la graine,
en juillet et août; puis coupée, doux ou trois fois, l'année suivante, et même, ne portant pas
de graine, se conserver pour un nouveau pâturage d'hiver, après quoi elle serait abandonnée aux
pores.

Crépide verdatre, C. virens Vill.; C. neglecta L.

Fleurs externes rougeâtres en dessous; capitules petits et nombreux; réceptacle nu. Involu-
ere à folioles toutes appliquées. Akènes courts, à 10 côtes. Feuilles radicales en rosette, quel-
quefois détruites à la floraison, les caulinaires sagittées. Taille de 2 à fi décimètres. — Planta
presque glabre, d'un vert très clair. Annuelle.

Espèce venant partout, dans les prés secs et les champs sablonneux, au bord des chemins, et
mangée aveo plaisir par tous les bestiaux. — Elle offre plusieurs variétés, dont quelques-unes ont
été considérées comme des espèces particulières; tel est principalement le
C. diffusa DC. (Cré-
pide de Diosooride), à rameaux diffus, la plus répandue et la plus propre à être pâturée.

C. agrestis W. K., involucre hérissé de longs poils noirs et de poils glanduleux, — venant
dans les prés de toute la France ;

C. scabra DC., réceptacle alvéolé, fîbrilleux; akènes très courts; feuilles rudes, hérissées;
tige grêle, — se montrant dans les lieux secs, sur les collines peu élevées des régions monta-
gneuses du Centre et du Midi, de l'est à l'ouest de la France.

Crépide des toits, C. tectorum L.

C. à feuilles de Chondrille.

Capitules en corymbe très étalé; réceptacle alvéolé, presque nu. Involucre à folioles exter-
nes linéaires-sétacées, étalées. Akènes à 10 côtes hérissées, atténués en beo. Feuilles radicales
étalées, les caulinaires très longues, linéaires, sagittées, roulées par les bords. Tige rameuse, de

3 à (i décimètres. Annuelle.

• »

Abondante dans presque toute la France, venant dans les prés secs, dans les lieux incultes,
sur les toits et les vieux murs, et parfois très commune, surtout dans les prés et prairies artifi-
cielles des terrains secs, sablonneux ou calcaires, cette espèce est, comme les autres du genre,
recherchée des bestiaux, surtout quand les feuilles sont vertes et jeunes, car elle durcit en
vieillissant, et, à cause de cela, nuit à la qualité du foin auquel elle peut se trouver mêlée.

C. pulclira L., corymbe serré; involucre sur 2 rangs, l'externe très court; akènes du bord
seuls hérissés; tige nue au sommet, poilue-visqueuse, de 3 à 8 décimètres, — belle plante
commune dans presque dans toute la Frane et habitant les lieux les plus divers, les sommets
montagneux, les terrains pierreux des vallées et des collines, les prés et les cultures, où les ani-
maux la recherchent peu d'ailleurs ;

C. grandiflora Tausch., capitules grands, solitaires ou peu nombreux; plante de 2 à 5 déoi-
mètres, un peu visqueuse, — pâturages élevés des Alpes, des Pyrénées et d'une partie des
montagnes du Centre, où les animaux la mangent sans la rechercher;

C. succisœfolia Tausch., capitules petits; feuilles presque entières; plante glanduleuse, —

-ocr page 451-

composées. 435

— prairies et prés boisés des moyennes régions des Pyrénées-Orientales, des montagnes du
Centre et du Jura;

C. aurea Cass., Leontodon aureum L., fleurs orangées; capitules solitaires; feuilles toutes
radioales, étalées en rosette, spatulées, dentées, glabres et luisantes, — liantes prairies du Jura,
des Alpes et des Pyrénées ;

C. prsemorsa Tausoli., llieracium prsemorsum L., fleurs jaune pâle; oapitnles en grappe
oblongue serrée; feuilles toutes radicales, obovées, presque entières, dressées, — régions monta-
gneuses de l'Alsaoe et de la Lorraine, se développant quelquefois en abondance sur les calcaires
jurassiques de ces contrées, oit elle est particulièrement recherchée du bétail.

Genre BARKHAIJSIE. — BARKHAUSJA Moench.

(Caractères du genre Crépis). — Aliènes terminés eu bec formant pédicule à l'aigrette,

— Feuilles roncinées-dentées ou pinnatifides, les inférieures pétiolées il lobe terminal plus grand ,
les supérieures divisées ou entières, ordinairement pourvues à la base de 2 oreilles incisées,
embrassantes.

Genre très voisin du précédent, avec lequel il a été confondu par beau-
coup d'auteurs, et offrant un certain nombre d'espèces, qu'on rencontre prin-
cipalement dans les lieux secs des régions de l'Est ou du Sud, et dont
quelques-unes seulement se trouvent mêlées parfois aux plantes fourragères.

— Ci-après le tableau des espèces indigènes communément admises :

Involuore à folioles imbriquées — Akènes à. bec très court . . . Albida Cass

® [ £ I Foliol. extern, arrondies ' Ak" à beC et pédicelle C0Urts' Vaicaria S"m,fi·

o ■ - 1

3 „ I \ Ak. à bec et pédicelle longs. Alpina dc.

^ ;_J 1 j ( Bec très long............Erutœfolia liod.

i 1 g ] si { I Stigm. \ Jahré Be0 i Tige dressée......TAHAXACIFOLIA

j I Pi I </3 -, L , (S f „......t 1 ' | ' : . _____1. ___

DC.

< ƒ S I " g I \ brun j court ( Tig. couch., en touff. Recognita DC.

M I f * I Foext' / Involucre poilu...............Setosa DC.

If U lli,,éaireS ( Fenili. caulin.linéai,j»eCrrt-SU/rrefliatt0

w I ^ Stig. jaune ] ' "ec long. Lcontodimioidesilciciii>.

[ Feuilles caulinaires dilatées .... Bellidifolium DC.

I , , , , . ( FI, jaunes — Capit. en corymb, fobtida DC.

Akenes extér. ii bec plus court { „, ^ ' . ....

\ ( Fl. roses — Capitules solitaires. Rubra Hœncli.

¥

®

©
©
®©
®
®
®©
®@
®
®

ci

Barkhausie a feuilles de pissenlit, B. taraxacifolia DC.

Fleurs jaunes, celles de la circonférence purpurines en dessous. Capitules en grappes pauci-
flores au sommet de longs rameaux. Involucre à folioles linéaires, velues. Akènes assez longs,
fusiformes. Feuilles rudes, liispides, étaléos-dressées, les caulinaires à oreilles embrassantes
parfois très dilatées. Tige dressée, striée, rameuse dès la base, pubescente. Taille de 4 à 8
décimètres.

Espèce fort commune dans toute la France, et venant spontanément sur les collines, au bord
des champs et des chemins, dans les prés et pâturages secs, et dans les fourrages artificiels, où
elle abonde communément, et auxquels elle communique ses propriétés amères et toniques. Elle
est, d'ailleurs, recherchée des bestiaux, comme toutes les espèces du genre
Crépis.

B. recognila DC., très voisine de la précédente : tiges sans feuilles, plus courtes, couchées,
naissant en grand nombre du sommet de la racine, et formant des touffes; floraison de deux
mois plus tardive, — venant surtout dans l'Est et le Midi, où elle abonde sur toutes les collines,
dans les lieux secs et au bord des chemins;

B. setosa DC., fleurs uniformément jaunes; involucre à folioles externes très étalées; toute
la plante hérissée de soies longues et raides, non glanduleuses, — montagnes de l'Est, du Cen-

-ocr page 452-

436 composées.

tre et du Midi, dans les champs, parmi les récoltes, et dans les prairies artificielles, principale-
ment dans les vieilles luzernières ;

H. fœtida DC., Crépis fœtida L., fleurs jaunes, celles de la circonférence purpurines eu des-
sous; involucre à folioles appliquées sur les graines externes; plante poilue-glanduleuse, fétide
dans toutes ses parties, exhalant, surtout quand on la froisse entre les doigts, une odeur
désagréable, — lieux seos et stériles, pierreux ou sablonneux, au bord des chemins et
champs en friche; repousse les animaux.

Genre GHONDRILLE. — CHONDR1LLA L.

Fleurs jaunes, sur 2 ou plusieurs rangs; — involucre il folioles unisériées, avec calicule; —
akènes h couronne épineuse, du centre de laquelle naît un bec allongé, filiforme, portant une
aigrette blanche, à poils simples. —
Feuilles oblongues, les radicales en rosette, laciniées, les
caulinaires plus étroites, entières ou dentées.

Ch. juncea L , capitules solitaires ou géminés, brièvement pédonculés; couronne de l'akène
ii 5 dents; tige très rameuse, hérissée à la base, de 6 à 12 décimètres, — espèce offrant plu-
sieurs variétés, venant dans toute la France, et commune partout dans les lieux pierreux et
arides, les champs sablonneux, les vignes et les bois au bord des chemins; peu propre à être
consommée;

C. stipilata Schultz, capitules longuement pédonculés; akènes à couronne écailleuse; feuilles
presque toutes radicales, — dans les prairies des Pyrénées ;

C. prenanthoides Vill., oapitules nombreux, eu large panicule; akènes à couronne écailleuse ;
plante glabre, — lieux sees des régions du Sud-Est.

Genre PISSENLIT. — TARAXACUM Juss.

Fleurs jaunes, nombreuses, sur plusieurs rangs, en capitules subcylindriques, solitaires, au
sommet de pédoncules radicaux; réceptacle nu, alvéolé; —
involucre à folioles lancéolées, sur
2 rangs, les externes en oalieule; —
akènes presque comprimés, écailleux-épineux vers le som-
met, pourvu d'un bee long et filiforme, supportant une aigrette blanche, à poils capillaires, for-
mant il la maturité une tête globuleuse. —
Feuilles toutes radicales; — tige nulle.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces, très voisines les unes des
autres, et 11e constituant peut-être que de simples variétés. — A l'exemple

de beaucoup d'auteurs, nous envisagerons ainsi nos divers types indigènes.

*

PISSENLIT COMMUN. — T. DENS-LEONIS Des f.

Noms vulgaires. — Dent-de-lion, Liondent, Laitue de chien, Salade de taupe, Couronne de

moine, Cochet, Chopine.

Feuilles étalées en rosette, oblongues, pétiolées, roncinées, à segments aigns, le ter-
minal plus ample. Raoine fusiforme, pivotante. — Vivace. — Plante renfermant dans toutes
ses parties un suc extractif laiteux, amer, qui communique ses propriétés au végétal.

Cette espèce, l'une des plus communément répandues sur tout le terri-
toire français, est une de celles, aussi, que l'on trouve avec le plus d'abon-
dance dans les lieux les plus divers. Elle vient partout, au Nord et au Midi, sur

-ocr page 453-

composées. 437

les rivages de la mer et sur les plus hautes montagnes, sur les terrains secs
et arides, comme dans les lieux les plus marécageux, et est l'une des premiè-
res à apparaître sur les éboulements, les sols nouveaux ou remués, entre les
pavés, sur les vieux murs, etc. Mais elle abonde surtout dans les prés et
prairies de toute nature, où, grâce à la légèreté de ses graines, dispersées
dans tous les sens par les vents, elle se propage avec une extrême rapidité.

Propriétés et emploi du Pissenlit.

Plante très précoce et fleurissant presque toute l'année, du commence-
ment du printemps jusqu'à l'hiver, le Pissenlit se distingue, en outre, par sa
remarquable rusticité. Il résiste aux plus grands froids, ainsi qu'à l'humidité
et à la sécheresse, ce qu'il doit à sa longue racine, qui passe entre les pierres
et les cailloux pour aller chercher la subsistance de la plante jusque dans
les couches les plus profondes du sol.

Gomme espèce fourragère, le Pissenlit peut être placé au premier rang.
Il est recherché avec avidité par tous les bestiaux, pour lesquels il constitue
une nourriture agréable au goût, saine, tonique, facile à digérer et très
nourrissante, qui profite surtout aux bêtes d'engrais, aux vaches laitières et
aux moutons, auxquels 011 peut le donner, soit dans le râtelier, soit comme
pâture.

Malgré ses qualités, et bien qu'extrêmement commune dans les prairies,
cette plante est, en général, regardée comme plus nuisible qu'utile. Aussi
quelques agronomes, Sprengel notamment, ont-ils cherché à la réhabiliter
auprès des cultivateurs, en exprimant le désir qu'on essaye, en la cultivant,
d'en tirer un meilleur parti qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour. Ils signalent
ainsi, parmi les avantages qu'offre cette plante, outre le goût prononcé que
manifestent pour elle tous les animaux : sa facilité à venir sur toute espèce
de terrain, excepté seulement sur les sables trop secs ou les endroits absolu-
ment marécageux; sa robusticité, grâce à laquelle elle résiste aux intempé-
ries atmosphériques de toute nature; sa précocité, qui autorise à la compter
au nombre des plantes qui apparaissent les premières au printemps; sa longue
durée, qui la fait se prolonger jusqu'à la fin de l'automne; sa facilité d'appro-
priation à toutes les prairies, lui permettant, dans les prairies artificielles, de
s'élever à la hauteur des autres espèces fourragères, en donnant des feuilles
qui, dans les bonnes terres, atteignent 3 à 4 décimètres de longueur, et,
dans les prés ou pâturages, de s'étaler sur le sol, ce qui la rend ainsi propre
à être fauchée aussi bien qu'à être pâturée; sa facilité enfin à repousser soif
sous la dent, soit après avoir été coupée à la faux.

A ces avantages divers, le Pissenlit joint celui d'une culture facile. 11
peut être semé sur tous les sols, de préférence cependant, dit Sprengel, sili-
ceux riches en sel commun, en sels alcalins, en gypse et phosphate de chaux,
substances pouvant être, d'ailleurs, ajoutées comme amendements sur les
terrains qui n'en seraient point naturellement pourvus. La graine, aisée à

-ocr page 454-

438 composées.

recueillir pendant une partie de la saison, sera extraite parle battage au
lléau, après une dessiccation d'une quinzaine de jours, puis semée par-
dessus les céréales d'hiver, avec du trèfle, des graminées ou autres fourra-
gères, dans la proportion de 4 à 5 kilog. par· hectare. Si le sol est de bonne
qualité et arrosé, la plante lèvera en peu de jours, et l'on aura, pour l'arriére-
rai son, un pâturage excellent pour les moutons, le gros bétail et même les
chevaux. 11 pourra durer plus ou moins longtemps, suivant les plantes aux-
quelles aura été mêlé le Pissenlit, et à la rupture du pré, les profondes
racines de la plante auront contribué à la bonification du sol.

Le Pissenlit, mûrissant et durcissant vite, difficile à dessécher, et per-
dant, par la dessiccation, l'amertume qui plaît particulièrement aux ani-
maux, serait, comme foin, d'un usage peu avantageux. Si on voulait le
conserver, le seul moyen convenable serait de le stratifier avec de la paille
ou d'autres végétaux secs; on pourrait, de la sorte, en tirer un bon parti,
tout en ajoutant à la valeur alimentaire des plantes avec lesquelles il se
trouverai t mêlé.

Le Pissenlit, peu en faveur comme plante fourragère, est, au contraire,
très généralement estimé comme espèce culinaire. Dans un grand nombre
de localités, ses feuilles, cueillies de bonne heure, sont consommées soit
crues, sous forme de salade, dont on apprécie l'amertume agréable, soit
cuites, à la façon de la chicorée. Les habitants du nord de l'Europe en man-
gent même les racines, crues ou cuites; elles constituent un mets agréable et
sain qu'on pourrait manger partout. Le Pissenlit réservé aux usages culinai-
res n'est point, en général, l'objet d'une culture spéciale. On se borne à le
recueillir dans les prés et pâturages, où il pousse naturellement. Quelques
horticulteurs, toutefois, ont essayé de le cultiver dans ce but, à la place de
la chicorée sauvage, de la barbe-de-capucin, et ont pu s'assurer que le Pis-
senlit pourrait, de la sorte, être obtenu facilement et donner une salade très
savoureuse, supérieure même, par le goût, à la chicorée.

On a, enfin, tenté quelquefois d'utiliser en médecine les propriétés toni-
ques de cette plante, qui ainsi a été conseillée comme apéritive, stomachique,
détersive, et aussi comme laxative et diurétique.

Variétés du Pissenlit.

Les variétés diverses offertes par le Pissenlit commun s'établissent sur
des caractères tirés principalement : du port de la plante, des divisions plus
ou moins profondes des feuilles, de la disposition des folioles deTinvolucre
et de la couleur des graines. Celles de ces variétés généralement admises en
France sont les suivantes :

Le T. officinale Wigg., involucre à folioles externos réfléchies; akène gris-olivâtre; feuilles
roncinées-pinnatifkles, à segments triangulaires; pédoncules dressés, — variété la plus commune,
oelle que l'on trouve partout, dans les décombres et les lieux cultivés, principalement dans les
prairies et les pâturages ;

-ocr page 455-

composées. 439

di

Le T. lœvigattm DC., involucre à folioles externes étalées; feuilles à segments linéaires-
dentés; pédoncules courts, multiples, — plante formant de petites touifes, abondantes surtout
dans les lieux secs et les bois découverts, au bord des chemins et sur les pelouses calcaires ;
beaucoup plus précoce que la variété principale ;

Le T. erythrospermum Andrez, involucre, feuilles et port de la précédente; akène rouge-
brique, — côtes de la Normandie ;

Les T, leucospermxm Jord., akène blanc; feuilles à segments ovales; — 7', obovatum DC.,
akènes fauve-pâle; feuilles obovées, peu dentées; — 7'.
gymnanthum DC., involucre à folioles
externes dressées; akène gris-fauve; feuilles à segments triangulaires, tombant avant la florai-
son , — variétés habitant les sables et rochers de la région méditerranéenne ;

Le 7'. palustre DC., capitules volumineux; involucre à folioles toutes appliquées; akène gris-
verdâtre; feuilles variables, oblongues, larges ou linéaires-entières, — la plus commune après la
variété principale, se montrant comme elle partout, mais principalement dans les bois et les prés
humides et herbeux.

Genre LAITUE. — LACTUCA T.

«jg

Fleurs jaunes ou bleues, en capitules pauciflores, groupés en large corymbe ou en panicule;
réceptacle nu; —
involucre cylindroïde, à folioles inégales, les externes plus courtes, ordinaire-
ment imbriquées ; —-
akènes comprimés, pourvus de côtes, brusquement terminés en bec capillaire,
supportant une aigrette blanche, à poils simples. —
Feuilles plus ou moins découpées ou pinnati-
fides, les caulinaires ordinairement auriculées-sagittées à la base, parfois aiguillonnées sur la
nervure médiane; —
tige forte, rameuse.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces herbacées, annuelles,
bisannuelles ou vivaces, la plupart renfermant, dans leurs diverses parties,
un suc laiteux, anodin, ou bien âcre et narcotique et toujours abondant,
communiquant, aux plantes qui les renferment, des propriétés vénéneuses
plus ou moins prononcées. Elles croissent partout, surtout dans les lieux
secs et dans les champs, qu'elles infestent quelquefois. Quelques-unes peu-
vent être utilisées comme fourragères; mais, en général, à l'exception d'une
seule, cultivée comme plante potagère, elles n'ont qu'une faible importance
économique. — Voici le tableau des espèces indigènes :

SAT1VA

L.

®

Scariola

L.

©

vlrosa

L.

©

SAI.lli.NA

L,

©

Chaixi

Vin.

©

murali)

Fres.

®

Chondrilhrfolia Bor.

©

Viminea

Link.

©

Ramotsissima

God.

©

Perenni«

L.

¥

Tencrrima

Poorr,

¥

Bec ( Feuilles glabres, cordiformes,
l pq.égal< Feuilles hérissées,

T? .., IuVfol-;àlagr.( sagittées î Ak. glabres
l· eûmes \ imbriq. ^ e . B

non
décurr.

O 1 m \ ' Invol. à foliol. sur 1 rang, avec calicule — Bec court.,

h / ® / „ .„ ( Fleurs unicolores

_ \ V L 11 An 1

q \ jr- ! Feuilles i ,
I \ décurrentes J Fleurs bicolores.....j

Akènes allongés -

i Fleurs bleues.

Akènes courts — Tige grêle............... Tencrrima

Laitue cultivée, L. saliva L.

Fleurs jaunes, en capitules très nombreux, brièvement pédicellés, en grappes formant une
panicule grande, serrée, très feuillée, avec bractées presque orbiculaires, embrassantes. Akène
brun-grisâtre, légèrement hérissé au sommet, à bec presque égal à la graine. Feuilles molles,
obovées, entières ou plus ou moins roncinées, les caulinaires cordiformes-embrassantes. Tige dres-
sée, rameuse, à rameaux grêles, lisses. Taille de 6 à 12 décimètres. — Plante glabre. Annuelle.

Cette espèce, qu'on suppose originaire d'Asie, et qui vient parfois d'une manière subsponta-

-ocr page 456-

440 composées,

■née autour des habitations, se rencontre à peu près uniquement dans les jardins potagers, où elle
est cultivée de temps immémorial pour les usages de la table. Sous l'influence de la culture,
elle s'est transformée en un très grand nombre de variétés se rattachant à plusieurs types princi-
paux, dont quelques auteurs ont fait des espèces distinctes :

La Laitue romaine ou Chicon, L. S. longifolia Lm., à feuilles planes, droites, oblongues,
rétréciss à la base, entières ou à peine dentées, à nervure dorsale lisse, imbriquées avant la
floraison ; tige allongée, feuillée, — variété qui paraît celle se rapprochant le plus du type natu-
rel, et se distinguant, en outre, par sa saveur plus douce ; elle offre plusieurs sous-variétés carac-
térisées par la couleur des feuilles, tantôt d'un vert plus ou moins foncé, tantôt blondes ou fauves
tachetées ;

La Laitue pommée, L. S, capitula C, Rauh., feuilles presque ovbiculaires, très concaves,
ondulées, à nervure dorsale lisse, imbriquées et réunies en tête comme celles d'un chou avant la
floraison; tige brièvement rameuse, — offrant un plus grand nombre de sous-variétés que la
précédente, distinguées de même par la couleur verte, blonde ou fauve tachetée des feuilles, et
parmi lesquelles les horticulteurs reconnaissent principalement les
Laitues de printemps, les Laitues
d'été
et les Laitues d'hiver ;

La Laitue frisée, L. S. crispa L., feuilles planes, dentées, sinuées-erénelées ou pinnati-
fides, ondulées, crispées, il nervure dorsale aiguillonnée, étalées en rosette avant la floraison:
tige rameuse au sommet ;

La Laitue épinarw, L. S, taciniata Roth., feuilles laciniées, découpées à peu près comme
celles du chêne.

Ces différentes variétés de Laitues et leurs sous-variétés sont toutes soumises au même mode
de culture, semées sur couche, à. des époques variables suivant l'espèce, et repiquées en ligne, en
liant les feuilles, pour la Laitue romaine, afin que la tête s'emplisse mieux. Sous l'influence de
cette culture, les feuilles blanchissent, s'étiolent, perdent de leur amertume naturelle, deviennent
ainsi plus ou moins tendres et succulentes et propres à l'alimentation. Cueillies sur la plante
jeune, elles constituent, crues ou cuites, une nourriture saine très rafraîchissante, que l'on mange
dans tous les pays. Si on laisse monter la plante, tontes les parties renferment , au moment de la
floraison, un suc propre doué de propriétés calmantes et fournissant une substance médicamen-
teuse très communément employée en médecine sous le nom
d'Extrait de lactucarium ou de Thridace.

La Laitue est aussi recherchée par les bestiaux, surtout par les vaches et les porcs, qui la
mangent avec avidité, et pour lesquels, comme pour l'homme, elle constitue une nourriture saine
et rafraîchissante. Mais no pouvant se dessécher ni se conserver, elle est peu usitée comme four-
ragère. Mathieu de Dombasle la recommande cependant pour la nourriture des jeunes porcs, sur-
tout dans les exploitations rurales où l'on élève beaucoup de ces animaux. « Il sera bon alors
dit-il, d'en semer en mars, avril et mai, sur un sol riche, meuble et bien amendé, quelques ares,
à raison de 7 ldlog. 5 par hectare, ou de 5 kilog. si on sème ten lignes espacées de 3 à 4 décimè-
tres. On enterre très peu la semence, et quand la plante est sortie de terre on pratique quelques
sarclages et binages, indispensables pour assurer le succès de la récolte. »

La culture de la Laitue comme fourragère a été essayée en Angleterre. La graine est semée,
puis les plants sont repiqués dans les champs entre les lignes de pommes de terre ; et l'on se
procure ainsi une récolte utile pour le sevrage des jeunes porcs.

Laitue sauvage, L. scariola L. ; L. sylvestris Lm.

Fleurs d'un jaune très pale, en capitules nombreux, pédicellés, formant une panicule pyrami-
dale presque nue. Akènes bruns-grisâtres, hérissés au sommet, à bec égalant la graine. Feuilles
glabres, glauques, roneinées-pennées, à bords et nervure dorsale ciliés-épineux, les caulinaires
presque entières, sagittées. Tige dressée, rameuse au sommet, aiguillonnée à la base. Taille
de 1 à 2 mètres. Bisannuelle.

Espèce fort répandue partout, dans les lieux incultes et pierreux, au bord des chemins, le
long des haies, dans les décombros et sur les vieux murs. Renferme dans toutes ses parties un
suc âore et narcotique, s'échappant en abondance quand on blesse la plante, et donnant à celle-ci
des propriétés vénéneuses qui la font repousser de tous les animaux.

-ocr page 457-

composées. 441

Laitue vireuse, L. virosa L.

Laitue papavéracée.

Capitules en panicule très étalée. Akènes pourpres-noirs, glabres au sommet. Feuilles pres-
que entières, denticulées ou sinuées, étalées. — Plante ordinairement colorée en violet.

Espèce très voisine, par son aspect général, de la précédente, dont quelques auteurs la con-
sidèrent comme une simple variété. Elle vient dans les mêmes lieux, mais elle est moins répan-
due, dans le Nord surtout. Elle renferme un suc Acre plus abondant, dont on retire un extrait,
quelquefois employé comme narcotique. La plante est très vénéneuse et répand une odeur désa-
gréable qui en éloigne le bétail.

Laitue a feuilles de saule , L. s aligna L.

Capitules peu nombreux, presque sessiles, en grappe étroite, spiciforme. Akènes grisâtres, à
bec 2 fois plus long que la graine. Feuilles radicales pinnatifides, à segments étroits, les cauli-
naires très entières, linéaires, sagittées à la base. Tige peu rameuse, souvent multiple. Taille de
fi à 12 décimètres. Bisannuelle.

Habite principalement l'Est, le Centre et tout le Midi; abonde dans le bassin sous-pyrénéen;
vient dans les lieux secs et arides, sur les tertres et au bord des champs. Participe aux pro-
priétés vénéneuses des deux espèces précédentes.

L. Chaixi Vill., capitules en panicule contractée; feuilles entières, sinuées; racine grasse,
napiforme, — campagnes du Daupliiné.

Laitue des murs, L. muralis Fres.; Prenanthes muralis L.

Fleurs 4.5 seulement, en capitules très petits, nombreux, formant une panicule lâche, éten-
due, très feuillée. Akènes bruns, à bec blanc plus court que la graine. Feuilles molles, lyrées-
pinnatiséquées, à segments anguleux-dentés, le terminal très grand, triangulaire. Tige rameuse,
lisse. Taille de 5 à 10 décimètres. Annuelle.

Plante venant partout, sur les vieux murs, dans les bois frais et ombragés, où elle abonde
parfois, et plus à l'ombre qu'au soleil. Elle est mangée avec avidité par tous les animaux, sur-
tout par les vaches, qui semblent la préférer aux graminées poussant dans les mêmes lieux.

L. chondrilliefolisc Bor., fleurs jaunes sur les deux faces; capitules presque sessiles; feuilles
pinnatifides, à segments linéaires, — assez abondante sur les débris volcaniques, dans les vallées
de la plupart des régions montagneuses de la France ;

L. viminea Linck , Prenanthes vinimea L., fleurs jaune-pâle, violacées en dessous; fouilles
pinnatifides, à segments très tenus; 6 à 10 centimètres, — tout le Midi, de l'est à l'ouest;

L. ramossissima God., Prenanthes ramossissima Vill., fleurs jaunes, rougeâtres en dessous;
capitule très ramifiée; feuilles pinnatifides, ii segments linéaires; tige en buisson, — bords de la
Méditerranée.

Laitue vivace, L. peretonis L.

Egreville, Chevrille.

Fleurs bleuâtres; capitules très grands, longuement pédicellés, en corymbe lâche. Feuilles
molles, les inférieures étalées en rosette, pinnatifides, à segments linéaires, les supérieures lobées
ou entières, à oreilles arrondies. Tige épaisse, rameuse au sommet. Taille de 3 à 5 décimètres.
Vivace.

Espèce propre aux diverses contrées de la France, venant sur les roches arides et calcaires,
dans les champs secs et pierreux. Dans quelques départements, où elle croît naturellement, elle
est regardée comme un bon légume et se vend même, en cette qualité, sur les marchés. La pre-
mière coupe, faite en avril et mai, fournit une bonne salade, et plus tard elle peut être employée
cuite, comme la chicorée. Dans certaines campagnes, on attend un développement plus complet,
et on la récolte alors pour la faire cuire en place de choux. D'après le
Bon jardinier, elle pour-
rait être cultivée dans les jardins potagers. Il faudrait alors la semer sur un terrain calcaire et

-ocr page 458-

442 composées.

très sec, qui donnerait une bonne salade blanche. Il y aurait lieu aussi d'essayer sa culture eu
cave, comme celle de la barbe-de-capucin, — Comme les autres espèces cultivées, la Laitue vi-
vace est mangée avec plaisir par les bestiaux,

L. tenerrima Pourr,, feuilles presque toutes radicales, entières ou roncinées-piunàtifides ;
tige multiple, formant buisson, — collines sèches de la région méditerranéenne ; participe aux
propriétés de la précédente.

Genre PRÉNANTHE. — PRENANT LIES L.

Capitules à 5 fleurs sur 1 rang; réceptacle nu; — involucre allongé, à folioles planes, imbri-
quées, les externes en calicule; —
aliènes non prolongés en bec, à aigrette sessile, blanche, à
poils simples. —
Feuilles entières, lancéolées, légèrement sinuées, glauques, les inférieures rétré-
cies en pétiole, les supérieures sagittées-embrassantes.

P. purpurea L., fleurs rosées, capitules penchés, en une large panicule; tige grêle, dressée,
rameuse au sommet, à port élégant, de 10 à 12 décimètres; vivace, — la seule espèce du genre
dans nos contrées, assez répandue dans les taillis et bois montueux de toutes les hautes montagnes
de France, où les bestiaux la mangent sans la rechercher.

Cette plante offre une variété caractérisée par des feuilles supérieures longuement linéaires,
et dont quelques auteurs ont fait une espèce particulière, le
P. tenuifolia, — venant surtout dans
les Alpes, et offrant les propriétés de l'espèce type.

Genre LAITRON. — SONCHUS L.

Fleurs jaunes; réceptacle nu; — involucre urcéolé, serré au sommet, à folioles nombreuses,
imbriquées, lancéolées, inégales; —
akènes comprimés, sillonnés, dépourvus de bec,'avec aigrette
sessile, courte, à poils simples argentés. —
Feuilles à dents ordinairement spinescentes, les ra-
dicales atténuées eu pétiole, les caulinaires à oreilles embrassantes; —
tige dressée, fistuleuse,
à tissu mou, lactescent.

Plusieurs espèces, annuelles, bisannuelles ou vivaces, dont quelques-
unes viennent naturellement en France et constituent des plantes herbacées,
fort communes dans les lieux cultivés et incultes, et se propageant, grâce
à la légèreté des semences dont les aigrettes facilitent le transport au loin,
avec une extrême facilité. Elles sont toutes mangées par les animaux et
nuisent seulement par leur extrême abondance, qu'on n'évite que par l'arra-
chage avant la floraison. — Ci-après le tableau des espèces indigènes :

( Feuilles roucinées-lyrées.........

Feuill?foreilles Invol. glabre j Feuil, pinnatifld. à segments opposés.

aouminées j InvoL et pédoncule poilus-glandul.— Feuill. pinnatif.

( Ak. rugueux, ( Oreill. court. — Cap, paucifl.
Involuc. )
poilu-gland.

I Feuilles
1 à oreilles
arrond.

w
«

&

H

O

non bordé ( Oreil. spinesc.—Cap. multifl.
Akène lisse, bordé — Capitul, très grands, ,

Invol. glabre ( Invol. à folioles lancéolées..........

Feuill. pq. entières ( Invol. à folioles externes très larges...

m

g

ET)

O
la

oleraceïïs l.

®

Tenehrimos L.

m

Palustms L.

y

arvensis i,.

¥

Decorus Castag.

®

Glaucctcene Jord.

®

Asper VIII.

®

ffaritimits L.

If


-ocr page 459-

composées. 443

LAITRON COMMUN. — S. OLERACEUS L.

Noms vulgaikes. — Laitison, Laisseron, Luceron, Lait-d'âne, Laitue de muraille,
Laitue de lièvre, Palais-de-lièvre, Liarge.

Capitules en eorymbe, ombellifovme, à pédoncules blanc-cotonneux. — Akènes à 3 côtes, a
rugosités transversales. — Feuilles molles, glauques en dessous, dentées, roncinées ou lyrées-
pinnatifides , à segment terminal plus grand, les caulinaires à oreilles acuminées. — Tige peu
rameuse, lisse. — Taille de 3 à 8 décimètres. — Annuel.

Espèce très variable par sa taille, les découpures de ses feuilles, et ren-
fermant un suc laiteux abondant, d'un goût légèrement amer et non désa-
gréable; elle croît partout abondamment, dans les lieux incultes comme dans
les lieux cultivés, dans les jardins potagers, les champs et les vignes, au
bord des fossés, le long des haies et principalement dans les sols un peu pro-
fonds et humides. C'est, avec le Pissenlit, une des plantes les plus répan-
dues. Elle fleurit tout l'été, croît partout rapidement, végète avec une grande
activité et se développe beaucoup, mais dure peu, au point de pouvoir renaî-
tre plusieurs fois la même année. Si on la coupe avant l'épanouissement des
dernières fleurs, elle repousse du pied, et peut alors durer plusieurs années.

Le Laitron forme un fourrage tendre et savoureux, qui, à l'état frais,
convient à tous les bestiaux et que tous recherchent avec avidité; il consti-
tue alors pour eux une nourriture substantielle et rafraîchissante, surtout
favorable pour les vaches laitières. Il est mangé encore par les lièvres et les
lapins; c'est pour ces animaux la plante fourragère par excellence.

Ces qualités réunies du Laitron commun sembleraient devoir en rendre
la culture avantageuse. Aussi a-t-on proposé de le semer en grand pour
l'usage des bestiaux pendant l'hiver et les premiers jours du printemps;
mais son peu de durée, la difficulté d'en récolter les graines et de les répan-
dre également, la nécessité de le donner toujours frais aux bestiaux, vu
qu'il ne se dessèche point et nourrit très promptement, ont empêché de
mettre ce conseil en pratique. Le plus souvent, on est réduit à l'arracher,
non parce qu'il constitue en lui-même une mauvaise herbe, comme on le
suppose généralement, mais parce qu'il nuit aux récoltes par son abondance
et l'ampleur de son feuillage. D'ailleurs, on peut alors l'utiliser, en le réser-
vant, comme le font certaines ménagères dans les campagnes, pour les
vaches et les lapins, et même pour les porcs.

Dans certaines localités, 011 mange cette plante crue, en salade, ou
cuite, comme les épinards. Elle possède, d'un autre côté, les propriétés mé-
dicales de la laitue, et passe pour adoucissante, rafraîchissante et apéritive.

S. tenerrimus L., capitules en eorymbe lâche, à très longs pédoncules; feuilles pinnatifi-
des, à segments opposés; 2 à 4 décimètres; annuel, bisannuel ou vivace, — habitant le Midi,
toute la région méditerranéenne et le Sud-Ouest ; oroissant autour des habitations, sur les
murs ; propriétés de la précédente ;

-ocr page 460-

444 composées.

S. palustris L., corymbe ample étalé; feuilles denticulées, les radicales à segments étroits,
distants, le terminal très allongé; tige grosse, très feuillée, poilue-glanduleuse supérieurement,
de 2 à 3 mètres; vivace, — centre et midi de la France, dans les lieux marécageux et inondés,
prairies tourbeuses, bords des étangs et des fossés, bois très humides ; mangé par les animaux
avant son entier développement;

S. arvetisis L., oorymbe pauciflore ; feuilles étroitement lancéolées ou à segments étroits,
très distants ; tige hérissée glanduleuse au sommet, de 10 à 12 décimètres; racine rampante;
vivace, — venant partout, quelquefois très commune au bord des champs, dans les vignes et les
lieux cultivés, dans les prés, dans les terrains pierreux surtout ;

S. deoorus Castag., feuilles radicales en rosette, allongées, roncinées. les caulinaires à
oreilles épineuses, — lieux cultivés et humides du Sud-Est ;

S. glaucescens Jord., capitules très larges; feuilles épaisses, roncinées, — Sud-Est;

S, asper L,, corymbe irrégulier; akènes bordés; feuilles épaisses, luisantes, presque entiè-
res, légèrement crépues, les caulinaires auriculées-embrassantes ; annuel, — espèce fort com-
mune, se montrant dans les mêmes lieux que le Laitron commun, auquel elle est souvent
mélangée, et dont elle partage toutes les propriétés;

S. maritimes L·., capitules peu nombreux, parfois solitaires; feuilles toutes entières, très
longues, lancéolées-linéaires ou sinuées, — bords de l'Océan et de la Méditerranée.

Genre MULGÉDIE. — MULGEU1UM Cass.

Fleurs bleues ; — involucre cylindrique, avec ealicule ; — akènes à côtes', non terminés
en bec, avec aigrette à poils simples. —
Feuilles glabres, glauques en dessous, les inférieures
roncinées-pinnatirides, à dents acuminées, à segment terminal plus grand, hasté, les cauli-
naires aurioulées-embrassantes ; —
tige dressée, fistuleuse, de 8 à 15 décimètres.

Un petit nombre d'espèces vivaces, souvent confondues avec celles du
genre
Laitron, mangées de même par les bestiaux, et offrant sur elles l'avan-
tage de croître plus facilement à l'ombre, surtout si le sol est un peu hu-
mide et mêlé à de l'humus des forêts :

M. alpinum Less., Sonchus alpinus L., fleurs en une longue grappe dressée, avec bractées
linéaires; involucre glanduleux; — abonde dans les régions boisées élevées de toutes les monta-
gnes de la France, où les bestiaux, et notamment les bêtes à cornes, la mangent avec plaisir;
sert d'aliment aux ours dans les montagnes du nord de l'Europe, où elle est surtout répandue;

M. Plumieri DO., Sonchus Plumieri L., fleurs en oorymbe irrégulier, étalé, avec petites brac-
tées embrassantes; involucre glabre; feuilles radicales très grandes, — habite, avec la précé-
dente, les bois des hautes montagnes, mais en moins grande abondance.

Genre PICRIDÉE. — P1CRJDIUM Desf.

Fleurs jaunes, en capitules solitaires longuement pédonculés; — involucre urcéolé, à folioles
imbriquées; —
akènes quadrangulaires, un peu courbés, avec aigrette argentée, capillaire.

P. vulgare Desf., Scorzonera picrofdes L. (Terre crépue), feuilles petites, les radicales sinuées-
pinnatifides, les caulinaires oblongues, embrassantes; tige ramifiée dès la base, de 2 à 4 déci-
mètres; annuelle, — seule espèce indigène; spontanée dans toute la région méditerranéenne, où
elle est quelquefois cultivée comme potagère; se coupe alors en vert et forme une salade estimée,
surtout en Italie.

-ocr page 461-

composées. 445

Genre ZACINTHE. — ZACINTHA T.

Fleurs jaunes, en capitules axillaires-sessiles et terminaux; — involucre urcéolé, anguleux,
à 8 folioles égales, gibbeuses extérieurement, enveloppant les akènes et devenant épaisses-
charnues à la maturité; folioles externes en calicule; —
akènes dissemblables, ceux du disque
symétriques, à aigrette terminale, ceux de la circonférence courbés en dedans, il aigrette latéra-
lement dirigée.

Z. verrue os a Gasrtn., Lampsana zacintha L., feuilles presque toutes radicales, roneinées-
pinnatifides, lyrées, à lobe terminal plus grand, les caulinaires embrassantes; tiges multiples, les
latérales étalées; annuelle, — espèce unique du genre, habitant les lieux stériles et cultivés de
toute la région méditerranéenne; souvent très abondante dans les haies, les jardins, sur les vieux
murs, dans les terrains, où les animaux la broutent sans la rechercher.

iV Tribu.. — SCORZONÉRÉES.

Akènes, au moins ceux du disque, à aigrette formée de poils dilatés à la
base et plumeux. Réceptacle non pailleté, nu ou flbrilleux. — Tribu nom-
breuse, composée des genres ci-après :

I Involucre il folioles sur 1 rang, soudées —Ak, à bec fistuleux. UROSPERMUM.
Poils de »

l'aigrette 1 hlvo'uere è folioles sur 2 rangs distincts — Ak. à bec filiforme. IIelminthia.

'i^îto^5 1 l Akènes terminés en bec — Plantes acaules....... Thrincia .

droites, J lnvolucre

M I libres

à folioles
1 \ imbriquées (

§/ 1 3ansbecf Aigr. il poils soudés à labase—Pl. caulesc. Picri*.

N

OZ 1

O i Invol. à fol. i Ak. sessiles— Feuilles entières, linéaires. . Scorzonera.

7: j Poils l imbriquées.

de l'aigrette ' Ak. sans bec ' Akènes stipités — Feuilles pinnatiséquées.. Podospekml'm .
à barbes

| ondulées, i Invol. à foliol. ( Aigr. toutes à poils plum. — Inv. réfléchi. Tragopogon.
entremêlées ' sur 1 rang. ]

Ak. à long bec ' Aig. du pourt. à poils simpl. — Inv. dressé, Geropogcin.

., , ( Aigrette il poils libres — PI acaules. . . Leohtodon.
Akènes \ ° r

Genre UROSPERME. — UROSPERMUM Jrss.

Fleurs jaunes, en capitules grands, solitaires; réceptacle fibrilleux-velu ; — involucre à
8 folioles, sur 1 rang, soudées à la base; —
akènes tuberculeux ou épineux, pourvus d'un long
bec, dilaté à la base, fistuleux, supportant une aigrette caduque, à poils tous plumeux. —
Feuilles oblongues, roncinées, les radicales lyrées. à lobe terminal très grand, les supérieures

-ocr page 462-

446 composées.

plus petites, embrassantes; — tige simple ou rameuse, parfois multiple. — Plantes rudes,
poilues.

U. Dalechampii Desf., Tragopogon Dalechampii L., involucre tomenteux; akène à bec insen-
siblement atténué, à aigrette ' rousse ; tige de 3 à 5 décimètres; vivace, — croissant dans les
friches et dans les terrains cultivés, champs, vignes, prés et pâturages, de la région méditerra-
néenne et des départements du Sud-Ouest; peu recherchée du bétail ;

V. picroides Desf., Tragopogon picrotdes L., involucre hérissé de longues soies; aliène à bee
renflé à la base, puis subitement filiforme, à aigrette blanche; feuilles denticulées; à dents aris-
tées ; annuelle, — mêmes lieux que l'espèce précédente.

Genre HELMINTHIE. — HELM1NTHIA Juss.

Fleurs jaunes ; capitules en corymbe ; réceptacle fibrilleux ; — involucre double, l'interne
urcéolé, à 8 folioles, l'externe à 3,5 folioles plus larges, toutes acuminées-aristées ; —
akènes à
bec long et filiforme, avec aigrette blanche, à poils plumeux. —
Feuilles oblongues ou sinuées-
dentées, les supérieures auriculées-embrassantes.

II. echioïdes Gœrtn., Picris echiofdes L., tige rameuse, dichotome, de 5 à 10 décimètres;
toute la plante rude, poilue, spinesceute, couverte de poils simples ou bifurqués ; annuelle, —
seule espèce du genre dans nos contrées, venant dans toute la France, mais surtout dans le Midi,
et habitant tes lieux incultes, le bord des chemins et des fossés, les champs, les luzernières, où
parfois elle est extrêmement répandue; peu recherchée du bétail.

Genre TlIRINCIE. — TH1UNCIA Roth.

Fleurs jaune-pâle, en capitules solitaires, sur des pédoncules radicaux; réceptacle nu; —
involucre à folioles nombreuses, imbriquées, enveloppant les akènes extérieurs; — akènes à côtes
fines, hérissées, atténuées en bec, à aigrettes dissemblables, celles du centre soyeuses, celles du
pourtour en couronne membraneuse laciniée. —
Feuilles toutes radicales, oblongues, entières ou
roneinées-pinuatifides. — Plantes hérissées-velues.

Espèces en petit nombre, mais toutes assez communes et paraissant
recherchées du bétail.

Thrincie hérissée, Th. hirta Roth. ; Leontodon hirtum L. -

Akènes brièvement atténués en bec. Souche courte, tronquée, émettant un grand nombre de
pédoncules; fibres radicales filiformes. Bisannuelle.

Plante fort répandue partout, dans les friches, sur les vieux murs, au bord des chemins et
des rivières, dans les prés et prairies, dans les champs argileux ou sablonneux et humides,
comme sur les terrains secs. Les bestiaux la mangent parfaitement, et souvent elle se trouve
mêlée au foin, dont elle n'altère point la qualité. Facile il dessécher, elle fait, au contraire,
partie des meilleurs fourrages secs de la Lombardie, auxquels elle communique ses propriétés
toniques.

Th. tuberosa DC., Leontodon tuberosum L., akènes longuement atténués en bec; souche tron-
quée, émettant des fibres fascieulées-renflées ; vivace, très abondante dans les terrains
sablonneux et pierreux de la région méditerranéenne ; propriétés de la précédente ;

Th. hispida Roth., souche nulle; racine fusiforme, non fibreuse; plante de petite taille, lon-
guement hispide ; annuelle, —commune dans les terrains sablonneux de la région méditerra-
néenne et dans les Pyrénées-Orientales.

-ocr page 463-

composées. 447

Genre LIONDENT. — LEONTODON L.

Fleurs jaunes, en capitules solitaires, sur des pédoncules radicaux, ordinairement renflés au
sommet; réceptacle alvéolé, rarement tibrilleux ; —
involucre à folioles imbriquées; —aliènes
brunâtres, chagrinés, atténués en bec, à aigrette persistante, à poils libres, longs et plumeux,
scarieux-dilatés, et quelques-uns très courts, capillaires. —
Feuilles toutes radicales, en rosette,
oblougues, entières, roncinées ou pinnatifides. — Plantes poilues.

Genre offrant un certain nombre d'espèces, toutes vivaces, générale-
ment variables de formes, et habitant, pour la plupart, les pelouses des mon-
tagnes, où elles fournissent aux bestiaux, cpii la mangent avec plaisir, une
nourriture tonique et salubre. Faciles à dessécher, elles font communément
partie des foins récoltés dans ces régions. — Les variétés des formes qu'elles
présentent rend difficile la détermination exacte des espèces de ce genre. —
Ci-après est le tableau de celles le plus communément admises :

; Aigrette à soies unisériées —- Capitules dressés.......................Autumnai.is !..

Aigr. très blanche — Feuilles pq. entières — Péd. très renflé. Mtmtmum i.m.

© S If uii ( Péd. renflé. ( Inv. liériss. — Péd. à bract. nomb. PïUKSAicusOouan.

1 ) divïs ' I feuill-glabl'-( Inv· g!ahre — Péd. à 1.2 bract. I'koteifoiimis Vin.

»? j ( Pédonc. non renflé — Feuilles très hérissées. . YUforsii l.ois.

cuw ^ ( Feuilles entières, très hérissées....................................Al/iinum Vin.

Souche fusiforme, pivotante — Feuilles divisées, hérissées........Criions Vil!,

Liondent d'automne, L. autumnalis L.

Capitules sur des pédoncules radicaux simples ou rameux, allongés, épaissis et fistulenx au
sommet, pourvus de petites écailles appliquées. Feuilles nombreuses, étalées, longues, dilatées h
la base. Souche tronquée. — Plante de 2 à 5 décimètres, glabre.

Plante répandue dans toute la France, plus rare seulement dans la région méditerranéenne,
venant au bord des chemins, dans les champs incultes et dans les prairies, où tous les animaux
la broutent.

L. montanum Lm., L. taraxaci Lois, Hieracium taraxaci L., capitules gros, à pédoncule très
court, renflé, hérissé ; feuilles lancéolées, entières ou dentées, — pelouses granitiques des hauts
sommets des Alpes et des Pyrénées.

Liondent des Pyrénées, L. Pyrenaicus Gouan. ; L. squamosum Lm.

Fleurs souvent d'un beau jaune oranger, en capitules solitaires, sur des pédoncules simples,
couverts de nombreuses hractéoles appliquées. Feuilles oblongues, siuuées-dentées. Taille de
1 à 2 décimètres.

Espèce fort répandue dans les prairies élevées de toutes les montagnes de France, où la fait
remarquer la belle couleur de ses fleurs. Mangée par tous les bestiaux , elle entre communément
dans la composition des foins récoltés dans les prairies des montagnes.

Liondent variable , L. protciformis Vill.

Capitules sur des pédoncules simples, nus ou pourvus de 1.2 petites bractées. Feuilles lan-
céolées, pétiolées, sinuées-deutées, et formant 2.3 rosettes. Taille 2 à 5 décimètres.

Plante très polymorphe, offrant un grand nombre de variétés, dont quelques-unes ont été
considérées comme des espèces particulières ; le
L. Iiastile L., à peine poilu ; le L. hispidum L., plus
ou moins hérissé.

Cette espèce, dont toutes les variétés sont très communes, vient partout, dans les lieux
incultes, sur les coteaux et au bord des chemins, ainsi que sur les pelouses et les pâturages, soit
secs, soit humides. Elle est mangée volontiers par les animaux et même recherchée des vaches.

Aigr. I g s
à soies 1

biser. < 2 ^

Capit. 1 g

-ocr page 464-

448 composées.

L. Villarsii Lois., fleurs jaune-paie; feuilles toujours pinnatifides, à poils très longs, —
collines sèclies de toutes les vallées de la région méditerranéenne, des Pyrénées aux Alpes ;

L. Alpinum Vill., fleurs presque rouges en dessous; feuilles en rosette dressée, très longues,
entières-spatulées, blanchâtres; — abonde dans les prairies élevées des Alpes;

L. crispus Vill., involucre à folioles linéaires très longues; feuilles roneinées ou pinnatifides;
à poils rameux , — collines sèches et arides des Alpes et des Pyrénées.

Genre PICRIDE. — P1CR1S Jnss.

Fleura jaunes ; capitules en corymbe ; réceptacle nu alvéolé; — involucre à folioles imbri-
quées, les externes plus courtes, étalées ou réfléchies; —
akènes rugueux, avec aigrette caduque,
formée de poils plumeux, soudés en anneau à la base. —
Feuilles entières ou sinuées-dentées, les
supérieures linéaires-embrassantes ; —
tige dressée, rude, rameuse dès la base. — Plantes hispi-
des, revêtues dans toutes leurs parties d'un duvet tomenteux et de poils longs, rameux.

Plusieurs espèces annuelles ou bisannuelles, venant principalement dans
les lieux secs du Midi, et de peu de valeur comme fourragère :

P. hieracioïdes L., fleurs extérieures violettes en dessous; capitules petits, en corymbe lâche,
étalé; feuilles vert-clair, les radicales onduleuses; tige très hispide, de 4 a 8 décimètres; bisan-
nuel, — espèce la plus commune du genre, venant partout abondamment, dans les lieux incultes
et pierreux, sur les décombres, etc. ; sans usages ;

P. Pyrenaica L., capitules un peu plus grands ; feuilles larges, les caulinaires à oreilles arron-
dies; bisannuel, — toutes les hautes montagnes, abondant surtout dans les prairies des Alpes:

P. stricta .Tord., P. hispidissima Lec., capitules contractés vers le milieu, en grappe serrée:
involucre à folioles externes, très étalées vers le haut; bisannuel, — tout le Midi, bords des rou-
tes, lieux incultes, envahissant, notamment, tontes les garrigues du Sud-Est;

P. pauciflora Willd., capitules peu nombreux, contractés; involucre à folioles repliées par les
bords ; feuilles vert-foncé ; annuel, — toute la région méditerranéenne ;

P. Sprengeriana Lm., Crépis rhagadioloides L., capitules contractés nombreux, très petits,
en corymbe lâche, très ample, étalé ; pédoncules non renflés ; annuel, — tout le Sud-Est.

Genre SCORZONÉRE. — SCORZONERA L.

Fleurs ordinairement jaunes, en capitules solitaires au sommet de la tige ou des rameaux ;
réceptacle alvéolé, nu ; —
involucre à folioles nombreuses, inégales, imbriquées, les externes plus
larges et plus courtes; —
akènes striés, atténués au sommet, avec aigrette à poils plumeux, dont
5 plus longs, nus au sommet; barbes entremêlées. —
Feuilles entières, lancéolées-linéaires; —
tige dressée, simple ou rameuse.

Plusieurs espèces, toutes vivaces, assez communes, surtout dans les prés
et les prairies, et dont les feuilles, légèrement amères, conviennent à tous
les bestiaux. — Sont propres à nos contrées, les suivantes :

!, Tige mnltifoliée, rameuse........................Hisianica L..

£Î 11 SoU??'e .„,., . , ( Fleurs dépassant l'involucre.. . iiU.MIl.IS !..
ja \ g \ a collet { lige paucnoliée simple J . , t ,,. ,

~ I ® < écailleux I ' Fleurs égalant 1 involucre.....Parviflora Jacq.

f \ T 1 ( Tige nue, simple, uniflore.........................Arîitata Ram.

J I ^ (Souche à collet chevelu — Tige simple, presque nue.............Amtriaea Willd.

< [ Fleurs purpurines — Souche à collet chevelu — Tige feuillée..........Purpurea I.

" Akènes velus — Fleurs jaunes, dépassant presque l'involucre...............Hirsuta L.

-ocr page 465-

composées. 449

Scorzonère d'Espagne, Se. hïspanica L.

Salsifis noir, Salsifis d'Espagne.

Feuilles velues, les radicales nombreuses, les caulinaires plus étroites, embrassantes, rappro-
chées vers le bas de la tige, et portant à l'aisselle un pédoncule uniflore. Tige simple ou rameuse,
fistuleuse, sillonnée, cotonneuse à la base, très fouillée, de 4 à 10 décimèires. Racine longue,
oylindrique, épaisse, charnue, îi écorce noirâtre, garnie au sommet de plusieurs rangs d'écaillés ,
débris de feuilles détruites.

Espèce commune dans les diverses régions du centre et du midi de la France, et croissant
spontanément dans les meilleurs prés et pâturages, où tous les animaux la recherchent et la
mangent avec plaisir. Elle est, de plus, comestible, et cultivée partout, dans les champs et jar-
dins potagers, pour la racine, très communément employée à la nourriture de l'homme, auquel
elle fournit, après la cuisson, un aliment d'une saveur sucrée et agréable. Sa culture est celle de
toutes les autres racines. Elle exige une terre meuble, légère, humide, où on la sème en lignes,
en favorisant sa croissance par l'emploi d'engrais très consommés. Elle est longue à lever, et
n'est bonne que la seconde année. L'espèce cultivée convient parfaitement aux bestiaux, qui
en mangent avec plaisir la racine et les fanes. Il y a quelques années, dans
l'Echo agricole,
M. P. Joigneaux annonçait même l'intention que lui avait manifestée un agriculteur distingué de sa
connaissance de former avec la Scorzonère des prairies artificielles, dont quelques essais déjà lui
permettaient de garantir le succès. Cette plante fournit ohaque année plusieurs coupes, dont il con-
vient de faire la récolte avant que les tiges aient acquis trop de dureté. Les vaches surtout se sont
montrées très friandes de ce nouveau fourrage, qui a paru augmenter la quantité du lait. La cul-
ture n'offre aucune difficulté. Il faut seulement avoir de la graine nouvelle et bien préparée,
et choisir, pour la répandre, un sol un pou frais.— Que sera-t-il advenu de ces essais?

Scorzonère basse, Se. humilis L.

Scorsonère des prés, Se. d'Allemagne, Se. de Bohême.

Fleurs jaunes, 2 fois plus longues que l'involucre, en un seul capitule, lnvolucre cotonneux
à la base. Feuilles d'un vert-gai, très étroites, les radicales nombreuses, les caulinaires rares, très
petites, dressées. Tige simple, unillore, fistuleuse, laineuse au sommet, de 2 à 4 déoimètres.
Souche entourée d'écaillés scarieuses. Plante renfermant un sue propre, épais et sucré.

Espèce commune dans toute la France, venant partout, principalement dans les prés et pâtu-
rages, où on la voit parfois former des touffes très épaisses. Elle fleurit de bonne heure, pousse
rapidement et donne beaucoup de feuilles. Tous les bestiaux la recherchent avec avidité, surtout
les cochons, qui bouleversent les prés pour la déterrer et en manger les racines. Mais elle doit être
consommée fraîche, car, étant très difficile à dessécher, elle ne peut se conserver. Elle est exposée
à un cryptogame particulier, qui se développe dans le réceptacle et en fait avorter les fleurs ; cette
affection parasitaire fait dépérir la plante et en éloigne les animaux.

Se. parviflora Jacq., fleurs dépassant à peine l'involucre; capitules serrés vers le haut;
feuilles caulinaires-embrassaiites, — espèce voisine de la précédente, venant dans les prairies
humides et marécageuses du Midi ;

Se. aristata Ram., feuilles toutes radicales, longues, linéaires-aiguës, dressées, — prairies
des Hautes-Pyrénées ;

Se. austriaca Willd., feuilles radicales lancéolées, très larges, les caulinaires 2.4, étroites,
squammiformes ; — prés secs des Alpes et des montagnes du Centre ;

Se. purpurea L., fleurs purpurines; feuilles toutes semblables, linéaires, dressées; tigefeuillée
jusqu'au sommet, — prairies des montagnes du Centre, de l'Est et du Midi;

Se. hirsula L., fleurs 2 fois plus longues que l'involucre; akènes velus; feuilles pubesccntes,
dressées, très étroites; tiges multiples, simples ou rameuses, presque nues supérieurement, —
lieux pierreux et stériles de la région méditerranéenne et des bords de l'Océan.

-ocr page 466-

466 composées.

Genre PODOSPERME. — PODOSPERMUM DC.

* 'WÊ.t

(Caractères du genre Scorzonere). — Aliènes prolongés à la base en un support creux , d'un
volume égal il celui de la graine, à côtes. —
Feuilles pinnatiséquées, les radicales très nombreuses,
à segments écartés, inégaux, oblougs, très variables, les caulinaires entières, linéaires-embras-
santes. — Plantes offrant de nombreuses variétés, déterminées par : la forme des feuilles, à seg-
ments suborbiculaires, ovales, lancéolés, linéaires ou nuls; l'état de la surface, lisse ou rude,
glabre ou velue; l'involucre, à folioles aiguës ou nautiques.

Espèces en petit nombre, toutes bisannuelles, habitant surtout les lieux
secs, où les animaux les mangent comme les Scorzonères :

P. lacinialum DC., Scorzonera laciniata L., fleurs jaune-pâle, en capitules grands; tige forte,
souvent unique, ramifiée dans toute sa longueur, de 3 à (S décimètres ; racine simple, très longue,
pivotante, — venant dans presque toute la France, dans les lieux incultes, sablonneux et pierreux,
au bord des cbamps et des chemins, sur les escarpements des coteaux, etc.;

P. calcitrapœfolium DC., capitules plus petits; tiges multiples, les latérales décombantes,
puis redressées, la centrale dressée et plus courte, de 1 il 2 décimètres, —- mêmes lieux que la
précédente, mais moins répandue.

PllATKNSIS 1..

©

Orient a lis 1,.

®

.Major Jacq.

©

Dnbins Vil!.

Ilirsutus (jûU&ll.

©

PORRIFOI II'S !..

©

CnoeiKouiis L.

(T®

A uslrntis Joril.

(<D©

Genre SALSIFIS. — TRAGOPOGON L.

Fleurs jaunes ou purpurines, en capitules solitaires, sur la tige et les rameaux plus ou moins
renflés au sommet; réceptacle nu, alvéolé; —
involucre simple, à 8,12 folioles sur 1 rang, sou-
dées à la base, réfléchies à la maturité; —
akènes il côtes dentées ou épineuses, longuement
atténués en bec soutenant une aigrette à poils tous plumeux, dont
5 plus longs et nus au som-
met, il barbes entremêlées. —
Feuilles linéaires, entières, embrassantes; — tige dressée, robuste,
simple ou rameuse. — Plantes ordinairement glabres.

Genre comprenant des plantes très communément répandues dans les prés,
les lieux secs et cultivés, et toutes recherchées des bestiaux. — Ci-après le
tableau des principales espèces indigènes :

^ Involucre plus court que les fleurs,
g I Fleurs jaunes.l Plantes glabres , Invo, égal lesf]._Ak. à bec glabre,
g VFeuill. larges < I Inv. dépass. les fleurs—Ak. à bec velu

/ k 'a 'mse ( Plantes hérissées laineuses — Invol. égalant les fleurs.
® J ^ ( Ak. il bec pl. court j Feuill. larg. il la base—Fl. toutes viol,
^ ' -iolacées ) que la graine ( Feuilles linéaires — Fleurs bicolores..
^ ( Ak ii bec 2 fois plus long que la graine — Feuilles linéaires. .

SALSIFIS DES PRÉS. — T. PRATENSIS L.

Noms vulgaires, — Salsifis sauvage, Cercifix, Harbe-de-batic , Rarbaron, Ralabnul, Bombarbe .

ThaUbol, Cochet.

Fleurs jaunes, en capitules de moyenne grosseur, — Involucre il 8 folioles longuement acn-
minées, ne dépassant pas les fleurs. — Akènes à bec égal à la graine, avec aigrette blanche. —
Feuilles dressées, dilatées, embrassantes à la base, longuement acuminées et comme tortillées
ii l'extrémité. — Tige de 1 il 8 décimètres. — Racine longue et droite.

-ocr page 467-

composées. 551

■B

Espèce très répandue dans toute la France et venant dans les lieux culti-
vés, et principalement dans lés prés et pâturages gras et humides, où sa
présence est presque toujours l'indice d'un hou sol. Elle y forme parfois des
touffes épaisses que tous les bestiaux recherchent avec avidité; ce qui per-
mettrait de la compter au nombre des bonnes plantes de prairies, si elle
n'était difficile à dessécher et, ne formait, à l'état sec, un fourrage de mé-
diocre qualité. Aussi est-elle plutôt considérée dans les prairies à fau-
cher, où elle vient de préférence, comme une plante nuisible. Ou pourrait
toutefois, après en avoir pratiqué l'arrachage, en conserver et. utiliser les
racines pour la nourriture d'hiver des moutons.

T. orientaUs L., capitules assez grands ; akènes à bec tuberculeux, plus petit que la graine,

— espèce très voisine de la précédente, qu'elle accompagne ou remplace dans les prés et pâtu-
rages, mais moins répandue ;

T. major Jacq., capitules concaves, très grands, il pédoncules très dilatés, creux; involu-
cre à 10.12 folioles dépassant les (leurs; akènes brusquement atténués en un bec glabre, fili-
forme, 3 fois plus long que la graine, — dans les prés, champs, vignes, lieux stériles de pres-
que toute la France, et fort recherché des bestiaux ;

T. dubius Villv, capitules à pédoncules courts; involucre beaucoup plus long que les fleurs;
akènes
à bec strié-velu, égalant la graine, — vallées chaudes du Dauphiné et de la région
méditerranéenne ;

T. hirsutus Gouan, capitules plans; involucre égalant les fleurs; plante hérissée laineuse,

— bords de la Méditerranée.

Salsifis commun , T. porrifolius L.

Salsifis blanc, S. des jardins, Harbelon.

Fleurs pourpre-lilas, en capitules larges, très plans, sur des pédoncules faiblement dilatés.
Involucre
à H.12 folioles égalant ou dépassant les fleurs. Akènes il bec plus court que la graine,
avec aigrette courte, fauve. Feuilles principalement caulinaires, élargies-lancéolées à la base,
demi-engainantes, les radicales rares. Tige forte, rameuse, de 5 à 10 décimètres. — Racine
longue, blanchâtre, charnue.

Plante depuis longtemps cultivée dans les jardins potagers pour sa racine, d'une saveur
douce et sucrée, et que l'on mange cuite comme celle de la Scorzouère. Elle vient, en outre,
spontanément et il l'état sauvage, dans presque toute la France, où elle apparaît très communé-
ment au milieu dos prés et fourrages artificiels, au bord des chemins, etc. Ses feuilles consti-
tuent un très bon fourrage vert. L'on en a, de plus, recommandé la racine comme moyen de
remplacer la carotte, le panais, etc., pour la nourriture des porcs et des bêtes il laine; mais elle
ne serait pas assez productive pour que la culture puisse en être essayée avec profit. Dans les
jardins potagers, la plante semée en lignes, dans un sol léger, se récolte la même année, ou
après l'hiver si les froids ne sont pas il redouter, et avant que les pieds soient montés en fleurs,
la racine alors perdant sa saveur et devenant creuse. Quand les pieds sont parvenus il cet état,
le mieux est de les arracher et de les donner aux bestiaux , qui tous en sont avides.

7'. croiifolius L., fleurs rougeâtres au pourtour et jaunes au centre; involucre il 5.8 folioles
dépassant les fleurs; akène
à bec plus court que la graine; feuilles presque toutes radicales,
étroitement linéaires, tige grêle à peine feuillée, de 4 à H décimètres, — habitant tout le Midi, les
Alpes, les monts d'Auvergne, et croissant sur les friches des coteaux exposés au sud.

7'. australis ,Tord., capitules très grands; involucre dépassant un peu les fleurs; akène à
bec fort , rugueux à la base, 2 fois plus long que la graine, à aigrette fauve, longue ; feuilles
presque toutes radicales, linéaires; tige à peine feuillée, de 2 ii ô décimètres, — sur les colli-
nes, an bord des champs et des chemins, dans tout le Midi.

-ocr page 468-

452 composées.

Genre GÉROPOGON. — GEROPOGON L.

Fleurs violacées, en capitules solitaires ; — involucre à 8 folioles égales, sur 1 rang, non
réfléchies, linéaires-aiguës ; —
akènes tuberculeux longuement prolongés en bec, aigrette de la
circonférence à 5 soies simples, les autres plumeusos
h barbes entremêlées. — Feuilles entières,
lancéolées linéaires, très allongées; —
tige dressée.

G. glabrum L,, plante de 2 il 5 décimètres, annuelle, — rencontrée dans diverses localités du
Sud-Est ; propriétés des Salsifis.

4e Triton. — HYPOCHOEniDÉES.

Akènes à aigrette formée de poils dilatés à la base et plumeux. Réceptacle
pourvu de paillettes linéaires-acuminées, caduques. — Tribu peu nombreuse,
limitée aux genres ci-après :

! Involucro à folioles imbriquées — Akènes atténués en bec. Hypociheris.
Invol. à fol. sur 1 rang, avec calicule — Ak. atténués en beo. Seriola.
Invol. ùfoliol. sur 1 rang, sans calicule — Akènes tronqués. Robertia.

Genre PORGELLE. — HYPOCHŒRIS L.

Fleurs jaunes, en capitules solitaires sur de longs pédoncules, renflés au sommet ; — involucre
à folioles étroites, imbriquées; akènes striés-liérissês, longuement atténués en bec, manquant quel-
quefois, avec aigrette à poils plumeux sur 1 rang ou sur 2 rangs, les externes alors sétiformes,
denticulés. —
Feuilles toutes radicales, on rosette, oblongues, atténuées à la base.

porcelle a longue racine, H. radicatd L.

Salade de Porcs, Herbe à l'épervier.

Involucre à folioles hérissées sur la nervure médiane, plus courtes que les fleurs. Akènes à
bec plus long que la graine, avec aigrette à poils sur 2 rangs. Feuilles sinuées-pinnatifides, il lobes
obtus, hérissés. Tige simple ou rameuse au sommet, quelquefois couchée, nue , de 3 à 8 décimè-
tres. — Racine épaisse, rameuse; vivace.

Espèce commune dans toute la France, venant au bord des chemins, dans les bois, mais sur-
tout dans les prés et pâturages humides, au bord des rivières, où les bestiaux la broutent avec
les autres plantes, et où les porcs principalement, pour en dévorer la racine, fouillent et dévastent
la terre qui la recouvre.

H. glabra L., involucre glabre, égalant les fleurs; akènes, surtout ceux de la circonférence,
quelquefois sans bec; feuilles à dents triangulaires; annuelle, — espèco voisine de la précédente,
mais moins haute, plus grêle; venant aussi dans toute la Franco, mais plus propre aux lieux secs
et arides, aux coteaux, aux champs sablonneux, dans lesquels elle se montre après la moisson.

H, macula ta L., capitule ordinairement unique; akènes avec aigrette à. poils sur 1 rang;

-ocr page 469-

composées. 453

feuilles grandes, étalées, d'un vert-sombre, tachées de violet, finement dentées; plante poilue-
scabre; vivace, — venant aussi dans les bois, les lieux sees et ombragés, au milieu des bruyères,
où les bestiaux la recherchent peu ;

H. uniflora L., capitule unique; involucre à folioles largos; vivace, — prairies des Alpes;
H. taraxacifolia Lois., réceptacle à paillettos dépassant les fleurs; vivace, — Midi, Corse.

Genre SERIOLE. — SERIOLA L.

Fleurs jaunes, capitules en corymbe pauoiflore; — involucre à folioles sur 1 rang, et quel-
ques-unes formant calicule; —
aliènes linéaires, atténués en bec, avec aigrette à barbes caduques.
— Feuilles radicales en rosette, obovées, les supérieures linéaires.

S. Mtnensis L., tiges ordinairement multiples et rameuses, de 2 à 4 décimètres; plante
hérissée; annuelle, — seule espèce du genre, venant dans les lieux secs du Midi et de la Corse.

Genre ROBERTIE. — ROBERTIA L.

Capitules solitaires sur des pédoncules radicaux; — involucre sur 1 rang, sans calicule; ■—
akènes à bec presque nul. — Feuilles roncinées, à segments linéaires, entiers ou dentés, le
terminal plus grand.

fi. taraxacoïdes DC., plante de 2 à 3 décimètres, glabre; vivace, — seule espèce du genre;
lieux ombragés et humides de la Corse.

5e Tribu. — SCOLYMÉES.

Akènes à aigrette scarieuse, coroniforme, offrant parfois au centre des
poils écailleux. Réceptacle pourvu de paillettes très amples, repliées par les
bords et embrassant entièrement les akènes en leur formant deux ailes
latérales. — Tribu réduite à un seul genre.

Genre SGOLYME. — SCOLYMUS L.

Heurs jaunes, à ligules poilues-hérissées extérieurement, en capitules solitaires ou agrégés,
entourés do bractées lancéolées, coriaces, fortement dentées-épineuses; —
involucre à folioles
imbriquées, lancéolées-aiguës, cuspidées; —
akènes aplatis, enfermés dans les paillettes du récep-
tacle et y adhérant. —
Feuilles oblongues, dentées-épineuses, à nervures saillantes, les caulinaires
décurrentes; —
tige dressée, ferme, rameuse, blanchâtre, il 2.4 ailes sinuées-dentées épineuses;
— racine fusiforme. — Plantes épineuses, ayant l'apparence des chardons.

Genre comprenant un petit nombre d'espèces propres aux lieux secs du

-ocr page 470-

154 ;Ç· ambhosiacées.

Midi, éloignant les bestiaux par les épines qui les recouvrent, et qu'on doit
eonséquemmeht extirper des champs et des prés qu'elles envahissent.

Scolyme d'Espagne, Se. hispanicus L.

Epine jaune, Cardonille.

Capitules terminaux ou axillaires, presque sessiles, en grappe étroite, entourés de 3 bractées.
Fouilles et bractées à bords minces, sinués-pinnatifides. Tige il rameaux étalés, de 2 à H déci-
mètres. Racine longue, charnue. Vivace.

Espèce commune dans tout le Midi, notamment en Provence et en Languedoc, où on la
trouve dans tous les lieux stériles, au bord des champs et des chemins. Sa racine charnue, et de
saveur douce, se mange comme celle du salsifis. Mais elle n'est point cultivée ; ii cet effet, on se
borne à la ramasser h l'état sauvage dans les champs, puis on la livre à la consommation, après
en avoir retranché, en la fendant par le milieu , la partie centrale, plus ou moins ligneuse. On a
cependant essayé sa culture, et avec assez de succès, pour démontrer qu'il serait possible, sous
ce rapport, d'en tirer quelque parti, non-seulement à titre de légume, mais comme moyen d'aug-
menter les provisions d'hiver pour la nourriture d'hiver du bétail, et cela d'autant plus que la
plante est rustique et résiste parfaitement aux froids.

Se. maculatush., capitules terminaux en corymbe étalé, à 4.5 bractées; feuilles tachées de
blanc, sinuées-lobées, à bords épaissis et épines très fortes; tige rameuse, de 2 il 9 décimètres;
annuel, — venant surtout dans les champs mal entretenus ;

Se. grandijlorue Desf., capitules très grands, à 3 bractées, et H à la fleur terminale ; fouilles
et bractées profondément pinnatipartites, poilues; tige simple, do 2 h 4 décimètres; vivace, —
dans divers points des Pyrénées-Orientales.

Famille des AMBROSIACÉES Line.
FLOSCULEVSES T.; MONOECIE PENTANIWE L.; CORYMBIFÈRES Juss.

Pleurs unisexuelles et monoïques : ( les mâles en capitules globuleux,
avec
involucre à folioles sur I rang ; — corolle monopétale, régulière,
à 5 dents; —
étamines 5, à filets soudés;—style filiforme, à stigmate entier);
(les femelles solitaires
011 géminées, avec involucre à folioles soudées : — corolle
et étamines nulles ; — style h 2 branches divergentes) ; — fruit sec, indéhis-
cent , monosperme, renfermé dans l'involucre adhérent et devenant dur,
ligneux; —
graine dressée, à embryon droit et albumen nul. — Feuilles
alternes, simples, sans stipules. — Plantes herbacées, annuelles.

Famille peu nombreuse, réduite à quelques espèces que l'on groupe
dans deux genres, autrefois rangés dans la famille des Composées :

Xanthiiîm.

a M ItKOblA.

-ocr page 471-

AMiMOSlOOÉES. Ì55

Genre LAMPÒUItDE. — XANTHWM T.

Fleurs vertes, 011 capitules sessiles, les mâles au sommet, à réceptacle pailleté, avec involucre
à folioles libres-, les femelles biflores, h involucre devenant capsulairc; — fruit terminé par 2 lon-
gues pointes et couvert d'épines crochues au sommet, à 2 loges et 2 graines. —
Tige dressée,
rameuse, sillonnée.

Un petit nombre d'espèces indigènes, communément répandues dans les
lieux incultes.

Lampourde glouteron, X. strumarium L.

l'élit glouteron, Glaiteron, Lambourde, petite Bardant, Grapilles, Herbe aux écrouelles.

Fruit à 2 pointes droites, à épines droites et il peine crochues. Feuilles pétiolées, cordifor-
mes, lobées-dentées. Tige de 3 à (i décimètres.

Plante très commune en France et dans toute l'Europe, se montrant le long dos haies et dos
chemins, autour des fermes, au bord des étangs et des rivières. Peu recherchée des animaux, elle
est mangée seulement par les chèvres et les vaches. Par ses fruits, qui s'attachent aux habits des
passants et au poil des animaux, elle constitue une plante nuisible, surtout pour la toison des
moutons, dont on ne la détache qu'en entraînant une partie de la laine. Aussi doit-on s'opposer
à sa reproduction en l'arrachant avant la maturité des fruits, précaution d'autant plus essentielle
que les graines se conservent plusieurs années dans la terre. — Espèce sans usage, si ce n'est
par ses fruits, dont ou retire un principe tinctorial jaune.

A', macrocarpum DC., fruit plus gros, à pointes coniques, divariquées et se rapprochant au
sommet courbé en crochet; épines arquées au milieu, — mêmes lieux que l'espèce précédente,
mais plus rare; propre surtout au Midi;

A*, spinosum L., fruit à pointes grêles et épines non crochues; feuilles blanches en dessous,
petites, à trois lobes, le terminal plus grand; tige munie do longues épines jaunes à 3 branches,
s'attaehant à l'aisselle et à côté de la base des feuilles, — commun aussi dans le Midi; venant
surtout au milieu des décombres, sur les tertres, au bord des routes ; repoussant tous les animaux
par ses épines.

Genre AMBROISIE. — AMBROSIA T.

Fleurs jaunes; capitules des fleurs mâles à réceptacle nu, et involucre ii folioles soudées;
capitules femelles uniflores ; —
fruit pourvu de pointes droites en verticille, monosperme. — Tige
dressée, rameuse.

A. maritima L., capitules en épi; feuilles pinnatifides, à segments obtus; plante de <i à
y décimètres, odorante, — commune en Espagne, en Italie, en Algérie, et utilisée quelquefois
comme excitante et stomachique ; pourrait servir de condiment ;

A. tenuifolia Spr., fleurs plus petites; feuilles pinnatipartites, à segments linéaires-aigus,
— originaire de l'Amérique du Sud, et naturalisée dans le Midi.

-ocr page 472-

456 campanulacées.

Famille des CAMPANULACÉES Juss.

CAMPANIFORMES T.; PENTANDRIE L. ; PERICOROLLIE J.

Fleurs hermaphrodites, ordinairement régulières ; — calice monosépale, à
tube soudé à l'ovaire, à 5 divisions linéaires, persistantes ; —
corolle insérée au
tube calicinal, ordinairement marcescente, monopétale, à 5 divisions ; —
étarni-
nes
5, insérées avec la corolle, soudées ou libres et à filets élargis à la base,
anthères bilobées ; —
ovaire infère,à2.3.5carpelles et autant de loges; —style
filiforme, velu, à 2.3.5 stigmates; — fruit capsulaire, ordinairement cou-
ronné par les dents persistantes du calice et la corolle marcescente, à 2.3.5
loges, s'ouvrant par des pores latéraux ou par des valves; —
graines très
petites, nombreuses, à embryon droit et albumen charnu. —
Feuilles obtuses
ou éparses, entières ou dentées ; —
stipules nulles. — Plantes renfermant un
suc lactescent amer.

Famille assez nombreuse, comprenant des plantes herbacées, la plu-
part très communément répandues dans nos contrées, et dont quelques-
unes comptent parmi les espèces fourragères. Comprend, dans nos contrées,
les genres suivants :

y /Corolle irrégulière, bilabiée — Etamines soudées par le filet et l'anthère.. Lobf.ua.
■H

■<t \ I Etam. à anthères soudées—Caps, à poreslatér.— FI. en capit. Jasione.

Fleurs eu capit.— Corollerotacéo, à div. linéaires. Phyteuma .

& / Corolle g l CaPsule

3 l é l'è \ 5 \ ^ Pores \ FI- isolées ( Corolle rot., àdivis. court.— Fr. lin. Speculabia,
O \ » J latéraux j ou '

S ) eu grappe ( Corolle campanul. —Fruit en toupie. Campanula.'

S

3

i g ( Capsule à valves loculicides— Périantlie à 2,5 div........Wahlenmergia.

Genre LOBÉLIE. — LOBELIA L.

Corolle bilabiée, la lèvre supérieure bifide, l'inférieure trifide; — etamines soudées en tube
par le filet ot l'anthère; —
fruit k 2.3 loges.

Genre constituant, pour beaucoup d'auteurs, le type d'une famille spé-
ciale, les
Lobéliacées, et dont une seule espèce est à citer :

L. urens L., fleurs bleu-clair, en grappes terminales; corolle k divisions presque égales:
feuilles radicales presque en rosette; tige de 2 îi 7 décimètres, — plante vénéneuse, venant dans
tout l'Ouest et la région pyrénéenne ; à extirper des cultures.

Genre JASIONE. — JASIONE L.

Fleurs bleues, très petites, pédicellées, en capitules globuleux sur un réceptacle et entourés
d'un involucre; —
corolle h tube court, il divisions linéaires, longues, étalées; — etamines it

-ocr page 473-

campanula.cées. 457

anthères soudées à la base; — stigmates très courts, à peine distincts; — capsule presque glo-
buleuse, à 5 angles, couronnée par les divisions sétacées du calice, s'ouvrant au sommet par
2 pores. —
Feuilles très petites, sessiles, lancéolées, entières ou dentées; — tiges multiples,
ordinairement simples.

Espèces peu nombreuses, mais très répandues et venant presque entiè-
rement daus les terrains secs et siliceux.

Jasione de montagne, /. montana L.

Fausse scabieuse, Herbe-à-midi.

Fleurs en petits capitules. Involucre à folioles entières. Feuilles ondulées, les supérieures
portant
à l'aisselle un faisceau de petites feuilles, les radicales tombant avant la floraison. Tiges
nues supérieurement, de 2 fi 5 décimètres. Racine pivotante, un peu charnue. — Plante hérissée
de poils blanchâtres; bisannuelle.

Jolie plante, extrêmement commune dans toute la Franco et venant dans les lieux les plus
secs et les plus arides, dans les bois, sur les coteaux et les escarpements, dans les fentes dos
rochers. Elle est mangée par tous les animaux, qui, cependant, la recherchent peu.

Jasione vivace, ./. perennis Lm.

Fleurs en capitules plus volumineux. Involucre à folioles dentées en scie. Feuilles pianos,
obtuses. Racine à stolons portant des tiges stériles. — Vivace.

Très abondante dans les régions montagneuses du Centre, de l'Est et des Pyrénées, où elle
produit un très bel effet ; se développe de préférence sur les sols formés de débris volcaniques ;
mangée avec plaisir par tous les bestiaux.

J. humilis Pers., involucre à folioles obovées; tiges fouillées jusque sous les capitules;
souche à rejets stériles formant gazon; vivace, — dans les Pyrénées principalement; moins
répandue que les précédentes et moins recherchée des troupeaux.

Genre RAIPONCE. — PHYTEUMA h.

Fleurs très petites, en capitules globuleux ou spiciformes; — corolle à tube court, arqué, â
divisions linéaires, étalées en roue; —
etamines libres, à filet dilaté à la base; — style il
2,3 stigmates filiformes, roulés en dehors; — capsule presque globuleuse, il 2.3 loges s'ouvrant
par autant de pores latéraux. —
Feuilles toutes crénelées-dentées, les inférieures pétiolées, les
supérieures sessiles; —
tige simple et dressée, ou multiple.

Plusieurs espèces, toutes vivaces, assez communément dispersées sur les
pelouses et gazons des montagnes, et abondant surtout parmi les graminées.
Les bestiaux paraissent les manger toutes avec plaisir. Pourraient, la plu-
part, être considérées comme de simples variétés. Ci-après le tableau de celles
admises généralement par les botanistes :

΄, i Fl. blanc-jaunât. SPICATUM !..

Etam-glabr· | Fl. bleues.....%rum

Etamines vel. — Fl. violet-noir. H alleri Ail.

^ l Caps. 2locul.—Tigesimpl. j fè ( Bract. pl.courts que les il.—Fl. bleues. Scortoncrafoliumym.

a 1 [ Stigm. 3 — Bract. plus courtes—Fl.bleues. Betonicafolium viii.

h j f Stigmates 3.....................Obbicuumî l.

S? I , , , , „ . ( Fe. infér. linéair. h^nisi'ucebicuh L.
ff fFl. enoapit. globul.—Caps. 3 loeul. 1 « Bract. courtes . .

û- 1 , J. ,,„„„„ < à \ ( Fe.infér. spatul.. Vauci toruw i„

\ Tiges multiples. — Fl. bleues p! J . 1 '

4 1.5? i Bract.dépass. ( le. mf. cordiform. CharmclU Vill.

1 e0 ' les fleurs I Fe.touteslancéol. Scrraium Viv.

-ocr page 474-

458 campanulacées.

Raiponce en épi. Ph. spiealum L.

Raiponce sautage, R. tubéreuse, Rave sauvage, Raponcule, Cheveûx-d'êvègùe.

Fleurs d'un blanc jaunâtre, en capitule dense, long, spiciforme, entouré de bractées linéai-
res-subulées dépassant les fleurs. Feuilles presque glabres, lancéolées, crénelées, les radicales
longuement pétiolées, à base large et écliancrée en cœur, les supérieures presque linéaires, sou-
vent tachées de noir. Tige simple, de 3 à 5 décimètres. Racine fusiforme, épaisse, charnue.

Espèce la plus commune du genre, venant dans toute la France, surtout dans le Nord, et
très répandue dans les bois et pâturages des montagnes, et, en général, dans tous les lieux
montueux et ombragés. Les bestiaux, qui la mangent à l'état frais, la refusent quand elle est
sèche, à cause de là dureté des épis, pour peu qu'elle se trouve en abondance dans le fourrage.
Sa racine, douce et succulente, se mange en salade.

Pli. orbiculare L., capitules ovoïdes, à bractéesacuminées; feuilles très variables, fermes,
oblongues ou oordiformes ; tiges multiples, dressées, de 2 il 8 décimètres, — espèce constituant,
par la différence de forme des feuilles, un grand nombre de variétés, souvent considérées comme
espèces particulières, et toutes fort communément répandues sur tout le territoire français, depuis
les bords de la Méditerranée jusqu'au sommet des plus hautes montagnes; habitant principale-
ment les prairies élevées, où tons les bestiaux les mangent, vertes ou sèches ;

Ph. hemisph&ricurn L., capitules globuleux; feuilles inférieures linéaires-gramimformes, en
faisceaux ascendants, les supérieures plus larges; tiges de 2 il 15 centimètres; — petite plante
assez commune, habitant les régions montagneuses, et particulièrement la chaîne élevée des
Pyrénées ; venant sur les pelouses, dans les fentes des rochers, et assez recherchée des mou-
tons; mais de faible importance, à cause de son peu de développement.

Les autres espèces, partageant les propriétés des précédentes, se rencontrent toutes dans
les prairies élevées des Alpes, des Pyrénées et des montagnes du Centre.

é-

Genre SPÉCULAIRE. — SPECULA lliA Heist.

Fleurs bleues-violacées ; — calice à tube très long, grêle, renflé ou prismatique, à divisions
linéaires égalant ordinairement le tube; —
corolle rotacée, il divisions peu profondes; — étamines
libres à filets courts, membraneux et velus ; — style a 3 stigmates filiformes ; —capsulé linéaire-
prismatique ii 3 loges, s'ouvrant au sommet par 3 pores latéraux.
Feuilles alternes, ovales ou
lancéolées, presque entières ou dentées-crénelées, les supérieures embrassantes; —
tiges ordinai-
rement multiples, une centrale, dressée, les latérales étalées-aseendantes.

Un petit nombre d'espèces , comprenant des herbes toutes annuelles, ve-
nant surtout au milieu des champs cultivés, et mangées par tous les animaux.

Spéculaire commune, Sp. spéculum Alp. DC.; Campanula spéculum L.

Miroir de Vénus.

Fleurs presque sessiles, par 2.5 sur des rameaux étalés. Corolle à lobes ovales-obtus, éga-
lant le calice. Capsule étranglée au sommet , rude sur les angles. Feuilles à peine crénelées. Tiges
anguleuses, rameuses supérieurement, la centrale de 1 à 3 décimètres. — Plante pubescentc.

Commune dans toute la France, venant dans les lieux incultes comme dans les champs culti-
vés, abondante surtout parmi les blés, avant et après la moisson, et fournissant aux bestiaux un
supplément de fourrage que tous recherchent, principalement les moutons. Est cultivée aussi
comme plante d'ornement.

Sp. hybrida Alpli. DC., Campanula hybrida L , fleurs solitaires ou par 2.3 sur les rameaux
étalés; calice à divisions courtes; corolle très petite, plus courte que le calice; feuilles ondulées-
crénelées; tiges simples, — presque aussi commune que la précédente ; venant dans les mêmes
lieux, mais surtout dans les terrains maigres, pierreux ou sablonneux, sur les pelouses des coteaux,
où elle est mangée de même par les animaux ;

-ocr page 475-

campani! lacées. 459

Sp. pelila i/o nia Alpli. DC., Campanula pentagonia L., fleurs solitaires ou géminées, en grappe
courte; calice hispide; corolle très grande, à limbe pentugonal, —propre surtout aux moissons
de la régions du Sud-Est;

Sp. falcata Alpli. DC'., fleurs en un long épi occupant presque toute la tige; calice à divisions
courbées en faux; tiges latérales souvent absentes. — ebamps cultivés du Sud-Est.

Genre CAMPANULE. — CAMPANULA L.

Fleurs bleues, parfois blanches ou jaunâtres; — calice a divisions profondes ; — corolle cam-
paniforme, à lobes larges, courts; —
e'tamines 5, à lilet dilaté à la base; — style a. 3.5 stigmates
filiformes; —
capsule eu toupie, à 3.5 loges s'ouvrant par autant de pores latéraux. — Feuilles
alternes, ovales, lancéolées ou linéaires, les radicales en rosette ou en fascicules, les caulinaires
sessiles.

Genre comprenant un grand nombre d'espèces, en général remarqua-
bles par leurs belles fleurs en clochettes dressées ou pendantes, et variant
plus ou moins dans la forme des ièuilles. lilles viennent partout, dans tous
les terrains, dans les bois et les buissons, dans les champs et les prairies,
mais apparaissent de préférence dans les coteaux boisés et sur les pelouses
aérées des montagnes. Par leur amertume, elles plaisent à tous les bestiaux.
Plusieurs d'entre elles sont cultivées comme plantes potagères et plantes
d'ornement. Elles offrent, pour la plupart, des variétés nombreuses, considé-
rées comme des espèces particulières par plusieurs auteurs. — Dans le tableau
ci-après, sont comprises celles le plus généralement admises :

Corolle à lobes égalant le tube .
Cor. ii lobes pl. longs que le tube.
Cor.iilob. tr. longs — Fe. inf. cordif.

Feuilles infér. cordifor

Cor. évas.

UAI'CNCUM.'S

L.

<$)

Pbrsici folia

if

Sithpyrenttica Timb.

¥

I'atula

1..

®

Cenisia

!..

¥

Pyramid« li,s

L.

■if

tllaciiellom

t..

¥

Iiononicnsis

L.

■if

iati/alia

L.

if

tUFl'KCOLOIl'es

1,.

¥

ICrinns

L.

®

llhawboidalis

1..

¥

Lanceolata

Ufi.

■if

l.inifolia

l.iii.

llotundif'olia

1..

if

Scheuchxcri

Nili.

Pusilla IlcraMick.

Ccrspitosa

Soap.

■if

Thyrsoidta

!..

®

Spirata

!..

®

Gl.OMEBATA

1..

■if

Cervicaria

t..

if

Petra a

!..

¥

liarbata

I..

¥

Lonyifolin

1.3 fi.

¥

A lliotii

Vili.

¥

Medii'M

1..

<D

Calice à di vis. lin.-sétac. — Cor. à lobes courts
l Corolle à lobes très courts......

I 6 I Caps, dress.,
s'ouvrant
pr. du somm.

' Calice il div.
lancéolées

I · I —

i Fe. inf.cord.—Fl.bleues
lob. courts |Feuill. tt. lanc.—FI.viol.

Style saillant — Hacine stolonifère......

Corolle plus courte que le calice............

Feuill, toutes ovales...
Feuilles toutes lancéol.

Corolle à

i s

p.
\ T3

tn a;

Capsule
penchée,
s'ouvr.

vers
la base

e

o

'I

"S.
E

Pédoncul. dressés 1

Calice
à divis.

inéair. j pédonc | Fe. rad. à long péd.

penchés ( Fellil], radic attélliCor< velltr

_ . j Style saillant — Fl. jaunes, en épi court,
i euis en (.pis j pty]0 inc]lls — Fl. bleues, en épi-long,. .

1 Fleurs en ^ Style inclus — Corolle bleue, à lobes courts.

' c

<3

<

S

«:

Fleurs

1 St 1 '11 t S Corolle bleue, à lobes courts . .
' · " | Corollejaune,iilobeslongs. . .

; Fleurs en grappe unilatérale. . .
Fleurs on paniculc pyramidale. .
Fleur ordinairement unique. . .
Stigmates 5 — Fl. en grappe oblongue.. .

capitules

! ( Stigm.

Calice avec un appendice '
à chaque sinus /

-ocr page 476-

460 campanulacées.

Campanule raiponce , C. rapunculus L.

Fleurs bleues ou blanches, nombreuses, en panicule très rameuse, serrée, allongée. Corolle à
lobes lancéolés, plus courts que le tube. Feuilles inférieures oblongues, légèrement crénelées,
atténuées à la base, les supérieures linéaires, déeurrentes. Tige simple, dressée, rameuse au
sommet, de 5 à 10 décimètres. Racine fusiforme, épaisse, charnue, blanche. — Plante velue.

Plante commune dans toute la France, venant partout, dans les lieux secs et graveleux, au
bord des bois et des chemins, le long des haies et des fossés, dans les vignes, les prairies et les
pâturages, et peu recherchée d'ailleurs par les animaux, à cause de la dureté qu'elle acquiert.
Elle est surtout utilisée comme plante potagère. A cet effet, on la sème en juin et juillet, et au
printemps suivant, avant le développement de la tige, on en récolte les feuilles et les racines,
qui se mangent en salade.

Campanule a feuilles de pécher , C. persicifolia L.

Fleurs grandes, sur des pédoncules uniflores courts, formant une grappe terminale peu four-
nie. Calice glabre. Corolle à lobes arrondis, très courts. Feuilles glabres, luisantes, finement den-
tées, les inférieures longuement atténuées en pétiole, les supérieures beaucoup plus petites,
linéaires. Tige dressée, mince, de 5 à 10 décimètres. Racine grêle, rampante.

Très commune dans toute la France, venant dans les bois taillis et les buissons, sur les
coteaux boisés, sur les gazons et dans la plupart des prairies de montagnes, où elle domine les
graminées. Les chevaux et les chèvres la mangent avec plaisir; mais donnant peu de feuilles,
elle reste, malgré son développement, insignifiante comme fourragère. — On la cultive quelquefois
comme la Raiponce, pour les usages culinaires.

C. subpyrenaica Timb., calice à tube couvert de poils blancs laineux serrés, — prairies de
montagnes.

Campanule étalée, C. patula L.

Fleurs très petites, en panicule large, rameuse, étalée. Feuilles pubescentes, crénelées, les
radioalos obovales, à peine pétiolées, les supérieures très petites, linéaires. Tiges multiples, dres-
sées, à rameaux grêles, étalés. Racine fibreuse. Taille de 5 à 8 décimètres.

Répandue partout, mais principalement dans tout le Midi, de l'est à l'ouest ; venant au
piod des montagnes, dans les bois et lieux couverts, le long des haies et des ruisseaux, où tous
les animaux la mangent volontiers.

C. Cenisia L., plante naine, de 2 à 5 centimètres, — Alpes, Mont-Cenis;

C. pyramidalis L., fleurs en panicule pyramidale, — cultivée dans les jardins.

Campanule gantelée, C. trachelium L.

Gantelet, Gantilier, Gant de Notre-Dame, Herbe de Notre-Dame, Herbe aux tranchées, Ortie bleue.

Fleurs grandes, de 1 à 3, sur de courts pédoncules, formant une grappe oblongue, feuillée.
Calice à dents aiguës , ciliées. Corolle velue. Feuilles velues, les inférieures grandes, pétiolées,
ovales, cordiformes, irrégulièrement dentées. Tige simple ou multiple, drossée, robuste. Souche
fibreuse, épaisse. Taille de 5 à 10 décimètres. — Plante hérissée.

Espèce aussi fort commune, venant dans toute la France, au milieu des bois, des lieux couverts
et herbeux, le long dos haies et des ruisseaux, et ne dominant guère dans les prairies, si ce n'est
dans celles ombragées. Les bêtes à cornes la mangent, surtout à l'état frais; elles aiment peu ses
tiges desséchées, qui sont dures et font un mauvais foin. — Sa racine est mangée quelquefois par
l'homme comme la Raiponce.

C. Bononiensis L., fleurs très petites, en grappe spiciforme, — prairies des Alpes;

C. latifolia L., fleurs très grandes, solitaires; 5 h 10 décimètres, — prairies élevées de
toutes les montagnes.

-ocr page 477-

campanulacées. 461

Campanule fausse raiponce, C. rapunculoïdes L.

Fleurs solitaires, pendantes, en longue grappe spieiforme, unilatérale, nue. Corolle à lobes
triangulaires-ciliés. Feuilles rudes, liispides, les inférieures longuement pétiolées, cordiformes-
lancéolées, irrégulièrement dentées. Tige simple on multiple, dressée. Racine stolonifère, ii rejets
nombreux. Taille de 5 à 9 décimètres.

Commune dans toute la France, venant dans les plaines et jusqu'aux sommets les plus élevés
des Alpes, dans les lieux secs et pierreux, ainsi que dans les bois, les champs et les jardins,
autour des habitations. Médiocre comme fourragère, sa racine est quelquefois aussi utilisée comme
celle de la Raiponce.

C. Erinus L., fleurs en panicule irrégulière ; feuilles très petites, obovales, obtuses, dentées;
tige faible, rameuse dès la base; 1 à 3 décimètres, — répandue dans tout le Midi, lieux pier-
reux, vieux murs, champs, vignes;

C. rhomboïdalis L., fleurs en panicule unilatérale; tige feuillée au milieu; do 2 à 5 décimè-
tres, —· prés et coteaux de toutes les montagnes; abonde dans les prairies des Alpes;

C. lanceolata Lap., feuilles imbriquées sur la tige, — dans les Pyrénées,

Campanule a feuilles de lin, C. linifolia Lm.

Fleurs en grappe terminale étroite. Feuilles radicales ovales-cordiformes, dentées, caduques,
les supérieures linéaires. Tiges droites, raides. — Plante glabre, de 2 à 4 décimètres.

Répandue sur la plupart des montagnes, mais abondant surtout dans les prairies et pâtura-
ges du Cantal, des Alpes et des Pyrénées. Tous les bestiaux la mangent, mais de préférence,
paraît-il, à l'état sec, dans le foin, auquel elle se trouve parfois mêlée en grande quantité. Tou-
tefois, vu son faible développement, elle n'est jamais très productive,

C. rotundifolia L,, fleurs peu nombreuses; feuilles très petites, les inférieures réniformes cré-
nelées; tiges multiples, courbées-ascendantes, 10 à 25 centimètres, — commune dans les lieux
incultes, montueux, dans les bois et pâturages de montagnes; trop petite pour être utilisée;

C. Scheuchseri Vill., fleurs grandes, solitairos, mi-latérales; — C. pusilla Haenk, fleurs
veinées-réticulées, en grappe unilatérale, stolonifère, 1.12 centimètres; —
(1. cœspilosa Scop.,
fleurs en panicule pauciflore; —
C. thyrsoidea L., feuilles linéaires, les supérieures imbriquées;
racine fusiforme, charnue; —
C. spicata L., feuilles étroites, les inférieures presque sessiles, —
espèces venant toutes sur les prairies élevées des Alpes, du Jura, des Pyrénées, etc.

Campanule en tète, C. glomerata L.

Fleurs sessiles, en oapitules entourés de bractées, le terminal plus grand, les latéraux pau-
ciflores ou nuls. Feuilles lancéolées, finement dentées, les inférieures longuement pétiolées, les
supérieures embrassantes. Tige simple, dressée, de 2 à 5 décimètres.

Propre il toute la France, vient dans les lieux secs et montueux, dans les haies et clairières
des bois, sur les prairies et pâturages des montagnes ; très commune surtout sur les pelouses
aérées des coteaux calcaires et volcaniques, où tous les bestiaux la mangent volontiers à l'état
frais; en se desséchant, elle devient dure et insipide.

C. cervicaria L., plante très liispide, à racine charnue, — bois sablonneux des Vosges, du
Cantal, etc. ;

C. petrxa L., feuilles blanches tomenteuses ; racine fusiforme, — terres sèches de la Provence ;

C. barbata L., corolle barbue; feuilles presque toutes radicales, en rosette; tige courte, —
commune dans les prairies élevées des Alpes;

C, longifolia Lap., feuilles lancéolées-linéaires, entières, poilues, les supérieures embrassan-
tes , tige rameuse, — répandue dans les prairies sèches de la région méditerranéenne, des Pyré-
nées, du Centre;

C. Allinni Vill., feuilles en rosette, linéaires; tiges très courtes, — hautes prairies des Alpes.

-ocr page 478-

462 vaccin 1res.

campanule ceriljlon, G. médium l.

Violette de Marie, Violette marine.

Fleura grandes, solitaires, penchées. Feuilles rudes, liispides, toutes ovales-dentées, les radi-
cales pétiolées. Tige simple, dressée.

Vient dans les bois et lieux arides des diverses régions du Sud et de l'Est, au voisinage des
habitations; cultivée dans les jardins.

., s,,

Genre WAHLENBERGIE. — WA HLENBEBGIA Schrad.

:éiF

Calice et corolle à 3.5 divisions; — itamines 3.5, dilatées; — style à 2.5 stigmates courts:
— capsule ovoïde, il 2.5 loges, s'onvrant au sommet par des valves loculicides.

H*, hederacea Rchb., Campanula hederacea L., fleurs bleues, solitaires; feuilles toutes pétio-
lées, cordiforines, à 5 lobes; tiges filiformes, 2 à 5 centimètres; annuelle, — plante en minia-
ture, répandue partout, croissant parmi les mousses et les petites plantes des prairies humides,
surtout dans les Pyrénées et les montagnes du Centre, où les moutons seuls peuvent ln brouter :

VF. nutabunda Alpli. DC., feuilles lancéolées-linéaires, sessiles, — Midi, Corse.

' . .. ·♦:'

Vacciniitm.
Oxvcoccos.

Famille des VACCINIÉES DC.

A Rit BES MONOPÉTALES T.; OCTANDRIE L. ; PÉBICOROLL1E .Irss.

Fleurs hermaphrodites, régulières; — calice monosépale, adhérent, à
4.5 dents; —
corolle monopétale, campanulée ou rotacée, à 4.5 divisions,
caduque; —
ètamines 8.10, insérées, avec la corolle, sur le tube du calice;
— ovaire à 4.5 carpelles; — style filiforme, avec stigmate en tête; — fruit
bacciforme, globuleux, couronné par le calice ou ombiliqué; — graines nom-
breuses, petites, pendantes, à embryon droit et albumen charnu. — Sous-
arbrisseaux à feuilles coriaces, alternes ou éparses, presque entières, briè-
vement pétiolées, sans stipules.

Famille réduite à un petit nombre d'espèces, formant deux genres.

( Corolle eampaniforme, it 4.5 divisions courtes

VACCINIÉES

( Corolle rotacée, à 4 divisions profondes .....

Genre AIRELLE. — VACCINIUM L.

Fleurs blanohes ou rosées, brièvement pédonenlées, penchées; — calice à 4.5 divisions peu
profondes, quelquefois entier; —
corolle à 4.5 dents courtes, roulées en dehors: — baie d'un
goût neidnle. —
Tiqes dressées ou ascendantes.

-ocr page 479-

éricacées

Airelle myrtille, V. myrlillus L.

Mirtil, Petit Myrte, Airelle commune, A. anguleuse, Airès, Embrune, Aradecli, Raisin des bois,
Raisin de bruyère, Brimballier, Rluet, Lacet, Maceret, Morets, Mourejlir, Gueule noire.

Fleurs solitaires, axillaires. Corolle nrcéolée-globuleuse. Baie petite, presque noire. Feuilles
petites, ovales-aiguës, finement dentées, veinées sur les 2 faces, caduques. Tige très rameuse,
à rameaux anguleux, ailés. Taille de 2.5 décimètres. — Plante glabre, formant buisson.

Espèce fort répandue, propre à toutes les régions montagneuses de l'Europe, et venant dans
les lieux frais et ombragés, dans les bois et les bruyères et sur les pelouses voisines, oii elle se
développe parfois en abondance, en amenant la disparition do la plupart des autres plantes qui
pourraient croître sur le môme sol. Les moutons et les chèvres seuls en broutent les sommités
vertes. Elle n'a donc aucune importance comme fourragère, et doit être extirpée des prairies
qu'elle envahit par le défrichement d'abord et par l'emploi des engrais animaux, qui achèvent de
la détruire. Les baies de l'Airelle myrtille, dites
brimballes, d'un goût agréable et acidulé, sont
mangées de diverses manières, et servent, en outre, à plusieurs usages économiques, notamment
ii fabriquer des boissons rafraîchissantes et à colorer les vins.

V. uliginosum L., fleurs agrégées en petite grappe; corolle urcéolée-ovoïde ; feuilles obovées-
obtuses, très entières, non réticulées en dessus; rameaux arrondis, — vient dans les lieux humi-
des des régions montagneuses, surtout dans le Jura, le Cantal, les Pyrénées; moins abondante
que la précédente, dont elle partage les propriétés ;

V. vitis-Idœa L. (Airelle du Mont-Ida, A. ronge, A. ponctuée, Herbe rouge), corolle campa-
nulée; baie rouge écarlate ; feuilles coriaces, luisantes, ponctuées en dessous, obovées, entières,
persistantes; 1 à 2 décimètres, — petite espèce d'un feuillage ressemblant à celui du Buis,
venant dans les bois, bruyères et pftturages des hautes montagnes; elle est dédaignée aussi des
bestiaux, et son fruit sert aux mêmes usages que celui de l'A, myrtille.

Genre CANNEBEBGE. — OXYCOCCOS T.

Calice à 4 dents; — corolle en roue, il 4 divisions lancéolées, profondes, réfléchies sur le
calice; —
tiges filiformes, rameuses, couchées-radicantes.

0. vulgaris Pers., Vaccinium oxycoccos L. (Coussinet, Brumballe), fleurs roses, pédoncules
longs, filiformes; baie volumineuse, rouge; feuilles très petites, ovales, luisantes, persistantes,—
vient dans les marais tourbeux des montagnes de toute la France; le fruit, plus acide que celui
des Airelles, est fort en usage, chez les peuples du Nord , pour préparer des boissons rafraî-
chissantes.

Famille des ÉRICACÉES Lindl.

ARBRES MONOPÉTALES T.; PÉRICOROLL1E Jcss. ; ÉRICINÉES Dkbv.

Fleurs hermaphrodites, ordinairement régulières; —calice non adhérent,
à 4.5 sépkles plus ou moins soudés à la base, persistant; —
corolle monopé-

-ocr page 480-

464 primulacées.

taie ou polypétale, à 4.5 divisions; — ètamines généralement 8.10, libres,
insérées avec la corolle à la base du calice ; anthères biloculaires, s'ouvrant
par des pores terminaux; —
ovaire à 4.5 carpelles; — style filiforme; stig-
mate en tête ou pelté; —
fruit ordinairement capsulaire, à 4.5 loges, à
déliiscence septifrage ou loculicide ; —
graines nombreuses, pendantes, à em-
bryon droit et albumen charnu. —
Feuilles alternes, sessiles, simples, entiè-
res, ordinairement persistantes; stipules nulles.

Famille nombreuse, composée principalement d'arbrisseaux et de sous-
arbrisseaux, la plupart toujours verts, les uns indigènes et les autres exoti-
ques, et habitant soit les régions montagneuses, soit les terres en friche, les
landes, les garrigues, etc., où ils couvrent quelquefois de vastes étendues
de terrain. Quelques-uns servent à la nourriture du bétail, et tous peuvent
être employés comme litière et comme combustible. On les cultive aussi
dans les jardins d'ornement, et beaucoup d'espèces exotiques sont entrete-
nues dans les serres. — Voici le tableau des genres indigènes de cette
famille, et dont plusieurs sont devenus, pour quelques auteurs, les types de
familles nouvelles :

Fruit baeciforme — Périanthe à 5 divisions — 10 ètamines.

i S ( Capsule à dehiscence loculicide..........

I *

Corolle

Gr. nues

co

H
«

O
<

a
«

'Cd

i .. , i , T, , . i <-; -, Capsule ( Style polté — Corolle régulière.

monopétale, 1 /Périanthe j .-g j^ |

insérée J g I à 5 divis. j ® f septìfr. ì Style en tête—Cor. irrégulière,
sur le cai. | c3 ■

5 ètamines — Capsule à dehiscenee septifrage,

[ Corolle caduque — Capsule à deliiscence septifr.

^ 'Ì'div \ ( Calice dép, la cor. —Caps, à déhisc. sept.

' I persisi. ì

marcesc.f Cor. dép. le cal. — Caps, h déhisc. locul.

An th. bilocul.
Antli. uniloc.

Cor. pq. polypétale, hypogyne — Graine ailée — Fr. eapsul.

allbutus.

Andromeda.

Phyllodoce.

Rhododendron.

Azalea,

Dabœcia.

c alluna.

Erica.

Pyrola.

Monotropa.


Genre ARBOUSIER. — ARBUTUS T.

Fleurs d'un blanc rosé, régulières, en grappe penchée; — calice à 5 divisions; — corolle
globuleuse-ovoïde, il 6 lobes courts; — ètamines 10, à tilets velus; — baie globuleuse, granulée,
tuberculeuse à la surface, indéhiscente, à 5 loges. —-
Tige ligneuse.

Petits arbrisseaux, communs sur les montagnes, et dont les fruits astrin-
gents, peu savoureux et recherchés des oiseaux, sont les seules parties que
l'on pourrait utiliser quelquefois comme condiments. On n'y comprend
qu'un petit nombre d'espèces indigènes :

A. unetlo L., (Arbousier-fraisier, Fraisier en arbre), baie grasse, rouge, à loges renfermant
chacune 4.5 graines; feuilles elliptiques, dentées, luisantes, coriaces comme celles du Laurier,
persistantes ; tige drossée, rameuse, de 1 à 2 mètres, — arbrisseau toujours vert, commun dans
tout le Midi et cultivé dans les jardins ;

A. uva-ursi L., Arctostaphyllos officinalis Winn. (Raisin d'ours, Russerole, Arbousier traî-

-ocr page 481-

éricacées. 465

liant), baie rouge, petite, à 5 noyaux à une seule graine chaoun ; feuilles obovées, entières, lui-
santes, coriaces comme celles du Buis, persistantes; tiges étalées-rampantes, écailleuses, — bois
et prairies de toutes les hautes montagnes ;

A. alpina L., Arctostapliylos alpina Spr., baies noirâtres; feuilles denticulées, rugueuses,
caduques, — dans le Jura, les Alpes et toute la chaîne des Pyrénées.

Genre ANDROMÈDE. — ANDROMEDA L.

Calice à 5 divisions profondes; — corolle ovoïde, à 5 lobes réfléchis; — étamines 10, il
anthères appendiculées; —
capsule à 5 loges et à 5 valves, à déliiscence loculioide. — Tige
ligneuse.

A. polifolia L., fleurs en ombelle penchée; feuilles elliptiques, coriaces, persistantes; 2 k
3 décimètres, — arbrisseau fort répandu dans les marais et lieux tourbeux de tontes les con-
trées montagneuses de France; peut servir comme litière ou combustible

Genre PHYLLODOCE. — PHYLLODOCE Don.

[Caractères du genre Androsieda). — Stigmate pelté; — capsule à déliiscence septifrage,
hispide.

Ph. cserulea God., Andromeda cserulea L., fleurs d'un bleu-violacé ; feuilles très petites, linéai-
res, rapprochées-imbriquées, — dans les Pyrénées; mêmes usages que la précédente espèce.

Genre ROSAGE. — RHODODENDRON L.

Fleurs rose-foncé, eu ombelles; — calice à 5 divisions; — corolle infundibuliforme, irrégu-
lière, à 5 lobes; —
étamines 10; — capsule à 5 ou 8.10 loges et autant de valves, à déliiscence
septifrage. —
Feuilles ovales-elliptiques, entières, coriaces, persistantes; — tige ligneuse, ra-
meuse, en buisson.

Rh. ferrugineum L., calice très petit, toute la plante glabre; — Rh. hirsutum L., calice à dents
longues, toute la plante ciliée-liispide, — arbrisseaux assez répandus, et accompagnant les précé-
dentes espèces dans la plupart des régions montagneuses.

Genre AZALÉE. — AZALEA I

Fleurs roses, en grappe ombelliforme; — calice coloré,à 5 divisions; — corolle campanulée,
régulière, à 5 lobes; —
étamines 5 ; — capsule à 2.3 loges et autant de valves bifides, à déliis-
cence septifrage. —
Feuilles opposées, caduques; — tige ligneuse.

A. procumbens L·., tige couchée, à rameaux nombreux, diffus, — petit arbrisseau de
montagne.

,1»

-ocr page 482-

Micacées.

Genre DABOEGIE. — DABCECÎA Don.

Calice à 4 dents; — corolle ovoïde-ventrne, il 4 divisions; — élamines 8 , à anthères lon-
gues, sagittées à la hase; —
capsule à 4 loges et 4 valves, à déhiseenee septifrage , oblongue .
hispide, —
Feuilles éparses ; lige ligneuse, à rameaux dressés.

D. polifoiia Don., Erica dabœcii L., fleurs violettes, en grappe lâche ; feuilles ovales, entières,
luisantes, coriaces, — arbrisseau mêlé aux précédentes espèces dans les prairies montagneuses
de l'Ouest et du Sud-Ouest.

Genre CALLUNE. — CALLUNA Salisb.

Calice pétaloïde, coloré, formé de 4 sépales distincts et entouré il la base de petites bractées
imbriquées; —
corolle très petite, campanulée, il 4 divisions profondes, moitié plus courte que le
calice, persistante et marcescente; —
étamines 8, à anthères appendiculées ; — capsule globu-
leuse, fi 4 loges et 4 valves, il déhiseenee septifrage. —
Feuilles opposées, sessiles, persistantes :
— lige ligneuse.

CALLUNE COMMUNE. — C. VULGABIS Salisb. ; C, EBICA DC. ; ERICA VULGARIS L.

Noms vulgaires. — Bruyère commune, Grosse bruyère, Bucane, Pétrole.

Fleurs violacées, petites, penchées, en grappe unilatérale, spiciforme. — Feuilles extrême-
ment petites, pliées en gouttière, sagittées à la base, rapprochées-imbriquées en 4 rangs, sur de
courts rameaux. — Tiges à rameaux nombreux, dressés en touffes, de 3 à 0 décimètres.

La Bruyère commune, seule espèce du genre, constitue un petit arbris-
seau toujours vert, commune en France et dans toute l'Europe, croissant
jusqu'aux régions glaciales et aux altitudes les plus diverses, et en France,
notamment, venant en abondance dans toutes les terres incultes, dans les lan-
des, les friches, les bois, principalement sur les sols sablonneux et tourbeux,
dans les lieux secs et exposés au soleil, où, grâce aux rejetons qui poussent
de ses racines, et à ses graines menues que le vent disperse partout, elle se
multiplie avec une facilité extrême. Elle s'empare ainsi du terrain et arrive
à couvrir d'immenses espaces, à l'exclusion de toute autre végétation , comme
on peut l'observer dans les landes de Gascogne, de Bretagne, de la Sologne,
du Berri, etc., où elle constitue la majeure partie de ces
brandes, qui sont
presque le seul revêtement de ces surfaces pauvres et attristées, étendues à
l'infini. La plante, en se décomposant, mêle ses débris à la couche superfi-
cielle du sol, et de là résulte la formation de cette matière, riche en humus,
dite
terre de bruyère, utilisée avec avantage eu horticulture. Néanmoins, la
présence de la Bruyère commune est toujours un indice de stérilité dans les
terres vierges et de mauvaise culture dans les terres ordinaires. Elle est

-ocr page 483-

ÉRICACÉES. 461)

nuisible surtout dans les forêts, où elle ne se propage qu'aux dépens de
plantes meilleures et plus productives.

Au point de vue de l'alimentation des animaux, la Bruyère commune
mérite de fixer l'attention. Tous les bestiaux, en effet, en mangent les jeu-
nes pousses, et elle fournit, aux moutons et aux chèvres notamment, une
bonne nourriture, qui paraît leur être favorable. Les vaches, les animaux
sauvages, la recherchent aussi. Elle constitue donc une plante fourragère
relativement bonne, importante surtout jjar sa quantité, par la faculté qu'elle
possède de végéter longtemps sans culture et jusqu'à une époque avancée
de la saison.

Sur un grand nombre de nos pelouses sèches, elle est la plante domi-
nante; quelquefois, quand les autres manquent, elle est seule à pourvoir à
l'entretien des troupeaux. Dans les contrées pauvres, elle est souvent re-
cueillie et donnée sèche, et elle devient ainsi, à défaut d'un autre mode
d'alimentation, une ressource des plus précieuses. En Ecosse, pour en tirer
un meilleur parti, après qu'elle a été broutée, on la brûle avec une certaine
précaution, afin d'augmenter le nombre de ses rejets et d'avoir de jeunes
pousses à donner aux bestiaux. Enfin, la Bruyère, pendant l'automne, sert
de nourriture aux abeilles, qui en retirent un miel de qualité secondaire.

La Bruyère est employée encore à d'autres usages ; ainsi on s'en sert,
dans les campagnes, pour couvrir les toitures, pour en faire, avec les tiges et
les rameaux, des balais connus et employés partout, des corbeilles pour vers
à soie ; 011 l'utilise encore comme combustible, comme litière et pour en pré-
parer un assez bon fumier végétal; quelquefois aussi 011 la cultive dans les
jardins d'ornement.

Malgré les avantages qu'on en retire sur les sols pauvres, pour lesquels
elle constitue une sorte de richesse relative, la Bruyère n'est, pour les terres
cultivées, qu'une mauvaise plante qu'il importe de détruire. Seulement elle
est difficile à extirper, à cause de la vitalité de ses racines, qui, même après
quelques années d'enfouissement, peuvent donner encore de nouveaux reje-
tons. Aussi a-t-on conseillé différents moyens pour la détruire : l'arrachage
à la main , le défrichement à la charrue, la destruction par le feu , la pâture
par les moutons, alors qu'elle est encore en fleurs; la précaution, quand on
en autorise la récolte sur les terres à défricher, non de la couper, ce qui en
favorise le développement., mais de l'arracher avec les racines. Ces moyens,
néanmoins, restent la plupart du temps inefficaces; la Bruyère détruite,
grâce aux racines non arrachées ou aux graines enfouies, finit toujours par
reparaître. Il n'est, d'autre ressource alors, pour triompher complètement, que
des semis de pin ou de bouleau, arbres qui viennent très bien sur les terres
occupées par la Bruyère commune, et les seuls qui soient aptes à l'en chasser
complètement.

-ocr page 484-

éricacées.

Genre BRUYÈRE. — ERICA L.

Fleurs ordinairement roses ou purpurines, en grappe ou en panicule; — calice à 4 divisions
profondes; —
corolle ovoïde ou eampanulée, à 4 divisions courtes, dépassant longuement le calice,
marcescente; —
Staminés 8, quelquefois appendiculées ; — capsule à 4 loges et 4 valves à déhis-
cence looulicide. —
Feuilles très fines, linéaires, verticillées, par 3.4.5 persistantes; — Hue
ligneuse, à rameaux nombreux, dressés.

L'un des genres les plus nombreux du règne végétal, comptant, eu effet,
près de 450 espèces, composé d'arbrisseaux et sous-arbrisseaux toujours verts,
remarquables par leur feuillage élégant, la variété de leurs fleurs, et se rédui-
sant, en France et en Europe, à une douzaine d'espèces environ, qui occu-
pent , bien qu'en moins grande abondance, les mêmes lieux que la Bruyère
commune, à laquelle elles s'associent partout; elles ont les mêmes usages, et
servent également à la nourriture du bétail que l'on mène pâturer pendant
l'hiver sur les landes et les friches qu'elles recouvrent. Quelques-unes sont
cultivées pour leurs fleurs, qui conservent après la dessiccation leur forme
et leurs couleurs. Quant aux espèces exotiques, originaires pour la plupart
du cap de Bonne-Espérance, elles ne sont connues que comme plantes de
serre.

I Corolle eampanulée— Plante de 1 à3 mètres... ) Auboiip;a

l I Lusitanien Hudolpli,

Anthères libres, incluses, i / Cineuba l

appendiculées j Cor, „rcéolée — Pl. ( Feuilles glabres.......j ^ ^

\ de (i à 10 déoimètr. ( Feuilles hérissées-ciliées, tétrauï h.

1 ( Corolle tubuleuse, courbée. ciliaris !..

ia < i Anther. incluses j „ „ ,.

Corolle eampanulée.....SCOPARIA L.

Corolle élargie........Vacans i..

Corolle allongée...... MuM/lara i.

... , , Anthères à peine saillantes.....ficditerranea i..

i Anthères soudées au style, sans appendices < , . . , .,,

{ Anthères très saillantes ...... Camca i,.

E. arborea L,, fleurs petites, en panicule pyramidale très allongée; corolle eampanulée, éva-
sée à la gorge; feuilles verticillées par 3.4; plante pubescente, ii poils plumeux et rameux. —
tonte la région méditerranéenne; bonne seulement pour litière et pour le chauffage;

E. lusitanica Rudolp., corolle contractée ii la gorge ; plante à poils simples, — landes maréca-
geuses des rives sud-ouest de l'Océan;

E. ciuerea L., fleurs presque rouges, en grappe spiciforme terminale ; corolle urcéolée; feuilles
verticillées par 3, portant à l'aisselle un fascicule de feuilles; 3 à 6 décimètres, — commune sui-
tes coteaux arides, dans les bois montueux du Nord, de l'Ouest et du Midi, et souvent mêlée i»
la Bruyère commune, avec laquelle on la confond généralement ;

E. stricta Doun., fleurs en petites ombelles; verticilles à 4 feuilles, sans fascicule, — en
Corse ;

E. tetralix L. (Bruyère des marais), fleurs en grappe courte et compacte; corolle urcéolée-
allongée ; feuilles verticillées par 4, hérissée-pubesceute dans toutes ses parties, — propre au
Nord, au Centre et il l'Ouest, commune surtout dans la Sologne et les landes de Bordeaux, vient
dans les endroits marécageux, il sol sablonneux, où elle concourt à former les couches des tour-
bières , — utilisable seulement pour le chauffage ;

E. ciliaris L·., fleurs grandes, eu grappe terminale serrée; corolle tubuleuse, un peu conrbée;
feuilles verticillées par 3.4, un peu plus grandes, à bords roulés et ciliés; rameaux hérissés-velus,
— propre au Centre, à tout l'Ouest et au Midi, venant dans les landes, les friches, les terrains
sablonneux et humides, où ou l'utilise comme la Bruyère commune.

Anthères libres, sans append.

Anthères saillantes

-ocr page 485-

ÉRICACÉES. 461)

Bruyère a balai, E. scoparia L.

Grande Bruyère.

Fleurs d'un Vert-jaunâtre, très petites, et grappes allongées et multipliées. Corolle globu-
leuse, à lobes profonds. Feuilles vertieillées par 3.4, glabre dans toutes ses parties. Rameaux très
dressés. Taille de 5 à 10 décimètres.

Espèce la plus importante du genre Eric«, répandue dans tout le Nord , à l'Ouest et au Midi,
et venant sur les collines, dans les bois et les lieux incultes, où elle s'étend parfois sur de vastes
espaces. Tous les bestiaux en mangent les jeunes pousses, et la préfèrent à la Bruyère commune;
c'est elle, notamment, que recherchent, entre toutes les Bruyères, les chevaux et les bœufs. On
l'emploie encore à d'autres usages : pour faire des balais, principalement; pour sa racine, qui,
avec le temps, devient très grosse, et fournit un des meilleurs charbons que l'on connaisse. —
Autrefois, et jusqu'au commencement de ce siècle, elle était très répandue en France, où on lu
préférait, pour les usages domestiques, à la Bruyère commune; mais elle tend actuellement à
disparaître sous l'influence de l'extension prise par toutes les cultures.

E. vagans L., fleurs en grappe allongée; corolle aussi large que longue; feuilles vertieillées
par 4.5, — fort abondante dans tout l'Ouest et le Sud-Ouest, surtout dans les bois sablonneux;

E. multiflora L., corolle ovoïde-allongée ; verticilles â 4.5 feuilles ; — région méditerranéenne ;

E. mediterranea L., rameaux dressés ; floraison en janvier, — landes sablonneuses de l'Ouest ;

E. carnea L., rameaux diffus, — bois montueux de la Savoie.

Genre PYROLE. - PYROLA T.

Fleurs en grappe ou solitaires à l'extrémité d'une hampe nue; — calice à 5 divisions très*
petites; —■
corolle à 5 pétales distincts; — élamines 10; — style fistuleux, à stigmate arrondi;

— capsule à 5 loges et â 5 valves à déliiscence loculicide; — graines ailées, à embryon très
petit. —
Feuilles luisantes, persistantes; — rhizomes allongés, émettant des rosettes de feuilles
et des tiges florales.

Genre composé de plantes herbacées, vivaces, douées de propriétés amè-
res et astringentes, habitant principalement les régions montagneuses, mais
ne se montrant nulle part en abondance. — Elles constituent, pour quelques
auteurs, le type d'une famille spéciale, les
Pyrolacées Lindl.

Pyrole a feuilles rondes, P. rotundifolia L.

Verdure d'hiver, Verdure de mer.

Fleurs odorantes, en longue grappe lâche. Pétales obovés, étalés. Style long, infléchi, à
•5 stigmates soudés en anneau. Capsule réfléchie, à bords des valves laineux. Feuilles en rosette,
arrondies, entières, longuement pétiolées. Tige nue, ou portant quelques écailles, de 2 à 3 déci-
mètres.

Se montre sur les coteaux calcaires, les bois et pâturages des montagnes de presque toute la
France, le sud-ouest excepté. Tous les bestiaux, les moutons et les chèvres surtout, la mangent,
mais sans la rechercher.

P. minorL., fleurs en grappe serrée, stigmate étoilé, toute la plante beaucoup plus petite,

— mêmes lieux que la précédente et de plus dans les Pyrénées; propriétés analogues ;

P. chloranta Swartz; — P. secundo L. ; — P. unifiera L.; — P. umbellata L·., — espèces
venant toutes dans les hautes forêts de montagne.

-ocr page 486-

470 primulacées.

Genre MONOTROPE. — MONOTROPA L.

Calice à 4.5 divisions; — corolle à 4.5 pétales connivents, gibbeux à la base; — étamines
8,10, à anthère uniloculaire ; — style fistuleux ; — capsule à 4 loges.

Genre devenu aussi le type d'une famille particulière, les Monotropées
Nuit.

M. hypopithys L., fleurs en grappe serrée; feuilles oblongues, squamiformes, appliquées; tige
simple, dressée, charnue, de 1 à 3 décimètres; vivace, — plante parasite, offrant l'aspect des
Orobanches, croissant sur les racines des arbres, chines, hêtres, pins, etc., et venant partout
dans les bois, se mêlant aux herbes qui en garnissent la surface; non recherchée des bestiaux.

-ocr page 487-

3ME CLASSE. - COROLLIFLORES

Famille des LENTIBULARIÉES L.-C. Rien.
l'ERSONNÉES T.; D1ANDRIE L. ; LYSIUACHIÉES .Irss.

Fleurs hermaphrodites, irrégulières ; — calice persistant, à 2.5 divisions,
profondément bilahié ; —
corolle bilabiée ou personnée, éperonnée, à tube
court; —
êtamines 2, à anthères uniloculaires; — ovaire uniloculaire, à pla-
centa central, court, globuleux; —
style très court, épais, à stigmate bila-
mellé, à lame inférieure ample; —
fruit capsulaire, à 1 loge, polysperme; —
graines petites, à embryon dressé; cotylédons à peine distincts; albumen
nul. — Plantes herbacées et vivaces, aquatiques.

Famille composée d'un petit nombre de plantes vivant dans les lieux
marécageux ou au sein des eaux stagnantes, et nuisibles plutôt qu'utiles au
bétail. — Les espèces indigènes se renferment dans deux genres :

ÎCor. bilabiée — Caps, déliisc, — Feuill. toutes radie., entièr. Utricolakja.
, Corolle personnée — Caps, indébisc.— Feuill. multiséquées. Pinguicula.

Genre GRASSETTE. — PINGU1CVLA T.

Fleurs solitaires, sur des pédoncules radicaux dressés; — calice à 5 divisions inégales; —
corolle bilabiée, à gorge ouverte, à lèvre supérieure plus grande, à 2 lobes, l'inférieure à 3 lobes;

— capsule ovoïde, bivalve. — Feuilles toutes radicales, eu rosette, entières, charnues, onctueuses ;

— pédoncules radicaux, 1.4 uniflores, de 1 à 2 décimètres.

Herbes croissant dans les lieux humides et tourbeux, et ne possédant que
de très faibles qualités nutritives.

Grassette commune, P. vulgaris L.

Herbe grasse, Herbe huileuse, Langue-d'oie, Tue-Brebis.
Fleurs violettes. Corolle longue, avec lèvres il lobes aigus, contigus, » éperon court. Feuilles
oblongues, d'un vert jaunâtre.

Vient dans les prés humides de toute la France, et principalement dans les prés marécageux
de montagne, où elle se développe quelquefois en abondance. Elle passe pour purgative, et est,
dit -on, nuisible aux animaux qui la mangent, bien que M. H. Leeoq dise l'avoir vu brouter.

-ocr page 488-

primulacées.

dans les marais des montagnes, sans inconvénient par les bestiaux et notamment par les vaches.
Néanmoins, elle doit être détruite, ce qui n'est possible, d'ailleurs, qu'en desséchant et mettant
en culture les lieux où elle se développe.

P. grandiflora Lm., fleurs violettes, à corolle large ventrue, à lobes de lèvres superposés:
— P.
leptoceras Rchb., corolle à éperon linéaire; — P. alpina L., fleurs blanches, jaunes à la
gorge, à éperon court et conique, — venant principalement dans les marais des hautes monta-
gnes, et partageant les propriétés de l'espèce principale;

P. lusitanien L., fleurs jaunes, rayées de pourpre, à éperon linéaire, cylindrique, —landes
et bords des étangs de tout l'Ouest, sur les rives de l'Océan.

Genre UTRICULAIRE. — UTBICULAR1A L.

Fleurs en grappe terminale; — calice h 2 lèvres entières; — corolle personnée, à lèvre infé-
rieure entière, très ample; —
capsule globuleuse, indéhiscente. — Feuilles 2.3 fois multiséquées.
à segments filiformes, garnies de vésicules fermant par un opercule et remplies d'air à la florai-
son ; —
tige rameuse.

Plantes aquatiques, submergées, d'une taille variable suivant la profon-
deur de l'eau, et maintenues flottantes, au moment de la floraison , par les
vésicules des feuilles.

U. vulgaris L., fleurs d'un beau jaune, à stries orangées, — habitant les mares et eaux
stagnantes des fossés ; autrefois préconisée comme diurétique;

U. minor L.; — U. neglecla Lehm.; — U. intermedia Ilayn., — autres espèces du genre, habi-
tant les mêmes lieux; sans emploi.

Famille des PRIMULACÉES Vent.

INFUNDIBOLI FORMES T.; PENTA NORIE L.; LYS1MACHIÉES Jrss.

Fleurs hermaphrodites, régulières; — calice persistant, ordinairement à
5 divisions ; —
corolle monopétale, hypogyne, ordinairement à 5 divisions :
— ètamines 5, opposées aux pétales, insérées sur le tube ou la gorge de la
corolle, à anthères biloculaires, quelquefois un second rang, plus extérieur,
de 5 étamines, sans anthères, alternant avec les pétales ; —
ovaire ordinaire-
ment libre, uniloculaire : —
style simple ; stigmate entier; — fruit capsulaire,
uniloculaire, s'ouvrant en autant de valves qu'il y a de divisions florales, ou
par un opercule; placenta central, libre, globuleux; —
graines nombreuses,
sessiles, avec embryon droit, dans un albumen charnu ou corné. —
Feuilles
ordinairement simples, sans stipules.

Famille composée d'espèces herbacées, le plus souvent vivaces, assez
communément répandues dans les prairies et lieux cultivés, mais d'une
importance économique secondaire. — Comprend les genres indigènes sui-
vants :

-ocr page 489-

Graines réfléchies — Hile basilaire — Caps, à valves pq. soudées.

ƒ au sommet seulement—Style inclus.
1 jusqu'à

Capsule ' jusqu'au milieu — Style exserte.
à 5 valves, <

s'ouvrant : ] i ^ ( Cor· à S01'ge dilatée..

Tice nulle 1 f du sommet i ^ j r, ,

tige iiuiic, , h [ Cor. àgorgeresserr.

ou simple J \ » la base j « v 15 &

et 1 'r

Itrès courte]

libre

e
t-

'5

>

O

ifl
•63

0

1

1

H
^

S

S

Ch

o

Gr. nomb. —Cor. à div. réfl.
Caps.charn. ,iivalv. roui, en deh.—Vert. flor. à 7 div.

\ Capsule s'ouvrant sur un opercule denté........

Corolle nulle — Calice pétaloïde ...........

Hottonia.

Primula .

Cobtusa.

Gregoria,

Androsace.

Cyclamen.

Trientalis.

Soldanella.

glaux.

Cori».

Lyaimachia

Asterolinum.

Anagallip.

Centunculus .

Samoluh.

Corolle tubuleuse — Calice sur 2 rangs.....

Capsule en pyxide — Graines courbées
Ovaire adhérent au calice

Tige rameuse

• Corolle \ dépassant 'e calice — Gr. nombr.
îotacée^ ^ courte que le calice — Gr. 2.3.

Corolle rotacée, à tube nul. .
Corolle à tube renflé, courte. ,
Capsule à valves — Graines courbées.......

Genre H OTTO NE. — HOTTONIA h.

Calice à divisions profondes, linéaires ; — corolle en coupe, il limbe presque plan , glandu-
leux à la base ; —
examines à anthères presque sessiles ; — capsule à 5 valves soudées à la base
et au sommet; —
graines trigones.

H. paluslris L. (Plumeau, Mille-feuille aquatique), fleurs d'un rose pâle, en verticilles écar-
tés; feuilles pennatipartites, à segments linéaires, — plante aquatique, dans los fossés, mares et
étangs de presque toute la France; sans usages.

Genre PRIMEVERE. — PRÌMULA T

Fleurs jaunes ou rosées, passant au vert par la dessiccation. ordinairement en ombelle sim-
ple, entourée à la base d'un involucre; —
calice tubuleux ou campanulé; — corolle infuridibuli-
forme ou en coupe, à tube cylindrique, renflé supérieurement, il lobes écliancrés; —
captulr
s'ouvrant au sommet par 5 valves entières ou bifides; — graines très nombreuses, brunes,
chagrinées. —
Feuilles en rosette, obovales, ondulées, crénelées.

Plantes herbacées, toutes vivaces, acaules et de taille peu élevée ; fleuris-
sant des premières au printemps, et assez communes dans les prairies à sol
gras et humide, elles sont, à cause de leur faible développement, peu fourra-
gères, et ne sont broutées que par les moutons et les chèvres. Dans quel-
ques localités, on en mange les feuilles, cuites ou en salade, et plusieurs
d'entre elles, entretenues comme plantes d'ornement, ont fourni, par la
culture, un grand nombre de variétés :

-ocr page 490-

474 primulacèes.

Fleurs presque solitaires, à corolle appendioulée — Calice anguleux......Granuiii.oua Un,

!( Calice anguleux. ( Corolle h limbc concave.....OFFICINALE Jacq.

~ /Corolle appendioulée J Fleurs jaunes ( Corolle à limbe plane.......j Variabm Goul''

Z 1 à la gorge ) 1 ( Elatioh Jacq.

S 1 \ Calice arrondi — Fleurs roses, dressées......Fari.nosa i. .

al / Co]. à lobeg l Fleurs jaunes, à pédicelles inégaux........Aubicuia L.

2 I Corolle \ cordiform. Fl. purpurines,( PL glabr.—Fe. à bordscréuel, Crenata Un.

| sans j Fl. pédioell. ( à pédic. égaux j PlflI!tes poilues-glanduleuses. I Vhcom Vi"'

\ appendice I ( Latifolia Lap.

[ Corolle à lobes bifides — Fleurs presque sessiles........integrifotia L.

Primevère a grandes fleurs, P. grandiflora Lm.

Fleurs jaune-pâle, inodores, grandes, solitaires, sur des pédoncules presque radicaux. Calice
à dents aiguës. Corolle à limbe plan, avec lobes en cœur. Capsule recouverte du tube calioiual
étroitement appliqué. Feuilles non pétiolées.

Assez commune dans tonte la Franco, la région méditerranéenne exceptée, abonde sur
les bords du Tarn et dans les plaines voisines, venant dans les prairies humides, taillis et lieux
couverts, où elle se fait de bonne heure remarquer par ses belles fleurs; souvent cultivée dans
les jardins, où elle a fourni de nombreuses variétés.

Primevère officinale, P. ofjîcïncdis Jacq.; P. veris L.

Coucou, Pain de coucou, Fleur de coucou, Fleur de printemps, Printanière, Primerole, Brairelle,
Iferbe de saint Pierre, H. de saint Paul, H. à la paralysie, Double-cloche.

Fleurs d'un beau jaune, odorantes, en ombelle simple, penchée d'un même côté. Calice enflé,
très ouvert, à dents ovales, presque obtuses. Corolle il limbe concave. Capsule ovoïde, à tube
ealicinal non appliqué. Feuilles blanehes-tomenteuses, grandes, ridées, à pétiole ailé. Taille do
1 à 3 décimètres.

Fort répandue dans les plaines et montagnes de toute la France, abonde surtout dans les
prairies et pâturages à sol frais et un peu humide, où elle n'a d'ailleurs qu'une valeur secondaire,
on tant qu'espèce alimentaire, à moins qu'elle s'y trouve en excès, ce qui est l'indice d'un sol
épuisé. Sa racine, d'une saveur acre et amère, à odeur forte, tenant de l'ail et de l'anis, était
autrefois employée comme diurétique; elle est aujourd'hui sans usages. On utilise quelquefois ses
feuilles comme diurétiques ; les Anglais les mangent cuites.

Primevère élevée, P. elatior Jacq.

Pain de coucou, Brayes de coucou.

Fleurs d'un jaune de soufre, inodores, nombreuses, penchées. Calice transparent, blanchâ-
tre, vert sur les angles. Corolle à gorge non plissée. Capsule à calice court, étroitement appliqué
Feuilles à pétiole ailé. Taille de 2 à 3 décimètres.

Venant dans les mêmes lieux que la Primevère officinale, bien que moins abondante, et par-
tageant ses propriétés.

P. farinosa L., fleurs roses, drossées, sur un pédoncule beaucoup plus long que les feuilles,
celles-ci très courtes, en rosette étroite, — espèce à floraison plus tardive, venant dans les pelou-
ses et prairies élevées du Jura, des Alpes et des Pyrénées centrales, où l'atteignent seules les
chèvres.

P. auricula L. (Orcille-d'ours), fleurs jaune-pâle très odorantes, sur un long pédoncule ; calice
à tube très court; feuilles charnues, glabres, poilues-glanduleuses, — plante dn Jura, des Alpes,
surtout cultivée dans les jardins, où elle offre de nombreuses variétés.

Les autres espèces, plus rares, viennent toutes dans les prairies des régions moyennes et
élovéos des Pyrénées et des Alpes.

-ocr page 491-

l'RljMU LACÉES.

Genre C0RÏU8E. — CORTUSA L.

Corolle à tube infundibuliforme, garni à la gorge d'un anneau saillant; — étamines à anthères
linéaires; —
capsule s'ouvrant jusqu'au milieu.

C. mathioli L., fleurs violacées en ombelle, sur un pédoncule radical; feuilles 4.5, en rosette,
réniforines, à lobes dentés, — vallées ombragées de la Savoie.

Genre GRÉGORIA. — GREG0R1A Dub.

(Caractères du genre Pkimcla). — Capsule s'ouvrant en 5 valves du sommet à la base ; ·—
graines 2.

G. vUaliana Dub. (fausse .loubarbe), fleurs jaunes, solitaires, sur des pédoncules très courts ;
feuilles petites, étroites, sessiles, en rosettes superposées; tige très rameuse, à divisions grêles,
étalées, formant gazon , — petite espèce des Alpes et Pyrénées centrales.

Genre ANDROSACE. — ANDROSACE T.

Corolle infundibuliforme ou en coupe, à divisions entières, à tube très court, resserré à la
gorge; —
capsule s'ouvrant en 5 valves, du sommet à la base ; — graines 2.3. — Feuilles étroites,
nombreuses, en rosettes radicales ou terminales ; —
tiges plus ou moins rameuses.

Genre comprenant des espèces vivaces ou annuelles, et toutes de petites
dimensions.

Racine vivace, produisant des

Helvctica

Gami.

IL

Pulir scens

DC.

IL

Imhricala

I.iii.

if

Pyrcnaica

Ini.

Villosa

L.

¥

Lanca

L.

V

Carnea

!..

V

Olitiiii/olia

Ail.

V

Scplentrionalis L,

Maxima

1,.

©

,1

Fleurs axillaires et solitaires au sommet des rameaux
blanches, — Plantes vivaces.................

ANDROSACE <

Fleurs en ombelle
au sommet
d'un pédoncule radical ;. .

blanches ou roses \ Haomo non vivace - sans reJets ·
couronnée par les feuilles radie.

47&

Plantes venant toutes sur les hauts sommets des Alpes, des Pyrénées, des monts d'Auver-
gne, etc., et de nulle importance économique, vu leur très faible développement.

Genre CYCLAME. — CYCLAMEN T.

Fleurs solitaires, penchées, sur des pédoncules radicaux roulés en spirale après la floraison;
corolle à divisions allongées et réfléchies, à tube court, renflé à la gorge; — capsule s'ouvrant en
5 valves réfléchies, du sommet à la base; —
graines nombreuses. — Feuilles toutes radicales,
longuement pétiolées, à limbe entier ou denté, cordiforme, étalé sur le sol ; —
souche tubéreuse,
charnue, prolongée en rhizome portant les feuilles et les fleurs.

-ocr page 492-

476 PRIAlULACÉIiS.

Espèces peu nombreuses, principalement cultivées dans les jardins.
Vivaces.

C. europxum L., fleurs roses, purpurines au centre; corolle très ouverte, à gorge formant 1111
anneau entier; feuilles ovales ou réniformes, non anguleuses, devenant pourpres; rhizome très
volumineux, — assez répandu dans les bois montagneux du Midi, du Centre, du Jura; sa racine,
âcre et purgative, est fort recherchée des porcs, d'où son nom vulgaire de
Pain de pourceau ;

C. repandum Sibth., fleurs roses, violettes au centre; feuilles anguleuses, à angles obtus;
rhizomes très petits, — montagnes de la région méditerranéenne ;

C. neapolitanum Teti., corolle à gorge formant un anneau deuté; feuilles crénelées-anguleuses
à lobes obtus, —région méditerranéenne, plaines élevées de l'Ouest et du Centre; se montre sur-
tout en automne.

Genre TRIENTALE. — TRIE NT AU S L.

Calice et corolle à (5.7 divisions; — Staminés 7 ; — capsule un peu charnu, à H,7 valves.
T. europœa L., fleurs blanches, sur des pédoncules axillaires; feuilles très entières, en verti-
cales à la hase du pédicolle; tige feuillée au sommet seulement, de 1 à 2 décimètres; vivace, —
montagnes de l'Est, Pyrénées.

Genre SOLDANELLE. — SOLDANELLA T.

Fleurs 2,4, penchées, sur un pédoncule radical; — calice à 5 divisions; — corolle évasée, il
5 lobes multifides ; —
capsule allongée, s'ouvrant au sommet par un opercule laissant un bord
denté. —
Feuilles toutes radicales, longuement pétiolées. entières, réniformes.

S. alpina L., corolle à écailles dentées, soudées aux étamines; taille de 5 à 10 décimètres :
vivace, — commune dans les Alpes et les montagnes du Centre ;

S. montana Willd., corolle à écailles non soudées, plus développée, plus pâle que la précé-
dente; — Pyrénées.

Genre GLAUX. — GLAUX T.

Calice il 5 divisions, campanule, pétaloïde ; — corolle nulle; — capsule à 5 valves.

G. maritima L., fleurs blanches, solitaires, axillaires, en longues grappes fouillées ; feuilles ses-
siles, opposées, très entières, un pou charnues; tiges rameuses, redressées, ascendantes; plante
glauque et glabre, de 8 il 15 centimètres; vivace, — pâturages maritimes des bords de l'Océan et
de la Méditerranée; employée quelquefois en décoction pour donner du lait aux nourrices.

Genre COR1S. — CORIS T.

Calice caïupanulé, oblique, presque bilabié, ii 10 divisions, sur 2 rangs, l'externe à dents
spinesoentes, inégales, étalées, les internes triangulaires; —
corolh tubuleuse, h S divisions,
dont 3 plus grandes, échancrées; —
étamines inégales; — capsule h 5 valves.

g;
|f:

-ocr page 493-

primulacées. 477

C. Monspeliensis L., fleurs purpurines, eu grappes terminales serrées; feuilles très petites,
linéaires, sessiles, un pou charnues; tiges étalées-ascendantes, ligneuses à la base, de 1 à 2 déci-
mètres; bisannuelle, — toute la région méditerranéenne.

Genre LYSIMAQUE. — LYSIMACHIA L.

Corolle en roue, à tube court ; — etamines accompagnées souvent de 5 filets stériles ; —
capsule à 5 10 valves, s'ouvrant par des dents au sommet; — graines nombreuses. — Feuilles
opposées ou en verticille, entières ou presque entières ; — souche traçante.

Plantes toutes herbacées, vivaces, glabres, assez communes dans les
prairies à sol humide; passant même, à cause de cela, pour donner la pour-
riture aux moutons, et en somme plus nuisibles qu'utiles dans les fourra-
ges. — Comprenant, dans nos contrées, les espèces suivantes :

Fleurs solitaires, axillaires. ( Feuilles arrond.— Tiges rampantes., NllMMliLAlllA !..
Tiges multi pl., radican tes { Feuill. ovales-aiguës — Tigesredress, Ni;
m or un i..
LYSIMACHIA^ j ( Grappes axillaires en panicule terminale....
vi i.garis i..

Tige'shrfplefdressée ^rappeS axillahfS .......n9^flora L.

i Grappe terminale simple, longue..........Ephemerum I..

Lysimaque nummulaire, L. nummularia L.

Monnoyère, Monnaie du Pape, Herbe aux écus, Herbe aux cent maux.

Fleurs jaunes, solitaires, opposées, sur des pédoncules courts et axillaires. Calice à divisions
élargies. Etamines brièvement soudées à la base. Feuilles à court pétiole, orbiculaires, en cœur.
Tiges multiples, couchées, rampantes, ordinairement simples, radicantes ii la base.

Espèce fleurissant tout l'été dans les prairies humides, au bord des fossés, à l'ombre des
arbres et le long des haies, et extrêmement commune partout. Elle est mangée sans inconvénient
par tous les bestiaux; mais n'étant pas atteinte par la faux, elle a peu d'importance. Ses proprié-
tés amères la font quelquefois employer en médecine comme astringente et détersive. Enfin, par
sa facilité il croître à l'ombre, elle peut être utilisée pour orner les portions des parterres non
exposés au soleil.

Lysimaque des bois, L. nemorum L.

Calice à divisions linéaires-tubulées. Etamines libres. Feuilles presque sessiles, ovales-aiguës,
très glabres. Tiges coucliées-ascendantes.

Vient dans les ravins des bois, le long des petits ruisseaux, dans les lieux couverts et humi-
des de presque toutes les montagnes de la France. Un peu plus élégante par ses fleurs que In
précédente, elle en partage, d'ailleurs, toutes les propriétés.

Lysimaque commune, L. vulgaris L.

Grande Lysimaque, Lis des teinturiers, Souci d'eau, Corneille, Herbe aux corneilles, Perce-bosse,
Chasse-bosse, Casse-bosse, Pécher des prés, Ephémère.

Fleurs jaunes, en grappes rameuses, axillaires, formant une large grappe terminale. Calice
iv divisions ciliées, bordées de rouge. Etamines soudées inférieurement. Feuilles grandes, laneéo-
lées-aiguës, brièvement pétiolées, opposées ou ternées. Tige dressée, forme anguleuse, ordinaire-
ment rameuse, de 8 à 10 décimètres.

Espèce commune partout, dans le Nord plus que dans le Midi, au bord des ruisseaux, des
fossés, dans les prés et pâturages humides, où parfois elle vient en abondance. Les bestiaux en
mangent les feuilles jeunes; mais le grand développement qu'elle acquiert la rend toujours nuisi-
ble dans les prairies où elle se multiplie. Elle est douée aussi de propriétés astringentes.

-ocr page 494-

478 primulacées.

L, thyrsi/lora L., fleurs jaunes, en grappes cylindriques, courtes; feuilles longuement aeumi-
nées, embrassantes; soucbe stolonifere, — lieux humides de l'Est;

L, ephemerum L., fleurs blanches ou violacées, solitaires, en une longue grappe terminale;
feuilles allongées, très entières, décurrentes à la base, — Pyrénées-Orientales et centrales.

Genre ASTEROLIN. — ASTEROUNUM Link et Hoffm.

Corolle, plus courte que le calice, en roue; — étamines exsertes ; — graines 2.3. — Feuilles
opposées.

A. stellalum L. et H., fleurs d'un blanc verdâtre, solitaires au sommet des rameaux; feuilles
très petites; plante de 4 à 6 centimètres; annuelle, — littoral de l'Océan et de la Méditerranée.

Genre MOURON. — ANAGALL1S L.

Corolle en roue, dépassant le calice, caduque; — étamines à filets velus; — capsule globu-
leuse, en pyxide ; —
graines nombreuses, trigones, rugueuses. — Tiges multiples, radicantes,
radicales.

Mouron des champs, A. arvensis L.

Fleurs opposées, axillaires, à pédoncules grêles. Feuilles opposées, parfois ternées, sessiles,
lancéolées ou ovales. Tiges quadrangulaires, diffuses, de 1 à 4 décimètres. — Plante glabre.
Annuelle. Fleurissant tout l'été.

Forme plusieurs variétés, dont deux principales, considérées par quelques auteurs comme des
espèces différentes : l'une à flenrs rouges,
Mouron rouge ou M. mâle (A. phœnicea Lm.); l'autre, à
fleurs bleues,
M. bleu ou M. femelle (A. cserulea Lm.); elles viennent dans les mêmes lieux et pres-
que toujours ensemble.

Espèce extrêmement commune partout, notamment dans les lieux culti-
vés, les champs, les vignes et les pâtures. Les feuilles ont une saveur dou-
ceâtre, puis amère, et une légère odeur aromatique, devenant désagréable
quand 011 les froisse, qui empêchent ces feuilles d'être recherchées par les
animaux; aussi la plante doit-elle être arrachée des pâturages où elle est
répandue. Ses graines sont de plus considérées comme un poison pour les
serins. Le Mouron des champs, longtemps employé en médecine pour des
usages divers, est aujourd'hui tout à fait inusité.

A. lenella L., fleurs roses; feuilles brièvement pétiolées, presque rondes; tiges très grêles,
de 6 à 12 centimètres, — espèce voisine de la précédente, moins répandue, venant surtout dans
les lieux humides et marécageux, près des sources;

A. crassifolia Thore, fleurs blanches; feuilles alternes, presque orbiculaires, charnues; plante
glabre, luisante, vïvace, — assez commune dans toutes les landes du Sud-Ouest.

-ocr page 495-

jasminé-es. 479

Genre GENTENILLE. — CENTUNCULUS L.

Calice à 4.5 divisions; — corolle à 4.5 divisions, à tube court, renflée, raarcesoente ; —
étamines 4,5, saillantes; — capsule s'ouvraut en pyxide; — graines nombreuses.

C. minimus L., fleurs blanclies ou roses; tige rameuse, de 3 à 6 centimètres; annuelle, —
très petite plante, venant dans les lieux ombragés et humides, les champs sablonneux, aux bords
des sentiers de presque toute la France.

Genre SAMOLE. — SAMOLUS T.

Calice adhérent ; — corolle insérée au sommet du tube calicinal, en coupe; — étamines avec
5 filets stériles; —
capsule à 5 valves, s'ouvrant au sommet par 5 dents.

Samole de Valerand , S. Valerandi L.

Mouron d'eau.

Fleurs blanches, petites, en panioule terminale dressée. Feuilles entières, spatulées, les radi-
cales en rosette, les caulinaires alternes. Tige dressée, arrondie, de 2 il 3 décimètres. Yivace.

Venant dans toute la France, dans les régions montagneuses surtout, dans les prairies
humides, près des mares ou des sources, quelquefois dans l'eau même, où elle se développe
beaucoup. Ses feuilles amères et apéritives sont mangées par tons les bestiaux, sans être précisé-
ment recherchées.

Famille des JASMINÉES Juss.

A MIRES MONOPÉTALES T.; DIANDRIE L. ; HYPOCOROLLIE .T.

Pleurs ordinairement hermaphrodites, régulières, en grappes ou en pani-
oule ; —
calice monosépale, ordinairement à 4 divisions, persistant, urcéolé;

— corolle monopétale, hypogyne, ordinairement à 4 divisions; — étamines 2,
soudées par les filets au" tube de la corolle; anthères s'ouvrant en long; —
ovaire libre, à 2 loges, contenant chacun 2 ovules suspendus; — style simple,
très court; stigmate bilobé ; —
fruit sec ou charnu; — graines 1.2, à embryon
droit, enfermé dans un albumen charnu ou corné, quelquefois très mince.

— Feuilles opposées, simples ou imparipennées ; stipules nulles. ·— Arbres
ou arbrisseaux à rameaux opposés.

Famille renfermant un certain nombre de plantes très importantes par
les produits divers qu'elles fournissent à l'économie domestique, à la méde-
cine, à l'industrie, à l'horticulture. Plusieurs botanistes, se basant sur des

-ocr page 496-

480 JASMINEES.

caractères, non certains d'ailleurs, tirés de la position de l'ovule, en ont
depuis longtemps formé deux familles distinctes; cette division offrant peu
d'avantages pour l'étude, nous maintiendrons la famille primitive, qui
comprend les genres ci-après :

Noyau dur, épais. .
f Noy. mince, fragile
Etamines incluses — Fr. bacciforme — Corolle à tube court
E \ Fruit sec, capsulaire, biloculaire, à 2 valves — Fleurs à 4 divisions. , .

Fleurs à 5.8 divisions — Corolle à tube allongé

H3 '
O . ■ -
t- I «

■pn | "§ ( | Etamine exsevte — Fruit drupacé.

g 1 .-g J Fleurs ^ Corolle à tube allongé

à

Jasmindm.
Olea.

Phyllibea.

Ligusthum.

Lilac.

Orkus.

Fraxinus.

rr, jfe Ç 4divis.

m
<

Corolle à 4 pétales linéaires

JASMINUM T.

Fleurs polygames — Fr. sec (samare), unilocul.

Enveloppes florales nulles..

Genre JASMIN.

Calice et corolle à 5.8 divisions; — fruit charnu (baie), globuleux, renfermant 1 graine.
,ƒ.
fruticans L., fleurs jaunes, odorantes; feuilles alternes, simples ou ternées; rameaux
l'aides, allongés ; — spontané dans tout le Midi, au milieu des haies, aux bords des vignes, etc. ;

J. officinale L., fleurs blanches; feuilles opposées, imparipennées, — originaire d'Asie;
depuis longtemps acclimatée dans tous les jardins.

L'une et l'autre espèces formant des arbrisseaux cultivés seulement comme plantes d'orne-
ment et fournissant leurs fleurs aux usages de la parfumerie.

Genre OLIVIER. — OLEA T.

Calice en coupe ; — corolle large, à tube court et limbe à 4 divisions ovales ; —.fruit charnu
(drupe), à noyau osseux , contenant 1.2 graines à albumen charnu. —
Feuilles opposées.

Olivier d'Europe , 0. Europœa L.

Fleurs blanches, en petites grappes axillaires. Feuilles lancéolées, très entières, coriaces,
persistantes, blanchâtres, surtout en dessous. Arbrisseau ou arbre de grandeur variable.

L'Olivier, dont on connaît plusieurs variétés se distinguant d'après la forme et la couleur du
fruit, est originaire d'Asie et depuis longtemps acclimaté en Europe. Il vient dans le Midi de la
France, principalement dans le Sud-Est, où il se rencontre rarement à l'état sauvage, et ne réus-
sit pas dans le Nord. Cultivé pour son fruit, que l'on mange en nature ou dont on extrait l'huile
grasse la plus estimée dans les usages domestiques, il fournit, en outre, son bois à l'ébénisterie
de luxe. On le taille tous les ans, et ses feuilles , acerbes et astringentes, sont données aux
moutons, qui les mangent avec avidité. A l'automne , les bergers conduisent même les troupeaux
sous les arbres pour leur faire manger les olives tombées à terre.

\

U

-ocr page 497-

jasminées. 481

Genre PHYLLIREA. — PHYLLIREA T.

Corolle rotacée, à 4 divisions; — fruit formant une drupe noire, à noyau mince et fragile,
renfermant 1 graine. —
Feuilles simples, coriaces, persistantes; — tige ligneuse.

P. augustifolia L. ; fleurs petites, blanches, en grappes courtes; feuilles linéaires; —
P. média L., feuilles ovales; — P. stricta Bert., — arbrisseaux de 1 il 2 mètres, habitant les
mêmes lieux que l'Olivier, et cultivés à cause de leurs feuilles persistantes en hiver.

Genre TROÈNE. — LIGUSTRUM T.

Calice court ; — corolle à tube allongé, à 4 divisions étalées ; — fruit formant une baie il
2 loges, contenant 2 graines. —
Tige ligneuse.

Troène commun , L. vulgare L.

Fresillon, Sauvillot, Truflier, Trougne, Verzelle, Pluie blanche.

Fleurs blanches, odorantes, en grappe serrée terminale. Raie noire persistante tout l'hiver.
Feuilles ovales, entières, coriaces, persistantes. — Arbrisseau ii rameaux flexibles et écoree ver-
ruqueuse.

Espèce très commune dans les bois, haies et buissons, dans les terrains et aux expositions
les plus divers. Cultivé dans les jardins d'ornement, il peut être utilisé dans toute ses parties.
11 fournit ainsi son bois à l'industrie ; son écorce, qui sert il teindre la laine en jaune ; ses baies,
dont on tire une matière colorante brune employée ii différents usages. Enfin, ses feuilles, amères
et astringentes, ainsi que ses jeunes pousses, sont mangées par les moutons et les vaches.

Genre LILAS. — L1LAC T; SYRINGA L.

Corolle à tube allongé, il limbe en coupe; — fruit capsulaire, sec, presque ligneux biloculaire.
à déhiseence loculieide, il 2 valves, avec 2 graines dans chaque loge. —
Feuilles simples; — tige
ligneuse.

L. vulgaris Lm., feuilles cordiformes ; — L. persica Lm., feuilles lancéolées; — arbrisseaux
cultivés dans tous les jardins, et dont les feuilles amères pourraient servir comme toniques,
fébrifuges.

Genre ORNE. — ORNIJS T.

Fleurs polygames; — calice à 4 divisions; — corolle à 2.4 pétales linéaires; — fruit sec
(samare), indéhiscent, comprimé, ailé, unilocnlé, monosperme. —
Feuilles imparipennées ; —
tige arborescente.

Orne d'Europe. — 0. Europea Bert.; Fraxinus ornus L.

Frêne fleuri, Orne à manne.

Fleurs blanches, en grappe terminale, paraissant en même temps que les feuilles. Samare

«

-ocr page 498-

■482 jasminées.

petite, étroite, allongée, obliquement émarginée au sommet. Feuilles à 7.9 folioles, grandes,
ovales, dentées supérieurement, à dents arrondies. Arbre de 7 à 8 mètres.

Commun dans le midi de la France et de l'Europe, où il est cultivé exclusivement pour orner
les parcs, les avenues, etc. En Sicile, coule de sa tige, et de celle d'une espèce voisine (0.
rotun-
difolia)
, le produit purgatif doux connu sous le nom de manne, et dont on facilite la récolte en
incisant l'écorce.

Genre FRÊNE. — FRAXTNUS T.

(Caractères ilu genre Onsus). — Fleurs polygames ou dioïques ; — calice et corolle nuls.

Frêne commun. — F. excelsior L.

Fleurs en grappes opposées, courtes, penchées, paraissant avant les feuilles. Samares en pa-
nicule pendante, elliptiques, plus ou moins larges, tronquées ou émarginées, au sommet mucroné.
Graine allongée, oléagineuse. Feuilles à 9.13 folioles, lancéolées, acuminées, dentées en scie, à
dents aiguës. — Arbre élevé.

Le Frêne, qui vient spontanément dans les bois, baies et ravins de toute l'Europe, est planté
partout, an bord des champs, le long des chemins, etc. Son bois, très dur, est principalement
employé aux travaux de cliarronnage, à la fabrication des instruments d'agriculture. Son écorce
est amère et astringente ; ses feuilles, au printemps, attirent les cantharides, et offrent même
ainsi le moyen de récolter ces insectes. Ces feuilles sont d'ailleurs mangées avec plaisir par tons
les bestiaux et par les chevaux.

« Dans le royaume de Naples, on plante souvent le Frêne exprès pour en recueillir les
feuilles, qui servent, pendant l'hiver, il la nourriture des bestiaux, quelquefois même on en en-
graisse des bœufs. Dans quelques pays, et notamment dans le département de Maine-et-Loire, on
l'effeuille en automne, sans l'ébrancher, pour nourrir les vaches. On suit la même méthode dans
plusieurs vallées de la Savoie. Ces feuilles sont assez tendres pour être données aux veaux et aux
moutons. On prétend que leur amertume passerait au lait des vaches qui en seraient exclusivement
nourries. — M. Francoz, en s'occupant de diverses recherches sur les semis et la culture de cet
arbre, a reconnu que cet aliment influe singulièrement sur les qualités du lait. En effet, une
commission, nommée pour vérifier les résultats qu'il avait obtenus, a constaté comme lui :

« 1° Que le lait des vaches auxquelles on donne des feuilles de Frêne est plus abondant et
aussi blanc qu'à l'ordinaire ;

« 2° Que le beurre, plus consistant et d'un plus beau jaune doré, acquiert une saveur fort
agréable, analogue au goût de noisette;

« 3° Que lorsque la nourriture avec la feuille de Frêne est exclusive, cette saveur, en se
développant davantage, tend à un goût fort, qui toutefois ne se maintient point après la cuisson.
Du reste, l'expérience a confirmé un fait connu, savoir, que les produits provenant de la nourri-
ture avec des feuilles de Frêne, mêlées d'autres fourrages, sont d'une qualité supérieure h ceux
de la nourriture avec du foin senl
(II. Lecoq, Traité des Plantes fourragères). »

Il importe surtout de faire attention, quand on donne aux animaux les feuilles de Fr'ne,
de n'y pas laisser des cantharides, qui souvent s'y sont déposées, et dont l'ingestion pourrait
donner lieu aux plus graves accidents.

Outre le Frêne commun, on distingue encore, d'après le plus ou moins de largeur du fruit,
la disposition des fleurs ou des feuilles, plusieurs autres espèces de Frêne , les unes venant spon-,
tanément, les autres cultivées dans les jardins, et qui ne paraissent que de simples variétés du
type, dont elles possèdent , au surplus, toutes les propriétés.

-ocr page 499-

AP0CYN1ÎES. 483

Famille des APOCYNÉES Juss.

C A MPA NI FORM ES T.: PENTA NDRIE L·.; H YPOCOROLL1E .1.

Fleurs hermaphrodites, régulières, axillaires; — calice monosépale, per-
sistant , à 5 divisions ; —
corolle monopétale, hypogyne, à 5 lobes ; — êtamines
5, insérées sur le tube de la corolle, à filet très court, à anthères libres ou
soudées au stigmate, et surmontées d'un appendice poilu de forme variable ;
pollen granuleux ; —
ovaire à 2 carpelles libres ou soudés ; — style 1, stig-
mate simple ou bifide; —
fruit formé de 1.2 follicules à déhisceuce ventrale;
— graines nombreuses, suspendues, nues ou munies d'une aigrette; embryon
droit; albumen charnu. —
Feuilles simples, entières, opposées, sans stipules,
persistantes en hiver. — Herbes ou arbustes, parfois volubiles, lactescents.

Famille comprenant des plantes, la plupart exotiques, remarquables par
leurs propriétés irritantes, vénéneuses, leur saveur Acre, qu'elles doivent au
suc blanc laiteux qu'elles renferment dans toutes leurs parties. Elles sont
toutes nuisibles aux bestiaux, qui d'ailleurs n'y touchent jamais. Les espè-
ces connues dans nos contrées se renferment dans les trois genres suivants :

Anth. libres — Corolle sans écailles il la gorge

Antli. soudées au stig. — Cor. avec écaill. à la gorge—Or. àaigr. Nerhtm.

Genre PERVENCHE. — VINCA L.

Fleurs bleues, solitaires ; — corolle en coupe pentagonale, dépourvue d'écaillés ; — êtamines
surmontées d'un appendice membraneux ; — style poilu au sommet, entouré vers le liant d'un
anneau stigmatifère ; —
graines nues. — Feuilles brièvement pétiolées, luisantes ; — tiges flori-
fères courtes, souvent stériles, alors allongées et radicantes.

Herbes vivaces, constituant des plantes amères, astringentes et fébrifu-
ges, exclusivement cultivées comme plantes d'ornement, et que dédaignent
constamment les animaux.

V. minor L., pédoncules longs, feuilles elliptiques, — espèce abondante partout, danslesbois,
les baies, au bord des ruisseaux ombragés.

V. major L., pédoncules courts ; feuilles en cœur à la base , — très commun aussi, surtout
dans le Midi, et venant dans les mêmes lieux que le précédent.

Genre APOCYN. — APOCYNUM T.

Corolle campanulée, à lobes non écailleux ; — êtamines conniventes, sagittées, surmontées
d'un prolongement aigu ; —
graine à aigrette soyeuse.

-ocr page 500-

184 asclêpiadiées.

A. Androssemifolium L., fleurs roses, en cymes corymbiformes ; feuilles ovales-aiguës ; sous-
arbrisseau de 5 à 6 décimètres, — originaire de l'Amérique du Nord, doué de propriétés véné-
neuses très prononcées, d'où son nom d'vipoci/n (tue-chien), et remarquable encore par la contrac-
tilité des autlières, assez puissante pour retenir les insectes qui s'en approchent , ce qui a fait
donner encore il cette plante le nom de
gobe-mounhe.

Genre NÉRIER. — NERIUM L.

Corolle en coupe , à lobes obliques, munis à la gorge de 5 écailles laciniées ; — étamines sou-
dées an stigmate, surmontées d'un appendice contourné en spirale ; —
graine à aigrette poilue.

Nérier Laurier-rose, N. oleander L.

Fleurs roses on blanches, en corymbe terminale ; feuilles oblongues, étroites, longues, en-
tières, coriaces, le plus souvent ternées. Tige droite, h rameaux trifurqués ; de 2 à 5 mètres.

Arbrisseau toujours vert, assez commun dans le Midi et dans toutes les régions chaudes,
venant spontanément le long des ruisseaux et des rivières, sur les bords escarpés des ravins, et
généralement dans les lieux humides des rochers. Ses feuilles, qui contiennent une certaine quan-
tité d'acide prussique, ont une odeur désagréable, une saveur acre et amère, et sont vénéneuses;
souvent, en Algérie, elles altèrent l'eau des ruisseaux. Ces propriétés malfaisantes, moins pro-
noncées dans nos climats tempérés , se perdent en grande partie par la culture. On évitera par-
tout néanmoins de laisser manger aux bestiaux les feuilles du Laurier-rose. Ces feuilles, autrefois
employées, ainsi que l'écorce, comme purgatives et vermifuges, servent à composer une poudre
sternutatoire, et dans certaines localités sont utilisées, en décoction ou sous forme de pommade,
contre les maladies de la peau. Cultivé partout comme plante d'orangerie, le Laurier-rose a
donné de belles variétés à fleurs pleines, qu'il faut abriter on hiver.

Famille des ASCLÉPIADIÉES IL Br.

A POC Y NÉ ES Juss,; VINCÉES DC.

»

(Caractères de la famille des Apocynées). —Fleurs en ombelles simples; —
étamines à filets soudés en tube entourant le pistil et pourvu d'une couronne
d'appendices de forme variée ; anthères bilobées, soudées et appliquées sur le
stigmate ; pollen à grains agglutinés en masses renfermées dans des bour-
ses membraneuses, solitaires dans chaque loge, et fixées par paires, apparte-
nant à 2 anthères voisines, au stigmate, auquel elles adhèrent par des appen-
dices glanduleux ; —
styles 2, réunis par un même stigmate ; — graines
toutes à aigrette.

Plantes herbacées ou frutescentes, acres, purgatives ou émétiques, sou-
vent très vénéneuses, comme les précédentes. — Se limitent, dans nos con-
trées, aux genres suivants :

-ocr page 501-

asclépiadiéeìj. 485

Î Cour, starnili, à 5 prolongera. Asclepias.

Cour, starnili, sans prolong. Gomphocaki-os.

ÀSCLÉPIADÉES '

) (Cour, stani, scutell.—Foll.ventr. Vincetoxicum.

Cor. rotacéo—Stigm. apic. !

( Cour, stara, tub__Foli, oylindr. Cynanche.

Genre ASCLÉPIADE. — ASCLEP1AS L.

Corolle à lobes réfléchis ; — appendices staminaux en forme de cornets charnus, munis infé-
rieurement d'un prolongement subulé recourbé en sens opposé ; —
stigmate déprimé, pentagone ;
— follicules fusiformes, volumineux, tomenteux , hérissés.

Asclépjade de Syrie, A. Syriaca L. ; A. Cornuti Dec.

Herbe à la ouate.

Fleurs rosées, odorantes, en ombelles globuleuses. Feuilles très grandes, ovales-obtuses,
cotonneuses en dessous, à nervures transversales. Tiges herbacées, dressées, robustes, de 1 n
2 mètres. Racine traçante.

Espèce originairo d'Orient, cultivée dans tous les jardins , et depuis longtemps acclimatée
en France ; vient spontanément autour des habitations, où elle se propage avec facilité, grfice à
ses longues racines. Cultivée en Orient pour les poils soyeux de ses graines, qu'on emploie à faire
une sorte de ouate, elle fournit en outre, par ses tiges, une matière textile fine, pour l'exploi-
tation de laquelle Y. Yvart a conseillé autrefois la culture de cette plante.

Genre GOMPHOCARPE. — GOMPHOCARPOS R. Br.

Corolle réfléchie ; — appendices staminaux non prolongés inférieurement ; — follicules ovoï-
des, très gros, hérissés d'épines molles.

G. fruticosus R. Br. (Faux Cotonnier), fleurs blanches, feuilles lancéolées-linéaires, à bords
roulés, tige ligneuse ; — Corse.

Genre DOMPTE-VENIN. — VINCETOXICUM Moench.

Corolle en roue ; — couronne staminale il 5 lobes charnus, obtus ; — stigmate brièvement
apiculé ; :
follicules fusiformes, ventrus, longuement acuminés, lisses.

Dompte-venin officinal, V. officinale Moench.; Asclepias vincetoxicum L.

Asclépiade blanche.

Fleurs jaunâtres, blanches intérieurement, en faisceaux ombolliformes, formant une grappe
terminale feuillée. Feuilles réniformes ou en cœur, acuminées, plus étroites supérieurement. Tige
simple, dressée, très feuillée.

Espèce commune, croissant en touffes dans les bois, sur les coteaux incultes, lieux pierreux
de presque toute la France , et que son odeur nauséeuse, sa saveur âcre et amère, bien quo non
lactescente, font repousser de tous les bestiaux. Ses propriétés malfaisantes, plus réelles que lu
faculté qu'on lui a longtemps attribuée de guérir la morsure des serpents, doivent la faire soi-
gneusement extirper des cultures.

V. nigrum Mœnch.; fleurs d'un pourpre noir; feuilles arrondies à la base ; — ouest delà
région méditerranéenne ; propriétés de la précédente.

-ocr page 502-

48G (ïiîntianées.

Genre GYNANCHE. — CYNANCHUM L.

Corolle en roue; — couronne staminale tubuleuse, munie de 5.10 appendices linéaires : —
stigmate en pointe bifide ; — follicules divariqués, presque cylindriques, lisses.

C. acutum L., fleurs blanches ou roses, odorantes, en petites ombelles formant une grappe
irrégulifere, feuilles lancéolées, cordiformes ; tige grêle, volubile, longue, — sables de la région
méditerranéenne ; sa racine fournit la gomme-résine drastique dite
scammonee de Montpellier.

Famille des GENTIANÉES Juss.

CA M l'A NI FORMES T.; PENTANDRIE L.; HYPOCOROLLIE J.

Fleurs hermaphrodites, ordinairement régulières ; — calice monosépale .
persistant, variable de forme, à 4.5.8 divisions ; —
corolle monopétale , hypo-
gyne, souvent persistante, marcescente, à 4.5.8 lobes; —
étamines 4.5-8, à
anthères parfois soudées ; —
ovaire simple, formé de 2 carpelles, unilocu-
laire ; —
style simple ou divisé, quelquefois nul, à stigmate bifide ; — fruit
capsulaire ou bacciforme, à 2 valves, à 1.2 loges ; — graines nombreuses, à em-
bryon droit, très petit, dans un albumen charnu. —
Feuilles sessiles, ordi-
nairement opposées ou verticillées, simples et entières, glabres, sans stipules.
— Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, rarement ligneuses, à tige quel-
quefois volubile, renfermant toutes un suc aqueux très amer.

Famille comprenant un assez grand nombre d'espèces indigènes, qui
croissent principalement dans les prairies élevées de l'Europe, et qui éloi-
gnent les animaux par leur amertume. — On a distingué, dans celles appar-
tenant à nos contrées, les genres suivants :

Îi Cor. altoug., tubul. Gentiana.

I Style nul — Stigm. persistant j
Graine à tégument
l f Cor. rot., glandtilif. Swertia.

membraneux, j

non remplie par < [ Etamines4.5. I Calice tubul., à 5 div. Erythrea.

l'albumen. I Style \ Cor. se contourn, j
Préflorais.contournée [ distinct,^ sur le fruit f Calice camp.,à4div.
Cicendia,
\ caduc j

[ Etam. etdiv. fl. (i.b—Cor. nesecont. pas. Chlora.

,„ . , ,, x ,. ,. (El. roses — Feuill. trifoliol. Menyanthes.

Graine a tegument ligneux , remplie par )

l'albumen - Préfloraison condupliquée j jaunes __ Feuilles simpl. Limnanthemcm.

-ocr page 503-

gentianées. 487

Genre GENTIANE. — GENTIAN A T.

Calice tubuleux ou spathiforme, à 4.10 divisions; — corolle tubuleuse ou campaniforme, h
4.5 lobes, parfois séparés par des appendices; —
Staminés 4.5 ; ■— fruit capsulaire.

Genre formé d'espèces nombreuses, remarquables en général par la
beauté de leurs fleurs, et disséminées pour la plupart dans les pâturages de
montagnes. Quelques-unes, très petites, sont insignifiantes ; d'autres, très
grandes et en même temps les plus abondantes , forment, par leurs larges
feuilles, des touffes épaisses qui embrassent et couvrent de vastes espaces,
et dont les émanations, désagréables pour les animaux, non-seulement éloi-
gnent ceux-ci, mais les empêchent même de manger les plantes voisines
qu'elles ont touchées. A la fin de l'été cependant, les vaches en broutent les
sommités, quand ces plantes ont perdu leur force, selon les paysans d'Au-
vergne : quand les bonnes plantes sont devenues rares, serait-il plus exact de
dire.— Ci-après le tableau des principales espèces indigènes :

o

/ Anthères libres — Calice spathiforme —Fleurs jaunes. LL'TBA l.

*'· Jaunes 1 -, ( Fleurs jaunes.. . Bijhsfri l.p.
ou pourprées) Cahce spatlnforme ( ^

i \ Antheres soudees \ . ~ ,. . , ,. r

<3 1 I „ ,. x . , ( Calice irrégulier. . . Punctata L.
5? 1 f C alice tubuleux I ,, ,

^ 1 ( Calice régulier... . Pannonica Scop.

Anth. soudées-Gorge nue. ( Fleur terminale, solitaire.........Acaolib l.

Corolle campanulée F1 axillaires i Fe· linéair,< col"1(,îes· PNEUMONANTIIE L.

Feuil. lancéol., pétiol. asclehadea l.

« I w I I Corolle à tube presque campanulé—Fleurs à 4 divisions, chdciata l.

x

c 13 par une rosette de feuilles Style distinct, j Veiin1 L"

S, r03 £ / ( Bavarica L.

J /Il / 2 © [ Plantes à rejets stériles terminés ( Style nul· · · ■ Pyrenaka L.

s 1 £ i so \ ~ -tî

~ i s s i ai h

5 ..,..( renflé, ailé. Utricular h
O I o ^ ( Cahce a 5 divis. j , ,

I o « [ Plantes sans rejets ] ! tubuleux . , Nivalis L.

u (Calice à 4 divisions........Ciliata L.

c / / xjge dress ( Calice à 4 lobes inégaux.......Campestbis L.

„ „ , ) de 1.3 déc.L., k«,nll a-.-- (Caps.pédicell. Germanica Willd.

^ Gorge frangée ( Cal. a 5 lob. égaux { ^ ^^ ^ ^ ^

¥

¥
2C

T
¥
¥
¥
¥
¥
¥
¥

¥
©

©

©
©
©
©
©

Gentiane jaune, G. lutea L.

Grande Gentiane.

Fleurs jaunes, pédonculées, en faisceaux axillaires nombreux il la partie supérieure de la
tige. Calice membraneux, fendu d'un côté jusqu'à la base, en spathe. Corolle divisée jusqu'à la
base en 5.7.9 lobes étroits, étalés en roue. Capsule ovoïde-acuminée. Graines ailées. Feuilles
elliptiques, à 5.7 nervures convergentes , les inférieures très grandes, pétiolées , les supérieures
de plus en plus petites, embrassantes. Tige simple, grosse, dressée, fistuleuse. Racine longue,
épaisse, cannelée, rameuse, noirâtre. Taille de 10 à 15 décimètres. — Vivace.

Vient dans les plaines élevées et moyennes , les hauts pâturages de toutes les montagnes de
France, sur les calcaires de transition principalement, et où elle occupe parfois des étendues
considérables, dans les bois peu fourrés, etc. Partout elle répugne aux bestiaux, qui laissent in-
tactes les touffes d'herbes au milieu desquelles elle se trouve. Quand les vaches, pressées par la
faim, en mangent, elle rend le lait amer, les urines rouges, irrite les organes digestifs et pro-
voque la diarrhée. Sa racine, très amère, constitue le plus puissant de nos toniques indigènes et
l'un des plus usités dans la médecine de l'homme et celle des animaux. Elle doit ses propriétés ii

1  Tige rameuse dès la base, de 2.H centimètres. Tenella Unit.

-ocr page 504-

gentianées.

un principe extractif amer particulier, appelé gentianin; elle contient, en outre, du sucre incris-
tallisable dont on obtient, en Suisse, en soumettant cette racine coupée eu rouelles à la fermen-
tation , une eau-de-vie assez abondante , mais d'un goût peu agréable. Les larges feuilles de la
Gentiane servent, en outre, aux habitants des montagnes pour recouvrir le beurre qu'ils portent
au marché. Bien qu'elle soit assez belle, eetto plante ne peut servir à la décoration des jardins ,
car elle n'y réussit pas; semée de graine, elle vient mal, et les pieds transportés périssent
promptement.

G. Burseri Lp., fleurs jaunes, sessiles, en faisceaux axillaires et terminaux; calice fendu
en spathe, corolle presque campanulée, divisée supérieurement en fi lobes aigus; feuillesoblongues,
acuminées ; tige simple, dressée, de 3 à 5 décimètres, — régions élevées des Pyrénées et des
Alpes.

G. punclata L., fleurs jaunes, ponctuées de brun, en faisceaux axillaires et terminaux ; calice
à 5.fi dents inégales, irrégulières; corolle à lobes obtus, courts; fouilles radicales larges, briève-
ment pétiolées, les supérieures embrassantes; tige simple, dressée, de 2 à 5 décimètres, —
régions élevées des Alpes.

G. acaulis L., fleur bleue, solitaire, très grande; calice et corollo campanulés, à 5 divisions;
feuilles en rosette radicale, elliptiques, aiguës ; tige courte, uniflore, presque nue, de 5 à 8 cen-
timètres, — régions supérieures du Jura, des Alpes, des Pyrénées; cultivée dans quelques
jardins.

Gentiane pulmonaire, G. pneumonantlie L.

Pulmonaire des marais, Gentiane des marais, G. d'automne.

Fleurs bleues, allongées, solitaires ou géminées, axillaires ou terminales; calice à 5 lobes
linéaires; corolle campanulée à 5 lobes acuminés ; capsule longuement stipitée. Feuilles linéaires,
obtuses, réfléchies sur les bords, presque connées. Tige grêle, simple, dressée, quelquefois multi-
ple, do 1 ii 3 décimètres.

Petite plante assez belle d'aspect, venant dans les bois, les prairies humides et tourbeuses
des montagnes de l'Est et du Centre principalement, où parfois elle so montre avec une extrême
abondance, et partageant les propriétés do la Gentianejaune.

G. asclepiadea L., corolle en massue; graines largement ailées; feuilles lancéolées, acuminées,
arrondies à la base, brièvement pétiolées ; tige très feuillée, de 2 à 4 décimètres , — prés humides
des Alpes, du Daupliiné.

G. cruciata L. (Croisette), fleurs d'un beau bleu, sessiles, en faisceaux terminaux; corolle
allongée, à 4 lobes courts; capsule brièvement stipitée; feuilles lancéolées, obtuses, à, 3 nervures,
les inférieures longuement connées; tige simple, ascendante, de 1 à 3 décimètres, — pâturages
secs des coteaux de tout le nord de la France ; souvent très abondante.

G. verna L., corolle en coupe, à tube cylindrique, allongé, à limbe étalé, à 5 divisions obtu-
ses, avec appendices trifides entre chaque lobe ; feuilles ovales, les inférieures en rosette ; tiges
filiformes, uniflores ; plante eu touffes de 5 à 10 centimètres , — régions moyenne et élevée du
Jura, de l'Auvergno, des Alpes, des Pyrénées.

G. ciliata L., fleurs solitaires, terminales; calice à 4 lobes; corolle à 4.5 lobes denticulés,
ciliés inférieurement ; feuilles linéaires, très aiguës, les inférieures squammiformes, très courtes ;
tige dresséo, flexueuse, simple ou rameuse, — terrains humides des montagnes, aux bords des
bois.

G. campestris L., fleurs bleu foncé, en panicule dressé, serré; calice irrégulier, il 4 divisions,
les 2 extérieures beaucoup plus larges; corolle à 4 lobes larges et obtus; feuilles elliptiques, les
inférieures spatulées ; tige dressée, faible, simple ou rameuse, de 1 il 2 décimètres, — commune
sur toutos les montagnes de France, et descendant dans les vallées, le long des rivières.

G. germanica Willd., calice il 5 divisions égales; corolle à 5 lobes aigus; feuilles supérieures
plus petites ; tige dressée, de 1 à 3 décimètres, — lieux arides des plaines et montagnes du
nord de la France, où elle est assez commune.

-ocr page 505-

uentunées. 489

Genre SWERTIE. — SWERTJA L.

Calice à 5 divisions linéaires; — corolle en roue, divisée profondément en 5 lobes lancéolés-
étalés, portant chacun à leur base deux glandes ciliées; —
stigmate sessile, persistant; — capsule
ovoïde, uniloculaire.

S. pcrennis L., fleurs d'un bleu violacé, pédonculéos, en panicule étroite ; feuilles assez gran-
des, entières, elliptiques, lisses, les radicales longuement pétiolées, les supérieures sessiles ; tige
dressée, de 2 à 4 décimètres ; racine fibreuse, très amère, vivace , — commune dans les marais
et prés tourbeux de toutes les montagnes de France, oit parfois elle se multiplie il l'excès, et où
elle nuit comme les Gentianes, dont elle partage toutes les propriétés.

Genre ERYTHRÉE. — ERYTHR/EA en.

Calice tubuleux-anguleux, à 5 divisions linéaires; — corolle allongée, à tube serré sous la
gorge, à limbe en entonnoir, à 5 lobes qui se contournent sur le fruit après la fécondation ; —
étamines 5, à anthères se contournant en spirale après l'émission du pollen; — style filiforme,
caduc ; —
capsule linéaire, à 2 valves, presque biloculairc ; — graines très petites, ridées. — Tige
faible, à ramifications dichotomes.

Herbes de petite taille, toutes annuelles ou bisannuelles, amères et toni-
ques, se montrant dans les plaines et sur les rivages maritimes, quelquefois
assez abondamment, et toutes en général repoussées des bestiaux comme les
Gentianes, bien que n'offrant pas les propriétés prononcées de ces dernières
plantes. — On peut distinguer comme il suit les espèces indigènes :

CENTAUIUUM Per»,

Plantes j n ' 1 ......( Latifolia

glabres J j Diffusa

\ lige multiple ...j "

\ Chloodcs

Plante toment. — Tige mult. Tennifotia

Feuilles non en rosette — Tige simple, pulcuella

Stigmate infundibuliforme — Fleurs en épis.....Spicaia

Style bifide — Fleurs jaunes............................Maritima

Simili.
Woods.
Gr. fid.
Gi'isol).
Horn.
Pcrs.
Per?.

Feuilles
^radic. en
rosette

Stigmate

bifide.
I Fleurs en
cyme

( Style entier.
\ Fleurs roses

ERYTHR/EA

ERYTHRÉE CENTAURÉE. — E. CENTAUIUUM Pers. ; GENTIAN A CENTAUIUUM L.

Noms vulgaires. — Petite Centaurée, Centaurelle, Chirone centaurée, Herbe au Centaure, Herbe à

Chiron, Herbe à la fièvre, Fiel de terre.

Fleurs rouges ou roses, sessiles, pourvues de bractées, groupées, au sommet de la tige ou
des rameaux, en cymes compactes. — Calice très petit. — Corolle à lobes obtus. — Feuilles ra-
dicales obovèes, brièvement pétiolées, en rosette, les supérieures linéaires-aiguës. — Tige grêle,
simple à la base, rameuse-dichotomc au sommet, nue, de 2 à 5 décimètres.

Plante se montrant par pieds isolés dans les lieux les plus divers, dans
les friches, les bois et les bruyères, les champs, prairies et pâturages humi-
des, ainsi que dans les prés secs et montueux, où parfois elle est extrême-
ment commune. Les bestiaux la refusent, bien que, prise en petite quantité,

-ocr page 506-

490 gentianées.

elle n'ait pas d'influence nuisible. Toute la plante, très amère, passe pour to-
nique, stomachique et fébrifuge ; mais les sommités fleuries sont, à ce titre,
les seules parties ordinairement utilisées, dans la médecine populaire sur-
tout, qui fait un grand usage de cette plante.

E. latifolia Smitli., feuilles courtes, obtuses, très rapprochées, presque imbriquées; tige
ailée, rameaux très dressés , — bords de la Méditerranée.

E. diffusa Woods., feuilles minces, les inférieures presque orbiculaires, les supérieures ellipti-
ques ; tiges étalées en gazon , ascendantes, — bords de l'Océan , en Bretagne et en Normandie.

E. cliloodes, feuilles oblongues, obtuses, épaisses, charnues ; tiges très nombreuses, renflées
supérieurement , — bords de l'Océan , très commune surtout sur les rives du golfe de Gascogne.

E. tenuifolia Griseb., feuilles linéaires-obtuses, les caulinaires beaucoup plus petites; tig6s
multiples, dressées, rameuses ; toute la plante couverte d'un duvet épais , — lieux secs de la
Provence et du Daupliiné.

Erythrée élégante, E. pulchella Horn.

Fleurs roses, pédonculées, bractéolées, solitaires, en cyme dichotome lâche. Calice égal à la
corolle. Corolle à lobes aigus. Feuilles petites, oblongues, presque aiguës, les inférieures plus
courtes, jamais en rosette. Tige grêle, dressée, très rameuse, à rameaux étalés, de 1 à 2 déci-
mètres.

Espèce venant dans les pâturages et les lieux herbeux et humides, aux bord des eaux, et
partageant toutes les propriétés de la Petite Centaurée ; ses sommités fleuries sont employées de
même comme toniques et fébrifuges.

E. spicata Pers., fleurs roses, solitaires ou en longues grappes spiciformes ; feuilles arrondies
à la base; —
E. maritima Pers., fleurs jaunes, en cyme lâche; feuilles inférieures obovées-rap-
prochées , — venant l'une ot l'autre sur les bords de l'Océan et do la Méditerranée.

Genre CICENDIE. — CAO EN1)1 A Adans.

Fleurs très petites, solitaires, — calice à 4 divisions; — corolle à tube court, ventrue, à
4 lobos, se contournant sur le fruit ; —
étamines 4 ; — capsule à 1 loge. — Feuilles oblongues ou
linéaires ; —
liges grêles, dichotomes. — Espèces annuelles.

C. filiformis Delarb., fleurs jaunes ; calice appliqué sur le fruit; feuilles supérieures linéaires,
très courtes; tiges à divisions dressées, de 5 à 20 centimètres, — venant dans toute la France,
assez commune dans les clairières humides des bois, an bord des étangs.

C. pusilla Grisenb., fleurs rosées ou jaunâtres ; calice étalé; tige très rameuse dès la base,
à divisions étalées, de 5 à 8 centimètres , — terrains marécageux et humides du Centre, de
l'Ouest et du Midi.

Genre CHLORETTE. — CHLORA L.

Fleurs jaunes, en cyme terminale pauciflore ; — calice à fi.8 divisions profondes; — corolle
en coupe, à tube renflé et limbe à fi.8 lobes ; — étamines 6.8, courtes ; — style filiforme, caduc ;
— capsule uniloculaire, ovoïde. — Feuilles très entières ; — lige dressée, raide, simple ou à ra-
meaux dressés. — Plantes très glabres et glauques.

Un petit nombre d'espèces, toutes annuelles, propres surtout aux lieux
humides.

-ocr page 507-

gi3nt1anées. 491

Chlorette perfqliée, Ch. perfoliata L.

Petite Centaurée jaune.

Fleurs d'un jaune presque orangé. C'aliee à 8 divisions subulées. Feuilles ovales, subtriangu-
laires, soudées à leur base dans toute leur largeur, les radicales obtuses, presque pétiolées. Plante
d'un beau vert , de 2 à 3 décimètres.

Vient dans toute la France, et se montre communément sur les coteaux incultes, dans los
pâturages montueux , les bois secs, les friches, ainsi que dans les lieux humides, au bord des
ruisseaux, où les animaux la recherchent peu. Elle est amère et tonique, niais non usitée.

Ch. serotina Kock., fleurs jaune-pâle ; feuilles arrondies à la base, et à soudure étroito , —
prairies tourbeuses, lieux humides du Midi et de l'Est ;

Ch. imper foliota L., fleurs souvent réduites à une seule; capsule il fi divisions; feuilles lan-
céolées, sessiles, non soudées , — bords de l'Océan et de la Méditerranée.

Genre MÉNYANTHE. — MENYANTHES T.

Calice à 5 divisions profondes; — corolle infundibuliforme, il 5 lobes aigus, étalés, barbus sur
la face supérieure ou interne ; —
étamines 5 ; — style filiforme très allongé ; — capsule unilocu-
laire. presque indéhiscente, à valves portant les placentas au milieu.

Ményantiie trifolié , M. trifoliata L.

Trèfle d'eau, T. des marais, T. aquatique, T. de castor.

Fleurs rosées, en grappe, au sommet de longs pédoncules radicaux et nus, sur des pédicelles
pourvus de bractées à leur base. Feuilles trifoliées, sur un long pétiole arrondi engainant à la
base; folioles sessiles, obovées-obtuses, entières ou denticulées. Souche traçante (rhizome), à
demi-eotichée, courte, épaisse, articulée, recouverte parles gaines des anciennes feuilles. —Plante
de 2 à 4 décimètres ; vivace.

Plante venant dans les marais et prés tourbeux, aux bords des étangs et des rivières, crois-
sant également sur le sol humide et dans l'eau, au-dessus de laquelle elle étale ses belles fleurs.
Elle est extrêmement amère dans toutes ses parties, ses feuilles surtout, lesquelles sont très com-
munément employées comme toniques et fébrifuges, et que l'on considère aussi comme fondan-
tes et antiscorbutiques. Dans le Nord, elles sont parfois encore utilisées pour remplacer le Hou-
blon dans la fabrication de la bière. Le Trèfle d'eau n'est point recherché des bestiaux, la chèvre
étant le seul animal domestique qui le mange; et ses larges feuilles gâtent le foin quand elles
sont abondantes. En petite quantité, toutefois, cette plante n'a point d'eifet nuisible, et elle peut
même, dans certains herbages, constituer un condiment tonique utile.

Genre LIMNANTHÈME. — L1MNANTHEMUM Gmel.

Calice à 5 divisions profondes; — corolle à 5 lobes obtus, ciliés sur les bords ; — capsule à
valves soudées portant les placentas sur les bords; —
graines ailées, hérissées, à albumen ligneux.

L. nymphoides Link. (Faux Nénuphar), fleurs jaunes, grandes, en faisceaux sur de longs pé-
doncules ; feuilles entières, presque orbiculaires-cordées, longuement pétiolées ; tiges longues ; —
plante submergée, venant dans les fossés aquatiques, les rivières à eaux peu courantes du nord
et du centre de la France ; feuilles amères ; inusitée.

-ocr page 508-

492 pûijYGALÉES .

Famille des POLYGALÉES Juss.

PERSONÉES T. ; DIADELPHIE L. ; HYPOPÉTALtE J.

Fleurs hermaphrodites, irrégulières; — calice libre, persistant, à 5 sépa-
les inégaux, 3 externes plus petits et 2 intérieurs ou latéraux plus grands,
pétaloïdes enveloppant la corolle (
ailes); — corolle à tube divisé en 3 lobes,
l'un , intérieur, en carène, plus grand, concave, recouvrant les organes de la
fructification , les 2 latéraux entiers, connivents ;
—étamines 8, monadelphes,
formant un tube soudé à la corolle, divisé au sommet en 2 groupes égaux,
portant, chacun 4 anthères uniloculaires, s'ouvrant par un pore terminal; —
ovaire libre, à 2 loges ; —- style long, llexueux , pétaloïde ; — stigmate bilobé ;
— fruit capsulaire, à 2 loges monospermes, à déhiscence loculicide ; — grai-
nes
suspendues, pourvues d'une arille ; embryon droit et albumen charnu, —
Feuilles ordinairement alternes, sessiles, simples, sans stipules.

Famille comprenant un certain nombre d'espèces exotiques et indigè-
nes, contenant un suc amer, auquel elles doivent des propriétés toniques
assez prononcées. Les indigènes, toutes herbacées, forment un seul genre.

VULGAJllS

L.

¥
¥

AM«ua

Jacq.

Calcakka

Scimi

¥

Comosa

Siili.

¥

/losca

Desf.

¥

Ciliata

Lebcl.

¥

derkessa

Wem).

¥

4 Ipestris

Rtül».

¥

Austriaca

Crantz.

¥

Uliginosa

Belili.

¥

Monspeliaca l

CD

Ejcilis

DC.

®

Rupestris

Pourr.

X

Chancebuxus L.

if

Genre POLYGALA. — PULYGALA L.

Fleurs on grappes terminales pins ou moins serrées, sur dos pédioelles pourvus à leur base
de 3 bractées caduques ; —
capsule, écliancrée au sommet, comprimée perpendiculairement à la
cloison, entourée d'un rebord mince ; —
graine velue, entourée d'une arille trilobée. — Feuilles
lancéolées, entières; tiges multiples, partant du collet de la racine, quelquefois ligneuses à la base;

— racine lactescente.

Espèces assez nombreuses, annuelles ou vivaces, d'une taille peu élevée,
et dont quelques-unes, communes dans les lieux herbeux des plaines et des
montagnes, sont, malgré leur amertume, recherchées de tous les bestiaux',
notamment des vaches, auxquelles elles passent pour donner beaucoup de
lait, d'où leur nom de
Polygala (πολύς, beaucoup; γάλα, lait) ; chez tous, elles
favorisent l'action digestive ; mais, par leur faible développement, elles offrent,
généralement peu d'intérêt au point de vue économique. — Ce genre fournit
encore plusieurs belles plantes d'ornement, recherchées pour l'élégance de
leurs fleurs et de leur feuillage, mais qui se conservent peu dans les jardins.

— Ci-après le tableau des espèces indigènes :

[ Bract. égal.( Feuill.infér. pl. court.

' Ailes il nervures

ramifiées
[ et anastomosées.
Fleurs bleues
ou roses

<

tJ
<

Ο
>"1
uj

Ο
cl,

l· leuis 1 practi nl0yel)ne dépass. le pédicell
|en grappes',

terminal. J Bractées dépassant la grappe. . ,

1 Bractées plus courtes quelepédic
Fleurs eu grappes devenant axillaires.....

( Capsule il robord entier.

, Ailes à nerv. ramifiées, sans anastom. {

»3
•Ö
u
ο
Ü

Ailes bicolores, non ramifiées ni anastomosées — Fleurs blanches.
Corolle il 3 lobes entiers — Fleurs jaunes et rouges...............

-ocr page 509-

convolvulacées. 493

Polygala commun , P. vuUjaris L.

Polygalon, Laitier commun, Herbe au lait, Fleur ambrerait.

Fleurs bleues, blanches ou roses, en grappes terminales spiciformes, ordinairement unilatéra-
les ; bractée moyenne, plus grande. Capsule un peu allongée, obcordée. Graine à arille très
courte. Feuilles inférieures elliptiques, les supérieures lancéolées-aiguës, plus longues. Tiges sim-
ples ou rameuses, grêles, couchées-asccndantes, s'élevant h 15 ou 25 centimètres.

Espèce commune dans toute la France, venant surtout dans les pâturages et prairies de
montagnes, dans les bois, et se mêlant à l'herbe rare de ces régions, au milieu do laquelle elle se
fait remarquer, malgré sa petite taille, par la beauté de ses fleurs. Tous les animaux, les vaches
et les chevaux surtout, la mangent avec plaisir, avantage qui, joint à sa rusticité, permet de
la compter au nombre des plantes propres à utiliser les mauvais terrains.

Les autres espèces, moins répandues, mais possédant des propriétés analogues, pourraient
être utilisées dans des conditions analogues. A citer comme les moins rares :

P. amara Jacq., fleurs bleues, à ailes elliptiques plus étroites et plus longues que la capsule;
feuilles inférieures larges, obovées, en rosette étalée, les supérieures beaucoup plus petites ; sa-
veur amêre prononcée , — prés humides et tourbeux des basses montagnes, dans la région de
l'Est surtout.

P. calcarea Schultz,, fleurs bleues; bractée moyenne dépassant le pédicelle ; feuilles grandes,
obtuses, plus étroites supérieurement ; tiges allongées, filiformes, nues à la base , — pelouses et
prairies de toute la France.

P. comosa Sclil., bractées très longues, la moyenne dépassant les grappes; feuilles inférieures
plus courtes, — prés secs, lieux arides des montagnes.

P. depressa Wend., fleurs bleuâtres, peu nombreuses, en grappes lâches, terminales, et deve-
nant latérales par le développement des rameaux axillaires ; feuilles inférieures opposées, obo-
vées, les supérieures alternes, lancéolées, plus grandes , — bois bruyères de toute la France, du
midi surtout.

P. austriaca Crantz., fleurs verdâtres, petites ; bractée moyenne plus grande, ne dépassant
pas la grappe; ailes de moitié plus courtes que la capsule; feuilles inférieures obovées, larges,
en rosette, les supérieures beaucoup plus petites; saveur amère, — lieux herbeux humides des
plaines et des montagnes.

P. Monspeliaca L., fleurs d'un jaune-verdâtre, en grappes égalant la moitié de la longueur
delà tige; carène bordée de vert; feuilles lancéolées-linéaires, acuminées, rapprochées-dresBées ,
— région méditerranéenne.

P. chamwbuxus L. (Faux Huis), fleurs jaunâtres, tachées de rouge, très grandes, solitaires
ou géminées; ailes très grandes, obovées; carène à 3 lobes entiers, sans crête; feuilles petites,
ovales, coriaces, épaisses; tiges couchées, rameuses, très feuillées supérieurement, nues et
presque ligneuses à la base, — spontané dans le Midi et l'Est, et assez communément cultivé
dans les jardins pour ses feuilles ressemblant à celles du Buis.

Famille des CONVOLVULACÉES Vent.
CAMPANIFORMES T.; PENTA NUME L. ; LISERONS J.

Fleurs hermaphrodites, régulières ; — calice persistant, à 5 divisions pro-
fondes ; —
corolle hypogyne, monopétale, campanulée ou infundibuliforme,

-ocr page 510-

494 convolvulacées.

entière ou à 5 lobes, roulée avant la floraison ; — ètamines 5, insérées à la
base de la corolle, à anthères biloculaires, se contournant parfois en spirale
après l'émission du pollen ; —
ovaire libre, à 2.4 loges, sur un disque charnu :
— style simple ou bifide à 1.2.4 stigmates; — fruit capsulaire à 2.4 loges ; —
graines 1.2 par loge, dressées, à embryon recourbé, albumen mince ou
charnu. —
Feuilles alternes et simples, ou nulles ; stipules nulles.

Famille comprenant un grand nombre d'espèces, herbacées ou suffru-
tescentes, la plupart exotiques et douées de propriétés purgatives assez éner-
giques, plus faibles chez les espèces indigènes. Celles-ci, en général plus
nuisibles qu'utiles, offrent peu de ressources à l'agriculture. — On peut les
rapporter à trois genres, que les auteurs modernes ont plus ou moins subdi-
visés en genres nouveaux ou groupés en familles distinctes.

ST, , , , ,,, ( Capsuleindéhisc.— Cor. entière,
Embryon a cotylédons \ 1

. v,...»^,^... foliacés | Qapgi k 2 valv. — Cor. à 5 lobes.

| Embryon sans cotylédons — Capsule »'ouvrant en pyxide.

Genre LISERON. — CONVOLVUWS L.

Fleurs généralement axillaires ; — corolle infundibnliforme, campanulée, entière, h 5 angles
et à, 5 plis ; —
ètamines incluses ; — style filiforme, à stigmate double; — capsule indéhiscente,
biloculaire, à cloison plus ou moins complète ; —
graines à cotylédons foliacés, plissés. — Racines
fortes, charnues.

Espèces très nombreuses, la plupart exotiques, renfermant dans leurs di-
verses parties, surtout dans leurs racines, un suc lactescent, auquel elles doi-
vent des propriétés plus ou moins prononcées , et se bornant, dans nos con-
trées, aux espèces suivantes :

„ , . , ( fige volubile — Fleurs blanches.....SEPHJM l.

, Bractées embrassant la fleur { _. , , ., „,

tn I ( Tige non volubile — Heurs roses. . . . Soldaneli.* l.

ril , , n , , ( Feuiilessagittées. ARVENSIS l.

g [ Tiges volubiles. *'· rosées- Caps, glabre j fiordiform_

^ 1 lige» vuiuimca. j ( euill. cordliorm. Althceoides L.

^ \ Bractées \ Fleurs solitaires | p|eurs jaunâtres — Capsule hérissée......romeniosmChoUy.

> I distant. J i Fleurs en panic. étalée. Cantabrica L.

p[ ) ( Fleurs roses, multiples j Fleurs en panic. allongée. Lineaius L.

la fleur j Tiges non \ ( pleurs en capitule dense. Lanuyinosu, Desr.

volubiles j Feuill.sessil.— Caps, velue. Tb.color L.
I H. bleues, solitaires ( „ .„ ... , „ . ,

N ( Feuill.pétiol.— Caps.glab. Sicului !..

Liseron des haies, C. sepium L.; Calystegia sepium R. Br,

Grand Liseron, Liseron vrillé, Grande Vrillée, Manchettes de la Vierge, Boyaux du Diable.

Fleurs blanches, grandes, solitaires, sur de longs pédoncules uniflores, pourvues de 2 grandes
bractées dépassant le calice. Capsule globuleuse, obtuse, sur un disque orangé. Feuilles grandes,
pétiolées, sagittées, il oreilles aiiguleuses-dentées. Tiges volubiles, glabres, très longues, s'élevant
quand elles rencontrent un soutien.

Plante très commune dans les bois, les haies et buissons des lieux frais et ombragés de
presque toute la France. Ses feuilles, bien que légèrement purgatives, sont mangées par tous les
bestiaux, sauf les bÊtes à cornes qui paraissent peu les rechercher. Les cochons en mangent, en
outre, les racines, malgré leurs propriétés un peu irritantes.

V

n

c0nv0t.vui.u8.

Cressa.
Ctjscuta.

-ocr page 511-

convolvulacées. 495

Liseron soldanelle, L. soldanella L.; L. Calystegia soldmeMa H. Br.

Chou marin.

Fleurs purpurines, grandes, solitaires, avec bractées obtuses, ovales, embrassant le calice
sans le dépasser ; capsule ovoïde-aiguë. Feuilles réniformes, très obtuses, à oreilles arrondies, un
peu charnues. Tige rampante, de 1 à 2 décimètres.

Plante commune sur les sables maritimes de la Méditerranée et de l'Océan , qui laisse suin-
ter, quand on la blesse, un suc laiteux âore et amer; ses feuilles constituent un purgatif assez
énergique, principalement employé pour le traitement des hydropisies. Repoussée des animaux.

Liseron des champs, C. arvensis L.

Petit Liseron, Liseret, Liset, Lizette, Clochette des blés, Campanette, Petite Vrillée, Vrille!, Vieilli·,

Vroncelle, Bédille.

Fleurs blanches, roses sur les angles, solitaires, sur des pédoncules grêles, allongés, portant
2.3 fleurs. Capsule ovoïde-aiguë, glabre, sur un disque orangé. Graines noires, écailleuses. Feuilles
pétiolées, sagittées, à oreilles anguleuses aiguës. Tiges volubiles, couchées ou s'élevant sur les
plantes voisines. Souche longue, traçante, profonde.

Espèce extrêmement répandue dans les lieux cultivés, parmi les blés, dans les champs et
moissons, et dans les autres cultures, ainsi que sur les terrains en friche, au bord des chemins, et
même dans les sables arides. Mangée avec plaisir par tous les bestiaux, surtout par les chevaux
et les bêtes à cornes , elle contribue à rendre fourragère la paille ii laquelle elle est mêlée,
et elle est spécialement recueillie, comme plante fourragère, dans certains pays, en Auver-
gne par exemple, où on la récolte, en mai et en juin, pour la donner aux vaobes. Toutefois, dans
les lieux où il est abondant, le petit Liseron , en étouffant les semis tardifs, est nuisible aux di-
verses plantes autour desquelles il s'enroule, notamment au blé, au chanvre, au lin, d'autant que
se multipliant facilement par ses racines profondes et extrêmement vivaces, il est toujours fort
difficile à extirper. On n'y parvient que par de bons labours et la propagation de prairies artifi-
cielles, qui, dans la grande culture, sont le seul moyen de l'étouffer.

C. cantabrica L., fleurs roses, petites, par 2.4; feuilles étroitement lancéolées, les supérieu-
res linéaires; tiges très rameuses et presque ligneuses il la base, de 3 il fi décimètres, toute lu
plante hérissée-poilue, — commun dans le Midi, l'Est et le Centre, sur les pelouses des coteaux,
des lieux secs et pierreux, et au bord des rivières, et partout forme des touffes que mangent
tous les bestiaux,

C. tricolor L. (Belle-de-jour), fleurs bleues, à centre blanc et jaune, en longue grappe
feuillée ; feuilles sessiles, obovées; tiges redressées, gazonnantes, très feuillées, de 2.5 décimè-
tres , — spontané dans le Sud-Est, mais plus commun dans les jardins d'ornement.

Les autres espèces indigènes, plus rares et sans utilité aucune, se rencontrent surtout, sinon
ii peu près exclusivement, dans les lieux divers de la région méditerranéenne.

Liseron tuberculeux , C. Datatas L. ; Batatas edulis Clioisy.

Batate, Patate douce.

Fleurs blanches ou rosées, assez grandes, par 3.4 sur des pédoncules axillaires. Feuilles cor-
diformes ou sagittées, plus ou moins profondément lobées, glabres, très grandes. Tiges grêles,
étalées, flexueuses, radicantes, souvent très longues, peu volubiles. Racine pivotante, émettant
des rameaux qui deviennent tuberculeux à leur extrémité ; vivace.

La Patate, plante exotique originaire de l'Inde et de l'Amérique méridionale, est connue de-
puis longtemps en Europe. Elle fut importée du Pérou, où les habitants mangent ses tubercules
sous le nom de
papas, bien avant le seizième siècle. On la cultiva d'abord en Espagne ; et plus
tard, en 1596, elle fut introduite en Angleterre. En France, sa culture fut essayée pour la pre-
mière fois sous Louis XV, par Richard , dans le jardin du Trianon. Depuis, on a tenté à plusieurs
reprises de l'introduire dans la grande culture ; mais la difficulté que présente la conservation
de
ses tubercules pendant l'hiver n'a pas permis de l'adopter dans les contrées septentrionales.

-ocr page 512-

496 convolvulacées.

Aussi, actuellement, sa culture est-elle exclusivement réservée aux contrées méridionales de
l'Europe, la Provence, l'Espagne, etc., à l'Algérie. En Amérique, sa culture est surtout répandue
dans la Caroline et jusqu'aux environs de New-York.

Dans ces diverses contrées, on cultive la Patate principalement pour ses racines tubercu-
leuses, féculentes, d'une saveur sucrée et agréable au goût, constituant un aliment sain, nour-
rissant et de facile digestion, qui est, pour ces régions, ce qu'est la Pomme de terre pour les
pays froids et tempérés. On en utilise, en outre, les tiges et les feuilles, qui fournissent aux bes-
tiaux un fourrage abondant, d'un goût agréable, et pour la récolte duquel uniquement, dans cer-
tains cas, on cultive la Patate.

La Patate, comme toutes les ospèees soumises à la culture, fournit plusieurs variétés, se
distinguant par la couleur et par le volume, et offrant, de plus, chacune, quelques propriétés
spéciales. Les principales cultivées dans le Midi sont :

La Rouge-longue et la Jaune-longue , allongées, cylindriques, à chair jaunâtre, douce,
très sucrée, venues l'une et l'autre de l'Amérique septentrionale, et ne différant que par la cou-
leur de la peau ;

La Rose de Malaga , ovoïde, cannelée, très grosse, chair ayant le goût de la châtaigne ;

La Patate-Igname , grosse, courte, irrégulière, cannelée, à peau grisâtre, chair peu su-
crée, mais donnant des produits extraordinaires en grosseur, des tubercules atteignant jusqu'à
4 kilog ; reçue de la Guadeloupe par Vilmorin ;

La Violette, grosse, allongée, irrégulière, chair moins fine mais de meilleure conservation
que l'ancienne
Rouge ; introduite, en 1836, delà Nouvelle-Orléans.

Toutes ces variétés sont facilement modifiées, dans leurs qualités essentielles, par les in-
fluences extérieures, l'excès d'humidité, l'abondance des pluies, qui les rendent insipides; le fu-
mier du sol, qui leur donne un mauvais goût, etc. Lorsque ces changements sont de nature à
empêcher de livrer les racines à la consommation , on a la ressource de les utiliser dans l'alimen-
tation des animaux, qui les recherchent et se trouvent toujours bien de leur emploi.

Culture de la Patate.

On connaît, pour la Patate, plusieurs méthodes de culture. La plante,
redoutant surtout l'humidité, exige dans tous les cas un terrain siliceux ,
léger, sec et chaud, et de préférence un terrain riche. Dans la Caroline, on
lui réserve les parties sablonneuses des habitations. On forme des ados
parallèles, espacés de 1 mètre, au sommet desquels, en février, on dépose, à
des intervalles de 30 centimètres, des petites Patates, que l'on chausse un
peu plus tard. En avril, on coupe au ras du sol toutes les tiges poussées ; la
plus grande partie est donnée aux bestiaux; le reste est planté sur des ados
semblables aux premiers, et l'on fait ainsi de véritables boutures qui doivent
fournir la principale récolte. On commence, en juillet, à arracher les pre-
mières plantes, après les avoir dépouillées de leurs feuilles, que l'on utilise
comme fourrage, et en septembre et octobre on arrache les racines, que l'on
conserve, en tas, jusqu'en mars et avril.

Aux environs de New-York, on dépose, en avril ou en mai, les Patates
de semis sur une planche épaisse de fumier, recouverte de terre, et quand
les plants ont atteint 8 à 10 centimètres, on les détache à la main pour les
repiquer, en pleine terre, en lignes que l'on abandonne jusqu'à la récolte,
après un sarclage rigoureux.

En France, où la Patate ne fructifie pas et ne fleurit que très exception-

-ocr page 513-

convolvulacées. 497

nellement, on la cultive à peu près de même, en semant des tubercules,
tantôt en suivant la méthode en ados de la Caroline, tantôt en repiquant en
sol plat les plantes venues sur couche. On plante alors les tubercules, en
mars et avril, à quelques centimètres les uns des autres, dans une couche
de terre recouvrant une couche de fumier; on couvre le tout de châssis ou
de cloches, et quand les pousses ont atteint de 12 à 15 centimètres, on les
détache, avec la main, des tubercules, on les dépose sur les plates-bandes,
où les pousses s'enracinent.

Ces boutures, garanties du froid par des châssis ou des paillassons, sont
enlevées en mai et mises en place dans des fossettes où on les enterre verti-
calement, après avoir enlevé la plus grande partie des feuilles, dont la végé-
tation serait préjudiciable au développement des tubercules. On pratique en-
suite plusieurs binages, un buttage léger pour entretenir la fraîcheur des
racines, et vers la fin de juillet, on commence l'arrachage, que l'on opère
par un temps sec et après avoir coupé les tiges.

Les tubercules hors de terre restent quelque temps exposés à l'air et au
soleil. Il s'agit ensuite de les conserver en les préservant du froid et de l'hu-
midité. Ils s'altèrent à une température de -f- 4°. Il faut donc pouvoir les
maintenir à une température de 9° à 10° au moins, en les déposant dans des
locaux sains et où ils ne soient pas exposés à l'humidité, qu'ils redoutent
par-dessus tout. Pour assurer leur conservation, le mieux est de les isoler le
plus possible les uns des autres. A cet effet, ont été conseillés des procédés
assez nombreux, et tous, au dire de leurs auteurs, également efficaces. Un
moyen simple, qui a souvent réussi, consiste à les stratifier, dans des caisses
avec de la mousse sèche, du son ou de la sciure de bois.

La Patate donne des produits assez abondants, de 20 à 30 mille kilog. par
hectare, et une quantité double en Algérie. On en obtient, en outre, des tiges
et des feuilles en abondance, que l'on peut donner aux animaux domestiques,
et que les vaches recherchent particulièrement. C'est en Algérie surtout que la
culture de la Patate comme plante fourragère pourrait réussir et qu'il y aurait
lieu de l'expérimenter.

Le genre Convolvulus fournit, outre la Patate, quelques autres espèces exotiques utiles,
entre lesquelles il suffira (le mentionner :

Le C. scoparius L., espèce des Canaries, qui fournit le Bois de rose;

Le C. scammonia L., duquel on retire la Scammonée d'Alep, gomme-résine constituant un
purgatif drastique des plus énergiques ;

Le C. jalapa L., Batatas jalapa Chois., dont la racine tuberculeuse constitue, sous le nom
de
Jalap, un purgatif journellement employé ;

Le C. turpetlium L., Ipomxa turpethum R. Rr., fournissant aussi une racine purgative.

Les diverses espèces du genre Ifom^ea L., à fleurs diversement colorées, à tiges volubiles,
à feuilles larges et cordées, et dont la principale, IV.
purpurea Lm., Pharbitis liispida Chois., Con-
volvulus mutabilts
Salisb., est le Volubilis, si communément semé en tous lieux pour garnir les
berceaux et les treillages.

-ocr page 514-

498 convolvulacées.

Genre CRESSE. — CRESSA L.

Corolle à limbe plan, à 5 lobes ; — etamines saillantes ; — styles 2 ;— capsule bivalve, à 1 graine.
6'.
eretica L., fleurs jaunes, petites, par 2.3, sessiles, en grappe courte; feuilles ovales-
aiguës, arrondies à la base, sessiles ; tige dressée, de 10 à 15 centimètres : annuelle, — propre
aux rivages de la Méditerranée.

Genre CUSCUTE. — CUSCUTA T.

Fleurs blanches ou rosées, très petites, ordinairement sessiles et groupées en capitules globu-
leuses ; —
calice à 4.5 divisions, plus ou moins charnu ; —carolte urcéolée, globuleuse, à 4.5 lobes,
parfois munie d'écaillés pétaloïdes insérées à la base du tube; —
etamines 4.5; — styles 1.2, à
stigmates allongés ou globuleux; —
capsule biloculaire, il déhiscence circulaire; — graines 2.4,
grises ou roussâtres, lisses ou chagrinées, à test dur, épais ; embryon filiforme, dépourvu de co-
tylédons, enroulé autour d'un albumen charnu central. —
Feuilles nulles ; — tiges nues, filifor-
mes, volubiles, lisses, blanchâtres ou diversement colorées, se ramifiant à l'infini, portant, à la
place de feuilles, de très petites écailles, et, de distance en distance, des paquets de petites fleurs
parfois très rapprochés.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces, toutes annuelles, para-
sites, vivant exclusivement de la sève d'autres végétaux, sur lesquels elles
s'attachent par des suçoirs et se développent en se ramifiant
à l'infini, enve-
loppant alors ces végétaux en tous sens, comme les mailles d'un inextricable
réseau et de manière à figurer à distance de véritables paquets de fil blanc
ou rougeâtre entremêlé. Les plantes les plus diverses sont exposées à l'inva-
sion des Cuscutes, qui végètent sur toutes indistinctement, depuis les plus
petites herbes jusqu'aux plus grands arbres, sur les plantes acres et véné-
neuses aussi bien que sur celles de propriétés douces et émollientes. Elles
vivent, en outre, dans les régions les plus diverses, du cercle boréal à l'équa-
teur, des vallées basses et humides jusqu'aux plus hautes montagnes. Offrant
toutes des propriétés analogues, elles renferment une matière colorante rouge
ou rougeâtre, et sont considérées comme excitantes, apéritives, antiscorbuti-
ques. Les bestiaux les mangent quelquefois. Mais ce qui spécialement appelle
1 attention sur les Cuscutes, c'est le danger auquel elles exposent les cultures,
pour lesquelles elles constituent un des plus grands fléaux qui puissent les
atteindre et entraver leur développement.

Les Cuscutes offrent toutes entre elles une extrême ressemblance, et sont,
par cela même, d'une distinction difficile, même pour l'œil d'un botaniste
exercé. Aussi, autrefois, n'en signalait-on que deux espèces, la
petite et la
grande. Une étude plus complète en a fait reconnaître un plus grand nom-
bre, dont le total, espèces ou variétés, s'élève actuellement â soixante envi-
ron , dont sept plus spécialement françaises. Elles ont été déterminées soit
par leurs caractères botaniques, soit par la nature des végétaux sur lesquels
elles se développent plus spécialement, et paraissent avoir été de tout temps
connues, sinon parfaitement distinguées.—Voici le tableau des espèces indi-
gènes aujourd'hui reconnues :

Etamines saillantes. ( Calice il lobes étalés. Hixor. C. Bauti.

o.· „ ( (-T'0"1· av \ Ecaill.convergentes j Calice dressé.......trifoi.ii Bab. Gibs.

stigmates V une bractée. < · · i / r-i ·* i . „ .

linéaires / Qr i;sses ) Etamines incluses, t FI. en gros capitules, llajo· ·:. Bauii.

Fl. en glomér./ \ Ecailles relevées ( Fl. en capit. très petits. A Itm Presi.

\ Glomér. nus—Graines rugueuses— Etamines incluses., Eptlinum Weili.

' . , . . . ( Styles2— Ecailles converg. sL'aUOi.knî» Seriuo-

Stigmates globuleux — Fleurs en paincule ( ', _ _ .,, , ,

e r ( Style 1 — Ecailles relevées. . !H,mn<jynn Walii.

-ocr page 515-

convolvulacées. 499

Petite Cuscute, C. minor C. Bauh.; C. epithymum Srn.;
C. Europxa var. p L,

Fleurs rosées, en capitules globuleux , sessiles, pourvus d'une bractée. Calice à lobes
aigus, étalés au sommet. Corolle urcéolée, à 5 lobes larges, étalés-réflécbis. Etamines saillantes.
Ecailles grandes, convergentes, fermant le tube de la corolle et couvrant entièrement l'ovaire.
Styles dressés, à la fin dépassant les étamines. Graines lisses, grisâtres, un peu réniformes, à peu
près semblables à celles du Trèfle. Tiges capillaires, rameuses, rougeâtres.

Espèce habitant toute l'Europe, principalement la région moyenne et méridionale , l'une des
plus communes à l'état sauvage, et celle aussi qui vient sur le plus grand nombre de végétaux.
Répandue dans les pâturages incultes, les landes, dunes, bruyères, des régions et coteaux secs du
Midi principalement, elle vit indistinctement sur les plantes les plus diverses par leurs caractères
et leurs propriétés, sur le Thym-serpolet, la Lavande, les Plantains, les Galiums, les Bruyères,
les Solidages, les Laitrons, les Armoises, sur les Euphorbiacées et sur les Légumineuses
î Ge-
nêts, Arrête-bœuf, Ajonc nain, Trèfle, Luzerne, etc. On l'a même fait venir artificielle-
ment sur plusieurs arbrisseaux, l'Epine-Vinette, le Groseiller, le Buisson-ardent, le Sorbier des
oiseaux, etc. Elle se montre aussi dans les cultures, notamment dans les champs de luzerne, de
trèfle, de pois, etc.; mais elle y est plus rare que les Cuscutes propres à ces végétaux , et s'y
développe d'une manière vague et beaucoup plus irrégulière.

Cuscute du Trèfle, C. trifolii Babingt. et Gibs.; C. minor var. p C. Baub.

(Caractères du C. minor.) Fleurs en glomérules plus gros, plus serrés. Calice à divisions
appliquées au sommet. Corolle
à lobes plus étroits. Ecailles ne recouvrant point complètement
l'ovaire. Styles divergents, ne dépassant pas les étamines.

Cette espèce, la plus connue des cultivateurs, se montre, comme la précédente, dans toute
l'Europe moyenne et méridionale. En France, elle abonde surtout dans le Midi, attaquant princi-
palement , sinon presque exclusivement, le Trèfle, quelquefois le Sainfoin , et manifestant sa pré-
sence, dans les champs de trèfle, par des espèces de taches qui s'étendent de proche en proche
en cercles réguliers, et peuvent atteindre jusqu'à 2 mètres et plus de diamètre. On voit, dans ces
cercles, là Cuscute, par les spirales multipliées de ses tiges et les suçoirs dont elles sont munies,
étreindre tous les pieds de Trèfle à sa portée, les étouffer et les faire périr. Si les touffes de Cus-
cute sont assez nombreuses et se développent librement, elles finissent par se rejoindre, enlacent
leurs propres tiges qui ne trouvent plus rien à dévorer, et s'enchevêtrent en réseaux touffus, sous
lesquels achèvent de disparaître les tiges, les feuilles et même les pieds envahis. Alors les tiges
de Cuscute, chargées do fleurs et de fruits, peuvent encore assez longtemps vivre d'elles-mêmes
sur le sol et en plein air, et achever de parcourir les diverses phases de leur végétation ; mais
après, elles finissent par pourrir, non sans laisser cependant une masse de graines, dont il sera
plus que difficile ensuite de débarrasser le terrain.

Grande Cuscute, C. major C. Bauh.; C. Europxa var. « L.

C. vulgaris Pers.

Fleurs d'un blanc rosé, en capitules globuleux , denses, sessiles, rapprochées, munies d'une
bractée à la base. Calice charnu inférieurcment et se prolongeant au-dessous de l'ovaire. Corolle
urcéolée, à lobes étalés-redressés, Etamines incluses. Ecailles minces, petites, relevées contre 1»
corolle. Styles divergents, courts. Capsule atténuée au sommet. Graines lisses. Tige capillaire,
rameuse, jaunâtre.

Espèce dispersée sur un très vaste espace, dans toute l'Europe, en Asie, en Afrique, en
Amérique, se montrant dans les lieux incultes, dans les buissons et les haies, sur la lisière det
bois, et venant sur beaucoup de plantes herbacées ou ligneuses, principalement sur l'Ortie dio'i-
que, le Chanvre, le Houblon, les Chardons, la Vigne jeune, etc.

Cuscute blanche , C. alba Presl.

Fleurs blanches, très petites, en capitules denses, petits, serrés. Calice et Corolle à divisions
obtuses. Etamines incluses. Tiges très grêles.

-ocr page 516-

500 convolvulacées.

Assez commune dans toute la région méditerranéenne, venant dans les garrigues ainsi que
dans les cultures, les prairies artificielles, où elle se développe à peu près comme le
C. trifolii.

Cuscute du lin, G. epilinum Weih.; C. densiftora Soy.

Fleurs blanolies, Ji capitules globuleux, denses, distants les uns des autres, dépourvus de
bractée. Calice transparent, charnu, à divisions très courtes. Corolle dépassant à peine le calice,
à tube renflé, à divisions très courtes, étalées. Etamines incluses. Ecailles très petites, relevées.
Styles divergents, très courts. Graines finement rugueuses. Tiges capillaires, peu ou point ra-
meuses, jaunes-verdâtres.

Vient surtout dans le nord de la France, et croît de préférence sur le Lin, dont elle envahit
les tiges, qu'elle rend cliétives si elle ne les tue, et dont elle diminue notamment le produit quand
cette plante est cultivée pour la graine. On dit cependant cette Cuscute inconnue dans les
Flan-
dres, où est récolté le plus beau lin répandu dans le commerce.

Cuscute odorante, C. suaveolens Sering.; C. corymbosa R. et Pav.

Fleurs blanches, odorantes, en corymbes paniculés, à pédoncules plus ou moins longs, sim-
ples ou rameux , pourvus d'une bractée à la hase. Corolle campanulée, bien plus longue que le
calice, à divisions infléchies eu cornet à leur sommet. Ecailles infléchies, fermant le tube de la
corolle. Styles 2 fois plus longs que l'ovaire. Graines rugueuses, plus grosses que dans les autres
Cusoutes. Tiges capillaires, rameuses, d'une teinte orangée.

Espèce commune dans tout l'est et le midi de la France, vivant dans les cultures, principale-
ment sur la Luzerne, espèce que, dans le Midi, elle attaque aujourd'hui presque exclusivement,
et dans les champs de laquelle elle révèle sa présence, il distance, par l'odeur suave de vanille et
d'héliotrope que répandent ses fleurs. — On croit cette Cuscute originaire de l'Amérique méri-
dionale, du Chili notamment, d'où elle aurait été introduite avec des graines de Luzerne im-
portées de cette contrée par le commerce de Marseille et de Bordeaux.

Cuscute monogyne , C. monogyna Vahl.

Fleurs roses, en grappes allongées, pédonculées, avec une bractée à la base. Corolle presque
cylindrique, plus longue que le calice, à divisions très courtes. Ecailles appliquées. Style simple.
Capsule très grosse. Tiges du volume d'une ficelle, rameuses.

Espèce ne se montrant en France que dans le Midi, de l'est à l'ouest, fort répandue d'ailleurs
en Europe, en Asie, et croissant sur divers arbres et arbrisseaux ; Térébinthes, Vigne, etc.

DES CUSCUTES EN GÉNÉRAL

Noms vulgaires. — limbe de moine, Raisin barbu, Cheveux de Vénus, Cheveux du Diable, Perruque
du Diable, Tignasse, Teigne, Râche, Rogne, Rogne, Rasi/ue, Ruble, Agoure, Angoure, Augure de
lin, Bourreau de lin, Goutte de lin, Lin maudit, Lin de lièvre, Epithyme, Crémaillère, Pel dé li.
Entrevediou, Baboulo, Trouilloli
(Midi).

Mode de développement. — Effets sur les végétaux.

Les Cuscutes, espèces toutes parasites, et ne différant entre elles, au
point de vue économique, que par la nature des espèces qu'elles envahissent
et le plus ou moins d'extension qu'elles peuvent prendre, suivent toutes, dans
leur développement, une marche identique.

La graine germe en terre au printemps, de mars à mai, et produit une
tigelle offrant l'aspect d'un simple 111, qui, une l'ois sorti de terre, s'allonge,
se tord , s'incline, jusqu'à ce qu'il ait trouvé un point d'appui autour duquel

-ocr page 517-

convolvulacées. 501

il s'enroule. Si c'est une plante sur laquelle la Cuscute puisse se nourrir,
aussitôt se développent, à tous les points de contact, de petits tubercules
arrondis en forme de disque, d'où naît un prolongement par lequel la Cuscute
se met en rapport avec le système vasculaire de la plante. Ces renflements
constituent de véritables bouches ou suçoirs, distants de quelques millimè-
tres les uns des autres, et au moyen desquels le filament absorbe à son profit
la sève de la plante qui le supporte.

La Cuscute alors, pouvant vivre indépendante aux dépens de celle-ci, se
sépare du sol par la destruction de la base de sa tigelle et de sa radicule. En
même temps, à son autre extrémité, se forment de nouveaux filaments qui se
ramifient en tous sens sur les plantes voisines, lesquelles se trouvent bientôt
complètement envahies par un réseau touffu de filaments blonds ou rougeâ-
tres qui les enlacent et les étouffent. Peu après apparaissent les fleurs sous
la forme de petits bouquets compactes, auxquels succèdent les fruits et les
graines, et en telle abondance qu'une seule touffe de Cuscute, venue en liberté,
peut fournir jusqu'à plusieurs centaines de mille de ces semences.

Si à ce moment on arrache la Cuscute, ou si on la coupe d'une manière
incomplète, ce qui reste pousse avec une nouvelle vigueur. Un seul filament
tombant sur une plante, suffit pour donner naissance à une touffe nouvelle
qui croît et s'étend comme la première.

Ce développement des Cuscutes est surtout favorisé par l'air et le soleil.
Ainsi, quand les plantes qui leur servent de support sont sur pied, serrées et
touffues, le défaut de chaleur et de lumière tient en suspens la végétation des
Cuscutes ; mais aussitôt que le fauchage leur ouvre l'accès du soleil, leur
croissance arrêtée reçoit une impulsion aussi vive que désastreuse pour les
prairies. On s'explique ainsi pourquoi les premières coupes de luzerne sont
moins éprouvées par la Cuscute que les coupes suivantes, alors que la plante
parasite, sollicitée par les premiers fauchages et par l'action du soleil, a
atteint toute sa vigueur.

Les plantes ainsi envahies perdent peu à peu leur vigueur, deviennent
languissantes, s'étiolent, et à la fin de l'été on n'en trouve plus que les tiges
échauffées et mortes, plus ou moins mêlées aux graminées sauvages qui peu-
plent les clairières et les terrains en friche.

Puis, quand vient l'hiver, les tiges de Cuscute raccourcies, pelotonnées,
s'agglomèrent, au pied des tiges mortes de trèfle ou de luzerne, en petits fais-
ceaux qui s'enfouissent à demi dans le sol, et, qui au printemps suivant, se
remettent à végéter avec une extrême vigueur et une vitesse de plusieurs
centimètres par jour. Ce fait, signalé par M. Decaisne, et assez fréquemment
observé dans le Midi, paraît être, non un phénomène accidentel, mais un
mode habituel de reproduction de la plante, permettant de se demander
si les Cuscutes, ordinairement considérées comme plantes annuelles, ne
devaient pas être rangées parmi les espèces vivaces, ainsi que déjà le
soupçonnait M. Benvenuti , de Modëne (1847).

-ocr page 518-

502 convolvulacées.

Eu résumé, on voit, par les faits qui précèdent, que les Cuscutes se déve-
loppent de plusieurs manières, qui doivent également appeler l'attention des
cultivateurs : par les graines, par le fractionnement des tiges, par les pelo-
tons de tige que le sol conserve pendant l'hiver. Quant aux graines, on ne
sait pas encore, il est vrai, d'une manière positive, si elles ne germent que
là où se trouvent des plantes propres à la nourriture du végétal parasite.
Mais, d'un autre côté, il est hors de doute que la graine de Cuscute enfouie
profondément dans le sol, peut s'y conserver longtemps avec toute sa puis-
sance germinative et envahir de nouveau les champs pour peu qu'un labour
profond la ramène à la surface.

Elle se conserve également dans le fumier, résiste même à l'action
digestive, et traverse ainsi, sans être altérée, les organes de certains ani-
maux , qui peuvent par suite la transporter au loin et concourir à sa propaga-
tion. Cette résistance à la destruction des graines de Cuscute, se joignant à
leur extrême légèreté, qui les rend aptes à profiter de tous les moyens dont
la nature dispose pour la dispersion des semences, explique aisément le
développement si facile de ce désastreux parasite et toutes les difficultés que
l'on éprouve à en débarrasser les contrées envahies.

Moyens de destruction.

En présence des dangers résultant de la présence de la Cuscute dans les
cultures, les cultivateurs se sont depuis longtemps et à diverses reprises
préoccupés des moyens de débarrasser les cultures de ce redoutable parasite.
Des procédés assez nombreux ont été proposés à cet effet.

Ainsi, on a tenté d'abord de la détruire directement par des arrosages au
moyen de liquides plus ou moins corrosifs : l'acide sulfurique étendu d'eau,
moyen propre surtout aux terres calcaires, et le sulfate de fer en dissolution
dans l'eau, notamment. Celui-ci agit en se combinant avec le tannin, que
la Cuscute renferme dans une assez forte proportion, et en produisant, de la
sorte, un sel noir insoluble. M. Ponsard (de la Marne), qui a employé ce
sel (1852) sur la luzerne, le l'ait dissoudre à la dose de 10 kilog. de sel
de fer pour 1 hectolitre d'eau, plus ou moins selon la nature des plan-
tes à arroser, l'état du sol. Ainsi, il en faut davantage avec la luzerne,
que ses longues racines préservent de l'action du sol, qu'avec d'autres
plantes moins résistantes. La dose pourra être plus forte aussi sur un sol
dur et argileux que sur un sol léger et perméable. Pour réussir par ce
moyen, il faut, après avoir enlevé à la faux et au râteau le plus gros de la
luzerne et de la Cuscute et brûlé le produit de ce fauchage, arroser un peu
avant le coucher du soleil, au moment où les tiges de Cuscute, ramollies par
la fraîcheur du soir, s'imprègnent plus facilement..

L'opération ayant été répétée dix à douze jours de suite, la Cuscute
change d'aspect, devient noire et friable ; on l'enlève alors par un coup de

-ocr page 519-

convolvulacées. 503

faux, et la luzerne, que cet arrosage ne fait pas ordinairement souffrir,
repousse avec sa couleur normale.

Ce moyen, toutefois, ne donne pas des résultats constants, pas plus d'ail-
leurs que plusieurs autres procédés analogues conseillés par divers agri-
culteurs : le fauchage à la faux, aiguisée avec une pierre trempée dans une
solution de sulfate de fer; l'épandage, sur les places occupées par la Cuscute,
et après l'enlèvement de la plus grande partie de celle-ci par le fauchage, de
certaines substances, telles que les lignites pyriteux, la tannée, les cendres
de bois, la potasse, la chaux vive délitée, que M. Dubreuil a conseillé de
répandre sur une épaisseur de 10 à 15 millimètres, au moment de l'appari-
tion du parasite, puis d'enterrer en retournant la couche superficielle du sol.

A ces moyens on peut joindre l'épandage du purin, du lizier, de cer-
tains engrais spéciaux, tels que, notamment, celui récemment proposé par
M. Danicourt, et consistant dans l'emploi d'un compost formé de : sel de
coussin, 2,000 kilog.; phosphate fossile, 600 kilog.; fumier de volaille ou
poudrette, 1 mètre cube ; chaux vive, 1 mètre, et quantité égale de cendres ou
charrée. Pour préparer le compost, on laisse déli ter la chaux à l'air ; puis, quand
elle est réduite eu poudre, on la môle avec la cendre ou charrée qu'on y amal-
game avec soin. Cela fait, on ajoute le sel de coussin, le phosphate et le
fumier, préalablement combinés ; on brasse trois fois le mélange, à quelques
jours d'intervalle, et on passe à la claie. Cette préparation, essayée à titre
d'engrais sur une luzerne chétive et infestée de Cuscute, fit disparaître celle-ci
et rendit à la légumineuse toute sa vigueur. M. Danicourt a répandu le
même compost sur d'autres prairies artificielles, par lesquelles il tient lieu de
plâtre, et a vu constamment son emploi être suivi de la disparition de la
Cuscute. Si ce procédé est confirmé par une plus longue expérience, il
mérite d'être recommandé.

On a essayé encore la destruction de la Cuscute par le feu , soit en prati-
quant l'écobuage sur les petites surfaces atteintes, ce qui ne réussit qu'à la
condition d'entretenir le feu pendant plusieurs heures, et ne laisse pas que
d'être assez coûteux ; soit, ainsi que cela fut proposé au commencement du
siècle dernier par le Comité d'agriculture de Genève, en procédant à la com-
bustion du champ infesté au moyen d'une couche de paille bien sèche, d'une
épaisseur de 15 centimètres environ, étendue sur la luzerne atteinte, et en-
flammée par plusieurs points à la fois. On a ainsi une flamme vive et prompte
qui détruit tout, sauf les racines légumineuses, et débarrasse ainsi le champ
de la Cuscute, surtout si le feu a été assez fort et si on a eu soin d'y recourir
avant la fructification de la plante parasite.· Mais ce moyen n'est pas cepen-
dant infaillible; car, si le feu est insuffisant, la Cuscute peut reparaître, et s'il
est très actif, si on a employé beaucoup de paille, on peut porter atteinte à
la luzerne elle-même, la faire périr, et le remède devient pire que le mal.

Ces moyens de destruction n'étant pas toujours facilement applicables, on
a essayé de débarrasser les cultures de la Cuscute eu extirpant mécanique-

-ocr page 520-

504 convolvulacées.

ment celle-ci des champs infestés. Ainsi M. Laquerbe, de l'Aveyron , a pro-
posé de la supprimer par un brossage énergique. D'autres ont essayé la herse
et le râteau, dont le seul effet est de rompre quelques tiges et de disséminer
ainsi le parasite au lieu de le détruire. D'autres ont proposé de râcler avec la
bêche la surface du champ, de manière à enlever, avec une couche assez
épaisse de terre, les racines des herbes atteintes, et de transporter celle-ci dans
la fosse à purin : moyen douteux d'abord, et n'offrant, de plus, aucune sé-
curité, vu la résistance à la destruction des graines de Cuscute, qui se conser-
vent dans le fumier et germent de nouveau quand on les rapporte dans le
champ avec les fumures. On arrive, à moins de frais, à un résultat meilleur,
en se bornant à couper entre deux terres, avec une pioche à tranchant vif,
tous les pieds de luzerne atteints, eu ayant sroin de procéder à cette opération
dès l'apparition de la Cuscute, avant sa floraison, et de transporter au loin ,
pour les brûler soigneusement, toutes les herbes coupées.

Ce procédé toutefois, qui peut suffire quand la Cuscute n'occupe qu'une
place peu étendue, cesse d'être applicable quand elle a envahi une large sur-
face. Dans ce dernier cas, on peut vaincre la plante parasite en faisant
parquer des moutons sur le champ atteint, d'une manière continue et pendant
plusieurs années de suite, sans piocher ni labourer la terre; on tient ainsi le
fourrage toujours tondu avant la floraison de la Cuscute, qui dès lors périt
faute de pouvoir fructifier.

Mais le pâturage incessant n'étant pas toujours possible, on peut y suppléer
par un autre procédé conseillé par M. Bergère de Mandement , de Sézanne
(Marne), essayé avec succès par Mathieu (le Dombasle, par Bodin (de Ren-
nes) ; il consiste dans le fauchage réitéré des pieds attaqués, pratiqué aussi
près que possible du sol, et suivi, comme toujours, de la destruction par le l'eu
des produits du fauchage. Pour que l'opération réussisse, il importe que le
terrain soit régulier et ne présente pas des irrégularités pouvant faire obstacle
au fonctionnement de la faux. Ensuite, il faut couper sans relâche, pendant
les premiers mois de l'été, tous les pieds de luzerne attaqués, et recommen-
cer à mesure que les tiges repoussent. La Cuscute perdant alors son point
d'appui finit par périr. Ce moyen, dont l'efficacité ressort de ce fait que, dans les
contrées à cinq ou six coupes de luzerne, la Cuscute est presque inconnue, a
l'avantage d'être un des plus faciles à mettre en usage par tous les cultiva-
teurs, n'exigeant d'autres frais que la main-d'œuvre et le sacrifice des coupes
attaquées.

Avant la mise en pratique de ce moyen , Tessier avait conseillé, pour la
Cuscute du lin, l'arrachage, au moment de la floraison de la plante parasite, de
toutes les parties du champ infestées, en recommandant le même moyen pour
les houblonnières et les luzernières atteintes. Pour faciliter cet arrachage
dans les diverses cultures, 011 a plus tard préconisé le semis en lignes, si favo-
rables à la destruction de toutes les mauvaises plantes, et offrant au cultivateur
la disposition la plus avantageuse pour expulser de son terrain tout ce qui n'est

-ocr page 521-

convolvulacées. 505

point à sa convenance. Si la Cuscute apparaît dans une luzerne ainsi ense-
mencée en lignes espacées de 30 centimètres, on donne aussitôt après sa
première coupe un binage complet, renouvelé, s'il le faut, quelques jours
après; et si la Cuscute reparaît encore, il ne reste qu'à couper entre deux
terres, au-dessus du collet, tous les pieds de luzerne atteints, avec une
pioche tranchante ou un sécateur, et à emporter au loin, pour les brûler, les
tiges coupées, soigneusement renfermées dans des paniers.

Quand la Cuscute résiste à ces moyens divers, il reste la ressource soit
d'isoler par un fossé les lieux infestés, soit d'interrompre les cultures attein-
tes ou menacées, pour leur substituer des cultures sarclées, ou mieux encore
des plantes qui ne puissent être atteintes par le végétal parasite, comme le
trèfle après la luzerne, la luzerne après le trèfle, le sainfoin après l'une ou
l'autre, etc., ce qui est le moyen le plus radical, en définitive, de tuer la
Cuscute, attendu qu'on l'empêche alors de se développer en lui enlevant
les moyens de vivre.

Moyens de préservation.

On peut juger, par la multiplicité même des moyens proposés ou mis à
l'essai pour la destruction des Cuscutes, des difficultés qu'offre dans la prati-
que une semblable opération. La plupart de ces procédés, en effet, ou vont
trop loin dans leur action, ou ne donnent que des résultats incomplets.
Ainsi les caustiques ne détruisent entièrement la Cuscute qu'en attaquant en
même temps les plantes que l'on veut préserver, et quand on emploie la
faux , on n'atteint pas les graines ou les tiges retenues dans le sol.

D'un autre côté, il faut reconnaître que beaucoup de cultivateurs, par
ignorance ou indifférence, ne prennent pas assez de soins pour assurer,
quand ils y ont recours, l'efficacité de ces mêmes moyens, et surtout pour
arriver à l'entière destruction de la graine parasite. La plupart, une lois la
Cuscute arrachée, se bornent à la conduire au bout du champ, et là, au lieu
de la détruire immédiatement par le feu , ils l'enterrent, ou bien la jettent sur
le fumier, la donnent aux animaux , aux volailles, la mêlent à la litière,
ce qui la conserve pour le moment où , tous ces débris étant rapportés comme
engrais sur le sol, elle se trouvera en état de se développer de nouveau.

En présence de ce danger incessant, joint à l'insuffisance des moyens
directs de destruction, on s'est préoccupé des moyens de prévenir le déve-
loppement de la Cuscute. A cet effet, diverses méthodes ont été conseillées.

Au nombre de ces moyens de préservation, il faut citer d'abord l'incom-
patibilité déjà signalée de certaines Cuscutes avec quelques-unes de nos espè-
ces de grande culture. Ainsi le fait aujourd'hui démontré de l'existence, poul-
ie trèfle et la luzerne spécialement, d'un parasite propre à chacune d'elles, de
l'impossibilité, par exemple, pour la
C. trifolii, de vivre sur la luzerne, et pour
la
C.suaveolens, de vivre sur le trèfle, permet d'espérer qu'en changeant, sur

-ocr page 522-

506 convolvulacées.

un terrain précédemment envahi, la nature de la prairie, on n'aura pas à
craindre le retour du végétal parasite. Il ne faudrait pas toutefois mettre
dans ce premier moyen une confiance trop absolue, car il est d'autres Cuscu-
tes qui vivent en même temps sur toutes les plantes et qui pourraient se trou-
ver, dans le sol, isolées ou mêlées à celles qui envahissent le plus habituelle-
ment les prairies. Le plus sûr alors, pour en éviter les effets, c'est, comme
l'indique M. Lagrèze-Fossat, de ne faire revenir la culture du trèfle et de la
luzerne qu'après des plantes telles que les céréales, la pomme de terre, la bette-
rave, etc., qui ne sont jamais attaquées par la Cuscute, et en attendant assez
longtemps pour que les graines de celles-ci aient eu le temps de disparaître.

Mais le moyen préservatif par excellence et le plus général contre la
Cuscute est de ne pas la semer. Pour cela, on devra d'abord prendre toutes
les précautions nécessaires pour éviter de rapporter au sol les graines des
tiges qu'on en aura arrachées ; et c'est ce que l'on ne fait pas toujours. Ainsi,
dans les fermes, souvent , après le nettoyage des grains, on donne les cri-
blures aux volailles pour rejeter ensuite au fumier ce qu'elles ne mangent
pas. Or, comme les volailles laissent intactes, avec beaucoup d'autres semen-
ces parasites, les graines de Cuscute, celles-ci, mises au fumier, ont toute
facilité pour retourner plus tard au champ. On se met à l'abri de ce danger
soit, comme nous l'avons dit, en les détruisant par le feu, soit en purifiant
le fumier au moyen du sulfate de fer, qui détruit dans toutes les graines la
faculté germinative. A cet effet, dans un des angles d'une fosse étanche,
large et profonde de 1 mètre, sur 2 mètres de longueur, on ménage, au moyen
d'une grille, un petit espace en pan coupé renfermant un excès de sel de fer.
L'eau qu'on versera dans la fosse en sera ainsi saturée; et en y faisant po-
ser et séjourner 24 heures toutes les balayures suspectes, on se garantira
contre le développement ultérieur des mauvaises graines qu'elles pourraient,
renfermer.

Un autre moyen préventif, préconisé surtout par le baron Crud, serait
de cueillir directement les graines de trèfle et de luzerne, en évitant de
prendre en même temps les graines de Cuscute. Il recommande pour cela
de faire détacher les gousses avec la faucille, à la sommité des plantes, par
des ouvrières soigneuses, qui veilleraient attentivement à ne pas s'approcher
des plantes infestées.

Mais ces précautions n'étant pas toujours parfaitement observées, les
graines de trèfle et de luzerne restent assez communément mélangées avec
des semences de Cuscute, lesquelles sont ensuite répandues avec les graines
légumineuses et propagent de nouveau la plante parasite, en dépit des efforts
que l'on a pu faire pour la détruire. Pour combattre cette nouvelle et trop
fréquente cause d'infection des prairies, M. de Fellemberg a proposé de dé-
barrasser les graines fourragères et autres des graines de Cuscute à l'aide
d'un crible de mégisserie, dont les ouvertures n'auraient que les dimensions
nécessaires pour laisser passer la Cuscute et retenir sur l'instrument les

-ocr page 523-

convolvulacées. 507

graines à préserver, en général plus grosses. Pour réussir, il faut ne trier
que de petites quantités à la fois, 1 litre au plus, et avoir soin pendant
l'opération de passer fortement la main sur le crible afin de rompre les cap-
sules de la Cuscute qui renferment encore leurs graines ; puis le criblage
achevé, le résidu, recueilli sur un drap, sera en totalité jeté au feu, de ma-
nière que le vent ou les eaux ne puissent ensuite transporter dans les terres
cette funeste semence. Les dimensions à donner aux ouvertures du crible
varient d'ailleurs suivant la nature des graines à épurer. Elles doivent avoir,
suivant M, Lagrèze-Fossat : pour le Chanvre, 4 millimètres ; pour le Lin,
3 millimètres 60 ; pour le Trèfle et la Luzerne , 1 millimètre 50.

Dans la plupart des cas, lorsqu'elles sont bien sèches, les graines de
Cuscute, plus petites que celles auxquelles elles sont mélangées, se séparent
assez facilement par un criblage ainsi opéré. Mais quelques-unes peuvent
rester adhérentes à de petits corps étrangers mêlés aux semences agricoles
et ne point se séparer. L'inconvénient devient plus sérieux encore lorsque les
graines sont de même volume, ce qui est précisément le cas avec les graines
de trèfle et de luzerne. On conseille alors de plonger dans l'eau toute la se-
mence. Les graines de Cuscute, plus légères, surnagent et peuvent être sépa-
rées. Ce moyen est plus sûr que le criblage, ou le complète; mais il olfre
l'inconvénient d'obliger ensuite à faire sécher les graines soumises à cette
opération. Il peut quelquefois, d'ailleurs, ne pas réussir, les graines de Cus-
cute, comme l'a remarqué M. Magne, étant un peu gluantes et adhérant à
celles des légumineuses ; il conseille alors, pour les séparer, de passer les
graines à nettoyer, soit dans une légère dissolution de potasse ou de soude,
soit à l'eau de chaux; quand elle y a séjourné quelque temps, on agite, et les
graines de Cuscute, devenues libres, montent à la surface de l'eau.

Mais ces procédés, comme tous ceux qui précèdent, ne sont point d'une
efficacité absolue. Des graines de Cuscute peuvent échapper encore malgré
tous les soins, et propager de nouveau la plante parasite clans les champs et
les cultures. Le danger est donc, quoi qu'on fasse, toujours imminent, et il
n'y aurait qu'un moyen de s'en garantir, c'est de n'acheter que des graines
parfaitement épurées. On a même demandé, à cet effet, des mesures légales,
des vérifications officielles, etc. Mais un tel moyen est inapplicable, vu la
ressemblance de 1a. graine de Cuscute avec les graines de beaucoup d'autres
plantes et l'impossibilité de les distinguer quand elles sont mêlées les unes
aux autres, alors surtout que la graine de Cuscute, en petite quantité, peut
échapper absolument à l'examen le plus attentif. Cette impossibilité est assez
établie d'ailleurs pour que les marchands, même les plus consciencieux, re-
fusent, en vendant les graines, celles de trèfle et de luzerne notamment, de
garantir l'absence de la Cuscute. Une disposition semblable serait donc de
nul effet, surtout avec l'extension que prennent partout les relations com-
merciales, lesquelles aujourd'hui mettent la plupart des acquéreurs dans
l'impossibilité de se livrer avant l'achat à aucune vérification, et son seul

-ocr page 524-

508 convolvulacées.

effet serait d'inspirer aux acquéreurs une fausse confiance de nature à retar-
der ou 'empêcher l'application de moyens plus efficaces.

Le plus sûr, en cette occurrence, serait encore de n'acheter que des grai-
nes provenant de localités où la Cuscute est plus rare ou ne s'est pas mon-
trée. L'on sait aujourd'hui, par exemple, que le Midi est la région principale
où elle se montre; que la Cuscute, dans l'Est et ailleurs, était presque incon-
nue avant l'importation des graines fourragères de cette provenance, d'où ,
pour ces contrées, la nécessité de se mettre en garde contre les graines d'ori-
gine méridionale, bien que la généralisation du mal permette actuellement
d'étendre la même observation à tous les pays producteurs.

On pourrait encore interdire, aux cultivateurs ayant des luzernières in-
festées, de faire de la graine et de la livrer au commerce ; en même temps,
signaler aux acquéreurs les producteurs qui auraient su se préserver de la
Cuscute ; instituer même pour ceux-ci des primes d'encouragement, et, dans
tous les cas, repousser les graines de provenance inconnue, ou battues dans
des moulins communs.

Mais comme ces mesures, même rigoureusement prises, peuvent n'avoir
qu'un effet limité, c'est au cultivateur lui-même, en dernière analyse, à
supposer qu'il ait des raisons de ne compter que médiocrement sur l'efficacité
des divers moyens préservatifs que nous venons d'énumérer, qu'il appartient
de se débarrasser de la Cuscute. Pour cela, il lui suffit de le vouloir. Au pre-
mier doute, il devra inspecter avec soin et dans tous les sens celles de ses
cultures qu'il peut croire menacées du parasite ; puis aussitôt qu'il en consta-
tera l'apparition, couper au niveau du sol et arracher à la main tous les
pieds attaqués et ceux qui l'entourent, les recueillir soigneusement dans une
toile à mailles serrées, les transporter au loin et les brûler sans retard , après
quoi, sur toutes les parties du sol dépouillées et non remuées, il éten-
dra une couche assez épaisse de paille ou d'une matière inflammable quel-
conque, et y mettra le feu.

Tel est, en résumé, le plus sûr moyen, indiqué déjà par Bosc, eu 1809,
et que depuis n'ont cessé de recommander nombre d'hommes distingués,
MM. Girardin, Dubreuil, Decaisne, Héricourt, offert à tout agriculteur — s'il
l'applique avec attention et persévérance, en le combinant plus ou moins,
selon l'occurrence, avec l'un ou l'autre des procédés dont nous avons donné
l'énumération, ·— pour mettre, d'une manière à peu près certaine, un terme
aux ravages de la Cuscute, en arrêter la diffusion et en prévenir le retour.

-ocr page 525-

rorraginées. 509

Famille des SÉSAMÉES DG.

BIG NON lli ES jubs.

Fleurs hermaphrodites, solitaires; — calice persistant, monosépale, à
5 divisions inégales ; —
corolle monopétale, hypogyne, irrégulière, à 5 lobes,
souvent à 2 lèvres ; —
étamines 5, insérées sur le tube de 1a, corolle, dont
1 stérile, les 4 autres didynames ; —
ovaire à 2.4 loges sur un disque glandu-
leux ;—
style 1, stigmate à plusieurs lobes; — fruit eapsulaire et déhiscent,
ou drupacé, à 4 loges, chacune à 2 compartiments ; —
graines nombreuses,
à embryon droit et albumen nul. —
Feuilles ordinairement simples.

Plantes herbacées, toutes exotiques, originaires des contrées tropicales,
représentées dans nos contrées par un seul genre.

Genre SÉSAME. — SESAMEUM L.

Fruit eapsulaire, oblong, il 4 angles, à 2 valves et fi 2 loges; — graines ovoïdes, i» embryon
et cotylédons épais, charnus et oléagineux.

Sésame oléagineux, S. indicum DG.

Fleurs blanches ou roses, axillaires, à courts pédicelles, portant îi leur base une glande
.jaune et une petite bractée. Feuilles opposées, pétiolées, oblongues, les inférieures ordinairement
h 3 lobes, les supérieures alternes. Tige dressée, pubescente, de H à 10 décimètres; annuelle.

Plante commune dans l'Egypte et tout le Levant , où elle est depuis longtemps cultivée
comme oléifère. On la récolte pour sa graine qui fournit en abondance une huile douce fort usitée
chez les Orientaux et importée en France où on l'utilise en assez grande quantité pour la fabri-
cation des savons. Ses tourteaux servent, comme ceux des autres espèces oléagineuses, à l'agri-
culture et à l'entretien du bétail. La culture du Sésame a été essayée dans le midi de la France ,
mais elle a peu réussi.

Famille des BORRAGINÉES Juss.

INFUNÛIBULIFORMES T.; PENTANDRIE L.; HYPOCOROLLIE ,1.

Fleurs hermaphrodites, ordinairement régulières, en cymes ou grappes
scorpioïdes, roulées en crosse avant 1 épanouissement; —
calice persistant,
monosépale, à 5 divisions profondes ; —
corolle hypogyne, monopétale, à
5 lobes, à gorge nue ou munis de 5 écailles ou nectaires ; —
étamines 5, à an-

-ocr page 526-

510 bouraginées.

thères biloculaires, s'ouvrant en long; — ovaire formé de 4 carpelles, à
2.4 lobes, à 4 loges uniovulées, insérées sur un réceptacle charnu ou sur un
axe central formé par le style épaissi à sa base; —
style simple, terminal ou
naissant entre les lobes de l'ovaire, à stigmate simple ou bifide ; ·—
fruit
formé de 4 akènes secs, osseux, uniloculaires, monospermes, libres ou sou-
dés 2 à 2, insérés sur le réceptacle ou sur l'axe; —
graine suspendue, à em-
bryon droit, à albumen nul ou très mince. —
Feuilles alternes, simples, ordi-
nairement entières ; —
stipules nulles. — Herbes ou arbustes ordinairement
hérissés de poils raides, tuberculeux à la base.

Famille composée de plantes que les aspérités qui les recouvrent ont fait
désigner par quelques auteurs sous le nom d
'Aspèrifoliées, et la plupart gor-
gées d'un suc mucilagineux qui leur communique des propriétés émollientes
très prononcées, et très communément utilisées pour les usages médicaux.
Quelques-unes renferment, en outre, un principe amer, astringent, ou légè-
ment narcotique. Ces plantes, répandues partout, venant dans les lieux les
plus divers, et dont plusieurs espèces se trouvent mêlées aux végétaux des
prairies, ne constituent en général qu'un médiocre fourrage. Quelques-unes
cependant sont consommées par les bestiaux, et, sans les aspérités qui les
recouvrent, elles le serait probablement davantage à cause de leur propriétés
rafraîchissantes, qui les rendent surtout bonnes au printemps après la nour-
riture sèche d'hiver.

La famille des Borraginées comprend des genres assez nombreux, que
les auteurs ont groupés en plusieurs tribus, caractérisées principalement
par le mode d'insertion des parties constitutives du fruit. — On peut ré-
duire ces tribus aux trois suivantes ;

Cynoglossées.

Akènes à base plane, sans rebord...... Lithospermées.

Akènes à base excavée, entourée d'un

rebord saillant................... Anchusées.

lr* TrllbU. — LITHOSPERMÉES

Carpelles libres, insérés sur le réceptacle par une base plane, non en-
tourée d'un rebord. Corolle à gorge nue ou pourvue de nectaires ou écailles.
Etamines incluses ou saillantes. — Comprend les genres ci-après :

-ocr page 527-

*

b0rrag1nées. 511

/ Akènes 2 , biloculaires , non pédicellés — Corolle à gorge nue..................Ckhinthk.

Corolle irrégulière................................Echiitm.

/ Akènes i

^ llon ^ ^ Calice à tube allongé........ Pulmonaria.

w

g j Corolle pedicellés I Corolle , CaUce / Cor. à lobes profonds. Lithqspermum.
« I U gorge j 1 «fc^™ j à divis. j

Akènes4, J "Ue I profondes' Cor. àdentescourtes. Onosma.

unilocul.

Ak. à base contractée en pédicelle — Cor. à 5 callosit. Alkanna.
\ Corolle à gorge pourvue de 5 écailles.................... Myosotis.

Genre MÈLI NET. — CER1NTHE T.

Fleurs jaunes ; — corolle cylindrique campanulée, à 5 dents courtes; — Akènes 2, bilocu-
laires, ovales, presque osseux.

C. aspera Roth., fleurs assez grandes ; corolle il lobes obtus, réfléchis; feuilles tuberculeu-
ses, les inférieures spatulées, les supérieures ovales en cœur, embrassantes; tige dressée, de 2 à
5 décimètres; annuelle, — bords des routes, champs cultivés, dans la région méditerranéenne;
utilisé quelquefois à la place de la Bourrache.

C. alpina Kit.; C. minor L.; C. lenuiflora Bertol., — espèces plus petites, vivaces, venant
dans les Pyrénées, les Alpes, etc.

Genre VIPÉRINE. — ECHIUM T.

Fleurs bleuâtres ou blauches, solitaires ou géminées au sommet de la tige, ordinairement
unilatérales; —
calice à divisions linéaires ; — corolle irrégulière, infundibulifortne, ouverte, à
limbe oblique, presque bilabiée, à 5 lobes inégaux, arrondis; —
étamines inégales; — akènes
ovoïdes, tuberculeux. — Plantes très rudes, à poils plus ou moins piquants.

Plusieurs espèces, particulièrement propres aux lieux arides du Midi.

Fl. toutes
i à l'aisselle
d'une
bractée

Feuilles
uninerviées

(Etamines
saillantes

ED

h—i

X

o
w

Feuilles pluri-nerviées

Fl.inférieures (Calice accrescent-
, extra-axillaires ( Calice non accresc. ·

( Et

Cor. à tube pl. courtq. le calice.
, Cor. àtube égalant le calice. .
Cor. à tube pl. long q. le calice.

Feuilles supérieures sessiles.
- Feuill. supér. demi-embrass.

VII,GARE

L·.

©

Itamcum

1.

©

Piislulatum Sibili.

et Sm.

©

Maritimum

Willd.

©

Crélicum

L.

®

Plantagixkum

1.

©
®

Calyçinum

Viv.

Arenarium

Guts.

©


VIPÉRINE COMMUNE. — E. VULGARE L.

Nomîî vulgaires. — Herbe aux vipères, Langue d'oie.

Fleurs bleues, en panicule allongée, étroite, feuillée. Feuilles à nervure dorsale seule ap-
parente, oblongues, lancéolées, les radicales en rosette, les supérieures plus petites, sessiles.
arrondies à la base. Tige dressée, raide, de 2 à 8 décimètres. Toute la plante parsemée de tu-
bercules brunâtres portant chacun un gros poil blanc.

-ocr page 528-

51(5 borragînées.

Espèce commune dans toute la France, venant dans les lieux arides ou
incultes, sur les rochers et les vieux rnurs, sur les pelouses sèches et ro-
cailleuses, et dans certaines prairies artificielles où elle se multiplie quelque-
lois à l'excès et devient nuisible alors par son abondance. Ses aspérités la
font partout repousser des animaux qui la broutent seulement quand elle est
jaune. On attribuait autrefois à ses sommités une vertu spécifique, contre la
morsure des vipères, que l'expérience n'a pas confirmée.

E. italicum L., fleurs ordinairement blanelies, rosées ou bleuâtres, et très nombreuses, en
grappe spiciforme; feuilles toutes lancéolées-linéaires, aiguës et atténuées à la base, — mêmes
lieux que la précédente, mais plus spécialement propre au Midi.

E. plantagineum L., fleurs violettes, striées de blanc; feuilles à nervures latérales saillantes,
lancéolées, les radicales grandes, eu rosette, tombant au printemps, les supérieures demi-embras-
santes ; tige ascendante ; racine renfermant un suc rougeâtre ; plante à poils non piquants, —
commune aussi dans tout le Midi, notamment, dans les plaines de la Garonne et de l'Ariége,

Genre PULMONAIRE. — PULMONARIA T.

Fleurs on grappes terminales courtes; — calice campanulé, à tube allongé, à 5 angles, s'en-
tlant à la maturité; —
corolle régulière, infundibuliforme, à 5 lobes obtus, à gorge ouverte munie
de 5 pinceaux de "poils ; —·
étamines égales, incluses; — akènes turbinés, lisses, il base plane. —
Feuilles souvent maculées de blanc.

Un petit nombre d'espèces, toutes vivaces.

Pulmonaire officinale, P. officinalis L.

Grande Pulmonaire, Pulmonaire d'Italie, Herbe aux poumons, Herbe de cceur, Herbe au lait
de Notre-Dame, Sauge de Jérusalem , Sauge de Bethléem.

Fleurs rouges, puis violettes; corolle contractée à la gorge, glabre à l'intérieur; akènes
ovoïdes, aiguës au sommet. Feuilles d'un vert foncé, ordinairement maculées, ovales-aiguës, celles
des rejets stériles cordiformes, les supérieures sessiles-embrassantes. Tiges simples ou multiples,
dressées, de 15 à 25 centimètres.

Espèce commune dans tonte la région de l'Est, beaucoup plus rare dans le Centre et l'Ouest,
venant dans les bois arides, sur les pelouses sèches, et fleurissant dès le mois de mars, bien que ses
feuilles se développent seulement, en mai et en juin. Elle est mangée par les moutons et les chè-
vres, quelquefois par les vaches. Dans quelques pays, les habitants en consomment les feuilles
en guise d'épinards. Enfin , on la cultive pour ses propriétés médicinales, comme plante sudorifi-
que et pectorale.

P. tuberosa Schrank, corolle velue à l'intérieur ; akènes arrondis au sommet ; feuilles non
maculées ordinairement, celles des rejets stériles grandes, longuement pétiolées, les supérieures
décurrentes; souche noueuse, — très commune dans les bois humides et ombragés de toute la
France.

P. saccharata Mill., feuilles maculées, les inférieures brusquement contractées en pétiole, —
mêmes lieux que la précédente ; assez commune.

P. angustifolia l., fleurs bleues; feuilles étroitement lancéolées, presque linéaires; tiges hé-
rissées, — venant partout, dans les buissons, au bord des ruisseaux ombragés, sur les pelouses
des montagnes du Centre principalement.

p. mollis Wolff., plante couverte d'un duvet court, soyeux, et de poils glanduleux, — ve-
nant dans les Pyrénées.

-ocr page 529-

b0rragin1ses. 513

Genre GREMIL. — LITHOSPERMUM T.

Fleurs axillaires, presque sessiles, en grappe terminale;—calice à divisions profondes, linéaires,
velu ou hérissé, s'allongeant à la fructification ; —
corolle régulière, tuhuleuse, ou infundibuli-
forme, à gorge ouverte, avec
5 plis pubescents ; —- étamines ordinairement incluses ; — akènes
ovoïdes, très durs, lisses ou rugueux. — Feuilles rudes ; — tige simple, rameuse ou multiple,
très feuillée.

Espèces assez nombreuses, ligneuses ou herbacées, dont quelques-unes
très répandues; toutes peu recherchées des bestiaux.

l Stigmate entier. I Corolle glabre—Tiges dressées.....Fkuticosbm l

21 Akènes lisses reUÎlleS I'1!(5airM Corolle velue— Tige grêle, couchée.. Prostratum Lois

1 (Stigmate bilobé — Feuilles obovées..............OlcafoUum I.p

^ ( [ Akènes l Grappes ne s'allongeant pas — Fl. viol., bleues. . Gastoni Bemli.

oj \ blancs, < Grap. s'allong.lFeuill.pluriuerviées—Fl.bl.,jaunât.officinale l
ffi I Tige )li5sesjuis. ( après l'an thèse/Feuill. uninerv. —Fl.bleues-pourp. pom'nF.o-ciinBiiLr.i'iil

herbacée] ^...... i V......., _ [ Ak. adhérents—Fl. blanches. Arvknsb l

Fl. bleues . . Incrpssatmn (îiiss.

grapp. s'allong. apr. l'anth. / Akènes libres

Akènes fauves, tuberculeux,

Fl. jaunes . . Apulnm Yahl.

L. fruticosum L., fieurs roses ou pourpres ; feuilles lancéolées ou linéaires, il bords roulés en
dessous; tiges dressées, tortueuses, rameuses, formant buisson, de 1 à 2 décimètres, — assez
abondant sur les terrains secs et pierreux de l'Ouest et du Midi.

Gremil officinal, L, officinale L.

Herbe aux perles, Perlière, Graine perlée, Millet perlé, Millet gris, Millet de soleil, Millet d'amour,
Graine d'amour, Blé d'amour, Lormille.

Fleurs petites, d'un blanc jaunâtre , en grappe courbée s'allongeant beaucoup après l'an thèse ;
corolle à tube court, à lobes obovés, pubescente. Akènes blancs, lisses, luisants. Feuilles lancéolées-
aiguës, à plusieurs nervures, les supérieures sessiles. Tige dressée, ferme, très rameuse au som-
met, de 2 à, 6 décimètres.

Espèce propre à toute la France, venant en abondance dans les lieux incultes, les bois des
coteaux calcaires, au milieu des haies, au bord des bois et des chemins, où elle forme, çii et là,
des touffes grosses et multipliées. Elle est dédaignée des bestiaux, si ce n'est des chèvres et porcs,
qui la mangent sans la rechercher. Ses graines, autrefois employées comme apéritives et diuré-
tiques, ont été surtout employées, à ce titre, en médecine vétérinaire.

L. purpureo'cceruleum L., fleurs grandes, d'un beau bleu-pourpré ; feuilles lancéolées-aiguës,
à pétiole court, les inférieures plus petites; tiges multiples, grêles, dressées et couchées, —
commune dans les buissons, les haies, les bois et lieux incultes de toute la France; pourrait
être utilisée pour la beauté de ses fleurs.

L. arvense L., fleurs petites, blanches; corolle à tube grêle, allongé ; akènes très adhérents
à l'axe; feuilles très petites, oblongues, sessiles ; tige dressée, rude, peu rameuse, pubescente,
de 2 à 4 décimètres ; — très commune dans les moissons et terres cultivées, au bord des chemins
de toute la France ; ses racines fournissent une matière colorante rouge.

Les autres espèces du genre, plus rares que les précédentes, habitent principalement le Midi,
les Pyrénées et la région méditerranéenne.

33

-ocr page 530-

514 non ruGiNÉES.

Genre ORCANETTK. — ONOSMA L.

Corolle régulière, campanulée, uue à la gorge, il 5 lobes courts , larges, étalés ; — akènes il
base plane, ovoïile, luisants, verdâtres, marbrés. —
Feuilles hérissées, lancéolées, les inférieures
pétiolées, les supérieures sessiles ; —
tiges ascendantes.

Orcanette jaune , 0. echioïdes L.

Fleurs d'un jaune pâle , assez grandes, en épi recourbé. Anthères incluses. Tige presque
simple. Souche à divisions courtes, émettant souvent des rosettes de feuilles. Taille de 1 à 2 déci-
mètres, vivaee.

Vient dans les lieux les plus secs des montagnes du midi do la France. Exhale une odeur
désagréable. La racine est recouverte d'une écorce rouge dont on retire une matière colorante,
employée pour colorer certains mets, sucreries ou liqueurs, et pour la préparation des fards. La
plante n'est point cultivée; on se borne à utiliser sa racine, arrachée, pendant l'hiver, des lieux
où elle croît spontanément.

0. arenarium Wald. et K., fleurs plus petites ; tiges plus élevées, plus rameuses, — lieux
sablonneux de l'Est et du Midi.

Genre ALKANNA. — ALKANNA Tausch.

Calice croissant à la maturité ; corolle régulière, infundibuliforme , il lobes étalés , à gorge
ouverte munie do 5 petites callosités ;
aliènes tuberculeux , contractés en pédicelle il la base,
courbés. —
Feuilles hérissées , oblongties , recourbées , les supérieures sessiles , les inférieures
pétiolées;
tiges poilues, hérissées.

A. tinctoria Tauseh., Lithospermun tinctorium L., fleurs bleues, en grappe lâche ; aliènes
tuberculeux ; feuilles inférieures longuement pétiolées ; tiges nombreuses, vivaee ; — lieux sablon-
neux du Midi et de l'Est ; souche contenant un principe colorant rouge, très abondant, servant
à colorer l'alcool des thermomètres.

A. lutea DC., fleurs jaunes, en grappe allongée ; aliènes très petits, réticulés ; feuilles briève-
ment pétiolées ; annuelle, — lieux secs de la région méditerranéenne.

Genre MYOSOTIS. — MYOSOTIS I

Fleurs ordinairement, bleues , avec une tache jaune à la gorge, en grappes lâches, peu
feuillées ; —
corolle régulière , hypocratériforme, ii 5 lobes arrondis on érnarginés, à tube droit,
court, et il gorge fermée par 5 écailles obtuses ; —
étamines incluses ; — ukènes droit?, à, base
plane, parfois anguleux, noirâtres, lisses, luisants. —
Feuilles ohlongues, les inférieures ordinaire-
ment atténuées en pétiole ; —
tiges dressées, généralement multiples, plus ou moins rameuses,
à rameaux étalés.

Genre comprenant un assez grand nombre d'espèces, annuelles, bisan-
nuelles ou vivaces, vivant dans les régions tempérées, et la plupart très
communes dans les différentes régions de la France. Elles habitent, les unes
les lieux marécageux et humides ; les autres, les terrains secs, les champs
cultivés ou les pelouses élevées des montagnes, et partout elles se montrent

-ocr page 531-

bohr aolin ees. .>111

disséminées dans l'herbe ou en touffes gazonnautes avec une abondance
parfois extrême, au point de paraître colorer en bleu la surface du sol qu'elles
recouvrent. Tous les bestiaux les mangent avec l'herbe des prés ; les moutons
surtout, recherchent les espèces qui croissent sur les montagnes, et qui cons-
tituent pour ces animaux un fourrage rafraîchissant, bien que peu abondant,
et qui repousse immédiatement après avoir été brouté. Desséchés et mêlés
au foin, les Myosotis deviennent insignifiants. — Voici les principales espèces
indigènes de ce genre, très nombreuses, fort ressemblantes, et difficiles à
distinguer entre elles :

, ( Style allongé.
Corolle a limbe plan.' " °

O

en
O

>» S

« f .H

OJ ——

;—1 <— tì

1 S «

( Corolle à I
\ limbe

Calice à poils appliqués
ou droits — Fleurs
à longs pédicelles

Corolle à limbe concave

longs que le
calice

Calice à poils

étalés
ou crochus

% « - ] concave. (

p o /

™ o. S, ' Corolle à li

Myosotis des marais, M. Palustris L,

Ar« m'oubliez pas; Aimez-moi.

Fleurs bleues ou rosées assez grandes, en grappes nues, sur de longs pédicelles horizontaux,
corolle à tube très court. — Feuilles lancéolées, obtuses , ciliées à la base. Tige anguleuse ,
de 2 à 5 décimètres. Souche parfois stolonifère.

Plante variable d'aspect, offrant ainsi plusieurs variétés se distinguant surtout par la direc-
tion de la tige et dont beaucoup d'auteurs ont fait des espèces nouvelles. Très connue dans toute
lu France, elle se montre au bord des eaux et des rivières, dans les prés humides et bourbeux, le
long des fossés. Est cultivée comme plante d'ornement.

M. cœspilosa Schultz, M. lingulata Lehm., fleurs d'un bleu pâle, en grappes feuillées à la
base, s'allongeant beaucoup ; tige épaisse, arrondie inférieurement,— fossés, lieux inondés l'hiver.

M. sylvatica Hoffm., fleurs violettes, puis bleues ou roses en grappes allongées; feuilles
pubescentes, les radicales obovées , longuement atténuées à la base, — commun partout, dam
les bois montueux, les lieux humides des forêts, les prairies bourbeuses,

M. intermedia Link., fleurs en grappes courtes ; feuilles velues , les radicales obovées , tiges
hérissées, robustes, — commun dans les champs et les lieux incultes, dans les clairières des
bois, an bord des chemins.

M. slricla Link., fleurs très petites, en grappes nues , raides ; feuilles très velues, obtuses,
les radicales en rosette ; tiges nombreuses , en touffes, — répandu dans les lieux cultivés et
incultes, sur les cotaux arides, les vieux murs, principalement dans les champs sablonneux et
pierreux.

M. Iiispida Schlecht , fleurs très petites, en grappes très lâches ; feuilles toutes alterne.«,
tiges très grêles, nombreuses, en touffe ; plante velue, hérissée, de 1 il 3 décimètres, — commun
dans les lieux arides et incultes, les pelouses, les champs et jachères, au bord des chemins, dans
les terrains sablonneux surtout.

M. versicolor Pcrs., fleurs jaunes, puis bleues et violettes , en grappes courtes; feuilles d'un
vert gai, poilues, les supérieures linéaires, 5 à 15 centimètres, — lieux secs, champs sablon-
neux, vignes, bords des chemins.

Fl. bleues..

Corolle â tube très court.

Corolle àtubedépas.lc calice.

•j

PALUSTRIS

!..

If

.1

CESPITOSA

Sditili ?.

©

.j

Sicilia

Guss.

©

.1

Pusilla

Loia.

©

SVIAATICi

HofTcn.

©

1

A Ippslris

Schmid.

©

Intermedi»

Lini,

©

'1

Sthicta

Link.

©

1

iilspii'a

Selliceli.

©

(

Versicolor

Pers.

©

ï

lìalbisinna

Jord.

©

Pirenaica

Pours.

21

-ocr page 532-

51(5 borragînées.

M. pyrenaica Pourr., feuilles inférieures en rosette ; plante naine, de 4 à 10 centimètres ; —
lieux secs des Pyrénées.

3' Triton. — ANCHUSHES.

Carpelles libres, insérés sur la réceptacle par une base excavée, entourée
d'un rebord plissé et saillant. Corolle pourvue d'écaillés. Etamines ordinai-
rement incluses.

I Corolle eampanulée — Nectaires subulés.. , Symphytum.
I Nectaires \

. ; ,, . , , \ à la gorge \ „ ,, . . ( Corolle ii tube droit..... Anchusa.

tyj I Corolle tnbuleuse. ] ]ft p0I.Q]]e / Corolle înfundib. )

\Etamin. incluses, < ( Nectaires obtus ) „ , , , , , ________

1 t , 1 \ ( Corolle a tube courbé... . Lvcopsi.s .

P

H3 i i

o I | Nectaires dans le tube de la corolle — Calice accrescent.. Nonnea.
55

Genre CONSOUDE. — SYMPHYTUM T.

Fleurs en petites grappes nues, géminées, penchées, scorpioïdes ; — corolle tnbuleuse eam-
panulée, à 5 lobes courts ; gorge fermée par 5 nectaires lancéolés-pétaloïdes, glanduleux au bord,
rapprochés en cône. —
Feuilles rudes , hérissées , ovales-lancéolées , entières , les inférieures
pétioléss, les supérieures décurrentes ou sessiles ; —
lige dressée ; — souche plus ou moins épaisse,
tubéreuse on charnue.

Genre limité à un petit nombre d'espèces herbacées, toutes vivaces, les
unes indigènes dans nos contrées, et se montrant communément dans les
lieux humides, dans les prés ; les autres exotiques, propres surtout aux pays
froids, et dont quelques-unes se sont avec succès acclimatées chez nous.

Consoude officinale, S. officinale L.

Grande consoude, Consoli, Consyre, Grande consyre, Confée, Herbe à la coupure, Langue de vache.

Oreille d'âne, Pecton.

Fleurs blanches ou violacées. Corolle à lobes obtus, courbés en dehors ; nectaires inclus.
Akènes lisses et luisants. Feuilles un peu fermes et ondulées ; les inférieures très amples,
largement pétiolées, les supérieures plus étroites, largement décurrentes. Tige forte, anguleuse,
rameuse. Souche brune, épaisse, charnue, rameuse. Taille de 4 à 8 décimètres.

Espèce commune dans la majeure partie de la France, plus rare cependant dans le Midi,
habitant les bois et prairies humides, au bord des eaux, le long des fossés et des rivières ombra-
gées. Abonde quelquefois à l'excès dans les prairies dont le sol lui est favorable, et s'y développe
jusqu'à nuire aux plantes, surtout à cause du vaste espace qu'occupent ses larges feuilles. Quand
elle est jeune, les chevaux et bêtes à cornes la mangent volontiers ; vieille, elle devient rude et
n'est plus recherchée. Se desséchant mal, et ne donnant qu'un mauvais foin, elle ne peut être que
broutée sur pied; et comme elle sort de bonne heure, pousse très vite, elle gagne a être consom-

non appendicul.

Corolle rotacée — Etamines saillantes, avec appendices...............Borrago.

-ocr page 533-

rorraginées. 517

mée le plus tôt et le plus souvent possible : elle est alors plus tendre et meilleure. Malgré ces
avantages, la Consolide officinale, à cause de son abondance, est presque toujours plus nuisible
qu'utile, et doit être extirpée dos terres où elle se multiplie.

Sa racine, mucilagineuse et lin peu astringente, jouit d'une grande réputation, dans la
médecine populaire, pour le traitement d'un certain nombre de maladies ; ou l'emploie ainsi, en
décoction, contre les diarrhées, dans les fluxions de poitrine ; on l'applique, râpée, sur les plaies,
les brûlures, sur les hernies, etc. En raison de ces usages divers, la Consolide est' cultivée,
comme plante médicinale, dans les jardins ruraux.

C on s ou de tubéreuse, S. tubcrosum L.

Fleurs jaunâtres. Akènes tuberculeux. Feuilles minces, les inférieures petites, tombant
avant la floraison , les supérieures plus grandes, semi-décurrentes. Tige souvent bifurquée.
Souche tuberculeuse, très oblique, tronquée, de 2 à 4 décimètres.

Espèce assez commune, se montrant partout, dans le Centre et le Midi principalement, et
et habitant, comme la précédente, les bois couverts, les prairies humides, les bords des ruis-
seaux ombragés. Elle est mangée aussi par les bestiaux ; mais elle est inférieure, quant à la
valeur économique, à la Consolide officinale, tant à cause de son moindre développement, que parce
qu'elle pousse moins vite et avec moins de vigueur.

S. méditerraneum Kocli., très voisine de la précédente ; fleurs plus petites; feuilles inférieures
plus grandes, —croissant dans le Sud-Est.

S. bulbosum Schimp., fleurs jaunâtres ; tige grêle ; souche grêle tubéreuse, — Corse.

CONSOUDE A FEUILLES RUDES. — S. ASPERRIMUM Suis.

Fleurs bleuâtres. — Corolle à lobes lancéolés. — Feuilles très larges, très rudes, scabres.
— Tige fortement hérissée de poils raides. — Taille de 10 à 15 décimètres.

Espèce exotique, originaire du Caucase, depuis assez longtemps cultivée
dans les jardins pour ses fleurs azurées et d'un bel effet, et plus récemment
préconisée en Angleterre, eu Allemagne et eu France, comme fourragère,
se recommandant à la fois par son grand développement et sa précocité. Sa
culture en grand fut essayée, pour la première fois, en Ecosse et en Angle-
terre, par Grant, et avec assez de succès pour appeler l'attention des agro-
nomes, de Mathieu de Dombasle notamment, pour provoquer même une
sorte d'enthousiasme. On la présenta comme espèce fourragère de premier
ordre, supérieure à la luzerne par l'abondance et la précocité de ses produits,
s'accommodant de tous les terrains, etc. Cette opinion si favorable ne fut pas,
toutefois, entièrement confirmée par l'expérience, et cela, joint aux difficultés
propres qu'offre la culture de la Consoude rude, empêcha cette culture de se
propager. Cette plante n'en offre pas moins, dans quelques circonstances
particulières, des avantages réels permettant de l'utiliser avec profit dans
l'économie du bétail.

Culture de la Consoude rude.

Le Consoude rude végète, a-t-on dit, d'abord avec une égale activité flans
tous les sols et à foutes les situations, et peut conséquemment être plantée

-ocr page 534-

518 jwhhagiîsées.

partout, sur Les bords des fossés, sur les terrains sans valeur qui entou-
rent les exploitations. Elle ne donne toutefois des produits abondants que
dans les sols profonds et humides, et réussit peu sur les sols pauvres.

On peut l'obtenir de semis ; mais ce mode de propagation et peu appli-
cable en pratique, car ses graines, peu nombreuses, et mûrissant successi-
vement, sont fort difficiles à récolter ; d'un autre coté, quand les semis sont
faits en automne, une grande partie des semences ne lèvent qu'au printemps
suivant.

Aussi est-on obligé de la multiplier par éclats de racine. A cet effet, on
arrache entièrement de vieux pieds que l'on divise en autant d'éclats que
l'état des racines le permet ; puis on replante ceux-ci en laissant entre eux
une distance variable de 3 à 10 décimètres. De la sorte, 50 pieds divisés en
éclats suffisent pour peupler, en six mois, une très grande étendue de terrain.
L'opération se fait dès le mois de novembre et peut être retardée jusqu'en
février.

La plante, qui végète avec rapidité, atteint, dès le mois d'avril, près de
2 mètres de hauteur. On peut alors commencer la récolte des feuilles. Peu
après a lieu un nouvel enlèvement de feuilles, plusieurs fois renouvelable
jusqu'à la fin de la saison. Après la dernière récolte des feuilles, on laboure
entre les pieds, et on a soin seulement, pendant l'hiver, d'entretenir le sol
propre par l'enlèvement des plantes parasites qu'il convient d'ailleurs d'ex-
tirper soigneusement pendant toute la durée de la culture. Vers le milieu ou
la fin de février, on rompt la couche superficielle du sol par un labour,
suivi d'un buttage léger. Si le sol venait plus tard à se tasser par le foulage
des pieds, on l'ameublirait en lui donnant une nouvelle façon, qui devra
être légère et dirigée de manière à ménager les racines. En même temps,
on entretiendra la fertilité du sol par quelques engrais, dont on doit
recommander l'emploi, bien que les amendements et les fumures paraissent
en général avoir peu d'influence sur le développement de la plante.

On a conseillé, au lieu de récolter les feuilles, de couper la plante, qui
repousse avec vigueur, et peut continuer à fournir, dans ces conditions, un
bon fourrage pendant plusieurs années. Mieux vaut cependant s'en tenir
à l'enlèvement des feuilles, d'autant qu'on peut réitérer trois et quatre fois
l'opération.

Valeur économique de la Consoude rude.

Cultivée dans ces conditions, la Consoude rude donne des produits abon-
dants, que Grant dit avoir vu s'élever au chiffre de 400 kilog. par are, en
quatre ou cinq coupes ou arrachages. Cette plante est en outre avantageuse
par sa précocité. Ainsi, dans un sol riche et profond, ses feuilles épaisses ont
déjà plus de 30 centimètres quand la luzerne commence seulement à pousser,
De plus elle est très vivace et de très longue durée.

Ce sont là des particularités qui assureraient à ce végétal une place très

-ocr page 535-

B0RKAG1NÉKS. 519

importante parmi les cultures fourragères,.si l'on pouvait considérer autre-
ment que comme exceptionnels les produits si remarquablement abondants
qu'elle a donnés, et si on avait pu également les obtenir sur des terrains de
qualité inférieure. Ajoutons à cela que la nécessité de multiplier la plante par
éclats l'exclut à peu près des grandes cultures. En somme, le Consoude rude
ne peut guère être cultivée que sur un terrain peu étendu et situé à une
faible distance de l'exploitation. Dans ces conditions, elle constitue un bon
fourragé de premier printemps, pouvant fournir dès celte époque et pendant
tout l'été, une ressource importante pour la nourriture du bétail.

Emploi alimentaire de la Consoude rude.

La Consoude constitue un fourrage très volumineux, rafraîchissant,
gorgé de mucilage, que tous les bestiaux mangent plus ou moins bien. Les
chevaux s'en accommodent parfaitement, les vaches s'en montrent d'abord
peu avides; mais elles s'y accoutument promptement. Elles en mangent non-
seulement les feuilles, mais encore les racines, douces et mucilagineuses. On
peut la donner également aux moutons, aux jeunes agneaux, aux porcs,
aux oies. Math, de Dombasle la recommande pour les bêtes à cornes et les
porcs. — Notons, en terminant, que la plante, difficile à dessécher, et ne
pouvant se faner, devra toujours être donnée en vert, et, autant que possible,
mélangée à des aliments plus substantiels.

S. echinatum Ledel., feuilles inférieures cordifonnes ; tiges très rameuses, espèce originaire
de Russie, conseillée pour suppléer la Consoude rude , et ayant paru à Vilmorin, dans quelques
essais comparatifs, supérieure à celle-ci en vigueur, en produit et en précocité ; elle demande
aussi une bonne terre profonde, et fournit de même, d'avril à l'automne, un fourrage bon et
abondant.

Genre BUGLOSSE. — ANC H US A L.

Fleurs bleues ou purpurines, en grappes pourvues de bractées ; — corolle infundibuliforme
ou en coupe, à tube allongé, il lobes obtus un pou inégaux, fermée il la gorge par 5 nectaires
obtus, pubescents ; —
akènes ovoïdes, rugueux. — Feuilles rudes, hérissées, les inférieures lon-
guement pétiolées, les autres sessiles. — Plantes toutes hérissées de longs poils.

Un petit nombre d'espèces, bisannuelles ou vivaces, dont quelques-unes
ont été utilisées dans l'économie agricole.

BUGLOSSE TOUJOURS VERTE. — A. SEMPERVIBENS L.

Fleurs bleues, petites en petites grappes géminées, avec une fleur alaire sur un pédoncule un
et assez long. — Akèuos munis à la base d'un appendice fléchi vers l'ombilic. — Feuilles
ovales, acuminées, entières, les inférieures très amples. — Tige dressée, épaisse, rameuse au
sommet, de 4 à 6 décimètres. — Vivace.

Espèce venant dans l'Ouest et le Sud-Ouest, et depuis longtemps cultivée
dans les jardins. Elle se distingue par sa précocité ; ainsi, quand elle fleurit.

-ocr page 536-

51(5 borragînées.

au commencement d'avril, ses tiges out déjà 4 ou 5 décimètres et sont assez
fortes pour être coupées pour la nourriture des vaches. Les feuilles recueil-
lies à l'automne ont, de plus, l'avantage de pouvoir se conserver pendant,
l'hiver presque sans altération. Elles sont plus douces que celles des con-
soucles, et les bêtes à cornes les mangent plus volontiers. La Buglosse donne
moins de produits que ces dernières plantes; mais par sa grande précocité,
unie à ses qualités alimentaires, elle mérite l'attention des cultivateurs.

Buglosse d'Italie, A. Italien Retz.

Langue de bœuf, Fausse bourrache.

Fleurs purpurines ou bleu d'azur, assez grandes, en grappes nombreuses, formant une grande
panietile ombelliforme. Akènes un peu courbés au sommet, sans appendice. Feuilles laneéolées-
acuminécs, entières, faiblement sinuées. Tige dressée, rameuse au sommet, de 3 à (5 décimètres.
Bisannuelle.

Commune partout, dans le Centre et au Midi principalement, et venant dans les lieux secs
et pierreux, au bord des chemins, sur les décombres, dans les champs cultivés des terrains argilo-
calcaires. Cultivée dans quelques pays comme plante potagère, elle est utilisée surtout pour les
besoins médicaux, comme succédanée de la bourrache. On en récolte, à cet effet, les fleurs et
les racines.

A. officinales L·., fleurs purpurines en grappes géminées, avec fleur alaire ; akènes courbés en
dedans; feuilles lancéolées-linéaires, entières ; tige dressée; bisannuelle, — lieux incultes, décom-
bres de l'Est, du Midi et de l'Ouest ; propriétés et emplois de la précédente.

A. undulala L., feuilles sinuées, ouduleuses, — région méditerranéenne.

A. crispa Viv., fleurs bleues; tiges nombreuses, — espèce petite de la Corse.

Genre LYCOPSIDE. — LYCOPS1S L.

Fleurs en grappes lâches ou géminées ; — calice à divisions accrescentes ; — corolle à tube
infundibuliforme, bossuée, à 5 divisions inégales, fermée à la gorge par 5 nectaires obtus, poilus;
— aliènes rugueux, fortement courbés en dedans. — Feuilles rudes, hérissées, les supérieures demi-
embrassantes, les inférieures pétiolées.

Lycopside des champs, L. arvensis L.

Petite buglosse, Feu de loup, Grippe des champs.

Fleurs bleues, petites. Feuilles oblongues lancéolées, sinuées et ondulées au bord. Tige dressée,
rameuse, de 3 à 5 décimètres. Annuel.

Seule espèce indigène, commune en Europe et dans toute la France, surtout dans les terrains
sablonneux, siliceux, cultivés ou incultes, aux bords des chemins et dans les sables le long des
rivières. Tous les bestiaux la mangent et les moutons même la recherchent ; elle pourrait ainsi
constituer pour eux une nourriture rafraîchissante, d'autant plus appréciable, que la plante vient
sans frais dans les plus mauvais sols. Aussi Bosc en a-t-il conseillé la culture, en faisant remar-
quer qu'après on avoir, au printemps, fait brouter les tiges et les feuilles, on peut la laisser
repousser et l'enterrer en été avec la charrue, comme engrais vert. La principale difficulté de cette
culture serait la récolte de la graine.

-ocr page 537-

rorraginées. 521

Genre NONNÉE. — NONNEA Médik.

Fleurs en petite grappe ; — calice à tube allongé, devenant vésieuleux ; — corolle infundibu-
liforme, à 5 divisions profondes, pourvue dans le tube de 5 nectaires barbus. —
Feuilles lan-
céolées, un peu sinuées, hérissées, cotonneuses.

N. alba DC., fleurs blanches, petites, tiges simples, annuelle ; — N.violacea DC., fleur d'un
violet-noir; tiges couchées; —
N. pulla DC., fleurs brunes, en bouquets terminaux, vivace,
— plantes de la région méditerranéenne.

Genre BOURRACHE. — BORRAGO T.

Fleurs en grappes simples, sur de longs pédicelles recourbés ; — corolle rotaeée ou en coupe,
à 5 lobes profonds ; gorge pourvue de 5 nectaires glabres et émarginés ; —
étamines à anthères
saillantes, conniventes, en cône, à filet muni au sommet d'un appendice linéaire, dressé ; —
akènes h cotés inégaux, tuberculeux, carénés, — Feuilles elliptiques, ondulées-crénelées, les infé-
rieures atténuées en pétiole, les supérieures sessiles. — Plantes très hérissées ; annuelles.

BOURRACHE OFFICINALE. — B. OFFICINALIS L.

Fleurs bleues, rarement blanches, grandes, en grappe eorymbiforme, feuillée à la base. —■
Calice à divisions linéaires, conniventes. — Corolle rotaeée, plane, il tube nul, à lobes lancéolés-
acumiués. — Feuilles inférieures très grandes, obtuses, à long pétiole ; les supérieures embras-
santes. —- Tige dressée, épaisse, rameuse, de 4 à 5 décimètres.

Espèce originaire d'Orient et depuis fort longtemps naturalisée en France,
où elle croît spontanément dans les cultures et lieux incultes, autour des
habitations, parfois avec une extrême abondance. Dans les parties méridio-
nales de l'Europe, en Turquie, sur les côtes d'Afrique, on mange ses feuilles
cuites à la façon des épinards ou des choux. Dans nos contrées, l'art culi-
naire n'en utilise que les fleurs bleues, qui servent à orner les salades,
conjointement avec la capucine. — La Bourrache, contenant beaucoup de
mucilage et un peu de nitrate de potasse, est plutôt employée comme plante
médicinale, à titre de béchique, en même temps de sudorifique et de diuré-
tique ; on la donne en infusion d'un usage journalier. La plante à cet effet
est cultivée dans la plupart de jardins, où on la sème quelquefois exprès, et
où le plus souvent on se contente de laisser croître les pieds qui viennent
spontanément. Un pied dans un potager suffit pour qu'elle se sème ensuite
toute seule. — En économie rurale, la bourrache est sans emploi, bien que
l'on puisse, après la récolte des fleurs, donner les feuilles aux vaches et
aux porcs.

B. la.r.iflora DC., fleurs purpurines, petites; feuilles radicales obovées, — lieux humides de
la Corse.

-ocr page 538-

522 HOltHAGINÉES.

3' Tribu. — CVNOGLOSSKES.

Akènes insérés à la colonne centrale, par une étendue plus ou moins
grande de leur face interne. Corolle à gorge ordinairement pourvue de nec-
taires obtus. Etamines incluses. — Comprend les genres ci-après :

S Akènes insérés par le haut.................. Cynoglossum.

_ Akènes insérés par tout le bord interne........Echinospermum.

-Kl I

C/3 1

© I I Ak. insérés par tout le bord interne—Axe renflé... Heliotkoijum.

O I Fruits J Ak. insérés par un ombilic pq. central—Calice accresc. Aspebugo.

^ 1 non aiguillonnés 1 , ,, ..

o \ c j ... ... i Corolle rotacee.......... Omphalodes.

/ Akènes insores )

par un ombilic inférieur. j r. „ i-,...„,„,_______

\ ' ( Corolle en coupe.......Ehitrichiim.

Genre CYNOGLOSSE. — CYNOGLOSSUM T.

Fleurs violettes ou rougeâtres, devenant bleues, en grappes làclies ; — corolle iufundibuli-
forme, à lobes obtus ; —
akènes déprimés, intimement rapprochés, soudés à l'axe central par
leur partie supérieure, hérissés d'aiguillons sur toute leur surface. —
Feuilles oblongues-lancéolées,
tomenteuses, les inférieures atténuées en pétiole, les supérieures sessiles ; —
lige dressée, rameuse:
— racine longue, épaisse, pivotante.

Un petit nombre d'espèces, annuelles ou bisannuelles, ne venant que
dans les lieux secs.

Cynoglosse commune, C. officinale L.

Langue île chien. Nombril de Vénus.

Fleurs en grappes courtes, denses, avec 1.2 bractées à la base. Feuilles très molles, blan-
châtres, velues sur les deux faces, douces au toucher, les supérieures un peu embrassantes. Tige
raide, très feuilléc, de 4 h il décimètres. Toute la plante d'un vert blanchâtre fétide. Bisannuelle.

Espèce commune dans toute la France, venant dans les lieux pierreux et stériles, sur les
décombres, aux bords des bois et des chemins, ainsi que dans les près secs. Ses feuilles exhalent,
quand on los froisse entre les doigts, une odeur désagréable de souris. Toutes les parties en sont
émollientes, et ses feuilles passent pour être douées de propriétés narcotiques, qui font em-
ployer cette plante comme pectorale et calmante ; ses racines, d'un goût amer styptique, sont, en
outre, usitéas comme vulnéraires. La Cynoglosse, fort employée dans les pharmacies, est cultivée
avec avantage, dans les jardins voisins dos villes, comme plante médicinale. Parmenticr en avait
conseillé la culture on grand comme plante oléagineuse. Aucun animal ne touchant à ses feuilles,
elle est sans importance dans l'industrie du bétail.

C. pictum Ait., fleurs veinées, en grappes lâohos, allongées; feuilles inférieures obtuses;
annuelle, — voisine de la précédente, venant dans les mêmes lieux, mais surtout dans le Midi et
l'Ouest, où elle est fort commune partout.

-ocr page 539-

borhaginées. 523

1'. cheirifolium 1.., fleurs en petites grappes, feuillées dans toute leur longueur; feuilles
blanches cotonneuses, les supérieures embrassantes ; tiges multiples ; annuelle, — tout le Midi

C. Dioscoridis Yill., fleurs en grappes courtes, sans bractées; feuille d'un vort gai, les radi-
cales en rosette ; tige grêle ; bisannuelle, — tout l'Est et la région méditerranéenne

C. monlanum Lin., fleurs sans bractées; feuilles minces, transparentes, les supérieures
enbrassantes, — bois et forêts des hautes montagnes.

Genre BARDANETTE. — ECHINOSPERMUM Swartz.

Fleurs petites, en grappes allongées, lâches ; — corolle en coupe, it tube court ; — akènrt
trigones, à face antérieure marginée, bordée de 1.3 rangs d'aiguillons, soudée à l'axe par tout
leur bord interne.

E. lappula Lehm., fleurs bleues ; feuilles très étroitement lancéolées, uninerviées, rudes,
velues; tige raide, poilue, de 2 à 4 décimètres; bisannuelle, — très commune dans les lieux
secs, vignes, champs arides et caillouteux de presque toute la France.

Genre HÉLIOTROPE. — HELIOTROPWM L.

Fleurs blanches, très petites, en grappes courtes, sans bractées; — corolle infundibuliforine,
à lobes obtus, séparés par de petites dents , —
akènes trigones, chagrinés, soudés à l'axe, renflé
au-dessus du fruit par tout leur bord interne, se séparant il la maturité. —
Feuilles toutes
pétiolées.

Espèces peu nombreuses, annuelles ou vivaees, propres aux lieux secs,
et de nulle importance économique.

Héliotrope d'Europe, H. europmum L.

Tournesol, Herbe aux verrues, Fleur des daines.

Fleurs sessiles ; calice étalé. Feuilles elliptiques, obtuses, larges, d'un vert blanchâtre. Tige
dressée, flexueuse, rameuse, de 1 à 2 décimètres ; annuelle.

Plante commune dans toute la France; venant dans les terres maigres cultivées, sur les
décombres, au bord des chemins, dans les prés secs, quelquefois avec une extrême abondance.
Ses feuilles, amères, ont joui autrefois, comme résolutives, antiputrides, d'une grande réputation :
elles ne sont plus employées, et les bestiaux ne paraissent pas y toucher.

H. supinum L., calice connivent ; tiges multiples, couchées; vivace, — lieux sablonneux de
la région méditerranéenne.

ƒ/. curassavicum L., calice appliqué; feuilles petites, linéaires-lancéolées, obtuses; tige»
couchées; vivace, — sables maritimes de la région méditerranéenne.

H. peruvianum L., fleurs blanches ou violacées, à odeur de vanille, sous-arbrisseau, —
originaire du Pérou, acclimaté, au milieu du dernier siècle, par J. de Jussieu, et cultivé partout
comme plante d'ornement; vient en pleine terre dans le Midi.

-ocr page 540-

51(5 borragînées.

Genre RAPETTE. — ASPERUGO T.

Calice irrégulier, à divisions sinuées-dentées à la base, s'accroissant après la floraison et for-
mant 2 valves; —.
corolle sub-infundibuliforme ; — aliènes comprimés latéralement, insérés à l'axe
par un ombilic presque central, bordés, non aiguillonnés.

Rapette couchée, A. procumbens L.

Fleurs bleues ou blanches, petites, axillaires, fasciculées, opposées aux feuilles. Celles-ci
elliptiques, les inférieures alternes, pétiolées, les supérieures géminées ou quaternées. Tige rameuse
dès la base, à rameaux couchés, redressés, hérissés d'aiguillons crochus. Taille de 3 à 6 déci-
mètres ; annuelle;

Espèce fort commune partout, notamment dans le Midi, venant parfois, avec une extrême
abondance, dans les lieux pierreux et cultivés, au bord des routes, autour des habitations, et se
montrant, de plus, assez souvent dans les prairies. Elle est mangée par tous les bestiaux. Elle a
des propriétés bécliiques et peut, dans certains cas, remplacer la Bourrache.

Genre OMPHALODE. — OMPHALODES T.

Fleurs en petites grappes, lâches, à longs pédicelles ; — corolle rotaeée, à tube très court ;
— akènes déprimés et creusés sur la face externe d'une cavité bordée par une membrane fléchie en
dedans, fixés à l'axe par la base de leur bord interne. ·—
Feuilles d'un vert glauque, les inférieures
pétiolées, les supérieures sessiles ; —
tige dressée, rameuse.

Omphalode printanière, 0. vcrna Moench.; Cynoglossum omphalodes L.

Petite Bourrache, Petite Consoude.

Fleurs bleues, grandes. Feuilles minces, pubescentes, ovales ou lancéolées. Tiges grêles, nues
inférieuroment, de 5 à 15 centimètres; souche stolonifère ; vivace.

Venant dans les lieux boisés de l'Est et du Midi, et cultivé dans les jardins pour ses Heurs
d'un bleu d'émail, propres à faire dos bordures.

0. littoralis Lehm., fleurs blanches; feuilles épaisses, les inférieures spatulées, 3 à 10 centi-
mètres ; annuelle, — sables maritimes de l'Ouest.

0. linifolia Mœnoh.; Cynoglossum linifolium L·., feuilles minces, toutes oblongues-lancéolées ;
annuelle, — Alpes.

Genre ERITRTGHE. — ERITRICHUM Schrad.

Corolle eu coupe; — akènes trigones, angles latéraux entiers ou dentés, insérés à l'axe par
un ombilic inférieur.

E. nanum Scli., fleurs bleues, grandes, en grappes très courtes ; feuilles obovées, très velues ;
tiges nombreuses, formant des gazons serrés, de 4 à 8 décimètres; vivace, — dans les Hautes-
Alpes du Daupliiné,

-ocr page 541-

solan'ées. 525

Famille des SOLANÉES Juss.

CAMPANIF0RMES et INFUNDIBUL1FORMES T.; PENTANDRIE L.; HYPOCOROLLŒ J.

Fleurs hermaphrodites, ordinairement régulières ; — calice libre, persis-
tant en totalité ou en partie, monosépale, à 5, parfois à 4.6.10 divisions;
— corolle hypogyne , monopétale, à 5 ou 4.6.10 divisions; — étamines en
nombre égal à celui des divisions du périanthe, insérées sur le tube de la
corolle ; anthères à 2 loges, s'ouvrant chacune par une fente longitudinale ou
par un pore terminal ;—
ovaire libre à 2 loges, quelquefois divisées, chacune,
par une fausse cloison, eu 2 loges secondaires ; avec placenta épais au centre
de la cloison ; —
style simple, à stigmate simple ou bilobé ; —fruit bacciforme
indéhiscent, ou capsulaire déhiscent, à 2.4 loges, polysperme ; —
graines nom-
breuses, comprimées, réniformes, à embryon courbé ou en spirale, dans un
albumen charnu. —
Feuilles alternes, les supérieures souvent géminées,
sans stipules. — Plantes herbacées ou sous-frutescentes.

Un des groupes les plus importants du règne végétal, la famille des
Solanées comprend un très grand nombre d'espèces, indigènes et exotiques,
remarquables par l'aspect terne de leur feuillage, les nuances sombres de
leurs fleurs, justifiant les qualifications de
Tristes, de Blêmes, que leur donnait
Linnée. Elles se caractérisent encore parleur odeur désagréable, vireuse, leur
saveur acre et nauséabonde, qu'elles doivent à la présence, dans toutes leurs
parties, d'un suc vénéneux, très actif, plus ou moins abondant, et dans la
composition duquel entre principalement un alcaloïde particulier, variable
pour chaque espèce, mais offrant toujours des propriétés narcotiques, et plus
ou moins associé à un principe acre ou à une matière extractive amère.

Quelques espèces, dans lesquelles ces principes existent en abondance, cons-
tituent des poisons narcotico-âcres très dangereux ; à petite dose, ils n'exer-
cent plus qu'une action stupéfiante et calmante, qui eu fait des médicaments
précieux, dont la médecine de l'homme et des animaux tire journellement
parti pour le traitement des affections locales du système nerveux.

Les Solanées viennent dans les lieux les plus divers, mais plus particu-
lièrement, comme toutes les plantes à teintes sombres et à odeur vireuse,
clans les endroits obscurs et plus ou moins soustraits à l'influence des rayons
solaires. Les animaux les repoussent à peu près tontes, et elles n'ont générale-
ment, en économie rurale, les espèces indigènes surtout, d'autre importance
que colle offerte par les plantes mauvaises et vénéneuses qu'il importe de
connaître pour s'en préserver, et prévenir les dangers pour l'homme et
les animaux dont elles peuvent être cause.

Quelques-unes d'entre elles cependant, d'origine exotique et acclimatées
dans nos contrées, ont été assez modifiées par la culture pour perdre en
partie leurs propriétés dangereuses et fournir à l'agriculture et à l'économie

-ocr page 542-

526 solanées.

domestique des produits importants. D'autres sont même utilisées dans l'in-
dustrie, et d'autres enfin sont cultivées comme plantes d'ornement. — Ci-
après le tableau des genres auxquels appartiennent les espèces indigènes
ou cultivées en France à des titres divers:

Antli. s'ouvrant par 2 pores termin.; conniv. — Corolle rotacée. Solanum.

Anthères conniventes, longues — Corolle rotacée. Lycopersicum

Calice court, non accressent..... Capsiciîm.

[C.ii 5dents court. Puisai,is.

a ®
o

* S

M .

a

ITl

M

■W
-J

O

r? 0

- o

Cal. dev. vésicul

I Cal. à 5 div. prof. Nican du a .
à 5 lob. courts —Baie 21ocul. Atropa,

Corolle

campanule:! &6 )ob profonds_ Baie llocul. Mandragora .
ì
Corolle infundibuliforme................ Lycidm.

ÌCapsule ii 4 loges, s'ouvrant en 4 valves........ Datura.

Ca sulesà2lo»es ( en 2 va'ves bifides.......... Nicotiana.

.........'1

eirculairement, en pyxide .... Hyorcyamus.

s'ouvrant :

Genre MORELLE. — SOLANUM L.

Fleurs en corymbe, sur des pédoncules extra-axillaires ou terminaux ; — calice à 5.10 divi-
sions étalées, restant appliqué sur le fruit ; —
corolle rotacée, à tube court et limbe plissé ; —
étamines 5, il anthères saillantes, conniventes, s'ouvrant par deux pores terminaux; —baie bilo-
culaire, rarement pluriloeulaire; —
graine à embryon en spirale. — Feuilles pétiolées; — lige
herbacée, rarement ligneuse, dressée, rameuse.

Ce genre, le plus nombreux du règne végétal et ne renfermant pas
moins de 900 espèces environ, comprend des plantes la plupart étrangères à
l'Europe, et originaires des pays chauds, de l'Amérique principalement.
Leurs propriétés vénéneuses semblent moins prononcées que dans les autres
genres de la famille, et les bestiaux même, bien que ne les recherchant point,
paraissent pouvoir manger plusieurs de ces espèces sans inconvénient.

Les Morelles cultivées ou venant naturellement dans nos contrées, sont
en très petit nombre, eu égard à l'immense étendue du genre ; elles se bor-
nent à celles comprises dans le tableau ci-après :

Fruit

baceiforme

Corolle
rotacée

Anthères
s'ouvrant
[par 2 fentes'
longitudin.

„ . , . TDBEROSÜM L.

Feuilles pinnatiséquées.— Rameaux souterrains tubereux...

1 { Sialaniferum Schl.etB.

Baies noires. NIGIUJM L.

B. rouges. . Minimum Merl. et K.

B i auna trcs ! ®'orori"7i"Spenn.
5?r
|J Feuilles simples, I Raies petites j f 'J { Humile Berhn.

| / Rameaux souterr. j fpi.trèspoilue-B.safranée. Villosum l.m.

O j <u non tubéreux i

w ' 1X5 ' \Corol. à (i.9 divisions—Baies très grosses. MF.I.OSGENA L.

Feuilles simples. ( Tige sarmenteusc — Baie ovoïde.. DI'LCAMAIU !..

Tige ligneuse] Baies petites j Tige dressée — Baie globuleuse., pseudo-Cîpsici* l.

Feuilles pinnatifides — Baies très volumineuses......W»«™« I·.

5 ! [ Plantes

- 58 1 i

•SP ·■ < [ Corol, ii 5 lobes. \ pq. glabres

3

-ocr page 543-

KOIjANËËS.

MORELLE TUBÉREUSE. — S. TüREROSUM !..

Noms vulgaires. — Pomme de terre, Parmentière, Patate, Topinambour, Truffe, îruffle,

Trufelle, Tartuffe, Tartoufte.

Fleurs blauclies, violettes ou rosées, en corymbe longuement pédoneulé. — Calice à divi-
sions linéaires-lancéolées. — Corolle pubescente, à lobes courts, triangulaires. — Baies globu-
leuses, assez grosses, d'un vert jaunâtre ou violacées, odorantes à la maturité. — Feuilles
pinnatiséquées, à segments ovales-aigus, pétiolulés, séparées par des segments plus courts,
sessiles.—Tige herbacée, anguleuse, robuste, fistuleuse, avec rameaux souterrains renflés, de
distance en distance, en gros tubercules arrondis ou oblongs, plus ou moins bosselés, avec
dépression, offrant à leur centre des petits bourgeons dits
yeux. — Racine rameuse, à divisions
longues et déliées, sans renflement, traçantes. — Taille de 4 à H décimètres. — Plante rude,
pubescente, annuelle, devenant vivace par la végétation des tubercules.

Planle originaire d'Amérique, venant spontanément et naturalisée en
Europe, où elle est cultivée partout, en plein champ et dans les jardins pota-
gers, comme espèce à la l'ois alimentaire et fourragère, et croissant spontané-
ment, çà et là, autour des habitations. Sont spécialement utilisés, dans cette
plante, les
tubercules, véritables bourgeons souterrains, qui verdissent lorsqu'ils
sont exposés à la lumière, et sonL presque exclusivement formés de tissu cel-
lulaire contenant une très forte proportion de substance amylacée ou fécule.

Historique de la Pomme de terre.

La Pomme de terre, complètement inconnue en Europe au commence-
ment du seizième siècle, fut trouvée, par les Espagnols, au Pérou, dans la
Colombie, lors de la conquête de ces pays, où elle était cultivée de toute anti-
quité, sous le nom de
pappas et où elle se rencontre encore à l'état sauva-
ge. Zarota, trésorier du Pérou, en fit pour la première fois mention en 1544.
Peu après, en 1563, elle fut importée, de Santa-Fé en Irlande, par John Haw-
kins. Cette première introduction ayant été sans résultat, elle fut, en 1586,
de nouveau apportée en Angleterre par Drake, qui en donna quelques pieds
au célèbre botaniste anglais Gérard; celui-ci la cultiva dans ses jardins, à
Londres, et en partagea le produit avec un botaniste de Levde, L'Ecluse ou
Glusius, qui avait reçu en outre deux tubercules rapportés à Bruxelles par
le légat du pape, et qui le premier, comprenant l'avenir de celte plante,
crut pouvoir appeler sur elle l'attention des agriculteurs de l'Europe.

Mais les recommandations de Glusius ne purent encore réussir à vulga-
riser la
Taratouffle ou Papa, comme on appela d'abord la Pomme de terre, et
elle tomba dans l'oubli jusqu'au moment ou Walter Raleigh, en 1623, l'im-
porta à son tour de la Virginie, qu'il venait de découvrir, en Angleterre.
Dès ce moment, elle commença a être réellement cultivée dans le Royaume-
Uni. les Pays-Bas. en Suisse, dans le nord de la France, et, en premier lieu.

-ocr page 544-

528 solanées.

comme plante culinaire très rare, réservée seulement à la table des grands
personnages. Mais bientôt la crainte que l'on avait qu'elle occasionnât la
lèpre, vint en restreindre l'emploi comme plante alimentaire pour l'homme ; on
possède ainsi un arrêt du Parlement de Besançon, daté de 1630, et qui, pour
ce motif, en prohibe la culture sur le territoire de Salins. Dès ce moment on
commence à la cultiver comme plante fourragère pour la nourriture des
bestiaux. Un peu plus tard, elle pénètre en Allemagne, où sa culture toutefois
ne paraît pas remonter au-delà de la première moitié du dix-huitième siècle.
Ainsi Eclcart, dans son
Traité de physique expérimentale, daté de juin 1754,
assure qu'on ne la connaissait que depuis peu de temps avant l'impression
de son ouvrage. Mais ce pays, décimé par la famine qui suivit la guerre de
Sept-Ans, et celle de 1772, comprit bientôt l'immense ressource que cette
plante lui offrait contre la disette, et sa culture y fit des progrès rapides.

En France, Parmentier passe généralement pour avoir l'un des premiers,
vers 1786, préconisé l'usage alimentaire de la Pomme de terre. Gela n'est
pas absolument exact. Au temps de Parmentier, ce tubercule était depuis
longtemps servi sur presque toutes les tables ; et De Combles, dans son
Ecole
du Jardin potager,
publié en 1749, donne, sur sa culture et son emploi dans
l'alimentation, des indications qui montrent que la plante était alors appréciée
à sa juste valeur et que les principes rationnels de sa culture étaient même
assez exactement connus. Ainsi, déjà à cette époque la Pomme de terre était
cultivée en grand, alternait avec le blé et était soumise à des procédés de
plantation et de culture analogues à ceux encore aujourd'hui en usage.

11 résulte même de recherches récentes de M. le baron de Dumast que
l'usage alimentaire du tubercule à Nancy et dans toute la Lorraine devait
remonter au moins à un siècle auparavant. 11 cite, notamment, un arrêt du
Parlement de Nancy, en date du 21 juin 1715, décidant que la dîme sera
payée pour les pommes de terre comme pour toutes les autres récoltes régu-
lières, et comme cet arrêt constate, en même temps, les cinquante ans de
pratique exigés pour la perception de ce droit, il s'ensuit que l'introduction
de la Pomme de terre dans les cultures potagères remonte au moins, en
France, à l'année 1665; et très probablement à une époque plus antérieure : en
d'autres termes, qu'elle n'avait point subi d'interruption depuis les premières
années du dix-septième siècle.

Mais c'est en Angleterre surtout que la consommation du précieux tuber-
cule s'était le plus généralisée, du dix-septième au dix-huitième siècle ; elle
était servie sur la table des grands, et en Irlande elle avait fini par consti-
tuer presque l'unique nourriture des familles pauvres. On l'exportait, à cet
effet, de France, par le port de Dunkerque, et même en si grande quantité,
qu'en 1775 on fut dans la nécessité d'en défendre la sortie du royaume.

Il ne paraît pas toutefois qu'en dehors des provinces du Nord la culture
de la Pomme de terre fût alors fort répandue, et cela toujours par suite de la
crainte qui régnait encore que ce tubercule nuisît à la santé et engendrAt

-ocr page 545-

solan'ées. 529

la lèpre. Dans la pensée de vaincre ces préjugés, Turgot, sous Louis XVI,
essaya de cultiver cette plante dans ses terres de l'Anjou et du Limousin.
Mais il ne put d'abord y réussir, et l'opposition faite à l'adoption du précieux
tubercule était encore très vive à Paris et dans les localités environnantes, lors-
que Parmentier, vers 1786, entreprit à son tour d'en propager l'emploi dans
toutes les classes de la population. Il n'y réussit qu'avec peine, s'attira même
de vives animosités ; mais le succès toutefois couronna ses efforts. La
Truffe
fut enfin adoptée par tout le monde, justifiant largement par la quantité et la
qualité de ses produits les prévisions favorables dont elle avait été l'objet,
ainsi que les noms de
Pain tout fait, de Pomme de terre, que lui avait donnés
Parmentier. Une circonstance malheureuse, la disette qui suivit les pre-
mières guerres de la Révolution, aida beaucoup d'ailleurs à son succès. On
comprit bientôt, sous l'empire de la nécessité, l'extrême importance de la res-
source alimentaire qu'offrait le tubercule étranger, et son usage se répandit
dès lors partout avec rapidité. Ce fut dans ces circonstances que F. de Neuf-
château, en mémoire des services rendus par la Pomme de terre, et pour
reconnaître les efforts de son infatigable propagateur, proposa de lui donner
le nom de
Parmentière, qui lui est resté.

Aujourd'hui, la Parmentière, cultivée dans toute l'Europe et sur la plus
large échelle, est devenue partout l'une des plantes les plus essentielles de
nos cultures, une de nos plus précieuses ressources pour l'alimentation de
l'homme et des animaux. Sa culture, qui couvrait déjà, en 1840, la cinquan-
tième partie du territoire français, atteste, par ce grand développement, l'im-
portance qu'elle a définitivement acquise.

Variétés de la Pomme de terre.

La Pomme de terre à produit, par la culture, des variétés et des races
nombreuses, se distinguant par le volume, la forme, la couleur des tuber-
cules, l'époque de leur maturation, leurs qualités alimentaires; par le plus
ou moins d'abondance des produits, le nombre des tiges de la plante, la forme
des feuilles, etc. Ces particularités devant être prises en considération dans
le choix à faire pour les cultures, la connaissance de ces variétés devient,
par cela seul, une étude des plus utiles et à laquelle les horticulteurs et les
agriculteurs ont attaché toujours une grande importance.

Avant 1789, ces variétés étaient encore peu nombreuses et ne dépas-
saient pas dix à onze. En 1805, on n'en comptait encore que douze. Mais la
vulgarisation de la culture de la Pomme de terre en a, depuis lors, consi-
dérablement élevé le chiffre, qui dépasse aujourd'hui 2 à 300, et s'augmente
même tous les jours, rendant en même temps la distinction de ces variétés
de plus en plus difficile, la plupart n'offrant que des caractères fugaces et
insaisissables, et beaucoup d'entre elles n'étant que de simples modifications,

ai

-ocr page 546-

530 solanèes.

souvent temporaires, des types principaux, et dont il n'y a pas lieu, par suite,
de faire des variétés distinctes. Dans ces conditions, il nous paraît utile de
nous en tenir à. l'énumération des races principales aujourd'hui connues et
les mieux déterminées par la fixité de leurs caractères.

Dans la pratique agricole, d'après l'époque plus ou moins avancée de la
maturation des tubercules, 011 distingue communément : les variétés
hâtives,
qui forment leurs produits de bonne heure ; et les variétés tardives, qui les
forment plus tard. Mais cette distinction ne saurait servir de base à une clas-
sification des tubercules, qui ne peut rationnellement être établie que sur les
caractères extérieurs et apparents de ceux-ci.

Tenant compte seulement de leur forme générale, MM. Girardin et
Dubreuil divisent les pommes de terre en
patraques ou rondes, parmentières
ou aplaties, et vitelottes ou cylindriques. Mais outre la forme, il faut considérer
encore la couleur, fournissant un caractère non moins utile pour la détermi-
nation des types. Elle constitue même actuellement le point de départ du
classement le plus généralement admis. On distingue de la sorte les Pommes
de terre en
jaunes, rouges et violettes; et en subdivisant chacun de ces
groupes, d'après la forme des tubercules en
rondes, petites ou grosses, et en
demi-longues ou longues, les unes et les autres pouvant être lisses et entaillées,
on arrive à former une série de classes suffisamment caractérisées et com-
prenant toutes les variétés connues. On distingue ainsi :

Dans les variétés jaunes :

Les Jaunes rondes grosses, comprenant principalement :

La Patraque jaune, Chardon, de Saxe, forme assez régulièrement ronde, h peau et chair jaunes,
ii yeux d'un rose clair; tige robuste; fleurs blanches ; tubercules ramassés au pied de la plante,
— variété tardive, très productive, autrefois très commune et une de celles qui ont le mieux
résisté à la maladie; mais dont l'emploi des variétés plus hâtives a restreint la culture.

La Saint-Jean, Grosse jaune hâtive, peau jaune, un peu allongée, il chair blanchâtre, yeux
violets; tige grêle, peu rameuse; feuilles étroites; fleurs lilas, — variété ancienne, pro-
ductive, hâtive, mûrissant ses tubercules au commencement d'août, et ayant pris une grande
importance depuis que la Patraque jaune est devenue plus rare.

Cette variété forme deux sous-races presque aussi répandues l'une que l'autre : la Shaiç
ou Chave, la plus précoce ; et la Segonsac, un peu plus grosse, plus productive et de huit jours
environ plus tardive que la précédente.

La Jeuxy, volumineuse, irrégulièrement arrondie, à peau et chair jaunes; tige robuste,
très rameuse ; fleurs blanches, très grandes, — assez hâtive.

La Ronde précoce de Paris, spliérique, de volume moyen, à chair blanche.

On peut citer encore :

La Jaune ronde hâtive, la Précoce de Harvay, l'Œil rose, la Biscuit, la Docteur Bretonneau,
très grosse, irrégulière, et d'un faible rendement, etc.

2° Los Jaunes rondes petites, parmi lesquelles :

La Jeancé, régulièrement arrondie, à peau et chair jaunes, — assez productive, demi-
tardive, mûrissant un mois après la Chave.

La Comice d'Amiens, un peu déprimée, régulière, ii peau et chair jaunes, yeux peu enfoncés ;
tige anguleuse ; fleurs d'un blanc grisâtre, — très hâtive.

I:

-ocr page 547-

solan'ées. 531

La Blanchard, OEil violet, assez régulière, déprimée, yeux profonds, violacés; tige anguleuse,
marbrée de violet; fleurs d'un violet bleuâtre, — précocité moyenne.

La P. de t. de Norwége, arrondie, chagrinée, à peau et cbair jaunes , tige très rameuse ; fleurs
blanches ; très productive, — variété recherchée dans les pays froids, où elle échappe à la maladie ;
recommandée, en 1867, par M. Rohart, consul de Norvège, et ayant été soumise en France à
quelques essais n'ayant pas donné partout des résultats concluants.

La P. de t. pyrénéenne, arrondie, très régulière, à peau lisse, yeux peu enfoncés, d'un goût
excellent et d'un rendement considérable, — variété récemment signalée par M.Vidal (do
l'Ariége), et cultivée dans plusieurs cantons des Pyrénées.

La Naine hâtive, Patraque hâtive de Philadelphie, légèrement déprimée, bossuée, de 6 centi-
mètres environ de diamètre ; peau jaune, parsemée de taches dartreuses, chair jaune serin ; tige
anguleuse ; fleurs avortées ; — très hâtive.

L'Irish pink Eged, OEil rouge, OEil rose, Virole, Rognon rouge et jaune, assez régulière, de fi à
7 centimètres de diamètre ; peau jaune lavée ou jaspée de violet, yeux roses, chair jaune de beurre,
mi-forme; tige à angles ondulés; fleurs violacées, — hâtivité moyenne.

Les Jaunes longues, dont les principales sont :

La Marjolin, Kidnèy hâtive, Quarantaine, petite, ovoïde, arrondie, un peu aplatie, à surface
unie, lisse, yeux peu nombreux, superficiels, peau et chair jaunes; fleurs avortées; tubercules
s'agglomérant à la base de la tige, — espèce très hâtive, la plus précoce de celles cultivées aux
environs de Paris, la meilleure pour la consommation pendant l'été ; mais ne pouvant être con-
servée ; une des plus anciennes, cultivée en Angleterre il y a plus d'un siècle.

La Marjolin seconde, 2e saison, la Brie, Quarantaine tardive, de la Helle, fleurs abondantes,
grandes, rose lilas ; — mûrissant quinze jours après la précédente.

A côté de la Marjolin, l'une des plus répandues dans la culture potagère, se rangent un grand
nombre de sous-variétés, qui, malgré les noms différents qu'elles ont reçus, ne se distinguent par
aucun caractère essentiel du type primitif, dont elles sont toutes plus ou moins issues. Nous citerons
dans le nombre les variétés :
Handsworth prolific, Royal ash leaf Kidney, Alston Kidney, signalées pour
leur fort rendement; les
Napoléon Kidney ou impérial Kidney, à tubercules plus nombreux et plus
gros,
White blossomed, à fleurs blanches, Hardy, courte et d'un blanc jaunâtre, Confédérée, longue,
irrégulièrement cylindrique, et assez estimée, 6tc.

La Jaune longue de Hollande, Cornichon jaune, Parmenti'ere, allongée, aplatie, lisse, ponctuée,
chair très jaune ; tige couchée ; fleurs peu nombreuses, lilas clair ; — variété tardive, très bonne

La Bossin, Caillaud, du Chili, irrégulièrement allongée, déprimée, lisse; peau et chair jaunes,
— maturité moyenne, très productive, même en mauvaise terre ; importée en 1848 du Chili, par
M. le docteur Hambron.

La Marceau, longue et généralement très grosse, chair fine et blanche, farineuse et de très
bonne qualité, — variété hâtive et, par cette raison, très peu sujette à la maladie. Importée de
l'Amérique du Nord, par M. Vavin, officier de la marine impériale.

La Vitelotte blanche, bosselée, yeux nombreux, à crête très saillante, peau jaune clair, ver-
ruqueuse ; chair blanchâtre ; fleurs avortées.

Dans les variétés rouges :

Les Rouges rondes, comprenant entre autres :

La Patraque blanche, Grosse blanche commune, Ox noble, très grosse, arrondie, bosselée, à peau
et chair d'un blanc veiné de rose; racine traçante ou coureuse, — variété très tardive, souvent
mêlée à la Patraque jaune ; sa culture est aujourd'hui abandonnée.

La Bavière, ronde, grosse, peau rouge, chair jaune; bonne pour le bétail.

La Rohan, volumineuse, irrégulièrement arrondie, mamelonnée, peau rosée, nuancée de
jaune, chair jaune; fleurs blanches, — variété très productive, mais tardive, ce qui l'expose â
la maladie et en a fait presque abandonner la culture; introduite, en 1830, d'Amérique en
Europe, par le prince de Rohan, qui lui donna son nom.

-ocr page 548-

532 solanées.

La Truffe d'août, Rouge ronde d'été, Rouge ronde hâtive, Madeleine rouge, irrégulièrement arrondie,
déprimée, lisse, yeux très espacés et superficiels, peau rose terne , chair jaune clair ; tige
grêle·, fleurs d'un blanc jaunâtre, — variété hâtive, mûrissant fin août; très fine, mais vieillie,
usée, et sujette à la maladie.

La Tardive d'Irlande, Irish-cup, assez régulière, à yeux très enfoncés, peau rouge mêlée de
jaune, chair blanche ; feuilles étroites ; fleurs petites, lilas, — tardive, mûrissant fin septembre,
facile à conserver; une des plus renommées en Angleterre pour sa richesse en fécule.

La Reine blanche, tubercules gros, it peau et chair blanches ; tige courte, — variété très
hâtive, mûrit avant la fin de juillet ; récemment proposée par M. Converset, du Doubs.

Les Rouges longues, dont les principales sont :

La Rouge longue de Hollande, Cornichon rouge, allongée, un peu aplatie, amincie à l'un des
bouts, lisse, yeux superficiels; peau rouge clair, chair jaune ; fleurs grandes, d'un blanc jaunâ-
tre, — tardive, fine et recherchée, mais peu productive ; culture presque abandonnée.

La Pousse debout, Cueuilleuse, Saint-Andrê-de-Suède, allongée, aplatie, amincie aux deux bouts ;
fleurs grandes, d'un blanc jaunâtre, — tardive, plus productive que la précédente, qu'elle tend
à remplacer, facile à conserver, et seulement bonne en hiver.

La Constance Perrault, Yam, Igname, volumineuse, longue de 12 à 13 centimètres, presque
cylindrique, arrondie aux deux bouts, peau rose verruqueuse, yeux très enfoncés, chair d'un
blano jaunâtre; fleurs blanc lilas, — tardive.

La Vitelotte rouge, petite, cylindro-conoïde, bosselée, un peu amincie aux deux bouts, peau
d'un rose un peu violacé, finement verruqueuse, chair jaune blanchâtre; tige grêle, teintée de
brun; fleurs très blanches, — hâtive, mûrissant dans le mois d'août; tubercules ne se dilatant
pas par la cuisson, ce qui la fait rechercher pour les usages culinaires.

La Kidney rouge, petite, ovoïde, déprimée, arrondie aux deux extérmités, surface unie, striée,
yeux peu nombreux, superficiels ou peu enfoncés, peau rouge violet, chair jaune serin, liserée
de violet sous la peau, — maturité moyenne.

La Long-Island, d'origine américaine, et propagée par M. Defays-Dumonceau.

Dans les variétés violettes :

6° Les Violettes rondes, offrant surtout :

La Violette à chair jaune, de Vincennes, arrondie, un peu bosselée, peau rugueuse, violet noir,
chair jaune clair ; fleurs rares, d'un blanc violet, — précocité moyenne, bonne qualité.

Les Violettes longues, offrant à citer :

La Violette hâtive, Illeue plate hâtive, ovaliforine, déprimée, peau rugueuse, d'un violet noir,
chair jaune blanchâtre ; fleurs blanc lilas, — espèce hâtive, recherchée.

La Ilundred fold, Cent pour un, caractères de la précédente, plus irrégulièrement sphérique,
déprimée, plus tardive et propre à la grande culture, — d'origine anglaise.

Telles sont les principales variétés de pommes de terre, auxquelles les
catalogues publiés par les jardiniers en ajoutent chaque jour de nouvelles,
aujourd'hui cultivées, soit dans les jardins, soit dans les champs, pour la
nourriture de l'homme ou pour celle des animaux, ou pour alimenter cer-
taines industries spéciales. Dans l'appréciation de leur valeur respective, il
faut considérer à la fois la quantité et la qualité des produits. Ainsi, les plus
volumineuses, qui donnent le plus de produits bruts, ne sont pas toujours
pour cela les plus avantageuses à cultiver; car, contenant, en général, une
proportion moindre de principes féculents et alimentaires, elles sont relati-
vement moins profitables que les autres, tout en occasionnant plus de frais
pour récolte, conservation, etc. Outre que, par suite de la grande quantité

-ocr page 549-

solan'ées. 533

d'eau qu'elles renferment, elles sont plus difficiles à conserver, en même
temps moins salubres, moins nourrissantes. En principe donc, les meilleures
variétés seront toujours celles qui donneront la plus forte proportion de
matière utile, eu égard aux frais de culture. La
Patraque jaune a été ainsi
longtemps considérée comme la plus avantageuse sous ce rapport. Les
Vite-
lottes
aussi sont très féculentes, mais rendent peu à la culture ; elles sont restées
seulement pommes de terre de luxe.

Toutes, non plus, ne conviennent pas également pour la culture potagère
et pour la culture des champs. La plupart d'entre elles peuvent, il est vrai,
indistinctement recevoir l'une ou l'autre destination. Quelques-unes cepen-
dant sont plus particulièrement réservées pour la grande culture, et par suite
servent seules à l'alimentation du bétail. Les variétés choisies à cet effet n'ont
point toujours été les mêmes. Avant 1845, époque de la dernière invasion de
la maladie, on en cultivait ainsi, dans les champs, environ une douzaine,
appartenant aux diverses classes, mais choisies surtout parmi les variétés
tardives, plus nombreuses, plus répandues et plus productives que les autres ;
parmi elles comptait surtout la
Grosse blanche commune, la Patraque jaune ou
Chardon, la Rohan, etc. Mais plus tard on s'est attaché surtout aux variétés
précoces, un peu moins productives que les tardives, mais qui, venant plus
tôt, semblent mieux résister, et principalement aux
grosses jaunes rondes,
très farineuses et fort productives encore, telles que la Chave, la Segonzac, la
Jeuxy, etc. On cultive aussi en pleine terre la Jeancê, la Caillaud, la Tardive
d'Irlande
, la Pousse-Bebout, la Hundred fold, VIgname, etc., qui, sans donner
des produits aussi importants, n'en entrent pas moins avec avantage dans
les assolements.

Culture de la Pomme de terre.

Bien que d'origine équatoriale, la Pomme de terre végète sous les climats
les plus divers, au Nord comme au Midi. Craignant surtout la gelée, qui arrête
le développement de ses tiges et la fait périr, mais, d'un autre côté, croissant
avec rapidité, elle vient et développe ses tubercules partout où un intervalle
assez grand, sans être trop long, sépare les saisons des gelées, c'est-à-dire
partout où ses tiges ne risquent pas d'être détruites en avril ou en mai par
des froids tardifs, en septembre ou en octobre par des gêlées précoces, partout,
en un mot, où l'avoine arrive à maturité.

Choix et préparation du sol. — La Pomme de terre, en principe, s'accom-
mode de tous les terrains, peut croître dans les sols les plus stériles. En
France, elle est même la plante qui paraît le mieux s'accommoder de la
généralité de nos terrains. La nature du sol toutefois influe beaucoup sur
la qualité du tubercule, le rend, suivant son degré d'humidité, plus ou
moins aqueux. Aussi réussit-elle mieux, donne-t-elle ses meilleurs produits

-ocr page 550-

534 solanées.

dans les terrains légers, argilû-siliceux, sablonneux ou calcaires, et, en même-
temps, profonds, assainis, secs et suffisamment fertiles.

Dans tous les cas, on lui consacrera avec avantage les terrains nouvel-
lement défoncés, et on évitera les sols pierreux, caillouteux qui s'opposent à
la marche des instruments aratoires, rendent les travaux difficiles et défec-
tueux, ainsi que les sols fortement inclinés ou dominés par des hauteurs qui
reçoivent beaucoup d'eaux pluviales.

Quelle qu'en soit la nature, le sol, avant la plantation des pommes de
terre, devra toujours être préparé et ameubli par des labours profonds, indis-
pensables au développement des racines et des tubercules de la plante.

La Pomme de terre, plante épuisante, exige un sol non-seulement ameubli,
mais encore suffisamment fertilisé par des additions d'engrais, d'autant plus
utiles que cette plante est l'une de celles dont les produits sont le plus immé-
diatement en rapport avec la proportion des matières fertilisantes renfermées
dans le sol, et qui ainsi paient le mieux les engrais qu'on leur donne. On
peut employer, dans ce cas, soit le fumier, soit le guano ou les engrais chi-
miques divers qu'utilise aujourd'hui l'agriculture.

Le fumier est l'engrais le plus communément en usage. Dans un sol
léger, on pourra employer un fumier fermenté, consommé, plus ou moins
avancé en décomposition ; mais en terre forte, argileuse, compacte, le fumier
récent, plus poreux, qui soulève et divise mieux la terre, est choisi toujours
de préférence.

A défaut de fumier, on peut faire usage d'engrais énergiques, tels que
purin, jus de fumier, urines, matières animales en décomposition, composts
divers, etc., qui lui conviennent également. On peut employer aussi les engrais
minéraux, parmi lesquels les sels ammoniacaux et les nitrates exercent l'ac-
tion la plus marquée. Leur emploi, convenable surtout dans les terres légères
et perméables, combiné à celui du fumier, porte la production à son maxi-
mum, et, eu même temps, accroît, dans les tubercules, la proportion d'amidon
et de matières protéiques. Suivant les observations de Liebig, les pommes
de terre, en outre, doivent figurer parmi les récoltes qui épuisent surtout le
sol en phosphates et en sels alcalins, d'où la nécessité d'ajouter au fumier
d'étable des matières contenant une certaine proportion de ces sels.

Modes divers de multiplication. — On peut utiliser, pour multiplier la
Pomme de terre, les divers modes de réproduction en usage pour les autres
végétaux, c'est-à-dire le
semis, la marcotte, la bouture, et, de plus, la planta-
tion des tubercules.

Semis. La Pomme de terre se reproduit facilement de semis ; mais elle
donne rarement alors des tubercules semblables à ceux des pieds qui ont
produit les semences. Aussi ce moyen de multiplication convient-il surtout,
quand on veut obtenir des variétés nouvelles ; c'est de la sorte qu'ont été
obtenues les nombreuses races aujourd'hui connues. D'un autre côté, comme
les espèces hâtives fleurissent rarement ou ne donnent que des fleurs avor-

-ocr page 551-

solan'ées. 535

tées, et par conséquent pas de graines, on ne peut semer que les variétés
tardives.

Pour pratiquer le semis, on répand la graine en pleine terre ou sur
couche.

Le semis en pleine terre exige une terre riche et très meuble. La graine
est répandue, au mois de mars, en lignes. Ce mode réussit quelquefois ; mais
il exige beaucoup de soins et n'est que rarement pratiqué.

Le semis sur couches est la méthode la plus communément usitée ; il se
fait en avril. La graine est semée clair, en rayons peu profonds, espacés de
1 décimètre, et sous abri. Les graines germent en 20 jours environ. On
obtient ainsi, de bonne heure, des plants qu'on repique en mai et en juin, à
40 ou 50 centimètres les uns des autres dans tous les sens. Plus tard, on leur
donne un léger buttage, et en automne on récolte les tubercules. Ceux-ci,
ordinairement très petits, sont conservés pour être replantés, dans les con-
ditions ordinaires de la culture, par tubercules, et ce n'est qu'après cette
deuxième récolte qu'on peut en apprécier la l'orme et les autres qualités.

Marcotte ou Provignage. Coucher les tiges des pommes de terre et les
couvrir de terre, jusqu'à la formation des bourgeons et des racines sur les
parties enterrées. Moyen peu avantageux et inapplicable dans les cultures
ordinaires.

Bouture. Couper les tiges au-dessus du sol, quand elles ont 15 à 20 cen-
timètres de hauteur, et les replanter à moitié couchées dans des terres bien
préparées, en les garantissant contre l'action du soleil et du hâle.

Quelquefois on plante les pousses produites par les yeux des tubercules
conservés en cave ; on devra alors s'assurer qu'elles sont munies de quelques
radicelles ; ce genre de bouture, usité en Belgique surtout, est utile quand
les pommes de terre sont rares.

Plantation des tubercules. Le procédé de multiplication le plus géné-
ralement suivi, celui qui jusqu'à ce jour a donné les meilleurs résultats, est
la plantation des tubercules. La plante se reproduit alors par le développe-
ment des yeux, qui tous peuvent également servir à la reproduction du
végétal, vivant d'abord, en attendant que les racines soient formées, aux
dépens du tubercule lui-même, à la substance duquel il emprunte les élé-
ments de sa propre nutrition.

Choix et préparation des tubercules. — Pour donner de bons résultats,
ces tubercules, choisis avec soin, doivent présenter une forme régulière,
offrir exactement les caractères de la variété que l'on veut cultiver, être par-
faitement sains et dans un état de maturité complète.

Un point important, souvent discuté, est celui du volume des tubercules
de semence. Si l'on considère, en effet, que le jeune plant, se nourrissant de
la substance de celui-ci, doit naturellement acquérir une vigueur propor-
tionnée à la masse de matière nutritive qu'il trouve à sa naissance, on
conçoit qu'il ne saurait être indifférent de planter de petits ou de gros tuber-

-ocr page 552-

536 s0lanées.

cules, et que ceux-ci, eu principe, doivent être plus favorables à la végétation
et, par suite, donner des meilleures récoltes.

Toutefois, les tubercules volumineux ayant une valeur supérieure et
leur emploi comme semis entraînant une perte plus considérable, sans
compter que les plus gros peuvent n'être qu'un produit anormal et 11011 tou-
jours de bonne qualité, l'habitude a été généralement adoplée de choisir pour
les semis les tubercules moyens, qui donnent, au total, une récolte aussi
abondante que les gros. Quant aux petits tubercules, lesquels, sauf quand
ils proviennent d'un semis de graines, peuvent n'être pas mûrs et ne pas
renfermer la fécule nécessaire à alimenter les jeunes pousses, et qui, par
suite, 11e donnent que de médiocres produits, ils sont et doivent être toujours
rejetés.

Outre le volume, il faut tenir compte encore, dans le choix des tuber-
cules de plantation, des caractères offerts par les
yeux. A ce point de vue, les
observations ont fait reconnaître, depuis quelques années, deux variétés de
tubercules importantes à distinguer : 1° les tubercules à yeux très marqués,
gros, émettant de bonne heure des bourgeons charnus, qui se changent plus
tard en longues et fortes tiges, lesquelles en se formant épuisent et ramollis-
sent le tubercule-mère; ce sont les tubercules
normaux; 2° les tubercules
à yeux petits, se changeant en petites protubérances de la grosseur d'un pois
ou en filaments grêles qui n'épuisent presque pas le tubercule mère, lequel
conserve plus longtemps sa dureté et ses propriétés alimentaires ; c'est ce qu'on
a nommé les tubercules
femelles ou à fils. Or, de ces tubercules, les premiers
seuls conviennent pour semences; les autres, à demi-stériles, seront exclus
de cet emploi : mais ils sont, par cela même, préférables pour la conservation
et l'usage alimentaire.

Cette différence de formes des yeux s'observe d'ailleurs communément
sur chaque tubercule pris isolément. Ainsi, les yeux qui se trouvent vers le bout
opposé au point d'attache de celui-ci sont toujours plus apparents, se dévelop-
pent plus vite, donnent des produits plus mûrs que les yeux de la base,
toujours moins ouverts et peu marqués. Les tubercules les meilleurs pour la
plantation seront donc ceux dont l'extrémité terminale offrira les yeux les
mieux développés. On devra rejeter toutefois ceux dont les yeux , même
apparents, sont très nombreux et rapprochés les uns des autres, luisants,
qui donnent alors beaucoup de tiges et peu de tubercules, et 11e garder que
ceux à yeux bien espacés, qui produisent des tiges fortes et des tubercules
meilleurs.

Les tubercules choisis sont, autant que possible, implantés entiers. S'ils
sont volumineux, on les divise en fragments ou
quartiers, à chacun desquels
on laisse un œil ou deux, et que l'on coupe habituellement en biseau, de
façon à conserver autour des yeux assez de chair pour alimenter la jeune
pousse et à diminuer la surface altérable par l'humidité du sol.

On a cherché à se rendre compte de la valeur de ce mode de planta-

-ocr page 553-

solan'ées. 537

tion, au moyeu de tubercules divisés, qui a l'avantage d'économiser une
quantité notable de tubercules, comparativement à la plantation des tubercu-
les entiers, qui paraît favoriser le développement de la jeune tige en lui four-
nissant une plus forte proportion de principes nutritifs. Mais on ne peut
fixer aucune règle absolue à cet égard, ainsi que l'ont démontré les résultats
contradictoires donnés par des essais comparatifs de l'une et de l'autre métho-
des, et qui tiennent ; d'abord, à ce qu'on n'est pas fixé quant à la part exacte
que prend la Pomme de terre sur le développement des tiges qu'elle produit,
et ensuite à ce que cette part doit nécessairement varier avec le nombre des
tiges formées, avec le plus ou moins de ressources alimentaires que celles-ci
empruntent au sol ambiant.

M. Victor Chatel, de Valcongrain (Calvados), qui depuis de longues
années s'occupe de la culture de la Pomme de terre et des améliorations
à lui apporter, a donné, sur le choix et le mode d'emploi des tubercules de
plantation, des préceptes qu'il convient de rappeler. Ainsi, M. V. Chatel,
outre les règles ci-dessus indiquées, recommande de planter dans les terres
médiocres des gros tubercules, qui seuls alors peuvent former une belle
tige, et de choisir, pour les bonnes terres où des tiges trop vigoureuses, atti-
rant à elles une partie de la sève, nuiraient au produit total, des tubercules
de moyenne grosseur ou les gros tubercules divisés. 11 reconnaît dans cha-
que tubercule deux parties : la
base ou la moitié correspondante à l'insertion
sur la tige souterraine, et la
couronne ou la moitié opposée, entre lesquelles
il en distingue même une troisième ou
partie centrale. De ces diverses parties,
suivant M. Chatel, et comme l'ont depuis longtemps observé les Anglais, la
couronne, dont les germes sont plus nombreux, plus vigoureux, plus hâtifs et
plus produtifs, est seule bonne pour la plantation, la base ne donnant que des
germes filiformes, peu vigoureux, tardifs, d'un produit toujours plus faible.

Au lieu des tubercules entiers ou coupés par quartiers, on plante quel-
quefois, soit la pelure seule munie des yeux, ou les yeux seulement détachés
des tubercules et auxquels on a laissé un peu de pulpe. Ce moyen a été
conseillé par ceux qui n'admettent pas que le tubercule concoure d'une ma-
nière nécessaire au développement des germes et des tiges qui en naissent ;
et la pratique en a souvent confirmé la valeur. Des expériences ont été faites
en Angleterre par divers agronomes et à différentes époques; des germes
seuls laissés sur un fragment conique de pulpe et des quartiers entiers ont
été plantés alternativement dans le même champ, et ont produit autant les
uns que les autres.

Appliquée en France, où la terre est plus sèche et où l'humidité du
tubercule est utile pour suppléer à celle du sol, cette méthode n'a fourni que
des résultats peu avantageux ; beaucoup de pieds ainsi plantés ont avorté,
ou n'ont formé que des tiges grêles, courbées, se soutenant à peine et ne
produisant pas pour payer les frais de culture. Aussi la plupart des auteurs
qui l'ont mentionnée ne l'ont-ils fait que pour la proscrire.

-ocr page 554-

538 s0lanées.

Quantité de tubercules. — La quantité des tubercules à employer dans
la plantation varie suivant le nombre de touffes que l'on veut obtenir, la
richesse du sol, le volume des tubercules, etc. Dans chaque hectolitre, on
compte :

Pommes de terre grosses, 500 à 600 pesant chacune 100 à 150 gr.

— moyennes, 900 à 1,000 — 50 à 70 gr.

— petites, 2,000 à 5,000 — 15 à 40 gr.

D'après cela, on voit qu'en employant des pommes de terre grosses, il

faut, en volume, deux ou trois fois plus de tubercules qu'en employant les
moyennes ou les petites. D'où la préférence accordée aux moyennes ou aux
grosses coupées par le milieu ; il en faut alors, en moyenne, de 20 à 25 ou
30 hectolitres. Avec les petites, il en faut beaucoup moins : 8, 10, 15 hecto-
litres, suivant les cas, suffisent ; mais on n'obtient que de faibles produits.

Epoque de la plantation. — Dans les cultures ordinaires, on plante les
pommes de terre, selon l'état du sol, les variétés, le climat, du mois de mars
au mois de mai. Les plantations tardives sont recommandées quand le sol est
argileux et humide, le printemps pluvieux. Mais dans les terrains sablonneux,
siliceux, on prescrit de planter de bonne heure, afin que les tubercules aient
le temps de se former avant les grandes sécheresses, qui arrêtent leur crois-
sance, même s'il survient des pluies tardives, lesquelles non-seulement ne
favorisent pas les tubercules formés, mais activent leur altération, en faisant
naître à leurs dépens de nouveaux tubercules qui restent chétifs, fades et
impropres à la consommation. Le choix de la variété fait d'ailleurs varier
beaucoup l'époque de la plantation. Ainsi, aux environs de Paris, on plante
les plus précoces dès la première quinzaine defévrier, et l'oncontinue ensuite
à planter, de semaine en semaine, jusqu'à la fin de mai.

Quelques agronomes, parmi lesquels nous devons citer MM. Leroy-
Mabille, P. Joigneaux, Y. Chatel, Bossin, s'appliquent depuis quelques an-
nées à préconiser, comme méthode générale, cette plantation hâtive, et même
la plantation à l'automne, ayant pour effet d'assurer une plus complète ma-
turation du turbercule. Nous reviendrons plus loin sur cette plantation
anticicipée ou autumnale, quand nous nous occuperons de la Maladie de la
Pomme de terre, contre laquelle elle a été plus particulièrement prescrite.

Modes divers de plantation. — On peut recourir, pour planter les pom-
mes de terre, aux différents moyens mis en pratique pour les semis ordinaires ;
on peut planter ainsi :

Au semoir, à l'aide de l'un et de l'autre des divers instruments de ce
nom ; méthode peu suivie, vu l'inconvénient qu'offrent les semoirs de ne pas
recouvrir les tubercules ;

Au plantoir, procédé convenable dans les terres très meubles, mais exi-
geant que les yeux ne soient munis que d'une très faible quantité de pulpe ;

A la houe à main, qui convient pour les terrains de peu d'étendue ou très
inclinés; l'ouvrier se met à cheval sur la ligue, portant à côté de lui le pa-

-ocr page 555-

S01ANÉKS. 539

nier renfermant les tubercules; il ouvre la terre devant lui, en rejetant la
terre en arrière sur le précédent trou, place le tubercule, et fait un nouveau pas;

A la bêcha, procédé applicable partout ; l'ouvrier se place à un bout du
champ, creuse avec la bêche un trou de 20 à 25 centimètres de profondeur,
et dans lequel un enfant, portant un panier contenant les tubercules, en
place un aussitôt ; l'ouvrier fait un pas en arrière, creuse un nouveau trou
dont il rejette la terre dans le premier et ainsi de suite.

A la charruc, méthode à peu près la seule applicable dans la grande cul-
ture. Souvent, alors, on profite du labour de plantation pour enterrer le fu-
mier; mais celui-ci alors doit être à demi-décomposé. On l'exécute de deux
manières, en billons ou à plat.

Pour le semis en billons, on fait avec la charrue ordinaire, ou mieux la
charrue double ou buttoir, une série de sillons séparés par des ados. On dépose
dans ces raies le fumier et les tubercules ; puis, avec la même charrue, on
refend les ados, de manière à enterrer complètement les tubercules de part
et d'autre. Si les ados n'étaient pas très réguliers, on leur donnerait une
forme bi-eonvexe avec un râteau ou une herse courbe. Ce moyen convient
pour les terres peu profondes et quand on a peu de fumier.

Le semis à plat, qui convient quand le sol peut être labouré en planches
et quand on a beaucoup de fumier, consiste à recouvrir successivement cha-
que raie semée par la terre que rejette la charrue en traçant un sillon voisin.

Sur les lignes, les tubercules sont espacés de 25 à 30 et jusqu'à 50 centi-
mètres, les variétés hâtives étant maintenues toujours plus rapprochées. On
peut ainsi, par hectare, suivant l'écartement des pieds et des lignes, planter
de 30 à 50,000 pieds.

Quant à la profondeur des semis, elle varie également. En principe, elle
sera peu considérable, les pommes de terre produisant d'autant plus qu'elles
sont plus superficielles. Cela est vrai surtout pour les terres fortes, argileuses,
dont la nature compacte oppose plus de résistance à la sortie des pousses et
à la formation des tubercules. Dans les terres siliceuses, on peut planter
plus profondément. La moyenne est de 20 à 25 centimètres.

Soins de culture. — Quand la plantation est achevée, il convient, surtout
si on craint la sécheresse, de passer sur les billons une herse renversée ou un
rouleau, qui, en comprimant le sol, en conserve l'humidité. Puis, dès que les
premières pousses apparaissent, en mai ordinairement, on pratique, à l'aide
d'une herse à dents de fer ou d'un extirpateur, que l'on fait passer dans tous
les sens, un hersage énergique qui ameublit la couche arable, favorise la
sortie des tiges tout en détruisant les mauvaises herbes. Plus tard, quand
les tiges atteignent 20 centimètres, on pratique, avec la houe à cheval, un
binage que l'on renouvelle une ou plusieurs fois, s'il est nécessaire, de ma-
nière à purger le sol de toute végétation parasite et à niveler le terrain en
comblant les trous.

Il est bon. en même temps, de mettre les premières plantations à l'abri

-ocr page 556-

540 solanées.

des gelées tardives, à l'aide de paillassons disposés en lignes du côté du nord,
ou de ces abris dits brise-vents, que l'on peut construire avec les matériaux
que l'on a sous la main.

On a conseillé aussi d'enlever, après leur sortie de terre, les petites
pousses, et de ne laisser que les plus vigoureuses, de façon à avoir des
tubercules plus développés. Mais il n'est point prouvé que le produit définitif
alors soit plus considérable.

Une opération complémentaire, sur les avantages de laquelle ont été
émis des avis assez opposés, est 1
e buttage, consistant à relever, avec la binette
ou la charrue à deux versoirs, la terre autour de chaque touffe, et ayant pour
but, en préservant les tubercules de la lumière, en concentrant la fraîcheur
autour des racines, de favoriser le développement des pommes de terre et
d'en augmenter la récolte. Cette opération, effectivement,, n'est point égale-
ment indiquée dans tous les cas. Ainsi sur les terres compactes et humides,
elle est inutile, sinon nuisible, surtout si les racines pénètrent profondé-
ment. Elle devient au contraire avantageuse sur les terrains secs et peu
profonds, et quand la plante produit ses tubercules près de la surface du sol.
Dans tous les cas, le buttage sera borné à la superficie du sol, de façon à ne
contrarier ni la naissance, ni le développement du tubercule. Pour le même
motif, il ne devra être pratiqué qu'une fois et au moment où la plante,
jeune encore, n'a pas à eu souffrir. Dans ces conditions, il laisse la récolte
superficielle et favorise l'arrachage.

M. Victor Chatel, se fondant sur les résultats obtenus à la suite d'expé-
riences nombreuses, conseille de butter aussitôt que l'extrémité des tiges
commence à percer la terre, et non lorsque celles-ci ont atteint une certaine
hauteur. Les avantages de ce buttage hâtif tiennent à ce que les tubercules,
se formant, non sur les racines de la plante, mais sur ses tiges souterraines
d'abord, et ensuite sur les parties de ses tiges aériennes ou foliacées trans-
formées par le buttage en tiges souterraines, on ne peut espérer voir les
tubercules se former sur celles-ci qu'autant qu'on n'a pas attendu qu'elles
se soient déjà couvertes de feuilles et de petits rameaux. Par le buttage pra-
tiqué au moment même où la tige ascendente commence à montrer hors cle
de terre son petit bouquet terminal de feuilles, on favorise la continuation
de cette végétation souterraine et tuberculifère ; tandis que si l'on attend trois
semaines ou un mois, on retarde d'autant la transformation de la végéta-
tion foliacée en ramifications partant des tubercules, et ceux-ci, rie pouvant
naturellement acquérir le même degré de maturité que ceux de première for-
mation, n'ont plus la même valeur et sont davantage sujets à contracter
la maladie.

On a conseillé encore, dans le but de se procurer un supplément de
matières fourragères, sans croire nuire de la sorte au développement des
tubercules,
la section des liges de la Pomme de terre avant la formation des
fleurs. Cette pratique fut essayée, dès 1778, par J. Anderson, qui reconnut

M

-ocr page 557-

---

-

—__

1

-

solanées. 541

que le poids des fanes ainsi obtenu s'élevait à son maximum, si on opère la
section au moment où les plantes prennent fleurs, et qu'il diminue ensuite
de plus en plus à mesure que la maturation avance. Mais on ne tarda pas à
constater, en même temps, d'abord, que l'on n'obtient ainsi qu'un fourrage
médiocre et presque de nulle valeur, et, en second lieu, que l'on diminue
dans une proportion considérable le chiffre de la récolte. La perte est des 5/6
au moins si on coupe les tiges au moment où elles entrent en fleurs ; elle est
moindre, si la section est faite plus tard; mais elle est toujours assez consi-
dérable pour n'être pas compensée par le prix, quel qu'il soit, attribué à la
récolte des fanes. Aussi la coupe anticipée des tiges est-elle aujourd'hui com-
plètement abandonnée.

Une autre pratique, de nouveau recommandée ces derniers temps, est
l'enlèvement des fleurs, conseillée par quelques agriculteurs comme un moyen
d'accroître la production des tubercules, cette soustraction ayant pour effet, en
empêchant la formation des fruits, lesquels consomment une grande partie
des sucs de la plante, de laisser ceux-ci se porter sur les tubercules et d'en
activer le développement. On a cité, notamment, une expérience faite par un
agriculteur du Nord, M. Lenormand, qui, sur un champ de pommes de terre
dont les fleurs avaient été alternativement enlevées et conservées, constata, à
la récolte, une différence de rendement énorme; chaque pied dont les fleurs
avaient été enlevées donna ainsi un poids moyen de 15 kilog. de tubercules,
le produit des autres n'ayant pas dépassé 2 kilog., soit une récolte environ
huit fois plus considérable. Quelque confiance que puisse inspirer le nom
de l'expérimentateur, un pareil résultat ne saurait être accepté sous une
expresse réserve, d'autant que le procédé en question n'est rien moins que
nouveau, qu'il était pratiqué en Belgique, notamment, il y a plus d'un
demi-siècle, et que s'il n'est pas généralement adopté, c'est qu'il ne doit pas
offrir, en réalité, tous les avantages qu'on lui attribue.

Les auteurs ont mentionné souvent la culture irlandaise comme plus pro-
ductive que la nôtre, et offrant surtout l'avantage de donner des pommes de
terre sur des terrains naturellement trop humides pour cette plante. Cette
culture, bien décrite par Shepperson et Reynolds, en 1796, se fait communément
sur prés rompus, et consiste à diviser le sol en planches ou bandes larges de
10 à 15 décimètres, séparées par des espaces d'un tiers de la largeur des
bandes, et non plantés. Ces planches, labourées à la bêche ou à la charrue,
reçoivent le fumier ; puis on y place les tubercules, espacés de 25 à 30 centi-
mètres dans tous les sens, et on les recouvre de 7 à 8 centimètres de terre,
prise dans les espaces non plantés. Quand les plantes ont quelques centimè-
tres de hauteur, on les recouvre d'une nouvelle couche de terre, prise dans
les mômes tranchées ; l'opération est répétée plus tard une troisième fois, et
on attend ensuite la récolte.

Les pommes de terre, ordinairement cultivées seules, peuvent s'associer
au maïs, aux pois et à d'autres plantes sarclées, que l'on sème alors entre les

-ocr page 558-

542 s0lanées.

lignes de tubercules. Ainsi, M. V. Chatel, après le buttage, sème au fond de
chaque rigole intermédiaire des haricots nains, des carottes ou navets divers,
des turneps, des betteraves fourragères ou potagères en repiquage. M. Bossin
les associe surtout à la betterave. A cet effet, en automne, il fait creuser, à
80 centimètres de distance, des fossés profonds de 30 centimètres, dont la
terre, rejetée dans les intervalles, forme des ados qui subissent la gelée. Dès
les premiers jours du printemps, il sème les tubercules dans les fossés, les
recouvre de fumier, de chiffons de laine, etc., et sur les ados, légèrement
creusés, il sème la betterave ; la terre rejetée tombe sur les tubercules. Peu
après, les betteraves sont binées, et la terre, en retombant, opère une sorte
de buttage de la Pomme de terre. Les mauvaises herbes aussi sont rejetées
dans le fossé, et quand vient le moment de l'arrachage, le fossé est presque
comblé. L'année suivante, on fait l'inverse, et tout le terrain se trouve
défoncé.

Une pratique complémentaire, applicable aux différentes méthodes de
culture en usage, est l
'arrosage, dont on use surtout dans le Midi, géné-
ralement après le buttage, et qui, lorsqu'il est mis en usage à propos, a
toujours paru donner des résultats avantageux.

Culture forcée. — Le système de culture que nous venons de décrire,
le plus généralement mis en pratique et le seul qui convienne à la grande
culture, s'applique aux pommes de terre devant être récoltées en automne,
d'où le nom de
culture automnale qui lui est donné. Il est des cas toutefois
où l'on désire pouvoir récolter plus tôt les tubercules, obtenir, par exemple,
dès le mois d'avril, des pommes de terre
nouvelles. On doit recourir alors à
une culture forcée ou priutanière, en usage chez les maraîchers de Paris et
de la plupart des grandes villes.

A cet effet, il convient d'abord de choisir une variété très hâtive : la
Marjolin surtout convient alors, et môme elle est la seule jusqu'à ce jour
employée. Les tubercules sout plantés, dès le mois de décembre jusqu'au
milieu de janvier, sous couches de fumier recouvert de bonne terre et sous
châssis, que l'on entr'ouvre, pour donner de l'air aux pousses, quand le soleil
se montre. Avec une variété très hâtive, on peut, de la sorte, avoir des pro-
duits dès la première quinzaine de mars. On peut même avoir une seconde
récolte forcée en attendant les pommes de terre semées à l'air libre; la saison
étant plus douce, on peut, dans ce cas, se dispenser des châssis, et se borner,
pour protéger les pousses, à l'emploi des paillassons pendant la nuit et pen-
dant les giboulées.

On a essayé encore, pour avoir des récoltes très hâtives, la germination
anticipée
, consistant à faire entrer en végétation, avant de les planter, les
tubercules destinés aux semis. A cet effet, on place les tubercules soit dans
des bourriches à huîtres, soit dans des caisses à claire-voie, que l'on dispose
dans un local garni de tablettes superposées comme un fruitier, en ayant
soin de ne mettre que peu de tubercules à la fois, et de les disposer en une

-ocr page 559-

s0lanées. 543

seule couche. Aussitôt que les germes ont acquis un certain développement,
on les plante sur couche, et on en obtient des produits beaucoup plus hâtifs
que de ceux mis en terre sans avoir germé.

Ce procédé de culture, qui tend à se généraliser, n'est point nouveau.
Pratiqué depuis longtemps en Amérique, et probablement aussi en Europe
et en France, il n'a commencé toutefois que vers 1830 à se répandre.

Arrachage. — L'époque de l'arrachage des pommes de terre varie suivant
le plus ou moins de hâtivité de la végétation. Dans tous les cas, il convient
d'attendre que les tubercules soient à parfaite maturité ; alors seulement ils
sont de meilleure qualité, plus riches en fécule, moins aqueux, par suite plus
nourrissants et ils diminuent beaucoup moins après la récolte.

Seulement, les auteurs ne s'entendent pas sur ce qui constitue la matu-
rité des pommes de terre, car elle n'est pas indiquée, comme celle des fruits,
par des caractères précis. Elle ne correspond pas, d'ailleurs, à la maturité
des baies, qui sont toujours mûres avant que les tubercules aient pris leur
entier développement. Elle n'est pas indiquée, non plus, parla faculté d'émet-
tre des tiges, puisque les tubercules en produisent à toutes les périodes de
leur croissance. On ne peut que l'indiquer arbitrairement et la fixer au
moment, par exemple, où le tubercule en terre ne peut plus ni croître, ni
gagner en qualité : moment lui-même fort difficile à déterminer, et dont
on peut seulement supposer l'approche quand les feuilles se déssèchent et
commencent à jaunir, et bien qu'alors les tubercules puissent encore se
développer.

L'arrachage peut d'ailleurs être plus ou moins avancé par rapport à ce
moment. Ainsi, pendant longtemps, on s'est prononcé pour l'arrachement
prématuré, qui offre l'avantage de laisser plus de temps pour préparer le ter-
rain à la culture suivante, tout en évitant l'action des fortes gelées sur les
tubercules. Il convient encore pour les variétés précoces, comme le sont
aujourd'hui la plupart de celles destinées à l'usage alimentaire, et que l'on
arrache du 15 août au 20 septembre.

A quelque époque qu'on opère, il faut choisir toujours un beau temps,
attendre que l'air soit bien sec et la terre bien égouttée. L'opération est alors
plus facile, moins dispendieuse; les tubercules se nettoient plus aisément,
n'ont pas besoin d'être lavés, et se conservent mieux.

L'opération peut se faire à la fourche, à la houe et à la charrue.

L'arrachage à la fourche ou à la bêche n'est possible que dans une terre
sablonneuse. On implante l'instrument à quelque distance de la touffe, et par
un mouvement de bascule, on la soulève hors de terre. Il ne reste plus qu'à
retirer les tubercules avec la main, en ayant soin de remuer plusieurs fois
le sol avant d'arracher une seconde touffe.

Pour l'arrachage à la houe, on se sert d'une houe fourchue, dite crochet,
avec laquelle l'ouvrier, suivant un sillon, enlève d'un coup une touffe placée
dans le sillon à côté, à gauche, et qu'il ramène à lui; de la main, il en sépare

-ocr page 560-

544 solanêes

les tubercules qu'il jette de côté ; il fouille de nouveau le sol pour recher-
cher ceux qui auraient pu échapper, et il continue en allant en arrière. Au
bout du sillon, il se retourne, et suit la rangée voisine en rejetant les tuber-
cules extraits dans la ligne où sont les premiers et où ils sont ramassés
par un autre ouvrier, une femme ou un enfant. Un homme arrache ainsi
8 à 10 ares par jour.

L'arrachage à la charrue s'opère au moyen d'une charrue à un ou deux
versoirs, avec laquelle on soulève en peu de temps toute une rangée; ce
mode est le plus expéditif; mais il laisse toujours dans le sol une grande
quantité de tubercules dont la perte n'est point compensée par l'économie
de main-d'œuvre que l'on réalise de la sorte. On diminue cet inconvénient
en faisant passer après la charrue une herse ou un scarificateur à dents rap-
prochées, qui ramène à la surface les tubercules restants. Les Anglais, pour
cette opération ont fabriqué diverses charrues spéciales, dont une, spéciale-
ment imaginée par Lawson, vers 1840, ayant un versoir à claire-voie, formé
de bandes longitudinales, qui séparent les tubercules de la terre, les laisse en
lignes sur le côté cle la voie ouverte, pendant que la terre s'en sépare en
passant à travers le versoir.

L'essentiel, dans tous les cas, est d'arracher les tubercules en totalité,
car ceux qu'on laisserait dans la terre seraient détruits par le froid ou les
bêtes sauvages, ou germeraient l'année suivante et infecteraient les nou-
velles récoltes.

On devra, en même temps, éviter de blesser les tubercules d'approvi-
sionnement, qui ont besoin d'être intacts pour ne pas pourrir.

Après l'arrachage, si le temps le permet, on étale les tubercules sur le
sol, où on les laisse sécher avant de les rentrer. On peut les garder ainsi
quelques jours, mais en ayant alors le soin de les couvrir de fanes, le soir,
pour les préserver des gelées nocturnes, et de les découvrir, le matin, pour
leur faire subir l'action de l'air et du soleil. Gomme le verdissement qu'ils
éprouvent alors les rendent en même temps âpres et impropres à être
mangés, il importe de ne pas laisser longtemps à l'air ceux destinés à la
consommation. Mais à ceux de plantation, il est au contraire avantageux,
pour les produits futurs, de faire prendre cette teinte verte.

Le moment de l'arrachage est d'ailleurs le plus favorable pour distin-
guer et choisir les tubercules de semis, lesquels doivent être pris sur les
pieds les plus productifs et les plus sains, et conservés ensuite dans un
grenier sec jusqu'à la plantation.

Conservation. — Après l'arrachage, les pommes de terre qui doivent être
conservées seront mises à l'abri : de l'humidité, qui les fait pourrir ; du
froid, qui les désorganise en congelant leur eau de végétation et fait égale-
ment naître la pourriture; de l'air renouvelé, qui les dessèche; de la cha-
leur, qui les fait germer ; de la lumière, qui les fait verdir et contracter un
goût âpre, peu agréable. On les dépose, à cet effet, quelquefois en grange,

-ocr page 561-

SOLANÉES. 545

derrière les gerbes, mais le plus communément dans des caves, des celliers,
et dans des fosses ou silos.

Les caves et celliers doivent être obscurs, secs, frais, bien clos, peu
aérés. Les meilleurs sont ceux où règne une température uniforme et où le
thermomètre ne descend pas au-dessous de 0°. Si ces locaux sont humides,
on y laisse l'air circuler, excepté cependant quand il gèle. Les tubercules
y sont déposés en tas, isolés du sol et des murs par des cloisons en planches
ou des couches de paille, encaissés par des claies ou des branchages, des plan-
ches, de la paille, etc., ou recouverts de sable. Dans les tas eux-mêmes sont
interposés des branchages ou bourrées qui laissent échapper l'air échaulfé, les
gaz formés.

Un cultivateur de l'Isère, M. Fauré, conseille, pour éviter les inconvénients
du contact avec le sol, de placer les tubercules dans un ou plusieurs ton-
neaux défoncés, donL le fonds restant est percé d'un grand nombre de trous
de la grosseur du doigt. Ce tonneau est placé sur trois pieds de briques, puis
rempli de tubercules, qui s'y maintiennent, ainsi que l'ont montré quel-
ques essais, dans un parfait état de conservation.

On a recommandé aussi, et plus spécialement pour les tubercules de
plantation, l'emploi de boîtes à claires-voies, de dimensions variables, peu
profondes, pouvant se superposer et prenant l'air de tous les côtés. M. P. Joi-
gneaux, qui a fait usage de ce moyen, en se servant de boîtes contenant
environ 500kilog. de tubercules, constate que les pommes de terre passènt ainsi
très bien l'hiver ; qu'au printemps, elles sont sans germes ou à peine germées,
aussi fermes qu'à l'époque de l'arrachage, par conséquent dans un état par-
fait pour la production. Les pommes de terre de semis sont conservées de la
même manière. Ce procédé exige une grande surveillance dans les temps de
forte gelée. Bien que les tubercules aérés soient plus résistants au froid que
les tubercules empilés en cave, il est toujours prudent de les recouvrir pen-
dant la nuit avec de la paille ou de vieilles couvertures de laine hors d'usage,
et de les découvrir dès que la température s'élève.

Tout récemment, il s'est fait un certain bruit autour d'un procédé de
conservation, annoncé comme une découverte due à M. R.-R. Gauthier, et qui
consiste simplement dans l'emploi de ces mêmes boîtes à claire-voie, déjà
parfaitement connues. Ces boîtes, dit l'auteur, sont de 0m,55 à 0"',60 de lon-
gueur, 0m,35 de largeur, et 0n,,12 à 0m,15 de hauteur. Après les avoir remplies
de tubercules reservés pour la plantation, on les place à la hauteur que l'on
veut, l'une sur l'autre, dans un endroit sec et à l'abri de la gelée : dans un
grenier ou dans une grange, pourvu que le lieu choisi soit parfaitement
aéré, de manière que l'air puisse circuler facilement à travers les boites. *

A ce procédé très simple, mais non précisément neuf, M. Gauthier attri-
bue des avantages nombreux, mais beaucoup trop problématiques, pour qu'il
soit utile de s'y arrêter.

On a encore songé, et depuis longtemps, à conserver les pommes de terre

-ocr page 562-

546 SOLANÉES.

dans des fosses ou silos, creusés dans un terrain solide et sec, et très variable,
d'ailleurs, par leur nombre et leurs dimensions. Dans le Nord, on les recou-
vre, en outre, d'une couche de terre assez épaisse pour que la gelée 11e les
puisse atteindre. On les fait plutôt petites que grandes, sauf à en creuser
un plus grand nombre, parce que la fermentation est alors moins à craindre,
et que l'on vide plus promptement quand elle est entamée, une petite fosse
qu'une fosse de vaste étendue.

Les dimensions les plus ordinaires de ces fosses, ordinairement rectan-
gulaires, ont lm,30 de profondeur, lm,60 de largeur et une longueur déter-
minée par la quantité de tubercules à conserver. On les remplit jusqu'au
niveau du sol, et même un peu au-dessus, en les terminant en dos-d'âne ;
on couvre le tout avec la terre extraite, que l'on a reservée autour, et que
l'on dispose en pente, en la comprimant avec la pelle, de manière à former
un monticule compacte portant les eaux pluviales assez loin du tas.

Une autre méthode, usitée en Angleterre, est celle dite en pâté, qui paraît
offrir d'assez grands avantages. Ayant choisi un sol très sec, on le recouvre
d'une couche de paille, sur laquelle on entasse les tubercules jusqu'à la hau-
teur de 1 mètre à l"1,30 ; le tas, d'une largeur de lm,60 environ, est recou-
vert d'une couche de paille, puis d'une couche de terre, puis d'une autre
couche de paille, que l'on dispose en toit, arrivant jusqu'au sol, et au bas
desquelles on creuse, comme dans le cas précédent, des rigoles latérales qui
reçoivent les eaux do pluies.

D'autres fois, on se borne à placer les pommes de terre à la surface du
sol, en tas séparés ayant la forme de pains de sucre et hauts de 1 mètre,
recouverts de même de paille et de terre battue prise dans une petite rigole
que l'on creuse autour du tas.

Quel que soit d'ailleurs le procédé adopté, surtout lorsque les pommes
de terre ont été mises en tas découverts, il importe de visiter ceux-ci de
temps en temps pour s'assurer de l'état des tubercules, et, au moins deux
fois l'hiver, de remuer les tas, et pour replacer ensuite les pommes de terre
en sans inverse de la position qu'elles occupaient. S'il y a commencement
d'altération, il faut immédiatement séparer les tubercules gâtés, et placer les
autres, dans un endroit meilleur, en couches plus minces. Si c'est la gelée
qui les a atteints, 011 se hâtera de séparer ces tubercules attaqués, lesquels,
en dégélant, laisseraient échapper de l'eau qui, humectant toute la masse,
en empêcherait la conservation ultérieure.

Ainsi, M. V. Chatel conseille de chauler les tubercules, au moment de
la récolte, dans un bain composé : pour ceux destinés à la consommation,
d'eau de chaux fortement salée, et pour ceux destinés à la plantation, de
purin ou d'urine, avec addition de 4 parties de chaux et 1 partie de sel.
L'opération est facile ; les tubercules sont mis dans un panier, et on les
plonge dans le bain refroidi, à plusieurs reprises, en les y laissant chaque
fois une ou deux minutes; après quoi 011 les étend pour les égoutter et les

-ocr page 563-

SOLANÉES. 547

laisser sécher avant de les rentrer. Cette immersion cicatrise les plaies, fait
disparaître toute trace de maladie, s'il en existe, et enfin, préserve les
tubercules de la fermentation, ce qui les empêche de se gâter.

Parfois, malgré toutes les précautions que l'on a pu prendre, les pommes
de terre sont surprises par la gelée ; il ne faut pas pour cela considérer les
tubercules comme entièrement perdus ; il est, en effet, possible encore alors
de les conserver en usant d'un moyen simple, conseillé par Bertliier ; il con-
siste à les étendre sur le sol et à les y abandonner pour que les pluies les
lavent et qu'ils se dessèchent spontanément. Alors ils durcissent, blanchis-
sent et peuvent ensuite se garder longtemps. Cependant on en tire alors un
meilleur parti en les transformant immédiatement en fécule.

Mais ces procédés divers de conservation ne réussissent pas toujours.
Malgré tous les soins que l'on a pu prendre, les pommes de terre, entassées
dans les caves ou les silos, souvent fermentent, se corrompent ou émettent
de nombreuses pousses étiolées qui diminuent sensiblement leurs propriétés
nutritives. C'est afin de remédier à cet inconvénient que l'on a tenté, à diver-
ses reprises, pour les tubercules destinés à la consommation, au lieu de les
conserver entiers et intacts, de les soumettre à certaines préparations préa-
lables de nature à anéantir les diverses causes d'altération auxquelles ils
sont exposés.

On a conseillé, ainsi, de les passer au four, après que le pain en a été
retiré, pendant cinq minutes ; cela suffit pour faire périr les yeux ; après
quoi les pommes de terre sont portées dans une cave, où l'humidité qu'elles
absorbent leur rend leur aspect primitif. En les desséchant à une tempéra-
ture moindre, on peut même conserver les yeux. Ainsi, des pommes de
terre soumises, pendant une heure, à une chaleur de 40 degrés, peuvent
encore servir à la consommation et même à la reproduction. M. Cliatel assure
avoir replanté avec succès des pommes de terre qui, extérieurement, parais-
saient entièrement desséchées.

Un autre moyen depuis longtemps en usage consiste à réduire les pom-
mes de terre en farine et à les conserver sous cette forme après les avoir
soumises à une compression suffisante pour bien les dessécher. Plusieurs
procédés ont été indiqués pour cette préparation. Dans les
Annales d'Arthur
Young (1797) se trouvent mentionnés les deux suivants : 1° peler, puis râper
les pommes de terre et mettre la pulpe sous la presse entre deux toiles gros-
sières ; il en sort un gâteau mince, qu'on fait sécher. Le volume est réduit
au sixième, et le poids au tiers ; mais à la cuisson ces gâteaux donnent autant
que l'eussent fait les pommes de terre employées ; 2° laver et piler les tuber-
culer sans les peler, puis les mettre à la presse comme les autres ; on obtient
ainsi une grande économie de main-d'œuvre, mais les gâteaux sont moins
blancs et se conservent moins bien.

Dans plusieurs localités, en France, on suit un procédé analogue. Les
tubercules, coupés eu tranches minces, sont déposés dans des baquets où

-ocr page 564-

548 SOLANÉES.

ils baignent complètement dans l'eau. Au bout de quelques jours, celle-ci
devient rouge, et contracte une mauvaise odeur; on la fait écouler et on la
remplace par une nouvelle eau qu'on laisse écouler à son tour quand elle
s'altère. Dès que les tranches peuvent s'écraser facilement entre les doigts,
la macération est jugée suffisante, et les pommes de terre, retirées de
l'eau et égouttées, sont mises à la presse dans des sacs de toile; les gâteaux
qu'on en retire sont séchés au soleil ou dans un four modérément chauffé,
puis portés au moulin et réduits en farine. Celle-ci, bien qu'imparfaitement
blanche, la peau n'ayant pas été enlevée, est légère et facile à conserver si
on la met à l'abri de l'humidité. Ce moyen est également applicable aux
pommes de terre atteintes par la gelée; celles-ci sont d'abord trempées dans
l'eau jusqu'à ce qu'elles soient dégelées ; après quoi on les traite comme il
vient d'être dit.

Un autre moyen usité en Angleterre, et décrit dans plusieurs journaux,
est la cuisson immédiate combinée à la salaison. Les pommes de terre arra-
chées sont brossées et lavées à plusieurs reprises ; puis elles sont soumises
à la cuisson dans l'eau ou à la vapeur, écrasées dans un vase quelconque,
et étendues en couches superposées, qui sont successivement recouvertes de
sel. On obtient ainsi une masse pulpeuse et salée, qui, grâce au sel, résiste
parfaitement à la putréfaction, et qui constitue pour tous les animaux de la
ferme, chevaux, vaches, porcs, oiseaux de basse-cour, une provision pouvant
être conservée jusqu'au printemps.

Rendement. — Le rendement de la Pomme de terre est extrêment varia-
ble, suivant la nature du sol, son degré de fertilité, la sécheresse ou l'hu-
midité de l'année, la variété cultivée, le mode de culture, sans compter les
variations qui peuvent, dépendre de l'influence de la maladie. Avant l'appa-
rition de celle-ci, on estimait le revenu qu'elle donnait à un chiffre variant
de 100 à 550 hectolitres par hectare, soit une moyenne de 260 à 300 hecto-
litres de 70 kilog., ou environ 20 à 25 mille kilog.

Ce chiffre était considérable, eu égard notamment aux autres cultures.
Ainsi Dandolo, en Italie, constatait qu'un terrain qui rapportait 1,000 kilog.
de pommes de terre, en fournissait seulement 104 de froment, 116 de sei-
gle, 90 de maïs ou de haricots, 250 de foin.

D'un autre côté, Vauquelin calculait qu'un hectare cultivé en pommes
de terre donnait en substance deux ibis et demie autant de matière nutri-
tive que cultivée en blé.

Mais le rendement, aujourd'hui, n'est plus aussi considérable; il est
descendu à un chiffre variant de 100 à 300 hectolitres, en moyenne à
180 hectolitres, diminution considérable, due, soit à la maladie, soit à la
substitution aux variétés tardives des variétés précoces moins productives.

Le chiffre du rendement peut d'ailleurs être modifié encore par le poids
même des tubercules, assez variable, selon leur degré de maturité. Ils pèsent
ainsi :

V

-ocr page 565-

SOLANÉES. 549

Complètement mûrs.
Imparfaitement mûrs
Non mûrs..........

Avec le temps, ils perdent de leur poids ; la différence au mois de mars,
quatre à cinq mois après la récolte, est d'environ 4/5 pour 100. Le poids de
l'hectolitre, évalué de 64 à 70 kilog., est variable aussi, et peut être accru,
suivant que, par leur forme et leur volume, les tubercules sont plus ou moins
facilement tassés, et qu'ils conservent une plus ou moins forte proportion
de terre adhérente dont presque toujours ils retiennent 5 ou 10 pour 100 au
moins du poids total.

A ces données, il faut ajouter, pour l'évaluation totale du rendement, le
poids des fanes formant, quand elles sont fraîches, 25 pour 100 du poids des
tubercules, et 6 pour 100 seulement après leur dessiccation.

En tant que culture fourragère, elle produit notablement plus que la
plupart des autres cultures du même ordre, et notamment que le foin. Ainsi,
si l'on estime la valeur nutritive de la Pomme de terre à la moitié de celle
du foin, les 20,000 kilog. par hectare de pommes terre équivaudront à
10,000 kilog. de foin ; or, les bonnes prairies ne donnent pas plus de 3 à
5,000 kilog. de foin; c'est donc moitié moins de substance nutritive que la
récolte de pommes de terre. Avec la luzerne, qui donne plus que le foin,
la différence est moins considérable ; mais elle l'est assez encore pour permet-
tre d'apprécier le chiffre relativement élevé des rendements de la Pomme de
terre.

Valeur agricole et économique de la Pomme de terre.

Peu de plantes peuvent être comparées à la Pomme de terre pour les
avantages divers qu'on retire de sa culture, soit au point de vue exclusivement
agricole, soit par son emploi comme plante industrielle et alimentaire.

La Pomme de terre, en premier lieu, favorise l'activité végétative du ter-
rain, en augmentant sa perméabilité, en le divisant, en l'épurant autant par
elle-même que par les nombreuses façons que sa culture nécessite, en étouf-
fant les mauvaises herbes sous l'ombre portée par ses tiges. Elle offre, d'ail-
leurs, l'avantage de pouvoir être cultivée partout sur les plus mauvais terrains.
Ainsi on a essayé, en Angleterre, de la faire venir sur les tourbières préala-
blement desséchées par des fossés creusés autour, puis soumises au chaulage,
et elles ont réussi, fournissant de la sorte un moyen économique de rendre
à la culture des terres tourbeuses sans valeur. Elles ont également réussi sur
les landes qui produisent beaucoup de bruyères, après incinération de celles-ci.

Plante par elle-même épuisante, elle peut néanmoins venir, sur un
même sol, plusieurs années de suite,.en exigeant de moins en moins de tra-
vaux, pourvu qu'on fournisse des engrais à la terre. Elle s'accommode, d'ail-
leurs de tout, de la vase des étangs ou des mares, du purin, des urines, des

1,09
1,11
1,13

-ocr page 566-

550 SOLANÉES.

composts divers, donnant delà sorte le moyen de transformer en bon fumier
de ferme beaucoup de substances fertilisantes de médiocre valeur pour les au-
tres plantes. Elle augmente même sensiblement la production du fumier, en
ce sens que les aliments qu'elle fournit par hectare en donnent beaucoup
plus qu'elle n'en exige elle-même ; elle en fournit ainsi, d'après Schwerz,
13,230 kilog., tout en n'en consommant que 8,000 kilog.

Ne nuisant point aux plantes voisines, elle peut avec avantage s'asso-
cier dans le même sol à d'autres plantes : pois, haricots, maïs, plants de
chènevis, et offrir par ce fait la ressource, toujours utile et souvent précieuse,
d'une double récolte sur le même sol.

Le plus généralement, elle constitue une culture intercalaire qui trouve
aisément sa place entre les autres récoltes de la ferme. Ainsi, elle vient très
bien après le trèfle, la luzerne, le sainfoin, dont les racines laissent le sol
dans l'état de division qui lui convient. Dans le Midi, on la cultive parfois,
la même année, après le farouch ou des céréales coupées en vert pour four-
rage. Ameublissant elle-même le sol, elle peut aussi elle-même parfaite-
ment s'intercaler entre deux récoltes de céréales.

Quant au produit net des pommes de terre, il est fort difficile à déter-
miner, vu l'extrême variation, suivant les circonstances générales de la cul-
ture et de la vente, du prix de revient, allant de 1 à 3 fr. environ l'hecto-
litre, et du prix de vente, s'élevaut de 3 à 6 fr. Mais ce qui, dans tous les
cas, aide à maintenir cette récolte au rang des plus avantageuses, est la
possibilité offerte au cultivateur de l'utiliser comme plante industrielle.

Emploi industriel de la Pomme de terre.

La Pomme de terre fournit à l'industrie plusieurs produits importants,
notamment la fécule et l'alcool, qui permettent de classer cette plante parmi
nos principales espèces industrielles. Les applications industrielles de la
Pomme de terre remontent à la fin du siècle dernier.

A cette époque, F. de Neufchateau, reçut de M. Villiez, de Nancy, fixé
à Kefferthal, près Manlieim, dans le Palatinat, un mémoire relatif à un éta-
blissement d'agriculture et de chimie, fondé sur les produits de la Pomme
de terre, et dans lequel M. Villiez annonçait qu'il obtenait, à son gré, de ce
tubercule, de la farine, du fromage, un beurre économique, de la poudre,
de l'eau-de-vie et du vinaigre, sans compter les résidus servant à la nourri-
ture d'un grand nombre de bestiaux. Près de 300 hectares d'un terrain
sableux et couvert de bruyères étaient consacrés à cette culture, qui avait
changé un désert en une exploitation importante et productive. M. Villiez,
obtenait de 100 kilog. de pommes de terre, soit 12 kilog. d'amidon, soit,
après cuisson à la vapeur des tubercules, 60 kilog. de farine, 40 litres de
vinaigre ou 4 litres d'alcool, et cela en ne se servant que de la tourbe pour
alimenter les fourneaux.

-ocr page 567-

SOLANÉES. 551

Cet agronome distingué posait dès lors en principe que toute exploitation
agricole doit être une manufacture ; que tout cultivateur devrait avoir un
alambic, et aurait avantage à cultiver, dans les jachères, les racines qui ser-
viraient à cette nouvelle industrie.

Cet établissement n'était point le seul où l'on distillât alors la Pomme
de terre. La même opération était pratiquée dans beaucoup d'autres localités,
et, notamment, chez la plupart des cultivateurs aisés, chez ceux des deux rives
du Rhin. Elle consistait à faire bouillir les pommes de terre, à les faire
fermenter avec un peu de levure de bierre, et à distiller. On obtenait ainsi une
eau-de-vie estimée. La plus renommée était néanmoins celle de Manheim, à
laquelle étaient mêlées quelques herbes aromatiques.

Depuis lors, ces établissements se sont de plus en plus répandus; ils se
sont surtout multipliés en Europe, lorsque, après avoir reconnu que la Pomme
de terre malade donne une fécule valant en quantité et en qualité celle des
tubercules sains, on trouva, dans cette fabrication, un moyen d'utiliser, sans
perte aucune, une grande masse de tubercules impropres à la consommation.

Par la fermentation de la Pomme de terre râpée, on obtient encore
une eau-de-vie et un alcool très usités, ce dernier, distillé avec soin, valant
l'alcool de grains. La proportion d'alcool à 90° que l'on obtient est, par
hectolitre de pommes de terre, de 8 à 9 litres, soit 10 à 12 litres environ pour
100 kilog.; plus, suivant Math, de Dombasle, 2 hectolitres et demi de résidus
à l'état frais. C'est là un débouché important, d'une grande ressource dans
les années d'abondance et de bas prix des pommes de terre.

Conjointement avec les féculeries, les distilleries de pommes de terre
sont souvent une dépendance des grandes exploitations agricoles, auxquelles
elles viennent puissamment en aide, en permettant de transformer des pro-
duits altérables, et souvent privés de débouchés, en deux produits d'une con-
servation facile, ne perdant rien en vieillissant et permettant d'attendre le
moment favorable pour une vente dans de bonnes conditions.

Outre ces produits divers, on peut utiliser encore les eaux provenant
des féculeries. D'abord, on laissa perdre ces eaux dans les ruisseaux et les
étangs, où elles devenaient une source d'infection, principalement par la
transformation du sulfate de chaux du sol en sulfure de calcium qu'elles
déterminaient, et qui avait pour conséquence la formation d'hydrogène sulfuré,
empoisonnant les eaux où ces produits se répandaient. Mais, sur le conseil
de M. Payen, on utilisa ces eaux à l'arrosage des terres, et on obtint ainsi
un supplément de fertilisation, tout en débarrassant le voisinage des fécule-
ries d'une source d'insalubrité.

On a utilisé de même, sous le nom de poudrette végétale, le dépôt de ma-
tière organique et terreuse qui se forme au fond des réservoirs où séjournent
les eaux, et qui constitue un excellent engrais.

Enfin, on a retiré de l'incinération des fanes de la Pomme de terre un
autre produit,; la
potasse, que ses parties contiennent dans la proportion,

-ocr page 568-

552 SOLANÉES.

assez forte, de 1 pour 100 environ, après leur dessiccation. Mollerat a extrait,
de leurs cendres, de 200 à 330 kilog. par hectare de cet alcali. Sans doute,
cette quantité n'est point suffisante pour qu'il y ait un grand avantage à
extraire ce produit. Mais on voit par là, tout au moins, combien il importe
de ne pas perdre ces fanes, et de les réunir au tas de fumier, afin que l'alcali
fertilisant si essentiel qu'elles renferment retourne au sol dont il a été extrait.

Emploi alimentaire de la Pomme de terre.

Valeur nutritive. —La Pomme de terre, offrant un parenchyme peu
serré, contient, mêlés à beaucoup d'eau, divers principes : de la fécule, des
traces d'albumine et un élément narcotico-âcre en proportions très variables
selon les circonstances de la culture et de la récolte. A l'analyse on trouve en
moyenne, pour 100 parties :

Fécule............................................ 20 parties.

Eau.............................................. 74 —

Matières sèches................................... 6 —

Ces proportions varient selon la variété cultivée, le sol, l'état de l'atmos-
phère pendant la végétation, le degré de maturité des tubercules, etc.

Parmi les variétés, les plus grosses ne sont pas celles qui tiennent le
premier rang quant à la valeur nutritive. Ainsi, en supposant cette valeur
en rapport avec la quantité de matière sèche, on peut l'apprécier d'après les
résultats d'une expérience de Math, de Dombasle, qui a obtenu
(Ann. de Rov.,
t. VII, p. 135) en substance sèche, de 100 parties de tubercules :

De la variété hâtive rouge clair................... 35,59 parties.

— tardive rouge foncé................. 28,97 —

— grosse patraque rose................ 22,36 —

toutes cultivées dans le même terrain et par les mêmes procédés.

On sait d'ailleurs, d'une manière générale, que les variétés offrant le
moins de poids net sont souvent plus fermes, moins aqueuses et plus salu-
bres. On constate également que les meilleures pour l'usage alimentaire sont
celles qui ont le moins d'yeux, chaque œil étant un bourgeon accompagné de
fibres qui vont jusqu'au centre du tubercule et diminuent d'autant la propor-
tion de matière féculente ; ces filaments sont visibles surtout sur la Pomme
de terre cuite. On a même recommandé le procédé suivant pour reconnaître
la quantité des tubercules ; les couper en deux et frotter l'une contre l'autre
les deux surfaces coupées ; si elles adhèrent fortement, la qualité est bonne;
dans le cas contraire, elle est médiocre.

La qualité varie encore avec la nature du terrain, les tubercules récoltés
en sols légers, perméables, contenant plus de fécule et moins d'humidité que
ceux venus en sol argileux et compacte.

Les tubercules récoltés en automne sont également plus fermes, plus

-ocr page 569-

SOLANÉES. 553

salubres que ceux du printemps. On a constaté, de plus, que le principe
vénéneux est plus abondant dans les tiges et racines jeunes qu'à leur matu-
rité, qu'il abonde surtout dans les jets naissants des tubercules non enterrés
et qu'il peut alors déterminer des diarrhées ou des coliques. Le porc seul
ne paraît pas souffrir de leur emploi.

La composition en général, et notamment la proportion de fécule, varie
d'ailleurs sensiblement suivant le degré de maturité, conformément à ce que
l'on observe pour tous les fruits, et pour les farineux en particulier, qui
contiennent d'autant plus de matière nutritive qu'ils ont végété plus long-
temps. Le fait a été au surplus mis en complète évidence par les résultats
obtenus dans quatre concours successifs, ouverts il y a quelques années par
la Société d'agriculture de Boulogne parmi les instituteurs de l'arrondis-
sement, en vue de rechercher l'influence exercée par l'époque delà plantation.
On constata de la sorte, toutes autres conditions égales d'ailleurs, que la

quantité de fécule pour 100, a été :

Dans la plantation de janvier, de................................................22,95

— février, de..................................................17,80

— mars, de....................................................15,45

— avril, de......................................................14,30

— mai, de....................................................11,95

— juin, de......................................................8,75

C'est-à-dire que l'on a obtenu 2 ou 3 fois plus de substance nutritive selon
le temps donné à la plante pour mûrir, les pommes de terre plantées tardi-
vement arrivant même à ne donner que de l'eau. On n'a pas constaté, par
l'analyse, la variation des substances albuminoïdes.

Ces.résultats d'ailleurs sont conformes à ceux obtenus il y a longtemps
par MM. Payen, Darblay, Dailly, qui, dès 1847, signalaient à la Société
centrale d'agriculture que plus la Pomme de terre a mis de temps pour accom-
plir sa végétation et mûrir, plus elle contient de fécule.

M. Leroy-Mabille, qui a insisté avec le plus de persévérance pour mon-
trer les avantages, à tous les points de vue, d'une maturation plus complète
de la Pomme de terre, remarque, en outre, que cette maturité la rend non-
seulement plus riche en fécule, mais encore plus agréable au goût et plus
saine. La fécule, qui se forme immédiatement sous la peau et s'y développe
en couches concentriques, forme ainsi une couche d'autant plus étendue et
plus épaisse qu'elle a mis plus de temps à se former.

Rappelons enfin que la proportion de fécule augmente, après la récolte,
par l'espèce de seconde maturation que la Pomme de terre, comme la plupart
des fruits, éprouve alors. Beaucoup de variétés, telles que la Chardon notam-
ment, ne sont même mangeables que plusieurs mois après la récolte.

Dans le tubercule même, la fécule n'est pas distribuée partout uniformé-
ment. Ainsi, au microscope, on reconnaît facilement que les couches les

-ocr page 570-

554 SOLANÉES.

plus rapprochées de l'écorce sont celles qui contiennent la plus grande quan-
tité de fécule, et que le centre n'en contient que des quantités beaucoup
moindres.

D'où il résulte que lorsqu'on épluche les pommes de terre en détachant,
avec l'écorce, une partie du tubercule, 011 enlève, avec ces couches superfi-
cielles, la partie la plus riche en principes alimentaires et que l'on jette au
fumier ou que l'on donne aux animaux, en ne gardant pour manger qu'une
espèce de mélange d'eau et de cellulose, contenant très peu de fécule, et qui
forme le centre de la Pomme de terre : pratique des plus irrationnelles ; car il
est peu économique, en effet, de faire pousser des végétaux pour rendre à la
terre, sous forme de fumier, la portion utile que l'on doit rechercher en eux.

Considérée d'une manière relative par rapport à celle des autres subs-
tances alimentaires, la valeur nutritive de la Pomme de terre n'est point
fort élevée. Donnant à l'analyse chimique, outre 20 pour 100 de fécule, 1 à
2 pour 100 seulement de matières azotées, elle ne peut suffire seule à une ali-
mentation complète. Les auteurs, toutefois, sont loin d'être d'accord sur la
fixation de son équivalent nutritif; on le porte généralement, celui du foin
fixé à 100, et en se basant, sur les effets constatés chez les animaux, à 200,
ce qui est une valeur plus grande que celle déduite de l'analyse chimique.
Mais beaucoup d'auteurs ont donné un chiffre soit plus fort, soit plus faible.
Math, de Dombasle (
Ann. de Rov., VII, p. 107) a trouvé, à la suite de diverses
expériences, que 14 livres de pommes de terre crues équivalent à 7 livres et
demie de luzerne ; cuites, et à poids égal, elles ont donné un produit plus
élevé pouvant être évalué comme la différence de 13 à 15, soit un sixième
environ d'augmentation de valeur nutritive, ce qui compense à peine la
dépense occasionnée par la cuisson.

Vauquelin, ayant fait des essais comparatifs avec ie blé, a démontré que
250 kilog. de pommes de terre nourrissent autant que 100 kilog. de blé. Le
baron Crud, de son côté, estime qu'il en faut 266 kilog. pour 100 de blé. Mais
cette quantité n'équivalant qu'à 130 kilog. de foin environ, il en résulte, eu
égard à la valeur proportionnelle du foin par rapport au blé, que la valeur
nutritive de la Pomme de terre est moindre pour les animaux que pour
l'homme.

Math, de Dombasle a fait des essais pour déterminer la valeur nutritive
des résidus de la distillerie, que quelques auteurs estiment égale sinon supé-
rieure à celle de la Pomme de terre elle-même. On sait d abord que 1 hectol.
de pommes de terre de 75 kilog. fournit 2 hectol. et demi de résidus.
D'un autre côté, un bœuf à l'engrais, de 300 à 350 kilog., consomme par jour
90 kilog. de résidus, plus 5 kilog. de foin et 3 kilog. et demi de tourteaux;
or ces 90 kilog., produits par 36 litres ou 27 kilog. environ de pommes de
terre, produisent l'effet de 10 kilog. de foin, équivalant eux-mêmes à
20 kilog. de tubercules ; et comme il en a fallu 27, c'est donc une perte d'un
quart qu'a éprouvée la valeur alimentaire du résidu.

-ocr page 571-

solankbs.

Emploi dans l'alimentation du bétail.

La Pomme de terre est une substance jouant uu rôle des plus importants
dans la nourriture du bétail, et des plus aptes à suppléer, quand ils font défaut,
les fourrages ordinaires. On peut la donner à toutes les espèces domestiques;
mais elle convient plus particulièrement aux animaux de rente : bêtes d'en-
grais, femelles laitières, etc. On la fait manger ainsi aux bœufs, aux vaches,
aux moutons, aux porcs et même à la volaille, et ces animaux se trouvent
généralement bien de son emploi ; ils se maintiennent en santé et donnent
une viande excellente. Elle est, déplus, très lactifère, bien que généralement
elle donne un lait plus riche en caséum qu'en beurre (Crud).

La Pomme de terre peut nourrir aussi les bêtes de travail ; ainsi on la
donne souvent aux chevaux, et non-seulement à ceux employés aux légers
travaux agricoles, mais quelquefois aussi aux chevaux faisant un service plus
actif. Toutefois cette alimentation, en général, leur convient peu, sinon à titre
de ration exceptionnelle et temporaire, et seulement alors pour les animaux
trop longtemps soumis à une alimentation échauffante,

La Pomme de terre est distribuée au bétail crue ou cuite. Crue, elle a
l'inconvénient de répugner d'abord à beaucoup d'animaux, et de provoquer
chez eux une diarrhée passagère. Mais elle est plus lactifère et, par ce fait,
convient mieux aux vaches laitières et aux brebis nourrices. Quand on la
donne sous cette forme, il est essentiel de bien nettoyer, laver et de diviser
les tubercules en enlevant, s'il en existe, les germes développés, à cause de
leurs propriétés vénéneuses. On ne donne entiers que les tubercules d'un
petit volume. Il convient, en outre, pour en faciliter la préhension et les
rendre moins débilitants, de les saupoudrer de son, de balles de froment et
d'avoine. Eu Pologne, on les donne aux chevaux, coupés par petits morceaux,
saupoudrés de sel pendant les premiers jours, et les animaux les prennent
ainsi sans peine.

La Pomme de terre est aussi donnée cuite aux animaux. La cuisson peut
se faire : au four, procédé dispendieux, entraînant un perte en poids de 30
pour 100 ; à l'eau, ce qui augmente le poids des tubercules de 4 pour 100,
mais en diminuant leur puissance nutritive ; à la vapeur, moyen le plus
avantageux, ne faisant perdre que 12 pour 100 du poids, et conservant aux
tubercules toute la valeur alimentaire.

Parla cuisson, les pommes de terre perdent leur principe Acre, se digè-
rent mieux et nourrissent mieux ; Math, de Dombasle a calculé que 86 kilog.
de pommes de terre cuites nourrissent autant que 96 kilog. de pommes de
terre crues. Toutefois, elles donnent alors moins de lait et sont plus particu-
lièrement propres à l'engrais, soit des bestiaux, soit de la volaille.

La fermentation est une préparation plus simple et plus économique

555

-ocr page 572-

556 SOLANÉES.

de la Pomme de terre. Dans un silo en béton et ciment, on tasse simplement
le tubercule haché au coupe-racines en couches successives saupoudrées
d'une dose de sel provenant des salaisons de morue. Au bout de quelques
jours, il se produit un certain affaissement ; on recharge une ou deux fois.
Environ un mois après, la fermentation est suffisante. Le bétail et la volaille
sont très friands de cet aliment qui les engraisse parfaitement. A défaut de
silo, on peut employer de grands tonneaux ; mais alors la Pomme de terre
fermentée exhale une odeur très acre qui, du reste, ne déplaît pas aux ani-
maux et n'enlève aucune des qualités nutritives du produit. La fermentation
a sur la cuisson les avantages d'économiser le combustible, de mieux réduire
tous les principes nutritifs et de conserver longtemps les tubercules : la
couche supérieure s'aigrit seule avec le temps et sera rejetée.

Les pommes de terre, dans certains cas, peuvent suffire seules à l'alimen-
tation ; ainsi on peut en nourrir les porcs exclusivement pour leur entretien
comme pour l'engrais. Thaër en faisait la nourriture presque unique de ses
moutons, et leur en donnait par jour 3 livres, crues, avec addition seulement
d'un peu de paille. Mais, en général, cette nourriture trop exclusive est peu
favorable aux animaux. Elle les rend mous, sans énergie; relâche l'appareil
digestif, provoque des diarrhées fétides, l'enflure des membres, et parfois des
indigestions graves ; ce que l'on évite en la faisant consommer mêlée à d'autres
aliments, tels que de la paille, des fourrages secs, hachés, des graines de
foin, des feuilles sèches, etc., ou à des féveroles, des pois moulus, des glands,
des marrons d'Inde, des farines diverses, des poudres toniques, etc., substances
que les pommes de terre ramollissent, surtout si on fait fermenter le mélange,
tout en devenant elles-mêmes plus sapides et de plus facile digestion.

Ainsi, pour l'engrais des porcs, des ruminants, de la volaille, elles ne peu-
vent seules suffire à compléter l'engraissement, même cuites ou fermentées, et
l'addition d'un peu de farine est le plus souvent nécessaire. Pour les chevaux
de travail, elle ne peut remplacer l'avoine ; il faut la joindre à ce grain avec
du son et de la luzerne, à la dose de 8, 10, 12 kilog. par jour, et elle peut
constituer de la sorte, même employée cuite, une nourriture économique.

Dans tous les cas, lorsqu'on commence à l'employer, il faut la donner
d'abord à petites doses, le quart ou le tiers au plus de la ration, toujours
mélangée, et n'augmenter, la ration jusqu'à la proportion maximum détermi-
née qu'autant qu'on en juge les effets favorables.

Quelquefois on donne au bétail les pommes de terre gelées. Dans cet
état, elles ont une saveur sucrée prononcée ; mais elles ont une odeur vireuse,
désagréable ; sont moins farineuses, moins nutritives, et occasionnent des
indigestions, des diarrhées et même des symptômes nerveux, surtout lors-
qu'on les fait prendre seules et en excès. 11 ne faut donc les distribuer, dans
ce cas, qu'avec précaution, toujours peu à la fois et mélangées à des matières
saines ; il sera mieux encore, en pareil cas, de ne pas les faire manger du
tout et de les transformer en fécule ou en alcool.

-ocr page 573-

SOLANÉES. 557

On a aussi essayé de faire consommer par les animaux les fanes vertes
de la Pomme de terre. Mais ces fanes, aqueuses et peu sapides, 11e sont que
très peu nourrissantes ; on ne peut les donner qu'aux vaches, et celles qui en
mangent donnent un lait assez abondant, mais caséeux. Elles ne conviennent
pas aux bœufs de travail et aux moutons, chez lesquels elles provoquent de
fortes diarrhées ; mieux vaut les enfouir à titre d'engrais végétal.

Maladie de la Pomme de terre.

La Pomme de terre, on le sait, est sujette à des affections assez diverses.
Ainsi, elle peut être attaquée par des insectes, tels que la
eourtilière, la larve
du hanneton
ou ver blanc, etc., auxquels sont exposées toutes les cultures ; par
un parasite végétal filamenteux ou Rhizoctone (
Byssoeladium violaceum Fl.),
formé de filaments violacés d'une extrême ténacité, qui enveloppent les racines
et les tubercules et en arrêtent le développement : mal qui a été observé à
plusieurs reprises, en 1803 et en 1807, d'abord, dans le Nivernais, puis, en
1847, en Bourgogne par M. Fleurot, en Auvergne par M. H. Lecoq, et qui
disparaît quand 011 replante les tubercules atteints dans un sol très sec.

La Pomme de terre est sujette encore à la rouille qui apparaît sur les
feuilles, et dont le développement est surtout provoqué par les brouillards
d'été ; à la
gale, qui se manifeste, très rarement d'ailleurs, à la surface des
tubercules, sous la forme de petites saillies remplies d'une poussière brune.

Mais l'affection la plus remarquable par sa fréquence, l'étendue de ses
ravages, sa persistance, est celle observée principalement dans le cours de
ces dernières années et spécialement désignée sous le nom de
Maladie des
pommes de terre,
appelée encore Pénétration brune, Gangrène, et qui va ici par-
ticulièrement nous occuper.

Dans la généralité des cas, la maladie attaque d'abord les tiges et les
feuilles, qui présentent çà et là des taches noires, puis se fanent et meurent;
elle gagne ensuite les tubercules, sur lesquels elle s'annonce par un léger chan-
gement de couleur, devenant bientôt une tache brune et réticulée, recouverte
par l'épiderme que le moindre frottement enlève. La Pomme de terre alors
semble contuse, et prend une odeur vineuse. La maladie progressant, se
manifeste sur plusieurs points, accusant un contraste de plus en plus marqué
entre la couleur des parties malades et celle des parties saines.

Le tubercule étant coupé, 011 voit en même temps le tissu sous-épider-
mique prendre une couleur jaunâtre, puis brune, qui s'étend irrégulièrement
en largeur et en profondeur, et finit par l'envahir totalement, avec d'autant
plus de rapidité que les points primitivement malades sont plus nombreux,
et que le mal va constamment de dehors en dedans. A une certaine profon-
deur, il s'arrête et forme, autour du corps ligneux central, une enveloppe
plus ou moins épaisse qui peut même s'en détacher assez facilement. Si alors

-ocr page 574-

558 SOLANÉES.

la dessiccation a lieu, le mal conserve la forme dite Gangrène sèche (Martius).

En cet état, les parties envahies résistent plus que les autres à la
putréfaction; et à la cuisson, elles deviennent plus dures, ne s'écrasent pas
entre les doigts comme le reste de la Pomme de terre. — Au microscope, on
voit les tissus, réduits à un état moléculaire extrêmement tenu, simuler une
agglomération de très fines monades, toujours en mouvement, tandis que les
grains de fécule, devenus libres, paraissent encroûtés d'une matière colorante
brune.

Si la végétation du tubercule continue, la partie centrale est frappée à
son tour et se transforme en une pulpe d'un blanc ou d'un gris jaunâtre,
filante, d'une odeur d'abord fade, puis infecte et putride. Au microscope, on
voit la fécule de la partie attaquée colorée en brun, et celle du centre conserver
sa forme, sa blancheur, sa transparence, alors que les utricules qui les ren-
ferment sont entièrement désorganisés. A un degré plus avancé, l'altération
devient la véritable
pourriture, caractérisée par la transformation en terreau
des tissus restants, y compris la fécule des parties blanche et brune, et
amenant la mort du tubercule par une sorte d'empoisonnement dû aux
produits des liquides et tissus décomposés.

C'est généralement à l'époque de la maturité, c'est-à-dire vers la fin
d'août, que la maladie se déclare sur les plants de pommes de terre. Parfois
aussi, elle attaque les tubercules après la récolte, lesquels, bien qu'arrachés
sains, se gâtent en magasin. Il y a lieu de penser que, dans ce cas, les pieds
déjà portaient le germe de la maladie.

La marche de la maladie est généralement rapide. Du jour au lendemain
on la voit apparaître, et une fois les cultures envahies, le mal ne s'arrête plus
et fait chaque jour des progrès. Elle ne s'étend point d'ailleurs d'une manière
uniforme ; ainsi dans une contrée, dans une même culture, elle n'atteint pas
tous les tubercules, bien que ceux-ci soient, en apparence, soumis à des
influences identiques. On n'a pas remarqué davantage que les plus super-
ficiels y soient plus exposés que ceux placés profondément, et qu'ils soient
attaqués les premiers, car ils sont également atteints tantôt les uns, tantôt
les autres, et le plus souvent tous ensemble.

La maladie est-elle contagieuse? Les faits le démontrent; dans la plupart
des cas, en effet, on a vu la maladie se transmettre par le contact plus ou
moins prolongé des pommes de terre gâtées. D'un autre côté, on voit fré-
quemment des tubercules sains toucher des tubercules malades sans en être
affectés.

Causes immédiates, origine de la Maladie.

On a attribué la Maladie des pommes de terre aux causes les plus diver-
ses. Ainsi on a cru d'abord qu'elle était due à une action du sol, que l'on a
d'ailleurs expliquée de diverses façons, en invoquant : soit la compression
que la terre, tassée et durcie autour des racines, doit opposer au développe-

-ocr page 575-

SOLANÉES. 559

ment des tubercules, ce qui peut produire une sorte de contusion de ceux-
ci; soit, au contraire, une trop grande perméabilité du sol, empêchant le
tubercule de se nourrir ; soit une culture défectueuse ou l'emploi d'engrais trop
abondants, beaucoup de faits ayant effectivement démontré que les fortes
fumures, surtout quand le sol est humide, tendent plutôt à accroître le mal
qu'à l'atténuer : le fumier agissant surtout, alors, en provoquant une végé-
tation hâtive qui ne fournit que des produits tendres et sensibles, ou encore
en introduisant dans le sol une multitude d'insectes qui peuvent piquer le
tubercule et le prédisposer au mal.

On a cru aussi parfois à une action directe de l'air atmosphérique, que
l'on a pour cela supposé imprégné d'un principe pestilentiel spécial, s'abat-
taut çà et là sur les plantations ; mais cette influence propre de l'atmosphère
n'est point confirmée par les faits d'observation, lesquels ont seulement per-
mis de constater, dans la grande majorité des cas, que le développement de
la maladie est favorisé par l'excès d'humidité de l'air. Quelques agriculteurs
ont même reconnu que la maladie se montrait plus spécialement après les
pluies successives succédant aux fortes chaleurs. On a constaté, d'ailleurs,
qu'elle ne paraît jamais tant que dure la sécheresse ; mais que, si un orage,
quelques jours de mauvais temps, surviennent à la suite, c'est alors qu'on
voit les feuilles et les fanes se flétrir, puis les tubercules être à leur tour
attaqués, attestant ainsi l'influence immédiate et directe du changement
survenu dans l'état de l'atmosphère.

En résumé, de ces causes diverses, successivement considérées comme
pouvant déterminer la maladie, ou tout au moins favoriser son développement,
restent seules acceptées et mises à peu près hors de contestation : l'emploi
en excès des fumiers frais, et les pluies, qui semblent exercer, sous ce rapport,
l'action la plus directe.

Quant à la cause immédiate des phénomènes observés sur les pommes
de terre malades, elle est due à la présence sur la plante et le tubercule atteints
d'une production cryptogamique, signalée, dès 1842, par M. Martius, sous le
nom de
Fusisporium solani; cette production, dont la nature a été déterminée
ou plutôt découverte par M11" Libert et par M. Montagne, et qui n'a cessé
d'être l'objet de nombreuses études, est un champignon parasitaire, de la tribu
des
Tricliosporèes, successivement appelé Dotrytis fallax Dunz., Bolrytis infestons
Monlag., Peronospora infestans Montag., et se propageant avec une extrême
rapidité au moyen des sporules innombrables dont il remplit l'air ambiant.

Ce champignon, pouvant se développer sur les feuilles et les tubercules,
se montre, sur les feuilles principalement, sous forme de taches occupant les
deux faces et correspondant entre elles d'une face à l'autre. Les feuilles affec-
tées se crispent, deviennent noirâtres et se dessèchent ; les taches au contraire,
sont blanchâtres, farineuses ; au microscope, elles apparaissent sous la forme
de filaments libres, simples à la base, très rameux ensuite, creux, formés de
cellules allongées non cloisonnées, et portant à l'extrémité de chaque rameau

-ocr page 576-

560 SOLANÉES.

une spore ovale, transparente, laquelle émet des germes de deux sortes, des
zoospores et des anthéridies. Ces germes, portés sur l'épiderme de la feuille,
ne tardent pas, sous l'influence de l'humidité, à émettre un tube qui, perçant
la paroi d'une cellule épidermique, y pénètre, s'y ramifie et s'y développe
aux dépens du contenu de celle-ci ; cette cellule se déchirant, laisse pénétrer
à l'intérieur de nouvelles ramifications qui, gagnant les méats sous-épider-
miques, forment une sorte de mycélium réticulé constituant les taches que
l'on observe à la surface des feuilles malades.

Comme l'a constaté M. de Bary, professeur à l'Université de Fribourg,
ce sont les spores des champignons occupant les faces inférieures des feuilles
qui, se détachant, puis pénétrant dans la terre avec l'eau des pluies, donnent
ordinairement lieu, en arrivant sur les tubercules, à la maladie dont sont
affectés ceux-ci, et qui se manifeste, d'abord, par des taches superficielles qui
s'étendent en largeur et en profondeur jusqu'à produire la
pourriture complète.

Cette doctrine, il est vrai, fait de la présence de l'eau une condition
nécessaire au développement et à la marche delà maladie ; mais en cela, elle
est d'accord avec l'observation qui permet de constater, en effet, que la pluie
est l'une des principales causes de l'apparition du mal, tandis que le tubercule
reste presque toujours sain quand la terre est sèche.

Causes générales de la Maladie.

Si l'on est aujourd'hui à peu près d'accord sur la nature et l'origine
immédiate de la Maladie de la Pomme de terre, il n'en est pas de même
en ce qui concerne la cause première du mal, dans lequel les uns, les natu-
ralistes spécialement, voient un simple empoisonnement produit par le contact
et le développement du champignon parasitaire, né lui-même, en dehors de
la plante, sous l'influence de circonstances encore inconnues, et que les autres,
c'est-à-dire la plupart des agronomes, considèrent comme le résultat d'un
état morbide de la plante, dont l'apparition du
Peronospora serait ainsi l'effet
et non la cause.

Les causes générales par l'effet desquelles peut primitivement se déve-
lopper la Maladie de la Pomme de terre, sont restées, il est vrai, jusqu'à ce
jour fort obscures. On a invoqué surtout la différence qui existe entre nos
climats, si variables, et le climat beaucoup plus uniforme du pays d'où la
plante est originaire, et particulièrement les excès de température, de séche-
resse, d'humidité, communs dans l'ancien Continent, et tous nuisibles au
développement de la Pomme de terre. On a constaté, par exemple, l'influence
également fâcheuse : des grandes chaleurs, qui rendent le sol incapable de
réparer les pertes d'eau occasionnées par la transpiration des plantes ; des
froids excessifs, surtout s'ils sévissent au printemps, quand la végétation est
active, alors que le soleil, en dessechant les feuilles contribue déjà à troubler
partiellement le mouvement de la sève; des années froides et humides qui

-ocr page 577-

SOLANÉES. 561

laissent la végétation languir, et ne produisent que des tubercules aqueux et
sans fécule; des années trop sèches qui arrêtent tout à fait la végétation et
provoquent la formation, après les pluies d'automne, de nouvelles pousses
qui n'arrivent pas à maturité. Mais ces circonstances diverses, malgré leur
effet fâcheux sur le développement de la plante et sur le rendement définitif
de la culture, ne paraissent pas favoriser d'une manière sensible la mani-
festation de la maladie.

On a pensé alors à faire remonter la source du mal dans la nature plus
ou moins altérée de la plante. Ainsi, d'abord, il a été admis que certaines
variétés y étaient plus exposées que d'autres. Mais l'expérience a montré que,
selon les circonstances, toutes peuvent également être atteintes.

On l'a attribuée ensuite à l'abus de la production par l'emploi indéfini
des tubercules pour la plantation, moyen contre-nature, dit-on, et devant
amener, avec le temps, la dégénérescence du végétal.

Mais cette cause est peu admissible; si elle exerçait une réelle influence,
on verrait les champs beaucoup plus également attaqués ; puis, il est d'autres
racines fourragères que l'on cultive de la même manière, et qui néanmoins
ne souffrent pas d'une affection de ce genre.

Une cause dont l'influence sur le développement de la Maladie semble
plus réelle que celle des circonstances précédemmen t signalées, est la plantation
tardive delà Pomme de terre, dont l'action, signalée par MM. Leroy-Mabille,
Victor Ghatel, P. Joigneaux, Bossin, etc., <\ été, depuis quelques années,
l'objet de vives et persévérantes controverses. M. Leroy-Mabille, de Boulogne-
sur-Mer, qui a, l'un des premiers rattaché à cette cause l'apparition du mal,
s'appuie notamment sur ce fait, que la Pomme de terre, plantée ou non,
entrant en végétation aussitôt qu'elle est mûre, c'est-à-dire dès l'automne,
doit, par suite, être mise immédiatement dans les conditions propres à son
développement; d'où il suit que la plantation au printemps, telle qu'on la
pratique habituellement, en ne laissant pas à la plante le temps de se former,
d'arriver à maturité, provoque dans l'organisation du tubercule un affaiblis-
sement dont l'apparition de la Maladie est la principale conséquence.

De tout cela, on est donc, en définitive, autorisé à conclure que la
maladie de la Pomme de terre est une affection parasitaire provoquée par
l'insuffisante maturité, de la plante, résultant surtout d'une plantation trop
tardive, et dont la pluie, après son apparition sur les fanes, provoque le
développement sur le tubercule.

Moyens propres à combattre la Maladie.

La maladie de la Pomme de terre, ayant pour résultat immédiat la des-
truction totale ou partielle du tubercule, il n'y a pas à songer, lorqu'elle s'est
manifestée, à lui opposer un moyen curatif quelconque. Reste donc à recher-
cher les moyens propres à en préserver les cultures. Les procédés conseillés

36

-ocr page 578-

562 SOLANÉES.

à cet effet sont nombreux, et ont dû varier naturellement avec les idées que
l'on a pu se faire de la nature réelle du mal. Ceux qui n'y voient qu'un résul-
tat accidentel de l'invasion cryptogamique, se bornent à poursuivre la des-
truction du champignon parasitaire ; tandis que ceux qui, attribuant la
maladie à une dégénérescence de la plante, dont le
Peronospora ne serait
alors que le produit secondaire, se préoccupent, avant tout, indépendamment
des moyens propres à détruire le parasite, des soins à prendre, pour en pré-
venir l'apparition et préserver ainsi la plante des phénomènes morbides
qui accompagnent la présence du cryptogame. De là deux séries de moyens
préventifs, les uns spéciaux, les.autres généraux, que nous aurons à exposer
successivement.

Moyens préservatifs spéciaux. — Au nombre de ces moyens nous aurons à
citer d'abord :

Le chaulage, avant la plantation, des tubercules soupçonnés de porter le
germe du mal ; ou bien leur immersion, pendant une demi-heure environ,
dans une dissolution de sulfate de chaux, de sulfate de zinc ou de cuivre, de
sel marin ; dans de la lessive ou encore leur dépôt dans de soufre, de la
cendre, etc.;

L'addition aux tubercules, au moment delà plantation, de divers corps :
sel marin, sciure de bois, poussière de charbon, cendrons de chaux, cendre
commune, etc., mis dans les poquets avec les semis;

La dessiccation du tubercule, conseillée par le professeur Boleman, qui
réussit, par ce moyen, à le préserver complètement de la maladie, alors que
toutes les autres plantations du pays en étaient atteintes.

Citons encore, entre autres moyens conseillés :

La culture en ados, par ceux qui admettaient l'action comprimante de la
terre ; le buttage de la tige avec foulage de la terre, par ceux qui accusent, au
contraire, son excès de perméabilité;

Le fauchage des fanes commençant à jaunir, et dont l'effet, quelquefois,a été
d'arrêter le développement des tubercules et de rendre la récolte presque nulle;

La projection sur les feuilles et les tiges malades de sel marin, de plâtre
en poudre, de chaux éteinte, de fleur de soufre, etc.

Ces divers moyens n'ayant donné aucun résultat positif, on a cru cepen-
dant pouvoir déduire de la multiplicité des expériences et des observations
connues quelques préceptes dont l'application suivie avec soin a semblé faire
espérer des récoltes saines. Ainsi, par exemple, on prescrit d'éviter les excès
de fraîcheur, d'humidité, de fertilité, en choisissant de préférence des terres
sèches, saines et peu fumées ; de procéder à la récolte aussitôt que les tiges
accusent un commencement de maladie ; puis, si, malgré tout, le mal pro-
gresse, d'en venir à l'arrachage prématuré des tubercules, qui sont alors, il
est vrai, de qualité inférieure, plus difficiles à conserver, mais non pas au
moins totalement perdus.

A ces prescriptions générales, il convient d'en ajouter une autre plus

-ocr page 579-

SOLANÉES. 5G3

directe et basée sur la connaissance que l'on a aujourd'hui de la nature du
mal et de son mode de propagation. S'il est acquis, en effet, que le
Botrytis,
naissant sur les feuilles, arrive aux tubercules par les germes que l'eau
entraîne dans le sol ; que l'eau, ainsi, est nécessaire à la propagation du mal
des fanes aux parties souterraines, on est autorisé à admettre qu'en coupant
les feuilles malades avant qu'elles n'aient été mouillées parla pluie, ou bien,
si la pluie est survenue et si les tubercules sont presque mûrs, en les arra-
chant peu de temps après, on pourra espérer les préserver de toute atteinte.
Des essais en ce sens, entrepris par quelques horticulteurs, semblent en effet,
par les heureux résultats obtenus, confirmer l'avantage de cette manière de
procéder ; il y a donc lieu, en conséquence, d'en conseiller l'application, d'autant
que la théorie sur laquelle elle repose est confirmée par le fait de l'immunité
plus grande, pour la Maladie, des variétés hâtives, qui doivent précisément
cet avantage à ce qu'elles peuvent être récoltées avant les pluies de l'ar-
rière-saison.

Moyens préservatifs généraux. — Nous réunissons sous ce nom les moyens
divers mis en usage, non pour combattre, par la destruction du cryptogame
ou de ses sporules, la Maladie elle-même déjà existante ou en voie de déve-
loppement, mais pour en prévenir l'apparition en modifiant la nature môme
de la plante. A cette fin, diverses méthodes ont été prescrites.

On a conseillé ainsi le verdissement, obtenu par un séjour plus ou moins
prolongé du tubercule à l'air et ayant pour effet, en retardant la végétation
de celui-ci jusqu'au moment où il est déposé dans le sol, de faire naître des
produits plus vigoureux.

Admettant que la Pomme de terre de nos climats avait pu, en changeant
de latitude, subir une sorte de dégénérescence, on a essayé d'y remédier
par le
renouvellement des semences ; à cet effet, comme déjà nous l'avons dit,
on a fait venir du Chili, du Pérou, patrie primitive de la plante, des graines
et des tubercules récoltés, dans ces contrées, à l'état sauvage. Mais ces pro-
duits, plantés et semés dans les diverses régions de l'Europe où l'on cultive
la Pomme de terre, ont donné des tubercules aussi malades que les autres.

On a, d'un autre côté, conseillé la culture exclusive des variétés qui
paraissent habituellement le moins atteintes, lussent-elles un peu moins pro-
ductives. On a même tenté de créer artificiellement des variétés douées de
cette immunité, en pratiquant des semis à la manière ordinaire, et en arra-
chant successivement, pour les mettre au rebut, dans lé cours de la végétation,
tous les pieds malades et défectueux, de manière à ne conserver que les
plus beaux et ceux absolument sains ; la même opération se répétant à l'arra-
chage, et les produits, soigneusement conservés, étant semés l'année ensuite
et épurés de même. Mais on n'a pas obtenu, de la sorte, des résultats entière-
ment satisfaisants, ce qui, dans tous les cas, doit au moins éloigner l'idée
d'une prédisposition purement individuelle.

Une autre méthode, proposée depuis longtemps, toujours vivement

-ocr page 580-

564 SOLANÉES.

discutée, mais dont une expérience de pius eu plus étendue démontre chaque
jour l'efficacité, est la
plantation autumnale, conseillée et mise à l'essai par
plusieurs cultivateurs, et ayant aujourd'hui pour elle l'appui des noms les
plus autorisés pour tout ce qui se rattache à la culture de la Pomme de terre.
MM. Leroy-Mabille, P. Joigneaux, Victor Chatel, Bossin, L. Vilmorin,
Tougard, Thiriat, Jules Bonhomme, Montaignac, le baron de Blaisel, le
comte de Raineville, Huet, Félizet, etc.

Mais, entre tous, l'un de ceux qui ont le plus contribué à l'aire connaître
et à populariser cette méthode est M. Leroy-Mabille, de Boulogne-sur-Mer,
dont les recherches sur cette question, de date déjà ancienne, remontent à
l'origine même de la dernière apparition du mal, et ont eu pour point de
départ l'observation du fait suivant. Un jardinier de Boulogne, M. Capet,
avait, en 1845, perdu les 7/8 de sa récolte; il semait alors en toute saison,
sans se préoccuper de l'origine ni du moment de la récolte des tubercules
reproducteurs. A partir de cette époque, il changea de méthode, opéra toutes
ses plantations dans les premiers jours de février, en se servant toujours de
tubercules obtenus de ce mode de plantation. Dès l'année suivante, il ne
perd plus que la moitié de la récolte ; puis la perte, allant toujours diminuant,
fut nulle la septième année.

A ce premier fait, attestant l'influence amélioratrice, progressive d'une
plus longue durée de végétation, s'en ajoutèrent d'autres recueillis par divers
agriculteurs et concourant à démontrer l'efficacité de la plantation anticipée.
M. Leroy-Mabille, groupant ces différentes observations, y puisa les éléments
d'une doctrine qu'il exposa dans une série de mémoires publiés à diverses
époques dans tous les journaux, et par laquelle il établit : que la principale
cause de la maladie doit être attribuée à la maturité incomplète des tuber-
cules employés pour semences ; que cette absence de maturité vient de ce
que les cultivateurs sèment leurs pommes de terre beaucoup trop tard, et ne
laissent pas ainsi à ceux qui se forment le temps d'arriver à leur dévelop-
pement normal ; que la Pomme de terre, pour arriver à sa perfection, a besoin
d'un séjour en terre beaucoup pius long que celui qu'on lui accorde habi-
tuellement et qui ne doit pas être moindre de neuf à dix mois ; que quand
on sème en mars, il est déjà trop tard; qu'à plus forte raison il n'est plus per-
mis de compter sur la maturité des tubercules semés en avril, en mai et
même en juin, desquels on n'obtient jamais que des produits médiocres,
pauvres en matière féculente, peu nutritifs, et, finalement, toujours en plus
faible quantité.

Cette manière de voir est également celle des auteurs dont nous avons
pius haut cité les noms, qui tous ont également conseillé ou pratiqué la
plantation autumnale ou tout au moins plus hâtive, et signalé, comme une
conséquence constante de cette pratique, outre la disparition progressive de
la maladie, une augmentation notable de la récolte, tenant à la grosseur des
tubercules ainsi qu'à leur nombre, et pouvant aller à la moitié et au double

-ocr page 581-

SOLANÉES. 565

même du produit total. La plautation d'automne a été essayée, en outre, en
Angleterre, par M. Lindley et M. Taunton, et leur a paru aussi le moyen le
plus efficace, quand 011 met les tubercules assez profonds pour éviter la gelée,
pour empêcher le développement de la maladie. Ajoutons que déjà Bosc
attribuait la
Frisole au défaut de maturité, et qu'avant lui, Parmentier men-
tionnait cette cause de la maladie, tout en 11e l'admettant pas lui-même, car
il l'attribuait à la reproduction par tubercule, moyen contre-nature, dit-il,
et qui affaiblit graduellement la plante.

Des considérations qui précèdent, il est donc permis de conclure à l'effi-
cacité à peu près certaine, sinon immédiate, de la plantation autumnale
comme moyen d'arriver à la disparition plus ou moins rapide et complète de
la Maladie de la Pomme de terre.

Cette méthode, toutefois, est peu répandue encore. Beaucoup d'agronomes
la repoussent comme exposant les plantations : à l'humidité, pouvant amener
la pourriture d'une partie des tubercules ; à la gelée, qui les détruit non
moins sûrement ; à la dent des mulots et autres rongeurs, à l'action des
insectes, aux poursuites des maraudeurs, etc., inconvénients qui, dit-on, s'ils
ne constituent pas des obstacles absolus, autorisent au moins à admettre que
la méthode, bonne peut-être pour le Midi, où les effets de l'hiver sont moins à
redouter, n'est point susceptible, dans le Nord, d'une application générale.

Ces difficultés, cependant, ne sont point insurmontables, comme le prouve
l'expérience des divers agronomes précédemment cités et qui, presque tous,
ont séjourné ou ont fait leurs essais dans les régions septentrionales de la
France : ce qui établit au moins, à ce point de vue, la présomption que l'op-
position faite à la méthode a été plus souvent la conséquence d'une sorte de
raisonnement
à priori que le résultat de l'expérimentation.

On objecte encore que les pommes de terre plantées à la profondeur
exigée, pour qu'elles restent soustraites à l'action du froid, produisent moins
que celles plantées superficiellement ; mais on peut, si leur nature exige
une plantation superficielle, les couvrir par 1111 buttage. Cette opération, il est
vrai, n'est point toujours possible dans une grande culture : sans compter
que, souvent, en automne, le temps manque pour préparer les terres et faire
les semis.

En ce cas, 011 peut, suivant le conseil de MM. V. Chatel, Bossin, et de
M. Leroy-Mabille lui-même, surtout si le sol est compacte, humide, ajourner
la plantation à la première quinzaine de février, ou plus tôt s'il se peut, sans
qu'il y ait lieu de fixer une règle absolue à cet égard, l'essentiel étant de planter
le plus de bonne heure possible, de manière à laisser aussi longtemps qu'il
se pourra les tubercules en terre. Si avec cela on choisit des variétés hâtives
et, demi-hâtives ; si on a des terres perméables, saines, les seules qui conser-
vent bien les tubercules l'hiver ; si 011 applique des fumiers longs, des fumu-
res en couverture qui garantissent les plants du froid et du dégel; si on
plante assez profondément sur un sol préparé en billons pour le facile écoule-

-ocr page 582-

566 solanéjss.

ment des eaux, les inconvénients de la plantation d'automne pourront être
considérés comme entièrement évités.

Ainsi que l'écrivait déjà M. P. Joigneaux, dans le journal le Temps, à la
date du 15 novembre 1861, « la plantation d'automne est préférable à celle
de printemps, toutes les fois qu'on a affaire à des sols légers, et qu'on ne
redoute pas trop les rigueurs de l'hiver, rigueurs moins redoutables qu'on
ne le croit avec des pommes de terre replantées de suite, et moins sensibles
au froid que les tubercules de conserve. Et la preuve de ceci, c'est que cette
méthode, pratiquée par nous sept ou huit années de suite, dans le climat le
plus rude de la Belgique, nous a constamment réussi.

« Il est clair aussi que si, au lieu d'arracher nos tubercules à l'automne
pour les planter au printemps, nous nous contentions de butter fortement
les touffes, et de les laisser passer l'hiver en place, nous aurions ainsi du plant
de qualité supérieure à la sortie de la mauvaise saison. Cette méthode de
reproduction a été proposée dans ces derniers temps, et nous la croyons
bonne. Quand elle n'est pas applicable, le mieux, c'est d'empêcher les tuber-
cules de germer en cave et de les planter dès la fin de février ou en mars. »

Nous venons de voir quels résultats on peut attendre, pour la régéné-
ration de la Pomme de terre, de la plantation autumnale, qui se montre
surtout utile en ce qu'elle permet de ne point interrompre l'action végétative
du tubercule, laquelle, alors même que celui-ci a atteint son complet dévelop-
pement et a été arraché, ne discontinue point, mais s'exerce toujours dans des
conditions plus avantageuses au sein de la terre que lorsque la Pomme de
terre en a été retirée.

D'où il faut conclure que si les tubercules n'étaient point arrachés du
tout, ils devraient donner des produits tout à fait supérieurs en quantité, en
qualité et en vitalité. C'est, en effet, ce que l'on a constaté depuis longtemps,
et sur quoi M. Lucien Georges vient de nouveau d'appeler l'attention dans
line note publiée récemment
(Bull, hebdomacl. de l'Agricult., n° du 15 mai
1869), et dans laquelle il rapporte avoir obtenu, de pieds semés au printemps,
abandonnés l'hiver et l'été suivants, et arrachés après la seconde saison
végétative, des quantités extraordinaires de tubercules, et cela sous le climat
froid de Rennes, dans une terre humide et compacte.

Ce résultat remarquable est obtenu malgré la Maladie. Ainsi, lorsqu'on
trouve, au moment de l'arrachage, d'un champ affecté, des germes sains et
développés, si on les replante à l'instant même ou si on les conserve en terre,
ils donnent d'aussi bons produits que ceux provenant des cultures non
attaqués. Il y a plus, les tubercules atteints eux-mêmes peuvent se reproduire
de la même manière. On cite ainsi des faits nombreux de plantations de
pommes de terre malades qui, abandonnées dans les champs, ont donné
l'année suivante de plus belles récoltes que les champs plantés avec de bons
tubercules suivant la méthode ordinaire.

Cela prouve d'abord que la maladie, non héréditaire, est bien réellement

-ocr page 583-

SOLANÉES. 567

liée à un état morbide spécial du tubercule, et, en second lieu, l'ait entrevoir
la possibilité d'arriver à sa régénération complète et, par suite, à sa guéri-
son, par une
culture bisannuelle, qui n'est ainsi que l'application, dans sa
plus grande extension, de la plantation autumnale. Sans doute, la nécessité
d'occuper la terre deux ans fera obstacle à la généralisation de cette méthode
radicale ; mais, comme le fait observer avec raison M. Lucien Georges, elle
peut être appliquée sans difficulté à la production des pommes de terre de
semence.

Emploi des Pommes de terre malades.

Lorsque, malgré toutes les précautions, on n'a pu réussir à se préserver
entièrement de la Maladie, on ne doit pas pour cela considérer la récolte
comme entièrement perdue, car il est possible encore de tirer quelque parti
des tubercules atteints.

Ainsi, on peut les utiliser dans l'alimentation du bétail. A l'origine de la
maladie, on ne crut pas d'abord pouvoir les employer de la sorte, et on lés
laissa se perdre en totalité. Mais on s'assura bientôt que les tubercules malades
ne sont pas vénéneux ; ainsi l'homme peut les manger en enlevant les parties
altérées, et les bestiaux les consomment en entier, avec les parties malades,
sans en éprouver aucun accident. Leur seul inconvénient est de fournir un
aliment moins riche et peu propre à l'engrais. En Angleterre, on les donne
crues aux porcs ; en Suisse, on les fait cuire auparavant, et les animaux ne
paraissent pas, si on a le soin de ne pas les donner d'une manière exclusive,
ressentir un effet particulier de cette alimentation.

La fécule se conservant sur les parties saines, on peut encore livrer
les tubercules malades aux féculeries, qui en tirent parti quel que soit leur
degré d'altération, et où l'on obtient une fécule valant celle extraite des pom-
mes de terre saines et propre aux mêmes usages. Puis, les eaux, ainsi que les
résidus de la fabrication, servent de même à fertiliser les terres. Toutefois,
il serait plus économique de pouvoir, avant l'opération, séparer la partie
malade de la partie saine.

Quand on ne peut les utiliser ainsi, il faut étendre les tubercules dans
un endroit aussi sec que possible, ou les faire cuire à la vapeur, de manière
à arrêter toute végétation. En foulant et entassant cette pulpe cuite dans des
vases, où on la met à l'abri du contact de l'air au moyen d'une légère couche
d'huile, on s'en sert pour nourrir les animaux domestiques. Mais si la décom-
position était trop avancée, il faudrait les réduire en bouillie par l'ébullition,
traiter par la diastase ou l'acide sulfurique, et on aurait alors une matière
sucrée susceptible de fermenter et de donner ainsi de l'alcool à la distillation.

Ne pouvant pas toujours employer les pommes de terre malades immé-
diatement, on est parfois obligé de les laisser se perdre ; en ce cas, le mieux
est de les replanter immédiatement, ce qui permet souvent d'en obtenir des

-ocr page 584-

5(38 SOLANÉES.

produits équivalents à ceux des tubercules sains. L'expérience, comme nous
l'avons dit, souvent faite et avec succès, démontre que la maladie ne fait
nullement perdre aux pommes de terre leurs facultés germinatives, et qu'une
replantation immédiate olfre encore le meilleur moyen qu'on ait de les utiliser
presque sans perte.

S'il n'est point possible de les planter de suite, on les conserve dans
un endroit bien sec à l'abri des variations atmosphériques. Toutefois, il
faut éviter de les laisser mêlées aux pommes de terre saines, auxquelles
l'altération peut facilement s'étendre. Si l'on craignait néanmoins que la
Maladie alors se propageât, on pourrait recourir au soufrage, essayé avec
succès par M. Bossin, qui, ayant rentré des tubercules sains mêlés à des
tubercules malades, et craignant que la Maladie se généralisât, brûla dans
le cellier du soufre à deux reprises et à quatre jours d'intervalle, en faisant
boucher hermétiquement toutes les issues ; il se débarrassa ainsi instanta-
nément et complètement de la maladie.

Reste à savoir seulement si les pommes de terre n'avaient pas alors
perdu leurs propriétés germinatives.

S. stoloniferum Schl. et Boueli., plus petite que le S. tuberosum dans toutes ses parties,
longuement traçante, à rameaux souterrains portant des tubercules petits d'un goût âpre ; non
uomestible, — plante rapportée du Mexique par MM. Scliiede et Deppe, de peu d'intérêt écono-
mique, grainant beaucoup, et pouvant, par suite, être facilement propagée par les semis.

Morelle noire, S. nigrum L.

Mourelle, Morelte, Mourette, Herbe des magiciens, Cerisette, Crève-chien, Raisin de loup. ■

Fleurs petites, blanches, en corymbes pauciflores, brièvement pédonculés. Calice petit, à
lobes arrondis. Corolle h lobes lancéolés. Baies globuleuses, de la grosseur d'un pois, noires,
parfois rouges ou jaunes. Feuilles d'un vert sombre, ovales-aiguës, entières ou dentées. Tige
herbacée, anguleuse, de 2 à 5 décimètres. Annuelle.

Espèce croissant naturellement en Europe et en Amérique, très commune dans toute la
France, et venant partout, dans les décombres, autour des habitations, au bord des haies, dans
les lieux cultivés, surtout dans les prairies à fonds substantiel. Elle exhale une odeur désagréable
rappelant celle du musc, et offre une saveur âcre et nauséabonde qui paraît repousser les animaux,
car aucun ne la touche. Elle passe pour vireuse et narcotique, et cependant aux colonies ses feuilles
sont mangées, comme les feuilles de choux, à l'Ile de France, à Bourbon, sous le nom de
Brède,
aux Antilles, sous le nom de Laman. Les fruits seuls, à la vérité, sont vénéneux ; ils peuvent
cependant être utilisés en médecine; ainsi le sue en est employé, à l'extérieur, contre les dartres
rebelles, et les feuilles peuvent servir comme émollients pour calmer les plaies et ulcères
douloureux.

S. chlorocarpum Spenn.; S. ocliroleucum Bost., feuilles longues; tige longue, ailée, dentée;
baies jaunes, — rare.

S. humile Bemh., forme de la précédente.

S. minialum Mert. et Kocli., baies petites, d'un rouge vif, odeur musquée prononcée, —
surtout commun dans le Midi.

S. villosum Lm., fleurs blanches, grandes; baies safranées ou rouges ; feuilles d'un vert
blanohfttre, ovales, sinuées-dentées ; tige do 2 à 5 décimètres ; toute la plante velue, tomenteuse ;
annuelle, — assez commun dans les lieux cultivés du Midi et de l'Est; propriétés du S.
nigrum.

-ocr page 585-

SOLANÉES. m

Morelle melongène, S. meiongena L., S. esculentum Dun.

Aubergine, Morelle comestible, Mérangène, Mayenne, Poule qui pond.

Fleurs violacées, grandes, sur des pédoncules extra-axillaires, réfléchis. Calice épineux, à
6.9 divisions, accrescent. Corolle à 6.9 lobes. Baie très volumineuse, obtuse, glabre, violette ou
marbrée. Feuilles ovales, sinuées, cotonneuses en dessous. Tige herbacée, un peu épineuse, de
3 à 6 décimètres. Annuelle.

Originaire des Indes ; fruits ficres et malfaisants, devenant comestibles par la cuisson. Cul-
tivée dans les jardins pour ses fruits, formant plusieurs variétés.

Morelle douce-amère, S. dulcamara L.

Morelle grimpante, Vigne sauvage. Vigne vierge, Vigne de Judée, Herbe de Judée, Herbe à la fièvre,
Herbe à la carte, Bronde, Courge, Toque, Crève-chien.

Fleurs violettes, en cymes corymbiformes, extra axillaires, longuement pédonculées. Corolle
à lobes souvent réfléchis. Baies ovoïdes, rouges, pendantes. Feuilles entières, ovales, cordiformes,
d'un vert foncé. Tige ligneuso sarmenteuse, grêle, grimpante, à rameaux flexibles, effilée, se
soutenant sur les buissons ; de 1 à 2 mètres.

Très commune partout, dans les buissons, les bois humides, an bord des ruisseaux, dans les
décombres. Froissée entre les doigts, elle répand à l'état frais une odeur désagréable, offre une
saveur qui d'abord douce devient amère; ses fruits, sans être vénéneux, provoquent des vomis-
sements. Tous les animaux, sauf les moutons et les chèvres, da repoussent. Est employée en
médecine comme calmante à l'extérieur et comme dépurative à l'intérieur.

S. pseudo-persicum L. (Faux piment, Amane), fleurs petites, blanches; baies rouges; tige
ligneuse, rameuse au sommet; de 8 à 15 décimètres, — arbuste originaire du Brésil, croissant
au pied des Pyrénées, et cultivé dans les jardins d'agrément.

S. sodomeum L,, fleurs violettes, grandes; baies globuleuses, très grosses; feuilles sinuées-
pinnatifides, aiguillonnées ; tige ligneuse, aiguillonnée ; de 6 à 15 décimètres, — propre à la Corse.

Genre TOMATE. — LYCOPERSICUM T.

Fleurs en cymes extra-axillaires; — calice accrescent, il 5.10 divisions profondes; — corolle
rotacée, plissée ; — étamines 5.6, à anthères saillantes, conniventes ; — fruit bacciforme, dé-
primé, lobé, à 2.3.8 loges.

Tomate comestible, S. esculentum Dun., Solarium lycopersicum L.

Fleurs jaunes. Baies volumineuses, glabres, rouges ou jaunes. Feuilles grandes, pinnatisé-
qttées, à segments très inégaux. Tige de 4 à 8 décimètres; annuello. — Plante velue, rude,
exhalant une odeur forte et désagréable.

Originaire du Mexique et du Brésil ; cultivée, dans tous les jardins potagers, pour ses
fruits, communément appelés
pommes d'amour, et produits par la soudure de plusieurs fleurs.
Ces baies contiennent un suc abondant et d'une agréable acidité, qui les fait rechercher soit
comme condiment, soit comme aliment.

Genre PIMENT. — CAPSICUM L.

Calice court, évasé, non accrescent, à 5.6 dents; — corolle rotacée, plissée; — baie h
2.4 loges polyspermes, volumineuse, lisse, sèohe, coriace.

-ocr page 586-

570 SOLANÉES.

Piment annuel, C. annuum L.

Poivre long, Poivron, Poivre de Guinée, Corail de jardin.

Fleurs d'un blanc jaunâtre, petites, solitaires ou géminées. Feuilles entières, ovales, longue-
ment pédonculées, à limbe déourrent. Tige dressée, anguleuse, de 3 à 4 décimètres ; annuel.
Toute la plante lisse et luisante.

Originaire de l'Amérique méridionale ; cultivé dans les jardins potagers, pour son fruit,
d'une saveur poivrée, âcre et piquante, et employé soit comme condiment, soit comme aliment,
avant sa maturité complète. La culture en a produit plusieurs variétés.

Genre COQUERET. — PHYSALIS L.

Fleurs solitaires ; — calice à 5 dents, campanulé, s'accroissant après la floraison, devenant
vésiculeux et formant une enveloppe large non appliquée sur le fruit ; —
corolle rotacée, plissée;
— étamines 5 ; — baie biloculaire, globuleuse.

Coqueret alkekenge, P. alkekengi L.

Coquerelle, Herbe à coques, Cerisier d'hiver, Cerisier de juif, C. de Mahon.

Fleurs blanchâtres, axillaires, penchées. Calice devenant vésiculeux, ovoïde, rouge. Baie du
volume d'une cerise, lisse, d'un rouge vif. Feuilles ovales, acuminées, sinuées, les supérieures
géminées. Tige dressée, de 3 â 5 décimètres. Vivace.

Espèce commune dans toute la France, venant dans les haies, les lieux ombragés, les vignes
des terrains calcaires. Le fruit, d'une saveur aigrelette et non vénéneux, est mangé dans quelques
pays méridionaux ; il sert à colorer le beurre, et, en médecine, sert quelquefois comme diurétique
et sudorifique. — Los animaux ne touchent point à ses feuilles, qui répandent, comme toutes les
plantes de la famille, quand on les froisse, une odeur nauséeuse.

P. pubescens L., P. edulis Bot., fruits jaunes, à saveur un peu acide; plante fort touffue, —
plante de l'Amérique méridionale, cultivée, dans quelques jardins potagers, pour ses fruits servant
do condiment.

Genre N1CANDRA. — N1CANDRA Adans.

Calice à 5 divisions profondes, devenant vésiculeux et enveloppant le fruit.
N. physaloïdes Gœrtn., fleurs d'un bleu violacé, plus grandes que celles du P. alkekengi, —
originaire du Pérou; cultivé dans quelques jardins, et subspontané aux environs de Toulouse.

Genre BELLADONE. — ATROPA L.

Fleurs solitaires ou géminées, axillaires; — calice à 5 divisions aiguës, profondes, faiblement
aceresoent, à la fin étalé ; —
corolle tubuleuse-campanulée, à 5 lobes courts ; — étamines 5, inclu-
ses, éoartées de l'axe; —
baie biloculaire, globuleuse.

-ocr page 587-

SOLANÉES. 571

BELLADONE COMMUNE. — A. BELLADONA L.

Noms vulgaires. — Belle-dame, Bouton noir, Morelle furieuse, Herbe empoisonnée.

Fleurs d'un pourpre brunâtre, assez grandes, peneliées. — Baies de la grosseur d'une cerise,
noires, luisantes. — Feuilles presque sessiles, amples, entières, ovales, aiguës, les supérieures
géminées, très inégales. — Tige robuste, cylindrique, très rameuse. — Racine forte, pivotante.
— Taille de 10 à 15 décimètres. — Yivace.

Très commune dans toute la France, venant dans les bois et les lieux
humides, autour des habitations. D'une odeur vireuse prononcée, d'une
saveur âcre et nauséabonde, elle est dans toutes ses parties extrêmement véné-
neuse, constitue un poison narcotico-âcre, dont les effets s'annoncent par
une sorte d'ivresse avec délire et accès convulsifs. A l'extérieur, elle constitue
un calmant stupéfiant des plus énergiques, et exerce en outre, sur la pupille
de l'œil, une action dilatatrice ,très prononcée, que l'on utilise pour faci-
liter les opérations pratiquées sur cet organe.

Ces propriétés de la Belladone, dues à la présence d'un alcaloïde spécial
désigné sous le nom d
'otropine, sont développées surtout dans le fruit, ce qui
rend d'autant plus dangereuses les méprises que sa ressemblance avec les
cerises peut faire commettre. Toute la plante, les feuilles surtout, sont utilisées
en médecine sous les états pharmaceutiques les plus divers, et se rangent
parmi les médicaments calmants les plus fréquemment en usage.

La Belladone, cultivée quelquefois dans les jardins comme plante médi-
cinale, doit soigneusement être extirpée des lieux cultivés ou fréquentés
qu'elle envahit, à cause des accidents qu'elle peut faire naître. Mais cette
extirpation est parfois difficile, à cause de la facilité avec laquelle chaque
fragment de racine laissée en terre peut former un pied nouveau.

Genre MANDRAGORE. — MANDRAGORA T.