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ocr page 3

ATLAS

.DE

TOUTES LES PARTIES CONNUES

'*D U

GLOBE TERRESTRE,

DRESSÉ

'our z'Bistoire Fbzzosophiqi/e et PoilTIQlTE T>-ES
Etablissemens et pu Commerce pes Européens pans
PEUX
Inpes,

V ^ /i

v V

y

ocr page 4

AVIS

AU LECTEUR ET AU RELIEUR,

Tous les Tableaux doivent être placés à la fin de l'Atlas,
et par ordre de numéro.

Le troisième Tableau, désigné dans quelques exemplaires^
par le seul chiffre 3 , a rapport au Livre III de l'Ouvrage^

Le N.o 215a rapport au Livre XVII.

Tous les autres portent au haut la désignation du Livr©
où il en ejt fait mention.

ocr page 5

vnr

atlas

D E

TOUTES LES PARTIES CONNUES

D U

DRESSE

Pour rHistoire Philosophique et Politique des Étahlissemens et du Commerce
des Européens dans les deilx Indes.

Liste des Cartes contenues dans cet Atlas.

Monde et le
en deux hëmis-

Nouveau
pheres.

Planisphere , suivant la projec-
tion de Mercator.

L'Europe.

L'Asié.

L'Afrique.

L'Italie.

La Turquie cl'Europe , et celle
d'Asie , etc.

Les Royaumes d'Ëspagne et de
Portugal.

Les isles Canaries, âvec celles de
Madere et de Porto
-SantOi

La haute et basse Guinée.

Le Cânâl de Mosambique ^ etc.

Partie supérieure de l'Inde en-
deçà du Gange , etc.

Partie inférieure de l'Inde en-
deça du Gange , etc.

Nos.

1.

2,

3.

4.

5.

6.

L

j'Ancieist

14,

17.

If-
ig.

19.

20.

10.

11.
12*

at,

L'Arabie, le Golfe Persique et
k Mer Rouge , âvec l'Egypte ,
la Nubie et l'Abyssinie.

Les isles de la Sonde et les isles
MoluqueSi

L'Empit-e de la Chine , la Tàr-
tarie Chinoise, et le royaume
de Corée , avec les isles du
Japon.

La Hollande , prise en général,
ou les sept Provinces - Unies
des Pays-Basi

Bis. Les isles Britanniques, etc.

La Perse , là Géorgie et k Tar-
taric indépendante.

La France.

Les isles de France, de Bourbon
et de Rodrigue , ea général et
en particulier.

Le Nord de l'Europe ,
nant , etc.

conte-


ocr page 6

22.

L'Allemagne , la Bohême et la
Hongrie , etc.

Les isles Ph.ilippines , eic.

L'Empire de Russie , en Europe
et en Asie,

L'Amérique Septentrionale.

Les isles Antilles et le Golfe
du Mesique.

Partie méridionale de l'ancien
IMexique ou de la Nouvelle-
Espagne.

Le Nouveau-Mexique , avec la
partie septentrionale de l'An-
cien 5 etc.

L'Amérique Méridionale.

Le Pérou , etc.

Le nouveau royaume de Gre-
nade , la Nouvelle-Andalousie
et la Guyane , etc.

La Guyane Française , avec par-
tie de la Guyane Hollandaise.

Le Chili, depuis le Sud du Pérou
jusqu'au cap Horn , etc.

Partie méridionale du Brésil.

Partie septentrionale du Brésil.

Les isles Antilles , etc.
L'isle de Saint-Domingue,

2-3.

24-

25.

26.

I

27.

28.

29.

30.

31.

32.

33.

34^

35,
37,

38. L'isle de la Jamaïque.
.39. L'isle de Cuba.
4c. Les isles de la Guadeloupe , de
Marie-Galante , de la Desirade
et celle des Saintes.
41, L'isle de la Martinique.

43. Partie septentrionale (l'Afrique ,

ou la Barbarie , etc.
4.3. Partie occidentale de l'ancien
continent , depuis Lisbonne
jusqu'à la riviere de Sierra-
Léona , eic.

44. L'isle de Terre-Neuve , l'Acadie

ou la Nouvelle-Ecosse , l'isle
Saint-Jean, et la partie orien-
tale du Canada.

45. Partie occidentale du Canada ,

contenant les cinq grands laps
du Canada , etc.

46. La Louysiane et la Floride.

47. La Partie Nord des Etats-Unis

de l'Amérique Septentrio-
nale. '

48. La Partie Sud des Etats-Unis

de l'Amérique Septentrionale.
45. Supplément pour
tilles.

es isleg An-


ocr page 7

analyse succincte

D E

ET ATLAS.

o Tj B. rendre le compte le plus sommaire que Pon pourra, de k
construction de cet Atlas ; on suivra , à-peu-près , l'ordre dans lequel
pn a dressé chaque carte, en disant un mot de chacune. Mais avant,
convient d'exposer les motifs qui ont engagé à placer, sur ces Cartes,
^es lieux qui paroissent étrangers à
l'Histoire Philosophique et Politique
^^s Etahlisseniens et du Commerce des Européens dans les deux Indes
pour
lequel elles sont faites expressément.

îa jamais multiplié ces lieux sans nécessité ; et pour faciliter

G ^^ de ceux qui sont cités dans cette Histoire , on les a mar-

l^ues d'un astérisque D'ailleurs il y a des .pays que M. l'Abbé Raynal
end si irjtéressans 5 qu'on ne doit s'attendre ici qu'à une discussion
purement géographique , sans entrer dans d'autres détails. On auroit eu
a perdre en les comparant à ceux que donne l'auteur. En outre ,
guère possible de placer dans ces pays , d'autres villes ou
Positions que celles dont il parle , sans augmenter le nombre des
• ans ces cas, ce seroit se défier de l'attention du lecteur, que de

penser qu'Ui^i

seroit plus facile de trouverun lieu qui l'intéresse actuei-
ement, parmi nombre d'autres dont il n'a pas encore besoin , que de
position dans d'autres circonstances , parmi un moindre
omtire d©
Hq^^ ^ n'aura que rarement intérêt de connoître.

a

ocr page 8

2 analysesuccincte

De plus, rhomme studieux sera quelquefois tentée après une lecture
intéressante , de promener ses regards à l'entour du pays dont il vient
de voir la description , l'histoire ^ le commerce , etc. : ses yeux ne s'y
arrêteroient pas sans peine ; si, au lieu de riches peuplades ^ il n'y
îrouvoit que des déserts arides. Qu'il lui soit donc permis de fixer 3
quelquefois, sa vue sur quelques sites heureux. Si c'est sortir du sujet,
c'est une espèce de digression qui tend à l'instruction et à l'agrément
du lecteur.

En méditant cette histoire, soit en homme d'état, en philosophe ,
ou en commerçant 3 on voudra savoir les liaisons possibles d'un pays
qu'on vient de connoître , avec les contrées voisines ; et comme un
ouvrage philosophique offre un fond inépuisable de réflexions, on pré-
sente à chacun le foible secours de quelques détails géographiques 5
avec une honnête abondance sans superflu, mais qui a paru préférable
à l'étroit nécessaire.

Ces cartes sont assujetties aune projection uniforme et géographique ^
les degrés des parallèles gardent, avec ceux du méridien , le même
rapport que sur la terre, et ces cercles se coupent perpendiculaire-
ment j du moins autant que le passage d'une surface convexe à une
surface plane, a pu le permettre.

L'Italie est fondée sur nombre d'observations astronomiques , et
sur un plus grand nombre encore de combinaisons géographiques
très-étendues. On n'a point employé les observations célestes, sans les
avoir auparavant soumises au plus severe examen. Sans cette attention,
on s'exposeroit à dresser les parties d'une même Carte sur une échelle
différente : la majeure partie de ces observations s'est trouvée d'une
îrès-grande justesse. Il seroit inutile de nommer les sources où l'on à
puisé le peu de détail que le format de ces cartes a permis d'exprimer;
en effet, à quoi serviroit-il de dire qu'on a employé pour la Sicile , la
carte du comte Schmeîtau, en quatre feuilles ; qu'on a consulté pour
i'état de l'Eglise, la carte des PP. Maire et Boscovvich, en trois feuilles;
pour l'état de Gênes , la grande carte de Chafrion, etc. On reconnoiî
à peine ces originaux dans une si grande réduction.

La Turquie d'Europe et celle d'Asie , sont appuyées principale-
ment èux vingt-deux points où l'on a fait des observations astronomi-

ocr page 9

DE CET atlas. 3

ques ; ils sont répandus dans l'étendue de ce vaste empire , ou du
moins dans le champ de la carte. îl y a quelques-unes de ces observa-
tions qui ont obligé de s'écarter de la route généralement suivie : telles

^ont, par exemple, celles de Trébizonde et d'Erzerum. Les PP. deBeze,
Dius et de Souatre ont donné la position de la premiere de ces villes. Le
P. de Beze, qui a tcouvé le moins de longitude 5 savoir 42'^ 58', a paru
mériter la préférence. La connoissance actuelle des temps, metErzerura
par 46'i 16'. La discussion du local a contraint d'y consommer 40'
de moins. Il auroit fallu ôter de cette longitude environ f , si on
eût voulu suivre à cet égard les Géographes d'Europe i mais poser Tré-
bizonde par 42^ 58', c'est placer cette ville en général 5^ plus à
l'orient qu'ils ne la posent, et il ne paroît pas que ce soit trop porter
ce lieu vers l'Est. Qu'on ouvre le voyage de Chardin, on y verra que ce
Judicieux voyageur , tout le long de sa route de Tauris à Ispahan ,
place ces villes Nord et Sud : or les Géographes d'Europe , mettent
Tauris environ 5 ' 3o' plus vers l'Ouest qu'îspahan. Cette capitale de
la Perse, suivant de bonnes observations, est par 5^1 12' de longitude,
par 32^ 40^ de latitude. D'ailleurs les Géographes Orientaux , le
Canon, le géographe Turc, etc. placent Tauris plus à l'Est qu'îspahan,
au moins de
10'.

Allant plus loin , le P. Gaubil, suivant un voyage fait par des Man-
darins Chinois, trouve les sources du Sirr par 77' 36' pour le moins ;
nos Géographes les font sortir du sein de la terre au moms 5^ 3o' plus
à l'Ouest. Je pourrois citer plusieurs autres autorités aussi fortes , pour
soutenir la position de Trébizonde du P. de Beze, si elle enavoit besom ;
mais celles qui précèdent suffisent, d'autant plus que le témoignage des
Géographes Orientaux et des Voyageurs, sont ici du plus grands poids,
leur sentiment sur-tout étant étayé par des observations astronomiques.

L'observation décisive faite à Gurjet, sur le bord septentrional de la
^er Caspienne, montre
que le Nord de cette-mer étoit à-peu-près bien
placé sur les Cartes. Il faut donc que la mer Caspienne ait été mal
orientée, sur la Carte levée par Tordre de Pierre le Grand: ou il faut
Chardin et tous les Géographes Orientaux se soient trompés de
quatre ou cinq airs de vent, dans le gissement de Tauris et d'Ispahan ;
que les observations des PP. de Beze et Dius ne soient d'aucun poids ,
et que le
P. Gaubil se soit trompé sur la position des sources du Sirr ^
de près de qu'il n'ait estimé entre Hami, où Ton a fait des observa«

a «

ocr page 10

4 ANALYSE SUCCINCTE

lions precises, confirmees par des triangles venant de îa Chine , qu'ïï
n'ait estimé, dis-je, entre cette ville et cette source, que 14^ en longi-
tude, tandis qu'il y en auroit eu réellement
20. La réputation du judi-
cieux Chardin, rexactitude de l'observateur de Beze , les lumieres des
Géographes de ces contrées, l'habileté connue de l'Astronome Gaubil,
ne permettent pas de le penser. On seroit satisfait d'être toujours d'accord
avec lesDeîislejles Hasius, les d'Anville, etc., de suivre les traces de
ces Géographes célébrés j.mais on est forcé ici de s'écarter de leurs avis y
et de sacrifier son respect pourleur opinion, à lapersuasion delà vérité.

L'emplacement de Constantinople a augmenté de 14' en longitude,
et celle de Smyrne de 12' , par des moyens indépendans de la position
de Trébizonde. Üs sont fondés sur des distances assez multipliées pour
être exactes et partant des divers points déterminés dans l'Archipel^ mais
le détail en est trop long pour qu'il puisse trouver place ici.

En référant même Constantinople et Smyrne , à Trébizonde et à tous-
les points déterminés dans l'Archipel , on trouveroit Taugmentation
précédente de 86^
4 pour Constantinople , et de 54', 3 pour Smyrne;
on a préféré la moindre, parce qu'elle favorise davantage les observa?-
îions de M. de Chazelles et celles du P. Feuiilée. D'ailleurs elle est dé-
duite de nombre de distances, prises dans une région mieux connue j,
et qui sont à-peu près cinq fois plus coui;tes , que celle de Constan-
tinople et de Smyrne à Trébizonde. Les autres changemens à cet égard
ne sont pas assez considérables pour en faire mention. On ajoutera seu-
iement, qu'aux points donnés par des observations célestes , on en a
déterminé trente autres avantageusement placés, par des combinaisons
géographiques fort étendues.

JjEspagne se fonde sur douze points déterminés astronomiqiie-
ment, ou par les horloges marines, dirigées par MM. de Fleurieu , de
Verdun , de Borda et Pingré ; sans y comprendre les frontières de
France, appuyées sur des triangles exacts, ni les points qu'a donnés une
chaîne de distance maritime, de Collioure à Gibraltar, q^ui m'a étécoi>
muniquée il y a environ vingt ans..

Les hîes Canaries et celle de Madere sont appuyées îes pre-
mieres sur les observations du P. Feuillée , vérifiées par les horloges
marines 3 conduites par ks hommes habiles- dojat on a parlé j et la

ocr page 11

DE CET ATLAS. 5

conde , sur les observations de M. Borri j confirmées par les mêmes
horloges marines.

Le détail qu'on a de la Guinée, selon les meilleures Cartes et par les
Voyageurs les mieux instruits , a été assujetti à la longitude de î'isle de
Corée, donnée par MM. de Fleurieu et Pingré, et constatée depuis par
Mm. de Verdun, Borda et Pingré. Cette isle étoit portée trop à l'Est
d'environ 20 minutes suivant les observations de MM. Varin du Gloset
Deshayes. L'Astronomie n'a pas encore éclairé de son flambeau cette
Vaste étendue de côte , c'est pourquoi , pour eochaîner entr'eux les
divers objets compris dans ce grand espace on a été obligé de partir de
i isle de Corée, et de fixer, par des distances multipliées, les principaux
caps et le fond des golfes les plus remarquables î on a même étendu ce
jusqu'au cap de
Bonne-Espérance , dont la longitude est bien
s^ùre, afin de pouvoir corriger les positions comprises entre les deux lieux
déterminés s'il étoit nécessaire. Parmi ces points est situé le cap Négro,
qu'on a de plus rapporté à l'isle Ste. Hélene, dont la longitude ,
suivant
^M. Halley, Mason et Dixon, est exactement de 12' occidentale
^ Paris. Quelques routes eiitre cette isle et ce cap ont donné , à fort
peu près, au cap Négro , la même longitude qu'auparavant.

Pour décrire la côte orientale d'Afrique, depuis lecap de Bonne-Espé-
fance jusqu'à Melinde , avec le canal de Mosambique, on s'est appuyé ,
^vec une entiere confiance, sur la longitude de ce dernier cap, extraite
des observations nombreuses de MM. de la Caille , Ma&on et Dixon.
J^^ant à l'isle de Madagascar, on a trouvé, d'après cinq des meilleures
artes de cette isle, que de Terra del Gada à Foule-pointe, il y avoit
^U plus^ ^d^ 24s ^ ô et que de Terra del Gada à Antongilî, il y avoit
^tissi au plus 3 5 5i', 5. Ensuite on a arrêté la position de l'isle entiere
par rapport au ciel, selon l'observation, d'une éclipse de Lune, de M. d'A-
P^es, faite à la baie d'Antongiîi ^ et selon les observations de MM. le
- ^^til et d'Agelet, à Foule-pointe et à la baie d
'Antongiîi i et celle

ƒ de Lune , de M. Héatcot, à Terra del Gada : on a vu que
^ . observation donnoit la longitude trop foible d'environ un

„ '^^gré. On a fixé ensuite la position du cap des courans, et celle de
1 ^^yf^j par leurs distances discutées , aux points les plus proches

-le ^Viadagascar,

L'J ^

«t/e en deçà du Gange , s'appuie sur les longitudes de Surate et

ocr page 12

6 ANALYSESUÇCÎNCTE

de Goa, la première déduite du passage de Mercure sur le Soleil par
Shakerlseus , le
3 Novembre i65i , constatée par quelques observation?
plus modernes, dues aux Jésuites, ainsi que la seconde ; elle est extraite
des observations du P. Noël, et de quelques autres missionnaires. D'a-
près ces
dernieres , MM. Lieutaud et Desplaces, en ont-conclu/i^aS',
M.
de laHine en a tiré 71^80', et M. Huris en a déduit 71^ 35'. En
comparant ces observations à la distance et au gissement de ces villes ,
on s'est cru obligé de prendre , pour Goa 71'' 3i'. Ensuite on a arrêté
la longitude
de Pondichery , suivant dix bonnes observations; elles ont
donné77S 36' 8.CommeTrinquemallay est
22', i, pkis Ouest que
Pondichery,celaafixéremplacementderisledeCeylan. Près desbouches
du Gange on a la longitude de Calcutta de 86^' 14'par une seule émersion
du premier satellite de Jupiter , et sa latitude de 34% 7; celle de
Chandernagor , par les observations nombreuses du P. Boudier ; celle
d'Islamohad sur la riviere de Chatigan , par le passage de Vénus de
X761 ; et celle
de Dinapoor, parle passage de Vénus en 1769. Ces
deux derniers points ne se trouvent pas dans ces Cartes-ci; mais
ils ont
servi à préparer les matériaux employés dans leur construction. Delhi
estappuyée sur l'observation
d'une éclipse de Soleil, par le même P, Bou-
dier; et plusieurs autres lieux sur la route en allant de Chandernagor à
Delhi, ont été fixés par lui-même, suivant la longueur et la direction
du chemin, étayées parles observations de latitude de Patna, de Be-
nares,
d'Ellabad et d'Agra. En un mot, on a employé , dans les deux
Cartes de cette
presqu'isle , douze points où il y a des observations de
longitude et de latitude. Quelques-unes des longitudes dont on doutoit ,
ont été constatées par des distances,
comme cela doit toujours être5
avant que d'en faire usage.

On a encore déterminé à l'occident de l'Indostan, les positions de
Gazna , de Caboul , de Candahar , de Multan , de Diul-Sindi, de
Mansora, etc. suivant les Géographes Orientaux , telles que sont les
Etvals, le Canon , le Géographe Turc, Ibnisayd, Ebulfeda , etc. com-
binés avec les meilleures Cartes modernes , et avec les voyageurs; en
les référant aux lieux voisins, déterminés par l'observation des astres. Le
surplus ^ été fixé, avec soin, par des moyens purement géographiques.
On a été obligé de mettre en supplément et à plus grand point , les
bouches du Gange qui dans la Carte n'étoient pas suffisamment détaillées ,
pour répondre à la multitude de recherches renferme l'Histoire Phi-
losophique.

ocr page 13

D E C E T A T L A s. j

Pour décrire FArabie , la mer rouge et le Golfe Persîcjue, on est
parti de Moka , dont la latitude a paru , d'après dix témoignages diffé-
ïens 5 être de
28'; et la longitude de 41', 2 au moins, selon le
résultat de combinaisons étendues : par une suite de ce travail, Gedda ,
vdle célébré, port de la Mecque où des Arabes placent le premier mé-
ridien , est par Zf 5 de longitude , et par 21^, 35', 6 de latitude.
Suez, par ses distances au Caire et à Alexandrie, dont les positions sont
sures, à 30'' 19' de longitude et 20^' 5o'
4 de latitude ; c'est ainsi qu'on
a fixé le gissement de la Mer Rouge. L'Egypte , la Nubie et l'Abissinie,
sont l'extrait d'un long travail antérieur, dans lequel ont été déterminées
avec soin, les principales positions de ces Etats. On n'y a ajouté ici que
les largeurs de la Mer Rouge , prises en divers endroits ; par exemple,
sa plus grande largeur au-dessus et près de Gedda, s'est trouvée de
ï . ou minutes de l'équateur. Ensuite de Moka , on a conclu la lon-
gitude du Cap Guardafui , suivant des routes de navigation; et la côte au'
oiKÎ du golfe Arabique, a été rectifiée par des distances liées et par quel-
ques observations de latitude : puis , pour fixer le cap Raz-al-gate , on
s'est étendu depuis Moka jusqu'à Surate , afin de placer ce cap d'une
ïï^niere semblable à celle qu'il occupe en général sur les Cartes géogra-
phiques et marines les plus estimées. Du cap précédent, revenant vers
A Ouest, on a fixé le cap Moçandon et Bassora, en s'appuyant d'un bout
le cap Raz-al-gate, et de l'autre sur le Caire, afin de situer les deux
Extrémités du golfe Persique, semblablement à ce qu'ils sont en général
S'-iï les meilleures Cartes. On a vérifié la position de Bassora, en posant
cette ville comme ci-devant, et à l'aide des Géographes Orientaux ,
ïeiativement à Ispahan et à Gedda ; puis on a pris le milieu entre les
deux positions résultantes et très-voisines de Bassora.

Po.ur figurer les isles de la Sonde et les Moluques , on a la longitude
^e Batavia, par le passage de Vénus de
1769 , par d'autres observations
^^yar des routes; celle de Malaca est au plus de
100''. Pulo-Condor est

^ plus orientale que Batavia , selon cinq indications différentes; et
en Sortant du champ de la Carte, on a Manille par 118' 3iS suivant les
^ servations de M. le Gentil. Cette derniere position avec celle de Pulo-
Condor ^ ont servi à placer convenablement l'isle Borneo et les Fhilippi-
î^es. Toiat ce qui est à l'orient de Batavia et de
Manille, est fowdé sur les
2"ontes des Navigateurs ; et sur les Cartes des Hollandois, qtii fréquentent
presque seuls ces parages. On a cependant emprunté du voyage Angîois
du capitaine Forest, la position de l'isle Manaswary , située a la côte

ocr page 14

14 ANALYSE SUCCINCTE

du Nord de la Nouveile-Guinée, et la position de Bunwot près de Min-
danao. Du reste, h position d'Achem dépend de ses distances à Maiaca
àBatavia, à Pondiclieri , et à Trinquemallay.

La Chine, la Tartarie Chinoise, la Corée et le Japon, ont pour type
principalement l'Atlas Chinois du P. Duhalde, auquel on s'est seulement
permis de
changerlalongitude de quelques heux , tels que sont, Canton ,
Macao, Pekm, Tâyovan dans l'isle Formose, l'isle Tsummin, etc. ces
changemens sont trop peu considérables pour mériter quelque attention.

LeiaponvientengrandepartiedeKempfer,appuyésurla longitude de

Nangusaki, de 126^' 26', du P. Spmola; et sur celle d'Osaca, rapportée
par Harris. La Tart^ie Chinoise est assujettie aux observations faites sur
les frontières de , a la longitude de Selinginsk , par M. Ru«

.lîîouski i à celle d Hami, par les PP. Jésuites ; et à quelques autres.

La Hollande a pour fondemens, les longitudes et les latitudes d'AIc-
niaer, d'Amsterdam, d'Anvers, de Berg-op-Zoom, de Leyde, de Mahnes
de Middeibourg , de Nieupon, d'Ostende, etc. et des latitudes exactes
deBreda , de Bruges, ae Delft, d'Enchuisen, de Goes, de Harlem, de
la Haye , de Mastreik , de Roterdam , etc. Pour avoir l'emplacement
de la plupart de ces lieux, on a fait usage des mesures de Sneliius, revues
par M uschenbroek et par M. Cassini de Turi. Ces points ontarrêté le détail
qu'on a puisé dans les meilleures sources.

Les Isles Britanniques s^appuient sur les observations anciennes et
modernes qui ont été faites à Londres, à Greenwich, à Oxford, à Edim-
bourg, à Leeds, à Shirbun, à Leicester , au cap Lézard, à Glascow ,
à
Liverpool, à Estdercham, à Portsmouth, à Cavanen Irlande ; et Dou-
vres, est déterminé par les triangles fondamentaux de
la Carte de France
de l'Académie. Quant au détail ^ il vient des meilleures Cartes An-
gîoises.

La ?crs€ , la Géorgie et îa Tartarie indépendante, participent vers îe
^ord-Ouest, au changement de 3o' dont on a parié. On s'est appuyé
3o à 40 points dans le champ entier de la Carte , déterminés ou par
des Observations astronomiques , ou par des combinaisons géographi-
ques, dans lesquelles sont entrés, pour beaucoup 5 les Géographes Orien-
tûuxj ou bien 5 ces poii^ïssoi^t extraits de quelques voyages. Les positions
depuis Giti jusqu'à Hami 3 par exemple, viennentdu Fere Gaubil, etsont

tirées

ocr page 15

D E C E T A T L A s. o

tirées desobservationsmatliématiques, astronomiques, géographiques, etc.
parle P. Souciet. Le peu de connoissances nouvelles qu'on a de la Tartarie
indépendante sont dues aux Missionnaires de la Chine.

La France a pour base les triangles de l'Académie ; on l'a divisée par
générahtés , plus analogue à l'Histoire Philosophique et Politique que
toute autre division.

Les Isles de France y àe Bourbon et de Rodrigue , sont représenté es en
particulier au haut de la feuille qui les contient. Afin qu'on puisse juger fa-
cilement de leur position relative entr'elles et par rapport au ciel , on a
tracé au-dessous, sur la même planche, une carte générale de ces Isles,
avec leur longitude et leur latitude. M. l'Abbé de la Caille a déterminé
les points principaux de l'isle de France ; il a déterminé S.-Denis en l'isle
de Bourbon, et il paroît que l'on doit à M. Pingré le plan de l'isle Rodri-
gue , où il observa le passage de Vénus en lyùi.

Le Nord de l'Europe s'appuie sur les longitudes et latitudes obser-
vées de trente-six lieux différens , et sur les latitudes exactes seulement
de quelques autres. Ona faitla longitude de Copenhague de lo^
14', o,
d'après des observations nombreuses qui ne paroisseiit laisser aucun doute.
La longitude de Hambourg paroît devoir être exactement de 35''
2
égale, à i de minute près, à celle que donnele commencement de l'échpse
de soleil de
1764 , calculée par M. du Séjour , suivant sa méthode ingé-
nieuse. La longitude de Dantzick est de 16^ 18', 5, selon le résultat de
^ûutes les observations de ce genre qu'on a pu connoître , faites en cette
ville par Hevehus. Lalongitude de Gothenbourg a paru devoir aussisouf-
frir un léger changement. En outre, lorsque les pointsprécédens ont laissé
detrop grands espaces, dépourvus d'observations pour y suppléer, ona,
par des moyens géographiques , arrêté quelques points choisis , en s'assu-
jettissant aux points observés ; et même on s'est étendu sur les lieux déter-
minés dans les régions voisines extérieures à cette Carte, pour arrêterplus
sûrement l'étendue des contrées qui y entroient.

'^'Allemagne et la Hongrie ont pour base la belle suite de triangles
de M. Cassini deTuri, depuis Paris jusqu'à Presbourg,
en l'assujettissant à
lalongitude et à la latitude de Vienne, données par le pere Hell. La -^eL-
pendiGulaire à la méridienne de l'observatoire prend, par ceu-svujcitiss_e-
ment, une foible inclinaison vers le Sud^ sur le premier vertical de Paris.

h

f 1

ocr page 16

10 ANALYSE SUCCINCTE

Cela vient, sans doute, de ce que,la Terre étant applatie verslespôles ,
cette perpendiculaire est une courbe à double courbure; cela peut venir
aussi de l'attraction différente des terreins sur lesquels on
a observé , et en-
core des erreurs
presqu'inévitables dans les longues suites d'opérations.
Cette carte
s'appuie en outre sur les triangles mesurés par le comte
Sclimettau, et par les freres Rhode, Géographes habiles de l'Académie
de Berlin, depuis la Hesse jusqu'en Silésie, En comparant ces résultats
géodésiques aux lieux déterminés- par des observations astronomiques suf-
iisaramentrépétées, onn'y a trouvé en général que 36" dedegréde diffé-
rence, tant en plus qu'en moins, ce qui prouve l'exactitude de ces résul-
tats. La partie de l'AUemagne qui confine à la France est fondée sur les
triangles de l
'académie, et l'on a vu sur quelle base la Hollande est appuyée.
La côte de lamer Baltique qui baigne l'Allemagne y
a les mêmes fonde-
mens que sur le Nord de l'Europe. Le reste de cette Carte
a pour base les
observations faites à Geneve , Zurich , Prague , Nuremberg, Breslau ,
Zéitz, Jena,Lmdau, Êrfart,Gratz,Schvvezingen,Wurtzbourg, Crems-
munster, Sagan, etc. îl y
a encore en Hongrie, Bude , ^arasdin , etc
et dans Pétendue de la Carte, Bucharest en Wakie, Jassi en Moldavie ,
mrsovie
, Wiloa et Kammiec en Pologne, sur lesquels on s'est appuyé
avec avantage.

VEurope est l'abrégé des Cartes particulières des divers Etats qui com-
posent cette partie intéressante du monde.

Les Isles Philippines , le Tunquin, la Cochinchine , etc. s'appuient
au Nord de la côte méridionale de la Chine et sur Siam. J'ai rassemblé
les observations faites en cette ville, etles conclusions qu'enonttiré divers

Astronomesjetjen'ai trouvé ,^pour la longitude de Siam, que^S^iS', 4 ,

c'est 22 ou 23' de moins qu'on ne lui donne communément. A cette lon-
gitude succédé celle de Mergui, de gS"^ 35',
7, fondée 1°. sur une seule
immersion du premier satelhte de Jupiter par M. d'Après, laquelle donne
environ 24' ^ cinq routes de Pondichery aux isles Cabosses i

S'', sur des combinaisons tendantes à placer Mergui entre Siam et Pondi-
cilery g semblablement aux cartes les plus estimées ; 4°. sur une éclipse
de Lurj^ observée , à Louvo et à Mergui, par les jésuites. Le Nord-est de
la Carte n'egî; appuyé que sur "des combinaisons géographiques,portant
des points fi^jig aux bouches du Gange d'un côté, et de l'autre s'appuyant
sur Mergui, gj^m et Canton. L'isle de Bunvvot vient de la Carte du Ca»
pitaine
Forçât 5 commçon l'a déjà dit. LesislesMarianes^ qu'on a mises îci

? -

ocr page 17

DE CET ATLAS.

en supplément, sont tirées de la Carte qui accompagne l'histoire de ces
isles en
1700, par un Jésuite Espagnol. La différence en longitude de
Manille à Guam, est de 21^ i5' à 20', suivant îa distance qu'y trouvent
les galions de Manille.

UEmpire de Russie a pour base les observations de longitude et de
latitude d'environ
34 points différens, répandus dans les commentaires de
l'Académie de Pétersbourg. Ceux sur lesquels on pouvoit élever quelques
doutes, soit par le petit nombre d'observations ou à cause de leur discor-
dance, ont été constatés , vériliés ou corrigés , par les distances prises
sur les cartes de MxM. Strahlemberg, Kirillovv, et sur l'Atlas K ussien. Très-
peu ont eu besoin de réforme sensible. On s'est appuyé comme à l'ordi-
naire, quand cela a paru avantageux, sur les points fixes des Etats voi-
sins , afin de représenter plus exactement les confins de la Carte où l'on
manquoit d'observations.

La Carte à'Asie est la réduction fidelle de cartes particulières qui en
contiennent le détail.

Le Golfe du Mexique est appuyé sur plus de quarante points, donnés
par des observations astronomiques ou par les horloges marines : onremar-
^uera sur ces observations, qu'ayant rapporté au Fort-Royal de la Mar-
tinique toutes les observations du Pere Feuillée, celles de MM. Duglos,
Varin et Deshayes, y ayant joint de plus les observations des horloges
marines, par MM. de Fleurieu , de Verdun, de Borda et Pingré , les
<^bservations de la Lune de MM. de Verdun , de Borda et Pingré, et le
résultat d'une occultation deSagittaire duP. Feuillée, calculé par M.
Mechain,onestparvenu à réunir quarante observations sur ce point, d'où
^'on a été obligé de conclure la longitude du
Fort-Royal de 63"^ 27' , 3 ,
que M. le Chevalier de Fleurieu l'avoit déduite en 1769, des obser-
vations du P. Feuillée , confirmées par les horloges marines. En outre ,
dans le passage de Vénus de
1769 , et dans les observations de la hauteur
tie la Lune, comparées à celles qui furent faites alors à Paris et à Oxford,
syant trouvé quatorze fois la longitude du Cap-François, on a conclu sû-
rement
y37', 2. En effet , la différence en longitude entre le Fort-
i^oyal et le Cap-François est certainement de 1
9', 9 , selon le rap-
port combiné des horloges marines, par MM. de
Fleurieu et Pingré en
1769 3 et selon MM. de Verdun, de Borda et Pingré en
1772 ; or, la lon-
gitude du Fort-Royal, fondée sur quarante observations, et celle du Cap-

h 2

II

ocr page 18

18 ANALYSE SUCCINCTE

Î2

François appuyée sur quatorze résultats, admettent précisément la même
différence : cela paroît rendre invariable la position absolue def ces deux
points.

La Vera-Crux se trouve ici par 99"^ 87' , 6 , selon sept observations
anciennes et modernes , tant célestes qu'avec les horloges marines , et
s
'accordant très-peu entr'elles i c'est pourquoi on y a joint sept autres con-
clusions, provenant de moyens géographiques, concourant à placer cette
ville entre les points fixés autour d'elle, d'une manière semblable à celle
que ce lieu tend à occuper sur cinq des meilleures Cartes : cela a donné la
longitude précédente, plus sûrement que par les observations seules, et
peut-être même très-exactement.

Par des moyens qui ne permettent guere le doute, il y a en longitude
entre la
Havane et la Nouvelle-Orléans, 9', 6, ce qui a donné heu de
rapporter les observations de l'une de ces villes à l'autre, et l'on a trouvé
la
Nouvelle-Orléans par 92^ 23', 6 et la Havane , par 84^ 14', o, cha-
cune d'après 11 données.

Aux quarante points annoncés ci-devant, on en a joint d'autres , ap-
puyés sur des combinaisons étendues; de ce nombre sont en Floride, St.-
Augustin , le cap Canaveral, la pointe de Floride, celle de Janche, la
pointe des Asies, celle de Sta.-Lucia, et la pointe de Menesès près de St.-
Marc. Entre St.-Augustm et la Nouvelle
-Orléans, on a aussi déterminé la
pomte de Menesès, la pointe aux Chevreuils , dans la baie de St.-Joseph
où l'on a une observation de latitude, le cap de l'Est formé par la baie de
Ste.-Rose, Pensacola, l'entrée de la Mobile, l'isle Dauphine, et les ruines
du Fort de la Bahse aux bouches du Mississipi. On avoit de plus, pour
se guider dans ce trajet , les observations de M. Baron à l'entrée de la
Mobile et à la Nouvelle-Orléans, Péclipse de Lune observée par Serez
à l'isle Dauphine i lesquelles, avec les distances , se sont corrigées réci-
proquement. On a encore fixé , par des moyens géographiques, divers
points
des isles Lucayes, sur la direction du Cap-François à St.-Augustin,
a aussi
arrêté, de proche en proche , des points sur la côté du Nord
de l'Amérique Méridionale,et cela depuis laBarbade jusqu'à Portobelo ,
et l'on doit prévenir que la longitude de la Barbade a paru devoir être plus
grande
d'environ î ^ minutes de degré que suivant l'observation del'éclipse
totale de la Lune du S Août
1729 , par M- Stevenson. Dans cette longue
traversé© on a.trouYS Tabagotrop voisine de l'isle de la Trinité , suï

ocr page 19

DE CET ATLAS. i3

la très-bonne Carte Espagnole ae i//-», en imit i. u ai^itr. v^i^ y .^uuve
4 lieues i et il doit y avoir, à
très-peu près , 9 lieues: cette distance est
donnée par divers Navigateurs. Sur cette côte se voient Porto-Cabeillo,
l'isle Roca, celle de Curaçao , Ste.-Marthe et Carthagene, où il y a des
observations ; elles ont été naturellement analysées parla discussion des
distances qui séparent ces points. Entre Portobelo et la Vera-Crux, on
3. déterminé le cap Gracias-à-Dios, le CapCatoche, et le Cap Descono-
cida ; enfin , au Nord de la Vera-Crux, on a encore arrêté deux des
principaux points de la côte occidentale du golfe du Mexique. On a re-
gretté de ne pouvoir entrer dans aucun détail sur tous ces divers objets.
On y pourroit voir l'attention qu'on a porté sur chacun d'eux , le choix
des méthodes , selon les circonstances , l'étendue du travail et des re-
cherches, etc. On a mis dans l'angle supérieur à droite de cette Carte,
les isles Bermudes en supplément, et sur une plus grande échelle que
celle du golfe du Mexique. Ces isles viennent de la Carte d'Emmanuel
■Bovven : mais on a été obligé de l'orienter ; le méridien a paru y faire,
avec le véritable, un angle d'environ du Nord vers l'Est. La longitude
de St. , Georges - Town , suivant deux éclipses de Lune , en
1722 et 1726, est de 14' à l'Occident de Paris.

Le Mexique s'appuie sur les points fixés précédemment à la côte de
l'Ouest du golfe du même nom; sur Panama, sur Acapulco, qu'on a fixé
comme il suit : On a pris avec soin , d'après les cinq meilleures Cartes ,
la distance de la Vera-Crux à Mexico i celle de la Vera-Crux à Âca-
polco, et celle d'Acapulco à Mexico. On les a d'abord trouvées respecti-
vement de
193^^,7 : 267"", 5 : 173", 3. Connoissant d'ailleurs les latitu-
des de ces villes, on a cherché les différences en longitude qui les sépa-
roienti il s'est trouvé entre la Vera-Crux et Acapulco, 3''35%
4 i entre

Vera-Crux et Mexico, a'' 69', o ; et il a été facile d'appercevoir que
les distances précédentes étoient trop grandes d'environ un dixieme. Cela
donne la longitude d'Acapulco , de io3 ' i3% o ; et celle de Mexico , de
i02''36'', 6. Pour confirmer cette derniere longitude, ona réuni celles cjui
sont indiquées par d'anciennes observations
d'éclipsés de la Lune, avec
1 observation dePéchpsede Soleil de 17
69,par Don Alzate; avecFobser-
vation d'une éclipse du premier satellite de j upiter, par M. l'Abbé delà
Chappe ; avec l'observation du passage de V^énus, par Don Alzate : et on

Cru devoir encore, pour fixer l'inconstance de ces observations, y join-
dre sept conclusions résultantes de combinaisons géographiques, analo-
gues à celles qui ont été faites sur la Vera-Crux j eî ori a retrouvé la même

ocr page 20

li ANALYSE S U C C Î N n T T?

longitude que ci-dessiis. On n'a pas oublié le point important etbien déter-
mnié de St.-Joseph en Californie,'où M. l'Abbé Chappe a été victinîè de
sonzele pourles sciences. Après ona déterminé, par des moyens géogra-
phiques, le lieu que doit occuper le cap des courans, celui de l'embou-
chure de la riviere Colorado dans la mer Vermeille, lequel a exigé qu'on
déterminât
avant, toujours par des moyens semblables auxprécédens, le
cap
Mendocin ; il s'est trouvé 17'' 14' plus à TOiiest, et 18^ 46', plus
au
Nord que St.-Joseph : ensuite on a arrêté le point del Passo, situé à un
coude bien marqué de la riviere del Norte. On a encore fixé, par des
combinaisons moins étendues et vraisemblablement moins sûres , tous
les points de quelque considération qui sont entrés dans cette Carte.

On doit tout ce qu'on donne ici de PAmériqueMéridionale, àl'excel.
lente Carte
Espagnole deM. la Crux, donton a déjà parlé, à laquelle on
ne s'est permis d'autres changemens que dePassujettir à quelques points
qui
ont paru bien déterminés. Ces points sont Portobelo , Panama i ces
deux villes sont à l'égard l'une de l'autre :

o à ro...........( Ullao. )

o â ro............( Bellin. g. d. Mox. )

Panama, 41', o à TE. de Portob. ( Delîsle, )

.................23', o à l'E............( POPPLE. )

................lé', o à l'E............ ( Speer. )

................i',, o à l'O............( d'Anville. Am. Mericl. )

................4', o à l'O........ .....( Idem. Am. Sept. )

................14', 7 à i'O. ........... ( Jefferys. g. cl. Mex. )

...............3i', o à ro............(La Crux. )

................33',

................36',

iV , b k l'O,

Selon ces auteurs, Panama seroit 13 ' 5, et tout au plus 16', 3 à l'Ouest
de Portobelo. M. la Crux y met un quart de degré de plus 5 mais peut-
être appartient
-il aux Espagnols d'apprendre aux autres nations à quoi
on doit s'en tenir à cet égard.

Sur le Pérou on a suivi, avec l'auteur, les longitudes de Don Antonio
de Uiloa ; quoiqu'elles soient, ainsi que celle de Panama , en général,
un
peu plus grandes que ne les donnent les observations du P. Feuillée et
celles des Académiciens François, lors de la mesure d'un arc du Méridien
au Pérou. Onapiacé la Conception par 76^ 16', o, d'après cinq éclipses

ocr page 21

J) E c E T A T L A s. i5

du premier satellite de Jupiter, observées par le P. Fouillée; et selon une
occultation d'étoile par la Lune, du meme Pere, calculée par M. le Mo-
nter. Le cap des Vierges a été placé, selon MM. Narborought, Bougam-
Cook , etc. et l'on trouve que ce cap doit etre environ plus à
^'Ouest que sur la carte de M. la Crux. Buenos-Ayres est posée sur l^c^
culîaîion d'une étoile par la Lune, observée par le P.
culée par M. de Cliabert. Ily a, selon cette observation, entre la ^o^c^p-
tion eï Buenos-Ayres 14^ 26' en longitude, et M. la Crux consomme la
îTiême quantité sur sa belle Carte. Rio-Janciro est placeesur des obser-
vations d'éclipses des satellites de Jupiter, par M. Godin combinées
avec des distances de la Lune à différentes étoiles, par M^. de la CaiLe
€t d'Après ; la longitude résultante est de 44' 48' . 6. La position de
Cayenne se fonde sur les observations de MM. Richer et ae la Conda-
ïïiine. St.-Joseph , dans l'isle de la Trinité , a été fixée dans ^^ tjajet de
la Barbade à Portobelo. On a aussi comparé d'autres iongitudes
od. r-
vées, à celle de la belle Carte Espagnole : telles sont celles d ' _
Coquimbo , de Valparaiso , etc. et les latitudes de Valdivia, d^e
Juan
Fernandez , du Port S t.-Julien , du cap Blanc, de l'isle Ste.-Catherine ,
delà baie de Tous-les-Saints, d'Olinde, etc.
On a trouve que cette bonne
Carte étoit toujours renfermée entre les écarts des observations. Un a
enfin tracé les limites des possessions
Espagnoles et Portugaises suivant
le traité de 1778. Les difficultésqu'ony a rencontrées , ^^^
Moyennant les secours abcndans qu'à procuré TAuteur de L ^ '
Wphique et Politique des ëtablissemens et du eoromerce des l:Airopeens

^^ans les deux îndes ; c'est même à sa considération qu on a men o^

communiquer la belle Carte Espagnole de M - la ' ^ ^ ® ^
^^^^^^ pas encore ces hmites, et qui n'eît pas même publique. On en
^xtrait la Carte générale N^ 29, et les cartes 'i^'e!

^^ent dû à Phabile Auteur Espagnol. Au surplus , on a partage e me
neuf
provinces ou souvernemens, dont les divisions recentes on ete

^'étendue de ces gouvernemens, ce qui, avec les limites resp^^
^^^ possessions Espagnoles et Portugaises , pourra ^

^oms à corriger les Cartes et les méthodes de geographie, )«squ a ce
que les circonstances
occasionrient de nouveaux changenit^r...

. La Hollandoise , presque entiere , et

viennent, comme on l'annonce dans le titre . d. MM- k^« in&eniuis^

ocr page 22

22 ANALYSE SUCCINCTE

Géographes François. Ce tableau offre la connoissance la plus nouvelle
et la plus parfaite que l'on puisse avoir, quant à présent,
de ce pays. On
doit la communication
des originaux de cette Carte aux égards qu'on a
pour l'Auteur de l
'Histoire Philosophique et Politique.

Les Isles Antilles , en particulier , sont appuyées sur des observa-
tions dont on a déjà fait usage dans la Carte du golfe du Mexique. On
y
ajoutera que M. de Fleurieutrouva en 1769, avec des horloges marines,
le Fort Saint-Pierre de la Martinique 6',
9 de degré plus occidental que le
Fort-Royal ; on a
encore la longitude de la pointe du Prêcheur, la latitude
etla lono-itude de la pointe des Salines,celles
du cap Ferré, et enfin les
latitudes de la pointé deMacouba et dubourg duCul-de-sac-Robert. (V. k
voyage de MM- àc Verdun, Borda et Pingré en 1771 et 1772. )

L'Isk de Saint-Domingue est ^.p^ujéesuxh position du Cap-François ,
dont
on a déjà fait mention; sur la longitude du petit Goave, qui est de
76^9', o , et sur sa latitude de iB"^ 27', o, selon des observations de
mm. Godin , Ulloa et Bouguer ; sur la longitude du Fort Saint-Louis de
76^
38s et sur sa latitude qui est de 18^18', 7, suivant les observations
du P.
Feuillée, comparées à celles qui ont été faites en d'autres lieux. On
a
encore 5 par les horloges marines, les poshionsducap Samana, du vieux
Cap-François, de la Grange, du Mole Saint-N icolas-au-Bourg ; et dansles
débouquemens de cette isle, on a la position de la grande Inagueetdel'isle-
au-Château. (Voyage de MM. de Verdun, Borda et Pingré. ) On a en ou-
tre
la latitude observée de la petite Caïque à la pointe N. E. des isles Tur-
ques à la Caye de sable, et à k grande Saline à la pointe S. En outre M. de
Verdun a eu occasion depuis, d'avoir exactement la latitude de la pointe
N O de la petite Inague
de21^33', 9, et de découvrir que cette isle gît

La Jamaïque est fondée sur la longitude de Port-Pvoyal, qui est de 79^^
2', 5
suivant deux éclipses de Lune et un passage de Mercure sur le
SoieiL 11 n'a P^® ^^^^^ facile de déterminer lalatitude de cette place,

le p-issement detoutePisle Harris fait lalatitude de Port-Royal de

Campbell a observé la longueur du pendule sur la riviere Black à
18^' de latitude^ mais ces observations ne s'accordent pas. Voici sommai-
rement ce qu'on a fait pour lever cette difficulté : On a pris, d'après sept
des meilleures cartes, la distance delapointe Morantàla pointe Negrill
du Sudj et on a trouvé iSi'^o: i3i-,o: iSS'jO: 5 : 154"^, o :

167® ,

ocr page 23

D E C E T A T L A s. 17

157"^, 0 : 16 3 o. La différence en latitude entre ces points , sui vant les
mêmes Cartes , est de 7S 12';
20'j 29'i So'; et 39^ 5, selon ces données,
après quelques préparations, on a trouvé le sinus de l'angle que fait le pa-
rallèle avec la ligne de la pointe Est à la pointe Ouest > de o, î6' 66 , il
répond a La distance entre les deux pointes dont d s'agit est de

6 j non en prenant le milieu arithmétique entre les diverses lon-
gueurs fournies par les Cartes , mais par une méthode qui promet plus
d'exactitude; en conséquence la différence vraie en latitude est de 24S46.
On a cherché, avec tout le soin possible , la somme de îa des latitudes
pointe Morant et de la pointe de Negrill du Sud ; selon quinze indica«
tions de part et d'autre , on a trouvé cette somme de 36'^ 1', 9 ? qni >
avec leur différence, donnent la latitude de la pointe Morant de I7''48S
7 5 et celle de la pointe de Negrill du Sud de 13', 2. Cela fait voir la
latitude de Port-Royal de 17^60^,
2 , plus grande d'environ ic que Harris
ne l'a indiqué : on a cherché avec le même soin la largeur de l'isle, mais
c'est trop s'étendre sur la Jamaïque.

'L'isle de Cuha s'appuie principalement sur la position de la Ha-
vane dont il a été question. On a de plus fixé quatre points de la côîe
septentrionale, entre les lieux observés de l'isle Saint-Domingue et la
Havane, en plaçant ces points semblablement à ce qu'ils devroient être
selon quatre Cartes différentes. On a ensuite cherché la position du cap
Crux, référé à la pointe de Maizi et à la Havane, et rapporté encore à
Port-Royal et à la Havane. On a trouvé,par ce moyen, la longitude du
cap Crux de 80^9', 6. De ce cap à la Trinité,on a en longitude 107^^0:
114^ 4 : I 21^, o : 1, 4 ; et de la Trinité à la Havane , on a 119^, o ;
Ï2 3S 4 = î3o', o et
ï37' , 4 : d'où l'on a tiré 116' , 8 et 127' ,
^irisi la longitude de la Trinité est de 8 6', 4, et sa latitude de 214 SS o 3
par Don Marcos qui observa aussi , en cette ville , Péclipse totale de
Lune du
22 Mai 1714. Ona encore lixé le cap Saint-Antoine , en le
rapportant à la Vera-Crux et à la Havane i Saint-Yago , en le référant à la
pointe de Maizi et au cap Crux ; Bayamo en faisant dépendre son
emplacement du cap Crux et deSainî-Yago, etc. Quant aux points
nu
teneurs de l'isle , où il y a des observations de longitude , tels que sont
Saint-Esprit et le
Porî-au-Prince , on n'a pas dû. s'y assujettir sang-
consulter les distances , tant parce que les observations sont uniques
on chaque lieu , que parce que ces villes sont trop voisines , pour que
i'erreur possible dans l'observation, ne puisse pas faire u^C' partie consi-
«iérable de l'intervalle qui doiî ks sépaier. L'errem" paroîî être ici d'en-

ocr page 24

8 ANALYSE SUCCINCTE

viron un slxieme de la distance , qu'elles font trop foible ; et ces ob-
servations semblent donner la longitude absolue trop forte d'environ
un demi-degré. C'est peut-être là toute îa précision qu'on pouvoit attendre
en 1714, d'une emersion du premier satellite de Jupiter en chaque lieu,
sur-tout Tune d'entr'eiles, n'ayant point eu de correspondante du moins
à Paris. â– 

Pour le détail de cette isle, les noms des dix-huit jurisdictions qu'on y
a établies en
1776 , avec le nombre des cures et la distance en lieues de
chaque jurisdiction à la Havane, etc. ont été communiqués par M. l'Abbé
Raynal, qui ks devoit à Pesîime qu'on a pour lui. Il y en a quelques-
unes qu'on ^n'a pas osé inscrire dans la Carte , parce qu'elles n'étoient
pas nommées sur les plans les plus détaillés de cette isle qu'on a con-i
suites, ou parce qu'un autre ncm les a dérobés aux recherches, ou bien
enc{^-e parce
que les distances indiquées n'étoient pas toutes exactes ^
vraisemblablement par erreur de copie.

La Guadeloupe se fonde sur la ville de îa Basse-Terre , déterminée
en longitude par les horloges marines, et en latitude par MM. Duglos ,
Varin et Deshayes , vérifiée par d'autres observations et par MM. de
Verdun, Borda et Pingré eux-mêmes. Pour le détail , afin de ne rien
omeure d'essentiel,
on a consulté une très-grande Carte de cette isl§
provenant du dépôt des Colonies.

On a fait mention ci-devant des observations sur lesquelles s'appuie
la Martinique. Le lecteur est prié d'y avoir recours,

tes Cotes septentrionales'd'Afrique ont pour base les longitudes
€t latitudes de Cadix, de Gibraltar, d'Alger, de Tunis, par M. le
Baron de Thot ; de Tripoli , de Malthe , d'Alexandrie et du Caire 5
les latitudes de Rozette , de Damiette , cette derniere est plus grande
que selon M. de Chazelles de
2', 6 ^ par M. de Niebuhr ; et s'étendant
au
Nord, celle deMareîim.o , de Palerme , de Siracuse et de Messine ;
les longitudes et latitudes de la Canée et de Candie ; et sur la latitude
de Pvhodes, par M. de Chabert, plus grande de 23 que selon M. de
Chazelles. On remarquera , sur les observations précédentes , que la
longitucie ^'Alger, selon Péchpse de Lune observée par M. Shaw, a
paru trop forte ? ^ référé cette ville aux points déterminés à l'Est
et à l'Ouest d'Alger? et on a mis seulement au nombre des données
la longitude de
M. Shaw ; par là on a trouvé que cette ville étoit à

F®

ocr page 25

D E C E T ATLAS. '

rOrient de Paris de o'^ 51'- La longitude de Tripoli est de 11^ 2' 3.
En comparant aux observations du P. Feuiliée les conclusions que divers
Astronomes, tels que MIVÎ. Lieutaud, Harris , Desplaces, etc. en ont
données , on n
'a pas entièrement suivi la longitude de Palermo , telle
qu'elle se
conclut d'une éclipse du premier satellite de Jupiter , faire
dans le siècle précédent par M. de Chazelles, on en a
usé comme de
la longitude qui précédé de M. Shaw. Quoiqu'on n'ait pas suivi la
longitude d'Alger, de ce savant Anglois, on lui doit le détail d'une
partie de l'intérieur du pays contenu dans cette Carte : on doit le reste
à l'Histoire d'Afrique de Jean de Léon , à Marmol, à Dapper, etc.

________. _____consequence , sur cene du cap

Verd , sur la détermination de la Praya en l'isle de S.t-Yago , de l'isle
de May , Pisle de Fuego , et de celle de Brava. (
Uoja%e de M. de
Fleurieu , et celui de MM. de Verdun et Pingré.
) Entre Cadix et le
cap Verd , on a fixé le cap Cantin, le cap Bajadoret le cap Blanc , par
des moyens géographiques qui ne laissent presque rien à désirer. A l'égard
du détail, il viem des rélations les plus récentes, en préférant, en quelque
sorte, les cartes des Auteurs qui ont été à portée de bien voir le pays ;
tels sont, entr'autres, MM. Adanson , l'Abbé de Manet, les voyages
nouvellement publiés de nos habiles navigateurs , etç.

VÂfrique est d'abord la réduction des cartes de détail dont on
s'est entretenu. Quant à Pintérieur de l'Ethiopie, on s'est appuyé, d'une
part, sur les points déterminés de la côté occidentale d'Afrique , et de
i autre, aux bords du Nil surSennar, Dungoia, Asuan et le Caire ; et
pour avoir la longitude des points intermédiaires, on
a placé sembla-
blement, selon diverses cartes, Tombut, Agadès , Tibedou, Chana ,
Germa, Zawila , Bournou, Temalma, Gaoga ,etc. Puis on s'est appuyé,
au midi, sur divers points de la côte de Guinée, et au septentrion, sur
des points du bord de la Méditerranée, et on y a référélespointsprecé-
dens ,
afin d'en obtenir les latitudes ; par là , ces lieux remarquables ,
Comme autant de signaux plantés dans cette vaste région ont servi
^
en achever la description- L'intérieur de cette partie du monde n'est
guere mieux connu qu'ancieaciçmçjît, NuUç nation moderne riv' ie
fréquente.

Q 2

ocr page 26

ANALYSE SUCCÏNCTÊ

Pour decrire Terre-Neuve , l'îsie - Royale, l'Acadie et le Canada ,
on s'est
appuyé sur le bourg de l'isle S.t-Pierre , située à SS"" 3i', 2 de
loDgkude occidentale de Paris, et par
46^46', 5 de latitude. Cette
longitude se déduit du rapport des horloges marines A et S de M. le
Pvoi, conduites par M. Cassini le jeune; de l'horloge marine de
M. Berthould, n."^ 8 ; et de la montre .S' de M. le Roi , conduites
par MM. de Verdun , Borda et Pingré ; des distances de la Lune
aux étoiles , parles mêmes ; de l'éclipsé du Soleil, aux isles Burgeo,
rapporté à S.t-Pierre, et du témoignage des meilleures cartes assu-
jetties avant aux points fixes les plus proches de S,t-Pierre. De là au
cap de B.aye , shué par 47^, 36', 8 de latitude, on a trouvé 2"^
62', 3
en longitude ; et du même bourg au cap de Raze, situé par la latitude
on a trouvé 2'' 55% 5 ; ce qui donne à îa côte méridionale

37

de l'isle de Terre-Neuve ^y', 8 en longitude. Cette conclusion ne
peut manquer d'être juste ; on y a employé huit des cartes les plus
détaillées et les meilleures , et l'on a apporté dans leurs combinaisons,
tout le soin dont on est capable, d'où l'on infere que la longitude par
une échpse de Soleil aux isles Burgeo, est trop forte d'environ 5'. Après
avoir fixé les points les plus reraarq[uables de la côte du Sud , parmi
lesquels on avoit la latitude exacte du Port des Trépassés, par M. de
Chabert ; on a cherché la longitude des principaux caps des côtes
de FEst et de l'Ouest de cette isle , excepté la latitude de la Ville de
S.t-Jean,qui étoit connue de 47"^ 34', o, et celle du cap Normand quia
été observée de Si'^ 38',
4. Dans cette discussion , le point le plus
important à fixer , étoit le Nord de l'isle Kerpon ; il s'est trouvé placé
par 43'^ 2 de latitude, et à 56^
27', 2 de longitude ; tant parles
différences particulières en longitude des points qu'on a fixés le long
des côtes orientales et occidentales , que par les différences qu'on a
trouvées en
rapportant le Nord de cette isle au cap de Raze eî au cap
de Raye, et en le rapportant encore au bourg S.t-Pierre et au cap de
Raze. Si malgré notre travail et nos recherches, la côte orientale a
encore besoin de vérification , c'est que la plupart des vaisseaux qui
fréquentent ces parages , ont pour objet une pêche abondante , et non
la
perfection des cartes.

Le -cap de Nord de l'Isle-Royale est à 22', 6 de longitude , en
ie référant au cap de Raye et à Louisbourg ; la latitude du cap de Nord
a été observée 5 à terre, par les Anglois ; celle des ruines du Fort
Dauphin l'a été pareillement
par M, Chabert \ et la longitude d^

20

ocr page 27

D E c E T ^ A T L A s. sî

Louisbourg, observée en 17^0, par cet Officier , est de 12^, 2 ^ et
sa latitude de 46^ 53', 7 i de Scatary est déterminée en latitude,
par des observations à terre ; et en longitude, suivant sa distance , à
jLouisbourg,
par le même. L'anse de Fronsac est à 63^ 39/, 3 de longi-
tude ; et par 46^ 37' de latitude, observées aussi par M. de Chabert. A
î'aide de ces points, on en a fixé divers autres au contour et dans l'intérieur
de l'isle, par des moyens géographiques, très-multipliésettrès-étendu«.

h'Acadie s'appuie sur l'anse de Fronsac, sur le port de Canceau et sur
le cap de Sable, situé, suivant les observations et les remarques de M. de
Chabert, par
6f 5o', 9 de longitude i et par 43^ 23', 4 de latitude à la
pointe Sud de l'isle placée au midi du cap de Sable, sur le plan de Chi°
bouctou , levé par le même Officier. Sur cette côte méridionale, on a
placé semblablement à ce que demandoient sept cartes, divers points
parmi lesquels Halifax s'est trouvé à 65^ 5 1' , 8 de longitude j et par 44^
39',
4 de latitude.

Après cela, on a cherché à fixer Port-Royal ou Annapolis, m Je réfé-
rant au cap de Sable et à l'anse de Fronsac 5 au cap de Sable et à Halifax 5
i Halifax et à l'anse de Fronsac , on Pa enfin trouvé à 67^ 39', 2 de
longitude, et par 44^
4 8', I de latitude. On a aussi arrêté le cap S.te-Marie,
situé à la côte Ouest de PAcadie, par des moyens géographiques ; en voici

le procédé pour exemple. Ayanttrouvé la distance de la pointe de Bacareau

( vers le N. O. du cap de Sable ) à Annapolis , de , on a trouve à

proportion, de la pointe de Bacareau au cap S.te-Marie 9 ? cote de
i'AcadieM
,-47% o, de Chabert; 48"^, 2, d'Anville ; 49"' ^ ' Jefferys ; 49"^,
o,AcadieW,5r, 2, Bellin; 67-, 5, Mitchel; 6 4, Popple; 63"", 8,

U Borde M ; o,Montresor i 88®, 3,Southack. Etd'Annapolisaucap

S -te-Marie, on a trouvé , i, Popple ; 3 8"^, 5, Mitchel ; 4 î " '
tie PAcadie 46-, 6, AcadieW ; 47-, 4 , BeUin ; 48% de Cha-
bert; 5o™, 6, d'Anville;
2 , Jefferys; i , Montresor; 63™,
la
Borde M • 5 , Southack. Cherchant la somme de ces distances en
»lettant toujours la plus grande avec la plus petite , et ainsi ^ '

^ent ; puis prenant au milieu , on trouve cette somme de 5 8. Ln-
^uite,pour découvrir chaque distance en particu lier, on a assorti les petites
les petites, les moyennes avec les moyennes , et les grandes aves
grandes, toujours graduellement. Après cela, ayant égale la somme
des
termes de chacun des onze rapports qui en ont ré^wlte a loô'" , 8,

Co] Ces Cartes sent roajiuscrites.

ocr page 28

ANALYSE SUCCINCTE

on a eu de nouveaux termes, sur lesquels opérant comme sur les pré-
cédens, et répétant le même procédé plusieurs fois ; on a découvert pour
rapport final Outre ces distances absolues , on a la latitude du cap
S.te-Marie de44^1o,Jefferys; de
44^i6',o,deChabert; de44
d'Anville;
de^'^ 4^Bellin; de44'^, 2 5',o,Montrésor; de44'^ 26', 8,.
Mitclîel ; de 44'^ 31', o > Popple ; d'où l'on a assez exactement 44^^ 16', 7,
En référant le Fort de Beau-Séjour à Port-Royal, au cap de Sable, à
Panse de Fronsac et à Halifax, on a trouve ce Fort a 66''
20', de lon-
gitude , et par 45"^ 46' de latitude.

Entre Beau-Séjour et Gaspereau, à l'entrée de la riviere du mêraè
nom, dans la baie verte , il y a 14', 5 de longitude ; ainsi Gaspereau
est à
66' 7 de longitude, et par la latitude observée de 40^ 69', o.
Afin qu'on puisse appercevoir le moyen qu'on a employé sur Gaspereau
etdansplusieurs endroits de cette analyse, on vale détailler , en cherchant
la différence en longitude entre l'anse de Fronsac et le cap Louis ; c'est
un de ceux qu'on met en usage, lorsqu'il n'y a qu'une des deux extré-
mités de fixe. On trouve sur six des meilleures cartes, entre ces points y
les différences en longitude suivantes : 12%
7; 26', 5; 26% 7 ; 26', o ;
28', 5 et 3o'
9 ; tandis que les différences en latitude, sont 36',o; 23', 5 ,
2 1^3; 20% o ; 16', o et 11', o. On a multiplié la plus petite différence .
en lono-itude, par la plus grande en latitude , et encore par le cosi'nus
o,
697 de la hauteur polaire moyenne, et ainsi graduellement, et il est
venu six
rectangles, dont chacun, par une espece de milieu, est 346^, i.
En effet,les différences en longitude doivent être, a-peu-pres récipro-
ques aux différences en latitudes , si l'on veut que les six cartes tendent
toutes à donner la même surface dans cet espace. La vraie différence en
latitude, est de 23', o ,la hauteur observée au cap Louis, étant de 46^^
juste, et celle de l'anse de Fronsac de44^ 37' : or =-= 22'
4 ,

c'est la différence cherchée; par conséquent, la'longitude du cap^
Louis est de 64'^ i' 5 7- Entre ce cap et Gaspereau, on a fixé divers
points dont on ne dira rien ^ afin d'abréger,

La pointe Est de l'isle S.t-Jean , est par 64'^ 3% 7 de longitude rap-
porté au cap Louis; la latitude observée de cette pointe, est de 46'^ 3o'.
Le Fort Amherst an Sud de Gharlotte-Town, étant référé à Gaspereau et
au cap S.î-Louis ? est à 65^
20', 3 de longitude et par la hauteur observée
de 46^ 12', I ^ selon M. Holland, qui a levé le plan de l'isle. La pointe
Nord de cette isle fSî ^ ^ S' i de longitude , et par 47^ , 7 , de

ocr page 29

D E c E T A T L A s. 23

ïiauteurj conformément au plan de M. Holland, référant à'cette pointe
celle de vScomina, on la trouve à
67 4^0 de longitude, et par 47^ 10', 3
de latitude. Rapportant la partie Ouest de l'isle Amherst, une des isles
de laMadeleine- i.°aiicap de Rayeet àla pointe de Scomina;
2.° au cap
de Nord de l'isle S.t-jean , et au cap de Raye ; au cap de Nord
de l'isle Royale éî à la pointe de Scomina ; 4° au cap de Nord de
l'isle S.t-Jean et au cap de Nord de l'isle Royale ; au cap de l'E^st
de l'isle S7t-Jean , et au cap de Nord de la même isle : on trouve,
par une espece de milieu entre les cinq longitudes qu'on en a tirées,
celle de FOuest de l'isle Amherst de éS"® 56',
9. Ensuite on a fixé Fisle
ALnticosîi , en la référant au cap de Raye , à k pointe de Scomina et
à l'Ouest de l'isle Amherst , on trouve pour la pointe S. E. 63'' 56', 5
de longitude, et de latitude i^S et pour la pointe Ouest,
26', 2 , et 4f 62', 2.

Avant de figurer le fleuve S.t-Laurent, il a été avantageux de fixer ,
le long de son long cours, la position de quelques points remarquables,
comme Quebec. Pour cela on a jugé d'abord convenable de poser Boston.
Afin d'y réussir , on a consulté les Transactions Philosophiques, les Tran-
sactions Américaines ; on a calculé la longitude de Cambridge, d'après
le passage de Mercure de 1743, et on a fait usage de celle que donne le
passage de Vénus observé à Cambridge en
1769 : comme cette ville
est plus Ouest que Boston de
17 à 18'' de tems , et plus au Nord de
I' 4 de degré , on a rassemblé sept déterminations de la longitude de
cette capitale delà Nouvelle-Angleterre, et quatre autres dépendantes de
combinaisons géopraphiques, référées aux points fixés à l'Est et à l'Ouest
de cette ville. Afin qu'on puisse voir de quelle maniéré on a exécuté ces
opérations ^ on va expliquer une des quatre combinaisons dont il s'agit,
^n suppose New-York à
76 "" 19', 7, etla pointe Sud de l'isle du cap de
Sable > à 67'' 58' , 9 j ainsi k différence en longitude enire ces points est
de 5oo', 8. Il y a , i
proportion , du cap de Sable à Boston , d'après sept
Cartes différentes , 275',
9, Mitchel ; 286', o , d'Anville ; 296', o ,
Popple; 3î7'i 5 , Southack;
819', i , Green; 022', 7, Nouvelle-Ecosse
de Jefferys, combinée avec la Carte de New-England;
322', 8, Bellin ;

de Boston à New-York il y a 178', i , New-England i i/^S 2,
^f^ljn; rgi' . Green; i83, 3, Souîhack ; 204', 8 Popple; 214', 8,
d'Anviile ; 224',
9 , Mitchel, Mettant les petites différenc«?« ensemble ,
^ssortissant de même les moyennes les unes avec les
autres, etlesgr^^ndes
^^veçles grandes, on aura sept rapports, dont égalantdes termt-s

ocr page 30

30 ANALYSE SUCCINCTE

24

quatre fois, on aura finalement Le Sud de l'isle du cap de Sable
est par
 9 , y ajoutant S'' 6' , 2 , qu'on vient de trouver, on aura

la longitude de Boston de 78'' 6', ï. Des onze données dont on vient
de s'entretenir, on a conclu
y3"' 0', 4, pour la longitude de Boston ; sa
latitude est de 42'' 22', 3 , suivant le plan du Havre de Boston de M.,
Desbarres , laquelle est constatée par les observations-de M. de Chabert
en
1779, faites à terre. En rapportant Quebec à Boston et à la pointe
Scomina ; à Boston et à New-York i à New^ York et à Scomina ; à Phi-
ladelphie et à ia pointe de Scomina ; à Philadelphie et à Ne'-Jz-York , à
Philadelphie et au cap de Sable ; à New-York et encore au^cap de Sable;
on trouve Quebec par 73^ 29',
9 ; sa latitude a été trouvée par M,
Deshayes de 46'^ 56', o- C'est en longitude i'^ i/ , de plus qu'elle n'est
mdiquée dans la connoissance des tems. Il seroit difficile, sans doute,
d'opposer à cette longitude quelques observations bien faites, qui pussent
l'atténuer
sensiblement. Depuis Quebec jusqu'à l'isle Anticosti, on a dé-
terminé sur les bords du fleuve huit points différens. On aprocédé de même
pour la côte des Eskimaux^, depuis l'isle Anticosti jusqu'au Nord de l'isle
Kerpon , et même au-delà.

On a ensuite arrêté sur la côte delà Nouvelle-Angleterre, cinq points
différens entre Beau-Séjour et Boston, sur quoi on avoir, pour soutenir
cette côte à une hauteur convenable, la latitude du Fort Pentagouet de
44^^
22', 3 et celle de Piscatawai de 40^ 7', o , observées par M. Richer,
Astronome exact et célébré , pour avoir fait, à Cayenne la premiere
expérience sur le raccourcissement du pendule , en allant du Pole à
i'Équateur. Cette côte , en général , est trop au Nord 3 sur presque
toutes les Cartes , de 21 à 22 minutes.

Au-dessous de Boston on a fixé îa pointe méridionale de îa volute que
forme le cap Code : la Providence, dont la latitude observée estde 45o's
j , et dont on a trouvé la longitude de 78^ 28s y : l'isle de Nantuket :
iâ pointe de Montock à l'Est de Long-ïsland. Voici comme on a fixé cette
dernière pointe. Sachant que la distance de New-York à la Providence
est de 144"^ y 4 5 eelle de la Providence à la pointe de Montock est, à
proportion, selon sept desmilleures Cartes, de 6
g'", o^ la distance de
New-York, à la même pointe, estde io3"',o. D'ailleurs, d'après douze
indications différence en latitude entre chaque point 3 on a trouvé

de chacun à 600', 8, il viendra , en assortissant ,

î^iij - iiz^ . iiz_ii R,épétant les mêmes opérations trois ou

300 . 7

Ï90 » 5

1S3, î

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} 0S ' °
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205 ■ 6'

ocr page 31

DE CET ATLAS.

que cette pointe étoit plus Nord que NeAK'^York de 8, et plus Sud
que la Providence de 64', i i d'où il suit que h pointe de Montok est
à 74^^ 4', o de longitude, et par 40'^ 5 6',
6 de latitude. Supposons pour-
tantqueNew-York soit à
y 19', 7 de longitude; et par 40^^41', 8 de
latitudeau Fort ; mais cela résulte des observations qu
'on y a kites en
1769, combinées avec celles qu'y avoit faites M. Burnet auparavant.
Cette longitude s'accorde avec celle que font trouver les combinai-
sons géographiques les plus étendues, à i'
3 de moins près.

L'angle de position entre New-York et Albany est, suivant neuf
indications, de 12' du Nord à l'Est; la latitude de cette dernière
place est de 443', 6; sa longitude est, parconséquent, de
69', j.

Retournant àQuebec, afin de finir sur léCanada.D'après six Cartes des
plus estimées, on a trouvé Mont-,Réalà 76^30',
7 de longitude, et par
45^^,4/, I de latitude.Frontenac à78^f6', 4 de longifude,etpar44d29',6
de latitude. Oswego à 3o', i de longit. et par 43^^ 26^,
9 de latitude.
Oswego a de plus été référé à Albany. On avoit,pour s'aider dans cette
occasion,diverses indications de lahauteurpolaire de ces derniers lieux,
données par les missionnaire! Jésuites, etpar des ingénieurs François.

En partant d'Oswego, on a trouvé par des combinaisons unpeu moins
^tendues, le Fort de Niagara à 80'^ 44^ i de longitude, et par 43^
27',5
de latitude; le Lac Michigan, à la pointe la plus Sud, par 89'^ ce, 1 de
longitude, et à 42'^ 19', o de hauteur; le Lac Supérieur dans la partie la
plusàPEst, par
87*^42', î de longitude, et à 48'^^ 9', o de latitude ; le
Lac Supérieur, dansla partie la plus à l'Ouest, par 94«^^ lo'',
7 de longi-
tude, et à 44', o de latitude; le Saut St. Antoine à
20', 2 de
longitude, et par 44^^
2 3', 4 de latitude. On a aussi trouvé l'emplacement
du Fort du Quesne à 82^
22', 4 de longitude, et par 40^ 69', 4 , mais
en le référant avec soin à Philadelphie et à Winchester , dont les
positions sont bien déterminée? , comme on le verra dans peu.

LaLouvsiane et la Floride sont fondées sur des observations dont
pn a fait mention en analysant le golfe du Mexiq ue.On s
'est aussi appuyé
sur les lieux fixés dans les contrées environnantes, afin de donner , aux
paysqu'on vouloitdécrire,une étendue convenable.Du côté de POuest 5
h Nouvelle-Orléans et le Saut de St, Antoine, ont fait voir, en général,

d

ocr page 32

ANALYSE S U C C Î N T E •

le gissement du Mississipi; plusieursobservations de latitude onf arrêtés,
à
très-peuprès,la hauteur de divers points de son cours; tel est le con-
fluent de la R-ivièreRouge, observé par M.IeSueur, celui de plusieurs-
autres rivières qui viennent payer au Mississipi le tribut de leurs eaux,
le confluent de rOhio , etc. On a de plus, au haut de cette rivière, le
fort du Quesne, dont la position sera discutée.On s'est appuyé en outre,,
sur le sud du lac Michigan et sur le fort du Détroit, points dont il a déjà
été
question. Dans la partie de l'Est, on s'est fondé sur Winchester et
sur Tugelo : on dira mcessammenî un mot sur les moyens qu'on a em-*-
ployés pour les fixer. Du reste, la partie inférieure et celle de l'ouest de
cette Carte , sont, en grande partie , l'ouvrage des ingénieurs Fran-
çois 5 à l'occasion des révolutions survenues dans ces contrées, lorsque
la France en étoiten possession. Les autres parties- de cette Carte sont"
dues aux Voyageurs, aux Missionnaires, sur-tout au P. Maire, Jésuite,-
et à quelques Cartes gravées et manuscrites Françoises et Angloises.^

Les Etats-Unis de l'Amérique Septentrionale ontpourbase le?-
positions, de Boston , d'Albany, de New-York , dont on a parlé : ces'^
Provinces s'établissent sur la position de Philadelphie, appuyée sur le-
passage de Vénus de
1769, et surnombre d'observations des satellites de^
Jupiter, fane§ dans cette capitale de Pensylvanie , ou dans des-heùx^
voisins : la longitude qui en résulte est de 77'^ 35',
4, et sa latitude. Men?
observée, est cle39'^ 5 6',9. Ensuite on a fixé divers points contigus à la
baie deCheseapeake, telssont entr'autres Baltimore, Annapolis, Alexan-
drie, Marleborough etWiliiamsbourg.. De là, s'éloignant davantage dif
rivage, on place Winchester', en référant cette ville à Philadelphie, h
Baltimore, à Annapolis, àAiexandri© et à Marleborough : on a trouvé'
que WinGhester devoit être â
2' de longitude , et par 27', 9-*
de latitude. En outre, on a fixé , depuis labaie de Cheseapeake, divers^
points,dont quelques-uns sont, le cap
Hatteras , k cap Fear, le cap'
Carteret, Beaufort et Savanaah ; puis allant dass les terres, on s'est
attaché
a bien poser la ville de Tugelo,en la rapportant au cap Fear,an
cap
Carteret, à Beaufort et à Savannah: Tugelo s'est trouvé , par ces-
moyens réunis, à 28', 7 de longitude, et à i3% 6 de latitude,-

L'Amérique Septentrionale est la réduction de& morceaux qm
en offrent le détail; à l'égard des régions qu'ils.ne présentent pas, 0»
a profité de ce qu'il y a de plus nouveau et de mieux avéré. On a.
posé le Port de San-Blas, environ par de latitude ^ selon: fe

if

ocr page 33

27

On a fa it
de la Carte

publiée en Russie il y a quelques années ; pour la baie d'Hudson et
de BafFm , des Cartes qu'ont valu les dernières tentatives des Anglois
pour découvrir un passage au N. O.jpour le Groenland , de kCarte
de M. Anderson, sur les observations de la Mission Danoise; pour la
partie du Sud-Ouest de Tlslande , de la Carte de MM. de Verdun ,
de Borda et Pingré , etc.

Ona cru devoir joindre ici une Carte de supplément contenant les îles
Vierges, et les pians par lie uliers de plusieurs des îles Antilies , dont le
détail n'a pas paru suffisant dans la Carte générale de ces îles. Cessup-
plémenssont extraitsdes Cartes particulières de xM. Jefferys , Géographe
Anglois : on n'y a fait qu'un seul changement, on a remonté l'île île
St.
Eustache, par rapport à celle de St. Christophe , de 4', parce qne la
tille St. Eustache, y étoit à 26' de latitude , tandis qu'elle est
léellenient par 17'^ 29% suivant les observations de MM. de Verdun ,
de^Eordaet Pingré. Ces
supplémens diffèrent, à quelques égards , des
mêmes objets qui sont sur la Carte générale , dans laquelle on s'est ap-
puyé, en grande partie, sur les observations nombreuses et sur la Carte
de MM. de Verdun , de Borda et Pingré. L'iie de Ste..^ Lucie ^ qui
diffère le plus en excès de celle de M. Jefferys, y est réduite de
cede
de M. Beliin de 1763, ou l'Auteur aura pu prendre pour échelle, le
mille
Statué d'Angleterre, au lieu du mille d'usage ; ou bien M. Jefferys
aura employé le mille d'usage, au lieu du mule statué.-

Les premières Cartes de ceï Atlas sont deux Mappemondes ; si l'on
n'en parle que vers la fin de cet analyse, c'est qu'elles ont été construites
les dernières comme cela devoit être. La première est sur la projection
stéréo'graphique ôruinaire,à laquelle on est habitué. Elle représente le
globe d'une manière plus naturelle qu'aucune autre projection. Les nië--
ridiens y coupent les parallèles à angles droits ^ et les degrés de ceux-ci
y diminuent, de l'Equateur aux poles, comme sur la sphère. Quoique-
le cadre de cette Mappemonde soit plus grand que dans les autres
Cartes de cette collection, les deux hémisphères ensemble ne contien-
nent pas plus de surface que les autres Cartes de ce recueil, parce
^lue la rondeur retranche aux angles du cadre eî au milieti de sa lon-
gueur , sixêspaces mixtilignes extérieurs à la MappeniondeoCetteCarte-'
^ffre une idée générale de tout le globe , les noms et les capitales des-
P^^^mcipaux Etats et des plus grands fleuve«. Ce premier coup-d'ceii

DE CET ATLAS.

dernier voyage des Espagnols dans ces parages peu connus,
usage pour l'ârchipel du Nord , situé à TEst de l'Asie , de

ocr page 34

28 A?4ALySE SUCCINTE, etc,

paru suifisant, etpeut être même plus convenable que s'il offroit un plut
ample détait On a puisé, dans lesnieilieyressouroes, les objers que
nG$.
Cartes plus particulières pe contiennent pas; tels sont laNouvelle-HoL
lande et la Nouvelle-Zélande , les îles Carolines , l'Ile de Tayti, etc.

L'autre planisphère est tracé si;r la projection de Mercator, usitée
dans la marine. C'est l'inverse de la première projection. i| peut être
avanîagçux de présenter ainsi le même objet sous différens points de
vue. Dans
celledà, le globe est présenté en deux hémisphères; dan$
celle-ci,
sa surface est développée sur le rnéme plan ; là , le Nord-Est
de l'Asie, Tlsiande, sont sur deux hémisphères différens , et il est emr
harassant de les rapprocher, même par la pensée. Ici ces objets sont
contigus, ils sont ensemble; çela vient de ce qu'on a pris , à l'Est et

l'Ouest, pour les bords du plan de cette Carte, le méridien qui coupe
le moins d'objets possible; il en aurqit été autrement, et il eût été
facile ici, en
pliant la Carte en cyhndre, de rapprocher les parties les
plus orientales des plus occidentales. Sur la première , il e^t difficile
de mesurer les distances; sur la seconde, les degrés du méridien, in- ^

terceptés entre les heux do».t on désire la distance , en sont l'échelle (

naturelle. On a réuni, par extrait, dans cette dernière Mappemonde ,
les vents généraux et les moussons , ces objets se trouvent par parties
dans les autres Cartes de cet Atlas, mais ils n'y font pas uft tout. On
les a désignés par des hachures, tracés sur la mer avec des fleçHes qui
en montrent la direction. La connoissance de ce phénomène n'est
pas encore assez répandue en France. Les détails qu'en renferme
l'Histoire
Philosophique et Politique, avec ce qu'on en présente dans
ce recueil, concourront à la rendre plus familière.

Voilà l'analyse abrégée qu'on s'étoit proposé de faire de cet Atlas 5
elle amêmeentraipé plus loin qu'on ne s'étoit promis d'aller, quoiqu'ori
^ir supprimé
autant d'objetç qu'il a été possible , et d'autres qu'on n'a
laissé qu'entrevoir,
sur-tout, quand Us ne tendoient pas à fixer de grands
espaces dans chaque région qu'on devoit décrire. L'ouvrage d'ailleurs
étoit assez considérable, et les connoissances de détail répandues pré-
sentement
sur le globe, jointes à la multitude d'observations qu'on y
a
faites, nepermettoientguere rendre cet écrit plus court; ou bien
il
auroit fallu jpuir d'un loisir plus long que celui dont on a pu dispo-
ser.
En conséquence,il a fallu concentrer son énergie,et faire des efforts»
^fin que cet Àtlas puisse répondre à l'ouvrage pour lequel il a été
expressément dressé. Si nous y avons réusi, nos désirs sont saîi#its,
' pin de l'Analyse de ÏA^la^,