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JACQUES LE ROY
BARON DE BROECHEM ET DU SAINT-EMPIRE
HISTORIËN BRABANQON
ET
SA FAMILLE
PAR
JEAN-THÉODORE DE RAADT
Secrétaire de la Sociêté d\'archéologie de Bruxelles
-««-»-«*-
NIMEGUE
H. C. A. THIEME
1891
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JACQUES LE EOY
BARON DE BROECHEM ET DU SAINT-EMPIRE
HISTORIËN BRABANQON
ET
SA FAMILLE
PAR
JEAN-THÉODORE DE RAADT |S(4E&)"
Secrétaire de la Société d\'archéologie de Bruxéttes
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NIMEGUE
H. C. A. JHIMI ^^ /UJ>p
1891
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JACQUES LE ROY,
B*RO.V DE BROECHRM ET DU SAINT-E.MPIRE,
HISTORIËN BRABAN9ON,
ET SA FAMILLE \')•
PRE FACE.
Parmi les historiens braban9ons des XVIIe et XVIIIe siècles, c\'est
sans conteste Jaeques Ie Roy qui occupe Ie premier rang. A une
fécondité extraordinaire que peu d\'historiens ont atteinte, avant et
après lui, Ie Roy joint une exactitude et une rainutie poussées a 1\'extrêuie.
Si Pon peut dire de lui, comme de son prédécessenr, Ie prélat Butkens,
dont il cite souvent les Trophées temt sacrés que profanes du duché
de Brabant,
qu\'il a annoté avec un zèle admirable tout ce qu\'il a
trouvé d\'intéressant dans Ie passé du Brabant, on doit, de plus, recon-
naitre qu\'il a procédé avec infiniment plus de critique sérieuse que
Butkens. En effet, alors que lesavant prieur de 1\'abbaye Saint-Sauveur
a consigne dans ses travaux une foule de données dont. il aurait été
einbarrassé de fonrnir les preuves, Ie baron Ie Roy s\'est borné a ne
relater que les choses d\'une exactitude rigoureuse a).
\') Souroes principales:
les actes scabinaux d\'Anvers, aux Archives de cette ville (A.);
les actes de la Ghambre des comptes de Brabant (C.);
les actes des Cours féodales de Brabant (13.) et de Malines (11).
Ces trois derniers fonds sont conservés aux Archives génerales du royaume, ii
Bruxelle8.
En renvoyant a ces sources, nous les indiquerons par les lettres placées oi-dessus
entre parentheses.
Nous avons, en outre, consulté les anciens registres d\'église d\'Anvers, de Bruxelles,
de Broechem, etc. Pour ce qui est des autres sources, nous aurons soir. de les indi-
quer dans Ie cours de ce travail.
a) 11 est bien entendu qu\'en nous exprimant de la sorte, nous n\'avons en vue
1
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\')
Si d\'aucuns lui font na grief de manquer de détails sur bien des
sujets traites par lui, nous devons, au contraire, a notre sens, lui
savoir gré d\'airoir laissé subsister certaines lacunes, pJutófc que d\'avoir
rapporté des faits d\'uue authenticité douteuse.
Au surplus, soyons heureux qu\'il nous reste encore a glaner dans
1\'histoire du passé !
Aux recherches assidues de Jacques Ie Roy, nous sommes redevables
de la connaissance d\'un grand nombre de documents, qui sommeilleut
oublies dans la poussières des archives, ou qui ont entièrement péri.
CJrace a ses investigations infatigables, nous possédons une série
d\'excellentes vues de chateaux, de monastères, d\'églises et d\'autres
édifices remarquables du Hrabant, dont plus d\'un utout-a-fait disparu
depuis ou pris un tout autre aspect, par suite de reconstructions par-
tielles ou de restaurations inhabiles. Sans lui, nous-serions dans l\'igno-
rance d\'une foule de monuments, pierres funéraires et d\'inscriptions,
détruits depuis par les révolutionnaires et les intempéries.
Les ouvrages de Jacques Ie Roy constituent donc une source
d\'histoire de tout premier ordre. Pa3 un écrivain, qui s\'occupe de
1\'histoire du Brabant, ne saurait s\'empêcher de les consulter. On y
trouve toujours un guide certain d\'un concours inappréciable.
*
Avant de nous occuper de la vie de notre auteur, nous allons
étudier celle de ses ancêtres. Car, bien que nous n\'ayons ni 1\'intention,
ni Ie pouvoir de reconstituer 1\'histoire complete de la familie Ie Roy,
celle des plus proches parents de 1\'historien occupera une large place
dans la présente notice.
Peut-être plus d\'un nous fera-t-il un grief de surabonder en dé-
tails et nous reprochera-t-on que, parmi ces détails, certains ne pré-
sentent pas de grand intérêt historique. Nous ferions remarquer a
nos critiques que, lorsqu\'il s\'agit de personnes célèbres, — et, en efï\'et,
on rencontrera dans cette notice biographique non seulement un his-
que les grands travaux de Jacques Ie Roj sur Ie Brabant; nous faisons abstraction
de ses ouvrages secondaires: Praedictio A. Bourignon, etc, Achates Tiberianus,
etc, et Chronicon Balduini Avennemis.
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ó
torien des plus marquants du pays, doublé d\'un bomme d\'état, mais
aussi plusieurs hommes polifciques des derniers siècles, — rien ne doit
être indifférent qui puisse jeter quelque jour sur leur yie, leur familie
et leur époque. D\'ailleurs, ce qui parait sans intérêt aux uns, peut
intéresser vivement les autres, et nous avons donc cru faire ceuvre utile
en faisant connaïtre certains détails susceptibles de contribuer a uue
intelligence plus approfondie des coutumes de nos ancêtres et de
1\'histoire des families.
CHAPITRE I.
Ü\'après la tradition, les Ie lloy seraient d\'origiue francaise. A en
croire les lettres «patentes de noblesse du XVIIe siècle, la familie
aurait été noble alors depuis plus de trois siècles (ultra tertium sae-
culum),
11 n\'eutre pas dans Ie cadre de cette étude d\'examiner Ie
bien-fondé de cette assertion. D\'ailleurs, Ie voulussions-nous, les élé-
nients d\'appréciation nous feraient défaut.
Chose curieuse a constater! L\'historien brabancon observe un mu-
tisme complet sur 1\'origine de sa race, et, des documents communiqués
par lui, pas un ne remonte au-dela de son grand-père. Ce faitprou-
verait-il que 1\'auteur se défiait des traditions nourries dans sa familie ?
Quoiqu\'il en soit, la lecture de ce qui va suivre expliquera en grande
partie les réticences de Jacques Ie lloy a 1\'endroit de ses aïeux.
*
Le premier ancêtre dont 1\'existence soit prouvée d\'uue fa9on cer-
taine, c\'est Jacques le Koy que nous nommerons Jacques lor, bis-aïeul
de notre historiën.
Un petit crayon généalogique des plus incomplets, conservé a la
Bibliothèque royale, a Bruxelles, fait mention de lui et de sa seconde
femme \') et lui attribue pour parents Laurent le Koy, mort en 1550,
\'j Kilo est appolóe incorreolcmont Anne van Uommersbach. Si on a donné k
•ce ïiom la particule, c\'est qu\'il s\'agissait de rattacher la femme do Jacques le Roy
a une familie du nom do von Uommersbach, d\'Allemagno. En eft\'et, dans sadécla-
ration de noblesse, P. A. de Launay dit, a propos de cette allianoe, qae la noblesse
des v. G. conslc par l\'arntorial (le Paul Furst
(sic! I!).
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et Jossine Brau. Celle-ci aurait porté : de gneules a la roue d\'or \').
Une doclaration des rois d\'aruies, Pierre Albert de Launay, cheva-
lier, seigneur d\'Oisel, Fontaine
2), etc., et Kobert d\'Andelot, du 4 avril
1G71, constate que Jacques Ier ]e Roy était fils deLaurent; celui-ci,
après avoir servi, pendant plusieurs années, Ie comte d\'Egmont dans
la guerre, aurait été nommé capitaine et amman de la ville et da
chateau de Sotteghem, et se serait allié a noble damoiselle Jossine de
Brau. Le document nous dit que Laurent raourut dans cette localité
a 1\'age de 83 ans et qu\'il résulterait de son épitaphe qu\'il y avait
renipli les fonctions de capitaine et d\'amman. Nous apprenons, en-
suite, que ce Lanrent aurait été fils d\'Antoine, lequel, venant de France,
se serait établi, vers 1412, a Valenciennes, oü il aurait épousé noble
damoiselle
Marguerite (ou Nicole) de la Rivière. Antoine précité est
dit avoir eu pour père Pierre le Roy, fils de Guillautne, issu d\'une
fort noble familie en France.
Corume preuve qu\'Antoine aurait été fils de Pierre, les rois d\'ar-
mes invoquent, de Jacques Ier leRoy — qu\'ils nomment Jacques le Roy
de la Rivierre
— une lettre, du 17 juin 1601, et une sentence pro-
noncée, a Malaga, le 2 décembre 1622, par les docteurs Durango de
Salazar, Gonzalo et Fernandes de Toro.
Une des principales preuves pour la filiation de Jacques est con-
stituée pour les rois d\'armes par une lettre de Philippe le Roy, frère
dudit personnage, a son neveu Jacques (II).
Cette lettre, datée, de Sotteghem, le 11 février 1607, étant un
document interessant, nous croyons devoir en reproduire la partie
essentielle. La voici s):
Soetegem don ld februaryo anno 1607.
Sr. mon Couzijn.
Naer alle behoorelicke groetenesse hebbende U\' Li» leste eohriven van 4 dezer
met liefde onH\'aen den 9 (loser___ende mijn huijsvrouwe wert ooc also machteloos
\') Cetie filiation est égalcment relatée dans un fragment généalogique que Mr.
lo colonel de Patoul, a Bruxelles, a eu 1\'obligeanco de nous communiquer.
3) Seigneuries situées dans la lune.
*) Cette pièce est en possession de M. Bouillart. rue d\'Havré, a Mons, qui con-
serre un grand nombre de doouments de la familie le Roy. lis conoernent pour la
plupart Philippe, père de 1\'historien. Ce sont notaniment des lettrespatentes, pièce»
rclatives aux différentes missions dont ce personnage a été chargé, correspon-
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«nde swaormoedich, dat mij ooc also zeere quelr, maer van alles loof godt deheere.
ben verhopende de gratie ende ghesonthuijt, aemen.
Also U. [/•\'• ghesohreven hebe ende nooh ghenoech naer vernomen hebe van het
«verleijdon van onsen vaeder saeliger memorien es int jaer van 1559, ende doen
was aut inde 75 jaer \'), zijn vaeder ons groot vaeder was Antonij Ie Roy, als ick
onthanden hebe van ons moeyer saeliger ghehoort hebe, ende ons groot moeder
was Colete de La Reviere, die naer doverleiiden van Antonij Ie Roy hertraude met
«en Eddel man, maer den naeme hebe nojjt gheweten, dan verstaen dat hij den
Keijser Carolus ghedient hadde me 3 ofte 4 perden ; ons vaeder Leurens Ie Roy
heeft den graeve van Egemont ghedient in de 40 Jaercn tot zijn overleijden, ende
was met den graeve inde voyatge in Ingelant als zijn guaerdo van alle juweelen
ofte majjordorao, als thuweliok «heconfirinert was van den Coninck Philips inet de
Coningine Marije. Aen gaende vande waepen die lok Ur L"1» sondt, es wel waer
naer dat Icse langhe te voeren bestedt ende de memorie daervan naer Gendt ghe-
sonden hade ome al hier op de guldo Coonic een glaes veijnster te stellen naer
dadvis ende last van mon frere, Lk L. vaeder saeliger, wert die memorie verdonckert
ofte verloren inden Schielders huijs ofte winckel ende dat was naer mijn onthaul
•een clau ofte poot van eenen leewe ende eenen clauwe van een griffoen die heben
«enen Keije in haerlier beijder clauwen, ende die doen daer wijt springen vlamen
met vier ende boven helm clau van den griffoen ooe eenen Keij daer wijt sprin-
gende vlamen mot vier ende zjjn devijse was Godt kendt de beste Le Roy. So naer
seckeren teijt hebende verschriven van U begerte ende souckende alle het bescheet
•dat ie konsto ontdecken, hebe aen Cromphout last gegeven tot Gendt aen den
schilder de vornoemde waepen to setten int net ende daer af mij bringen een
schielt, alle dwelck ghedaen heeft ende mij brocht den Schilt alleen met de ghe-
cruijste clauwen int blau veelt, oft verguit velt, es mij vergeten, segende de reden
•dat den Keij noch de vlamen viers maer en was een bijvueginge van mon frere
saeliger wijt causa van zijn administratie vanden poieren ende niet van onse auders
dances, registres censaux de Droechem, etc. C\'est par notre honorable ami M. Léon
de Cannart d\'llamale, capitaine a Mons, que nous avons été averti de 1\'existence
de ce fonds d\'arohives, et c\'est graoo a son intercession que leur propriétaire nous
les a communiquées, avec la plus grande obligeance. De son cö té, Mr. de Cannart
dont la familie est alliée aux le Roy, a mis & notre disposition ges propre» docu-
ments. Qu\'ils regoivent toua les deux 1\'expression de notre vive reconnaissance pour
la faeon tout aimable dont ils nous ont fourni des éléments pour notre travail.
M. Bouillart a recu les doouments dont nous venons de parier a la mort de sa
parente, M»« Léopoldine de Saint-Vaast (fille d\'Alard et d\'Hcnrietto Gaillard de
Fassignies), petitc-fille de Tbérèse Joséphine, la dernière des de Cannart d\'llamale,
seigneurs de Massenhoven. La grand\'mère de celle-ci était Marie lsabelle le Roy,
fille de 1\'historien.
\') Laurent le Roy, a en croire de Launay, serait mort a 1\'age de 83 ans (voyez
plus haut).
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ghesproten, als men noch breeder sal moegen bevinden tot Vaelensen daer mijn
vaeder gheboren was, ende U\' L<1" daer nar breeder mach doen vernemen, lek
saude noch wel van zijno zjjn waert mij moegelijck daer om tot Vallensien te reijsen
mot eenigho voerwaogens, ende ondersoucken daer alle aude bescheet van ons
Huders, maer saude moeten verbeijden het soet weere, april ofte maijo. tegen dan
moecht mij U begerte laeten weten ende item waer inne ick can ofte mach, moeeht
mij schriven ende ghebien salt doen al naer mijn vermoegen. Mij hertolicke reco-
mandatie aen ma couzjjne Anna Ie Koy ende Laurens, biddende Godt de heere U.
Ld alle tsaemen wille verleenen reusto, vorspoet ende gratie in alle vwe affejjren,
ter saelicheijt ende ooo verdeuldicheijt in alle tribulatie dat U saude ower comen
ter saelicliejjt.
Ur L\'le goet willioh hoorn al wat ick vermach.
PHEMPE LE ROY.
Adresse: Aenden Eersaemen ende vorsinighen Sr Jacquez Ie Roy, tot Antwerpen \').
Jacques II Ie Roy, fïls de Jean Ier, a laissé un méiuoire, dontnous
extrayons ce qui suit:
»Et affin que mos enfans scachent quelque chose de leur origine, je mettray
icy par memoiro ce que j\'en ay par tradition assez obsour a cause que je n\'ay
guerres demeuré en la maison de mon Pere. A scavoir que notre nom et familie
vient de Krance et eust son commeneemont en ces pays-bas au siècle qu\'on comptoit
1300\'), mais si o\'estoit au commencement ou quolques années après, je n\'en ay
pu rien apprendre: non plus du nom de notie premier Pere, que par ouy dire
d\'aulcuns, qui veuillent se resouvenir de 1\'avoir ouy nommer Robert ou Roger.
Quoiqu\'en soit, au rapport des armoiries, il estoit gentilhomme de bonno maison,
car il y a encores des families en Krance de mesme nom et armes qui ont porté Ie
titre de comte et commandeur d\'ordre. Et combien que la premiere demeure de
mes Prédécesseurs seroit esté a Tournay, neantmoins je n\'ay pu trouver aultre
particularité sinon que mon Ayeul Antoine Ie Koy s\'estoit retiré a Valenciennes,
et qu il avoit a femme Damoiselle Philippotte ou Marguerite de Rivieres : laquelle
demeura vefve en 1\'an 1487 avec quatre enfans masles. Mais ladite leur mere se
remaria quelque temps après avecq un gentilhomme de mesme nom et arraes de
Rivieres (comme 1\'on m\'a dit) et lequel aveo Ie train qu\'il entretenoit au service
et suite des guerres de Maximillen, Duc de Brabant, Roy des Romains et aprè»
Empereur, consuma entierement tous les biens desdits enfans, de sorte qu\'il leur
fallut ccreher fortune ailleurs, et de (ous ceux ne s\'est trouvé memoire que de
\') Mr. M. Hénault, archiviste de la ville de Valenciennes, a eu 1\'obligeance de
paroourir pour nous les document» classes de son depot ; il n\'a pas déoouvert da
piéce concernant les personnes mentionnécs oi-dessus.
2) D\'après une autre tradition, un ancêtre de la familie serait venu en Gelgique,
au XV\'e siècle, dans la suite de Philippe-le-Bon,
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Laurens Ie Roy, mon grand-Pere; lequel fut embrassé par Ie Baron de Kiennes
Bon Parain ; et depais avant esté fait amman de Soetegem par la Princesse de
Gavre, il euat a femme dammoiselle Josina de Brau, fille du grand Bailly Jean de
Brau et de Dammoiselle Isabeau van Turrelboom, et eurent ensemble plusieurs
enfans masles et femelles, dont aulcuns se marièrent sans laisser lignée, sauf mon
Pere Jacques Ie Roy, lequel en bas age fut envoyé pour page a monsieur Champy,
Chevalier de 1\'ordre du toison d\'or, grandmaitre d\'hostel de la Royne Marie Gou-
vernante du Pays".
P. A. de Launay n\'apporte aucune espèce de preuve, ni de sem-
blant de preuve, quant a Ia filiation de Pierre Ie Roy, qu\'il dit être
fils de Guillaume. Le passage de soa factum relatif a ce personnage
est caractéristique pour Ie trop fameux heraut d\'armes; il est trop
interessant pour que nous nous abstenions de le faire connaïtie a nos
lecteurs. Après avoir relate que Guillaume était issu d\'une fort noble
familie de France, il ajoute: ce que nous semble aussy vraysemblable,
d\'autant que nous est clairement apparu que les armoiries que porie
le dit Philippe et que portoit aussy sou Pere Jaques le Roy sont les
mesmes que portoit ladite familie, scavoir dargent d la bande de geulle,
et de ce que nous est aussy consté quils peuvent porter lesdites armoi-
ries u bon et juste Utre.
On est vraiment confondu de 1\'audace de ce roi d\'armes qui, tout
en avonant connaitre la lettre précitée de 1607, ou se trouve unedes-
cription tres détaillée des vraies armes des le Roy, ose écrire le passage
qu\'on vient de lire. N\'avons-nous pas la la preuve la plus mani-
feste que le complaisant tseigneur d\'Oisel, de Fontaine et d\'autres
lieux"
poursuivait un seul et unique but: satisfaire Vambition des
fumilles, füt-ce au détriment de la vérité, pourvu que sa bourse y
gagnat!
LES ARMOIRIES.
La lettre de Philippe le Roy (fils de Laurent), de 1\'année 1607,
prouve a 1\'évidence qu\'a cette époque la familie n\'avait qu\'une vague
notion de ses armoiries. Nous voyons, en effet, que 1\'écrivain de la
lettre en ignore complètement les émanx: il ne sait pas si le champ
est d\'azur ou d\'or. Il nous apprend, toutefois, que, d\'après des
documents de Valenciennes, 1\'écu est chargé d\'une patte de lion et
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d\'un membre de griffon (sic!) \') passés en santoir, et que Jacques
Ie Roy, frère dudit Philippe, augnienta ces armes, en souvenir de ses
fonctions dans 1\'administration des poudres, d\'un caillou, sans doute
un fusil de la Toison d\'or, d\'oü jaillissent des étincelles. On lit
encore dans cette lettre, un peu confuse, que Ie même Jacques cimait
ledit écu d\'un autre membre de griffon, tenant également un caillou,
entouré de feu, et portait la devise flaraande: Godt Kendl de beste
Ie Roy.
Philippe ne semble avoir possédé ni sceau, ni dessin de ces
armes. Il s\'en rapporte au dire d\'un peintre de Gand, apparemment
mieux reuseigné a ce sujet, que lui-même.
Les armes que nous venons de blasonner, d\'une facon un peu naïve,
ont uue grande analogie avec celles que VArmorial Général de M. Riet-
stap attribue a une familie Ie Roy, du Brabant, savoir: d\'azur a deux
membres d\'aigle d\'or, onglés de gueules, passés en sautoir, les serres
en bas ; casque couronné; cimier: un bras armé, tenant une épée
d\'argent, garnie d\'or.
Neconnaissant de cette familie qu\'un petit fragmentgénéalogique, nous
ignorons si elle est de la même souche que celle dont nous nousoccupons.
La lettre de 1607 s\'adiesse, on 1\'a vu, au neveu dudit Philippe,
Jacques Ie Roy, fils de ce Jacques mentionné dans la même missive.
Or, ce Jacques, Ie fils, tout en connaissant les véritables armes de
sa familie, prit pour emblèmes héraldiques un écu d\'argent a la bande
de gueules. Quelle était la raison de cette substitution ? Elle nous
semble manifeste. Etant arrivé a une position élevée dans l\'administra-
tion du pays, Jacques succomba a la tentation de faire paraitre son
origine plus aristocratique qu\'elle ne 1\'était. A cette fin, il n\'hésita
pas a sacrifier les armoiries de ses ancêtres, pour les remplacer par
celles d\'une familie homonyme, honorée du titre comtal.
Celle-ci a pour auteur Guillaume ie Roy, seigneur de la Baus-
sonnière et de Basses, marie a Jeanne Maumoine, dame de Chavigny
et du Chillou, fille héritière de Pierre, chevalier, seigneur de la Mau-
monnière, etc, et veuve en premières noces d\'Emery de la Grézille.
\') On sait que Ie griffon se compose de la partie supérieure de 1\'aigle, aux
oreilles de oheval, et de la partie postérieure du lion. On ne peut donc, en science
héraldique, parier de membres de griffon, qui sont, ou des pattes de lion, ou des
membres d\'aigle.
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En troisièmes noces, elle convola avec Macé, seigneur de Gemages et
de la Rosière. De son second époux, elle laissa un fils, Guillaume Ie
Roy, seigneur de Chavigny, qui épousa, par contrat du 9 novembre
1398, Jeanne de Dreux, fille d\'Etienne, ditGauvain, vicomtede Dreux,
seigneur de Beaussart, et de Philippine de Maussigny. Deux fils
naquirent de ce mariage: Gauvain et Guillaume; ils partagèrent les
biens de leur familie Ie 18 mai 1438. Gauvain re^-ut la Baussonnière,
Ie Pege, Ie Bois-au-Veil, etc; il devint capitaine du chateau de Mont-
lhéry et s\'allia, en 1434, a Marguerite de Chevreuse, fille de Jean,
seigneur de Chevreuse, et de Guillemette d\'Estouteville. Guillaume
eut pour sa part, entre autres, les terres de Chavigny, de la Mau-
monnière et de Basses. Guion Ie Roy, s? du Chillou, etc, Ie fils d\'un
de ces frères, devint vice-amiral de France et perpétua la lignée \').
Cette familie portait d\'argent a la bande de gueules. Depuis une
certaine époque, elle écartelait de Dreux.
Jacques, Ie fils, adopta les armes de ces Ie Roy. En 1649, elles lui
furent confirmées officiellement par Ie roi d\'Espagne; il fut autorisé
en niême temps a les faire supporter par deux aigles.
Jacques ne s\'arrêta pas en si bon cbemin. 11 lui fallait dans ses
armes Ie glorieux quartier de Dreux. La demande qu\'il en fit au roi
d\'Espagne fut accueillie favorablement, et, en 1653, il obtint des let-
tres-patentes lui permettant d\'écarteler de Dreux. Des lettres de l\'année
suivante Vautorisèrent toutefois a reprendre ses armes primitives, c.-a.-d.
d\'argent a la bande de gueules.
Selon toutes les probabilités, les Ie Roy, comtes de Clinchamp, ont
été cause de cette autorisation, a moins que les autorités héraldiques
ne s\'en soient mêlées. Jacques avait prétendu descendre de la maison
princière de Dreux; 1\'inanité de cette prétention reconnue, il aura
été obligé d\'abandonner celle-ci et de dépouiller ses armes de celles
de la grande maison de France.
Ce n\'est, certes, pas par modestie et par amour des armes pri~
mitives de ses ancêtres
que Ie Roy en revint a celles-ci, car, on ne
doit pas 1\'oublier, a cette époque de décadence, Ie bon gout héral-
•) Duohcanc, Hist. Gènêal. de la Maison lioyale de Dreux; Paris 1631. —
D\'aprèg VArmorial Génèral de M. Rietstap, ces Ie Roy, appartenant a la Bourgogne,
portent, depuis 1565, Ie titre de comte de Clinchamp.
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dique, qui inspire Ie culte des armes primitives et, par la-même, sim-
ples, telles qu\'elles oat figuré, ou pu figurer dans les combats et
les tournois, avait déja disparu depuis bien longtemps.
Philippe Ie Roy, fils de Jacques II et d\'Elisabeth Hoff, semble avoir
hésité dans Ie choix de ses armes. En effet, nous avons trouvé, dans
les documents des Ie Roy, en possession de M. Bouillart, a Mons,
deux dessins grossiers, qui en font foi. Le premier, que leur propri»
étaire a eu Pobligeance de nous ceder, représente les armes que voici:
une étoile (a cinq rais) et un croissant tourné, en fasce, au chef
chargé de deux croix pattées (Hoff), et en coeur un écusson, chargé
d\'une patte de lion et d\'un membre d\'aigle, passés en sautoir, le»
griffes et les serres en bas (le Roy ancien); cimier: une croix de
Lorraine, ou patriarcale, pattée, le bras inférieur recroiseté. Le second
des deux dessins offre une combinaison des armes de le Roy ancien
et de le Roy moderne, savoir : d\'argent a la bande de gueules, chargé
en coeur d\'un écusson d\'azur a la patte de lion et au membre d\'aigle,
en sautoir, les griffes et les serres en bas, le tout d\'or. — On verra
plus loin quelles sont les armes définitivement adoptées par Philippe.
*                 *
*
Jacques Ier se maria trois fois. Il épousa, d\'abord, a Anvers, a Péglise
S*e Walburge, entre le 30 janvier et le 23 mars 1557, Elisabeth Crol
ou Crols, fille de Chanites et de Barbe van der Capellen \').
Sa seconde femme fut Anne Gommersbach, fille de Jean et d\'Anne
van der Capellen 2).
\') Dans le registre aux mariages, la date n\'est pas remplie. — La filiation d\'E.
Crol est prouvée par un acte du 29 janvier 1561 (A., N°. 3, Grapheus et Asseliers).
A en croire le crayon généalogique susmentionné de la Bibl. royale, ces van der
Capellen portaient: d\'azur a trois glands d\'or.
a) Cette filiation est prouvée par un acte du 2 mai 1605 (A., Cerli/lcatieboek.
1605, f°. 107). D\'après les quartiers des le Roy, Gommersbach aurait porté: d\'azur
a la fasce ondée d\'argent, accompagnée en chef de deux glands d\'or (B. R., C.
G., N° 1511, f. 164). Une lettre, éorito le 4 mars 1576, par le prévót Morillon,
au cardinal de Granvelle semble avoir trait a ce second mariage de Jacques le
Roy; voyez Ch. Piot, Corresp. du cardinal de Granvelle. Malheureusement nou»
n\'avons pas réussi a découvrir la lettre de Morillon a du filioul, auquel eet eccló-
siastique dit avoir écrit amplement au sujet de la même affaire. Les arohives de
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Enfin, Jacques convola, en troisièmes noces, Ie 10 janvier 1593,
égaleinent a 1\'église Sto Walburge, avec Catherine de Catere. Les
témoins de la cérémonie furetit Jacques Melijn \') et Pierre Ooms.
L\'acte de mariage nous apprend que Jacques appartenait a la paroisse
de Notre-Dame et qu\'il avait fallu pour pour contracter cette union,
une dispense de 1\'évêque d\'Anvers !).
Chose curieuse, daus l\'acte de mariage de 1557, Ie marie est nommé
Jacobus de Coninck. Cette traduction du nom de Ie lloy n\'a, evidem-
ment, pour cause qu\'une simple fantaisie du curé de S*e Walburge.
De concert avec Gilles Smissaert et Jean Crol, tuteurs des enfants
légitimes de Charles Crol et de Barbe van der Capellen, Jacques Ie
Roy et sa première femme transportèrent, Ie 29 janvier 1561, devant
Ie magistrat d\'Anvers, au charpentier Laurent Mathijssins, deux maisons
dites den Witte Hase et den Witte Schilt, avec deux maisons de
derrière, sises, a Anvers, dans la Longue rue Neuve, et a Elisabeth
van Achterhout, veuve de Pierre de Haze, une autre maison, avec
arrière-corps in de Meere. Jacques Ie Roy et sa femme étaient pro-
priétaires de ces immeubles pour 1/9, les frères et sceurs de celle-ci de 8/9,
ce qui ferait supposer que les époux Crol ont laissé neuf enfants (A.).
Le Roy avait administré lés biens et les affaires de son beau-père
Crol. A Ia mort de celui-ci, il surgit des difficultés, et le Roy fut
attaque par les héritiers du chef de sa gestion. Un accord intervint.
Le 8 mars 1578, Charles, Gilles, maitre Lambert et Jacques Crol,
tous nis du défunt, Pierre Huijstart, mari d\'Anne Crol, sneur des
précédents, donnèrent décharge a Jacques le Roy, veuf d\'Elisabeth
Crol, a Jean Goraniersbacb, Gilles Smissaert, Jean et Henri Crol, et
a Jean Paul Begaigne, qui, tous, avaient été tuteurs des enfants de
Charles Crol et de Barbe van der Capellen (A.).
Jacques Ier le Roy était négociant et industriel. Il exploitait des
1\'arobevêcbé no contiennent pas non plug de données a eet égard, d\'après oe que
M. le ohanoine Bogaert a bien voulu nous écrire, avec cette obligeance extreme
qui Ie oaraotérise.
\') A Lierre résidaient, aux XVlIe et X VIII\'\' siècles, des le Roy dont une Marie
épousa, le 9 février 1620, Nioolas Mehjn. Nous ignorons s\'ils appartiennent a Ia
même souobe que ceux dont nous nous ocoupons ioi.
2) Per dispensationem lieverendimmi.
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12
poudrières dans Ie polder de Steen borger weert (entre Anvers et Eecke*
ren), oü il possédait une maison avec granges, remises, écuries, jardin,
verger, etc, Ie tout entouré de fossés. Cette propriété avait nom ter
Willissen,
ou ter Willigen. Une partie en avait été aclietée, Ie 8 jan-
vier 1563, de messire Jean van Haesdonck \'). Le 7 juin 1566, Ie Roy
acquit de Jean d\'Immerseel, chevalier, seigneur de Baudries, écoutète
d\'Anvers et margrave du pays de Rijen, moyennant 800 florins
Carolus, le Craendijck, prés du Schenckeldijck, sous Steenborgerweert,
avec un terrain alluvial (schorre) (A.).
A Sotteghem, Jacques Ier le Roy avait une ferme ou un manoir 2),
qu\'il avait hérité de ses parents. Il nous a été, malheureusement,
impossible d\'obteuir des renseignements sur les anciens propriétaires
de eet immeuble, qui ne aemble pas avoir constitué un bien féodal.
Le Roy y fit batir une nouvelle maison par Corneille van Hole. Les
travaux de celui-ci donnèrent lieu a des contestations. Par suite d\'un
jugement prononcé, le 27 mars 1572, par les weihouders de Sotteghem,
ils torent expertises par des membres de la Corporation des cbarpen-
tiers d\'Anvers. Le 5 niai suivant, les experts déclarèrent, devant les
échevins d\'Anvers, que les constructions n\'étaient pas conformes au
devis qui en avait été dressé (A.).
De la fabrique de 1\'église Notre-Dame, le Roy acheta un quart de
la digue, dite Olmendijck, au Steenborgerweert, moyennant paiement
d\'une rente annuelle de 6 florins Carolus 3). 11 fut adhérité de ce
bien, devant le magistrat d\'Anvers, le 18 novembre 1573. En
garantie de la redevance, il engagea sa propriété du polder précité.
Celle-ci fut décrite ainsi: een schoone huijsinghe meiten poijermolen,
hove, beempde, fundo et omnibus pertinentiis.
Ce bien fut arrondi
par une nouvelle acquisition faite, le 23 juillet 1580, de Jacqueline
Hart 4).
\') Cela résulte d\'un acte du 10 mars 1021 (A. reg. N° 1, de 1\'année 1621,
f» 452).
2) Stede, huijse, boomgaert, watere, aveo appendanecs. Il n\'existe plus d\'actes
scabinaux de Sotteghem du XVI" siècle.
*) Le capital de cette rente fut remboursé, suivant décharge donnée devant les
échevins d\'Anvers, le 6 mars 1619.
4) Cela est prouvé par un acte du 10 mars 1621 (A. reg. N° 1, de 1\'année
1621, fo 453).
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13
Le 23 mars 1584, Corneille Michielssen, fabrieant de poudre, céda
a le Roy, moyennant 300 florins, gros de Flandre, trois nioulins a
poudre, avec terrains, écuries, etc, sis op Sint- Wülebroortsvelt, prés
d\'Anvers. Le 10 mars 1594, Jacques le Roy, marchandt de ceste
vitte,
déclara sous serment avoir chargé Mathieu de Limborch d\'acheter
pour lui certaine quantité de salpêtre et de la transporter a Anvers.
Le 25 septembre 1597, il coraparut devant le magistrat d\'Anvers
avec Herman Spruit, tous deux en qualité de tuteurs des enfants de
Charles Crol — beau-frère de Jacques le Roy — et de feu Martine
van Zept, fille d\'Adrien. Intervinrent dans eet acte: Guillaume Bor-
dincx et Philippe Bols, ce dernier en qualité de tuteur et de plus
proche parent (naeste maeght) de Susanne Bols, fille de Jeanne van
Zeflst (A).
Le 29 aout 1601, Francois de Cater et Jacques le Roy, agissantau
som d\'Antoine de Neve, fils d\'Antoine et de feu Marie de Cater \'),
de Pauline de Cater, veuve de Rombaut Martens *), de Catberine
Farmavt (veuve de Guillaume de Cater et mère et tutrice de Pierre,
Jean, Clément et Guillaume de Cater, mineurs), de Cathérine Adrienne
et d\'Agnès de Cater, sceurs des précédents, vendirent uue maison a
Guillaume \'t. Kint (A.).
Jacques le Roy, coopman, poirtere ende ingesetene deser stadt van
Antwerpen,
malade et alité, mais jouissaut de toutes ses facultés 3),
testa, le 22 février 1G03, dans sa maison sise in de strate hopende
van Clapdorpe ten goidshuijse van de minnebroeders waert
(rue du
Fagot), par-devant le notaire Nicolas Clei]s, alias van Loemel.
Après avoir expriraé le désir d\'être enterré aux Récollets, a Anvers,
il institue des legs pour 1\'église Notre-Dame et des dons pour les
pauvres. Il laisse a sa parente (nicht) Hélène Visschers 4), béguine,
\') Par suite de procuration, passée k Hujjssen, en Gueldre, le 27 février precedent.
2)   Procuration datée de Hambourg, 10 avril precedent.
3te bedde liggende, nochtans sijne sinnen, memorie endeverslant ivelmachtich
sijnde.
*) Klle était évideminent une fille de ce Gilles de Visscher, qui épousa, a Anvers
(Notre-Dame), le 28 avril 1572, Anne le Roy, de Valenciennes (témoins: Albert
et Jacques de Risey). Disons encore que Petrus le Roy, Valentinianus, fut imma-
triculé, le 28 février 1652, a l\'université de Leiden, comme magistermusices (Alb.
sludios. acad. Lugduno-Butavae;
Hagae Comit. 187o).
-ocr page 18-
14
une rente viagère de 12 florins Carolus ; a ses filles naturelles, Hélène et
Susaune Ie Roy, des rentes de 50 florins. Il stipule,ensuite, que 1\'on aurait
a payer a sa dite fille Hélène, a sa majorité, un capital de 300 fl.
Son propre frère, Philippe Ie Roy, devra jouir, sa vie durant, de la
propriété de Sotteghem, a condition d\'en supporter toutes les charges
et les frais d\'entretien. Après la mort de Philippe, ce bien appar-
tiendra a Anne Ie Roy, fille du testateur, issue de son premier
mariage avec Elisabeth Crols, a condition expresse de passer après
la mort d\'Anne a un des frères de celle-ci. Anne recoit, en outre,
un capital de 2000 fl., a placer en bonnes rentes. Il est stipulé for-
mellement que ces deux legs sont faits en avant-part, sans préjudice
quant au reste de la fortune, et ce en récompense des services rendus
par Anne a son père pendant de nombreuses années. Outre ces legs,
Anne recoit, du chef de sa mère et de sa, ou de ses soeurs (suslerlijcke
goeden),
un capital de 200 livres de gros, monnaie de Flandre. En-
suite, Ie testateur déclare qae, de la dot de 400 livres, proinise a sa
seconde femme, Anne Gommersbach, il n\'a jamais touche que 1600 fl.;
que, n\'avant, pendant dix années de vie conjugale, fait aucun benefice,
ayant, au contraire essuyé de grandes pertes {groote scade ende verlies),
il n\'avait pas dressé d\'inventaire a la mort de sa seconde femme. En
omettant cette formalité, il aurait eu en vue 1\'intérêt des enfants
issus de son second mariage, lesquels, éventuellement, auraient düsup-
porter la moitié des pertes faites pendant la vie de leur mère.
Pour ces motifs, Ie testateur déclare laisser a ses fils Jacques et Jean,
procréés avec ladite Anne Gommersbach, du chef de leur mère, ni
plus ni nioins que la som me susmentionnée de 1600 fl. Il veut qeu
les trois enfants partagent en parts égales avec son fils Laurent, issu de
son troisième mariage avec Catherine de Catere, tous les biens restants,
déduction i\'aite des legs et des rentes mentionnés plus haut.
Pour executeurs de ses dernières volontés, désigne son frère Phi-
lippe et son fils ainé Jacques et leur recommande d\'une facon
toute spéciale son fils cadet Laurent, enfant en bas age \').
\'j Minutes da notaire N. Cloijs, alias van Loemel, 1602—1603; X; Archires de
la ville d\'Anvei-B.
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15
Voici un facsimilé de la signatare apposée par Ie testateur au bas
de ce document:
Jacques Ier le Roy décéda pen de temps après. Suivant sa volonté,
il fut enterré au couvent des Kécollets. Son fils ainé y fit ériger uu
beau monument en marbre blanc et noir, orné dans la partie supé-
rieure, du portrait du défunt, sculpté en marbre blanc. Sur cette
tombe fut gravée 1\'épitaphe suivante:
DEO OPT. MAX. SACR. ET MEMOEilAE
JACOBI LE ROY
QUI GENERIS AC VITAE NOBILITATE
BEGIISQUE OBSEQUIIS
AGKOMEN REG1UM IMPLEV1T :
DUM JOANNI III LUSITANIAE,
PHILIPPO II HISPANIAE, REGIBUS,
ET SERENISMIS AUSTRIAE ARCIIIDUOIBUS,
ALBERTO ET ISABELLAE,
QUA IN INDI1S, QUA IN BELGIO
PER ANSOS L. STRENUAM OPBBAM NAVAT (siC!).
OB1IT IPSA CONCEPTAE YIRG. LUCE,
ANNO MDC.IH. AETATIS SUAE LXXII.
NOB. VIR JACOBUS LE ROY, EQUES
TOPARCHA DE HERBAIS,
PHILIPPO IV. HISP. REGI A CONS1L1IS
ET CAMERAE RATIONUM PER BRABANT
PBABSES
PARENTI OPTIMO P. C. \')
\') J. F., VI1, p. 214. Par les initiale» J. F., nous désignons 1\'onvrage intitulé:
Inscriptions funéraires de la l*rovince d\'Anvers.
-ocr page 20-
1G
Quant aux services que, selon cette inscription, Jacques Ie Roy
rendit pendant cinquante années, tant aux Indes qu\'en Belgique, ce
que nous avons dit plus haut sur sa carrière nous en fournit l\'expli-
cation: ces services consistèrent probablement avant tout en fourni-
tures de pondre a la flotte et a Tarmée espagnoles.
La déclaration susmentionnée des rois d\'armes, de 1671, porte que
Jacques, après avoir servy plusieurs années au Roy de Portugal, Jean lil,
et que d\'Icelluy il avoit eslé envoyé aux Indes pour son service, fut fait
a son retour au Pays Bas Commissaire general des munitions de Guerre
des armées du Roy Philippe lid.
Le document ajoute : qu\'il a servy
au Roy de Portugal, conste par la susdite epitaphe; de son estat de
Commissaire general, conste par Patente du Roy Philippe lid, datéele
17 d\'Avril 1590, signë Alexander, contresigné Verreijcken.
Environ un demi-siècle après la mort de Jacques lor, 0n placa sur
son monument funeraire les armes de le Roy, écartelées de Hoff,
timbrées d\'un casque cimé, avec des tenants et bannières aux arme*
de le Roy et de Hoff.
Nous donnerons ci-après plus de détails a ce sujet; on comprendra
alors ce qu\'il y avait de choquant et d\'irrévérencieux pour la mémoire
du défunt dans 1\'application, sur sa tombe, de ces armes qui consti*
tuent, en outre, un outrageux anachronisme.
L\'entrée du caveau fut marquée par une dalle portnnt cette
inscription: monümentüm — d. jacobi le roy — et — suorüm —
lt J. P. — CIO. 10. C III \').
*                 *
*
De Jacques le Roy, nous connaissons les enfants suivants:
A. LEG1TIMES ;
du \\er Ut:
1°. Anne; elle ne semble pas avoir coutracté mariage ; elle décéda
a Bruxelles, en avril 1640, sous le toit de son frère Jacques, rue
d\'Isabelle. Ses funérailles eurent lieu le 8 du même mois a).
]) J. F., tom. cit., p. 178.
*) Obituairo de I\'église Sainte-Gudule.
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17
du second Ut:
2°. Jacques II, dont nous parlerons plus loin;
3°. Jean, qui devint licencié en droit et auditeur au regiment de
Monsieur Chalon, au service de Leurs AUesses,
et dont il sera égale-
ment encore question;
du troisième Ut:
4°. Laurent.
B. NATURELS :
5". Helene Ie Roy; elle épousa, a Anvers, a la cathédrale, Ie 30
septembre 1608, Hans van der Fonteijnen, de Gand ; téinoins: Jacques
(II) Ie Roy et Jacques van der Fonteijnen;
6°. Susanne Ie Roy, qui devint béguine a Anvers. Les archiducs
Albert et Isabelle lui dépêehèrent, a Bruxelles, Ie 9 aoüt 1602, des
lettres de légitimation, ou elle est qualifiée de arm schamel bagijnken...
onwettighe dochter Jacques Ie Roy, die hij heeft verweet, in houwclijk
state wesende, aen Margriete van Appen ongebonden
(C, N" 166,
registre aux légitimations, p. 112).
GHAPITRE II.
é
Le ler février 1605, maitre Jean Ie Roy, licencié en droit et auditeur
au regiment Chalon, chargea, devant le magistrat d\'Anvers, le che-
valier Antoine de Bercheiu, échevin de cette ville, de transporter a
son frère Jacques II uue maison, avec jardin, etc, provenant de la
succession de leur père. Le 7 du même mois, Anne, Jacques et Jean
le Roy vendirent, de concert avec leur oncle Philippe, tuteur de son
neveu Laurent, a Paul Bevers, facteur en grains, et a sa femme,
Sara van Scrieck, une maison dite den Keijser, sise, a Anvers, in der
Nieuwstadt, aen den Zeeuwschen Corenmerckl.
Cette maison leur était
dévolue du chef de leur père qui en avait hérité une part de Melchior
Crol, et acquis une autre part de Gilles, Anne, Charles et maitre
Lambert Crol *). Jacques II le Roy était a cette époque commissaire
général des salpêtres et voudres au service de Leurs AUesses les Archi-
ducs Albert et Isabelle.
Le 2 mai de la même année, il donna ses
]) üot acte ótoblit parfaitement la liliation des quatre enfants de Jacqaes I\'-r le Roy.
5
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18
pouvoirs a Gaspard van Hoorne, avocat au grand conseil de Malines,
a 1\'effet de recevoir pour lui Ie capital d\'une rente hypothéquée sur
des biens situés op den Berthoulhof, dit Nijeulant, prés de Malines.
Cette rente dépendait de la succession de sa grand\'mère ruaternelle,
Anne van der Capellen, veuve de Jean Gommersbach. Le partage
des biens de celle-ci avait été effectué le 5 octobre 1600. Jean le Roy
en avait cédé sa part a son frère Jacques, le 20 septembre 1602. Le
21 mai 1605, Anne le Roy, assistée de son tuteur ad hoc, le chevalier
Antoine de Berchem, 1\'auditeur Jean le Roy et Philippe le Roy, ce
dernier agissant en qualité de tuteur de son neveu Laurent, cédèrent
a Jacques II la propriété avec les poudrières au Steen borger weert,
ayant alors une étendue de 40 mesures 1). Le 13 aoütsuivant, Jacques
constitua, en vertu du testament de son père, a 3a parente (nicht)
Hélène Visschers la rente viagère de 12 fl. Carolus, omme heur
vricntschappe te doene
(A.)a).
Le 3 octobre de la niênie année, nous rencontrons Jacques en corn-
pagnie de Herman Spruijt, comine toesienders sar les biens des enfants
de feu Charles Grol et de feu Martine van Zeijst. Le 18 du mois
suivant, il constitua, de concert avec son oncle Philippe, a sa soeur
Anne une rente, en conformité du testament de son père (A.). «•
En cette année, Jacques eut a soutenir, dans sa propriété de Steeu-
borgerweert, une attaque des troupes de Maurice de Nassau qui
cherchait a s\'einparer d\'Anvers. Ce fait d\'armes est consigne dans un
acte passé le 20 février 1619. Il est mentionné dans la déclaration
de noblesse dépêchée a la familie, en 1671, par les rois d\'armes Pierre
Albert de Launay et Robert d\'Andelot.
Jacques II le Roy éponsa, a Anvers (St Georges), le 21 avril 1607,
ci/m consensu Reverendissimi Domini (1\'évêque) et dispensatione duarum
proclamationum tempore clmtso,
Jeanne Maes, fille de Guillaume,
>) Cet acto i\'tablit aussi la Sliation des quatre enfants; seulement, la 3o femme
de Jacques 1" y est nommée a tort Calhcrine van der Voirt. La püleur do 1\'encre
avec lnquelle co non a été écrit, permet toutefois, do constater qu\'on 1\'avait,
d\'abord laissó en blanc et que co n\'est qu\'après coup que Ton a comblé la lacune.
*) Par son testament du 10 octobre 1618, Hélène Visschers (Svisschars) institua
pour son héritiöre universelle, sa parente Anne le Roy, fille de Jacques II et de
Jeanne Maes (A., reg. do 1\'annéo 1032, f° 0).
-ocr page 23-
19
aumönier de la ville d\'Anvers, seigneur foncier de Ranst et de Mil-
legeni, en partie, propriétaire du cbïiteau de Zevenbergen, a Raust,
et de Marguerite van den Nieuwenhuijsen, qui était fille de messire
Dominique et de Lucie Gevaerts. Le père de celle-ci, Hubert Gevaerts,
avait été conseiller de la reine-douairière de Plongrie, Marie, archidu*
chesse d\'Autriche \').
Le 21 octobre 1625, Jacques le Roy releva, par suite d\'acliat de
Marie van (den) Nieuwenhuijse(n), veuve de messire Henri van der
Cluysen et tante de sa femme, une rente feodale, hypothéquée sur la
seigneurie de Dommelen et deux moulins a eau dans cette localité (B.).
Sa femme était soeur du fameux Jean Maes, seigneur du comté
de Cantecrode, de Mortsel, d\'Edegem, de Luijthagen, etc., qui avait
recu ces biens, le 5 mai 161G, par acbat de Francois Thomas Per-
renot de Granvelle, dit d\'Oiselet, comte de Cantecrode. A cette cession,
celui-ci avait mis la condition de porter seul le titre de comte de
Cantecrode. Lorsque, en vertu d\'un décret du conseil de Brabant, les-
dits biens de Jean Maes avaient été vendus a Philippe Godines (17
avril 1627), Jacques II le Roy protesta devant la cour feodale de
Brabant contre cette aliénation et revendiqua les fiets au nom de sa
femme, comme proche parente du vendeur (18 avril 1628). Cette
démarche resta, toutefois, sans succes (B.).
Le 19 aoüt 16130, Jacques II prit en engagère la haute, moyenne
et basse juridiction du village d\'Herbais, sous Piétrain, moyeimant
500 florins, payés en sus de 573 florins 1 sol, somme d\'une première
engagère, de 1561, en faveur de Thileman van Wonckele (relief du
4 novbr. suivant). Plus tard, le 20 janvier 1644, il acheta dn tisc
cette juridiction définitivement, moyennant 2500 livres de gros, monnaie
de Flandre, payées en sus de la somme versée pour 1\'engagère (B.).
\') Les témoins da manage de J. le Koy et de Jeanne Maes f\'urent: Guillaume
Maes, seigneur en Ranst, et Philippe le Roy. Guillaume Maes mourut Ie 12 novbr.
1610; il fut enterré, auprès de sa femme (déeédée lo 10 octbr. 1010), a Anvcrs,
dans 1\'église S\' Georges. Leur épitaphe armoriée est reproduite dans les Inscr.
funér. de la prov. d\'Anvcrs.
— Dominique van den Nieuwenhuijsen, marie en
secondes noces a Marie van Gameren, décéda le 10 novbr. 1581; il git a Bois-le-
Duc, dans 1\'église des Uominicains. — Ces van den Nieuwenhuijsen blasonnaient:
d\'argent au lion de sable, armé et Iampassé d\'or.
-ocr page 24-
20
C\'était uu houinie capable et qui fit sa fortuue eu passant par tous
les rangs de la hiërarchie administrative. Il entra, en 1604, au ser-
vice du roi d\'Espagne, en qualité de cominissaire générnl des salpêtres
et poudres pour 1\'artillerie aux Pays-Bas. Plus tard, il devint auditeur
de la Charnbre des comptes da Brabant. En cette qualité, il recut Ie
Ier mars 1610, de même que ses collègues Bocxhorn, van der Smessen,
et de Zoete, conformément a une ancienne coutume, 9 livres de sncre,
15 livres de figues, 12 livres de raisins secs, 60 harengs saurs, 8
livres de- riz, 8 livres d\'amandes, 8 livres de corinthes, 8 livres de
prunes et 8 livres de dattes, que les fermiers ou collecteurs des péages
d\'eau (grooten Watertol) avaient a fournir annuellement aux auditeurs
de la Chambre des comptes a 1\'approche du carêrae. Le président et
les conseillers recevaient les mêmés denrées, mais en plus grande
quantité (C. 178, p. 60).
Une autre redevance bizarre était due par 1\'écoutète d\'Anvers, nommé
aussi margrave on marquis du pavs de Rijen. Ce fonctionnaire était
tenu de fournir a la Chambre, pour le carême, des provisions de
harengs. En 1626, 1\'écoutète, qui était alors le fameux Henri de
Varick.... il possédait, du chef de sa femme, Anne Damant, la
chatellenie ou vicomté de Bruxelles .... semble n\'avoir pas mis tout
le zèlo désirable a satisfaire ceux de la Chambre des comptes. Une
première réclamation, du 25 février, envoyée par express, était restée
sans succes. Trois jours après, la Chambre adresse une lettre indignée
a Varick qu\'elle appelle Tres cher seigneur et especial amy .... et
dans laquelle elle lui avoue être fort esmervélliez de n\'avoir pas
encore re9u son ancien et immemorial emolument de harancx de ce
present quaresme.
Elle ajoute que la disette de harengs ne pouvait
aucunement servir a Varick d\'excuse pour se soustraire a ses engage»
ments et qu\'au besoin elle se contenterait volontiers de Péquivalent
en espèces. Le 3 mars, il arrive de la part du debiteur négligent
un envoi, accompagné de la lettre originale que voici:
»Messieurs, comme je n\'ay sceu recouvrer viande de caresme salëe,
je vous envoye celle qui est sucrêe, a scavoir trente pains de sucre,
vous priaut les vouloir prendre de bonne part, comme de celluy qui
se dict, Messieursi Votre serviteur tres humble
Henry de Varicq (C. 179, p. 20).
-ocr page 25-
21
Voici les traitements annuels alloués, a cette époque, aux fonction-
iiaires de la Chambre des comptes: au président 925 livres artois;
aux conseillers 825; aux auditeurs 610.
En 1617, 1\'auditeur Ie Roy fut chargé par Ie conseil des finance3
de renouveler la loi ou échevinage de Berchem-Sainte-Agathe, vil-
lage dont la juridiction venait d\'être rachetée du baron de Chassey
(E. B. «) I, 346).
Par suite du décès de Franeois Verleijsen, conseiller et maitre
ordinaire de la Chambre des comptes, Jacques Ie Koy fut investi, en
1618, de la place de celui-ci (B., reg. 405, f° 67).
Après la mort du roi d\'Espagne, arrivée Ie 31 mars 1621, Ie Itoy
recut, de même que les autres membres de la Chambre, 14 aunesde
la meilleure baye 2), pour des vêtements de deuil. Peu de temps après,
pour Ie deuil de 1\'archidnc Albert, décédé Ie 11 jnillet 1621 3), on lui
attribua 16 aunes de la même étoffe. La dépense de ce chef fut de
40 livres.
Le 14 octobre 1626, Ie conseil des domaines et finances chargea
messire Henri de Croonendael, chevalier, conseiller et greffier des
finances, et Je conseiller le Uoy d\'examiner la reddition de comptes
de Melchior van den Cruijce, chevalier, receveur général des aides
de Brabant.
Le président Alexandre Madoets ayant passé de vie a trépas le
14 décembre 1627, le bruit courut que des personnes étrangères a
la Chambre postulaient la place du défunt. Emu de cette nouvelle,
le college adressa, le 17 du même mois, a 1\'Infante une requête par
laquelle il la supplia de conférer la place vacante a un membre de la
Chambre. La mort du conseiller Jean van der Stegen, survenue le
26 octobre 1630, offrit au college une nouvelle occasion de prior
la gouvernante de disposer en faveur d\'an des conseillers en fonctions,
\'j Par ces initiale», nous entendons designer 1\'ouvrago intitulé l\'llistoire des
anvirons de Bruxclles, par Alph. Wauters.
a) Bate ou baye, une étoffe semblable a la serge ou a la bure (Diction. walton de
ürangagnage).
•) A 1\'age de Gl ans, 8 mois et 1 jour. — Dans sa Iielalion de la pompe funèbre
de l\'archiduc Albert,
Butkens mentionne le conseiller Jacques le Roy parmi les
personnages assistant aux funérailjes de ce prince (Trophêes, Supp. 1, 119),
-ocr page 26-
22
de la place de président, restée inoccupée jusqu\'alors (29 octobre). A
quelque temps de la, celle-ci fut accordée au conseiller Ie lloy.
Pour Ie deuil de 1\'archiduchesse Isabelle, morte Ie lor décembre
1633 *), Ie président Ie lloy, les conseillers et les auditeurs de la
Chambre des comptes recureut cbacun 16 aunes de la meilleure baye,
a raison de 3 fl. 1\'aune 2).
Pour remplacer la gouvernante défunte, la couronne désigna six
gouverneurs provisoires, savoir: Ie marquis d\'Aytona, 1\'archevêque de
Malines, don Carlos Coloma, Ie duc d\'Aerschot, Ie marquis de Fuentes
et Ie comte de Feyra. En sa qualité de chef de la Chambre des
comptes, messire Jacques le Roy, seigneur de Herbaix, souhaita la
bienvenue a, ces hauts personnages, a 1\'exception du duc d\'A.erschot,
séjournant alors en Espagne (24 décbr. 1633).
Le marquis dAytona ayaut été nommé gouverneur et capitaine-
général des Pays-Bas, en 1\'absence de S. A. le Cardinal-Infant, don
Ferdinand, frère unique du roi, appelé définitivement a ces fonctions
élevées, le président le Koy lui exprima les félicitations du college
(31 janvier 1634).
Le 6 novembre de la même année, il eut 1\'honneur de présenter
ses souhaits au Cardinal-Infant lui-même, sur le subiect de sa venue
en ces yays.
En 1645, époque de détresse financiële du fisc, le gouvernement
chargea les monts-de-piété de contracter un emprunt de 600,000
florins. Des négociauts anversois se déclarèrent prêts a procurer les
fonds. Pour appuyer le crédit des monts-de-piété, le gouvernement
eut recours a un moyen bien caractéristique pour 1\'époque. Par 1\'organe
du marquis de Castel-Rodrigo, il fit des instances auprès des fonction-
naires des colleges administratifs et judiciaires pour qu\'ils se portas-
sent caution, dans la mesure de leurs fortunes personnelles, pour une
partie de 1\'emprunt a contracter. Le président le lloy remit alors
une déclaration par laquelle il se constitua garant du gouvernement
a concurrence de 6000 fl. 3)
\') Agée de 07 uns, 3 mois, 18 jours.
*) C, reg. N» 179, fos 31, 43, 80, 98, 134 et 142.
") C, reg. N" 179, fos 100, 101, 104 et 154,
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23
Voici en fac-simile, la signature de ce personnage:
L\'arrivée de Jacques II a des positions élevées ne pouvait raanquer
de lui attirer des distinctions de toute nature. Déja sa nomination
de conseiller lui avait valu, implicitenient, la noblesse personnelle.
L\'année 1639 lui réserva de nouveaux honneurs. Il y avait alors 35
ans que Ie Roy s\'était consacré au service de la couronne. Par lettres-
patentes, données a Madrid, Ie 27 aout, Ie roi Philippe 1\'éleva, sur
1\'avis favorable de sou frère, Ie Cardinal-Infant, a la dignité de
chevalier *). Cette distinction lui fut accordée pour la bonne relation
que faiet nous a esté.... ensemble des bons, fidels et agreables services,
qu\'il nous a rendu par Vespace de trente cincq ans, les dix premiers
comme commissaire general des salpetres et pouldres pour nostre artillerie
esdits PayS\'Bas, et les vingt-cincq années restantes en ladite Chambre
des Comptes, s\'estant en tout honorablement acquicté de son debvoir
a noslre entiere satisfaction, pour ces causes et afin de Ie stimuler
d\'avantaige...
Quant aux arrnes du nouveau chevalier, il n\'en est
pas question (C, 145, f° 176 v°).
A en croire ces lettres-patentes, Ie Roy aurait donc été comiuis-
saire général des salpetres et poudres de 1604 a 1614 et serait entre
alors a, la Chambre des comptes. C\'est la une erreur évidente! En effet,
nous avons démontré qa\'il était déja auditeur de ce college en 1610.
Par de nouvelles lettres du 16octobre 1649, Ie roi d\'Espagns permit
au chevalier Ie Roy de faire supporter ses armes Wargent a la
\') Celui qui est 1\'objet de cette distinction est qualiflé dans ce document de
nostre chcr et feal Jacques lo Roy, seigneur de Herbai», conseiller el President de
noslre Chambre des Comptes en Brabant.
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24
bande de gueules, par deux aigles d\'argent, becqnées et armées (!) de
gueules, et de remplacer par une couronne Ie bourrelet de son casque.
Ce nionarque 1\'antorisa, Ie 12 décembre 1650, a faire blasonner
les dites aigles d\'or, au lieu d\'argent,
attendu quo des supports d\'argent
ne porleroient a ses armes Ie lustre qu\'ils feroient s\'ils eloient blasonnés
d\'or
(B. R., C. G., Portef. 628). Etranges idees héraldiques que celles
qui avaieut cours de ce temps-la!
En date du 12 avril 1653, Ie roi lui permit d\'écarteler ses armes
de celles de la familie de Dreux: échiqueté d\'or et d\'azur, a la bordure
de gueules, et de faire tenir par chacun des supports une bannière,
celle de dextre aux armes de Ie Roy, celle de sénestre aux emblèmes
de Dreux. Toutefois, par lettres du 14 mai de 1\'année suivante, Ie
Roy fut autorisè a reprendre ses armes primitives et a en orner aussi
)a bannière de sénestre.
Nous avons dit plus haut notre avis sur les motifs de cette dernière
modification du blason de Jacques.
*
Jacques Ie Roy et son beau-frère Jean Maes, seigneur de Mortsel,
etc, furent executeurs testamentaires de Guillaume Maes, leur beau-
père et père respectif. En qualité de mari et tuteur de Jeanne Maes,
Ie premier transporta, en 1621, devant Ie magistrat d\'Anvers, au nom
des héritiers Maes, aux héritiers de Gilles Hooftman la maisou dite
Rodes, sise prés de Sint Peters Brugge, a Anvers. Cet immeuble, mis
en vente après la mort de Hooftman, avait été acheté, Ie 25 mai
1594, par Guillaume Maes, en son propre nom, mais des deniers des
héritiers et, depuis, Maes avait toujours transmis aceux-ci lesproduits
de la propriété. Outre Jeanne, les enfants et héritiers de Maes étaient:
Lucie, veuve de Jean de Bot, aumönier d\'Anvers, Marie, veuve de Jean
Michielsen, Catherine, veuve de Roland van Hollant, Jean, seigneur de
Mortsel, etc, et Marguerite, femme de Francois de Raet, ancien aumönier
d\'Anvers, etc. Le partage des biens de Guillaume Maes et desa femme
avait eu lieu le 26 mars 1619 (A.). Une autre fille de ces époux,
Geneviève, était religieuse au couvent de Ste Elisabeth, a Bruxelles.
Le 10 mars 1621, Jacques le Roy céda a Godefroid Artssen, man-
dataire de Christophore Gallé, la propriété du Steenborgerweert, avec
-ocr page 29-
25
les poudrières. L\'acte de transport établit qu\' olie avait été agrandie,
en 1614, par une acquisition faite de 1\'böpital de Sainte-Elisabetb,
a Anvers (A) >).
Il résulte d\'une déclaration délivrée, Ie 27 mars 1625, par Isabelle
Maes, douairière de messire Henri Antoine de Marneffe, seigneur de
Gesves, que Ie père de cette dame, Jean, seigneur de Mortsel, etc.,
avait constitué une rente sur la cense del Grijet (60 bonniers), a
Beauvechain, provenant de feu Isabelle Everarts, femme dudit Jean
et mère d\'Isabelle \').
Par testament, passé Ie 14 décembre 1626, clevant Ie notaire Piet-
quin, ladite douairière de Marneffe, alitée et gravement malade, institua
pour ses héritiers universels, son oncle et sa tante, Ie conseiller Ie
Roy et Jeanne Maes.
Ce dernier fut tuteur des enfants de son beau-frère Roland van
Hollant. Le 22 octobre 1625. il autorisa Catherine Maes, mère de
ces enfants, a prendre une hypothèque sur les biens de feu Jean
Baptiste van Hollant van Praga, père de son défunt époux, au quar-
tier de Roulers, a concurrence de la somme apportée jadis par elle
a son mariage 3).
*
Jacques II le Roy mourut a Bruxelles, dans sa propriété sise rue
d\'Isabelle, en Mars 1654. Ses funérailles, présidées par le clergé de
Sainte-Gudule, furent célébrées le 28 de ce mois *).
\') C\'cst si tort que cot aoto dit Jacques II fils de Jacques et d\'Elisabeth Crol.
Comme nous 1\'avons démontré par plusieurs documents, il était issu du second
mariage de son père, aveo Anne Gommersbach.
a) Minutes du notaire Th. Pietquin, a Bruxelles. — La ferme del Grijet avait
été achetée, en 1599, u maitre Corneille Wijtfliet par Pierre Everarts, qui, plus
tard, de concert avec sa femme Elisabeth Barnes, en fit don a leur Alle Isabelle,
lorsqu\'elle épousa Jean Maes (voyez Alph. Wauters, la Belgique ancïanne el
moderne,
ud vocem Bauvechain). Jean Maes, ancien seigneur de Mortsel, mourut
en Italië en 103.; il fut enterré a Lodi (Lombardie). 11 n\'estdonc pas, comme losup-
pose 1\'auteur du Bulletin de la Propriété (1875, p. 71), identique a ce banquier anversois
qui aoheta, en 1724, un chüteau a Schooten et qui mourut vers 1740.
3Notaire Pietquin; eet acte qualifio Roland van Hollant de Jonker.
4)   D\'après une annofation de Philippe le Roy, seigneur de Broechem, Jacques 11
serait mort le 14 février.
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20
Il eut au moins douze enfants, savoir:
1° Guillaume, baptisé a, Anvers (Notre-Dame), Ie 10 avril 1608 ;
parrain : Guillaume Maes; marraine: Anne Ie Roy;
2° Marie, baptisée dans la même ville (S\' Georges), Ie 21 avril 1609 ;
elle mourut en bas age;
3° Jacques III, baptisé Ie 5 avril 1610; parrain: Jean de Bot;
marraine: Marguerite van den Nieuwenhuijsen; il semble être mort
en bas age;
4° Jean, baptisé Ie 7 septembre 1612; parrain et marraine: Jean
Maes et Marguerite Maes;
5° Marie, baptisée a Bruxelles (a, 8\'o Gudule), Ie 13 aoüt 1615;
parrain et marraine: Jean Ie Roy et Marie Maes, qui se firent rem-
placer par Jean et Lucie Maes. — Elle hérita de sa mère la ferme
del Grijet, a Bauvechain. — Le 21 février 1640, elle épousa (S*o
Gudule) messire Paul Francois d\'Origone \') (témoins: le président
J. le Roy, Liévin Berens et alii), qui était seigneur de Neer-Velp,
chef-maïeur de Tirlemont, du 30 avril 1635 jusqu\'au 22 janvier
1675, jour de sa mort.
Les époux testèrent le 27 juillet 1665, devant le notaire van Ranst.
Vers la fin de sa vie, P. F. d\'Origone semble avoir en des embar-
ras financiers, et ses héritiers n\'acceptèrent sa succession que sous
benefice d\'inventaire. Sa veuve fit emprunter par un de ses fils, Zeger,
de Suzanne Locquet, a Anvers, la somme de 3000 fl. et lui engagea,
en garantie, la seigneurie de Neer-Velp (le 13 septbr. 1677). Moyen-
nant 3150 fl. payés en sus du prix d\'achat, les héritiers transportèrent
ce fief, le 15 février 1680, devant le conseil de Brabant, a Denis
Wilmaers, qui le releva le 23 du mois suivant (B.).
D\'après le monument funeraire, dans 1\'église de Rijmenam, de
Jacques Octave d\'Origone, seigneur d\'Hollaken (a Rijmenam), Buser-
mate, etc, et de sa femme Claire Barbe Marie de Caluart, dite de
Sassigny (f le 16 octobre 1714), les quartiers des époux d\'Origone-
le Roy étaient:
\') D\'après le fragment généalogique de Mr lo colonel de Patoul, d\'Origono était
veuf, en premières noces, do Marie Christine Coulez. — Les armes de la familie
d\'Origone sont: d\'azur au cliênc d\'or, portant des glands du méme.
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27
Origone, Wiflet, Origone, Pahaud-Crehen; Ie Roy, Maes, Gonioiers<-
bach, Nieuwenhuijsen\');
7° Marguerite, baptisée a Bruxelles (Ste Gudule), Ie 21 septenibre
1617; parrain : Laurent Ie Roy, remplacé par Jean Baptiste Lamberts,
licencié en droit; marraine: Lucie Maes;
Ignace, dont il sera question plus loin ;
9° Francois, baptisé a Bruxelles (Ste Gudule), Ie 21 avril 1624;
parrain: Francois de Kinschot, conseiller et trésorier-général des
nuances; marraine: Elisabeth Maes, vidua de Geves ;
10° Laurent, baptisé a Bruxelles (Ste Gudule), Ie 15 aoüt 1625;
parrain: Laurent Ie Roy, remplacé par Jacques Ie Roy; marraine:
Catherine Maes;
.11° Théodore, baptisé a Bruxelles (S*e Gudule), Ie 10 janvier 1628;
parrain: Théodore Fierlants ; marraine: Marie de Raedt; il devint
chanoine a S\'e Waudru, a Mons.
12° Anne 4); Ie 4 novembre 1625, elle donna, devant Ie notaire
Pietquin, ses pouvoirs a son frère naturel Philippe pour recevoir Ie
capital d\'une rente. Elle chargea, ie 23 octobre 1632, devant Ie notaire
Jean Verhagen, a Bruxelles, ledit Philippe de toucher pour elle Ie
capital d\'une autre rente, ce qui eut lieu devant Ie magistrat d\'Anvers
Ie 3 du mois suivant (A.). Par son testament du 10 octobre 1618,
sa parente Hélène Visschers 1\'institua pour son héritière. — Anne
pourrait bien être cette Anne Franfoise Ie Boy qui fut enterrée a
Broechem, Ie 30 septembre 1675.
CHAPITRE III.
Ignace Ie Roy précité, fils de Jacques II et de Jeanne Maes, naquit
a Bruxelles et y fut baptisé, dans 1\'église Sainte-Gudule, Ie 22 aoüt
1620. Messire Jean Lamberts et Damlle Catherine Maes Ie tinrent
sur les fonts.
\') Aug. van den Ejjnde, Choix d\'inscriptions et de monument» funêraires de
Malines et de ses environs.
— Armes; Ie Boy: la bande; Maes: les trois têtes
de cerf, brisó en coeur d\'une étoile; Gommersbach: une fasce ondée (sic!);
Nieuwenhuijsen: Ie lion.
2; N\'ayant pas découvert 1\'acte de baptóme de cette Anne Ie Roy, nous la men-
tionnons après ses frères et sceurs. 11 est toutefois évident qu\'elle n\'était pas la
plus
jeune des enfants de Jacques 11.
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28
Il fut immatriculé Ie 14 janvier 1G39 a 1\'université de Louvain
partni les porcenses divites (pédagogie du Porc).
II épousa, a 1\'église pai\'oissiale de Schaerbeek, devant Ie cure\' de
S\'o Gudule, Ie 17 juin 1649, Suzanne Catherine Nijs *), baptisée a
Bruxelles (S*e Gudule), Ie 12 juillet 1628, et qui mourut Ie 28 sep-
ternbre 1662 2). Elle était fille de messire Godefroid Nijs et de Marie
de Prince (ou Prins), A 1\'occasion de son mariage, Ignace recut de
son père la seigneurie d\'Herbais. Par lettres-patentes du 9 décembre
1649, Ie roi Philippe de Castille lui céda, a ültre d\'achapt absolu, la
haute, moyenne et basse juridiction de Tourneppe, au quartier de
Bruxelles; Ie prix do vente fut de 4800 livres, en sus du prix de
Pengagère, s\'élevant a 4000 livres. L\'investiture de ces deux seigneuries
n\'eut, toutefois, lieu que Ie 18 septembre 1657 (B.). Ignace Ie Boy
fut mis en possession de Tourneppe par Henry Wijtvliet, conseiller
et procureur-général du Brabant, devant 1\'échevinage de ce village
(9 janvier 1650). Cette cérémonie se fit en présence des babitants
après la célébration d\'une grand\'messe. Le lendemain, Ie nouveau
seigneur releva les échevins et le grefïier de leur serment envers
Nicolas de Varick, seigneur d\'Huijssinglien, etc, ci-devant seigneur de
Tourneppe, et institua un nouveau magistrat3).
Ignace le Roy construisit a Tourneppe un chateau, ome\' d\'uneIrès
belle fontaine,
dit 1\'historien Jacques le Roy. Il vendit Herbais a don
Diego de Bohorques, seigneur de Geest-Saint-Remy, mestre-de-camp,
gouverneur de Stevensweert et premier comte de Saint-Remy, qui
annexa Herbais et Piétrain a son nouveau comté 4).
Comme son père, Ignace entra a la Chambre des comptes; il fut
maitre et conseiller de ce college de 1655 a 1667, et, depuis, prési-
•) Portant d\'argent au chevron de guoules, accompagné de trois trofles de sinople.
*) Les téraoins du mariage, du cötó d\'Ignace, furent son père et son frère (naturel),
le conseiller des finances (Philippe) le Roy. — Le 29 novbr. 1GC8, Marie Anne et
Isabelle Nijs relevèrent, par suite de la mort do leur soeur Susanne Catherine, une
rente hypothéquée sur le chateau et la seigneurie de Facuwez (B)
») Greffes scabinaux; arrond. de Bruxelles, rog. N° 7133; Aroh. générales du
royaume.
4) Pour plus de détails, on peut consulter Alph. Wauters, la Belgiqueancienne
et moderne, ad vocem Geest-Saint - Rem</.
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29
dent, après avoir déja occupé la chaire de la présidence ad interim
durant une maladie du chevnlier Jacques van Parijs, seigneur de
Merxem et de Dambrugge, qui avait succédé a Jacques Ie lloy \').
Il obtint Ie titre de chevalier par lettres-patentes du 25 janvier 1G55.
En qualité de mandataire de Marie Anne Nijs, femme de Zeger
Francois d\'Origone, Ignace acheta, Ie 10 octobre 1661, des héritiers
de Marie de Helt, la forêt de Kesterbeek (E. B. III, 725).
Il avait hérité de la maison paternelle, a Bruxelles, rue d\'Isabelle.
En face de cette maison, derrier la muraille de la fontaine, il existait
une pelile lour du vieulx rampars, y reslée inutile deptiis la fabrique
de la dilte rue.
Ignace avait pris possession de cette tour pour s\'en
servir pour remise d\'une carosse des champs, quoy qu\'avec beaucoup
d\'incommodité,
car elle n\'était couverte que d\'une voulte, la pluspart
exposée a Vair et parlant incapable de garanlir Ie lieu contre la pluie.
Avant de faire Ie frais d\'une nouvelle toiture, Ignace adressa au conseil
des finances une requête pour obtenir cette tour en arrentement perpetncl.
Par lettres du 10 avril 1663, Ie conseil lui accorda la propriété et
usage
de la tour, moyennant un eens irredimible d\'un chapon (C. 117).
En sa qualité de conseiller et président de la Cbambre des comptes,
Ignace toucbait un traitement annuel de 1000 livres artois, et 409
livres 8 escalins, a titre de pension ende verdieren van emolumenten.
Il mourut en 1667 et fut enterré a Sainte-Gudule, Ie Ier septembre.
En vertu d\'un ordre spécial de Son Excellence (Ie gou verneur-général),
on paya a ses héritiers pour 1\'année de service, expirant Ie 30 septembre
de cette aunée, la soinine de 1409 livres 8 sols( alhoewel hij soo lange
niet en heeft geleefl.
Messire Lamoral van den Berghe lui succéda dans
sa charge de président (C. 4337, f° 362 v°).
*
D\'Ignace Ie lioy et de Susanne Catherine Ngs, nous ne connaissons
que deux enfants, savoir:
\') liutkens, Trophóes, Soppl. I, p. 208. — Lo 5 juillet 1655, Ie président van
Parijs transporta la seigneurie de Merxem-Dambrugge a son fils Philippc, conseiller
et recevour-général au quartier d\'Anvers, qui avait épousé (par contrat dojnariage
passé Ie 10 juin 4655, derant Ie notaire Gaspard van IJsendijck) Claire Jeanne
Rubens, fille du grand peintre et de sa seconde femme, Hélène Froment (B.).
-ocr page 34-
ao
1° Jacques Landelin, dont nous parlerons plu8 loin, et
2° Jacqueline Franyoise, qui naquit en 1651; elle fut baptisée
a Bruxelles (S\'e Gudule), Ie 24 noveinbre; parrain : Théodore le Roy,
chanoine a S\'ö Waudru, a Mons, remplacé a la cérémonie par Paul
Francois d\'Origone; marraine: Elisabetli Lucie Nijs. Cette enfant
mourut 1\'année suivante; elle fut enterrée Ie 3 juillet; son acte de
décès, ou niieux dit d\'enterrenient, porte: comende van achter den
nieuwen Cleijts.
*
Jacques Landelin fut baptisé (a Ste Gudule) Ie 15 juin 1(550 ; ses
parrain et marraine furent Ie président Jacques Ie Hoy et dainNe
Marie Anne Nijs.
Le 23 février 1668, Do minus Landelinus Ie Roy, nobilis Bmxellensis,
fut immatriculé a 1\'université de Louvain parrui les Falconenses (péda-
gogie du Faucon) *).
Il fut investi de la seigneurie de Tourneppe (relief du Ier février
1668), que ses tuteurs administrèrent pour lui pendant sa minorité.
Au nom de ceux-ci, sa tante Marie Anne Nijs assermenta, le 4 mai
1C69, Jean Antoine van Schoonbeke, succédant a feu son père Jean
en qualité de maïeur de Tourneppe a).
Landelin le Roy épousa sa cousine Anne Jeanne d\'Origone 3), qui
lui apporta, entre autres biens, la ferme del Grijet a Bauvecbain.
Le 25 avril 1692, il renouvela pour lui-mêrae et ses co-héritiers du
cbef de sa mère le serment féodal relatif a une rente hypothéquée
sur les seigneuries de Facuwez, de Hamme et de Sart; il reconnut,
en mêine temps, être remboursé du capital de cette rente. — De
concert avec sa femme, il greva la seigneurie de Tourneppe d\'une
hypothèque de 5000 fl. qu\'il avait empruntés a Anne Catherine Nocetti,
veuve de Gilles Dominique de Pape, conseiller au conseil de Brabant
et garde-chartes du roi. Le 30 septembre 1698, il fut investi de biens
a Meldert, provenant de la succession de sa grand\'mere, Jeanne
Maes (B.).
\') Matrioule de 1\'univei\'sitó de Louvain; Arch. générales du royaumo.
*) Greifes soabinaux cités.
*) Fille de Paul Frangois et de Marie le Roy.
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81
Le cbateau de Tourneppe ayant été incendié par les troupes fran-
caises, Jacques Landelin le Roy le fit reconstruire plus somptueux qu\'il
ne 1\'avait été auparavant\'), Le nouveau cbateau a été reproduit par
Jacques le Roy, dans plusieurs de ses ouvrages. La gravure est ornée,
au haut, des armes de la familie le Roy: d\'argent a la bande de
gueules; cimier: un vol de Vécu; supports : deux aigles, tenant chacune
une bannière aux armes. Le manoir se compose d\'un corps-de-logis
quadrangulaire; le perron d\'entrée est surmonté d\'une tourelle ornée
d\'un cadran solaire et couverte d\'une toiture bulbeuse. On arrive
a 1\'avantcour par une poterne, ornée des armes de le Roy et de Nijs
et précédée d\'un pont-Ie vis. En-dehors de ce dernier et des fossés,
rien ne décèle un caractère féodal a cette demeure.
Jacques Landelin devint aussi seigneur de Kesterbeke et de Rilleroij
(B. 379, p. 522). Il vendit Tourneppe au chevalier Pierre Fariseau,
seigneur de Steenockerzeel, Humelgem, Wambeke, Rollant, etc, et a
sa femme Catherine Robjjns (r. du 27 janvier 1701). Ces époux se
rendirent aussi acquéreurs de la seigneurie de Kesterbeke (B.).
Jacques Landelin mourut avant le 4 octobre 1715, car un acte
de cette date cite sa femme comme étant veuve.
Nous ne lui connaissons qn\'un fils: •
Cbarles Fran^ois Martin, qui, en compagnie de sa mère, figure dans
1\'acte précité de 1715, comme seigneur de Hautegrange. Il céda a
Pierre Fariseau, moyennant 5000 fl., la forêt de Kesterbeke (14 juillet
1705), el de concert avec sa mère, a Herman Everaertet asa femme,
Anne Goidtsenhove, une maison, avec jardin, verger et des terres
a Meldert, au lieu dit ter Mienen (3 février 1713; B.) a). Il vendit
ensuite, avec le consentement des autres intéresses, la ferme del Grijt
aux jésnites de Tongres 3).
\') Jacques le Roy, Castella cX Praetoria, etc, Grand Thêdtre Profane, etc.
2) Cettu proprK\'tó provenait do la suocession de Jeanne Maes.
*) A. Wauters, La Belginue ancienne et moderne.
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32
CHAPITRE IV.
Jacques II Ie Roy eut d\'Elisabeth Hoff, fille de Jacques et de
Marguerite Schelkens, un fils naturel Philippe \').
A la veillo de se marier, Jacques assigna, Ie 26 mai 1607, devant
Ie magistrat d\'Anvers, en faveur de eet enfant, une rente annuelle
de 75 florins Carolus, dont la mère de ce dernier devait avoir
1\'usufruit sa vie durant. Cet acte avait été précédé d\'un accord,
intervenu, Ie 14 février, devant l\'ofncial d\'Anvers, entre Jacques,
d\'une part et Nicolas Cocquiel et Victor Wolfart, mandataires
d\'Elisabeth Hoff, d\'autre part2). La rente précitée fut hypothéquée
sur la propriété du Steenborgerweert et les poudrières. A cette
époque, celles-ci étaient du nombre de cinq. Le 22 avril 1621,
Elisabeth Hoff reconnut, devant les échevins dAnvers, avoir recu
de Jacques le capital de cette rente. Voici le commencement de
ce document interessant: Jouffr. Elizabeth Hoff, ongehouwt, moer
meerderjarich ende heurs selfs tvesende, cum tutore voor heur selven
ende inden name van Philips le Boy, heuren (natuerUjcken) sone (bij
in... sic! ... heur verweckt bij Jacques le Roy commissaris generael van
weghen heur hoocheden over de poederen ende salpetren) .
. Il est a
remarquer que les mots que nous avons places entre parenthese
se trouvent biffés dans le registre aux actes scabinaux et qu\'en
marge on lit, en regard de la seconde radiation, les mots: Hic in
textu rectè expunctae duae lineae
3).
*) Nous sommes le premier il faire connattre 1\'irrégularité do Ia naissance de
Philippe le Roy, qui était parvenu, gr&ce a la connivence de la familie, il se
faire passer pour descendant légitime de son père naturel. Le 24 décbr. 1622,
1\'abbé de Tongerloo, Adrien Stalpaerts, chargea Philippe le Roy, innegesetene deser
stadt
(Anvers), de délivrer une quittance a l\'év6que Jean van Malder (citaties de
Si Bernard,
liasse N° 1191).
2) A., reg. N" 1, sub Kiofïel et Boge, f° 898.
a) A., reg. N" 4 de 1\'airnée 1621, f° 374.
-ocr page 37-
33
Le 2 janvier 1625, Elisabeth Hoff, fille de Jacques, transporta,
devant les échevins d\'Anvers, a (son fils naturel) Philippe le Roy,
ingesetenen ende poorter dezer stadt, une rente, dont une partie lui
était échue du chef de sa tante, feu Elisabeth Scheltkens, femme
de Jean van den Eynden1). Cette cession fut confirmée le 22 du
même mois 2).
Elisabeth Hoff mourut a Anvers en septembre 1627, agée de
64 ans. Elle y fut enterrée, au couvent des Grands Carmes, sous
une pierre sépulcrale placée par les soins de son fils et portant
cette épitaphe:
MORTIS TRIOMPHATORI SACRUM
& HEMORIAE
D. ELISABETHAE HOFF
NOBILI APUD FREIBURGUM BRISGOIAE
STIRPE ORIUNDAE
RARA SrORÜM AC VITAE INTEGRITATE
ET IN PAUPERES LIBERALITATE
CONSPICUAE
VIXIT ANN. LXIIII.
OBIIT XXII 3) SEPTEMB. CIO.IO.XXVII.
PHILIP. LE ROY EIUS FIL. D. DE RAVELS
& EEL. CUM LACRIMI8 POS. NECN.
M«IAE PATRIS SUAE JACOBI, EQtis DORPI SEPTI.
Dans la partie supérieure, cette pierre était ornée d\'un écu en
losange, coupé, au Ier; a deux croix pattées, au 2d, a une étoile
et a un croissant tourné.
On le voit, Philippe cherchait a dissimuler, dans cette épitaphe,
sa naissance irreguliere. Ne doit-on pas conclure de cette inscrip-
tion qu\'Elisabeth Hoff était morte, veuve de Jacques le Roy? En
efifet, nous ne voyons qu\'une explication a donner a ces mots:
M(emo)riae patris suae (lisez: suï) Jacobi, Eq(ui)tis Dorjn se2)(uï)ti,
a savoir: a la mémoire de son père, le chevalier Jacques qui est
enterre\' a Tourneppe
(en flamand Dworp ou Dorp). Dans la décla-
\') A., reg. N° 4 de 1\'année 1624, f° 331.
") A., N° 4, 1625, f° 133.
*) i: F., V, p. 329. Le Grand Thédtre Sacré porte: XX Septemb.
5
-ocr page 38-
34
ration qu\'il fit aux religieux du couvent des Grands Carmes, rela-
tivement a 1\'état civil de sa mère, Philippe la qualifia de femme
légitime de son père et n\'hésita pas a dire mort celui-ci qui était
encore en vie. Voici, extrait de 1\'obituaire dudit couvent, 1\'acte
relatif a 1\'enterrement d\'Elisabeth Hoff:
(Anno 1627) 21 sondagh naer tl. Dryvuld oft éca J) is begraven
in de deunen kerk-beuck naer \'t Noorden de
edele Vrouwe
Elisabeth Hoff, weduwe Ie Roy2).
Plus loin, nous donnerons de plus amples renseignements sur
Elisabeth Hoff et sa familie. Disons qu\'a la naissance de son nis
Philippe, Elisabeth se trouvait dans sa 33e année.
*              *
Philippe Ie Roy, flls naturel de Jacques, fut appelé a une belle
carrière. Doué d\'une intelligence et d\'une persévérance hors ligne,
il sut arriver aux plus grands honneurs.
D\'un mémoire laissé par lui, il en sera question plus loin, il
résulte qu\'il naquit en 1596. Le lieu de sa naissance nous est resté
inconnu.
L\'éducation du jeune homme a dü être des plus soignées, et, bien
que nous ne possédions guère de renseignements sur sa jeunesse,
nous croyons pouvoir affirmer que 1\'oeil paternel ne cessa de veiller
sur lui. Sa mère n\'était point une personne vulgaire. Appartenant
a une familie de la bonne bourgeoisie et bien apparentée, elle a
dü exercer une influence bienfaisante sur l\'éducation de son enfant,
qui semble 1\'en avoir récompensée par un attachement filial des
plus tendres. Une foule de documents démontrent que Philippe
entretint les meilleures relations avec son père et la familie de
celui-ci. En effet, nous le voyons souvent représenter leurs interets,
et tout prouve que la familie le tint en haute estime. On le verra,
la considération dont Philippe jouissait dans la familie le Roy et
*) D\'après d\'autres inscriptions du même registre, eet rfc"signifie: in de weke.
*)
Etat civil a Anvers.
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35
dans celle de la femme de son père, fut si grande, qu\'on n\'hésita
pas a lui accorder la main d\'une nièce de cette dame. Cette
alliance, qui faisait de lui lo cousin germain des enfants légitimes
de son père, nous explique Ie fait que la familie Ie Roy autorisa
Philippe a se faire passer póur nis légitime de Jacques II. Effeo
tivement, les lettres-patentes de noblesse qu\'il obtint par la suite,
Ie traitent toutes comme tel, et il porta les armes de la familie
sans aucune marque de batardise.
*              *
*
Dans sa carrière administrative, nous rencontrons Philippe d\'abord
en qualité de commissaire général des poudres et salpêtres du roi
(l.-p. du 16 janvier 1618). En 1638, il était conseiller et receveur
général des Ucentes du roi au quartier d\'Anvers. Avec ce titre, il
releva, Ie 2 mars de cette année, la forêt dite Papegan- ou Kerre-
man-bosch
sous Reeth, achetée de Lucie Maes, veuve de Jean de
Bot, forêt qu\'il céda, plus tard, a Pierre Verhagen et a sa femme
Anne de Clercq (11 février 1662; M). Par la suite, il devint, suc-
cessivement, commissaire général des vivres des armées du roi aux
Pays-Bas (l.-p. du 22 février 1642), surintendant des contributions,
greffier (l.-p. du 13 septembre 1642) et, enfin, conseiller et commis
des domaines et finances (l.-p. du 11 aoüt 1647) *). Le traitement
annuel qu\'il touchait comme tel s\'élevait a 1983 livres 4 sols,
monnaie de Flandre *). Il resta en fonctions jusqu\'au 10 mars 1661.
Sa haute intelligence et ses qualités remarquables attirèrent a
Philippe 1\'attention du gouvernement. Elles lui valurent une distinc-
tion qui devait lui donner la célébrité, en rattachant son nom a
1\'histoire générale du pays.
Afin d\'obtenir un armistice pendant les guerres qui ravageaient
le pays, le marquis de Castel-Rodrigo le chargea de se rendre a
La Haye auprès des Etats-Généraux (commencement 1647). Pour
\') Les quatre lettres-patentes susmentionnées se trouvent en possession de
M. Bouillart, a Mons.
a) C, reg. N° 45874, f 118.
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36
mieux réussir dans cette mission delicate et honorable, Philippe
recut des lettres de crédit pour Ie prince et la princesse d\'Orange.
Nous croyons intéresser nos lecteurs par la reproduction des trois
missives dont Ie gouverneur général munit son ambassadeur.
1.  Lettre aux Etats-Généraux:
„Messieurs, Messieurs les Estats-Generaux des Provinces Unies.
Messieurs.
S\'en allant par dela, Ie Conseillier et Greffier Philippe Ie Roy, surintendant des
contributions du costö de la France, a traiter des affaires pour lesquelles vous
luy aves accordé passeport, il m\'a semblé luy encharger de vous representer
quelques choses tendantes au bien publicq. C\'est pourquoy je vous supplie, de
Ie vouloir entendre, et en ce qu\'il vous dira luy donner enthière foy et creance,
en demeurant tousjours de toute mon affection,
Messieurs,
vostre bien humble serviteur
El Marquis de Castel Rodrigo.
De Bruxelles Ie 28 de Decemb. 1646."
2.  Lettre au Prince d\'Orange:
„A Monsieur, Monsieur Ie Prince d\'Orange.
A 1\'occasion du passeport que messieurs les Etats Generaux des Provinces
unies ont accordé au Conseillier et Greffier Philippe Ie Roy pour se rendre par
dela, et y traitter des affaires de quoy Ie dit passeport faict mention, je luy
ai enchargé de vous aller baiser les mains de ma part, et de vous communiquer
quelques choses concernantes Ie bien publicq qu\'il representera aussy auxdits
SSrs Etats. C\'est pourquoy je vous supplie de Ie vouloir ouyr, et en ce qu\'il
vous dira, luy donner entière foy et creance, en demeurant tousjours,
Monsieur,
vostre tres humble Serviteur
El Marquis de Castel Rodrigo.
De Bruxelles Ie 28 de Decemb. 1646."
3.  Lettre a la princesse d\'Orange:
„Madame, Madame la Princesse d\'Orange.
Madame,
Par occasion que j\'ay envoyé par dela Ie Conseillier et Greffier Philippe Ie
Roy, je luy ay enchargé de vous aller baiser les mains de ma part, et m&
mander les bonnes nouvelles que je desire de vostre Santé, que je vous supplie
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37
de luy departir, et a ce qu\'il vous dira de plus, adjouster entiere foy et creance,
et de me croire tousjours,
Madame,
vostre tres humble serviteur
El Marquis de Castel Rodrigo.
De Bruxelles, ce 25 Janvier 1647." *)
Par des lettres, dépêchées a Bruxelles, Ie 4 mai 1647, rarchi-
duc Léopold Guillaume, se confians a plain de la personne, preud-
hommle et suffisance de Phïlippe Ie Boy, sieur de Bavels, ConseilUer
te greffter des Domaines et Finances de Sa Majesté, Surintendant,
des Contributions de France <Sfl,
1\'envoya de nouveau a La Haye,
pour y négocier avec les Etats-Généraux une cessation d\'armes par
mar et par terre & la conclure & arrester pour Ie temps & la forme
qu\'il jugera convenlr
2).
Le succes fut complet. Pour 1\'heureux ambassadeur, il fut Ie
commencement d\'une longue série d\'honneurs. L\'archiduc lui témoigna
sa reconnaissance par une dotation qui semble avoir été fort impor-
tante. Il y joignit un superbe souvenir, tenu, depuis, en grand
honneur par la familie, savoir: une fort grosse chaisne d\'or avec la
medaille de Sa Majesté et de Varchiduc.
L\'avancement de Philippe
au rang de conseiller et commis des domaines et finances fut éga-
lement une des conséquences de son heureuse mission diplo-
matique.
Déja le 21 janvier de la même année (1647); Tempereur Ferdi-
nand III lui avait octroyé des lettres-patentes, données a Presbourg,
par lesquelles il conféra a Philippe le titre de chevalier, pour lui
\') D\'après des copies du temps, en possession de M. Bouillart, a Mons.
a) March., p. 415.
3) L\'effet indirect de la mission de Ph. le Roy fut la prise de la ville d\'Ar-
mentières par rarchiduc, en la même année. Pour de plus amples détails, on
peut consulter: L. van Aitzema, Sahen van Staet en oorlogh III. 156 (La Haye,
1669): möme auteur, Nederl. vredehandeling, II, 277, 321, 322; Q. van Loon,
Beschrijving der Nederl. Ilistoripenningen, II, 2e partie, p. 302. Jban Cools,
Templum pacis, L. N. Avancini, De Virtutibus.
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38
et sa descendance male, en 1\'autorisant a porter ses armes écartelées
de celles de sa mère, Hoff \').
En date du 15 janvier 1649, Ie roi Philippe IV lui fit dépêcher,
de Madrid, des lettres de confirmation de noblesse; on y mentionna
celles de 1\'empereur sans toutefois faire allusion a la dignité de
chevalier dont celui-ci avait gratifié Philippe. Cette pièce donnant
une courte biographie de notre personnage, il importe d\'en faire
connaitre un extrait:
„De la part de notre cher et feal Philippe Ie Roy, Sr de Broechem, Oeleghem, et
en Ravels, conseillier et commis de nos domaines et finances de nos Pays.
Bas et Bourgogne, nous a esté representé qu\'il seroit fils de Messire Jacques
Ie Roy, chevalier, Sl\'. de Herhaix, President de notre Chambre des comptes a
Bruxelles, et de Damoiselle Elisabeth Hoff, fille de Jacques Hoff, icelluy fils de
Mare Hoff, qui en son vivant auroit esté Chevalier et Consul de la rille de Frey-
bourg en Breisgou,
s) et qu\'il nous auroit servy lespace de trente et un ans en
plusieurs charges honnorables, sy comme de conimissaire general des munitions
de guerre, signamment des salpetres et pouldres, de commissaire general des
vivres de nos armées, de Sur-Intendant des contributions, de greffier de nos
domaines et finances, et qu\'a present il nous serviroit en ladite charge de con-
seillier et commis d"icelles et que durant Ie temps lesdits employs il nous auroit
rendu plusieurs services fort agreables, particulierement en Voccasion des sieges
des villes de Lens et de la Basse\'e et en la bataille de d\' Honcourt, et donné sg
bon ordre a la provision des vivres, non sans grand peril de sa vie, que Hen ng
auroit tnancqué, nonobstant la concurrence d\'ttn grand nombre de gens de guerre
en lieux esloignez de nos frontieres et sur Ie pays de l\'ennemg, qu\'outre ce il
auroit souvent secourru nos armées en occasions tres urgentes avecq des tres gran-
des sommes d\'argent qu\'il auroit avance de temps a aultre, sans aulcune recom-
pence a nos Lieutenans Gouverneurs et Capitaines Generaux de nosdits pays
bas et Bourgogne,
lesquels 1\'auroient aussy deputé en notre nom vers plusieurs
Princes et Seigneurs ou il se seroit acquicté a notre enthiere satisfaction, signa-
ment en la commission qu\'il auroit eu vers les Estatz Generaux des Provinces
Unies avecq lettres de creances, instructions et pouvoirs de nosdits Gouverneurs
Generaux au subject de la paix depuis conclue avecq lesdites Provinces Unies.
Et
comme 1\'Empereur Ferdinand troiziesme notre tres cher et tres amé bon frere
auroit accordé audit Philippe lettres patentes de confirmation de noblesse, datées
de XXJ° de Janvier XVIC quarante sept, il nous a supplié tres humblement
\') Archives impériales et royales de la noblesse, a Vienne.
\') On verra plus tard ce qu\'a été réellement ce Mare, grand-père d\'Elisabeth Hoff.
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39
qu\'en consideration de sesdits services et pour obvier a toutes disputes et con-
tradictions que de la part den Rot/s et heraults d\'armes ou aultres quelconcques
luy pourroient estre meues
en ce regard, notre bon plaisir fut de la conflrmer
et approuver, luy accordant aussy Ie port des armoiries qui s\'ensuivent, scavoir
est mm escu escartelê; au premier et dernier, d\'argent a la bande de gueules,
representant les armoiries paternels; au troiziesme et deuxiesme, de gueules a
une estoille et ten croissant tourné d\'or, au chef d\'argent chargé de deux croix
alaizées de gueules,
\') représentant les maternelz; timbre treilisé de sept barreaux,
au lieu de bourlet une couronne d\'or, lambrequins d\'argent et de gueulle, et pour
cimier deux aisles dressées d\'argent couppez a la bande de gueules, au milieu
d\'iceulx une croix hierosolomitaine de gueule, Ie tout supporté de deux Suisses,
la picque a la main avec son bannerolet au bout
(C. 146 fo. 91).
C\'est a tort que la croix du cimier, empruntée aux armes des
Hoff, est dénommée une croix de Jérusalem; c\'est une croix de
Lorraine ou patriarcale, pattée, de gueules, Ie bras inférieur recroiseté.
Voici une reproduction exacte du sceau de Philippe Ie Roy:
Ce sceau est attaché a une charte, de 1649, en possession de
M. Ie baron Hipp. de Royer de Dour, a Bruxelles.
Le titre de chevalier fut accordé a Philippe Ie 15 aoüt de la
même année (1649).
A quelque temps de la, celui-ci exposa, dans une requête au
\') Dans son mémoire de 1674, Philippe le Roy blasonne Hoff coupé... au
lieu d\'un chef... et cette version semble être la bonne ; les croix sont pattées.
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roi, que, par les lettres-patentes du 15 janvier 1649, il avait été
autorisé a porter dans ses armes des bannerolets sans qu\'il y soit,
exprimé si ceux doivent etre quarrez ou en pointe: & comme cette
difference luy pourroit estre disputée, veu mesme qu\'au lieu de ban-
nerolets, qu\'il auroit demande, devroit estre dict bannerets au bien
banneroles,
il supplie Ie monarque de lui octroyer la permission
de remplacer les bannerolets par des bannerets ou bannieres en forme
quarrêe,
de la facon que les portent les chevaliers-bannerets\').
Le roi fit droit a cette demande par lettres-patentes, données a
Madrid, le 11 décembre 1651 \'2).
Enfin, par lettres, données a Luxembourg, le 30 mai 1671,
1\'empereur Léopold Ier récompensa les services de Philippe le Roy
en lui octroyant le titre de baron, respectivement de baronne de
Brouchem, pour lui et toute sa descendance des deux sexes, du
nom de le Roy: sane cum lucnlentis ac fide dignispublicisque docu-
mentis nobis innotuerit, te Philippum Le Roy, sanguinem tam ex
materna quam paterna linea, ultra tertium secidum, tam ex Imperio
qnam ex Gallia ac Belgicis Provinciis trahere nobilem . .
., et tua
maiorumque tuorum obsequia, ac potentissimum pax inter Regem
CathoUcum Philippum IV & Foederatos Belgii Ordines tua etiam
opent conc\'diata, cum in Augustissimae Domus nostrae Austriacae
& Sacri liomani Imperii cotnmodum cesserint
....3).
Le titre de baron fut confirmé a Philippe par la reine-gouvernante,
ainsi qu\'on peut le voir par la pièce suivante:
„La Reyna Govern».
Don Phelipe Le Roy de Bruchem, Podreis accoptar el Titulo de Baron del
Imperio en la forma que os ha hecho mrd, el sermo Emperador mi hermano,
\') Clément Prinsault, auteur du plus ancien traite du blason en France
(1416) fait remarquer: Estaudars en batailles et joumées sontplus nóbles quebanières,
comphanons
(gonfanons) que panonceaux, panonceaux que banderolles, banderolles
que crevechiez, crevechiez que jarretih\'en, jarretières que bagues.
Comp. d e
R o u c k, Den. Nederl. Heraut ofte Tractaet van Wapenen, p. 192.
a) Christijn, Jurisprudentia heroica.
3) Archives de la noblesse, a Vienne; I. le Roy, Erection de toute» les terres, p. 71.
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que yo huelgo mucho de que los vasallos del Rey mi hijo se hallen favorecidos
de su Magd Cess" y mas obligados por esto a su servizio, y de que se emplee
esta honrra en persona como vos : De Madrid a 10 de Abril 1675, y era Armada
yo la Reijna y mas abajo Don Pedro Coloma, y sellado con el sello de Su
Magd, el sobre scrito era, Por la Reyna Gover».
A Dn Ph° Ie Roy de Bruchem,
Collata concordat cum suo originali quod attestor.
J. Jacops Nots Pubcus
1675" *).
Philippe avait rendu au gouvernement, a plusieurs reprises, des
services d\'argent. Dans la déclaration de noblesse qu\'il se fit délivrer,
en 1671, par P. A. de Launay, ce roi d\'armes dit qu\'au témoignage
des registres de la Chambre des comptes de Brabant, les avances
faites par Ie seigneur de Broechem en divers temp» montent ensemble
ei plus de trois millions.
Sans vouloir discuter 1\'importance de ces
avances, nous devons dire qu\'elles ont dü être tres importantes.
De nombreuses lettres du gouverneur général de Mello sont la pour
1\'attester; quelques-unes d\'entre elles vont jusqu\'a dire que les
services de Philippe ont sauvé les Pays-Bas d\'une ruine complete.
Une lettre du Prince-Cardinal, datée du 10 décembre 1640, est
également des plus élogieuses pour notre personnage. 2).
*                  *
*
Philippe Ie Roy épousa a Anvers (Saint-Georges), lo 29 Mars
1631, Marie de Raet, y baptisée (Saint-Jacques) Ie 30 décembre
1614, fille de Francois, aumönier de la ville d\'Anvers, seigneur de
Couwensteyn (sous Lillo), propriétaire du fief de Ten-Noele (sous
St. Oedenrode), du chateau dit Postmeestershof\'*), a Berchem, etc,
et de Marguerite Maes, sceur de Jeanne, qui était femme de Jacques II
\') Acte en possession de M. Bouillart, a Mons.
a) Pièces en possession de M. Bouillart, a Mons.
8) Ce chateau doit son nom a son constructeur, Antoine de Tassis, maltre
des postes de Brabant; voyez Stockmans, Geschiedenis van Berchem.
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Ie Roy *). Par ce mariage, Philippe devint donc Ie neveu de son père.
Marie de Raet était petite-fille d\'Arnould de Raet, membre de
rillustre confrérie de Notre-Dame,
a Bois-le-Duc, et d\'Ermgarde
Boudewijns van Berlicum, fille de maitre Walter, propriétaire du
fief de Ten-Noele, et d\'Aleyde Noppen.
En 1626, Philippe Ie Roy prit en engagère du domaine, moyen-
nant 2000 livres, a 40 gros de Flandre, la haute, moyenne et basse
juridiction du village de Ravels, pres de Turnhout. Cette acquisi-
tion lui fut confirmée par Ie roi Philippe, Ie 14 aoüt. A cette époque,
Philippe Ie Roy était commissaire général des salpêtres et poudres
du roi. Il fit Ie relief de la seigneurie de Ravels, devant la cour
feodale de Brabant, Ie 23 juni 1629 (B.).
En 1634, il acheta de 1\'höpital de Turnhout un droit que celui-
ci exercait dans Ie village de Ravels et que 1\'on nommait: la
trouvaille des animaux égarés (vont van verloren beesten). Ce droit
fut conflrmé a Philippe par Ie conseil de Brabant, Ie 2 Avril 1654.
Plus tard, Ie Roy rétrocéda au fisc la juridiction de Ravels, tout
en conservant la trouvaille des animaux égarés dans cette commune.
De la que, depuis, il ne se qualifia plus seigneur de Ravels, mais
seigneur en Ravels2).
\') Francois de Raet mourut a Anvers, Ie 22 juillet 1633; il y fut enterré,
en 1\'église St. Georges, sous un beau monument orné d\'une épitaphe latine et des
armes de Raet (les patins) et de Maes: parti de Raet et de Maes: les trois têtes
de cerf, brisé en ablme d\'une molette ou d\'une etoile. — Marguerite Maes, morte
dans sa maison de la rue Floris, Ie 14 janvier 1645, a 1\'Sge de 62 ans, fut
inhumée prés de son époux (voyez leur épitaphe et leurs obits: J. F.) Les enfants
de Francois de Raet obtinrent de nombreuses confirmations de noblesse (1645,
1667, 1675 etc). Pour la filiation, on peut consulter aussi B. 372, f» 154, et B
45, f» 168, etc.
2) Pour 1\'histoire de cette commune, nous renvoyons aux ouvrages de Jacques
Ie Roy et a un article intitulé : Notes pour servir a 1\'histoire de la paroisse de
Raevels (Analectes pour servir & 1\'histoire ecclésiastique de la Belgique,
VI,
463 a 507).
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Le 20 Avril 1644, il acheta du domaine, moyennant 7534 livrea
14 sols, plus la même somrae versée pour 1\'engagère, les sei-
gneuries de Broechem et d\'Oeleghem, dans la mairie de Santhoven,
avec haute, moyenne et basse juridiction. A cette époque, il exer-
9ait les fonctions de greffier du conseil des finances1).
Le ler décembre 1654, il se rendit acquéreur, en Ia chambre
d\'TJccle, de la seigneurie de Chapelle-Saint-Lambert (mairie de
La Hulpe), qu\'il releva le 15 du même mois. Cette popriété lui fut
disputée par Nicolas Antoine de Spangen, seigneur de Moustier-
sur-Thuyl, d\'Ottignies, etc. Le proces fut terminé en faveur de
Philippe, par sentence du 12 janvier 1657 2).
A Broechem, Philippe le Roy fit construire un superbe chateau.
Il utilisa pour cette construction une partie des fondations d\'un
manoir antérieur qu\'il avait acheté, en 1649, de Guillaume van der
Rijt, seigneur de Wuestwezel, Westdoorne, etc, drossard et sur-
intendant de Bergen-op-Zoom, et, autrefois, seigneur-engagiste de
Broechem et d\'Oeleghem. Ce manoir était nommé het Root hoffken
ou \'t huijs van Oosten; il avait pour dépendances une brasserie,
un jardin, un verger et diverses terres. L\'acte de transport porte
que, dorénavant, ce castel sera dénommé le chateau de Broechem
(het hoff van Broechem)
3). Dans les ouvrages de son fils, on
trouve plusieurs vues du nouveau chateau, prises de différents
cótés. Les gravures sont ornées, dans les coins supérieurs, des
armes de de Raet et de le Roy (écartelées de Hoff) sommees de
\') B. 110, f» 454, et March., 173 a 188.
s) Proces plaidés devant la cour feodale de Brabant; No. 829/2223.
s) Deux actes en possession de Mr. le baron Hipp. de Royer de Dour, qui
conserve la presque-totalité des archives concernant la seigneurie de Broechem.
Il nous les a communiquées avec beaucoup d\'obligeance. Après avoir appartenu,
pendant plusieurs générations, aux van Colen, le chateau de Broechem avec
ses dépendances passa aux de Fraula et, ensuite, aux de Royer, qui le cédèrent
a M. Emile Moretus de Bouchout, propriétaire actuel du chateau. Nous en avons
retracé 1\'histoire dans un travail spécial, intitulé: Notice historique sur le village
de Broechem.
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couronnes. Sur quelques-unes de ces gravures, on remarque dans
1\'avant-cour, un élégant carrosse a quatre chevaux et plusieurs
cavaliers, devant et derrière eet attelage.
Philippe fit batir Ie chateau de Broechem sur les données prin-
cipales du chateau féodal, dont les traditions étaient restées vivaces,
malgré Ie mouvement de la Renaissance et les nécessités d\'une
nouvelle organisation sociale. En effet, les trois vues de la Notitia
Marchionatus S. B. J.
nous montrent un ensemble composé d\'une
avant-cour ou lice, précédée d\'une longue drève plantée de dix
rangées d\'arbres, du chateau proprement dit et de jardins. De la
lice, un pont-levis tout en bois mène a une poterne, dans laquelle
quelques meurtrières rappellent Ie souvenir du chateau défensif. De
cette poterne, on pénètre dans la cour principale; une fois dans
celle-ci, on trouve a droite Ie corps-de-logis principal. Il se con-
tinue en retour d\'équerre vers Ie fond et consiste en un batiment
a deux étages sur soubassement, orné de bandeaux horizontaux et
verticaux de pierres, continuant les lignes des seuils, meneaux et
linteaux des fenêtres. Dans Ie fond de la cour et devant ces bati-
ments, se dresse une tourelle élevée et couronnée d\'une svelte
toiture bulbeuse et qui semble avoir contenu 1\'escalier, ce qui est
dans les traditions de 1\'architecture du temps. A gauche du pont-
levis, la cour intérieure est bornée par une courtine, ornée de
merlons a amortissement. Une grosse tour ronde termine 1\'angle
du chateau de ce cöté; elle contient a son sommet un pigeonnier,
tandis qu\'a sa base se montrent quelques meurtrières. Le chateau,
entouré de fossés, est agrémenté de vastes jardins symétriques,
ornés de berceaux de verdure, de cabinets et de niches garnis de
statues, suivant le gout du temps.
Nous croyons interessant de reproduire ci-dessous le sceau, aux
armes du seigneur, dont se servirent les échevins de Broechem, du
temps de Philippe le Roy.
Ce sceau se trouve attaché a un document, de 1650, en posses-
sion du baron Hipp. de Royer de Dour1).
\') Nous avons déposé dos moulages de ce sceau et du sceau personnel de
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En 1621, Philippe Ie Roy transporta, devant Ie magistrat d\'Anvers,
au nom des héritiers de Guillaume Maes et de Marguerite van den
Nieuwenhuijsen, a Mathieu de Cnoddere une ferme avec 13 a 14
bonniers de terre, a \'s Gravenwezel. Le 9 décembre 1623, agissant
comme mandataire des chevaliers Corneille Hooftman et Olivier
Cromwel, de la femme de ce dernier, Anne Hooftman, de Marguerite
et de Béatrice Hooftman, toutes sceurs dudit Corneille, il céda a
Balthasar van Nispen, négociant a Anvers, une maison dite het
cleyn vleeschhuys,
prés de 1\'église Sainte-Walburge (A.).
Le 14 novembre 1624, le conseiller Jacques le Roy chargea
devant le notaire Pietquin, a Bruxelles, son fils {zijnen zone) Phi-
lippe le Roy, commissaire général des salpêtres et poudres de Sa
Majesté, de recevoir pour lui un capital de Henri Stock, membre
de la chambre pupillaire, a Anvei-s. Le 4 juin 1626, Philippe donna,
devant le même notaire, une procuration pour opérer la saisie des
biens de feu Herman Antoine de Marneffe, seigneur de Gesves1).
Le 19 février 1630, il vendit une maison pour messire Jean van
Bodecq ainé, a Francfort, veuf de Marie Borremans, fille d\'Arnould.
Lorsque les héritiers Maes vendirent a Gérard Bouwens, le jeune,
Philippe le Roy, dans la colleotion sigillographique du Musée royal d\'antiquités
et d\'armures, a Bruxelles. Tous les deux sont de petits chefs-d\'oeuvre de gravure.
*) Minutes du notaire Pietquin.
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46
een groot sternen huys in de Mattestraet, et une rente a Jean Roose,
jadis trésorier et alors échevin de la ville d\'Anvers, Philippe y
assista en qualité de mandataire de son père et de la femme de
celui-ci (13 janvier 1632). La maison précitée avait été achetée
par Guillaume Maes de messire Nicolas de Stembor, agissant au
nom du chevalier Jean Damant, amman d\'Anvers (7 février 1594 ; A).
En instituant des messes, dans 1\'église S* Georges, a Anvers,
Marguerite Maes, veuve de Francois de Raet, chargea son gendre,
Ie seigneur de Ravels, de veilier a ce que ces messes fussent dites
régulièrement (22 octobre 1633)\').
Philippe possédait a Mortsel, au Luythagen, endroit mieux connu
de nos jours sous Ie nom de Vieux-Dieu, un manoir, ou maison de
plaisance, dite ter-Varent, qu\'il vendit, Ie 22 mai 1641, a sa belle-
mère 2). Le 23 octobre de la même année, Ie chevalier Jacques Ie
Roy, seigneur d\'Herbais, céda a Philippe une rente de 40 florins
sur les monts-de-piété de Bruxelles 3). Lors du partage des biens
de ses parents (28 janvier 1645), Marie de Raet, femme de Joncker
Philippe le Roy, seigneur de Ravels, greffier des finances de Sa
Majesté, recut pour sa part des immeubles: une ferme avec ap-
et dépendances de 20 bonniers 87 verges, a Wilrijck, une parcelle
de terre, dite den Ondersteen, et une forêt, dite den Alffberch,
a Aertselaer (A.).
Ce document démontre que Philippe prit le titre de Jonker avant
les lettres-patentes de noblesse de 1647. Ces lettres patentes,
il est vrai, constituent une confirmation de ses droits nobiliaires,
mais ces droits, on 1\'a vu, étaient plus que douteux.
Le 31 octobre 1648, le chevalier Philippe le Roy, s*" de Ravels,
\') A.-Par son testament du 12 mars 1643, la veuve de Francois de Raet
nomma pour executeurs de ses dernières volontés et tuteurs de ses enfants mineurs:
Jacques van Eijcke, trésorier de la ville d\'Anvers, et maitre Melchior Haecx,
en leur adjoignant le chevalier Jacques II le Roy, président de la chambre des
coinptes, comme toesiender ende assistentie (A.).
2)  Greffes scabinaux de Mortsel; communication de Mr. Stockmans, archiviste
do Borgerhout-lez-Anvers.
3)  Minutes du notaire Pietquin.
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conseiller et commis des domaines et finances du roi, transporta
a son beau-frère Dominique de Baedtl) la moitié de la forêt dite
Moijerbosch ou Meijerbosch, a Keeth, en diminution du prix d\'une
maison, située derrière 1\'église Sainte-Gudule, a Bruxelles, maison
qu\'il avait achetée de son dit beau-frère. Il avait été investi de
cette forêt, par suite d\'achat de Jacques de Brouwer, capitaine de
la milice d\'Anvers, et consors (M.).
Avec l\'évêque d\'Anvers, Gaspard Nemius, et 1\'abbé de Tongerloo,
Augustin Wichmans, Philippe eut des difficultés au sujet du droit
de faire des plantations d\'arbres dans les seigneuries de Broechem
et d\'Oeleghem. Les deux prélats possédaient dans ces villages des
biens importants et certains droits seigneuriaux. L\'évêque invoqua
un privilege accordé, jadis, a ses prédécesseurs par la familie des
Berthout; 1\'abbé fit valoir ses droits uit sekere andere consideratie.
Un accord, intervenu entre les parties Ie 5 décembre 1650, fut
agréé par Ie roi Philippe, Ie 17 aoüt suivant2).
Le 31 octobre 1651, l\'évêque autorisa Philippe a faire dire la
messe dans sa chapelle castrale de Broechem 3). Dans 1\'église parois-
siale de cette localité, celui-ci institua un anniversaire pour sa
défunte femme. De ce chef, il assigna, le 10 novembre 1663, la
rente de 10 fl. a lui cédée autrefois par sa mère4).
Il demeura dans sa place de conseiller de la chambre des comptes
jusqu\'au 10 mars 1661, estant le lendemain son fils .. . Jacques.. .
succeda en sa place. Du chef de traitement, dü pour les derniers
69 jours, on lui paya, suivant quittance du 30 décembre 1662, la
somme de 373 livres 10 sols 5).
\') Il fut échevin d\'Anvers, conseiller et maltre surnuméraire de la Chambre
des comptes, seigneur de Luttéal, etc, et eut pour femme Jacqueline Puteanus,
fille légitimée de 1\'auditeur général Pierre Puteanus, de laquelle il eut postérité.
Il mourut en Espagne, après avoir contracté une seconde alliance.
a) C, N° 146, f° 150.
*) March., p. 176.
*) Ibid., p. 186. Dans la même église se célébrait plus tard un anniversaire
pour le repos de 1\'ame de Philippe.
•) C. 45874, f° 118.
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48
Depuis, bien que n\'étant plus en fonctions, Philippe continua
a prendre dans tous ses actes les titres de conseiller et de com-
mis des domaines et finances.
En 1635, les aumöniers en fonctions de la ville d\'Anvers firent
placer en 1\'église Notre-Dame, a Anvers, au-dessus de la chambre
des aumóniers, une verrière représentant les sept oeuvres de misé-
ricorde et les portraits des donateurs. Au-dessous de ces portraits,
on lit: Petrus de Haze, Guil. F. Carolus Batkin, Phi-
lippus Ie Roy, Petrus Janss. de Bisthov\'en huius Urbis
Eleemosynarii pio affectu Poni curarunt Anno
CIO.IO.C.XXXV. Les armes de Philippe, sur cette peinture (Ie Roy
écartelé de Hoff; casque, couronne, cimier), sont accompagnées de
la devise: Servire Deo rengnare (sic!) est1).
Un tableau de 1\'église Saint-Augustin, a Anvers, orné des armes
de Ie Roy (comme ci-dessus), porte les devises: Servire Deo
regnare est. et: lei Douleur, la hault Bonheur. Ce tableau
a été donné a ladite église par Philippe Ie Roy et Marie de Raet *).
Ces époux figurent aussi parmi les bienfaiteurs de 1\'église Sainte-
Gudule, a Bruxelles. Ils contribuèrent largement aux frais de con-
fection d\'un tabernacle en argent qui fut place sur 1\'autel du
Saint-Sacrement de Miracle, grace aux libéralités de quelques
habitants de la ville. Ce tabernacle, disparu maintenant, portait
1\'inscription: D. O. M. Populi Bruxel. pletas D. C; sur les portes
du bas, on lisait: Domini Ie Roy L. Bar. de Brouchem V. S. B. J. &
Mariae de Raet, eius coniugis.
La chapelle du Saint-Sacrement de Miracle avait été 1\'objet
d\'autres largesses de la part de ces époux. Rs avaient fait don,
entre au tres, d\'une couronne ornée des portraits des douze premiers
empereurs d\'Autriche
et portant, a 1\'intérieur, une longue inscription 3)
\') J. F. I, 729.
2) J. F. IV, 255. Voyez plus loin les devises du monument funeraire des
deux époux.
s) Cette inscription a été reproduite par J. A. Rombaut, Het verheerlijkt of
opgehelderd Brussel.
I, 144. Le donateur est nommé: Nob. Vir D. Phüippus
Ie Boy D. de Bavels & Jacobi Praesidis filius.
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49
latine. Ce cadeau fut accepté par Gruillaume Bi\'ant, chanoine et
trésorier de 1\'église, et Ie chevalier Francois de Dongelberghe,
seigneur de Herlaer, Zillebeke etc, bourgmestre de Bruxelles et
membre de la fabrique de l\'église. Dans 1\'acte qui fut dressé a ce
sujet, Ie 15 novembre 1638, ils promirent de placer cette eouronne,.
aux grands jours de fête, sur Ie tabernacle du Saint-Sacrement de
Miracle, de faire dire une messe solennelle en 1\'honneur du Saint-
Sacrement et une messe annuelle, a perpétuité, pour Ie bonheur
des époux ici bas et, après leur mort, pour Ie salut de leursames \').
A Bruxelles, Philippe résidait rue d\'lsabelle; cela est prouvé
par 1\'obituaire de Sainte-Grudule 2).
L\'année 1648 fut pour lui et sa femme une année de dures
épreuves: ils furent frappés dans leurs plus chères affections par
la perte de trois enfants:i).
Les portraits des époux furent peints par Van Dijck. D\'après
une note, datant du milieu de ce siècle, trouvée dans les papier»
de notre familie, ils faisaient partie de la galerie de M. H. van
Havre. Le portrait de Marie de Raet aurait été vendu 4000 florins,
mais la note ne porte ni quand cette vente eut Keu, ni les noms
du vendeur et de 1\'acheteur. Dans la liste des portraits que Voi-
sterman fut appelé a exécuter d\'après Van Dijck, et peut-être
sous les yeux du peintre, dit M. Henry Hijmans, il est une planche
qui doit surtout attirer notre attention. C*est le portrait de Philippe
Le Roy, seigneur de Kavels\'\'). Vorsterman n\'avait-il pointrépondu
a 1\'attente de Van Dijck? Se montra-t-il fautif aux yeux du person-
1)    Voor de welvaeri van den voornoemden heer genre ende van Jouffromce
Maria de Raedt, zijne huysvrouwe, ende voorspoet ende bewaerenisse van hunne
familie, ende naer hunne doot tot laeffenisse van hunne zielen
(registre aux
résolutions; Archives do l\'église Sainte-Gudule). Si la femme de Philippe est
qualiflée de jouffromce, et non pas de vrouwe, c\'est qu\'il n\'était pas encore
chevalier alors.
2)  Inscriptions de 1647 et 1648.
3)  L\'obituaire ne renseigne pas les noms de ces enfants; pour les deux premiers,
il porte seulement: tin enfant, pour le troisième: une file de Mr. le Coinmis le
Roy.
Les enterrements eurent lieu le 20 février, le 31 Mars et le 10 novembre\'
4)   Weher, p. 125; Wibiral, No. 167.
7
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50
nage dont il était chargé de reproduire les traits? Comment Ie
savoir ? Il se fit pourtant que 1\'ceuvre — d\'ailleurs remarquable et signé
de lui *) — n\'eut qu\'un tirage borné dans son état primitif et qu\'un
autre graveur, Paul Pontius, fut appelé a refaire Ia téte en con-
servant, pour Ie surplus, tout Ie travail de son prédécesseur. Le
monogramme de Vorsterman disparut et le nom de Pontius seul
fut inscrit au bas de la planche. Enfin, au quatrième état, sous les
mots: Philippus Le lioij, Dommus de Bavels artis pictoriae amator
et cultor,
1\'on inscrivit la date 1631").
Quelques exemplaires de 1\'ouvrage de Jacques le Roy : Castella
et praetorla nobilium Brabantiae,
etc.J) contiennent, comme fronti -
pice, un beau portrait de Philippe, père de 1\'auteur. Ce portrait
fut gravé, en 1648, par Paul Pontius, d\'après une peinture du
célèbre Anselme van Hulle qui ne recula pas devant 1\'oeuvre
immense de peindre d\'après nature tous les plénipotentiaires réunis
a Munster pour le congres de 1648 !). En-dessous de la gravure, on
lit: Anselmus van Hulle plnxlt Hagae Comitis. Paulus Pontlus sculpslt,
accessit Privilegium Caesareum. Cum prlvilegio Regum, et Hollandiae
ordinum 1648.
Ce portrait est orné des armes du personnage (comme
ci-dessus), avec la devise: Servire Deo regnare est. En-des-
sous, il y a:
PHILIPPUS LE ROY EQUES AUEATUS
D0MINUS DE KAVELS, BEOECHEM ET OELEGEM,
PHILIPPO IV HISPANIARUM ET INDIARUM REGI
A CONSILIIS, SUPREMIQ. PER BELGIUM AERARII ASSESSOR
NEC NON PENES UNITAR. INFERIOHIS GERMANIAE
PROVINCIAR. OHDINES AD PACIS NEGOTIUM
PROMOVENDUM DEPUTATUS.
\') Le monogramme du maitre se voit dans le fond vers le haut de la droite.
a) Henry Hijmans, Histoire de la gravure dans l\'école de Rubens.
8) Edition de 1699.
\') Anselme van Hulle (t en 1665, a Gand), appartient a l\'école flamande.
Elève de G. de Craoyer, il s\'établit en Hollande oü il se fit une réputation telle
que le prince Frédcric-Henri 1\'attacha a sa personne et 1\'envoya a Munster,
pour y peindre les portraits des plénipotentiaires qui assistèrent au traite (Ad.
S i r e t, Diction. hist. et raisonné des peintres).
-ocr page 55-
51
Un autre portrait de Philippe fut gravé par A. van Dijck\'); un
quatrième par P. Aubry, dans sa collection des Pacificateurs.
Les traits de Philippe nous ont été transmis encore par une
médaille, gravée, en 1656, par Adrien Waterloos. Elle a été repro-
duite par Gérard van Loon, dans son célèbre ouvrage: Beschrij-
ving der Nederlandsche Historipetmmgen,
II, 2e partie, p. 302. A la
face, on voit Ie buste en profil a gauche; sur la tranche du bras,
on lit: Aet. 60. Légende: Ph* Le\' Roy" Eq# Bann" D* De-
Brovchem" 7a Regis\' Supr\' Aerary" A\' Cons\' Devant le buste
le monogramme du graveur: A W A\' F. Au revers: écu, écartelé
de le Roy et de Hoff (coupé), accosté des deux bannières de Philippe.
soutenues par un ruban ondoyant et formant un nceud gracieux
au-dessus de 1\'écu; au haut, un listel avec cette inscription:
Maïs\' le\' Roy" sesiouira* en- Diev\' Ps. LXIP; a 1\'exergue, un
autre listel avec la devise: Serv Deo" regnes. C\'est a tort que
Van Loon place cette médaille en 1647.
Dans un article, intitulé Becherelies numismatiques\'"), M. Alph.
de Witte, bibliothécaire de la Société royale de numismatique de
Belgique, nous apprend qu\'elle est en argent et que le cabinet
royal de La Haye et M. E. Van den Broeck, a Bruxelles, en possè-
dent des exemplaires.
Le savant auteur joint a sa notice une repoduction de cette
médaille. Ce qui rend ce petit travail particulièrement interessant,
c\'est la description d\'une pièce en bronze, coulée, fort curieuse que
possède M. de Witte. Cette pièce a pour face celle de la médaille
de Philippe le Roy; au revers, elle présente ... /e sceau des êchevim
de Broeehem,
tel que nous 1\'avons reproduit plus haut \').
*) Voyez H. Hijmans, op cit.; le Bibliophile Beige, XII, 1877, p. 194 et 197.
a) Revue beige de numismatique, 1890. Comp. la même revue, 1855, et J. Dirks,
Penmngkundig Repertorium (Naeorsvher, 1881, p. 19).
3) La légende de ce revers-sceau est, en effet: S. Phil. le Roy, Eq. D.
de Broechem. et Oelegem. et ScAB(inorum). iBiD(em). Jacques le Roy avait
du roste déja reproduit ce sceau scabinal de Broechem, dans sa Xotitia Mar-
ehionatus S. li. J.
— M. de Witte a été victime des ouvrages généalogiques quant
a la flliation de Philippe le Roy. Rappelons, a propos de la lettre susmentionnée
-ocr page 56-
52
D\'après ce que veut bien nous écrire un numismate distingué,
M. Ie comte M. de Nahuys, un autre exemplaire de cette pièce se
trouve dans la collection de M. Frédéric Mayer van den Bergh, a
Anvers.
Notre honorable correspondant ajoute que, pour lui, l\'authenti-
cité de cette médaille est incontestable. A 1\'appui de cette appré-
ciation, il nous signale ces quatre exemples de médailles ayant
également pour revers des sceaux:
1° celle de la ville de Dockum, de 1582 x);
2° celle frappée en 1\'honneur de la princesse Anne d\'Angleterre,
veuve de Guillaume IV, prince d\'Orange, mère et tutrice de Guil-
laume V; sans millésime, classée a 1\'année 1752; revers: sceau de
la ville de Sneek; armoiries couronnées, avec support et tenant;
légende : S I GI L L (urn) U R B (is) SNECANAE;a 1\'exergue, dans
un cartouche: S. P. Q. S.
3° médaille en 1\'honneur de la princesse Marie Louise de Hesse-
Cassel, veuve de Jean Guillaume Friso, prince d\'Orange-Nassau ;
sans millésime, classée a 1\'année 1759; revers: sceau de la ville
de Sneek 2);
4° médaille de la ville de Winterthur; revers: sceau équestre
de Kodolphe, comte de Habsbourg: légende: 83 COtlttt\' 1Rub\'
ö\'lfoabesb. Xatgravft. Hlsatiae 3).
M. de Nahuys pense que Philippe Ie Roy aurait fait faire un
<lu prévöt Morillon au cardinal de Granvelle, qu"elle semblc faire allusion nu
mnriage de Jacques I°r avec Anne Gommersbach. Quoi qu\'il en soit, elle ne peut
avoir trait au manage de Jacques II avec Elisabeth Hoff, comme Ie dit M. de-
Witte, pour la bonne raison que ceux-ci n\'ont jamais été mariés. Nous aurions
été heureux de découvrir la missive de Morillon a du Blioul, pour avoir Ie mot
de Ténigme. Les recherches que nous avons faites il eet effet a la Bibliothèque
royale de Bruxelles, de même que nos démarches a Malines, a Turin, il Besaneon
et a Madrid, n\'ont pas donné de résultat. Le savant archiviste général du roynume,
M. Ch. Piot, ne possède pas, sur ce point, d\'autres renseignements que ceux
publiés dans sa Corri\'xpondanci du Cardinal de Granvelle.
\') Van Loon, T. I, p. 327, N" 2.
2) Ibidem, T. V, pp. 389 et 390; pi. XXXII, nos 350 et 351.
°) Publiée dans les BUltter fiir Miinzfreunde, I, p. 4, pi. I, N° 3.
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58
certain nombre de ses médailles, avec Ie sceau des échevins de
Broechem, pour Ie magistrat de cette localité. Ce serait donc Ie
magistraals penning de Broechem ! ?
Les \'armoiries des époux Ie Roy-de Raet se voient, encore de
nos jours, dans Ie Maagdenhuis, a Anvers \').
Dans Ie chceur de 1\'église Sainte-Gudule, il existait, autrefois,
dans une des balustrades, une colonnette en cuivre aux armes de
Philippe Ie Roy 2).
*              *
*
Philippe Ie Roy a laissé un mémoire interessant qui fut authen-
tiqué, Ie 10 mai 1674, par Ie notaire Claessens, a Bruxelles. Il en
résulte que notre personnage se trouvait, alors, dans sa 78e année.
II naquit donc en 1596. Ce mémoire porte pour titre: Declaration
servante de mémoire pour les enfants du seigneur de Brouchem, par
laquelle se voira que Ie dit seigneur est issu du costé maternel de la
noble familie Hoff de Fribourg, en Brisgoti, et de celle de Cordoua,
en Andaluzia 1501, 1516. —
Voici une analyse de cette pièce
curieuse:
Philippe Ie Roy, chevalier, conseiller de Sa Majesté et commis
de ses domaines et finances, fils de messire Jacques, seigneur
d\'Herbais, président de la chambre des comptes en Brabant, et
d\'Elisabeth Hoff, fille de Jacques et petite-fille de Messire Mare
Hoff, chevalier, gouverneur (Obrister Maistre) de Fribourg,
exposé
que sa dite mère a souvent entendu dire a son père qui, lui, tenait
ces particularités du sien, que la familie Hoff, tout en ne possédant
pas grand bien, était d\'extraction noble et, par les femmes, d\'origine
espagnole. D\'après la tradition, elle aurait perdu ses papiers pen-
dant les troubles, au pillage de Malines. Le père d\'Elisabeth aurait
eu alors 1\'intention de retourner a Fribourg, et cette ville lui aurait
offert, en reconnaissance des services de ses ancêtres, une maison,
\') Voyez Ed. Geudens, Van Schoonbeke en het Maagdenhuis, pp. 112 et 113;
la dernière planche donne une reproduction fidele de ces deux blasons.
8) Bibliothèque royale, C. 6., manuscrit N° 1554, f 49, et Christus, Basilica
bruxellensis.
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:,4
exempte de toutes charges, mais, a cause de sa femme et de ses
filles, Jacques Hoff\') aurait décliné cette offre. Il aurait été dépouillé
de sa fortune par des troupes, anglaises et autres, pour la plupart
hérMiques. Pour démontrer que ces dires ne devaient pas servir
de prétexte pour éluder la preuve de 1\'origine noble des Hoff,
Philippe Ie Roy joint au mémoire une attestation legale constataut
la ruine des Hoff. Il rapporte, ensuite, que, du cöté de sa femme,
Marguerite Schelkens, Jacques Hoff avait eu un vleit oude, Jean
I.Isewijns, trésorier des armées de Charles-Quint, qui avait assisté
a de nombreuses campagnes et qui avait eu une aventure étrange.
8e trouvant dans 1\'armée impériale, a Arras, il envoya, un jour, un
sien cousin, Antoine Schelkens, qu\'il employait souvent a des
transports d\'argent et de papiers importants, avec une mission de
confiance a Bruxelles. Au retour, entre Cambrai et Arras, surpris
par la nuit, après avoir fait prendre a ses gens les devants, Schel-
kens entra dans une hötellerie pour y attendre 1\'aube. Pendant
son sommeil, il fut tué et pillé. Toutes les recherches qu\'on fit
pour Ie retrouver demeurèrent vaines. Bien des années après, un
moribond confessa avoir commis Ie meurtre et enfoui Ie corps sous
un amas de fumier. A 1\'arrivée de cette nouvelle a Arras, on expédia
aussitöt sur Ie théatre du crime des commissaires, ecclésiastiques et
seculiers, qui découvrirent effectivement Ie cadavre a 1\'endroit désigné.
Chose miraculeuse, Ie mort se trouvait dans un état de conserva-
tion telle que la vie paraissait 1\'avoir a peine quitte. En proces-
sion solennelle, on alla prendre Ie corps et 1\'enterra a Arras, devant
Ie maitre-autel de la principale église. — C\'est ainsi, dit Philippe,
que sa mère lui a conté 1\'histoire, mais, ajoute-t-il, une autre
version, de ses tantes, d\'après laquelle 1\'inhumation aurait eu lieu au
couvent des cordeliers 2), lui semble être plus prés de la vérité.
\') Le mémoire est imprimé in extenso dans les Bulletins et Annales de l\'Académie
4\'Archéologie de Belgique,
T. IV, p. 300 et suivantes.Jacques Hoff était né a
Fribourg.
a) Une lettre que nous avons adressée a ce sujet a M>\' le conservateur des
archives du département du Pas-de-Calais étant restée sans réponse, nous ne
sommes pas en mesure de dire laquelle des deux versions est la bonne.
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55
Afin de témoigner a Dieu sa reconnaissance pour 1\'avoir protégé
dans de nombreux périls, Jean IJsewijns entreprit, en 1554, un
pèlerinage a Jérusalem. En 1559 et en 1565, il visita de nouveau
la Terre-Sainte. Etant bon gentilhomme, il fut armé chevalier du
Saint-Sépulcre, lors de cette dernière expédition \').
De retour dans la patrie, il retrouva ses frères et sceurs et
leurs enfants ruines par les troubles. Ayant, lui-mêmr, mis sa for-
tune a 1\'abri, en se retirant a temps au pays de Liège, il se con-
duisit envers ses parents en vrai chevalier du Saint-Sépulcre. Il
leur céda une partie de ses biens, par acte passé Ie 11 juillet
1573, devant les échevins de Liége.
De ce document, Philippe annexe une copie a son mémoire. Il
y joint aussi une attestation du magistrat de Malincs, du 30 juin
1653, constatant que Jean IJsewijns avait été chevalier du Saint-
Sépulcre, et un petit portrait d\'une jeusne Damoiselle de la branche
de Hoff-Cordoua. Ce portrait avait été donnó a jouer a la mère de
Philippe et sauvé ainsi de la destruction, lorsque, petite fille, elle
avait été transportée, de la demeure incendiée de ses parents, dans
une habitation voisine.
\') En 1\'église Saint-Rombaut, a MaKnos, pres de la chapelle de la Sainte-
Trinité, dite aussi des rheraliers de Jérusalem, on voyait, autrefois, un tableau de
la Résurrection, dont Ie volet de droite représentait Ie portrait de Jean IJsewijns,
avec 1\'inscription „aetatis suae 55," et les armoiries du personnage: d\'azur au
lion d\'argent, la queue fourchue passée, en sautoir, armé, lampassé et couronné
d"or, portant sur 1\'épaule un écusson de gueules a trois annelets d\'argent ou
d\'or (alibi a tort: d\'or a trois annelets de sable); au chef (en mémoire de ses
trois pèlerinages) d\'argent a trois croix de Jérusalem ou croix poteneées d\'or,
cantonnées de quatre croisettes de menie. Cimier: une tête et col desanglierde
sable, les défenses et Ie grouin d\'or, sommee d\'un triple rameau de palmier
d\'or. Devise: Aaltres y viendront. Au haut de ce volet, a \'droite, encore une
croix de Jérusalem, et a gauche, une roue rompue et percée d\'un glaive ou
roue de Sainte-Catherine. — Sous la peinture du panneau central, on lisait
cette inscription:
Jan Ysewijns borger mede | Dry maal besoeht Jérusalem slede | A" 1554 ende
1559 in reyse behagen
| A° 1565 is ridder geslagen.
Ce triptyque existait encore en 1654 (comp. Ie Heraut d\'armes; Revue interna-
tionale d\'histoire
etc.; 1873; Bruxelles, chez Victor Delvaux & C\'<>).
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56
Enfin, Philippe ajoute a son mémoire une attestation des hérauts
d\'armes, Robert Dandelot, Charles Falentin et Jacques Maurissens,
donnée a Bruxelles, Ie 12 septembre 1673. Il raconte que sa mère
a survécu a tous ses parents, sauf a deux sceurs religieuses, mortes
a Malines, et a un frère célibataire, qui, en 1600, fut corond d\'un
regiment de 1500 hommes au service de 1\'empereur. Il termine en
disant que, par suite de sa descendance de la maison Hoff-Cordoua,
il a Ie droit de combiner ses armes avec celles de cette familie,
de la facon suivante: écavtelé; aux le>\' et 4«, d\'avgent a la bande
de gueules
(Ie Roy); aux 2« et \'S\', •porti: Ie le>\' coupé d\'argent
a deux cvoix alézées de gueules, sur gueules a une étoile a cinq
rais et un croissant d\'or {Hoff); et cm 2d d\'or a trois fasces de
gueules, sur urgent a un roi captif en pointe d\'azur, attaché a
une chaine d\'or
(Cordoua) *).
*              *
*
Le moment nous semble venu de dire quelques mots sur les
Hoff et de détruire la fameuse légende du gouverneur de Fribourg.
Dans le grand recueil héraldique de Siebmacher, nous trouvons,
en effet, les armes, attribuées ci-dessus a ladite familie, comme
appartenant a une familie Hoff que 1\'auteur compte parmi la noblesse
de Bohème. A d\'autres de rechercher si la mère de Philippe le
Roy descendait de cette maison. Quant a Mare Hoff, grand-père
d\'Elisabeth, et qui, dans les vieux documents allemands, est nommé
plus généralement Marx, voici la vérité a son sujet.
Il figure sur la liste des étrangers qui, en 1499, furent recus
bourgeois de la ville de Fribourg. Le lieu de sa résidence antérieure
n\'est pas cité. De même que son père, qui avait habité Fribourg
pendant quelqüe temps comme manant (Hintersasse), de même Mare
était barbier et chirurgien (Schever). Ce ne fut qu\'en 1\'année préci-
tée qu\'il devint Vollb\'dvgev et, par la même, susceptible d\'entrer
*) Ce Sont la, toutefois, les armes des marquis do Comares, dits de Cordua.
La déclaration de Philippe le Roy et toutes les pièces y mentionnées se trouvent
en possession de M1\' Bouillart, a Mons.
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57
dans les métiers et dans Ie conseil communal. Les Scherer faisaient
partie du métier des peintres. Mare Hoff fut maitre de ce métier
(Zunftmeister) en 1502. En 1503, il fut membre du college des
Vingt-quatre (Vierundzwanziger des Baths) et Kaufhausherr. En
cette dernière qualité, il fit partie d\'un college de trois, respective-
ment de cinq (Dreier-Collegiums beziehungsweise auch Fiinfer-ColIe-
giums),
chargé de surveiller les finances de la ville. Il resta en
fonctions jusqu\'en 1516 et fut, alors, nommé membre du college
des trois curateurs de 1\'hópital (Dreier-Collegium der Spital-
Pfleger).
C\'étaient la des positions qui supposaient une grande considéra-
tion dans la bourgeoisie. En 1522, il atteignit Ie dernier échelon
qu\'un plébéien put gravir dans 1\'administration communale. Il
devint maitre suprème des métiers, en allemand Obrister Meister,
ou Obristmeister, et, comme tel, un des trois chefs de la ville.
Le bourgmestre et 1\'écoutète (Schultheiss) étaient choisis dans la
noblesse; mais, en réalité, le maitre des métiers était le principal
personnage, car les plébéiens occupaient 18 places dans 1\'assemblée
plénière, c. a. d. dans le conseil des Vingt-quatre (Vierundzivati-
ziger).
En 1525, Mare Hoff fut réélu Obristmeister pour une année.
En 1526—1527, il remplit de nouveau les fonctions de maitre de
métier et de Vingt-quatre. Depuis lors, on ne le rencontre plus
dans les documents. Il possédait la maison dite „Zum Eind* (au
Bouvillon), située dans la Grosse Gasse, de nos jours Kaiserstrasse,
No. 32.
A Fribourg, les métiers étaient organisés militairement. L\'Obrist-
meister
était également le porte-bannière (Pannerherr) et le com-
mandant de la force armee de la ville \')•
A en croire un vieux manuscrit de la Bibliothèque royale, Mare
Hoff aurait eu pour femme Marguerite van Rattinghen, ce qui est,
d\'ailleurs, en rapport avec des annotations provenant de Ja familie
le Roy.
Dans ses fonctions élevées, Mare Hoff a dü, évidemment, prendre
\') Archives de la ville de Fribourg.
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58
un sceau. Malheureusement, il ne nous a pas été donné de Ie
rencontrer. Quoiqu\'il en soit, on voit que de 1\'Obristmeister au
chevalier et gouverneur ou consul de Fribourg, il y a de la marge.
Peu de temps après la mort de sa mère, Philippe Ie Itoy se
fit délivrer, par Ie magistrat de Fribourg, une déclaration relative
a 1\'origine de la familie Hoff. Cette pièce semble fusionner deux
families distinctes de ce nom; a moins, toutefois, que Mare n\'ap-
partint a une branche déchue de la familie noble du nom de Hoff.
Quoiqu\'il en soit, les renseignements que nous avons fournis sur
ce personnage, reposent sur des actes d\'une authenticité absolue.
Voici, pour la curiosité du fait, Ie document délivré par Ie
magistrat de Fribourg:
Wür BUrgermeister vnd Rath der Stath Freyburg lm Preyssgaue, timen
kundt jedermeniglichen hiemit, demnach vnsz der Edell vndt Vest Philipp lo
Roy, Herr vonn Ravels, Königl. Mayt. ilmn Hispania Coinmissarius generalis
vber dasz Pulver, dienstlich zuer khennen geben, Weilen N. N. die Hoffen, seine
ex materna linea geliebte Voreltern alhie Adlicli gewohnt, vnd Theils zu Araptern
gebraucht und gezogen worden, dass er dessen beglaubten schein vnndt vrkbundt
von nöthen wer, mit ganz angelegenliehem pitsen, Ibme selbige ohnbeschwerdt
verfolgen zue lassene. Wann wür solcb sein billig anlangen vnd begeren dann
nit zu verwaigern gewüst, vnd Ihm nachschlagen in Unserem Archive vnd
darinn habenden Prothocollen sovil erfunden worden, dass nit allein die Hoffen
so sich wie vff einem Uhralten Grabstein in Unsserer Lieben Fraven Munster
vnndt Pfarrkircben alhier clürlich zuorsehen, dass biebeseits gründtlich abge-
rissenen Wappens ybeweils gebraucht vor zweibundert vnd mehr Jahren alhie
Adlicb gewobnt, sondern Marx Hoff aucb Erstens Anno Eintausent Fünffhundert
vnd Eins zue einem Holzberren, Anno Eintausent Fünffhundert vnd zwei Zunfft-
meister, Anno Eintausent Fünff Hundert vnderey bestendigen Rath vnd Ambt-
herren Anno Eintausent Fünffhundert und sechszehen Obristmeister vnndt Spit-
hallpflegern erwehlet, vnd allsso wie eine woladlicbe Persohn gebührtt zu den
fürnembsten Amptern alhie gezogen vnndt gebraucht worden seyt. Allsz haben
wür Ibme Herren Imploranten disze begerte Attestatien mittheilen vnndt des-
sen alles zur wahrem Urkhundt vnnd bezeigung vnszerer Stath gewohnliches
Secret Insigell, doch vns vnd vnszeren nachkhommen in allweeg ohne Schaden
hier zue Endt anhencken laszen wollen. Geben vnndt beschenen den andern
Novembris alls man nach Christi, Unszers lieben Herren vnd Seeligmachers
Geburth, gezahlt Eintausent Sechshundert vnd Acht vnnd zwantzig Jahr.
Dans Ie corps de cette pièce, est peint, en grisaille, sur un fond
-ocr page 63-
59
carré, colorié en rouge, un écusson: coupé, au Ier, a deux croix pat-
tées; au 2d a une étoile et a un croissant tourné; Ie casque cimé
d\'une croix patriarcale pattée, Ie bras inférieur recroiseté, entre
un vol.
Dans Ie champ du sceau, appendu au parchemin, on voit un
chateau, a trois tours crénelées, celle du milieu plus élevée que
les autres, qui, toutes deux, sont sommees d\'une merlette, celle de
dextre contournée; ledit chateau accosté de deux étoiles et accom-
pagné en pointe d\'une fleur de lis. Légende: S. Civitatis. de.
Friburg. in. Brisgauia \').
Les registres aux baptêmes et aux mariages de la ville de
Malines ne renferment aucun acte relatif aux membres de la familie
Hoff. Dans los obituaires, nous en avons relevé six:
10   Machiel Hoff, bugten gestorven onder weghen Vranckeroert in
de Meeiie op den Paesdach, Vuytmert gedaen xiija Aprilis 1573.
vlij Ib.;
Jan Hoff van Mugsen, décédé Ie 3 décembre 1578 ;
Henrick Hoff, mort Ie 10 octobre 1616;
Een ghesonken Igek roer Antoen Hoff van Sint Rombaut den
xj september 1020:
Barbara Hoff, 32 lb., décédée Ie 17 mars 1656;
6» Agnès Hoff, morte a 1\'hópital civil, Ie 8 décembre 1678 2).
Antoine Hoff, frère d\'Elisabeth fut enterré a 1\'église Notre-Dame.
Sa pierre tombale portait: Antonius Hof, die sterf den 0 Sept.
ano 1020 s).
11   est bon de dire qu\'il y avait, a Malines, des families mar-
quantes, nommées Hoft, Hooft et van Hooff, n\'ayant rien de com-
mun avec les Hoff.
Voici un fragment généalogique établissant la filiation de la mère
de Philippe Ie Roy:
\') Original en possession de M. Bouillart, a Mons.
9) Archives de la ville de Malines.
3) Provincie, stad ende district van Mechelen, par Ie chanoine Rombaut van
den Eynde, I, 243.
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60
Mare Hoff, Marguerite van Rattinghen \'). Antoine Schelkens 2). Elisabeth Usewijns d).
Jacques Hoff. ______                  Marguerite Schelkens.
Elisabeth Hoff\', prétenduement femme de Jacques II Ie Roy.
Barbe Hoff, fille de Jacques, agée de 76 ans, déclara, Ie 18 février
1654, devant Ie notaire Antoine van der Hofstadt, a la demande
de son neveu, Philippe Ie Koy, que son père était né a Fribourg
et qu\'il avait eu pour femme Marguerite Schelkens, fille d\'Antoine
et d\'Elisabeth Usewijns, sceur de Jean, chevalier de Jérusalem,
dont la tombe se trouvait dans Téglise Saint-Rombaut; que ses
parents ont laissé huit enfants, cinq filles et trois fils, savoir:
Jean, Hubert et Antoine, qui avait résidé a Francfort, et Elisa-
beth (mère du seigneur de Broechem), Jeanne, Anne, Marie et
Barbe Hoff 4).
*
Philippe Ie Roy et Marie de Kaet firent leur testament ologra-
phe a Bruxelles, Ie 16 Mars 1661.
Après la mort de cette dernière, ayant eu lieu Ie 20 aoüt 1662,
ce testament fut ouvert, Ie 28 aoüt 1664, en présence du notaire
Nicolas Claessens (B. 116, p. 174).
Philippe décéda a Broechem, Ie 5 décembre 1679, a 1\'age de 88
ans; il y fut enterré, dans Téglise, auprès de sa femme, sous un
superbe monument de marbre portant cette épitaphe:
\') L\'alliance de Mare Hoff avec Marguerite van Rattinghen conste par une
déclaration délivróe par la ville de Fribourg, Ie 27 juillet 1550. Cette familie
van Rattinghen, qui semble avoir résidé il Einmerich, est dite avoir porté: losangé
d\'azur et d\'or.
2) Schelkens portait: d\'azur a la grappe de raisins d\'or. D\'après des cachets
que nous avons trouvés dans les documents de M. Bouillart, a Mons, une familie
Schelkens, a Francfort, blasonnait; écartelé; aux l"r, un palé; au 2(1, a huit
(3, 2, 3) croix, au pied fiché; au 3°, au chevron; au 4°, a la roue; en coeur un
écusson ii la grappe de raisins; casque couronné sans cimier (XVIIi> siècle).
a) IJsewyns portait les armes que nous avons décrites plus haut, sans Ie chef,
bien entendu.
*) Original en possession de M. Bouillart, a Mons.
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61
ICI DEVANT LE GBAND AUTEL GIST NOBLE HOMME ME8SIRE PlIILIPPE LE RoY
chëv", Bannebet seionr. de Brouciiem | Eulegem et en Chapelle S. Lambebt,
du Conseil collatebal et commis des Domein es et Finances de Sa Maj. |
SUBINTENDANT DES CONTRIBUTIONS DE FBANCE ET SON COMMISSAIBE (tENERAL DES
VlVRES DE SES ARMEES : | FlLS DE JaCQUES GlIL" SEION" d\'HeRBAIX. PRESIDENT
DE LA CHAMBRE ROYALE DES COMPTES EN BbABANT. | ET I>E NOBLE D. IsAB. HoFF
FIL. DE JAC. ET PETITE FILLE DE MaBC HOFF (HL" GOUVERNEUR DE FrIBOURG EN
BRISGAU \') | QUI A 8EUVI L ANS A LA TRES-AUG. MaISON d\'AuSTRICIIE EN PLUSIEURS
EMPI.OIS TAKT MlLITAIRES QUE PoLITICQ. | PrEMIEREM. A L\'EmPB. MaTTHIAS EN
SA COUR A PrAGUE, ET EN CE PaYS Bas AUX SbREN. AbCHID. AlB. ET IsAB. | ET
DE SUITE AU TRES HAULT ET TRES PUISSANT MONARQ. PlIILIPPE IV. RoY DES EsPAO.
ET DES INDES. I DUQUEL AYANT ESTÉ DEl\\ TÉ L\'An MDC.XL.VI. AVEC PLEIN P0UV01R
VEBS LES SSrs EsTATS Gl.X DES PrOVINCES UNIES | POUR AVANCER A La HaYE LA
PAIX QUI SE TBAITOIT A MUNSTER, Il Y BEUSCIT HEUREUSEMENT l\'aN MDC.XLVIN, |
DONT PAB Sa MaJESTÉ IL A ESTÉ HONORABLEMENT REMUKERÉ, COMME AUSSI DE
l\'EmPEREUR, ) QUI POUB LA PABT Qu\'lL A EU EN CE TRAITE DE PaIX. AINSY QUE
TOUS LES ESTATS DE L\'EMPIRE | l\'a DE SON PROPRE MOUVEMENT FAIT ET TOUS SES
Enfans Barons et Baronnes du mesme Empire; | ce que Sa Maj. Cathoi.iqie
ayant aussi eu pour aggbeable, a depuis plainement approuvé et confibmé: |
ET NE MEDITANT DES LORS Qü\'a SE RETIUER D\'AFFAIRES IL QUITTA LA COUR, CEDANT
SON EsTAT A SON FILS AISNÉ | ET CHOISIT CESTE SIENNE TERRE POUR Y FIN IR LE
BESTE DE SES JOURS. | Il MOURUT LE____ j Et NOBLE ET TRES VERTUEUSE DaME
Marie de Raet son epouse Dame des Seig81»8 susdites | qui deceda le XX
d\'Aoust l\'an MDC.LX11 en la XLVIII année de son age. | Dieu donne sa
Paix a leubs ames.
Au dessus de cette inscription, on voit une peinture, représen-
tant les deux époux agenouillés, dans des vêtements arnioriés.
Sur • la robe de la dame, est couché un petit chien symbole de la
fidélité conjugale; au fond du tableau, une reproduction du cbateau
de Broecliem. Des deux cötés de la peinture, les armes des époux;
a dextre: lo Roy, écartelé de Hoff, avec casque et cimier; en-
dessous la devise: maïs le Roy se siouira | en Dieu | Pa. 62;
\') Voyez plus haut. — Une Elisabeth Hoff figurc dans des actes de 162!)
comme femme de Govaert Georitzen, eordonnier a Zevenbergen; ello était nièce-
ou cousine d\'Anne et de Barbe Hoff, habitant Malines, et d\'Isabelle Hoff, mère
de Pbilippe le Roy, seigneur de Ravels (sic! A., reg. N°. 1, année 1629, p. 29 a
32) et fille d\'Hubert Hoff, mort a Francfort, et d\'une de Laet.
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02
a sénestre: un écusson en losange, parti de Ie Roy (écartelé) et
de Raet; en-dessous la devise: lei douleur, la haut | bonheur.
Un peu plus bas que la plaque portant 1\'épitaphe, se trouve une
autre plaque, plus petite, avec cette devise grecque: KAAüs 0ANÜN
HAAIN <PXEI.
»)
Sur Ie socle, on voit, de chaque cóté, un suisse, représentant les
deux tenants des armes des Ie Roy et ayant chacun a la main
extérieure une bannière, celle de dextre aux armes primitives,
la bande, celle de sénestre aux armes des Hoff. En-dessous du pre-
mier, On lit: MoNUMENTORUM | OPULENTA CONSTRUC- j TIO V1VORUM
SUNT | SOLATIA. | AüG. SERM. 34. | Eï ADOLESENTIBUS I EXIM1UM INCI-
tamen- | tum ad virtutem. | Polyb. | . En-dessous du second: Tam
RARA IN AMICI- | TIIS FIDES TAM PA- | RATA OBLIVIO MOR- | TUORUM
UT IPSI NO- | BIS DEBEAMUS ETIAM | C0ND1T0RIA EXTRU- | ERE. P.LIN.
L. 6. Ei>. 10. |
Entre ces deux dernières inscriptions: Aedificavit supra sepul-
OHRUM | AeDIFICIUM ALTUM VISU, LAPIDO POLYTO, ET SUPER COLUM- •
NAS ARMA AD | MEMORIAM AETERNAM. | MACH. L. 1. C. 13. | 2).
Dans 1\'église paroissiale d\'Oeleghem, on placa un monument
coinmémoratif, avec cette inscription:
Pmlippls le Roy, Eques Auratus, — Dominus de Brouchem & Oeleghem, —
1\'lIILlPPO IV. HlSPANIARUM & InDIARUM — ReOI A CONSILIIS, SuPHEMIQUE PER
Belcium — Aerarii Assessor, ad Unitarum Inferioris — Germaniae Provin-
ciauim Ordines — Pacis negotio promovendo annis — MDOXLVII & VIII.
Deputaïus — Et Maria de Raet nobili apud Geldros — stirpe oriukda
eius Uxor. - Poss. MDCLXXX 3).
*
Alm de reconstituer la généalogie de sa femme, Philippe le Roy
avait demandé des renseignements a plusieurs parents de celle-ci,
\') Cela veut dire: celui qui meurt bien, renaltra. Le génie de la langue latine
pernict de traduire textuellement: Bene moriens rursus nascitur.
2)   Dans sa Notitia Marchionatus S. H. I., Jacques le Roy donnc uno belle
ï eproduction do co magnifique monument funeraire.
3)  Ibidem.
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63
entre autres a Arnould de Raet, a Amsterdam. Une lettre que ce
dernier lui écrivit, en 1662, est assez interessante pour être re-
produite ici. La voici.
Myn heer ende zeer waerde Cousin,
lek ben tot heden in gebreecken gebleven om UEd. advis te geven van de
naem van de huysvrouw van de heer Wouter Bouduwyns, waer over op Collen
aen Cousyn Francisco Bouduwyns gescreve hebbe ende eerst gisteren de ant-
woort becomen, van dat die niet hebben connen wt vinden, soo dat niet eu wist
aen wien wy nu soudo connen adresseeren soo yts vinden van gelyck; wellich-
telyck soude connen gebeuren onder de oude boocken van mon pere saliger,
daer van eenige onder mon frere Adriaen tot Utrecht, als mede in den Haegli
onder myn broeder de Raetsheer syn, ende daer synde met haer eens ondei-soec-
ken, want anders niet naer behooren naer en sien, ende soo dan yts wtvinde
salt UEd. laeten weeten.
Neef Jacob heeft my laeten weeten het afsterven van neef van Kerchem ende
dat hem voor syn erfgenaem verclaert hadde, waerop hem geantwoordt ende
gerecommandeert hebbe, deze erffenisse wel te menageeren. Ick speure dat nu
het lant onder Rijsbergen van syn broeder meent te naderen. Dat best is dat
sulex in vrientschap geschiet.
Voor nieuws en hebben niets van merite dan alleen dat monsieur d\'Estrades.
franco ambassadeur, de stadt Duynquerke met de apendentie voor 28 tonne
gouts van den coninck van Engelant genegocieert soude hebben, daer van de
sekerheyt in kortten sullen sien, oock mede ofte niet wederom eenige oorloch
aenvangen Bal; wort seer aen getwyfelt.
Naer mede naer cordiale groetenisse met alle UEd. kinderen in de protechtie
des heeren bevolen, blijvende, myn heer ende Cousyn,
In Amsterdam den 23 Octobry 1662.                  UEd. Ootmoedige dienaer
Arnout de Raet.
Adresse: Mijn heer,
Mijn heer Le Roy, Ridder, heere tot Brochem en Oelegem, etc.
tot Antwerpen.
(Maitre) Wouter Boudewyns, dont il est parlé dans cette missive,
était le père de 1\'aïeule de Marie de Raet, femme de Philippe le
\') Cette lettre, en notre possesion a été fermée au moyen d\'un petit cachet
ovale, en eire rouge, aux armes d\'Arnout de Raet; les trois patins, contournés;
cimier: un patin de 1\'écu, contourné, entre un vol (18/16—\\, "
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64
Roy. Sa femme, dont ee dernier désire connaitre Ie nom, était
Aleyde Noppen, fllle de Jean, lequel, par suite du décès de son
père, Rodolphe Noppen, avait été investi, Ie 18 juin 1515, de fiefs
a Orten et a Bokhoven (B.)
En ce qui concerne Jacques de Raet, jadis seigneur de Ter-
Linden, Reeth, Waerloos, etc, la recommandation que son cousin
dit lui avoir faite, au sujet de la succession du seigneur de Kerkom,
n\'était, peut-être, pas tout-a-fait superflue ])-
Voici un fac-simile de la signature de Philippe Ie Roy:
Nous connaissons a Philippe Ie Roy et a sa femme 14 enfants 2),
savoir:
1" Marie Madeleine, baptisée Ie 3 janvier 1632: parrain et mar-
raine: Francois de Raet et Jeanne Maes.
2» Jacques IV, Ie célèbre historiën; il en sera ques-
tion plus loin.
3« Marie Marguerite, baptisée Ie 7 novembre 1635; parrain:
Guillaume de Raet3); marraino: Barbe Ertincks, qui se fit remplacer
*) Pour plus de détails, voycz notre notice sur les seigneuries de Reeth et
de Waerloos.
2) Les premiers 9 enfants naquiront a Anvers et y furent baptisés en 1\'égliso
St. Georges. Les enfants inentionnés ad 10, 11, 13 et 14 virent Ie jour a Bru-
xelles; leurs baptëines euront liou a St. Gtudule. Quant an 12o enfant, Philippe,
nous n\'avons pas trouvé son aete de baptöme, et si nous faisons flgurer ce
Philippe en 12e ljeu, nous suivons en cela une généalogie maauscrite en notre
possession.
2) Chevalier du Saint-Sépulere, protonotaire apostolique, chanoine a St.-Pierre,
a Lille, et a Ste-Gudule. a Bruxelles; oncle de 1\'enfant.
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65
par Catherine Maes. L\'acte de baptême ne porte que Ie second
prénom de 1\'enfant. Comme héritière, sous benefice d\'inventaire, de
son oncle Jacques de Raet (ancien seigneur de Ter-Linden, Reeth,
Laer, Waerloos etc), Marie Marguerite le Roy de Broechem fut
investie, Ie 29 octobre 1693, de la seigneurie de Kerkom, avec Ie
hameau de Bijvoorde (au quartier de Tirlemont), avec haute, moyenne
et basse justice; elle transporta ce fief important Ie même jour
a Philippe Cleymans de Reyden \').
4o Fran^is Modeste, baptisé Ie 25 mai 1637; parrain et mar-
raine: Arnould de Raet et Lucie Maes. L\'acte de baptême ne porte
que Ie nom de Francois.
Francois Modeste devint chanoine a Sainte-Gudule, a Bruxelles
(Rombaut, op. cit., II).
\') B. 379 f» 33. Un Adam Jgnace Cleymans de Reede, écuyer, licencié en
droit, fut autorisé par Ie roi Charles de Castille (l.-p. du 20 avril 1679) a rcm-
placer Ie bourrelet par une couronne et de faire tenir par deux hommes sauvages,
armés de massues, ses armes: d\'argent au sautoir endenté de sinople, accompagné
en chef d\'une étoile de huit rais de sable; ciinier: un homme naissant, coiffé
d\'un bonnet de sinople fourré de blanc (hermine?), tenant de la dextre un glaive
et de la sénestre un écusson d\'argent, chargé de 1\'étoile de 1\'écu (Bibl. Royale,
C. G., Portef. 615). Dans un acte du 28 juin 1658, nous rencontrons messire
(Jonker) Philippe Ie Roy, veuf de Catherine Cleymans, soeur do maitre Guillaume.
Son fils, messire Arnould Philippe Ie Roy coinmissalre des finances de La Mqjesté,
fut investi de dlmes a Wavre-Notre-Dame, fief qu\'avait possédé antérieurement
sa dite mère (M. 11, f° 74). Nous ne savons pas qui est ce Philippe Ie Roy
que nous venons de nommer. Serait-il ce Philippe mort a Broechem Ie 10 juin
1661 ? Le nom de Ie Roy étant tres répandu, rien d\'étrange a ce que nous
rencontrions des families marquantes de ce nom dans presque tous les grands
centres. A Ypres, Tournay, Mons, Anvers, Bruxelles, La Haye, etc, il en existait,
et plusieurs de ces families recurent des titres de noblesse. A Bruxelles notam-
ment, nous trouvons une familie noble du nom de le Roy, aux mêmes prénoms
que celle qui fait 1\'objet de cette notice, et qui occupait également des positions
élevées dans 1\'administration. Une Christine Cleymans, (fille de Philippe, de
Turnhout), morte le 29 juillet 1617, figée de 23 ans, fut enterrée a Anvers, dans
1\'église de 1\'Höpital. La pierre tombale était ornée de ces armes: parti; au ler,
a deux branches sèches, passées en sautoir, accompagnées en chef d\'une quarte-
feuille et accostées de deux autres quartefeuilles; au 2l1, coup<5; al a la coquille;
b | a trois pais (I. F.)
8
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66
5<> Elisabeth Jacqueline, baptisée Ie 20 janvier 1640; parrain et
marraine: Pierre van de Vijver et Jacqueline Puteanus (femme de
Dominique de Raet: voyez plus haut).
6» Anne Thérèse, baptisée Ie 9 février 1641; parrain et mar-
raine: Henri de Schot et Barbe Hoff, qui se fit remplacer par
Marguerite Maes.
7» Pierre, baptisée 28 mai 1642; parrain et marraine: Pierre
Pascal de Deckere et Marie Ie Roy, remplacée par Marguerite
Maes.
8° Antoine Marie, baptisée Ie 17 juin 1643; parrain et marraine:
Martin de Haen, conseiller de la chambre des comptes, et Margue-
rite Maes. Il devint capitaine de cavalerie et ambassadeur au ser-
vice de 1\'empereur; dans ses actes, il se qualifie de baron du Saint-
Empire, seigneur de Saint-Lambert.
Sa mort eut lieu, dit-on, a
Vienne, Ie 27 avril 1684.
9» Joseph Elie, baptisée Ie 15 novembre 1644; parrain: Elie de
Raet; marraine: Elisabeth Michielssen. L\'acte de baptême ne porte
que Ie prénom de Joseph.
Par lettres-patentes, données a Vienne, Ie 1 février 1687, l\'empe-
reur Leopold Ie* nomina Joseph Ie Roy, baron d\'\'Euleghem, son dapifer
ou sénéchal \').
Par d\'autres lettres, dépêchées a Madrid, Ie 2 avril 1688, Joseph
devint surintendant des ouvrages et batiments de la cour de
Bruxelles et de Tervueren. En cette qualité, il touchait un traite-
ment annuel de 600 livres 2).
Il résulte de l\'acte de baptême de son fils Sigismond Emmanuel
qu\'il était aussi écuyer de 1\'Electeur de Bavière 3).
Le 18 juin 1709, il se porta garant, devant Ie notaire Dors, a
Bruxelles, pour Ferdinand Erard de Cannart d\'Hamale, seigneur de
Massenhoven (son neveu par alliance), au sujet des engagements
pris par celui-ci en qualité d\'écoutète de Lierre.
\') Bibl. Royale, C. G., Portef. 1038.
2) C, 45878.
\') Fraefectus stabuh suae Celsitudinis Electoris Bavariae.
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67
Il épousa, a Bruxelles, Ie 16 avril 1684, Jeanne Marie Ie Roux.
Cette union fut bénie par Ie curé de Sainte-Gudule, dans la maison
du père de la mariée \'); les témoins furent: le Baron Jacques le
Roy,
l\'historien, et Pierre van der Hagen.
La femme du baron Joseph était fille de René, seigneur de Ter-
Cammen, admodiateur général des domaines et finances, originaire
de Picardie, et qui fut créé chevalier Ie 20 mai 1684, et de Cathe-
rine Cécile van Bemmel.
Joseph Elie Ie Roy mourut a Bruxelles, Ie 25 juillet 1723
(Ste Gudule).
Nous donnerons plus loin sa descendance.
10» Barbe, baptisée Ie 5 mars 1646; parrain: Generosus Domino»
Walter de Raet; marraine: Barbe Hoff; ils se firent remplacer a
la cérémonie par Ignace Ie Roy, conseiller de la chambre des
comptes, et Jeanne Maes.
Cette enfant fut enterrée Ie 20 mai de 1\'année suivante 2).
11» Marie Angèle, baptisée Ie 28 avril 1647; elle fut tenue sur
les fonts par Ie conseiller Ignace Ie Roy, en remplacement d\'Arnould
de Raet, et par dame Marie de Papenbroeck 3), femme de Jacques
de Raet (précité).
Le 6 février 1662, elle fut, a Breda, marraine de Marie Angèle
de Raet, fille d\'Elie (fils de Fraincois et de Marguerite Maes) et de
Catherine de Raet, veuve en premières noces de Jean Raye, baron
de Heuqueville.
12» Philippe, religieux de 1\'abbaye d\'Afflighem;
13» Jeanne Catherine, baptisée le 13 septembre 1650; parrain et
marraine: Ignace le Roy, maitre de la chambre des comptes, et
Jeanne Maes.
14<>. Francoise Pauline le Roy de Saint Lambert, baptisée le 8
avril 1653; parrain: Paul Francois d\'Origone, seigneur de Neer-
\') In aedibus paternis xponsac. Ces le Roux portent: de gueules au chevron,
accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d\'un annelet, le tout d\'or.
2)  Obitoaire de Ste.-Gudnlo.
3)  Avec le consentement de son niari, olie entra dans un couvent a Anvers.
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<;s
Velp, maïeur de Tirlemont, remplacé par Ignace Ie Roy, seigneur
d\'Herbais; mairaine: Margueiïte Ie Roy.
Elle épousa a Bruxelles (Ste-Gudule), Ie 9 septembre 1684, Fré-
déric Antoine van Donia, seigneur de Redinghen, prés de Vertrijck,
descendant d\'une antique familie frisonne. Natif de Louvain (baptisé
a St-Michel, Ie 6 novembre 1656), il eut pour parents : Sirice Antoine,
conseiller de la ville de Louvain (lignage de Rode) et Anne Béatrice
Ubaldini de Luciano, fille de Frédéric et de Jeanne Marie Lievens,
et pour grands-parents: Pierre Paul van Donia et Catherine
Uijtterhellicht.
Il fut échevin, conseiller et substitut-bourgmestre de la ville de
Louvain de 1686, jusqu\'au jour de sa mort, arrivée Ie 23 septembre
1723. Sa femme lui survécut jusqu\'en 1736. Elle fut enterrée a
Louvain Ie Ier septembre \').
Elle laissa une fille: Jeanne Thérèse van Donia de Redinghen,
qui épousa, a Louvain (S* Michel), Ie 16 septembre 1737, Jean
Philippe, baron de Raet van der Voort et du S. E. R., assessor
curiae conservatoridlis privilegiorum unwersitatis lovaniensis, etc.
CHAPITRE V.
Du baron Joseph Elie Ie Roy et de Jeanne Marie Ie Roux, nous
connaissons 10 enfants, tous nés a Bruxelles et baptisés a Sainte-
Gudule, savoir:
1» René Joseph, baptisé Ie 17 janvier 1685; parrain René Ie
Roux, chevalier, seigneur de Ter-Cammen; marraine: Marie Mar-
guerite Ie Roy de Broechem.
2« Catherine Pauline Josèphe, baptisée Ie 22 aoüt 1686; parrain:
\') La branche louvaniste de la familie van Donia portait: écartelé; aux lor
et 4e, d\'argent il trois feuilles de marais, mal ordonnées, de gueules; aux 2° et
3e, d\'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules; en coeur: parti; au lcr,
d\'or au lion de gueules, armé et lampassé d\'azur, au \'2<\', d\'or a trois quinte-
feuilles de gueules, boutonnées d\'or, en pal. Nous avons rencontre aussi des
sceaux portant un écusson parti, au lor un lion, au 2<J les quintefeuilles, en pal.
-ocr page 73-
69
Paul de Pré, chevalier, seigneur de Beaupré, capitaine de cavalerie;
marraine: Catherine Cécile van Bommel, dame de Ter-Cammen.
3». Joseph Benoit Casimir, baptisé Ie 6 décembre 1687; parrain:
Ie Baron Jacques Ie Roy, Vhistoriën; marraine: Barbe van Bemmel,
femme de Pierre van der Haghen.
Il épousa, d\'abord, Ie 2 décembre 1721, Isabelle Jeanne Claire
(de) Coloma, baptisée a Anvers (N™ Dame), Ie 13 mars 1672 \'), veuvo
de Jéróme Théodore (baron?) de Copis, seigneur de Bindervelt,
après la mort de qui elle avait relevé, en vertu de leur contrat
de mariage 2), Ie chateau de Bindervelt. Elle était fille de Pierre
Coloma, baron de Moriensart et de Seroux (depuis 1657), et d\'Anne
Elisabeth de Bejar, dame de Westacker, Oosthove etc, fille de
Francois, chevalier, et de Jeanne Helene della Faille. Voici ses
8 quartiers:
Coloma, de Vos, 1\'Escuier, Cabeliau;
de Bejar, della Faille, Butkens, Maes.
Elle mourut, a Bruxelles, Ie 4 mai 1742, sans postérité, après
avoir fait don a son second époux de tous ses biens, y compris
Ie chateau de Bindervelt, avec ses dépendances.
Son veuf convola en secondes noces, Ie 2 juillet 1742 (N^Dame"
de-Finisterre) avec Elisabeth Marie Anne Arazola de Onate, bap-
tisée (Nïe De-de-F.) Ie 17 novembre 1703, veuve de Joseph Francois
Antoine de Succa, seigneur de Bouverie et de Flines, et fille de
Mathieu Augustin, seigneur de Peuteghem, et d\'Anne Ernestine
Réal, et petite-fille de Jean Arazola de Onate, seigneur de Gomont,
chevalier, conseiller et commis des domaines et finances, surinten-
dant du Hainaut, chambellan de 1\'archiduc Léopold, et de sa seconde
femme Anne Isabelle de Cordes, dame de Gomont.
\') Parrain: Jean de Bejar, chanoine a St. Bavon, a Gand; marraine: Isabelle
de Bejar.
3) Passé, Ie 1 décbr. 1691, devant Ie notaire Everard, a Anvers (B. 382, f°
205); voyez aussi: Notives historiques sur quelques fiefs de la Hesbaye; Messager
des sciences historiques,
1846 f° 333; on y ti-ouve une reproduction du chateau
de Bindervelt, aux armes de Ie Roy (écartelé de Hoff), sommees d\'une couronne,
avec leurs supports.
-ocr page 74-
70
Après la mort de Pierre Balthasar Ie Roux, seigneur de Liber-
tange, ses héritiers relevèrent par indivis Libertange, avec haute,
moyenne et basse justice (Ie 14 mars 1705). Plus tard, cette
seigneurie fut attribuée au baron Joseph Benoit Casimir Ie Roy,
et celui-ci renouvela Ie serment féodal pour ce fief Ie 21 aoüt
1733 (B.). Le 12 février 1743, il se déclara vassal du duc de
Brabant du chef de Bindervelt \')•
Il mourut le 24 aoüt 1766, sans laisser de progéniture, après
avoir disposé de Bindervelt en faveur de sa seconde femme, par
son testament du 5 du même mois 2).
4» Francoise Joséphine Henriette, baptisée le 14 mai 1689;
parrain: Pierre Balthasar le Roux; marraine: Francois Pauline
le Roy.
5° Anne Francoise Joséphine, baptisée le 1 avril 1691; parrain:
René le Roux, seigneur de Ter-Cammen ; marraine: Anne Francoise
van der Hagen;
6<> Sigismond Emmanuel, baptisé le 13 aoüt 1692; parrain:
André le Roy, religieux a Affligem; marraine: Marie Isabelle le
Roy de Saint-Lambert.
7" Balthasar Philippe, baptisé le 21 septembre 1693; ilfuttenu
sur les fonts par Pierre Balthasar (le Roux, seigneur) de Liber-
tange et par Francoise Pauline le Roy, cette dernière remplacant
dame Catherine Cécile van Bemmel.
8" René Clément Joseph, baptisé le 27 octobre 1694, parrain et
\') Aceux et dénombrements de la cour feodale de Brabant, N" 7860.
\'*) Elisabeth Marie Arazola de Oiïate, douairière de Joseph Benoit, baron le
Roy, libre seigneur de Bindervelt, de Libertange etc., releva le 31 octbr. 1767,
le cMteau ou Borcht et maison de Bindervelt, avec sa chapelle castrale,
basse-cour etc, enclaeée dans nes doublet fossés, 2° la grande eense dite Baupaen-
huijn,
le tout d\'uno étendue de 4 bonniers, et 3° la seigneurie de Libertange,
avec haute, moyenne et basse justice (B., 389, f» 130). Cette dame convola, en
3èmes noces, avec Francois Robert Joseph baron de Nicolartz. Par testament,
passé le 17 avril 1777, devant le notaire Hubar, a Saint-Trond, elle légua Bin-
dervelt et Libertange il son 3« époux, et celui-ci en fut investi, après la mort
de sa femme, le 19 décbr. 1788. L\'acte de relief le qualifie de major et eapitaine
des grenadiers au service de l\'Empereur
(B. 394, f 9).
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71
marraine: René Ie Roux, chevalier, seigneur de Ter-Cammen, et
dame Angéline van Eyck(e) \');
9o Pierre Louis Henri, baptisé Ie 22 janvier 1696, parrain: Pierre
Louis Bailliacourt, capitaine etc; marraine: Henriette Aleyde Rod-
dier, uxor domini de Medina.
10» Isabelle Reine Thérèse Josèphe, baptisée Ie 16 janvier 1699;
parrain: Pierre Ie Roux, oncle de 1\'enfant; marraine: Isabelle
Reine de Coriache.
CHAPITRE VI.
Le fils aïné, et Ie second des enfants de Philippo Ie Roy et
de Marie de Raet, est Jacques IV le Roy, lc célèbre historiën
brabancon.
Il est assez étrange que, dans les ouvrages spéciaux modernes,
on ne rencontre guère de données sur ce personnage. Il est vrai
de dire que les dictionnaires biographiques récents lui consacrent
quelques lignes, mais elles ne sont guère que le résumé des
courtes notices publiées par les auteurs du XVIIIe siècle. De
ces derniers, ce sont, pensons-nous, le R. P. Nicéron, Barnabite,
dans ses Mémoires pour servir a Vhistoire des hommes illustres dans
la Bépublique des lettres, etc.
(Paris 1737; T. 37, p. 65 et sui-
vantes), et Jean Charles Diercxsens, dans son ouvrage intitulé:
Antverpia Christo nasceiis et crescens seu acta Ecclesiam Antverpm
eiusque Apostolos ac viros pietate conspicuos concernentia
(Anvers
1773; T VII, p. 413/4), qui donnent le plus de détails sur Jacques
le Roy.
Le Dictionnaire historique, de Bayle, et la Nouvelle Biographie générale,
du Docteur Hoefer, lui consacrent un articulet, mais tous ces
auteurs sont en désaccord sur le jour ou le lieu de sa naissance.
D\'après Nicéron, Jacques serait né a Bruxelles le 29 octobre 1633,
et eet auteur croit devoir rectifier Bayle qui le fait natif d\'Anvers
\') Le 9 raars 1695, Angéline van Eycke, femme de messire Pierre Balthasar
le Roux, seigneur de Libertange, fit — en vertu d\'un acte de partage, passé le
16 juin 1684, devant les échevins de Bruxelles — le relief d\'une prairie, située
a Bruxelles (B. 379 p. 172).
-ocr page 76-
72
et met sa naissance Ie 28 octobre. Le Dr. Hoefer s\'en est rapporté
a 1\'autorité de Nicéron. Même M. M. Henne et Wauters, dans leur
Histoire de Bruxelles, mentionnent notre historiën parmi les Bruxel-
lois marquants.
La vérité est qu\'Anvers a 1\'honneur de compter Jacques le Roy
parmi ses enfants illustres. Jacques y vit le jour, probablement le
28, et y fut baptisé le 29 octobre 1633 dans 1\'église Saint-Georges,
paroisse a laquelle appartenaient alors ses parents. Dans le registre
aux baptémes de cette église, nous lisons, sous cette dernière date,
1\'acte relatif a ce baptême. Voici une copie exacte de cette inscrip-
tion laconique:
Jambus, Philippus le Boy, Maria de Bad, D. Jacobus le Roy
praeses cubiculi computuum S. M., Margareta Moes.
Ceci est a dire : fut baptisé Jacques, fils de Philippe le Roy, et
de Marie de Raet; parrain: Monsieur, ou messire, Jacques le Roy,
président de la chambre des comptes de Sa Majesté; marraine:
Margueiïte Maes. L\'enfant fut donc tenu sur les fonts par son
grand-père paternel et sa grand\'mère maternelle.
Dans leur testament, dont il a été parlé plus haut, Philippe le
Roy et Marie de Raet léguèrent a leur fils ainé, Jacques, a cette
époque conseiller et commis des finances de Sa Majesté, respecti-
vement a ses hoirs males, ou a leur défaut a 1\'ainé de ses frères,
le chateau et la seigneurie de Broechem, avec les eens y attachés
et les plantations d\'arbres, sur les chemins communaux et sur les
chaussées, a charge de payer a ses frères et sceurs, non religieux,
un capital de 20,000 flv ou de leur en servir les interets, a raison
de 5u/o. Un extrait de ce testament fut enregistré par la cour
feodale de Brabant, le 27 janvier 1716 \')•
L\'éducation de Jacques le Roy fut en rapport avec la haute
situation de son père.
Les renseignements sur sa jeunesse et son adolescence ne sura-
bondent guère.
On voudrait bien en saypir davantage; on souhaiterait pouvoir
le suivre, pendant ces époques, connaitre plus exactement comment
\') B., 116, f° 174.
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73
il passait son temps et ce qui s\'agitait dans cette jeune tête pen-
dant qu\'on lui faisait apprendre les sciences qui ne lui plaisaient
guère et 1\'histoire qui Ie transportait. La curiosité qui s\'attache
aux pas des hommes marquants, n\'est point, qu\'on la blame d\'ailleurs
ou qu\'on 1\'approuve, nee de notre temps. Le XVIIIe siècle 1\'a
connue comme nous, et c\'est grace a quelques auteurs de ce temps
que nous possédons, sur la vie de notre personnage, des détails
qu\'en vain on aurait cherchés ailleurs.
Après avoir terminé ses études préparatoires, le jeune homme
fit le tour des universités les plus célèbres de l\'Europe et s\'y
appliqua surtout a 1\'étude des langues mortes, du droit, de 1\'histoire
et de ses sciences auxiliaires 1).
De retour dans la patrie, il fut nommé, par lettres-patentes du
4 juin 1658, greffier des domaines et finances du roi, avec un traite-
ment annuel de 600 livres de gros, monnaie de Flandre 2).
Vers cette époque, il contracta une première alliance avec
Dimphne Marie de Deckere, appartenant a une familie marquante
de la ville d\'Anvers et portant pour armoiries: d\'argent au cerf
élancé, au naturel, posé sur une terrasse de sinople; au chef d\'azur,
chargé de deux croissants d\'argent. Cette dame était née a Anvers
et y avait été baptisée (a S* André) le 15 mai 1633 3). Elle eut
pour parents Pierre Pascal de Deckere, chevalier, seigneur de
Monteleone, Zevenbergen, Ranst, Millegem &ca 4), et Cornélie Marie
Houtappel 5), dame de Ranst, par relief du 10 octobre 1630, par
suite de la mort de son père 6).
l) Cum in aetate esset, pater misit ad praecipuas Europae aeademias, <£• dein
in eum inde reversum t ranst ui it omnia officia, quae obibat in aula Bruxellensi,
dit Diercxsens. \') C. 45875 fo 149.
") Parrain: Francois van den Cruyce; marraine: Dimphne de Smidt.
*) t le 7 avril 1667, fils de Pascal et de Christine Boot.
5) t le 17 décembre 1662, fille de Godefroid et de Dimphne de Smidt.
") Par achat de Marie Anne et de Christine Houtappel, Pierre Pascal de
Deckere et sa femme furent investis, le 4 octobre 1642, de la seigneurie de
Ranst (B., 374, f° 225). L\'année suivante, le chevalier Pierre Pascal de Deckere,
releva le chftteau de Zevenbergen et la haute, moyenne et basse justice de
Ranst et de Millegem (B„ 377, f° 69).
11
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74
D. M. de Deckere institua son époux pour son héritier universel.
Elle décéda a Broechem, Ie 14 février 1668, agée d\'environ 34
ans, après avoir donné la vie a deux fils, qui moururent avant
leur mère.
D\'après Ie monument funeraire de ses parents, en 1\'église Saint-
André, a Anvers, les quartiers de cette dame étaient:
de Deckere, Boot,            Dijck,                       Sandvoort;
Houtappel, de Smidt, van den Bogaert, de Deckere.
Jacques Ie Roy convola, Ie 18 juin 1669, a Anvers (Saint-
Georges), en secondes noces, avec Anne Isabelle Macquereel, ou
Mackereel x); baptisée dans cette ville (N^e-Dame-Nord), Ie 24
juillet 1650 2), fille de Francois et d\'Isabelle van der Piet8).
Les noms seuls des témoins de ce second mariage attestent la
haute considération dont notre historiën — retiré déja de la vie
publique, ainsi qu\'on Ie verra plus loin — jouissait alors dans
sa ville natale. Ces témoins furent: „Excelt"11\'* D. Comes de
Monterey
4), Excellmus D. Comes de Salazar 5) et Illmus I). Marchio
de Warnie
6). Le contrat de mariage avait été passé, Ie 21 mai
\') Les Macquereel portent: d\'azur au maquereau d\'argent, en pal.
2) Parrain: Jacques Mackereel; marraine: Anne van der Piet.
s) Van der Piet blasonne: d\'or a la croix de sable, cantonnée de quatre clefs
de gueules.
*) Don Juan Domingo de Zuiiiga y Fonseca Haro y Guzman, comte de Mon-
terey, lieutenant général et gouverneur des Pays-Bas et de Bourgogne (1670 —
1675; voyez le Triomphe de Mgr. le Comte de Monterey, etc, Liège 1672).
s) Don Juan de Velasco, comte de Salazar, marquis de Belveder, chevalier de
la Toison d\'or; nommé, en 1675, gouverneur de la ville et citadelle d\'Anvers
f le 5 mai 1678 {Antwerpsch Archievenblad, XIV, p. 298).
•) Philippe d\'Anneux, premier marquis de Wargnie, ou Warigny, etc, vicomte
de Cambrai, baron de Crèvecoeur, seigneur d\'Abancourt, Rumilly, etc, membre
du conseil de la guerre, colonel d\'un regiment d\'infanterie wallonne, gouverneur
d\'Avesnes, époux d\'Ursule Schellart d\'Obbendorf, dont il eut, entre autres: Guil-
laume Albert d\'A., marquis de Warigny, baron de Crèvecoeur etc, époux
de Marie Louise, comtesse de Groesbeek.
t
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75
1669, devant Ie notaire Gisberti, a Anvers. Jacques Ie Roy com-
parut accompagné de son père, qui promit de transmettre la seigneu*
rie de Broechem aux enfants a naitre du futur mariage de son
Als, en déclarant expressément qu\'a défaut de fils, cette propriété
écherrait aux filles des époux. Il s\'engagea, ensuite, a ne pas
1\'aliéner, ni a la grever d\'autres charges que 1\'hypothèque mentionnée
dans Ie testament réciproque qu\'il avait fait avec sa défunte femme.
La fiancée était accompagnée de ses parents. Les futurs époux
apportèrent au mariage tous leurs biens et eifets, suivant inven-
taires. Il fut stipulé que les acquêts leur appartiendraient en commun,
et que, survivant a son mari, la future aurait un douaire de 15000
fl.; d\'un autre cóté, celui du mari serait de 10000 fl. \').
En dépit de ces engagements, Philippe Ie Roy songea a hypothéquer
ses biens de Broechem, et Jacques ne semble pas s\'y être opposé.
Francois Macquereel, inquiet de 1\'avenir de sa fille et de ses petits-
enfants protesta. Un proces s\'ensuivit. Le 9 mai 1673, J. van
Meerbeek, premier huissier de la cour feodale de Brabant, opéra
la saisie de Broechem. Des actes du proces, il appert que Jacques
avait déja aliéné, ou hypothéqué, une partie des biens de sa seconde
femme 2). Macquereel n\'eut, toutefois, pas gain de cause, car,
le 31 octobre 1675, Philippe le Roy3) et ses enfants: messires
Antoine, Joseph et D"° Marie Marguerite, se faisant tous fort pour
Francois le Roy, chanoine, Jeanne Catherine et Francoise Pauline
le Roy, empruntèrent solidairement de Catherine van Vinckenborch,
veuve de Pierre van de Vijver, la somme de 18000 fl., rembour-
sable en qua\'tre années. En garantie, ils engagèrent aux créanciers
la juridiction et leurs autres droits seigneuriaux a Broechem,
avec le chateau, la brasserie, les jardins, etc, et la seigneurie d\'Oele-
ghem, avec le moulin a vent et toutes ses appendances *). Philippe
*) Ce contrat de mariage fut enregistró en la cour feodale de Brabant, le 27
janvier 1716 (B., 116, f° 176).
2) Proces plaidés devant la cour feodale de Brabant; N° 847/2424.
s) L\'acte le nomme: chevalier, seigneur de Broechem, d\'Oeleghem et en Cha-
pelle-Saint-Lambert, conseiller et commis des domaines et finances.
\') B„ 377, f" 380.
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76
re?ut, ensuite, d\'Adrien Borrekens, ancien échevin et aumönier de
la ville d\'Anvers, un capital de 5000 fl. (a 61/*0/")) <lui fut hypo-
théqué sur les mêmes biens. Plus tard, Borrekens céda sa créance
a Charles Haelebosch; cette cession fut notifiée a Ia cour feodale,
Ie 18 février 1679 x).
Après la mort de Philippe Ie Roy, ses enfants furent investis,
par indivis, des seigneuries de Broechem et d\'Oeleghem (13 janvier
1680). Le 23 mai 1681, Antoine le Roy de Saint-Lambert, baron
du S. E. R., capitaine de cavalerie au service de 1\'empereur, Marie
Marguerite le Roy de Broechem, Joseph et Jeanne Catherine, se
nommant tous deux le Roy d\'Oeleghem, Pauline Francoise le Roy
de Saint-Lambert
et Francois le Roy chargèrent, devant le notaire
van der Donck, Mathieu van Richterich de faire en leur nom le
transport des seigneuries de Broechem et d\'Oeleghem, a Louis van
Colen et a sa femme Marguerite Hellinckx. Outre les droits féo-
daux d\'usage, celui-ci paya au fisc la somme de 600 fl., pour 1\'achat
du droit des pontpenningen dans les deux seigneuries. 2)
Bien que, d\'après le testament de ses parents et son contrat de
mariage, Jacques eüt dü recevoir Broechem et Oeleghem, il y avait
renonce vis-a-vis de son père par contrat notarial. Il fit confirmer
cette renonciation, devant la cour feodale, par messire Dominique
de Fierlants, le 28 janvier 1682 (B.).
En remplacement de ces biens, on lui attribua le chateau de La
Tour, a Chapelle-Saint-Lambert3) avec ses dépendances.
On trouve des gravures de ce chateau dans les différents ouvra-
ges de Jacques le Roy. Elles sont ornées des armes de le Roy et
de Macquereel. C\'était un petit manoir, composé d\'un corps de
batiment, surmonté d\'un toit aigu, terminé, vers les petites facades
*) B., 378, f» 481. M"- le baron C\'onstantin de Borrekens, a Anvers, descendant
a la sixième génération d\'Adrien précité, a bien voulu recueillir pour nous un
grand nombre d\'actes de baptême, de mariage et de décès, relatifs ii la familie
le Roy. Nous lui en exprimons ici notre plus vive reconnaissanee.
a) B., 378, f» 45.
s) Cas\'.elhim la Tour juxta fanum Sancti Lamberti.
-ocr page 81-
77
de pignons a gradins — la construction dénote Ie XVJ> siècle — et
d\'une annexe en retour d\'équerre d\'un étage, a laquelle se rattache
une petite chapelle. Le tout n\'a guère un aspect imposant.
Jacques le Roy arrondit ses propriétés de Chapelle-Saint-Lam-
bert par plusieurs terres acquises de Francois Joseph de Spangen
(1683).
Par achat de leurs cohéritiers du chef de Pierre Pascal de
Deckere, il fut investi, de concert avec sa première femme, du
chateau de Zevenbergen, a Ranst (16 Juillet 1667). Le prix d\'achat
fut de 60000 fl. Outre la moitié de la moyenne et basse juridiction
de Ranst et de Millegem, le propriétaire de ce chateau avait la
collation de la chapellenie castrale et, en commun avec le propri-
étaire du manoir de Doggenhout, également situé a Ranst\'), le
droit de chasse et la perdrisserie a Ranst et a Millegem. Il pos-
sédait, ensuite, diverses terres, prairies, forêts, etc, une cour cen-
sale et une cour feodale, avec des eens respectivement des
arrière-fiefs dans les villages de Ranst, Millegem, Niel, Emmelen,
Broechem, Oeleghem, Zanthoven, Vlummeren etc. 2).
Aussitót mis en possession de Zevenbergen, Jacques le Roy y
fit exécuter de notables embellissements et agrandissements. Il y fit
reconstruire le chateau presque entièrement. Dans plusieurs de ses
ouvrages, il donne une reproduction dé cette belle demeure seigneu-
riale 3).
Entouré d\'un fossé, ce chateau a une forme rectangulaire allon-
gée. Le porche d\'entrée, précédé d\'un pont en bois, se trouve sous
une tour a deux étages, couronnée d\'une flèche bulbeuse fort
élancée. Les batiments les plus importants font face a 1\'entrée; ils
se composent d\'un corps-de-logis en retour d\'équerre, flanqué de
deux tourelies et couronné d\'un toit aigu, sur lequel se détachent
des lucarnes a la flamande. A gauche de 1\'entrée, s\'alignent des
\') Doggenhout est aussi nommé fréquemment le chateau de Ranst.
s) B„ 377, f» 107.
8) Au moment oü la gravure fut exécutée, le chateau appartenait a Isabelle
van der Piet, belle-mère de 1\'historien.
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78
dépendances qui n\'ont qu\'un seul étage et dont deux pignons a
gradins viennent rompre la monotonie. A droite de 1\'entrée, l\'en-
ceinte ne consiste qu\'en nne courtine. En avant du pont, condui-
sant au chateau, une basse-cour, dans laquelle on a acces par un
second pont, avec entree couverte et crénelée de merlons, et
entourée, de deux cötés, par des batiments d\'écurie ou de culture.
A gauche du manoir, se trouve un tres beau jardin, a comparti-
ments géométriques, ornés de méandres fleuris. On remarque der-
rière Ie chateau une butte, ou motte, sur laquelle s\'élève une tour
carrée, de forme lourde et trapue, évidemment un restant des con-
structions antérieures. L\'ensemble de ces jardins, du chateau et de
la butte, est entouré d\'un second fossé. Le tout, y compris les
fossés, avait une étendue de trois bonniers. Les terres arables et
les prairies dépendant de Zevenbergen mesuraient sept bonniers.
(B., 154, fo 341).
Par acte, passé le 4 juillet 1669, devantle notaire Francois van der
Donck, Jacques le Roy céda cette propriété, sauf la cour censale et
la cour feodale, avec ses hergeweijden, et quelques terres,ases beaux-
parents Macquereel, qui en firent le relief le 19 septembre suivant (B.)
Au sujet de la succession de sa première femme, décédée, comme
nous 1\'avons dit, sans laisser de postérité, Jacques eut des diffi-
cultés avec la familie de Deckere. Les héritiers naturels de cette
dame étaient Claire Christine de Deckere, femme de messire Jean
Jacques Schotti, Marie de Deckere, célibataire, Christine Cornélie
de Deckere, femme de messire Louis Antoine Clarisse, amman
d\'Anvers, messires Pierre Pascal de Deckere, seigneur de Monte-
leoni,
etc, et Philippe Hyacinthe de Deckere, licencié en droit.
Un accord intervint devant les échevins d\'Anvers, le 31 octobre
1668. Jacques recut tous les biens, eifets, meubles, etc, de sa
défunte femme, a condition de payer 38498 fl. et de renoncer a tous
les droits qu\'il avait du chef de sa femme sur une partie d\'une
somme de 69134 fl. 2 sols. Cet accord fut notifié a la cour feodale
le 23 décembre 1673. Il s\'ensuivit une nouvelle investiture de Zeven-
bergen en faveur de Jacques, pure formalité qui ne portait nullement
atteinte aux droits de ses beaux-parents Macquereel.
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79
Le 21 février 1674, Jacques fit présenter a la cour feodale une
déclaration constatant que ceux-ci 1\'avaient entièrement indemnisé
du chef de la vente de Zevenbergen.
Francois Macquereel testa le 18 juin 1673 \') et décéda le 7 juin
1675. Le 25 du méme mois, son fils unique, Francois Joseph, fut
investi de la nu-propriété, et la mère de celui-ci, Isabelle van der
Piet, de 1\'usufruit du chateau de Zevenbergen et de la seigneurie
y attachée. Par suite de la mort de son fils, cette dame fit, le 8
novembre suivant, le relief de la nu-propriété de eet important fief.
De tout temps, 1\'exercice de la juridiction a Ranst et a Millegem
avait fait surgir des contestations entre les chatelains de Zeven-
bergen et de Doggenhout. Au XVIe siècle déja, le chevalier Nico-
las Oudart, seigneur de Rijmenam, Doggenhout, etc, avait eu a ce
propos des différends avec Agnès de Halmale, veuve de Godefroid
d"Enckevoirt, sa fille Jacqueline d\'Enckevoirt, dame de Zeven-
bergen, et le chevalier Jean de Berchem, mari de celle-ci 2). Plus
tard, les mêmes difficultés se représentèrent entre Marie Houtappel,
dame de Zevenbergen, et Philippe Francois de Fourneau, seigneur
de Chapelle-Saint-Ulric, chevalier de St.-Jacques. TJn accord, inter-
venu le 25 février 1639, y avait mis fin. Depuis, Pierre Pascal
de Deckere, époux de Cornélie Marie Houtappel, posséda, pendant
quelque temps, seul, la haute, moyenne et basse juridiction des deux
villages, mais la familie de Fourneau ne tarda pas a reconquérir
ses anciens droits, et, bientöt après, nous voyons les discussions
reprendre de plus belle entre les habitants des deux chateaux
voisins. Enfin, les parties convinrent de s\'en rapporter a 1\'arbitrage
du conseiller de Man. TJn arrangement eut lieu et, le 28 février
1684, Philippe Théodore de Fourneau, comte de Cruquembourg,
transporta a Isabelle van der Piet, moyennant 6250 fl., la moitié
de la haute justice (B., 156, f° 353).
Isabelle van der Piet, veuve Macquereel, contracta une nouvelle
union avec Corneille de Man, chevalier-banneret, seigneur de Lodijck,
\') Devant le notaire Van Bast a Anvers.
\') Voyez J. Th. de Raadt, Quelqaes observations sur Nicolas Oudart et
son jeton.
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80
Nieuwstrijen, Watermael, Auderghem, etc, trésorier de la ville
d\'Anvers et conseiller surnuméraire au conseil de Brabant \').
Lors de la vente a 1\'encan de 1\'hótel du prince de Steenhuyse, a
Bruxelles, prés de la Chancellerie en la rite ou montagne dict Blin-
denberch
(Montagne-des-aveugles) et joindnant la maison du seigneur
baron de Parcq
(Perck)2), les époux de Man-van der Piet s\'en
rendirent acquéreurs. Cette propriété, mouvant en fief du duché de
Brabant, était, a cette époque, louée au prince de Nassau. Les ache-
teurs la relevèrent Ie 25 janvier 1687. Le prix de vente était de
25100 fl. — Bien que, 1\'année suivante, Jeanne de Richardot,
baronne-douairière de Fontaine-l\'Evêque, tante paternelle du prince
de Steenhuyse, fit valoir ses droits sur eet hotel, les de Man surent
se maintenir en possession de eet immeuble historique;\').
En 1694, Isabelle van der Piet acquit la seigneurie de Bauter-
sem, a Santhoven, qu\'elle releva le 6 juillet (B.). De concert avec
son mari, elle fit le 5 Mai 1700, un codicille, devant le notaire
Catz, a Bruxelles, et mourut dans cette ville, le 12 novembre de la
même année; elle fut enterrée a Anvers, dans la cathédrale, en la
chapelle de Notre-Dame (I. F.).
Le 29 janvier suivant, sa fille, Anne Isabelle Macquereel, femme
du baron Jacques le Roy, fut investie du chateau de Zevenbergen,
de la moitié de la haute juridiction de Ranst et de Millegem et
de la seigneurie de Bautersem (B.).
Cette dame testa le 7 Mai 1701; elle mourut en septembre 1702
et fut inhumée, a Anvers, dans la cathédrale, le 14 de ce mois.
\') Le contrat de mariage fut passé le 16 aoüt 168., devant le notaire Van
Baenst, a Anvers.
a) C\'était alors Frédéric Joseph Ignace de Marselaer. L\'hötel de Perck formait
également un fief du duché de Brabant.
s) Il en sera encore question plus loin. En 1777, i\'hötel de Steenhuyse appar-
tenait a Mr. de Man d\'Attenrode, dont les enfants le vendirent, en 1816, au prince
de Gavre. A son tour, celui-ci le cédn, 1\'année suivante, a J. B. Parijs, a Molen-
beek-Saint-Jean (Arch. de Ste Gudule).
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81
Ainsi que nous 1\'avons dit plus haut, Jacques Ie Roy avait été
appelé, en 1658, aux fonctions de greffier des domaines et finances.
Il les exerca jusqu\'en 1661. Par lettres-patentes du 3 mars de
cette année, Ie roi Ie nomma conseiller et commis au même con-
seill). Jacques prêta serment Ie 11 du même mois et prit la
place que son père avait quittée la veille en sa faveur. Ses
appointements de conseiller et commis étaient de 1976 livres par
an (C, 45876, f° 118). A quelque temps de la, il devint aussi
surintendant du commerce.
Notre jeune conseiller se fit remarquer par sa science et ses
hautes aptitudes et ne tarda pas a en obtenir une eclatante recon-
naissance de la part du gouvernement. En 1664, a peine agé de
oO ans, il fut chargé par Ie gouverneur général, Ie marquis de
Caracena, d\'une mission des plus flatteuses. Il fut envoyé a Madrid
afin de rendre compte au monarque de la situation financière et
commerciale de la province. Caracenaraccréditaauprèsdeceprincepar
une lettre, datée de Brits", 30 de Julio 1664, de la teneur suivante:
A Su Magd, en recomendacion del Comis de finanzas Jacqs Ie Roy.
A. Su Magd. Sefior.
Jacques Ie Roy, seRor de Broechem, y comis en el consejo de finanzas de V.
Magd va a essa corte a representar a V. Mag\'1 diferentes negocios a cujo
efecto ha parecido al consejo embiarle para que pueda V. Magd estar vastan-
temente informado del estado en que se hallan las cosas de finanzas, y las del
comercio de estos Estados, y haviendo sido uno de los que mas se han empleado
en estas materias ine Ie han propuesto por el mas aproposito para que vaya a
esta comision y por lo que yo Ie he empleado en algunas cossas Ie juzge
tambien por lo mismo, esperando que dara muy buena quenta de lo que lleva a
su cargo, y assi devo suplicar a V. Magd. qUe sele de todo credito, y que como
cossa que interesa mucho el servicio de V. Magd se atienda al reparo y remedio
de estos negocios, y que por lo bien que este Ministro ha servido a V. Magd
reciva de Su R1 grandesa el favor que todos hallan en ella. Dios &ca. a)
En outre, Caracena munit 1\'ambassadeur de lettres de recom-
*) Ce document qualifie Jacques de seigneur d\'Oeleghem.
9) Correspondance de Caracena avec Philippe IV; minute. Arch. général du
Royaume, No. 101, f° 103.
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82
mandation pour les marquis de Castel-Rodrigo et de Veladaf).
En présence de la situation précaire du pays, ravage par la
famine et Ie pillage, la mission de Jacques Ie Roy était aussi
difficile que delicate; cependant, grace a ses talents et a son élo-
quence persuasive, il s\'en acquitta d\'une facon digne du nis du député
aux Etats-Généraux de La Haye.
Plus tard, Castel-Rodrigo étant devenu capitaine-général des
Pays-Bas, Jacques Ie Roy eut avec celui-ci des difficultés, a la
suite desquelles il donna sa démission \'2). Ceci eut lieu en 1665.
Les causes de ces dissentiments nous sont restées inconnues; c\'est
en vain que nous avons fait a ce sujet des investigations dans les
papiers d\'Etat de 1\'époque. Mais voici ce que nous avons trouvé
dans les archives de la Chambre des comptes:
Le 24 septembre 1665, luy a esté payé la somme de vingt mille
trois cent florins, sgavoir dix hukt mille florinspour le remboursement
de pareille somme qu\'il avoit advancê en don a Sa Majesté a son
advenement a l\'estat de greffier qiCil avoit esté des finances, hu iet
cent florins qu\'il avoit page pour le droit de medianeda a son adve-
nement audict estat de greffier, et quinze cent florins pour le medianeda
de commis des finances, moyennant quoy il a esté decharge pour
toujours de son dict estat de conseiller et commis des finances\'"
(C, 45876,
f° 110 v°).
Après avoir relate la retraite de Jacques, P. Bayle poursuit:
„Sans cela il se fut poussé bien avant dans les affaires & dans
les Charges Politiques: mais la République des Lettres y eut
perdu; car il n\'eüt pas eu le loisir dont il a jouï, & qu\'il a si
bien emploié a composer des Ouvrages qui ont vu le jour."
De même que son père, Jacques ne cessa, malgré sa retraite
de la vie publique, de prendre dans ses actes les titres de con-
seiller et de commis des domaines et finances, et, généralement,
sans indiquer qu\'il n\'en exercait plus les fonctions.
Il résidait, a Anvers, dans la maison dite het oud hotel van Aren-
\') Ibidem, fos 105 et 106.
2) Voyez Niceron, Diehcxsens et Bayle.
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83
berg, ... inhabitans domum amplam vid de Gasthuys-straet in angulo
viae de Harenberg-straet versus septentrionem,
dit Diercxens. On peut,
en outre, a ce sujet, consulter 1\'excellent ouvrage de M. Aug.
Thijs: Historie der straten van Antwerpen 1).
Voici ce que nous lisons dans une notice, non encore publiée,
de eet infatigable historiën anversois, traitant de 1\'ancien hotel dit
Hhof van Luyck: „Sur eet hotel fut ouverte, en 1551, la section
ouest de la rue d\'Arenberg. La partie restante avec une maison
et des terrains contigus forma plus tard 1\'hötel dit d\'Arenberg,
N°s 21 et 19, longue rue de 1\'Höpital, coin rue d\'Arenberg. En
1667, ces biens furent saisis et adjugés a Francois Macquereel,
négociant, au prix de 33050 fl. L\'acquéreur occupait la grande
maison Vieille Bourse, N« 19, formant jadis trois habitations."
Après Ie mariage de sa belle-mère, avec Ie chevalier de Man,
Jacques Ie Roy prit possession de 1\'hötel d\'Arenberg.
Ayant déja consacré, du temps oü il était fonctionnaire, tous
ses loisirs a ses travaux historiques, Jacques s\'y adonna entière-
ment depuis sa rentree dans la vie privée. Il y mit la persévé-
rance de la passion. Toutes les archives publiqucs, si on peut
s\'exprimer ainsi, en parlant de cette époque, et toutes les collec-
tions particulières, a sa portee, furent dépouillées. Le résultat de
ces recherches laborieuses a été consigne dans une série d\'ouvrages
qui font la gloire de eet intrépide travailleur et qui sont des orne-
ments de la littérature historique des Pays-Bas. Aucun sacrifice
ne fut épargné pour 1\'embellissement de ces travaux par la repro-
duction des édifices remarquables, tels que chateaux, monastères,
églises, etc, des monuments funéraires, des pierres tombales, des
portraits des hommes illustres.
C\'est comme un luxe d\'antiquaire oü se complait sa généreuse
\') Pp. 564 a 565. Dans son travail francais: Historique des rue» et des places
publiques de la ville d\'Anvers,
beaucoup moins développé que 1\'ouvrage flamand
précité, eet auteur ne parle point de Jacques le Roy. Mr Thijs a bien voulu
nous fournir plusieurs renseignements pour cette notice; qu\'il en recoive nos
plus sincères remerciements.
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84
et expansive érudition. On sent qu\'il aime a étaler sous les yeux
du lecteur ces trésors lentement amassés, a faire jaillir pour tout
Ie monde ces sources patiemment découvertes, a répandre au dehors
ces surprises et ces joies de 1\'invention archéologique.
La plupart des vues ont été dessinées par des artistes envoyés
sur les lieux aux frais de 1\'auteur. Parmi ces artistes, on remarque:
J. van Croes, N. Stramont, G. de Bruyn, J. Troyen, Jacques van
Weerden, Francois Ertinger, etc. Les gravures ont été exécutées
par les premiers maitres du temps. Nous citons: Francois Ertinger
prénommé, Hollar, Adr. Pérelle, Luc Vorsterman, Ie jeune, Jacques
Harrewijn, Robert Whitehand, H. Cause, Gaspard Bouttats, tous
graveurs si celebres et si renommez,
dit la préface du Grand Théatre
profane, que leur nom senl fait leur eloge.
Il suffit de jeter un coup d\'ceil sur les ouvrages de notre auteur,
pour comprendre quelles sommes immenses y ont été englouties.
En effet, au dire des écrivains du siècle dernier, presque toute
la fortune considérable de Jacques y passa, et 1\'historien vécut, vers
la fin de son existence, dans un état voisin de la gêne \').
La familie, effrayée a juste titre par ces dilapidations — excu-
sables, s\'il en fut — mit tout en oeuvre pour les enrayer, et nous
voyons Jacques Ie Roy écarté dans des circonstances oü, certes,
en qualité de père et de chef de familie, il aurait du figurer. C\'est
qu\'on avait lieu de craindre que sa passion de 1\'art et de 1\'histoire
ne lui fit oublier des devoirs sacrés et ne 1\'entrainat a dissiper
les deniers des siens en frais de gravure et d\'impression.
A sa mort, A. J. Macquereel, seconde femme de notre auteur»
laissa une fille célibataire, Lutgarde Antoinette Isabelle. „Chose
singuliere, dit M. Thijs dans son manuscrit susmentionné, la défunte
avait donné pour tuteur a sa fille, Philippe Charles van der Zijpen,
chanoine a Malines, et nulle part on ne voit intervenir dans les
actes relatifs a sa succession notre eminent historiën, alors agé
\') Diercxens dit: Cum autem Jacobus Ie Roy ingentes summas insumpsisset in
ornandis operibus suis tabulis aeri incisis, obiit...
(op. cit., p. 414). Sanderus,
autre historiën célèbre, fut également ruiné par ses éditions somptueuses.
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85
de 70 ans. La cause de cette exclusion se rattache peut-être aux
frais considérables qu\'il fit pour la publication et les nombreuses
gravures de ses divers ouvrages et qui ébréchèrent fortement son
patrimoine."
Ainsi qu\'on a pu Ie voir, Jacques fut, en 1684, témoin au mariage
de son frère Joseph, avec MUe Ie Roux et, trois ans après, il tint
sur les fonts Ie 3e enfant de ces époux.
De même que Jéröme Brugmans, doyen du chapitre de St Jacques
a Anvers, il fut nommé executeur testamentaire de üiego Duarte,
grand amateur des beaux-arts, qui lui légua en souvenir een dia-
mantrink dicksteen monsterachtig van acht greyn si/nde blauw geemail-
leert ende daeraen een zegeltjen l).
*              *
*
La première publication que nous connaissions de Jacques Ie Roy
date de 1659. C\'est un distique, suivi de trois chronogrammes, en
latin. Rs parurent dans les Dêvotes conceptions ou pensees sur les
emblèmes, prophéties, etc, qui se rapportent a la glorieuse Vierge
Marie, composées par Ie V. P. Nicolas de Ie Ville
(Louvain, chez
Cyprien Coenestein, 1659). Cette production est, toutefois, sans
grande valeur. Mais, comme c\'est la première manifestation litté-
raire de Jacques Ie Roy, il n\'est pas sans intérêt de voir comment
a débuté notre historiën, et nous croyons bien faire de la repro-
duire :
„Mariae pro Mariano & zeloso huius Libri Auctore.
Ingenii flores, tibi consecro Virgo labores.
Lactea Virgo fave, Lactea Mater ave.
Chronicon
ADes Virgo Maria CeLestlnls.
Chronicon.
*) Testaments de 1685 et 1687. Aug. Thijs, Bulletin de la proprlété, 13 novem-
bre 1881. On y trouve des renseignements pleins d\'intérêt sur Diego Duarte et
sa familie.
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86
Ad Virginem Matrem Mariam
Pro pace habenda.
0 pla Da nobJs VIrgo post praeLIa pacem
LIbens Merlto ponlt DICatqVe.
Jacobus Le Roy.
Des livres de Jacques le Roy, quelques-uns ont fait 1\'objet de
plusieurs éditions; d\'autres n\'ont été publiés qu\'après la mort de
1\'auteur. A chaque nouvelle édition, 1\'historien apporta aux ouvra-
ges et aux titres des modifications et des augmentations \'plus ou
moins importantes. Plus tard, les éditeurs en firent autant et
ajoutèrent même des faits arrivés depuis le décès de 1\'auteur.
La récente publication du remarquable travail bibliographique
sur les ceuvres de Jacques le Roy, dans la Bibliotheca Belgica, de
M. van der Haeghen, nous force, pour ne pas faire doublé emploi,
a renoncer a notre projet de reproduire ici in extenso les titres des
ouvrages de notre auteur. Nous nous bornerons donc a les donner
en abrégé, en signalant les différentes éditions dont nous avons
connaissance.
Voici la liste — complete, croyons-nous — des ouvrages
imprimés de Jacques le Roy:
I.    Histoire de Valiénation, engagère & vente des seigneuries, domai-
nes & jurisdictions des duchez de Brabant, de Limbourg & pays
d1 Outre-Meuse... Becueilly par messire Jacques le Boy, Chevalier
& Libre Baron du S. Empire, Sc.
un volume in-fo;
sans nom d\'éditeur ni date;
il est probable que eet ouvrage a été écrit du temps oü Jacques
était fonctionnaire.
II.    Notitia Marchionatus Sacri Bomani Imperii hoc est urbis et
agri Antverpiensis
.... Auctor e Jacobo le Boy de Brouchem, S. B.
J. libero Barone &c.
un volume in-fo ;
a)  Amstelodami, Typis Francisci Lammingae, 1678;
b)  ibidem; Prostant apud Albertum Magnum, in plataea vulgo
dicta den Nieuwendijk sub signo Atlantis;
même année.
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87
Cet ouvrage est sans conteste, sinon Ie plus volumineux, Ie plus
important et Ie plus personnel de notre auteur; il est orné de 207
planches, en taille-douce et a 1\'eau-forte.
Il y a quelques années, la Bibliothèque Royale de Bruxelles
a fait 1\'acquisition, par 1\'intermédiaire d\'un notaire de cette ville,
de trois volumes in-folio, contenant les copies, en partie authenti-
quées, d\'un grand nombre de documents qui ont servi a la confeo
tion du beau livre précité. Ces volumes contiennent plusieurs
lettres ayant accompagné quelques-uns de ces documents. Elles ne
nous donnent guère de détails utiles; 1\'une d\'elles porte 1\'adresse:
„A Monsieur, Monsieur Ie Boy, Chb\\, seigneur de Brouchem, eten
detnt pres VEglise de S* André, a Anvers."
III.     Achates Tiberianus, sive gemma caesarea, antiquitate argu-
mento, arte, historici prorsus incomparabilis
.... Auctore Jacobo Ie
Boy, libero Barone S. B. I.;
un volume in-f»;
Amstelaedami, prostant Bruxellis apud Franciscum Foppens, 1683.
(voyez Ie Journal des Scavants pour 1\'année 1685, pp. 87 a 89;
Paris, chez Jean Cusson).
IV.     Topographia historica Gallo-Brabantiae, qua Bomanduae
oppida, municipia & dominia illustranhir
.... Auctore Jacobo Barone
Ie Boy & S. B. J., Domino S. Lamberti &c.
un volume in-f»;
Amstelaedami; Typis Hermanni Allardi, anno 1692.
M. Bouillart, a Mons, possède un volume contenant des notes et
des documents ayant servi a la confection de cet ouvrage.
„On ne sauroit desirer, écrit, a propos de celui-ci, P. Bayle,
dans son Dictionnaire historique, un détail plus particulier de ce
que 1\'on nomme Ie Brabant Wallon, & si 1\'on avoit une semblable
Notice de toute 1\'Europe, 1\'on auroit un magazin inépuisable d\'Eclair-
cissemens & d\'Instructions."
V.   Castella et praetoria nobilium Brabantiae et coenobia celebriora
ad vivum delineata
.... (ex museo Jacobi Baronis Ie Boy et S. B. J.
Toparchae S. Lamberti).
un volume in-fo.
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88
a)   Antverpiae Ex Typographia Henrici Thieullier, ad Fossam
minorum. Anno
1694;
première édition, sans texte, tres rare et dont les épreuves sont
d\'une grande beauté.
Elle contient 143 cartes et planches, gravées en taille-douce et
a 1\'eau-forte;
b)  seconde édition, avec texte, chez Ie même, 1696;
c)  Amsterdam, Abraham de Someren et Arnold de Ravenstein,
1696; >)
d)  Antverpiae, sumptibus autoris. Anno 1697 ;
e)  Antverpiae, sumptibus autoris, 1698;
f)  Leiden, chez Peter van der Aa, 1699; titre latin, francais et
néerlandais.
g)  En 1705, Daniel van den Daelen, a Leiden, André van
Damme, a Amsterdam, et Englebert Boucquet, a La Haye, firent
conjointement un nouveau tirage de 1\'édition de 1699, sous un
autre titre en latin, francais et néerlandais: "Brabantia llhistrata,
continens accuratissimam omnium castellorum et praetorionim nobilium
Brabantiae, nee non celebrium coenobiorum, aliorum aedificiorum
descriptionem ac delineationem..... tiré du cabinet de Jacques Ie
Boi....
h) L\'année suivante, Ie même ouvrage fut édité, accompagné
d\'un texte néerlandais, sous Ie titre:
„Adelijke lusthoven inhoudende de voornaemste en vermaekelijkste
geziyten en perspectiven des ouicde en nieuwe geestelijke en adelijke
gebouwen des hertogdoms Braband"
....
un volume in-4», obl.
Amsterdam, 1706.
VI. VErection de toutes les terres, seigneuries é families titrées
du Brabant; Prouvée par des extraits des lettres patentes, tirez des
originaux. Et Recueillies par messire Jacques Baron Le Roij et Du
St Empire, Seigneur de Saint-Lambert,
&c.
\') Voyez le Comte du Chastel de la Howardries, Notices généalogiques tour-
naisiennes;
I, p. 79.
-ocr page 93-
89
un volume in-f»;
a)  A Leide; De V Imprimerie de Pierre van der Aa; 1699;
b)   „Nouvelle Edition, suivant la vraye Copie de Leide, Reveuë & aug-
mentêe par VAuteur." A Amsterdam, 1706 ; sans indication deVéditeur.
VIL Praedictio Anthoniae Bourignon de vastatione urbis Bruxel-
larum per ignem. Ex Collectaneis Jacobi Baronis Le Rog
cC- .S\'. R. 1.,
Toparchae S. Lamberti.
un volume, in-8»;
Amstelaedami apud Henricum Wetstein; Bruxellis, apud Henri-
cum Fricx. Anno 1096.
C\'est 1\'ouvrage le plus insignifiant, mais le plus rare de .Jacques
le Roy (voyez: Archives Philologiques, par Frédéric, baron de
Reiffenberg, I, 108—110; Paris 1825—6; Bayh etc).
VIII.   Institution de la Chambre des comptes du Roi en Brabant
a Bruxelles, du 19 juin Van 1404, par Anthoine, duc de Brabant,
comte de Rhetel
.... Par Messire Jacques Le Rog Chevalier <(; Librr
Baron du S. Empire
&c.
un volume in-8°
A Bruxelles, chez les T\'\'Serstevens, Imprimeurs, 1716.
IX.  Instructions et Ordonnanees de la Chambre des comptes de Bra-
bant, avec Vhistoire de alienation, engagere
<0 vente des seigneuries,
domaines et jurisdictions.. . Par Messire Jacques Le Rog (\'liecalier
& Libre Baron du S. Empire,
&c.
un volume in-S»
A Lille 1716: sans le nom de l\'éditeur.
X.   Groot Kerkelijk toneel des hertogdoms van Brabant, behelzende
een korte, doch algemeene historische beschrijvinge van den Oorsprong
en oudheden van alle de hoofd-, dom-, kanonikaale en kerspel-kerken___
Getrokken en bijeen verzameld uijt de beste schrijvers die den kerke-
lijken staat van Brabant beschreeven hebben. Verrijkt met meer dan
110 kopere plaaten;
deux vol. in-f»;
In \'s Graavenhage bij Christiaan van Loon, Boekverkooper, 1727.
Deux ans après la publication de cette édition, on fit paraitre
le même ouvrage en langue francaise, sous le titre:
12
-ocr page 94-
90
Le grand Thédfre Sacré du duché de Brabant, contenant la des-
a iption générale historique de Véglise métropolitaine de Malines et
de toutes les autres églises catholigues
.... Divisé en deux volumes,
in-R
a)  A La Haye, chez Chrétien van Loon, libraire, 1729.
b)  A La Haye, chez Gérard Block, libraire, 1734.
XI.   Groot tverreldlijk Toneel des Hertogdoms van Braband. Behel-
zende eene algemeene, doch korte beschrijving van dat landschap; als
mede een chronologische opvolging zijner hertogen; de beschrijving der
steden
.....
un volume in-fo;
a)  In \'s Graavenhaage, bij Christiaan van Loon, Boekverkooper,
1730;
b)  une autre édition de eet ouvrage, également en néerlandais,
fut faite en 1735, a la Haye, par Corneille et Frédéric Boucquet.
Une édition francaise du même ouvrage parut simultanément
avec la première édition néerlandaise; elle porte le titre:
Le grand Theatre profane du duché de Brabant, contenant la
description générale & abregée de ce pais; la suite des ducs de Bra-
bant; la description des villes.....
un vol. in-f o;
A La Haye, chez Chrétien van Loon, libraire, 1730.
Bien que ne portant pas son nom, les deux ouvrages indiqués
ad X ont été, de tout temps, attribués a Jacques le Roy. Ce n\'est
que récemment, si nous sommes bien informé, qu\'on lui en conteste
la paternité, pour les dire 1\'oeuvre d\'un compilateur inconnu. Ces
deux ouvrages, parus environ une dizaine d\'années après la mort
de Jacques le Roy, ont, toutefois, absolument le caractère des autres
publications du même auteur, et rien ne nous empêche de les con-
sidérer comme son oeuvre personnelle. Si nous y trouvons relatés
des faits postérieurs a la mort de notre auteur, c\'est que les éditeurs
en ont agi avec ces deux ouvrages-ci comme avec les autres édités
après le décès de notre personnage.
XII.    Jacques le Roy a édité: „Chronicon Balduini Avennensis
Toparchae Bellimontis; sive Historia Genealogica comitum Hannoniae
-ocr page 95-
91
aliorumque principum.....primum nunc edita, & notis historici?
illustrata studio Jacobi Ie lioy et S. E. L, Domini Sancti Lamberti."
un volume in-f»;
Anteerpiae, Et Typographia Knobbariana, Apud Franciscum Mul-
Ier, sub signo S. Petri,
1693.
Tres rare. Dom Luc d\'Achery avait déja, d\'après un manuscrit
de du Cange, inséré au tome VII de son Spicilège, des généalogies
extraites de la chronique du Hainaut de Baudouin d\'Avesnes, sire
de Beaumont. Cette chronique commence a Charles de Lorraine,
frère du roi Lothaire, et finit a 1\'an 1289. Jacques Ie Boy repro-
duisit ces généalogies plus complètement, d\'après Ie manuscrit des
Chifflets, mentionné par Miraeus {auctor, de script, eccles., p. 262)
et par Foppens (Bibl. Belg., p. 115) \').
Jacques Ie Boy commenta également les chroniques d\'Albéric,
moine de Trois-Fontaines, comme il Ie dit lui-même dans la pré-
face du Chronicon Balduini Acennensis. Il semble toutefois que ce
travail n\'ait pas été livré a 1\'impression.
L\'apparition de la Notitia Marehionatus fut saluée par les accla-
mations enthousiastes des savants contemporains. Les Nouvelle» de
la liépublique des lettres 2),
entre autres, dans la livraison de sep-
tembre 1685 (pp. 992 et suivantes), consacrèrent a ce bel ouvrage
un article des plus élogieux. BL\'Auteur, dit eet article, y explique
avec beaucoup d\'ordre & d\'intelligence tout ce qui concerne Ie
Marquisat d\'Anvers, & on ne scauroit assez admirer la peine qu\'il
s\'est donnée d\'aller lui-même sur les lieux, & de faire dessiner &
graver avec de grands frais les Villes, les édifices, & les hommes
dont il a voulu que les figures enrichissent son Ouvrage. Il a eu
aussi beaucoup de soin de consulter ceux qui pouvoient lui éclaircir
\') Voyez: de Reiffenbekg, Chronique rimée de Philippe Mouxkes, I, introduc-
tion, p. 32.
8) „par Ie S>\' B... ., Professeur en Philoloyie et en Ilistoire; Amsterdam, chez
Henri Dcsbordes."
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92
certains faits sur quoi les Auteurs ne sont pas d\'accord. Il remonte
jusqu\'a 1\'origine des choses, & fait voir exactement 1\'érection, &
la division de chaque Fief."
L\'auteur de cette note croit, toutefois, devoir adresser un reproche
au travail dont il s\'occupe: „Quoiqu\'il ne s\'écarte que rarement,
ajoute-t-il, de sa principale matière, il ne laisse pas d\'être fort
considérable dans ses digressions, & sur tout dans celle qui concerne
les cachets, & 1\'origine des armoiries & des surnoms".
Il n\'y a la rien qui doive nous surprendre, car les lignes que
nous venons de repi\'oduire, furent écrites a une époque oü les sciences
héraldique et généalogique se trouvaient en décadence complete, et
oü, par suite des agissements de quelques roia iVarmes, les histo-
riens dédaignaient généralement de prendre au sérieux ce qui ne
paraissait être fait que pour servir de jouet vaniteux et frivole
a quelques hobereaux entichés de noblesse. Il était réserve au
XlXe siècle de remettre en valeur ces deux sciences, tout a fait
indispensables a 1\'historien et a 1\'archéologue.
A propos de certaines fables dont Ie Roy fait justice, notam-
ment de celle de la prétendue résurrection de Gocellin, fils de Ber-
told, seigneur de Grimbergue,
grace a 1\'intervention de St. Suitbert,
l\'auteur de 1\'article dans les Xouvelles de la Rêpublique des lettres
s\'écrie: „Voila ce qu\'on appelle un honnête homme, qui aime mieux
faire sa cour a la vérité qu\'aux bigots, quoique Ie plus souvent
il y ait plus a gagner selon Ie monde au service de ceux-ci qu\'au
service de celle-la".
De même que sur sa jeunesse et son adolescence, il règne une
obscurité complete sur la fin de la vie de Jacques Ie Roy, et un
manque presque absolu de documents ne nous a pas permis de
lever Ie voile jeté sur ces époques. Bien que nous ayons des
données sur les enfants de 1\'historien, nous n\'avons pu constater
si une des nombreuses families Ie Roy existantes se rattache a lui.
Que sont devenu les belles collections et les précieux manuscrits
-ocr page 97-
93
de Jacques Ie Roy? Oü peut-on trouver ses correspondances, les
documents intimes rendant compte des détails de sa vie privée?
Pas un de ces papiers interessants ne nous a été transmis; nulle
part, nous ne trouvons, publiées, des lettres de Jacques ou celles
lui écrites par ses amis et ses parents.
Les quelques missives adressées a notre auteur que nous avons
découvertes, ne nous ont guère fourni de particularités sur Jacques
Ie Roy. Ce sont des correspondances de quelques curés, de Mr. Roose,
baron de Bouchout (pres de Bruxelles), et du comte de Corswarem
Lonchamp (sic!), des années 1690 a1692, mais elles ne contiennent
guère que des copies d\'épitaphes, des données historiques ou des
demandes de renseignements.
Parmi ces lettres, une, cependant, mérite que nous la fassions
connaitre \'). Elle émane du fameux heraut d\'armes Pierre Albert
de Launay. La voici:
Bruxs. Ie 24 mars 1690.
Monsieur \')
Pour response sur la lettre que vous m\'avez fait 1\'honneur de m\'escrire au
sujet de certain livre que feu lo sr Jean Baptc Gramay auroit vraysemblablement
composé de la maison de Tresignies, intitulé Trasiniacum, je vous diray que je
nc 1\'ay jamais veu et que, s\'il y en auroit eu un, que feu monsieur Ie marquis
de Trasignies, qui m\'a autre fois fait dresser sa genealogie, me 1\'auroit commu-
niqué, comme estant un document qui m\'auroit esté fort utile pour eest ouvrage la.
J\'ay la description de quelques villes et villages de Brabant Walon par ledit Gra-
maye, mais rien touchant celluy de Tresignies, et puisque Vous me marquez, mon-
sieur, que feu rimprimeur Velpius 1\'auroit imprimé, je m\'addresseray a ses enfans
pour 1\'avoir, s\'il est vray qu\'il 1\'auroit imprimé, et, si je Ie trouve, je ne manqueray
pas de vous 1\'envoyer, estant ravy d\'entendre que vous travaillez a un oeuvre sem-
blable qui n\'a jamais esté mis en lumière, vous en aurez asseurément beaucoup de
gré et d\'honneur, souhaitant passionnément y pouvoir contribuer par mes mémoires
et notices, mais il faudroit que je verrois votre projet, dont je ne désespère pas a).
\') Quelques unes de ces lettres se trouvent en possession de M. Bouillart.
a) J. B. Gramaye, J. C. Praepositi Arnhemensis, Serenissimorum Belgii
Principum et Provinciarum Historici, Et Professoris Academici, Traziniacum
municipium et Baronatus cuius appendencibus in limite Brabantico, Hannonico,
Leodicensi situs. Lovanij, Anno Verbi Incarnati 1607;
in 4°. D\'après Ie Sp>eci-
men litterarum,
imprimé a Bruxelles, par Rutger Velpius. — M. van der Haeghen
croit plutöt qu\'il sort des presses de Rivius, a Louvain.
-ocr page 98-
94
Espérant avant Pasques d\'aller faire un tour en votre ville d\'Anvers, pour vous
y voir et servir comme faisant profession d\'estre,
Monsieur,
votre tres humble et tres obeisant serviteur
P. A. de Launay
Monsieur Ie Baron Ie Roy.
L\'adresse porte: A Monsieur, Monsieur Ie Baron Ie Boy, a
Anvers.
Cette lettre avait été fermée au moyen d\'un pain-a-cacheter, sur
lequel on voit les armes du heraut d\'armes: écartelé: aux Ier et
4e, (d\'argent) au chevron engrêlé (de sablc); aux 2e et 3e, d\'hermine
plain; 1\'écu est sommé d\'une couronne a cinq fleurons, surmontée
d\'un casque; la partie supérieure du cachet est fruste; tenants: deux
hommes sauvages, armés de massues qu\'ils appuient sur 1\'épaulo.
On a bien remarqué la date de cette lettre? En 1690, Jacques
Ie Roy s\'adresse a P. A. de Launay pour obtenir de ce person-
nage, a pcine sorti des serres do la justice, des renseignements
pour un travail historique! On connait Ie célèbre proces des frères
de Launay, Pierre Albert et Jean, proces auquel Galesloot a con-
sacré une si interessante notice \'). Plus heureux, et peut-étre moins
coupable, que son frère, qui avait expié, a Tournay, Ie 17 mai
1687, par son supplice, une longue carrière de faux et d\'escroque-
ries, Pierre Albert avait pu échapper a la peine capitale, mais,
il n\'en avait pas moins été stigmatisé comme faussaire et escroc.
L\'opinion publique lui aurait-clle été favorable quand même ?
Nous avons peine a Ie croire. Au surplus, quelque retiré que
vécüt Ie Roy, il ne pouvait pas être sans connaitre les révélations
scandaleuses du proces des deux personnages. Mais, tout faussaires
qu\'ils étaient, les de Launay n\'en étaient pas moins des savants
et des archéologues de première force, a preuve 1\'indéniable habileté
qu\'ils ont mise a fabriquer leurs factums. Jacques Ie Roy croyait,
a notre sens, pouvoir mettre a profit Ie savoir de P. A. de Launay,
\') Pierre Albert et Jean de Launay, herauts d\'armes du duché de Brabant.
Histoire de leur proces
(1643—1687).
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95
quitte a ne pas afficher les relations épistolaires qu\'il venait de
renouer avec lui.
M. Ie comte Amaury de Ghellinck d\'Elseghem possède une matrice
aux armes de P. A. de Launay; grace a son extreme obligeance,
nous sommes en mesure d\'en donner ici un fac-simile. Cette matrice,
on Ie remarque, a été oblitérée par quelques entailles.
Il est probable qu\'elle a été refusée par suite de Terreur commise
par Ie graveur dans 1\'exécution du chevron.
Ce sceau permet de reconnaitre Ie cimier du roi d\'armes: une
hure de sanglier, Ie groin en haut.
En dehors des quelques lettres dont nous venons de parier, nous
n\'avons pas trouvé de correspondances de notre historiën.
On peut appliquer a la familie Ie Roy les parol es écrites, naguère,
dans la biographie d\'une illustre lignée d\'artistes-peintres: „S\'il
nous était donné de retrouver les papiers d\'une de ces lignées, que
de souvenirs précieux ne pourrait-on pas y récolter, que de traces
de vieux usages, d\'antiques procédés, redeviendraient apparentes?
la meilleure methode que 1\'on puisse employer, c\'est de s\'informer
comment, a quelle époque, dans quelles conditions se sont éteintes
les families artistiques".... et, ajoutons-le, les families de ceux
qui ont brille dans la république des sciences et des lettres. „De
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96
faibles lueurs, projetées a 1\'aventure, indiqueront peut-être la voie
aux chercheurs" 1).
En dépit de toutes nos investigations, nous n\'avons pas été assez
heureux de trouver un portrait de Jacques Ie Roy. Une petite
gravure, conservée au cabinet d\'estampes de la Bibliothèque royale,
a Bruxelles, pourrait, toutefois, représenter notre personnage;
mais, hatons-nous de 1\'ajouter, il nous a été impossible d\'en
acquérir la certitude. Cette gravure, sans blason, signée P. Clouwet
scul.,
nous montre un homme, a la fleur de 1\'age, aux longs che-
veux, légèrement bouclés, et portant Ie costume de la seconde
moitié du XVI1> siècle. En-dessous, la devise: god dienen is
regeren, qui est la forme flamande de la devise de Philippe Ie
Roy: Servire Deo regnare est. Elle est coupée en deux par un car-
touche, chargé d\'une marque de marchand, formée d\'un 4, pointu
au haut, la ligne transversale coupée, a sénestre, de deux traits
verticaux, et posé sur un monogramme, composé de deux V entre-
lacés, dont 1\'un est renversé (un A?). C\'est en vain que nous avons
cherché la signification de cette marque.
M. Henri Hijmans, Ie savant conservateur dudit Cabinet d\'estam-
pei, avait déja reconnu dans cette devise celle des Ie Roy. Si Ie
personnage n\'est pas Jacques, il représente, peut-être, un de
ses frères.
Le baron Jacques Ie Roy mourut, a Lierre, Ie 7 octobre 1719,
agé de pres de 86 ans. Il fut enterré le 9 du même mois, au
choeur de 1\'église de Massenhoven, dans le caveau de la familie
de son gendre de Cannart d\'Hamale. L\'obituaire de cette église
relate Finliumation de 1\'historien en ces quelques mots:
\') Alph. Wauters, La familie Breughel; Annales de la Sociétéd\'archéologie dt
Bruxelles,
I, 2e livraison, pp. 7—79.
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97
„ 9 Octobris 1719 sepultus est D: Jacobus le Roon, Baro etc
Ii. I. P."
*).
Nous donnons ci-après un fac-simile de sa signature:
CHAPITRE VIL
De Jacques IV Ie Roy et de ses deux femmes, nous connaissons
huit enfants, savoir:
A. Du premier Ut:
lo. Pierre Pascal, né a Bruxelles, baptisé Ie 30 aoüt 1660. Il
mourut Ie 3 novembre 1667 et fut enterré dans 1\'église de Broe-
chem, dans Ie caveau de son grand-père. On lui érigea un beau
monument, dont son père nous a transmis une excellente reproduc-
tion et dont voici 1\'épitaphe:
Ante aram maximam, sepultus est in monumento avi sui puee |
nobilis Peteus Pasqualis le Roy, Jacobi filius Equitis Banne-
BETI, | DOMINI DE RANST & MlLLECEM, & DYMPNAE MaEIAE DE
Deckeee. Obiit III Novemb. Anno M. DC. LX VIL aetatis suae
VIL FlLIUM EXIGUO | INTEEVALLO MATEE SECUTA FUIT, EODEMQ. CUM
ILLO CONDI VOLUIT | SEPULCHEO. ObIIT XIV. FeB. ANNO M. DC.
LXVIII. aetatis suae XXXIV. |
En-dessous de cette inscription, on voit, sculpté en marbre blanc,
un enfant couché, aux cheveux bouclés et vêtu d\'une longue robe,
les pieds poses sur un ehien. Des deux cötés, les deux suisses
des armoiries le Roy, munis de leurs bannières. Dans la partie
supérieure du monument, les armes (écartelées de Hoff) avec cimier
et tenants (March. 187).
*) Communication de M. lo curé de Massenhoven.
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98
2°. Philippe Renier, baptisé le 31 octobre 1662, mort au ber-
ceau;
B. Du second Ut:
3o. Francois Bernard, mort Ie 22 octobre 1676 et inhumé au
couvent des Chartreux, a Anvers, sous un monument; orné au haut
des armes complètes de la familie et portant cette épitaphe:
D. O. M.
Hic jacet Feanciscus Bernardus le Roy, natus
Sacri Imperii Baro, Qua dignitate eius avus
a Caesare honoratus fuit, obiit XXII. octobris
anno MDC. LXXXVI. (J. F., V, 523).
En-dessous 1\'écusson, (écartelé de le Roy et de Hoff), sommé d\'une
couronne a 14 perles.
4o. Joseph Alphonse; il fut seigneur de Haine-Saint-Pierre, de
Haine-Saint-Paul, de Jolimont, etc. (1713), écoutète d\'Anvers et
margrave du pays de Rijen *); sa mort eut lieu a Bruxelles (S*e
Gudule), le 6 avril 1754.
Il recut, en 1703, après le décès de sa mère, 1\'hötel d\'Arenberg,
a Anvers. „Le nouveau propriétaire de 1\'hötel, dit Mr. Thijs dans
son manuscrit précité, y fit de grandes dépenses de reconstruction
et eut a lutter avec des embarras financiers, notamment en 1716;
déja en 1709, il avait vendu la maison Vieille Bourse, No. 19, au
prix de 7400 florins. Quand le célèbre historiën, son père, alors
seigneur de la Tour fut mort, Joseph Alphonse s\'empressa de ceder
les deux maisons rue de 1\'Höpital, a Paul Jacomo, baron de Cloots,
au prix de 30;000 fl. (1720)."
Joseph Alphonse épousa Jeanne Bernardine le Waitte, fille de
Jean Albert, membre du conseil de Flandre, et d\'Anne van der
Zijpe2), et petite-fille de Jean le Waitte, chevalier, seigneur de
\') Répertoire des commissions; Archives générales du royaume.
s) Fille de Bernard Alexandre, conseiller et procureur au grand conseil de
Malines, et d\'Isabelle Schotti.
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99
Recques, de Haine-Saint-Paul, de Pierrefontaine, etc, conseiller
au conseil de Hainaut, et de Jeanne Francois.
Elle mourut a Anvers, Ie 21 décembre 1712, et y fut enterrée,
dans 1\'église St. Georges.
Son mari vendit au conseiller Jacques Nicolas de Man, seigneur
des deux Lennick, etc., et a Anne Marie de Cordes, sa femme, la
moitié d\'une ferme, sise a Bruxelles, pres de la Chancellerie, Mon-
tagne-des-aveugles (22 mai 1711) x). Cctte propriété, mouvant du
duché a titre de fief, avait été cédée aux De Man par les époux
van Uffels-le Roy, mais Ie baron Joseph Alphonse en avait fait
Ie retrait lignager (B.).
Le 29 septembre 1711, il donna décharge a Gilles Vermandez,
marchand a Anvers, de mille patagons, qu\'il réemploya a 1\'achat du
Bourquoishnff, a Molenbeek. Cette somme était le solde de cc que
Vermandez lui devait du chef de la vente de la maison dite de
Peilenen,
a Anvers 2). Le 27 février 1713, J. A. le Roy se porta
garant pour son beau-frère de Cannart, alors écoutète de Lierre 3).
D\'Isabelle van der Piet, il hérita la moitié d\'une rente sur la
baronnie de Bornival, rente dont 1\'autre moitié échut a Marguerite
de Man, veuve de messire Pierre Cupis de Camargo. Ils la cédèrent,
le 18 février 1718, a Guillaume van Langendonck, seigneur
d"Haeren (B.).
Le mariage du baron Joseph Alphonse resta stérile.
Dans 1\'église St. Georges, a Anvers, on voyait, autrefois, un
monument, orné, dans sa partie supérieure, de 1\'écusson de Maes *),
avec cette inscription :
\') Minutes du notaire Dors. Relativement a la vente de cette maison aux
de Man, les époux van Uffels-le Roy passèrent avec J. A. le Roy deux contrats
devant le même notaire, le 21 avril et le 11 aoüt 1711.
8) Ibidem.
*) Ibidem.
4) De gueules a trois massacres de cerf, brisé en cceur d\'une molette, le
tout d\'or.
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100
monumentum
dni. guilielmi maes
toparchae de sevenberge
Ranst et Milmegem
Defuncti 12 Novemb: 1616.
et suorum
nobilis dominae
JOANNAE BERNARDINAE LE WaITTE
UXORIS NoBILIS ET GeNEROSI DoMINI
Josephi.Alphonsi Baronis le Roy
et s. it. j. abneptis praedicti
Dni. Maes, quae diem ultimum
clausit in flore aetatis
ET ANIMAM SUAM CrEATORI REDDIDIT
die 21 Decembris 1712
In spe Resurrectionis.
Dans la partie inférieure du monument figuraient, surmontés
d\'une couronne a 13 perles, les écus de le Roy (écartelé de Hoff)
et de le Waitte ]) (J. F., II, 443).
5». Marie Isabelle, baptisée a Anvers (St Georges), le 7 avril
1670; elle fut tenue sur les fonts par Antoine le Roy, au nom du
chevalier Philippe le Roy, et par Isabelle van der Piet. Elle épousa,
a Bruxelles, le 6 aoüt 1696, Ferdinand Erard de Cannart d\'Hamale 2),
seigneur de Massenhoven 3), écoutète de Lierre, né dans cette ville
et y baptisé le 9 février 1674, fils d\'Erard Fran9ois, seigneur de
Massenhoven, et de Marie Thérèse van Opmeer, fille de Luc, che-
valier, seigneur de Reeth, Waerloos, Contich, etc, et de Marie
Smeesters 4), et petit-fils de Lambert de Cannart d\'Hamale et de
Catherine Basseliers
\') De gueules au chevron, accompagné de trois croissants, le tout d\'or.
a) Les témoins du manage furent: Ignace de Villegas et Jean Charles de
Cannaert.
Les de Villegas étaient alliés aux Van Opmeer. Diego Ferdinand de
Villegas eut pour femme Lucie van Opmeer, soeur de Marie-Thérèse (B., 379, f° 83).
\') Par relief du 29 avril 1700.
*) Voyez notre notice sur Reeth et Waerloos.
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101
Par suite de la mort de sa mère, Ie baron Joseph Alphonse Ie
Roy releva, Ie 26 janvier 1703, par indivis, pour ses soeurs Marie
Isabelle et Lutgarde Antoinette Isabelle, Ie, chateau de Zevenber-
gen, avec sa seigneurie foncière, la moitié de la haute juridiction
de Ranst et de Millegem et Ie bien de Bautersem, aSanthoven \').
La cadette de ces deux sceurs fut inscrite comme femme mortuaire
de ces fiefs. Après son décès, 1\'ainée en fut investie, de concert
avec les enfants de sa sceur, Ie 6 octobre 1722, mais Ie 14 du
même mois, elle transporta de commun accord avec son beau-frère
Van Uffels, tuteur de ses deux enfants mineurs, les biens de Ranst
et de Millegem a Ferdinand Antoine, baron de Vecquemans, en
faveur de qui Zevenbergen fut érigé, plus tard, en baronnie (B.).
Après la mort de son mari, survenue Ie 15 novembre 1719,
elle fit Ie relief de la haute, moyenne et basso justice de Massen-
hoven (8 mai 1722).
Elle passa de vie a trépas Ie 15 mars 1741 et recut la sépul-
ture dans ce village, auprès de son époux. Les seigneuries de Mas-
senhoven et de Bautersem échurent a son fils, Joseph Alphonse
Philippe, qui épousa Anne Marie Henriette Josèphe de Beeckman.
dame de Westerhove. Il en eut trois filles 2).
6<> Anne Thérèse, baptisée a Anvers (S* André), lo 20 octobre
1676; parrain: praenobilis et generosus Dominus Bernardus Alexan-
drus van der Zijpe,
remplacé par Pierre Oudart; marraine: Isabelle
van der Piet. Cet enfant mourut en bas age.
7» Anne Thérèse, baptisée, a Anvers (St André), Ie 2 janvier
1678; parrain et marraine: Charles Bosschaert et Anne Lunden.
Elle mourut également jeune.
\') Le 22 juin 1720, Marie Isabelle Ie Roy, dame de Ranst, Zevenbergen, Mas-
senhoven, etc, greva Bautersem d\'un capital de 9000 fl., en faveur de Henri Joseph
Hougaerts, chevalier, seigneur d\'Oirsayen, lieencié en droit, ancien échevin
d\'Anvers, et de sa femme Marguerite Auvray ou Van Havré (B., 382, fos 167 et 260).
a) Il releva Massenhoven en 1735 et Bautersem lc 29 octbr. 1742 (B., 385,
f" 392). Sa mort arriva le 13 juin 1762. Son obit, orné des quartiers: Van
Cannaert van Hamale, Basseliers, Van Opmeer, Smeesters; lo Roy, de Raet,
Mackereel, Van der Piet, se trouve chez M. Léon do Cannart d\'Hamale, a Mons.
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102
8<> Lutgarde Antoinette (Isabelle), baptisée a Anvers (St André),
Ie 21 avril 1681; elle fut tenue sur les fonts par Dominus Anto-
nius Ie Boy, Dominus Fani Sancti Lamberti,
et Isabelle Antoinette
Melijn, cette dernière remplacant Marie Isabelle Ie Roy.
Elle épousa, a Bruxelles (S* Gudule), Ie 13 février 1706, Jacques
Jean Baptiste van Uffels, conseiller, receveur général des domaines
et finances, qui fut créé baron par lettres-patentes du 6 avril 1706,
titre qu\'il appliqua a sa terre d\'Over-Heembeek. Il était fils de
Gérard, conseiller et receveur, et de Suzanne Catherine Bollarte,
fille de Jean, aumónier d\'Anvers, seigneur de Neder- et Over-
Heembeek (anobli Ie 1 octbr. 1659), et de Susanne de San-Estevan.
Après la mort du chevalier De Man et de sa femme, Isabelle van
der Piet, 1\'hötel de la Montagne-des-aveugles, a Bruxelles, fut divisé
en deux fiefs, dont 1\'un fut attribué aux De Man, 1\'autre aux époux
Van Uffels. Ceux-ci vendirent leur part au fils du chevalier De
Man, mais Ie baron Joseph Alphonse Ie Roy en fit aussitöt Ie
retrait lignager. Plus tard, il rétrocéda sa part a De Man, et 1\'hötel
fut alors reconstitué en un seul fief (B., 382, f" 64).
Outre la part dans les seigneuries de Zevenbergen, Ranst, Mil-
legem et Bautersem, Lutgarde Antoinette Isabelle Ie Roy avait
recu une hypothèque de 10,000 fl. sur la seigneurie de Hollaken,
a Rijmenam. Après sa mort, arrivée a Bruxelles (Ste Gudule), Ie 19
novembre 1715, son veuf releva la rente de ce capital pour ses
deux enfants (17 mai 1724) (M.).
Il mourut lui-méme, a Bruxelles, en juin 1729, après avoir
contracté successivement deux autres mariages.
*              *
Nous allons résumer les pages précédentes. La familie Ie Roy a
joué, pendant un siècle et demi qu\'il nous a été donné de la suivre,
un röle considérable.
Bien qu\'il semble prouvé que son origine est étrangère a ce
pays, Anvers et Ie Brabant ne cesseront de considérer comme
leurs enfants, ces hommes dont Ie nom est inscrit en lettres d\'or
dans leurs annales.
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103
Certes, dans ces pages, nous avons dü relater des faits, qui
encourent Ie blame de la morale austère.
Notre tache n\'a pas été de faire de 1\'apologie, mais de Vhistoire.
Tout brillant tableau a ses ombres, et la critique la plus bienveil-
lante n\'a nul intérét a les dissimuler; elles font mieux ressortir
les parties lumineuses: Ie blame des unes ne donne que plus de
valeur a 1\'éloge des autres. D\'admirables exemples sont venus
restreindre a nos yeux la portee de ces défaillances partielles et
nous faire comprendre que, suivant une antique métaphore, les
taches du soleil n\'altèrent point la lumière du jour.
En juges impartiaux, tenons compte de la faiblesse humaine et
de 1\'esprit du temps de ces époques reculées.
Redevables d\'une belle position de fortune a 1\'activité d\'un
aïeul, dont les établissements industriels rendirent, pendant pres
d\'un demi-siècle, de notables services, non seulement a la ville
d\'Anvers et a ses environs, mais a Ia patrie en général, les Ie
Koy ne tardèrent pas a arriver aux plus hautes situations.
Intelligents et instruits, possédant, en outre, les qualités indis-
pensables pour arriver, 1\'amour du travail et une énergie hors
ligne, ils surent conquérir rapidement cette position sociale que,
peut-être, leurs aïeux avaient possédée jadis. Grace a ces qualités,
ils furent, par trois générations, 1\'ornement de 1\'administration
du pays.
Les services rendus obtinrent des récompenses éclatantes de la
part des princes reconnaissants. La fortune et les qualités physiques
aidant, les Ie Koy s\'allièrent aux families les plus marquantes de
leur temps. Ils acquirent un grand nombre de seigneuries et
occupèrent ainsi une place honorable dans la hiérarchie feodale du
vieux temps.
Par les travaux historiques de Jacques, Ie nom de Ie Koy recut
un surcroit de gloire. Grace aux ceuvres de eet auteur fécond, il
est devenu un nom des plus familiers a ceux qui aiment a étudier
Ie passé du Brabant et des régions voisines.
Animé d\'un ardent amour pour 1\'histoire de son pays, Jacques
s\'adonna a sa passion corps et ame. Le désintéressement qu\'il mit
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104
a nous léguer des chefs-d\'oeuvre, Ie fit mourir martyr de la science.
Honneur donc au nom de Jacques Ie Roy! Nous émettons Ie
vobu qu\'Anvers, ville natale de 1\'historien, ne tarde pas a honorer
la mémoire de son grand citoyen, si pas en lui érigeant une statue,
du moins en appliquant son nom a une des nombreuses rues nou-
velles dont la création s\'impose par 1\'accroissement continu de
1\'antique cité de 1\'Escaut.
ADDENDA.
Cette notice était écrite lorsque notre honorable ami, M. Jean
van Malderghem, archiviste-adjoint de la ville de Bruxelles, héral-
diste bien connu, nous fit savoir que la Revue historique, nobi-
Kaire et biographique,
publiée sous la dircction de M. L. Sandre\'t,
a Paris, T. VII, de la nouvelle série, 1872, contient une notice
de J. Vermoeien, intitulée : Jacques Ie Boy, archéologue et héraldiste
beige, 1638
—1719 (sic!) Nous avons, en effet, trouvé cette notice
a 1\'endroit désigné. Elle fut publiée peu de temps après la mort
de son auteur, anversois d\'origine, mais résidant a Paris, et ne
comprend guère que 9 pages, dont deux et demie sont consacrées
a la vie de 1\'historien. C\'est un résumé des articles antérieurs
concernant Jacques Ie Roy; il est augmenté de quelques réflexions
sur ses ouvrages. Ce petit travail ne nous a appris rien de nou-
veau. Mais, malheureusement, il n\'est pas exempt d\'erreurs gros-
sières. Bien que M. Vermoeien ait bien indiqué Ie jour de la nais-
sance de J. Ie Roy, Ie titre de la notice fait supposer que eet
evenement aurait eu lieu en 1638. De plus, la revue francaise a
donné aux noms des families et des localités beiges des formes
telles qu\'ils sont devenus méconnaissables. Mais, ce sont la des
détails dont 1\'auteur ne saurait être rendu responsable. Il n\'en est
pas de même lorsqu\'on lit que Broechem aurait été érigé en baron-
nie Ie 20 juillet 1644.
La récente publication de la Bibliotheca belgica de M. van der
Haeghen, nous 1\'avons dit plus haut, nous a forcé a réduire con-
-ocr page 109-
105
sidérablement la partie bibliographique de notre étude. En revanche,
grace aux sources indiquées par ce savant, il nous a été possible
d\'ajouter quelques détails, qui nous étaient inconnus auparavant.
Constatons encore que 1\'érudit auteur de la Bibliotheca Bel-
gica
a été victime de Nicéron, en citant Bruxelles comme ville
natale de Jacques Ie Roy.
C\'est a M. van der Haeghen que nous devons d\'avoir trouvé dans
Ie Vnderlandsch Museum voor Nederduitsche letterkunde, oudheid en
geschiedenis,
de C. P. Serrure (I, 1855 p. 422—3; Grand) la copie
d\'une lettre de Jacques Ie Roy, lettre dont 1\'original était en pos-
session du rédacteur de ladite revue. Datée du 31 aoüt 1694,
elle est rédigée en langue latine. L\'historien y remercie un reli-
gieux — dont Ie nom n\'est pas mentionné — du pret d\'un manuscrit,
qui, au dire de 1\'expéditeur, devait être 1\'obituaire de 1\'église de la
Chapelle de Notre-Dame. Mais Ie Roy fait remarquer a son cor-
respondant que c\'est Ie nécrologe de la chartreuse de Notre-
Dame, pres d\'Enghien. Une inscription, a la date du 16 octobre,
savoir: Anniversarium Domini Walteri de Angia, primi fundatoris
domus nostrae,
lui a permis de constater 1\'identité du précieux
recueil. Il conseille au religieux de placer en tête du manuscrit
une note de nature a établir 1\'identité de celui-ci, ne quis eo sedu-
catur.
L\'envoi parait avoir enchanté Ie Roy, ce qu\'il manifeste en
écrivant: Vix continebam me gaudio, perlectis litteris vestris.....
Il termine en disant qu\'après en avoir extrait des notes, il va
retourner Ie manuscrit, et signe: Beverentine vestrae servus hum\'d-
limus J. Baro Le Roy.
Jacques le Roy II fut peint par Van Dijck, en 1631. Ad. Lom-
melih exécuta, de ce superbe portrait, une gravure1) que l\'édi-
teur de celle-ci, Hendricx, dédia a Philippe le Roy. On y lit:
\') Un exemplaire s\'en trouve au Cabinet d\'estampes de la Bibliothèque royale,
a Bruxelles.
14
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106
T>. Jacobus le Roy eques dominus de herbaix pkaeses camebae
rationum bkabantiae ab anno 1632 |
Obiit Ao 1653 aetatis suae 84. |
D. Philippo le Roy equiti aurato et Bannèreto Domino de Brou-
chem et Olegem etc. hanc nobüis et praeclari viri eius parentis \\ effigiem,
pictam ah Antonio van Dyck
o» 1631 dedicabat Aegidius Hendricx
Ao
1654. |
Ant. v. Dijc pinxit. Ad. LommeUn sculp.
Dans le haut, a dextre, cefcte gravure porte le blason du per-
sonnage: la bande; cimier: un vol aux armes de 1\'écu.
Le portrait a 3 pieds et 10 pouces de haut sur 3 pieds et 3
pouces de large. „This picture, dit John Smith, was painted pre-
viously to the artist\'s arrival in England, and is, consequently,
a well-matured production". Le tableau fit partie de la collection
de M. Peeters, seigneur de Merchten, a Anvers. On le vendit 15i.0
florins, ou 130 £., en 1791. En 1829, il fut exhibé a la British
Gallery.
Deux ans après, il appartenait a 1\'Earl Brownlow x).
*
Complétons les renseignements fournis au sujet des tableaux de
Philippe le Roy et de sa femme, Marie de Raet. Au commence-
ment du siècle, ces ceuvres se trouvaient dans la collection Stier
d\'Aertselaer, a Anvers. Le portrait d\'homme fut payé, en 1822,
d\'après le catalogue raisonné de John Smith, 5720 fl., celui de la
dame (6 pieds et 8 pouces sur 3 pieds et 11 pouces) 6600 fl. Au
témoignage du fameux marchand anglais, ils furent acquis, au prix
de 1500 jé>., par le Prince d\'Orange qui en était le propriétaire
au moment de la publication du catalogue précité (1831).
Le premier porte 1\'inscription: Aetatis suae 34. A. Van Dyck.
A" 1630;
1\'autre est date de 1631, avec 1\'inscription Aetatis suae
16.
„Après avoir figuré dans la collection de Guillaume II, roi
\') John Smith, dealer in pictures, A catalogus raisonné of the worhs of the
most eminent dutch, flemish, and french painters,
N° 725, p. 206.
-ocr page 111-
107
des Pays-Bas, dit M. Jules Guiffrey *), ces deux toiles "sont entrees
chez Ie marquis d\'Hertford, qui les paya trente ou quarante mille
florins, et ce n\'était pas trop cher. Thoré, qui les a vues a Man-
chester, ne tarit pas en éloges sur la figure, les mains, la chevelure
de la jeune femme. Après une description enthousiaste, il s\'écrie :
„L\'amateur qui pourrait marier lady Le Roy de Ravels au peintre
de fruits Franz Snijders, et les attirer tous deux ensemble chez
lui, serait bien heureux!" C\'est mettre cette peinture au rang des
chefs-d\'oeuvre du maitre, la placer parmi ces portraits de femme
les plus parfaits! En 1631, il est vrai, Van Dijck n\'est pas encore
blasé sur Ia beauté féminine par ses quotidiennes relations avec
les nobles dames de 1\'aristocratie anglaise. Aussi 1\'artiste doit-il
a la délicieuse et juvénile figure de la dame de Ravels une de
ses meilleures inspirations."
Plus tard, les deux tableaux devinrent la propriété de Sir Richard
Wallace. Nous ignorons si la galerie du fameux collectionneur a
été vendue a la mort de ce personnage, arrivée tout récemment.
*
Il a été question, plus haut, des lettres-patentes de chevalerie,
conférées, en 1647, par 1\'empereur Ferdinand III, a Philippe le
Roy. Nous n\'en possédions, alors, qu\'une courte analyse. Depuis,
M. Léon de Cannart d\'Hamale a bien voulu nous en communiquer
une copie authentique, de 1\'époque. Le document, fort interessant,
mérite que nous y revenions.
Il constate d\'abord 1\'ancienne noblesse et la gloire des le Roy
et des Hoff qui preterquam quod gentilitiam tesseram in victoria de
Turcis obtenta proprio marte comparasse videanticr, eos quoque pro-
genuere qui vestigiis parentum inherente», eminentioribus semper mune-
ribus ac dignitatem gradibus fundi fuere
.... Suit 1\'éloge de Phi-
lippe.... pro ut iam anno etatis decimo sexto te primum ab invic-
ttssimo quondam imperatore Matthia nee non domino Ferdinando secundo,
\') Antoine van Dyck, sa vie et son oeuvre; 1882.
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domino patre et predecessoribus nostris.....in aulicorum ac domesti-
corum numerum recensitum, operam tuam in iuvenili etate tam
insigniter ostendisse intelligimus, ut tibi paulo post
(1618). .. muni-
tionum bellicarum summa curatio mandaretur. .
. Les détails sui-
vants sont connus au lecteur, par les autres documents analyses
ci-dessus. Voici, d\'après cette pièce les armes de Philippe: scutum
videlicet album sive argenieum a superiori dextro ad inferiorem sinis-
trum angülum obliqua trabe rubea (in cuius medio aliud scutulutn
cernleum ditos in crucem positos grgphi pedes de argentoratis ungui-
bus ostentet) intersectum;
cimier: binae alae albae sive argenteae,
quorum utraque in medio trabe obliqua rubea dissecta cemitur dex-
trorsum erectae existant.
On Ie voit, notre personnage a réellement porté, pendant quelque
temps, en coeur sur 1\'écu usurpé, Ie véritable blason de sa familie,
blason que malgré les erreurs et Ie langage barbare de sa descrip-
tion, nous reconnaissons parfaitement dans Ie scutulum ceruleum
a deux pieds (!) de griffon (!), armés d\'argent (!), poses en croix (!).
L\'empereur permet a Philippe d\'écarteler ses armes paternelles
(paternae Uneae lioganae), c.^a-d. sans 1\'écusson en coeur, avec celles
des Hoff (les deux croix pattées dans un chef) dont Ie cimier,
appelé abusivement crux Hierosolimitana est combine en partie x)
avec Ie sien, et de remplacer Ie bourrelet par une couronne.
Il Ie relève, enfin de sa batardise en ces termes: si quidem et
nos ex speciali gratia atque plenitudine potestatis Caesareae defectum
natalium, quetn olim Serenissimus Albertus et Isabella, Archiduces
Austriae, sustulere, vigore presentium sublatum atque abolitum nob\'di-
tatemque patemam in te supleri (!) ac derivari volumus et legitima-
tionem tibi a modo dictis Serenissimis Archiducibus impertitam,
quantum opus est, in omnibus clausulis, punctis, verborum expressio-
nibus, ac si de verbo ad verbum huic Caesareo nostro Diplomati
inserta esset, ratam gratamque kabemus, teque ad omnia rehabilitamus.
En créant, ensuite, chevaliers, Philippe, ses fils et les descen-
\') Le cimier complet des Hoff est la croix patriarcale entre deux oreilles de
cerf
(inter duas cervi aures (!))
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dants males de ceux-ci, en leur assurant tous les privileges rat-
tachés a cette dignité, turn ensis ictü turn verbo cel alias rite creati
ac etiam Hiecosolimitani quovls modo utuntur... absque impedimento
aut contradictione cuiuspiam,
Ie monarque ajoute: et in specie si
tibi obiiceretur, quod tu, Philippe Ie Roy, nonnunqüam cum mercato-
ribus egeris et argento negotiatus aut in posterum pro ut ante hac
simile quid ex speciali mandato Serenissitno Hispaniarum Regis Catho-
lico facturus esses, quod tibi benigne indultum columus, uti, frui,
potiri et gaudere possitis ac caleatis.
En 1649, on Ie sait, les armoiries — telles que les décrit Ie
document que nous venons d\'analyser —• furent augmentécs par
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les deux tenants, et, deux ans après, les bannerolets de ceux-ci
furent remplacés par des bannières.
Les armoiries, ainsi augmentées et perfectionnées, ont été gra-
vées par Luc Vorsterman, Ie jeune. Le lecteur peut voir, a la
page précédente; un fac-simile de 1\'oeuvre de eet artiste 1).
Fin.
Families citées dans cette notice:
Achterhout (v.)
Borremans.
Aerschot (duc d\').
Bossehaert.
Appen (v.).
Bot (de).
Arazola de Ofiate.
Boudewyns v. Ber-
Artssen.
[Hcum.
Auvray.
Bouillart.
Avesnes (d\').
Bouttats.
Aytona (d\').
Brant.
Barnes.
Brau.
Basseliers.
Brouwer (de).
Batkin.
Brownlow.
Beeckman (de).
Brugmans.
Begaigne.
Bruyn (de).
Bejar (de).
Butkens.
Bemmel (v.).
Cabeliau.
Berchem (de).
Caluart (de).
Berens.
Capellen (v. der).
Boi\'gho (v. den).
Caracena (de).
Berthold.
Castel-Rodrigo (de).
Berthout.
Cater(e) de.
Bevers.
Cause.
Boexhorn.
Chassey (de).
Bodecq (v.).
Chevreuse (de).
Bogaort (v. den).
Clarisse.
Bohorques (de).
Cleymans.
Bollarte.
Clercq (de).
Bols.
Cluysen (v. der).
Boot.
Cnoddere (de).
Bordincx.
Cocquiel (de).
Borrekens.
Colen (v.).
Coninck (de).
Copis (de).
Cordes (de).
Coriache (de).
Corswarem (de).
Coulez.
Croes (v.).
Crol ou Crols.
Cromwel.
Croonendael (do).
Cruyce (v. den).
Cupis de Camargo.
Damant.
l)eckere (de).
Dongelberghe (de).
Donia (v.).
Dreux (de).
Duarte.
Dyck (v.).
Enckevoirt (d\').
Enghien (d\').
Ertincks.
Ertinger.
Escuier (1\').
Estouteville (d\').
Everaerts.
Eyck(e) (v.).
Eynden (v. den).
Faille (della).
Farmart.
Feyra (de).
Fierlants.
Fierlants (de).
Fonteynen (v. der).
Fourneau (de).
Francois.
Fraula (de).
Froment.
Fuentes (de).
Gaillard de Fas-
[signies.
Gallé.
Gameren (v).
Gavre (de).
Geeritzen.
Gemages (de).
Gevaerts.
Godines.
Goidtsenhove.
Gommersbach.
Grézille (de la).
Grimberghe (sr de).
Groesbeek (de).
Habsbourg (cto de).
Haecx.
Haelebosch.
Haen (de).
Haesdonck (v.).
\') La notice de M. Thijs, sur \'t hof van Lmjck, a été iraprimée, sur ces entre-
faites; elle figure dans le Bulletin de la Propriété,
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Stramont.
Succa (de).
Tassis (de).
Trasignies (de).
Troyen.
Turtelboom (v.).
Ubaldini de Luciano.
Uffels (v.).
Uytterhollicht.
Varick (de).
Velada (de).
Velpius.
Verhagen.
Verleysen.
Vermandez.
Villegas (de).
Vinckenborch (v.).
Visscher (de).
Visschers.
Vorsterman.
Vos (de).
Vyver (v. de).
Waitte (Ie).
Warigny (de).
Warnie (de).
Weerden (v.).
Whitehand.
Wichmans.
Wiflet.
Wilmaers.
Wolfart.
Wonckole (v.).
Wijtfliet.
IJsewijns.
Zeyst (v.).
Zoete (de).
Zype(n) (v. der).
Prins ou Pnnce (de).
Puteanus.
Raet (de).
Raetv. der Voort(de).
Ranst (v.)
Rattinghen (v.).
Raye, baron de Heu-
[queville.
Riehardot (de).
Richterich (v.).
Risey (de).
Rivière (de la).
Roddier.
Roose.
Roux (Ie).
Roy (Ie).
Royer de Dour (de).
Rubens.
Rijt (v. der).
Saint-Vaast (de).
Salazar (de).
Santvoort (v.).
Schelkens.
Schellart d\'Obben-
[dorf.
Schoonbeke (v.).
Schot (de).
Schotti.
Scrieck (v.).
Smeesters.
Smessen (v. der).
Smidt (de).
Smissaert.
Spangen (de).
Spruyt.
Steenhuyse (de).
Stembor (de).
Stock.
Man (de).
Maquereel.
Marneffe (de).
Marselaer (de).
Martens.
Matthijssins.
Maumoine.
Maussigny (de).
Medina (de).
Melijn.
Michiels(s)en.
Monterey (de).
Moretus.
Nemius.
Neve (de).
Nicolartz (de).
Nieuwenhuyson (v.
[den).
Nispen (v.).
Nocetti.
Noppen.
Nijs.
Ooms.
Opmeer (v.).
Orange (d\').
Origone (d\').
Oudart.
Pahaud-Crehen.
Papo (de).
Papenbroeck (de).
Parijs.
Parijs (v.).
Peeters.
Pérelle.
Perrenot de Gran-
[velle.
Piet (v. der).
Pré (de).
Hagen (v. der).
Halmale (de).
Harre wyn.
Hart.
Havre (v.).
Havré (v.).
Haze (de).
Hellincx.
Helt (de).
Hertford (d*).
Hoff.
Hoft.
Hole (v.).
Hollant (v.).
Hollar.
Hooff (v.).
Hooft.
Hooftman.
Hoorne (v.).
Hougaerts.
Houtappel.
Hulle.
Immerseel (d\').
IJsewyns.
Janssens de Bistho-
[ven.
Kinschot (de).
Kint (\'t).
Lamberts.
Langendonck (v.).
Launay (de).
Lievens.
Locquet.
Lunden.
Mackereel.
Madoets.
Maes.
Malder (v.).