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TRACES DE P0RTÜGA1S
DANS LES rUINCII\'AIiES I.ANGUES DES
INDUS OIUENTALES NEERLANÜAISKS
PAR
J. C. Th. HE YLIGERS,
doe leur en droit,
aacion ])rc;.si(lont du Tribunal j\'i Wondowoso (Java), mombro do I\'lnstltut Uoyal do pliilologio ot d\'othnologio do Ia Hayo et do la Sociétó dos arts • ot dos soioncos d\'l/trooht.
La Haye,
li K L I N KA N TE F 11 È K EB. 1889.
\\
u iiayk, — Typ. de BELINI\'ANTK l\'quot;liKI!KS, A. 1). Sciiinkei., Snee.
INTRODUCTION
II y a peu de nations qui puissent se glorifier d\'un passé comme les Portugais. Après le règne lt;le Joseph I, temps illustre par les actions du ministre Pombal, il n\'y a guère de période dans l\'histoire du Portugal, qui surpasse le temps quand ce royaume atteignit sa plus haute puissance et occupa un rang proéminent comme nation maritime et commergante.
C\'est du temps de Henri le Navigateur et du grand Emanuel I que datent les premiers voyages de découverte des Portugais aussi bien que leur gloire comme puissance coloniale. C\'est sous les auspices d\'Emanuel que Vasco de Gama trouva le chemin des Indes et le moyen d\'ouvrir h sa patrie un avenir de grandeur et d\'opulence.
Almeida et Albuquerque continuèrent l\'oeuvre de Vasco de Gama; ils fondèrent Goa, plus tard le centre de la puissance et du commerce coloniales du Portugal; ils prirent possession de Malacca, la clef de 1\'archipel des Indes; Cabral découvrit le Brésil; on fit la conquête de Tile de Ceylan; on s\'engagea en relations commerciales avec la Chine, les lies Moluques et avec les autres lies
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de 1\'archipel des Indes; Venise et Genes ne parurent désormais qu\'au second rang- tandis que Lisbonne prenant leur place, devint la première ville commerQante du monde, ou affluèrent surabondamment tons les produits de 1\'Orient, l\'entrepót general duquel ces marchandises furent dirigées vers tons les pays de 1\'Europe.
A.près la mort d\'Emanuel en 1521 c\'était uvec beau-coup inoins d\'énergie qu\'on procéda a la prospérité du commerce; toutefois en Orient la suprematie du Portugal était établie et s\'y fit longtemps sentir.
En 1580 s\'éteignit la dynastie bourguignonne et le Portugal se vit placé sous la dominion de 1\'Espagne. Pour plusieurs années le royaume perdit son indépendance et sa prospérité. Si l\'on sut se maintenir dans une grande partie des acquisitions du temps passé ce n\'était plus exclusivement au profit du Portugal.
Le traité de Tordesillas (1494) règlant les limites des conquêtes transatlantiques entre le Portugal et la Castille n\'etait plus en vigueur; l\'Espagne s\'appropria la plus grande partie des profits du Portugal et le 1 ortugal participa largement des partes de l\'Espagne, dont la gloire et la prospérité étaient toujours en diminuant.
Et en méme temps il se montrait des concurrents qui, pressés par la nécessité et en qualité d\'ennemis de l\'Espagne, se jetèrent sur les possessions orientales du Portugal et pen k pen réussirent h établir dans ces contrées leur puissance aussi bien que leur influence, surent les étendre et s\'y maintenir.
Dopuis (|uo l(* Pot\'tugul ot surtout Lisboimti (\'tuit (levenu l\'entrepót central des produits des Indes, les négociants Kollaiidais avaient commence et eutretenu avec cette capitale un commerce trés vif et toujours s\'étendant, do sorte qu\'enfin ce n\'était (pie par leur entremise, que se Ht la vente de ces marchandises dans les autres pays de l\'Europe. Lorsque cependant la couronne de Portugal advint au roi Philippe d\'Espagne, avec (pii les Hollandais etaient en guerre depuis 1\'an 1568, il y eut un tenue a ces relations, paree (|ue le roi défendit tout commerce avec l\'enuemi. Alors les Hollandais, se voyant privés des meilleures ressources de leur commerce, tachèrent de s\'emparer du commerce direct sur les Indes. La. prise d\'Anvers par les Espagnols et l\'embargo sur les vais-seaux dans le port de cette ville étaient cause que le siége du commerce et du mouvement financiel se trans-f\'éra du Brabant et des Flandres vers les provinces septen-trionales des Pays-Bas, ce qui ne manqua pas d\'exciter les Hollandais a faire tons leurs efforts pour s\'ouvrir de nouvelles voies k leur commerce et ils ne tardèrent pas a y réussir.
C\'était au mois de .iuin 1596 que le premier escadre hollandais sous Houtman et Keyser atteignit la cóte septentrionale de l\'ile de Java, a la hauteur de Bantam, et trois ans plus tard c\'étaient les Moluques que les marchands hollandais visitèrent pour la première fois. 1\'lusieurs socictés particulières consignèrent des vaisseaux, jusqu\'k ce qu\'en 1602 toutes ces associations s\'unirent
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ot forn^rent une Sociétó Générale do Commerce trans-marine nominee la Compagnie des Indes Orientales qui, placée sons la protection des Etats Généraux, t\'nt autorisée i\\ faire des traités avec les princes indigenes, k engager des troupes et a notnmer des fonctionnaires. Des lors la guerre avec l\'Espagne peut être considerée comme transferee vers 1\'Archipel des Indes et avec des chances variables les deux nations se disputèrent la supréinatie dans les colonies.
Cependant en 1640 le Portugal se révolta, Jean IV de Bragance advint au trone et par la paix de Lisbonne l\'Espagne reconnut l\'indépendance du Portugal. Sous divers rapports la domination étrangère avait porté i\\ la decadence et au déclin cette nation jadis si énergique et puissante et il faudrait bien des années avant (|ue l\'énergie et la prospérité d\'autrefois purent se montrer et se développer.
Tjo Portugal se retira de la plus grande partie des possessions dans les Indes Orientales. L\'an 1661 la paix tut conclue avec la république des Provinces Unies, par laquelle le Portugal rentra en possession du Brésil, le vaste empire avec ses ressources inépuisables, destiné a se mettre sous rinfluence de la civilisation européenne pour se préparer a occuper une place proéminente entre les empires de l\'Amérique actuelle, toujours se dévelop-pant dans son caractère d\'état indépendant. Depuis cette époque les deux nations ont toujours été en bonne harmonie.
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Voilk done plus d\'uri siècle et demi que rélément portugais avait fait sentii- soil iuHuence immediate dans rarclvipel des Indes. Voyons sur quelles contrées eette influence s\'est étendue.
Ce sont principalement les Moluques, ensuite une partie des iles de Java, de Célébès, de Bornéo et de Sumatra.
II n\'y a guère que les Moluques qui aient subi la domination immédiate et directe du gouvernement Portugais. Les ties de l\'archipel des Moluques, que les Portugais nommèrent Mar de Maluco ou Archipelago de San Lazaro, se composait jadis de quatre principautés: Djai-lolo ou llalmaheira, Ternate, Tidore et Batjan; après on le divisait en trois parties: Amboina on Ambon, Ternate et Banda ct h chacune de ces parties appartenaient plusieurs petites tics. Proprement dit les Portugais n\'ont exercé aucune domination directe que sur Amboina et Ternate; ils entretenaient de vives relations de commerce avec Banda et leur influence ne manqua pas de s\'y montrer d\'une manière trés prononcée, mais jamais il n\'ont réussi h y gagner la suprematie. Comme il est généralement reconnu ces relations de commerce avec l\'archipel des Moluques avaient pour but de se procurer des épiceries qu\'on était bien sur de ne rencontrer nulle part ailleurs en si bonne qualité; des ties Ambon et de Ternate on tirait les clous de girofle, des lies Banda on tirait les noix-muscade.
Quoique les Portugais avaient déjJ» visité ces iles dans
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des temps beaucoup plus reculés ce ue fut qu\'en 1511 qu\'ils y prirent pied ferme. C\'était dans cette annéc! qu\'arriva Antonio de Abreo avec un escadre (l(i trois vaisseaux et l\'on fondit une colonie portugaise dans l\'ile de Banda. Francisco Serrao, chargé du eommandemeut sur un de ces vaisseaux, en retournant s\'éloigna des autres et doscendit dans l\'ile d\'Amboina, d\'ou il se rendit a Termite, on 11 acquit le monopole de l\'achat di\'s clous de giro tie et l\'autorisation de hatir une forteresse. Ce ne fut que plusieurs années plus tard, sous le gouverneur Jorge de Castro, (pie cette forteresse, nominee Nossa Senhora do Rosario, put s\'achever. De même on bat it des forteresses portugaises dans les iles d\'Ambon et de Tidore.
Le gouvernement des Moluques était contié a des gouverneurs avec le titre de Capitao mor do mar de Maluco (1). Parmi ceux-ci il faut surtout signaler Antonio Galvïïo, qui fut nommé en 15B7 et qu\'il faut considérer comme une des personnes les plus illustres comme ayant plus que ses prédécesseurs contribué a étendro la puissance des Portugais. C\'est surtout dans le cours de son gouvernement que la prédication du Christianisme avait de grands résultats dans l\'ile d\'Amboina et d\'autres iles voisines oü l\'Islamisme ne s\'était pas si fortement établi et s\'est en étendant le Christianisme
(1) Le gouverneur general ou vice-roi des hides avait le titre de Capitao mor e governador das })artes de India.
n
(|u\'on réussit y introduire los preinicrs ólóimüits de la civilisation euvopéemie.
C\'est déjk en 1511 quo d\'Abreo visita 1\'ile do .Java, Dans son voyago aux ilos Moluquos il avait touclió au port Gresik situé sur la. cóte septontrionale. Le gouver-nomont Portugais ne s\'est cependant jamais fait rocon-naitre dans Tile do Java; seulcment il pandt (|uc dos marchands Portugais se sont 6tablis dans l\'ile et y out fondé des maisons de commerce partioulières.
L\'objet principal pourquoi les Portugais visitaient l\'ile de Java, parait avoir, été d\'y trouver le moyen do s\'approvisionuer dans leurs voyages de Malacca aux des Moluquos et de com meneer et d\'ontretenir des relations de commerce avec uue nation c|ui plus tard pourrait leur être du plus grand profit. Car c\'ótaient les marchands javanais et malais qui\' du temps que les Portugais venaient aux Tndcs, avaient monopolise le commerce des épiceries et qui connaissaient k fond In navigation sur les Moluques (1).
En 1521 la Hotte d\'A.ntoiiio de Brito visita l\'ile de Java, dans sou excursion aux Moluques, entreprise pour prendre possession de ces ties au nom du roi de Portugal (2). 11 descendit a Touban et Gresik (Agacim). Dans ce dernier endroit cependant les commandants Antonio de Pina et Antonio Pessoa, qui successivemciit
(1) Dr. Vetli, Java, t. II, ji. 22« ct seq.
(2) Antonio de llervera, Historia genera) del niiitulo. Madrid KJOl—1()12.
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lo remplacoront, furout assassinés par los indigenes. C\'est pourquoi on ne visita plus les ports de la partie d\'est de l\'ile de Java a la soule exception du port de Pana-roukan. Dans cett(^ même année on visita plusienrs ports du pays Sounda, la partie de Fouest de l\'ile de Java; e\'étaient Djacatra, Tjimanouk et Tangérang, que les Portugais appelaient Xacatara, Chiamo et Tangaran, comme aussi Bantam. A Bantam Enrique Leme, que son heau-frère Jorge de Albuquerque, capital no de Malacca, y avait envoyé en 1522, obtint du roi Samiam la permission d\'y batir uno forteresse et ([\'exporter le poivre (1). Cependant Francisco de en 1527 et Affonso do Melio en 1529 firent do vains efforts pour profiter de cette permission, car sur cos entrefaites Bantam avait óte conquis par les Mahometans (os Mouros) qui partout ot toujours se sont montrés les ennomis dos Portugais.
Du roste on no sait rion d\'uno colonisation portugaiso dans Tile do Java. II n\'y a guère que quelquos marchands et avonturiers qui s\'y sont ótablis et s\'y sont maintenus assez longtemps surtout a Bantam, on le navigatour hollandais de Houtman los trouva encore en 1596 (2).
De plus les Portugais sont descendus sur la cote sud du Célébès pen de temps après la prise en possession
(1) Joao de liarros. Decadas da Asia dos feitos ijue us Portugueses flzevao no descobrimento e conquista dos mares e terras do Oriente. dec. IV, 1. I. C. 12, 13.
(2) Dr. Veth u. s.
n
des Moluques et ils y obtinrent la permission de faire 1c commerce. Par ordre de Gralvao les missionnaires tachè-ront d\'y introduire le Christianisme.
De plus ils gagnèrent pied ferme sur les cotes nord et sud de File do Borneo; surtout avee la cóte nord on entretint longtemps de tros vives relations do commerce.
Enfin Diego Lopez Sequeira entama des relations de commerce avec les ctats de la cóte septentrionale de Sumatra, dont Pedir était le plus important; ensuite une guerre de plusieurs années avec Atjeh, le même empire belliqueux, situé dans la partie septentrionale de Hie, avec le(|uel le gouvernement néerlandais continue pendant plusieurs années une guerre aeharnée, ompêcha d\'étendre ces relations trés avantageuses et profitables.
II faut bien que I\'influence de l\'ólément portngais oxercée dans l\'archipel des Indes, ait été d\'uné force absolument particulière, comme il résulte du fait que jusqu\'en ce moment on en recommit aisément les traces chez la population indigene des ties qui actuellement appartiennent aux possessions ncerlandaises.
Cette influence s\'est fait sentir:
1°. Sur la population et la race;
2°. Sur les moeurs;
3°. Sur la langue.
Pour ce qui regarde la race, plusieurs des conquérants se sont immédiatement, même en mariage, attachés a la population indigene malais-polynésienne. De ces unions
il cxisto (l(!8 clescemliintH, surtout dans les Molu(|U(}s, ou la relation entre conquérants et vaincus a été toujours d\'un caractère plus intime qu\'ailleurs; pour preuve il nous reste plusieurs noras de familie purement 1 \'ortugais, et entre eeux-ci de tres connus, appartenaut a des habitants reconnus des Indes Orientales, ayant les meines droits (pie les Européens. De plus le nombre u\'est pas trop limité de ceux, qui quoique toujours jugós appartenir a la population indigene et portant des noms du pays, sont a coup sur de sang europeen et parmi ceux-ci il y en a qui, k ne pas en douter, sont de sang Portugais.
Pour ce qui regarde l\'inHuence de la colonisation Portugaise sur les moeurs des habitants indigenes, il suffira de dire que dès le commencement, des mission-naires Portugais ont prêché le Christianisme et out fondé des écoles chrétiennes, oeuvre que continuèrent les Hollandais qui s\'en occupent jusqu\'k ce jour. C\'était encore dans les Moluques et dans l\'Üe de Célébès plus qu\'ailleurs que les missionnaires étaient a Foeuvre et encore au-jourd\'hui le nombre d\'indigènes chrétiens est trés considerable et va toujours en s\'augmentant.
Inutile d\'ajouter que l\'oeuvre des missionnaires intro-duisit en móme temps les premiers elements de la civilisation européenne et les idees des conquérants tandis quo les moeurs commencèrent a s\'adoucir sous l\'intluence du Christianisme.
\'IVmtefois ce n\'est ici ni de la race, ni des moeurs qu\'il
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s\'agit; ce n\'est (|iie de la langue du pays que nous avons i\\ traitor.
Quoique sans preuves positives on convient génerale-ment ([ue les premiers descendants des Portugais et des te mm es du pays ont continué parler la langue de leurs pères et qu\'elle a su se maintenir assez longtemps; en-suite, taut par I\'intluence de la langue des indigenes (|ue par celle des nouveaux eonquérants, les Hollandais, elle a dispara, non pas cependant sans laisser des traces abon-dantes dans la langue parlée dans les sièeles suivants, comme nous aureus occasion d\'observer k diverses reprises. De meme un grand nombre de ceux qui se convertirent au Christianisme ont plus tard changé de confession en devenant Réformés, de Catholiques (|u\'ils étaient; l\'église réformée \'étant la plus généralement répandue et la seule reconnue par l\'Etat c. a. d, par la République des Provinces Unies; toutefois dans les derniers temps le Catholicisme c\'est presque partout répandu aux Indes. II parait bien certain que pendant une longue série d\'années les prédicateurs de 1\'Evangile ont prêcbé en Portugais tant dans l\'ile de Java qu\'ailleurs. Pour preuve nous nous référons h un auteur des plus connus du 18™mc siècle qui traitant des Indes Orientales nous dit qu\' encore vers la fin du [7ième siècle un traitement plus élevé était réservé aux prédicateurs qui ne prêchaient non seulement en Hollandais mais aussi dans la langue du pays et en Portugais (1).
(1) Valentjju, Oud- en Nieuw Üost-Indiëu, 1724—1720.
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Le nombre des langues polynésieimes parlées dans les Indes Néerlandaises est trés grand. Parmi celles-ci il y en a qui sont d\'un développement exceptionnel, d\'autres sont trés primitives surtout pour ce qui regarde 1\'etymologie et le syntaxe, et par cette raison offrent peu d\'intéressant du point de vue linguistique. De plus il n\'y a que fort peu de langues qui montrent positivement des traces d\'avoir subi Finfluence des langues européennes, nommé-ment la portugaise et la hollandaise. Du reste celles-ei som; du nombre des principales et des plus généralement repandues, comme le Malais, le Javanais, le Soundanais et le Madourais.
Le Malais se distingue en Malais proprement-dit et Bas-Malais. Le Malais proprement dit ue se parle que par la population malaise, surtout dans l\'ile de Sumatra et dans le Bornéo, et par plusieurs princes et chefs indigènes partout dans les Indes Néerlandaises. Le Bas-Malais, qui contient la presque totalité des mots de l\'autre, est beaucoup moins riche en formes; c\'est comme la lingua franca de 1\'archipel des Indes; c\'est la langue de la population indigène des ports maritimes de toutes les races et des Européens qui n\'ont pas encore appris a nuütriser les formes plus elegantes et civilisées du Malais propre. Cette lingua franca contient plus que toutes les autres langues indiennes des mots d\'origine européenne (it c\'est probablement d\'elle que ces mots out pour la plus grande partie passé dans les autres langues. Pour ce qui regarde le syntaxe on en fait tres peu de cas et, s\'il est
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des regies k observer, eeux qui se servent de cette langue les appliquent de manières trés différentes. Cette langue s\'apprend tres facilement et est généralement répandue et c\'est pourquoi elle est de la plus grande importance dans le commerce et dans les rapports entre Européens ct natifs. Pour le Malais proprement-dit on se sert de l\'écriture arabe, pour la langue populaire et générale de l\'écriture latine.
Du point de vue linguistique la langue javanaise est sans doute la plus importante de toutes les langues poly-nésiennes. Elle se parle par plusieurs millions d\'hommes, appartenant h un tribu qui parmi les peuples de I\'archipei des Indes, occupe sans doute le premier rang en dévé-loppement et en civilisation. Cette langue, qui s\'étend sur le milieu de 1\'Üe de Java comme aussi sur la partie de l\'est, se distingue par la richesse de son vocabulaire et de ses tormes comme aussi par la richesse de sa litté-rature. L\'exceptionnelle richesse du vocabulaire prend origine dans le fait que le Javanais est privé de la faculté d\'abstraire, de sorte qu\'il se sert de mots différents pour toutes les idéés différentes, même s\'ils se rapportent k une seule et même idéé primitive. De plus la domination de peuples étrangers, nommément les Indiens, les Arabes et les Européens, h introduit beaucoup de mots étrangers dans sa langue. Pour la plus grande partie les Javanais tiennent leur civilisation, leur écriture et leur littérature des anciens Indiens et de leur langue, le Sanscrit. Sur-tout le Kawi, espèce de langue poétique des Javanais, est riche en mots empruntés au Sanscrit.
1()
Plusieurs mots javanais, se rappoi\'tant h 1 Islam, leur religion, sont tirés do l\'Arabe. Ensuite on a empruntc , | ucl,|uos mots du Hollandais et méme du Chinois, raais bieu plus que de ces deux langues, du Portugais.
Ce qui rend l\'étude de la langue javanaise exception-nellement difficile et étendue c\'est qu\'il existe plusieurs espoces de langue javanaise, qui sont peu caractérisées pour ce qui regarde les formes grammaticales ou etymo-logiques, mais dans lesquelles on se sert d\'un vocabulaire, ilui sous divers rapports est bien différent pour les diver-ses langues. Ces distinctions se fondent sur la difference de rang, de naissance et d\'age de ceux qui se servent de la langue javanaise. Souvent elles sont d\'une grande subtilitó et rendent, surtout pour les étrangers, l\'emploi de la langue tres difficile. De plus, quand il s agit d une faute faite par un étranger, le natif ne saurait discerner si c\'est par ignorance des regies de la langue ou bien par manque de bienveillance ou même par offense préméditée. Par conséquent le nombre des Européens qui sachent bien parler cette langue est trés limité et c\'est pourquoi il est contraire aux us et coutumes des fonction-naires néerlandais, même après une expérience de plusieurs années, de se servir du Javanais dans leurs relations avec des natifs de distinction. Presque tons se servent dans ce cas du Malais qui est beaucoup plus simple et dans lequel le danger de manquer a l\'étiquette est
beaucoup moins grand.
Les principales espèces de ces langues, dont il y en a
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six, sont le Ngoko, la langue populaire ou Bas-Javanais, le Krómó, la langue cérétnonielle ou Haut-Javanais, et le Madyó, langue familière ou Javanais-Moyen. Entre le Ngoko et le Krómó, les langues qui sont les plus difle-rentes, il y a une difference presqu\'aussi grande quo par exemple entre I\'ltalien et I\'Espagnol.
Le Ngoko se parle du supérieur k l\'infërieur, et par les gons du peuple et les enfants entre eux.
Le Krómó se parle par rinférieur au supérieur et par les gens de distinction, {\\ peu pres du même rang, entre eux. Le Madyó se parle par les gens d\'une condition inférieure entre eux quand le Ngoko leur semble trop peu civilisé et par les supérieurs h des personnes d\'un Age avancé. Le Madyó a fort peu de mots différent de ceux des deux autres langues et il se compose pour la plus grande partie de mots du Krómó et du Ngoko. La difficulté consiste h décider dans quel cas en exprimant une idéé, il faut se servir de mots Ngoko et quand de mots Krómó. Le Madyó a aussi quelques mots a lui seul, quoique le nombre en soit trés limité.
II nous porterait trop loin du but proposé de donner ici plus que ces observations générales sur les différentes espèces de la langue javanaise.
Cette langue s\'écrit en caractères absolument particu-liers et d\'origine Hindoue. L\'alphabet se compose de plus de cinquante caractères et tous les mots d\'une phrase sont liés ensemble ce qui rend la lecture, surtout d\'écri-ture courante, tres fatiguante.
2
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La langue soundanaise aussi bien que la madouraise a un certain degré d\'analogie avec le Javanais; toutes les deux elles contiennent des éléments sanscrits, mais elles sont du reste trés différentes l\'une de l\'autre. Ces langues sont d\'une construction beaucoup plus simple que le Javanais. Tant soit peu on découvre dans 1\'usage des deux langues une certaine difference de choix dans les mots dont on se sert, consideration prise, soit de la per-soune qui parle, soit de la personne k qui Ton s\'adresse.
Le Soundanais se parle dans la partie occidentale de Java, le Madourais dans File de Madoura et partiellement dans la partie orientale de Java, vers öu, depuis plusieurs siècles, d\'imraenses nombres de Madourais ■ émigrerent chassant la population javanaise primitive. Les Portugais les trouvèrent déja dans les parties örientales de Java, lors de leur première excursion (1). La langue madouraise qui surtout par la prononciation et 1\'accent excep-tionnel est tres difficile a apprendre, touche les oreilles d\'Européens d\'un son aussi rude (pie desagreable. LUe s\'écrit en caractères javanais; les caractères soundanais sont ti peu prés les mêmes, quelques figurations exceptées; quelquefois on se sort pour la langue soundanaise de l\'écriture latine.
Tl s\'agit maintenant de savoir quels mots dans les liing\'ues nommées sont d\'origine portugaise. Comme ces
(1) Joau de Barros, loc. cit.
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mots servent k dénominer des objets et des idéés des plus hétórogènes il n\'y a pas question d\'un apergu méthodique; la raeilleure chose h faire c\'est de les donner par ordre alphabétique. Toutefois il nous faut les diviser en deux groupes, d\'abord eeux dont l\'origine portugaise nous paratt incontestable, ensuite eeux dont l\'origine est établie avec moins de süreté et è, propos desquels il sera nécessaire d\'ajouter des observations on annotations critiiiues.
Pour faciliter la lecture, les mots polynésiens seront écrits en caractères latins. Corame cependant I\'ortho-graphe de ces mots est souvent arbitrairement choisi et pourrait se faire de différentes manières, en traitant ces mots nous avons jugé nécessaire de nommer d\'abord le mot portugais, origine certaine on probable des mots qui suivent. C\'est de cette manière que nous avons pu conserver saus faute l\'ordre alphabétique voulu.
I.
Le mot portugais Alferes, sous-lieutenant, enseigne. Ce mot, peu usité du reste, est d\'usage en javanais entre les militaires indigenes sous la forme de alpèrès. Les langues polynésiennes n\'ayant ni f ni ph ni r, en adop-tant des mots étrangers ou ces lettres figurent, on les remplace par p ou h.
Ananaz, ananas. En malais et en javanais nannas, en madourais forme corrupte: I anas, en soundanais ganas et (Icinas. A ce qu\'en dit le marin Hollandais J. Huygen van Linschoten (Itinerario, 1594, p. 72) ce fruit, prove-nant de Santa-Cruz, a d\'abord importé dans le Brésil, oh on le con nut sous le nom de nana, puis de Ik dans les Indes Espagnoles d\'oii il aurait été transféré aux pays malais-polynésiens.
Armario, armoire. Par suite d\'une permutation de lettres assez fréquente dans les langues polynésiennes ce mot y a subi une transformation quelque peu différente de sa forme primitive. En malais, en javanais (Ngoko et Krómó) et en madourais il s\'est transformé en lamari ou lemari, en soundanais ou il s\'est le moins écarté de son origine, en almari. La substitution de r par I s ensuit
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(rujio particularité de een langues, un pareil changement n\'y étant pas rare ni contraire aux régies de I\'dtymologie. Dans le Krómó-dousoun, c\'est-è-din; le dialecte javanais tres courtois, le mot lemari a pris la forme de leman toun par analogie avec d\'autres mots vraiment javanais trans-formés de cette faQon.
Aroma, arome, parfum. Comme adjectif, aromatique, parfumó, en malais aroum, en madourais aróm, en javanais aroum ou roum. Dans cette dernière langue les mots póru aroum, les suaves, les odoriférantes, sont une expression élégante pour designer le sexe féminin. Le mot aroum du reste figure, plus ou moins modifié, dans plusieurs expressions de ce genre.
Arruda, rue (plante). En malais arouda. On s\'en sert comme médicament.
Auousto, auguste. En javanais gousti. Comme titre d\'honneur donné aux hauts personnages et même k Dieu. (ifiisti Allah, Seigneur Tout-puissant, poró gousti, les gens do haute situation. Un dérivé en est le verbe anggomti, ce qui signifie appeler quelqu\'un „goustiquot; ou le recon-nattre comme sou supérieur. Quand un mot commence par g on en dérive le verbe en le faisant précéder par le préfixe ang. Ainsi le substantif gougat, se transforme dans le verbe anggougaf, porter plainte, accuser.
Baluarte, bastion, rempart. En javanais balouwarti, halowarti ou balourti.
Bandeira, drapeau pavilion. Co mot a passé presque
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saus aucuno modification dans les langucs malaise, souu-danaise, javanaise et madouraise. Dans les deux premieres langues meme la prononciation portugaise a étc con-servée dans le mot handèra. Les javanais et les madou-rais, dans les langues desquels n a la fin des mots a gcnéralemeut le sou de o, prononcent handévo. En javanais, on la substitution d\'une labiale par une gutturale est tres fréquente, on connait aussi la forme dégéncrée de f/audéró, avec le meme sens. Dans aucune de ces langues nous ne rencontrons un mot pour drapeau, évidemment ce sont les Portugais qui leur ont fait connaitre ces signaux de guerre, qui n\'ont pas etc sansfairc unc impression profonde sur ces enfants lt;le la nature.
Banco, banc, siége. Ce mot se retrouve presqnc s(jus la même forme en malais, en javanais et en soundanais comme hanykou, en madourais comme bangko. 11 n\'a pas 1\'acception de banque de commerce, ce qui est unc institution moderne, plus tard indiquée dans toutes ces langues par le mot hollandais hank (pron. banque) qui s\'y est introduit sans subir aucune modification.
Hola, boule, bille. Dans toutes les quatre langues nous rencontrons ce mot qui se prononce absolument comme en portugais. L\'orthographe javanais est /Wrlt;/i, pour prévenir la prononciation bolt). Dans toutes ces langues on connait le mot compose médja-bola, c\'ést-k-dire: table k hilles, pour indiquer un billard, et les deux parties de ce mot composé sont d\'origine portugaise.
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Roneca, poupee. En malais et on soundanais honeka, (üi javanais honèkó, signifient aussi bien poupee (jue statue ou statuette. Quoique co rnot serve surtout a indiquer des objets de fagon et do construction européenne, il s\'applique ëgalement, et particulièrement en malais, aux produits de I\'mdustrie indigene, qui toutefois en malais aussi bien qu\'en javanais, se dësignent aussi par des mots du vernicular.
Cadeira, chaise. Le mot n\'a étó adopté (jue dans une seule langue oriëntale, savoir le malais (kadéra), et l\'usage en est encore restreint aux Moluques, ou du reste il est tros repandu. II y a un autre mot servant a indiquer une chaise, qui n\'a que 1\'apparence d\'etre également d\'origine portugaise, et dont il sera traité plus-tard. Le c n\'étant pas connu dans les langues polynésiennes on le remplace par /r, hormis le cas oil dans le mot étranger elle a la cédille. On se sert alors de s, comme dans le mot lensou, en portugais lenro, mouchoir.
Caldo, bouillon. En malais, en madourais, en soundanais et on javanais kaldou, quelquefois kaldo.
Camara, chambre. Kamar en toutes les quatre langues.
Camisa, chemise. En malais et en soundanais kaméclja, en javanais et en madourais kamédjó, (pron. kaméde\'ia, kaméde\'ió). Cette combinaison des deux consonnes d et j est essentiellement polynésienne, comme celle de t suivi de /, toutes les deux étant d\'un usage fréquent. Dans toutes ces langues ces combinaisons s\'expriment par des
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caractères particuliers. I iii substitution de ,s par dj flans un mot d\'origine portugaise se montre oncore dans lo mot médja, équivalant 11 mesa, table.
Campo, champ, camp. Kampong ou inmpoimg en malais, en javanais, on madourais et en soundanais s\'appel-lent les différents quartiers des \\illes et des grands villages, d\'ordinaire séparés les uns des autres par des enceintes de bambou ou des fossés. Aussi, d\'après les ordonnances légales les habitants de race asiatique, selon leurs nati-onalités différentes, ont tous dos quartiers séparés, souvent assez vastes, de sorte que dans les grandes villes l\'on trouve Ie kampong des Malais, celui dos Chinois, des Arabes, des Cingalais, etc. Tous ces kampongs ou quartiers ,sont commo des agglomérations, des faubourgs, formant, avec le quartier européen, 1\'ensemble de la ville.
Capitao, capitaine. En malais, en javanais ot en soundanais kap/tan. Ce mot s\'est indubitablement introduit dans ces langues dès le premier commerce des indigenes avec les Portugais. Le titre móme de capitao mor que l\'on donnait aux gouverneurs portugais a passé dans ces langues, qui l\'ont appliqué, d\'abord h ces gouverneurs et ensuite aux gouverneurs-généraux des colonies néerlan-daises. A Hitou, la partie principale de l\'ile d\'Amboina, le titre de kapitan hitou a été porté pendant des siècles par le principal chef\' indigene, è, qui ce titre, en récom-pense de services rend us aux Portugais, a été conféré par
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Antonio de Brito, gouverneur des Moluques au comnien-cement du XVIe siècle.
CAKAPUgA, bonnet, En malais karpous (pron. carpousse), en juvanais karpous ou Icrapous. Les militaires en outre désignent de ce nom la maison de detention preventive. Cependant on ne saurait decider si dans ce dernier sens il s\'agit d\'une expression d\'abord railleuse mais puis des plus sérieuses et se dérivant également du portugais, ou si tout simplement dans cette acception le mot n\'est qu\'une dégénóration du mot Hollandais prevoost (prévót), change en perpous, leer pons, karpous.
Caeheto, voiture. L\'expression commune pour toute espoce de voitures, destinées au transport des personnes, est en malais et en soundanais karèta, en javanais et en madourais kar Ho. Les voitures destinées au transport des produits et des marchandises, toujours a deux roues, qui étaient dé ja connues longtemps avant Tarrivée des Européens dans les Indes, ne sont designees par les indigenes que par des noms indiens originaux.
Carta, (de jogar), carte k jouer. Les mots karton en malais en javanais et en soundanais et kerto en madourais , ayant Facception de carte a jouer, se dérivent évidemment du mot portugais carta.
Cavallo, cheval. Kapal dans les quatre langues. Bien curieuse est la modification faite par les indigenes dans le sens du mot étranger. Ce n\'est qu\'en haut javanais
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quo la vi\'iiie ucception a étó conservóe a cótc du sons y attaché taut on malais qu\'en raadourais et on soundanais ot qui u\'ost autro que celui (\\a grand vaisseau. Los bateaux h vapeur y out été nommé ])lus tard, comme on javanais, kapal-api, c\'est h dire bateaux a feu. Pour les petits uavires de faron indigène on a eu toujours autant do denominations qu\'il y en a d\'espèces différentes.
Ohakuto, cigare. Avec quelques modifications pen importantes ce mot so rotrouve en malais ot on javanais comme serouton, en soundanais comme souroutou. Los javanais en ont memo compose le mot sarotong, pour indiquer los cigaros d\'une longueur et d\'une grosseur extraordinaires. Jadis on appolait aiusi une certaine espoce de pipe tabac.
Chink,i.a, pantonfle. En malais ot en soundanaiH tjnnêla, c.n madourais tjenèlo, on javanais tjenèló ou tjanèló.
Chita, chito, indionne. En malais tjita, en javanais tjlto, (in madourais djita. On romarquera que dans ce mot ot le mot précédent le ch dont la prononciation offre des difficultés insurmontables aux peuples polynésiens a été remplacé par tj ou dj. C\'est tout le contraire qu\'ont fait les Portugais en transformant le nom de la villo soun-danaiso Tjimanouk dans Chiamo, (de Barros, loc. cit.)
Ciïar, sommer, assignor. En malais et en soudanais le mot site, on madourais njita, signitie également sommer. Une sommation, un exploit d\'huissier, s\'appelle en malais sour at sita, lettre de sommation.
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Cobra, serpent, couleuvre. Par le mot kohra l\'on désigue en malais une espèce rle serpent de longueur moyenne. II paratt que dans les antres langues polyné-siennes ce mot n\'existe pas.
CooHGNiLirA, cochenille. Ce mot existe en malais, quoique dans mie forme mutilée comme kosnil.
Commbnda, commende. Spécialement aux Mokupies on entend par le mot kommenda un contrat de droit civil qui est absolument le meme que le commcndatum dn droit romain. Déjk Pardessus, dans sa collection des lois maritimes (I, pag. 467), a communiqué cette particularity lt;|ne chez un tribu de File de Célébès était en vigueur un droit commercial et maritime trés développó, oü entro autres le susdit contrat était institué et règlé.
commkndador, commandeur. Ancien titre de quel-ques employés civils. En malais et en javanais on dit par contraction kommendour ou kommandour, de la meme tiioon (|ue le mot mandador, dont il sera parlé plus tard, qui en subissant la meme contraction devint mandor.
Couvn, chou. En javanais, oü le son de la diphtongne ou s\'est le mieux conserve, ce mot sonne comme koubix, en malais et en madourais comme kohis. Quant an changement de v en h nous n\'avons qu\'k renvoyer le lecteur a ce fiu\'il en a été dit k propos du mot al feres. Du reste nous faisons observer que l\'usage du mot kouhis ou kohis en langue familière est beaucoup moins fréquent,
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(Hie cclui du mot /có/, qui n\'ost autre quo lo mot hol-landais kool.
Crasso, gros, épais. En malais, en javanais et en soundanais le mot kras ou keras (pron. crasse, querasse) comme adjectif ou adverbe, signifie; fort, vigoureux, vite.
Dado, dó h, jouer. En malais et en javanais dadou. Dans cette dernière langue il s\'en dérivent le verbe ndadou, jouer aux dés, et l\'adjectif andadou, pareil a un dé.
Destbrkar, bannir, exiler. En malais disterra. 11 paralt que ce mot ne s\'emploie qu\'en malais, dans quelques parties des Moluques et en „ Tétoii\', la lingua franca de la partie orientale de File de Timor, comme 1\'a observé et communiqué le naturaliste Forbes. (Henry 0. Forbes. Wanderungen eines Naturfor sobers im malayiscben Archipel von 1878 bis 1883, p. 194 sqq.).
Diniieiro, argent, monnaie. En malais dim. Ce mot s\'emploie dans les memes endroits que le mot précédent.
Dispensa, dispense, office. Dispèn ou sepèn en malais, sepèn en javanais, s\'appelle la cave, le garde-manger, la dépense d\'une maison européenne. Le toukang-sepen ou garde-office est comme le maitre d\'hotel ou premier domestique d\'une maison de seigneur.
Domingo, dimancbe. En malais minggo, en javanais minggou. Cependant dans cette dernière langue le mot arabe ahad (un, le premier), quelquefois transformé en ngahad est plus usité. Minggon, adjectif, veut dire:
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ce qui se rapporte au dimanche. En malais le mot minggo a aussi I\'acception de semaine, et c\'est Ui le sens exclusitquot; du mot en madourais et en soundanais, ou dimanche ne se traduit que par ohad.
Escola, école. En malais ar,kola ou skola, en madourais sekóló, en soundanais is/cola, en javanais sckolah. Les javanais se servent de ce mot comme verbe dans le sens d\'aller ti l\'école; puis il s\'en dérive le verbe causatif\' njekolahaké en ngoko ou njekolahaken en krómó, faire aller quelqu\'un l\'école.
F also, faux. En malais et en soundanais pnltiou, en madourais palso.
Feitor, gérant, administrateur. C\'était jadis le nom des principaux fonctionnaires de radministration, au service de la Compagnie des hides Orientales. Flus tard ils obtinrent les titres de gouverneurs, directeurs, commandeurs. Fendant la domination francaise au commencement de ce siècle on les appelait préfets, et peu de temps après, lorsque l\'Angleterre était temporellement entré en possession des colonies Hollandaises, Stamford Raffles, le lieutenant-gouverneur-général leur donna le titre de resident, qu\'ils out gardé depuis ce moment.
Néanmoins ci et Ik, surtout aux Moluques, le peuple a continué de les designer du nom primitif de feitor. Eu malais et en javanais existe done toujours le mot pèfor, quoiqu\'il ne soit pas généralement d\'usage. Toutefois l\'origine portugaise de ce mot n\'est pas a méconnaitre.
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Fesïa, fête. En malais et en soundanais pesta, en javanais pestó ou pistó. Tl existe en javanais un verbe pestan on pistan, ce qui signifie: célébrer une fete.
Fiöura, figure, dessin. En malais pig our (t, tableau, image. Dans ce mot-ei et dans les deux mots precedents f a été remplacé par /gt;, comme dans le mot alperes, se dérivant du mot portugais alferes.
Fita, ruban. Ce mot se retrouve dans les quatre langues, en malais et en soundanais comme pita, en madourais comme pèta, en javanais comme pitó. Ce mot existe en outre dans le Kawi, comme adjectif, signifiant jaune equivalant du mot sanscrit pita. II figure aussi dans la combinaison mótd-pitó (le mot moto signifiant oeil), ])our guide ou confident. S\'il s\'agit ici d\'une acception figurée, d\'une expression symbolique, peu claire du reste, je n\'oserais positivement declarer.
Galeria, galerie. En malais galeri ou yalri, en javanais galadri ou gladri, en madourais galdri. Ce sont des mots beaucoup usités a cause de la grande fréquence de galeries dans toutes les maisons européennes. Les abat-vent ou gouttières de structure essentiellement indienne sont dësignés des indigènes par d\'autres mots, depuis longtemps figurant dans leur langue, comme pan-dópö, èmpèr, tritis, etc.
Garfo, fourchette. Ce mot ne se retrouve qu\'en malais et en soundanais, ces deux langues employant également le mot garpou du inême orthographe et de la même prououciatiou.
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Guarda, garde. En malais et en soundanais (/anion, en raadourais gardo, en javanais gardon, guerdon on, par une raétathèse assez fréquente, gredou, C\'est ainsi (pie s\'appellent tant les postes de police ou corps de garde, places dans les rues et le long des grandes routes, que les gardiens indigenes, y étant de service amp; tour de role. Chez les javanais le verbe a la mcme forme et signifie: monter la garde.
Historia, histoire, conté. En malais en madourais et en bas-javanais sctori. Du mot bas-javanais est née la forme H\'itontcn (krómo). Ces mots s\'emploient moins dans le sens de histoire quo dans celle de tapnge ou querelle. Forbes, déjk cité, pretend que dans 1\'ile de Timor le mot is tori s\'emploie comme adjeotif dans le sens de mauvais.
Iörkja, église. Les langues malaise et soundanaise ont adopt/1 le mot grédja ou gridjn, le madourais et le javanais le mot grédjo ou grid jo, dans cette derniore langue dégénéré en garindjo, pour indiquer une église, c\'est-a-dire une église chrétienne. Quant aux temples mahomé-tans on les indique par d\'autres noms, dont nous parle-rons plus tard. La suppression d\'une voyelle, formant la première syllabe d\'un mot trissyllabique u\'est pas rare; On peut la remarquer entre autres dans les mots javanais ago Did ou agami, religion, et oupdmd ou oupami, exemple, quelquefois contractés connne gumd, garni et poind, panii.
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Tntkiro, entier. Le mot se rotrouve, presque sans aucune modification en malais comme intéro ou èntéro, prononcé comme le mot portugais et ayant le même sens. En soundanais et en javanais il se prononce an téro. Des mots composes en javanais sont saantéro et sa ant é-roné, qui sont des expressions plus fortes, comme qui dirait „parfaitementquot;, „complètementquot;. Littéralement ils signifient tout en tier et, comme cette dernière expression, ce sont h peu prés des pléonasmes, le prófixe sa ou se au commencement des mots signifiant en plusieurs cas en lui même tont ou entier. Ainsi l\'on dit saanané, tout ce qu\'il y a, sadjagad, le monde entier. D\'ailleurs cette proposition s\'applique en bien des cas différents, qu\'il n\'y a pas lieu d\'indiquer ici.
Janella, fenêtre. En malais tjendèta, en madourais djendiló, en javanais tjendèló ou djendèld.
Lampada, lampe. En malais et en soundanais lampo ou iumpou.
Lantekna, lanterne. La prononciation de ce mot présentant des difïicultés au langage des Polynésiens, les Malais et les Soundanais, en supprimant le n de la dernière syllabe, Font transforms dans lantéra, les Javanais et les Madourais dans lantérd.
Leilaü, encan, enchcre. Ce mot, transform dans le malais et le javanais comme lèlany et leng lang ^ y est devenu d\'un emploi tres fréquent. Aux Indes Orientales Néerlandaises aucune vente publique ne peut avoir lieu sans l\'entremise
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du gouvernement qui, expressément a eette fin, a institué les départements on bureaux de vente, administrés par des employés spéciaux ou bien unissant leurs fonctions de directeur des ventesa d\'autres emplois administratifs. C\'esten 1642 que oette institution a été créëe par les „Ordonnances et Statuts de Bataviaquot;, la première collection de lois publiéeaux Tndes, ot elle a été sanctionnée et augmentée par les législations oonsécutives. Tl paratt (|ue dès le commencement le mot portugais a été adoptó et, h l\'heure qu\'il est, nul indigene ne désigne ces ventos autrement (pie du nom de lélaiKj, on le son nasal de la seconde syllabe du mot leitüo a été conserve. La langue javanaise, dans sou extréme richesse de mots et de formes, en a méme formé le verbe nglèlang ou nglènglang, organiser une vente ou vendre quelque chose en public, et la forme causative de ce verbe nglèlangalcé (Ngoko) ou ngülangaken (Kromó), faire vendre, donner a vendre (pielque chose.
Lenqo, mouchoir. Ce mot a seulement passé dans le malais, particulièrement aux Moluques, comme lènsou.
Loja, boutique, magasin. Transformé en lodji ce mot
s\'est introduit dans les langues malaise et javanaise. Ou
désigne par ce mot plusieurs espèces de grands bAtiments
comme les forteresses, les habitations des planteurs et
surtout celles des employés supérieurs de radministration,
appelées lodji residènan. Bien probablement les premiers
établissements de commerce out été appelés lojas par les
commergants portugais et cette dénomiuation aura passé
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dans les langues des indigènes, qui, la transformant d\'après leur idiome, Font fait subir des changements et remplagant j par dj (comme en queijo, modifié en kèdjou) sent parvenus a en former Ie mot lodji. Lorsque l\'influence portugaise avait eessé de se faire directement sentir, le mot lodji n\'a pas cessé d\'etre appliqué aux magasins et étahlissements de commerce, qui s\'appelaient aussi feitorias, factories, et aux demeures des fonctionnaires de la Compagnie des ludes Orientales (fei-tor es, négociants de la Compagnie, plus tard gouverneurs, residents, etc.), touchant aux magasins qui contenaient les produits et marchandises, que ces employés étaient tenus ii administrer. C\'est ainsi que s\'expliquent les changements produits dans la forme et 1\'accept ion de 1\'original.
Mandadou, personne qui commando. En malais, jnvanais, madourais et soundanais nunidor ou ninndour, contraction de mandador, comme kammend our de commendador. Proprement dit ce motsignifie supérietir, mais il s\'applique ordinairement aux surveillants des laboureurs dans les plantations, des ouvriers et faquins dans les maisons de commerce, des prisonniers et des geus de police indigene. Comme employés de police il s\'appelaient officiellement jnsqu\'au commencement de ce siècle, mandadours, man-dad ores.
Manïeioa, beurre. En malais et en soundanais montégo, en madourais mentégó, en javanais mantégu, mentégó et le plus souvent mertéyd.
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Marinito, marin, maritime, Get ad] eet if a paswtf dans le malais comme substantif. On ne lo rencontre du reste qu\'aux Moluques, cm depuis un temps immémoriallemot mar\'mjo (pron. marigno) sert a designer l\'officier du port (en hollandais: waterschout). Suivant l\'etlmographe Valen-tijn (1. c. IT, 4) c\'était aussi un titre d\'honneur confer^ par les gouverneurs portugais aux chefs indigenes.
Martello, marteau. En malais martel, est équivalent ii poukoul-besi, instrument h, battre le fer. Le javanais, le madourais et le soundanais n\'ont pas ad op té le mot portugais.
Mksa, table. En malais et en soundanais mcklja, en javanais et en madourais inédjd. Dans ces mots aussi e\'est le s qui a ëté remplacé par dj. Pour une table, meuble cssentiellement européen, il n\'y a pas d\'autre norn dans les langues polynésiennes. Quelquefois les Javanais, pour indiquer une table, se servent du mot kamedjó, ee qui est d\'autant ])lus curieux que dans leur langue le meme mot, se dérivant du mot portugais camesa, dont il a été parlé plus bant, signifie une chemise.
Mostarda, moutarde. En malais mostardi. L\'a ouvert de la dernière syllabe y a été remplacé par /, absolu-ment comme dans le mot loja.
Nome, nom. En malais nama, en madourais njama, en haut-javanais nómd, en kromo-dousoun, un dialecte plus poli encore, nami. Dans les autres dialectes on n\'em-ploie que des mots purement javanais.
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Ordem. Eii javanais ouvdi, on malais ordi. Suivant le naturaliste Forbes dans File de Timor lo mot s\'emploie commo verbe, ordonner, ordenar.
Padre, pore, prêtre. En malais le mot padri signifie pretre catholique. Oependant en 1820 dans 1\'iln de Sumatra, pendant une insurrection, qui a porté ii une guerre acharneé de plus de vingt ans avee la Hollande, les chefs, prêtres et pélerins mahométans et partisans d\'une secte religieuse tivs fanatique, out pris le nom de padri et dès ce moment ce nom a été applique a tons les insurgés.
1\'aTjANQUIM, palanquin. En malais et en javanais p lang li ou pelanyki. C\'est ainsi que s\'appelle également une esp^ce de voiture couverte k quatre roues, de trois cotés munie de stores. Les chaises a porteur de fagon chinoise s\'appellent kremonn, celles de fagon indigene tandou, ou, quand elles sont trés larges, djoli.
Pantalonas, pantalon. En malais et en soundanais tjalana ou tjilana, en javanais et en madourais tjelonó La syllabe pa ou pan au commencement des mots n\'étant d\'ordinaire qu\'un préfixe qui modifie plus ou inoins la manière dont on s\'en sert sans en altérer la signification et qui s\'en détache h volonté, il n\'est pas étonnant que, dès 1\'introduction du mot pantalonas dans les dites langues, on en est venu k considérer la syllabe pan comme superflue et par conséquent è, la supprimer.
Paucbibo, associé. En malais persero, en javanais
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berséro ou heséro. Ces mots «out fi la fois des substautifs, sis\'nifiaiit associé et quelquefois partenaire cm jeu, et des verbes, signifiant être en association de commerce on de jeu.
Pasqüim, placard satirique. Ce mot ne figure qu\'en malais comme substantif, paskil ou paskwil, et surtout comme verbe, ayant la signification de railier quelqu\'un ou quelqne chose.
Pass ear, se promener. En malais pasijar (pron. pasiar), en javanais pesijar ou besijar. Dans cette dernière langue 1\'expression radinan pasijar au signifie une allée de promenade.
Pastel, p^té. Ce mot a passé sans aucune modification en malais et en soundanais comme pastel.
Patrulma, patrouille. En malais, en javanais et en madourais patrol.
Pella ou pellota, balie. En malais, en madourais et en soundanais ces mots se présentent également comme pèlor.
Penna, plume, seulement en malais penna.
Pilar, pilier, appui. En madourais pèlar, en javanais pilar. Par ce mot on ne désigne en javanais que les colonnes en briques, celles en bois s\'appelant sókó. Du substantif pilar se derive le verbe milar, f\'endre quelque chose en toute sa longueur. Dans cette langue comme le radical commence par p on en forme le verbe en remplagant
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cette lettre par m. Ainsi 1c mot pam/ou, nourriture, se transforme on verbe corame manyan, manger.
Pii\'A, pipe h tabac. En malais et en madourais pijoa, en javanais pipö.
Pompa, pompe. En malais et en madourais pompa, en javanais pompó.
Portbiro, portier. En malais, et en particulier aux Moluques 1\'on désigne par le mot portero los huissiers prés les tribunaux européens et indigenes.
Qubijo, fromage. En malais, en javanais et en madourais kèdjou, en soundanais kidjou.
IIacao, ration, terme militaire. En malais ranson, en javanais rasom ou rangsom. Tl entre dans la composition ngrangsommi, ce qui signifie: donner sa ration k quel-qu\'un. En javanais le mot radical commengant par r on le transforme dans un verbe en le faisant précéder par la dipthongue ng, qui s\'écrit avec un caractère particulier, et on y donne la forme transitive en ajoutant i k la dernière syllabe.
Uaso, ras, uni. En malais le mot rata et en javanais le mot rato ont absolument la menie signification. II est bien probable qu\'ils se dérivent de l\'adjectif portugais rasa, rasa, (^uant la substitution de s par t1 olie ne peut etre attribuée qu\'k une dégénération du mot original dans le langage des Malais, oü il se sera introduit le premier; ensuite il a passé dans le javanais, ce qui est d\'autant plus facile a admettre que ces deux langues
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avaient rléjk les mots msa et röso, dórivés du sans-crit, quoique dans un sens tout-k-fait différent, sa voir celle de sentiment et de goüt.
Comme en javanais on parvient tres fréquemment a former d\'un mot ngoko un mot krómó en modifiant la derniöre syllabe de manières différente», le mot haut-javanais radin provient du mot rota, dont on ne se sert qu\'en bas-javanais. De ce mot radin on a construit le mot radinan, qui signifie „ras ou uniquot; désignant aussi une grande route, une chaussée. Ainsi l\'expression radinan pasijaran (voir le mot passear) se compose de deux mots d\'origine portugaise.
Real, real, monnaie. En malais, en javanais et on madourais réjal (pron. réal).
Quoiqu\'il n\'existe plus de monnaie de ce nom aux ludes Néerlandaises, les indigenes y comptent souvent par réaux pour designer des valeurs qui différent selon les mots que l\'on y ajoute. Oe n\'est que chez les Madourais que le réal représente invariablement le montant de deux florins Hollandais. Chez les Javanais la valeur varie entre deux Horins pour le réjal hatou et environ cinq Horins pour le réjal mdntjó negórd. Evidemment ces valeurs fictives sont bien différentes de la valeur véritable du réal. C\'est sans doute la monnaie espagnole de ce nom dont il s\'agit ici et qui, pendant l\'union des puissances espagnole et portugaise, a étó introduite dans les tndes Orientales.
Nous faisons encore observer que du mot réjal, con-
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fot\'irn\'ment aux rog\'loK do la Itinguo javanaiso, s\'cst forme
10 mot paréjallan, changeur do monnaie.
Rend a, dentelle. En malais ot on soundanais renda, on javanais reudo. Le mot a pris en outre I\'acception do (jalon, d\'oii provient le verbe javanais ngrendo, galonner, et l\'adjectif ou participe passé rinendó, galonnó.
Roda, roue. En malais et en soundanais roda, en madourais et en javanais rodó. Dans cette dernièro langue nous trouvons un autre mot rodó, différent d\'orthographe, le javanais ayant deux espèces de d, mais ce mot, signi-fiant violence, est d\'origine sanscrite {roda) et non pas portugaise.
Ronda, ronde, terme militaire. En malais et en soundanais ronda, en javanais rondo. Un autre mot javanais rondo, ayant le sens de veuve ou de femme séparée, parait être également d\'origine sanscrite se dérivant du mot randu. Le substantif javanais parondan ou prondan, compose comme paré] all an (voir le mot real), signifie poste de police, absolument comme le mot gar don, dont
11 a été parlé plus haut.
Rui\'ia, roupie. En malais, en soundanais et en javanais roupijah (pron. roupia), en madourais ropiah. Lo mot sanscrit roup ja signifie argent et si roupijah en serait la forme javanaise et ropiah la forme madouraise, il resterait k expliquer comment les peuples polynésiens peu civilisés, en empruntant ce mot au sanscrit, s\'en seraient servis dans la signification figurée de monnaie
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on general. Du rosto il n\'est pas probable (|vi\'{\\ son introduction dans les Indes le mot aurait d\'abord servi dans I\'acception d\'argent puisque dans toutes les langues polynésiennes on rencontre un mot original pour designer le métal blanc. De 1\'autre coté les nations commer-gantes latines et byzantines se sont servi du mot rupia depuis bien des siècles pour indiquer des pieces de monnaie d\'une certaine valeur, et sans doute clles 1\'ont apporté du Levant ou ells avaient tant de relations de commerce. On serait done tenté a croire que ce sont les Portugais qui out introduit le mot dans les langues des Indes Orientales. Actuellement e\'est le florin hollandais que les indigènes y désignent du noin de roupijah.
Saoco, sac, poche. En malais et en soundanais snkou, poche. Du mot algibeira, qui est è, present plus usité en portugais, on ne trouve pas de traces dans les langues polynésiennes.
Sal ada, salade. En soundanais sal ad a, en malais selada, en javanais sclódó.
Sapato, soulier. En malais et en soundanais sapatou, en javanais sapatou ou sepatou.
Seccar, sécher. En malais sèka) en javanais sékó ou njékó, signifiant tant sécher qu\'essuyer, balayer et brosser. Comme substantif le malais possède le mot sékat, le soundanais sikat, brosse, balai. Le i( la fin de ces mots ne se prononce que tres faiblement.
Sella, selle. En malais et en soundanais sèla, en
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javanais sèló. Co no sont quo les selles de formo euro-})donne qui sont désignées do ce nom on javanais, celles do fagon indigene s\'appelant lapak, commo les selles de toute espoce on madourais, oü Ton no commit pas le mot portugais.
Seniioh, seigneur, monsieur. En malais, on madourais et en soundanais sinjo (pron. sinió), le nom dont los indigènes désignent les tils de leurs mat tres eui\'opéens, memo adultes, tant qu\'ils n\'ont pas acquis uno position sociale, ni ne se sont mariés et quelquofois encore après, par habitude.
Seniioh a, madame. En malais, et particulièrement aux Moluques, niora, titre d\'honneur des femmes marices européennes, qui dans les autres parties des Indes hollandaises s\'appellent nonja ou njbnja (pron. nogna, niogna, peut-être autre forme do l\'ospagnol duena).
Sbparado, participe passé de separar, séparer. En malais, en javanais et en madourais ou se sert du mot separo, en soundanais du mot para, qui ne peuvent être que des abréviations de separado. lis ont la signification de partiellement, a moitié.
En Javanais on en est venu è. considérer los deux dernières syllabes (paro) comme la racine du mot separo, la syllabe sa ou se n\'étant souvent qu\'une preposition modifiant plus au moins le sens du mot principal (voir inteiro) et e\'est pour cela qu\'en idontifiant ce mot paro avec lo mot bas-javanais loro ou ro) lo nombre cardinal
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deux, dont la forme haut-javanaise est kalih, on a par analogie adopté en haut-javanais pour paro 1c mot palih. Comine verbe on a les mots inaro, malih, séparer, diviser en deux parties. Les mots par on, palikan signi-fiont: en parties ég ales, par moitiés.
Seiiao, soirée. En malais, en soundanais et en bas-javanais soré (haut-javanais santen). L\'idée de soir proprement dit n\'est pas connue chez les peuples polynésiens. Chez eux aussitót le soleil couchd la nuit commence. Cependant ils indiquent quelquefois du mot soré le temps de quatre heures de 1\'après-midi jusqu\'au coucher du soleil.
Seïim, satin. En javanais le mot s\'est tnodifié en lees tin.
Socco, socle, piëdestal. En javanais soukou. Le mot soukou s\'emploie aussi dans cette langue pour indiquer des choses de différente nature, comme un pied, une jambe (en haut-javanais), un demi-florin (en bas-javanais). Dans cette acception c\'est sans doute un mot essentielle-ment polynésien, qui dans ces sens divers se rencontre également en malais, en soundanais et en madourais (sókó). Le mot soukou pour socle est d\'origine portugaise.
Soldado. En malais et en soundanais soldadou, en madourais sordadou, en javanais sóródadou.
Sokvete, sorbet. En malais sarbat (pron. sarbatte). Comme dans le mot koubis (couve) v a été remplacé par h.
Tabaco, tabac. En malais tamhakou, en bas-javanais
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tembako, ernbaiv ou bako, cu soundanais hako, en madourais pokd. En haut-javanais Ton se sert du mot sótó.
Tangedob, joueur d\'instrument. En malais tandjidour, en javanais tandjidour on pandjldour, musician qui joue d\'un instrument europeen.
Tanger, jouer d\'instrument. En malais tandji, comme substantif, musique, bikin tandji, comme verbc, faire de la musique.
Tartaruoa, tortue. En malais, et seulement aux Moluques, tartourougo. Ce mot ne s\'applique qu\'ö, la tortue de mer, celles de la terre s\'appelant koura-koura ou boulous. D\'après Valentijn (1. c. t. II, V, 1) les habitants des Moluques désignaient du nom de „tatc-rouyaquot; une maladie spéciale se manifestant par une rugosité de certaines parties du corps.
Tempo, temps. En malais et en javanais tempo, ce qui signifie tant le temps, qu\'un certain temps, un terme. Les javanais en ont même formé le mot tempon, signi-fiant la date d\'expiration d\'un contrat quelconque. Ce dernier mot est beaucoup usité dans les principautés de Jogjakarta et Sourakarta.
Tenda, tente. En malais tend,a (pron. tinda), en javanais tendó (pron. tindó) ou tindó (pron. tinedó), signifiant tente d\'une voiture et ciel de lit.
Tinta, encre. En malais et en javanais tintah. C\'est
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ainsi que s\'appelle 1\'enore européenne, 1\'encro chinoise étant connue sous le nom chinois de many si.
Todo, taut, entier. En bas-javanais le mot correspon-dant est tontong, arrivé jusqu\'au bout. {G t\\ la fin du mot ne se prononce que trés faiblement). En haut-java-nais il s\'est formé le mot doumougi, contracts on clangi. Du mot tontong on a construit un verbe, nontong, aehever complètement quelque chose, atteindre son but.
Toko, trono, torse. En malais et en javanais toro. On désigne de ce nom une espèce de jaquette longue d\'étoffe bariolée, que portent les coehers et quelquefois les autres domestiques des Européens et qui couvre justement le trone du corps. Comme tel ce n\'est qu\'une abréviation fie badjou-toro en malais et de rasonkan-toro en kromo ou de koulambi-toro en ngoko, ce qui signifie littérale-ment habit-tronc ou habit-torse.
Vklludo, velours. Ce mot se retrouve en quelque sorte modifié, mais bien reconnaissable en malais comme hcllondron, en javanais comme hloudron, en madourais comme bloutrou, on soundanais comme boulondrou. En javanais existe encore le mot bloudrou, qui est purement javanais, pour designer une certaine espèce d\'une legume qui s\'appelle bestrou. Plus tard il y fut introduit un nouveau mot hloudrou d\'origine portugaise et ayant 1\'ac-ception de velours.
II.
Bazar, magasin. En malais, on rnadourais, en soun-danais et en bas-javanais pasar, marché. En liaut-javanais on se sert du mot peken.
11 est vrai que hdzdr est un mot perse et pasar est sans flonte d\'origine perse, mais probablement oe mot a d\'abord passé par voie directe on indirecte dans les langues latinos et ensuite, apros l\'arrivée des Portugais aux Tndes, il a passé dans les langues de ees pays ou dans le cours des temps il a été tant soit pen modifié; car il n\'est guèi\'e probable qu\'avant ce temps-Ik-la Perse n\'ait eu des relations de commerce avec 1\'extreme Orient, tandis qu\'il est certain qu\'alors les Portugais avaient déjk cu des rapports fréquents avec les peuples du Levant. II se peut aussi quo ce sont les Maures qui le premier ont introduit ce mot dans la péninsule ibérienne.
Careoqa, chariot. En malais existe le mot Icrossi, on soundanais kor si, en madourais korsè, en javanais koursi on krousi qui signifie chaise. 11 y a lieu de douter si c\'est bien du portugais que ces mots-lk se dérivent, puisqu\'en arabe il y a un mot presque identique, krass/ ou krassi, et (jui a en outre absolument la meme signification.
47
Carta, lo.ttro, épitre, on cartaz, placard, affiche. Cost un de ces mots probablement dont la transformation a donné le mot malais, javanais et soundanais kartas on her tas, papier. Bien que la langue arabe possède le mot kratas (du grec chartès) kartas n\'est ])as d\'origine arabe car aux Indes c\'eamp;t justement le papier europeen (et chinois) qui s\'appelle kartas tandis que celui do facon indigene, fabriqué de l\'écorce du cocotier appeléeglouyou, a des noms tout-ii-fait différents, comme delouwang, delantjang, etc. Or, si c\'ótait aux Arabes que l\'on avail omprunté le mot kartas, ce serait en premier liou cetto dernière ospèce de papier quo l\'on aurait nommé ainsi,
10 papier europeen n\'étant pas encore connu aux ludes
11 l\'époque ou les Arabes s\'y sont introduits.
Castor, castor. On serait tenté de prótendro que lo mot malais, javanais et soundanais kastouri ou kastori, qui signifie musc et civette, n\'est autre quo lo mot por-tugais castor, ce quadrupode ayant quelque rossom blanco avec la eivotte. Mais il est inutile de chercher si loin. Le mot kastouri, signifiant muse, figure ógalement en sanscrit et il est évident que ce mot a passé directement ot saus aucuno modification dans los langues polynésien-nes, nommémont lo javanais, qui a conservé tant de restos de cotte langue éteinte.
Cidade, cité, ville. En malais, en soundanais et en madourais l\'on trouvo le mot kofa, servant a désignor los capitales dos provinces et les principaux endroits de
48
rintérieur. Pour les villages et les hameaux on a d\'autres denominations. La substitution (Yi dans cidade par n dans kota n\'est pas facile a expliquer; il est pourtant possible que le mot portugais so soit introduit dans les ditos langues et qu\'ensuite il a dégénéré peu a pen. Quoiqu\'il en soit, l\'origine portugaise du mot Icota, quoique possible, est trés peu certaine.
Dia, jour, journée. Ce n\'ost qu\'une apparence d\'égalité que le mot bas-javanais dim (krómo dinten) présente avec le mot portugais dia. Dino se derive du mot sans-crit dina. De mêine le mot bas-javanais rinó ou rahind (krntno rinten ou rahlnten) jour, le contraire do nwt, n\'est autre que le mot sanscrit röhina, matin.
Füz-il, fusil. II paratt que le mot bedil en malais, en soundanais, en madourais et en bas-javanais est une degeneration du mot portugais fuzil. L\'e muet et la diphton-gue o». se remplacent souvent dans les langues polyné-siennes; le f des mots étrangers y est substitué par et p se transformant facilement d\'abord en b 1c mot fuzil se sera modifié d\'abord en hezil ou hesil. Sans doute la commutation postérieure de z ou s en (/, complétant le changement survenu dans le mot original, serait une irrégularité, mais celle-ci n\'est pas la seule de ce genre que nous venons de déeouvrir, ce qui n\'est pas étonnant chez des peuples peu experts en matière de philologie et surtout en connaissance des langues euro-péennes.
Mas, mais. En javanais on se sert quelquefois du mot
4!)
rnaski ou meski pour la conjonction qiioique, cc qui pour-rait «Ure une modification de man que dans le sens de aindn que. Ce n\'est qu\'une supposition du reste qui n\'est ni contredite ni affirnu\'e par aucun fait.
Matae, tuer. En malais et en javanais il existe un mot qui a en apparence la même racine et dont la signification ne difïï\'re de celle du verbe matnr qu\'{\\ ce point que celui-ci a la forme active et 1\'autrc la forme neutre. (Test le verbe mati, mourir. Ce n\'est que dans la forme transitive, maténi, ([u\'il a en javanais l\'aeception de tuer. On ne saurait dire avec certitude si les langues polyné-siennes out emprunté le mot au portugais. Toutefois c\'est possible, vu que mati n\'est pas le seul mot dans ces langues-lk exprimant I\'idée do mourir.
Menina, jeune fille. En malais on indique les jeunes lilies européennes du nom de nona, probablement dérivé du mot menina. La suppression de la première syllabe pourrait s\'expliquer ainsi que d\'abord les indigenes 1\'ont pris pour un appendice superflu d\'un certain mot ntna, la syllabe me, comme pe ou pa, se détachant quelquefois volonté d\'un mot quelconque dans leurs langues, comme dans le mot nieninggal, terme respectueux pour mourir, qui est une espoce de fréquentatif du mot tinggal (ou ninggal), rester quelque part. L\'explication du changement iVi en o, tont comme dans le mot cidade, présente plus de difficultés, k moins qu\'on ne coupe court a la question en considérant tout simplement le bon plaisir
50
p / rtu v-O* * (jtona
du peuple comme cause de cette substitution. D\'ailleurs la circonstance que le mot nona ue s\'applique jamais aux jeunes lilies indigènes plaide en faveur d\'une origine européenne,
Mesquinho, mesquin. Saus doute le mot miskin en soundanais et en javanais, ayant la même signification, ressemble beaucoup au mot portugais. Mais la langue arabe possède également le mot miskin ou maskin et, cc mot figurant en plusieurs endroits du Koran, il est bien plus probable que ce soit de li\\ qu\'il aura passé dans les langues polynésiennes que du portugais. II est même probable que le portugais ait emprunté ce mot i\\ la même source, vu qu\'on le retrouve en espagnol comme mezquino, ce qui, comme dans plusieurs autres mots, doit être considéré comme une trace de l\'invasion et du séjour des Maures dans la péninsule ibérienne.
Mesquitn, mosquée. En malais, en madourais, et en javanais mesdjid ou masdjid ou messigit s\'est transform»\', de la même manière. En arabe le mot sonne comme masguit ou masdjid. De ces mots se dériveront également tant les susdits mots polynésiens que le portugais mesquitn et 1\'espagnol mezquita.
Pascoa, Pamp;ques. De prime abord on serait tenté de croire qu\'il y a des rapports entre le mot pascoa et lo mot pouwasa en malais, en madourais et en soundanais, pouwósó ou pósó en bas-javanais, dont on se sert pour désigner lo carême mohamétan. De plus en arabe 11 n\'y,
51
a aucun mot (iui y ressemble, 1c uorn arabe du caivrao étant siam, ce qui a étë adopté en haut-javanais comme sijarn. Mais il y a un mot sanscrit qui a presque la mcrue forme et qui a également la signification de carême ou de faire maigre; c\'est le mot owpaioasa et c\'ost la evidemment 1\'origine des susdits mots.
Sak au, savon. En malais, en soundanais et en javanais saboun, en madourais sahon. En arabe existe également le mot saboun, savon. Ces mots polynésiens pourraient done etre tirés de 1\'arabe aussi bien que du portugais; mais la circonstanee que les Arabes, malgré les próeeptes de leur religion, sont, comme on le sait, un peuple excessivement malpropre et ne se permettent que trés rarement, a ce qu\'il paratt, le luxe de se servir de savon, porte h diminuer considérablement la probability (jue ce sont eux qui aient fait connaitre aux habitants dos Indes eet article de toilette dont en plus se servent presque exclusivement les européens dans ces pays-la.
Sahbado, samedi. Eu malais et en soundanais sap ton en madourais sap to, en javanais saptou ou sahtou. Selon toute apparence ces mots leur viennent du mot portugais. II est vrai que le mot arabe sabt, qui descend de Thébreu, y ressemble beaucoup et que les noms malais et javanais des autres jours de la semaine, excepté celui du dimanehe (nünggo, voir le mot domingo) leur viennent tons dc la langue arabe, comme senèn (lundi) de isnin, salasa (mardi) de thaldthd, rebo (mercredi) de ar boa, kemis (jeudi) de
52
chemis et djoumahad (vendredi) de djoam\'at. Cependant le mot saptou ou sabtou se rapproche le plus par sa prononciation du mot portugais, d\'ou l\'on peut conclure (pi\'aussi bien que le mot minggo se dérive de domingo, le mot saptou n\'est qu\'une modification du mot sabbado, qui vraisemblablemeut a son tour, mais dans une période bien antérieure, est descendu de I\'arabe.
Seda, soie. L\'histoire de ce mot présente justement le contraire de celle du mot pascoa. Soie s\'appelle en malais et en soundanis soutra, en madourais sótra, en javanais soutró. II est vrai que le sanscrit connait le mot soutra, mais ce mot signifie simplement fil, tandis que le mot portugais, absolument comme les mots polyné-siens dó]a nommés, signifie soie. Toutefbis la forme de cos mots diffère considérablement, mais cette difference s\'explique en grande partie. E et ou se remplacent souvent, et de d a t la distance n\'est pas grande ; par conséquent le mot seda a pu aisément se transformer en souta. Puis le r se sera glissé dedans, soit par negligence, soit par euphonie.
Sedeiro, peigne. En malais et en soundanais sisir. l\'robablement c\'est le mot sedeiro qui en dégénérant tant soit peu (sedeiro, seseiro, seseir) s\'est transforms ainsi, ce qui est d\'autant plus facile k admettre que sans doute avant 1\'arrivée des Portugais aux Indes les indigenes n\'ont pas connu l\'usage d\'un tel article de toilette.
Xaduez, échecs. En malais et en madourais tjaior, en
53
soundanais et en javanais ijatour (pron. tiator, tiatour). En Kawi existe le mot tjatour, quatre, qui sans doute n\'est autre que le mot sanscrit tjatour, ayant la méme signification. Or, le sanscrit posséde aussi le mot tjatoii-rangga, qui signifie jeu d\'échecs. Les mots polynésiens tjator et tjatour, signifiant échecs, se dériveraient-ils de ce mot sanscrit? Mais pourquoi alors ce mot aurait-il été tellement découpé et abrévié en tjatour, tandis qu\'en javanais il existait déjè. un mot pareil d\'une signification différente mais également se dérivant du sanscrit? Au contraire ces mots-lk ne pourraient ils pas être une dégénération ou plutót une modification suivant l\'idiome polynésien du mot portugais xadrez?
La prononciation caractéristique en portugais de x au commencement des mots présente de trés grandes difficultés aux Indiens (voir le mot carta). Mais la consonne qui dans leurs langues s\'en approche le plus prés c\'est tj. De l\'autre cóté les Portugais n\'ayant pas dans leur langue les consonnes tj et dj, ont remplacé cette derniore par x dans le nom de Djacatra, qu\'ils ont transformé dans Xacatara (de Barros, Dec. TV, 1.1). La terminaison ez, n\'étant non plus d\'usage dans les langues polyné-siennes, peut avoir été tout simplement supprimée, sous l\'infiuence d\'une forme du pluriel es y ressemblant. Alors il ne restait que tjadr ou tjadre. E muet et ou s\'employent alternativement; il était done bien simple que par euphonie Ton mit oti, ce qui acheva a changer le mot en tjadour ou tjatour. On ne prendra cette conjecture du reste que
54
pour ce qu\'elle vaut. Cependant il ne faut pas oublier que chez les indigènes les joueurs d\'échecs sont assez rares et ne se rencontrent que parmi les chefs et les personnes de qualité, ce qui nous fait croire d\'autant plus que ce jeu leur était inconnu avant que I\'infiuence européenne ne se fit sentir dans les Indes Orien-tales.
TABLEAU comparatif de mots de langues polynésiennes tirés du Portugal\'s.
|
PORTUGAIS. |
Malais. |
Ja van a is. |
Madourais. |
Soindaxais. |
|
al feres |
__ |
alpèrès |
_ |
• _ |
|
ananaz |
nannas |
nannas |
lanas |
1 ganas | \' danas \' |
|
armario |
1 lamari 1 1 lemari |
j lamari ) 1 lemari 1 |
| lamari j \' lemari l |
almari |
|
aroma |
aroum |
1 aroum / • roum \' |
arum |
— |
|
arnula |
arouda |
— |
— |
— |
|
augusto |
— |
gousti | balowarti J |
— |
_- |
|
baluarte |
— |
balouwarti; 1 balourti ] |
— |
- |
|
bandeira |
bandera |
bandéro |
bandéro |
bandèra |
|
banco |
bangkou |
bangkou |
bangko |
bangkou |
|
bola |
bola |
bolah |
bola |
bola |
|
boneca |
bonèka |
bonèkó |
— |
bonèka |
|
cadeira |
kadéra |
— |
— |
— |
|
cal do |
kaldou |
kaldou |
kaldou |
kaldou |
|
camara |
kamar |
kamar |
kamar |
kamar |
|
cainisa |
kamédja |
kamédjö |
kamedjó |
kamédja |
|
campo |
kampong |
kampong |
kampong |
kampong |
|
capitao |
ka])itan |
kapi tan |
— |
kapitan |
|
carapuga |
karpous |
j karpous \\ 1 krapous 1 |
— |
— |
|
carretü |
kareta |
karètó |
karètó |
karèta |
|
carta |
karton |
karton |
kerto |
karton |
|
cavallo |
kapal |
kajial |
kapal |
kapal |
|
charuto |
seroutou |
seroutou |
- |
sonroutou |
56
|
I\'ÜHÏUHAIS. |
Mai.ais. |
Javanais. |
Madourais. |
SüUNDANAIS. |
|
cnincla |
tjenèla |
1 tjenèlö j 1 tjanèlö 1 |
tjenèlö |
tjenèla |
|
chita |
tjita |
tjitó |
djita |
— |
|
citar |
sita |
— |
njita |
sita |
|
cobra |
kobra |
— |
— |
— |
|
cochonillia |
kosnil |
— |
— |
— |
|
commenda |
kommonda |
— |
— |
— |
|
rommendador |
j kommendouri 1 kommandour) |
j kommendouri 1 koiiimaudour) |
— |
— |
|
couve |
kobis |
koubis |
kobis |
— |
|
1 kras ) |
l kras ( |
, kras | | ||
|
crasso |
i keras * |
1 keras |
i keras 1 | |
|
dado |
dadou |
dadou |
— |
— |
|
desterrnr |
disterra |
— |
— |
— |
|
dinheiro |
diné |
— |
— |
— |
|
dispensa |
j dispèn ) ! sepèn 1 |
sepèn |
— |
— |
|
domin^o |
ininggo |
minggo |
— |
— |
|
escola |
j sekola 1 \' skola ) |
sekolaii |
sekölö |
iskola |
|
f\'also |
palsou |
— |
palso |
palsou |
|
feitor |
pètor |
pètor |
— |
— . |
|
festa |
pesta |
j pestó ( 1 pistó 1 |
— |
pesta |
|
flgura |
pigoura |
— |
— |
— |
|
tita |
pita |
pito |
pèta |
pita |
|
galeria |
(galeri j I galri 1 |
i galadri , / gladri ! |
galdri |
— |
|
garf\'o |
garpou |
1 gardou 1 |
- |
garpou |
|
guai\'da |
gardou |
guerdou ; 1 gredou ) |
gardo |
gardou |
|
historia |
setori |
setori |
setori |
— |
|
igreja |
i grédja 1 \' gridja j |
| gi\'édjö I gridjo 1 garindjo | |
) gredjó 1 ! gridjo 1 |
i grédja j (gridja 1 |
|
inteiro |
| intéro j 1 èntéro ) |
autéro |
— |
autéro |
57
|
l\'üRTUOMS. |
Malais. |
.IA VA NA is. |
Madouuais. |
SüUNDANAIS. |
|
lampada |
( lampo i 1 lampoli \' |
— |
— |
j lampo j i lampou \' |
|
lanterna |
lantéra |
lantéro |
lantéro |
lantéra |
|
leiliiu |
1 lèlang , \' lènglang ( |
1 lèlang ] 1 lènglang ( |
— |
— |
|
lengo |
lensou |
— |
— |
— |
|
loja |
lödji |
lodji |
— |
— |
|
mandador |
1 mandor j |
| mandor ) |
j mandor ( |
| mandor ) |
|
1 niandonr \' |
i mandour ) i mantégu j |
\' mandour \' |
\' mandour \' | |
|
manteiga |
mantéga |
mentégö \' 1 mertégo | |
mentégo |
mantéga |
|
marinho |
inarinjo |
— |
— |
— |
|
martello |
martel |
— |
— |
— |
|
mcsa |
médja |
médjo |
médja |
médja |
|
mostarda |
mostardi |
— |
— |
— |
|
nome ordem |
nama ordi |
1 nómu | \' naiui 1 ourdi |
— |
— |
|
padre |
padri |
— |
— |
— |
|
palaiKjuim |
1 plangki j \' pelangki ) |
1 plangki j ( pelangki 1 |
— |
— |
|
])aiitalonas |
i tjalana ) f tjolana I |
tjelónö |
tjelonó |
j tjalana j (tjolana ) |
|
parceiro |
perséro |
1 berséro / ( beséru 1 |
— |
— |
|
pasquin |
| paskil j ) paskwil 1 |
— |
— |
— |
|
passear |
pasijar |
1 pesijar | \' besijar ) |
— |
— |
|
pastel |
pastel |
— |
— |
pastel |
|
patrulha |
patrol |
patiol |
patrol |
— |
|
pe]la(pellota) |
pèlor |
— |
pèlor |
pèlor |
|
penna |
penna |
— |
— |
— |
|
])ilar |
— |
pilar |
pèlar |
— |
|
pi pa |
pijia |
pi po |
pi])a |
— |
|
pont pa |
pompa |
pompó |
pompa |
— |
|
porteiro |
portéro |
— |
— |
— |
|
queijü |
kèdjou |
kédj ou |
kèdjou |
kidjou |
58
|
PtmTUOMS. |
Malais. |
Javanais. |
Mauourais. |
SoUNDANAIS. |
|
i rasom ) | ||||
|
ragao |
ranson |
| i |
- |
- |
|
I rangson \' | ||||
|
raso |
rata |
rotó |
- |
— |
|
real |
réjal |
réjal |
réjal |
— |
|
renda |
renda |
rendO |
— |
renda |
|
roda |
roda |
rodó |
rodó |
roda |
|
ronda |
ronda |
rondo |
— |
ronda |
|
rupia |
ronpijah |
ronpijah |
ropiah |
ronpijah |
|
sacco |
sakou |
— |
— |
sakou |
|
salada |
selada |
sol ódo |
— |
salada |
|
sapatn |
sapatou |
j sapatou ( \' sepaton I |
— |
sapaton |
|
1 séka ) |
\\ sékó 1 |
sikat | ||
|
seccar |
1 njéko \' |
_ | ||
|
1 sékat 1 | ||||
|
sella |
sela |
sèló |
— |
sela |
|
sen hor |
sin jo |
— |
sinjo |
sinjo |
|
sen hora |
niora |
— |
— |
— |
|
separado |
separo |
separo |
separo |
paro |
|
serao |
soré |
soré |
— |
soré |
|
setini |
— |
kestin |
— |
— |
|
socco |
— |
sonkou |
— |
— |
|
soldado |
soldadou |
sóródadou |
sordadou |
soldadou■ |
|
sorvete |
sarbat |
| tembako | |
— |
— |
|
tabaco |
tambakou |
embako . | bako 1 |
pókó |
bako |
|
tangedor |
tandjidour |
| tandjidour l \' pandjidour i |
— |
— |
|
tanger |
tandji |
— |
— |
— |
|
tartaruga |
tortonrougo |
— |
— |
— |
|
tempo |
tempo |
tempo |
— |
— |
|
tenda |
(tendó i | |||
|
tenda |
I \\ 1 . • i » 1 |
_ |
_ | |
|
(tindo 1 | ||||
|
tinta |
tintali |
— ■ |
- |
- |
|
todo |
— |
tontong |
- |
— |
|
toro |
toro |
toro |
- |
- |
|
velhulo |
helloudrou |
bloudron |
bloutrou |
bouloudrou |
TABLEAU comparatif de mots de langues polynésiennes probablement firés du portugais.
|
PoHTRiAIS. |
Malais. |
Javanais. |
Madouhais. |
SoiJNDANAlS. |
|
bazar |
pasar |
pasar |
pasar |
pasar |
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carta (oartaz) |
^ kartas ^ 1 kertas ) |
^ kartas j 1 kertas j |
— |
^ kartas j j kertas ^ |
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fuzil |
bedil |
bedil |
bedil |
bedil |
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in as |
— |
^ maski j 1 ineski ) |
— |
— |
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matar |
mati |
^ mati i 1 niatèni ) |
— |
— |
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menina |
nona |
— |
— |
— |
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sabao |
saboun |
saboun |
sabon |
saboun |
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sabbado |
saptou |
^ saptou 1 1 sabtou ^ |
sapto |
saptou |
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seda |
soutra |
soutro |
sotro |
soutra |
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sedeiro |
sisiv |
— |
— |
sisir |
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xudrez |
tjator |
tjatour |
tjator |
tjatour |
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