ocr page 1

LES

SAVONS MÉDICINAUX

DU

Docteur TIN IA

PAK

J. SCHOONDERIAEK

a AMSTERDAM.

2(.gt; édition.

A.

AMSTERDAM,

VAN KLAVEREN. 1886.

ocr page 2

ÉHfC' ; ;■ ■ gt; ■/ ^ . y--:- ■' ■ ■ . ■■■:

i mt' ' gt; : ' 1 - . , ' . . - - , r - , ■

■

'

quot;.•»;quot;•••gt;/ • \

e , - -

.?■■■ ■

'' ?• '

v-l-ïfe

!'yji',quot;';

-P'quot;

-v. j •■ ■/-.

i 3

?gt; r£'A{i '■

-•

.:?v -

Stèi a •

ygt;0

■■■ ■ 'i \.''

Mt

y$y:.

^fV-^ ■'

'4

ÖÜ

f

■

V.::; - ,

'WS

■ivf/av

i

'■■''.V-êvf- quot;■

;|;Wï-

5te

i o ■

'. gt;'■

■ f'-M ■ Kr 'ff H.-j, t■

i

ocr page 3

LES

SAVONS MÉDICINAÜX

nu

Docteur UMA

PAR

J. SCHOOHDERMARK .1»

a AMSTERDAM.

2e édition.

AMSTERDAM, A. VAN KLAVEREN. 1886.

ocr page 4

P R É P A C E

Mem opuscule n'a pas besoin d'avant-propos, ni pour servir de réclame, ni pour m'excuser auprès du slecteurquot;. Les publications d'Unna sur le domaine dermatologique et surtout en fait de dermothé-rapeutique nous rappellent le bon vin qui no demande pas d'étiquotte. Au reste je n'ai pris dans l'original du laborieux savant que ce qui doit intéresser tout médecin qui traite les affections de la peau.

Je ne veux pas laisser échapper cett^ occasion de publier qu'il y a dans les Pays-Bas une maison d'excellente réputation fabriquant les savons médicinaux presents par le Dr. Unna. C'est la Maison Sanders et Cie a Leyde, c'est tout dire; d'autant plus que l'un des firmants est pharmacien diplómé, ce qui ne laisse pas de nous donner toutes les garanties désirables sur la qualité supérieure de ces savons.

L'AUTEÖR.

Amsterdam, Mars 1886.

ocr page 5

CONSIDERATIONS GÉNÉRALES

Quand il s'agit des sujets de la thérapeutique et de ceux de l'hygiène, de Talimentation, de rhabitation, des Têtements, des articles de toilette et de luxe, il y a d'un cóté danger que le fabri-cant ne risque d'entrer sans rime ni raison dans des questions mé-dicales, tandis que de 1'autre cóté le módecin hasarde de traiter des sujets purement techniques. Un pareil échange de róles ne peut mener qu'a discréditer beaucoup de bonnes causes, et cepen-dant il y a tant de questions ouvertes, comme l'alirnentation de l'enfant, l'éclairage, la chaussure rationelle et tant d'autres, qui portent involontairement le fabricant, aussi bien que le médecin, chacun dans son domaine, a essayer la solution de ces vieux problèmes. Les meilleurs résultats peuvent s'attendre, quand, mal-gré la démarcation la plus exacte des champs d'exploration de part et d'autre, le médecin et le fabricant, la science et la pratique, collaborent dans une unité de vues absolue. Quand l'un et l'autre sont intimement convaincus de la haute valeur de leurs recherches et sont disposés a se rendre les services demandés. C'est une verité qui trouve son application dans la fabrication des savons médicinaux.

Qui oserait douter qu'il ne s'agisse ici d'un sujet thérapeutique d'un grand intérêt hygiénique. Ce n'est pas que les savons en gé-néral et plus particulièrement les savons médicinaux, soient in-dispensables pour la santé du corps ou de la peau; l'histoire nous dit assez qu'il y a eu des périodes oü la civilisation était montée a un haut degré de perfection sans qu'on se doutat de 1'existence des savons. Mais comme de nos jours, les savons sont d'un usage universel et fréquent chez tout homme de quelque civilisation, et influent ainsi sur lui dans l'état de santé, comme de maladie, le devoir d'un médecin exige qu'il se rende compte des produits de

ocr page 6

4

la savonnerie, comme de 1'origine du lait et de la santé du bétail qu'on mène a l'abattoir. Au sujet des savons médicinaux, nous no pouvons assez regretter que cette fabrication ait eu lieu jus-qu'ici sans les conseils des experts en médecine. II n'y a pas de jour oü le dermatologue ne rencontre un patient qui, tout ignorant des choses médicales qu'il était, a cru pouToir se servir de quelque savon »medicinalquot; et a cause une maladie de la peau ou pcut-être empiré un mal existant. Le public y verrait k deux fois, si ces savons ne couvraient de leurs réclames la quatrième page des journaux, oü ils sont recommandéa comme salutaires pour stoutesquot; ou la »plupartquot; des maladies de la peau. Au reste le savon passé (et bien a tort) pour quelque chose d'inoffensif, même aux yeux de pas mal de médecins qui, pour ne pas se brüler les doigts, craignent de prescrire quelque remède en on-guent, mais ne voient pas de mal a prescrire le même remède en savon.

Que savent-ils done des bonnes qualités d'un savon «médicinalquot; sorti de la fabrique d'un laïque, d'un profane? Sont-ils sdrs que le médicament entre vraiment dans la préparation? Sans do ute ils ne sauraient assurer que ce médicament y soit encore non-décom-posé et non-volatilisé. Aussi toute ordonnance d'un pareil savon smédicinalquot; manque de caractère scientifique.

Les principes qui ont dirigé M. Unna dans la composition des savons médicinaux ont été exposés dans les considérations sui-vantes.

1. Tandis que les meilleurs savons de toilette contiennent plu-sieurs graisses, en partie d'origine trés douteuse, souvent absolu-ment impure, Unna ne fait entrer dans ses savons médicinaux qu'une seule graisse; la bonne graisse de boeuf. Ainsi la composition des savons est relativement simple. L'buile de coco, que Ton fait entrer dans presque tous les savons, paree qu'elle donne beau-coup d'écume, est exclue par M. Unna, d'abord, paree cu'il ne s'agit pas ici de nettoyage, puis, paree qu'elle rend la peau rude apres un long usage.

2. Comme alcalis on ne peut prendre que les lessives de soude et de potasse fraicbement préparées. Les quantités sont prises en sorte que la masse savonneuse soit absolument neutre. M. Unna, instruit par l'expérience technique et thérapeutique a renoncé aux savons de soude pour revenir a un inélange d'alcali de

ocr page 7

5

deux parties de soude aur une partie de potasse (en été ct dans les pays chauds trois parties de soude sur une partie de potasse). Un savon a la potasse est plus efficace qu'un savon a la soude, parceque le tégument calleux s'y dissout pius facilement que dans la soude. Les savons è, la potasse pur ne peuvent être obtenus a l'état solide et ne s'emploient qua certains effets, p. ex. pour les savons mous. Le savon a la soude et a la potasse de M. Unna est un savon dur et, ^ ce qu'ü croit, plus efficace que le savon a la soude pure. II arrive aussi que les savons a la soude, après Faddition de beaucoup de médicaments secs, s'écaillent et se désagrègent, inconvénient que n'offrent pas les savons a la soude et a la potasse

3. Comme le savon neutre est appliqué sur la peau comme les onguents, il enleve la graisse, dessèche la peau et cause une rugosité avec une légere congestion et desquamation perverse, ce qu'il faut surtout éviter. C'est pourquoi M. Unna fait sLypor-graisserquot; ses savons, c.-a.-d. après avoir fait entrer dans sa composition toute la graisse nécessaire pour la saponification compléte, il ajoute une certaine quantité (en moyenne 3 a 4 %) de graisse non-composée, suivant ainsi pour tous les savons médicinaux le principe d'après lequel on édulcore les savons mous destinés a des frictions continues. On sait que Ie nombre de savons de toilette absolument neutres est trés petit. La plupart contiennent, tou-jours pour faire beaucoup d'écume, de petites quantité d'alcalis libres qui ne font guère de mal avec une peau saine, et quand il ne s'agit que de se nettoyer. L'alcali libre n'est pas absolument et sans exception nuisible ni dangereux, il arrive même qu'il peut être utile e. a. dans certaines affections de la peau, quand celle-ci devient extrèmement dure (ichthyosis, psoriasis, acne, etc.). Mais pour avoir un savon d'un usage universel a la peau saine et a la peau affectée, pouvant servir de base è tous les savons, il faut négliger cette exception pour conserver intact le principe énoncé. Pour composer les divers savons devant servir dans divers cas étroitement et exactement indiqués, on n'a qu'a ajouter certains médicaments a ce savon-base. La préparation des savons médicinaux se divise ainsi en deux grandes branches: le savon-base invariable et l'agent médicamenteux variable.

4. La recherche de la meilleure méthode pour arriver a shy-pergraisserquot; lea savons a donné lieu a de longues séries d'expé-riences. Le principe de n'employer que de la graisse animale

ocr page 8

6

comme la plus propre a l'épiderme humain, parut bientót impra-ticable et M. Unna a dü y renoncer. II trouva qu'il pourait se servir d'huile d'olive. Les qualités primitives des savons (écumer etc.) dirainuent par toute addition de graisse libre, aussi une addition de plus de 2 % de graisse de boeuf est cause de si gran-des perturbations dans la nature du savon, qu'il est impossible de s'en servir dans aucun savon médicinal. L'huile d'olive facilite l'opération, et peut s'ajouter dans de plus grandes quantités sana préjudice de la valeur technique de la composition. Sur 8 unités de poids de graisse, M. Unna prend 1 unité d'huile d'olive.

5. Le principe de M. Unna sur la méthode de ïhypergraiaserquot; les savons, dérivant de données physiologiques, a paru être de grande importance a d'autres points de vue. Certains remèdes comme les acides (acide salicylique) et les seis facilement dissolubles (sublime) qu'on retient avec peine dans les savons, se conservent parfaitement dans les savons dilués k la graisse, de sorte qu'on peut les faire entrer dans des quantités plus fortes. Dans les savons ordinaires a alcali libre nombre de remèdes se décomposent et se volatilisent inmédiatement.

6, II va sans dire que les savons médicinaux demandent toutes les qualités requises des meilleurs savons de toilette. En premier lieu 11 s'agit d'éloigner la lessive attiénu précipitée par de pe-tites quantités de sel comraun après la saponification compléte, et de faire sécher le savon ad maximum. Les savons ordinaires con-tiennent, comme on sait, souvent une forte quantité d'eau et de lessive qu'on vend au poids du savon, sans parler du danger que peut causer la lessive.

6. M. Unna rejette absolument une addition secondaire de gly-cérine ou de vaseline, n'ayant aucun motif valable qui puisse la recommander pour les savons médicinaux. La glycérine et la vaseline sont de beaucoup inférieures aux huiles et aux graisses; ce ne sont que des remèdes couvrants dont Taction superficielle pour-rait être utile en certaines circonstances avec de trés légères affections. On peut en couvrir la peau, soit en les prenant èl l'état pur on melangées d'eau. La supposition que composées avec les savons leur action serait plus efficace, n'a aucune valeur aux yeux de M. Unna. Comme toutes les deux matières empêchent le savon d'écumer abondamment, il faut y remédier par l'addition de fortes quantités d'huile de coco, ce qui gate encore le savon. L'in-

ocr page 9

troduction des savons a la glycérine ou a la vaseline, qu'un mé-decin ne prescrira pas de la toilette, s'est faite, non par les mé-decins, mais par les fabricants, qui en ont fait la réclame de «Nouveau remède extérieur pour la rugosité de la peau — «nouveau savon médicinal.quot; Une circonstance peut recommander la glycérine ou la vaseline, c'est quand ces deux matières contribuent, plus que l'huile, a conserver ou a incorporer un remède quel-conque.

8. Est-il nécessaire de parfumer les savons hypergraissés? As-surément non, puisque le véritable savon médicinal doit sentir la pharmacie et pas la boutique du coiffeur. Chaque médicament ayant son odeur particulière, le savon peut et doit l'avoir de même, d'autant plus que l'odeur désagréable sera beaucoup atténuée. Cette odeur sera la pour rappeler au fabricant et au patient qu'ils ont aifaire a quelque chose de plus important qu'un simple article de toilette.

(M. Unna croit devoir excepter les deux savons se rapprochant le plus des savons de toilette : le »savon-basequot; et ie ssavon au marbrequot; (voir ci-après), ces deux savons ne contenant pas de substances actives et portant l'odeur de la graisse).

9. Dans le système de M. Unna, le savon a la potasse et au natron hypergraissé se nomme ssavon-base hypergraissé.quot; Tous les savons médicinaux doivent être composés avec ce savon au mortier, avec addition de quantités exactes pesées sous la direction d'un pharmacien diplómé. L'addition du médicament a un savon hypergraissé insuffisamment préparé peut causer des altérations de quantité et de qualité du médicament, qui échappent d l'ob-servation. La règle veut que tous les médicaments soient d'abord mélangés en petit volume au savon-base pour le piler après avec le reste du savon-base.

lü. Les savons médicinaux ainsi préparés n'oifrent toutes les garanties qu'avec des substances médicinales de première qualité. C'est avec ces substances qu'on peut avoir la certitude que la composition est stable et n'a pas a être controlée continuellement. Ce dernier point, c.-a-d. la stabilité de la composition, est encore un sujet de recherches infatigables. Anssi en suivant M. Unna, nous traitons en premier lieu et plus particulièrement les savons médicinaux qui ont fait leurs preuves.

Un mot encore sur la méthode d'application des savons hyper-

ocr page 10

8

graissés. Elle se fait de trois manières. La moins efficace est le lavage ordinaire. On fait écumer les savons dans l'eau chaude (l'eau chaude étant preferable a l'eau froide), on frotte la peau de cette écume de savon pour la laver ensuite. La seconde ma-nière beaucoup plus efficace, consiste è, faire écumer le savon sur la peau pour l'essuyer immédiatement ou quelques moments après avec une serviette sèche; la moitié de l'écume est absorbée par l'épiderme. La méthode la plus forte veut qu'on applique l'écume en couche épaisse et la laisse sécher sans en rien enlever. Les savons qui ne visent qu'a un effet purement mécanique comme le savon hypergraissé au marbre, se prêtent a la première méthode d'application. L'eau chaude ou au moins tiède est toujours préférable, quand il s'agit de savons hypergraissés ; quelques savons durs la veulent absolument. Comme dans la plupart des affections, la peau supporte mieux l'eau chaude que l'eau froide, cette condition formant la main du patient doit être considerée comme un avantage non négligeable.

Passons ici aux savons dont M. Unna par son expérience, peut exactement indiquer l'influence salutaire pour les cas bien pré-cisés.

I. SAVON-BASE HYPERGEAISSÉ.

Ce savon sert non seulement comme savon de toilette1* a toutes sortes de dermatoses d'inflammation, quand le savon ordinaire est défendu, en premier lieu avec l'eczéma, l'érythème et le sudami-na, avec une peau encline k la rugosité, mais aussi comme savon de toilette pour la peau saine, surtout chez ceux qui, comme tant de médecins, sont forcés de se laver de 40 a 60 ou plus de fois par jour; voici sa composition basée sur les principes énoncés:

16 p. !).....excellente graisse de boeuf 59.3 pet.

2 »......huile d'olive.....7.4 »

6 » | , lessive soude.....22.2 »

o 38° Beaume . ...

o » ) » potasse .... 11 •! »

27 p. 100 pet.

La masse contient environ 4 0/0 d'huile libre, non-saponifié.

') Dans leg analyses il s'agit du poids at pas du volume.

ocr page 11

9

Elle est jaunatre, de consistance céracée et absolument stable.

Le public aimant pour la toilette des enfants les savons purs et neutres qu'on appelle «savons d'enfantsM. Unna a donné le meme nom a son savon-base. II donne au lavage une sensation de souplesse de la peau qui reste, quoique moins forte, après que l'eau l'a enlevé. En appliquant la deuxième méthode, en essuyant avec une serviette sèche, la peau devient pen a peu lisse et résiste mieux aux influences que causent la rugosité, comme le contact réitéré du carbol froid. Se fondant sur sa longue ex-périence, M. Unna préfère ce savon hypergraissé le plus doux, tempérant et d'une innocuité absolue, a tons les savons de toilette connus qui jouissent de la plus grande renommee.

n. SAVON HYPERGEAISSÉ AU MARBEE.

Composition:

4 p. . . . savon-base hypergraissé lp.... poudre de marbre trés fine.

En traitant 1' acne et toutes les parakeratoses, il est souvent preferable d'obtenir l'amincissement de l'épiderme par voie mécanique avec exclusion de toutes les influences chimiques. Le frottement k la poudre de marbre est le remède le plus simple. Le »savon hypergraissé au marbrequot; est plus doux et, dans les cas sensibles, sans doute préférable. Pendant l'ócumage et le lavage la poudre de la composition frotte la couche calleuse de l'épiderme, enlève les écailles et remet l'épiderme dans son état normal, lisse et grasse. Le savon hypergraissé compense l'opération mécanique dans son effet final, faisant la peau plus souple, et adoucit a la fois le frottement du savon comme le rasoir devient insensible sur la peau enduite d'écume. C'est ce qui le rend préférable aux savons ordinaires a la pierre ponce, au sable, etc. chez lesquels on a d'abord un frottement beaucoup plus dur, mais en outre 1' action chimique de l'alcali, qui échappe a l'observation et dépend de la qualité du savon. On ne peut nier qu'ils ne soient trés propres au nettoyage de mains trés sales en bonne santé, mais le nom de savons médicinaux serait trés mal appliqué. Or le savon hypergraissé au marbre remplace tout a fait les savons dont il s'a-git dans le commerce, de sorte qu'on le voit employer chez les

ocr page 12

10

pharmaciens, les chimistes et d'autres professions oü les mains se salissent souvent et beaucoup.

Le savon hypergraissé au marbre est blanc, assez dur et s'use peu. On s'en sert le mieux avec l'eau chaude.

m. SAVON a L'ICHTHYOL HYPERGRAISSÉ.

Tandis que les preparations è, l'ichthyol s'appliquent souvent comme onguent avec certaines espèces d eczema, avec acnes ou furoncles, le savon hypergraissé a l'ichthyol joue un róle important dans le traitement de toutes les variétés de rosacea c.-a-d. les congestives comme les cyanotiques. Depuis l'érythème circon-scrit le plus faible, comme on les trouve souvent chez les femmes amp; l'age critique, jusqu'a la couperose, tous les degrées de cette dermatose variée se traitent avec le meilleur succès au savon a l'ichthyol hypergraissé. Au reste, il a encore eet avantage qu'on peut s'en servir avec un autre remède capital contre toutes les formes de rosacea: l'eau chaude contribuant beaucoup è. une prompte guérison.

Dans les affections de peu d'importance, le patient n'a qu'a se layer a plusieurs reprises, surtout après le diner et au moment de se coucher. Le patient prend alors avec le savon de l'eau d'une température assez supportable. On obtient un effet plus ef-ficace en essuyant l'écume chaude du savon avec une serviette sèche pour poudrer ensuite la peau; mais la méthode la plus lorte consiste a faire sécher l'écume sur la peau. Ces fagons de s'en servir sont les plus simples, les moins désagréables et les plus économiques. Comme l'odeur de l'ichthyol est supportable avec un simple lavage et que l'effet est sur, on pourrait croire que les préparations a l'ichthyol devraient toujours être appliquées de cette fagon. II n'en est rien. La forme aqueuse et celle a la vaseline offrent de notables avantages avec certaines dermatoses.

Le savon a l'ichthyol se prépare avec le sel de natron a l'a-cide sulfo-ichtbyolé, dans les mesures suivantes:

9 p. . . . savon-base hypergraissé. lp. . . . de sonde sulfo-ichthyol.

II est brun, assez dur, écume bien et sent un peu, mais pas trop, les préparations a l'ichthyol.

ocr page 13

44

IV. SAVON SALICYLIQUE HYPERÖRAISSÉ.

L'acide salicylique a commencé a occuper l'attention des derma-tologues dans les années dernières. En premier lieu, sa qualité keratolytique I'a fait appliquer sous forme de collodion et d'em-platre de guta-percha. La solution de la couche calleuse dans l'acide salicylique a cela de particulier, qu'il ne produit pas I'en-lèvement des petites écailles, comme le fait la savon mou, le sou-fre etc, — toujours avec une peau saine et une circulation normale, — mais qu'il a pour effet I'enlèvement de l'ensemble des couches calleuses supérieures a la couche basale (stratum lucidum). En outre cet acide a pour effet de donner a la peau un teint rouge sans la moindre inflammation de n'importe quelle nature. II est plus que probable que l'acide salicylique dissout le kerato-hyaline du stratum granulosum, sur lequel se base le teint de la peau chez toutes les races blanches. II se peut qu'il y ait rapport entre ces deux effets. En troisième lieu l'acide salicylique en forme d'onguent — et c'est la une des qualités éminentes — produit la réduction et l'absorbtion du tissu dur, collagène. Reste encore l'effet antibactérial et antimycotique.

Observons d'abord que cet acide ne peut entrer qu'en petites doses dans le savon neutre. On ne saurait même aller jusqu'a 2 %. L'excès de la graisse admet un % plus élevé, mais jamais au-dessus de 5 %. Le savon est alors trés doux et sc décompose.

De ce qui précède il résulte que le merveilleux effet de l'acide salicylique sur le tissu durci ne saurait s'attendre d'un savon con-tenant une si faible quantité d'acide. II pourra done servir tout au plus comme reméde désinfectant et antimycotique. Cependant le savon ne laisse pas que d'avoir des qualités trés curieuses. L'enlèvement de la couche calleuse ne s'obtiendra pas a la peau normale, mais dés que celle-ci a l'épiderme mince, mou et dégénéré d'un eczéma, cet effet se produira naturellement. N'ou-blions pas l'effet résolrant de ce savon sur le tissu cutique enflé et infiltré. Ainsi s'expliquent les heureux résultats qu'on a obtenus avec des eczémas subacutes et chroniques. II s'agit surtout d'évi-ter les remédes cuisants, ravageant l'épiderme, l'eczéma voulant être traité a produire une peau calleuse normale. Mais l'acide salicylique enlève la couche supérieure sans entamer la couche

ocr page 14

12

de cellules cpineuses inférieure. Et c'est précisément l'enlèvement régulier de la couche supérieure qui produit le meilleur efïet, puisque les petites bulles en eruption et causant la démangeaison, sont d'abord couvertes de la couche calleuse dure, tandis que le pico-tement et la démangeaison s'arrêtent comme par miracle, aussitót que les petites plaques calleuses sont enlevées régulièrement.

M. ünna a eu beaucoup de succès avec ses savons salicy-liques, d'abord comme désinfectant et antimycotique fail avec toutes les dermatomycoses, toujours selon les trois méthodes énoncées: (laver, essuyer a la serviette sèche, faire sécher). En second lieu, le savon est d'un excellent secours avec toutes les formes d'eczéma plus dures, plus opiniatres et surtout déman-géant fortement. Les lavages réitérés a l'eau chaude sont préfé-rables. Enfin le savon salicylique sert avec l'acne, surtout pour faire repousser la couche calleuse durcie, ce qui découvre le fol-Mcule fermé et fera disparaitre les points noirs des comédons.

Le savon salicylique est jaune blanc, assez doux et penche è. s'effriter, quand on le mouille et le sècho souvent. C'est pour-quoi il faut Ie garder de l'humidité. Voici sa composition: 95 p. . . . savon-base hypergraissé.

5 p. . . . acide salicylique.

V. SAVON SALICYLIQUE AU ZINC HYPERGEAISSÉ.

Analyse: 88 p. . . . savon-base,

2 p. . . . oxyde de zinc,

10 p. . . . acide salicylique.

En voulant incorporer le plus d'acide salicylique possible dans son savon-base, M. Unna eut l'idée de corriger la trop faible so-lidité du savon salicylique par une substance qui entre dans les savons durs et trop durs mtime. II découvrit que 1'addition de 2 % d'oxyde de zinc permettait d'aller jusqu'a 10 % d'acide salicylique. On comprend que l'oxyde de zinc est en partie neutra-lisé par l'acide. M. Unna n'a pu fixer jusqu'ici jusqu'oü va cette neutralisation, mais il est sur que le salicylate de zinc ne peut en aucune fa^on nuire a Taction du savon. Cette espèce de savon est d'un blanc pur, trés dur, écumant mal a l'eau froide, mais beaucoup a l'eau chaude, celle-ci étant toujours préferable.

Un mot sur un »savon au zincquot; simple, hypergraissé comme

ocr page 15

13

les autres. L'analyse de M. Unna indique 10 % zinc. Le savon dessèche fortement. Le savant dennatologue l'a appliqué avec beaucoup de succès sur des dermatoses gécernant beaucoup, comme seborrhoea oleosa, hyperhidrosis, bromidrosis, et avec eczémas indolents et sécernants. Ce savon est encore plus blanc et plus dur que le précédent et veut de l'eau chaude pour écumer.

Voici l'analyse :

90 p. . . . savon-base,

10 p. . . , oxyde de zinc.

VI. SAVONS TANNIQUES IIYPERGRAISSÉS.

M. Unna en a composé trois :

a. Savon au tannate de soude,

b. Savon au tannate de soude et oxyde de zinc,

c. Savon au tannate de zinc.

Le premier contient:

90 p. . . . savon-base,

10 p. . . . tannate de soude,

est brun foncé, asser dur, écumant avec une écume noire, abon-dante, et cause une sensation astringente sur la peau. L'écume absolument noire de ce savon désagréable a cause de la couleur, quand on se lave, a amené M. Unna a corriger ce défaut par l'addition de l'oxyde de zinc, de sorte qu'il est arrivé au composé suivant:

90 p. . . . savon-base,

5 p. . . . oxyde de zinc,

5 p. . . . tannate de soude.

et aussi:

97 p. . . , savon-base,

3 p. . . . tannate de zinc.

Ces deux derniers sont brun clair, assez durs. mais donnent a l'eau chaude une abondance d'une écume brun foncé fortement astringente.

VII. SAVON a LA IIHUBARBE HYPERGEAISSÉ.

Aussitót que la chrysarobine avait été appliquée a la dermatologie, M. Unna a fixé l'attention sur cc fait que nous avons dans

ocr page 16

14

l'acide chrysophanique extrait de la rhubarbe, un médicament qui, sans avoir Taction prononcée de la chrysarobine, contenant moins d'oxygène, ne manque pas d'avoir son effet, ce que beaucoup ont voulu nier. C'est l'effet antiparasitaire et antiphlogistique qu'on obtient par le saven médicinal suivant:

95 p. . . savon-base,

5 p. . . extrait alcohol, alcal. de rhubarbe. M. Unna le prescrit avec succès avec de légères mycoses de la peau, avec des intertrigines suspectes de mycoses, et comme rémède qui couvre après la guérison de mycoses de la peau plus graves, comme tinea tonsurans.

Après des experiences incessantes durant une période de six ans, M. Unna n'a pas hesité a désigner les savons mentionnés sous le nom de savons médicinaux. En effet, on peut les pres-crire avec autant de confiance que d'autres préparations médici-nalos. La méthode de les appliquer a été exposée et nous osons espérer que les dermatologues s'intéresseront aux recherches et feront leur profit des résultats obtenus.

On comprend que M. Unna a déja fait entrer dans son sa von base toutes les substances médicinales que les fabricants ont incorporés dans les savons dits médicinaux qu'ils recommandent. Le goudron, le soufre, le camphre, iodure de potasse, borax ont été introduits dans le savon-base de M. Unna. Même Ie naphtol-i de Kaposi, soit seul, soit combiné avec du soufre, comme M. Kaposi avait déja indiqué, sont entrés dans des savons. On a trop peu étudié tous ces savons, pour qu'on puisse indiquer avec certitude leur valeur thé-rapeutique. II faut que les dermatologues en fassent une étude approfondie, avant qu'on puisse les ranger parmi les savons médicinaux.

Voici l'analyse de M. Unna:

Saven au goudron hypergraissé contient goudron liquide. » sulfureux » »10 » soufre précipité.

» sulfureux au goudron » » ka 5 » goudron liquide

» 5 » camphre et

et soufre précip.

» sulfureux camphré »

10 » soufre précipité. » 5 » camphre.

» au camphre » » borax

»

»

» 5 » biborate de soude.

ocr page 17

45

Savon a l'iodure de potasse hypergr. contient 5 % iodure de potasse. » au naphtol » » 5 » naphtol

» sulfureux au naphtol » » aa 5 » naphtol /3 et

soufre précip.

Comme tous les savons hypergraissés, ils sont trés doux. Au reste la qualité des substances incorporées les rend stables et efficaces dans plus d'une circonstance.

Restent encore les savons hypergraissés a mercur. praecip. alb., a I'oxyde de plomb et a l'arsénic, sur lesquels les recherches n'ont pas encore abouti a un résultat définitif. Ici encore le der-matologue trouve un vaste champ d'étude qui ne peut manquer de porter de beaux fruits.

Un savon de M. Unna, le savon au sublime hypergraissé, est déja depuis longtemps d'un usage commun. II appartient done a la premiere série de savons. Pour conclure, nous dirons un mot sur cette composition. Ilien de difficile que de composer un savoi; au sublimé constant; celui qui y réussira pour ra se glorifier d'avoir rendu un énorme service a tous las patients qui pourront I'ap-pliquer dans des cas innombrables de maladies de la peau. Le sublimé ne tient pas au savon. On comprend done que M. Unna a eu un succès d une énorme importance, en arrivant au résultat que son savon-base hypergraissé absorbe sans décomposition une quautité considérable de sublimé, qui reste stable durant plusieurs mois. Son savon contenant 1 u/„ sublimé, relativement constant, s'est prouvé trés salutaire avec des mycoses, des maladies du pigment, des syphilides de la peau, avec lupus, lichen ruber, acne, pityriasis capitis et tant d'autres. Au bout de plusieurs mois, on découvre a Tceil nu la décomposition du sublimé et le savon au sublimé devient un savon au mercure. M. Unna ne désespère pas qu'on ne trouve un jour la voie de composer un savon au sublimé absolument stable. II va sans dire que les chimistes, les hommes de la pratique et les médecins doivent tous concourir a leur tour pour arriver a ce résultat heureux.

La dermathérapie, tout en ayant fait d'énormes progrès, n'a pas dit son dernier mot. C'est surtout sur le domaine de l'étude des «savonsquot; que nous l'avons suffisamment prouvé par les quel-ques pages qui précédent.

ocr page 18

Bij den Uitgever dezes zijn mede verkrijgbaar

DE ZOEGr YOOE DE OOGrEN

EN DE KEUZE VAN BRILLEN,

door

Dr, F. ARLT,

Iloogleeraar in de Oogheelkunde te Weenen.

3e omgewerkte uitgave,

vertaald door F. J. van LEENT. Met een naschrift van Dr. H. Snellen. Post 80. met platen.

Gebonden in linnen band, prijs / 1,25.

LEVENSREGELEN.

ERNST EN LUIM UIT DE GEZONDHEIDSLEER.

door

Prof. KARL REGLAM.

Voor Nederland bewerkt door Dr. S. Sr. CoroneL 2de herziene druk.

Post 8°. met platen. Prjjs f 1.25.

HET HAAE EN DE BAARD.

EEN BOEK TER BEY ORDERING VAN EEN

SCHOONEN HAARTOOI.

Natuur-, ziektekunde en genezingsleer van het haar. Middelen om den haargroei te ontwikkelen en te bevorderen.

door

Dr. A. DEBAY.

Naar den 3en druk.

Met uitvoerige receptenlijst om zelve schoonheids- en haar-herstellingsmiddelen te bereiden,

Post 8°. — Prijs f 1.25.

ocr page 19
ocr page 20

Uitgaven van A. VAN KLAVEREN, te Amsterdam.

HANDLEIDING

RIJ HET GEBRUIK DER

ZALFGAAS- EN PLEISTERamp;MSPEEPAMTEN.

(Naar liot Daitscli van Dr. UNNA)

DOOU

J. SCHOONDERMARK Jr.

TWEEDE UITGAVE.

Prijs ƒ 0.15.

DE PSORIASIS en HARE THERAPIE.

(Naar het Uuitsch van Dr. SCHQLTZ)

DOOU

J. SCHOONDERMARK Jr.

Prijs ƒ 0.20.

MEDICINALE ZEEPEN.

(Vrij bowerkt naar hot Duitsch van Dr, UNNA)

DOOR

J. SCHOONDERMARK Jr.

Me druk.

Prijs ƒ 0.25.

BACTERIËN,

J3.E OORZAAK VAK INFECTIEZIEKTEN.

(Naar het Duitsch van Dr. HUGO MITTENZ VVEIG)

DOOR

J. SCHOONDERMARK Jr.