ÃLOGES FUNÃBRES
1quot; de M. Fabbé P. H. Jaspah, 2° de M. l'abbé F. H. Ramakers, 3° de M. l'abbé P. J. Slits, 4° de M. l'abbé G. Slits,
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PUOFKSSEURS A UOLDUC,
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Dim-XTHfU Dli KOLDUC
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CHEZ N. ALBERTS, KEBKBADE. - quot; 1888.
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imFACE.
Dormer ii nos élèves et a nos anciens élèves un souvenir pieux, conserver a Ilolduc une page d'histoire intime, c'est tout le but de cette publication.
l'autküh.
JIOLDUO, 20 Février 1888.
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A la Wiiioiw lt;!lt;⢠M. I'aliW' 1'. H. .lASl'AU.
Profess cut a Rolduc.
Mxspectiins oxspechivi Doininuni et inti'iidit niihi.
J ni utteiulu lo Seigneur nvec iinpationep. et II x'est toiirnr vors mol. I's. xxxix . I.
Messieurs ! diers Elèves !
(!'est a peine que Ton croirait pouvoir appliquer ces paroles a celui dont nous pleurons la perte. Plein do vie, de santé et de force, il semblait destine ii fournir ici-bas une longue carrière, et !i montrer, nn jour, sous les cheveux blancs de la vieillesse, toute la verdeur du jeune age. Et tout-a-coup il tombe, comme frappé par la foudre partie d'un ciel sans nuage, emporté comme par un soudain ouragan, et réalisant ainsi, par un saisissant exemple, eet oracle des SS. Ecritures: la mort arrive comme un voleur pendant la nuit, quand nous y pensons le moins. Cartes, direz-vous, nous comptons sur l'infinie bonté du Dien des miséricordes; certes, le Sl Sacrifice qu'il eut le bonheur d'offrir encore, quelques heures avant de paraitre devant l'Agneau immolé, devenn son juge, nous est une garantie que ce coeur, oi\ s'immolait la divine Victime, était pur et saint, et que le Seigneur l'a accueilli dans son Paradis. Mais comment croire, que
ce prêtre, ii la constitution robuste, uit vécu dans l'iittente, et vous neus dites dans le désir de cette hen re suprème de la venne du Seigneur?
Et pourtant il en est ainsi. La vie du veritable chrétien n'est qu'une longue preparation a la mort. 11 sait que ses jours sont coniptus; qu'ils s'évanouissent comme nne ombi'e; (jue la vie la plus longue n'est qu un point presqu'imperceptible entre deux éternités; que nons n'avons point ici une cité permanente, mais que nous attondons une demenre meilleure, éternelle. Dans ce sens tout vrai chrétien, tout prêtre surtout, aspire a la mort et prononce le »cupio dissolviquot; de l'Apótre. Ah! mes frères, laissons ii rincrédule sa théorie du désespoir, le triste privilege de ne voir, dans la mort, que les sout-frances du corps, les dures separations et les horreurs du tombeau. Pour nous, enfants du Christ et de sa Stc Eglise, la mort n'est qu'un passage, les separations une apparence, et le tombeau la porte du ciel. Oui! heureux, bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur! Je le dis sans crainte de blesser ces coeurs fraternels, qui saignent pourtant bien vivement, sans crainte même de manquer a la sainte douleur de cellc qui, accablée par taut de pertes, plus encore que par les infirmités de l'age, n'a pu venir recueiller le dernier soupir de son enfant bien-aimé, et garde la-bas la terre ou l'on creusera sa tombe, avec la même sollicitude et le même amour avec lesquels elle y gardait autrefois son berceau.
Or, tels étaient les sentiments, telle était la conviction inébranlable du pieux prêtre auquel nous rendons ces derniers honneurs. Elevée sous l'uile de l'amour maternel et sous l'égide de la religion, son ame pure et candide sut prendre sou essor vers le ciel et les choses de Dieu, a l'age oii le grand nombre ne songent qu'aux vains amusements et aux jeux de l'enfance. II avait compris des lors que la terre n'est qu'un exil, mais que notre vé-
ritable patrie est le ciel. Aussi tourna-t-il cle bonne lieure scs ])lus vives aspirations vers le sacerdoce, comma vers nn état on il serait le niieux ii l'abri des clangers du monde, le plus ii même de travailler ïi la gloire de son unique maitre et ïi la sanctification des ames.
Bientót il qnitta le toit paiernel, auquel il demeura pourtant attaché du fonl de ses entrailles, et s'en alia jeter, pendant quelques années, les fondements de son education scientifique, au collége de Weert. II y laissa les ineilleurs souvenirs, ceux d'un jeune honmie vertueux. parfaitement rangé et d'une grande application jninte ii un entendement lucide.
Entrant alors au petit-sJminaire de Kolduc, il ne fit que développer le genne de toutes les heureuses dispositions dont il était doué. Sa vocation semble se dessiner toujours plus nettement, et le jeune lévite, dès lors, se fait un devoir de mettre sa piété, sa cliarité, son amour de l'autorité et de l'ordre a la hauteur de ses grandes destinées. Un instant seulement il semble liésiter. II rentre même dans le monde; mais bientót, semblable a ces plantes des régions du soleil levant qui s'étiolent au souffle des vents du Septentrion, il se sentit mal ii l'aise et. ne pouvant s'acclimater dans ces sphères iusolites, il retourna au séminaire, comme la colombe qui se réfugié contre l'orage, dans les fissures du rocher.
Ici, nous avons eu l'avautage de le voir ii l'oeuvro, pendant plusieurs années. Son zèle ii l'étude, sou amour de l'ordre, sa soumission filiale ii ses maitres, sa foi simple, mais vive et efficace ne se démentirent jamais. II fut aussi bon camarade qu'il avait été bon fils, pardon-nant tout, n'offensaut jamais, et se prêtant avec une grace admirable aux innocents badinages de ramitié; mais par-dessus fout, édifiant tout le monde, par la régu-larité de sa conduite et la sainteté de ses moeurs.
Peut-on s'étonner que, au grand-séminaira de Rure-
momlo, il se .sentit pénétró, plus vivcment que jjiiinuH, ilu devoir de mettre son caractère et sa vertu au niveau de la sublime vocation vers laquelle il avan^ait V Quel amour de ses devoirs! quel zèle ïi avancer dans le chemin de la perfection! Quelle gravité ii cóté de cette ainmble simplieité! Quel sérieux, dans tout ce qui devait le pvé-parer aux graves obligations du sacerdoce! quel gracicux abandon, quel bienveillant laisser-aller, quand il s'agissait des mille riens de la vie de commnnauté!
11 entre dans les saints ordres, avec cette timidité qui prouve qu'il appréclait toute la gravité des obligations redoutables du sacerdoce, mais avec cette fermeté aussi qui est le fruit d'une vocation éprouvée et d'nne resolution inébranlable d'y répondre dignement. Je vons laisse deviner quelles peuvent avoir été les puissantes emotions, les sublimes élans qui transportèrent cette ame si heureusement préparée, lorsque, pour la première fois, il offrit a Dieu l'innocente victime du Calvaire, clans l'auguste sacrifice des autels. Vons y eütes votre part, ó pauvre mère, .alors si heureuse et maintenant si désolée! Vous y eütes votre part, ó ses frères et sceurs bien-aimés! Vous y eütes votre large part de souvenir, o ame de son père, qui souriiez, du haut du ciel, aux benedictions de votre familie sur la terre!
Le voilïi done armé pour les luttes du Seigneur, ce jeune et vaillant prêtre. Le voila plein du Dieu qui le guide et l'inspire. Quel autre avenir que la noble carrière de renseignement et de 1'education pouvait attendi'e un lévite si heureusement doué et si dignement préparé?
Ici je fais un appel a vous, jennes gens, a vous dont ce zélé prêtre a guide les premiers pas dans la carrière des études, les premiers pas dans la vie. N'ètes-vous pas persuades que ce vrai disciple du Christ, comme son divin Maitre, montrait d'abord, dans sa vie, les vertus dont il vous recommandait la pratique: »c(Epit facere
et docercquot; V N'êtes-vons pas convaiiicus qu'il cherchait avant tont votre ame, avant tont votre bonheur futurV Oseriez-vous nier que, mêrae dans sa sage sévérité, il n'ait en d'antre mobile que la conviction du devoir ii accomplir, d'antre but que le bien ii vous faire V Crain-driez-vous d'avouer que vous l'aimiez de tout votre coeur, cc maitre si grave , si devoué , et que les rares sourires de sa bonche vous rendaieut heureux et fiersV Ah! vous I'avez bien prouvé, par un trait tonchant, lorsqne, a rannonce de sa mort inopinée, vous offrites spontanément et avec une noble genérosite, pour le sou-lagement de son ame, ce qui était destine, par lui et par vous, a des délassements bien mérités. Chers Enfants, mon coeur vous en bénit et ffieu vous en tiendra large-ment compte.
Et nous, ses confrères. Messieurs et Chers Elèves, vous ne saurez jamais quel utile collègue, lt;juel zélé collaborateur, quel aimable ami nous perdons en lui. Qui ])lus que lui aimait la prière et la ponctuelle observance de ses devoirs religieux? qui ])lus que lui respectait Fau-torité, si indigne que fut celui qui en était revêtu? 11 nous édifiait tous par sa grande, j'allais dire sa reli-gieuse régularité, par sa scrupuleuse exactitude ii tout ce qui concernait ses devoirs de prêtre et de professeur. 11 nous charmait par sa mansuétude, par sa bonté simple et native, aussi éloignée des défaillances de la faiblesse, que des misérables calculs de l'égoïsme et de ramour propre. 11 aimait sa vocation; il vouait a son service toute l'énergie d'une volonté ferme, inébranlable, toutes les clartés d'un esprit juste et solidement trempé, tous les dévouements d'une ame généreuse, éclairée par les ra-dieuses clartés de la foi et purifiée tons les jours au contact de l'Agnean immaculé.
Et ne croyez pas que la première, la plus sacrée des affections terrestres, celle de la familie, ait souftért la
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moindre atteinte des multiples et doux liens qui anissaient lo coeur de ee respectable prêtre ïi ses confrères et a ses jeunes élèves. L'amour pour sa venerable mere, comme ramour fraternel, était vivace en lui. 11 n'y a pas linit jours que, s'adressant a un de ses confrères, il lui dit, avec line candeur presqu'enfautine: »d;ins trois semaines nous allons revoir la petite mère: oh! (|ue c'est heureux d'avoir encore sa mère!quot; L'entendez-vous, jeune liomme, vous dont la conduite coupable allli^'e vos parents, dès votrc jeune age, en attendant que vous leur brisiez le coeur, par vos désordres et vos ingratitudes, quand la vieillesse les inclinera vers le tombeauV (quot;est ainsi quo les saints ai inent leurs parents; c'e.st ainsi que la religion sanctifie et renforce tous les grands et nobles penchants de la nature!
»Exspectans exspectavi Dominum.quot; .Ie reviens un instant au texte que nous avons cité au début de cette esquisse. tin homme, un prêtre qui compronait etacconi-plissait si parfaitement sa mission, croyez-vous qu'il ait compté sur quelque recompense iei bas V Croyez-vous qu'il se soit attaché raême aux jouissancis legitimes du devoir accompli et du bien opéréV Non! il avait toujours devant l'esprit les vanités des choses de la terre; il atten-dait, et comme avec impatience, la conronne plus durable du ciel. »La vie, ah! ne vous y attachcz pis, disait-il, naguère encore, !i run de ses plus jeunes confrères: j'eu ai goüté toutes les amertumes!quot; »La vieV dit-il une autre fois, c'est bien court. Vivons en sorte d'etre tou-jours prêts a partirquot;!
11 seinblait même qu'il eüt uu presseniiment et comme un mysterieux avertissement de sa fin ])rématurée etsou-daine. A ditférentes reprises, il s'exprini.i clairement sur ce point, en disant: »je mourrai jeune; je mourrai de mort subite.quot;
II alia jusqu'iv decider de son lieu de sepulture et
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on uverlir gravement ses collègues Kt lors(|iie, il v a mie aunee ïi peine, il venait de déposer au sépulcre une soeur bien-aimée, après bien d'antres deuils, il déclara, en terrnes formels ii ses frères, sque sou tour ii lui était venu.quot; Et nous croirions que la mort l'ait surpris? Et nous craindrions (|ue se saint prêire qui vivait si niani-festenient dans l'attente do sou Juge n'ait pas pris soin d'etre toujours pret ïi rendre compte desagestion? Non! inille fois non! II s'en est allé, les mains pleines do bonnes et saintes oeuvres, gardant encore sur son coeur la victime sainte qui venait de s'y immoler. (!'est la conviction de notre foi; c'e.st la consolation de notre deuil; eest le fondement de nos espérances éternelles!
Toutefois, il faut le croirc, Dien a voulu nous avertir, par ce coup inatteiidu, de ne pas oublier cette terrible sentence de la mort prononcée contre nous. I'ent-être eet avertissement n'était il pas inutile pour nous. I'eut-être alliez vous succomber aux dangers qui vous attendent, pendant les vacances procbaines, saus cette grave et solen-nelle voix de la mort qui retentit anjoiird'lmi ii vos oreilles. Recueillor.s done cette instruction et rendons nous attentifs a ces lemons de la mort, d'après ces paroles de S' Augustin: »sit mors pro doctore.quot;
Mais d'un autre cóté, élevons nos coeurs: »sursnm corda!quot; Détournons nos regards de la terre et ])ortons les vers le ciel! lei tout passe, la tout demeure; ici tout attriste ; la tout console; ici tout trompe nos esjié-rances, l!i tout les realise! Assis aux bords des fleuves de l'exil , nous te saluons, divine patrie do nos ames! Que notre main droite se dessècbe, que notre langue s'attacbe a notre palais, si nos coeurs t'oublient, ó Jerusalem dn ciel! si tu n'es pas la première, dans nos souvenirs. la première, dans nos cantiques de réjouissance! (Test au milieu de tes splendeurs immortelles que nous aimons a nous représenter ce fils, ce frère, eet ami, ce maitre bien-aimé.
Ah! jouis, ame sainte, joais pleinement de ces joies ineffables, ou, si quelque légere tache de fragilité hu-maine t'en tient encore éloignée, compte sur nos prières, cotmne nous comptons sur les tiennes!
Adieu! La mort u beau nous séparer; tant que la t'oi nous luissera le rendez-vous du ciel, notre crid adieu sera tonjonrs: au revoir! au revoir! dans le sein de Dieu! Ainsi-soit-il.
iM'onono»' a Uolduc . lo l27 .Nfarn 1870,
n.
A la Mémoire dc 31. i'iibbc F. II. HAMAKERS,
Préfet de discipline ii Ilolduc.
Ego to clurifloavi supor torram; opus consunimavi. quod dcdisti mihi ut facinm.
Jo vous ai glorifió sur la torre, et l'oouvru i|uo Vous m'avez (loniió a accomplir, Jo l'ai achevóc.
(JOIIAN. XVII. \.)
Messieurs! Chers Elèves!
Ce sont les paroles par lesquelles le Dieu-Sauveur, au moment oü 11 venait d'instituer le Sacrement, de son amour et oü II allait sceller de son sang, sa doctrine et son oeuvre, rend compte, a son Père celeste, de la mission qui Lui a été confiée. Loin de nous la téméritc et le blaspheme de vouloir mettre sur une même ligne le Créateur et la creature, IMnfinie Perfection et la misère luunaine; mais personne nc niera que le prêtre ne soit, dans l'Eglise, la plus haute personnilication de J.-Chr., son représentant, et comme son lieutenant sur la terre, et que, par conséquent, il faut qu'il existe entre sou divin modèle et lui, entre le Maitre et le disciple, une confonnité de vie et de tendance la plus grande pos-sible. II faut i|iie le prêtre s'attache ii réaliser sou sublime ideal, son prototype; il faut que le coeur, rame, le corps, les oeuvres, tout le prêtre, soit marqué des traits profonds de .). Chr., «(u'il soit un autre .). dir. en tin. Mais alors aussi, a la vie dignement reiuplie d'un
veritable pvêti'O, on peut iippliqiier, duns mie uiesure li-mitée, l'éloge (pii revient pleinement et surabondammeut ii son modèle, le Prêtre Eternel de la nouvelle alliance. Et duns ce sens, je ne crains pas de dire, devant tous ceux qui ont vu a l'oeuvre celui dont nous pleurons la perte, du baut de cette cliaire de vérité et en face du 8' Tabernacle: le cber et regretté prêtre ïi qui nous rendons au-jourd'bui les bonnenrs suprêmes, a glorilié Dien sur la terre et il a acbevé l'oeuvre qui lui était écbue en pavtage.
Né en 1828, dans la vieille cité de la Meuse, ii 1'onibre inême de l'antique dóme de S' Servais, il sem-l)liiit predestine, ïi être, conmie eet illustre apótre de nos contrées, un fidéle gardien (') du troupeau confié ii ses soins. Tout ce que peut une éducation chrétienne â et dans ce temps-la l'enseigneinent public lui-même n'avait pas encore exclu et renié l'auteur de tont don parfait et de toute science â tout ce que peut une éducation profondément religiense, sous le toit paternel et sur les bancs de l'école, concourut a former le coeur et. l'esprit du jeune Francois, liientót il commen^a ses études ii l'Atbénée de sa ville natale. Mais a mesure que la vocation au sacerdoce se développait dans son ame, il sentit davantage le besoin de se séparer d'un monde qui no serait jamais sou partage. Il vint ii Rolduc, au moment ou le jeune diocese de Ruremonde, sorti radieux de sa tombe séculaire, venait d'ouvrir sou petit-séminaire a lui. en l'année 1843. üepuis ce temps â permettez-moi. Messieurs et (quot;hers Elèves, de placer ici ce souvenir personnel â depuis ce jour, je fus son compagnon de classe et son ami; depuis cette beure. Dien nous destina ii cbeminer, cóte a cóte, a travers la vie et ii travailler plus tard a la même oeuvre. Pendant 38 années, vivre sous un même toit, s'asseoir ii une même table, tendre ii un même but, se réjouir des mêmes joies, souö'rir des mêmes
(1) Scrvatiuts a aervando.
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douleurs; pendant 38 ans, répandre chaque jour ses sueurs sur le même champ, se rencontrer chaque soir au pied de la même croix, se fortifier chaque matin au même
banquet Eucharistique---- ah! Messieurs, vous convien-
drez que j'ai quelque droit de prétendre l'avoir luen connu, et quelque droit aussi de m'affliger, de m'ett'rayer de la place vide qu'il laisse ii mes cótés.
Saus être ce qu'on appelle un élève brillant, le cher déf'unt se distingua, pendant ses années d'études, par mie intelligence facile, une excellente mémoire et surtout beauconp de régularité et d'ordre, dans son travail, comine dans ^a conduite. Dès lors, chez lui, tout avait sa place, tout avait son heure, tout avait sa mesurc. Ce fut le trait distinctif de son caractère, sa vie durant. Au jeune iiomme qui suit sitót vaincre le penchant au dérèglement, ii l'excessif, penchant si propre au jeune age, l'applica-tion a I'etude, I'obeissance a la regie, la prière, la vic-toire sur son propre coeur, tout cela ne lui coiite rien. Aussi Francois quitta-t-il Uolduc pour le grand-séminairc de Rui-emonde, comme un homme déja forme et complè-tement rassis.
Bientót l'esprit qui vivilie cette importante institution, les hautes études et par-dessus tout les ordres sacrés deve-loppèrent et rendirent stables les heureuses dispositions du jeune levite. Au contact, pour aiusi dire plus immé-diat de la Divinité, sa foi avait graudi , sa piete setait éclairée, son zèle sacerdotal s'était enflainmé. Distingue par l'oeil clairvoyant de feu Mgr. Peters, et appelé par notre immortel évêque, il vint a Rolduc, armé de pied en caj) pour les saintes luttes du sacerdoce, et dccidé a y combattre jusqu'ii la mort. Oui! jusqu'a la mort! Car alors déja, et durant les premieres annees de sa laborieuse carrière, les marques de faiblesse, signes avaut-coureurs d'une fin plus ou moins prochaine, se firent sentir. II réussit pourtant a les surmonter, et c'est seulement depuis
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une couple cVannées que nous coniiueii^aine.s de craindre I'approche de la catastrophe, qui plonge aujourd'hui dans le deuil le plus amer une familie dont il était le centre, l'appui et la gloire, et cette autre familie pour laquelle la grace lui avait départi des sentiments de père, des sentiments de frère.
Oni, chers élèves, c'est corame un père que ce grand coeur vous aimait. Cet homme inflexible ponr tout ce qui concerne I'ordre, la discipline et le devoir, modèle de régu-larité et d'exactitude lui-méme, lie comptait pour rien les fatigues, les privations et les sacrifices, lorsqu'il s'agissait de vous être utile, d'éloigner de vos jeunes années, d'éloigner de vos ames surtout, ce qui pouvait vous nuire, vous at-trister, vous porter atteinte. Vous étiez son souci du jour et son rove de la nuit, et maintes fois, lorsque vous reposiez entre les bras du sommeil, il veillait, ange-gardien visible de cette maison , autour de votre coucbe. II vous aimait saintement et purement, sans acception de personnes, saus urrière-pensée, sans aucun calcul d'égoïsme et d'amour propre. II aimait vos ames immortelles, arracbées, au prix d'un sang divin, aux griffes du démon, vos ames saintes marquees au sceau de la predestination, les épouses du Christ et ses coluritières au royaume du ciel. Que lui importait-il dès lors d'etre parfois méconnu, peut-être même paye d'ingratitude V »/gt;« mi hi aniiiias, metera tolle tihiquot;, donnez-moi les ames et gardez tout le reste; c'était sou adage, sa force et le secret de cette rare ténacité a l'oeuvre du sacrifice et du dévouement. Et a la longue, il n'y a que cela qui vaille! Mais aussi, voyez ce qu'il a opéré. Que d'ames ramenées ou raffermies, par sa vigilance et par ses exhortations, au chemin de la vertu qui est et sera toujours le chemin de rhonneur et du bon beur ! que de perils évités, que do mauvaises inclinations vaincues, fjue d'obstacles écartés, que de chaines rompues, que de vies devouees, par ses soins, a la science et a l'accomplisse-
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ment cle tuus les devoirs! Cjuiiud uu danger vous luenayiiit, 11 étalt le premier ii vous prémunir; quand un mal vous tourmentait, 11 travaillait sans rel ache ïi vous eu déllvrer; quand vous désiriez quelque plaisir ou ([iielque jeu. 11 étalt toujours Ui pour vous eu fournir roccaslou ou le moyeu. L'ordre, 11 est vral, étalt son élément et comrae sa passion; mals 11 agissait par principe et par devoir, et 11 ue vint jamais a l'ldée de per-sonne de le taxer d'lnjustlce, de caprice ou de partialité. Aussl, nous le savons, malgré la sévère exactitude qui est la quallté inhérente, j'allais dire rinimuable dogine des fonctlons dont 11 étalt revctu, vous lui aviez voué un respect filial, une vénération plelne d'amour. Vous nous l ave/, bleu prouvé, lorsque, dès les premières atteintes de son mal, vos regards inquiets et bienveillants interro-geaient ses traits palissants et sa pénible démarche, lors-qua, un jour, au retour d'une vigueur, hélas! trop pres-sée de disparaitre, vous le saluiez de vos vives acclamations, et surtout lorsque, pendant les heures, 11 faut bieu dire les jours et les semaines de sa longue agonie, vous répandiez vos atnes en prières. Ah! il s'en souviendra au liaut du ciel, et de lii il veillera sur vous, mieux et plus efficacement qu'il u'a pu le faire en sa vie.
Faut-11 maintenant. Messieurs et Chers Elèvcs, vous introdulre dans le sanctuaire de notre vie de cominu-nautéV Faut-il vous dire quel était le cher défunfc dans ses rapports avec nousV Vis-a-vis de l'autorité, le ])lus simplement docile des enf'ants, quoique le représentant Immédiat de cette autorité fut son égal en age, son intérieur sous bien des rapports. 8'il exigeait robéissance de ses iniéiieurs, c'ost qu'il avait commencé par obéir d'abord lui-mênie, sans hesitation et sans vergogne. Vis-ii-vis de ses confrères, il était le modèle de toutes les vertus sacerdotales; édiliant par sa religieuse ponctualité a observer les prescriptions de la vie de chrétien, de
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prêtre et de membre d'une communaute. Homme de l'heure et de la minute, esclave de son devoir, aucun ])laKsir, aucnne distraction si chère qu'elle fut, ne pou-vait l'en retenir. Généreux, hospitalier. sans fard et sâ¬ans détours , il supportiiit tout et pardonnait tout. Si, dans ses rapports, il y avait, en apparence, certaine absence de chalenr et d'abandon, personne r.e le soup9onna jamais de dnplicité ou do manque de fidélité. On ponvait compter sur sa parfaite discretion; et son franc-parler n'étiiit que reti'usion d'une ame ennemie de tout mensonge et de toute sourde rancune.
Si toutes ces qualités ne resièrent pas cachées, pendant sa longue carrière de guide et gardien de la jeu-nesse, elles éclatèrent au grand jour, pendant sa doulou-reuse maladie. Mors, quelle patience, quel courage ii supporter ses douleurs et ses faiblesses! quelle longanimity, quelle resignation, quelle joie même au milieu des épreuves! quelle reconnaissance pour les moindres services! quel courage héroïque en face de la more! Mais plus encore, quelle foi dans sa preparation ii cette heure suprème ! quelle piété simple et sans apparat! Quelle espérance, quelle chrétienne certitude d'un bonheur sans fin ! »11 en m'est pas permis de désirer ma mort,quot; disait-il, il y a quelques jours, »mais si Dieu me laissait le choix, j'aimerais mieux mourir que de vivre.quot; â Seniblable au grand et siiint évêcjue de Tours, il ne récusait pas un ])lus long labeur; »mais, ajoutait-il, puisque je ne pourrai plus reprendre mes fonctions, mieux vaut mourir sur la brêche.quot; L'entendez-vous, jeune homme, vous qui attachez votre ame aux biens périssables de ce monde, vous it qui la pensee de la mort est odieuse et trop ett'rayanteV Quand on n'a su que faire son devoir, cette heure terrible est l'heure do la délivrance, 1c glas de la cloche funèbre est connue le retentissement de la chaüie qui tombe au seuil libre de la prison. Aussi je ne crains pas de le dire en
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presence de ses plus proches et plus chers parents, lieu-reux, mille fois heureux cegt;ix qui achèvent, conniie lui, au milieu des transports d'une joie tante celeste, une carrière pleine de mérites et pleine de benedictions! On a la certitude inébranlable (ine cette ame s'est envolée, d'un rapide essor, vers le sein de Dieu. Ne dirait-on pas que le doux sourire qui rayonnait autour de ses lèvres, longtemps après sa mort, fut le retlet du bonheur ineffable qui trans-porta son ame, lorsqu'au sortir de la vie et sur le seuil de rimmortalité, elle salua Dieu qui lui apparaissait face ii face, mais comme un père plein de miséricorde, au milieu de la gloire des anges et des saints?
C'est li» (|ue nous aimons ii vous contempler, ó excellent frère, ó guide sage, ó ami üdèle! C'est lii que nos souvenirs iront vous chercher, ii l'heure de la prière, comme a l'heure des épreuves et des tribulations! (quot;est la que vos vertus et vos exemplss nous resteront un immortel avertissement, un vivant modèle. ( quot;est de lit que vous veillerez sur ce Rolduc qui vous fut si cher et qui vous doit tant! Cette oeuvre ((iie le Maitrc du champ vous avait conliée, vous en avez digneinent et courageusement achevé votre part. Par votre sainte vie et votre influence bénie sur la jeunesse confiée ii vos soins, vous avez glorifié Dieu, et Dieu ïi sou tour vous glorifie. Vos restes veneres reposeroiit lii-bas, sous nos yeux, pres de cette cour oü vous exerciez si humbleinent et si vaillamment votre noble ministère. Sur votre tombe, nous irons recueillir le courage et la foi, pour continuer votre tache. Nous iipprendrons de vous ii sanctifier notre vie, afin de nous preparer, comme vous, une mort sainte. Votre fin nous avertit que la nótre ne saurait être éloignée. Heureux si, éclairés par votre exemple, ii I'lieure suprème, ])leins d'une inébranlable esp?rance, nous pouvons, comme vous, nous écrier; »ó mort oü est fa victoire !quot;
Ainsi-soit-il!
Prononcó a Rulduc, 1c 20 Mui 188-2,
III.
A la Ménioiic de M. l'abbé P. J. SL1ÃS,
Profosscur a Ilolduc.
Domino, dilexi doooroni domus tuae ot locum liabftationiH gloriac tiMu».
Seigneur, j ni aim»' la boauto (1(^ voho maison ct la domcurc do votro «â¢loiro. Ps. x\v. 8.
Messieurs, ('lier.s Elèves,
Un jour, le Psalmiste se iila^ant ii la face du Seigneur, avec cette sainte fainiliarité des anciens justes, osa Lui dire: Jugez-moi, Seigneur, jmlica me, Dominr. Puis, énu-mérant les titrlt;H qu'il croyait avoir ii Sa miséricorde, il ajouta: je me suis complu ii reconnaitre Votre vérité, je n'ai point pris place aux conciliabules de la vanité; j'ai eu en horreur les rasserableinents des niéchants; j'ai lavé mes mains dans rinnocence, j'ai entouré votre autel, afin d'entendre le chant de vos louanges et de publier toutes vos nierveilles. Ensuite, comme pour résnmer ot couron-uer ces litres, il termina en s'écriant: Seigneur, j'ai aiiné la beauté de Votre maison et la demenre de Votre gloire, ah! ne perdez jias mon anie avec les impies! Doininc, dilevi drcovein tloiium hiae et ttnim hohilciiionls tjlunoe hiac. Nc jicn/as cum iinpiin anliiidin in cam
11 faut done (jue cet amour de la maison du Seigneur soit un acte bien méritoire, puisque le Prophéte en fait comme un droit a la mansuétude du Juge suprème et ii
la couronne des élus. Or, Dien a deux espèces de demeures, deux temples sur la terre. Le premier, c'est eet edifice que la main do rhomme Lui a bati et oil II daigne ré-sider, en vertu do l.i c Kisjcr.ition qu'il a re^u et ou il dresse son saint tabernacle, dans radoral)le mystère eucharisliqne. Lo second, c'est 1'ame humaine purifieo et sanctiliée par les eault; du Haptème, dans Inquelle II descend avec sa divinité et son humanité, avec sa cliair et son sang, et dont II fait ainsi son temple vivant: 'l'umplain splrlht* .iiiiuil. II s'eu snit. que tout liomme, tout prétre en particulier, qui consacre sa vie !i I'mnour et ii rembellissement de cette double demonie de Dien parnii nous, peut se convaincre (ju'il a accompli vine grande et noble tache ici-bas, qu'il a contribué sa part a la glorification dn Créatour par ses creatures et s'attendre non pas ii litre rejeté avec les impies, muis ii contempler les splendeuvs de la patrio celeste.
En ce moment. Messieurs et O hens Elèves, vos pensees devancent mes paroles et vous vons dites: c'est toute la vie de celui quo nous plenrons et auquel nous rendons aajonrd'hui les honneurs suprémes. Et vous dites vrai. La rapide esqnisso do sa simple histoire vons en con-vaincra.
Né en 1822, dans le lien natal du célèbre et pieux Merlo-Horstius, do parents profondéinents chrétiens, Pierre .lacques Slits, montra, a nu ago tros-précoco, une grande simplicity de coeur et une remarquable facilité d'intelli-genco jointe ii une irresistible vocation au sacerdoce. 11 conunenya et achova toutes ses études littéraires au college voisin de Venray, qne la sollicitude et rénergie de Mgr. Van Hommel, 'évêquo de Liège, d'illustro mémoire, venait de relever alors do ses ruines. Tons coux qui Tont coimu, ii cette époque, et il y en a de présents dans cette enceinte, lui rendront le témoignage, que sa jeunesse a été pleinement et saintement chrétienne; que presque sans
éprouvcr le moindrc lu'soin des distriictions et des jeux bien legitimes pourtuut de eet age, il était tout ii ses études et tout k sa formation religieuse. Aussi, grace ii son /èle et !i ses talents, il disputait parfois le premier rang, dans ses classes, ii un condisciple richement done ((ui occii])e aujourd'luii une des plus éminentes )io.-ilions dans notre diocese; et grace ii sa foi vive et ïi sa pro-tonde piété, il aimait ii orner la maison de Dieu, aus grandes fètes, et mieux encore, il ornait et sanctiliait le temple de sou ame, faisant ainsi l'apprentissage de la carrière ïi laquelle Dien le destinait.
On on était alors ii une épocjne d'incertitude et de tatonnenients. A la suite du traité lt;le Londres, conuu sous le noin du traité des 24 articles, la partie du Lim-bourg qui forme actuellement le diocese do Ruremonde, ayant été retrocédée au roi des Pays-Has, ne put demeu-rer unie au diocese de Liége, auquel elle avait appar-tenne jusqn'alors. Holduc, il est vrai, resta quelqne temps encore le séminaire commun et pour le diocese de Liége et pour le jeune vicariat apostolique du Limbonrg; mais ce n'était qu'un provisoire qui pouvait cesser d un jour a Tautre. Les futurs lévites durent alors couronner leurs études littéraires, par un cours de philosophic qu'ils re-cueillirent les uns de la bouche d'un jeune prêtre élevé lui-même d'après la méthode moderne, les antres dans un humble presbytère de village, de la bouche d'un vieillard, que la tourmente de la grande révolution et les troubles de l'empire n'avaient pas empêché de devenir un saint et savant homme. Notre cher défunt fut du nombre des premiers.
A peine eut-il revêtu l'habit ecclésiastique, si loug-temps et si ardemment désiré, pour commencer ses cours de théologie au nouveau séminaire de Ruremonde, que le jeune séminariste se vit arraché ii sa chère retraite et ses ardentes études. â Que se passait-il?
Le petit-séminaire du diocese de Liege avait été trans-teré a S'.-Trond. Rolduc était abandonné, désert, presque spolié! Ces vastes enceintes que vous voyez inaintenant pleines des souvenirs de ia piété et de la munificence des anies chrétiennes, étaient mies alors et comnie plongées dans mi triste veuvage. ('et antique sanctuaire était privé des ornements et ustensiles les plus élénientaires et les ])lus indispensables, et semblait oublier lts échos des hymnes sacrées qui y avaient retenti depuis plus de sept siècles. Que dis-je V Ces nuirs mêmes étaient la pro-priété de rétranger. et celui qui voulait l'habiter, ne le pouvait faire qu'a titre d'emprunt, de lonage, presque de servage.
Dieu alors suscita parmi nous un do ces hommes rares, dout l'énergie et le dévouement, inspires et soute-nus par nne foi merveilleuse, allaient raclieter de la ruine cette denieure sainte, sur laquelle la bonté divine avait des desseins de miséricorde et d'amour, depuis tant de siècles.
Mgr. I'eters, désigné ]iar la Providence au choix de notre illustre et bien-aiiné évèque, restait seul, avec trois jeunes collègues, au milieu des ruines et des angoisses de cette époque. Mais eet homme au regard propliétique, ii Faine clievaliresque, au dévouement sans mesure et sans limite â eet homme, notre éternel niodèle ii tous â s'entêtait ii ne pas abandonner ces inurs, si désolés qu'ils fussent. Rolduc devait revivre, retieuiir, se ropeu-pler. ilolduc devait, comme le second temple de .lérusa-lem, être jilus magnifique dans son avenir que dans son p.assé. Plein de cette conviction, J'allais dire de ces promesses divines, ii s'associa, nouveau Messie, dou/.e hommes ile bonne volonté. Un de cos hommes providentiels, le dernier parmi nous, cc fut celui dont nous pleurons la perte. Inexpérimentés dans la difficile tache de l'édu-cation clirétienne, ces hommes de foi se mirent au travail rovtm npem in spon.; et Dieu seconda si bien leur
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/èle, II bénit si visiblement leur oeuvre, que, eu moins de quiitre uns, le nombre des élèves, de (30 qu'il était au début, s'accrufc j'usqu'ii plus de 25ü. â Tout était ïi reeon-struire, ii ref'aire Le professeur Slits eut, pour sa part, ii maintenir, que dis-je Va renouveler, ii créer les spleudeurs du culte, qui maiutenant fout l'adiuiratioii et la joie des. ames vraiment picuses. Pendant 40 longues années, il s'est dévoué ii cette oeuvre. Et si vous voyez quelles sout, ii I heure présente, les niagniticences de nos solennités, quel est, relativeinent, le luxe de nosjoyeuses fêtes religieuses, alors vous saurez conibien cette ame de prêtre a aimé la beauté de la maison du Seigneur et la demeure de sa gloire,
Toutefois ce n'était que le cuté materiel de la vocation de ces hommes ii jamais bénis. 1 ./oeuvre principale, la grande oeuvre, c'était celle de rinstruction et de l'edu-cation de cette chère jeunesse, que 1'esprit pervers de notre triste siècle dispute ii notre amour et a notre zèle sacerdotal. 11 f'allait la faire revivre, il fallait la faire triompher de ses ennemis ; il fallait ravir ces ames ra-chetées du sang d nu üieu aux étreintes d'une école sans foi ni loi, sans garanties pour la vie et sans espérances pour l'éternité.
Notre vénéré défunt eut, pour sa part, la portion la plus chérie du bercail, la premièn; jeunesse, renfance. 11 Taiiua avec l'amour d'un père, mais d'un père étranger aux faiblesses de la nature, d'un père qui chatiait paree qu'il aimait, d'un père enfin, sanctifié et purifié par la religion. 11 était la régularité, l'exactitude, l'ordre en personne, et il exigeait ces qualités dans ses élèves. Plus tard, ne se gênant pas de quitter la chaire du professeur pour les bancs de Técole, il alia achever ses études de sciences physiques, ii l'université de Louvain et se dé-voua dorénavant spécialement ii eet enseignement. Des centaines, des milliers d'hommes, fortnés par ses lefons, occupent, a cette heure, des positions distinguées dans le
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monde civil, comme dans le monde religieux. 11 eat le rare bonheur do compter parmi ses elèves un plus jeune f'rère, qui, ii son exetnjile, tendait au sacerdoce et a la tache ardue do renseignement. Dieu a beni visiblement ce bienfait ii ia tbis apostoliqi'.e et fraternol. Ce f'rère devint son colU'gue, son ami, son compagnon inseparable, son bonheur et sa gloire, et pendant les longnes heuves de sa longue agonie, son soutien, sa consolation et comme son ange gardien.
('ar il fant le dire, la sanlé dn pauvre professeur était minée, ruinée. Depuis trois ans notre bien-aim.quot; évêque, s'étonnant sans doute, dans la jonissance de sa verte vieillesse, qu'on puisse être usé avant d'avoir soi-xante ans, lui avait accordé un repos bien mérité. Que dis-je' le repos V Hélas! ce n'était que le temps de se préparer ïi la mort. Car elle s'avan^ait, la mort, ii pas lents, mais sürs.
Pendant 39 ans, la pie use main de notre bien-aimé confrère avait préparé dans notre antique crypte, la crèche de Noël: ii la quarantième fois, il squot;en irait devant le tróne du Fils de I'liomme glorifié, pour y céllt;;-brer le souvenir de cette bienheureuse nuit qui étonna le ciel, en rachetant le monde. De longues semaines, de longs mois de sontfrances supportées avec vésignation non seulement, avec calme, mais gaiment et comme en riant, avaient épuré son ame et ravivé en elle le désir des collines éternelles. 11 se détacha avec joie ilu pen qu'il possédait sur la terre et dont il n'avait jamais dé-siré l'accroissement. 8ans doute que la beauté incréée de cette autre inaison du Seigneur, ii laquelle nous aspirons tous, lui était apparue. II reyut les derniers secours de la religion avec ce calme, cette placidité, 1'apanage de ceux qui, dans le sens de l'Evangile, sont simples d'esprit et de coeur; et ïi Tavant-veille de la glorieuse et touchante fête de la Nativité, il s'endormit dans le Seigneur, non!
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il naquit a In vie étornelle, selon la consolante expression de l'Eglise, et conformément ïi celte belle parole d'un Père, que le tombcau est le berceau de rimmor-talité.
Bes restes veneres reposeront parml nous et seront, avec ceux de nos deux premiers directeurs, d'abord uu souvenir iuouldiable de cette vaillante et noble legion, qui couqnit le second llolduc, li la pointe non pas do son épée, inais de sa foi energique et de son généreux dévonement, et ensuite un gage de la protection divine snr cette grande oeuvre, si visiblement ct si largement bénie.
Ainsi-soit-il.
IVonom-i' u liolduo. lo '27 D/'Cemliro 1883.
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A la Mómoiie (1« M. I'alilM' (J. SMTS.
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)) simplr.r, cl rr.cliis, tic Iintens Dcion cl rcrc-
dons a nialn.'' I n hnnnnu sini|il(' ot droit Pt cnii^niint Miou et s'('lnignnnt ilu mal. I.ivi'c do Joh I s.
Messieurs, Chers Elèves ,
Eu ce temps-lïi, lorsque les lils de Dien s'ussemblèrent autour du Seigneur, Hatan fut au milieu d'eux. Et le Seigneur lui dit: D'oü viens-tu? Et Satan répondit: J'ai fait le tour de la terre et je l'ai traversée de part en part. Et le Seigneur lui dit: As-tn considéré mon servi-teur Job, qui n'a point son ógal sur la terre: »gt;in honune simple, droit, craignant Dien et s'éloiguant du malVquot; â En entendant ces paroles du livre de Job, netes-vous pas frappés. Messieurs, conime je le suis moi-même, de la manière solennelle, j'allais dire officielle, dont Dieu appelle l'attention sur son héros, et de la fa^on dont II fait sou élogeV 11 ne dit pas: As-tu vu mon serviteur .lob, qui n'a point d'égal sur la terre, car c'est un grand et puissant monarque, c'est un invincible conquérant, c'est un sage, un illustre savant, un brillant orateur, un homme d'état sans pareil. Non! Dieu dit: c'est un homme simple, droit, craignant Dieu et fuyant le mal. Ah! c'est
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que les jugements des hommes ne différent que trop sou-vont de c'eux de Dieu; c'est que l.i veritable grandeur n'est pus iittuchée ii ce que le monde tipprecie le jilus; c'est que la simplicité et la droiture d'un coeur vertueux pèsent aut.rement dans la balance de réternité que toutes les gloires et toutes les grandeurs de la terre.
.Jamais cette vérité ne nous a frappé comme en ce jour oü nous rendons les derniers honneurs ii un de ces hommes taillés a l'antiqne, qui, tout en étant richement doué de tons les dons du coeur et de l'espiit, n'en était pas moins une nature simple, droite et craignant Dieu. La courte esquisse de sa vie vous en donnera la preuve irrefragable.
Né dans nu bourg florissant de cette partie de randen duché do Gueldre qui n a cessé de refournir les cadres do l'enseignement catholique dans notre diocese, a Horst, en l'an do grace 182!', le jeune (ikkaud, élevé par des parents sincèrement religieux, snivit bientot les traces do son frère ainé, qui nous fut enlevé, il y a quatre ans ii peine, et vint se réfugier au sanctuaire de Kolduc, oü il passerait presque tout le reste de sa vie. Vous ne vous doutiez pas, Chers Elèves, en voyant eet liomme si modeste et si simple, que, pendant ses années d'études, il brillait coustamment aux premiers rungs dans toutes les branches de renseignement, parmi des compé-titenrs plus que médiocremeut doués. Vous ne vous doutiez pas que ce professeur, qui n'umiutiouna jamais que d'etre le guide et le père de la première jeunesse, de 1'enfance, était de taille ii occuper avec honneur, avoc échit, une chaire d'enseignement supérieur. Ali! il n'est pas si difficile de s'entourer d'une auréole de talent et de science, lorsqu'on a la mission d'initier une jeunesse généreuse et avide de progrès aux radieuses vérités de la Foi, aux sympathiques beautés des belles-lettres, aux infaillibles conclusions des sciences exactes ou aux éton-
inuites nierveilles du règne naturel. Muis replier con.stam-inent les ailes d'une noble intelligence , (jiti ne demande l)as raieux que de prendre son essor, se rabaisser sans cesse au niveau des esprits de 12 ii 14 ans, les nourrir, non du vin qui étourdit, niïiis du lait qui fait croitre et développer; se faire humble avec les petits; avaler toutes les épines d'un enseignement dont les cours plus élevés recueilltront les fleurs adorantes et les fruits savoureux; c'est, Messieurs et ('hers Elèves, le poste le plus raéri-toire, le plus fructueux, le ])lus honorable, tout en étant le plus simple et le plus modeste. Ce fut, pendant plus de ans, le poste du cher collègue que nous venons de pordre; c'est a le défendre (ju'il usa son utile vie; .c'est lii qu'il est mort, les amies a la main; c'est de lii. nous en avons le ferme espoir, que, soldat fidéle et saus reproche, il a été appelé ïi la gloire.
Mais j'ai devancé les années. II me restait a vous dire que eet enfant, ce jeune honnne dont je vous ai déjii dit les talents et les succès, avait encore plus a coeur la culture de sou ame. l'Bvancement dans la vertu, quo ravancement dans la science; au point que non seule-ment il fut le modèle de ses condisciples, en obéissance. en jiiété, en amour de l'ordre et du devoir, inai.s qu'il fut toujours le favori de tous, maitres et élèves, par la simplicité et la droiture de sou coeur et l'aménité de son caractère.
Uolduc, ;i l'époque dont je parle, avait traversé les diffieiles années de sa fondation ou mieux ile sa reconstruction en faveur du diocese de Ruremonde. Du fond de rAUnnague une foule de jeunes gons accoururent pour \ recevoir, avec l'ensoiguement des sciences hu-mainos, celui do la science du salut. i/éducation laïqno s'imposait, ii cóté de loducation ecclésiastique. Pour la faire rcussir, il fallait des professours initios non seule-menl ii la langue, mais aussi au caractère et au genre
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de culture qu'on cxi^oait dans ces regions, devenues depnis le puissant empire Germanirjue. Au sortir de ses cours de philosophic, le jeune GVrard fut envoyé ïi l'université cath')li (iie de Munster, pour y achever ses études. Mais notre vertueux étudiant ne fut pas autre, au milieu des tourbillons du monde, que dans la retraite du sanctuaire. 11 recueillit tous les avantages de la vie et de reuseignement universitaires, sans s'avilir par aucuii d»s vices dont ils sont souvent la mère trop féconde. 11 demeura riiomme simple, droit, craignant Dieu et fuyant le mal.
Depuis ses premières aunées d'étndes, le jeune Slits avait montré beauconp de goat et d'aptitude pour le dessin : dès lors il maniait le crayon avec une remarquabie dextérité et un goüt ex(juis. A Munster il eut la boniu fortune de suivre un cours approfondi d'architecture et d'archéologie, dont le sa rant évèque de cette ville, Mgr. Geory Muller, d'illustre métnoire, se plaisait ;i gratitier personnellement les étudiants fjui aspiraient ïi la ]irêtrise. Cet enseignement porta en lui de si heureux fruits, l'ex-cita si vivement ii cultiver les belles dispositions dont il était done, que, d'apprenti et d'amateur, il devint un veritable artiste, l'émule de ces moines tant méconims du moyen-age dont les spirituelles, les gracieuses et subtiles enluminures font l'admiration des connaisseurs et le dóses-]ioir des pinceaux modernes. 11 donna des preuves multiples de sou talent, en enseignant, avec grand succès, l'art du dessin, y compris la partie architecturale et l'arehéologie, et en réjouissant toutes les fêtes de rEtablissement, celles de ses amis et de leurs families, par de fraiches et dé-licates peintures. 8on beau talent était partont et tou-jours au service de son noble coeur et de sa large cha-rité. Aux grandes occasions, son travail deveimit une Veritable oeuvre d'art que 1'on se plut ïi admirer au ])a-lais de nos rois et au palais plus auguste encore du Vatican. En outre, il secondait, par ses couseils et ses
plans, tons les prêtres qui s'appretaieut a construire ou a restaurer quelque partie ties edifices sacrés confiés a leur garde; inais toujours en s'att'a^ant et se faisant oublier lui-même. Toutefois son mérite ne demeura pas iuconnu et lorsque, il y a quelques années, le gouvernement Néer-landais institua line commission charges de la conservation des monuments nationaux d'arcbitecture et d'art. le professeur Slits t'ut nomine un des correspondants de cette utile institution , qne le fanatisme sectaire a depuis sa-critié a son impuissante rage.
En 1855, (lérard rentrait a lloldue, pour no ])1iis le quitter. Quoiqu'il eüt suivi tons les cours de théologie ii 1'académie de Munster, il n'était pas encore entré dans les saints ordres. Ce ne fut qu'après une année et demie de séjour parmi nous, le 15 Mars 1857, qu'il ree;ut l'onc-tiou sainte du sacerdoce, en ce lieu même oü nous lui rendons, en ce jour, les honneurs suprêmes. Ah! il avait toujours fui le mal, même dans les occasions oü celui-ei semblait vouloir s'imposer au coeur neut'et iuex-périmenté du jeune bomme; il avait toujours craint Dieu, et voilii que ce üieu fort et terrible, vient a lui avec une bonté, une tendresse infinie, rinstitue sou ministro, sou représentant dans le monde et déclare qu'il ne l'appeliera plus désormais son serviteur, mais son ami et son frère. A l oeuvre inaintenant, jeune et généreux coeur! A l'oeuvre oü vous appellent vos talents et vos inclinations! A l'oeuvro on Dieu vous attend, dès cette heure, et la couronno des élus, jtlus tard!
Tout en vous exposant les qualités et la formation du jeune lévite, j'ai pu déjïi vous le montrer ii sa tache. 11 la remplit si bien , si dignement et avec un zèle si persévérant, que pendant 32 ans il n'interrompit jamais ses cours, jusqu'a ce que le mal qui devait remporter, se lit sentir. Humble mais vaillante oeuvre! carrière pleine de succes et de bénédictions, oü il forma une légiou
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d'utiles citoyeus cl mie légion de recruus pour le ciel!
A mesurè quo le brave prétre avauyait en age, sa simplicité et sa droiture innées s'épuraieut encore. Dans son coeur, jamais aucune aversion personnelle, aucime raucune; sur ses lèvres, toujours la parole de véritti de douceur et de charité. Jene pense pas qu'il ait jamais refuse de rendre nn service, s'il était en sou pouvoir de le rendre, ni qu'il ait jamais blessé voloutairement qui ((ue ce soit, dans ses paroles ou dans ses actes. .Ie pense, avec plus de conviction encore, qu'il n'a jamais eu d'ennemi personnel.
Mais si notre bien-aimé confrère aimait et pratiqiiait la simplicité, dans sa vie privée, il était large et inagni-lique quand il s'agissait de rehausser nos fêtes de familie et nos solennités religieuses. Longtenips il avait assisté sou regretté frère dans cette oeuvre méritoire; depuis la mort de ce dernier, il la prit tont-entière a sa charge et l'accomplit avec tant de zèle, tant d'exaclitude, tant de bon goüt, qu'il mérita l'adnnration de tons et que le souvenir nous en restera. On peut dire que le zèle de la maison de Dieu le consumait. Pendant la dernière semaine de sa vie , il s'en occnpa encore avec amour; et le jour même ou la mort le sur))rit, il tra^ait encore de son in-fatigable crayon les ornements qu'il voulait faire broder sur le linge destine ii l'usage du 8. Sacrifice.
Ai-je dit que la mort le surprit? II n'en est ricn. Pen do jours auparavant il s'était approché encore du tribunal de péuitence, et le jour même on Dieu l'appela, il avait sacrifié sur l'autel de son coeur l Agneau divin qui óte les péchés du monde. Aussi nous ne pleurons pas sur vous, 6 homme simple et droit, craignant Dieu et fuj'ant le mal, nous no pleurons pas sur vous, (jui ave/, bien combattu le combat du Seigneur et qui triomphez la-haut dans la contemplation de l'Eternelle Beauté! Mais nous pleurons sur nous, ó cher ami et digne maitre, sur
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nous ii qui vons nianquerez clorémivant, uvec votre dé-voument, votre droiture, vos talents ot vos vertns! Nons pleurous sur cctte chère jcunesse ((iii ne poun'.i plus s'instruire de vos lemons, s'éilifier de rexemple de votre f'oi et de votre ré^nlurité ! Nous pleurous sur cette muisou qui perd eu vons un de ses plus beiinx flenrons, uu talent remarquable et un coeur d'or! Je plenre, per-mettez-moi de 1'ajonter, sur uioi-mênie, qui vols, ii des intervalles, hélas! trop rapprochés, mes aides les plus iidèles, mes soutiens les plus tenues moissonnés par la mort. Voici le quatrième de ces cliers et dijnes amis qui s'en vont eu moins de dix ans.
Ah! pitié, Seigneur! Ayez pitié de votre panvre ser-viteur, pitié de cette sainte et chère institution ! Ne mnl-tipliez pas outre mesure nos deuils et nos ruines! Ou du moins, donuez-uous la force et le courage de les réparer! haltes revivre nos défunts, dans le dévoument, la vertu et le talent de leurs successenrs! Donnez-nous de grands et nobles caractères, des intelligences d'élite et snrtout d'héroïques vertus! Suscitez parnii nous et fortiKez ramour des ames, l'amour du sacrifice, ramour de tontes les grandes et nobles choses! Et donnez ii tons ceux qui out passé leur vie a former pour vons taut de jeunes coeurs, le repos et la lumière éternels.
Ainsi-soit-il.
Prononcc iV Rolduc, lo 10 Fóvrioi' I8HH.