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quot;VIE ABRÃGÃE
DE
SAINTE MARGUERITE
DE CORTONE
Du tiers-orökï: dk st frapv^ois d^assise
SUIVIE
D'ÃNE NEÃVAINEET DE PRIÃllES EN SON H0NNEÃ1
PAR
LE R. P. BlftRIE, DE BREST
CCMMISSA1BE GENERAL DE ÃERRE SAINTB BT PBOCUBEUR DES MISSIONS FBANCISCA1NBS
FETE i LE SS FÃVBIER
SEPTIÃ ME EDITION
PARIS
L1BRAIRIE VEUVE MAGNIN et FILS
BÃE HONODÃ-CaEVALIER, 3 1889
VIE ABRÃGÃE
DE
SAINTE MARGUERITE
DE CORTONE
DU TIERS-ORDBE DE St FRANCOIS ITASSISE
SüIVIE
D'DNE NECVAINE ET DE PR1ÃRES EN SON HONNEÃR
PAR
LE R. P. MARIE, DE BREST
COMMISSA1RE GENERAL DE TERRE SAINTE ET PROCUREUR
DES MISSIONS FRANCISCAINES --
FKTE: LE 23 FÃVRIER
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SEPTIÃME EDITION //gt;/ (
PARIS
L1BRA1RIE VEUVE MAGNIN et FILS
RUE HONORÃ-CEEVALIEB, 3
1889
approbation
Nihil obstat ex parte Ordinis quominus impri, matur.
Romas, die 26 Februarii 1886. Fr. Bernardinus Min. glis.
preface
Depuis la diffusion du Ticrs-Ordre de N. P. Francois, la devotion a sainte Marguerite do Corldnc s'est jjropagee. â Cette illustre penitente, autrefois inconnue en France, y est devenua I'objet d'un culte special.
Désirant étendre de plus en plus cette devotion, je me suis decide a composer ce petit opuscule qui se divisera en deux parties.
La première fera connaitre les vertus pra-tiquees par la Sainte; ce sera un abregé de sa vie sur cette terre.
La seconde contiendra une neuvaine de considerations et de prières en I'honneur de cette gloire de I'Ordre Scraphique. Plaise a Dieu que ce petit livre se répande avec profusion! Alors seront accomplis les désirs du Souverain Pontife Léon XIII, qui, dans son audience du 18 Mai 1878, me disait : « Con-⢠tinuez, mon Fils, a pro pager la devotion » a sainte Marguerite; elle est appropriée » aux temps actuels. Nous avons besoin de « pardon; cette illustre pénitente nous I'ob-
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o tiendra, si nous la prions avec confiance, « elle qui a si bien ressenti les effets de la « miséricorde divine. »
La lecture de la vie de notre héroïne tou-chera les cocurs en leur montrant ce que lamour, appuye sur la grace, a fait pour ré-parer un passé douloureux, et elle tera nai-tre le désir de la prier. La neuvaine en faci-litera le moyen.
Ne craignez pas, chers lecteurs, de deman-der par l'mtercession de sainte Marguerite de Cortone des graces spirituelles et mêtne temporelies, pour vou?, pour vos parents et vos amis, vivants ou défunts; elle vous les obtiendra.
Demandez avant tout votre perseverance dans le bien, si vous n'avez rien a vous re-procher; suppliez-la de vous obtenir votre conversion, si vous vous sentez coupables. Soyez-en convaincus, vous serez exaucés, si vous vous adressez a elle avec confiance. Elle est si puissante auprès de Dieu, auprès du coeur de Jésus!
VIE DE
SAINTE MARGUERITE
DE CORTONE
DE i/oitoitE »E: LA imm I
INST1TUÃ PAR S4IKT FRAX^OIS D'ASSISE
Sa fêtc se célèhrc le 22 février dans tout l'Ordre Sèraphique.
I
Sainte Marguerite naquit en 1247, a La-viano, bourgade du duché de Toscane. Ses parents étaientd'honnêtes cultivateurs, peu favorisés des biens de la terre, A son bap-tême, elle re^ut le nom de Marguerite, mot qui signifie perle; présage de sa destinée.
Les premiers soins de savertueusemère furent de lui apprendre a prononcer les doux noms de Jésus et de Marie. A peine agée de trois ou quatre ans, le bonheur de cette enfant de prédilcction était de pren-
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'dre entre ses mains le crucifix, de le cou-vrir de baisers, de le prier avec amour. Hélas! la mort Ia priva bientót des con-seils de celle qui lui avait donné le jour. Son père, malheureusement pour elle, passa a de secondes noces. Sa belle-mère, au lieu de l'adopter comme sa fille, )a prit en aversion, cherchant tous lesmoyens de la faire souffrir et de l'humilier.
Le séjour de la maison paternelle deve-nant insupportable pour Marguerite, elle n'eut plus qu'un désir, celui de se sous-traire a cette tyrannic. Douée d'une beauté extraordinaire, elle chercha dans les plai-sirs du monde un remède a ses maux; elle voulut plaire et elle y réussit. â Un jeune seigneur de Montepulciano, après lui avoir promis ie manage (Marguerite avait alors dix-huit ans), Teramena dans son chateau oü. peu de temps après, elle donna nais-sance a un fils.
Malgré le luxe et l'opulence au milieu desquels ellevivait, Marguerite n'était pas heureuse, paree que le flambeau de la foi n'était pas éteint dans son ame. Aussi, poursuivie par le remords, versait-elle parfois des torrents de larmes, et, pour apaiser la justice divine, donnait-elle aux pauvres d'abondantes aumónes.
Au milieu de scs désordres, elle espérait en la miséricorde de Dieu. Les paroles qu'elle adressait aux personnes qui lui re-prochaient sa conduite en sont une preuve. « Consolez-vous, disait-elle, paree qu'il « viendra un temps oü vous me proclame-« rez sainte. Oui, je serai sainte, et les « peuples viendront a men tombeau en « habits de pèlerin et portant le bourdon. »
II
Neuf années s'étaient écoulées depuis qu'elle avait quitté la maison paternelle. quand Dieu, par un acte desa justice terrible et de son infinie bonté tout a la fois, arracha Marguerite a sa vie scanda-leuse.
Le jeune seigneur qui l'avait enlevée, fut assassiné en allant reconnaitre les limites d'une de ses propriétés. Ses assassins, pour cacher leur crime, trai-
nèrent Ie cadavre au pied d'un chêne, puis le recouvrirent de branches et de feuilles. 1-e soir venu, Marguerite fut d'abord étonnée de ne point voir rentrer le maitre dulogis; puis, la nuit s'écoulant de noirs et tristes pressentiments l'envahirent.
Enfin, le ti oisième jour après ie départ du seigneur, elle apercut au loin des fenêtres du chateau, la petite chienne, compagne fidéle du gentilhomme. A cette vue, son coeur tressaille de joie, pensant que son maitre devait la suivre. Hélas! ranimal était le messager de la douleur; triste, abattu, il se jette aux pieds de Marguerite en poussant de douloureux gémissements. 11 la tire par ses habits, et semble l'inviter a le suiyre. Marguerite sort en tremblant; après avoir parcouru un kilomèlre et demi sur la route de Pouzzoles, la pelite chienne s'élance a travers les buissons et s'arrête sous un chêne. â En présence de sa maïtresse désolée, elle écarté avec ses pattes les feuilles qui recouvraient le cadavre, et Marguerite apergoit l'objet de sa passion défiguré et en pourriture. A ce spectacle, elle s'évanouit. Revenue a elle, elle ouvre les yeux a la micéricorde divine, qui lui fait comprendre le misérable état de son
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ame. La vanité des choses terrestres, les jugements de Dieu se présentent a son esprit; les larmes la gagnent, la grace la touche, elle se prosterne la face contre terre et se relève convertie.
III
Revenue au chateau, Marguerite s'em-pressa de remettre aux parents du défunt tout ce qui lui appartenait, puis, prenant par la main son jeune enfant, elle se remit en route pour Laviano, imitant l'enfant prodigue dans son retour a la maison paternelle. A peine sa belle-mère l'eut-elle apercue, qu'elle fit defense a son mari de la recevoir; mais le père, qui aimait sa fille, touché de ses larmes et de son repentir la recjut avec bonté malgré le mauvais vouloir de sa femme.
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Marguerite, renlrdeau foyer domestique s'appliqua a gagner !es bonnes graces de sa maratre par son humilité et son em-pressement a la servir, soufFrant avec patience les injures, les mauvais trai-tements et les privations qui lui étaient imposées, et s'estimant heureuse de pou-voir, par des peines légères, e.xpier ses péchés. Plus Marguerite cherchait a être agréable a cette méchante femme, plus celle-ci la faisait souffrir et plus elle tourmentait son marl pourqu'il chassat de la maison notre pénitente et son fils.
Dieu qui voulait que Marguerite fut la gloire de la ville de Cortone, permit que sa belle-mère réussit dans son mauvais dessein. Chassée de la demeure paternelle, oppressée par la douleur, abandonnée de ses parents, sans pain, sans asile, Marguerite se retira sous un figuier voisin et se mit a pleurer.
Le démon profitant de sa tristesse, vint la tenter; mais Marguerite, pleine de con-flance en Celui qui n'abandonne pas ceux qui reviennent sincèrement a lui, recounit au Seigneur par une ardente prière. La réponse du Très-llaut ne se fit pas at-tendre. Une voix intérieure lui fit entendre ces paroles! « Va a Cortone, mets-toi sous
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ft la protection des Frères-Mineurs, em-« brasse le Tiers-Ordre de Saint-Franqois « etrevéts-en les livrées. »
IV
Quoiquè bien fatiguée, Marguerite obéit, et prend aussitót le chemin de Cortone, tenant son fils par la main. Arrivée prés des portes de cette ville, Dieu, qui veillait i surelle, mit sur son passage deux pieuses dames appelées l'une, Marinaria, et l'autre, Raneira. En voyant la paleur du visage de Marguerite, son air abattu et les larmes qui coulaient de ses yeux, elles lui demandèrent si elle avait besoin de queique chose. Marguerite leur expliqua avec simplicité la position dans laquelle elle se trouvait et leur raconta l'histoire de sa vie. Son récit excita lapitié dansle coeurde ces excellentes chré-tiennes qui l'invitèrenta les suivredans leur
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maison, s'engageant a pourvoir a son en tretien et a celui de son enfant.
Eles la recommandèrent en outre aux Religieux Franciscains pour qu'elle püt ac-complir ses généreu.x desseins. Toutefois, les Pères ne voulurent point l'admettre de suite au Tiers-Ordre. Le Gardien donna comme confesseur a Marguerite le Père Giuntaqui devaitêtre plus tardle biographe de notre illustre pénitente.
V
Marguerite, ne voulant pas raster tou-jours a la charge de ses bienfaitrices, s'oc-cupa, pour pourvoir a sa subsistance,asoi-gnerlesfemmes maladeset particulièrement celles que Dieu appelait a la dignité de mère (i).
Marinaria et Raneira placèrent son fils a Arezzo dans un pensionnat d'oü il ne sortit que pour revêtir la bure franciscaine et de-venir Frère-Mineur.
(1) C'est pour cela qu'elle est invoquée avec efficacité par les personnes qui se trouvent dans cette position.
Marguerite, tout en remplissant son office de charité, ne tarda pas a faire de 1 grands progrès dans la vertu, et a mériter de Dieu desgraces spécialesqui lui faisaient \ perdre l'nsage de ses sens. Line malade la vit un jour ravie en extase et enlevée de terre.
Dès qu'elle cut goüté les douceurs de la contemplation, elle résolut d'aller habiter dans une cabane abandonnée, voisine de la forteresse de la ville. Après bien des instances, elle obtint de ses bienfaitrices la permission d'exécuter son projet, et c'est en ce lieu qu'elle commenqa a se livrer a ses rigoureuses penitences.
VI
Pour pourvoir a sa nourrilure et a celle des pauvres, elle faisait le tour de la ville en demandant l'aumóne de porte en porte. Rentrée chez elle, elle donnait d'abord a ses protégés le pain blanc et les meilleurs aliments qu'elle avait pu recueillir, et ne
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conservait pour elle qu'unpou de pain noif avec quelques fruits secs ou des légumes, . car son jeüne était, pour ainsi dire, per-pétuel. 11 lui arriva de passer plusieurs - jours sans prendre de nourriture, le pain eucharistique lui suffisant.
La terre nue était son lit; une grosse pierre, l'oreiller sur lequel elle appuyait sa tête pendant le court sommeil qu'elle pre-nait. Flagellations, cilices, macérations, elle n'épargna rien; chaque jour elle cher-chait de nouveaux moyens pour tourmen-ter son corps et satisfaire ainsi a la justice divine.
VII
Affligee des scandales qu'elles avait causés, Marguerite aurait voulu se rendre a Moiitepulciano pour en demander pardon publiquement en se faisant trainer dans les rues de la ville, la corde au cou et cou-verte de cendres; mais son confesseur le lui défendit. 11 Tempecha aussi de se
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touper le nez avec un rasoir pour défi-gurer ce visage qui avait été la cause de ses chutes.
Le Père Giunta lui permit seulement de se rendre a Laviano oü elle vint un jour de fète. Elle entra dans l'église pendant que le peuple assistait a la messe. Elle atten-dit la fin du sacrifice, puis, se jetant aux pieds de la Comtesse Manentessa, qui 1'avait jadis si souvent reprise de ses dé-sordres, pleurant et sanglotant, elle lui dit qu' « elle élait cette Marguerite, sicoupable « devant Dieu, l'opprobre de sa familie v et le scandale de tout le pays, qu'elle « demandait pardon a tous, et qu'elle les « suppliait de l'aider a obtenir le pardon « de ses péchés. » Ce peu de mots, pro-noncés avec l'accent du repentir, attendrit les spectateurs et en convertit plusieurs. La pieuse dame émue jusqu'aux larmes, re-leva Marguerite, lui couvrit la tête de son voile et la conduisit chezelle, laissant l'as-sistance édifiée d'une telle conduite.
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VIII
Apres cette action héroïque, Marguerite retourna a Cortone, oü elle raconta a son confesseur tout ce qui s'était passé a La-viano. Ensuite elle alia se jeter aux pieds du Père Gardien, le suppliant de l'admettre dans le Tiars-Ordre. Les réponses qu'elle fit aux interrogations du Père l'éditièrent tellement qu'il donna l'ordre de combler ses voeux. Un habit usé et donné par cha-rité a la fervente novice servit pour la cérémonie. C'était en 1277, le Général des Franciscains était aiors le Révérendissime Père Jéróme d'Ascoli qui fut plus tard pape, sous le nom de Nicolas IV.
Marguerite, revêtue de l'habit de la péni-tence, se crut par la même obligée è mener une vie plus parfaite; elle augmenta la rigueur de ses pénitences et fit des oraisons de plus en plus longues. Elle passait des nuits entières dans la contemplation des mystères de la douloureuse passion. Elle regardait ses péchés commeles bourreaux qui avaient crucifié son Sauveur. Sa con-
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emplation était si élevce, qu'étant un jour appelée pour remplir son office de sage-femme, absorbée par la pcnsée des souf-frances de Jésus-Christ, elle arriva sans s'eu apercevoir au hnrd d'une mare pro-fonde, oü elle se füt noyéesans un miracle qui la préserva du danger.
IX
Le Sauveur ne lui avail pas encore, jus-qu'a ce moment, adresse la parole. Voulant récompenscr sa servante de la ferveur qui l'animait, il lui paria pour la première fois par l'intermédiaire d'un crucifix, devan; lequel Marguerite aimait a prier (i).
« Pauvre petite créature, que voulez-« vous? » lui dit le Sauveur. Sans faire attention au prodige, elle répondit : « Je ne « cherche, je ne veux que vous, o mon « Jésus! » Continuant a gémir et a prier,
(1) Ce crucifix se vór.èro dans Ie nouvean sanc-tuaiiv, batie aveo les aumónes de la France,, de la liolgique, do la Hollande, do I'ltalio et , du Canada.
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elle entendit encore ces paroles : « Sachez « bien que tous vos bons désirs, toutes vos « larmes sont des dons de ma bonté; je « vous nomms : â ma pauvre petite, â « afin que vous sachiez que vous n'avez ï rien a vous, si ce n'est vos péchés. n
Uneautre fois, ellese plaignit au Sauveur de ce qu'il ne l'appelait pas sa fille, et lui demanda ingénument quand elle aurait ce bonheur? « Quand vous aurez purifié « votre conscience par une confession gé-« nérale de tous vos péchés,» lui répondit Jésus. Frappée d'une telle réponse, Marguerite, les larmes aux yeux, supplia le Seigneur d'éclairer son esprit, afin qu'elle püt connaitre tous ses péchés, les bien con-fesseret en obtenir le pardon. ELe supplia saint Francois etsainteMadeleinedese join-dre a elle pour obtenir cette grace de Dieu. Sa prière fut exaucée; aprèsune confession générale qu'elle fit au père Giunta, dans la-quelle elle accusa tous ses péchés avec leurs circonstances, et qui fut accompagnée d'un torrent de larmes, elle mérita de de-venir un vase d'élection. Après avoir communie selon l'ordre de son confesseur, et pendant qu'elle témoignait son amour a THóte divin, elle l'entendit enfin lui donner ce nom si désiré : « Ma fille ».
Le démon, jaloux du bonheur de Marguerite, voulut la troubier, et voici comment. N.-S. Jésns-Christ ayant ordonné a sa servante de recevoir son divin Corps, le jour de la fête de saint Jean 1'Evangé-liste, lui prescrivit, comme preparation et action de graces, de garder un silence absolu avec les personnes séculières. Pour la tourmenter, le démon fit répandre dans la ville de Cortone la nouvelle de la mort de son fils qui, par découragement et manque du nécessaire, se serait noyé en se jetant dans un puits. Ce n'est pas tout. Un étranger ayant les traits du maitre de l'enfant vint a la fois réclamer a la mère la pension qui lui élait due et lui annoncer le malheur.
Malgré les tourraents que son coeur ma»
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terne! cprouva, pour obéir a l'ordre donné par Jésus-Christ, pas un signe de douleur ne fut aper(;u, pas une lame ne coula de ses yeux, pas une parole ne sortit de sa bouche. Le faux maitre laignant d'être scan-dalisé, allatrouver les Frères-Mineurs pour se plaindre de Marguerite, la traitant d'inhumaine, d'ingrate et de fanatique. Ceux-ci se joignirenta luiet vinrenta I'ora-toire oü elle était en prière pour I'engager a parler, mais elle ne rompit pas le silence. Le Seigneur fut si content de son obéis-sance qu'il la con sola par de douces paroles et par I'apparition de la sainte Vierge, accompagnée d'un grand nombre d'anges et ds saints. La Reine du ciel, jetant sur Marguerite des regards pleins de miséri-cordeet de tendresse, lui dit; «jeteregarde « et te regarderaitoujoursavec une affection « particuliere, a cause de l'amour véhé-« ment que tu as pourmon divin Fils. Celui « qui le cherche, me cherche, et qui le pos-« sède, me possède. »
Combien fut grande la joie de Marguerite en entendant ces paroles! Pleine de confiance en Marie, elle lui fit cette de-mande ; « Je vous supplie humblemem. o « Vierge sainte, de prendre sous votre pro-« tection mon pauvre enfant; car il peut
« dire avec véritó qu'il n'a point de mere! « je vous le confie done, pour que, sous « votre égide, il arrive au port du salut. » La sainte Vierde lui promit de le prendre sous sa protection, lui assura de nouveau qu'il serait Frère-Mineur, qu'il deviendrnit prêtre et excellent missionnaire. En effet, le fils de Marguerite entra dans I'Ordre Séraphique, fit des progrès dans la vertu, grace aux exemples de sa mère et surtout a la protection de Marie qui l'avait accepté pour son enfant; il mourut saintement, selon la promesse faite a sa mere.
XI
L'amour du prochain est inséparable de I'amour divin. Marguerite ne pouvant done rester oisive a 1'égard de ses freres, elle cherchait a venir en aide, non seulement a leurs nécessités corporelles, mais aussi a leurs besoins spirituels, en priant poureux eten s'effor^ant de les encourager au bien
et par ses discours, et par ses exemples. Elle retirait les uns des sentiers du vice et enflammait !e cueurdes autres d'un violent désir d'avancer dans la vertu. Sa joie était de se sacrifier pour soigner les infirmes. Lorsqu'une dame tombait malade, on ve-nait en hate la chercher, tant on appréciait ses soins. Les mères tenaient a ce que leurs enfants fussent présentés sur les fonts baptismaux par Marguerite, dans la pensee que ce serait pour eux un présage de bonheur. Elle remplit eet office avec plaisir, jusqu'au moment oü le Seigneur le lui défendit.
Lorsque Marguerite traitait avec les per-sonnes riches, elle ne manquait pas de les engager a faire d'abondantes aumónes aux pauvres, paree qu'ils étaient l'image du Sauveur, qui s'est fait pauvre par amour pour nous. Grace a ses exhortations, deux nobles personnes, Tune que Ton croit être le seigueur Uguecio Casali, surnommé le saint chevalier, et l'autre une pieuse matrone, nommée Diabella, consacrèrent une grande partie de leur fortune a fonder un hopital, qui fut appelé hópital de la Misé-corde. Le seigneur fournit tout le mobilier et les autres choses nécessaires pour les besoins des pauvres et des malades, et
!a dame donna sa prjpre maison pour servir au but proposé! C'est lal'origine de la fondation de l'hopital de Sainte-Marie de la Miséricorde, a Cortone.
Cette maison fondée, Marguerite y mit tous ses soins, s'occupant des pauvres qui l'habitaient, se montrant tellement leur mere qu'elle voulait que rien ne leur r.:.an-quat, et ne permettant pas que la moindre chose füt employee a son usage personnel. Dieu la récompensa de sa charité par de doux entretiens et par l'apparition des saints Anges qai lui parlaient aussi et la protégeaient contre l'ennemi infernal.
Marguerite passatroisanschez les dames Raneira et Marinaria et dix ans dans sa petite maison, travaillant pour la gloire de Dieu au salut spirituel et temporel du pro-chain. Dieu,qui voulait réle\er a un degré plus sublime encore de contemplation, lui ordonna de cherchsr un endroit plus solitaire. lt;c Je te commande, lui dit-il, d'aüer « habiter la cellule qui est sur le sommet « de la montagne (i). »
(1) Cc lieu est enclavé dansla nouvelle église, et indiqué par une lame de cuivre placóe dans les dalles du sanctuaire, c'est la qu'elle rendit son ame a Dieu et que se conserve son plorieux corps qui exhale parfois une odeur suave.
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En même temps, le Seigneur lui promit que, malgré l'éloignement du couvent, les Frères-Mineurs, auxquels il l'avait confiée, continueraient a s'occuper d'elle. â Marguerite obéit aussitót au divin Maitre, et alia habiter la celluie indiquée. â C'est la qu'elle jouit le plus souvent de ces entretiens ineffables qui enllammaient son cceur d'un amour pour ainsi dire semblable a celui des Séraphins. C'est la que son Sauveur aimait a lui apparaitre, causait familièrement avec elle, excitait de plus en plus_ dans son ame des sentiments de contrition de ses-péchés, et la combla de ses plus insignes faveurs. C'est la que lui apparurent a diverses reprises la sainte Vierge, Notre Père saint Francois, saint Pierre, saint Jeanl'Evangéliste, sainte Madeleine et plusieurs esprits cé-lestes.
Le démon, dans sa jalousie, lui livrait de terribles assauts. Tantót il cherchait a l'effrayer en se montrant a elle sous la forme d'affreux serpents ou de bêtes féro-ces_. Tanlót il se présentait sous I'aspect de jeunes gens aux regards luxurieux qui venaient lui rappelcr les voluptés de sa première vie. D'autres fois iltachaitde I'en-trainer dans le désespoir en lui affirmant
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que par un décret de la divine justice, elle était, a cause de ses crimes, destinée a I'enfer. D'autrcs fois encore, prenant la forme d'ange de lumière, il tentait de la faire succomber a l'orgueil en lui montrant 1c degré héroïque de vertu qu'elle pos-sédait et la bonne opinion qu'avaient d'elle les peuples différents dontles rcpresentants venaient la visiter; car on venait en foule de la France, de l'Allernagne et de tous les points de I'ltalie. En un mot, Ie démon em-ploya tous les moyens pour la perdre. Notre héroïne, aidée par la grace de son ^ Sauveur, triofnphait de son ennemi, qui fut obligé de se retirer comme cela arriva dans le fait suivant ;
Assaillie par une tentation de vaine gloire^ elle monte'aussitót sur le toit de la petite maison, puis, a haute voix, elle in-terpelle les habitants de la ville en leur disant; « Levez-vous, gens de Cortone, « prenez des pierres et chassez-moi de « votre cité, paree que je suis une infame « pécheresse qui ai offensé Dieu et scan-« dalisé le prochain par de nombreuses « iniquités. » A ce discours, le démon honteux s'empressa de prendre la fuite. C'est ainsi que Marguerite confondait son adversaire en s'armant en outre du secours de la prière.
XII
Furieux de n'avoir pas réussi, le démon voulut se servir des hommes pour la faire tomber. Poussés par Satan, des méchants commencèrent a attaquer sa réputation en la calomniant et en interprétant en mal toutes ses actions, méme ses exercices de piété. Le tort ainsi fait a la réputation de Margueriteallatoujourscroissant, au point que la vénération publique se changea en mépris général. On s'en moquait comme d'une hypocrite, on la fuyait comme une possédée, on l'insultait comme une folie, on était scandalise de la sotte credulité des personnes qui venaient de loin pour consulter une telle femme. Lessoinscharitables qu'en prenaient les Franciscains furent mal interprétés, tellement que plusieurs Pères enfurentalarmés et commencèrenta douter
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de son esprit. Son confesseur la soumit alors a de terribles épreuves, et pour comble de malheur, le Père Gardien, pa-raissant ajouter foi a ces dires,ordonna au Père Giunta de ne lui rendrc visite qu'une fois la semaine.
Non seulement les Pères se laissèrent surprendre par ces calomnies, mais p!u-sieurs personnes notables de la ville al-lèrent, dans ces circonstanres, jusqu'a as-signer des hornes a la miséricorde divine, en protestant publiquement que Dieu ne pouvait accorrler a une femme naguère si scandüleuse, des graces si grandes.
XIII
Marguerite souffrait avec patience. Elle ne put toutefois s'empccher de pieu-rer, lorsqu'elle apprit l'ordre donné a son confesseur par le Père Gardien de la visiter moins souvent. Heureuses larmes, qui touchèrent le coeur du Sauveurl 11 lui ap-parut visiblement en lui demandant le
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sujet de sa peine. Elle lui répondit qu'elle élait navrée de douleurs a cause des bruits répandus contre elle et contre les religieux. Le Seigneur lui répliqua : « Ma fille, vous « devriez vous réjouir au lieu de pleurer. «Votre charité, aujourd'hui blamée par « les hommes,sera un jour couronnéedans « le ciel. Ne m'avez-vous pas prié de vous « rendre semblable a Madeleine? Eh! « combien les scribes, les pharisiens et « mes disciples, même les plus éclairés, « n'ont-ils pas murmuré de la confiance « qu'elle avait en moi etdes louanges que je « lui donnais! Diles a votre confesseur que « c'est pour moi un plaisir d'agir en vous. « Consolez-vous et restez en paix. Plus ï quebeaucoup d'autresvous avez compati « a mes douleurs, pour cette raison même « il faut que, comme moi, vous passiez « par des tribulations, et que votre répu-« tation soit attaquée. â Vous serez un « jour avec moi dans ma gloire, ne craignez « point de souffrir, car c'est par la souf-« trance qu'il faut entrer dans le royaume « des cieux. »
XIV.
Le Seigneur préparait ainsi Marguerite a supporter patiemment l'épreuve la plus douloureuse pour une ame comtne la sienne : la privation des consolation spi-rituelles. Eile qui était habituée a con-verser avec son céleste époux, fut lout a coup privée de cebonheur, au point de ne pouvoir, pour ainsi dire, élever son cceur vers Dieu. Prosternée au pied des autels, eile ne pouvait plus méditer sur les saints mystères; dans la sainte communion., eile ne trouvait aucune douceur; eile n'éprou-vait plus cette douleur qu'elle ressentait autrefois, en pensant a ses péchés. Plus de larmes, plus de soupirs d'amour pour son Sauveur; son ame était dans la seche-resse la plus absolue; il semblait que Dieu
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TeCit abandonnée. Marguerite accepta eet état avec une entière soumission a la vo-lonté de son Dieu, souffrant sans se plain-dre de ces privations. Elle continuait comme autrefois ses exercices de piété et ses mortifications, acceptait eet abandon en expiation de ses péchés.
Pour se soutenir dans cette épreuve et se rendre de plus en plus semblable a son Sauveur, abandonné de son Père sur la croix, elle rappelait a sa mémoire le souvenir de ses années mal employées, et de ses iniquitéspendant lesneufannées qu'elle avait passées a Montepulciano ; ladouleur qu'elle en ressentait lui faisait parfois jeter des cris, et elle se tournait alors vers Dieu en disant : « O mon Sauveur, il eut « été a désirer que je ne fusse pas née, « puisquej'ai eu le malheur de vous offen-« ser. Ah! éloignez-vous de moi, si vile « et si indigne de vous! »
Ces sentiments d'humilité et de contrition parlaite, son entière soumission a la volonté de Dieu lui méritèrent d'entendre sortir de la bouche de Jésus crucifié ces paroles qui inondèrent son ame de joie ; « Ma fille, je vous confirme en grace afin « que vous soyez sanctifice en votre ame « et en votre corps, »
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XV
Marguerite, confirmée en grace n'eut plus qu'un désir, celui de ne plus rien goüter des consolations de cette vie. Pour y arriver, elle se donna tout entière a la meditation des souffrances du Sauveur. Elle aurait voulu que les douleurs de Jésus fussent gravées dans son coeur.
Pour I'encourager dans cette voie, Jésus lui dit : K Viens, Marguerite, et regarde-« moi attaché a la croix; observe avec « soin mes plaies au dedans et au dehors, et « tu comprendras alors combienellesm'ont « été amères etpénibles.» Elle enviait par-fois a sainte Madeleine I'avantage qu'elle avait eu d'assister au crucifiement de son bien-aimé Sauveur, et admirait son zèle a le chercher après sa mort.
Un Vendredi Saint, elle s'était plongée dans la considération de la mort et de la sépulture de Jésus. Ravie en extase, après avoir compté toutes les plaies de son Sauveur, elle sort de sa celluie et
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parcourt les rues de Cortone en s'ccnant ; « Oü iras-tu, malheureuse femme, oü « pourras-tu retrouver le bien-aimé de « toname? Oh! s'il m'était accordé de « voir encore une fois mon Seigneur! O « monjésus, pourquoi m'avez-vous été « enlevé ? Anges, hommes, créatures, en-« seignez-moi oü est mon bien-aimé cru-« cifié. » Cette extase dura jusqu'au jour de Paques, oü elle entra dans l'église pendant que le Père Giunta prêchait, et lui demanda oü était son Sauveur. Cette question et la manière dont elle s'exprima excitèrent dans tout le peuple des sentiments de dévotion. Elle mérita par son amour véhément de voir Jesus dans sa gloire, et cette vue apaisa aussitót sa dou-leur, mais n'éloigna pas le désir qu'elle avait de souffrir. Elle supplia le Seigneur de lui accorder Ia grace de ressenlir les mêmes douleurs que la Vierge Marie souf-frit au pied de la Croix.
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XVI
Le divin Maitre, pour satisfaire le désir de Marguerite, lui ordonna un jour de passer le lendemain dans l'église des Frères-Mineurs. Son confesseur y con-sentit. Elle se mit a méditer selon son habitude sur les souffrances et les tour-ments endurés par le Fils de Dieu. Mais a peine avait-elle commencéce saint exer-cice que son caeur souffrit au point qu'elle ne put retenir ses soupirs, ses sanglots et ses cris. Pale et sans force, elle tombait en défaillance. Quelques pieuses dames accoururent pour la sou-tenir, et, pendant qu'elle était entre leurs bras, sa paleur augmenta, elle baissa la tête et sembla rendre le dernier soupir. On la crut morte,et tnêmela nouvelle s'en repan-
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dit dans la ville. Un graad nombre d'ha-bitants se rendirent a l'église pour s'en assurer. Tons la croyaient morte en effet, â et déja ils pleuraient amereinent la parte lt; d'une protectrice si puissante aupres de Dieu. Mais a l'heure des Vèpres on la vit faire quelques mouvcments et, peu de temps après, on s'aparcut qu'elle avait les yeux fixés vers le Ciel, on l'entendit rendre graces a Jésus de lui avoir fait endurer un si grand martyre dans son ame ausM bien que dans son corps. Voyant une si grande foule autour d'elle, | elle fut remplie de confusion et s'en plai- .. gnit au Sauveur qui, pour la réconforter, daigna l'appeler du nom de mnrtyre.
XVII
Pour encourager encore Marguerite dans cette salutaire pratique le Seigneur lui apparut attaché a la Croix, et l'invita è toucher ses plaies. L'humilité de Marguerite s'y refusa;. elle se trouvait indigne ,
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de cette faveur. Le Sauveur l'y engagea de nouveau d'une manière plus pressante et, détachant ses mams de la croix, u élargit la plaie de son cote, de mamere a découvrir a sa servante la blessure de son divin Coeur, lui disant que c etait a qu'il la portait toujours gravee et qu el e pouvait y enlrer comme dans un asile
La ioie céleste qu'elle ressentit alors inonda tellement son coeur, que trans-portée hors d'elle-même, elle parut moite d'extase et d'amour.
XVIU
La sainte Eucharistie était pour Marguerite le plus puissant motif d'amour. File puisait dans ce sacrament toutes ses consolations dans ses peines, et y irouvait des douceurs incomparables. Ayant appns de son divin üocteur qu'une messe pro-curait a Dieu plus de gloire que toutes les actions des Anges et des Saints dans le Ciel et des hommes sur la terre, et
que la messe lui offrait une satisfaction infiuie et bien plus étendue que sa justice outragée ne pourrait l'exiger de nous,
elle apporta tons ses soins a profiler de ce don, en assistant chaque jour, non seulement a une messe, mais a plusieurs, en s'unissant d'intention atoutes celles qui se célébraient dans le monde entier.
Son plus grand bonheur était de rece-voir l'Hóte Divin dans son coeur. Elle s'y préparait par les vertus héroïques d'une ame désireuse de plaire a Celui qui devait la visiter. Aussi retirait-elle de ses communions les fruits les plus précieux. -j' C'est alors que le Sauveur I'enrichissait de ses dons, lui témoignait plus d'amour, lui parlait familièrement et lui commu-niquait les secrets de la Divinité. â Quelquefois certaines craintes semblaient l'arrêter; elle en fut reprise par le Seigneur qui I'engagea a communier pour fortifier non seulement son ame, mais aussi son corps. En effet, d'après l'opi-nion générale, si son corps, ruiné par les pénitences et affaibli par les maladies , pouvait se livrer a tant de pénibles entre-prises, c'était l'effet de TEucharistie plu-tót que du peu de nourriture qu'elle pren^it. 11 en flit ainsi surtout a la fin de
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sa vie, oü elle vécut trois semaines sans prendre aucun aliment que la Sainte Communion.
XIX
Comma il l'avait fait Ãi saint Pierre Notre-Seigneur interrogea Marguerite en lui demandant a trois reprises diiférentes si elle 1'aimait, et, comme l'Apotre, elle répondait chaque fois avec des paroles enflammées d'amour pour Celui qui 1 in-lerrogeait, lui confessant qu elle était d15-posée a vivre et a mourir de la maniere qu'il lui plairait : crucifiée, s'il le désirait, puisque lui-même, malgré son innocence , avait enduré ce supplice qu'elle mentait elle-même par ses grandes et nombreuses iniquités. â Cette belle réponse, lui ya-lut la grace de voir son séraphique Fere saint Francois, avec une multitude de saints. 11 lui apparut sur le trone bnllant
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qui avait été destiné è Lucifer. Le Seigneur chargea Marguerite de tout rapporter de sa part aux Frères-Mineurs, de les avertir qu'ils auraient beaucoup d'épreu-ves, et qu'il récompenserait les soins cha-ritabies qu'ils avaient d'elle, paree qu'il la ieur avait confide pour les sanclifier et les honorer davantage jusqu'a la fin du monde (i).
Marguerite fut trés heureuse de faire cette communication aux Frères-Mineurs qui la requrent avec joie, et continuèrent avec plus de zèle encore a donner leurs soins spirituelsa l'illustre pénitente.
La bonté du Seigneur envers sa ser-vante ne s'arrêta pas lü; il voulut la réha-biliter en lui promettant de la placer au ciel dans le chceur des vierges, paree que, disait-iL « par ton ardent amour pour moi, par tes penitences et tes souffrances, ton ame a été tellement purifiée, qu'elle est devenue semblable a celle des vierges. » Cette promesse lui fut renouvelée dans
(1) Cetle promesse s'est confirmée, car le corps de sainte Marguesite est toujours reslé jusqu'a nes jours sous la garde des Frères-Mineurs.
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une magnifique vision qu'elle eut ensuite et dans laquelle Dieu lui montra le trone brillant de gloire qui lui était préparé, comme celui de son séraphique Père saint Franqois dans le chceur des Séra-phins, au milieu des vierges les plus glo-rieuses par leur lïdélité a leur divin Epoux.
Malgré ces avertissements célestes, et de crainte d'illusion, Marguerite ne ces-sait de se tenir dans Thumilité, se regardant comme une misérable pécheresse et continuant de chatier son corps et ses sens. 11 fallut que son confesseur lui-mème, par des raisons convaincantes, lui fit connaitre que cette promesse venait du Seigneur, ajoutant que, bien que Dieu ne puisse pas faire que ce qui a été perdu ne le soit réel-lement, il peut enlever toute souillure d'une ame qui aurait été coupable, et cela dans la mesure de sa pénitence et de ses sentiments de contrition et d'amour.
XX
Marguerite, depuis sa conversion, n'avait travaillé que pour sa propre sanctification et que pour pourvoir aux besoins des pauvres. Jésus dans ses différents entre-tiens, s'était plaint du triste état dans lequel vivaient les chrétiens, mais il n'avait point encore engagé sa servante a s'oc-cuper d'une manière efficace de leur salut spirituel. 11 lui fit bientót comprendre, par de nouvelles plaintes, qu'il lui demandait le sacrifice de sa chère solitude, surtout en lui déclarant qu'une quantité innom-brable d'ames qui lui étaient chères se perdaient.
Elle résolut done de se dévouerau salut du prochain. demandant un secours plus abondant a Jésus, qui le lui promit par les paroles suivantes ; « O ma fille, je vous « ai destinée pour étre le miroir des pé-« cheurs et je vous ai convertie afin qu'a « votre exemple d'autres se convertissent.
Le s grands dons que je vous ai accordés
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« ne sont pas seulement pour vous, mais « pour beaucoup de pécheurs. Je vous ai « faite lumière éclatante pour éclairer ceux « qui sont assis clans les ténèbres du pe-« ché. J'ai embrasé votre cceur d'un feu « d'amourafin de réchauffer celui des plus « endurcis. Les choses merveilleuses que « j'ai opérées ont étéfaites, non seulement « pour vous, mais aussi pour que mon « peuple prévaricateur me soit ramenépar « vous. »
Marguerite s'empressa, comme toujours, d'obéir au Seigneur. Elle entreprit sa carrière apostolique avec tant d'ardeur qu'il n'y avait point de vice qu'elle ne com-battit, point de scandale qu'elle ne s'ef-format de faire cesser, point de pécheur qu'elle ne cherchat a convertir, montrant aux uns le paradis et menaqant les autres de l'enfer. Elle parvint a ramener la paix dans la ville de Cortone qui éiait partagée en deux factions ennemies, a rétablir la fréquentation des sacrements et a faire rentrer dans la bonne voie un si grand nombre d ames que son confesseur et les autres Pères, ne pouvant suffire a entendre les confessions, s'en plaignirent un jour. Le bruit de toutes ces conversions s'étant répandu au loin , on vit arriver par
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troupes, a Cortone, des gens richcs et pauvres, des nobles, deslaïques, des ecclé-siastiques, venant de Florence, de Rome, de toute l'Italie, de la France, de I'Es-pagne. Tons s'en allaient contents de leur voyage, parce qu'ils retournaient chez eux tout autres qu'ils n'étaient vcnus.
Dieu se plaisait a donner a Marguerite une lumière supérieure qui lui faisait pé-nétrer les secrets les plus profonds des coeurs de ceux qui venaient a elle. Pour les encourager, elle se proposait elle-même comme exemple . elle qui avait été encore plus grande pécheresse qu'eux et que ce-pendant la miséiicorde divine avait ac-cueillie avec bonté et comblée de dons celestes.
XXI
Furieux de voir tant d'ames arrachées a son empire, le démon mit tout en oeuvre pour s'y opposer. II réveilla les anciens
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bruits qu'on avait rcpandus sur elle pour essayer d'arrcter eet élan des peuples. II n'y réussit'point cette fois. 11 tourna alors ses efforts vers Marguerite en lui susci-tant des tentations d'orgueil sur ce qu'on venait la consulter de si loin et qu'on lui obéissait comme a un docteur. D'autres fois le tentateur cherchait a lui faire re-gretter le temps qu'elle passait a ce ministère si utile et qu'elle aurait pu con-sacrer a une douce contemplation.
Marguerite, comprenant les embCiches â du démon, ne cessait, au milieu des acclamations des peuples, de s'humilier en se déclarant coupable et rapportait a Dieu les louanges qu'elle recevait. â Satan fut obligé de se retirer vaincu.
Le Sauveur, pour encourager Marguerite a travailler au salut du prochain, lui assu-ra que ses travaux lui étaient trés agréa-bles et qu'elle avait été choisie pour con-duire a son amour non seulement les vier-ges, mais encore les autres personnes et qu'elle serait après sa mort un miroir pour les pécheurs.
Ces promesses faites par le Seigneur re^urent leur accomplissement pendant sa vie et l'ont encore après sa mort. Que de pécheurs attirés par la miséricorde infinie
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de Dieu . se sont convertis en lisant ou en méditant la vie de sainte Marguerite! 11 se-rait impossible de raconter les fruits mer-veilleux que notre pénitente produisit dans les ames en les exhortant a la mortification des sens, a la componction du cceur, au bon emploi du temps, et a la pénitence, donnant a chacun les conseils nécessaires a sa sanctification.
La charité de Marguerite ne s'exerqa pas seulement sur les corps et les ames de ceux qui habitaient cette vallée de larmes, elle alia au dela de la tombe. Touchée par les enseignements de la foi sur le Purgatoire et par Tapparition de plusieurs ames captives retenues dans ce lieu de souffrances , elle en retira par ses prières un grand nombre dont queiques-unes étaient condamnées è y rester de longues années. Aussi toutes ces ames délivrées par elle, demandèrent au Seigneur que leur libératrice vint parta-ger leur bonheur. De son cóté Marguerite appeiait de ses voeux le moment oü elle quitterait ce monde, désireuse de s'unir a son bien-aimé et dans la crainte de pouvoir l'offenser. Aussi demandait-elle avec ar-deur a Jésus-Christ de la préserver de ce malheur, Celui-ci lui répondait alors qu'elle devalt se soumettre a sa sainte volonté.
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XXII
A la demande qu'elle adressait a Dieu de la faire mourir et, par conséquent, de lui accorder son entrée au ciel, se joigni-rent les prières des ames qu'elle avait re-tirées du purgatoire, les supplications de Marie Inimaculée et celles de saint Francois et de plusieurs autres saints qui désiraient l'avoir en leur compagnie.
Un dimanche après l'Epiphanie, un peu plus d'un mois avant son trépas, le Seigneur l'avertit en ces termes qu'il était disposé a l'exaucer : « Vous saurez, « ma fille, que la Vierge Marie, ma Mère, « mon précurseur Jean, votre père saint « Franqois, votre protectrice sainte Made-« leine et toute la cour céleste me sup-« plient continuellement de hater votre ar-« rivée dans le royaume de ma gloire, et « je suis disposé a leur être agréable. » Pour satisfaire les désirs des esprits cé-lestes et pour augmenler les mérites de Marguerite, le Seigneur permit qu'elle de-
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vint en proie a des souffrances aigjes, qui la forcèrent a garder sa cellule et. a rester étendue sur son misérable grabat de planches. Une fièvre ardente la consumait et ne lui laissait de repos ni le jour ni la nuit. Tous ses membres éprouvaient un tour-ment particulier, mais ses maux de gorge et d'estomac étaient inexprimables. Au milieu de ses douleurs, Marguerite se trouvait heureuse. Une seule chose l'affectait, c'était de ne plus pouvoir aller a l'église ni tra-v-iiller a la gloire de Dieu. Mais Jésus daigna la consoler. II la ravit en extase et lui dit : « Ma Alle, la maladie vous aide a « faire ceque jeveux de vous maintenant. « Voire nourrriture, votre boisson, votre « sommeil, vos discours, toute votre « vie enfin, sont une continuelle oraison, « parce que vous avez toujours le désir de « me servir et une souveraine herreur de « m'offenser. C'est pour cela que je vous a bénis, vous, votre amour et votre cellule. t Je vous assure que vous êtes une lumière « pure, que j'aime beaucoup; grace a vos « mérites vous serez bientót placée parmi « les vierges, et après voire mort, vous « serez la cause de la conversion de beau-« coup de pécheurs. »
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XXIII
:
â I
De plus en plus irrité contre Marguente a mesure qu'elle approchait du terme de I son existence, le démon vint tenter par un suprème et dernier effort, de ressaisir cette prole qu'il avait perdue. II se présenta amp;
elle en triomphaleur, et s'écria : « J'ai ; vaincu.»liraccablaitdetentationsessayant ; de la tromper sur ses visions et ses révé-lations, ou de lui persuader qu'elle n'avait pas une veritable contrition, et que, par la niême, ses péchés ne lui étaient pas par- 1 donnés. Mais Marguerite appela bien vite un prêtre a son secours, en s'écriant: :i « Voici Tennemi, je le vois; plein de joie, « il s'agite et rode autour de moi; ah! « aidez-moil » Pendant que Ie prêtre se disposait a l'encourager au combat, elle entendit la voix celeste d'un ange qui ve-nait a son secours et qui apostropha ainsi l'ennemi infernal ; « Qu'as-tu a faire avec « cetle ame qui doit ètre placée par Dieu
k
lt;r dans la glorieuse cohorte des Séraphins, « Sors d'ici, maudit, et retourne dans ta « prison pleurer éternellement ton mal-« heur! » Le tentateur aurait dü partir, mais Dieu qui voulait que la vie de Marguerite füt jusqu'a la fin semblable a la sienne, c'est-a-dire mêlée de peines et de consolations, permit qu'il revint a la charge en tourmentant le coeur invincible de la moribonde. L'ange qui l'avait protégée la rassura en lui disant: « Pour vaincre plus « sürement l'ennemi de votre salut, prenez « eet étendard marqué de deux croix, l'une « blanche, l'autre rouge, symbole du sang « et de l'eau qui sortirent de la plaie du « coeur de Jésus, et par sa croix vous lt;r triompherez. » Marguerite usa de eet étendard que l'ange lui avait laissé et s'en servait toutes les fois que le démon reve-nait a la charge. Elle invoquait fidèlement Jésus, protestait devant lui que toute son espérance élait fondée sur l'effusion de son sang adorable et sur ses mérites in-finis, qu'elle était d'autant plus assurée d'obtenir le ciel par la miséricorde divine, qu'elle avait mérité l'enfer par ses pcchés.
C'étaitune source d'édification pour tous ceux qui entouraient la grande pénitente, de la voir pleurer toujours sespechés,
co in me aux premiers jours de sa conversion, bien qu'ellesut qu'ilsavaient étépardonnés. L'amour profond qu'clle avail pour son Dieu en était la cause.
XXIV
Le Seigneur, satisfait de la constance desa servante, vint lui-mêmechasserpourtóu-jours le démon de sa cellule. Le jour de la Purification de lasainte Viergeaprès qu'elle eut re^u la sainte Eucharistie, elle fut ravie en une douce extase, oü lui furent révélés Ie jour et Theure de sa mort.
« Ma fille, ma Marguerite, lui dit-il, ne « craignez plus les piège de l'ennemi « vaincu, il est en fuite, je sërai désorniais « avec vous, préparez-vous au départ, « paree que le 22 de ce mois de Février, « vers l'aurore, vous irez au ciel. s Cet avis remplitde joie notre Sainte qui de pale et livide qu'elle était, devint fraiche et co-lorée; sur sou front brillait comme un reflet de Ia celeste beatitude, A partir de
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ce moment, elle ne prit plus de nourriture terrestre : le Pain des Anges fut l'unique aliment de son ame et de son corps.
XXV
La triste nouvelle de la mort imminente de Marguerite remplit de douleur non seulement les habitants de Cortone, mais encore ceux des pays voisins. Tous ve-naient a la celluie de l'auguste moribonde pour'la voir une dernière fois et recevoir sa bénédiction. Mais la Sainte, absorbée dans la contemplation, prêtait peu d'at-tention a ce qui se passait autour d'elle. Dans les courts intervalles oü elle sortait de son extase, jetant les yeux sur la foule qui l'entourait, elle encourageait tous les assistants en leur assurant qu'il était facile de se sauver.
c Oui, disait-elle, toute brüiante de e chcrité, oui, mes frères, Ia voie du salut ( est facile, aimez Notre-Seigneur Jésus-. Ghr'st ». D'autres fois, ü l'exemple de
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l'apótre saint Jean, elle leur répétait : (c Aimez-vous les uns les autres, c'est le « commandement du Seigneur. »
La veille de sa mort, dans Ia soirée du 2i février, elle pria le Père Giunta de lui administrer le sacrement de I'Extreme-Onction. Elle regut ce sacrement avec une contrition si vraie, nn amour si ardent, que tous les assistants en furent émus jus-qu'aux larmes. Les pleurs redoublèrent lorsqu'après la cérémonie, elle leur fit ses adieux. Elle remercia d'abord les Religieux,, et en particulier le Père Giunta, du soin qu'ils avaient eu d'elle; ensuite elle re-merciaégalement plusieurs soeurs du Tiers-Ordre des bons offices qu'elles lui avaient prodigués pendant sa maladie. Puis avec une nouvelle ferveur et une humilité pro-fonde elle demanda pardon de ses scan-dales passés aux habitants de Cortone, de LavianoetsurtoutaceuxdeMontepulciano, oü elle avait vécu en pécberesse. Elle les supplia ensuite de bénir la miséricorde de Dieu qui avait été si grande pour son ame.
La nuit se passadans une douce extase, et de célestes entretiens avec ses saints protecteurs; ceux-ci l'avertirent que l'au-rore tantdésirée approchait;elle demanda
.Sta. MM
SOn confesseur et requt une dernière ab solution. La saime Communion lui fut aussi apportée une dernière fois et rem-plit son ame d'une joie ineffable : son corps participait a cette allégresse. Au milieu de ces délices, avant-goüt du ciel,elle expira, ayant sur les lèvres le sounre le plus gracieux. C'était le jour et 1 heure indiqués par le Divin Maitre, le 22 février 1297; elle était dans la cinquantième année de son êge, et la vingt-troisième de sa conversion (1).
Le Seigneur daigna révéler, au meme instant, a l'un de ses serviteurs qui habitait la ville de Castello.l'entrée triomphanteau Ciel de l'ame de Marguerite. 11 la vit res-plendissante, pénétrer au_ séjour éternel accompagnée d'une multitude d esprits célestes et de nombreuses légions d'ames délivrées du purgatoire par ses mérites.
(1) La fête de sainte Marguerite, se célèbre en mómoire de sa mort, le22 février dans 1'or-dre Séraphique, sous le rite double de seconde classis.
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XXVI
Le bru de la mort de Marguerite s'étant répandu,iton vint en foule, vénérer ses dé-pouillesmortelles, quiexhalaientune odeur suave. 11 était impossible de pleurer en voyantl'air gracicux et souriantde la figure denotre Sainte. Les sceurs du Tiers-Ordre, s'empressèrent de revêtir son corps du saint habit. On lui fit desobsèques magni-fiques et on la transporta a l'église de Saint-Basile, oü eile resta plusieurs jours ex-posée a lavénération publique. Cependant les Religieux, dans la crainte qu'on leur ravit leur trésor, la placèrent dans un tombeau, a la faveur de la nuit. C'est de ce tombeau qu'ellefut tirée plustard pour être placée dans le lieu oü on la vénère aujourd'hui. Son corps toujours intact, répand encore a certains jours une odeur suave.
Le culte de la Sainte, ainsi qu'elle I'avait prédit, prit de l'extension; des miracles
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nombreux furent accomplis par son intercession. Dieu lui donna les honneurs des autels. Déclarée bienheureuse depuis long-temps. Benoit XIV promulgua le 22 février 1727, la bulle de sa canonisation, et, le 16 mai de la mêrae année en fit la fête solen-nelle dans la basilique deSaint-Pierre.
Gloire soit rendue a Dieu, par sainte Marguerite, veritable Madeleine de l'Ordre Séraphique.
NEUVAINE a sAiNTE Marguerite de Cortonh
L'usage des neuvaines, dans le bu d'obtenir des graces des saints que Ton invoque, est une dévotion recommandée par la sainte Eglise. Un grand nombre d'ames pieuses aiment a pratiquer eet exercice. Je crois done satisfaire les pieux fidèles, et surtout les dévots a sainte Marguerite de Cortone, en terminant eet opuscule par une neuvaine de consi-dérations et de prières en son honneur.
Cette neuvaine pourra servir de prépa-ration a sa fète (22 février), ou de pieux exercices pendant neuf jours consécutifs, pour obtenir par la puissante médialion de cette illustre pénitente les graces que I'Oii désire. Puur en assurer le succès, il sera trés utile de la commencer par une bonne confession jointe a une contrition souveraine deses péchés, que Ton deman-
dera par l'intercession de la Sainte, et de la terminer par la sainte communion.
Si le lieu oü l'on réside n'est pas trés éloigné d'une église qui possède un au tel dédic a la sainte; ou une statue représentant son image, il sera trés louable de s'y rendre et d'y faire brüler un cierge en son honneur.
Une aumóne en faveur des pauvres ou des fréres de sainte Marguerite employés dans les Missions, si Ton est a même de la donner, pourra contribuer a se rendre la Sainte favorable (i).
PREMIER JOUR
Invocation. â Failes., Seigneur, que la grace de l'Esprit-Saint éclaire nos ames et enflamme nos cocurs pendant que, pros-ternés aux pieds de Votre Infinie Majesté, nous allons méditer sur les vertus de votre grande Servante.
(1) La procure des Missions fi'ancit=caines pe trouve,rue des Fourneaux S3, Paiis-Vaugirard.
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Consideration. â Conversion de sainte Marguerite.
Considérons comment la Sainte, blessée au cceur par la perte de celui qui avait cause sa chute, et éclairée par la lumière divine, comprend la laideur du péché et : ses conséquences funestes : séparation de
son Dieu, dangers pour son ame, grandeur du mal par la révolte de la créature contre la bonté infinie de son Créateur, i mépris des soulTrances du Sauveur, etc...
i Elle commence aussitót a pleurer amère-
ment ses fautes et a les confesser avec un repentir sincere. Comme marque de véri-table contrition, elle abandonne les riches-ses et les vains ornements du siècle et s'éloigne du lieu, témoin de ses scan-dales. â
A sonexemple, prenonsdès aujourd'hui i la ferme résolution de fuir les occasions
t qui nous font tomber dans le péché; puri-
fions notre conscience par un complet et , sincereaveu de nos fautes, et, si nous avons
: | eu la faiblesse de tomber dans le péché mortel, ne cessons de pleurer toute notre vie ce malheur.
-58-Prière
3 Pater noster, etc. 3 Notre Père, etc. 3 Ave, Maria, etc. 3 Je vous salue. 3 Gloria Patri, etc. 3 GloireauPère, etc O Seigneur Jésus-Christ, vraie lumière du monde, dissipez les ténèbres de mon esprit, afin que je puisse connaitre tous mes péchés. Quand je les aurai connus, ac-cordez-moi, par les mérites de sainte Marguerite, la force nécessaire pour les bien confesser, une douleur profonde de les avoir commis, et surtout leur entière remission. Ainsi soit-il.
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Répons en l'hoxneur de sainte Marguerite
|
O Margarita poeni-f tens, Patrata qua; fles cri-[mina, Tuas sequamur la-I crymas, Viam secuti lubri-fcam. |
O Marguerite pé-nitente, qui pleurez amèrement vos péchés, obtenez-nous la grace de pleurer les nótres, puisque nous avons imité vos fautes. |
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Nos poenitentes as- [ pice, Et corda nostra per- f cute Dolorecordisintimo, Christi superno mu-[nere. Constanti am ore [Numinis, Flagras et igne per-[peti, Candescis, o virgi-[ neis, Inserta digne flori-[bus. Nos poenitentes,etc. Gloria Patri, etc., Nos poenitentes, etc f. Ora pro nobis, beata Margarita. Ut digni efficia-mur promissionibus Christi. Oremüs Deus, qui famulam tuam Margaritam de perditionisviaad sa- |
Du haut du ciel, voyez notre repen-tir; priez notre di-vin Sauveur d'araol-lir ia durelé de nos coeurs et de les bri-ser de componction par sa grace. L'amourenüatnmé et constant de Jésus vous donne la pureté du lis et vous place a juste titre dans ie céleste choeur des Vierges. Du haut du Ciel.. Gloire au Pere etc. Du haut du Ciel.. f. Priezpournous, Sainte Marguerite. lï. Afin que nous devenionsdignes des promesses de Jésus-Christ. Prions O Dieu, qui par votre miséricorde avez retiré votre ser- |
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lutis tramitem mise-ricorditer deduxisti, eadem nobis misera-tione concede; ut quam prius erran-tem sectari non eru-buimus, mox pceni-tentem impigre se-qui gloriemur. Per Christum Dominum nostrum. |
vante Marguerite de la veie de perdition pour la ramener dans !e sentier du salut, daignez user envers nous de la même mi-séricorde et accor-dez-nous la grace de mettre notre gloire a imiter avec ardeur la pénitence de celle dont nous n'avons pas rougi d^imiter lesfautes. Nousvous en prions par J .-C. N o tr e-Se i g neur. Ainsi soit-il. |
DEUXIÃME JOUR
Invocation. â Faites, Seigneur, etc...
Consideration. â Amour de Marguerite envers Dieu.
Considérons comment sainte Marguerite, après avoir connu l'extrême laideur du péché et l'incomparable beauté de la Di-
vinité, nê veut plus vivre que pour Dleil. Elle ne se tranquillise que lorsqu'elle a appris de son Sauveur que ses péchés lui ont étépardonnés,paree qu'a Timitationde Madeleine, elle a beaucoup aimé. Dans un transportd'amourellevajusqu ademander au Seigneur d'etre accablée par la maladie, afin que son corps ne soit plus pour elle une occasion de chute. Ce n'est pas tout, pour vivre plus unie a üieu elle s éloigne de la compagnie des genj du siècle et se retire dans une miserable masuie, oü le démon jaloux cherche a la troubler, sans y parvenir; Tamour de Margueiite pour son Sauveur triomphe de tout.
En présence de l'amour si ardent de sainte Marguerite, rougissons d aimer Dieu si faiblement et d'etre si souvent disposés a nous en séparer pour un vain plaisir. Prenons la resolution d étre plus iidèles a lui donner des preuves de notre amour, en sacrifiant tout ce qui pounait étre pour nous une occasion de le perdre.
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pr ik re
3 Pater Noster, etc. 1 7 Notre Père, etc. â¢3 Ave, Maria, etc. -5 Jevoussalue, etc. j Gloria Patri, etc. j 3 Gloireau Père etc.
O mon doux Sauveur, qui méritez seul d'etre aimé et de posséder entièrement noire coeur, accordez-nous par les mérites de sainte Marguerite la grace de connaitre comme elle vos beautés divines, de nous y attacher, et d'être disposés a lout sa-crifier, honneur, richesses, et mème noire vie, plutót que de nous séparer de vous, qui êtes le seul et veritable bien. Ainsi soit-il. Répons, comme au premier jour.
TROISIÃME JOUR
Invocation. â Faites, Seigneur, etc. Consideration. â Esprit de pénitence de sainte Marguerite.
Considérons avec atlention riilustre Sainte demandant avec instance l'habit du
Tiers-Ordre de notre Père saint Francois pour pouvoir pratiquer la pénitence d'une manière plus parfaite. Ce but attaint, die veut absolument devenir one victime d'ex-piation. Elie s'impose un régime de vie rigoureux, un jeüne perpétuel, passant quelquefois plusieurs jours sans manger et se contentant du pain Eucharistique. Pour payer les grandes dettes qu'elle avait contractées envers la justice divine, elle ne cessait de mortifier son corps, par la privation de sommeil, par de rudes disciplines et autres grandes pénitences.
Devant de telles austérités, o chrétien frivole, apprends de sainte Margueri'te a mortifier ton corps si rebelle et si amateur de lui-même. Prends la ferme résolution de garder strictement la loi du jeüne et de l'abstinence, imposée par I'Eglise dans un esprit de pénitence, et de n'accorder a la faible nature que ce qui est nécessaire pour sa conservation.
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Prièhe
3 Pater Noster, etc. i 3 Notre Père, etc. 3 Ave Maria, etc. I 3 Je vous salue, etc. 3 Gloria Patri, etc. I 3Gloire au Père, etc.
O mon Seigneur Jésus, voyeza vos pieds un pécheur qui, pour avoir trop obéi aux exigences de son corps mortel, a vécu en homme charnel, plutót qu'en chrétien pé-nitent. Plein de regrets, il vous supplie de lui accorder, par les mérites de sainte Marguerite, la grace de vaincre sa nature rebelle, de la tenir en servitude et de ne jamais transgresser vos lois ni celles de l'Eglise, par respect humain ou par négli-gence. Ainsi soit-il.
Répons, comme au premier jour.
QUATRIÃME JOUR.
Invocation. â Faites, Seigneur etc.....
Consideration. â Patience de sainle Marguerite.
Considérons comment notre Sainte,
aidée de la grace, devint en peu de temps un modèle de patience admirable, elle souffre san? se plaindre, sans même laisser échapper un mouvement d'impatience, les persécutionset les calomnies des hommes. Les uns latraitent d'hypocrite, d'insensée; les autres affirment que sa sainteté n'est pas veritable, que ses révélations ne sont que lefait de son imagination; ses abstinences et ses jeünes sont révoqués en doute. Le mépris et la haine vont si loin que Marguerite ne peut plus paraitre dans les rues sans être insultée et poursuivie par ceux qui la vénéraient auparavant. Notre héroïne, au lieu de selaisserabattre, souffre tous ces maux avec une patience inaltérable, remerciant le Seigneur de les avoir permis et le priant de les augmenter, si telle était sa volonté.
Apprenons de sainte Marguerite a souf-frir avec résignation les médisances et les calomnies, dont le prochain pourraitnous accabler, en expiation de nos péchés el pour donner une preuve de notre amour a Jésus qui, pour nous racheter voulut, quoique innocent, passer pour criminel.
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[ Prière |
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3 Pater noster, etc. 1 3 Notre Père, etc. 3 Ave Maria, etc. j 3 Je vous salue, etc. 3 Gloria Patri, etc. 1 3 Gloireau Père, etc. 0 glorieuse sainte Marguerite, qui au milieu des épreuves, n'avez point perdu patience, et avez gardé le calme au temps de l'affliction, obtenez-nous la grace de supporter en paix et avec résignation tous les maux qu'il plaira au Seig-neur de nous envoyer. Ainsi soit-il. Répons, comme au premier jour. |
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C1NQUIEME JOUR |
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Invocation. â Faites, Seigneur, etc... Consideration. â Charité de sainte Marguerite envers le prochain. Considéronsnotre Sainte pratiquantcette belle vertu si recommandée par Jésus-Christ. A peine s'est-elle donnée a Dieu, qu'elle s'occupe a soigner les infirmes, les vei 11e, jouret nuit, et obtient même du | ||
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Seigneur la guérison des malades déses-pérés. Pour subvenir aux besoins des pauvres, elleva deporteen portedemander I'aumone, elle transforme sa maison en hópital pour les mieux soigner. Mais ce qui la distingue particulièrement,c'est son zèle pour la conversion des pauvres pé-cheurs, elle exhorte avec douceur les uns a quitter le vice; elle menace avec force les rebelles des chatiments éternels ; elle prêche a tous l'immense bontéde Dieu qui accueille toujours un cceur contrit et hu-milié;a l'exemple du Sauveur elle s'offre comme victime pour apaiser la colère divine prête a sévir contre les injustes per-sécuteurs.
Apprenons de Marguerite è aimer notre prochain selon le précepte de l'Evangile; prenons la résolution dele secourirdans ses nécessités sprituelles et corporelles. Si nous avons a nous plaindre de nos frères, rendons-leur, al'exemplede Jésus-Christet desainte Marguerite, le bien pour le mal et prions Dieu de leur pardonner leuis pé-ches.
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Peière
3 Pater noster, etc ^ Notre Père, etc... â¢5 Ave, Maria, etc. 3 Je vous salue, etc. 3 Gloria Patri, etc. 3 Gloire au Père, etc.
O Seigneur Jésus, qui sur Ie Calvaire nous avez enseigné Tamour du prochain en mourant pour nous, misérables pé-cheurs, et le pardon des injures en priant pour vos bourreaux, accordez-nous par les mérites de sainte Marguerite, Ia grace d'aimer nos frères, de leur faire tout le bien qui dépendra de nous et de ne jamais tirer vengeance du tort qu'ils auraient pu nous causer. Ainsi soit-il.
Répons, co mme au premier jour.
S1X1EME JOUR
Invocation. â Faites, Seigneur, etc... Considéra-Tion. â Esprit deprière de sainte Marguerite.
Considérons notre sainte passant en oraison plusieurs heures du jour et une
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grande partiede la nuit. Laméditation des différentes phases de la passion de Jésus-Christ, a l'exemple de saint Francois, fai-sait son bonheur. Elle n'avait qu'un dé-sir, celui de s'entretenir continuellement avec son Sauveur, aussi s'écriait-elle avec joie : « Seigneur, vous faites les délices de ma vie. «SainteMargueritejoignaita la mé-ditation des prières vocales en Thonneur de la sainteTrinité, de la Bjenheureuse Vierge Marie, de saint Francois pour le soulage-ment des ames dupurgatoire qu'elle aimait tendrement. Elle assistait aussi tous les jours èc plusieurs messes afin^ de procurer a la Divinité une gloire très grande, et pour pouvoir lui oftrir une satisfaction infinie.
Rougis, Chrétien, en voyant la ferveur de Marguerite pour l'oraison, exercice si nécessaire pour le salut, rougis de ta né-gligence a t'entretenir avec ton Dieu pour lui demander ses graces. Prends aujour-d'hui la résolution de ne pas laisser passer unjour sans remplir le devoir essentiel de la prière, et, a l'exemple de ste Marguerite, d'entendre lamesse le plus souvent possible, et surtout de n'y jamais manquer les jours d'obligation.
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PlilÃRE
-3 Pater noster, etc 3 Notre Père, etc.. 3 Ave Maria, etc... 3 Je vous salue, etc. 3 Gloria Patri, etc. 3 Gloireau Père, etc.
O Seigneur, qui avez bienvoulu nous ap-prendre a prier après nous en avoir fait un précepte, accordez-nous par les mérites de votre illustre pénitente, la grace de nous corriger de notre négligence a remplir le devoir de la prière, et d'être bien convaincus que, si nous y sommes fi-dèles nous deviendrons de fervents chré-tiens, dignes du bonheur éternel. â Aind soit-il.
Répons, comma au premier jour.
SEPTIÃME JOUR
invocation. Faites Seigneur, etc... consideration. â Humilité de sainte Marguerite.
Considérons notre Sainte, enrichie de
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dons surnaturels et favorisée de visions célestes, recevant l'assurance du pardon de ses péchés et ayant le bonheur d'étre appelée par Jésus-Christ : temple oü il habite, vase trés pur, fille chérie, épouse bien-aimée, qui sera placée parmi les Vierges. Malgré ces faveurs, Marguerite ne craint pas de se declarer la plus vile fifgt;° creatures, digne des plus grands cha-lents. Elle pleure sans cesse ses péchés; .â¢11e les confesse publiquement; elle s'ap-pelle pécheresse,miserable et scandaleuse.
Imitons Thumilite de cette Sainte ea supportant les petiles humiliations que le Seigneur nous envoie; regardons-nous comme des creatures indignes de la misé-ricorde divine. Que la vertu d'humilité soit, non seulement dans nos cceurs, mais aussi qu'elle paraisse dans toutes nos actions. Ne nous enorgueillissons jamais du bien qu'ü plairait au Seigneur d'opérer par notre entremise, mais attribuons-le a son divin auteur.
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Prièrb
3 Pater noster, etc. 17 Notre Père, etc... 3 Aye Maria, etc. -j je voussaliie,etc.. 3 Gloria Patri, etc. GloireauPère, etc.
O mon Sauveur, qui, en vous faisant homme et en mourant sur la croix comme un criminel, nous avez donné un si grand exemple d'humilité, accordez-nous^ par les mérites desainte Marguerite, d'etre bien pénétrés de notre faiblesse et de notre in-capacité pour le bien. Aidez-nouspar votre graceatenir toujours en respect nos es-piits si disposés a I'orgueil, afin que nous soyons vraiment humbles sur la terre et que nous méritions d'etre unjour, selon votre promesse, élevés dans les cieux. A in si soif-il.
Répons, comme. au premier jour.
HU1TIEME JOUR
invocation. â Faites, Seigneur, etc.. consideration. â Devotion deSte Marguerite envers la sainte Eucharistie.
Considérons notre Sainte se tenant en présence du Dieu Eucharistique et se dis-posant a le recevoir. Pénétré d'une foi vive embrasée d'amour etplongée dans la contemplation de ce mystère adorable, elle paraissait hors d'elle-même et étrangère aux choses terrestres. Adorer son Sauveur présent dans le Saint-Sacrement, Ie bénir, lui témoigner son amour, s'unir a lui en désir eten réalitéétaittoute saconsolation. Tombant en extase quand elle l'avait re(;u elle s'écriait avec bonheur : « Oui, Jésus, vous êtes mon espérance, ma vie, l'ame de mon ame.
Apprenons de notre Sainte a avoir un grand respect pour la sainte Eucharistie. N'imitons pas l'exemple de ceux qui, par un respect mal entendu ou parfroideur, fuient cette nourriture préparée pour notre ame. Aimons a visiter souvent les lieux oü Jésus repose dans l'hostie. Préparons-nous amp; l'exemple de la Sainte, a le bien recevoir, non seulement a Paques mais encore dansl'année, et, lorsque nous I'avons requ dans nos cosurs, recueillons-nous et en-tretenons-nous avec lui.
PfUERE
3 Pater noster, etc. 3 Notre Père, etc... 3 Ave, Maria, etc... 3 Jevous salue, etc. 3 Gloria Patri, etc. 3 Gloireau Père, etc.
Seigneur, qui, sous le voile del'Eucharistie, nous avez laissé le souvenir de votre Passion engage de votre charité infinie, accordez-nous paries mérites de sainte Marguerite la grace d'avoir un ardent amour pour votre Corps sacré, et votre Sang pré-cieux, afin que par eux nous obtenions la vie éternelle.
Répons, comme anpremier jour.
NEUVIEME JOUR
Invocation. â Faites, Seigneur, etc...
Consideration. â Mart heureuse de sainte Marguerite.
Considérons notre Sainte, qui, après avoir été comblée de faveurs insignes : extases, esprit de prophétie, grace de pé-
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nétration des cceJrs, apparition de plu-sieurs saints, entretien avec les anges, conversations intimes avec son Sauveur, recjut de ce Dieu bien-aimé Tannonce de sa mort prochaine et de son départ pour le ciel oü elle devait être placée parmi les Vierges. Admirons avec quel soin elle se prépare a ce passage terrible pour les pé-cheurs, mals si doux et si désiré par elle, recevant avec une foi vive et pénétrée de douleur une dernière absolution de ses péchés et le sacrement de l'Extrême-Onction. Elledemande,a tous ceux qui Ten--tourent, pardon de ses scandales, les prie de s'unir a elle pour remercier le Seigneur de sa divine miséricorde et leur donne ce conseil si salutaire ; « Mes enfants, la « veie du salut est facile, aimez Notre-« Seigneur Jésus-Christ ». Puis elle re-Qoit 1c Viatique sacré et s'envole au ciel le sourire sur les lèvres et la Pgure rayon-nante, accompagnée de la Vierge Im-maculée, d'esprits celestes ec d'un grand nombre d'ames délivrées du purgatoire a cette occasion.
Chretiens, réjouissons-nous de cette belle et désirable mort. Prenons la réso-lution, salon les conseils de la Sainte, de travailler a noire salut, en aimant par-des-
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sus toutes choses Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'est ainsi que nous mourrons au monde et au péché, et plus tard, si nous sommes fidèles a nos résolutions, nous aurons Ie bonheur d'aller reioindre dans le ciel l'illustre pénitente de Cortone.
Pbière
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3 Pater noster, etc. 3 Ave Maria, etc. 3 Gloria Patri etc... |
3 Notre Père, etc... 3 Je voussalue,etc. 3 Gloireau Pere,etc. |
O sainte Marguerite, qui par vos péni-tences et surtout par votre amour pour Jésus-Christ, avez obtenu le don précieux de la béatitude éternelle, jetez des regards favorables sur ceux qui vous implorent. Obtenez-leur la grace de passer le reste de leur vie dans la pratique de lapénitence chrétienne afin que, vivant entièrement pour Dieu,ils puissent,a l'heure delamort, allervous rejoindredansleciel. Ainsisoit-il.
Répons, comme au premier jour.
LITANIES
DE
SAINTE MARGUERITE Pour la récitationprivée
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, écoütez-nous.
Christ, exaucez-nous.
Père céleste,qui êtesDieu, ayez pitié de nous.
Fils, rédempteur du monde, qui ètes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité sainte, qui Ãtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie immaculée, retuge des pe-cheurs, priez pour nous.
Saint Michel, protecteur de l'Ordre séraphi-que, priez pour nous.
Saint Joseph, trés digne époux de Marie, priez pour nous.
Saint Francois, fondateur de troisOrdres, priez pour nous.
Sainte Marguerite, pénitente du troisième ordre, priez pour nous.
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Sainte Marguerite, gage de miséricorde, priez pour nous.
Sainte Marguerite, assurance de pardon, priez pour nous.
Sainte Marguerite, fille bien-aimce du Père, priez pour nous.
Sainte Marguerite, épouse chérie du Fils, priez pour nous.
Sainte Marguerite, temple éblouissant du Saint-Esprit, priez pour nous.
Sainte Marguerite enfant privilégiée de Marie, priez pour nous.
Sainte Marguerite , imitatrice fidéle de saint Francois, priez pour nous.
Sainte Marguerite, protectrice des pécheurs, priez pour nous.
Sainte Marguerite, ressource des dcsespérés, priez pour nous.
Sainte Marguerite, consolatrice des affligés, priez pour nous.
Sainte Marguerite, mere des pauvres, priez pour nous.
Sainte Marguerite, modèle de penitence, pour nous.
Sainte Marguerite, fontaine de larmes, priez pour nous.
Sainte Marguerite, fieur d'humilité, priez pour nous.
Sainte Marguerite, vase de componction, priez pour nous.
Sainte Marguerite, fournaise d'amour, priez pour nous.
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Sainte Marguerite, trésor de graces, priez. pour nous.
Sainte Margnerite, amante du Calvaire, priez pour nous.
Sainte Marguerite, victime du remords, priez pour nous.
Sainte Marguerite, terreur des démons, priez pour nous.
Sainte Marguerite, amie des Anges, priez pour nous.
Sainte Marguerite, semblable aux prophètes par la conn aissance des choses cachées, priez pour nous.
Sainte Marguerite, semblable aux apótres par la vivacité de voire foi, priez pour nous.
Samte Marguerite, placéeau rang des Vierges dans le ciel, priez pour nous.
Sainte Marguerite, semblable aux Martyrs par la patience, priez pour nous.
Sainte Marguerite, élevée parmi les Séra-phins, priez pour nous.
Sainte Marguerite, protégeant tous ceux qui recourent a vous, priez pour nous.
Sainte Marguerite, je vous choisis pour mon avocate, priez pour moi.
Sainte Marguerite, sans vous je me décou-ragerais, priez pour moi.
Sainte Marguerite, je remercie Dieu devous avoir connue, priez pour moi.
Agneau de Dieu qui avez efface les péchés de Marguerite, pardonnez-nous, Seigneur-
â 8o â
Agneau de Dieu, qui désirez effacer les notres, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui avez employé Marguerite pour effacer ceux d'un grand nombre, ayez piiié de nous, Seigneur.
v. Priez pour nous, glorieuse et sainte Pé-nitente,
k. Afin que tous nos péchés nous soient pardonnés.
Oraison
O Dieu, qui par votre miséricorde, avez retiré voire servante Marguerite, de la voie de perdition, pour la ramener dans le sentier du salut, daignez user envers nous de la même miséricorde, et accordez-nous la grace de mettre notre gloire a imiter avec ardeur la pénitence de celle dont nous n'a-vons pas rougi d'imiter les fames. Nous vous en prions par Jésus-Christ, Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.
Paris. â Imp. Tequi,. 92, rue de Vaugirard,