CONGRES INTERNATIONAL
D'AGRICÃITÃRE
TENU A
La Haye du 7 au 13 Septembre 1891,
FAISANT SUITE
a celui de Paris en 1889.
C O jNV PT E-RENDU.
TOIVTE II.
LA HAYE, BELINFANTE FRERES. 1892.
TABLE DE8 MATIE RES
DÃ TOME SECOND.
I. PROCES-VERBAUX DES SÃANCES GENERALES
DU CONGRES.............page 1
II. RESOLUTIONS ET V(EUX DU CONGRES.
Première section. Enseignement agricole.......â 10
Deuxième ,, Institutions de crédit et de prévoyance
dans les campagnes........l;j
Troisième .. Industries agricoles....................14
Quatrième ,, (Questions agricoles techniques ...... K!
Ciuquième ,, Economie rurale.........â 17
Sixième â (Questions legislatives..................lil
Septième â Organisation definitive des Congres agricoles futurs...........â â¢gt;â¢gt;
Kèglement....................................2.'l
III. FÃTES ET EXCURSIONS
Reception officielle du Congres par le collége municipal
de La Haye. (i septembre.............
(iardenparty a Clingeudaal. 8 septembre.......â .'!1
Banquet du 10 septembre.............................'!2
Concert au Jardin Zoologique. 11 sept.....................il
Visite a 1'exposition de la Société Hollaudaise dquot;Agriculture a Alkmaar. 12 sept............................â¢quot;gt;!
Diner du Ministre de Waterstaat. 12 sept..................42
Excursion k Frederiksoord. 13â14 sept..................4;!
Visite a la prise d'eau de La Haye. 15 sept......Iii
IV. RAPPORTS PRÃL1MINAIRES.
Première Section.
Enseignement agricole.
^l. K. Tisskkam). Rapport sur 1'enseignement airricole
en France...............Sect, la p. 1 â14
MM. L. Brokkejia et Van Dam. Ktablissements (['instruction agricole.............â â 1â7
i
M. W. A. Viruly veriikugfii:. Ecoles d'hortieulture. Sect, lb p. 1â 3
M. (t. Reinders. Champs d'expérience et de demonstration 1c â 1â !t
M.Jacob Eriksson. â â â â ,, â â 1â 4 M. Adoi.k Mayer. La repression de la falsification des engrais et des autres matières premières de l'économie
rurale................â ld â 1â10
Deuxieme Section.
Institutions de crédit et de prévoyance dans les campagnes.
M. 's Jacob. Credit agricole..........Sect. 11a p. 1â42
M. M. 1 i'ardit. Organisation legislative des associations
cooperatives agricoles...........â lib ,, 1 â1.'{
M. Hertel. Crédit agricole en Danemark.....â 11a â 1â⢠5
M. Gomoï. L'assistance publique dans les campagnes . â Uc â 1â 4 M. A. J. E. A. Bik. Qnelqnes annotations sur 1'agri-
culture dans les Indes Orientales.......â â â 1â .quot;)
Troisièmc Section.
Industries agricoles.
M. Th. J. Waller. L'industrie laitière.....Sect, lila p. 1â 2
M. B. Böggild. Le payement du lait selon la qualité â â ,, 1â17 Société d'Agriculture de Gueldre et d'Overyssel. Ãcole
laitière ambulante............â â ,, 1â 2
M. H. Goldschmidt. De l'élevage des bètes a lait en
Danemark et a l'étranger.........,, Illb â 1â-13
M. E. van den Bosch. Ãlevage du bétail . . . . â â â 1â 6 M. Cu. Haccius. Communication concernant la tuberculose du bétail............â â â 4â 3
M. O. Pitsch. Production des betteraves.....â Illc â 4â42
Quatrième Section.
Questions agricoles techniques.
M. J. dk Koning. Drainage et irrigation artiticielle;
desséchement des polders..........Sect. I Va p. 4-â24
M. A. de Llaurado. Projet de loi de secours aux
entreprises de canaux et réservoirs d'irrigation . . â â â 1â42 M. Loi is Masson. Emploi des matières fécales et des
1
Ill
eiiux d'ógout des gran des villes......... 1V1gt; p. 1 â17
Jl. A. Hess. Sur les irrigations par les eaux flnviales â IVa â 1â12
M. Tn. S'i'ANfi. Les prises d'eau dans les dunes. . . â â â 1â 4
Cinquième Section.
Economie rurale.
M. Jules Bknaru. Rapports entre le propriétaire et l'exploitant dn sol. Contrats de hail a ferine et de
metayage...............Sect. V'a p. Iâ10
M. ]e Baron d'Alm.nis de Bourouu.l, idem ...... â â 1â17
M. H. M. Hartoc. Le bail mobile......... â i, 1ââ â '
M. A. M. J. Bake. Transport ii bon marché des denizes agric oles etc. et tarifs intern........ Vb â 1â14
M. L. Masson. IX'sinfection des wagons ii bestiaux . ,. â â 1â '6
M. J. Stoffel. Nationalisation du sol......,. Vc â 1â11
JI. Benno Martiny. â â â......â â â 1â !â¢
Sixième Section.
Questions législatives.
M. E. Oustalet. Protection des animaux utiles, destruction des animaux et cryptogames nuisibles.
Mesures de legislation internationale a prendre pour
atteindre ces buts............Sect. Vlb p. 1â20
M J. Ritzema Bos, idem..........,. â â 1â23
M. P. Sorauer, idem..... ......â â â 1â-13
51. E. Rastrup, idem...........â â 4â ö
M. A. Paisant. Travail des enfants dans les campagnes â Vic ,. 1â11 M. A. Sassen. Transfert de la propriété sans frais
exagérés...............â VId â 1â 2
Sep Heme Section.
M. Henrv Sagmer. Organisation definitive des Congres
agricoles...............Sect. VJl ]). 1â11
1
I.
PROCESVEEBAUX
dics
SÃANCES GÃNÃRALES.
Lundi 7 seplembre 1891.
M. Mkli ne conformément au règlement ouvre la séance; après avoir rappelé les origines du Congres qui se tient a La Have, 11 insiste sur l'utilite que présente, surtout en matière agricole. ces réunions internationales.
II indique ensuite les motifs qui ont fait choisir les Pays-Has pour la siège du Congres et 1c dévouement rare avec lequel le Comité exécutif, présldé par M. Bauduin a rempli sa tache et a tout organisé; au nom du Congres 11 exprime a l'honorable président toutes ses felicitations et toute sa reconnaissance.
]\I. Méline termine, en témoignant sa gratitude au Gouvernement néerlandais, pour 1'empressement, avec lequel 11 a accueUll le Congres et pour le concours dévoué qu'il lui a porté.
11 propose ensuite a 1'assemblée de nommer M. Bauduin président définitlf.
La parole est a ]\L Lely, Ministre du Waterstaat.
M. le Ministre du Waterstaat souhaite au nom du Gouvernement la bienvenue aux membres du Congres et les assure de la sympathie que les pouvoirs publics éprouvent pour l'oeuvre entreprise par lui.
II remercie M. Méline des paroles sympathiques qu'il a adressées au Gouvernement néerlandais; il le remercie égale-ment d'etre venu jusqu'a La Have; sa présence devant con-tribuer a la bonne réussite du Congres.
M. B AUDUix, président du Comité exécutif, après avoir rappelé le talent et rimpartiallté avec lesquels M. Méline a présidé le Congres a Paris en 1889, propose de le choisir pour président définitlf.
M. Mkline remercie M. Bauduin, mals demande a rentrer dans le rang; 11 insiste pour (pie M. Bauduin accepte la présidence.
M. Baudüix déclaro qu'il ne saurait accepter la présidence du ('ongrès; a son avis la nomination de M. Méline s'impose. M. Méline est proclamé président du Congres.
II est ensuite procédé a la nomination de vice-présidents. 8ont désignés par acclamation;
M. Ie docteur Salmon . .⢠(Etats-Unis). â â Hess . . . (Allemagne).
.. Clarke......(Angleterre).
.. Cartumvei.s.....(Belgique).
.. Poenaro......(Roumanie).
Baudui.v......(Hollande).
â Sickesz.......(Hollande).
Sont ensuite nommés secrétaires généraux:
M. Tak dit......(France).
â Zillesen......(Hollande).
Le Congres désigne il titre de presidents provisoires des Sections;
Section 1 M. Tisseranü . . (Fr:ince)-
(Hollande).
(Italië).
(Espagne).
(Autriche-Hongrie).
(Russie).
(Suède et Nor vege).
â II ,, van Kerkwijk
III â Ohlsen . .
IV .. Llaurado .
V de Proskowetz
VI ,, Yermoi.off .
â VII â Baron Bonde
Sur la proposition de M. d'Hont le Congres décide de se réunir dans les sections aussitöt après que la séance de 1'as-semblée générale sera levée.
Cette proposition est adoptée.
La séance est levée a 10 heures et un quart.
M. Tardit.
Mercredi 9 seplembre 1891.
Présidence de M. Méline, Président du Congres.
La séance est ouverte a 2 heures 10 minutes.
M. Tardit, secrétaire-général, donne lecture du procés-verbal de la séance du 7 septembre, qui est adopté sans observations.
M. le President, pour faciliter les discussions, propose d'adopter les artt. 5, 9, 10, 11, 12 et 14 du reglement provisoire du Congres. (Adopfés snns observations).
M. Baiiduin fait une communication sur les conditions dans lesquelles s'est organisé le Congres de La Have.
M. Zillesen donne lecture d'une note relative aux travaux du Congres et les rapports qui lui ont été adressés des différents pays.
3
M. Soraüer fait nn rapport en Allemand snr les mesures a prendre pour la protection des animaux utiles et la destruction des animaux et cryptogames nuisibles.
M. Dupont traduit ce rapport en Francais.
M. lk President donne lecture des conclusions faisant suite au rapport et adoptée par la 6« section.
M. Tisserand propose d'ajouter a la fin du 8° voeu le paragraph e suivant;
et de défendre, d'interdire, la destruction de ces oiseaux, raême avec le fusil de chasse.
Après une échange d'observations entre M. le Président et M. Yermoloff ces voeux sont adoptés, ainsi que 1'amen-dcment de Tisserand.
M. le comte K o low kat dépose le projet du vteu suivant;
Le Congres recommande aux (rouvernements de donner une prime a la destruction des oiseaux rapaces.
II présente des observations orales a 1'appui de sa proposition.
Ce voeu mis aux voix est adopté.
M. Ohlsen demande que pour assurer la protection des oiseaux en général toute chasse soit interdite pendant un certain nombrc d'années, cinq ou six par exemple.
MM. Bieler, Battduin. Tisserand et Sagnier sont entendus sur la proposition de M. Ohlsen.
('ette proposition mise aux voix n'est pas adoptée.
M. van Hamel Roos, au nom de la première section, fait un rapport sur les falsifications des denrées alimentaires; ce rapport se termine par des voeux dont lecture est donnée.
M. le Président, MM. Bik, Ohlsen, de la Boëssière sont entendus sur ces diverses propositions, qui sont ensuite mises aux voix et adoptées.
M. le Président donne lecture des conclusions suivantes formulées par M. Maijer sur les falsifications des cngrais:
1°. Les stations agricoles, bien organisées pour le controle, présentent un moven des plus etticaces pour la répression des fraudes dans le commerce des engrais, des tourteaux, de semences et des autres matières premières de 1'économie rurale.
2°. Ces stations peuvent être énergiquement appuyées dans cette fonction par les sociétés agricoles, distribuées sur toutes les provinces des Etats et, dans cette vue, constituées comme des syndicats vie consommation. C'est ainsi qu'on peut réaliser souvent L'idéal du triomphe décisif dos marchandises garanties, malgré 1'admission des marchandises inférieures a la libre concurrence.
8°. Pourtant il est nécessaire de recourir en même temps a la législation spéciale pour la répression des fraudes.
Le premier voeu mis aux voix est adopté sans observations.
4
Sur le second vteu M. Tisseband donne des explications a la suite desqnelles il est décidé que le principe posé doit être admis. mais qu'il convient de remanier la redaction. Egalement sous réserve de la redaction le troisième voeu est adopté.
M. T audit, au nom de la seconde section, fait un rapport sur l'organisation législative des associations coopératives agricoles.
Après une discussion a laquellc prennent part, MM. Om.sen, de la Boëssjère, Yermoloff et M. le Président les deux premiers voeux sont adoptés sous la forme suivante;
1°. 11 est désirablo que l'Etat intervienne pour 1'exécution des travaux agricoles a exécuter en commun et intéressant la salubrité publique ou la défense du sol et de ses produits contre les calamités naturelles.
2°. Tja création d'associations agricoles doit étre favorisée dans la mesure du possible par les moyena dont peuvent disposer les gouvernements, les sociétés agricoles et les particuliers, s'intéressant réellement aux progrès et au déve-loppement de l'agriculture.
M. T ardit donne lecture du projet du voeu suivant:
â¢'iquot;. 11 appartient au législateur d'astreindre a raccomplisse-ment de certaines formalités générales et concernant notam-ment la publicité et la responsabilité des administrateurs, la création d'associations syndicales on sociétés coopératives agricoles. II conviendrait également de soumettre certains de leurs actes notamment les acquisitions a titre gratuit a des formalités ou approbations spéciales. Des régies particu-lières devront être édictées au cas oü ces associations se livreraient a des opérations iinancières, telles que caisses de retraite ou de secours mutuel entre agriculteurs, crédit agri-cole, etc.
MM, Ohlsen, SaCtNier et M. le Président sont entendus; il est décidé qu'une nouvelle rédaction plus précise sera présentée au Congres dans une de ses prochaines séances.
La séance est levée a ö heures et un quart.
M. Tardit.
Jeudi 10 seplembre 1891.
Présidence de M. Méi.ixe, Président du Congres.
La séance est ou verte a 2 heures 10 minutes.
M. Tardit, secrétaire, donne lecture du procés-verbal do la séance du il septembre. 11 est adopté sans observations.
.)
M. lis Président, après avoir donné communication d'une télégramme envovée au nom de S. M. la Keine Régente, exprime les respectueux remerciements et la profonde gratitude du Congres pour la haute bienveilliinee que Sa Majesté daigne lui témoigner.
M. ('onrad fait une conférence sur le régime hydraulique des Pays-Has.
M. Ãhlsen demande les détails aux différents points lt;|ui 1'ont particulièreraent frappé.
M. Conrad donne il M. Ohlsen les explications qu'il désire.
M. Ruijsch fait un rapport sur les épizooties.
Sont entendus sur la discussion générale M.M. Poenaro, n'HoNT, Biei.er, Ruijsch, Tisserand, M. i.e Président et M. Ruijsch.
11 est passé a la discussion des articles.
Sont entendus M. le Président, M.M. Tisserand, Bieler, Ruijsch, Cartui.tvei.s, Koi.owrat, Dei.lisse, Parker, Salmon et Yermoloff.
rgt;es articles l et 2 § 1 sont adoptés sans modifications.
Les paragraphes suivants mis aux voix sont adoptés avec quelques modifications de forme.
M. le Président donne lecture des vceux de la première section, relatif il 1'enseignement agricole. Ces vu-ux sont adoptés sous la seule modification qu'a 1'art. 5 les mots; âqui ont obtenu a 1'Institut agricole le diplome d'agronomequot;, seront remplacés par ceux-ci; âqui offrent des garanties nécessairesquot;.
Sont également adoptés un veen sur les écoles d'horticul-ture et sur l'enseignement professionnel a donner aux fer-mières.
M. le Président donne lecturc des vceux de la troisième section relatif a 1'industrie laitière.
T.es conclusions de la troisième section sont adoptées.
Sont également adoptées les conclusions faisant suite au rapport de M. Pitsch sur la culture de la betterave.
M. le Président donne lecture des deux vceux présentés 1'un par M. Bake, l'autre par M.M. Sickesz et Guérette et relatifs aux transport a bon marché des denrécs et engrais.
Ces vceux sont adoptés sans observations.
Sont également adoptés sans observations les conclusions présentées par M. Paisant sur le travail des enfants dans les campagnes.
M. Tisser and donne lecture de la nouvelle rédaction adoptée par la première section sur la question des fraudes des engrais.
La nouvelle rédaction proposée est adoptée.
La séance est levée a 5 heures 30 minutes.
M. Tardtt.
(;
Vendredi It septembre 1891, au matin.
Présidence de M. Méline, Président du Congres.
I.a séance est ouverte a 10 heures et un quart.
M. Tardit, secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la séance du 10 sept. 1891. J1 est adopté sans observations.
M. le President donne lecture d'un télégramme qui lui a été adressé au nom de Sa Majesté la Reine-Régente. II ex-prime ensuite ses sentiments de tres respectueuse gratitude pour le témoignage d'intérét que Sa Majesté prodigue au Congres international d'agriculture.
M. le Président donne lecture des vceux supplémentaires présentés par la première section et relatif aux fraudes des engrais.
11 sont acceptés sans observations.
M. le Président donne lecture des vceux de la première section relativement aux champs d'cxpérience.
Ces vu'ux sont adoptés sans observations.
Lecture est également donnée des conclusions delatroisiè-me section, sur l'élevage du bétail.
Les propositions de M. de Jong amendées par M. D'Hoxt sont adoptées sans observations.
Les conclusions des rapports de M. van den Hosch et mo-difiées par M. Frédéric d'Hont sont adoptées sans observations.
Est également adopté le vceu présenté par M. Harold Goldschmidt.
En ce qui concerne la tuberculose le premier vceu présenté par la section est adopté.
Sur le vceu de M. Hacoius relatif il la creation d'appareils spéciaux pour la stérilisation des viandes d'animaux atteints de la tuberculose sont entendus: MM. Kolowrat, Tisserand, D'Hont, Haccius, Rüysch, Dellisse, Bieler, Yermolofk,
van der straten-ponthoz, brAEKERS.
Le Congres adopte la rédaction présentée par M. le Président.
En ce qui concerne le vceu relatif aux canaux et tourbiè-res le Congres decide qu'il n'y a pas lieu de statuer par un vote la question soulevée qui a un caractère particulièrement scientifique. 11 décidc que les conclusions seront annexées au procés-verbal.
Les conclusions de la Vquot; section sur le vceu de M. Stoffel relatif a la nationalisation du sol sont adoptées a 1'una-nimité.
Est également adopté le vceu de la section VI relatif au droit de mutation qui frappe la propriété foncière.
Li séance est levée a midi.
M. Tai!i)it.
Vendredi 11 seplembre 1891, au soir.
Présidenee de M. Mkline. Président du Congrès.
La séance est ouverte a 2 lieures 10 minutes.
M. Ta rdit, secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la séance du matin. II est adopté sans observations.
M. Sagnier fait un rapport sur le reglement définitif des (quot;ongrès.
IjCS articles 1 a 10 rédigés par la commission sontadoptés par le Congres.
Sur Tart. 11 M. Ohlsen est entendu.
M. Sagnier, M. le Président, M. Ohlsen, M. Sagniek, M. Bouesco, Comte van der Straten présentent des observations sur eet article, qui mis aux voix est adopté, ainsi que 1'art. 1'2.
La nomination de la Commission internationale et le lieu de réunion du prochain Congres sont renvoyés a la séance de dimanche.
Les autres propositions de la V1IB section sont adoptées.
M. Holleman présente un rapport sur 1'utilité desmesures internationales pour hitter contra les falsifications.
M. de Marez Oyens, M. le Président et M. Tisserand sont entendus.
Le voeu proposé par la section est adopté.
M. le 1 JRÃsiiiENT donne lecture des voeux de la section V. sur les contrats de métavage.
m. le comte van der straten, mm. de marez OvENS, lt; )hlsen, Paisant, le Cojite van der Straten, Ohlsen, Tis-seiiand, m. le Président sont entendus.
M. le Président propose au Congres de donner mission a la Commission internationale d'étudier cette question et de preparer une étude complete pour le prochain Congres, auquel 1'afFaire serait renvoyée.
Cette proposition est adoptée.
M. le Président donne lecture d'un voeu sur 1'utilisation des matières fécales.
M. Braekers et M. Ohlsen sont entendus.
Le vceu mis aux voix est adopté.
M. le Président donne lecture d'une proposition de la IV» section sur le bon emploi des eaux tluviales pour 1'irrigation.
MM. Ohlsen, deLlaurado, Tisserand, sont entendus.
Le Congres adopte les articles 1 en 2, rejette Tart. 3 et adopte les articles 4 et ó qui deviennent les articles 3 et 4.
M. van Zuvlen présente un voeu supplémentaire. Après discussion et après une modification de rédaction, proposée par M. Bauduix, ce voeu est adopté.
Monsieur le Président donne lecture des projets de vreux relatifs au crédit agricole.
MM. Brakkers, Ohlsen, Bouesco, M. j.e Président sont entendus.
Sur le premier voeu une nouvelle redaction est proposée par M. Ie Président. Cette rédaction est adoptee.
M. le Président présente les observations sur l'articlc 2. M. Bouesco est entendu L'article mis aux voix est adopté.
Sur Particle 3 MM. Bouesco et Yermoloef présentent des observations. M. le President répond a M. Yermoloff.
II est décidé qu'on ajoutera a Particle les mot^: âautant que possiblequot;.
Sur Particle 4 M. le President propose un amendement a substituer a Part, proposé par la commission. L'amendement mis aux voix est adopté.
Sur Part. 5 sont entendus MM. Bouesco, Sassen, Dellisse, Hartog, Bouesco, Comte van der Straten, Ohlsen. Le projet de la commission mis aux voix est rejeté.
M. Bouesco fait une proposition relative au gage sans déplacement. M. le Président présente des observations. M. Bouesco est ensuite entendu.
La proposition de M. Bouesco tendant a décider que la question du crédit agricole est liée a celle du gage sans déplacement, est repoussée.
M. le Président donne lecture d'un vont de M. Jacohson sur la culture de 1'arbre a thé.
Sont entendus MM. Jacobson, Ohlsen, de la Boëssière, Yermoloff. Le Congres décide qu'il sera donné acte du vceu de M. Jacobson qui sera annexe au proces-verbal.
M. le President donne lecture d'une nouvelle rédaction du ')e voeu proposé par M. Tardit sur les sociétés coopéra-ves agricoles.
Ce vceu est adopté sans observations.
Le 41- vceu mis aux voix est également adopté sans observations.
Pa séance est levée a 5 beures et un quart.
M. Tardit.
Séance-Générale 13 sepletnbre 1891.
Présidence de M. Mi'xine, Président du Congres.
La séance est ouverte a 9 beures et un quart.
M. Tardit, secrétaire, donne lecture du procès-vcrbal de la séance du 11 sept.; il est adopté.
M. le President fait connaitre que la seconde section n'a pas statué sur la question de Passistance dans les campagnes. 11 propose au Congres cl'émettre un voeu favorable a la
question soulevée et de renvoyer a la (quot;omraission internationale l'examen approfondi de cette affaire qui sera soumis au prochain Congres.
(quot;ette proposition est adoptée.
M. le Président donne lecture des voeux de M. Jakob Eriksson sur les champs d'expérience et de demonstration.
Les voeux 1, 2 et 3 sont adoptés sans observations.
Sur 1'art 4 M. Tisserand est entendu. Sur sa proposition la redaction de eet article est modifiée.
Sur la proposition de M. Mkijne 1'art. ó est supprimé comme inutile.
Sur le reglement;
M. Sagnier propose de supprimer la limitation du nombre des vice-presidents de la Commission internationale. II propose également de dormer la présidence honoraire des Congres au Président du Congres et au Président du Comité exé-cutif du précédent Congres. (Adoptc.)
M. Sagnier donne lecture d'une liste de membres arrêtée par le bureau pour faire partie de la Commission internationale.
Lm liste proposée est adoptée.
II est procédé au tirage au sort par M. le Président; le n0. 9 étant sorti, il est décidé que les membres inscrits sur les numéros impairs sur la liste, dont lecture a été donnée, sortiront au prochain Congres.
M. le President ouvrc la discussion sur le lieu oü se réu-nira le prochain Congrès.
Sont entendus M. r.e Président, MM. Dei.lisse, Sagnier, Houesco, Poenaro, M. i.e Président et M. D'IIont.
fje Congrès décide de donner mandat la Commission internationale de désigner le lieu de réunion du prochain (quot;ongrès.
M. le Président prononce une allocution sur les travaux du Congrès et remercie de leurs précieux concours M. _Bau-duin et M. zlllesen.
M. Baüduin répond a M. Méline et remercie les gouverne-incnts, sociétés, savants et particuliers qui out coopéré a l'oeuvre du Congrès a la Haye.
M. le Ministre de France exprime le róle qui incombe au corps diplomatique pour 1'exécution des decisions du Congrès.
M. le Président remercie M. le Ministre de France.
M. le Comte van der Straten propose d'inscrirc la Société Hollandaise d'agriculture parmi les membres d'honneur du ('ongrès.
Cette proposition est adoptée par acclamation.
M. le Président prononce la cloture dc la réunion.
La séance est levee a 10 heures et demie.
M. Takdit.
II.
KI
RESOLUTIONS ET A'(EUX JU CONGRES. Section I.
ENSEIGNEMENT AGRICOLE.
a. ÃTABLISSEMENTS d'INöTRÃCÃION AGRICOLE.
Tome I p. 328â3H0.
1° 11 n'est pas désirable d'ajouter a l'onseigiiement de 1'In-stitut agricole de 1'Etat les branches de l'horticulturo et de la culture des arbres fruitiers.
2° L'Etat fera bien de créer des écoles pour 1'enseignement de ces branches.
8° La fondation d'écoles professionnelles et d'écoles d'hiver c.st d'une grande importance. 11 est désirable que leurs pro-fesseurs soient choisis autant (jue possible parrai les élèves diplömés de 1'Institut agricole de 1'Etat.
4° II est désirable que le gouvernement continue a insti-tuer des agronomes de 1'Etat, ou des professeurs d'agriculture dans les provinces.
5° Vu 1'importance et la diversité des devoirs des agronomes de 1'Etat, il est nécessaire que ces fonctionnaires soient secondés par des adjoints, qui ofi'rent des garanties nécessaires et choisis, en général parmi les person nes qui ont obtenu il rinstitut agricole le diplome d'agronomc.
6° Parmi les devoirs de ces agronomes-adjoints ou professeurs d'agriculture on comptera celui de tenir, dans les villages, des conférences popidaires, une ou deux fois par semaine pendant 1'hiver. lt; 'es conférences, adoptées au degré de dévcloppement des jeunes gens qui ont suivi le cours entier do l'école primaire, traiteront les sujets agricoles les plus importants pour les communes oü elles se tiendront.
7° L'enseignement agricole dans les écoles primaires élémen-taires doit être fait d'une faron simple, précise et appropriée aux enfants qui les fréquentent, 11 doit comprendre les notions les plus élémentaires sur la vie des plantes, sur les insectes, les oiseaux, sur leur róle dans la nature. II doit êtrc donné sous forme de le(;on de choses et le maitre doit s'attacher pour les exercises de lecture, d'écriture et dc calcul a choisir ses sujets dans les choses de l'agriculturc locale. Dans les promenades il doit moutrer aux enfants tout ce qu'il y a d'intéressant dans la. vie rurale de facon a leur
11
faire aimer la eanipagne et a les intéresser a la profession agricole. Dans les éeoles primaires supérieures 1'enseignement agricole doit revêtir la forme d'un cours complet avec pro-gramme approprié au lieu, a la nature et a 1'age des élèves ap'pelés a le recevoir.
8° II est désirable que 1'enseignement bactériologique et des laboratoires de bacteriologie dans leurs applications a l'agriculture soient fondés dans les écoles d'agriculture.
IjC Congres émet le voeu de voir se développer 1'enseignement professionnel agricole aux fermières.
Le Congres émet le voeu de voir encourager la publication de traités classiques, claires et pratiques, pour tons les degrés de l'enseignement, spécialement pour 1'enseignement primaire et moven.
Le Congrès met a l'étude en vue d'une prochaine réunion, l'ébora-tion d'un programme international des études agricoles supérieures, surtout en ce qui concerne la partie propaedeutique de ces études.
i). ÃCOLES D'HORTICULTURE.
T. I p. 08O.
Le Congrès est d'avis qu'il est urgent lt;iue des écoles d'hor-tieulturc soient fondées dans chaquc Etat avec un prograiume rédigé dans 1'esprit du rapport de M. Virulv Verbrugge.
c. CHAMPS D'EXPÃRIENCE ET DE DEMONSTRATION.
T. I {gt;. 33G.
1°. Le Congrès international émet le vohi qu'on développe dans chaque pays autant que possible les champs d'essai ou d'expérience et les champs de démonstration.
Les champs d'essai sont destinés a faire des recherches: les champs de démonstration servent a diviüguer les résul-tats obtenus et bien établis.
2U. Les champs de démonstration doivent être d'une étendue suffisante pour bien faire voir pratiquementlesrésultats obtenus.
Le Congrès émet le voeu, que dans les pays, oü il n'y a ))as de ministère spécial, le ministère, qui a les intéréts agricoles dans ses attributions, comprenne dans son litre la désignatioi! âde l'agriculturequot;.
ï. I 392â393.
II est désirable:
1°. que dans quelques stations agricoles, situées dans diverses parties de 1'Europe, il soit organise une section spéciale pour les études systématiques et biologiques do toi^tes les plantes cultivées de l'agriculture;
2°. que ces études soient poursuiviea autant que possible
â c'est-a-dire iivec lc^ restrictions que rendent nécessaires les divers rapports du climat et de la vegetation cultivée du terrain -â et dans toutes les stations selon les mêmes principes :
00. que los directeurs des stations s'assemblent tous les trois ans pour s'accorder sur les dits principes et sur les espèces de plantos qui devront être examinées pendant la prochaine période triënnale et pour élire un comité dirigeant pendant la même période;
4°. que chaque directeur soit chargé d'adresser au comité diri-geant un rapport sur les résultats des travaux de la station.
(I FALSIFICATIONS DES DENRÃES ALIMENT AIRES, ï. 1 ]). 277â2S5.
1. II est desirable qu'une convention internationale soit créée pour assurer une meilleure execution des lois existantes et a faire contre les falsifications des denrées alimentaires.
Cette convent ion aura pour principal objet, sans intervcnir directement dans la legislation des différents Etats contrac-tants, de dénoncer les délits de falsification commis dans ces Etats et d'assurer l'application stricte de leur législation spéciale a tous les auteurs et complices de ce délit.
2. En attendant e'est un devoir des conseils municipaux, de prendre des mesures nécessaires contre la ven te des aliments falsifies dans leurs communes.
3. II y a lieu d'exprimer le vceu que les gouvernements nomment des commissions spéciales pour dresser un rapport annuel sur les falsifications observées dans chaque pays et qu'il se fasse un échange mutuel de ces rapports.
4. II est désirable qu'il se constitue, sous un controle scientifique, des sociétés pour la vente de denrées alimentaires non-falsifiées.
5. II est désirable que des indications sur les principales falsifications des denrées soient enseignées aux écoles sous forme de legons de choses, et que des instructions populaires soient aussi répandues sur ce sujet.
d. FALSIFICATIONS DES ENGRAIS. T. I p. 285â286.
Parmis les mesures les plus propres a empêcher la fraude dos engrais commerciaux, des tourteanx et des somences, il faut placer en première ligne:
1. L'organisation des stations agronomiques, des labora-toires agricoles, qui peuvent dévoiler los fraudes et éclairor les cultivateurs sur la composition et la valeur réolle dos engrais, des tourteanx et des semences.
IL L'association des agriciüteurs pour 1'achat de ces matièros, laquelle permet d'exiger des complètes garanties
(les vendeurs et de faire faire, a frais comniuns, des analyses des fournitures.
Nonobstant le Congres estime, qu'nno loi spéciale est nécessaire pour réprhner et pnnir les frandes en ces matières.
Section II.
INSTITUTIONS DE CRÃDIT ET DE PRÃVOYANCE DANS LES CAMPAGNES.
a. CRÃDIT AGRICOLE.
T. i |). .quot;iTi)â3Sil.
1. II est desirable d'accorder aux agriculteurs des facilités de crédit mobilier.
II est utile que des dispositions législatives intervien-nent la, lt;gt;ü la loi civile pose des entraves a la commercialisation des billets.
3. II faut, autant que possible, laisser a 1'initiative indivi-duelle le soin de créer des institutions de crédit.
4. 11 est désirable que les banques de crédit agricole reposent sur le principe de la mutualité.
b. ORGANISATION LEGISLATIVE DES ASSOCIATIONS COOPERATIVES AGRICOLES.
T. I p. 286â299, 390â391.
I. 11 est désirable que l'Etat intervienne pour 1'exécution de travaux agricoles il exécuter en commun et intéressant la salubrité publique ou la défense du sol et dc ses produits contre les calamités naturelles.
II. Ija création d'associations agricoles doit être favoriséc dans la mesure du possible par les moyens dont peuvent disposer les gouvernements, les sociétés agricoles et les particuliers, s'intéressant réellement aux progrès et au déve-loppement de 1'agriculture.
III. II appartient au législateur d'astroindre il 1'accom-plissement de certaines formalités générales et concernant notamment la publicité et la responsabilité des administrateurs, la création de sociétés coopératives agricoles. II con-viendrait également de soumettre certains de lours actes, notamment les acquisitions a titre gratuit, a des formalités ou approbations spéciales. Des regies particulières dcvronl être édictées au cas oü ces associations se livrcraient a des operations linancières, telles que caisses de retraite ou de secours mutuel, crédit etc.
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IV. lies associations agricoles, se livrant a des operations de crédit ou de banque ne doivent pas étrc sonmises a la legislation de droit commun snr ces matiêres, mais seront l'olgt;jet des lois spécialcs répondant aux besoins particidiers dn crédit agricole.
c. ASSISTANCE PUBL1QÃE DANS LES CAMPAGNES
T. r p. 3!)2.
Mise a l'étude pour Ie Congrès de 1893.
Seoticxrx III.
INDUSTRIES AGRICOLES.
a. INDUSTRIE LAITIÃRE.
T. I 330â331.
1quot;. li'industrie laitièro ne peut répondre il l'exigence d'uni-iornaté de produit que par la production en grand.
quot;2°. Plus les établissements seront grands, plus ils répon-dront ii cette exigence, pourvu que le rayon d'ou ils tirent leur lait, ne soit pas trop étendu.
3°. Les résidus devront autant (pie possible retourner a ceux qui livrent leur lait aux fabriques.
4°. La qualité de la matière première (lait) a ime influence considerable sur les produits de 1'industrie laitière, mais la méthode de preparation est souvent plus importante encore.
0°. 11 y a lieu d'éclairer de plus en plus les producteurs et les fabricants sur les causes capables d'influencer la qualité des produits laitiers.
(5°. L'établissement de stations bactéorologiques, s'occupant spécialement des intéréts de la partie laitière, est désirable dans chaque pays.
Le Congrès considérant qn'il est désirable que les livraisons ile lait faites aux usines, soient payees en tenant compte, tant de la qualité que de la quantité, émet le vceu: de voir instituer des prix destinés a récompenser les chercheurs qui auront trouvé un procédé facile, pour faire dans les établissements de laiterie, rapidement et exactement, 1'analyse du lait au point de vue de sa richesse.
b. ÃLEVAGE DU BÃTMT-.
T. I ]). 336â338.
1 . Au point de vue pratique il faut attribuer aux deux animaux reproducteurs, male et femelle, une puissance béré-
(litairc égiile. Ce n'est qu'après une longue observation (ju'on peut attribuer a 1'un des reproducteurs une plus grande puissance héréditaire qu'a 1'autrc.
2°. II est ilésiralilc que les livres d'origine (herdbooks lt; t studbooks) signalent non seulement la description des animaux et les distinctions qu'ils ont remportées, mais aussi les qualités par lesquelles ils brillent, et en particulier la quantité et la qualité du lait produit par les vaches laitières.
3°. Non seulement le croisement, inois aussi 1'accouplement des produits de croisement entre eux (métissage) est, dans certains cas determines, d'une haute valeur pratique.
4°. La reproduction en consanguinité des grands animaux domestiques peut être fort avantageuse; cependant par les mêmes causes elle peut devenir pernicieuse.
5°. La connaissance de la composition chimique des aliments destines au bétail est nécessaire pour l'alimentation ration-nelle du bétail.
Le Congres émet le vceu:
1°. de voir les pouvoirs pulilics encourager de plus en plus l'amélioration de 1'élevage des animaux domestiques.
II signale notamment comme mesures, propres a atteindre ee ljut: 1'organisatiem des expertises officielies taut pour les animaux males que pour les animaux femelles; l'organisation de stationnements bien entendus d'animaux males. Et, pour ce qui concerne en particulier les vaches laitières, la modification des concours, de fagon que dans le jugement il soit tenu comptc autant que possible tant des qualités zootechniques de 1'animal, que de sa production en lait, en qualité et quantité.
2°. De voir les pouvoirs publics, les sociétés d'agriculture. les propriétaires, etc. faire connaitrc aux cultivateurs 1'im-portance de la comptabilité agricole au moyen de conférences, leeons ou tout autre moyen propice, et encourager par tons les moyens qu'ils possèdent, la tenue des livres en agriculture.
Le Congrès appelant 1'attention sur la résolution du rapport de M. Harold Goldsmidt met a l ordre du jour du prochain Congrès les conditions de l'élevage du bétail dans les divers pays.
c. CULTURES INDUSTRIELLES. - PRODUCTION DES BETTERAVES.
T. 1 p. 331â332.
1°. Le cultivatenr de betteraves doit s'efibrcer d'obtenir un grand rendement en sucre par hectare au moyen de betteraves d'une richesse en sucre relative.
2°. L'inHuence de la graine est indiscutable et entre dans une trés large proportion dans le résultat que 1'on obtient au point de vue de la richesse saccharine. Mais il faut ajouter
iG
que pour obtenir des betteraves, riches en snore, il faut égale-ment tenir corajite de la qimlite dn sol, employer des engrais appropriés et ne négliger auenn des soins de culture recom-mandes par 1'expérience.
3°. Les stipulations, limitant la liberté d'action du culti-vateur, sont aussi injustes que pen praticables. Elles sont en outre superflues, jtaree qne le fabricant ]gt;ent suffisamment s'assurer la culture do betteraves d'nn riohe rendement en sucre;
a. en refusant absolument les betteraves au dessous d'nn minimum de richesse;
h. en fixant pour les betteraves d'une richesse variable un autre prix, différant selon la valeur réelle des betteraves pour la fabrication. L'achat de betteraves par 100 kilo's sans stipulation du pour-cent de richesse en sucre, lors de la fixation du prix, est en general au detriment du cnltivateur, et ne snnrait être appronvé.
4°. Le Congres émet le voeu de voir los producteurs do betteraves ii sucre se réunir, pour soumettre aux fabrioants de sucre un modèle de contrat, qui tiendrait compte a la fois des intéréts réciproques des deux parties en cause.
Sootlon IV.
QUESTIONS AGR1C0LES TECHNIQUES.
a. DRAINAGE Eï IRRIGATION ARTIFICIELLE.
T. [ J). 374â37(5, 391.
1°. Tout secours aux entreprises d'irrigation doit porter dans sa signification et dans ses tendances 1'idée de fournir 1'eau a bon marché et d'olitenir la transformation des cultures dans le plus bref délai possible.
'1°. Dans les pays méridionaux de 1'Europe la seule manière eflicace, en general, d'encourager le développoment des irrigations (l'intérót public, consiste a, faire garantir par l'Etat une fraction plus ou moins importante du capital nécessaire a la realisation des travaux.
3°. L'Etat doit s'associer 1'intérêt individuel pour la con-stniotion des grands travaux d'irrigation, et ne doitsuppléer a oetto action que la, oü les efforts de celle-ci sont insufïisants.
4°. La question du progrès dans 1'utilisation des eaux llnviales au point de vue agricole ne igt;eut se résondro quo jtar la conciliation des deux parties en presence, d'une pari oeux qui fournissent 1'eau, d'autre part ceux qui peuvent en tirer profit.
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Dans tous les pays oü les Gouvernements croient ne pas devoir prendre eux-mêmes des soins efficaces pour les tra-veaux d'irrigation, il faut que 1'initiative privée trouve non seulement un bon accueil, mais encore de l'encouragement quand elle voudra se charger de cette tache.
Le meilleur moyen d'atteindre ce desideratum sera certai-nement d'étudier et de faire en chaque pays une loi tendant a ce but spécial.
b. EMPLOI DES MATIÃRES FÃCALES ET DES EAUX D'ÃGrOUT DES GRANDES VILLES.
ï. 1 p. 373â374.
Le Congres estime qu'il importe d'encourager les efforts tentés en vue de rendre les matières fécales de nos grands centres utilisables pour 1'agriculture sous les conditions les plus économiques et tout en les désinfectant, sans pertes de substances fertilisantes.
Seotloxi V.
ECONOMIE RURALE.
a. RAPPORTS ENTRE LE PROPRIÃTAIRE ET L'EXPLOITANT DU SOL. CONTRAT DE BAIL A FERME ET DE MÃTAYAGE
T. 1 p. 352, 370â373.
Après avoir voté la conclusion suivante:
Les conditions du fermage doivent être modifiées en vue d'augmenter la production, d'intéresser le fermier a 1'araé-lioration du sol et dc donner toutc sécurité a scs capitaux, le Congres a decide sur la conclusion suivante;
Que le fermier sortant, qui aura amélioré le fonds loué, ait droit, a défaut de convention spéciale sur ce point, soit a un capital, soit a une rente temporaire, qui correspond a un quote-part du surcroit do production et qui n'est pas soumise aux hypothèques, dont le fonds se trouve grevé, que la question serait renvoyée a la Commission internationale et mise a l'étude pour le prochain Congres.
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b. TRANSPORT A BON MARCHÃ DES DENRÃES AGRICOLES, DU BÃTAIL ET DES ENGRAIS, ET TARIFS INTERNATIONAUX DE TRANSPORT.
T. 1 ]). 332â334.
Vil:
1°. Qu'aux Pays-Bas les transports des denrées agricoles. du bétail et des engrais jouissent non-seulement des prix les plus favorables du tarif général, mals encore de taxes réduites, resultant de tarifs spéciaux et exceptionnels, créés presque toujours a eet effet.
2°. Que ces prix réduits ne sont pas seulement appliqués au trafic intérieur, mais servent aussi aux transports inter-nationaux.
3°. Que la loi sur le transport par chemin de fer dans les Pays-Bas perniet en outre 1'application de taxes en dehors des tarifs plubliés, pour les marchandises a expédier par quantités importantes ou en vertu de contrats pour le transport d'une ou de plusieurs charges completes.
4°. (ine la, oü les taxes des différents tarifs publiés pa-raitraient évidemment trop onéreuses encore, les agricultours ont le moven de s'assurer sous certaines conditions 1'application de prix plus réduits, en s'entondant avec les administrations de chemin de fer.
Toutefois il fant observer (jue ce sont seulement les grandes sociétés ou les grands expediteurs, qui peuvent en profiter. L'agriculteur isolé se voit o)gt;ligé dese soumettre au tarif general.
rgt;°. (iue ce moven ne profite pas aux grands expediteurs seuls, mais que rien n'empêche les petits de s'associer, afin de faire atteindre aux transports qu'ils désirent effectuer le plus grand développement possible et d'obtenir par la des conditions plus favorables.
il est désirable;
1°. que les petits cultivateurs s'associent afin de faire atteindre aux transports qu'ils désirent effectuer le plus grand développement possible et d'obtenir par la des conditions plus favorables;
2°. que les compagnies de chemin de fer arrangent des trains pour le transport du bétail des foires principales, accessibles a tous les cultivateurs.
oc. qu'au besoin les autorités communales ot provinciales ou bien les sociétés agricoles prêtent leur concours pour obtenir les movens de transport immédiat et a bon marché.
c NATIONALISATION DU SOL T. I p. 348-350.
Le Congrès:
considérant que la propriété foncière exclusive et univer-
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seüe de 1'Etat serait un obstable au progrès agricole;
considérant que la nationalisation du sol offrirait de Berieux dangers, quant a:
1°. la liberté individuelle;
2°. la stabilitó des relations sodales, surtout des populations rurales;
?gt;0. la moralité du gouvernement et anx intéréts pécuni-aires de 1'Etat;
est d'avis qn'il taut repousser le principe de la nationalisation dn sol.
Section VI.
QUESTIONS LÃGISLATIVES.
a. MESURES CONTRES LES ÃPIZ00TIE8.
T. 1 ]). 308â328.
1. La plenro-pneumonie contagieuse, dans plusicurs pays le plus grand lléan du cnltivateur, peut être extirpée, c'est le de voir de 1'Etat d'en régler la méthode et d'en faciliter 1'application.
2. Les moyens les plus certains et les plus eflicaces pour atteindre ce but, sont:
a. la défense d'entree dc bétail et d'effets provenant de bétail â ou suspects de contamination â originaires des pays oü il y a des cas de cette maladie, et la surveillance permanente et rigoureuse des frontières,
/gt;. la déclaration obligatoire, par les propriétaires, de tous les cas et des cas suspects de pleuro-pneumonie,
c. le cernement des contrées, riches en bétail, mais suspec-tes d'infection, avec le recensement et la marque du bétail dans ces rayons, ainsi que le séquestre de 1'ani-mal et la mise en quarantaine de 1'écurie suspecte.
d. la surveillance, permanente et rigoureuse,, par des inspecteurs vétérinaires, fonctionnaires de 1'Etat, aidés au besoin par 1'occupation militaire des districts infectés,
c. 1 abatage bien réglé et immédiat, après la déclaration, de,tont bétail infecté ou suspect, par des fonctionnaires d'Etat, avec indemnité aux propriétaires, f. la destruction par 1'incinération on par tont autre moyen reconnu aussi efficace, â a 1'exclusion de 1'en-fouissement, â des organes infectés des cadavres et la désinfection compléte de toutes les étables dans les rayons infectés et des effets eontaminés â ou suspects
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de contamination â par des désinfecteurs ,réglemen-tairement instruits, le tout anx frais de l'Etat.
;-i. L'inoculation seule est un moyen moins certain pour extirper la plenro-pneumonie.
4. L'intérêt de la defense d'un pays contre la pleuro-pneu-monie ne comporte pas le maintien de la defense d'entrée de bétail originaire des contrées devenues complètement indemnes de la maladie, quand elle a été extirpée sans la pratique de l'inoculation, qu'il n'y règne pas d'autres epizootics et que 1'inspection vétérinaire est bien réglée.
T. 1 p. 338â845.
Etant donnée 1'extension considerable que prend la tuberculose du bétail, il y a lieu dans l'intérêt de 1'agriculture et en attendant unc legislation plus compléte sur la question:
1° de recommander sans retard les voics et moyens pratiques pour diminuer 1'infection du bétail sain par des ani-maux atteints de tuberculose et d'éclairer les agriculteurs sur U'S dangers réels d'infection qui caractérisent cctte maladie;
2° de pourvoir les abattoirs d'un appareil spécial destiné a steriliser et a rendre utilisable la viande saisie pour cause de tuberculose.
Le Congres émet en outre le voeu que dans les différents pays on mette a l'étude les moyens propres a diminuer les perteó de« cultivateurs, notamment par 1'assurance, et met la question a i'ordre du jour du prochain Congres.
b. PROTECTION DES ANIMAUX UTILES; DESTRUCTION DES ANIMAUX ET CRYPTOGAMES NUISIBLES. MESURES DE LEGISLATION INTERNATIONALE A PRENDRE POUR ATTEINDRE CES BUTS.
ï. I p. 267â277.
1°. 11 est reconnu que le secours le plus puissant que la science pourra prêter il la culture générale des plantes dans un temps rapproché, doit consister dans l'organisation d'obser-vations systématiques des maladies épidémiques ou des ennemis des plantes pour étudier les moyens de les com-battre et que, pour atteindre ce but, il est nécessaire qu'un personnel scientifique ainsi que des praticiens de tous les pays se vouent a ces observations d'une manière méthodique et en se prêtant une assistance mutuelle.
Pour qu'un tel but soit atteint, la phytopathologie doit
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étre constituée coinme science indépendante, dont 1'étudc seule sera a même de former un personnel scientifique, qui pourra être en état de donner une aide considerable il la pratique a^ricole.
2°. II est nécessaire que dans tons les pays soient fondées aussitöt que possilgt;le des stations scientifiques spéciales pour 1'étude des maladies des végétaux et pour celle des animaux nuisilijes. ('es stations seraient nécessairement des Institutions de 1'Etat, réparties, autant que possible entre les différentes regions de chaque Etat.
('es stations devraient, non-seulement entre elles, mais encore entre les différents Etats, entretenir des relations incessantes et su ivies. Elles auraient pour but des essais phytopathologiques, devant seconder les praticiens par des recherches et des avis gratuits et provoquer leur cooperation.
3°. L'attention des gouvernements doit être lixée, sur l'organisation des stations agronomiques dans les Etats-Unis de 1'Amérique du Nord afin de provoquer 1'étaljlis-sement de stations semblables dans les différents Etats de 1'Europe.
4°. Le Congres desire la conclusion d'une convention internationale obligeant tons les Etats contractants a prendre des mesures pour protéger les oiseaux utiles dont il serait dressé une liste aussi restreintc que possible et ne comprenant que les oiseaux généralement reconnus utiles, et pour interdire la destruction de ces oiseaux par tous les moyens même par le fusil de chasse.
Le Congres recommande aux gouvernements de donner des primes pour la destruction des animaux rapaces.
c. TRAVAIL DES ENFANTS DANS LES CAMPAGNES.
T. f p. 334.
I. L'application de 1'obligation scolaire doit subir des modifications en vue de favoriser les travaux agricoles des enfants.
II. Les dispositions de la lol autrichienne du 2 mai 1883 méritent l'attention de tons ceux, qui sont appelés a régler l'application de 1'obligation scolaire.
Des dispenses pourraient être accordées ü des circonscrip-tions scolaires tout entières par les autorités compétent es dans chaque pays.
III. 11 n'y a pas lieu de réglementer le travail rural des enfants dans les campagnes au point de vue hygiènique.
IV. Les programmes d'enseignement dans les écoles nor-males d'institutcurs et dans les écoles primaires rurales, doivent faire une place obligatoire a 1'euseignement des matières agricoles.
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d. RÃGIME HYPOTHÃCAIRE ET TRANSFER!1 DE LA PROPRIÃTà SANS FRAIS EXAGÃRÃS. ï. I p. 350â351.
Le droit de mutation sur alienation volontaire ou publi-que ne doit jamais être supérieur au revenu reel d'une année de l'immeuble assujetti, calculé sur la moyenne des cinq dernières années, y compris les honoraires dos officiers ministériels.
Le droit proportionnel sur les échanges doit être aboli et remplacé par un droit fixe, excepté sur les soultes, oü le droit serait calculé sur les bases de Partiele précédent.
e. UNIFORMITÃ INTERNATIONALE DES MÃTHODES D'ANALYSE DANS LES LABORA-TOIRES AGRICOLES.
T. I p. 368â370.
Le Congres émet le vceu, que chaque Ãtat institue une commission d'hommes compétents, pour faire 1'étude des procédés d'analyse en usage pour 1'examen des entcrais et des semences, et que des delégués désignés par cette commission soient réunis en commission internationale pour statuer définitivement sur les méthodes a adopter.
II est desirable que chaque Etat public au moins une fois par an un rapport officiel en compte-rendu des travaux de la commission, lequel serait cnvoyé aux autres Etats en voie d'échange.
JSoctloix VII.
ORGANISATION DES CONGRES AGRICOLES.
T. 1 p.
ln. Le reglement adopté par la Commission internationale d'agriculture, dans sa réunion du ler juillet 1890, est declare définitif.
2°. II est créé des categories de membres d'honneur, de membres fondateurs et de membres adherents des (.'ongrès internationaux d'agriculture.
3°. Les membres de la Commission internationale d'agriculture sont chargés de demander a leurs gouvernements respectifs des allocations pour le fonctionnement des ('ongrès, dans le cas oü le besoin s'en ferait sentir.
4''. La Commission internationale d'agriculture est com-posée comme il suit (voyez p. 894â897) pour 1'année 1891 â 1892.
28
REGLEMENT
rei, a ti f aux
CONGRES 1NTERNATI0NAUX D'AGRICULTURE.
T. I ]). 353â367, 393.
Articlk premier. â La Commission internationale d'agri-culture a pour but 1'étude des questions agricoles et d'éco-nomie rurale, clle procédé a tons los travaux et publications qu'elle juge utiles dans 1'intérêt de 1'Agriculture; elle est particulièrement chargée d'organiser des Congrès internatio-naux, de designer les questions a y traiter, d'en préparer 1'examen, de publier les rapports et comptes-rendus des débats.
Aht. 2. â La Commission internationale se compose de öO membres choisis autant que possible dans les différentes nationalités; elle est nommee par le Congrès qui la renou-velle par moitié il chaque session.
Au sein de la Commission ainsi nommée il sera procédé a un tirage au sort pour désigner ceux des membres qui feront partie de la première série soumisc au renouvelle-ment.
Les membres sortants sont rééligibles.
Akt. 3. â Le bureau de la Commissisn est nommé pour le temps qui s'écoule entre deux sessions du Congrès. II se compose d'un président, de vice-présidents, d'un secrétaire et d'un questeur, ce dernier étant spécialement chargé de la gestion des finances et du service des publications.
La Commission a en tout temps la faculté de s'adjoindre,
titre temporaire, des membres qui seront chargés de missions ou de travaux spéciaux et de provoquer l'organisation de Comités locaux.
Art. 4. â La Commission se réunit sur la convocation de son président aussi souvent qu'il est besoin et au moins une fois par an. Son siège est a Paris.
Le président dirige les débats et veille a ce qu'il ne soit traité d'aucune question étrangère a 1'ordre du jour. Eu cas de partage dans un scrutin, le président a voix pré] ion-dérante.
DU COMITÃ.
Art. 5. â Dans sa première réunion la Commission délè-gue pour un an deux de ses membres qui, avec le président, le secrétaire et le questeur, torment un Comité permanent.
â¢24
Le Comité se réunit au moins tons les trois mois. II est chargé de l'examen préparatoire des questions qui lui semblent devoir être soumises a la Commission, ainsi que de l'étnde de toutes celles qui lui sont reuvoyées. 11 expédie les affaires courantes, il surveille et dirige les tra-vaux, études et statue sur les rapports qui lui sont présen-tés et sur les documents a publier. II se tient a la disposition de qui de droit pour fournir tous renseignements spéciaux qui lui seraient demandés.
DES CONGRES.
Abt. 6. â Dn Congres international d'Agriculture se réunit au moins une fois tous les deux ans. Dans chaque session, il fixe le lieu de la session suivante, et la Commission en fixe la date.
En cas d'empêchement imprévu, ces designations peuvent être modifiées par la Commission. En tout état de cause, le Comité local, dont la constitution est prévue par l'art. 3, fait les convocations.
Art. 7. â A 1'ouverture de chaque session #lu Congres, le bureau de la Commission internationale remplit lesfonctions de bureau provisoire; il est hnmédiatement procédé a l'élec-tion du bureau définitif domposé d'un président, de vice-présidents et de secrétaires.
Les présidents du Congres et les présidents des Comités locaux des différents pays deviennent présidents honoraires et font partie du bureau.
Les membres du bureau sont nommés pour la durée d'une session. Le vote a lieu par assis et levés; en cas de doute sur le résultat, il est passé au scrutin.
Art. 8. â Après la nomination du bureau les membres du Congres se répartissent entre diverses sections qui nom-ment chacune un président, un vicc-président et un secrétaire, lesquels font partie du bureau pendant la durée du Congres. Chaque section désigne en outre un ou plusieurs rapporteurs chargés de rédiger un exposé sur les questions a soumettre au Congrès.
Un secrétaire local est adjoint a chaque section.
I .a même personne peut se faire inscrire dans plusieurs sections.
Art. 9. â Le programme des travaux dn Congrès est arrêté par la Commission internationale qui fixe également le nornbre et la spécialité des diverses sections. Ces designations sont faites sous réserve expresse des droits du Congrès de modifier son ordre du jour et de créer une ou plusieurs commissions spécial es.
DISPOSITIONS FINANCIÃRES ET AUTRES.
Art. 10. â Tontc personne qni désirc faire partie du Congres, doit en adresser la demande au président de la Commission internationale ou du Comité local.
La cotisation, dont le taux ne sera pas inférieur a 2n francs, est payable d'avance.
Les sociétés, syndicats et généralement toute association ayant un caractère agricole, peuvent faire partie du Congres et y envoy er un délégué.
Elles penvent en désigner plusieurs; mais dans ee cas, elles doivent payer autant de cotisations qn'elles auront de représentants.
Tont adherent revolt le compte-rendu des séances du Congres et de la Commission internationale, ainsi que tons les rapports et publications dont la distribution est ordonnée par la Commission.
Art. 11. â Les frais des Congres, de la Commission et du Comité sont a la charge d'une caisse alimentée:
]0. Par les subventions allouées par les gouvernement^, villes, sociétés ou particuliers;
2°. Par les cotisations a réclameraux membres du Congres;
3°. Par le ])rix de la vente des publications.
Le questeur présente chaque année sur sa gestion finan-c-ière un rapport a la Commission, qui nomine trois commis-saires chargés de la vérification des comptes.
Art. 12. -â Toute proposition de revision du reglement duit ctre motivée et adressée au président pour être trans-mise a la Commission, qui fait un rapport sur lequel le Congres est appelé a délibérer et a statuer lors de sa procbaine reunion.
III.
FETES ET EXCURSIONS.
Réception du Congrès par la municipalité de La Haye le 6 sepl. 1891.
La municipalité de La Haye, voulant prouver de sa part tout l'intérêt qu'elle portalt 11 la presence dans la résidence de tant d'hommes de haut mérite et de distinction dans le domaine de l'agriculture, venus de toutes les parties de 1'Europe et de 1'Amérique, avait ménagé une réception ofli-cielle et brillante aux membres du Congrès et a ses invités dans la Salie de Théatre du Kurhaus a Schéveningue.
La salie était richement décorée grace surtout aux soins du Directeur-Général du Kurhaus, M. Keiss, a qui la ville avait confié tout 1'arrangeinent.
(quot;était une décoration de verdure entièrement dans le style de la salie, d'un trés bou goüt, avec profusion de fieurs. 1 ,es bustes de la Reine Wilhelmine et de la Reine-Régente se trouvaient placées dans un massif de plantes et de fieurs. Une estrade était dressée au fond de la salie pour le College échevinal cntourée de sièges pour les membres du Conseil municipal.
Parmi les assistants se trouvaient les ministres de Belgique, M. le Baron d'Anethan, doyen du Corps diplomatique; de France, Son Exc. Louis Legrand; d'Espagne, 1c Marquis de Villa Urrutia; de Russie, M. de Berends, et grand nombre d'autorités civiles et militaires, d'agronomes. d'bommes de science etc.
Après avoir été salués par la musique de la Garde civiquc de La Haye, les membres du Congrès et les invités ayant formé un cercle autour de 1'estrade du (,'ollège échevinal, étaient souhaités la bienvenue par le doyen des échevins, M. Lisman, remplayant le Bourgmestre, qui était on voyage, dans les termes suivants;
Messieurs,
Par arrêté du 2 aoüt 1887 le Ministro du Commerce et de l'Industrie en France organ isa une série de Congrès et de Conférences a Paris, pendant la durée de PExposition de 1889. Une des sections s'occuperait de 1'Agriculture.
Des hommes dont les noms suffisaient pour assurer le succès, furent nommés membres du Congres international d'Agriculture, parmi eux, je n'ai qu'a vous rappeler le nom dn tres honoré Président du Congrès a Paris, M. Méline.
Un grand nombre d'hommes éminents se sont réunis dès lors pour travailler a une oeuvre qui dcvait êtro si féconde en résultats pour l'agriculture de tous les pays.
En consultant les actes du Congrès tenu ii Paris, on verra non seulement qu'on s'est mis a Poeuvre avec la meilleure intention, mais aussi que les séances se sont distinguées par des deliberations sérieuses et de la plus haute importance.
Les membres de ce Congrès ont montré qu'ils voulaient faire une bonne oeuvre pour le bien de 1'humanité.
Vous n'attende}! pas, messieurs, que je vous donne il ce moment et en ce lieu un apercu de tous les résultats de ces délibérations. C'est la un travail qui vous occupera probable-ment pendant les jours suivants.
Cependant je suis heureux de pouvoir fixer votre attention sur un des résultats dn Congrès, savoir, que notre ville jouit a ce moment de 1'honneur de votre presence.
La Commission permanente internationale d'agriculture, créée a la suite du Congrès è Paris a décidé que cette année-(^i le Congrès se réunirait a la Haye.
Ainsi, prêt a entreprendre le tour du monde, conformé-ment a son caractère international, le Congrès a choisi la IIaye comme première station d'arrêt.
(quot;est assurément un grand honneur pour notre ville.
Le Collége municipal de la Haye apprécie eet honneur et ii est heureux de vous accueillir et de vous souhaiter la bien-venue dans la Residence des Pays-Bas.
Nous sommes fiers de voir parmi nous tant d'hótes éminents, Pélite des agronomes et des savants de tous les pays.
Nous faisons des voeux pour que vos délibérations dans les jours suivants puissent être utiles a la grande cause de 1'Agriculture.
Et nous espérons vivement que vous aurez une bonne im-pression de votre séjour dans notre pays et dans notre ville, de sorte que, quand le mot d'adieu vous sera adressé a la lin de vos séances, vous pourrez répondre du fond du coeur âau revoirquot;.
Veuillez, messieurs, accepter nos meilleurs vo;ux pour la prospérité du Congrès et pour le bonheur de ses membres.
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M. J itles Méline, Président de la Commission permanente internationale d'agriculture, Président dn Congrès international agricole do 1889 a répondu a ce discours dans les termes suivants:
Monsieur le Président, messieurs, je vous demande pardon de prendre le premier la parole pour romercier M. le Président du Collége municipal de la Have, des paroles de bien-venue si cordiales et si bienveillantes qu'il vient d'adresser aux membres du Congrès.
Si j'usurpe ici la place de beaucoup d'hommes éminents, qui auraient plus d'autorité que moi pour le faire, c'est que M. le Président a bien voulu prononcer mon nom et rappeler a la part que j'ai prise au Congrès international agricole de Paris. Je reconnais que j'ai été un des promoteurs les plus convaincus de ce Congrès et que j'ai fait tons mes efforts afin quïl produise tons ies fruits que j'en attendais pour les progrès de 1'agriculture dans le monde.
i\Iais je conviens que si ce Congrès a produit, on peut le dire, des résultats inespérés, il 1'a dü, pour la plus grande partie, au concours des représentants de l'étranger, qui nous out apporté taut de dévouement et tant de lumière.
J'ai la satisfaction d'en voir aujourd'bui beaucoup autour de moi. ce qui prouve que leur zèle ne s'est pas ralenti. (Snu-rires approbatifs) et qu'ils sont toujours préts pour le bon combat. (Tm bien.' tres bien!)
J'ai eu aussi la satisfaction, en 1889, de trouver au premier rang des délégués étrangers, â la modestie nationale de votre Président 1'a probablement empêcbé d'en parler, â les représentants de votre pays, dont le concours nous a été si précieux. (Applavdissem ents.)
All premier rang, se trouvait 1'honorable président du comité exécutif chargé d'organiser le Congrès actuel, M. Bauduin. qui fut, a l'unanimité, désigné comme un des vice-présidents du Congrès de Paris, taut tous ceux qui le connaissaient, rcndaient justice a la hauteur de son caractère, il 1'étendue de ses connaissances, a la bonne grace qu'il apporte dans ses relations avec tout le monde. (Vives marques dJapprobation.')
Aussi, lorsqu'il s'est agi, pour la Commission internationale, de choisir le siège du prochain Congrès, ma pensee s'est-elle portée de suite vers ce beau pays et vers cette belle capitale de La Have, qui réunit toutes les conditions desirables pour le charme de réunions comme la nótre.
11 m'apparaissait que votre pays était tout indiqué pour Ie siège d'un Congrès international d'agriculture; car vous u'étes pas seulement un pays agricole, vous marchez au premier rang du progrès en agriculture; nulle part on ne trouve plus d'agronomes, plus de savants éminents; nulle part les problèmes de la science et de la pratique agricole n'ont été plus profondément étudiés et creusés.
â¢2!»
â¢Ie savais tont cela, messieurs. .Ie savais aussi que je pro-curerais a mes collègues un charmant voyage et un bien ^racieux accueil. Car j'ai sur beaucoup d'entre eux eet avan-tage que je ne suis pas un nouveau venu ici. J'y ai fait, 11 y a quelque buit ans, un séjour prolongé, a 1'occasion du concours international d'agriculture qui avait lieii a Amsterdam et j'ai gardé de ce voyage un souvenir ineffacable et une impression profonde.
Ce n'est pas seulement 1'impression banale que cause a tons les voyageurs votre admirable nature, si pitto-resque dans son genre, et qui repose si doucement les yeux ct 1'esprit. C'est aussi le sentiment plus fort qu'on éprouve, (|uand on regarde les eboses de plus prés, quand derrière la nature on aperyoit cette race vaillante qui 1'a créée et qu'on retrouve partout 1'enipreinte du génie de l'bomme. (Ajtp In udissem cnts).
A cóté de ces sentiments, vous en éprouverez d'autres ])lus intimes, plus personnels quand vous aurez pu goüter l'bospitalité si francbe qui vous attend, apprécier le cbarme des relations que vous aurez avec la société néer-landaise, et la bienveillance de son Gouvernement vis-a-vis des étrangers.
Quand vous aurez passé par ces émotions, vous n'éprou-verez aucun embarras a suivre le conseil que nous donnait tout a l'beure M. le Président du Collége municipal de La Have. Lorsqu'il vous dira âadieu!quot; vous répondrez; âau revoir!quot; Et vous ferez comme moi, vous reviendrez. (Applaudissemen Is).
Heureusement le moment des adieux est encore loin et nous pouvons nous abandonner tout entiers a la joie de cette charmante soiree que nous devons a l'afi'abilité du Collége municipal de la ville de La Haye Je vous demande, messieurs, d'exprimer, en votre nom a tons, les sentimens que nous éprouvons au fond du cceur pour la brillante réception qui nous est faite et de traduire notre reconnaissance en exprimant les vonix ardents que nous formons pour la prospérité et la grandeur de cette belle et hospitalièire capitale. (I'ifs applaudissemerits et hravos ré pét és).
Après que le vin d'honneur avait été offert M. Bauduix. Président du Comité exécutif. a pris la parole. 11 a dit:
Messieurs, c'est au nom du Comité exécutif du emigres international de La Haye que je veux ajouter quelques mots aux paroles si éloquentes que vient de prononcer M. Méline.
Certainement si les membres du Congres sont reeus ici avec tant de cordialité, c'est a vous, messieurs du College municipal, que nous le devons. Aussi croyons-nous qu'il est de notre devoir de vous exprimer la profonde reconnaissance que nous
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éprouvons pour 1'accueil si hospitalier que vous avez bien voulu réserver aux savants et aux agronomes que nous avons convoqués de tous les points du globe pour rechercher les meilleurs moyens de développer 1'agriculture.
Sans doute la ville de La Have n'est pas proprement dit une cité agrieole, quoiqu'elle soit située au milieu de prairies renommées pour 1'excellente qualité de leur fro-niage et de leur beurre. Elle n'a pas non plus le caraetère commercial ou industriel qu'on reraarque dans d'autres cités de notre pays. Mais elle est residence royale; elle estlesiège du Gouvernement. Et, en dehors de ces qualités, c'est une ville oü 1'on vient agréableinent dépenser 1'argent que l'on a gagné dans l'intérieur du pays d'une falt;;on laborieuse (Hi-larité générale.')
Dans tous les cas, beaucoup de grandes et de petites fortunes se concentrent ici et ont un intérêt direct, ou indirect a la prospérité de 1'agriculturc.
Nous espérons, taut par de meilleures lois, que par le concours dévoué que nous donneut tous les savants qui ont bien voulu répondre a notre appel et nous apporter 1'appui de leur experience et de leurs lumières, et par le moyen des sciences et des arts méeaniques, nous espérons, dis-je, améliorer la production agrieole et par la même augmenter les revenus de toutes ces grandes et ces petites fortunes qui reposent sur la propriété rurale.
Oui! ce sera pour nous une grande satisfaction, paree qu'alors nous aurons peut-être acquitté une partie de la dette que nous avons contractée aujourd'hui envers la ville de la Have et son Conseil municipal. {Tres bien! tres bien.')
C'est dans eet espoir, mes chers collègues et amis, que Je vous propose de remereier le Collége communal de la cordiale réception qu'il a bien voulu nous faire ce soir.
Terminons par un toast en faveur du bien-être et de la prospérité de la ville de la Haye et de tous ses habitants. C'est ainsi que je joins mes remerciements a eeux que M. Méline a exprimés tout a 1'heure a vee taut d'élo-quence.
Au bien-être de La Haye! (Bravos et applaudissements répéte's.)
Les assistants sont restés réunis encore pendant quelque temps et se sont rendus ensuite a la terrasse et a Ia salie de concert oü 1'orchestre |thilhariii(inique exécutait un pro-gramme choisi.
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Garden-party du 8 sept. 1891.
line féte brillante füt oft'erte le 8 septembre par le vice-president du Comité executif, M. le Baron Van Brienen van de Groote Lindt, anx membres dn Congres.
Les membres du Congres se réunirent a denx henres et demie au Jardin-Zoologique oü des voitures ouvertes raises a leur disposition par le Congres les attendaient.
On se rendit en une longue file de voitures par le Hois au chateau de Clingendael, habité par le Baron et la Baronne Van Brienen, qui avaient organisé un qnrden-pnrtji en hon-neur des membres du Congres. Parmi les invités se trou-vaient presque tons les membres du corps diplomatique avec leurs dames et les membres dn high life de la Haye.
La fête était favorisée d'un temps splendide; le soleil resplendissant faisait ressortir le pare dans toute sa beauté et les invités recevaient tont de suite 1'irapression qu'ils se trouvaient dans un des plus beaux domaines de la Hollande. On arrivait le long des plantes-bandes élégantes au pied d'une haute terrasse qui forme 1'entrée proprement dite du pare. On y raontait par un grand escalier en haut duquel jNFonsieur ie Baron et Madame la Baronne Van Brienen recevaient leurs hótes pendant que la musique de la Garde civiqne dans un kiosque spécialement érigé pour cettejournée a cöté de 1'asphalte du lawn-tennis entonnait la marche dn Lohengrin.
De tons cótés étaient placés des chaises, bancs etc., mais un trés petit nombre des invités aimaient a s'asseoir; on préférait profiter de 1'occasion de visiter Clingendael dans toute sa splendeur.
Les membres du Congres en général fnrent éraerveillés en voyant en détail les installations du chateau et de ses dépendances. Une grande et forte machine a vapeur produit dans un pavilion de 1'électricité, suffisante pour tons les besoins de 1'établissement. Et quant aux agriculteurs leur admiration allait au comble en visitant les étables, écuries, prairies, etc. oü se trouvaient réuni to\it ce que la Hollande peul montrer de parfait en chevaux et bétail.
En même temps sur la terrasse la fête battait sou plein. Une surprise attendait les hótes. Un quatuor Tyrolien compose de trois jolies chanteuses et d'un chanteur tons en costume national, variaient la musique de l'orchestre de leurs chansons des Alpes. En outre une danse trés animée avait lieu sur le terrain du lawn-tennis.
Tja fête a réussi a merveille et certes tons les assistants
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en ont gardé un souvenir aussi agréable que recunnaissant envers les charmants amphytrions.
Banquet au Kurhaus de Schéveningue du 10 sept. 1891.
Le soir du 1U sept, a six heures les membres du Congres et ses invités se trouvaient réunis a un banquet dans la grande salie a manger du Kurhaus a Schéveningue, sous la présidence de M. Méline.
Quatre tables richement ornées de ileurs étaient dressées dans la salie donnant sur la terrasse et dócorée d'emblêmes differents de l'agriculture. Ta'S hótes prenaient place a la table d'honneur: les Ministres, le vice-président du Conseil d'Etat, le ('ommissaire de la Reine, le Bourgmestre et les Chefs des missions étrangères a La Have étant invités par le Congres.
A cöté du Président du Congres ]\l. J. Méline se trouvaient L. E. les Ministres de la Marine et des Finances M.M. Jansen et N. G. Pierson, vis-a-vis du Président les Ministres des Colonies et du Waterstaat M.M. le baron W. K. van Dedem et C. Lely. A cette même table se trouvaient placés: les Ministres Plenipotentiaires et Envoyés en service extraordinaire a La Haye, de Belgique le baron d'Anethan, de France Son Excellence, Louis Legrand, do 1'Angleterre Sir Horace Rumbold, des Etats-Unis de 1'Amé-rique du Nord Samuel R. Thayer, le Ministre-Résident d'Es-pagne \V. R. de Villa Urrutia, 1'Internonce Apostolique Monseigneur Rinaldini, les Chargés d'Affaires d'Allemagne M. von Gaertner, de Russie M. de Berends et du Japon M. Tanahassi, M.M. Cartuyvels van der Linden, Hess, l'hon. ('écil Parker, Salmon, Ernest Clarke. Bauduin, le Baron van Brienen et Sickesz.
line autre table était réservée aux membres de la Commission permanente internationale. Le banquet comptait cent-vingt convives.
Au dessert des toasts ont été portés.
M. Jules Méline, Président du Congres international d'agriculture, a pris le premier la parole et s'est exprimé en ces termes:
Messieurs! J'ai 1'honneur de vous proposer de porter la santé de Sa Majesté, la Reine des Pays-Bas, et la santé de Sa Majesté, la Reine-Régente. En le faisant. je suis certain d'étre 1'interprête fidéle de la pensée et des sentiments du ('ongrès tont entier.
Personne de nous n'ignore que Sa Majesté la Reine-Régente, fidéle aux traditions séculaires de sa familie, porte a l'agriculture et aux agriculteurs 1'intérêt le plus profond et qu'Elle a bien voulu nous manifester ses sympathies les plus vives pour iVeuvre de progrès, que nous sommes venus accomplir
ici, sous la protection bienveillante et sous les auspices de sou Gouvernement. {Applaudmemcnts et bravos).
II n'a pas dépendu de Sa Majesté, â vous le savez, messieurs, â qu'Elle nous en ait donné une preuve plus éclatante en nous faisant l'honneur de nous recevoir.
Nous ne pourrons pas mieux témoigner notre reconnaissance au peuple néerlandais, pour l'hospitalité si cordiale, si génércuse qu'il nous a offerte et dont nous sommes profon-dément touchés qu'en nous associant a ses sentiments pour la glorieuse ,-dynastie qui, depuis des siècles, ne fait qu'un avec lui, qui veille avec tant de Herté sur son indépendance nationale et qui lui a assure une ère si longue de prospérité et de bonheur. (Vifs applcmdissements).
Puissent les vceux sincères de la grande familie agricole, réunie ici, porter bonheur a la jeune et gracieuse Souveraine, en qui se résument le patriotisme et les espérances de ce noble pays. (Applaudissements rèpélés el bravos prolongés.)
Sur la proposition de M. Bauduin, les membres du Congres décident par acclamation que le texte du toast de M. Jnr.Ks Meline sera télégraphié a Sa Majesté la Reine.
M. IjEly, Ministre du Waterstaat, s'cst ensuite exprimé ainsi;
Messieurs, je remercie M. Mélixic du toast si gracieux qu'il a porté a la santé de Sa Majesté la Reine et a celle de Sa Majesté la Reine-Régente.
A mon tour, je porte la santé des souverains et des chefs d'Etats étrangers qui sont ici représentés.
Après ces discours plusieurs toasts out été prononcés en l'honneur;
1° des invités nu banquet (les ministres des Etats étrangers et les membres du Gouvernement neêrlandais) par M. Sickesz.
2° du Bureau et du Comité ex'ecutif par M. le Baron d'Ane-than, ministre de Belgique, doven du corps diplomatique it La Haye.
3° de Vagriculture en géneral par M. Piersox, Ministre des finances a La Haye.
4° des membres du Congres et spécialement des membres étrangers par M. Batduin, President du Comité exécutif.
5° de la nation Hollandaise el de son Pays par M. YERNtcLOKi', directeur des contributions indirectes en Russie.
Vers neut' heures et demie les convives se sont rendus a la terrasse donnant sur la mer oil leur était réservée une sorte do loggia, séparée de la terrasse par des mats vénétiens, ornés de guirlandes de verdure portant les pavilions natio-naux d'oü ils pouvaient regarder le feu d'artitice, que la direction du Kurhaus faisait tirer a l'honneur du Congres. La déesse de 1'agriculture, 1'hommage au Congres et les emblêmes de 1'agriculture étaient des munéros du pro-gramme qui furent spécialement applaudis. Après lo feu
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d'artifice 1'orchestre philharmonique a continué le concert sur la terrasse, tandis qu'un ciel d'Italie faisait tarder des inillicrs do visiteurs et beaucoup de membres du Congres jusqu'a une heure avancée dans la nult.
Concert au Jardin Zoologique du II septembre 1891.
ha direction du Jardin Botanique et Zoologique, voulant de son cote donner une preuve dc sympathie au Congres, qui a tenu ses séances en grande partie dans les salles de ce Jardin, avait organise le 11 septembre un concert, pour lequel était engagé la musique du régiment des Grenadiers et Chasseurs. Tous les hymnes nationaux des pays représentés au Congres furent entonnés avec un brio chaleureux.
Un temps splendide avait fait affluer un trés grand nombre de membres du Jardin et contribuait beaucoup au succes de la soirée dont 1'organisation a fait honneur surtout au Directeur du Jardin, M. le Dr. Oudemans.
EXCURSION A ALKMAAR, le Samedi 12 septembre 1891.
Képondant a 1'invitation de la Société hollandaise d'agri-culture, un grand nombre de membres du Congres international d'agriculture se sont rendus a Alkmaar, le Samedi, 13 septembre 1891, pour visiter 1'exposition agricole do cette Société, ainsi que 1'exposition du bétail.
On quittait a 8.50 du matin, en train spécial express offert graciousement au Congres par la Société hollandaise du chornin de fer, la gare pour arriver par Haarlem, Velzen, Beverwijk a 10.20 a Alkmaar. A la gare les membres du Congres furent recus par quelques membres du Conseil de la Société hollandaise d'agriculture et conduits A des voitures ouvertes. On lit une tournée en voiture dans la ville si ancienne et curi-euse, qui offrait un aspect gai et riant, toutes les maisons, grandes ou potites, étant pavoisées et los rues étant encom-brées d'une grande foule de paysans des environs, accourus pour visiter 1'oxposition et saluer le ('ongros.
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Lorsque M.iM. les membres dn Congres sont arrivés sur le terrain de l'Exposition, M. Herman F. Bultman, Président de la Société hollnndaise dquot;agriculture, leur a souhaité la bien-venue en ces termes:
Messieurs, nous sommes fiers de 1'honneur que vous voulez bien nous faire en venant rehausser par votre présenco notre exposition annuelle.
Malheureusement les pluies d'orage des mois passés sont cause que notre exposition n'est pas telle qu'elle pouvait être, telle qu'elle serait dans d'autres circonstances.
F.e but de nos expositions n'est pas seulement de montrer ce que nous avons de bon, mais surtout de faire ressortir ce qui nous manque. Car, lorsque nous saurons ce qui nous manque et que nous voudrons travailler, nous irons en avant et nous atteindrons sürement le but que nous poursuivons.
Mesdames, messieurs, je répète que nous sommes fiers de votre presence et e'est de tout cceur que nous vous nommons ici les bienvenus. (Nomhreux applaudissements.)
M. Jules Méline, President du Congres, a repondu dans les termes suivants a M. Ie Président de la Société hollan-daise d'agriculture.
Monsieur le Président, je tiens dès main tenant a vous remercier de tout cceur, au nom des membres du Congrès, des paroles bienveillantes que vous nous avez adressées.
Nous allons visiter votre exposition. Je suis convaincu qu'elle sera au-dessus de 1'idée même que nous en sommes faite.
Le champagne a été ensuite offert a MM. les membres du Congrès, pendant que la musique du 4° régiment d'infanterie jouait les meilleurs morceaux de sou répertoire.
On se dispersait sur les terrains de l'Exposition oü toutes les machines étaient en mouvement. Après une visite détaillée aux différents batiments oü se trouvaient les machines, les produits agricoles, le bétail, les chevaux, etc. etc., on se réunit a un déjeuner dressé sous une tente, offert par le ('ongrès.
Au dessert qui a suivi la collation, plusieurs toasts ont été portés. Les voici, dans 1'ordre oü ils ont été prononcés;
Toast de M. Jules Méline.
Messieurs, je me fais 1'interprête des sentiments de tons mes collègues du Congrès en remerciant Ia Société hollandaise d'agriculture, qui nous offre une si chaleurense et si généreuse hospitalité et qui nous montre une si belle fête agricole.
On nous a donué, on peut le dire, tons les plaisirs a la fois; on nous a fait faire un charmant voyage dans un trés
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bean pays. â mais ici c'est une habitude, le pays a toujours un aspect tout-a-fait agréable, â et nous fait visiter une superbe exposition.
Nous sommes ici dans une region oü existent partout ce que nous cherchons a instituer par nos Congres, des leyons (le choses. Xous sommes ici en face d'une immense le^on de choses, car j'apprenais tout-a-l'heure de notre collègue M. ('onrad, qu'a la place oü nous sommes, il y avait, quelques siècles auparavant, de vastes marécages, oü nous n'aurions certainement trouvé qu'un fort mauvais déjeuner. (Hires el applaudissements.)
A la place de ces affreux marécages, nous avons vu cc matin des prairies splendides, des hois qui, je crois, feraient envie a la ville de la Have elle-même et une charmante petite ville. De même, a la place des reptiles qui probable-ment rampaient jadis dans ces marais, nous avons contemplé une race do bétail incomparable qui sera certainement, pour ceux d'entre nous qui n'étaient jamais venus en Hollande, une véritable révélation. Et de cette race on a tiré ces produits exquis que nous avons goütés tout-a-l'heure et qui obligent il se dire, quand on est étranger, que véritablement peu de pays out réalisé de pareils progrès contre la nature elle-même et Tont vaincue avec autant de patience lt;|ue de génie. (Vives marques (Papprobation).
('ela tient a ce qu'il se trouve dans votre pays des légions d'agriculteurs qui marchent tons a la tête du progrès, avec une perseverance et un dévouement incomparable. Beaucoup d'entre eux sont autour de moi. La meilleure prenve de ce qu'ils ont fait, c'est que nous sommes dans un pays qui n'est pas tres grand au point de vue de la population et que nous sommes cependant en face d'une Société d'Agri-culture, qui ne compte pas moins de 10.000 membres. {Trés h ien! Tres bi en!)
Et je ne parle pas de toutes les autres Sociétés qui sont répanchies sur toute la surface du pays.
J'imagine qu'une nation qui fait de pareils efforts, qui a a sa tête de pareils hommes de progrès peut soutenir la comparaison avec les peuples les plus avancés. ( Vive adhesion).
Je résumé les sentiments des membres du Congres- â ils sont sincères, car ils émanent d'étrangers, â en portant la santé de l'honorable président de cette société, M. Bultman, dont la réputation est universelle, celle de MM. Waldeck, van der Oudermeulen, et celle de mon voisin, M. Conrad.
Nous sommes parfaitement au courant de ce qui se passé chez vous; nous savons que les hommes auxquels nous nous adressons ont une grande réputation, même en dehors de la Hollande, que pas une grande entreprise ne s'accomplit mi Europe, sans les trouver a sa tête. On les y trouvait autrefois; on les trouve encore aujourd'hui; nous avons
l'esperance de les reneontrer dans l'avenir dans tons les grands Congres que nous fondons. Je vous demande, messieurs, la permission de lever mon verre en leur honneur. (Applau-dissements prolong és).
Toast de M. Bultman.
Mesdames, messieurs, puisque M. Méline a bien voulu m'adresser quelques paroles tres Hatteuses, je lui dirai: merci.
Je vous donne ici l'assuranee que les cultivateurs hollandais sont toujours prêts a marcher dans la voie du progrès. J'espère que vous voudrez continuer a leur donner votre appui et vous pouvez être certains que vous trouverez toujours en eux des hommes qui vous seront reconnaissants de ce que vous ferez.
Je bois a la santé des agriculteurs de 1'Europe et du monde entier, membres du Congres. (Vif* applnudwsemenU).
Toast de M. Henry Sagnier.
Messieurs, notre Président vient de remercier la Société hollandaise d'agriculture et nos hótes si aimables de 1'hos-pitalité qu'ils nous donnent ici. Cette hospitalité, nous en jouissons depuis quelques jours avec tant de charme que nous en garderons tous le plus profond souvenir. Elle a été con-stamment rehaussée, â elle 1'est encore aujourd'hui, â par la présence des hollandaises, qui ont bien voulu se joindrc a leurs maris pour nous accueillir. (Tres bien! trés bien!)
Je vous demanderai, madame Waldeck, la permission de vous présenter tout d'abord nos hommages, comme a la femme du dévoué secrétaire perpétuel de la Société hollandaise d'agriculture, de 1'un des hommes qui ont le plus con-tribué aux progrès de 1'agriculture dans ce pays. (Nombrevx app laudissem ents.)
Vous me permettrez aussi. messieurs, de saluer Madame Salmon, qui n'a pas hésité a traverser 1'Océan pour accom-pagner son marl et prendre part aux travaux du Congres international de La Have. (Nouvenux applaudissements.)
La marque d'intérêt que Madame Salmon vent bien nous témoigner nous sera toujours extrêmement précieuse.
C'est pourquoi, messieurs, je vous propose de boire a la santé dc Madame A\'aldeck et de Madame Salmon. (A))pla.v,-dissemen Is ripete's.)
Toast de M. le Comte Van der Straten-Ponthoz.
Mesdames, messieurs! M. Bauduin vient de nous faire savoir que, dans quelques minutes, nous devions être au Hing. pour voir déliler ces magnifiqnes taureaux et ces chevaux
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admirables, que nous avons examines en détail dans lours box et dans leurs étables.
â¢Te veux être trés bref. Mais il n'est pas possible a un Beige de se trouver sur la terre hollandaise sans porter un triple toast aux hommes d'énergie qui ont fait ce que nous avons vu a Alkmaar. Je connais dans ses détails la constitution de la Société hollandaise d'agriculture. C'est une Société qui marche de front avec les sociétés les plus considérables de France et d'Angleterre. {Tres Men! Irès hien!) Elle doit ses succes et son immense développement non-seulement 1'activité infatigable de tous ses membres et en particulier de ceux qui la dirigent, mais aussi a la sagesse d'un Gouvernement qui a donné 1'existense légale et civile a une société d'utilité non-seulement publique, mais universelle. (Applaudissements.)
C'est dans un moment comme celui-ci, a une table autour de laquelle sont réunis les représentants d'un grand nombre de nations, qui je proclame avec bonheur la sagesse du Gouvernement hollandais. Je vous propose, messieurs, de boiro a Sa Majesté la Reine, qui dirige si habilement les intéréts du pays aux destinées duquel Elle présidc. (Double salve d'applaudissements.)
Toast de M. de Llaurado.
Messieurs, je m'associe de tout mon cceur aux paroles qui viennent d'êtrc prononcées par mes illustres prédécesseurs. Je veux ici exprimer un vueu profond et sincere.
La Hollande a une petite Reine; l'Espagne a un tout petit lioi. Que Dien bénisse l'avcnir de ces deux glorieux Enfants couronnés! A la santé de Sa Majesté la Reine de Hollande! A la santé du Hoi d'Espagne! (Bravos et applaudissements.)
Toast de M. Carlo Ohlsen.
Messieurs, je ne suis pas diplomate, je suis agriculteur. .Vattendez done pas un discours diplomatiquement raisonné. mais un discours simple de cceur et sincere.
Le cher Comité de Paris a réalisé un songe, un des plus beaux songes de ma vie, voir la Hollande et serrer la main des 1 lollandais. ( Tres hien, tres hien .')
On dit: la Hollande est petite. Ce n'est pas exact; la Hollande est grande, car on ne mesure pas la grandeur d'unc nation avec le kilometre, {Applaudissements.)
On mesure la grandeur d'un peuple par les pages de son histoire. Or quelle est belle, votre histoire! Comme la Hollande, dans la guerre on dans la paix, est toujours grande! La guerre pour la Patrie et pour sa liberté; la lutte dans la paix pour vaincre les élèments et eet ennemi. la nier. {Noxweaux applaudissements.)
La Hollande est grande dans les batailles et dans les travan x de la paix. T.a Hollande est grande par les beaux-arts, car les maitres hollandais sont, avec les Italiens, les premiers du monde.
La Hollande est grande par la science; olie a la première université de 1'Europe.
La Hollande enfin est grande par ses conquêtes sur la mer; elle est grande dans la navigation; elle est grande par son agriculture ct par son industrie.
X'est-ce pas la un grand pays? Oui, messieurs. Mais a coté de grandeur et de la force, nous voyons aussi la beauté et la gentillesse. (Brnvos et npplnudissements.)
Les hommes y sont forts, courageux et persévérants; les femmes y sont belles, gracieuses et vertueuses. (ïVè.s hien! trés hien!)
Je crois que mes paroles trouveront un écho dans tons vos coeurs, quand je dirai, en me servant de ma langue ma-ternelle classique, 1c latin, ces mots qui resteront sur ce sol glorieux par les combats:
âDominetur felix.
Secunda semper fortuna Utatur laboriosa, fortis,
lt;!loriosa et genialis Hollandia.quot;
( App luudissemenls pro lone/és.)
Toast de M. Ie baron Bonde.
Messieurs, e'est au nom des anciens liens d'amitié, qui unissent ces Pays-Bas a la Suéde, que je prends en ce moment la parole.
Nous sommes ici sur un terrain historique; nous connais-sons tons le proverbe: e'est d'Alkmaar que commence la victoire!
Nous voyons ici, aujourd'hui encore, les résultats de cette victoire de la Hollande sur la mer et sur les lacs, de cette victoire dans toutes les branches de 1'agriculture. C'est d'ici (ju'est venue la victoire; c'est ici qu'elle continuera contre toutes les difficultés qu'éprouvent les agriculteurs, contre tous les iléaux qui les frappent.
Messieurs, je léve mon verre et je bois a la victoire continue des Pays-Bas! (Bravos répétés.)
Toast de M. le chevalier Max de Proskowetz.
Messieurs, nous sommes sur un sol essentiellement agricole. (quot;est ici qu'on voit se réaliser la devise dc la Hollande; ...Te maintiendraiquot;.
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Permettez-moi d'ajouter cetto devise de ma Patrie: âViribus unitis.quot; Je bois an progrès agricole. {Applaudissemenls.)
Toast de M. Bauduin.
Messieurs, en commengant I'organisation de ee Congres, je ne ponvais me passer de 1'assistance dévouée du coniité-directenr de la Société hollandaise d'agriculture. Hans lui, j'anrais été bien gêné pour mener a bien la tfiche qni m'était confiée.
J'ai en l'honnenr pendant longtemps de partager les tni-vanx de la direction de cette Société. Malheurensement, par snite des exigences inexorables de ses siatuts, j'ai dn laisser la place a d'antres. Mais j'épronve toujours pour clle les sentiments les plus sincères et les plns affectuenx, et je crois pon voir me réjouir de la sympathie et de 1'amitié de tons les membres de sa direction. (Ft/s aprilaudisscments.)
Je tiens a rendre ici publiqnement ce témoignage a la Société hollandaise d'agriculture, qui nous accneille avec tant de cordialité en ce moment, qu'elle a fait tons ses efforts pour faciliter 1'organisation de notre Congres.
J'ai l'honnenr de proposer a tons les membres du Congres de remercier la Société hollandaise d'agriculture de tont ce qu'elle a fait pour nous aujonrd'hui et depuis 1'ori-gine de ce Congrès. En nons allouant un subside considé-rable, ainsi que sa section de La Have elle donnait 1'exem-ple snivi par plusieurs autres sociétés, car il n'y a que le premier pas qui coüte. (Sourires.) Nons sommes done redevables a la Société hollandaise d'agriculture de bean-coup d'allocations qui nous ont été accordées. (Nomhrew: a pplaudissemen ts.)
Je sonhaite beaucoup de prospérité u cette Société. Je forme les vcenx les plus sincères pour que son influence continue de s'accroitre, comme elle le mérite, dans notre pays et pour qu'elle obtienne enfin tout ce qu'elle est en droit d'attendre du Gouvernement néerlandais.
C'est au bien-être de tons ses membres que je vous propose de boire, en leur exprimant de nouveau tons nos sentiments de reconnaissance. (Bravos répétés et longs applaudissements.)
Après le déjeuner on se réunit sur la grande tribune devant le Ring oü sous les sons de la musique militaire les chevaux et le bétail conronnés de prix étaient promenés devant un public tres nombreux.
Quelques instants avant le départ, M. Méline priait les membres de la direction de la Société hollandaise ainsi que les membres du Comité exécutif dn Congrès, de se réunir au bureau de la Société hollandaise.
En faisant 1'éloge de M. Bultman, qui a fait tant dans
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l'intérêt de l'agriculture, M. Méline disait qu'i] a va it a s'acquitter d'une taehe trés agréable. Le Ministre d'Agriculture de la France avait voulu lui-même offrir a i'honorable Président de la Société llollandaise un témoignage du haut estime (jue la France porto a un des représentants les plus illustres de l'agriculture hollandaise.
M. Méline s'estimalt heureux de ce que le Ministro francais avait bion voulu le charger de remettre a M. Bultman los insignes d'officier de 1'ordre du Mérite Agricole; uno distinction qu'il avait ie plaisir d'oflïir ógalemont et pour les mêmes motifs a -M. Waldeck, le secrétairo-trésaurier do la Société Hollandaise.
M. Méline disait avoir le plaisir de pouvoir aussi remettre los insignes de chevalier de 1'ordre du Mérite agricole, a M. le Baron van Brienen van de Groot»â Limit, vice-prési-dont, et a M. le Jonkheer \V. Roëll, questour du Comité exécutif du Congres.
Dans des termos chaleureux tous ces messieurs ont remer-cié M. Méline des paroles tres flatteusos qu'il avait lgt;ien voulu leur adressor, en le priant de vouloir bien être leur interprête auprès du Gouvernement francais, pour le remei-cier de la distinction qu'il avait bien voulu leur accorder.
Au moment do prendre le train pour rovenir a La Have, M. Jules Méline a adressé il MM. los membre du Congres, réunis dans le salon d'attente de la station d'Alkmaar, 1'allocution suivante;
Messieurs, au moment de nous séparer, uos amis d'Angle-terre et M. Clarke en particulier, me font le grand honneur de me charger d'etre leur interprête auprès de la Société hollandaise d 'agriculture.
Vous savez combien notre banquet s'est terminé tout-a-l'heure rapidement. 11 a été impossible aux représentants des differents pays qui ont onvoyé des délégués au Congres, d'exprimer lours sentiments pour la graciouse hospitalité qui nous était offerte. M. Clarke me prie en co moment, au nom de 1'Angletorro, do ce grand pays agricole, ami de la llollande, d'exprimer toute sa reconnaissance pour la réception cordiale qu'on a bien voulu nous faire a tous.
L'Angleterre est un des plus grands pays agricoles; c'est un de eeux oü nous irons certainoment un jour célébror la fèto des Congres. Nous sommes siirs que ce jour-la nous serons rocus en Angleterre comme nous 1'avons été en llollande.
lt;Vu nom de la grande nation anglaise M. Cl: irke vous prie d'agréor 1'expression do sa reconnaissance pour votre réception et il vous propose do pousser avec lui un hourrah en 1'hon-neur de la l lollande. {Hourrahs prolongés.')
Après de vifs remerciemonts au Comité hollandais, les membres du Congres quitaient ['Exposition, pour arriver vers les 6 heures a La Haye.
Diner du Ministre du Waterstaat.
Le soir du 1*2 sept. S. E. Ie Ministre du Waterstaat, du Commerce et de l'Indiistric et Madame Lély réunirent un nombre d'in vit és a un diner splendide l'hutel du Vieux Doelen.
Ties convives étaient: le ['resident du Congres, les membres du Comité permanent international et les délégués au Congres.
MM. J. Méline, Sickesz, Clarke, Thorns, Henry Sagnier, 1c Baron Bonde, Tisserand, Bauduin, Yermoloff, Mieier, lt; )hlsen. Tardit, Bouesco, le Comte van der Straeten-Ponthoz, l'aisant, le Chevalier .Max de Proskowetz, Poenaro, Salmon, de Llaurado, L. E. les Ministres de 1'Intérieur, des Colonies et des Finances; les Ministres do France, de Belgique, le ('harge d'affaires de Russie, le Secrétaire-général du Ministère du Waterstaat, du Commerce et de 1'Industrie, le Jonkheer et docteur en droit G. de Bosch Kemper, le directeur do l'agriculture de cc département le docteur en droit J. C. de Marcz Oycns et les membres du Comité Exécutif.
Au commencement du diner S. E. le Ministre du Waterstaat a proposé un toast enl'honneur de fi.L. M.M. la Reine et la Reine-Régente. que toiis écoutaient debout et accla-maient avec ferveur.
Ensuite des toasts ont été portés par le Ministre de l'lnté-rieur, et par M.M. Méline, Bauduin, Bieler, Van der Ptraeten-Bontboz et ('blsen.
VISITE A FIIÃDEHIKSOORI), 13â14 sept.
Partis par train express pour Steenwijk a midi 55, nous y arrivions ii 6 henres.
I jc voyage, grace ii nne conversation anirnée, so fit agreable-ment, malgré la chaleur quo nous avions a supporter.
Les haltes ne manquèrent pas, pour nous laisser respirer un pen, et les étrangers ont pu admirer du wagon la beauté du paysage. TAm d'eux profita de 1'occasion pour prendre des vues instantanées au moven d'une chambre obscure de voyage. Et il eut bonne chance.
Nous arrivames a 6 heures a la gare de Steenwijk ou le directeur des colonies de la Société de Bienfaisance, M. Löhnis nous souhaita la bienvenuc; e'est hii qui s'était chargé de nous procurer des logements dans différentes auberges.
Nous fümes aussi accueillis ii la station par un grand nom-bre d'habitants de Steenwijk qui ne manquèrent pas d'abon-der en remarques sur les étrangers si rares parmi eux.
Après avoir diné dans leurs hotels rcspectifs la plupart des congressistes se rendirent a l'hótel Varenhorst (oü logeaient les Anglais et quelques Hollandais), et y passèrent une agréable soiree.
Le lendemain matin on se mit en route en voitures ouvertes. Le directeur' M. Löhnis et j\I. Spengler, directeur de 1'Ecole forestière, nous servaient de guides. Le temps était splendide et le trajet de deux heures le long de la chaussée de, Frise fut une vraie jouissance. La première visite fut pour Ecole d'Agriculture de Willemsoord, cette école spéciale fut visitée avcc un grand intérêt, et le directeur donna tous les renseignements desirables. De la on se rendit par Noordwolde a Fréderiksoord par la magnifique route qui enchanta les visiteurs étrangers.
En premier lieu ils s'arrêtèrent un instant dans les locaux bien aménagés de 1'écolc primaire, oü les enfants, vêtus proprement, furent interrogés par les Hollandais. Ce fut ensuite le tour de la ferme Prinses Marianne, pour montrcr
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:mx étrangers notre système de laiterie, et de fromagerie. L'établissement reluisait de propreté et le lait offert a ces messieurs fut accepté avec empressement.
La fabrique de vannerie et de nattes offrait un joli aspect. L'édifice était tout décoré de verdure; a 1'entrée une inscription souhaitait la bienvenue en cinq langues. Dans tous les ateliers les colons étaient en pleine activité, tous les instruments en mouvement; plusieurs visiteurs firent des emplettes d'articles confectionnés par les colons et arrangés avec goüt dans le magasin.
Après on visita la fabrique de conserves de M. Pluvgers. Une exposition de légumes et de fruits sechés attira 1'at-tcntion des étrangers qui suivirent avec intérêt tout le procédé de la dessication.
On remonta en voiture pour mettre pied a terre quelques minutes plus tard a la ferme âKoning Willem IIIquot;. Ici furent visités les légumes, les gerbes de blé, les instruments aratoires. Le directeur avait organisé une petite exposition de bétail des fermes de la colonic qui était trés admirée des connaisseurs étrangers. Surtout le bétail reproducteur dont dispose la Société, attirait des louanges.
Vers midi on atteignit 1'hötel Fréderiksoord oü 1'on déjeüna. Le déjeuner offert par le Comité exécutif du Congres, fut servi dans une tente spéciale joliment décorée de dra-peaux hollandais et étrangers, de verdure et de fleurs; la table, en fer a cheval, était ornée avec goüt.
Au dessert divers toasts furent portés. M. Méline but a la Société de Bienfaisance et au directeur Löhnis. M. de M arez Oyens, aux relations d'amitié entre la France et La Hollande, a quoi JF. Méline répondit en faisant de nouveau l'éloge de Fréderiksoord et en s'inscrivant comme membre de la Société. Pendant que M. Bauduin faisait une quête a la ronde pour procurer une journée agréable aux décorateurs de la salie, M. Löhnis but a la santé des convives étrangers. M. Sagnier répondit a ce toast et en porta un autre tres spirituel a MM. Bauduin et Zillesen, président et secrétaire du Comité exécutif.
,Après le déjeuner, on alia visiter avec un grand intérêt 1'Ãcole forestière etl'Ecole d'horticulture ainsi que les champs d'essai qui en dépendent. Les directeurs de ces écoles donnè-rent tous les renseignements nécessaires aux étrangers.
Avant 1c départ qui ent lieu a 4 heures, M. Méline se fit 1'interprète de 1'enthousiasme des invités étrangers, et en réitérant de cordiaux remerciements pour la réception dont ils avaient été l'objet, il annonga que M. Löhnis, directeur de la Société de Bienfaisance, était nommé chevalier de l'ordre du Mérite agricole par le Gouvernement francais. M. Bauduin profita de cette dernière occasion pour remercier M. Méline de la manière éminente dont il avait présidé le Congres.
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Après celii on monta en voiture, après avoir cordialeincnt pris congé de M. Löhnis et des directeurs des dilïérentes divisions de la colonic, pour retourner a Steenwijk. oü Ton arriva a 5 heures, par une forte averse, après ime journée splendide.
Ainsi se termina la visite aux terres de la Société ile Hienfaisancc, lesquelles ont une étendue de 2000 hectares, et nos hótes de cette semaine comptèrent cette excursion parmi les plus intéressantes de leur séjour en Hollande. Ce (|ui surtout les a frappés c'est le svstème parfaitement bien combine qui sert de base a cette Société. Jls estimaient â et cela avec raison â que la vraie bienfaisance est celle cpii consiste a relever les hommes, a améliorer leur état cn leur apprenant a travailler et a aimer le travail. Mais ce qui a aussi frappé nos botes â et cela moins agréablement â c'est !e petit nombre des contribuants a cette utile institution, que Ton ne confond que trop souvent avec les colonies de men-diants. Beaucoup des étrangers et Hollandais présents s'inscri-virent de suite comme membres. Puisse leur exemple être suivi bientót d'un grand mombre.
Après cette digression il nous reste a dire que le train express des Congressistes rentrait en gare a 11 heures 30 a la résidence.
(Journal Het Vaderland.)
irgt;
EXCURSION DANS LES DUNES ET A LA PRISE DEAU DE LA IIAYE.
Le 15 septembre on a visité, sons la conduite de M. Stang. Directeur des eaux de T^i Have, les installations de eet établissement situé an milieu des dunes. Parmi les assistants se tronvaient le Président et plusieurs membres du Comité exécntif, les délégués d'Espagne, de France, d'Autriche, de Roumanie et plusieurs autres membres du Congrès.
Après avoir expliqué la conformation des dunes et la manier e dont on pouvait s'y procurer 1'ean pour pourvoir aux nécessités de la ville, on a visité en détail les batiments oü se trouvent les puissantes et magnifiques machines a vapeur destinées a répandre 1'eau il haute pression dans tons les quartiers de la ville. M. Stang a visité a vee ses botes les grands filtres et les travaux dans les dunes, oü 1'on pouvait admirer surtout la manière dont 1'eau claire comme du cristal se jetait par les divers embranchements dans le conduit principal.
M. Stang expliquait comment, d'après une méthode par lui inventée et suivie, on pouvait obtenir a une trés grande profondeur et d'une manière peu coüteuse 1'eau nécessaire et comment on pouvait prévenir 1'infiltration de 1'eau de meidans les conduits d'eau.
Surtout les membres étrangers étaient tres surpris de la manière tres rapide et pen coüteuse dont les barrages furent introduits et retirés dans les profondeurs du sable trés compacte des dunes.
Des madriers de 7 mètres furent enfoneés entièrement en quelques secondes et un cylindre en fer galvanisé de plus de 60 centimètres de diamètre, rempli de petits coquillages, fut descendu dans les sables a six mètres de profondeur en quelques minutes seulement et une pompe, placée a Tinté-ricur du tube au milieu des coquilles, donnait do suite abon-damnient de 1'eau de qualité supérieure.
()n admirait en outre la fa(;on efficacc dont on construit actuellement les différents conduits, composés de trés grands tu vanx de drainage en gré, entourés de coquillages et de gros
sable et protégés par des couvercles, en beton, fabriqués sin' place a un prix fabuleusement minime.
Au moven de ce procédé on évite les conduits on canaux a ciel ouvert qui fonnent 1'ancien système abandonné.
En quittant lestravaux M de Llaurado, délégué d'Espagne, et plusieurs autres membres remerciaient beau coup M. Stang de toutes les informations qu'il avait bien voulu donner, en fixant surtout 1'attention sur les grands a vantages de tcls travaux pour la santé publique des villes.
CoDgpès International d'Agpieultnpe
a La Haye en 189L
Section I. Enseignement agricole.
a. Etablissements cVinstruction Agricole.
RAPPORT SUR L'ENSEIGNEMENT AöRICOLE EN FRANCE
PAR
Monsieur E. TISSERAND,
Conseiller d'Ãtat. Directeur de l'Agricultiire.
L'agriculture est assurémcnt, de toutes les branches de l'aetivité humaine, celle qui oecupe le plus d'hommes, qui compreud le plus d'intérêts et dont les progrès comptent le plus dans le développement de la rich esse des nations.
En France, avant 1789, la population agricole entrait deja pour 50 pour 100 dans le chiffre de la population totale; aujourd'hui il y a 6,913,000 cultivateurs qui, avec leurs femmes, leurs enfants et les ouvriers attachés a leur personne, fonnent une population de plus de 18 millions d'individus, vivant de 1'exercice des professions agricoles.
Le capital que notre agriculture met en oeuvre dépasse 100 milliards. Les animaux comptent dans ce chiffre pour â r) milliards 700 millions de francs; les semences, pour un peu plus d'un demi-milliard, et le materiel agricole pour 1500 millions.
Le produit brut de l'agriculture s'élève a 14 milliards par an, et les salaires qu'elle pave dépassent 4 milliards.
TjCS intéréts d'une industrie aussi colossale n'ont pas manqué d'attirer, a toutes les époques de notre histoire, 1'attention des hommes préoccupés d'etendre la puissance du pays, d'augmenter la fortune publique et d'assurer largement la subsistance de la nation.
De tons temps on a cherché a faire progresser l'agriculture, mais les moyens out varié.
Pendant de longs siècles on s'est figure que l'agriculture étant dans tout, existant partout, pouvait s'exercer sans qu'on eüt besoin d'une instruction spéciale; tout le monde, même les plus bornés, étaient jugés aptes a faire de l'agriculture.
l
Seit. T a.
Les esprits élevés entrevoyaient des progrès il realiser, mais l'aire de leur action était tres liniitée. Les missi dominici de Charlemagne et les convents indiquaient des procédés; on pnbliait des livres de préceptes dont quelques rares adeptes profitaient; mais c'étaient lil des efforts isolés, dont les bien-faits ne pouvaicnt se répandre bien loin; les masses profondes des cultivateurs dn sol restaient plongées dans l'ignorance, asservies aux rudes labeurs, écrasées sous le poids des corvées, des dimes et des impots.
Et cependant Bernard Palissy et Olivier de Serres avaient dé] a écrit qu'il riest nul art au monde awjuel soit requise une plus grande philosophic, c'est-a-dire qui réclame le concours d'autant de branches de la science!
11 n'y eut un vèritable réveil de l'agriculture qu'a la fin du siècle dernier.
En effet, plusieurs tentatives furent, alors, faites pour organiser 1'enseignement agricole. Ainsi:
En 1761 et 1765. deux arróts du Conseil du I!oi autorisent la création, par Bourgelat, des écoles vétérinaires de Lyon et d'Alfort; en 1767, un autre arrêt du Conseil fonde la pépinière royale de la Rochette. Quelques rares tentatives furent faites d'autre part pour organiser un commencement d'enseignement agricole, mais toutes échouèrent sous prétexte d'économie. Igt;e trésor public avait d'autres besoins a satisfaire!
Vainement 1'immortel Lavoisier signala 1'utilité d'uu ensei-gnement scientifique pour l'agriculture. Le fondateur de la chimie moderne essaya méme de le réaliser en introduisant, dans une de ses fermes, sa méthode de recherches; il arriva il en doubler les revenus. Ce puissant génie, appliquant la balance a la constatation de tous les phénomènes de la production, préparait, par ses découvertes de statique agricole, le grand mouvement qui devait se produire un demi-siècle plus tard avec un autre savant agronome; M. Boussingault.
Les hommes de 1789 avaient des idéés trop larges pour ne pas comprendre tout ce que l'agriculture pouvait gagner d'un enseignement professionnel bien distribué; la Constituante et la Convention s'en occupèrent tour a tour avec une égale ardeur. Ainsi, en 1790, Talleyrand-Périgord soumettait a la Constituante, au nom du Comité d'instruction publique, un projet d'organisation de 1'enseignement public, dans lequel l'agriculture avait une place marquée; le due de Béthune-Charost présentait, en 179.:), il la, Convention^ un projet d'organisation de 1'instruction rurale en France; Thibaudeau proposait ü la méme assemblée la création, aux portes de Paris, d'une ferme expérimentale.
L'abbé Grégoire publiait un projet de décret pour 1'établis-sement d'une école d'agriculture par département.
La constitution de Pan III prescrivait la création, dans
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Sect. T a.
chaque école centrale (aujourd'hui les lycées), d'une chaire d'économie rurale, avee inusée et champ d'études.
Gilbert, Huzard et plusieurs autres membres de la Société centrale d'agriculture demandaient la creation d'écoles spéciales.
Enfin, en 1802, Francois de Neufchateau présentait, au nom de la Société centrale d'agriculture de la Seine (aujourd'hui Société nationale d'agriculture de France), une organisation complete d'écoles, de chaires et de fermes expé-rimentales.
Malheureusement, tons ces efforts aboutirent a des projets qui ne purent être mis a exécution; d'abord, par le défaut de ressources pécuhiaires suffisantes; iilns tard, par suite des préoccupations qui absorbaient, alors, le Gouvernement, en lutte avec presque tous les autres grands Etats européens : 1'agriculture, le premier des arts de la paix, ne pouvait marcher de pair avec la guerre.
I/agriculture resta done de nouveau abandonnée a elle-même, sans aide, sans secours, sans phare pour 1'éclairer et la guider dans le chemin du progrès. Sous les gouvernements qui se succédèrent jusqu'en 1gt;S4S, les industriels, les gros propriétaires fonciers qui formaient la majorité des Chambres, ne se préoccupèrent que des moyens de faire hausser le prix des terres et par suite des fermages, et ne virent pas d'autres moyens pour favoriser 1'agriculture que les lois de protection douanière; leur tort fut de considérer cc moyen comme le seul, comme 1'unique a employer pour faire progresser 1'agriculture.
Des hommes courageux tentèrent cependant d'organiser l'enseignement agricole: Mathieu de Dombasle créa en 1819, a Roville, prés de Nancy, une école, au moyen de fonds réunis a grand'peine pa r souscription. Cette école acquit même une célébrité tres grande; de toutes parts accoururent, pres du maitre, les (ils de gros propriétaires fonciers et de nom-breux étrangers. L'enseignement y était théorique et pratique; les élèves suivaient les opérations de la ferme cultivée par Mathieu de Dombasle et recevaient du mattre des explications sur chacune d'elles.
En 1827, 1'Ecole de Grignon, prés Versailles, et, en 1833, celle de Grandjouan, en Bretagne, furent fondées sur le modèle de 1'école de Roville, par 1'initiative privée.
Enfin, quelques fermes, sous le nom de fermes-modèles ou de fermes-écoles, s'organisèrent pour recevoir de jeunes ouvriers et leur apprendre, par un apprentissage raisonné, le métier de cultivateur; les fermes-modèles eurent pour mission de préparer pour la grande propriété et pour les gros fermiers des ouvriers ou des contre-maitres capables. â Les jeunes gens étaient regus de dix-sept a vingt ans, faisaient tous les travaux soignaient les animaux comme 1'cussent fait des domestiques.
Sect. I a.
touchaient même vin pécule ou salairc, et, a leur sortie au bout de deux ou trois ans, recevaient uu certiticat de capacité.
Ia: gouvernement de juillet se borna a seeonder ces etForts en accordant quelques maigres subventions; par contre, il nomma beaucoup de commissions, donna des missions, lit étudier des projets, mals n'aboutit a ancune creation. L'en-seignement agricole restait toujours a organiser.
La République de 1848, reprenant les traditions libérales de son ainée, s'occupa, dès la première heure, des besoins de la grande familie rurale et s'attacha il sortir enfin du domaine des études et des discussions pour entrer dans la voie des realisations.
La loi du 3 octobre 1848, dont le rapporteur fut M. Richard du Cantal, créa et organisa véritablement l'enseignement agricole en France.
Une Ecole scientifique, sous le nom d'lnstitut agronomique, fut fondée a Versailles dans les dépendances du palais de Louis XIV.
Quatre écoles, représentant le 2e degré de l'enseignement (théorique et pratique), tel qu'il avait été établi dans les écoles de Roville, de Grignon et de Grandjouan, furent réorganisées sous le nom d'Ecoles régionales d'agriculture. â Les écoles existantes de Grignon, de Grandjouan et de ^ la Saulsaie (département de l'Ain) devinrent, avec celle de Saint-Angeau (Cantal), ces écoles régionales. Elles cessèrent d'etre des établissements privés et passèrent, par conséquent, dans la gestion de 1'Etat.
F^es écoles régionales avaient pour objet l'enseignement théorique et pratique approprié a la région agricole dans laquelle elles se trouaient situées. Elles étaient installées chacune avec une ferme pour douner l'enseignement pratique. Toutes étaient organisées en internat. âLe prix de la pension était de 1000 francs. â Limité a quatre au début, leur nombre devait s'élever progressivement a vingt.
Enfin, la loi institua les fermes-écoles d'après le programme des fermes-modèles. â L'age maximum d'admission fut fixe a dix-sept ans. â L'enseignement y était essentiellement pratique, r^es apprentis effectuaient tous les travaux de 1 exploitation rurale, (quot;elle-ci était régie aux frais, risques et périls du directeur, qui en était, soit le proprietaire, soit le fermier.â L'Ãtat pavait au directeur 175 francs par élève et le travail fourni par' les élèves servait a compléter la somme nécessaire pour defrayer le directeur des frais d'entretien des apprentis et de l'école; le Directeur recevait en outre un traitement de 2400 francs. La ferme-école était un véritable atelier d'ap-prentissage destine a former de bons ouvriers et des contre-maitres expérimentés dans l'art de soigner les animaux, de conduire les instruments et outils, et de faire tons les travaux de 1'exploitation rurale. â Sou enseignement s'adressait
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Sect. F a.
surtoiit aux enfants des petits propriétaires et des ouvriers ruraux.
J.a durée de 1'apprentissage était de deux ou trois ans; 1'Etat accordait a leur sortie, a ohaque élève, une allocation en argent de 75 francs par année de séjour dans la ferme-école, pour lui tenir compte de la valeur de son travail.
Le personnel comprenait: 1° un directeur, qui devait donner aux élèves les notions théoriques élémentaires; 2° un surveillant comptable chargé d'enseigner 1'arithmétique, des notions de géométrie et d'arpentage, et la comptabilité; 3° un chef de pratique ayant pour fonction de diriger les apprentis au travail, de leur apprendre le maniement des outils et des machines agricoles, de les fa(;onner aux diverses operations de la culture; 4° un jardinier pépiniériste chargé d'enseigner la pratique du jardinage et la conduite des arbres; 5° un vétérinaire destiné a traiter les animaux malades de la ferme et a donner aux apprentis les premières notions de son art en ce qui concerne 1'hygiène des animaux et les premiers secours a administrer, en cas d'accident et d'urgence.
Le directeur seul était nommé par le Ministre. Les autres agents étaient ehoisis par le directeur.
Les traitements du personnel montaient a environ 5000 francs par an en totalité.
II devait y avoir une ferme-école par département.
Malheureusement, ce vaste programme, qui répondait si parfaitement a l'état de la culture et ébauchait 1'organisation de 1'outillage scientilique de 1'agriculture franyaise, ne put être mis complètèment a exécution.
L'institut agronomic|ue de Versailles fut supprimé en 1X02, après deux ans de fonctionnement.
Les hole-s régionales (Vagriculture devinrent des écoles natio-nales d'agriculture sans changer leur programme d'enseigne-ment; de quatre qu'i'lles étaient, elles tombèrent a trois; on leur imprima une direction plus pratique que scientilique.
Enlin, les fermes-écoles, loin de croitre en nombre, allèrent en diminuant; de soixante-quinze qu'elles étaient en 1852, elles tombèrent bieutot a soixante-cinq; en 1870, on n'en comptait plus (jue ein([uante, et, en 1876, il n'en restait que vingt-huit seulernent; aujourd'hui on n'en compte plus que 17.
1 .'institution de la ferme-école avait été un progrès, alors qu'on commenyait a introduire les races perfectionnées et qu'on tentait la réforme du inatériel agricole, mais ces établis-sements périclitèrent bientót partout oü il y avait de la bonne culture, dans les départements oü les jeunes ouvriers trou-vaient des fermes bien conduites, en état de les instruire, tont en leur donnant des salaires élevés.
La dotation de 1'enseignement agricole, qui s'était élevée, en 1850, a 2,556.000 francs, était tombée a 1,180,000 francs en 1870.
â¢quot;)
Se(,t. I c.
Tel était 1'état de renseignement professionnel de 1'agriculture quand arriva la troisième République.
11 n'v avait plus d'enseignement supérieur de I'agriculture.
II restait trois écoles nationales d'agriculture. L'une, eelle de Grignon, se recrutait facilement, était prospère; mais les deux autres manquaieut d'élèves, a ee point que l'une d'olles, eelle qui de La Saulsaie avait été transférée a, Montpellier, était menacée dans son existence ; sa suppression était décidée en principe.
11 existait, enfin, cinquante fermes-écoles, mais un grand nombre d'entre elles étaient en decadence. II y avait â¢pielques rares chaires d'agriculture instituées dans une demi-douzaine de départements; dans trois ou quatre Facultés, il y avait bien aussi un cours de chimie agricole. Bous-singault, qui a mérité le nom de père de l'agronomie, con-tinuait sou enseignement au Conservatoire des Arts et Métiers, a cóté de Moll et de Baudement. L'infatigable et savant M. Grandeau avait fondé une station agronomique dans l'Est; M. G. Ville en avait organisé une a Vincennes. Isidore-Pierre, Malaguti faisaient d'utiles recherches, 1'un a Caen, 1'autre a Hennes; Bobierre avait créé un laboratoire a Nantes pour prévenir la fraude des engrais.
Cet état de choses était loin de répondre aux besoins du pays; en égard a la constitution de la propriété et de la culture, il révélait une énorme lacune.
La France possède, en effet, 6,913,500 cultivateurs qui se subdivisent ainsi:
3,460,600 chefs d'exploitation (propriétaires, fermiers et métayers);
3,452,900 salariés (régisseurs, journaliers et domestiques de ferme ;.
Les journaliers et ouvriers ruraux avaient, pour leurs enfants, les fermes-écoles, en bien petit nombre, il est vrai, mais ils avaient encore un grand nombre d'exploitations particulières dont la culture valait eelle de nos fermes-écoles; a l'école primaire, on n'enseignait aucune notion d'agriculture, a part de tres rares communes, et beaucoup d'enfants ne fréquentaient d'ailleurs jamais l'école primaire.
Pour les propriétaires et fermiers, la situation était encore moins bonne, et, en effet, des 3,460,600 exploitations qui existent en France, il y en a;
8,159 seulement qui ont plus de 200 hectares de culture;
20,644 qui ont de 100 a 200 hectares;
118,285 qui ont de 40 a 100 hectares;
295,800 qui ont de 20 a 40 hectares;
3,022,700 qui ont 7iioins de 20 hectares.
Or, il n'v a guère que les propriétaires ou fermiers de plus de 40 hectares lt;|ui peuvent faire les frais de 1'éducation de leurs enfants dans les écoles nationales et dépenser, pour les
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Sect. I a.
entretenir, pendant deux anw et demi, 1500 a 1800 francs par an! C'est au plus nne trentaine de mille d'exploitants. Les autres, qui forment les gros bataillons de la propriété, qui constituent la grande classe do ees paysans, dont 1'esprit d'ordre, d'économie et de travail fait 1'admiration de tons les étrangers, n'avaient rien pour donner a leurs enfants 1'enseignement professionnel, ni dans les écoles agricoles, ni dans les écoles primaires.
Les plus petits pouvaient bien envoyer leurs enfants dans les fermes-écoles, ou dans les domaines privés, comme apprentis ouvriers; mais la grande masse, ces millions de paysans, qui représentent la démocratie terrienne, répugnaient a 1'idée d'envoyer leurs enfants dans des fermes-écoles pour y servir de domestiques et y apprendre la pratique qu'ils pouvaient leur donner eux-mêmes A peu pres aussi bien. Ceux-la n'avaient absolument aucune école professionnelle ii leur portée.
Leurs enfants, a« sortir des écoles primaires, a 1'age de 12 ou 13 ans, devaient êtrc abandonnés a eux-mêmes; ainsi ceux (jui devaient cultiver le sol national étaient condamnés fatalement, pour 1'immense majorité, a l'ignorance et a la routine. II y avait, par suite, une lacune énorme dans I'organisation de notre enseignement agricole et le nombre des hommes de science qui s'occupaient de recherches agri-coles état, en outre, fort limité.
C'est a partir de 1870, et surtout de 1873, que les eft'orts se multiplièrent pour organiser, sur de plus larges bases, les services agricoles et leur donner une direction plus scientifique.
On a commencé par ntiliser le potager du Roi a Versailles, pour en faire bénéficicr la nation. On y a organisé une école d?horticulture (loi du 29 décembre 1873) oü chaque année, 40 a 50 jeunes gens reyoivent un enseignement tres complet sur toutes les branches de 1'horticulture et de 1'arboriculture, tant au point de vue théorique qu'au point de vue pratique; les élèves exécutent tous les travaux du jardin et des serres. Tls sont externes. â Les boursiers reroivent une allocation de 1200 francs par an pour leur entretien. L'externat est gratuit. â La durée des études est de trois ans. Les meil-leurs élèves obtiennent un stage, ou reyoivent une mission pour compléter leur instruction.
La loi du 30 juillet 1875 a créé les ccoles pratiques (Tagri-culture pour donner aux enfants de nos paysans, dès leur sortie de 1'école primaire, une bonne instruction professionnelle. de manière a en faire des cultivateurs éclairés et en état de mettre en application, sur le bien paternel, les enseig-nements de la science et de la pratique raisonnée. Ces petites écoles sont toutes organisées pour distribuer un enseignement théori(|ue et une solide instruction pratiqvie: le directeur est propriétaire, fermier ou régisseur du domaine rural annexéa l'écolr et le cultive pour son compte ou celui du propriétaire.
Sect. 1 a.
Ce domaine est d'étendue variable, mais toujours suffisant pour les besoms de I'enseignement pratique; une vingtaine lt;1'hectares est presque toujours une étendue largement suffisante.
Tgt;es élèves, au nombre de 40 a 50 généralement, exécutent tons les travaux de l'exploitation; leur temps est a cet effet partagé en deux parties parfaitement égales. La moitié de la journée est consacrée aux travaux de l'exploitation, et l'autre moitié est reservee aux le(;ons, cours, études, laboratoire, etc. Cette organisation a été adoptée pour éviter Ie surmeuage intcllectiicl et une fatigue corporelle excessive.
Toutes ces ecoles ont d'ailleurs un enseignement essentiel-lement approprié aux milieux dans lesquels elles sont établies. Elles sont done loin d'avoir une organisation uniforme. Ici, elles s'occupent de l'agriculture générale; la, de la culture pastorale; dans les districts de laiteries, elles sont spécialisées pour 1'étude et I'enseignement de la vache laitière, du lait et des produits qu'on en tire; dans les regions vinicoles, ce sont des écoles spéciales de viticulture; dans les pays d'irri-gation, des écoles d'irrigation et de drainage, etc., etc.
La durée des études est de deux ou trois ans. T^es élèves sont internes, demi-pensionnaires ou externes. Le prix de la pension rend ces ecoles accessibles aux enfants des plus petits propriétaires terriens. II est, eu général. de 400 francs par an pour 1'internat complet; de nombreuses bourses et demi-bourses permettent aussi aux enfants des families les moins aisées d'y entrer.
En vue de ne pas priver les families de nos paysans, lt;(ui sont économes, de leurs enfants, quand ceux-ci sont en age de travailler, 1'école recoit ses élèves a partir de 1'age de 13 ans, quand les enfants sortent de 1'école primaire et n'ont pas encore oublié ce qu'ils y out appris. lis sont rendus a leur familie quand ils sont en age (lö a ltgt; ans) de rendre des services et de gagner leur vie. Le personnel enseignant comprend en général 4 professeurs, 1 vétérinaire, 1 chef de pratique d'agriculture ou de viticulture, 1 chef de pratique pour l'horticulture, et un instructeur militaire.
Ces écoles pratiques combient 1'une des grandes lacunes que nous avions signalées plus haut. â Ce sont les écoles de paysans, ou notre démocratie rurale peut envoyer ses enfants et développcr l'intelligence de ceux-ci tout en leur donnant une bonne et saine instruction professionnelle.
Leur nombre attcint aujourd'hui 32; il va chaque année en augmentant. La dépense de ces écoles, au compte de 1'Etat, s'élève a une vingtaine de milles francs en moyenne par an.
Tels sont leurs avantages, que de toutes parts on en réclame de nouvelles, et, chaque année, des legs importants sont faits par de simples particuliers pour en créer d'autres.
11 faut ajouter a ces écoles pratiques d'agriculture, d'autres
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Sect. T a.
etablissements: ce sont les deux écoles primaires supérieures agricoles de Sartilly (Manche) et de Mésnil la Horgue (Meuse); deux écoles pratiques de laiterie pour les jeunes filles a f'oëtlogon (Ille et Vilaine) et a Kerliver (Finistère); l'école pratique d'aviculture de Gambais (Seine et Oise): l'école d'arboriculture et de jardinage de Bastia (Corse).
La lol du 9 aoüt 1876 a rétabli V Instilut agronomique sur de larges bases pour donner 1'enseignement scientifique de l'agriculture et créer un personnel de savants de premier ordre, en état d'imprimer une nouvelle et puissante impulsion a l'agriculture franeaise. â Cet établissement était indispensable pour former et accioitre 1'outillage scientili(iue de l'agriculture, car, ainsi qu'on 1'a dit souvent, la lumière vient d'en haut. 120 élèves suivent les cours de cet enseignement; pour la pratique, l'Institut agronomique a des laboratoires et des champs d'expérience; les élèves apprennent la pratique du métier de cultivateur en passant leurs vacances dans les meilleures fennes, et en y séjournant plus ou moins long-temps a la tin de leurs études. Par suite. 1'établissement n'a pas besoin de ferme a son compte.
Les meilleurs élèves recoivent une mission d'études de trois ans a 1'étranger.
Plusieurs d'entre eux out déjil eu de brillants débuts et occupent des positions officielles importantes dans 1'inspection de l'agriculture, dans 1'enseignement, dans les laboratoires et stations, ainsi que dans les exploitations agricoles.
Le personnel enseignant comprend 21 professeurs, 7 maitres de conférences, (1 chefs de travaux et 18 répétiteurs. 11 ne forme pas seulement une jeune génération d'agronomes éclairés, 11 execute des recherches et public des travaux qui ne constituent pas l'un de ses moindres litres a la reconnaissance de l'agriculture.
(iuant au système d'enseignement, il est simple: 1'expé-rience en a montré le mérite. Les élèves ont chaque jour deux et, le plus souvent, trois lecons; les lecons sont suivies d'applications dans les laboratoires.
('baque semaine, les élèves ont itn examen a subir sur les dix dernières lemons d'un même cours, A la fin de chaque cours, ils ont un examen général; il s'ensuit que tous les élèves sans exception ont un examen pour chaque série de dix lecons d'un cours, et sur le cours entier a la fin de celui-ci. On leur pose trois questions; les réponses donnent lieu a une note; le cahier de cours que les élèves sonttenus d'avoir est aussi i'objet d'une note. â II y a, en outre, des examens pratiques de laboratoire, de microscopie, de travaux graphiques, etc.
Toutes les notes données pour ces divers examens sont condensées en une moyenne, qui sert a établir le mérite et lo numéro de classement de chaque élève. (ii'ace ace système,
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Sect. I a.
1'attention des élèves est tenue en haleine, et ceux-ci ne se laissent pas distraire de leurs études; aussi, jamais aucune plaiute n'a-t-elle été faite contre la conduite des élèves au dehors, quoiqu'ils soieut libres de leur temps en plein Paris, a partir de 5 heures du soir; ils occupent leurs soirées a revoir les cours de la journée et a preparer les examens qu'ils ont a passer a jour et a heure fixés d'avance et connus d'eux au commencement de chaque semaine.
Les Ecoles nationales d1 agriculture ont été considérablement améliorées. L'enBeignement y est théorique et pratique; chaque établissement a line culture annexée a l'école pour exercer les élèves. L'enseignement y est devenu plus scientifique.
L'école de Montpellier est consacrée a la viticulture. On sait les services qu'elle a rendus dans la grande oeuvre de la reconstitution de notre vignoble.
On n'insiste pas sur l'organisation de ces établissements, qu'on trouvera détaillée dans les annexes.
La loi du 16 juin 1879 a rendu obligatoire, dans les écoles normales d'instituteurs et dans les Ecoles primaires, l'enseig-nement de l'agriculture.
C'est une grave lacune qui a été comblée, un progrès qui avait été, a plusieurs reprises, mais toujours vainement, réclamé, depuis 1848, par 1'administration de l'agriculture.
Les enfants sont exercés, dans toutes les lemons qu'on leur fait, sur les questions agricoles; les sujets des dictées et des problèmes sont pris dans l'agriculture; on donne, en outre, aux enfants des notions simples d'histoire naturelle, d'agri-culture et d'horticulture. Les fils de nos paysans ne quitteront plus l'école dans 1'ignorance absolue de tout ce qui se passé autour d'eux et de ce qui les intéresse le plus.
La méme loi a institué les professeurs départementaux a raison d'un par département. Ces fonctionnaires sont chargés de faire un cours, d'après un programme approprié a la région, aux élèves instituteurs des écoles normales; lis ont, en outre, a donner des conférences aux agriculteurs dans la campagne, pour faire connaitre a ceux-ci les améliorations dont la culture locale est susceptible, et leur parler de leurs intéréts.
Des chaires iïagriculture ont été, en outre, instituées dans un certain nombre de lycées, de colléges et d'écoles primaires, situés dans les districts agricoles, pour permettre aux élèves de recevoir, en même temps que 1'instruction générale universitaire, des notions justes sur les choses agricoles, leur faire aimer la vie rurale et préparer les fils de cultivateurs a 1'exercice de leur profession. C'est une institution qui débute mais qui a pris un développement exceptionnel dans les 2 dernières années, a raison des avantages que l'agriculture ne saurait manquer d'en retirer.
Enfin, des champs (Vexperience et do demonstration ont été organisés méthodiquement ayec les subsides de 1'Etat et des
10
Skct. T n.
département?; ils sont en general sons la direction des pro-fesseurs départementaux et des directeurs de stations agro-nomiques, et permettent aux cultivateurs de juger dc visu, dans les coins les plus reculés du territoire, des ameliorations qu'ils peuvent introduire dans leurs exploitations.
Les stations ayronomiques sont des établissements dans les-lt;juels on execute des recherches sur toutes les questions qui intéressent 1'agriculture (sélection des plantes, physiologic végétale, engrais, etc.). Les laboratoires agricoles sont destines a éclairer les cultivateurs sur la composition de leurs terres, sur leurs besoins, et a les protéger contre les fraudes en matière d'engrais, dc semences, etc. 11 existe actuellement en France soixante établissements dc ce genre; les uns s'oc-cupent d'études sur la physiologic végétale et animale, les autres ont pour objct dc poursuivre des recherches sur le lait, sur la viticulture ou la sérieicultare, sur les maladies des plantes, sur les fermentations, sur la technologie, sur le génie rural, les machines, les semences, etc., etc.
Pour éviter de trop longs détails, nous résumons ci-contre, dans un tableau synoptique, 1'état actucl de 1'outillage scien-tifiquc de la France comparé a celui qui existait en 1870;
EN 1891
Aucun.
TABLEAU DES ÃTABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENT AGRICOLE
e n f r a n c e
EN 1870
I. enseignement supérieur ou écoles d'enseignement scientifique pur.
institut national agronomique ii
l'aris.
21 professeurs.
7 maitres de conférence, ij chefs de travaux. IS répetiteurs.
11
|
Kcoles vétérinaire^; 18 professeurs. !⢠chefs de travaux. |
Kcoles vétcrinaires: 24 professeurs. 18 chefs de travaux et répé- |
titeurs.
Sect. lo.
h. ktab1.1ssemknts d'enseignement scientiftque combine avec un enseignement pratique donné dans unk kerme ou doma1ne.
3 Ãcoles Rationales d'agriculture: 3 Ãcoles nationals d'agriculture: 19 professeurs. 26 professeurs.
16 rcpétitenrs et préparateurs. 2;? répétiteurs.
1 Ecole nationale d'horticulture, a Versailles.
12 professeurs.
4 quot;jjlief's de pratique.
1 Ãcole des Haras au Pin ; 7 professeurs.
III. établissements ou écoles d'enseignement agricolk, tiiéo-rique et pratique, approprié aux bes01ns dbs .teunes gens appartenant u la petite culture et revecant les enfants r leur sortie des écoles prim aires.
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1 Ãcole d'irrigation et de drainage au Lézardeau: 1 professeur. |
'J Ecoles pratiques d'agriculture et d'irrigation: professeurs et maitres et 4 chefs de pratique. 23 Ãcoles pratiques d'agriculture; 137 professeurs. 46 chefs de pratique. 23 instructeurs militaires. 3 Ãcoles pratiques d'agriculture et de viticulture : 21 professeurs. 5 chefs de pratique. 3 instructeurs militaires. 4 Kcoles pratiques de laiterie : 20 professeurs. 8 chefs de pratique. 4 instructeurs militaires. 2 Ãcoles primaires professionnelles d'agriculture. 7 professeurs. 1 chef de pratique. 1 instructeur militaire. |
Sect. i a.
TV. kcoi.ks phatiqrks ou d'apprbntissaoe. 52 Fermes-écoles dont plus de la 17 fermes-écolcs.
moitié périclitant. 2 bergeries-écoles.
2 magnaneries-écoles.
1 école d'arboriculture. 10 fromageries-écoles.
2 éeoles de, laiterie pour tilles.
V. enseignemext agricole annexe A des étabijssements d'enseignement général ou uxiveusitaires.
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4 ('haircs de chimie agricole dans des Facultés des sciences. II) ('haires départementales d'agri-culture organisées par les dépar-tements. |
5 Chaires de chimie agrieole dans les Facultés de sciences. HO Chaires d'agriculture départementales organisées par l'Etat. Cours d'aericulture organisés O , O dans toutes les Ecoles norma-les d'instituteurs. 3s Cours d'agriculture dans les Lycées, Colléges et Ecoles pri-maires supérieures. Enseignement agrieole ohlu/atoiir dans les Ecoles primaires. |
VI. ét a iu.tsse ments de recherches agronomiques.
lt;! Stations et laboratoiresagrieoles. 14 Stations et laboratoires agricoles.
1 Station laitière.
1 Station d'essai de graines.
1 Station d'essai de machines agricoles.
1 Station pour 1'étude des maladies des plantes.
1 Station pour 1'étude des fermentations.
1 Laboratoire de technologie, brasserie, sucrerie, etc.
1 Laboratoire d'entomologie agrieole.
3 Stations aquicoles.
'I Laboratoire de recherches sur les insectes nuisibles.
1 Station séricicole.
1 Station d'essais pour les huiles et corps gras.
3 Stations de physiologie végétale.
Champs d'expérienees et de démonstrations organisés dans tons les départements.
Sect. T n.
La dotation au budget de 1'Etat, pour renseignement agrieole, s'élève a 3.9S4.4ÃU (1), dout 160.1)00 fr. pour les champs de demonstrations; 145.()tK) fr. pour les laboratoires et les stations agronomiques; 985.000 fr. pour les éeoles veté-rinaires; 300.000 fr. pour 1'Institut agronomique; 654.000 fr. pour les éeoles nationales d'agrieulture; 993.400 fr. pour les éeoles pratiques et les Fermes-Ecoles.
S'il reste énormément a faire pour donner a notre population agricole toutes les éeoles qui lui sont nécessaires, comme on peut le voir ii 1'aide de ce tableau, les cadres existent d'ores et déja pour tous les degrés. II n'y a qu'il les remplir, a les étendre avec persévérance, au fur ec a mesure des besoins, mais il taut le faire avec prudence et sans precipitation, car s'il est bon d'avoir de nombreux établissements d'enseignement, il ne faut pas oublier (jue les éeoles ne ren-dent de services qu'a raison de la valeur propre des mattres, et que le dévcloppement des éeoles doit êtrn en rapport avec un bon recrutement de personnel.
Le système d'enseignement inauguré dans ces dernières années a déja produit des résultats encourageants. fj'agri-culture a aujourd'hui un corps fort respectable, comme nombre et comme capacité, de travailleurs instruits et de savants voués il sou perfectionnement. Les éeoles sont de plus en plus pleines, on travaille partout avec ardeur. L'esprit scientifique pénètre davantage dans les fermes, a en juger par 1'Exposition universelle de 1889. La jeunesse intelligente s'attache maintenant il la vie rurale; la confiance dans 1'avenir revient; la production animale et végétale s'est déja accrue de plusieurs centaines dé millions; nos importations de den-rées agricoles, et surtout de bestiaux, ont beaucoup diminué, tandis que les exportations ont augmenté sensiblement.
J1 semble done que la voie dans laquelle on s'est engagé est bonne, et qu'il n'y a qu'a la suivre, en y apportant d'année en année 1'extension et les améliorations que les besoins réclameront, car il ne faut pas oublier que, comme 1'a dit Montesquieu, âle propre des institutions humaines est la mobilité, car celles-ci, pour êtrc bonnes, doivent toujours être en rapport avec les lieux et avec le tempsquot;.
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Paris, le l61' aout 1891. K. TlSSKl!AND.
(1) Les crériits accordés pour renseignement agricole et vétérinaire ont été; en 1835 en 1853 en 1869 en 1875 en 1889 '270.241 fr. 1.938.19G fr. 1.974.228 fr. 1.891.093 fr. 4.034.100 fr.
Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section I; Enseignement agricole.
a. Etahlissements cTinstruction agricole.
RAPPORT
UK
Messieurs L. BROEKEMA,
1 â¢irecteur de rEcole d'jigriculture de l'Etat, membre du Comité Kxt'-cutif du Congres si Wapeningen.
KT
J. VAN DAM,
Professeur a I'Ecole d'agriculture de l'Ãtat a Wagcningen.
Squot; (5quot;^) ~?)
Dans notre introduction a la discussion sur 1'Enseignement agricole nous nous bornerons, en ce qui concerno 1'histoire du sujet, a rappeler brièvement les tentatives faites dans notre pays pour donner a cette branche d'enseignement une organisation, satisfaisant, autant que possible, aux besoins do nos agriculteurs.
Nous n'allons pas faire une comparaison entre ce qui s'est fait dans notre patrie et ce qu'on a fait au dela de nos frontières.
En ]84'2 une école libre d'agriculture fut établie'a Haren, dans la province de ,Groningue. C'et établissement jouissait de subventions de l'Etat et dc la Province. Nous crovons pouvoir dire pour sur que ccs subventions étaient les premières accordées cbez nous, soit de la part de l'Etat, soit de celle d'une province ou d'une société, il une école d'agriculture. Des tentatives tout a fait particulières, pour subvenir au besoin d'instruction des lils d'agriculteurs out été faites, avant la date nommée, par quelques instituteurs parmi les-quels nous ne citerons que M. Enklaar et M. de Stoppelaar.
A 1'institut de I laren 1'enseignement se donnait dans un cours triennal. Pendant le semestre d'hiver on y professait les branches théoriques (les mathématiques, la mécanique, la physique, la chimie, la botanique, la zoologie, la geologie.
I
I
Skct. r n.
la zooteohnic, la connaispanoo des instruments agricoles, la tenue des livres, 1'éeonomic sociale, le dessin, l'agriculture colouiale). L'instruction pratique se donnait pendant le seraestre d'été a ime ferme-modèle.
En 1868 le Gouvernement tficha de s'entendre avee 1'ad-ministration de 1'école de Haren sur la reorganisation de eet établissement.
âTTn des prineipaux griefs contre son organisationquot;, dit Mr. Steyn Parvé dans son ouvrage, publié en 1878, âSur l'organisation de l'instruction primaire, secondaire et supérieure dans le Royaume des Favs-Basquot; âconsistait dans 1'in-terruption, a chaque semestre, de l'instruction théorique par des exercices pratiques.quot;
Quant a nous, tout en convenant que ces interruptions ont pu être défavorables aux progrös des élèves, nous n'v aurions pas vu le principal grief. Nous croyons que le sys-tème était vicieux. 11 est possible qu'une ferme-modèle puisse servir de modèle a une contrée de petite étendue, oü les conditions locales sont a pen pres les mêmes, mais comme accessoire d'un établissement d'instruction agricole, qui évi-demment avait pour but d'instruire des élèves, venus des différentes parties d'un pays, soit-il aussi petit que le nötre, la ferme-modèle ne peut être d'aucune utilité.
Aussi dans notre pays, on peut le dire franchement, le système de Haren a été condanmé.
Ce n'est pas dire que d'un tel établissement il ne puisse sortir des hommes vraiment éminents. Quiconque s'inté-resse a 1'Agriculture connait les noms des Jongkindt-('oninck, des Hoffman, des Geertsema, etc. pour ne parler cjue de ceux de nos agronomes qui ne sont plus en vie. En outre on doit convenir que 1'école de Haren a été indirecte-ment d'une influence trés importante sur l'organisation de 1'Enseignement agricole, tel que nous le possédons actu-ellement.
En 1870 la société, qui administrait 1'établissement de Haren a été dissoute.
Dans la même année une école agronomique communale a été ouverte a Warfum. dans la province de Groningue. Trois années plus tard un pareil établissement fut fondé comme annexe a 1'école moyenne communale de Wageuingen, dans la province de Gueldre.
Le pen de succès (|u'ont eu ces deux écoles a meué a un heureux résultat. En 1874 Mr. Heemskerk, Ministre de 1'in-térieur. frappé, comme le dit M. Steyn Parvé, du pen de succès des tentatives faites jusqu'alors en vue d'encouragev la fondation d'écoles agronomiques, soit par des communes, soit par des particuliers, se décida a proposer aux Etats-Géné-raux 1'établissement d'un Institut agricole de 1'Etat. confor-méinent a l'art. 1 dv la lol.
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Sect. T a.
Cette proposition fut accueillie avec sympathie ct en 1876, grace aux efforts combinés do M. Heemskerk et de M. Ie prof. Salverda, Inspecteur de l'Enseignement secondaire, 1'école communale,de Wapeningen fut remplacée par 1'lnsti-tut agricole de 1'Etat dans cettc ville même.
L'institut se compose de trois sections, dont 1'une est une école moyenne supérieure a cours triennal; elle ne diffère qu'en quelques points de moindre importance des autres établissemcnts de ce genre fondés par 1'Etat. Les deux autres sections, destinées a 1'instruction agronomique proprement dite, different entre elles par l'age des élèves et surtout par les connaissances qu'ils possèdcnt lors de leur entree a 1'éta-blissement; 1'une de ces sections est destinée aux ills d'agri-cultenrs de profession, l'autre aux tils de cultivateurs ayant de grandes exploitations agricoles et aux autres jeunes gens qui désirent acquérir des connaissances plus approfondies de la science agronomique. Pour 1'admission a la section A il n'est exigé que quelques connaissances élémentaires de 1'arithmétique, de la langue hollandaise, de la geographic des Pays-Bas et de l'histoire nationale, telles qu'elles peuvent s'acquérir a 1'école primaire élémentaire. Le cours est de trois ans; les jeunes gens qui ont parcouru les trois classes de cettc section, y ont re(;u une préparation scientifique suffisante pour pouvoir passer avec succes a la pratique de l'agriculture. La section B, au contraire, qui, elle aussi, embrasse un cours de trois ans, est destinée aux jeunes gens, qui ont suivi le cours complet d'une école moyenne supérience a cours triennal. Le tableau ci-après indique les branches qui sont enseignées dans ces deux sections, ainsi que le nombre d'heurcs qui y sont consacrées dans chaque classe.
L'enseignement théori((ue occupe une place trés importante a l'institut de Wageningen, taut a la section A, qu'a la section B. Mais la pratique n'y est pas négligée, et les moyens de démonstration, tant sur le domaine de l'agriculture que sur celui des sciences naturelles qui lui servent de base, y sont assez nombreux.
Le programme de l'institut donne des renseignements complets sur les terrains, dependant de l'école, et sur la manière, dont on en fait usage.
Deux champs d'expérience servent a la culture des princi-pales variétés de nos végétaux cultivés. La diversité des sols, que présentent les terrains, permet de satisfaire aux exigences diverses des végétaux. Les élèves y trouvent 1'occa-sion de faire des observations quotidiomies sur le développe-ment des végétaux; ils y apprennent a connattre les pro-priétés des plantes, l'intluence du sol, des phénomènes météorologiques et de bien d'autres conditions de croissance.
Les variétés qui ont satisfait le mieux sont ensuite culti-vées sur les terrains plus étendus d'une ferme (7 hectares)
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oü les conditions de croissance, connne on le oomprend, sont tout autres que dans les sections relativement tres petites des champs d'expérience. (quot;est la qu'on a I'occasion de montrer aux élèves les différeiits travaux de culture; la preparation dn sol, le drainage, 1 'usage des engrais, les ensemencements, les travaux de la récolte et de 1'ensilage etc.
A la ferme, les élèves peuvent acquérir la connaissance de tous les détails do 1'économie rurale. lis y observent ce qui se rapporte a 1'élevage, a 1'alimentation des bestiaux, a la préparation de la nourriture, a 1'industrie laitière, a la machinerie agricole etc.
Ajoutons qu'il y a un jardin botanique, et nous aurons énuméré les parties dont se composent les quclque douze hectares, que l'école possède.
Des excursions, sous la direction des professeurs d'agricul-ture, de sylviculture, de botanique, de zoologie, d'arpentage, etc., se font, tantót dans les environs de Wageningen, tantót dans des regions plus éloignées.
Que le système adopté a Wageningen soit parfait, qui ose-rait le prétendre ? Mais ce qui est certain, c'est qu'on y par-vient au grand but de toute instruction, c'est-a-dire d'exciter l'intérêt des élèves, non seulement de ceux qui, étant fils d'agriculteurs, ont déja appris a apprécier 1'industrie de leur père, mais encore de ces nombreux jeunes gens, qui jusqua leur entrée dans l'Institut, n'avaient guère pensé a se vouer a 1'étude de l'agriculture, et qui, assez souvent, ne le font qu'après des tentatives inutiles de leur part pour réussir dans une autre carrière.
Depuis l'ouverture de l'école en 1S76, cent douze (112) élèves de la section A ont passé 1'examen de sortie et sont entrés dans la pratique, soit dans notre pays et ses colonies (o4 aux Indes Orientales), soit en Amérique (3) et dans la République de l'Afrique du Sud.
De la section H, soixante-quinze (75) élèves ont obtemi le diplóme, après avoir passé 1'examen de sortie. Plus de la raoitié de ce nombrc (48) se trouvent actuellement distri-bués sur nos colonies et l'expérience nous apprend que nos cultivateurs aux Indes sont de plus en plus contents des jeunes gens, qui ont achevé avec succès leurs études, et dont plusieurs sont revêtus d'emplois importants aux Indes.
Ce qui frappe surtout lt;^'est le grand nombre d'élèves, qui vont chercher une carrière aux Indes, tandis que le nombre des fils d'agriculteurs néerlandais qui suivent soit la section A soit la section 15 est resté relativement petit jus-qu'ici. On no pent que regretter ce fait, mais la vérité doit être dite. Pourtant nous sommes heureux de pouvoir con-stater une augmentation, toute petite qu'clle est, de ce nombre dans les dernières années.
-Tusqu'ic.i la place indiquée a la sylviculture entre les branches,
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Sect. I n.
professées il 1'Institut de Wageningen, n'était que trés modeste. Par arrêté du 9 Janvier 1891 un cours biennal de sylviculture y sera donué, destine en premier lieu aux elèves aspirant a entrer dans le corps des employés du service forestier aux Indes. Crest principalement aux efforts de M. van Eyk, Inspecteur de 1'Enseignement Moven, qu'est due l'adjonction de ce cours qui fait nattre, pour ainsi dire, une bifurcation de renseignenient après la première classe de la section B.
Les élèves de ce Cours Préparatoire suivront une partie des leyons des autres élèves de la section B, comme on peut le voir dans le tableau des lec/ons.
L'Institut de Wageningen est le seul établissement d'en-seignement agricole proprement dit, que nous possédions. C'est un établissement d'enseignement secondaire; pourtant la section B peut être comparée a ce qu'on appelle en Alle-magne académies agricolcs, sous le rapport des connaissan-ces tbéoriques qui y sont enseignées.
En fait d'écoles spéciales la Hollande possède l'école d'hor-ticulture a Watergraafsmeer, les écoles laitières a Oudshoorn et a Bols ward, l'école de sylviculture ii Frederiksoord et l'école d'agriculture a Willemsoord, dont le programme est plus restrcint et oil l'instruction est plus élémentaire qu'a la section A de l'Institut de Wageningen.
Nous n'entrerons pas en des détails sur le caractère de ces écoles, mais nous nous bornerons a résumer notre apprécia-tion de 1'état actuel de 1'enseignement agricole dans les Pays-Bas et nos idéés sur la manière dont on pourrait en perfec-tionner 1'organisation, dans les conclusions suivantes. On verra que, dans les points essentiels, ces idéés sont analogues a celles que la âCommission pour les Intéréts de 1'Agriculturequot; a publiées dans son rapport détaillé.
CONCLUSIONS.
1quot;. La section B de TTustitut agricole de l'Etat k Wageningen donne un enseignement scientifique, suffisant aux besoins de ceux qui se préparent k pra-tiquer, sur une assez vaste échelle, 1'agriculture dans les Pays-Bas.
2°. II est nécessaire que l'Institut agricole de l'Etat s'mtéresse constamment aux besoins des colonies neer-landaises. A eet effet certaines modilications dans son organisation, 1'augmentation de nombre de ses profes-seurs, l'acquisition de nouveaux moyens d'enseignement méritent d'etre prises en consideration.
Sect. T n.
3°. Tl n'est pas désirable d'ajouter k I'ensei^nement de I'lnstitut ag-ricole de l'Etat les branches de I'hor-ticulture et de la culture des arbres fruitiers.
4°. L'Etat fera bien de créer des écoles pour l'en-seignement de ces branches et de les établir dans le voisinage de I'lnstitut agricole de l'Etat.
5°. La section A de I'lnstitut agricole de l'Etat donne un enseignement d'agriculture, suffisant aux besoins des jeunes gens de la campagne qui ne peuvent suivre un cours purement scientifique, ou qui, k la rigueur, peuvent se passer d'un tels cours. Le but que se propose cette section est de donner un enseignement professionnel, h cóté de certaines autres connaissances utiles.
6°. La section A de I'lnstitut agricole de l'Etat pourvoit suffisamment k I'instruction de beaucoup de jeunes gens qui se préparent ti être employés aux cultures dans les colonies.
7°. II faudra qu'on établisse des écoles provinciales, spécialement destinées ti préparer k 1'agriculture dans le Royaume, et organisées, tant soit pen, selon le modèle de la section A de I'lnstitut agricole de l'Etat, inais avec un programme plus restreint. Ce programme devra, pour le choix des sujets h traiter, se conformer aux exigences spéciales de chaque province.
La section A restera, a cóté de ces écoles, comme institut national.
8°. Tl est nécessaire que le droit de professer la science agricole soit réglé par la loi.
9°. La fondation d'écoles professionnelles pratiques et d'écoles d'hiver est d'une grande importance. II est essentiel que leurs professeurs soient choisis entre les élèves diplómés de I'lnstitut agricole de l'Etat.
f;
10°. II est désirable que Ie Gouvernement continue ii placer des agronomes de l'Etat.
11°. Vu 1'importance et Ia diversité des devoirs des
Sect. ] a.
agTonoines de I'Etat. il est nécessaire que ces fonction-naires soient secondes par des adjoints, choisis, en ge-néral, entre les personnes qui ont obtenu h I'lnstitut agricole le diplome d'agronome.
12quot;. Parmi les devoirs de ces agronomes-adjoints, on comptera celui de tenir, dans les villages, des conférences populaires, une ou deux f'ois par semaine pendant l'hiver. Ces conférences, adaptées au degré de dévelop-pement des jeunes gens qui ont suivi le cours entier de l'école primaire, traiteront les sujets agricoles les plus importants pour les communes oü elles se tien-dront.
13quot;. II sera utile de pouvoir aussi désigner pour l'emploi d'agronome-adjoint les élèves brevetés de la section A.
14quot;. 11 ne faut pas que l'enseignement agricole soit porté, comme branche spéciale, sur le programme de l'école primaire. Les conférences mentionnées sous 2quot;. devront étre regardées comme l'enseignement agricole élémentaire.
15H. II est desirable que, dans les Pays-Bas, les élèves diplómés de la section B de I'lnstitut agricole de l'Etat puissent se développer dans une branche quelconque du domaine de l'agronomie, par des cours d'enseignement supérieur.
16quot;. Les temps présents exigent la fondation d'un institut bactériologique pour l'agriculture dans toute son étendue. La réalisation de ce désir serait un premier pas important vers le but désigné sous 15°.
17°. C'est un point essentiel d'établir eet institut bactériologique dans la commune oü se trouve I'lnstitut agricole de l'Etat.
8
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Sect. la. | |||||||||
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le classe 2e classe 3e classe le classe 2e classe 3e classe le classe 2e classe |
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Mathrmatiques et arpentage
Mécanique.....
Physique......
Météorologie ....
Chimie......
Mineralogie et geologie .
Botanique.....
Zoologie......
Anatomie et Physiologic des
animaux domestiques . Animaux utiles et nuisibles Economie sociale . . , Organisation de l'Etat ,
Geographic.....
Histoire......
Langue hollandaise . Langue allemande Langue franraise ou anglaise Langue malaise (cours élemen
taire) ......
Langue latine (cours élémen
taire) ......
Dessin artistique . .
Dessin lineaire .... Notions générales d'agricul
ture.......
Chimie agricole.
Machines agricolcs. . Technologie agricole . . Culture desvégétaux agricolcs Kconomie rurale . . Preparation et amélioratiot
du sol......
Zootechnie.....
Industrie du lait .
Eléments de 1'art vétérinair Comptabilité agricole
Sylviculture.....
Animaux utiles et nuisihle
a la sylviculture Exploitation des bois Aménagement des forèts Fixation du rendem. d.forèt Cubage des bois . . Protection des forèts . (jyinnastique ....
Totanx
Congres International d'AgrieuItnre
a La Haye en 1891.
Section I; Enseignement Agricole.
b. Ecoles (Vhorticulture.
RAPPORTEUR.
Monsieur W. A. VIRULY VERBRUGGE.
Membre de Ia Seconde Chambre des Etats-Généraux, President de la Sociéte Néerlandaise d'horticulture.
5quot; c)
Monsieur Viruly Verbmgge se propose d'ouvrir line discussion devant la lrlquot; Section du ('ongrès Tnternational d'Agriculture qui se tiendra a La Haye, en Septembre 1891, sur la question de PEnseignement horticole. (Lettre B-article 4).
T1 a 1'honneur de soumettre a 1'appréciation de Messieurs les Membres de la Section los points suivants:
Pour que 1'enseignement horticole soit bien organisé dans un Etat, et pour i]ue cet enseignenient, tout spécial, puisse donner les résultats désirés, 11 est indispensable qu'il soit distinctemont divisé en deux parties: Enseignenient secondaire et Enseignement primaire.
Pour 1'horticulture 1'enseignement spécial supérieur n'existo pas. L'onsoignement supérieur général forme des docteurs en botanique, des professeurs d'enseignement secondaire; il est particulièrement destine a fournir des savants, des scrutateurs de la nature, qui seront évidemmont tres utiles a la science horticole et bien précieux pour 1'enseignement secondaire.
Un savant peut assurément devenir bon horticnlteur, mais il sera alors toujours une exception.
Enseignement secondaire.
('et enseignement est appelé a former;
a) des chefs pour les établissement^ grands et petits, d'horticulture;
ft) des chefs pour les grandes exploitations potagères;
c) des chefs pour les jardins botaniques des Ãniversités et des Sociétés privées;
'/) des chefs pour les grandes maisons de campagne oü se trouvent d'importantes collections de plantos.
-
Sect. 1. b.
Cet enseignement doit done comprendre:
POUR LA THÃORIE;
a) lii botanique élémentaire et descriptive;
li) I'arboriculture fruitière et la pomologie;
c) I'arboriculture forestière et d'agrément;
d) la floriculture de plein air et de serre;
c) la culture potagère:
Æ) les principes de la chimie pratique et ceux de la physique appliqués a la culture;
fir) la mécanique et la géometrie appliquées aux besoins du jardinage (mesure des surfaces, cubage, lever de plans, etc.);
h) le dessin linéaire et le dessin des plantes, etc.;
i) les regies de l'ostétique;
j) la comptabilité, le commerce des fruits, des légumes et des plantes en general.
On doit y ajouter quelques notions des langues grecques et latines et 1'entretien des langues vivantes que les élèves doivent savoir avant d'etre admis a 1'école et qui sont nécessaires, selon les besoins de chaque nation.
L'enseignement doit être élevé: il doit reposer sur 1'appli-cation rigoureuse des sciences, mais ne rien renfermer que de net et précis. II doit être présenté de faron il être a la portée de 1'intelligence des élèves; il doit laisser en cux une impression profonde et durable et revêtir le caractère expérimental.
POUR LA PRATIQUE.
Les élèves doivent être continuellement exercés pour acquérir l'habileté et l'adresse nécessaires dans le manuel, dans les tours d'adresse pratiques, de 1'horticulture, afin qu'ils soient plus tard en état de former de bons ouvriers et de contróler, avec competence, leurs travaux.
Pour cette raison, ils doivent faire eux-mêmes tout 1'ou-vrage du jardin et des serres, sans aucune exception.
Les professeurs mettront constamment sous les yeux des élèves et feront passer entre leurs mains des échantillons de sols. de plantes, etc.
Les instructeurs ou professeurs devront sans cesse exercer leurs élèves pour qu'ils retiennent les noms, la provenance et les traitements spéciaux a chacune des plantes de plein air, d'orangeries et de serres froides et chaudes.
Enfin l'enseignement sera complété par des promenades dans la campagne et par des visites dans les grands éta-blissements horticoles.
Les élèves de ces écoles devraient avoir au moins 15 ans révolus et être assez robustes pour supporter, sans danger, les fatigues qui les attendent dans leur état.
Sect. l.b.
lis seraient soumis a un examen d'admission qui prou-verait qu'ils sont assez intelligents pour pouvoir suivre avec fruit les cours théoriques.
Les élèves seraient externes. On ne voit que trop, jusqu'ici, dans les écoles horticoles des jonnes gens qui ont manqué la profession de leur lt;-hoix, et il serait bien utile de n'ad-mettre que ceux qui ont réellement la vocation de 1'horti-culture.
Les cours devraient s'adapter dans toutes leurs parties professionelles aux circonstances et aux nécessités locales et auraient au moins une durée de quatre ans après lesquels des diplömes seraient décernés aux élèves.
Une telle école nous parait indispensable dans chaque pays et c'est 1'Etat qui devrait la fonder et 1'entretenir.
II serait il souhaiter que des écoles pratiques füssent spé-cialernent instituées poiir des subdivisions de rhorticulture, mais elles pourraient être établies par l'initiative privée.
K X S EIG X E M E XT l'R IM A1K E.
L'enseignement primaire devrait être organisé exclusive-ment pour les ouvriers, et comprendre la répétition de la lecture, de 1'écriture, do l'arithmétique et surtout du dessin lineaire et d'ornement avec quelques notions de botanilt;iue.
Dans la pratique on devrait toujours dcmander aux élèves le âpourquoiquot; de sfm travail et de leur expliquer continuelle-ment.
On ne devrait jamais se lasser de leur faire recommencer les operations si diverses que comporte l'art auquel ils se destinent; seiner, planter, tailler, biner, greffer, affranchir, ébonrgeonner, éborgner, etc., etc.
On les exercerait a retenir les noms des plantes et ou leur ferait écrire beaucoup d'étiquettes. Avant tout, on cher-cherait a leur inculquer eet esprit d'ordre, de netteté, et de propreté qui fait si fréquemment défaut.
En deux ans les élèves pourraient étre de bons ouvriers et quelques-uns, â les mieux doués, â seraient peut-être aptes a dinger les petites propriétés et les petits établissements horticoles.
11 conviendrait de décerner aux élèves, a leur examen de sortie, des diplömes de lrc et de 2e classe qui stimuleront 1'émulation et faciliteront certainement leur placement dans de bonnes conditions.
COXCLUSIOX.
Le congrès est d'avis qu'il est urgent que des écoles d'horticulture soient fondées, par et dans chaque Etat avec un programme rédigé dans l'esprit du rapport ci-dessus.
Congres International d'Agpieultnpe
a La Haye en 1891.
Section I. Enseignement agricole.
c. Champs (Vexperience et de demonstration.
RAPPORT PRÃLIMINAIRE
DE
Monsieur G. REINDERS,
Rédacteuren Chef du Journal d'Agrieulture. C5quot; -r lt;0
QUESTIONNAIRE.
1. Enoncé des champs d'expérience et de démonstration dans chaque pays.
a. Le róle de l'Etat, des provinces ou des localités etc. et celui de l'initiative privée dans 1'organisa-tion des champs d'essai.
h. Le budget des dépenses pour instituer ces champs. c. Les règlements et encouragements de toute nature
adoptés pour organiser les champs.
(I. La direction, surveillance etc. et les conférences tenues auprès ou a propos des champs.
2. La difterence entre los champs d'expériences scientitiques et les champs de démonstration pratique et la relation existante entre ces deux catégories.
3. But et organisation des différentes champs d'essai.
a. pour les engrais;
h. pour les différentes fayons de culture;
c. pour essayer différentes variétés de plantes agri-coles etc.
I
Sect. 1 c. 2
La première section (Crise agricole) du Congres international tenn a Paris en 1889 a emis entre autres le vceu snivant:
Le (quot;ongrès international d'agriculture est d'avis:
âQu'il est possible, dans une certaine mesure, d'augmenter les renderaents et de diminuer les prix de revient, par le choix judicieux des engrais et des variétés cultivées dont la propagation sera assurée par les champs d'expérience et de demonstration.quot;
La dernière partie y est ajoutée dans la séance générale a la recommandation de M. Dehérain âcomme un moven extrêmement puissant de divulgation des résultats obtenus.quot;
Quant il la creation, la direction etc. de ces champs d'expérience et de demonstration, le Congres ne s'est pas prononcé a ce sujet ni dans cette section ni dans la section III (Enseignement ngricolé).
Au Congres tenu a Vienne en 1890 i(uelques questions touchant cette matière vin rent en discussion. Ce sont sur-tout les trois suivantes; nous y avons ajouté les resolutions (pii furent adoptées après la discussion (1).
Question 93. âQuels résultats a-t-on obtenus avec les essais âde culture de tburrages en plein champ dans les divers ..Ãtats, et quelles voies et moyens faudrait-il choisir en vue âd'un mode de procéder uniforme, afin d'arriver a une âconnaissance étendue de la culture rationnelle des fourrages âdans la plaine et dans les Alpeschez le paysan propriétaire?quot;,
RESOLUTIONS:
1quot;. âPour relever ou pour produire la culture rationnelle du fourrage artificiel dans la plaine et sur les Alpes et pour en répandre la connaissance, les stations de controle pour essais et semences rlevraient vouer plus d'attention a l'essai de culture en plein champ de divers mélanges d'herbes ainsi qu'a l'introduction ou a la tenue de cours sur la culture du fourrage d'après des principes uniformes. II faudrait, de plus,
(1) Rapport sur les travaux et les resolutions dn Congres international agricole et forestier. Vienne 18üOt par le chevalier Max de Proskowetz.
reot. r c.
vu la grande importance économique fle telles entre-prises, chercher h obtenir dans ce but un large concours de la part de l'Ãtat.
2°. II serait bon: 1quot;. que les prescriptions qui con-viennent le mieux aux différents sols fussent publiées dans les journaux et almanachs agricoles les plus répandus dans la population, et 2quot;. que l'on put se procurer ces mélanges de semences d'herbes par la voie des sociétés agricoles sous le controle des stations d'essais.quot;
Question 94. âDe la nécessité et de la valeur des essais en plein champ avec engrais et plantes, et dn rapport qui âexiste entre ces essais et les essais scientifiques exacts.quot;
RESOLUTIONS ;
1°. âLa tache d'établir, pour comparer entre elles les fumures, des cultures expérimentales exactes et basées sur la chimie agricole revient exclusivement aux établissements scientifiques spéciaux, tels que les stations agronomiques et les écoles d'agriculture.
2°. II est de l'intérêt public et particulier, que des champs d'essai pour engrais soient installés par des cultivateurs pratiques.
3quot;. II serait h désirer que les essais d'engrais en plein champ fussent dirigés, autant que faire se peut, suivant la méthode du professeur Drechsler, et que les méthodes anciennes ne servent, en somme, qu'Ji la solution des questions de rendements.
4°. Outre les questions de fumures et autres, il y aurait encore k étudier les races des plantes cultivées ii 1'aide de cultures expérimentales exactes et de cultures exactes sur des champs d'essais.quot;
Question 97. âQuelles experiences a-t-on sur la variation âdes plantes provenant d'nne même semence dans des con-âditions diverses de plantation et de croissance? Quelle est âla méthode la plus convcnable a suivre pour ces essais de âplantation et pour les analyses des semences et des graines âles plus importantes en agriculture?
3
Sect. I r.
RESOLUTIONS:
1°. âL'assemblée exprime le désir que des sociétés se forment dans le plus de pays possible, dans le but de développer la branche des essais agricoles et que ces sociétés se mettent en rapport les unes avec les autres pour travailler avec ensemble.
2°. La manière actuelle de pratiquer les essais de culture comparée devrait être étendue en ce sens que le nombre en soit augmenté, que ceux qui travaillent dans des conditions identiques soient réunis en un groupe, que chaque groupe ait son chef qui lui ser-virait de médiateur vis-Ji-vis de la direction centrale.
3°. Les essais devraient être faits d'après la méthode de Drechsler. II faudrait prendre en considération que tous les éléments de croissance soient mis sur la mé me ligne que celui que Ton étudie.quot;
On voit qu'a Vienne on a ete aussi d'accord sur la necessity et 1'importance des essais en plein champ, et sans doute les discussions ont contribué il élucider la question, surtout quant a la njeilleurc méthode a suivre. Néanmoins les questions sur cette matière ne sont pas épuisées, et nous espérons que les discussions au Congres a la Have contribueront aussi a la solution de la dominante: comment inslituer ces champs d'expérience et de demonstration afin-qu'ils répondcnt le mieux au but qu'on se propose par leur creation?
Pour cela il serait a souhaiter:
1°. que le Congres international d'agriculture puisse disposer d'im énoncé des champs d'essai dans les divers pays, concernant a; a. I'organisation, le but etc.; b. le personnel qui s'occupe cles épreuvcs ct dn controle; c. les dépenses; d. le róle de 1'Etat, des provinces ou des localités etc. et celui de 1'initiative privée dans I'organisation.
2°. On aura observe de ce qui a été cité du Rapport sur les travaux etc. du Congres de Vienne, que ce Congres a fait une difference cntre les essais scientific pies exacts et les essais démonstratifs. Aussi a-t-on fait cette difference hors du Congres et c'est surtout en Allemagne que cette question est a l'ordre du jour.
Une grande autorité dans cette affaire, M. Wagner a Darmstadt, s'est déclaré contre les épreuves en plein champ, comme n'ayant aucune valeur ni pour la science ni pour la pratique. 11 a institué une méthode âwissenschaftlich genauer Diingungsversuchequot;, en faisant végéter les plantes en
4
Sect. I c.
éprenve dans des pots de zinc, renfermant 16â18 KG. de terre arable (avec un sous-sol de coaks ou d'autre inatière), et mélangée des engrais avec lesqnels on veut experimenter.
Quoique les differences en humidité etc. se laissent éli-miner de cette manière, nous croyons que les essais scien-tifiques comme M. Wagner les veut faire entreprcndre par les stations agronomiques, ne peuvent remplacer les essais en plein champ, paree que les conditions de la nature en pots ne se réalisent pas en plein champ et que les résultats dans le premier cas sont souvent tout autres que ceux que 1'on obtient dans le second.
De même la méthode Wohltmann de l'Institut-Halle (1), quoique réalisant mieux les conditions du plein champ est trop artificielle, pour qu'on puisse la pratiquer généralement.
En somme nous croyons que la conclusion du Congrès de Vienne est juste: qu'il est de l'intérêt public et particulier que les champs d'essai soient installés par des cultivateurs pratiques et aussi qu'il serait a desirer que ces essais fussent dirigés autant que possible suivant la méthode du professeur Drechsler.
Les principes, que M. Drechsler désire pour 1'institution et 1'exécution des essais pour engrais, sont;
1°. La productivité du sol du champ d'expérience c. a. d. son contenu en matières nutritives pour les plantes et ses propriétés jxhysiques doivent êtro la même dans toutes les parcelles.
2°. Le plan de fumer â quautité, nombre et composition des engrais différents, grandeur et situation des parcelles â doit être tel, qu'il n'y ait point de doute sur les résultats.
8°. L'effet des engrais appliqués ne doit pas dépendre de conditions climatologiques différentes.
4n. L'exécution des essais â préparation du sol, semis, soins d'entretien, récolte â doit être la même pour toutes les parcelles et sans fautes.
5«. Les troubles dans la végétation doivent être évités, sinon être les mêmes dans toutes les parcelles ou être neutralises de quelque manière.
Quant a 1'inégalité dans la productivité du sol, on sait qu'il est tres difficile de trouver un nombre de parcelles absolument égales. Pour neutraliser ce défaut autant que possible, M. Drechsler a proposé d'instituer non seulement un certain nombre (trois) de parcelles sans engrais, mais
(1) Kin Ueitrag zur Prüfung imd Vervollkommnung der exacten Ver-suchsmethode zur Lösnng schwebender Pflanzen- und Bodenculturfragen in «Berichten aus dem physiotogischen Laboratorium und der Versuchs-anstalt des landwirtschaftlichen Instituts der Universitat Halle», 1887.
Sect. T r.
aussi de parcolles ayant re on 1c même engrais, rlispersées autant que possible sur toutc 1'étendue du champ. (1)
On sait qu'un autre specialiste allemand, M. Marcker, tfiche d'éviter les fautes, ressortantes de l'inégalité du sol et du climat, en instituant les essais en diverses localités. Mais la difference peut être dans cc cas tres grande et comme il s'agit en beaucoup de cas d'essayer un sol spécial, nous croyons que la méthode Drechsler doit avoir la préférence.
La superficie des parcelles ne doit être ni trop grande ni trop petite. Une superficie de 1 arc semble être la plus désirable.
La quantité des engrais ne doit être de même ui trop grande ni trop petite, car dans le premier cas les résultats financiers seront hors de proportion et dans le second l'effet des principes nutritifs des engrais n'est pas mis an jour distinctement. Quand on est dans le doute sur la quantité, il est ii recom-mander d'instituer différentes parcelles fumées d une quantité différente du même engrais.
Outre les principes recommandés par M. Drechsler, il nou? semble qu'il y a encore un point a observer en instituant des champs d'essai, c'est que les experiences doivent durer plus d'un an, afin de pouvoir observer l'effet des engrais après. Peut-être est-il a recommander de les mettre en rapport avec 1'assolement usuel dans la localité.
Aussi la manière de dresser les résultats est une question ouverte. Ordinairement on calcule le produit net des différentes parcelles en argent, et en soustrayant celui de la parcelle sans engrais (no fumée) on a la perte on le gain obtenu par les différentes fumures. Mais alors on observera bien souvent qu'il y a une perte, c. a. d. que le rendement en argent des parcelles fumées, diminué du rendement de la parcelle non fumée, est moindre que les dépenses pour les engrais. La raison en est que les engrais exercent un effet après, dans les années suivantes, et seulement dans la deuxième ou la troisième année il y aura un gain.
Nous proposons done d'exprimcr le surplus du rendement en argent en pour-cent des dépenses pour la fumurc.
(!
Par exemple on a les six suivantes parcelles: 1 saus engrais, 2 fumier d'étable, 3 engrais chimique complet, 4 dito saus phosphates, ö dito saus seis de potasse, 5 dito sans azote, dont les ren dements en argent p. hectare sont;
(1) La même méthode est pratiquée Si inon avis aux champs li'expérience crées par le Noorder-Afdeeling van het Genootschap van Nijverheid in ile provincie Groningen et plus tard par plnsieurs sections de cette société.
7 Sect. T c.
Iquot; année 12 3 4 5 6
Rendement en argent . fr. 550 fr. 675 fr. 650 fr. 575 fr. 625 fr. 575 Deduction faite du rendement sans engrais . â 550 â 550 â 550 â 550 â 550
Difference . . fr. 125 fr. 100 fr. 25 fr. 75 fr. 25
Dépenses des engrais . â 150 â 125 â 75 â 100 ,, 65
|
Gain ou Perte â . â fr. 25 â fr. 25 â fr. 50 â fr. 25 â fr. 30 Reten u des dépenses de la fumure en pour-cent. SS'/s pCt. 80 pCt. 33'/3 pCt. 75 pCt. 54 pCt. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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|
Retenu des dépenses de la fumure en pour- cent ............2162/3 pCt. 240 pCt. 100 pCt. 250 pCt. 77 pCt. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Quoiquc ce calcul fasse voir le résultat financier actnel, on observera qn'on commet une faixte en prenant le rendement des parcelles sans engrais comme base de calcul; car ces parcelles se trouvent dans un état anormal, a cause du manque (défaut) des principes nutritifs. lis s'en appauvris-sent de plus en plus, tandis que les autres parcelles eu retiennent en bien des cas une certaine quantité, attendu qu'elles en ont ref/u dans les engrais plus qu'on n'en a enlevé par les récoltes.
II nous semble done que ce calcul n'exclut en rien une comparaison des rendements des diflerentes parcelles savoir: a. des rendements des parcelles parallèles, pour constater quelques irrégularités possibles dans la fertilité du champ entier ou quelques anomalies dans la croissance des plantes etc.; h. des rendements des diflerentes parcelles les uns aux autres, afin de constater l'eflet des différents engrais, le défaut de quelques principes nutritifs dans le sol en expérimentation etc.
Sect. I c.
La difference qu'on a faite entre les champs d'expérience et les champs de démonstration ne nous semble pas bien précise. Chez les premiers on suppose quelque chose d'inconnu, chez les seconds quelque chose de scientifiquement résolu mais encore de mal ou non entendu par la pratique. Tandis que les premiers serviraient a résoudre une question, les seconds auraient pour hut de divulguer la science.
Mais un champ d'expérience peut être en même temps champ de démonstration et un champ de démonstration peut donner sur la nature du sol, quelques renseignements qu'une analyse chimique ni une déduction scientifique ne sauraient dévoiler.
Nous croyons que la resolution de quelques questions, qui exige des cultures expérimentales exactes et basées sur la chimie agricole, comme celles de M. Wagner sur les phosphates basiques dites de Thomas, revient plus ou exclusive-ment aux établissements scientifiques spéciaux, tels que les stations agronomiques et les écoles d'agriculture ou aux agriculteurs dans une contrée oü la population agricole est généralement plus intelligente, et que les résultats de ces experiences peuvent donner des renseignements désirables pour rinstitution des champs d'essai, qui sont done des champs de démonstration.
Outre des champs d'essai pour engrais, peuvent être désirables des champs pour diverses cultures c. a. d. les diverses manières de labours, de semailles, de binages etc., et encore pour diverses variétés de grains et autres plantes agricoles.
En instituant des champs d'essai pour ces divers buts, les mêmes principes doivent être observés, en modifiant naturellement 1'exlcution selon le but qu'on se propose.
8
II est certain que si ces experiences en plein champ sont exécutées d'après les mêmes principes et les mêmes méthodes, une comparaison des résultats devient trés facile; de plus elles apporteront des matériaux pour 1'étude de l'agriculture comparée.
C. HEINDER8.
Wageningen, 2(5 Juin '91.
Sect. Ie.
VCEUX PROPOSES.
1r0 Vceu. â Le Congrès international émet le vrjeu que des champs d'essai soient créés dans diverses localités.
2me Vceu. â Le but de la création de ces champs doit être généralement un moyen de divulguer les resultats deja obtenus; ce sont done des champs de demonstration et ils forment ainsi un mode d'enseignement.
8nquot;' \ oeu. â Outre ces champs de demonstration peuvent être désirables des champs d'expérience scientiti-ques, soit dans des pots a fleur soit en plein champ, d'après le système de M. Wagner et de M. Wohltmann ou d'autres.
4,ufi Vcpu. â reorganisation de ces derniers champs est généralement laissé au soin des stations agricoles, a d'autres institutions scientifiques ou a des agricul-teurs intelligents; tandis ijue les champs de demonstration sont organises par des agriculteurs sous la direction et les auspices des professeursrégionaux.
5quot;ie Vceu. â Cependant il est a désirer qu'il y ait une relation entre ces deux sortes de champs d'essai, dans ce sens, que les resultats obtenus par les premiers puissent donner une indication pour installer les autres et vice-versa.
(imp Vceu. 11 est a désirer que 1'on observe une certaine conformité dans la méthode d'organisation des champs de démonstration et dans cello de dresser les résultats.
Pour cela l'attention est flxée sur la méthode du Prot. Drochsler, complétée comme il est indiqué dans le Rapport préliminaire.
9
Congres International d'Agrienlture
a La Haye en 1891.
Section I. Enseignement agricole.
c. Champs d1 experience et de demonstration.
RAPPORT
DE
Monsieur JAKOB ERIKSSON,
Docteur us-sciences, Professenrdc Botaniquea rAcadémie royale d'agriculture a Stockholm. Sur les recherches biologiques et systématiques des plantes propies aux cultures industrielles par les stations agronomiques.
Cs _ :V 'T- ü
Q U E S TI O N.
Est-ce qu'il est désirable que, plus qu'on ne Fa fait jusqu'k présent, quelques stations agronomiques qui se trouvent réparties dans plusieurs pays, s'occupent d'une manière plus étendue et plus suivie des recherches biologiques et systématiques sur les nombreuses espèces, variétés et sortes de nos plantes cultivées, et si oui, lt;le quelle manière ces recherches seront-elles le mieux organisées au point de vue international?
II se révèle de nos jours, dans les cercles des agrieulteurs pratiijues, line ardeur constamment croissante de produire et de propager des formes de plus en plus parfaites et produc-tives des diverses sortes de plantes cultivées. ('etto ardeur, qui a pour premier motif le soin liien entendu et legitime de ses propres intéréts â nous n'hésitons pas a 1'avouer â est fori exposée, justement par ce fait même, grfice a la facilité et a la eommodité actuelles des communications et a un échange fréquent et rapide d'écrits et d'idées, au risque de concourir trop exclusivement au pur égoïsme. Car il n'est guère possible de nier que, malgré la surveillance excellente a plusieurs égards, qu'on donne aux intéréts de 1'agriculteur, les semencea mises on vente avec des éloges célèbres, justitient la vérité du vieux proverbe âtout ce qui luit
Sect. I c. 2
n'est pas or''. Si grand que soit la faculté de variation dans la nature, olie n'est pas si grande qu'il faille regarder comme correct de retenir la grande masse de noms de variétés ou dans beaucoup de cas, pour nous exprimer plus exactcment, de formes locales qui remplissent les manuels et les catalogues de scmences. [.orsqu'on rencontre par exem-ple 889 noms de variétés de froment chez H. de Vilmorin (Catalogue méthodique et synonymique des froments, Paris, 1889), 202 noms d'orge chez A. Werner (Die Sort en und der Anbau des Getreides, Bonn, 188Ã), 183 noms de pom-mes de terre chez Wieschnitzkv amp; ('i.auser's Nachf. (Haupt-Samen-( 'atalogue, Wien) et .259 chez Ha age amp; Schmidt (Samen-Verzeichniss, Erfurt) â nous ne parierons pas du nombre prestpie infini des noms des sortes ou races, dont nos horticulteurs enrichissent la littérature et les tarifs jardiniers pour les roses et les autres plantes a In mode â qui ne serait curieux de savoir si 1'ardeur de créér des formes ou dos noms nouveaux n'a pas dépassé les hornes raisonnables.
On est dejil d'avance oblige de soupc/onner (|ue, parmi la grande masse de variétés nominees un nombre considerable ne sont des variétés que de nom, créées moins pour servir la culture en général que pour enrichir le cultivateur spécial qui leur a donné un nom. Et quiconque se met a cultiver un grand nombre de formes d'une certaine espèce trouvera parfois des formes, e'est vrai, qui possèdent des qualités distinctives, tantót botaniques et aisément visibles, tantót économico-pratiques, p. ex. durée, hativeté etc. mais en même temps il trouvera des formes nombreuses qu'il est impossible de distinguer 1'une de 1'autre sous quelque rapport (jue ce soit. On a raison de craindre qu'tl l'avenir cette absurdité, si 1'on ne fait rien pour y remédier, ne s'aug-mente plutót qu'elle ne diminue, parceque 1'ennoblissement des plantes cultivées est pratiqué avec bien plus d'ardeur de nos jours qu'auparavant.
IMais il y a aussi d'autres motifs pour donner aux plantes cultivées une attention plus grande que jusqu'a présent. Qu'on observe le tra itement insuffisant, systématique autant que morfologique, qui du cóté de la botanique scientifique est donné aux plantes cultivées. ('e défaut parait en premier lieu en cela qu'on ne possède pas généralement une disposition systématique des plantes cultivées aussi parfaite que des plantos incultes. Qu'on se rappelle p. ex. d'un cóté les systèmes faibles suivis maintenant des froments et des avoi-nes cultivées et de 1'autre ceux bien travaillés des plantes sauvages p. ex. Rosa, Rubus, Hieracium etc. Mais la faiblesse susdite se montre aussi en ce (juc 1'on connait 1'anatomie, 1'his-toire de développement et les conditions de la vie des plantes cultivées souvent moins bien que celles des plantes sauvages.
H Sect. I c.
Si une plante cultivee est employee comme plante expéri-mentale, elle 1'a été en general non pour elle-même niais ponr la science, pour la solntion cl'un problême scientifique. Quelquefois on n'a pas jugé digne de la science et du savant d'étudier une plante cultivée.
Mais non seulement notre manque de connaissance des plantes cultivées, qui a été le résultat de ce mépris de la botanique pratique, invite ii une étude plus profonde de ces plantes, raais aussi les prétentions nouvelles que le culti-vateur et 1'améliorateur de ces plantes surtout de nos jours a sur la science ct dont il a été parlé en détail au Congres International d'agriculture de Vienne en 1890 (1), quant aux qualités et aux caractères des formes diverses, leur va-leur productrice et reproductrice, leur incompabilité etc.
Par suite dc 1'exposé précédent et comme le problême proposé est trop grand pour qu'une seule personne suffise pour le résoudre et comme les recherches doivent être exécutées au x localités et relations naturelles diverses, et qu'en conséquence la question me paraït être d'une nature internationale, je me permets de proposer que le Congres International d'Agriculture a la Haye en 1891, veuille prononcer comme désirable.
1quot;. que dans quelques stations agricoles, situées dans diverses parties de FEurope, il soit organise une section spéciale pour les études systématiques et biologiques de toutes les plantes cultivées de l'agri-culture ;
2quot;. quo ces études soient poursuivies autant que possible â c'est-k-dire avec les restrictions que rendent nécessaires les divers rapports du climat et de la végétation cultivée du terrain â- et dans toutes les stations selon les meines principes;
3quot;. que les directeurs des stations s'assemblent tous les trois ans pour s'accorder sur les dits principes et sur les espèces de plantes qui devront être examinees pendant la prochaine période triennale et pour élire un comité dirigeant pendant la même période;
(1) Dr. Max Hittkr vox Proskowktz, Bericht übcr die Verhandlungen und Beschlüsse des internationalen land- nnd forstwirthschaftlichen Congresses Wien 1891, p. 3â13.
.Sect. J c.
4quot;. que les résultats des travaux de chaque station soient la propriété de la station, mais qu'en même temps chaque directeur soit obligé d'adres-ser h la disposition du comité dirigeant, après des recherches parfaites, un rapport plus ou moins détaillé sur les résultats des travaux de la station ;
5quot;. que le Congrès international d'Agriculture a la Haye, s'il accepte l'opinion ci-dessus précitée, veuille charger son comité exécutif de se mettre en communication avec les autorités dirigeantes de l'agriculture dans les divers pays, qu'on désire voir participer aux travaux, et en outre prendre les mesures, qui paraissent conduire k une réalisation prompte du programme ici posé.
4
Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section I: Enseignement agricole.
d. Falsifications des denrées alimentaires et engrais.
La repression de la fabrication lies engrais en des antres matières uremières öe 1'économie rnrale.
Die ünterdriicknng der Verfalschung
VON
Düngemitteln und anderen im Handel vorkommenden RohstofFen
DKR
LANDWIRTHSCH AFT.
RAPPORT DE
Monsieur ADOLF MAYER.
Directeur de Ia station agricole de Wageningen.
(5 quot;T* 'T' quot;ë)
Wenn ieh im Folgenden vor dem internationalen land-wirthschaftlichen ('ongress handde von der Verfalschung der Düngemittel, kanflichen Fntterstoft'en nnd anderen im Handel vorkommenden Rohstofien der Landwirthschaft, so ist es meine Absicht keineswegs Thatsachen solcher Falschnngen im Allgemeinen, oder solche, die für die Verhiiltnisse der Nie-derlande charakteristisch sind, auf zn ziihlen. Die Kenntniss solcher Vorkommnisse mag für den analysierenden Chemiker von grosser Bedentnng sein, aber sie ist anch in den Fach-bliittern, welehe von den Versuchsstationen benutzt und aus-getauscht werden, den Interessenten aller Lander hinreichend zuganglich. Dagegen hat dieselbe einen untergeordneten Werth als Ausgangspunkt für internationale Besprechungen. So viel steht ja in dieser Beziehung seit lange fest: Die Verfalschung erhebt überall ihr Haupt, wo sie nicht durch passende Mittel unterdrückt wird. Keine Nation der Welt ist so frei von unredlichen Elementen, dass Falschnngen unver-sucht bleiben, wenn sie rentabel sind und ungestraft oder mit geringem Risico für Börse und guten Namen verübt
Sect. I lt;1.
werden können. Keine Nation kann sich ja auch beriihnien, lediglich aus sittlich so hoch entwickelten Individuen zu bestehen, dass ein Strafgesctzbuch entbehrt werden könnte, und wiire sie es, so wiirde gar bald cine Einwanderung von nicdrig denkenden Elementen andercr Nationen stattfinden, die in einem solchen idealen Lande der Trene und des Glau-bens doppelt ihre Rechnung linden wiirden.
Also im Keime ist die Verfalschung übcrall vorhanden. Es friigt sich nur, wie der Keim erstickt werden kann.
Dagegcn crscheint es mir gar wohl als ein möglicher (tegenstand wirksamer intcrnationaler Besprechungen auf dies âwiequot; des Untenirückungssystems einzugehen; denn dass die Verfiilschungen der genannten Waaren überall nicht gcduldet werden diirfen, will man nicht der Landwirthschaft einen weit grosseren Schaden zufügen, als der Vorthcil ist, den die Ausübendcn jener Praktiken wiedérrechtlich sich zueignen, darüber herrscht scit lange schon volle Klarheit. Die fraglichen Verfalschungen werden in verschiedenen l.iin-dern auf sehr verschiedene Weise unterdrückt. Es friigt sich mit welchem Erfolge und mit welchem Aufwandc an gesetz-geberischer Thiitigkeit? Da die einschlagende Gesetzgebung auch zum Theil ganz neu ist, so handelt es sich zum Theil um Dinge, die nicht Jedermann bekannt sind.
Man kann die Mittcl, welche in verschiedenen Liindern zur Unterdrückung der Verfölschungcn auf dem Gebiete des Düngerhandels gebrauchlich geworden sind, in 2 grosse Kate-gorien theilen: die gewöhnliche, in den bctreftenden Para-graphen aus früheren Zeiten herrürende Gesetzgebung hat sich nirgends ausreichend erwiesen und kann daher über-gangen werden. Diese ^tittel sind â ich nenne die weit-gehendstcn zuerst â eine Spezialgeselzgehung, die sich also direct und ausschlicsslich gegen die Verfalschungen der Han-delsdünger und Futtermittel richtet, und andererseits die Controle seilens der Versuchsstalionen. Der crstcre Weg ist mit viel Energie schon vor mehreren Jahren seitens verschiede-ner Staten der Nordamericanischen Union, vor kurzer Zeit durch Erankreich und Helgien eingeschlagen, und in England is neuerdings sowohl seitens des Parlaments wie der Hcgicrung die Initiative genommen zu eincr ganz ahnliche gesetzlichen Regelung. Der andere Weg ist bisher in voller Ausschliesslichkeit durch Deutschland und durch Holland bewandelt. Mehrere Staten der ersten Gruppe, in erster Linie wohl Belgien, darnach Erankreich und am wenigsten und für manche Gegenden ganzlich unzureichend. England und Nordamerica bedienen sich glcichzeitig auch des zweiten Mittels.
Ich gebe im Folgcndcn eine Uebersicht iibcr Dasjenige, was ich in dieser Reziehung für verschiedcnc Lander in Erfahrung habe bringen können.
9
Sect. 1 it.
I. DEUTSCHLAND. Fiir dieses Land, welches trotzdeiu. dass es in versehiedener Hinsicht des Charakters als Einheitsstaat ent-hehrt, doch seit einer grossen Reihe von Jahren eine gemein-schaftliche Strafgesetzgebung besitzt, fehlen, wie gesagt, speziale Strafbestimmungen fiir Verfalschung der in Rede stehenden Substanzen. Lieferung gefiilschter oder minderwerthiger Waare ist raithin nur in soferu strafbar, wenn die Waare ausdriick-lich fiir etwas Besseres ausgegeben ist. Die Bestrafung des Betruges ist in Folge dessen in vielen Fiillen illusorisch, da der Verkiiufer nicht gesetzlich gezwungen ist, bestimmte Angaben iiber die Natur seiner Waare zn machen und er, wenn betriigerische Absichten vorliegen, sich natiirlich hiiten wird dem Kiiufer Waffen in die Hand zu geben. 1st der fjetztere aber vorsichtig, so wird Jener seine Angaben so vag wie möglich machen.
Andererseits ist Deutsehland das (ieburtsland der Versuchs-stationen. Dieselben haben es zu Folge der Kntwickelung, die sie hinter sich haben, zu einer grossen Ausdehnung ihrer praktischen Thütigkeit gebracht. Es sind gegenwartig nahezu ein halbes 1 hindert (quot;ontrólestationen iiu deutschen Reiche thiitig, die ungeachtet sie verschiedenen Staten angehören und demgemass ebensovielen besonderen Ministerien unterstellt sind, sich grossentheils seit einigen Jahren zu einem Verband zusammengeschlossen haben, welcher die ('ontrólethiitigkeit ganz besonders wirksam macht. Durcb das langjiihrige Bestehen der nieisten «lieser Anstalten, durch ihre Vertrautheit mit dor Praxis der Landwirthschaft und mit den Handels-usancen, in Folge ihrer Fühlung niit den praktischen Land-wirthen, hat sich das Vertrauen dieser in jene in erfreulicher Weisc entwickelt. Die grosseren und vielfach auch die kleineren Wirthe, namentlich so weit die letzteren Mitglieder von landwirthscbaftlicben Vereincn oder von Verbrauchs-genossenschaften sind, kanfen nicht leicht Diinge- und Fut-termittel ohne entsprechende und durch die Versuchsstationen geregelde Garantie, und so ist ohne directes staatliches Kin-greifen in die Freiheit des Handelsgeschaftes grossentheils ein dem Idealen sich nahernder Zustand erreicht, in welchem der Kauf über eine contraktlich genau normierte Waare geschlossen, und die faktische Uebereinstimniung mit der Garantie genügend oft festgestellt wird.
Eine indirecte Staatshülfe ist, wie man leicht erkennt, bei diesem Stande der Dinge freilich überall vorhanden, indem entweder;
1°. die Stationen theilweise Staatsinstitute sind oder mit Hülfe staatlicher Zuschüsse zu Stande gekommen sind und unterhalten werden;
oder 2°. soweit die Stationen Vereinsinstitute sind, die landw. Vereine durch staatlichen Zuschuss zu solchen Stiftungen in Stand gesetst worden sind.
O ⢠gt;
Sect. I d.
unci '6°. diese lanclw. Vereine hiiutig ahnlich wie Ver-brauchsgenossenschaften auftreten und mit den Lieferanten im Namen ihrer Mitulieder contraktieren.
2. ENGLAND. Ganz anders ist der Zustand in diesem Lande, in welchem das âHelp you selfquot; seit lange gesellschaftliche Maxime ist. Daselbst felilt ein regelmiissiges Nctz von Versuehsstationen. Einzelne grossartige Kinrichtungen dieser Art sind wohl schon friihzeitig durch private Initiative wohl-denkender Nabobe zu Stande gekommen; aber dieselben beschaftigen sich weniger mit Controle als mit ausgedehnten, oft sebr grossartig angelegten wissenschaftlichen l-ntersuchun-gen auf dem Geblete der Tjandwirthschaft. Die Controle der Dünge- und Futtermittel bleibt den Handelslaboratoria überlassen, die mit Aussicht auf Gewinn gegriindet sind und sieb ibre Expertisen theuer bezahlen lassen. Daher sind diese Analysen den kleineren Landwirthen schwierig zuganglich; eine Aussicht über die Formulierung dcr Contrakte durch unparteiische Sachverstiindige fehlt ganzlich, daher z. B. die Gehalte in grossen dem Abnehmer imponierenden Zahlen angegeben werden, und endlich ergiebt sich noch der Uebel-stand, dass die Analytiker, in ihren Einnahmen mehr von den Hiindlern als von den Landwirthen abhiingig, leicht Methoden wiihlen, welche Jenen günstiger sind als Diesen. Dazu kommt dann die hohe industrielle Blüthe Englands. die auch dem Falscher fiir seine eigennützigen Absichten ungewöhnliche Hilfsmittel zur Verfiigung stellt. Kurz die Verfalschung von Bestandtheilen und die Mystificierung in Benennungen kam so zur Blüthe, dass man selbst in einem Lande, das in Allem das Gegentheil ist vom Polizeistaate, zu einer gesetzlichen üeberwachung des ganzen Dünger- und Futterstoffhandels sich anschickt.
Das von seiten einiger Parlamentsmitglieder vorgeschlagene Gesetz (Artificial Manure (Adulteration) Bill) enthiilt haupt-sachlich die folgenden Puncte:
a. Alle betreffenden Waaren abzuliefern auf Analyse, für deren Zutreffen der Lieferant einstebt. h. Alle betreffenden Waaren abzuliefern mit einem Zeichen, welches Idcntificicren ermöglicht.
c. Die Analysen werden vollzogen durch im Voraus bezeichnete Analytiker. I )ieze Bezeichnung ge-schieht durch provinciale Bchörden (âcounty councilsquot;) uuter Aufsicht der Regierung.
d. Die Analytiker diirfen zum Handel in den betr. Waaren in keinerlei Beziehung stehen.
e. .Teder Kaufer hat das Recht Analyse zu verlangen. Æ Feststellung einer billigen Taxe fiir die Analyse. lt;/. Ernennung von Inspectoren, die das Recht haben
selbstandig Musti r zu nehmen.
4
Art. 1. Art. '6.
Sect. I lt;7.
Art. 2. h. Strafbestimmvmgen bei Verstoss gegen n vind h.
i. Strafbestimmungen bei Mindergehalt oder Fiil-schung bis zu 2 Jahre Zwangsarbeit.
â¢Teder Kenner der sog. öfFentlichen Controle in Deutschland und in den Liindern, die das deutsche System naehgeahmt baben, wird seben, dass der Inbalt dieser Bestimmnngen grosse Uebereinstimnumg zeigt init den Paragrapben der üblieben Contróle-eontrakte und dass so zwangsweise und mit grösserer Schiirfe Dasselbe angestrebt wird, was in Deutschland in voller Freibeit der Contraktierenden zu Stande gekommen ist
Schon aus dem Vergleiche des Zustandes der beiden Lander ergibt sieb also die interessante Thatsacbe, für die wir weiter Unten noch Bestiitigungen finden werden, dass eine massige Staatsbiilfe, durcb welebe die Freibeit des Handelens keines-wegs beeintraebtigt wird, die Notbwendigkeit mit harten Zwangsmassregeln vorzugehen, manchmal wegzunehmen ge-eignet erscbeint, oder dass umgekehrt das Versagen dieser Staatsbiilfe, die doctrinare Uebertreibung des oft so wobl-tbatigen Princips des âHelp you selfquot; geradezu Veranlassung gibt zu spateren unfreiheitlicben Repressalien, zu einer driie-kenden l^lizeiaufsiebt. Dieser Satz is ein Spezialfall zu der sebr viel allgemeineren politiscben Erfabrung, dass ultraliberale und demokratiscbe Staatsinstitutionen biuifig den Keim einer dictatoriscben Staatsomnipotenz in sieb enthalten, obgleich sie urspriinglich das Entgegengesetzte beabsichtigen.
3 BELGIEN. Dieser Staat hat das deutsche System der Ver-suchsstationen adoptiert und seit einigen Jabren gleichmassig iiber das gauze Land ausgebreitet. Die sich der Controle widmenden Stationen sind im Verhiiltniss zur Bevölkerungszahl noch reicbücher vorhanden als in dem Mutterlande dieser Institutionen.
Trotzdem bat man es in diesem Lande für nöthig gehalten ein besonderes Gesetz gegen die Verfalschung land wirthschaft-Ucber Kohstotfe zu erlassen und dies erscbeint im Wider-spruche mit der soeben gemachten allgemeinen Schlussfol-gerung hinsichtlich der Ursache seharfer polizeilicher Repres-sivmassregeln. Allein es halt nicht schwer zwei Grimde anzugeben, warum die Staatsbiilfe in jener mehr fürsorglicben Form in diesem Falie ungenügend erscheinen musste. Einmal ist die Controle durch die Versuchsstationen noch jung und in Folge dessen in manchen Theilen des Landes noch nicht gehorig eingebürgert. Namentlich gilt Dies in Bezug auf die staatliehe Organisation der âlaboratoires agricolesquot;. Ferner ist die industrielle Entwickelung Belgiens eiue sehr bohe und wir haben schon bei der Besprechung von England darauf aufmerksam gemacht, dass mit der Bluthe der recht-
5
Sect. T d.
massigen Industrieen auch dio schlechten Praktiken gleichen Schrift zu halten pHegen.
Die belgische Gesetzgebung vom 29quot; Dec. 1887 enthalt folgende besonders bemerkenswerthe Puncte:
( a. Alle betreffenden Waaren abzuliefern auf Ana-
\rt 1 I 1-vsy' deren Zutreffen der Lieferant einsteht.
' I h. Die Bestandtheile sind vorschriftsmassig zu I benennen.
Art. 8. c. Strafbestimmungen bei Verstoss gegen a und h.
Art. 5. (I. Strafbestimmungen bei Feptstellung eines Hetru-ges bis 6 Monate Gefangniss und f 2000 Busse.
Art. 0. e. Die Weise der Controle wird durch besondern königl. Erlass geregelt.
Æ. Die Staatsagronomen functionieren bei der Musternahme. (Ausführungsbestimraungen vom 80quot; Dec. 1887. â Art. 5.)
Man sieht das Gesetz geht durchaus parallel dem englischen Entwurf. Nur sind die Vorschriften etwas weniger rigorös, die Straten etwas weniger schwer, entsprechend der geringeren Urgenz der ganzen Regelung. Auch wird der englische Entwurf, bis er zum Gesetze erhoben ist, noch im Feuer der Debatten einige seiner Schiirfen verlitTen. Weiter fehlt im belgischen Gesetz die Anweisung dcr ausfiihrenden Analytiker, da diese schon durch die bestehenden Controlestationen in geniigender Qualifiation gegeben sind.
4. VEREINIGTE STATEN VON NORDAMERIKA. Das System der Versuchsstationen hat zwar in diesem grossen Lande ziem-lich rasch eine weite Verbreitung gefunden und namentlich gilt Dies, wenn wir diese Entwickelung nach den enormen Geld-mitteln beurtheilen, welche den neu gegründeten Instituten zur Verfügung gestellt worden sind. Allein der Schwerpunct der Thiitigkeit der meisten amerikanischen Versuchsstationen liegt, wie wir aus den regelmassig erscheinenden Jahres-berichten zu beurtheilen im Stande sind, keineswegs in der Controle von Düngemitteln und anderen Rohstoften, sondern in der Lösung von entomologischen, Kultur- und Fiitterungs-fragen. Auch liegt es im Charakter dcr amerikanischen Entwickelung, dass Verfalschung, und noch mehr, wenig sach-kundige Bezeihung, die nicht für bestimmte Gehalte an bestimmten chemischen Bestandtheilen einzustehen vermag, rait dcr rasch sich entfaltenden industriellen Blüthe vergc-sellschaftct sein raüssen. Dazu kommt die ungemeine Energie des Handelns, welche dem Amerikaner eigenthiimlich ist und wodurch viele Staten schon zur Erlassung spezialer Fiil-schungsgesetze gedriingt wurden â die betreffenden Gesetz-gebungen datieren schon vom Jahre '70 an â bevor noch die Versuchsstationen Zeit batten zu zeigen, was sic auf diesem Gebiete zu leisten vermochten.
(i
Sect. i d.
Grcifen wir y.ur Erlauterimg des Inhalts eincr diescr Gesetze 1 das für den Staat Maryland erlassene vom 4. April 1870
her an s (1).
Dasselbe enthalt die folgenden Bestimmungen:
§ 1. Verpflichtung zur Anbringnng von Etiketten an den Waaren. Darauf muss u. A. enthalten sein: Nettogewicht des Düngers nnd Procentgehalt an genau definierten Nahrstoffen.
§ 2. Strafe für Zuwiderhandeln oder falsche Angabe. Die Hiilfte der Strafgelder erhalt der Angeber.
§ 3. Der geschiidigte Kiinfer kann den Verkiinfer auf Ersatz des ganzen Kaufgeldes verklagen nnd wenn der Verkiinfer nicht in Maryland wohnt, sein Eigenthum in diesem Staate mit Beschlag belegen.
§ 4. Strafe für Verfiilschnng bis (i Monate Gefangniss.
Ahnlich sind die gesetzlichen Bestimmungen anderer Staten, von New-York, Virginia, Georgia, West-Virginia, Alabama, Süd-Carolina, Tenessee, Indiana, Nord-Carolina, Connecticut, Massachusets, Pensylvania, Ohio, Kentucky, New-Jersey, Vermont, Mississippi, Deluware; nur dass sic zum Theil viel t weitlaufiger sind und weit hartere, ja drakonische Bestim
mungen enthalten. Der Staat Virginia verlangt in einem Gesetze vom 29. Marz 1877 u. A. dass von alien im Staate verkauften Kunstdiingern eine Probe eingcliefert und unter-sucht werden müsse; je nach dem Urtheil der Behürdc wird der Verkauf verboten. In Georgia ist der Verkauf von niedrig-procentigen Düngemitteln, z. B. Superphosphat mit weniger als 80/o Phosphorsaure einfach verboten, u. s. w.
Was man in Deutschland durch die freiwillige Dünger-controle erreicht hat, suchte man in Amerika zn erringen durch polizeiliche Massregeln von nicht bloss strenger, son-dern zum Theil geradezu das Rechtsgefuhl von Europaern beleidigender Art.
5. FRANKREICH verkehrt i i einem ahnlichen Zustande wie sein kleineres Nachbarland Belgien.
Das System der landw. Versuchsstationen, die in erster Linie auch hier Contrólelaboratorien sind, ist neuerdings reichlich entwickelt und iiber das ganze Land ausgedehnt. Die Zahl dieser Institute betriigt meines Wissens nahezu 30.
Trotzdem ist man auch dort, kurz nach dem Zustandekommen eines Falschungsgesetzes in Holgicn, dazu überge-quot; gangen ein solches zu erlassen. Dasselbe ist sehr weitliiufig
und kann hier nur die Tragweite der in ihm enthaltenen Bestimmungen angegeben werden.
(1) lch folge in dieser Darstellung derjenigen des Herrn Geheimrath H. Tliiel, Landw. Jahrb. 14. p. 513.
SECT. I d.
Inhalt des Gesetzcs vom 4. Febr. 1888.
Art. 4. a. Alle betreffenden Waaren abzuliefern auf Analyse, für deren Zutreffen der Lieferant einsteht.
h. Alle betreffenden Waaren abznliefern nnter Angabe seiner Art und seiner Herkunft. (Zusatz-Decret vom 10. Mai 1889, Art. 1, Alinea 2 und 8).
c. Die Analysen werden vollzogen dnrcb im Voraus bezeichnete Analystiker. Diese Bezeiehnung ge-schiebt durcb den Minister. Die von deniselben genannten Namen sind die der Vorstiinde der bekanntesten Versucbsstationen, aber aucb einige andere renommierte, grössentbeils vom Staate angestellte Cbemiker (Decret vom 10. Mai, Art. 10.)
Art. 3. (/. Strafbestimmungen bei Verstoss gegen a. und amp;., im Wiederbolungsfalle selbst leicbtes Gefiingniss.
Art. 1. e. Strafbestimmung bei Mindergebalt oder Falsehung bis 1 Monat Gefiingniss und 2000 Fr. Busse. f. Bekanntmacbung der Verurtbeilung durcb die Tagesblatter und durcb Maueranscblag.
Die letztere Bestimmung dürfte besonders wirksam sein. Im übrigen ist das Gesetz in den Hauptzügen eine Reproduction des belgiscben und zeicbnet sicb vor demselben allein â aber keineswegs vortbeilbaft â aus durcb grosse Umstandlicbkeit und geringere Durcbsicbtigkeit.
Ueber die Griinde, warum man sicb in Frankreicb veran-lasst gesehen bat, trotz der Ueberwachung des Diingermarktes durcb die Versucbsstationen, docb zu einer Spezialgesetzge-bung überzugehen, liesse sicb vielleicbt angeben, dass die kleine Kultur, die in dem in Rede stehenden Lande weit überwiegt, überall und also aucb wobl in Frankreicb es nicht versteht, rasch die Vortheile, die ihr die Stationen bieten, sich zu Nutzen zu machen; und vermuthlicb sind die Laiidwirthpgesellschafteii bis jetzt nich im 8 tan de gewesen, ihr dieselben mundgerecbt zu machen.
6. HOLLAND. Ueber den Zustand in Holland bin ich am Besten im Stande aus eigener Anschauung zu urtheilen. Die Versucbsstationen sind hier verhaltnissmassig spiit zu Stande gekommen und erst seit ganz kurzer Zeit über das ganze Land ausgedehnt.
Trotzdem ist hier von einer Spezialgesetzgebung bis jetzt noch nicht die Rede gewesen. Als Ursache hierfür könnte namhaft gemacht werden, dass Holland, des eigenthümlichen Charakters seiner Bewohner wegen, der dem Polizeizwang von jeher abhold war, uur in der iiussersten Noth sich zu der Annahme eines derartigen Gesetzes verstehen würde, wie ja auch das Margarinegesetz, wozu das Bedürfniss doch wahrlich auf die Finger brannte, hier besonders spiit und in besonders
8
Sect, f (1.
milder und daher wenig wirksamer Form zu Stande kam.
Dazu kommt, dass Verfalschung, der geringen industri-ellen Entwickelung wegen, verhiiltnissmassig wenig vorkommt. Im Düngerhandel kommen bemerkensworthe Versuche zur Verfalschung oder zu absichtlicher Lieferung von Minder-gehalt eigentlich nur vor von Jielgien (Antwerpen) aus, und dieselben können durch die bestehende Einrichtung der Versuchsstationen recht gut beherrscht werden. Schlimmer steht es mit den Futtermitteln, auf deren Gebiet zwar auch mehrfache englische Schwindelversuche mit Erfolg zuriick-gewiesen werden konnten, aber fiir welche in der industriellen Zaangegend in der Gestalt von Oelmiihlen ein grosser Pro-ductions-heerd besteht, von wo aus mit grosser Hartniickig-keit wieder und wieder mit Kaffee-, Cacao- und Erdnussschalen die Futterkuchen verfalscht werden. Wenn es den in ihrem Wirkungskreis erstarkenden Stationen nicht binnen wenigen Jahren glücken sollte, diesen schweren, ohne Zweifel am nationalen Wohlstande zehrenden. Schaden zu beseitigen, so dürfte hierfür allerdings an die Erlassung eines spezialen Falschungsgesetzes gedacht werden mussen.
A.ls endgültige Schhissfolgerung würde ich dem Congresse die folgenden Siitze empfehlen, wofür die Begründung in der vorausgehenden Darlegung gefun-den werden kann.
Wohleingerichtete Controlestationen sind vortreffliche Mittel zu Bestreitung der Verfalschung auf dem Ge-biete des Handels in üüngemitteln, Futterstoffen, Samereien und anderen Rohstoffen der Landwirth-schaft.
Dieselben werden in ihrer Thatigkeit in wirksamer Weise understützt durch über das ganze Land ausge-dehnte landwirthschaftliche Vereine, die sich zu die-sem Behufe als Verbrauchsgenossenschaften consti-tuieren.
Nur wo in Folge nicht zu beseitigender Schwierig-keiten die Gontrólestationen unzureichend erscheinen, urn auf dem Wege der freien Concurrenz garantierter und nicht garantierter Waare diesen Zweck zu errei-chen, kann eine Spezialgesetzgebung zur polizeilichen Unterdrückung der Verfalschung etwa nach dem Vor-bild der belgischen empfohlen werden.
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Sect. 1 lt;J.
Les stations agricoles, bien organisées pour le controle, présentent un moyen des plus eficaces pour la répression des fraudes dans le commerce des engrais, des tourteaux, des semences et des autres matières premières de l'économie rurale.
Ces stations pen vent être énergiquement appuyées dans cette fonction par les sociétés , agricoles, distribu-ées sur toutes les provinces des Etats et, dans cette vue, constituées comme des syndicats de consommation. C'est ainsi qu'on peut réaliser souvont l'idéal du triomphe décisif des marchandises garanties, malgré 1'admission des marchandises inférieures è. la libre concurrence.
Seulement dans le cas oü les stations ne suffiraient évidemment pas pour atteindre le but proposé, et qu'au raste des obstacles insurmontables s'opposeraient a la réalisation de l'idée precisée, on pourra recourir h une législation spéciale, qui charge le pouvoir gouverne-mental de la répression des fraudes.
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Congrès International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section II. Institutions de crédit et de prévoyance dans les campagnes.
a. Crédit Agricole.
RAPPORT
Monsieur F. F. s'JACOB,
Directeur de la Banque Agricole d'Utrecht. Squot; pFquot;'cX5' T- quot; t)
QUESTIONS.
I. Des facilités de crédit donnees aux agriculteurs seraient-elles de nature ü lui être préjudiciables?
II. Est-il utile que des dispositions législatives intervien-nent pour faciliter aux agriculteurs les raoyens et les conditions de crédit?
TIL Faut-il qu'on laisse l'industrie privée le soiu de créer des institutions de crédit ou bien l'état doit-il intervenir pour accorder son concours?
IV. yuel est le genre d'institutions qui s'adapte le mieux a l'organisation du crédit agricole?
Sect. ii a.
Notice sir Fétat in milt auricole en Enrops.
ALLEMAGNE. (1) En organisant le credit agricole en Allemagne, c'est a la cooperation qu'on a eu recours. On y distingue deux groupes d'associations qui accusent des differences marquees. Celles de Schulze Delitsch qu'on rencontre dans les provinces occidentales de 1'Allemagne et eu Autriche sont plus particulièrenient urbaines, tandis que celles de Raif-feisen qui se sont développées dans les provinces Rhénanes et dans la Hesse, se sont adaptées a toutes les exigences de la campagne. Elles sont érigées dans le but d'affranchir les ouvriers et les paysans de 1'exploitation des usuriers qui abusaient de leur inexperience. Pour atteindre ce but, Raif-feiscn congut 1'idée de créer des associations de credit mutuel, basées sur la solidarité illimitée de tous les membres. Les associations étant faites pour emprunter â pour attirer le capital â 11 leur fall ut, surtout au début, une süreté absolue, que la solidarité seulc put offrir. Chaque membre devait reconnaitre la dette de 1'association comme sa propre dette et Ia garantir de tout son avoir. Ce principe parut tellement nécessaire, lors de Ia creation des associations de crédit mutuel, que le législateur le rendit obligatoire.
Les associations de crédit mutuel, fondées en Prusse avant lcS(i7 reposaient sur la plus severe solidarité. Non seulement les créanciers de 1'association avaient un recours direct et illimité sur chacun de ses membres, mais ils jouissaient nlème d'uu privilege spécial; chacun des associés pouvait être actionné personnellement, saus délai, au lieu et place de 1'association, au cas ou celle-ci ue répoudait pas ii ses engagements. Ainsi i'exigeait le droit prussien. La loi prussienne du 20 mars ISH!) maintient la solidarité directe et illimitée comme principe des associations de crédit mutuel, mais ad-mettait déja un tempérament; les créanciers ne pouvaient plus actionner les membres saus délai, il fallait d'abord li()uider la faillite de 1'association. F^a loi adoptée le 4 juillet 1S7.S par la confédération de l'Allemagne du Nord introduisait un nouvel adoucissement: la solidarité devenait, en quelque sorte indirecte. Ijcs associés n'étaient plus directement pour-suivis par les créanciers, il étaient seulement tenus, en cas
(1) Voyez le rapport de Mr Emanuel le Barbier et le .lonrnal Officiel du 10 Janvier 18'.H.
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de faillite, de coxivrir le déficit jusqu'a concurrence de la somme due par l'association. Cette législation fut peu a pen adoptée par les autres Etats de I'Allemagne.
La loi Saxoune du 15 juin 1869 laissait aux associations d'acquisition et d'exploitation, la liborté de choisir leur mode de responsabilité. Mais elle fut abrogée le 25 mars 1874 et reniplacée ])ar celle de la confédération du Nord. En Bavière la loi du 29 avril 1869 reconnaissait deux surtes d'associations, les unes basées sur la solidarity illiinitée, les autres adoptant line limitation. Elle a de même qu'en Saxe, fait place ii la loi de la Confederation du Nord, adoptée le 23 juin 1876.
Toutes les associations allemandes de crédit mutuel ont done été fondées en adoptant la responsabilité solidaire et illimitée de leurs membres. Cette loi est sans analogue dans les legislations européennes. Le droit anglais ne connait qu'une solidarité illimitée pour les associations coopératives. L'Autriche admet l'une et 1'autre mode; on y trouve des associations de responsabilité limitée, il en est d'autres oü les membres ne répondent que jusqu'a concurrence de leur part d'intérét et d'une soraine au moins égale a celle fixée par le contrat d'association. En Belgique les statuts de l'association décident si les membres sont responsables soli-dairement ou séparément, indéfiniment ou jusqu'a concurrence d'une certaine valeur. Si les statuts ne mentionnent rien, la jurisprudence suppose la responsabilité solidaire ou illimitée. Les Unions de crédit ont toutes adopté une solidarité limitée, chaque associé désigne une somme dc garantie jusqu'a concurrence de laquelle il peut recevoir crédit et répond pour les dettes de l'association. Le Portugal, La Suisse et les Pays-Bas reconnaissent la solidarité limitée ou illimitée. En Suisse il est même admis que l'association n'est responsable que dans les limites de sa .fortune propre. En France aucune loi spéciale n'a été promulguée sur les associations de crédit populaire; olies rentraient dans les sociétés a capital variable, réglementées par la loi du 24 juillet 1867. La loi du 21 mars 1884 sur les syndicats professionnels, qui peut être invoquée, a la rigueur, pour la création d'associations de crédit mutuel, laisse aux syndicats la plus grande liberté, I'Allemagne est done le seul pays qui ait imposé le principe de la responsabilité solidaire et illimitée.
Tandis que dans presque tons les pays les lois sur les syndicats coopératifs avaient pour but de favoriser ou de faciliter un commerce quelconque ou bien un secours mutuel en cas d'incendie ou d'assurance sur la vie â ce n'est qu'en Allemagne qu'elles ont donné une largo base au crédit et il paralt que la solidarité illimitée n'a pas entravé ce mouvement, quoiqu'on soit porté a croire que ceux qui possèdent quelques biens ne soient pas toujours disposés a garantir de tont leur avoir la dotte d'autrui. L'année dernière en
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Skct. TI ff.
Allemagne uno nouvelle loi a été votée qui autoiise la liiui-tation de la solidarité. Malgré cette faculté il est probable que la plupart des associations Kaiffeisen et Schulze Delitsch eonserveront leurs anciennes formes; les hommes qui les dirigeut se montrent tons decides a y maintenir la solidarité illimitée.
Des le début RaifFeisen a posé en principe que toute association serait étroitement localisée. Elle ne peut embrasser qu'un district determine, ayant un nombre d'habitants suffisant pour qu'elle ]misse prospérer â mais jamais plus de 2000. Cette condition était nécessaire pour obtenir la solidarité illimitée. Les membres de 1'association doivent se connaitre et savoir quelle confiance chacun d'eux peut inspirer par sa situation, son travail et sa moralité. Une banque Raiffeisen n'cst done pas autre chose qu'un village dont les habitants, agriculteurs, cultivateurs, petits commergants et journaliers méme. se sont groupé dans nn intérêt général. Le président, les membres du conseil sont des agriculteurs de la localité; généralement ce sont les propriétaires les plus importants, mais dans bien des lieux de petite culture, les membres de l'administration sont enx mêmes de simples paysans.
Uu autre principe qu'on retrouve dans toutes ces associations c'est la longue durée des prêts, ce ipii est tres favorable a 1'agriculture, qui ne peut se contenter de prêts il 3 mois comme le commerce; 1'argent qu'elle engage dans ses opéra-tions étant beaucoup plus lent a fructifier. Si l'agriculteur s'est servi de 1'argent qu'il a eniprunté pour acheter de 1'engrais, c'est au bout de 1'année, tout au plus, «ine la plus value acquise par la récolte lui fera recouvrer 1'avance ou plutót une partie de 1'avance faite au sol. II snit de la que 1 argent prêté a 1'agriculture doit lui être prête a long terme, et de plus être rembonrsable en termes successifs et générale-ment annuels. Les associations Raiffeisen sont parties de ce principe et 1'ont realise d'une fayon compléte. Klles prêtent a 3 mois, fi mois, un an, denx ans etc. jusqu'a dix ans. Le débiteur doit amortir sa dette par annuités, il paye chaque année 1'intérêt de 1'argent et une certaine prime d'amortissement.
Organisées sur ces bases, les associations Raiffeisen, prirent, pen a pen de l'invportance et s'étendirent progressivement en Allemagne. Pourtant il a fallu 16 ans, avant une ce genre de crédit ait prit racine en Allemagne. La première banque fut érigée en 1848 et ce n'est qu'en 1864 qu'elles (â¢ommeneent A s'étendre. Les tentatives antérieures il 1864 étaient trop indécises pour qu'on puisse les considérer comme origine des associations rurales de crédit mutuel.
Chacune des associations est en même temps caisse d'épargne. La statistique de celles comprises dans le syndicat de Neuwied inontre que les 245 associations qui y figurent avaient a leur passif a la fin de 1885, 4 031719 mk. provenaut de dépots, faits contre livrets de !;aisse d'épargne, alors qu'elles ne
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devaient a rwuprunt direct que 4 619 971 mk. Le syndicat du Grand duché de Bade montre que les 74 associations qui y figurent avaient en 1S88 une somme de 2 448 022 mk de dépot contre livrets de caisse d'épargne. lilies tendent même a devenir exclusivement caisses d'épargne et il y en a beaucoup déja qui ne font pas d'emprunts directs. L'arron-dissement de Cologne (-gt;tfre des exemples nombreux et frappants de ce fait; la, c'est l'épargne seule qui alimente le crédit agricole; sur 45 associations relevant du syndicat du Rhin comprises dans eet arrondissement, 10 seulement out des fonds provenant d'emprunts proprement dits. Toutes les autres n'ont plus a leur passif (pie des dépots de caisse d'épargne. A la fin de 1885 il était inscrit a ce passif total pour les 45 associations 1 998 606 ink, produits par leurs caisses d'épargne respectives, contre 203 892 ink seulement, provenant d'emprunts.
Les associations Schuke Delitsch qui se sunt multipliées dans les provinces orientales de I'Allemagne out un caractère tout différent de celles de Raiflfeisen. Klles sont fort utiles aux operations commerciales, mais ne s'adaptent (jue trés imparfaitement aux besoins de l'agriculture, paree qu'elles n'admettent pas le remboursement par annuités, si conforme a la nature du crédit agricole. Les associations Sch. D. déli-vrent également des livrets de caisse d'épargne. En 1888 le bilan général des 901 associations montre un chiffre de 4187 millions pour sommes données en dépot. A 1'assemblée générale des sociétés mutuelles allemandes, tenue a ( 'arlsruhc au mois d'aoüt 1885, monsieur Schenk, qui jjréside actuelle-ment le syndicat formé a Berlin par les associations Schulze Delitsch, insistait longuement sur le róle que joua l'épargne dans l'organisation du crédit populaire.
âLorsque nos associations se sont fondées, disait-il, elles âout eu de modestes commencements et elles ne disposaient âpas de la même somme de crédit qu'aujourd'hui; les grandes âbanques ne prêtaient pas encore aux associations populaires, âui les capitalist es, ni les rentiers, ue leur confiaient leurs fonds.
..Par suite les associations furent amenées a chercher ailleurs âl'argent nécessaire a leurs opérations et a accepter toutes les âsommes qu'on leur offrit. Ce fut l'argent économisé dans les âpetites affaires; ce furent les épargnes des artisans et des âouvriers qui vinrent d'abord en aide aux associations de âcrédit et leur permirent de s'élever a la situation qu'elles âoccupent aujourd'hui dans la vie économique.quot;
ITALIÃ. (1) En Italic on est allé trés avant dans la voie
(quot;1) Voyez Pétude fie Mons. liugène Rostand. La caisse d'épargne a Rnlogne {800. W. U. Beauclerck's Rural Italy (London 1888).
Verein füi' Social politik, dl. 29, Prof. Iv. II. Eiieberg.
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du crédit agricole â on y est sous cc rapport aussi bien partagé qu'en Allemagne. Monsieur Luzatti, le ministre actuel a introduit dans son pays le système de pctites banques cooperatives par actions, recevant des dépots, consentant des prêts, escomptant dee billets uniquement au profit de leurs associés, agriculteurs ou commerQants, sans distinction. On compte en Italic plus de 7(HI sociétés coopératives de crédit, possédant o0() millions de dépots et ayant un capital de (i6 millions. 11 n'est guère de centre agricole d'une certaine importance (pil ne possède une banque populaire ou une succursale. Leur action est puissamment secondée par 1'aide que leur prêtent les caisses d'épargnes dans les gran-des villes, qui se sont développées plus rapidement que dans quelque autre pays. Tout en visant a des emplois sürs, aisé-ment recouvrables, suffisaminent productifs, ces caisses out pour but de reverser les capitaux d'épargne dans la circulation économique. Une partie du capital est placée en fonds d'état, de province et de commune, tandis qu'une autre sert a soutenir le petit commerce et 1'industrie agricole en escomptant des elfets a longue échéance. C'est ainsi que la seule caisse d'épargne de Milan, dont le capital est de 60 millions et oü les dépots atteignent un cbift're qui dépasse 300 millions, vient en aide au petit commerce en acceptant le papier de la banque populaire, qui fait des prêts a l'agriculture et a la petite industrie. Les billets de cette banque, une fois endossés par la caisse d'épargne, sont acceptés sans ditticultés par la Banque nationale d'Italie. La même marche est suivie dans les campagnes, oü function ne de cette manière le crédit agricole et le crédit commercial. Grace il l'extension rapide de ces banques populaires, tous les cultivateurs solva-bles, trouvent les facilités de crédit ([ne les commer^ants obtiennent dans les villes et sans être tenus a une échéance de 3 mois.
Monsieur Zucchini, le directeur conseiller de la caisse d'épargne de Bologne est intervenu dans le même sens par un autre mode d'action. II soutint dès 1882, que le pro-blème du crédit agricole pouvait en partie être résolu par de petits instituts, adaptés aux besoins locaux dans les centres ruraux, a condition (|ue les pouvoirs publics les encoura-geassent et qu'ils fussent facilités par un établissement central, n'ayant pas le gain pour but essentiel. l.a caisse de Bologne, s'inspirant de ces idéés a aidé la fondation de petites caisses d'épargne agraires dans les environs de la ville; elle a veillé a leur organisation, concouru a leur creation comme action-naire ou en assumant une fraction des frais. Elle leur a concédé 1'exercice de 1'épargne scolaire, admettant institu-tcurs et élèves a ses concours. Elle réescompte a faible inté-rêt et fait même des avances eu cas de calamités locales. Ces institutions lui semblent préférables a des succursales.
Sect. II a.
Nées d'initiatives individuelles, ellos utiliseut les bonnes volontés et les capacités locales, ne donnant pas prétexte aux préjugés de 1'épargne, öté aux petits centres. Elles emploient 1'épargne sur place, et s'accommodent anx volontés locales an lieu de prendre un type uniforme et d'agir avec une rigidité presque mécanique.
A cóté des banques populaircs, constituées suivant le sys-tème de Mr. Luzatti, il a été créé, depuis 1883, surtoiit dans la Vénétie, par Mr. Leone Wollenberg. d'autres institutions de crédit, reposant a pen ])rès sur le principe des caisses Rairt'eisen en Allemagne.
Le crédit agricole en Italic repose actuellement sur la loi du 23 janvier 1887, qui a remplacé celle du 20 juin 1869. Voici les principales dispositions;
âConstitution d'un privilege spécial sur le capital agricole des propriétaires et fermiers (récoltes, ustensiles, bestiaux etc.) en garantie des prêts accordés par les sociétés de credit agricole.
âRéduction Ju privilège du propriétaire; transport de plein droit des indemnités dues pour assurances;
âLimitation par le gouvernement du taux maximum de 1'intérét;
âRéglémentation de ]n'êts hypothécaires consentis pour 1'amélioration des champs et la transformation des cultures;
âRéduction des droits d'enrégistrement.'
GRANDE-BRETAGNE. En Angleterre il n'existe pas, a ]iroprement parler, de crédit spécialement appliqué a 1'agri-culture. IjCs notions de crédit sont répandues partont, aussi bien dans les campagnes que dans les villes et chacnn sa it qu'il y a intérét pour lui autant que pour la société a pra-tiquer le dépot a intérét. le compte courant, a recourir au cheque etc. De l'autrc cóté de la Manche, il n'y a pas un Anglais qui n'ait son banquier comme ailleurs on a son notaire. â L'étranger ([ui visite la moindre bourgade, voit invariablement sur une et souvent sur plusieurs maisons, le mot Brinkquot; inscrit en grosses lettres. Cette diffusion du crédit n'a certes pas nui a ragriculture de ce pays, car la valeur de la terre a. depuis 40 ans, augmenté d'un cincjuième an moins. II en a été de même du prix des fermagcs; on estimait en 1880 que le capital agricole anglais s'était accru d'un milliard sterling a ])eu prés.
L'Ecosse compte 13 établissements d'émission iiduciaire et de dépóts avec 844 comptoirs; en tout 857 guichets pour une population dc 3 millions d'habitants, soit une maison de banquc sur 3500 habitants, ('es banques d'Ecosse out transformé 1'agriculture de cc pays. II est reconuu qu'elles out été une cause dc prospérité et qu'elles ont fait régner 1'aisance et la richesse la, oü se trouvait la misère la plus profonde.
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Les affaires qu'elles traitent sont considerables. Elles resolvent des dépots importants et lenrs prêts a court terme sur firomissory note, constituent un aide précieux pour les agri-culteurs.
PORTUGAL. An Portugal une loi de 1867 regie le foncti-onnement des banques de crédit agricole. Elles nc peuvent faire que les opérations suivantes:
1°. Prêter les capitaux nécessaires pour l'exploitation, la conservation et 1'amélioration de la propriété rurale, ainsi que pour tout ce qui peut favoriser le développement des opérations de culture.
2°. Prêter aux petits industriels, afin de les mettre en mesure d'acheter des matières premières et des machines et aussi dans le but de développer 1'esprit d'épargne dans les populations rurales.
8°. Recevoir des dépots a faible intérêt et fonctionner comme des caisses d'épargne.
Pour remplir ces conditions les banques peuvent :
1°. Prêter sur gages, sur rentes données en nantissement et sur caution;
2°. Prêter sur lettres de change et en compte courant;
3°. Emettre des titres fiduciaires on obligations réprésen-tant les prêts réalisés;
4°. Recevoir des dépots avec on sans intérêt.
Parlant de la banque qui s'est fondée a Vizeu, quelque temps après la promulgation de cette loi. Mr. d'Andrade Corvo s'exprimait ainsi; âLa banque a donné d'excellents ârésultats; les habitudes ne sont pas encore devenues géné-,,rales pour ce qui a trait aux emprunts, fait par les agricul-âteurs sur des machines, des graines etc., mais les résultats .,obtenus dans la proportion oü de telles affaires se sont ..réalisées, méritent a tons les égards d'être pris en consi-âdération.
ESPAGNE. En Esp agne les campagnes participant aussi aux bienfaits du crédit. Les Positos pros sont des maisons de banque qui prêtent a la petite culture, soit en argent, soit en nature. Leur origine remonte au 15ii!me siècle et en 1866 on en comptait 8400, possédant un capital de 35 millions. Elles sont plutót des institutions de bienfaisance que de crédit.
AUTRICHE-HONGRIE. (I) En Autriche divers projets ont été proposés, comprenant le nantissement sans déplacement du gage (modification pe 1'article 451 du Code Autrichien).
(1) Voyez le rapport de Mr. Emile Labiche sur le crédit agricole présenté au congrès International d'agriculture, tenu a Paris en 1889.
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la restriction du privilege du propriétaire (art. 1101 du mêiuo Code) et enfin la commercialisation dés engagements des cultivateurs. Contrairement a 1'opinion des partisans de ces réformes, des déposants de Vienne et de Mora vie sont d'avis Hu'a raison de 1'inexpérience et du manque de prévoyance des petits fermiers, 1'assimilation avec les commeryants amènerait leur ruine; déja dit-on, le droit q\ii leur a été donné de signer des traités a donné de facheux résultats.
En Hongrie, il a été créé un assez grand nombre d'asso-ciations agricoles fondées sur le principe de la responsabilité limitée et solidaire de leurs membres; ces associations font des prêts il courte échéance, garantis par deux membres. L'association du comitat de Pesth escompte les lettres de change de toutes les associations du comitat. En quelques lieux, les caisses d'épargne donnent leur concours a la création et au fonctionnement de ces associations.
ROUMANIE. (1) U ne loi qui a dix ans d'existence, décide qu'il sera établi au chef lieu de chaque district une caisse de crédit agricole, afin de procurer aux agriculteurs et artisans agricoles les sommes ([ui sont nécessaires a leur industrie. Le capital de chacune de ces caisses est avancé par l'Etat jusqu'a ce qu'il soit souscrit par des actionnaires. La caisse fait des escomptes, des prêts sur gage, des avances sur titres et re(;oit des dépots. Les emprunts sont contractés par billets il ordre, garantis solidairement par deux agriculteurs solvables. La juridiction des tribunaux consulaires et les moyens d'exécution, autorisés par le Code de commerce, sont applicables a 1'exécution des engagements, f.c nantissement sans déplacement du gage est admis pour les récoltes, les bestiaux et tout le capital agricole.
BELGIQUE. En Belgique le crédit agricole a été organise par une loi du 20 décembre 1883, qui autorise la caisse générale d'épargne et de retraite a employer une partie de ses fonds disponibles en prêts, a faire aux agriculteurs sur nantissement. Des garanties spéciales out été édictées pour assurer le remboursement de ces prêts. Un privilege est stipulé dans l'acte, portant sur les objets qui sont affectés au privilege du bailleur. Les prêts se font par 1'intermédiaire de comptoirs agricoles, érigés sous le patronage de la caisse générale. Le gouvernement se faisait de grandes illusions de la mesure prise; la caisse générale mettait a la disposition de 1'agriculture une somme de 12 millions de frs. promettait davantage même si ce serait nécessaire â mais les résultats sont bien tristes. En 1890 il n'existait encore que 4 comptoirs.
(lquot;) Voyez 1c rapport de Mr. Krnile I.abiclie sur lo crédit aprirolr. présenté au Congrès International d'agriculture, tenu a Paris en 1880.
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Le nombre de prêts en cours au 31 dec. 1890 ne s'élève qu'a 274 pour une somme totale de 1 733 763 frs.
Au point de vue de 1'importance des opérations, les prêts conclus pendant 1889 se répartissent comme suit:
Au-dessous de 1000 frs., 4, de 1000 a 10 000 frs., 96, de 10 m. a 50 m. frs., 7, de 50 in. frs. et au dessus, 1. II résulte done que la petite culture n'en profite que fort pen.
PAYS-BAS. Dans les Pays-Bas aucune loi ne règle le crédit agricole. Depuis 1886, trois banques locales ont été erigées par 1'initiative particulière; une a Utrecht, une a Alkmaar et une a la Have.
Elles se chargent de dépots a intérêt et font des escomptes et des avances sur titres. Les emprunts sont contractés par billets a ordre, garantis solidairement par deux agriculteurs solvables ou bien par hypothèque. La Banque Néerlandaise ne fait pas de difficultés pour 1'escompte de ces billets, garantis par une des banques locales.
La banque d'Utrecht se charge aussi de placer des capitaux, garantis par hypothèque. Elle agit alors comme intermédiaire entre les capitalistes et les propriétaires ruraux.
FRANCE (1). Les articles 1800 a 1830 du Code civil règlent les rapports du fermier au bailleur au sujet du cheptel. Le Code reconnatt lu. le cheptel simple, 2°. le cheptel a moitié, 3°. le cheptel donné par le propriétaire a son fermier, 4°. le contrat improprement appelé cheptel. Une loi réglant le crédit agricole, n'existe pas en France jusqu'aujourd'hui. Le gouvernement y nomma ii plusieurs reprises des commissions, chargées de faire des enquêtes sur ce qui se faisait a 1'étranger on bien pour étudier des propositions qui lui étaient faites par des députés, par le conseil général ou par les chambres consultatives d'agriculture. Une commission nommée en 1864 proposait la creation d'un comptoir de garantie, installé au centre avec sous-comptoirs dans les départements. En même temps elle recommandait, qu'on moditiat les dispositions de 1'article 2076 du Code civil et qu'on autorisat les prêts sur nantissement saus déplacement du gage. Le gouvernement écarta ce dernier vceu, mais 11 répondit au premier par la constitution d'un établissement, qui u'eut qu'une existence bien courte, la socièlé du crédit agricole. Cette société avait pour object de procurer des capitaux ou des credits a 1'agri-culture et aux industries qui s'y rattachent et de faire avec l'autorisation du Gouvernement, toutes opérations ayant pour but de faciliter le défrichement et la conservation de ses produits
(1) Voyez l'étude de Mr. F. S. van Nierop. â Gids Dec,. 1885.
Journal officiel du 10 Janvier 1891, projet de loi de Mr. Anthouin Proust.
Sect. TI a.
et le développement de 1'industrie agricole; uiais eet établissement, prospère pendant un temps, a dü, il y a quelques années, accepter sa mise en liquidation, par suite de 1'impru-dence de sa gestion et des mauvaises affaires, faites par certaines sociétés intermédiaires, qu'elle patronnait.
La Société des agriculteurs de France désirait avant tout une modification de la législation civile et commerciale, surtout Partiele 2076, de manière a rendre possible le prêt sur gage en ce qui concerne l'agriculture, par l'introduction de ce que Ton appelle le gage a domicile, inais ce ne fut que 10 ans plus tard, après le congrès agricole de 1878, qu'elle réussit a obtenir du Gouvernement que la demande fut examinée par une nouvelle commission spéciale.
II en résulta un projet de loi, déposé par les ministres Léon Say et de Mahy, qui n'eut pas de suite.
Jusqu'a présent il n'y a qu'une seule loi qui ait donné satisfaction aux désidérata des agriculteurs. C'est celle du 19 février 1889, concernant la restriction du privilège du bailleur (Partiele 2102 du Code Civil). Dans les dernières années plusieuis projects de loi ont encore été déposés sur le bureau de la chambre en vue de la constitution du crédit agricole. La dernière est celle de Monsieur Anthonin Proust, député, qui se résumé dans les articles suivants;
1°. Privilégier les eréances sur les récoltes encore pendantes, les produits récoltés, les coupes de bois, les ustensiles agricoles ou-les animaux attachés a un fond rural.
2°. Commercialiser les billets a ordre souscrits par des non-commercants.
3°. Autoriser la banque de France a escompter les effets, souscrits par des agriculteurs.
4°. Autoriser la banque a ouvrir aux cultivateurs des crédits jusqu'a concurrence de frs. 20,000; ces crédits devant être garantis par un syndicat agricole, quand il s'agit d'un fermier, et quand il s'agit d'un propriétaire, par une hypo-tbéque conventionnelle sur le fonds de l'emprunteur.
F. F. s'JACOB,
directeur de la hanque agricole d' Utrecht.
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Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section II. Institutions de Crédit et de Prévoyance dans les Campagnes.
b. Organisation legislative des associations coopéra lives agricoles.
RAPPORT
DE
Monsieur MICHEL TARDIT,
Auditeur de première elasse au Conseil d'Ãtat.
Secrétaire de la commission permanente d'agriculture.
GT quot;T- quot;cDCsquot; *T* quot;ë)
L'association, personne ne le conteste aujourd'hui, est un des moyens les plus féconds que 1'homme puisse employer pour accrottre son action, sa force et sa puissance; pour développer la production, pour vivre avec le plus d'avanta-ge et d'économie. Au point de vue agricole, le seal qui doive nous occuper ici, l'association a existé dès la plus haute antiquité et sans remonter a 1'époque antique, au moment ou la communauté du sol amenait une sorte d'association de fait entre les propriétaires de troupeaux, nous trouvons de tres bonne heure des associations régulières, organisées, ayant pour but la mise en culture du sol, les ameliorations a y apporter ou les mesures a prendre contre les calamités naturelles et les dangers qui résultent de certaines situations topographiques.
Ainsi congus, les syndicats remontent a la plus haute antiquité, les premiers habitants des Pays-Bas ont dü se grouper, se syndiquer en quelque sorte pour procéder a 1'indiguement du pays. En France et en Belgique 1'administration des Watteringues remonte a 1'année 11()9. Dans le Roussillon nous trouvons des communautés d'arrosants formées sous 1'empire de la législation des Wisigoths et des Arabes. Plus tard au XVe, XVIe siècle les associations de cette nature se multiplièrent, mais chaeune avait son organisation propre, ses statuts spéciaux répondant exactemeut anx besoins locaux auxquels il fallait pourvoir; c'était la au reste le caractère
Sect. II b.
de toutes les institutions antérieures a l'organisation des états modcrnes. Aujourd'hui on recourt de préférence dans chaque pays a des textes généranx statnant d'une fa^on uniforme et posant des principes auxquels chacun doit se soumettre.
L'association, nous venons de le dire, avait a pourvoir jadis a des besoins locaux, a des nécessités spéciales a telle ou telle region. lei, il fallait lutter contre les crues ou inondations, ailleurs contre la sécheresse du sol, tons les intéressés se réunissaient et luttaient contre 1'ennemi com-mun. Aujourd'hui avec le développement des idéés, les progrès de la civilisation, un point de vue nouveau s'est fait jour, l'association se forme en vue d'une exploitation productive et a moindre frais, il ne s'agit plus exclusivement de se réunir, de se grouper entre voisins; la base s'est élargie, 1'agriculteur s'associe avec tons les agriculteurs pour arriver a produire a meilleur rnarché et pour tirer un profit plus considerable des produits du sol. II s'appliquera a éviter les intermédiaires toujours coüteux, soit lorsqu'il s'agit d'acheter des semences, engrais ou machines, soit lorsqu'il faut vendre aux consommateurs les récoltes ou le bétail.
On le voit l'association en matière agricole dolt pourvoir a de nombreux besoins, on comprend dès-lors qu'elle doit amener a prendre des formes diverses. Malheureusement a chacune de ces formes ne répond pas une expression spéciale servant a la désigner. C'est d'autant plus regrettable que la confusion dans les mots amène souvent la confusion dans les choses, malheureusement pour nous guider nous ne pouvons guère nous attacher aux expressions employées par le législateur des différents pays sauf peut-être dans les Pays-Bas ou on semble avoir eu de bonne heure une notion trés claire de ce qu' était la coopération. En France nous trouvons plusieurs lois sur les syndicats (an X â1807,1865; 1888) mais toutes sont relatives a des associations en vue de travaux. La loi de 1884 qui permet aux agriculteurs de se réunir pour la défense de leurs intéréts est qualifiée de loi sur les syndicats professionnels. En Belgique la loi du 18 Mai 187H qui parle expressément des sociétés coopératives vise des sociétés de capitaux qu'elle définit ainsi âcelles qui se composent d'associes dont le nombre et les apports sont variables et dont les parts sont incessibles a des tiers.quot;
La loi des Pays-Bas a laquelle nous avons déja fait allusion et qui porte la date du 17 Novembre 1876 donne une définition bien plus satisfaisante de la société coopéra-tive; âc'est elle qui a pour objet d'assurer des benefices a ses associésquot;, c'est 1'acte d'assoeiation Ini-méme qui doit spécifier le but poursuivi. Sans doute on pent reprocher a cette définition d'étre trop générale, mais il faut reconnattre qu'il est difficile qu'il eu soit autrement lorsqu'on redige un texte
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Skct. IT h.
s'appliquant a des organismes anssi nombreux dans leur forme et dans leur but que le sont les societés cooperatives.
Ce peu de précision que nous trouvons dans les textes législatifs tient a plusieurs causes d'ordre différent. D'abord le mouvement des idéés \ ers la cooperation, s'il est relativement récent, s'est développé avec une intensité et une variété telle que la loi qui se dégage des faits n'a pas eu le temps de se formuler avec netteté et précision. T)'autre part les associations qui se sont fondées, ont souvent introduit dans leurs statuts des dispositions complexes qui rendent fort difficile le classe-ment d'un syndicat dans une categorie ou dans une autre. Pour certains auteurs du reste les mots syndicats et associations coopératives sont synonymes, pour d'autres la première de ces expressions est générale, la seconde au contraire désigne une catégorie particuliere de syndicats, ceux qui ont pour but soit l'achat en gros pour la vente en détail aux associés, soit la vente directe aux consommateurs des produits de 1'asso-ciation, soit le crédit mutuel. A un autre point de vue on a quelquefois réservé le nom de syndicat aux associations qui ont pour but 1'exécution de travaux. Enfin quelques auteurs attribuent le nom de sociétés coopératives aux seules associations qui se torment en dehors de l'intervention de 1'Etat et dans lesquelles les adhérents peuvent librement entrer et sortir. â En ce qui nous concerne nous ne nous attacberons a aucune de ces distinctions qui n'étant pas généralement admises amèneraient de la confusion dans notre étude. Nous préférons determiner exactement ce que c'est que la coopération et igt;asser en revue toutes les associations agricoles dans lesquelles se trouve ce caractère. âL'association cooperative, d'après la définition grammaticale, est une société de personnes intéressées dans une même entreprise et qui s'unissent en vue d'un objet commun.quot; Ces termes généraux en permettent une application trés vaste et nous voyons peu d'associations agricoles auxquelles ils ne puissent s'étendre; aussi, ne pouvant songer a faire une émunération, nous allons nous appliquer a classer les syndicats d'a]irès le but qu'ils poursuivent, leur sphere d'action étant des iilus étendues.
Les uns en effet concourent a des ceuvres cpii touchent directement la fortune publique, d'autres n'ont en vue que des intéréts particuliers, les uns poursuivent des bénéfices matériels d'autres des avantages moraux. II nous semble done pratique de grouper les diverses associations agricoles d'après le but poursuivi par elles, cette classification plus que toute autre, devant nous permettre d'examiner quelle situation légale il convient de créer aux syndicats ou sociétés coopératives agricoles.
Sect. II lgt;.
I. Travaux de défense contre les dangers naturels et les calamités permanentes ou temporaires.
Avant de songer a développer la culture il faut lui assurer un sol a 1'abri des inondations ou erosions. Gette preoccupation, nous l'avons vu, a joué de tout temps un róle considerable. Les habitants d'une région située prés de la nier ou d'nn cours d'eau ont dü réunir leurs efforts pour lutter contre le fléau voisin qui peut se manifester sous des formes si nombreuses: submersion du sol, ensablement ou dénudation des terres; dans la même categorie que les syndicats tondés dans de tels buts, nous rangerons ceux qui poursuivent 1'assai-nissement général d'une region.
11. Mesures a prendre contre les parasites,
insectes nuisibles etc.
A cóté des calamités qui frappant l'immeuble lui-même il en est d'autres qui s'attaquent aux récoltes, citerons-nous comme exemple le phylloxera. La fa(;on dont ce parasite s'est développé et répandu prouve que ce n'est pas par des mesures individuelles qu'on peut utilement le combattre, 1'entente commune est nécessaire. Ce que nous disons du phylloxera s'applique non seulement aux parasites mais peut s'étendre aussi a un grand nombre d'ennemis de nos récoltes, a la destruction de la plupart des insectes ou animaux nuisibles tels que hannetons, sauterelles etc.
III. Amélioration du sol. â (Dessèchement des marais, drainage, irrigation, colmatage, établissement de chemins d'exploitation).
Jusqu'a présent nous avons parlé des avantages que trouvaient les agriculteurs a se réunir pour coopérer a une oeuvre défensive, mais a cela ne se bornent pas les bienfaits qu'ils retireront des syndicats, ils peuvent aussi en créer pour améliorer leurs fonds, allant plus loin nous disons même pour le créer. C'est dans les Pays-Has, plus que partout ailleurs qu'on peut se servir de cette dernière expression en voyant les prairies merveilleuses, les terres de premier ordre que la volonté et le génie d'un peuple sont arrivés a soustraire a la mer. Qu'aurait pu faire un particulier contre ces grandes forces de la nature; pour lutter contre elle il a fallu la réunion de toutes les éncrgies, il a fallu même le plus souvent 1'intervention directe de l'Etat, ce syndicat suprème.
Si 1'agriculteur a eu quelquefois dans une lutte dramatique a arracher le sol a 1'Océan lui-même, le plus souvent c'est avec les marais qu'il s'est trouvé aux prises. La aussi l'art de 1'ingénieur a été nécessaire, il a fallu re.....urir a des tra-
4
Sect. I [/;.
vaux d'ensemble réclamant le concours de tous. 11 en a (M-de même pour les grandes entreprises d'irrigation ou de colmatage, dans toutes ces hypothèses 1'initiative de 1'individu ent été impuissante, il a fallu appliquer la vieille maxime â1'union fait la forcequot;.
IV. Culture et exploitation en cotnmun.
Après les syndicats créés en vue d'améliorations aapporter an sol lui-même, il nous reste ii traiter d'une espèce de coopération toute particuliere dont on trouve 1'origine dans la plus haute antiquité, celle qui a pour but la culture des terres. Sans parler des sociétés de capitaux ou de travailleurs qui penvent se former pour I'exploitation d'un domaine acheté ou affcrmé en commun, on con^oit trés bien.qu'en cas de parcelles limitrophes mais peu étendues, leurs proprié-taires se réunissent pour une culture unique. Ce système s'emploie principalemcnt dans le pays de paturage; on trouve également quelques exemples de syndicats dont les membres s'engagent a faire le travail rural de ceux d'cntre eux qui sont dans 1'impossibilité momentanée de se livrer aux travaux des champ.s, soit par suite d'appel sous les drapeaux pour une période d'instruction militaire, soit par suite de maladie. Les exemples qu'on pourrait citer de semblables associations sont trés rares, sauf s'il s'agit des industries agricoles exercées par les producteurs ; on peut avoir intérêt a donner aux pro-duits certaines manipulations avant de les livrer au commerce, les frais généraux seraient trop considerables s'ils devaient être supportés par un se\il : c'est encore dans la coopération que se trouve le remède. (quot;est ainsi que nous avons vu se former les syndicats fromagers, qu'on en rencontre même d'instituer en vue de la fabrication de 1'huile, du sucre etc. Mais sous cette forme les syndicats ont un caractère particulier, leur but est la vente du produit de la propriété, nous rentrons ainsi dans une categorie spéciale de sociétés que nous examinerons plus loin.
V. Associations pour l'achat de matières premières, (semences. engrais etc.) et instruments nécessaires a Tagriculture.
En pratique, les matières premières et les articles manufactures passent par plusieurs intermédiaires avant d'arriver aux consommateurs, le nombre de ces intermédiaires qui ont chacun a supporter des frais généraux et ii prélever un certain bénéfice augmente en general au fur et a mesure que les achats sont faits par qu anti té moindre. Le petit consomma-teur aura done a supporter de ce chef des frais qui pourront être considérables. Pour obvier a eet état de choses le seul remède est la coopération, pratiquée d'abord par les sociétés ouvrières,
Sect. 11 h.
les agriculteurs coniprirent de bonne henre le parti qu'ils pouvaient tircr de ce mode de procéder; des syndicats se formèrent cn vue de grouper les demandes de leurs adhérents pour tous achats relatifs ii I'exploitation agrieole; cette centralisation faite il devenait possible de s'adresser soit au produc-teur lui-même, soit tout au moins au marehand engrosdont on obtenuit des conditions d'autant plus favorables qu'il avait devant lui un puissant acheteur.
Dans eet ordre d'idées les syndicats out deja rendu les plus grands services et cela, non seulenient au point de vue de 1'abaissemont du prix de la marchandise, mais aussi il celui de sa qualité, le syndicat ayant a sa disposition des moyens de controle que le particulier ne peut avoir. Presque tous les achats en vue de 1'agriculture peuvent du reste être faits par un syndicat; quant au mode employé ce peut être selon les espèces et les besoins, 1'adjudication ou le marché de gré-a-gré.
VI. Associations pour la vente des produits.
T^es associations institutées en vue de la vente des produits ont, au point de vue économique, le même but que celles pour 1'acnat; la suppression de l'intermédiaire et 1'économie qui en est la consequence. Les résultats obtenus jusqu'a ce jour ont été vraiment dignes de remarque, surtout en ce qui conceme la vente du bétail et du vin. 11 y a fort longtemps qu'on a constaté le grand écart qui existait entre le prix de la viande sur pieds et celui auquel les bouchers la vend-aient aux consommateurs. Ceux-ci ouvriers, ou petits rentiers urbains ont tenté de former des syndicats, quelques-uns ont réussi, d'autres, en grand nombre il faut le reconnaltre ont donné des résultats médiocres; les causes de eet échec sont multiples et tiennent en grande partie a ce que dans les syndicats dont il s'agit 1c nombre des acheteurs est restreint et a cette circonstance particuliere que tous les ah'spciés, appartenant a pen prés a la même classe sociale, certains morceaux sont seuls demandés ce qui laisse un nombre con-sidérable de déchets et non-valeurs. Le même danger n'est pas a craindre pour les syndicats de propriétaires, ils s'adres-sent pour la vente de la viande a tout le public, leur clientèle n'est pas liraitée, la réussite se présente done avec bien plus de chances de succes. Producteur et consommateur sont intéressés au développcment de ce système car les éleveurs syndiqués, pour s'attirer de la clientèle, abaisseront les prix de vente, ce qui leur sera facile les frais généraux étant sensiblement diminués.
Sect. II
Vil. Crédit agricole, crédit mutuel.
Pour que 1'agriculteur puisse so procurer les matières dont il a besoin, pour qu'il ])iiisse apporter, soit il sou fond, soit a son exploitation les améliorations utiles, des capitaux lui seront souvent nécessaires, il sera forcé de recourir au crédit, inais, rappelons le de suite, le crédit dont il a besoin se présente avec certains caractères spéciaux. D'abord il doit êtro a long tonne, pour une operation comiiierciale, trois, six mois au plus sont suffisants, en matière agricole il faut atten-dre la récolte et souvent même ce ne sera pas la première qui suffira a araortir 1'emprunt; en outre le crédit commercial ordinaire comporte un taux d'intérêt quo le produit net do la culture permettrait rarement de payer. Ajoutons enfin lt;iue le petit agriculteur a besoin de sommes souvent minimes ce qui éloignera de lui le prêteur sérioux et le mettra dans la main des usuriers de toute espèce. Pour satisfaire a toutes ces exigences no pouvait-on pas recourir a des banques popu-lairos (système Schultze-Delitz) qui déja ont fait leurs preuves? inais 1'agriculture a des besoins spéciaux qui demandent pour qu'il y soit donné satisfaction quo des modafités spéciales soient apportées a 1'organisation généralemont adoptée. Examinons d'abord et trés rapidement quel peut êtro le róle d'un syn-dicat banquior vis-a-vis d'un do ses mombres désirant recourir au crédit. 11 peut, soit lui faire directement 1'avance nécessaire, soit garantir lo romboursement de la dette con-tractée onvers un tiers. Dans ces ditférentes hypotheses, le système normal des banques populaires peut a la rigueur s'appliquer, mais il faut remarquer (jue 1'agriculteur est un emprunteur d'une nature particulière, son fonds ou tout au moins son matériel, ses récoltes représentent un capital souvent considérable mais peu mobilisable; d'autre part, il suffit d'un orage, d'une sécheresse pour déjouer les prévisions losmieux établies. On doit encore ajouter que le syndicat lui-même pout avoir besoin d'argont pour 1'oxécution do travaux ou 1'achat do machines perfectionnées dont il procurera 1'usago il ses membres moyennant une rémunération qui pourra être tardive; dans ce cas, au Hou de préter de 1'argent a ses membres il leur prête dos services, operation analogue a cello qui se produit lorsquo lo syndicat au liou de verser fi 1'in-térossé la somme nécessaire pour ache ter un objet détorminé lui livre eet objet lui-même en accordant un délai pour le romboursement de 1'avance ainsi faite. On lo voit, il cóté de la question du crédit populaire, et sans se confondre avec elle, se trouve la question du crédit agricole qui, chose particuliere semble, au moins quand a présent, devoir être résolue olio aussi. par la création do sociétés cooperatives on svndieats. (Voir proposition de loi déposée par ^I. Méline le 10 Mai 1890J.
Skct. IT h.
VTII. Assurance mutuelle contre la grêle, la mortalité du bétail etc.; secours mutuels, retraites.
Les syndicats institués en vue d'une des operations ci-dessus sont nettement agricoles par le but qu'ils ponrsnivent, mais nous ferons observer do suite que ce caractère ne modifie en rien la nature de leurs operations; on reste pour les principes dans les conditions d\i droit commun en ce qui concerne la mutuality. A ce point de vue la situation de l'ouvrier des champs est identique a celle de l'ouvrier employé dans le commerce ou ['Industrie, nous ne dirons done rien de spécial sur cette question.
TX. Arbitrage litigieux.
Les frairi de procédure sont une lourde charge pour la propriété et cependant âqui terre a, guerre aquot; dit un vieil adage; aussi des syndicats se sont-ils fondés en vue de soumettre a des arbitres toutes les questions litigieuses qui pourraient s'élever entre leurs membres. Ainsi que nous le disions a propos des assurances et secours mutuels, les syndicats de cette sorte n'ont rien qui soit particulier aux ma-tières agricoles.
X. Syndicats en vue des progrès de l'agriculture.
Nous avons rapidement passé en revue les difTérentes sortes de syndicats qui avaient pour but les mesures a prendre pour éviter une perte ou pour obtenir un bénéfice direct, mais les agriculteurs peuvent aussi se réunir pour la defense de lours intéréts moraux, pour 1'exploitation de champs d'expérience, la publication de revues ou travaux de vulgarisation. Remar-quons même en passant une chose curieuse, les associations de cette es]gt;èce sont les seules expressément prévues par le texte de la loi Franyaise de 1S84. Leur rule est en effet considérable, 1'expérience ayant montré (pie ces syndicats sont un des plus puissants agents de progrès agricoles; ils ne repré-sentent, a la vérité, que des intéréts économiques, mais en les faisant connattre ils out pour effet de développer les procédés perfectionnés de culture.
Nous ne pouvons terminer notre revue rapide des syndicats sans ]iarlcr des unions de syndicats qui out pour objet d'établir de l'unité, de l'ensemble entre différents syndicats concourant au même but. On rencontre en effet beaucoup de syndicats locaux trop peu importants pour pouvoir ap])ortcr a leurs membres des avantages considérables, au moyen de 1'union ils sont araenés a profiter des conditions particulières qui sont obtenues ])ar le syndicat central. Maintenant que nous avons énuméré et classé les différentes sortes lt;le syn-
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Sect. it?).
dicats ou sociótés cooperatives agricoles, LI nous reste a examiner (jvielle situation légale doit être faite a chacun d'eux. On ne saurait soumettre au mênie regime legal toutes les associations dont nous avons parlé, les unes sont d'intérêt général les autres ne concernent qu'un petit nombre d'individus, a un autre point do vue, nous en avons indiquées qui ont pour but des avantages moraux tandis que les autres poursuivent des bénéfices pécuniaires. Dans certains cas 1'Etat devra s'en remettre exclusivement a 1'initiative des particuliers dans les autres il devra directement intervenir.
Pour les travaux qui intéressent la protection du sol il ne saurait y avoir de doutes. L'Etat doit avant tout assurer la protection et la sécurité a ses habitants; il y a la pour lui 1'accomplissement d'un devoir absolu dont i] pourra du reste s'acquitter de diverses famous. On congoit facilement qu'il execute lui-même les travaux et en supporte la charge et les frais soit d'établissement soit d'entretien, mais il se peut aussi qu'il aie recours a un syndicat auquel il donne des subventions sous une forme quelconque, c'est a dire en argent, ou en travaux ou au moven de garanties d'intérêt. Le syndicat apparait ici comme un agent do 1'Etat, comme son préposé, m'ais un préposé d'une nature spéciale puisqu'il n'est autre que les intéressés eux-mêmes. Ce sont alors les propriétaires réunis qui exécutent l'entreprise, les statuts réglant la part coopérative que chacun supportera dans la dépense. Les syndicats de cette sorte devront toujours rester sous la surveillance de l'Etat, l'entreprise dont ils sont chargés étant on quelque sorte un service public.
Dans la législation Fran raise (loi l(i septembre 1807), on trouve un système spécial qui mérite une mention. L'Etat exécute ou fait exécuter par un entrepreneur les travaux nécessaires puis on établit après enquête la liste des propriétaires qui en ont retiré un bénéfice direct et on les oblige a payer au trésor une indemnité pour la plus-value obtenue par lours fonds. On a eu recours a ce procédé surtout en matière d'endiguement mais, on pratique, il a donné lieu a des difficultés asscz nombreuses et a des procés considerables.
Les divers modes d'exécution do travaux quo nous venons d'indiquer, et qui supposont 1'absorption absoluo par l'Etat de 1'initiative privée, doivent s'appli(iuer uniquement lorsq\i'il s'agit d'entreprises dans lesquellos 1'intérêt public est engagé; mais est-ce a dire lt;[ue le gouvernement n'ait en rion a intervenir po\ir favoriser de simples intéréts agricoles? Evidem-ment non, mais son róle |irendra un caractère particulier, il ne se substituera pas aux intéressés, il los secondora.
Certaines amélilt;«rations supposont ot exigent le concours de tons les propriétaires d'une region, le dessèchoment d'un marais, le colmatago d'une plaino, en sont des oxomplos mauifestes. Pout-on admottre quo le mauvais vou-
n
Sect. II h.
loir d'un seul entrave 1'exécution d'une oeuvre utile au plus grand nombre? Pour vaincre ce mauvais vouloir plusieurs moyens sont possibles et ont été suceessivement ou simulta-nément employés par diverses legislations. Les intéressés syndiqués peuvent obtenir le droit d'exproprier le proprié-taire recalcitrant; mais ce procédé ne laisse pas que de présenter de graves inconvénients; d'abord,. si les indemnités sont largement calculées c'est une sorte de prime donnée au mauvais vouloir; ensuite quelles charges, quels embarras n'apporteraient pas aux propriétaires syndiqués les immeu-Mes ainsi acquis. La revente, portant sur rle vastes étendues pourrait étre difficile quand au partage en nature entre les membres de 1'association, il serait presque toujours impra-ticable.
Pour obvier a ces inconvénients on a eu recours a ce qu'en droit Francais on a appelé les syndicats tbrcés; après 1'ac-complissement de certaines formalités, la reconnaissance dans des conditions données, de 1'utilité des travaux ou de 1'entre-prise, les propriétaires ne peuvent se dispenser d'y participer et le paiement de leur part coopérative dans les dépenses faites, constitue une \'éritable dette dont le syndicat poursuit le mnboursement.
Ce système présente de grands avantages pratiques et a été heureusement employé dans différents pays, mais il faut le reconnaitre il ne peut et ne doit pas être étendu a toutes les sorte? de syndicats; il porte une trop grave atteinte a la liberté et aux droits du propriétaire. C'est au législateur a indiquer limitativement quelles sont les améliorations ou opé-rations qui pourront donner lieu a des syndicats de cette sorte. La loi Fran^aise du 21 juin I860 complétée ]iar celle du 22 décembre 1888 fixe cette énumération, et le fait dans des conditions qui ne semblent pas devoir être sérieusement critiquées. Ajoutons cependant que ce texte vise exclusive-ment les travaux d'ensemble qui se rapportent au sol lui-méme mais des lois spéciales ont dans différents pays (France, Italië, Suisse etc.) prescrit des mesures d'ensemble, auxquelles les propriétaires ne peuvent se soustraire, pour lutter contre certains fléaux au premier rang desquels nous citerons le phylloxera. Le législateur se rendant compte de la force considérable qui résulte de la coopération a voulu 1'utiliser mais il 1'a organisée, réglementée de fa^on a empêcher toute faiblesse, toute défaillance chez les intéressés.
Cette ingérence directe de 1'Etat dans les entreprises syn-dicales, trés justifiée dans certains cas, ne saurait être générale. II suffit en effet de se reporter aux buts principaux que les sociétés coopératives agricoles peuvent poursuivre pour se convaincre que sous peine de léser gravement la liberté de 1'individu, il faut que 1'Etat reste en dehors de la plupart iles combinaisons auxquelles peuvent se plier les syndicats
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Sect. 116.
dont la forme et le fond varient a 1'infmi par suite des buts nombreux qu'ils peuvent poursuivre. C'est a 1'initiative privée qu'il convient de s'adresser en évitant tout ce qui pourrait 1'inquiéter ou la paralyser. Faut-i) aller jusqu'a dire que la loi doit iguorer les associations agricoles? Evidemment non et du reste c'est sur la demande des intéressés qui dans la plupart des pays, par des textes plus ou moins complets, plus ou moins restrictifs, le législateur a permis la création de syndicats agricoles. En France aucun texte ne les prévoit expressément mais la loi du 21 mars 1884 leur est sans aucun doute applicable. Cette loi appelée loi sur les syndicats pro-fessionnels permet les associations âayant exclusivement pour objet 1'étude et la défense des intéréts économiques, indus-triels et agricolesquot;. Si on se reporte aux travaux prépara-toires de la loi et a la circulaire qui 1'a suivie on voit que la constitution de sociétés cooperatives est une des matières sur lesquelles peut se porter 1'activité du syndicat.
La loi Francaise, aussi incomplete et insuffisantequ'elle soit a cependant donné des résultats surprenants car en moins de buit ans prés de mille syndicats se sont formés réunis-sant un nombre d'adbérents qu'on peut évaluer a environ 400.000 (V. anmiaire des syndicats agricoles de France).
Malgré tout l'intérêt que cela pourrait avoir nous ne pou-vons dans une notice sommaire, indiquer les lacunes graves que présente la loi Franlt;;aise de 1884, nous ne voulons y voir qu'une seule chose, ce texte permet la liberté dissociation dans certains cas déterminés et les résultats bienfaisants se sont immédiatement montrés.
La legislation sur la matière, en vigueur dans les Pays-Bas est des plus intéressantes a étudier. La loi du 17 novembre 1876 réglemente la création et 1'organisation des sociétés coopéra-tives agricoles. Après les avoir définies elle détermine leur situation, leur confère la personnalité civile et soumet leur fonctionnement a certaines régies destinées a donner aux associés et aux tiers les garanties nécessaires, c'est ainsi que différents articles de la loi exigent l'intervention d'un notaire pour la rédaction des statuts qui doivent préciser le but de la société; on doit en outre faire transcrire 1'acte constitutif et se soumettre a certaines régies pour le reglement des comptes et la tenue des registres.
Saus étre de ceux qui croient qu'il appartient a 1'Etat d'intervcnir activement et directenfent dans toutes les eutre-prises, nous croyons qu'il lui incombe de favoriser les neuvres utiles comme le sont les syndicats agricoles. Ce qui est difficile, c'est la détermination exacte de cette intervention de 1'Etat; dans de justes limites elle donne des résultats incomparables mais son absence ou son exagération peuvent présenter de graves dangers. En cette matière les regies absolues et les principes a priori doivent étre soigneusement écartés; il
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Sect. 116.
convient d'étudier les faits, les données de 1'expérience pour remonter ensuite a la règle générale. II est done indispensable que le législatenr n'intervienne qu'après des enquêtes nom-breuses des discussions approfondies, et parmi elles, au premier rang, doit se placer celle a laquelle le congres international va se livrer.
QUESTK )NNAIRE.
I. L'Etat peut-il obliger les propriétaires k se syndiquer. Dans quelle? conditions et pour quels travaux ?
IT. Le législateur doit-il astreindre h l'accomplisse-ment de certaines formalites générales et con-cernant notamment la publicité et la responsa-bilité des administrateurs la création de tout syndicat ou société coopérative agricole ? Des régies spéciales ne devraient-elles pas être édictées au cas oü les syndicats se livreraient k certaines opérations financières, telles que caisses de retraites ou de secours mutuels entre agriculteurs, crédit agricole etc.?
III. Incombe-t-il aux pouvoirs publics d'exercer une surveillance active et directe sur les travaux ou opérations effectués par les syndicats; ne conviendrait-il pas de distinguer selon le hut poursuivi par l'association ?
IV. Doit-on accorder une personnalité civile absolue k tout syndicat agricole, ne conviendrait-il pas de soumettre certaines actes notamment les acquisitions immobilières ou a titre gratuit a des formalités ou approbations spéciales ?
V. Les syndicats pour la vente des produits de-vront-ils être soumis k la législation et aux impöts spéciaux applicables aux commergants. Ne conviendrait-il pas au moins de distinguer si le syndicat agit comme simple office de publicité ou s'il se livre a des actes de commerce
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Sect. TT b.
proprement dit, (achat a des tiers pour la revente k des tiers) ?
VI. Au cas oil un syndicat agricole se livre ti des opérations de crédit ou de banque, doit on le soumettre a la legislation de droit commun sur ces matières, ne convient-il pas au contraire de recourir a des lois spéciales répondant aux besoins spéciaux du crédit agricole?
VII. Dans quelle mesure et par quels moyens doit on favoriser la creation de syndicats agricoles?
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Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section II: Institutions de crédit et de prévoyance dans les campagnes
;i. Crédit agricole.
CREDIT AGRICOLE EN RANEMARK.
RAPPOR rr
DU REDACTEUR
Monsieur HERTEL,
a Copenhague.
Squot; quot; quot; 'S(Squot;W quot;S
II n'v ii point de specifications statistiques sur la granclein-de la dette hypothéquee, actuellement ii la charge des biens-fonds danois, mais elle est supposée faire un total d'environ 1400 millions de francs, cc qui, relativement aux prix actuels des propriétes rurales, signifie que les hvpotheques montent il peu prés jusqu'a 50 a (50 pour cent de la valeur des propriétes. La bien plus grande partie de la charge des hypothèques a été assise pendant la dernière generation, ce qui a cause un peu de trouble et de sollicitudc.
Les dettes fixes de l'agriculture danoise out été le plus essentiellement créées par des institutions qui out pour but direct et exclusif de procurer des capitaux a l'agriculture, les sociélés de crédit rnutuel.
TjCS principes sur lesquels celles-ci reposent sont, pour le fond, les inêmes qui se sont déja produits a 1'étranger, il y a plus de 100 ans, lorsqu'un marchandsilésien, nommé Büring en 1767 proposa a Frédéric second, roi de Prusse, d'établir une société de crédit mutuel, basée sur la respon-sabilité solidaire de toutes les propriétés rurales.
Pendant que les sociétés, établies sur le inodèle silésien, ont pris, on le sait, un grand développement a l'étranger, ce n'est que vers le milieu de ce siècle que le Danemark a eu des institutions analogues.
La lol du 20 juin 1850, principalement due !i 1'initiative
Sect. II n.
des agriculteurs, transplante 1'institution de crédit en pays danois, et le crédit foncier des agriculteurs danois repose aujourd'hui encore, pour le fond, sur le fondement solide jeté par cette loi.
Les sociétés, établies par la loi de 1850, dont il y a cinq pour la grande propriété et la propriété moyenne et deux pour la petite, 1'agriculture du petit fermier (Heismandsbrug), sont des institutions privées, auxquelles l'état a donné différentes faveurs, pourvu qu'elles satisfassent a certaines conditions fixées dans la loi. Les faveurs les plus importantes, accordées aux cinq sociétés, établies pour la grande propriété et la propriété moyenne, sont; 1° L'exemption de timbre pour leurs obligations qui peuvent ainsi être passées et trans-férées au porteur, 2° une poursuite judiciaire plus prompte et plus facile que 1'ordinaire contre les débiteurs inaolvablee, 8° reduction des frais postaux et 4° le droit de prendre des intéréts plus grands que 4 pour cent, ce qui autrement n'est pas permis dans 1'agriculture sans une autorisation particuliere. Des conditions que la loi exige, les plus essentielies sont les suivantes; 1° II ne faut pas donner ses prêts au-dela de 60 pour cent de la somme devaluation des propriétés, â¢2° tous les intéressés garantiront solidairement la dette de la société par les propriétés qui lui sont engagées, 3n les prêts seront amortis pen a pen, et 4° les sociétés seront soumises au controle du ministère de 1'Intérieur.
La petite propriété, les propriétés des petits fermiers, étaient jusqu'a 1880, de fait, empêchées d'avoir des prêts au moyen des sociétés de crédit mutuel, celles-ci par leurs statuts excluant des propriétés, dont la valeur est au-dessous de 1400 francs (en Jutland audessous de 2800 francs). Pour remédier a eet inconvénient on a créé par la loi du 28 mai 1880 deux sociétés de crédit mutuel des petits fermiers, l'une pour les iles, l'autre pour le Jutland, qui donnent des prêts a des propriétés, dont la valeur d'estimation n'excède pas 8400 francs. Vu que ces deux sociétés out pour but 1'économie rurale des petits fermiers, 1'exploitation des terrains leur appartenant, l'état, outre les faveurs déja nommées, leur accorde quelques faveurs particulières: il garantit l'intérêt (4 p.c.) de leurs obligations, aussi par cette raison cotées de quelques pour cent audessus de celles des autres sociétés, et il les rembourse des frais qu'ils ont a restimation des hypothèques. En retour les deux sociétés ont été obligées de se soumettre a quelques conditions nouvelles, dont la plus importante est, que les prêts ne doivent pas excéder 50 pour cent, et s'il s'agit des maisons sans terres, 40 p.c. de l'évaluation.
Basées sur le fondement ici esquissé, les sociétés de crédit mutuel, en gros, ont profité au développement économique du Danemark, et ainsi les agriculteurs ont eu, relativement
Sect. Tin.
parlant. a bon marché, mie grande facilité d'avoir des emprunts, en donnant leurs terres pour hypothèque. Si un agriculteur désire nn emprunt et qu'il puisse donner les süretés, exigées par les sociétés, on le lui paye, sans plus de formalités ni de troubles, en obligations de la société en question, lesquelles il vend lui-même, ou qui pour son compte sont vendues par la société.
Le produit de 1'emprunt dépend done du cours auquel les obligations peuvent se vendre, et comine les sociétés four-nissent une garantie excellente aux capitalistes par la respon-sabilité solidaire, par le controle du ministère de 1'intérieur et en ne donnant pas des prêts a plus de trois cinquièmes de la valeur d'estimation des proprietés etc. le cours, le plus souvent, est favorable aux emprunteurs, les agriculteurs. Les emprunts sont amortis par des versements semestriels, conte-nant; 1° les intéréts, 2° les acomptes et 3° les contingents au fonds de réserve et d'administration de la société.
Mais si les sociétés de crédit mutuel du Danemark depuis une génération fonctionnent au profit du développement de l'économie rurale, et fonctionnent fermement, sürement et solidement, d'autre part on ne saurait nier que 1'institution de crédit en Danemark n'ait besoin de révision et de information. Depuis la création de la première société de crédit mutuel, il y a 40 ans, aucun changement notable dans 1'organisation et la manière d'agir des sociétés n'a été accompli. Tandis que 1'agriculture a été dans un développement rapide, que ses rapports de débit et de production out subi un changement radical, elle se trouve encore réduite dequis plus d'une génération aux anciens moyens insuffisants de se procurer du crédit, et les circonstances moins heureuses, s'attachant ii la transplantation de 1'institution de crédit en pays danois, s'y attachent aujourd'hui encore. Aujourd'hui comme auparavant l'agriculteur (jui n'a que 40 pour cent de la valeur de sa propriété, peut seulement se procurer un emprunt par le moyen d'amis ou de connaissances; il peut s'endetter chez sou marchand attitré, tirer des lettres de change etc. mais les sociétés de crédit mutuel ne veulent pas entendre parler do lui, quolque honorable, solide et habile qu'il soit.
Aujourd'hui comme auparavant les sociétés traitent tous les emprunts de la même manière. Que 1'emprunt soit grand ou petit par rapport a la propriété hypothéquée, qu'il soit garanti par une inscription de première ou de secondaire hypothèque, les conditions de la société sont absolument les mêmes: les versements, les contingents au fonds de réserve et d'administration et 1'amortissement sont tout a fait identiques. La suite naturelle en est que chacun qui peut oifrir une excellente hypothèque par rapport a 1'emprunt désiré, préfère le chercher ailleurs que dans les sociétés de
Sect. IT n.
credit mntuel, dont lea conditions font adoptées a des eniprnnts passablement bons.
Mais ainsi les sociétés courent le risque de ne pas avoir les meilleures hypothèquee. Aujourd'hui comme auparavant les sociétés de crédit mutuel renferment des districts trop grands. Le fonctionnement de la société particuliere s'étendant sur une province entière, les évaluations deviennent a.isément trop superficielles, la connaissance des rapports personnels de 1'emprunteur, des soins donnés aux propriétés ou de la négligence dont elles sont l'objet, diminue etc. Une loi du 19 février 1861 décide que de nouvelles sociétés de crédit mutuel ne pourront être créées que par une loi, et le pouvoir législatif n'a guere approuvé 1'idée d'en créer de nouvelles. Mais ce sont justement celles-ci, les sociétés nouvelles qui devraient développer 1'institution par leurs efforts de prévenir les besoins des emprunteurs mieux et plus abondamment que cela ne se fait dans les sociétés anterieures. A celles-ci inanque aujourd'hui 1'impulsion pour introduire des réformes réelles, des améliorations fondamentales, que sans doute amènerait la concurrence avec des sociétés nouvelles.
De ces objections a 1'institution de crédit en Danemark, objections, qui ne sont pas épuisées par ce que j'ai exposé, il pourrait manifestement résulter quelles réformes il faudrait introduire, a ce que je pense, afin d'éloigner les plus essentielies des objections: il faudrait créer plus de sociétés de crédit mutuel qu'il n'v en a, avec des districts plus étroite-ment circonscrits, et donner 1'occasion d'un mouvement plus libre au dedans de 1'institution, il faudrait particulièrement cesser de traiter toutes les bypothèques de la même manière.
Dans la session de 188B a 1887 le gouvernement proposa un projet de loi sur une banque hypothécaire générale du Danemark. Le projet avait pour but de faire des sociétés de crédit mutuel particulières les membres d'une institution d'état. La banque serait régie par des fonctionnaires de l'état, 1'état lui fournirait un fonds de garantie d'a pen pres 14 millions de francs, et toutes les sociétés de crédit mutuel participantes seraient solidairement responsables des obligations de la banque. Par la réalisation du projet on espérait arriver a un plus haut cours des obligations de la banque hypothécaire au prorata de celles des sociétés de crédit mutuel et en même temps épargner des frais d'administration, de fonds de réserve etc. Cependant le projet ne fut pas adopté.
Tandis qu'en gros le crédit reel en Danemark, malgré les défauts qui s'attachent a 1'institution de crédit, convenable-ment arrangé, a profité et profile a 1'agriculture, celle-ci manque aujourd'hui encore de la facilité d'obtenir im crédit personnel, convenablement arrangé, crédit, oü non jgt;as la va-leur de l'hypothèque, mais les rapports personnels de 1'em-
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Sect, tl a.
o
prunteur et l'usage ((ii'il conipte faire de l'eniprunt, en déci-deront. A peine est-il nécessaire d'indiquer dans eet endroit de quelle importance un crédit d'exploitation peut être pour 1'agriculture intensive, et depuis quelque temps on fait des propositions a plusieurs reprises et de cótés différents sur 1'établissement d'une institution du crédit d'exploitation. La proposition qui a excité 1'attention la plus grande et gagné le plus grand nombre d'amis, fut au milieu des quatre-vingts (je parle des années de ce siècle) proposée par un comité, nommé par les trois grandes conféderations de 1'agriculture. Dans ses points principaux la proposition avait pour but de baser 1'institution du crédit d'exploitation sur le principe d'association, de sorte que 1'institution se format par la fusion des agriculteurs emprunteurs. L'institution reposerait et sur le principe de localisation et sur celui de centralisation, elle se composerait d'une foule de petites associations, oü était possible un controle détaillé de tous les procédés de 1'emprunteur, et du bon emploi de 1'emprunt, mais ces petites associations formeraient encore une confédération, car on voulait par la créer la base du crédit la plus large possible. La confédération aurait done soin de procurer le capital pour les prêts, et de toute la comptabilité, tandis que les associations locales se chargeraient de l'activité elle même de don-ner des prêts. Ceux-ci, comme des prêts d'exploitation, seraient donnés a courte échéance, et les rapports personnels de l'emprunteur, son application, son habileté, son honnê-teté etc., 1'emploi qu'il ferait de 1'emprunt, et enfin les süre-tés qu'il pourrait donner en gage, la caution etc., décide-raient, si 1'emprunt serait accordé, et dans ce cas, sur sa grandeur, sa durée etc.
Diverses circonstances survenantes out fait que cette proposition, plus tard, a été mise de cöté, et la question du crédit d'exploitation, laquelle, il y a quatre ans encore, était la plus brülante question agraire du Danemark, est provisoire-ment effacée de 1'ordre du jour des agriculteurs. Mais ce ne sera assurément qu'au prealable, car une agriculture aussi développée et aussi intensive que celle du Danemark sans doute ne renoncera pas longtemps a 1'aide qu'une institution solide du crédit d'exploitation offre aux agriculteurs.
C
Congpès International d'Agpiculture
a La Haye en 1891.
Section II; Institutions de crédit et de prévoyance dans les campagnes.
c. Questions ouvrières et sodales et assistance publique dans les campagnes.
RAPPORT PRÃLIMINAIRE
I/Assistam FÃlip dans les Caqapes
de
Monsieur GOMOT.
C5quot; quot; T* cX5* quot;T* c)
Messieurs,
L'organisation de 1'Assistance dans les campagnes est a l'étnde depuis bien des années. Tl n'est pas un pays qui n'ait tenté de résoudre cette grave question, et, dans tons les congres agricoles, elle a été l'object d'études approfondies. Vous avez tous dans les mains les travaux pupliés, et notam-ment les délibérations du Congrès international de 1889.
11 serait done superHu de reprendre iei les considerations d'ordre humanitaire qui y ont été exposées avec tant de talent, discutées avec tant d'éloquence.
A ceux qui nieraient encore l'utilité des Congrès internatio-naux, nous répondrions qu'a la suite de chacun d'eux, des réformes législatives ont été réalisées.
En ce qui concerne PAssistance, vous connaissez les pays qui ont calqué son organisation sur les principes émis par les Congrès eux-mêmes. Nous en avons en ce moment en France une application significative en ce qui concerne 1'Assistance médicale. En effet, au mois de juin, le gouvernement francais vient de déposer un projet de loi dont les principes sont en parfaite harmonie avec ceux arrêtés dans les délibérations du Congrès de 1889. Vous le voyez, messieurs, nos réunions affirment les idees de solidarité et d'as-sistance; elles les vulgarisent et préparent pour le législateur des matériaux qui lui sont profitables. Vour ne vous éton-nerez pas si les conclusions soumises par nous a votre examen
Sect. 11 c.
reproduisent en partie les principes du projet de loi francais; ce projet de loi a été votre oeuvre, il a été préparé en réalité par les Congres internationaux de 1889, il mérite d'être étudié a nouveau et approfondi par le Gongrès agricole permanent.
L'Assistance est un devoir de familie; elle s'impose aussi a 1'initiative individuelle et relève de la solidarité humaine. Mais la familie est souvent impuissante et 1'initiative privée ne peut pas toujours apporter aux misères qu'elle constate une aide suffisante. A cóté de 1'Assistance privée, il faut done avoir recours a l'Assistance publique donnée par les collectivités, qu'on les appelle communes ou paroisses, dépar-tements on districts, et enfin par l'Etat.
La Commune a un devoir il remplir envers ses habitants lorsqu'ils deviennent nécessiteux ou malades. Ce devoir est-il corroboré par une sanction, a-t-il le caractère obligatoire? On est porté a répondre affirmativement, car les nations qui ont organise 1 Assistance par des lois n'ont pas hésité a décréter 1'obligation.
Pour les malades et les infirmes, il ne s'agit pas seulement de secours médicaux. il faut encore instituer des maisons de retraite, des asiles.
Dans tous les cas, an premier échelon, il faut placer le dispensaire ou bureau de bienfaisance, destiné a dohner les premiers secours, a assurer les consultations médicales, a tournir les remèdes; e'est de ce dispensaire que viendront les secours médicaux fournis a domicile, car tout le monde est d'accord a reconnaitre qu'il importe avant tout de laisser le malade an milieu des siens, pour qu'il soit soigné par les membres de sa familie sous la direction dn médecin communal.
Cette première organisation entraine naturellement certains frais trop élevés pour les petites agglomérations et il serait presque impossible, par exemple, de 1'appliquer en France aux communes rurales que Ton a morcelees a 1'excès. Aussi, est-on d'accord sur la nécessité de réunir ces agglomérations, et la oü les communes sont incapables d'assurer les dépenses, de créer des syndicats de communes.
Cette création peut suffire pour la maladie accidentelle qui peut se traiter par les visites de médecin a domicile. 11 en est tout autrement des maladies graves qui exigent un long traitement ou des opérations chirurgicales.
Le séjour du malade dans un hCpital devient alors indispensable.
Ces hopitaux, il faut les multiplier dans les campagnes; mais malheureusement, beaucoup d'agglomérations se trouvent dans 1'impossibilité d'en faire les frais. Dès lors, il n'existe d'autre ressource que d'envoyer les malades dans les établis-
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Sect. 11 c.
senients hospitallers des villes, ('eux-ci out le plus souvent des lits vides et un personnel plus que suffisant pour assurer le service. Ils se contentent d'une faible remuneration qu'en général 1'agglomération rurale peut supporter sans trop de gêne. La mêine solution s'impose pour les intirmes et les incurables si maltraités dans la vie rurale et pour lesquels 1'hospice est la suprème ressource.
11 est impossible de traiter des besoins de la vie rurale et de 1'assistance dans les campagnes sans parler des institutions de prévoyance populaire?.
Tl rentre dans le röle de 1'Etat de faciliter par tons les moyens en son pouvoir les sociétés de secours mutuel et les caisses de retraite pour les ouvriers ruraux: malgré leur incontestable utilité, ces institutions se répandent bien lente-ment dans le milieu rural. 11 est vrai de dire que les ouvriers disséminés sur le territoire n'ont point de lieu dc reunion, point d'intérêts communs et que dès lors la solidarité devient presque impossible a établir entre eux.
II ne faut pas cependant désespérer a un bon résultat.
En effet, les syndicats agricoles appelés a rendre tant de services viennent. d'obtenir en France un succes inattendu qui prouve que 1'esprit de nos agriculteurs est plus accessible qu'on ne le pensait a 1'association.
Sans aller plus loin dans 1'étude de la question, et nous en référant aux travaux publiés par le Congres international d'agriculture et par le Congres international d'assistance de 1889, nous avons 1'honneur de vous soumettre les questions suivantes sur lesquelles vous aurez a délibérer;
L'assistaiice raédicale doit-elle être obligatoire?
Comprend-elle les soins médicaux et la fourniture des remèdes a domicile ou k 1'hópital?
L'indigent inalade ne doit-il être hospitalise qu a la condition qu'il soit établi qu'il est impossible de le soigner utilement k domicile?
L'assistance médicale est-elle due, k défaut de la familie, par l'unité administrative la plus petite, commune ou paroisse, fi ceux des indigents malades qui unt chez elle leur domicile de secours?
Skct. 11 c.
Est-ce elle qui doit dresser la liste des indigents adiiiis h l'assistance médicale ?
Cette liste doit-elle être toujours revisable?
La commune ou paroisse doit-elle être financièrement intéressée k la limitation de cette liste?
Plusieurs communes ou paroisses doivent-elles pou-voir se syndiquer pour assurer l'assistance médicale?
L'organisation doit-elle être faite par une unite administrative supérieure k celle de la commune ou de la paroisse?
Cette organisation doit-elle être telle que les communes ou paroisses plus riches aident les communes ou paroisses plus pauvres â que les départements ou provinces ou cercles plus riches, aident les départements ou provinces ou cercles plus pauvres?
Fait-il avoir recours au concours financier del'Etat?
A son controle effectif?
N'entre-t-il pas dans le róle de 1quot; Etat et des collectives de faciliter les sociétés de secours mutuel ct les caisses de retraite pour les ouvriers ruraux?
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Gongrès International (TAgrieuIture
a La Haye en 1891.
Quelques annotations sur Tagpieulture dans les Indes Orientales
PAR
Mre A. J. E. A. BIK,
Avucat a La Haye et Directeur de la nSociétê des plantatious de riz a Java.quot;
Ca quot;öc-T^T* ~ quot;Q
Messieurs,
Supposant qirii vous sera agréable d'apprendre quelques détails sur l'agriculture dans nos possessions Indiennes, je me permets, étant né a Java, et comme Directeur d'une Société Indienne considerable, d'entrer dans quelques parti-cularités sur ce sujet.
Aux Indes Orientales, igt;lus spécialement a Java, 1'ile la plus fertile et la plus grande de nos possessions, lapropriété du sol n'existe pas.
Oonformement a Vadat. Ie sol y est considéré comme domaine de 1'Etat; le Gouvernement seul peut donner des terrains en bail emphythéotique. Cependant on trouve dans la partie occidentale de Java des terres nomraées âcampagnes particulièresquot;.
('e dernier système date du temps des Anglais, qui sons Napoléon 1 étaient maitres de Java. Raffles, le gouverneur Anglais énergique, déclarait, après un examen superficiel, le gouvernement Anglais comme successeur des Souverains Indigenes, propriétaire du sol, tant que le sol n'appartenait pas a des particuliers. Dès lors datent principalement les âcampagnes particulièresquot;. En même temps Raffles reconnut
SKOT. II.
]e droit de la pcipulation indigene sur les terrains qu'elle avait exploités, uu bien dont elle avait besoin pour son entretien.
Quoi qu'il en soit de ce principe oriental, que le Souverain est maitre du sol, les Hollandais, redevenus possesseurs de Java, trouvaient en llt;Sl.r) l'état des choses tel que les Anglais 1'avaient laissé. Comme 1'agriculture, surtout a Java, est la source principale des revenus du gouvernement, les Hollan-dais se vouaient dès leur retour aux questions agraires.
Cependant ni les Gouverneurs-Généraux, ni les Ministres des Colonies, ne réussirent, qu'aprês des efforts assidus, a régler ces questions. Je n'entrerai pas dans tons les détails de ces efforts; je me borne il rappeler qu'en 1S70 fut votée âla loi agrairequot;, qui réglait les droits du gouvernement et ceux de la population indigene sur le sol.
Les principes de cette loi sont:
a. que le sol, au moins si des tiers ne peuvent pas prouver leur droit, appartient au gouvernement et est déclaré domains de l'état;
b. qu'aux indigenes est garanti le sol qu'ils ont défrichi pour leur propre usage, ou qui appartient aux villages (dessa's) comme paturage commun.
Le sol, domaine de l'état, ne peut pas être vendu, 11 peut seulement être donné en bail emphythéotique ou en louage, mais seulement pour un terme de 75 ans, et sans porter prejudice aux intéréts des indigenes. Comme l'état est encore toujours lui-méme cultivateur, (et d'après les idéés Orien-tales et de par ses lois il a le droit de faire travailler la population indigene moyennant un salaire par lui a fixer) il a soin en même temps de sauvegarder ses propres intéréts.
Voila les principes de cette loi sur laquelle je ne Ie crois pas utile d'entrer en détails. Je constate seulement en géné-ral que ce ne sont que les Hollandais qui peuvent loner des terrains et que le droit de la population d'en disposer est soumis a des restrictions assez sévères.
Je ne vous donnerai non plus un aperou des réglements agraires a Java.
Je me bornerai de vous donner quelques détails spécifiques,
3 SKlt;T. ir.
ijui probiibloiuent ne vous sont pas tncn connus. fjes âcampagnes particulièresquot;, que j'ai surtout en vue, sont les terrains que le gouvernement ait vendu jusqu'en 1816, ii cette époque le gouvernement cédait tons ses droits a 1'acheteur, même tons ses droits de souverain envers Ia population indigene.
De la s'explique lo fait qu'un particulier est devenu tant soit ])eu souverain. De la, que !lt;gt; particulier obtenait la disposition des terrains dont la population n'avait pas besoin (les terrains incultes). En outre il obtenait le droit de pouvoir lever une tantième (généralement 1/5) de la récolte. t'ette tantième se nomme tjoeké. Ou bien la tantième se fixe annu-ellement comme contingent a établir en presence des chefs de la population indigene. En outre le propriétaire de ces terrains a droit a plusieurs revenus, il peut faire travailler la population a son ]irofit; on lui doit une tantième f'/s) des provenus de la pêche, etc.
Comme le propriétaire est entré dans les droits lt;hi Souverain, il en a aussi il remplir les devoirs. Cest lui, et pas l'état, qui a a prendre soin de la police; c'est lui, qui nomme et paie les chefs indigenes des villages.
II va de soi que cette singulière position du particulier vis-a-vis le Gouvernement a quelquefois donné lieu a des contlits; 1'histoire des derniers temps I'a prouvé a differentes reprises. II a été question déja d'une expropriation totale de ces âcampagnes particulièresquot;, mais pour des raisons financiè-res â la valeur de ces campagnes, s'élève fi des centaines de millions â on n'a pas encore entamé cette question.
La Have, 9 septembre 1891.
Congpès International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section III; Industries agricoles
a. Ij industrie laitière.
RAPPORT PRÃLIMINAIRE
DE
Monsieur Th. J. WALLER,
Propriétaire a Anna-Paulowna.
(s - 'F'ëXs^ ë)
Quel est le mode de fabrication preferable dans 1'industrie laitière : celui que pratique chez lui chaque paysan en exer-rant son métier, on bien dans des fabriques oü beaucoiip de paysans apportent leur lait?
La réponse a cette question mérite d'être pesée avec soin.
11 y a quelques années c'était encore presque exclusivement la coutumo que le lait produit par nne ferme y était travaillé. Comme dans notre pays la fabrication du beurre et du fromage est entièrement confiée a la fermière, on comprend sans peine que les soins du ménage et ses devoirs onvers ses enfants 1'empéchent souvent de consacrer aux travaux de la laiterie tons les soins nécessaires, sans lesquels il est impossible de faire des produits de première qualité. Mais en admettant même qu'elle ait le temps et 1'habileté nécessaires pour se livrer entièrement a cette tacbe, en admettant qu'elle dispose des mêmes ressources que les fabriques, il lui manque cependant un facteur afin de pouvoir demander pour ses produits les prix auxquels lui donnent droit les soins et la peine qu'elle v a consacrés. (V facteur c'est nne quantité assez considerable pour obtenir des prix élevés. Dans ces dernières années le commerce a partout posé comme nne exigence si grande et si indispensable la qualité constante des produits qu'il est de plus en plus évident que l'avenir appartient a la fabrication en grand des produits de 1'industrie laitière.
Sect. ill a.
Plus les etablisseraents oil le hiit sera, travaillé seront grands, pourvu que le rayon d'oü ils tirent leur lait nc soit pas trop étendu, d'autant mieux ils répondront a cette exigence.
Dans les derniers temps bon nonibre de petites fabriques out été fondées dans notre paj'S, la plupart en cooperation. Outre qu'elles sont trop petites pour pouvoir s'attacher les techniciens indispensables pour être siires de fabriquer régu-lièrement de bons produits, elles ne peuvent que dans une faible mesure répondre a 1'exigence d'uniformité et seront toujours a la merci des marchands indigenes; et ce sont eux qui bénéficieront d'autant plus que la qualité du produit sera plus constante.
Une difficulté se présente encore a la fondation de petites fabriques coopératives â cooperatives en ce sens que quelques paysans y font travailler leur lait tl frais communs â dans los endroits oü les paysans sont presque exclusivement des fermiers: c'est lïncertitude oü ils sont de pouvoir conserve!-leur ferme a 1'expiration de leur bail. Cette incertitude est pour eux un grand, souvent un insurmontable obstacle a ce qu'ilp puissent contracter des engagements financiers avec un établissement dont ils ne sont pas sürs de pouvoir profiter plus longtemps que ne dure le bail de leurs terres.
Toutes les fabriques, qu'elles soient grandes ou petites, doivent encore remplir une condition, savoir que le lait de beurre et le petit-lait retournent aux paysans qui ont livré leur lait a ces établissements.
L'élevage du bétail forme une partie si importante de la ferme, qu'il ne doit subir aucun prejudice.
Nous posons done les trois conclusions suivantes:
1quot;. L'industrie laitière ne peut répondre k I'exigenee d'uniformité de produit que par la production en grand, dans des fabriques.
2quot;. Plus les fabriques seront grandes, plus elles répondront k cette exigence.
3quot;. Les résidus devront retourner h ceux qui livrent leur lait aux fabriques.
â¢2
Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section III. Industries agricoles.
a. Uindustrie laitière.
4. LE PAYEMENT DU LAIT SELON LA QÃALITÃ.
RAPPORT
DE
Monsieur B. BÃGGILD,
Chimiste en laiterie. Conseiller de la Sociéte Royale d'agriculture en Danemark.
Cs --------^-cXs ^----â -Ã
A mesure que I'industrie laitière et surtout la production du beurre a eu une importance croissante comme industrie d'économie rurale, il a fallu donner une valeur croissante de Vnrgent ii la graisse du lait, comparée aux autres substances alimentaires qui cependant, suivant les theories de la physiologic, particulièrement sur la prépondérance des albumines, devaient être supposées dans 1'évalution du lait, avoir au moins autant d'importance que justement la graisse. Or le fait est que de la quantité présente de graisse dépcnd presque exclusivement, ou dans la plupart des cas d'une manière tout a fait prépondérante, la valeur marchande du lait, et justement la quantité pour cent de graisse est sujette a des oscillations bien plus grandes dans le lait naturel et non falsifié que les autres ingredients solides, tandis que particulièrement la quantité de graisse diminue facilement, si 1'on en ote la crème de dessus d'une manière trompeuse, c'est pourquoi tout naturellement on a taché, avec le plus grand zèle, de trouver des procédés par lesquels on puisse d'une manière süre et facile indiquer le contenu pour cent de graisse du lait.
Le fait est en effet que 1'analyse quantitative chimique ne peut étre employée que dans un laboratoire de chimie et par un analyste exercé, en outre elle est relativement coüteuse et en beaucoup de cas ne fait parattre le résultat que plus tard qu'il n'est desirable. Aussi a-t-on cherché a trouver d'autres voies que celles que les analystes peuvent regarder comme pleinement söres.
On a voulu deviner le contenu de la graisse du lait par
Sept. lITr». 2
son opacité et Sa couleur. Heaucoup de lacloscojies différents ont été proposés, et il y en a qui, pendant un temps plus ou inoins long. ont été employés, surtout aux analyses de lait, faites par la police dans les grandes villes, mais ils ont été abandonnés en partie, paree qu'ils se tronvaient donner souvent des résultats trés différents de ceux de 1'analyse chimique.
On arrive a une plus grande süreté en einplo\Tant des apparcils, corame le lactobutyromètre de Marchand, 1'aréo-mètre de Soxhlet et le lactocrite de I javal, qui tous cherchent a préciser la quantité de graisse elle-raême, mais pour les employer il faut unc certaine compétence et beaucoup d'exercice chez 1'analyste, tandis qu'ils nécessitent 1'emploi de drogues, lequel ne peut pas avoir lieu dans les locaux des laiteries, aussi leur emploi dans 1'exploitation laitière pratique, au inoins cn Danemark, n'a-t-il été lt;juc fort limité.
Des barattes d'essai, qui, a ce qu'on dit, trouvent un emploi assez étendu, par exemple cn Amérique, ont aussi été appor-tées cn Danemark, mais elles n'ont jamais trouvé d'extension générale, paree qu'il est difficile dc travailler les petites quan-tités de beurre de la même manière exacte, et en outre le travail demande beaucoup de temps.
L'appareil dont il faut se servir pour des analyses aussi fréquentes et pour un nombre d'échantillons aussi grand (souvent löO il 160 par jour) que les rapports actuels de la laiterie danoise donnent lieu a employer, doit être d'un usage facile, simple et peu couteux et il doit dans les mains de toule ma'dresse-laitiere ou de tout régisseur de laiterie sur et habile, donner des résultats, qui, sinon aussi exacts que ceux de Vanalyse chimique, cependant d'une certaine manière s'accordent avec ceux-ci, et indiquent approximativement juste la valeur que le lait a pour la production du beurre. L'appareil qui jusqu'ici a le mieux contenté toutes les dernandes, sous ce rapport, et qui, par cette raison, aujourd'hui a promptement eu un emploi relativement trés grand et général, e'est
L'appareil de controle du professeur Fjord.
Celui-ci est originairement construit seulement a I'usage des essais de laiterie qui se faisaient dans plusieurs endroits du pays, sous la direction du professeur Fjord. Dans un concours agricole danois, en 1878, il avait vu un disque vertical a rotation, exposé par un fabricant allemand, disque, par lequel la crème se séparait en 4 échantillons de lait dans des verres parallèles et cylindriques. Cela lui donna l'idée de sou premier appareil de controle, construit la même année. Celui-ci traitait 12 échantillons dc lait, chacun mélangé d'un égal volumed'eau. ('hauffés a40o centigrades les échantillons se
Sect. Ill n.
oentrifugaient pendant a pen prés 45 minutes, an nioyen rle quoi la conche de crème était bien lisible dans les verres gradués, et dans des essais nombrenx le ponr cent de la crème se tronvait ètre nne indication assez süre dn contenn de la graisse du lait.
L'appareil fnt bientot changé, de sorte qu'il jjüt ètre placé an dedans du centrifuge le plus fréquent des laiteries danoises, le centrifuge le plus grand de Burmeister et Wain, qui a deux pieds de diamètre. Puis il fut promptement introduit dans beaucoup de laiteries cooperatives, oü Ton désirait se garantir de la falsification de la part des fournisseurs de lait. Pen a pen il se trouva qu'il y avait souvent une difference si grande de la graisse du lait, livré par les fournisseurs particuliers, qu'il fallait le regardcr c.ornme desirable de payer le lait a des prix différents en proportion de sa graisse.
Cela a fait fa ire an professeur Fjord un grand nombre d'ana-lyses, dont le but était de changer la construction de l'appareil et de donner une instruction, de sorte qu'il tut d'une utilité plus pratique, dans les laiteries coopératives, pour 1'analyse du lait des différents fournisseurs. 11 résulta de cela qu'il fut coustruit, en 1885, des appareils de controle pour 1'analyse simultanée d'abord de 54 et puis de 90 échantillons. Les verres n'étaient plus en forme de boiiteille ni gradués, mais d'une largeur égale par toute la longueur et non gradués, de manière a être il beaucoup meilleur marché, tandis que la couche de crème se mesurait par une libre échelle. Dans les verres on ne centrifugeait pas, moitié lait, moitié eau, mais du lait seul, et les échantillons se chauffaient, non pas avanl mais pendant le centrifuge, l'appareil du centrifuge se remplissant d'eau chaude, qui au commencement de son action avait 55° centrigades et a sa fin a pen prés 25° cen-tigrades. II faut bien remarquer que, la séparation de la crème se faisant avec une facilité inégale par une température différente, et la température, quand méme tont le reste serait égal, exer§ant quelque influence, si outre la graisse il y a dans la crème un peu plus on moins des autres ingrédients du lait, il importe que le centrifuge, a des temps différents, se fasse par une température a peu pres égale, si du pour cent lu de la crème on veut tirer des conclusions sur la graisse du lait.
Par des essais de eet apareil du modèle de 1885 dans des laiteries différentes, il s'est bientöt trouvé qu'il était bien applicable en pratique et qu'il y avait beaucoup plus de raison pour les laiteries coopératives qu'on n'en avait supposé, d'en introduire 1'usage, soit pour se garantir de la falsification et de grosses tromperies, soit pour refuser le lait trop maigre, et en partie pour ètre A méme de payer le lait des différents fournisseurs a des prix différents, relativement au rendement du beurre qu'on en pourrait retirer. Dans la laiterie de Grönvang il s'est
Sect. Til n.
trouvé ainsi que parmi 47 fournisseurs, il y en avait deux qui livraient du lait, dont il ne fallait que 17 livres 2 et 22 1. 4 pour une livre de beurre; tandis que deux autres livraient du lait si clair, qu'il en fallait 41 1. 3 et 45 1. pour 1 livre de beurre, et il y en avait 7. livrant du lait, avec lequel 1 livre de beurre se produisait de moins de 251. de lait, tandis que la consommation moyenne était de 27 1. 4, et le lait, livré par 9 fournisseurs, était si pauvre, qu'il en faillait plus de 30 livres pour 1 1. de beurre. Des observations semblables se taisaient en d'autres laiteries, mais en même temps il s'est trouvé, dans des centrifuges pour le eontróle et dans des fixations de la graisse des mêmes éehantillons de lait, que le quotient qu'on obtient, en divisant le pour cent de la graisse par celui de la crème, n'a nullement une valeur constante. Ordinairement un pour cent de la crème répond a une plus grande quantité de graisse, si le lait est maigre, il une plus petite, s'il est gras. Et comme dans le crémage ordinaire la crème, le plus souvent, se sépare d'une manière plus facile et plus nette du lait des vacbes, qui viennent de vêler que de celui des vacbes qui ont vèlé il y a longtemps, ainsi la coucbe de la crème, dans les éprouvettes du centrifuge pour le controle, sera, dans la regie, le plus fortement condensé dans le lait des vaches qui viennent de vèler. Comme d'autres causes aussi influent sur la facilité plus ou moins grande du lait a en dégager la crème, ces causes peuvent aussi exercer une influence sur le pour cent de la crème dans 1'éprouvette pour le controle, cependant, a beaucoup pres, pas comme dans le crémage ordinaire. II s'ensuit qu'il pourra occasionner des erreurs relativement grandes, si 1'on veut tacber de calculer le pour cent de la graisse directement par celui de la crème. Par Ifi on comprendra aussi qu'on ne pourra pas attendre que tel pour cent de la crème et tel pour cent de la graisse soient toujours entièrement conformes, ou que le mème pour cent de la crème du lait de différents fournisseurs ou du lait du mème fournisseur a des temps différents réponde exactement au même pour cent de la graisse, mais les traits principaux sont pourtant les mêmes.
Beaucoup de laiteries se bfitèrent d'acbeter 1'appareil pour examiner au moyen de celui-ci, si tel ou tel fournisseur serait supposé se rendre coupable de tromperie, et il y a raison de croire que 1'usage fréquent de 1'appareil dans les laiteries, et la manière claire de 1'apparition de ces indications décou-ragent des hommes faibles de s'engager dans des procédés frauduleux, ce qui constitue déja un progrès remarquable.
Le payement du lait simplement par rapport au pour cent de la crème s'est trouvé au contraire, par les raisons susdites, ne pas ètre juste, voila pourquoi le professeur Fjord a tacbé d'imaginer une autre manière de calculer, ce qui lui a réussi dans le ca Lm. de dtfpédenoe ainsi nommé. L'idée fonda-
4
skct. tti a.
mentale en est de calculer, par le pour cent de la crème (on par celni de la graisse), non i)as nn prix ahsolu lt;lu lait selon le prix du beurre et le pour cent de la crème, mais nn prix relntif. qui dans chaque laiterie en particulier et a tout temps aurait pour résultat que le propriétaire de la laiterie aurail a payer le mane prix de tout le lait que jusque-la, selon Vaccord établi, iandvt que chaque fournisseur de la laiterie aura pour son lait un prix qui réponde a peu pres a la graisse de son lait, relativement h la graisse moyenne du lait de to us les fournisseurs de cette laiterie.
Avant de donner une explication plus détaillée de ce calcul de différence, il faut pourtant mentionner que 1'emploi étendu de l'appareil dans les laiteries coopératives a fait que le pro-fesseur Fjord, en 1887, 1'a change dans la figure représentée (fig. 1), par laquelle il fut possible de centrifuger pour le controle 192 échantillons simultanément.
L'appareil nouveau est placé, comme l'ancien, dans le grand centrifuge de Burmeister et Wain, de sorte que le centrifuge est rempli d'eau, qui doit avoir environ 55° centigrade? au commencement du centrifuge pour le controle. On se sert encore de verres cylindriques, longs de 7 pouces, et d'un échelle librc (fig. 4) pour lire le pour cent de la crème. Tout verre a son petit tube, dont 8 sont réunis dans un assemblage de tubes (fig. '2 et 3). 24 tels assemblages de tubes sont suspendus an disque de la rotation, ainsi qu'il est montré (fig. 1).
o
Skot. TH a.
Figure. L'appareil de controle du professeur Fjord pour 192 échantillons. Modèle de 1887 (a peu prés lj6 de grandeur réelle). Les clichés nous out été prêtés par la complaisance du commissionnaire H. (Petersen et Comp. Copenhague, V.
Les deux couples do tubes extérieurs a droite, out uno telle position que celles-ei, aussi bien que les autres tubes, quand 1'assemblage des tubes, pendant la marebe du centrifuge, se redresse jusqu'a devenir horizontal, out une direction radiale dans le centrifuge. Si les éprouvettes n'ont pas a peu prés une telle position, la couche de crème sera oblique et difficile a lire exactement. Au milieu de chaque assemblage de tubes 11 y a un court tube, au dessus du bout supérieur duquel un numéro (17) est ménagé. Dans ce tube se trouve un ressort spiral cache, qui pendant le centrifuge peut plier taut que l'assemblage des tubes reposera sur la parol du centrifuge, ce qui empêchera qu'il ne s'arrache et ne se brise.
Au fond de chacun des tubes est appliqué un petit dis-que caoutchouté ou un disque d'étoffe épaisse et si cela est observé, les verres n'éclateront pas par des vitesses du centrifuge de jusqu'a 2000 rotations par minute. Au lias de chacun iles tubes est un petit trou, par oü 1'eau entrera au commencement du centrifuge, de sorte que diminue la probabilité d'explosion par la pression du lait.
Les verres des anciens appareils de controle sont numérotés de nombres noirs et pourvus do deux lignes noires et diamé-tralement opposées, le long desquelles 1'échelle est placée a la lecture du pour cent de la crème, chaque essai étant lu deux tois, et le nombro moyen des pour cent de la crème, lus ilos cfités diamétraloment opposes, étant noté eomme
6
Sect. If! a.
résultat. L'application de ces marques cuites renchérit de beaucoup les verres, et qui pis est, l'expérienee a montré que les marques sont effacées par l'usage des verres dans les laiteries. L'appareil nouveau est arrange de fayon que des verres non numerates puissent être employés, et que néanmoins chaque échantillon ait sou nombre particulier, et cela de sorte qu'une erreur ne puisse pas facilement se faire, (quot;est qu'un assemblage de tubes forme un petit support a part, qui, avec des verres remplis, peut être attaché au disque de rotation, placé dans le centrifuge, et en être óté.
Chaque assemblage de tubes avec ses verres peut ainsi, avant le centrifuge, être placé dans 1'endroit oü les échan-tillons seront pris, et, après le centrifuge, dans 1'endroit oü la lecture des pour cent de la crème se fait le mieux, et si 1'on observe que chaque verre, après avoir été placé dans son tube, n'en soit pas óté avant que tout le travail du controle ne soit fini, les marques pourront aussi bien être appliqués aux tubes qu'aux verres. Cela est systematise, comme il suit. Les assemblages de tubes sont marqués des numéros 1, 2, 3 jusqu'a24. Ces numéros sont regardés comme des dizaines, tandis que les tubes des assemblages particuliers sont, ou sont supposés être numérotés comme des unités, de fagon que ces unités se succèdent dans un ordre déterminé et une fois pour toutes convenu,f (par ex. comme il est montré a la fig. 2, oü les numéros de gauche il droite sont 171, 172 jusqu'a 178. Si 1'assemblage des tubes a le numéro 9, les numéros des tubes seront 91, 92, 93 jusqu'a 98 etc. Si, comme je 1'ai déja mem-tionné, on observe seulement que chaque verre reste dans son tube ou que les verres n'en soient tirés que 1'un après 1'autre, jusqu'a ce que tout le travail soit fini et que le résultat soit enregistré, on pourra, non seulement avec autant, maisméme avec plus de facilité que pour les verres numérotés, tenir la liste des échantillons et retrouver une marque certaine, s'il se présente quelque cause d'en examiner de nouveau une telle. Au lieu des deux lignes noires et cuites, ci-dessus mentionnées, le long desquelles 1'échelle est mise, on a appliqué aux verres nouveaux deux points de verre coloré, qui continuent d'avoir la même clarté, que les verres soient employés en plus ou moins de temps.
La prise des échantillons dolt se passer de telle sorte: tout le lait de chaque fournisseur particulier, étant encore doux et frais, est versé dans seau ou vase assez grand, après quoi il est fortement remué.
Un petit puisoir au bout d'un long manche et pourvu d'un goulot pointu sert. a en prendre 1'échantillon pendant le remuage et a remplir le verre. Du coté extérieur du puisoir se trouve un petit bonton cylindrique, qui, plongê dans chaque verre après le remplissage, chasse une certaine petite quantité de lait de manière quo tmis los verres se rem-plissent juste a point.
Sect. I If'/.
Pendant le centrifuge pour le controle tons les 24 assemblages de tubes sont lancés en rond. de fa§on qu'ils aient il fonctionner, avec toute la superficie comme une espèce d'ailes, qui lancent en dehors 1'air, étant entre elles, et le forcent en haut il la périphérie de l'ouverture, oü pendant le centrifuge pour le controle on sent un vent trés fort, tandis qu'en même temps 1'air est absorbé au milieu de l'ouverture. Cette absorption peut être réduite a un minimum, si 1'on applique un couvercle au-dessus du centrifuge, par quoi aussi la con-sommation de force est diminuée fort notablement.
Si tous les assemblages de tubes ne sont pas remplis d'échan-tillons, il faut que les assemblages employés, aussi bien que les verres qui s'y trouvent, soient répartis de sorte que 1'équi-libre soit gardé autour de l'axe, afin que la marche du centrifuge puisse être tranquille, et que l'axe et les couches ne s'usent pas inutilement.
Pour épargner le centrifuge il faut d'ailleurs recommander, si 1'on n'emploie pas de couvercle, de ne contróler qu'avec loOOâ1400 rotations par minute, par cette vitesse le centrifuge fera en tout GO.OOO rotations, et le centrifuge pour le controle durera done il pen prés trois quarts d'heure, pour que les couches de crème soient, comme elles doivent être. Par une vitesse de rotation de 2000, on peut au contraire se contenter de 40,000 rotations en tout, et le contrölage peut done être fini dans la moitié du temps, mais cette épargne de temps n'est que de peu d'importance, quand on peut, comme dans 1'appareil nouveau, analyser simultanément 192 échantillons de lait.
Le calcul de difference suppose une determination en pour cent ou de la graisse ou de la crème du lait de chaque fournisseur particulier. Si 1'on part des pour cent de la graisse ou de ceux de la crème, cela est égal, quant a la méthode du calcul, mais on ne rend compte iei que du calcul de difference, rclativement aux pour cent de la cri me, determines par Pappareü de controle du, professenr Fjord de la maniere, indiquée par lui.
Comme unité pondérale du lait on emploie dans les tables dunt on se sert pour la supputation, 4 livres = 2 kilogrammes â 1 âkandequot; de lait, le rendement de beurre réel ou âimaginairequot; est indiqué en âkvintquot; de buerre, fournis par 1 âtoldequot; de lait, et arrondi aux dixiémes les plus proches de âkvintquot;, et le prix du lait est calculé par lit. Le pour cent de la crème (le pour cent moven de la crème inclusivemeut) est indiqué par 0 ou ö dans la deuxiéme decimale, done aux vingtièmes les plus proches de 1 pour cent (dans les éprouvettes il n'est lu que par dixiémes).
La première supputation il faire est le calcul du pour cent moyen de la cnme du jour (ou des jours) que 1'analyse regarde. Le pour cent moyen de la crème est la somme des produits de la quantité du lait et du pour cent de la
s
Skct,
crêmc ckLs fournisseurs particuliers, diviséc par toiitc la. quantity du lait de tons les fournisseurs. Le produit du nombre de livres de lait, livré par le fournisseur particulier, ot de son pour cent de. la crème peut être appelé livres de lait a un pour cent de la crème.
Pour 1'intelligenee de 1'idée fondamentale de la méthode du calcul, il faut en outre appuyer sur les quatre points prineipaux (jue volei:
1. On suppose (pie la mime difference d^c pour rent de la crème des analyses, faites pour un jour, ou entre les pour cent particuliers et le pour cent moven de la crème, r'cponde a la même difference du rendement de heurre, et qu'une difference de 1 pour cent de la crème réponde a une difference du rendement de beurre de 2 ,,kvintquot; par 1 âkandequot; de lait (ou une demi-livre de beurre par 100 livres de lait), par conséquent qu'on obtient la difference de kvint de beurre par 1 kande de lait, en multipliant la difference du pour cent de la crème par le nombre 2. (1)
2. La difference du pavement donné aux fournisseurs de leur lalt, doit toujours répondre exact emeu t a la difference du rendement de beurre du lait fourni. difference calculée sur le fondement de la supposition dans Partiele 1, et cela sans prendre en consideration, si le pavement du lait est en entier calculé sur le rendement reel de beurre ou sur quelqne prix lixe, con-venu relativement au prix du beurre.
3. Le pa/iement réel. donné a cbaque fournisseur particulier, du âkandequot; de sou lait. sera égal au prie moijen qui, con-formément a une convention certaine, sera payé de tout le lait. plus ou moins une som me, ([ui doit justement répondre a la valeur du beurre que, selon Partiele 1, le ,,kandequot; dn lait du fournisseur particulier peut-être présiuné avoir rendu au-dessus ou au-dessous du rendement mot/en de la, laiterie. Cette différence de beurre (des âkvintquot; de 1 kande ou de 2 kilogrammes) est, en outre, sous Ie rapport de Partiele 1, égal au double de la différence entre le pour cent do la crème du fournisseur particulier, et le pour cent moven de la crème.
4. La somme totale, qui de cette manière est payée a tons les fournisseurs, éqnivaudra toujours exactement au montant qui anrait été payé, si tout Ie lait était payé d'un certain prix convenu par âkandequot;, et a eet égard, eomme je l'ai déja dit, il est indifférent, si le prix moven du ..kandequot; est
(I) Le nombre '2 est mi pen trop petit, car selon les essais on ponrrait avec plus de jnstesse se servir dn nombre '2, 4, qni répond a 0, ilc livre de benrre par 100 livres do lait, ponr un ponr cent de dill'érence dans le ponr cent de la crème.
Neanmoins le professenr Fjord ;i pmposo' l'emploi du facteur '2, paree qu en passant dn même pavement de tout le lait au pavement selon la graisse, ou doit préférer une manière. de calcul. qui le plus souvent aura pour résultat que le lait plus gras sera payé un peu trop bas, relativement a sa graisse, le lait maigre un peu Iron haut plulót que de faire Piiiverse.
V)
Skct. TTT«. 10
conforme au rendement du benrre de la laiterie, aucasqu'on désire répartir la somme qui rentre du beurre, ou si le prix moven est conforme a une convention constante. Qu'il en soit ainsi toujours, et cela, soit que les pour cent de la crème soient determines et lus exactement ou non, soit qu'on ait commis des fautes intentionnelles, en les lisant. c'est la consequence de la nature mathématique de la méthode du calcul, laquelle fait qu'en ce cas ou aura payé autant au-dessous du prix moven a quekiues fournisseurs qu'au-dessus de celui-ci a d'autres. Mais il suil de cela que le propriétaire de la laiterie ne peut avoir ui se faire de profit ni avoir de pertc de la manière elle-même de régler les comptes, certainement pourvu que le pour cent moyen de la crime sc-il calculé juste.
Naturellemcnt il faut entendre le mot e.mct dans les cas susnonnnés. comme approximativemeut exact, en calculant avec des fractions décimales interrompues et arroudies, mais les petites inexactitudes, qui en proviennent, ne donneront que de petits profits ou de petites pertes accidentelles, qui écherront tantót a ce fournisseur-ci. tantót a celui-la, et qui un jour peut faire un petit profit, 1'autre jour une petite pertc pour la laiterie.
Pour éclairer entitlement, comment le calcul se fait et comment le beurre ou 1'argent se répartit eutre les fournisseurs, le professenr Fjord se sert de 1'exemple suivant d'une laiterie imaginaire, ayant 7 fournisseurs A, 1gt;âG. oü cependant les nombres sont choisis de fayon qu'ou calcule avec des fractions décimales, non arroudies, 1'idée fondamentale de la répartition paraissant plus nette de cette manièrc.
Tablk 1. Supputation du pour cent moyen de la crème (.1).
Livres de lait, pesées Pour cent de |a j Liv.es de luit a ,.ni,muue,,t 1 | | de creine eest ;i-dire livres
|
h uurmsseurs. a la reception. crème lus. ; ^ multiples par des 1 puur eent de erume. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
(1) (Appartenant ;i la table IV L'exemple dans les tables 1. 11 et lil lt;*si rendu suivant If t24e rappoit «Ie Pjord, ii»ais le laboratoire des essais, |
4.
Sect. I TT a.
Motions que le rendement du beurre de Ta laiterie ait été
17680
de 176,80 livres, le rendement moven sera done =
16,0 ,,kvintquot; per 1 ,,kan(lequot;.
Dans Ta table 11 lt;[iii snit. se trouve porté partie le rendement de beurre par 1 kande de lait, dont il faut créditer chacun de ces 7 tburnisseurs, si le rendement moven, comme nous l'avons suppose, est de 16 âkvintquot; par 1 âkandequot;, et partie le prix par âkandequot; qu'on aura a payer a chai[lie tburnisseur, si Te cours est de 105 ore par 1 livre de beurre, dans les trois suppositions suivantes;
a. le rendement de beurre est pris pour base du prix moyen, qui sera ainsi 105 X = 16,8 öre par 1 âkandequot; de lait;
b. Une convention tixe que 0â du cours du beurre sera Te
4
prix moyen, done 10quot;) X 9^ = l-quot;gt; öre par 1 âkandequot; de lait.
c. Une convention fixe que du cours sera Te prix moyen, done 10ö X .ij, = 1-1 ürc par 1 ..kandequot; de lait.
Table II. Rendement de beurre et prix de beurre par âkandequot; de lait. calculés d'après la table I.
n 1F F K k K nt c K. âKvintquot; Prix en öre par lcaniie fl'aprés le cours de 105.
____________itle beurre! .
II. 1'. I'.
n
|
lie la crème d 11 beurre dn yirix j jJ'.j',,!,.-!'1 illquot;'''s,ere'llt;lc' ^ d'après Imcnt de bcurn- du cours. du cours, d. '2 (1. 2,1 . 1(1,11 2,1. lcvs . .'2tl. 15,«-: l,0.-gt; 2rt. li,0 1,05 .,2. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
;i cause il'une eneui', qui :i paiu plus tót daus nn autre eudroit, tious a prié «Ie faire observer que eet exemple construit ue seruira qua muntrer In méthode dn culctil, puur quoi les nombres sout choisis de sorte qu'il ii v paraisse point de fractions, les nombres ne devant nullemeut servir a illustrer les rapports, aiusi qu'ils se trouvent dans l'exploitation pratique tie la laiterie, |
Skot. 111«.
En regardant cle pins pres la première colonne de la table II. dont les differences décident dn supplement on de la dédnetkm qn'il taut calcnler ponr chaque fournissenr particulier. on verra qn'nne tante constante de la determination des ponr cent de la crème 11'aura point d'inünence sur le rendement de beurre 011 sur le prix dont il faut le créditer. Si par ex. to us les pour cent de la crème sont determines trop bant tie 0,5 pour cent, le pour cent moyen de la crème sera anssi plus bant de 0,5 pour cent, ainsi 0,0 au lien de et les differences seront done
ponr A 7,0 â .quot;),5 = l.ö pdur IS igt;.'2 -r 5,0 = 0,7 etc.
igt;u justement les mèmes nombres qui se tronvent dans la colonne. Le calcul de difference etlkcant ainsi 1'etfet de fautes constantes, il en snit «pi'il effacera anssi en partie la portee de fautes, qui d'nn bont a 1'autre suivent la même direction, et cela dolt être signalé eonuue nu des grands mérites de cette métbode.
-[â gt;
Des colonnes de la table IIe pour le rendement de beurre par kande et pour les prix par kande de lait, d'après les trois manières de pavement, on obtient ensuite par une simple multiplication avec les quantités de lait, portées a la table lc. les nombres portés dans les colonnes correspondan-tes de table IIIe.
Table III. Rendement de beurre et argent du a chaque fournisseur particulier de toute la quantité de son lait d'après les nombres des tables le et 11quot;.
ARGENT EN TOUT D'APRÃS LE COORS DE 105.
Lait
Rendement
pese a la re- de beurre cection.
' Livres Kvint.
m^nTL^beurrt'1 ^ 011 mK- D'8» ^ iUCOnrS'
Lines.
Kroner.
Ore.
83 i 98,0 , 88
22,30 22,32 34,40 10,00 22,58 22,00 41,40
80 9
25 8 10 11 21
165
1768 224 «40 216 ;?12 400 860
A.
B.
C. 1).
E.
F. (i.
(O 8 23 7 9 10 19
9 ; 74,4
10
26 | 88,0 , 28
! 64,0 7,6 40,0 8,0
9 11
13 25
8 11 12
24
176
75,00 154
80,0 185
somma 4420
17,90 23,12 22,40 7,20 62,98 2,00 28,40
64.00
Sect. Ill
Tout lo rendement du beurre d'A sent done 19,0 X 1â .So9lt;S kvint = 88 livres 9.S kvint, son revenu selon la raanière de pavement a sera 19,95 öre X ^ kroner
17,9 ore etc.
Des sommes portées dans la drrnièrc ligne tie la table 111 on volt,
que la som me du beurre est de 176,S(I livres, lt;iui est justement la «[uantité du beurre, retirée de toute la i[uantité du lait;
I (lie la somme de 1'argent selon la inanière du calcul a est de 185 Kr. (gt;4 ore, mais c'est justement aussi tout le prix du beurre retire d'après le cours de lOö, â (176, SO Xl^-rgt; kroner = 185 kr. 64 ore);
que la somme de 1'argent selon les manières du calcul /gt; et c équivaut précisément aux prix (jui auraient du être
payés de tout le lait d'après respeetivement et ^ du cours,
c'est-a-dire 165 kr. 75 öre et 154 kr. 7lt;) öre.
On voit done que dans tons les cas la laiterie aura a payer exactement la même somme de tout le lait qu'elle aurait dü payer a un prix par kande, fix*'' suivant nn certain accord, sans tenir compte de la qualité, ce qui aussi aura lieu, si l'on commet une tante accidentelle ou inten-tionnelle, en lisant le pour cent de la crème de tel ou tel fournisseur. La laiterie n'a pas le lait a meilleur marché par la méthode nouvelle de payement, laquelle selon les renseiguements susdits, peut le plus correctement être appelé la repartition dk l'argenï d'après i.e i'ouk cent de la crème, mais il y a peut-ètre quelque chance que la laiterie sera bientot débarrassée du lait fort maigre, paree que, a la longue, les fournisseurs ne trouveront guère de profit a en produire, quand il est constamment payé a bas prix. Si au contraire le lait est payé suivant le poids seul, le fournisseur particulier est intéressé seulement a envoyer autant de lait que possible A la laiterie. La yache (|ui donne le plus de lait, sera done la meilleure, quelque maigre que soit le lait, et s'il faut employer du lait doux a la maison, on retient le lait gras de midi. tandis que tout le lait pauvre du matin est envoyé a la laiterie.
Pour faciliter le calcul, qui peut-ètre autrement dans beaucoup de laiteries paraitrait insurmontable, le professeur Fjord publia, en mème temps qu'il donna le rapport en question des essais, un tableau, compose de 5 séries de tables et une table avec un cordon libre gt;/ appnrtenant. Comme celles-ei cependant sont trop étendues pour trouver place dans ce traité, et qu'on pourra difficilement en comprendre 1'usage sans les avoir devant les yeux, je ne ferai que mentionner
18
Sect. TIT a.
ici que 1'usage cn est si simple qu'ii présent ils sont employés journellemont par tout le pays, non seulement par plusieurs centaines de régisseurs ou de maitresses-laitières, mais aussi par un grand nombre do paysans, qui possèdent des laiteries ou sont membres des directions de telles.
Le professenr Fjord suppose qu'on fait, deux jours de chaijue semaine des analyses du lait de tous les fournisseurs, et que res deux jours sont choisis indistinctemenl de sorte que les fournisseurs ue puissent pas soupyonner lt;[uels jours il sera centrifugé pour le controle. II regarde comme trop incertain de se contenter d'un controle par semaine en égard du but proposé, c'est-a-dire un payement, passnhlement juste (hi lait, livré dans le courant de la semaine, selon sagraisse moyenne, et un controle si étendu que la tentation de faire des super-cheries est réduite a un minimum. Si un fournisseur livre du lait deux fois par jour, le matin et le soir (ou le matin et a midi), on le porte le plus simplement dans le compte comme deux fournisseurs. ainsi done qu'on règle le compte du lait du matin d'après les pour cent de la crème dans les essais du matin, du lait du soir d'après ceux des essais du soir. Des pour cent de la crème du fournisseur particulier, lus deux jours de la semaine, on prend, si la quantité du lait n'oscille pas trop fort de jour en jour, le simple nombre moven, qui sera done le pour cent de la crème, sur lequel le compte de la semaine en question se règle.
Des essais de Inexactitude du centrifuge pour le controle conjoin-tem ent avec le calcul de difference, ont été faits dans deux laiteries dittérentes depuis septembre 1S85 juscju'a aoüt 1886, et par la il s'est truuvé que la difference (jui peut ètre dans la graisse du lait des fournisseurs particuliere et dans une série particulière d'analyses, est a la vérité un peu égalisée par des séries d'essais, étendues sur une année, mais non, a beaucoup prés. tellement ([u'a la tin de l'année tous les fournisseurs a peu prés ont en, en moyenne, du lait égale-ment gras. Dans ces deux laiteries il y avait en tout 84 fournisseurs. et le lait était, en moyenne, également gras dans toutes les deux laiteries, contenaut :â », 27 pour cent de graisse.
Si 1'on supposait, comme selon 1'ancien système du payement (selon le poids seul) que le lait de tons les fournisseurs est également gras, le rendement de beurre d'après les essais aurait été de 14 Kvint 2 par 1 Kande, mais il s'est trouvé tant de difference dans la qualité du lait des fournisseurs, pendant l'année, qu'en payant tont le lait du même igt;rix, on aurait commis ces
14
Sect. THr,.
Fautes de l'ancienne méthode du calcul.
Pour 40 fournisseurs une faute .de (),lt;) a 0,5 kvint par 1 kande ou 0,0 a 0,11 pour cent do graisse.
Pour 82 fournisseurp une faute de 0,6 a 1,0 kvint par 1 kande ou 0,13 a 0,22 pour cent de graisse.
Pour 8 fournisseurs une faute de 1,1 a l,ó kvint par 1 kande ou 0,24 a 0,32 pour cent de graisse.
Pour 4 fournisseurs une faute de 1,6 a 1,9 kvint par 1 kande ou 0,84 a 0,41 pour cent de graisse.
Au contraire en executant le centrifuge pour ie controle et le calcul de difference, comme le professeur Fjord 1'a indiqué, on n'est pas, a la vérité, parvenu a une exactitude mathématique absolue de la repartition de 1'argent, par rapport a la valeur du lait pour la production du beurre, inais les fautes ont été réduites a ce qu'on peut appeler
Les fautes de la nouvelle méthode du calcul.
Pour 62 fournisseurs une faute de 0,0 a 0,2 kvint par 1 kande ou 0,0 a 0,04 pour cent de la graisse.
Pour 21 fournisseurs une faute de 0,8 a 0,4 kvint par 1 kande ou 0,06 a 0,09 pour cent de la graisse.
Pour 1 fournisseur une faute de 0,5 kvint par I kande ou 0.11 pour cent de la graisse.
Tl résulte de cela que les fautes furent, sinon tout a fait supprimées, cepenclant bien réduites par la nouvelle méthode de pavement, et il fuut surtout relever que la faute la plus grande de la méthode nouvelle, qui d'ailleurs ne regardait qu'un fournisseur, est moindre que la faute qui est la faute moyenne générule de runcienne. Kn outre il fuut relever qu'il résulte des tubles détaillées des essais, non produites ici, que le système du règlement de compte d'uprès âlu crèmequot; a donné pour résultat qu'ordinuireim.'nt le luit plus gras est payé un peu moins, et le luit moins gras ini peu ]ilus, qu'il n'aurait été puvé d'uprès une determination de la graisse. ('ela n'est point de husurd, muis pourtant il ne se rupporte pus a hi nature du centrifuge pour !lt;⢠controle ni a celle du calcul de difference, il provient de ee que le facteur 2. men-tionné plus liuut, par lequel la difierence de lu crème se mul-tiplie pour trou ver/« difference du beurre par 1 kande de luit, u été choisi, ü dessein, un peu trop petit.
II fuut encore mentionner que dans les essuis d'exactitude il n'est trouvé lt;|u'un fournisseur ayunt deux vaches, après avoir donné de bon luit jusqu'au nouvel au 1886, Tune et l'autre de ses vaches uyunt vêlé il y uvuit longtemps et ne donnant que peu de luit, eut en janvier et février, un pour
Sect. JU lt;i.
cent de la crème trop haut pur rapport an ponr cent de la graisse de Soxhlet. Et en memc temps le lait avait une odeur et un gout si affreux (de pourri) que sans doute il n'eat étc reru en nucune lait eric, en taut que le régisseur Vaurait remarqué, et dans la méme analyse il s'est trouvé (jne 1'une des vaches avait une tumeur au pii, faisant soupyonner nne inflammation.
Plus tard des occurrences semblables ont quelquefois été observées dans différentes laiteries, si bien qu'il parait qu'un pour cent trés haut de la crime du lait d'un fournisseur somme le régisseur a examiner, s'il ne faudrait pas refuser nn tel lait comme ne pouvant servir ii en faire du beurre.
Dans de telles irrégularités, eomme dans dn lait sale et sanglant, le centrifuge pour le controle sera ordinairement un moyen efficace de remarquer le lait qui n'est pas, comme il doit être. mais afin que des cas ne puissent pas survenir oü le pour cent de la crème d'un fournisseur particulier monte a une hauteur suspecte, et oü le lait, dans une analyse entre-prise se trouve être si sain et si savoureux qu'il doit être m/u. le professeur Fjord propose que le pour cent de la crème sera alors enregistré et porté dans le compte avec un maximum fixé de valeur; par ex. 8 pour cent.
En 1886 le payement du lait d'après le pour cent de la crime fut introduit dans 8 laiteries, et le système parut aussitót trés applicable et convenable en pratique. Comme des avnn-tages de ce système sur d'autres systèmes proposés, il faut relever la simplicite', si bien qu'il peut être employé par cba-que régisseur ou maitresse-laitière expérimentée, et le bon marche, si bien qu'il peut être employé aussi souvent qu'il faut le regarder comme nécessaire.
Pendant les dernières 5 années un grand nombre de régisseurs, d'abord par 1'arrangement du professeur Fjord, puis par des écoles de laiterie et par différentes laiteries ont été instruits dans 1'usage du système, et il a été introduit dans une grande foule, sans doute plusieurs centaines, de grandes laiteries, oü dans la plupart des cas on est bien content du système, et oü, pour beaucoup d'entre elles, il est déja employé depuis 2 a 3 ans.
Ce n'est que par 1'emploi du système dans les différentes contrées du pays qu'une partie des gens de la campagne ont appris quelle grande difference il peut y avoir dans la graissc du lait, même quand il vient, doux et non falsifié, a la laiterie.
II a paru que pour des paysans, ayant 10 ii 12 vaches, il peut être une deduction on une augmentation de 100 a 200 kroner par an, suivant que leur lait est maigre ou gras, en comparaison de ce qu'ils auraient reru, s'il avait été payé sur le poids seul. Pour de petits fermiers on a observe des deviations, relativement bien plus grandes, du prix moyen, et quant a des vaches particulières, des exemples ont paru,
Sect. IIIr/.
17
raontrant que la quantité rhi lait peut étre a pen prés la même, tandis que le contenu différent de la graisse du lait peut faire qu'une vache pent donner de 30 a 70 livrcB de beurre par an de pins qu'nne autre, faits ((ill ont coininence de faire naitre l'intérêt de choisir les vaohes (jui donnent le pins de beurre, pour vaches-mères des bestiaux, en même temps que les hommes ont remarqué qu'il s'en fant beaucoup que la vache qui donne le plus de lait, soit celle qui donne le plus de beurre, et que les vaches qui donnent peu de lait et en même temps dn lait maigre, sont particulièrement désavantagenses.
Sect. III.
jïlCOLE-LAITIÃRE AMBULANTE,
La Société d'agriculture de G-ueldre et d'Overijssel, désirant aiuéliorer la production laitière dans la region de ses travaux, forma le projet, de fonder une école professionelle ponr ['industrie laitière.
Ayant consulté les Omuces locaux ou les sections de la Société, sur la mode d'exploitation, ceux-ci prononlt;;aient 1'avis unanime, qu'une école jixe n'aurait aucun succès, a cause que les agriculteurs n'enverraient leurs filles a une institution, qui ne serait établie dans leur voisinage.
Les filles des cultivateurs doivent prendre part aux travaux doraestiques et de la ferme, et surtout on ne voudrait payer une rétribution, pour logement et nourriture.
Par conséquent, on résolut de porter 1'instruction il domicile, par la fondation d'une école ambulante, qui séjourne-rait pendant quatre semaines, ou plus longtemps, selon le nombre des requêtes, dans la localité.
Le Com ice local, 1'autorité communale, ou les particu-liers qui font la requête pour obtenir un cours, vont il la recherche d'une ferme, propre a 1'enseignement et payent un dédommagemcnt au cultivateur, s'il le désire, ou lui font un cadeau (dans la forme d'instruments ou d'ustensiles perfection-nés). (quot;es frais sont a la charge de la section locale de la Société, mais 1'instruction (qui est gratuite), ainsi que 1'achat il'instrunicnts, les frais de transport etc. sont payes parl'ad-ministration de 1'école.
Le Professeur Mr. van Wkydoji ('latkhisos donne chaque semaine, pendant son séjour a la ferme, trois conférences théoriques a toutes les élèvcs, til les d'agriculteurs lt;les environs et méme a des fermières mariées (accompagnées ou non de nourissons)!
Le nombre des élèves varie ordinairement de quot;20 A 40 dans chaque cours.
De plus, chaque matin a (i heures a lieu, une leyon pratique, oii a tour de róle, trois. quatre on ciiKj élèves font toutes les manipulations de la fabrication du beurre et du fromage du lait écrêmé, sous la direction du Professeur.
Deux fois par semaine, dans 1'après midi, beaucoup de fermiers et fermières des environs et même de trés loin, viennent visiter la ferme-école, ou on leur donne une explication des instruments et des procédés en usage.
skct. 111.
Les cours sont donnés d'avril a novembre, tandis que pendant 1'hiver, le Professeur donne des conférences dans les diverses sections de la Société, profitant du voisinage, pour visiter en même temps les fermes ou ont eu lieu les cours et faisant une courte répétition avec ses ci-devant élèves, s'informant des résultats de ses lemons.
Dans la première année 1889, on a donné trois cours a 59 élèves; dans la seconde année 1890 sept cours a 231 élèves et dans 1891 il y aura sept ou hnit cours.
L'instruction est donnée d'une manière trés élémentaire en rapport aux facultés et au développement des élèves, qui n'ont visité que les écoles primaires. Les procédés de la fabrication des produits laitiers sont aussi en rapport avec 1'éten-due et le stock de bétail des fennes de la contrée, de sortc que chacun pourra appliquer les améliorations, sans trop de frais. Géneralement 1'école a plus de succès dans les con-trées sabloneuses, que dans les régions argileuses, oü 1'industrie laitière est plus avancée et oü les fermières se croient plus au fait de leur métier, quoique souvent a tort.
Dans plusieurs localités on a eu d'excellents résultats. La qualité du beurre a avancé d'une manière notable, les
Erix de vente sont montés 15 a 20 cents par kilogr. pour le eurre fabriqué selon les procédés de 1'école, et il y a même des marcbés locaux. oü par 1'influence de l'instruction, le beurre se vend pins cber, que sur les marcbés environnants.rix de vente sont montés 15 a 20 cents par kilogr. pour le eurre fabriqué selon les procédés de 1'école, et il y a même des marcbés locaux. oü par 1'influence de l'instruction, le beurre se vend pins cber, que sur les marcbés environnants.
Les frais de l'école sont de peu d'importance. La première année 1889, qu'on a payé 420 florins pour l'acbat d'instru-ments, la dépense totale (y compris les dédommagements) a été de 2411 florins. Dans 1890 on a dépensé 1883 florins et le budget de 1891 est de 1770 florins.
Le Gouvernement paye la moitié des dépenses, les sections payent les frais locaux comme par ex. le dédomma-gement au cultivateur pour 1'emploi de la ferme, â et le reste est payé par la Province et par la Société d'agriculture de Gueldre et d'Overijssel.
Le salaire du Professeur se monte il 1500 florins, mais il gagne en plus, a peu prés 500 florins, par ses conférences d'hiver, qui ne ressortent pourtant par sous 1'administration de l'école ambulante.
L'école ambulante est administrée par un Conseil de trois Commissaires, qui se feront un plaisir, a donner de plus amples renseignements a Mrs. les Membres du Congres International d'Agriculture.
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Ubbergen, j liarneveld, (.Sept. 1891. ,s Heerenhroek, ) |
Les commissaires, (t. J. DoMMKRVAN Poi.UKKSVEI.iJT. H. M. Hartog. M. Holtiiand Ju. |
Congres Intepnational d'Agrieulture
a La Haye en 1891.
Section III; Industries agricoles.
b. Elevage du hétail.
DE L'ÃLEVASE DES BÃTES A LAIT EH DANEMAEK ET A L'ÃTEAHSER,
RAPPORT DE
Monsieur HERALD GOLDSCHMIDT,
Professeur de Zootechnie a I'lnstitut royal agricole et vétérinaire a Oopenhague.
(5* ' quot;T* quot;00 *T* ' c)
Quoifjue les differences, se faisaht valoir dans 1'élevage des bêtes a cornes i)ar tonte 1'Europe, soient essentiellement la consequence de la nature particulière des pays, du caractère dlstinctif des habitants et des conjonctures temporaires et locales, le procédé transmis des ancêtres formera cependant la base de l'élevage et le commun des gens de la campagne ne suivra le plus souvent qu'après bien des hésitations les chemins nouveaux qu'ont tenté de frayer 1'Etat ou quelques éleveurs éminents.
Quant a 1'agriculteur danois, je crois avec raison qu'on peut prétendre qu'il est des plus conservateurs, et je suis persuade que c'est justement eet esprit de conservation, ou, si vous aimez mieux, cette peur d'adopter de suite et de pratiquer les idéés nouvelles, qui a contribué ü mettre en relief avec une empreinte caractéristique le Danemark parmi les pays scandinaves sous le rapport de l'agriculture et spécialement de 1'élevage et de 1'exploitation des animaux domestiqvies.
D'autre part l'amonr de 1'agriculteur danois pour la tradition dans 1'exploitation n'a pas été exagéré ce que prouve la statistique de l'agriculture dans laquelle on constate un progrès constant et sür dans la plupart des ressorts. En Danemark il en a été, en grand, a pen prés, comme il en est en petit dans le labourage du sol: Graduellement 1'agriculteur expéri-menté laboure plus profondément que par le passé, il gait que la terre inculte est incapable de porter des riches récoltes, et qu'il ne peut attendre de fruit de son labeur augmente que si la surface du sol est suffisamment préparée.
S'il faut en peu de mots indiquer la direction du déve-
Sect. Ill b.
loppement de I'industrie agricole en Danemark depuis line trentaine d'années, il suffira de dire que Vélevage du bétail est devenu, dans un degré toujours croissant, le pivot dont se tour-nent tous les intéréts de Vagriculteur. Tandis que le bétail était considéré autrefois, jusqu'a bien avant dans notre siècle, presque comme un mal nécessaire a l'amélioration duquel on ne donnait guère de soins, le bétail est a présent devenu la source oü 1'agriculteur puise sa prospérité. Si cellt ci n'est pas grande la faute en est aux temps, non a 1'agriculteur.
De plus il est digne de remarquer que les agriculteurs ont commencé a s'apercevoir, relativement de bonne heure, en Danemark, par opposition a la plupart des autres pays euro-péens, qu'il ne faut pas cbercber au dehors, mais dans le pays même, les moyens de l'amélioration des races locales. Depuis une longue série d'années les efforts, dans la plus grande partie du pays, ont pour but d'améliorer les races en elles-mêmes et par elles-mêmes, sans importer de 1'étranger d'animaux reproducteurs. L'on constate la justesse de ce principe en voyant que l'élevage et 1'exploitation des ani-maux domestiques, dans certaines contrées, oü, pendant quel-que temps, on s'y est pris moins rationellement, n'a progressé aussi surement et n'occupe pas une place aussi haute que dans le reste du pays.
Le plus puissant levier pour l'élevage en Danemark des animaux domestiques en général, aussi bien que pour celui des bêtes bovines en particulier a été 1'adoption du principe de la supériorité des races localisées, en comparaison des races étrangères et importées, dès qu'il s'agit de la meilleure maniêre de tirer profit de la nourriture et du principe de la fexibilité relativement grande des races domiciliées.
Le principe fondamen tal de Vélevage de la race bovine est, en d'autres mots, Vélevage saus croissement.
Mais non content de tenir les races pures, on tache aussi de les perfectionner, les améliorer en certains sens, cependant sans pousser trop loin le développement exclusif.
Bref on reconnait la sentence: âCc n'est que par le caractère exclusif qu'on parvient a la perfectionquot;, sans cependant oublier que les éléments avec lesquels il faut travailler, sont des animaux vivants, et non pas des machines inanimées. Je ne pré-tendrai pas que les éleveurs danois s'en soient toujours rendus compte, mais j'oserais dire en assurance quV/ présent ce
principe est reconnn partout en Danemark.
*
La plus grande partie du bétail danois est dcveloppée pour Vaptitude laitihe, et que cela ait été avantageux, la place éminente en fait foi que le Danemark occupe comme pays produisant et exportant la beurre. Ge n'est que dans une partie iles contrées d'Ouest de la presqu'tle de Jutland et dans
2
Sect. 111 A
quelques fermes dispersées qu'on s'applique a la production du bétail gras proprement dit (bétail de boucherie), et la plus grande partie du bétail engraissé, exporté du pays, partie en Angleterre, partie en Allemagne, sont des vaches de réforme engraissées, vaches qui ont servi en qualité do laitières pendant une série d'années plus ou moins courte.
3»:
*
Sans entrer dans les détails, j'indiquerai dans la suite do quoi on tient corapte dans 1'élevage des bêtes a lait en Dane-mark, et en raéme temps je profiterai de l'occasion pour faire ressortir un cöté des soins des jeunes animaux, cóté selon moi digue d'une attention particulière, non seulement en Danemark, mais partout oü se fait 1'élevage des vache* laitières.
Le but principal des éleveurs danois est, comme je viens de 1'indiquer, de perfectionner 1'aptitude laitière du bétail, mais en même temps on veille soigneusement, c'est-a-dire ce que font aux moins les plus babiles parmi les éleveurs, ii ce que le fort développement des organes mammaires ne se fasse pas trop au dépens de la santé. Par une méthode raisonnable d'élevage on tacho de ne pas refouler le développement des organes et des systèmes d'organes du plein usage desquels 1'animal ne peut se passer, et 1'on prend spéciale-ment en consideration que le développement exclusif de 1'aptitude laitière et l'utilisation exclusive des vaches comme laitières amènent certains dangers pour la conservation de la santé. L'éleveur a done deux régies principales a observer. J. L'aptitude laitière sera de'veloppée a la perfection la plus grande possible et II. la santé doit étre développée et conservée.
1. Afin de développer l'aptitude laitière, 1. on fait véler la génisse dans un dge relativerpent jeune, c'est-a-dire, avant que le développement du corps soit ploiuemont achevé, done pendant que la croissance des organes particuliers, ainsi que do 1'organisme entier, soit encore prononcé. Par la on arrive, comme on sait, a faire profiter a une partie relativement grande de la nourriture aux organes qui, 1'animal une fois pleinement développé, servent a faire rentrer le propriétairo dans ses frais;
2. la génisse ayant vêlé pour la première fois, on cxécuto aussitót la traite avec la sollicitude la plus grande, et surtout on prend soin a ce que les manipulations de la traite se continuent quelque temps après que la dernière goutte de lait ait été extraite du pis. En d'autres mots on essaye de faire en sorte que la traite ressemble a la fagon dont tète un veau vorace. Ce jirocédé sera cause que 1'afflux du sang aux glandes mammaires sera abundant, ce qui causera encore un développement correspondant du tissu glandulaire,
H. Par l'emploi de quantités suffisantes d'une nourriture A la fois succulente et alhumineuse, ou prend soin qu'il so trouve
Sect, [ft h.
toujours des matières abondantes pour la formation (hi pro-duit i[u'on s'ett'orce d'atteindre.
II. Afin de développer et conservcr la santé des bêtes a lalt, on prend les dispositions sui vantes:
1. On donnc unc quanlité copieuse de nourrilure aux jeunes animaux.
La nécessité d'une alimentation abondante, bien entendu en dedans de certaines limites, est si généralement reeonnue que 1'age dans lequel on fait veler la génisse pour la première fois, depend en grande partie de l'abondance avec laquelle on se volt en état de nourrir le jeune bétail.
En effet ce qui empêche que la lactation ne ruine toute la constitution de 1'animal est que celui-ci, en mettant bas pour la première fois, n'est pas trop loin d'etre pleinement développé physiquement. Par conséquent, tandis qu'il est d'habitude, oü 1'alimentation est bonne et surtout la pature en herbe copieuse et substantielle, de faire vêler la génisse. quancl elle a environ '1 ans, on le differe jusqu'a ce qu'elle en ait 2,/.gt; a 3, aux endroits oü, a cause d'un sol moins favorable, on ne se volt pas en état d'offrir une alimentation abondante et proportionnée aux jeunes animaux, dès la naissance jusqu'au vélage. Cependant, en fixant le temps du vélage, on tient aussi compte de la qualité â comme vache laitière â de la souche en question. En eft'et, plus celle-ci est éminente, plus on fait vêler la génisse de bonne heure, car ce n'est que quand Vaptitude laitière est une propriété de race sürement trnnsmise, qu'on peut, sans crainte de ce que Uanimal ne se change en héte de boucherie (devienne trop gras), le nourrir tres substantiellement dans le jeune age.
Pour donner une idéé de l'abondance de l'alimentation, il suffira de citer que les génisses de bonne souche, au temps oü elles mettent bas pour la première fois, ont un poids de env. 400 kilos, tandis que les vaches adultes pèsent a peu prés 500 a 550 kilos.
Pour les détails concernant l'alimentation des veaux et du jeune bétail, certainement ils varient passablement, même quand il s'agit de 1'élevage des bêtes a lait dans la même localité, cependant je communiquerai brièvement comment est l'alimentation dans une ferme modèle (Ourupgaard. dans 1'Ãe de Falster).
Les veaux y re§oivent du la.it doux pendant un mois, du lait ecrémé pendant 10 semaines, du babeurre jusqu'a l'age de 6 mois, et puis quelque temps du petit-lait. En outre ils sont nourris de lll.2 kilo de pature Jortifiante (orge, avoine, son et tourteaux de lin) ainsi que de résidus de betteraves dont, a l'age de 4 a 5 mois, ils consomment environ T'/j kilos par jour; de plus ils ont autant de Join qu'ils en voudront manger. En été les jeunes animaux sont au püturage, ayant un supplément de pdture fortijiante. Bien entendu, quand cessera l'emploi du lait et des produits des déchets des laiteries, les
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Skct. UW».
rations de pat ure fortiliantc, du tbin et do bettenives sont augmentées.
2. Cependant il ne suflit pas i|irj I'alimentation soit bonne; les soins qu'on donne aux jeunes animaux, doivent aussi, sous d'autres rapports, être aussi parfaits que possible, et avant tout, ils doivent être aussi pen artifieiels, aussi peu contraire* a la nature que possible. Ce que nous desirous obtenir, ce n'est pas seulement une vache laitihe, jusqu'a un certain degré grande, ce qu'on peut bien obtenir par une alimentation copieuse, mais nous voulons aussi un animal qui, jusqu'a un certain degré, soit endurci, et nous exigeons tout particulière-ment quo les poumons soient forts. Peut-être dirais-je de trop en prétendant que tons les éleveurs danois out 1'attention suffisamment dirigéc vers le c6té purement hygiènique du traitement des jeunes animaux, mais, d'autre part, nous ne sommes guère a eet égard inférieurs a d'autres pays oü 1'on entretient des vaches développées seulement pour bêtesalait.
Cependant c'est ma ferme conviction, qu'après tout, la specialisation, et tout particulièrement le développement pour bêtes a lait n'est possible, a la longue, que quand on a devant les yeux, combien il est nécessaire que les animaux qui doivent rendre un produit et qui sont employés pour la reproduction, pendant une série d'années assez longue, soient robustes. Mais quand on tiendra compte de cette condition, je suis également convaincu que la spécialisation sera avantageuse pour 1'agriculture. Ou a cependant. et surtout autrefois, Iroji exclusivement prêté attention au développement des organes tnammaires mémes, de crainte que d'autres organes animaux absorbassent des quantités trop grandes de la pature employée; on a, plus ou moins involontairement, afi'aibli leur faculté de fonctionnement, sans penser que celle-ci soit souvent de la plus grande importance pour la faculté de fonctionnement de l'organisme entier.
Ainsi par ex. on a été plein de soins afin de protéger les jeunes animaux contre toutes les influences extérieures nui-sibles, mais le résultat en a été, et a nécessairement dü être, (|uc la susceptibilité de l'animal pour les influences extérieures a été augmentée. On s'y est pris a pen prés de la même maniêre, comme si de peur de la petite vérole on voulait s'abstenir de vacciner. De crainte que les jeunes animaux ne fussent retenus dans la eroissance, a cause des maux provenant de refroidissements, on les a rendus au plus haut degré susceptibles de ces mêmes maux, en les traitant a peu prés comme une mère anxieuse traite sou bébé. On a protégé les jeunes animaux contre le vent coulis et 1'air froid, mais par la on les a rendus non seulement extrêmement susceptibles, mais en même temps on a négligé le développement de leur corps, puisque le manque d'air frais a peu a peu étoufte le besoin et la faculté du jeune animal de se donner du mou-
Sect. TTT h.
vement, si encore les soins dcfectueux n'ont pas été exagérés jusqu'a se servir de cordes direetement fon/ant les animaux a 1'inaction.
Tja frequence de la tuberculose parmi les bêtes il lait prouve qu'un tel procédé ne s'est pas appliqué impunément. En effet, je me crois persuadé, que pour la plus grande partie nous pouvons attribuer a un élevage négligé les pertes qu'occasionne cette uialadie redoutée, mais d'autre part je suis sur qu'il y a des moyens d'en diminuer les envahisse-ments; 1'externiiner entièrement est peut-être hors de nos forces, mais je crois que c'est le devoir absolu de 1'agriculteur do viser i\ ce but, tant pour son pays que pour lui-même et pour ses semblables.
Un des moyens il mettre a exécution le plus tot possible est d'endurcir le bétail, ou, en d'autres mots, de tacher, aus-sitot que possible, mais sans brusquerie, de faire accorder le bétail au climat. Ce n'est qu'alors que nous pourrons tran-quillement envisage!- 1'avenir, sans crainte que nos efforts pour spécialiser notre bétail a devenir de bonnes laitières n'aboutissent a la degeneration de la race.
Si Ton demande comment endurcir le bétail, je répondrai: N'augmentez pas In susceptibüité de* animaux reproducteurs, car celle-ci sera transmise a la progéniture et faites subir un procés systémntique d'endurcissement au jeune hétai.1, avant qu'on s'en serve pour la reproduction. Que les veaux a partir de quelques jours après la naissance aient une occasion abondante de se donner du mouvement, et tachez que ce celui-ci au tant que possible, puisse se faire en plein air, en partie sans tenir compte de la temperature.
On objectera avee quelque raison que si nous exposions les jeunes veaux a la vigueur de l'hiver, une grande partie d'entre eux eontracteraient des maux, provenant do refroi-dissements, maux, dont les suites peut-être se feraient sentir tout le reste de leur vie. A cela je répondrai qu'il est fort possible que beaucoup des veaux d'élevage et peut-être do ceux, présumés los meilleurs, tombent malades après un tel traitement â qu'on appellerait peut-être brutal. Mais sans oser poussor vers l'endurcissement exagéré ou brusque j'ose prétendre que les individus, quelques parents éminents qu'ils aient, qui ne pourront pas supporter un procédé d'endurcissement raisonnahlemenl enlrepris, nous rendronl Ie meilleur service en se rendanl dignes de Vahaltoir. Les individus au contraire qui sans difficult^ passerent par ce âpurgatoiroquot; pourront plus tard non seulement eux-mêmes supporter lo climat, quand mêmo il serait aussi capricieux que celui du Danemark, mais ils auront aussi la facilité de pouvoir transmettre cette endurance nécessaire a leur progéniture, et par oette raison ils auront toutes les qualités requises pour doveiiir la source d'uno souche vigourouse ot saino.
Sect. Ill h.
Si 1'on objectait a mon point de vue lt;[uc, j)Hr cet endurcis-sement complet des vaches laitières, nous leur óterions la faculté de donner beaucoup de lait, je demanderais: Quel rapport y-a-t-il entre 1'endurance et le manque d'une aptitude laitière quot;trés développée. Cette eirconstance qu'il y a des bêtes, bonnes laitières et simultanément délicates, ne nous autorise pas a, conclurc qu'il faut que 1'aptitude laitière et la délicatesse aillent ensemble. Pour montrer ce qu'il y a de faux dans une telle conclusion, je n'ai besoin que de nominer une race qui, tant pour 1'aptitude laitière que pour 1'endurance, occupe une trés belle place entre les races bovines de l'Europe: la normnnde (1). Celle-ci se distingue 1° cornme vache laitière en donnant une quantité annuelle de beurre par vache fréquemment de 100 il 125 kilos '2° par 1'endurance en allant au paturage, biver comme été, mise seulement a 1'étable pour trés pen de temps, au moment du vêlage. J'ai observe ce bétail au commencement du mois de novembre par un temps que nous appellerions trés froid et trés rude en Danemark, et je n'ai pu m'empêcher d'admirer le bien-être visible avec lequel ces animaux, par une pluie battante, paissaient dans les prairies normandes, ouvertes et exposées au vent comme a la pluie.
Pour éviter les malentendus j'ajouterai que, quoique je ne regarde pas 1'aptitude laitière et 1'endurance comme incom-patibles. il est cependant dans la nature des choses qu'on est oblige de priver, jusqu'a un certain degré, le bétail, une fois au travail de quelque chose de son endurance, si 1'on veut s'en servir d'une manière économique. II s'agit ici de se tenir en de-dans de certaines limites dépendantes des circonstances locales.
11 serait évidemment avantageux si. en endurcissant le jeune bétail, on pouvait en méme temps endurcir les adultes. Malheureusement ceci est le plus souvent impossible; car la susceptibility des vaches élevées d'après 1'auciene méthode ne peut jias être remplacée par 1'endurance, la délicatesse étant en trop grande concordance avec toute la nature de 1'animal, on peut presque dire avec toute petite cellule dont est composé 1'individu.
Le résultat d'un essai d'endurcir les vaches laitières plus ou moins agées serait sans doute que beaucoup, peut-être la grande majorité d'entre elles, encourraient des maux sérieux. provenant de refroidissei nents et assurément lo bacile tuberen leux ne serait jjas long a faire sou entrée dans les membranes imiqueuses, affaiblies par le catarrhe et une fois établi la bataille serait perdue.
(1) Comme mi fait cmieux on peut citer que Ia race normande (selon Sanson) iloit ètre originaire Hu Danemark, puisqu'elle est censée avoir été transportée aux cótes de la Manche par «les Northmansw. De mème le type en rappelle beaucoup celui du bétail jutlaudais.
Sect. Ill b.
Co qu'on peut et doit faire, est de prendre soin de ne pas rendre les adultes phis susceptibles qu'ils nc le sunt deja.
II ne faut pas, an moins anssi longtemps qu'on se sert des vaches pour la reproduction, en augmenter leur nature de serre chaude, il ne faut par ex. ni abréger la période du patu-rage, certaineraent, dans beaucoup d'endroits, déja assez courte, ni augmenter la temperature de 1'étable pendant 1'hiver, mais plutót faire 1'inverse, quoique par des raisons d'économie, cela s'entend, on ne puisse laisser desceudre le thermomètre au-dessous d'un certain minimum.
Comme nous ne pouvons done endurcir le bétail adulte, et que nous ne devons pas non plus augmenter sa suscep-tibilité, on devrait tant, qnand il est mis au paturage, le protéger un pen contre le froid au moyen de couvertures, tant, quand il est a 1'étable, veiller, a ce qu'il y ait unc bonne ventilation et que I'air ne devienne ni trop chaud ni trop impur par les cxbalaisons des animaux.
Quant au jeune bétail, e'est notamment celui-ci auquel il faut appliquer notre système d'endurcissement que j'indiquerai brièvement par la suite. Entrer dans les détails serait aussi inutile que difficile, car ici, comme partout, les circonstances locales doivent prédominer.
Cest pourquoi je proposerai âles regiesquot; d'une manière si schématique que, d'un cóté, elles puissent être regardées comme universelles, et, de l'autre, être changées sous certains rapjiorts, sans que pour cette raison le principe soit ébranlé.
1. Dès que le veau ne tette plus lamèreâje sous-entends qu'on le lui permet au moins trois jours â dès qu'il a done appris a boire dans un seau ou dans une auge, il faut le mettre dans un box, de préférence avec un, tout au plus avec deux du même slge.
Le box a veau doit être assez spacieux pour permettre aux animaux de prendre leurs ébats. Comme dimension approximative on peut indiquer deux mètres d'un sens et deux mètres et demi de l'autre, plutót au dessus qu'au dessous de ces mesures.
Le box ne doit pas être dans 1'étable même, mais dans un endroit oö la température, pendant 1'hiver, peut être maintenue a environ 8 a 10 degrés Réaumur.
Tl faut la pourvoir d'une litière copieuse et la tenir sèche au moyen d'un système d'écoulement pratiqué pour Purine; si la litière n'est pas trés copieuse, il faut nettoyer le box tons les jours.
2. Qand les veaux ont environ 6 semaines, il faut les transporter a un endroit plus spacieux, oü 1'on peut placer
un nombre assez grand d'animaux, par ex. une dizaine et oü la température, en hiver, ne dépasse pas 8 degrés R.
Les mêmes exigences, quant au nettoyage doivent régner ici. Ce nouveau séjour doit être situé de fayon a permettre
s
Sect. Ill h.
aux veaux ayant atteints 1'agc dc 8 a 10 semaines, de circuler dans une cour (un padock) y attenante; cette cour devrait être protégée par des batiments on des haies contre le vent trop fort et trop froid. II faut y laisser entrer les bêtes, au moins une tbis par jour, presque sans égard a la temperature extérieure en ne t'aisant une exception que pour les fortes gélées jointes au vent on aux grandes neiges.
La sortie dans la cour doit de préférence se faire immédia-tement avant un affourragement, et les veaux doivent séjourner dans la cour, ou pour mieux dire, la porte comrauniquant entre la demeure des veaux et la cour, doit rester ouverte de '/2 a 1 heure a la tbis, selon le temps qu'il fait. Quand le veau a 3 mois, il faut, si possible, diminuer un peu la température de la demeure des veaux, de fagon a la main-tenir pendant le jour p. ex. a environ fi a 7 degrés, et siinul-tanément il faut augmenter le laps de temps pendant lequel on laissera la porte ouverte, en tenant compte, bien entendu, du temps qu'il fait. Quand le veau a 4 a (i mois, il faut toujours graduellement tenir la porte ouverte de plus en plus, et enfin, la laisser ouverte toute la journée, quand la température extérieure n'est pas au-dessous d'a peu prés 5 degrés R.
3. Des que les jeunes animaux seront mis sur l'herbage, il faudra prendre soin d'avoir des enclos ou les animaux, saus être attachés, pourrant séjourner; pendant les premiers temps, â la première semaine par ex. seulement le jour.
Pour les habituer a supporter la température plus basse de la nuit, il faut, pendant cette semaine, laisser ouverte la porte de la demeure des veaux aussi pendant la nuit. Dès la deuxième semaine les veaux doivent de préférence vivrc au paturage jour et nuit. Cependant il faut dans les enclos dont on se sert, avoir des toits en appentis, oü les animaux puissent s'abriter, et qui doivent être pourvus d'une couche de litière et de vaisseaux pour le fourrage, oü l'on puisse donner aux veaux des supplements éventuels de lait, de pature fortifiante ou de foin.
Dès que le veau ne recevra plus de lait, on prendra soin qu'il ait toujours accês a de 1'eau dégourdie et molle.
4. Tant les males que les femelles doivent subir le même traitement, mais, bien entendu, ils doivent être séparés, dès que 1'instinct génésique commence a se faire valoir.
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5. Le deuxième hiver (1) il faut loger les jeunes animaux dans un endroit, semblable a celui dont on se sert pour les veaux plus agés, et, comme ceux-ci, ils doivent avoir 1'occa-sion de sortir au grand air, a commencer par une fois par jour, pour finer, a mesure que la saison avance, toute la journée. La température de eet endroit ne doit pas excéder 8 degrés Réaumur.
(1) Eu Danemark la plupart des vaches vèlent en automne,
Skct. Ill b.
(i, Quand les génisses, ie deuxième été, iigées done de 15 a 18 iiiois, seront mises sur 1'herbage, elles doivent circuler librement dans mi champ avec aceès facile a 1'eau et point trop exposé au vent per§ant; ceci doit être observe surtout lorsque les génisses doivent vêler a Page de de\ix ans.
7. Quand les génisses pleines, sont logées a 1'étable, en automne, aussi tard que possible elles doivent être attacbées par un licou de la manière ordinaire, mais elles devront être placées ou dans une étable a part avec une temperature n'excèdant pas a peu prés 10 degrés R., ou, en tous cas, dans les endroits le moins tempérés, sans être cependant exposées au vent coulis. En outre elles doiven t, s'il est possible, une fois par jour sortir dans la cour et y rester environ une demi-heure.
8. Quand la génisse est pres de vêler, elle doit être placée dans un box bien pourvu de litière, oü elle restera 3 ou 4 jours, aprés avoir vêlé, ainsi tant que le veau, s'il doit être élevé tettera la mère.
9. Si les circonstances locales le permettent, il sera encore recommandable de laisser sortir au grand air, une fois par jour, les animaux élevés de la manière indiquée, en même temps p. expl. que se fera 1'abreuvement, ainsi que cela se fait encore dans beaucoup d'endroits notamment oü il n'y a que peu de bestiaux. Evidemment on devra en telle occasion.
comme a 1'ordinaire, tenir compte du temps qu'il fait.
* *
.Ie suis sur que si ces courtes régies sont suivies pour le cóté de 1'élevage dont je me suis occupé ici, on arrivera a des résultats, extrêmement favorables, et je suis convaincu (\uc les régies données pourront être suivies en pratique sans des sacrifices trop grands de la part des éleveurs.
II est vrai que les batiments ou les hangars nécessaires, si on n'en dispose pas déjii, doivent être élevés, on devra y mettre la superficie nécessaire pour les batiments, les cours et les enclos, et, chose a ne point oublier, on devra non seulement se procurer, mais aussi dresser le personnel nécessaire. De plus, bien entendu, il taut rendre la nour-riture des jeunes animaux un peu, cependant guère beaucoup, plus abondante, puisque la mutation de la matière, pour les animaux en mouvement, exige plus d'alimentation, que pour les animaux en repos. Mais 1'éleveur devra se soumettre a toutes ces circonstances et a bien d'autres encore d'une importance purement économique. Ce qui est en jeu, c'est le salut de toute 1'agriculture, et toujours suivre la vieille ornière, serait, selon moi. une mauvaise économie.
Apart les difiicultés écononn(pies noriunées (|ui nesont point insurmontables. on ](oiu-rait loger grand nonibre d'objectiuns contre l'avantiige de mes vues. l'a.nni lt;'es objections viendra
10
Sect. TT! ft.
certainement â coiume déja mentiounée â en première ligne celle que, par le procés d'endurcissement recommandé, on tuera une partie â et parmi la meilleure â de la progeniturc de nos meilleurs reproducteurs.
On ne pourra pas empêeher, dira-t-on, que quelques-uns des veaux, par le procédé recommandé, encourent des refroi-dissements, retardant facilement le jeune animal dans la crois-sance au point que même les plus grands soins ne pourront le mettre sur pied.
J'y répondrai; II en est ainsi en cffet, que beaucoup des veaux auxquels on se fie le plus, a cause des qualités excel-lentes, en tout cas d'apparence, des parents, succomberont, mais je crois qu'on est en droit de prétendre que la perte qu'on subira par la, ne sera, qu'une perte apparcnte. Car si un jeune animal ne peut. sans attraper une maladie se'rieuse, supporter un procés d'endurcissement. entrepris avec douceur â un simple refroidissement est ordinairement sans consé-quence sérieuse â il ne sera pas digne d'étre incorporé parmi les animaux de la ferme. La faiblesse de constitution que révèle 1'animal en ne pouvant s'habituer a 1'air frais ou froid, se fera sentir tot ou tard, et je crois, que chacun me donnera raison que la perte économique qu'on éprouve, en perdant un veau, ne peut-être comparée, a beaucoup prés, a celle d'une vache adulte, sans mentionner que ce n'est qu'en lais-sant succomber les animaux qui ont la constitution faible, qu'on débarrassera les bestiaux de sa ferme de leur pire ennemie, la tuberculose.
Par cette raison je conseillerai a 1'éleveur. des qu'un veau qui aura subi les soins cités contracte une maladie sérieuse, de le tuer le plus tot possible, et de n'oublier pas d'en faire 1'autopsie par un vétérinaire. Far lil non seulement on sera instruit peu a peu, jusqu'oü on pourra sans danger pousser le procédé d'endurcissement, mais surtout on aura, en force cas, des renseignements sur 1'inaptitude de la béte mere a la reproduction ; (si en effet la progéniture d'une vache, année par année, contracte des maladies, tandis que d'autres veaux sont bien portants). Si 1'on est bien malheureux âpour ne pas dire heureux â on aura aussi peut-être, dans des cas assez fréquents, un soupyon si fondé contre le taureau père, qu'on pourra le marquer comme tuberculeux, et ainsi a temps empêeher que tons les bestiaux de la ferme no soient attaqués.
En effet il est hors de doute que dans nombre de iras, ou la population bovine d'une ferme a été fortement ravagée par la tuberculose, un taureau tuberculeux, mais apparem-ment bien portant, en a été la cause, et la constatation de la tuberculose chez des taureaux étant souvent tellement difficile i|ue souvent on ne peut faire la diagnose que sur des indices, on aura en hcaucoup de cas, en suivant la. méthode que je
11
Sect. Ill h.
recommande, le nombre des indices nécessaire a ))ouv(pir établir le diagnostic, même si d'avance on n'a pas eu de soupoon contre le taurean.
11 y a une autre objection plus fondée, mais loin de l'être pleinement, tendant a prouver que le système d'endurcisse-ment recommandé contrarierait le développement de 1'aptitude laitière de 1'animal. En effet il doit être regardé comme un fait accepte que les betes charnues (comme les bétes de travail) ne sont pas de bonnes laitières; or, en donnant beaucoup de mouvement aux jeunes animaux, nous secondons le développement d'un système d'organes, le système musculeux, dont non seulement nous n'avons (jue faire, mais qui, fortement développé, entraverait le développement des organes sexuels et lactifères que nous voulons avant tout développer jusqu'a la perfection, en même temps que la quantité plus grande de fourrage d'entretien qu'exige un animal musculeux, nous causera une perte économique directe.
Je suis prêt a admettre qu'en réalité nous courons un certain risque de voir les bétes a lait, par la manière d'éle-vage indiquée, perdre quelque chose de leur empreinte carac-téristique (âtype spécialquot;) et de voir en même temps leur aptitude laitière un pen diminuée. Cependant je ne crois pas que ce risque soit aussi grand qu'il ne paraisse, et, en tout cas, il peut a peine se comparer au risque que nous courons effectivement en continuant a procéder comme jusqu'ici.
En outre je suis convaincu, m'appuyant sur des faits, que. la manière recommandée de l'élevage ne peut anéantir les qualités lt;[ue les jeunes animaux out héritées des parents, en tout cas aucunement, si la population bovine de la ferme (la souche en question) occupe une place, tant soit peu éminente, comme vaches laitières.
Enfin il faut nous rappeler qu'en donnant au jeune bétail le mouvement, nous ne le forrons pas a prendre des ébats du matin jusqu'au soir; le mouvement du jeune animal n'est que celui qui est le résultat du tempérament vif de sa jeu-nesse, et ne peut nullement être comparé au mouvement que les animaux, a l'état nature, sont obligés de faire pour cher-cher leur nourriture, moins encore a l'entramement â a moins
qu'on ne considère l'inaction compléte comme 1'idéal.
* *
*
Malheureusement je suis empêché de suivre personnellement les discussions du Congrès international d'Agriculture a la Haye, mais j'ose ajouter, que je crois qu'il serait de grande utilité pour la question que j'ai pris la liberté de traiter, question que j'embrasse avec l'intérêt le plus vif, et qui, j'en suis convaincu, est de grande importance pour tout pays on Von entretient des bétes a lait, si 1'assemblée voulait s'allier a la resolution suivaate.
Sect. TT! h.
R K SOL U r I O N.
Vu les pertes énormes que cause la tuberculose daus les populations boviues des femes, surtout parmi les bestiaux développés exclusivement pour devenir des bêtes a lait, et attendu que cette maladie attaque de preference les animaux ne se distinguant que médio-crement par l'endurance, et contractant de cette raison facilement des maladies provenant de refroidissements, l'attention est dirigée sur la grande importance qu'il y aurait pour l'extirpation ou en tous cas pour la circon-scription de la tuberculose, si l'on introduisait, partout oü l'élevage du bétail se fait, un vaste procédé d'endur-cissement systématique et rationnel.
l.H
Copenhague, en Aoüt 1891.
HERALD (rOLDSCHMIDT.
nmm
Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section III: Industries agricoles.
1). ELevage du bétail.
RAPPORT
DE
Mons. E. VAN DEN BOSCH, Goes.
Squot; -F .......
La Hollande, la patrie du bétail de la race hollandaise. oceupe depuis bien des siècles, la première place sur les grands marchés vmiversels pour ses produits de laiterie, et le bétail hollandais est reconnu le plus parfait type pour la production de lait, de beurre et de fromage.
En parcourant l'Europe du nord de la Russie jusqu'en Turquie et du point le plus méridional du Portugal jusqu'en Suède, partout on trouve le bétail noir et blanc.
II est seulement une quinzaine d'années, qu'un nouveau déboucbé est venu s'ouvrir pour le bétail hollandais, savoir l'Amérique. Une fois l'Amérique, convaincue de la supériorité des Hollandais, elle y est allée d\i train énergique, qui caractérise tout ce qu'elle entreprend.
En dix ans les Américains ont fait plus pour améliorer notre bétail, qu'aucune autre nation nous-mêmes y compris, et de vache laitière ils en ont fait la vache beurrière, ecar-tant les meilleures Jerseys.
Regardons maintenant de plus prés les importations amé-ricaines en commen^ant par le commencement.
La première importation dont on possède des données indubitables est celle de Mr. Winthrop W. Chenery a Belmont (Massachusets) qui tit venir une seule vache en 1852, oe qui l'engagea a introduire en 1857 deux vaches et un tau-reau et en 1859 encore quatre vaches. De tout ce bétail il nc restait qu'un seul taureau Dutchman, comme tout le troupeau dut être tué a la suite d'une maladie contagieuse.
Ainsi en 1860 il n'exista en Amérique que le taureau Dutch-
ST5CT. tlf h.
man, lorsque Mr. Chenerv rorut au mois de novembre de nouveau quatre vaches et un taureau, qui provenaient du Beemster; cette importation la avait beaucoup de chance; elle arriva en parfaite condition et les animaux choisis par un connaisseur compétent ne manquèrent pas d'attirer l'at-tention sur le bétail do Hollande.
On possède de cette importation, aussi bicn que de celle de Gerrit Miller en 1869 et du général Tilton en 1871, des descriptions très-précises et les descendants de ces animaux torment le premier tome du Holstein Herdbook de 1'Arnérique, établi en 1872.
Les noms du taureau âHollanderquot; et des vaches âTexelaarquot;, âLady Midwoud1', âZuiderzeequot; et âMaid of Opperdoesquot;, de l'im-portation de Mr. Chenerv, et ceux des trois vaches de Gerrit Miller âDowagerquot;, âCrown Princessquot; et âFrauleinquot; se rencon-trent encore dans les pedigrees de tous les grands troupeaux américains et sont une preuve éclatante des soins les plus conscientieux qui out jjrésidé ft la recherche et ii la sélection de ces animaux.
Le second tome indique de nouveaux importeurs, tels que MM. John H. Comer de New-York, William Russell de Mas-sachussets, Amos D. Smith et les frères Greene de Rhode Island, Smith de Pennsylvanie et des achetcurs dans presque tous les états ce qui contribua largement a préparer un bon accueil aux importations, qui a partir de l'année 1877 deve-naient de plus en plus considerables et se comptaient par centaines, pour arriver a leur plus grand chiffre en 1884, l'année de la grande Exposition Internationale a Amsterdam; ce chiffre ne peut pas être donné exactement, mais il me semble quïl pourra trés bien être fixé a plus de 500 animaux, jeunes veaux y compris.
Si la Hollande doit a l'Amérique l'appréciation toujours croissante de son bétail, il lui doit également l'idée de réunir les plus parfaits types dans un Herdbook; il estremarquable qu'après avoir connu le bétail Hollandais pendant quelques années seulement, les Américains déja en 1871 formèrent leur association du Herdbook, tandis que la Hollande elle-même n'y alla qu'en 1875, alors que l'Amérique posséda déja 369 taureaux et 486 vaches, soit 855 animaux inscrites en total.
A quoi faut-il attribuer le grand succès de la race Hollan-daise en Amérique? Saus doute au fait incontestable del'ex-portation des meilleures bêtes, achetées a de très-hauts prix!
Les Américains n'achetaient que les meilleurs animaux, les payaient fort cher, jamais sans voir et examiner soigneuse-ment le père et jamais sans assister en personne a la traite des mères. Jamais ils achetaient un animal puisqu'il était bon marché. Cependant notre bétail doit son succès, plus encore qu'a sa qualité, a la comptabilité américaine.
Oui, Messieurs ft la comptabilité! L'Amérique est le pays
Srct. fTT ft
iles négociants, chacun veut et doit savoir eonibien il gagne exactement par an, par mois, par semaine!
Le fermier, 1'éleveur est negociant autant que tout autre débitant ou fabricant d'un article quelconque. Sa vache est sa machine a produire du lait, il lui faut done savoir au plus juste combien de lait et de beurre elle lui donne par jour, par semaine, par mois et par an.
Comme tel 1'importeur Miller put publier les chifl'res sui-vants sur la production de lait de ses trois vaches dejii nom-mées pendant les six années, du Ier Avril 1870. au 81 Mars 1S76 comme suit;
Age en Poids Lactation Litres moyenne moyenne IHTit. Sept. 1S72. jours, de lait. par an. par join-
Litres. Litres. Litres Dowager .... 6 ans. 55quot;) kilo. 1884 â 23702,'' 3956 12.5 Crown Princess 5 â 555 â 1821 26921.5 4486 14.7 KViiulein .... 4 .. 580 .. 1714 18665.'' 3110 10.8
Maximum Maximum Maximum
en un jour. en un mois. en uue année.
Dowager......27.5 Litres. 689.4 Litres. 5586.3 Litres.
Crown Princess , . 33.4 â 916.7 â 6179.2 â
O O
Fraulein......30.8 â 825.1 3783.2 ,,
Ges chiffres quoique plus que triplés depuis, étaient le double de ce que le bétail du pays produisit.
Une fois cette production bien établie, il en suivait d'au-tres, tels que:
|
Lady Clifden..... |
avec |
16274 (fi's |
soit |
7320 Litres. | |
|
Aegis........ |
16823 |
77 |
77 |
7571 | |
|
Aaggie....... |
11 |
17746 |
77 |
77 |
7986 |
|
â plus tard. . |
r |
20763 |
77 |
77 |
9343 â |
|
Ladv Fay ...... |
17 |
20412 |
77 |
77 |
0267 â |
|
Executrix...... |
77 |
202G3 |
77 |
77 |
9120 â |
|
â en dix mois soit |
77 |
24315 |
77 |
77 |
10944 â |
|
Clothilde...... |
77 |
26021 |
77 |
77 |
11700 â |
Cependant la vache ne produit pas seulement du lait mais aussi du beurre et voila cette même comptabilité qui leur a appris qu'il y a une tres grande diflfcrcnce entre la quantité produite par une vache ou par une autre, que d'une vache il faat 22/28 litres de lait pour fairc un kilo de beurre, tan-dis que d'une autre il n'en faut que 15 et comme le beurre représente la valeur du lait et rapporte le plus d'argent, ils commencèrent a barrater soigneusement et sépnrément le lait
0
Sect. itw-.
de chacune de leurs vaches afin de trouver la phis avanta-geuse.
Et ils les ont trouvées ces plus avantageuses et ayant spc-cialement en vue la production de beurre ils sont parvenus par des croisements soigneux de leurs meilleures vaches beur-rières avec des taureaux dont les mères possédèrent cette même qualité, a transformer notre vache laitière en vache beurrière tout en la conservant son gros flot de lait.
Et tellement grande a été leur succès qu'a 1'heure qu il est, ils ont même efface les meilleures Jerseys.
En 1883 la Breeder's Gazette il Chicago offrit a un concours organisé spécialement par elle un bocal en argent de 300 Dollars comme prix a la vache qui donnerait la plus grande quantité de beurre en 30 jours consécutifs.
Tout le monde se croyait sür que Mary of St. Lambert la meilleure Jersey en Amérique le gagnerait facilemcnt et voila que Mercedes, une vache Hollandaise sort victorieuse de la lutte avec 45 kilos en 30 jours.
En 1887 an grand concours laitier A New-York le premier prix de 400 Dollars fut gagné par la vache Hollandaise Clo-thilde, Clothilde IV était seconde, Mechtilde était troisième puis venaient une Jersey et une Guernsey quatrième et cinquième.
Pour en venir ii des dates plus récentes, on n'a qu'a entendre l'exposé d'un journal d'outre mer qui aumoisdemars s'exprima dans les termes suivants;
En récapitulant ce que notre race hollandaise a lait pendant 1'année écoulée, nous avons a signaler une experience douloureuse contre des douzaines de victoires.
Sans doute il est douloureux pour nous de ne plus avoir de chance a gagner des coupes en or, ornées de belles gravures de vaches Jersey et destinées a ces dernières, puisque le club des Jersey breeders n'ose plus organiser de concours général dc peur d'être battu par nous.
Mais (pielles sont nos victoires les plus récentes, que la poste nous apportc de tons cótés?
On nous citc de Colorado que la vache Elgin Belle a terminé son record de 7 jours avec 11.53 kilos de beurre: Le Jersey Bulletin avait justement découvert que le lait Hollandais était trés pauvre, lorsque De Vries Cassia termina son record dc 14 jours avec 1quot;2,71 kilos de beurre a 1'age de deux ans seulement. Avant les grandes chaleurs dc Kol's 2nd Queen surpassa toutes ses prédécesseurs de trois ans avec ses 12.79 kilos en 7 jours, puis Clothilde II annonlt;;ait 144 kilos en 90 jours. j
Encore les éleveurs des Jersey étaient préts il pretendre que cela ne pouvait pas être sérieusement vrai, lorsque Pauline Paul livra 172 kilos au pétrisseur dans la même espace de 90 jours.
4
Skct. ITT h.
A peine l'écho de ce resultat se fut il esquivé que Johanna Beauty nous étonna avec ses 7.42 kilos en 7 jours, Banco avec 9.18 kilos et .Telle Trijntje avec 9.75, toutes les trois ayant trois ans.
Et ainsi il continua jusqu'au inois dejuillet lorsque Pauline Paul termina ses 120 jours avec 226.3 kilos et comme si cela ne suffit pas, Parthena fit 17.28 kilos et Mechtilde 17.72. toutes les deux en sept jours.
Trois mois plus tard Pauline Paul qui ne nous quittaplus, termina ses 483.8 kilos en neuf mois et surpassa de 10 kilos les 12 mois de la reine des Jerseys âEurotissimaquot; présentée au monde, comme invincible avec ses 423 kilos en un an. Avant que l'année expira nous vimes Tirannia et Imbkes Mercedes produire 14.4 et 13.1 kilos en 7 jours et pour comble de toutes ces victoires Pauline Paul encore parut sur la scène avec 519 kilos en 12 mois, ce qui vent dire avec 96 kilos de plus qu'aucune vache du monde entier de quelle race qu'elle i'üt, ent jamais produit. âDu monde entierquot; cela parait gros et pourtant c'est très-juste car les vaches Hollandaises en Amérique surpassent celles de la vieille Europe comme vaches beurrières.
Ajoutons a ce dernier rapport que ces 519 kilos de beurre furent faits de 8224 litres de lait et qu'il ne fallut done que 15.8 litres pour 1 kilo de beurre.
8a nourriture pendant cette année fut composée pour trois parts de son, deux parts d'avoine broyée et une part de mais, I'ensemble ne surpassant pas 13.5 kilos par jour, y compris 1.5 kilos de graine de coton; le dernier jour elle fit 710 grammes de beurre.
Dans la reformation de la vache laitière en vache beurrière la nourriture n'entra. pour rien â I ^a selection joue le plus grand role. â Sans doute nous avons un autre genre d'élevage, les four-rages étant tres chères en Europe et par contre tres bon marché en Amérique, nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nourrir notre bétail a raison de quatre francs par jour, mais nous sommes parfaitement a même de noter la quantité exacte du lait que chaque vache nous donne et de la barrater chaque mois, ou bien d'en constater le beurre par moven du Lactokriet ou de 1'instrument de Fjord.
Nous possédons encore les families, dont dérivent les grandes vaches beurrières de l'Amérique, j'en connais et les éleveurs, et les pères et lesmères; nous n'avons qu'a suivre la voie qui nous est ouverte pour arriver a ce but, savoir; prendre la mesure du lait, la nóter soigneusement et péser également le beurre de chacune de nos vaches qui ont prouvé par des operations d'essai dans les fabriques, être au-dessus du chiffre moyen.
Si nos rleveurs pourraient ou plutot voudraient adopter
Sect, 1II h. 'gt;
ce systènie, ils ne feraient pas seulement un grand service au pavs entier en augmentant sensiblement la valenr (hi stock, quot;mais encore ils en cueilleraient eux-mêmes les plus beaux fruits en vendant leurs bêtes exceptionnelles a des prix exceptionnels.
Dans sa brochure âsur la question agricolcquot;, le conseiller Uadois Heiburger s'exprime en ces termes;
âPour que l'elevage du bétail et les profits de la âlaiterie deviennent plus propices il est indispensa-âblemeut nécessaire de se procurer du bétail de la âmeilleure qualité.
âTrop souvent encore ce sont les marchands de âbestiaux qui sont chargés de procurer les jeunes âveaux aux fermiers, or il faut qu on sache bien, âque sans connaitre les parents, on n'a pas la moindre âcertitude de voir ces veaux se changer un jour en âbonnes laitières.'quot;
Ceci n'est que trop vrai! hn achetant aux inarches on achète ce dont l'éleveur veut se décharger ou ce qu'il peut quitter; or ce qui ne lui est pas ,,assez bon pour le garder ne peut aucunément être excellent pour 1'acheteur.
Ajoutons que pour savoir ce que la mere ^ vaut, il taut qu'on sache exactement conibien elle «i donne tant en lait qu'en beurre et que cette valeur augmente encore du moment qu'on puisse prendre connaissance de la production de la grand'mère et d'autant d'ancêtres que possible.
Congpès International d'Agrieulture
a La Haye en 1891.
Section III: Industries agricoles.
b. Elerage du Bétail.
COMMUNICATIOS CONCERNOT LA TUBERCULOSE DU BETAIL
PAK
Monsieur CH. HACCIUS,
Directeur de l'lnstitut Vaccinal Suisse, propriétaire a LancyâGeneve.
Messieurs,
Je désire soumettre a 1'approbation du Congres deux vceux se rapportant a la tuberculose du bétail. Je me place en cette occasion plus spécialement au point de vue des intéréts pratiques de 1'agriculteur.
Le temps dout nous disposons pour les nombreuses questions qui sont a 1'ordre du jour est trés limité, c'est ])our-quoi je ne m'étendrai pas sur le sujet.
Vous le savez, Messieurs, la question de la tuberculose du bétail a été jugée d'une importance telle »jue des congres spéciaux ont été organisés dans le but d'y discuter cette maladie et ses dangers sous toutes les faces, plus spécialement cependant il faut le dire a 1'égard de 1'hygiène publique et des dangers d'infection par les produits agricoles â viande, lait etc.
Dans beaucoup â je dirai même dans la plupart des pays â 1'agriculteur souffre matériellement beaucoup des funestes effets de cette terrible maladie et le danger va croissant paree qu'il n'est rien fait en agriculture pour combattre cc Héau redoutable.
10 0/0 environ du bétail est tuberculeux a pu dire Monsieur Arloing dans un récent congres; et il n'v a pas de raison qui s'oppose a ce, que le nombre des cas augmente d'année en année. 11 est admis aujourd'bui (jue le lait provenant de
Skct. VI'2
vaches atteintes de tuberculose est dangereux, surtout si le pis est attaqué; la transmission des germes par la viande semblc prouvée dans bien des cas, et lt;iui salt le beurre sera bientót reconnu dangereux, or il s'agit la, Messieurs, yous voudrez bien le reconnaitre, de points trés directement nuisibles a 1'agriculture de tons les pays. La consommation de ces produits qui sont a la base de la production agricole ira diminuant an lieu d'augmenter. Voyez ce qui se passe avec le lait: 1'usage du lait cru est déja sérieusement déconseillé, le résultat en est que beaucoup de personnes ne 1'aimant pas bouilli s'abstiendront du lait a 1'avenir.
En face de eet état de cboses que fait 1'agriculteur ?
Peu au courant â en général â des questions se rapportant a 1'hygiène, il ne croit pas a la transmission possible de la tuberculose on bien il n'en saisit pas le danger parce que la maladie n'est pas classée parrai les maladies contagieuses.
N'étant pas au courant des symptómes qui permettent dans beaucoup de cas de diagnostiquer la phthisic, il laisse sans se douter du danger une vache atteinte de phthisic, avancer au milieu de ses vaches saines les plus belles ne supposant pas qu'elle puisse empoisonner de germes néfastes ses voisines et peu a peu le troupeau entier.
Ne voit-on pas dans des villages un taureau qu'on peut supposer phthisique faire la saillie des vaches de toute la corn-mune sans que personne ne s'y oppose? on encore une vache phthisique a fond souiller les abreuvoirs publics avec les germes qu'elle expectore? Ce sont la. Messieurs, des faits plus frequents qu'on ne le pense et l'agriculteur peu au courant de ces dangers n'y fait pas attention, mals il s'étonne de voir les cas de tuberculose du bétail augmenter d'année en annee.
Le moment lt;.)ü il est force de se débarrasser d'une vache étant arrivé, soupc;oniiant la tuberculose, sachant tout au moins que si sa béte est phthisique die sera saisie et qu il n'a pas d'indemnité a recevoir, l'agriculteur s en défait a perte on bien encore ignorant les dangers que peut avoir la viande tuberculeuse, il tuera I'animal et partagera la viande avec ses voisins. Tel est l'état des choses en pratique. Messieurs, et surtout chez les petits agriculteurs qui nous inté-ressent a un si haut degré et qui ont si besoin d'etre secondes.
Vous avouerez qu'il y a la une de ties questions d'ordre pratique qui intéressent tons les agriculteurs grands et petits et qui me parait devoir aussi étre traitée dans un Congres agricole. 11 s'agit de faits qui se présentent tons les jours et dans tons les pays et il serait bon d'agir partout pour atténuer les eff'ets de la plus terrible de toutes les maladies de notre temps.
(quot;est pourquoi. Messieurs, je demande au Congres d'adop-ter ou de mcttre a l'étude d'un prochain Congres li's vopux suivants;
Sect. VI a.
Etant Honne Textension considerable que prend la tuberculose du bétail, il y a lieu dans l'intérét de ragriculture et en attendant une legislation plus complete sur la question
1°. de recommander saus retard les voies et moyens pratiques pour diminuer l'infection du bétail sain par des aniraaux atteints de tuberculose et d'éclairer les agriculteurs sur les dangers réels d'infection qui caractérisent cette maladie;
2°. de pourvoir les abattoirs d'un appareil special destine a stériliser et k rendre utilisable la viande saisie pour cause de tuberculose, l'agriculteur n'étant pas en mesure de supporter la perte occasionnée par la destruction de la viande saisie sans qu'il lui soit donné d'indemnité.
Gongrès International d'Agrieulture
a La Haye en 1891.
Section III. Industries agricoles.
c. Cultures industrielies.
PRODUCTION DES BETTERAVES.
RAPPORT DE Monsieur OTTO PITSCH.
flocteur ès-sciences, prècepteur a l'Ecole d'Agrieulture de l'Etat a Wageningue.
Squot; quot; s
PR0DUKT10N VON ZUCKERRÃBEN.
I re Question. â Kn cultivant ilea betteraves faut-il avoir surtout en vue la production la plus grande possible de sucre par Hectare ou la production de betteraves de la plus grande richesse en sucre?
Réponse. â Le cultivateur doit tacher d'obtenir une grande récolte de sucre par Hectare au moyen de betteraves qui sont relativement riches en sucre.
Moiivirung dieser Antwort. â Bezüglich der Motivirung der Antwort auf diese und die folgenden Fragen kann ich sehr kurz sein, weil dieselben in Gegenden, wo sie von Interesse sind, vielfach erörtert worden sind, und auf dem internationalen Congresse nur zu constatiren ist. dasz rücksichtlich der Antwort auf diese Pragen die Landwirthe einsthnmig sind.
Im Falie der Landwirth nach dem mit dem Zuckerfabri-kanten geschlossenen Vertrage einen bestimmten Preis pro 1000 Kilo Rüben erhalt, liegt c^s in seinem Interesse, seine Rübenkultur so einzurichten, dasz er die grösste Zahl Kilos Wurzeln erntet. 1 )ie Erfahrung hat gelehrt, dasz dieses Ziel zu erreichen ist und thatsiichlich auch erreicht wird auf Kosten des Zuckergehaltes der Rüben wurzeln. T)nd so ist es sehr wohl denkbar, dasz ein Landwirth, weieher 36363 Kilo Rübenwurzeln pro HA. erntet mit einem Gehalte von 11 0/0
ï^Erx. rU c. 2
Zucker, für diese Ernte eine Geldsumme erhnlt, welche 14,7 Mal so grosz ist wie für eine Ernte von 28571 Kilo Wurzeln mit einem Znckergehalte von 14 0/0, obgleich beide Ernten dieselbe Anzahl Kilos Zucker, namlich 4000, enthalten.
Abgesehen von der abnormalen Erscheinung, dasz der eine Lamhvirth hier für 4(KK) Kilo Zucker eine l4/7 Mal so hohe Geldsumme erhiilt wie der andere, wird der Uneingeweihte aus der Festsetznng des Preises pro 1000 Kilo Rübenwurzeln den Schlusz ziehen, dasz es für den Zuckerfabrikanten vor-theilhaft sein musz, den Zucker in einem Rohmaterial zu erhalten, welches zuckerarw ist. Jedenfalls wird der Landwirth in Folge der Festsetzung des Preises gezwungen, die Kultur der Zuckerrüben so einzurichten, dasz er pro HA. die gröszt-mögliche Anzahl Kilos Wurzeln erntet. Diese Richtung der Zuckerrübenkultur ist für ihn nun mit erheblichen Nach-theilen verblinden, welche allerdings erst dann eintreten, wenn der Preis pro 1000 Kilo Wurzeln in Folge des geringen Zuckergehaltes derselben niedrig ist, was bei der genannten Richtung der Rübenkultur nothwendig im Allgemeinen der Fall sein muss. Würde namlich die Bezahlung nach der Grösze der Ernte an Zucker anstatt nach der Grosze der Wurzelernte geregelt, so würde der Geldwerth der obigen Ernten gleich sein und der Landwirth ohne jede Frage eine Ernte von 28000 Kilo Rüben mit 14 0/(, Zucker zu erzielen suchen, weil im Verhiiltniss zur kleineren Kilozahl Rüben dem Bodem anch eine kleinere Quantitat werthvoller Pflanzen-nahrungsstoffe entzogen wird, die Kosten für die Düngung des Bodens demnach ebenfalls im Verhiiltniss geringer werden; und ferner die Ernte und Verfuhrkosten kleiner sind.
Nun weisz jeder, der mit der Zuckerfabrikation nur etwa bekannt ist, dasz für den Zuckerfabrikanten 4000 Kilo Zucker in 36000 Kilo Rüben nicht mehr werth sind wie in 28000 Kilo. Im Gegentheil früher â und leider auch hiiuiig gegenwiirtig noch â wurde durch besondere Bestimmungen in den Kontrakten zwischen Zuckerfabrikanten und Rüben-bauer dafür Serge getragen, duss der Letztere gezwungen war, auf seinem Roden Rüben mit einem hohen Zucker-gehalte zu produciren. Diese Bestimmungen finden ihre Erklii-rung in der Thatsache, class die Fabrikationskosten pro 100 Kilo Zucker abhiingen von der Quantitat Wurzeln, die man dafür verarbeiten musz und von der ITöhe des Zuckergehaltes der Rüben. Bezüglich der Fabrikationskosten spielt namlich neben dem Znckergehalte des Rübensaftes auch der Gehalt an Nichtzucker eine wichtige Rolle und zwar in diesem Sinne, class die Fabrikationskosten höhcr, das Rendement kleiner wird bei höherem Gehalte des Saftesan Nichtzucker. Letzterer ist nnn bei Wurzeln mit geringem Znckergehalte grosz und wird mit der Zunahme des Zuckergehaltes der Rübe im Allgemeinen, wenigstens bis zu einer gewissen (rrenze. kleiner.
Sect. Til c.
4000 Kilo Zucker in 36000 Kilo Riibenwurzeln haben fiir den Fabrikanten somit einen erheblich niedrigeren Werth wie 4000 Kilo Zucker in 28000 Kilo Rüben. Eine Richtung des Riibenbaues, wobei die grosztmogliche Kilozahl an Wurzeln pro HA. erstrebt wird, ist deshalb sowobl fiir den Landwirth wie fiir den Zuckerfabrikanten in hobem Maasze nachtbeilig.
Wird anstatt fiir die Riibenwurzeln der Preis fiir den Zucker bestimmt, so kann der Fabrikant fiir jede 1000 Kilo Zucker einem um so böheren Preis bieten, in je kleinerer Anzahl Kilos Riibenwurzeln dieselben angeboten werden. Wo der Fabrikant somit den Preis nicbt normirt nacb dem Zucker-gebalte der Rüben, sondern denselben festsetzt pro 1000 Kilo Wurzeln, muss derselbe auf die eine oder andere Weise â nnd er thut dies in der Regel durch besondere Bestimmun-gen im Kontrakte mit dem Rübenbauer â sein Ziel zu erreicben suchen; niimlich dass der Landwirth ihm Riiben mit hobem Zuckergehalte liefert.
Wir haben also gesehen, dasz es bei richtiger Normirung des Preises der Zuckerriiben fiir den Fabrikanten ein Vor-theil ist, wenn der Zuckergehalt der Riiben sehr hoch ist, wiihrend fiir den Landwirth die Produktion von Riiben mit niedrigem Zuckergehalte entschicden nachtbeilig ist. Folgt hieraus nun, dasz im beiderseitigen I nteresse sich der Zucker-riibenbau in der Richtung bewegen musz, dasz man Riiben mit einem möglichst hohen (rehaltc an Zucker zu erzielen trachtet ?
Die Erfahrung hat gelehrt, dasz, wenn die Züchtung and Kultur von Zuckerriiben sich das einseitigc Ziel stellt. Riibenwurzeln mit einem möglichst hohen Zuckergehalte zu erhalten, der Ertrag der Riibenernte dadurch erheblich her-abgedruckt wird. Diesen Weg einzuschlagen. wiirde somit fiir den Fabrikanten und den Landwirth beide schlieszlich nachtbeilig sein. Angenommen der Durchschnittsertrag pro HA. von Riiben mit Id 0/u Zucker betriige 20000 K Ho an Wurzeln. mit 130/o Zucker Kilo, so wiirde die Zuckerernte im
Verhaltniss stehen von 3200 Kilo zu 4550 Kilo. Nun ge-winnt der Fabrikant aus 35000 Kilo Riiben mit genanntem Zuckergehalte viel mehr Kilos Zucker wie aus der Ernte von den 20000 Kilos Riibenwurzeln und der gröszere Zuc-kergcwinn wird keineswegs aufgehoben durch die hohercn Fabrikationskosten pro 10à Kilo Zucker aus den Riiben mit geringercm Zuckergehalte im Verein mit den böheren Kul-turkosten des I .and wirths fiir die Erzielung der gröszercn Riibenernte. Wiirden demnach nur Zuckerriiben mit l(i quot;Ai Zucker verbaut, so wiirde pro HA. (irund viel weniger Zucker gewonnen, was nothwendig fiir beide Partheien nachtbeilig sein musz. Dcr Landwirth doch müszte fiir die geernteten 2lH)(IO Kilo eine beinahe eben so hohe (Teldsumme forderen wie für 35t)(K) Kilo Wurzeln. welche der Fabrikant jedoch
Sect. iii'-.
nicht würde bezahlen können. weil die Verarbeitung der ersten Rübenmasse eine erheblich kleinere Zahl Kilo's Zucker lieferen würde. Tier Totalgewinn pro HA. Zuckerriiben würde kleiner sein, wodurch nothwendig beide Partbeien Schaden leiden würden. Es kommt noch hinzu, dass auch der Consument des Zuckers für letzteren einen höheren Preis
bezahlen müszte.
[st nun einerseits der hohe Gehalt an Nichtzucker una die hiermit in Verbindung stehenden hohen Fabrikations-kosten pro 100 Kilo Zucker ein Grund, um die Produktion von Zuckerriiben mit niedrigem Zuckergebalte zu vermeiden; ist unigekehrt bei Rüben init sehr hohem Zuckergebalte der Ertrag an Rüben und Zucker pro HA. im Allgemeinen zu gering, so liegt die Schluszfolgenmg vor der Hand, dasz man danach streben musz, Rüben zu züchten, welche bei emem relativ hohem Zuckergebalte eine ausreichende Ernte pro HA. versichern, sodasz die Zuckerernte pro HA. hoch ist. Dieser Weg, welcher unter der thatkraftigen Mithulfe des Herrn Professor Maercker in Halle in der preussischen Pro-vinz Sacbsen eingeschlagen ist, hat sich auch in soweit als richtig er wiesen, als man gefunden tiat dasz allerdmgs bei niedrigem Zuckergebalte der Rüben der Gehalt an Mcht-y.ucker in der Regel im Rübensafte sehr hoch ist und dasz im Allgemeinen auch der Gehalt an Nichtzuker nut Zu-nahme des Zuckergehaltes der Rübe kleiner wird, daszjedoch bei Rüben mit relativ hohem Zuckergebalte diese Relation nicht mehr sichtbar ist; m. a. W. Rüben von 14 o/q, 15u/o und 16 0/o Zucker können einen gleich groszen Gehalt an Nichtzucker im Safte haben. Die Fabrikationskosten pro 100 kilo Zucker bei der Verarbeitung von Rüben mit 130/o und 15 % Zucker sind also viel weniger verschieden grosz als bei Verarbeitung von Rüben mit 110/o Zucker einerseits und solchen mit 130/'o Zucker anderseits.
Ein nicht zu unterschatzender Vortheil des Verbaus von Zuckerriiben, welche eine grosse Ernte an Wurzeln mit relativ hohem Zuckergebalte liefern, ist noch hierin gelegen, dasz die Rübenernte auch in Jahren, m denen die Witterung tur das Wachsthum der Rüben ungünstig ist, emen nicht allzu niedrigen Ertrag giel.it.
Ilde (Question. â âOnaditquot;, dit monsieur F. Du pont, secrétaire general de 1'association des chimistes de sucrene dc France âque relativement a la production du sucre dans la racine, la graine y concourt pour les 3/4, tandis lt;pie les engrais et les soins de culture n'y contribuent que pour une taiule part et cela ne serait être contesté. Les betteraves travail-lées en France depuis 1884 et surtout celles de la campagne derniêre (1888) le prouvent a 1'évidencequot;.
Cette conclusion, est ellc juste ou non '!
4
Sect. ITT r.
Réponse. â Cette conclusion est seulement juste quand la culture des betteraves a été faite selon des régies de la pratique générale tant a 1'égard de 1'engrais (juo du choix de nombre dc- betteraves par inétre carré.
Motivirung der Anlwort nuf Fr age '2. â Obige Behauptung des Herrn Dupont ist meines Erachtens ein anderer Ausdruck für die Annahme, dasz die Eigenschaften der Zuckerrüben in starkem Grade erblich sind, dasz also der Samen die Eigenschaften von der Pflanze, wovon derselbe gewonnen ist, wie-derum in hohem Maasze auf dit» Pflanze ubertragt, welche sich aus dem Samen entwickelt. Mit anderen Worten, wenn auf demsclben Stücke Land Samen von Mutterpflanzen mit 16 0I'0 Zucker und Samen von Mutterpflanzen mit 13 0/0 Zucker ausgelegt werden, so werden die Rüben, welche sich aus ersterem Samen entwickeln, einen erheblich höheren Zuckergehalt besitzen, wie die aus letzterem Samen. Auch das Durch-schnittsgewicht der Wurzeln wird sich annahrend wie bei den Mutterpflanzen verhalten. Kann der Zuckerfabrikant somit Samen ziehen oder kaufen von Rüben mit sehr hohem Zuc-kergehalte, so ist er auch versichert, dasz der Landwirth, welcher diese Samen für seinen Rübenbau verwendet, ihm Rüben mit hohem Zuckergehalte liefern wird. Diese Sicherheit besteht jedoch uur dann, wenn die Zuckerrüben auf die in der Praxis allgemein gebrauchiiche Weise und unter den für die Zuckerrübe passenden Boden- und Klimaverhaltnissen angebaut werden.
Würde man niimlich aus den Worten des Herrn Dupont, que relativement a la production du sucre dans la racine, la graine y concourt pour les 3/4 . tandis que les engrais et les soins de culture n'y contribuent que pour une faible part, die Schluszfolgerung ziehen, dasz das Vererbungsvermogen der Eigenschaften der Mutterpflanzen durch den Samen sich in der Weise documentire, dasz aus Samen von Mutterpflanzen mit lö o/o Zucker unter den verschiedensten Verhaltnissen von Klima, Boden, Düngung u. s. w. wiederum Pflanzen mit anniihe-rend 15 0/0 Zucker erhalten werden, so würde man einen starken Trugschlusz machen. Es ist ja bekannt genug, dasz bei ein-seitigem Vorherrschen von Stickstoflquot; in der Nahrung der llübenpflanze, vor Allem im spiiteren Stadium des Wachs-thums derselben, die Pflanze relativ viel Blatt und im Ganzen viel Rübenmasse, aber wenig Zucker producirt. Durch Aende-rung der Wachsthumsbedingungen lassen sich aus Samen von Mutterpflanzen mit hohem Zuckergehalte sehr wohl Rüben produciren, welche für die Verarbeitung in Zuckerfabriken kaum noch in Anmerkung kommen. Um ein Beispiel hierfür zu liefern, theilen wir das Resultat eines Versuches an der Rijkslandbouwschool zu Wageningen mit. Hier wurden Knauer's Imperial im Vergleiche mit Runkelrüben verbant. Die Düngung für beide war dieselbe, der Reihenabstand der Pflanzen
Skct. TTl c.
betrug 4ö cM., der Abstand der Pflanzen in den Reihen 40 cM. Es wurden von Knauer's Imperial 58275 Kilo Wurzeln mit einem Znckergehalte von 10,84 0/0 und somit 6314 Kilo Zucker geerntet. Man sieht, die Ernte an Zucker pro HA. laszt wahrlich, was die Kilozahl betrifft. nichts zu wiinschen übrig, wahrend der Zuckergehalt der Wnrzeln sehr niedrig geworden ist. Dieses Beispiel illustrirt nur die allgemein bekannte Thatsaebe, dass die iiuszeren Wacbsthumsbedin-gungen einen ganz bedeutenden EinHusz auf die Entwicke-lung und niebr special auf den Zucker- und Nicbtzueker-gehalt der Wurzeln ausiiben. Wer auf dem reicben Tabaks-grund von Wageningen und Rhenen (huinusreicher Sandboden) Zuckerrüben verbanen will, musz fiir die Pflanzen einen kleinen Standrauni und Samen von Zuckerriibenzucbten wablen. welcbe eine sehr zuckerreiche kleine Wurzel baben.
Wir scblieszen mit der nochmaligen Bemerkung, dass des llerrn Dupont's Aussprucb cum grano salis aufzufassen ist.
IIlc Question. â Est-il utile et juste que dans le contrat entre le fabricant de sucre et le cultivateur on fasse des stipulations positives au sujet du cboix de la semence, 1'em-ploi de 1'engrais, etc.? Est-ce ([ue 1'achat de betteraves par mille kilos sans stipulation de la richesse en sucre est encore recommandable an temps présent?
Réponse. â De telles stipulations limitant la liberté d'agir du cultivateur sont mauvaises et injustes; en o\itre elles sont superilues paree que Ie fabricant peut tros bien s'assurer si le produit est riche en sucre;
1°. en refusant les betteraves au dessous d'une certaine richesse.
2°. en variant le prix pour les betteraves en raison de leur richesse selon les exigences de la fabrication. Le pavement de betteraves par mille kilos sans fixer le prix en proportion de la richesse (gt;11 sucre est en généra.1 au détriment du cultivateur.
Motivirung der Anlwort auf Frugc 3. â Gerade diese Kragen sind in der letzten Zeit in den dabei interessirten Kreisen so eingehend besprochen und behandelt, dasz eine Motivirung der Antwort beinahe überflüssig ist. Beide Kragen stehen selbstverstandlich im engsten Zusammenhange mit einander, da die das Handeln des Landwirths beschrankenden Bestim-mungen ausschlieszlich durch die Bezahlung der Wurzel pro 1000 Kilo begründet werden können.
Wie bei Besprechung von Krage I und II hervorgehoben wurde, ist der Zuckergehalt der Rübe und die (Irösze der Ernte an Wurzeln in erster Linie in sehr hohem Grade
Sect. Tlfr.
bedingt durch die Wahl des Samens, in zweiter Linie jedoch auch durch die auszeren Wachsthumsbedingungen der Ptianze als Klima, Boden, Düngung und Wahl der Grösze des Stand-raunies pro Pflanze. In letzterer Hinsicht ist noch hervorzn-heben, dasz bei Boden in starker Dungkraft, vor Allem bei groszem Reichthum am asshnilirbarem Stickstoff, ein relativ groszer Standraum pro Pflanze einen relativ niedrigen Zucker-gehalt der Uübemvurzeln bei einer groszen Ernte an Wurzel-gewicht zur Folge hat, wahrend auf weniger reichem Boden ein groszerer Standraum pro Pflanze viel weniger den Zucker-gehalt der Rübe herabdrückend wirkt. Bestimmungen im ('ontraktc iiber die Weise der Düngung der Pflanzen (des Bodens) regeln somit gleichzeitig den Einflusz der Grösze des Standraumes pro Pflanze auf die Entwickelung der letzteren.
Bezahlt der Fabrikant nun die Rüben pro 10()0 Kilo Wurzeln, so muss er die Sicherheit haben, class der Land-wirth Rüben mit hohem Zuckergehalte producirt. Er ver-schaff't sich diese Sicherheit in den meisten Fallen durch Bestimmungen im ('ontraktc mit clem Zuckerriibenbauer, wodurch er EinHusz auf das Produkt ausiibt. Er behiilt sich die Lieferung des Samens vor, macht Bestimmungen fiber die Weise, wie gedfingt werden musz u. s. w.
Ffir dieses ISingreifen des Fabrikanten in die Weise der Ausfibung des Rfibenbaues kann man sich zwei Grfinde denken. Der erste wfirde dieser sein, dasz der Fabrikant cine bessere Kentniss von dem Einflusse des Samens und von der Wirkung der verschiedenen Culturmittel auf die Entwickelung der Rfibenpflanzen besitzt (oder doch zu besitzen meint), wie der Landwirth und dasz er nun an Stelle des Land-wirthes den Rfibenl)au auf die zweckmaszigste Weise regelt. Selbstvcrstiindlich musz in diesem Falie der Fabrikant nicht allein im Allgemeinen mit der Wirkung der genannten Faktoren bekannt sein, sonclcrn auch das Klima, den Boden, dessen Culturzustand, seinen Gehalt an verschiedenen Pflan-zennahrungstoft'en u. s. w. ebeu so gut wie der Landwirth beur-theilen können, da ja Alles darauf ankommt. dasz die Wahl des Samens und die Culturmittel den gegebenen Verhaltnissen. worunter die Pflanze wachsen muss, niöglichst vollkommen entsprechen. Bei vollkommen humaner Gesinnung des Fabrikanten und der Annahinc, dasz er wirklich über die gegebenen Verhiiltnisse und die Culturmittel ein richtigeres Urtheil besitzt, wie der Landwirth, ist es wenigstcns denkbar, dasz derselbc Vorschriften gibt die dem Interesse beider Partheien in der vollkommcnsten Weise entsprechen. ')l) dieser denkbare Fall in Wirklichkeit je eintreten wird, ist fillerdings eine andere Frage.
Dasz wenigstcns die Fabrikanten in den Niederlanden diesen Standpunkt nicht einnchmen, folgt aus ihrer oder ihrerVer-treter eigener Angabe, dasz sic die Verhiiltnisse von Boden,
Sect. TIT c.
Klima u. s. \v. zu beurtheilen ausze.r SUinde sind und gerade deshalb in den Contrakten mit dem Hiibenbauer Bestimmungen anfnebmen müssen. welche sie wenigstens einigermaszen gegen Uebervortheilung seitens der Landwirthe schiitzen. Sie iiberseben hierbei, beilanfig bemerkt, dasz in Polge ihres Eingreifens in den Rübenbau der Landwirth in hohem Maasze gcbindert wird, sicb ein richtiges Urtbeil iiber den Einflusz seines Bodens und der verschiedenen ibm zu Gebote stehenden ('ulturmittel auf die Entwickelung der Rubenpflanze zu verschaften und dasz die Erfahrungen im fremden Lande als selbstverstandlich ricbtig aucb fur niederliindischen Boden-und Klimaverbaltnisse angenommen werden, wovon sehr wohl die Folge sein kann, dasz die Cultur der Zuckerrüben inden Niederlanden in ganzlicb vcrkebrte Babnen geleitet wird.
Soviel stebt jedenfalls fest, dasz die beschriinkenden Bestimmungen in den Contrakten zwiscben Fabrikanten und Landwirth iu den Niederlanden cine bessere Wabrnehmung der Interessen des Landwirths nicht zum Zwcck haben, sondern ausschlieszlich die Wabrnehmung des Interesses des Fabrikanten. Letzterer beschriinkt den Rübenbauer in seiner Freibcit beziiglich der Rübencultur aus dem alleinigen (Grande, zu sorgen. dasz er Wurzeln mit hohem Zuckergehalte erhiilt; die Grösze der Ernte des Landwirthes ist ihm bis zu einer gewissen Grenze vollkommen gleichgültig. 1st die Zahl der Landwirthe, welche Zuckerrüben zu banen geneigt sind, so grosz, dasz der Fabrikant eine ausreichende Quantitat Rüben zur Verarbeitung leicht bekommen kann, so wird er den Samen stets so wtihlen, und die beschriinkenden Bestimmungen in den Contrakten so einrichten, dasz nur Rüben mit sebr hohem Zuckergehalte verbant werden. Wir haben aber gesehen, dasz bei dieser Richtung der Rübencultur die Zuckerernte pro Hektarc viel zu klein bleibt und die gesammte Rübencultur leicht einen ganz verkehrten Charakter erhiilt. Was der einzelne Fabrikant unter für ihn günstigen Verhült-nissen â das Angebot einer groszen Grundoberfiiiche für den Rübenbau seitens der Landwirthe â erreichen kann, kann für einen grosseren Bezirk ein Verband von Zuckerfabrikanten ebensehr zu Stande bringen.
Ob die Landwirthe Grund für den Rübenbau anbieten, hiingt naralich nicht von der Höhe des Gewinnes ab, wel-chen der Rübenbau für dieselben abwirft, sondern lediglich hiervon, ob sie dureb die Bebauung des Bodens mit Zuckerrüben von diesem einen höheren Gewinn machen, wie von den übrigen Culturgewiichsen. Der Fabrikant oder der Verband von Fabrikanten braucht alsf) für die Zuckerrüben nur einen Preis zu bieten, welcher dem Landwirth selbst bei einer geringen Rübenernte pro Hektarc einen höheren Gewinn von diesem Gewachse gewahrt, wie von den übrigen Culturgewiichsen, und er kann auf diese Weise unter günstigen Ver-
S
Sect. TT] r.
haltnissen sehr jjrosze Gewinne machen. Wird die Ernte an Wurzelngewicht pro HA. in Folge der Maasznahmen der Fabrikanten schlieszlich so klein, dasz die Landwirthe beim Riibenbau im Vergleich zu anderen Culturgewachsen keinen Vortheil mehr haben und das Angebot von Grundoberflaebe desbalb zu gering, so erhöhen die Fabrikanten entweder den Preis pro 1000 Kilo Wurzeln oder sie liefern anderes Saatgut u. s. w. sodasz die Ernte am Wurzelngewicht pro HA. gestei-gert wird.
Die verhangnisvollen Consequenzen dieses Interessenstreites, in welchem die Fabrikanten - vor Allem wenn sie einen Ver-bund schlieszen, wodureb selbst die seblecbt oder unvortheil-baft arbeitenden Fabriken im Leben erhalten werden, wah-rend die gut und unter vortheilhaften Verhiiltnissen arbeitenden Fabriken einen uberraaszigen Gewinn erzielen â die bei we item Stiirksten sind, liegen deutlich zu Tage. Wir wollen sie nur in ihren Hauptpunkten kurz zusammenfassen.
1. Wird von Seite der Landwirthe für den Riibenbau Grund in groszem Umfange angeboten â was bei niedrigem Preise der übrigen Produkte der Landwirthsehaft der Fall sein wird â so werden die Fabrikanten in erster Linie Samen für den Riibenbau wahlen, in Folge dessen die Zucker-ernte pro HA. durchscbnittlieh bei allen Landwirthen viel zu klein ist. Wir haben gesehen, dasz eine Differenz selbst von 1000 Kilo Zucker pro HA. eine keineswegs unmögliche Folge der einseitigen Richtung von der Zucht und Cultur von Rüben mit sehr hohem Zuckergehalte sein kann. Werden bei der Wahl solchen Samens in Uebereinstimmung mit Bestimmungen in den t'ontrakten bei der Anwendung der Cuiturmittel - Düngung, Standraum pro Pflanze â Kegeln befolgt, welche sich für den Gebraueh der Cuiturmittel als allgemein richtig erwiesen haben in Landem, in welchen man Rüben verbant, welche bei relativ hohem Zuckergehalte ein groszes Wurzelgewicht pro HA. liefern, so handelt man selbstverstandlich unrichtig, jedenfalls doppelt uachtheilig für den Landwirth. Nur für wenige sehr fruchtbaren Bodenarten mit sehr hohem Gehalte an assimilirbarem Stickstofl' würde diese Handelweise richtig sein.
In dem hier gestellten Falie wird sicherlich gesorgt, dasz der Fabrikant einen hohen Gewinn erzielt jedoch ganz und gar auf Kosten des Landwirthes. Die Einnahmen des letzte-ren werden pro HA. vielleicht '/4 bis l;3 niedriger sein, wie sie bei einer rationellen Cultur der Zuckerrüben sein könnten und müszten. Ohne Zweifel namlich erhiilt er für seine Wurzeln, weil diese pro 1000 Kilo bezahlt werden, einen Preis, welcher unter dem wirklichem Werthe der Wurzeln sein wird. Aber auch wenn die Ernte dem wirklichen Werthe entsprcchend bezahlt würde, so würden die Einnahmen des Landwirths in keiner Harmonie mit dem Bodenwerthe
!)
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Sect. 11T f.
stehen, weil eben in Folge der irrationellcn (quot;ultur der Rübe der Werth der Ernte pro HA. bis '/g nicdriger ist, wie er sein könnte.
Auszer der Landwirthschaft leidet der Consunient durch diese einseitige Wahrnehmung der Interessen des Zucker-fabrikanten Schaden, da der Prins des Zpbkers relativ hor-h sein musz. Bei richtiger Cultnr der Rüben wiirde namlich der Zuckerertrag pro HA. ohne erhebliche Vermehrung der Produktionskosten bedoutend steigen, das Rohmaterial tuiden Fabrikanten somit liilliger werden und da die Fabrika-tionskosten pro 1O0 Kilo Zucker nur sehr weinig höher sein würden, würde der Zucker für einen geringeren Preis in den Handel gebracht werden.
Welcher Billigkeitsgrund lasst sich für die Möglichkeit einer so einseitigen Wahrnehmung des Interesses der Fabrikanten anführen?
2. 1st das Angebot von Boden für den Kübenbau im Ver-haltnisz zum Bedürfnisz der Fabrikanten sehr gering, so werden die Fabrikanten im eignen Interesse dein Landwirthe Samen zu liefern und Bedingungen zu stellen suchen, wo-durch dieser Rüben mit für die Fabrikation genügend hohem Zuckergehalte producirt, die ein groszes Wurzelgewicht pro HA. liefern. Die Fabrikanten werden den Rübcnbau so zu regeln trachten, dass wirklich die vortheilhafteste Zuckerernte pro HA. gewonnen wird. Es ist nur traurig, class in diesem Fall mit der guten Absicht der Erfolg nicht in Harmonie sein wird, und zwar aus dem Grumle, weil eine rationelle ('ultur als Voraussetzung hat, dasz die Culturmittel genau nach den gegébenen Verhaltnissen von Boden und Klima geregelt werden, also für verschiedene Bodenarten mit ver-schiedenen physischen und chemischen Eigenschaften u. s. w. die Culturmittel auch verschieden gewiihlt werden. Die rich-tige Wahl der Culturmittel jedoch kann nur durch diejenige Person getroffen worden, welche die gegebenen Verhaltnisse zu beurtheilen im Stande ist, mit der Wirkung der verschiede-nen Culturmittel im Allgemeinen bekannt ist und diese Wirkung für die gegebenen Verhaltnisse nnaufhörlich studirt. Diese Kentnisz Ijesitzt der Fabrikant im Allgemeinen nicht und kann sie auch nicht besitzen und es macht doch einen etwas komischen Eindruck, wenn der Fabrikant dem Landwirth gegenüber den Schein annimmt, alsob er genau wisse, wie der Landwirth handeln müsse, wahrend er nur darauf sinnt, für sich Vortheil zu erringen. Es ist wohl als eine Thatsache anzunehmen, dasz der Fabrikant, im Falie er gegenüber dem Landwirthe stebt, meistens durch die Sucht nach eignem Gewinn verblindet, dem Landwirthe Culturmittel zu gebrau-chen vorschreibt, welche nicht nur dem Landwirthe Schaden bringen, sondern auch für ihn selbst nicht die vortheilhaf-testen sind.
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Sect. 11T c.
Die Vorschriften der Fabrikanten haben somit zur Folge, dasz die Wahl des Saraens, des Diingers u. s. w. nur in ein-zelnen wenigen Fallon mit den Hodenverhiiltnissen in Ueber-einstimmung ist, dasz dieselbe im Allgemeinen dagegen Linriehtig sein wird. In dem einen Falie wird der Ertrag an Wurzelmasse pro HA. zu grosz sein imd der Zuckerge-halt der Wurzeln zu niedrig, im andern Falie der Ertrag an Wurzelmasse und am Zucker pro HA. viel zu klein. Die Bezahlung des Rübenbauers welcher die zuckerarmsten Hiibeu producirt, wird übcrmaszig hoch, die Bezahlung des Rübenbauers, welcher dein Fabrikanten das werthvollste Kohmate-rial liefert, unverhiiltniszmaszig klein sein.
Kein Landwirth wird beim Zuckerrübenbau richtigc Mittel anwenden um den vortheilhaftesten Zuckerertrag pro HA. zu erzielen, weil er weisz, dasz der Fabrikant ihm Samen und Vorschriften giebt, die für seinen Grund wahrscheinlicb nicht taugen und sein Interesse fordert, sein Augenmerk aus-schlieszlich auf eine grosze Ernte an Wurzeln zu richten. So macht schlieszlich auch Niemand, noch der Fabrikant, noch der Landwirth brauchbare Erfahrungen darüber, wie der Kübenbau rationell betrieben werden musz.
Den Schaden dicser irrationellen Handelweise triigt wie-derum in erster Linie die Landwirthschaft, weil der Fabrikant den Durchschnittspreis der liüben stcts so einrichten wird, dasz das Rohmaterial ihm nicht zu hoch zu steben kommt. Es ist allerdings unzweifelhaft, dasz auch der Fabrikant gröszere Vortheile erreichen würde. wenn der Rübenbau auf rationeller Grundlage stattfiinde, weil dann eben in Durchschnitt pro HA. der höchste Werthertrag an Zucker erzielt würde. Dadurch würde das richtige und gesimde Interesse gefbrdert von Landwirth, Fabrikant und Consument.
1st est seitens des Fabrikanten somit kein leeres Gerede, dasz er mitwirken will zur gesunden Förderung des beider-seitigen Interessen von Landwirth und Fabrikanten und damit zugleich zur Förderung des allseitigen Interesses des Volkes, so musz er in Zukunft davon absehen, den Vormund des Landwirthes spielen zu wollen. Er musz mitwirken. dasz der Landwirth in der Cultur der Zuckerrüben vollkom-mene Freiheit crhiilt, sodasz dersclbe in der That im eignen Interesse die besten Culturmittel zu erforschen und anzu-wenden im Stande ist. um den grösztcn Erntewerth au Zucker von seinem Boden zu erzielen. Er kann dazu mitwirken, ohne sein gesundes Interesse irgend wie zu schjidigen, wenn er den Preis für die Rüben nach deren Gehalt an Zucker normirt. Dasz alle praktischen Schwierigkeiten, welche man gegen die Ausfünrbarkeit des Verkaufes der Buben nach dem Zuckergehalte geltend gemacht hat, aus dem Wege zu raumen sind, ist wohl als bewiesen anznneh-
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Sect. FTT c.
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men. Natürlich kunnen auch bei dieser Preisnormirung und bei vollkommener Freiheit des Handelns seitens des Landwirthes die Fabrikanten einen Verbund schlieszen, und den Preis für die Rüben niedriger stellen, wie billig ist; der Landwirth hat wenigstens die Sicherheit, dasz seine Ernte im Verhiiltniss zu deren wirklichem Werthe bezahlt wird. Er wird deshalb die für seine Vcrhaltnisse zweckmiiszigsten Mittel für die Riibencnltur zu erforschen und zu verwenden suehen, sodasz der Grund und Hoden thatsachlich den höch-sten Erntewerth an Zucker liefert, welchen er liefern kann. 1st für den Rübenbau einmal diese gesimde Grundlage geschaffen, sodasz die verstandigste Benutzung des Bodens auch den gröszten Vortheil giebt, so wird man eine billige Vertheiling des Unternehmersgewinnes zwischen dem Rüben-bauer und dem Zukerfabrikanten der Zukunft iiherlassen kunnen. Es ist dann doch sehr fraglich oh in diesem Falle ein ungesundes Bündniss dor Fabrikanten Stand halten wird.
Congpès International d'Agrieultnre
a La Haye en 1891.
Section IV: Questions agricoles techniques.
a. Drainage et irrigation artificielle; desséckement des polders.
R A P P O R T
DE
Monsieur J. DE KONING,
Ingénieur a Nimègue.
(5 quot;cX5quot;quot;^ ö
DKSSKCIIK.MKXT DES POLDERS.
DEFINITIONS. Un polder hvdrographique se compose d'une agglomeration de terrains, entourée de digues, afin d'en exclure les eaux environnantes, et se débarrassant de ses eaux intt'rieures d'une fayon commune.
fia définition est entièrement indépendante de 1'étendue du polder; il y en a dont 1'étendue n'excède pas quelques dizaines d'hectares, tandis que d'autres couvrent unc super-ficie de quelques ndlliers d'hectares. On compte dans notrc pays les polders par centaines.
L'origine des polders est trés différente. 11 y en a qui sont conquis sur la mer ou sur les rivières dans le sens le plus strict de l'expressiou, les bords s'étant exhaussés par vole de colmation, ils out atteint un niveau qui les rend ânuirsquot; pour être endigués: c'est le moment de les transformer pour tout de bon en terre ferme en les entourant soit d'une digue qui en exclut définitivement les eaux environnantes, soit d'une digue de moindre hauteur, permettant aux plus hautes eaux d'entrer dans le polder, comme cela arrive en hiver aux bords des rivières.
D'autres polders doivent leur existence au desséchement de lacs ou d'anciennes tourbières dont on a óté la couche supérieure.
D'autres encore se sont constitués derrière les digues des rivières ou de la mer, par le besoin d'entretenir un niveau d'eau différent de celui des terrains environnants. Souvent, ties séries de polders se trouvent ainsi échelonnés sur un
Sect. IV a.
même cours d'eaux, qui recent leur eau superflue et la conduit vers la mer ou vers la riviere.
II n'existe pas de difference essentielle entre ces divers polders. lis ne différent entre eux que par le rapport de leur niveau et celui des eaux environnantes. Dans la plupart des cas les polders formés par colmation peuvent se débar-rasser d'une mauière naturelle de leurs eaux superflues pendant une partie de l'année ou de la journée, quand ils se trouvent le long de la mer ou des rivieres subissant le regime de la marée.
Les polders de la deuxième categorie situés au-dessous du niveau des eaux environnantes doivent avoir recours aux moyens artificiels de desséchement pendant l'année entière.
Parmi ceux de la troisième categorie il y en a qui sont dans le même cas; d'autres peuvent se débarrasser de leurs eaux par voie naturelle soit pendant une partie de l'année soit toujours.
Une grande partie des polders est pourvue d'installations artificielles de desséchement: cependant parmi les polders suant directenient sur les rivieres il y en a beaucoup qui en manquent. Aux grandes crues des rivieres ceux-ci se trouvent partiellement remplis d'eau, ce qui ne parait pas les endommager beaucoup pendant 1'hiver. Seulement, commc nos rivières sont parfois tres gonflées aux mois d'avril et de mai, quand les neiges se fondent subitement dans les mon-tagnes, les cultivateurs se trouvent hors d'état de labourer leurs champs et leurs paturages dans les mois ou ils en ont le plus grand besoin, ce qui cause des dégats et des pertes considérables. Bien qu'il y ait des cultivateurs qui préfèrent perdre de temps en temps une récolte au lieu de payer les irais d'une installation de desséchement, de plus en plus l'opinion prévaut qu'il vaut mieux s'installer de manière a n'avoir rien a craindre des crues de printemps. La concurrence dans toutes les branches de 1'agriculture y a mis du sien. de sorte que dans le dernier quart de siècle des sommes considérables ont été dépensées dans ce but dans les polders qui auparavant ne jugeaient pas ces installations indispen-sables, lesquelles du reste leur étaient parfaitement connues par un fonctionnement séculaire dans les polders situés moins avantageusement.
Dans un projet d'installation de machines d'épuisement il faut tenir compte;
]e. de la quantité d'eau a élever dans 1'unité de temps;
'2«. de la hauteur d'élévation ;
3e. de la condition des fossés et de 1'emplacement de 1'in-stallation;
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4e. des machines a appliquer.
QUANTITE D'EAU. Les eaux dont les polders tiennent
lt;
â
Sect. IV «.
se débarrasser sont l'eau de ])luic et 1'eau de filtration pénétrant a travers les digues et a travers les couches aquifères du terrain. Quand un canal dc navigation traverse Ie polder on peut y ajouter l'eau provenant des éclusages, jouant toutefois un róle inférieur.
F.a quantité d'eau de pluie est proportionelle a l'étendue du polder. T/eau de filtration depend de la longueur des digues, du rapport entre le niveau des eaux et celui des eaux du polder et de la nature des terrains. Dans les polders longeant les rivières cette quantité est parfois tres considerable, dans un polder d'étendue moyenne, dont la superficie est en rapport convenable avec la longueur développée des digues les masses d'eau de filtration a évacuer par unite de temps peut égaler la quantité maximale de l'eau de pluie. Dans les circonstances favorables la quantité d'eau de filtration peut être négligeable.
La quantité maximale d'eau pluviale a évacuer ne se calcule pas sur la quantité maximale tombant dans un espace de temps trés restreint. Si 1'on voulait évacuer la quantité maximale d'une journée dans le même temps, il faudrait des machines plus puissantes qu'il n'en faut pour entretenir une situation sufïisante.
En calculant la quantité que la machine doit évacuer par unité de temps, il y a lieu de compter avec la superficie totale des canaux dans le polder et avec la nature du terrain. II est évident qu'une pluie véhémente ne causera pas de dégats quand les fossés sont de capacité suffisante pour contenir cette eau; même quand leur niveau s'élève ainsi de quelques centimetres, il n'y a rien il craindre pour les terrains quand quelques jours de travail le ramène a sa hauteur normale. Aussi on' tient beaucoup a ce que ces fossés servant a la fois de conduite d'eau et de réservoir occupent une superficie suffisante; dans les polders de la Hollande cette superficie est parfois de l'étendue totale du polder.
Dans les conditions normales on peut baser ses calculs sur une quantité d'eau pluviale de 0.20 m. par mois en exigeant que la machine (vu les interruptions du service, souvent inévitables) puisse évacuer cette eau en 25 jours. Ainsi pour 1000 hectares la machine doit pouvoir élever par seconde:
0.20*10000000 nuo. ,
--= 0.925 m .
25 X 24 X 60 X 60
Une machine de cette puissance peut tenir tête il une quantité d'eau dc filtration assez considerable, les deux maxima ne coïncidant pas en général.
Toutefois. il est évident, que ces chirtres ne donnent que des indications générales et que la question de la quantité
Sect. IV a.
d'eau a éléver par unite de temps doit étre l'objet d'une étude spéciale puur chaque eas particulier. Cette étude forme 1'élément le plus important dans un projet de desséchement des polders. Dans les polders de pen de surface et la oil la superlicie totale des fossés est restreinte. il faudra adopter une machine d'une capacité un pen phis forte, dans les grands polders on peut se contenter d:un pen moins.
HAUTEUR D'ÃLÃVATION. La h auteur d'élévation est la difference entre le niveau qivon désire maintenir dans les fossés du polder auprès de la machine d'épuisement et celui des eaux dans lesquelles les eaux du polder sont artificielle-ment déversées.
Le niveau d'ean (.lans les fossés dépendant de celui de la nappe souterraine est déterminé par la nature des terrains dans le polder; quand il s'agit de paturages on demande générale-ment un niveau de 0.50 m. au-dessous des terrains bas, pour les champs on vent 1 m. Dans cette détermination il faut tenir compte des pentes naturelles du terrain, afin que dans les fossés se trouve une pen te convenable pour conduire 1'eau a la machine.
Quand il s'agit d'un polder qui n'existe pas encore, c'est a dire du desséchement d'un lae ou d'un estuaire, il faut encore tenir compte de 1'abaissement que suhit la surface dn terrain, après qu'il a été transfonné en terre ferme. Ceci est une affaire de la plus haute importance; 1'installation une fois achevée, en général il est impossible de faire puiser la machine a un niveau plus bas et d'abaisser de la sorte le niveau dans le polder.
Le niveau des eaux extérieures étant celui de la mer ou des rivières. il subit des differences importantes. Plus souvent cependant les eaux sont jetées dans un canal ou dans un réservoir de niveau assez constant qui se déverse lui-même soit naturellement soit artificiellement dans la mer, dans la rivière ou dans un autre canal. Tons ces canaux, servant de réservoir et n'ayant pas de libre acces dans la mer ou dans la rivière s'appellent âboezemsquot;. Avant 1'application de la vapeur et des machines permettant une élévation considérable on installait souvent ces âboezemsquot; 1'un a cóté de 1'autre avec des niveaux différents. Par le moven des moulins a vent on élevait 1'eau du polder dans le premier âboezemquot;, du premier au second et ainsi quatre ou cinq fois de suite. On n'a pas quitté ce système depuis l'appli-cation de la vapeur. Parmi les grands desséchements de ce siècle il y en a plusieurs oü 1'eau est élevée dans un âboezemquot; intermédiaire avant d'arriver a sa destination finale. Ce système de âboezemsquot; permet encore d'entretenir un niveau différent dans les diverses parties d'un grand desséchement.
11 est évident que les grandes élévations demandent des
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Sect. I V a.
installations plus coütenses; conduit par cette considération dans quelques polders situés aux Lords des rivieres on s'est contenté d'une elevation jusqu'a un niveau inférieur aux plus hautes eaux. Dans ces cas-la il pent arriver cependant que les besoins d'une plus grande élévation se fassent sentir, de sorte qu'on est revenu sur 1'idée de faire des économies de ce genre. Toutefois aux bords de la mer, il n'est pas nécessaire de laisser entrer en compte les plus hautes eaux de celle-la, vu qu'elles nc durent que pendant quelques heures.
CONDITION DES FOSSÃS. L' emplacement tout indiqué pour une installation de machines est la partie la plus basse du polder; e'est la que les eaux se rassemblent par les lois de la pesanteur et c'est la 1'endroit d'oü elles (ioivent ctre évacuées.
11 va sans dire que les fossés doivent étre d'une capacité suffisante pour conduire l'eau vers la machine. Toutefois bien des installations pèchent de ce cóté. Quand les fossés sont insuffisants, soit par leur capacité, soit par leur situation, il arrive que la machine ne peut travailler d'une manière continue par manque d'eau. II est évident que dans ce cas la on n'obtient jias tout le profit possible de 1'installation.
MACHINES Avant 1'application de la vapeur on s'est généralement servi de moulins a vent, mettant en mouvement des roues a aubes ou des vis d'Archimède. Main tenant on n:en construit plus de nouveaux et les anciens sont remplacés en partie par des installations il vapeur. Bien que celles-ci soient plus couteuses, elles offrent toute sécurité, tandis que les moulins a vent font souvent défaut aux époques du plus pressant besoin. Le desséchement du lac de Harlem a donné un élan définitif a 1'emploi des installations a vapeur; la commission nommée en 1887 afin d'é-tudier ce sujet a encore largement étudié la question de la force motrice a employer. Heureusement la vapeur alors a obtenu gain de cause. .
Les systèmes de machines élévatoires employés dans les polders des Pays-Has sont. en premier lieu, la roue a aubes et la pompe centrifuge il un ou deux tubes d'aspiration. système anglais ou allemand ; comme exception, la pompe centrifuge avec axe vertical.
En second lieu viennent:
le. la pompeâFijnje ;
2°. la roueâpompe ;
8«. la pompe ordinaire aspirante ou aspirante et foulante;
4e. la vis d'Archimède.
Les machines nommées en premier lieu forment la grande majoritc des constructions de ce genre.
Sect. IV a.
Les roues a iiubes trouvent leur application la plus utile aux elevations inférieures a 1.50 m., bien qu'on n'ait pas a se trnir rigoureusement a cette limite ; on est niême allé jusqu'a 3.60 m. Elles se recommandent plus spéeialement la oil les niveaux sont a pen prés constants; ce qui s'expli-que par la circonstance, que leur plus grand effet utile est atteint, lorsque 1'angle de la palette entranto avee le niveau d'eau dans le polder est égal a 1'angle de la palette sortante avec le niveau d'eau extérieur. Ainsi, quand la roue est construite pour certains niveaux, elle perd de son effet utile quand ceux-ci se déplacent.
Les roues a aubes sont d'ordinaire de fortes constructions en fer avec des palettes en bois on en fer, plates, ou cour-bées ; elles tournent entre des murs en briques, batis avec soin. de sorte que 1'espace libre entre la roue et le niur est extrémement restreint. On donne souvent a ces roues de grandes dimensions; ainsi il y en a a Katwijk, six de 9 m. de diamètre avec 2.45 m. de largeur, chacune rnontant 150 m3 par heure a la hauteur de 1.25 in. A Zeeburg, pres d'Amsterdam, il y en a huit de Sm. de diamètre sur 3.25 m. de largeur, il y en a qui ont jusqu'a 10 et 12 m. de diamètre. Les roues sont généralement fixées sur les arbres, de telle manière rpi'on peut les accoupler a volonté; ainsi on se sert a la fois d'un nombre correspondant au besoin. La vitesse qu'on donne a ces grandes roues nest pas trés considérable, souvent a peu pres 2 m. par seconde a la circonférence; aussi il faut une transmission de la force de la machine a vapeur sur l'arbre des roues, transmission obtenue par un engrenage dans le rapport de 1/8 a 1/12.
Les pom pes centrifuges dans leurs applications diverses sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'insister ici sur leur théorie ou leur mode de fonctionnement.
Dans les polders des Pays-Bas elles sont d'un usage tres général dans les dimensions les plus variées. Parmi les plus grandes, il y en a trois dans le polder Lijmers (prov. de Gueldre): le diamètre de la roue est de 1.75 in., 1'ouverture des deux tuyaux d'aspiration de 0.85 m., des tuyaux de refoulement de 1.20 m. Quand la diöérence de niveau est de 2.50 m., chaque pompe monte 140 m3 par minute; avec une difference de niveau de 4 m., cette quantité est de 100 in3; le nombre de tours est de 95 a 106 par minute.
Les pompes centrifuges offrent quelques facilités de pose, qui manquent aux roues a aubes; aussi 1'emploi en est-il trés fréquent pour les niveaux variables et pour les grandes hauteurs. Toutefois il y a quelques constructeurs qui n'en recommandent pas 1'emploi, paree que leur fonctionnement demanderait trop de combustible. Cette objection n'estcepen-dant pas bien justitiée, ui par la théorie, ui par 1'expérience,
(i
Skit. [V r/.
pour pen qu'on n'emploie pas la première pompe venue, mais bien une pompe dont les elements de construction soient en concordance avec la nature du travail a faire.
Quant aux experiences qui devraient étre comparatives, il n'en est pas sorti un résultat bien concluant, paree qu'il est a peu prés impossible de faire fonctionner diverses machines dans des circonstances parfaitement identiques.
Dans certaines pompes centrifuges, la force est transmise directement par la machine a vapeur sur 1'axe de la roue; dans d'autres, la transmission se fait par une courroie.
Les pompes centrifuges a axe vertical ivont été employées lt;|ue dans les machines d epuisement a Schellingwoude. Les résultats n'ont pas été trés satisfaisants sous le rapport de 1'économie de I'exploitation.
La. pompe Fijnje consiste en un corps de pompe vertical, garni de clapets sur sa paroi, et dans lequel monte et descend un piston dans un cylindre spécial. A chaque mouvement du piston, une quantité d'eau est aspirée dans le corps de pompe, tandis qu'une quantité égale est refoulée dehors. La pompe fonctionne régulièrement, sans seconsse et a grand effet utile. Son unique inconvénient est dü a la nécessité de la tenir plongée entièrement au dessous du niveau de 1'eau dans le polder. Cet inconvénient a deux conséquences facheuses; d'abord il exige des fondations extrêmement profondes, et par conséquent trés coüteuses, en second lieu 1'appareil entier doit être mis a sec, aussitót qu'il y a quelque avarie aux clapets. Ces deux circonstances sont une entrave sérieuse pour la pompe Fijnje dans sa concurrence avec les pompes centrifuges et autres. Aussi, dans les dernières années, on n'en a plus eonstruit.
Dans les premières pompes de ce système, le piston rece-vait son mouvement d'une machine a balanciers; plus tard. on y a appliqué d'autres machines a vapeur. Aussi l'inven-teur, 1'ancien inspecteur en chef du Waterstaat, M. Fijnje van Salverda, s'est-il oceupé jusqu'a sa mort (survenue il y a seulement quelques années) a perfectionner son invention, d'abord en ce qui concerne la forme des clapets, ensuite au point de vue de 1'installation du corps de pompe. pour lequel, dans ses dernières années, il a proposé une position horizontale.
La roue-pompe, inventée par M. Overmars (ISfvS), est une modification de la roue a aubes. Ties palettes courbes sont appuyées sur un tambour étanche, tournant autour d'un axe horizontal. Avec certaines dispositions de détail. 1'inventeur croyait joindre ainsi les avantages de la roue a aubes a ceux de la pompe ordinaire. Lo tambour étanche perinet-
Sect. i Vu,
trait de monter 1'euu jusqu'a un niveau supérieur a celui tie l'axe, de sorte que dans une situation déterminée, une roue de diamètre inférieur suffirait. Bien qu'on ait construit quel-ques roues-ponipes, les résultats n'ont pas répondu entière-ment si ce qu'on en attendait. Fonctionnant a petite vitesse, la roue-poinpe, par ses grandes dimensions, est inférieure si une bonne pompe, tandis ([lie, si la vitesse est grande, la roue si siubes oö're des avantages sous le rapport de la résis-tance dsms l'eau inêiue. Néanmoins on les construit de temps en temps: un exemple en est fourni par !si machine d'épuisement de Mastenbroek.
Les pumpes aspirantes ordinsüres n'ont psis obtemi chez neus une application tres fréquente, mais eiles ont rendu des services excellents dans un cas fort extraordinaire, c'est-si-dire pour 1'épuisement du lac de Harlem, la plus grande entreprise de ce genre dans les Pays-Bas au XlXc siècle, ('es pompes ont un trés grand effet utile.
Ensuite c'est le système de jjoinpes horizontales aspirantes et foulantes, qui a été appliqué dsins des cas divers, surtout la oü les differences de niveau sont assez considérables. Dans toutes ces pompes cependant les clapets torment la psirtie faible de la construction, paree qu'ils se détériorent aisément. Avant 1'application du caoutchouc pour les assises de clapets-, on était forcé squot;i faire marcher les pistons trés lentement pour éviter le choc trés fort des clapets en métsil sur leurs assises, ce qui, en bien des cas, rendait difficile une disposition fsivo-rable de la machine. Msilgré leur effet utile, elles n'ont encore supplsmté ni les roues a aubes ni les pompes centrifuges; elles ont sur les pompes Fijnje l'ayantage de ne pas se trouver eomplètement sous 1'esiu; siinsi. en cas d'avsiries, la réparation donne moins d'embarras; de plus, elles n'exi-gent psis de fondations aussi profond es et par suite aussi coüteuses.
Les vis d'Arcbimède étaient d'une application fort géné-rsilc au temps des moulins si vent, et quand ccux-ci ont été remplacés par les machines si vapeur, les vis avaient 1'avan-tage de la tradition. On ne peut les utiliser que b\ oü le niveau supérieur n'est pas sujet a beaucoup de chsmgements (en général psis plus de 0.50 m.); Ie point d'appui inférieur se détériore facilement psir 1c frottement. Qusmd il y :i une grande difference de niveau si surmonter, les arbres autour desquels elles tournent doivent avoir une grande longueur, ce qui csiuse une certaine flexion et un frottement nuisible de la circonférence de la vis sur le parol qui la renferme. M algré ccs désavantages on les a construites assez souvent-et a des diamètres considérables (plus de '1 m.) Dsins le pol-
s
Sect. TV n.
der Prince Alexandre, pres de Rotterdam, la difference de niveau qu'elles surmontent est de 4.5 m.
Bien qvfil soit toujours nécessaire, en faisant le choix d'une machine élévatoire, de considérer les frais d'exploitation a c6te des frais de construction, il faut souvent se garder d'exagérer les conséquences qui en résultent. II ne faut pas perdre de vue que bien cles machines ne sont en activité que pendant quelques jours de 1'année. Pour celles-la il faut bien se garder de sacrifier la simplicité de la disposition et des machines au désir de gagner quelques hectolitres de charbon. Les mecaniciens préposés a ces machines ne sont pas non plus toujours des plus capables dans leur métier; les administrations ne veulent pas toujours payer des salaires qui conviendraient a un mécanicien de premier ordre. Par une certaine parci-monie a eet égard, elles se causent souvent des dommages; il est prudent d'en diminuer les chances d'avance.
II y a eu des établissements oü Pon avait installé des chaudières tubulaires afin de gagner quelques mètres carrés dans la superficie du batiment et oü 1'on a dü les remplacer après deux ou trois années de service par des chaudières système C'ornouailles (d'ailleurs fort usitées pour ce genre de machines), paree que le mécanicien inexpérimenté avait complètement détérioré les tubes. Aussi les systèmes compli-qués et ingénieux de régulation de la vapeur etc,, sont trés recommandables pour les grands établissements fonctionnant pendant la plus grande partie de 1'année avee des mécani-ciens capables, mais elles out peu d'intérêt pour les polders, en tam qu'ils ne font usage de leur machine que rarement. C'est la surtout, comme je Pai dit, que le constructeur doit tacher d'atteindre la plus grande simplicité, même au prix de quelques autres avantages.
FRAIS DE L'INSTALLATION. EXPLOITATION. Bien que les frais d'installation soient différentes, dépendant des circon-stances locales, des constructions imposées par la nature des terrains etc., l'expérience obtenue par divers constructeurs a conduit a, une moyenne pour calculer ces frais d'une manière provisoire. En moyenne on peut admettre un mon-tant de 900 florins (1) par cheval effectif, somme qu'il faut augmenter des frais d'une habitation pour le mécanicien, d'un dépot de charbon et des travaux extraordinaires, parfois inévitables.
Le nombre de chevaux etfectifs se calcule par la formule ^ J' dans laquelle M représente le nombre de mètres cubes par minute et !1 la hauteur d'élévation.
(It I Morin = 1 II = 2.10 francs.
9
Skct. TV n.
En supposant par exemple un polder de 10()0 hectares et une hauteur d'élévation de 1.50 in. il faudrait procéder de la manière suivante.
Le nombre de metres cubes élevés par minute est de 0.925 X 60 = Ã5.5 m3 (voir le chifïre calculé pour la quantity d'eau de pluie). Par suite le nombre de ehevaux effec-
tifs est de ' ^ = 18.5. On trouverait done pour les
machines et les batiments . . . 18.5 X 900 == 16650 11. ajoutant pour habitation et dépot de eharbons . 3350 â
les frais totaux monteraient a....... 20000 (1.
soit 20 florins par hectare.
En s'imaginant une installation travaillant pendant trois
mois de 1'année, les frais d'exploitation se calculeraient dela
manière suivante;
honille, 4 kg. par heure et par cheval soit
3 V 30 X 24 X l«-5 X 4 im , v .. fl , =160 tonnes a 10 rl.
la tonne................fl. 1600
huile, graisse etc. soit............. 350
salaire de mécanicien 12 mois ii fl. 50 . . . . â 600 aide-mécanicien 13 semaines a fl. 10.......130
total par an. . . . fl. 2680 soit par hectare et par an. . . , fl. 2.68 Intéréts et amortissement de 20000 fl. a 5 p. cent donne 1000 fl.
soit par an et par hectare........... 1,â
total pour 1 hectare par an. . . fl. 3.68
11 va sans dire que ces chifl'res n'ayant pas en vue un cas spécial n'ont rien de précis et qu'ils ne servent qu'a donner un exemple dans sa forme la plus générale.
PROCÃDà ADMINISTRATIF. Pour le changement des lacs en terres fertiles on a suivi divers procédés. On y est parvenu par voie de concession, soit avec un subside de 1'Etat, soit sans subside. L'Etat s'en est aussi occupé directement en entreprenant le desséchement a ses frais et se dédomma-geant par la vente des terrains. L'évacuation des eaux plu-viales après le desséchement reste pour coinpte des acheteurs réunis en syndicat.
Lorsque les terrains submergés font partie de propriétés particulières on a suivi avec succes un autre procédé, communiqué pour un cas spécial par M. Korevaar dans les annales de 1'Institut Royal des Ingénieurs 1890/91 ; ce procédé a servi de modèle a d'autres desséchements.
Dans le cas cité par M. Korevaar, les terrains submergés
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Sect. IV n.
avec les terrains aqueux qui les environnaient apparte-uaient a lt;gt;2 propriétaires qui se sont syndiqués en société. Un comité élu pour prendre la direction était autorisé ii dessécher les terrains et a faire toutes les démarches nécessaires pour parvenir a ce but sous les stipulations sui-vantes:
1°. toutes les propriétés sont transmises temporairement a cette société, qui en revanche donne au proprietaire un titre indiquant le nom du propriétaire, la surface de la propriété et sa valeur, calculée a tl. 1000 par ha. de prairie, de H. 800 par ha. de terrains aqueux et de ff. 100 par ha. d'eau ;
2«. Après le desséchement chaque propriétaire peut réclamer !)0 p. cent de la surface de sa propriété primitive contre paiement de sa portion proportionelle des frais de 1'entre-prise, la société rec;oit en paiement le titre nommé sub lquot; ;
3°. les 10 p. cent de terrains non partagés sont destinés en partie a 1'établissement de routes, de canaux. etc. Le reste est vendu aux enchères;
4e. chaque propriétaire garde 1'usufruit de ses terrains, a moins que ceux-ci ne soient réclamés par la société pour 1'établissement des digues etc. Pendant la période, qu'il n'en jouit pas pour cette raison, la société lui paie ö p. cent par an de la valeur;
öc. le partage est fait d'après un plan désignant la propriété future de chacun: ce plan est arrêté avant que 1'on procédé au desséchement;
6°. après le desséchement la nouvelle propriété est trans-mise au nom du nouveau propriétaire;
7C. la tourbe qu'on pourrait encore rencontrer après le desséchement reste acquise au propriétaire primitif, le nouveau propriétaire sera dédommagé pour les dégats qui lui seront faits par la mise en exploitation de ces tourbières;
8°. la valeur des anciennes tourbières est destinée a diminuer les frais de desséchement;
0quot;. les propriétaires entrent en possession de leur propriété après la première moisson, dont le produit sera au profit de la société;
10°. la dime dont le terrain est chargé, sera rachetée par les soins du comité;
11°. après 1'achèvement des travaux et la liquidation des comptes la société sera trangformée en polder ordinaire.
Après 1'achèvement des travaux les propriétaires du terrain desséché out dü payer en surplus: 740 fl. par ha. pour l'eau et 540 tl. par ha. pour les terrains aqueux. Les propriétaires des prairies ont re(;u 160 fl. de supplément par ha.
Les 10 p. cent de terrains nommés sul) 3e., en tant qu'ils ont été vendus, ont rapporté de 1100 a 1400 H. par ha. ; c'étaient les terrains les plus mauvais du polder.
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Sect. IV a. VI
En somme cettc entreprise a été fort avantageuse pour ies propriétaires, bien que les circonstances ne fussent pas favo-rables, 1'étendue n'étant pas trés grande et le niveau se trouvant bien inférieur aux eaux environnantes.
LES DESSÃCHEMENTS DU PASSÃ. En considérant les installations d'épuisement dans les Pays-Bas, il faut encore distinguer les desséchements propreraent dits et les machines affectees aux polders ou aux ,.boezems-', qui n'ont besoin de moyens artificiels de dosséchement que dans trés peu de cas. Les premiers situés parfois quelques mètres au dessous du niveau des eaux environnantes ne sauraient se passer de ces installations, les derniers ne les ont adoptés que pour amé-liorer leur situation. Longtemps avant l'application de la vapeur aux machines on n'a pas hésité a aborder la question si compliquée des desséchements proprement dits. Au dix-septième siècle lorsque la République des Provinces-Unies était a son apogée, lorsque le commerce et la navigation faisaient affluer l'or de toute part dans la caisse de nos négociants, ceux-ci ont donné un élan vigoureux aux grands desséchements de la Hollande Septentrionale. Evidemment c'étaient des moulins a vent qu'on appliquait et bien que dans notre siècle on les ait remplacés en grande partie par des machines a vapeur, ils ont parfaitement répondu aux besoins de leur temps. C'est de ces jours-la que datent les desséchements du Beemster (7218 ha.), du Schermer (4828 ha.) et de tant d'autres polders.
Les essais, d'abord timides, avec les machines a vapeur datent de la fin du siècle dernier. Par les tatonnements iné-vitables les succès se faisaient attendre, de sorte que vers 1'année 1830 on ne trouvait encore que des installations isolées de relativement peu d'importance, et assez coüteuses sous le rapport de la consommation de la houille. Par cela même les opinions n'étaient pas bien arrêtées sur les mérites respec-tives du vent et de la vapeur. La question ne fut netteinent résolue que lorsque le desséchement du lac de Harlem eüt été décidé.
Le lac de Harlem avec une superficie de 18000 hectares s'élargissant depuis des siècles, causait de vives inquiétudes aux populations environnantes, 1'entretien de ses bords demandait des sommes considérables sans qu'elles empêchas-sent les débordements les jours oü la tempête le trans-formait en véritable mer intérieure. Les ingénieurs du XVIIième siècle avaient déja mis a 1'étude le dosséchement de ce lac, mais la réalisation de leur rêve a été réservée au XIXquot; ,,U'.
C'est en 1839 que le desséchement a été décidé par une loi après qu'une commission eut examiné les différents projets. En 1840 une nouvelle commission formula les conditions fondamentales pour dresser le projet détinitif.
Srct. TV rt.
D'après ces conditions les dimensions des machines seraient calculées de telle sorte que les installations pour 1'épuisement primitif serviraient plus tard au desséchement du polder. Le niveau de 1'eau dans le polder se trouverait a ö mètres au dessous de celui des eaux environnantes. On aurait besoin de 114 moulins a vent travaillant pendant 60 jours par an durant le premier épuisement et pendant 30 jours les années suivantes on bien de 1084 chevaux-vapeur travaillant pendant 253 jours par an, lorsqu'on élèverait les eaux d'un jet avec des pompes et de 1200 chevaux lorsqu'on 1'élèverait en deux hauteurs au moyen do roues ou de vis. On calculait la con-sommation de houille a 1.2 kg. par cheval-vapeur et par heure pour les machines de Cornouailles simples activant les pompes et a 1.8 kg. jwur les machines doubles activant des roues ou des vis. La durée serait de quatre années avec les moulins a vent, de quatorze mois avec les pompes, de deux ans avec les roues ou les vis travaillant en deux hauteurs. Les frais d'installation furent calculés a 3 700 000 fl. pour les moulins a vent, a 1 200 000 fl. pour les machines a pompe, ii 1 700 000 fl. pour les machines activant des roues. Les frais annuels d'entretien respectives a 74100, 54000 et 78000 fl.
L'installation des trois machines du lac de Harlem a été d'ivne extréme importance pour les desséchcments dans les Pays-Has, tant pour 1'exemple donné et les résultats obtenus que pour la manièrc consciencieuse dont on a étudié les projets, par laquelle elles marquent une veritable étape dans 1'histoire du développement des machines; aussijusqu'a ce jour ils ont traval Hé avec un succès jiarfait et avec une réelle économie.
L'installation de la première machine (Leeghwater) a com-mencé en janvier 1843 et elle a fonctionné depuis le mois de septembre 1845. Elle a coftté 368 050 fl.. y compris les batiments etc. Kile a cinq chaudières de m. de longueur et 1.82 m. de diamètre, activant onze pompes, diamètre 1.6 m. et course du piston 3 m. La hauteur d'élevation est de 5 mètres, chaque pompe monte 6 m3 par coup de piston.
La seconde machine (Lijnden) a coüté 542 239 fl. Elle a six chaudières de dimensions égales a celle du Leeghwater, activant huit pompes, diamètre 1.85 m., course du piston 3 m. Kile a fonctionné depuis le mois de décembrc 1848.
La troisième machine (Cruquius) a couté 554 376 fl.; l'in-stallation est a pen pres identique a celle du Tajnden, elle fonctionné depuis le mois d'avril 1849.
Au mois de juin 1848 la digue de ceinture était achevée, le premier juillet 1852 le lac était entièrement desséché. La quantité d'eau élevée dans ce laps de temps se montait a 840 millions mètres cubes.
11
Sect. TV a.
Les frais totaux de 1'entreprise se sont éle-vés a................9 377 512 H.
auxqviels il taut ajouter pour intéréts de fonds
empruntés et frais de l'emprunt......4 411 S(iö â
13 789 377 tl.
Les terrains ont étc vendus pour. 473 H. par hectare en moyenne; les boni de l'entreprise se
sont montés a............. 9 377 262 â
ditférence. . . . 4 412115 H.
soit 250 tl. par Hectare, étant restés pour compte de l'Etat, qui avait entrepris et dirigé le desséchement.
Ce résultat financier peu favorable a été attribué il ce qu'on a vendu trop de terrains a. la fois et qu'on avait laissé l'arrangemcnt final des champs pour le compte des acheteurs. Les terrains sont du reste de fort bonne .qualité et valent pour le moment de 1500 a 2000 tl. par hectare.
Toutefois la ditférence entre les frais de l'entreprise et le prix total de la vente ne saurait conduire a la conclusion (pi'ellc n:a pas été d'intérêt général. II ne faut pas perdre de vue les resultats et les benefices indirects du changement d'un lac redouté en prairies fertiles oii une population indus-trieuse trouve une large existence. La richesse nationale a été augmentée, le fisc trouve des contribuables, il n'y a plus de digues ni de défenses de rives a entretenir et le bien-être s'est répandu sur une région qui jusque la n'avait de 1'inté-rêt que pour la pêche (1).
Les frais d'exploitation pendant les années 1883â1889 sont résumés dans les chitfres suivants (2'):
(1) Les ravages du lac dans le sol tourbeux n'étaient pas de peu d'im-portance; son étendue ayant augmenté en trois siècles de 8615 a 18000 hectares. Les travaux d'empierrement et de clayonnage sur les bords étaient énormes: quand on commoncja le desséchement les matériaux ayant sei'vi a ces travaux furent vendus au prix de 108000 florins.
(2) D'après les renseignements bienveillants de M. Elink Sterk, ingénieur du syndicat.
14
SKCT.
Parmi les desséchements de ce siècle on peut encore citer celui du Zuidpias (1887) et du polder Prince Alexandre (1868), a cause de la hauteur exceptionnelle a laquelle leurs eaux ont été élevées; du reste le premier date d'une période de transition, ce qui a donné lieu a 1'application d'un sys-tème mixte de vent et de vapeur.
La hauteur d'élévatiou pour le Zuidpias (4420 ha.) est de B.64 m. D'abord on se proposait d'avoir uniquement recours a la force du vent; c'est pourquoi on a entreposé des .,boezemsquot; intennédiaires entre le polder et les eaux extérieures. D'après le premier projet une rangée de onze moulins a vent (activant des vis) élèveraient les eaux du polder de 5.61 m. â¢zéro dans un âboezemquot; et onze autres moulins pareils les monteraient dans un canal do ceinture dont le niveau serait de 1.53 M' -r zéro. Sept moulins activant des roues a aubes devraient élever 1'eau de ce canal, jusque dans un second âboezemquot; intermédiaire et enfin cinq moulins pareils le jetteraient dans la rivière au niveau de 1.03 m. -f- zéro. En executant le projet on a un peu modifié le nombre des moulins en y ajoutant deux installations a vapeur d'importance secondaire. Ce desséchement a coüté 3 100000 II.. dont les terrains vendus n'ont rapporté qu'une faible partie. En 1876 on a remplacé les moulins a vent par des installations a vapeur.
Le polder?Prince Alexandre (272!) ha.) contient les terrains les plus bas du pays, la hauteur d'élévatiou totale est de 7.8 metres. Ici encore on a divisé cette hauteur en deux, de sorte que les eaux du polder sont élevées dans un âboezemquot; intermédiaire avant qu'elles ne soient déversées dans la rivière.
Parmi les desséchements réussis dans le dernier quart de siècle on peut encore citer celui des polders le long du canal d'Amsterdam a la mer du Xord, ayant fait partie de 1'estuaire 1'Y. Je ne suis pas cn état de specifier les sommes, aöectées a ces desséchements, paree iju'elles se perdent dans l'agglo-mération des frais du canal avec ses travaux adhérents.
Leur superficie totale est d'environ 5000 ha., vendus après leur desséchement a raison de 1500 a 3300 fi. par ha., en total 15 662 000 florins, sans compter le produit de la moisson pendant la première armee qui a été de 1 800 000 fl.
La hauteur d'élévatiou est de 2,50 a 4 m. Les propriétaires paient pour l'entretien des travaux, le service des machines etc. annuellement une moyenne de
II. 20 par ha. dans le Amsterdammer polder,
.. Groote Upolder.
.. Noorder Upolder. ., Nauerna,WestzaanenZaandampold. â Houtrakpolder. â Spaarndammerpolder.
20.50 â â 16.â ., â 10.â â 22.â 27.â
Sect. IV a.
II. '2S,â par ha. dans le Xoordwijkcnneer en Zuidwijkcr-meerpolder (1).
On pourrait sans trup de peine multiplier les examples de travaux de desséchement plus ou moins réussis. Car, il taut lo dire, bien que generalement ces installations aient donné les résnltats attend us. il y en a dont les frais se sont telle-ment élevés, qu'on a du les abandonner ou que les terrains sont tellement ccrasés sous les impóts, que leur valeur effective est minime. 11 peut toujours arriver des eirconstances impré-vues qui ainènent une quantité d'eau surpassant eonsidéra-blement celle pour laquelle les installations ont été calculées. I'arfois aussi les entreprises de ce genre échouent par 1'opti-misme des entrepreneurs soit paree qu'on a construit les machines trop faibles, soit, ce qui est pire encore, que les machines élévatoires ne sauraient puiser les eaux ii une profondeur convenable. Cquot;est la le grand danger; les fautes qu'on a commises dans cette direction étant généralement irrémédiables.
En dehors des installations destinées aux desséchenients propremeut dits, c'est a dire a la transformation definitive d'un lac ou d'un estuaire en terre ferme, on compte les installations de ce genre dans notre pays par centaines etde toutes dimensions, destinées a maintenir un niveau constant dans toutes les circon stances. Les grands polders et les grands syndicats de même que les administrations de quelques villes en ont établi de fort remarquables. (quot;ela nous conduirait trop loin de les passer tous en revue; pour los connattre il faut se renseigner aux traités spéciaux (2).
Seulement il pourra être intéressant d'attircr ici 1'attention sur les grands syndicats. Le plus grand et en même temps le plus ancien est celui de Rijnland, ne contenant pas moins de 105 721 hectares dont 77 237 hectares de polders. Ce syndicat se compose d'un grand nombre de polders, ay ant leur autonomie pour leurs intéréts particuliers, mais réunis sous 1'autorité d'une administration centrale oü du reste les pro-priétaires envoient leurs délégués. ('es polders étant séparés entre eux par des digues et ayant chacun son niveau d'eau en relation convenable avec le niveau de ses terrains, les eaux extérieures des polders sont en même temps les eaux intérieures du syndicat, auquel il incombe de les tenir a un niveau convenable. C'est ainsi que Rijnland a des installations a vapeur énormes en différents endroits de sa cir-conférence: a Spaarndam, Halfweg, Katwijk et Gouda. Ces
(1) D'après les renseignements bienveillants de M. Kntgers van Rozenburg, député.
(2) Le seul traité complet existant dans notre la'ngue est: A. Hukt Stoombernaling van polders en boezems, avec atlas, La Haye 1885.
SlOCT. IV (I.
installations déversent leurs eaux dans différents cours d'eau, qui du reste a un moment donné ne sont pas dans une condition également favorable pour les recevoir. C'est la un avantage, par lequel on est a même de profiter des conditions les pins favorables.
Rijnland ne s'occupe pas seulement de 1'évacuation de ses eaux; dans les périodes de sécheresse on fait entrer l'eau des rivières dans les polders en quantité considérable afin de pourvoir aux besoins des prairies, dn bétail, etc.
LE DESSÃCHEMENT DE L AVENIR Le dessécbement du lac de Harlem et les progrès de la mécaniquc ont fait entre-voir la possibility d'nne entreprise, destinée a couronner les travaux qui depnis des siècles ont été nienés a fin dans notre pays.
Je finirai cette courte notice par une communication sur la nature de quelques questions qui se posent a propos de ce dessécbement et les phases que les études de ces questions ont parcourues jusqu'ici.
Le Zuyderzée est une mer intérieure qui s'est forinée au commencement de notre ère par une irruption de la nier du Nord dans la direction de l'ancien lac Flévo. La nouvelle mer pénétra de tous cötés dans le pays et remplit les terrains bas ou bien se réunit aux lacs existants, faute de digues suftisantes. Plus tard elle a été rétrécie jusqu'a la forme qu'elle a actuellement.
Au sud, a 1'ouest et a l'est, elle est contenue dans son bassin par des digues énormes et par des dunes pour une partie insignifiante de sa circonférence; au nord elle est limitée par une rangéc d'iles, qui autrefois ont fait partie du continent. Entre ces ties se trouvent des détroits par lesquels les eaux de la mer du Nord pénètrent dans le bassin. Pour cette raison, les détroits oü passe la plus grande qnantité d'eau a cbaque marée sont devenus tres profonds et 1'un d'eux par cela même, a assure sa position exceptionnelle de port de mer, j'ai nommé le Helder, une de nos plus fortes positions stratégiques.
La quantité d'eau pénétrant dans le Zuyderzée a cbaque marée, est énormément influencée par les vents. Les tempêtes venant du nord-ouest causent souvent des dégats considérables aux travaux de mer qui lui sont opposés.
C'est ainsi que dans tous les projets préséntés pour le dessécbement de la mer, on s'est proposé un double but: celui de gagner du terrain pour le mettre en culture et de gagner sur les frais énormes d'entretien des digues qui protègent le pays.
Le premier projet sérieux pour le dessécbement date de 1848 et est dü a M. van Diggelen, alors ingénieur du Waterstaat. II embrasse a pen prés la mer entière, telle qu'elle est limitée par les iles; toutefois la position du Helder pou-
IS
Sect. LV a.
vait être maintenue. La digiu; ten ainée, le niveau s'abaisserait par cela même de 1.25 in. ce qui mettrait a sec bien des terrains propres a la culture. Lus eaux tluviales découlant jusqu'ici dans le Zuyderzée, seraient conduites vers les écluses, par de larges cours d'eau autour du polder et par d'autres nouvelles voies, elles devraient être élevées en grande partie artificiel lenient dans la mer dn Nord.
La question de la derivation des rivieres est le cóté faible du projet Van Diggelen et même le rend impossible dans la forme proposée. La riviere la plus considerable est 1'Yssel, une des branches du Kbin. destinée a conduire vers la mer la neuvième partie des eaux de ce Heuve, bien que dans des circonstances spéciales son debit s'elève au double de cette portion. On a calculé que la quantité d'eau se déversant a cbaque seconde dans le Zuyderzée peut s'élever a 4500 metres cubes : il n'y a pas besoin de dire que les frais pour épuiser de telles masses seraient immenses. Aussi la grande distance de rembouchure de 1'Yssel aux écluses exige une difference de niveau assez grande, de sorte que le niveau de cette riviere monterait au détriment du pays environnant. Kt encore, si Ton pouvait faire écouler les eaux de rivières par les écluses. 11 n'en serait pas de même pour les glacés transportées en grandes masses par les rivières.
A ces considerations s'ajoute la circonstance que le fond de la partie septentrionale du Zuyderzée est entièrement sablonneux, de sorte que le terrain gagné ne vaudrait (ju'en partie les sacrifices qu'il aurait coütés, et que dans cette partie il nc resterait que la satisfaction d'avoir amélioré la condition de quelques digues, tandis (|ue la construction et le maintien de la nouvelle digue donneraient lieu a des diflicultés presque insurmontables.
('ependant 1'écrit de M. van I )iggelen a attiré 1'attention des autorités sur ce sujet, et 1'on commenya généralement a s'occuper de cette question ; c'est sur 1'initiative du gouvernement qu'un nouveau projet a été dressé par 1'ingénieur en chef, M. J. A. Beijerinck, extrêmement compétent en cette matière. ayant pris unc part active a tous les grands des-séchements de ce temps, même avant celui du lac de Harlem, (quot;e projet a été modifié plus tard dans ses détails et a servi de base au projet Stieltjes, qui a failli être réalisé avec quelques modifications qu'une commission gouvernementaled'abord, et plus tard le gouvernement y avaient apportées.
D'après ces ])rojfcts 1'embouchure de 1'Yssel est exclue du polder, de sorte quil ne s'agit plus que du desséchement de la partie méridionale, ce qui simplifie les travaux, tandis que par cette disposition presque tous les terrains gagnés sont propres a la culture.
Dans le projet Stieltjes la diguc principale aurait la direction EnkhuizenâUrkâembouchure de lYssel. Sa hauteur
11)
Sect. IVa.
serait de 'gt; metres uu-dessus du niveau moyen de la mer aux ctiages (c'est le niveau normal pour les Pays-Bas, désigné par les lettres AP. = Amsterdamsch ])eil). Sa longueur serait de 39 kilometres, la surface du polder de 196 000 hectares, dont 178 000 propres a la culture. Les écluses pour 1'écoule-ment des eaux auraient une largeur totale de 140 metres. l,a surface desséchée serait divisée en polders, ayant chacun ses moyens d'épuisement des eaux superflues, qui seraient versées dans un réservoir général, for mé par les canaux prin-cipaux et des terrains réservés il cette destination: il aurait un niveau de 0.40 m. â AP., ayant libre communication avec le canal d'Amsterdam a Ymuiden et serait pourvu de grandes installations pour le montage des eaux dans la mer, avec une puissance totale de 1150 chevaux. Les fra'.s de cette entrc-prise furent calculés a 123 millions de florins, sans compter les intéréts du capital de construction durant 12 ou 14 années.
Sur les bases de ce projet une société, qui s'était constituée a ce dessein, demandait a 1'Ãtat la concession pour le des-séehement de la partie méridionale du Zuyderzée. Elle s'était mise en rapport avec la Société de Dépots et de Comptes courants a Paris, sous les auspices de laquelle se constituerait une société définitive pour entreprendre ce grand travail. L'Ãtat y prendrait part en payant un subside de 43 750 000 Horins. Le gouvernement cependant n'a pas cru qu'il fut de 1'intérêt général d'accorder line concession aussi importante a une société particuliere et a pris lui-même l'affaire en mains. En 1877 il présenta un projet de loi pour le desséche-ment en question, accouplé a quelques travaux de navigation inférieure. Des évènements étr.'ingers a ces intéréts cependant forcèrent le ministère a donner sa démission, le projet de loi fut retire et il n'a pas été présenté de nouveau.
Ainsi line question brülante qui avait mis taut de plumes en émoi, semblait n'aboutir a rien, quand un des membres des Etats-Généraux M. Buma, proposa dans la seconde Chambre d'ouvrir une enquête sur la possibilité d'endiguer la mer entière, comme on 1'avait voulu faire, avant que les difficultés causées piir les eaux de 1'Yssel eussent été mises en lumière. Cette idéé fut vivement combattue dans la Chambre, dans les réunions des techniciens et aussi dans la presse : on jugeait généralement peine perdue de faire une enquête sur une question qui avait été résolue négativement après le projet van Diggelen. La conséquence de cc renou-vellement de la lutte fut, en premier lieu, que le projet de loi Buma fut retire, mais ensuite que sur 1'initiative de ce député et d'autres personnages influents, une société fut constituée dans le but de faire 1'enquête en question. Les fonds de cette société consistent en subsides de particuliers et de caisses publiques. Son ingénieur M. Lelv s'occupe depuis quelques années des cfttés multiples ((u'oflre la ques-
'20
Sect. IV a.
fcion, premint plutót en vue 1'endiguement que le desséchc-ment. Ses rapports publiés par la société sont du plus haut intérêt pour la question et renferraent nn tresis de don noes indispensables pour celui qui entamerait I'entreprise. 11 abandonne la ligne passant par les iles a cause des diffi-cultés inhérentes a la fermeture des détroits fort profonds et donnant lieu a des courants violents. II étudie plus spécia-leraent 1'endiguement, suivant une ligne passant de la cöte de la Hollande septentrionale par 1'ile de Wieringon a la cóte de la F rise, sans exclure l'embouchure de 1'Yssel, qui se déverserait dans un lac intérieur, maintenu entre la, digue principale et le polder proprement dit.
Tl faut encore relever les projets d'endiguementrpartiel du Zuyderzée. (''est surtout M. Huet, professeur a 1'Ecole Poly-technique a Delft, qui s'est fait partisan de cette solution et qui avec M. Linze a demandé en concession l'endiguement de la partie occidentale de la mer. D'après ce projet on gagnerait 12 öOO ha. de terres excellentes qui couvriraient les frais d'installation a la condition qu'elles fussent réalisables pour 12 millions de florins soit moins de 1000 florins par hectare, tandis qu'on évalue la valeur des terrains identiques dans le voisinage a 8000 fl. par hectare. Le desséchement demanderait sept années. Un autre avantage de ce projet est que la construction de la digue offrc plus de sécurité, celle-ci n'ayant pas une situation aussi exposée que celles des autres projets. L'entreprise ne demande pas de capitaux énormes a la fois, tandis que les terrains desséchés pourraient ètre vendus a meilleur jirix que si 1'on ofl'rait 175 000 hectares en peu d'années.
li]
DRAINAGE ET IRRIGATION AKTIFI01ELLE.
Kn parlant des dessécheiuents j'ai peut-êtri- jiris en vuetrop exclusivement ceux des Pays-Bas, ne traitant pas de ceux qu'on a entrepris en diverses parties du globe, spécialement en Italic, ou tant de travaux analogues excitent 1'admiration. J'espère qu'on m'excusera sous ce rapport, on considérant que le champ a traiter est tellcnient vaste, que déja j'ai dfi bcaucoup passer sous silence, tout cn confinant inon sujet dans les trontières de nion pays.
Quand on s'iinpose cettc réserve il n'v a pas bcaucoup a diro sur les irrigations artiticielles. A pen d'cxceptions prés dies n'cxistent jjas dans notre pays (1). Bicn qu'on connaissc parfaitement les bienfaits de 1 'eau limoncusc sur les jirairies. les meilleures prairies étant celles qui. situées entre les digues et les fleuves, sont subinergées chaque année par la rivière débordante. fgt;n ne met pas en icuvrc des irrigations artifi-cielles proprcment dites. Au lieu de vous donner un apereu d'un sujet sur lequel les situations néerlandaises nesauraient vous appendre rien de nouveau, je tacherai d'établir les motifs qui ont conduit 1'agriculture du pays a négliger ce inoyen d'augmenter le produit du sol.
II faut remarquer d'abord (pie I'agriculteur est générale-ment peu enclin a payer les frais d'installation, inême pour des arrangements ({ui lui promettent une augmentation «â¢onsidérable de sa moisson. Or, pour les pentes faibles qui prévalent dans nos terrains, une irrigation a endossements étant la plus efiicace, 1'installation et 1'entretien sont assez coüteux. Quand on étudie les situations semblabes en Alle-magne et en Belgique on peut citer les exemples suivants pour les frais d'installation des champs:
(1) Pour le drainage, quand on fait exception de quelques régions de la Zélande et de Groningue, c'est a peu prés la itième chose. Peut-étre cette circonstance s'explique a nioitic par le fait que la nappe d'eau sou-terraine étant généralernent assez élevée un drainage efficace demande une distance miniine des tubes et est par cela inéme plus coüteuse qu'en d'autres circonstances; un hi illant exeiuple de drainage oll're le Willielmina-polder (1500 ha.) en Zélande.
Sect. IV a.
Irrigation Miiden-Nienhofen rterrains sablonneux a pontes
faibles) par ha............fl. 50 a 360
irrigation ii Hetze (même terrains) . . . . â 180 ,, 210 id. â id. (terrains argileux) . . . â 210 ,, 2o0 id. â Volkse (pente plus forte, terrains argileux snr oouohe artificielle de
sable)........... 600
id. â Rosdorf pres 'de Göttingen (terrains argileux a fortes pentes) . â 48(1 id. Bokerheide (pentes assez fortes
en terrains sablonneux). . . . â 216 id. ,, Siegen (pentes fortes, terrains
argileux).........â 650
id. ., an Grand-dnché rle Hade (pentes
faibles)............ 240 a 3(MI
id. .. a la Canipine (terrains sablonneux, pentes fortes).....â 225
En general la plus-value du terrain irrigué et l'augnien-tation des moissons justifie parfaiteraent ces dépenses, il faut convenir cependant qu'elles sont parfois assez considérables, de sorte (jue 1'agriculteur se niéfiant des résultats a obtenir ne se décide pas aisément a établir des irrigations.
Une entrave pour le développement des irrigations arti-ticielles est encore le morcellement des terrains. Une combi-naison de parcelles formant un polder, qui a une méthode bien déterminée pour 1'évacuation de ses eaux pluviales, n'aime pas a admettre des eaux d'irrigation a cause des difficultés de nature diverse. D'abord il y aura toujours des propriétaires qui ne désirent pas entrer dans une combinaison et dont il faudrait isoler les terrains; il en est de même avec les batisses, établis au niveau des parcelles environ-nantes. Apres, il faut considérer que dans bien des polders les eaux ne sauraient découler par voie naturelle, de sorte qu'une irrigation nécessiterait 1'établissement d'une installation pour le desséchement, qui en augmenterait énormé-ment les frais.
D'autres difficultés se rencontrent a 1'étude des irrigations pour les terrains sablonneux abondant dans notre pays et dont le défrichement serait un bienfait. Seulement la plupart de ces terrains se trouve a une hauteur considérable au dessus du niveau des rivieres dont il faudrait élever ainsi les eaux limoneuses de plusieurs metres. Bien que cette difficulté ne soit pas insurmontable, il faut en tenir compte, paree qu'elle ne permet des résultats favorables que dans des circon-stances spéciales.
En dernier lieu il faut remarquer que cette matière n'a pas été jusqu'ici 1'objet de la sollicitude du Gouvernement ni de nos législateurs. Tandis qu'en d'autres pays les irrigations, les cours d'eau, etc. ont été l'objet d'une législation
Sect. IV a.
plus ou moins importante, il n'en est pas ainsi chez nous et il n'est pas impossible tjue, cette circonstanee a eu son influence. En quelques pays 1'Etat s'oceupe plus spécialement des irrigations en mettant il la disposition des intéressés les conseils et l'assistance de ses employés; e'est encore un nioyen de rendre populaire 1'irrigation, moyen qui n'a pas encore été appliqué chez nous.
Toutefois on peut croire que l'intérèt de nos agriculteurs pour ces (piestions s'éveille, comme dans ces dernières années il s'est éveillé pour tant de sujets agricoles. Ou peut espérer qu'au prochain congres international d'agriculture ii la Haye inon successeur pourra réléguer au domaine de Thistoire ies difficultés surmontées pour arriver aux premières grandes installations d'irrigation dans les Pays-Bas et qu'il pourra démontrer par les chififres une augmentation considerable de la richesse nationale, obtenue ])ar 1'application des eaux ferti-lisante? sur nos prairies.
.1. dk KONING,
Ingr-Cwil.
INDEX.
Desséchement des polders...........p. 1.
Délinition p. 1: quantité d'eau p. 3; hauleur d'élévation p. 4; conditions des fossés p. 5 ; machines p. 5 ; frais dc I'mstallation, exploitation p. 9; procédé administratif p. 10 ; les desséchements du passé (lac de Harlem, etc.) p. H : le desséchement de favenir (Zuyderzee) p. 17.
Drainage et irrigation artificielle........p. 21.
24
Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section IV; Questions Agricoles Techniques
a. Drainage et irrigation artificielle.
Projet to Loi lie Seconrs anx entreprises ile Cananx et Réservoirs fl'ration,
RAPPOR!1 I)K
Monsieur ANDRÃ DE LLAURADÃ.
Ingénieur en ('hef du Disfrict forestier de Madrid, ancien professeur de construction et de mécanique appliquée a l'Ecole des Ingénieurs des forêts, Vice Président du ('ongrès international do Tutilisation des eaux fluviales tenu a Paris en 1889. Membre correspondant des Académies royales des sciences de Madrid, Barcelone et Lisbonne, de l'Académie royale d'Agriculture de Turin, de la Société nationale d'Agriculture lt;le France, de la Sociéte Impériale économique de St. Pétersbourg-de la Societé Impériale agronomique delaKussie méridionale, de la rSocietaagr ariaquot; de Lombardie, du Comice agricole de Coni, do la Société nationale fran^aise d'en-«touragement a I'lndustrie, de la Société d'Horticulture de l'Etat de Californie. Commandeur des Ordres espagnoles de Charles III, d'Isabelle la Catholique et du Mérite Naval, Officier de la Légion d'Honneur, Chevalier du Mérite agricole et Officier d'Académie de France, Officier de 1'Ordre de St. Maurice et St. Lazare d'Italie, Chevalier du Christ et Officier de St. Jacques de Portugal, etc.
EXPOSE DES MOTIFS.
Tl serait oiseux de s'attacher u faire ressortir le caractère de nécessité absolue que présente 1'irrigation pour le déve-loppement de la richesse agricole dans les pays méridionaux, surtout lorsqu' ils possèdent un sol et un climat analogues a f-eux de la plus grande partie de la Péninsule Ibérique.
L'idée que la culture ne peut se passer des bienfaits de 1'irrigation est d'ailleurs si profondénient enracinée dans 1'opinion publique en Espagne, qu'il est inutile d'insister sur ce point.
Quoique la plupart de nos rivières n'offrent qu'un faible débit d'étiage, et que quelques unes soient déja 1'objet d'utili-sations ([ui rendent difficile et parfois niéme impossible toute concession nouvelle aff'ectant leur régime dans la période des basses eaux; bien qu'un grand nombre de nos ruisseaux n'aient pas un débit normal suffisant pour pouvoir desservir des irrigations continues d'une certaine importance, nous possédons néanmoins quelques rivières principales dont il serait facile de tirer parti, et dont les eaux ne sont cependant
Sect. TV n.
pas employées a aucune époque de 1'annee comme elles devraient l'être. On laisse perdre en effet les eaux de crue de ces rivieres, ainsi que celles qu'elles débitent pendant 1'hiver, au lieu de les emmagasiner dans des réservoirs qui pourraient fournir ainsi, a un moment donné, des volumes d'eau considérables, et contribuer puissamment par cela même aux progrès de 1'agriculture en lui rendant ces eaux en excès aux époques oü elle en réclame impérieusement pour les besoins de la culture.
Un grand nombre de torrents dont le débit superficiel est tres faible et même nul pendant la majeure partie de l'année peuvent néanmoins fournir un volume important d'eaux souterraines; de vastes bassins qui resolvent d'abóndantes eaux pluviales seraient susceptibles d'être avantageusement iivrés a la culture, si ces eaux n'étaient le plus souvent mal distribuées, et si au lieu de rejoindre promptement les rivières et la mer, elles étaient emmaga-sinées a proximité des terrains qui pourraient et devraient en bénéficier. Si nous nous efforcions de tirer parti des ressources naturelles que notre sol et notre climat nous offrent, nous pourrions encore, par la généralisation du système des réservoirs arracher a la stérilité de vastes éten-dues de territoire aujourd'hui sans utilité pour la production nationale, faire au sein même de notre pays de véritables conquêtes pacifiques, et fixer sur le sol de la patrie des milliers d'hommes forcés d'émigrer tous les an? vers des contrées lointaines pour y chercher les moyens d'existence que la terre natale ne leur offre pas.
A toutes les époques de notre histoire nous voyons le gouvernement et les particuliers s'efforcer de favoriser oar tous les moyens en leur pouvoir les travaux d'utilisation des eaux. Je ne referai pas ici 1'historique des canaux et des réservoirs qui donnent la vie et 1'abondance a nos contrées, terres classi-ques de l'irrigation; je renverrai le lecteur a ce que j'ai dit a ce sujet dans mon rapport au Congrès international de 1'utilisation des eaux fluviales, tenu t\ Paris en 1889 (1).
J'ai démontré dans ce rapport que toutes les mesures ima-ginées jusqu'a ce jour pour encourager la formation des entre-prises d'irrigation avaient été insuffisantes et par suite ineffi-caces, je n'y reviendrai done pas. J'examinerai simplement ici deux au tres moyens qui ont été employés dans ce but; la construction directe des canaux et des réservoirs d'irrigation par l'Etat; et l'exécution de ces travaux par les intéressés, Ruffisamment aidés par le trésor public.
2
II est évident que l'Etat ne dolt pas] remplir d'autres fonctions que celles qui lui sont propres, et que, s'il s'agit
(1) Voir Annexe, page 40.
Sect. TV n.
de Paccroispement de la richespe publique, il doit laisser Taction individuelle s'exercer jusqu'a la limitc do ses moyens, et- ne la suppleer que lorsqu'elle est devenue notoirement impuissante a obtenir 1'efFet désiré.
Les canaux d'irrigatiors d'une certaine importance ne doivent pas, en général, être établis par l'Etat; eelui-ci doitseborner :i faciliter et a encourager leur construction; son role est d'écarter les obstacles qui pourraient entraver le développe-ment de 1'initiative privée, et non pas de substituer a cette initiative privée dans les fonctions qui lui sont propres; 11 doit associer a son intérêt l'intérêt individuel qui seul peut aplanir la voie et assurer le succès.
Le seul des Gouvernements qui ait adopté d'une fa^on absolue le principe de ia construction directe des canaux d'irrigation par l'Etat, est celui de la Grande Bretagne dans ses possessions de Tlnde. En 1867 le Gouvernement anglais décida que, de même que les chemins de fer, les canaux d'irrigation de 1'Inde seraient exécutés a ses frais, considérant ce système comme plus économique et plus avantageux sous tons les rapports que celui qui est basé sur la garantie d'intérêts. De 1867 a 1878, il a dépensé pour ces travaux une somme de 10.569.935 livres sterling. On peut se faire facile-ment une idéé de la grandeur de l'ceuvre réalisée en remar-quant que la surface améliorée par les eaux est sensiblement égale a la moitié de celle de la France, et aussi étendue que ritalie toutc entière.
Les entreprises d'irrigation de 1'Inde donnent actuellement un revenu qui s'élève a pres de cinq poiir cent de la dépense qu'elles ont nécessitée, soit un demi pour cent environ en sus de l'intérêt du capital emprunté par le Gouvernement pour les construire. D'après les renseignements qui m'ont été fournis il y a quelques années par ^lr. Hicks Beach, Ministre des Colonies, voici quel était, pour l'année 1875â1876, le résumé de la production des canaux d'irrigation de 1'Inde. Ces chifïres sont empruntés au rapport du Général Dickens.
|
Dépense totale |
Revenu |
Travaux d'entretien |
Intéréts a 0/o- |
Excès du revenu sur l'intérêt du capital et les travaux d'entretien |
|
(Livres) |
(Livres) |
(Livres) |
(Livres) |
(Livres) |
|
If).5^2.65:quot;) |
1.228.993 |
396.750 |
700.319 |
131.924 |
Le comité de 1'Inde fait remarquer a propos de l'état précédent, que les bénéfices se rapportent aux sept entre-
Sect. TV n.
prises qui ont été accueillies avec le plus de faveur par la population. Ces sept entreprises sont les suivantes.
|
Produits nets | |||
|
(Déduction faite |
Produits | ||
|
ENTREPRISES. |
Capital |
de l'intérêt a 4 % pet. dn capital et nes frais d'entre- |
nets |
|
tien) |
pour cent. | ||
|
(Livres) |
|
Seinde Irrigation Works . |
()tJ7,704 |
|
132,103 |
19,66 |
|
Ganges....... |
â¢2,82G,47!I |
|
42,80S |
1,51 |
|
East Junima..... |
231,743 |
|
47,946 |
20,68 |
|
West Jutnma..... |
432,764 |
|
84,010 |
19,42 |
|
Cauvery...... |
133,964 |
|
108,923 |
SI,30 |
|
(rodaverv...... |
736,444 |
|
94,351 |
12,94 |
|
Kistna....... |
463,590 |
|
45,630 |
9,80 |
|
5,492,688 |
|
555,771 | ||
|
A litres entreprises . |
10,069,967 |
â |
423,847 | |
|
Total. |
10,562,655 1 |
|
131,924 | |
|
Madras Irrigation Com | ||||
|
pany ...... |
1,372.000 |
â |
46,453 |
II faut noter que dans les districts de 1'lnde oü les irrigations ont eu le plus de succes 1c chiffre moyen de la population oscille entre 200 et 600 habitants par mille anglais carré, et varie même dans certaines parties entre 300 et lt;500 habitants, tandis que dans les deux regions de 1'Italie oü les irrigations se sont le plus développées, le Piémont et la Lombardie, ce chiffre ivest guère que de 270 a 890 habitants par mille carré.
D'après le Colonel ('rofton, Inspecteur Général des irrigations de 1'Empire de 1'Inde, il faut compter 10 ans en moyenne pour qu'un canal en exploitation donne un revenu égal a l'intérêt de 1'argent employé a sa construction.
Cette opinion est partagée par le Général Sachey dans son rapport de 1865 sur les moyens pratiques a employer pour développer la construction des canaux d'irrigation dans 1'Empire asiatique. Le Colonel Baird Smith fixe cette période a seize ans.
Les raisons sociales et politiques qui ont poussé le Gouvernement de la Grande Bretagne a entreprendre une tilche aussi colossale, et dont la principale a été sans doute de faire cesser
Sect. TV a.
les famines qui, a la suite des périodes de sécheresse, déci-maient la population de ee territoire privilégié, n'existent évidemment pas pour les divers pays de 1'Europe.
L'Espagne possède bien quelques eeutaines de lieues carrées de terrains presque improductifs, mais elle ne peut se laneer dans des entreprises aussi vastes que ne lui permettraient ni les faibles ressources de sou trésor, ni le peu de densité de sa population, ni les débits d'étiage insuffisants de ses rivières.
En Belgique, les principaux canaux d'irrigation sent compris dans le réseau de la Campine appelé a satisfaire il la fois aux besoins de la navigation et A ceux des arrosages. Ces canaux ont été établis aux frais de 1'Btat qui les exploite, les entre-tient et les administre. Les dépenses d'établissement du réseau des voies navigables et d'alimentation de la Campine se sont élevées a plus de vingt-cinq millions de francs. Les ouvrages de prise d'eau, les rigoles d'alimentation principales et secon-daires, a partir du canal de navigation et d'irrigation, les réseaux de distribution et d'arrosage, la préparation des terres, les rigoles de colature et d'évacuation out été exécutés aux frais des propriétaires des surfaces il arroser.
Les eaux nécessaires aux besoins de la navigafion et des irrigations sont dérivées de la Meuse a Maestricht sur le territoire néerlandais. La quantité d'eau prise au tieuve par seconde pour desservir simplemcnt les intéréts beiges est réglée de la manière suivante: le niveau de la Meuse étant supérieur a 1'étiage 8 mètres cubes; ce niveau coincidant avec 1'étiage, ou lui étant inférieur, 6 mètres cubes du 14 octobre au 21 juin; 4 mètres cubes et demi du 21 juin au 14 octobre. Les volumes d'eau distribués aux prés irrigués, exprimés en litres par seconde et par hectare, sont approxi-mativement les suivants; humectations d'été (fin juin, juillet et aoüt) 0,75; arrosages d'automne, d'hiver et de printemps (commencement d'octobre aux premiers jours de juin) 3 litres.
L'auteur des projets généraux de ces canaux avait prévu qu'il serait possible de les faire servir a 1'arrosage de 25000 hectares de bruyères. Malheureusement, le volume limité de la prise il la Meuse, la faible portée et les pertes des canaux, 1'obligation absolue de ménager la pente et la vitesse des eaux, les besoins de la navigation, les exigences de la bat-tellerie, n'ont pas permis d'assurer 1'irrigation d'une étendue supérieure au dixième de la surface prévue; 2032 hectares seulement sont arrosés par 52 prises effectuées aux canaux proprement dits de la Campine. Si il un moment donné les perfectionnements a apporter a 1'exploitation de ces canaux, en taut que voies navigables a bon marché, 1'exigent, il est il craindre que 1'irrigation ne soit totalement sacrifiée aux besoins de la navigation.
En Espagne, le Gouvernement a pris a sa charge, 1'exécu-tion des travaux du Canal Impérial d'Aragon en raison de
12
Sect. IV n.
hautes considerations dïntérêt public, apres la ruine complete de la compagnie concessionnaire. Dans des conditions analogues, et aussi parce que 1'Administration avait une certaine part de responsabilité dans la catastrophe, 1'Etat a achevé et assure 1'exploitation du canal de la rive droite du Llobre-gat, en Catalogue, et soit dit en passant, cette afl'aire qui se présentait au début sous un assez mauvais jour n'a pas éte onéreuse en fin de compte pour le trésor.
En France, 1'Etat s'est impose des sacrifices considerables pour encourager les entreprises d'irrigation, mais les secours n'ont été accordés jusqu'ici que sous forme de subventions ou de garantie d'intérêts d'une partie du capital, et Ton n'a même pas adopté encore une base definitive permettant de determiner pour les concessions futures ^'importance et la forme des secours. J'ai eu I'occasion de reconnaitre lajustesse des idees qui dominent chez les fonctionnaires francais chargés de diriger cette branche importante des services publics, et de me convaincre de la connaissance parfaite que possède la Direction de 1'Hydraulique agricole, au Ministère de 1'Agriculture, de la nature des entreprises d'irrigation et des conditions spéciales dans lesquelles elles se développent; mais j'ai pu me convaincre aussi que, tout en tenant compte des variations apportées aux données du problème, par un état de richesse plus prospère, et par une plus grande densité de population de quelques régions du Midi de la France, les entreprises réalisées jusqu'a ce jour n'ont pas mieux réussi qu'en Espagne. Les secours accordés par l'Etat aux grandes entreprises d'irrigation en France ont été presque toujours insuffisants; l'état peu prospère de ces entreprises et le discrédit dans lequel elles sont tombées en sont des preuves convaincantes.
L'idée d'appliquer la garantie d'intérêts aux entreprises agricoles est assez récente en France; elle ne date en effet que de l'époque oü Mr. de Freycinet étant Ministre des Travaux publics, on voulut donner une vive impulsion a la construction des canaux d'arrosage et de submersion. La commission instituée en 1878 pour étudier les questions relatives a l'aménagement et a l'utilisation des eaux recom-manda particulièrement ce système, et le Conseil d'Etat prépara même un projet de loi dans ce sens, mais jusqu'a présent ce travail n'a pas encore reyu la sanction des Chain-bres; actuellement chaque concession est l'objet d'un projet de loi spécial, et dans chacun de ces projets de loi on se rapproche davantage des désidérata de la Direction de l'Hy-draulique agricole au Ministère de 1'Agriculture.
Je suis persuadé que le vote de ces lois particulières n'a été obtenu que grace au caractèrc d'absolue nécessité présenté dans certains cas par les arrosages, et qui n'est bien apparent que pour certaines régions du Midi et pour quelques colonies.
r.
Skct. IV o-
Ijgs membres du Parlement qui représentent les départements dans lesquels les pluies sont fréquentes, les cours d'eau abondants, et oü la terre donne de riohes moissons saus qu'il soit besoin d'exécuter de couteux travaux de derivation, ne sont pas encore parvenus il se rendre compte de ce fait qu'il existe dans le pays des regions importantes oil 1'Agriculture dépérit faute d'eau, et dans lesquelles les transformations de culture qu'il a fallu experimenter a la suite de 1'invasion dn phyloxera, ont rendu indispensable 1'emploi de eet élément de production afin que la richesse agricole puisse atteindre le degré de prospérité auquel elle doit légitimement aspirer. Les préoccupations qui ont régné en France au sujet de 1'avenir de la richesse viticole ont seules pu arracher au vote des Cbambres, sous une forme ou sous une autre, des subventions pour travaux d'irrigation ou de submersion. Toute-fois j'ai eu 1'occasion de constater que les ingénieurs francais qui assistaient en grand nombre an Congres de l'utilisation des eaux Huviales tenu il Paris en juillet 1889, partageaient complètement les idéés exposées dans mon rapport, et je suis persuadé que la bonne doctrine fera bientót son chemin en France, dans ce pays intelligent et généreux, oü les sentiments cPéquité redressent vite 1'opinion, lorsqu'elle s'est trouvé égarée un moment par une idee erronée.
Pour faire connattre d'une fagon sommaire la nature des secours accordés par 1'Etat en France aux canaux d'irrigation et les résultats produits par 1'allocation de ces secours, je vais donner ici quelques renseignements relatifs il un canal récem-ment construit, et indiquer les points principaux de 1'une des lois présentées dernièrement aux ('hambres pour encourager la construction d'un autre canal. J'emprunte a 1'excellent travail de Mr. Colson, Ingénieur des Fonts et Chaussées, Maitre des Requêtes au Conseil d'Etat, les renseignements suivants relatifs au canal de la Bourne.
La construction du canal de la Bourne (Dróme) a été autorisée par une loi du 21 mai 1874, qui a alloué pour son exécution une subvention de 2.900.000 francs, a condition toutefois que 3000 litres d'eau eussent été préalablement souscrits. La dotation du canal était de 7000 litres, la surface arrosable de 10.500 hectares; l'estimation de la dépense atteig-nait 6.800.000 francs, et le taux des taxes pour un débit continu d'un litre d'eau par seconde était fixé a 50 ou 60 francs suivant que la souscription scrait antérieure ou postérieure a la mise en eau du canal principal.
La société concessionnaire se constitua au capital de deux millions, et émit en outre 18.333 obligations 5 0/o d'une valeur nominale de quatre millions; mais le produit de 1'émission, tons frais déduits, ne dépassa pas trois millions, de sorte que le taux réel des emprunts fut de 62/3 0/c.
En 1879, on reconnut que les dépenses prévnes seraient
Sect. IV a.
dépassées de 500.000 francs environ ponr le canal principal et de 1.300.000 francs pour les cananx secondaires dont 1'évaluation primitive n'etait que de 1.700.000 francs. En outre les frais de constitution du capital avaient lourdement grevé l'entreprise, de sorte que la dépense totale devait dépasser finalement 10 millions, ün nouvel emprunt était nécessaire, et le credit de la Compagnie était épuisé; sans secours de 1'Etat elle allait se trouver dans 1'obligation d'abandonner l'entreprise. Une loi du ,19 juillet 1880 porta a 3.600.000 francs la subvention de 1'Etat, et accorda une garantie d'in-térêt de 4,65 0/n, amortissement en 50 ans compris, sur une somme de 5.500.000 francs, représentant le capital nominal des obligations émises on a émettre par la Compagnie. Les recettes supérieures a 875.750 fr., somme représentant i'annuité garantie (255.750 fr.), augmentée de l'intérêt a 6 0/0 du capital actions (120.000 fr.) devaient être afi'ectés au remboursement des avances de 1'Etat, remboursement assuré en tons cas par les recettes du canal entre la fin des 50 années formant la période d'amortissement, et celle de 99 années représentant la durée de la concession. L'exposé des motifs prévoyait que 1'appel a la garantie cesserait.au bout de 13 années.
La Compagnie dont le crédit était ainsi consolidé, put emprunter au Crédit foncier au taux de 4.25 0 g amortissement non compris, de sorte que I'annuité garantie par 1'Etat permit de gager un emprunt de 5.266.675 francs. Lemontant nominal de 1'emprunt fut cependant de 5.500.000 fr., la diffé-rence entre cette somme et celle de 5.266.675 francs effecti-vement touchée par la Compagnie, étant retenue par le prêteur pour conserver 1'écart nécessaire entre les intéréts annuels au taux de 4,25 0/0, taux réel du pret, et I'annuité garantie au taux de 4 %. Quatre millions étaient absorbés par le remboursement au pair dés anciens emprunts 5 u/o qui n'avaient produit que 8 millions; il ne restait par suite que 1.266.675 frans disponibles pour l'exécution des travaux. Ainsi, en réalité, I'annuité garantie représentait 5.30 0/0 du capital réalisé et affecté a 1'établissement du canal.
L'Etat doit done compléter cbaque année une annuité de 255.750 francs, et jusqu'ici aucun produit n'est venu en déduction des charges qu'il a assumées. Le canal est en eau depuis 1882; mals il ne dessert guère plus de 1000 hectares. Les résultats de 1'exploitation pour les exercices 1886 et 1887 out été les suivants:
S
1887.
56.845 fr. 57.355 â
1886.
59.720 fr. 56.765 â 2.955 fr.
Recettes. . Dépenses . Produit net Déficit . .
510 fr.
Sect. JVa.
Co mécompte s'explique par deux circonstances: d'une part, le debit de la Bourne ii 1'etiage a beaucoup baissé dans ces dernières années; d'autre part, la perméabilité du sol des canaux est telle que la presque totalité de 1'eau estabsorbée avant d'arriver en tête des propriétés. Pour desservir les souscriptions actuellement recueillies et pour pouvoir en recueillir encore, on a reconnu la nécessité d'exécuter des travaux d'étancbement et de derivation de sources nouvelles évalués a 1.150.000 francs. On espère, grace a ces travaux, porter le debit a 4.000 ou 4.500 litres, ce qui permettra de réaliser un revenu net de 140.000 francs.
Tja Compagnie n'ayant aucune ressource pour exécuter ces étanchements et ces derivations, il a bien fallu que 1'Etat s'en cbargeat, a fin d'obtenir une recette qui vint en attenuation de la garantie.
Ainsi. dans les hypotheses les ]ihis optimistes, la garantie de 1'Etat fonctionnera chaque année, juaqu'a amortissement des emprunts pour une somme de 115.000 francs. Le capital-actions est irrémcdiablement perdu, et les actionnaires n'ont plus aujourd'hui aucune possibilité de retirer de 1'affaire un revenu quelconque. lis en gardent cependant la gestion, en sorte (jue le canal de la Bourne est exploité au compte de 1'Etat par un conseil d'administration élu par les détenteurs des feuilles de papier sans valour, qui representent 1'ancien capital-ations. Cest a mon avis la dernière consolation qu'on pouvait leur laisser; mais combien est jilus triste le sort des actionnaires du canal d'Urgol, auxquels 1c Gouvernement espagnol defend toute intervention dans la gestion do 1'affaire jusqu'au moment du remboursement tout a fait impossible d'un prêt sans intérêt avancé pour la construction du canal.
Pour no pas donnor a ce mémoire dos proportions excessives, je ne ferai pns 1'esquisse économique d'autres canaux francais modernes; mais pour donnor une idéé dos limitos et de la forme des secours que le Gouvernement francais a accordés aux entreprises d'irrigation dont les projets sont les plus récents, je ferai connaitre ici les dispositions principales du projot de loi présenté aux Chambros frangaises le 28 février 1887 pour la construction du canal du Bozert dans le Département do la Haute Garonne.
Ce canal est destiné a, 1'arrosage do 3.600 hectares, et sa dotation normale est de 2.000 litres ponvant être portée a 2400 litres pendant la période des hautes eaux. La dépense, évaluée a 2.200.000 francs, en nombre rond, se decompose de la maniero suivante;
O
Sect. IV a.
Terrassements......................315.004 fr.
Ouvrages d'art......................276.282 »
Etanchements......................340.263 »
Acquisitions de terrains..............157.200 »
1.094.749 fr.
Somme a valoir....................105.251 »
Total pour le canal principal..........1.200.000 fr.
Canaux secondaires et tertiaires .... 720.000 »
Total des dépenses de construction . . 1.920.000 fr.
Frais généraux. 12 0/0 ................230.400 »
Intéréts pendant la construction .... 54.000 »
Total cénéral . . 2.204.000 fr.
Soit en nornbre rond................2.200.000 »
II est pourvu a cette dépense de la falt;;on suivante;
Francs. Proportion °/0.
Capital-actions lihérées ou a libéi'er
en argent........ 450.000 25
Subventions de I'Ktat..... 750.000 33
Capital garanti....... 1.000.000 42
2.200.000 100
La subvention et la garantie d'intéréts ne seront acquises définitivement au coneessionnaire qu'après qu'il aura justifié de souscriptions réalisées par lui et assurant a I'oeuvre un revenu brut de 45.000 francs, ce qui correspond a 1'emploi de 1.000 litres d'eau par seconde. La garantie est accordée pour 50 ans, et la redevance annuelle correspondant au debit d'un litre par seconde pendant la durée des arrosages est au minimum de 54 francs. Sur ce chiffre 15 francs sont réservés pour faire face aux frais d'entretien, d'exploitation et de distribution. La régularité et la sincérité des souscriptions sont soumises a 1'examen et au controle du Gouvernement.
Les dispositions les plus intéressantes de la loi de concession sont les suivantes:
La construction, l'administration et 1'exploitation du canal seront soumises au controle et a la surveillance dc 1'Administration. Les droits et obligations résultant des engagements relatifs a 1'usage des eaux sont inhérents a 1'immeuble, et le suivent en quelques mains qu'il passé, sauf les attributions qui résulteraient en cas de vente particllc on do partage, des actes de vente ou de partage. Les róles destinés a la percep-
lü
Sect. TV n.
tion des redevances sont rendus exécutoires par le Préfet et le recouvrement en a lieu comme en matière de contributions foncières et avec les mêmes garanties.
Les sommes dües par 1'Etat, en vertu do la garantie, ainsi que les produits nets calculés d'après une convention annexée a la loi, seront aftectés comme gage spécial et par privilege, au paiement des intéréts et de 1'amortissement des emprunts contractés dans les conditions déterminées par cette convention. A eet eft'et, les sommes a verser par 1'Etat en vertu de la garantie seront déposées dans les caisses d'un établissement financier qui sera désigné pour faire le service des emprunts contractés, avec affectation spéciale au service des dits emprunts, et 1'Etat sera valablement libéré par le versement des sommes dües par lui dans les caisses de 1'établissement en question.
Les engagements a 1'usage des eaux souscrits par les pro-priétaires seront cnregistrés gratis.
La convention annexée a la loi sera enregistrée au droit fixe de trois francs.
La subvention et les versements que 1'Etat aurait a efiec-tuer a titrc de garantie d'intérêts seront imputés sur les crédits inscrits au budget ordinaire du Ministère de 1'Agriculture pour études, travaux et garanties d'intérêts relatifs a 1'aménagement des eaux.
Voici, d'un autre cftté, quelles sont les dispositions princi-pales de la convention annexée au projet de loi.
Le concessionnaire prend 1'engagement de constituer une société anonyme pour l'établissement et l'exploitation du canal et de justifier, sous peine de déchéance, dans le délai de six mois a partir de la loi de concession, de la constitution de cette société dont les statuts devront être soumis au Ministère de 1'Agriculture.
Le montant du compte de premier établissement, déduction faite dc la subvention de 1'Etat et de la moitié du capital-actions ne devra, dans aucun cas, dépasser un million de francs. 11 sera diminué des produits de toute nature qui pourront être obtenus avant la mise en eau du canal principal et des canaux secondaires.
Les intéréts et les frais d'administration, d'exploitation, et de distribution seront tixés annuellement a forfait pour le calcul du partage éventuel des bénéfices a 1quot;) francs par litre souscrit pour 1'arrosage, et aussi a lö francs par hectare engagé pour la submersion.
Les trois quarts de la subvention seront aftectés au canal principal. Cette partie de la subvention sera payable par acomptes trimestriels qui seront délivrés au concessionnaire dans les limites des ressources budgétaires dont le Ministre de 1'Agriculture pourra disposer, sur le vu de décomptes vérifiés et certifies par les ingénieurs du Controle du Canal.
11
skct. iv u.
justifiant d'une dépense en travaux, acquisitions de terrains, approvisionneraents a pied d'ceuvre, frais de personnel et frais généranx égale a, une somme triple dn montant de ces acomptes. Le solde de la partie afferente an canal principal sera payé an concessionnaire lors de la reception provisoire de ce canal, sanf nne retenne d'nn dixième qni ne sera remboursée qn'après la réception définitive.
Le capital-actions anqnel ancnne garantie n'est aft'ectée par 1'Etat ne sera pas inférieur a 450.000 francs. II devra être effectivement versé sans qu'il puisse ctre tenn compte des actions libérées on a libérer antrement qu'en argent.
Les emprnnts qni jouiront de la garantie de I'Etat devront être amortis ii 1'époqne de l'expiration de cettc garantie. Ancnn emprunt ne sera autorisé avant que la moitié dn capital social n'ait été employée en achats de terrains, travaux, approvisionnenients sur place on dépot de cautionnement. Le montant des emprnnts ne devra pas dépasser le produit capitalisé des sonscriptions obtenues an moment de 1'emprunt. La garantie' de I'Etat courra du jour de la realisation de chaque emprunt. Les sommes avancées par I'Etat a titre de garantie porteront intérét a son profit an tanx de 4 pour cent a dater du jour de leur versement.
Lorsque les produits nets, calcnlés ,a forfait seront suffi-sants pour couvrir la garantie de I'Etat et 5 pour cent flu capital-actions, la moitié de l'excédent de ces prodmts reviendra a I'Etat, et 1'antre moitié restera an concessionnaire.
.T'omets les autres détails relatifs au jeu de la garantie, car, tonte réserve faite an sujet de I'efHcacite plus on moins grande de la subvention accordée, ceux que je viens d'énu-mérer font ressortir suffisamment 1'immixtion de I'Etat dans les aflaires de la Compagnie, immixtion gênante pour le développement de 1'entreprise, nne complication excessive dans la gestion de 1'afFaire, et l'absence complete de tout encouragement de la part de I'Etat ayant pour but d'engager les arrosants a coopérer au succès de 1'entreprise.
Hien que 1'Administration italienne ait toujours laissé les entreprises de tonte sorte se développer avec unc entière liberté, elle a jugé nécessaire cependant de faire intervenir I'Etat dans la construction du grand Canal Cavour deatiné a I'arrosage de 120.000 hectares, et a employe des sommes considérables a secourir les sociétés qui out constrnit d'autres grands canaux dans les provinces de Come et de Milan, et quelques uns de moindre importance dans les provinces de Brescia et Gênes.
La loi du 27 juin 1882 disposait que les travaux d'utilisa-tion des eaux dits de première catégorie, c'est a dire, ceux qni avaient pour objet d'employer un volume d'eau continu supérieur a 3.000 litres par seconde, seraient exécutés direc-
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Skit. IV a.
tement par 1'Etat ([ui contribuerait a la dépense pour une somme égalo a la inoitié de 1'estimation, un huitième de cettc estimation restant il la charge des communes intéressées, un autre huitième a la charge de la province, et le dernier quart a la charge des propriétaires; mais on s'aper(;ut bientot que pour mener a bonne tin tons ces travaux de première catégorie, il ne faudrait pas dépenser moins d'un milliard; aussi s'empressa-t-on de promulguer a cc sujet le 25 décembrc 1883 line nouvelle loi qui fut refondue peu après et remplacée définitivement par celle du 28 fevrier 1886. D'après les dispositions de cette dernière loi, 1'Etat peut eucourager 1'execu-tion de travaux d'irrigation en accordant un secours annuel dont la durée ne peut dépasser un délai de trente années. Ce délai se decompose en trois ,périodes égales. Dans la première période le secours de 1'Etat, v compris le dixième de ce secours mis a la charge de la province et des communes intéressées, ne peut dépasser 8 0/o du capital engagé, pour les travaux de première catégorie, et 2 0/0 de ce capital pour les travaux de seconde catégorie (de 100 a 3,000 litres par seconde). Dans la seconde période le secours n'est plus que les deux tiers du précédent, et le tiers seulement dans la troisième période.
Le concours annuel de 1'Etat, de la province et des communes ne peut en aucun cas dépasser la moitié de 1'intérêt du capital, amortissement non compris.
L'Administration supérieure italienne admet comme une vérité incontestable que les grands canaux, comme le Canal de C'avour et le Canal Emilien ne peuvent être exécutés ni même étudiés par les particuliers, et qu'étant donné 1'impor-tance exceptionnelle de ces travaux, ils ue peuvent tomber sous 1'application d'une loi générale, mais doivent faire au contraire l'objet de lois spéciales.
Voici, d'après les renseignements que je dois a l'obligeance de mon excellent ami le Commandeur Miraglia, Directeur général de 1'Agriculture a Rome, la nomenclature des canaux italiens qui ont obtenu jusqu'a présent les bénéfices de la loi du 25 décembre 1883â28 février 1886.
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Sect. IV a.
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'5 'g .S ~ = £ g. oT 3 3 ^ 'a -..J P C C -e o. ^ ^ 5 ^ -O c« O X X X w 3 3 3 c« | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Dans certains pays oü les arrosages, présentent cependant pas un caractère de nécessité absolue, 1'Etat a accordé néanmoins des secours plus pu moins importants aux entreprises d'irriga-tion. Quelques Etats allemands par example ont accordé le concours gratuit de leurs ingénieurs et alloué en même temps des subventions importantes ou consenti des prêts sans intéréts pendant les cinq premières années de 1'exécution des travaux, puis portant intérêt, mais a un taux inférieur au taux normal passé ce délai. En Saxe on a garanti les^opérations d'une banque agricole, administrée aux frais de 1'Etat, a fin de donner une vive impulsion a l'exécution des travaux d'arro-sage et des autres tjavaux d'amélioration agricole. En Prusse, dans une période de dix-sept années, les avances faites par 1'Ãtat pour l'exécution des travaux d'irrigation, ont atteint le chitfre de 30 millions de francs. Dans Ie royaume de Würtemberg, d'après les renseignements mis obligeamment a ma disposition par Mr. Scbmied, Ministre de l'Intérieur, on a exécuté de 1S70 a 1887 des travaux trés importants pour fournir de 1'eau potable aux villes et de l'eau d'arrosage aux terrains situés sur le plateau aride du RauhenâAlb. L'entre-prise a été menée a bonne fin grace a 1'action combinée de 1'Etat et des communes intéressées. L'Etat a pris a sa charge la presque totalité des frais de redaction du project ainsi que les frais de direction des travaux, et a accordé en outre une subvention s'élevant a 20 0/(. du montant total de ces travaux. La somme équivalente a ce secours s'élève au total a 1.348 883 marcs. Pour d'autres travaux de même nature exécutésdans 1'Alb de Souabe, la subvention de 1'Etat s'est élevée a 30 % du capital employé.
Laissant maintenant de cóté tout ce qui a trait aux nations étrangères, je vais m'occuper de ce qui intéresse plus particu-lièrement 1'Espagne, et se rattacbe ii 1'exposé des motifs de mon projet de loi.
A mon avis, étant données les conditions spéciales de climat, de richesse, de population et de sol de 1'Espagne, la seule manière d'encourager le développement des irrigations, consiste a faire garantir par 1'Etat une fraction plus ou moins importante du capital nécessaire a la realisation des grands travaux d'arrosage.
L'adoption de la garantie d'intérêt sous une forme ou sous une autre est le seul moyen dont on puisse se servir dans un pays oü les capitaux sont prudents, pour arriver a associer, dans une large mesure, l'industrie privée a l'exécution des travaux publics d'une certaine importance. 11 est évident, en effet, que ces travaux absorbent des sommes trop considérables pour qu'il soit possible a un financier qui connait 1'affaire, de trouver les fonds nécessaires a sa realisation, soit dans sa propre fortune, soit dans sou crédit personnel. II est done
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indispensable de faire appel au crédit public, au moyen d'émission de titres d'une nature spéciale auxquels il faut donner une garantie de solvabilité suffisante, et autant que possible égale a, celle des rentes sur 1'Etat.
Je n'ai pas 1'intention d'examiner, même sommairement, les différents procédés employés dans divers pays et notam-nient en France, pour faire concourir le système de la garantie d'intérêts a 1'exécution des grandes artères de communication terrestre, des réseaux secondaires et des chemins de fer d'intérêt local. Je ne pourrais en effet que répéter ce qui a déja été dit sur ce sujet, et avec une compétence plus grande que la raienne par les ingénieurs francais Picard et Colson.
Je me bornerai a faire ressortir en quelques mots les incon-vénients principaux que présente ce système, surtout lorsqu'on 1'applique aux entreprises d'irrigation.
II est hors do doute que la garantie d'intérêt appliquée en vue de procurer un certain revenu aux capitaux engagés dans 1'exécution d'un travail public présente les inconvénients suivants:
le. Elle laisse indéterminés les sacrifices qu'elle impose au Trésor public, non seulement en ce qui concerne 1'importance de ce sacrifice, mais aussi en ce qui concerne sa durée, car il n'est pas facile de présumer quel sera le montant annuel des revenus bruts de 1'entreprise, et il est impossible d'assurer l'exploitation par 1'Etat ou de fixer une limite a la durée de la charge publique jusqu'a ce que 1'affaire soit remunératrice pour 1'entreprise.
On trouvera d'ailleurs facilement la preuve de ce que j'avance en examinant lesrésultats obtenus dans l'exploitation de divers chemins de fer francais de différentes catégories.
'ie. Elle désintéresse en quelque sorte le concessionnaire de la bonne administration de 1'affaire, en lui assurant un revenu minimum en dépit des fautes ou des imprudences qu'il pourra commettre.
3°. Elle impose a 1'Etat une immixtion incessante dans la gestion des compagnies appelées a jouir de la garantie.
4e. Elle livre a la spéculation des affaires mal étudiées ou visiblement sans avenir.
5e. Elle crée, sur le marché, un véritable privilege en faveur d'actions non seulement mises a 1'abri de tout danger de perte, mais encore pouvant donner éventuellement un bénéfice.
fie. Elle crée des , titres équivalents comme valeur a ceux de la rente sur 1'Etat, et fait a ceux-ci une concurrence onéreuse pour le crédit public.
La garantie étant complete, les actionnaires sont il l'abri de tout danger de perte, même dans le cas oü 1'affaire est mal engagée, et d'un autre cóté il est impossible a l'Etat d'imposer au concessionnaire 1'activité, la vigilance et
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1'esprit d'initiative indispensables a la prosperity de toute entreprise.
La garantie d'intérêt, pour être féconde, doit encouragerle concessionnaire a faire prospérer 1'affaire, et pour cela ilfaut qu'il existe pour lui un danger de perte dans le cas d'une mauvaise gestion, et au contraire une perspective de gain dans le cas d'une bonne administration.
Quand il s'agit de travaux d'irrigation, 11 faut tenir grand compte du facteur âtempsquot; qui prend alors une importance bien plus considérable que lorsqu'il s'agit de chemins defer, car les capitaux engagés dans les entreprises agricoles exigent un délai beaucoup plus long pour donner un revenu rémunérateur. II ne faut pas perdre de vue non plus que les agriculteurs, dont les revenus sont sujcts il tant de tluctua-tions, hesitent touj ours lorsqu'il s'agit de contractor un engagement qui pour eux est 1'équivalent d'une augmentation d'impots qu'il faudra subir chaque année, que cette année soit bonne ou qu'elle soit mauvaise, bien qu'en somme cette augmentation soit assez minime comparativement a 1'accrois-sement moyen de revenu qu'ils pourront retirer de la pratique des arrosages. Pour utiliser les eaux, il faut d'ailleurs exécuter dans chaque propriété, des terrassements et autres travaux dont la dépense s'élève parfois a quelques centaines de francs par hectare, employer une plus grande quantité d'engrais, transformer les procédés de cultures, etc. Si, outre ces inconvénients, il faut supporter une charge excessive, les propriétaires refuseront certainement de s'intéresser a 1'entre-prise.
Je passe sur les difficultés spéciales qu'opposent au déve-loppement des irrigations une population insuffisante, et le peu de connaissances de certains agriculteurs trop attachés aux routines de la culture traditionnelle. Je me bornerai a mettre en relief ce principe fondamental qui découle de ce qui précède, que âtout secours aux entreprises d'irrigation doit porter dans sa signification et dans ses tendances 1'idée de fournir 1'eau a bon marché, et d'obtenir la transformation des cultures dans le plus bref délai possible.quot; L'Etat est intéressé a encourager cette transformation, afin d'entratner les particuliers ou les associations a entrer dans l'entreprise par 1'appat d'un gain.
Si le système de la garantie d'intérêts appliqué a la construction des chemins de fer présente les inconvénients que j'ai signalés ci-dessus, il offre, en outre, quand il s'agit d'entreprises d'irrigation, le défaut tres grave d'éliminer le concessionnaire du nombre des éléments actifs qui doivent coopérer a la transformation des cultures. ' Or, il faut que l'entreprise concessionnaire, non seulement fournisse 1'eau aux arrosants, mais encore puisse devenir arrosante elle même au besoin, car il est indispensable de lui fournir les moyens
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d'acquérir dans dos conditions avantageuses, les torres des propriétaires réfractaires ii 1'usage des irrigations, lorsque cet usage aura été adopté par la majorité des propriétaires du périraètre arrosable.
La garantie d'intérêt ne doit done pas être employee a assurer le revenu, mais bien a donner de la solidité au capital; le revenu doit être assure par 1'efiet exclusif de l'association stimulée par 1'appat du gain.
Les dispositions de 1'article premier de mon projet de loi peuvent-elles permettre a un entrepreneur de lancer une affaire qui serait au fond detestable, bien qu'a la rigueur il existat des terres topographiquement irrigables, et de 1'eau en quantité sutlisante pour les arroser ? Evidemment non. Les annuités garanties et la durée de la concession ne sufti-raient pas pour rendre viable line entreprise de réservoir ou de canal d'irrigation qui ne se présenterait pas dans de bonnes conditions d'exploitation. Ce projet de loi doit tendre seule-ment a favoriser 1'exécution de travaux reconnus économi-quement possibles, en conciliant les intéréts de 1'entreprise avec ceux de 1'Etat. Les annuités capitalisées au taux fixé dans le projet, seraient insuffisantes pour faire face a la construction du canal, et encore plus pour assurer sa conservation et sa prospérité sans aucun effort de la part de la compagnie concessionnarre. 11 faudra done que celle-ci étudie avec grand soin les conditions de production naturelle du sol, et fasse concourir au succes de 1'entreprise tous les éléments susceptibles de la favoriser, en se constituant même au besoin en société exploitant le sol pour son propre compte, ou en confiant cette exploitation a une autre entreprise colo-nisatrice avec la quelle ellc traitera directement.
La Compagnie devra veiller a la tionne exécution des travaux, car on lui impose 1'obligation de les conserver et de les entretenir, elle gardera d'ailleurs toute sa liberté d'action dans la direction de l'affaire car 1'Administration ne doit pas s'immiscer dans sa gestion tant que les intéréts de 1'Etat ne seront pas sérieusement compromis. Le délai,de 50 ans au bout duquel les travaux doivent revenir a 1'Etat, n'est pas excessif si 1'on considère la lenteur avec laquelle se déve-loppent le plus souvent ces sortes d'affaires. D'ailleurs si dans quelques cas particuliers ce délai était exceptionnellement avantageux pour 1'entreprise, et il est a souhaiter que cette situation se présente souvent, 1'adjudication publique qui porte en partie sur la durée de la concession apporterait sans aucun doute une atténuation a ces avantages supposes excessifs.
Dans la désignation du capital garanti, j'ai donné le détail de ce qu'on devait entendre par dépenses de premier établissement, et j'ai fixé une limite a ces dépenses. L'énumération que j'ai adoptée est ii peu prés celle i|Ui est admise dans la législation actuellement en vigueur. Cette disposition em-
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pêchera tont abus et permettra ii 1'Etat d'un autre cóté de se rendre compte d'une manière precise de 1'importance des charges qu'il assumera.
Le sacrifice que 1'Etat s'impose en contribuant sous la forme exposée a 1'article premier du projet, a 1'exécution des tra-vaux est-il excessif? Puisque la garantie de 1'Etat ne devient effective que du jour oü I'exploitation commence, toutes les entreprises qui ne possèderaient pas des elements suffisants de succès, pour arriver sans encombre il la période d'utilisation des eaux, même en admettant le cas pen probable, on elles auraient pu faire l'objet d'une concession, seront rendues impossibles par cela même.
Aussi bien toutes les dépenses dont on peut augurer qu'elles ne resteront pas stériles et qu'elles condiliront au contraire a un résultat productif, sont de la graine semée dans un bon terrain, et dont sortira plus tard line riche moisson, et il y aurait de la parcimonie, sinon de 1'avarice, a s'opposer a ces dépenses. On peut trouver abusif que d'après un autre article du projet de loi, 1'Etat fasse abandon pendant vingt ans de 1'augmentation d'ünpóts resultant de la plus-value apportée aux terres par 1'irrigation. Cela est vrai, mais il ,faut bien remarquer que, outre 1'intérêt qui s'attacbe pour 1'Etat a la création de nou velles richesses qui augmenteront plus tard les ressources da la nation, et le devoir qui lui incombe de faire concourir tons les éléments naturels a la reduction de la partie du territoire qui reste stérile et ne contribue pas il accroitre la richesse collective, il a aussi le plus grand intérêt, taut au point de vue social, qu'au point de vue politique, ii favoriser 1'accroissement de la population, et il manquerait de prévoyance si au debut il mettait des obstacles an déve-loppeinent de ces ressources.
L'Etat doit au contraire faire tous ses efforts pour que la richesse se développe, prospère et se fixe définitivement, car la richesse, une fois créée, se transforme, circule et augmente le bien-être général, et dans chacune de ses transformations, dans chacun de ses mouvements, elle abandonne quelque chose au fisc. Si les capitaux trouvent un stimulant suffisant pour se lancer dans les operations agricoles, et qu'il en résulte une augmentation de valeur de la propriété, 1'immeu-ble ne restera pas toujours dans les mêmes mains, et dans ces changements fréquents de propriétaires, une partie non seulement du revenu, mais encore du capital lui-même, entrera dans les caisses du trésor, et compensera avec us ure les pertes qu'il aura subies, si 1'on peut qualifier de pertes la non perception temporaire de 1'impót sur la plus-value acquise par la propriété.
La concession du canal,, ou du réservoir d'irrigation étant expirée, il sera facile ü 1'Etat d'apprécier s'il lui convient de continuer I'exploitation pour son propre compte, ou de la
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céder il un syndicat general des nsagers dans des conditions arrêtées d'un commun accord.
Les hommes d'affaires qui s'occupent de travanx publics ont line tendance naturelle ii augmenter le nombre des obligations en diminuant en consequence cehii des actions. De cette manière, la part proportionnelle du capital actions dont la valeur depend du succès plus on moins grand de 1'entre-prise étant plus petite, la possibilité de réaliser de gros bénéfices en risquant de petites sommes est plus grande. Mais, pour cette raison même, les pouvoirs publics doivent toujours faire en sorte qu'une fraction importante des fonds nécessaires a 1'exécution des travanx: soit apportée par les actionnaires, car s'il en est autrement, la moindre erreur dans les provisions cntraine la faillite du concessionnaire et fait surgir une foule de diffic\iltés suffisantes pour compro-mettre a elles seules ^'exploitation régulière de l'entreprise. II faut done que 1'Etat n'accorde de concessions qu'a des compagnies apportant une partie importante du capital, sur-tout lorsqu'il leur assure une garantie. C'est a cette préoccu-pation que répond l'article 3 de mon projet de loi.
Dans l'article 4, j'ai maintenu toutes les garanties exigées par la loi actuellement en vigueur relativement aux études et aux formalités a,remplir avant que la concession ne soit accordée. Comme 1'Etat a besoin dc connaitre au préalable et d'une manière précise 1'importance du sacrifice qu'il va s'imposer, il faut que la concession ne soit donnée que sur le vu d'études completes dans lesquelles on ait prévu toutes les eventualités défavorables, et qui ne renferme pas d'estima-tions réduites, plus préjucliciables encore, en fin de compte, aux actionnaires qu'a 1'Etat. L'administration dolt veiller sans doute a ce que les estimations qu'on lui présente ne soient pas excessives afin de ne pas être conduite a allouer a l'entreprise une annuité garantie trop forte; mais a mon avis, 1'Etat, dans son propre intérêt, doit plutót pécher par exces de générosité que par parcimonie dans 1'appréciation des dévis.
Le secours de 1'Etat étant fixé a, tant pour cent du capital, et devant être garanti pendant un certain nombre d'années, il est évident que c'est sur ces deux points que devront porter les inductions proposées par les soumissionnaires. Toutes choses égales d'ailleurs, j'ai donné la préférence a celui qui présenterait, le plus fort rabais sur le taux de la garantie, paree que l'Ãtat a plus d'intérêt a effectuer des versements annuels plus faibles, qu'a diminuer le temps jugé nécessaire pour que 1'affaire puisse acquérir tout son déve-loppement entre les mains de l'entrcpreneur. Du reste, dans l'article 5, j'ai maintenu en vigueur toutes les formalités exigées par la loi pour 1'adjudication; par raison d'équité j'ai cependant abaissé le montant du cautionnement, et je
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1'ai fixé a la somme prévue dans la loi générale sur les tra-vanx publics, 1'engagement de I'Etat ne devenant etfectif qu'a partir du moment oü 1'exploitation commence.
L'article 6, sauf les modifications exigées par la mode d'exécution des travaux, est le même que celui qui porte le numéro 7 dans la loi actuellcment en vigueur. Même remarque en ce qui concerne les articles 7. 8, 9 et 10.
La première partie de Particle 11 n'est que la reproduction de l'article 1117 de la loi sur les eaux. J'ai cru nécessaire d'étendre les dispositions de eet article a toute la durée de la concession, afin que les intéréts de 1'Ãtat et du conces-sionuaire soient mieux définis.
Quant au deuxième paragraphe de l'article 11, je dois faire remarquer que le principe en vertu duquel les droits et les privileges dont I'Etat jouit pour la perception des impóts, sont accordés aux entreprises et aux syndicats d'irrigation, est consacré par la loi frangaise du 21 juin 1865, et par toutes les lois spéciales qui ont été promulguées postérieurement pour la concession de canaux et de réservoirs d'irrigation. Ce principe est aussi admis dans la loi beige du 18 juillet 1846, dans celle de 1848 et aussi dans les lois qui sont en vigueur en Allemagne et en AutricheâHongrie. En Italië, cette prerogative a été accordée a tous les syndicats de 1'Etat LombardâVénitien par les lois de 1804 et 1806, a la Compagnie du Canal de Cavour par l'article 35 de la loi du 5 aoüt 1862, et étendue a tout le royaume par les articles 111) et 130 de la loi sur les Travaux Publics. Elle a été définitivement consacrée par Partiele 7 de la loi de secours aux entreprises d'irrigation du 25 décembre 1883 et par la loi de 1886 qui a remplacé cette dernière.
Dans l'article 12, j'ai abaissé de 200 a 50 litres par seconde le volume d'eau a fournir par les canaux ou les réservoirs construits par les associations de propriétaires arrosants qui voudraient bénéficier de la loi, paree que Putilisation de volumes d'eau relativement faibles a unc importance capitale en Espagne, oü il est nécessaire de généraliser la pratique des arrosages, et de faciliter la construction de barragesréservoirs jusque dans les plus petits bassins. Si Pon s'en était tenu au débit minimum imposé par Partiele lor de mon projet de loi, par la loi sur les eaux de 1879 et par la loi de secours actuellement en vigueur, on aurait pu par cela même créer des obstacles insurmoutables a la realisation de certains projets d'utilisation d'eau tentée par des accociations de propriétaires intéressés.
La jouissance des eaux et des travaux a perpétuité, et la plus grande importance de Pintérêt privé lorsqu'il est repré-senté par un certain nombre de propriétaires qui se mettent d'accord pour exécuter des travaux d'irrigation qu'ils doivent utiliser ensuite eux-mêmes, motivent impérieusement la
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réduction du délai maximum de garantie a 30 ans, et celle du capital garanti sous forme d'annuités a la moitié du capital effectif. Ces dispositions sont adoptées d'une fa§on générale en France et en Italië. Elles permettraient d'ailleurs de réaliser certains projets qui seraient aujourd'hui ruineux pour les propriétaires qui voudraient les entreprendre, et qui, bien qu'ayant une médiocre importance, considérés isolément, pourraient contribuer par leur ensemble, peut-être mieux que les grandes entreprises, a 1'accroissement de la ricbesse publique.
L'article 3 relatif au capital social n'est pas applicable aux associations et communautés d'arrosants, car la société est constituée par les propriétaires eux-mêmes. Les dispositions de l'article 4 relatives aux taxes d'arrosage ne leur sont pas non plus applicable, car la redevance perdue ne représente pas le prix de 1'eau livrée aux arrosants, mais bien la part des frais généraux de 1'entreprise que doit supporter chacun des associés.
L'Administration aura un intérêt majeur a recommander a ses fonctionnaires le plus grand soin dans 1'étude et la vérification des projets lorsqu'il s'agira d'un travail exécuté par une association d'usagers des eaux, car 1'intérêt public n'existe pas dans ce cas comme lorsqu'il s'agit d'une entre-prise financière et il appartient de réduire le sacrifice de 1'Etat au strict nécessaire.
II va sans dire que si tons les propriétaires dont les im-meubles sont situés a 1'intérieur du périmètre arrosable ne font pas partie de 1'association, des raisons d'équité et d'interêt public conseillent d'accorder il ces communautés les avantages dont jouissent les entreprises d'irrigation par application de l'article 11 du projet de loi.
Les articles 13 et 14 contiennent les garanties nécessaires pour que les sacrifices que 1'Etat s'impose en faveur des entreprises et des associations de propriétaires ne restent pas stériles.
L'article 15 consacre un principe admis dans la législa-tion franyaise, et dont nos usages s'accominodent parfaitement, puisque, dans notre pays, et a part de tres rares exceptions, 1'eau, d'après une ancienne tradition, est considérée comme partie integrante de la propriété qui en bénéficie.
C'est une condition essentiele de vie et un élément indispensable de prospérité pc air les associations de propriétaires arrosants, qu'une disposition légale prévoie que l'augmentation de revenu de la terre résultant de la pratique de 1'arrosage, n'entratne pas pendant un certain laps de temps un accrois-sement correspondant de 1'impót. En effet les dépenses faites pour amener 1'eau sur les propriétés, ne donnent un bénéfice rénumérateur qu'au bout d'un certain délai; et si, j1 l'augmentation du revenu succédait peu après une augmentation
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de l'impot, 1'emploi des capitaux dans les entreprises agricoles deviendrait de plus en plus rare et même l'épargne, qui doit constituer ces capitaux, deviendrait impossible. On pourrait dire, peut-être, qu'il n'est pas equitable de concéder ces avantages aux arrosants qui béneficieront des dispositions de la présente loi, et de ne pas en étendre le bénéfice a tous les autres. Je répondrai, tout en reconnaissant la valeur de cet argument, que le but de cette loi est d'eneourager la formation des entreprises et des associations importantes ayant pour objet de développer les irrigations, plutót que de créer des avantages en faveur des arrosants, et que ce serait dépasser les bornes de 1'économie générale du prqjet de loi que je présente que d'établir des préceptes qui sont en dehors de son objet.
La loi fraiKjaise du 25 juin 1852 relative a la concession du canal de Carpentras, stipule que les impots ne seront pas augmentés pendant une periode de vingt ans a compter de 1'achèvement des travaux, et une disposition analogue se rencontre dans la loi du 29 juillet 1881, relative aux canaux dérivés du Rhone.
La loi italienne du 6 juillet 1875 promulguée en vue d'assurer 1'assainissement des marais de Ferrare, et celle du 5 février 1882, qui a déclaré d'utilité publique les travaux d'assainissement de la vallée de Commachio, admettent aussi une exemption d'impots pendant vingt ans pour les terres améliorées. Le Conseil supérieur de 1'Agriculture, dans un rapport rédigé en 1870, propose de ne pas modifier l'impot pendant une période de 35 ans. Cette période a été fixée a 30. ans par la loi sur la constitution des syndicats promulguée en 1S73.
La législation espagnole a adopté jusqu'a présent des périodes extrêmement courtes, et on n'a obtenu par cela même aucun résultat. A mon avis la période de vingt ans est chez nous tres acceptable, et présente tous les caractères d'équité compatible avec les deux intéréts en présence.
L'article 17 du projet de loi a pour objet de faciliter la constitution des entreprises d'irrigations utiles et économique-ment possible. L'initiative qui est laissée par cet article aux Conseils Généraux et aux Conseils municipaux permettra a toutes les entités administratives et sociales d'arriver a un résultat aussi important pour elles que pour l'intérét public. En faisant participer les Conseils Généraux et les Communes aux frais nécessités par les études faites sur leur demande, on obéit a ce principe de justice distributive qui veut que chacun supporte une part des charges d'une entreprise en rapport avec le bénétice qu'il tire de cette entreprise, ou de l'intérét qu'il porte a sa réalisation.
L'article 18 est destiné a faire prévaloir cette idéé que le public ne doit pas tout attendre de Faction du Gouvernement.
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Les efforts du pouvoir central pour donner une vive impulsion a 1'étude et a 1'exécution des projets d'irrigation d'une certaine importance, ne doivent pas être exercés isolément, et indépendamment de Paction des intéréts locaux qui en retirent un bénétice immédiat, et il est utile de faire ügurer dans la loi ce principe de la participation des communes, bien qu'a mon avis, il l'heure actuelle on ne puisse fonder de grandes espérances sur 1'efficacité de eette participation. La loi italienne du 25 décembre 1883 consacre ce principe dans son article 10. 11 est rappelé également dans un projet de loi récemment présenté aux Chambres franyaises pour la concession du Canal de Fabrezan: les communes intéressées il l'exécution des travaux sont autorisées ii garantir en tout ou en partie les emprunts contractés par les associations syndicales, sans prejudice de rembourser en temps opportun les sommes prêtees.
Los articles 19 en 20 sont la reproduction textuelle de ceux qui figurent dans la loi actuellement en vigueur. Au sujet de Partiele 19 je dois faire observer qu'il importe de faciliter par tous les moyens possibles Pemploi des capitaux dans les opérationa agricoles, et d'éviter pour cela les obstacles de toute sorte qui pourraient s'opposer il eet emploi. Les facilités accordées pour 1'enregistrement sont contenues dans la loi italienne sur les syndicats d'arrosage du 28 mai 187B, dans celle du 25 décembre 1888, et dans les lois framjaises récentes relatives aux concessions de canaux et de réservoirs dans les départements du Midi.
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Telles sont les observations dontj'ai cru utile d'accompagner le projet de loi ei-joint destinée il porter secours aux entre-prises de canaux et de réservoirs d'irrigation.
A ND RÃ DE LLAUHADÃ.
PROJET DE LOl DE SECOURS anx entreprises de canaox et de réservoirs d'irrigation.
Article lcl'.
l-'Etat poumi venir en aide aux entreprises d'intérêt public ayant pour but la construction et 1'exploitation de canaux et de réservoirs d'irrigation, lorsque ces canaux et réservoirs auront été 1'objet d'une concession, et si le volume d'eau qu'ils foumissent d'une manière continue s'élève au moins ii 200 litres jtar seconde.
Le secours de l'Etat cousistera dans la garantie d'une annuité qui sera accordéeau concessionnaire pendant cinquante ans au maximum, partir du moment oü 1'eau commencera a être distribuée dans les canaux principaux et dans les rigoles secondaires, et oü 1'exploitation sera régulièrement établie.
Cette annuité est tixée au maximum a cinq pour cent du capital représentant le coüt total des travaux, 1'acquisition des terrains nécessaires a l'exécution de ces travaux, les indemnités pour torts et dommages, et les dépenses de premier établissement.
Sont compris dans les dépenses de premier établissement: les frais de constitution de la société, düment justifiés; les intéréts il 4 % des capitaux engagés pendant la période de construction; les frais d'études et de rédaction des projets, et les dépenses imprévues de direction et d'administration. Toutefois le total des sommes aft'érentes a ces divers objets ne pourra pas dépasser 12 pour cent de 1'estimation des travaux, des acquisitions de terrains et des indemnités pour torts ou dommages.
Article 2.
Le concessionnaire jouira, pendant toute la durée du verse-ment des annuités garanties par l'Etat et a partir du verse-ment de la première de ces annuités, de tous les produits des
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canaux et réservoirs concedes, quels qu'ils soient, en se conformant simplement aux conditions insérées dans le décret de concession.
A l'expiration de ce délai les canaux et réservoirs et toutes leurs dépendances feront retour il 1'Etat. lis devront être en bon état d'entretien et offrir les garanties fixées par les règlements.
L'Etat pourra administrer en régie les canaux et réservoirs qui lui feront ainsi retour, ou bien les concéder il un syndicat général des usagers, aux conditions qui seront tixées dans ce cas.
Article 3.
Le capital-actions de 1'entreprise concessionnaire devra s'élever a la moitié au moins du capital représentant les annuités garanties par 1'Ãtat. On n'admettra pas d'autres actions que celles qui seront libérées ou a libérer, soit en argent, soit en dépenses de premier établissement.
Article 4.
L'instruction d'une demande en concession d'un canal ou d'un réservoir d'irrigation se fera conformément aux regies suivantes;
1°. La demande en concession devra être accompagnée d'une étude complete du projet comprenant notamment la déter-mination de la zone arrosable; les jaugeages du volume d'eau disponible; les devis et cahiers des charges des travaux; les tarifs maxima de 1'abonnement a 1'eau rapportés au litre continu débité par seconde, avec table d'équivalence par hectare pour les diverses cultures; 1'estimation des produits probables de 1'entreprise, et enfin un engagement des proprié-taires de la raoitié au moins de la zone arrosable de souscrire a 1'eau a des prix n'excédant pas ceux du tarif proposé.
2°. L'administration procèdera a une enquête, dont la durée n'excèdera pas 60 jours, et qui portera sur 1'utilité générale de l'entreprise, sur 1'importance des travaux et sur les revenus probables a retirer de 1'oeuvre. Les corporations ainsi que les propriétaires intéressés seront entendus et pourrons présenter leurs observations au cours de cette enquête.
3°. Pendant la durée de 1'enquête, dont il est question au paragraphe précédant, la Direction des Travaux Publics fera examiner le projet tant au point de vue technique, qu'au point de vue économique; elle fera également déterniiner les produits probables de l'entreprise et évaluer la durée de 1'exécution intégrale des travaux.
4°. L'affaire sera ensuite soumise a l'examen du ('onseil supérieur des Ponts et Chaussées, ainsi qu'a celui du ('onseil supérieur de 1'Agriculture, et du Conseil d'Etat, toutes sections réunies.
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Sect. TV a.
ó0. L'instruction ainsi tenninée, le Conseil des Ministres, sur la proposition du Ministre des Travaux Publics, décidera s'il y a lien do mettre le projet a execution, et dans le cas de l'affirmative fixera définitivement les tarifs maxima qui seront appliques en exploitation.
Article ö.
Tja concession sera faite par voie d'adjudication publique, en prenant pour bases le taux de 1'annuité garantie et le nombre d'années de jouissance accordées au concessionnaire.
Si les propositions des concurrents sont identiques en ce qui concerne le nombre des années de jouissance, on donnera la préférence a celui qui réclamera le taux d'annuité minimum.
Si les taux d'annuités demandés sont aussi les mêmes, la concession sera accordée a celui des demandeurs qui proposera les plus faibles tarifs d'abonnement aux eaux.
L'annonce de I'adjudication sera faite par le Ministre des Travaux Publics confomiément au reglement qui sera rendu pour l'exécution de la présente loi.
Pour prendre part au concours, chaque candidat devra produire le reyu du dépot dans la Caisse générale des dépots du Gouvernement du vingtième de l'estimation totale. En outre, tout concurrent qui ne sera pas l'auteur du projet présenté par lui, devra verser dans la même caisse une somme égale a la valeur de ce projet, estimée a dire d'experts et fixée définitivement par le Ministre des Travaux Publics.
C'ette estimation comprendra la dépense matérielle de la rédaction du projet, et la rémunération due a l'auteur de 1'étude. La concession une fois adjugée, l'adjudicataire, s'il n'est pas lui-même l'auteur du projet, devra remettre a celui-ci le montant de l'estimation de ce projet. Pour la constitution du dépot de cautionnement l'adjudicataire se soumettra aux dispositions de la loi sur les travaux publics.
Article fi.
fjcs modifications düment approuvées du projet ne pourront entrainer aucune variation de 1'annuité concédée, a moins qu'elle n'ait pour consequence une diminution du débit des canaux ou des réservoirs. Dans ce cas, 1'annuité sera réduite en proportion de la diminution du débit.
Article 7.
Le Gouvernement pourra,, par décret royal, arrêté en Conseil des Ministres, le Conseil d'Etat entendu, accorder unc ])ro-longation du délai fixé dans l'acte de concession pour l'exécution des travaux. dans le cas de force majeure, ou lorsque le concessionnaire fournira des motifs valables pour expliquer
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Sect. IV o.
le retard apporté a cette execution. En aucun cas cette prolongation ne pourra exeéder la moitié du délai primitive-ment prévu.
Article 8.
La concession sera frappee de déchéance;
1°. Si le concessionnairc n'a pas déposé son cautionnement dans le délai indiqué a 1'article 5;
2°. S'il n'a pas commence les travaux dans le délai lixé au cahier des charges;
3°. S'il n'a pas achevé les travaux dans le délai prévu, en ne considérant comme travaux faits que ceux qui sont rigou-reusement conformes aux previsions du projet;
4°. Dans les cas spéciaux prévus par le cahier des charges.
Article 9.
La déchéance sera prononcée directement par le Ministre des Travaux Publics dans les deux premiers cas indiqués a 1'article précédent. Dans les autres cas elle nc sera prononcée, que le concessionnaire entendu et sur l'avis du Conseil d' Etat.
Article 10.
La déchéance entramera la perte du cautionnement. Si les travaux ont reou un commencement d'exécution et si le Gouvernement juge utile d'en poursuivre 1'achèvement, les ingénieurs de l'Etat prendront les mesures nécessaires pour assurer la conservation des ouvrages déja faits et pour para-chever ceux qui seraient exposés a subir de graves deteriorations. Le Gouvernement pourra en outre faire de la partie des travaux exécutés et de cellc qui reste a exécuter 1'objet d'une nouvelle concession, en se conformant aux dispositions de la présente loi.
Dans le cas oü les travaux seraient achevés par un nouveau concessionnaire, 1'ancien concessionnaire recevra une indemnité égale a la valeur du projet, augmentée des dépenses relatives aux travaux utilises, déduction faite des dépenses que l'Ãtat aura eu a supporter pour l'entretien et la conservation des ouvrages cxécutés et du montant du cautionnement s'il a déja été remboursé a cct ancien concessionnaire.
Le montant de 1'indemnité due a 1'ancien concessionnaire sera déterminé par les ingénieurs du Gouvernement et ap-prouvé par le Conseil supérieur des Ponts et Chaussées, le concessionnaire entendu.
Article 11.
II est accordé, pendant toute la durée de la concession, aux entreprises de canaux et de réservoirs constituées en exécution
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Sect. IV a.
de la présente loi, le droit d'exproprier, au prix des terres non arrosées, les terres comprises dans la zone arrosable, dont les propriétaires refnseraient de signer l'engagement ;\ 1'usage des eaux, en se conformant a la loi et aux regle-ments rclatifs ii I'expropriation pour cause d'utilité publique.
Les taxes relatives a la jouissance des eanx des canaux ou des réservoirs seront perrues comine en matière de contributions foncières.
Article 12.
L'Etat pourra accovder a pcrpétuité la jouissance dcs eaux et la propriété des travaux, et garantir pendant 30 ans au maximum, a dater de la mise en exploitation, une annuité, calculée a raison de cinq pour cent au plus, sur la raoitié du capital évalué, comme il est dit a Partiele Ir., aux com-munautés de propriétaires arrosants, constituées conformément a la loi du 13 juin 1879, qui demanderaient a construire des réservoirs ou des canaux fournissant pour 1'arrosage un volume d'eau d'au moins cinquante litres par seconde, ou exécuter des travaux ayant pour but d'augmenter d'une quantité équivalente le volume servant il assurer des irrigations déjii existantes. Les dispositions de 1'article 3 de la présente loi, et celles, qui se rapportent dans 1'article 4 aux taxes d'arrosage, ne seront pas applicables a ces communau-tés d'arrosants.
L'Etat pourra accorder l'annuité, dans les liniites fixes dans le paragraphe précédent, sans recourir a 1'adjudication publique, pourvu que la demande sont accompagnée de pieces justifiant que toutes les autres fornialités exigées des entre-prises d'irrigation ont été remplies.
Les associations de propriétaires qui présenteront un compromis hypothécaire conforme aux prescriptions des lois en vigueur et au reglement de cette loi, jouiront des mêmes privileges que les communautés d'arrosants.
Sont aussi applicables aux communautés d'arrosants et aux associations de propriétaires les avantages concédés par 1'article 11 aux entreprises d'irrigation.
Article 13.
Lorsque, par suite de la negligence du concessionnaire, des détériorations pouvant compromettre le service régulier des irrigations viendront a se produire, le Gouvernement mettra cc concessionnaire en demeure de réparer ou de reconstruire au besoin les parties dégradées dans un délai déterminé. Faute par lui de se conformer a cette mise en demeure dans le délai (ixé. le cas de force majeure excepté, 1'Etat exécu-tera les travaux a ses frais, mais il saisira la moitié des pro-
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Sect. IV a.
duits de l'entreprise jusqu'a ce qu'il soit remboursé intégra-lement dc ses dépenses.
Si le service des irrigations est interrompu, les usagers seront exemptes de 1'abonnement pendant toute la durée de 1'interruption.
Article 14.
Si par suite de négligence du concessionnaire, l'existence des travaux ou la bonne marche de 1'exploitation étaient compromises, 1'administration du canal ou du réservoir pour-rait être mise sous séquestre. La commission du séquestre sera nommée par le Ministre des Travaux Publics. Elle sera chargée d'assurer la conservation et l'exploitation des ouvrages, en y employant les ressources fournies par les usagers. Le séquestre sera prononcé par Décret royal, arrété en Conseil des Ministres, le Conseil d'Etat entendu.
Article lo.
T^es droits et les obligations qui résultent des engagements relatifs a l'usage des eaux, dans tons les cas prévus par la présente loi, sont inhérents a l'immeuble, et passent de plein droit et indépendamment de toute convention des premiers propriétaires a ceux qui leur succèdent, sauf les modifications apportées par la vente partielle ou le partage des immeubles.
Article 16.
L'Etat renonce pendant vingt ans, ii compter de la mise en exploitation du canal ou du réservoir, a exiger un accrois-sement d'impóts fondé sur 1'augmentation de valeur des terres qui résulte de leur mise en culture irriguée.
Article 17.
Le Gouvernement pourra de son propre mouvement, ou par suite des demandes formulées par les communes ou les départements intéressés, faire procéder a des études de canaux ou de réservoirs; mais dans le cas oü ces études seraient faites a la demande des départements ou des communes, ceux-ci devraient participer aux dépenses pour un dixième de 1'estimation.
L'Pgt;tat pourra, après avoir pris au préalable l'avis du Conseil supérieur des Ponts et (quot;haussées et celui du Conseil supérieur de 1'Agriculture, accorder des récompenses en argent aux auteurs de projets d'irrigation d'une certainc importance, s'il est reconnu que 1'exécution en est possible et 1'utilité incontestable au point de vue économique. Le Gouvernement
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Sect. TV n.
dovineni en outre ii ces études la publicité nécessaire dans les journaux officiels.
Article 18.
Les départements et les communes, sur les territoires des-quels sont comprises les zones irrigables oü doivent être entrepris les travaux concedes, qu'ils soient exécutés par des entreprises, des communautés, ou des associations de proprié-taires, pourront aider les concessionnaires soit en leur four-nissant gratuitement des terrains, soit en leur servant des annuités pendant un temps qui ne pourra excéder la durée de la subvention de l'Etat. Ces secours diminueront d'autant le montant de ceux qui serai ent accordés par l'Etat.
Article 19.
bes sociétés qui se constitueront pour construire ou exploiter les travaux auquels se rapporte la présente loi, devront payer l'impot d'enregistrement conformément a 1'article ó dequot; la loi du 31 décembre 1881 et aux dispositions de la loi du 3 aoftt 1866. Les actions et obligations émises seront soumises, en vertu de 1'article 127 de la loi du 31 décembre 1881, au timbre de dix centimes fixé pour les titres hvpo-thécaires des banques territoriales. Les hypothèques que les propriétaires fonciers, qui se constitueront en syndicat, constitueront pour jouir des bénéfices de 1'application de la présente loi payeront seulement dix centimes pour 100 francs de la redevance souscrite par le propriétaire pour 1'usage des eaux. La libération de 1'hypothèque ne sera assujettie qu'au paiement de cette somme.
Article 20.
La loi sur les travaux publics du 15 avril 1877 et la loi sur les eaux du 13 juin 1879 continueront a rester en vigueur en tout ce qui n'est pas en contradiction avee les prescriptions de la présente loi.
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ANNEXE.
Congres international tie Mlisation des eanx fluviales.
PARIS - 1880.
Rapport de Mr. A. DE LLAURADÃ.
De l'avenir des canaux d'irrigation.
Parmi les diverses questions qui intéressent les canaux d'irrigation, il en est une qui me parait capitale: e'est celle qui se rapporte a la determination des entités sodales qui doivent les coiistruire, les conserver, et les rendre féconds pour 1'accroissement dc la richesse publique. C'est sous cet aspect que je vais trailer la question, en présentant a 1'appui de mes idees les faits (pie j'ai pu observer en Espagne.
II est incontestable que, dans les pays du Nord, 1'irrigation augmente tres notablement le rendement des prairies, surtout pendant la saison chaude, lorsque les eaux atmos-phériques font défaut; et que, dans les pays méridionaux, 1'arrosage artiticiel rlevient line néeessité absolue, en été, pour suppleer aux pluies, et dans les autres saisons, pour corriger les effets de leurs irrégularités ot de leur inégale repartition.
Deux procédés principaux peuvent êtrc employes pour recueillir les eaux nécessaires aux cultures. Dans les vallées ouvertes, possédant des cours d'eau abondants, avec les conditions d'exploitation les plus favorables, on utilise naturel-lenient les eaux en les élevant par des barrages et en les amenant par des canaux sur les terres. Dans les pays dc montagne, au contraire, les accidents topographipues oppo-sent de sérieuses difficultés au développement des canaux d'amenée et du réseau distributif des rigoles secondaires; dans ce cas 1'emmagasinement des eaux de plnie dans des réservoirs, placés a proximité des terrains a irriguer, s'impose d'une manière presijiie absolue. L'Espagne, notamment, n'a pas de Heuves qui prennent leurs source- a des altitudes assez grandes, pour qn'ils y soient alimentés par les neiges pérpétuelles; on n'y voit pas non plus de grands lacs qui régularisent le régime des cours d'eau ; les pluics y sont rares et généralement pen abondantes. Aussi 1'établissement de réservoirs pour recueillir les eaux peridant la période humide est-il indiqué, non seulement dans la partie élevée des bassins, mais encore dans la partie la plus basse; c'est le moyen
Sect. TV a.
unique qu'on ait de suppléer a l'inauffisance des débits d'étiage des rivières, dont le volume déeroit dans une effrayante proportion, préc-iseinent a 1'époque oü Peau serait le plus nécessaire aux besoins de 1'agriculture.
Quel que soit le moven adopté pour recueillir les eaux, les entreprises d'irrigation, pour pen qu'elles soient impor-tantes, se partagent en deux groupes principaux: lu celles qui peuvent réussir par les senles forces de 1'intérêt indivi-duel; 2n celles qui exigent l'intervention et le secours de 1'Etat. Abstraction faite des causes particulières qui peuvent s'opposer au développement des arrosages, et que j'examinerai sommairement plus loin, 1'activité privée suffira, au point de vue économique, a niener a bonne fin un projet d'irrigation, lorsque les redevances des arrosants et les autres produits directs acquis a la compagnie concessionnaire assurent un intérêt suffisant au capital, et permettent de l'amortir pendant la durée de la concession. Si ces conditions ne sont pas remplies, 1'entreprise est nécessairement ruineuse pour les intéréts privés qui s'y engagent.
Toute amelioration agricole exige un laps de temps assez long pour donner un revenu rémunérateur; et c'est pendant la période oü le revenu manque le plus souvent, c'est-a-dire pendant les premières années d'une entreprise d'arrosage, que les dépenses sont les plus grandes, car ce n'est pas sans difiicultés, ui sans chances d'accidents qu'on amène 1'eau dans des levées en terre fralchement remuée, et dans tons les ouvrages qu'èxige l'établissement d'un grand réservoir ou d'un grand canal.
Les jjrojets d'irrigation qui ne sont pas susceptibles d'as-surer dans un court délai un revenu rémunérateur, restent pour ces diverses raisons en dehors du eerde des operations dévolues a 1'industrie privée; et bien qu'on ne puisse pas dire d'une manière absolue qu'ils doivent tous rentrer dans la sphère d'action de 1'Etat, puisque ses ressources sont toujonrs limitées, on peut aflirmer qu'ils lui sont avantageux, car en outre du tarif qu'il peryoit directement, le Trésor public pro-fite, par 1'accroissement de l'impot, de 1'augmentation de la richesse nationale, et des prélèvements que le iisc opère sur les diverses transformations qn'elle subit.
Parmi les canaux modernes de 1'Espagne, 1'un d'eux, le canal Impérial d'Aragon, fournit a 1'appui de ces appreciations un enseignement décisif. Ce canal prend a 1'Ebre un volume d'eau de 25 metres cubes environ par seconde et arrose une surface de 27.000 hectares. 11 a conté 25,millions de francs, dont 20 millions out été fournis par 1'Etat, qui supporte en outre une charge annuelle de 1.579.000 francs, dans laquelle est comprise une somme de 187.(XX) francs pour frais d'administration, d'entretien et de réparations des ouvrages. Le produit immédiat qu'il en retire, en qualité
00 â¢).)
Sect. IV r/.
d'entreprcnenr, raontait en 1S8S a la somme de 199.121 francs, qui se decompose comme il suit:
Service de navigation....................5.374,28
â d'aiTosage...........1'13.2,12,03
â d'eau potable....................2.112,50
â du chemin de ter..................1.160 »
â d'etablissements industriels..........44.005,42
Droits lt;Vherbages et autres................30.029,22
Vente d'arbres..........................1.398,30
Produits divers........................1.829,49
Tot a 1.....199.121,24
Le service de navigation rapportait 60,250 francs en 1859; ce produit a subi une baisse de 90 pour 100, par suite de la concurrence du chemin de fer de Saragosse a Pampelune, ouvert depuis cette époque.
Si, du rendement total constate en 1888, on retranche les frais d'administration et d'entretien, 162.072 fr. 40. il reste comme benefice net une soraine de 37.048 fr. 84, produit insignifiant comparativement au capital engage. Sans paralyser aucunement le progrès de la richesse agricole de la contrée dcsservie par le canal, ce revenu pourrait être amélioré et porté a 250.000 francs; mals, luême dans ce cas entièrement favorable, le résultat financier de 1'entreprise serait tout a fait désastreux. L'affaire pourtant, loin d'être ruineuse pour 1'Etat. comme elle le serait pour une compagnie, a largement rémunéré les sacrifices du Trésor public, en donnant la vie a une vaste contrée, et en; créant de nou velles sources de richesses, sur lesquelles l'Etat prélève sa part, directement ou indirectement.
En 1849 le gouvernement créa des syndicats d'arrosants et réduisit en même temps de moitié le rendement financier du canal; mais eet amoindrissement du revenu direct a été compensé, et au dela, par une augmentation du tiers dans la surface cultivée et par un accroissement tout aussi notable de 1'intensité des cultures. Des terrains restés en friche, paree qu'ils ne pouvaient supporter 1'ancien tarif de l'arro-sage, sont aujourd'hui cultivés avec soin; tel champ qui était soumis au régime de la jachère, rapporte a présent jusqu'a trois récoltes par année; et voila, ,une nouvelle preuve des bénéfices que peut assurer a l'Etat une mesure ruineuse pour une compagnie particulière.
On fait en ,ce moment des travaux de réparation au grand barrage de 1'Ebre; la dépense est évaluée a 1.500.000 francs, dont le tiers est a la charge des usagers, et les deux tiers a la charge du Trésor public. On prolonge aussi le canal
M
Sect. IV a.
jusqu'il la ville de Quinto, sur une longueur de 40 kiloraè-tres, pour arroser une surface de 70(j0 hectares; la dépense, qui sera de 2 millions de francs, est entièrement a la charge de 1'Ãtat.
La Compagnie du canal d'Urgel, qui a été terminé en 1861, a déboursé pour ses travaux un capital de 28.525.000 francs, ainsi décomposé;
Capital actions................ 14.000.000
Capital obligations, devant rapporter un intérèt de (j pour
100 ................... 8.000.000
Subvention regue de I'Ktat, sons forme de prêt sans intérèt. 6.525.000
Total..... 28.525.000
Le canal principal fournit en temps normal un volume de 16 metres cubes par seconde; la surface arrosée est de 50.000 hectares; elle est cultivée en céréales, avec le régime de la jachère, ce qui réduit la surface arrosable a 25.000 hectares chaque année. Cette culture n'est pas faite avec grand soin; on n'y applique pas assez largement les engrais on les amen-dements: aussi la terre ne rapporte guère plus de quatre a cinq grains pour un. Le produit net a distribuer de 1876 a 1886 a suffi a peine pour assurer un intérèt de 2 pour 100 aux obligations; quant aux actions, elles n'ont aucune valeur, et n'en auront probablement aucune pendant les quatre-vingt-dix-neuf années que doit durer la concession. Le produit brut annuel s'est élevé, pendant cette période de dix ans, a 683.886 francs; les frais annuels d'administration et d'entretien montent a la somme de 246.172 francs, c'est-a-dire a peu prés 1 franc par metre de canal; car le canal principal et les quatre branches secondaires qui s'en détachent, présentent ensemble une longueur de 246 kilometres. L'Etat permit chaque année sous forme d'impöt une somme de 900.000 francs sur les terrains compris dans la zone irriguée; que le canal vienne a être supprimé, et ce revenu se réduirait sur-le-champ au cinquième de sa valeur. La Compagnie est néces-sairement dans un état trés précaire, tandis que 1'Ãtat jouit de toute la somme des utilités produites. Le Gouvernement pourrait faire 1'abondon du prêt de 6.250.000 francs, qui ne lui sera jamais remboursé. Mais il tient, paratt-il, a le conserver a titre de créance dans son budget annuel. Les cultivateurs qui emploient les eaux du canal d'Urgel n'ont jamais fait le curage des rigoles de distribution; de sorte que la contrée serait devenue tout a fait marécageuse et malsaine, si la Compagnie, malgré sa situation obérée, n'avait procédé pour son propre compte aux travaux d'assainissement. Saus être propriétaire du sol, la Compagnie concessionnaire
Sect. TVo.
a droit, en vertu du contrat passé avec les arrosants, au neuvième des fruits produits. Or ce droit serait illusoire, si la zone irriguee devenait sterile, si les eaux qui doivent la féconder y semaient au contraire les fièvres paludéennes et la mort. De 1876 il 1886, la Compagnie a dépensé en moyenne 80.000 francs par an en travaux de curage, et tout en assu-rant la salubrité du pays, elle a augmenté la surface cultivée de 3.000 hectares environ.
Si les canaux dïrrigation ont 1'inconvénient de revenir a un prix trés élevé, par suite de 1'importance des constructions a exécuter et du long trajet qu'on a souvent il faire parcourir aux eaux, les grands réservoirs présentent aussi de grands inconvénients, soit a cause des diflicultés technique de leur emplacement, soit il cause du risque des atterrisse-ments qui peuvent s'y produire: ce dernier risque est tres grave et il est trés difficile de 1'éviter, surtout si le bassin de reception des eaux pluviales est constitué par des terrains opposant une faiblc résistance a leur action érosive.
Les entreprises de construction des grands barrages-réservoirs sont sujettes aux mêmes difficultés financières que celles qui ont pour objet la construction des canaux. Je citerai A 1'appui de cette assertion ce qui se passe pour la Compagnie du barrage-réservoir de Pueutes ou de Lorca, récemment construit dans la provincie de Murcie. Ce bel ouvrage a été établi pour contenir 31 millions de metres cubes d'eau, et a coüté 7.812.000 francs. La rivière Guadalentin, qui 1'alimente, a un débit moyen de 350 litres par seconde a 1'étiage. Avant la construction, ce volume d'eau a l'étiage const ituait une propriété spéciale, distincte de celles des terres il arroser, lesquelles ont une étendue de 11.500 hectares. L'eau se vendait aux enchères, a des prix parfois trés élevés, surtout lorsque l'étiage était trés bas et les besoins d'eau trés pressants. De 1859 a 1880, le prix moyen de la vente des eaux s'élevait par an a 268.298 francs. La construction du barrage a augmenté notablement la quantité des eaux offertes a 1'arrosage; les prix de vente se sont done abaissés, et a tel point, que ni la vente des eaux réservées comine propriété particuliére, d'aprés les anciens droits, ni celle des eaux du réservoir vendues au profit de la Compagnie concessionnaire, ne suffi-sent pour couvrir les frais d'administration de la comnu-nauté des propriétaires, ni pour donner un intérêt au capital engagé dans la construction. La Compagnie se soutient aujourd'hui, grtlce a une annuité de 237.671 francs, qui lui est accordée pour six années seulement par le Gouvernement, par application d'une loi de 1883 sur les secours aux entreprises de canaux d'irrigation. Lorsque ce secours passager sera supprimé, la Compagnie ae trouvera dans une situation trés difficile, a moins qu'elle ne modifie 1'ancien projet, en vue d'étendre la zone d'irrigation pour y appliquer le surplus
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Sect. IVa.
des eaux dont elle dispose. Mais il est a craindre lt;|uc 1'atter-rissement tres rapide qui; subit le réservoir, ne rende cette augmentation impossible; après quelques années d'empioi, le fond du réservoir s'est couvert d'une couclie d'alluvion qui grossit toujours et qui atteint déja prés du barrage 1'épaisseur de 14 metres.
Le barrage-réservoir de Monteagudo, terminé en 1881, dans la province de Soria, a coüté a la Compagnie 225.000 francs; le tarif de 1'eau est resté trop élevé pour encourager les pro-priétaires a 1'appliquer a leurs cultures; aussi 1'usage en est-il trés restreiut et le capital de la construction ne revolt aucune remuneration.
Le barrage-réservoir de Calahorra, récemment construit dans la province de Logrono, a absorbé la somme de 10Ã.207 francs. L'eau est vendue au prix de 2 a 4 francs l'lieure. pour un débit continu de 33 litres '/s par seconde. Le revenu de 1'entreprise depuis 1885 n'a pas dépassé 250 francs par an.
Je pourrais citer d'autres barrages-réservoirs modernes, dans lesquels on observe de même une énorme disproportion entre le capita! employé et le revenu realise. D'autres réservoirs, d'importance secondaire, construits par 1'association des pro-priétaires intéressés, ou par des compagnies particnlieres, mais dans des régions oü la culture a le caractère intensif et oü l'eau a une grande valeur, out au cf)ntraire donné des benefices rémunérateurs. Mais ce n'est pas la le cas général, et 1'état miserable auquel sont réduites la plupart des entre-prises d'irngation, contribue a accroitre dans une forte proportion les risques des atterrissements; ce n'est pas a une autre cause qu'il faut attribuer le colmatage presque complet du réservoir de Nijar, qui pouvait contenir a 1'origine 15 millions de metres cubes d'eau, et qui est entièrement rem-blayé a présent.
Parmi les diverses causes qui contribuent a réduire la ' rémunération des capitaux employés dans les entreprises d'irrigation, les unes sont pour ainsi dire naturelles, et se rattachent a la nature spéciale de la richesse a exploiter; les autres dependent de la fausse direction donnée a 1'effort qui doit féconder 1'entreprise avec les moindrcs déboursés possibles.
Le premier écueil, contre lequel vient se briser toute entre-prise d'irrigation, est la lenteur avec laquellc 1'agriculture se transforme dans la contrée nouvellement irriguée. Si 1'on admet que l'eau est offerte a assez bas prix pour exciter le cultivateur a introduire 1'arrosage sur ses terres, il faut encore qu'il ait a sa disposition, ou qu'il puisse emprunter a des conditions avantageuses, le capital nécessaire pour opérer ces diverses transformations. L'insuffisance de la population, la lenteur avec laquellc elle s'accrott, le manque d'aptitude chez le cultivateur, son apathie, son asservissement a la culture traditionnelle, la nécessité oi\ il se trouverait, s'il adoptait
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â¢14
Sect. IVa.
les procédés pcrfectionnés, de stimvder la production par des engrais nouveaux et par un assolement plus convenable, sent autant de causes qui retardent sur chaque point 1'introduction de la culture intensive. A ces causes générales s'ajoutent dans certains pays des circonstances particulières, telles que les accidents topographiques, 1'absence des voies de communication, 1'éloignement des marches. La, au contraire, oü 1'habi-tude des arrosages existe, lorsqu'il s'agit seulement de compléter 1'insuffisance d'un volume d'eau utilisé depuis de longnes années, les progrès de la culture sont rapides, comme on peut le voir dans la région centrale de 1'Ãbre, depuis que le canal Impérial a apporté son appoint au débit des anciens canaux.
La constitution de la propriété arrosable inline beaucoup aussi sur la transformation et le développement des cultures. Lorsque la propriété comprend de grands lots, partagés entre plusieurs fermiers qui les cultivent, ces fermiers n'ont pas ordinairement les ressources nécessaires pour améliorer les terres qu'ils font valoir, ils ne cherchent qu'a en tirer le plus grand profit possible, sans se préoccuper de 1'appauvrissement qui peut en résulter, saus se lancer dans des perfectionne-ments d'avenir, qui n'auraient pas de résultat immédiat. La petite propriété, ou celle qui est morcelée en parcelles de petite étendue, ne se prête pas non plus a l'application des procédés que la raécanique et la science agricole mettent aujourd'hui a la portée des cultivateurs.
Les anciennes concessions d'eau déterminent parfois, d'une manière un pen vague, la part qui est faite a 1'arrosage, et celle qui est réservée pour les usines. La proportion entre ces deux modes d'emploi n'est pas d'ailleurs toujours strictement observée. On pourrait saus doute, en revisant les anciennes concessions, fixer d'une manière trés certaine Les droits des usagers, et trouver encore un certain volume d'eau disponible pour des applications nouvelles. L'Adrainistration doit arriver. tót ou tard a concilier les intéréts opposés des industriels et des agriculteurs, sans sacrifier les uns aux autres. Dans plusieurs cas, elle pourrait sans injustice faire pencher la balance du cóté des agriculteurs, car les usiniers peuvent souvent substituer avec avantage une autre puissance motrice aux chutes d'eau, tandis qu'on ne peut remplacer paraucun autre agent 1'eau nécessaire a la culture.
Les bénéfices que l'arrosage peut assurer aux terres cultivées sont proportionnels au volume d'eau dont on dispose, ce volume eprouvant des changements avec 1'étendue de la surface a arroser, le climat, la nature du sol, les formes topographiques, les méthodes de culture, etc. Pour apprécier une entreprise d'irrigation lorsque la zone a irriguer est placée dans des conditions favorables, il faut comparer 1'esti-mation de la dépense a la quantité d'eau (jiii est offerte au
Sect. TV n.
cnltivateur, plutót qu'a 1'étendue de la zone arrosable. Quand on procédé autrement et qu'on fait dépendre 1'étendue de cette zone des conditions techniques de la construction, on est conduit presque toujours a exagérer la dépense de premier établissement et a surcharger le capital de 1'entreprise d'un excès qui aurait j)u trouver ailleurs un meilleur emploi. Si 1'intérêt du capital engage force a élever le tarif a un taux ([ue le cnltivateur ne puisse atteindre, 1'eau recueillie demeure inutilisée, au prejudice de l'entreprise et de la prospérité des cultures; si, au contraire, on abaisse le tarif pour encourager 1'arrosage, le capital employé est exposé a ne plus recevoir sa juste rémuneration, et il peut même arriver que l'ceuvre devienne entièrement sterile, faute des ressources nécessaires a 1'entretien et aux réparations des ouvrages. Parfois encore 1'eau fait défaut, et l'entreprise périclite. Le canal du 1 lénarès, onvert pour l'irrigation d'une zone de 10.000 hectares, est revenu a la somme de 4.730.000 francs. Mais la rivière dont il emprunte les eaux n'a pas a 1'étiage une portée normale bien assurée; le débit s'est abaissé a 517 litres par seconde, quantité d'eau qui suffit a peine au service de deux petits canaux plus anciens, compris dans la zone du nouveau canal. Aussi la Compagnie du canal du Hénarès a-t-elle éprouvé un vrai désastre financier.
Si, dans le cas contraire, la capacité des canaux d'amenée est supérieure a ce qu'exigent 1'étendue et les besoins de la zone a desservir, 1'effet économique final est encore le même. Le barrage-réservoir de Nyar, construit en 1864, fut établi avec une capacité plus grande que le volume d'eau qu'il pouvait recueillir, d'après 1'étendue du bassin alimenté par les eaux de plu ie. Son prix excessif élevant par trop le prix de ven te de 1'eau a distribuer, en limita tellement 1'emploi, qu'il fallut abandonner l'entreprise: le réservoir, comme on 1'a vu plus bant, est aujourd'hui il pen ]irès complètement comblé par les depots des eaux.
Insistons done sur ce point, qui est capital: pour qu'un projet d'aménagement des eaux d'arrosage soit profitable a ['entrepreneur, en même temps qu'aux cultivateurs, il est nécessaire que 1'arrosage revienne a bas prix ; la culture ne manque pas de se développer lorsque l'entreprise d'arrosage peut céder l'eau a prix trés modéré, surtout si un heureux concours de circonstances intervient pour éliminer les resistances passives que nous avons signalées plus haut.
II arrive souvent que les entreprises d'irrigation, tout en menant avec succes l'exécution de leurs travaux, voient la construction absorber un capital bien supérieur au montant de 1'estimation primitive. Get accroissement des dépenses, qui prend parfois des proportions elfrayantes, est dü a la difficulté de prévoir certains accidents plus on moins graves qui se produisent dans l'exécution des travaux ; ou bien il est la
?,lt;)
Sect. IV a.
consequence d'un plan arrêté d'avance, en vue de faciliter la constitution de la compagnie avec un capital initial insut-tisant. Qu'il y ait erreur on fraude, le résultat immédiat de cette insuffisance est line diminution du taux des rende-ments, et une modification radicale des bases de 1'aöaire. Le devis du canal d'Urgel, d'après lequel la concession tut ac-cordée, s'élevait a 8.000.000 de francs; c'était a peine ce qu'il fallait pour ouvrir les souterrains, même en les estimant au prix trés modéré de 650 francs le mètre courant. On le modifia une première fois pour le porter a 14.410.000 francs, mais les dépènses ne s'arrêtèrent pas la et la Compagnie a dépensé plus de 20 millions jusqu'a ce jour. On ne doit pas oublier que, pour qu'un projet d'irrigation puisse donner des produits, il faut y comprendre, non seulement les canaux principaux, mais tont le réseau distributif qui amène l'eau en tête de chaque parcelle; et c'est ce que la Compagnie du canal d'Urgel a été obligée de faire, sans compter l'assainissement de la zone arrosable, comme nous 1'avons dit déja.
Les mesures legislatives prises en Espagne pour encourager la formation des compagnies d'irrigation n'ont donnéjusqu'ici presque point de résultats. J'en indiquerai sommairement les plus importantes.
Conformément a Partiele 19S de la loi sur les eaux du 18 juin 1879, les compagnies qui prennent a leur charge la construction de canaux ou de réservoirs pour 1'irrigation out le droit de percevoir, outre le prix de vente de l'eau, le montant de 1'augmentation de 1'impöt sur les terres arrosées, après les dix premières années d'arrosage, et cela pendant une période qui peut varier de cinq a dix ans. Cette allocation constitue un secours que 1'Etat apporte il la compagnie. Le même secours est promis par la loi aux syndicats de propriétaires qui exécutent de semblables travaux. Cette disposition législative n'est favorable ni aux cultivateurs,, ni a 1'Etat, ni même au progrès de la culture; le teiups pendant lequel la terre irriguée est affranchie de toute augmentation d'impót est trf)p court; a ce moment le capital manque en effet aux cultivateurs pour transformer leurs cultures, et il est impossible qu'il augmente lorsqu'on limite les revenus qui doivent le constituer. De même Partiele lt;S de la loi sulles canaux et réservoirs d'irrigation, du 20 février 1870, accorde aux entreprises le montant de 1'augmentation de 1'impót jusqu'a concurrence de 150 francs par hectare arrosé, et pendant trois années encore après que cette limite a été atteinte, a titre d'intérêt pour le capital de premier établissement. La lenteur avec laquelle les entreprises d'arrosage se développent rend ce secours illusoire pour les entreprises; et la brièveté du temps pendant lequel les arrosants sont exempts d'augmen-tation d'impót, a les inconvénients déja indiqués. Les entre-
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Sect. TV a.
prises ruinees sont restées nünées après cettc lui, qui étiiit destinée a leur venir en aido.
La loi de secours aux entreprises de canaux et de réservoirs d'irrigation, promulguée le 27 juillet 1888, s'applique a celles qui fournissent pour 1'arrosage un volume d'eau de 200 litres par seconde au moins. Les secours accordés peuvent recevoir les formes suivantes: 1° une subvention, qui ne doit pas excéder 30 pour 100 lt;lu montant de l'entreprise, évaluéeny comprenant le canal principal, le réservoir et les branches mattresses de la canalisation : 2° une sorte de prix ou de rémunération, qui ne doit pas dépasser la somme de 250 francs par chaque litre continu d'eau que le canal ou le réservoir emploie pour les arrosages. Le Gouvernement a la faculté de substituer a la subvention une quantité équivalente de travaux d'une execution difficile, qu'il exécute a ses frais. Les sommes réunies de la subvention et d\i prix ne doivent d'ailleurs jamais dépasser 40 pour 100 des dépenses de premier établissement, calculées en ajoutant au montant du devis approuvé pour 1'ensemble des canaux principaux et des réservoirs, une somme de 100 francs pour chaque bectaro de terrain arrosé.
Les syndicats d'arrosants, constitu-és conformément a la loi de 1879, qui entreprennent de construire des canaux ou des réservoirs, soit pour introduire 1'arrosage sur leurs terres, soit pour améliorer les irrigations déjii existantes, quelle que soit d'ailleurs la quantité d'eau a employer, peuvent obtenir la concession du Gouvernement saus être astreints a une adjudication publique; leurs travaux peuvent être subventionnés jusqu'a 50 pour 100 du montant du devis. La subvention doit être, en general, accordée sous forme de travaux excep-tionnels, d'une difficulté particulière, qui sont exécutés par l'Etat. Le Gouvernement est aussi autorisé a préter d'avance au syndicat jusqu'a concurrence de 50 pour 100 des estimations. Ces prêts produisent un intérêt de 3 pour 100, dont le montant est prélevé sur les propriétaires, d'aprês un tarit' fixé au moment même de l'emprunt.
Le Gouvernement peut aussi faire étudier par ses agents les canaux et les réservoirs destinés aux irrigations; les études une fois faites, et après les enquêtes prescrites par la loi, il peilt mettre les travaux en adjudication, ou hien présenter aux Chambres un projet de loi pour s'en charger a son propre compte.
Ces diverses dispositions sont troj) récentes pour qu'on puisse les juger élt;|uitablement. Elles courent le risque d'etre peu applicables en Espagne, car le Trésor public est généra-lement assez mal rempli, et il reste soumis a toutes les fluctuations des influences de la politique. Les lois Espagnoles refusent aux entreprises d'irrigation la garantie d'intérêt par l'Ãtat: saus cette garantie, assurée pour un temps suffisamment
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Sect. IV a.
long, la vie de ces entrcprises ne peut ctre (pie bien éphémère, même avec les secours prévus par la loi.
La question du progrès dans 1'utilisation des eaux fluviales an point de vue agricole ne peut se résoudre que par la conciliation des intéréts des deux parties en presence ; d'une part ceux qui fournissent l'eau, de 1'autre ceux qui peuvent en tirer profit. 11 serait inutile de favoriser les premiers, si on ne venait en même temps en aide aux seconds, par exemple par le crédit agricole ou par toi^t autre moyen.
Pour conclure, je dirai que 1'Etat, s'il veut encourager les irrigations qui sont du ressort de 1'initiative privée, doit se borner a écarter tous les obstacles qui s'opposeraient a la libre action individuelle; plus cette action sera féconde, moins 1'Etat aura a faire,par lui-même, et plus 1'agriculturefera de rapides progres; 1'Etat faciliterait cette action individuelle, en établissant une statistique compléte et bien précise des droits d'usage sur les eaux publiques, et en éclairant 1'opinion sulles richesses hydrologiques du pays, dont 1'étude est hors de la portée des particuliers.
Quant aux grands travaux d'irrigation, tels (pie les grands canaux et les grands réservoirs, travaux ruineux pour les entreprises particulières, l'intérêt général, les bénéficesdirects ou indirects que 1'Etat peut tirer de 1'affaire, 1'utilité qu'il y a a mettre en valeur les ressources hydrologiques du pays pour dé vel opper la richesse nationale, sont autant de raisons qui imposent a 1'Etat 1'obligation de prendre ces travaux ii sa charge, dans la mesure de ses moyens, et avec la plus grande économie possible. Une fois qu'ils sont terminés, il doit les livrer, a des conditions raisonnables, aux syndicats des arrosants, en s'en réservant toutefois la haute inspection et le controle, pour que les sacrifices de la nation ne soient pas exposés a devenir stériles.
Madrid, '21 mai 1889.
Congpès Intepnational d'Agpieulture
a La Haye en 1891.
Section IV. Questions agricoles techniques.
b. Emploi den matières fécales et des eaax d'égout des lt;/rand es villes (1).
RAPPORT
PAR
M. Louis MASSON,
Inspecteur de rassainissement de Paris.
11 n'est pas besoiii, dans un congres comme celui-ci, d'in-sister sur 1'importance de la question de 1'emploi des inatiè-res fécales et des eaux d'égout dans les grandes villes (pie la Commission d'organisation a bien voulu me demander de résumer devant vous. Le temps n'est plus oü les munici-palités pouvaient se désintéresser des choses de 1'hygiène publique et oü la rue et le ruisseau étaient considérés comme les réceptables naturels de tous les immondices. Les égouts eux-mérfies, créés plus tard pour supprimer ce mode barbare d'évacution superficielle sur la voie publique, ne constituent tju'une solution incomplète. Dirigés tont naturellement sui-vant la pen te du sol vers les cours d'eau qui traversent la plupart des grandes villes, ils viennent, par leur apport infect, soullier ces cours d'eau et les transformer en émissai-res d'infection; créant ainsi une situation d'autant moins tolérable que le mal va toujours s'aggravant avec 1'accroisse-ment continu des grandes agglomerations.
II est évident que nos métropoles modernes, avec leurs millions d'ha.bitants resserrés souvent dans un espace restreint, exigent des conditions spéciales de salubrité, et que parti-culièrement, en ce qui concerne les résidns de la vie, il est du devoir de ceux ipii ont pour mission de veiller sur la
(â tquot;) Les notes que nous avons empruntées aux documents anglais et allemands ont été traduites par M. Feret, conducteur du service de rassainissement de Paris.
Skct. TV b.
santé publique, d'en assurer l'évaeuation rapide et de prendre les mesures nécessaires pour qu'ils ne puissent nuire ni a la cité même ni aux agglomérations voisines. Or, il faut bien le reconnaitre, ces questions jusqu'ici ont été fort délaissées, malgré les efforts de quelques-uns. Dans notre siècle qui a vu se succèder tant d'inventions merveilleuses, alors que de toutes parts on multipliait les moyens d'approvisionnement des villes en créant des voies ferrées, des docks, en creusant des canaux, en améliorant les cours d'eau naturels, le tont A grands frats, rien n'a été fait pour la contre-partie de ton te alimentation, c'est-a-dire pour l'évaeuation des rériidvis.
Ces résidus pourtant, impropres ou contraires a la vie humaine, constituent en revanche un engrais énergique d'une valeur agricole considerable. Dans une remarquable étude (1) M. Grandeau a montré que, avec les habitudes actuelles, le sol va saus cesse s'appauvrissant des aliments nécessaires a la végétation par suite de 1'incurie des populations ii 1'en-droit de 1'utilisation des résidus de 1'alimentation humaine. Admettant, pour chaque individu adulte, une élimination annuelle des quantités suivantes des trois éléments princi-paux nécessaires a la végétation: azote rgt;k ^0quot;- acide phos-phorique lk ^0- potasse lk quot;00' le savant agronorae montre (|ue les résidus de 1'alimentation humaine représentent eu France, au minimum, les valeurs suivantes pour 80 millions d'individus (5/6 de la population, enfants compris):
Azote des dejections .... 162.000,00()K
Acide phosphorilt;|ue..... 34.000,000K
Potasse......... 30.000,000K
qui, restitués A nos 24 millions d'hectares en culture, ne cou-vriraient sans doute pas encore complètement le déficit sig-nalé, mais 1'atténuraient dans une large mesure.
La nature impose A chaque être du règne animal de fumer le terrain qu'il épuise pour se nourrir; et 1'usufruitier de la terre, 1'homme, ne saurait impunément violer cette loi primordiale et dilapider 1'énorme quantité d'éléments fertilisants que contiennent ses propres dejections, alors surtout que partout en Europe, il appauvrit le sol par 1'usage de la culture intensive et se voit obligé d'aller demander au Nouveau-Monde des engrais dispendieux ou de recourir a des engrais artificiels souvent frauduleux, presque toujours impuissants ; alors (jue 1'usage de ses déjections lui permettrait d'élever les rendements du sol a des chiffres rémunérateurs, tout en snpprimant 1'infection du sous-sol des villes et des cours d'eau qui servent a leur alimentation.
On concoit du reste, lt;|iH' des «ju'il s'agit des populations
(1) La fertilisation des champs par la désinfection des villes.
Sect. TV h.
énormes de nos cites, la question souiève de graves et difti-ciles problèmes. Tachons done tout d'abord de preciser un pen Fimportance de ces residus et de voir sous quelles formes lis se présentent dans les grandes agglomerations.
Paris, par exemple, comporte un pen plus de 2..500.0(MI d'habitants répartis dans 7Ã000 maisons sur une superficie de 7802 hectares, soit une densité moyenne de 820 habitants a 1'hectare. Cette population consomme journellement trois millions de kilogrammes de substances alimentaires et donne chaque jour 2.500,000 Kg. de résidus qui peuvent se ranger en trois groupes principaux:
1°. Les ordures solides comprenant en outre des ordures ménagères, la poussière, la boue, les feuilles, les crottins etc.
2°. Les caux d'égout englobant les ordures liquides, les eaux ménagères, les eaux de lavage des ruisseaux, les eaux de pluif, avec une fraction plus on moins forte de matières de vidanges, théoriquement mille dans les villes oü la fosse d'aisances ou tons autres systèmes analogues sont en usage, comprenant la totalité des matières excrémentitielles dans le système du tout a 1'égout.
3°. Enfin, les matières de vidange.
II est intéressant de constater que la consommation des matières introduites les transforme et ne les anéantit pas. au moins en ce qui concerne les matières azotées, C'est. ainsi (|u'a Paris il entre sous formes diverses, 9.147.000 Kilogr. (1'azote et qu'il en sort a pen prés autant: dont 1/4 environ se trouve dans les vidanges, 1I4 dans les ordures ménagères et la moitié ('/o) dans les eaux d'égout (A. Durand-Claye conférence il la Société centrale des Architectes ü Paris 1885.)
I. ORDURES SOLIDES.
Les ordures solides ramassées sur la voie publique a Paris représentent non compris le produit du balayage des trottoirs et chaussées qui est généralement projeté a 1'égout, une masse de 3000 metres cubes environ par jour. Jusqu'en 1870, les débris solides de toutes sortes qui composent les ordures ménagères, étaient versés dès le soir sur la voie publique et y séjournaient toute la nuit répandant une odeur écceurante. Aujourd'hui une réglémentation plus sévère oblige chaque propriétaire a avoir un récipient dans lequel les locataires versent les ordures. Ces récipients ne sont sortis sur la voie publique qu'au moment du passage dos tombereaux, le matin a la première heure. Toutes ces ordures sont transportées dans la banlieue et déposées dans les champs oü, après une fermentation do plusieurs mois, clles donnent In (jadnuc qui dose (gt; Kilogr. environ d'azote par KXH) Kilogr.
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Sect. wh.
L'odeur de la gadoiie n'est rien nioius qu'agréable, muis grace sans doute a 1'éparpillement de la matière et ii son einploi pour ainsi dire sur place, aucun inconvenient sérieux an point de vne hygiénique n'a été relevé contre cette ] iratique.
Pourtant d'antres grandes villes ont cherché des solutions; Londres, Marseille par exemple transportent ces inatières ii d'assez grandes distances par eau et par voie ferrée; on a même essayé a Londres, a Leeds, a Manchester et dans quelques villes d'Amérique de se débarrasser de ces detritus dont le placement agricole était diflicile et coüteux, en les calcinant. Nous venons de constater dans la capitale de l'Angleterre qu'une usine âThe Refuse Disposal Companyquot; s'était fondée récemment pour 1'exploitation des ordures ménagères iju'elle transforrae en papier d'emballage, en briquettes de chauffage, après en avoir extrait les parties utilisables pour 1'agriculture. Mais nous n'insisterons pas sur ce point et, pour ne pas nous écarter de notre programme, nous passerons aux eaux d'égout.
II. EAUX D'ÃGOUT.
Les égouts reyoivent, nous 1'avons dit, les eaux ménagères (eaux de cuisines, de toilette, de bains, de lavage etc...), les eaux des ruisseaux; elles reyoivent également le plus souvent les eaux industrielies, les liquides des urinoirs publics, des systèmes diviseurs et dans le cas du tout a l'égout, latotalité des dejections humaines.
Quelques hygiènistes ont cru devoir préconiser 1'exclusion des eaux pluviales des égouts et se contenter d'établir des canalisations pour 1'évacuation seule des eaux ménagères et des vidanges. 11 y a la croyons-nous une erreur qu'il importe de relever.
Des experiences faites en 18S7 par le regretté Ingénieur en Chef A. Durand-Claye avec le concours de M. Marié-Davy ont montré, en effet, que les eaux prises en plein ruisseau se présentent au point de vue chimique et micrographique comme plus chargées, ou au moins aussi chargées quo les eaux des collecteurs (1).
I
C'est done une grave erreur que de considérer comme inoffensives les eaux des ruisseaux même dans le cas d'un drainage spécial des vidanges et eaux ménagères des immeu-bles. Qui ne sait, en effet, la quantité d'immondices de toutes sortes: crottins et urines des bêtes de traite, débris végétaux et animaux, poussières organiques, boues etc..., qui souillent les
(1quot;) Analyse de MM. DnranHâClave et MarieâDavy sur les eaux dc lavage prises dans le ruisseau â 1887.
Skct. I \' h.
chaussées d'une vil It: populeuse et g'incorporent uux eauxde pluie et aux lavages de la voie publique.
Cependant. Inrsque la plnie a dur6 un temps suffisant pour laver les toits, les cours et les chaussées, la rue se trouve ainsi nettoyée et les eaux recueillies par 1'égout sout moins suspectes. Aussi dans le cas de grands orages, ue devra-t-on pas hésiter a déverscr dans les cours d'eau les eaux affluentes après passage du premier Hot; mais, répétons-le, pour les pluies ordinaires, il n'en est pas du tont de même. Quant a se con ten ter des ruisseaux pour assurer 1'écoulement des eaux pluviales, personne ne saurait y penser sérieusement; le moindre inconvenient en résultant serait la transformation des rues en canaux a chaque averse un peu importante.
Chaque jour, les collecteurs de Paris vomissent a Asnières et a St. Denis 380.000 m. cubes d'immondices liquides qui font de la Seine un véritable égout a ciel ouvert, roulant des eaux troubles, colorées et recouvertes d'écume d'aspect grais-seux. L'azote y attaint a cet endroit 25 gr. p. m. cube, tandis que 1'oxygène disparait presqu'e complètement (lcc. p. litre) absorbé qu'il est par la matièrê organique en pleine décom-])()8ition. Plus de 200.000 microbes p. cc. peuplent ce courant noiratre. En revanche, la vie animale disparait et la végé-tation abandonne les rives.
L'eau qui conic au pied de la niagnifique terrasse de Saint-Germain renferme encore plus de 3 gr. d'azote; elle n'a repris que 2 c.c. d'oxygène par litre et renferme encore 150.000 microbes; et l'infection ne s'arrête pas la: des dosages oxymétriques faits par M. Gérardin out établi que la limite d'infection qui, en 1874â1875, était au barrage de Mezy a 73 kilometres en aval de Paris, avait atteint dès 1880 le barrage de Port-Villez a 123 kilom., progressant ainsi de 10 kilom. environ par an.
Cette situation absolument déplorable suscitait depuis dc longues années les plaintes legitimes des populations rive-raines; les pouvoirs publics s'en sont émns et a la suite de discussions savantes et approfondies, après avoir pris 1'avis des savants et des hygiènistes, le Parlement a antorisé la Ville de Paris a étendre 1'épuration des eaux d'égout sur les terrains domaniaux d'Achères dont une loi lui a concede la jouissance. Les Ingénieurs de la Ville de Paris se sont immé-diatement mis a 1'reuvre et les travaux d'adduction sont en voie d'exécution.
Tjes analyses faites sur les eaux d'égout ont donné la composition suivante pour un mètre cube: (1)
(1') Dr. Bouriieville, Depute dc la Seim', Rapport sur l iititisation agri-i'ole des eaux d'égout de Paris. 1S88.
Sect. TV b.
Matières volatiles j azote......
et combustibles ⢠autre produits . .
IAcide phosphorique Potasse.....Acide phosphorique Potasse.....
Matières minérales lt;
j Résidus insombles
I dans les acides .
' Produits divers . .
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Les matières dissoutes contieunent ])lus de la moitié de 1'azote et des matières organiques et Ia presque totalité de la potasse. Ce sont elles qui sont essentiellement exposées A la fermentation. 11 n'est pas sans intérêt de rapprocher de ces chiffres ceux ci-après relatifs a la teneur en azote, acide phosphorique et potasse du fumier, que nous emprun-tons a la publication déja citée de M. Grand eau et qui se rapportent au fumier frais de richesse moyenne.
Azote............8k90ü
Acide phosphorique......1 80()
Potasse...........4 öOO
KM) m. c. d'eau d'égout valent done, sauf pour la potasse dont le besoin est moins impérieux pour les sols francais, une tonne du fumier, sous réserve, bien entendu, de la forme sous laquelle se présentent les elements dans chacun des deux cas.
Ces données, relatives a Paris, peuvent s'appliquer a la plupart des grandes villes; la situation de la Tamise ii Lon-dres est tout a fait comparable a cello de la Seine a Paris. II ne saurait y avoir contestation a eet égard; 1'envoi pui-et simple des eaux d'égout dans un fleuve est une solution absolument inadmissible et il faut chercher autre chose. 8era-ce 1'envoi a la mer? mais la question a déja été posée et étudiée et on a reconnu sans peine (|ue tons les mouve-ments constatés aux débouchés actuels des rivières se retrou-veront a la mer, aggravés même encore, par eette différence, (|ue dans une rivière les eaux coulent toujours dans le même sens, tandis que les eaux de la mer sont soumises aux courants contraires alternatifs du flux et du reflux.
L'exemple de Londres est typique a eet égard, celui de Brighton aussi, et il n'est pas besoin d'ajouter encore que ce procédé tout barbare aboutirait a 1'anéantissement de la richesse agrieole que roulent ces eaux infectes.
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Du reste les villes maritimes elles mêmes ne songent ])lus a utiliser la réeeptivité illusoire de la mer, mais détournent les eaux d'égout de leurs cotes et les épurent par le sol. Dantzig. ([uoique a 4 kilometres seulement de la Baltique, conduit ses eaux d'égout sur les dunes de Weichselmunde;
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le âFoul Burnquot; qui déversait les oaux d'égout d'Edimbourg prés le rivage de la mer a Leith et Portobello a été détourné par les cultivateurs du voisinage qui en ont amené les eaux sur les prairies voisines de Craigentinny et assure de la surte a ees prairies line vegetation luxuriante.
Aurons-nous recours aux procédés de décantation et de filtration mécaniques ? Mais le plus parfait d'entre eux ne pent que séparer les parties solides et laissera toujonrs, dans les parties elaires resultant de la filtration ou de la décantation, la totalité des matières dissoutes fermentescibles qui atteignent et dépassent la moitié de la dose d'infection totale.
Les procédés chimiques vont-ils nous tirer d'embarras ? non encore, car je les vois bien clarifier les eaux d'égout mals non les épurer. II est certain que personne ne voudrait toucher a un verre d'eau contenant qnelques gouttes d'urine qui cependant n'en altèreraient pas la limpidité. Or, ces procédés chimiques clarifient plus on moins bien, mais lais-sent toujours, dans les eaux résudiaires, des matières organi-ques susceptibles encore de fermenter et d'infecter les cours d'eau. Et puis, tons les dépots solides, auxquels ces procédés donnent lieu, sont encombrants, de raanutention pénible ; leur faible valeur agricole et les frais de transport qu'ils exigent en rendent le placement tres difficile.
Nous restons done en face du seul procédé pratique et rationnel d'épnration des liquides infects rejetés par nos égouts, celui qui nons est enseigné par la nature elle-même: 1'épuration par le sol et 1'utilisation agricole par la végéta-tion. Aujourd'hni, Paction épuratrice du sol n'est plus con-testée. Les eaux de source sont-elles autre chose que le résul-tat de la purification par Ie sol des eaux superficielles souil-lées de matières végétales et animales ?
Quand ou verse des eaux impures (celles des égouts par exemple) sur un sol meuble, il se produit d'abord une sorte de filtrage mécaniqne fixant les parties solides a la surface. Puis Peau débarrassée des matières insolubles descend plus avant; le sol s'en imbibe, chaque particule de terre s'enve-loppe d'une couche liquide extrêmement mince et Pétat de division dans leqnel se trouvent alors les liquides favorise le second effet de Pirrigation; oxydation de la matière orga-nique dissoute dans l'eau d'égout et transformation de Pazote organique ou ammoniacal en acide azotique qui se combine avec les bases du sol ou des eaux d'égout pour produire des nitrates. L'oxygène nécessaire a cette combustion est renou-velé constamment dans le sol par des échanges d'air entre celui-ci et 1'atmosphère. Les matières insolubles retenues a la surface n'échappent pas non plus ii la combustion lente surtout quand un labour les a incorporées dans le sol. Tont ce qui reste, c'est un sable extrêmement fin qui comptera désormais parmi les elements minéraux de la terre.
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Sect. IV h.
Tons ces phénoraenes ont été vérifiés par l'analyse et 1'ex-périmentation scientifique. lis se produisent dans toutes les terres arables et même dans les sols les plus pauvres, les sables purs, 1'eau d'égout y apportant elle-même les organismes nitrificateurs nécessaires ([lie renferme naturellement 1'humus des terres arables.
Ce pi ui voir épurateur du sol dépend des conditions d'aéra-tion de celui-ci et de la circulation de 1'eau impure.
Pour obtenir une bonne épuration, on devra d'une part favoriser le plus possible 1'aération en ameublissant le sol par des labours profonds, et s'il y a lieu par des drainages; et, d'autre part, distribuer 1'eau régulièremeut c'est-a-dire en mêmes quantités et tl des intervalles de temps égaux, de manière que sa descente a travers le sol dure au moins le temps voulu pour son épuration, temps facile ii déterminer dans cbaque cas expérimentalement. L'eau est distribueé a la surface, par des boucbes spéciales, dans des raies ou billons et la culture se fait sur 1'ados; 1'emplacement des rigoles est change pour chaque culture. L'eau ne vient jamais en contact direct avec les plantes.
II convient de remarquer qu'au point de vue de la seule épuration, le sol nu suffit absolument; point n'est besoin de végétation et, a la rigueur, les municipalités pourraient se contenter d'assurer 1'épuration des eaux d'égout sur les terrains d'étendue assez restreinte, grace aux dosages élevés qu'il serait possible d'y répandre. Mais on peut faire mieux et sans compromettre 1'épuration, utiliser les richesses fertilisantes que renferment les eaux d'égout.
D'ailleurs, pratiquée a haute dose sur une surface restreinte, 1'épuration est soumise a des conditions de distribution et de drainage, souvent difficiles a bien remplir; 1'utilisation a doses agricoles sur de grandes surfaces, au contraire, est beaucoup plus élastique ; elle permet de choisir 1'époque et la dose des arrosages; la culture des céréales et 1'alternance deviennent possibles; la culture devient la grande affaire et 1'épuration s'accomplit en quelc^ue sorte sans qu'on y prenne garde. Les donnees fournies par la science permettent aujourd'hui de se rendre compte, au moins approximativement, de la quantité de substances fertilisantes nécessaires a la production d'un poids donné de chaque nature de récoltes, et par conséquent de déterminer la quantité d'eau d'égout nécessaire pour obtenir une récolte dounée de chacune des plantes potagères.
C'est ainsi qu'en examinant ce (jue peuvent absorber les récoltes les plus considerables qui avaient été obtenues dans la plaine de Gennevilliers, on est arrivé a constater c[ue pour produire 40000 K. de pommes de terre, il fallait 4.355 m. c. fournissant 19(),: d'azote, que pour 132000 K. de carottes il fallait 14950 m. c. apportant 673K20 d'azote, (jue 120000 Kg.
Sect. IV/,.
de betteraves fourragères demandaient 12.300 m. c. d'eau pour trouver les 492 K. de potasse qui leur sont nécessaires etc...
Tout ie monde sait du reste aujourd'hui que les plantes obtenues par I'irrigation ii 1'eau d'égout donnent des produits aussi abondants qu'excellents. Une promenade a la plaine de Gennevilliers, sur les domaines du département de la Seine a la maison de repression de Nanterre et a l'Asile de Ville-Errard ou sur les domaines irrigués de Berlin en apprennent plus a eet égard que de longs discours. Dans son excellent rapport sur les irrigations de Gennevilliers, M. \Tilmorin auquel nous avons emprunté les chiffres précédents, a constaté les rendements a l'hectare de 35000 K. pour les pommes de terre, 37.500 K. pour les choux-fleurs, 70000 K. pour les oignons, 136000 K. pour les carottes, 140.000 K. pour les choux etc.
Pour les cultures courantes, M. Gasparin donne les chiffres suivants:
Pommes de terre....... 25.000 Kg.
Oignons...........9.0()0 â
Carottes........... 30.000 ,,
Choux...........00.000 â
Les plantes fouragères donnent lieu a 4 et 5 coupes annuelles.
On a constaté la qualité des légumes récoltés; les nom-breuses recompenses obtenues par les cultivateurs de Gennevilliers répondent victorieusement a cette objection. En outre, des expériences faites par MM. les Docteurs Cornil et Gran-cher out démontré que la pulpe de ces légumes ne contenait aucun germe, aucun microbe susceptible de pulluler sur des milieux nutritifs appropriés. M. Grancher a même arrosé avec des bouillons de microbes de la fièvre typhoïde la terre oü il avait ensemensé des radis et il a constaté que la pulpe de ces radis a maturité ne contenait aucun microbe de la fièvre typhoïde.
Au point de vue de 1'utilisation agricole le succes est done complet; il ne Pest pas inoins au point de vue de 1'épura-tion ainsi qu'en témoigne la pureté de la nappe souterraine qui reyoit toutes les eaux d'infiltration des terrains irrigués. II est difficile de trouver une eau plus fraiche et plus limpide que celle fournie par le système de drainage et que 1'analyse révèle comme chimiquement pure (elle dose a peine 0,^001 d'azote organique p. m. c.), même sur les points oü les doses annuelles et continues atteignent 80.000 m. c.; cette même eau de drainage ne reuferme qu^une douzaine de micro-germes par c. c.; c'est-a dire moins que 1'eau de source distribuee a Paris, alors que 1'eau d'égout avant épuration, en reuferme 20.000.
[1 n'est pas sans intérêt de faire remarquer au Congres
Sect. IV h.
que I'ntilisation agricole des eaux d'égout se pratique sur une large échelle dans un grand nombre de villes étrangères; indépendamment de Dantzig que nous avons déjil citée, 11 taut mettre au premier rang la ville de Berlin qui dispose, dans sa périphérie, de plus de 3000 heet. répartis en quatre domaines amenagés dans des conditions particulièrement remarquables; nous citerons en outre Breslau, un grand nombre de villes d'Angleterre: Edimbourg, Croydon, Oxford, Eton, Liverpool, Friern-Barnet, etc.; Lausanne qui irrigne 140 hectares de prairies avec les eaux du Flon additionnées des eaux d'égout, etc., et enfin en France la ville de Reims qui a traité avec une compagnie spéciale dite âdes eaux-vannesquot; pour 1'épuration par le sol de la totalité de ses eaux d'égout.
Qu'ils nous soit permis d'aj outer quelques mots sur le jardin de la Maison de répression de Nanterre dont 1'instal-lation a été faite par nos soins sous la Direction de M. 1'Ingé-nieur en Chef Bechmann.
L'établissement construit il y a quelques années par le Département de la Seine pour servir simultanément 1'hos-pitalisation des vagabonds et des infirmes et a la répression de certains délits correctionnels, a été agencé pour le tout ii l'égout compléte par 1'épuration des eaux par le sol. II occupe une surface de 14 hectares environ et renferme une population totale de 5000 personnes. Le terrain qui 1'entoure, resté jnsqu'ici a peu prés improductif, se compose exclusi-vement de sable et de cailloux sur une profondeur de 10 a 12 metres.
Le Cube total des eaux usées, HOO m. environ par jour, dont (gt; m. (environ Vion) de matières de vidange est dirigé dans une bache d'aspiration située a 1'extérieur de l'établissement, d'oü une pompe centrifuge mue par une machine a vapeur de quelques chevaux de force, les refoule sur le champ d'épuration contigu a l'établissement, d'une surface d'environ ö hectares. La distribution des eaux est faite, comme toujours, de manière a éviter tout contact direct avec la végétation; le dosage atteint 50000 m. c. a 1'hectare par an, quantité qui pour rait même êtrc dépassée sans ineen vénient lt;lans des années de sécheresse.
Les irrigations ne sont pas suspendues en hiver; elles ont lieu même pendant les plus grands froids. L'an dernier, le rendement ii 1'hectare a été de:
choux....................42000 têtes.
poireaux..................26000 bottes.
carottes..................41000 bottes.
haricots et pois............20000 kilos.
salades..................63000 pieds.
Ces résultats dispensent de tout commentaire.
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Skct. TV h.
T.e prochiit brut par hectare est évalué de (i a S(K)0 fr. et il ne serait pas étonnant ipie ces chiffres fussent dépassés par la suite, (quot;est plus que le prix vénal des terrains avoi-sinauts! Aussi des cultivateurs ont lis demandé au département de leur fournir des eaux d'égout pour l'irrigation de leura terres, demandes que 1'on n'a pu accueillir paree que le volume jourualier fourni par 1'établissement est a peine suffisant pour son propre jardin.
Ajoutons encore que les pensionnaires consomment les légumes récoltés sans qu'aucun en ait été incommode.
C'est la première experience faite en France de 1'utilisation agricole d'eaux nsées additionnées des matières excrémenti-elles d'une grande agglomération.
Le succes obtenu a determine 1'administration a étendre 1c systèrne a d'autres établissements qu'elle possède aux environs do la capitale. Des travaux dans ce sens sont en cours a 1'asile de Ville-Evrard et ii la maison de retraite de Villers-Cotterets.
III. MATIÃRES DE VIDANGES.
On a calculé que 1'homme produit journellement 1K26 de matières dont la majeure partie 1K17 est liquide. Pour la population parisienne, par conséquent, on arrive a un cube total quotidien de 3000 M3. environ représentant prés de 27000 K. d'azote dont la plus grande partie contenue dans les dejections liquides. Quatre systèmes sont actuellement appliqués pour la réception de ces déjections: Les fosses tixes, les fosses mobiles (tonneaux), les appareils diviseurs, 1'écoulement direct.
La fosse fixe, réceptacle plus ou moins étrancbe de 20 Fosses nies. a M-' 30 environ de capacité établi dans le sous-sol des habitations, constituait malgré ses imperfections trop réelles, un progrès sur les usages barbares de l'antiquité et du moyen-age; personne n'ignorc qu'autrefois l'évacuation des matières excrémentielles se faisait dc la facon la plus simple et la plus rudimentaire: le contenu des vases était versé chaque jour dans les ruisseaux de la rue. La fosse débarrassa la voie publique, mais 1'imperméabilité de ses parois est tou-jours aléatoire, et trop souvent les matières qui y fermentent des mois et quelquefois des années, viennent contaminer le sous-sol. Par les tuyaux de chüte s'exhalent ces odeurs infectes qui sont malheureusement la caractéristique de la plupart de nos logements. En outre, les tuyaux d'event font planer sur les habitations une nappe d'odeurs fétides qui empoisonnent l'atmosphère.
Enfin, les opérations de vidange souvent répétées, occasion-aent des dégagements putrides plus intenses et plus dange-
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15
Rect. TV b.
reux encore. Qui n'a rencontré ces loimles voitures roulant a grand bruit leur infect contenu a travers les cités encore comdamnées a ce mode barbare de vidanges? Qui n'a souf-fert des émanations auxquelles 1'opération de la vidange donne lieu?
La fosse a encore un autre inconvenient, et ce n'est pas le moins grave, elle amène forcément les propriétaires a faire la guerre a 1'eau. Cette eau qui ne coüte en effet que 0,F80 a 0,F40 par 1000 litres exigera une dépense de 4 a 8 fr. pour être extraite de la fosse. Dela ces horribles cabinets sans eau, infects et puants, qui souillent la plupart des mai-sons et constituent de véritables champs de culture pour tontes les maladies infectueuses, tièvre tvphoïde, choléra etc.
Fosses mobiles. Les fosses mobiles consistent en des tonneaux qui regoivent et gardent tous les excrements solides ou liquides. âUn des ,,défauts les plus graves de ce systèmequot;, écrit M. le Dr. Brouardel, âse trouve dans les frais de manutention et de âtransport qu'il impose aux propriétaires. Pour rendre les âtinettes maniables et transportables, on a dft réduire leur âvolume a celui d'une futaille de dimension ordinaire, repré-âsentant un poids de 250 K. Par suite, il est nécessaire tous âles 8 ou 10 jours environ, de remplacer le récipient rempli par un récipient videquot;. (1) Ajoutons que ce système donne lieu u des débords fréquents qui infectent 1'air des maisons et souillent le sol des caves, et que aussi, il ne fait qu'accroitre le mouvement de circulation des voitures spéciales dans les rues.
Appureiis divi- Nous arrivoiis au système des appareils diviseurs qui depuis vingt-cinq ans s'est développé a Paris; qui actuellementn'en compte pas moins de 850(X).
Une tinette en for galvanisé, cylindrique de 70 litres environ de capacité est placée au pied de la chüte et munie d'une cloison perforée par oü s'écoulent les liquides dans une canalisation spéciale aboutissant a 1'égout public. Ce système exige, pour 1'enlèvement des matières solides, des manutentions qui s'opèrent en plein jour et deshonorent nos voies publiques. II crée au bas des chutes un élément de fosse plus ou moins infect et donne lieu, tout comme les tonneaux mobiles, a des débords trop fréquents. II a cepen-dant un a vantage sur les fosses fixes, c'est qu'il permet 1'usage libre de 1'eau dans les cabinets d'aisances. Mais alors le prétendu système diviseur n'est plus que la vidange a 1'égout, avec cette différence facheuse que 1'interposition de la tinette ralentit le cours des eaux de lavage et annule leur efficacité.
(1) Coinmisson de I'Assainissement a Paris. Ministère ile Pagricultiire et des colonies (28 septeinbie â¢1880 n. 41).
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Sect. IV ft.
Pour los trois systèmes dont nous venons de parlor il n'a été question jusqu'ici que du mode d'emmagasinement des matières; il nous resto a voir ce qu'elles deviennent.
Toutes les matières extraites des fosses ou fournies par les tonneaux mobiles et les diviseurs sont transportées soit dans des voiries particulières établies autour de Paris, soit dans la voirie municipale oü elles sont transformées en poudrette ou en engrais chimique. Nous reviendrons plus loin sur ce mode d'utilisation.
Ce système pratiqué aujourd'hui par la plupart des grandes Tout a i-Egout. villos d'Europe: Londres, Edimbourg, Bruxolles, Berlin,
Francfort, Munich, Vienne, Genève etc. consiste a envoyor les matières fécales directement a 1'égout en prenant les dispositions nécessaires pour en assurer 1'entrainement rapide avant toute fermentation. II supprime radicalement tous los différents systèmes do fosses fixes ou mobiles comma aussi les usines plus ou moins infoctos dans lesquelles on opère le traitemont des vidanges.
En France, plusiours villes sont déja dotées du système de Pécoulemont direct: Nancy, St. Etienne, Grenoblo, etc...., a Paris même oil il a souievé tant de polémiquo, le tout a 1'égout est pratiqué depuis plusieurs années.
Le fonctionnement en est des plus simples: pour les mai-sons, en effet, aussi Won que pour la canalisation publique,
il n'y a qu'un principe: c'est celui qui a été si nettement posé par Sir Edwyn Chadwyck: âcirculation et jamais de stagnationquot;. Dès qu'une matièro usée est produite, oau de vaissolle, eau de bain ou de toilette, lavage des cours et des toits, matières de vidanges, olio doit êtro entrainée par un volume d'eau suffisant, 10 litres au minimum pour lo cabinet d'aisance, traverser une obturation hydraulique a son point de départ, passer dans cbaque immeuble par une canalisation simple et bien aérée, traverser avant d'arriver a l'égout public un nouvel obturateur hydraulique et trouver enfin sous la chaussée une veie d'écoulement fiicilo, lisso et bien aérée, oü le mouvement rapide et continu actionné par dos chasses vigourousos, ontraine le tout sans obstacle jusqu'aux champs épurateurs. II n'y a pas d'autrcs solutions pratiques: tous les systèmes mecaniques, pnoumatiques ou autres,
exigent dans la maison le maintien de récipients plus ou moins compliqués qui constituent des organos difficiles a réparer et il entretenir. Les systèmes dits séparés exigent dans chaque maison deux canalisations d'eaux il évacuér;
ils ne recueillent pas les eaux de pluie si bonnes on temps d'averso pour laver énergiquomont la canalisation intériouro et si fócheuse a recevoir a ciel ouvert après qu'elles se sont chargées de poussièros i t do débris organiques.
18
Sect. IV h.
Nuus avons niontvé (iiielle richessc fertilisantc renferment los matières fécales dans les conditions actuelles; olies no représentent pas moins pour 1'ensemblo do la population franyaise de 490 millions de francs. Cette richesse est géne-ralement perdue ou gaspillée, quand par exception on en tonte 1'omploi; et pourtant le fumier de forme suffit a peine pojir fnmor le quart du sol cultivé on France? L'exemplene fait cependant pas défaut. Lo département du Nord qui utilise 1'ongrais humain au profit de sa culture tient le premier rang au point de vno du rendement agricole, qui dans oe département est triple du rendement moven.
C'est surtout a l'état liquide que ces matières sont employees pour des arrosages pratiqués, soit par aspersion, c'est-a-dire en répandant le liquide on forme de pluie, soit par épate-lage, en versant le liquide au pied do la plante dans uu trou pratique a eet efï'et. Ces liquides doivent êtro étendus-d'eau; la proportion ordinaire est do (i a S fois lour volume. Du reste en général, sauf le cas des plantos légumièros, 1'ongrais liquide ne doit êtro considéré que comme un complément de fumure ordinaire. L'abus de cet engrais finirait par étre nuisible.
Cependant, ce genre d'engrais ne communique ni mauvais gout ni mauvaise odeur aux plantos. Pen de personnes savent que sous le beau ciol de Nice, les vignes, los orangers, los violottes, etc. sont fmnés avec los vidanges; ce qui n'empê-che pas les raisins d'êtro excellents, los oranges d'etre oxqui-ses, les violottes do Parmo d'etre parfumées. Les essences do drasse si estimées pour la parfumerie sont tirées de fleurs exclusivement cultivles et fumées avec les matières fécales.
Quant aux matières patcuses, olios ne sont pas employéos isolément; on los mélange a d'autres substances; fumiers de ferme, bones, etc. pour former des composts. Ajoutons encore (|ue contrairement aux préjugés des cultivateurs, la fermentation appauvrit los fumiers en général ot notamment 1'ongrais humain.
Réduite on poudre par dossication, la matière fécale donne la poudrette. Cette dossication est le plus souvent obtenue en étendant simplement les matières fraiches a 1'air libre sur des sêchoirs. C'est la une opération évidemment dégoutante et pen fructueuse du reste. Les matières livrées a une violente fermentation perdent leurs substances organiquos, qui, con-verties en sols ammoniacaux, sont entrainées avec la vapeur d'eau. Aussi ü Paris la poudrette ne doso-t-elle guère que 1,60 quot;/o d'azote. Du roste 1'opération laisse de cöté les urines qui représentent pourtant, nous 1'avons vu, a quantité égale, une valeur infhüment supérieure a la matière al vine.
Un progrès évident, au point de vue industriol, fut le traitement des liquides a chaud par 1'acide sulfurique. On obtiont ainsi un sol blane, le sulfate d'ammoniaque donnant
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SlOCT. IN'?;.
quot;21 u/0 d'azote et pouvant être livré a la culture a une grande distance du lien do production. Les matieres sèches provenant de la filtration produisent des tourteaux dosant encore 11/i 0/0 d'azote et 3 a 4 0/0 d'acide phosphorique, dont le placement est encore assez facile. Mais cette operation incomplete d'ailleurs met en liberté une grande quantité d'acides organiques (butyfique et autres) doués d'une odeur pénétrante et abso-lument écceurante. Au surplus, a mesure que 1'assainissement lt;les villes se perfectionne, la dilution des matieres de vidange augmente et en rend le traitement de moins en moins rému-nérateur. Enfin, tous ces traitements laissent des eaux resi-duaires plus on moins chargées de matieres fermentescibles. II y a quelque chose a faire évidemment et il y aurait peut être quelque intérêt a essayer d'utiliser ces eaux en irrigation afin de ne pas laisser perdre les principes fertilisants qu'elles renfernent.
Une application du traitement par la tourbe va être entre-prise trés prochainement a la Voirie municipale de la Yille de Paris sur un volume journalier de matieres de 1000 M3. environ. L'inventeur du procédé nouveau, M. Malézienx, qui a déja procédé a de nombreuses expériences, compte retirer des matieres a un prix trés rémunérateur et sans odeur pour le voisinage, tons les principes fertilisants sons forme de seis ammoniacaux et do tourteaux réduits en poudre. L'eau rési-duaire serait employée en irrigations sur les terrains avoisi-nant la voirie.
Quoi qu'il en soit, le simple bon sens intervient et dit: T'ourquoi cette manutention, cos transports, ces transformations si dégontantes, si malsaines, quand on dispose d'nn véhicule spécial, véritable chemin qui marcbe; ponrquoi ne pas utiliser les égouts? L'adjonction (les matieres fécales aux eaux qui y circulent déja doit-ollo done en modifier la nature a un dogré tel qu'on ]misse en concevoir des craintes au point de vue de l'état sanitaire de la ville ?
Si nous rapprochons, par exemple, pour Paris los 3000 M3 «ine représentent a pen prés los déjections do la population des 380000 M3. d'oau d'égout (|uo déversent les collecteurs, nous voyons (|ue la proportion est do soit un pen
moins de 1 . Kt encore, les déjections renferment-elles une
forte proportion d'oau (en poids plus de 0,73 pour les matieres solides ot 0.27 ponr los urinos) (1), do sorte qu'en réalité la projection des vidanges dans les égouts n'ajoutera guèro a chaque mètre cubo d'eau d'égout quo 1 Kö() soit environ de
1
D'après BerzeliusâBoussingault et Banal.
Sect. IV 6.
i . . /
(un centilitre par G2/3L) de matières etrangères. Aussi,
ne faut-il pas s'étonner que la statistiqne trés détaillée publiéé par Frankland sur les villes anglaises, n'indique pas en moyenne de difference bien tranchée entre la composition des eaux des villes qui envoient tout il 1'égout et celles des villes qui out encore des fosses tixes. Les dosages moyens au m. c. sont 0K77 d'azote total et ()K22 d'azote organique pour les premières, et 0.64 d'azote totale et 0.20 d'azote organique pour les secondes.
11 n'y a done a craindre de cc chef aucune transformation désastreuse des eaux d'égout. Du reste 1'opposition paralt peu a pen abaudonner ce terrain pour se cantonner dans une objection qui, pour certains hygiènistes, semble primer toutes les autres; nous voulons parler de la crainte des germes des maladies zymotiques et surtout de la fièvre typhoïde dont les germes existeraient dans les déjections alvines, et n'existe-raient que la.
II nous semble «jue les expériences de Berlin, Breslau, Dantzic, des villes anglaises, des villes américaines, en France; de Nanterre, de Gennevilliers, de Reims, démontrent suffi-samment que les craiutes ;i eet égard ne sont pas fondées, et nous pourrions citer les nombreuses statistiques quiprou-vent d'une manière frappante que le décroissement de la fièvre typhoïde suit le perfectionnement des travaux d'assai-nissement.
Est-ce que d'ailleurs la culture n'emploie pas depuis des siècles des fumiers contenant les germes fournis par les matières excrémentielles des hommes et des animaux? II est difficile de comprendre comment et pourquoi les eaux d'égout, même chargées de vidanges, seraient plus suspectes que le plus vieux et le ](lus incontesté des engrais. Elles devraient l'être moins, car 1'eau n'est )ias le meilleur moyen d'empé-cher les germes de se répandre au hasard dans 1'atmosphère comme dans les manutentions et transports des vidanges ou du fumier ?
I,e progrès réel est lent mais sfir. C'est ainsi que 1'intro-duction libérale de 1'eau dans les maisons et sur la voie publique, devient pen a peu et de toutes parts la loi primordiale de 1'assainissement municipal. Le développement complet d'un large réseau d'égouts bien aéré, bien lavé, formé de canalisation en grès dans les voies secondaires et de galeries collecteurs dans les voies principales, s'impose en même temps, capable de recevoir et d'évacuer, avec les eaux de pluie, toutes les eaux usées et les déjections des grandes cités ; et enfin, comme couronnement de l'oeuvre de 1'assainissement, 1'emploi de toutes ces richesses pour la fertilisation de la terre. C'est eu somme. Messieurs, le programme tracé par un homme de génie, notre grand poéte francais, Victor Hugo, qui écrivait,
1«
Skit. IV h.
il y a quelques quarante aus, ces linnet! queje vous demande la permission do remettre ici sons vos yeux et qui forment la conclusion naturelle de ce trop long rapport;
âCes tas d'ordures du coin des bornes, ces tombe-âreaux de boue cahotés la nuit dans les rues, ces âaffreux tonneaux de la Voirie, ces fétides écoulements âde la fange souterraine que le pavé vous cache, savez-âvous ce que c'est? c'est de la prairie en fleur, c'est âde l'herbe verte, c'est dü serpolet et du thym et de âla sauge, c'est du gibier, c'est du bétail, c'est le âmugissement satisfait des grands bceufs le soir, c'est âdu foin parfumé, c'est du blé doré, c'est du pain âsur votre table, c'est du sang chaud dans vos veines, âc'est de la santé, c'est de la joie, c'est de la vie.. . .
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âRendez cela au grand creuset, votre abondance en âsortira!quot; (v ictor Hugo. â Les Misérables.)
Paris, 20 aoüt 1891.
Congres International d'Agrieoltnre
a La Haye en 1891.
Section IV: Questions agricoles techniques.
c. Exploitation des tourhières et terrains tour he ux en (jénéral.
Sür les irrigations nar les eanx flnviales.
Die Bewassenmyen aus dem Hochwasser der grösse-ren Fliisse, ins besondere die Stauherieselung. BER1CHTERSTAÃTER Baurath HESS,
Meliorations Ban-Inspector lur die Proviuz Hannover.
(3 quot;ö
Die Bewasserung der Grundstücke ifit entweder eine anfeuch-tende oder diingende.
I. DIE ANFEUCHTENDE BEWASSERUNG
Die anfeuchtende Bewasserung war bereits in den iiltesten Zeiten bekannt und war in den südiichen Landern zum grossen Theil eine Bedingung der Kultur, vielfache Spuren der Bewasserungsanlagen in Asien und am Mittelmeer geben Zeugniss von der grossen Ansdehnung dieses Knlturmittels. Die bedeutendsten Anlagen dieser Art fanden sich in Indien nnd wurden in neuerer Zeit vielfach verbessert und erweitert, von 71.733.000 HA. kulturfiihigen Bodens werden 11.688.000 HA. bewassert. davon 3.240.000 HA. aus Kanalen und regel-massigen Bewasserungsanlagen, 4.860.000 HA. aus Brunnen und die übrigen Kliiche dureb Inundationen bei Hoch wasser.
lm südiichen Frankreicb, Italien, Spanien, Algier und Aegypten haben die zum Theil scbon aus den iiltesten Zeiten stammenden Bewasserungsanlagen in Laufe dieses Jahrhunderts eine bedeutende Ansdehnung erfabren und die betreffenden Gegenden einer hoben Kultur zugefiihrt. Von Interesse sind die Bewasserungsanlagen im Staate Colorado. Die ersten Ansiedler, welche in den Sechziger Jabren die Bodenkultur versuebten, erkannten bald, dass bei den geringen jabrlicben Niederscblagen von 38 cM. eine lobnende
Sect. IVrt.
Bewirthschaftung gt; le-s Hodens ausgeschlossen sei unci ver-suchten daher Anlagen zur Anfeuchtung, so weit solche fiir cinzelne Grundbesitzer moglich war; die giinstigen Erfolge driingten aber nach Aufnahme von Colorado als selbststan-diger Staat in den Bund im Jahre 1S7G zur Erweiterung und planmassigen Anlage von Bewiisserungen und wurde von deni Ende der Siebziger Jahre bis 1890 ein Netz von Haupt-Kaniilen ausgefiihrt, welches eine Liinge von 10.000 Kil. hat, die Lange der Nebenkanale ist sehr bedeutend, bedarf indess noch genauerer Ermittlungen. Die Kosten dieser Anlagen beliefen sich auf etwa 03 Millionen Mark und wurden bis 1891 bereits 634.()()() HA. bewiissert, wiihrend die gesammte unterdem Wasserspiegel der Kaniile gelegene Flüche l.GOO.OOOHA.betragt.
Eine derartige Leistung verdient um so grössere Anerken-nung. als die Ansiedler mit mancherlei Schwierigkeiten in den entlegenen (legenden zu kiimpfen batten und die Mittel nur besehriinkt waren, auch die Jlerstellung der Kanale eine verhaltnissmiissige grosse Zahl von bedeutenden Kunstbauten erforderten, welche allerdings in der denkbar einfachsten Konstruktion hergestellt wurden, so dass fiir die bedeutenden Leitungen in hölzerneu Aquaducten nur eine Dauer von lt;5âS Jahren in Aussicht genonuuen werden kann.
Mit welcher Energie die Ansiedler den Zweck, sich mög-lichst raseh Wasser zu verschaffen, zu erreichen suchten, ergiebt z.B. die Anlage des Kanal del Norte, welcher 67 M3 in der Sekunde führte und zur Bewiisserung von 81.000 HA. dient. Dieser Kanal wurde von December 1888 bis April 1884, also in 4 Monaten, ausgefiihrt und kostete 1.260.000 M.
Im Staate C'alifornien sind in neuerer Zeit die Bewasserungs-anlagen ausgedehnt und systematisch angelegt, die Einwohner-zahl hat sich in den südlichen Staaten, woselbst die Bewiisserung hauptsachlich eingefiihrt ist, sehr vergrössert, wiihrend in den nordlichen Staaten die Bevölkenmg abgenommen hat.
Zu den in den Jahren 1890 und 1891 in der Ausfiihrung begriffenen grossen Anlagen gehort das an Stelle einer kleinen im Jahre 1884 ausgefiihrten Anlage der Abdammung des Bear-Thales in San Bernardino. Der Damm erhiilt eine Höhe von 40 M., das Reservoir erhiilt eine Liinge von 7,2 Kil. und Breite von 2,4 Kil. und fasst 479 Millionen Kubikmeter. Das Niederschlagsgebiet betriigt 700 Quadr. Kilometer. Man bofft durch diese Anlage die Bewiisserung von 100.000 HA. zu erreichen. Es werden im Ganzen bis 1891 im Staate Cali-fornien bewiissert etwa 1.600.000 HA. Die Kosten der Bewiisse-rungsanlagen sollen bis 1889 44 Millionen Mark betragen haben.
Die grossartigsten Bewasserungs-Projecte der Neuzeit sind in Australien bearbeitet; fiir Neu^Siid-Wales rechnet man, dass die Ausfiihrung der projectirten Anlagen 20 Jahre hin-durch jahrlich 60â80 Millionen Mark erfordern werden. Die Projecte fiir Victoria sind von einer königlichen Kommission
â gt;
Sect, TV a.
ausgearbeitet und in 10 Hpecial-projecten dem Parlamente vorgelegt. Die bewasserungsfahige Fliiche betragt 1.300.000 HA., von denen Vs «der 430.000 HA. bewassert werden sollen. Die Kosten sind zu 76 Millionen Mark veranschlagt.
In Europa ist das grösste Project die Anlage von Bewiisse-rungskaniilen aus der Rhone von dem Ingenieur Dumont bearbeitet; die Wassermasse, welche zur Anfeuchtung der Grundstücke der Hbone entnommen werden soil, betragt fiO cM3 in der Sekunde und die Kosten sind auf 81,6 Millionen Mark veranscblagt.
Gunstiger liegen die Verhaltnisse fiir die Bewasserung des Marcbfeldes bei Wien, fiir welche Melioration der Ingenieur von Podhagski ein ausführliches Project bearbeitet hat, die Entname des Wassers aus der Donau oberhalb Wien soil in der Sekunde 69 cM3. betragen, wiihreud die Kosten der generellen Anlage (Hauptkaniile nebst Zubehür) nur auf ca. 25 Millionen Mark veranschlagt sind und die Flache 70.00«» HA. betragt. fielder hat auch fiir diese zum grossen Nutzen des Marcbfeldes und der Stadt Wien gereichende Anlage die Ausfiibrung noch nicht erreicht werden können.
Fiir Sicilien sind in neuerer Zeit Projecte ausgearbeitet, um durch Anlage von Reservoiren 30.800 Ha. zu bewassern. Es sollen die 7 Reservoire bei Catania, Syracus, Terranova und Licata im Ganzen 460 Millionen cM3 Fassungsraum enthalten und sind die Kosten auf 29,6 Millionen Mark veranschlagt.
Die Fliisse, deren Zufiiisse, auf den Hochgebirgen entsprin-gen, sind am giinstigsten fur die Anfeuchtung; je stiirker die Hitze und je grosser das Bedürfniss nach Wasser sich geltend macht, um so mebr verstarken sich die Zuflüsse durch Schneeschmelzen, wie z. 15. im nördlichen Indien, Norditalien, dem siidlichen Frankreich und Colorado.
Die Fliisse, welche in Mittelgebirgen und Hiigelland ent-springen, haben in Friibjabr Hocbwasser und vermindern sicb die Zuflüsse nach Eintritt der warmeren Jahreszeit, so dass zur Zeit des Bedürfnisses Wassermangel eintritt, durch Absperrung der Thiiler wird das Wasser aufgespeichert, wie z. B. in Spanien, Algier, Californien oder es werden kleinere Teiche mit Erdwallen umgeben angelegt; die Engliinder fan-den im Regierungsbezirke Madras 53.000 Teiche mit 48.000 Kil. Dammen und 300.000 massiven Bauwerken, als Schleusen, Ablasswehren u. s. w. vor.
Hierher gehort auch die von dem Ingenieur Whithouse in Vorschlag gebrachte Aufspeicherung des Nillwassers im Raivan-Reservoir 112 Kil. südlich von Cairo. Die im Reservoir zuriickgehaltene Wassermasse soil 5000 Millionen cM3 betragen, so dass tiiglich wahrend der Dauer von 100 Tagen 50 Millionen cM3 abgegeben werden können, um das Niedrig-wasser des Nils zu erhöhen und die Anfeuchtung zu ver-bessern und auszudehnen.
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Von den 2 Millionen HA. des Delta kann jetzt nur etwa die Halfte wegen Wassermangel bewassert werden, ausserdeni würden allein in der Provinz Gizeh 60.000 HA. bewassert werden können. Die kosten sind verhiiltnissmassig niedrig auf 60 Millionen Mark veranschlagt.
Ein ahnliches Project ist die von dem Ingenieur Jacquet bearbeitete Anlage eines Reservoirs am oberen Nil bei Assouan. Der Nifl soil in einer Enge von 400 M. Breite durch eine 20 M. hobe Mauer abgesoblossen werden und dadureh 7 Milliarden M3 des Nil-Hochwassers magazinirt und 400.000 HA. für die Kultur gewonnen werden.
Ein interessantes Beispiel der Regulierung der Hocbwasser durch natiirlicbe Aufspeicberung flndet sicb in Cambodja (Minterindien). Der in China entspringende Mehkong fiillt wahrend der Hocbwasser von Mai bis September vermittelst des 120 K.M. langen und 700âS00 M. breiten, 8â20 M. tiefen Mesap eine Niederung, den Tonle Sap. Dieser See und Sumpflache ist 120 K.M. lang und mindestens 20 K.M. breit und wird der Wasserstand durch das einströmende Hocbwasser um mehr als 12 M. gehoben und die Flache auf das drei bis vierfache erweitert. Tn der Zeit von Oktober bis Miirz findet der Riicklauf in den Mehkong und Scnkung des Wasserspiegels statt.
In einiger Verbindung mit der Bewasserung der Grund-stücke steht die Kolmation, deren Zwecke und Mittel zur Erreichung derselben bekannt sind und deren Anwendung bauptsachlich in Italien und Frankreich stattgefunden hat. Es wird dieser Art der Bodenbesserung nur gedacht, um ein sebr interessantes Project einer iibnlichen Melioration bier anzuschliessen.
Von dem Ingenieur Duponchel ist ncuerdings ein Project der Melioration des Landes durch Transport thonhaltigen Bodens auf 200 Kil. weit durch Wasser vorgelegt. Recbnet man 10()0 M3 pro HA. des zu verbessernden Bodens erforder-lich, so sollen jahrlich 15.000 HA. meliorirt werden können, wenn man voraussetzt, dass das zur Disposition stehende Neste-Wasser bei 1.4 M. Geschwindigkeit 10 prozent des von den benachbarten Hoben eingebrachten thonhaltigen Bodens transportirt. Die Kosten sind auf 20 Millionen Mark veranschlagt und betragen pro M3 auf 200 Kil. transportirt 0,064 M.
Wenn aucb im Vorstehenden nur die grössten Anlagen und Projecte angedeutet sind, so geht docb aus diesen kurzen Mittheilungen scbon hervor, welche bedeutende Rolle die Anfeuchtung der Grundstücke in den südlicben Liindern spielt und dass es die Aufwendung sebr erbeblicher Mittel erfordert, um die Kultur zu sichern und auszudehnen. Es erscheint nicbt zweifelbaft, dass derartige Anlagen in den niicbsten -Tahrzebnten in grossem Massstabe zur Ansfiibrung ge-langen und weite Landerstrecken der Kultur erschliesen werden
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Sect. IVa.
2. DIE BERIESELUNG.
In bepchcidoneren Grenzen halten sich die in Mittelenropa iiusgefiihrten Rieselungsanlagen, dcrcn Princip bekannt ist. Dieselben geben bei rationeller Anlage hohe Ertrage; die Kosten sind aber wegen der Umarbeitung und Planirung der Grundstücke sehr erheblich und können mir durcb Annahme der die Configuration des Terrains benutzenden s.g. wilden Berieselung abgemindert werden, wodurch jedoch auch der Ertrag ein geringener wird. In der Kegel bilden aber die wilden I'ieselanlugen nur die Vorliiufer der künstlichen Berieselung und geschieht die Umwandlung, wenn die Grundbesitzer durch Abtragung der generellen Kosten freie Hand für derartige neue Arbeiten gewinnen. Bei den Prqjectirungcn wird stets dahin gesehen, dass die Anlagen geniigen, um nach spaterer Umwandlung in kiinst-liche Rieselwiesen das erforderliche Wasserquantum zuzu-fiihren.
Ein Nachtheil der Berieselungen liegt in dem starken Wasserverbrauch, welcher nur einigennassen durch wiederholte Benutzung des Wassers auszugleichen ist.
In den Gebirgsthalern, in welchen in der Regel reichlich Wasser vorhanden ist. wird eine Ausdehnung derartiger Anlagen noch thunlich sein; in der Ebene wird die Entnahme erheblicher Wassermassen aus den kleinen Flüssen immer schwieriger, da bei der bedeutenden Aufwendung für die Herstellung der Rieselwiesen durch reihliches Wasser nament-lich auch zu den Anfeuchtungen nach dem ersten Schnitt ein hohcr Ertrag gesichert werden muss und die Entnahme im Sommer haufig durch die schon bestehenden Anlagen erschwert wird.
Em nördlichen Deutschland und namentlich in der Provinz Hannover sind die kleinen Flüsse schon seit langeren Jahren und in neuerer Zeit der Art zur Bewiisserung benutzt, dass es bei vielen Flüssen schwer hiilt neue Anlagen mit Gleich-berechtigung des Wassersbezuges noch jetzt in's Leben zu rufen; es mag bier ein Beispiel der Melioration im Ocker-gebiete angeführt werden. Die Ocker entspringt auf dem flarz und mündet 7 Kil. unterhalb Meinersen in die Aller; von der Meinerser Miihle bis zur Allen entnehmen 16 Genos-senschaften, deren Rieselwiesen im Ganzen eine Fliiche von '2400 HA. haben, das Wasser und musste zur Schlichtung der Streitigkeiten über Wasserbezug aus dem Flusse eine Vertheilung nach dem Alter und Grosse der einzelnen Genossenschaftcn stattfinden. Da die Objecte in den einzelnen Genossenschaften sich allmahlig erweiterten und die Zulei-tungskanale mit der Zeit erweitert waren, so bot diese Reguliring mancherlei Schwierigkeiten. Da die Ockermühle in Meinersen durch iiltere Vertriige sich den alleinigen
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Wasserbezug gesichert hatte, wenn das Oberwasser der Miihle unter 7 Fuss iiber Schleusenschwelle tiel, so musste die Vertbeilnng in der Weise geschehen, dass naoh der Höhe des Wasserstandes der Bezug des Wassers nach Alter und Grosse der Objecte geregelt und zwar in der Art, dass der Bedarf der uiteren Anlagen gesichert wnrde.
3. DIE UEBERSTAUUNG.
Die Ueberstanung der Grundstücke hat schon in den iiltesten Zeiten stattgefunden, aber nur imter besonderen Verbaltnissen und meistens in beschriinktem Umfange. Die Anlagen sind sebr einfacb, da dieselben in Wesentlicben aus niedrigen Dammen bestehen, welcbe die Staubassins einscbliessen, das Wasser wird von oben vermittelst eines Grabens im Revier zu- und abgeleitet, die Anfüllung gescbieht der Art, dass die Grundstücke an der oberen Seite 0,02 bis 0,04 M. von Wasser bedeckt werden und wird nacb Her-stellung der Xonnalwasserspiegels nur soviel Wasser zuge-leitet, als in den Boden ziebt und verdunstet. Die Anlagen konnen nur bei massigem Gefiille ausgefübrt werden, erfor-dern wenig Wasser, geben aber nur eine geringe Düngung und veranlassen bei nicht durchlassendem Boden leicht Ver-sumpfungen und Verringerung der Qualitat der Griiser. Die Bewasserung ist mit Vorsicht auszufübren, namentlich im Frühjahr.
Die Ueberstauung wird in der Regel nur im Winter ausge-führt; eine Ausnahme bildet die Bewasserung der Reisfelder in den südlichen Liindern, welche im Hommer stattfindet. Es ist daher der Wasserver branch nicht unerheblich und betragt je nach den Lokalverhaltnissen 1â3 Liter pro H. A. in der Sekunde.
Durch die Verheerungen der Reblaus ist in neuerer Zeit in Frankreich eine Anwendung der Ueberstauung der Wein-berge hervorgerufen und waren im Jahre 18S9 in Frankreich bereits 30,000 H. A. mit den erforderlichen Vorrichtungen versehen. Es wird das Wasser theils durch Kaniile zugeführt, theils künstlich gehoben, das Terrain muss ein geringes Gefiille haben und der Boden nicht zu durchlassend sein. Zur sicheren Tödtung der Reblaus darf die Wasserschicht nicht unter 0.2 M. betragen und muss die Dauer der Herbst- und Winterstauung auf durchschnittlich 60 Tage angenommen werden. Der Wasserbedarf ist nach der grosseren oder gerin-geren Durchlassigkeit des Bodens sehr verschieden, durchschnittlich 5 Liter in der Sekunde.
Einen Uebergang von der Ueberstauung der Grundstücke bis zur Stauberieselung bilden die Anlagen zur Benutzung der Fluth in denjenigen Flussstrecken, welche in der Nühe des Meeres liegen. Durch Herstellung geriiumiger Einliisse
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mit Schützwerken nnd Eindeichung des Objectes kann die auflaufende Fluth eingelassen werden nnd ttiesst naeh Ein-tritt der Ebbe anf demselben Wegen wieder ab. Da die Fluth erbebliehe wertvolle Scblickinassen fiihrt, welche zum Theil naeh dem Eintreten des Iloehwassers in dem Bassin sieh niedersehlagen, auch die Kosten der Anlage nicht erheblich sind, so rentiren derartige Meliorationen recht gut. Das Ein-lassen geschieht lediglich im Winter. An der Oste, welche in die Elbe unweit Cuxhaven einmündet, sind derartige Anlagen mit Erfolg ansgeführt.
4. DIE STAUBERIESELUNG.
a. Allgemeines.
Die Stauberieselung hat den Zweck die befruchtenden Hochwasser der Flüsse nicht wie bei der Ueberstanung durch stehendes Wasser anszunntzen, sondern, soweit thunlich. durch das Ueberfliessen dem Boden eine grössere Menge von Düngstof-fen zuzuführen, dabei ist der wesentliche Unterschied mit der Ueberstauung, dass die bewasserten Fliichen vor jeder Bewas-serung gründlich trocken gelegt werden, so dass das Bewas-serungswasser den Boden bis zu dem gesenkten Grundwasser anfüllt und dadurch nicht allcin die obere Krume, sondern auch weiter abwarts eine allmahlige Bodenverbessernng erreicht wind.
Es geht daraus hervor, dass eine durchgreifende Entwasse-rung des Objects unbedingt erforderlich ist.
Der angegebene Zweck wird erreicht durch die Eintheilung des Objects in Reviere, deren Grenzen nach den Gefallsver-haltnissen, Eigenthumsgren/.en, Wegen und nach verschiedenen anderen Rücksichten zu bestiinmen sind und ist zu diesen Arbeiten ein genaues Flachennivellement erforderlich.
Mit dem Projecte der Zuleitungskanale steht diese I'rojec-tirung der Reviere in Wechselbeziehung, so dass mit Rück-sicht auf die gesammten lokalen Verhaltnisse die beste Lö-sung uur nach verschiedenen und eingehenden Berechnungen sich erreichen liisst.
Die Höhe des Wasserspiegels über Terrain sollte an der unteren Seitc der Reviere 0,5 M. nicht überschreiten, so dass die Höhe der untcren Damme 0,t) M. nicht überstcigt, bei starkerem Gefalle und erheblicher Liinge der Reviere werden Mitteldamme angelegt, sowie auch Leitdamme in der Rich-tung des Getalles, wenn die Terrainhöhen an beiden Seiten des Reviers erhebliche Differenzen ergeben.
Ein eingehendes Studium erfordert die Durchführung des Wassers durch die Mitteldamme entweder durch Schleusen, Siele und TIeberfalle, welche Entlastungsvorrichtungen thun-
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lichst der Art verheilt werden, dass das Wasser in der ganzen Breite des Keviers sich gleichmassig fortbewegt, und die Ableitung des letzten und Tagewassers gesichert wird. Die Herechnungen der Twinge der Ueberfiille, fiir welche in der Kegel eine Wasserschicht von 0.04â0,0() M. angenommen wird, kann nach den bekannten Formeln wegen der unver-ineidlichen Unregelmiissigkeiten nicht ausgeführt werden; die deshalbigen Versuche sind noch nicht abgeschlossen, es scheint aber, als wenn man im Durchschnitt der berechneten Lange 50 0/0 zuznset/en hat. Die ITeberfalldamme werden an der nnteren Seite mit tlachen Böschungen versehen und an die höchsten Stellen des Terrains gelegt, um die Ausnutznng des Wassers zu sichern.
Für jede Abtheilung der Reviere wird die Normalstanhohe bestimmt und liegen die Seitendamme 0,4 jM. iiber diesem Wasserspiegel; die lichte Weite der Einlassschleusen, welche an der oberen Seite des Keviers angelegt werden, wird nach der Druckhohc berechnet; nnter besonderen Verhiiltnissen werden auch zwei Einlassschleusen angenommen.
Da die Zuleitungskanale nur in ziemlich geraden Linien geiührt werden können, so kommt es vor, dass an der oberen Seite der an den Kanal stossenden Reviere höhere Grund-stücke liegen, welche von der Bewasserung ausgeschlosscn werden müssen, falls die Gnmdbesitzer sich nicht cntschliessen zur Planirung der Fliichen zu schreiten. Bei nicht crheblichen Differenzen liisst sich auch durch Anlage eines s.g. Polderdammes eine geringe Anspannung des Wasserspiegels erreichen und geschieht dan die Vertheilung durch Ueberfiille. Diese Damme erhalten nur eine geringe Ilöhe von ca 0,3 M.
Durch Muldenanlagen wird ebenfalls eine Vertheilung des Wassers erreicht.
Von der grossten Bedeutung ist die Beseitigung der Hin-dernisse, welche sich der Fortberwegung des Wassers entge-genstellen, als z. B. Grabenwalle, Hecken, höhere Wege n. s. w. Die Erfahrung ergiebt, dass die iM'triigo der Wiesen oberhalb und unterhalb derartigen Hindernisse erheblich gegen andere Wiesen zurückstehen und wird die Entsauerung (les Bodens nicht genügend ausgeführt.
Die Ableitung des Bewasserungswassers unci des zuriick-bleibenden und Tagewassers geschieht durch Schleusen ent-weder direct in die Entwasserungsziigc oder zur wiederholten Benutzung in anderen Revieren; damit diese letzteren nicht benachtheiligt werden, ist es erforderlich, das Wasser nur von grosseren in kleinere Reviere zu leiten, also die geringere Qualitat des Wassers durch eine grössere Quantitiit zu ersetzen.
Aus dem Vorstehenden geht hervor, dass die Erfolge der Melioration bei grossen Anlagen, also verschiedenen Boden-verbaltnissen sehr verschieden sind und dass daher der Bei-trag der einzelnen Interessenten nur nach dem Nutzen fest-
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gestellt werden kann. Hei kleineren Anlagen und ahnlichen Bodenverhaltnissen wie z.B. bei der 1500 HA. grossen Syke-Thedinghiiuser Melioration hat Referent die Bestimmung des Beitrags nach Fliiche in Vorschlag gebracht.
Das Bewasserungssystem gestattet die Beweidung der Grundstücke und liegt darin ein erheblicher Vortheil, da bei grossen Meliorations-Gebieten die Aberntung und Ver-werthung des Grases nicht ohne Schwierigkeit ist.
Da die Entwasserungszüge im Winter zugleich fur die Ableitung des Tage- und Bewasserungswassers dienen müssen, so liegt es auf der Hand, dass dieselben fiir Sommeran-schwellungen unter allen Umstiinden ausreichen. Es ist aber dringend erforderlich, bei der Berechnung der Dimensionen, nicht über das unumganglich erfordorliche Mass hinauszu-gehen. da eine Senkung der Grundwasserstande in trockenen Sommern zu vermeiden ist und empfiehlt es sich daher auch in den Revieren die Entwasserung nicht über das erforder-liche Mass auszudehnen und erst allmahlig nach Massgabe der Erfahrungen die eventuell vorhandenen Grabensysteme weiter auszubilden.
Die Bewiisserung geschieht in der Weise, dass die Schleu-sen und Siele in den unteren und den Mitteldammen geschlossen werden und die Einlassschleuse geoflhet wird, nach Erreichung des Normalwasserstandes in einer Abthei-lung werden die Entlastungen im unteren Damme geöfthet und zwar so weit, dass der Normal wasserstand erhalten bleibt.
Die Dauer der Bewiisserung bei Normal wasser ist nach den Lokalverhaltnissen verschieden, im Mittel kann man drei Tage annehmen und etwa 8 Tage von dem Anlassen des Wassers bis zum vollendeten Ablassen des Wassers.
Von Bedeutung ist auch die Anfeuchtung der Grundstücke in trockenen Sommern. Es werden zu diesem Zwecke die für die Winterbewasserungen vorhandenen Anlagen mit nur geringen Ergiinzungcn zu verschen sein. Es gehort dahin auch die Erhaltung der Bodenfrische durch Anstauung des Wassers in den Zuleitungskaniilen, vermittelst der Schleusen.
Bei der Projectirung der Zuleitungskanale ist dahin zu sehen, dass die Geschwindigkeit des Wassers nach unten nicht erheblich abnimmt, damit die Schlicktheile auch den unteren Revieren zugeführt werden; andererseits darf die Geschwindigkeit bei höheren Wasserstanden 0,8â0,9 M. nicht überschreiten, damit die Kanalsohlen und Böschungcn nicht angegriffen werden.
Die Anlage der Einlassschleuse des Hauptkanals erfordert eine genaue Prüfung der Verhaltnisse des Flusses, aus wel-chem das Wasser zu entnehmen ist, damit unter allen Um-stiinden der Zufluss nach der Schleuse gesichert bleibt und Ablagerungen vermindert werden.
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Bei grosseren Anlagen empfiehlt sich die gemeinschaftliche Anlagen von der Gcsammtgenossenschaft herstellen und unterhalten zn lassen, dagegen aber die Herstellung tind Unterhaltung der Reviere nach den festgestellten Planen den Reviervorstehern unter Leitung der Bauaufsicht zu überwei-sen. In Betreö' der Handhabung der Bewasserung wird die Zuleiting des Wassers aus den Kaniilen zweckmiissig den Organen der Genossenschaft überwiesen, wahrend die Ein-haltung der Nonnalwasserspiegel nnd die Handhabnng der Ablasssohleuse u. s. w., den Reviervorstehern zu überweisen ist.
Fur Stauberieselungen in einem bedeichten Flussthale sind mit Rücksicht auf die möglicherweise eintretenden Deich-brüche cinige Abweichungen von den obigen Angaben erfor-derlich, namentlich sind die Kronen der Damme, welche das Thalprofil durchschneiden, so tief zu legen, als es die Verhalt-nisse gestatten und die unteren Böschungen der Damme flach herzustellen, so das dieselben den Ueberlauf des Wassers ohne Gefahrdung ertragen können.
Sollen die Stauberieselungen in bedeichten Flussthiilern auch zur Ableitung des Hochwassers des Flusses benutzt werden, so muss in jedem einzelnen Falie das Project den Verhaltnissen angepasst werden, in der Regel Avird man die Einlassschleuse zur Ausnutzung des Wassers bei mittelhohen Standen nicht entbchren können, die Ueberfalle zur Entlas-tung des Flusses werden stets so hoch gelegt werden müssen, dass dieselben vollstandige Sicherheit auch gegen das hochste Sommerhochwasser bieten und kann daher eine derartige Anlage sehr erschwert werden, wenn die Differenz zwischen Sommer- und Winterhochwasser nicht erheblich ist. Daueren die Frühjahshochwasser bis in die Vegetationszeit hinein, so ist die' rechtzeitige Ableitung des Wassers aus den unteren Abtheilungen schwierig nnd muss nntcr Ãmstanden auf kiinst-lichem Wege geschehen; eine nicht rechtzeitige Fortschaffung des Wassers würde erhebliche Nachtheile herbeiführen und namentlich die Entsauerung des Bodens verhindern, unter Ãmstanden sogar vermehren.
Die bedeutende Wassermasse, welche bei einer derartigen Anlage iibcr die Grundstücke geführt wird, stellt in gewisser Weise den früheren Zustand vor der Bedeichung wieder her und muss unzweifelhaft von grossem Erfolg sein, eine wiederholte Trockenlegung und Bewasserung wie bei den Stauberieselungen wird aber nicht immer zu erreichen sein.
In Betreftquot; des EinHusses der Bewasserung auf die Scnkung der 1 [ochwasser der Flüsse ist Folgendes zu bemerken.
Die Stauberieselungen welche das Wasser vermittelst Ein-lassschleusen aus den Flüssen erhalten, können an sich einen bedeutenden Einfluss auf die Senkung der Hochwasserstande nicht ausüben und um so weniger, als schwerlich eine Genossenschaft die Verpflichtung übernehmeu wird, zur Zeit
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Sect. IV a,
des höchsten Wassers auch unter allen Umstanden das Maximum des Wassers aus dein Fluss abzuziehen.
Die Berechnungen des Einflusses der Entnahme von 25.5 M3. aus der Wcser bei Hoya fiir die Bruchhausen-Syker Melioration, ergiebt eine Senkung des llochwassers der Wcser um 3 mM.; es miisste also eine Reihe derartiger Anlagen vorhanden sein, wenn eine merkbare Senkung des 11 och wasser-spiegels in der Weser stattfinden sollte.
Günstiger gestalten sich die Verhaltnisse bei Anlage von Ueberfiillen in den Flussdeiehen, da man durch derartige Werke in die Lage versetzt wird, eine mebr oder weniger erhebliche Entlastung eintreten zu lassen in dem Masse, wie die Lokalverhiiltnisse es verstatten. Da derartige Anlagen aber nur bei dem Zusammenwirken einer grosseren Anzahl von Ortschaften und bei einscbneidenden Aenderungen in dem Wirtschaftsbetriebe stattfinden können, so liisst sich nicht verkennen, dass der Ausführung nicht unerheblichc Schwierig-keiten entgegenstehen.
Von dem Staate Bremen wird eine Entlastung der Weser oberhalb Bremen durch Anlage eines üeberfalls im linken Weser-Deich geplant und liegen die Lokalverhaltnisse für eine solche Anlage sehr gunstig, da grossere Ortschaften in der Niederung nicht vorhanden und das Wasser in das Gebiet der Ochtum abgelassen werden kann.
b. Die Beschalfenheit des Hochwassers grösserer Flüsse.
Die Hochwasser der Flüsse führen theils suspendirte, theils aufgelösste Stoffe mit sich. Die suspendirten Stoffe finden sich in der Regel in grosseren Massen wahrend der Hoch-Huthen, doch können auch geringere Hochwasser bedeutende Schlammmassen führen, wenn in einzelnen Flussgebieten starke Niederschliige stattgefunden haben.
Es iinden sich Untersuchungen über die Menge der suspendirten Stoffe an verschiedenen Flüssen; wie bedeutend diese Massen sind, ergiebt sich daraus, dass z. B. die Elbe wahrend des Hochwassers im Jahre 187(5 bei Dresden taglich 15,000 M3 führte; für die untere Elbe berechnet sich die Schlammmasse, welche der Fluss jahrlich in das Meer fürht, durchschnittlich zu 3,700,000 M3., für die Durance 11,000,000 M3.
Von nicht geringer Wichtigkeit sind die aufgelösten Stoffe namentlich für die Stauberieselung. Die Bestandtheile wechseln je nach den starkeren Niederschliigen in den einzelnen Zuflussgebieten and lassen sich dahcr für bestimmte Gegen-stiinde nicht genau feststellen. An einzelnen Flüssen über-steigen die aufgelösten Stoffe die suspendirten Stoffe sehr erheblich, so wurde z. B. an der Seine die Menge der jahrlich fortgeführten suspendirten Stoffe zu 207.500 Tonnen und der aufgelösten Stoffe zu 1.110.700 Tonnen ermittelt. Die aufge-
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Hkct. IVa.
losten Stofte bestehen meistcntheils aus organischen Bestand-theilen. kohlensaurem und schwefelsaurem Kalk. Die Weser enthalt bei 1 [ochwasser durchschnittlich auf 1 Liter Wasser:
Organische Stofte......50 mG.
Schwcfelsauren Kalk .... 67 ,.
58 8 28
Kohlensauren Kalk Magnesia. . . . Chlornatrium . .
und ausserdem 150 niG. suspendirte Stofte. Phosphorsiiure ist in dem Weser wasser nur in Spuren vorhanden.
Die Untersuehvingen über die Anfnahme der suspendirten und gelösten Stolfe bei Stauberieselung sind bei der geringen Ausdehnung noch mangelhaft; bei der Leeste-lïrinkumer Melioration 1000 HA. fand sieb, dass in einer Bewasserungs-Periode bei der Bewasserung in zwei auf einander folgenden Revieren im Boden u. s. w. zurückgeblioben waren; 7800 KG. Kali, 114,600 KG. Kalk, 37,500 KG. Magnesia und 7600 KG. Stickstofi' in Form von Magnesia. Der Wertb dieser Dung-masse betrug 20600 M. In dem Bruchhausen-Syker Meliora-tionsobjecte haben derartige Untersuchungen noch nicht ange-stellt werden können, da die Entsauerung des Bodens noch nicht vollstandig beendigt ist.
c. Ausgeführte Stauberieselungen.
Die ersten Anlagen linden sich in Ostpreussen, das Hosacka Bruch hat cine Flache von 150 HA. und ein /weites Bruch von 75 HA.; die Ueberstauung ist in der einfachsten Weise durch Abschluss eines Baches und Einwallung ausgeführt.
Von grösserer Bedeutung ist die im Jahre 1862 vollendete BrombergâLabischiner Bewasserungsanlage, welche im Ganzen eine Flache von 3690 HA. enthalt, von wclchen jedoch 2040 HA. in Rieselwiesen und nur 1600 HA. (Abthcilung H und IV) in Stauberieselung gelegt sind. Betheiligt sind zwei Stiidte (Bromberg und Labischin), 55 Dörfer, 6 adliche Güter und 4 Vorwerke. Die Kartc Blatt I ergiebt die Situation.
Etwa 4 Kil. unterhalb Labischin wurde Ende des vorigen Jahrhunderts von der Domaine Labischin der s. g. Richtgraben behuf Bewasserung eines Complexes von 1800 HA. und als Flossgraben angelegt. Der Graben, welcher eine Liinge von 13,7 Kil. hatte und den Lauf der Netze zwischen Anfang und Ende etwa auf die Halfte abkürzte, vertiefte sich mit der Zeit und an der Ausmündung von 183S bis Anfang der Vierziger Jahre um 2,2 M., so dass die Netze das Wasser vollstandig verlor und der Richtgraben die Stelle der Netze vertrat.
Die Wiesen an der alten Netze (Revier 11 1060 HA.) gingen ganz erheblich im Ertrage zurück, es wurde denselben ver-
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UEBERSICHTS - KARTE
DER
LABISCHIIST - BROMBEROER
WETZE -WIESEN - MELIORATION
Blatt 1
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Sect. IV a.
mittelst Aiifstauung des Richtgrabcus (lurch eine Schleusc das Wasser wieder zugeführt, die alte stark gekriimrate Netze wurde durch einen Kanal von 0,6 M. Sohlenbreite ersetzt und das Thai der alten Netze durch ö Querdfimme in Re-viere eingetheilt, durch welchc der Netze-Kanal vennittelst Schleusen geführt -wurde. Der hohe Aufstau in einzelnen Revieren von 2,5 â 2,8 M. veranlasste indess die spiitere Hinzufiigung von noch 4 Querdiimmen; es wurde auf diese Weise die Winter-Ueberfluthimg der Wiesen an der alten Netze wieder hcrgestellt.
Die Bromberger Wiesen (Revier II) bilden den zweiten Complex der zur Stauborieselung angelegten Grundstücke von 540 HA. Fliiche; es werden dieselben durch einen aus dem Netze-Kanal abgeleiteten Zuleitungskanal von 6 Kil. Liingc bewassert; derselbe hat eine Sohlenbreite von 3,8 M.; die Ableitung des Wassers, geschieht durch die Netze. Durch Querdiimme ist das Object in Heviere gebracht; das Wasser fliesst von oben durch sammtliche Reviere.
Die Anlagekosten haben im Ganzen incl. der Rieselwiesen 513,000 Mark betragen.
Die Qualitat des Netze-Wassers ist nur gering; auch die zur Bewiisserung erforderliche Quantitat ist nur wiihrend der Früjahrshochwasser verhanden; gleichwohl ist der Erfolg günstig.
b. Die Projecte und Ausführungen der Stauberieselungen in den Provinzen Hannover und Schleswig-Holstein.
Die Verhiiltnisse der Provinz Hannover sind für die Aus-führung von Stauberieselungen in hohem Grade geeignet. Die Flüsse als Elbe, Weber, I .eine u. s. w. erhalten ihre Zuliüsse aus Gebirgs- und Hiigelland, welches namentlich wiihrend der Ausschwellungen dungreiche Sloffe in aufgelös-tem und suspendirtem Zustande zuführt. Die im nördlichen ïheile der Provinz gelegenen Ebenen, welche ein günstiges Gefiille und durchl assenden Boden darbieten, gcwiihren Gele-genheit zur Ausnutzung dieser Dungstofl'e durch Stauberiese-lung und wird die Anlage derartiger Meliorationen auch dadurch erleichtert dass es nicht selten möglich wird, das Abfallwasser iii andere Flüsse zu leiten und dadurch einen genügenden AbHuss und rechtzeitige Trockenlegung ohne Anwendung künstlicher Mebevorrichtungen zu erreichen.
Die Ausführung derartiger Meliorationen wurde dadurch erschwert, dass den Bewohnern der Ebene solche Anlagen unbekannt waren und da es sich nur um grössere Objecte handeln könnte, der Gesammtkostenbetrag die Grundbesitzer zurückschreckte, wahrend dieselben im Lünebnrgschen kein Bedenken tragen an den kleinen Haidbiichen 1200 M. pro
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HA. fur Aptirung der Wiesen zn verwenden. Diese bedeu-tenden Kosten erkliircn sich theils durch die Unebenheit der Wiesenthiiler, theils durch die Abtragung des hohen Terrains zur Gewinnung von Wiesenboden.
a. Das Project der Melioration des Wietzenbruchs ist der erste in der Mitte der Sechziger Jahre im Auftrage der Regierung von dem Referenten bearbeitete grössere Entwurf fiir cine Stauberieselung. Das Wietzenbruch erstreckt sich von Hannover in nordlicher Richtung bis Wickenberg un-weit der Aller auf 28 Kil. Lange; die Breite des von der Wietze entwiisserten Bruchs betriigt 1â4 Kil. Das Gefiille ill der Thalrichtvmg betriigt 0.6 M. auf 1000. Der Boden besteht aus Diluvialsand mit einer mageren Krume; zum Theil iindct sich im Untergrunde Ortstein. Das Bruch leidet an Sommeriiberschwemmungen und genügt das sehr wenig Dungstoffe enthaltende Wietze-Wasser nicht zur Befruchtung der ausgedehnten Flachen durch die oft ungenügenden Winter-Ueberfluthungen. Die Melioration musste daher aus einer geniigenden Entwiisserung und Zufiihrung von frucht-barem Wasser bestehen.
1 )ie Entwiisserung und Abführung des Abfallwassers wurde durch die Correction der Wietze und Anlage eines Ablei-tungskanals aus der unteren Wietze direct in die Aller erreicht; die Bewasserung durch die Anlage eines Kanals, welcher bei Döhren oberhalb Hannover aus der Leine mün-dete. eine Sohlenbrcite von 18.7 M. erhalten und 24â37 M3. in der Sekunde bei 0.76 M. Geschwindigkeit führen sollte. Vor dem Bewiisserungsobject thcilte sich der Kanal in eincn östlichen und westlichen Kanal, welche etwa parallel mit der Wietze das Object im Wesentlichcn begrenzte.
Der Wasserbezug aus der I .eine war mit Hiicksicht auf die Wiesen im Leine-Thal unterhalb Hannover beschriinkt; auch bei steigendem Wasser sollte nur bei ganz hohen Wasserstiinden bewiissert werden und musste daher die Zeit der Bewasserung auf durschschnittlich 46 Tage im Jahre beschriinkt werden.
Das Object hat eine Grosse von 6500 HA.
Die Kosten betragen nach den speciellen Kosten-Anschliigen 2.140.000 Mark und wiirden sich jetzt auf mindestens 3 Millionen Mark belanfen.
Die Majoritiit der Interessenten war leider bei der Abstim-mung nicht zu erreichen und wird es der folgenden einsich-tigeren Generation überlassen bleiben das Project zur Aus-fiihrung zu bringen.
b. Das Project der Melioration der Alpe-Niederung zwischen Leine und Weser wurde vom dem Referenten im Anfange der Siebziger Jahre im Auftrag der Regierung bearbeitet. Das Object beginnt am linken ITfer der Leine etwa 14 Kil. nördlich von Neustadt und erstreckt sich auf 20 Kil. Liinge
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Skct. [Va.
bis Rethem a/d. Aller. Der Boden ist durchlassender Dilu-vialsand mit einer mehr oder weniger starken humosen Schicht, zum Theil graswüchsig, zum 'Fheil Heide und geringe Graser producirend, es fehlt hauptsiichlich die Düngung und musste daher auf Zuleitung des Wassers aus der Leine und Stauberieselung Bedacht genommen werden. Dus Durf Rode-wald mit seinen Ackerlandereien theilt das Object in eine östliche und westliche Hiilfte und inusste demnach der Hauptzuleitungskanal auch in einen üstlichen unci westlichen Kanal sich theilen. Das Bewiisserungswasser kann bei den giinstigen Gefallsverhiiltnissen wiederholt benutzt und schliess-lich in die Aller abgeleitet werden. Der Bezug aus der Leine war in ahnlicher W'eise wie bei dem Wietzenbruchsproject beschrankt und ergaben die 20-jahrigen Beobachtungen, dass im Winter durchschnittlich an 115 Tagen das W asser bezo-gen werden konnte. Das Object betrug 4500 HA.; der Was-serbedarf pro HA. gleichzeitige Bewiisserung wurde zu 14 Liter pro HA. bestimmt und war unter der Beschriinkung des Wasserabzugs die Masse des Bewiisserungswassers in den Wintermonaten zu 3â12 M:l in der Sekunde berechnet. Der Hauptzuleitungskanal konnte indess mit 8.2 M. Sohlenbreite und 2.3 M. Wassertiefe l)ei 0.26 M. Gefalle auf 1000.31 M3 in der Sekunde fiibren, inn die rasch verlaufenden Hoch-wasser der Leine thunlichst fiir die Bewiisserung nutzbar zu machen. Die Kosten berechneten sich zu 1 Million Mark.
Das Project, welches im Ministerium der öffentlichén Arbei-ten sehr günstig beurtheilt wurde, erhielt die Majoritiit bei der Abstimmung der Interessenten, kam aber trotzdem nicht zur Ausführung und wurde der Referent in neuerer Zeit mit der Umarbeitung beauftragt, welche sich vorwiegend auf den Ausschluss von grosseren Flachen, deren Besitzer den Aus-schluss nicht wünschten, nnd auf die eingetretenen Aende-rungen in den Kuituren u, s. w, bczog.
Die Flache wurde auf 3400 HA. reducirt, die Kosten-Anschlage ergaben den Betrag von 1100,000 M. wegen der seit 20 Jahren gestiegenen Löhne- und Materialien-Preise, so dass die generellen Kosten sich auf 251 M. pro HA. und die speciellen Kosten auf 73 M, pro HA. belaufen.
Die Verzinsung nebst Unterhaltung ist zu 17 M. pro HA. veranschlagt.
Die Abstimmung über dieses Project steht bevor,
c. Die Bruchhausen-Syke-Thedinghauser Meliorations-A nlage.
Am linken l'fer der W'eser erstreckt sich von Hova ab-wiirts bis zur Oldenburgischen Grenze bei Brinkum (unweit Bremen) einc Niederung von etwa 35 Kil. biinge, welche zum Theil durch die Eyter, welche sich in nordöstlicher Richtung nach Thedinghausen erstreckt, in die W'eser ent-wiissert, zum 'Plieil durch die Ochtum, welche bei Vegesack
Sect. IV a.
in die W'eser miindet. Diese Niederung wurde seit etwa 200 Jahren durch Ueberfiille oberhalb Hoya und durch die nicht selten eintretenden Deichbriiche an der Weser iiberfluthet und befruchtet, so weit die nnregelmassige Höbenlage des Terrains solcbes verstattete.
Die mancherlei Inconvenienzien eines derartigen Znstandes veranlassten aber im .Tahre 1848 die Beseitignng der Ueberfiille bei Hoya nnd da durch diese Massregel und durch die Verstarkung der Deiche die Ueberfluthungen verringert wur-den, so gingen die Wiesen in ihren Ertriigen zuriick.
Im Auftrage der Interessenten bearbeitete der Referent im .Tahre 1877 ein Project fiir die bessere Entwiisserung und Bewasserung mit düngendem Weserwasser. Es war die Correction der Eyter und Ochtura vorgesehen, die Lange des Hauptzuleitungskanals von Hoya bis Brinkum betrug 40 Kil., ausserdem waren verschiedene Nebenkaniile projectirt; die Anzahl der Keviere betrug 102. Der Kanal war bei normalem Wasser 2 M. iiber Sohle, 19.6 M3. in der Sekunde und bei Hochwassern 2.8 M. über Sohle, 41.3 M3 in der Sekunde.
Das Meliorationsgebiet umfasste 7250 HA. und die Kosten beliefen sich im Ganzen auf 3.186.000 M. und kommen von dieser Summe allein 355.000 M. auf die Correction der Och turn.
Leider scheiterte die Annahme dieses Projects an dem Wiederstande gerade derj enigen Ortschaften, welche von der Correction der Ochtum den grössten Vortheil gehabt hiitten und musste daher das Project einc Reduktion erfahren und einer entsprechenden Umarbeitung durch Weglassung der renitenten Ortschaften unterzogen werden, welche im Januar 1881 von dem Referenten vorgelegt werden konnte (siehe Rlatt 2). Es wurde alsdann das Project von den Interessenten mit erheblicher Majoritiit angenommen mid erfolgte die Bildung der öffentlichen Genossenschaft.
Das Meliorationsgebiet beginnt 7.5 Kil. westlich von Hoya und erstreckte sich bis zur Okel-Sudweyher Grenze auf etwa 19 Kil. Lange, das durchschnittliche Gefalle betragt 0,4 ant 1000. Oberhalb Bruchhausen ist das Terrain hoch und mussten daher unter Aufsuchung der niedrigen Flachen ge-trennte Bezirke angenommen werden, wahrend unterhalb Bruchhausen das Object ohne Unterbrechung bis zum Ende fortlauft und schliesst sich an dasselbe die Eyter-Niederung in etwa 3 Kil. Breite bis 4 Kil. oberhalb Thedinghausen; das Gefalle betragt 0.7 M. und in der unteren Strecke 0.17 auf 1000.
Die Flache des Objects betragt 4800 HA., von denen etwa 6/7 auf Preussisches und 1/7 auf Braunschweigisches Gebiet kommen; es sind 1000 Hofbesitzer betheiligt nnd 4000 Parzellen.
Die Bodenverhiiltnisse sind sehr verschieden; im Unter-grunde lagert der Diluvialsand, welcher in den friiherhin
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Ill all 2
quot; quot; quot; 23 ^ ^
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inundirten Gegendcn mit Lehmthcilcn untermischt ist, in anderen Strecken aber mit einer geringen Humusschicht bedeckt ist. Die grosse Wiesenflache unterhalb Bruchhaasen wird dvircb aufiagernden Moorboden gebildet, und waren diese Wiesen vor der Melioration vollstiindig versumpft und gaben nur dürftige und harte Griiser; an der unteren Evter macht sich der Kin Husk des rückstauenden Weserwassers geltend und nimmt die günstigere BeschafFenheit des Bodens bis gegen Ende des Objects oberhalb Thedinghausen zu, sodass der Boden marschartig wird. Doch wurde auch bier der Ertrag durcb unzeitige Ueberschwemmungen durch Riick-stau der Weser oder durch Eyter-VVasser verringert.
Eine Verbesserung der Grundstücke im Einzelnen wurde durch diese Verhaltnisse ausgeschlossen, nur durch eine voll-standige Entwasserung der ganzen Niedening und Zuleitung des düngenden Weserwassers konnte der Boden entsiiuert und die Sumpfgriiser in siisse Griiser verwandelt und der Ertrag vergrössert werden. J )ie Anwendung von künstlichem Diinger konnte vor der Melioration wegen des hohen Grundwasser-standes und dcr Ueberfluthungen im Frühjahr nicht statt-finden und der Ackerbau musette wegen der beschriinkten Viehhaltung nur mit verhiiltnissmassig geringer Diingung geführt werden.
Die Zuleitungskaniile bestehen aus einem Hauptkanal, welcher im Wesentlichen das Object an der oberen Seite (Südwest) begrenzt und 7 Nebenkaniilen, welche aus dem Hauptkanal ausmünden.
Der Hauptzuleitungskanal mündet 1 Kil. oberhalb Hoya an einer fur den Einfiuss giinstigen Kurve aus der Weser und passirt zuniichst die Schleuse im Wcserdeich. Es ist dieses Bauwerk massiv erbaut und auf Beton fundirt, die 3 Oeffnungen haben je 3,3 M. lichte Weite, die Mitteldocken sind fest und aus Eisen hergestellt, die hölzernen Schützen werden durch mechanische Hebevorrichtungen (Schranben) gehoben. Die Kosten betrugen incl. der Deichverlegung 109.000 Mark.
Die Schwelle der Einlassschleuse ist auf 0,4 M. unter Hoyaer Null gesenkt, um auch bei niedrigen Wasserstanden der Weser Wasser einlassen zu können.
Der Hauptzuleitungskanal verfolgt von der Einlassschleuse nach Durchschneidiing der hohen Marsch zum Theil die Richtung des alten Moorgrabens, geht nördlich an Bruch-hausen vorbei, geht durch die Moorwiesen bis zum Siistedter Bach, der Grenze der Kreise Hoya und Syke und am Rande des höheren Terrains in einigen durch die Terrainverhaltnisse erforderlich gewordenen Krümmungen bis zur nördlichen Grenze der Feldmark (gt;k('l. Die Liinge betragt 26,8 Kil.
Unter Annahme eines Wasserbedarfs von lö Liter pro IT A. in der Sekunde und bei gleichzeitiger Hewasserung ist wegen
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Sect. IV a.
der zum Theil wiederholten Benutzung und der Bewasserung der höher belegenen Grundstüeke niir bei Hochwasser das Object fiir die Herechnung der erforderlichen Wasserraenge zu 4000 HA. angenommen und ergiebt sich bei ö-facher Rotation der Bedarf bei Normal wasser zu 2 M. iiber Sohle zu 12 M3 wofür wegen der Verluste 13 M3 in der Sekunde angenommen ist und kann nach 25-jahrigen Beobachtungen dieser Normalstand durchschnittlich an 43 Tagen im Jahre erzeiobt werden. Das Gefalle betragt 0,25 M. auf 1000 und ist darnach nach den Ganguillet-Kutterschen Pormeln bei zweifaehen Böschungen die Sohlenbreite zu 6 M. berechnet, die Banquets haben 2 M. Breite, die Damme haben 2 M. Kronenbreite. Die Gesehwindigkeit betragt im Mittel 0,65 M. in der Sekunde und verringert sich in der unteren Strecke des Kanals bei verminderter Sohlenbreite und Wassertiefe und verstarkten Gefalle auf 0,54 M. und sind im Kanal weder Ablagerungen noch Ausspühlungen vorgekommen. Bei 12 Kil. trifft die gesenkte Sohle mit der normalen Sohle zusammen und liegt daher in dieser Strecke nicht parallel mit dem Wasserspiegel, sondern hat nur 0,17 M. Gefalle auf 1000.
Zur Ausnutzung der Hochwasser der Weser ist 0,8 M. iiber dem Nor mal wasserspiegel des Kanals bis unterhalb Bruch-hausen der Hochwasserspiegel angenommen, welcher eines-theils zur Bewasserung der hoch belegenen Grundstüeke oberhalb und bei Bruchhausen dient, andererseits aber auch zur Einführung grösserer Wassermassen, um namentlich bei rasch vorübergehenden Fluthen die Reviere rasch anfiillen zu können. Die Gesehwindigkeit betragt wahrend dieses hohen Standes 0,84 M. und die Consumtion 33 M3.
Bei Stapelshorn. 8 Kil. von der Einlassschleuse entfernt, ist die Stapelshorner Schleuse im Massivbau ausgefiihrt; die lichte Weite betragt 12 j\r. und dient die Schleuse zum Abschluss des Hauptkanals fiir den Fall, dass oberhalb Deichbriiche eintreten sollten und sind die Einrichtungen getroffen, dass fiir einen derartigen Fall das Bruchwasser seinen alten Lauf in die Niederungen bei Hoyerhagen und Martfeld wieder verfolgen kann. ausserdem dient die Schleuse aber auch zu einer Aufstauung des Hochwasserspiegels um 0,47 M., um den hoch belegenen Grundstiicken durch den Wöpser und Martfelder Kanal zuführen zu können.
Die Briicken in den Landstrassen sind grössentheils in Massivbau ausgefiihrt, im Uebrigen aber so wie auch die Schleusen, deren im Ganzen 11 Stiick projectirt sind, in solidem Holzbau aus P]ichenholz hergestellt.
Es sind 10 Stiick Unterleitungen aus Eisenblech von 1,0â1,2 M. Durchmesser hergestellt, ausserdem eine Ueberlei-tung des Süstedter Baches, ebenfalls in Eisen konstruirt. Die Schleusen sind mit mechanischen Hebevorrichtungen versehen.
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Sect. IV n.
bei den TJ nterleitungen wurden zum grossen Theil Ablasse zur Regulirung des Wassers angebracht.
Die Nebenkaniile baben im Ganzen eine Liinge von 80,2 Kil. und führen je nacb dem zu bewiisserenden Terrain 1,2â4,5 M3. in der Seknnde. Das Gefiille betriigt 0,2â0,3 auf 1000, die Wassertiefe 1,4â1,2 M. und nimmt nacb unten alimablig ab, die Böscbungen sind ll ,-facb, Hermen sind nicht verbanden, die Kronen der Damme liegen 0,5 M. iiber Normalwasser-spiegel.
Die Bauwerke sind grossentbeils in Holzbau ausgefiibrt, nur die Unterleitungen sind aus Eisen und ist namentlicb die aus 2 Robren bestebende Unterleitung des Scbwarmer Kanals unter der Eyter zu bemerken: 21,6 M. lang und
I.3 M. Durcbmesser. Die Kosten dieses Bauwerks baben
II.000 M. betragen.
Die Einlassscbleusen für die Reviere sind ebenfalls in Holzbau ausgefiibrt; die lichte Weite ist bereclmet nacb der Druckhöhe zwischen der für jedes Revier festgestellten Normal-wasserhöhe und dem Wasserspiegel im Kanal und der zu bewiissernden Flache.
Die Schlickablagerungen gehen bis weit in die Nebenkaniile und Reviere hinein, wodurch der Beweis geliefert ist, dass nicht, wie von manchen Seiten befiirchtet wurde, die Schlick-massen schon im Hauptkanal und in den unmittelbar angren-zenden Revieren zur Ablagerung kommen würden. Es baben sich Sandablagerungen nur in unbedeutenden Massen einge-stellt, sind bereits verringert und werden nach einigen Jabren vollstandig verschwinden.
Die durchschnittliche (irösse der Reviere betriigt 90 HA. doch hat die Grosse nach den Lokalverhiiltnissen selir ver-schieden von 11â284 HA. angenommen werden mussen; davon bewiissern 350 HA. mit Abfallwasser und 350 HA. am Uenzcn-Siistedter Kanal senden das Abfallwasser in den 1 lauptzuleitungskanal zur weiteren Benutzung zuriick.
Es sind im Ganzen einschliesslich der Bauwerke in den Revieren, jedocb ausschliesslich der kleineren Anlagen 460 Bauwerke ausgefiibrt und einschliesslich der Diimme an den Kanalen not. 800 Kil. Damme hcrgestellt.
Die Entwiisserung des Objects ist in griindlicher Weise (lurch Correction der Eyter des Siistcdter Baches und der kleineren Biiche hcrgestellt. Die Correction der Eyter ist bis zur Weser fortgesetzt und betriigt die Sohlenbreite 14 M., auch die nicht zur (ienossenscbaft gehörigen Grundstückc im Braunschweigischen Gebiete baben von diesen Correc-tionen erbcbliche Vortbeile.
Die gesammten Kosten waren zu 1.968.700 Mark veran-schlagt; die Baukosten fiir sich betragen I'/s Millionen Mark und haben sich bei der Ausführnng urn Vs Million Mark gesteigert wegen der Erhöhung der I;(quot;)line in 7 Jabren
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Shot. IV a.
zwischen der Aufstcllung der Kosten-Anschlage und Bauaus-fiihrung und der besonderen Erhöhung wegen der gleichzeitig ausgeführten Anschluss- und Hafenbauten der nahe gelegenen Stadt Bremen. Die Grundentschadigungen haben wegen der Schwierigkeiten mit der Katasterverwaltung noch nicht defi-nitiv abgeschlossen werden können.
Die Vortheilc der Melioration werden sich von Jahr zu Jahr erhöhen; schon jetzt sind die vollstiindig versuiupften grossen Wiesenfliichen im oberen Gebiet der Evter trocken gelegt, und ist auch die Entsauerung bereits stark vorge-schritten, die harten und Sumpfgriiser werden durch süsse Graser und Klee ersetzt und der Zustand des Weideviehes bezeugt die grüssere Niihrkraft des Futters. Es sind unzeitige üeberschwemmungen durch Ober- und Wescrwasser voll-standig hintengehalten.
Der Ertrag der Wiesen batte sich im Jahre 1890 erheblich verbessert und sind von den Interessenten 18 Mahmaschinen zur Werbung des Heues angeschafft.
d. Die Leeste-Brinkumer Melioration.
Das Object bildet einen Theil des grossen Bruchhausen-Syker Projects und wurde nach der Keduktion der Referent von den Interessenten ersuchtein Specialproject aufzustellen. Das Wasser musste direct aus der Weser entnommen werden und ist daher die Bewasserung uur bei höheren Wasserstanden thunlich; gleichwohl sind die Erfolge günstig.
Das Object bat eine Flache von 1000 HA. und sind S Reviere gebildet, welche hinter einander liegen und von denen II und II] mit Abfallwasser aus I bewassern. Die Wassermasse ist zu 5 M3 in der Sekunde angenommen; die massive Einlassschleuse im Weser-Deiche bat 3 M. im Lichten und die beiden schmiedeeisernen Röhren, welche das Wasser unter der Ochtum durchfübren, einen Durchmesser im Lichten von je 1.2 M. bei O.ö M. Druck.
Der Wunsch der Interessenten auch die an der Feldmarks-grenze belegenen höheren Grundstücke von 125 HA., welche anfanglich ausgeschieden waren, zii bewassern, bat zur nach-triiglichen Herstellung einer dritten Unterleitung geführt, welcher bei der unerheblichen Flache eine geringere Druck-höhe von 0.25 M. gcgebcn werden konnte.
Die Kosten sollen sich auf etwa quot;200,000 Mark belaufen.
Ein erheblich geringerer Erfolg in den Abtheilungen II und III gegen Abtheilung I ist nicht zu bemerken.
e. Die Syke-Thedinghauser Melioration bildet ebenfalls einen Theil des grossen Projects und ist das Object zwischen den beiden schon ausgeführten Anlagen Bruchhausen-Syke und Leeste-Brinkum belegen; es wurde der Referent, nach-
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Sect. TV a.
dem die Erfolge der ausgefuhrten Anlagen sich herausstell-ten, von den Interessenten ersucht einen Plan mit directer Entnahme des Wassers aus der Weser zu bearbeiten. Die Einlassschleuse im Weserdeiche erhiilt fiir das Bewiisserungs-object von löOO HA., von welchen indess nur 0.4 mit fri-schem Wasser bewassern, 3 M. im Lichten bei einer Con-sumtion von 4 M3. in der Sekunde. Die Anzahl der Rewas-serungstage schwankt wegen der durch die Lokal-verhiiltnisse erforderliche Beschriinkung des Abflusses von 20 bis 130 Tage jahrlich. Fiir die Entwiisserung ist thunlichst durch Projectirung der Correction der Ochtum gesagt; doch konnte die Correction nicht iiber die Grenze des Preussischen Gebie-tes fortgezetzt werden, wie solches in dem grossen Projecte beabsichtigt war; auch ist die Binnenentwiisserung zur Ab-leitung des Abfallwassers verbessert. Das Object ist in 23 Reviere getheilt. Die Kosten sind zu 533.000 Mark veran-schlagt. Die Abstimmung iiber die Annahme des Projects von den Betheiligten steht bevor.
Nach dem Vorstebenden sind von dem Referenten in der Provinz Hannover Stauberieselungen auf 17.200 HA. Flache und mit einem Kosten-Anschlage von 6,708,700 M. bearbei-tet, von denen 5800 HA. bereits ausgeführt und 4900 HA. zur Verhandlung stehen.
Æ. In der Provinz Schleswig-Holstein hat der Referent das Project einer kleinen Stauberieselung in der Pinnau-Niede-rung im Jahre 1885 bearbeitet, welches bereits zur Ausfiih-rung gelangt ist. Die Flache betragt 220 HA.; die Verhiilt-nisse sind nicht so günstig wie in der Provinz Hannover, da die disponible Watermasse gering und die Qualitiit des Wassers massig ist. Es wird daher das Wasser zeitweise durch alle Reviere gefiihrt und ist die Ueberstauungshöhe nur 0.2 M.
Das Object ist in 6 Reviere getheilt.
Die Kosten waren zu 50,000 M. veranschlagt und hat dieser Betrag zur Ausfiihrung ausgereicht.
Die Erfolge bestehen in der düngenden Bewasserung im Frühjahr, welche vor der Melioration sehr mangelhaft war und in der verbesserten Entwiisserung.
4. SCHLUSSERGEBNISSE
Die obigen Ausftihrungen haben den Zweck dar zu thun :
1. Die grosse Bedeutung der anfeuchtenden Bewasserung in den südlichen Kulturlandern und in neue-rer Zeit den ausserordentlichen Aufschwung und die
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Sect. IV
Erfolge dieses Kulturmittels namentlich in den ausser-europaischen Landern.
2. Die zweckmiissige Ausnutzung des Hochwassers der grosseren Flüsse durch die Stauberieselung; eine gründliche Trockenlegung des Objects und abwech-selnde Bewasserung sind zur Aufnahme der Dung-stoffe erforderlich, doch darf die Trockenlegung nicht über das nothwendige Mass hinaus ausgeführt werden. Die Anfeuchtung im Somraer ist zu empfehlen ; die Beseitigung aller Hindernisse der gleichmassigen Fort-bewegung des Bewasserungswassers nothwendig.
3. In den eingedeichten Flüssthalern bedarf die Stauberieselung je nach den Lokalverhaltnissen ver-schiedener Modifikationen und kann alsdann durch Anlage von Ueberfallen wesentlich zur Entlastung der Hochwasser beitragen.
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Congres International d'Agrieoltnre
a La Haye en 1891.
Section IV. Questions agricoles tectmiques.
RAPPORT
lgt;E
Monsieur Th. STANG,
Directeur lt;les Eanx lt;lo la ville de La Haye.
6quot; â¢T* quot;0(5quot; â¢T* c)
Les dunes forment la defense naturelle des provinces de la Hollande septentrionale et méridionale euntre la mer. Elles s'étendent de Ter Heijde au sud de Schéveningue jusqu'il Helder. Le long de tout ce parcours elles ne sont percées qu'en deux places:
Savoir: 1°. par le canal de chasse pour le rafraichissement des canaux de la Haye; 2quot;. par le canal de navigation d'Amsterdam. Plus an nord elles sont interrompnes par la nature prèa de Petten ou le pays est protégé par une forte digue de mer. Elles atteignent leur plus grande largeur d'environ 4 Kilometres pres de Zandvoort.
Dans les ties de Walcheren, de Schouwen, de Goedereede, de Voorne et de Roozenburg dans le Sud, ainsi que dans les ües du Nord on trouve aussi des dunes d'une assez grande étendue. Quoique leur superficie suffirait a une exploitation dans le genre cité ci-dessous, les détails énoncés dans cette note ont surtout rapport aux dunes de notre cóte de 1'ouest.
Les dunes sont généralement divisées en deux parties: les dunes de mer, et les dunes intérieures. Cette dernière partie est généralement subdivisée en dunes intérieures pro-prement dites, et les dunes en partie déblayées (geestgronden, binnenklingen).
Le parti qn'on peut tirer des dunes dépend de leur situation et de leur composition. Les autorités chargées de la surveillance et de 1'entretien des défenses de la cóte contre la mer ont reservé une largeur de 600 Mètres oü il est défendu de faire n'importe quels travaux sans leur autorisation. Dans
Skct. IV
oes dunes on trouve presque exclusivement dn sable mêlé de eoqiiillages tandis qne les couches de tourbe sent assez rares.
Sous les dunes intérieures les couches de tourbe sont assez fréquentes sans former cependant des couches continues d'une grande superficie; on trouve aussi ii des profondeurs quelque-fois assez considérables de la terre noire, terre de culture, qui par une revolution quelconque s'est enfoncée dans les terrains pour être recouverte plus tard par les sables.
Une partie des dunes a été déblayée et mise en culture depuis des siècles, tandis qu'il reste encore une partie assez considerable, qui après un déblayement peut trés facilement être raise en culture. Dès l'origine les dunes n'ont probable-inent pas couvert ces terrains, qui out été ensevelis plus tard par le sable chassé par les tempêtes. On peut s'imaginer les etendues qui ont été recouvertes dans les temps reculés oü on ne connaissait pas l'art de fixer les sables par la culture des plantes parmi lesquelles 1'oyal doit être classé an premier rang. Si on vent se faire une idéé du mouvement de ces sables laissés ii eux-mémes, on n'a qu'a observer la dévastation des dunes au nord de ^\quot;aleheren, laissées a 1'état naturel. Heu-reusement les intéréts de la ville de Middelbourg sera cause (pie cette diminution des dunes cessera sous peu.
L'intérêt qu'a le déblai des dunes pour l'agriculture est traité dans une note spéciale. Quand au boisement des dunes on s'en est occupé dans ce pays seuleraent dans les dernières annéee. Les résultats sont les mêmes que dans les autres pays du Nord. On sait que le système de boisement mis en pratique au sud de la France ne peut s'appliquer avec succes dans les pays du Nord. C'est ainsi que dans notre pays et en Danemark, on est oblige de planter au lieu de semer. On emploie dans ces pays pour le boisement le pinus sylvestris avec plus de succes que le pin maritime.
Les dunes sont aussi tres riches en gibier et out acquis dans les derniers temps une grande importance comme terrains de chasse pour lequels on paie actuellement des sommes considérables.
Les dunes ont dans le dernier temps obtenu une tres grande importance pour 1'approvisionnement des eaux de nos villes de 1'ouest. Cette qualité de retenir les eaux de pluie est pour la plus grande partie due a la finesse des grains de sable. Vu sous le microscope ce grain comparé au grain des graviers des rivières se trouve vis-ii-vis dc ce dernier dans la proportion d'un onuf de moinaux a un oeuf d'Autruche.
11 résulte de cette qualité «le grain une grande résistance contre 1'écoulement des eaux de pluies tombées sur la surface des dunes vers la mer ou vers les polders intérieurs. On peut se faire une idéé de cette résistance en observant que dans
O
les dunes encore vierges des services des eaux de grandes villes, on trouve le niveau d'eau du sol a une hauteur de S a 9 metres au-dessus du niveau moyen de la mer.
Si on s'imagine one coupe verticale prise dans la direction transversale de la cftte, on trouve les eaux moyennes de la mer et les eaux de 1'étiage des polders a, peu prés sur la même horizontale. En partant de ces deux points le niveau des eaux des dunes monte a fur et a mesure qu'il s'écarte de ces deux points pour atteindre la plus grande hauteur au milieu. Le niveau de ces eaux forme done un plan bombé et on peut admettre que les pluies tornbées a 1'Ouest s'écouleut vers la mer tandis que les eaux pluviales du cóte de l'Est doivent s'écouler vera les polders intérieurs et on obtient done au milieu des dunes une ligne formant la 1 in lite entre les eaux se rendant a la mer et celles filtrantes vers 1'intérieur. En admettant qu'on fait un drainage réunis-sant les points oü les eaux des terrains ont la plus grande hauteur, et que 1'eau est aspirée et refoulée pour la service d'une ville il est clair que le niveau a'abaisse considerable-men t au milieu et qu'on obtient deux lignes recourbées au lieu d'une; le terrain se trouvant compris entre les points les plus élevés de ces deux courbes représente alors la super-ficie de debits vers le drainage, 1'eau de pluie tombant a 1'Ouest et a l'Est de ces points se rendant vers la mer ou vers 1'intérieur. Si la dune a assez de largeur comme e'est le cas prés de Zandvoort. on peut mettre plusieurs drainages parallelles a la cote et on parvient ainsi a abaisser le niveau des eaux du sol jusqu'a ce que les eaux s'écoulant vers la mer et vers 1'intérieur soient réduites a un minimum et que la plus grande partie soit utilisée par le service d'eau de la ville en question. Pour se garantir contre le danger d'attirer par un drainage trop profond les eaux de la mer dans les dunes on n'a qu';t placer une série de puits (que nous nommerons des repairs) a une petite distance (50 il 100 metres) de la cóte et d'v observer continuellement le niveau d'eau. En maintenant le niveau dans ces puits un peu au dessus des eaux moyennes de la mer on forme ainsi une zone étroite oil une petite partie des eaux du sol se rendant a la mer empêche 1'infiltration de 1'eau salée.
C'est a une compagnie Anglaise que revient le mérite d'avoir le premier tiré partie de ces qualités de la dune de retenir les eaux de pluie. Seulement on admettait alors que les dunes reposent sur line couche étanche qui empêchait les eaux de pluie de pénétrer plus profondément dans le sol. II est actuellement prouvé que cette supposition est érronée.
La Compagnie d'Amsterdam captait les eaux en creusant des canaux ouverts dans lesquels 1'eau était amenée vers les machines, et ce système fut aussi adopté lors de la construction de 1'aqueduc de la Haye. Plus tard nous fümes assez
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Sect. TV
heureux d'hitroduire ici un nouveau système de drainage. d'Après ce système des tuyaux en gré et a manchon sont posés sans joints, et entourés de coquillages; la partie supérieure des coquillages est couverte de gravier, qui retient le sable fin des dunes et qui a son tour est retenu par les coquilles, tandis que 1'eau pénétrant facilement ces trois couches entre dans les tuyaux par le manchon.
Ce travail est beaucoup facilité par la nouvelle méthode de pénétrer dans le sable par un jet d'eau dc haute pression. Pour la pose de ces tuyaux on commence par une excavation continue jusqu'a ce qu'on est arrivé a 4 a 6 Mètres au-dessous de la profondeur ii laquelle le drainage doit être posé. Par une pompe a vapeur transportable on fait passer de 1'eau il haute pression dans un tuyau en acier percé de deux cótés de trous de 4 a ö m/m. de diamètre, tandis que le bout porte une ouverture de 7 a 8 m/m. L'eau jaillissante par ces ouvertures fait descendre le tuyau tres rapidement dans les sables. L'homme manie alors le tuyau d'acier tout a fait comme un sciexir, les sables sont pour ainsi dire coupés comme une poutre par une scie. D'autres ouvriers enfon-cent alors des pal-planches a mortaise et a tenon dans la tranchée produite par le tuyau d'acier. Deux séries de pal-planches posées de cette faron torment alors deux parois, entre lesquels 1'excavation peut s'effectuer jusqu'a la profondeur voulue.
Cette méthode qui a été adoptée plus tard pour les travaux du service des eaux de Delft, d'Amsterdam, de Zutphen, de Rosendaal et de Middelbourg, permet une exécution a tres bon marché. On peut s'en rendre compte en observant que quelques travaux (le canalisation dans les dunes de 1'aqueduc d'Amsterdam ont coüté plus de cent cinquante florins le mètre courant, tandis qu'ici le drainage a travers des dunes dont la hauteur en quelques endroits montait jusqu'a '20 mètres ne nous est jamais revenu a plus fl. 30 le metre courant.
Un autre système de capter les eaux consiste dans 1'en-foncement d'un cilyndre en tóle dans le sol. Ce cilyndre rempli de coquilles porte dans son centre un tuyau percé dans son extrémité inférieure par des petites ouvertures. Le cilyndre descendu a la profondeur voulue est ensuite retiré laissant une colonne de coquilles avec le tuyau dans le sable. En reliant le tuyau a une pompe ordinaire l'eau peut trés facilement être extraite.
Ce système est actuellement mis en pratique dans notre villi' pour la construction des puits destinés a alimenter, le cas échéant des pompes d'incendie.
4
Le soussigné s'estimera heureux de pouvoir compléter ces explications par 1'inspection des dessins et des travaux sur place.
STANG.
La Haye, 2 septembre 1891.
Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section V: Economie Rurale.
a Rapports entre le propriétaire et l'exploitant du sol. Contrats de bail a ferme et de métayage.
RAPPORT
DE
Monsieur JULES BENARD,
Membre de la Société nationale d'Agriculture.
(5* quot;^quot;EXsT ^ quot;ö
i.
Les modifications qui ont affecté l'agriculture européenne depuis quelques années, par suite des transformations écono-miques et des découvertes scientifiques, ont appelé 1'attention sur les rapports entre le propriétaire et 1'exploitant du sol. Les congrès internationaux d'agriculture et d'économie rurale, les sociétés agricoles, la presse et les parlements ont agité cette question sous toutes ses faces dans les pays oü le fermage et le métayage sont en usage. On reconnait aujourd'hui que les clauses surannées qui règlent les contrats ne sont plus en rapport avec les besoins de l'agriculture et que les mesurcs restrictives inscrites dans ces contrats sont un obstacle au progrès agricole; que la rémunération du travail doit augmenter dans 1'industrie agricole comme dans toutes les autrea industries et qu'il est nécessaire d'assurer la sécurité au capital de 1'exploitant.
11.
Le fermage est le système d'exploitation du sol moyennant une redevance fixe en argent; c'est le mode d'exploitation le
Sect. V a.
plus répandu dans les pays de culture intensive. En Angle-terre on compte prés d'un million de fermiers, a prix d'argent; 17 millions d'hectares sont cultivés par les propr iétair es et 12 millions par les fermiers. En France sur 33 millions d'hectares, 19 sont exploités directement par les propriétaires et 9 millions par les fermiers; c'est a dire que le fermage détient en France environ 25 0/n du sol cultive. En Belgique, en Hollande le fermage existe a peu pres dans la raême proportion qu'en France, ainsi (pie dans les provinces rhénanes, la Saxe, le Hanovre; en Autriche, de grands domaines dans la Moravie, la Bohème, la Hongrie sont cultivés par des fermiers riches et intelligents; dans 1'ltalie méridionale des fermiers généraux aflérment de grands domaines qu'ils divisent on petites exploitations, mais ce système n'a donné que de mauvais résultats et est condamné par tons les économistes. En Russie, les paysans affranchis depuis 1863 louent des terres aux grands propriétaires pour augmenter les champs qui leur ont été alloues. Aux Etats Unis, malgré le bas prix des terres, les compagnies de chemins de fer, les écoles, les églises, les hospices, en attendant de réaliser leurs concessions les affennent aux nouveaux immigrants.
Lorsque le fermier est capable et riche, et lorsqu'en même temps le propriétaire est assez intelligent pour faciliter la réussite du fermier par la durée du bail et par la suppression de clauses surannées, cette forme de faire-valoir est excellente. Mais dans la grande majorité des cas le propriétaire esttrop ignorant des termes les plus généraux du problème agricole; au lieu d'aider, il géne sou fermier; plus souvent encore le fermier n'a pas les capitaux nécessaires et son manque d'in-struction vient encore rendre sa position plus difficile.
Un trop grand nombre de propriétaires n'ont aucun rapport direct avec leurs tenanciers; ils se servent d'intermédiaires, notaires ou agents d'aifaires pour conclure les baux. Ces inter-médiaires sont rémunérés proportionnellenient aux fermages des biens qu'ils administrent et presque toujours ils cherchent avant tout il grossir ces fermages sans consideration pour 1'amélioration de la propriété. Les fermiers n'ont aucun intérêt aux améliorations; ils craignent qu'elles ne devienncnt une augmentation de loyer.
II faudrait que la durée des baux devint plus longue et ne fut pas réduite a neuf ans pour les propriétés des mineurs et des femmes mariées. D'après la statistique de 1882, sur KX) baux, 15 étaient faits pour 3 ans, 25 pour 6 ans, 50 pour 9 ans et 7 seulement pour une durée plus longue. II faudrait aussi que les contrats ne fussent pas copiés par les notaires sur des modèles qui datent de 1'autre siècle et qui contiennent des restrictions contraires a tons les progrès et móme a toutes les nécessités de la culture moderne.
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Sect. V n.
Le fermage a prix d'argent, qui. paraissait jusqu'en ces derniers temps être le système par excellence, q\u était a la tête de tons les progrès agricoles, semble non seulement en France niais surtout en Angleterre, 6tre 1'objet d'une certaine réaction. La crise agricole ainsi ((ne 1'a dit Mr. Risler, est surtout la crise dc la rente foncière. Ceux qui ont soufï'ert le plus de la crise agricole, ce sont les fermiers qui an moment ou la crise a éclat/* se trouvaient engages par des baux con-clues it des conditions trop onéreuses pour eux.
III.
En Angleterre la perte faite depuis quinze ans par les fermiers s'elève a 5 milliards sur les 9 milliards qu'ils possé-lt;laient. Malgré les reductions considerables sur les prix des baux, on ne trouve plus de fermiers. Cette pertc de capital a été tres préjudiciable a 1'agriculture anglaise; non seulement le progrès semble s'être arrêté, mais il y a diminution sensible dans les rendements. D'après sir J. 1gt;. Lawes et d'après Mr. .Tames Caird, la fertilité des terres par suite de la crise agricole parait avoir diminué de 10 a 12 0/0. La plupart des fermiers rcnoncent une carrière dans laquelle ils ne trouvent plus aucun espoir de succes, ou bien ils vont en Amérique so joindre aux concurrents qui les ont ruinés.
L'Etat cependant qui n'a pas pour habitude de s'immiscer dans les contrats privés a fait plusieurs tentatives pour améliorer le sort des fermiers afin de conserve!- I'agriculture. En 1875 la loi sur les ameliorations inépuisées (inexhausted improvements) avail accordé au fermier sortant divers avan-tages, notamment le remboursement de certaines ameliorations foncières. La loi de 1883 a été plus avant dans cette voie; d'après la nouvelle loi (agricultural holding's act) le propriétaire est obligé de rembourser au fermier les ameliorations faites par celui-ei. divisées en trois classes.
Pour la première, le fermier est tenu de demander le con-sentement du propriétaire; elle comprend la construction de batiments, l'établissement et les clotures des herbages, la création d'irrigations, de vergers de boublonnières, de jardins, le défrichement de terrains vagues, le colniatage.
Pour la deuxième: drainage, le consentenient du propriétaire n'est pas indispensable, mais le fermier doit prévenir le propriétaire de son intention de le faire.
Enfin pour la troisième, le fermier n'a ni a obtenir 1'assen-timent de son propriétaire, ni même a 1'avertir de son intention ile les exécuter. ce sont les ameliorations tem-poraires, marnages, chaulages emjiloi de phosphates et d'engrais chimiques, enfin consommation par tous les animaux de la ferme tie fourrages et de tourteaux achetés au rlehors. Le fermier fait au propriétaire sa demande de compensation;
Sect. V a.
s'ils ne sont pas d'accord, chacun d'eux nomine un expert, et dans le cas oil ces denx experts ne sont pas, non plus, d'accord, le tribunal du comté nomine un tiers expert. Toute clause contraire a cette loi est nulle et non avenue et per-sonne ne pent s'y soustraire.
Cette loi a rencontré 1'approbation de la plupart des économistes et de tous ceux qui se préoccupent du sort de 1'agriculture. âTout ce qui est utile au ferraier â dit Mr. âCaird â est utile a 1'agriculture et ne saurait être nuisible ..au propriétairequot;'. â âL'état de 1'agriculture, dit Mr. Barclay, âdéputé de Forfar, â est devenu un sujet d'inquiétude natio-.,nale; en cas de guerre 1'Angleterre serait comme une place ..assiégée ....quot; â âTous les conseils de la science, tous les âenseignements de la chaire et du livre â dit Mr. Leng â ..seront impuissants tant que la sécurité des capitaux âengages dans 1'exploitation du sol ne sera pas solidement ..garantie par le reraboursement des avancesquot;. â âLe vrai âcriterium d'un système agricole â dit Mr. ClifFe Leslie â ..est non pas dans l'état et 1'abondance des plantes et des âanimaux produits mais dans la situation de la population ..rurale.quot; â âLa liberté de contracter invoquée ici â dit âMr. James Howard â n'est qu'un mot destiné a masquer .,1e monopole exercé par les propriétaires ainsi que leurs ..prétentions de dicter et d'imposer leurs conditions; c'est â1'intérêt public qui en patit. La liberté de contrat suppose ..une égalité entre les partis qui n'existe pas ici, car il n'y ..a pas égalité entre le propriétaire et le fermier.quot;
TV.
En France, la question de 1'indemnité au fermier sortant est discutée depuis longtemps mais n'a pas encore pu aboutir. âLors-âque 1'on songe â disait Mr. Plucbet en 1873 â aux sommes ..énormes qu'il a falln dépenser en pure perte pour rétablir ..1'équilibre de la fécondité détruite a chaque fin de bail et lors-..que 1'on suppute les déficits des récoltes que 1'on peut attri-âbuer a ces perpétuels gaspillages de richesse si laborieusement âacquise, il est impossible de ne pas être frappé de 1'étendue âdes pertes qui en résultent; ce travail de Pénélope est un âobstacle insurmontable a 1'augmentation des rendements.quot; ââ âL'agriculture, ajoutait Mr. Drouyn de L'buys â ne se âperfectionnera dans la plupart de nos pays de fermage que âpar la réforme âdes baux a ferme.quot; â âCet état de choses, âdisait Mr. Lecouteux â se perpétue depuis longtemps et c'est âainsi, qu'avec ce système, l'aptitnde productive de notre âterritoire n'augmente pas comme elle le ferait si chaque ..fermier sortant pourrait rentrer dans ses immobilisations de âcapitaux, sans détruire son oeuvre d'amélioration pour cause
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Sect. V a.
âde fin de bail. 11 faut absolument interésser les fermiers a â1'amélioration du sol jiarce que l'amélioration du sol est le âgrand moyen de nous garantir contre la concurrence âétrangère.quot;
Depuis trente ans, onze projets de loi en ce sens ont été déposés au parlement, mals pour des causes diverses, n'ont pu être discutés; la plupart de ces propositions accordentau fermier la moitié ou les deux tiers de la plus value, quand la durée du bail n'excède pas dix buit ans. La commission de l'enquête agricole de 1866 conclut ainsi: âII est equitable, âa la fin du bail de tenir compte au fermier sortant, au âmoins dans unc certaine mesure, des ameliorations réalisées âpar ses soins. Cette i nesure porterait-elle atteinte a la liberté âdes conventions? Nullement; le propriétaire sacbant d'ail-âleurs qu'il doit indemniser son fermier, traitera avee lui âdans cette prévisionquot;.
En 1873, la Société des agriculteurs de France ouvrait une enquête sur la proposition de Mr. Pluchet, dans toute la France. Sur 98 réponses, 60 ont été favorables au principe de 1'indemnité au fermier sortant, 20 douteuses ou indécises, non sur la cbose mais sur les moyens a employer et 18 opposées. La commission par 1'organe de son président Mr. Josseau, conclut en ces termes; âqu'il est juste et utile de ârecommander 1'application du principe de 1'indemnité dans la âredaction des baux; ce principe peut être appliqué suivant les âconditions locales de cbaque contrée de manière a dévelop-âper la ricbesse productive du sol.quot; Repoussée une première fois par l'assemblée générale de la Société des agriculteurs de France, cette question revint en discussion en 1880, en 1889 et en 1890 et n'eut pas des chances meilleures. La Société d'encourage-ment a 1'agriculture sur le rapport de Mr. Ferdinand Dreyfus recommanda en 1889 aux pouvoirs publics 1'étude de cette question. Le Congrès international de 1889 sur le rapport (te Mr. Paisant, appuyé par MMrs. Méline, Baudrillart, Sag-nier admit le principe. Mr. Paseaud, dans un mémoire tres complet présenté a 1'Académie des sciences morales etpoliti-ques a démontré que rien dans 1'anciene législation ne s'op-posait au principe de 1'indemnité au profit du preneur qui avait fait des améliorations de nature a augmenter la valeur de 1'immeuble afïermé. âJe défends ce principe, disait Mr. âBaudrillart a la Société nationale d'agriculture, paree que âje le trouve équitable et paree que j'esfimequel'applieation âen serait profitable a 1'agriculture. 11 n'y a nulle raison âpour que le propriétaire profile seul de la plus value qu'un âfermier a donné a la terre. â Si au contraire le termier détériore ses terres par sa mauvaise administration ou sa negligence, la loi accorde au propriétaire une action en dom-mages-intérêts. On constate dès-lors que la balance de. la justice ne peut jamais penchcr que d'un seul cöté.
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V.
La code fédéral Suisse, art. 318 dit: le fermier sortant a droit a recompense pour la plus value qui provient de ses débours et de son travail. En Allemagne ce principe a été admis sous certaines restrictions dans la Hesse, la Bavière, le duché de Bade etc.. En Belgique Mr. Damseaux, pro-fesseur a 1'école de Gembloux nous cite 1'exemple de la Flandre, dn Brabant et de la province d'Anvers oü existe le droit a 1'indeninité pour les engrais et les ameliorations. â ..L'existence de ces coutumes, dit Mr. Damseaux, est assuré-âment une des causes de l'état avancé de 1'industrie agricole âdans ces contrées.quot; â Ces evaluations se font presque tou-jours a 1'amiable; si le fermier ne comptait pas sur 1'indem-nité, il negligerait la terre que son successeur recevrait com-plètement épnisée. â âLa liberté des contrats, dit Mr. de ..Laveleye, ne peut être absolue; elle est limitée par la mo-..rale et la justice, et c'est aux lois a poser ces limites. Le âcultivateur flamand regarde le ..'pachters regtquot; comme une ..nécessité et il serait bien desirable de le voir adopté par-âtout.quot; â Nous devons ajouter qu'un projet de loi proposant de rendre obligatoire 1'indcmnité au fermier sortant a écboué 1'année dernière devant la Chambre des Députés de Belgique. Le Beklem rechtquot; usité en Hollande dans les provinces de Frise et de Groningue n'est autre chose qu'une sorte de droit a l'indemnité. c'est grace A son adoption (jue d'immen-ses tourbières out été transformées en paturages et en riches terres a blé.
VI.
On a exagéré beaucoup les difficultés de 1'application de cette mesure; on déclare impossible 1'estimation des amélio-rations des récoltes, des engrais etc.... Est-ce qu'on ne procédé pas tous les jours A l'estimation de toutes sortes d'usines, de fonds de commerce, de materiel etc. ? II y a la des aléas comme dans toutes les transactions et il nefaut pas espérer la perfection, mais l'impossibilité ne nous est pas démontrée.
On se récrie beaucoup contre la loi anglaise de 1883 qui stipule que toute clause contraire il la loi sera nulle et non avenue. Mais il nous sera permis de remarquer qu'on n'a jamais protesté contre des stipulations tout aussi draconiennes envers les fermiers insérées dans certains baux a ferme. ..Les grands propriétaires, dit Mr. Baudrillart, ne resolvent âpas aussi bien que possible les questions des baux et des ..fermages; que dire de ces stipulations par lesquelles on âmet fl la charge du prenenr tous les impóts existants ou âqui pourraient survenir, alors même que le législateur
Sect. V o.
âaurait spécifié qu'ils doivent être a la charge du proprié-âtaire?quot; La plupart des baux obligent le fermier a payer en espèces quand bien même le cours forcé du papier aurait été décreté, a supporter toutes les charges qui résulteraient des guerres et des invasions, a supporter tous les dégats du gibier etc.
Cette mesure est loin d'être, ainsi qu'on 1'a dit, la négation du droit de propriété que poursuit 1'école socialiste. II semble toujours quand on soulève cette question qu'on declare la guerre a la propriété. Les propriétaires se plaignent de la diminution de la valeur foncière; ils se plaindront bien plus encore si on n'arrête pas cette diminution par des mesures équitables pour sauvegarder les intéréts de l'exploitant du sol. II faut reconnaitre que jusqu'ici le capital d'exploitation a été traité en paria par la loi; il est selon nous tout aussi intéressant que le capital foncier du propriétaire; sans le capital du fermier, celui du propriétaire ne produirait rien.
La propriété foncière, aussi bien que la nation ont un intérêt immense non seulement a la conservation, mais encore a l'augmentation de la fertilité du sol. Pour arriver a ce but la réforme des baux ii ferme est nécessaire.
Un congres international ne saurait avoir la prétention de proposer pour tous les pays 1'application de la loi an-glaise ou adopter des clauses pouvant s'appliquer a tous les besoins de 1'agriculture, il nous suffira de recommander le principe tel qu'il a été adopté au congres de 1889. Ce n'est assurément pas une panacée qui guérira tous les maux dont souffre l'agriculture, mais elle donnera satisfaction a des intéréts sacrifiés a la justice et a 1'équité et dont on n'a pas suffisamment tenu compte dans les rapports entre les bail-leiirs et les prenevirs.
VIL
Le métayage qui était autrefois le système le plus général pour 1'ajnodiation des terres est un mode d'exploitation dans lequel le sol est cultivé par une association entre le propriétaire et le cultivateur, les produits étant partagés entre t'un et 1'autre suivant des conventions faites d'avance, le sol et le capital étant fournis par le propriétaire et le travail par le métayer. L'un et 1'autre ont des devoirs stricts a remplir et c'est de 1'union de leurs efforts que doit surgir la prospérité commune.
La culture par métayage fut la plus commune au moyen age dans les différents pays de 1'Europe; a la fin du 18â¢,c siècle elle occupait encore plus de la moitié du sol; partout oü grace a son travail et a son économie le métayer a pu s'affranchir, il est devenu fermier; il a disparu presque complètement de certaines contrées, de la Belgique, de la
Sect, V a.
Hollande, rle 1'Allemagne etc. En France il est resté en usage seulement dans les parties les plus pauvres. Arthur Young qui parcourait la France en 1789 n'en a vu que les mauvais cötés. ..II n'y a pas un mot A dire en faveur de ce système, disait-ilquot;. Aujourd'hui le métayage a fait d'immenses progrès dans la Bretagne, le Limousin, 1'Auvergne, les Dombes etc. partout oü des propriétaires intelligents ont su en tirer parti. Si 1'ancien métayage était le parti forcé de la misère, le nouveau métayage est un excellent mode d'exploitation dn sol. II s'applique parfaitement aux contrées montagneuses on le croit du bétail est le principal revenu et oü la familie trouve dn travail en toute saison, aux cultures arbustives, vignes, oliviers, etc. partout en un mot oü le fermage ne sanrait réussir; il donne la solution du travail agricole dans les contrées oü les capitaux libres pour le fermage sont rares. II associé le travailleur aux bénéfices, il permet de conati-tuer 1'épargne nécessaire pour entreprendre le fermage; il atténue les résultats des crises par son élasticité; de plus il a résisté jusqu'a présent a la diminution de la nationalité ([lie Ton a constaté dans certains pays: une familie nom-hreuse est une fortune pour un métayer qui trouvera la une main d'oeuvre économiqne.
Partout en France oü il a été bien compris et ou il s'applique A la nature du sol et aux conditions économiques, le métayage a produit de bons résultats et a enrichi le propriétaire et le métayer, pendant que la crise agricole a ruiné beaucoup de fermiers. 11 faut que le propriétaire supprime tont intermédiaire, dirige lui-même le métayer, 1'instruise, gagne sa confiance et le traite comme son associé et son égal. Les métairies ne doivent pas être trop étendues, 10 a 20 hectares; 80 hectares au plus dans les pays d'herbages et ne doivent pas recourir a la main d'ceuvre étrangère; le métayage pent suivre les progrès agricoles tout autant que le fermage notam-ment dans 1'amélioration de races d'animaux et dans la culture de la vigne. La hausse du prix du travail salarié ira toujours en augmentant, plus que tous les autres systèmes, le métayage échappe a cette cause de renchérissement des frais de production. Mais si le propriétaire conserve la direction, il doit laisser au métayer son initiative propre, le choix et la surveillance exclusive de ses auxiliaires, enfin cette liberté d'action qui fait du métayer 1'égal du fermier.
VIII.
En Italië, le métayage est en usage dans la Lombardie, la Vénétie, la Ligurie, et on reconnait unanimement que ce sont les provinces les mieux cultivées et les plus productivea de la péninsnle. âSi jamais â disait Cavour â la majorité âdes propriétaires consent a se dévouer pendant quelques
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Sect . V a.
âannées a l'amélioratioii de ses terres sans négliger le sort âde ceux qui la cviltivent, si jamais ces mêmes propriétaires âtravaillent a répandrc avec suite autour d'eux les saines âlumières et les bons principes, la hiérarchie sociale se âraffermira sur des bases bien plus solides, bien plus équitables âque celles que [1789 a détrnitesquot;. âPartout oü le métayage âa été bien compris, disait Sismondi, 11 a amené avec lui le âprogrès, 1'aisance, la sécurité, la confiance dans l'avenirquot;. Mais avant tout, en Italië, comme ailleurs, les propriétaires doivent s'occuper par eux mêmes et ne pas en remettre la gestion a des intendants ou a des fermiers généraux, comme dans les grands domaines de 1'Italië méridionale qui malgré leur fertilité, donnent des produits insignifiants.
Dans les pays nouveaux, comme aux Etats Unis oü la terre est sans valeur et oxi 11 est si facile de devenir proprié-taire il peut sembler étonnant de trouver une partie consi-dérable du sol exploitée par des métayers. Dans le rapport de Mr Dodge sur la statistique agricole publié par le département de l'agriculture, nous voyons que le métayage occupe nne surface de terres double de la surface cultivée par des fermiers a prix d'argent. Sur 4 OOS f)00 exploitations rurales, on en compte 2 984 000 cultivées par les propriétaires, soit 75 0/0, 322 000 par des fermiers et 702 000 par des métayers. La statistique ne nous donne pas l'étendue de chaque exploitation, ferme ou métairie, mais nous savons que la majeure partie de ces exploitations se compose d'un homestead, d'un quart de section de 65 hectares; c'est, dans un pays de culture extensive, une étendue qui est parfaitement appropriée aux conditions culturales du pays et qui permet a 1'exploitant de cultiver sa ferme avec 1'aide de sa familie sans main d'ceuvre salariée et sans capital considérable. Le métayage est surtout en usage dans les états de 1'Atlantique, dans ceux du Sud, dans le Texas, oü 1'on cultive le coton, le tabac, la canne a sucre etc.; après la guerre de sécession. la plupart des grands propriétaires ont divisé leurs plantations enmétairies cultivés par des nègres affrancbis ou par des immigrants récemment débarqués.
IX.
Le métayage n'est done pas une institution surannée destinée a disparaitre, comme l'ont déclaré certains écono-mistes; il ré])ond a un véritable besoin et partout oü il est bien compris on peut dire qu'il est la plus libérale, la plus équitable et la plus fructueuse association entre la terre, le travail et le capital. Aussi, il est désirable que le propriétaire se contente seulement de sa part dans les produits sans exiger, comme dans certains pays, un impcVt colonique quelconque, une redevance supplémentaire; il ne faut pas
n
Sect. V a.
erdre de vue que le prélèvement du travail sur le produit rut ira constamment en augmentant et que la part de la. main d'ceuvre augmentera.
X.
En conséquence nous vous soumettons 1'adoption des propositions suivantes:
f
1°. Les conditions du fermage doivent être modifiées en vue d'augmenter la production, d'intéresser le fermier k l'amélioration du sol et de donner toute s^curité a ses capitaux.
2°. II est équitable d'indemniser le fermier des améliorations qu'il a exécutées sur le fonds loué et dont il n'a pas entièrement profité.
3°. Le metayage,, tont aussi hien que le fermage peut servir k l'amélioration du sort des classes rurales et è l'augmentation de la production; il doit être con-servé et amélioré partout oü il a raison d'être. Le pro-priétaire doit faire tons ses efforts pour encourager et diriger le métayer dans la voie du progrès agricole et pour réaliser 1'équité dans les conventions.
JULES BÃNARD,
membre de la Société nationale d'agriculture.
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1;
Congres International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section V: Economie Rurale.
a. Tjcs Rapports entre le propriétaire et Vexploitant du sol. Contrat de bail a ferme et de métayage. RAPPORT DE
Monsieup J. Baron d'AlMIS DE BOÃROUILL,
docteur en droit, et prolesseur d'économie politique a rüniversité d'Utrecht. Squot; lt;5
QUESTIONNAIRE.
I. Faut-il aecorder au fermier sortant nn droit d'indem-nité en raison des ameliorations, qu'il a réalisées?
II. Cïette indemnité doit-elle être
a. tin capital?
ou h. une rente temporaire?
Si elle est une rente, doit elle être payée
a. par le propriétaire?
oti h. par celui qui succède au fermier sortant dans la culture, a titre analogue de bail a ferme?
lil. üoit-on faire une distinction entre les diverses ameliorations, de la sorte que pour les plus importantes (savoir les améliorations foncières) le consentement du propriétaire soit nécessaire?
IV. Faut-il partager la plus-value entre le propriétaire et le fermier? La loi devra-t-il statuer sur ce partage par règle générale?
V. Le fermier sortant sera-t-elle privilégié aux créanciers hypothécaires ?
Sect, V a. -
VI. Ayant droit a une rente temporaire, le fermier sortant n'aura-t-il pas droit d'opposition contre les baux, que le propriétaire voudra faire avec les nouveanx exploitants?
VIT. Conservera-t-on il 1'égard de rindemnité le principe de la liberté des contrats?
VIII. La loi devra-t-elle défendre an femiier de renoncer d'avance a la remise de prix en cas fortuits ordinaires et extraordinaires?
IX. Le contrat de métayage est-il recommandable?
Dans les pays d'ancienne civilisation, notammant dans l'Europe occidentale, l'agriciiltenr, s'il vent faire face a la concurrence des nouveanx pays, doit s'émanciper de la simple routine. II est oblige d'appliquer a la terre le capital et le travail dans nne mesure inconnue autrefois. Voila son seul moven d'augmenter les produits et d'en améliorer la qualite. La grande variété des produits, l'achat des semences, des machines, et des engrais, tout cela exige en lui des connais-sances approfondies. Pour qu'il vende avec snccès ses produits sur des marchés prochains ou éloignés, il faut qu'il s'entende au commerce. Ses risques, il est vrai, sont en quelque sorte diminués. Ceux des épizooties et des inondations, grace au progrès de l'hygiène et de 1'art des ingénieurs, ne le menacent plus autant qu'autrefois. On peut même dire que les oscillations des prix sont devenues moindres. Mais les intempéries sont restées. Les risques de la production se sont augmentes a cause des plus grandes exigences quant ii la qualité. L'appli-cation de capitaux comporte la chance de les perdre; elle ne porte des fruits que quand elle se fait avec prudence a 1'appui d'un travail assidn et d'une surveillance scrupuleuse.
Jusqu'a quel point le contrat de Fermage (âbail a fermequot;, art. 1711 du Code Civil francais) fayorise-t-il l'agriculture intensive? Le propriétaire partage-t-il équitablement les risques du fermier?
â Te vais traiter ces deux questions.
§ 1. Le bail èi ferme et la culture intensive,
Le fermage est, au point de vue économique, une association entre le propriétaire et 1'exploitant. Le premier possede la terre avec tout ce qui y est attaché a perpétuelle demeure; le second possède le capital d'exploitation et le travail. En
Sect. V a.
général cette combinaison est heureuse. Elle coinpense cet inconvenient que bien souvent le propriétaire ne possède ni 1'oecasion, ni 1'envie, ni les connaissances nécessaires pour exploiter lui-même; tandis que de 1'autre cóte 1'agriculteur peut vouer plus exclusivement et en plus large mesure son capital a 1'exploitation du sol. Cependant ce contrat para it avoir un revers important. La terre est un agent de production d'une nature ttès-compliquée. Les qualités naturelles et indestructibles y jouent un moindre róle, que beaucoup de personnes ne croient. Le sol peut être détérioré, épuisé; les constructions peuvent être négligées; les mauvaises herbes peuvent prendre le dessus. Vers la fin de son bail lefermier n'a aucun intérêt ii 1'amélioration de 1'héritage, bien plutót intérêt a une grande production nitgt;inentanée, fut-ce au dépens de la force productrice. 11 n'est pas certain que son bail sera prolongé; pourquoi dépensera-t-il son capital et son travail au profit de son successeur?
La question, comment il faut remédier a ce defaut, a soulevé mainte discussion et a attiré les soins des législateurs. En 1875 1'Angleterre s'est donné une loi âpour amender la âlegislation relative aux locations agricolesquot; {âThe agricultural holdings act {England) 1875quot;), modifiée dans quelques parties essenticlles par une loi du même nom du 25 Aoüt 1883. Au Congrès international d'agriculture, tenu a Paris du 4 au 11 .Tuillet 1889, cette question a soulevé grand intérêt. Les sociétés agricoles de la France se sont prononcées a diverses occasions sur ce sujet, sans se mettre d'accord toutefois. II y a eu des propositions de loi dans la Chambre des Députés fran§aise. Mais jusqu' a ce moment 1'Europe continentale n'a pu prendre des mesures, qui sur ce point protègent suffisamment les intéréts de la production.
A une séance de la Société bollandaise de Statistique (tenue a Rotterdam en 1889) on a nié qu'il y a ici uiie lacune dans la loi civile: le fermier sortant, qui a amélioré 1'héritage rural, doit être considéré, a-t-on dit, comme gérant des affaires d'autrui, et comme tel il a droit a 1'indem-nité, selon art. 1375 du Code Civil francais (correspondant ii art. 1393 du Code Civil hollandais): âLe maitre, dont 1'affaire âa été bien administrée, doit remplir les engagements que âle gérant a contractus en son nom, 1'indemniser de tons âles engagements personnels qu'il a pris, et lui rcmhourser âtoutes les dépenses utiles ou nécessaires qu'il a faites.quot; La Jurisprudence cependant ne partage pas cette opinion. Et pour cause. Le fermier n'a pas la volonté de gérer les affaires d'autrui {animus aliena negotia gerendi); c'est sa propre affaire, qu'il soigne. Si a la fin du bail le sol se trouve en meilleure condition qu'au commencement, ce bénéfice du
H
Skct. V a.
propriétaire n'a pas été le but du fermier, mail il est la consequence involontaire de son travail, le corrolaire inci-dentel de la «jestion pour lui-même. Pour établir 1'obligation du propriétaire a payer 1'indemnité, on ne peut mêine invo-lt;(uer le principe que, en cas contraire, il serait enrichi sans cause. La célèbre regie, qu'on trouve dans le droit romain (Dig. Lib. L, tit. 17, § 206; ..Jure naturae aequum est, ne-..minem cum alterius detrimento et injuria fieri locupletio-âremquot;) n'est pas admise dans nos lois comme fondement general des actions. Du reste cette regie est tres vague; par le mot injuria elle évite de donner une solution véritable, car il s'agit précisément de savoir si le propriétaire s'enrichit au dépens du droit du fermier.
Le défaut économique du contrat de fermage existe done réellement. Vers la fin de chaque bail il y a des intéréts opposés. d'abord au détriment du propriétaire, ensuite au détriment de la production. Ce manque d'harmonie se mon-tre surtout la oü, sous la pression de la concurrence, les prix de location se sont élevés a 1'extrême. L'exploitant temporaire y prend facilement recours a 1'éreintement du sol; en tous cas il s'abstient de 1'améliorer.
II y a beaucoup de stipulations, par lesquelles le propriétaire peut venir a la rencontre de eet inconvénient. II peut rendre la durée du bail (1) plus longue; il peut convenir sur la prolongation plus longtemps avant 1'expiration du bail courant (2); il peut défendre par contrat les cultures épuisantes dans les dernières années; il peut s'eftbrcer a rendre le controle sur 1'observance des stipulations plus effi-cace; il peut en venir plus généralement a des locations sous main et quitter autant que possible la pratique des locations publiques, paree que cette pratique fait recbercber plu tót de hauts prix que de bons agriculteurs; il peut même iavoriser 1'idée de faire évaluer par expertise le prix ii payer (3); mais tons ces expédients, de quelque importance
(1) Dans les Pays-Bas les baux a ferme des terres sans habitation (»los Mandquot;) se font souvent d'année ii année; ceux des autres terres se font pour des temps trés différents, variant pour la plupart entre 3 et 7 ans selon les différents modes de culture. Les baux d'une durée plus longue sont relativement assez exceptionnels; la province de Zélande parait ètre la seule, oii les baux de 7, de 14 ou de 21 années sont de coutume. Ou trouve des données plus précises dans le Rapport de la Commission d'enquète agricole (Tome IV, p. '24 et 25) publié ii la Have, 1800.
En Angleterre et en Ecosse les baux durent souvent 19 années.
(2) Dans l'ile d'Over Flakkée (Pays Bas) l'usage est de décider sur la prolongation trois années avant la fin du bail courant. (M. C. .1. H. van den Broek, Vragen des Tijds. Nov. 1889).
(3) En Frise on a recommandé vivement de faire fixer les loyers par des experts. II nquot;y a cependant que trés peu de propriétaires qui ont suivi ce conseil.
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qu'ils soient dans la pratique, doivent être confiés au jult;lt;e-ment libre des parties. A eet égard le legislatuur, qui vou-drait contraindre les parties par des regies fixes et immua-bles, causerait liieu vite de grands torts paree que la variété infinie des localités et des intéréts personnels n'admet pas une regie générale obligatoire. Une restriction du droit du propriétaire aménerait une dépréeiation de la propriété elle-même, surtout de la petite propriété. Kilo ferait hésiter davantage les eapitalistes d'appliquer leurs eapitaux a leurs terres, et entraverait ainsi la culture intensive au lieu de favoriser la production. Ce que le législateur peut faire c'est d'enlever un obstacle contre les améliorations de la part des fermiers, en veillant que celui qui les effectue en tire lui-même le profit.
Ce principe est de toute justice. Seulement il est d'une application difficile. La loi anglaise de 1883 en offre la preuve.
Cependant avant d'analyser la loi anglaise, je mentionne encore une stipulation ingénieuse, imaginée par un agriculteur anglais, Lord Karnes, dont voici le mécanisme (1): Le preneur qui, a I'expiration du bail, désire le renouveler, avertit le propriétaire, en lui ofFrant pour le nouveau bail une augmentation de tant pour cent sur l'ancien prix, et le contrat primitif a fixé le minimum de cette augmentation. Supposons par exemple qu'elle soit de 100 francs. 8i le bailleur accepte la proposition, le bail est renouvelé et le fermage annuel nouveau est de 100 francs plus élevé que l'ancien. Si, au contraire, le bailleur trouve insuffisante 1'oftre qui lui est faite et ne peut arriver a s'entendre avec le fermier sur le quantum de 1'augmentation, le bail n'est pas renouvelé, et, a titre de dédommagement, le propriétaire doit payer au fermier sortant une somme égale a dix fois le montant de l'augmentation annuelle offerte par 1'occupant, soit, dans 1'exemple précédemment choisi, 10(K) francs.
Cette combinaison ne résout pas toutes les difficultés. Elle traite principalement des conditions d'un nouveau bail; les améliorations réalisées durant le bail en cours n'}r gagnent une indemnité que par accident. Le propriétaire peut avoir des motifs sérieux pour ne pas prolonger le bail sans trouver insuffisante l'augmentation, que le fermier lui offre. Ce fermier peut être un paresseux, un négligent, adonné aux boissons alcooliques, qui s'achemine vers 1'insolvabilité. Dans tons ces
(11 .le fais la description de la clause de Lord Karnes, coiume je I'ai troiivée dans la Note sur les Baux a Feime, que M. Albert Ca/.eneuve a piésenlée au Congrès agricole de l.ille en 188fi.
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cas il n'y a pas de raison valable pour que le propriétaire paie au iermier un capital a cause de non-renouvellement de bail. L'offre du fermier d'augmenter le prix peut être une simple spéculation de sa part, sans être fondée sur quel-que amelioration réalisée.
L'exemple de cette combinaison prouve de nouveau que les contrats libres ne protègent pas aisément 1'intérêt du fermier ii faire des ameliorations. En Angleterre c'est le légis-lateur qui a pris soin de eet intérêt.
§ 2. Analyse et critique de la loi anglaise.
II ne parait pas juste d'imposer au propriétaire 1'obli-gation de payer au fermier a la fin du bail une plus-value, qu'il n'a jamais désirée, qui peut-être même lui a été impo-sée. Les Romains disaient nemini beneficium obtruditur; de plus forte raison personne n'est oblige d'acheter un benefice. Le fermier deviendrait créancier du propriétaire, c'est-a-dire en maint cas, de quelqu'un qui ne possède que cette terre, d'une veuve, d'un mineur, ou même d'un capitaliste, qui a engagé le reste de son capital dans d'autres affaires, desquclles il ne peut le retirer sans grave inconvénient. Dans tous ces cas la créance du fermier aménerait 1'expropriation du pr( gt;-priétaire. Le désir de laisser intact le droit de propriété a sans doute inspiré Partiele 555 du Code Civil francais (cor-respondant aux art. 658â(560 du Code hollandais): âLorsque âles plantations, constructions et ouvrages ont été faits par âun tiers et avec ses matériaux, le propriétaire du fonds a âle droit ou de les retenir, ou d'obliger le tiers a los enlever. âSi le propriétaire du fonds demande la suppression des âplantations et constructions, elle est aux frais de celui qui âles a faites, sans aucune indemnité pour lui; il peut même âêtre condamné a des dommages et intéréts, s'il y a lieu, âpour le préjudice que peut avoir éprouvé le propriétaire du âfonds. Si le propriétaire préfère conserver ces plantations, âil doit le remboursement de la valeur des matériaux et du âprix de la main d'ceuvre, sans égard a la plus ou moins âgrande augmentation de valeur, que le fonds a pu rece-
âvoir......quot; Ce même respect pour la propriété a obligé le
législateur anglais a exiger pour les améliorations les plus importantes le consentement du bailleur. La loi anglaise les réunit dans la liste suivante (1);
(I) Voir la première liste annexée ii la loi anglaise de 1883. Au con-grès international de Paris en 1889 on a voulu designer les améliorations sus-nommées par un nom collectif: améliorations fonciêres, tandisqu'on réservait pour les autres le nom d'améliorations culturales (comptes rendus, p. 325).
Nous allons nous servir de ces expressions, quoiqn'elles ne soient pas d'une parfaite exactitude.
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Sect. V a.
1. Construction ou agrandissement des batiments;
2. Formation de silos;
3. Etablissement de paturages permanents;
4. D'oseraies;
5. De prairies inondées, et de travanx d'irrigation;
6. De jar dins;
7. De routes et de ponts;
8. De cananx, d'étangs, de puits, de réservoirs, ou de toute autre construction destinée a employer 1'eau comme force ou en nature;
9. De clotures;
10. Plantation de houblon;
11. De verger, ou d'arbrisseaux a fruits;
12. Défrichement ;
18. Changement de la nature de culture;
14. Construction de quais on de digues contre les flots. Mais la loi anglaise n'exige pas de consentement pour les ameliorations culturales, mentionnées dans les deux autres parties de la liste, savoir:
15. Le drainage. Pour ce travail le fermier doit faire une notification au landlord, et lui donner 1'option d'achever le travail lui-même. Art. 4 prescrit: âSi le bailleur ne prend ,,pas 1'initiative ou s'il ne peut achever sou entreprise en âtemps convenable, le tenancier sera libre d'exécuter le âtravail lui-même et de réclamer en conséquence 1'indemnité âde la plus-valuequot;.
16. Diffusion sur le sol d'os non dissous;
17. Chaulement;
18. 19, 20 et 21. Marnage et emploi de matières analogues ;
22. Emploi d'engrais artificiels ou autres, achetés;
23. Entretien sur la ferme de bétail, de moutons, de porcs et autres animaux non produits par la ferme.
Pour tons ces travanx le tenancier, entièrement libre, peut réclamer a la fin du bail une indemnité. Qu'est-ce-qui a lieu si le propriétaire ne paie pas de suite? Le fermier (ou celui qui le paie et lui succède par conséquent dans son droit contre le propriétaire) obtient une inscription sur le fonds a un capital, portant intérét ou annuités, fixés par jugement arbitral on par jugement de la Cour de Com té. La consé-quence de non-payement n'est pas mentionnée dans la loi de 1883; je ne puis me figurer qu'elle soit autre quel'exécu-tion du fonds, c'est a dire 1'expropriation.
La seconde diHiculté résulte de la nécessité d'évaluer les améliorations prétendues ou réelles, qui, étant incorporées dans le sol, sont invisibles et qui parfois sont d'une utilité contestable. La loi anglaise en confie 1'estimation a des experts, sous réserve âque la plus-value ne comprendra pas ce qui
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Sect. V a.
âressort de la fertilité naturelle du solquot; (1). Inutile de dire ((ue des questions de fait excessivement difficiles doivent se ]gt;résenter a des experts consciencieux. Ces experts, sont-ils exempts de préjugés? N'évaluent-ils pas trop bas les ameliorations, qui se font d'après de nou velles méthodes? Tja plus-value de la terre est le résultat non-seulement du travail on du capital du tenancier, mais aussi des forces naturelles du sol; â comment distinguer ces divers elements? Or, s'il y a une vérité incontestable, c'est que ces forces naturelles ne sont pas la propriété du fermier, mais celle du propriétaire (2).
Nous verrons tantót que les difficultes de 1'expertise, rencontrées autrefois en Prusse, n'ont pas été sans influence sur la législation prussienne d'aujourd'hui.
La première loi anglaise, celle de 1875, avait reconnu expressément, en art. 54, la liberté des parties a faire des conventions, contraires a la loi. Aussitót les propriétaires se mirent en garde contre les reclamations de leurs fermiers. En faisant de nouveaux contrats ils firent renoncer d'avance les fermiers a toute indemnité pour les ameliorations, aux-quelles les bailleurs n'auraient pas consenti. La loi suivante de 1883 a singulièrement modifié cette liberté des conventions. Elle établit (art. 55) que âtout contrat, accord, convention, âpar leqnel le fermier renoncerait a son droit de demander âune indemnité en raison d'améliorations agricoles (a 1'excep-âtion d'un reglement d'indemnité amiable) sera sur ce chef ânul, et de nul effet en droit et en équité.quot; 11 reste eepen-dant il croire lt;iue malgré cette disposition de la loi beaucoup de fermiers cherchent d'avance le consentement du propriétaire. La loi a beau donner des droits, elle ne peut supprimer la dépendance de fait, dans laquelle les tenanciers se trouvent. Le fermier, qui intente un procés pour ee qu'il a opéré saus consentement du landlord, ne trouvera pas aisément une nouvelle ferme.
F,a loi anglaise amène les parties ii se démêler entre elles par des règlements a 1'amiable: elle donne au fermier un
(1) Art. 1: ».....provided always that in estimating any improve-
nnient there shall not be taken into account as part of the improvement nmade by the tenant what is justly due to the inherent capabilities of »the soilquot;.
(2) Cet argument est relevé par le Due d'Argyll: «Essay on the com-nmercial principles applicable to contracts for the hire of landquot;, Londres, 1877, p. 30 et 31. Puis, il a joué un grand röle au Parlement anglais. Le partage de la plus-value entiore entre le propriétaire et le fermier sortant fut introduit dans la loi par un amendement de M. Michael Hicks-Beach, et étendu ensuite dans la Chambre des Pairs aux améliora-tions de toutes les trois classes. Comp. Hansard's Parliamentary Debates, discussions de 18 juillet et 10 aoüt 1883.
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droit trés tranchant, mais 1'exercice de ce droit rencontre des obstacles pratiques qui font souvent préférer une transaction (1). Cependant une telle loi peut-elle nous satisfaire? Si le fennier sortant ne cherche pas une nouvelle ferme, il n'aura aucun motif a modérer ses reclamations. On se plaint en Angleterre des exigences des tenanciers sortants, et des hautes indem-nités, accordées par les arl/itres. La longueur et 1'issue incertaine du proces oft rent une difficulté pour chacune des deux parties: qu'on cherche a éviter ces procés est une preuve que la loi elle même n'est pas satisfaisante. L'inscription, que le fermier sortant obtient sur le fonds, est probablement nne source de complications futures. En somnie la distinction entre les ameliorations foncières et culturales prouve être en maint cas arbitraire.
§ 8. Systëme a adopter.
Une loi semblable a celle de 1'Angleterre est elle desirable sur le continent ? Précisons les faits. Malgré la lacune apparente du contrat de fermage quant a son eftet économique nous rencontrons en France, en Belgique et dans les Pays-Bas un fait surprenant. Les terres, exploitées directement par le propriétaire, ne paraissent être la longue aucunement en meilleur état que les terres en fermage. Invitez un connais-seur a parcourir les provinces et les champs, demandez lui de désigner les terres en fermage et celles d'exploitation directe, bientót il avouera que la difference n'est pas visible (2). (quot;est que les heritages ruraux, exploités par le propriétaire, malgré les soins plus actifs et continuels, ne profitent pas de 1'association heureuse des capitaux de deux parties intéressées; chez le propriétaire-exploitant le capital d'exploitation fait souvent défaut. En second lieu les ameliorations culturales sont d'un eftet passager et temporaire: le bénéfice s'épuise par la production plus abondante elle-même et en outre par
(1) Voir le référé de M. N. G. Pierson a la séance de la Société hollan-ilaise de Statistique (Rotterdam 1880), p-.iblié dans les «Bijdragen van liet Statistisch Instituutquot;, no. 2, 1889. p. LXXII.
('2) Bulletin des séances de la Société nationale d'agricultnre do France, Année 1891, no. 3. p. 193: » ... Pourtant nos plus riches contrées nous ndéinontrent qu'il s'ent faut de beaucoup que le ferrnage soit incompatible navec la culture améliorante, puisque nullo part ailleurs que dans ces «contrées, la terre ne se couvre de récoltes plus abondantes et ne s'exploite »par des cultlvateurs plus habilesquot;.
Dr. de Jager (Sociaal Weekblad, 2 Mei 1801) nie pour la Frise la possi-bilité de voir la dill'érence entre les terres de fermage et de faire-valoir direct. M. C. J. II. van den Broek (Vragen des Tijds, Nov. 1889, p. 126) croit que, faisant exception pour les cas tout ii fait extraordinaires, on ne peut distinguer sur 1'ile d'Over Flakkée (Pays Ras) les terres de fermage et celles d'exploitation directe, même on ces divers modes d'exploitation sont continués depuis des siècles.
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Sect. V n.
le cours du temps. Même ce qui paratt être le plus durable, les améliorations foncières, les constructions, les plantations, elles vieillissent, s'amoindrissent, deviennent supertiues par de nouvelles méthodes ou perdent leur utilité paree qu'elles ne pourvoient plus a des exigences plus récentes. Le contrat de fermage semble done ne pas nuire a la situation agricole, prise dans son ensemble. C'est plutót a la production, qu'il porte atteinte, quoique seulement au commencement de chaque nouveau bail, done d'une manière passagère et intermittente.
En Angleterre, oü les intéréts, que nous comprenons dans 1'idée de Propriété, sont souvent divisés entre plusieurs per-sonnes sous diverses qualités juridiques, la nécessité de pousser les fermiers a des améliorations parait avoir été tres impérieuse. Chez nous les propriétaires, étant presque toujours les intéressés exelusifs, en réalisent déja beaucoup. Néan-moins c'est aussi chez nous que le défaut économique du contrat de fermage cause du tort a la production. Si la loi peut prévenir ce tort, en stimulant 1'esprit d'entreprise du fermier même vers la fin du bail, 1'intérêt général y trouvera un bénéfice.
Pour satisfaire aux besoins économiques autant qu'a la justice, il faut suivre la nature des faits. Par 1'amélioration le fermier est devenu co-intéressé dans la terre d'autrui. C'est de son propre choix qu'il y a inséparablement incorporé sou travail ou son capital; il ne serait done pas juste de lui donner le droit d'exiger un capital de la bourse du propriétaire et de se soustraire ensuite aux aléas de 1'exploitation. Qu'il reste associé au point de vue économique autant que son intérêt sera censé exister, e'est-a-dire autant que 1'amélioration donnera un surerott de production. Le seul moven equitable de le faire jouir de ce surcroit sera de luiassigner temporairement une rente. Et comme le surcroit est dü en partie aux forces naturelles de la terre, cette rente ne devra étre qu'un quote-part de la plus-value annuelle.
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Voila. je crois, des principes simples, qui se lient étroi-tement aux faits. II devra s'agir d'une rente, a payer pour un temps défini soit par le propriétaire soit par le fermier entrant. II faut choisir entre ces deux. Dans le Parlement anglais, un seul député, M. Storer, parait avoir eu 1'idée de rendre le fermier entrant responsable de 1'indemnité envers le fermier sortant. Mais son amendement, qui du reste était assez mal rédigé, fut retiré après une courte discussion (1). En vérité, si 1'on charge le fermier entrant de 1'obligation de payer un capital, la combinaison rencontre des obstacles sérieux. Mais on peut le charger d'une rente pendant un
(1) Comp. Hansanl's Parliamentary Debates, le 6me volume de la Session 1883, p, 17 VI.
Sect. Va.
temps défini a titre analogue de ferm age. C'est lui qtii recueille le surcroit de production du an travail de son prédé-cesseur; done, qu'il 1c pave annuellement a cclui-ci.
Voyons maintenant ce système de plus pres, et supposons que ce ne soit pas le propriétaire, mais le fermier entrant, qui par la loi sera chargé de la dite rente.
Quelle sera la position du rentier temporaire envers le propriétaire, envers le nouveau fermier et envers les créan-ciers hypothécaires?
Le fermier sortant n'aura aucun droit contre le propriétaire comme tel. Ayant droit a line rente, qui représente un quote-part du surcroit de production, il pourra seulement exiger la somme due de celui, qui lui succède dans la culture. Ici une difliculté surgit: les baux nouveaux pourront-ils se faire sans son consentement? Pour éviter des complications sérieuses, je refuserais au fermier sortant tout droit d'immixtion aux conditions du nouveau bail ou au choix du nouveau fermier; â il s'est mêlé des choses d'autrui, et l'équité exige qu'il prenne une place subalterne dans la gestion ultérieure. II devra so contenter d'une créance annuelle envers tout nouvel exploitant, payable a concurrence avec le propriétaire, a titre analogue de fermage de manière que 1'exploitant puisse se prévaloir du droit de remise dans les cas prévus par les articles 1769â1773 du Code Civil francais (correspondants aux art. 1628-â1631 du Code hollandais). Comme son droit engagera par conséquent des tiers (1), il devra en faire inscription dans les registres publics.
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Je m'imagine que dans la pratique le système fonctionnera comme suit. Supposons que le fermier sortant ait pris inscription pour une rente de 100 francs pendant cinq années. Le fermier entrant, sachant par le registre public qu'il est chargé de cette rente, donne pendant ce temps au propriétaire un prix de fermage, calculé selon la valeur annuelle de la ferme améliorée moins la rente. Par le fait qu'il succède dans la culture, il devient débiteur de son prédé-cesseur. II est responsable de tous ses biens; mais en cas fortuits ordinaires ou extraordinaires le créancier devra se
(1) L'obUgatioi! entre le fermier sortant et les tiers, qui lui snccèiient dans la culture, ne résulte pas d une convention mais du fait de la succession (comparez art. 1370 Code Civil francais). Une pareille cause d'obli-gation se trouve déja reconnne dans Tart. 1777 du Code civil: »Le fermier «sortant doit laisser a celui qui lui succède dans la culture, les logements Bconvenables et autres facilités pour les travaux de lannée suivante; »ot réciproqnement le fermier entrant doit procurer a celui qui sort, les «logements convenables et autres facilités pour la consommation des four-»rages et pour les récoltes restant a faire.quot; Dans les actions, qui résultent de cet article, le propriétaire n'est pas partie.
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soumettre a une remise sur la rente, ainsi que Ie propriétaire le doit selon la législation actuelle sur le prix de fermage.
Quant aux créiinciers hypothécaires, il me parait juste que le fermier sortant leur soit privilégié. Tl est vrai que â1'hvpothèque acquise s'étend a toutes les améliorations âsurvenues ti l'immeuble hypothéquéquot; (art. 2133 du Code Civil francais, art. 1211 du Code hollandais), mais il ne faut pas perdre de vue, que les mêmes codes donnent au tiers-détenteur le droit de répéter des créanciers hypothécaires âses irapenses et améliorations jusqu'a concurrence de la ,,plus-value résultant de l'améliorationquot; (art. 2175 du Code francais, art. 1251 du Code hollandais). Aussi le fermier sortant pourra être privilégié par rapport a tout créancier, qui aura pris inscription après lui sans son consentcment. L'effet de ce privilege sera que, en cas de vente par un créancier hypothécaire, le nouvel acquércur obtiendra le fonds sans qu'il soit purgé de la rente.
Reste encore la question de 1'expertise II va sans dire, que le juge, qui rendra le jugement, se fera instruire par des experts. Faut-il lui imposer des régies sur la manière d'éva-luer la plus-value, comme le fit la loi anglaise de 1875 (1)? La nouvelle loi de 1883 les a supprimées. Faut-il imposer des régies sur le partage de la plus-value entre le propriétaire et le fermier, comme dans la Chambre des députés francais l'ont proposé le 7 juin 1888 M Le Souef e. a. ('/o pour le propriétaire), et le 2 avril 1889 M. Thellier (' 3 pour le propriétaire)? L'estimation de la plus-value totale restera toujours une question de fait assez difficile. Aussi quant au temps, pour lequel la rente doit être assignée, on devra choisir soit 1'expertise dans chaque cas particulier soit une regie générale de la loi.
Si la loi confère au fermier sortant un droit équitable, qui ne gêne pas le propriétaire, il n'y aura pas lieu a dévier du principe fondamental de notre loi civile, que les parties ont le droit de disposer de leurs intéréts privés comme bon leur semble, et que par conséquent le fermier pourra renoncer d'avance a toute indemnité.
§ 4. Droit civil prussien.
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Le droit civil prussien (allgemeines Landrecht fürdiepreus-sischen Staaten) contient les dispositions suivantes (Partie I, titre 21, § 280):
(1) Art. 6 de la loi de 1875 considéra le bénéfice comme épuisé après l'expiration de 20 ans pour les améliorations de la première classe, de 7 ans pour celles de la seconde, et ponr 3 ans pour celles de la troisième, et ordonna d'estimer le montant d'indemnité selon ces délais.
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âWegen Vergütung oder Zurücknahine gemachter Verbes-âseruDgen findet in der Kegel eben das statt, was beim Niesz-âbrauche verordnet ist;quot; §281; âDoch kann der Pachter oder âMiether den Verpiichter oder Vermicther zur Einwilligung âin zu machenden Vorbesserungen in keineni Falie nöthi-âgen . . § 124; âWegen Verbesserungen der zum Niesz-âbranche eingeriiumt gewesenen Sachen können der \iesz-âbraucher und dessen Erben nur in sofern Vergütung fordern âals dieselben mit ausdrücklicher schrift!ichor Genehmigung ,,des Eigenthümers gemacht worden.quot; A défaut de ce consen-tement il n'a que le droit de reprise a la fin de la jouissance, pourvu (|ue le fonds soit remis dans 1'ancien état (§ 180 et § 131).
Ces dispositions péremptoires sont faites avee intention. Autrefois la pratique judiciaire en Prusse avait reconnu le droit du fermier sortant a une indemnité. Le jurisconsulte Suarez, qui a eu une large part dans la composition du droit civil prussien, a fait un mémoire (1), dans lequel il a énnméré les motifs qui ont fait supprimer la dite pratique: âelle âcontient une riche source de procés longs et couteux. âOn peut discuter bien longtemps sur la question si une âamélioration prétendue en est une en róalité. L'estimation âde la valeur par des experts est, comme toute autre évalua-âtion, bien contestable. La compensation du prix dépensé, ..qui doit entrer en balance contre la valeur, est une nouvelle ..cause d'instructions amples et couteuses.quot;
Tl existe cependant une exception au principe qu'il n'v a droit a indemnité qu'en cas de consentement du propriétaire. L'usufruitier et le fermier peuvent suppleer au refus de consentement par un ordre du juge (§ 128) dans les circonstances mentionnées Partio Ie, titre XVIII, § 23S et sqq. au sujet de biens féodaux, c'est il dire dans les cas oü les lois du pays ordonnent des ameliorations. Ce qui est cependant a remarquer, paree qu'il s'y trouve une analogie avec le système que j'ai eu 1'honneur de développer, c'est que dans ce cas le seigneur n'est obligé d'engager que les fruits de sa propriêté et pour un temps défini (§ 239). Même quand le seigneur aura consenti a 1'obligation, il y a présomption qu'il n'a pas engagé la substance de son droit féodal. mais seulement les fruits (§ 244).
De cette manière la loi prussienne a pris soin que le seigneur ne püt êtrc exproprié a cause de dettes, qu'il a du contracter pour payer des améliorations, auxquelles il n'a pas consenti.
(â 1) Voir le Comraentaire tie Dr. C. K. Koch, allgemeines Landrecht für die preussischen Staaten, Berlin 1870, Parti le, t. 1, p. 783.
Sect. V n.
§ 5. Projets de loi en Angleterre et en Allemagne.
II y a eu deux propositions i\ la Chambre des Communes pour modifier les principes de la loi de 1883 sur les locations agricoles en Angleterre:
1°. un projet de loi du 18 février 1890 de M. Channing et de cinq autres membres. II contient 20 articles et a pour but d'étendre les droits du fermier, en donnant droit a une indemnité non seulement au fermier sortnnt, mais également au fermier restant (âsitting tenantquot;) a chaque renouvellement du bail; ensuite en leur accordant cette indemnite même pour les ameliorations foncières auxquelles le propriétaire n'aurait pas consenti, sauf notification préalable au propriétaire. II veut même accorder 1'indemnité la oü il n'y a pas d'amélioration physique ou naturelle, mais oü la culture a été meilleure que d'ordinaire (âcultivation of good husbandry âin excess of the standard of cultivation of good husbandry, âwhich the tenant was bound to maintainquot;). II veut également supprimer la réserve, faite par la loi de 1883, que la partie de la plus-value, due aux qualités inhérentes du sol, reste au propriétaire.
2°. Un autre projet de loi du 14 février 1890, proposé par M. Seale-Hayne et cinq autres membres, veut rendre les ameliorations foncières indépendantes du consentement du propriétaire; il veut donner au propriétaire le droit de prévenir pendant le cours du bail par un ordre du juge tout fait, par lequel le fermier causerait dommage aux objets loués (âto ârestrain the tenant from doing any act which in the opinion âof the court would be injurious to the land and premises, âoccupied by the tenant, or to the other land and premises âof the landlordquot;).
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Le Projet du Code Civil alle maud ne contient aucune disposition sur les améliorations foncières ou culturales. Selon | 545 le fermier doit rendre 1'héritage a la fin du bail dan® un état de bonne culture (1). Si le fermier entrant a du payer l'inventaire, le § 544 lui donne a la fin du bail une indemnité pour l'augraentation de l'inventaire, sauf le droit du propriétaire de refuser les objets superflns ou trop chers. Le fermier recevra, selon § 547, également une indemnité pour 1'augmentation des produits agricoles nécessaires il 1'exploi-
(1) § 545; . . in demjenigen wirthschaftlichen Zustande . . . welcher sicli bei der Voraussetzung ergiebt, dasz das Grundstück wahrend der ganzen Pachtzeit bis zur Rückgewahr nach land wirthschaftlichen Regeln ordnungsmiiszig bewirthschaftet worden istquot;.
Sect. V a
tation ultérieure (1). Le ferniier, qui aura veillé aux intéréts du propriétaire eomme gérant des affaires d'autrui (negotiorurn q es tor; âGeschaftsführung ohne Auftragquot; § 532, 514, 749 et sqq. du Prqjet) sera indemnisé de uiênie (§ 753). JIais pour le cas le plus important et le plus fréquent au point de vue économique la Commission de Rédaction s'exprime ainsi (2); âLe principe du projet comporte nécessairement que le ferm Ier, âqui rend le fonds dans un état amélioré, notamment avee âun inventaire plus riche, n'a pas droit a une indenmité ..
§ (5. Partage du risque. Contrat de métayage.
Si l'on modifiait le contrat de fermage de la sorte que le fermier aurait droit aux fruits de son travail méme après sa sortie; si en outre on amenait les parties ii une pratique sage quant au mode d'allocation, au choix du fermier, a la périodicité des baux, au controle sur la culture; le contrat ne laisserait-il plus rien a désirer?
Beaucoup de personnes aflirment que le contrat de fermage, méme avec les propriétaires les plus prudents, a des résultats facheux. Le fermier y reste grêvé de tous les riques techniques et commerciaux de 1'exploitation. Ces risques s'opposent, dit-on. a ce que le cultivateur s'engage pour im laps de temps assez long il payer au propriétaire un prix fixe, qui d'ordinaire est tellement élevé, qu'il n'y a pas de marge suffisante pour faire face aux déboires, que f exploitation éprouve. La situation des fermiers serait d'autant plus facheuse que beaucoup de propriétaires ont la coutume de les faire renoncer d'avance a toute remise de prix a cause de cas fortuits ordinaires et extraordinaires (art. 1769â1772 Code Civil francais; art. 1628â1632 du Code Civil hollandais). De la i'appauvrissement de la elasse des fermiers. Leurs capitaux disparaissent dans une lutte désespérée contre le mouvement rétrograde des prix et dans 1'Apre concurrence des jeunes laboureurs entre eux pour obtenir une ferme. Le penchant, dans mainte circonstance de la vie si heureux, de prendre légèrement les mauvaises chances, menace incessamment le fermier de mine, et 1'agriculture de manque de capital.
15
C'est pourquoi on recommande le contrat de metayage, connu déja chez lez anciens et encore assez usité dans le Midi de la France, par lequel âle possesseur d'un héritage ârural le remet pour un certain temps a un preneur, qui
(t) Le § 547 porte analogie a art. 1778 tin Code Civil franrais: ... »le «fermier sortant iloit aussi laisser les pailles et les engrais de l'année, s'il «les a rei;us lois de son entree en jouissance; et quand rnèine il ne les «aurait pas regus, le propriétaire pourra les retenir suivant restiniation.1quot; (2) Motive zu dem Entwurfe eines bürgerlichen Gesetzbuches für das deutsche Reicii (amtliche Ausgabe) Tome 11, p. 440, g 545,
Sect. V a.
âs'engage ii le cultiver sous la condition d'en partaker les âprodnits uvec le bailleur (1)quot;.
Lo contrat, connu dans la province de Groningue (Pays-Has) sous le nom de âbeklemmingquot;, est également recom-mandé. Le propriétaire donne son fonds en lover fixe, perpé-tuel et héréditaire a un prix annuel tellement bas, que les cas de résiliation a cause de non-paiement sont excessivcment rares. Le preneur (âbeklemde meyerquot;) est cense avoir un droit direct sur le fonds; il peut céder ou louer ce droit a un autre. Le revenu dn propriétaire s'augmente parfois, suivant les termes assez divers des contrats, de petits cadeaux en argent a Toccasion de mariage, do naissance, de succession en ligne collaterale, etc. Son droit de propriété se fait sentir assez lourdement seulement en cas de cbangements matériels du fonds, par exemple la division en plusicurs exploitations ou le déblai. En ces cas son consenteinent est nécessaire, et souvent il le fait payer bien cher.
Pour dégrêver le fermier des risques qu'il porte, la loi pourrait défendre de renoncer a la remise de prix en cas fortuits ordinaires et extraordinaires. La Commission d'enquêtc agricole bollandaise a recommandé cette mesure (Rapport, Tome IV, p. 31).
Dans toute cette matière la liberté des parties doit être respectée. Le bail a ferme est un contrat a forfait: le fermier se charge des risques ct s'engage a un prix fixe. Or, pourquoi lui défendre un tel contrat? I.e commerce et 1'industrie s'en-gagent journellement dans des contrats a forfait innombrables; i'assurance contre 1'incendie, sur la vie, le prêt a intérêt, tout le crédit commercial repose sur 1'idée que 1'une des parties se charge des risques d'une entreprise. Pourquoi faire exception a 1'égard du fermier? La renonciation a la remise pré-vient les réclamations, plus ou moins fondées, jnais certaine-ment trés fréquentes et désagréables. Bien fou serait le propriétaire, qui tout en étant convaincu que réellement un cas fortuit a mis le bon fermier hors d'état de payer, ferait résilier le bail et chercherait un autre exploitant. Aux contrats rigides se joint une pratique douce.
Laissant done aux parties la liberté, dont elles jouissent sous la legislation actuelle. je n'ose prédire qu'on imitera beaucoup le contrat de métayage ni celui de lover fixe (âbeklemmingquot;). Le métayage ne coexistc, parait-il, qu' avec une culture oü le propriétaire peut aisément prendre soin que la moitié des produits soit réellement mise a sa disposi-
(1) Je cite la definition, que donne art. 1 de la loi franraise dn quot;18 juillet 1881) sur \e Code Rural (Titie IV). Article 2 ajoute: «Les fruits et produits »se partagent par moitié, s'il nV a stipulation on usage contraire.
Sect. V a.
tion, ct a des relations sociales simples (1). Atissi est-il un obstacle a la culture intensive, parce que le partage des fruits (revenu brut) fait hésiter chaque partie d'appliquer au fonds son capital (2). II n'existe plus dans les Pays-Has. La commission de l'enquête agricolu récente declare (3): âf.a âdisparition du colonat partiaire est depuis plusieurs années âun fait avéré.quot; Le contrat a lover fixe (âbeklemmingquot;) est sans doute excellent pour les agriculteurs, pourvu que le prix de lenuage soit bien bas. Voici ce qui fait obstacle a sa popularity parmi les propriétaires. En Groningue les prix de ces contrats out été determines il y a très-long-temps, quelqucfois il y a des siècles (4). lis n'ont jamais été baussés malgré la dépréciation des métaux précieux et le progrès technique de 1'agriculture. Inutile de dire, que les fermiers y ont trouvé leur avantage. Mais comrae leur droit peut être loué a d'autres personnes, les exemples ne sont pas rares qu'ils deviennent simplement des personnes interposées entre le propriétaire et l'exploitant du sol, jouissant du bas prix fixe, qu'ils doivent au propriétaire, et laissant 1'exploitation se faire par un fermier il bail pério-dique. L'agriculture va perdre I'avantage d'etre exercée par des hommes, liés il leurs exploitations par des intéréts perpétuels.
(1) M. Baudrillart, réconomiste distingué francais, vient de trailer la question du Métayage dans la Séance de la Societé d'écouoinie politique a Paris, du 6 avrii 1891 (Bulletin, p. 5S et sqq). .Ie cite le passage suivant de sou discours: »Ia nature des récoltes dans les parties du Midi »(oü le colonat partiaire existe) se piète commodément au partage. Les «fruits comme ceux de l'oUvier, de l'oranger, du citronnier, de l'amandier »et d'autres arbres de rapport out notamrnent ce caractère. On aurait tort «d'ailleurs de conclure que le cliinat et les productions du Midi s'accomo-»dent seuls de ce genre d'exploitatiou. Ou le trouve en France sous toutes «les latitudes. Seulement il y a des contrées oü il semble s'imposer plus «que dans d'autresquot;.
(2) On peut comparer sur les ell'ets économiques du contrat de métayage W. Roscher, Nationalökonomik des Ackerbaues, § Gü, et J. Stuart Mill, Principles of political economy, Livre II, chap 8.
(3) Rapport, Tome IV, p. 30.
(4) Comparez la dissertation remarquable de M. de Ruiter Zylker; «Het contract van beklemming uit een staathuishoudkundig oogpunt «beschouwd», I.eide, 18(VI.
17
Congres Intepnational d'AgrieuItope
a La Haye en 1891.
Section V. Economie Rurale.
a. Rapports entre le propriétaire et Vexploitant du sol. ('ontrats de bail a ferme et de métayage.
LE BAIL MOBILE.
RAPPORT
DK
Monsieur H. M. HARTOG,
Cultivateur a Barneveld (prov. de Gueldre).
QT ej® quot;0
Jjes revenus bruts du fermier dependent de deux conditions, la quantité des produits et les prix de vente.
Si tous les risques et perils de 1'exploitation seront partagés par le propriétaire et sou fermier, un contrat de métayage sera la meilleure solution du problêrae. Pourtant ce contrat a ses défauts, paree que les intéréts du colon partiaire, lui porteront a produire les récoltes avec un minimum de travail et de dépenses, d'oü résulte que la terre ne produira pas ce qu'elle pourra produire avec une culture plus intensive.
Seulement quand le bailleur réside dans la localité, qu'il soit agronome, qu'il règne une bonne entente entre le bailleur et le colon et que le premier a la direction supérieure de 1'exploitation, le métayage, selon les principes de la loi franraise du 18 juillet' 1889, sera le mode le plus rational d'associer les intéréts du propriétaire avec ceux du fermier et de partager les bonnes et mauvaises chances, qui résultent de 1'exploitation du sol.
(Dans la France d'après la statistique internationale d'agri-culture de 1887, 4)4 millions d'hectares sont exploités par metayers, le double par fermiers et le quadruple par les propriétaires).
La oü les conditions indispeusables pour un bon métayage, suivant les principes ci-nommés, ne pourront pas être remplies, le bail a ferme a prix fixe est usité.
Cependant ce prix fixe a ses défauts, paree qu'il ne tient
^EOT. V n.
aucun coinpte «avec les bonnes ou mauvaises récoltes, avec la hausse ou la baisse du ]irix des produits.
En rapport aux bonnes ou mauvaises récoltes, le fennier pourra, avant de passer un contrat a terme de longue durée, y regarder en faisant one evaluation de la quantité de la production.
11 prendra une moyenne de bonnes et de mauvaises récoltes; mais quant aux prix de marché des produits, c'est un terrain tout il fait inconnu, une speculation qui effraie le fennier prudent et solide et lui empêchera de passer un contrat a long terme, qui est cependant sous un rapport agronomique le meilleur,acause des ameliorations que le fermier pourra entreprendre. Le prop r iét aire non plus ne consentira a louer ses terres pour longlemps aux prix actuels et dépressés, dans l'espoir d'un retour du bon temps.
On pourra vaincre eet inconvénient, par 1'introduction d'un hnü mobile, qui rempla(;cra le bail il prix fixe.
Le prix du fermage au bail mobile, pourra être fixé de deux manières.
1°. Par une échelle mobile, selon le prix de marché des principaux produits de la ferme. Par exemple, un certain fermier prend une ferme au prix de 1000 fr. quand le froment vaut 16 frans l'hectolitre et le beurre 2 fr. le kilogr.
Si le froment monte d'un franc, il payera en sus par au, â¢50 fr., si le beurre monte de dix centimes 20 fr. (Pour les céréaux on pourra prendre le mitoyen des prix de novembre â mai; pour le beurre, d'avrilânovembre). Conformément si le prix des produits baisse, il aura la même réductien.
Cependant ce procédé, si juste qu'il soit en théorie, a beaucoup de difficultés dans son application. Pour construire une juste échelle mobile, il exige la base d une comptabilité agricole, qui existe trés rarement ches les cultivateurs. On devra construire une formule, qui sera trés compliquée, surtout s'il y a grande diversité de produits, et que le mathématicien le plus habile ne saura pourtant pas construire, a cause des divers éléments qui concourent il la production agricole et qui forment le prix de revient et le bénéfice du fermier.
Un deuxième procédé plus simple, sera de fixer le prix du bail par une certaine quantité de produits, que le fermier payera au bailleur, non en nature, mais en valeur moyenne pendant un certain laps de temps, sus nommé.
Ce procédé n'est pouitant pas sans défauts, paree qu'il ne compte pas avec la théorie économie juc, que la rente foncière sera fixée par 1'excédant du revenu brut sur les frais de production et le bénéfice du cultivateur, mais il a en tout cas 1'avantage sur un bail a prix fixe, que le gain ou la perte de 1'exploitation, résultant d'une hausse ou d'une baisse des prix de vente, sera partagé entre le propriétaire et sou fermier.
Comme point de départ, le prix de louage sera calculé au
2
;ï Sect. Va.
commencement du bail de la manière ordinaire, en argent et réduit en même temps en produits, selon les prix du moment.
Avant la crise agricole et la depression des prix, ce procédé serait désavantageux au preneur, paree qu'il devrait payer plus cher dans les années de mauvaise récolte et aurait ainsi double perte, mais après le développement des voies de communication, une mauvaise récolte locale ne fait pas beaucoup monter les prix, et de plus il sera prudent de diviser la taxe du paiement, entrc plusieurs produits, dont l'un donnera une bonne, l'autre une mauvaise récolte.
Enfin â le bail mobile, n'est pas une idéé purement théorique, il est usité depuis longtemps dans une partie de la Belgique et des provinces méridionales des Pays-Bas. Dans plusieurs localités, il existe même, certains jours de marché, fixes a l'avance dans le cours de l'année, pour déterminer le prix des céréales, au service du bail mobile.
10
Gongrès International d'Agrieultnre
a La Haye en 1891.
Section V.: Economie Rurale.
b. Transport a bon marché des denrées agricoles, du hé tail et des engrais, et tarifs internationnux de transport.
RAPPORT
DE
Monsieur A. J. M. BAKE,
Chef do Division u la Compagnie pour l Exploitation de Chemins de fer de l'Etat-Néerlandais.
(5 quot;T*
Messieurs,
Invité, en ma qnalité de fonctionnaire au chemin de fer, ü présenter au Congrès un rapport sur le transport a bon marché des denrées agricoles, du bétail et des engrais, ainsi que sur les tarifs internationaux de transport, questions qui, faisant partie de la rubrique âEconomie Ruralequot;, devront être examinees par la cinquième Section, je crois ne pouvoir mieux m'acquitter de ma tache, qu'en donnant un aperyu exact des conditions régissant ces différents transports.
J'examinerai done, taut pour les denrées agricoles, que pour le bétail et les engrais, les conditions et les prix de transport en service intérieur des chemins de fer de l'EtatâNéer-landais et en service mixte Néerlandais, ainsi que dans les différentes relations internationales avec la Belgique, la France, l'Angleterre et 1'Allemagne.
II m'a seinblé utile, voire mêmc nécessaire, de bien faire ressortir ce qui a été fait jusqu'a présent en vue de faciliter et de développer le transport en question, a cette fin de per-mettre une discussion approfondie et en connaissance de cause sur ce que ces n;esures laisseraient encore a désirer au point de vue des agriculteurs et des éleveurs de bétail et sur les vteux a émettre a ce sujet par la cinquième Section.
Sect. vb.
2
1. DENREES AGRICOLES.
A. TARIFS INTÃRIEURS NÃERLANDAIS.
Pour le transport des denrees agricoles (les pommes de terre, les céréales, les légumes, les fruits, la farine, les graines etc. etc.) par charges completes de 5.000 et de 10.000 kilogr., les chemins de fer Néerlandais appliquent eri général les prix les plus réduits de leur tarif normal, c'est a dire ceux du tarif exceptionnel 2, comprenant les taxes des classes B et C.
Ces prix sont calculés d'après les bases suivantes:
|
Frais fixes.......... Frais variables de 1 a 50 kilometres. â â 51 a 150 â 151 a 250 â â a partir de 251 â |
000 Kilogr. fl. 0.70 - 0.025 - 0.02 - 0.01 - 0.01 |
10.000 Kilogr. fl. 0.70 I - 0.02 S 2 - 0.01 I '1 - 0.01 u .-2 - 0.01 amp; |
qui donnent comme taxe.
|
7i r Tl 71 77 77 77 77 77 77 |
|
Outre ce tarif, il existe encore des tarifs spéciaux pour certaines relations très-importantes.
Ainsi fut public en 1882 un tarif special pour le transport;
a. des céréales, des légumes, de la farine, des graines oléa-gineuses, par charges completes de 10.000 kilogrammes.
h. du foin et de la paille, par charges completes de 5000 kilogrammes;
entre les stations de Deventer et de Zutphen, d'une part et les stations les plus importantes du Nord; Harlingen, Franeker, Leeuwarden et Groningue, d'autre part.
Ce tarif spécial offre des prix trés réduits en comparaison de ceux du tarif exceptionnel 2, dont il a été question. Les prix de transport par tonne dans les relations visées, selon l'un ou 1'autre tarif, sont de:
T
|
Sect. V h. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Depuis le mois de novembre 1887, on a public également im Tarif spécial pour le transport de l'avoine par charges completes de 10.000 kilogr., de Groningue a Rotterdam, au prix de fl. 28,â par wagon de 10 tonnes, tandis que la taxe normale est de fi. 41.50.
La loi sur le transport par chemin de fer dans les Pays-Bas offre en outre 1'occasion de s'assurer par contrat un tarif a prix tres réduits pendant un certain laps de temps, pour des marchandises offertes au transport en quantités impor-tantes et a certaines conditions.
II va de soi qu'il n'est pas possible d'établir une regie générale pour ces conditions, qui varient forcément selon les circonstances qui pen vent se produire ponr chaque transport et qui dépendent, par exemple, de l'importance du trafic, de la concurrence plus ou moins forte des prix par la voie d'eau etc. etc.
Les transports en question se font généralement selon le tarif des prix normaux ou spéciaux et la réduction concédée par contrat n'est remboursée aux avants-droit qu'après 1'accomplissement du transport contracté dans le délai convenu.
Après avoir mentionné les mesures prises en faveur des denrées agricoles remises au transport en grosses quantités et par charges completes, vovons ce qui a été fait en faveur du petit cultivateur ou négociant, qui ne peut offrir au transport les produits du sol qu'ü des quantités plus modestes, soit par charge incomplete.
D'après les conditions réglementaires du tarif normal, les envois n'atteignant pas le poids de 5000 kilogrammes, sont taxés aux prix de la classe des charges incompletes.
En vue de dévclopper également le transport par petites
1
.
Sect. V h.
quantités des denrées agricoles, les Coinpagnics de Chemins de fer néerlandaises, a 1'instigation de la Compagnie pour 1'Ex-ploitation de (quot;hemins de fer de l'Etat, ent creé un tarif spécial a taxes trés réduites, applicable dans les relations de toutes les stations du pays entre elles. Ce tarif offre les prix de la Classe A. du tarif normal, qui ne s'appliquent géné-ralement qu'aux envois par charge compléte de -quot;iUOO kilogrammes.
Le tableau suivant indique les réductions de taxe obtenues par ce déclassement.
Kilometres. Charges incompletes. (Classe A
50.....fl. 0.39 fl 0.27
1(X).....â 0.G4 â 0.42
150.....â 0.89 â 0.57
200 ....... 1.09 â 0.67
250 .....â 1.29 â 0.77
300 .....â 1.44 â 0.82
400 .....â1.74 â 0.92
par 100 Kilogrammes.
Les mém es bases ont servi au calcul d'un tarif spécial en faveur des envois n'atteignant pas 5.000 kilos, transitant le territoire néerlandais pour 1'exportation et 1'importation par nos ports de mer.
B. TARIFS INTERNATIONAUX.
Comme pour le transport en Service intérieur, les denrées agricoles jouissent en Service international des prix les plus rednits.
En Service Belge-Néerlandais et Franco-Beige-Néerlandais, elles sont rangées il la 3e classe, exceptés les pommes de terre et le foin, qui jouissent des prix encore plus réduits de la 4e classe.
Les unités kilométriques de ces deux classes sont de:
4
|
3i«ngt;e Classe. 4ii'quot;gt;c Classe. | |||||||||||||||||||||||||
|
Sect. V b.
plus fr. 1 de frais fixe, ce qui donne une taxe totale
|
3ième Classe. 4ii'IIie Classe. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
II est a remarquer. qu'en Service FrancoâBeigeâNéerlandais, ces prix ne sont appliques qu'au parcours en de9a de la frontière FrancoâBeige, les Chemins de fer francais étant obligés de tenir compte de leurs taxes en Service intérieur, de sorte que les prix directs sont formés par soudure a la frontière FrancoâBeige.
II existe en outre, en Service BeigeâNéerlandais, pour certaines denrées agricoles et quelques relations importantes, des tarifs spéciaux a prix réduits, comme par exemple;
1. pour 1'exportation des tabacs néerlandais, par quantités d'au moins 5,000 kilogr. vers les ports et autres localités beiges, a des prix fixés en concurrence de ceux de la voie d'eau ; par exemple:
d'Amsterdam a Anvers frs. 8,90 par tonne, contre frs. 17,25 d'après le tarif normal;
d'Arnhem a Sterpenich frs. 14,20 par tonne, contre frs. 23,10 d'après le tarif normal.
2. pour le transport du foin et du lin en paille, par quantités minimum de 10 tonnes, a des prix tenant la moyenne entre ceux de la 3ii!mo et de la 4u,me classe et d'application entre toutes les relations reprises au tarif général.
3. pour le transport du lin teillé, par expédition de 5,000 kilogr. au minimum, entre Courtrai, Erquelinnes, Gand etc., d'une part et le nord des Pays-Bas: Groningue, Harlingen, Leeuwarden et Winschoten, d'autre part, aux taxes de la 3i,'me classe au lieu de celles de la 2tL'me, d'après la classification normale.
Le lin teillé paye done, entre Courtrai et Groningue par exemple, un fret de frs. 17,26 au lieu de frs. 23.18 par tonne.
Sect. Vh.
4. pour les envois de beurre, par quantités de 5 tonnes,
entro Anvers et les loealités néerlandaises oü se concentre ''
le commerce du beurre (exportation ct importation), aux prix de la 2ième classe au lieu de ceux de la lire du tarif normal, par exemple.
Boxmeer-Anvers frs. 11,74 au lieu de frs. 14,92 par tonne.
5. pour le fromage, par quantités de 5 tonnes au minimum des diverses contrées néerlandaises, d'oü se font les expeditions du fromage, vers les grands centres beiges; Anvers,
Bruxelles, Gand, aux taxes de la 3ième classe, au lieu de celles de la 2leme classe.
RotterdamâGand, frs. 9,28 au lieu de frs. 12,54 par tonne.
En Service FrancoâBeigeâNéerlandais, nous trouvons
également quelques tarifs spëciaux a prix réduits;
â¢
1. pour le transport a grande vitesse entre la France et les Pays-Bas, dn beurre, du fromage et des légumes frais;
2. ponr le transport en petite vitesse par charges completes de 5 et de 10 tonnes, de Bordeaux vers la Hollande, du beurre salé, des conserves de fruits et des fruits secs.
3. pour le transport en. petite vitesse par charges completes de 5, de 8 et de 10 tonnes, entre Bordeaux et les Pays-Bas, du fromage, des légumes secs et de leur farine,
du miel, des pommes de terre, du riz, du tabac et des tour-teaux de graines.
4. pour le transport par charge complete de 5000 kilos entre Douai et Lille et Rotterdam, des haricots secs en sacs.
Pour le trafic avec 1'Angleterre, pour lequel il n'existe pas de tarif direct général, on a créé en 1887 un tarif direct d'exportation en grande vitesse pour les denrées alimen-taires, fruits, beurre et ceufs, entre les Pays-Bas et Londres,
par la route de FlessingueâQueensboro'.
Ce tarif direct, fait par soudure des prix de la grande vitesse, offrc des résultats trés satisfaisants et contribue sen-siblement au développement du trafic en question.
Pour les relations avec 1'Allemagne et les pays au-dela, i
les chemins de fer néerlandais ont accepté purement la classification allemande.
6
D'après cette classification les denrées agricoles sont rangées dans les classes suivantes, selon leur valeur commerciale et selon qu'elles sont remises au transport par quantités de 5 tonnes ou dc 10 tonnes au minimum.
-
Skct. V h.
5000 kilogr. -10,000 kilogr.
Pommes de terre........ïarif spec. II. Tarif spec. III.
Céréales de toutes sortes..........Classe A-' â â I.
Choux communs et oignons, persil et
céléri......................â A2 â â I.
Choux-fleurs et navets............«A1 Classe B.
Chonx-pommes et choux-cabus . . . ïarif spéc. II. ïarif spec. III.
Betteraves....................â II. â III.
Graines et semences de toutes sortes, en
sacs ou en tonneaux............Classe A2 â T.
Farines de céréales et de légumes . . â A2 â I.
L'unité kilométrique, par 100 kilos, de ces diverses classes et des tarifs spéciaux est de:
Classe A'.IClasse B.IClasse AVX sp. I.T. sp. II.IT. sp. III. Pf. 0.67. I Pf. 0.60. Pf. 0.50. I Pf. 0.45. t Pf. 0.35. I Pf. 0.22 plus un frais fixe de Marc 0.12 par 100 kilos.
Ces mêmes bases servent a calculer les prix des tarifs directs pour le parcours sur le territoire néerlandais, a moins que les tarifs intérieurs n'offrent des taxes inférieures. En outre, pour les relations avec nos ports de mer, les chemins de fer néerlandais mettent a disposition les taxes de transit, tres réduites, s'élevant a Marc 0.60 (et a Marc 0.45 pour le tarif spécial III) par 100 kilos, a partir de Venlo.
Grace a 1'application sur le parcours néerlandais de ces prix réduits, les tarifs avec 1'Allemagne et les pays au-dela offrent des taxes plus favorables qu'elles ne seraient en appliquant le barême allemand siir le parcours total. Le tableau suivant donne, comme exemple, les prix par 100 kilos en Marcs, entre Amsterdam et Rotterdam, d'une part et Elberfeld et Bale, d'autre part, du tarif direct comparés a ceux calculés d'après le barême allemand:
|
! Kilometres |
Classe A' |
Classe! Classe B | A* |
Tarif I ïarif spec. I. spéc. II. |
ïarif spéc. III. | |
|
RotterdamâEi.iikh fei.d |
| | ||||
|
d'après le tarif . |
261 |
1.74 |
1.64 1.26 |
1.21 1.03 |
0,69 |
|
d'après le barême | |||||
|
allemand . |
261 |
1.95 |
1.69 ' 1.43 |
1.29 1.03 |
0.69 |
|
A m sterdam â Ba i, e | |||||
|
d'après le tarif . |
720 |
4.01 |
3.50 3.15 |
2.89 2.39 |
1.66 |
|
d'après le barême | |||||
|
allemand . |
729 |
5.OS |
4.49 i 3.77 |
3.40 j 2.67 |
1.72 |
Sect. V h.
Pour quelques denrées agricoles, (les céréales, les légumes, les pommes de terre, les irraines et semences en sacs et en tonneaux) on a créé dans les relations les plus importantes avec 1'Allemagne, un tarif spécial pour faciliter les transports par charges incompletes.
Ce tarif spécial est calculé sur le parcours allemand, d'après une unité kiloniétrique de pfennig 0.08 par 100 kilogr., plus un demi frais fixe de Mare 0.10 par 100 kilogr.; sur le parcours néerlandais la taxe a été trouvée de la fayon qui a été indiquée pour le tarif normal.
Les prix de ce tarif spécial, comparés a ceux du tarif normal pour les charges incompletes (petite vitesse) donnent les différences que voici;
|
Tarif spécial; |
ïarif normal: | ||||||||
|
Sur |
ii n |
parcours |
de :quot;)() |
kilom. . |
. . M. |
0.54 |
. . M. |
0.69 \ | |
|
« |
ii |
ii |
100 |
0.99 |
11 |
1.29 | |||
|
n |
n |
ii |
200 |
H |
11 |
1.80 |
⢠⢠â |
2.40 |
CS. |
|
n |
li |
ii |
300 |
2.60 |
11 |
3.50 |
O) s | ||
|
ii |
ii |
ii |
400 |
11 |
11 |
3.40 |
11 |
4.60 |
B cö |
|
â |
ii |
ii |
500 |
4.20 |
11 |
5.70 |
hb O | ||
|
ii |
ii |
ii |
lt;500 |
11 |
11 |
5.- |
11 |
6.80 | |
|
ii |
ii |
ii |
700 |
11 |
⢠' 11 |
5.80 |
11 |
7.90 |
8 |
|
â |
ii |
â |
800 |
11 * ⢠|
11 |
6.G0 |
11 |
9.â | |
|
ii |
ii |
'.100 |
11 * * |
7.40 |
11 |
10,10 |
cö | ||
|
ii |
ii |
ii |
1000 |
11 |
11 |
8.20 |
11 |
11.20 | |
|
n |
ii |
ii |
1200 |
11 |
11 |
10.60 |
11 |
13.40 | |
II. RETAIL.
A. TARIFS INTÃRIEURS NÃERLANDAIS.
D'après le système des tarifs pour le transport des chevaux et du bétail dans les Pays-Bas, les taxes sont calculées par mètre carré de superficie du plancher des wagons employés, en y ajoutant un certain montant comme frais fixe.
En outre il y a une différence de taxe selon que le transport se fait par train de marchandises ou de bestiaux ou par train de voyageurs.
D'après ces principes le tarif est calculé sur les bases suivantes :
a. pour les charges completes:
II faut d'abord distinguer les bestiaux et le petit bétail.
Sont comptés comme bestiaux;
les chevaux, les bêtes a cornes (taureaux, boeufs, vaches),
s
Sect. V h.
les bouvillons, les génisses, les nmlets, les fines et les poulains. Sont considérés comme petit-bétail:
les poros, les veaux, les moutons et brebis, les agneaux, les cochons de lalt, les boucs, les chèvres etc.
L'unité kilométrique pour les bestiaux est de H. 0.01 par metre carré, plus un frais fixe de il. 5.â par wagon.
L'unité kilométrique pour le petit bétail est de H. 0.00S par mètre carré et le même frais fixe.
Comme taxe-minimun par expedition il est dü:
pour un parcours de 1 a 100 kilom. . . .tl. 2.â â â â 101 a 200 â ... â 3.â
â â â a partir de 200 â . . . â 4.â
Pour le transport du petit bétail en wagons a double fond, les prix calculés d'après les bases indiquées ci-haut, sont augmentés de 25 0/0; toutes ces taxes ay ant été établies pour le transport par trains de marchandises ou de bestiaux, les expediteurs ont a ]iayer une surtaxe de 50 0/0, s'ils désircnt effectuer leurs envois de bétail par trains de voyageurs. h. pour les charges incompletes:
Les bestiaux remis au transport par tête, ainsi que ceux excédant le nombre voulu pour les charges complétes, sont taxés d'après un tarif spécial, reposant sur les bases suivantes: povir les chevaux, les taureaux, les boeufs et les vaches, frais fixe fl. 0.60 par tête,
frais variable fl. 0.025 par tête et par kilometre, pour les poulains, les anes, les génisses et les bouvillons, frais fixe fl. 0,40 par tête,
frais variable fl. 0,02 par tête et par kilometre, pour les veaux, les porcs, les boucs et les chèvres, frais fixe fl. 0.20 par tête,
frais variable H. 0.01 par tête et par kilomètre, pour les moutons et brebis, les agneaux et les cochons de lait au poids de moins de 50 kilos,
frais fixe fi. 0.10 par tête,
frais variable fi. 0.005 par tête et par kilomètre. De ces bases résulte le tarif suivant (voir annexe 19).
Le système que nous venous de développer est celui de la Compagnie pour 1'Exploitation de chemins de fer de 1'Etat-Néerlandais et vient d'être adopté par les autres Compagnies néerlandaises de chemins de fer, de sorte qu'il sera bientót appliqué dans tout le pays.
Jusqu'a présent il n'existe pas de tarif spécial pour le transport du bétail, la nécessité ne s'en étant pas faitsentir; il n'y a que des prix exceptionnels pour certaines relations importantes (par exemple de Kampen a Amsterdam) oü on a eu il combattre la concurrence de la voie d'eau et oil les taxes ont dü être fixées en conséquence.
i)
Sect. V b.
II faut encore mentionner ici quelques conditions générales régissant le transport du bétail aux Pays-Bas.
1°. le nombre de têtes a transporter par les trains désignés a cet efFet, est fixé d'avance;
â¢2°. le materiel nécessaire au transport doit être requis 24 heures d'avance;
3°. 1'expéditeur doit verser, en gnise d'arrhes une somme de fl. 2.50 par wagon, qui est acquise aux transporteurs dans le cas oü 1'on n'aurait pas disposé du matériel requis dans le délai fixé;
4°. si le bétail n'est pas évacué i\ temps il est dü une somme de fl. 0.2à par heure et par wagon, sans tenir compte du nombre de têtes;
5°. pour les transports par charges completes, cbaque wagon peut être accompagné d'un conducteur, qui peut faire gratui-tement le trajet a condition de prendre place dans ce wagon; si le conducteur préfère faire le voyage dans un compartiment de voyageurs, il doit se munir d'un billet ordinaire.
Le tarif pour le transport du bétail ne s'applique pas au transport d'animaux de petite taille de cbiens et d'oiseaux, qui sont expédiés aux doubles prix du tarif pour les articles de messagerie (bestelgoed).
Exception est faite pour les solipèdes, les ruminants et les pores, qui ne sont jamais transportés aux conditions de ce dernier tarif, a moins qu'il ne s'agisse d'animaux destinés a 1'élevage.
B. TARIFS INTERNATIONAUX.
Dans nos relations avec la Belgique, qui sont tres imjtor-tantes pour le transport d\i bétail, il existe un système de tarif assez different, en principe, de celui en vigueur aux Pays-Bas.
Le transport se fait il grande ou il petite vitesse, dans le premier cas par trains de voyageurs ordinaires, non expres, dans le second cas par trains mixtes ou de marcbandises, désignés t\ cet effet par les Administrations de chemin de fer.
Le transport a grande vitesse n'a lieu que pour les cbevaux, les muiets, les poneys et les poulains; le bétail proprement dit n'est done expédié qu'en petite vitesse.
Le tarif de grande vitesse ne s'applique qu'a des charges completes de 1â3 chevaux, mulcts etc. etc.; la taxe minimum est done celle d'un wagon complet.
Le tarif de petite vitesse comporte trois categories, savoir: lère Catégorie. â 1 cheval ou mulet; 1 ou 2 poulains, poneys, boeufs, taureaux, vaches, bou-villons, génisses ou anes; 1 il 5 pores ou veaux; 1 a 1't moutons; 1 a 30 cochons de lait.
10
Sect. V h.
2i' me Catégorie. â 2 chevanx on 2 millets; 3 on 4 poulains, poneys, taureaux, bcuufs, bouvillons, vaches, génisses ou anes; 6 ft 10 pores ou veaux; 11 a 20 moutons 31 a 60 cochons de lait.
gième Categorie. â 3 chevaux ou 8 mulets; 5 ou 6 poulains ou poneys, un wagon de gros ou de petit betail.
Sont considérés comme chevaux et taxes comme tels, les poulains ou poneys dont la taille dépasse l⢠30.
II est loisible aux expediteurs de bestiaux de charger dans un wagon tel nombre de têtes que bon leur semblera, sans que les transporteurs assument dc ce chef la moindre res-ponsabilité; seulement les prix de la petite vitesse sontaug-mentés de 25 0/n si le nombre de têtes par wagon est supérieur aux maxima suivants:
Boeufs ou i Anes, génisses. Pores ou I Moutons ou j Cochons de vaebes. bouvillons. veaux. ; chèvres. lait.
8 10 20 ( 30 100
11
Les bases kilométriques du tarit (grande et petite vitesse) sont de:
|
Grande | ||||
|
Vitesse. |
Petite Vitesse. | |||
|
lére. |
2ième. |
3ième. | ||
|
Catégorie. | ||||
|
Frais fixes........... |
frs. 3.â |
frs. 4.50 |
frs. 6.â | |
|
pour les 5 premiers kilometres |
â 2,- |
â 0.60 |
â 0.90 |
â 1.20 |
|
de 6 a 75 kilomètres .... |
â 0.40 |
â 0.12 |
â 0.18 |
â 0.24 |
|
â 76-150 â ---- |
â 0.32 |
â 0.09 |
â 0.135 |
â 0.18 |
|
a partir de 151 â .... |
â 0.24 |
â 0.06 |
â 0.09 |
â 0.12 |
|
donnant les taxes suivantes: | ||||
|
pour 10 kilomètres...... |
frs. 10,â |
frs. 4.20 |
frs. 6.30 |
frs. 8.40 |
|
n ^ 11 ...... |
â â |
â 6.â |
â 9,- |
n 12â |
|
r ^ r ...... |
â 26.- |
â 9.- |
â 13.50 |
â 18,- |
|
â100 â ...... |
â 44,- |
â 14.25 |
â 21.40 |
â 28.50 |
|
â200 â ...... |
â 72.- |
â 21.75 |
â 32.05 |
â 43.50 |
|
â 400 ........ |
â 120.- |
â 33.75 |
â 50.65 |
,, 67.50 |
Les chevaux et les bestiaux doivent être accompagnés d'un conducteur. Le transport gratuit dans les wagons affectés au transport des chevaux et bestiaux est accordé
Sect. V b.
aux conducteurs, a Taller, a raison d'un conducteur par wagon ou par expédition.
En service direct avec la France, les prix et conditions du tarif BeigeâNéerlandais sont d'application sur le parcours ii travers ces deux pays; sur le territoire francais le transport se fait exclusivement aux prix et conditions du tarif intérieur du chemin de fer francais. II est a remarquer qu'en France le bétail est toujours taxé par tête, quel qu'en soit le nombre ou la sorte, et qu'il n'est pas accordé de transport gratuit aux conducteurs, qui doivent se munir de billets de 3e classe, a moins qu'il ne s'agisse de conducteurs accom-pagnant des transports de chevaux en wagons-boxes et que 1'expédition comporte au raoins 6 chevaux remis au transport par un même expéditeur.
En servive avec I'Angleterre il n'existe pas de tarif direct pour le transport du bétail; les expéditions se font par réinscription a Flessingue.
Pour les relations avec 1'Allemagne, le système du tarif pour le transport du bétail se rapprocbe de celui qui existe dans les Pays-Bas; seulement il n'y a de taxes directes que pour les expéditions par charge complete; le transport des charges incompletes n'est etfectué que par réinscription a la gare-frontière.
Les prix directs, par metre carré de superficie du matériel employé et par kilometre, pour le transport des différentes catégories de bétail sont de:
pour les chevaux et poneys, excepté les poulains . . . . M. 0.03
plus un frais fixe, par mètre carré de superficie, de. . . â 0.40 pour le gros bétail, (boeufs, taureaux, vaches) i les muiets, les anes, les poulains etc . . . )
frais fixe................... 0.40
pour le petit bétail (pores, veaux, moutons, chèvres,
chiens, oies etc.).
a. en wagons a simple fond......â 0.02
h. â â â double fonds......â 0.02fi6
(augmentation de 33'/a %).
frais fixe, pour les deux cas indifféremment......M. 0.40
Les animaux de petite taille enfermés dans des cages, des caisses etc., pour autant qu'il ne sont pas remis au transport par charges completes, sont taxés aux prix de la grande vitesse du tarif direct, voire même a ceux des bagages, si Ie transport doit avoir lieu comme tel.
Les chevaux ii transporter en wagons-boxes payent les taxes suivantes:
12
Sect. V h.
pouT un cheval............Marc 0.30
â deux chevaux, chargés dans le mème wagon. â 0.40
n trois â â â â .. n :⢠0.50
â chaque cheval en plus...... â 0.10
frais fixe par tête........... â 1.â
taxe minimum par expedition....... â 3.â
Ces prix sont réduits de '/a pour le transport des chevaux de course et des poulinieres pur-sang (y compris leur pou-lain) a condition que les envois soient accompagnes d'une déclaration émanant d'un Comité de courses, constatant que les chevaux doivent prendre part ou ont pris part a des courses, ou d'une attestation de la direction d'un des haras nationaux, d'après laciuelle le transport des poulinieres est designe conune ayant lieu en vue de croisement.
Le frais fixe ne subit pas de réduction.
Si enfin le transport dn bétail doit se faire par des trains non désignés a cet effet, comme par exemple les trains de voyageurs, les taxes sont augraentées de 50 0I0, sans faire varier toutefois le montant du frais fixe.
III. ENGRAIS.
A. TARIFS INTÃRIEURS NÃERLANDAIS.
La question du transport i\ bon marché des engrais a, depuis longtemps, eté traitée et étudiée par la Compagnie pour 1'Exploitation de chemins de fer de 1'Ãtat, qui, soit en service intérieur, soit dans ses relations avec les autres Administrations néerlandaisés de chemin de fer, a taché de faciliter et de développer ces transports.
Les engrais sont expédiés soit d'après les prix du tarif normal, soit par application de tarifs spéciaux.
lis sont, qnant au tarif normal, rangés il la classe la plus réduite, la classe C, sans distinction entre l'engrais naturel et artificiel. Les bases de la classe C ont été mentionnées lorsque nous avons traité le transport des denrées agricoles.
Outre le tarif normal il existe encore deux tarifs spéciaux a prix réduits.
Le premier, de date ancienne déja, est appliqué, d'nne manière générale et dans toutes les relations du service mixte, depuis le mois de février jusqu'au ll;r décembre, au transport des engrais de toutes sortes, d'après les bases suivantes:
Le tarif est divisé en trois classes, I, Ha et II/).
La classe I s'applique aux transports par quantités de 5000 kilogr. au minimum par wagon, ou payant pour ce poids; les deux autres classes aux expéditions par charges complètes de 10 tonnes.
13
Skct. yh.
Le transport aux prix des classes I et 11« se fait en wagons t'ermés on converts, celni de la classe 116 en raatériel découvert, sans responsabilité ponr les transporteurs.
Les vidanges en wagons-citernes sont transportées au prix de la classe lift, pendant toute l'année.
Les bases du tarif spécial en question sont les suivantes:
Ciasse 1. frais fixe par tonne...........fl. 0.70
frais variables par tonne-kilomètre sur un parcours
de 1 a 150 kilometres........ â 0.02
a partir de 151.............â 0.01
Ci.asse Ha. frais fixe par tonne...........â 0.70
frais variables par tonne-kilomètre sur un parcours
de 1 a 150 kilometres ........â 0.015
a partir de 151 â ........â 0.01
Classe Ub. frais fixe par tonne:
pour un parcours de 1 a 30 kilometres . . . . â 0.50 pour chaque kilometre en plus, jusqu'a concurrence
d'un frais fixe maximum de fl 0.70 . â 0.01
frais variable, par tonne-kilom.;
de 1 a 100 kilometres.........â 0.01
de 101 a 200 â .........â 0.001»
14
a partir de 201 â .........â 0.008
Nous donnons ci-après un aper(;u du tarif spécial resultant de ces bases et nous mettrons en vue des prix de chaque classe, ceux des classes normales pour bien faire ressortir les réductions.
|
Classe I. |
Classe normale A. |
Classe IK |
Classe normale B. |
Classe lib. |
Classe normale C. | ||||||
|
Prix par tonne. | |||||||||||
|
10 |
kilometres . |
fl. 0.90 |
fl. |
1.10 |
fl. |
0.85 |
fl. |
1.â |
fl. |
0.60 |
fl. 0.90 |
|
50 |
1! |
â 1.70 |
â |
2.70 |
11 |
1.45 |
11 |
2.20 |
i quot; |
1.20 |
â 1.70 |
|
100 |
11 |
â 2.70 |
4.20 |
11 |
2.20 |
11 |
3.20 |
11 |
1.70 |
â 2.20 | |
|
150 |
11 |
â 3.70 |
1 71 |
5.70 |
11 |
2.95 |
11 |
4.20 |
11 |
2.15 |
â 2.70 |
|
200 |
11 |
â 4.20 |
1 - |
G.70 |
1 â |
3.45 |
11 |
4.70 |
quot; |
2.60 |
â 3.20 |
|
250 |
V |
â 4.70 |
i quot; |
7.70 |
t H |
3.95 |
11 |
5.20 |
71 |
3.â |
â 3.70 |
|
300 |
V |
â 5.20 |
11 |
8.20 |
71 |
4.45 |
11 |
5.70 |
11 |
3.40 |
â 4.20 |
|
350 |
11 |
â 5.70 |
11 |
8.70 |
11 |
4.95 |
11 |
G.20 |
11 |
3.80 |
â 4.70 |
|
400 |
11 |
â G.20 |
1 11 |
9.20 |
» |
5.45 |
11 |
(5.70 |
!l 11 |
4.20 |
â 5.20 |
Sect. V h.
A cóté de ce tarif spécial, ,1a Compagnie pcrnr ['Exploitation de chemins de fer de 1'Etat en a publié un autre pour le transport des matières fécalea, des immondices de villes et du compost, originaires des voiries communales et en destination de toutes les ga res de son réseau. Ce tarif spécial atteint done le double but de faciliter aux voiries communales le placement de leurs produits et de permettre aux cultivateurs de se procurer a bon marché et de bonne source l'engrais dont ils ont besoin.
Le transport se fait en matériel découvert ou en wagons-citernes; dans ce dernier cas la taxe est augmentée de 25 %.
Les taxes sont établies ]iar zones et s'élèvent a:
fl. 6.â par wagon sur un parcours jusqu'a 100 kilometres.
, 9-â â â â â iie 101 a 150 et a ,, 12.â â â â â de plus de 150 ,,
B. TARIFS 1NTERNATI0NAUX
En Service BeigeâNéerlandais il est fait une distinction entre les différentes sortes d'engrais, qui sont rangés au tarif spécial I, pour autant qu'il s'agit d'engrais non-dénommés, tandis que les engrais communs sont expédiés aux prix du Tarif spécial II et les phosphates, guanos etc. a ceux de la Classe 4.
Les bases de cette dernière classe ont été traitées sous la rnbrique ..denrées agricolesquot;; celles des tarifs spéciaux I et II par tonne sont les suivantes:
15
|
|
f^es prix, ]gt;:ir tonne, de ces tarifs spéciaux sont done:
pour 10 kilometres .... frs. 1.10 frs. 1.10
â .)0 â .... 3. â 3.
â 100 â .... â 4.75 â 4.50
â 150 â .... â â 5 â
â 200 â .... â 7.25 â 5.50
â 2;iO â .... â8.â â lt;!.â
â 300 â .... â 8.50 â 6.50
â 350 â .... â 9. â 7.-
â 400 ...........â10.- â S, -
â 500 ,. .... â12.- â10.-
â ««H) ...........â 14.â â12,-
20
Sect. V /gt;.
Ces raêmes prix sont d'application sur le parormrs beige et néerlandais, dans les tarifs directs avec la France, le transport dans ce pays devant se faire exclusivement anx conditions du tarif intérieur franyais.
En service direct avec 1'Allemagne, les engrais de toute sorte, naturels ou artificiels, selon qu'ils sont remis au transport par quantités de 5 ou de 10 tonnes, sont classes aux tarifs spéciaux II et III (voir pour les bases de ces tarifs ce qui a été dit au sujet des denrées agricoles).
En outre il existe un tarif exceptionnel pour le transport des engrais, par expéditions d'au moins dix tonnes, calculé d'après une unité kilométrique de 0.22 pfennig par 100 kilogr. et un frais fixe de Marcs 7.â par 10.000 kilogr. sur un parcours total de 350 kilometres; pour chaque kilometre excédant ces 350 kilometres, l'unité n'est plus que de 0.14 pfennig par 100 kilos.
10
Le tableau suivant montrera la difference des prix selon ce tarif exceptionnel et selon le tarif spécial III de la classification normale.
|
ïarif Exceptionnel. Tarif spécial lil. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
['our en faciliter le transport par charges incompletes enfin, on a également rangé les engrais et les matières premières pour la fabrication d'engrais, au tarif exceptionnel, dont nous avons parlé en traitant les transports des denrées agricoles.
Sect. V/gt;.
C ON CLUSIONS.
L'apercu, que nous venons de donner, des mesures prises par les Administrations de chemins de fer aux Pays-Bas, ii la Hn de faciliter et de développer le transport des denrées agricoles, du bétail et des engrais, tant en service intérieur néerlandais qu'en trafic international avec les pays liniitrophes, ne laisse pas de doutes sur les bonnes dispositions de ces Administrations vis-k-vis des agriculteurs et sur leur ferme intention de prêter une oreille attentive aux vceux raisonnables qui sont portós è, leur connaissance. Presque pour tous les transports en question et pour toutes les relations d'une certaine importance on a créé des tarifs spéciaux et exceptionnels donnant des prix trés réduits; en dehors des prix de ces tarifs il y a encore moyen de s'assurer le transport k bon marché des produits agricoles, en garantissant aux Compagnies de chemins de fer des envois périodiques et d'une certaine importance, pendant un certain laps de temps.
Dans les Pays-Bas, oü un nombre infini de cours d'eau et un réseau interminable de canaux permettent k la navigation de faire une concurrence des plus efficaces aux Compagnies de chemins de fer, qui, s'ils n'ont pas toujours l'avantage de pouvoir offrir des prix aussi réduits, out presque toujours celui d'assurer un transport beaucoup plus rapide et partant bien preferable pour des marchandises sujettes a prompte deterioration, ces Compagnies sont toujours disposées, dans la mesure du possible, k s'entendre avec les expediteurs qui veulent leur confier exclusive ment le transport de leurs marchandises.
17
i^ECT. V h.
Si done la cinquième Section avait ii émettre fles voeux k ee sujet, ce serait, d'après mon avis, celui de faire constater par le Congrès:
1°. Qu'aux Pays-Bas les transports des denrées agri-coles, du bétail et des engrais jouissent non-seulement des prix les plus favorables du tarif general mais encore de taxes réduites, résultant de tarifs spécianx et excep-tionnels, créés presque toujours k eet effet.
2°. Que ces prix réduits ne sont pas seulement appliques au tralie intérieur, mais servent aussi aux transports internationaux.
3U. Que la loi sur le transport par chemin de fer dans les Pays-Bas permet en outre l'application de taxes en dehors des tarifs publiés, pour les marehandises ;\ expédier par quantités importantes ou en vertu de contrats pour le transport d'une ou de plusieures charges complètes.
4n. Que Ik, oü les taxes des différents tarifs publiés paraitraient évidemraent trop onéreuses encore, les agri-culteurs ont le moyen de s'assurer sous certaines conditions l'application de prix plus réduits, en s'entendant avec les Administrations de chemin de fer.
5quot;. Que ce moyen ne profite pas aux grands expé-diteurs seuls, mais que rien n'empêche les petits de s'associer afin de faire atteindre aux transports qu'ils désirent effectuer le plus grand développement possible et d'obtenir par Ik des conditions plus favorables.
18
1!»
Sect. V h.
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Congres International d'Agricnltnre
a La Haye en 1891.
Section V. Economie rurale.
b. Transport a bon marché.
Désinfection des wagons a bestiaux et du mat ér iel des fermes, marches, abattoirs etc.
NOTE
PAK
M. Louis MASSON,
Inspecteur de rassainissement de Paris.
La facilité avec laquelle les épizooties se développent et se transmettent ii distance, par le fait du manque de propretó du matériel servant au parcage ou au transport des bestiaux, n'est plus a discuter aujourd'hui; et, dans tous les pays, on voit s'accroitre, chaque jour, 1'importanee des mesures prises contre la propagation de maladies qui peuvent ruiner les régions oü elles se développent.
Aussi, il nous a paru intéressant de signaler au Congrès un appareil encore nouveau et pcu répandu, qui permet dc pratiquer une désinfection des plus efficaces et cependant d'une fa(;on rapide et économique.
Kappelons d'abord, en quelques mots, les moyens générale-ment en usage, notamment dans les compagnies de chemins de fer pour la désinfection des wagons a bestiaux après chaque transport. Le procédé le plus répandu consiste en un premier grattage a sec, puis a 1'eau avec brossage et enfin aspersion d'un liquide antiseptique.
On commence par retirer il la pelle toute la terre et le fumier répandus sur le plancher du wagon; les matières adbérant aux parois sont ensuite arrachées a 1'aide de grat-toirs; des crochets de formes spéciales servent ü nettoyer les intervalles entre les planches; des balais de chiendent ou de piazzava, avec de grandes quantités d'eau, permettent de parachever le nettoyage. Après cette opération, les parois sont humectéea avec un liquide antiseptique que 1'on répand
Sect. V.
tout siiiiploment a 1'aide d'un arrosoir ou que Ton projette avec une pompe a main.
Cettc manière de faire est pen rapide, elle est surtout coü-teuse; l'adhérence extréme des résidus dessèchés sur les parois rend quelquefois le nettoyage trés difficile; de plus, l'emploi des grattoirs et des crochets détériorc assez promptement le matériel en arrachant des fragments de la boiserie de revéte-ment, agrandissant des joints ou des fentes, etc.
Un second procédé, moins usité que le précédent et pour-tant déja bien préférable, est couramment employé dans quelques pays; en Allemagne, en Russie, en Autriche, etc. II consiste a projeter sur les parois du wagon, après 1'enlève-ment du fumier et un grossier nettoyage a sec, un mélange d'eau et de vapeur il haute température e'i a haute pression, emprunté a une locomotive. Ce jet, par sa violence, arrache les matières les plus adhérentes sans que le bois subisse de détérioration; la chaleur désinfecte en même temps, au moins dans une certaine mesure.
L'appareil que nous voulons décrire ici et que nous avons vu fonctionner avec plein succes au marché a bestiaux de la Villette il Paris, a été établi en vue d'uue meilleure et plus sure application de ce deuxième procédé (1). Par ses dispositions, 1'opération du nettoyage est rendu plus facile en même temps que la désinfection est plus efficace.
L'appareil se compose essentiellement d'une chaudière légere a vaporisation rapide et a haute pression, montée sur un train de voiture a quatre roues, manoeuvrable a bras. Une petite pompe a vapeur puise constamment 1'eau dans une bache disposée sur le même train et refoule cette eau dans la chaudière. Enfin, un réservoir cylindrique d'une trentaine de litres environ de capacité, renfermant un liquide antisep-tique fait corps avec l'appareil.
Un robinet de prise d'eau est fixé sur la partie moyenne de la chaudière de faron a donner passage a 1'eau mais non a la vapeur; ce robinet correspond avec un tube distributeur d'oü partent deux et même trois tuyaux de caoutchouc resistant. de 10 £i 15 mètres de longueur, terminés eux-mêmes par des lances métalliques.
Une tuyauterie particuliere, avec une sorte d'aspirateur, réunit le réservoir cylindrique au tube distributeur et fait arriver dans celui-ci un filet continu de liquide antiseptique ainsi entrainé par le courant d'eau chaude.
o
On voit que, a l'aide de eet appareil, le nettoygc est obtenu par Taction du jet d'eau bouillante sous pression et la désinfection est assurée a la fois par la chaleur et par le liquide antiseptique.
(1) M. M. Geneste et Herschar, Ingénieurs a Paris, 42. rue du Cliemin-Vert, Inventenrs et Constructeurs de l'appareil.
Sect. V.
En fait, cutte désinfection paruit ne rien laisser a désirer ainsi que nous 1'avons constate.
La machine est réduite au minimum de poids et d'encom-brement; deux hommes peuvent la rouler dans la ferme ou sur les quais et dans les entre-voies des chemins dc fer, etc., et 1'amener en presence des murs de 1'écurie, de 1'étable ou (ht materiel a desinfecter, sans exiger de longues manoeuvres, sans encombrer aucune voie, aucun local.
La machine en service au Marché a bestiaux de la Villette a Paris est pourvue de deux lances; le désinfectant employé est le Crésyl. Elle sert notamment au nettoyage des 3600 claies qui se trouvent dans la halle aux inoutons.
Autrefois, les claies étaient transportées dans un bassin de lavage, puis brossées au balai de piazzava après un séjour de 24 heures sous 1'eau. Ce procédé exigeait une main-d'ceuvre considérable et ne permettait pas d'etfectuer le lavage et la désinfection des 8600 claies en moins de deux mois. Avec la nouvelle machine, 1'opération totale est faite en 25 jours avec 1'emploi de trois hommes seulement an lieu de six.
Nous savons que des appareils du même type fonctionnent dans plusieurs compagnies de chemins de fer pour la désinfection des wagons a bestiaux; nous signalens celui qui tra-vaille depuis environ une année au chemin de fer de 1'Ouest (Gare de Clichy); il est pourvn de trois lances, ce fjui per-met d'opérer simultanéiuent la désinfection de trois wagons. La durée de 1'opération, pour chaque voiture, est de 15 minutes et le prix de revient est notablement inférieur a celui du nettoyage rudimentaire au grattoir et a la brosse.
En résumé, cette machine parait résoudre d'une fa(;on aussi satisfaisante que possible le problème si important cle la désinfection des étables, des wagons, du materiel des marchés a bestiaux et des abattoirs; nous croyons devoir la signaler a la bienveillante attention de Messieurs les Membres du Congres.
CoDgrès International d'Agpieultnre
a La Haye en 1891.
Section V.: Economie Rurale.
c. Nationalisation du sol.
RAPPORT
DE
Monsieur J. STOFFEL.
Squot; S
Le resultat général de â1'Enquête sur 1'état de 1'agriculture âdans les Pays-Basquot; publié l'année 1890 est conlt;;u en ces termes;
âQuant a la jirospérité de 1'agriculture, il ressort trés clai-,,remept des faits nombreux qui pourraient être établis, que â1'agriculture languit. L'état des choses est non seulement âloin d'être satisfaisant, mais en réalité bien plus grave que âbeaucoup de personnes, non initiées de trés prés a la situ-âation, ne seraient disposées a croirequot;.
âLa prospérité a diminué presque partoutquot;.
âDans différents endroits, la condition des paysans a fort diminué dans les dix derniéres années. II ressort presque généralement de tous les rapports une perte de capital con-sidérable et toujours croissantequot;.
Selon les chiffres publiés par âl'Institut de Statistique pour les Pays-Basquot; la dette hypothécaire, qui naturellement pése surtout sur le petit propriétaire, â les grands n'hypothè-quent pas leurs terres â s'est élevée de 463 millions de florins en 1867 a 1060 millions en 1888.
Cette statistique ne donne pas séparément la repartition de la dette hypothécaire sur le sol et celle sur les batiments, mais le rapport cité ci-dessus établit que 1'augmentation de la dette hypothécaire sur le sol a été considérable.
Le phénoméne de la dette hypothécaire croissante se montre dans tous les pays civilisés.
Derniérement, les propriétaires fonciers de l'Allemagne adresséren11 aul Reichstag une requête afin d'obtenir une diminution de Pimpót foncier.
Dans cette pièce il est dit que la dette hypothécaire de la Prusse s'éléve ii 40 milliards et que chaque année elle s'accroit d'un milliard de Mark.
Sect. V r.
lei, en Hollande, le nombre des propriétaires cultivant eux-mêmes leurs terres diminue continuellement par oj)po-sition a celui des fermiers.
En 1882, parmi ceux qui font emploi du sol d'une étendue de 1 a '20 hectares, 61,9 0I0 étaient encore propriétaires dn sol cultivé par enx et 38,10/0 en étaient fermiers.
En 1887, cette proportion était de venue 60,3 0/0 pour les propriétaires et 39,7 0/0 pour les fermiers. Des cultivateurs possédant plus de 20 hectares, la moitié presque sont des fermiers.
Les propriétaires éleveurs do bétail ont diminué de 69 0/0 en 1879 il 64.1 % en 1887, tandis que les fermiers augmentèrent de 31 a 35,9 0/0.
En 1887, dans tout notre pays, 1,023,600 hectares étaient exploit és par des propriétaires. de plus d'un hectare et 825,900 hectares par des fermiers. Dans nos provinces les plus fertiles, en Frise et en Zélande, il n'y avait respecti-vement que 37,7 % et 35,8 %, c. a d. qu'un bon tiers dn sol est exploité par les propriétaires eux-mêmes.
Si maintenant on prend en considération que sur les listes des propriétaires qui exploitent eux-mêmes leur sol, on a également compris messieurs les engraisseurs de bétail, les propriétaires de bois et les vendeurs d'herbe, dont toute la peine d'exploitation consiste a encaisser les prix de vente chez le notaire, il résnlte suffisamment de ee qui précède, qu'il n'y a guère que la moitié et probablement qu'une maigre moitié du sol de notre pays, qui soit encore possédée parle paysan cultivateur sur lequel pèse principalement la dette hypothécaire croissante et qu'il est rapidement remplacé par le propriétaire foncier, qni fait cultiver le sol par des fermiers et ne considère la terre que comme un moyen de retirer des rentes de son capital.
En France c'est également le cas. Le président de la Commission de 1'enquête décennale sur l'agriculture en France, monsieur Tisserand, dit dans son rapport sur 1'année 1888;
âNos petits paysans forment bien la tres grande majorité des propriétaires, mais il s'en faut cependant de beaucoup qu'ils possèdent la plus grande partie de la terre. lis ne cultivent qu'une portion minime du sol de la France. On est dans 1'erreur en admettant que la terre en France est entre les mains des petits paysans.quot;
En Allemagne, la possession du sol par des personnes complètement étrangères a l'agriculture, snrtont par les gros capitalistcs et les banquiers, augmente d'nne manière inquié-tante et c'est le cas, a un degré plus bant encore dans les Etats-Unis de 1'Amérique septentrionale, oü le sol est acheté avec une rapidité effrayante par le gros capital, non pas pour le cultiver mais seulement pour gagner par 1'augmen-tation de la valeur du sol.
2
Sect. V r.
C'est vm mal profond et envahissant qui, non seulement nuit la prospérité du laboureur, mais détruit en inême temps tout le corps social et qui est cause que des terres restent incultes et des ouvriers sans travail. Par la, la production est trop petite et la pauvreté presque générale dans tout le monde, bien que, grace a nos connaissances plus étend lies dans les domaines de 1'agriculturc et de 1'industrie, comparées a celles d'autrefois, la faculté de production du travail de 1'homme ait doublé plusieurs fois.
Pourquoi maintenant le paysan s'appauvrit-il ? pourquoi le bien-étre de la population campagnarde de tous les pays dimi-nue-t-elle malgré la supériorité de science appliquée a 1'agricul-ture, les meilleures voies de communication pour procurer des engrais et exporter les produits agricoles qui peuvent trouver aujourd'hui un inarché dans le monde entier, malgré entin le grand capital (produits économisés du travail de 1'homme) qui pourrait être a la disposition de 1'agriculture?
Pourquoi le paysan s'appauvrit-il malgré ces circonstances favorables ?
lu. Paree qu'il manque de terre pour exercer son métier.
11 y a trop de demande de terre et trop peu d'ofl're; par la les fermages et les prix d'achat sont trop élevés comparés a la production pécuniaire, avec le prix relativement bas des produits de l'agriculture.
'2n. Paree qu'il manque de capital pour l'achat d'engrais, d'instruments aratoires et de bétail, afin d'augmenter sa récolte et d'améliorer la qualité do ses terres.
8°. Paree qu'il manque d'acheteurs pour ses produits de culture intensive: beurre, oeufs, fruits, légumes, qu'il produi-rait et livrcrait immédiatement au consommateur, seulement ce consommateur serait en état d'acheter de lui ces choses en quantité suffisante, si enfin la grande masse du peuple recevait un salaire assez élevé et par la avait assez de faculté d'acheter pour pouvoir prendre ces articles du marché. A cause de cette faible faculté d'acheter de la masse, le paysan, dans notre pays, au lieu de s'occuper de culture intensive, est obligé de cultiver des gros produits, tels que céréales, betteraves, etc., avec lesquels il doit concourir en prix avec des cultivateurs de sol moins cher en Amérique et en Australië.
4°. Paree que, comme fermier, il manque des garanties légales de moissonner oil il a semé, de recueillir les fruits de ses améliorations apportées par son propre travail ou par l'emploi de capital au sol qu'il travaille.
Le laboureur rural forme la principale classe d'hommes et la plus nombreuse. Plus de la moitié de la population vit directement d'agriculture. (J'est le premier devoir de 1'état de veiller a ce que l'agriculture ileurisse, qu'a eet etfet le sol et le capital soient suffisamment disponibles et que 1'écoule-ment soit rendu aussi grand que possible.
3
Sect. V c.
C'est par la que la production sera augmcntée, que le manque de travail eessera, que l'agglomération de la population dans les villes sera arrêtée et que la pauvreté presque générale fera place a une prospérité presque universelle.
(.''est par la que sera détournée la revolution violente que le maintien de nos institutions sociales actuelles rend inévi-table, et par la que nattra une société oi\ personne ne songera ii abolir la propriété privée des produits du travail et a liniiter la liberté personnelle, paree que tons auront l'oecasion d'acquérir des possessions et que ces possessions particnlières ne mettront personne a même de priver les autres hommes du fruit de leur travail. ^ ^
Les cultivateurs et les ouvriers en général â (c. a d. qui-conque fait un travail manuel ou intellectuel) â sont oppri-niés par la puissance excessive du gros capital. Tout ce qui peut liniiter ou détruire cette puissance est utile a l'agricul-ture et salutaire a toute la société.
Le moven dont l'état doit se servir s'appclle: la nationalisation du sol, qui consiste a faire du sol et des monopoles la propriété nationale.
Elle peut être appliqnée successivement par des indemmtes aux propriétaires actuels; chaque pas fait dans ce sens, agrandira la quantité de sol disponible, augmentera la production, le salaire et la faculté d'acheter du peuple, amélio-rera la condition du fermier, contraindra le capital a soutenir 1'agriculture et l'industrie, liniitera et enfin anéantira la puissance du capitaliste de faire des rentes et des gains.
Nous nous adressons a ceux qui gouvernent les peuples afin de peser les mesures suivantes et de faire des lois dans
eet esprit. .
1°. Qu'il soit donné ii l'état le pouvoir de s appropner, movennant une juste indemnité, les terres qui maintenant ne sont pas cultivées ou ne le sont qu'en partie, de les affermer a de bonnes conditions aux ouvriers de la campagne et de les soutenir par du capital afin de batir une maison, de se procurer du bétail et d'améliorer leurs terres.
2°. Que 1'augmentation de la valeur du sol, causée par suite de l'accroissement de la population ou de travaux exécutes par la connnunauté (agrandissement de villes, constructions de chemins de fer, de tramways, de ports et de canaux, con-duites d'eau et éclairage, pavement et constructions d'égoüts) revïenne au fisc sous forme d'impöts plus élevés. La commu-nauté acquiert par la des revenus qui lui appartiennent de plein droit, paree qu'ils ne résultent pas du travail de per-sonnes particnlières mais de celui de toute la société.
3°. Que, sur une grande échelle, l'état defriche des bruyeres, dessèche des marais et niette a sec le Zuyderzée et les gués de la Frise, et qu'il ne vende pas, mais atferme les terrains ainsi obtenus.
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Sect. V r.
4°. Qu'il soit fait des dispositions transitoires par lesquclles tout le sol arrive successivement a être possédé par la com-munauté, la seule qui soit en état de l'exploiter dans 1'intérêt de tons.
Le sol a tous. C'est la seule condition par laquelle la société peut continuer d'exister et de se développer paisible-ment; par laquelle la propriété privée des produits du travail et avec elle la liberté individuelle peut être conservée; par laquelle enfin 1'accroissement du capital (produits economises du travail de l'homme) et le progrès de l'esprit d'invention de l'homme sera un bonheur au lieu d'une malediction pour l:i race humaine.
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ECLAIROISSKME^T.
Manque de sol. Dans notre pays, uu cinquième du sol est encore inculte et une grande partie du sol cultivé pourrait produire beaucoup plus s'il était entre les mains de 1'état ou tie la commune, qui affermerait la terre aux laboureurs a des conditions avantageuses. Actuelleraent une grande partie du sol est entre les mains de personnes qui sont ou trop riches, â de sorte qu'une plus grande production leur est indifférente, â ou trop pauvres, de sorte qu'ils ne peuvent employer au sol ni capital, ni travail.
11 y a tres peu de sol absolument infertile; le soleil luit et la pluie tombe sur toute terre; il ne s'agit que d'arriver a ce que le travail et le capital soient employés au sol. C'est la la vraie procuration de travail qui peut donner une existence indépendante aux ouvriers sans travail, entretenus aujourd'hui par la charité.
Ce que 1'on peut faire du sol maigre des bruyères, un pay san d'Averlo le démontre entre autres; il y a 45 ans il se init a cultiver une bruyère de 40 hectares et il a amélioré tellement la qualité du sol, qu'il produit presque autant que les terres argileuses. 11 est mort 1'année dernière et a pu laisser 12 000 florins il chacun de ses six fils. Tout cela a été gagné sur cette terre malgré âla dureté des tempsquot;. Mais ce pay san n'a jamais acheté des papiers de valeur et il a employé son capital considérablc pour des engrais, des fourrages et du bétail.
La possibilité, pour 1'ouvrier de bonne volonté, d'avoir des terres, actuellement incultes, diminuerait considérablement dans notre pays le manque de travail et le paupérisme; mais ce serait le cas a un bien plus haut degré encore dans d'autrcs pays de 1'Europe et de 1'Amérique.
Pour ce qui concerne l'Aliemagne, un grand propriétaire f( meier, G. Krdmann de Minden, écrit:
âEn Allemagne, beaucoup plus de la moitié des terres sont ou tout a fait incultes ou cultivées d'une manière si défec-tueuse que la production est des plus minimes. C'est surtout au nord et a 1'est de notre pays qu'apparait ce triste phéno-mène et les hommes se consolent avec 1'excuse cpie ces con-trées ne sont pas fertiles. C'est avec de tels bavardages que
Sect. V c.
nous couvrons nos tantes et qu'en nous plaignant des âmau-vais tempsquot;, nous laissons perdre des milliards chaque année.
Erdmann soutient, avec preuves a 1'appni, que le sol de l'Allemagne divisé en pieces de 20 a '40 hectares entre des paysans actifs peut rapporter le triple de ce qu'il rend aujourd'hui.
En France la moitié du sol n'est pas cultivée, la grande propriété y augmente également d'une manière inquiétante. Albert Toubeau montre par des chift'res officiels que le '/,0 seulement du sol de la France est en possession du paysan actif. La population accourt en foule dans les grandes \ illos, le pays s'appauvrit et va ótre sans culture. Dans les 50 der-nières années, dit Fernand Maurice, six millions de paysans out déménagé de la campagne a la ville.
En Angleterre 1'agriculture décrolt continuellement, la population campagnarde s'appauvrit et est refoulée vers les villes. D'après le dernier recensement il résulte que, par exemple, dans la commune de Great-Driffield, centre d'un district campagnard du East-Yorkshire, la population a dimi-nué de ö 0/0 depuis 1881 et il y a beaucoup de villages oü la diminution est bien plus forte encore.
De plus en plus 1'Angleterre, qui, par une culture raison-nable, pourrait produire assez de nourriture pour tons ses habitants, devient dépendante de l'étranger.
Selon le professeur Henry Fawcett sur une population de 20 millions d'hommes, en Angleterre et dans le pays de Galles, 80,766 seulement sont propriétaires. La quantité de sol cul-tivé et le nombre des laboureurs diminue sans cesse.
Sur phis de 3 millions de cultivateurs on 1861, le nombre est descendu a 21l2 millions en 1871. Les hommes doivent céder la jilace aux bêtes sauvages. Dans le comité de Rosshire en Ecosse le terrain pour la chasse a monté de 190.000 acres en 1872 a 609.000 en 1889, c. a. d. de 9 il 56 o/0 du sol entier de Rosshire.
L'unique moyen de relever 1'agriculture en Angleterre et d'augmenter la production de sorte que le royaume puisse produire sa propre nourriture, c'est 1'application de la petite culture (culture intensive) qui n'est possible que par la nationalisation du sol.
La petite culture rend beaucoup plus que 1'agriculture sur une grande échelle.
Lord Carrington donne line liste de 600 petits fermiers du Buckinghamshire qui font 400 florins par acre par an, tandis qu'un grand fermier n'a atteint en moyenne au plus que 84 tl. par acre.
Monsieur Stubbs démontre par des chiffres, que des ouvriers ordinaires du Lancashire cultivent 60 »/â plus defromentsur leur terra qu'on n'en obtient en moyenne sur les grandes terres.
Les hommes d'état anglais sont eux aussi convaincus que
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ECLAIROISSEMEjST.
Manque de sol. Dans notre pays, un cinquième du sol est encore inculte et une grande partie du sol cultivé pourrait produire beaucoup plus s'il était entre les mains de 1'état ou tie la commune, qui atfermerait la terre aux labtiureurs a des conditions avantageuses. Actuellement une grande partie du sol est entre les mains de personnes qui sont ou trop riches, â de sorte qu'une plus grande production leur est indifterente, â ou trop pauvres, de sorte qu'ils ne peuvent employer au sol ni capital, ni travail.
11 y a tres peu de sol absolument infertile; le soleil luit et la plnie tombe sur teute terre; il ne s'agit que d'arriver i\ ce que le travail et le capital soient employés au sol. C'est la la vraie procuration de travail qui peut donner une existence indépendante aux ouvriers sans travail, entretenus aujourd'hui par la charité.
Ce que 1'on pout faire du sol maigre des bruyères, un paysan d'Averlo le démontre entre autres; il y a 45 ans il se mit a cultiver une bruyère de 40 hectares et il a amélioré tellement la qualité du sol, qu'il produit presque autant que les terres argileuses. II est mort 1'année dernière et a pu laisser 12 CHJO florins a chacun de ses six fils. Tout cela a été gagné sur cette terre malgré âla dureté des tempsquot;. Mais ce paysan n'a jamais acheté des papiers de valeur et il a employé son capital considérable pour des engrais, des fourrages et du bétail.
La possibilité, pour 1'ouvrier de bonne volonté, d'avoir des terres, actuellement incultes, diminuerait considérablement dans notre pays le manque de travail et le paupérisme; mais ce serait le cas a un bien plus haut degré encore dans d'autres pays de 1'Europe et de 1'Amérique.
Pour ce qui concerne 1'Allemagne, un grand propriétaire foncier, G. Erdmann de Minden, écrit:
âEn Allemagne, beaucoup plus de la moitié des terres sont on tout il fait incultes ou cultivées d'une manière si défec-tueuse que la production est des plus minimes. C'est surtout au nord et a 1'est de notre pays qu'apparalt ce triste phéno-mène et les hommes se consolent avec 1'excuse que ces con-trées ne sont pas fertiles. C'est avec de tels bavardages que
Sect. V c.
nous couvrons nos fautes et qu'en nous plaignant des âmau-vais tempsquot;, nous laissons perdre des milliards chaque année.
Erdmann soutient, avec preuves a 1'appui, que le sol de l'Allemagne divisé en pieces de 20 a 80 hectares entre des paysans actifs peut rapporter le triple de ce qu'il rend aujourd'hui.
En Prance la moitié du sol n'est pas cultivée, la grande propriété y augmente également d'une manière inquiétante. Albert Toubeau montre par des chiffres officiels que le Vio seulcment du sol de la France est en possession du paysan actif. La population accourt en foule dans les grandes villes, le pays s'appauvrit et va être sans culture. Dans les 50 der-nières annees, dit Fernand Maurice, six millions de paysans ont déménagé de la campagne a la ville.
En Angleterre 1'agriculture décroit continuellement, la population campagnarde s'appauvrit et est refoulée vers les villes. D'après le dernier recensement il résulte que, par exemple, dans la commune de Great-Driffield, centre d'un district campagnard du East-Yorkshire, la population a dimi-nué de 5 0/0 depuis 1881 et il y a beaucoup de villages ou la diminution est bien plus forte encore.
De plus en plus 1'Angleterre, qui, par une culture raison-nable, pourrait produire assez de nourriture pour tous ses habitants, devient dépendaute de l'étranger.
Selon le professeur Henry Fawcett sur une population de 20 millions d'hommes, en Angleterre et dans le pays de Galles, 80,766 seulement sont propriétaires. La quantité de sol cul-tivé et le nombre des laboureurs diminue sans cesse.
Sur plus de 3 millions de cultivateurs en 1861, le nombre est descendu a 21/2 millions en 1871. Les hommes doivent céder la place aux bétes sauvages. Dans le comité de Rosshire en Ecosse le terrain pour la chasse a monté de 190.000 acres en 1872 a 609.000 en 1889, c. a. d. de 9 a 56 o/0 du sol entier de Rosshire.
L'unique moyen de relever I'agriculture en Angleterre et d'augmenter la production de sorte que le royaume puisse produire sa propre nourriture, c'est I'application de la petite culture (culture intensive) qui n'est possible que par la nationalisation du sol.
La petite culture rend beaucoup plus que I'agriculture sur une grande échelle.
Lord Carrington donne une liste de 600 petits fermiers du Buckinghamshire qui font 400 florins par acre par an, tandis qu'un grand fermier n'a atteint en moyenne au plus que 84 il. par acre.
Monsieur Stubbs démontre par des chiffres, que des ouvriers ordinaires du Lancashire cultivent 60o/o plus defromentsur leur terre qu'on n'en obtient en moyenne sur les grandes terres.
Les hommes d'état anglais sont eux aussi convaincus ([ue
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Sect. V c.
le seul moyen de combattre le paupérisme en Angleterre et le dépérissement de 1'agriculture, consiste a procurer des terres aux laboureurs, que par la seulement on peut procurer du travail a ceux qui n'en out pas, que le produit de 1'agriculture peut être augmenté et que le torrent d'ouvriers vers les grandes villes peut être détourné.
Les lois pour procurer des champs aux travailleurs (allott-ment act) et pour la creation de petits faire-valoirs (smallholdings act) sunt les premiers pas vers la nationalisation du sol.
Dans les Ãtats-Dnis de 1'Amérique du Nord nn dixième seul du sol est cultivé et la la terre est ii même, par une bonne culture, de nourrir toute la population actuelle du monde. La, des lois, qui rendraient ii l'état la disponibilité des terres vierges afin de les affermer a des paysans a des conditions raisonnables, susisteraient une demande presque infinie de laboureurs, feraient monter le salaire dans le monde entier, et augmenter d'une manière jusqu'ici inconnue la production des vivres alimentaires.
La nationalisation du sol peut done agrandir l'offre des terres, par lil accroitre la production et faire monter le salaire. Elle remplit ainsi la première condition de prospé-rité chez la première et la plus importante classe des ouvriers les cultivateurs.
2°. Le paysan manque de capital.
L'expérience et la science nous ont donné une puissance presque illimitée sur les forces productives de la nature. La quantité de légumes et de fruits est incroyable, que les cultivateurs de légumes prés des grandes villes savent faire sortir de leur terre comme par enchantement, par 1'application ii leur sol de la science, du capital et du travail. II ne dépend que de notre volonté et de nos lois pour faire sortir de notre sol natal un superH u inconnu de vivres.
Pourquoi cependant néglige-t-on cela? Pourquoi nous plaignons-nous des mauvais résultats de i'agriculture et de la pauvreté et de 1'excès de la population ?
Paree que les possesseurs de capitaux ne les emploient pas sur la terre, paree quo, malgré 1'augmentation' considérable de la richesse, I'agriculture de notre pays, comme 1'a dit monsieur v. d. Broek dansles âVragen des Tij dsquot; (Questions du jour) n'emploie pas plus de capitaux qu'il y a 70 ans.
Les pauvres ne peuvent pas employer des capitaux il leur sol paree qu'ils n'en possèdent pas, paree que le haut fermage ou la rente hypothécaire leur enlève tout.
Les riches ne le veulent pas, paree que pour leur capital épargné, ils trouvent toujours des placements sous forme d'obligations d'état, d'hypothèques ou de terres. Tant qu'ils peuvent acheter de tels papiers qui rapportent S'/j ou 4 0/0 rente par année, tandis que le capital employé pour 1'améli-oration du sol ne donne peut-être que la moitié, les bruyères
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Sect. Y r.
resteront inexploitées, les marécages iin desert, le Zuydcrzee nne flaque d'eau, 1'on eraploiera peu de capitaux a 1'amélio-ration du sol et I'agriculture se plaindra du manque de capital.
Le seul moyen de contraindre le capitaliste a mettre son argent a la disposition du cultivateur, e'est de lui limiter et enfin de lui enlever tout a fait l'oecasion d'acheter des fonds publics, papiers de valeur, des hypothèques, du sol ou des monopoles.
A mesure que cette occasion se limitera, la rente baissera, et 1'amélioration du sol, le défrichement des bruyères et le desséchemeut du Zuyderzée, deviendront possibles. Ce n'est que la rente élevée seule qui 1'empêche.
Personne ne prête son capital de 1000 florins pour moins de 4 0 0 au pay san on a 1'ouvrier, lorsque le moreeau de terrc cpi'il peut acheter pour 1000 florins peut rapporter un fermage net de 40 florins par an.
Par la nationalisation du sol on ótera au capitaliste l'occa-sion de faire un monopole de gain et la rente se soumettra a la loi de I'offre et de la demande.
Avec notre faculté actuelle de produire du capital, la rente du capital descendrait rapidement jusqu'a près de zéro et par la toutes sortes d'entreprises utiles deviendraient possibles.
Par lil presque tout le sol pourra être rendu propre a, 1'agriculture.
4. Le paysan manque d'acheteurs pour ses produits.
Comme dans toutes les autres branches d'activité humaine, la faculté de production du paysan est plus grande que la faculté d'acheter de la masse du peuple. II y a également excédant de production des produits de 1'agriculture. C'ela ne signifie pas qu'on cultive absolument trop; au contraire, la prodi;ction est beaucoup trop minime et toute 1'importa-tion actuelle de céréales des pays d'outre-mer pourrait être consommée par les 100 millions d'affamés de 1'Europe, qui alors, poiirraient manger chaque jour pour cinq cents de pain de plus, par quoi, en vérité, ils ne se surchargeraient pas 1'estomac. Cependant le laboureur cultive plus qu'il ne peut vendre et voila pourquoi il ne peut pas s'occuper de cultive intensive (petite culture).
Le seul moyen de mettre un terme a la sur-production et par la de rendre possible la petite culture repose dans I'aug-mentation de la puissance d'acheter chez la grande masse du peuple, dans le salaire élevé.
Si, pour donner un exemple, demain, par une mcsure quel-conque le salaire doublait, de manière que la grande masse serait a même d'acheter la double quantité des produits de 1'agriculture et de 1'industrie, des quels elle a grand besoin, il n'y aurait pas d'excédant de production, ni manque de
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Sect. Vr.
travail, mais il y aurait grand manque de bras pour satis-faire a la demande montée énormément.
Mais, hélas, dans les dcrniers temps nous sommes allés sans cesse dans la mauvaise direction. La faculté productive est montée énormément, mais la puissance d'acheter de la part du peuple est demeurée en arrière.
Ce n'estquot; pas la grande masse, qui achète des produits, la-quelle a acquis une plus grande faculté d'acheter, mais c'est la petite minorité des capitalistes, les riches, qui n'emploient pas 1'augmentation de leurs revenus pnur acheter les produits du travail, mais seulement pour soustraire au travailleur le sol et les moyens de travail, pour acheter des terres, des hypothèques, des fonds publics et des monopoles. II ne placent pas leur argent dans des produits du travail, mais dans des papiers qui donnent a leur possesscur le pouvoir d'exiger le produit du travail d'un autre. lis ne créent pas de demandes sur le marché aux produits, mais seulement sur 1c marché financier. Dudley Baxter calcule qu'en 1867 40 0/n encore du revenu national de 1'Angleterre consistait de salaire du travail, et en 1886 pas plus que 21 0/0.
Les riches n'achètent pas plus de produits qu'autrefois, paree que leurs besoins sont satisfaits; les pauvres ne peuvent pas acheter davantage, paree que leur salaire est trop bas. La nationalisation du sol remplit la 3e condition de prospérité du laboureur. Elle multiplie les occasions de travail, augmente le salaire de la grande masse et rend possible et avantageux, la culture intensive, par suite de la plus grande faculté d'acheter de la part du peuple entier.
4. Le fermier manque dans les circonstances présentes des garanties légales qu'il moissonnera oü il a seme, qu'il récol-tera les fruits de son propre travail.
C'est a la communaute seule que peut être confié la conclusion d'un bon contrat de fermage, qui garantisse au fermier les fruits de son propre travail, indemnise le fermier quittant, pour les améliorations qui ont amendé la qualité du sol, mais en même temps consacre a la communaute qui l'a crééo et a qui elle revient légalement, la plus-value du sol, née du travail de toute la société par 1'accroissemcnt de la population, l'augmentation des connaissances dans le domaine de 1'agri-culture, le développement des moyens de communication (chemin de fer et canaux etc.)
Quand le sol appartiendra a la communauté, celle-ci prendra plus a Cfpur les intéréts du laboureur que ce n'est le cas maintenant, paree que alors ce ne sera plus une seule classe d'hommes, les propriétaires foncicrs, qui jouiront de ces avantages, mais paree que les dépenses qui y seront cousa-crées, tendraient au profit de tous.
Alors les eaux du Berkel, du Schipbeek et du Kegge
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Sect. V r.
en Gueldre et dans 1'Over-Yssel, ne changeront pas plus longtemps le sol en marais, mals ces rivieres seront rendus propres a l'écoulement des eanx et les avantages, qui en resulteront, profiteront a toute Ia communauté et non pas seuleraent aux propriétaires fonciers.
La nationalisation du sol, la possession des terres et des monopoles par 1'état, remplit toutes les conditions pour une agriculture florissante et prospère, pour une société progres-siste, se dóveloppant sans cesse et devenant toujours plus riche.
Elle met la terre il la disposition du travailleur actif, étend l'occasion de travailler, augmente la production.
Elle soumet la rente du capital a la loi de 1'oft're et de la demande, et limite par la le tribut qae le capitaliste prélève sur le travail, 1'empêche done de prendre ce qui ne lui revient pas et le contraint en même temps de faire fructifier son capital par 1'agriculture et 1'industrie.
Elle augmente le salaire. crée par la de la demande de produits, par quo! la faculté de production reuforcée (la culture intensive) devient un bienfait pour tons.
Elle met fin a la domination qu'un homme exerce sur l'autre, qui tue la liberté et divise le monde en quelques dominateurs et beaucoup de serviteurs, tandis que ces quelques uns no dominent pas a cause de leurs vertus ou de leur capacité mais seulement paree qu'ils possèdent du capital ou des terres.
II faut qu'on iucorpore dans les lois que la terre a été donnée a tous les hommes par le Créateur comme demeure et champ de travail, que tous y ont le même droit.
Si nous no faisons pas cela, nous refusons a la masse son droit de 1'homme.
Les maux de notre société, qui conduiront a une violente revolution proviennent de co refus de droits. La demande du peuple devient toujours plus menarante. Cast 1'abolition do la propriété privée, dans laquelle le peuple croit voir la cause de tant d'injustices et de misères.
Eh! bien le peuple la voit mal: la cause en est seule la violation des droits de I'homme, la possession privée de la terre, qui a été donnée par le Créateur pour 1'usage do tous.
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La nationalisation du sol donnora a chacun l'occasion d'acquérir la propriété privée dos produits do son travail; e'est elle seule qui pout garantir le maintien du droit a la possession privée, qui sans elle sera perdue infailliblomcnt.
J. STOFFEL.
Deventer, Juin 1891.
Congres iDternational d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section V: Economie Rurale.
c. Nationalisation du sol.
RAPPORT
UK
BENNO MARTINY, de Berlin.
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VERSTATLICHUNG DES GRUND UND BODENS.
Der Mensch vermag das höchste Mass von Glückseligkeit, dessen er fiihig ist, nnr zu erreichen und sich zu sichern, wenn und so lange er sein Leben streng nach den Naturgesetzen einrichtet, denen sein Dasein untenvorfen ist. Glückseligkeit ist Harmonie mit dem Weltganzen, Harmonie mit Gott. Jede Abweichung von jenen Gesetzen, auf Grund deren der Mensch entstanden ist und denen gemiisz er sich entwickelt hat, muss naturnotwendig vorübergehende oder dauernde Störung seines leiblichen oder geistigen Wolbefindens zur Polge haben.
Bezüglich des leiblichen Wolbefindens bedarf dieser Satz keiner ihn stützender Hinweise; jedermann wird durch die tagliche Erfahrung unausgesetzt daran erinnert, wie unmittel-bar sein Wolsein abhiingig ist von naturgemasser Erniihrung, Luftzufuhr, Kleidung, Wohnung, Bewegung und Ruhe, und wie sorgsani er darüber zu wachen Veranlassung bat, dass er die von der Natur ihm gesetzten Vorschriften weder unbefolgt lasse, noch überschreite.
Minder allgemein erkannt, wenn auch nicht minder leicht erweislich, ist die Tatsache, dass auch die geistige Glückseligkeit des Menschen, mithin alle Sittenlehre, am letzten Ende auf iihnlichen Naturgesetzen beruhe. Des Stoffes Wesen ist Unendlicbkeit, des Daseins Ziel Vollkommenheit. Darum kann der Mensch von seinem Dasein nur befriedigt sein. wenn auch er, dem Drange der ganzen stofliichen Welt fol-gend, unausgesetzt nach Vervollkommnung seiner selbst und seiner Umgebung ringt und wenn er auf der Bahn der Unend-
Sect. V r.
lichkcit so in Streben nach Vervol Ikonunnunu; fortdauern siclit in Kindern und Schülern, die er erzog, in Werken derNiitz-lichkeit, der Wissenseh;ift nnd der Kunst, die er schuf. Nicht als Einzelwesen, sondern nur in der Gattung, in Gemeinschaft mit seinesgleichen und in gegenseitiger Unterstützung vermag der Mensch zur Vollendung seiner Eigenart zu gelangen. Darauf beruht die Tugend der Selbstlosigkeit, der Nachsten-liebe, der Bereitwilligkeit des Einzelnen, fiir das Gemeinwol zu wirken, unter Umstanden sich dafür zu opfern.
Zu diesen das Dasein des Mensehen bedingenden Natur-gesetzen gehiirt auch die Abhangigkeit desselben von der Erde. Der Mensch ist unbedingt an die Erde gebunden, ist durchaus unvermögend, von derselben getrennt sein Fort-kommen zu finden. Der Mensch könnte nicht leben ohne die Warme und das Licht, welche die Erde von der Sonne emp-fiingt, nicht ohne die Luft, welche die Erde umgibt, nicht ohne das Wasser, welches den von den Wolken gespeisten Quel Ion entspringt, nicht ohne die auf und von der Erde lebenden 1'Hanzen und Ticre, welche ihm zu Nahrung und Kleidung, bez. zu Erwiirmung und zu anderen Unterhaltsmitteln dienen, nicht ohne die mineralischen Schiitze der Erde, aus denen er Gevate und Werkzeuge herstellen, Bauwerke errichten, Kriifte ent-wickeln, kurzum die verechiedenartigsten Hilfsmittel für die Sicherung und Vervollkommnung seines Daseins zu gewinnen vermag. Der Mensch kann nicht geboren werden, kann nicht sterben ohne ein Fleckchen Erde als Ruheplatz, er kann sich nicht betiitigen, seine Krafte nicht entwickeln, seine Vollendung nicht errcichen ohne sich auf der Erde zu bewegen.
Diese Tatsachen sind so offenbar, so einfach, so selbstver-stiindlich, dass jedes Kind sic begreift. Ebensowenig kann ein Zweifel über das Recht und die Pflicht des Menschen bestehen, diejenigen Betiitigungen, welche seine Natur ihm vorschreibt, auch auszuüben und dazu derjenigen Hilfsmittel sich zu bedienen, auf welche die Natur ihn angewiesen hat. Wenn die Natur den Menschen mit einer Lunge ausgestattet und deren Tatigkeit zur Lebensbedingung gemacht hat, so hat der Mensch auch das Recht und die Pflicht, aus dem für alle Wesen zu Verfügung gestellten allgemeinen Luftvorrate zu atmen. Hat die Natur den Menschen so eingerichtet, dass sein Korper zum Wachtstume, zum Ersatz im Gebrauch abge-nutzter Stofte und zur Warmeerzeugung eine Stofi-Zufuhr erhalten muss, so hat der Mensch auch das Recht und die Pllicht, die zu diesen Zwecken erforderlichen Stofte in Form von Nahrung dem Körper zuzuführen. 1st die körperliche Verfassung des Menschen so geartet, dass er in den meisten Klimaten ohne den Schutz, den Kleider und Wohnung gewiih-ren, nicht auszudauern vermag, so hat er das Recht und die Pflicht diesen Schutz sich angedeihen zu lassen. Verlangt die nach ünendlichkeit driingende Natur, dass der endliche
Sect. V c.
Mensch sich fortpflanze, so fiillt deni Menschen auch das llecht und die Ff licht zu, diesem Gebote zu folgen. Gebietet die Ausübung aller seiner Rechte und Pilichten dcm Menschen, dass er sich sesshaft mache, Hilfsmittel zur Vervollkommnung des Daseins herstelle, also Besitz an beweglichem Gut erwerbe, den Besitz in sicheren Bauwerken hege, so ist es des Menschen Recht, dieser aus seiner Natur notwendig sich folgern-den Forderung nachzukommen; und kann der Mensch nur auf der Erde, dem Grund und Boden, geboren werden, leben, sich betlitigen und sterben, kann er nur von den Bestandteilen oder den Erzeugnissen der Erdc sich nahren, kleiden und Wohnung errichten, so hat auch jeder Mensch von Geburt aus das gleiche Recht, die ihni gleich Luft und Sonne frci zur Verfiigung gcstcllte Erde, den Grund und Boden, und das was dieser enthalt und das was er erzeugt, fiir seinen Daseinszweck zu benutzen. Dieses Recht teilt der Mensch mit allen anderen Wesen, welche der Erdc entsprossen, and die Erde gekct-tet, auf der Erde ihr Dasein zu vollenden berufen sind. Wie die Fische im Wasser zu leben, von den Gewiichsen des Wassers oder anderen Wassergetiers sich zu nahren, â wie Vögel und Vierfiissler auf deni festen Lande alliiberall, soweit ihre Eigenart es erfordert oder ihnen niitzlich oder angenehm crschcinen liisst, sich zu bewegen und der Erfüllung ihres Da-seinsberufs nachzuleben, so haben gleich diesen von Anbeginn und für alle Zeiten auch alle Menschen das gleiche angeborene Hecht an die Erde, ihnen Wohnstiitte, ignen Spenderin von Nahrung, Kleidung und Behausung, ihnen gemeinsame Quelle aller der Hilfsmittel zu sein, deren sie zur Eristung und zur Vervollkommnung ihres Daseins bedürfen.
Genau zu dem gleichen Schlussc fiihrt die Untersuchung der Fragc, was der Mensch naturrechtlich als sein Eigentum betrachten dürfe. Kann auf diese Frage nur die eine Ant-wort gegeben werden, dass der Mensch ein natiirliches Eigen-tumsrecht nur an die Dinge babe, die er sclbst mit seinem Verstande, mit seiner Geschicklichkeit, mit seiner Arbeits-kraft geschaftcn hat, so folgt, dass Grund und Boden niemals Eigentum eines Einzelnen sein kann, denn Grund und Boden vermag kein Mensch hervorzubringen.
Habgier und Herrschsucht auf der einen, Unverstand, Drang-sal und knechtischer Sinn auf der andern Seite haben in den sogenannten Kulturstaten der Gegenwart die Menschheit gewaltsam durch willkiirlich geschaffene Rechtsverhaltnisse dieses Naturrechts Aller am Grund und Boden beraubt.
Folgend den Gesetzen der Natur vermag der Mensch ihre Kriifte nach seinem Willen sich dienstbar zu machen, unab-sehbar ist der Umfang nützlicher Schöpfungen, deren des Menschen Gcist durch weise Anwendung der bestehenden Naturgesetze fahig ist; vergeblich aber versucht er, diese Gesetze zu umgehen, unabhiingig von ihnen seine eigenen
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Sect. Vc.
willkürlichen Wege zu wandeln, ihre Erforschung zn ver-nachlassigen oder gar wissentlich sich gegen sie aufzulehnen; erfolglos bliebe solch Bemühen, wenn nicht gar Schadigung oder Vernichtung des Menschen die Folge davon ware. So hat auch Verkennung des Naturgesetzes, welches alien Menschen gleiches Anrecht an den Grund und Boden zuweist, zu Unheil führen müssen.
Obwol dieses Unheil in seiner Gesammtheit alle Menschen, folglich unmittelbar und mittelbar auch jedenLandwirt berührt, so würde es in einer landwirtschaftlichen Betrachtung doch zu weit führen, allen Uebelstiinden, welche aus der wider-natiirlichen, also unrechten Rechtsetzung des Sondereigen-turns an Grund und Boden erwachsen, im einzelnen nachzu-gehen. Von den allgemeinen Uebelstiinden sei daher bier nur der gewichtigste, der Kapitalismus, d. i. die Anhaufung von grossen Kapitahuengen in den Hiinden Einzelner und deren Zinsbarmachung, hervorgehoben. Auch dieser Uebel-stand kann hier nicht von allen Seiten beleuchtet werden. Es genüge darauf hinzuweisen, dass in ihm die heutige sogen. sociale Frage beruhe, d. i. der Widerstreit zwischen Arbeit und Erwerb, die Unfreiheit der in Geschiiftsunternehmungen angestellten Arbeiter, ihre Herabwürdigung zu Arbeitsmachi-nen, das wachsende Unvermögen der Arbeiter, die Prüchte ihrer Arbeit zu geniessen einerseits, und die wachsende Schwie-rigkeit der Geschiiftsunternehmer, die von ihnen für sich in Anspruch genommenen Erzeugnisse der Arbeiter zu verwer-ten, andrerseits, hier die Not, die Verkümmerung und das Verbrechen aus unverdientem Mangel, dort die Schweigerei, die Verweichligung und das Laster aus unverdientem Ueber-lluss. Ware Grund und Boden nicht Sondereigentum, ware derselbe nicht für Darlehen verpfilndbar, so würde auch Kapitalansammlung in den Handen Einzelner auf Kosten der grossen Menge, wenn nicht ganz unmoglich, so doch auf ein ausserst geringes kaum mehr schiidliches Mass herabgesetzt sein, es würde in jedem Gemeinwesen nur einen Grosskapitalisten geben, dass wiire die gesammte zu dem Gemeinwesen vereinigtë menschliche Gesellschaft selbst, die Gemeinde, der Stat.
Damit ist zugleich der hauptsiichlichste L1 ebelstand berührt, welcher sich für die Landwirtschaft besonders aus dem wider-natürlich geschaffenen Gnmdeigentumsrecht ergibt. Alle im letzten Jahrzehnt so vielseitig und so oft beklagte Notlage der Landwirtschaft beruht, von vereinzelnen Fiillen des Unver-standes oder der Unfiihigkeit abgesehen, auf dem Missver-hilltnisse zwischen dem möglichen und tatsachlichen Reiner-trage der Landgüter auf der einen, und dam Betrage der in Form von Hypotheken- oder von Pachtzins zu zahlenden Grundrente auf der andern Seite. Bezüglich des Pachtzinses kann dieses Missverhaltnis bcseitigt werden und wird tatsach-
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Sect. V c.
lich zur Zufriedenstellung der Landwirte geregelt, weil dcm Verpachter als Grundeigentümer daran gelegen sein muss, den Pachter leistungsfahig und das verpachtete Gut in imver-nachliissigtem, unausgeraubtem, also tragbarem Zustande erhalten zu sehen. Diese Kücksicht liegt dagegen für den Hypotheken-Inhaber nich vor, dem es uur darum zu tuu ist, sich möglichst hohe Zinseu auszubedingen, diese pünkt-lich am Verfalltage bezahlt zu erhalten, bez. sein dargeliehe-nes Kapital zu bestimmter Zeit sicher und ungeschmalert zurück zu erlangen. Erscheint diese Absicht in der einen oder andern Beziehung in Frage gestellt, so fordert der Kapitalist sein Kapital zurück, und der in Zeiten einer Notlage schon wegen der Zinszahlung bedriingte Landwirt sieht sich durch die Beschaffung des rückzuzahlenden Kapitals an den Rand des Verderbens gebracht. Die Hypothek ist die unabliissig hinter all seinem Tun geschwungene Geissel, ist das fortwiih-rend über seinem Haupte schwebende Damoklesschwert. 1 Heser unheilvolle, bedriingende, angstigende, verderbliche Zustand hört auf, sobald es statt der Grundeigentümer nur noch Gmndpachier gibt, sobald die Gemeinde oder der Stat alleinige Grundeigentümer sind oder m. a. W. alles Grund-eigentum in Grundgemeintum umgewandelt ist; denn damit fallt die Hypothek, und mehr noch, als der Sondereigen-tümer eines Landguts, hat die Gemeinde, hat der Stat Ver-anlassung, in Kallen wahrer, uuverschuldeter Not Pacht nachtlass zu gewahren, um die Leistungsfahigkeit des vater-landischen Bodens bewahrt, um das auskommliche Bestehen der Bebauer des Grund und Bodens, und damit die Erfüllung ihrer Bürgerpflichten gesichert zu sehen.
Noch grosser würde die Sicherstellung der Landwirte im Pachtverhiiltnisse sein, wenn die zu zahlende Pachtrentc nicht ein für allemal in einem bestimmten Geldbetrage festgesetzt, sondern uach dem Preisstande der landwirtschaftl. Erzeug-nisse bemessen, also nicht in Geld, sondern in einer Menge auf dem betreflenden Landgute gewinnbarer Erzeugnisse (Getreide, Kartoffeln, Zucker, Butter, Kiise, Wolle, Vieh oder dgl.) festgesetzt und nach dem Marktpreise dieser Erzeugnisse in Geld entrichtet würde. Damit würde auch die Frage der landw. Schutzzölle alle landw. Bedeutung verlieren. Erscheint es dem State für die Gesammtheit nützlich, Idw. Schutzzölle zu erheben, also die Erzeugnisse der Landwirtschaft im In-lande zu verteuern, so haben die Landwirte eine hohere Pacht zu zahlen, zu weleher sie durch die höheren Preise befahigt sind; erscheint es für das Gemeinwol vorteilhaft bestehende landw. Schutzzölle aufzuheben, so ermassigt sich für die Landwirte auch die zu zahlende Pacht entsprechend den niedri-geren Preisen.
Von allen weiteren Vorteilen, welche sich aus der Rück-führung des Grundeigentums in Grundgemeintum für die
Sect. V c.
Landwirtschaft ergeben würdcn, seien, um nicht 7Ai ermiiden, nur folgende angedeutet:
die Leichtigkeit des Besitzwechsels im Pachtverhiiltnis; die Leichtigkeit der Aufteilung grosserer Landgiiter behufs SchafFung neuer Iiesitzstollen für Ansiedelung der wach-senden Bevölkerung (Hintanhaltung der Answanderung); die Leichtigkeit der Ausführung nötiger, grüssere Land-gebiete nmfassender Kuituren (Entwasserungen, Bewiisse-rungen, Aufiforstungen u. s. w.);
die Freiheit der Anlage von Verkehrswegen (unabhiingig von der Zustimmung Einzelner und ohne Enteiprnunss-verfahren);
die gesteigerte Geneigtheit der Gemeinde oder dos State zu Schaffung von Anstalten für gemeinsame Verwertung landwirtschaftlicher Erzeugnisse, d. i. von Anstalten, wel-che die Eintriigligkeit dor Liindereien, also auch die der Gemeinde- oder Statskasse zutlieszende Pacht zu erhöhen imstande sind;
die durch den gemeinsamen Vorteil bedingte Willfiihrig-keit der Gemeinde odor des State zu Mithilfe bei Er-richtung nötiger Gebaude, bei Anschaffung von Maschi-nen, bei praktischer Lösung der landw. Arbeiterfrago dgl. m.
Der Gedanke der Vorgemeindlichung allen Grund und Bodens ist nicht nou; darum hat es auch an Einwendungen dagegen nicht gefehlt. Die Haltlosigkeit aller Einwiinde muss sofort einleuchten, wenn man sich vergegenwartigt, in welchem Umfange ohno jede Beschwerde schon jetzt die Landwirtschaft tatsiichlich im Pachtverhiiltnis betrieben wird und ein wie grosser Teil dieser Pachtliindereien schon jetzt Gemeinde- oder Statseigentum ist. In England, dessen Landwirtschaft als die blühendste dor Welt gilt, ist beinaho der gesammtc landwirtschaftlich benutzte Grund und Boden vcr-pachtet. Aber auch in anderen Staten betriigt der Pacht-bositz viel mehr, als man gemeinhin anzunehmen geneigtist; im Deutschen Reicho z. B. stohen nur 56 Proc. aller landwirtschaftlicher Betriebe ausser jedem Pachtverhaltnis, sind beinahe 1(3 Proc. giinzlich verpachtet und befindet sich der Rest in gemischtem Vcrhaltnis; darunter sind im Preussischen State etwa 17 bis 20 Proc. allen Grund und Bodens nicht Son-doreigentum und rund 340 000 ha = 1.06 Proc. der gesamm-ton landw. bebauten Elache sind verpachtete Statsdomanen.
Nur zwei Irrtümcr seien hier noch besonders widerlegt, weil die Anhiinger des Grundeigentums hauptsiichlich auf sic sich zu stützcn lieben. Der eine ist die vermeintliche Vererbung des Grundeigentums in der Familie. Allerdings bildete dieses gewiss wünschenswerte Verhiiltnis in früheren Zeiten die allgemeine Regel; jetzt aber ist dasselbe, bei dem nichtbauerlichon Grundeigontum wenigstens, eben infolge der
(gt;
Sect. V r.
Hypothck, liingst zur Mythe geworden. Angenommen, ein schuldenfreies I^andgut werde auf dem Erbwege nnter fünf Kinder geteilt, von denen eins das Gut iibernhnmt, so ist dasselbo nun zu 4/5 seines Werts hypothecarisch belastet, und dieses Gut wiirde schon in dem zweiten Erbgange, auch bei nur zwei vorbandenen Kindern, kaum mehr von einem der Kinder übernommen werden können, da es ihm unmöglich ware, die Zinsen der zu 9/In des Werts das Gut belastenden Schulden herauszuwirtsehaften. Entgegengesetzt ware dauernde Vererbung einer Pacht in einer Familie schr leicht zu ermög-lichen durch ein verstiindiges billiges Vorrecht, welches dem Inhaber eines Landguts bei dessen Neuverpachtung oder im Todesfallc seinen Anerben zugestanden wiirde. Der andere Irrtum ist die vermeintliche Gefahr der statlichen Allgewalt, welche dem Einzelnen durch sein Abhiingigkeitsverhaltnis verderblich werden könne. Dieser Irrtum beruht auf einer Verwechselung von Stat und Regirung. An und fiir sioh ist, wie bereits nachgewicsen wurde, die Abhiingigkeit des Ge-meinde- oder Statspiichters von der Gemeindc- oder der Stats-verwaltung geringer als die des Grundeigentümers von seinem Hypothekengliiubiger; er steht zu Gemeinde oder Stat in einem durchaus freien Vertragsverhiiltnis und er darf im allge-meinen Nutzen verstiindiger Nachsicht versichert sein, wenn er unverschuldet seine vertragsmiissigen Verpflichtungen ein-mal nicht sollte pünktlich erfüllen können. Wiirde die Gemeinde- oder die Statsverwaltung willkiirliche, ungehorige Uebergriffe iibcr ihre Befugnis sich erlauben, so würde nicht nur die Gesammtheit seiner Standesgenossen, sondern auch die Gemeinde-, die Volksvertretung hinter dem Verletzten stehen, ihn zu beschiitzen, ihn zu entschiidigen, ihm Genug-tuung zu verschaffen. Hat schon die Verpachtung der gegenwartigen mehr vereinzelten Landgüter des Gemeinde-oder Statseigentums zu keinerlei grundsiitzlichen Klagen Anlass gegeben, wie viel weniger würde dies der Fall sein, wenn aller Landbesitz sich im Gemeintum befande unci verpachtet ware !
Zum Schluss bliebe, um kurz zu sein, nur noch nachzu-weisen, dass die Zurückführung des Grundeigentums in Grund-gemeintum auch möglich sei. Dabei kann es sich nicht darum handeln, diese Möglichkeit überhaubt nachzuweisen; denn da das Grundeigentum eine menschliche Einrichtung ist, so versteht es sich von selbst, dass sie, wie jede andere, von Menschen geschaffen, von Menschen auch wieder besei-tigt oder umgestaltet werden kann. Worauf es allein an-kommt, ist zu zeigen, dass die Rückfuhrung des Grundeigentums in Grundgemeintum nicht etwa Opfer verlange, die grosser seien als der sich ergebende Gcwinn. Diese Versiche-rung wird gewonnen sein, wenn nachgewiesen wird, dass zur Durchfiihrung der fraglichen Massregel überhaupt gar kein
Sect. V c.
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Opfer erforderlich ist. Ohne jedes Opfer an Geld oder Bc-lt;[Vieinlichkeit, an Wert oder Gcnuss irgend welcher Art, nur durch eine einfache von den bestehenden Behörden leicht durchführbare, auf ernsten Willen und anf Langmut gegriindete Einrichtung bewirkbar ist die Rückführung des Gnmdeigen-tums in Grundgemeintum mit Hilfe eines auf liingere Frist beschrankten auf den Inhaber lautenden Rentenbriefs. Ge-meinde oder Stat stiften jc auf einen bestimmten Geldbetrag lautende, eine bestimmte Verzinsung (Rente) gewiihrleistende Rentenbriefe, mittels dcren an Stelle baren Geldes aller Grund und Boden von der Gemeinde oder dem Stat angekauft wird. Der so erworbene Grund und Boden wird verpachtet und aus dem Pachterlös wird den Inhabern der Rentenbriefe die Rente ausgezahlt. Die Dauer der Rentenbriefe, also die Berechtigung zum Rentengenusse ist keine ewige, sondern zeitlich so beschriinkt, dass nicht nur die gegenwartigen Empfiinger der Rentenbriefe und deren Kinder, die vollen Henten geniessen, sondern auch die Nachkommen zweiter Generation noch an dem Rentengenuss teil haben. Das wird der Fall sein bei einer auf etwa 100 Jahr festgesetzten Dauer der Rentenbriefe. Nach Ablauf dieser Zeit erlischt die Verpflich-tung der Gemeinde oder des Stats, den Inhabern der Renten-briefe noch weiter Rente zu zahlen; in dieser Zeit aber ist den Inhabern ausreichend Frist gegeben, sich auf die neue Statseinrichtung einzideben, und da diejenigen Rentenbrief-Inhaber, welche das Endc der Rentendauer erleben, noch nicht geboren waren, als die Rentenbriefe ausgegeben wur-den, sie vielmehr den Rentenbrief nur als ein Papier von zeitlich beschrankten Werte erworben haben, so kann ihnen mit dieser Bcschriinkung auch kein Unrecht zugefügt worden sein. Nach Verlauf der 100 Jahre ist also aller Grund und Boden völliges Gemeintum und die daraus erfliessende Rente kommt allen Statsbürgern zugut; sie dient zur Bestreitung der Gemeinde- oder Statsausgaben und macht alle zu diesen Zwecke bisher nötigen Steuern überflüssig, da sie deren Betrag, wie sich leicht nachweisen lasst, weit übersteigt. Daraus folgt, dass dann Gemeinde oder Stat weit mehr als jetzt imstande sind, gemeinnützige Einrichtungen für Jedermann, wie Unter-richt, Rechtsptlege, Verkehrsmittel, Volksbelustigungen u. dgl., ganz unentgeltlich oder gegen ermiissigte Gebür zu schaffen und zu unterhalten. Da nun auch, wie gezeigt wurde, mit Ueberführung des Grundeigentums in Grundgemeintum dem Kapitalismus der Boden entzogen ist, so ist ersichtlich, dass durch diese Reform nicht nur die Landwirtschaft von ihrem ver-hiingnisvollsten Drangsale, der Hypothek, befreit, nicht nur die Grundlage zu volkswirtschaftlich verstiindigster Bodenvertei-lung und Bodenbenutzung, zu Entwickelung höchsten Schaffens landwirtschaftlicher Erzeugnisse gewonnen, sondern in hohem Masse auch die Lüsung der socialen Frage angebahnt werde.
Sect. V c.
Sind diese Darlegungen vernunftgemasz und folgerichtig, und wiinscht der Internationale landwirtschaftliche Kongress im Haag denselben das Gewicht seiner Anerkennung zu verleihen, so sei es gestattet, folgende Siitze zur Beschlussfassung vorzu-schlagen;
1°. Das wlllkiirlich geschaffene positive Recht des Grundeigentums entspricht nicht der göttlichen Weltordnung, welche die Erde, gleicht Luft und Sonne, alien Menschen zu gemeinsamer Benutzung iiberwiessen hat.
2°. Die naturwidrige llechtsetzung des Grundeigentums und der hypothekarischen Verpfandbarkeit desselben ist die Quelle einer fortgesetzten, nur zeitweise durch die Schwankungen des Welt-markts unterbrochenen Notlage der Landwirt-schaft und die llauptursache 'der gegenwartig herrschenden socialen Frage. Grundeigentum verhindert die höchstmögliche Entwicklung und die höchstmögliche Leistung der Landwirtschaft.
3°. Riickfuhrung des naturwidrigen Grundeigentums in naturgemilsses Grundgemeintura ist ohne jede fühlbare Störung der gegenwiirtigen Zustilnde möglich und daher auf dem Wege der Aufklarung und auf dem Wege der Gesetzgebung mitallem Nachdruck anzustreben.
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Congres International (TAgrieulture
a La Haye en 189L
Section VI: Questions législatives.
b. Protection des animaux utiles; destruction des animaux et cryptogames nuisibles. Mesures de Ugis-lation internationale a prendre pour atteindre ces huts.
RAPPORT
SUR LES
MESURES PROPRES A ASSURER LA CONSERVATION
DES ANIMAUX UTILES ET LA DESTRUCTION DES ANIMAUX NUISIBLES.
DE
Monsieur C. E. OUSTALET,
Docteur cs-sciences, aide-naturaliste an Muséum.
® -T- quot;5X5quot; â T- quot;3
Messieurs,
La Commission permanente du Congres international d'agri-culture m'a fait 1'honneur de me charger de lui présenter un rapport sur les mesures propres a assurer la conservation des animaux utiles et la destruction des animaux et des végétaux nuisibles a ⢠1'agriculture. J'aurais beaucoup hésité a accepter cette tache, surtout avec le délai trés court qui m'était accordé, si la question que j'ai a traiter n'avait déja fait le sujet de nombreux travaux, en France et a l'étranger, et si elle n'avait eté 1'objet de discussions approfondies dans les séances du Congrès ornithologique de Vienne, en 1884, et dans celles du Congrès international d'agriculture, réuni a Paris en 1889. Ce sont ces travaux et ces discussions que je m'efforcerai de résumer.
MAMMIFERES.
Les Mammifères utiles, a l'exception des espèces qui ont été réduites en domesticité, n'ont été jusqu'ici l'objet d'aucune mesure de protection ni dans notre pays ni dans la plupart
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Sect. VI h.
des états européens. Ainsi aucune disposition législative, aucun reglement n'assnre la conservation de nos Chauves-sonris indigenes que, senls, quelques ouvrages populaires recominandent, mais en vain, il la sollicitude des agriculteurs. II est parfaitement établi que si certains Cheiroptères exoti-ques comme les Housettes dévastent les plantations d'arbres fruitiers, ou comme les Vampires, peuvent faire des blessures plus ou moins sérieuses aux animaux domestiques, tons les Cheiroptères européens, sans exception, sont insectivores et, en raison même de leurs habitudes crépusculaires ou nocturnes, capturent principalement de ces Lépidoptères dont les chenilles occasionnent un préjudice énorme aux exploitations agricoles et forestières, II serait temps que la loi prïtformel-lement sous sa protection des êtres aussi utiles en les retirant de la categorie des animaux dont la destruction est aban-donnée au bon plaisir des habitants des villes et des campagnes.
La même observation peut être faite pour les Musaraignes qui, elles aussi, sont des Mammifères éminemment utiles, jouant dans la nature un róle apposé a celui des Souris, des Mulots et des Campagnols avec lesquels beaucoup de gens persistent a les confondre. En effet si la Musaraigne aquatique {Crossopus fodiens), qui partage la mauvaise reputation du ('am-pagnol amphibie, est d'un voisinage assez désagréable pour les propriétaires de viviers, toutes les Musaraignes terrestres et notamment la Musaraigne carelet (Sorex vulgaris) et la Musaraigne musette (Crncidurn nranca) détruisent d'énormes (juantités de Vers, d'Insectes et de larves d'lnsectes et, ce lt;(ui n'est pas moins important, font la guerre aux Souris et aux Mulots qu'elles vont chercher jusque dans leurs trous.
Je recommanderais volontiers aussi a l'attention du légis-lateur le Hérisson auquel les chasseurs reprochent, non sans raison, je le sais, de dévorer quelquefois les ooufs et les couvées de Ferdrix et de Faisans et les jeunes Lapereaux; mais il rachète ces méfaits par des services incontestés. Cet Insectivore fait en effet une grande consommation de couvains de Guêpes, de Chenilles, de Vers, de Limaces grises; il égorge les Souris et les Mulots qu'il rencontre sur son passage et ne craint pas de s'attaquer aux Reptiles vénimeux, teïs que la Vipère. Enfin je réclamerais tout au moins des circon-stances atténuantes pour la Taupe, a laquelle on a attribué, bien a tort, un régime végétal, mais qui se nourrit en réalité de Lorabrics, de larves de Hannetons ou vers blancs, de Coléoptères, de Myriapodes, etc. En creusant ses galeries elle coupe, il est vrai, quelques racincs qui se trouvent sur sou passage et peut ainsi faire périr les plantes délicates d'un jardin et détruire la svmétrie des plates-bandes; mais dans les grandes cultures oü la terre est moins minutieuscment travaillée, et particulièrement dans les prairies, oü le ver
Sect. VI h.
blanc a line tendancc a se multiplier, la présence de la Taupe doit être considérée comme favorable et les dégilts qu'elle oecasionne peuvent être facilement réparés.
Si dans la plupart des pays de 1'Europe la protection accordée aux Mammifères utiles est nulle ou insuffisante, la destruction de Mammifères nuisibles est-elle mieux assurée? Je ne le crois pas. En efl'et, dans notre pays, le principal texte que 1'on puisse invoquer est celui de 1'article 9 de la loi du 3 mai 1844, article con tenant ces mots :
âLes préfets des départements, sur 1'avis des conseils géné-raux, prendront des arrêtés pour determiner:
,.1°. L'époque de la chasse des oiseaux de passage, etc.; â2°. Le temps pendant lequel il sera permis de chasser le gibier d'eau, etc.;
â3°. Les espèces d'animaux malfaisauts ou nuisibles que le propriétaire, possesseur ou fermier, pourra en tout temps détruire sur ses terres, et les conditions de l'exercice de ce droit, sans prejudice du droit appartenant au propriétaire ou au fermier de repousser ou de détruire, même avec les armes a feu, les bêtes fauves qui porteraient dommage il ses pro-priétés.quot;
Dans une loi plus récente, la loi sur l'organisation municipale, pronaüguee le fi avril 1884, 1'article 90 stipule en outre que le maire est chargé, sous le controle du conseil municipal et la surveillance de 1'administration supérieure, de prendre de concert avec les détenteurs du droit de chasse dans les buissons, bois et forêts, toutes les mesures nécessaires a la destruction des animaux nuisibles désignés dans 1'arrêté du Préfet, pris en vertu de 1'article 9 de la loi du 3 mai 1844.
L'article 95 dit que les arrêtés pris par le maire sont immé-diatement adressés au sous-préfet ou, dans 1'arrondissement du chef-lieu du département, au préfet qui peut les annuler ou en suspendre 1'exécution. Ceux de ces arrêtés qui portent reglement permanent ne sont exécutoires qu'un mois aprês la, remise de 1'ampliation constatée par les récépissés délivrés par le sous-préfet ou le préfet. Néanmoins, en cas d'urgence, le préfet peut en autoriser 1'exécution immédiate.
l{)nfin l'article 96 ajoute que les arrêtés du maire ne sont obligatoires qu'après avoir été portés la connaissance des intéressés par voie de publication et d'affiches, toutes les fois qu'ils contiennent des dispositions générales, et dans les autres cas, par voie de notification individuelle.
Les textes que je viens de citer concernent particulièrement les Loups et les Sangliers qui sont même désignés spéciale-ment dans l'article 90 de la loi de 1S84; mais on peut cer-tainement les appliquer a beaucoup d'autres Mammifères sauvages, il plus juste titre qu'a des Pigeons ramiers, a des Moineaux on a des Hirondelles, comme on 1'a fait quelquefois. Toutefois si 1'application de ces articles de loi ne soulève
Srct. VT /).
uucune difiiculté pour les Mammifères carnassiers, tels que le Kenard, la Marte, la Fouine, le Putois, la Belette, le Blaireau, le Chat sauvage qui rentrent a la rigueur dans la catégorie des bêtes fauves que le propriétaire a le droit de détruire sur ses terres, sans autorisation, il n'en est pas de même pour les Mammifères qui appartiennent i\ la catégorie du gibier, comme les Cerfs, les Daims, les Chevreuils et les Lapins. Des animaux de ce groupe, des Lapins par exemple, qui se sont multiplies d'une faf;on excessive dans une pro-priété et qui se sont répandus dans une propriété voisine oü ils causent des dégats, doivent-ils être traités comme bêtes fauves et supprimés comme tels, sans autre forme de procés, ou doivent-ils être classés parmi les animaux nuisibles dont la destruction ne doit être opérée qu'en vertu d'un arrêté préfectoral ? Le propriétaire lésé ou son fermier est-il en droit de les tuer dans le temps oü la chasse est fermée, même de nuit ou quand la terre est couverte de neige ? Peut-il déléguer son droit a des tiers? Ce sont la des questions qui out été résolues de diverses famous par les jurisconsultes qui invoquent ii 1'appui de leurs opinions des arrêts contradictoires de divers tribunaux.
II faut remarquer d'ailleurs avec Dalloz (1) que la loi s'est gardée de porter la moindre atteinte au droit de chasse, et que le maire ne peut agir que de concert avec le détenteur de ce droit, au moins quand il s'agit d'animaux sauvages propres a 1'alimentation. âSi le propriétaire des terrains qui sont le refuge des animaux nuisibles préfère garder sa respon-sabilité, il en est le maitrequot;, dit Dalloz. âLe maire n'intervient alors que dans les circonstances exceptionnelles, et lorsque 1'intérêt public est menacé, qu'il y a urgence absolue, et seulement contre certaines espèces particulièrement nuisibles, comme le Loup et le Sanglier.quot;
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On voit par la que si par hasard, ce qui, heureusement, je m'empresse de le dire, n'est pas a redouter pour le moment, il se prodnisait en Europe une multiplication extraordinaire de Lapins de garenne semblable a celle qui s'est produite en Australië, il suffirait du mauvais vouloir ou de 1'incurie de quelques propriétaires pour paralyser ou pour gêner consi-dérablement les efforts que ferait 1'administration pour com-battre le fléau et que déja maintenant la confusion qui s'établit forcément entre les termes bêtes fauves et animaux nuisibles, le vague de ces termes, la difficulté d'attribuer certaines espèces de mammifères et d'oiseaux a 1'une ou a 1'autre catégorie sont des sources de conflits incessants entre chasseurs et agriculteurs.
(1) Code forestier, 1884, p. 919, no. 31. Voir aussi Valadon et Zurcher, Dommages aux champs, causes par les Lapins, article inséré dans VÃlevew, 1888, no. 198.
Sect. V] h.
Si Ton n'a pas a craindre de voir des Lapins pulluler sur toute 1'étendue de notre territoire, on ne peut être aussi rassuré a l'égard des Mulots et des Campagnols qui ont déja, comme je 1'ai dit ailleurs, cause diverges reprises desdégats considérables, évalués a plusieurs millions, en Allemagne, en France, en Italië et en Angleterre. L'expérience a surabon-damment déniontré que, pour combattre ce fléau, les efforts isolés étaient presque inutiles puisque les Rongeurs chassés d'une localité ou d'un canton se réfugiaient dans les localités ou les cantons voisins ou étaient remplacés par de nou velles hordes qui s'étaient développées sur dee points oü elles étaient protégées par la negligence des propriétaires. Or la loi actuelle donne le droit, mais n'impose pas le devoir aux propriétaires, de détruire sur leurs terres les animaux nuisibles. Dans le cas d'une invasion analogue a celles qui se sont produites plusieurs fois depuis le commencement du siècle, l'admini-stration ne pourrait done pas agir avec l'énergie que réclame la situation, ni forcer les propriétaires négligents a suivre 1'exemple des propriétaires soigneux de leurs intéréts. C'est done avec raison que le Congres de 1889 a réclamé 1'intro-duction dans les législations fraiu/aises et étrangères de dispositions qui permettraient d'anéantir en masse les Rongeurs dans plusieurs départements ou même dans plusieurs contrées limitrophes. Ces dispositions complèteraient naturellement celles qui ont été prises pour assurer l'échenillage et la destruction des Insectes nuisibles et pourraient être contenues dans une loi analogue a celle qui a été promulguée en France en 1888.
OISEAUX.
Dans les classes des Oiseaux le nombre des espèces que 1'on appelle souvent indifférentes, e'est-a-dire qui ne peuvent être considérées ni comme franchement utiles, ni comme décidément nuisibles, est relativement peu considérable; le chiffre de celles qui font payer, pour ainsi dire, leurs services en prélevant une dime soit sur le gibier, soit sur lesrécoltes est également peu élevé, et le chiffre de celles qui sont absolument nuisibles est presque insignitiant. Ainsi sur 540 espèces d'oiseaux environ que comprend la faune européennc, les listes dressées dans notre pays, en 1861, sur les indications des professeurs du Muséum et envo3'ées aux préfets ne men-tionnent comme oiseaux franchement nuisibles, et pouvant être pris et détruits en tout temps, que les espèces suivantes:
1. Faucon commun ou pélerin ;
2. Faucon émerillon;
8. Aigle fauve ou Grand-Aigle;
4. Aigle criard :
5. Aigle botté;
Sect. Vi 6. 6
6. Aigle Bonelli on a queue barrée;
7. Pygargue ordinaire;
8. Circaète Jean-le-Blanc;
9. Buse vulgaire;
10. Buse pattue ;
11. Autour vulgaire ;
12. Epervier vulgaire;
13. Milan royal;
14. Milan noir;
15. Gypaète barbu ;
16. Balbuzard fluviatile:
17. Catharte alimoche on Vautour blane;
18. Vautour nain on arrion ;
19. Vautour fauve on griffon;
20. Grand-Due;
21. Grand Corbeau;
22. Pigeon rainier;
23. Pigeon colombin ;
24. Pigeon biset;
et connne oiseaux nuisiblea, mais dont la ehas.se pourra être interdite teinporairement, que les espèces suivantes;
1. Corbeau choucas ;
2. Corneille noire;
3. Corneille mantelée;
4. Corbeau freux;
Ã. Pie ordinaire;
6. Geai glandivore;
7. Pie-grièche;
8. Tourterelle.
Les listes dressées par les soins des gouvernements étran-gers et servant de bases aux legislations des différents pays de 1'Europe, eomme celles qui se trouvent annexées a des projets rle loi récents ou au rapport présenté par M. de la Sicotière au Congres de 1889 ne différent des listes précédentes que par l'adjonction ou la suppression de deux ou trois espèces, de telle sorte qu'on peut affirmer que le nombre des Oiseaux absolument on franchement nuisibles est d'une tren-taine environ et ne représente que le 1/18 de la faune totale.
Au contraire 1'inimense majorité des Oiseaux européens rend des services considerables a 1'agriculture en dévorant des Mollusques, des Vers, des larves et des Insectes parfaits ou en faisant la guerre aux Rongeurs qui s'attaquent aux fruits et aux céréales. Ces services sont exposés en détail non seulement dans une foule d'ouvrages didactiques et de livres populaires, raais dans des mémoires originaux dont j'ai donné la liste dans le Rapport que j'ai eu l'honneur de présenter a la sixième section du Congrès d'agriculture et qui se trouvent analysés dans un autre Rapport que j'ai rédigé
Sect. VI b.
sur les travail x du ('ongrès ornithologique de Vienne en 1884. Je n'insisterai done plus sur ce sujet, si ce n'est pour déplorer qu'après tout ce qui a été écrit et publié, l'utilité des oiseaux etant désonnais parfaitement demontrée, rien ou presque rien n'ait été fait jusqu'a ce jour ni dans notre pays, ni dans plusieurs pays étrangers, pour assurer la conservation d'aussi précieux auxiliaires et que les voeux expri-més par un grand nombre de Sociétés savantes et par plusieurs Congres soient restés lettre morte.
La qiiestion de la protection des oiseaux réclame cependant une prompte solution, car sur toute la surface du globe et particulièrement dans les pays civilises le nombre de ces aniniaux décroit avec une effrayante rapidité. Déja certaines espèces ont disparu. Tels sont dans les regions boréales, le Grand Pingouin, aux iles .Mascareignes le Dronte et deux espèces de Perroquets. a la Xouvelle-Zélande une espèce de Caille, sans compter de grands oiseaux voisins des Autrucbes. En Algérie un officier supérieur, M. le general de Hernis. a constaté récemment ([ue les (iangas ne formaient plus que des bandes isolécs tandis qu'au moment de la conquête, ils constituaient des troupes innombrables dans les régions sablonneuses oü ils se nourrissaient non seulement de graines de plantes sauvages, mais encore d'insectes et prpbablement d'oeufs de Sauterelles. Dans la méme contréè les Etourneaux, les Perdrix, les Grèbes, les Kérons, les Canards sont infiniment moins répandus qu'il y a une cinquantaine d'années. Les Piiseta ne se montrent plus guère a 1'état sauvage dans le midi de la France et les troupes 'le Hamiers et de Colombins qui se dirigent vers les Pyrénées ne sauraient être comparées a celles qui traversaient jadis le Béarn, 1(^ Bigorre et la Hasse-Navarre oü 1'on prenait jusqu'a 2000 Pigeons par jour. Les Cailles, les Perdrix gris et les Perdrix rouges manquent désormais dans plusieurs de nos départements. Les Grandes Outardes, encore assez communes en Hussie, n'existent plus en Grande-Bretagne et ne sont representees en France que par quelques couples errant dans les plaines de la Champagne. D'après M. de Harrau de Muratel, les Bécasses, les Bécassines, les Rales, les Canards sauvages et les Sarcelles font presque entièrement défaut dans le département du Tarn oü la cbasse de ces oiseaux de passage se pratiquait jadis sur une vaste écbelle. Dans la même region les Grives et les Becs-Fins ne s'abattent plus en masses compactes sur les vignes et les Pluviers dorés comme les Pluviers gris iront plus été signalés depuis quelques années. 11 en est de même sur d'autres points de notre territoire. Ainsi dans le département d'Eure-et-Loir, faute de Pluviers la fabrication des fameux patés de Chartres se trouvera bientot arrêtée, a moins qu'on ne trouve moven de remplacer ces Ecbassiers par quelque gibier de moindre valeur. Les
SK(quot;T. VT h.
Alouettes se font rares non seulement chez nous, mais même en Allemagne et, a 1'heure actuelle les Rouges-gorges, les Fauvettes, les Rossignols, les Merles, les Bergeronnettes, les Farlouses, les Mésanges, les Pinsons, les Bouvreuils qui, d'après les auteurs du siècle dernier, étaient si largement répandus dans les bois, les jardins et les champs, sont totalement inconnus dans plusieurs cantons. Quant aux Hirondelles, qui formaient jadis des colonies nombreuses dans toutes les villes, dans les moindres villages, il suffit de jeter les yeux autour de soi pour voir combien elles deviennent plus rares d'année en année. Si rien ne vient entraver cette extinction graduelle des Oiseaux. et des Oiseaux les plus franchement insectivores, les plus utiles, on peut prédire, sans exagération, que nos descendants, pour se faire une idéé de certaines espèces de Passereaux, seront obligés d'en aller cheicher des spécimens dans les musées.
Cette diminution rapide des Oiseaux doit étre attribuée, d'une part au défrichement des landes et des bruyères, au déboisement des pentes des montagnes, a la destruction des bouquets de bois isolés au milieu de plaines, au morcellement de la propriété, a la suppression des bois qui abritaient les nids des petits Oiseaux, a leur remplacement par des fossés, des murs ou des clotures en fer, a 1'établissement des lignes télégrapbiques contre les fils desquels les oiseaux viennent se heurter dans leurs migrations annuelles, d'autre part a la destruction des nids et des ceufs par les enfants et par les ouvriers qui travaillent dans les champs, au braconnage, il la chasse a 1'aide de filets, de gluaux et d'autres engins prohibés.
Parmi ces causes de destruction les unes, celles qui dépen-dent des progrès de 1'agriculture et du développement de la civilisation, ne peuvent évidemment pas être supprimées. On pourrait cependant en atténuer sensiblement les effets en reboisant les coteaux arides, en plantant (ja et la dans les champs des bouquets d'arbres qui serviraient de remise au gibier, d'abris aux petits Oiseaux, en garnissant, dans le même but, de haies et rangées d'arbres le bord des routes et des canaux, en disposant dans les jardins publics, dans les pares, et surtout dans les forêts domaniales, des nids artificiels analogues a ceux que j'ai vus en Bavière et dans le Wur-temberg et qui ont si puissamment aidé a la multiplication des Etourneaux.
Quant aux causes de destruction qui dépendent directement de 1'homme, elles seront supprimées en partie lorsqu'on exigera une application rigoureuse des lois existantes et presque entièrement lorsqu'on introduira dans la législation actuelle des différents pays les modifications nécessaires.
â Je sais qu'en France la loi du 3 mai 1844 est exclusivement une loi sur la chasse, que, par suite, elle ne cherche qu'è obtenir la conservation du gibier et je n'ignore pas, qu'avec
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Sect. VU.
les dispositions (Tune telle loi il est difficile d'obtenir la repression d'ahms invétérés. [1 me semble ponrtant qu'on pourrait tirer meilleur parti de certains articles. L'article 9, en effet, dit que les prefets des départements, sur 1'avis des conseils genéraux, pourront prendre des arrêtés pour prévenir la destruction des Oiseaux. Une circulaire de la direction générale de la süreté publique, en date du 8 juillet 1861, a rappelé formellement aux préfets qu'ils n'avaient pas la faculté de determiner 1'époque de la chasse des petits Oiseaux, dits de pays, qui ne sont pas des Oiseaux de passage dans le sens précis de la loi. âEn eöet, disait cette circulaire, loin d'avoir voulu vous accorder le droit de léglementer la chasse des petits Oiseaux, la loi a mis au contraire a votre disposition les moyens nécessaires pour prévenir leur destruction, et c'est surtout a ce point de vue qu'il vous appartient de prendre des arrêtés concernant les oiseaux dits de pays. â11 est dês lors regrettable qu'usant de leurs droits, les préfets, a 1'instigation du Ministère de 1'intérieur, n'aient pas pris depuis longtemps des arrêtés, rédigés sur un modèle uniforme et assurant, sur toute 1'étendue du territoire, la protection des petits Oiseaux. II serait particulièrement désirable que M. le préfet de la Seine prit un semblable arrêté et que M. le préfet de police veillat a son exécution, afin qu'on ne vit plus se produire les abus qui existaient l'année dernière et qui existent sans doute encore aujourd'hui, je veux parler de la vente publique en plein été, sur le marcné aux Oiseaux de Paris, de nicbées de Merles, de drives, de Bruants, etc., de jeunes Oiseaux a peine emplumés et d'adultes des mêmes espèces, évidemment capturés en temps prohibé, un ou deux mois après la fermeture de la chasse. Vainement on objecterait que ces oiseaux ont été pris dans des propriétés closes, car même pour les animaux malfaisants, et a plus forte raison pour ceux qui sont susceptibles d'être consommés, la vente, le transport et le colportage sont interdits, surtout en temps prohibé. En outre n'est-il pas étrange de voir vendre vivants au printemps et en été, ces mêmes Passereaux, Pépits, Becs-fins, Rouges-gorges qui marts et sous le nom de Mauviettes ne peuvent plus parattre sur le marché dès le jour oü la chasse est close. Comment se fait-il enfin que tandis que, dans la plupart de nos départements, 1'homme ou l'enfant qui enlève un nid s'expose a un procés-verbal, des marchands puissent librement exhiber, a cóté d'Oiseaux nés en cage, des Oiseaux pris a 1'état sauvage et vendre des couvées des mêmes Oiseaux sur le marché de Paris et d'autres grandes villes?
On pourrait done découvrir, dans l'arsenal des lois exis-tantes, des armes suffisantes pour diminuer, sinon pour empécher la destruction des Passereaux utiles il l'agriculture. Mais il serait préférable que 1'administration püt s'appuyer sur des textes précis et rigoureux, semblables a ceux qui
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Sect. V1 h.
existent dans les legislations étrangères. Ainsi en Autriche la loi territoriale en date du 10 décembre 1868 dit expressément;
âArt. 8. â Hors le temps des couvées, c'est-ii-dire dn l61' septenibre au 31 janvier, la capture ou la mise a mort des oiseaux désignés au tableau A ci-après, oiseaux qui se nour-rissent d'Insectes, de petits Rongeurs et d'autres animaux nuisibles aux cultures, ne pourra avoir lieu que lorsque leur nombre dans une localité paraitra excessif, et avec la permission non seulement du propriétaire du fonds, mais de 1'autorité politique compétente.
âArt. 5. â Le commerce des oiseaux morts ou vivants, hors le temps oü la loi permet de prendre des oiseaux, est interdit. Le commerce des oiseaux dénommés au tableau A ne pourra avoir lieu en aucun temps.quot;
Les oiseaux eompris dans le tableau A sont les suivants:
Le Rossignol ordinaire et le Grand Rossignol;
Les Fauvettes terrestres et aquatiques;
Les Motteux et Traquets;
Les Gobe-Moucbes;
Les Hocbe-quenes et Bergeronnettes;
Le Rouge-gorge;
La Gorge bleue;
Les Kubiettfs;
Les Accenteurs;
Les Pépits et les Alouettes;
Les Roitelets;
Le Troglodyte mignon;
Le Pinson vulgaire;
Le Coucou chanteur;
Le Torcol;
La Sittelle d'Europe;
Le Grimpereau familier;
La Huppe;
Les Hirondelles et les Martinets;
L'Knguulevent d'Europe;
L'Etourneau vulgaire;
Le Rollier d'Europe:
Le Corbeau freux;
Le Corbeau cboucas;
Le Loriot;
Le Merle noir;
Les Cbouettes, a 1'exception du Grand-Duc;
lgt;a Crécerelle;
La Muse cendrée;
La Buse vulgaire;
La Buse pattue.
1/article 7 de la même loi établit pour les contrevenants
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Sect. VI 6.
des amendes variant de 1 a 10 florins (2 fr. GO a 2H francs) ou un emprisonnement de qnarante-huit henres en cas d'in-solvabilité et stipnle que les Oiseaux vivants saisis entre les mains des délinquants, seront mis en liberté.
En Prusse una ordonnance générale de police, rendue en exécution de la lol du 11 mars 1850; en Bavière une ordonnance royale en date du 4 juin 1866; en Angleterre la loi du 10 aoüt 1872, en Suisse les lois de divers cantons protègent également les mêmes espèces d'()iseaux, ii quelques exceptions prés et défendent d'enlever les oeufs et les nids. Plus sévère et plus précise encore est la loi sur la chasse promulguée en Belgique Ie 28 février 1882, avee le règlement qui l'ac-compagne.
L'article lt;51 de cette loi est en effet conyu en ces termes;
,,Le gouvernement est autorisé a prévenir, par un règlement d'administration générale, la destruction, la chasse, 1'exposition. la vente, 1'achat, le transport et le colportage des Oiseaux insectivores, de leurs oeufs et de leurs couvées. Les faits interdits par ce règlement seront punis d'une amende de ö a 25 francs, outre la confiscation des Oiseaux saisis, ainsi que des filets, lacets, appats et autres engins.
Et le règlement d'administration générale s'exprime ainsi:
âArt. 1cl. â 11 est défendu de prendre, de tuer ou de détruire, d'exposer en vente, de vendre, d'acheter, de transporter ou de colporter les Oiseaux insectivores, ainsi que leurs ceuts et leurs couvées.quot;
Art. 2. â Sont considérés comme Oiseaux insectivores;
En tout temps, les espèces désignées ci-après:
L'Accenteur Mouchet ou Trame-buisson:
Les Fauvettes:
Les Gobe-Mouches ou Becfigues;
Les Grimpereaux ;
Lss Hirondelles:
Les Hoche-queues, Bergeron nettes ou Lavandicres;
L'Hippolaïs ou Contrefaisant;
Les Mésanges:
Les Pouillots ou Becs-fins :
Le Roitelet huppé:
Tie Rossignol:
Le Bouge-gorge;
Les Rouges-queues, Tithys et Bossignol de Muraille;
La Sittelle ou Torche-pot;
T;es Traquets, tariers et motteux ;
Le Troglodyte ou Roitelet ;
âSi pendant la saison oü la chasse a la Perdrix n'est pas autorisée, toute espèce d'oiseanx a 1'état sauvage, sauf les exceptions établies a l'article 9.
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Skct. VI 6.
âArt. D. â Le présent reglement ne s'applique pas aux Oiseaux de proie diurnes, an Grand-Due, au Geai, a la Pie, au Corbeau et an Pigeon ramier, lesquels peuvent être détruits en tout, temps, même an moyen d'armes a feu.
âII n'est pas applicable non plus aux Oiseaux exotiques ni au gibier a plumes mentionné aux articles fi, !) et 10 de la loi du 28 février 1882.quot;
On voit par ce qui precede que sous le rapport des dispositions legislatives favorables a la conservation des Oiseaux utiles, notre pays se trouve singulièrement en retard sur quelques pays voisins. C'est pour combler cette lacune dans le code que M.M. de Ia Sicotière, Grivart et le comte de Bouillé ont présenté au Sénat, en 1877, une proposition de loi relative a la destniction des Insectos nuisibles et a la conservation des Oiseaux utiles a I'agriculture. Dans le rapport rédigé par M. de la Sicotière, nous voyons que ce projet de loi, qui a été modifié dans certaines parties par le conseil d'Etat et voté par le Sénat, contenait les dispositions suivantes;
âTitre II. Art. 5 (article 2 du projet modifié par ce conseil d'Etat). La destruction par quelque moyen que ce soit, la chasse, la vente, la misc en vente, le transport des Oiseaux utiles a I'agriculture sont interdits en tout temps.
,,T]n décret du Président de la République arrête la liste des Oiseaux auxquels s'applique la disposition qui précède, et celle des oiseaux qualifiés nuisibles dont la chasse est permise aux conditions énoncées a Particle 9 de la loi du 3 mai 1844.
âArt. 6 (article 3 du projet modifié). La chasse au filet, lacet ou autres engins, de tons les Oiseaux, même de passage est interdite.
âLa chasse des Oiseaux ne pent jamais être pratiquée en temps de neige.
âArt. 7 (article 4 du projet modifié). L'enlèvement ou la destruction des nids, oeufs et couvées des Oiseaux auxquels s'applique Particle 2, ainsi que 1'exposition, la vente ou le colportage de ces oeufs et couvées sont interdits.
âNéanmoins, tout propriétaire ou fermier peut détruire ou faire détruire les nids adhérents aux batiments qu'il possède ou dont il a la jouissance.quot;
Ces dispositions paraissent excellentes, et l'on ne peut y adresser que de légères critiques. La première est relative au dernier paragraphe de Partiele 7 (ou 4) qui laisse au propriétaire ou fermier le droit (droit qm n'existe pas dans certaines législations étrangères) de détruire souvent, par simple caprice, des Oiseaux éminemment utiles (des Hirondelles par exemple) qu'on s'efforce ailleurs de protéger. La seconde critique est relative a la longueur et a la complication que présenterait nne liste d'Oiseaux utiles a Pagricultnre.
D'ajirès ce que j'ai dit plus haut, le nombre des espèces
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Skct. VI h.
d'Oiseaux franchement nuisibles ne s'élève pas a plus de 30, 40 an plus. La liste d'Oiseaux utiles comprendrait done 500 Oiseaux, 500 espèces que le public et les agents de 1'autorité seraient obliges d'apprendre a distinguer. C'est beaucoup.
S'il ra'est permis d'émettre un avis, je dirai que cette diili-culté pourrait étre évitée en rédigeant Particle de la fagon suivante:
âfja destruction, par quelque moyen qne ce soit, la chasse, la vente, la mise en vente, le transport et le colportage des Oiseaux utiles a 1'agriculture sont interdits en tout temps.
âSont considérés comme utiles a 1'agriculture tous les Oiseaux, sans exception, qui ne se trouvent pas spécialement désignés dans trois listes arrêtées par un décret du President de la République et comprenant, la première (A) les Oiseaux complètement nuisibles dont la chasse est pern use aux conditions énoncées a Particle 9 de la loi du 3 mai 1844, la seconde (B) les Oiseaux qui peuvent être temporairement nuisibles et dont la destruction pourra être ordonnée par les préfets, sur Pavis des conseils généraux; la troisième, les Oiseaux rentrant dans la categorie dn gibier et peuvent être cbassés durant la période oü la chasse est ouverte.quot;
La liste A comprendrait les Oiseaux dont la nomenclature a été dressée il y a une trentaine d'années sur les indications des professeurs du Muséum. On y adjoindrait la Pie vulgaire, tandis qu'on en distrairait la Buse vulgaire, la Bnse pattue, le Cicaête Jean-le-Blanc, le Pigeon rainier, le Pigeon colombin et le Pigeon biset qui seraient reportés dans la liste (B) formée des espèces désignées en 1861, comme Oiseaux nuisibles dont la chasse pourra être interdite temporairement. La troisième liste (C), celle du gibier, serait facile a dresser, et jointe aux deux autres, formerait un total de 50 a 60 espèces, dont la nomenclature et les caractères distinctifs seraient bien plus faciles a établir et a retenir que ceux de 500 espèces utiles.
L'établissement de listes uniques pour toute la France et PAlgérie aurait d'ailleurs Pavantage d'éviter les discordances qui existent entre les listes dressées par les préfets, et d'em-pêcher qu'a Pavenir des Oiseaux utiles comme les Alouettes et les Hirondelles pussent être classés dans les catégories des oiseaux de passage ou des oiseaux nuisibles.
Les autres articles relatifs aux nids, ceufs et couvées ne subiraient aucune modification.
Je faisais allusion tout a Pheure aux differences qui existent entre les lois sur la chasse en vigueur dans les divers Etats de PEurope. Ces differences sont regrettables a tous les points de vue. En effet ce serait une erreur que de croire que la manière dont le gibier et les Oiseaux utiles sont traités dans une province, dans \in Etat, est sans importance pour les provinces et les Etats voisins. Les limites des cantons, des provinces, des Etats sont absolument ffctives pour des
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Sect. VI h.
aniniaux tels que les oiseaux qui sont douées de moyens de déplacement perfeetionnés, et le nombre des espèces rigou-reusement sédentaires dans une contrée est extrêmement faible relativement au chifl're des espèces qui vont d'une contrée a l'autre ou qui exécutent chaque année des migrations lointaines.
I.es pertes subies par les troupes d'émigrants qui arrivent ou qui passent dans une contrée diminuent le nombre des Oiseaux qui viennent nicher dans une autre contrée. Ainsi, comme je l'ai montré dans les Rapports que j'ai rédigés en 1884, a la suite du Congrès ornithologique de Vienne, ce sont les massacres de ('ailies qui se pratiquent en Algérie, en Espagne et en Italië, qui rendent ces Gallinacés de plus en plus rares en France; en Belgique et en Alle-raagne, ce sont les hécatombes d'Hirondelles sur les bords de la Méditerranée qui font disparaitre graduellement ces Passeraux de TEurope septentrionale, de même qu'il faut attri-buer a la chasse autorisée si malbeureusement sur les plages maritimes les vides qui se manifestent dans les rangs denos petits Ecbassiers. Par conséquent il n'est pas indifférent pour un pays que la chasse soit mal surveillee ou pratiquée sur une trop vaste échelle dans les autres pays et comme je l'ai déja dit, a propos des Rongueurs, les mesures prises par un pays resteront sans effet si elles ne sont pas prises également par les pays voisins.
Le Congrès ornithologique international, réuni a Vienne en 1884, s'est occnpé de cette question, et après de longs débats sur lesquels je n'ai pas a revenir ici et que j'ai résumés dans un Rapport précédent, les délégués d'un grand nombre de pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique se mirent d'accord pour demander la conclusion d'une convention internationale ayant pour but la promulgation de dispositions legislatives basées sur ces deux principes;
.,1°. Durant la première moitié de l'année légale, ou durant la période qui y correspond, il est défendu, sauf aux per-sonnes munies d'autorisations légalement justifiées, de chasser ou de détruire les oiseaux avec d'autres engins que les armes il feu, de les capturer, de prendre leurs oeufs et de faire commerce soit desdits oiseaux, soit de leurs oeufs.
,,2°. La capture en masse desdits oiseaux est interdite en tons temps.quot;
lies deux principes ci-dessus ont été adoptés, dans les mêmes termes, sous forme de voeux par le (quot;ongrès international d'agriculture réuni a Paris 1'an dernier. Ils méritent done d'etre pris en sérieuse consideration d'autant plus, j'insisterai particuiièrement sur ce point, qu'ils concordent dans leur essence avec les lois existantes ou les projets de loi les plus récents.
Ainsi 1'interdiction de la capture en masse des oiseaux se
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Sect. VI ft.
trouve implicitemont contenne dans Particle 9 de la loi du 8 mai 1844 prohibant sauf pour le Lapin, tons lea autres moyens de chasse a courre on a tir.
D'autre part 1'interdiction pendant le premier semestre de la chasse aux oiseaux, par tout autre procédé que la chasse au fusil, n'empêchera en aucune fa(;on la chasse des Oiseaux de passage, tels que la Bécasse, le Canard sauvage, etc., qui, d'après la loi ne peuvent déja étrc chassés qu'au fusil. Enfin 1'intention de prendre des nids et des ceufs figure déja dans ce projet dont M. de la Sicotière a été le rapporteur. II serait done facile de transformer les vceux indiqués ci-dessus en articles spéciaux dans un projet de loi sur la chasse ou de les fondre dans les articles consacrés aux Oiseaux utiles a 1'agriculture et au gibier.
Dans une brochure fort intéressante que 1'honorable M. Méline a bien voulu signaler a mon attention (JVo^e au sujet du Gibier migrnteur, des causes de sn disparition, etc., Annecy, mai 1890), M. Léonce Duparc, docteur en droit, a fait ressortir également 1'utilité des mesures que je viens d'indi-quer, savoir:
1° Interdiction de toute chasse au prin temps, e'est-a-dire pendant la saison oil la reproduction se prépare et s'accomplit, et ensuite en été, lorsque les jeunes prennent leur croissance;
â 2° Prohibition de toute chasse du gibier et particulièrement des Oiseaux migrateurs, autrement qu'au fusil.
11 est arrivé a des conclusions presquc identiques a celles (|ue plusieurs de mes collègues et moi avons formulées au (!ongrès de Vienne, en 1884; mais il a, de plus, insisté, et non saus raison, sur les heureux efiets lt;pie produirait une repression indirecte du braconnage par la surveillance active des marchés, des instruments de transport et des lieux publics, magasins, restaurants et hotels, afin de faire saisir toute pièce de gibier tuée autrement qu'au fusil ou tirée par un chasseur non muni,de permis. 11 a montré ravantage ((u'il y aurait, pour les Etats ayant des possessions bors du territoire continental de 1'Europa, a interdire le transport du gibier migrateur par mer et 1'introductiou de ce gibier dans le territoire continental. Enfin, il a réclamé, comme der-uière mesure indispensable, la prohibition de préparer et de veudre le gibier migrateur sous forme de conserves.
REPTILES ET BATRACIENS.
La destruction des Reptiles vénimeux est déja stimulée par des primes qiie 1'on pourrait seulement désirer plus élevées et la conservation des Reptiles et des Batraciens utiles ne réclame pour le moment aucune mesure internationale.
POISSONS ET MOLLUSQUES.
L'année dernière sur les propositions faitea a la sixième
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Sect. VT h.
section par MM. Brocchi, Vaillant et Chabot-Karlen et légèrement modifiées il la suite des observations de MM. Roberts et Nottin, 1(gt; Congrès d'agricnlture avait émis le vceu:
,,1° Que 1'administration tint la main a 1'applicatJon de Particle ler du reglement sur la pêche fluviale;
â2° Que la vente des espèces mentionnées dans les para-graphes 1 et 2 dudit reglement (c'est-a-dire du Saumon, la Truite, 1'Ombre-Chevalier et le Lavaret) filt rigoureusement interdite, quelle que tut d'ailleurs la provenance des Poissons, durant les périodes indiquées par le même règlement, ou même pour ce qui concerne le Saumon, du lcr octobre au ler mars.quot;
Or, cette année un décret rendu a la suite d'un rapport de M. le Ministre des Travaux publics a réglementé a nouveau les conditions def la pêche au Saumon, au Lavaret, aux autres Poissons et a PEcrevisse.
La pêche du Saumon a été interdite du 30 septembre au 10 janvier, celle de la Truite et de 1'Ombre-Chevalier du 20 octobre au 10 janvier, celle du Lavaret du 15, novembre au 31 décembre, celle des autres Poissons et de 1'Ecrevisse du 15 avril au 15 juin.
La durée de 1'interdiction de la pêche est restée la même pour I'Ecrevisse, le Lavaret et d'autres Poissons, mais pour le Saumon, la Truite et 1'Ombre-Chevalier elle a done été abrégée au lieu d'être augmentée eomme le demandait le ('ongrès.
Je me contenterai de signaler ces differences pour le cas oü un nouveau Congrès jugerait bon de reprendre 1'étude de cette question en réunissant les documents relatifs aux époques de reproduction des Salmonidés dans les diverses contrées de 1'Europe et les règlements en vigueur a 1'étranger pour la pêche et la vente de ces Poissons.
Un autre voeu émis par le Congrès est relatif a 1'abrogation de Partiele 72 de la loi du 15 avril 1829, qui admet les cir-constances atténuantes en matière de délits de pêche. Cette abrogation est du domaine des pouvoirs publics, de même que les conclusions d'une convention entre les divers pays pour la répression des délits de chasse et de pêche devra être poursuivie par la voie diplomatique (le Congrès, sur la proposition de la sixième section, a émis le voeu que les délits de chasse ou de pêche commis dans un pays par les citoyens d'un pays étranger puissent être poursuivis devant les tribunaux et punis par les lois de son pays, a charge de réciprocité.)
Par deux autres vceux le Congrès a demandé qu'il soit effectué des recherches ayant pour objet Pamélioration de 1'Huitre portugaise et qu'il soit procédé a Pétude des cotes au point de vue de la pisciculture pratique. Ces deux rétmltats
it;
Sect. Vi h.
peiivcnt être obtenus a 1'aide des stations zoologiques et des stations aquicoles, et 1'on peut se borner a exprimer Ie désir que ces établissements se mettent en rapport avec les établis-sements similaires de la Grande-Hretagne, de la Norvège, des Etats-Unis, etc., et entretiennent avec eux nn échange de communication favorable aux progrès de l'agriciilture
INSECTES.
Je passerai trés rapidement les différents vceux émis par le Congrès et relatifs aux Insectes. Pour le détail des procédés usités jusqu'ici et des mesures a, prendre pour la destruction des Insectes nuisibles, je renverrai au Rapport préliminaire tres instructif, que M. le Dr. Hrocchi a présenté au Congrès d'agriculture en 1889.
La création d'un laboratoire de zoologie destiné a l'étude des animaux nuisibles et particulièrement des Insectes qui s'attaquent aux récoltes dépend du Ministère de l'agriculture: on peut en dire autant de 1'institution de cours nomades d'apiculture; la formation de syndicate pour la distinction des Insectes nuisibles devra être suscitée par les grands pro-priétaires, par les maires, les conseils d'arrondissement et les conseils généraux. L'examen des farines, de provenance étrangère pour éviter 1'invasion des espèces nuisibles, telles que VEphestia kuhniella pourrait peut-être s'effectuer il la frontière et dans les ports, par les soins des agents des douanes, auxquels on adjoindrait au besoin quelques natura-listes, qui s'aideraient des indications fournies par le Profes-seur de zoologie de 1'Institut agronomique.
La loi promulguée en France en 1888 est du reste d'une exécution assez facile et congue en termes assez généraux pour pouvoir s'appliquer a toutes les catégories dMnsectes, et comme des lois analogues sont en vigueur ou vont être promulguées dans d'autres pays voisins. on peut espérer que 1'on arrivera a combattre partout a la fois les ravages causés par les Hannetons, les Silpbes, les Atomaria, les Anthonomes, les Cétoines, les Bombyx, les Géomètres, les Teignes, etc. Nous ferons cependant remarquer encore que pour être réel-lement efficaces les mesures prises contre les Insectes devront être fortifiées par des mesures assuraut la conservation des Mammifères et des Oiseaux insectivores. Tons les êtres de la nature se trouvent en effet dans une dépendance étroite les uns par rapport aux autres et, dans l'état normal, le développement exagéré d'une espèce se trouve contrarie par répanouissement d'une autre espèce. Mais, de temps en temps, eet équilibre se trouve rompu par Taction de 1'homme, par le progrès de certaines cultures, par la destruction d'une espèce utile. On voit alors une espèce nuisible prendre un accroissement inquiétant et 1'un des moyens les plus efficaces
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Sect. VI6.
de combattre cet accroissement consiste a favoriser la conservation et le développement d'une espèce antagoniste.
VÃGÃTAUX.
M. Prillieux et M. Costantin ont présenté sur les végétaux phanérogames parasites et sur les cryptogames des Rapports détaillés a la sixième section du Congres et ont indi(|ué les efforts qui ont été faits pour arrêter le développement des plantes nuisibles et les résultats obtenus. Le Congrès a ex-priiné le désir que 1'on persévérat dans la même voie et qu'en particulier on s'eft'orvat par tons les moyens possibles, de déterminer les propriétaires de vignes a traiter leurs vignobles aux époques convenables, afin de combattre l'inva-sion du Peronospora, a faire récolter et a brüler au moment des vendanges les grappes et les grains attaqués par le hlack-rol et a traiter leur vignes contaminées par la bouillie bordelaise. Si ces maladies de la vigne qui ont apparu dans plusieurs contrées de 1'Europe, venaient a prendre im plus grand développement, il y aurait peut-êtrc lieu de demander a la Commission du Phylloxera, qui compte dans son sein des botanistes éminents et des viticulteurs expérimentés, de vouloir bien s'occuper des mesures a prendre pour combattre simultanément le tléau dans les diverses contrées dc 1'Europe.
CONCLUSIONS.
En résumé je crois qu'il y aurait lieu ;
1° üe chereher k obtenir en France la presentation au Parlement d'un projet de loi eontenant des dispositions de nature;
a. è assurer la destruction rapide et sur una large échelle des Mammifères nuisibles et en particulier de certains Rongeurs, tels que les Rats, les Souris, les Mulots et les Campagnols;
b. h permettre, d'une part, de protéger dans certaines circonstances d'autres Mammifères, tels que le Lapin de garenne, le Hérisson, la Taupe et de pouvoir dans d'autres circonstances détruire ces mêmes espèces lors-qu'elles prennent un développement exagóré.
2n De chercher i\ provoquer dans d'autres pays l'éta-blissement de dispositions legislatives analogues, complé-
IS
Sect. VU.
ment naturel et indispensable de la loi sur les Insectes nuisibles.
3° De chercher k obtenir en France la presentation au Parlement d'un projet de loi protégeant les Mam-mifères et les Oiseaux utiles è, l'agriculture et eomplé-tant ou corrigeant la disposition de la loi sur la chasse du 3 Mai 1844.
Cette loi nouvelle ou la loi légèrement modifiée votée par le Sénat en 1877 et envoyée k la Chambre, stipulait par exemple que l'on considérera comme utiles tous les Mammifères et Oiseaux qui ne se trouveront pas men-tionnés spécialement dans trois listes arrêtées par un décret du Président de la République, listes compre-nant, la première les Mammifères et les Oiseaux fran-cbement nuisibles dont la destruction pourra être opérée en tout temps, la seconde les Mammifères et les Oiseaux accidentellement nuisibles et la troisième les Mammifères et les Oiseaux considérés comme gibier et soumis k la loi sur la chasse.
Elle établirait également 1'interdiction absolue de tout procédé de chasse autre que la chasse au fusil et l'interdiction de l'enlèvement des nids et des couvées des oiseaux utiles.
4° De provoquer la conclusion d'une convention internationale obligeant tous les Etats contractants h prendre des mesures pour protéger les Oiseaux mi-grateurs.
5° En attendant la promulgation de cette loi et la conclusion de cette convention, d'obtenir que les préfets prennent des arrêtés rédigés siu un modèle uniforme et interdisant sur toute 1'étendue du territoire la capture et la vente des Oiseaux sauvages en dehors du temps oü la chasse est ou verte, ainsi que la capture et la vente des oeufs et des jeunes.
6° D'établir dans les jardins, pares et forêts doma-
11)
Sect. VI h.
niales des nids artificiels et de provoquer la plantation d'allées d'arbres, de bouquets de bois et de haies devant servir d'abri aux Oiseaux utiles et au g'ibier.
7° De reprendre l'étude de la propagation des Sal-monidés, et, en s'aidant des documents recueillis en France et k l'étranger, d'établir définitivement les époques et les conditions du frai suivant les régions et le temps minimum pendant lequel la pêche de ces Poissons devra être interdite.
8° De développer la sphère d'action des stations aquicoles et de poursuivre les études de pisciculture maritime et fluviale.
9° D'établir h l'Institut agronomique en France et dans les capitales des autres pays des laboratoires de zoologie pour l'étude des animaux nuisibles semblables k ceux qui existen taux Etats-Unis.
10° De charger des naturalistes d'examiner, de concert avec les agents des douanes, les farines d'impor-tation étrangère, pour éviter 1'introduction d'Insectes nuisibles.
llu De provoquer k l'étranger l'établissement de dispositions législatives analogues }\ celles qui ont été prises récemment en France pour la destruction des Insectes nuisibles.
12 De provoquer la formation de syndicats pour la destruction des Mammifères et des Tnsectes nuisibles.
13° De recommander la stricte application des trai-tements pour les diverses maladies de la vigne et si les maladies causées par des cryptogames prenaient plus d'extension, de renvoyer l'étude des mesures a prendre k la commission du Phylloxéra, k laquelle seraient adjoints au besoin de nonveaux membres.
â¢20
Congres International d'Agrieultnre
a La Haye en 1891.
Section VI: Questions législatives.
b. Protection das animaux utiles; destruction des animaux et cryptogames nuisibles. Mesuren de légis-lation internationale ii prendre pour afteindre ces buts.
RAPPORT
SUR LES
MESÃRES PROPRES A ASSURER LA CONSERVATION
DES ANIMAUX UTILES ET LA DESTRUCTION DES ANIMAUX NUISIBLES
de
Monsieur J. RITZEMA BOS,
Docteur ès-Scieuces, Professeur «le Zoulogie et de Physiologic animale au Collége d'Agrieultnre a Wageningen.
to ^ ëXi. -I-
Vom âComité exécutifquot; erhielt ich den ehrenvollen Auftrag, iiber die Anordnungen zuin Schutze der nützlichen Vogel sowie zur Bekiimpfung schiidlicher Tiere und Pttanzen, ein vorlaufiges Rapport zusammenzustellen. Diese Aufgabe ist zwar eine mufangreiche, aber sic wurde mir verhaltnismassig leicht gemacht durch die wertvollen âRapports préliininairesquot; der Herren dk la Sicotière, Oüstalet, Brocchi, Pbillieüx nnd Constantin in den Verhandlungen des âCongres international d'agriculturequot;, welches 1.889 in Paris zusammen-kam, sowie durch die tüchtigen Referate der Herren Sorauek, Hartig, Eriksson in den Verhandlungen des Internationalen land- und forstwirtschaftlichen Congresses, das in 1890 zu Wien tagte. Nicht weniger wurde mir meine Arbeit dadurch erleichtert, dass Herr Dr. Oust a let, dem gleich mir ein 1'efcrat iiber die vorliegenden Fragen aufgetragen wurde, sein interessantes vorliiufifies Rapport schon im Drucke batte erscheinen lassen als ich das meinige zusammenzustellen anfing. Zwar stimme ich in mancher Hinsicht den Ansichten meines hochgeschiitzten Collegen vollkommen bei, und kann ich mich auch vielen der vom in Paris zusammengekommenen Congresse ausgesprochenen Wünsche (âVoeux émis par la
Sect. \llgt;. 'i
sixienie Sectionquot;) vollkoramen anschliessen, doch werde ich mir einige Bemerkungen erlauben. Ich bringe dieselben mit grosster Bescheidenheit in die Versammlung dieser Section ; aber âDu choc des opinions jaillit la veritequot;. Und um die Wahrheit ist cs ja zu thun ; nur mit dieser ist der ehren-volle Betrieb des Landwirts gedient. â Ich bespreche zu-nachst den ersten Gegenstand der Behandhmg;
I. Protection des Oiseaux.
Zunachst möchte ich gleich den Vorschlag machen, den Titel âProtection des oiseauxquot; nmzuandern in âProtection des animaux utiles a Vagriculturequot;, denn zunachst wollen wir ja als Landwirte nicht allen V'ógeln Schutz verleihen, sondern bloss denjenigen Arten, welche uns niitzen; und zweitens linden sich auch in andern Klassen des Tierreiches nützliche Arten. welche bezüglich der Vertilgung der Schiidlinge keine geringere Rolle spielen als viele Vogel. â Schon hat Dr. Ous-talet in seinem Rapport betont, dass auch die niitzlichen kleinen Siiugetiere gesetzlich geschützt zu werden verdienen. Ich stirame ihm vollkommen bei. Es sei mir aber erlaubt, zu bemerken, dass in den Verhandlungen des Pariser Congresses (1889), wo auf S. 818â823 die Gesetze zum Schutze niitzlicher Tiere in den verschiedenen Liindern der Welt kurz erwahnt worden sind, das niederliindische Gesetz vom 25 Mai 1880 zum Schutze land- und forstwirtschaftlich niitzlicher Tiere keine Erwiihnung gefunden hat, und dass grade in diesem niederliindischen Gesetze der Igel, die Feldspitzmaus (Sorex vulgaris) sowie alle einheimischen Fledermausarten unter den gesetzlich geschützten Tieren aufgezahlt worden sind. Xamentlich die, Fledermause mochte ich als ausserst nützliche Tiere empfehlen, weil sie im Naturhaushalte eine ganz eigentümliche Rolle spielen und von keinem andern Tiere vertreten werden können. Sie fressen hauptsachlich Nacht-schmetterlingen (Eulen und Spinner), welche im vollendenten Zustande ihrer niichtlichen Lebensweise wegen nur noch von Ziegenmelkern gefangen werden. Mehrere Nachtschmetter-linge aber werden auch im Puppen-, sowie im Raupen-zustande nur von wenigen Tieren gefressen, weil sie im erst-genannten Stadium innerhalb eines Gespinnstes eingeschlossen sind und im zweitgenannten Zustande eine dichte Behaarung besitzen; denn es giebt unter den Vögeln nur sehr wenige (z. B. der Kukuck), die stark behaarte Raupen fressen. Und so kann es vorkommen, dass in einer gewissen Gegend die Fledermiiuse die einzige Kraft im Naturhaushalte sind, welche dem schiidlichen Auftreten einer gewissen Insektenart vor-beugt(l). â Dem Maulwurfe (Talpa europaea) über iniichte ich
(1) Vgl. Ritzema Bos, «ïierische Schiidlinge und Nützlingequot;, S. 14u.69.
Skct. VI b.
keineu gesetzlichen Schutz verleihen. Zwar /.eniagt er nie-mals PHanzenwurzeln, frisst dagegen eine Unmasse schiidlicher im Boden lebendes Insekten (Engerlinge = Larven von Melo-lontha vulgaris; Drahtwürmer = Larven von Elateriden; Schna-kenlarven = Larven von Tipuliden; Erdraupen = Larven von Agrolis segetum, u. s. \v.; Maulwurfsgrillen = Gryllotalpa vulgaris), nnd ist zweifellos unter den nieisten Bedingungen ein sehr nütz-liches Tier. Jedoch hat man bis jetzt noch nicht den Umfang seiner Nützlichkeit eingehend genug studiert. Neben vielen schiidlichen Insektenlarven kommen anf den Feldern oftmals eine Unmasse von Regenwiirmern (Lumbricus) vor, welche zAvar die Keimpflanzen beschadigen können, allein als Humus-bildner bekanntlich von grösster Bedeutung sind. Man hat noch nicht durch absichtlich angestellte Versuche entschie-den, ob der Maulwurf die Regenwiinner den Insektenlarven oder umgekehrt die schiidlichen Insektenlarven den Regenwiirmern vorziehe. Meine Erfahrung deutet darauf hin, dass ein Maulwurf, wenn er die Wahl zwisehen Regenwiirmern und Drahtwiirmern hat, die ersteren auswahlt, dass er aber lieber Engerlinge als Regenwiirmer frisst. Vieles bleibt hier noch zu erforschen iibrig, aber jedenfalls raumt der Maulwurf unter dem schadlichen unterirdischen Ungeziefer tiich-tig auf. Der Maulwurf kann jedoch auch schaden. Indem er auf Heuliindern und Getreideiickern seine Erdhaufen auf-wirft, wird er beim Mahen sehr unangenehm und schiidlich. Wo Flachs wachst, darf man den Maulwurf gar nicht dulden; denn wenn im Friihjahre die noch jungen Elachspfliinzchen losgewühlt werden, so sterben diese alsbald ab. Auch in Garten, namentlich in Blumengiirten, darf man den Maulwurf nicht ungestört graben lassen. Weiter durchwühlten die Maulwürfe bisweilen die Deiche, und wurden also mittel-bar die Ursache von Ueberschwemmungen (1). Nach dem Obengesagten kann ich zwar den Landwirten die vorwiegende Nützlichkeit des Maulwurfs aufs Herz driicken, und ihnen den Schutz dieses Tieres, wo es kann, empfehlen, â aber gesetzlicher Schutz scheint mir fiir dieses Tier nicht erwünscht. â Lieber würde ich dem kleinen Wiesel (2) (Foc-torius vulgaris) als dem wichtigsten aller Miiusevertilger gesetz-lichen Schutz verleihen, obgleich er bisweilen der Geilügel-zucht und der Jagd schiidlich wird.
Was die insektenfressenden Vogel betrifft, ich schiitze sie hoch, weil sie, oft in starkem Grade, dazu mitwirken, dem massenhaften Auftreten schiidlicher Tiere vorzubeugen; wohl selten können sie einer Massenvermehrung irgend welchen
(1) Niiheres iibei- die Lebensweise der Spitzmause, des Igels und des Maulwurfs, in Ritzema Bos, nThierische Schiidlinge und Nützlinge», S. 57â67.
(2) Vgl. Ritzema Bos, n'rhierische Schadlinge und Nützlinge, S. 50â52.
Sect. VI b.
schiidlichen Insektes eiu Ende machen: in dieser 1 linsicht spielen mehrere in den Insekten schmarotzende Organismen (zB. Schlupfwespen = Ichneumoniden, Ranpenliiegen = Tachina, mehrere Pilze, zl!. Empusa- nnd Tarichium-arten) eine Haupt-rolle (1).
Ich stimme allen denen vollkommen bei, welche die nütz-lichen Vögel in allen Kultnrliindern gesetzlich schützen wollen. Man schütze jedoch nur die wirklich nützlichen Vogel; nicht diejenigen, welche entweder vorherrschend schiidlich sind oder deren Nützlichkeit bisweilen ganz oder grössten-theils durch den von ihnen verursachten Schaden aufgewo-gen wird. Ein Vogelschutzgesetz, welches nicht bloss die immer unbedingt nützlichen, sondern auch noch die biswei-len schiidlichen oder sogar vorwiegend schiidlichen Arten schützt, schadet der Landwirtschaft in zweifacher Hinsicht, 1°. direct durch die Vermehrung der schiidlichen Arten ; 2° indirect dadurch dass bei der Landbevölkerung der Respect für das Gesetz, welches sich dann ja doch nicht streng durch-führen lasst, abnimmt, sodass auch der den wirklich nützlichen Vögeln verliehene Schutz darunter leidet.
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Nun sei man aber vorsichtig bei der Zusammenstellung der Listen der zu schützenden Vogelarten ; denn es ist wohl gewiss, dass sogar von mehreren sehr allgemein vorkommen-den Vögeln die Xahrung, welche sie unter verschiedenen Bedin-gungen aufnehmen, noch gar nicht genügend bekannt ist. Es muss bei der Beurteilung der Schiidlichkeit resp. Nützlichkeit der verschiedenen Vogelarten nicht bloss der Mei-nung der Zooiogen, sondern namentlich auch den Erfah-rungen der Landwirte, Forstbeamten und Gartenbaukundigen Rechnung getragen werden. Es fehlen uns noch viel zu viel absichtlich angestellte IJntersuchungen über die Nahnmg ver-schiedener Vogelarten unter den verschiedensten Bedingungen. So haben die von Dr. Schleh in Herford angestellten aus-führlichen TIntersuchungen dargethan, dass nicht bloss in Australiën und Amerika, wo man die eingeführten Haussper-linge {Passer domesticus) schon langst verwünscht, sondern auch in den meisten Gegenden Deutschlands, diese Vogelart zu den wirklich schiidlichen gehort, â wahrend hingegen die gewöhnlich für sehr schiidlich geitenden Eeldtauben (,,Feld-flïichterquot;) obgleich sie bisweilen local sehr schiidlich auftreten, doch durchschnittlich durch die Vernichtung des Ackersenfs (Sinapis arvensis) und anderer schiidlichen Unkrauter wenigstens soviel Nutzen verursachen als der von ihnen veranlasste Schaden betrügt. Es ist bekannt, wie sehr Nahrungsmangel und veriinderte Lebensbedingungen eine Veriinderung in derNah-
(1) Ueber den liiiillnss der sogenannten «Natürlichen Keindequot; der scliad-lichen Tiere, sei auf S. 13â17, 20â23 des obenerwahnten Buches: xïie-rische Schiidlinge und Nützlingequot; verwiesen.
Sect. VI h.
rung hervorrui'en kouueu; es kommt inNorwegenjasogar vor, dass Ziegen mit Fischabfiillen sich niihren! So wird der Staar (Slurnus vulgaris), dessen grosse Nützlichkeit für l^and- und Forstwirtschaft ich im allgemeinen gar nicht bestreiten will, in einigen (legenden Hollands in Obstbaumgarten zeitweilig sehr verderblieh dadurch dass er Kirschen. .Tobannisbeeren, Erdbeeren, sogar Birnen frisst; â und ein glaubenswürdiger Landwirt erziihlt, dass grosse Scbaaren von Staaren in einem kalten, feuchtern Spatsommer, durcb Nabrungsnot gedmn-gen, die reifen Samenkörner des blauen Mobns in grossen Massen vom Felde ranbten, und dass seitdem die Staare dort jedes Jabr wieder diese Samenkörner rauben und fressen. â Die Amsel {Turdus merula) beisst wobl rait Recbt in den meisten Gegenden Europa's ein nützlicbes ïier. Aber sie frisst aucli Kirschen, wird in mehreren Gegenden sogar sehr schiidlich dadurch dass sie viele Trauben raubt; dazu kommt, dass sie die Nester der kleinern, grösstenteils sehr nützlichen Singvögel zerstört und deren Eier und Jungen frisst. Man bat wahrgenommen, das Nachtigallen, Kotkehlchen, Gras-mücken, u. s. w. in den Gegenden, wo sich viele Amseln aufbalten, in Anzahl abnehmen. â Sogar die sonst so sehr nützlichen Meisenarten können gelegentlich etwas schaden, indem sie Honigbienen fangen und fressen. â Weil nun die Nahrung mehrerer Vogel bei weitem noch nicht genug erforscht worden ist, andererseits aber die genaue Kenntnis der Nahrung der Vogel unter verschiedenen Bedingungen der Zusammenstellung delinitiver risten zu beschützender Vogelarten vorangehen muss, so ist es sehr erwünscht, dass in verschiedenen Landern absichtlich möglichst viele Unter-suchungen über die Nahrung der europaischen Vogel ange-stellt werden in dom Geiste wie, auf Anregung des Preussi-schen Ministeriums für Landwirtschaft, Domanen und Forsten, von Dr. Schleii für den Sperling und die Feldtaube geschehen.
Doch braucht man mit der Einführung der Vogelschutz-gesetze nicht zu warten, bis man bei allen einheimischen Vögeln von Neuem Untersucbungen über die Nahrung unter den verschiedenstcn Bedingungen angestellt bat. Denn es giebt viele Vogelarten, von denen uns die Nahrung, mitbin auch die Rolle, welche sie unsern Kuituren gegenüberspielen. genügend bekannt ist, und die man mit vollkommnen Rechte nüizliche Vogel nennen darf. Ein gesetzlicher Schutz dieser definitiv nützlichen Vögel ist aber umsomehr notwendig, als es gewöhnlich keine Vermehrung dieser Tiere gilt, sondern eine Vorheugung der Ahnahme ihrer Anzahl; denn in solchen Gegenden, wo der Boden immer mehr in Kultur gebracht wird, wo also die Insekten immer mehr Gelegen-heit zur Vermehrung auf Kulturgewiichsen bekommen, nimmt die Zahl der insektenfressenden Vögel gewöhnlich ab, weil die
Pfxt. VT h.
Gelegenheit zum Brüton fiir sie iminer seltener wird; deun es werden in vielen Gegenden die Walder ansgerodet und der Boden in Fruehtfelder umgestaltet, wahrend Sümpfe und ausgegrabene Moore trocken gelegt und in Wiesen oder Aecker umgebildet werden. Auch die Walder selbst enthalten bei zweckmassiger Bewirtung weniger Brutplatze als wenn sie sicb selbst überlassen werden, denn gerade die alten, raorscben Baume bieten in ihren Höblungen gute Gelegenheit zum Brüten für Meisen, Haunilaufcr, Spechtmeisen. Staare u. s. w. Weil also sowohl infolge der vermehrten Bevölkerung als infolge der Ausdehnung der Kultur, die Anzahl der meisten Vögel wegen Mangels an Brutplatzen abnehmen muss, so muss etwas gethan werden um wenig-stens die nützlichen, insektenfressenden Vögel vor Ausrottung zu hiiten.
Es miissen deshalb die nützlichen Vögel in allen Kultur-staaten gesetzlich geschützt werden; es sollen aber diese Vogelschutzgesetze zum Nutzen, nicht zur Last der Land-wirte und Gartner sein; desshalb schiitze man bloss diejeni-gen Arten, welche niitzlich sind und die keinen oder fast keinen Schaden bringen. Die Arten, welche bisweilen ziemlich grossen Schaden veranlassen, und diejenigen von denen das Verhalten der Land- und Forstwirtschaft sowie der Gartnerei gegenüber nicht genügend bekannt ist, bleiben besser vorlautig aus der Liste der zu beschützenden Vögel fort. Meine Liste würde desshalb weit kürzer, werden als die von Dr. Oustalet, der (S. 25 seines Bapports) für Frank-reich bloss 30 bis 40 schiidliche Arten gegen öÃO nützliche annimt. Das holliindische Gesetz vom 25 Mai 1880 unter-scheidet Tiere, die wahrend des ganzen Jahres, andere welche bloss wahrend der ersten neun Monate des Jahres gesetzlich geschützt sind. Dieze letztern sind hauptsiichlich die Dros-selarten, die Lerchen und Buchfinke, welche im Herbste und Winter, wo sie in Schwarmen tliegen, als jagdbare Tiere angesehen werden. Von den wahrend des ganzen Jahres geschützen Arten ziihlt das holliindische Vogelschutzgesetz 10 Arten aufâPirol (Oriolus galhula), Staar (Sturnus vulgaris), Krahenarten (Conus), Ammerarten (Emheriza), die beiden Sperlinge (Passer dornesticus u. P. montanus), die mit Erlaub-niss des Ilerrn Gouverneurs fier betreffenden Provinz getötet werden dürfen, sonst geschützt sind.
Diese letztgenannte Rubrik, sowie die Arten, welche im niederlandischen Gesetze bloss wahrend der ersten neun Monate des Jahres geschützt werden, liesse ich lieber ganz fort, weil sie nicht ausnahmslos nützlich sind.
Namentlich wenn eine internationale Convention zum Schutze der nützlichen Vögel zu Stande kiime, welche ich übrigens mit Freude begrüssen würde, wiire es erwünscht. bloss die ausschliesslich nützlichen Arten aufzuziihlen, und
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:ille Arten über deren Nutzen nicht alle einverstanden sind, vorlanijg fortzulassen.
Als nützliche, in allen Liindern zu schützende Tiere nenne ich die folgenden :
fgel (Erinaceus eurojiaeus),
Feldspitzmaus oder Waldspitzmaus (Surex vulgaris),
alle Fledermause ( Vespertilio),
Kucknck (Cuculus canorus),
die Schwalben: Ranch-, Dorf- nnd Uferschwalbe (Hirundo rustica, H. urbica, H. riparid),
Manersegler (Cypselus npus).
Nachtschwalbe oder Ziegennielker (Caprimulgus europneus), Baumlanfer {Cerlhia familinris),
Hlanspecht, Banmklette (Sitta caesia),
Zaunkönig ( Troglodytes europneus),
die Siinger (Sylvia): Nachtigall (Sylvia luscinia), Sprosser (S. philomela), Hotkehlchen (S. ruhecula), Rlankehlchen (S. suerica), die Rothschwiinzchen (S. phoenicurus et S. thitys), Mönchgrasmücke (S. alricapilla), Zaungrasmücke (S. cur men), grane Grasmücke (S. cinerea), Gartengrasmücke (S. horlensis), Gartenlaubvogel (S. hypoint's), griiner Waldlanbvogel (S. sihi-latrix), Fitis (S. Irochitus), Weidenlanbvogel (S. rufa), die Heckenbraunelle (Accentor modular is),
alle Pieperarten (Anthus),
die weisse, gelbe nnd grane Bachstelze (Molar ilia alba, flava et sulphurea),
die Goldhahnchen (Kegulus cristalus et R. ignicapillus), die Meisenarten (Parus major, P. coeruleus, P. palustris, P. crista tus, P. ater, P. caudatus).
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Schliesslich erlanbe ich mir, Resolntionen vorznlegen ; Das âComité d'Organi-sationquot; wird gebeten, in der âQuestionnairequot; unter âSection VIquot; den ersten Teil: â/ Protection des Oiseauxquot; in âProtection des animaux utiles a Vagriculturequot; nmzuandern. Der Congress spricht den Wunsch aus, dass in alien Kulturliindern Gesetze ein-geführt werden, welche den Schutz der für die Land-dem Congresse die folgenden |
Le âComité d'Organisa-tionquot;' est prié de remplacer dans le âQuestionnairequot; sous Section VI, la première partie : I â Protection des oiseauxquot; par âProtection des animaux utiles ti 1'agriculturequot;. Le Congres exprime le désir que, dans tous les états civilises, soient éta-blies des lois, prescrivant la protection des mammi- |
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s
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und Forstwirtschaft sowie fiir den Oartenbau niitz-lichen Siiuo-etiere und Vöo-el o o befehlen; und dass von S. Excellenz dem Minister des Aeussern das Zustande-kommen einer internationalen Convention zura Schutze der nützlichen Vögel vorbereitet werde, unter der Bedingung jedoch dass ausschliesslich die-jenigen Arten gesetzlich geschützt werden, welche der Land- und Forstwirtschaft sowie dem Gartenbau unter alien Bedingungen nützlich, niemals schiidlich werden. (Es könnte die Liste auf S. 7 dieses Rapports als Basis für die Zusammenstellung einer Liste der zu schützenden Tierarten dienen.) Auch spricht der Congress den Wunsch aus, dass in den verschiedenen Kul-turlandern absichtliche Un-tersuchungen (im Geiste der auf Antrag des Preus-sischen Ministeriums für Landwirtschaft u. s. w. von Dr. Schleh angestellten Untersuehungen) uber die Nahrung, welche die verschiedenen Vögel in den verschiedensten Gegenden und unter den verschiedensten Bedingungen zu sich nehnien, angestellt werden. |
teres et des oiseaux utiles k réeonomie rurale et fores-tière, ainsi qu'k l'horticul-ture; et que de la part de Son Excellence le Ministre des Affaires étrangères soit préparé Fétablisseraent d'une Convention internationale pour la protection des oiseaux utiles, cepen-dant sous la condition for-melle que la loi protégé exclusivement les espèces qui sont invariablement utiles, et ne deviennent jamais nuisibles k 1'économie rurale et forestière et k 1'horticulture. (La liste, donnée h la page 7 de ce rapport pourrait servir de base k celle qui portera définiti-vement les noms des espèces d'animaux k protéger.) De plus, le Congrès ex-prime le dósir, que dans les différents Etats civilisés soient organisées des recherches spéciales sur les substances dont se nourrissent les divers oiseaux de toutes les régions et dans les conditions les plus variées. (Ces recherches pourraient, en général, se conformer k celles faites par M. le Dr. Schleh par ordre du Ministère d'agriculture etc. dans le Royaume de Prusse.) |
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It. Animaux, cryptogames et autres végétaux nuisibles.
Unter den schiidlichen EinHiisscn, denen die PHanzenkul-tur ausgesetzt ist, müssen wohl in erster Reihe die tierischen und pfianzlichen Schiidlinge genannt werden; eir.ige von ihnen zerstören Wurzel, Stengel, Aeste oder Bliitter oder missbilden sie derartig, dass entweder dicse Teile selbst kei-nen Wert mehr haben oder dass sie nicht mehr Friichte fortzubringen in Stande sind. Andere lassen zwar die erst-genannten Pllanzenteile unbesehiidigt, aber sie zerstören direct die Bliitcn und Friichte. Jedenfalls wird ein ansehnlicher Verlust verursacht.
Von dem Schaden, den die kleinen Nager dem Pflanzenbau zubringen können, branche ich umsoweniger Erwahnung zu thun, als Dr. Oustalet in seinera âRapportquot; ausfiihrlich dar-über handelt. Es sei mir aber erlaubt, mit wenigen Beispie-len den von winzigen, oft sogar mikroskopischen. Organismen verursachten Schaden zu erlautern. Ich entnehme die Beispiele aus meiner Umgebung. In der niederliindischen Provinz Zeeland, wo durchschnittlich 10,000 Hektare Bohnen (Vicia faha) kultiviert werden, betrug im Jahre 1878 der durchschnittliche Ertrag nur 19 Hektoliter pro Hektar, gegen durchschnittlich 24.4 Hectoliter in den Jahren 1871-â1877. Der Preis der Bohnen war 1878 fi. Holl. 7.55 pro Hektoliter; die Bohnen lieferten also in der ganzen Provinz Zeeland einen Ertrag von etwa 650,000 Mark weniger als durchschnittlich in den vorigen 6 Jahren. Dieses Misslingen der Ernte musstc grösstenteils dem Einflusse der Blatllduse zugeschrieben werden, welche dermassen die Bohnen befielen, dass in den ambt-lichen Berichten von 73 der 110 Gemeinden der Provinz über den von Blattliiusen an Bohnen verursachten Schaden geklagt wurde. Dazu kam noch ein weit geringerer Stroh-ertrag. Auch die Qualitiit des Bohnenstrohs war eine so geringe, dass er nur ausnahmsweise zur Fütterung der Pferde und des Rindviehes benutzt werden konnte, und hauptsiich-lich bloss zur Diingerbereitung diente. Und was die Quan-titiit des Strohs betrifft, â in der holl. Provinz Friesland lieferten die Bohnen pro Hektar durchschnittlich 2900 Kilogr. Stroh, in der Provinz Nordholland 2800, in Zeeland höch-stens 2200. Tm Jahre 1858 sab es in der Xiihe meines jetz-igen Wohnorts Wageningen auf den Wiesen an beiden Seiten des Rheinflusses gar traurig aus. Die im Frühjahre von den Maikaferlarven ihrer Wurzeln beraubten Graspflanzen konn-ten in diesem iiberaus trocknen Sommer gar keine neuen Wurzeln bilden, die Sommerhitze versengte das Gras, und die sonst im Sommer iippigen Wiesen sahen briiunlich aus, wie Haide. Die Engerlinge zerstörten die Felder dermassen, dass 30 Hektare Grasland, die in gewöhnlichen Jahren fiir
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120 bis 140 H. holl. (Mk. 200â-233) verpachtet wurden, nicht mehr als (iâ10 H (10â16 Mk.) einbringen konnten. â Der Schaden, den die Nonne (Liparis monacha) in den Jahren 1889 und 1890 den Nadelholzwiildern in Mitteleuropa (auch in Holland) znfügte, liegt noch frisch im (lediichtniss. â Die von dem Pilze (Phytophlhora inteslans) verursachte Kartoffel-krankheit bringt bekanntlich in vielen Jahren dem Landwirte grossen Schaden.
Aber ich branche wohl nicht mehr Belege hervorzuheben znm Beweise dass ptianzliche und tierische Schiidlinge all-jiihrlich sogar auf einem gar kleinen Gebiete wie dem der Niederlande einen Schaden verursachen der mehrere Millionen betriigt; es sei nur noch darauf hingewiesen, dass sehr oft dieser Schaden noch weit grosser ist als man vermntete, weil der Schiidling langsam aber sicher sich stets mehr verbrei-tete und die Krankheit immer mehr um sich griff, ohne dass man sich der wahren Ursache des Misslingens der Ernte bewnsst war. Wie lange hat man nicht die Ursache der sogenannten âRübenmüdigkeitquot; des Hodens in Mangel an Kali oder anderen Niihrstoffen gesucht, bis Julius Kühn, zeigte dass die Heterodera Schachtii die alleinige Ursache der Kalamitiit ist! Hei der sogen. âKleemndigkeitquot; des Bodens, wo auf einem Boden gar kein gesunder Klee mehr wachsen will, babe ich in mehreren Fallen (namentlich in England und Schottland) als Ursache des Misslingens des Klees das Stengelalchen (Tylenchus devnstalrix) entdeckt, wahrend in anderen Fallen (zB. in der holl. Provinz Zeeland) meiner Erfahrnng gemass als Ursache der âKleemüdigkeitquot; ein Pilz (Peziza cihoridides) anftritt.
Aus den obigen Mitteilungen ergiebt sich, dass ein mög-lichst genaues Studium der tierischen und pflanzlichen Schiidlinge unserer Kulturgewachse ein grosses wissenschaft-liches Interesse hat. Hat es aber auch ein praktisches Interesse? Zweifelsohne, denn dieses Studium lehrt uns die PHanzenschiidlinge bekampfen, â es lehrt uns aber auch deren Verbreitung vorbeugen und ihren EinHuss auf das Wachstum der Kulturgewachse weniger bedeutend machen.
Die übliche Fangmethode der in Obstbaumgiirten so schad-lichen Frostspanner (Acidalia hrumata) mittelst Teerbander, â das âSpiegeinquot; der jungen Nonnenraupen in den Nadelholzwiildern, â die Anwendung der ,,Fangbaumequot; als Mittel zur Bekampfung des Waldgartners (Hylesinus piniperda) und sonstiger Borkenkiiferarten, â die Methode des Herrn Geof-proy in Paris zïir Tötung der Ackerschnecken durch zwei-malige Aussaat mit kurzem Zwischenraume von pulverisier-tem hydraulischem Kalke, â die Behandlung der radekran-ken Weizenkörner mit schwefelsiiurehaltigem Wasser nach der Methode-KüHN, â die Anwendung von âBouillie Bordelaisequot; als Mittel gegen Peronospora viticola und gegen Kar-
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toflelkrankheit, â sie beweisen, dass das Studium der Pflanzen-schiidlinge ohnojeden Zweifel praktische Resultate liefern kanu.
Noch bedeutender aber als die Bekampjung resp. Vernich-tung der schon in grosser Anzahl vorhandenen PHanzenfeinde, ist die Vorbeugung der Vermehrung und Verbreitung derselben. Ein regelmiissiger, zweckmassiger Fruchtwechsel ist das beste Mittel um der Vermehrung vieler Feinde, die zeitweilig ini Boden sich aufhalten, vorzubeugen (Atomaria linearis, Tylen-chus devnstatrix, Heterodcra Schachtii, Plnsmodiophora Erassicne); man muss aber ganz genau die fjebensweise und die Aufent-haltsorte der betrefïenden Schiidlinge kennen. Beispielsweise dürfen Zuckerrüben nicht zu oft mit Kohl abwechseln, well diese beiden Pflanzen der Heterodera Schachtii, dem beriich-tigten âRübenneraatodeiiquot;, zum Aufenthalt dienen,
Die genaue Kenntnis der Entwickelungsgeschichte und der Lebensweise der Schiidlinge ist von höchstem Interesse, wenn es gilt ihrer Verbreitung; vorzubeugen. Wenn wir wissen, dass die Getreiderostarten {I'uccunia graminis u. sir a minis) in einer andern Entwickelungsform auf dem Sauerdorn resp. auf Boragineen leben, so ist die Vernichtuug dieser Pflanzen ein von selbst angewiesenes Mittel zur Bekampfung des Ge-treiderostes. Wenn wir wissen, dass auf Aeckern, wo der Roggen an âStockquot; leidet, die oberfliichliche Bodenschicht nach der Roggenernte mit Stengeliilchen infiziert ist, so wird man Sorgo dafür tragen, dass diese mikroskopischen Tierchen nicht an den Hufen der Pferde, den Fussbekleidungen der Arbeiter oder an den Werkzeugen auf andere Aecker über-getragen werden ; man wird alle diese Gegenstiinde, welche mit infiziertem Boden in Beriihrung gewesen sind, aufs sorg-fiiltigsten reinigen, wenn man den vom Stock heimgesuchten Acker wieder verlasst. â Die HessenHiege [Cecidomyia destructor), welche in vielen Landern der Alten und Xeuen Welt (mehrere Gegenden von Russland und Deutschland, England und Schottland, VereinigteStaaten von Nord-Amerika) grosse Verwiistungen an Weizen-, Gersten-und Haferpflanzen verursacht, in andern Landern, zB. Holland, hingegen ganz-lich fehlt, zeigte sich öfter plötzlich in einer Gegend, wo sie bisher nicht vorkam. Die leinsamenförmigen Puppen betin-den sich an den Halmen und werden sehr leicht mit Stroh, welches fiir das Einpacken von Glasgegenstiinden dient, oder mit Stroh fiir Papierfabriken von einer Gegend in eine andere verbreitet. Wenn man jedoch mit dieser Art der Weiterver-breitung bekannt ist, so kann derselben öfter vorgebeugt werden, zB. durch zeitweiligen Verbot der Stroheinfuhr aus infizierten Gegenden.
Auch ist es von höchstem Interesse, den Einfluss zu stu-dieren, den ein gewisser Schiidling auf eine bestimmte Pflanze ausübt. Dasselbe Insekt, derselbe Pilz, wirkt nicht in derselben Weise auf verschiedene Pflanzenarten ein; â und
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auch ist die Wirkung desselben Schadlings auf dieselbe Plianze nicht unter alien Bedingungen die gleiche. Wird eine Eiche von der Nonnenraupe gam entlaubt, so wird sie gewöhnlich nur etwas in ihreni Wachstum zuriickgehalten; wird aber irgend welche Nadelholzart kahlgefressen, so ist sie, ihres geringern Reprodvictionsvermögens wegen, weit schlimmer daran; nnd wenn auf dem Kahlfrasse ein sehr trockner Sommer folgt, so ist es sogar fast sicher dass sie stirbt. Es versteht sich also dass man in einem Kiefern-oder Fichtenwalde weit mehr Geld aufopfern darf um einer Raupenkalamitat vorzubeugen oder dieselbe zu bekampfen, als in einem Eichemvalde.
Auch die verschiedenen Vnrietdten derselben Pf an'en art ver-halten sich demselben Schiidling gegeniiber sehr ungleich. Die Keimpflanzen der verschiedenen Kohlvarietiiten werden nicht in gleichem Grade von Erdflöhen, die jungen Erbsen-pflanzen verschiedener Varietiit werden nicht in gleichem Grade von dem Rüsselkiifer Sitones lineatus beschadigt. Die verschiedenen Kartoffelvarietaten verhalten sich der Kartoffel-krankheit, die Weizen- nnd Gerstenvarietaten dem Rost, die Hyazinthenvarietfiten der von Bacterium Hyacinthi verursach-ten âGelbsuchtquot; gegeniiber sehr verschieden. Es ist von höch-stem Interesse, dass man durch wiederholte gewissenhafte Beobachtungen die Widerstandsfahigkeit der verschiedenen Varietaten dcr einzelnen Kulturgewachse feststellt.
Es versteht sich aber, dass eine gründliche Kenntnis der Factoren, von denen die Beschadignngen und Krankheiten der Kulturgewachse abhangen, nur durch anhaltend fortge-setztes Studium zu erreichen ist. Auf keinem Arbeitsfelde ist eifriges Zusammenwirken der Vertreter der Wissenschaft und der Praktiker so sehr erwünscht, ja so unerliisslich, als auf dem hier bezeichnetem Gebiete. Auf diesem Gebiete arbeite ich schon seit mehr als 20 Jahren, und babe in dieser Zeit sehr oft erfahren, wie fruchtbringend das obenerwahnte Zusammenwirken von Wissenschaft und Praxis sein kann, und zwar für Wissenschaft und Praxis beide. Ich habe aber auch erfahren, dass die Zusendung des corpus delicti nicht immer genügt, um eine Einsicht in das Wesen der Krank-heit oder Beschadigung zu bekommen und dem Landwirt oder Gartner die Auskunft zu geben, welche er verlangt; denn erstens sendet der nicht wissenschaftlich gebildete Praktiker oft die erkrankten Pflanzen in einem Stadium, wo sie schon von mehreren Organismen bewohnt werden, sodass sich aus der Untersuchung des corpus delicti nicht leicht ersehen liisst, welche die eigentliche, wahre Ursache der Erkrankung war; und zweitens muss in vielen Fallen der Rat den man hinsichtlich der anzuwendenden Mittel giebt, von mehreren Bedingungen abhangig sein, die man bloss durch eine Untersuchung in loco feststellen kann. Ich besitze
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in diescr Hinsicht eine ziemlich reiche Erfahrung, denn seil vielen Jahren gehen mir alljahrlich viele (bis 100 a 160) Anfragen um Auskunft betreffs tierischer Schiidlinge, oft aber auch betreft's von Pilzen verursachter Pflanzenkraukheiten, aus den verschiedenen Provinzen Hollands, bisweilen auch aus dem Auslande, zu. Ich hatte gewöhnlich nicht die Zeit und Gelegenheit, meine Untersuchungen in loco anzustellen, nnd meinen Rat den Pflanzenzüchtem mündlich zu erteilen; habe aber in dieser Richtung Erfahrung genug, um konsta-tieren zu können, dass ein persönlicher Besuch des heimge-suehten Feldes in jcder Hinsicht, für den Praktiker und für den wissenschaftlichen Mann weit fruchtbringender ist, als eine blosse Untersuchung des eingesandten erkrankten l'flan-zenteiles und des Schadlings im Laboratorium.
Nirgendwo bat man auf das fruchtbringende Zusammen-wirken von Wissenschaft und Praxis grösseres Gewicht gelegt als im praktischen Nordamerika. Man hal dort landwirt-schaftliche Versuchsstationen gegründet, die sich aber nicht ausschliesslich mit sogenannten âagrikulturchemischenquot; Untersuchungen beschiiftigen; denn an jeder Versuchsstation ist wenigstens ein Phvtopathologe (für das Studium der schiidlichen Tiere und der Pilzkrankheiten) verblinden; gewöhnlich ist aber die betreffende Arbeit über zwei Personen (resp. einem Entomologen und einem Mycologen) verteilt. Erst 1875 wurde die erste landwirtschaftliche Versuchsstation der Vereinigten Staaten Xordamerikas errichtetin Middletown (Connecticut); 18S6 fanden sich schon 17 Versuchsstationen in 14 verschiedenen Staaten. In diesem Jahre steilte auch das Comité für Landwirtschaft im Abgcordetenhause den Entwurf eines Gesetzes, die Errichtung der Landwirtschaft-lichen Versuchsstationen betreffend, zusammen, und 2 Marz 1887 wurde derselbe zum Gesetze erhoben. Dieses Gesetz enthalt hauptachlich die folgenden Bestimmungen. Unter Leitung eines Curatoriums werden in jedem Staate und jedem Territorium eine oder mehrere Versuchsstationen errichtet, die sich mit allen wissenschaftlichen Fragen beschiiftigen, welche sich auf die Landwirtschaft, insbesondere auf die des betreffenden Staates, beziehen. Um soviel wie möglich Ueber-einstimmung in der Wirksamkeit der verschiedenen Versuchsstationen zu erreichen, kann der âSecretary of Agriculturequot; der Vereinigten Staaten von Zeit zu Zeit den Directoren der Versuchsstationen wissenschaftliche u. praktische Fragen, welche ihm besonders interessant erscheinen, zur Beantwortung verlegen und er sendet Formulare zur Ausfüllung, behufs Tabel-lisierung der Untersnchungsresultate. Auf das Programm jeder Versuchsstation stehen auch Untersuchungen betreffend Püanzenkrankheiten und tierische Schiidlinge; und an den meisten Stationen finden sich dem entsprechend ein Mvcologe sowie ein Entomologe; an einigen Stationen aber lindet sich
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ein einziger Forscher zugleich für die beiden Zweige der Phytopathologie. Im Jahre 1889 fanden sich in den Vcreinigten Staaten Amerikas 46 Versuchsstationen, welche zusamnien 595,000 Dollar vora Staate, dazn aus andern Quellen noch 125,400 Dollar erhielten. â Wahrend der knrzen Zeit ihres Bestehens haben die Versuchsstationen schon Vieles geleistet. Gewiss versehulden sie dies teihveise der iiusserst praktischen Verbindung der Stationen nnter einander sowie mit den Landwirten aller Staate dnrch âthe Office o f Experiment Stntionsn in Washington. Dieses Centralburcau bringt die Hanptresul-tate, welche die Forschungen der Versuchsstationen in praktischen Fragen geliefert haben, in einfacher, allgemein ver-standlicher, klarer Form als sogenannte âfarmers bulletinsquot; unter den Bereich aller Landwirte. Ausserdem publiziert âthe Office of Experiment Stations'quot; für die Forscher der verschie-den Versuchsstationen, und als Vermittler zwischen den einzelnen Versuchsstationen sowie zwischen den Amerikani-schen Forschern und denen des Auslandes, ein âExperiment Station Recordquot;, in denen die sonst in sovielen Zeitschriften verbreiteten Forschungen auf landwirtschaftlichem Gebiete ganz kvirz aber zienilich komplet, zusammengestellt werden. âMan legt in den Vereinigten Staaten grösseres Gewicht darauf, dass die Versuchsstationen Arbeiten ausführen, welche den Farmern unmittelbaren Nutzen gewahren. .leder Farmer hat das Recht, die Veröffentlichungen seiner staatlichen Versuchsstation unentgeltlich zu beanspruchen. Viele Farmern besuchen zeitweilig ihre staatliche Versuchsstation, um sich von dem Erfolge der Versuche zu überzeugen, um neue Kulturpilanzen, die Verwend ung künstlicher Düngemittel, ein neues Fütterungsverfahren kennen zu lernen. Die nord-amerikanischen Versuchsstationen stehen also in viel engerer Verbindung mit den Farmern ihres Staates und sie lernen deren wissenschaftliche Bedürfnisse viel besser kennen, als dies bei den deutschen Versuchsstationen der Fall ist, wo der Versuchsarbeiter und der praktische Landwirt durch eine hohe Schranke getrennt sind, weil dieser jene und jene diesen nicht verstehenquot;. (Wilckens, âNordamerikanische Landwirtschaftquot;.) â Schon bei flüchtigem Durchlesen des âExperiment Station Recordquot; ergiebt sich, dass in Amerika das Studium der pflanzlichen und tierischen Schiidlinge mit grossem Erfolg betrieben wird. Insbesondere lindet das Studium cler schiidlichen Insekten eifrige Forscher; und die Praktiker haben das grösste Interesse am Studium der Lebensveise der Insekten und an den Experimenten, welche seitens der Versuchsstationen mit Vertilgungsmitteln genommen werden. Die Amerikanischen âEconomic entomologists,'1'' bilden zueam-men einen Verein, der jedes Jahr eine Versammlung hiilt unter dem Presidium des berühmten Entomologen Dr. C. V. Riley, âEntomologist of the U. S. Department of Agriculturequot;
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in Washington. Dieser hat einen Sttib von 7 Adsistenten, und ist angewiesen alle entomologischen Fragen zn studieren, welche l'ür die gauze Republik von Bedeutung sind, wahrend die Entomologen der \rersuchsstationen hauptsachlich nur mit den Fragen sicli beschiiftigen, welche für die einzelnen Htaten Bedeutung haben. Wilckens giebt in dera oben-erwiihnten Buche (S. 2'ó') u. 240) eine Beschreibung des Laboratoriums des Prof. Feknald, des Entomologen der Versuchs-station in Amherst (Massachusetts), lm Jahre 188U hatte derselbe ein lusekteuhaus (âInsectaryquot;) gebaut, welches ohne Kosten des Grundes 2000 Doll, gekostet hat. Nackdem Wilckens das lusekteuhaus ausfühiiich beschrieben hat, verfolgt er; âProf. Fernald steht mit allen Farmeru des Staates bezüg-lich schiidlicher insekten in Briefwechselquot;.
In den Vereinigten Staat en hat die wissenschaftliche For-schung auf dem ganzen Geblete der Phytopathologie eine grosse llöhe erreicht, und die Wissenschaft ist daselbst mit der Praxis in engster Verbindung getreten. Wirklich auf diesem Ciebiete müssen wir sagen: âAmerika, du hast es besser als unser Kontinent der alte!quot;
Auch Canada hat seine âExperimental farmsquot;, und aus den alljahrlich erscheinenden Kapporten ergiebt sich, dass nament-lich die schiidlichen Insekten daselbst in Mr. James Fletcher einen tüchtigen Forscher linden.âAmtralién bleibt nicht zurück. Seit 181)0 erscheint in Sydney ,,thc Agricultural Gazette of New South Wales''', eine interessante Zeitschrift, in dem sich die Rapporte linden der Forschungen, angestellt seitens des âDepartment of Agriculturequot; wo Cobb die Plianzenkrankheiten und Oliff die schiidlichen Insekten studiert. Auch âthe Department of Agriculturequot;, von Queensland publiziert soit 188U ein âReport on insect and fungus Pestsquot;, herausgegebeu von Henrv Tryon. Aus obeustehenden Mitteilungen ergiebt sich, dass das Studium der schiidlichen Tiere und Pilze auf Kosten des Staates geschieht in alien Liindern, welche entweder noch Jetzt englische Koloniën sind oder welche friiher englische Koloniën waren, also in den von Engliiudern gegriindeten Liindern, wo der praktische Geist dieser Nation noch fortlebt.
in Europa bleibt die Forschung auf phytopathologischem Geblete weit hinter der in der Neuen Welt zurück, â nicht well die Forscher der Alten Welt weniger bedeuten, sondern well hier der Staat weniger hilft. In England, dem Lande des âHelp yourself,quot; vereiuigen sich die reichen Gutsbezitzer und thun dasjenige, was in Amerika und den andernjüngern Liindern der Staat thut. Seit 187lJ hat âthe Royal Agricultural tSocicty of Englandquot; ais Entomologe Miss Ormerod angestellt, welche den Mitgliedern der âSocietyquot; und womöglich auch den anderu Britischen Liiudwirten in Fiillen von lusekten-frass die gefragte Auskunft giebt; sie giebt alljahrlich einen sehr interessautea âReport oj. observations of injurious insectsquot;
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:uis. Ausserdem erscheinen von Staatswegen die jahrlichen Rapporte des Herrn Chaeles Whitehead, âthe Agricultural, adviser.quot;
In Frankreich ist im Jahre 1888 von der Regiernng in Paris ein Laboratorium für die Untersuchung der Pflanzenkrank-heiten errichtet. Zum Director ist der berühmte Forscher Prillieux, Professor am .Jnstitut national agronomiquequot; er-nannt worden und als Leiter der Laboratoriumsarbeiten Dr. Delacroix. Bis zum Anfang November beliefen sich die an das Laboratorium gerichteten Anfragen im Jahre 1890 bereits auf 248. Das Laboratorium beschiiftigt sich jedoch nicht mit dem Studium der landwirtschaftlich schiidlichen Tiere.
Italien. Seit etwa 20 Jahren bestel it an der Universitat in i'avia eine aparte Cryptogamen-Station {âLahoratorio di Botanica Crittogamia di I'aviaquot;). und ein oeconomisch-entomolo-gisches Laboratorium in Florence. Beide werden teilweise vom Staate, der Provinz und der Gemeinde, teilweise von einer Corporation bekostigt.
Russland hat an seinem Ackerbau-ministerium zwei Entomologen verblinden, deren Aufgabe es ist, die von den etwa 4000 Correspondenten aus den verschiedenen Theilen des Rei-ches zugesandten schiidlichen Insekten zu bestimmen. Weiter findet sich in Odessa und Tiflis eine Phylloxera Commission, dazu eine Subcommission in Jalta (Krim), welche sich auch mit dem Studium der übrigen Feinde der Rebe (Oidium Tuckeri, Peronospora viticola) beschaftigen.
Schwedcn bat seit etwa 10 Jahren einen Staatsentomolog, der wahrend der Sommermonate m den verschiedenen Teilen des Reiches umherreist, die sich schadlich zeigenden Insekten bestimmt und bei Insektenkalamitaten Rat erteilt; wahrend Prof. Eriksson, der Pflanzenphysiologe der Ackerbau-Akademie in Albano (bei Stockholm) das Studium der PHan-zenkrankheiten für seine Rechnung nimmt. Im Jahrc 1S8!gt; had die Regierung für ein eingehendes Studium des Getreide-rostes, der in Schweden dem Hafer so grossen Schaden zu-bringt, für drei Jahre zusammen eine Summe von 10.000 Kronen bewilligt.
In Ddnemark ist Prof. Rostkup a. d. Hochschule fur Liind-wirtschaft in Kopenhagen, Reichsconsulent für Ptianzenkrank-heiten.
In Deutschland, wo es ausgedehnte Wiilder giebt, die von trefflich geschulten Forstbeamten verwaltet werden, bat sich die Kenntnis der forstschadlichen Insekten zu einer ansehn-lichen Höhe entwickelt. Insbesondere bat Ratzeburg sowohl durch seinen Unterricht als seine Schriften, namentlich durch seine langjiihrige Verbindung mit den praktischen Forstleu-ten, bewirkt, dass die schadlichsten âForstinsektenquot; allge-mein, sogar den niedern Forstbeamten, bekannt sind. Auch
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'las Studium der forstschüdlichen Pil ze hat in Hartig uml anderen eifrige Bearbeiter gefnnden ; und weil in Deutsch-land an allen Forstakademien der Forstschutz gelehrt wird, dieses Fach aber hauptsiichlich die Lehre der schiidliehen Insekten und Pilze behandelt, so versteht es sich, dass diese den Forstbeamten ziemlich gelaufig sind. Anders ist es mit dem Studium der den Ackerbau-und Gartengewacbsen schüd-licben Pilze und Tiere. Die âpflanzenphysiologische Versucbs-stationquot; in Proskau (Scblesiën) unter der Direction des be-kannten Pflanzenpatbologen Dr. Sobaueb ist wobl bis jetzt in Deutscbland die einzige Anstalt, welcbe zwar nicht aus-scbliesslich, aber jedenfalls bauptsiichlich für das Stadium iler Pflanzenkrankheiten eingericbtet ist; obgleich dieser Zweig der Wissenschaft auch in einigen Professoren an höhern landwirtschaftlichen Lebranstalten ausgezeichnete Vertreter findet; ich nenne bloss Julius Küiin in Halle und Bernard Frank in Berlin. Hinsichtlicb des Studiums der für die Landwirthscbaft und den Gartenbau scbadlichen Tiere be-inerke ich, dass zwar mehrere ausgezeicbnete Handbücher fzB. von Tasohenberg und Nördlinger) auf diesem Gebiete in Deutscbland erscbienen sind, dass aber Anstalten speziell für die Forscbung der tieriscben Scbiidlinge nicbt bestanden, hiss 1888, bauptsacblicb durcb die Bemübungen des Prof. Küiin in Halle a. Saaie eine âVersuchsstation für Nematoden-vertünunc/quot; erricbtet wurde. welehe sich zwar in erster Reibe mit dem Studium der Vertilgung der Bübennematoden be-scbaftigt. aber aucb die übrigen tieriscben Feinde der Rübe in den Kreis ibrer Untersucbungen zicht.
Tn den Niederlnnden bat sicb der Staat bis jetzt nicht mit dem Studium der scbadlichen Pflanzen und Tiere bemübt. Bloss bat die Landesregierung drei Jabre lang (1883â-'85) dem .. Niederlii n disehen Ver eine für Blumenzwiehelnkulturquot; all-jiibrlich eine Summe verliebcn, um daraus einen Teil der Kosten zu zablen der für diesen Verein von Dr. Wakker angestellten Untersucbungen über Krankbeiten von Hyazin-then und andern Rlumenzwiebelpflanzen. â Der Ausscbuss der âNiederl. Gesellschaft für Gartenhnu und Pjlanzenkundequot; hat im Jabre 1889 eine Anzahl von Gelehrten zu einer âCommission für wissenschaftliche Angelegenheitenquot; vereinigt, welcher schon sogleich im ersten Jabre ihres Bestehens, mehr noch aber im folgenden Jabre, eine grosse Anzahl von Fragen zugingen, bauptsiichlich auf dem Gebiete der Phyto-pathologie. â
A us den obenstebenden Mitteilungen ergiebt sicb. dass in den verschiedensten Teilen der Welt mehrere Gelehrte ein-gehend mit dem Studium der Pflanzenkrankheiten und der scbadlichen Tiere sicb beschiiftigen; aber in den meisten Liindern der alten Welt bemübt sicb die Landesregierung nicht oder nicbt genug mit dieser Angelegen heit, und wird
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auch für rlie (wie oben von mir srezei^t wnrde) nnnmgansr-liche Verbindung zwisehen Wissenschaft nnd Praxis nicht Sorse srcnnsr getraaren. Jeder Forscher arbeitet für sich, nnd zwisehen den Forschern der verschiedenen Staaten besteht keine andere als eine znfallige Verbindnng. Weil einerseits keine systematische Verbindnng zwisehen den Praktikern nnd den Forschern, anderseits anch nicht zwisehen den Forschern nnter sich besteht, können nicht die Resultate erreicht werden, welehe erreichbar waren, wenn in alien Knltnrliin-dern bestimrate Forscher für die Untersnehnng von Pflan-zenkrankheiten nnd schiidliehen Tieren angewiesen waren nnd wenn alle diese Forscher mit einander in Verbindnng standen. Die Erfahrung lehrt, dass raehrere Pflanzenkrank-heiten nnd schadliche Tiere sich im Lanfe der Zeit von einer Gegend in andere Gegenden verbreitet haben. Man denke an den Coloradokiifer, an die Phylloxera, an die TTessische Fliege. an die Peronospora Vitis! Die Erfahrung lehrt aber auch, dass es oft sehr gut möglieh ist, eincn aus andern Gegenden sich eindringenden Feind fern zu halten, wenn man friih genng gewarnt ist, und die Vorbeugungs- resp. Verniehtnngsmittel nicht zu spat anwendet. Dazn aber kann ein internationaler Band zwisehen den Phytopathologen der verschiedenen Lander das Seinige beitragen.
In den Versammlungen des im September vorigen Jahres in Wien gehaltenen internationalen land- nnd forstwirtschaft-liehen Congresses wnrde von Sorauer und Eriksson, teilweise auf denselben Gründen wie jctzt von mir geschieht, der grosse Nutzen einer internationalen Verbindnng zwisehen den verschiedenen Forschern auf dem Gebiete der Pflanzenkrank-heiten nnd der schiidliehen Tiere betont; und das Resultat war das Wiihlen einer internationalen phytopatholoqischen Commission, welehe womöglieh in jedem Kulturlande ihre Vertreter hat. und zu welcher zn ziihlen ich die Ehre babe. I )ie phytopathologische Commission hat zur Erfüllung ihrer Aufgabe beschlossen, die nötigen Schritte einznleiten damit zunachst das wissenschaftliche Studium der Pflanzenkrank-heiten und schiidlichen Tiere in apeziellen, vom Staate zu griindenden nnd zu unterhaltenden Versuchsstationen geför-dert werde ; die Leiter derartiger Stationen müssen in directer Verbindnng mit den praktisehen Pflanzenziichtern stehen, nm deren Bediirfnisse zu erfahren und dureh unentgeltlieh zu erteilenden Rat der Praxis helfend zur Seite stehen. So lange die erwünschten Stationen noch nicht existieren, verpflichten sich die einzelnen Mitglieder, soweit es ihre Zeit gestattet, sell ist nach besten Kraften ratend einzutreten.
Was ist nun seit der Gründung der internationalen phyto-pathologischen Commission in die von dieser angebahnte Hichtung gethan? Die ersten Lieferungen einer âZeitschrift für Pflanzenlcrankheitenquot; sind dureh die eifrigen Bemühungen
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Sect. VU.
dos Herausgebers Dr. Sorauek hu Laute dieses Jahres erschic-nen und bieten dein Forscher, naraentlich (lurch die vielen Referate der in sehr verschiedenen Schriften erschienenen Untersuchungen ein ausgezeichnetes literarisches Hülfsmittel. Aueh hat der bekannte Herr Schulz-IjUpitz in einer Sitzung des preussischen Hauses der Abgeordneten den Antrag ein-gebracht, eine âVersuchsanstalt für Pflanzenschutzquot; einzu-richten.
Meinem verehrten Mitgliede für Holland, Prof. Hugo de Vries in Amsterdam und mir ist es gelnngen, schon jetzt für die Niederlande eine Verbindung zwischen Praxis und Wissenschaft, boffen wir zum Besten der Landwirtschaft sowie des Studiums der Phytopathologie, zu Stande zu brin-gen. Am 11 April wurde in Amsterdam der âniederldndische Verein für Phytopatholoqiequot; aufgerichtet, der schon etwa 150 Mitglieder, grösstenteils ans dem Kreise der praktischen Landwirte und Gartenbauknndigen, ziihlt. â Damit das Stre-ben der internationalen pbytopathologiscben Commission sobald wie möglich in Erfüllung gerate und dem praktischen Pflanzenzüchter möglichst grossen Nutzen gewahre, wiire es erwünscht, dass in allen Kultnrlandern von der betreffenden Landesregierung wissenschaftliche Versuchsstationen aus-schliesslich für das Studium dor Pflanzenkrankheiten una der Pflanzenfcinde errichtet worden, kleiner Meinung nach, ware es besser in jedem grossen Roiche nicht eine grosse Vorsuchsstation zu gründen, sondorn an mehrercn Orten jo eine kleinere; ich untorschatzo nicht den grossen Vorteil einer grossen, mit trofflichen Hülfsmittel n ausgestattoton Vorsuchsstation, au wolchor die ausgezeichnetsten Spezialforscher verblinden sind; os wirkt aber eine solche Zentralisation die enge Verbindung zwischen Praxis und Wissenschaft nicht dermassen in die Hand als die Stiftung mohrerer, auf verschiedenen Teilen des Staates verbreitoten kleineren Stationen ; die an diesen verbundenen wissenschaftlichen Personen lernen die speziellen Bedürfnisse der Gogend, wo sie statio-nirt worden sind, allmahlich orst recht kennen, und lebon sich ganz in die dort bestehenden Verhiiltnisse ein. Dringend nötig ist os jedonfalls, dass die betreffenden Gelehrten bis-weilen die von Krankheiton und Kalamitiiten heimgesuchten Folder selbst besuchon. Die Verbindung zwischen den Versuchsstationen desselben Staates könnto entwodor durch oinon am Ackorbauministerium verbundenen Fachmann odor durch eine Versammlung der sammtlichon Leiter dor betreffenden Versuchsstationen zu Stande kommen. Die kleinern Lander brauchen jodes bloss eine einzige kleinere Vorsuchsstation mit vorhalnismassig wenigen wissenschaftlichen Kraften; es könnto sogar schon eine einzige Person, die alle Zeit den tierischen und pflanzlichen Pflanzenschadlingen seines Landes widmen könnto, grosse Dienste leisten, obgleich immerhin die
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Griindimg einer Versnchsstation mit niehreren Kraften vor-zuziehen wiire.
Ich möchtc also dcm Congresse zunachst die folgenden Resolutionen vorlegen:
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Der Congress sprichtaus, dass es notwendig ist, dass so bald wie möglich in jedem Kulturlande wissen-schaftliche Stationen aus-schliesslicli f'iir das Studium der Pflanzenkrankheiten und schiidlichen Tiere ge-gründet werden. Diese Stationen sollen Staatliehe Institute sein, welche soviel wie möglich über die ver-schiedenen Teile der Reiche verbreitet sein müssen. Es müssen nicht bloss die Stationen eines jeden Landes, sondern auch die der ver-schiedenen Lander unter sich in Verbindung stehen. Die phytopathologischen Versuchsstationen müssen die Praxis unentgeltlich durch Untersuchungen und durch Rat unterstützen und dieselbe zur Mitarbeiter-schaft heranziehon. Der Congress wende sich an die Regierungen aller Lander Europa's mit der ergebensten Bitte, die Gründung von quot;Versuchsstationen für das Studium der Pflanzenkrankheiten und der landwirtschiiftlich schiidlichen Tiere zur Hand zu nehmen. |
Le Congrès prononce la nécessité que dans tous les payscivilisés soient fondées, au plus tót, des stations scientifiques, spécialement pour l'étude des maladies des végétaux et pour celle des animaux nuisibles. II faut que ces stations soient des instituts del'Etat, et distribuées, autant que possible, sur les diverses provinces de chaque Etat. II est essentiel que non seulement les stations d'un même pays, mais encore celles des différents Etats entretiennent incessamment des relations entre elles. Ces stations d'essais phy-topathologiques devront seconder les praticiens par des recherches et des avis gratuits et les engagent k une collaboration con-venable. Le Congrès s'adressera aux Gouvernements de tous les Etats de l'Europa pour les prier de bien vouloir se charger de la fondation de stations scientifiques pour l'étude des maladies dc plantes et pour celle des animaux nuisibles k 1'éco-nomie rurale. |
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Wenn es erst einmal zur Griindung solcher Versnchsanstalten in den meisten Kulturlandern gekommen ist. wird bald ein eifriges Zusammenwirken zwischen Wissenschaft und Praxis cntstehen, und werden sich die Interessenten (Land- und Korst wirto so wie Gartner) des Gewichtes einer gewissenhaften und rechtzeitigen Anwendung aller Vorbeugungs- und Ver-tilgungsmittel gegen schadliche Tiere und Pilze bewusst werden. Ich verspreche mir bessere Resultate von dcr Griindung dieser Versuchsstationen als von der Einführung in den verschiedenen Landern von Gesetzen die Vertil gung schiidlicher Tiere und Pilanzen betreffend. Denn die Vertil-gung der Schiidlinge kann erst dann polizeilich verordnet werden, wenn diese in sehr grosser Anzahl vorhanden sind; und dann nutzt diese Vertilgung zwar etwas, aber der erzielte Xutzen ist doch oft kleiner als man anzunehmen geneigt ware, namentlich auch weil natiirlich die polizeilich verordnete Vertilgung der Schiidlinge wieder aufhören muss, sobald diese nicht mehr in grosser Anzahl da sind. â Die folgenden Beispiele werden raeine Meinung deutlicher machen.
Die Feldmause (Arvirola arvalis) verursachen in vielen Gegenden Mitteleuropas bisweilen einen ganz énormen Schaden. Sie wandern aber nicht, sondern vermehren sich an Ort und Stelle so stark, dass ein einziges iiberwintertes Parchen im Spatsomraer oder Ilerbste unter giinstigen Bedingungen bis 200 Nachkommen haben kann, welche idles was zu Pelde steht, vertilgen. Sobald aber die Vermehrung soweit fortge-schritten ist, dass die verpflichtete Vernichtung der Mausc polizeilich verordnet werden kann, hat der grösste Schaden schon stattgefunden. ^lit Hinsicht auf die Vermehrung ini nachsten Jahre braucht die Vertilgung nicht zu geschehen, denn Kegel ist ja, dass gegen den Winter fast alle Feldmause durch Abschwachung, durch Krankheiten und Parasiten zu Grunde gehen, und nur relativ wenige iiberwintern. Gegen die Feldmause, wenn sie schon in grosser Anzahl vorhanden sind, helfen nur Vergiftung mit Phosphorbrei sowie das Graben von Falllöchern; dem Landwirte selbst aber muss es über-lassen werden ob und wo er diese Methoden anwenden will. Um der Vermehrung vorzubeugen, hilft hauptsachlich nur; 1. das Beschiitzen dcr Wiesel, welche die iiberwinternden Miiuse, sogar unter dem Schnee, verfolgen und töten bevor sie sich fortzupflanzen in Stande gewesen, quot;J. das Wegfangen (zB. mit Fallen einfacher Konstruktion) der Feldmause in ersten Frühjahre. â Der leider noch so viel stattfindenden Vertilgung der Wiesel kann durch Gesetze vorgébeugt werden ; das Wegfangen der Feldmause in Friihling aber, wenn noch nur so wenige da sind, kan polizeilich nicht befohlen werden. Es konnte aber die Regierung das Wegfangen dadurch befnrdern, dass sie in mausereichen (regenden für jede im Friihling eingefangene Feldmaus eine kleine Geldsumme erteilte.
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Wenn kann das Wegfangen dcr Maikafer polizeilich be-fohlon werden? Selbstverstiindlich erst dann, wenn die Anzahl dieser Kater eine sehr grosse ist und das massen-hafte Fangen leicht geschohen kann. Im Anfange der Mai-kiiferzeit, wenn nur noch verhiiltnismiissig wenige, aber immerhin doch schon viele, da sind, ist cs unmoglich;' aber auch am Schlusse der Kiiferzeit, wo zwar noch Tausende uud abermals Tausende von Maikafern da sind, wo sie aber aus den eigentlichen Baumen weggefangen sind, und ausschlicss-licli nur noch in dem Gebiische sich befinden. Beginnt man aber den Massenfang der Kafer zu spat und hört man mit ihm zu friih auf, so bleiben zu viele Maikafer iibria:, welche Eier legen; die aus diesen Eiern ausgeschlüpften Engerlinge finden im Ãoden weniger Konkurrenz als sonst, also mehr Xahrung. Es werden demnach verhiiltnismiissig viele Engerlinge den Zustand des vollendeten Tieres erreichen, und nach drei resp. vier Jahren wird die Kiiferzahl wohl etwas, jedoch nicht viel geringer sein als vorher.
Aus den obenstehenden Bcispielcn crgiebt sich, dassgesetz-lichcs Wegfangen der Schiidlingc oft nicht die Resultate siebt, welche man sich davon verspricht. Auch stösst die richtige Ausfühnmg auf viele Beschwerden, und weil diese Ausführung wohl den Vorstehern dcr Gemeinden überlassen werden muss, werden in dcr einen Gemeinde die Vorschriften des Gesetzes streng befolgt, in einer andern nicht. Wenn aber die Maikafer in einem Teile eincr heimgesuchten Gegend nicht oder wenig gefangen werden, so verbreiten sich diese Maikafer im folgenden Flugjahre von diesem Teile in die andern Teile, wo man den Fang rich tig ausgeübt hat, namentlich wenn der Wind dieser Verbreitung günstig ist.
leb wil nicht behaupten, dass das Vernichten dcr Schiidlingc nicht gute Resultate haben kann. Ich solbst habe als Mitglied einer Commission für Maikiifervertilgung den Fang dieser Kivfer mit gewünschtem Erfolge verrichten lassen; auch die Vertilgung dcr Feldmüuse mit Phosphor-brei, der Massenfang von Kanpen, das Sammeln der lïier und der Jungen der Wanderheuschrecken, das Vertilgen der I'ero-nospora vilicola mit âBouillie bordelaisequot;, lassen sich mit gutem Erfolge an wenden. Mir scheint es aber beschwei-l ich die Grundbesitzcr dazu gesetzlich zu verpflichten. Jedenfalls müssten beim Ausschreiben eincr solchen Verordnung die localen Verhiiltnisse berücksichtigt werden, sodass höchstens den Vorstehern der Gemeinden das Recht gegeben wiire, die Bekiimpfnng eines gewissen Feindes zu befehlen. Allgemeine Reichsgesetze, umsomchr internationale Conventionen, zur 13e-kampfung schadlicher Ticre oder Pflanzen dürften nur in sehr wenigen Ausnahmsfiillen ins Lcbcn gerufen werden. â Sehr gewünscht aber scheint es mir dass die offentlichen Behörde in allen Kulturstaaten zuniichst selbst auf ihren
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Sect. VI6.
eignen Besitzungen, an Wegen u. s. w., die Feinde der Knl-turpflanzen, anch der Biiume, mit vollem Ernste bekampfen. An den Randern der Wege wachsen viele Unkriiuter (z. H. Disteln), welche sich leicht auf die angrenzenden Felder ver-breiten; es leben dort Feldmause, mehrere sehiidliche Insek-ten nnd Pilze, welche nachher die angrenzenden Aecker Ije-fallen; eine energische Bekiimplung aller diese Feinde wird dem Grundbeaitzer nnmöglich gemaebt, wenn nicht audi die Besitzungen des Staates, der Gemeinden, u. s. w. von den Feinden gereinigt werden. Aucb übt es einen wobltiitigen Einfluss, wenn die öffentlichen Behörde vorgeben. â Weiter scbeint es mir sebr erwünscbt, dass die Regierungen der verscbiedenen Lander jedes Jabr auf das Staatsbudget eine Summe bringen, welcbe eventuell für die Bekiimpfung von Feinden der Kulturgewacbse angewendet werden kann, sodass wenn irgendwo eine Kalamitat anftritt, die örtlieben Comités, die Gesellschaften für Land- und Forstwirtscbaft sowie für Gartenbau, oder sonstige Körperscbaften, welcbe die Bekiimpfung der scbiidlicben Tiere und Pflanzen auf sich nebmen, finanziell gestützt werden können.
Tcli möcbte also dera Congresse nocb die folgenden Reso-lutionen vorlegen:
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Der Congress spricht aus den Wunsch 1quot;. dass die öffentlichen Behörde auf allen unter ihrer Direction stehenden Grundstiicken, sowie an den We^en, all-jahrlich gewissenhaft die tierischen und pflanzlichen Feinde derKulturgewachse vernichten lassen, 2quot;. dass die Landesregierungen auf ihr jahrliches Budget eine Summe bringen, welche dienen kann um diejenigen Gemeinde oder Corpora-tionen, welche sich mit der Vernichtung irgend wel-chen wichtigen Pfianzen-feindes beschaftigen wollen, finanziell zu stiitzen. |
Le Congres exprime son désir 1quot;. que sur tous les terrains, sous sa direction, ainsi que le long des routes, l'autorité publi-que fasse détruire tous les ans, et bien soigneusement, les ennemis des plantes cultivées, appartenant aux règnes animal et végétal, 2°. que les Gouvernements portent chaque année k leur budget une somme pour assister pécuniairement les communes ou les corporations qui voudront entre-prendre la destruction de quelque dangereux ennemis de la vie végétale. |
Congres International d'Agrienlture
a La Haye en 1891.
Section VI: Questions législatives.
I). Protection des nnimaux utiles; destruction des animaux et cryptogames nuisibles. Mesures de legislation internationale a prendre pour atteindre ces huts.
RAPPORT
Monsieur PAUL SORAUER,
Professeur et Docteur a Proskan (Pnisse).
Das in allen Kreisen der practischen l'flanzenzüchter langst einpfundene Bedürfniss nach einem wirksameren Schutz un-serer KulturpHanzen gegen Krankheiten und Feindc war anf dein vorjahrigen internationalen landwirthschaftlichen Congress in Wien zum klaren Ausdruck gekommen.
Von den Vertretern der Wissenschaft und Praxis wurde anerkannt, dass die Verluste, welche die Ernten durch Krankheiten erleiden, von Jahr zu Jahr immer fühlbarer werden, weil â selbst abgesehen von der Wahrscheinliehkeit einer absoluten Vermehrung der Krankheiten â bei der Geringfügigkeit der Bodenrente jeder Ausfall in Quantitat oder Qualitat einen grosseren Prozentsatz der Gesammtrente darstellt und dadurch schwerwiegender wird.
Gleiehzeitig aber konnte man sich der Erkenntniss nicht verschliessen, dass bei dem ansteckenden Charakter vieler Krankheiten und der leichten Verbreitung der Keime der Parasiten es oft nutzlos ist, wenn ein einzelner Züchtei' Hekanipfungs- und Vorbcugungsmassrege1n vornimmt, ohne dass die Nachbarn sich betheiligen.
Nur in der Gemeinsamkeit aller Massnahmen gegen Krankheiten und Feinde liegt die Garantie eines Erfolges.
Dieses erforderliche gemeinsame und gleichzeitige Vorgehen mit den Bekiimpfungsmassregelen gilt aber nicht blos für die Migtlieder einer Gemeinde oder eines Staates, sondern für die gesainmten Kulturliinder, da Beispiele reichlich genug vorliegen, welche die Einwanderung übcrseeischer Parasiten
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und die Ausbreitung von Epidemien über ganze Zonen des Erdballs nachweisen. Dadurch ist die Nothwendigkeit gege-ben, zur gründlichcn Bekiimpfung der Krankheiten ein inter-nationales Zusainmenwirken anzubahncn. Und diese Erkennt-niss fiihrte anf deni Wiener Congress zur Wahl einer internationalen phytopathologischen Commission, deren Programm im Anhang wir der jetzt im Haag tagenden Versammlung vorzulegen nns gestatten.
Die internationale phylopatholngische Commission, welche nur aos Fachmannern besteht und wissenschaftliche Namen ersten Kanges zu ihren Mitgliedern ziihlt, ist seit ihrer Griin-dung bestrebt gewesen, ihre im Programm vorgesehenen Auf-gaben der Ausfiihrung entgegen zu bringen und wir dürfen als Erfolge ihrer ausschliessliehen Rcmühungen oder doch der Mitwirkung ihrer Mitglieder es verzeiehnen, dass in ein-zelnen Staatcn bercits eine erfreulich grosse Reihe praktischer Land- und Forstwirthe so wie von Gartnern zur Mitarbeiter-schaft bei Beobachtungen und Versuchen sich bereit erkliirt haben. In erster Linie sind die Niederlande selbst zu nennen, deren hochintelligente practische Pflanzenziichter zur lgt;il-dung einer Nicderlandischen phytopathologischen Gesellschnft zusammen getreten sind.
Es kann ferner als Erfolg angeführt werden, dass ein den Interessen des gesammten PHanzenschutzes dienendes spe-zielles Organ in der Zeitschrift für Pflanzenkrankheilen ins Leben gerufen worden ist. Diese Zeitschrift ist dazu bestimmt, sowohl den wissenschaftlichen Pathologen als auch den prac-tischen Pflanzenzüchtern zu dienen. Den Mannern der Wissenschaft soil sie das in den verschiedensten Zeitschriften zer-streute Material an Beobachtungen über die in alien Kultur-liindern aufgetretenen Krankheitserscheinungen sammeln unci in Referaten, die ausführlicher als in jeder andern Zeitschrift sind, zuganglich machen. Den practischen Berufskreisen aber client sie speziell durch die Wiedergabe der in den europaï-schen oder iiberseeischen Staaten durchgefiihrten practischen Bekampfungsversuche sowie durch die Anführung der Resul-tate gewissenhafter Priifung neu empfohlener Mittel und besoiiders empfehlenswerther widerstandsfiihiger Varietiiten unserer Kulturgewiichse.
Gleichzeitig stellt die Zeitschrift das Bindeglied für die Bestrebungen der Commissionsmitglieder in den einzelnen Liindern dar, indeni sie die l^esprechung gemeinsamer Auf-gaben und die Pfiege der weiteren Ausbildung der Phytopa-thologie als einer zur vielseitigsten Anwendung für das practische Leben berufenen speziellen Wissenschaft übernimmt. Die Zeitschrift strebt somit, das Arbeitsorgan der Phytopa-thologie zu werden, vermittelst dessen die Wissenschaft der Praxis zngiinglich und dienstbar gemacht werden soil.
Eine so grosse Aufgabe wie die, welche die internationale
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phvtopathologigche Commission sich gestellt hat, lasst sich selbstvcrstandlich nicht in kurzen Fristen lösen. Es bedarf liinger Zeit und immer erneuter Anstrengungen, bis der Boden innerhalb der Kreise der practischen Ptlamenzüchter vorbe-reitet ist d. h. bis die Erkenntniss von der Muglichkeit einer Heilung der Krankheiten und von der dabei nothwendigen Mitwirkung der practischen Landwirthe und Gartner eine allgemeine Verbreitung gefunden hat. Denn eine Mitwirkung der Practiker ist unbedingt nothwendig.
Es rniissen die durch streng wissenschaftliche Versuche im Laboratorium gefundenen Resultate betreffs der Ausbreitung der Krankheiten und der Wirksamkeit der Bekampfungs-inittel im Grossen durch vielseitige, in den verschiedensten Oertlichkeiteu durchgefiihrte Feldversuche geprüft werden. Es muss ferner erprobt werden, ob die als besonders wider-standsiiihig empfohlenen Sorten aiich überall oder nur unter bestimmten Verhiiltnissen ihre Widerstandskraft be-wahren.
Andererseits muss der praktische PHanzenzüchter zu Beob-achtungen sich verpllichten, urn über das Auftreten und den Verlauf der Krankheitserscheinungen den zustandigen Fachleu-teu gewissenhafte Mittheilungen machen zu künnen, damit diese auf die Ergreifung von Einschriinkungs- uud Vorbengungs-massregeln in andern Kulturlandern rechtzeitig hinwirken künnen. Diese Nothwendigkeit der Betheiligung der Praktiker selbst an den Massnahmen zur Bekampfung und Verhinder-lang der Krankheiten liegt für Jeden, der die Sache eingehend priift, auf der Hand.
Aber noch nicht festgestellt ist der Weg, auf welchem das Ziel einer thatigen Betheiligung des Landwirths und Gartners bei drier (dlgcmein vorzunehmenden Bekampfung der Krankheiten am volikommensten erreicht wird. Und die Besprechung der in dieser Hinsicht zu ergreifenden Massnahmen ist ein Theil dessen, was das Programm des jetzt im Haag versammelten internationalen Congresses fordert.
In dieser Beziehung gestattct sich der Referent dem hochl. Congresse folgende Vorschlage zur Priifung bez. zur Annahrae zu unterbreiten.
In erster Linie muss die Kenntniss der Krankheiten der Kul-turpflanzen in die brei testen Schichten der praktischen Land-und, Forstwirthe so wie der Gartner hinein get ragen werden. Erst wenn der Pfianzenzüchter einen Einblick in das Wesen der Krank-heit erhiilt und schatzen lernt, wieviel er gewinnen könnte, wenn es ihm gelingt, den Ausfall, den die Krankheiten an der Ernte verursachen, zu verhüten, wird er im eignen Interesse den nöthigen Eifer für die allgemein durchzufüh-renden Bekampfungs-und Vorbeugungsmassregeln entwickeln. Man kann aber nicht darauf warten, bis durch kaulliche Schriften die Krankheitslehre sich Eingang verschafft, sondern
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cs muss von berufener Seite in den landwirthschaftlichen, forstlichen und gartnerischen Fachbliittern, in den offiziellen Kreisbliittern und in den gelesemsten politischen Zeitungen durch populare liesprechung der verbreitetsten Krankheits-erseheinungen dem Publikum die Belehrung unentgeltlich geliefert werden. Dazu gehort, dass berufene Fachkrafte Zeit und Anregung zu solchen Publikationen linden. Solche ^fanner werden zunachst aber nur in den staatlichen wissenschaft-lichen Instituten zu finden sein und es ergiebl sich so mil schon hierbci die Nothwendigkeit, die Mitwirkung des Staates in An-spruch zu nehmen. damit er die an seinen Instituten wirken-den Pathologen zu einer derartigen Thatigkeit veranlasst.
Noch mehr aber ist der praktische Pflanzenzüchter auf die wisschenschaftliche Hiilfsleistung staatlicher Institute ange-wiesen. wenn es sich darum handelt, unbekannte Krank-heitsfalle untersuchen zu lassen. Grosse Untcrsuchungskosten ist ein kleiner Grundbesitzer erst dann geneigt, aufzuwenden, wenn er einen posit iven Nutzen sieher in Aussicht hat. So lange er noch nicht die Ueberzeugung besitzt, dass'die wissen-schaftliche Hiilfe im Stande ist, mindestens die Beschadi-gungen zu mildern, wird er die Krankheiten als etwas unver-meidliches hinnehmen. Nur wenn ihm die wissenschaftliche 1 liilfe fast kostenlos geboten wird, mag er an dieselbe appel-liren.
Die Untersuchungen einerseits, die oben geforderte publi-zistische Thatigkeit andererseits beanspruchen die wissen-schaftlichen berufenen Krafte ira höchsten Maasse. Die bis jetzt an den staatlichen Instituten thiitigen Pathologen haben aber noch andere Berufsgcschiifte und können den jetzt wachsenden Ansprüchen der Practiker nicht genügen, Diescr Umstand had im preussischen Abgeordnetenhause zu dem Antrage gefiihrt, dass die preussische Regierung entweder durch Gründung einer pathologischen Centralversuchsstation oder durch Erweiterung der bestehenden, durch das Land vertheilten Institute den pathologischen Dienst fördern moge. Das bereitwillige Eingehen des preuss. landwirtschaftlichen Ministeriums auf die ausgesprochenen Wünsche hat bereits zu Erhebungen über die beste Art und Weise derFörderung der angewandten Pathologie gefiihrt, so das wir der Hoff-nung mit voller Berechtigung Raum geben, positive Resultate baldigst verzeichnen zu können.
Die wissenschaftlichen pathologischen Institute werden um so seqensreicher wirken, je mehr es ihnen gelingt, in die Praxis einzudringen.
Unter einem âEindringen in die Praxisquot; verstehe ich die eingehenrl.ile Kenntniss der BedürfnUse der prnctischen Pjhinzen-züchler. Es kann denselben nur dann geholfen werden, wenn bei dem ersten Auftreten von Krankheitserscheinungen der berathende Pathologie in der Lage ist, die Natur des Ackers,
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die Einwirknng des Klima's, die Art der Bestel lung des Ackers und seine Beziehungen zur Nachbarschaft in Betracht ziehen zu können. Eine solche nothwendige genaue Kennt-niss^ liisst sich nur erlangen, wenn das wissenschaftliche Institnt eine seine Kraften entsprechcnde, möglichst enge Begrenzung seines Wirkungskreises erhiilt, d. h. nur etwa auf eine Provinz sich erstrecken darf. Erst dann ist es inög-lich, dass im Laufe der Jahre die persönliche Bekanntschaft der wissenschaftlichen Hülfskriifte mit den praktischen Pflan-zenzüchtern das nothwendige gemeinsame Zusammenwirken anbahnt und die genaue Kenntniss der lokalen Bedürfnisse der Fold- und Gartenkulturen gestattet.
In der genauen Kenntniss dieser Bedürfnisse und lokalen Vorkommnisse ist die Grundbedingung dafür zu suchen, dass eine Bekampfung der Krankheiten, eine Einschninkung aus-brechender Epidemien und eine rechtzeitige Inangriffnahme von Vorbeugungsmassregeln von Erfolg begleitet sein werden. Denn die günstigston Kesultate lassen sich nur dann erwar-ten, wenn wir lernen, unsere Kuituren vor dem Befallen zu schützen, also richtige Vorbeugungsmassregeln zu treffen oder wenigstens mit einem entsprechenden Heilverfahren einzu-greifen, so lange die Krankhcit noch in den ersten Anfangen zich zeigt.
Diese nothwendige fortlaufende Beobachtung der Kuituren verlangt einen dauernd eingerichteten, allgetneinen wissenschaftlichen Ueberwachungsdienst.
Das geübtc Auge des gesch\dten Pathologen muss den practischen Züchtern jederzeit zur Verfügung stehen, um an Ort und Stelle die Art der Erkrankung und ihren etwaigen Zusammenhang mit lokalen Verhiiltnissen, ihre Abhangig-keit von Witterungseinflüssen und ihre Ausbreitungsweise feststellen' quot;zu können. Erst die Berücksichtigung dieser Factoren wird eine richtige Beurtheilung des einzelnen Krank-heitsfalles gestatten und zur Feststellung derjenigen Mitthei-lungen führen, welche nun von der Einzelstation an die iibrigen pathologischen Stationen desselben Landes und (unter dringenden Umstiinden) anderer bedrohten Kulturliinder be-hufs Ergreifung rechtzeitiger Schutzmassregeln gemacht werden müssen.
In welcher Form der wissenschaftliche Ueberwachungsdienst eingerichtet wird, is nebensachlich. In einem Staate empfiehlt es sich vielleicht, an die vorhandenen land- und forstwirthschaftlichen Lehrinstitute und Garten bauschiüen Pathologen mit den erforderlichen Laboratorien zu legen, wahrend in andern Staaten eine Vertheilung pathologisch'r selbstiindigen Versuchsstationen durch das ganze Land vor-theilhafter erscheint. i )ic Hauptsache ist, dass der neu zu schaftende pathologische Dienst den praktischen Bedürfnissen möglichst vollkommen entspricht.
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Sect. VI6.
Unter welchen Bedingungen aber wird die Pathologie am wirksamsten praktisch eingreifen können?
Meiner Uebcrzeugung nach kann dies nur dann geschehen, wenn der wissenschaftlich durchgebildete Pathologe auch die praktischen Verhiiltnisse zu beurtheilen versteht. Es geniigt nicht, bei einera Krankheitsfalle vielleicht die Anwesenheit eines Parasiten und die Abweichung in der chemischen Zusammensetzung des erkrankten PHanzentheiles festzustellen, sondern es ist nöthig, dass der Phytopathologe gleichzeitig den moglichen Zusammenhang des Erkrankungsfalles mit örtlichen Begiinstignngsverhaltnissen zu beurtheilen versteht, welche (lurch die Kulturmethodc oder die Lage eines Acker-stückes oder den Einfluss einer das Pilzwachsthum begiinsti-genden Umgebung u. dgl. bedingt werden. Jedermann aber, den sein wissenschaft! icher Beruf in Beziehung zur praktischen PHanzenkultur bringt, wird bestiitigen können, wie oft in der ersten Zeit das rein theoretische Wissen sich als unzureichend bei Bcurtheiling praktischer Verhiiltnisse erweist und wie wirksam im Laufe der Jahre das theoretische Wissen durch die praktischen Erfahrungen imFeld-und Gartenbetriebe unterstiitzt und regulirt wird. Wollen wir also Manner haben, welche die Krankheiten unserer Kulturpflanzen mit Erfolg zu behandeln versteken, müssen wir dieselben depart aus-bilden, dass sie neben dem rein wissenschaftlichen Studium auch Gelegenheit haben. die praktische PHanzenkultur kennen zu lernen.
Wir betrachten mit Recht es als etwas ganz selbstverstiind-liches, dass der Mediziner am Krankenbett in der Klinik den Krankheitsverlauf praktisch kennen lernt und sehen in der Thierarzneischule die Beobachtungen am kranken Tbiere die rein wissenschaftlichen Vorlesungen begleiten. Genau ebenso verhiilt es sich mit dem Studium des kranken PHan-zenkörpers, der an seiner Pflanzstatte beobachtet und behandelt werden muss. Freilich giebt eine solche Zuthat praktischer Studiën eine Ueberhiiufung des Studirenden an zu be-waltigendem Material, wenn er, wie dies bisher geschehen, die grundlegenden Naturwissenschaften (Botanik, Zoologie, Chemie ctc.) in allen ihren Zweigen durchzuarbciten gezwun-gen ist, weil sein spiiteren Beruf moglicherweise die Kennt-niss aller Zweige einer Naturwissenschaft erfordert.
Die Sachlage aber andert sich in dem Augenblicke, in welchem der Studirende in der Lage ist, sagen zu können, dass sein zukünftiger Beruf der eines Pflanzenpathologen ist, iihnlich wie jetzt die .Tünger der Wissenschaft sich entschlies-sen, den Beruf des Arztes oder Thierarztes zu wahlen. Für diese Disciplinen ist die Ausbildung derart geregelt, dass aus den Naturwissenschaften das für den Mediziner nöthige Material bei den Priifungen allein beriicksichtigt wird und der Untterricht für den zukiinftigen Beruf spez'ell berechnet ist. Dasselbe nun erweist sich als nöthig für diejenigen,
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Sect. V 1 A.
welche das Leben und die Heilung des pflanzlichen Orga-nisiuus statt des menschlichen zu ihrem Studiengebiet er-wiihlt haben, d. h. die Pflanzenputhnlogip. muss ebenso wie Medizin und Thierheilkunde als eine selbslandiye Disciplin mil einem den praktischen Zielen entsprechenden, qenau umschriebe-nen Studiengebiet aus den grundlegenden Naturwissenschaften herausgel'óst werden und einen Bernf darstellen, der seinem Yertreter elne teste Lebensstellung gewahrleistet.
Es ist dieses Erforderniss nur die einfache Folge der Arbeits-theilung, welche ans dem Bediirfniss entspringt, die einzel-nen Studienzweige zu vertiefen, um sie den Anspriichen unserer fortschreitenden Kulturentwicklung gemiiss verwer-then zu können. Denn in der Verwerthung unseres theore-tischen Wissens fiir die gedeihliche Fortentwicklung der Bodenkultur erblicke ich die Hauptaufgabe des Congresses und von dieseni Standpunkt aus empfehle ich der geehrten, jetzt im Haag zusammengetretenen Versannnlung folgende Punkte zur Prüfung und Annahnie;
CONC L US IONS.
1°. Unsere Pflanzenkulturen miissen nothwendiger-weise zu einer weitern Steigerung der Ertrage gebracht werden, um die sinkende Bodenrente zu erhohen.
2°. So sehr die berufeaen wissenschaftlichen Disci-plinen die Intensitat der Bewirihschaftung durch die Ausbildung des Düngungssystems, der Saatgutverbes-serung, der Bodenbearbeitung u. dgl. erhöhen, so werden sie fiir die niichste Zeit in ihren Erfolgen doch zuriickstehen gegen die bis jetzt vernachlassigte Disciplin der Phytopathologie, welche die in ihrer Grrösse meist unterschatzten Ernteverluste durch Krankheiten und Feinde zu vermindern oder zu verhiiten bestrebt ist.
3°. Der nothwendige Schutz unserer Kuituren kann nur erlangt worden durch Einrichtung eines allge-meinen wissenschaftlichen Ueberwachungsdienstes, der es erraöglicht, dass bei dem Auftreten einer Krankheit dieselbe im entstehen bekampft und auf kleine lieerde eingeschriinkt werden kann und der es ferner ermög-licht, dass alsbald eine Benachrichtigung an andere bedrohte Kulturlilnder gelangt zwecks rechtzeitiger Ergreifung von Vorbeugungsmassregeln.
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4 . Dieser Ueberwachungsdienst kann erfolgreich nur ausgeübt werden, wenn pathologische Beobachtungs-stationen â ent weder selbstilndig oder in Verbindung mit andern Instituten â mit nicht zu grossen Thii-tigkeitsbezirken in allen Kulturstaaten errichtet werden und die praktischen PHanzenzüchter zur Mitwirkung sich bereit zei gen.
5°. Zur vollkommenen Ausführung der erwahnten Aufgaben und zur wirksamen Berathung der Land-wirthe, Forstleute und Gartner ist es nöthig, dass die wissenschaftlichen Hülfskrafte neben der rein wissen-schaftlichen Ausbildung auch Gelegenheit zur Kenntniss der praktischen Kulturmethoden erhalten.
6°. Eine solche Verbindung praktischer Kenntnisse mit der wissenschaftlichen Vorbildung ist nur dann zweckentsprechend möglich, wenn die Lehre von den Krankheiten der Pfianzen zu einer besondern Disciplin wie Medizin und Thierheilkunde herausgebildet wird und damit die Phytopathologie ein eigner Berufszweig wird, der seinem Vertreter eine dauernde Existenz zu sichern im Stande ist.
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PROGRAMM
DER
internationalen phytopathologischen Kommission.
§ i.
Die internationale phytopathologische Kommission, die mir aus Fachmannern besteht, will ein competcntos berathendes Organ in allen Angelegenheiten des Pflanzen-schutzes für Behörden, Vereine und Private sein.
§ 2.
Die Bestrebungen der Kommission sind gerichtet anf Be-schriinkung und Verhütnng der grossen Verlnste, welche Land- und Forstwirthschaft, sowie der Gartenbau alljahrlich durch Krankheiten und Feinde der Kulturpflanzen erleiden.
Die Lösung der Aufgabe wird angestreH:
a) durch vermehrtes und vertieftes Studium der Entwicke-lungsgeschichte der Krankheiten nnd Feinde,
b) durch Beobaehtung des Ganges, den die Bpidemien bei ihrer Ausbreitung nehmen und allmahlige Aufstel-lung einer Statistik der Krankheiten,
c) durch genaue Berücksichtigung der Abhiingigkeit der Epidemien von Boden, Lage, Klima, KultureingrifFen u. s. w.
d) durch Feststellung und Anzucht widerstandsfahiger Varietaten,
e) durch gemeinsame Prüfung empfohlener Mittel,
f) durch rechtzeitige Bekanntmachung geeigneter Vor-beugungsmassregel n,
Sect. VU.
g) durch Einrichtung eines über alle Kulturlander sich erstreckenden Ueberwachungsdienstes, um das Auftre-ten einer Epidemie sofort in alien betreffenden Landern zur Kenntniss zn bringen,
h) durch Ausbildung einer wissenschaftlichen Pflanzen-hygiene,
i) durch Verbreitung der Kenntnisse iiber die hauptsiich-lichsten Krankheitserscheinungen und Feinde in den Kreison der praktischen Pllanzenzüchter im Wege popularer schriftlicher und miindlicher Belehrung.
§ 4.
Als Mittel zur Erlangung des gesteckten Zieles nimmt die Kommission die Einrichtung spezieller, wissenschaftlicher, vom Staate zu griindender und zu erhaltender Arbeitsstiitten in Aussicht, die ausschliesslich der Pflege der Phytopathologie gewidmet sind. Die Kommission halt sich dabei an die von dem internationalen land- und forstwirthschaftlichen Congress zu Wien in der Sitzung vom 5. September d. J. gefassten Beschliisse.
Diesen Heschliissen gemass sollen die Stationen ausgestattet werden mit dem nöthigen Personale (Mykologe, Entomologe, Chemiker etc.), so wie mit den entsprechenden Laboratorien und besonderen Versuchsgiirten.
Diese Institute sollen verpflichtet sein, neben der moglichst vielseitigen Erweiterung der wissenschaftlichen Kenntnisse iiber die Krankheiten den lokalen Hehörden, sowie den Privaten mit Erkliirungen und Rathschliigen unentgeltlich an die Hand zu gehen. Sie sollen ferner die Verpflichtung haben, in steter Beriihrung unter einander zu bleiben, um durch schnelle Mittheilung vom dem Erscheinen einer bedrohlichen Krankheit die Ergreifung von Vorsichtsmassregeln in den noch krankheitsfreien Staaten zu ermöglichen und die anderen in § 3 erwahnten Wege nach gemeinsamer Vereinba-rung zu befolgen.
Zu diesem Zwecke treten die Treiter der Stationen auf Benachrichtigung durch das Schriftamt, so oft es nöthig erscheint, zu gemeinsamen Berathungen zusammen.
Ausserdem wird das jetzt für immer gewahlte Schriftamt beauftragt, die Griindung einer phytopathologischen Zeitschrift in die Hand zu nehmen, welche behufs lebhaften Zusammen-wirkens der einzelnen Mitglieder und Entlastung der Stationen die bisher so sehr zerstreuten Arbeiten auf dem Gesammt-gebiete der Phytopathologie durch Referate sammelt, sowie die bedeutenderen Versuchsergebnisse der Stationen und einzelnen Forscher im Original oder in umfangreicheren Auszügen veröffentlicht.
Igt;ie Kommissions-Mitglieder haben die Pflicht, sich in den
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Sept. VU.
Kreisen der praktischen Pflanzenzüchter freiwillige Mitarbeiter zu suchen (womöglich durch pereönliche Anregung in land-und forstwirthschaftlichen und Gartenbau-Vereinen) urid diese anzuleiten, die Krankheitserscheinungen innerhalb ihres Bezirks zu beobachten und die Beobachtungen zur Kenntniss der Kommission zu bringen; ferner sollen sie sich an den zur allgemeinen Erprobung empfohlenen Bekiimpfungs- und Vorbeugungsmassregeln betbeiligen und endlich in den Kreisen ihrer Umgebung für möglicbste Ausbreitung der Kenntniss der gewohnlicbsten Krankbeitsformen sorgen, damit (abnlicb wie bei den Erkrankungen der Haustbiere) jeder Praktiker im Stande ist, notbigenfalls vorlilufige Massregeln zu treffen, bis der Ratb eines Faebmannes eingebolt ist.
Dafür erbalten die Mitarbeiter aus den Kreisen der Praxis obne jede Vergütigung die von seiten des stiindigen Scbriftamts alljahrlicb zu veröft'entliebenden Bericbte über die ïbiitigkeit der Kommission xmd über die wiebtigereu zur Beobaebtung gelangten Krankbeitsersebeinungen.
§ 5.
Der Verkehr der Mitglieder uutereinander wi rd dureb das Scbriftamt vermittelt. Wünscbenswertb aber ist, dass die Kommissionsmitglieder innerbalb desselben Tiandes bctrefFs Beratbung lokaler Fragen engen Anschluss uutereinander haben.
Zur Durcbfübruug «les in praktiscber Boziehung von ber-vorragender Bedeutung sicb erweisenden Ueberwacbungs-dienstes, durch den sofort alle Mitglieder von dein Auftreten epidemiscber Erkrankungen benachricbtigt, zur .Mittheilung an die Behörden und zur allgemeinen Bekanntgabe derVor-beugungs-und Hülfsmassregeln veranlasst werden, übernehinen die Kommissions-Mitglieder die Verpflichtung, alle Mittbei-lungen baldmöglicbst an das stiindige Scbriftamt gelangen zu lassen. Dasselbc sorgt, der Wichtigkeit des Falies ent-sprecbend, für die schnelle Verbreitung durch gedruckte Circulare, Briefe oder Telegram me.
Ebenso gehen Vorschlage über l^ragen der inneren Organisation oder über allgemein du rebzufübrende Arbeiten oder Massiegeln, sowie über gemeinsame Gesuche an die Behörden etc., soweit sie nicht mündlich bei den in Aussicbt genom-menen Versammlungen zur Erledigung gelangen, an das Scbriftamt. Dasselbe veranlasst die Abstimmung durch Rund-schreiben und die nötbigen Publikationen entweder in besonderen Flugblatteru oder durcli die Zeitscbrift.
Bei der Abstimmung werden behufs scbnellerer Erzielung der Resultate nur die direkt au einer Angelegenheit betbei-ligten Mitglieder befragt. Stimmen zwei Drittel der Kommis-
Sect. VI b.
sions-Mitglieder für eine Sache, so gilt dieselbe als von der Gesainmt-Kommission genehmigt.
13ei Gesammtgutachten und Beschlüssen, sowie beigemein-sanien Gesuchen oder Vorschliigen an die Rehörden wird das Schriftamt ermachtigt. die Namen derjonigen Mitglieder unter das Schriftstiick zn setzen, welche in dem vorher diese Angelegenheit behandelnden Rundschreiben ihre Einwilligung dazn durch Untersehrift gegeben haben. Diese Originalunter-schriften bleiben in den Akten des stiindigen Schriftaintes behufs Foststellnng etwaiger Nachfragen.
§ 6.
BetrefFs der Verwaltungsangelegenheiten sind folgende Beschliisse gefasst worden:
Die Mitglieder erhalten alle Pnblikationen der Kommission kostenfrei vom Schriftamt und haben überhaupt keinerlei Heitriige zn zahlen.
Zur Hestreitung der Ausgaben für Drucksachen, Postgebiihr, Schreibhiilfe u. s. w. sowie behufs Besuche^ der in A ussicht genommenen Versammlungen und Durchfiihrung einer in den ersten Jahren nothwendigen Agitation in den praktischen Kreisen sollen die erforderlichen Geldmittel fiir das Schriftamt im Ilinbliek auf die nationalökonomische Wichtigkeit der von der Kommission geiibten Thiitigkeit von staatlicher Seite erbeten werden.
Da mit Genehmigung des vorliegenden Programms das Einverstandniss sammtlicher Kommissions-Mitglieder zu obigen Vorschliigen gegeben ist, geniigt fiir derartige Gesuche und innerhalb des Programms liegende Angelegenheiten die Untersehrift zweier Kommissions-Mitglieder und des stiindigen Schriftfiihrers.
Die Kommission erweitert sich durch Aufnahme neuer Mitglieder nach Bediirfniss. Nahere Auskunft ertheilt Das Schriftamt.
DIE
INTERMATIONALE PHYTOPATOLOGISCHE KOMMISSION:
Prof. Dr. Alpine (Melbourne), Prof. Dr. Hriosi (Pavia), Prof. Dr. Maxime Cornu (Paris), Prof. Dr. Dafert (Rio de Janeiro), Prof. Dr. Dufour (Lausanne), Prof. Dr. Eriksson (Stockholm), Prof. Dr. Farlow (Cambridge), Staatsrat Prof. Dr. Fischer von Waldheim, Excellenz (Warschau), Prof. Dr. Frank (Berlin), Prof. Dr. Galloway (Washington), Prof. Dr. Gennadius (Athen), Forstrat Prof. Dr. Henschel (Wien), IJrof. Dr. Humphrey (AmherstâMassachusetts), Prof. Dr. .1 ohow (SantiagoâChile), Prof. Dr. O. Kirchner (Hohenheim), Geh. Reg.-Rat. Dr. Kiihn
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Sect, Vi h.
(Halle), Prof. Dr. Eitter von Liebenberg (Wien), Direktor Mach St. Michele), Prof. Dr. Masters (London), Prof. Dr. Mayor (HerestranâRumiinien), Prof. Dr. Mao Owan (Capetown), Prof. Dr. Charles Plowright (Kings LynnâEngland), Prof. Dr. Prillieux (Paris), Prof. Dr. Rathay (Klosterneuburg), Dozent Dr. Ritzema-Bos (WageningenâHolland), Prof. Dr. Rostrup (Kopenhagen), Prof. Dr. von Schroder (Tharandt), Prof. Dr. Sorokin, Wirkl. Staatsrat (Kasan) â Freiherr von Thiimen (Klosterneuburg), Prof. Dr. Treub (Buitenzorgâ Java), Prof. Dr. Hugo de Vries (Amsterdam), Prof. Dr. Marshall Ward (Coopers HillâSurrey), Prof. Dr. Woronin (St. Petersburg), Prof. Dr. Zopf (Halle).
Dr. PAUL SORAUEK.
Schriftfiihrer.
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Gongrès Intepnational d'Agrieulture
a La Haye en 189L
Section VI. Questions législatives.
b. Destruction des cryptoyantes nuisihtes.
RAPPORT
DE
Monsieur E. ROSTRUP,
professeur a l'Institut agricole et vétérinaire a Copenhague.
(5 quot; quot;00quot; â¢T- quot;c)
Dans le âReglement du Congres international d'agriculture a la Ha\-e en 1891quot;, section VI, on trouve une question h: âDestruction des cryptogames nuisiblesquot; et âMesures de législation internationale a prendre pour atteindre ce butquot;.
Relativement a cette question, on peut diviser les champignons parasites, nuisibles a ragriculture, en deux groupes.
I.
Des champignons oü les mesures employees sont telles qu'elles garantissent d'invasion, ou des champignons dont la faculté de se répandre est si peu considerable que l'agricul-teur n'est guère dependant de ses voisins. En face de ce groupe de champignons on est tout seul maftre de la situation, et Ton peut, pratiquement. par des moyens convenables, vaincre la maladie dans ses propres champs, quand même les voisins iventreprendraient rien contre le mal.
A ce groupe de cryptogames nuisibles appartiennent les Ustilaginées, attendu (ju'on peut, par une désinfection conve-nable [traitement du grain de semence avec du sulfate de cuivre ou, qui mieux est, immersion dans de l'eau chaude t\ la méthode de J. L. Jensen], éviter complétement le char-bon et la carie dans les céréales, quand même les champs des voisins en seraient aftiigés au suprème degré.
Aussi la âHerniequot;, occasionnée par la l'lasmodiopltora
Sect, VT h.
Brassicae et si destructrice pour les plantes crucifères, surtont pour les espèces et les variétés de Brassica, est au nombre des maladies qui ne se répandent pas beaucoup; elle se tient dans les terres oü une fois elle est introduite. Jusqu'ici elle a causé du dommage surtout dans les jardins potagers, inais a présent elle a commence de se répandre en certains endroits dans les champs, oü elle attaque le navet et la rutabaga et y fait un grand dommage. Sans doute cetto cryptogame, en ces lieux, est introduite dans les champs avec les restes des jardins potagers; aussi faut-il détruire par le feu les choux attaqués par la hernie de chou, ct non pas porter ceux-ci sur le fumier, de même qu'il faut neutraliser de la même manière les navets déterrés dans le champ, lesquels par leur formation de tubercule irrégulière donnert des apparences de recevoir chez enx cette cryptogame nuisible.
II y a aussi d'autres radicicoles, comme la Tthizoclonia violacea et la Sclerotinia Trifoliorum, qui peuvent se montrer trés destructeurs dans une seule propriété, oü il se peut qu'ils continuent a ravager pendant plnsieurs années sans apparattre dans les terres voisines; aussi semblent-ils être dépendants d'une introduction accidentelle, do méthodes de culture et de rapports d'engraissement, sans qu'on puisse dire qu'il y a nn grand danger de contagion de la part des voisins, ainsi que, selon la connaissance que nous avons de la manière dont se répandent ces champignons, il n'y a guère sujet de presciptions de législation. Le seul moyen dont pour le moment on puisse se servir contre ces radicicoles, c'est de les réduire par la famine, soit en creusant autour des parties attaquées du champ soit en omettant pendant quelques années de cultiver les végétaux dont se nourrit la parasite en question.
La Phorna sanguinolenta fait grand dommage, du moins en Danemark, surtout a la culture des graines do cette plante. II faut assortir exactement les carottes hivernées pour la culture des graines et déplantées au printemps, pour empécher les champignons de se répandre aux tiges qui portent des fleurs.
Au nombre des mesures que chaque agriculteur peut prendre avec fruit, sans égard aux voisins, est aussi le choix de telles variétés des cultures en question qui, d'après 1'expérience, résistent le mieux a une maladie qui, sans cela, a 1'habitude de ravager ce végétal.
('ependant il faut ajouter que, même dans les cas qui font partie du groupe I, oü 1'on peut dire que chacun est mattre de 1'apparition de la maladie dans son champ, une intervention commune de tons les agriculteurs d'une contrée sera utile a extirper pen a peu la cryptogame dont il s'agit, cn tant qu'elle apparatt seulement sur les plantes cultivées et non pas de plus sur les plantes adventices; peut-être même
9
Sect. VU.
on arrivera avec le temps a pouvoir se dispenser des desin-fections employées on d'autres mesures.
II.
f.e second groupe comprend de telles cryptogames nuisibles dont les organes de multiplication se répandent si facilement et si vite d'un champ a 1'antre sur de grandes espaces que 1'on est essentiellement dependant de ses voisins. Par la on est naturellement adressé a une cooperation dans de plus grands cercles, ou il faut recourir a la législation pour vaincre le mal.
A ce groupe la appartient par exemple la maladie des pommes de terre que fait naitre la Phytophthora in fes tans. L'agriculteur isolé emploierait tout correctement les prophy-lactiques connues de J. L. Jensen: buttage de protection, moyens d'éviter la maladie après l'arrachage et désinfection des pommes de terre de semence par réchauffage, que vous courriez pourtant la chance d'une infection de la part du champ de pommes de terre malade du voisin, bien qn'elle arrive (quand même elle arriverait) un pen plus tard que si 1'origine était dans votre propre champ. II n'y a guère sujet pour la législation d'enjoindre un buttage de protection, car il ne profiite qu'a celni qui s'en sert. Au contraire, il y aurait lieu de prescrire une désinfection des pommes de terre de semence par ou on empêche les feuilles d'être attaquées du champignon, a moins que celui-ci ne soit introduit des champs voisins. Seulement dans le cas oü une désinfection par la âBouillie bordelaisequot; on par un préservatif semblable se trouverait praticable en grand et assez rassurante, le cultivateur des pommes de terre pourra se dire indépendant des voisins, aussi quant a la destruction des feuilles des pommes de terre. II faut faire observation que cc n'est pas seulement 1c Solanum tuberosum mais encore le Lycopersicum esculentum Cpomme d'amour) qui souffre beaucoup de 1'attaque de ce champignon, et que ce dernier ne prend la maladie que du champ des pommes de terre, attendu que le champignon ne peut hiverner sur la pomme d'amour.
Les maladies des cultures, causées par les Urédinées, appar-tiennent a celles oü la législation doit être jugée de pouvoir intervenir avec la plus grande chance de succes. Les Urédinées qui apparaissent sur les céréales sont toutes hétéroïques, et il s'agit d'éloigner ou d'extirper les plantes nourricières qui reyoivent chez elles les aecidies. On sait que le Berberis est une de ces plantes, non seulement Lespèce ordinaire mais aussi la plupart des autres arbustes de ce genre, excepté quelques espèces aux feuilles de la nature du cuir; de plus la Mahonia Aquifoliurn, sur les baies de laquelle apparaissent les aecidies, lesquels sont en relation génétique avec la même
Sect. VI h.
rouille, Fuccinia graminis, que l'aecidie sur le Berberis. Cependant, de toutes ces plantes nourricières o'est surtout le Berberis vulgaris dont il pourrait être question de defendre par loi la culture ou d'ordonner l'extirpation des haies et des lisières des taillis on des jardins cm on le trouve a moins de 300 metres de distance des champs de blé. (Je qui serait le plus sur, c'est d'extirper toutes les espèces du Berberis, ainsi que la Mahonia Aquifolium, dans toutes les contrées qui cultivent le blé, par oü on dispenserait de plus les graminées cultivées de 1'attaque de cette rouille; mais pour pen que le Berberis susclit, qui est le plus commum, fut assez réprimé, 1'attaque de la Puccini graminis serait sans doute réduite a une bagatelle. On sait que plusieurs autres Urédinées apparaissent sur le blé et sur 1'herbe, savoir la Puccinia Rubigo, dont l'aecidie apparalt sur VAnchusa, et Puccinia coronata, dont l'aecidie habite le Rharnnus. Quant aux deux espèces de Rharnnus (Cathartica et Frangula) croissant a 1'état sauvage presque par toute 1'Europe, on ne peut les extirper, mais du moins on pourrait ordonner par loi de ne les pas planter dans les haies vivantes et de les extirper dans la lisière des bois et des taillis, a une certaine distance des blés et des pacages. Les deux espèces de 1'Anchusa (arvensis et officinalis), également répandues partout, sont mauvaises herbes dans le champ et il sera sans doute plus difficile de les extirper par la voie de la légis-lation; pour elles, on pourrait peut-étre plutót faire quelque chose de la part des communes, de manière a établir des règlements, comme 11 en existent en plusieurs endroits, ayant pour but l'extirpation de différentes mauvaises herbes: Cirsium arvense, Tussilago Farfara. Chrysanthemum segeturn, Cuscuta Trifolii, attendu qu'il faut payer une amende si, par une inspection annuelle a temps réglés, généralement mi-été, on trouve des exemplaires de ces plantes dans le champ.
Par la voie de la législation on pourra empécher 1'apparition de la rouille qui se trouve sur les pois, JJrornyces Pisi, en enjoignant l'extirpation de VEuphorbia Cyparissias, ce qui est en tout cas facile a réaliser dans les contrées oü elle n'est cultivée que dans les jardins ou qu'elle ne croit librement qn'en un petit nombre. On sait bien qu'en certains endroits (par exemple en Suisse) on a déjil vaincu par la loi la rouille si dangereuse pour les poiriers qui est düe au Gymnosporan-gium Sahinae, en ordonnant 1'éloignement de Juniper us Sahinae du voisinage des vergers; du reste, les champignons parasites nuisibles a l'horticulture et a la sylviculture sont hors des réfiexions présentes.
Aussi quelques-unes des Urédinées qui ont toutes leurs générations sur la même plante nourricière peuvent être combattues par des moyens convenables; par exemple 1'Uromyces Betae, qui nuit beaucoup et aux bettes fourragères
4
Sect. VIU.
et aux betteraves. Ses aecidics se trouvent ordinairement sur les raves hivernées qui au printemps sont déplantées pour la culture de graines; les aecidics ne se trouvent généralement que sur un petit nombre de feuilles ct seuleraent sur celles qui poussent toutes les premières. Ces feuilles rnalades voyantes par leur vive couleur jaune ne sont pas difficile a rechercher, arracher et détruire. En agissant ainsi on évite 1'apparition de la forme nuisible de la rouille sur les feuilles des raves de la première année (ainsi les raves d'exploitation proprement dites) qui se trouvent dans le voisinage, ce que l'on évitera aussi en partie en omettant de faire la culture des graines de Beta pres des champs de raves.
En somme, dans beaucoup de cas il sera trés utile d'arracher, de bruler ou de couper le relativement peu de plantes les premières d'abord attaquées, qui sont les foyers d'oü la maladie se répand de plus en plus loin sur tout le champ ou sur toute la contrée a 1'aide des nou velles generations de spores successivement produites. En faisant une pareille dépuration a juste temps on pourra sans doute souvent éviter a peu de frais les grandes destructions; plus töt on pent intervenir moins de peine ou aura a prévenir 1'attaque.
Sans doute la communication animée de notre époque est une des causes des progrès des maladies des plantes et surtout de ce que de nouvelles maladies apparaissent dans des contrées oü elles n'étaient pas connues auparavant. De cela résulte 1'utilité d'observer de certaines precautions a 1'importation de plantes vivantes et de graines de contrées étrangères, pour éviter une introduction comtemporaiue des champignons parasites ou des insectes attachés a ces cultures. Pour obtenir cela il faut réclamer le secours de la législation. On pourrait chercher des garanties contre l'importation de plantes vivantes, de greffes, de bulbes et de tubercules des contrées oü ces plantes sont notoirement attiigées de maladies dangereuses. Pour empêcher les maladies des plantes de se répandre il faut employer des analyses des graines de commerce, pour constater non seulement 1'immixtion de graines de mauvaises herbes nuisibles mais aussi la présence de grains qui enferment des tas de spores de carie et de charbon, ce qui est le cas pour le Triticum et le Bromus arvensis: de plus la présence de Scleroties de Clnviceps entre les graines et les semences de graminée; de Sclerotmia dans les graines de Trifolium, de Médicago, de IBupinus, de Carum, de Sinapis, de Hélianthus; de Typhula dans les graines de Brassica, de Trifolium, de Beta, de Rhhoctonm etc.
L'emploiement de Bouillie bordelaise, d'eau céleste, de sulfostéatite cuprique et de pareilles choses chimiques comme des moyens prophylactiques contre les maladies des plantes est encore trop peu essayé, surtout a 1'égard de la juste proportion de combinaison, de la juste quantité et dn juste
o
Sect. VU.
moment ponr le traitement, pour les rendre deja obligatoires.
Quant aux prescriptions ultérieures de la législation pour empêcher les cryptogames nuisibles de se répandre, il va sans dire qu'il ne faut pas faire un plus grand empiétement sur la liberté que celui qui est nécessaire pour le bien commun. Chaque agriculteur doit avoir le droit de cultiver dans son champ autant de carie et d'ergots et d'autres champignons qu'il lui plait, si ce n'est que lui qui en porte la peine, ('ependant, en taut que les conditions sont d'une telle nature lt;iue cette culture des champignons nuisibles nuit aux voisins, l'autorité publique aura lieu d'intervenir. II va sans dire que les prescriptions doivent être d'une telle nature qu'en pratique elles sont réalisables et praticables.
Les cas oü pour le moment on aurait un sujet particulier de réclamer le secuurs de la législation pour empêcher les cryptogames nuisibles ii 1'agriculture de se répandre, peuvent être rapportés a ces questions:
a. Les mesures, précisées plus haut, contre la Phytophthora in fes tans, surtout rinjonction de la désinfection des pommes de terre de semence.
fgt;. Les prescriptions, également traitées, ayant pour but d'éviter la rouille sur plusieurs cultures, en demandant, dans certaines bornes, l'extir-pation des Berberis, du Rhamnus, de l'Anchusa et de l'Euphorbia Cyparissias.
c. Des prescriptions ayant pour but d'empecher 1'introduction de maladies épidémiques, causées par des champignons parasites, avec des plantes vivantes ou avec des graines de contrées oü apparaissent de pareils champignons.
ft
CoDgrès International d'AgFieulture
a La Haye en 1891.
Section VI: Questions législatives.
o,. Travail des enfants dans les campagnes.
RAPPORT
de
Monsieur PAISANT,
Président du Tribunal civil de Versjitlles.
(5quot; quot;T* cXsquot;^ quot;0
Le travail de 1'Enfance rurale offre un intérêt particulier a 1'attention des agriculteurs et de tous les citoyens. Les enfants de la campagne, c'est la grande réserve des forces et du sang de la Patrie. On ne saurait assez se pénétrer de cette idéé que si 1'on compromet cette réserve, si l'on touche u cette épargne précieuse, le sort de toutes les nations Euro-péennes peut être changé et 1'avenir complétemcnt modifié. L'agriculture a cette bonne fortune sur cette question que ses intéréts sent étroitement liés a ceux des Nations elles-mêmes. Cherchons done ensemble les meilleures solutions de ce problême, puisque en travaillant pour la cause agricole qui nous est chère, nous sommes assurés de travailler pour le salut de nos diverses Patries que nous réunissons aujourd'hui dans un internationalisme fraternel, mais que nous ne pouvons pas oublier dans nos particulières affections.
Ce rapport doit porter sur 1'examen des points suivants;
Etat du travail des enfants antérieur aux lois scolaires.
Modifications apportées par ces Lois et par le progrès agricole.
Inconvénients de 1'obligation scolaire, remèdes proposés, examen de plusieurs législations.
Conditions hygiéniques et économiques du travail des enfants dans les campagnes.
Propositions, vcpux et résolutions.
Sect. VTc.
2
I. Ãtat antérieur du travail des Enfants dans la campagne.
Les Lois scolaires et la transformation presque générale en Europe des méthodes culturales ont amené une modification considérable dans les conditions du travail des enfants. Je vais retracer en pen de mots 1'histoirc de 1'enfance dans nos campagnes avant que 1'instruction ait été considérée comme une nécessité sociale et une obligation stricte. A peine arrives a 1'age de raison, vers les 7 ans, les petits enfants des deux sexes étaient associés anx travaux des parents, soit pour la tenue de la maison et la cuisine, soit pour la garde des bestiaux et animaux. Pendant la mauvaise saison ils fréquentaient le catéchisme ou 1'école, et la plupart arrivaient a leur première communion sachant lire et écrire un peu, avec qnelques notions sur les trois premières régies de 1'arithmétique. Vers les neuf ans et de 9 ans a 13, en outre de quelques travaux auxiliaires des champs, on occupait les garyons et les tilles, pendant toute la belle saison, a garder les vaches au paturage, 2 heures le matin, et 8 a 4 heures 1'après-midi. Les petites fillcs plus particulièrement aidaient leur mère dans les travaux du ménage et la préparation des aliments. En temps de fauchaison ou de moisson on leur confiait le soin de porter la nourriture aux faucheurs et aux moissonneurs. Dans certaines provinces, oü on se livre a 1'élevage des oies ou des dindons, le petit gargon, a 10 ou 11 ans, se louait pour la saison, de juin a la fin de septembre, pour garder et conduire ces animaux: il devenait parcours ou capitaine. L'année suivante il devenait vacher et de 12 il 14 ans il con-servait cette profession qui ordinairement le faisait sortir de sa familie pour entrer en condition. Après le métier de vacher il était appelé a conduire de petits troupeaux de moutons et restait berger de 14 a 16 ans. C'est a ce moment que, s'avangant toujours dans la hiérarchie de ces fonctions rurales, il restait a la ferme en qualité de herseur: on lui confiait ainsi des chevaux a conduire et par accident, de temps a autre, il maniait la charme pour tracer le sillon a son tour et préluder au métier de laboureur. A 17 ou 18 ans le voila parvenu au sommet de son instruction professionnelle: il était promu a la dignité de valet de charme, condition qu'il conservait a jusqu'a ce que, perfectionné dans son art, connaissant bien la conduite des chevaux et le mancheron, il arrivflt au poste de maitre valet.
Sect. VI r.
Vers les 20 ans, sa carrière, hiérarchiquement parcourue, dans laquelle il avait pratique toutes les fonctions de la vie rurale, sa carrière, dis-je, subissait un alea considerable. Le tirage au sort, le plus grand événement de sa vie, entouré de toutes lea emotions de la familie entière, allait decider d'une longue période d'absence ou au contraire de son main-tien au foyer, dans le village, dans les plaines fécondées de son travail depuis 5 ou 6 ans, oü il avait développé en lui même les qualités physiques et morales qui font le bon cultivateur.
L'existence des filles nous présentait des tableaux sembla-bles. Naturellement plus confinées dans les fermes, elle subis-saient aussi les divers degrés de eet apprentissage pratique, passant de la basse-cour a la laiterie et aux labeurs de 1'exploi-tation des produits du lait, sans négliger 1'économie domestique pratique.
Le caractère de ces existences ainsi poussées toujours vers le but final de la formation d'une classe agricole vigoureuse et expérimentée était en premier lieu la direction constante et exclusive de toutes les forces matérielles et morales de la Jeunesse vers la fonction agricole proprement ditc.
Plusieurs avantages résultaient de cette preparation inces-sante. Je relèverai les plus indiscutables. Je trouve dans le système suivi jusqu'a 1'établissement des Lois scolaires et du service militaire universel les résultats suivants;
1°. Un développement considerable des aptitudes physiques.
2U. Une désertion moins fréquente et moins favorisée des campagnes.
8°. Une facilité remarquable de se procurer la main-d'ceuvre.
4°. La contribution par les gains progressifs de l'enfance et de la jeunesse au bien être de la familie;
5°. Le développement de la passion du sol sans laquelle le travail rural est presque impossible.
Ce n'est pas ici le moment de détailier chacun de ces avantages: je les crois difficiles a contester; ils se présentent avec une certaine évidence qui doit entrainer la conviction. Mais a cöté de cette heureuse influence il est jviste de signaler les inconvénients qu'aménerait la continuation de 1'ancien système en présence des exigences de l'industrie agricole moderne. Dans cette réunion, en présence des nombreux représentants de 1'agriculture progressive, y a t-il nécessité d'insister beaucoup pour faire comprendre que les enfants des campagnes ainsi dirigés depuis les premiers jours de leur enfance, seront fatalement tributaires de la routine, de l'in-sufiisance théorique et d'une certaine indolence? Nous touchons ici a 1'une des faces du problème de la démocratie moderne et sans m'y appesantir, il est bon, je crois, de m'arrêter avec une entière franchise sur les causes lointaines et pro-fondes du changement radical, en voie de formation, des
3
Sect. VI c.
habitudes de la vie rurale au point de vue de 1'éducation des enfants, et j'arrive ainsi a la seconde division de ce travail.
II. Des modifications apportées au travail des enfants par les nécessités de l'agriculture moderne et par les Lois scolaires.
En quoi, demanderez-vous peut-être, le développement de 1'idée démocratique est-il lié a la vie de la jeunesse rurale ? Je vous ai déja dit que les causes de ce mouvement sent profondes et lointaines. II n'est done pas surprenant qu'el-les n'apparaissent pas au premier abord, avee leur caractère de nécessité fatale. Les principes qui ont amené dans les legislations Européennes d'un grand nombre d'Etats l'établis-sement de l'instruction obligatoire reposent sur un sentiment instinctif de justice. Je ne sais pas si les législateurs ont tous compris a quelles inspirations secrètes ils obéissaient en imposant a l'universalité des citoyens la nécessité de l'instruction. On a beaucoup parlé du désir d'accroitre la moralité des peuples. Les statistiques démontrent que malheureuse-ment la moralité n'est pas en rapport direct et nécessaire avec l'instruction. Cet avantage recherché n'est certainement pas atteint. Voici. pour moi, la véritable cause d'un mouvement irresistible, contre lequel il serait puéril de lutter, qui a amené cette revolution dans l'ordre social. L'instruction est une force. Dans la conception moderne de l'Etat, il est injuste de priver un membre quelconque du corps social des avantages que procure cette force. Etre instruit, au sens étvmologique du mot, c'est être pourvu, préparé, outillépour la lutte de l'existence. Qui oserait soutenir que ce n'est pas une véritable iniquité que de lancer dans les compétitions de la vie, dont la nature entière nous offre le spectacle a la fois agité et harmonieux, des êtres qui ont un droit égal a la protection du corps social ? Je vois la société comme une grande familie et je veux que la vie sociale nous représente en grand le spectale de la vie familiale. Est-il vrai que dans la familie le père ou la mere qui volontairement laisse-rait soufïrir un de ses enfants pour permettre aux autres de se mieux développer, serait digne de mépris? II en va de même de la société formée par Thumanité et de la société plus restreinte formée par les sujets d'une même nation.
Ceci n'est point un hors-d'oeuvre, MM,, car si 1'enseigne-ment obligatoire nous apparait comme une nécessité au point de vue de la justice, il ne faut pas que les agriculteurs, lésés momentanément par son organisation, tentent de le supprimer et je devais done démontrer tont d'abord le légi-time fondement de cette Loi pour vous prouver qu'il n'y a pas moven de ehoreber a s'y soiistraire.
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Sect. VT r,.
Voyons maintenant comment cette institution est liée aux progrès de 1'agriculture. Par suite du cléveloppement du bien-être, la production agricole doit augmenter presque indé-finiment. Tant qu'il y aura des êtres humains qui ne sont pas en situation de se procurer les choses nécessaires ou utiles a la vie, pour 1'alimentation ou pour le vêtement. le logement et les autres besoins, il faut que la terre développe une activité, une fertilité telles que tout vienne en abondance et a bon marché. 11 faut en même temps que le producteur trouve aussi son compte dans eet accroissement des rende-ments a bon marché. Sans doute la puissance du so! a des limites; mais tout nous fait croire que ses limites ne sont pas encore atteintes. A niesure que 1'on avancera dans les siècles on demandera par conséquent au travail plus d'habileté et a la science un concours plus étroit. Le progrès en agriculture est done lié au développement de 1'esprit, qui est ordinairement accompagné de 1'acquisition des secrets de la science, ou de la possibilité de les acquérir. L'esprit est comme une terre que 1'on cultive; 1'enseignement le féconde comme l'engrais féconde le sillon. Tjes maitres y mettent les semences et cette semence fructifie sous Paction de la volonté, qui est dans 1'ordre intellectuel le principe analogue i\ la chaleur dans, 1'ordre physique. Ce jeune paysan que vous envoyez a 1'Ecole, oü il apprend a se servir de son intelligence plus difficilement peut-étre qu'il n'a appris a se servir de ses membres, devient, le temps aidant, propriétaire d'une sorte de force spirituelle qui s'accordcra avec la force musculaire pour faire de lui un bon agriculteur.
II acquerra des notions déterminées moins peut-étre que des facultés, celle de penser, de juger ou de comparer, celle d'emmagasiner des idéés saus lesquelles il ne peut pas pro-duire lui même d'autres idéés. Deviendra t'il un savant ? Non dans la plupart des cas. II n'est pas utile qu'il le devienne. II sera seulement apte a comprendre la science, sans cesser de posséder les aptitudes nécessaires pour l'appli-quer. II s'en suivra que ses travaux manuels eux-mêmes seront accomplis avec plus d'habileté et dirigés avec plus d'intelligence. Cast ainsi entendue que 1'instruction doit servir au progrès agricole. Je me hate d'ajouter que jusqu'a présent, principalement en France, les programmes de 1'instruction rurale ne se sont point attachés avec une suffisante attention il favoriser 1'acquisition des connaissances techniques agricoles. I.'école rurale doit étre rurale et presque professionnelle. Nous avons une sérieuse réforme a accom-plir dans ce sens. Le législateur ne doit pas oublier que s'il doit ii tous 1'instruction il ne doit pas la donner sur des matières de luxe ou avec des vues artistiques ou des vocations libérales. On formera ailleurs qu'au village les professeurs, les publicistes ou les artistes. Mais ces erreurs regrettables
Sect. VI c.
d'application ne peuvent inlirmer en rien 1'autorité de ce principe que 1'éducation bien comprise est ou doit être une source d'avantages pour 1'agriculture.
111. Des inconvénients agricoles de robligation scolaire et des moyens d'y remédier.
Apres avoir ainsi démontré la légitimité de la réforrae qui s'est accomplie dans 1'éducation des enfants de la campagne et des espérances qu'elle pent promettre pour 1'avenir, il est bien permis de faire observer que nous sommes pour le moment a nne époque de transformation on la classe agri-cole souffre sérieusement de cette transformation. Tout d'un coup, cette masse de petits travailleurs, auxiliaires de leurs ainés, qui se répandait dans la plaine pour y accomplir mille et mille petites taches secondaires, â la voila qui disparait de l'horizon et va se renfermer dans les classes. Nos petits gardeurs d'oies, nos petits vachers, ou bergers, on les éloigne de leurs chers animaux pour les asseoir sur un banc et les conrber sur des livres ou des cahiers. Et alors qui garde les dindons, les pores on les bestiaux? On n'a plus que la ressource de multiplier les clotures artificielles ou naturelles, ou de faire garder par des adultes qu'il faut payer plus cher, on parfois d'employer de tons petits enfants pour les métiers les moins pénibles de cette categorie. Ces remèdes sont insuflisants. II en résulte que les parents enfreignent les Lois scolaires en bravant leurs sévérités cm que les culti-vateurs, particulièrement les plus petits, abandonnent 1'élevage et dans certains pays tombent dans la misère.
L'obligation scolaire s'étend en France de (gt; a 13 ans, en Bavière jusqu'a 13 ans résolus, dans la province Rhénane jusqn'a 13 ans K', en Saxe et en Prusse jusqu'a 14 ans accom-plis. En Autricbe de (gt; a 14 ans. (quot;'est aussi la limite adoptée dans presque tons les Etats de 1'Empire d'Allemagne. Par sa loi du 17 Janvier 1SS4, le canton de Fribourg en Suisse a tixé de 7 a 15 ans pour les lilies et de 7 a 16 ans pour les gar(;ons l'obligation de la fréquentation des écoles. L'Amé-rique méridionale nous offre pour la République Argentine (Loi du 26 juin 1884) une obligation de 10 il 14 ans.
Ces exemples suffisent a prouver que 1'enseignement obligatoire est devenu pour le monde contemporain une sorte de principe supérieur et indiscutable. Aussi n'ai je pas I'intention de le discuter. Mais le Congres a déja, vu que 1'application absolue de ces nonvelles lois scolaires en tra ine pour les campagnes des inconvénients qu'il serait pcut-être possible, sinon facile, d'amoindrir par de sages tempéraments.
Un Allemand, Mr. Fischer, recteur de la paroisse de Qued-nau (Prusse Oriëntale), inspecteur local de 1'instruction pri-
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Sect. VI c.
maire, a examine ce problème au point de vue de sa province et il estime que la limitation, par suite de 1'obligation scolaire, du nombre des patres, est une des causes de la misère mate-rielle de cette province. Autrefois le bétail d'une commune était gardé par un seul patrc, ou, s'il y avait des bestiaux de différentes espèces, par deux ou trois patres; mais cette coutume a disparu et chaque paysan fait habituellement garder ses bestiaux. Dans les premiers temps de 1'application des Lois scolaires, on se montrait tolérant; les autorités scolaires libéraient les enfants pendant l'Eté. Mais après 1870 on limita tres strictement les congés et les paysans de ces contrées ne peuvent plus maintenant trouver de gardiens et par suite les troupeaux de moutons, de porcs et d'oies ont disparu des paturages. Une puissante source de bien-être s'est ainsi fermée pour le peuple. On recherche les causes de 1'augmentation du prix de la viande dans les tarifs de douane ou d'autres raisons analogues, tandis que cette restriction n'en est pas une des moindres. Fischer se demande si 1'inconvénient résultant de la restriction des bénéfices supplémentaires, qui découlaient pour les peuples dn travail des enfants, n'estpas plus facheux que le congédiement des enfants pendant 1'eté. Voici les regimentations, im pen minutieuses peut-être, mais assurément pratiques, qu'il propose pour obtenir des adoucisse-ments a ces rigueurs:
1°. Chaque propriétaire aura le droit, en cas de nécessité démontrée, même dans les districts oü 1'on tient des écoles de demi-journées de classes, d'obtenir un ou deux patres choisis parmi les enfants astreints a l'obligation scolaire.
2°. Ces enfants seront choisis non seulement dans la paroisse même oü reside le propriétaire, mais même dans les autres communes ou dans les villes.
3°. lis n'appartiendront pas a des families absolument pauvres, mais il des families relativement pauvres.
4°. Dans certains cas, les enfants pourront être loués après 1'accomplissement de leur lO1110 année, mais avant 11 ans résolns.
ö0. Ces enfants sauront lire assez couramment, connaitront les deux premières régies de 1'arithmétique, sauront la première moitié de leur règle de multiplication, et seront en état de copier des morceaux imprimés.
(i0. Les enfants vagabonds, les enfants naturels, les orphelins ou les enfants de parents indignes pourront être loués même sans avoir ce minimum de connaissances, mais a la condition d'être conservés pendant l'hiver et d'être astreints a suivre l'école pendant cette période.
7°. Les maitres qui ne donneront pas a leurs petits patres au moins 0 heures de sommeil seront contraints de les congédier immédiatement et seront privés pendant un an du droit de louer des enfants.
8°. Les petites filles ayant au moins les connaissances
Skct. VT r.
exigées par 1'article 5 ponrront être louées par leurs parents on par d'antres families pour les travaux de la cuisine ou pour la garde des enfants.
9°. La fréquentation de 1'Ecole aura lieu chaque jour de 1 h. a 2, afin que les enfants ne perdent pas complètement les connaissances (.ju'ils ont acquises pendant 1'hiver.
10°. Les enfants gardiens seront dispensés chaque jour pendant K heure des exercices imposés aux autres écoliers pour le dessin et le géométrie, et pourl'autre demi-heure les mattres seront dédoraraagés par une indernnité a la charge du patron.
J'ai reproduit cette regimentation a titre d'échantillon; elle est inspirée par des circonstances locales et s'adapte a un mode ,particulier d'enseignement ([ui n'est pas suivi dans tous les Etats. Elle est trop détaillée pour servir de base aux résolutions d'un Congrès. Nous en tirerons cette conclusion que le danger resultant de 1'application stricte de 1'obligation scolaire est un de ceux qu'il est urgent de signaler et de combattre.
En France, 1'article 15 de la Lol du 28 mars 1882 régle-mente les dispenses et les congés: son dernier paragraphe est ainsi con(;u: âLa Commission peut aussi, avec l'approbation du conseil départemental, dispenser les enfants employés dans 1'in-dustrie et arrivés a 1'age de 1'apprentissage, d'une des deux classes de la journée; la méme facullésera nccordée a tous enfants employés, hors re leur kamille dans Vagriculture. ,.Cet article est un palliatif insuffisant contre les inconvénients de la Loi. J'ignore s'il a jamais été appliqué pour les agriculteurs. 11 me semble méconnattre les conditions mêmes de la vie rurale. L'enfant qui, le matin, a été garder les vaches ou s'est livré il un autre travail du méme genre, pourra-t-il bien se présenter a une ciasse de 1'après-midi, ou inversement, avec des leyons sues et des devoirs faits? Pourquoi ne pas accorder la même facilité a l'enfant occupé dans sa familie? En tont cas, dans de pareilles conditions, il ne pourra progresser dans ses études du même pas ,que ceux de ses camarades qui ne sont pas dérangés de 1'Ecole. II faudrait lui donner une instruction particulière et un maitre expres pour lui.
La Loi Autrichienne du 2 mai 1883, modifiant la Loi du 14 mai 1869 (article 21 nouveau), a mieux compris les néces-sités pratiques de la vie rurale.
II peut être accordé, dit eet article, aux enfants de la campagne, a la demande des parents, des facilités relativement a la fréquentation réguliere de 1'Ecole pour motifs plausibles. Elles consistent a limiter 1'enseignement a une partie de 1'année, a la moitié de la journée ou a certains jours de la semaine. (quot;es dispenses peuvent aussi être accordées a la campagne aux enfants de circonscriptions scolaires tout entières quand le.s représentants de toutes les communes le demandent en execution de décisions prises par les conseils des communes.
,S
Sect. VT c.
En ce cas, le plan d'études doit être dressé de telle sorte que 1'enseignement abrégé soit au moins jusqu'a 1'age de 14 ans accomplis, donné aux enfants dans des divisions distinctes de celles des autres enfants.
IV. Conditions hygiéniques et éconotniques du travail des enfants dans les campagnes.
Y a-t-il lieu de s'occuper de l'hygiène lorsqu'ou parle des travaux des champs?
Existe-t-il en outre une question économique en ce qui concerne le travail des enfants ruraux?
En thèse générale, l'hygiène a ses droits partout. L'article 7 du projet de regimentation de Mr. le recteur de la paroisse de Quednau m'a procure une certaine sensation désagréable que vous avez éprouvée avec moi j'en suis sur. II y a done des gens qui n'accordent pas (i henres de sommeil a des enfants de 11 a 14 ans? II y a done des hygiénistes qui, moins difficiles (pie la terrible Ecole de Salerne, laquelle disait au moins âseptem puerisquot;, se contentent pour ces enfants d'un repos de 0 henres? Je crois bien que le petit patre que 1'on aura arraché a son lit de paille après un sommeil si peu réparateur se rattrapera 1'après-midi derrière un buisson on dans un meulon de foin, au risque de laisser a son chien faire tout seul la garde de ses vaches ou de ses pores. Pourtant, en dehors du travail dans les colonies agricoles ou dans des entreprises industrielles rurales, pour lesquelles les Lois interviennent toujours et veillent a la santé de 1'enfant, je ne crois pas que le Congres soit bien pressé de s'occuper pour le moment de réglementer le travail des enfants dans les families agricoles. II pensera avec raison que l'hygiène de 1'enfance se fait toute seule au souffle purifiant de Fair ou aux bords des sources et des claires fontaines. Le pain noir. le laitage, les fruits, les legumes sees ou frais qui n'enrichi-raient pas le sang du citadin font des mines vermeilles a nos marmots. Les violations des régies de l'hygiène, lorsqu'elles se produisent au village, n'ont rien de spécial a la condition du travail on aux occupations des enfants. Elle sont justi-ciables des conseils de salubrité. Les travaux de champs sont excessifs a certaines époques, mais les occasions de reposer les forces de la jeunesse n'y manquent pas non plus. J'en ai dit assez sur ce chapitre.
II en est de même de la question économique. On semble reconnaitre presque unanimement qu'il n'est ni possible ni désirable de réglmenter le travail agricole même pour les adultes. C'est le veen émis par la Société d'agriculture et arts de Versailles. Aux termes de l'article 130 du projet des socialistes allemands, seraient seules dispensées de réglemen-
SECT. V \ c.
tation les exploitations agricoles et forestières oi\ il n'est pas fait usage de moteurs et les services domestiques attachés a la personne. Mr. Grillen berger, député, a senl au Reichstag insisté sur la nécessité de faire bénéficier 1'ouvrier agricole de la protection assurée a 1'ouvrier des fabriques. Personne ne le suit sur le terrain de cette revendication. Sur ce point je veux citer des lignes pleines de bon sens d'un écrivain qui sait parfaitement décrire la vie des champs. âL'autorité du maitre qui exploite 1'ouvrier agricole est dominéé, dit-il, par les caprices d'un autre patron, dont les volontés sont absolues et devant lesquelles ce maitre lui-même est réduit a plier. Cet arbitre supérieur du travail, e'est la temperature, arbitre fantasque, tantót se montrant bon prince et ne marchandant pas ses bonnes graces, tantót poussant la malfaisance jusqu'a la cruauté, puis changeant quelques fois d'humeur plusieurs fois dans la uiême jo\irnée. . . . A vee ce tyran implacable â l'atmosphère â on ne compose pas, on ne discute pas, on se soumet a ses caprices â; quand 1'éclaircie apparait, on se hate de mettre en sureté ce qui est non seulement le fruit de son labeur, mais le pain, mais la vie des multitudes, fallut-il pour cela 15 ou 16 heures d'un travail acharné.quot; Ce qui est si vrai du travail de l'homme dans les champs est bien aussi applicable a l'adolescent qui subit des nécessités supérieures aux prétendues Lois économiques. Je ne vois pas ce que la Loi pourrait faire d'utile pour 1'enfant sans que ses prévisions soient a chaque moment renversées par les conditions extérieures inevitables dans lesquelles il est appelé a se mouvoir.
Si des abus viennent a se produire ils seront le fait de quelques patrons isolés; il ne me parait pas nécessaire de légiférer pour arrêter un mal presque chimérique. lies enfants dont un maitre avare pourrait abuser n'auront-ils ])as toujours au moins des tuteurs, a defaut de parents, pour les protéger contre des exigences excessives? Vous refléchirez. Messieurs, que créer nnc législation nouvelle pour régler le travail des enfants, c'est les armer bien jeunes pour une lutte sans objet. Ne sait-on pas par expérience que, si les armes servent a des guerres legitimes, elles en provoquent aussi de biens inutiles? Les lois forment des arsenaux oü ne viennent pas puiser toujours les seuls amis de la société, du travail et de la familie. Je conclus done a ce que le travail des enfants ne soit 1'objet dans les campagnes d'aucune réglé-mentation.
En ce qui touche 1'enseignement aux enfants, le Congrès pourra émettre le vceu que 1'agriculture y trouve une place plus considérable que celle qu'elle occupe dans les programmes actuels.
TO
Sect. VI c.
PROPOSITIONS ET VCEUX.
I. L'application de I'obligation scolaire doit subir des modifications en vue de favoriser les travaux agricoles des Enfants.
II. Les dispositions de la Loi autrichienne du 2 mai 1883 pourraient être étendues k tous les pays oü les enfants sont soumis h I'obligation scolaire.
III. II n'y a pas lieu de réglementer le travail des enfants dans les campagnes.
IV. Les programmes d'enseignement dans les Ecoles primaires rurales doivent faire mie grande place k l'enseig-nement théorique et pratique des matières agricoles.
juin 1891.
1]
Congres International d'Agricnlture
a La Haye en 1891.
Section VI. Questions législatives.
d. Régime hypothécaire et transfert de la propriété sans frais exagérés {droit de mutation).
HAPPART PRÃLIMINAIRE
DE
Monsieur ARMAND SASSEN,
Directeur de la Caisse d'Epargne postale des Pays-Bas.
(5quot; quot;T* quot;cX5quot; 'T' quot;ö
Lorsque le Comité exécutif dn Congres me faisait l'honneur de me demander d'introduire les débats sur la question; section VI, lettre d, du programme, je me suis permis de lui faire observer;
1°. Qu'il serait désirable de diviser eette question en deux parties, savoir;
a. Régime hypothécaire;
h. Transfert de la propriété sans frais exagérés; 2°. Que la législation, générale et fiscale, concernant le transfert de la propriété (de biens immenbles), offre tant de difïérences dans les divers pays, que la question, indiquée sous 1°. h, ne me semblait pas propre a être mis au programme d'un Congrès international-,
:in. Qn'en tons cas, je ne pourrais me charger que de 1'introduction des débats sur une parh'e de cette question, savoir: les droits de mutation, et ce; d'un point de vue exclusivement Néerlandais.
Le Comité exécutif ayant consenti a la division, ainsi qu'a la restriction, désirées, j'ai promis le concours sollicité.
Me proposant de donner plus tard une notice sur les conséquences économiipies et sociales de la perception des droits de mutation, selon nos lois, j'ai l'honneur de poser maintenant les conclusions suivantes;
Sect. VI d.
Les droits de mutation sont nuisibles:
1°. paree qu'ils empêchent souvent la translation de biens immeubles dans les mains de ceux, qui sont en état de porter la production de ces biens au plus haut degré possible; 2°. parce que Texperienee démontre que surtout les petites possessions, ainsi que les possessions moyennes, sont atteintes par ces droits; les mutations étant plus fréquentes, k mesure que la possession est plus minime; 3°. parce que ces droits sont surtout sensibles en temps de décadence; ils augmentent le malheur de ceux qui, bien souvent sans leur fan te, ont subi des pertes considerables et ont été contraints a vendre.
Done il est necessaire:
ou d'abolir, on de r^duire considérablement les droits de mutation, et de faire Tun ou I'autre dans un bref délai.
Ces conclusions, qui se trouvent, presqne toutes, en d'autres termes, dans mes articles critiques et historiques, intitules; ,,Eenige beschouwingen over onze registratiebelastingquot; et âOnze mutatierechtenquot;, parus dans notre revue âde Economistquot;, années 1873 et 1879, sont la traduction presque litté-rale de quelques parties du rapport de la Commission Officielle d'Enquête sur l'état de {'agriculture c. a. dans les Pays-Bas. (1)
Elles ont done acquis, après examen large et approfondi, la sanction d'hommes de haute competence.
A km and Sassen.
2
Amsterdam, 24 juillot 1891.
(I) Voir: «Uitkomsten van het onderzoek naar den toestand van den «Landbouw in Nederland, ingesteld door de Landbouwcommissie, benoemd «bij Koninklijk besluit van 18 September 1886, nr. 28quot;, tome IV, pages 55 et 56. ainsi que l'avis sur notie législation fiscale, en rapport avec les intéréts de l'agriculture, adressé au Gouvernement par la Commission susdite, et inséré dans notre «.lournal Officiel (Stnatscouranl)quot;, no. dn 14 jnillet 1801.
Congpès International d'Agrienltnre
a La Haye en 1891.
Section VII. Organisation définitive des Congrès agricoles.
RAPPORT
DE
Monsieur HENRY SAGNIER,
Directeur dn Journul de l'Agriculture, Membre du Conseil supérieur de* 1'agriculture, Questeur de la Commission internationale d'agriculture.
(3 «J® ~E)
Au (!ongrès international d'agriculture de Paris, en 1889 nn certain nombre de délégués des pays étrangers ont proposé la nomination dime Commission permanente qui serait chargée de rechercher les solutions pratiques eonformes a\ix vceux du Congrès, et de provoquer la création de Congrès internationaux d'agriculture annuels.
Cette proposition a été adoptée, et sa realisation a été confiée, par un vote spécial, aux soins du Bureau du Congrès, présidé par M. Méline.
Conformément a ce voeu, le Bureau du Congrès s'est em-pressé de s'assurer dans tous les pays le concours d'hommes eminents, dévoués aux intéréts de Pagriculture, et la Commission internationale a été constituée dans la forme indiquée aux premières pages du programme spécial du Congrès de la Haye.
I.
La première réunion générale de la Commission internationale s'est tenue a Paris les Ier et 2 juillet 1890. La plupart des membres de la Commission étaient présents ou avaient envoyé leur adhésion aux résolutions qui seraient prises.
Je ne puis faire mieux ressortir l'esprit qui animait la Commission qu'en reproduisant 1'extrait suivant du discours par lequel M. Méline a inauguré ses travaux:
âFidèles exécuteurs du testament qui nous était laissé, ânous nous sommes mis immédiatement a l'oeuvre et nous âavons fait appel aux représentants les plus autorisés, aux
Sect. VII.
,.hommes qu'on peut considérer comme les têtes de colonne âde l'agriculture dans les différents pays, pour réclamer leur âconcours a l'ceuvre commune. L'idee dont nous nous récla-âmions a paru si juste il tons que nous n'avons essuyé aucun ârefus, et il suffit de jeter les yeux sur la liste des membres âqui composent notre Commission pour être autorisés a affir-âmer que 1'élite de l'agriculture universelle est d'accord avee ânous sur la nécessité de susciter partout un mouvement âd'opinion général embrassant tous les problèmes, tous les âprogrès, toutes les réformes qui intéressent la première de âtoutes les productions.
âPour arriver il résoudre ces problèmes, nous poursuivons âun double but: nous voulons d'abord les éclairer en mettant âen commun les observations recueillies sur tous les points âdu monde et en jetant dans le creuset tous les systèmes âqui font a cette heure 1'objet d'une controverse sérieuse.
âNous voulons ensuite préparer 1'accord international âdes gouvernements qui est nécessaire pour la solution de âcertains de ces problèmes. De eet ordre sont toutes les lois âqui touchent a la protection des animaux utiles et a la âdestruction des animaux nuisibles a l'agriculture; par ce cóté, âl'agriculture de tous les pays souffre cruellement d'une situation qui va s'aggravant chaque jour, faute d'une réglemen-âtation internationale indispensable. On pourrait citer beaucoup âd'autres questions semblables qui exigent l'entente des gouver-ânements. pour être tranchées avec efficacité.
âEn résumé, nous vivons a une époque oü il n'est plus âune branche d'industrie, de commerce ou de science de âquelque importance qui n'ait son organisation générale, ses âassises périodiques, ses comités permanents. Par un singulier âoubli d'elle-même, la première de toutes les productions, âl'agriculture. semble jusqu'a ce jour s'être tenue a 1'écartde âce grand mouvement. II est temps qu'elle sorte de son âisolement et qu'elle jette les regards autour d'elle. Elle en âa plus besoin que jamais: car elle traverse en ce moment âune période de transformation profonde qui l'oblige a se tenir âau courant de tout ce qui se fait, de tous les progrès et de âtoutes les réformes qui s'accomplissent dans 1'univers. A ce âpoint de vue les agriculteurs de tous les pays sont solidaires âles uns des autres et tout les convie a se rapprocher.quot;
Dans cette première réunion, la Commission internationale adopta, a l'unanimité, le règlement des futurs Congrès inter-nationaux d'agriculture. Ce règlement, annexé au présent rapport (page 8), sera soumis a votre approbation définitive.
C'est en exécution de ce règlement que le Congrès international de la Haye a été organisé. II est de notre devoir de rendre hommage immédiatement au dévouement et an zèle que le Comité exécutif, présidé par 1'honorable M. Bauduin, a déployés pour mener cette oeuvre a bonne fin.
2
?, Sect. VII.
On pourrait reprocher a, la ('nmmission internationale de n'avoir pas organise le premier Congres en 1890. I .a reponse a cette objection se trouve dans ce fait que la Société I. R. d'agricultvire de Vienne avait organise un Congrès international a 1'occasion de son Exposition agrieole et forestière. La Commission a pensé qu'il nc convenait pas de disséminer les forces agrieoles, et elle a donné avec empressement son ad-hésion an Congrès de Vienne. Le Comité d'organisation de ce Congrès qni a eu un grand snccès, était d'ailleurs pré-sidé par un de nos membres M. le baron Arthur de Hoben-briick. Un certain nombre des membres de la Commission, parmi lesquels nous citerons M. M. Edouard Clarke (d'Angle-terre), Westermann (du Danemark), Henry Sagnier (de France), Ohlsen (d'ltalie), George Thorns (de Russie), étaient présents a Vienne. Le projet du Congrès de la Have a été accepté et dans la dernière séance, le Bureau (hi Congrès de Vienne a transmis a tons les assistants par 1'organe de son Secrétaire, M. le chevalier Max de Proskovvetz, 1'invitation de se réunir a la Haye en septembre 1891.
II.
Outre la mission de provoquer les Congrès futurs, la Commission internationale avait regu celle de poursuivre la réali-sation des vceux émis par le C'ongrès de Paris, notamment en ce qui concerne les moyens de conjurer la crise agrieole.
C'est pour répondre a cette autre partie du programme indiqué que les membres francais de la Commission se sont livrés, pendant 1'hiver 1889â90, dans de nombreuses réuni-ons, a 1'étude des moyens propres a assurer 1'organisation du crédit agrieole en France.
II est résulté de ces études que le meilleur moyen de mettre le crédit a la portée de tous les cultivateurs sèraitde placer les syndicats agricoles en mesure de le procurer a leurs membres, quand ils voudraient entrer dans cette voie. De nos discussions est sortie une proposition de loi dont M. Méline a pris l'initiative devant la Chambre des Députés, et qui est soumise actucllement a 1'examen du Parlement Francais.
Nous avons pris ainsi a tache de ne laisser dans 1'ombre aucune des parties de la mission qui nous avait été confiée.
III.
Cet aper(;u sommaire des premiers travaux de la Commission internationale vous permettra d'apprécier l'esprit qui 1'a animée. Lc devoir qui lui incombe est d'assurer a 1'ceuvre du progrès agrieole la collaboration fraternelle des agricul-teurs de tous les pays. II est nécessaire que cette collabora-
Sect. VII.
tion soit durable. Les moyens propres a assurer cette durée doivent ressortir du (,'ongrès de la Haye.
Une oeuvre, quelle qu'elle soit, ne peut se mainteuir, et surtout elle ne peut développer son actlvité qu'autant qu'elle possède des ressources sufiisantes. Or, jusqu'ici la Commission internationale n'a pas eu de ressources propres; elle se présente a vous avee tous les caractères de la pauvreté. Les efiets de cette pauvreté ont été heureusement annulés par le zèle que, dans tous les pays, ses membres ont apporté a lui donner leur concours pour assurer la vitalité du Congres de la Haye, et par le dévouement que les membres du Comité exécutif a la Haye ont apporté dans le cours de la mission qu'ils ont si bien remplie.
11 importe d'ajouter que, dans les circonstances oü elle en a eu particulièrement besoin, la Commission a reou 1'aide du Gouvernement de la République Fran(;aise; elle dolt en témoigner spécialement sa vive reconnaissance a M. Jules Develle, ministre de 1'agriculture.
II est impossible qu'une situation aussi précaire se prolonge.
Aussi 1'article 11 du reglement a-t-il pré vu les moyens de fournir a la Commission des moyens d'existence. â¢
Aux termes de eet article, les frais des Congrès, et de la Commission seraient couverts :
1°. Par les subventions allouées par les Gouvernements, villes, sociétés ou particuliers;
2°. Par les cotisations a réclamer aux membres du Congrès;
3°. Par le prix de la vente des publications.
a. De ces trois chefs de ressources, 11 convient d'écarter d'abord le troisième, car il est très-aléatoire. On ne doit pas se dissimuler, en effet, que le nombre des personnes suscep-tibles d'acbeter les publications du Congrès est restreint, surtout si 1'on prend 1'habitude, qui est générale dans les associations agricoles ou scientifiques, de donner gratuitement les publications aux membres qui ont payé la cotisation.
Les ressources provenant de la. vente des publications sont done très-aléatoires; il serait impossible de compter sur ces ressources pour établir un budget. II convient, en outre, de tenir compte de ce fait que ces ressources sont grevées par les remises qu'on doit faire aux éditeurs chargés de la vente.
b. En ce qui concerne les cotisations payées par les membres du Congrès, elles constitueront une ressource beaucoup plus sérieuse. Mals il serait téméraire de compter sur 1'ensemble de ces cotisations pour permettre le fonctionnement régulier de 1'ceuvre. En effet, ces cotisations sont généralement absor-bées par les frais généraux, relativement élevés, qui incombent pendant la tenue même du Congrès, et par les frais d'impres-sion des documents préparés pour les séances, du compte-rendu de ces séances, etc.
I
Sect. VIT.
Peut-être pourra-t-on trouver le moyen d'augraenter le chapitre du budget représentant les cotisations.
Ce procédé consisterait, par exemple, dans un appel fait, dans tous les pays, aux personnes qui s'intéressent a notre entreprise, et qui, pour un motif ou pour un autre, ne peuvent pas prendre part a nos travaux, Ces personnes, moyennant une cotisation dont le montant serait a fixer, deviendraient membres adherents des Congrès, et elle auraient le droit d'en recevoir les comptes-rendus.
On pourrait, également, créer une autre catégorie de sous-cripteurs payant une cotisation plus élevée. On donnerait il ces derniers le titre de membres fondaleurs des Congrès, et ils auraient le droit de voir leurs noms inserits, chaque année, dans les comptes-rendus.
D'autres combinaisons, plus ou moins analogues, sont également possibles. II appartiendra a la Section de les étu-dier et de les soumettre au Congrès.
Les ressources provenant de ce chef peuvent devenir consi-dérables; du moins, nous espérons que les faits répondront a nos espérances. Mais il peut arriver qu'elles soient moins élevées qu'il serait nécessaire pour la marche régulière de nos affaires; en tout cas, elles sont aléatoires, et elles ne se produiront peut-être que lentement.
c. J'arrive au premier chef des ressources indiquées par 1'article 11 du reglement. Ce sont les subventions allouées par les Gouvernements, villes, sociétés ou les donations des particuliers.
II importe de bien déterminer dans quel esprit nous pouvons parler des subventions que nous serions amenés a demander aux Gouvernements. Notre entreprise est une ceuvre d'initiative privée, et il est a souhaiter qu'elle se sufiise a elle-même; tous nos efforts doivent tendre vers ce but. C'est pourquoi j'ai insisté tout d'abord sur les moyens qui peuvent nous permettre de l'atteindre. Mais si cette entreprise doit reposer sur 1'initiative privée, c'est aussi une entreprise d'intérêt public, d'intérêt général, car son but exclusif est de provoquer le progrès de 1'agriculture dans tous les pays. Elle appartient ainsi a la catégorie des oeuvres que tous les Gouvernements ont un intérêt direct et immédiat a soutenir et a encourager. C'est pour ce motif que nous avons inscrit les subventions des Gouvernements ou des villes dans lesquelles nous siégerons comme devant former un des éléments de nos ressources.
â¢Ie ne dissimulerai pas que, ii mon avis, ces subventions seront appelées a en former un des principaux éléments dans les premières années de notre fonctionnement. Nous pour-suivons une neuvre de longue baleine; aujourd'hui qu'elle est consacrée par le succès de ses premiers débuts, elle doit se poursuivre sans interruption et avec persévé^ance. C'est une
Sect. VII.
oeuvre de paix et de fraternité qui a droit a la sympathie universelle.
8011s quelle forme convient-il que nous demandions des subventions aux Gouvernements? II appartiendra a la section de prendre, sur ce point, des resolutions qu'elle proposera au ( ontrrès.
Mais il est permis au rapporteur d'indiquer la méthode qui lui parait la meilleure pour atteindre le but que nous poursuivons. Cette méthode consisterait il donner aux membres de la Commission internationale dans chaque pays le mandat de demander a leurs Gouvernements respectifs une première subvention qui permettrait de constituer immédia-tement un fonds de roulement pour la caisse des Congres. II serait entendu, d'autre part, qu'une subvention plus élevée serait demandée, les années suivantes et alternativement, au Gouvernement du pays dans lequel le Congrès se réunirait.
Quelque méthode que vous adoptiez, il parait nécessaire que le fonctionnement de la caisse des Congrès soit assurée dès maintenant par la cooperation des Gouvernements, dont lïntérêt ressort nettement dans le succès de notre entreprise.
IV.
Ces questions étant résolues, il vous appartiendra de former et de présenter au Congrès la liste des membres de la Commission internationale d'agriculture pour 1'année 1S91â92.
Aux termes de l'art. 3 du règlement, tous les membres de la Commission issue du Congrès de Paris sont soumis a la réélection.
Les membres sortauts sont rééligibles aux termes du même article.
La Commission constituée a nouveau devra se réunir avant la fin du Congrès pour procéder au tirage au sort qui désignera les membres soumis a la réélection en 1892.
Elle aura également pour mission immédiate de proposer au Congrès, avant sa cloture, le lieu et la date de laréuniou de 1892.
V.
Arrivé au terme de ce rapport, j'ai encore un devoir a remplir.
Au Congrès de Paris, vous avez racclamé le nom de M. Méline comme celui de l'homme d'Etat qui s'est consacré, avec le dévouement le plus absolu, a la cause des intéréts agricoles. Je dols a la vérité de rappeler que, si la Commission internationale a pu se constituer, si elle a pu commen-cer a remplir la mission dont vous l'avez chargée, elle le doit a 1'initiative, a la persévérance, a la foi de M. Méline qui
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Sect. VII.
a su inspirer a ses collaborateurs sa confiance invincible dans le succès de sa noble entreprise.
La Commission a reou, ainsi que je l'ai déja constaté, le bienveillant concours de M. Jules Develle, ministre del'agri-culture de la République fram/aise, et de M. le Conseiller d'Ãtat, Eug. Tisserand, directeur de 1'agriculture; clle doit leur en exprimer sa reconnaissance.
VI.
CONCLUSIONS.
Comme conclusion de ce rapport, je propose ^ la Section YII de présenter au Congrès les resolutions suivantes:
1quot;. Le reglement adopté par la Commission internationale d'agriculture, dans sa reunion du ler juillet 1890, est déclaré définitif.
2quot;. 11 est créé des categories de membres fondateurs et de membres adhérents des Congrès internationaux d'agriculture.
3°. Les membres de la Commission internationale d'agriculture sont chargés de demander k leurs Gou-vernements respectifs des allocations pour le fonction-nement des Congrès.
4°. La Commission internationale d'agriculture est composée comme il suit pour l'année 1891â92:
MM.........
Annexe an rapport précédent.
REGLEMENT
BELATIF AÃX
CONGRES INTERNATIONAUX IT AGRICULTURE.
Article preiuier.
La Commission internationale d'Agriculture se livre a 1'étude des questions agricoles et d'économie rurale, elle procédé a tons les travaux et publications (lu'elle juge utiles dans l'intérêt de 1'Agriculture, cllo est particulièrement char-gée d'organiser des Congres internationaux, de désigner les questions a y traiter, d'en préparer 1'examen,, de publier les rapports et comptes-rendus des dé bats.
Art. â¢gt;.
La Commission internationale se compose de 40 membres choisis autant que possible dans les différentes nationality; elle est nommée par le Congrès qui la renouvelle par moitié a chaque session.
Par exception les membres de la Commission issue du Congrès de 1889 seront tons soumis a réélection lors du pro-chain Congrès; au sein de la Commission ainsi nommée il sera procédé a un tirage au sort pour désigner ceux des membres qui feront partie de la première série soumise au renouvellement.
Les membres sortants sont rééligibles.
Art. 3.
Le bureau de la Commission est nommé pour le temps qui s'écoule entre deux sessions du Congrès. II se compose d'un président, de trois vice-présidents, d'un secrétaire et d'un questeur, ce dernier étant spécialement chargé de la gestion des finances et du service des publications.
La Commission a en tout temps la faculté de s'adjoindre, è. titre temporaire, des membres qui seront chargés de missions ou de travaux spéciaux et de provoqi;er l'organisation de Comités locaux.
Sect. VII.
Art. 4.
La Commission sc réunit sur la convocation de son president aussi souvent qu'il est besoin et an moins une fois par an. Son siège est a Paris.
Lc président dirige les débats et veille a ce qu'il ne soit traité d'aucune question étrangère a 1'ordre du jour. En cas de partage dans un scrutin, le president a voix prépondé-rante.
Du Comité.
Art. 5.
Dans sa première reunion la Commission délègue, pour un an, deux de ses membres qui, avec le président, le secrétaire et le questeur, forment un Comité permanent.
Le Comité se réunit au moins tous les trois mois. II est chargé de l'examen préparatoire des questions qui lui sem-blent devoir être soumises a la Commission, ainsi que de 1'étude de toutes celles qui lui sont renvoyées. II expédie les affaires courantes, il surveille et dirige les travaux, études, et statue sur les rapports et documents a publier. II se tient il la disposition de qui de droit pour fournir tous renseigne-ments spéciaux qui lui seraient demandés.
Des Congrès.
Art. 6.
Un Congrès international d'Agriculture se réunit tous les ans. Dans chaque session, il fixe le lieu et la date de la session suivante.
En cas d'empêchement imprévu, ces designations peuvent être modifiées par la Commission. En tout état de cause, cette dernière fait les convocations.
Art. 7.
A 1'ouverture de chaque session du Congrès, le bureau de la Commission internationale remplit les fonctions de bureau provisoire; il est immédiatement procédé a l'élection du bureau définitif composé d'un président, de vice-présidents, d'un secrétaire général, de secrétaires.
Les membres du bureau sont nommés pour la durée d'une session. Le vote a lieu par assis et levés; en cas de doute sur le résrdtat, il est passé au scrutin.
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Skct. VIT.
Art. 8.
Après la nomination du bureau, les membres du Congrès se répartissent entre diverses sections qui nomment chacune un président et un secrétaire. Chaque section désigne en outre un ou plusieurs rapporteurs chargés de rédiger un exposé sur les questions a soumettre au Congrès.
La même personne pent se faire inscrirequot; dans plusieurs sections.
Art. 9.
Le programme des travaux du Congrès est arrêté par la Commission internationale qui fixe également le nombre et la spécialité des diverses sections. Ces désignations sont faites sous réserve expresse des droits du Congrès de modi-fier sou ordre du jour et de créer une ou plusieurs commissions spéciales.
Dispositions financikres et autres.
Art. 10.
Toute personne qui désire faire partie du Congrès doit en adresser la demande au président de la Commission internationale.
La cotisation, payable d'avance, est fixée a 20 francs.
Les sociétés, syndicats et généralement toute association ayant un caractère agricole, peuvent faire partie du Congrès et y envoyer un délégué. Elles peuvent en désigner plusieurs: mais, dans ce cas, elles doivent payer autant de cotisations qu'elles auront de représentants.
Tont adhérent reyoit le compte-rendu des séances du Congrès et de la Commission internationale, ainsi que tons les rapports et publications dont la distribution est ordonnée par la Commission.
Art. 11.
Les frais des Congrès, de la Commission et du Comité sont a la charge d'une caisse alimentée:
1°. Par les subventions allouées par les gouvernements, villes, sociétés ou particuliers;
2°. Par les cotisations a réclamer aux membres du Congrès;
3°. Par le prix de la vente des publications.
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Sect. VIL
Le questeur présente chaque armee sur sa gestion financière un rapport a la Commission, qui nommo deux commissaires chargés de la vérification des coraptes.
Art. 12.
Toute proposition de revision du règlement doit être motivée et adressee au Président pour être transmise a la Commission qui fait un rapport sur lequel le Congres est appelé a délibérer et a statuer lors de sa prochaiue réunion.
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