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PRECIS
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BIBLIOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
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Corbbil. — typ. et ster. Crbtb-
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I
PRECIS
TBlMPMTiPI YlTlRIMIRl
AVEC DONNEES SCIK.NTIFIQÜE3 SPl5ciALES
SUR LES EFEIitS DES \LGALOIDES
M. M. KAUFMANN
Chef des travaux de physiologie nt do tHerapmitique
Charge du Cours de Iherapeutiquo
it TEeoIe nationale vöterinaire de Lyon.
J
PARIS ASSELIN ET HOUZEAU
LIBRAIBES DE LA FACULTE DE MEDECINE
et de la Socicte cenlrale de medecine ve'ler'uiair;.
Place de l'Ecole de Medecine
1886
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INTRODUCTION
Tons les phonomcnes qui sc produisent dans l'universobeissent ä amp;qs\o\sfixeseiimmuables. Celle verile, facile ä demontrer pour ce qui concerne les sciences physiques et chimiques, a ete souvent contestee pour ce qui est du dornaine des sciences biologiques. C'est que les phenomenes vitaux sont, en general, trcs complexes et la determination des lois qui les regissent devient, pour cette raison, trcs difficile. De pins, la plupart des doctrines philoso-phiques qui regnaient, en meconnaissant I'impor-tance de l'observation et surtout de l'experimenta-tion, ont considerablement retarde le progres de la biologic. Les sciences qui etudient la nature vivante doivent avoir pour base les fails que fournissent l'observation et l'expcrimentation. Les idees specu-lativcs doivent etre entierement bannies de toute science ct surtout de la medecine, qui est certaine-menl la science la plus complexe, celle oü la verite est le plus difficile a mettre en evidence. 11 n'y a que les fails donl les conditions sont parfaitement deter-
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VInbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; INTRODUCTION.
minxes qui doivent constituer la base de la medecine scientifique. Anjourd'hui la hiologie est devenne une science experimentale comme la physique et la chimie; eile n'admet aucune theorie qui ne repose suv des fails bien determines. Grace ä remploi des veritables methodes d'investigation, on a demontre que les lois qui regissent les etres organises sont aussi fixes et aussi immuables que ccllesqui regis­sent les etres inorganiques. L'immortel physiolo-giste Cl. Bernard dit: laquo; Les methodes d'investiga­tion sont toujours les memes, aussi bien dans les sciences qui etudient les etres vivants que dans celles qui s'occupent des corps bruts.
laquo; Mais dans chaque genre de science, les pheno-menes varient et presentcnt une complexite et des difficultes d'investigation qui lour sont propres. G'est ce qui fait que les principesdel'experimentation sont incomparablement plus dilficilos ä appliquer ä la medecine et aux phenomenes des corps vivants qu'ä la physique et aux phenomenes des corps bruts. raquo;
Un phenomene n'a reellement de portee scienti­fique que lorsque les conditions en sont entierement connues et qu'il peut etre reproduit ä volonte.
En therapeutique c'est au determinisme des con­ditions des phenomenes qu'il faut surtout s'attacher. Le principe du determinisme n'admet pas de fails contradictoires; il repousse de la science tous les fails indetermines ou irrationnels. Cl. Bernard, qui a d'une main si ferme trace les regies de l'experi-mentation, considere le determinisme comme le pivot
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INTRODUCTION.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VII
de la medecine experimentale et de la therapeutique. C'est done sur la determination des conditions que le physiologiste et le medecin doivent concentrer tons leurs efforts.
L'observation et rexperimentation appliquees ä la therapeutique doivent avoir pour but de diminuer et de refouler Vmdetertnhiisme. Le medecin, en face d'un malade, a toujours trois series de conditions ä bien determiner: 1deg; des conditions se rapportant au sujet malade; 2deg; des conditions porlant sur les medicaments, et 3deg; des conditions se rapportant au milieu ambiant.
Les conditions pbysiologiques ou pathologiques du sujet sont les plus difficiles a bien determiner, a cause de leur nombre, de leur complexite et de Tiinpossibilite oü Ton est souvent de pouvoir explorer les organcs et les tissus j usque dans leurs details sur l'animal vivant. Avant de penser ä appliquer un traitement, nous devons nous efforcer de connaitre tres exaetement la nature, le siege, l'etendue et la cause de la maladie. iNous devons aussi determiner les conditions pbysiologiques ante-rieures du sujet, ainsi que celles qui ont aecom-pagoe revolution morbide. Nous devons aussi tenir compte de l'espece animale, de Tage, de la taille, de l'elat de la digestion et de Tetat de toutes les autres function's, etc. Par cette enumeration, on voit combien il est difficile d'obtenir un determi-nwme exact sur toutes ces conditions. La patbologie, si etroitement liee ä la therapeutique, est encore
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VIIInbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; INTRODUCTION.
trop incomplete, trop incertaine pour nous per-mettre, dans la plupart des cas, d'avoir un determi-nisme exact sur l'etat du malade.
Si nous passons ä l'examen de la seconde serie de conditions ä determiner, ä celles qui concernent les medicaments, nous nous trouvons encore dans un plus grand embarras. Les proprietes physiques et chimiques des medicaments nous semblent assez bien connues, etcependant il y a lä encore de nom-breuses et impprtantes lacunes.
C'est surtout dans la connaissance des reactions chimiques que produisent les medicaments avec la substance vivanle des tissus que nous sommes Ires ignorants. Souvent aussi nous ignorons les modifi­cations fonctionnelles que les medicaments font apparaitre dansl'organismephysiologique, et quand nous les connaissons, cc n'est generalement que d'une facon incomplete. Et, si ä cela on ajoute I'in-fluence des doses, de la maniere dont le medica­ment est prepare, de la forme sous laquelle on I'ad-ministre et de la voie d'absorption ä laquelle on le confie, etc., on voit qu'ily a souvent beaucoup d'in-connus.
Enfin pour que le determinisme fut complet, il faudrait tenir compte des conditions de milieu qui agissent continuellement sur ie sujet, tellcs que la pression barometrique, la temperature, l'etat hygro-metrique et electrique de l'air, la composition de l'air respire, les conditions hygieniqnes, etc., etc.
Nous voyons done quo le determinisme eft diffi-
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INTRODUCTION.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; IX
eile ü roaliser pour le sujet malade, pour les medi­caments et pour le milieu ambiant. Aujourd'hui encore, le determinisme est rarement complet pour le medecin.
On comprend done sans peine pourquoi la me-decine reste entachee d'empirisme, pourquoi eile fournit si souvent des resultats contradictoires, pourquoi eile a recours ä la statistique pour juger un remede, et pourquoi eile ne jouit que d'une mediocre confiance dans l'esprit de certaines per-sonnes. La medecine est certainement la science la plus complexe et la plus encombree de theories et de faits contradictoires. C'est pourquoi il y a do la place pour le charlatanisme qui exploitc si souvent la credulite du public. Le charlatanisme et l'em-pirisme disparaitront le jour oil la medecine sera devenue plus positive, plus exacte. Et certes, celui qui contribue au progres scientifique de la mede­cine, pour une part aussi modeste qu'elle puisse etre, rendra infiniment plus de service k Thumanite que le legislateur qui conceit des bis de protection en faveur des medecins et des veterinaires. Le moyen le plus sur pour ecraser rempirisme, c'est de travailler sans reläche a perfectionner notre art, a acquerir des donnees nouvelles et positives, et c'est de prouver ainsi au public qlae nous sommes les seuls depositaires de la medecine scientifique, e'est-a-dire de celle qui guerit sürement lorsque la guerison est dans les choses possibles. Ce livre que j'offre au public veterinaire est un
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Xnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;INTRODUCTION.
resume succinct des doanees positives acquises jus-qu'a ce jour sur las effets physiologiques et thera-peutiques des medicaments. J'ai cherche, autant que I'etal actnel de la science le permet, a presenter sous une forme scientifique les resultats acquis. Je me suis inspire des regies du determinisme experi­mental de Cl. Bernard. Je n'ai accepte que les fails bien constates et bien determines; j'ai elimine soigneusement tous les resultats incomplets et ceux dont le determinisme laisse a desirer. J'ai verifie personnellement par I'experimentation la plupart des fails; j'en ai recueilli un certain nombre de nouveaux. Grace k l'installation toute speciale de notre laboratoire, j'ai pu, sous la paternelle direc­tion de mon savant maitre M. Ghauveau, employer les metbodes de recherche les plus exactes. Les dosages des medicaments ont ete faits avec des soins tout particuliers, et les phenomenes physiolo­giques engendres apres l'absorption des substances medicamenteuses ont ete recueillis avec la plus grande exactitude par des appareils graphiques Ires perfectio'nnes. Les resultats sont d'une exactitude sonvent mathematique et peuvent etre verifies faci-letnent. La methode graphique appliquee a la pa­thologic et a la therapeutique a dejä rendu de grands services; dafts l'avenir eile fournira des resultats encore plus merveilleux. J'ai aussi etudie avec un grand soin les differentes voies d'absorption qui doivent etreutilisees pour chaque medicament. J'ai largement profile des nombreuses donnees
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INTRODUCTION.
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scientifiques recueillies par les auteurs qui ont ecrit suv la Iherapeutique, tels que : Tabourin, Trous­seau et Pidoux, Gubler,VulpiaQ, Cl. Bernard, Vogel, Rossbach, etc.
Dans ce Precis de therapentique j'ai cherche ä condenser l'etat actuel de la science. L'ouvrage n'est certainement pas exempt d'imperfections de plus d'un genre, mais j'espere qu'il pourra rendre quel-ques services a la profession velerinaire. Si cet espoir se realise, ce sera pour inoi la plus grande satisfaction.
M. Kaufmann.
Lyon, ie 10 oclobre 188i.
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PRECIS
THERAPEUTIQUE YETERINAIRE
AVEC DONNEES SCIENTIFIQUES SPECIALES SUR LES EFFETS DES ALCALOIDES
GENERALITES
Definitions. — Agents therapeutiques. — Classification. — Admi­nistration des medicaments. — Voies d'absorption. — Effets physiologiques. — Modifications subies par les medicaments administres. — Choii des medicaments. — Forme.
La th^rapeutique est la science de la guärison des maladies. II y a maladie lorsque le jeu regulier et nor­mal de l'organisme vivant est trouble. La maladie est toujours due ä une cause externe ou interne. Tant que l'organisme sain n'est pas atteint par des causes pertur-batrices, toutesles fonctions s'accomplissentsuivant un rhythme regulier, avec une intensite et une harmonie qui constituent la caracteristique de l'etat de santö, pen­dant lequel l'homme ou l'animal öprouve une certaine lögeretö, un certain bien-etre. Quand il y a trouble d'une ou de plusieurs fonctions, sous I'influence d'une cause quelconque, il y a gene ou souffrance, 11 y a maladie.
L'organisme malade livre ä lui-möme est susceptible Kaufmann. — Tbörapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1
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2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
de guörir spontanöment aprös un temps plus ou moins long, si la cause maladive est legere ou peu durable; mais il succombe souvent ä la suite de troubles graves apport6sdans une ou plusieurs functions, si le medecin n'intervient pas h temps avec des remedes appropri^s au mal. Depuis longtemps la medecine a demonträ qu'en faisant agir certains agents sur un organisme ma-lade, on arrive a abreger la duree de la maladie curable naturellement et h. rendre curable une maladie grave qui amenerait infailliblement la mort, si on la laissait evoluer naturellement. Quelquefois il est dans le pou-voir du medecin d'enrayer instantanöment la maladie, qui alors se dissipe comme parenchantement; d'autres fois le role du mödecin consiste ä rendre Involution morbide plus rapide et ä prevenir les complications qui pourraient survenir. Dissiper les maladies, les rendre moins douloureuses, abreger leur duree, tel est le but multiple de la thörapeutique. Gelte science demande pour son developpement le concours de toutes les autres sciences medicales; eile conslitue le but plus ou moins direct de l'ensemble de toutes les sciences bio-logiques dont eile est pour ainsi dire la resultante.
Les causes modificatrices auxquelles on soumet un malade pour le ramener ä l'ötat de sante, constituent ce qu'on appelle des agents therapeutique*. Ges agents sent extremement nombreux et varies; on peut les diviser en trois groupes, savoir : les agents chirurgicaux, les agents physiques, et les agents chimiques. L'ötude des agents chirurgicaux constitue une brauche speciale de la thörapeutique qu'on appelle la Chirurgie; nous n'avons pas ä nous en oecuper ici.
Les agents physiques sont la chaleur, Yetectricite; ils seront ötudiös sommairement dans un appendice place ä la fin de ce livre.
Les agents chimiques ou medicaments sont ceux four-
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GENERALITfiS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3
nis par la pharmacie; leur 6tude, qui constitue la the-rapeulique medicale, fera I'objet principal de cet 011-vrage. Nous ötudierons, en-d6tail, toutes les reactions fonctionnelles qui apparaissent sur les animaux quand on les soumet ä l'action des medicaments dans les dif-ferentes conditions possibles. Decette ötude, nous di-duirons, chaque fois, le role th6rapeutique ou curatif du medicament..
Pour rendre cette etude plus facile, plus attrayante et moinsingrate, il faut studiertes medicaments suivant un certain ordre, suivant une certaine classification.
Glassipication. — Les classifications proposees par les auteurs sont nombreuses; mais aucune n'est abso-lument irreprochable. Je proposerai la classification suivante baseesur le lieu et la nature des effets physio-logiques des medicaments. Elle pent etre I'objet de cri­tiques, mais je crois qu'elle repond assez bien ä l'etat actuel de la science et aux exigences de la pratique. Si on considere le lieu de Faction des medicaments, on constate que les unsagissent surtout localement, c'est-ä-dire au point d'application, tandis que d'autres n'ont presque aucune action locale, mais agissent tres acti-vement apres leur absorption, c'est-a-dire apres leur melange avec le fluide nourricier et leur transport dans toutes les parties du corps. De lä deux groupes de me­dicaments : 1quot; les medicaments ä action locale; 2deg; les medicaments ä action generale. II est evident qu'il n'y a pas une difference absolue entre ces deux groupes. II y a des medicaments a action locale qni peuvent passer ä l'absorption et determiner des effets generaux, mais ces derniers effets sont en general moins marques et h'offrent qu'un interfit mediocre pour la therapeutique. D'ailleurs, en les decrivant en particulier, j'indiquerai ces effets generaux, ne serait-ce que pour pr6venir les accidents d'empoisonnement.
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4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
Le groupe des medicaments k effets gönöraux ren-ferme aussi des substances qui ont une action locale, mais celle-c^est d'une minime importance si on la com­pare a I'action generate.
Classification des medicaments basic sur le lieu et la nature de leur action physiologique.
1deg; Elraollients. 2deg; Temperants. 3deg; Astringents. 4deg; Caustiques. Ier Gbocpe.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;] Squot; Irritants cutanes.
6deg; Vomitifs. Medicaments k action locale. J 7deg; Purgatifs.
I 8deg; Antiparasitaires. 9deg; Desinfectants. 10deg; Excitants. 11deg; Anestnesiques locaux.
/ !• Toniques. I 2raquo; Alterants. 3deg; Anesthesiques generaux. 2e Groupe.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; . \ 4deg; Hypnotiques et calmants.
5deg; Hyperesth^siques. Medicaments Ji action generale. | 6deg; Toniques vasculo-cardiaquos.
1deg; Antisecretoires. 8deg; Hypers6cretoires. 9deg; Emmenagogues.
Administration des medicaments. — L'administration des medicaments consiste a les mettre en rapport avec l'organisme malade, pourle modifier dans un sens favo­rable au retour de la sante. En les administrant, on se propose de produire, soit des effets locaux, c'est-a-dire se döveloppant seulement au point d'applicalion, soit des effets göneraux, c'est-ä-dire se döveloppant apres absorp­tion et transport des medicaments dans tous les tissus par l'intermediaire du sang. Dans le premier cas le point d'ap­plicalion est toujours indique par celui ou Ton veut pro­duire les effets. 11 faut appliquer les medicaments directe-ment sur la plaie que Ton veut cicatriser, sur la tumeur
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GENERAUTES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
que Ton veut faire disparaitre, ou sur les muqueuses que Ton se propose de modifier. Ici le point d'application des medicaments est toujours tres nettement indiqu6 d'avance par le siege du mal. II n'en est pas de m^me quand il s'agit de combattre une maladie ou des troubles qui siegent sur un ou plusieurs organes profon-dement situes, loin des surfaces tegumentaires. Dans ces cas il est necessaire de faire arriver les medicaments aux organes malades par l'intermediaire du courant sanguin. Les molecules medicamenteuses doivent alors 6tre placees sur un point de l'organisme oü elles puis-sent 6tre absorbees et melangees au sang, charge de les transporter ensuite dans tous les tissus.
Les surfaces sur lesquelles les medicaments peuvent amp;lre absorbös sont nombreuses, mais toutes ne con-viennent pas au möme degre. On peut les diviser en surfaces naturelles et en surfaces artificielles. Les pre­mieres sont : la peatlaquo; et les muqueuses; les secondes sont: le Hssu conjonctif sous-cutane, les solutions de con­tinuity, Vinterieur des veines. G'est dans cet ordre que nous allons faire leur etude.
1deg; ABSORPTION DES MEDICAMENTS PAR LA PEAU.
La peau, qui constitue l'enveloppe exterieure du corps, est souvent choisie comme surface d'application des medicaments pour remödier ä une affection locale, pour determiner des reflexes sur des organes determi­nes; mais eile n'est utilisöe que rarement, lorsqu'on veut obtenir I'absorption complete des medicaments et lä production de leurs effets generaux. La peau peut etre intacte ou privee de son epiderme; de lä, deux mö-thodes d'application : la methode epidermique et la methode endermique.
a. MfixnoDE fipiDERMiQüE. — La mölhode d'application,
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6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
qui consistc k deposcr les medicaments ä la surface de la peau intacte, c'est-a-dire pourvue de son öpiderme et de ses poils^ constitue ce qu'on appelle la methode epi-dermiqne, iatraleptique ou iatralepsie (de larpo;, mede-cin, et (äXei^stv, frotter). Gelte methode, la plus ancienne, convient pour les affections locales, mais est peu avan-tageuse dans les medications generales, parce qu'elle ne permet, le plus souvent, qu'une absorption insuffl-sante des medicaments, surtout chez nos animaux do-mestiques dont l'^piderme est epais et garni de polls nombreux.
Si on envisage la serie animale, on voit que la peau, suivant les proprietes physiques de ses revetements, fonctionne tantöt comme une membrane des plus per-meables, tantöt comme un tegument presque imper­meable. Entre ces deux extremes il y a une foule de nuances intermediaires. II y a aussi, chez le meme in-dividu, une grande difference dans l'intensite de l'ab-sorption suivant la finesse et la souplesse de la peau. Plus la peau est mince, fine et vasculaire, plus eile est propre ä l'absorption. Le tegument n'a pas le m6me pouvoir absorbant pour toutes les substances; celles-ci sont absorbees avec plus ou moins de rapidite suivant qu'elles sont gazeuses, solides, liquides ou incorporees aux corps gras.
Absorption des gaz. — La peau de tous les animaux jouitde la propriete d'absorber les gaz. Chez les batra-ciens et les mollusques, la peau peut suppleer ä l'ap-pareil respiratoire et absorber I'oxygene, en quanlitd süffisante pour entretenir I'hematose. Chez nos ani­maux domesliques et chez I'homme, la peau absorbe 6galement I'oxygene, mais a un degre inflniment res-treint; dans aucun cas, eile ne peut suppleer ä l'appa-reil respiratoire. MM. Bouley et Fourcault, en appliquant des enduits impermeables ä la surface cutan6e chez
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GfiNERALITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7
le cheval et le chien, ont produit la mort avec les le­sions de l'asphyxie. La surface cutanee joue done un certain r61e dans la respiration möme chez les animaux supörieurs.
Certains gaz delßteres sontabsorbes tresrapidement; ainsi un lapin ou un oiseau dent le corps est enfermö dans un ballon plein de gaz hydrogene sulfure, la töte demeurant en dehors, perit en dix ou douze minutes (Ghaussier et Gollard de Martigny)..
Absorption de l'eau et des solutions salines. — La pönötration de l'eau et des solutions salines est difficile, car la peau est enduite de matiere sebacee non nuisible ä l'eau. Ghez nos animaux, l'absorption de l'eau par la peau intacte est tellement faible, qu'on peul la considö-rer comme nulle dans la pratique. Duriau a constatö que chez I'homme plonge dans un bain a 20deg; ou 25deg;, le poids du corps augmente legerement, qu'il reste inva­riable dans un bain de 25deg; ä 34deg;, et qu'il diminue dans un bain de 42deg;.
L'homme et les animaux domesliques peuvent rester immergös, pendant un temps assez long, dans un bain contenant en dissolution du sublime corrosif, ou de l'acide arsenieux, ou d'autres substances toxiques, sans öprouver de phenomenes d'empoisonnement. Sicepen-dant la durde du bain est assez longue, l'absorption a lieu: onretrouve la substance dans les urines, et on voit quelquefois apparaitre des phönomönes d'empoisonne­ment.
Vestrumb a vu le prussiate de potasse absorbö par la peau d'un chien plonge dans un bain par le train de derriere.
M. Golin a versa pendant cinq heures une dissolution de 40 grammes de cyanure de fer sur la region dorso-lombaire d'un cheval et en a obtenu des traces dans les urines apres 4 heures et demie.
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8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETER1NAIRE.
En maintenant surla peau du venire d'un chat une dissoluüon de strychnine, M. Colin a vu les premiers symptomes d'empoisonnement apparaitre apres 10 heu-res et la mort apres 16 heures.
La peau des oiseaux, malgre sa finesse et la minceur de l'epiderme, n'absorbe qu'avec une grande len-teur.
Absorption des sels non dissous. — Quand on sau-poudre la surface de la peau avec unsel.on constate que ce sei pent etre absorbe en petite quantite, car on le re-trouve dans l'urine, Roussin a trouve de l'iode dans son urine, les trois jours pendant lesquels il a porte une chemise impregnee d'iodure de potassium. Tardieu Si­gnale des accidents sur les individus portant des bas teints ä la coralline. Dans ces cas ce sont les produits secretös parla peau qui dissolvent les sels et favorisent leur absorption.
Absorption des matieres incorporöes aux corps gras et ä des liquides susceptlbles d'adkerer ä la peau. — La peau absorbe beaucoup mieux les substances asso-ciees aux graisses que celles en dissolution dans l'eau. Ainsi l'application de la pommade d'iodure de potas­sium est suivie au bout de quelque temps de l'appari-tion de l'iode dans les urines; celle de la pommade mercurielle donne lieu ä la salivation. La pommade stibiee peut provoquer la nausee et le vomissement; la pommade d'atropine produit assez rapidement la dila­tation des pupilles.
Diverses autres substances, miscibles ä la matiere se-bacee, sont tres aptes ä traverser l'epiderme et ä etre absorbees; tels sont l'alcool, les huiles essentielles, le sulfure de carbone, la benzine, l'ammoniaque.
En resume, la peau intacte absorbe bien les gaz, eile n'absorbe que tres lentement l'eau et les matieres sali­nes ; eile se laisse un peu mieux penetrer par certains
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GENERALITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 9
sels non dissous et par les substances incorporöes aux corps gras.
Conditions qui favorisent Vabsorption cutanee. — Pour rendre I'absorption plus rapide et plus intense, 11 faut choisir le point ou la peau est One, souple et vasculaire, la döbarrasser de la matiere seba-c6e par des lavages, et amincir I'epiderme par des frictions. Pour favoriser encore plus le contact in-time de la substance medicaraenteuse avec la peau, 11 convient de debarrasser celle-ci de ses appendices pi-leux en les rasant. Quand on veut faire absorber des medicaments unis a des matieres grasses, 11 faut tou-jours laisser parfaitement secher la peau apres les la­vages. On applique les matieres medicamenteuses avec des frictions vigoureuses, pour amincir I'epiderme, pour faire penötrer mecaniquement les molecules me­dicamenteuses dans la peau, pour rendre la circula­tion plus active et par suite I'absorption plus facile.
L'latralepsie est une m^thode d'admlnistration peu avantageuse, car, ä cause de la lenteur de I'absorption par la peau, eile ne permet d'obtenir que des effets gö-neraux insigniflants ou insufflsants; et en outre, eile entraine toujours la perte d'une grande quantite de medicament qui, ne passant pas ä I'absorption, reste ä la surface du tegument.
b. METHODE ENDERM1QUE OU ENDEBMIE. — Quand OU
depose les medicaments a absorber sur la peau denudee de son öpiderme, on emploie la methode endermique ou endermie. La peau denudee absorbe facilement les substances mises en contact avec eile. Dans les medi­cations generales cette methode est done preferable ä la methode epidermique. Gomme dans cette derniöre methode, il faut choisir, pour lieu d'application, les points oü la peau est fine, souple et lache. Ces points doivent etre autant que possible caches, car s'il resul-
1.
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10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETER1NAIRE.
tail des tares, elles pourraient döpröcier l'animal si alles 6taient visibles.
Pour depouiller la peaude son epiderme, on s'adresse generalement ä une preparation vesicante. Apres I'ap-plicalion d'onguent vesicatoire äla surface de läpeau, il se forme une serosite purulente entre le derme et I'^piderme. Gette serosite souleve la couche epider-mique et la detache completement du derma. On arrive au mdme resultat par l'emploi de l'eau bouillante ou du far chaud.
Quand I'epiderme ast enleve, la derme est rouga, gonfl6, douloureux, et secrete una serositö alcaline. Avant d'appliquar le remede, il faut attenuar I'inflam-mation par I'application prealable d'emolliants; carl'ob-servationdemontre qua les surfaces vivementphlogosees n'absorbent qua tres lentement les matieras mises an con­tact avec elles. Quand le medicament est applique, il convientde recouvrirle tout avec un bandage approprie, afin da soustraire la surface medicamenlea au contact da I'air.
Getta methode, outre qu'elle est douloureuse at ex­pose ätarerlesanimaux, a encore l'inconvönient de ne pas se preter ä l'absorption da tons les medicaments. Pour que les medicaments puissent etre absorbes par cetta methode, il faut qu'ils soient solubles dans la serosite alcaline que secrete la surface absorbante; or il y a un grand nombre d'alcaloides qui sont insolubles dans catte humeur alcaline et qui ne sont pas absorbös. En outre, I'endermie ne permet pas de graduer l'absorp­tion et expose a des accidents d'empoisonnemant, lors-qu'on fait usage de substances tres actives.
L'endermie comme I'ialralepsie na doit guere etre utilisee que pour les affections locales.
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GENERALITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 11
2deg; ABSORPTION DES MEDICAMENTS PAR LES MUQUEUSES.
Les muqueuses ont en general une organisation qui lesrend tres propres äl'absorption. Leurtissu est spon-gieux, riche en vaisseaux ; leur Epithelium est genöra-lement mince et se laisse facilement traverser par les corps fluides. Les muqueuses n'offrent cependant pas toutes le meme pouvoir absorbant. II y a sous ce rajp-port de grandes differences que nous allons signaler en ötudiant chaque muqueuse en particulier.
A. Muqueuse digestive. — Gette muqueuse est la voie ordinaire de l'absorption des matieres alimentaires li-qudfiees dans les cavitös qu'elle tapisse. Dans la partie gastro-intestinale la muqueuse digestive est admirable-mentdisposee pour l'absorption; sasurface, recouverte d'un epithelium Ires mince, est extremement etendue par la presence des plis et des villosites.
La partie de la muqueuse qui s'etend de la bouche au pylore est, en general, peu propre a l'absorption; son Epithelium est stratifie et epais. Les matieres medica-menteuses ne peuvent d'ailleurs rester que peu de temps en contact avec eile.
II faut etudier successivement l'absorption par I'esto-mac et par I'intestin.
a. Estomac. — L'estomac des carnassiers et des omnivores absorbe activement; celui des solipedes absorbe tres peu; les trois premiers estomacs des rumi­nants sont impropres a l'absorption, mais l'absorption est active dans la caillette.
Ges differences dans l'absorption chez les divers ani-maux sont nettement etablies expErimentalement. Si on fait prendre ä un chien, a un lapin, k un pore, une dose toxique d'un sei de strychnine apres avoir HE le pylore ou apres avoir coupEles deuxpneumogastriques,
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on voit bientot survenir des accidents d'empoisonne-ment et ensuite la moTl{GoVin, Physiologie, p. 92).
Si on repete la möme experience sur le cheval, on constate que celui-ci n'eprouve nullement les effets toxiquesdu poison(Bouley et Colin). Perosino, de Turin, en injectant dans le viscere une dissolution de cyanure de fer et de potassium, n'a vu qu'au bout d'un temps assez long que l'urine conlenait de legeres traces du sei. L'absorption etait done ä peine sensible.
MM. Bouley et Colin ont injeete 32 grammes d'extrait alcooliquede noixvomique delayee dans 300 grammes d'eau tiede dans la caillette d'un taureau, apres avoir ligature le pylore; I'animal mourut sept heures apres I'injection, mais les effets du poison se sont montr^s avantlacinquieme heure.
Chez les animaux dont I'estomac absorbe, chien, chat, lapin, pore, toutes les substances ne sont pas absorbees avec la m6me rapidite; quelques-unes sem-blent m6me refractaires a l'absorption. Gl. Bernard a en effet demontre que le curare n'est pas plus absorbe dans I'estomac que dans I'intestin.
b. Intestin. — L'intestin grele absorbe chez tons les animaux avec le plus d'activite. Un sei de strychnine produit ses effets apres 3 ou 4 minutes si on I'injecte directement dans l'intestin gröle. Le ferro cyanure de potassium se trouve dans le sang au bout de 5 ou 6 mi­nutes.
Le coecum absorbe activement chez le cheval. La mort arrive 50 minutes apres I'injection de 32 grammes d'extrait de noix vomique dans sa cavitö (Colin). Le gros colon et le rectum absorbent avec activite. Colin a vu la mort survenir chez le cheval une heure dix-sept minutes apres I'administration d'un lavement contenant de l'extrait de noix vomique.
L'absorption gastro-intestinale offre de nombreuses
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GENERALITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 13
variations d'activitö suivant les conditions physiolo-giques de la digestion et les cas pathologiques. Gertaines substances ne sont presque pas absorbees par la voie gastro-intestinale; tels sont le venin de vipere (Redi), le poison des fleches des Javanais, le curare (Bernard).
Pendant la digestion I'absorption est beaucoup moins rapide que lorsquc I'animal est a jeun. Ainsijl est im­possible d'empoisonner avec du curare un chien en digestion, tandis qu'on le tue si on administre une forte dose de ce poison pendant la diete.
Certains medicaments 6prouvent des alterations dans i'estomac ou dans l'intestin et les proprietes en sont tnodifl^es.
En gönöral, si on veut s'adresser ä la voie gastro-intestinale pour faire absorber les medicaments, il faut les admlnislrer ä jeun et s'abstenlr, pendant un cer­tain temps, de donner des aliments ou des boissons qui pourraient les alterer ou diminuer leurs effets. II y a cependant quelques cas oü il est utile de faire pren-lt;lre les medicaments avec les aliments, c'est lorsque I'absorption doit etre lente, ou lorsque la presence des aliments est ndcessaire pour rendre les medicaments solubles.
Quand on veut faire absorber des medicaments dont l'action irritante pourrait 6tre nuisible ä I'estomac et a l'intestin grele, on les administre en lavements par le rectum. Avant de donner un lavement medicamenteux, il est indispensable de debarrasser l'intestin des excre­ments qui s'y accumulent; on retire avec la main le contenu du rectum et de la fin du colon flotlant. II peut aussi etre utile de presser doucement sur la vessie pour provoquer l'expulsion des urines. Pendant le sejour du medicament dans la parlie posterieure du tube di­gestif, il faut laisser les animaux dans un repos complet et les mettre a la diete pour eviter une action expulsive.
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,-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; -
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La voie gastro-intestinale est souvent ulilis^e dans la pratique. Pour eviler les echecs, il est necessaire de te-nir grand compte de l'etat de la digestion, de la nature de la maladie et des proprietes chimiques des medica­ments que Ton se propose d'administrer. Sans ces pro-cautions on s'expose a ne pas obtenir d'effets ou a obte-nir des effets trop energiques ou differents de ceux que Ton voudrait provoquer. II ne faut pas oublier que les sues digestifs agissent chimiquement sur beaucoup de medicaments et les transforment plus ou moins completement. II faut que le praticien connaisse d'a-vance tres exactement les modifications qu'ils subissent sous Tinfluence des combinaisons qu'ils contractent avantleur absorption complete.
B. Muoueuse respiratoire. — La muqueusc respira-toire, tres etendue, tres One et tres vasculaire, surtout dans sa partie pulmonaire, absorbe avec une grande activite. Gette muqueuse tient sous ce rapport le premier rang parmi les surfaces libres du corps. Elle est lelieu d'^lection pour l'absorption des substances volatiles en general; eile est egalement avantageuse, e'est-a-dire plus rapide et plus sure pour les substances liquides ou en solutions.
Les experiences qui demontrenl l'energique absorp­tion par la voie pulmonaire sont nombreuses. Goodwin, S^galas, Mayer ont vu l'eau injeetöe dans la trachee sur le chien et le lapin disparaitre presque instantane-ment par absorption. Gohier et ses eleves ont pu injec-ter de 30 h 40 litres d'eau dans la trachee du cheval avant d'amener la mort.
A l'autopsie faite immediatement apres ils n'ont pas trouve de liquide dans les bronches, toute l'eau avait passe ä l'absorption. Golin a fait couler 18 litres d'eau pendant 3 beures dans la trachee d'un cheval sans le goner considerablement.
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GENERALITfiS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;15
Les vapeurs d'alcool inspirees avec I'air peuvent pro-duire l'ivresse. L'essence de terebenthine inhalöe com­munique rapldement l'odeur de violette ä l'urine. Les vapeurs d'ether, de chloroforme, produisent I'anes-th^sie.
Les sels solubles s'absorbent aussi avec rapiditö. Les sels de strychnine produisent la mort dans 3 ä 10 mi­nutes. Le ferrocyanure de potassium se trouve dans le sang deux minutes apres son injection dans la trachde chez le chien (Mayer). Colin a retrouve ce sal dans le sang de la veine jugulalre chez le cheval qualre minutes apres I'injectionintra-tracheale. Le curare, non absorbe dans l'estomac et l'intestin, est Ires facilement absorbe par la voie pulmonaire.
Les huiles grasses ne s'absorbent pas sur la muqueuse respiratoire, elles s'accumulent dans les broncbes et rendent la respiration laborieuse.
Les medicaments sous forme de poudre ne peuvent 6tre absorbes que s'ils entrent en dissolution. Les par-ticules solides penetrent quelquefois par effraction dans le tissu pulmonaire et s'y enkystent; mais ce n'est pas lä une veritable absorption.
Les medicaments gazeux ou sous forme de vapeurs sont d'une administration facile; il sufflt de les faire respirer avec I'air. II n'en est pas de möme des liquides ou des substances en dissolution. Pour faire arriver ces derniöres dans l'arbre bronchique, il faut les intro-duire par une ouverture artiflcielle pratiquee sur la trachte. On se sert trhs avantageusement d'une serin-gue munie d'une canule h aiguille. On remplit la serin-gue du liquide ä injecter, puis on plonge la pointe de la canule entre deux cerceaux de la trachee, et on injecte lentement de mantere a faire arriver le liquide, goutte k goutte, dans l'intörieur de l'arbre aerien. II n'est pas absolument indispensable de faire penötrer la canule
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16nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINA1RE.
enlre deux cerceaux de la trachte, on peut traverser au milieu d'un cerceau, mais alors il arrive souvent que la canule fait emporle-piece et se bouche par un fragment de cartilage. Pour eviter cet accident, il vaut mieux se servir d'une canule munie d'un trocart pour percer la trachee; aussitöt que la ponction est prati-qu6e, on retire le trocart en laissant la canule en place, on adapte la seringue et on pousse I'injection avec lenteur.
L'administration intra-tracheale est tres avanta-gouse. Elle convient pour la plupart des medicaments solubles dans I'eau ou dans I'alcool. II n'y a que les medicaments huileux ou trop irritants qui ne doivent pas 6tre portes par cette voie. D'ailleurs, pour eviter les accidents de toux et de bronchite, il est necessaire de beaucoup diluer les solutions et d'injecter avec une grande lenteur.
Gelte administration est extrömement simple et a la portee de tout praticien. Les medicaments sont absor-bes rapidement sans subir aucune alteration. II y a done promptitude et sürete dans les effets. II y a, en outre, une reelle economic, car toute la quantite injec-tce passe ä l'absorption.
Par cette methode d'administration on emploie des substances pures et exactement dosables; on obtient ainsi une absorption sure, rapide et complete. Je me permets de la recommander aux praticiens. .Elle a rendu de grands services a. M. Levy, professeur a l'^cole v^teri-naire de Pise, dans un grand nombre de maladies.
G. MüQUEUSES GfiNITO-URlNAIRE, OCULA1RE ET AURICU-
laire. — Ges surfaces, quoique douees de la faculle d'absorption, ne sont pas mises ä profit dans les medi­cations generales, parce qu'elles n'ont pas assez d'6ten-due pour recevoir une grande quantite de matiere m6dicamenteuse. Quand on applique des medicaments
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GENERALITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 17
sur ces muqueuses, c'est en general pour remödier ä des maladies de ces muqueuses memes.
3deg; TISSU CONJONCTIF SOUS-CUTAN15.
La methode qui consiste a introduire les substances mMicamenteuses dans le tissu conjonctif est.appeldc methode hypodermique ou sous-dermique.
Les substances injectöes sous la peau sont rapide-ment absorbees. Du ferrocyanure de potassium, injecte sous la peau de la face d'un cheval, se trouve dans I'u-rine au bout de huit minutes. Un lapin ou un cochon d'Inde qui recjoit une injection hypodermique d'un sei de strychnine meurt empoisonne au bout de quatre ä cinq minutes.
Les huiles et les corps gras ne sont pas absorbes dans le tissu cellulaire. Ainsi l'huile de croton appliquöö sous la peau ne produit pas la purgation (Colin).
Le tissu conjonctif sous-cutane presente de grandes varlötes dans la rapidite d'absorption. Quand il est charge de graisse et dense, 1'absorption est plus lente; quand il est lache et peu charge de graisse, l'absorption est plus rapide.
Pour administrer les medicaments par cette voie, on doit choisir les regions du corps oü le tissu cellu­laire est lache et abondant, comme au poitrail, ä l'enco-lure, a la face interne des cuisses, sur la region costale.
Autrefois on faisait, avec une aiguille ä sölon, un godet sous-cutan6 dans lequel on versait le medica­ment. Ge procedö doit 6tre completement abandonne, car 11 offre de nombreux inconvenients. Aujourd'hui •on possede des seringues exactement graduees, a ca-nules fines et pointues, qui permettent de faire les injec­tions sous-cutan6es avec la plus grande facilite. Voici comment il faut procöder :
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t8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
Avec le pouce et l'index de la main gauche on forme un pli ä la peau, au point oü Ton veut injecter; de la main droile on enfonce vigoureusement I'aiguille a tra-vers le tegument pour faire arriver la pointe dans le tissu conjonctif sous-cutane; on abandonne alors le pli formö, et on injecte lentement le contenu de la seringue; on retire la canule et l'operation est termi-n6e. Le liquide s'accumule au point d'injection et forme une petite tumeur molle sous la peau. Pour fa-ciliter I'absorption, on peut ecraser legerement celte petite tumeur avec lesdoigts pour etendre le liquide et le mettre en rapport avec une surface absorbante plus ötendue. Lorsqu'on a a injecter plus de 3 centimetres cubes de liquide, il faut faire plusieurs piqüres; on 6vite ainsi les accidents locaux, et on rend I'absorption plus rapide. La seringue graduee de 3 centimetres cubes ou 10 centimetres cubes est la plus convenable pour le besoin de la medecine vöterinaire.
Gette methode offre les avantages suivants : rapidity de I'absorption; surety dans I'action; facilite de graduer les effets par des dosages convenables; economie de substance medicamenteuse. II n'y a que les corps gras et les substances tres caustiques et tres irritantes qui ne peuvent pas etre administrees par celte voie. Les accidents locaux que Ton observe quelquefois sont : la formation d'abces et la gangrene de la peau. Ges acci­dents sont facilement 6vites par le bon choix des preparations et une administration intelligente.
4deg; PLAIES.
Les plaies absorbent plus ou moins activement sui-vant leur nature. Lorsque la surface est hachee, morti-Me, sanguinolente, I'absorption est lente; si au con-traire la plaie est nette, qu'elle a cosse de saigner,
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l'absorption est active. On n'utilise que trös rarement les plaies pour oblenir l'absorption medicamenteuse. G'est plutöt pour prevenir les cas d'empoisonnement possible par les plaies que je parle ici de ces voies d'ab-sorption.
3deg; INJECTIONS INTRA-VEINEUSES.
Les medicaments ne determinent des effets gendraux que quand leurs molecules sont parvenues dans le sang. Pour obtenir des effets plus prompts on a done pense ä pratiquer des injections medicamenfeuses directement dans les veines. Cette methode est employee depuis le milieu du dix-septiöme siecle en mddecine humaine; aujourd'hui encore on a recours ä eile dans certaines maladies graves, tetanos, cholera.
En medecine veterinaire, I'injection intra-veineuse n'est pas encore entree dans la pratique, mais eile est employee journellement dans les experiences physio-logiques et toxicologiques faites sur les animaux dans les ecoles veterinaires. Cette methode constitue un excellent precede de recherche. Quand on veut etudier les effets physiologiques d'un medicament, on devrait toujours avoir recours ä I'injection intra-veineuse.
En effet, il est demontre sufflsamment par les expe­riences de Brown-Sequard que la plupart des inödica-ments agissent localement au point d'absorption; et cette action locale peut amener des effets eloignes par action reflexe qui s'ajoutent aux effets generaux et les compliquent. Pour eviter les effets secondaires d'ori-gine locale, il est indispensable d'introduire le medica­ment directement dans le sang; on obtient ainsi les effets genöraux absolument purs.
L'injection intra-veineuse doit entrer dans la pra­tique vetörinaire; eile est moins dangereuse et moins
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21nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TIIERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
difficile qu'on ne le pense genöralement. Presque tou-(es les substances trös actives qui ne coagulent pas le sang peuvent etre confiees directement aux veines. Le manuel operatoire est d'ailleurs extrömement simple, surtout quand il s'agit du cheval ou du boeuf. On doit choisir une veine volutnineuse. La veine jugulaire con-vient le mieux, ä cause de son volume et de sa posi­tion. Avec une main on fait gonfler la veine, comme lorsqu'on veut faire une saignee ; avec I'autre, on tient la seringue munie de son aiguille creuse, qu'on enfonce instantanöment a travers la peau pour la faire arriver dans la veine.
Avec un peu d'exercice on penetre ainsi facilement dans le canal veineux. Pour s'assurer qu'on est bien dans la veine, on tire legörement le piston et on voit alors le sang se melanger avec le liquide dejä contenu dans la seringue. Si le sang n'arrive pas dans la se­ringue, c'est qu'on n'est pas dans la veine.
Quand on s'est assure que Textreinite de la canule est dans la veine, on enleve la main qui la gonflait, et on injecte trfes lentement le contenu de la seringue.
Quand I'operation est terminee, on retire la canule, et il ne reste aucune trace locale de l'injection.
Les accidents qui peuvent se produire pendant l'in­jection sont: la mort par syncope et la mort par intro­duction d'air dans le sang.
La mort par syncope cardiaque arrive, quand on in­jecte trop vite certaines substances qui agissent 6ner-giquement sur le coeur et arrötent ses mouvements. On evite facilement cet accident par une injection trfes lente. II y a des auteurs qui recommandent d'injecter dans une petite veine tres eloignöe du cceur. Evidem-ment cette precaution peut etre employee quand on experimente, mais eile ne peut pas 6tre observ^e dans la pratique, car il n'est pas facile de penetrer dans une
II
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GENER ALITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;21
petite veine sans la decouvrir par une incision de la peau. J'ai injecte des centaines de fois des substances medicamenteuses dans la veine jugulaire, et je n'ai Ja­mals observ6 d'accidents, lorsque j'ai injecte avec len-teur.
L'introduction de l'air dans la veine est facile ä evi-ter. S'il y a des bulles d'air dans la seringue, il faut pencher celle-ci, pourque ces bulles restenttoujöursen contact avec le piston, et cesser de pousser, quand tout le liquide est sorti de la seringue.
II pent arriver quelquefois des accidents consecutifs, ce sont le thrombus et la phlebite. Le thrombus ne survient que lorsque la canule est trop volumineuse, et que le sang de la veine peut sortir par l'oriüce fait ä ses parois. Get accident est extr^mement rare. La phlebite est encore plus rare, je ne I'ai jamais observee ä lä suite des injections que j'ai pratiquees.
L'injection intra-veineuse peut rendre des services dans certains cas speciaux. Pour eviter les accidents, il est nöcessaire d'employer une seringue et des ca-nules convenables et tres propres, et d'injecter avec une extreme lenteur.
EFFETS PUYSIOLOGIQUES DES MEDICAMENTS.
Quand les medicaments sont mis en contact avec I'organisme par un des precedes que nous venons d'e-tudier, ils font apparaitre certains effets, certaines modifications fonctionnelles qu'il est utile d'etudier aün de pouvolr les utiliser dans les cas particuliers.
Le medicament, etant une substance non vivante, ne peut agir que par ses proprietes physiques ou chi-miques.
L'etat physique rend certains medicaments irritants. G'est ainsi que 4a poudre de Spongilla lacustris (Link)
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THERAPEÜTIQÜE YETERINA.1RE.
est employee comme ruböflante dans certaines parties de la Russie. L'action irritante est due entierement ä reffet möcanique produit par les aiguilles siiiceuses tres lines qui entrent dans la composition de cette poudre. La poudre de holet, en s'impregnant de sang, forme une masse solide qui arrßte les hömorrhagies; c'est un hömostatique puissant.
Certaines substances vegetales ou animales, conve-nablement preparöes, se gonflent beaucoup dans l'eau. On utilise cette propriete pour dilater certains orifices, certaines cavites de l'organisme.
Mais la plupart des substances medicamenteuses doi-vent leurs effets physiologiques ä leurs reactions chi-miques. En effet, la mauere organique a des affinit^s chimiques pour certains medicaments. Les sels alca-lins qui entrent dans la composition des tissus et des liquides organiques, en se combinant avec les acides employes comme medicaments, eprouvent des modi­fications, des transformations qui retentissent sur les fonctions. De möme les acides de l'organisme, en se combinant avec les medicaments basiques, se neutrali-sent, et il en resulte certaines modifications physiolo­giques. L'organisme, ä cause de son höterogöneitö, ne presente pas les mömes reactions chimiques dans toutes ses parties : ainsi la matiere colorante de la garance ne se fixe pas indistinctement sur tous les tissus; eile a une afflnitö speciale pour le tissu osseux qui s'en impregne, tandis que les autres tissus ne la fixent pas. Cette affinite tres grande du tissu osseux pour la matiere colorante de la garance est due k la presence des sels de chaux qui entrent dans la compo­sition de l'os.
L'ömötique n'a aucune action sur l'albumine en dissolution dans un milieu alcalin ou neutre, mais la pröcipite si le milieu est acide. Ce corps agit energi-
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quement sur l'estomac oü il rencontre le sue gas-Irique acide, et sur la peau oü il trouve la matiere seba-c6e et la sueur qui ont une röacüon acide. L'acide convolvulique anhydre n'a aucune action dans l'esto­mac parce qu'il y raste insoluble; il a au contraire une action önergique sur la muqueuse intestinale parce qu'il se dissout dans la bile.
Les exemples prßcödents suffisent pour demontrer qu'une substance mödicamenteuse n'agit que dans certains organes et dans certains milieux; qu'elle pent avoir une election pour certains elements anatomiques ä Texclusion des autres.
Nature des effets physiologiques. — Les medica­ments engendrent des modifications fonctionnelles ou organiques qui sont ou locales ou genörales. De la deux sortes d'effets : des effets locaux et des effets generaux. Les effets sont locaux quand ils se produisent au point d'application, ils sont generaux quand ils apparaissent apres l'absorption du medicament et son melange avec le fluide nourricier general. Suivant la nature des effets qu'ils engendrent, les medicaments resolvent dif-förents qualificalifs. Ils sont: rubefiants quand ils pro­duisent sur la peau de la rougeur, de la chaleur, de la douleur el de la tumefaction : farine de graine de moutarde, veratrine, aconitine, ammoniaque, potasse, essence de terebenthine, euphorbe, huile de croton tiglium, etc.; vesicants lorsqu'ils determinent une ac­cumulation de sörosite entre le derme et l'epiderme; ex. : cantharides, acide acetique, euphorbe, liniment ammoniacal; emollients lorsqu'ils ramollissent les tis-sus, les imbibent et en diminuent la sensibility, ex.: graine de lin; astringents quand ils resserrent et dessö-chent les tissus et qu'ils arrölent les secretions, ex. : sels de plomb, tannin, etc.; temperants quands ils ane-mient les organes, produisent un abaissement local de
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24nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; thErapeutique veterinaihe.
la temperature et diminuent la soif quand ils sont ab-sorbes, ex. : acides etendus ; refrigerants lorsqu'ils agissent en abaissant la temperature locale, ex. : eau, ether, ammoniaque, chloroforme, sulfure de carbone ;. anesthesiques locaux quand ils diminuent la sensi­bility locale, ex. : cocaine, 6ther, chloroforme, mor­phine; antiparasitaires quand ils tuent les parasites, ex.: sulfure de potasse, acide arsönieux, sels de mercure, racine de veratre, etc.; mijotiques quand ils produisent un resserrement de la pupille, ex. : ösörine; mydria-tiques lorsqu'ils dilatent la pupille, ex.: atropine; siala-gogues lorsqu'ils provoquent la salivation; digestifs. quand ils favorisent la digestion; stomachiques quand ils activent principalement la s6cr6tion du sue gastrique,: ex. : poivre, sei marin; emetiques ou vomitifs quand ils font vomir; antidotes quand ils arrötent les effets toxi-ques des poisons ; antiacides quand ils font disparaltre l'acidite exageree du sue gastrique, ex. : magnesie cal-cinee, bicarbonate de soude; carminatifs quand ils fa­vorisent l'expulsion des gaz par I'anus; anthelminthiques ou vermifuges quand ils tuent les vers et produisent. leur expulsion; eccop'o^wes quand ils favorisent l'ex­pulsion des matieres Scales sans les fluidifier; purga-lifs quand ils augmentent la fluidite des matieres Sca­les et produisent la diarrhea; reconstituants ou toniqucs quand ils favorisent I'assimilation; alterants quand ils augmentent la desassimilation; accelerateurs cardia-ques quand ils augmentent surtout le riombre des bat-tements du cceur; moderateurs cardiaques quand ils diminuent le nombre des battements cardiaques; toni-ques du cceur quand l'energie des contractions est aug-menlce; hyperthermiques quand ils augmentent la temperature, rectale, ex. : alcool, essence de tereben-thine, ammoniacaux; hypotkermiques quand ils dimi­nuent la temperature rectale, ex. : digitaline, quinine.
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ÜENKRALITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2*
vöratrine; excitants quand ils augmentent l'activiU'' nerveuse; anesthesiques quand ils diminuent la sensibi-lite generale et les sensibilitßs speciales; hypnptiques quand ils produisent le sommeil; tetaniques quand ils döterminent des contractions musculaires; antispas-modiques quand ils arretent les spasmes de la vie orga-nique; cholagogues quand ils augmentent la secretion de la bile; galactopo'ietiques quand ils activent la se­cretion du lait; expectorants quand ils favorisent l'ex-pulsion du mucus bronchique; sternutatoires lorsqu'ilamp; produisent Teternuement; diuretiques quand ils aug­mentent la quantity d'urine; aphrodisiaques quand ils augmentent l'excitation genitale; emmenagogues quand ils provoquent l'expulsion du foetus, etc., etc.
Les autres denominations appliquöes aux medica­ments seront indiqu^es dans 1 etude que nous ferons de chaque substance.
Les medicaments modiflent l'organisme vivant; mais celui-ci ä son tour peut modifier les medicaments et le^ transformer.
Modifications subies par les medicaments. — Gertaines substances sont alteröes par les liquides digestifs. Dans la bouche, la salive, dont la reaction est alcaline, agil sur l'amidon et toutes les substances feculentes pour les transformer en glycose. La salicine est ögalemen! transformee en glycose par la salive, d'apres Städeler.
Les sels de fer et de plomb se precipitent quelquefois dans la bouche sous forme de sulfure et produisent un enduit noir autour des dents.
Beaucoup de substances s'hydratent ou se combinenl avec les sels alcalins de la salive; d'autres se combinenl avec la mauere albuminoide de ce liquide et la preci­pitent.
Gependant, comme le söjour des matieres medica-menteuses est de courte duräe dans la bouche et l'oeso-
Kacfmann. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2
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THfiRAPEÜTIQUE VETERINAIRE.
phage, la plus grande partle des mödicaments arrivent intaets dans l'estomac.
Dans l'estomac les medicaments rencontrent le sue gastrique aeide. La plupart des sels, les oxydes metal-liques, les alcaloides se combinent avec l'acide du sue gastrique et entrent en dissolution. Les carbonates et les cyanures sont decomposes et il y a dögagement d'aeide carbonique ou d'aeide cyanhydrique. Le fer, en se combinant avec l'acide chlorhydrique, produit un degagement d'hydrogene. Certains sels metalliques sont rendus solubles; d'autresau contraire sontrendus insolubles; beaueoup se combinent avec la pepsine ou l'acide chlorhydrique du sue gastrique.
Les medicaments öprouvent ögalement des modifica­tions dans l'intestin sous l'influence des sues biliaire, pancreatique et entörique, qui ont une reaction alcaline ou neutre. Les matieres de l'estomac, en arrivant dans I'intestin, perdentleur aeidite en presence de labile, du sue pancreatique et enterique. Certains sels deviennent solubles, exemple : le chlorure d'argent, l'acide convol-vulique anhydre et peut-6tre le soufre. Les matieres de nature albuminoide sont rendues solubles et assimi-lables. L'acide sulfhydrique qui prend naissance agitsur beaueoup de sels metalliques et les transforme en sulfures insolubles qui sont expulses avec les excrements.
La presence ou l'absence d'aliments dans le tube gas-tro-intestinal a encore une grande influence sur les modifications des medicaments. Les aliments peuvent favoriser l'absorption de certains medicaments ou au contraire entraver celle de certains autres.
Sur les autres muqueuses, sur les plaies et dans le tissu conjonetif, les medicaments sont absorbes sans subir d'alterations appreciables; ils peuvent cependant s'hydrater ou se combiner avec la matiere albuminoide.
Generalement leur absorption se fait sans qu'ils
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GENERA.LITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 27
soient modifies. Les s^crötions cutanees peuvent les modifier quelquefois lorsqu'on les applique sur la peau.
Quand les substances medicamenteuses sont arriv^es dans le sangelles subissent de nouvelles modifications. Elles se combinent avec l'albumine du plasma et avec la substance meme des globules; une partie est elimi-n6e par les urines, une aulre par I'intestin, la bile et la peau.
II y a des m6taux qui se deposent dans certains or-ganes et y sejournent quelquefois trös longtemps. Nous ne connaissons pas encore exactement toutes les formes qu'affectent successivement les medicaments dans le sang, avant leur elimination. II y a certainement des oxydations, des reductions et des syntheses.
Pendant leur elimination par les glandes, les medica­ments subissent quelquefois de nouvelles alterations; ainsi l'essence de terebenthine se transforme en essence de violette pendant son passage dans le rein; cette essence se forme bien dans le rein, car on ne pent pas constater sa presence dans le sang.
Ghoix des medicaments. — En medecine, comme en physique ou en cbimie, on ne doit rien ncgliger pour obtenir des resultats mathematiquement exacts. Quand on administre une substance, on doit connaitre d'avance la nature et l'intensit^ des effets qu'elle va pro-duire. Sans ces connaissances on s'expose aux acci­dents les plus graves; on pent devenir la cause involon-taire, mais coupable, de la mort du malade que Von traite. La m6decine soulagera d'autant plus de souf-frances, gu^rira d'autant plus de maux, qu'elle devien-dra plus scientifique, plus exacte. Dans beaucoup de parties, elles est encore entachee d'empirisme, batons-nous de la depouiller de cette vieille 6corce, c'est le plus sür moyen d'arriver a vaincre les empiriques dont
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THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
so plaignent tant les praticiens. Or I'exactitude ne sera possible que si nous employons des medicaments tou-jours identiques.
II faut faire usage de substances chimiquement pures ou dont la composition chimique est toujours parfaite-ment determinee; il faut laisser de cote les matieres impures, les melanges de sels inconnus, les substances vegetales ä composition variable; il faut s'adresser aux sels parfaitement purs, aux melanges parfaitement con-nus, aux alcaloides et ä leurs sels.
Pendant longtemps on a pensö qu'en mödecine v6-terinaire la qualite du medicament 6tait chose acces-soire; on acceptait facilement les substances impures, alterees, ou ä composition inconnue, parce qu'elles etaient d'un prix moindre que les substances pures et de bonne quality. Ges errements doivent cesser, car ils sont ruineux pour le propriötaire d'animaux malades et ils sont peu propres ä relever le prestige du medecin. La traitement avec des substances pures est toujours moins coüteux que celui fait avec desmatieres impures, quoique le prix d'achat de ces dernieres soit moins elevö; de plus il assure toujours le succös quand celui-ci est dans les choses possibles. Le medecinraquo; obtenant des effets nets et ä intensity voulue, sera dans les meil-leures conditions possibles pour combattre rapidement lolat pathologique. L'itnportance de la puretö des substances medicamenteuses a ete tellement bien com­prise par quelques hommes öminents, qu'ils ont cru utile de qualifier du nom de dosimetrie l'usage de ces substances.
La dosimötrie ou la medecine dosimetrique n'est pas une mödecine speciale, eile n'est que la medecine ordinaire perfectionnee par le choix de medicaments purs, d'alcaloides employes generalement sous la forme pilulaire et adminislres ä doses fractionnöes. Certains
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GENERALITES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 29
auteurs veulent en faire une 'medecine nouvelle et exa-gerent singuliörement ce qu'il y a de vrai et de sclen-tiflque dans cette methode, d'ailleurs tres rationnelle.
Forme des medicaments. — Lorsque les medicaments sont employes pour produire des effets locaux, la forme sous laquelle on les emploie est extrßmement variable suivant les cas : solutions aqueuses, aicooliques, pom-mades, onguents, poudre, etc. La nature du mal ä combattre indique g(5neralement assez nettement la forme qu'il faut choisir.
Quand les medicaments doivent etre absorbös, la forme sous laquelle ils sont administres a une grande importance; en effet, suivant leur forme, ils sont absor-b6s plus ou moins vite, ils produisent des dösordres locaux plus ou moins intenses et plus ou moins dange-reux. En regie generale, il faut raettre les preparations sous la forme la plus soluble et qui permet I'administra-tion la plus facile, la plus rapide et la plus sure. Les dissolutions aqueuses titrees,fraichementprepar6es, doi­vent toujoursötre pröförees quand les medicaments sont solubles dansl'eau; cette forme convient pour I'estomac, le rectum, la trachee et le tissu conjonctif sous-cutanö. Pour les medicaments insolubles ou pen solubles dans I'eau, mais solubles dans I'alcool ou la glycerine, on peut choisir ces derniers liquides comme vehicules et les administrer paries memes voies. La forme pilulaire ne convient que lorsqu'on peut faire absorber les prin-cipes actifs par le tube digestif; cette preparation, d'un usage tres commode, d'une administration assez facile, peut etre employee dans quelques cas; cependant la forme liquide doit etre generalement pröföree. Les pi­lules employees doivent toujours etre parfaitement bien preparöes et renfermer une quantity de principe actif exactement determinöe.
Les pilules que Ton achete chez les pharmaciens sont
a.
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THERAPEUTIQUE VETER1NAIRE.
souvent trop vieilles, irröguliärement actives parce qu'elles ne contiennent pas toutes la m6me proportion de principe actif. En les employant on s'expose, dans uu cas, ä obtenir des effets trop energiques; dans un autre cas, des effets a peu pres mils.
La forme d'ölectuaire ou de bol pent aussi convenir dans quelques cas particuliers.
La forme gazeuse convient pour l'administration des medicaments par les voies respiratoires; les inhalations doivent etre failes avec prudence.
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PREMIER GROUPS
PREMIERE CLASSE
EMOLLIENTS.
Ces medicaments sont encore appeles debilitants, re-lächants, adoucissanls, aloniques, etc.
Division. — Les medicaments emollients sont tres nombreux. Pour en faciliter I'^tude, on a du y etablir des divisions. Nous adopterons la division suivante :
1deg; Feculents. — Amidon et fecule. Dextrine. Farine des cereales.
2deg; Sucres. — Sucre cristallisable. Gassonade ou sucre brut. Mölasse. Glycose. Sucre de lait. Miel. Reglisse. Betterave. Garotte. Autres racines sucrees.
3quot; Gommeux. — Gemme arabique. Gomme du Se* nögal. Gomme adragante. Gomme de Bassora. Gomme du pays.
4deg; Mucilagineux. — Mucilage. Graine de lin. Racine de guimauve. Mauve. Bourrache. Bouillon blanc. Grande consoude. Figuier de Barbarie. Lichen d'Islande.
Squot; Albumineux. — Albumine. Jaune d'ceuf. Goquilles d'oeuf. Gelatine. Fibrine. Lait. Creme. Petit-lait.
equot; Corps gras. — Huiles. Beurre. Graisses diverses. Blanc de baleine. Gire. Savon. Glycerine. Vaseline.
7deg; Corps protecteurs. — Collodion. Gutta-percba. Caoutchouc. Poix. Plätre. Silicate de potasse.
Tous ces medicaments possedent quelques carac-
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32nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THßRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
leres communs que nous devons faire connaitre immö-diatement pour öviter les redites.
Effets puysiologioues communs. — Appliquös sur an organe, les Emollients le ramollissent, le gonflent, le relächent, en rendent la surface plus douce, plus glis-sante, plus päle, moins sensible, et ralentissent la nu­trition dans son tissu. Ges effels se produisent partout, quelle que soit la surface sur laquelle ces medicaments sont deposes. L'intensite avec laquelle ces effets se dö-veloppent est variable suivant la consistance, la delica-tesse des lissus.
Dans le tube digestif ils tendent ä diminuer l'excita-bilite reflexe de la muqueuse et a ramollir les matieres excrömentitielles qui sont expulsees plus facilement. Administrös en grande quantite, ils rendent la mu­queuse gastro-intestinale impropre ä la digestion en la relächant considerablement. Ils activent les secretions diverses qui sont deversees dans le conduit digestif; mais les liquides digestifs sont aqueux et n'agissent que faiblement pour transformer les aliments; de lä, dimi­nution de l'appetit et apparition de la diarrh6e.
Apres leur absorption, les emollients ont un pouvoir nutritif variable suivant les substances. Quelques-unes sont tres nutritives, exemple : le blanc d'oeuf, le lait ; mais la plupart sont aqueuses et peu nutritives. Em­ployes exclusivement comma aliments pendant un cer­tain temps, les emollients determinent, outre la diarrh^e, raquo;naffaiblissement general de l'organisme avec ralentisse-ment de toutes les fonctions. Le sang s'appauvrit en glo­bules, devient aqueux; de lä une anömie qui predis­pose aux hydropisies passives des söreuses et ä l'engor-gement des membres; de lä aussi une hypersecrötion sur toutes les muqueuses dont les produits sont plus aqueux, plus fluides.
Effets th^rapeutiques. — Les effets therapeutiques
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;33
tl6rivent directement des effets physiologiques ci-des-sus. Puisque les Emollients ramollissent et relächent !es tissus, Hs sont indiques dans tons les cas ou la du-rete trop grande d'un organe compromet son fonction-nement normal, ou peut etre nuisible ä la guörison d'une maladie existante.
La corne du sabot du cbeval devenant tres dure par la dessiccatlon perd son dlasticite normale, comprime les parties profondes sensibles, et occasionne des boi-teries. Gelles-ci disparaissent rapidement sous Tin-' flnence des emollients qui, en ramollissant la come, lui restituent son extensibilite, sa souplesse et son elasticity. Quand une inflammation siege dans les tissus sous-cornös, le gonflement inflammatoire qui se pro-duit comprime les tissus, provoque une douleur d'au-tant plus vive que la corne opposera une plus grande resistance au gonflement inflammatoire. II en sera exactement de meme quand une inflammation prendra naissance sous une peau epaisse, dure, resistante, ou sous une aponövrose inextensible. Dans tons ces cas, 1'effet ramollissant et reläcbant des emollients a pour consequence de faire disparaitre es souffrances et d'ac-celerer la guerison de la maladie.
La propriete qu'ils ont d'adoucir les surfaces et de les rendre plus glissantes les rend precieux pour faire cheminer des corps strangers arretes dans un conduit quelconque de l'organisme. Ainsi, on administre avec raison de l'huile, du mucilage, pour faire progresser une pomme, une poire, ou un corps etranger quelcon­que arret6 dans le trajet de l'oesophage. On donne des lavements de cette nature, pour ramollir les pelotes arretöes dans le gros intestin et produire leur expulsion par le rectum. Quand les eaux de l'amnios s'öcoulent trop vite pendant l'accoucbement et que la surface va­ginale tend ä se dess^cher, on fait des injections d'eau
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3inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
mucilagineuse. On pourrait multiplier les exemples.
Enfin, I'action depressive que produisent les Emol­lients suv la nutrition, ajoutee ä la diminution de la sensibilitö qu'ils provoquent, les rend pröcieux pour combattre les inflammations tres vives et tres doulou-reuses. Quand I'inflammation debute, ils I'arrMent; quand eile est dejä ötablie, ils abregent sa duröe et di-minuent les souffrances. Ils favorisent la formation des abces et augmententla secretion du pussur les plaieset v les muqueuses; ils constituent d'excellents maturatifs.
Les emollients combattent directement la constipa­tion, les spasmes intestinaux et l'irritation de la mu-queuse gastro-intestinale. Ils sont bien indiques aussi dans tons les cas de fievre, parce qu'ils diminuent la suractivite des fonctions respiratoire, circulatoire et caloriflque. En diluant le sang, en le rendant moins excitant, les emollients ont une action curative assez puissante sur les maladies internes, surtout les mala­dies des muqueuses profondes caracterisöes par une grande söcheresse ou par une vive douleur.
Les Emollients ne doivent pas etre employes lorsqu'on ;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; veut prövenir l'augmentation de volume d'un organe;
ils doivent etre proscrits Egalement lorsqu'on veut tarir la secretion muqueuse ou purulente. II ne faut jamais baignerlamatrice renversee dans un liquide Emollient; car la matrice se gonflerait, augmenlerait de volume et la rEduction deviendrait impossible. Lorsqu'une mu­queuse ou une plaie sEcrete du pus en grande quantite et qu'on juge le moment venu pour tarir ces secrEtions, il faut suspendre l'usage des Emollients. Geux-ci, en effet, augmentent la formation du pus et retardent la cicatrisa­tion. Dans la pratique, il suflit de se reporter aux effets physiologiques pour pouvoir en faire, dans les cas spE-ciaux, un emploi rigoureux. Le praticien qui raisonne les indications saura toujours faire usage des emollients
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Emollients.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;35
au moment oü ils sont utiles, et les suspendre quand ils n'ont plus d'utilitö ou qu'ils tendent ädevenir nuisibles. Nous allons maintenaut faire Tötiide sommaire de chaque medicament Emollient en indiquant les parti-cularit6s caracteristiques.
1laquo; EMOLLIENTS FEGULENTS.
Amlilon et fecule.
On connalt plus specialement sous le nom de fecule la matiere retiree des parties souterraines, et sous celui d'amidon celle qu'on extrait des c^reales.
Examinee au microscope, la matiere amylac^e forme des globules allongös de grosseur variable, mais tou-jours tres petits.
Lorsqu'on chauffe de l'amidon avec de Tea 11, chaque grainprend,vers70o,20ä30 fois son volume primitif, de sorte que si la quantite d'eau n'est pas considerable, I'eau estemprisonnee et on obtient I'em/wts.Lorsque la quan­tite d'eau est considerable, on obtient I'eau amidonne'e.
L'amidon a pour caractere de bleuir avec de trds pe-litös quantites d'iode. Par une ebullition prolongöe, on transforme l'amidon en dextrine : la presence d'une petite quantite d'acide sulfurique active cetle transfor­mation. La diastase de l'orge germde, la diastase sa-livaire transforment l'amidon en glycose. Les alcalis en solution concentree, chauffes avec l'amidon, le desorga-nisent et le dissolvent.
Effets physiologiques et therapeutiqües. — L'amidon en poudre est un corps avide d'eau. Applique sur une surface humide, l'amidon absorbe celte humidite et forme une legöre croüte protectrice. En m6me temps la sensibility devient plus obtuse ; et, s'il y a douleur, eile diminue. Gatte propriöte absorbante et calmante
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THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
est utilisöe contre les inflammations cutanees pruri-gineuses et söcretantes, contre les diarrhdes, etc. Me­lange au plätre, ä parties egales, et gäcM avec de l'eau, l'amidon constitue un bandage contentif pour les fractures.
Dextrine.
La dextrine dörive de l'amidon. Elle est amorphe, lögörement jaunätre, tres soluble dans l'eau et insoluble dans l'alcool et l'ether concentres. Elle forme des so­lutions visqueuses et collantes qui ne sont pas preci-pilees par le sous-acetate de plomb. Ce dernier carac-Ihre la distingue de la gomme arabique.
Effets physiologiques et tuerapeütiques. — La dex­trine est tres adoucissante pour les tissus sur lesquels eile est appliquee. Elle convient tres bien pour confec-tionner les ölectuaires ou pour faire des liquides Emol­lients. Elle sert aussi ä preparer des bandages conten-tifs que l'on peut enlever en mouillant les bandes avec de l'eau tiede.
Le melange dont on se sert habituellement est forme de 100 parties de dextrine, 50 parties d'eau et SO par­ties d'eau-de-vie camphree.
Farines des cer^ales.
Les graines des cöreales renferment de SO ä 80 p. 100 de matiere amylacee et de 7 ä 14 p. 100 de gluten. Les farines qui en dörivent jouissent sensiblement des mömes proprietes que l'amidon, avec cette difference qu'elles sont tres nutritives ä cause du gluten.
Les farines servent ä former des boissons emollientes et nutritives; elles conviennent dans tous les cas de maladie, soit pour diminuer l'irritation gastro-intesti-nale, soit pour maintenir les forces de l'animal.
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;37
Le riz convient surlout chez les petits animaux sous forme d'eau de riz. Chez les grands animaux on emploie de preference les grains des autres cöröales.
Pour augmenter les vertus anlidiarrheiques des bois-sons farineuses ou de l'eau de riz on y ajoute du lauda­num, une decoclion de pavot ou de l'exlrait d'opium.
2laquo;- EMOLLIENTS SUCRES.
Sucre crlstallisable. G12HuOquot;.
Le sucre cristallise a une densite de 1,60, il est so­luble dansle tiers de son poids d'eau froide, etdansl'eau chaude en toute proportion; il est insoluble dans I'alcool. Ghauffe a 180deg; il fournit un produit trans­parent appele sucre d'orge; ä 220deg; il se transforme en caramel. Les acides, les ferments et un grand nombre de sels acides, surtout a l'aide de la chaleur, transfor-ment le sucre ordinaire en glycose. La fermentation le decompose en alcool et en acide carbonique. II se com­bine avec la chaux, et forme un sei insoluble.
Effets puysiologiques et therapeutiques. — A I'etat de poudre, le sucre cristallise est legerement excitant pour les tissus. Gette action excitante est due a I'etat physique du sucre dont les particules anguleuses agis-sent mecaniquement; il est en outre tres bygroscopi-que et tend au premier moment a deshydrater les tissus. L'effet veritablement emollient suit Teffet exci­tant. Get effet est surtout utilise pour les inflamma­tions de la cornee, de la conjonctive et pour les plaies blafardes.
La propriete qu'a le sucre de former un sei insoluble
avec la cbaux le rend precieux comme antidote centre
les empoisonnements par la chaux vive. Administre en
petite quantity il conslitue un emollient energique du
Kaufmann. — Thörapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
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TUERAPEUTIQÜE VETER1NAIRE.
T
tube digestif. A doses fortes il provoque la diarrhea, puis la purgation apres avoir produit une soif vive. D'apres Viborg, des poules sont purgees par 32 ä 43 grammes de sucre et les moutons par 200 grammes; chez ces derniers, la purgation se montra neuf heures apres I'administration. Essaye sur le pore et le chien, le sucre ne determine aucun effet purgatif. II se Irans-forme en glycose dans le tube digestif, est absorbe et agit alors en rendant le sang moins excitant. II a sur-tout une action sur les glandes renales, la muqueiise pulmonaire et bronchique dont il augmente la seerö-tion. II est diuretique et expectorant.
CaMonade on sucre brut.
La cassonade est le sucre brut de canne. Elle possede exactement les memes proprietes que le sucre ordinaire.
MtelaiM.
La melasse est un produit secondaire de la fabrica­tion du sucre; eile est sous forme d'un sirop epais, d'un rouge brun fonc6, d'une odeur de caramel, d'une sa-veur sucree melee d'amertume et d'äcretö. La mölasse est formee de sucre cristallisable, de glycose, de cara­mel, d'un prineipe mueoso-sucre, d'aeide aeötique et d'aeetates; ces derniers prineipes sont surtout abon-dants quand eile a vieilli.
Elle a les proprietes physiologiques et therapeutiques un peu attenuees du sucre, sauf Faction excitante. En grande quantity eile determine la purgation. Elle sert surtout ä ödulcorer les boissons et les breuvages.
laquo;lucose ou glycose. C13H12Oi3. Le glucose pur ou sucre incristallisable se präsente
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;39
sous forme de petites masses mamelonn^es, comma les choux-fleurs; il est d'une saveur sucröe qui est deux fois plus faible que celle du sucre ordinaire ä poids egal. Dans le commerce le glucose est sous la forme d'un sirop epais, transparent, de couleur blanche ou jaunätre, inodore, de saveur sucröe et collant forte-ment aux doigts comme la terebenthine. Gette variety de sucre röduit les sels metalliques avec une grande facilite.
Usages. — 11 sert ä ödulcorer llaquo;s boissons et les breuvages et entre dans la confection des electuaires et des bols. Comme il precipite les sels de cuivre, de plomb, de mercure, d'argent, etc., il pent servir d'anti-dote dans les cas d'empoisonnement par ces sels me­talliques.
Sucre de lait. — liactine ou lactose. G34H2!0quot; H202.
G'est le sucre qui, communique au lait sa saveur sucree.
Ge sucre cristallise sous forme de prismes ä quatre pans termines par des pyramides quadrangulaires; les cristaux sont incolores, durs, croquant sous la dent, d'une density de 1,34. II est sans odeur et d'une saveur douce peu sucröe. II se dissout dans 6 parties d'eau froide et 2 parties d'eau bouillante : il est insoluble dans l'alcool et Tether. En presence de la casamp;ne, d'une liqueur alcaline, la lactose se change en acide lactique.
Usages. — Ge sucre convient tres bien pour les petils animaux. II jouit exactement des mßmes propriötes que le sucre cristallise.
Hiel.
Garaciebes. — Le miel de bonne quality est solide ou
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:
40nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINjVIRE.
mou, jamais liquide, sa couleur est[d'un blanc plus ou moins pur ou d'un jaune plus ou moins fonce, son aspect est grenu, il est onctueux au toucher et collant comme un sirop ; son odeur est aromatique: sa saveur est sucree et agreable. Soluble dans I'eau froide ou chaude, ainsi que dans I'alcool faible, le miel est inso­luble dans I'alcool absolu, Tether, les essences et les corps gras. Exposö ä l'air, il s'altere facilement, entre en fermentation et acquiert une saveur aigre due ä la presence de l'acide acetique.
Composition' chimique. — Le miel renferme trois es-peces de sucre : du sucre cristallisable, du glucose et du sucre de fruit; il contient, en outre, une matiere sucröe-analogue ä la mannite, de la cire, un acide libre, un principe aromatique, une matiere colorante.
Effets physiologiqües et indications therapeutiques. — Le miel est tres adoucissant pour les tissus. 11 ne fait pas gonfler les parties sur lesquelles il est applique; au contraire, iltend a diminuer leur volume; il a done une action resolutive. Les solutions de continuite sont legerement excitees et se cicatrisent avec activite sous l'influence du miel. A I'interieur il est tres bon emol­lient a faible dose et devient laxatif a dose forte. G'est un des meilleurs expectorants et un des meilleurs cal-mants des voies respiratoires. Ces propriötes le recom-mandent dans tons les cas de flevre et de phlegmasies internes surtout des organes respiratoires. 11 rend de grands services aussi ä l'exterieur, sur les plaies, les parties mortiüöes, les crevasses et aulres inflammations locales. II paralt excellent centre les ophthalmias.
i Grands animaux, de 50 h 250 gr. Moyens — de 15 amp; 90 gr. Petits — de 8 ä 20 gr.
Gesdoses peuvent etre röpetees plusieurs fois par jour.
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EMOLLIEiNTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;41
BeglUse [Glycyrrhiza glahra, L.).
Gelte plante legumineuse croit dans le midi de l'Eu-rope et fournit sa racine qui est jaune, a odeur particu-liere et d'une saveur sucree.
Composition chimique. — D'apres Robiquet eile ren-ferme un principe sucre, non fermentescible, appele glycyrrhizine, de l'albumine, de Tamidon, de l'aspara-gine, un principe oleo-r6sineux, du ligneux et des sels.
Effets. — Cette racine traitee par maceration, infu­sion ou decoction cede son sucre et ses sels, et fournit des boissons adoucissantes et böchiques. La maceration et l'infusion sont pröferables ä la decoction, parce que I'eau bouillante dissout aussi le principe oleo-rösineux qui est acre et amer, ce qui diminue les qualites 6mol-lientes de la preparation.
#9632;
! Grands animaux, de 60 ä 130 gr. Petits ruminants et pores, de 15 amp; 30 gr. , Carnivores, de 4 ä 8 gr.
BetteraTe {Beta vulgarts, L.).
Composition cuimique. — La racine de betterave con-tient beaucoup d'eau, du sucre, de la pectine, de la cellulose, des sels.
PROPRiiiTfis. — Traitee par decoction eile fournit un liquide tres sucre et tres Emollient, qui pent remplacer la plupart des tisanes edulcorees, dans les affections des voies respiratoires, du tube digestif, de l'appareil g6-nito-urinaire.
Carotte {Daucus carota, L.).
Composition cuimique. — La carotte contient dans sa racine beaucoup d'eau, du sucre, une forte proportion
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42nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERA.PEUT1QÜE YETfiBINAlRE.
de pectine, une maliöre colorante, un principe aroma-tique, de la cellulose, des sels, etc.
Proprietes. — La tisane de carottes est emolliente, bechique, diurßtlque. Elle convient bien dans les affections des voies respiratoires, du tube gastro-intes-tinal, du foie, et des voies urinaires. Elle augmente la secretion du lait chez la vache. Avec la pulpe on fait des cataplasmes emollients et resolutifs.
tut res radnes sucrees.
Les autres racines sueröes qui jouissenl de proprietcs semblables ä celles que nous venous de dßerire sent la rave {Brassica rapa, L.), le navet {Brassica napus, L.), le panais {Pastinaca satwa,h.), le topinambour {Belian-thus tuherosus, L.), etc.
3deg; EMOLLIENTS GOMMEUX.
Ciommes.
Garacteiies. — Les gommes sont plus ou moins so­lubles dans I'eau froide ou chaude, qu'elles rendent öpaisse, visqueuse et collanle aux doigts; elles sont insolubles dans l'alcool, Tether, les essences et les corps gras. Leur composition chimique les rapproche de l'amidon et du sucre. Elles donnent naissance a de l'acide mucique sous l'influence de l'acide azotique et de la chaleur. Leur dissolution est precipitee par le sous-acetate de plomb.
Division. — Les gommes se divisent, sous le rapport dc la solubilite, en trois series distinctes: 1deg; Gommes solubles. Elles se dissolvent dans I'eau froide, la rendent mucilagineuse sans troubler sa transparence et ont pour principe immediat Yarabine. Ex. : Gommes ara-
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;43
blques et du Senegal. 2deg; Gommes insolubles. Elles ne se dissolvent ni dans I'eau froide ni dans I'eau chaude; mais elles s'y gonflent considerablement et prennent I'aspect d'un mucilage epais; elles sont a base A'adra-ganline. Teiles sont les gommes Adragante et de Bas-sora. 3deg; Gommes mi-solubles. Elles se dissolvent en partie dans I'eau froide et presque entierement dans celle qui est bouillante; elles renferment principale-ment de la cerasine. Ex.: la gomme du pays.
PROPRlfiTES PHYSIOLOGIQUES ET THERAPEUTIQUES. — Les
gommes constituent d'excellents emollients, surtout pour le tube digestif. Le liquide mucilagineux et vis-queux qu'elles foment agit localement en couvrant la surface malade d'une couche protectrice, tres adou-cissante. Dans I'estomac la gomme est seulement par-tiellement transformee en sucre sous l'influence de la pepsine et de l'acide du sue gastrique; la plus grande partie, n'eprouvant aucune alteration, sejourne d'abord dans I'intestin, puis est expulsee avec les excrements. Les solutions ä iO p. 100 conviennent tres bien dans les inflammations gastro-intestinales, dans les diar-rhees, etc.
Les gommes ne sont pas absorbees dans le tube di­gestif; il n'y a que la petite quantile de sucre qu'elles donnent dans I'estomac qui passe a I'absorption. II n'a jamais ete possible jusqu'ä present de demontrer le passage direct de la gomme dans le sang. II resulte de ce defaut d'absorption que les gommes ne peuvent pas avoir une action energique sur les muqueuses öloignees du tube digestif sur lesquelles le medicament ne peut arriver que par l'intermediaire du sang. Ainsi les gommes adminislrees a I'interieur n'agissent que faiblement sur les bronches, les reins, la vessie, etc.
Les gommes rendent de grands services dans I'allai-tement des jeunes animaux. Melangees au lait elles le
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44nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
rendent plus facile ä digerer, parce que dans I'estomac la caseine, au lieu de se pr6cipiter en bloc, se pröcipite lentement et sous forme de petites masses facilement attaquables parle sue gastrique. line fautjamais asso-cier la gomme au plomb, au fer et autres metaux qui la precipitent.
A I'exterieur les solutions gommeuses, epaisses, sont utiles centre les brulures, les excoriations, les plaies, la conjonctivite.
4deg; MUGILAG1NEUX.
On donne ce nom aux substances qui ont pour base le mucilage. Les principaux mucilagineux sont : la graine de lin, le tourteau de lin, les semences de coing, les pepins de pommes et de poires; les semences des cucurbitacees ; les graines de trigonelle ou fenu grec, les graines de chanvre ou chenevis, les graines de pavot, la guimauve, la mauve, la bourrache, le flguier de Barbarie et le lichen d'Islande, la racine de guimauve.
Le mucilage etant le principe actif de ces differents produits vegetaux, son etude suffira pour nous faire connaltre les effets de tons les mucilagineux.
Mucilage.
Le mucilage est une matiere organique qui, sous I'in-fluence de l'eau chaude, se gonfle et lui communique une viscosite tres prononcee. Ge corps a une composi­tion chimique voisine de celle desgommes.
Effets physiologioues. — Le mucilage est de tons les emollients le plus franchement adoucissant, relächant et calmant. Localement il ramollit fortement les tissus, les gonfle, les rend insensibles. Dans I'estomac il subit une fermentation acide qui le decompose en partie et
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 43
le rend assimilable. Pendant celte fermentation il se forme de l'acide saccharique et de la mucine. La par-tie non absorbee constitue un enduit emollient pour la muqueuse digestive, qui est ainsi preservee du contact irritant des produils secretes. La partie du mucilage qui est absorbee agit sur les organes eloign^s tels que : le larynx, les bronches, la muqueuse urinairedont I'ir-ritation diminue et dont les secretions augmentent. De fortes doses de mucilage peuvent devenir irritantes pour le tube digestif a cause de la fermentation acide qui se developpe. Sousl'influence du mucilage convena-blement administre, les secretions catarrhales devien-nent plus abondantes, plus faciles et plus fluides.
Emploi. — A I'exterieur le mucilage est indique comme calmant,maturatif. A l'interieur contre les irrita­tions des voies digestives, les inflammations des voies urlnaires, des bronches, etc. — On I'emploie en injec­tions pour faire glisser des corps etrangers arretes dans un point d'un conduit, pour remplacer les eaux de l'amnios. On fait arriver le liquide mucllagineux dans les cavltös au moyen d'une seringue ou avec un tube de caoutchouc.
Ciraine de Un {Linum usitatissimum, L.)
Composition. — Les graines de lin fournissent du mu­cilage 15 p. 100, de l'huile 23 p. 100, et du tourtcau.
Le mucilage est contenu seulement dans I'enveloppe de la grains. Le tourteau renferme I'episperme, le mu­cilage, de la pectine, de l'albumine, des sets terreux et alcalins et une petite quantity d'huile.
En infusion il faut 10 grammes de graines de lin pour obtenir un litre d'eau mucilagineuse; en decoction 11 ne faut que 5 grammes par litre d'eau.
La farine de graine de lin sort ä confectionner des
3.
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46nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VETfiRINAIRE.
cataplasmes ömollients dans lesquels entrent une partie de farine et trois parties d'eau. Cette farine doit etre de preparation recente; en vieillissant eile noircit, devient acide et perd ses propriötes emollientes.
Le tourteau peut remplacer la graine pour la confec­tion des boissons mucilagineuses ou la farine pour la confection des cataplasmes.
Racine de CiulmauTe {Althea officinalis, L.).
Composition chimique. — La racine de guimauve con-tient du mucilage 33 p. 100, de la gomme, de l'amidon, de ralbumine,de l'asparagine, dusuere, de l'albumine, unematiöre coloranle etgrasse et des sels alcalins.
Emploi. — Traitee par decoction ä la dose de 13 ä 30 grammes par litre d'eau, la racine de guimauve fournit un liquide mucilagineux et amylace qui consti-tue des boissons ou des breuvages tres adoucissants.
La poudre entre dans la composition des electuaires, des pilules et des bols.
HauTe [Malva sytvestris, L.).
Les feuilles de mauve sont tres riches en mucilage et partant tres emollientes. Cuites dans l'eau, les feuilles de mauve fournissent deux produits : 1deg; un liquide ver-dätre.doux, mucilagineux, qu'onemploieen lavements, injections, bains, lotions et fomentation's ; 2deg; une pulpe verte, qui constituedes cataplasmes adoucissants el maturatifs d'un usage vulgaire.
Bourraehe {Borrago officinalis).
Les infusions de feuilles de bourraehe sont emollien­tes, pectorales, sudorifiques et diur^tiques. Leur emploi
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;47
estindique dans les afTections de la poitrineet dans les Eruptions cutanees difficiles.
Bouillon blanc on MoU-iie [Verbascum thapsus, L.).
Les feuilles et les fleurs sont emollientes et antispas-modlques. Elles remplacent la mauve etlaguimauve.
Grande consonde [Symphytum comolida).
La racine traitöe par decoction fournit un liquide emollient et un peu astringent. Elle convient surtout dans la diarrhee, la dysenterie, la plupart des h6mor-rhagies internes et le pissement de sang.
Flguier de Barbarie [Cactus opuntia, L.).
Les feuilles de cette plante grasse, appelee raquette, renferment unepulpe verte, friable, quiesttres riche en mucilage. Une de ces feuilles fendue en deux selon sa longueur et appliquee par la face divisee sur une partie enflammee remplace tres avantageusement un cata-plasme Emollient. — Par decoction ou infusion on obtient un liquide tres mucilagineux qui repond ä toutes les indications ordinaires des Emollients. Gette plante constitue dans nos possessions d'Algerie une ressource prccieuse pom1 la medecine vetörinaire.
lachen d'Islande [Cetraria Islandica, L.).
Composition. — Le lichen d'Islande contient de l'ami-don (lichenine), un principe amer appele cötrarine ou acide cetrarique, de la gomme, du sucre,des sels cal-caires, etc.
Le principe amer ötant soluble dans I'eau froide ou
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48nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERA.PEÜTIQUE VETEEUNAIRE.
tiede peutötreenlevepar qiielqueslavages;ilresle alors une matiöre qui trailee par decoction donne un liquide epais, comme mucilagineux, qui se prend en gelöe en se refroidissant lorsqu'il est suffisamment concentre. Memes indications que les autres Emollients.
Sdeg; EMOLLIENTS ALBÜMINEÜX.
Les Emollients albumineux employes en medecine sont les oeufs de tous las oiseaux de basse-cour. Dans un ceuf on distingue trois parties : le blanc, le jaune et la coquille. Ghacune de ces parties a des usages spö-ciaux.
Albumine on blaue d'teuf {Albumen).
Proprietes physiques et cniMiQUES. — G'est un liquide visqueux, transparent, inodore, insipide, plus doux que l'eau et moussantbeaucoiipparl'agitation en emprison-nant l'air. Soumise ä une douce chaleur, I'albumine se desseche et forme des plaques translucides, jaunätres, vitreuses, et conserve sa solubilite dans l'eau. Mais ä une temperature superieure ä 70deg; centigrades, I'albu­mine se coagule entierement, forme une masse blanche, elastique, completement insoluble dans l'eau. L'albu-mine liquide oudessecheeesttres soluble dans l'eau, mais eile est precipitee de sa solution aqueuse par un grand nombre de corps, tels que : I'alcool, Tether, les essences, la plupart des acides mineraux ou organiques concen­tres, tous les sels metalliques, etc. Par contre, les alcalis caustiques et les carbonates alcalins dissol­vent I'albumine, meme lorsqu'elle a Ete coagulee par la chaleur ou les acides. Les acides acetique, chlo-rhydrique, phosphorique hydrate, tres etendus d'eau, exercent aussi une action fluidiflante sur I'albumine. On
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;49
devra tenir corapte de ces reactions dans les alliances pharmaceuliques de l'albumine.
Le blanc constitue environ les deux tiers de la masse de l'ceuf; il est forme d'une dissolution aqueuse d'albu-mine. II est compose de 8S parties d'eau, de 12 d'albu-mine et de 2,7 de mauere muqueuse, de 0,3 de soude libre, de soufre et de matieres salines.
Propriet^s pbysiologioues etemplo!. — Le blanc d'ceuf battu avec del'eau tiede constitue un liquide tres emol-lientettresnutritifquiestindique dans les inflammations des voiesgastro-intestinales: lagastrite.l'enterite, lady-senterie, ladiarrhee, etc. Goncentree,la solution albumi-neuse convient dans le cas d'empoisonnement pariessels mötalliques et specialement paries selsmercuriels; seu-lement il ne faut pas exagerer la dose, car l'experience a dömontre qu'elle dissolvait le coagulum primitive-ment forme.
Le blanc d'ceuf sert aussi ä Texterieur comme emol­lient, defensif et comme moyen de contention dans les cas de fracture. — On applique des solutions aqueuses concentrees sur les brülures, l'erysipele, les eruptions cutanees, etc. En se dessechant sur la peau l'aibumine forme une sorte de vernis protecteur favorable ä la ci­catrisation. Comme moyen döfensif on l'utilise sur les entorses, les distensions, etc., battu avec de l'alun, de l'alcöol camphre, etc. Pour en faire un appareil conten-tif d'une fracture, on le bat avec de l'extrait de Saturne (etoupade de Moschat) ou avec de l'alun et Ton y trempe les pieces de l'appareil avant de les appliquer. En ajou-tant de l'amidon au mölange d'albumine et d'alun on le rend plus epais et plus agglutinatif.
•launc a'aeuf {Vitellm),
Le jaune forme environ le tiers de la masse du con-tenu de l'ceuf et pese 16 grammes en moyenne.
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TIlfiRAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
Composition chimique. — Sa composition chimique est ires complexe ; il renferme, d'apres Gobley, les principes suivants : albumine sp^ciale appelee vitelline 16 ; huilc particuliere 21; matiere visqueuse 10 ; eau 30; enfin de la cholesterine, de rosmazöme, des matieres colorantes rouge et jaune, des traces d'acide lactique, des sels, du phosphore, du soufre et de l'iode.
Usages. — Le jaune d'oeuf dissous dans l'eau tiöde forme ce que Ton appelle vulgairement un lait de poule, preparation adoucissante pectorale et nutritive. Dissous dans l'huile et ömulsionne avec une petite quantite d'eau, le jaune d'ceuf est öminemment adoucissant et convient dans les inflammations violentesdesentrailles, les empoisonnements irritants, etc.
La dissolution de jaune d'a3uf dans l'eau est I'inter-mediaire le plus fr^quemment employ^ pour I'admi-nistration ä l'interieur du camphre, des r^sines, des baumes, de laterebenthine, des corps gras, des essences, du soufre, du phosphore, etc.
Melange a laterebenthine et ä Thuile d'olive il cons-tituel'onguent digestif simple.
Coqullles d'oenfs.
D'apres Proust la coquille d'ceuf est formee: de carbo-natedechaux 97 p. 100, sous-phosphate de chauxl p. 100, matiere animate 2 p. 100. On y a signale, en outre, du soufre et du phosphate de magnesie. Gette matiere administree a l'interieur est antiacide. On I'emploie avec succes centre la diarrhee des jeunes animaux nourris au lait.
Ctelatine.
PROPRifixEs physiques et CHiMiQUES. — La gelatine des-söchee se präsente sous forme de plaques plus ou moins
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Emollients.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;si
öpaisses, eile est incolore, inodore, insipide, transpa­rente, dure, flexible et plus dense que I'eau. Dans I'eau froide, eile se gonfle considörablement, mais ne se dis-sout pas; dans I'eau bouillante eile se dissout ä la longue et par le refroidissement eile se prend en gelee. La dissolution aqueuse de gelatine est pröcipitee par I'alcool, Tether, les essences, le tannin, le sulfate de zinc, le sublimö corrosif, le nitrate de mercure, le chlore, etc. II faut tenir compte de cette propriötö dans les preparations pharmaceutiques.
PROPKißTES physiologiques et EMPLor. — Les gelatineux sont emollients. A I'interieur ils sont en outre nutritifs. A forte dose ils produisent la diarrhea, surtout chez les herbivores.
La colle forte sert ä la confection des bandages con-tentifs pour les fractures.
Fl brine.
Les principales varietes de librine sont le gluten, la chair musculaire et le sang. Ce sont des aliments plutöt que des Emollients. Le sang melangö ä. la chaux vive forme un mastic tres tenace employe dans les cas de fracture.
liait.
Expose ä l'air le lait se separe en creme et lait, le lait s'acidifie ensuite et se subdivise en deux parties: le caseum ou caille et le sörum ou petit-lait.
GhaulK, le lait ne se coagule pas. 11 se melange avec I'eau en toute proportion; par contre, I'alcool, Tether, les acides, beaucoup de sels metalliques, toutes les solutions vögetales astringentes, le coagulent imm^dia-tement. Les alcalis et les carbonates alcalins s'opposent au conlraire ä la coagulation du lait et dissolvent
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#9632;••#9632;
32 'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
m6me le coagulum forme. Le lait constitue un excellent dissolvant du sulfate de quinine dont il dissimule en grande partie la saveur.
Composition chimique. — Le lait contient de la caserne, de la graisse, du sucre de lait et des sels inorganiques. Les proportions de ces differentes matieres varient avec I'espece animale qui fournit le lait.
100 parties de lait eonticnnent:nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Chez lavache.
Albumine........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.6
Caseine..........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4.0
Graisse...........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4.3
Sucre de lait............,.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4
Sels..............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.5
Matures solides..................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;14.3
Eau............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 85.1
Chez la chcvre.
3.3
3.1
4.3
4
G.G 13.G 80.4
Les cendres contiennent du chlorure de sodium, de potassium et des phosphates. On y trouve des traces de fer et de l'uree. Le colostrum est riche en sulfate de sodium.
Propri^t^s physiologiques et thebapeutiques. — Le lait est un aliment complet et constitue la meilleure nourriture des jeunes animaux.
En arrivant dans I'estomac le lait rencontre ün mi­lieu acide; il se coagule immödialement, puis se redis-sout lentement sous l'influence du sue gastrique. Quand le lait resle, sous forme de caillots, trop longtemps dans I'estomac, il fermente, donne naissance k des acides qui irritent la muqueuse et determinent une indigestion ou une diarrhee.
Le lait est indique toutes les fois qu'il faut produire un effet relächant, adoucissant sur le tube digestif en msect;me temps qu'il faut nourrir I'animal. G'est I'aliment le plus convenable dans les maladies inflammatoires des voies respiratoires, genito-urinaires.
Le lait constitue le meilleur antidote contre les
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;33
empoisonnements par les sels mötalliques. Quand on veut combattre rempoisonnement par le phosphore ou les cantharides il faut employer le lait 6crem6, parce que le phosphore et la cantharidine sont solubles dans les graisses.
A I'extorieur le lait est aussi employe com me emol­lient, mais il a rinconvenient de rancir trop vite.
Creme.
La creme est tres adoucissante et convient dans les inflammations locales ; cependant eile presente I'incon-venient de rancir trop vile.
Petit-lait.
Le petit-lait est compose d'une grande quantite d'eau, d'albumine, de caseine, de sucre de lait, de l'acide butyrique et lactique et une petite quantite de sels alcalins et terreux.
Dans le tube digestif il est emollient, plus relächant, plus delayant et moins nutritif que le lait entier. II a d'ailleurs les m6mes usages.
6deg; EMOLLIENTS GRAS.
PROPRlfiTES PHYSIQUES ET CIIIMIQUES. — Les COrpS gl'BS
ont tous pour base la Stearine, la margarine et l'oleine melangöes en diverses proportions.
Les corps gras sont tous insolubles dans I'eau, mais solubles dans l'alcool. Tether, les essences, la glycerine; ils sont egalement solubles, les uns dans les autres. Ces principes immediats se dedoublent sous I'influence des alcalis en acides gras particuliers (stearique, mar-garique et olöique) et en un principe basique, unique.
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34nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VfiTfiRINAIRE.
la glycirine. Exposes ä l'air les corps gras absorbent de l'oxygene, s'oxydent, deviennent acides, odorants et irritants : on dit alors qu'ils sont rances. Les mötaux oxydables s'alterent au contact des corps gras.
IIs sont solides/mous ou liquides; leur couleur, leur odeur et leur saveur varient dans chacun d'eux; leur densite est toujours införieure ä celle de I'eau. IIs sont doux et onctueux au toucher, rendent glissants les corps sur lesquels on les a etendus et communiquent une transparence incomplete aux corps dans les porosites desquels ils ont pen^tre, comme on le remarque pour le papier, les etoffes qu'ils tachent profondement. Sou-mis ä l'action de la chaleur, ils entrent en fusion de 30 a eOquot; centigrades; ils bouillent genöralement entre 200 et 300deg; centigrades et ne tardent pas a se decomposer.
Ils constituent d'excellents dissolvants pour le soufre, le phosphore, I'iode, le brome, las rösines, etc. On pent tenir les corps gras en suspension dans I'eau grace ä un jaune d'ceuf ou a du mucilage ou une gomme ; on obtient ainsi des liqueurs blanches opalines appel^es Emulsions.
Effets physiologiques. — Appliques sur un tissu, les corps gras le penetrent peuä peu, le ramollissent et lui donnent de la souplesse. Ils diminuent la chaleur, la tension, la rigidite et meme lasensibilite dans les cas d'inflammations. G'est surtoutquandla surface du tissu ou de l'organe sur lequel on les applique est sfeche, rude au toucher, crevass6e,que les effets emollients des corps gras sont rapides et salutaires. Mais ces corps ont le grand inconvenient de rancir et de devenir irritants au bout de peu de temps. Sur la peau ils peuvent meme provoquer de la d^pilation. Appliques sur une trop grande surface de la peau ils peuvent determiner la mort des animaux par I'asphyxie cutanee, comme I'ont dömontre les experiences de Bouley et de Fourcault.
m^^^mm
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 58
Get effet asphyxiant et toxique se produit surtout faci-lement chez les ruminants, principalement chez les lamas.
Dans le tube digestif les corps gras produisent des effets qui varient avec les doses. En petite quantity, ils sent digerös, absorbös et servent ä la nutrition. Ingeres en quantity un peu forte ou d'une maniere suivie, les corps gras echappent en partie a la digestion, causent du degoüt, provoquent le vomissement chez les carni­vores et la purgation chez tons les animaux.
Apres I'absorption les corps gras servent a entretenir la chaleur animale et constituent, lorsqu'ils sont un peu trop abondants, des depots de reserve dans certaines par­ties du corps. Ils ne peuvent pas servir exclusivement a entretenir la vie. Magendie a en effet prouvö que les animaux nourris exclusivement avec des corps gras meurent infailliblement au bout d'un mois en moyenne.
Lorsqu'ils entrent pour une trop forte proportion dans I'aliinentation, les corps gras s'accumulent dans le foie, le poumon et les reins. Burgraeve, Ginge et Thiernesse {Journal vit. et agr. de Belgique, 1844, p. 317) ont constate dans leurs experiences que lors-qu'on augmente la dose tons les jours, les animaux perdent l'appetit, maigrissent, toussent, ßprouvent beaucoup de dyspnee et prösentent enfin tons les symp-tömes d'une violente pneumonie, ä laquelle les chiens succombent dans l'espace d'environ un mois et les lapins beaucoup plus tot.
Les lesions trouvces aux autopsies sont, en effet, I'he-palisation totale ou partielle des poumons, l'accumu-lation d'unfluide graisseux dans le parenchyme de ces organes et, en outre, un depot de la matiere grasse, dans le foie, les reins et le sang. L'hepatisation des poumons est loujours, quant a l'ötendue, en rapport avec la quantite d'huile introduite dans I'dconomie par
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06nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
les voies digestives. Ges effets sont les memes chez les animaux herbivores et les'carnivores.
Indications THfiRAPEimouEs. — L'action adoucissante est utilisee dans les inflammations superflcielles de la peau produites surtout par le frottement, comme I'ery-theme aux ars, aux aines. La propriete que les corps gras possedent de ramollir les tissus sees, durs, etd'en-tretenir leur souplesse les fait employer contre les dar­tres seches, les crevasses, les genjures, la secheresse du sabot du cheval, etc.
#9632; Les corps gras sont antiparasitaires parce qu'ils im-pregnent le tegument des parasites et, en entravant la respiration, produisent leur asphyxie.
Ils ont d'ailleurs les m^mes indications que les autres emollients pour combattre les inflammations locales.
La propriete qu'ils ont de rendre glissantes et douces les surfaces sur lesquelles ils sont deposes fait qu'on les emploie avantageusement dans les cas d'introduc-tion de matieres acres et irritantes dans le tube diges­tif; dans les affections vermineuses; dans le casd'intro-duction de corps etrangers dans l'oesophage; lors de l'existence d'une constipation opiniätre, de pelotes ster-corales, de bezoards, d'egagropiles, de dessechement des aliments dans le rumen oule feuillet, etc. Dans les ma­ladies des voies respiratoires et des organes genito-uri-naires ils sont utiles aussi; mais ils peuvent Mre facile-ment remplaces par les autres emollients.
Des luilles grasses.
Les huiles grasses sont des corps gras liquides ä la temperature ordinaire. Elles sontformees d'oleine et de margarine, et ce n'est qu'exceptionnellement qu'elles contiennent de la stöarine.
Exposöes ä l'air les huiles ne se comportent pas toutes
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Emollients.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;07
de la m6me maniere : il en est qui absorbent I'oxygene, se resinifientet se dessechent; onles appelle siccatives; d'autres qui, dans les memes circonstances, s'öpaissis-sent tout enrestant grasses : on pent les appeler huiles onctueuses.
Les huiles grasses se dlvisent en deux classes : les huiles amwa/es et les huiles vegetales.
1deg; Huiles grasses veg-etales.
A.nbsp; Huiles onctueuses. — Dans cette categoric se trou-vent les huiles d'olive, d'amandes douces, de sesame, d'arachide, de noisette, de faine, de colza, de na-vette, etc.
B.nbsp; nbsp;Huiles siccatives. — Les plus connues de ces huiles sont celles d'oeilletle, de lin, de noix et de chenevis.
L'huile de lin jouit de propriötes purgatives assez pro-noncees, surtout chez les grands ruminants. Elle est excellente contre les maladies parasitaires cutanees et contre les chancres des oreillesdu chien.
3deg; Huiles grasses animales.
Les huiles animales sont l'huile de pieds de boeuf el les huiles de poissons.
M6mes proprietes 4mollientes que les huiles vege­tales.
Des beurrcs.
a. Beurre animal. — Le beurre prepare avec la creme s'altöre facilement ä l'air et devient ranee.
Composition chimique. — 11 contient les principes sui-vants : stamp;irine, oleine, butyrine, acide bulyrique, prin-cipe aromatique, casöum, sucre de lait et tons les
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öSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIOUE VETER INAIRE.
elements salins du serum du lait. Gelui qui est ranee renferme une petite quantite des acides caprique at caproique qui lui donnent son odeur repoussante.
b.nbsp; Beurre de cacao. — Ce beurre est fourni par les semences du Gacaoyer {Theobroma cacao). 11 fond a 330deg; et ne s'altere que lentement a I'air.
c.nbsp; Beurre ou huile de muscade. — Ge beurre est fourni par le fruit du muscadier [Myristica moschata). On en fait des frictions r^solutives.
d.nbsp; Beurre ou huile de pal/me. — Ge beurre est extrait du fruit d'un palmier qui croit enGuinöe et au Senegal, VEtseis guineensis. Ge corps gras se conserve facile-ment.
e.nbsp; Beurre ou huile de laurier. — Ge corps est retire des bois du laurier sauce {Laurus nobilis, L.). Getle huile est adoucissante et resolutive, Elle est employee surtout sous forme de pommade de laurier dent voici la formule d'apres Lebas :
Huile de lauvier pure. .......... 4 gr.
Axonge.......................... 3
Suif.............................. 2
Des graisses.
On appelle graisses des corps gras d'origine animale, mous ä la temperature ordinaire et fusibles ä celle du sang des mammiferes. Les plus employees en veterinaire sont I'axonge, la graisse de cheval, celle de volaille, la moelle de boeuf, et les suifs.
Elles sont toutes tres 6mollientes et ivhs reldchantes etrösolutives.
Corps gras non saponlflables.
1deg; Blanc de baleine. — Gelte matiere encore appelle
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spermaceti, cötine, adipocire, est fournie par les sinus de la töte des cachalots.
2deg; Cire {Cera). — Composition chimique. — La cire est formee de deux principes essentiels, la cerine, qui en forme les deux tiers, et la myricine, qui constitue I'autre tiers. La cire jaune renferme en outre un prin-cipe aromatique et tine maliere colorante.
Gette matiere entre dans la composition du cerat simple.
Cire jaune.................... 125 gr.
Huile d'olivo.................. 375
Gette preparation est (res adoucissante,
Savons.
On dösigne sous le nom de savons les combinaisons que forment les acides gras avec les bases alcalines, potasse, soude, ammoniaque, etc. Les savons äla potasse sont demi-solides, mous; les savons ä la soude sont durs et solides. En m6decine vöterinaire on emploie surtout les savons a la potasse connus sous les noms de savon noir et de savon vert.
Ges savons sont parfaitement solubles dans l'eau et sans l'alcool; ils sont ä reaction alcaline, car ils contien-nent un exces de potasse.
Effets physiologiqües. — Le savon vert ou noir, ap-pliqu6 sur la peau en frictions, determine bientöt une ir­ritation locale caracterisee par une augmentation de la sensibilite, une congestion, un amincissement del'öpi-derme. L'alcali libre saponilie les matieres grasses de la surface de la peau, dissout l'epiderme et nettoie par­faitement le tegument. L'action dissolvante du savon est en rapport direct de la quantite de potasse libre qu'il contient. Lorsqu'on le dissout dans l'eau, il se decom-
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61)
THERAPEtJTlOUE VETERINA1RE.
pose en un sei acide et en un sei basique; c'est celui-ci qui dissout les graisses et l'epiderme et rend la peau glissante. Introduits dans I'estomac les savons se döcom-posent en presence du sue gastrique; il se forme du chlorure de potassium et du lactate de potasse; les aci-des gras mis en liberte sont absorbes et oxydes dans le sang. 11s ne sont que faiblement irritants dans le tube digestif ä cause de leur decomposition rapide, mais ils agissent en suractivant les secretions et en facilHant la marche des matieres; ils provoquent des defecations frequentes et molles et determinent rapidement la perte de l'appetit en ralentissant la digestion.
Les effets generaux produits apres Tabsorption sont ceux des carbonates alcalins; ils fluidiflent le sang et sont legerement diuretiques.
Emploi. — A I'exterieur le savon n'est guere employe que pour purifier la peau, pour la debarrasser des ma-lieresgrasses,epilhelialesetsudorales. II estutile dans les maladies cutan^es non seulementpour nettoyer lapeau, mais aussi parce qu'il excite les papules du derme et favorise la poussee des poils et de la corne. 11 est insuf-fisant pour detruire les parasites, mais en rendant la peau propre et l'epiderme plus mince il permet aux substances antiparasitaires d'agir avec plus d'eflicacite. Les lavages au savon doivent 6tre energiques; c'est le plus souvent une des premieres conäitions du succes.
L'action irritante et resolutive pent 6tre utilisee centre les inflammations chroniques, les engorgements gan-glionnaires et glandulaires, les epaississements de la peau et les engorgements cutanes ou sous-cutanes. Pour rendre cette action plus energique on y ajoute du car­bonate de potasse, du sulfure de potasse, du sulfate d'ammoniaque, de I'ammoniaque, du camphre, de Tio-dure de potassium 1 pour 8, de l'iode 1 pour 20 ou de la pommade mercurielle quantite egale, etc. Le savon
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EMOLLIENTS.
61
combat les brulures faites avec les acides en neutrali-sant ces derniers.
Lesteintures de savon sont d'excellents rösolutifs lo-caux; la plus employee se compose de deux parties de savon vert et une partie d'alcool.
Al'interieurles savons ne sont employes quo lorsqu'on n'apas d'autres alcalinsä sa disposition, contrelamöteo-risation chez les ruminants, les constipations accompa-gnöes de coliques, les empoisonnements par les acides.
Les lavements au savon sont legerement excitants pour le rectum, rendent sa muqueuse plus glissante et favorisent ainsi les defecations.
Les doses internes sont:
Clieval...................nbsp; nbsp; 20 ä 30 gr.
Boeuf..... ................nbsp; nbsp; 30 60
Pore et mouton............nbsp; nbsp; 10 15
Chien.................... 3 8
ftlycerime.
Caracteres physiques et chimioues. — La glycerine, decouverte en 1799 par Scheele, est un corps basique qui constitue avec les acides gras les principes imme-diats des corps neutres. Elle constitue im liquide epais, sirupeux, incristallisable, incolore, inodore, de saveur sucree, d'une densite de 1,28. Elle est soluble dans l'eau et dans I'alcool, mais non dans l'ether et les graisses. Elle est tres hygroscopique et ne s'evapore pas. Elle dissout plusieurs oxydes metalliques; quelques sels d61iquescents; le soufre, l'iodure de mercure, le phos-phore, la veratrine, 1'iode, I'acide arsenieux.
Effets physiologiques. — La glycerine tient le milieu entre les huiles grasses et l'eau. Elle pönetre facilement les tissus, les assouplit et les maintient dans un cer­tain etat d'humiditö. Sur la peau eile constitue im Kacfmahn. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4
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62nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUT1QUE VETERINAIRE.
revötement liquide, onctueux, qui penetre facileraenl dans l'epiderme et le derme.
A cause de son hygroscopicite tres grande, eile pro-duit de la cuisson passagere lorsqu'on I'applique pure sur des tissus fins et sur des plaies.
La glycärine est facilement supportöe par I'estomac et l'intestin. Elle est laxative ä une certaine dose.
Apres I'absorption on ne la retrouve ni dans le sang ni dans les produits d'excretion, mais on y trouve ses produits de decomposition. Employee en grande quan Ute eile est diur^tique d'abord; devient ensuite flui-diflante pour le sang et provoque rhematurie. Elle constitue un poison pour beaucoup d'ötres inferieurs, acares, poux, etc., et eile est antiseptique.
Indications th^rapeutiques. — Ellerepond aux mömes indications que les corps gras; mais eile presenle, sur la plupart d'entreeux, les avantages suivants: eile constitue pour beaucoup de substances un meilleur dissolvant que l'eau et les graisses; eile ne rancit pas et par con­sequent n'acquiert pas de proprietös irritantes ; eile a un pouvoir diffusif et penetrant considerable.
Elle convient done surtout pour les maladies inflam-matoires cutanöes quelle qu'en soit la nature. Elle convient aussi sur les plaies, sur lesquelles eile agit, comme cicatrisant et antiseptique. De plus eile facilite le renouvellementdespansements en les empechant de s'agglutiner. G'est un des meilleurs agents conserva-teurs de la souplesse de la corne du sabot. Elle jouit de proprieles vermifuges chez le chien.
Voici les principales preparations pharmaceutiques dans lesquelles enlre la glycerine :
Glycdrat] simple.
Glycerine----................ 16 gr,
Amidon.................... 20
Huile d'amaades douces...... 6
mam
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Mamp;angez dans un morlier.
r\..~A..i ___j___nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Goudron de bois............. 100 gr.
Glyceratdegoudron.... j ^.^.................. 3^
GhaufFez au bain-marie et ajoutez de l'amidon pour donner la consistance voulue.
Glycerine creosotee..... | Glycerine.................... 32 gr.
'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;{ Creosote................... 15
Melangez exactement ä froid.
„. , . i., #9632; #9632;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;{ Glycerine.................. 32 er.
Glycerine pMn.quee.... j ^ ph,n.que............... 4 ^
F. s. a. Tres efficace centre la gale sarcoptique. (Zundel.)
j Glycerine................... 2 gr.
Glycerine iodee......... j lode.......................... 2
' lodure de potassium........... I
Faites dissoudre l'iodure et l'iode dans la glycerine.
Glycerine laudauisee.... j Glycerine. ••••••••••......... 100 gr.
•nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Laudanum de Sydonbam...... 5
Glycerine saturnee...... j ^fT/-'laquo;V................ ? ^
fnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Extrait de Saturne............ 1
Pommade de glycerine.. ! Glycerine.................... 32 gr.
quot;'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;' Anndon...................... q.s.
Vaseline.
La vaseline estun corps gras mou, blancou jaunätre, k reaction neutre, obtenu dans ladistillation du petrole. Cette substance n'est pas saponiüable, eile ne s'oxyde pas ä l'air et n'est alteree ni par les acides, ni par les alcalis causiiques, ni par les sels metalliques. Elle convient tres bien pour servir d'excipient ä ces diverses substances.
La vaseline estinodore, insipide, fond ä350, boutä ISOquot;,
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04
THERAPEÜTIQUE VETERINAIRE.
insoluble dans l'eau, peu soluble dans Talcool, mais tres soluble dans l'ether, le chloroforme, le sulfure de carbone, la glycerine, les huilesgrasses et les essences. Elle dissout le soufre, le phosphore, les acides phenique, benzoique et presque tous les alcaloi'des.
Effets et emploi. — La vaseline a une action adou-cissante marquee; eile penetre rapidement dans la profondeur des tissus, et sa propriele de ne pas rancir la rend, comme excipient, bien superieure ä l'axonge et meme ä la glycerine qui, en raison de sa solubility dans l'eau, ne peut pas remplir les mömes indications. Pour les pommades employees sur la peau du chien, eile a le precieux avantage de ne pas 6lre, comme l'axonge, un appät qui engage le chien h se lecher et ä absorber le medicament, ce qui presente plus d'un inconvenient. Unie au soufre dans la proportion de 30 grammes de soufre pour 100 grammes de vaseline, eile constitue une pommade dans laquelle le soufre est dissous engrandepartie, tandis qu'il n'est qu'incorpore dans l'axonge.
Elle entre avantageusement dans la composition de toutes les pommades antiparasitaires et autres appliquees sur la peau de tous nos animaux domestiques. Elle ramollit facilement la corne durcie et lui rend sa sou-plesse.
Les melanges des alcalis caustiques et de vaseline peuvent rendre des services aux väterinaires pour la cauterisation de certaines tumeurs.
7deg; CORPS PROTECTEÜRS. Collodion.
Caractüres. — Le collodion est un liquide clair, si-rupeux, legerementopalescent,är6actionneutre, qu'on
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obtient en faisant dissoudre du coton-poudre dans de I'ether alcoolise. Ge liquide est completement insoluble dansl'eau et dans I'alcool; il s'enflamme facilement au contact du feu.
Pour le preparer on introduit dans un flacon une partie de fulmicoton, une partie d'alcool at seize parties d'öther sulfurique, on agite de temps en temps jusqu'ä dissolution complete du fulmicoton; on passe ensuite ä travers un linge clair avec expression, et on conserve dans un flacon bien bouche.
On peut communiquer au collodion des proprietös tres nombreuses par l'addition de substances deter-minees; on lui donne de l'elasticite par l'addition de quelques gouttes d'huile de ricin, de glycerine, de ter6-benthine ; on le rend vesicant par l'addition d'ether cantharide; on lui communique des proprietes astrin-gentes avec le sucre de saturne ou des proprietes coagulantes avec le perchlorure de fer, etc.
Effets et usages. — Lorsque le collodion est ötendu sur la peau des animaux, il ne tarde pas a se dessecher par la volatilisation del'öther qui produit un abaissement de temperature, et ä former une mince pellicule solide, fort adherente aux tissus sees, mais peu adherente aux tissus humides. II met les surfaces a l'abri de l'air, et par suite de sa retraction graduelle il exerce une compression legere des tissus et des vaisseaux.
Le collodion rendu elastique par l'addition de 2 p. 100 de glycerine ou d'huile de ricin ne resserre pas les tissus, il forme simplement une pellicule protectrice. Le col­lodion est pröcieux pour panser les inflammations superficielles; ilproduit une constriction des vaisseaux, rend l'afflux du sang moins abondant, rapproche les lövres des petites plaies, les preserve du contact irri­tant de l'air et häle la cicatrisation. II rend de grands services sur les plaies simples, les excoriations, les
4.
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66nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THfiRAPEÜTIQUE VETfiRINAIRE.
gergures du mamelon, les crevasses de la peau, V6ry-tbeme, etc. On utilise la pression graduelle qu'il deter­mine sur les parties, dans les casde mammite,d'orchite, de thrombus, de gonflements articulaires ou tendineux au döbut, de varices, etc.
Lorsqu'une inflammation superflcielle ou profonde de l'oeil est aggraväe par l'action de l'air, il pent y avoir avantage ä rapprocher les paupieres et ä les coller ensemble ä l'aide d'une forte couche de collodion. Le collodion est encore employ^ pour limiter l'action d'un caustique, pourpr^server une region ducontact irritant d'un liquide, tel que les larmes, l'urine, une secretion ichoreuse, etc.
Pourpreserver du contact de l'air et des corps irritants la surface des larges plaies ordinaires ou des plaies arti­culaires sur lesquelles il est impossible d'appliquer un bandage, on emploiel'ouateimbibeedecollodion.auquel on ajoute 10 p. 100 de ter^benthine ou de la gomme arabique glycerinee (glycerine 1, solution gomme ara-bique 20); on pourrait aussi se servir du collodion pour tremper les bandages contentifs si cette substance
Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; n'etait pas d'un prixtrop 6le\e.
Collodion saturne. — II se prepare en agitant ensem­ble une partie d'une solution concentree de sucre de saturne et 10 a20 parties de collodion. Cette preparation est surtout indiqu6e centre les excoriations, les plaies röcentes, la chute des comes, etc.
Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Collodion tannique ou ferrique. — II se prepare en
m^langeant a parties egales une dissolution 6thöree concentree de tannin et de collodion ou en faisant
Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; dissoudre une partie de perchlorure de fer dans 3 ä 5
parlies de collodion. Ces liquides constituent d'excellents bemostatiques.
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fiMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;67
*i u t ta- I'crcha.
La gutta-percha est le sue coneret qui s'ecoule d'un arbre qui erolt ä Borneo et dans les Indes, VIsonandra Gutta.
Bliese compose surtout dematiereshydrocarbonees; eile contient aussi des sels, des essences, des graisses et de la matiere colorante. Elle se dissout facilement dans le chloroforme, la benzine, l'essence de törö-benthine; eile est soluble dans l'alcool et Tether et complötement insoluble dans I'eau. Sous l'influence de la chaleur la gutta-pereha se ramollit, ce qui permet de lui donner toutes les formes possibles; par le refroidis-sement eile se durcit.
Emploi. — On pent I'utiliser pour faire des bandages contentifs;pour remplir certaines cavites creusees dans la corne du sabot du cheval.
Le papier de gutta-percha applique sur la peau et maintenu emp^che la transpiration cutanöe ä cause de son impermöabilitö. Apres quelques heures d'appli-cation l'öpiderme est ramolli par le liquide seeröte par la peau. Gette propriete est utilisee pour ramollir l'epiderme trop dur et trop epais, surtout dans les ma­ladies epidermiques telles que exantheme, prurigo, pityriasis. On utilise aussi ce papier pour remplacer les cataplasmes, oupour empöcher le rayonnement par la peau.
Une dissolution de 10 p. 100 de gutta-percha dans du chloroforme constitue un enduit collant qui pent avoir souvent son utilitö. On peut encore donner plus de puissance ä cette colle en y ajoutant un peu de caoutchouc. Lorsqu'on pratique des operations dange-reuses pouvant 6lre la cause d'infection, comme les accouchements laborieux, la dölivrance artificielle, il
ocr page 84
1 68nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
peut 6lre bon d'enduire le bras et la main avec une dissolution de gutta-percha dans la benzine. L'applica-tion est faite sur les teguments et on laisse se dessöcher la solution, qui forme alors un enduit impermeable d'une tres grande minceur.
Caoutchouc.
Le caoutchouc derive du sue laiteux jaunätre, legsect;-rement acide, qui s'ecoule de certaines plantes de la famille des euphorbiacees et des apocynees, originaires du Bresil et de l'Inde.
Le caoutchouc est soluble dans Tether, le chloro-forme, la benzine, le sulfure de carbone. II est remar-quable par son elasticity. II s'assouplit ä une douce temperature et se durcit au froid.
Emploi. — Son ^lasticite le fait employer pour con-fectionner des drains, des bougies, des sondes, des sacs ä glace, etc. Le caoutchouc vulcanisö est plus elastique que le caoutchouc ordinaire, il resists m6me ä la cha-leur et au froid. On en fait des bandes destinees ä exercer une compression sur les articulations, ou ä pro-duire I'anemie d'un membre pour faciliter les opera­tions chirurgicales (bandes d'Esmarch). La toile caout-chouquee sert ä un grand nombre d'usages; on I'emploie surlout pour maintenir la chaleur etl'humidite sur une region oü Ton veut produire un effet emollient tres prononce.
Le caoutchouc est aussi dispose en flls plus ou moins gros pour les ligatures ölastiques qui sont en general pröförables aux ligatures ordinaires, quand on veut ob-tenir la chute d'une tumeur ou d'une partie molle quelconque du corps.
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EMOLLIENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;69
l*olx noire.
G'est un produit pypogene qui resulte de la dislilla-tion, en vase clos, de filtres de paille sur lesquels on a clarifie la ter^benthine ou le galipot. Elle est solide, noire, cassante quoique collante auxdoigls, d'une odeur speciale, d'une saveur amäre, tres fusible et tres com­bustible, soluble dans I'alcool, I'elher, les essences at les corps gras.
Effets et usages. — La poix est exclusivement em­ployee a I'exterieur, comme moyenprotecteur ou comme moyen contentif. Elle adhere fortement ä la peau lors-qu'on la ramollit legerement avant de l'appliquer, Etendue sur une toile ou du cuir, la poix forme I'em-plätre de poix noire qui est tres utile sur les contusions produites par le collier, la seile, sur les plaies. Apres avoir bien nettoye celles-ci, on les recouvre avec de la charpie ou de l'etoupe par-dessus laquelle on applique l'emplätre qui doit depasser les bords de la plaie de 2 ou 3 centimetres. Apres huit jours, l'emplätre se detache par suite de la secretion de la plaie ; on le renouvelle jusqu'a guerison complete. Ge pansement a l'avantage de permettre l'utilisation des animaux; mais il a aussi I'inconvenient d'etre difficilement enleve. On pent confectionner un emplätre moins adherent avec un melange de poix et de terebenthine ä parties ögales.
L'emplätre de poix noire agit aussi comme resolulif sur'les engorgements indolents.
Vlätre.
Le plätre est le sulfate de chaux deshydratö par une temperature de 100 ä 180deg;. Lorsque le gypse est chauffe ä 200deg;, il perd la propriete de se durcir avec l'eau. Rö-
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70nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
duit en poudre, le plätre est blanc ou legerement gri-sätre, sa density est de 1,87 ä 3. Melange avec de l'eau il se combine avec ce liquide, et forme dans dix ou quinze minutes une masse dure et compacte.
Emploi. — Le plätre sert ä confectionner des ban­dages contentifs tres solides et d'un prix peu eleve.
1deg; Bandage simple. — Le membra malade est enduit d'huile, sa surface est rendue reguliere avec du colon ou des etoupes maintenus avec une bände humide, on applique par-dessus une couche d'une bouillie for-mee de 2 parties de plätre et de une partie d'eau; on la regularise avec la main mouillöe et on applique une bände. La couche de plätre doit 6tre plus epaisse au mi­lieu que vers les extremites du pansement.
2deg; Bandage avec bandes pldtrees. — Des bandes faites avec de la toile, de la gaze, de la flanelle, etc., sent sau-poudrees sur leurs deux faces avec du plätre, puis en-roul^es; on les trempe ensuite dans l'eau chaude pour faire p^netrer celle-ci partout, on exprime 16gerement et on applique les bandes, en ayant soin de faire re-couvrir les tours les uns par les autres pour obtenir un accolement general. Pendant qu'on serre les tours de bände, on exprime un peu de liquide plätrö qu'on a soin de bien etendre partout avec la main; le lout se prend bientot en une seule masse compacte.
Pour que le plätre prenne bien il faut qu'il sott frais. Ce bandage irhs facile ä executer, peu coüteux, a Tin-convenient d'etre lourd, de ne pas 6tre tolöre long-temps par les animaux et d'etre difficile ä enlever. En outre, comme il se durcit d'abord ä la surface et seule-ment plus tard au centre, il en resulte qu'il est souvent trop lache et qu'il tombe facilement.
3deg; Bandage de Beely. — On trempe de la fllasse dans un liquide fait avec parties egales d'eau et de plälre jusqu'ä ce qu'elle en soil bien impregneo; on la dispose
BH
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Emollients.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;71
en long autour du membre nu fracturö en rexprimant avec la main, el on l'enveloppe d'une bände. Ge ban­dage est tres solide, assez l^ger; il est facile d'y tailler des fenetres et des Irons pour passer des rubans des­tines a le maintenir fixe.
Ges bandages peuvent servir non seulement pour les fractures, mais encore pour les luxations, les tumefac­tions articulaires, etc. On peut aussi se servir du plätre, surtout en le m61angeant a du goudron pour les plaies du pied du cbeval, surtout contre le crapaud.
Silicate de potaase.
Ge sei se präsente sous forme d'un liquide sirupeux, vitreux, soluble dans I'eau. II s'obtient en chauffant en­semble 4S parties de sable siliceux, 30 parties de po-tasse et 3 parties de charbon.
Emploi. — II sert ä confectionner des bandages com-pressifs pour les maladies articulaires et tendineuses chroniques, les molleltes, etc. On I'applique sur les mamelles enflammees et sur la peau erysip^lateuse. Dans les cas de fracture on en fait des bandages con-lentifs. Les bandes de toile sont trempees dans la solution de silicate de potasse du commerce et on les applique. Ge bandage est plus leger, moins volumineux que celui fait avec le plätre, mais il durcit moins vite.
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DEUXIEME CLASSE
TEMPERANTS.
Les medicaments temperants, encore appeles aci-dules, rafraichissants, hyposlhenisants, vasculo-cardia-ques, sont ceux qui resserrent les petits vaisseaux aux points oü ils sont appliques, qui produisent un ralen-tissement de la circulation et un abaissement de la chaleur animale quand ils sont absorbes. II est a. remar-quer que la plupart des substances medicamenteuses placees dans cette classe ne sont temperantes que lors-qu'elles sont diluees dans une grande quantile d'eau; pures, alles sont presque toutescausliques. Nous neles envisagerons ici qu'au point de vue de l'action tern-perante, nous reservant de completer leur description avec celle des caustiques.
Phincipaux TEMi'iiRANTS. — Les substances quijouis-sent de proprietes temperantes sont : 1deg; les acides mineraux dilues (acides sulfurique, chlorhydrique, nitrique, carbonique, phosphorique); 2deg; les acides vlaquo;5-getaux dilues (acides acetique, oxalique, citrique, ma-lique, tartrique, lactique); 3deg; des sels ä acides orga-niques (oxalate de potasse, bitarträte de potasse, tartroborate de potasse); 4deg; quelques substances v6-getales et animales (l'oseille, le petit-lait, le lait de beurre.
Effets puysiologiques communs. — Appliquös sur un tissu quelconque, les temperants produisent une sen­sation de fraicheur, irritent legerement les surfaces, augmentent leurs secretions naturelles, mais blanchis^
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TEMPERA.N'rs.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;73
sent les parties qu'ils touchent en refoulant le sang dans les gros vaisseaux; ils diminuent le volume de l'organe sur lequel ils sont deposes, et, a la longue, le crispent et amenent une sorle d'engourdissement comme les liquides froids. Ges effets imrnediats sont de conrte duree et sont bientöt suivis d'une reaction si Ton n'insiste pas sur l'emploi de ces medicaments. Les tempörants dissolvent le sebum ct le mucus qui recou-vrent les teguments, nettoient leur surface et favorisent leurs söcrelions.
Dans le tube digestif les temperants produisent les monies effets locaux; ils rafraichissent la bouche, font couler la salive et le mucus buccal, ^tanchent la soif, stimulent I'estomac, accelerent la digestion en aug-mentant la quantite et les qualites dissolvantes du sue gastrique.
Arrives dans I'intestin, les acidules accroissent toutes les secretions qui aboutissent dans ce conduit, ramol-lissentles matieres excrementilielles, stimulent la mu-queuse et la tunique charnue, accelerent le mouve-ment peristaltique, activent I'absorption, Mtent la defecation. Quand on insiste trop sur leur usage, ou qu'on les administre trop concentres ou ä doses ele-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;n
vees, ils deviennent nuisibles a la fonction digestive; ils agacent les dents et empechent la mastication; ils irrl-tent I'estomac et Tintestin en dissolvant leur epithe­lium, diminuent l'appötit, causent des coliques cheü les solipedes, la diarrhee chez tons les ruminants; ils amenent la pdleur des muqueuses et la debility,
Apres I'absorption les medicaments tempörants pro­duisent des changements dans le rhythme des princi-pales fonclions. Ils modifient surtout la circulation, lanbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;''
respiration, la calorification, la nutrition et les secre­tions, etc.
Sous l'influence de ces medicaments; les battements Kaufmann. — Tlierapcutiquc.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
ocr page 90
74nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEHAPEUl'lQUE VETEH1NA1KE.
du cceur deviennent moins nombreux et raoins forts, le pouls devient petit, concentre et lent; la respiration est ralentie; la chaleur animale baisse; la nutrition est moins active ; les secretions de la peau sont diminuees, et, par conlre, celles des reins et des diverses mu-queuses sont augmentees; le sang devient plus fluids, plusfonce en couleur etpauvre en globules.
Employes trop longtemps sur les animaux sains, les temperants attaquent les dents, alterent la digestion, causent de la diarrhee, de la toux, racornissent les organes digestifs, les parenchymes et les ganglions, dissolvent le sang, causent un amaigrissement general, amenent une debilite profonde; souvent m6me ils de-terminent Tinflammation des voies respiratoires, et occasionnent des pneumonies lobaires. A l'autopsie des animaux morts ä la suite de Tabus des medicaments temperants, on trouve le cceur et les muscles decolor^s, le tube digestif resserre, racorni, ses membranes amincies, le sang peu abondant et diffluent.
L'action döfavorable des temperants sur la nutrition est due a la diminution de l'alcalinite du sang. Les chimistes nous enseignent, en effet, que les oxydations de la matiere organique augmentent en presence des alcalis et diminuent en presence des acides. G'est en ra-lentissant les mutations chimiques que les temperants produisent un abaissement de temperature et unralen-tissement des fonctions digestive, respiratoire et circu-latoire.
Effets thöhapeutiqües. — Leur action an^miante lo­cale les rend precieux pour combattre la rougevr, la chaleur, la tumefaction qui accompagnent rinflamma-tion locale. Ils dissolvent le mucus, nettoient la mem­brane buccale, diminuent l'empätement de la langue, calment la soif, retablissent les secretions taries. Apres I'absorption leurs effets depresseurs sont utilises pour
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TEMfEKANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; To
ralenlir la respiration, la circulation et abaisser la temperature. L'experience d^montre que ces medica­ments ne conviennent pas dans les maladies des voies respiratoires, car ils rendent I'hematose plus difficile, augmentent la toux et la rendent plus douloureuse. Ils ne conviennent dans aucun cas oü il faut relever la nutrition g^nerale. Ils sont peu favorables dans la plu-part des inflammations des voies urinaires, de l'appa-reil respiratoire et dans les affections nerveuses. Etudions mainlenant les principaux temp^rants.
Acide sulfurique i-tciulii.
L'acide sulfurique en solution aqueuse de 5 ä 10 j). 1000 a des proprieles temperantes energiques.
Dans I'interieiir l'acide sulfurique etendu resserre les muqueuses en leur enlevant l'eau et provoque leur päleur avec sensation de fraicheur.
Dans l'estomac et l'intestin il se combine avec les bases et forme des sulfates qui peuvent agir comme laxa-tifs. Une partie de l'acide est neutralisee par I'aclion des alcalisde la salive, du mucus, du sue pancreatique et de la bile. Les solutions sulfuriques arretent facile-ment la secretion du sue gastrique et entravent la di­gestion.
Apres l'absorption l'alcalinite du sang diminue, mais la reaction alcaline ne disparait jamais. L'acide sulfu­rique est 61imine par les urines ä l'etat de sels. La quantite d'urine n'est pas augmentee.
En employant les injections intra-veineuses des so­lutions tres etendues d'acides mineraux, Schmidt a remarque qu'il n'y a pas coagulation du sang; que la respiration devient difficile ; qu'il se produit un affai-blissement musculaire surtout du c6t6 du cceur; ces effets sont dus a la diminution de l'alcalinite du sang;
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- #9632;
#9632;/önbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THUttAPEUTlQUU VETEKliNÄlRE.
car on peut les faire disparailre par l'injection intra-veineuse de carbonates alcalins.
Emploi. — Pour combaltre les inflammations lo­cales. Al'inlerieur, comme ratraichissant; cependant a cause de son action funeste sur la digestion et la respi­ration il n'est plus guere employe que pour combattre les empoisonnements par le plomb, ou pour arr^ter des hemorrhagies capillaires des organes parenchyma-teux.
On utilise les preparations suivantes
1raquo; Solution aqueuse.
( Acide suU'urique........... 5 ä 10 gr.
I Eau....................... 1000 gr.
Mettez I'eau dans un vase de verre ou de porcelaine et ajoutez-y peu a peu Tackle en agitant constamment pour operer le melange.
II faut edulcorer cette solution avant de s'en servir comme boisson ou breuvage.
2quot; Solution aicoolique ou \ Acide sulfurique............... 1 gr.
cau de Rabel....... ) Alcool k Sbquot;................... 3
Mettez I'alcool dans un vase et ajoutez-y peu ä peu I'acide, en agitant sans cesse jusqu'a melange com-plet.
L'eaude Rabel s'emploieä la dose de 10 ä 20grammes dans i Hire d'eau edulcoree.
AdAlaquo; chIorhyi1rIlt;lue ^tendui
L'acide chlorhydrique est certainement un des meil-leurs lemperanls. Get acide joue d'ailleurs dans la di^ geslion un grand röle physiologique. II est contenu dans le sue gastrique de tous les animaux (0,25 p. 100 chez le pore et 0,30 p. 100 chez le chien) et consli-tue avec la pepsine le dissolvant par excellence des
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TGMPEKAiNTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 77
matures albiiminoldes. Le ferment peptique n'agit pas sur les aliments en presence d'un milieu alcalin ou neutre, tandis qu'ii acquiert son maximum d'effet dis-solvant en presence de l'acide chlorbydrique.
Les solutions d'acide chlorhydrique jouissent, ä elles seules, du pouvoird'attaquer partiellementles matieres albuminoides el de les transformer en peptones; mais en presence de la pepsine, la transformation s'opere avec plus d'energie. L'acide chlorbydrique rend egale-ment solubles un grand nombre de sels metalliques ou terreux qui, sans cela, resteraient insolubles.
Si la presence de l'acide chlorhydrique est indispen­sable a la digestion gastrique, il laut pourtant qua la proportion de cet acide ne devienne pas trop forte. On a remarque, en effet, que lorsque le sue gastrique ren-ferme plus de 1 p. 100 d'acide chlorhydrique, ses pro-prietes digestives s'affaiblissent.
L'acide chlorhydrique administrö en trop grande quantile, non seulement s'oppose a la digestion, mais il diminue l'alcalinite du sang et rend ce liquide pauvre en sels. En arrivant dans le sang cet acide se combine avec les bases pour former des sels qui sont elimines par les reins, il dissout aussi en partie l'hemoglobine et rend le sang fluide; il determine l'anemie et un amai-grissement general. L'acide chlorhydrique etendu s'op­pose aussi aux fermentations qui tendent k se produire dans le tube digestif; il rafraichit la bouche et ötanche la soif.
Applications thörapeütioöes. —#9632; L'acide chlorhydrique a cause de ses proprietes digestives et antiseptiques convient pour dissiper les dyspepsias dues au d6faut d'acidilö du sue gastrique, ä la trop grande abondance de matieres alimentairesou a des fermentations qui ten-dent a s'y etablir. Dans les cas de fievre due h une mala-die si^geant en dehors du tube digestif, l'acide chlorhy-
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78nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;. THERAPEUT1QUE VIJTERINAIRE.
drique est encore indique pour calmer la soif et pour favoriser la digestion; car Manassein a demontre que, dans les cas de flevre, le sue gastrique renferme assez de pepsine, mais qu'il est pauvre en acide chlorhy-drique. 11 convientsurtoutbien chez les ruminants dans le cas d'engouement du feuillet ou dans les cas de ballonnement intermittent. A cause de son action dd-tersive, il est utilise pour laver la bouche, surtout lorsque la muqueuse est enflammee ou presente des eruptions.
Lesdoses et les preparations sont les mömes que pour I'acide sulfurique.
Acide azotique dllne.
Dilue, I'acide azotique resserre önergiquement les capillaires des surfaces sur lesquelles il est applique et produit de la paleur. II n'a pas d'aclion dissolvante sur le mucus et les öpitheliums ; il ne calme pas bien la soif et produit rapidement de l'inappetence.
Get acide ne doit pas Mre employe ä l'interieur; car il pent etre avantageusemen.t remplace par les autres temperants.
A I'exterieur il repond aux m^mes indications que les autres temperants.
Acide carbonique.
Get acide est employe sous forme d'eau gazeuse ar-tiflcielle ou naturelle. Cette eau donnee en boisson ou en breuvage est un stimulant leger du tube digestif; eile augmente la secretion du sue gastrique. A defaut d'eau gazeuse on peut administrer aux animaux des carbonates en poudre et faire boire par dessus de l'eau aeidulöe. Dans ce cas les acides citrique et tartrique conviennent mieuxque les acides mineraux.
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TEMPKRANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 79
.Aclde phoaphorlque h^ilrnte.
Getacide dissous dans l'eau est temperant au m6me litre que les acides precedents; concentre il determine une gastro-entörite et une degenerescence graisseuse dn foie, du rein et des muscles.
Aclde acetique elendu ou vinai^re.
Composition. — Le vinaigre d'Orleans, qui est le plus estime etle plus usite en pharmacie, contient les prin-cipes suivants: eau, acide acetique, alcool, matieres colorantes et extractives, bitartrate de potasse, tartrate de chaux, sulfate de potasse et chlorure de potassium.
Effets physiologioues. — L'acide acetique ne preci-pite pas l'albumine, mais le gonfle et le rend gelati-neux; il precipite la mucine et empeche la precipita­tion de la flbrine.
Applique sur la peau par des frictions, le vinaigre pur determine les effets des rubefiants; ces effets sont encore plus marques quand on eleve la temperature de ce liquide. L epiderme se gonfle, se ramollit et tombe au bout de quelques jours. Sur les tissus denudes ou sur les muqueuses, le vinaigre produit une irritation assez vive, mais passagere. Introduit dans les voies digestives, a l'etat de purete, il irrite vivement la mu-queuse, gonfle repithelium qui devient d'abord blan-chätre, puis brun ; le tissu soiis-epith61ial s'infiltre, il y a soif intense, douleurs, coliques, diarrhee et gastro-entMte qui pent devenir mortelle.
A pelites doses et dilue, le vinaigre favorise faction digestive du sue gastrique surtout chez les ruminants. II s'oppose ä la fermentation des matieres alimentaires dans le tube digestif.
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80nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEKAPEUTIQUE VKTEH1NA1RE.
Apres labsorption Tacide acötique s'oxyde dans le sang, forme de l'acide carbonique et de l'eau, produits qui sont elimines par les reins et par la peau. Pendant cette Elimination il y a diurese et legfere sudalion. Apres un usage prolonge, ou sous l'influence de fortes doses, le sang devient moins riche en globules, il se produit un amaigrissement rapide en m6me temps qu'une dimi­nution de l'aclivile cardiaque, et un abaissement de la tension arterielle; on trouve alors l'acide acetique en nature dans les produits d'excrötion.
En injections intra-veineuses, l'acide acetique dissent les globules du sang dont les debris forment embolies dans letissu pulmonaireetengendrentunedilficulte tres grande de la respiration et un grand abaissement de la temperature.
Indications THfiRAPEUxiQUEs. —Al'interieur levinaigre remplit les meines indications que les autres acides. La propri6te qu'il a de favoriser la digestion gastrique et d'arrßter les fermentations le recommande dans les cas d'indigestion gazeuse, d'obstruction du feuillet, de meteorisation periodique, etc. II est avantageux aussi pour combattre les empoisonnements par les alcalins caustiques, parce qu'on le trouve partout et qu'il forme des sels inoffensifs qui deviennent meme legerement purgatifs.
Dans les maladies inflammatoires, le vinaigre n'a d'autre effet utile que de calmer la soif et de rendre la bouche moins seche et moins päteuse. '
Employö en lavements, le vinaigne excite les contrac­tions de l'intestin.
Les vapeurs de vinaigre, produites en versant ce li­quide sur un corps metallique chaud, agissent comme desinfectantes; on utilise cette proprlete conlre les calarrhes infectieux, la pneumonie gangreneuse, le croup, etc.
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TEMPERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;81
Ges vapeurs excitent vivement les surfaces muqueuses, ce qui les recommande en inhalation centre les syn­copes, Tasphyxie, etc.
A rexterieur, le vinaigre pent remplacer tous les au-tres temperants, toutesles fois qu'il s'agitde combattre une inflammation locale. Le vinaigre chaud est un re-vulsif precieux contre les maladies inflammatoires in­ternes au döbut. On trempe un drap dans du vinaigre bien chaud et on entoure completement le corps de l'animal; par dessus on applique la couverture de laine. La peau ne tarde pas ä s'echauffer, il se produit de la diaphorese et une revulsion extörieure tres puissanle. On l'assoeie soit ä des teintures, soit ä des plantes aro-maliques pour faire des applications dans les cas de mammite. L'action dösorganisatrice du vinaigre sur les cellules organiques est utilisee pour exciter et lubrdfier les plaies de mauvaise nature, pour detruire les can-croides, les papillömes, etc.
Les principales preparations ä base de vinaigre sont les suivanles :
ldeg;Oxycrat............. ( Vinaigre fort.................. ! gr.
( Eau communo............... 10
2raquo; Oxymel simple....... j ^n quot;naigre.................. 1
'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; rnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Miel ordinairo................ 2
Dölayez le miel dans le vinaigre : faites cuire ä feu mönagö an consislance de sirop, et passez dans un linge clair.
II est employe ä la dose de 100 ä 200 grammes par litre d'eau ou de decoction emolliente pour faire des boissons ou des breuvages acidules et bechiques.
3laquo; Vinaigro alcoolise.... i Vinaigrede vm............... 1 gn.
! Eau-de-vie ortlinaire.......... 1
Melangez et dissolve/, dans süffisante quantilö d'eau,
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82nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
tant pour I'usage interne que pour l'usage externe. PosoLoaiE. — La quantile de vinaigre a I'^tat d'oxycrat, qui pent 6tre adminislree aux divers animaux, est in-diquee par le tableau suivant :
1quot; Grands ruminants............nbsp; nbsp; 500 k 1000 gr.
2raquo; Solipisdes....................nbsp; nbsp; 250 500
3deg; Petits ruminants et pores.....nbsp; nbsp; nbsp; 32 100
4deg; Carnivores...................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8 16
Ces doses peuvent etre, selon les exigences des cas, repetees plusieurs fois dans le courant d'une mfime journee.
Acide oxallque.
L'acide oxalique est solide, en cristaux, incolore, ino-dore, d'une saveur tres acide et d'une density de 1,30. 11 est soluble dans l'alcool et dans l'eau; cette derniöre en dissout 1/8 ä froid, et son poids lorsqu'elle est bouillante.
On le trouve ä l'ötat normal dans I'organisme; e'est un produit de denutrition qui s'elimine par les urines.
Effets puysiglogiques. — Concentre, cet acide est un caustique fluidiflant des plus energiques; introduit dans l'estomac, il I'irrite vivement d'abord et ne tarde pas a perforer ses membranes (Orfila).
Etendu d'eau, cet acide est rapidement absorbe et agit sur le systeme nerveux, qu'il stupefie.
Indications. — Les memes que pour les autres acides temperants :
/ Carnivores.............. 0,r,50 ä 1 gr.
Doses. .' Petits ruminants et pores 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8
( Grands herbivores...... 4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8
Acide tartrique.
Get acide est solide, cristallise, incolore, inodore, d'une
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TEMPERANTS.
83
saveur acide et agröable. II est soluble dans l'eau et l'alcool.
Effets physiologiques. — G'est un temperant tres agreable ä la dose de 2 ä 3 grammes par litre d'eau. Gependant apres un usage prolonge i'acide tartrique altere la digestion.
Indications. — II repond aux indications gönörales des tempörants.
Acides cUrique et mallque.
Ce sont deux acides temperants qui sont rarement employes purs, on utilise surtout le jus de citron, d'orange, de groseille, de pemmes, etc. Ces fruits consti­tuent d'excellents tempörants.
Acide lactique.
Get acide prend naissance pendant la fermentation des matieres sucrees dans I'estomac et l'intestin. II agit comme I'acide chlorhydrique sur la digestion. On trouve cet acide dans presque tous les organes, combinö aux sels de potasse ou au fer (cerveau, foie, rate, pan­creas). L'acide sarco-lactique prend naissance dans les muscles pendant leur contraction et produit la rigidite cadaverique en coagulant la myosine.
L'acide lactique est toujours absorbe a l'etat de sels, qui sont oxydes dans le sang et elimines par les urines ä l'etat de carbonates alcalins. Les lactates ne sont eli-minös en nature que lorsque les oxydations intra-orga-niques sont considerablement diminuees, comme cela arrive dans I'empoisonnement par le phosphore, dans I'atrophie aigue du foie, la leucemie.
A dose trop forte ou apres une administration trop longue l'acide lactique agit döfavorablement sur la diseslion, -
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84nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
Indications THfiRAPiunouEs. — L'acide laclique, outre ses propriöl^s temperantes ordinaires, a encore pour effet de favoriser la digestion des matieres albumi-noides. II est indique aussi pour dissoudre les calculs de phosphate de chaux, car cet acide dissout önergi-quement le phosphate calcaire.
Oxalate de potagae (sei d'oseille).
Ge sei cristallise est pen soluble dans I'eau. G'est un tempörant un peu astringent. II est peu employö.
Bitartrate de potasse [creme de tartre peu soluble).
Ge sei se prösente sous forme de cristaux, il est inco-lore, inodore, d'une saveur faiblement acide. Insoluble dans l'alcool et tres peu soluble dans l'eau; froide, eile n'en dissout que l/GO0 et chaude XjT environ.
Effets physioiogiques. — Le bitarlrate de potasse, en arrivant dans l'intestin, se transforme en carbonate de potasse, passe ä l'absorption et provoque la diurese. L'acide libre est transforme en acide carbonique dans l'intestin et dans le sang. A haute dose, tout l'acide absorbs ne peut pas etre oxyde, il agit alors comme fluidiflant du sang et rend ce liquide moins nutritif.
Le bitartrate de potasse, ötant peu soluble dans le lube digestif, agit mecaniquement sur la muqueuse, il pro­voque des contractions peristalliques et'une secretion plus abondante, il determine im leger eflet purgatif.
Les recherches de Boildieu ont prouve que ce sei pro­voque une abondante secretion de bile. Comme le prix de ce sei est elevö et qu'il faudrait des doses conside­rables pour amener la purgation chez nos grands ani-maux, on ne lutilise guere que pour les petils.
Indications tiiebapeutiques. — II est indiquö pour
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TEMPERANTS.
85
produire la diurese et pour entretenir la liberte du venire. II est ulile dans les inflammations chroniques du tube digestif ou dans les affections du foie. On le donne aux doses suivantes :
Cheval..................nbsp; nbsp; 15nbsp; nbsp; ä 30 gr.
Boeuf..............:...nbsp; nbsp; 50 100
Mouton.................nbsp; nbsp; 15 60
Pore...................nbsp; nbsp; 20 80
Chion...................nbsp; nbsp; nbsp; 5 l'i
Chat....................nbsp; nbsp; nbsp; 2 5
A cause de l'insolubilile de ce sei, on I'administre ge-nöralement sous forme de bols, pilules, electuaires ou bien on le melange avec des aliments.
Tartro-borate de potasse (creme de tartre soluble).
Caracteres. — La creme de tartre soluble est sous forme de poudre, blanche, inodore, tres acide et soluble dans 2 parties d'eau a la temperature ordinaire.
Effets. — A doses elevees, la creme de tartre soluble est laxative ; en petite quantite, e'est un excellent tem-pörant, qu'on emploie principalement dans la llevre bilieuse, la jaunisse, l'entörite, les affections culanees. Comme ce mödicament est d'un prix assez 61ev6, on ne Temploie que rarement. On donne la dose suivante ;
Poulains................. 00 ii 75 gr.
Grands herbivores......... 50 100
SUBSTANCES VEGETALES 0U ANIMALES. a. Oseille {Rumex acetosa).
L'oseille est une plante de la famille des polygonöes dont les feuilles renferment les principes suivants : eau,
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86nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
bioxalate et quadroxalate de potasse, acide tartrique, mucilage, föcule, chlorophylle, etc.
La composition chimique des feuilles d'oseille in-dique suffisamment que cette plante est rafralchissante. On pile ies feuilles et on en extrait un sue qu'on dissout dans I'eau pour faire des boissons temperantes. Le plus souvent, cependant, on prefere faire bouillir l'oseille, et, lorsqu'elle est cuite, on la soumet a la pression; on ob-tient ainsi deux produits : le sue, qui est un pen laxatif, et la pulpe, qui constitue d'excellents cataplasmes tem-perants. La decoction de feuiUes, qu'on appelle vulgaire-ment bouillon aux herbes, est tempörante et relächante; eile est indiquee dans les maladies du tube digestif qui s'aecompagnent de teinte icterique des muqueuses, d'engorgement du foie. La pulpe est employee en cataplasmes rösolutifs dans le cas de mammite, d'or-chite, etc.
SuccfeuANKs. —A defaut d'oseille des jardins, on peut employer l'oseille des pres, la patience [Rumex pa-tientia L.); l'allöluia [Oxalis acetosella L.).
b. Petlt-lait aiffpi.
Le petit-lait aigri renferme une certaine quantitö d'aeide lactique qui lui communique des proprietes temperantes et d61ayantes, d'autant plus utiles que ce liquide est recherebe par la phi part des animaux qui le prennent d'eux-memes, surtout le pore, et le mouton. G'est une boisson qui convient a tous les animaux au däclin des maladies inflammatoires.
C. liait de beurre.
Le lait de beurre est le r6sidu qui reste dans la ba-ratte apres qu'on a prepare le beurre; on y ajoule sou-
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TEMPERANTS.
87
ventaussi del'eau de lavage du beurre. G'est im liquide blanc, plus ou moins epais, d'une odeur acids et bu-tyreuse ä la fois, d'une saveur aigrelette tres prononcee, plus dense que l'eau et se dissolvant dans ce liquide en toute proportion.
Le lait de beurre renferme les principes suivants : eau, casöum, beurre, lactine, acides acetique, lactique et bulyrique, sels calcaires et alcalins.
II pent remplacer le petit-lait, ou 6(re employe con-curremment avec lui.
.1
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TROISlfiME CLASSE
MEDICAMENTS ASTRINGENTS.
On donne le nom d'astringenls aux medicaments qui jouissent de la propriete de resserrer, de condenser les tissus surlesquels ils sont appliques, et de tarir les secre­tions locales.
Ges medicaments re^oivent encore les noms de styp-tiques, de dessiccatift. Ils sont nombreux et sont tires des vegetaux et des mineraux ; quelques-uns resultent de la combustion des matieres organiques. Suivant leur origine, on peut done les diviser en trois groupes : 1deg; les mineraux; 2deg; les vegeiaux et 3deg; lespi/rogenes. Dans chaeun de ces groupes, on trouve un grand nombre de substances.
Avant d'etudier chaque medicament astringent en particulier, il est utile de faire connaitre leurs carac-töres communs.
PROPRlfiT^S PHYSIOLOGIQUES COMMUNES. — Les effets lo-
caux des astringents peuvent se rösumer ainsi : resser-rement, condensation, diminution de volume du lissu sur lequel ils sont appliques; constriction vasculaire, pamp;leur, abaissement de latemperatures arröt des secre­tions et diminution de la sensibilite.
Ces effets physiologiques tramp;s nombreux et tres im-portants sont d'autant plus prononces que les tissus sur lesquels les astringents agissent sont plus fins, plus delicats. Quand l'application astringente est de courte duree les effets ^numeres ci-dessus sont ephomferes; ils se dissipent bientot et des effets inverses apparais-
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;89
sent, c'est alors ce qu'on appelle la reaction. La reac­tion consiste dans le retour brusque du sang, dans les capillaires sanguins de la partie, qui devient rouge, gonflee, chaude, sensible et dont les diverses secretions se röveillent avec activity : ainsi un organe qui, sous l'influence tres passagere des astringents, se resserre, se condense, diminue de volume, devient päle el froid, tarit ses secretions et devient moins sensible, se relächera, augmentera de volume, deviendra rouge et chaud, söcrölera abondamment et sera tres sensible aprfes que les effels des astringents seront dissipös. Gelte reaction se produit d'aulant plus facilement el avec une inlen-site d'aulant plus grande, que la duree de Tapplication des astringents esl plus courte, etque les effels passagers provoques sont plus intenses.
Pour eviter le retour de la reaction, il est indispen­sable d'insister longlemps sur I'application aslringente. Plus la duree de Tapplication est longue, moins la reac­tion a de tendance a se produire.
Quand I'aclion astringenle dure trop longlemps, les tissus deviennent durs, epais, päles, froids, insensibles et impropres ä remplir leurs fonclions; ils sont en quel-que sorle tannes.
Les effets immediats des astringents derivent de leurs proprietös chimiques, surtout de leur affinite pour les matieres albumineuses. Tous les astringents coagulent l'albumine et la flbrine, et c'est parce qu'ils se combi-nent avec les substances albumineuses des tissus, qu'ils provoquent leurs effels de resserrement, de condensa-lion, de constriction vasculaire.
Inlroduits dans la bouche les astringents produisent une action styptique des plus marquees, ils arretent la secretion du mucus et de la salive, dessechent la muqueuse buccale, la döcolorent et la crispent, resser-rentviveiiient le pharnyx, Toesophage etrendent lade-
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90nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPELTIQUE VETERINAIRE.
glutition trös laborieuse. Arrives dans I'estomac, ils sont genöralement mal Supportes; ils arr^tent la se­cretion du sue gaslrique, produisent du degoüt, döter-minent la soif, provoquent le vomissement chez les carnivores et une digestion laborieuse chez les her­bivores.
Dans l'intestin les mömes effets se produisent : le mucus et le liquide entörique ne sont plus söcretös en aussi grande quantite, non plus que la bile et le sue pancreatique; les tuniques de l'intestin reviennent sur elles-mömes et diminuent le calibre de ce conduit; la marchedes aliments est lente; la consistance des excre­ments augmente ; les defecations sont retardöes. Quand on insiste trop longtemps surl'usage interne des astrin­gents, ils arretent entierement la function digestive, irritent la muqueuse, frappent d'inertie le canal intes­tinal, determinent d'abord une constipation opiniätre, puisTarr6t des matieres fecales, et peuvent determiner la mort si Ton ne remödie pas bientöt ä ces fAcheux effets par les boissons mucilagineuses, les laxatifs, les purgatifs salins.
Les astringents sont absorbes difficilement, a cause de leur action condensante sur la surface absorbante; ils sont surtout absorbes lentement quand ils sont concentres ou employes ä doses trop fortes. Les effets g6n6raux se developpent done lentement; ils consistent surtout dans une augmentation de la tonicite de tons les organes et une augmentation de la plasticite du sang. Ils diminuent toutes les söcrelions et sont expuls6s en grande partie par les urines, oü il est possible d'en de-voiler la presence ä l'aide de reactifs appropriös. Au d6but d'une administration un peu soutenue ils ne gönent pas beaucoup la nutrition, mais au bout d'un certain temps, ils ne tardent pas a devenir nuisibles. On constate que le mouveroent de nutrition est gene;
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MfiDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 91
il y a ralentissement et affaiblissement des mouve-ments du coeur et de la respiration; abaissement de la temperature; la peau devient seche et rude, les mu-queuses deviennent pales, les secretions sont suspen-dues; ensuite la maigreur apparatt, puis le marasme at enfln la mort.
Indications thäbapeutioues. — Les astringents en combattant directement la tumeur, la rougeur, la cha-leur et la douleur conviennent dans tons les cas d'in-flammation locale. Leur action condensante les fait employer pour diminuer la laxite et le boursouflement d'un tissu ou d'un organe quelconque. Leur action antisecretoire les rend precieux pour tarir les secre­tions muqueuses, purulentes ou autres. Ils conviennent pour dessecher certaines surfaces humeclees par un liquide morbide, ex.: dans las eaux auxjambes, les cre­vasses, la fourchetle pourrie, la limace, le pietin, les dartres, certains ulceres, les eczemas humides, etc.
L'effet vaso-constricteur et hypothermique est uti­lise dans les cas d'hemorrhagies superßcielles, dans les contusions, les entorses, les efforts divers des articula­tions et des tendons, dans les cas d'ecchymoses, de tumeurs sanguines, de varices, d'anevrysmes au debut.
L'aclion tonifiante et antisecretoire les fait employer ä l'interieur pourcombattre la diarrhee sereuse.
A cause de leur absorption difficile et de leur action malfaisante sur le tube digestif les astringents ne sont pas indiques pour combattre des maladies inflamma-toiresaigues, siegeant sur des organes internes, surtout sur les organes respiratoires.
Astringenta mineraux.
Les principaux astringents mineraux sont: I'alun, le sulfate de zinc, le sulfale de fer, le perchlorure de fer,
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9gt;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETER1NA1HE.
le tartrate de fer et de potasse, l'ac^tate neutre de plomb, le sous-acetate tribasique de plomb, l'acötate bibasique de cuivre, I'acetate neutre de cuivre, l'acötale de chaux, la chaux.
Alan {sulfate d'alumine el de potasse).
Les cristaux d'alun renferment 43 p. 100 d'eau de cristallisation. Quand ils sont soumis a uns tempera^ ture elevee, ils se boursouflent consid6rablement, per-dent leur eau, deviennent anhydres et donnent l'a/Hn calcine,
L'alun est soluble dans 15 parties d'eau froide, dans 3 parties d'eau chaude et dansl partie d'eau bouillante.
Gertaines substances decomposent l'alun; les prin-cipales sont : la potasse, la soude, Tammoniaque et leurs carbonates; la chaux, la magnesie, les sels de plomb, les substances tannanles. Ils est important de tenir compte de ces incompatibilites dans les prepara­tions pharmaceutiques.
Effets physiologiques. — Sur la peau intacte les effets sont ä peine marques; ce n'est qu'a la longue que la peau est irritee et crispöe. Sur la peau ddnudöe et sur les muqueuses, l'alun produit une \egkre irrita­tion, puis il resserre et condense vivement les tissus et en m6me temps les desseche en arretant leurs secre­tions. Les surfaces sont alors comme tannees et resis-tent ä la putrefaction. Get effet astringent energique est du a la combinaison de l'alun avec l'albumine des tissus qui est precipitee ä l'ötat insoluble. D'apres Mialhe le precipitö que forme l'alun avec l'albumine est so­luble dans un exces d'alun, il en resulte qu'ä une cer-taine dose l'alun cesse d'etre astringent pour devenir detersif. L'alun calcine, beaucoup plus actif que le pre­cedent, non seulement resserre les surfaces et arrlt;He
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MEDICAMENTS ASTHINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 03
leurs secretions, mais encore il detruit les lissus en les eschariflant legerement, si I'application est un peu prolongee; cet effet esl surtout tres evident sur les solu­tions de continuite anciennes avec bourgeonnement mollasse et exagere. Orflla dit que Tallin calcine, intro-duit sous la peau, determine la mortification complete des tissus qu'il touche.
Administre a petites doses souvent repetees, Tallin n'a d'abord auciin effet apparent sur la digestion, si re n'est une legere constipation; mais apres un certain temps, il resserre le canal digestif, arrete les secretions, produit meme de Tirritation, et une gastro-enterite avec des doses elevees. D'apres Orfila 30 a 60 grammes d'alun administre en une fois au chien produisent des dejec­tions alvines Mtöes et des vomissements si les voies sont restees fibres.
Dans le cas, au contraire, oil Ton a lie Tcesophagn, la mort s?ensuit et Ton trouve k Tautopsie la muqueuse gastro-intestinale enflammee, le mucus coagule, les tuniques racornies et dures, etc.
Dans Testomac Talun se combine avec des matieres albuminoides qui sont solubles et absorbables. 11 passe dans le sang et, aprös douze heures, on pent le retrou-ver dans les urines. L'alun absorbe ralentit les secre­tions, notamment celles de la sueur, des urines et du lait. L'abus de Talun amene un appauvrissement du sang et un trouble considerable dans la nutrition, d'oii maigreur, puis marasme. L'ölimination de Talun se fait surtout par les urines; eile ne semble pas se faire par le lait, car Hertwig a remarque que le lait obtenu sur des vaches soumises ä Taction de Talun ne s'acidiQe pas plus vite que dans les conditions ordinaires.
Indications th^rapeutioues. — L'action astringente energique de Talun indique son emploi sur les plates bourgeonnantes, les fistules articulaires, les catarrhes des
\\
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#9632;6 .,#9632;'#9632;'quot;*#9632;#9632;
04nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THälUPElITIQUE VETEHINAIHE.
muqueuses, les hypersecrctions de toute nature, les renver-sementsdu rectum, du vagin et de l'iiterus. II convient ires bien dans la metrite chroniqne en injections de 1 ä 2 p. 100. Ces memes injections conviennent aussi dans les cas de non-delivrance pour exciter les contrac­tions de l'uterus et pour empöcher la putrefaction.
Dans les cas d'hemorrhagies capillaires (metrorrha-gie, ^pistaxis), les solutions d'alun arretent bientot l'ecoulement du sang.
La propriöte que possede l'alun de precipiter l'albu-mine le fait employer pour confectionner des bandages contentifs pour les fractures et les luxations. Voici le melange Delorme pour les en torses et la luxation du beulet chez les solipedes : on prend six blancs d'ceufs et 32 grammes d'alun calcinö reduit en poudre, on bat le melange et on imprögne des plumasseaux et des compresses qu'on dispose en long tout autour de l'arti-culation malade; puis, ä l'aide d'une bände de toile ou de flanelle de 2 metres de longueur et de 6 centime­tres de largeur, on exerce une compression bien egale autour du boulet. L'appareil doit rester en place huit jours et le sujet 6tre tenu tout ce temps dans un repos complet.
M. Lafontaine emploie l'alun de la maniere suivante pour les appareils contentifs des fractures : On fait bouillir un litre d'alcool faible avec 300 grammes d'alun cristallise jusqu'äce que le melange ait acquis une con-sistance sirupeuse; puis on trempe dans cette prepa­ration des etoupes dont on entoure le point fracture, on place ensuite les attelles comme ä l'ordinaire, et on termine le pansement, en recouvrant le tout avec une bände impregnee d'un mölange chaud de resine et de poix noire. Cet appareil est d'une extreme solidity, et merite de passer dans la pratique.
A l'intörieur l'action astringente et antisecretoire de
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MEDICAMENTS AS'l'HINGEiNTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Öd
l'alun fait employer cette substance pour combaltre la diarrh^e et le relächement du tube digestif. Les effets gen^raux ne sont guere utilises qua pour com-battre le pissement de sang, Talbuminurie. On pourrait aussi I'employer al'intdrieur pour larir certaines secre­tions morbides des voies genito-urinaires, puisque ce sei est elimine paries urines.
Doses. — A. l'intörieur l'alun cristallise se donne aux doses suivantes :
Grands ruminants................nbsp; nbsp; 8 k IG glquot;.
Solipedes........................nbsp; nbsp; 6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;12
Petits ruminants et pores.........nbsp; nbsp; 3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4
Chiens...........................nbsp; nbsp; 0.50 2
/ Sulfate de cuivre.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; O'.öO
Collyre contra les taches \ Sulfate de morphine..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0. ID
de la coruee (Guepin). i Sulfate d'alumineetde potasso.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1
[ V.aa distillce.................nbsp; nbsp; 100
Paites dissoudre. On fait tomber trois gouttes de ce collyre dans une cuilleree d'eau, et on pratique dix ä vingt lotions par jour.
Sulfate de zinc {couperose blanche, vitriol blatte).
Le sulfate de zinc est insoluble dans l'alcool et 1 ether, il est soluble dans deux parties et demie d'eau froide, et dans son poids d'eau chaude. II coagule I'albumine comme l'alun et le coagulum forme ne se redissout pas.
Effets physiologiques. — Les effets locaux sont ana­logues a ceux produits par l'alun, mais ils sont plus in-tenses, plus önergiques.
D'apres les experiences de Tabourin sur le cheval, les effets du sulfate de zinc sur le tube digestif sont essen-tiellement differents suivant les doses. Ainsi donne a petites doses, e'est-a-dire de i a 3 grammes, dissous
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lt;J0nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEKAPEUTlUüli VETER1NA1RE.
dans un litre d'eau, le sulfate de zinc se comporte purement et simplement comme un astringent fort, ii deeolore et dessecbe la bouche, augmente I'appe-tit et la soif, produit la constipation et dnrcit les excre­ments, etc. Mais, administrö ä doses moyennes de 10 ä 20 grammes, ses effets sont entierement differents : la deglutition du breuvage est laborieuse, la bouche devient seche et päteuse, l'appetit est diminue et la soif augmentee, la defecation est rare, diflicile, et les excrements sont generalement durs et coiffes; on remarque souvent des coliques; le ventre diminue de volume et se releve ; ily a parfois des bäillements suivis de nausees et deviolents efforts de vomissement; alors il y a de la salivation, de l'abattement, du hoquet, des eructations et quelquefois rejet par les narines de ma-tieres venant de Testomac. Enfln, ä doses ^levees et toxiques comprises entre 30 et AO grammes, les effets, quoiqu'etant de m6me nature, sont plus intenses et plus rapides.
Chez le chien des doses de 0gr,50a 2 grammes d6ter-minent le vomissement sans aucun accident consecutif.
Apres I'absorption le sulfate de zinc k faible dose ralentit la circulation et la respiration, et augmente la secretion urinaire. A forte dose il produit des nausees, un ralentissement et un affaiblissement des mouve-ments du coeur, un affaissement profond du Systeme nerveux, et enfin la paralysie et la mort.
A I'autopsie d'un animal qui a succqmbe a une dose trop forte de sulfate de zinc, on trouve les lesions sui-vantes : ecchymoses diss^minees sur la muqueuse de l'intestin grele, et plus encore sur le gros intestin ; re­duction du calibre de tout le tube digestif; coeur petit et ecchymos6 surTendocarde ; consistance plus grande qu'ä l'ordinaire des organes parenchymateux et glan-dulaires.
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MEDICAMENTS ASTKhNGENl'S.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 97
Indications therapeutioues. — II est employ^ pour produire le vomissement chez les animaux carnivores et omnivores.
Ses vertus fortement astringentes et antiseptiques, le recommandent contre toutes les affections locales oil les astringents sent indiques. Pour eviter des repe­titions inutiles, nous ne nommerons pas les nombreux cas oü ce corps peut etre utilise.
A la dose de 1 pour 130 d'eau, il s'oppose a la multi­plication des bact^ries.
Les solutions astringentes sont de 1 ä 4 p. 100 sui. vant l'intensite des effets que Ton desire obtenir et suivant la dölicatesse des organes. Les solutions pour collyres doivent rarement döpasser 2 p. 100.
Antidotes. — On combat les effets toxiques du Sul­fate de zinc avec le lait, le blanc d'oeuf, les eaux sulfu-reuses.
Protosulfate de fer {couperose verte, vitriol vert).
Le sulfate de fer est soluble dans la moitie de son poids d'eau chaude, et dans le double de son poids d'eau froide.
II est decompose par tcs sels ä base de chaux, de ba-ryle, de plomb,d'argent, de mercure, etc., qui forment avec l'acide sulfurique des composes insolubles; par les oxydes des deux premieres sections qui pr^cipitent l'oxyde de fer; par les phosphates et les berates qui formeraient des sels de fer insolubles; par les savons, le tannin.
Effets physiologiques.— Ce sei agit sur I'organisme comme un astringent eneryique, mais il ne präsente aucune particularity notable.
Al'etatdepoudre ou de solutions concentröes il cesse d'ötre astringent pour les tissus fins, il devient irritant Kaufmann. — Th^rapeutiqiio.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;6
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98nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ThERAPEUl'IQUE VEtEHINAlÜE.
Introduit dans les voies digestives, a la dose de 8 grammes chez le chien, ou injecte dans les veines ä celle de 1 ä 2 grammes, 11 provoque le vomissement et ne tarde pas a les faire pörir apres avoir determine un abattement general.
Le professeur Gohier administra 330 grammes de ce sei auncheval,200 grammes a un äne et 100 grammes ä un poulaindeO mois ; aucun d'eux ne vomit ni n'urina, mais il y eut quelques nausees. Le lendemain les trois sujels moururent et, ä l'autopsie, on trouva les intes-tins gangrenes.
Dans l'estomac le sulfate de fer se precipite en ge­neral en se combinant avec les matieres albuminoi'des; mais I'acide chlorbydrique le redissout en parlie et le Iransforme en chlorure de fer qui est absorbe.
Le sulfate de fer arrive done dans le sang a l'etal de chlorure de fer. Avant son absorption il provoque le resserrement de la muqueuse gastro-intestinale et la diminution des söerötions digestives. Apres son absorp­tion il rend le sang plus plastique, plus riche en glo­bules rouges.
Pour que ces effets toniques semanifestent, il ne faut l'administrer qu'ä ties faible dose, pour eviter son ac­tion malfaisante surla digestion.
Le fer s'elimine en partie par les voies urinaires, ainsi que l'ont demontre Gmelin et Tiedeman, en traitant les urines par les reactifs appropries; mais la plus grande parlie est öliminee par la bile.
Le vitriol vert est antiseptique et dötruit les mau-vaises odeurs qui se degagent des matieres organiques en fermentation.
AprucATionsTUERAPEUTiQUES. — Ge sei repond a toutes les indications ordinaires des astringents; il a en plus pour efiet de relever la nutrition chez les anemiques; ilest cependant avantageusement remplacepar d'autres
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;99
preparations ferrees. Son action antiseptique et däsodo-rante peut 6tre utilisee dans un grand nombre de cas. II est employe en poudre ou en solutions, plus ou moins concentrees de 1 a 10 p. 100.
/ Grands ruminants........ 8 Jv 10 gr.
Doses. ) SoliPedes................ 6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;^
I Petits ruminants et pores. 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4
\ Cliiens et chats.......... 0.50 2
Pepchlopure de fer {sesquichlorure de fer, muriate de fer, chlorhydrate de peroxyde defer).
Le perchiorure de fer est solide, en ecailles violacees, tr6s hygroscopiques; il est tres soluble dans I'eau, I'al-cool et Tether. Ce corps est rarement usite sous cat 6tat; il s'emploie surtout sous forme d'un liquide siru-peux marquant 30deg;, au pese-sel de Baume, d'une cou-leur rouge brun, d'une odeur cbloree et d'une saveur acre et astringenle. II peut 6tre acide basique, ou neutre; e'est ce dernier qui doit laquo;Hre pr6fere. Ge liquide conlient environ le tiers de son poids de perchiorure solide.
Avec les matieres tannantes le perchiorure de fer forme de l'encre ; avec les cyanures et les ferrocya-nures il donne naissance a du bleu de Prusse. II pre-cipite les gommes, le mucilage, l'albumine, et forme des combinaisons speciales avec ces corps.
Effets physiologioues. — Le perchiorure de fer ap­plique sur la peau intacte condense I'epiderme, le res-serre, le tanne en quelque sorte, et le rend imper­meable. Lorsqu'il est appllquö sur une plaie ou une muqueuse suppurante, il y determine immediatement une action coagulante si energique, que le coagulum forme ressemble a une fausse membrane ou ä une es-chare, ce qui fait croire a une action caustique qui n'existe pas. II ne devient escharotique sur les mu-
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100nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIKK.
queuses et les surfaces nues que lorsqu'il est solide ou qu'il marque 43deg; B. II ne produit pas immediatement de douleur lorsqu'on I'applique, parce que le per-chlorure de fer n'est pas une substante irrltante ; mais au bout de quelques heures et par suite de l'action dösorganisatrice par coagulation qu'il exerce sur la membrane pyogenique, et de la mise en liberte d'une certainc quantite de chlore, il provoque une douleur assez vive quoique peu persistante.
Le perchlorure de fer mis en contact avec le sang, la lymphe, les söcreüons diverses contenant des subs­tances albuminoides exerce sur ces divers liquides une action coagulante des plus energiques. Quand on verse une quantite de perchlorure egale ä 10 gouttes a 45deg; Baume par centilitre de sang en ayant soin d'a-giter le melange avec une baguette de verre, on obtient un magma solide, qui a la forme d'une pale noirätre, granuleuse, mais ferme.
Abandonne a lui-meme a I'air, ce magma complete-ment imputrescible durcit encore, se desseche assez rapidement et se reduit facilement en une poudre brune qui peut se garderinde'flniment.
Un exces de perchlorure de fer ajoute au coagulum encore humide le rend d'abord moins solide, et une nouvelle quantite tend ale redissoudre.
C'est en 1852, que cette propriety coagulante a ete de-couverte par le docteur Pravaz, de Lyon, et eile a ete immediatement appliquee pour arreter les hemorrha-gies et guerir les varices.
Le perchlorure de fer est aussi un agent antiseptique et antiputride des plus energiques.
Administrö ä petite dose ä l'interieur, le perchlorure de fer resserre lögerement l'estomac et l'intestin, co-lore les excrements en noir verdätre, et ne tarde pas ä determiner la constipation. A la dose de 30 grammes
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MliDICAMENTS ASTHINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;101
il cause du dögoüt chez le cheval, et l'eau dans laquelle il est en dissolution est döglutie avec difficulte.
Apres son absorption il communique au sang une plas-licitö plus grande en augmentant le nombre des glo­bules rouges. Pendant longtemps on a considere le perchlorure de fer comme hemostatique capillaire apres son absorption et comme pouvant agir sur tons les organes parenchymateux. Gette action hemostatique genörale n'existe pas; le perchlorure absorbe n'exerce plus aucune action coagulante sur le sang qui le tient en dissolution.
L'action hemostatique ne pent done etre que locale, e'est- ä-dire se borner aux points touches directement par le perchlorure.
Indications th^rapeutiques. — Son action coagulante en fait un hemostatique local des plus puissants. Ge-pendant I'efflcacite pent dependre beaucoup du mode d'application.
L'action coagulante du perchlorure de fer est tene­ment instantanee, que, si Ton en verse sur les levres sanguinolentes d'une plaie, toute la superficie sera a I'inslant coagulöe; mais le liquide ne pouvant peuälrer jusqu'4 l'oriflce du vaisseau ouvert, I'h^morrhagie con-tin uera;ily a done certaines precautions preliminaires qui sont indispensables ä la reussite de l'opöration :
lquot; II faut, autant que faire se pent, exercer avec le doigt, ä une certaine distance de la plaie, une compres­sion momenlanee pour suspendre I'hemorrhagie ;
2deg; Eponger rapidement et aussi completement que possible;
3deg; Porter alors promptement un bourdonnet de charpie ou d'etoupe impregne de liquide ä l'orifice du vaisseau ou sur la surface sanguinolenle dans les hemorrhagies en nappe, en pressant legörement et en le maintenant un instant;
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J02nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
4deg; Enfln, ajouter un autre plumasseau et maintenir encore quelques minutes la compression, aQn de donner au caillot le temps d'offrir assez d'adherence pour ne pas Mre expulse par Tecoulement sanguin.
Pour faire des injections hemostatiques dans I'epis-taxis, la melrorrhagie, on emploie des solutions a 10 p. 100.
L'aclion coagulante est encore utilisee pour farmer lesplaies, lesflstules articulaires et tendineuses.
Son action astringente et antipulride le rend pre-cieux dans le traitement des solutions de continuite graves (ex., fistules, abces, clapiers, etc.).
Son effet antisecretoire est utilise pour guörir les maladies cutanees secretantes, les dartres rongeantes et humides, les eaux aux jambes et le crapaud; il est oppose aussia la diarrhee, a ladyssenterie, aux hömor-rhagies intestinales, etc.
Comme nous l'avons deja dit, le perchlorure de fer ne doit pas etre employe co'Vnme hemostatique general a cause de la nullite de ses effets apres absorption.
II est indique comme tonique toutes les fois qu'il faut augmenter la piasticite du sang et relever la nu­trition. On I'emploie avantageusement dans l'anömie et pendant les convalescences des maladies graves.
Enün M. Rodet attribue au perchlorure de fer addi-tionnö d'un acide des vertus antivirulentes et antiveni-meuses prononcees.
Voici les formulas adoptees par M. Rodet:
/ Eau distillee.................. 32 gr.
¥.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\ Perchlorure ä 30deg;............. 16
Liqueur non caustique.. lt; , -j , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ..... .u
^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;J Acme citnque................. 5
\ Acide chlorhydrique........... 5
Falles dissoudre I'acide citrique dans l'eau et ajoutez successivement le perchlorure et I'acide chlorhydrique.
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;103
I Eau distillöe................. 32 gr.
Liqueur caustique...... j Perchlorure................... 16
( Acide chlorhydrique........... 8
Ajoutez ä l'eau successivement le perchlorure et l'acide chlorhydrique.
Ges liqueurs neulralisent parfaitement le virus syphili-tique etle virus vaccin,les venins d'abeilles.de guöpes, de frelons; mais on n'est pas encore certain qu'elles puissent neutraliser le virus rabique, le virus morveux et les venins des viperes.
/ Cheval.................. 1 Ji 3 gr.
Doses J Bceu,'•................... 3 5
J Mouton et pore.......... 0.30 0.50
I Chien................... 0.05 0.15
On doit donner ce sei en boissons etendues d'une grande quantity d'eau miellee ou sucr6e. Autres preparations:
Pommade do perchlorure j Perchlorure de fer............ 4 gr.
defer................ / Axouge....................... 32
Incorporez.
Preparation hemostatique i Perchlorure de fer............ 1
puissante............ \ Collodion..................... 8
Tartrate de protoxyde de fer et de potasse.
Ce sei est solide, de teinte verdälre, cristallise ou en poudre, d'une saveur amere et styptique, soluble ä la fois dans l'eau, l'alcool et le vin. 11 forme la base des preparations suivantes :
1deg; ßoules de Mars ou de Nancy. — On fait une disso­lution du sei precedent qu'on melange avec une infu­sion tres chargee de plantes vulneraires qu'on evapore en consistance d'extrait, et auquel on ajoute, pour lui
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104nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETfiRINAlRE.
donner plus de liant et de duretö, un peu de gomme et de la poudre de racine de lormentille. On fait ensuite, avec cette päle epaisse, des bols du poids de 40 ä SO grammes, qu'on arrondit dans les mains impregnees d'huile, aün d'empöcher la surface des boules de se gercer. Les boules de Nancy sont solubles h la fois dans l'eau, l'alcool et le vin.
A l'interieur, elles se donnent comme toniques et astringentes ; ä l'exterieur elles s'emploient ä titre de defensif, dans le cas de contusion, d'entorse, de plaies, de crevasses, etc.
2deg; Boules de Molsheim. — Ge sont les pröc^denles auxquelles on a ajoute de la terebenthine ou d'autres matieres resineuses.
„„ ,,. i • . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Tartrate de fer et de potasse.. 32 er.
Vin dlanr.................... 1 lit.
Dissolvez ä froid.
.„laquo;,.. , ,, \ Tartrate de potasse et de fer... 32 er, 4deg; Teuiture de Mars.... ! ., . rnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; rnr, e
( Alcool....................... 500
Dissolvez ä froid.
Acetates de plomb.
En mödecine on emploie deux acetates de plomb, l'acötate neutre et le sous-aeötate ou aeölate tribasique.
Aettate neutre de plomb (sei OU Sucre de Saturne).
Ge sei est cristallise, incolore, inodore, ä saveur sucree d'abord, puis äpre et tr^s styplique. Expose ä l'air, il s'affermit et se transforme partiellement en carbonate en perdant de l'acide acelique; l'eau froidn
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MEDICAMENTS ASTltlNliENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Mi
en dissout le tiers de son poids, I'eau chaude la inoilie environ et l'alcool un huitieme senlement.
Ge sei est precipite par les carbonates, les sulfates, les alcalis, les matieres albuminoides ; il n'est pas pre­cipite par la mucine.
Effets puysiologioues. — Localemeht le sucre de saturne agit comme un excellent astringent; il resserre les tissus, les rend plus denses, tarit leurs söcrölions et diminue leur sensibilite. II semble, en outre, avoir une action energique sur les petits vaisseaux qu'il con-tracte: sur les surfaces secretantes il se combine avec 1'albumme des liquides secretes et forme une couche solide, protectrice, tres favorable ä la guerison.
Les effets locaux ci-dessus ne se produisent qu'avec des solutions etendues; si les solutions sont concen-trees ou si le sei est ä l'etat solide, il devient irritant pour les tissus Ans, les muqueuses et determine leur mortification.
Dans l'estomac l'acetate neutre de plomb se combine avec les matieres albuminoides. Dans I'intestin, une partie forme du sulfure de plomb insoluble en pre­sence de l'acide sulfhydrique ; I'autre partie est ab-sorbee.
Pendant son sejour dans le tube digestif, la muqueuse est resserree, densifiee, et les secretions sont dimi-nuees; les excrements deviennent noirs, durs et ne sont expulses que rarement et avec difliculte.
A doses fortes ou trop concentrees, ce sei produit une vive irritation, une gaslro-enterite accompagnee de coliques violentes et suivie de mort.
Apres l'absorption, l'acetate neutre de plomb se fixe sur les hömaties, d'apres Millon, et ne se trouve pas dans le serum. Les hömaties transportent le plomb dans tous les organes ; il se depose principalement dans les os, les reins, le foie, les centres nerveux el
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106nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
produit des troubles nutritifs et fonctionnels dans ces organes, si I'administration est prolongee.
La presence du plomb dans les elements des organes parenchymateux ralentit la nutrition et on voit sur-venir rapidement de l'amaigrissement, une faiblesse musculaire generate, des tremblements et des accös epileptiformes ; en outre, on voit une diminution du nombre des battements du cceur et des arteres, une .certaine difficult^ dans la respiration, un abaissement de la temperature animate et un amaigrissement con­siderable accompagne d'une perte de la sensibilile generale. Les animaux presentent aussi des coliques inlenses (coliques de plomb) qui sont dues, d'apres Heubel,ä faction paralysante etirritante des particules de plomb qui se deposent dans las parois intestinales et ii la presence de malieres excremenlilielles tres dures.
Le plomb depose dans les organes parenchymateux ne se resorbe et ne s'elimine que lentement. L'elimi-nation s'eflectue par la bile et un peu par les urines et la salive. Le plomb elimine par la bile revient dans I'inteslin, dans lequel il est en partie rendu insoluble ; mais une certaine quantite passe de nouveau a I'ab-sorption.
Les ruminants sont les animaux les plus sensibles ä Faction des sets de plomb; les effets toxiques se mon-trent aprös une administration meme peu prolongee.
Pour combatlre les effets du plomb pris en trop forte quantite, il faut precipiter ce mötal dans le tube digestif a l'aide de quelques röactifs. Les meilleurs anti­dotes sont le sulfate de soude et de magndsie, le muci­lage. Pour combattre les effets du plomb d6ja absorbe et döpose dans les organes, ön emploie le bromure et l'iodure de potassium, qui facilitent sa resorption et son Elimination.
Indications th6rapeutioües. — Le sucre de saturne,
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Medicaments astringents.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 107
C'omme astringent local antisecretoire et analgesique, convient dans tous les cas A'inflammation locale, surtout lorsque les secretions sont surabondantes et qua la dou-leur est vive. On le recomntande surtout pour les plaies tres suppurantes, les maladies culanees secrö-tanles et prurigineuses, les conjonctiviles. Les sels de plomb ne conviennent pas pour les ulcerations de la cornee, car les parlicules de sei de plomb qui se preci-•pitent s'enkyslent et amenent des taches persistantes sur la cornee. Dans les conjonctiviles ordinaires sans ulcöration, ce sei convient Ires bien, soit sous forme de poudre qu'on insuffle dansl'oeil malade et qu'on enleve ensuite avec de l'eau distillee apres une minute de con­tact, soit sous forme de solutions.
A Tinterieur les proprietes astringentes, antisecre-loires et calmantes sont utilisees pour combattre des diarrhees.epuisantes et rebelies, des hemorrhagies in-teslinales, I'enterite couenneuse, etc. Dans tous ces cas #9632;il faut administrer de fortes doses, mais öviter de les continuer longlemps.
On n'utilise guere les proprietes qu'il ddveloppe apres son absorption que pour combattre certaines hemorrhagies du poumon, des reins; on pense qu'il determine la contraction des vaisseaux des organes parenchymaleux et qu'il pent ainsi arröter les hemor­rhagies capillaires. dependant ce fait n'est pas encore absolument prouve.
Doses.
Gheval..................nbsp; nbsp; 5 4 15 gi-.
Boeuf...................nbsp; nbsp; 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
Mouton, pore...........nbsp; nbsp; 0.30 1
CMon..................nbsp; nbsp; 0.02 0.10
Mousi-acctaie ou acetate tribasique lie plomb. Extrait de saturne.
L'extrait de saturne des offlcines est habituellement
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108nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTHIUE VETEH1NAIRE.
liquide, un pen visqueux, blanc ou jaunätre, d'une odeur speciale, d'une saveur sucröe d'abord, puis tres slyplique. Expose ä l'air, il s'allere rapidement en absorbant I'acide carbonique; il est insoluble dans I'alcool, qui trouble sa solution aqueuse.
Quand on le melange a I'eau ordinaire, il donne un precipile blanc d'autanl plus abondant qu'elle est plus chargee de carbonates, de sulfates, de chlorure, etc., alcalins ou terreux. II precipite un grand nombre de principes organiques, tels que la gomme, Tamidon, l'albumine, la gelatine, le tannin, etc.
II faut se souvenir de ces proprietes chimiques dans la confection des preparations pharmaceutiques.
Effets physiologiques et emplois. — Les effets locaux et generaux sont semblables a ceux developp^s par l'aeötate neutre de plomb. On I'emploie dans les memes cas.
Preparations :
, _ ,, ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;S Extrait de satiu-no........ 16 ä 32 gr.
lo Eau blanche........ i „nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;. lu
( Eau commune............ 1 litre,
._,,,,,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;; Extrait de saturne............. Oar.
r Eau de Goulard ou eau Eau.de.vie.................... 6i
vegeto-mmerale • • • | Eau ordinah.0................. , m.
Melez.
. „,'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i Extrait de saturnlaquo;............. i gr.
3raquo; Gerat saturno....... ( Ccrat simple.................. S2
Incorporer ä froid et preparer seulement au moment de s'en servir, car il durcit promptement.
Pommade centre I'ecze-ma (Wattren).........
Sous-acetato de plomb......... 10 gr.
Glycerine..................... 10
Axongo recento............... 30
F. s. a. line pommade avec laquelle on fera des onctions pour calmer le prurit de I'eczema aigu.
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MEDICAMENTS ASTaiNGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;109
Acetatelaquo; de cuivre.
Les acetates de cuivre employes en m^decine soat l'acetate neutre et l'acötate bibasique de cuivre.
lu Acetate neutre de cuivre [verdet cvistallise, cristaux de Venus).
Ge sei est solide, cristallise en prismes rhomboidaux d'un vert bleuätre fonce, d'une saveur styptique et mö-tallique tres desagreable. Exposö ä l'air, il s'effleurit; chauffe, il perd son eau, se desseche et deviant blanc; calcine, il se decompose entierement. Tres peu soluble dans I'alcool, il se dissout dans cinq fois son poids d'eau chaude et dans une grande quantite d'eau froide.
Pour les effets, voir Acetate bibasique de cuivre.
2deg; Acetate bibasique de cuivre (vert-de-gris).
Le vert-de-gris se presente sous forme d'une poudre vert-bleuätre, pale, inodore, d'une saveur tres styptique, inalterable k l'air et facilement decomposable par I'ac-lion du feu. Insoluble dans I'alcool, le vert-de-gris se dedouble quand on le met en contact avec I'eau; il se forme de l'acetate neutre, qui se dissout, et de l'acetate bibasique qui, etant insoluble, se precipite sous forme de poudre verte.
Pour öviter les repetitions, nous etudierons simulta-nement les propriefes physiologiques des deux sels precedents.
Effets locaux. — Les deux acetates de cuivre agissent
äpeu pres de la m6me manure, mais avec une inegale
intensite; ils forment le chainon qui unit les astringents
avec les caustiques, car ils participent a la fois des
Kaufmann. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
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#9632;i
wir-
110nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
proprietds de ces deux sortes d'agents. En effet, quand on les emploie ä dose 16gere, pendant un temps tres court, et sur des tissus peu delicats, ils agissent ä la maniere des astringents les plus önergiques; mais si on les applique sur des tissus mous, sur des surfaces dänudöes, pendant longtemps ou a forte dose, ils d6-sorganisent les parties qu'ils touchent et les mortiflenf comme des caustiques lögers.
II resulte des recherches de M. Zündel {Journal de mid. veter. de Lyon, 1860, p. 187) que le sous-ac6tate de cuivre est moins actif que l'acetate neutre et que le vert-de-gris n'agit le plus souvent que par l'acetate so­luble qui prend naissance par l'intervention de l'eau, des liquides animaux, de l'alcool, des principes sucres du miel, des corps gras, etc.; en outre, que les acetates cupriques, bien que coagulants plus önergiques que le sulfate, ne produisent qu'un coagulum mou et moins bien circonscrit; a quantite egale, ils agissent done plus profondement quele sulfate : voila pourquoi la liqueur de Villate, qui contient une forte proportion d'acetate soluble de cuivre, est si efflcace, employee en injections, contre les caries osseuses, cartilagineuses ou ligamen-teuses, les fislules, les clapiers, etc.
Ingerösdans le tube digestif äfaible dose, les acetates cupriques sont inoffensifs et determinent les effets ordinaires des astringents salins; seulement il est pru­dent de ne pas trop insister sur leur usage par cette voie, parce que, etant absorbes en par tie, ils pourraient, k la longue, determiner un empoisonnement mortel. A dose 61evee, ils sont irritants, provoquent le vomisse-ment chez les carnivores et les omnivores, la purgation chez tous les animaux, des coliques intenses, le bal-lonnement du ventre, une agitation violente, etc.
Apres I'absorption, on observe un ralenlissement du coeur et de la respiration, le refroidissement des extrö-
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ii\
mites, une grande faiblesse, etc. Nous nous reser-verons de parier des effets göneraux des sels de cuivre en parlant du sulfate de cuivre. Le vert-de-gris est mortelpourle chevala ladose de 64 grammes (Dupuis); pour le chien ä celle de 1 gramme (Orfila).
Preparations. — Ees acetates de cuivre n'etant que trös rarement employes ä l'interieur, il sufflt de faire connaitre les preparations pour l'usage externe. Les plus importantes sont:
1deg; Onguent Egyptiac ou
Vert-de-gris................... 1 gr-
Vinaigre
oxymellite de cuivre. j Jj deg; jlgre....................... *
M^lez et mettez dans uneterrined'une capacite triple du volume du melange, car il y a boursouflement consi­derable, et faites cuire en remnant sans cesse jusqu'a ce que la preparation ait pris une belle couleur rouge de cuivre et acquis une consistance onguentacöe.
2o Onguent Egyptiac de ( Vert-de-gris pulverise.......... 4 gr.
Schaack............ )^m?lgre....................... 1
( Miel........................... 1
Melange/ intimement les trois substances et laissez fermenter.
/ Sous-acötate de cuivre.......... 1 gr.
3deg; Pommade Kodier..... •: Axonge........................ 4
( Miel........................... q. s.
Incorporez a froid, centre les crevasses, les eaux aux jambes, etc.
4raquo; Onguent vert........ I Vert-de^ris ............. 1 partio.
( Onguent basihcum.......... 4 —
Mölangez exactement ä froid.
5deg; Pate caustique de Gas- ( Vert-de-gris................. 100 gr.
parin.............. ( Vinaigre..................... q. s.
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112nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTlQUli VETERINA.1RE.
Failes une pMe epaisse.
„ „ , . , . i. ( Acetate neutre de cuivre..... Ci gr.
Craquo; Solution dessiccattve. ^ Eau 01.dinail.e................ q. s.
Indications. — Les acßtates de cuivre ou les prepa­rations ci-dessus conviennent, a l'extörieur, toutes les fois qu'il faut produire un effet astringent et antisecre-toireenergique (vieilles plaies, crevasses, crapaud, pi6-tin, limace, etc.). L'onguent egyptiac est recommande dans le traitement des plaies articulaires.
De la chanx [oxijde de calcium).
On distingue la chaux viva ou anhydre at la chaux eteinte. La premiere n'est guere employee qua pour confactionner certaines preparations caustiques avec la potasse at les composes arsanicaux. La chaux eteinte forme la base de quelques medicaments composes des­tines ä l'usaga externe et interne. La chaux n'est que peu soluble dans I'eau; 1 litre en dissout environ 1 gramma. Pour augmantar la puissance de dissolution de l'aau pour la chaux, on peut y ajouter du sucre.
PnopRiETfis physiologiques. — La chaux eteinte pro-duit sur la peau des animaux une brülure plus ou moins grave, suivant la duröe du contact. D'apres Ta-bourin, eile provoque d'abord la tumefaction de la peau, le soulevement de l'epiderme, et occasionne unenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;I
vive douleur; la brülure est legere si le contact ne s'ast pas prolonge au delä de quelques heures ; dans le cas contraire, on observe rascharification plus ou moins complete de la peau et m6me des parties sous-jacantas. Cos brülures se remarquent souvent sur les regions inferieures das membres chaz las chevaux employes
aux travaux da construction. La chaux vive, pulverisee et m61ang6e, ä parties egales, avec le goudron de hois
f
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;113
et appliquee sur la peau, la tum6fle au bout de vingt-quatre heures, produit des phlyctenes et un peu de sup­puration ; puis bientot la peau se durcit, perd sa sensi-bilite, meurt et forme une eschare dure et seche qui intöresse toute l'epaisseur du derme. Sur les solutions de continuite ia chaux vive agit comme un caustique energique, mais eile n'est guere employee que mölan-gee a la polasse dans la preparation appelee poudre de Vienne. Le lait calcaire et l'eau de chaux agissent comme de legers astringents.
L'action eschariflante de la chaux est due ä son af-finite pour l'eau, pour l'albumine et la graisse des tis-sus. Les tissus sont deshydrates et leurs elements al-buminoides entrent en combinaison avec la chaux et se mortifient; lesgraisses sont saponifiees.
Ingeree dans le tube digestif, la chaux m6me vive est loin d'etre aussi caustique que le feraient suppo-ser ses effets exterieurs, ce qui provient evidemraent do sa neutralisation partielle par le sue gastrique et par I'acide carbonique contenu dans le tube digestif. Cependant eile est encore dangereuse, puisque Orfila a vu mourir un chien en lui donnant d'abord 6 gram­mes puis 12 grammes de laquo;chaux vive; le tube digestif ötait enflamme dans divers points de son etendue, mais trop legerement pour expHquer la mort du sujet. Hertwig 1'a administröe aux chevaux et a trouve que cette substance irrite la bouche, produit de la saliva­tion et du degoüt : beaucoup de sujets refusent de la preiidre d'eux-momes; enön, apres l'emploi de ce mMicament pendant trois ä quatre semaines, 11 a vu mourir plusieurs chevaux, dont la fin 6tait precMee d'ane respiration tres laborieuse, d'engorgements oede-mateux, de beaucoup de faiblesse. L'eau de chanx agit sur les muqueuses et les tissus nus comme un leger astringent. Elle tonifle legerement les surfaces et
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114nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTfiRlNAlRE.
les desseche. Le lait de chaux (1 p. 10) est supports facilement par les muqueuses, mais seulement pen­dant un temps court; si I'usage est prolong^, on observe une perte d'appetit, une digestion difficile et des defe­cations rares. Apres l'absorption la chaux produit de la diurese, et diminue toutes les autres secretions. Aprös un usage prolongö, eile fluidifie le sang, diminue le nombre des globules rouges, determine une diminu­tion de volume des ganglions lymphatiques, des glandes et provoque I'amaigrissement general.
La chaux aide a la dissolution des fausses mem­branes, des matieres muqueuses. Elle attaque aussi la carapace chitineuse des parasites qui vivent sur la peau de nos animaux et constitue un antiparasitaire assez puissant.
Indications therapeutiques. — L'action escharifiante de la chaux vive est utilisee pour modifier la surface des ulceres, des plaies de mauvaise nature, etc. G6n6-ralement la poudre de chaux vive est mölangee äu charbon, a l'ecorce de chöne ou a d'autres poudres.
L'effet 16gerement astringent de l'eau de chaux est mis k profit pour tarir les secretions pathologiques. On I'emploie en injection, dans le nez, I'oreille, le vagin, etc., lorsque la muqueuse de ces conduits est le siege d'une secretion muco-purulente; eile est egalement utile dans les trajets fistuleux, les clapiers des grands abces. Le lait de chaux constitue un dessiccatif excellent contre lecrapaud et le pietin.
Dans les maladies croupales l'eau de chaux favorise la dissolution des fausses membra'hes et reprime leur formation.
La reaction alcaline de la chaux a pour effet de neu-traliser l'exces d'acidite du sue gastrique. L'action an­tiparasitaire de la chaux est surtout utilisee pour com-battre les poux, les puces, les acares de la gale; l'eau
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;415
et le lait de chaux conviennent done pour favoriser et regulariser la digestion chez les animaux. dont le sue gastrique est trop acide. IIs conviennent aussi pour absorber I'acide carbonique qui se produit dans la fermentation des aliments ingeres, surtout dans les cas de tympanite ou d'indigestion gazeuse du rumen.
Gomme l'eau de chaux toniüe et desseche un peu les muqueuses, eile est indiquee pour combattre les diarrhees, principalement chez les jeunes animaux. Son action sur le rein la fait employer avec succes contre l'hematurie liee ä un etat anemique.
Enfin, la chaux est encore indiquee k I'interieur, toutes les fois que les aliments sont trop pauvres en sels calcaires pour suffire aux besoins de la nutrition des os. Elle est employee contre le rachitisme, dans les cas de fraötures pour favoriser la formation du cal. Elle doit aussi etre donnee aux femelles pleines pour favo­riser la formation du squelette du foetus. Gependant, comma e'est plutot I'acide phosphorique qui fait döfaut dans les aliments, il vaut mieux administrer de la poudre d'or ou du phosphate de chaux.
Les doses d'eau de chaux ä I'interieur sont :
Grands ruminants...............nbsp; nbsp; 1 h 5 litres.
SolipMes.......................nbsp; nbsp; 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4 —
Petits ruminants et pores........nbsp; nbsp; 1/4 1 —
Chiens..........................nbsp; nbsp; 3 centil. ;\ 1 decil.
Principales preparations pharmaceutiques ä base de chaux.
I o I iniment calcairenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i Eau de chaux................ 250 gr.
jo Liniment calcaire.... j Huile ^j.^................. 32
Mettez les deux liquides dans un flacon et agitez jusqu'ä ce que le savonule soit form4. Gonvient surtout contre les brülures.
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116nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
1raquo; Poudre detersive 1 Chaux lt;5teinte en poudre flne-'nbsp; nbsp; ' parti0'
( Charbon de bois pulverise....nbsp; nbsp; 2 —
Melangez et conservez ä l'abri de Fair.
„„,..,, i Chaux eteinte................nbsp; nbsp; 100 gr-
3deg; Lait de chaux....... ' ...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; , it,
' I'.au ordinaire................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I lit.
Delayez, conservez dans un vase et remuez avant de vous en servir:
,. „ , , lt; Chaux recemment eteinte.....nbsp; nbsp; nbsp; 25 gr.
4* Bau de chaux........ i „nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; , ?:;
{ I'.au commune...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 lit.
Delayez, passez au flltre ou decantez et conservez ä l'abri de l'air.
Acrtafe lie clianx.
'Oe sei est tres soluble dans l'eau et l'alcool.
11 constitue un astringent leger qni convient surtout pour arreter les öcoulements purulenls de toutes les muqueuses; il fait disparaitre la diarrhee et le pisse-raent de sang.
Astrlngenta T^getaux.
Tons les astringents vegetaux doivent leurs proprietes ä Vacide tannique et ä Vacide gallique qu'ils conlien-nent. II sufflt done de faire l'etude de ces deux acides pour tonnaitre les effets de toutes les substances vöge-tales astringentes.
1deg; AcMe tannique.
iBHOPRiErfis physiques et chimiques. — Chmiiquement pur, I'acide tannique se präsente sous la forme d'une poudre amorphe, blanche oquot;u legerenftent jaunätre, ino-
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;117
dore, d'uiie saveur aialaquo;re et slyptique, soluble dans 10 parties d'eau et 6 parties de glycörine, pen soluble dans I'alcool etl'etber.
Expos^e ä lair, la solutiond'acide tannique secouvre de moisissures, se cotore en brun, degage de l'acidc carfecnique et se transforme en acide gallique et en slaquo;ere.
L'acide tannique pröcipitetous les liquides denature aüjuminoide ou muqueuse; il precipite aussi un grand nombre de sels metalliques et les sels aalcaloides orga-niques. Avec les persels de fer Tacide tannique donne de l'cncre dent la coloration est noire, bleuälre, verte olaquo; grise.
Le precipite que Ton obtient en versant une solution d'aoide tannique dans une solution albumineuse est in­soluble dans I'eau, mais soluble dans l'acide acetiquc, dans un exces de solution albumineuse, dans l'acide lasolique et l'aoide chlorhydrique etendus, et enfln dans les carbomates alcaWns et les alcalis.
Lorsque l'acide tannique est completement salurc par les alcalis et que sa reaction est devenue alcaline, il nc #9632;precipite plus les solutions albumineuses. Les tan-nates alcalins n'ont plus aucune action visible sur I'al-bumine, mais ils possedent encore la saveur astringente et les proprietes resserrantes de l'acide tannique.
La pepsine et les peptones se comportent comme I'al-bumine lorsqu'ils sont mis en contact avec l'acide tan­nique. Quand on ajoute de l'acide tannique a une solu­tion de pepsine, on obtient un precipite qui est soluble dans la solution d'acide chlorhydrique älp. 1,000; en ajoutant de l'acide tannique a une solution de peptone, il se I'orme un precipite insoluble dans un excßs de tannin, mais soluble dans 1 p. 1,000 d'acide chlor­hydrique. Ni les solutions de pepsine ni celles de pep­tones ne precipitcnl lorsqu'clles sont acidifiees preala-
7.
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f
lt;18nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfiRINMRE.
blement par I'acide chlorhydrique, comme cela a lieu dans I'estomac. Les experiences du Dr Lewin, äl'institut pharmacologique de Berlin, le prouvent sufflsamment. Get auteur a fait voir que, dans les digestions artifl-cielles, la presence de I'acide tannique n'emp6chepasla transformation des matieres albuminoides en peptones. II a vu aussi que les tannates d'albumine, obtenus en precipitant I'albumine par le tannin, sent transformös en peptones dans les digestions artiflcielles. L'acide tan­nique ne subit aucune alteration pendant les digestions artiflcielles, il n'est pas transform^ en acide gallique et glycose, comme on le croyait pendant longtemps.
11 est utile de connaitre I'action directe qu'exerce I'acide tannique sur le sang et la lymphe. Ges connais-sances nous serviront pour expliquer les effets physio-logiques du tannin.
Quand on ajoute ä du sang quelquesgouttes d'acide tannique en solution, il se forme au point de contact des deux liquides une coagulation qui disparait par I'agitation, aussi longtemps que le sang conserve sa reaction alcaline. Quand on ajoute ausang assez d'acide pour lui faire perdre sa reaction alcaline, le coagulum formö ne se redissout plus par I'agitation.
La lymphe se comporte exactement comme le sang, vis-ä-vis de I'acide tannique. Ges effets sur le sang et la lymphe se comprennent tres bien, puisque nous avons dit plus haut que les tannates d'albumine sont solubles dans les carbonates alcalins. Aussi longtemps que le sang ou la lymphe renferme des carbonates alcalins libres, le coagulum forme par I'acide tannique se re­dissout, mais aussitöt que les carbonates alcalins sont satures le coagulum persiste. Ge coagulum disparait seulement, si on ajoute au sang des carbonates alcalins, ou une nouvelle quantite de sang jusqu'ä reapparition de la reaction alcaline.
il
MB
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!
MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; H9
L'acide tannique a aussi one action sur la matiere
colorante des globules rouges du sang. Apres I'addition de tannin le sang prend une coloration rouge ecarlate, d'autant plus prononcöe, que la quantite d'acide tan­nique ajoutee est plus considerable. Ce sang tres rouge inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;abandonne pendant quelque temps devient ensuite peu
ä peu brunätre, puis noir. Au spectroscope il donne alors la raie de l'hömatine acide entre 32 et 34.
L'acide tannique ne s'altere pas dans le sang et la lymphe, m6me apres un contact tres prolong^. On pent en effet avec des dissolvants appropriös retirer du sang le tannin pur.
PROPRifixfis physiologiques du tannin. — L'acide tan­nique est antiseptique, antiputride. 11 empöche les fer­mentations produites par des ferments figures. Gette propriötö n'a pas 6 tö admise pourtant par tous les pharmacologues; il en est qui ont enlevö ä l'acide tan­nique la propriete antiseptique, la propriötö d'arrdter les fermentations. Ges auteurs se bornent principale-ment sur ce fait que les moisissures se döveloppent dans les solutions d'acide tannique exposöes ä l'air.
Get argument est denuö de toute valeur, car les moi­sissures se döveloppent dans un grand nombre de solu­tions de substances toxiques reconnues universellement comme jouissantdepropriöt^s antiputrides önergiques. C'est ainsi qu'on voit les solutions d'acide arsenieux, d'acide oxalique, de strychnine, de digitaline, etc., se couvrir de moisissures. D'ailleurs les moisissures diffe­rent considerablement des ferments de dedoublement qui engendrent les fermentations. 11 n'y a aucune rela­tion entre le developpement des moisissures et celui des ferments. On remarque möme une espece d'anta-gonisme; en effet, les moisissures ne se developpent qu'avec difficult^ dans les substances en decomposition putride. Les germes de la putrefaction rendent le ter-
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#9632;120nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERXPEOTIQUE V'fiTERmAlRE.
rain TBoins propre au developpement des moisissures.
•D'äfl'lefuts, il est facile de damp;naontreT directemeftt qoe l'aiöide tanniqüe est antiputride et antiseptique. It ^ufflt d'ajönter ä du sang pu'trefie uwe certaine qftawlitö d'lH'niB solution d'acide tannique pour voir I'odeur fetide dteparaitre. Le sang acquiert la propriete de -se cclaquo;i-ser\rer longtemps sans se piitrefier. Les baöt^ries, tres mobiles dans le sangputrefiö, sontrmmoibilisees imm6-diaftement par I'aeide tannique. 0n a pn conserver, pen­dant des mois, des tawnates d'albtWBiniB obtenus en prfoipitamt une solution d'albumine pure par 1'acide tannique.
Gette proprietö antiseptique doit etre atMboee amp; la grande afümitö du tannin poüT les matieres protöiques 'etpöuH'eaüi. L'albuinine en se precipiliant etttralne les germ'es de la putrefaction, les englobe et emp^ohe lewr ttraltiplication. Defs solutions tanniques coftcentTees en-leVent au ferment de la levöre la propriöte de trans­former le söCre en älcööl. Une 'experience de iGobier dömontre tres nettement les propriötes antiseptiqiies du tannin. Ce professeur ä fait manger ä des chevaux de grandes quantites de tannm ; apres urn certain temps fle ce rögime/illeur a tir6 du sang qu'il a pu conserver, sans aucuhe decomposition putride, pendant deux mois entiers. Le tannage des pöäux est base sttr la propriete que possede I'acide tannique de rendre le coir impu-treseible.
Les effets locairx produits par I'acide tannique sur Torganisme vivant varient suivant la concentration des solutions employees et la duräe et le mode d'appli-ca'tion.
Apres rapplication de I'acide tannique sitr les mu-queuses et .les plaies, on voit la cohesion augmenter dans les tissus touches. Le tissu conjonctlf lamp;che se resserre, les liquides qui rimpregnent se coagulen't.
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MißBlCAMENTS AS^RlNamp;ENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 421
Lös Solutions concentröes agissent moins profondö-ment que les sohilions Mendues; car il y a avec les premieres, immödiatemönt, formation d'une coucbe de tannate d'altramiine tres dense qni s'oppose ä la pene­tration du reste du liquide. Mitscherlich, apres uwe in­jection de lä grammes de tannin dans 4S centimetres eubes d'eau dans festomac d'un lapin mort, a vu qu'a-•pres vingt beures le tawnin avait ä peine penätrd jus-qu'äla musculaire de la paroi stomacale. Des solutions ä 10 p. 100 penetrant au contraire jusqu'ä la söreuse pöritöneale dans l'espace d'une heure.
L'acide tannique administre aux animaux agit d'abörd localement sur Testomac et rintestin ; il manifeste ses proprietes astringentes en condensant la muqueuse öt en resserrant les voies digestives. II provoque en generajl une constipation plus ou moins opiniätre. A dose eletee, il arröte möme la digestion et determine des coliques.
Pendant son sfrjour dans le tube digestif, l'acide tan­nique est absorbe et passe dans le sang, II est interes­sant de savoir sous quelle forme il est absorbe. II y a deux Oipinions principales sur le mode d'absorption de 'Facide tannique. Certains auteurs pensent que l'acide tannique forme des composes solubles dans le tube di­gestif en se combinant aux matieres albuminoides et qvi'il est ainsi absorbe sans subir aucune alteration; d'autTes pensent qu'il est decompose en acide gallique öt glycose et que ce sont ses produits de decomposition seidement, qui passent a I'absorption. L'exp6rience de-montre que c'est la premiere opinion qui est la bonne. Une solution de tannin introduite dans I'estomac n'al-tere en rien les peptones dejä form6es, parce que ces peptones sont en dissolution dans un liquide qui ren-ferme de l'acide cblorhydrique. Les matieres albumi-noMes non encore transform^es en peptones se preci-
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122nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEÜTIQÜE VfiTERINAIHE.
pitent et forment des tannates d'albumine. S'il y a un excös d'albumine, les tannates d'albumine formös se dissolvent. S'il n'y a pas d'exces d'albumine, les tan­nates formes sont transformös en peptones non preci-pitables par l'effet de la digestion.
De toute fagon on voit que I'acide tannique est sus­ceptible de devenir absorbable. Dans rintestin I'acide tannique rencontre des liquides alcalins et il forme alors des tannates alcalins solubles et absorbables. L'acide tannique est done absorbe par les voies digestives ä l'ötat de tannates d'albuminoides solubles ou a l'ötat de tannates alcalins. D'apres M. Lewin, I'acide tannique ne se decompose jamais dans le tube digestif en acide gallique et sucre.
Apres I'absorption I'acide tannique se retrouve dans le sang sous forme de tannates albumineux et alcalins. Le sang devient plus rouge, plus consistant et se coa-gule rapidement lorsqu'il est tir6 des vaisseaux.
L'acide tannique en circulant dans le sang n'est pas decompose, il conserve ses propriätes astringentes et les manifeste sur tons les tissus.
G'est le tissu musculaire qui subit les plus grandes modifications sous l'influence de l'acide tannique. Le muscle perd de son extensibility, mais son ölasticitö de­vient plus parfaite. Les vaisseaux ötant formös en grande partie de fibres musculaires se retröcissent et la tension arterielle devient plus forte. La rate diminue de volume et son tissu se densifie comme sous l'influence de la qui­nine. Les nerfs deviennent moins excitableset toutes les secretions sont diminuöes.
Pendant longtemps on a admis que l'acide tannique est elimin6 sous forme d'acide gallique par les urines. Mais les observations de Gohier et les experiences de Lewin demontrent que l'acide tannique pent etre extrait en na­ture de l'urine. II est expulsö avec I'urine sous forme
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;123
de tannates alcalins et d'acide tannique libre. On n'a pas pu retrouverl'acide tannique dans la salive, lasueur, le mucus bronchique, le sue pancröatique.
Emploi th^rapeutique. — Localement I'acide tannique röpond ä toutes las indications des astringents. II res-serre, densiüeles tissusmous et atones sans les irriter; il tarit les secretions morbides et desseche les surfaces des plaies, des muqueuses enflammöes. II agit efficace-ment contre l'atonie du tube digestif, les diarrhees 6puisantes. Ses proprietes coagulantes le rendent egale-ment pröcieux comme bemostatique local, surtout contre les hemorrhagies en nappe. C'est un bon antidote des alcaloides vögötaux.
Les proprlötds astringentes que ce medicament pro-duit surtout l'organisme, apres son absorption, le ren­dent pr6cieux pour combattre l'atonie des organes, les hyperseerötions des muqueuses 61oign6es, les hömor-rbagies dans les organes parencbymateux. II ne faut, en effet, pas oublier que ce corps, apres un melange avec le sang et la lymphe, conserve ses vertus astringentes etqu'illes döveloppedans tout I'organisme, surtoutdans les organes oil V6\6ment musculaire domine.
Administration. — L'acide tannique administre en poudre en grande quantite determine rapidement une perte d'appetit, de la difflcultö dans la digestion et möme quelquefois une veritable irritation gastro-intes-tinale. Pour eviter ces effets irritants locaux il est utile de ne jamais administrer de tannin sous forme de poudre ni sous forme de solutions concentrees. II faut donner le tannin sous forme de tannate d'albumine ou de tannate alcalin.
La solution de tannate d'albumine est facile a prepa-rer; il suffit de precipiter une solution tannique avec une solution d'albumine et d'ajouter de cette derniere solution jusqu'ä disparition du precipite. Ces solutions
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mma
IMnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THßRAPEimQUE V^TfiSINMRE.
out l'avantage de poavoir se conserver longtenaps sams allöpation, et leur saveur astringente est meins pronon-cee que celle de solutions tanniques pures.
On peut aussi transformer I'aeide tannique en tan-nates alcalins, en ajoutant ä la solution d'acide tannique du carbonate de soude. Cette solution doit se prepam-au moment de s'en servir.
On peut encore precipiter une solution albumineuse par I'aeide tannique et redissoudre le coagulum par le earbonate de soude.
En employant I'aeide tannique sous une des formes qweje viens d'indiquer il est supportd facilement par le tube digestif, et ses effets genöraux se developpentrapi-dement.
( Grands herbivores.........,. 5 ä 14 gr.
Doses. ) Petits ruminants............ 3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4
( Chien et chat............... 0.10 0.25
2deg; Aci.lc iralllqne.
A-l'^tat de purete racidegallique est enpetites aiguilles incolores, satinees, inaltörables ä Tair, sans odeur, mais dHine saveur acide et astringente. II est faoilemenl soluble dans VeaueiValcool, Ires peu soluble dans Te­ther. II differe de Tacide tannique en ce qu'il ne pröci-pitepas la gelatine.
Effets'physiologiques. — L'acide gallique possede les vertus astringentes du tannin, mais ä un moindre de-gr^. II repond aux memes indications tberapeutiques.
Cachoa {terre du Japon).
Get extrait tannique est retire de l'acacia catechu de la famille des Legumineuses, plante quicroltdans I'ln-doustan. II renferme du tannin environ 9/10, des ma-
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1
MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;12ö
tieres extractives, du mucilage, etc., 1/10. Le tannin est forme de deux acides tanniques differents : Yacide ca-choutannique et la catechine ou acide catechucique. Le premier est soluble dans l'eau froide et le second y est insoluble, fteduit en powdre le cachou est d'un brun rougeätre, d'une odeur aromalique faible, d'une saveur amere et aslringente suivie d'un arriere-gout sucre. Soumis ä l'action des dissolvanls et des reactifs, le ca­chou se comporte comme du tannin pur.
Effets et emploi. — Le cacbou est tres astringent sans Mre irritant. 11 pent remplacer tres avantageusement racide tanniquepur dont il possede les propriety.
/ Grands herbivores............ 15 ä 90 gr.
Doses. | Petits ruminants et pores.... 8 16
( Carnassiers.................. 3 3
laquo;Romme Kfno.
Cast une espece d'extrait plus ou moins analogue au cachou, retire du Nauclea Gambier de la famille des Ru-biacees qui croit aux Indes. 11 oontient une forte pro­portion de tannin. II se dissout dans reau et l'alcool, surtout ä chaud, et letir communique une teinte rouge. 11 jouit des mömes proprietes que le cachou et le tannm.
G'estun succoncret, resineux et astringent, qu'on re­tire du Calamus droca (Palmters) et du Dracena draco (Asparaginees), qui croissent dans les conlröes tropi-#9632;oales. II est insoluble dams l'eau, mais Ires soluble dans Talcööl, rather, ies hwites, auxquels il commraiPiiq'uc une belle ooiuleur rotige. H pent remplacer le tannin.
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126nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
IVolx de galle.
On designe sous le nom de noix de galle une produc­tion morbide qui se developpe sur les rameaux d'un petit ch^ne rabougri de YOrient{Quercusinfectoria Oliv.), sous l'influence de la piqüre d'un insecte, le cynipsou Diplolepis gallx tinctorise.
Les noix de galle renferment les principes suivants d'apres les chimistes : acides tannique, gallique et ella-glque environ 70 p. 100; de lagomme, de l'amidon, du ligneux, une essence, une matiere extractive brune, du sucre et divers sels a base de potasse et de chaux.
La noix de galle jouit des proprietes du tannin qu'elle pent tres bien remplacer.
ficorce de ch£ne {Quercus robur L.).
L'ecorce de ebene est tres riebe en acide tannique, eile contient aussi de l'acide gallique, de l'acide pec-tique, du mucilage, du ligneux, des sels de potasse, de chaux et de magnesie (Braconnot).
Ses proprietes et ses usages sont ceux de l'acide tan­nique.
( Grands herbivores............ 15 a. 60 gr.
Doses. ] Petits ruminants et pores..... -4 8
'Carnivores................... 1 4
Antres ecorcea astrlngentes.
Les forces de la plupart de nos arbres indigenes et notamment du marronnier d'Inde, du chätaignier, du fröne, du Mtre, du bouleau, ducharme, de l'aune, etc., jouissent des mömes propriötös que l'öcorce de chöne.
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 127
Racine de ratanliia.
Gette racine provient d'un sous-arbrisseau du Pörou, le Krameria triandra, de la famille des Polygalöes.
D'apres Vogel la racine de ratanhia contient les prin-cipes suivants : acide tannique et kram^rique, extrac-tif, matiöre muqueuse, gomme, fecule, ligneux, sels alcalins et terreux.
Elle jouit des proprietös ordinaires du tannin.
Doses. — Cheval : 30 gr. Gette dose peut etre donnee plusieurs fois par jour.
/ Extrait de ratanliia.............nbsp; nbsp; I gr.
Suppositoire astringent. \ Axonge........................nbsp; nbsp; 1
(Barnouvin.).......... i Cire blanche...................nbsp; nbsp; 2
\ Beurre de cacao...............nbsp; nbsp; 1.50
L'addition de la cire blanche ä cette preparation per-met d'y introduire une forte proportion d'extrait.
Bacines Indigenes astringcnteraquo;.
Nous trouvons surtout les racines suivantes : la tor-mentille [Tormentilla erectaL.); la benoite {Geum urba-num L.); raigremoine {Agrimonia eupatoria L.), la po-tentille {Potentilla anserina L.), le fraisier {Fragaria vesca), la bistorte {Polygonum bistorta), la grande con-soude {Symphytum officinaleh.), la garance (ÄwJia tinc-torium L.).
Feuilles de nojrer et brau de noix.
ü'aprös Braconnot les feuilles de noyer et le brou de noix contiennent les principes suivants : acides tan-
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128nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
nique, gallique, malique, citrique, une matiere rösi-neuse, de la chlorophylle, de l'amidon, duligneux.
Proprietes physiologiques et therapeutiques. — Les l'euilles de noyer et le brou de noix jouissent de pro­prietes astringentes et toniques tres 6nergiques. IIs con-viennent surtout contre les maladies ganglionnaires et lymphatiques. IIs arretent la secretion du lait chez les femelies. Gette propriete les fait employer pour tarir le lait chez les femelles qui ont perdu leurs petils, comme la jument, la truie, la chienne et la chatte.
Les autres proprietes sont les memes que celles de l'acide tannique.
Autres fenllles indigenes aatringentei.
II faut citer celles de chöne {Quercus robur L.), de la ronce [Rubus fruticosus L.), du plantain {Plantago /no/VL.jjderaune^ufrene^upeuplier, delavigne,elc.
Fleurs astringrcnteraquo;.
Les principales fleurs astringentes sont: les roses de Provins, les fleurs de grenadier (ßalaustes); les fleursdu genöt ä balai [Genista scaparia L.).
I'Vnitraquo; astringcntt.
iquot; Airelle aaayrtille (Vaccinum myrtilhis). Les baies de cet arbrisseau contiennent; les arides tannique, ma­lique, citrique, une matiere colorante bleulaquo;, du sucrc et de la mannite.
Ges baies constituent un astringent interne excellent contre la diarrhee, rhematurie.
/ Grands herbivores........... GO h 100 gr. -
Doses. ] Pel its rütninants et pores.... TG 30 f-Carnivores.^i... ,,........... 8 M!
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MEDICAMENTS ASTHINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;429
2deg; Glands de chsect;ne. 11s sont composes, d'apres Loe-wigjd'acide tannique, d'extraclifamer.de rösine,d'huile grasse, de gomme, d'amidon, de ligneux et de sels. La torröfaction augmente, d'apres Davy, les proprlötes astringentes de ces fruits et leur communique des pro-pridtes toniques, vermifuges et antiseptiques.
3deg; Enveloppe de la grenade {Malicorium). Mömes proprietes et monies usages que les autres astringents vegetaux.
Astringents pyroxenes.
Les astringents pyrogen^s derivent de la calcination de produits d'origine vegetale ou minerale.
Creosote ou kreosote.
La creosote est un liquide oleagineux, d'une odeur de suie, d'une saveur amere, acre et caustique, qu'on obtient dans la distillation du goudron de bois. Elle se dissoutdans 80 parties d'eau, en toute proportion dans I'alcool, I'ether, les essences, I'acide acetique, le sulfure de carbone, etc. Elle dissout ä son tour le phosphore, I'iode, le soufre, les corps gras, les resines, le camphre, les principes colorants. Gette substance coagule immö-diatement l'albumine, le sang et tous les liquides ani-maux.
Effets physiologiques.—Appliqüee puresurlapeau.la creosote y determine une brülure ; sur les muqueuses apparentes et sur les tissus denudes, cette substance blanchit subitement les surfaces comme le nitrate d'ar-gent ou le beurre d'antimoine, et agit ä la maniere des caustiques coagulants; eile cause peu de douleur et occasionne m6me un sentiment d'engourdissement.
Etendue d'eau ou d'alcool, la creosote perd ses pro-
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130nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VETfiRINAIRE.
priötös escharotiques et devient un astringent 6ner-gique.
Donnee pure ä l'interieur, eile determine une irrita­tion gastro-intestinale promptement morlelle.
Les effets generaux sont assez semblables ä ceux produits par l'acide phönique ; aussi renvoyons-nous ä ce dernier medicament.
La creosote possede surtout ä un Ires haut degre la propriete de tuer les etres införieurs qui vivent en para­sites sur le corps de nos animaux; eile s'oppose aussi 6nergiquement aux fermentations et h la putrefaction.
Indications THERAPiiimouiiS. — Elle convient dans les memes cas que les autres astringents. En plus ses pro-prietös antiparasitaires la font employer ä l'exterieur centre les differentes gales et ä Tinterieur contre les vers.
On emploieles preparations suivantes:
1laquo; Eau de criSosotenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;! c^osote Pure.............. ' Pa,,tie-
i Lau ae creosote..... j Eau distillee............... 80 —
2raquo; Teinture de creosote. j ^f8 pure.............. , J Partie-
( Alcool..................... 16 —
3deg; Teinture composöe de i Creosote............. ) r. .• . ,
creosote........... \ Teinture d'iode...... j Parties egales.
Etendez ce liquide des deux tiers de son poids d'eau avant de l'injecter. Remede puissant contre les caries.
i Creosote.................... 1 partie.
4raquo; Liniment de creosote, j Essence de terebenthi'ne..... 2 —
( Huile d'olive................ 2 —
Mettez les trois substances dans une flole et agilez vivement.
5deg; Pommade de creosote. ! .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ....................... , ^r*
( A\ongc........................ 4
Incorporez.
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;131
A l'intörieur, on donne les doses suivantes :
I Cheval......................nbsp; nbsp; 2 ä 5 gr.
iai........................nbsp; f 2
Mouton, pore................nbsp; nbsp; 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2
Chien.......................nbsp; nbsp; 0.05 0.50
Ges doses peuvent 6tre repötees deux ou trois fois par jour.
Ha goudron vegetal [Pix liquida).
La goudron de bois resulte de la distillation des pins et des saplns. Sa composition chimique est tres com-plexe. Le goudron est incompletement soluble dans l'alcool, l'öther, les essences, les corps gras. Sa reaction est acide.
Voici, d'apres les travaux des chimistes, les principes constituants du goudron.
1.nbsp; Matieres neutres : eau, acetone, alcool möthy-lique.
2.nbsp; Matieres alcalines : ammoniaque et möthyl-ammo-niaque.
3.nbsp; Matieres acides : acides acetique, erösylique, creo­sote, acides oxyphenique, propionique, etc.
4.nbsp; Matieres hydrocarbonees ; essence deterebenthine, benzine, toluidine, xylidine, paraffine, naphtaline, , resines et essences pyrogenöes.
5.nbsp; Matieres bitumineuses : brai sec ou poix noire. Lorsqu'on soumet le goudron ä la distillation on ob-
tient l'huile de goudron, qui pent se diviser en huile lig'ere et huile lourde : la premiere est formöe surtout d'acetone, d'alcool methylique, d'essences diverses, de benzine, etc. ; la secönde contient principalement la eröosote et les acides pyrogenes du goudron. Pour I'usage medical on pent se servirdu mölange des deux
,*'.
huiles ou les employer separöment; dans ce cas, pour
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132
THfiRAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
la mödecine des animaux il faut preferer l'huile lourde, parce que, en raison de sa richesse en creosote, eile est beaucoup plus active que l'huile legere.
Effets physiologiqües. — Applique sur la peau in-tacte, le goudron est d'abord astringent, puis irritant. Par des applications convenables on peut provoquer des effets rubefiants et meme vesicants ; la peau rougit et il se forme dela serosite sousTepiderme. Ces effets irri­tants se manifestent d'ailleurs avec une intensite va­riable suivant les sujets, dont les uns sont beaucoup plus susceptibles que les autres. Sur les muqueuses le goudron agit comme un astringent önergique et m6me comme un irritant.
Gependant, ä petite dose, le goudron ne montre que des effets astringents ; il resserre les muqueuses et les surfaces nues et tarit les secretions qui y existent. Dans le tube digestif, l'action du goudron ä faible dose est favorable ä la digestion, surtout l'eau gou-dronnee, qui augmente notablement l'appetit; mais bientöt, par suite de l'action astringente du goudron, les secretions diminuent, les intestins se resserrent et une constipation opiniätre survient.quot;
Apres l'absorption des principes du goudron, il y a une legere excitation nerveuse, cardiaque, une diurese abondante et une diminution de toutes les autres se­cretions. Les principes empyreumatiques du goudron sont eliminös par le poumon et les urines. Ce liquide prend une coloration un peu plus.foncee. Comme le goudron n'a pas toujours une composition absolument identique, ilen resulte queles effets ne sont pas toujours les memes. On a deja vu survenir des phenomönes d'empoisonnementavec le goudron chez lescarnassiers, qui prösentaient alors les symptömes d'un empoi-sonnement par la creosote ou l'acide phenique.
Le goudron tue rapidement les divers parasites qui
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MEDICAMENTS ASTUINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 133
vivent aux döpens du corps de nos animaux. II est anti-septique et s'oppose aux fermentations.
iNorcATiONS TüfiRAPEüi'iQUEs. —L'eau du goudron agit comma un astringent peu energique. Elle röpond done ä toutes les indications locales des astringents. Le gou­dron pur, ayant des efiets beaucoup plus puissants, convient surtout pour les maladies du pied du cheval caracterisöes par un ramollissement de la come ou des tissus sous-cornäs, ou par une secretion morbide quel-conque. II donne d'excellents rösultats contre la four-chette pourrie, le crapaud, et les plaies du pied, etc. A cause de ses proprietös anti-parasitaires et anti-söcre-toires on I'utilise avantageusement contre la gale, les dartres, les crevasses, les eaux aux jambes et autresma-ladies cutan^es. Le goudron applique sur les plaies modere le bourgeonnement et les garantit contre la vermine et les germes de la septic^mie.
A I'interieur le goudron est indique pour accroitre l'appötit, pourtonifier l'estomac et l'intestin, pour arre-ter la diarrbee, les dysenteries, et pour tuer les vers. Les effets göneraux qu'il developpe^ apres son absorp­tion ont pour resultat de combattre la laxite des tissus, les maladies hydrohemiques, I'hematurie, les hyperse-cretions muqueuses ou flux mucoso-purulents, tels que ceux des voies gönito-urinaires et de l'appareil respira-toire. G'est surtout contre les maladies catarrbales chroniques que le goudron est puissant.
Pour combattre les maladies des voies respiratoires on I'emploie souvent en fumigations. On röduit le gou­dron en vapeurs, soil en y plongeant un fer chaud, soit en le projetant sur des charbons ardents, soit en le chauffant dans un vase ou en le mettant dans de l'eau bouillante. G'est ce dernier proeöde qui est le meilleur; on fait respirer ä l'animal la vapeur d'eau chargee de vapeurs de goudron. Pour rendre les vapeurs de gou-
Kadfhann. — TWrapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8
ocr page 150
134nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
dron moins irritantes, il convient de neutraliser avec le carbonate de soude I'acide pyroligneux contenu dans le goudron. Ges fumigations conviennent aussi trös bien contre la pneumonie vermineuse, les oestres, le penta-stome tenioi'de. Les parasites, il est vrai, ne sont pas tu6s par ces fumigations, mais on les force d'emigrer, de quitter les voies respiratoires.
On a conseille les fumigations de goudron pour dö-sinfecter les 6tablesou sont morts des animaux alteints de maladies contagieuses. Mais il est reconnu que ces fumigations ne sont pas assez actives. II vaut done mieux employer les vapeurs de chlore, I'acide sulfu-reux et I'acide hypoazotique qui sont infiniment plus energiques.
Les principales preparations du goudron sont:
,„ „ .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; (Goudron..................... 100 gr,
1laquo; Eau de goudron..... j Eau ordinail.e................ j ,it.
Laissez en contact pendant quatre ou cinq jours et
döcantez.
„„ „nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;(Goudron...................... 8 gr.
2o Pommade de goudron. j Axonge....................... 32
Incorporez.
Pour donner plus d'activite ä cette preparation anti-psorique, on y ajoute parfois du savon vert, de la po-tasse, de la pommade mercurielle, du soufre, des can-tharides, de l'hellebore noir ou blanc, du sulfure d'an-timoine, etc. Pour rendre son emploi plus commode on y ajoute de la glycerine.
( Goudron..................... 100 gr.
3deg; Topique caustique... ] Sublime corrosif............. 60
( Acidc arsenieux.............. 30
Incorporez ä froid ou k chaud selon la consistance du goudron.
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 135
! Cheval......................nbsp; nbsp; 10 amp; 20 gr.
Blaquo;euf......................nbsp; nbsp; 10 30
Pore, mouton............... 3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8
Chiens..................... 0.3 3
L'huile de goudron a les memes proprietes que le goudron; on I'emploie aux doses suivantes :
Grands ruminants................ 30 ä 60 gr.
Moyens animaux................. 4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
Petits animaux................... 0.50 2
Hniie de cade (huile pyrogenee de genevrier).
L'huile de cade s'obtient en distillant ä sec les debris du tronc et des racines du genevrier oxyc^dre [Junipe-rus oxycedrus L.).
L'huile de cade est ä peine soluble dans l'eau, eile est soluble dans l'alcool, Tether, les essences, les corps gras, etc. Elle prösente sensiblement la meme composi­tion chimique que le goudron.
Gette huile a les mömes proprietes physiologiques et therapeutiques que le goudron, on I'emploie dans les monies cas. Ses yerlus antiparasitaires surtout sont tres döveloppees.
Suie [Fuligo).
La suie provenant de la combustion du bois est la seule qui doive 6tre employee en m^decine, eile a une odeur pyrogen6e sp^ciale, ddsagröable, et une saveur amere et astringente. Elle cede k l'eau, ä l'alcool, ä Tether, aux essences et aux corps gras, la plus grande partie de ses principes actifs. Elle contient du charbon trös divise et des cendres, de l'acide pyroligneux combine en partie k la potasse et ä rammoniaque, des r6sines et des essences pyrolign^es, de la creosote, de
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t36nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERA.PEUTIQUE VfiTERINAIRE.
I'absoline ou principe amer analogue ä l'ulmine, etc.
Effets piiysiologiques. — La suie constitue un as­tringent energique qui jouit aussi de proprietes dessic-catives et antiseptiques prononcees. A l'interieur, eile est en outre vermifuge. Ses effets göneraux sent les memes qua ceux du goudron.
Emploi. — 1deg; Pour stimuler l'appetit; 2deg; pour toni-fler le tube digestif et faire cesser la diarrhea et la dyssenterie ; 3deg; pour tonifier les organes apres son absorption et diminuer les secretions morbides; 4deg; ä l'exterieur comme antiparasitaire surla peauet comnie astringent antiseptique sur lea plaies.
Doses. — Les doses de suie pour les animaux sont les suivantes :
Grands herbivores................. 60 ä 130 gr,
Potits ruminauts.................. 15 30
ChieDS........................... 8 15
Ces doses peuvent 6tre repet^es deux fois par jour. On I'administre sous forme da bols, d'elacluaire, ou en decoction (200 grammes par litre d'eau).
Charbon de bols.
Le charbon de bois Ires sec est employe sous forme d'une poudre impalpable. Sa porosite le rend tres propre pour absorber les liquides et les gaz. Lorsqu'il est frais il peut absorber jusqu'ä 35 vol. d'acide carbo-nique, 3S vol. d'acide sulfhyddque, 90 vol. d'am-moniaque.
Dans l'estomac et l'inlestin le charbon n'estpasaller6r mais il excite mecaniquement la muqueuse digestive, absorbe les gaz et favorise leur oxydation. Sous I'acfion du charbon la biere perd son principe amer, I'huile phosphorße son phosphore, I'encre devient blanche, les matieres putr^fiees sontrendues inodores.
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#9632;
MEDICAMENTS ASTRINGENTS.
137
Emploi THfiHAPEuiiQUE. — Al'intörieur lecharbon n'est presque pas employe, car ses parlicules anguleuses peuvent determiner des coliques en excitant trop vive-ment la muqueuse.
A I'exterieur on utilise les proprietes absorbantes et desinfectantes pour amener la cicatrisation des solu­tions de continuity rebelies, donnant des secretions de mauvaise nature et d'une odeur infecte. Appliquee sur ces surfaces suppurantes, la poudre de charbon absorbe d'abordles produits morbides, liquides et gazeux,etfait cesser, apres quelques pansements, toute mauvaise odeur; de plus, ses particules anguleuses et dures excitent legerement la surface, repriment le bourgeon-nement, donnent bientöt de la fermete auxtissus et une teinterosee a la solution de continuite.
II peut ölre employe comme antidote de l'huile phosphoree.
Benzine [hydrure de phinyle, phenc, benzene,
benzol, etc.).
La benzine provient de la distillation de la houille. G'est un liquide limpide, volatil, refractantforlement la lumiere, incolore, d'une odeur vive et penetrante, toute speciale, d'une saveur acre et amere, et d'une densite de 0,8ö a 1,50. Elle est fort peu soluble dans I'eao et la glycerine, eile communique pourtant son odeur a ces deux liquides; eile sedissoutfacilement dans les alcools, les ethers, les essences, les huiles grasses, etc. Elle dissout le soufrc, le phosphore, I'iode, le brome, les corps gras, la cire, lecamphre, certaines resines.
Effets puysiologiques. — Sur la peau saine de nos differents animaux la benzine n'exerce qu'une legere action excilante. Mais quand la peau sur laquelle on applique la benzine par des frictions est irritöe, en-
8.
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138nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
flammße, la benzine produit des effets irritants tr^s energiques analogues a ceux engendrös par I'essence de törebenthine.
La benzine est surtout irritante sur la peau altöröe du chat el du chien, animaux qui peuvent succomber a des frictions etendues. Inlroduite dans les voles diges­tives, la benzine excite la muqueuse buccale, provoque la salivation et rougit l'interieur de la beuche; assez souvent eile irrite fortement la peau des levres. Lors-qu'elle est pure, eile est deglutie avec difficulte et s'introduit aisementdans les voles respiratolres; il faut done en surveiller avec soin l'administration. Arrivöe dans l'estomac et l'intestin la benzine ne produit aucun effet special, et comme les autres astringents, eile de­termine une constipation assez opiniätre ; les crottins ne tardent pas ä devenir petits, durs, lisses, et a prendre une teinte foncee. Chez le chien la benzine ne paralt pas provoquer le vomissement.'
Aprfes son absorption la benzine produit, a doses mo-derees, un leger mouvement föbrile de courte duree. L'air respire prend rapidement l'odeur de benzine et les urines prennent une odeur d'essence de violette. L'assi-milation sernble favorisee, car apres un usage de quel-ques jours on voit les animaux prendre de la graisse. A doses plus fortes il y a acceleration considerable du pouls et de la respiration qui est en m6me temps la-borieuse, les yeux sont hagards, les conjunctives sont injectees. Enfln, a doses plus elevees, ily a depression du Systeme nerveux, tremblements musculaires, con­vulsions, perte de la sensibility, abaissement de la temperature rectale et enfln survient la mort. Jamals la benzine ne produit des contractions t6taniques.
La benzine constitue un poison violent pour les diffö-rents parasites ectozoaires et entozoaires qui vivent sur nos animaux.
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.
139
Indications th^rapeutiques. — A I'exterieur on utilise surtout les propriötös antiparasitaires de la befizine. Elle est indiquee contre tous les parasites de la peau, tels que les puces, les poux, les ixodes, les ricins, les tiques, les acares de la gale, la phthiriase du cheval. Lorsque la gale est locale, on coupe les polls e t on nettoie exactement la surface ; quand eile estgönörale, on se contente de faire un ou plusieurs lavages savonneux de maniere ä enlever toutes les impuretös du tegument; puis, lorsque la peau est bien nette et bien seche, on la friclionne avec la benzine pure ou en pommade, et on ramp;tere les applications selon le besoin, Lorsqu'on traite des animaux susceptibles, on melange la benzine avec 1, 2 ou 3 parties d'huile, de graisse, de savon vert ou de styrax. Ge dernier corps convient surtout lors­qu'on traite les chats, les chiens tres sensibles et les volailles.
A l'intörieur la benzine n'est utilisöe que comme ver­mifuge. M. Ray et d'autres ont publi6 plusieurs faits qui d6montrent les proprietös vermifuges de cette substance soil chez le cheval, contre les larves d'oestres et l'ascaride lombricoide, soil chez le chien contre les diverses varietßs de tenia.
Doses thörapoutiques.
Grands herbivores......nbsp; nbsp; nbsp;60 ä 108 gr.
Petits ruminants.......nbsp; nbsp; nbsp;16 32
Pores.................nbsp; nbsp; nbsp;10 20
Chiens et chats........ 6 12
Cheval................nbsp; nbsp; 700 ä 800
Chien.................nbsp; nbsp; 100 150
Doses toxiques.
Petrole ou huile de petrole.
Le petrole est un bitume liquide qu'on trouve au sein de la terre dans diverses contrees des deux continents. On en retire diflerentes huiles, dont la plus r^pandue
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140nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPELTIQUE VETERINA.IRE.
est l'huile de pötrole pour l'^clairage. C'est aussi celle qui Convient le mieux pour l'usage de la medecine ve-törinaire.
Effets phvsiologiques. — Sur la peau, le petrole a une aclion assez semblabllaquo; ä eelle de l'essence de tere-benlbine. Son emploi en simples applications produit une faible aclion, tandis que les frictions reiterees sur las meines points provoquent non seulement une vivo irritation de la peau, mais de plus eües amenent l'in-tunaescence du tissu cellulairesous-cutaneä lamaniere des sinapisfnes. Get effet inflammatoire est surtout tres marque chez les animaux de l'espece bovine. M.Megnin Signale comme effet consecutif ä cette irritation cu-tanee une secretion 6pidermique extrömement abon-dante, tres adherente ä la peau sur laquelle eile forme une sorte de cuirasse et qui ne se detache que fort len-tement.
Sur les muqueuses l'huile de petrole agit comme l'essence de terebenthine, c'est-ä-dire qu'elle est irri-taote, mais inflniment moins que sur la peau. Elle provoque la contraction peristaUique de l'inleslin et en general n'cst pas favorable ä la digestion.
Indications th^rapeutioues. — On emploie le p^trolc comme antlparasitaire ä l'exlerieur et a I'interieur. II est bien indique comme la benzine pour detruire la vermine qui vitsur la peau de nos animaux domestiques. On pourrait I'employer comme revulsif et resolutif ä la place de l'alcool camphre ou des'pommades mercu-rielles. Al'inteneur il est vermifuge surtout parce qu'il augmenle les contractions peristaltiques de l'inlestin.
Les doses administrees sont egales a celles de la benzine.
Leshuilesdeschiste et de naphte sont des succedanes du petrole. Elles ont les memes proprietes et sont indi-qu^es dans les meines cas.
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.
141
Aelde phentqnlaquo; [phenol, hydrate de phenyle, acide carholique).
L'acide phenique pur se presente sous forme de fines aiguilles cristallines, parfaitement blanches, ou legere-ment rosees ; son odeur est penetrante et rappelle celle de la creosote ; sa saveur est fortement caustique. 11 est fusible a 3400G ., tres volatil. 11 est tres peu soluble dans I'eau, qui n'en dissout qu'un vinglieme de son poids, tres soluble dans l'alcool, Tether, les essences, la glycerine, la vaseline, les corps gras liquides, l'acide ac6tique. II ne decompose pas les carbonates et ne neutralise que tres incompletement les bases alca-lines.
La solution aqueuse coagule nettement l'albumine et le sang.
Effets physiologiques. — Pur ou en solutions con-centrees l'acide phenique agit comrae un caustique. Applique sur la peau du cheval en solution ou sous forme de pommade, l'acide phinique produit rapide-ment un gonflement et un durcissement considerable du derme, avec une diminution de la sensibilite. D'apres Delsol [Recueil de yned. vet., 1872, p. 532) une simple application de l'acide phenique sur la peau de tons nos animaux domestiques blanchit d'abord I'epi-derme, qui se crispe et se fendille; puis au bout de dix minutes le derme se congestionne et se tumefie sur les points touches, comme avec l'emploi des rubefiants; enfin une eschare legere se forme d'abord, puis tombe au bout de quinze a vingt jours en enlrainant les polls; mais bientöt l'epiderme se regenere, les poils repous-sent, et toute trace d'application irritante disparait.
Applique sur les solutions de continuite et les mu-queuses l'acide phönique pur en coagule la surface, les
ocr page 158
1i42nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
momifle et produit vin Idger effet caustique superflciel ressemblant ä I'effet produit par le nitrate d'argent. Cependant une seule application ne sufflt pas genöra-lement pour detruire completement la vitalite des tis-laquo;us: celle-ci se reveille apres un certain temps, Plu-sieurs applications produisent une eschare veritable mais toujours superficielle.
Lorsqu'on depose I'acide phenique sur une grande laquo;tendue de la surface cutanöe, on peut observer son absorption et l'apparition de phenomenes toxiques graves. Ges accidents sont surtout ä redouter chez le mouton, le chien et le chat, et ils sont dus en grande partie ä l'asphyxie cutanöe. Apres l'emploi hypoder-mique des solutions d'acide phenique, on observe tou­jours une inflammation vive, une momiflcation suivie d'une plaie ulcöreuse. C'est par la voie hypodermique que rabsorption est la plus rapide et que les effets generaux se produisent le plus vite.
L'acide phenique donne a l'intörieur a dose faible et en solutions ötendues n'influence presque pas la diges­tion ; on constate seulemerit que les excröments devien-nent de plus en plus consistants. A dose forte le phenol produit une irritation gaslro-intestinale.
L'acide phenique est absorb^ facilement par la mu-queuse digestive. Quand il est arrive dans le sang, il entre bientot en combinaison avec les sels du serum, principalement avec les sulfates, et il.se forme des sulfophenates qui sont elimines par les urines ou on peut les retrouver. L'acide phenique est aussi en partie ölimine par les bronches, car I'air expire prend, aprös son administration, une odeur de goudron des plus marquees. Pendant son Elimination par les reins, il excite la fonction de ces glandes, communique aux urines une teinte brunätre Ires foncöe et provoque une diurese abondante.
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,-
MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;143;
Les effets les plus saillanls produits par I'acide phe-nique, absorbe en petite quantite, sont un mouvement febrile assez intense, mais de courte duröe, des con­tractions musr.ulaires dans la region du coude, du grasset, de la croupe. G'est ä la dose de S grammes chez le cheval qu'on obtient ces effets. A la dose de 20 grammes chez les grands herbivores et ä celle de 4 grammes chez le chien I'acide phenique produit rapidement une grande faiblesse, de la stupeur, puis des tremblements musculaires et des convulsions töta-niques ressemblant ä celles produites par la noix vo-mique; enfm des mouvements choreiformes suivis de la paralysie du Systeme locomoteur.
II est äremarquer que les sulfophenates formes dans-le sang et öliminös par les urines ne sont pas toxiques, ni pour les animaux supörieurs, ni pour les organismes inf^rieurs. On pent utiliser cette particularity pour chercher ä combattre les effets toxiques de I'acide phe­nique. Quand ce corps a 616 absorbe ä dose toxique,. il faut, autant que possible, favoriser sa combinaison avec les sulfates afin de le rendre inoffensif; il en-rdsulte qu'on doit administrer aux animaux empoison-nes des sulfates et principalement du sulfate de soude-D'apres Husemann [Pharmac. Zeitschr. für Russland, t. X, p. 609) le sucrate de chaux serait aussi un excel­lent antidote. Les injeclions intra-velneuses d'ammo-niaque arröteraient ögalement les effets toxiques der I'acide phenique d'apres Baumann.
Le phönol jouit de propriötös antiseptiques, antipu-trides et antiparasitaires tres prononcöes. A la dose de 0,5 p. 100, il empöche la putrefaction du pus; a celle de 1,5 p. 100, il s'oppose ä la fermentation de l'urine; ä celle de 2 p. 100, il conserve intacte l'albumine et la viande. Les fermentations lactique et alcoolique sont arretöes par l'addition de 1 p. 100 d'acide phe-
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144nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUERAPEUTIQUE VETERINAIKE.
nique. D'aprös les recherches d'un grand nombre d'au-teurs, les bacteries et les vibrions sont detruits par des solutions de 0,2 ä 0,5 p. 100.
Les spores des moisissures perdent leur faculty ger-minative dans une solution a 0,10; les myceliums des moisissures sont aneanlis par des solutions de 1 ä 2 p. 100. Le vaccin reste actif avec 1 p. 100; mais il de-vient inactif avec 2 p. 100 d'acide phenique. Le virus du charbon symptomatique perd egalement ses pro-prietes dans une solution d'acide phenique, d'aprös les recherches de MM. Arloing, Gornevin et Thomas.
L'acide phenique ne detruit pas les gaz qui s'echap-pent des produits organiques en putrefaction; il n'est pas desodorant, mais il s'oppose aux fermentations.
Indications. — L'acide phenique est indique comme antiputride, comme antiseptique pour les plaies suppu-rantes, les clapiers, les solutions de continuite quel-conques,lanon-delivrance,lam6tritechronique; comme antivii-ulent toutes les fois qu'un virus ne pent pas etre detruit par les caustiques et qu'il est encore local; comme antipediculaire et antipsorique pour detruire tous les parasites ectozoaires; comme antihelminthique pour obtenir l'expulsion des vers de toute nature.
Comme il calme la douleur et qu'il dötermine des effets astringents lorsqu'on I'emploie en solutions 6ten-dues, on I'utilise avec la glycerine contre les brülures legeres.
Ses effets legerement caustiques, lorsqu'il est en solutions concentres, le font employer contre le javart cartilagineux et les javarts tendineux, etc.
Ces m^mes solutions conviennent contre les aphthes des ruminants et les ulceres des pieds, etc.
Get acide produisant, au point d'application sur la peau, un gonflement dur, resistant, est utilisö pour gußrir les hernies ombilicales ä la place de l'acide azo-
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MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;US
lique. Le gonflement inflammaloire a pour effet de reduire la hernie et de produire la fermeture de l'ouver-ture herniaire.
A l'intörieur ses effets astringents et antidiarrhöiques le recommandent centre l'atonie du tube digestif, centre la diarrhee, la dysenterie,
L'acide phenique est indique aussi, apres son absor­ption, contre les maladies debilitantes infectieuses, ac-compagneesde catarrhesdes diverses muqueuses. Ex. la maladie des jeunes chiens; la pneumonie et la bron-chite chronique; les ecoulements urethraux an-ciens, etc.
II n'a aucun effet pour arreter la marche du charbon, de la morve, de la rage et d'autres maladies virulentes quand ces maladies sont declarees. Comme antivirulent at antiseptique, il convient pour desinfecter les ecuries, etables et objets contamines par des germes de mala­die contagieuse.
On I'adniinistre par les voies digestives ou les voies respiratoires. Par la premiere voie, on donne l'acide phenique en boisson, en breuvage ou en lavement; on le fait dissoudre dans une assez grande quantite . d'eau pour lui enlever sa saveur et son odeur trop prononcees. Pour favoriser la dissolution on peut em­ployer I'alcool ou l'acide acetique. Pour le faire p6ne-trer dans les bronches, on met l'eau phöniquöe dans une casserole en terre et on la fait bouillir; on dirige les vapours chargees d'acide phenique dans les voies respiratoires, ä l'aide d'un conduit en loile.
Lorsqu'on emploie l'acide phenique comme desin-fectant pendant une operation grave, on se sert d'un appareil dans lequel on fait bouillir de l'eau pheniquöe dont les vapeurs sont dirigees sur I'aniinal a operer. Immediatement apres l'operation, faite avec des instru­ments aseptiques, on fait un pansement ä l'acide phet Kaufmann. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;9
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146nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETEBINAIRE.
nique (pansement de Lister). Une plaie bienpansee par ce procede se cicatrise rapidement sans fournir de sup­puration.
Doses.
Choval............. ..nbsp; nbsp; 3 ä 10 gr.
Boeuf.................nbsp; nbsp; 5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;15
Mouton..............nbsp; nbsp; 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
Pore..................nbsp; nbsp; 0.50 2
Chion..................nbsp; nbsp; 0.30 1
Chat..................nbsp; nbsp; 0.10 0.15
Preparations pheniquees :
., _ , . . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Acide uhenique............... 5 gr.
lo bau pWmquie....... | Eau........^................ , )it
Faites dissoudre a froid.
2deg; Teinture d'acide phe- ( Acide phenique cristallise.... 1 gr. nique.............. | Alcool..................;..... IG
Dissolvez. Employee ä l'exterieur ä l'etat pur; pour l'usiige inlerne, onl'etendd'une certaine quantited'eau.
..._,., ^ j, #9632;, 1-1 Acide phenique........... 2 parties.
30 Lmiment d acide phe- Egsenc^ de t4ör6benthiiie... 4 -
mlt;lue.............. ( Huile d'olive.............. 4 -
40 Pommade d'acide phe- ( Acide phenique........... 4 gr.
nique.............. ( Axonge................. 32
Incorporez. — Gomme antlpsorique.
_ , ,, . , , ( Plätre finement pulverise.. 1 kilogr. 50 Poudre dfeinfectante. | A(.ide pheniquo........... 10 gr.
M^lez exactement dans un mortier.
Cioudron 'mineral. — laquo;laquo;oudron lie houille.
•Le goudron mineral s'obtlent dans la distillation de la houille. C'est un liquide plus ou moins epais, d'un noir
ocr page 163
MEDICAMENTS ASTRINGENTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;117
fonce, d'une odeur forte, desagreable, d'une savour acre el amere, d'une densite plus grande que celle de l'eau. Sa composition chimique est complexe et varie avec la nature de la houille distillee.
Dans le tableau suivant on indique les principales matiöres qui y sont conlenues: 1deg; Principes neutres : eau ;
20Principes alcalins: ammoniaque, aniline, toluidine, xylidine, picoline, pyridine, viridinc, quinoleine ;
3deg; Principes acides: acides phenique, crysilique, ro-salique;
4C Hydrocarbures liquides: benzine ou benzene, to­luene, xylene, cumene, cymene, amylene, capro-ylene, etc.;
3deg; Hydrocarbures solides: naphtaline, anthracene, pa-ranaphtalene, crycene, pyrene;
6deg; Residu goudronneux: brai sec ou'bitume fac-tice.
Effets et emploi. — Le goudron de houille ayant une composition chimique assez analogue ä celle du gou­dron de bois, produit sur l'organisme des animaux des effets a peu pres identiques, mais plus intenses. Cost un astringent local qui pent devenir irritant ; il est fortement antiseptique et antiparasitaire. A. I'in-terieur il produit facilement la constipation etun arröt de la digestion. Ses principes actifs sont absorbes rapi-dement et produisent souvent des effets toxiques. — II n'est pas employe ä l'interieur.
A I'exterieur il est indique dans les maladies parasi-taires cutanees et les plaies de mauvaise nature a odeur fetide. Quand on en fait usage comme antipsori-que,il est prudent de ne l'appliquer que sur de petites surfaces ä la fois afin d'eviler cette sorte d'asphyxie cutanee sur laquelle MM. Poucault et Bouley ont appele I'attention.
ocr page 164
I v
148nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Pröparations:
Poudre dösiafectante do j Plätre de mouleur....... 100 parties.
Come............... ! Goudron mineral......... 3 —
Gette poudre est trös dösinfeetante.
Poudre dösinfeetante de i Plätre de moulour........ 100 parties.
Heiiault............( Goudron de bois......... 5 —
Trlturez dans un mortier.
Gelte preparation remplit les memes indications que la poudre de corne et n'a pas d'odeur desagreable.
Poudro de Barthelemy j Plätre de mouleur........ 100 parties.
jeune................ / Noir animal pulverise..... 20 —
Mölez exaetement dans un mortier.
Gette poudre est superieure ä la poudre desinfectanle au coältar, et n'a pas l'inconvenient d'une odeur desa­greable comme cette derniere et meme comme celle de Renault.
ocr page 165
QUATRlfiME CLASSE
CA.USTIQÜES POTKNTIELS.
On designe sous le nom de caustiques potentiels les substances qui, en se combinantchimiquementavec les elements organiques, produisent la destruction des tissus surlesquels ils sont appliques. La parlie mortiflee prend le nom A'eschare. Avec les caustiques la mortiQ-calion est rapide et primitive; rinflammation se d^ve-loppe apres la destruction organique, eile est toujours consecutive et a pour resultat l'elimination de l'eschare. Quolquefois les medicaments irritants, rubeflants ou ve­sicants determinent aussi une mortification des tissus touches, mais cette mortification est lenle et succede toujours ä l'inflammation qui est primitive. C'est en ce point que les caustiques et les irritants different. La cau­terisation actuelle est celle produite par le fer rouge. Nous n'avons pas a nous en occuper ici.
Division. — Tous les caustiques detruisent les tissus et produisent une eschare; mais ils different les uns des autres par l'intensite de leur action et par les caracteres que prend l'eschare. Si on prend pour base l'intensite de leur action destructive, on pent les diviser en causti­ques legers ou catkdretiques et en caustiques forts ou escharotiques. Cette division u'est pas tres rigoureuse, car la m6me substance pent se montrer catheretique ou escharotique, suivant son degre de concentration et la duree de son application. En se basant sur les caracteres de l'eschare, on pent les diviser en caustiques coa^w/an^ et en caustiques fluidifiants, selon que l'eschare pro-
ocr page 166
130nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEÜTIQUE VETERINAIRE.
duite est solide ou plus ou moins molle. Gette division est la plus physiologique et la plus nette; c'est celle que nous adoptons.
On a propose encore un grand nombre de divisions basees, les unes sur la constitution chimique des caus-tiques, les autres sur leurs caracteres physiques. C'est ainsi qu'on les a divisös en corps simples (iode, brome, phosphore, etc.), en acides (acides mineraux), en oxydes (potasse, soude, etc.), en seh haloides (chlorure d'anti-moine, de zinc, de mercure, biiodure de mercure, sul-•fure d'arsenic, etc.), et en oxysels (nitrates d'argent et de mercure, Sulfates de cuivre, etc.), ou encore en caustiques solides, pulverulents, mom et liquides. Ges dernieres divisions, ne nous donnant aucun renseigne-ment sur les effets pbysiologiques, doivent etre aban-donnees.
Effets communs a tous les caustiques. — Lorsque les caustiques sont appliques sur des tissus sains ou mala­des, ils y determinent une destruction plus ou moins profonde due ä une action chimique. Les uns amenent la mortification des tissus en leur enlevant l'eau et en les dessechanl; les autres en se combinant avec leur matiere prot^ique ou grasse, d'aulres en agissant par un mecanisme complexe. Les parties touch^es par les caustiques sont mortes; la sensibilite, la circulation, les secretions y sont aneanties; elles forment, relative-ment aux parties voisines, un veritable corps etranger qui doit 6tre plus tard elimine. Gette destruction locale est l'effet primitif, immediat; eile se produit dans la Periode chimique Av I'escharification.
L'escharification varie, en intensite et en duree, sui-vant une foule de conditions inherentes soit au causti-que, soit aux tissus, soit ä l'application.
Quelle que soit la nature de l'agent caustique, la duröe de son contact avec les tissus, son action destruc-
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CAUSTIQOES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 151
tive s'accompagne presque toujours d'une douleur plus ou moins vive. Lorsque le caustique est energique et epuise promptement son action destructive, la douleur est intense majs de courts duree; lorsque le caustique est leger et que son action destructive est lente, la douleur est moins intense, mais eile dure plus longtemps. II va sans dire que la douleur est d'autant plus intense que le tissu renferme plus de filets nerveux sensilifs. En general, la douleur est plus vive sur les tissus sains que sur ceux qui sont älteres par la maladie.
Apres la formation de l'eschare il s'ßtablit au-dessous etau pourtourde cette partie mortiflee, une inflamma­tion plus ou moins vive qui produit peu ä peu I'elimi-nation de cette espece de corps etranger. La region devient done douloureuse, tumeflee et tendue; de la serosite, puis du pus, se montrent entre la partie morte et les parties vives placees en dessous. Ces phenomenes inflammatoires sont d'autant plus intenses que la cau­terisation est plus profonde; quand la cauterisation n'est que legere et superficielle, l'inflammation et la suppuration sont ä peu pres nulles.
En general, la suppuration detache d'abord l'eschare a la circonference, et peu a peu I'action se propage vers le centre, et tinit par la detacher entierement; il est des cas, cependant, oü les choses se passent dans un ordre inverse, et oü la suppuration se montre au centre de l'eschare pendant que la circonference adhere encore fortement aux parties environnantes; alors on est oblige de fendre circulairement la partie morte pour donner ecoulement au pus et faciliter l'elimination de cette derniere. Enfln il est des circonstances oil, malgre la formation d'une eschare epaisse, il ne se developpe aucune inflammation bien sensible, et oil les parties se dessechent au lieu de suppurer; on remarque surtout cet effet quand on laisse la preparation caustique en
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132nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
contact avec l'eschare, comme la päte de Canquoin, la päte arsenicale, etc. (Tabourin).
Pendant la perlode inflammaloire des caustiques, deux accidents peuvent apparailre : 1deg; une flevre de reaction plus ou moins intensa; 2deg; des phenomenes d'empoisonnement produitspaiTabsorptiond'unepartie du caustique. D'apres M. Mialhe, l'absorption et l'em-poisonnement par l'usage des caustiques sont plus fre­quents avec les fluidifiants qu'avec les coagulants; cependant certains agents de cette derniere catögorio peuvent aussi causer Tempoisonnement, parce quo l'eschare formee est en partie soluble dans les liquides animaux; telles sont, par exemple, les preparations de mercure et de cuivre.
L'inflammalion consecutive äla formation de l'eschare a pour resultat non seulement d'amener l'elimination de la partie mortili6e, mais encore de provoquer la regeneration du tissu et la cicatrisation. Cette derniere s'opere plus ou moins vite suivant la nature du caus­tique, seien les desordres qu'il a produits et selon les tissus. Sur certains tissus pathologiques, il fautproduire plusieurs cauterisations pour obtenir une cicatrisation definitive.
Aussitot que la cicatrisation est complete, la region revient graduellement ä son etat normal par suite de la resorplion de la serosite epanchee entre les el6ments des lissus constitutifs.
Indications giüni^rales des caustiques. — Les caustiques sont indiques :
1deg; Pour detruire les tissus pathologiques, les carles, les lumeurs, les venins et les virus;
2deg; Pour ouvrir les abces, les kystes, etc., surtout quand on veut obtenir une Ouvertüre böante pendant longtemps, et qu'on veut provoquer prealablement une inflammation adhesive qui empeche les öpanchements
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CAÜSTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;153
dans les caviles splanchniques; examples : abces du foie, des reins, de la cavile abdominale, etc.;
3deg; Pour empßcher les hemorrhagies en nappe apres certaines operations;
Aquot; Pour modifier la surface de certaines plaies de mauvaise nature et d'ulceres malins ;
oraquo; Pour provoquer une inflammation adhesive dans les cas de flstules, de kysles, d'hygromas, de mal de taupe, etc.;
6deg; Pour produire une inflammation substitutive dans las ophtalmies, lo chemosis, Tonglet, le catarrhe nasal, vaginal, urcthral, I'olite, rotorrhee, etc.;
7deg; Pour oblenir un effet revulsif energique et une forte derivation dans certaines maladies internes, sur-tout les maladies arliculaires.
Caustlques coagfulants.
Les caustiques coagulants sont caract6rises par la propriete qu'ils ont de coaguler l'albumine et de former une eschare solide. On pent les diviser en deux groupes suivant que I'eschare est insoluble ou soluble a la lon-gue dans les liquides de l'organisme. Geux qui forment une eschare solide insoluble ne peuvent pas Mre absor-bes et n'occasionnent jamais d'empoisonnement (iodc, brome, phosphore, acides mineraux, sels de zinc, d'an-timoine et d'argent). Geux qui forment une eschare solide, mais soluble ä la longue dans les liquides secre­tes, peuvent etre absorbes et occasionner des empoi-sonnements (sels de cuivre et de mercure).
Toir iode, phosphore et brome.
Aclde aulfurlque.
a. G'est un liquide visqneux, d'apparence olöagineuse,
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134nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
inodore, d'une densite de 1,83. II se dissout en toute proportion dans l'eau et Talcool dont il eleve considera-blement la temperature. 11 dötruit la plupart des matieres organiques, vegetales ou animates. II a une grande affinite pour l'eau.
Effets. — L'acide sulfurique concentre detruit rapi-dement les tissus qu'il touche en produisant une dou-leur tres vive et une eschare noire. L'effet destructeur de cet acide est du ä son affinite tres grande pour l'eau et ä la proprlete qu'il a de coaguler Talbumine. Son affinite pour l'eau est teile qu'il sollicite une partie de l'oxygene et de l'hydrogene des tissus a s'unir pour former de l'eau et fait predominer le carbone, d'ou la coloration noirätre de l'eschare. La cauterisation par l'acide sulfurique est toujours tres douloureuse, pro-fonde, et s'accompagne de la condensation et du froncement des parties environnantes; eile provoque toujours une inflammation assez intense. Applique sur la peau a l'etat de päte, il durcit le derme et produit de la suppuration sous-epidermique; de plus il penetre par imbibition a, une assez grande profondeur, comme 1'ai demontre M. Tabourin. Apres I'avoir applique sur la croupe de plusieurs chevaux, cet auteur a pu en retrouver des traces sur les tissus qui entourent imme-diatement 1'articulation coxo-femorale.
iNDiCAT/OiNS. —L'acide sulfurique concentre remplit toutes les indications gönerales des caustiques (voir p. 132); en outre il est indique quand on pent provo-quer un engorgement plastique considerable pour re-duire des hernies des poulains. D'apres Hertwig, on frictionne la tumeurle matin etle soir, lesdeux premiers jours ; une fois seulement les jours suivants jusqu'au dixieme ou au treizieme jour. Ges frictions se font avec un melange d'ncido sulfurique, d'hüilo de lin ct d'cs-
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CAUSTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 15b
sence de teröbenthine. La guerison a lieu du sixieme au vlnglieme jour.
M. Paiileau,veterinaire äMontereau, a obtenud'excel-lents resultats avec I'acide sulfurique contre I'arthrite du grasset chez les ruminants. Pour appliquer le caus-tique on se sert d'un petit tampon de linge flx6 a I'ex-tremite d'un bätonnet de bois. Les vessigons sont rases d'abord et frictionnes ensuite avec I'acide pur, place sur une soucoupe, pendant environ une minute, on doit prendre des precautions, pour preserver les parties voi-sines, commele flanc et les mamelles surtout, du con­tact du caustique. Le lendemain les points frictionnes sont chauds et douloureux, mais cependant avec mode­ration; au bout de quelques jours, la peau est morte, dure et comme tannee; cette escbare se detache de la circonference au centre au bout de quinze ä trente jours, sans suppuration et en laissant une cicatrice in-debile.
Pr6parations :
lraquo; Acide sulfurique pur;
2quot; Acice sulfurique plus ou moins etendu d'eau.
..„ t^ j n u inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i Acide sulfurique.......___ 1
3deg; Eau deRabel.... ,,,,..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; „
( Alcool ordinaire........... 3
Ajoutez I'acide par petites portions dans l'alcool et agitez.
4deg; Liqueur caustique j Acide sulfurique........... 1
de Mercier..... ( Essence de terebenthins... 4
Mettezl'essencedans une terrine placee dans de l'eau froide, ajoutez-y I'acide goutte ä goutte, remuez sans cesse etlaissez refroidir avant de l'employer.
5deg; Pate caustique de j Alun calcine............ 100 gr.
Plasse......... | Acide sulfurique......... q. s.
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156nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Pulvörisez Ires finement I'aluh calcine et ajoutez peu ä peu I'acide pour faire une päte peu consistante.
G0 Caustique safrano j Safran.................... I
de Volpeau .. j Acide sulfurique........... 2
Melangez jusqu'ähomogöneite parfaite.
7deg; Caustique opiace j Acide sulfurique........ 500 gr.
de Solleysel.... ( Opium brut............. 32
Laissez en contact pendant vingt-quatre heures et faites par trituration une päte homogene.
Outre les preparations ci-dessus, le praticien peut en confectionner d'autres presentant une action plus ou moins önergique suivant les cas.
Acidu azotique.
L'acide azotique ou nitrique est un liquide incolore ou jaunätre, d'une odeur forte et piquanle, d'une den-site de 1.52 a son maximum de concentration, soluble en toute proportion dans l'eau et l'alcool. II forme avec l'acide chlorhydrique un melange tres caustique, Yeau regale. II attaque la plupartdes matieres inorganiques et desorganise les matieres organiques, qu'il colore en jaune.
Effets physiologiques. — L'acide azotique pur mor-tifle rapidement sur une grande profondeur les tissus sur lesquels il est applique en produisant une douleur ivhs vive et une inflammation pßripherique consecutive intense. Get acide desorganise les tissus en leur enle-vant l'eau, en decomposantleurs sels, en saponifiant les graisses et en coagulant fortement les matieres pro-tamp;ques. L'eschare est d'abord mollasse, souple, ölas-tique, puis devient dare et cornee; eile a une coloration
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CAUST1QUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1Ö7
jaune, due a I'acide xanlho-proteique que forme I'acide avec las matieres azolees. #9632;
Le gonflement inflammatoire p6ripherique etant lou-jours considerable, l'eschare inexlensible se dötache bientöt dans son centre par suite de la formation de pus. La cicatrisation n'est complete qu'apres trois ou qualre semaines, suivant l'intensilö de l'action caus-tique. En 6tendant cet acide d'eau ou d'alcool on peut diminuer a volonte son action jusqu'au point de le ren-dre simplement astringent ou temperant (voir p. 78).
IndicatiOiNs tukrapeutiques. — Gomme caustique cet acide doit 6tre generalement prefere ä I'acide sulfuri-que. II est surtout indique:
l0Pour cauteriser les plaies, les ulceres de mauvaise nature, les ulceres calleux du pied, les excroissances fongueuses, les epitheliomes, le crapaud. Gontre cette derniere maladie c'est un des meilleurs remedes quand il est convenablement applique. II produit une eschare legere qui se dötache du troisieme au quatrieme jour; la come, d'abord molle et de mauvaise nature, ne tarde pas ä prendre du corps et de la tenacite sous I'influence de l'application reiteree et methodique de ce caustique;
2deg; Pour detruire les verrues, les ties, les poireaux, les neoformations diverses;
3deg; Pour reduire les hernies ombilicales chez les jeu-nes animaux.
Dayot, qui a bien etudiö cette action sur les her­nies, recommande de couper les poils sur la tumeur herniaire et de frictionner legerement la surface avec cet acide. Deux frictions faites le premier jour produi-sent une douleur vive avec inflammation et gonflement intense. La peau se desseche, se momille et tombe par la suppuration. Au moment de la cicatrisation il y a forte retraction des tissus, et apres trois ou quatre se­maines la guerison est complete (Recueil fie medecine
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1S8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERA.PEUTIQUE VETERINAIRE.
velerinaire 1848, p. 778). II repond d'ailleurs ä toutes les autres indications generales des caustiques.
Preparations. — Pur ou melange ä des substances indifferentes.
Aciile clilorhydrique.
G'est un liquide, limpide, incolore ou jaunätre, d'une odeursuffocante,pesant 1,21, soluble dansl'eau^'alcool et Tether.
Action. — Get acide agit moins energiquement que les deux pr6cedents. L'eschare formee est toujours plus superficielle, d'une couleur grisätre. La douleur est vive, mais rinflammation consecutive est pen intense. Etendu d'eau dans la proportion d'un tiers environ et appli­que sur la peau, ilprovoque, d'apres Tabourin, une cha-leur et une douleur tres intenses et assez prolongees, ce qui en fait un rövulsif prompt et energique.
Indications. — A cause de son aclion moins destruc­tive, il convient surtout pour cauteriser les alterations muqueuses; les aphtes de la bouche, du mameion, du pied, le muguetdes agneauxet des veaux, la muqueuse du pharynx dans I'angine couenneuse.
Preparations. — Pur ou mölange ä des substances indifferentes pour en diminuer I'activite.
Acide chromique.
Get acide se presente sous forme d'aiguilles prisma-liques d'un rouge rubis, sans odeur et d'une saveur caus-tique. Chauffees, cos aiguilles deviennent noires et ne repronnent leur couleur primitive qu'en absorbant I'hu-midite de I'air. Get acide est tres soluble dansl'eau, et la dissolution estjaune tirantsur le rouge; ilest soluble dans ralcool ordinaire; l'alcool absolu et l'öther s'en-
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CAUSTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;159
flamment en presence de l'acide chromique, qui est un oxydant energique et brüle toutes les matieres organi-qucs, lesquelles le ramenent ä l'etat de sesquioxyde de chrome.
Effets piiysiologioues. — Les effets de l'aeide chromi­que ressemblent beaucoup ä ceux de l'acide azolique. II differe de ce dernier en ce qu'il oxyde plus energi-quement la mauere organique et qu'il la desseche plus fortement. Applique sur la peau, en poudre ou en solu­tion concentree, cet acide la desseche, la colore enjaune, puis en brun et produit une eschare seche. Sur la peau denudee, les muqueuseset les plaies, l'acide chromique agit comme un des caustiques les plus energiques en oxydant fortement les tissus, en coagulant energique-ment l'albumine et en absorbantl'eau.L'eschare formte est epaisse, dure, seche et d'une coloration brunätre; quand eile se detache, ellelaisse une plaie d'un tres bei aspect quise guörit beaucoup plusvite que celle laissee par les acides mineraux precedents. Get acide ne deter­mine que peu de douleur et ne produit qu'une inflam­mation peripherique insignifiante. Etendu, c'est un as­tringent excellent.
Indications. —II est indique dans les memes cas que l'acide azotique. Ge dernier lui est generalement prefere ä cause de son prix moins eleve. Gomme astringent, on I'emploie en solution a 5 p. 100 pour dessöcherles plaies et hater leur cicatrisation. II n'est jamais employ^ a I'interieur parce qu'il est trop irritant pour le tube digestif.
PRßPARATiOixs. — En poudre ou en solution aqueuse.
11 ne faut jamais le melanger a la glyc6rine ou a I'al-cool, car il forme avec ces corpsdes composes explo­sibles.
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i I
160nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTfiRINAIRE.
Nitrate d'argent.
b. Ge sei, encore appelö azotate d'argent, pierre in­fernale, est sous forme de petites lames brillantes, blanches, inodores, caustiques. Ghauffe, il fond et pent etre coule en batons (pierre infernale). Expose ä l'actlon de la lumiere, il noircit et se decompose partiellement, d'oü la necessite de le conserver dans des flacons opa­ques. 11 est soluble dans son poids d'eau froide et dans I'eau chaude en plus forte proportion encore; insolu­ble dansl'alcool. Ses solutions aqueuses ontune reaction neutre.
Effets physioloöiques. — Sur la peau seche le nitrate d'argent solide, en cristaux ou en batons, n'a aucun effet, ä moins qua le contact dure tres longtemps. Si la peau est humide ou si on emploie des solutions concentrees, ce sei colore rapidement la surface touchee en violet, puis en noir. L'epiderme touchö est ddsorganise, perd sa vitalite, tombe au bout de quelques jours en laissant au-dessous un nouvel epiderme. Quand l'action du ni­trate d'argent est continue, le derme est mortifle ä son tour sur une profondeur plus ou moins grande et il en r6sulte une eschare retractile noire. Au moment de l'es-charification, le nitrate d'argent produit une vive dou-leur, mais quin'est pasbien durable.
Sur les solutions de continuitö et les muqueuses, l'effet caustique est encore plus prompt et plus 6nergi-que que sur la peau. L'eschare produite est d'abord molle et superücielle, de couleur blanche avec reflet argentin, puis a mesure que le caustique continue son action, eile devient plus epaisse, plus consistante, et prend bientot, sous l'influence de la lumiere, une colo­ration violette, puis bistre, puis enfin noire.
La formation de l'eschare doit ötre attribute, d'apres
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CAÜSTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 161
les travaux les plus recents, ä la grand afflnile de ce sei pour Talbumine, qui se precipite rapidernent et forme une couche d'abord blanche, puis violette, puis noire. Ges changements de coloration de l'eschare sont dus ä la formation de chlorure d'argent, sei tres altera­ble ä la lumiere. L'eschare est toujours superficielle, eile se detache promptement par petits fragments et laisse une surface qui se cicatrise rapidernent. L'inflam-mation periphörique est toujours mediocre et la suppu­ration presque nulle.
Le nitrate d'argent n'est caustique que lorsqu'il est employe solide ou sous forme de solutions concentrees a 1 p. S ou 1 p. 10. En solution plus etendue il estseule-ment un astringent önergique. 11 resserre energique-ment les petits vaisseaux et produit une anemie locale tres forte. Les solutions concentrees n'ont pas d'effet vaso-constricteur local, elles agissent comme caus-liques.
Le nilrate d'argent coagule rapidernent la surface des plaies et des muqueuses suppurantes, tarit les secre­tions et leur donne une grande tendance ä la cicatrisa­tion.
Introduit dans les voies digestives, ä petites doses, le nitrate d'argent estfacilement supporte. Dans l'estomac il se combine avec l'albumine et perd ainsi une partie de ses effets caustiques. C'est pourquoi son action est moins energique dans le tube digestif qu'ä la surface du corps. Des solutions qui attaquent l'epiderme ne produiraient aucun effet escharotique dans le tube di­gestif. Dans l'estomac il y a aussi formation de chlorure d'argent. Les solutions etendues produisent sur la mu-queuse stomacale un effet astringent et diminuentles secretions.
Quand le nitrate d'argent est administre ä doses plus fortes et surtout äl'etat solide, il determine une inflam-
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162
TUfiRAPEÜTIQUE VETEEUNAIRE.
mation de la muqueuse et souvent aussi des ulcerations dans les points oü les parcelles du caustique sejour-nent accidentellement.
Le nitrate d'argent introduit dans le tube digestif peut passer ä l'absorption. Une partie cependant reste insoluble et est rejetee avec les excrements sous forme de sulfure d'argent. La partie absorbee ne produit pas quot;de modifications sensibles sur la circulation, la respira­tion et la calorification.
Apres un usage un peu prolonge de ce medicament, la peau se colore en violet ou en noir, surtout dans les regions exposees k la lumiere, on observe aussi un amai-grissement rapide. Si l'administration est arretee ä temps, les animaux reviennent peu ä peu ä leur etat normal, mais la coloration pigmentee de la pearaquo; per-siste tres longtemps ä cause de la lente elimination de l'argent metallique depose dans le tissu de la pearaquo;. Si l'administration continue, I'amaigrissementseprononce de plus en plus, des maladies catarrhales apparaissent, puis arrive la paralysie de la sensibilite et de la motilite, etenfinla mort. Le nitrate d'argent atteint assez rapi-dement le Systeme nerveux, dont il affaiblit les pro-prieles vitales.
Antidotes. — Les conlre-poisons du nitrate d'argent, encore contenu dans le tube digestif, sont le sei marin (Orflla) et le protosulfure de fer röcemment preeipitö (Mialhe).
Indications. — A I'mterieur, le nitrate d'argent est indiquö : 1deg; contre l'ßpilepsie. Beaucoup de cas de gue-rison ont etö observes. II n'est pas possible, avec I'etat actuel de nos connaissances, de donner l'explicalion du mecanisme de ces guerisons. II est vrai que la nature de l'epilepsie est fort peu connue en pathologic;
2deg; Pour combattre la diarrhee rebelle et arreter I'etat catarrhal de la muqueuse gastro-intestinale. Le nitrate
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#9632; w
CAÜSTIgUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;163
d'argent ne doit jamais 6tre employe quand il y a inllammation aiguS du tube digestif.
A Texterieur le nitrate d'argentest indique : 1deg; comme camtique pour röprimer le bourgeonnement trop actif des plaies, pour detruire les neoplasmes superßciels. Ce caustique, n'agissant jamais profondement sur les tissus, ne convient pas pour detruire des tumeurs epaisses; dans ce dernier cas il lui faut prefercr les acides mineraux ou le chlorure de zinc ;
2deg; Comme astringent en solutions plus ou moins fortes pour dessecher les plaies, pour les rendre asepti-ques, pour modifier leur surface et hater leur cicatri­sation. Les plaies atoniques surtout sont modifiees tres favorablement par le nitrate d'argent. On s'en sert aussi trös avantageusement en injection sur les muqueuses qui sont le siege d'un catarrhe chronique ou dans des fistules difficiles ä tarir. Ainsi on I'emploie avec succes centre I'otorrhee, la carie du cartilage de la conque; contre le coryza chronique, I'ozene; contre la vaginite et l'urethrite chroniques, I'acrobustite; contre les ma­ladies cutanees secretantes, I'erysipele grave, les cre­vasses, les eaux aux jambes, le crapaud, etc. Enfin le nitrate d'argent est un remede heroique contre les ma­ladies inflammatoires des yeux. 11 reussit surtout bien contre les maladies de la conjonclive et des paupieres. II n'a aucune action curative sur la fluxion periodique.
Preparations :
1deg; Nitrate d'argent (pierre Infernale).
On fait fondre les cristaux de nitrate d'argent et on coule le liquide dans des tubes de verre graisses ä I'in-terieur. Apres refroidissement, le nitrate d'argent est en petits batons cylindriques de la grosseur d'une plume a ecrire, d'une feinte ardoisöe exterieurement, et d'une couleur grise en dedans avec disposition radiee et cris-
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164nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETER1NAIRE.
talline. On conserve ces batons dans des flacons remplis de graine de lin seche.
2deg; Solutions aqueuses titrdes n 1/5, 1, 2, 5, etc. p. 100.
/ Nitrate d'argent crista'lise.. O8',.^ k 5 gr.
Squot; Sohitioti albu- \ Blanc d'oeuf................ nraquo; 1
mineuse Detioux j Eau distilleo...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 250
\ Sol marin................ 0E,,50 i 5
Faire d'abord l'eau albumineuse et ajouter succes-sivement, en agitant sans cesse, le sei d'argent, puis le sei marin dissous.
,„ „nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;j j .j , j,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; . i Azotate d'argent---- 1
iquot; Pommade de nitrate a argent.., j ^xonse-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ioo
Administration. — Pour I'usage interne on se sert de solutions aqueuses (eau distillee) ou glycörinees ä 1 ou 2 p. 100, qu'on administre en lavements ou en breuvages. Lorsqu'on veut obtenir l'absorption du sei d'argent ,on pent I'employer aussi en injections intra-tracheales pour combaltre le catarrhe bronchique chronique, mais ce procede n'a pas donne de bons resultats.
Pour I'usage externe on se sert surtout du crayon de nilrate ou de solutions aqueuses plus ou moins fortes suivant les cas. Le crayon suffit presque ä tons les besoins externes, mais il faut savoir graduer convena-blement son action. En touchant Ires legörement une plaie on ne produit qu'un effet astringent 6nergique; si on louche un peu plus fort, on determine une legere eschare superlicielle et on a une action caustique. Le praticien qui sail bien manier son crayon de nitrate d'argent, pent röprimer le bourgeonnement trop actif ou exciter ä volonte ce bourgeonnement quand il u'esl pas süffisant; il pent ainsi regulariser les plaies les plus irreguläres et häter leur cicatrisation. Les solu­tions caustiques sont de 3 a 10 p. 100 quand on veut
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CAUSTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 165
les faire servlr k cauleriscr des neoplasmes; elles sont ä3 p. 100 quand elles doivent cauteriser seulement une surface.
Pour I'ceil on emploie, oulre le crayon, des solutions a 1/2 ä 2 p. 100. Le crayon sort surtout pour les gra­nulations, les Erosions, les boursouflements de la cornee, le staphylome etc. Les solutions faibles pour les conjonctivites simples. Pour les conjonclivites pu-rulentes graves on pent employer des solutions jusqu'ä 5 p. 100. Pour faire les injections dans le canal de l'urethre, le vagin, etc. on emploie des solutions ä 2 p. 100.
Les taches noires produites par le nitrate d'argent sur la peau sont facilement enlevöes en les lavant suc-cessivement avec une solution de sei marin.
Le sei marin peut elre remplace par le cyanure de potassium, le permanganate de potasse et une solu­tion ammoniacale ou d'acide chlorbydrique.
i Cheval........nbsp; nbsp; 0.50 k 1
Bceuf........nbsp; nbsp; 1 i 1 50
Mouton, porc.nbsp; nbsp; 0.10ä0.30
Cliien, chat...,nbsp; nbsp; 0.01 ä 0.05
En injection hypodermique les doses sont moitiö moindros.
Protochlurure d'antimoine.
Ce sei, appeleencore beurre d'antimoine est mou, d'as-pect graisseux, demi-transparent, incolore, inodore, d'unesaveur amere ettres caustique. liest deliquescent äl'air et forme avec la vapeur d'eau qu'il attire unliquide epais, olöagineux, que Ton designe sous le nom de beurre d'antimoine. Ge sei se dissout bien dans l'eau acidulee par l'acide chlorbydrique ou l'acide tartrique. L'eau distillee ou l'eau ordinaire le decompose en acide cblorhydrique et en une poudre, dite d'Algaroth, qui
ocr page 182
166nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
n'est autre chose que de 1'oxychlorure antimonique.
Effets. — L'aclioncausüque de ce sei est prompte et energique. Aussitöt qu'il est applique sur une mu-queuse ou une solution de continuite, on voit la sur­face blanchir, se crisper, etl'eschare se former instan-lanement. Sur la peau intacte, il agit un peu plus lentement. L'eschare formee est blancMtre, mollasse d'abord, mais eile devient seche, dure et nettement circonscrite; generalement eile est profonde. La dou-leur produite est toujours tres vive, mais dure peu; I'inflammalion consecutive est mediocre et la suppu­ration est ä peu pres nulle; l'eschare se detache d'elle-meme au bout d'un temps plus ou moins long. Les effets causliques de ce sei ressemblent ä ceux pro-duits par le chlorure de zinc, mais ce dernier sei laisse une plaie plus nette et plus facile a cicatriser; aussi dans la pratique doil-il 6(re genöralement prcfere.
Indications. — Le beurre d'antimoine convient sur-tout pour cauteriser les plaies etroites, profondes, sinueuses et anfractueuses qui recelent un virus ou une matiere putride (virus rabique, venins, etc.), pour detruire les caries osseuses ou cartilagineuses, ou les tissus alleres qu'on ne pent enlever avec I'instrument tranchant. II a ete employe avec succes par quelques praticiens contre le crapaud ancien.
Preparations et application. — Ce sei est generale-ment employe k l'etat de pureW, quand il est tombe en deliquescence. Pour I'appliquer on se sert d'un petit pinceau souple de crins ou d'un bourdonnet d'etoupe ou de coton fixe ä l'extremite d'une baguette de bois; on pent encore en impregner des boulettes de coton ou de charpie et les appliquer sur la surface k cauteriser. Pour ne pas affaiblir faction caustique, il faut toujours bien enlever l'humidite de la surface k cauteriser; sans cette precaution, le sei se decomposerait en partie au
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CA.USTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;#9632;167
contact du liquide organique, et son action serait d'au-tant diminuöe.
Chlorure de zinc.
Ge sei pur est solide, amorphe, demi-transparent, peu consistant, incolore, inodore, d'une saveur caus-tique. II est tres deliquescent ä lair, Ires soluble dans l'eau, l'alcool et Tether.
Effets. — Applique sur la peau intacte, ce sei ou sa solution attaque rapidement l'epiderme et ensuite le derme. L'action destructive resulte de sa grande afü-nite pour Talbumine et de la mise en liberte d'une certaine quantite de chlore et d'acide chlorhydrique, qui constituent des causliques energiques. Sur les plaies et les muqueuses l'action destructive est encore plus rapide et plus intense: apres douze heures on a une eschare epaisse de 6 a 8 millimetres, et apres vingt-quatre heures de 10 ä 12 millimetres. Ge sei se diffuse surtout en profondeur; ilreduit le lissu musculaire en une masse molle grisätre; ilcoagule le sang, detruit les fibres nerveuses, maislaisse intacts les tissu fibreux ölastiques et osseux. Pendant qua I'eschare se forme, ce caustique produit une vive douleur. L'inflammation peripherique est vive. L'eschare grise est solide, devient dure et se dötache apres sept a neuf jours; eile laisse une plaie de bon aspect qui se cicatrise rapidement. Le chlorure de zinc constitue pour la Chirurgie vet^ri-naire un caustique precieux; il agit rapidement; son action se localise parfaitement; il est peu coüteux et laisse toujours une surface aseptique ä cicatrisation rapide; il n'occasionne jamais d'empoisonnement.
Indications. — II est indique : 1deg; pour detruire les tumeurs de nature squirrheuse ou cancereuse, les tumeurs lardacees qui se montrent assez souvent au
ocr page 184
168
THERAPEUTIQUE VETERINiURE.
pli du genou chez les änes et ä l'encolure chez les chevaux, les hygromas, les caries, les virus, venins et matieres infectieuses döposees dans des plaies, etc.: 2deg; pour Mler la cicatrisation des fistules ou des ulce-rations; 3deg; pour activer le bougeonnement des plaies atoniques et pour dösinfecter celles qui sont de mau-vaise nature ou qui renferment des tissus mortiüös; 4deg; comma astringent et desinfectant en solutions ä 2 ou 3 p. 100 pour panser les plaies, activer le bour-geonnement. II peut parfaitement remplacer l'acide phenique dans les pansements antisepliques,oü il s'op-pose au developpement de tous les germes. Preparations :
!• Chlorure de zinc pur ou en dissolutions plus ou moins concentrees.
/ Chorure de zinc....... 1
2raquo; Pate de Canquoin.... | Fariae................ 2
( Eau................. q. s.
L'addition d'un peu de glycerine donne plus de sou-plesse ä la päte et retarde sa dessiccation.
/ Chlorure d'antimoine.. 1
. _. , „ , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; \ Chlorure de zinc...... 2
3raquo; Päte de Soubeiran.... j Farine................ .
f Eau.................. q. s.
Faire une päte molle.
„ , . , ,¥ ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 Chlorure de ziuc...... 4
4deg; Solution de Hanke.... | Acide azotique......... 33
Dissoudre ä froid.
Application. —^On desseche prealablement la surface, puis on applique le beurre de zinc deliquescent ou liquide au moyen de petites boulettes d'etoupe impre-gnöes de caustique. On les laisse en place pendant un quart d'heure, puis on les enlöve. Quand il s'agit de
mmm
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CAUST1QUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;69
fistules,les pelits tampons peuvent rester en place plus longtemps.
Pour dölruire les tumeurs on elend a leur surface une couche de päte de Canquoin plus ou moins epaisse, et, au bout de quelques heures, on reseque avec le bistouri la partie mortifiee, qui est a peu pres de l'e-paisseur de la couche de causlique ; puis on reapplique une nouvelle lame de päle escharotique et Ton continue ainsi jusqu'ä ce qne la tumeur ait entierement disparu. Les solutions faibles astringentes et desinfectantes sent appliquees sur les plaies avec de l'etoupe, ou encore mieux, pulverisges a leur surface sous forme d'un brouillard.
Bielilorure de merenre. Suliliiuc corrosif.
Le sublime corrosif est un sei cristallise en piismes Ires petits qui forment une poudre blanche, inodore, d'une saveur styptique, dere et tres tenace. Expose ä l'air, ce sei anhydre s'effleurit; il est soluble dans I'eau froide dans la proportion de 1 p. 6 et dans I'eau chaude dans celle de 1 p. 3; dans I'alcool, a pcu pres dans les mömes proportions, et beaucoup plus soluble dans relher. La solulion a une legere reaction acide ct sc decompose partiellement a la lumierc. Les acides chlo-rhydrique, nitrique et les chlorures alcalins augmen-tent sa solubilile. II precipile rapidement toutes les matteres proleiques en s'y combinant. Le coagulum formö est soluble ä la fois dans un exces de ce sei, dans l'albumine et dans la solution des chlorures alca­lins, y compris le chlorbydrate d'ammoniaque.
Effets physiologiques. — Le bichlorure de mercurc
est de tons les caustiques, celui qui agit le plus ener-
giquement. Aussitöt qu'il est mis en contact avec un
lissu, il se combine avec ses matieres albuminoides et
K.UFJiANV. — TWrapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;iO
ocr page 186
170nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
le transforme en une eschare. La cauterisation par le sublime corrosif esl prompte, douloureuse, mais n'est pas ires profoude: ells suscite tou jours une inflammation considerable, une exsudation plastique abondante et une suppuration copieuse.
L'eschareest d'abord molle et fragile, puiselledevient seche et grisätre en se resserrant. Elle ne se detache des tissus que lentement et ä mesure qua la suppuration se ddveloppe. Les plaies laissees par la chute de l'eschare ne se cicatrisent que lentement, ce qui constitue un certain inconvenient. L'absorption du bichlorure de mercure n'est pas ä craindre dans les cas ordinaires; I'empoisonnement mercuriel ne survient que lorsqu'on applique ce sei sur une trop grande surface ou quand on introduit des trochisques dans le tissu conjonctif sous-culane. Dans ces cas, l'eschare est en partie dis-soute par les liquides albumineux en exces, et le sei de mercure est absorbö.
En solutions tres etendues, le bichlorure de mercure pent 6tre administre ä l'interieur sans occasionner aucundesordre local. Arrive dans I'estomac etl'intestin, il forme un chlorure double de sodium et de mercure, et se combine ä l'albumine. 11 est absorbe et produitles effets ordinaires des mercuriaux. G'est le sei qui pro-duit le plus rapidement I'infection mercurielle (Voy. Mer­curiaux).
Administre ä Tinterieur ä l'etat de solutions concen-tröes, il desorganise la muqueuse digestive et tue rapi­dement les animaux en produisant une gastro-enterite et une infection mercurielle aigue.
G'est un desinfectant, un antiparasitairlaquo; energlque. Des solutions a 1 pour 20,000 tuent les micro-organismes et d^truisent les virus.
Indications theeapeutiques. — 1deg; Comme caustique, le sublime corrosif est surtout employ^ avantageuse-
4
ocr page 187
#9632;
GAÜSTIQÜES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;171
ment dans le traitement des carles osseuses, cartilagi-neuses, lendineuses ou ligamenteuses, comme celles qu'on remarque dans le clou de rue p6netrant, dans le javart cartilagineux, le mal de garrot, le mal de taupe, les plaies articulaires, etc. A cause de son action coagu-lante önergique et de l'inflammation intense qu'il döveloppe, ce caustique convient tres bien pour obtenir la fermeture des flstules articulaires ou tendineuses. M. Saint-Cyr, qui a surtout etudie ce puissant moyen, recommande d'appliquer sur l'orifice de la fistule un emplälre de poix noire saupoudre convenablement de sublime corrosif. Quand la fistule estprofonde, onintro-duitle caustique dans la fistule avecun petit tampon de colon ou une sonde cannelee.
2deg; Gomme irritant cutane et antiparasitaire, le su­blime est indique contre les exanthemes humides de toule nature,les maladies parasitaires de lapeau, telles que: teigne, prurigo, pityriasis, gales, contre les eaux aux jambes, le crapaud, etc. II faut toujours se scrvir de solutions etendues et les appliquer sur une petite surface ä la fois.
3raquo; Comme fondant, il est efücace contre la plupart des lumeurs indolentes, telles que : les tumeurs de l'appui du collier, le capelet, l'eponge, les mollettes et vessigons indures, les kystes, les engorgements gan-glionnaires, les exostoses,les osleosarcomes, etc.
4deg; Gomme rövulsif önergique, il est employe sous forme de trochisque contre les boiteries anciennes de l'articulalion coxo-femorale ou scapulo-humerale.
5deg; Pour mortifier rapidement le cordon testiculaire dans la castration avec les casseaux.
6deg; Gomme antiseplique et cicatrisant. II est employe en solutions etendues pour faire les pansements apres les operations chirurgicales ou pour laver des plaies suppurantes.
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172nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERlNAIRE.
7deg; Gomme desinfoclant, il est indique pour detruire les virus attaches aux inslruments ou dissemines dans les locaux oil out löge des animaux atteints de maladies contagieuses.
8deg; Gomme irritant astringent, il peut rendre des ser­vices dans les conjonctivites et Fopacite de la cornea. On Teniploic en solutions ä0,0o, ä0,S0pour 100.
9deg; Pour l'usage interne, le sublime corrosif r^pond aux indications ordinaircs des Mercuriaux (Voy. p. ).
Phepauations :
lquot; Poudre.
2deg; Solutions titrees diverses.
,. _ , .j •nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I Bichlorure do morcuro---- OlS'AO
3o Eau plmgedemque........ | Eau de cliaux............ i;. '
Dissoudre le sublime corrosif dans un peu d'eau dis-lillde, ajouter la solution ä l'eau de chaux et agiler vivement.
, „ , ,,, . .i- . [ Biclilorure de mcrcuro , . 1 cr. 4raquo; Eau phagedemque veton- Eau de ^^.......... 10 ^
nalre (Lecolt;l'........... (aIcoo!.................. q.s.
/ Sublime corrosif. . .. . ( ,,
bdeg; Eau pliagedenique de Sol- gt; Acide sulfarique.......\ • * g1quot;-
leyscl.................. ) Alcool................. 250
' Eau de chaux......... 150O
Versez doucement racidedansTalcool; faites dissou­dre le sei et ajoutez ensuile l'eau de chaux. .
„„ „ . lt;. j . j /gt;• j ( Bichlorure de mercure.... ' 32 cr. 6laquo; Topique fondant de Girard. j ^^^^,^„3 de Bopdeanx. 380
Incorporez ä froid.
7deg; Topique fondant do Du- j Sublirad corrosif........ IG gr.
threil................. I Collodion................ 100
„,'.#9632;#9632;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; im.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;* Sublim6 ................. 4 gr.
8deg; Liqueur de Cherry....... j Alcool............. ...... ^
ocr page 189
CAÜSTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; lt;73
9deg; Pommade de sublimö cor rosif..................
10deg; Cellodion caustique......
j Sublime corrosif........ CS gr.
; Huile do kurier......... 2G0
( Huile d'olive............ 100
(Collodion................ 30 gr.
j Sublime corrosil'......... 5
i' Sublime corrosif.......... 1 gr.
IJoTrochisques. Fonuulen0!. | Amidon.................. 2
' Mucilage de gommeadraganto q. s.
Faire une päte consistante qu'on divise ensuite en petits frag-ments de forme conique.
/ Sublimö corrosif.......... 2 gr.
Formale nquot; 2.......j Minium.................. 1
( Amidon et gomme adragante. q. s. 12deg; Trochisques simples. — Sublime corrosif en masse, taillö en pe­tits cönes du poids de 2 i 3 gr. au plus pour los grands ani-maux.
/ Sublime corrosif.. ..... 1 gr.
13deg; Liqueur de Van Swieten.. j Alcool................... 100
( Eau distillco............. 000
l Sublime............-..... 1 gr.
i Sei marin............... 2
14deg; Liqueur de Mialhe.
1 Sei ammoniac
Eau distilleo............. 1 lit.
MfiDiCAMENTATiON. — La poudre est appllquee directe-ment sur les parties ä cauteriser. On la transporte au fond des fistules avec une sonde cannelöe. Les aulres preparations sont appliquees d'une maniöre speciale suivant leur nature.
Pour l'usage interne, on fait usage surtout de la liqueur de Yan Swieten ou de celle de Mialhe.
Doses :
Clieval.. 8gr. (estom.). 4 gr. (veines).
lraquo;ToXiques...... ) l™!'' 8
i Mouton
2deg; Thörapeutiques.
\ Chien. O.20ä0.30 — | 0'15 (Tissuconjonct.)
I 0.04 (veines). 1 Grands herbivores.. 0laquo;,30 ä 1 gr. (estomac).
) Porcs.............. 0 05 ä 0 15 —
j Moutons........... o 02 i 0 05 —
' Chiens............. 0 01 amp; 0 05 —
iO.
ocr page 190
#9632;
174nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAlRE.
Milrateg de mercure.
Lemercure forme avee I'acide azotique deux compo­ses : le protonitrate et le deutonitrate. Ces deux sels sent solides. Le protonitrate est cristallise en prismes incolores; il est decompose par I'eau en protonitrate acide soluble, et en protonitrate basique insoluble qui se depose en poudre blanche. Le deutonitrate estblanc, incrislallisable et deliquescent. II est egalement decom­pose par I'eau en un composö acide soluble, et un compose basique insoluble, appelö turbilh nitreux, qui est sous forme de poudre jaunätre.
Effets. — Ces deux sels,surtout le deutonitrate, sont des caustiques coagulants ires energiques, mais dont faction est un peu moins profondeque celle du sublime. Ils sont absorbables et par consequent doiventötre em­ployes avec quelques pröcautions.
Indicatjons. —Ilsrepondent aux indications gönerales des caustiques. En outre, ils agissent mieux que les autres caustiques sur le cancroide epithelial de la levre du chat.
Preparations :
1deg; Solutions plus ou moins concentrees.
2- Protonitrate de mercure li- j P/^^ ** quot;quot;cure. . 30 gr,
Agiter avant de s'en servir.
3* Nitrate acide de mercure j Mercure coulant........ 1 gv.
liquide (Codex).......... ( Acide nitrique........... 2
Faites dissoudre le mötal dans I'acide ä l'aide de la chaleur, et röduisezla solution au quart de son volume primilif.
Ti
ocr page 191
CÄ.USTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 175
I Mercure.................nbsp; nbsp; nbsp; 32 gr.'
Acide azotique...........nbsp; nbsp; nbsp; 48
Axonge..................nbsp; nbsp; 250
Huiled'olive.............nbsp; nbsp; 250
Dissoudre le mercure dans I'acide a l'aide de la cha-leur, concentrer autant que possible et incorporer a une douce temperature, avec les corps gras jusqu'ä ce que le melange ait acquis une belle couleur jaune doree.
5quot; Eau mercuvielle.
i Protonitrate de mercure.. . ! Acide nitrique.
4 gr. 2
Eau distillee.
Melangez l'eau ä I'acide et faites dissoudre le sal.
Sulfate de oulvre.
Ge sei, d'une belle couleur bleue, est encore appele vilriol bleu, couperose bleue, etc. II est cristallis6 en gros prismes obliques, il a une saveur acre et caustique. II s'effleurit ä I'air et se recouvre d'une poudre d'un blanc verdatre ; chauffe, il fond dans son eau de crls-tallisation, qui ögale 36 p. 100 de son poids, se desseche et forme une poudre blancMtre, anhydre et tres avide d'eau, laquelle lui restilue sa couleur bleue naturelle. Insoluble dans I'alcool, le vitriol bleu se dissout dans quatre parties d'eau froide et deux parties d'eau bouillante. En se combinant avec I'ammoniaque, il forme un sulfate de cuivre ammoniacal. #9632; Effets physiologiques. — Le sulfate de cuivre n'attaque que difficilement la peau intacte et il ne pent pas 6tre absorbe par cette voie. Mais il agit comme caustique assez energique sur les plaies, les muqueuses; l'eschare produite est seche, brunätre, bien circonscrite, g^nöralement superflcielle, ne se detacbant que lente-mentetpresque sans suppuration. La douleur est vive;
ocr page 192
176nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfilUPEUTIQUE VETERINAIKE.
I'engorgement inflammaloiro est assez developpe; la plaie laissee par la chute de l'escharo est de bonne nature et se cicatrise rapidement. Employe en trochis-que, le sulfate de cuivre produit un fort engorgement cedemaleux et une suppuration abondanle de bonne nature; 11 est prudent de n'en employer qu'une petite quantite ou de retirer le trochisque apres vingt-quatre heures pour eviter la mortification de la peau et son decollement. Ce sei est absorbable sur les plaies, dans le tissu conjonctif, car I'escbare pent se fluidifler en partie quand les liquides organiques sont abondants. Gcpendant les empoisonnements sont peu ä craindre chez les grands animaux.
En solutions ötendues, le sulfate de cuivre perd ses proprietes caustiques et devient fortement astringent el antiseptique. II resserre vivementles petits vaisseaux, anömie les surfaces, arr^te les secretions sur les parties sur lesquelles il est applique, tonifle les plaies et bäte leur cicatrisation.
Introduit dans I'estomac, le sulfate de cuivre provo-que le vomissement chez les carnivores, m6me a faible dose. Ges animaux sont rarement empoisonnes par ce sei introduit dans I'estomac; car les vomissements qui surviennentbientöt produisent son rejet par la boucbe.
A faible dose, il est facilement supporte par les her­bivores, il provoque une certaine constipation. A doses fortes, il produit la perte de l'appetit, provoque des nausees, des coliques, de la diarrhee et une gastro-ent^rile mortelle. Ges accidents surviennent surtout avec le sulfate de cuivre administrö en bol ou en elec-tuaire.
Dans I'estomac, le sulfate de cuivre se combine avec l'albumine et forme un compose soluble dans un exces de liquide albumineux. L'absorption pent done se faire assez vite. Arrive dans le sang, il est fix6 paries hema-
ocr page 193
CAUSTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 177
turies qui le transportent dans tons les lissusetled^po-sent dans les elements cellulaires des parenchymas, surtout du foie et du poumon, ou il peut sejourner plu-sieurs mois. Son'elimination est toujours tres lente et sefait par la bile, I'urine, la sueur.
Quand le cuivre a ete absorbe en trop grande quantile, il determine I'empoisonnement. Les animaux tombent alors dans un grand etat d'abattement, dans une immobilite complete, puis meurent sans presenter des convulsions.
A I'autopsie on trouve generalement une inflamma­tion gastro-intestinale, une congestion du foie avec degenerescence graisseuse, une congestion corticale du rein, des ecchymoses sur l'endocarde du ccEur gauche; le sang est noir, incoagule et accumule en grande qnan-titö dans les veines de l'encephale.
Indications tuerapeutiques. — A I'intMeur, lesulfale cuivrique est indique :
1deg; Comme vomitif chez les carnivores. Son action est rapide et toujours plus sure que celle de l'emetique et de l'ipecacuanha; de plus, il n'affaiblit pas les animaux autantqueces dernieres substances. C'est le meilleur vomitif apres I'apomorphine; il agit surtout en irritant les extrömites gaslriques du nerf pneumogastriquo, le vomissement est done reflcxe comme avec l'ipöca-cuanha;
2deg; Comme astringent et anlicatarrhal, dans les diarrhees chrohiqu'es, les vieux catarrhes bronchiques, Thömaturie, Talbuminurie;
3deg; Comme fluidiflant du sang et alterant dans les diatheses caracterisees par la poussee de tumeurs diverses, condylomes, Acs, engorgements ganglion-naires, etc.
A l'extörieur, on peut ruliliscr avantageusement:
1deg; Pour exciter et tonifier les plaies et les ulceres ato-
ocr page 194
178
THfiRAPEUTIQÜE VETfiRINAIRE.
niques ä bourgeonnement mollasse ou ä söcrötion purulente fetide;
2deg; Pour d6truire les caries osseuses, cartilagineuses ou ligamenteuses et faciliter leur elimination. 11 con-vient tres bien contre toutes les maladies du pied rßcentos ou chrouiques, contre le mal de garrotte clou de rue, la limace du bceuf, le pietin, le crapaud, etc.;
3deg; Pour modifier rinflammation des paupieres, de la conjonctive ou du globe oculaire. G'est un des meilleurs medicaments ä opposer aux diverses ophthalmias; il est souvent pröförable au nitrate d'argent;
4deg; Pour combatlre les maladies cutanees secretantes telles que crevasses, eaux aux jambes, fourchette pour-rie, crapaud, dartres humides, gale, etc.;
5deg; Pour tarir les secretions mucoso-purulentes des muqueuses enflammöes, exemples : gonorrhee, otor-rhöe, ozene, etc.; et pour arreter les hömorrhagies en nappe.
Preparations. — 1deg; Sulfate de cuivre en poudre, en cristaux ou en crayons.
2deg; Solutions aqueuses plus ou moins concentröes : de 1 ä 2 p. 100 pour les maladies des yeux; de 2 ä 3 p. 100 pour les plaies; plus concentröes quand on veut obtenir un effet caustique.
3deg; Liqueur de Villate.
Sulfate de cuivre...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; C4 gr.
Sulfite de zinc.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Ci
Extrait de Satui-ao.......•...nbsp; nbsp; nbsp; 125
Vinaigre...................nbsp; nbsp; 1000
Dissolvez les sels dans le vinaigre, ajoutez l'acötate de plomb et agitez vivement. L'acide acötique transforme l'extrait de Saturne en acetate neutre de plomb, que les sulfates de cuivre et de zinc decomposent enlierement; il se precipite du sulfate de plomb, et il resle en solution des sulfates et acetates cupriques et zinciques.
MHMM
ocr page 195
CAUSTIQUES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 179
Cette preparation est surtout employee en injections dans les flstules diverses.
( Sulfate de cuivre....
Sulfate de zinc.......
[ aa 4 gr.
Laudanum..........
danisöe............. ^ Sous-acetate de plorab liquide 8
Vinaigre................... 32
Eau distillde............... 1250
En injections sur les muqueuses qui sonl le siege d'ecoulements.
;' Sulfate do cuivre.......... 10 gr.
ö0 Liqueur do Voyret. .. | Vinaigre.................. 80
' Acide sulfurique.......... 12
Dissolvez le sei dans le vinaigre, ajoutez I'acide sulfu­rique goutte a goutte et remuez.
6deg; PMe caustique de Payan. Sulfate de cuivre et jaune d'oeufs, quantity süffisante pour faire une päte epaisse.
Doses.
EstoiiKic.nbsp; nbsp; Tissu CODJ.nbsp; nbsp;Veines.
j Chion........ 20 gr. I gr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0l!r.025
1deg; Toxiques....... j Choval...... raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; GkS
Boeuf........ raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3 ä 5
Estomac.
Cheval...................... 5 ä 10 gr.
2deg; Therapeutiques.
Boeuf...................... 3 ä 6
Pore....................... 0.10 ä 0.30
Chien...................... 0.05 ä 0.10
1 Chion....................... O.lOäO.CO
3deg; Vomitives ..... I Chat.......................... O.05 ä 0.20
( Pore.......................... 0.50 k 1.50
Administration. — Avoc le crislal on le baton on louche les surfaces ä cauteriser on a irriter. Avec les solutions on fait des lotions, des injections, etc.; on les administre ä l'interieur, raais fortement dilutes. Pour provoquer le vomissement on pent so servir des solu-
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#9632;
180nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfilUPEÜTIQUE VETERINAIRE.
tions ou de la poudre. Gelle derniere esl melangee avec du sucre et de Tamidon, pour masquer sa saveur styplique.
Chromates de polngge.
On connatt le chromate neutre de potasse et le bi­chromate de polasse. Le premier est jaune citron, solu­ble dans deux parties d'eau froide; le second est d'un beau rouge orange et soluble dans dix parties d'eau froide. 11s sont tous les deux presque insolubles dans i'alcool.
Effets physiologiques. — Le bichromate de polasse agitcomme un caustique puissant. Appliquö pur sur la peau ou ä l'etat de preparations cencentröes, il la coa-gulc et la mortifle rapidement ; eile devient gris jaunätre et forme une eschare seehe qui ne se detache que tres difficilement et au bout de vingt ä vingt-cinq jours seulement. Le chromate nevitre agit un peu moins cnergiquement. L'action do ces deux sels se rapproche beaucoup de celle de l'acide chromique. L'engorgement inflammatoire est toujours peu considerable et les plaies produites par leur action caustique se cicatrisent difficilement.
Convenablement dilues, ils agissent simplement comme irritants cutanes. En frictions sur la peau ils produisent une intlammalion cxsudative et ont une action fondanle sur les tumeurs,
A l'intörieur ils sont trcs irritants et produisent rapi-Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ment une gaslro-entcrite. Ils sont absorbables m6me
quand on les emploie ä l'exterieur comme caustique, aussi ne faut-il pas les deposer sur de trop grandes surfaces. Apres leur absorption ils provoquent de la dyspnee accompagnee d'abaissement general de la temperature, une acceleration considerable du pouls, quelques mouvements convulsifs, bientot suivis d'une
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CAUSTIQÜES POTENTIELS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 181
faiblesse generale et d'une insensibilile qui precede la mort.
Indications. — 1deg; Gomme caustiques ils ne presen-tent aucun avantage, ils conviennent generalement moins bien que ceux que nous venons de decrire.
2quot; Gomme irritants et fondants ils peuvent rendre des services pour faire disparaitre les tumeurs osseuses diverses du cheval, et les tumeurs molles arliculaires ou tendineuses. Ils ont ete recommandes par Foelen pour reduire les hernies ombilicales chez lesjeunes poulains. On fait plusieurs friclions avec la pommade sur la tu-meur herniaire jusqu'ä developpement d'un engorge­ment.
Tissu conj.nbsp; nbsp; nbsp; Estomac.
! Lapin............... Ü.05nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I
Chien.............. 0.5)nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Ski
Choval................ 20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;30
Gomme on n'en fait Jamals usage ä rintöriour sei doses therapeuliques sont inconnues.
PllEPARATIONS :
1deg; Bichromate de potasse on sei. 2deg; Solutions diverses.
H'i. Nlaquo;2. ,Nlt;gt;3. 3quot; Pommades simples.... i Bichrongt;ate de potasse. 4 0 8 / Axonge............... 32 32 32
En employant le chromate neutre on oblient des preparations un peu moins actives.
i' Pommade composee ( '^'quot;#9632;omate de potasse............ 6
(Schmid)........... Mure de potassium.............. 2
| Pommade mercurielle double...... G4
Caustiques fluidiflauts.
On designe ainsi les caustiques qui ne coagulent pas l'albumine, qui donnent naissance ä une escharc molle Kalfman.n. — Thcrapautiququot;.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; U
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182nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEllAPEUTIQUE VETERINA1RE.
et qui sont facilement absorbables. Ils sont peu nom-breux et comprennent les alcalis caustiques et les composes arsenicaux.
Potasslaquo; causllque.
La potasse est solide, incolore, amorphe, en plaques, en batons ou en pastilles ; eile a une saveur caustique et urineuse. Elle fond sous l'influence de la chaleur et se solidifie apres refroidissement. Elle est tres avide d'eau et d'acide carbonique, aussi quand eile est exposee ä l'air la voit-on devenir deliquescenle et so transformer lentement en carbonate de potasse. Elle est ögalement tres soluble dans l'alcool. Elle est fortement alcaline, neutralise tons les acides et saponifie les corps gras. On doit la conserver dans des flacons bien bou-ches.
Effets physiologiques. — Appliqu6e sur la peau intacte, la potasse attaque I'epiderme, qui est comple-tement dissous apres deux ou trois beures; puis eile cor­rode le derme k une profondeur plus ou moins grande. L'action dösorganisalrice est due a son aflinite tres grande pour l'eau, ä la saponiücation des graisses, ä une decomposition et une dissolution des matieres protei-ques. L'eschare produite est d'un jaune grisätre, mol-lasse au centre et plus consistante ä la conference, et presque toujours plus ^tendue que la preparation canstique employee. Gette eschare se detache lente­ment, d'abord sous rinfluence d'une suppuration sa-nieuse, et plustard par reffet d'une secretion purulentc de bonne nature. Employee en trochisque, la potasse produit de grands delabrements et une suppuration tres abondante.
En general, la potasse attaque plus facilement et plus profondement les tissus sees et indurös que ceux qui
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CÄUSTIQUES I'OTENTIELS.
183
sont denudes el reconverts de liquides. Son absorption est facile sur les diverses voies, mais nullement dange-reuse, car eile se transforme en carbonate de potasse dans le sang.
Indications tuerapeutiques. — Ce caustique, ä cause de certaines particularües qu'il presente, est indique dans des cas speciaux. Son action s'eteudant toujours au delä du point d'applicalion, eile est indiquee pour detruire des tumeurs ä base large diffuse. On l'emploie avantageusement contre les tumeurs squirreuses, les cors, les durillons, les verrues, les polypes, les cerises, le champignon, le crapaud, les plaies et les ulceres ä fond et ä bords indures, etc. La potasse n'attaque que diffl-cilement les vaisseaux, eile les respecte generalement au milieu d'autres tissus qu'elle detruit;aussi convient-ellesurtoutlorsqu'ön veut eviterle bistouri pour enlever un tissu morbide vasculaire.
Son grand pouvoir dissolvant pour les substances öpidermiques la fait employer avantageusement pour detruire peu ä peu les callosites de la peau et notam-menl celles qui se monlrent au paturon ä la suite d'en-chevetrures profondes. En solution forte eile convient aussi pour laver les parlies de la peau qui sont le siege d'eczema, d'exanlheme chronique chez le chien.
PüEPARATIONS ET MEOICAMEXTATION :
1deg; Potasse solide.
2deg; Potasse en dissolution aqueuso.
„„,,...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i Potassse caustique.
3raquo; Poudre de Vjenno...... chaux vive._;_
50 gr. 60
Melangez viveraent dans un mortier sec et chaud; renfermez immediatementdans un flacon ä large Ouver­türe, bouchant h l'emeri.
Pour faire usage de celte poudre, on en delaye une certaine quantite dans im peu d'alcool el Ton fait ainsi
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: I
184
THERÄ.PEUTIQÜE V^TERINAIRE.
line pate consistante qu'on applique sur les parties ä cauteriser; eile ne coule pas et ne s'etend point au delä du lieu d'application.
iquot; Caustique solidlaquo; FilUos..
Potasse............. 120 gi1.
Cliaux vive........... 40
Faites fondre dans une cuillere de fer, et quand le melange sera bien homogene, coulez dans une lingo-tiere ou dans des tubes, comme pour le nitrate d'agent. II faut preserver les batons de rhumidit-e.
Ütaudu caustique.
La soude jouit des meines proprietes caustiques que la potasse, eile convient dans les menaes cas.
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C1NQUIEME CLASSE
miUTANTS CUTANES.
Les irritants culanös comprennent les rub6fiants et les vdsicants.
1deg; JHedicamenta rnbeflantlaquo;.
Les medicaments rubefiants ont la propriety de rou-gir la peau en congestionnant le reseau capillaire du derme, et de produire la plupart desphenomenes locaux de rinflammation, c'est-ä-dire la douleur, la rougeur, la chaleur et la tumeur.
Principaux kubefiants. — La rubefaction pent 61 re produile sousrinfliienced'agentsnombreiix.qui sonlou möcaniques, ou physiques, ou chimiques. II sufflt de citer : les frictions seches avec une brosse rude ou un bouchon de paillebien serre, la chaleur concenlree dans un corps solide ou liquide, la farine de moutarde noire, Tammoniaque, lesacides etendus, l'acide phönique, I'es-sence de terebenthine, de lavande, le vinaigre, I'al-cool, etc.
Effets communs a tous les rubefiants. — Appliques surlapeau, les rubefiants cansent du prurit, augmen-tent la chaleur el la sensibilile, puis determinent une dou­leur qui grandit progressivement et unit par devenir tres vive. Sous l'influence de cette irritation de la sur­face de la peau, le Systeme capillaire du derme s'injecte de sang, la partie rougit, se gonfle et pent devenir le siege de secretions accidentelles si l'action irritante des
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186nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUERAPEUTIQUE VfiTfiRINAIRE.
ruböfiants est continuee pendant trop longtemps. Les effets locaux immödiats des rubeüanls consistent done dans la developpement rapide des signes caracterisli-ques de rinflammation, c'cst-ä-dire de la douleur, de la rougeur, de la chaleur et de la lumeur. Ces divers effets ne sent pas toujours egalemcnt marques; Tun pent prö-dominer sur les autres suivant la nature de l'agent ru-befiant employe.
La douleur precede toujours les autres effets locaux ; clie ouvre en quelque sorte la serie des desordres que lesrubefiantsdeterminent surlapeau; eile est done tres constante et se montre rarement isolee. Gependant eile pent predominer beaucoup sur les autres accidents, comtne on le remarque, par exemple, avec l'essence de terebenthine, qui determine toujours line violente dou­leur chez les solipamp;des et cause ä peine une legere hyper-hömie a la peau.
La rougeur produite par la congestion sanguine que les rubefiants determinant sur le derme, ne manque presque jamais; mais eile est souvant masquee par les polls ou la couleur foncee de la peau chez les animaux domestiques.
La chaleur est un affet qui existe toujours et qui est sous la dependance diracte de la rougeur ou de l'hy-perhemie cutanee.
Enfin, la tumeur se manifeste toujours lorsquo les moyens ont ele appliquös pendant un temps süffisant et sur des points de la peau susceptibles de se tumeflar aisement. Neanmoins de tons les ruböfiants e'est la moutarde qui determine le gonflement le plus volumi-naux et le plus etendu.
Les effets precedents sont accompagnes-d'une surac-tivite fonctionnelle de la peau at de ses glandes et d'une perte de chaleur plus considerable, par suite de l'aug-mentation du rayonnement du calorique da I'animal.
J.
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IRRITANTS CUTANES.
187
Outre ces effets locaux plus ou moins prononces sui-vant la nature du rubeflant employe, las points de la peau oü est falle l'appllcation et la durde de cette der-niere, il y a encore developpement d'effets generaux importants. Ces effets varient un peu suivant Vintensiti de rirritation cutanee. Une simple excitation faible de la peau produit un resserrement vasculaire dans tous les vaisseaux du tegument cutane. II en resulte une paleur plus ou moins grande de la peau du point excite et meme dans les regions eloignees du point excite. On voit aussi se produire une legere acceleration du coeur, dontles battements sont plus vigoureux, plus energiques, un ralentissement Ae la respiration, une Elevation de la tem­perature rectale, un abaissement de la temperature cutanee.
Des excitations fortes, comme celles engemMes par lesrubefiants energiques, produisent d'abordles mömes effets quo les excitations faibles ; mais bientöt survient une deuxieme periode, pendant laquelle la peau rou-git d'abord au point d'application, ensuite dans toutes ses parties; les battements du coeur se ralentissent ainsi que la respiration ; la temperature cutanee augmente, tandis que la temperature rectale diminue.
L'effet le plus important engendre par les revulsifs est la congestion cutanee. Cette congestion de la peau est en m6me temps accompagnee d'une anemie des organes internes, comme le demontrent les experiences de Zulzer et les miennes. Zülzer ayant applique du col­lodion cantharide sur la peau du dos d'un lapin, a vu apparaitre simultanement une congestion tres vive de la peau, des tissussous-jacents, et une anemie des organes splanchniques abdominaux. D'apres cette observation, les revulsifs, les rubeflants ou irritants cutan^s, produi­sent une dilatation vasculaire, une congestion au point d'application en meme temps qu'ils produisent une pä-
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i-
188nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
leur, une anömie des organes profondement situös. Mes propres recherches, faites dans de meilleures conditions que celles de Zülzer, conduisent aux mömes resultals. quot;Ayant enregistre le pouls et la tension arterielle avant et pendant l'action de la moutarde appliquee sous la poitrine sur un cheval, j'ai vu la tension s'elever conside-rablement pendant le developpement des effets du sina-pisme. II y avait en möine temps, il est vrai, acceleration du pouls, mais celte acceleration des ballements du cceur est insuffisante pour expliquer raugmentalion enorme de la tension arterielle. Or j'ai etabli d'autro part que, sous l'influence du sinapisme, les vaisseaux de la peau se dilatent et amenent une plus grande quan­tity de sang dans le tissu du tegument, ce qui devrait produire un abaissement de la tension arterielle. Puisquenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1
la tension arterielle s'eleve malgre la dilatation vascu-laire cutanee, il faut bien admellre un resserrement vasculaire interne portant sur les organes parenchyma-tßiix contenus dans les cavites splanchniques.
J'ai mis en evidence un aulre fait d'une grande im­portance, c'est que les rubefiants, et principalement la moutarde noire, determinent une vascularisation plus grande et un afflux de sang plus considerable non seu-lement au point oü ils sont appliques, mais encore sur tons les points de la surface cutanee. Un sinapisme ap­plique sous le thorax du cheval produit, au point d'ap-plication, une elevation de temperature de 4 a 3 degres, et dans tons les antrcs points de la peau une elevation de 2 ä 3 degres. Le sinapisme congestionne done toutc la peau, mais plus energiquement les points oü l'applica-tion a lieu. C'est lä un fait tres important qui permet d'expliquer en grande partie les effets therapeutiques si puissants des revulsil's dans le traitement des mala­dies inflammatoires au debut. Sous l'influence de Tap-plication d'un sinapisme, il y a aussi, pendant la periode
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;189
d'excilation, une legere elövation de latemperaturerec-tele. Celle-ci ne s'eleve jamais aulant que la temperature de la peau, eile revient rapidement ä son chiffre primilif quand les premiers effels du slnapisme sont dissipes, puis s'abaisse au-dessous de la normale. De tous ces fails rigoureusement demontres, 11 faut conclure que les rd-vulsifs, en congestionnant le dermo culane et en aug-montantsesfonclions physiologiques, anemientau con-traire les organes profonds, les muqueuses et les paren-chymes et y diminuent les combustions. La revulsion culanee produit sur les organes centraux le meme effet que la saignee, mais eile a le grand avantage de ne pas aflaibliiTensemble de l'organisme, puisquelesangreste dans I'appareil vasculaire, oil il pent constamment servir a maintenir les forces. La saignee anemie les organes, afiaiblit I'animal; la revulsion cutanee congestionne la peau, anemie les organes profonds et conserve lavigueur et la force de resistance du sujet. Dans la revulsion il n'y a pas de perte de sang, il y a simplement modifica­tion de sa distribution ; la quantite totale du sang resle invariable, mais comme la peau en recjoit une quanlilö plus considerable, il est evident que les organes cen­traux doivent en recevoir une quantite molndre. On peut resumer de la maniere suivante les effets physiolo­giques des revulsifs appliques sur la peau : congestion culanee accompagnee d'une augmentation considerable de la temperature de la peau ; hypersecretion desglan-des sudoripares et sebacees; exhalation plus considera­ble, sensibilile plus vive; perte plus grande de chaleur par suite d'un rayonnement plus intense ; anemie des organes profonds; diminution rapide de la lemperalure rectale, ce quiindique une diminution des combustions centrales; diminution rapide du nombre des pulsations et des respirations; conservation de la totalite du sang et par consequent conservation complete des forces.
11.
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190nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
Les effets desrubeflants persistent pendant uncertain temps et disparaissent ensuite insensiblement dans I'or-dre suivant : la douleur s'apaise pen a. pen, la rougeur et la chaleur diminuent d'intensitö, la tumeur s'aflaisse et se resorbe insensiblement. G'est toujours ce dernier effet qui est le plus long ä s'accomplir; quand I'engor-gement, souvent oedemateux au pourtour, est un peu prononce, le sang et la serosite sent repris par I'absorp-lion; mais les desordres survenusdans I'epaisseur dela peau, entre le derme et l'epiderme, ne sont pas repares par la resorplion, et alors cette derniere coucbe, ainsi qua les poils qui la traversent, tombent, et la surface se trouve momentanement a nu; seulement eile reprend bientöt ses premiers caracteres, ä l'exception des polls, qui repoussent parfois avec line couleur differente de celle qu'ils presentaient primilivement. Enfin, la peau alteröe reste fletrie pendant quelque temps; mais peu ä peu eile revient a son etat primitif et reprend ses fonctions sensorielles, exhalantes et secretoires.
Effets therapeutioues. Indications. — Les rubeflants sont indiques comme excitants locaux toutes les fois qu'il est necessaire d'augmenter la circulation et la ca­lorification pour guerir un mal local. G'est ainsi qu'on les emploie contre les engorgements indolents, les in­flammations chroniques,les paralj'sies locales,I'atrophie, I'atonie, les plaies, les ulcerations, les contusions, etc.
Ils sont indiques aussi pour produire des reflexes sur certains organes internes dont la fonction menace de s'eteindre : dans le cas de syncope, dans I'asphyxie.
Ils sont surtout tres utiles comme rövulsifs au döbut des maladies internes.
Ils combattent directementles symptomes de la fievre en produisant une hypotbermie centrale. Appliques a temps, ils font disparaltre tres rapidement les maladies internes au debut.
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;10J
Si on se rapporte aux effets physiologiques, on s'ex plique tres bien leur mode d'action dans la guerison de ces maladies. En effet les maladies internes inflamma-toires consistent au debut dans une congestion vascu-laire del'organe malade; apres cette congestion survient la periode de proliferation cellulaire et enfin la pöriode de resorplion. Les revulsifs, en congestionnant la peau, en decongestionnant les organes centraux, combattent done directement les effets de la maladie an debut. Ils changentpour ainsidire le cours du sang; cefluide, at­tire d'abord parl'organe malade, Test ensuite par la peau sur laquelle les revulsifs agissent; l'organe malade re-cevantmoins de sang, se degorge et revient plus facile-ment ä son etat hyglde. Les fonctions de la peau etant augmenlees sous l'action des revulsifs, la depuration du sang estplus complete et l'hematose estplus facile, car il ne faut pas oublier que la peau vient en aide au pou-mon pour exhaler l'acide carbonique et pour absorber I'oxygene. G'estsurtout au döbut, pendant la periode de congestion, que les revulsifs agissent avec effleacitö. Pen­dant la periode de proliferation inflammatoire les effets therapeutiques sent plus lents äse produire, et enlln dans la periode d'etat et de resolution ils n'ont presque plus aucun effet sur le cours de la maladie.
Moutarde noire {Sinnpis nigra).
La moutarde noire fournit a la medecine ses graines globuleuses de la grosseur d'une tele d'epingle, lissesä la surface, rouges a la maturite, puis violettes, et enfin noirätres quand elles sent secbes; elles ont une pellicule noire et une amande Interieure jaune et huileuse. En­tires, elles n'ont niodeurni saveur; ecrasees ethumec-tces,elles sont d'abord amferes, puis deviennent acres et irrilanfes pour la bonche et lo nez.
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d92nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Les graines enlieres sont ä peu pres inusilees; redui-tes en poudre, elles constituent la farine de moutarde. La farine de moutarde est d'un vert jaune foncö, par-semee de points noirs provenantdes debris de la pellicule d'enveloppe des graines; inodore etinsipide quand eile est seche, cette poudre prend une odeur vive, caracte-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'
ristique et une saveur chaude et brülante des qu'elle est mise en contact avec l'eau. Elle doit done 6tre con-servee a l'abri de l'humidite et dans des vases clos; quand eile a vieilli, eile est devenue ranee et a perdu une partie de son activite.
Composition cuimique. — La farine de moutarde ren-ferme, d'apres les analyses les plus recenles, les princi-pes suivants : huile grasse douce, albumine, sucre, gomme, matieres colorantes jaune et verte, acide libra, sels ä base de potasse, sinapisine, myrosine, myronate de potasse. La farine de moutarde seche ne contient pas d'essence de moutarde, celle-ci se developpe seilP lement quand la farine est humectee. G'est l'essence de moutarde qui prend naissance au moment ou la farine est mise en contact avec l'eau, qui conslitue le principe actif. Ce principe, comme on le voit, ne preexiste pas dans la moutarde.D'apresBussy, l'essence de moutarde rösulte de la combinaison de la myrosine avec le myro­nate de potasse en presence de l'eau.
Pure, l'essence de moutarde (sulfocyanure d'allyle) est liquide, incolore, d'une saveur acre, caustique, d'une odeur vive, penetrante et excitant le larmoiement comme Tammoniaque ; eile est plus lourde que l'eau; eile est soluble en partie dans ce liquide, ainsi que dans l'alcool et Tether, auxquels eile communique des pro-prietes irritantes ires prononcees. Cetle essence est bien le principe actif de la moutarde ä l'ötat de sina­pisine, car quand cette huile volatile est appliquße pure sous la poitrinc rasee dun chien, eile determine, au
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IRRITANTS CUTANES.
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bout d'une demi-heure, une vesicule pleine de sörosiUj, accompagnee d'un engorgement chaud et douloureux, qul peut etre suivi d'une eschare et d'une plaie facile ä cicatriser. Si cetle essence n'etait pas d'un prix trop eleve, on pourrait I'employer en dissolution dans I'al-cool pour produire des effets prompts et 6nergiques.
Pheparations. — La farinede moutarde est employee sous forme de sinapismes, d'eau sinapisee, de vin et de vinaigre sinapises, de moutarde en feuilles.
1deg; Sinapismes. — Ge sont des cataplasmes que Ton fait avec de l'eau tiede et de la poudre de moutarde, et qu'on applique sur la peau pour produire une revul­sion. 11s doivent 6tre assez consistants et appliques im-medialement. On peut y melanger de la farine de lin ponrles rendre moins actifs, ou des poudres irritantes pour en augmenter l'activite. 11s sont formes en gene­ral de deux parties de moutarde en poudre et d'une partie d'eau tiede.
2deg; Eau sinapisee. — Elle se prepare en delayant une partie de farine de moutarde dans quatre parlies d'eau un peu plus que tiede. Elle sert ä faire des lotions, des fomentations, des bains locaux, des lavements et des injections sur les muqueuses apparentes. Elle peut se donner en breuvages en I'etendant d'eau.
4deg; Moutarde en feuilles (Procede Rigollot). — La farine de moutarde depourvue de son huile grasse, est flxee surun papier fort, non colle, ä l'aide d'une legere dissolution de caoutchouc. On emploie ces feuilles surtout chez les petit animaux. On rase la surface, on trempe la feuille sinapisme pendant quelques minutes dans l'eau froide et on la fixe avec un tour de bände.
La poudre Rigollot agit aussi fortement que la farine de moutarde entiere. On prepare les sinapismes de la m6me maniere.
Medicamention. — Lessinapismes sont appliques sur le
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THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
tronc ou sur les membres ; on maintient la päle en contact avec la peau au moyen d'un bandage, ou bien on I'applique a rebrousso-poil de maniere que la päte sinapisante adhere d'elle-meme. Avecl'eau sinapisee on pent donner des bains locaux, pratiquer des fomenta­tions, faire des lotions, administrer des lavements, des injections irritantcs.
Pour appliquer les sinapismes sous le ventre ou la poitrine on se sert d'un porte-sinapisme. II se compose da deux pieces. La premiere est une dossiere, allongee, en toile, rembourree de maniere a laisser un vide dans son milieu et dans le sens de sa longueur, propre a isoler la colonne vertebrale et a eviter toute pression sur eile. La seconde, qui porte le sinapisme, est un carre de toile double, renforce sur ses bords afin qu'il ne se plisse pas lors de son application sur les parois pectorales. Lette piece est suspendue ä la dossiere par trois courroies de chaque cote et par une courroie-bricole qui passe devant le poitrail pour empecher le port en arriere de l'appareil. Dans la pratique usuelle on improvise un porte-sinapisme en pliant un sac en deux et en attachant aux quatre coins du rectangle forme des rubans ou des ficelles. On place le sinapisme sur le sac et on lie les ficelles en baut de la colonne vertebrale. 11 Importe, pour eviter les blessures de la peau par suite de la pression qu'exercent les attaches du porte-sinapisme improvise, de disposer des bourre-lets de paille aux points oil portent les ficelles et les rubans.
Effets piiysiologiques de l\ moutarde. — La farine de moutarde, appliquee sous forme de sinapisme sur la peau de nos animaux, produit au point d'application des effets inflammatoires plus ou moins prononcös suivant les especes animales et la finesse de la peau. Un general, chez le cheval, au bout de qninze minutes la
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moutarde produit une douleur cuisante que les mala­des indiquent par leur agitation, leurs mouvements desordonnes, l'action de frolter la partie medicamen-tee contre les corps environnants, de la mordre avec les dents. La douleur est accompagnfie presque imme-diatementd'une elevation de temperature de la region, et au bout de deux ä six heures on voit netlement un gonflement inflammaloire plus ou moins volumineux. Quelquefois I'cedeme n'apparalt pas dans le temps or­dinaire, ou m6me ne se produit pas : c'est lorsque les animauxsont atleintsd'affections graves, accompagnees de coma et d'oppression des forces. A dater de l'appa-rilion de la tumeur, si Ton repete trop souvent I'appli-cation de ce rubefiant sur le mamp;me point, on est exposö h tarer les animaux ; en effet si Ton persiste pendant sixoudouze heures, le tissu cellulaire s'oedemalie el des vesicules apparaissent sous I'epiderme; apres vingt-quatre heures la partie est le siege d'une vesication suppurante; enfin, si Ton renouvelait I'applicalion pendant plusieurs jours sur le mfime point, on pourrait mortifier la peau et meme les lissus sous-jacenls ä unc certaine profondeur.
La mortification de la peau est surtout h craindre sur les regions oil la peau est epaisse et fort adherente aux tissus sous-jacenls. Dans les regions oü la peau esl fine, lache, au contraire, la mortification cutanöe esl rare. Ces resullats differenls obtenus suivant que la peau esldure,inexlensible, ou lache el fine, s'expliquenl facilement. La moutarde lend loujours ä produire un gonflement inflammaloire par suite de raccumulation de serosite dans le tissu conjonclif sous-culane. Quand ce tissu conjonclif est lache et abondant, quand la peau esl fine el souple, le gonflement inflammaloire se produit facilement et la circulation de la peau so con-linue ; mais si le tissu conjonclif esl dense, si la peau
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THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
est adherente ^paisse et inextensible, le gonflement inflammatoire qui tend ä se produire comprime forle-ment la peau sus-jacente et y aplatit les vaisseaux au point que la circulation culanee devint impossible. La peau ainsi privee de sang perd la vie, se mortifle et se gangrene. Aprfes une chute de peau, il reste uno plaie suppuranle dont la cicatrisation est lenle et qui laisse une trace indelebile. Quand le derme n'a pas el6 atteint sur toute la profondeur, les polls peuvent repousser, mais ils ont une couleur differente et affeclent une di­rection anormale; quand la peau est ulceree sur loule son epaisseur, la surface resle nue, les poils ne repous-sent pas.
Les sinapismes n'agissent pas avec la memo aclivile chez tous les animaux ; ce sont ceux qui ont la peau la plus mince et la plus sensible qui en ressentent le plus rapidement el le plus energiquement les effets; on pent les classer dans I'ordre suivant: chien, mouton, cheval, boeuf, mulet, äne et pore.
Effets GiiNfiiuux d'origine locale. — En meme temps que la moutarde agit localementon voit se developper des effets reflexes cloignes. Sur les animaux sains la peau s'echauffe dans tous ses points de plusieurs degres; la temperature rectale s'eleve quelquefois ä peine, d'autres fois, quand l'agilation du sujet est consi­derable, eile s'eleve de 1deg; ä 10,S. Jamals l'elevation de la temperature rectale n'atteint celle de la temperature culanee. Quand l'excitation douloureuse a cessä, on voit la temperature rectale revenir rapidement ä son chiffre primilif et meme s'abaisser au-dessous. L'elevation de la temperature cutanee persisle pendant plusieurs jours. La respiration et le coeur acc61eres pendant les premiers effets se ralentissent ensuite considerablement quand les effels douloureux ont fait cesser l'excitation de l'a-nimal. II arrive souvent sur les animaux malades quela
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IRRITANTS CUTANES.
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periods d'excitalion fait defaut, alors les effets anlife-briles se produisent d'emblee.
Effets locaux internes. — Les graines de moutarde noire adminislrees enlieres ne determinent qn'un leger effet laxalif ä forte dose. A dose faible elles ne pro­duisent aucun effet appreciable sur le tube digestif. La poudre de moutarde administree en electuaire ou en breuvage, stimule assez fortement le tube digestif, quoique avec une energie infiniment moindre que celie quelle deploie sur la peau. Elle excite vivement la muqueuse buccale, et produit le ptyalisme. Dans I'es-tomac la farine de moutarde excite ce viscere, aug-mente I'appelit, accelere la digestion. Surl'intestin elle n'a presque aucun effet, il semble qu'elle ne modifie pas sensiblement ni les secretions ni la contraction peristallique (Herhvig, Vogel). Cependant, d'apres les experiences failes par M. Tabonrin, la moutarde agit beaucoup plus activement lorsqu'on la donne en breu­vage que quand on I'administre en electuaire. Sous la premiere forme, la farine de moutarde k la dose de 500 grammes produit une excitation passagere avec sueurs generales et une irritation gastro-inlestinale qui pent devenir dangereuse ; tandis que, sous forme d'6-lectuaire, la meme quantite est facilement supportee par im cheval de taille moyenne.
Effets genöraux. — Quand l'essence de moutarde est absorböe, eile provoque un leger mouvement febrile avec transpiration d'abord, puis, lorsque la fievre s'est apaisee, une diurese abondante (Hertwig et Tabourin).
Effets tuerapeutiques. Emploi. — L'effet rubefiant considerable engendre par la moutarde employee sous forme de sinapisme sur la peau de nos animaux domes-tiques rend ce medicament precieux comma revtihif energique dans les maladies inflammatoires internes au debut. 11 produit une derivation considerable du
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sang. La peau s'echauffe et fonclionne avec plus d'ac-tivite; les organes internes se decongestionnent par suite d'une constriction vasculaire reflexe et reviennent plus rapidement ä leur 61at normal. L'efTet revulsif s'oppose directement ä la flevre morbide en abaissant la temperature rectale, en augmentant la temperature cutanee, en diminuant le nombre des respirations et des battements cardiaques.
L'excitation cutanee a aussi pour effet de provoquer des contractions et des secretions intestinales. L'emploi des sinapismes ou de l'eau sinapisee est done indique pour combattre les indigestions, les coliques, les para-lysies intestinales, etc.
L'experience demontre que les sinapismes agissent avec une grande efücacite dans les maladies graves des voies digestives, de l'appareil genito-urinaire, des or­ganes respiratoires, dans les affections aigues des cen­tres nerveux, des sereuses splanchniques. II peut etre utile d'augmenter l'energie des effels de la moularde. Pour developper lo maximum d'effet il faut employer, dans la confection du sinapisme, de l'eau tiede k la temperature de 38 ä 45deg;, et n'ajouter ni aeide ni alcali. Les aeides et les alcalis, en effet, s'opposent ä la forma­tion de l'essence de moutarde et diminuent par conse­quent les effets des sinapismes. II ne faut pas non plus faire usage d'eau froide, car le degagement de sulfo-cyanure d'allyle serait trop lent. Pour obtenir un effet prompt et energique, onpeut möleralapoudre de mou­tarde de la poudre d'eupborbe ou d'bellebore, des Gan-tharides, de l'essence de terebentbine, etc.
On peut aussi ajouter de Tammoniaque etendue, mais seulement aprfes que l'essence de moutarde s'est deja degagöe.
Les effets irritants locaux ont aussi pour effet tbera-peutique de produire la resolution d'engorgemcnts in-
w^m
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dolents, de contusions, d'ecchymoses, de thrombus, de mollettes naissantes, de gonflements articulaires le-gers, d'engorgements tendineux, etc.
A rinterieur la farine de moutarde est indiquee dans le relachement du tube digestif, l'atonie de l'estomac et do I'inteslin, I'inappetence, I'indigestion chronique.
Dosos .
Clieval..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 30 ä 100 gr.
Boeuf..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 50 ä 200
Mouton............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 20 k 50
Petits animaux......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2 ä 5
Essence de terebenthiue G10 H16.
C'est im liquide tres mobile, incolore, ä odeur forte, d'une saveur acre et chaude, d'une densitö de 0,87. Elle est inflammable et brüle avec une flamme fuliginouse. Exposee ä l'air eile s'epaissit, se colore et s'oxyde en produisant de l'ozone. Elle est insoluble dans I'eau, so­luble dans l'alcool, l'ether, les huiles essentielles et les huiles grasses. Elle dissout le soufre, le pbospore et los resines.
Effets puysiologiques. — Sur la peau de tous nos animaux l'essence de terebenthine agit comme un irri­tant energique. Employee en frictions chez les soli-pedes, eile determine, apres quelques minutes, une excitation generate tres vive ; les animaux se secouent vivement, cberchent ä se frotter, frappent du pied, grattent le sol, agitent la queue, mordent la partie medicamentee et se livrent ä des mouvements desor-donnes et presque convulsifs. La surexcilation est quelquefois teile, surtout chez les chevaux de race distinguee, qu'ilsse mettentdans une veritable fureur. La douleur tres vive,produite par l'essence de tereben­thine appliquee sur la peau, dure de quinze a trente minutes, rarement plus. Si les frictions n'ont (5te pra-
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200nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERlNAIRE.
tiquees qu'une seule fois, elles nelaissent aucune trace sensible sur la peau et tout disparatt avec la douleur; mais, si elles ont 616 tres prolongees ou reiteröes, la peau devient chaude, se congestionne, se tumeüe, et il se forme des petites vösicules ä sa surface. Quand les poils tombent a la suite de ces frictions, ils netardent pas ä repousser avec les caracteres normaux.
Chez le boeuf lä douleur produite est moins vive que chez le cheval, mais en revanche les phenomenes in-flammatoires sont plus intenses.
Sur les plates et les muquemes l'essence de tereben-thine est beaucoup moins irritante que sur la peau intacte. Dans le tube digestif de faibles doses excitent Tappetit, augmentent les secretions des differentes glandes, suractivent les mouvements peristalliques et determinent un leger efiet laxatif. A fortes doses, (600 gr. chez les solipedes, 60 gr. chez les carnassiers) eile irrite assez energiquement le tube digestif, pro-voque des vomissements chez les carnivores, des coli-ques et une forte purgation chez les grands herbivores. L'essence de teröbenlhine agit comme un poison ener-gique sur les 6tres inferieurs qui vivent en parasites sur nos animaux domestiques. Elle tue lespoux, les acares etc. et produitl'expulsion les vers intestinaux.
L'essence de terebenlhine introduite dans le tube di­gestif est absorbee rapidement. Bientöt les differentes excretions prennent une odeur caracteristique, I'air expire prend l'odeur de terebenthine, il en est de meme de l'exhalation cutanee et du lait des femelles; I'lirine coule plus abondamment et acquiert une forte odeur de violette. Sous l'influence de cette essence le sang devient plus rouge, plus rulilant et plus riche en glo­bules blancs (Binz); il y a diminution de l'excitalion nerveuse, le pouls et la respiration se ralentissent, la temperature rectale s'abaisse. Jamais l'essence de tere-
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benlhine ne delemine une suractivite des grandcs fonclions el des nerfs apres son absorption. Quand apres une administration on observe line excitation vive, un pouls accelere et dur, une respiration pressee, une rougeur des muqueuses et une elevation de la temperature, il faut attribuer la production de ces phe-nomenes a I'irritation locale du tube digestif. Rossbach et Floichmarm, en emulsionnant convenablement I'es-sence do terebenlhine avant son administration pour eviter Tirrilation gastro-intestinale, ont toujours cons­tate une diminution de I'activite nerveuse, un ralen-tissement graduel des fonctions jusqu'a la mort. Ils n'ont a aucun moment observe une surexcitation chez leurs sujets.
L'cssencede terebenthine absorbee a une action ener-gique sur le rein. Amenee dans cet organe par le sang, eile s'y decompose en essence de violette, eile excite vivement la secretion de l'urine qui s'ecoule abondam-ment et exhale une odeur tres agreable de violette. A trop forte dose ou ä faibles doses trop souvent renou-velees, eile irrite la substance rönale, la ramollit^ di-minue la secretion de l'urine et produit de l'hematurie.
Gette essence absorbee exerce aussi une action exci-tante marquee sur les secretions de la peau; eile ne provoque pas une verilable sudation, mais une diapho-rese marquee. La plupart des experimenlaleurs ont egalement constate une augmentation de la secretion lactee sous l'influence de petites doses d'essence de te­rebenthine. De fortes doses, en alterant la digestion et la secretion urinaire, ont aussi pour effet de diminuer la secretion du lait.
D'apres le docteur Levi, de l'universite de Pise, les injections intra-tracheales d'une dissolution d'essence de terebenthine dans I'huile d'olive sent facilement supportees par le cheval et produisent des effets rapides.
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^ laquo;:
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THERAPEUTIQUE VETER1NAIRE.
Indications tiierapeutioues. — A I'exterieur I'essence de lerebenthine est employee comme irritant cutane et comme anliparasitaire.
L'irritation culanee produite par cette essence est ulilisee :
1deg; Pour exciter momentanement les forces chez des animaux faibles qui sont couches et qui refusent de se relever. Des frictions faites sur les membres engendrent une vive douleur qui engage Tanimal a faire des efforts violents pour se redresser;
2deg; Pour engendrer par la peau des reflexes sur le tube digestif dans les cas d'indigestions, de coliques. Les physiologistes ont en effet demontre que les exci­tations vives des nerfs sensilifs de la peau engendrent dans le tube digestif des mouvements p6rislaltiques intenses et une hypersecretion glandulaire. G'est en ra-nimant les mouvements de l'intestin et en reveillant les secretions que les frictions irritantes cutanees agis-sent pour guerir les coliques, les indigestions ;
3deg; Pour augmenter la chaleur de la peau et surac-tiver les fonctions secretoires de cettc membrane. Les frictions avec cette essence sont surtout tres utiles chezle eheval pour ramener la chaleur äla peau. Comme I'essence pure produit une douleur trop vive, on la me. lange ä l'alcool pour attenuer son action et pour pro-voquer simplement un effet diaphoretique ou sudori-flque. On se sert du melange contenant 1 partie d'essence pour 15 d'alcool;
4deg; Pour obtenir la resolution et la fönte de tumefac­tions anciennes, chroniques. On I'associe dans ce but au savon vert, a I'onguent mercuriel dans la proportion de 1 d'essence pour S de ces dernieres substances;
3deg; Pour modifier I'activite nerveuse dans le rhuma-tisme, les nevralgies ou les douleurs indeterminees. Les injections hypodermiques ont öte quelquefois utilisees
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dans ce but, mais elles sont tres douloureuses et pro-duisent souvent des abces. Lorsqu'on veut uliliser la möthode hypodermique centre les ndvralgies, il vaut mieux avoir recours a Tether. Gette substance est tres calmante, moins douloureuse, et n'occasionne jamais d'abcös;
6deg; Gomme antiectozoaire l'essence de terebenthine est indiquee contre toutes les affections parasitaires de la peau des divers animaux. On I'unit generalement a d'autressubstances antiparasitaires, telles qua: le savon vert, Thuile de colza, le styrax. On fait trois ou quatre frictions par jour.
A l'interieur eile est indiquee :
1deg; Gomme excitant local du tube digestif dans les in­digestions, la paralysie ou I'atonie jles parois gastro-in-testinales, l'arröt des secretions digestives. II convient surtout chez les grands herbivores, le cheval et les ru­minants. On a obtenu des succes nombreux contre lespe-lotes slercorales, les constipations opiniätres, l'obstruc-tioa du feuillet, le möteorismc chronique, les indiges­tions produites par le froid, etc. L'essence de tereben­thine ne doit pas etre administree dans les cas de meteo-risation aigue, car eile communique son odeur a tous les tissus et la viande deviendrait inutilisable en cas de mort de I'animal;
2quot; Gomme vermifuge, eile convient ä la fois contre les nematoides et les cestoides. G'est un des vermifuges les plus fideles. Elle produit aussi de bons effets contre les larves d'eestres du cheval et les larves du foie du mouton. Pour obtenir des resultats certains, il convient de radministrer a fortes doses, plusieurs fois renou-velees;
3deg; Gomme contre-poison du phosphore, eile jouit d'une grande reputation. Dans ce cas il faut toujours faire usage de l'essence vieille qui renferme beaucoup
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•204nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERA.PEÜTIQÜE VETERINAIRE.
d'ozone. II sc forme un compose insoluble d'essence de terebenlhine et de phosphore absolumenl inoffensif.
Les effets göneraux qu'elle developpe apres son ab­sorption sont utilises dans un grand nombre de cas :
1.nbsp; La depression qu'elle produit sur la circulation, la respiration et la temperature, la rend precieuse dans loutesles maladies febriles caräcterisees par une grande acceleralion du pouls et de la respiration et une 616-vation de la temperature rectale. On peut d'ailleurs I'associer dans ces cas au camphre et ä la veratrine, qui agissent aussi comme antifebriles.
2.nbsp; nbsp;L'action antifebrile ajoutoe ä Faction speciale qu'elle exerce sur I'appareil respiratoire pendant son Elimination, la font employer avec un grand succes contre les maladies catarrhales chroniques du poumon ou des bronches. G'est certainement I'expectorant le plus energique et le meilleur calmant de l'irritation bronchique. Elle rend de grands services dans toutes les maladies catarrhales, croupales, des diverses parties de I'appareil respiratoire. Quand il existe des cavernes pulmonairesoude la gangrene, c'est le meilleur remede ä cause de la propriete quelle a de former de l'ozone. On I'administre dans ces cas generalement sous forme d'inhalations. On verse I'essence sur une infusion bouil-lante et on fait respirer les vapeurs au malade. On peut aussi faire respirer I'essence qui sc degage dime disso­lution d'essence dans l'elher ä o p. 100. Ces inhalations communiquent bientot ä l'urine l'odeur de violettes.
3.nbsp; L'action diuretique tres marquee que determine I'essence de terebenthine la fait employer contre les hydropisies diverses, les exsudations plastiqms des se-reüses. Elle favorise la resorption des liquides et häle la dösagregation des exsudats plastiques. L'essence de terebenthine esteliminöe par les urines sous forme d'es­sence de violette. Celle-ci, en agissant sur la muqueuse
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vesico-uröthrale, arreteles secretions muqueuses et tarit les ecoulements mucoso-purulents. L'essence de tere-benlhine convient done pour comballre tons les catar-rhes de la muqueuse urethrale ou vesicale, surtout les catarrhes chroniques. Elle ne pent pas 6lre employee conlre Tinflammation du rein, parce qu'elleirrite le pa-renchyme de cet organe et augmenterait rinflam-malion.
4. Enfin Teflet diaphorelique que produit l'essence de terebenlhine pendant son elimination par la peau, doit faire recommander son emploi dans toutes les maladies par refroidissement et dans tous les cas oü la peau est seche et froide (pneumonic, pleuresie, cour-bature accompagnee de fievre, etc.).
Administration. — Par la boucbe on I'administre sous forme de bols, d'electuaires, confectionnesavec du miel, du jaune d'oeuf, du savon et des poudres adou-cissantes. On la donne aussi en breuvages en la de-layant convenablement dans une huile grasse, dans un liquide mucilagineux ou gommeux. Par les voles rcs-piiatoires on la donne en fumigations en la versant dans une infusion bouillanie ou en la melangeant a Tether. Les lavements a l'essence se donnent purs, ou apres l'avoir melangee avec de l'huile douce. Ces lave­ments sont bien Supportes et constituent des stimulants energiques pour la parlie posterieure de l'inlestin dans la constipation, l'atonie du rectum, etc. Ceneralement un lavement pour les grands animaux, contient 20 gram­mes d'essence melangee avec du mucilage de graine de lin. Pour les petits, un lavement en contient 1 a 2 grammes.
Pour les injections intratracheales, M. Lcvi conseille
une dissolution de l'essence de terebenlhine dans l'huile
d'ollve, ä parlies egales. On injecte chaque fois S, 10, Jo
grammes de liquide, selon l'inlensite de lafTeclion et
Kaufmanx. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 12
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206nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETER1NAIRE.
la maliere du produit secrete par les bronches. A l'ext6-rieur on I'emploie en frictions, seule ou melangee ä l'essence de lavande, a la teinture de savon, a rammo-niaqne, ä l'alcool camphre, a la teinture de cantha-rides, etc. Doses:
1deg; Toxiques. — Essence pure....... Cheval....nbsp; nbsp; nbsp; 1 litre.
Choval....nbsp; nbsp; nbsp; 5 hnbsp; 10 gr.
[ Boeuf.....nbsp; nbsp; nbsp;10 änbsp; 20
2deg; Therapeutiques. — Esseaco emul- J Mouton...nbsp; nbsp; nbsp; 1 änbsp; nbsp; 5
sionnee..................... i Pore......nbsp; nbsp; nbsp; 0.50 anbsp; nbsp; 3
' Chien ....nbsp; nbsp; nbsp; 0.10 iinbsp; nbsp; I
Chat.....nbsp; nbsp; nbsp; 0.05 i.nbsp; nbsp; 0.30
Ces doses sont faibles, elles conviennent lorsqu'on veut prolonger I'adminish'ation. Quand on veut agir energiquement, on peut porter la dose chez le cheval a 300 grammes, chez le chien de 20 a 50 grammes.
Agave d'Ameriqne {Agave amerkana).
Cette plante, de la famille des Bromßliacöes, est ori-ginaire de rAmerique möridionale, mais eile s'est naturalisee dans le sud de l'Europe, notamment dans le midi de la France ainsi qu'en Algerie, oü eile est appelee improprement Pitte ou Aloes.
Ses feuilles, longues, epaisses, charnues et epineuses comme celles de l'aloes, fournissent, lors.quelles sont reduites en pulpe, un sinapisme qui nele cede en rien, d'apres Decroix, au sinapisme de farine de moutarde.
Iluile de poisson.
D'apres les veterinaires beiges, l'huile de foie de morue, appliquee plusieurs fois sur une meme surface, y determine un engorgement chaud et douloureux a
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 207
la pression, qui peut devenir le point de depart d'une rövulsion et surtout d'une resolution dansles affections articulaires ettendineuses chez le cheval, M. Gille, en y ajoutant des cantharides et de l'euphorbe, en fait une huile vesicante tres puissante qu'il designe sous le nom de feu beige.
Fourmis.
Les fourmis öcrasöes constituent aussi un excellent rubefiant.
Acide phenlque.
Voir page 141.
2deg; Dea Vesicants ou Eplspastiqueg.
Les Vesicants sont des irritants, qui, outre les effets des rubefiants, provoquententre le dermeetl'epiderme, raccumulation de serosilö et la formation d'ampoules analogues a celles produites par les brülures superfi-cielles. 11s se distinguent de rubefiants par leur degre d'activite. Outre les effets des rubefiants, ils produisent la formation de vesicules sous-epidermiques remplies de sörosite.
Prijjüipaux vesicants. — Les agents vesicants princi-paux sont: la chaleur, I'electricite, les acides mineraux concentres, les alcalis caustiques, plusieurs sels metal-liques, I'emetique, I'ammoniaque, certaines essences, certaines huiles grasses comme celle de croton tiglium; l'euphorbe, l'ecorce de garou; les racines de thapsia, des hellebores, et enfln la cantharide, qui est I'agent le plus usite.
Effets communs aux diff^rents vesicants. — On dis­tingue les effets immediats on primitifs et les effets consecutifs. Je ne peux mieux faire que de reproduire ici la description faite par M. Tabourin.
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208nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
1deg; Effets primitifs. — On peut reconnaitre dans les effels des vesicants trois periodes dislinctes: une de rube faction, une de vesication et une de suppuration.
a.nbsp; Durant la premiere heure de son application, un lopique vesicant d^veloppe les mömes effets qu'un rubefiant, c'est-a-dire qu'il determine une douleur in­commode, de la rougeur, de la chaleur, et enQn uno tumefaction plus ou moins intense du derme.
b.nbsp; Apres un temps d'application variant beaucoup sui-vant les animaux, mais qui est compris generalement entresix et vingt-quatre heures,les medicaments epis-pastiques ont determine enlre le derme et l'epiderme la production d'uneserositealbumino-flbrineuse, analogue ä celleque provoquent les brülures, etamenela forma­tion d'ampoules ou de phlyclenes caracteristiques. D'abord tres pelites, nombreuses, disseminees cä et lä sans ordre, ces petites vessies s'agrandissent peu ä peu a mesure que le contact du topique se prolonge, et
, |nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; finissent, en s'elargissant, par se röunir en une seule
ampoule de l'etendue do l'application epispastique. La sörosite qui les gonfle, d'abord peu abondante et claire, de nature albumineuse, s'epaissit de plus en plus et devient flbrineuse a mesure qu'elle prend de la consis-tance et acquiert de la plasticite. Dans le principe, ce liquide tend ä transsuder ä travers I'enveloppe qui Temprisonne ; mais, a mesure que l'epiderme s'imbibe de serosite, il devient opaque, s'epaissit et forme des lors une barriere infranchissable aux prodiiits secretes, d'autant plus que ces derniers acquierent de la consis-lance a mesure que I'irritation se prolonge, ainsi que nous l'avons dejä dit.
c.nbsp; Si, apres le developpement des phlyctenes, on se contente d'en evacuer le produit par une pelilc Ouver­türe, et sans enlever l'epiderme, comme cela se prali-que dans ce qu'on appelle un vesicatoire volant, les
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1HH1TANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 209
desordres secreloires cessent bien vile, ct la couche 6pi-dermlque ne tardepas a se reunirdenouveauau derme. Mais si, au lieu de proceder ainsi, on enleve les phlyc-lenes de maniere ä meltre le derme a nu, comme cela a lieu dans retablissement d'un vesicatoire fixe ou per­manent, le contact de l'air sur celte surface denudee, Ires sensible et vivemenl enflammee, change le carac-lere des secretions qui onl lieu jusqu'alors, et a la place de la serositö plastique des ampoules, on obtient une secretion purulente de bonne nature et plus ou moins moins abondante. En appliquant pendant un certain temps cles preparations irritantes sur cette plaie acci-dentelle, qu'on appclle un exutoire^ on entrelient une secretion arlificielle plus ou moins durable ; sans cette precaution le vesicatoire ne tarderait pas a se fermer au moyen de la couche de lymphe plastique qui tend a remplacer la secretion purulente et ä former une mem­brane de cicatrice en s'organisant.
Tels sonl lesphenomenes les plus habituels de lav^si-cation sur une peau pen epaisse, comme celle de l'homme, du chien, du mouton, et celle qui entoure les ouvertures naturelles chez les grands ^nimaux. Mais sur la peau epaisse du cheval, du bceuf et du pore, la vesi-cation offre d'autres caracteres. D'abord, il faut qu'elie presente une assez grande intensite pour entamer le cuirepaisde ces animaux; les cantharides elles-memes, ce type admirable des vesicants, sont souvent insuffi-santes, et il faut presque toujours le secours d'un vesi­cant escharotique, coinmel'euphorbe, pour amener une action assez energique. Quoi qu'il en soit, on peut dis-tinguer deux periodes dans la vesicalion intense de la peau des grands herbivores.
Dans la premiere, qui (Jure de un a trois jours, I'epi-derme est souleve par une lymphe plastique qui se fait jour paries fissures öpidermiques, et qui, souvent,
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210nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
se concrete sous forme de lames jaunätres, comme gommeuses, a la surface de la peau. Dans la seconde Periode, beaucoup plus longue, la lymphe plaslique est remplacee par un pus de bonne nature, quand la vesi-cation est reguliere, et par un pus sangulnolent, lors-que la vesication est accompagnöe d'une action escha-rotique.
En mßdecine vötörinaire on n'emploie jamais que des vösicaloires temporaires ou volants, et quand un topique a produit son effet, on se contente, le plus souvent, de le remplacer par une nouvelle application vesicante.
II y aurait, en effet, un inconvenient fort grave ä entretenir un vesicatoire suppurant sur la peau du cheval, pendant quelques jours seulement, car, en excitant le derme, on finil par allerer sa texture a une certaine profondeur, et, par consequent, par detruire les bulbes pileux et amener une tare indelebile, ce qu'il faut eviter avec le plus grand soin pour ne pas diminuer la valeur des animaux.
Enfin, nous ajouterons que, quand Tepiderrao est soulevepar la suppuration, il fautse Mter de l'enlever pour eviter I'inconvenient que nous venous de signaler. En effet, cette couche inerte, qui a recu I'action direcle de l'agent vösicant et qui s'est fortement impregnee de ses principes actifs, exerce sur le derme une action irrf-tante continue qui pent transformer unes vesication reguliere et modäree en une vesication exageree et susceptible de tarer les animaux.
Ici I'epiderme fortement imbibö des principes vesi­cants se comporte comme I'eschare qui devient le foyer de l'einpoisonnement dans l'emploi des causli-ques absorbables : en supprimant la cause, on supprime du möme coupl'effet fächeux ou exagere.
Indöpendamment de ces effets locaux, les 6pispas-
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IRRITANTS CüTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2U
tiques provoquent souvent, surtout chez les petils ani-maux, et sur ceux des grandes especes qui sont jeunes ou irritables, une liövre de reaction plus ou moins intense, mais rarement prolongee, ä moins qu'elle ne soil entretenue par l'absorption du principe actif des vesicants, comme on le remarque parfois avec les can-tharides.
Si, au lieu d'appliquer les vesicants sur la peau, on les introduit dans le tissu cellulaire sous-cutane, on obtiept des effets qui sont analogues au fond, mais qui se presentent sous un tout autre aspect, ä cause de la position du point irritö et de la maniere dont se deposent les produits söcret^s. La presence d'un corps irritant sous le tegument y determine bientöt une inflammation vive et la formation d'un engorgement plus ou moins etendu.
La serositö albumineuse qui se forme, ne pouvaut se faire immediatement jour au dehors, s'infiltre dans rinterieur des tissus et leur communique une consis-tance anormale ; mais quand I'air peut penetrer dans la plaie, il s'etablit une suppuration abondante autour du corps irritant, et les produits sortent ä mesure qu'ils se forment si Touverture est declive. Des lors la douleur et la fluxion disparaissent, et l'engorgement diminue insensiblement, comme s'il fondait sous l'influence de la secretion purulente, ce qui, au fond, est la verite.
2deg; Effets coNSficuxiFS. — Les effets consecutifs des ^plspastiques varient un peu selon qu'ils suivent un vesicatoire volant, un vesicatoire fixe ou un trochisquc. 11 esl necessaire de dire quelques mots de chacun de ces cas.
a. Quand on reapplique I'epiderme souleve par I'am-poule sur le derme, apres avoir evacue la serosite, ces deux couches de la peau ne (ardent pas ä se souder entre elles intimement, parce qu'il y a production, a la
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212nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
place de la serosile, d'une lymphe tres plastique qui sert de moyen d'unlon. Cependant cetle adhesion n'est Jamals que momentanöe, elquandlous les phenomenes inflammatoires ont entierement disparu, I'epiderme recolle s'exfolie peu ä peu et finit par disparaitre enlie-reaient, souventen entrainant lespoils qui lelraversent. Gelte chute epidermique est loujours accompagnee d'une vive demangeaison.
b.nbsp; nbsp;Lorsque le derme a ete mis entierement a nu et que des preparations irrilantes yont ete deposees pour entretenir la suppuration, la reparation de la solution de continuite est toujours plus longue et reste souvent incomplete. Apres la cessation de toute secretion mor­bide, la surface denudee tend rapidement ä la cicatri­sation ; une membrane pyogenique recouvre la plaie, se desseche, et les produits qu'elle secrete s'enlevent par ecailles furfuracees jusqu'ä'ce que cette membrane soit remplacee par un veritable epiderme. Dans quel-ques cas, les polls qui etaienttombes pendant la vesica-tion repoussent avec leur couleur primitive, et toule trace de lesion disparait, mais il arrive souvent que la cicatrice reste nue et qu'une tare indelebile en est le resultat. Get accident arrive surtout lorsque I'applica-tion vesicante est restee trop longtemps en place, et que le derme a ete profond^mentattaque.
II faut eviter, autant que possible, cet inconvenient grave, parce qu'il deprecie beaucoup les animaux.
c.nbsp; Les trochisques, etant places sous la peau, laissent rarement des traces visibles, a moins qu'ils ne soient demeures trop longtemps en place; dans ce cas, il reste presque toujours des indurations du tissu cellulaire ou une adherence exageree entre la peau et les parties sous-jacentes. Un phenomene consecutif ä l'emploi des trochisques, qui se presenle assez frequemment, con-sisle dans la chute de I'epiderme et parfois aussi des
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IRRITANTS CÜTA.NES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;213
polls de la partie lesee ; mais celte depilation n'est Jamals que momentande.
Emploi Tiu'inAPEUTiouE. — On emploie les vösicanls ä lilrc de risolulifs, de substilutifsei de derivatifs,
Gomme agents resolutifs et subslilutifs, les vesicants sont en general plus energiques que les rubefiants ; ils sont d'ailleurs employes dans les m6mes cas : engorge­ments aigus et chroniques, nevralgies, rhumatisme, plaies atoniques de mauvaise nature.
Comme derivatifs ils sont indiques surtout lorsquo I'effet doit durer longtemps et surtout quand on veut provoquerune abondante suppuration pour degager un organe et pour diminuer la plasticite du sang. Quand on en fait usage pendant longtemps pour provoquer la suppuration, on fait de la medication spoliatrice, qu'on pourrait encore appeler medication anemiante. La suppuration prolongee et abondante, affaiblit I'ani-mal, celuici maigrit, son sang diminue de quanlite, s'appauvrit en globules ; et comme ce fluide tend cons-tamment ä se reconstituer etä reprendreses caracleres normaux, il attire activement les liquides epanches et par consequent diminue les engorgements inflamma-loires.
L'effot general des derivatifs est done, d'entretenir dans le Systeme vasculaire une depletion constante, d-'affamer en quelque sorte les organes, d'activer forle-ment I'absoplion, et par suite, de determiner la resorp-lion des produits morbid es engendres par rinflammation.
Porlce jusque dans ses consequences les plus extre­mes, l'action des derivatifs aurait pour resultat de pro-duire l'anemie, le marasme et la mort, si Ton ne sou-lenait pas I'economie par une nourriture appropriee. Quant a I'effet local de ces medicaments, e'est de deter­miner une sorte d'alrophie des parlies voisines du lieu d'applicalion de l'agent irritant; de lä I'usage qu'on
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214nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
! fait de ces moyens pour rösoudre les engorgements exterieurs, et le precepts general de les appliquer au voisinage des parlies internes engorgees, afin que le mouvement de resorption tres actif qui survient h. la ün de leur pöriode d'action s elende peu k pen aux tissus qui sont le slöge de depots morbides.
II est possible aussi, quoique cela ne soil pas demon-trö, que la suppuration que les vösicants provoquent ait pour rösultat d'entrainer hors de l'economie les parlies des humeurs viciöes par les maladies.
On recommande, comme une precaution fort sage, de ne pas supprimer brusquement un exutoire qui a dure longlemps el qui a acquis en quelque sorle, droit de bourgeoisie dans l'economie animale. On diminuera done, d'abord progressivement, le produit fourni par le vesicatoire ou le Irochisque, etquand on sera arrive au moment le plus favorable pour sa suppression, on ad-ministrera, pour öviter tout accident, soil un purgatif, soit un diuretique, afln de restiluer aux secretions natu-turelles leursanciens droits et de reinlögrer l'organisme dans son rylhme normal.
Cantharidei.
La cantharide est un insecte de l'ordre des Coleople-res, du sous-ordre des Heteromeres, de la famille des Trachelides, de la tribu des Cantharidies, du genre Melss de Linnö et Cantharis des modernes, et de l'espece Canthai'is vesicatoria de Geoffroy.
Caracteres. — Les cantharides se montrent vers la ün de mai et le courant de juin sur le fröne, le lilas, le ch6ne et quelquefois le saule et l'orme, dans la parlie möridionale de l'Europe, surtoul en France, en Espa-gne et en Italie. Leur presence sur ces differentes plan­los est aecusöe ä de grandes distances par l'odeur
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IRRITANTS CÜTANßS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;213
insupportable qu'exhalent leurs essaims, qui ne sont pas egalement peuples toutes les annöes. Le corps, long de IS k 23 millimelres, epais de 4 ä 5, est cylin-droide; les yeux sont saillants at lateraux; les anten-nes filiformes composees de onze articles; les membres anterieurs et les moyensont cinq articles, les posterieurs qualre seulement, ils sont termines par des crochets bifldes; les ailes sont membraneuses, grisatres et pro­pres au vol; les ßlytres sontmolles, longues et llexibles ; toute la surface du corps est nuancee d'un vert dorö tres brillant, presentant dans quelques points im löger reflet azure. Dessechees ettelles qu'on les trouve dansle commerce, les cantharides sont legeres, puisque douze ne pesenten moyenne que 1 gramme; elles sont fria-bles et se reduisent alsement en une poudre grisätre parsemee de points vert dore, debris des elytres et des pattes. Entieres ou pulverisees, elles exhalent une odeur forte, desagreable, qu'on a comparee h celle de la sou-ris ; leur saveur est d'abord amere, puis chaude et e.nfln 4cre.
Les cantharides dessechees doivent etre conservöes dans des vases bien clos et exempts d'humidite. Pour les emp^cher d'etre attaquees par une espece de mite (I'Anthrenus musfeorum), il faut y ajoutcr du campbre, de ralcool ou du carbonate d'ammoniaque.
Composition cuimique. — D'apres Ilobiquet les cantha­rides renferment les principes suivants : cantharidine, huile volatile, huile verte, matiere noire et matiere jaune, acides acetique, urique, phosphorique,phosphates de chaux et de magnesie.
Elles doivenl leur activite ä la cantharidine elkVhuile volatile.
La cantharidine (Cl0HM0a) est une substance cristal-lisee en petites paillettes blanches, micacees, inodore et d'une saveur excessivement acre et irritanle. Inso-
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^^^^^mm^mmmmmmmmm
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216nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
luble dans l'eau, eile se dissout aisement dans I'alcool, Tether, les essences, les corps gras et la pluparl des acides et des alcalls. Elle ne forme pas de sels, avec les acides. Elle determine les memes effets physiologiques que les insectes, mais avec beaucoup plus d'önergie. M. Dieu eslime que 6 centigrammes equivalent pour l'aclivite ä environ 1 gramme de poudre de canlharides. Effets physiologioues. — Appliquees sur la peau in-tacte.les preparations canlharidees determinent une con-n-eslion intense, une elevation de la temperature locale, une forte cuisson, et enfin une forrnaüon de vesicules par suite de raccumulation de sörosite enlre le derme et 1'epiderme. La cuisson porte les animaux a se grat-ler, ä se frotter aux corps environnants; on doit les mettre dans rimpossibilile de le faire, en les fixant convenablement. Les vesicules apparaissent en general dans l'espace de six a douze heurcs. Elles sont d'abord pleines d'une serosite limpide; qui devient ensuite trouble, tres plastique et souvent sanguinolente. Des que les phlyctenes ont paru, la douleur et le prurit diminuent d'intensitc; le derme mis ä nu est gonfle, rouge et tres sensible. Si on ne detruit pas les vesicu­les, elles se dessechent, fonnent des croütes qui tom-tombent apres huit ou dix jours en enlrainant les polls et en laissant une surface epidermique nouvelle sur laquelle les polls repoussent avec leurs caracteres nor-maux. L'action vösicante produite par les canlharides est intense chez le cheval, un peu moins prononcee chez les ruminants et legere seulement chez le pore. Pour augmenter leur activite on y ajoute de la poudre d'euphorbe, de l'huile de croton tiglium ou du tartre stibie. Si sur la surface enflammee par l'application de pröparalions cantharidees, on fait de nouvelles applica­tions, la surface secrete activemenl du pus de bonne nature, lo derme s'ulcere sur une grande profondeur,
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 217
les follicules pileux sonl alleres ou dötruits, la cicatri­sation est lente, et lorsqu'elle est complete, il reste une surface sur laquelle les poils ne repoussent plus ct qui reprösente une tare indelebile.
Deposees dans le tissu conjonctif, les cantharides ont une action destructive encore plus energique. Les s6tons animes par la pommade cantharidee produisent des en­gorgements enormes qui quelquefois se gangrenent. II faut done en user avec beaucoup de menagements.
L'action inflammatoireest encore plus prononcee sur les muqueuses. Quand les animaux lechent les prepa­rations cantharidees appliqu6es sur une partie exte-rieure du corps, la muqueuse buccale s'enflamme, eile devient le siege d'une douleur brülante; il y a saliva­tion; difficultc de la deglutition, puis apparition des effets generaux. Sur les plaies et les ulceres, les prepa­rations de cantharides activent l'inflammation at modi-fient favorablement la suppuration.
L'absorption de la cantharidine pent se faire par toutes les surfaces, meme par la peau. On a constate en effet que le liquide renferme dans les vesicules con-tient dc la cantharidine. Gelle-ci produit rarement des accidents par l'absorption cutanec, qui est loujours assez lente, a moins qu'on n'ait fait des frictions trop fortes ou trop etendues. Les accidents d'empoisonne-ment sont, au contraire, frequents apres I'introduction des cantharides dans le tube digestif oil l'absorption est rapide.
A trös faible, dose les cantharides activent I'appetit, accelerent la digestion, ameliorent la nutrition, aug-mentent l'excitabilite des organes genito-urinaires et produisent une diurese assez abondante. A doses plus fortes, cesinsectes produisent une sensation de briilure dans la beuche et la gorge, une douleur vive dans la region de l'eslomac, de la salivation, du tenesme ot des Kaltmann. — Thcpapcuticuic.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;J3
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m
218nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
defecations Mtives chez tons las animaux, des vomis-sements chez les carnivores et les omnivores, une ardeur brülante des organes sexuels toujours plus marquee chez les males que chez les femelles. A doses fortes, les symptömes precedents sont plus intenses; on observe une dysurie quelquefois extreme ; I'urine est rare, san-guinolente et albumineuse; les testicules se r^tractent et leurs cordons sont douloureux; le penis devient le siege d'un priapisme continu on intermittent qui pro-duit quelquefois la gangrene de cet organe; le clitoris se contracte ; la plupart des animaux donnent des signes d'ardeur vönörienne; les excrements sont rendus fre-quemment, ils sont sanguinolents; il y a un lenesme atroce. Les animaux sont dans une grande agitation; la respiration est acceleree, les mouvements du cceur sont plus nombreux et plus forts, les muqueuses sont rouges et la temperature rectale est tres elevee. Ges phenomenes d'excitation et de üevre cessent apres un certain temps; puls surviennent des phenomenes in­verses; un abattement general, une respiration lenle et penible, et-fetide, un abaissement de la temperature de la peau, surtout des extremites; des sueurs froides exhalant l'odeur de souris, des tremblements muscu-laires, des convulsions, la paralysie des membres pos-terieurs chez les chiens, de Timmobilite, de l'assoupis-sement, une station chancelante, puis la chute sur le sol et la mort sans agitation.
Lksioks. — A l'autopsie des animaux qui ont suc-combe a faction de la cantharide, on trouve les lesions suivanles : inflammation gastro-inteslinale caracterisee par des ecchymoses, une congestion tres vive, des vesi-cules, des ulcerations disseminees sur la muqueuse; inflammation parenchymateuse des reins et de la vessie; les urcleres sont toujours sains; souvent aussi il y a congestion des synoviales articulaires.
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Antidotes. — Si les canlharides ont ele ingerees, il faut hater leur expulsion en admlnistrant un vomilif chez les carnivores et les omnivores, et un laxatif chez les herbivores. En outre, on administrera abondamment des boissons albumineuses, gommeuses, mucilagineu-ses, farineuses, mais non huileuses, parce que les corps gras dissolvent la cantharidine et facilitent son absor­ption. Quand l'absorption est dejä effectuee et que Tempoisonnementse poursuit, il faut employer les mu-cilagineux etle camphre pour calmer les organes genito-urinaires et des boissons alcooliques pour soutenir les forces des malades.
Preparations. — Les plus usuelles pour I'usage
externe sont:
Cantliarides en poudre........... C
,„ „nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; . #9632;• .- ,-, ^ Euphorbe pulverisee............. 2
bas).
Poix Qoiro et poix resme, cliaijii!. 4
/ Giro jaune...................... 3
Huile d'olivc.................... 12
Faites fondre la poix, la resine et la cire; ajoutez I'huile grasse etincorporez les cantharides et l'euphorbe en remnant le melange jusqu'a entier refroidissement.
i Onguent vesicatoire...... 1 ^ „.. Pommade mercurielle .... j aa g ' Suic de cheminee........... 100 Poudre de cantharides ..... 15
Get onguent peut etre applique plusieurs fois sur la meme region sans alterer les follicules pileux.
! Cantharides pulverisees...... 32 gr. Axonge..................... 380 Giro jauno................ 0raquo;
Faites digerer les cantharides dans la graisse fonduo, passez avec expression et ajoutez la cire pour donncr plus de consislance.
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220nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUT1QUE VETER1NA1RE.
,„ ,. ..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;., ...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( Poudrc de cantliarides...... 125gr.
4quot; llmlo cantliarideo...... ; „ ., ., ..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;„amp;
(• Hmle d olive................. 2
Faites digörerau bain-marie ou ä une douce chaleur, pendant quelques heures, passez avec expression et filtrez.
5quot; Teinturo do canthandes. i ^quot;quot;'^^f Pulvlaquo;r.isees..... ^ amp;*#9632;
f Alcool a igt;C0 centesimaux. ... 2o0
Faites tiedir ralcool et passez ä l'appareil de deplace-mentou faites digerersur des cendres chaudes pendant qualre ou cinq jours.
Gdeg; Vinaigre cantharide.... \ !gt;oudro d? ™^™^..... W amp;#9632;
Bnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( \inaigre loit............... 600
Faites digerer ä une douce chaleur pendant quelques jours, passez avec expression et liltrez.
Adjunistration. — On les adminislre toujours par la bouche en bols qu'on enveloppe dans du papier ou dc la päte de farine, en pilules, en breuvages gommeir; ou mucilagineux.
A I'exterieur on emploie les preparations canthari-dees en frictions, en applications avec ou sans bandage suivant les regions et la nature de la preparation.
Indications tuerapkutiques. — 1deg; A I'exterieur, les preparations canlharidees sont employees pour produire la derivation, la revulsion, la substitution et la resolu­tion.
Comma derivatif et revulsif, les cantharides con-viennent surtout quand on veut obtenir un effet lent, durable et persistant. On les emploie surtout dans les maladies de poitrine, principalement les pleuresies, les maladies articulaires, les pöricardites, etc.
Gomme substitutif, on emploie avantageusement les preparations cantharidees sur les plaies contuses, les plaies sanieuses, les plaies articulaires; on en fait des
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T
raquo;-:nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;221
i
•jnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; injeclions dans les üslules de mauvaise nature, et des
applications sur le bourrelet pour acc^lerer la poussöe de la corne et la regularise!'.
Gomme resolutif, la cantharide est employee sur la
plupart des tumefactions chroniques et aigues, telles
inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; que phlegmons, engorgements glandulaires, lympha-
tiques, sanguins, hygromas, les tumeurs molles arli-
culaires et tendineuses.
2deg; A rinterieur, les divers effels excitants sur la digestion, la secretion urlnaire et l'appareil genital no trouventguered'applicationstherapeutiques.Onpossedo en eflet d'autres substances qui agissent aussi favorable-mentsurcesdiflerontcs fonctions sans offrirles dangers qu'offrentles cantharides.On ne doit guere les employer que pour exciter les fonctions genitales chez le male indolent.
. Clieval...... 0quot;,50 h 2 gr.
Doses therapeutiques. - Poudre.. ) ^^........ 2 ^ 4
/ Mouton, pore. 0 30 ä 0 60 Chien........ 0 10 h 0 25
Ges doses peuventetre röpetees deux fois par jour.
Clioval.. . ......... 15 gr.
Doses toxiques...............' Boeuf............. 30
( Cliien............. ;j h
I
Euphorbe [Gummi Euphorbia).
En pharmacie, on donne le nom d'euphorbe au sue concrete et desseche de plusieurs plantes du genre Euphorbia. Les especes principales sur lesquelles on recolte I'euphorbe croisscnt spontanement en Afrique en Arabie, aux iles Canaries, aux Indes; ce sont: YEu­phorbia officlnarum, VEuphorbia antiquorum, VEuphor-bia Canariensis.
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222
THERAPEUTIQIJE VETERINA1RE.
Dans le commerce, l'euphorbese präsente sous forme de larmes on de poudre.
Composition cuimioue. —L'Euphorberenferme, d'aprös les recherches de Pelletier et Braconnot, les principes suivants : resine, essence, cire, malate de chaux, gomme et ligneux. La resine et Yessence, qui sent les principes actifs de cette substance, ferment environ la moitie en poids de la matiere de l'euphorbe. Mise en contact avec les dissolvants, eile cede k l'eau 1/7quot; de son poids, 1/4 a l'alcool et les 3/3quot; a Tether.
Effüts PiiYsiOLOGiouES. — II resulle des experiences de MM. Boiteux et Tabourin que Teuphorbc produit sur la peau du cbeval des effets vesicants plus prompts et plus energiques que ceux engendres par les cantha-' rides, mais qu'ils sont moins persistants. L'euphorbe produit, en meme temps qu'une action vesicante, un effet escharotique, ce qui explique ä la fois son action pen prolongee el la destruction des bulbes pileux que ce vesicant produit souvent. La teinture d'euphorbe determine une vesication prompte, assez energique, mais qui n'entraine jamais la destruction des polls; e'est done une bonne preparation. Par centre, la pommade et les autrcs preparations h excipients gras ourösineux alterant la peau sur une plus grande epais-seur, detruisent souvent les fellicules pileux et exposent a tarerles animaux.
Toutefeis, en raison meme de ses vertus .vesicantes exagörees, l'euphorbe convienttres bienpour la confec­tion de l'ongpent vesicatoire qui est destinß k agir sur la peau epaisse et peu sensible du boeuf. En outre, lors-qu'en a quelques raisons de craindre rabsorption de la cantharidine, on pent aisement confectionner un excel­lent vdsicatoire avec Teupherbe et le garou, a I'exclusion des cantharides, comme I'ont demontre les recherches de M. Tabourin.
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 223
L'euphorbe, inlroduite dans le tube digestif, agit comme un emeto-cathartique des plus energiques chez les carnivores. D'apres Orfila {Toxicologie, i. II. p. 102 et 103), un chien meurt avec 12 a 16 grammes dansl'es-pace de vingt-quatre heures, au milieu des plus vives douleurs; 8 grammes introduits dans le tissu cellulaire de la cuisse d'un animal de celte espfece ont suffl pour amener le m6me resultat le deuxieme jour, sans avoir determine de desordres internes bien notables. Chez les grands animaux eile agit comme un violent drastique et produit la mort a la dose de 60 grammes.
Indications tdkrapeutioues. — A cause de I'action irritante si energique, l'euphorbe n'est pas indique ä 1'interieur. Tout an plus peut-on I'employer sur certai-nes muqueuses pour provoquer certains ph6nomenes reflexes; ainsi dans I'asphyxie, la syncope, on peutl'in-suffler dans les cavites nasales pour röveiller le coeur et la respiration par action reflexe. Vallon I'a introduite dans I'urethre pour provoquer remission de l'urine, lors de la retention de ce liquide chez le cheval.
Al'exterieur l'euphorbe est indiquee pour provoquer une vesication önergique qui a. pour but de produire une rövu^sion on la resolution d'un engorgement local. II faut toujours faire les frictions avec moderation et empecheiquot; les animaux de se lecher.
Preparations :
, „ laquo;, , ( 2lt;; Euphorbe pulverisee. 2g 1deg; Pomraade d'euphorM......... j Axonge............. 32
Incorporez. 2o Huile ou Imiment d euphorbe.. j ^ Hui?;e grasse........ , fa
Faites digerer pendant huit jours et passez ä l'öta-mine.
i
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224
THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
3raquo; Teinture d'euphorbe......... ( ^ Euphorbe en poudre. 2gp.
rnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( Alcool.............. 32
Dissolvez.
Ecorcc de garou ou Sain-bois [Daphne gnidium, L.).
Le garou est un arbrisseau de la famille desTymelees qui croit spontanementdans lesdepartements merldio-naux de la France. L'ecorce est laseuleparlle employee en medecine, quoique les fruits et les feuilles jouissent aussi de proprietes irritantes. Cette ecorco a une odeur faible, un peu naus^euse, une saveur acre et brülante.
Composition chimique. — Elle est compliquee, et encore incompletement connue. Getle ecorce paralt contenir de la cire, de la dapknine, plusieurs resines et sous-resines, Ulie matiere colorante jaune,delagomme, du ligneux et une matiere demi-fluide ires acre. On ne sail pas encore exactement quel est le principe actif, mais on est certain ququot;il est insoluble dans I'eau, Ires soluble dans l'alcool, Tether, les essences et les corps gras.
Effets piiysiologiques. — Gelte substance a ele bien etudiee an point de vue de ses effets physiologiquespar MM. Boiteux et Tabourin. J'emprunte a ces auteurs ce que je vais dire de celle substance.
Le garou, convenablement preparö et appliquö sur lessolipedes, constitue,apreslescantharides, lemeilleur vesicant dont on puisse faire usage dans la pratique veterinaire. Quoique moins actif que I'euphorbe, il convient mieux pour la confection du vesicatoire, ä la condition d'en augmenter la dose. La teinture de garou, bien qu'irritante, ne produit jamais qu'une vesication insuflisante; eile est done inferieure a celle de cantha-rides et d'euphorbe. Par centre, une pommade an sixieme ou un onguent forme dans lamemc proporiion,
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 22b
constituent des vesicants qui ne cedent pas en puissance a l'onguent vösicaloire, quoique agissant un pen plus lentement. Les preparations grasses de garou ne pro-duisent guamp;re, dans les deux premiers jours, qu'une intumescence legere de la peau et un pen de douleur; mais generalement, le Iroisieme jour, les phlyctenes apparaissent;ellessontrempliesdeserositealbumineuse, et l'epiderme est facile ä detacher du derme; puis, vers le cinquiemeou le sixieme jour, la serosite estremplu-cee par une secretion purulente de bonne nature qui se prolonge encore quelques jours et tarit ensuite; enlin la surface se dessfeche pen äpeu; l'epiderme s'exfolie, etbientot la cicatrisation se complete par la naissance de polls de m6me couleur et ne laissanl aucune trace de la vösication.
Ramollie dans l'eau ou le vinaigre, l'ecorce de garou insinuee sous la peau, y determine lentement un engor­gement considerable produitparuneexsudationsöreuse tres abondante. Elle agit surlout tres bien chez les ruminants, oü eile est d'un usage frequent; chez le cheval, eile produit des effets exageres, et il convient de retirer le trochisque aussitötque l'engorgement s'est developpe, autrement la peau s'ulcfere et se perfore.
Donne ä l'interieur sous forme de decoction, le garou est assez facilement supporte par les solipödes jusqu'ä 50 grammes. A la dose de 15 h 30 grammes, le garou excite le tube digestif et augmente I'appetit; mais quand la dose s'eleve de 40 h. 50 grammes, il determine des coliques, produit un mouvement febrile assez intense, cause de l'agitation, des mouvements desordonnös, des contractions spasmodiques des muscles de la face.
Les experiencesd'Orlila font voir que le garou,donne en poudre ä des chiens, cause de la salivation, des vo-missements, des cris plaintifs, et amene la mort a la dose de 12 grammes. La poudre, deposee sur une plaie
13.
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226 'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETfiftlNAIRE.
de la cuisse d'un cliien.a determine la mort de l'animal au bout de vingt-six heures.
Indications thi^rapeutioues. — A rinterieur, I'ecorce degarou est indiquöe pour augmenter l'appelit et amö-liorer la nutrition dans les maladies lymphatiques anciennes, les tumeurs osseuses, le rhumatisme chro-nique, les hydropisies, etc.
A Texterieur, on I'emploie a. litre de vesicant et d'an-tipsorique, seule ou combinöe äl'actiondes cantharides, de l'eupliorbe, etc. Les trockisques de celte ecorce sont d'un usage frequent dans la medecine du boeuf. Ils conviennent surtout sur les jeunes ruminants en ce qu'ils developpcnt leurs effets peu a peu et sans occasionner beaucoup de douleur. Par centre, il i'aut eviter d'en faire usage chez les solipedes, parce qua leur action est toujours trop energique, a moins de prendre la precaution de retirer le trochisque aussitöt que rengorgement s'est developpö.
Preparations :
( 22 Poudre do garou......... 1
1raquo; Teintuve de gai-o.i.... gt; ^ ^ ordinaire.......... 5
I Of Ecorce de garou divisoe... 2 3laquo; Hmle do garou....... , ^ Huile grme............. ,0
Falles macerer ä une douce cbaleur et passez avec
expression.
, ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( 2i Ponde de garou......... 4
3= Pommadedogarou.... / ' Ax01)ge............^..... ,„
Tncorporez.
Succedanes du garou — Mezereon ou Bois gentii. — Laureole male — Clematite des bales.
Tlmpsia {Thapsia garganica).
Synonymie. —Faux fcnouil, faux Turbitb, Bou-nera, Biize ou Drias des Avabes.
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\
IRRITANTS CUTANfiS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;227
G'est une plante de la famille des Ombelliföres qui croit abondamment sur Jes terrains sees et arides du Tell algörien. On la trouve aussi dans les parties meri-dionales de l'Espagne et de l'Italie, en Grece surtout sur le promontoire dit Saint-Ange ou Gargano, d'oü l'epithete de garganica donnee a cette plante.
La racine est la partie la plus usitee et la plus ac­tive.
Effets physiologiques. — Les effets du thapsia sur la peau du cheval ont 6te bien etudiös par MM. Souvigny et Viardot (1), veterinaires militaires. La decoction de thapsia appliquee en frictions sur une region, deter­mine d'abord la rubefaction de la peau, qui devient chaude, douloureuse et se tumefie. Au bout de vingt-quatre heures la tumeflcation s'etend au tissu cellu-laire sous-cutane, et la peau se recouvre d'un grand nombre de petites vesicules pleines d'une serosit^ ci­trine; bientöteespetitesphlyetenescrevent, etle liquide plastique qu'elles contiennent se concrete ä la surface de la peau en formant une croüte d'un brun jaunätre. Enfin, la tumefaction de la peau et des tissus sous-jacents se dissipe pen ä peu, et au bout de quinze jours tout est reparö. M. Viardot, qui s'est servi de l'huile de thapsia melangee au goudron de bois, a obtenu surtout de forts engorgements. Quand on y associe Tessence de terebenthine, Faction esttrös prompte et tres 6nergique.
Dans le tube digestif le thapsia a des effets ^möto-cathartiques tres prononc^s. G'est un purgatif drastique tres dangereux : aussi determine-t-il souvent en Algerie une superpurgation et la mort des animaux qui en mangent accidentellement.
Apres l'ahsorption du principe actif ä petite dose, le
(1) Recueil de mim. et d'observ. de med. et d'hyg. vetir. mili'., t. XTX, p. 514.
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228nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
thapsia produit une diurese Ires marquee. Les autres effels generaux sont inconnus.
Indications rnfiRAPEUTiouEs. — Gomme revulsif, väsi-cant, le thapsia est connu depuis les Romains et les Grecs. 11 a ensuite pönetre dans la medecine des Arabes. Depuis, iletait lombe dans un oubli profond,enEijrope, jusqu'ä I'annee 1857, oil le docteur Reboulleau, mede-cin en chef des etablissements hospitallers de Cons-tantine, essaya et reussit ä faire rev! vre le thapsia comma revulsif pour I'homme ; il lui donna laforme de spara-drap ou d'emplätre. En 1863 il proposa pour la mede­cine des animaux une teinture irritante qui est beaucoup employee aujourd'hui.
M. Saint-Cyr attribue a cede teinture toutes les qua-lites de la teinture de cantharides et l'avantage d'ötre exempte des inconvenients de celle-ci, notamment les accidents d'absorpticm causes par la cantharidine.
Centre les eaux aux jambes la teinture de thapsia jouit d'une veritable efflcacite ; eile est aussi employee avec succes contre les crevasses du paturon et plusieurs aflections cutances de nature herpetique.
M. Yiardot se sort specialement de l'huile de thapsia preparee pardecoclionpour produiredeseffefsrövulsifs.
Preparations:
,„ „ . . , ., .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( 2^ Resine de thapsia........ I
1deg; Temture do thapsia... ! ^ .,,.„.„ .
rnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( Alcool amp; 85deg; cent....... 10
Faites dissoudre a froid et filtrez. En frictions irri-tantes dans les mömes -cas que la teinture de cantha­rides.
i !^ Cire jaune.............nbsp; nbsp; nbsp;180gr.
Colophane.............nbsp; nbsp; nbsp;150
Rosinlaquo; elcmi............nbsp; nbsp; nbsp;125
2deg; Emplätre de thapsia.. lt;
Terebenthino......... .. 50
Resine de thapsia........ 85
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IRRITANTS CÜTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 229
Falles fondre la cire, la colophane et l'elemi, et ajoutez successivement la lörebenthine et la resine de lhapsia. Cette preparation doit s'etendre sur une piece de toile ou un fort papier pour 6tre appliquee sur les peüts animaux : chez les grands herbivores, on peut l'employer ä titre de charge irritante.
Hellebore uolr {Helleöorus niger; (all. Sckicarze Nieswurz, Chrisltvurz).
Synonymie. — Rose de Noel, Herbe de feu.
Gelte plante, de la famille des Renonculacöes, croit spontanement en Suisse, en Italie et en France; eile fournit ä la medecine sa racine. Celle-ci a une odeur tres prononcee et irritante quand eile vient d'ötre röcol-töe, et une odeur presque nulle quand eile est seche.
Composition chimique. — D'apres l'analyse de MM. Fe-nelle et Gapron, rheliebore noir renfermerait les principes suivants : huile volatile, huile grasse, acide volatil, matiere rösineuse, cire, principe amer, muqueux, ulmind, gallale de potasse et de chaux, sels ä base d'ammoniaque et ligneux, etc. M. W. Bastick, chimiste anglais, a retire de l'hellebore noir un principe neutre, cristallise, qu'il appelle he He borine. Les principes actifs sont : J'helUborine, Vessence, l'huilc grasse, la resine et Vacide volatil.
Effets puysiologiques. — {a)E. locaux. —Les experien­ces faites par M. Tabourin sur cette substance nous ap-prennent que, sur la peau intacle, les diverses prepara­tions d'hellebore noir determinentd'abordlaruöe'/acrton, puis la vesication. Ge dernier effet est generalement peu marque sur la peau epaisse de nos animaux domesti-ques ; ainsi sur le chevalon n'obtient qu'une vösication legere et insuffisante. Quand lapeau est entam^e, le prin­cipe peut passer ä l'absorption et faire apparaitre des
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230nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQOE VETERINAIRE.
effets gcneraux.Sur les muqueuseset les tissus denudös l'action irritante est toujours plus forte et s'accompa-gne ä pen pres constamment de l'absorption du prin-cipe actif de l'hellebore, qui determine alors le vomissement et la purgation chez les petils animaux, tels que le pore et le chien.
Introduite sous la peau, la racine d'hellebore noir y determine des effets prompts et energiques, surtout chez les ruminants ; et comme ils se presentent fre-quemment dans la pratique, il est important de les decrire.
D'apres Drouard (l), les engorgements produits par cette racine attachee a un seton deviennent dnormes au bout de deux ou trois jours ; ils suppurent pen ordi-nairement et se terminent par resolution au bout de quinze a vingt jours.
Le tissu cellulaire qui etait en contact avec la racine d'hellebore noir est frappe de mort ; il se detache et sort de lui-meme par une des ouvertures du seton quand I'engorgement inflammatoire a presque entieremenl disparu; il forme une masse noirdtre de la grosseur d'un oeuf de poule ou de dinde, et ressemble assez exactement au bourbillon d'un javart.
Quand on veut obtenir une suppuration abondante, on doit scarifier profondement la tumeur, qui fournit alors une grande quantile de sang. Chez les moutons, les effets sont les memes. Sur les solipedes et surtout les carnassiers on a ä craindre I'empoisonnement pen­dant le developpement des effets locaux. Administre a l'interieur, l'hellebore noir determine le vomissemenl et la purgation. Chez les herbivores le vomissement manque presque toujours, excepfö chez les ruminants soumis au regime du vert et qui vomissent parfois bien
1) Recueilde medec. Mir., ISHI, note des pages 55quot;, 551, 552.
V
^^^^#9632;^B
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 231
röellement d'apres Hcrtwig {ArzneimilteLlehre p. 287): chez les autres animaux il y a souvenl vomiturition?. La purgation n'a rien de regulier : souvent eile manque entieremenl, quoique les animaux aient presenle des coliques vives; lorsqu'elle se manifeste, c'est presque toujours avec une intensite exageree ; il y a alors sali­vation, agitation, coliques violentes, diarrhee sanguino-lente, fetide, amaigrissement rapide, etc.
[b] Effets gemraur. — Apres leur absorption, les principes actifs de l'hellebore noir agissent tres ener-giquement sur I'economie animate. Its determinent la mort, mcme ä doses relalivement faibles. Jusqu'ä la dose de 30 grammes chezle cheval.la racine d'hellebore provoquc, deux ä quatre heures apres Tadministration, une inquietude se traduisant par le regard et par une certaine agitation ; puis survient une irregularite de la respiration dont les mouvements sont tantöt ralenlis, tantöt acceleres; le pouls s'accelere et'devient petit; puis apparait la purgation, qui cependant n'est pas conslante. La purgation est tres violente, les matieres excrementitielles se ramollissent, deviennent liquides, sanguinolentes et prcnnent une odeur infecte; plus tard il y a simplement rejet de serosite et de mucus. En m6me temps que les troubles precedents se deroulent, on voit apparaitre des contractions (secousses) dans les muscles abdominaux et dans les muscles du cou, des tremblements de la queue et une grande faiblesse. Les animaux perdent l'appetit, sont de plus en plus agites, se jettent sur le sol et se debattent; les muqueuses de­viennent cyanosees, froides, le pouls imperceptible, et la mort arrive generalement apres quarante on cin-quante beures, avec des doses variant de 60 a 90 gram­mes. La racine d'hellebore noir entraine toujours la mort du cheval ; les troubles fonctibnnels sont alors plus inlenses ; les excrements sont toujours sanguino-
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232nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TH^RAPEUTIQUE VETERINAIRE.
lents; les animaux salivent beaucoup, I'encolure est raccourcie par des secousses musculaires; il y a des nausees et des efforts de vomissements, une expulsion copieuse d'urine, et enfin survient la mort.
Les monies doses produisent chez les grands rumi­nants des effets semblables.
Les lesions que Ton (rouve a I'autopsie consistent toujours dans une inflammation plus ou moins vive du tube digestif; dans l'engorgement sanguin des paren-chymes et du cceur, dans l'etat noir et fluide du sang.
Doses toxiques.
1deg;Gheval. —D'aprfesGohier(l), 190grammesde racine fraiche donnee en breuvage determinent une purgation violente chez les chevaux ; seche, eile a tue un cheval ä la dose de 90 grammes. Salon Hertvvig (1), 32 grammes suffisent pour amener la mort des chevaux ; de 60 a 90 grammes tuent constamment le cheval. En injection dans les veines, 4 grammes en solution suffisent pour tuerlessolipedes.
Gr. ruminants. — Lesdosestoxiquessonllesmömesque pour les solipedes; 1 gramme en injection intraveineuse determine le vomissement et des phenomenes nerveux.
Petits ruminants. — Chez le mouton et lachevre,4 a 12 grammes amenent la mort apres I'injection.
Omkivores et caknivores. — La mort survient chez le chienapres administration de 4 a8 grammes. Si on lie I'cesophage pour empöcher le vomissement, ces doses sont plus que süffisantes (Orfila), 30 centigrammes do poudre deposöe dans une plaie de la cuisse produisent la mort.
Emploi therapeutique. — A I'exterieur on utilise les effets irritants de l'hellebore noir; on I'emploie sous forme de trochisque chez le bceuf pour produire un
(1)nbsp; Registre de l'tcole de Lyon, 1809.
(2)nbsp; Arzneimifsellehi-e, p. #9632;JSG.
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•IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 233
effet resolulif et derivatif. C'est un antiparasitaire exlerne excellent employe contre la gale et la vermine. D'apres Tessier, les bergers espagnols guerissent leurs moutons de la gale par des applicalions d'une däcoclion inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;faite avee lOOgrammesde racine fraiche ou avec SOgram-
fnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; mes de racine seche par litre d'eau.
A I'interieur on pent utiliser Teffet vomitifet diuri-iique de la racine d'hellebore noir.
Horlwig I'a employee avec succes contre le vertigo, sous forme d'injeclions intra-veineuses.
SucciiDANiis de i/iiELLiiBOUE Noin. — 1deg; Hellebore vert {Helleborm viridis) : 2deg; Hellebore fetide [Helleborus fcelidus).
Blellcbore blauc {Veratrum album L.). Veialre, Vn-ralre. All. WeisseNiesswurt,
Cette plante, de la famille des Colc/ticacees, croit en Suisse, en Halle, en France, et fournil sa racine.
Composition chimique. — D'apres les analyses chimi-ques, la racine d'hellebore blanc contient les principes suivants: veratrine, jervine, acide volatil, acide galli-que, maliere colorantejaun'e, amidon, gomme, ligneux. Luff et Wright y ont encore decouvert deux autres alca-loides: la cevadine et la cevadilline ; Hesse y a trouve la sabadilline et la sahatrine.
Gomme c'est la veratrine qui communique auveratre blanc ses principales proprietes, nous ferons surtout l'etude de cet alcaloide.
Les effets de cet alcaloide sont de meme nature, mais plus inlenses que ceux de l'hellebore.
Vcraf riue G34H22Az06.
C'est un alcaloide solide, incristallisable, en poudre
ocr page 250
234nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERÄPEUTIQUE VETERINAIRE.
blanche, inodore, d'une saveur amere et ires acre, in­soluble dans l'eau, soluble dans Talcool el l'ether, eile neutralise incompletement les acides et donne nais-sance ä des sels incristallisables d'une grande activity, solubles dans l'eau. Le sei le plus employ^ est le sul fate de veratrine, dont on fait des solutions aqueuses tilreesä 1/100, 2/100, etc.
Effets puysiologiques. — Sur la peau la veratrine produit line douleur bnilanle, de la chaleur et de la rougeur. Appliquee sur la muqueuse buccale, eile auno saveur brülante et amene par action reflexe une sali­vation abondante. Sur la muqueuse nasale eile est tres irrilante et provoque Teternument.
Arrivee dans l'estomac et l'intestin, eile produit ega-lement des douleurs, traduites par des coliques ; eile provoque en outre le vomissement et la purgalion.
Les petites doses produisent une hyperemie de la muqueuse gastrique, augmententl'energie des contrac­tions des parois de l'estomac, stimulent l'appetit; dans I'inteslin les effels sent les memes, les mouvements pcristaltiques sont surtout considerablement accrus.
Dos doses un peu plus elevees produisent des effels de meme nature, mais plus intenses. L'estomac el l'in­testin sont irrites; les mouvements peristalliques sont considerablement accrus, on voll apparailre des dou­leurs Ires vives dans le venire, des coliques accompa-gnees d'une grande agitation ; de la salivatiop, puis des efforts de vomissements el quelquefois des defecations d'abord normales, puis molles.
La veratrine est absorbs facilement par toules les voies; eile determine toujours one vive douleur au point oü eile estabsorbee.
D'apres mes propres experiences, on observe lesphe-nomenes suivants, lorsqu'on emploie la veratrine ou ses sels en injection hypodermique :
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T
IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 335
Immediatement apres l'injeclion, l'animal manifeste des signes d'une vivo douleur; le chien crie, cherche a. se mordre au point d'injection; le cheval est vivement agite, il frappe le sol avec ses membres anterieurs et souvent cherche a atteindre le point d'injection avec les dents. Environ dix minutes apres I'injection, appa-raissent les effets gen6raux;le chien salive et fait de frequents mouvements de mastication et de deglutition, il cherche ä se gratter le gosier avec ses pattes; puis il vomit avec violence, d'abord des matieres alimentaires, ensuite du mucus spumeux. Les solipedes montrent egalement de la salivation et des efforts violenls de vo-missement, mais chez ces animaux le vomissement ne pent pas s'effectuer. Chez le boeuf les efforts de vomis­sement sont quelquefois suivis de vomissement veri­table, surtout quand les animaux ont mange du four-rage vert.
Les efforts de vomissement se renouvellent frequem-ment et peuvent durer pendant plus de deux heures. On observe aussi frequemment chez tous les animaux, une expulsion copieuse de matieres fecales, d'abord molles, puls de plus en plusfluides. L'urine est rendue souvent avec une grande abondance; eile est toujours parfaitement claire sans aucune coloration. Chez les solipedes on voit apparaitre, dix ou quinze minutes apres I'injection hypodermique, une sudntion abondante; les gouttes de sueur ruissellent sur le corps et tombenten abondance sur le sol. Les ph^nomenes precedents sont toujours accompagnes de tremblements musculaires localises d'abord vers la region du coude et du grassct et se göneralisant ensuite sur tout le corps. Au debut de Ysici\an,Vexcitabilite des animaux est considerablement augmentee, surtout chez les solipedes, qui se defendent souvent des dents et des pieds lorsqu'on veut les ap-procher pendant qu'ils sont agit^s. A I'agitation succede
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#9632; #9632;#9632;
236nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfiRINAlRE.
bienlöt un etat de calme relalif; les animaux s'affaiblis-sent, les mouvements deviennent difflciles, ils ne peu-vent plus se tenir debout, se laissent tomber en de-eubilus et agitent leurs membres sans but determine. II n'y a pas paralysie des mouvements, mais seulement incoordination et faiblesse.
Gette pseudo-paralysie pent s'expliquer facilement parl'action qu'exerce la veratrlne sur la secousse mus-culaire. Bczold, Hirt, Marey, ont demontre que la ve-ratrine, tout en augmentant d'abord la hauteur de la secousse, allonge considerablement la periode de relä-chenjent; le muscle se raccourcit facilement, maisil se reläche difficilement et avec une grande lenteur. Ge phenomene tient ä une modification de la fibre muscit-laire, car eile se produit avec l'excitation directe du muscle comme avec l'excilation indirecte, et aussi apres I'empoisonnement par le curare. La veratrine absorbee modifie aussi la respiration, la circulation et la caloti-fication. La respiration est toujours acceleree au debut, eile est plus profonde et semble plus laborieuse ; puis eile offre des arrets complets plus ou moins durables suivis de mouvements respiratoires rapides; enfin si la dose absorbee est considerable, la respiration se ralentit, puis s'arrete completement, le cceur continuant k batlre. . Les mouvements respiratoires ne s'executent pas comme dans les conditions normales; l'inspiralion est forte et brusque et est suivie immediatement d'une expiration egalement brusque ; il semble qu'il n'y a plus de mo­deration dans ces mouvements, qui sent extrömement violents et comme saccades.
Le pouls se ralentit sous l'influence de la veratrine, il devient plus faible et intermittent; le coeur semble battre avec moins d'^nergie. La tension arterielle pent s'elever pendant la periode d'excitalion, mais s'abaisse ensuite notablement d'apres mes graphiques. Si on
ocr page 253
IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;237
anesthesiel'animal avecdu chloral avant de lui injecter de la veratrine dans les veines, on voit la respiration s'ac-celerer, le coeur se ralenlir et la tension arterielle s'abaisser notablement.
La veratrine produit line action conslrictive sur les vaisseaux et determine la paleur des muqueuses. L'efFet vaso-constricteur devrait determiner une elevation de la tension arterielle, et cependantc'est le contraire que Ton observe. G'est que le coeur est afiaibli et qu'il n'envoie que des ondees de petit volume dans le Sys­teme artöriel.
La temperature rectale s'abaisse tres notablement sous rinfluence de la veratrine. Celle-ci a aussi une action marquee sur la vessie, dont la contraction est forte-ment augmentöe. La mort arrive generalement par l'arret de la respiration. Pour sauver les animaux, il sufflt souvent de pratiquer la respiration arlificielle jusqu'au moment oü la respiration normale revient.
Sur les animaux morls a la suite d'un empoisonne-ment par la veratrine, on trouve les lesions suivantes : Testomac, l'intestin et la vessie sont fortement res-serres. La muqueuse stomacale au voisinage du pylore, la muqueuse de l'intestin gröle sont fortement conges-tionnöes. Le foie, les reins offrent aussi de la congestion.
Le liquide de l'estomac et de l'intestin gröle, ne sem-ble pas conlcnir le principe actif lorsque la veratrine a ete injectöe sous la peau ; car je n'ai pas reussi ä em-poisonner des petits animaux avec ce liquide. La vera­trine ne s'eliminerait done pas par la voie digestive. D'apres Prevost, la veratrine s'elimine en nature par les urines; celles-ci, injectees sous la peau de grenouilles, les font pörir a la suite de l'empoisonnement par la ve­ratrine.
Emploi thi5rapeütioue. — A rexlerieur I'hellebore blanc est indique contre la gale et la vermine. D'aprös
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238
TUEHAPEUTIQUE VETERINAIUE.
Gohier, les lotions de ceüe racine ä la dose de 32 gram­mes par litre d'eau, font disparattre completement la gale du chien, celle de la brebis, etc. On 1'emploie pour developper de forts engorgements sous-culanes, sous forme de trochisque.
On pent I'employer pour provoquer le vomissement chez les carnassiers el les omnivoros. Apres rapomor-phine, la veratrine on la poudre dc veratre blanc est le meilleur emetique. On donne les doses suivantes :
Poudre (closes vomitives).
Pore.................... 0Er,30 ii Isr,iO
Chien, chat............. 0 05 ä 0 30
On pent renouveler ces doses au besoin si elles ne produisent pas d'effet.
La veratrine est injectee pour produire le vomisse­ment ä la dose da 03r,003 chez le chien et moins chez le chat.
L'action excilante que les faibles doses de veratre produisent sur le tube digestif rend ce medicament uliledans les maladies digestives du bceuf. On peut y associer du sulfate de soude, du sulfate de magnesie, du chlorure de sodium, de l'extrait d'aloes, etc. Les doses sont:
Chez le cheval................ 5 ä 10 gr. de poudre.
—nbsp; nbsp; boeuf................ 5 ä 15nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
—nbsp; nbsp; mouton.............. 5 ä 10 • —
L'effet depressif energique sur la circulation et la temperature rend ce medicament utilisable comme fe­brifuge toutes les fois qu'il s'agit de combattre la flevre engendree par une maladie interne, surtout une ma-ladie de l'appareil respiratoirc, un rhumatisme aigu. II faut alors I'administrer par doses tres fractionnees. Journellement on peut ainsi faire prendre ä un boeuf et
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i
IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;239
ä un cheval de 20 aöO grammes de poudre et de 0Br,20 a 0,30 de veratrine. Ea injection hypodennique on ne doit jamais administrcr en une fois plus de (Jsr,03 ä 0sr,'J0 chez le cheval el le boeuf, et de 0,001 ä 0,01 chez le chien.
La vöratrine est indiquee aussi contre les indigestions, les obstacles aucoursdesmatieres alimentaires, commo ies pelotes ou les calculs, parce qu'elle a pour effet de provoquer des contractions energiques dans les parois de l'estomac et de l'intestin quand eile a passe ä l'ab-sorption par une voie quelconque.
Doses toxiques de la veratrine ou de ses sels :
Injection sous-uutanee.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;A t'inlerieuv.
Cheval, mulet.....nbsp; nbsp; 0rr,4ünbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Grands animaux.nbsp; nbsp; nbsp;I i 3 gr.
Boeuf.............nbsp; nbsp; 0 50nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Chien...........nbsp; nbsp; 0.05 ä 0.25
Chien............nbsp; nbsp; 0 02nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Chat...........nbsp; nbsp; 0.00a
Chat..............nbsp; nbsp; 0 005nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Lapin..........nbsp; nbsp; 0.03
Lapin.............nbsp; nbsp; 0 005
Doses toxiques de la poudre et de la teinture de racine d'hellebore blanc:
Poudre.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Teinture.
Cheval.............nbsp; nbsp; 32 gr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Cheval........ 20 ä 40gr.
Grands ruminan is ..nbsp; nbsp; 50nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Boeuf......... 100
Petits ruminants ...nbsp; nbsp; nbsp; 8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Chien..... 15 i\ 20 gouttcs.
Carnivores.........nbsp; nbsp; nbsp; 2
De l'ammoulaque liquide. Alcali tolatil.
L'ammoniaque liquide est une dissolution aqueuse degaz ammoniac, qui est limpide, incolore, d'une odeur vive et piquante, provoquant Teternument et le lar-moiement, d'une saveuräcre, urineuse, caustique, d'une density de 0,92 et marquant 22deg; ä l'areometre de Baume.
Expos6e ä l'air, la solution s'affaiblit par suite de 1 e-
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240
THERA.PEUTIQUE VETEtUNAIRE.
vaporation d'une partie du gaz et par la combinaison d'une aulre partie avec l'acide carbonique de l'atmo-sphere. Pour conserver 1'ammoniaque liquide il faut la mettre dans des flacons bouches ä l'emeri etles placer dans un lieu bien frais.
Effets physiologiques de l'ammoniaque. — L'ammonia-que liquide versee sur la peau s'evapore rapidement, produit une sensation de froid et ensuite une legere cuisson avec rougeur; mais si Ton empeche son evapo­ration en imbibant des compresses ou des etoupes qu'on recouvre d'une toile ciree ou de colon, ou si on la place dans un verre ä boire et qu'on renverse celui-ci sur la peau, Tammoniaque determine rapidement la rube-faction, puis la v^sication et ensuite la cauterisation, qui est plus ou moins profonde selon la dur^e del'applica-tion et la quantite de medicament employee. Si on fait une friction sur la peau avec du liniment ammoniacal double, on voit survenir au bout de douze a vingt-quatre heures de petites vesicules remplies de serosite trans­parente d'abord, puis jaunätre et meme sanguinolenle, si la peau est delicate et qua la friction ait ete forte. La douleur qui accompagne les frictions ammoniacales est tres vive, mais eile est de conrte duree; I'engorgement inflammatoire est rapide, mais pen developpe, et les polls, quand ils tombent, repoussent promptement et sans changementde couleur. Sur les muqueuses et les solutions de continuite, I'alcali volatil produit des effets plus önergiques encore que sur la surface cutanee.
En tant que caustique, l'ammoniaque desorganise les tissus en s'hydratant aux depens de leur eau, en dissol-vant les cellules epidermiques et epilheliales, en liqusect;-flant les matieres albuminoides et en saponiflant les matieres grasses; I'escharc qui en resulte est molle, pultacee, grisätre ou bruntllre lorsqu'elle est impre-gnee de sang, analogue ä celle que forment les al-
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 241
calis causliques. C'esl done un causliquc fluidifiant.
Lorsqu'on fait arriver le gaz ammoniac qui se degagc d'une dissolution, dans les voies respiratoires d'un ani­mal, on voit se produire par action reflexe, la secretion des larmes, la salivation, reternument, la toux et en-fin si on insiste, la contraction tetanique des muscles respirateurs, de la dyspnee et des convulsions. Si on soustrait l'animal ä temps ä faction du gaz ammoniac, il öchappe ä la mort, mais on observe une inflamma­tion croupale et mßme une necrose partielle de la mu-queuse bronchique, buccale, pharyngienne et de la conjonctive. L'ammoniaque est caracterisee par la ten­dance quelle a de produire coin me efiet secondaire une secretion pseudo-membraneuse.
L'administration par la bouebe entrainc avec eile des effets Ires variables selon la dose employee. Ingeree pure, cette substance dissout l'epitbelium de la mu-queuse digestive, irrite d'abox-d la bouche, le pharynx, I'oesophage, puis les bronches par les vapeurs qui sont entratnees dans les voies respiratoires avec I'air inspire, et ensuite l'estomac et les intestins ä un degre variable selon les cas ; chez les carnivores, on remarque parfois des vomissements de matieres sanguinolentes, et, chez les herbivores, une purgation tres violente. A doses plus moderees et convenablement etendu d'eau, ce me­dicament determine seulement une excitation energi-que du tube digestif, sans Tirriter vivement; enfin, a doses tres petites, l'ammoniaque est en partie neutra-lisee par l'acide du sue gastrique et ne produit sur les intestins qu'une excitation legere qui a pour conse­quence de produire des contractions plus energiques ct des secretions plus abondantes. L'ammoniaque, en se combinant avec les gaz acides du tube digestif, les condense etröduit considerablementleur volume. Avec l'acide carbonique, eile forme du carbonate d'ammo-Kaifsunn. — Thorapcutiquo.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 14
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242nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUT'.QUE VETERINAIRE.
niaque avec HS du sulfhydrate d'ammoniaque. A I'inle-rieur il ne faut jamais employer rammoniaque liquide pure, il faut toujours retendre,d'au moinstroisfois son volume, d'eau ou d'infusion aromatique froide afin d'evi-ter ä la fois l'evaporation et l'effet irritant.
Effets Gii^ERAUx. —Apres I'absorplion, I'ainmoniaque determine chez tons les animaux une exageration du pouvoir reflexe se traduisant par une excitation gene-rale. La vivacite du regard augmente, les mouvements sont plus faciles, la peau s'echauffe, le cceur et le pouls s'accelerent. Ces effets excitants sont assez fugaces, car ils durent tout au plus deux heures.
L'ammoniaque agit comme excitant sur la moelle epi-niere et les muscles. En effet, apres I'injection intra-veineuse d'ammoniaque, on voit apparaitre un tetanos violent generalise. Si on coupe un nerf moteur, les muscles correspondants ne sont pas tetanises, mais on y observe des contractions flbrillaires.
Pendant la periode d'excilation generale produite par l'ammoniaque, il y a une augmentation manifeste de la secretion sudorale et des secretions muqueuses diver­ses, surtout de la secretion bronchique. Le coeur est acc61ere et la tension arterielle est elevee. La respira­tion, un peu ralentie au debut, s'accelere ensuite. Ces effets disparaissent insensiblement ämesure que ram­moniaque s'ölimine. L'elimination se fait surtout par les reins, oü l'ammoniaque est eliminee sous forme d'uree engendree par synthese. Pendant cette elimina­tion, il y a une legere excitation renale, et on observe de la diurese. Si on insiste sur l'emploi des ammonia-caux, on observe, apres un certain temps, une dissolu­tion du- sang, une veritable cacbexie ammoniacale. Cette action chimique poussee trop loin abaisse les fonctions nutritives et pent devenir nuisible ; mais bien dirigee, eile pent contribuer a desagreger, ä dissoudre,
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IRRITANTS CöTANtS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 243
k fluidifler certains produils pathologiques, etä remplir les indications de la mödication fondante ou r6solu-live. Lorsqu'on fait arriver du gaz ammoniac dans du sang, celui-ci se colore en rouge fonce, puis il y a desa-gregation, dissolution des globules, et la coloration de-vient noire : rammoniaque produit done dans le sang, d'abord une desoxygenation, puis une dissolution des globules, et enfin une destruction de l'hömoglobine. Cette derniere substance se transforme en hömatine. L'albumine du sang se combine aussi avec I'ammonia-que et forme un albuminale ammoniacal qui rend le sang incoagulable.
Apres l'absorption de doses toxiques d'ammoniaque, on observe d'abord une periode d'excitation violente, puis survient du coma, de l'insensibilite et de la para-lysie.
Indications tih-irapeutioues. — Gomme antiacide et absorhant des gaz, eile rend de grands services dans les indigestions gazeuses de tous les animaux, mais princi-palement des ruminants. Elle se combine avec I'acide carbonique et I'acide sulfhydrique, qui constituent la plus grande partie de ces gaz, et reduit considerable-ment leur volume.
Son pouvoir excitant local la fait employer aussi cen­tre les indigestions ordinaires ; en excitant I'estomac, elle reveille les secretions et les mouvements.
L'ammoniaque combat I'ivresse avec le plus d'efflca-dl6.
L'effet excitant general produit par l'ammoniaque apres son absorption, indique son emploi dans les ma­ladies internes au debut pour röchauffer la peau et d6-river le sang a I'exterieur,
En inhalation, l'ammoniaque est avec raison recom-mandee dans les maladies des voies respiratoires au döbut; elle dissout le mucus et aceölere la marche du
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244nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VETEHINA.1RE.
processus morbide; eile csl indiquee aussi contre les catarrhes chroniques, dont eile abrege la duree an les rendant aigus ; eile reveille le coeur et la respiration dans les cas de syncope el d'asphyxie mena^anle.
A l'exterieur l'ammoniaque est indiquee pour com-battre les effets de piqüre venimeuse falle par les mou-ches, les abeilles, le scorpion et la vipere.
Ge medicament cst en outre indique pour produire la ruhefaction, ]amp; vesicalion, soit seul, seit associe äd'au-tres substances.
Employ^ pendant longtemps sous forme depommade sur des engorgements, on voit se produire un effet fon­dant et resoluliftres net.
Injecte dans des fistules glandulaires, il provoque une inflammation qui obslrue le canal.
Administration. Doses, —L'ammoniaque administreo ä l'interieur dolt tonjours ctre fortement diluöe.
'Cheval..................nbsp; nbsp; nbsp;10 fi I5gr.
Dosesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ) Boeuf....................nbsp; nbsp; nbsp;15 :quot;i 30
therapeutiquns. i Mouton et chevro....... 3^ 8
^ Chicn...................nbsp; nbsp; nbsp; 5 i\ 10 gouttes.
Dans l'indigestion gazeuse des ruminants, on pent rep6ler l'administration ä plusieurs reprises, et em­ployer coneurremment d'autres moyens propres ä com-baltre la tympanite.
Doses
( Cheval . .......#9632;............ 32 gr.
] Boeuf....................... :0
tox.ques.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;)chien...................... 2
Pour faire respirer rammoniaque, on la melange ge-neralement avec une egale partie d'alcool, et on prä­sente le vase devant les narines de l'animal pour que l'air inspire entralne uno co in:m partie de gaz. On y ajoute aussi souvenl lOü lo p. lOOd'acide phenique.
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IRRITANTS CUTANfiS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;243
Pour les lavements ammoniacaux, on emploie pour es grands animaux de S a 8 grammes par seringue.
Pour combattre les inflammations et ropacitö du globe oculaire, on emploie I'ammoniaque en solution ä 3 p. iOO.
Les autres preparations de I'ammoniaque sont:
1raquo; Liniment ammo.mcal .. [ ^cf T?',a.,il............. ' Partie-
{ Huile d olive............... 4
Melangez dans un flacon boucliant a remeri el agitez vivement.
On peut faire plusieurs frictions sur la peau de nos animaux domestiques sans amener des alterations pro-fondes.
2quot; Liniment aramoniacal ( Alcali volatil........... 1 partie.
double............... I Huile grasse............... #9632;gt;
3deg; Liniments ammoDiacimx ( Alcali volatil............ ( partio.
composes............ / Huile mcdicinale.......... 2
iquot; Liniment ammoniacal camphro. — On remplaco simjiloinent I'liuilo
ordinaire par de l'huile camplirce.
5raquo; Pommade de Gondrot.. ! Amraoniaquo liquide....... 1 partie.
I Axonge et suit, decliaqno.. 1
Cdeg; Sachet excitant......jCliauxvive.............. 1 partie.
( bei ammoniac............ 1
7deg; Alcool ammoniacal. ..A Ajnmoniaquo liquide....... 1 partie.
( Alcool.................... 2
Ammoniaque liquide.. .. 100 gr.
8laquo; Eau sedative (Raspail).. \ *;]cdeg;o1 ^'raquo;P1'™-......... 10
( Chloruro de sodium. ... GO
Eau ordinaire.......... 1 litre.
Faites dissoudre le sol dans I'eau, ajoulez la solution ä I'ammoniaque et ä la teinture de camphre prealable-ment melang^es.
9raquo; Liniment .avonnoux am- j Solution do savon dans 30 parties d'eau; moniacal . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;on ajoute 10 parties d'alcool et 15 par-
' ties d'alcali volatil.
Employ^en frictions comma rösolutif.
ti.
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240nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TtffrUPEUTIQUE VET^RINAIRE.
I Ammoniaque liquide....... 5 gr.
Liqueur ammoniac, auisäe. i Alcool.................... 24
Essence d'anis..
(Test un excitant general excellent chez les petits ani-maux. On la donne ä la dose d'une demi-cuilleree chez le chien dans la maladie du jeune age, dans l'alonie du tube digestif ou dans les maladies des organes respi-ratoires.
Phosphorlaquo;.
Le phosphore se präsente sous deux etats : 1deg; ä l'etat de pbosphore ordinaire ; 2deg; a l'etat de phosphore amorphe.
Le phosphore ordinaire absorbe facilemenU'oxygene et luit ä l'obscurite. 11 s'enflamme ä l'air sous rinfluence de frottements legers. 11 est peu soluble dans I'eau, un peu plus soluble dans l'alcool et Tether, plus soluble encore dans les essences, les huiles grasses, et tres solu­ble dans le sulfure de carbone.
Le phosphore amorphe se presente sous forme d'une poudre rouge, qui est döpourvue des proprietös toxi-ques du phosphore ordinaire.
Effets physioloamp;iques. — Les solutions de phosphore employees en frictions sur la peau determinent de la douleur, une forte rougeur et une inflammation ulcö-rative plus ou moins violente. L'huile phosphoree ä 2 ou 3 p. 100 est un irritant cutan6 energique, mais plus dangereux que la teinture de cantharides ; la douleur est plus vive et l'absorption du phosphore est a craindre. Sur les plaies et les muqueuses son action irritante est encore plus prononcee, I'inflammation qui en resulte est de mauvaise nature et d'une guerison longue. A doses tres faibles, il n'a aucune action irritante sur la muqueuse stomacale, il stimule seulement la digestion. A dose un peu plus forte, 1 gramme chez les grands her-
-i
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;247
bivores, il est irritant et provoque des coliques. A 2 gr. 11 tue les grands herbivores au bout de deux jours. Dans Testomac, il se transforme en partie en acide phos-phoreux et en acide phosphorique et degag-e beaucoup de chaleur en s'oxydant. II devient surtout soluble dans I'intestin k la faveur de la bile et des graisses; il se forme aussi de l'hydrogene phosphorö qui est absorbe. L'elimination du phosphore se fait surtout par les uri­nes sous forme d'acide phosphoreux et d'acide phos­phorique, et par I'air respire, qui prend I'odeur alliacee ot devient phosphorescent a I'obscurite.
Wegner et Binz ont dömontre que l'absorption de Ires faibles doses determine une proliferation abon-dante des cellules parenchymateuses, surtout dans le tissu osseux. Le tissu spongieux de l'os se transforme en tissu compacte apres quelques semaines d'adminis-tration.Sur un.animal envoie de developpement les os prennent plus vite de la consistance, les cellules carli-lagineuses se transforment rapidement en cellules os-seuses.
Chez un animal completement döveloppe la cavite medullaire de l'os disparatt et celui-ci prend une con-i-istance ögale sur tons les points de sa coupe. Gette neo-plasie s'observe souvent chez les personnes qui tra-vaillent dans les fabriques d'allumettes.
A doses plus fortes le phosphore produit rapidement la degenerescence graisseuse des organes parenchyma-teux du foie, du rein, du cosur et des muscles du tronc. Cette degenerescence graisseuse qui s'observe dans tous les cas d'intoxication par le phosphore s'explique par l'affinite tres grande du phosphore pour I'oxygene, par la transformation de celui-ci en ozone, qui agit comme agent de dedoublement sur les matieres albu-minoi'des des elements anatomiques. Pendant ce de­doublement des matieres protöiques, une grande quan-
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248nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
ü[6 de graisse est mise en liberle, eile ne peut pas 6tre oxydöe immediatement, et forme des gouttelettes qui i'emplissent les elements anatotniques. Pendant l'action du phosphore, l'elimination de l'acide carbonique est diminude au moins de moitie; celle des albuminat-es est au contraire trois foisplus considerable.
Indications tiiisrapeutioues. — L'action irritante lo­cale est utilisee ä l'extörieur contre les paralysies loca­les, les atrophies, les douleurs rhumatismales; mais il faut se souvenir que ces frictions peuvent etre dange-reuses.
A l'interieur, il est tres bien indique toutes les fois qu'il faut augmenter la compacitö des os ou amöliorer leur nutrition; dans le rachitisme, dans le ramollisse-meut des os, dans la tendance aux maladies osseuses, dans les cas de fracture pour favoriser la formation du cal, et dans les cas de developpement insufüsant du squeletle.
Autrefois on faisait usage du pbosphore contre tou­tes les maladies nerveuses, contre I'epilepsie, le teta-nos, la choree, la fievre vitulaire, les paralysies gene-rales, etc. ; mais cet emploi etait purement empirique et ne reposait sur aucune connaissance scientifique aussi n'a-t-on guere obtenu que des insucces.
Preparations et doses :
Huile phosphoree............. 1 p. 100
Glycerine phosphoree.......... I , —
Pommade phosphoree......... 1 —
Doses de phosphore (Iherapeutiques):
Cheval...............nbsp; nbsp; nbsp; 0Br,15 k 0quot;,30
Boeuf.................nbsp; nbsp; nbsp; 0 15 ä 0 40
Mouton..............nbsp; nbsp; nbsp; 0 03 k 0 08
Pore.................nbsp; nbsp; nbsp; 0 001 äi 0 005
Chien................nbsp; nbsp; nbsp; 0 001 äi 0 003
Chat.................nbsp; nbsp; nbsp; 0 001 i 0 002
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IRRITANTS CUTANES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 249
Doses toxiques :
„, ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( lBr,50 dans restomac.
Cheval.............. i a laquo;a j i
( 0 20 dans los veines.
Chion............... 0 10 ä 0 30 daus restomac.
Pore................. 0 lOkO 30nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; id.
A I'interieur, on donne rhuile ou la glycerine phos-phoree dans un liquide mucilagineux ou sous forme d'electuaire ou de pilules.
Les antidotes du phosphore sont : les vomitifs, les purgatifs et l'essence de terebenlhine vieille. On combat rinflammation locale par les mucilagineux, I'amidon. II faut exclure absolument les corps qui dissolvent le phosphore, tels que les corps gras, le lait et les coufs.
1
ocr page 266
S1XIEME CLASSE
VOMITIFS.
On donne le nom de vomilifs aux medicaments qui jouissent de la propriete de determiner des nausees et des efforts de vomissement chez les animaux auxquels its sont administres.
Effets physiologioues commons. — Le vomissement est tres facile et trös frequent chez les animaux carni­vores et omnivores, il est tres penible et tres rare chez les herbivores.
Quand il se produit chez ces derniers animaux, c'est toujours un signe grave indiquant l'existence de desor-dres profonds qui peuvent compromettre la vie, prin-cipalement chez les solipedes. Les medicaments vomi-tifs, en tant qn'evacuants, ne doivent done etre em­ployes que chez les esp^ces animales qui vomissent facilement, e'est-a-dire chez les carnivores, les omni­vores et les oiseaux. On pent administrer des subslan-ces vomitives aux grands herbivores, mais k la condi­tion de donner des doses non vomitives; alors on utilise d'autres proprietes de ces medicaments.
Un animal soumis äl'action d'un vomitif präsente les troubles fonctionnels suivants :
1deg; Une hypersecretion salivaire, gastrique, intestinale, sndoripare, lacrymale et bronchique;
2deg; De violentes contractions de Testomac, de l'intes-lin, des muscles abdominaux et du diaphragme;
3deg; Le rejet par la voie antörieure des matieres con-tenues dans l'estomac et les premieres portions de Tin-
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vomiws.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; sai
leslin gröle; il y a aussi souvent 6vacualioii par les voies rectales;
4deg; Une congestion de toute la muqueuse digeslive, de la peau et des organes musculaires, qui se contrac-tent pendant les efforts de vomissement;
5deg; Une acceleration du pouls, une elevation de la tension arterielle et une elevation de la temperature rectale.
Quand les vomissements ont cess6 et que le calme est revenu, on conslate souvent un ralentissement du pouls et de la respiration, et un abaissement de la tem­perature rectale.
Emploi theeapeutique. — Quelle que soit la nature du vomitif administre, les efforts ci-dessus se produisent toujours avec une intensite plus ou moins grande. Ges effets physiologiques communs doivent servir de base aux indications therapeutiques. Les vomilifs produisant Vevacuation des matieres contenues dans I'estomac, sont indiques toutes les fois qu'il y a trouble de la digestion gastrique par suite d'exces d'aliments ou par suite de la presence de matieres nuisibles. Ils conviennent dans les empoisonnements lorsque la matiere toxique est encore contenue dans la cavite stomacale.
L'effet congestionnel qu'ils determinent sur la mu­queuse gastro-intestinale et la peau les fait employer comme substilahfs dans les maladies chroniques des voies digestives; comme decongestionnants et comme derivatifs dans les maladies des organes respiratoires, dans la pneumonie, la pleuresie, la bronchite, etc.
L'effet hypersect'etoire, en provoquant I'evacuation d'une quantite considerable de liquide, produit une depletion du Systeme vasculaire, depletion qui favorise la resorption des produits morbides et leur elimination par la voie des glandes. Gette propriety bypersöcretoirc les rend utiles dans toutes les maladies inUaminatoires
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2S2
THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
des organes parencliymateux, surtout quand cos mala­dies sont encore ä la p6riode de congestion.
Enfin la depression consecutive qu'on remarque sur les grandes fonctions prolonge Teflet antifebrile et est tres favorable au retour de l'etat normal.
Principsiux vomit iflaquo;.
On pent diviser les vomitifs en (roi's groupes, en se basant sur les points oü se localise leur action elemen-taire. Le premier groupe comprend toutes les substan­ces quiproduisent le vomissement en irritant I'estomac ou les extremites gastriques des nerfs vagues; on pour-rait les appeler vomitifs reflexes. Le deuxifeme groupe comprend les vomitifs qui n'agissent qu'autant qu'ils sont absorbes et transportes par l'intermediaire du sang jusqu'aux centres nerveux oü est 1c siege du cen­tre vomilif. On pourrait leur donner le nom de vomitifs centraux. Le troisieme groupe comprend les substan­ces qui agissent par une action mixle, c'est-a-dire qui excitent ä la fois les extrdmites gastriques des nerfs va­gues et le centre vomitif. Geux-ci doivent recevoir la denomination de vomitifs mixtes.
1deg; Vomitifs reflexes. — Dans ce groupe, on pent pla­cer la racine d'ipecacuanha, et son principe actif, I'eme-tine, le sulfate de cuivre, le sulfalc de zinc, etc.
2deg; Vomitifs centraux. — Les mieux connus sont : l'apomorphine et ses sels.
3deg; Vomitifs mixtes. — Le principal vomilif mixte est I'cmetique.
Racine d'ipecacuanha. [ßrechwurzel] CephaeUs Ipecacuanha (Willd).
Getto plante, de la famillc des rubiaces, crolt dans les
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VOMITIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 253
foröts du Bresil et de la Nouvelle-Grenade. Le mot ipe­cacuanha est d'origine portugaise; il est forme de i (petit), pe (au chemin), caa (plante), goene (vomitif).
Composition ciiimique. — D'apres Pelletier cette racine contient : un alcaloide {Yemetine), de l'amldon. de la resine, de la cire, delagomme,de l'acide gallique; d'apres Willick, l'acide gallique est d'une nature speciale, il lui a donne le nom d'acide ipecacuankique.
Vemeline est solide, en poudre blanche, inodore,
d'une saveur amere, peu soluble dans l'eau (l/1000e),
acilement soluble dans l'alcool, le chloroforme, le sul-
ure de carbone, les huiles grasses et essentielles. Elle
forme des sels ; l'azotate est soluble ä l/100c; le sulfate
d'emetine est encore plus soluble.
Effets puysiologiqües. — L'ipecacuanha agit locale-ment sur les tissus comme un irritant. Mise en rapport avec la peau d^pouillee de son öpiderme, la racine d'ipeca suscite une inflammation locale des plus ener-giques ; en outre, une petite pincee insufflee dans l'oeil d'un chien donne lieu ä une phlegmasie oculaire teile-ment intense, que la cornee est quelquefois perforee. Appliquee sur la peau intacte du cheval sous forme de pommade, la racine d'ipecacuanha ne produit qu'une legere vesication. Introduit dans le tube digestif, l'ipe-cacuanha est encore irritant, mais ä un degre moindre qu'ä l'exterieur du corps. A tres faible dose, il agit sur la muqueuse digestive de tous les animaux comme un toxique astringent et produit la constipation. II n'excite pas sensiblement le peristaltisme du gros intestin et n'augmente pas les secretions intestinales; c'est pour-quoi il ne purge pas.
A dose convenable, il determine le vomissement chez les carnivores, les omnivores et les oiseaux. Ge vomis­sement s'etablit lentement, mais en revanche, il dure plus longtemps que celui produit par le tartre stibiö ; Kaufmann. — Thörapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 15
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254
THERAPEUTIQUE VETER1NA1RE.
il n'est d'ailleurs que rarement accompagnö d'un effet purgatif.
Chez les herbivores de fortes doses d'ipöcacuanha döterminent de violents efforts de vomissement, un ptyalisme abondant, de la tristesse, de l'abattement, effets qui ne se dissipent qu'au bout de quelques jours. M. Tabourin a constate une grande difference dans l'activite de ce medicament chez les grands her­bivores, suivant qu'il est administre sous forme solide ou liquide.
A la dose de SO grammes chez le cheval, sous forme de bol, la poudre d'ipeca n'a produit qu'un löger mou-vement febrile ; tandis que la m6me dose donnöe sous forme liquide a produit les effets violents de vomis­sement.
Effets GfiNEßAux. — Apres absorption, le principe actif de l'ipecacuanha agit fortement sur la söcrötion bronchique qui deviant plus liquide et plus abondante. C'est done a faible dose un expectorant energique.
Lorsque de fortes doses ont passe ä l'absorption par une voie quelconque, on voit apparaltre, outre I'effet expectorant, des nausßes et le vomissement chez les carnivores. Pour produire le vomissement par I'injec-tion hypodermique intratrachöale ou intraveineuse, il faut des doses plus fortes que si on administre le medi­cament par la voie buccale.
Nature du vomissement. — L'ipecacuanha produit le vomissement parce que son principe actif irrite direc-tement les extremites nerveuses sensitives qui se dis-tribuent dans la muqueuse stomacale. C'est un vomis­sement r6flexe dont le point de depart se trouve dans les extremites gastriques des fibres des nerfs vagues. Ge mode d'action de Yemetine est etabli par un grand nom-bre de fails.
1deg; Apres la section des deux nerfs vagues, römeline
J.
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y
VOMITIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2öä
ne produit plus de vomissement, quelle quesoil la voie d'administration.
2deg; L'emötine ou I'ipecacuanha introduits dans I'esto-mac d'un animal produisent le vomissement plus vite que quand ces substances sont absorb^es par une autre voie. Apres I'ingestion stomacale le vomissement appa-rait au bout de trois ou quatre minutes, tandis qu'apres I'injection intraveineuse, il ne se montre qu'au bout de dix minutes.
3deg; L'emetine mise en contact avec la partie poslö-rleure de la muqueuse intestinale meme a forte dose, ne provoque pas de vomissement. On pent attribuer l'absence de vomissement dans ce cas, ä ce que I'ab-sorption se fait lentement; les doses d'emetine qui sont eliminees a un moment donne par la muqueuse gastri-que sont trop faibles pour exciter suffisamment les nerfs sensitifs de cette muqueuse.
Ces faits demontrent que l'emetine n'agit pas direc-tement sur le bulbe. Cette substance excite directe-ment la muqueuse gastrique; cette excitation est trans-mise au bulbe par la voie des pneumogastriques et, de la, reflecbie par la moelle et les nerfs moteurs jusqu'a la tunique musculaire de l'estomac et aux muscles du vomissement. Le vomissement que produit Temöline aprös I'injection intraveineuse, sous-cutanee ou intra-tracheale s'explique par l'excitalion de la muqueuse stomacale au moment de l'elimination du medicament par cette voie.
Indications th^rapeutioues. — Gomme vomitif, I'ipe­cacuanha et l'emetine sont indiques chez les animaux jeunes, faibles, et quand il faut eviter un effet purgatif consecutif. La purgation qui suit le vomissement avec certains vomitifs, aflaiblit beaucoup les animaux; or I'ipecacuanha n'offre pas cet inconvenient. L'effet tonigue local que developpe la poudre d'ipäca-
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2S6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEHAPEÜTIQUE VETERINA1RE.
cuanha ä faible dose la recommande dans l'atonie du canal gaslro-intestinal, dans lesdiarrhees epuisanles, les douleurs intestinales. On l'unit alors g6neralement ä la gomme, ä l'amidon, ä la quinine, au laudanum, etc.
Leffet expectorant indique l'emploi de l'ipecacuanha ä dose non vomitive dans les maladies chroniques des voies respiratoires pour rendre le mucus plus fluide, moins adherent et plus facile ä eliminer.
Doses vomitives :
/ Pore......... 1 gr. ä 2quot;-,50
Poudre d'ipecacuanha (estomac)... ) Chien........ 0 50 ä 2 50
( Chat......... 0 25 ä 0 75
On delaye la poudre dans de l'eau tiede et on fait avaler ce breuvage. Si au bout de dix minutes les doses ci-dessus n'ont pas produit d'effet süffisant, on fait une nouvelle administration d'une quantite egale.
firaetinP festomad ^ Chien...... 0quot;,025 ä 0raquo;r,10 (Chouppe).
bmetine (estomac)... ^Hominegt; 0 001 ^ 0 0i0 (ßüchheim).
Doses non vomitives (expectorantes):
/Pore............... 0quot;,20 ä 0sr,50
l Chien.............. 0 05 ä 0 30
Poudre (estomac).........| Cllat............... 0 03 ii 0 IG
f Grands herbivores. .8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 16
\ Potits ruminants.... 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\ k
Dans les maladies de poitrine, on administre des in­fusions chaudes dans lesquelles on a fait dissoudre l'ipeca ou l'emetine et on les donne par cuillerees ä cafe cinq ou six fois dans la journee. L'emploi du sirop d'ipecacuanha est commode et avantageux pour les chiens et les chats.
! ' Extrait alcoolique d'ipecacuanha., 32gv. Eau distillee.................... 250 Sirop simple.................. 4500
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VOMITIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 257
32 grammes de ce sirop contiennent 20 centigrammes d'extrait d'ipecacuanha. Doses toxiques:
Emetinenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i Cllien.....'• • 0,r'30 h 08r'50 (Mageod'e)-
.......... j Chat......... 0 02
Poudre d'ipecacuanha j „ levfa.................| environ 100 gr.
itpamorphiuc.
L'apomorphine a ete decouverte en 1868, par Gee et Pierce, qui I'ont obtenue en faisant agir de l'acide chlo-rhydrique sur la morphine. En 1869, Mathiessen et Wright ont decouvert ses proprietes vomitives tres pro-noncees.
Ge corps se presente sous la forme d'une poudre blanche, amorphe, Exposöe au contact de l'air, l'apo­morphine se colore rapidemenl en vert et absorbe de l'oxygene. Elle est soluble dans l'alcool, l'ätber, Kchlo-roforme, les solutions alcalines, mais peu soluble dans I'eau. L'apomorphine forme des sels, le sulfate et le chlorltydrate d'apomorphine, qui jouissent des mömes propridtes physiologiques et qui prösentent le grand avantage d'etre facilement solubles dans I'eau. Dans la pratique, on doit donner la prßförence a ces sels. Les solutions se teintent en vert au bout de quelques mi­nutes. Gette coloration augmente, mais sans influer en rien sur les proprietes physiologiques du produit. J'ai dans mon laboratoire des solutions aqueuses vieilles de deux ans, qui sont d'un vert fence, mais dont Faction physiologique n'a pas varie sensibletnent.
Effets physiologiques. — Les effets locaux des sels d'apomorphine sont nuls. Les injections hypoder-miques ne sont pas douloureuses et ne produisent aucun accident local. Apres son absorption, on obtient
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238nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
le vomissement, m6me ä doses faibles, chez les carni­vores et les omnivores. Ge vomissement presente les particularites suivanles :
d0 II est sür, quelle que soit la voie d'absorption du medicament;
2deg; II est tres rapide, puisqu'il apparait de deux ä cinq minutes apres Tinjeclion intraveineuse, hypodermique ou intratracheale;
3deg; II est abondant et n'affaiblit pas sensiblement les animaux;
4deg; II est suivi du retour rapide ä l'etat normal.
Les tres faibles doses ne produisent pas de vomisse­ment, mais seulement des nausöes, de la salivation et un peu d'inappetence. En outre, eile active la secretion bronchique, rend le mucus plus fluide et l'expectora-tion plus facile.
Des doses tres fortes produisent, outre le vomisse­ment, une excitation generale pendant laquelle I'ani-mal s'agite, se deplace et lourne en manege ; puis, sur-vient un affaiblissement du train posterieur qui traine sur le sol; enfin il y a paralysie motrice complete. La mort arrive apres une acceleration de la respiration et du pouls, une diminution considerable de la tension arte­rielle et un abaissement de la temperature.
L'elimination de l'apomorpbine se fait surtout par la muqueuse gastro-intestinale, car dix minutes apres I'in-jection intraveineuse, on peut trouver l'apomorpbine dans les matieres vomies.
Mode d'action. — L'apomorphine ne produit pas le vomissement par le m6me mecanisme que I'emetine. Elle n'excite que faiblement l'estomac, mais eile a une action energique sur le centre vomitif situe dans le bulbe rachidien. Ge vomissement n'est pas d'origine re-flexe, il resulte de l'action directe de l'apomorphine sur le centre bulbaire. Aprös la section des deux pneumo-
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VOMITIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2S9
gastriques, les sels d'apomorphine produisent le vomis-sement aussi vite que lorsque ces nerfs sont intacts. L'effet vomitif se fait attendre plus longtemps apres I'in-gestion de l'apomorphine dans Testomac qu'apres son injection hypodermique. D'apres Bordier, une injection prealable de morphine empöche les effets vomitifs d'une injection d'un sei d'apomorphine. L'atropine diminue Faction de l'apomorphine sans l'arreter completement.
Indications therapeutioues. — L'apomorphine et ses sels tiennent le premier rang parmi les vomitifs. Le vomissement etant toujours tres sür, rapide, abondant et facile, on doit choisir ces medicaments dans tous les cas d'empoisonnement par une substance qui est encore contenue dans I'estomac.
Comme son action se porte sur les centres nerveux et qu'elle n'a presque aucun effet direct sur I'estomac, l'apomorphine est indiquee toutes les fois qu'il faut eviter d'irriter I'estomac, comme cela arrive lorsque ce viscöre est enflamme. G'est un vomitif excellent chez les animaux jeunes, faibles, debilit^s, parce que la fati­gue consecutive est presque nulle et, dans tous les cas, pen durable.
Doses hypodermiques vomitives.
Pore.................nbsp; nbsp; nbsp; 0Br,01 ä 08',10
Gros chien...........nbsp; nbsp; nbsp; 0 01 ä 0 05
Petit chien.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 0 005 i 0 008
Chat................nbsp; nbsp; nbsp; 0 003 k 0 005
Ilomme..............nbsp; nbsp; nbsp; 0 00G ä 0 007
Dans chaque espece il y a des susceptibililes indivi­duelles. Ainsi deux chiens de meine taille et de meme poids ne vomiront pas avec la meme dose. II est bon d'employer d'emblee des doses un pen fortes, car il n'y a pas a craindre d'empoisonnement, la dose toxique etant bien au-dessus de la dose therapeutique.
L'apomorphine, comme expectorant, est indiquee
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260nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
dans les maladies catarrhales des voies respiratoires, mais alors on emploie des doses non vomitives. Les doses ci-dessus doivent 6tre fractionnöes et donnees en plusieurs fois dans la journöe, soit dans des liquides Sucres et ä cuilleröes, soit par injections hypodermiques fractionnees.
Pourles injections hypodermiques on se sertde solu­tions aqueuses titrlt;5es ä 1/100% ä 1/200' ou 2/100% etc.
La voie sous-dermique esl la meilleure pour l'admi-nistration de ce medicament.
Ilmetlqiie. Tartrate de potasae et d'amp;ntlmolne. Tartre sfibic.
Propriöt^s cniMiQüEs et physiques. — L'^metique est un sei forme de cristaux tetraedriques ou octaedri-ques, demi-transparents d'abord,puis devenant opaques en s'effleurissant ä l'air, incolore, inodore et d'une saveur faible et nauseabonde. II est soluble dans l'eau froide dans la proportion de 1/15deg; et dans l'eau chaude dans la proportion de 1/3; il est insoluble dans l'alcool, l'ether et tous les liquides non miscibles k l'eau. L'emö-tique est en partie decompose par les acides, les bases alcalines et leurs carbonates, les sulfures solubles, la plupart des sels mötalliques, les savons, les matiferes tannantes. Les associations de l'emetique avec ces di­verses substances ne doivent 6tre faites qu'avec beau-coup de reserves. Les solutions aqueuses d'ömetique s'alterent par le döveloppement d'une algue, le Sirocro-sis stibica.
Effets physiologiques. — L'emetique en poudre, en solution ou en pommade, determine toujours, sur les tissus oü il est applique, une irritation plus ou moins intense qui peut varier depuis l'inflammation lögere jusqu'ä la mortification des parties touchöes.
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.
VOMITIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 261
Applique sur la peau de l'homme et de tousles ani-maux, 1 emetique determine une inflammation pustu-leuse qui pent produire la chute des polls et entrainer l'ulceration du derme, qui conserve alors des cicatrices indelebiles. Une solution concentree de tartre stibie, appliqnee sur la peau ducheval, fait naitre, dil M. Bou-ley, laquo; une eruption confluente de petites pustules rougeätres^cuminees, tresdenses,qui donnent sous les doigts la sensation de granulations tuberculeuses et se couvrent h leur sommet d'une croöte tres adherente, ä la derniere periode de leur developpement raquo;. M. Tabou-rin a obtenu un resultat analogue sur la croupe d'une vache, apres avoir rase les polls et reitere trois ou quatre fois I'application d'une solution tres concentröe d'emö-tique. Des frictions reiterees au mörne point avec la pommade d'Autenrieth produisent d'abord une vesica-tion puls une escharification, une ulceration de la peau. Gette inflammation violente ne se borne pas a la surface de la peau, eile se propage aux parlies sous-jacentes, les desorganise profondement et amene tou-jours une ulceration des tissus.
Dans le lissu conjonctif sous-cutan6 I'action irritante de l'emetique est encore tres prononcee et des setons animees avec cette substance produisent un engorge­ment considerable.
L'emetique semble cependant avoir une action irri­tante plus energique sur les tissus qui sont le siege d'une secretion acideque sur ceux ä reaction neutre ou alcaline. En solution acide, l'emetique soutire de l'eau aux tissus et decompose I'albumine; c'est pourquoi 11 devient quelquefois corrosif.
Mis en contact avec les muqueuses, l'emetique deve-loppe ögalement une inflammation ulcöreuse. Dans I'estomac, l'emetique en poudre ou sous forme de solu­tions concentröes, produit rapidement une gastrite assez
45.
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262nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VfiTÖRlNAIRE.
dangereuse quand il n'est pas employe en solutions trös etendues. Pendant son sejour dans restomac, le lartre slibie est decompose en partie par I'acide libre du sue gaslrique; une certaine proportion est absorböe en nature. La plus grande proportion de ce corps, qui arrive dans Tintestin, devient insoluble sous I'influence des bicarbonates alcallns de Tintestin et il n'y a qu'une faible parlie qui est absorbäe par cette voie. II se deve-loppe souvent, avec des doses fortes, une inflammation pustuleuse surla muqueuse inteslinale.
L'emetique absorbe s'elimine lentementparplusieurs voies: par la bile, la sueur, le lait e t par la muqueuse sto-macale. Apres I'injection hypodermique ou intravei-neuse d'emelique, on peut retrouver cette substance dans l'estomac et dans Tintestin; il y a done elimination par ces surfaces. Apres I'injection intraveineuse ou bypodermique le vomissement se produit, mais il faut des doses un peu plus fortes que dans l'estomac, parce que les alcalis du sang le decomposent en partie.
L'em6tique introduit dans l'estomac, ou absorb^ en quantite süffisante par une voie quelconque, determine le vomissement chez les animaux qui peuvent vomir, et des coliques, des nausees, chez les animaux herbivores.
Cause du vomissement. — G'est par un double meca-nisme que le tartre stlbie produit le vomissement; il agit ä la fois comme irritant de l'estomac et comme excitant direct du centre vomitif. G'est done un vomitif mixte. Le vomissement, quoique plus difficile et moins parfait, se produit encore apres la section des deux nerfs pneumogastriques, si on fait absorber une quan­tity süffisante d'emetique.
Apres l'extirpation de l'estomac, les efforts de vomis­sement se produisent encore par I'injection d'emetique dans les veines (Magendie). Ge sei produit le vomisse­ment a plus faible dose quand il est introduit dans
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VOMTtlFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;263
#9632; l'estomac, que lorsqu'il est injpcte dans les veines. Tous, ces fails, parfaitement ötablis, demontrent que I'eme-tique a une action double : il irrite la muqueuse stoma-cale et excite le centre vomitif bulbaire.
Viborg pretend que l'emötique ne determine jamais de nausees et d'efforts de vomissement chez les solipö-des et les ruminants. Mes observations demontrent le contraire. Sur un cheval, aprös une injection intra-veineuse de 1 gramme d'emetique, j'ai constate des efforts de vomissement, au bout de quelques minutes, une grande inquietude, une dilatation irks forte des naseaux et de temps en temps un brusque abaissement de la croupe, comme si l'animal dprouvait de fortes douleurs dans le ventre.
Certains auteurs ont avance que I'emetique provoque le vomissement avec d'autant plus de certitude qu'ilest administre h doses plus faibles. C'est lä une erreur mise en evidence par rexperimentation la plus elementaire, Generalement I'emetique determine, outre le vomisse­ment, une action purgative marquee. Celle-ciest surtout forte chez les herbivores, chez lesquels le vomissement n'a pas lieu. Gette purgation semble etre le resultat complexe d'une hypersecretion muqueuse, enterique, pancreatique et biliaire, et d'une exageration des mou-vements peristalliques de l'intestin.
Apres le passage de I'emetique dans le sang, il pro-duit des modilications dans presque toutes les fonc-tions.
On constate toujours une exageration de la secretion muqueuse des voies respiratoires. La loux devient grasse, I'expectoration plus facile. A forte dose, il arrive möme souvent que le tartre slibie developpe sur les voies respiratoires une veritable inflammation catarrhale. La plupart des auteurs admettent aussi une action dia-phorelique marquee sous l'influence de I'emetique.
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264nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Delafond assure avoir observö, sur les bötes bovines qu'on tenait couvertes pendant l'action de remetique, laquo; une forte chaleur, une douce moiteur s'amp;ablir k la peau et celle-ci 6tre humectee bientöt d'une sueur abondante. Gbez les animaux qui transpirent difücile-ment, on constate neanmoinsune congestion de la peau, ce qui doit entralner une exagöralion des secretions insensibles ou de l'exbalation cutanee. Ghez I'bomme, de fortes doses determinent quelquefois une veritable Eruption pustuleuse a la peau. L'emetique excite le rein et augmente la quantity d'urine secret^e. 11 est elimine principalement par cette voie. Gontinuö pen­dant uncertain temps, l'emetique produit I'inflammation du rein accompagnee d'albuminurie.
Outre l'augmentation des secretions intestinale, cuta­nee et urinaire, on observe, pendant l'action de l'eme­tique, des modifications remarquables de la circulation, de la respiration et de la caloriQcation.
Girculation. — Gbez I'bomme, les auteurs signalent une acceleration et une faiblessedes battemenls du cceur ä la dose de 08r,10.
Ghez les animaux on remarque, avec des doses moyennes, une acceleration cardiaque suivie d'une periode de rakntissement considerable avec faiblesse des battements. Ges effets semblent 6tre le resultat d'une action de l'emetique sur les ganglions accelerateurs intracardiaques qui sont d'abord excites, puis paralyses.
Le pouls subit les memes variations que'le jeu du coeur; il s'affaiblitä tel point ququot;il devient quelquefois presque imperceptible.
La tension arterielle s'abaisse pendant l'action de l'^mätique, d'aprfes tous les auteurs.
Respiration. — Gbez I'bomme on voit que sous I'in-fluence de l'emötique, la respiration devient petite et qu'elle s'accälöre ä la dose deO^l.D'apres mes propres
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^^^
VOMITIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 26S
experiences, l'^mötique donnö en injections intra-veineuses ä un chien de IS kilogrammes ä la dose Ae 0gr,02, a produit d'abord une acceleration passagere de la respiration, suivie d'une periode de ralentisse-ment. La respiration est devenue surtout abdominale. L'administration prolongee de l'emetique enlrainetou-jours un ralentissement considerable de la respiration. Voici comment s'exprime M. H. Bouley (1) qui a demon-tre cet effet sur le cheval : laquo; Nous avonsvu desanimaux chezlesquels la respiration etaittellementralentie apres l'administration de l'emetique que, dans certains moments, las flancs semblaient comme immobiles, et qu'il fallait, au commencement de l'inspiration et de l'expiralion, autant d'attention pour volrse produire le mouvement d'elevalion et d'abaissement du flanc, qu'il en est necessaire pour suivre la marcbe de la grande aiguille d'une horlogedans son parcours d'une minute.raquo; Parfois on ne compte que deux et demie ä trois respira­tions par minute chez le cbeval; mais ces cas sont rares et dans les circonstances ordinaires, les mouvements de la respiration ne sont diminues que d'un tie7's ou de la moitie de leur nombre normal. Depuis M. H. Bouley ce ralentissement de la respiration, quoique assez cons­tant, manque completement chez certains sujels et peut m6me, dans quelques autres, etre remplacö par un phenomene inverse, sans qu'il soit possible le plus sou-vent d'en dire la cause.
Calorification. — Apres un usage un peu prolongö, le tartre stibiö produit un abaissement marque de la temperature rectale; on voit aussi que la peau, les oreilles, les cornes et les extremites sont plus froides qu'ä I'eiat normal; la bouche est fraicbe si des deran­gements notables ne sont pas survenus dans le restede I'appareil digestif.
(I) Recueil de mgi/. vilit:, 184ß, p. 385 et 386.
ocr page 282
#9632;#9632;#9632;#9632;#9632;#9632;
266nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THfiRAPEUTIQUE VETamp;UNAIRE.
Nutrition. — Lelarlre slibiö apres un certain temps d'administralion fluidifie le sang dont le nombre des globules rouges diminue; la serosile devient plus abon-dante et le caillot diffluent (Delafond). En meme temps que le sang s'appauvrit, on volt survenirun amaigrisso-ment rapide et un affaiblissement musculaireprononce. La nutrition est altöree; il se produit une degenerescence graisseuse du foie et des muscles, une albuminurie, une diarrh^e, et si cetetat seprolonge la mort survient. Pendant cet etat typhoide provoque par 1 emetique, l'arrachement des crins est tres facile, d'apres les remarques de M. C. Spooner.
Effets toxiques. — Les animaux malades sont, en general, plus vivement impressionncs par I'emetique que les animaux sains. II suffit de doses plus faibles pour produire I'empoisonnement chezles premiers. Les principaux phönomenes qu'on observe apres une dose toxique sont : cbez les petits animaux, vomissements abondants et röpetes; cbez les herbivores, övacualions anales, fröquentes et de plus en plus fluides, salivation, tristesse profonde, abattement complet, station peu pro-longöe, marche incertaine et chancelante, mouvemenls automatiques, branlement conlinuel de la tete, appui centre la mangeoire,coliques violentes, refroidissement de la surface du corps et des parties placees en appen-dice,prostration des forces, adynamie profonde, par-fois paralysie du train posterieur, chute sur le sol, et mort rapide sans convulsions.
LfisioNs. — On trouve les veines gorg6es de sang noir et poisseux, les broncbes remplies de mucosites secre-tees sous l'influence de Temölique, des ecchymoses et quelquefois des ulcerations sur la muqueuse gastro-inlestinale, des ecchymoses pulmonaires et endocar-diques.
Antidotes. — Les mucilagineux, I'huile, le lait, le
mmm
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• -
VOMITIFS. #9632;:nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 267
savon, mais surtout les tannates ou les matteres tan-nantes (ecorce de chöne, quinquina), qui precipitant l'emetique et le rendent insoluble. La sulfure de fer hydrate, en decomposant entiörement Temötique, pent aussi Mre employe avec avantage. Si I'usage trop pro-longö de l'emetique a plonge l'economie dans une and-mie profonde, il faut employer les amers, les aromati-ques, pour relever les forces.
Emploi TnfiRAPEUTiQUE. — 1deg; Comma vomitif, remeli-que tient le milieu enlre l'emetine et l'apomorphine. II irrite facilementrestomac, etexcile les centres nerveux. II faudra I'employer lorsque ces effets irritants sur l'estomac et les centres nerveux ne peuvent avoir aucun inconvenient. II est indique soitcomme substitutif, soil comme derivatif duns les cas d'appetit capricieux et , depravö, de catarrhe gastrique chronique, de lievre rhumatismale et au döbut des maladies de poitrine, du croup, etc.
; Pore.................. 0^,50 ä I gr.
Doses vomitives........ ^quot;f................. 0 10 amp; lt;gt; 8laquo;
i Chat.................. 0 05 ä 0 20
\ Oisoaux de basse-cour.. 0 05 ä 0 15
Ces doses peuvent elre donn^es sous forme de poudre ou desolations.
Chez les animaux qui ne peuvent pas vomir, on pourrait utiliser Ygffet purgatif que produit l'emetique ; mais il y a generalement avantage ä employer alors un veritable purgatif.
2deg; Les effets antifebriles de l'emetique peuvent 6tre utilises chez tous les animaux dans les cas de maladies internes aigues. Ge medicament convient surtout dans les maladies des voies respiratoires, des plevres, des meninges chez les animaux forts et vigoureux. Son action, fortement debilitante, doit le faire rejeler dans le Iraitement de maladies non franchement inflamma-
ocr page 284
268nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
toires, surtout chez les sujets faibles, öpulses par les
fatigues.
Pour combattre une maladie febrile aigue, il faut donner l'emetique ä doses assez fortes et rapprochees, mais apres 5 ou 6 doses, il faut suspendre Tadminis-tration. Generalement, la üevre ne s'abaisse sensible-ment qu'aprös 2 ou 3 jours; mais alors l'action antife­brile est tres marquee, quelquefois memeaccompagnöe d'une prostration. Quand on veut combattre des maladies catarrbales il ne faut user que de pelites doses, qui ont l'avantage d'activer la secretion du mucus qui devient ainsi plus fluide, sans amener im affaiblisse-ment notable.
ÜOSES ET ADMINISTRATIOS.
I Clieval..........nbsp; nbsp; nbsp; 1 ii 4 gr.
Doses contro #9632; stimulantes S Boeuf............nbsp; nbsp; nbsp; 4 h 8
(Francis................. i Pore, mouton.....nbsp; nbsp; nbsp; O^.IÜ h 0quot;,20
[ Cliien............nbsp; nbsp; nbsp; 0 005 ä 0 05
Ces doses conviennent dans toutes les maladies febriles de moyenne intensite. On pent les doubler quand il s'agit de combattre un etat febrile tres intense. A l'interieur l'emelique est toujours donne sous forme de breuvages on de boissons. La forme solide doit etre proscrile.
! Grands ruminants..nbsp; nbsp; nbsp; 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 4 gr.
Solipfedes..........nbsp; nbsp; nbsp; 1 ^2
Mouton et porc...nbsp; nbsp; nbsp;O'MO ä 0sr,20
Chien.............nbsp; nbsp; nbsp; 0 01 ä 0 05
D'apres mes propres recherebes, ces dernieres doses sont trop fortes. Je crois qu'il faut les reduire de moitiö. L'action irritante cutanee que produit l'emetique al'ex-terieur fait employer cetle substance comme vesicant ou rubeßant quand on a ä.craindre l'absorption de la-cantharidine. Comme dörivatif externe il convient sur-
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VOMITIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 269
tout dans l'inflammation des reins, du cerveau, des articulations, etc.
Preparations. — Al'intorieur on emploieles solutions aqueuses, le vin ömetise et le vinaigre stibie. Ces deux dernieres preparations sont ötendues d'eau.
#9632;
Vin laquo;metislaquo;*nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i ^etiqquot;6........ 2 gr.
vin emetise....... j vii? blanc....... ]/2 lifre
VinamrP stihiÄnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; lt; fimetiquc........ 4 gr.
Vinaigre stibie.....^ yinaigre......... 1/2 litre.
Pour les injections intraveineuses on se sert exclu-sivement des solutions titrees a 1/100deg;.
Pour l'usage externe, on emploie de la pommade stibiee plus ou moins active.
Itmotique............. 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1
Axonge............... 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4
'
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SEPTlfiME CLASSE
MEDICAMEiXTS PURGATIFS.
#9632;
Les medicaments purgatifs sont ceux qui determi-nent une expulsion frequente et abondanle de matieres molles ou liquides par I'anus. Ges evacuations survien-nent untemps plusou moinslongapresradministration ; elles sont d'abord solides, elles deviennent ensuite rapidement molles et enfin entierement liquides. II y a des purgatifs qui produisent leurs effets seulement quand ils sont introduits dans le tube digestif; il en est d'autres qui produisent la purgation apres leur absorption par une voie quelconque. II semble done que tous les medicaments purgatifs n'agissent pas d'apresle m6memecanisme;lesunsagissent localement sur la muqueuse intestinale; les autres agissent sur Tintestin par l'intermediaire du sang, e'est-a-dire apres leur absorption.
Tous les animaux ne sont pas purges avec la meme facilite. La purgation est facile et rapide chez les car­nivores et les omnivores; eile est difficile et lente chez les animaux herbivores. Le cheval, le mulct et l'äne n'evacuent jamais quele lendemain oule surLendemain de l'administration du remede.
Les grands et les petits ruminants se montrent sou-vent refractaires ä l'acüon des övacuants intestinaux, ä cause des difflcultes qu'on eprouve pour faire parvenir les purgatifs dans le canal intestinal; quand les effets des purgatifs doivent se montrer chez ces animaux, ils sont plus hätifs, en general, que chez les solipedes.
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MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;271
Effets communs.—L'evacualion rectale est pour ainsi dire le seul effet commun a tons les purgatifs. Elle ne seproduit pas toujourspar lememe mecanisme, et eile offre des caracteres variables suivant la nature du me­dicament administre.
Certains purgatifs, apres etre arrives dans l'intestin, produisent un mouvement exosmotique du plasma sanguin ; celui-ci s'accumule dans la cavite intestinale et par sa presence fluidifle les matieres, favorise leur marche et bäte leur expulsion. Dans ces cas l'absorption intestinale est presque nulle.
D'autres purgatifs excitent la söcrölion des differentes glandes qui d6versentleur produit dans la cavite intes­tinale et retardenl l'absorption ä cause de leur faible pouvoir diffusif.
II en est d'autres qui n'ontpasune action marquee ni sur le mouvement exosmotique ni sur les secretions, mais qui provoquent de violentes contractions peris-talliques, qui chassent rapidementles matieres vers les parties terminales de l'intestin.
Enfin il enest qui congestionnent vivement l'intestin, qui activent ä la fois les secretions diverses et qui augmentent les mouvements peristaltiques.
II est rare qu'un purgatif agisse exclusivement par l'undesquatre mecanismes quenousvenonsd'indiquer: generalement ily a intervention simultanee de plusieurs actions, mais l'une d'elles reste toujours pr6dominante.
Outre l'evacuationrectale, la purgation estaccompa-gnee dephenomönesaccessoires. Quelques heures apres l'administration d'un purgatif, les animaux deviennent tristes, tiennent la töte basse, eprouventdesbaillements frequents (notamment les solipedes), perdent l'appetit, accusent une soifvive, ontdesespecesde frissons et une horripilation passagere. Quandlapurgation est bien eta-blie, la peau reste froide et ses fonctions sontralenties.
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272
THfiRAPEUTIQUE VETfiRINAmE.
Le pouls est petit, concentre, irr^gulierou intermittent. Souvent une flevre plus ou moins intense se montre, le pouls est accelere, les muqueusess'injectent, la bouche deviant chaude et päteuse, la soif vive.etc. Si Fon appli­que I'oreille sur rabdomen on entend des borborygmes bruyants qui se dirigent vers les parties posterieures des intestins ; les animaux s'agitenf, regardent leur ventre, qui parfois se ballonne, relevent souvent la queue, expulsent des vents, eprouvent des öpreintes vives accusees par le relächement et le resserrement continuels de l'anus, et enfln expulsent des matieres fecales d'abord normales, puismolles,et enfin liquides. Tons ces phenomenes se maintiennent pendant un certain temps äleur maximum d'intensite, puisilsdimi-nuentinsensiblement pourrevenir ä l'etat normal.
ApplicationsTnERAPEUTiQUEs.— Elles dßcoulent direc-tementdes efTets physiologiques, quisont, en resumö : une exageration du pöristaltisme, une augmentation des secretions digestives, une congestion intestinale et une diminution de l'absorption.
1quot; L'övacuation rapide provoquee par les purgatifs pourraötremiseaprofitpourdebarrasserrapidementrin-teslin de matteres toxiques qui peuvent y lt;Hre contenues.
2deg; L'afflux du sang vers I'intestin aura pour consö-quence de decongestionner les organes eloign6s, et les purgatifs peuvent, ä cause de cet effet, etre considöres commedesderivatifs Ires puissanls dans un grand nom-bre de maladies inflammatoires sißgeant en dehors du tube digestif.
3deg; La purgation, en enlevant au sang une grande quantile de liquide, rend ce fluide plus concentre et plus propre ä resorber les produits epanches dans cer­tains organes ou dans certaines cavitös. Les purgatifs sont done indiquös quand ü y a des epanchements sereux chroniques ou aigus a faire resorber.
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MEDICAMENTS PÜRGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;273
4deg; Pendant la purgation il y a un abaissement nota­ble de la pression arterielle, le sang est egalemenl moins riebe en globules rouges, ce qui est une condi­tion favorable ä la guerison des maladies inflammatoi-res siögeant sur des organes eloignes, surtout sur les reins et les centres nerveux.
5deg; Comme les purgatifs diminuent l'activite des fonc-tions de la peau et refroidissent cette membrane, ils sent indiquees dans toutes les affections cutanees re-belles.
Pricaulions äprendre avant, pendant etapres la purga­tion. — Avant de purger les animaux, surtout les solipe-des, il convient de les soumettre ä une diete graduee pendant deux jours et de les laisser en repos. Le jour qui precede la purgation, on leur supprime le foin eton leur donne exclusivement des barbotages et des boissons farineuses. On fait bien aussi de leur administrer quel-ques lavements.
Pendant la purgation les animaux sont tres sensibles a l'action des agents exterieurs ; il faut done les pre­server des changements brusques de temperature durant la purgation, et les tenir dans un lieu plutöt chaud que froid. Les animaux ne doivent recevoir aucune nourriture solide. Quand les animaux ne mani-festent pas d'agitation, il faut les laisser dans un repos absolu ; mais des que les coliques apparaissent il faut promener doucement les animaux pour faciliter les evacuations.
Aprös la purgation le veterinaire doit veiller encore pendant quelques jours ä ce que les malades purges soient preserves avec soin des intemperies de l'air; a ce qu'ils soient ramenes graduellement ä leur regime habituel; ä ce qu'ils ne soient soumis ä aucun travail penible avant qu'ils aient repris leurs forces.
Quand la purgation a6td trop forte, il faut soumettre
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274nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
les sujets ä une diete rigoureuse pendant quelques jours, leur administrer des breuvages et des lavements adoucissants.
DiTision des piirgatifs.
En se basant sur leur degre d'energie on peut diviser les purgatifs en : 1deg; purgalifs laxatifs ; 2deg; purgatifs mi-noratifs ; 3deg; purgatifs catharliques ; 4deg; purgatifs dras-tiques.
1deg; Purgatifs laxatifs.
Les purgatifs laxatifs sent ceux qui purgent douce-ment sans provoquer des coliques et sans occasionner des phenomenes generaux.
Les principaux laxatifs sont : la magnesie calcinie, le carbonate de magnesie, le bitartrate de polasse, le tarli o-horate de potasse, la moutarde blanche, I'huile de ricin, la manne, la casse, le tamarin.
Magnesie calcinee.
La magnösie calcinee est solide, amorpbe, inodore, inslpide, lögörement alcaline, d'une densite de 2,3. Elle absorbe dix fois son poids d'eau et s'ecbauffe comme la chaux vive, mais avec infiniment moins d'önergie ; eile se dissout a peine dans l'eau et plus dans celle qui est froide que dans celle qui est chaude. Elle se combine avec les acides pour former des sels.
Effets puysiologiques. — Introduite dans I'estomac la magnesie calcinee en se combinant avec l'acide du sue gastrique tend ä le neutraliser. A cause de cetle propriety neutralisante on I'emploie pour combattre l'acidite trop grande du sue gastrique, l'inappötence et l'appölit capricieux. G'cst surtout chez les petits ani-
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MfiDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;275
maux ä la mamelle atteints de diarrhee acide que la magnesie rend de grands services. G'est un contre-poison des acides. A dose un peu forte la magnesie calcinee purge lege-'rement.
Doses neutralisantes pour les jeunes animaux ; -i ä 8 gr.
par jour en plasieurs fois. Doses Dursatives ( Grands herbivores...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;250 gr.
v amp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;#9632;* ( Petits ruminants.... 30 ä C5
La magnösle ne convient pas dans rempoisonnement par le phosphore.
Carbonate de mag'iu-sie.
Ge sei est insoluble dans I'eau pure,mais tres soluble dans celle qui est chargee d'acide carbonique. Iljouit des memes proprietes physiologiques que la magn^sie calcinee, mais ä un degre moindre. Gomme il est d'un prix peu 61eve, il pourrait souvent 6tre substitue a la magnösie calcinee. II se donne aux monies doses.
Citrate de mag^nesie.
Ge sei se presente sous forme d'une poudre blanche, grenue, plus dense que la magnesie calcinöe et formte d'unamas de cristaux prismaliques. Endissolvantce sei dansl'acidecitrique, on obtient le citrate acide employe de preference comme purgatif.
Effets et usages. — Le citrate de magnösie purge doucement sans produire de coliques et en provoquant des Evacuations aqueuses, promptes et abondantes. II est recommande surtout chez les petits animaux; pour les grands il deviendrait trop dispendieux. II convient surtout dans les affections de l'estomac et du petit in-testin ; apres les empoisonnements, les indigestions, la jaumsse, etc.
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276nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
La dose pour les petits animaux est de 30 ä 70 gram­mes.
On peut le preparer extemporanement d'apres la for-mule de Dorvault:
2Ä Acide citrique cristallise............. 100 gr.
Magnesio blandic.................... 60
Eau................................. 100
Dissolvez I'acide dans I'eau, ajoutez la magndsie et administrez immediatement.
Le bilartrate de potasse et le lartro-borate de potasse ont dejä ele öludies avec les temperants.
Moufarde blanche [sinapis albaB.).
Gelte graine deux fois plus grosse que la noire est inodore, a une saveur amere et acre. Elle ne renferme paslesmemesprincipcsquela moutarde noire;eile con-tient un principe soufre appele sulfo-sinapisine qui, sous l'influence de l'humidite, donne naissance ä un principe acre, huileux, fixe, auquel parait due raction de la moutarde blanche.
La graine de moutarde blanche provoque une excita­tion generale, du ptyalisme et une expulsion copieuse de matieres fecales avec leur consistance normale, (eccoprotique).
, #9632;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;. .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .#9632; t
( Grands herbivores.......... 250 ä 500 gr.
üoses.. j petits ruminantg.......... 20 laquo; 30
On donne les graines entieres en electuaire on en suspension dans de I'eau miellee.
Iluile de riciu.
Huile de castor. — Huile de palma-christi, etc.
Le ricin est une plante de la famille des euphorbiacees
^
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#9632; MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;277
qui crolt dans l'Inde et l'Afrique. II fournit a la me-decine des graines desquelles on retire une huile laxative.
Composition cuimique. — D'apres M. Bower (1), les graines de ricin contiennent laquo;laquo;e huile grasse, de l'amidon, de la cellulose, de Vemulsine semblable k celle des amandes ameres, et qui developpe dans remulsion des graines de ricin un principe analogue ä l'essence de moularde. D'apres quelques chimisles, ces graines ren-fermeraient un alcaloide acre, la ricinine, dont la nature n'est pas encore parfaitement connue.
L'huile de ricin est blanche, visqueuse, epaisse, ino-dore, d'une saveur douce et fade, ä arriere-goüt lege-rement acre. Elle rancit ä l'air et flnit par se dessecher comme une huile siccative. Elle est soluble a froiddans Talcool rectifie, ce quipermet de decouvrir immödiate-ment toute fraude dont eile aurait ete I'objet. Au lieu d'acides oleique et margarique, l'huile de ricin contient des acides ricinique, margaritique et elaiodique combines avec la glycerine ; enfln eile renferme souvent, quand eile a 6te mal pr^par^e, un principe oleo-resineux qui lui communique une grande äcretö.
Effets physiologiqües. — La purgation produite par l'huile de ricin est douce, reguliere et n'est pas accom-pagnöe de coliques. Cette huile doit ses proprielös : 1deg; h.Vhuile grasse qui est pen diffusible et enduit la mu-queuse intestinale d'un enduit glissant; 2deg; h Vacide rici­nique qui devient libra dans l'inteslin et qui en excitant la muqueuse produit une hyperseerötion enterique et pancreatique et des contractions peristaltiques plus in-tenses.
L'effet purgatif ne se developpe qu'autant que l'huile de ricin est introduile dans Tintestin soit par la voie
{\) Journal de chim. et de pharm., t. XXVI, p. 31G.
Kaifmasn'. — Thcrapeutifiue.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;16
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278nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEBAPEUTIQUE VETER1NAIRE.
anlerieure, soil par la voie posterieure. Elle ne purge pas, si on I'injecte dans les veines, dans la trachea on dans le tissu conjonctif.
Cast un excellent purgatif doux pour les animaux carnassiers ; mais ella manque quelquafois ses affats sur las grands herbivores ou les purge incompletemant,
Emploi tuerapeutique. — La purgation par Thiiila de ricin est celle qu'on emploia generalement chez rhomma, m6me sans consultar le mödecin. La douceur de l'effet purgatif rend l'huile da ricin inoffensive, meme quand I'appareil digestif est irrite ou enflamme. Chez les animaux, l'huile de ricin ast bien indiquee dans les cas de coliques dues a un arret des matieres alimentaires dans une portion de l'intastin par suite da rexistanca de pelotes, de calculs ou de corps etrangars. Ella na produit des coliques quelorsqu'alla est ranee ; alors ella determine aussi souvent das vonoissements chez les carnivores.
Cheval.................... 250 i 500 gr.
[ Boeuf....................nbsp; nbsp; 500 ä 1000
\ Pore.....................nbsp; nbsp; nbsp;50 h 150
i Mouton...................nbsp; nbsp; nbsp;30 a 100
I Chien....................nbsp; nbsp; nbsp;15 k 50
\ Chat.....................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5 4 15
Doses.
#9632;I a nne.
On donna ce nom ä un sue concret fourni par plu-sieurs aspecesde fr^nas, arbres da la familledes Jasmi-nees, et notamment par la Fraxinus rotundifolia at le Fraxinus ornus L. qui croissent dans la Galabre et la Sicile.
On distingue dans le commerce trois variötes: iquot; la manne en larmes, e'est la plus estimöa at la plus active ; 2deg; la manne en sorle, e'est la plus commune et la plus frequemment employee chez les animaux; 3deg; la manne
1
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MfiDICAMENTS PURGA.TIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 279
grasse, c'est la moins pure et aussi la moins chere. Composition chimique. — Ella renferme un sucre non fcnnentescible appele mannite dans la proportion de 60 a 80 p. 100; en outre on y trouve du glycose, du muci­lage, de la resine, un acide organique indetermine. |nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Effets et'usages. — La manne est un laxalif tres
I doux, d'une saveur sucree agreable, mais eile est pea active et d'un prix tres eleve. A cause de cela on ne I'utilise que chez les petits animaux. La purgation n'est jamais accompagnee de douleurs; eile resulte du faible pouvoir diffusif de la manne. Elle est aussi expectorante ct bechiquc.
/ Gros chiens............... 30 a GO gr.
! Moyons —............. 20 a 30
) Petits —............... 10 ä 20
Doses.. , ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;, ,
I {.hats..................... 5 ä tO
[ Grauds herbivores.......... 500 Ji 1090
\ Petits ruminants......___ GO ä 130
On I'administre sous forme liquide apres l'avoir fait dissoudre dans du lait ou dans une infusion chaude, ou en electuaire quand on Temploie chez les grands animaux ; generalement les malades la prennent faci-lement.
Casge.
C'est le fruit du Casseeier {Cassia fistula L.), arbre de la famille des legumineuses qui croit en Arable, dans I'lnde et dans l'Amerique meridionale. La gousse qui conslitue le fruit du casseeier est ce qu'on appelle la casse en batons; la pulpe retiree des logos et mölangöe aux graines s'appelle casse brute ou laquo; noyaux ; quand la pulpe est depourvue de graines, c'est la casse mondee ; eile est cuite lorsqu'on la fait delayer dans l'eau et qu'on la concentre sous forme d'extrait apres l'avoir iiiiroe.
ocr page 296
280nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TH^RAPEUTIQUE VETfiRINAIRE,
Composition chimique. — D'apres Vauquelin, la pulpe de casse contient de la pectine, du sucre, de la gomme, du gluten, de l'eau et de la cellulose.
Effets et emploi. — G'est un purgatif trös doux comme la manne ; malheureusement son prix öleve et son peu d'activite ne permettent pas d'en faire usage sur les grands animaux. On ne l'emplole guöre que chez les chiens, les chats et autres petits animaux, parce qu'en raison de sa saveur agreable, ces animaux la prennent facilement. Pour I'admlnistrer on la dissout dans de l'eau, du lait ou des infusions. Les doses sont les m^mes que pour la manne.
Tamarln.
Le tamarin est aussi un arbre de la famille des l^gu-mineuses, qui croit dans les mömes pays que le prece­dent et qui fournit ä la mädecine sa gousse.
Composition chimioue. —On trouve dansle tamarin les principes suivanls : acide citrique, tartrique, malique, bitartratc de potasse, sucre, gomme, pectine, paren-cbyme, etc.
Effets et emploi. — Les effets et l'empioi sont les memes que ceux de la casse.
2deg; Purgatifraquo; minoratifa.
Les purgatifs minoratifs sont ceux qui agissent prin-cipalement en determinant un courant osmotique vers la cavitö intestinale. Ce sont les sels neutresde potasse, de soude et de magnesia.
MfiCANisME de la purgation. — Liebig attribue la pur­gation a une simple attraction du plasma du sang dans la cavite intestinale, sous l'influence des ^changes osmo-tiques qui s'6tablissent entre le sang et la solution
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MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 281
saline contenue dans Tinteslin. En faveur de cette tlieorie il faut citer les fails suivanls : 1deg; I'injection intra-veineuse des sels ci-dessus produit la constipation ; 2deg; lapropriete purgative d'un sei est d'autant plus de-veloppöe que lepouvoir osmolique est plus fortjainsile sulfate de soude a un pouvoir osmotique trois fois plus grand que le chlorure de sodium, aussi purge-t-il beaucoup plus energiquement. Gelte thöorie de Liebig ne doit pas etre admise completement; ainsi on a con­state que la quantite d'eau introduite dans le tube di­gestif en meme temps que les sels purgatifs n'exerce aucune influence sur la purgation. Or la tbeorie de üebig ötant absolue, on devrait observer une purgation d'autant plus intense que les solutions sont plus con-centrees. II faut tenir compte non seulement de l'at-traction du plasma sanguin par le liquide contenu dans lintestin, mais encore de la lenteur de I'absorption et de l'exagöration des mouvements pßristaltiques. II est parfaitement connu que le sulfate de soude s absorbe infiniment moins vite que le chlorure de sodium. Ainsi quand on adminlstre un mölange de ces deux sels, on trouve rapidement le chlorure de sodium dans les urines, tandis qu'on ne trouve encore aucune trace de sulfate de soude. On doit done admettre que les purga­tifs minoratifs purgent: 1deg; parce qu'ils attirent le plasma sanguin dans l'intestin; 2deg; parce qu'ils sent ab-sorbös dlfflcilement; 3deg; parce qu'ils augmentent le p£-ristaltisme intestinal qui chasse rapidement la matiere vers les parties postörieures du tube digestif.
Sulfate de soude. {All. Glaubersaltz).
Synonymie : Sei de laquo;lauber, gel admirable.
GARACifiREs. — Ge sei se präsente sous forme de cris-taux rhomboedriques qui sont tres solubles dans l'eau
46.
ocr page 298
282nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VtTERINAIRE.
froide ou chaude. Le maximum de solubilite est a la temperature de 33deg;, oü l'eau dissout environ trois fois son poids de sei. En so dissolvantdans l'eau froide et l'acide chlorhydrique, le sulfate de soude abaisse la temperature laquo;de ces liquides, propriele qu'on met ä profit dans la formation de cerlains melanges refri­gerants.
Effets. — A faible dose (50 grammes chez les grands animaux et 3 äo gr. chez les petits) le sulfate de soude ne produit pas d'effet purgalif m^me lorsqu'il est admi-nistre longtemps. 11 active simplement la function di­gestive en excitant legerement les secretions et en tonifiant la muqueuse. On n'observe pas d'effet diu-retique malgre son elimination par le rein. 11 selimine aussi par le lait, mais faiblement. A. doses moyennes le sei de Glauber diminue la consistance des excrements, qui sent evacuös plus fröquemment et plus abondam-ment. Jamals ces doses ne produisent une veritable purgation. 11 y a done simplement une action excitante plus ^nergique sur I'intestin.
Le sulfate de soude est absorb^, mais avec une ccr-taine lenteur ; il fluidifle le sang, diminue le nombre desbattements du coeur et produit un abaissement de temperature. G'est un temperant önergique qui pent ötre employe comme antiphlogistique. Ces doses moyennes n'ont pas d'action sensible sur la secretion urinaire.
Les doses fortes seulement determinent une verita­ble purgation, c'est-ä-dire l'evacuation abondante de matieres liquides. Gette purgation n'est pas accompa-gnee de coliques et de perte d'appetit, mais on constate des borborygmes intenses dans le ventre. 11 y a toujours une notable augmentation de la secretion biliaire. Ghez les carnassiers les effets purgatifs apparaissent quel-ques heures aprfes I'administration, mais chez les her-
f
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MEDICAMENTS PÜRGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 283
bivores ce n'est souvent qu'apres 24 heures que la pur­gation a lieu. Gomme nous Tavons etabli plus haut, la purgation est accompagnee d'un appel de serum san-guin dans la cavite intestinale, d'une hypersecretion reflexe, d'une absorption faible et d'un peristaltisme '*nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;plus energique.
Le sulfate de soude est done un excitant pour I'in-lestin, et non un relachant, comme on le croyait aulre-fois.
Emploi TuiJRAPEUTiQUE. — Gomme condiment le sulfate de soude convient surtout aux grands herbivores; il entretient la liberte du ventre, augmente l'appelit et le pouvoir digestif, et releve la nutrition. Les doses qui conviennent sent:
Clieval...................nbsp; nbsp; nbsp; 50 :inbsp; 100 gr.
Boeuf....................nbsp; nbsp; nbsp;100 iinbsp; 150
Moutou, pore.............nbsp; nbsp; nbsp; 15 i 30
Chicn....................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2 ä 10
Les proprietds rafraichissantes indiquent son emploi dans la constipation, dans les dyspepsies avec söche-resse de la bouche, dans les cas d'indigestions pöriodi-ques, quand les crottins sont coiffes, dans I'enterite catarrhale chronique.
L'action antiphlogistique du sulfate de soude est uti-lisee dans toutes les maladies aigues des organes situes en dehors du tube digestif; on le donne alors aux doses suivantes:
Cheval...................nbsp; nbsp; 30 h 50 gr.
Bueuf......................nbsp; nbsp; 50 Ji 100
Mouton ot pore............ 5ä 10
Cliieu..................... 2 äi C
Ges doses sont donnees plusicurs fois par jour dans les boissons ou les breuvages. Leffet purgatif est utilise chez tons les animaux
#9632;
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'I
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284nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THßRAPEUTIQUE VETERINA1RE.
toutesles fois qu'on veut produire une purgation douce mais önergique.
Solipedes............nbsp; nbsp; 500 Jinbsp; 1000 gr.
Grands ruminants...,nbsp; nbsp; 350 änbsp; nbsp;500
,raquo;„,_..... „,„.„.„ i,.0.. ; Petits ruminants.....nbsp; nbsp; 100 änbsp; nbsp; 150
1 quot; quot;lveS-quot; ^ Pore................nbsp; nbsp; nbsp; 80 anbsp; nbsp; 100
Chien...............nbsp; nbsp; nbsp; 10 ä 80
Ghat..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2 k 10
11 y a des animaux qui sont beaucoup plus sensibles qua d'autres h I'action purgative du sulfate desoude.
L'administration se fait sous forme debreuvage, rare-ment sous celui d'electuaire. A l'extörieur on emploie le sulfate de soude comme refrigerant, sur les contusions soit sous forme d'une masse päteuse qu'on fait en ajou-lantde l'eau au sei; soit sous forme de melange refri­gerant place dans un sac impermeable.
Les principaux melanges refrigerants sont
l0 ( Sulfate de soude................. 3
( Acide azotique dilue............. 3
Ge melange produit un abaissement de 26deg;.
„„ i Sulfate de soude.................nbsp; nbsp; 5
( Acide sulfurique etendu..........nbsp; nbsp; 4
.0 I Sulfate de soude................nbsp; nbsp; 8
( Acide chlorhydrique.............nbsp; nbsp; 5
Ces deux derniers produisent un abaissement de 27raquo;.
Phosphate de soude.
II jouit exactement des memes propriet^s que le sul­fate de soude, aussi ses applications thörapeutiques sont-elles les m^mes. II a I'inconvenient d'etre d'un prix plus elevö.
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MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;285
Sulfate neutre de potasse.
Ce sei se dissout dans dix parties d'eau froide et quatre parties d'eau bouillante ; il est aussi legerement soluble dans l'alcool et Tether.
Effets et usages. — Ge sei difföre du sulfate de soude au point de vue de ses effets physiologiques an ce qu'il est beaucoup plus irritant pour le tube digestif ; qu'il est comme tous les sels de potasse, plus toxique. En outre il est diurötique ä faible dose et deviant alterant lorsque son administration se prolonge un certain temps. Cependant comma ce sei est absorbe tres lente-ment dans le tube digestif, ses effets toxiques sur le coeur n'apparaissent que difflcilement.
Dans la pratique on doit toujours donner laprßförence au sulfate de soude.
Si par suite de certaines circonstances on devait avoir recours au sulfate de potasse, ilfaudra I'adminis-trer a doses moitie moindres.
Sulfate de ma^nesie {All. Hittcrsaltz). Seld'Epaom, deSedlitz, scl amer.
Effets et usages. —Ce sei, tres soluble dans l'eau, jouit des memes proprietes qua le sulfate de soude. II y a cependant quelques differences a signaler.
Sur les animaux dont le tube digestif ast sain, il agit exaclemenl comme le sulfate de soude ; mais sur ceux dont les intestins sont malades, l'action est beau-coup plus energique et plus nuisible. D'apres N. Ta-bourin onl'a employe ä l'ecole vetörinaire de Lyon,dans la gastro-conjonctivite ä la dose de 125 grammes ; il a souvent determine des coliques violentes, tandis que le sulfate de soude, administre ä doses bien superieures,
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286nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
n'a jamais cause d'accidents sörieux dans les m^mes circonstances. D'apres beaucoup d'auteurs, le sulfale magnesien serait un mauvais purgatif pour les chevaux, tandis qu'il conviendrait tres bien chez les ruminants. 11 n'augmente pas la secretion de la bile.
( Cheval.......................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;hOO gr.
Doses., j Boeuf........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;500
I Cliien...................... öä 15
Le sulfate de magnesie n'est que faiblement absorbö dans I'intestin ; 11 subit dans ce canal une decomposi­tion partielle parce qu'il rencontre des sels de polasse et de soude qui, paraffinite, luienlevent une partie de l'acide sulfurique, de sorte qu'une certaine quantite de magnesie est mise en liberte, s'arr^te dans les plis in-testinaux et irrite la muqueuse.
G'est ä celle cause qu'il faut attribuer les coliques qu'on observe chez le cheval.
;gt;0 I'm-ij.-ilifs cathartlqueg.
On designe sous le nom de carthatiques les purgalifs qui irritent legferement la muqueuse intestinale et d6-terminent une congestion de I'intestin. Les catharti-ques sont moins irritants que les drastiques, mais ils le sont plus que les minoratifs. Le mecanisme de la pur­gation sera etudie ä propos de chaque substance.
Protochorure de mercnre. Mercure tloux, calomel, calomelas.
Le calomel est insoluble dans l'eau et les solutions acides, I'alcool el Tether.
Effets puysiologiques. — Malgre l'insolubilitö du ca­lomel dans un liquide acide, on remarque que des
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MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;287
doses faibles et souvent repetces sont rendues absor-bables dans le tube digestif, car on observe sur les ani-maux qui resolvent ce sei des phenomönes generaux semblables ä ceux produits par les preparations mer-curielles solubles. Quelles sont done les modifications que subitle calomel dans le tube digestif?
D'apres Voit, le protochlorure de mercure rencontre dans l'estomac du chlorure de sodium et des matieres albuminoides riches en chlore, avec lesquels il forme une certaine quantity de bichlorure do mercure soluble. Ge dernier sei precipite d'abord I'albumine, mais se re-dissout a la favour d'un exces d'albumine et de chlo­rure de sodium eten definitive forme un chlorure double d'albuminate de mercure et de sodium soluble. G'est sous celte forme que serait absorbe le protochlorure de mercure.
Apres Tabsorption le mercure subirait dans le sang une Oxydation d'apres Mulder et Rose et formerait, comme tous les composes mercuriels, un albuminate d'oxyde de mercure.
11 n'y a qu'une petite quantite de calomel qui devient soluble et absorbable dans le tube digestif; la plus grande partie est rejetöe avec les excrements sous forme de metal, de calomel et de sulfure de mercure. Apres l'administration de doses fortes, I'absorption est generalement faible; il y a surtout purgation.
Les petites doses souvent repötöes sont les plus faci-lement absorbables et partant les plus dangereuses; elles determinent un effet alterant puissant comme les autres mercuriaux. Cependant les doses purgatives peuventmemedevenir dangereuses sur nos animaux et occasionner des accidents d'empoisonnement mercuriel; aussi ce purgatif est-il gönöralement dölaisse par les praticiens et cela avec raison. Gette purgation dure toujours longtemps et affaiblit beaucoup les animaux.
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288nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VEieRINMBE.
car l'effet, alterant s'ajoute ä Teffet purgatif. Les symp-lömes et les lesions de rempöisonnement mercuriel sont eludies ä l'article bichlorure de merciwe; nous n'avons done pas besoin d'y revenir ici.
Les excrements expulsös sous l'action purgative du prolochlorure prennent une couleur vert grisätre chez les herbivores et noirätre chez les carnivores; de plus, ils exhalent une odeur infecte qui se prolonge pendant plusieurs jours apres la cessation de l'usage du pur­gatif.
La coloration speciale des excrements est due ä la formation d'une certaine quantit6 de sulfure noir de mercure par l'action de l'acide sulfhydrique, con-tenu dans l'intestin, sur le calomel. II y a des au-teurs qui atlribuaient cetle coloration foncee particu-liere des excrements aux malieres biliaires, et ils en cencluaient que le calomel active la secretion de la bile. Mais les experiences faites par Rutherford sur le chien et qui consistaient ä recueillir la bile par des fistules praliquees sur le canal choledoque, demon-trent que le calomel n'augmenle pas la secretion do bile, mais qu'il provoque seulement une excretion plus active.
L'elimination du mercure est lente et s'effectue un peu par toules les voies, mais principalement par la
bile.
Indications therapeutiques. — Les proprietes alte-rantes que produisent les faibles doses de calomel indi-quent l'emploi de ce medicament pour diminuer la ri-chesse, la plasticite du sang et pour amener une certaine depletion dans les vaisseaux quand on veut favoriser la resorption de certains produits morbides qui apparais-senl sous forme d'engorgements ou d'epanchements liquides. 11 faut veiller pour ne pas produire I'empoi-sonnement. Ce corps, comme tons les alterants mercu-
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MEDICAMENTS l'L'RGATIKS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;280
riaux, affaiblit rapidement les malades, ce qui est un grand inconvenient. On n'emploie plus le calomel que rarement comme alterant. Gomme purgatif on en fait usage, mais princlpalement chez les animaux carni­vores, qui sont beaucoup molns sensibles aux mercu-riaux que les herbivores.
Localement le calomel agit comme fondant et irritant substitutif, et est employe surtout dans les ophthalmies violentes et dans le trouble de la cornee. II suffit d'in-suffler deux fois par jour line petite prise de poudre de calomel dans Vceil.
I Cheval............. iquot; h 8 gr.
Doses purgatives.. ^............. 3 äG
) Pore.............. 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;hi
\ Chien.............. 0 50 ä 1
Quand on veut obtenir les effets generaux sans pur­gation, on ne doit donner que la moitie des doses pur­gatives.
NcTpruupurgatitfökamnus cat/iarlicus; all. Kreuzbecr).
Le nerprun est un arbrisseau indigene appartenant ä la famille des Rhamnees, qu'on trouve dans le midi de la France. II fournit a la medecine ses fruits conims sousle nom de bates du nerprun.
Composition chimique. — Les chimistes y ont trouve : la cathartine, principe amer cristallisable, soluble dans l'eau et l'alcool faible, insoluble dans l'ether et I'alcool concentre; la rhamnine, matiere coloranle verte, suscep­tible de se cristalliser; des acides tannique, acetique et malique; de la gomme, du sucre, une matiere albu-mineuse. La cathartine semble etre la matiere active.
Effets et usages. — Les baies de nerprun adminis-tr^es entieres ou ecrasees irrltent önergiquement l'es-tomac et I'lntestin, et prodnisent une purgation abon-Kaufmann. — Tliörapoutiquc'.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;d7
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290nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THliRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
dante mais douloureuse. Mais on emploie rarement les baies, on s'adresse surtout au rob et au sirop de ner-prun, preparations qui produisent une purgation beau-coup plus douce que les baies. Les pores et les chiens qui resolvent de 50 a 80 grammes de baies de nerprun prennent une gastro-enterite intense qui pent entralner la mort.
Les doses de sirop de nerprun sont de 30 ä 100 gram­mes chez les carnivores. Quand on emploie le rob ou extrait, les doses sont moitie moindres.
Le sirop de nerprun se fait avec parties egales de sue de nerprun et de sucre blanc. Ce dernier corps pent etre avantageusement remplace par la melasse, la cas-sonade, le glycose, le miel, etc.
Rhubarbe [Hadix rhei; all. Hhuharbarwurzzi).
On appelle ainsi la racine de plusieurs plantes du fenre Rheum, surtout du Rheum palmatum, de la famille des Polygonees, qui croissent en Europe et en Asie.
Dans le commerce on distingue quatre vadetes de rhubarbe : 1deg; la rhubarbe du Gaire ou de Ganton ; 2deg; la rhubarbe de Moscovie ou de Bucharie, qui est la meil-leure ; 3deg; la rhubarbe de Perse ou de Turquie, qui est ^galement bonne; 4deg; la rhubarbe de France ou indi­gene, variöte la plus mauvaise et la moins active.
Composition chimique. — La bonne rhubarbe renferme les principes suivants : de la rhubarbarine qui est un principe amer; de Vaeide cathartique, qui est soluble dans l'eau et l'alcool, une matiere colorante appelee rheine on acide chrysophanique; des oxalates, du tannin, de la gomme, de l'amidon, de la cellulose.
Effets et usages. — Les effets de la rhubarbe varienl avec les doses : en petite quantite eile agit comme un tonique amer, un stomachique; eile fortifle I'estomac
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MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;291
et les intestins et determine bientot la constipation; si on Tadministre ä doses plus fortes, alle rend les defeca­tions plus molles et plus frequentes, surtout chez les petits animaux; enfin ä doses fortes eile determine une #9632;purgation chez la plupart des especes domestiques.
M. le professeur Bagge, de l'ecole de Gopenhague, a injectö l'infusion de rhubarbe dans la veine jugulaire, il a constate que I'animal ne tarde pas a rendre des excrements d'abord durs, puis de plus en plus ramollis.
Gelte purgation est douce, lente, peu durable et est toujours suivie de constipation. Les excrements pren-nent bientöt une couleur jaune Ires marquee, ce qui est du ä la maliere colorante de la rhubarbe. Les urines se colorent egalement en jaune sous l'influence de ce medicament. Le lait acquiert de ramerlume et des pro-prietes purgatives qui se font sentir sur les jeunes ani­maux qui teltent. La rhubarbe fait perir rapidementjes vers intestinaux ; eile n'a pas une action bien marquee sur la secretion biliaire.
Indications. — Elle est indiquec: 1deg; a faibles doses contre l'atonie du tube digestif ct les diarrhees, la jau-nisse ; 2deg; ä forte dose comme purgatif assez energique et comme vermifuge :
I Cheval........... 5 ^ Ji 10 gr.
r. .„#9632;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; \ Boeuf............. 8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;a 15
Doses touiques— \ „ . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; „ 7 ;
J Mouton et pore..... 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;a a
( Chien..............nbsp; nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 10 ä 1
i Cheval............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 250
Doses purgatives.. ] Pore...............nbsp; nbsp; 90nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ä 100
( Chien..............nbsp; nbsp; nbsp; 8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ä 15
Administration. — La rhubarbe s'administre en elec-tuaire ou enbol, maisraremenlen breuvage, ä cause de son amertume.
Da seme.
On donne le nom de söne ä un melange de feuilles et
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292nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAlRE.
de fruits de plusieurs arbrisseaux du genre Cassia, de la famille des Legumineuses; arbrisseaux qui croissent dans les pays chauds, comme TEgyple, l'Arabie et l'A-merique du Sud, etc.
Composition ciiimioue. — Le sene renfcrme les prin-cipes suivants: Yacide catkartique, glucosideconstituant le principe actif, soluble dans l'eau et I'alcool, combine älachaux ou ä la magnesie; \a. cat hart omannite, prin­cipe sucre; le sennacrol, principe amer ; du mucilage, de l'acide malique et des sels.
Effets. — Le sene introduit dans le tube digestif excite vivement les contractions du canal intestinal. Les mouvements peristaltiques commencent a s'exagerer sur l'intestin gröle, puis se propagent successivement sur des parties plus posterieures et chassent rapidemenl les matieres excrementitielles dans le rectum, qui les expulse alors en grande quantite par I'anus. Ces mou­vements peristaltiques önergiques sont accompagnes de borborygmes intenses et d'expulsion frequente de gaz ot d'excr^ments par I'anus; il y a aussi souvent des co-liques plus ou moins vives. Le sene n'augmente pas sensiblemenlles secretions intestinales; son action con-siste essentiellement en une excitation de la contrac­tion de la musculeuse de l'inteslin. Cast done unpur-gatif eccoprotiq'ue par excellence. Pour obfenir des effets purgatifs plus stirs et complets, on l'unit genöra-lement a d'autres purgatifs agissant sur les secretions, comme le sulfate de söude ou d'autres. Gette association convient tres bien chez tons les animaux. La purgation produite par le söne n'est jamais suivie d'une consti­pation comme cela s'observe avec la rhubarbe.
Indications. — Le sene est rarement indique seul, a cause de sa faible action sur les secretions. G'est done comme adjuvant des autres purgatifs qu'il peut sur-tout rendre des services. II n'est jamais indiquö quand
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MEDICAMENTS PUBGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 293
il y a irritation ou inflammation du tube digestif. Les doses therapeutiques sont:
Grands herbivores.......nbsp; nbsp; nbsp;ll't hnbsp; I'tOgr.
Petits ruminants........nbsp; nbsp; nbsp; 35 inbsp; nbsp; 70
Pore...................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; o inbsp; nbsp; 15
Chien..................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4 inbsp; nbsp; 15
Chat...................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2 K 5
Administration. — Le sene ne convient pas sous forme depoudreou d'electuaire.L'infusionfroideadmi-nistree en breuvage donne les meilleurs resultats, car I'eau froide dissout I'acide cathartique, mais ne dissout pas les malieres resineuses qui sont surtout irritantes et provoquent les coliques. 11 faut eviter de traiter le sene par decoction, car röbullition altererait les prin-cipes actifs. II faut toujours preparer I'infusion immö-diatement avant de s'en servir, car I'acide cathartique on solution se decompose assez rapidement. En ajou-tant quelques gouttes d'acide chlorhydrique ä I'infusion on augmente l'activite du purgatif; on la diminue au contraire par l'addition de bases calcaires.
Aloes.
On appelle aloes le sue concrel des feuilles charnues de plantes de la famille des Liliacecs, qui croissent dans l'Afrique.meridionale et qui ferment le genre Aloes.
On distingue suivant leur provenance un grand nom-bre de varietes d'aloes. Les principales sont:
I0L'a/oes succotrin, variety la meilleure, se caract^ri-sant par sa couleur jaune d'or et sa solubilite parfaite dans l'eau et l'alcool;
2deg; L'aloes kepatique est moins soluble que la variöle precedente et est d'un jaune verdätre. Gette variete moins active que la precedente est celle qu'emploient de preference les veterinaires;
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294nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
3deg; L'aloes caballin, variöte la plus mauvaise, eile esl peu soluble dans I'eau ;
4deg; L'aloes des Barbades, dont la poudre est d'un rouge brunälre, assez soluble dans l'eau ot I'alcool; variete beaucoup employee en Angleterre;
nquot; L'aloes du Cap donne une poudre verle peu solu­ble ; variele mediocre;
6deg; L'aloes de Muka on de Bombay, variete Ires active, mais peu connue en Franco.
Composition CHlMtQtlE de l'aloes. — D'apres la rnajorile des cbimistes, l'aloes rcnfermerait les principes sui-vants : exlractif savonneux, soluble ä la fois dans I'eau et I'alcool; principe resineux peu soluble dans I'eau, mais soluble dans I'alcool; essence, matiere coloranlo, acide gallique, sels alcalins.
Le principe extractif ou savonneux parait etre la partie active de l'aloes; il contient un principe immc-diat crislallisable qu'on appelle alo'ine.
Effets physiologiques. — Applique sur la peau, les muqueuses et les plaies, l'aloes produit un leger effel excitant legerement astringent. Introduit dans le tube digestif, il determine des effets qui varient selon la dose ingeree.
A dose faible l'aloes agit essentiellement com me to-nique et stomacbique, il excite l'appötit, augmenle la tonicite de l'estomac et des intestins et favorise la di­gestion.
A doses moyennes, il rend les defecations plus fre-quenles, dissipe les flatuosites, dimlnue la secretion du mucus.
A dose elevee, I'alofes constitue un excellent purgalif. Pour que Faction purgative so produise, il faut que l'aloes soil ingere dans l'estomac; les injections intra-veineuses et les lavements d'aloes ne sontpas suivis de purgation. L'aloes, ä cause de sa faible diffusibilitö, est
mm
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MEDICAMENTS PURGA.T1FS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 295
absorbe tres lentement, on ne peut retrouver Taloine dans les söcretions que vingt-qualre heures apres I'ad-minislration de l'aloes. Ce principe actif s'elimine en partie parle lait, qui peut acquerirdes proprietes pur­gatives. La purgation par l'aloes ne s'etablit que lente­ment, mais eile est sure. Le pore et les carnassiers ne sont purges que de quatre a six heures apres Tadminis-tration; les solipedes qu'apres dix-huit a vingt-quatre heures, et enQn la purgation est rarement complete chez les ruminants, qui rejetlent seulement des matieres ramollies. Pendant la purgation par l'aloes les animaux sont inquiels, ils perdent momentanenacnt I'appelit; mais il est tres rare que Taloes devienne dangereux, m6me lorsqu'on le donne ä dose tres fortes. Gette subs­tance congeslionne la muqueuse digestive, active les secretions inteslinales et les contractions pöristaltiques. Apres l'absorpüon du principe actif l'aloes produit une hypöremie des organes genitaux, des contractions dans la matrice et peut determiner l'avortement. 11 aug-mente aussi la secretion urinaire, mais n'a pas d'aetion bien marquee sur la secretion biliaire.
Indications therapeutioues. — II peut 6tre employe :
1quot; Localement pour toniüer et cicatriser los plaies, surtout les plaies atoniques;
2deg; A Tinterieur comme stomachique et lonique ä fai-ble dose, dans l'inappetence, les digestions laborieuses, la perte de la rumination, le relächement et l'atonie du gros intestin, etc.;
3deg; Comme purgatif pour viderle canal intestinal dans les cas d'obstruction intestinale par des aliments ou par des vers, etc.; pour deriver le sang sur l'intestin et di-minuer la pression dans les autres parties du Systeme circulatoire;dans les inflammations aigues des centres nerveux, des organesparenchymateux,telsquelerein,le poumon et dans les maladies avec epanchementssöreux;
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296nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRK.
4deg; Gomme aphrodisiaque, pour dövelopper plus rapi-dement les chaleurs chez les femelles froides.
L'alofes ne doit pas Mre employe comme pnrgatif, sur les animaux plethorlques, sur ceux qui sont ner-veux, sees, irritables, sur ceux qui sont atteints d'une irritation on d'une inflammation gastro-inteslinale, ni sur les femelles pleines.
I Cheval........... 4laquo;' ä 8 gr. Sceur-quot;-;........ quot; i1 ^ Pore, mouton...... 0 50 i 2 Chien............. 0 05 at 0 30
Grands ruminants..nbsp; nbsp; 100nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 200
Solipedes.......... 60nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;k 90
Doses purgatives.. ^etitsl,llmiuants''- 15 hC0 ' Pore.............. 8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 16
Chien............. 4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Ji 8
Chat.............. 0 50 ä 2
Administration. — Pour les ruminants, il faut prefe-rer la forme liquide ; pour les solipedes et les petis ani­maux la forme de bols et de pilules.
A Texlerieur on emploie la leinture d'aloes et .la poudre.
Purgatifs laquo;Irastiqueg.
On appelle drästiqms les purgatifs qui irritent plus ou moins fortementle tube digestif. Ces purgatifs ne diffe­rent des cathartiques que par leur degre d'energie ; ils enflamment I'intestin, tandis que les cathartiques ne Tenflamment pas, mais le congestionnent seulement,
Les principaux drastiques sont : le jalap, les helle­bores noir et blanc, la bryone, la gomme-gutte, la scam-monee, l'euphorbe, l'huile de croton tiglium, I'huiie d'epurge, de jatropha curcas.
Ik
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MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 297.
Du Jalap {meine).
Gelte racine est fournie par une espece do liseron, le Convolvulus jalapa quicroit au Mexique.
Composition chimique. — On trouve dans la racine de jalap : resine 12,16 p. 100, sucre 19, gomme 10, ami-don 18 et des matteres inertes. La rösine constitue la matiere veritablement active ; eile renferme une subs­tance appelee convolvuline, incolore, inodore et insi-pide, difficilement soluble dans l'eau, mais facilement soluble dans l'alcool. En presence des alcalis la convol­vuline se transforme en aeide convolvulique qui agit comme purgatif energique.
Effets miysiologiques. — La racine de jalap constitue un purgatif energique qui irrite I'intestin, le conges-tionne et augmente veritablement les secretions et les mouvements peristaltiques. La convolvuline qui consti­tue le prineipe actif se dissout dans la bile dont la se­cretion augmente, et agit alors avec une grande inten­sity sur I'intestin. On voit apparaltre d'abord des mou­vements peristaltiques 6nergiques dans le duodenum, et plus tard dans tout I'intestin; on entend aussi des borborygmes intenses. Quelquefois le jalap determine des vomissements par suite de l'irritation trop forte de la partie anterieure de I'intestin grele. La purgation par le jalap est gen6ralement suivie d'une constipation.
D'apres les experiences qui ont ete faites par difle-rents auteurs, le jalap purge bien le chien, le pore, le mouton, le boeuf, mais il n'a pas une action favorable sur le cheval.
Indications thöbapeutiques. — Le jalap convient sur-toutdans I'obstruction intestinale, dans les hydropisies des söreuses ou du tissu conjonctif, dans les maladies aigues d'organes 61oignös, telles que celles du poumon,
17.
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298nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TllElUPEUTlQUE VfiTERINAIRE.
des meninges ou des centres nerveux, etc. 11 produit un abaissement de la tension arterielle et une deriva­tion considerable du sang, qui abandonne I'organe ma-lade et se rend dans I'intestin.
Grands herbivores ..nbsp; nbsp; Gdquot;nbsp; nbsp; nbsp; ä 05 gr.
_.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I Petits ruminants...nbsp; nbsp; 20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ii 25
Doses:nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; p01.cs.............. 8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;MG
Poudre do jalap... ^^............. .,,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;k 8
' Chat............... 0 50 i 1
Resine........... | Chien.............. ti ä5 ii 0 50
Administüation. — Gquot;est generalement sous i'orme de pilules ou de bols qu'on administre le jalap. On I'unit au savon ou a de la graisse. On pent aussi le donner ilans un peu d'eau-de-vio.
Bryone [ßryona alba L.). Vigne blanche, conleuTr^e.
La bryone, plante indigene de la famille des Gucurbi-tacees, fournit a la medecine sa meine.
Composition cuimique. — Elle contient les principes suivants : extractif amer et acre (bryonine), resine, fecule, huile grasse, albumine, gommo, sels.
La bryonine et la resine sont les parlies les plus ac­tives de cette racine.
Effets et usages. — La bryone fraiche est toujours plus active que celle qui est seche.
Sur la peau eile determine des effets ru'beüants ; eile est irritante pour lous les tissus. Inlroduite dans le tube digestif, la bryone presente des vertus complexes: eile est vomitive, drastique, diuretique, expectorante.
Le vomisseiiient et la purgation se produisent faci-lement chez les carnassiers; mais on n'est pas encore bien lixe sur sa valeur purgative chez les herbivores.
Jusqu'a present les resultals obtenus sont contradic-
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'
MEDICAMENTS PÜRGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 290
toires: les uns disent qu'ä la dose de 90 grammes en­viron eile purge bien le bceuf, excite l'appetit et favorise I'engraissement; d'autres n'ont pas pu obtenir la pur­gation en administrant m6me I kilogramme de racine ä l'etat frais et 230 grammes a I'etat sec.
Les veterinaires ne devront done accorder ä ce pur-gatif qu'une mediocre confiance, jusqu'au moment oü par des travaux serieux on ait determine exactement les efiets et les doses.
A faible dose, on peut en faire usage pour exciter la digestion et pour tuer les vers et les cestres qui font maigrir quelquefois les jcunes poulains. On la conseille h la close de 23 grammes ä I'etat frais.
(#9632;Sommv-Ci u I te.
C'est une gomme resine fournie par des arbres de la famille des Gutliferes qui croissent en Chine, aux lies Moluques et aux Indes. Elle est insoluble dans I'eau, raais eile s'emulsionne facilement dans ce liquide etlui communique une coloration jaune magnifique; eile se dissout facilement dans l'alcool. Tether, les essences, et donne des solutions d'un jaune dore ; enlin la potasse la dissout egalement, en exaltant sa couleur jusqu'au rouge intense.
Gompositiolaquo; cimiiQUE. — D'apres Braconnot et Chris-tisen.la gomme-gutte renferme : de la räsineSO p. 100, de la gomme 19,30 p. 100, de la fecule et de la cellulose 0,30 p. 100.
Effets puysioi-ogiouks. — La goinme-gutte est^un pur-gatif drastique des plus encrgiques; eile produit une irritation vive de l'estomac et de l'inleslin, irritation qui engendre le vomisstment et la purgation chez les carnassiers et les omnivores, et la purgation seule chez les herbivores. Elle active aussi la secrelion urinaire et
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300nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
communique ä l'urine une coloration jaune prononcee.
On n'est pas encore exactement fixe sur les doses pur­gatives chez les differents animaux. Les ecrits des au-teurs renferment des resultats conlradictoires; les uns sont partisans des doses fortes, d'autres ont obtenu de meilleurs resultats avec des doses faibles. L'incertitude dans laquelle on se trouve pour fixer les doses est faci-lement explicable par la composition variable de la gomme-gutte. II est certain que toutes les varietes de gomme-gutte n'ont pas exactement la möme composi­tion chimique; et dans la merae variete, certains öchan-tillons sont plus riches en principes actifs que d'autres. L'incertitude des doses derive toujours de ce que le medicament employe n'est pas un principe fixe parfai-lement pur au point de vue chimique.
Les doses suivantes indiqnees par Hartwig ne sont que des moyennes :
Grands ruminants...............nbsp; nbsp; 32quot;nbsp; nbsp; nbsp;ä 48 gr.
Solipödes.......................nbsp; nbsp; nbsp;IGnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;h 32
Petits ruminants et pore......... 3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;it 4
Carnivores..................... 0 iOnbsp; Ji 2
Pour eviter la superpurgalion, on doit donner la gomme-gutte plutot ä doses faibles et les renouveler au besoin.
D'apres M. Rey la poudre de gomme-gutte appliquee sur les solutions de continuile du garrot, de l'encolure et du dos, et sur toutes les plaies contuses, produit une action cicatrisante rapide.
On l'administre sous forme d'emulsion ou sous forme solide, en electuaire on en bols.
Podopliylllnum. Potlophyllin.
On designe sous ce nom un exlrait resineux fourni par la racine de la plante appelee Podophyllinum pel-
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•
MEDICAMENTS PÜRGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;301
tatum qui crolt dans les forMs de rAmßrique du nord.
En Amörlque on emploie cette racine comme purga-tif et on la designe sous le nom d'Ipöcacuanha de la Caroline.
Composition cuimique. — D'apres Lewis, cette racine purgative renferme deux resinespurgatives, de la gomtne, do l'amidonet des sels de chaux.
Les resines sont solubles dans I'alcool, mais inso-lubles dans I'eaa.
Effets puysiologiques. — Ce purgatif, connu depuis pen de temps en Europe, tient, au point de vue de son energie, le milieu entre le jalap et l'huile de crpton tiglium.
C'estdonc un drastique puissant.
A faiblesdoses (5grammes cheva^O^OaaO^SOchlen) le podophyllinum pent etre supporte longtemps, il de­termine simplement de legeres evacuations qui ne sont pas douloureuses; cependant le chien et le chat peu-vent elre impressionn6s par les premieres doses admi-nistrees, et offrir des nausöes et des vomissements. Les excrements prennent une coloration jaunatre due ä la matiere biliaire et ä la matiere colorante de la r^sine. Le podophyllin semble activer notablement la secretion de la bile.
Les fortes doses determinent toujours, chez nos diffe-rents animaux domestiques, une purgation intense ac-compagnee de coliques violentes, de nausees et de vomissements chez les carnivores et suivie d'un affai-blissement musculaire considerable. La purgation est le rösultat de l'action irritante exercöe par le podo­phyllinum sur le canal intestinal; les evacuations sont rapides, abondantes et liquides. A la dose de 4 a 5 gram­mes le chien succombe. Ge medicament purge quelle que soit la voie d'administration que Ton choisit pour obtenir son absorption.
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302nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEL'TIQUE VETERINAIHE.
Indications. — Le podophyllin convient pour purger les petits animaux qui sont fortement constipes. II con­vient aussi comme derivatif inleslinal dans les maladies aigues ou chroniques d'organes eloignes. On remploie comme purgalif en injection sous-cutanee, lorsqu'il est difficile de faire prendre un purgatif par la boucho.
. Pore....................... Oquot;,50 h 2gr.
Doses.. '
I Chat.
..................... 0 10 ä 2
0 03 ä 0 Oi
Ces doses peuvent elre renouveldes plusieurs fois si la purgation ne se produit pas. On I'adminislro sous forme de pilules.
Pour les injections sous-culanees on dissout 0sr,0D a üsr,15 de poudre dans S grammes d'eau et quelques gouttes d'ammoniaque. On injecteäla fois 1 gramme de celte solution et on renouvelle plusieurs fois quand e'est necessaire. La purgation se produit apres 5 ou 8 heures. Ge purgatif merite d'entrer dans la pratique velerinaire.
Hülle de croton tiglium. Hnile de Tilly.
Gette huile est extraite des graines fournies par le Croton tiylium, arbuste de la famille des Euphorbiacecs, qui croit aux iles Moluques, ä Geylan et aux Indes.
PROPRlfiTES PUYSIQLES ET CUIMIQUES. — L'buile de CTO-
ton tiglium est onctueuse, jaunätre, d'une bdeur nau-söabonde et d'une saveur excessivement acre. Tres soluble dans l'alcool, Tether, les essences, les corps gras, l'buile de croton ne peut se dissoudre dans I'eau, maiselle s'y emulsionne facilement par I'intermediaire d'un jaune d'eeuf, d'un mucilage, d'une gomme, etc. ; elle se saponifie aussi tres facilement par l'aclion des
solutions alcalines.
#9632;
^
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MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 30,1
Elle renferme de Vacide crotonique qui est le principe aclif, de la resine, des acides tels que Yacide stearique, Vacide oleique, Yacide palmitique, etc.
Effets physiologiques. — Sur la peau I'huile de crolon tiglium produit des effets irrilants qui peuvent aller depuis la rubefaction jusqu'ä la vesication la plus pro-fonde. Employee en petite quanlite ou melangee ä une liuile douce, ä de l'axonge, cette huile irrite superflciel-lemenlla peau et fait naitre, au bout de quelques teu­res, une eruption vesiculeuse plus ou moins abondante; inais appliquee en nature et vigoureusement, eile atla-que la peau profondement et provoque bientöt la for­mation d'un engorgement inllammatoire considerable accompagne de fievre de reaction, de perte d'appötit, de tristesse; enün, apres la chute de l'epiderme et des poils qui ne tarde pas ä survenir, il resle une surface denudee qui marche rapidement k la cicatrisation, mais qui le plus souvent ne se recouvre pas de poils. Outre ces effets irritants locaux externes, I'huile do croton tiglium peut produire des effets purgatifs plus ou moins intenses par suite de son absorption et de son melange avecle sang. Gelte huile produit la purgation quelle que soit la voie d'absorption ä laquelle on la con-fie; eile purge non seulement lorsqu'elle arrive dans Tintestin, mais encore quand on l'injecte dans les veines, sous la peau, dans la trachee, etc.
L'huile de croton tiglium introduite dans l'estomac est le purgatif drastique le plus energique. Elle provoque la purgation en irritant fortement la muqueuse intes-tinale. Son action purgative, meme moderee, s'accom-pagne toujours, surtout cbez les chevaux, de tristesse, de perte d'appetit, de coliques, de tenesme, d'une iievre de reaction tres vive. Les evacuations ne se mon-trent guere qu'apres 24 ou 3C heures, mais elles sont presque toujours tres abondantes, tres fluides et durent
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304nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETERINAIRE.
en moyenne 1 ou 2 jours. Cette huile constitue im bon purgatif pour les animaux de l'espece bovine, qui sont si difficilement purges. Elle presente sur l'aloes l'avan-tage d'agir plus önergiquement, plus sürement et dans un temps Ires court. Si la purgation a ete moderee et reguliere, les animaux reprennent promptement I'ap-petit et se relevent rapidement de I'etat de faiblesse dans lequel ils etaient tombes.
S'ily a superpurgationl'affaiblissementpersiste aussi longtemps que la gastro-enterite provoquöe par le m6-dicament. L'huile de croton determine aussi line diu-rese abondante, due probablement aux principes resi-neux eliminßs par les reins.
Indications tii^rapeutiques. — On emploie Thuile de croton ä l'exterieur comme irritant cutane, rubefianl ou vesicant, lorsqu'on veut agir vite et amener une deriva­tion ou une revulsion rapide et intense.
A I'interieur on I'utilise comme pyr^a^/energique, lorsqu'on veut provoquer une evacuation abondante dans I'obslruction intestinale par des vers ou des ali­ments ou d'autres corps etrangers.
On ne I'emploie pas souvent comme derivatif intes­tinal dans les hydropisies, les maladies aigues, car il est trop affaiblissant et trop dangereux. On lui prefere en general l'aloes, le jalap.
r.ontigr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Gouttes.
; Boeuf............ -50 ii 80 10 ä 15 Maxim. 20
nnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; \ Clieval........... 30 h GO 15 ä 30 — 40
f. { Petits ruminants.. 10 4 20 8 äi 10 — 12 purgatives., j „nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; „ v quot;
r quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I Pore.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3amp; 5 — 6
\ Chien............ 5 h 10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;lit 8 — 8
Administration. — Pour, adminislrer cette buile, on I'emulsionne dans un jaune d'oeuf, dans une solution gommeuse ou mucilagineuse, ou bien on la dissout dans une autre huile, soit l'huile de ricin, soil 1'huile
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MEDICAMENTS PURGATIFS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 30ö
d'olive. Beaucoup de praticiens ajoutent -4 ä G goullcs d'huile de croton aux bols ou aux pilules purgatives d'aloes pour augmenter leur energie.
Quand on emploie l'huile de croton tiglium sur la peau ä titre revulsif, on I'applique pure ou melangee, soit ä un corps gras ou essenticl, soit a I'alcool; dans tous les cas, il laut eviter de la toucher dlrectemcnt avec la main, ä cause de ses proprietes irritantes ; on I'etendra done avec un tampon d'etoupe trös serre ou avec la main recouverte d'un gant de peau ou d'une vessie seche,
. Ciraiues de croton tiglium. Ciralues de Tilly.
Les graines rcduites en poudre sont irritantes comme l'huile. A I'interieur elles constituent un purgatif infl-dele etrendent souvent les animaux tres malades sans les purger beaucoup.
II faut eviterd'en faire usage dans la pratique; l'huile, d'ailleurs, peut toujours avantageusement les rempla-cer.
. #9632;
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HUITIEME CLASSE antiiraquo;araquo;ash'aiui;s.
#9632;
On desigue sous le nom d'anliparasilaires les medi­caments qui jouissent de la propriete de tuer les orga-nismes qui vivent en parasites ä l'interieur on ä la sur­face du corps de nos animaux et de l'hoinme.
Ges medicaments se divisent naturellement en deux sous-classes: les antiectozoaires, et les antientozoaires. La premiere comprend les medicaments qui s'opposent ä la multiplication des ectozoaires, e'est-a-dire des pa­rasites qui vivent sur la peau ; la seconde comprend les medicaments qui tuent les entozoaires, c'esl-a-dii-e les parasites internes.
Antiectozoaires.
Les parasites qui vivent sur la peau de nos animaux proviennent tons du monde exterieur; ils se fixent sur le tegument pour y passer les uns leur vie entiere, les autresune certaine phase de leur existence. En general ilsse multiplient, sur place, avec une rapidite plus ou moins grande, et par lour presence delerminent un malaise et des desordres plus ou moins intenses.
Les principaux antiectozoaires sont: la poudre insec­ticide, la benzine et autres pyrogenes, le styrax et le bäume du Perou.
Pondre insecticide on fleurs de pyrethre.
Cette poudre provient des sommites fleuries de plu-
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ANTIPARASITA1RES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;307
sieurs especes de pyrethres qui croissentdans le Gaucase et dans les montagnes de la Perse. Les priacipales es­peces sent : le Pi/rethrum caucasicum, le /-*;/. risenm, le Py. carneum, le Py. einerarixfolium.
Le principe aclif de ces fleurs est constitue par un melange de plusienrs essences qui sont d'une coloration jaunätre et qui ont une odeur de camomille ; ä ces essences est joint un acide rouge appele persicine, qui agit aussi, et deux autres acides, la persiceine et la per-siretine qui, d'apres Rolher, sont inactifs.
Effets. — Les essences constituent un poison violent pour tons les parasites de nature animale quipullulent sur la peau des animaux, tels que poux, puces, mou-cbes, insecles, etc. On repand la poudre sur le corps pour la faire arriver en contact avec les animalcules parasites. Pourrendre son action plus energique et plus durable, on la fait p^nölrer entre les polls qu'on peut meme humecter prealablement aün de rendre la pou­dre plus adberente. Les insectes sont d'abord narco­tises, puis ils meurent.
On peut aussi faire usage de la teinture de pyrethre qu'on prepare enfaisant maeörer une partie de poudre dans 6 parlies d'alcool et en flltrant apres buit jours. L'infusion aqueuse a 1 p. 10 est egalement cxcellente.
Benziue ct autres prrogpeites.
Les effets ont ele d^crits page 137 et suivantes.
Styrax.
Le styrax est un baume presque lluide extrait par compression de recorced'unarbre du Levant, le Liqui-dambar Orientale. Ge corps repand une odour agreable et conlient comme principe actif une essence; 11 est
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mmm
308nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE veterinaire.
soluble dans l'alcool et se melange bien avec I'huile.
Action priYsioLOGiQUE. — Employe en frictions sur la peau de l'homme et des animaux, le styrax n'exerce aucune action irritante; sur les plaies il agit comme la terebenthine, cependant avec une moirfdre Energie. Ce bäume tue avec rapidite tons les parasites cutanes. II convient toutes les fois qu'il faut döbarrasser les ani­maux d'hotes incommodes ; surtout dans la gale des petits animaux comme le chien, le chat, les oiseaux de basse-cour ou les oiseaux en cage. II tue non seulement les parasites adultes, mais encore les ceufs. G'est un antigaleux usile avec beaucoup d'avantages cliez rhomme. 11 merite d'etre employe en m6decine v6l(5-rinaire.
A cause de sa consistance semi-solide on ne pent faire p6netrer facilement les moleculesmedicamenteuses dans la peau ; pour le rendre plus liquide et plus facile a employer on le melange avec 1, 2, 3 parties d'huile ou bien avec du savon vert et de l'alcool dans la propor­tion de CO de styrax pour 10 d'alcool et dO de savon vert. Avant de faire les frictions on lave et on frotte forte-ment les animaux avec de l'eau de savon ; on fait ordi-nairement deux applications a cinq ou six jours d'inter-valle. Cost certainement le meilleur antiparasitaire qu'on puisse employer chez les petits animaux ä cause de son efficacite et de son odeur agr^able.
Baume du IV-rou.
On dösigne sous le nom de Baume du Pörou le sue öpaissi qu'on retire de l'öcorce de plusieurs arbres qui croissentdans le Perou etl'Amerique centrale, princi-palement du Myroxijlon sansonatense de la famille des Legumineuses.
11 doit ögalement ses proprietes ü une essence ; son
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#9632;
A.NTIPARASITA1RES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;309
odeur est dölicieuse, eile rappellerodeur de vanille. II est insoluble dans l'eau, mais se melange avec l'acool, las essences et les huiles.
Action et indications. — Les effets sent les meines que ceux dustyrax, mais ils sontunpeumoins inlenses. II est d'un prixplus eleve et par consequent pent toujours elre remplace par le styrax en medecine velerinaire.
Siulfurc de pota8sect;e {Foie de soufre. Polysulfure
de potassium).
Le sulfure de potasse est solide, amorphe, en plaques irregulieres d'une couleur jaune, rougeatre ou jaune-verdätre; d'une odeur hepatique prononcee, d'une saveur fortement alcaline. Expose ä l'air, le sulfure de potasse absorbe I'humidite, se ramollit, exhale une forte odeur d'oeufs pourris, s'oxyde et se transforme en hyposulfite alcalin. II est tres soluble dans l'eau. Sa solution uii peu laiteuse et jaunätre s'altere rapidement ä l'air; les acides mineraux en de-gagent de l'hydrogamp;ne sulfure et precipitant le soufre ; les solutions metalliques la d6composent en donnant naissance a un sulfure colorö et insoluble.
Effets physiologioues. — Sur la peau les solutions faibles de sulfure de potasse agissent comme excitantes, les solutions concentrees comme irritantes et m^rne caustiques. Ces dernieres delerminent une douleur cuisante, dissolvent l'epiderme et provoquent une in­flammation. Sur les solutions de continuite et les mu-queuses ces effets irritants sent encore plus prononces. Ingerö dans I'estomac, le sulfure de potassa est tres irritant. A dose un peu forte il irrite virement la mu-queuse, determine des vomissements chez les carni­vores et les omnivores, et des coliques vives avec gastro-enterite chez les herbivores. En presence du sue gas-
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310nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
trique acide, le sulfure de potassium laisse döposer du soufre et degage de l'acidc sulfhydrique. Ge gaz est rapi-dement absorbe, communique au sang line coloration noire ; rend la respiration plus difficile quand il est en grande quantite et peut meme'determiner la mort par intoxication. Les sulfures alcalins sont aussi absorbes en nature; ils rendent le sang plus fluide, diminuent le nombre et la force des battements du coeur, produisent une grande faiblesse musculaire, une depression du Systeme nerveux, puis des convulsions si la dose est inortelle et enfin la mort. L'acide sulfhydrique est exhale par le poumon et la peau. Les sulfures alcalins sont oxydes dans le sang et se transforment en sulfales et sulfites qui sont elimines par les urines.
Le sulfure de potasse constitue un poison pour tons les parasites ectozoaires.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;^
Indication's THfiRAPEUTiQUES. — L'aclion fortement irri-tante de co medicament rend son emploi interne dan-gereux; aussi dans la pratique y a-t-on rarement re-cours. II peut cependant servir de contre-poison des sels metalliques, car il forme avec eux des sulfures insolubles et non irritants. A 1'exterieur on utilise ses proprietes irrilantes, dissolvantes, resolulives et fon-dantes. En solutions k 10 p. 100, il convient pour laver la peau qui est le siege d'une eruption seche etdoulou-reuse; apres un certain temps de contact on enleve le sulfure par un lavage au savon. Pour les Eruptions hu­mides il ne faut employer que des solutions de 1 a 2 p. 100; on I'unit souvent au savon ou a la glycerine. Chez le mouton, les lotions ou lavages avec les solutions de sulfure de potasse ne conviennent pas, car elles jau-nissent la laine.
La pommade de sulfure de potasse a 1 p. 6 ou 8 constitue un resolutif excellent. On I'a employee avec succes contre les indammations articulaires, les engor-
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ANTIPARASITAIHES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3laquo;
gemenls tendineux,lesexostoses et autrestumefactions.
Contre la gale des petits animaux on emploie souvenl 1c sulfure de potasse sous forme de bains. Pour un chien, un bain contient 50 a 150 grammes de sulfure de potasse.
Administration. — Le sulfure de potasse est toujours donne en solutions faibles qu'on administre sous forme de breuvages ou qu'on melange avec du son et des poudres vegetates pour en faire des bols,
/ Clioval.............. 4 sr a 8 gr.
,.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;quot; •nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; \ Boeuf............... 5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Ji 10
Doses therapoutiques .. • ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,gt;.„,„
1 'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;I Moutoo, pore ....... 0 SO a 2
\ Chien............... ü (15 ii 0 50
Tube digestif. Veines.
Doses tOTiauesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; \ Clleval.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;mquot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4 i 8 gr.
uoses torques......... (Chien........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7
Outre les substances ci-dessus dont la propriete es­sentielle est de tuer les parasites ectozoaires il y a encore une foule d'autres medicaments qui peu-vent etre employes comme antiectozoaires, soil seuls, soil melanges ä ceux ci-dessus. Ainsi le bichlorure de mercure, I'acide phenique, le goudron, le petrole, etc. Comme ces medicaments jouissent encore d'autres propri6tes plus importantes,nous les avons places dans d'autres classes.
A ntlentozoalr ea.
On appelle ainsi les medicaments qui jouissent de la propriöle de tuer ou de produire l'expulsion des pa­rasites qui vivent et se developpent dans l'interieur du corps des animaux. On les appelle encore vermifuges, vermicides ou anthelminlhiques.
Beaucoup de medicaments jouissent de la propriete d'expulser les vers contenus dansle tube digestif, mais
m
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3i2
THERAPEUTIQUE VETERINAIKE.
I
il n'y a que dans un petit nombre que cette propriete esl presque exclusive. Ge sont ces derniers que nous devons etudier dans ce chapitre.
Les principaux anthelminthiquessont: la mousse de Corse, le seinen-conlra, la fougere male, l'öcorce de grenadier, le kousso, le kamala, I'huile empyreuma-tique.
SIoiiNse de Corse. Mousse de mer. Coralline de Corse.
On donne ce nom ä un mölange d'algues, de poly-piers, de coquillages, de graviers, etc., qu'onrecolte sur les bords de la Möditerranee et particulierement en Corse. Ce mölange exhale une odeur de mer prononcee et presente une saveur salee, amere et nauseeuse. L'apres une analyse dn Dr Bouvier, la mousse de Corse est composee de gelatine, de cellulose, de sels de po-tasse, de chaux et de magnesie, c'est-ä-dire de ceux qu'on trouve dans les eaux de la mer ; en outre eile contient del'iode et du brome.
Emploi. — La mousse de Corse est un vermifuge d'une mince efflcacite; eile n'ad'action manifeste que sur les strangles et les ascarides, eile ne tue pas le tenia. On I'emploie sous forme de breuvage apres l'avoir traitöc par decoction amp; la dose de 30 a 65 grammes pour les pelits animaux. Pour les grands herbivores il en fau-drait de trop grandes quanlites et le remede devien-drait trop couteux, aussi n'emploie-t-on-sa decoction que pour servir de vehicule aux autres preparations vermifuges. L'usage du remede, pour qu'il soit eftl-cace, doit etre prolonge pendant quelques jours.
Semen-confra.
On appeile ainsi un melange de fleurs de plusieurs
! gt;
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ANTIPARAS1TA1RES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 313
varietös d'armoises, qui croissant dans lc Levant. On en connatt plusieurs varietes commerciales : le scmen-contra d'Alep ou d'Alexandric, fourni par VArtemisia juda'ka et VA. contra; et celui do Barbaric provenant de \'Artemisia ramosa.
Ge dernier est inferieur a celui d'Alep. L'un ell'autre ont une odeur aromatique forte, rappelant celle de l'absinthe et une saveur chaude et amöre.
Composition ciiimique. — D'apres les chimistes, lc senicn-contra conlient: une essence, une resine, une matiere amere, de la cerine, de l'albamine, des sels et de la santonine qui est le principe aclif.
La santonine est cristallisee en prismes quadrilateres, inodore, insipide, presque insoluble dans I'eau, soluble dans l'ether etdansTalcool. Elle neutralise les bases et tend h former des sels. Elle est Ires vermifuge.
Effets et usages. — Le semen-contra constitue un excellent vermifuge pour les vers ronds, c'est-Ji-dire les nematoides. II est employe chez I'homme depuls la plus haute antiquite. En veterinaire, malgre son effica-cil6 on ne peut guere I'employer que chez les petits animaux ä cause de son prix cleve. On doit I'adminis-Irer ä jeun ; 24 heures apres on donne un purgatif. II nc faut jamais faire prendre simultanement le vermifuge et le purgatif ; car pour que le vermifuge produise lout son effet, il faut qu'il soit environ 24 heures en contact avec les vers. II ne tue les tenias que lorsqu'il est donne ä dose toxique.
Les doses sont, chez les chiens, de 2 a 8 grammes suivant la taille.
Des doses plus elevees sont dangereuses, elles produi-sentle vomissemenl, des convulsions et une paralysie.
On adminislre la poudre de semen-contra dans un pcu d'eau, ou, ce qui vaut mieux ä cause de sa saveur amere, sous forme d'elcctuaire.
Kaufmanx. — Thörapcuiique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;18
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THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRK.
Un fait aussi laquo;sage de la sanlonine comma dans I'es-
pece humaine; elant insipidc, eile est d'une adminis tralion plus facile.
Les doses sont:
#9632; |
„ , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Gi-os cliiens.......... 0quot;,05 ä 0sr,I2
quot;/ Petits diiens et chats. 0 02 h 0 05
Ces doses doivent 6tre renouvelees deux on Irois fois dans la journee.
#9632; Fougpre mAle (all. Wvrmfarren, Johannhwurzel).
La fougere male crolt dans les lieux frais. Elle four-nit ä la medecine sa racine ou plutot son rhizome, qui a une saveur douceätre et une odeur nauseeuse. La poudre s'altere k la longne et perd ses proprietes ver­mifuges ; la racine entiere se conserve mieux.
Composition ciumique. —On y trouve comme principes aclifs un acide voisin de l'acide lannique, qu'on appelle acide filixique, une essence et une resine; en outre il y a de l'amidon, du sucre, une huile grasse, une matiere gelatiniforme et des sels.
Effets. — La racine de fougere male est le vermifuge indigene le plus anciennement connu ; eile agit surtout centre le tenia. Si ce medicament n'a pas toujours le pouvoir de tuer le t6nia, il a au moins l'avantage de rempoisonner momentanement, de le narcotiser, de le detacher de la muqueuse sur laquelle ij est fixe et de favoriser ainsi son expulsion. En outre la racine de fougere n'agit jamais defavorablement sur le tube di­gestif, eile a au conlraire des effets stomachiques et digestifs prononces.
Emploi. — Comme la poudre de la racine de fougere male s'altere assez vite, il convient, pour obtenir des resultats surs, de ne jamais employer que la racine frai-
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ANT1PARASITA1RES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;31
chement pulverisee et de l'administrer ä doses elevees. Son prix elevö rend difficile l'emploi de ce medicament chez les grands herbivores. Lcs doses sont;
Grands herbivores...........nbsp; nbsp; 100 k 200 gr.
V Petits herbivores............ 30 Ji 50
Poiulre.. ; Pore....................... 10 ä 3f)
I thien..................... 5 ä 30
Volailles................... lä 3
Ces doses sont adminislrees le malin ä jeun, on les renouyelle ä midi et le soir ; on pent donner ä manger aux animaux apres leur avoir administrö un purgatif pour deLerminor l'expulsion des parasites. 11 faut tou-jours laisser s'ecouler au moins 6 heures enlre I'ad-ministration du vermifuge et du purgatif. Si le lende-main le lenia n'estpas rendu, on recommence une nou-velle administration commela veille.
On a reconnu dans la pratique que la poudre, surtout un peu vieille, tout en expulsant le tenia, laisse le scolex dans I'intestin; aussi a-t-on aujourd'hui presque toujours recolirs a l'extrait elhere de fougfere male h cause de la bonne conservation de cette preparation ot de son officacite plus grandc.
Porcot moutons.nbsp; nbsp; .quot;iquot; ;'i 10 gr.
Doses do Textrait ahero. ll;',deg;.s/ll,il:ns.....nbsp; nbsp; raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; h 08
I Petits clnons___nbsp; nbsp; 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ii 3
I Chats..........nbsp; nbsp; 0 50 ä 1 J
La poudre ainsi que l'extrait sont administres sous forme d'electuaire, de bols ou de pilules. Quelques goultes d'elber ou d'alcool addilionnöes semblent aug­menter l'activite de la poudre.
Oe I'ecorcc lie racine laquo;le ^reuartier (all. Granalwiirze-Irinde).
Le grenadiar esl un arbrisseau qui croit dans 1'Eu-
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3lt;6
THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
rope meridionale et dans TAfrique. — II fournit ä la mödecineses fleurs etses fruits astringents et sa racino dont I'ecorce est un tenifnge puissant.
Composition ciiimioue. — Gelte ecorce contient les principes suivants : beaucoup d'acide tannique ot galli-que, une maiiere resinense, une matiere cristallisee, la punicine et un principe volatil appele pelletUrine, qui est tres actif.
Effets. — La racine de grenadier constitue un excel­lent anthelminthique, surtout un bon imifuge.Jians la medecine de rhomme cette substance a acquis une grande reputation; mais ä cause de son prix ele,ve et de sa frequente falsification la medecine vöterinaire ne I'a pas beaucoup employee. Cette racine offre I'incon-venient d'etre un pen irritante pour le tube digestif et de produire souvent le vomissement chez les car­nivores.
Doses : Poudrc.
j Clieval. I Cliion. .
150 ii 200 gr. :iO ;\ .10
f V
Ges doses doivent 6lre donnees deux ou trois fois dans la m6me journee, puis on administre un purgatif.
Depuis quelques annees, on emploie de preference la pellelierine et risopelletierine. Dujardin-Beaumelz conseille Tadministralion de 30 centigrammes d'un me­lange de pelletierine et d'isopelletierine chez Thorame atteint du ver solitaire. Ce moyen a reussi trente-sept fois sur trente-neuf. II reussirait certainement ä cette meme dose chez les carnivores tels que le chien et le chat.
La poudre s'administre sous forme d'electuaire ou de bols. On en fait aussi des breuvages par decoction.
On pourrait aussi faire usage de l'extrait aqueux qu'on donnerait chez le chien h la dose de 2 grammes.
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ANTIPARASITAIRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;317
Da koutiao ou cousso (all. Kossobliithen).
On donne le nom de kousso aux fleurs femelles d'un arbre de la famille des Rosacees, le Brayera anthelmin-lt;Äzca(Kunth), qui croit enAbyssinie. Le kousso a I'as-pect des fleurs de tilleul brisees, une conleur blonde ou rouge, une saveur d'abord fade, puis acre et une odeur faible de fleur de sureau qui se developpe surtout sous l'influence de l'eau chaude.
Composition ciiimioue. — Les chimistes ont Irouve dans le kousso les principes suivants : de la kousscine (Stro-meyer), principe acide crislallisable, du tannin, de la resine, une essence, une matiere grasse, du sucre, de la gomme et des sels. Le kousso est d'une conservation assez facile dans un vase bien bouche.
Effets. — Le kousso estun anthelminlhiquetres ener-gique; non seulement il paralyse tous les nematoides, mais il les tue rapidement ainsi que les tenias. D'apres Küchenmeister, il tue les vers plus rapidement que tous les autres vermifuges. Ge medicament determine quelquefois, chez les animaux auxquels on I'administre, un peu d'agitation, de legeres coliques accompagnees de borborygmes, mais gen6ralement de tres courle duree. II provoque aussi quelquefois les efforts de vo-missement.
' Mou'ons.................nbsp; nbsp; 15 i 30gr.
j,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;) Agneaux................. Si 10
uoses-- i Gros chiens.............nbsp; nbsp; 10 i 15
\ Petits cliiens............. 3 K 5
On donne deux doses ä une heure d'intervalle, ettrois ou quatre heures apreson administre un laxatif.
Le kousso presente son maximum d'effet lorsqu'il est donne en breuvage, apres infusion dans de l'eau, du bouillon ou du lait. On pourrait aussi I'employer en ölectuaire on en bol.
18.
#9632;
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318nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THRRAPEUTIQUE VETßRINjURE.
Du liiiniala.
Le karaala est une mauere resineuse fournie par les capsules ou fruits d'un arbre de la famille des Euphor-biacees, le Rottlem tiiictoria, qui crolt dans l'lnde, en Chine, aux iles Philippines, elc. 11 forme une poudre rouge d'une odeurfaible aromatique, rappelant un peu celle du cachou et d'une saveur presque nulle. Gette matiere est insoluble dans l'eau, pou soluble dans l'aU cool froid, mais soluble dans l'elher et l'esprit-de-vin bouillant.
Composition cuimiquk. — D'apres l'analyse du Dr An­derson, de Glascow, le kamala contient de la resine, de l'essence, une maliere cristalline, la rottlerine, des matiöres colorantes et des sels. La rottlerine senible etre le principe actif.
Effets. — Ce n'est qu'en 1866 qua ce corps a ele introduit dans la medecine veterinaire. 11 a des effels analogues ä ceux du kousso. Cependant, outre la pro­priety vermifuge il produit aussi ur effet evacuant. 11 ue determine jamais le vomissement. D'apres Küchen­meister, le kamala tue tous les tenias apres un contact de une h deux heures, tandis que la racine de fougere met trois ä quatre heures, et le kousso une demi-heure pour les luor.
Doses : Chien 2 ä 10 grammes suivant la laille. On donne deux doses ä une heure d'intervulle, et quelques heures apres on administre un laxatif.
Pour augmenter les effets, on le fait macerer deux jours dans de l'eau-de-vie. On l'administre en suspen­sion dans l'eau, en bols, en electuaire ou en breuvage.
Eiiiiic empjrciimatinlaquo;e (all. Stinkendes Thkröl). L'huile empyreumalique est un liquide oleaginoux
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ANTIPARASITAIHES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;:M'.gt;
resultant de la distillation en vase clos des matiöres organiques. Elle est plus dense que I'eau, d'une saveur acre et amere et d'une extreme felidite, d'une reaction alcaline, presque insoluble dans I'eau, mais Ires soluble dans Talcool, Tether, les essences, les huiles et tons les corps gras. Gelte huile, distillöe et rectifiee plusieurs fois, forme ce qu'on appelle Yhuile animate de Dippel.
Composition chiuique. — Gette huile constitue un pro-duit dont la Composition est extremement complexe; on y trouve les principes suivants : huile pyrogenee limpide, hitume, eau, acide acetique, ammoniaque et sel's ammoniacaux, produits cyaniques, odoroine,aninine,ola -nine, ammoline, etc.
Effets puysioloüiques. — Localement, l'liuile empy-reumalique est irritante; sur la peau ses effets depas-sent rarement ceux des rubefianls ;surles muqueuses alles plaies, I'action irritante est un pen plus 6nergique.
A I'interieur I'huile empyreumatique produit, suivant les doses, une excitation ou une irritation du tube digestif. Apres l'absorption eile excite le Systeme ner-veux a la fa^on du campbre et des sels ammoniacaux el peut m6me produire I'empoisonnement.
A faible dose, c'est un leger excitant des fonctions digestives, un tonique de l'estomac el de l'intestin. Elle augmente l'appetit et ameliore la digestion sur les ani-inaux chez lesquels ii y a atonie ou diarrbee atonique.
A forle dose, celte buile fait apparailre des pbeno-menestoxiquescaracterises par une forte excitation ner-veuse, des trerablemenls, des conlraclions cloniques, de la faiblesse du train poslerieur qui se liansforme en garalysie. Sicespbenomenes se prolongenl, la mort ne larde pas a survenir.
Des doses moyennes produisent dans le tube digestif une excitation locale de la muqueuse, et agissent ener-giquement sur les parasites, quisoni lues el expulsö^.
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320nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TIIERAPEÜTIQUE VETERTNAIRE.
G'est un des vermifuges les plus anciens et en möme temps des plus sürs. Gomme celte huile est absorbee avec une tres grande lenteur, eile reste longtemps en contact avec les parasites contenus dans le tube intes­tinal et produit sürementleur mort. Cependant,ä cause de l'odeur infecte de cette huile, on ne Temploie plus guere aujourd'hui; on lui substitue comme vermifuge l'emetique, l'arsenic et l'essence de terebenthine.
Emploi et doses. — En therapeutique, on n'utilise pas les effets rubeflanls qne cette huile developpe sur la peau. A l'interieur, on l'emploie : 1deg; comme tonique digestif et nerveux ; 2deg; comme vermifuge.
Toniqucs.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Vermifuges.
Clieval..... 5 amp; 10 gr.nbsp; nbsp; nbsp; 20 ä 30 gr.,
\ BoBuf...... 8 ä 15nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 30 ii 50
Ult;'ses........... j Mouton..... 2 fi 3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 5!i,IO
( Pore....... 1 ii 3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4 ii 8
„ . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i Cheval..................... 100gr.
Doses toxiques.... , CMeu...................... nb
Au lieu d'huile empyreumatique, on pent faire usage de Vhuile de Chabert, qui n'est autre chose que le produit de la distillation d'un melange d'huile empyreu­matique une partie, et essence de terebenthine trois parties. Les vertus vermifuges de l'huide de Chabert sont tres prononeees. Les doses vermifuges de cette huile sont :
Grands ruminants...................nbsp; nbsp; 30 b Cä gr.
Solipfedes...........................nbsp; nbsp; 25 ä 50
Petits ruminants et porcs............nbsp; nbsp; nbsp; 4ii 8
Carnivores.......................... 1 ä 2
L'huile empyreumatique s'administre en bols ou en breuvages. Les bols conviennent pour tons les animaux ä l'exception des ruminants; chez ces derniers les infu­sions ameres ou vermifuges, dans lesquelles on delaye l'huile empyreumatique et qu'on administre en breu-
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ANTIPARAS1TAIRKS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 321
vages, produisentde meilleurs resullats. Quand on I'err.-ploie exclusivement comme vermifuge, il faut adminis-trer d'emblee des doses fortes; I'eflet obtenu est plus sür et plus rapide.
Les proprietes antiparasitaires de celte huile peu-vent encore 6tre utilis6es dans les affections vermi-neuses desvoiesrespiratoires. Onl'emploie, dans ce cas, en fumigations qu'on fait en versant de l'huile noire sur un corps'solide et en chauffant celui-ci sur un foyer.
#9632;
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NEUV1EME CLASSE
UESINFECTANTS.
On appelle desinfeclants les medicaments qui s'oppo-sent au dcveloppement des germes figures qui produisent les fermentations et les maladies infectieuses souvent si meurtrieres chez nos animaux domestiques. Les ferments figures et lesmicro-organismes qui produisent les maladies infectieuses se reproduisent avec une rapiditö teile que, dans l'espace de quelquesheures, un seul individu pent en engendrer des milliers. G'est par suite de leur multiplication effrayante que ces organis-mes deviennent nuisibles, car ils vivent aux depens des lissus animaux, les desorganisent ou les affament. Ces germes offrent en general une vitalite considerable ; ils peuvent, sous certaines de leurs formes, rester desseches pendant des annees, et nöanmoins reprendre leur acti-vile quand ilssont deposes ensuite dans un milieu con-venable.
La therapeutique a recherche les moy ens pour detruire ces germes. On arrive äce resultat par un grand nombre de moyens.
En se basantsur leur degre d'energie, on pcutles divi-ser en desinfectanls legers, forlset tres forts :
1deg; Disinfectants legers. — Le charbon, le sulfale de chaux, le goudron, la suie, ios sull'ates do for, de zinc et de cuivre, le chlorure de magnesium, le permanga­nate de potasse, les huiles essentielles, le camphre, le thymol, le vinaigre, I'acide acetique, I'alcool.
quot;i*Desinfertants forts, —Eaubouillante, vapeur, borate
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DESINFIiCTANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;323
de soude, ahm, vinaigre de bois, iode, acide tanniquo, chlore, acide salicylique, acide benzoique.
3deg; Desinfectants Ires forts. — Ghaleur d'une flamme, brome, chlorure de zinc, beurre d'antimoine, bases alcalines caustiques, acides mineraux concentres, acide borique, acide chromique, acide phenique, creosote et bichlorure de mercure.
Chlore.
Le chlore est un gamp;z qui a uue grande aflinite pour I'hydrogene, avec lequel il forme de l'acide chlorhydri-que. L'eau, ä la temperature de 10deg;, dissent 3 volumes de ce gaz. Sa puissante afünitö pour I'hydrogene lui donne la facultö de decomposer la plupart des subs­tances organiques, de detruire les matieres colorantes, odorantes et infectieuses.
PiifcPARATiON. — Pour obtenir le chlore a l'ötat gazeux et en grande quantite, on chauffe sur un recliaud un melange de sei marin 1,3, deperoxyde de manganese!, d'acide sulfurique du commerce 2, et d'eau ordinaire 2. Pour obtenir un faible degagement on emploie du chlorure de chaux qu'on delaye dans un peu d'eau, et on y ajoute, de temps en temps, quelques goutles de vinaigre.
Effets physiologiques. — Le chlore est irritant pour tons les tissus; sur la peau il pent produiredes effels qui varient depuis la simple rougeur jusqu'a la vesica-tion et möme l'ulceration du derme, suivant les doses etle temps de l'application. Ces eflets irritants, inflam-matoires sont le rösultat de la decomposition des tissus sous l'influence du chlore, qui leur enleve leur hydro-gene pour former de l'acide chlorhydrique; cet acide, une fois formö, agit en coagulant I'albumine, el I'oxy-gene, mis en liberty, porte son action oxydanle sur le
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^^quot;
324
THEKAPEUTIQUE VETEIUNAIUE.
reste de la maliere organique. Par suite de celle action destructive, il se forme uno legere eschare Ires mince. Sur les muqueuses, le chlore produit les m6mes effets que sur la peau. Inhale avcc I'air inspire, le gaz chlore determine de l'eternuement, de la toux, unspasmedela glotte qui entraine la suffocation momentanee, puis une inflammationdesbronches, du poumon, etenfmla mort.
Melange avec beaucoup d'air et de la vapeur d'eau, lo chlore perd ses qualites irritantes et asphyxiantes, devient un simple stimulant pour les voies respiratoires, et pent aussi, en penetrant dans le sang, devenir un agent modificateur general. L'absorption du chlore par les voies respiratoires est facile ä constater: bientöt apres son administration par ces voies, le sang devient plus fonce, plus fluide, et la viande prend partout l'odeur caracteristique de chlore, ce qui la rend inulili-sable pour la consommation. Gelte odeur de la viande persists pendant deux ä troissemaines, d'apres Colin et d'autres.
Introduit dans les voies digestives sous forme de solu­tions, le chlore excite l'estomac at I'intestin, accelere la digestion et decolore les excrements. A dose trop forte ou apres une administration trop prolongöe, le chlore irrite aussi le tube digestif et pent meme deter­miner une gastro-enterite mortelle.
Apres I'absorption d'une petite quantity de chlore, il se produit une legere excitation generale se traduisant par une sensibilite plus grande, par une acceleration de la circulation et de la respiration. Si on continue I'usage, le sang se fluidifie, les animaux s'affaiblissent et tombent dans le marasme qui les amene a la mort. Gette propriöte alterante du chlore peut etre mise ä profit pour favoriser la resorption d'engorgements morbides.
Indications th^rapeutiques. — Le chlore peut 6lrc employ^ :
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DESINFECTANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;32ö
1raquo; Comme leger excitant des voies respiratoires quand on fait respirer une petite quantite de gaz melange a beaucoup d'air. Sous cet etat il est un stimulant de la muqueuse et un desinfectant leger. II corivientdans les catarrheschroniquesdes voies respiratoires, la bronchite vermineuse, etc.
2deg; Comme desinfectant et antiseptique toutes les fois qu'il s'agit de detruire un ferment ou un virus. II d6sor-ganise en effet la matiere organique en s'emparant de l'hydrogene et tue les infiniment petits qui sont les agents des fermentations, de la putrefaction et des maladies infectieuses. Mais pour que ses effets desin-!nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;fectants soient certains, il est necessaire que le chlore
agisse sous forme de vapeurs concentrees et pendant un temps assez long.
Pourdesinfecter un local dans lequel ontsejourne des animaux atteints de maladies contagieuses il faut faire degager d'abondantes vapeurs de chlore, apres avoir hermetiquement ferme toutes les ouvertures. On n'ou-vre que le lendemain pour etablir une ventilation.
3deg; Comme desodorant, quand on veut rendre inodores des matieres qui repandent une odeur infecte comme cela arrive quelquefois pour les matieres fecales, les plaies gangreneuses, etc.
Eau cliloree.
#9632;
L'eau chloree ou solution aqueuse concentree de chlore represente un liquide Mgörement verdätre ä odeur de chlore. Elle contient environ 0,4 p. 100 de ce gaz. Exposee ä la lumiere, la solution s'altere assez vite par suite de la combinaison du chlore avec l'hydrogene de l'eau et la formation d'acide chlorhydrique. II faut conserver ces solutions dans des flacons noirs bien bouches.
Kaufmann. — Therapoulique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 19
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326nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
#9632; L'eau de chlore a eti employee beaucoup autfefois contre les maladies typhoides, les diarrhees infectes, le charbon, la morve, le farcin. Mais l'expörience a de-monlre que ces differentes maladies ne sont pas gueries par ce remede et sont rarement amelioröes. Aussi a-t-on a peu pros completement abandonne Temploi de l'eau chloree ä l'interieur. Nous possedons d'ailleurs pour l'interieur des disinfectants antiseptiques, antivi-rulents plus puissants que le chlore et d'une adminis­tration plus facile.
A Vexterieur l'eau chloree rend de grands services comme excitant et desinfectant des plaies de mauvaise nature. 11 peut remplacer avantageusement, au point de vue du prix et de l'efficacite, les acides phenique et borique. II ne faut pas cependant trop compter sur son action antivirulente contre la rage, la morve, le charbon. Quand on veut detruire sur place un virus inocule, il faut rejeter l'eau chloree et avoir recours a des causli-ques dent les effets sont inflniment plus sürs.
On a conseille I'emploide l'eau chloree comme contra-poison de la strychnine chez le chien; ce moyen n'a pas encore regu la confirmation de raxperimentation et par consequent ne doit pas etre employe avec confiance.
L'eau chloree a aussi joui d'una carlaine reputation contre les ophthalmias, les conjonctivites, surtout de nature parasitaire. Ge medicament doit etre conserve dans la pratique comme antiophthalmique.
Chlorare de chaux. Pondre de Tennant.
Le chlorure de chaux se presente sous forme d'une poudre blanche, d'une faible odeur de chlore et d'une saveur acre, tres soluble dans l'eau, d^liquescente. Sa solution est rapidement decomposee par I'acide carbo-nique qui se combine avec la chaux; il faut done con-
•f
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• #9632;
DESINFECTANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 327
server ce sei solide ou dissousdans des vasesexactement bouchds. Le chlorure de chaux est forme d'hypochlorile de chaux, de chlorure de calcium et d'un exces d'hydrale de chaux.
Emploi. — Le chlorure de chaux convient sur toutes les plaics de mauvaise nature,les clapiers qui secretent beaucoup de pus odorant. II agit localement comme excitant, leger caustique, desinfectant et antiseptique. II jouit ä peu pres des mömes proprietes locales que l'acide phenique. liest antivenimeux, etä ce litre peut convenir contre les morsures des viperes, des insectes venimeux. II est ögalement antivirulent, mais inflniment moins sür qne les caustiques.
A I'interieur on ne Temploie guere, parce qu'il est ir­ritant et qu'il produit facilement des perturbations dans la fonction digestive. II n'a absolument aucune action curative sur les maladies virulentes generates, telles que 1c chaibon, la morve, le farcin, etc. On pour-rait en faire usage dans quelques cas de dyspepsies, de meteorisme chronique.
On le donnerail aux doses suivantes :
Cheval.................nbsp; nbsp; ISA 30gi-.
Boeuf..................nbsp; nbsp; 20 ä 50
Mouton et pore.........nbsp; nbsp; nbsp; 2h 5
Chien........ ......... lb. 2
On I'administre surtout sous forme d'elecluaire ou de bols. On n'emploie les breuvages fails avec une decoc­tion ou une teinture aromatique el ce sei que dans les cas de meteorisation.
Autrflaquo; chlorureg.
Le chlorure de soude (liqueur de Labarraque) et le chlorure de potasse (eau de Javel) jouissent sensible-ment des memes proprietes que le chlorure de chaux.
ocr page 344
'
328nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
Ces trois chlorures peuvent 6tre substitues Tun h I'autre.
Brome.
Le brome est un liquide rouge fonce, tres volatil; d'une odeur suffocante, d'une saveur caustique. II est pen soluble dans I'eau, mais tres soluble clans I'alcool, Tether, les solutions lögeres de tannin el de bromure de potassium. 11 est deplace de ses combinaisons parle chlore. 11 jouit d'ailleurs des memes proprietes chimiques qne ce dernier corps.
Effets. — Sur la peau intacle, le brome employe en frictions colore d'abord la peau en jaune, puis I'en-flamme et produitla vesication. Sur les solutions de continuite, il agit comme caustique, il decompose la sur­face des tissus en leur enlevant I'hydrogene pour former de l'acide bromhydrique. II est fortement aniheptique, antipulride et antivirulent. Son affinite tres grande pour I'hydrogene le rend tres propre pour amener la desor-ganisation des germes figures qui constituent laplupart des virus.
Emploi. — Le brome pent toujours remplacer I'lode äl'exleneursurles plaies,les ulceres,les engorgements; il est d'ailleurs d'un prix beaucoup moins eleve. II con-vient aussi en fumigations centre les maladies parasi-taires des voies respiratoires telles que le croup, la diphtherie, etc. Pour faire ces fumigations on ne se sert pas du brome pur, qui donnerait des vapeurs trop con-centrees, on fait un melange de 1 ä 2 parties de brome, 50 a 100 parties d'eau ou d'eau-de-vie et 1 a 2 de bro­mure de potassium. On verse un peu de ce melange sur un linge ou sur une eponge et on fait respirer les vapeurs plusieurs fois par jour, chaque fois une demi-heure.
Dans I'armee allemande, on emploie beaucoup le
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: DESINFECTANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 329
brome comme disinfectant des ecuries. Pour cela on verse la solution bromeedans un vase plat avec du sable eton laisse ^vaporerlentement.Pour une ecuriededeiix ou trois chevaux, il faut environ 200 grammes de liquide brome.
Snlflte et hyposnllUe de somle.
Ces deux sels sont tres solubles dans l'eau et donnent un deg-agement d'acide sulfureux lorsqu'on les met en presence d'un acide.
Effets. — Ces deux sels sont antiseptiques, desin-fectants quand ils rencontrent un milieu acide qui produit undegagement d'acide sulfureux.L'acide sulfu­reux forme, etant tres avide d'oxygene, desoxyde les matieres organiques et empeche lesgermes de se deve-lopper. D'apres Buchboltz, ces sels agissent sur les ferments figures avec la mfime intensite que l'acide salicylique; leur action est cinq fois plus puissante que celle de l'acide sulfurique et seize fois plus forte que celle de l'acide pbenique. Une partie de ces sels ajoutee a'SSO parties de sang empöche cedernierde so putröfier.
Dans I'estomac, ces sels sont decomposes et il y a degagement d'acide sulfureux qui agit comme anlifer-mentescible puissant.
L'acide sulfureux qui prend naissance dans Testomac se transforme ensuile en acide sulfurique, puis en sul-fate soit dans I'mteslin, soil apres son absorption et son melange avec le sang. II est toujours elimine par les reins sous forme de sulfates.
Emploi ther.apeutique. — Ces sels n'ont aucune action curative possible sur les maladies infectieuses deji\ etablies, mais ils peuvent detruire les virus avant leur absorption soit sur les plaies, soit sur les matieres ou ils sont deposes. Cependant ils sont inutiles comme anli-
ocr page 346
330nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VfiTERINAIRE.
virulents, parce que nous disposöns de moyöns heau-
coup plus sürs.
On doit les employer h l'inlerieur pour combatlre des maladies des voies digestives, telles que la gastrite et l'enterite catarrhales, les dyspepsias, les coliques prove-: nant de l'ingeslion de fourrage de mauvaise quality, les metöorisalionschroniques,les diarrhees rebelies, l'ente­rite croupale et les empoisonnements par le foin moisi ou altöröpardes champignons.
Les doses sont :
Cheval..............nbsp; nbsp; 25 a lOOgr.
Boeuf...............nbsp; nbsp; 50 ä 2ÜÜ
Mouton et porc.....;..nbsp; nbsp; 15 i 30
Chien................ 1 ii 10
II ne faut pas les administrer avec des sels alcalins, car ceux-ci diminuent l'acidite du sue gastrique et em-pficheraient le degagement de l'acide sulfureux. On les donne en electuaires, bols.ou breuvages faits avec de l'eau-de-vie et des leintures ameres.
Gemme desinfeetants externes on les emploie en solutions ä 10 p. 100 pour laver les ulceres, les plaies, pour faire des injections dans les fistules, dans l'utörus, et pour desinfecter les instruments et les vötementlaquo; apres les autopsies oules aecouchements.
Permanganate de potasse.
Le permanganate de potasse se presente sous forme de crislaux bruns, tres solubles dans l'alcool, solubles dans 16 parties d'eau. Ges solutions se d6colorent lors-qu'on y ajoute des matieres organiques en quantite süffisante. G'est le reaetif ordinairement employ^ pour döeeler les matieres organiques dans les liquides. La decoloration des solutions de permanganate de potasse en presence des matieres organiques est due ä ce que
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DESINFECTANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 331
ces dernleres desoxydent le permanganate et le d^com-posent.
Effets physiologiques. — Le permanganate de polasse en solution concentree produit sur la peau une inflammation plus ou moins vive. Sur les tissus Ans et les solutions de continuite, il agit comme caustique. Mis en presence de matieres qui repandent une odeur infecte, il les rend bientöt inodores en les oxydant. G'est certainement le meilleur de tous les disinfectants deso-dorants, mais malheureusement son prix est assez elevß. Outre la propriete qu'il a de detruire les mauvaises odeurs, le permanganate de potasse est egalement un antivirulent, un antimicrohien assez energique. Sous ce rapport, il est cependant depassöpar d'autres substances, lelles que I'acide phenique, I'acide borique, etc.
A I'interieur, il n'a jamais et(5 utilise ä cause de ses proprietes irrilantes.
Indications therapeutiques. — Le permanganate de potasse est indique :
1deg; Centre les plaies de mauvaise nature, qui d^gagent une odeur infecte; centre les ecoulements odorants du vagin, de l'urethre, de l'oreille, etc.
2deg; Comme cicatrisant sur les plaies ordinaires.
3deg; Comme desinfectant des mains, des instruments apres les operations qui peuvent etre suivies d'infection, comme apres la delivrance arliflcielle, I'accouchement.
Doses. — On se sert des solutions de 1 a 2 p. 100 pour les plaies et les ecoulements. On peut employer des solutions ä o p. 100 lorsqu'il faut dösinfecter nil clapier, une carie, etc. Des solutions plus fortes sent causliques. Les plaies traitees par les solutions de per­manganate doivent rester libres et non recouverles d'un pansement d'etoupes ou de colon, car ces matieres orga-niques döcomposant le permanganate lui enleveront la plus grande partie de son activite.
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332
THERAPEUTIQUE VETERINAIRE Aclde salicjliijuis
#9632; -
- .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;I
Get acide aromatique se trouve combine avec des bases, dans la spiree ulmaire [Spirea ulmaria) et dans plusieurs autres plantes. On pent le preparer aussi avec la salicine qui se trouve dans l'ecorce des saules et des peupliers. On le fabrique dans Tindustrie avec I'acide phenique, sur lequel on fait agir la soude caus-tique. Pur, il se presente sous forme d'aiguilles blan­ches cristallines, inodores. A 220deg; il se decompose en acide phenique et acide carbonique. II est soluble dans I'eau froide dans la proportion de 1 pour 303; assez soluble dans I'eau chaude, dans I'alcool dans la propor­tion de 1 pour 4, dans Tether, les solutions alcalines et la glycerine chaude dans la proportion de 1 pour 20, dans I'huile chaude dans celle de 1 pour 30.
Effets. — Sur la peau intacle I'acide salicylique, sous forme de poudre ou de solutions, ne produit pas d'effets appreciables. Sur les plaies et les solutions de continuity, cet acide exerce une action irritante qui pent aller jusqu'ä une escharification superficielle, par suite de son action coagulante sur I'albumine. Sur les muqueuses, il agit encore plus energiquement; les solutions, m6me faibles, determinent une legere couche blanche ä la surface des muqueuses et engendrent une irritation assez vive.
L'effet le plus remarquable de I'acide salicylique, c'est son action antifermenlescibh et antivirulentc. Gette propriete lui est communiquee par son affinite pour I'albumine qui, etant precipitee, n'offre plus un terrain favorable a la vie des germes inferieurs qui constituent les virus et les ferments. Les microcoques, les bacteries sont tues aussi rapidement par des solutions de cet acide a 1 pour 312 que par des solutions d'acide phö-
1
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DESINFECTANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 333
nique älp. 200. La viande plongee dans une solution a 1 p. 100 pent se conserver intacte une semaine entiere; et, dans les solutions concentrees, eile se conserve de quatre a cinq semaines. Les fermentations alcoolique, lactique et ammoniacale sont empechees par des solu­tions de 1 p. 1000.
Les effets antiseptiques diminuent d'intensile quand I'acide salicylique rencontre beaucoup de sels alcalins dans les tissus; c'est pourquoi apres son absorption il est impuissant ä tuer les germes putrides qui peu-vent exister dans le sang ou les tissus animaux. En ral-son de la constitution chimique de leurs tissus, les her­bivores peuvent supporter des doses beaucoup plus fortes proportionnellement que les carnassiers; les tissus de ces derniers sont en effetmoins riches en sels alcalins que ceux des premiers.
Administre par les voies digestives, I'acide salicylique n'est pas longtemps supporte; il est d'ailleurs ab-sorbe assez rapidement, se combine avec les alcalis du sang et est elimine ensuite par les urines sous forme de salicylate de soude.
Apres l'absorption de fortes doses d'acide salicylique, on a observe les modifications fonctionnelles sui-vantes : ralentissement des battements du coeur et du pouls; abaissement de la tension arterielle; ralentis­sement des mouvements respiratoires; une diminution des oxydations intra-organiques et par suite un abais­sement de la temperature rectale. Ces effets gönßraux sont voisins de ceux de la quinine, et I'acide salicylique constitue un excellent antifebrile, un antiphlogistique puissant. II est ä remarquer que l'abaissement de tem­perature est beaucoup plus net sur les animaux febri-citants que sur les animaux sains; chez ces derniers on n'observe souvent qu'un abaissement insignifiant de la temperature : tandis que chez les malades on
19.
ocr page 350
334nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THER\PEUTIQÜE VfiTfiRINAIRE.
voit la colonne thermomölrique baisser rapidement de 0,8 ä 2,03.
L'ölimination se fait plus vite chez les herbivores que chez les carnivores, et eile a lieu principalementpar les urines, un peu par la salive et la sueur, mais nullement par le lait et l'intestin.
Chez le cbeval Mimination est ä peu pres complete vingl-quatre heures apres l'adminislration. L'urine con­serve ses caracteres physiques normaux, et sa quantite n'est pas augmente ; il y a simplemenl une petite dimi­nution dans la quantite d'uree. On a trouve quelquefois dans ces urines un peu d'acide salicylique libre, mais genöralement on le trouve ä l'etat de salicylale de soude.
Indications theuapüutiqües. — L'acide salicylique est impuissant centre les maladies infectieuses franche-ment etablies, car apres son absorption il a perdu a peu pres completement ses vertus antivirulentes et an-tisepliques. 11 ne produit que des effets incertains centre les douleurs rhumatismales et goutteuses.
(Test surtout comme antifebrile que ce medicament est ä recommander. A ce titre, il reussit bien dans les cas de flövres caracterisöes par une ölövation conside­rable de la temperature, une acceleration des mouve-ments cardiaques et respiratoires, produits par des causes autres que le developpement de germes dans le sang et les tissus. La fievre qui resulte de la rösorp-tion de produits sepliques formes sur des .plaies est combattue efflcacement par cet acide, parce qu'alors il n'y a pas pullulation de germes septiques dans le sang, mais simplement absorption des matieres solubles toxiques fabriquees a la surface des plaies par les germes qui y siegent. L'acide salicylique absorbe ne detruit pas les germes, mais seulement la flövre engen-dree par eux.
ocr page 351
m
DESINFECTANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 335
A l'extörieur, on peut utiliser les vertus antisepti-ques, antiputrides et antivirulentes sur les plaies, les abces, etc. Gependant, dans la plupart des cas, il y a avantage ä se servir de l'acide ph^nique qui agit aussi önergiquement et qui est d'un prix moindre. Si Ton veut faire usage de l'acide salicylique, on le melange en general avec l'acide borique pour en augmenter les effets. Ce melange comprend 1 p. 100 d'acide salicy­lique et2 ou 3 p. 100 d'acide borique. Ge melange con-vient pour toutes les plaies et est ajoute souvent aux collyres, dont il augmente l'efflcacite quand il y a ophthalmic parasitaire. II est employe aussi avec avan­tage pour tarir les secretions mucoso-purulentes des voies genito-urinaires, surtout chez la femelle apres la non delivrance. On I'emploie alors sous forme d'injec-tions dans les cavites qui sont le siege de secretions morbides.
Doses. — A I'interieur, on n'emploie generalement pas l'acide salicylique libre, on prefere le salicylate de soude, qui a des effets generaux exactement semblables et qui n'est pas irritant pour le tube digestif.
I
Clieval............. 50quot; iinbsp; nbsp; 80 gr.
Boeul'.............. CO änbsp; 100
Pore ut mouluM... .5 inbsp; nbsp; 15
Chien.............. 0 30 änbsp; nbsp; nbsp;3
Ges doses sont repelees plusieurs fois dans I'espace de deux ou trois heures.
On I'emploie sous forme de pilules. La dose quoti-dienne chez un cheval atleint generalement 150 gram­mes, et chez le chien de 4 a 8 grammes.
Doses toxiques. — Les grands herbivores peuvent supporter des doses pouvant depasser 230grammes. Le (apin meurt avec 1 gramme, le chien avec 08r,20 par ki­logramme de poids vif. La mort est precedee de convu).
•
ocr page 352
336nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
sions generales, puis de la paralysie des muscles respi-rateurs.
Sallcylate dc souilc.
Le salicylate de soude est un sei blanc, tres soluble dans l'eau, ä saveur douceätre.
II differe de l'acide salicylique en ce qu'il n'est pas desinfectant, mals simplement antifebrile ou anlipy-retique.
II ne convient jamais pour les usages externes, mais doit 6tre prefere a l'acide salicylique a I'interieur parce qu'il est aussi aclif et qu'il est depourvu de proprietes irritantes. Memes doses.
Le thymol et l'acide benzöique jouissent des mtimes proprietes antiseptiques que l'acide salicylique. On n'emploie pas ces medicaments ä I'interieur.
Acide borique.
L'acide borique est solide, en petites ecailles nacrees, inodore, de saveur legerement acide, soluble dans l'eau, dans la proportion de 1 p. i6, soluble aussi dans I'al-cool.
Effets physiologiques et usages — A I'interieur l'acide borique donne ä doses moyennes ne produit aucun effet appreciable sur les grandes fonctions ; il provoque quelquefois le vomissement. A fortes doses, il se montre irritant pour la muqueuse gastro-intesti-nale et peut determiner une gastro-enlerite mortelle.
D'apres les experiences de M. Neumann, de l'jnstitut veterinaire de Dorpat, l'acide borique peut etre Sup­porte par le chien k la dose de S ä 6 grammes; au-des-sus de 10 grammes, il produit la mort. A la dose de 4 grammes, il n'a produit ni pleur^sie ni pertonite, apres son injection dans la plevre ou le peritoine en
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DESINFECTANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;337
solution a 3 p. 100; ä la dose de 3 grammes, il a deter­mine une peritonite. Un lapin est tue par i gramme employe en injection intra-veineuse ou intra-perito-neale. Le cheval resiste ä la dose de 120 grammes, les volailles peuvent recevoir jusqu'a lBr,3.
L'acide borique constitue surtout un bon antisep-tiqtie et un excellent disinfectant. A la dose de 1 ä 2 p. 100, il empeche la putrefaction dans les liquides organiques, et une solution ä 4 p. 100 conserve la viande fraiche pendant vingt-quatre jours. II suffit de 1 a2 parties d'acide borique pour conserver 1000 par­ties de lait.
Outre ses vertus antiseptiques, l'acide borique a des vertus cicatrisantes tres developpees. G'est un des meil-leurs medicaments pour favoriser le bourgeonnernent et produire une rapide cicatrisation sur toutes sortes de plaies. On fait usage des solutions ä 2 ou 3 p. 100. Gomme cicatrisant, il est preferable ä l'acide phenique.
Les effets locaux de l'acide borique sont persistants, de sorte qu'on peut sans inconvenient laisser les pan-sements plus longtemps en place. On emploie souvent pour les pansements de la toile qu'on a fait plonger dans une solution bouillante de 3 parties d'acide bori­que, 2 parties d'acide phenique et 100 parties d'eau. On emploie aussi la pommade borique ä 1 p. 5 ou la gomme borique formee de 1 partie d'acide borique pour S de gomme arabique.
Borate de soude.
Le borate de soude constitue egalement un antisep-tique puissant. A rinlerieur, il est moins irritant que l'acide borique, mais ne montre pas d'effels physiolo-giques generaux ulilisables en therapeutique. On peut l'employer ä l'exterieur comme antiseptique cicatrisant.
Hiraquo;
#9632;
ocr page 354
338
THERAPEUTIQUE VETEIRINAIRE.
Tableaux indiquant l'action de certaines substances sur le virus du cbarbon symptoimtique (Arloing, Gornevin, Thomas).
A. — Action de substances liquides ou en dissolution sur le virus froi*.
NE DETDÜISEIST PAS Li VIKULENCE.
DETBÜISENT LA VIBCLENCE.
Alcool k 90raquo;.
Acide pheniquo (solut. aquouse
— camplird (saturiSI.
12/, 00).
— pheniquo (Ji saturation
— salicylique (1/1000).
et a 1/200).
— borique (1/5).
Glycerine.
— azotique (1/20).
Ammoniaque.
— sulfurique (dilud).
Acetate d'ammoniaque.
— clilorliydrique (1/2).
Sulfate —
— oxalique k saturation.
Sulfhydrate —
Alcool salicylique (id.).
Carbonate —
Soude.
Benzine,
Potasse (1/5). !
Chlorure de sodium (dissolution
Eau iodee.
saturöe).
Salicylate de soude (1/5).
Chaux vlve et eau de chaux.
Permanganate de poiasse (1/20).
Polysulfure de calcium (l/.ij.
Sulfate de cuivre (1/5).
Sulfate de fer (1/5).
Nitrate d'argent (1/1000).
— de quinine (l/'O).
Sublime corrosif (1/1000).
Borate de soude (1/5).
Camphre bichlorti Cazeneuve
Hyposulfite de soudc (1/2).
(solution alcoolique saturee).
Acide tannique (1/5).
Chloral (3/100).
lodoforme (dissolut. alcoolique
Acetate d'alumino (1/200).
satüree).
Acide picriquo (solut. saturee).
lodoforme en poudre.
Naphthaline (solution alcooliquo
Silicate de potasse (1/200).
ä 2/100). j
Eau oxygenee.
Acide benzoique (V100;.
Chlorure de ziuc.
Essence d'eucalyptus (1/800). i
— de manganese.
— detbym (1/800). i
Essence de terebenthine.
1 Camphre monochlore Cazeneuve
1 (solution alcoolique saturee).
ocr page 355
DESINFECTANTS.
339
B. — Action de gaz ou de substances employees ä l'etat de vapeurs sur le virus frais.
NE DETRUISENT PAS LA VlnOLENCE.
DEIIUIISENT LA VIIIÜLENCE.
Aramoniaque. Acide sullureux. Chlorororme. Hydrogöne sulfure. Ozone.
Brome. i Chlore.
Sulfure de carbone. Vapeurs d'ossence de thym. — — d'eucalyptus.
C. — Action de substances liquides ou gazeuses sur le virus dessMie.
NE DETHUISENT PAS LA ViniLENCE.
DETKUISENT LA VIRULENCE.
Liquides ou solutions.
Liquides ou solulions.
Acide oxalique.
Acide phenique (3/100).
Permanganate de potasse.
— salicylique (l/IOOO).
Soude.
Nitrate d'argent (1/1000).
Sulfate de cuivre (1/5).
Gaz ou tapeurs.
Acide chlorhydrique (1/2).
Chlore.
— borique (1/51.
Sulfure de carbone.
Alcool salicylique (Ji saturation).
Vapeurs d'essenco de thym.
Sublime (1/5000). 1
— — d'eucalyptus.
.
Gaz ou vapeurs.
Brome.
ocr page 356
340nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEfUPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
Tableaux indiquaut l'aclion de certaines substances sur le virus du rouget du pore (Gornevin).
A. — Action de gaz ou de substances employees ä I'etat de vapeurs (48 heures de contact].
I
NE DETRU1SENT PAS LK VIRULENCE.
DETHUISENT LA VIRULENCE.
Vapeurs d'eucalyptol.
Acide sulfureux.
Chlore.
Sulfuro de carbone.
Hydrogfene sulfure,
Chloroformo.
1). — Action de substances liquides ou en dissolution satureo (48 heures de contact avec egale quantite de virus\
NE DETUÜ1SENT PAS LA VIRULENCU.
DETRÜISENT LA VinULENQE.
Acide lartrique.
Soude.
Azotate de potasse.
Potasse.
Acide borlque.
Acide oxalique.
} — tannique.
lodure de potassium.
Arsenic.
Acide sulfui'ique.
Benzine.
— thyraique.
Chlorure de sodium.
Sulfate de cuivie.
\ — de manganese.
Nitrate d'argont.
— de zinc.
Sulfate do fer.
Oxalate d'amraoniaque.
Acide salicylique.
Alcool phenique.
— phenique.
Nicotine.
Perchlorure do fer. Essence de törebenthine. Borate de soude. . Huile camphiee.
I
— phosphoree. Alcool. Glycerine.
Ammoniaquc.
Acetate d'amraoniaque.
Permanganate de potasse.
Chloral.
Sublime corrosif. Jus de citron. Glycose.
ocr page 357
•. •
DIXIfiME CLASSE
KXCITANTS.
Gelte classe comprend lous les medicaments dont I'action physiologique principale consiste dans une ex­citation soit locale soit generale. Les excitants sont tres nombreux; ils comprennent: les sels ammonicaux, les alcooliques, les plantes de la famille des labiees, les plantes de la famille des ombelliferes, les epices, des plantes aromatiques ameres. '
A. SELS AMMONIAGAUX. Carbonate d'ammoniaqne.
En m^decine on, emploie le sesquicarbonate d'am­moniaqne. Ce sei se presente sous forme de cristaux en aiguilles; il est incolore, d'une odeur ammoniacale viva, d'une saveur caustique, tres volatil ä la temperature ordinaire. A I'air il passe ä l'etat de bicarbonate plus fixe; aussi doit-on le conserver dans des vases bien clos et tenus dans des lieux frais. II est soluble dans deux fois son poids d'eau froide, il est moins soluble dans I'alcool. A la chaleur il se volatilise et se decom­pose en par tie.
Effets puysiologiques. — Les effets du carbonate d'ammoniaque sont de möme nature que ceux produits par l'ammoniaque liquide, mais ils sont moins pronon-ces, moins energiques, de sorte que ce corps convient mieux pour I'usago interne prolonge. Apres I'absorp-
ocr page 358
342nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTfiRINAIRE.
tion de fortes doses on observe, comme avec rammo-niaque, des convulsions tölaniques, un ralenlissement du pouls et une elevation de la tension arterielle. Ce sei a une action dissolvante energique sur les cellules epitheliales. Des doses trop fortes peuvent amener I'ir-ritation de la muqueuse digestive avec tous les symp-lömes d'une gastro-entörite. De faibles doses excitant l'appötitet favorisent la digestion.
II agit comme dissolvant sur le sang et est elimine par les reins, mais non par le poumon, ce qui fait penser qu'il forme dans le sang une combinaison üxe.
Indications tiierapeutiques. — II est indique pour reveiller le Systeme nerveux deprime par une maladie; pour exciter le tube digestif; pour favoriser I'ecoule-mcnt muqueux lors de maladies des voies respiratoires. A Texterieur comme resolutif.
Doses. Administration. — On le donna sous forme de pilules ou d'electuaires ou encore melange avec le sei ordinaire et avec les aliments ou sous forme de solu­tions :
. Cheval......... 86r ä 15 gr.
Doses therapeu- \ Boeuf..........nbsp; nbsp; nbsp;10 Ji 30
tiques....... i Pore, mouton.. 1 fi 3
\ Chien......... 0 JO h 1
Doses toxics, j^;;;;;;;;;;;;;;;; |
Chlorhyilrate d'ammoniaqne. — Sei ammoniac. Muriate d'ammoniaque.
Ce sei absorbe facilementl'bumiditö de l'air, d'oii la ndcessite de le conserver dans des vases bien clos. Degre de solubilite dans I'eau froide 1:3; dans I'eau chaude 1:1; il est soluble aussi dans I'alcool. En se dissolvant il absorbe de la chaleur et abaisse la tempö-ralure du liquide. II est facilement decompose par les
ocr page 359
EXCITANTS.
343
acides forts et les oxydes solubles; il faut done eviter de le mßlanger avec ces corps.
Effets physiologioües. — A Texlörieur ce sei est ä poine irritant chez nos animaux. A I'interieur il n'est pas irritant ä faible dose, mais il provoque une inflam­mation lorsqu'il est concentre ou donnö a dose elevee. II boursoufle I'epithulium de la muqueuse avec laquelle il est mis en contact, pent meme le dissoudre et provoque une abondante s6crelion de mucus, [/inflammation qu'il produil dans l'estomac et l'intestin, lorsqu'il est donne ä forte dose, est souvent mortelle.
Apres son absorption il agit par l'intermediaire du sang sur toutes les muqueuses, dont il augmente mani-festement la secretion de mucus. Les cellules muqueu­ses s'exfolient, so dissolvent et se liquöflent plus facile-ment. G'est principalement dans les voies respiratoires que rhypersöerötion muqueuse est tres prononcöe. Le mucus non seulement est plus abondant, mais il est encore plus liquide, plus fluide, ce qui favorise son elimination. On admet aussi que les cils vibratiles ac-livent leurs mouvements sous l'influence de ce sei.
Si Tad ministration du chlorhydrate d'ammoniaque se fait sans discontinuite pendant un certain temps, on voit survenir une perte d'appetit et des signes d'une irritation gastro-intestinale, le sang s'appauvrit et so fluidifle, les muqueuses pälissent, puis apparatt la raaigreur, une grande faiblesse et la mort. On a vu des animaux perir apres douze a quinze jours d'une admi­nistration persövörante de ce sei. Sous l'influence do doses convenables, le sei ammoniac active la secretion urinaire et provoque une expulsion d'urine double de celle de l'etat normal. Gelle urine est toujours Ires riebe en uree, parce que Tammoniaque forme de l'uröe par synthese, avec les matieres albuminoides de la denutrition.
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344
THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
.
Le jeu du cceur, le pouls et la temperature centrals et cutanäe ne sont pas sensiblement modifies par des doses ordinaires du medicament.
A l'autopsie d'animaux morls ä la suite d'une dose toxique de ce sei on trouve le sang incoagule, liquide et noir, les muqueuses sont toutes couvertes d'une couche epaisse de mucus, principalement les muqueu­ses respiratoire et urinaire.
Emplof therapeutioue; — Ge sei convient bien pour favoriser la secretion muqueuse quand il y a etat catar-rhal avec mucus trop consistant et adherent. On en ob-tient d'excellents resultats dans la peribde de secretion de la pneumonic, de la bronchite, de la maladie du jeune age chez le chien, etc. II ne faut pas I'employer au debut des inflammations des voies respiratoires, car il augmenterait rirritation au moment oü les mu­queuses sont seches. 11 est surtout bien indique, d'apres Vogel, quand a I'oscultation on entend des bruits de sifflement qui indiquent que le mucus est adherent, epais et d'une elimination difficile.
A cause de I'action excitante qu'il exerce sur la mu­queuse digestive on Temploie avec succes centre les affections catarrhales de l'estomac et du duodenum, principalement dans l'indigestion chronique du feuillet.
On utilise I'effet alterant que produit le sei ammo­niac apres quelques jours d'administration, conlre les engorgements, les tumeurs ganglionnaires, les hy­pertrophies des organes parenchymateux, etc. Comme ces etats pathologiques sont toujours longs k gu6rir, il faut de temps en temps suspendre la medication am-moniacale. Dans la pratique on evite d'employer ce sei plus de cinq ou six jours consecutivement.
A rexterieur, c'est un fondant indiquö contre les en­gorgements, les contusions, las öcrasements. On I'em-ploie sous forme d'une solution aqueuse de 3 äö p. 100.
4
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;345
Hertwig recommande centre les tumefactions rebelles la preparation suivanle :
Petrole.......................nbsp; nbsp; nbsp; 15
Teinture de cantharide.........nbsp; nbsp; nbsp; 15
Sei aramoDiac.................nbsp; nbsp; nbsp; 80
Savon vert.....................nbsp; nbsp; nbsp;120
Le sei ammoniac est encore utilise pour preparer des melanges refrigerants qui remplacent la glace. 11s sont composes de :
5 Sei amraoaiac.nbsp; )nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;- c i _, • , (1 Sei ammoniac,
o b ii- j jnbsp; nbsp; nbsp;/nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,i l36! ammoniac.) I o c i j
8 Sulf. desoude.nbsp; (nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i ,• c ir j i '. I 3 Sei de nitre.
„ „ , a .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;)nbsp; ou ; 11 Sulf. de soudo..nbsp; nbsp;ou / „ „
5 Sol do nitre.nbsp; nbsp; nbsp;(nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ) lt;gt;.gt; p I J 6 Eau'
IG Eau.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Jnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I #9632;quot; ™v- (l2Vinaisre.
i Cliien (inj. sous-cutance)...... 6 gr. Cliien (estoraac)............... 8 Mouton................... 25 a 80 Clieval...................... 500
Cheval................. 8 k 15 gr.
, Boeuf................ 10 ä 20
Doses therapeutiquos (es- 1 Mouton.............. 2 i 5
toraac)............... j Pore.................. 1 Ji -4
I Cliien................ (1.30 k 1 .5
Chat.................. 0.10 ä 0-30
Aux grands animaux on pent en faire prendre dans une jourmie de 30 a AO grammes et aux petits de 3 ä 5 gr. 11 serait dangereux de continuer l'administrationplus de cinq a six jours.
Acetate d'Ammoniaque. — Esprit de lltnder^ras.
Prepare cLimiquement, ce sei est blanc, en longues aiguilles döliquescentes, de saveur fraiche, piquante, et soluble en toute proportion dans l'eau et l'alcool. Les pbarmaciens le preparent en solution contenant 15 p. 100 de sei. Cette preparation perd facilement son activilö; il est nöcessaire de la conserver dans des fla-cons bouches ä l'^meri. Les acides, les bases alcalines
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346
THfiRAPEUTIQUE VETER1NAIKE.
et la plupart des sels metalliques la döcomposent.
Effets physiologiques. — L'acetate d'ammoniaque n'est pas irritant pour les tissus, ce qui le rend precieux pour I'usage interne. Arrive dans l'estomac et l'intestin, ilse transforme en carbonate d'ammoniaque qui est ra-pidement absorbe. Melange au sang, il determine une excitation legere, se traduisant par une petite accele­ration du pouls, une Elevation de la tension arterielle, une diurese Ires marquee, ainsi que par une transpi­ration cutanee tres manifeste.
Indications. — Dans les affections des voies respira-toires et des autres muqueuses.
Doses.
Grands herbivores....... 100 ä 250 gr.
Petits ruminants et pores 30 k 50 Carnivores.............. Z k 10
Ces doses peuvent etre repetees plusieursfois par jour.
B. ALGOOLIQUES. Alcool on esprit de Tin.
L'alcool vinique est concentre ou dilue dans une grande quantite d'eau.
Nous avons a examiner seseffets sous ces deux elats.
Alcool concentre. —G'est un liquide incolore, tres vo-latil, soluble dans I'eauen toute proportion, egalement soluble dans r6ther,la glycerine ;il coagule I'albumine.
Effets physiologiques. — Verse sur la peau, l'alcool concentre, en s'evaporant rapidement, produit une vive sensation de froid qui est accompagnee d'un resserre-ment vasculaire, d'une päleurplusou moins prononc^e et d'une diminution de la sensibilite. Si on empeche I'evaporation, l'alcool produit une irritation et une in­flammation locale d'autant plus prononcees que l'alcool est plus concentre. Sur les plaies et les muqueuses
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#9632;#9632;#9632; •
. EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 347
l'effet irritant est encore plus prononce ; sur ces sur­faces l'alcool produit une douleur brülante tres vive, une oschariflcation superficielle par suite de la sous-traction d'eau aux tissus et de la precipitation de l'al-bumine et du mucus. II desseche fortement les surfaces ot les rend refractaires ä la putrefaction.
A l'interieur l'alcool concentrö constitue un poison violent; ainsi un cheval succombe avec 2S0 grammes d'alcool pur. A I'autopsie on trouve une violente irrita­tion du tube digestif et tous les signes d'une asphyxie.
Alcool etendu ou eau-de-vie. — L'alcool etendu ex­cite les tissus sans les irriter. Sur les plaies at les mu-queuses il tarit les secretions et resserre un pen leur surface ä la maniere des astringents.
A I'lntorieur il est excitant pour l'estomac et l'in-testin ; il röveille les contractions pöristaltiques et active considerablement la secretion des sues digestifs. Cependant cet effet favorable ne se produit qu'a faible dose ; aussitot que les doses sont süffisantes pour pro-duire I'ivresse, la digestion est arretee ou considöra-blement ralentie. Si sur un chien älistule gastrique on injecte dans l'estomac une petite quantity d'alcool dilue, on voit le sue gastrique couler en abondance; mais si on injecte de l'alcool fort ou une grande quan­tity d'alcool diluö, la söerätion s'arröte.
Apres l'absorption, une petite quantite d'alcool pro­duit une excitation gönerale de l'organisme, les yeux sont plus vifs, les oreilles se dressent et la tete est portee haute, les mouvements sont plus faciles, plus energiques et les animaux montrent une plus grande gaietöet plus de vigueur. Chez Thomme on observe, en outre, que les functions cerebrales sont plus vives, I'in-telligence plus ouverte et la parole plus facile. Les piincipales fonctionssontactivees, le cceur bat plus vite et plus fort, 'la respiration est plus frequente, la tem-
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348nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
perature de la peau augments sans qu'il y ait augmen­tation de temperature rectale. Souvent aussi on observe une abondante diurese. Ges phenomenes se dissipent assez vite quand de nouvelles doses d'alcool ne sont pas administrees.
A fortes doses, I'alcool produit d'abord les effets ci-dessus avec plus d'intensite; mais bientot succede la periode de l'ivresse caracterisee par une faiblesse raus-culaire qui fait trebucher l'animal lorsqu'il marche et qui, en seprononcant de plus en plus, force l'animal a un decubituscomplet; ce decubitus n'estpascalme,car l'animal se livre a des mouvements desordonnes aux-quels succede cependant un coma plus ou moins profond.
Le pouls et la respiration accelcres pendant la pe­riode d'excitation se ralentissent beaucoup pendant la periode d'ivresse,la temperature rectales'abaisse,tandis que la temperature de la peau augmente. II semble que pendant l'ivresse le sang se porte surtout vers la peau, qui secouvre souvent de sueur. L'abaissement de la temperature rectale s'explique encore par la dimi­nution des oxydations ; en effet il y a une diminution de l'exhalation de Vacide carbonique et de l'excretion de Vuree. Pendant l'ivresse les animaux et l'homme ont beaucoup de tendance ä se refroidir; tout le monde sait qu'en hiver la mort par refroidissement n'est pas rare chez I'bomme ivre. Pendant que I'alcool circule dans le sang, il subit des modiücations. II s'accumule d'abord dans divers organes parenchymateux, l'encö-phale, le foie et les muscles, puis il est oxyde et trans-forme en aldehyde, acide acetique, acide oxalique, acide carbonique eteau; une petite quantite cependant echappe k l'oxydation et s'elimine en nature ' par le poumon, le rein et le lait. L'air expire prend I'odeur d'alcool chez les personnes ivres.
M
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 349
Indications thiIirapeutiques. — A I'exterieur I'alcool plus ou moins concentre constitue un excitant, un ru­be fiant utile pour produire la resolution d'engorgements chroniques, d'ecchymoses, de contusions, etc.
A I'interieur 11 convient dans tous les cas oü il faut accölcrer la digestion ; dans les digestions difficiles, les coliques, les indigestions, I'arretdela rumination.
II convient aussi a faible dose pour relever les forces dans la convalescence, dans I'anemie.
Enfln il est indique surtout comme antifebrile ä forte dose. Dans les cas de fievre, I'alcool constitue un aliment d'epargne de premier ordre. En s'oxydant il empöche la destruction des graisses et des matieres albuminoides des tissus, et par consequent il epargno I'organisme animal. On I'utilise aussi quelquefois pour produire la resolution musculaire dans les cas de spasmes du col pendant I'accouchement.
Doses et preparations. — On ne doit donner Talcool ä I'interieur qu'apres l'avoir etendu de beaucoup d'eau. Ou bien on peut administrer des liquides alcooliques faibles, lels que de l'eau-de-vie faible, de la biere ou du vin.
Doses torques (Alcool ( quot;,eva,1.....:' •; ....... ,-„ , r^gr'
,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;n xnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I Grands rummauts...... 3a0 ä oOO
PU^,................. ( Chiea................. 30 a 40
; Cheval................. 50 ä 150 gr.
^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;.. .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\ Boeut.................. 100 ä 300
Doses therapeutiques... I %, . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,;„ , „;
r ^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i Mouton et pore....... 30 ä 60
v Cliiou, chat............ lä 10
II est prudent de ne pas donner ces doses en une seulefois; il est preferable de les fractionner, car ily a des animauxqui sont beaucoup plus sensibles k I'alcool que d'autres.
Dans les cas de fievre, lorsque la temperature rectale est tres 61ev6e, on doit toujours donner ces doses en une Kaufmann. — Tbörapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;20
i
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350nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
fois, car les animaux malades supportent des doses beaucoup plus fortes que les animaux sains.
#9632;'#9632;.#9632;-#9632;• Des matl£rea aromatlques.
#9632;#9632;#9632;#9632;#9632;#9632;#9632;•';
Les substances aromatiques sont presque toules ti-rees du regne vegetal et ont pour base une ou plusieurs essences, un prlncipe rösineux, de l'acide gallique et tannique, de l'huile grasse, du mucilage, etc. Le prin-cipe actif est surtout represente par les essences qu'on pent, dans un grand nombre de cas, obtenir ä l'ötat de purete.
Gomme en mödecine veterinaire les essences pures ne peuvent pas 6tre employees couramment ä cause de leur prix eleve, nous ferons surtout l'etude des subs­tances aromatiques qui renferment ces essences.
G. PLANTES DE LA FAMILLE DES LABIEES.
Ges plantes peuvent Mre divisees en trois groupes : lquot; les labiees aromatiques; 2deg; les labiees aromatiques-ameres et 3deg; les labiees ameres.
Les labiees aromatiques renferment surtout des es­sences sans principe amer, ce sont la menthe, la mö-lisse, le thym, le basilic, le romarin, la lavande, la sauge, l'origan, la cataire, la sarriette, le calament, etc.
Les labiees aromatiques-amöres renferment, outre les essences, un principe amer en assez forte proportion ; les principales especes sont : I'hysope [Hysopus), le lierre terrestre [Gleckoma kederacea), le marrube blanc [Marrubium vulgäre), le lycope d'Europe {Lycopm Europsea), la germandree ivette [leucrium chamsepitis).
Dans les labi6es ameres, les principes amers domi-nent; ce sont : le bugle [Ajuga]; la germandree petit ebene {Teucrium chamcedrys), le lamier blanc {Lamium
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 331
album), la bötoine {Betonica), la ballote] {Ballota), la prunelle ou brunelle {Prunella).
Effets puysiologiques. — Les labiees excitent legere-ment les tissus avec lesquels dies sont mises en con­tact; la rougeur augmente ainsi que la sensibilite; les secretions normales sont suractivees. Sur les plaies la suppuration est diminuee, les bourgeons deviennent rosös et fermes, et la cicatrisation se fait plus vite. A I'interieur elles excitent d'abord la muqueuse buccale, activent la salivation, rendent la deglutition plus facile.
Dans I'estomac, elles determinent une sensation de chaleur, activent la digestion en produisant une secre­tion de sue gastrique plus abondante et en augmentant les mouvements peristaltiques. Ges effets excitants se continuent dans l'intestin, oü ces plantes agissent aussi comme carminatives, e'est-a-dire qu'elles determinent l'expulsion des gaz.
Apres l'absorption du principe essantiel, il se produit une excitation genörale se traduisant par une legere acceleration du pouls et une Energie plus grande des battements cardiaques, par une coloration plus rosee des muqueuses, et par une plus grande energie des mouvements locomoteurs. Lo mucus bronchique est secrete en plus grande quantile.
Indications TniiRAPEtrnouEs. — Les preparations des labiees sont indiquees : 1deg; comme resolutifs locaux; 2deg; comme excitants des plaies et cicatrisants; 3deg; comme stomachiques et excitants du tube digestif dans tous les cas oü il faut activer la digestion alleree par defaut de seerölion, defaut de contraction ou par suite d'alo-nie ; 4deg; comme expectorants el excitants gencraux dans les maladies catarrhales des voies respiraloires ou g6-nito-urinaires. : #9632;
ocr page 368
332nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VfiTERINAlRE.
Preparations :
1deg; Poudrc.
2deg; Especes aromatiques (feuilles seches de sauge, de thym, de scr-polet, d'hysope, da mentlie aquatique, d'origan, d'absinthe; parties egales. — Melangez).
3deg; Sachet arcmatique, sommitos söches de labiees torrofiöes.
4deg; Cataplasme aromatique.
5deg; Infusion theiforme.
i Especes aromatiques...... 125 gr.
6deg; Vin aromatique....... Alcool ä 85quot;............. 2dicil.
( Vin rouge............... 21itr.
7deg; Essences pures.
8deg; Teiuture aromatique ou j Especes aromatiques..... 32 gr.
vulnorairo................ ( Alcool ordinaire.......... 1 litre.
Essence de lavande.
Cette essence se trouve facilement dans le commerce ; eile est liquide, jaunätre, d'une odeur aromatique, forte et assez agreable, d'une saveur chaude et amere commelecamphre,quelle renferme toujours en quan-tile notable.
Effets. — Sur la peau, l'essence de lavande a une action excitante assez marquee, eile provoque, cepen-dant, difflcilement une inflammation locale ; eile ne fait pas tomber les polls et ne tare pas les animaux. A I'in-terieur eile excite la muqueuse digestive et accelere la digestion comme la plante elle-meme.
Ixdications. — Elle convient pour resoudre des engor­gements chroniques, des ecchymoses, etc.; eile est an-tiparasitaire et est indiquee dans la gale ; eile est exci­tante et cicatrisantc sur les plaies. Elle convient a I'in-tärieür pour favoriser la digestion dans les embarras gastriques et les indigestions.
Administration et doses. — A l'intärieur, on la donne emulsionnee dans de la gomme ou du mucilage a la dose de 30 ä 60 grammes pour les gros animaux, ä celle de 8 a 12 grammes pour les pel its ruminants et le pore; et ä celle de 4 ä 8 grammes chez le chien.
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EXCITANTS.
333
ü. PLANTES DE LA FAMILIE DES OMBELLIFERES.
Les ombelliföres aromatiqucs renfermentdeux prin-cipes actifs, une essence et une resine amere. L'huilo essentielle, tres abondanle, tient en dissolution le prin-cipe amer. Ges deux matieres sont repandues dans toutes les parties de la plante, mais alles abondent da-vantage dans la racine et dans les semences.
Baciues aromatiques.
1deg; raquo;e l'.-iuKciique [Angelica archangelica L.).
Getteplante bisannuelleäodeur suave croitdanstoute l'Europe et fournit sa racine ä la medecine.
Composition ciiimiqüe. —La racine d'angelique contient une huile volatile, im principe resineux balsamique et des acides acetique, valerianique et ang61icique.
Effets. — Localement, l'angelique est excitante et resolutive; dans le tube digestif, eile est stomacbique et carminative. Apres l'absorption, eile provoque une le­gere excitation generate, pousse le sang vers la peau, qui s'echauffe, et active les secretions.
Indications. — Gonvient dans les mßmes cas que les labiöes.
Doses.
Grands herbivores........... 60 k 130 gr.
Petits ruminants et porcs.... 15 ä 35 Chiens..................... 8 i 15
Les autres racines fournies par la famille des ombel-liferes sont celles : 1deg; De l'imperatoire (Imperatorivm ostruthium'h.); 2deg; Du persil [Apium petroselinum L.); 3deg; De l'ache [Apium graveolens L.); 4deg; Du cerfeuil [Scandis cere folium L..); 3deg; De la liveche [Ligusticum levisticum L.).
2ü.
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354nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
i
2deg; Seme neelaquo; aromatiques.
Les semences aromaliques de la famille des ombelli-feres sent : celles d'anis, de caivi, de coriandre, de fenouil.
Effets et emploi. — Toutes ces semences possedent les memes propriötes que les labiees, mais ä un plus haut degre. Elles activent aussi toute la seerölion lac-tee, surtout les semences d'anis, de carvi et de fenouil.
( Grands herbivores............ 30 h. 60 gr.
Doses., j Petits ruminants............. 8 ;i 15
( Chiens..................... 4ä 8
On les emploie ä l'exterieur et h rinterieur dans les mömes cas que les labiees.
E. EPICES. 1deg; Cannelles.
#9632;
On dösigne sous ce nom l'^corce söche et döpouillöe d'epiderme, de plusieurs arbres du genre Laurus, qui croissent naturellement dans les Indes, en Chine, etc.
Composition chimique. — D'apres les chimistes, les cannelles contiennent les principes suivants : une es­sence tres facilement oxydable a l'air et qui se Irans-fonne facilement en acide cinnamique, des acides cin-namique et tannique, une matiere colorante rouge, du mucilage, de lamidon, du ligneux.
Effets. — Localement la poudre de cannelle agit comme un excitant legerement astringent et antisep-tique. A l'interieur, eile excite la muqueuse digestive sur toute son elendue, augmente sa tonicitö et accelere la digestion ; eile produit facilement la constipation, et
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f
EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;355
ce n'est qu'a forte dose qu'elle devient irritantc pour 1'intestin.
Apres rabsorption des principes actifs.lacannelle ex­cite toutes les fonctions, lo coeur bat plus fort et plus fröquemmont, la peau s'echauffe et se vascularise, I'ute-rus entre en contraction et les muscles, en general, ont leur tpnicite augmentee.
Indications et emploi. — La cannelle convient tres bien pour accel^rer la digestion ou pour la reveiller dans les cas d'indigeslion ou de relächement du tube digestif.
On I'emploie aussi avantageusement pour augmenter la force de contraction de l'uterus, lorsquelesdouleurs sont trop faibles pendant raccoucliement.
Son action excilante sur les organes genilaux pour-rait 6tre ulilisee pour augmenter la vigueur du male destine ä la reproduction.
On I'administre sous forme de poudre melangee avec du sucre, du lait et avec une infusion de the ou de camomille, ou bien encore sous forme d'electuaire.
l' Cramls herbivores........ 308' amp; 65 gr.
Doses...\ Petits ruminants et pores.. 8 h 15
' Chiens, chats........... 0 30 ä 3
Polvres.
On connait quatre especes principalcs de poivre,qui sont : \epoivre mir, \e poivre blanc, le poivre cubebe, et Ig poivre lonq.
Poivre noir [Piper niffrum).
G'est le poivre commun ou vulgaire. Au point de vue chimique, il contient de Yessence de poivre qui est iso-mörique avec l'essence de töröbenthine, et qui lui com-
ocr page 372
#9632;#9632;
3ö6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERÄPEUT1QUE VETER1NAIRE.
munique son odeur; de \apiperine alcalol'de isomerique de la morphine, insoluble dans l'eau et depourvue de saveur; de la chavicine, qui est dörivee de la piperine, ä odeur piquante et ä saveur Acre; du piperinate de po-tasse et une matiere resineuse.
Effets physiologiques. — Localement, le poivre est excitant ou irritant, suivant la dose appliquee et suivant la nature des tissus. Sur une plaie, une solution de con-tinuite, il peut provoquer une vive inflammation locale accompagnee d'une mortification plus ou moins eten-due.
A I'interieur, il excite vivement la muqueuse buccale et provoque la salivation; dans l'estomac et l'intestin, il augmente les contractions, produit une hypersecrö-tion de sues digestifs et accelere considerablement la digestion. Des doses trop fortes peuvent amener une irritation gastro-intestinale. Apres I'absorption, il deter­mine une lagere excitation generate et surtout rend les organes genitaux plus sensibles et plus aptes ä remplir leurs fonctions; e'est done un aphrodisiaque.
Indications. — A Textorieur, il est indique comme rubefiant, soil seul, soit melange a la farine de mou-tarde. A I'interieur, il convient pour exciter la digestion et pour augmenter le pouvoir digestif de certaines substances alimentaires de qualile inferieure. Gomme aphrodisiaque, il est indique pour reveiller les facult6s genesiques.
I Clieval...................nbsp; nbsp; nbsp; 58r ä 15 gr.
Boeuf.....................nbsp; nbsp; 10 i 25
Mouton et pore...........nbsp; nbsp; nbsp; 2 h 5
Chien....................nbsp; nbsp; nbsp; 0 30 ä 0 50
On I'administre sous forme de bols, de pilules, d'elec-tuaire, en grains entiers on en infusions aqueuses ou vineuses
Les autres esperes de poivres possedent sensiblement
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!
EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3S7
les m^mes proprietes que lo poivre noir. Le poivre cu-bebe est moins irritant et porte son action surtout sur les organes genitaux, dont il tarit les ecoulements mor­bides.
Molx muscmie [Myristica aromatica).
Ge fruit fournit a la medecine deux produits, la noix muscade et le mach.
Ges deux produits doivent leurs proprietes ä une huile essentielle. Ge sont des excitants energiques comme les poivres, ils sont indiqu6s dans les memes cas.
Clou de grirofle OU Ciirofle.
On appelle ainsi la fleur epanouie du Cariophyllus aro-maticus, arbre cultive aux lies Moluques, ä Bourbon et ä Gayenne.
Composition chimique. —D'apres Tromsdorff, les clous de girofle renferment les principes suivants : essence acre et caustique, cariophylline cristallisee et inactive, tannin, extractif, gomme etligneux.
Effets. — Les clous de girofle sont des excitanls gastro-enteriques energiques; ils produisent la saliva­tion, la secretion du sue gastrique et des sues intesti-naux, et activent les contractions peristaltiques. Aprßs l'absorption, le principe actif excite l'ulerus et rend ses contractions plus energiques.
(#9632;iingembre.
Le gingembre est le rhizome du Zinziber officinale, plante des Indes et de la Ghine.
Gomposition chimiqoe. — Les principes du gingembre sont les suivants : essence d'un bleu verdätre, räsine et sous-ramp;äine, matiere vegöto-animale, osmazome, ami-
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3S8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTfiRlNAIRE.
don, gomme, llgneux, acide acelique et acetate de po-tasse.
Le gingembre produit les memes efFets physiolo-glques et thörapeutiques que les clous de girofle.
Anis Atolle OU Badlane.
G'est le fruit d'un arbre du genre Illichtm qui croit en Chine et au Japon. II exhale une odeur Ires agreable d'anis, et presente unc saveur chaude, sucree et aro-matique. Ses principes actifs sont : une essence, une resine, un principe extractif, de l'acide benzoique, du tannin, etc.
Effets. — G'est un stimulant gastro-intestinal, un slomachique et un carminattf, dont les indications sont les mömes que celles des semences des Ombelliferes. On I'emploie en infusion aqueuse ou vineuse.
F. EXCITANTS GENERAUX AMERS. 1deg; Camomille romaine {Antkemis nobilis L.).
Gelte plante fournit ses fleurs qu'on emploie desse-chees.
Composition ciiimique. — Une essence verte devenant incolore en vieillissant, et laissant döposer du camphre; un principe extractif amer, du tannin.
Effets. — Les preparations de camomille sont exci-lantes localement sur lous les tissus. Dans le tube di­gestif, elles sont stomachiques, antiventemes et toni-ques. Apres l'absorption, eile excite legerement toutes les fonctions et augmente la tonicite des tissus; eile jouit, en outre, de vertus antiperiodiqucs, antiputrides et antispasmodiques.
Indications. — Elle est recommandee localement
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 359
pour resoudre les engorgements indolents, surtout les engorgements testiculaires, les ecchymoses, les contu­sions ; pour exciter les plaies de mauvaise nature. A. Tinlerieur, eile est indiquee contre les m(%es^olaquo;s, les digestions lentes, les douleurs intestinales, contre I'inappelence, la diarrhöe, etc.; contre les affections anömiques et le defaut de tonicite des organes.
Doses. — On fait des infusions avec IS ä 30 grammes par litre d'eau. Lorsqu'il y a des douleurs spasmodiques dans le ventre, on fait des infusions legeres.
L'essence de camomille est donnee aux petits ani-maux ä la dose de i ä 3 gouttes avec de l'huile, du sucre, etc.
Succedanecs de la camomille.
)• Camomille des champs {Anthemis arvensis L.) ; 2quot; Camomille puante ou maroute {Anthemis colula); 3deg; Camomille des teinluriers {Anthemis tinctoria L.); 4deg; Matricaire camomille {Matricaria chamomilla L.); 3deg; Matricaire vulgaire {Matricaria parthenium L.) ; amp;' Matricaire odorante (Matricaria suaveolens L.).
2deg; Cirande absintbe {Artemisia absinthium L.).
Composition chimique. — D'aprfes Braconnot, eile ren-ferme : une essence verte (0,5 a 2 p. 100), principalement dans les feuilles, ires active, une matiere resinoi'de et une matiere tres amere, del'albumine, de lafecule, de la chlorophylle et quelques sels a base de potasse. La mature amere de l'absinthe a etö separöe ä I'ötat de puretö et nommöe absintheine.
Effets. — A l'exterieur l'absinthe agit comma exci­tant, antiputride, antiparasitaire. A l'interieur, eile excite l'estomac et l'intestin, en augmente les s6cr4-
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mm
360 ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
tions, la tonicitö et les contractions. Elle tue les vers et constitue un excellent anthelminthique.Les animaux la prennent assez difflcilement, a cause de sa grande amertume. Apres Tabsorption du principe aclif, I'absin-the determine une excitation g6n6rale et provoque la diurese.
Le principe amer impregne tous les tissus et leur communique une grande amertume. L'elimination se fait par les reins et par les mamelles.
L'essence d'absinthe, absorb^e en grande quantity, determine chez le chien une grande excitation du Sys­teme nerveux, des convulsions epileptiformes, du tris-mus et du tetanos.
Indications. — L'absinthe est indiquee commie exci-lante et anliputride sur les plaies et les ulceres de mau-vaise nature; comme antiparasitaire contre les poux, les puces, les acares de la gale. A I'interieur, son effet excitant favorable a la digestion la recommande contre les indigestions, I'atonie, la diarrhee, etc.; son action antiparasitaire est utilisee pour provoquer I'expulsion des vers intestinaux.
II faut menager l'emploi de l'absinthe chez les ani­maux a l'engrais et chez les femelles dont on veut uti-liser le lait; car la viande et le lait prennent rapidement une saveur ires amöre.
Doses. — On donne des doses d'un tiers ou de moi-lie plus fortes que celles de la camomille.
Staccedanees de la grande absinthe.
1deg; Petite absinthe ou pontique {Artemisia pontica L.); 2deg; Absinthe maritime {Artemisia marilima L.); 8deg; Armoise vulgaire (Artemisia vulgaris L.);
:i
m
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 361
3deg; Arnique des montagnes (Arnica monlana LX
Composition chimique. — Les chimistes ont döcouvert dans toutes les parties de l'armca, un alcoloide Yar-nicine, une essence, du tannin, et diffdrents principes resinoides encore mal determines.
Effets. — Sur la peau, I'arnica produit une 16gere irritation locale; sur les plaies et les muqueuses I'irri-tation est plus forte, quoique encore modßree.
A faible dose, eile agit sur le tube digestif comme un excitant digestif önergique; ä dose forte, eile irrite la muqueuse stomacale et intestinale, provoque le vomis-sement chez les carnivores et une gastro-entörite chez les herbivores.
Apres l'absorption, le principe actif de I'arnica excite le Systeme nerveux, principalement la moelle öpiniere ; il y a des tremblements, de la gone de la respiration, des convulsions ; puis succede une periode de resolu­tion des forces musculaires et d'abattement ginirail.
Indications. — A l'exterieur Veffet resolutif de I'arnica est g6n6ralement tres remarquable sur les contusions, les ecchymoses, les oedemes, les engorgements de toutes sortes. L'action excitante a pour effet de modifier la sur­face des plaies de mauvaise nature.
A l'interieur eile excite legerement le tube digestif ä faible dose. Elle est indiquöe dans tons les cas ou la fonction digestive est entravöe par defaut de tonicitö, de söcrätions ou de contractions,
Les effets physiologiques g6n6raux ne peuvent pas encore recevoir d'applications centre les affections ner-veuses ou autres, car ils sont encore trop peu connus. II est vrai, on a employe cette substance contre toutes les növroses, mais d'une faqon empirique et sans obte-nir des rösultats serieux.
Kaufmann. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;21
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#9632;
3ß2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; T11EHAPEÜTIQUE VETERINAIRE.
Emploi et doses. — On emploie generalement la leinture d'arnica pour Texlerieur; pour l'interieur, on prefere l'infusion.
.i Estomac........ 500 ä 1000 gr.
Doses toxiqucs....... | Gheval. ^ En inject.intl.a.veineuse.. 30
. Gheval et boeuf.............. 30 i 10 gr.
Doses therapeutiques. J Petits ruminants et porc... 8 ä 15 ' Carnivores................. I i 2
*
!
4deg; lraquo;yretiire {Anthemis Pyrelhrum).
On emploie la racine.
Composition chimique. — La racine de pyrethre ren-ferme une essence, du tannin, une resine molle qu'on a appelee pyrethrine, une huile grasse, de Tinuline, de la gomme, du ligneux et des sels.
Effets et usages. — La pyretre a surtout la propriöte de provoquer la salivation, lorsqu'on l'applique sur la muqueuse buccale; c'est un excellent sialogogue. Elle agit, d'ailleurs, comme excitant sur toute la longueur du tube digestif. Elle constitue un antiparasitaire assez energique.
On l'emploie, sous forme de nouet, pour provoquer la salivation dans les cas d'inappßtence, d'engorgement des glandes, de la muqueuse buccale, de paralysie de la langue. M. Megnin la recommande contre la gale du cheval sous forme d'une pommade au dixieme.
5deg; Aunee {Inula helenium L.).
On emploie la racine.
Composition cuimique. — Essence concrete et cam-phree, resine molle et äcre, cire,extractifamer et solu­ble, inuline, gomme, ligneux, sels, etc.
Effets. — Gelte racine constitue un stimulant enev-
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 363
gique et un tonique puissant. Apres l'absorption des principes actifs, eile produit, outre une legere excita­tion generale, une augmentation de la diaphoröse, unc action expectorante et diuretique.
Elle est indiquee dans les casd'alonie, de debilite du tube digestif; dans I'anemie, I'hydrohemie, les affec­tions catarrhales des voies respiratoires et des voies gönito-urinaires, les maladies culances.
i Grauds herbivores........... 30 ä 100 gr.
Doses.. | Pelits ruminants et pore..... 8ä 15
' Carnivores.................. 2h 8
6deg; Khizome d'Acore vroi {Calamus aromaticus).
GojiPOSiTiON chimique. — D'apres Trommsdorff: Es­sence, acorine ou resine visqueuse, matiere extractive, acide benzoique, inuline, gomme et ligneux.
Effets pbysiologiques. — La racine du Calamus est un stomachique excellent, a la condition que le tube digestif ne soil pas irrite. Elle est prise facilement par tons les animaux et excite les fonclions stomacales et intestinales. Elle peut remplacer avantageusement tou? les stomachiques exotiques. Elle est expectorante et a sur la muqueuse bronchique une action excellente. Eile convient surtout conlre les dyspepsies, l'atonie du tube digestif, le ballonnement et les gastro-ententes chroniques. Elllaquo; convient aussi pour augmenter Tap-petit chez des anemiques ou des animaux en conva­lescence.
Emploi et doses. — On utilise cette racine principa-lement sous forme de poudre.
i Cheval................. 15 it 80 gr.
r,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;gt; Boeuf..................25 amp; 5raquo;
Doses. \ ,, , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; r j. .laquo;
t Mouton ct pore....... 5 it 10
I Chien et chat......... 0.50 a 2
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334nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
On I'administre sous forme de pilules, de bols ou d'electuaires. On l'unit souvent au sulfate de magnesie ou au chlorure de sodium, au sulfate d'ammoniaque, au bicarbonate de soude, a la quinine, au fer, au gou-dron, au sulfure d'antimoine, etc.
Uaies de genifevpe [Juniperm communis, L.).
Les bales de genievre ont une odeur balsamique el agreable, leur saveur est sucröe d'abord et devient ensuite amere et resineuse.
Composition chimique. — Une essence analogue a I'es-sence de terebenthine, une resine verte et cassante, de la cire, de l'extractif, du sucre, de la gomme, des sels de potasse et de chaux, des acides organiques (acide ace-lique, formique et malique).
Effets physiologiques. — Lesbaies de genievre jouis-sentde trois proprietes bion evidentes: elles sont sli-mulanles, toniques et diuretiques. Leur prix 6tant peu elevö, elles peuvent remplacer avantageusement un grand nombre de substances qui jouissent de proprietes analogues. Elles produisent une diurese tres nette et communiquent a I'urine une odeur particuliere carac-lerislique. Elles stimulent la digestion et reinvent la tonicite du tube digestif. Apres absorption deleurs prin-cipes actifs, elles excitant les muqueuses et principa-lement la muqueuse respiratoire.
Elles sont aussi anliparasitaires; c'est surtout Tessence qui jouit de cette propriöte a un baut degre.
Indications therapeutiques. — L'action toniQanto est utilisee pour combattre les affections atoniques du tube digestif, telles que rinappetence, I'indigestion chro-nique, la diarrhee, les coliques dues aux spasmes de l'intestin, etc.
L'action stimulanle generale et tonifianle est mise
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;36;raquo;
avantageusement ä profit pour combattre I'atonie ge-nerale, Tan^mie, les maladies lymphatiques, les ma­ladies des voies respiratoires.Enfln la diurese provoquee par ces baies les recommande dans les cas d'hydropisies des sereuses et du tissu conjonctif des parties declives, de pßritonite et de pleuresie chronique avec öpanchement. On a employe avantageusement l'essence de baies de
geniövre contre la gale folliculaire du chien.
/ Cheval.................. 20 i 50 gr.
nnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\ Boeuf................... 30 ä 1Ö0
quot;oses- i Mouton................ 10 i, 20
[ Pore.................. 5 amp; 10
Administration. — La plupart des animaux prennent ces baies assez facilement surtout quand on les mölange aux aliments. On les unit generalement au sulfate de soude, au chlorure de sodium, au sulfate d'ammoniaque, au fer, au cumin, ä la gentiane, ä l'essence de teröben-thine, au soufre, au sulfure d'antimoine. Pour provo-quer une diuröse plus abondante, on les donne sous forme d'infusions. On fait des fumigations en les proje-tant sur des charbons incandescent?.
Cafe.
On donne ce nomau fruit du cafeier, plante dela fa-mille des rubiaeees, qui crolt surtout dans l'Afrique Orientale. Le meme nom s'applique ä l'infusion qu'on prepare avec les grains de cafe torreflö.
Le cafe est devenu pour nous un veritable aliment. Sa consummation, dejä tres grande, augmenle tous les ans.
On ne prepare pas l'infusion de cafe avec les grains verts, mais bien avec les grains ayant subi l'action d'une chaleur intense qui fait brunir leur surface. L'in­fusion ainsi obtenue est aromatique et d'un goüt infini-
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mm.
366nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THamp;UPEUTIQÜE VfiTfiRINAlRE.
ment plus agitable que celle qu'on obtiendrait avec les grains verts; eile jouit aussi de propriötös physiolo-giques un peu difierentes.
Le cafe vert a la composition chimique suivante :
Canine.......................... 0.2 äi 0.8 p. 100
Legumine........................... 15 —
Sucre et gomme....................... 55 —
Huile grasso et osseutiello.............. 13 —
Sels minöraux (K', Na, Mg, Fe, Ph, Cl).. .. 7 — Acide caletannique................... 5 —
La substance qui communique au cafe vert ses pro-prietes physiologiques, c'est la cofeine. L'infusion de cafe torrefie doit ses proprietes non seulement ä la ca-feine, mais encore h une essence aromatique qui se forme au moment de la torrefaction. Pendant cette derniere operation le cafe perd de son poids (de 1/8 ä 1/4 (Aubert), et il s'appauvrit un peu en cafeine. La richesse du cafe en cafeine varie suivant les terrains; les chiffres ci-dessus ne donnent qu'une moyenne.
L'infusion de cafe torrefie agit beaucoup plus önergi-puement sur l'homme et les animaux que l'infusion de cafe vert. L'alcaloi'de, la cafeine, n'est done pas le seul principe actif du cafe torrefi6, il s'y ajoute un autre principe qui se forme sous l'influence de la torrefaction. Une infusion de cafe torrefie renfermant seulement 0sr,4 de cafeine agit aussi energiquement que lsr,3 de cafeine pure : si Ton injecte dans les veines d'un lapin une infusion de cafe torreQe qui renferme 0sr,04 de ca-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; '
fdine, l'animal meurt rapidement apres avoir presents des tremblements et des convulsions, tandis qu'une dissolution de O^Oo de cafeine pure injectee ne pro-duit presque aucun effet. L'infusion de cafe agit ener­giquement sur les mouvements de l'intestin, tandis que la cafeine seule ne modifle pas sensiblement ces mouvements. Le marcdecafeesttrespauvreen cafeine,
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EXCITANTSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 367
et cependant il agit encore energiquement sur les ani-maux. Le principe aromatique produit par la torrefac-tion a ete appele cafeone par Boutron.
G'estla cafeone qui produit raclivltedel'intelllgence, l'acceleration du coeur, l'abaissement de la tension arte­rielle, l'acceleration de la respiration, l'energie des mouvements peristaltiques de l'intestin, I'expulsion d'une plus grande quantite d'urine. L'homme, ä cause de l'usage continuel qu'il fait du cafe, jouit d'une grande tolerance. Les animaux sont relativement beaucoup plus sensibles ä cette substance. Ge n'est pas, comme on le croyait pendant longtemps, un aliment d'epargne, car il determine une excitation gönörale et une elimi­nation plus forte d'azote.
Emploi et indications. — L'infusion de cafe est in-diqu^e:
ideg; Quand il y a depression nerveuse;
2deg; Pour faire disparaitre les effets des alcooliques;
3deg; Pour les maladies ebroniques des muqueuses des voies respiratoires, surtout les maladies catarrhales ;
4deg; Pour combatlre la constipation ;
5deg; Contre Tindigestion ou pour faciliter la digestion quand eile est laborieuse.
Doses. — Les doses ne sont pas netlement indiquees. Pour les grands herbivores la dose de 50 grammes dans un litre d'eau bouillante sufflt generalement. On pent d'ailleurs augmentcr considerablement les doses sans occasionner aucun empoisonnement.
Cafeine.
La cafeine est un alcaloide qui donne son activite au cafe vert. Cette substance se presente a l'etat de purete sous la forme de cristaux blancs en aiguilles tres fines. Elle est pcu soluble dans l'eau froide et l'alcool, mais
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tres soluble dans l'eau chaude. Avec certains acides eile forme des sels qui jouissent des mömes propriötes physiologiques que l'alcaloide pur.
Effets physiologiques. — La cafamp;ne et ses sels n'ont aucune action sensible sur la peau. Sur les muqueuses la cafeine determine une legere excitation qui active la circulation et les secretions. Dans la bouche on voit qu'elle determine une hypör6mie de la muqueuse et une söcrötion salivaire plus abondante. II est probable qu'ä doses convenables les mömes effets se produisent dans l'estomac et l'intestin.
L'absorption de la cafamp;ne est tres rapide dans le tube digestif, le tissu conjonctif sous-cutanö et les broncbes. On peut l'administrer par l'une ou l'autre de ces voies selon les exigences, Quand on veut l'administrer par les broncbes, il faut injecter la solution avec lenteur dans la trachee dont on perfore les parois avec une se-ringue ä canule fine. L'injection sous-cutanee se fait comme dans les conditions ordinaires, eile n'est jamais suivie d'aucun accident local. Apres I'absorption la ca­feine n'est pas alteree, eile est 61iminee en nature par Yurine et la bile (Binz, Aubert).
Les effets generanx se traduisent par des modifica­tions dans presque toutes les fonctions.
Sensibilite et motiutü. — Aussitot que la caföine a pönötre en assez grande quantite dans le sang, on cons­tate une augmentation de la sensibilite generate et des sensibilites speciales. Les animaux sont ägitäs, les moindres excitations provoquent des reactions. A dose forte, le pouvoir reflexe de la moelle est considerable-ment augmente et il se produit des convulsions tetani-ques comme avec la strychnine. Get effet est surtout facile amp; constater sur la grenouille verte. On le pro­duit aussi sur les mammiferes en administrant des doses süffisantes, surtout lorsqu'on fait des injections
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 369
intraveineuses. Le cheval qui re^oit O^.SO de cafeine en injection sous-cutanee ou intraveineuse prend une attitude plus flere. II releve la töte, dresse les oreilles et leur.fait exöcuter des mouvements dans differents sens; il mäche comme s'il avait des parcelles alimen-taires dans la bouche ; ses yeux deviennent vifs et bril-lants. Puis on constate une certaine raideur dans la demarche. Des contractions cloniquesapparaissentdans certains muscles, surtout dans les masseters. Si on pi­que I'animal, il reagit vivement, ce qui prouve que la sensibilite est exageree. En möme temps les naseaux so dilatent et la physionomie prend une expression he-rissee. Les effets sont les memes sur le chien. Des doses de 1 ä 2 grammes en injections hypodermique ont pro-duit chez des chiens de taille moyenne une surexcita-tion considerable, des mouvements continuels; les yeux etaient vifs et brillants. Avec ces doses les mouve-vements deviennent incertains au bout d'un certain temps et les animaux ont göneralement des desirs ve-neriens evidents. 11s ont des Erections, prennent une position caracteristique et se lechent la verge. Get exci­tation dure environ deux heures ; eile estäsonmaximum trois quarts d'heure apres I'injection.
Secretions. — Pendant la periode d'excitation la mu-queuse buccale est rouge et la salive coule en abun­dance par la commissure des levres. Les secretions des parties inferieures du tube digestif sont ögalement augmentees, car on voit que I'animal rend des matiöres excrementilielles liquides ou melangees avec beaucoup de liquide. La peau rougit et ses secretions sont activees. II y a aussi diurese.
Circulation. — La cafeine produit chez le chien une acceleration du pouls et donne aux battements du coeur une energie plus grande. Les effets sur le pouls et la tension varient avec les doses; des doses faibles et
21.
ocr page 386
370nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
moyennes produisenl une acceleration du pouls et une ölevation de la tension arterielle; des doses fortes en injection intraveineuse produisent une acceleration du pouls avec abaissement de la tension arterielle; avec des doses tres fortes, il y a ralentissement du pouls, arythmie et abaissement considerable de la tension arterielle et enfin mort.
Temperature. — La cafeine a produit sur le cbien (3 grammes) une elevation de la temperature rectale de 39deg;,7 a 40o,3. Avec des doses faibles I'eievation est pou considerable.
Muscles. — Les muscles se contractent avec plus d'e-nergie sous l'influence de la caleine. Les animaux ont des mouvements tres vifs. Quand il y a veritable em-poisonnement, les muscles perdent de leur excitabilile, ils deviennent plus raides et la courbe de la secousse s'allonge considerablement comme avec la veratrine.
L'intestin ne modilie pas ses contractions, d'apres Nasse.
Nutrition. — La cafeine augmente la denutrition; eile y determine une plus forte elimination de matieres quaternaires.
Indications. — La cafeine remplit les m^mes indica­tions gue l'infusion de cafe torrefle.
Administration. Doses. — En injection hypoder-mique.
Cheval................... 0.50 ä 1 gr.
Chien.................... 0.05 ii 0.10
La cafeine et ses sels etant d'un prix eieve, ne peuvent pas etre employes avantageusement en medecine vete-rinaire. L'infusion de cafe produit d'ailleurs les memes rösultats therapeutiques.
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EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 371
fSerpentaire de Vir^iule (Arislolochia serpentaria, L.). Viperinc de Virginie.
Cette plante crolt dans TAmorique du Nord, et no-tamment dans la province de Virginie, dans la Caroline. Elle fournit sa racine a la medecine.
Composition chimique. — Essence, resine molle, extrac-tif amer, extractif gommeux, albumine, ainidon, sels.
Effets puysiologiques. — Cette racine jouit sensible-ment des memes proprietes que les bales de genievre. Elle est stimulante, tonique et diuretique. On pretend aussi qu'elle est antivenimeuse, quoique cetle action ne soit pas encore demontree.
Indications. — Elle repond exaclement aux meines indications que les baies de genievre. En outre on la recommande centre les morsures des animaux veni-meux. Dans la pratique, les baies de genievre la rempla-cent avantageusement.
Cascartlle {Croton cascarilla, L.). Quinquina aroma-tlque.
Le mot cascarille vient du mot espagnol cascarilla qui signifle petite öcorce. Cette ecorce est fournie par un arbre qui croitdans I'Amerique meridionale.
Composition chimique. — La cascarille renferme les principes suivants: essence, acide benzoique, principe amer, ligneux, sels, etc.
Effets et usages. — La cascarille agit sur I'orga-nisme comme excitante, tonique et antiputride. Elle jouit en outre de la propriete d'activer considerable-ment la secretion du lait (Fellenberg), eile est done ga-laclopoielique.
On I'emploie dans l'anömie, les maladies atoniques
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372nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE 'VETERINA.IRE.
des voies digestives, et pour tonifler r^conomie en gönöral lorsqu'il y a relächement ou atonie. Son action galactogene pent aussi recevoir une application dans beaucoup de cas.
Baifort sausage [Cochlearia armorica, L.). Cran ou t'rausou de Bretagne.
Getto plante croit dans presque toute la France, mais surtout en Bretagne. Toutes les parties sont actives, mais on n'emploie guere que la racine.
Composition chimique, — Gette racine contient les principes suivants : une essence sulfuree tres äcre et analogue ä celle de la moutarde noire; une resine amfere, de l'albumine, du sucre, de la gomme, du li-gneux, des sels calcaires.
Effets physiologiqües. — La pulpe fralche de racine de raifort sauvage appliquee sur la peau, y determine uue rubefuction et un engorgement comme la mou­tarde noire. Dans le tube digestif, eile produit du ptya-lisme, une vive excitation de l'estomac et peut möme devenir irritante si son usage est trop prolonge ou si on öleve .les doses outre mesure. Apres l'absorption, eile est stimulante, tonique et diuretique.
Indications. — Gomme stimulant et tonique,. le rai­fort convient dans les döbilitös du tube digestif, les affections vermineuses, les maladies atoniques et celles qui sont passees ä l'etat chronique ; comme diurätique, on le recommande centre les diverses especes d'bydro-pisies; comme anticatarrhal, le raifort est utile dans le catarrhe des bronches, du nez, les ecoulemenls muqueux des voies gönito-urinaires, l'albuminurie.
-.
Grands herbivores.......... 150 i 250 gr.
Doses.. | Pelits ruminants et pore.... 50 ä 100 Carnivores................ i0 i 25
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T
EXCITANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;373
Administration. — Aprös avoir rMuit la racine en pulpe, on la melange avec des matieres farineuses et on en fait des bols ou des ölectuaires; on pent aussi en extraire le sue et l'administrer dans un vöhicule appro-prie; enfin on pent trailer la racine par maceration, avec I'eau, les liqueurs alcooliques, le vinaigre, et on I'administre ensuite en breuvage.
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ONZIEME CLASSE
ANESTHESIQUES LOCAUX.
Coca'ine.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;gt;
La cocaine est un alcaloi'de que^Niemann a isole en 1839 de V Erythroxylon coca, arbuste que Ton cullivedans diverses regions de l'Amerique du Sud.
Caracteres. — La cocaine estcristallisöe sous forme de prismes a quatre ou six pans ; eile est incolore, ino-dore, a saveur amere, a reaction fortement alcaline, peu soluble dans I'eau, soluble dans l'alcool et mieux encore dans l'ether et le chloroforme. Get alcaloi'de se combine avec les acides et forme des sels tramp;s solubles dans l'eau et qui jouissent des memes eifets biologiques que la cocaine. Le chlorhydrate de cocaine est le plus employe, il est soluble en toute proportion dans I'eau. La cocaine se distingue des alcaloides mydriatiques en ce qu'elle ne prend pas de coloration violette lorsqu'o.n la traite par I'acide azotique chaud, puis par la potasse caustique alcoolique.
Effets physiologiques. — Les solutions plus ou moins concentrees de chlorhydrate de cocaine, detrui-sent la sensibilite locale sielles sont appliquees sur des surfaces fines, faciles a imbiber. Si on plonge la patte d'une grenouille dans line solution au centieme de ce sei, on la rend insensible; si Ton plonge la grenouille dans un bain de cocaine, tout le tegument devient in­sensible. Mais sur la peau de l'homme et des animaux domestiques les applications sont absolument sans
MMi
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ANESTHESIQUES LOCAUX.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;375
aucun efTet, sans doute parce que le medicament ne traverse que difficilement l'epiderme et qu'il n'arrive pas au contact des extrömiles nerveuses. En effet, si on amincit l'epiderme ou si on l'enleve ä l'aide d'un vesicatoire,onobtient l'anesthesie cutanöe. Quand on a obtenu la cloque du vesicatoire, il sufflt d'y injecter quelques gouttes de chlorhydrate de cocaine pour supprimer la douleur. L'epiderme enlev6, I'application de compresses ou de charpie imbibee de sei de cocaine anesthesie la surface.
Gette action est tres ötroitement localisee au point d'application; si la plaie est pansee avec un canevas imbibe, leslignes seulesrecouvertespar le canevas sont insensibilisees, las intervalles ne le sont pas.
L'aclion anesthösiante locale est surtout tres mani­feste sur la muqueuse oculaire. Elle a el6 decouverle et bien etudiee par Karl Koller, medecin autrichien. L'instillalion de la solution de chlorhydrate de cocaine sous las paupieres provoque chez tous les animaux et chez I'homme una anesthesie de la cornee et de la conjonctiva. On peut grattar, piquer, irriter la cornöe par un courant induit intense, la cauteriser avec le crayon de nitrate d'argent, sans que l'animal fasse aucun mouvement. L'homme auquel on a fait une ins­tillation dans un ceil, non seulement n'eprouve aucune douleur, mais ne percoit pas les attouchemants, las piqüres, les cauterisations failes ä la cornee ou a la conjoncllve. Avec una solution de 3 p. 100, il sufflt de deux ä trois instillations de qualre a. cinq gouttes pour obtenir en deux minutes I'insensibilile complete, insen-sibilite qui persiste environ un quart d'heure. Cetle durea suffit pour la plus grand nombre des operations des yeux, telles qua extraction des corps etrangers de la cornea, cautörisation des ulceres, operation da la cataracte, etc, Le chlorhydrate de cocaine exerce aussi
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376nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEÜTIQUE VETEHINAIRE.
une action anesthesiante surges autres muqueuses, exem-ples, celle du larynx, dupharynx, des voies urinaires, etc. Apres le badigeonnage ou la pulverisation de prepara tions de cocaine sur la muqueuse pharyngienne, les reflexes sent supprimös et l'introduction du laryngos­cope est facilement tolöree.
D'apres M. Grasset, professeur ä la Faculte de mede-cine de Montpellier, l'introduction de preparations de cocaine dans le tissu conjonctif sous-cutan6 donne l'anesthesie de la peau sus-jacente. Getto anesthesie cutanee se produit nettement avec 1 centigramme de chlorhydrate de cocaine, eile dure environ quinze mi­nutes, n'est pas accompagnee de phenomönes gen^raux et n'a que des suites locales insignifiantes. L'anesthesie locale produite par les sels de cocaine estleresultatde l'action coagulante exercee sur le protoplasma des ele­ments nerveux terminaux et fibrillaires.
Les effets generaux que produit la cocaine apres son absorption ne sont nullement des effets anesthösiants ou analgesiants, comme on avait de la tendance ä le supposer ä un moment. M. Arloing ademontre que les effets de la cocaine se rapprochent de ceux de la strychnine. G'est un anesthesique local et un convulsi-vant general.
Si Ton injecte sous la peau du lapin, ou du cobaye, ou du chien, une dose toxique de solution de chlorhydrate de cocaine ä 1 ou 2 p. 100,1'animal ne tarde pas ä 6tre pris de violentes convulsions ; il tombe sur le sol, la tele renversee surle dos, les pattes antörieures ötendues le long de la poitrine, ainsi que les posterieures, a des convulsions toniques et cloniques; la mort survient ensuite rapidement. Quand les doses sont fortes sans 6tre toxiques, on voit apparaltre les signes d'une viva excitability reflexe qui se dissipe ensuite graduellement. A aucun instant de la periode d'etat des effets de la
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ANESTHESIQÜES LOCAUX.
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cocaine on n'a pu constater une veritable diminution de la sensibilite de la peau ou des muqueuses superfl-cielles, tandis qu'il suffisait de verser une goutte de la solution de cocaine dans un ceil pour obtenir aussitöt l'anesthesie localisöe de la surface de cet organe. L'action de la cocaine sur la circulation n'est pas encore nettement pr6cisee ; cependant on a constate avec les appareils enregistreurs un abaissement de la tension arterielle chez le chien et le lapin, une acceleration du pouls chez le premier animal et un ralentissementchez le second, un affaiblissement graduel des battemenls du cceur.
Les traces de la respiration accusent une acceleration avec conservation du rythme et de la forme des courbes respiratoires ; seulement l'amptitude de celles-ci di-minue pendant que leur nombre augmente. La respi­ration s'arröte vingt ä vingt-cinq secondes avant le casur. Au moment oü l'agitation des membres, de la töte et des mächoires apparalt, on voit la salive s'echap-per abondamment de la bouche, un liquide spumeux s'ecoule des narines, la pupille se dilate brusquement de fagon a se confondre avec la circonference de la cornöe; des convulsions analogues ä celles de la strychnine apparaissent par acces.
Outre I'empoisonnement aigu que Ton obtient par une forte injection sous-cutanee ou intraveineuse, le chlorhydrate de cocaine pent causer unempoisonnement lent, auquel les animaux succombent au bout de quatre, cinq ou six jours ; ces animaux passent ce temps dans un etat decollapsusetd'hebetude tres accuse. Dans ces conditions il y a analgesic, mais celle-ci ne denonce pas une propriety parliculiere a la cocaine, attendu qu'on la rencontre plus ou moins dans un grand nom­bre d'intoxication graves.
Indications TiutRAPEimouES. — L'action anesthesianle
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378nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THftFUPEUTIQUE VfiTÄRINMRE.
locale qu'exerce la cocaine sur les muqueuses la rend pröcieuse dans un grand nombre de maladies siegeant sur ces muqueuses.
Dans la pathologie oculaire eile rend de grands ser­vices chezl'homme et les animaux. Unegoulte ou deux de chlorhydrate de cocaine en solution ä 3 ou S p. 100 instillees dans I'oeil sufflsent pour I'insensibiliser com-pletement, pour abolir les reflexes des paupieres et du corps clignotant. Elle permet de se livrer a toutes les explorations de I'oeil et de pratiqucr les operations les plus delicates, telles que la cataracte, l'extraclion de corps etrangers, sans occasionner aucune souffrance. En anesthesiant I'oeil et en dilatant la pupille eile rend doublement facile l'examen optbthalmoscopique du fond de l'ceil. Dans les opthlhalmies tres douloureuses eile calme la souffrance et rend possible chez les ani­maux la cauterisation de la conjonctive enflammde.
Les proprietes analgesiantes de la cocaine ont 61e utilisöes aussi dans le traitement des maladies du pharynx, du larynx^ des fosses nasales, de l'oreille, du vagin, de l'uröthre.
On peut pratiquer, avec le secours de la cocaine, des operations diverses sur le pharynx et le larynx, sans occasionner de douleurs aux patients et sans etre gone par les mouvements reflexes que determine le contact des corps etrangers avec la muqueuse de l'arriere-gorge et du larynx. Elle permet aussi de cauteriser des ulceres, des tumeurs siegeant sur ces diverses muqueuses, et cela sans douleur.
Elle a deja ete employee avec beaucoup de succes dans I'espece humaine dans les cas de vaginite, de fissure t\ I'anus, d'urethrite.
Les pommades cocainees seront appliquees avec avantage al'obstelrique, on pourra enduire le col utcrin, le vagin, surtout chez les petites femelles qui presentent
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ANESTHESIQUES LOCAUX.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 379
de frequents exemples de dystacie et supportent si mal les manipulations de Taccoucheur,
En injection sous-cutanee, le chlorhydrate de cocaine
a 616 employö comrae moyen d'anesthesie locale, pre-
paratoire d'operations chirurgicaleg telles que : ouver-
r ture de phlegmons (sol. a 20 p. 100), extirpation do
tumeurs.
Preparations et doses. — Solutions aqueuses de chlorhydrate de cocaine : 2 ä 3 p. 100 pour l'ceil et le canal de l'urethre, 4 ä 10 p. 100 pour la inuqueuse du nez et du vagin, 20 p. 100 pour la muqueuse du larynx.
Pommade pour enduire le col ä5 p. 100.
Dose toxique chez le chien : plus de un centigramme par kilogramme du poids de Tanimal.
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DEUXIEME GROUPE
PREMIERE CLASSE
TONIQL'ES.
On appelle toniques les medicaments qui, apres leur absorption, relevenl le mouvement d'assimilation et communiquent a tons les tissus une tonicite plus grande.
Tons les toniques n'agissent pas par le meme meca-nisme; les uns se fixent dans les elements anatomiques des tissus et en font partie integrante; d'autres ne font que traverser l'organisme et pendant leur court sejour modifient la vitalite des Elements du sang, des tissus et surtout du Systeme nerveux. Les premiers sont pour ainsi dire de veritables aliments, car il font partie in­tegrante de l'organisme normal; les seconds au con-traire ne sont jamais assimiles aux tissus normaux, ils agissent simplement en modiflant d'une certaine ma-niere la matiere protoplasmique ainsi que le milieu organique dans lequel plongent les elements anatomi­ques. En se basant sur cette difference d'action on pent diviser les toniques en deux groupes; le premier com-prenant les toniques analeptiques, c'est-ä-dire les toni­ques qui sont de veritables aliments, et le deuxieme comprenant les toniques nevrostheniques, c'est-a-dire les toniques qui ne font pas partie normale de l'organisme animal, mais qui excitent favorablement le systeme nerveux el la nutrition.
mmm
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 381
Les uns et les autres n'agissent que lentement et apres un certain temps d'administralion.
1deg; ToiiiqiiKs analeptiqnea.
Les toniques analeptiques sont les agents therapeu-tiques dont le mode d'action caracteristique consiste a rendre au sang les principes organisables etreparateurs qui lui manquent.
Le sang normal renferme dans certaines proportions determinees compatibles avec l'etat de sante, laflbrine, I'albumine, la serine, les matieres grasses et hydrocar-bonees, les sels, le fer, le manganese. Quand ces propor­tions sont troublees par suite de la diminution d'une des substances, il y a alteration de la nutrition des tissus qui ne trouvent plus dans le liquide sanguin les matieres qui doivent les reconstituer; il en rösulte un etat maladif plus ou moins grave. Los toniques analeptiques, en apportant au sangle principe qui lui manque, retablis-sent sa composition normale et par ce fait retablissent la nutrition dans son etat physiologique.
11 est rare qu'avec une alimentation convenable les matieres proteiques, grasses et hydrocarbonees dimi-nuent dans le sang au point d'alterer la nutrition göne-rale. Mais cette alteration survient souvent apres une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualite. Pour retablir l'öquilibre et par consequent la santö et les forces, il sufflt de rendre l'alimentation meilleure, de donner dans la ration une forte proportion de matieres azotöes et hydrocarbonees. Les aliments toniques analeptiques qui conviennent alors sont : le lait, la chair, le sang, les ceufs, la farine, le son, les grains des cereales ou des legumineuses, etc.
Je n'etudierai pas les effets de ces substances, qui sont des aliments et non de veritables medicaments.
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382
THKRAPEUTIQUE VETEHINAIhE.
Le sangpeut aussi perdre ses proprietes nutritives et stimulantes par suite d'une diminution de la quantite de fer; et alors il se produit un 6tat particulier du sang et de Torganisme qu'on dösigne sous le nom d'anemie. L'anemie peut se produire malgre une alimentation tres substantielle, si les aliments ne contiennent pas une assez forte proportion de fer. On remedie ä cet etat d'anemie par les ferrugineux qu'on ajoute aux aliments. Nous devons en faire une etude complete.
Ferrugineux.
On appelle ainsi le fer metallique et ses differents composes.
Le fer joue un tres grand r61e dans la nutrition; ce metal fait partie Constituante de l'organisme animal, il se trouve üxö sur l'hemoglobine des hematies, et lui communique la propriete d'absorber I'oxygene dans les voies respiratoires et de le ceder ensuite aux diffe­rents tissus de l'organisme. Le sang est d'autant plus propre a entretenir la nutrition et la vitality des tissus qu'il est plus riebe en globules rouges. Les globules rouges ne peuventpasexister sans fer, at quand la pro­portion de metal diminue dans I'alimentation, les glo­bules rouges diminuent de nombre dans le sang, la restauration des tissus se fait moins bien et il en resulte une faiblesse generale appelee anemie. La proportion de fer du sang est variable avec les. especes animales et plusieurs autres circonstances. Le sang des oiseaux est le plus riebe en fer; vient ensuite celui des carnas-siers et enfln celui des herbivores. Si on analyse com-pletement un cadavre, on trouve qu'unhomme du poids de 7Ü kilos, contient 3gr,07 de fer; un cbeval, 9 grammes environ. Ge fer qu'on trouve dans le sang et les tissus des animaux est empruntc aux aliments. Voici, d'aprös
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;383
Boussingault, la proportion de fer contenue dans les principales matieres alimentaires : I'analyse a porte sur 100 grammes de chaque substance.
Boeaf........................nbsp; nbsp; Oer,0048
Veau.........................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0027
Poisson........................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0015 k 0,0012
Lait de vache..................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0018
Cffiuf de poule.................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0057
Pain blanc...................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0048
Hiz...........................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0015
Haricots.......................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0074
Lentilles......................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0083
Pommes de terro..............nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0016
Avoine........................nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0131
Feuillos vertes de choux.......nbsp; nbsp; 0nbsp; nbsp; 0039
Les liquides suivants contiennent pour 100 centi­metres cubes:
Vin (Beaujolais)..................... 08r,000109
Vin blanc (Alsace)................... 0 00007G
Bifere.............................. 0 000010
Boussingault a analyse toutes les secr6tions et tons les produits de dechet expulses par I'organisme animal dans les vingt-quatre heures. II a trouve que le fer est elimine dans les proportions suivantes chez les differen-tes especes :
L'homme elimine dans 24 heures... 0g,,0ö de fer.
Le chieu.......................... 0 04
Le choval......................... 0 20
Pour que le sang conserve sa constitution normale, et pour qu'il puisse servir constamment ä entretenir la vie des organes, il faut que la quantite de fer öliminee soit remplacee par une quantite ögale venant des ali­ments ingöres. Or, si on examine la quantite de fer con­tenue dans la ration journaliere, on trouve qu'un soldat de Farmee francaise ingere tons les jours de 0m,06Gl h
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384nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE,
O-.OVS de fer, un cheval de le'.lOiee, ä l8r,5612. La quantite de fer ingeree par les animaux recevant une ration ordinaire est done en general plus que süffisante pour reparer les pertes en fer que I'organisme eprouve sous l'influence du mouvement de desassimilation. II y a cependant des cas oü les aliments sent tellement pauvres en fer qu'ils n'apportent a I'organisme qui les . laquo; consomme, qu'une quantite insufflsante pour les be-soins de la nutrition ; il est des cas aussi oü le fer con-tenu dans les aliments s'y trouve sous une forme teile qu'il n'est pas absorbe dans le tube digestif ou qu'il n'est absorbs qu'en trop petite quantite. Dans ces deux cas le resultat final est le msect;me, e'est-a-dire que le sang s'appauvrit en fer, ses globules rouges diminuent, la nutrition des tissus s'allere etl'anemie apparait.
Dans toutes les maladies I'organisme s'appauvrit en fer, seit par suite d'une Elimination plus forte, soit par
F nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; suite d'une Ingestion insuffisante. Les analyses suivan-
tes failes sur le sang de l'homme sain et de l'homme malade le demontrent clairement:
Fer conlenu dans 1000 grammes de sang.
n .
Homme en bonne sanlc..................nbsp; nbsp; 0.56
Femme en bonne sante...................nbsp; nbsp; 0.51
Homme atteint dc maladies inflammatoircs.nbsp; nbsp; O.-iO
Femme atteintenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.48
Pleuresie................................nbsp; nbsp; 0.461
Rhumatisme aigu (4 homtnes).............nbsp; nbsp; 0.452
Anemie (-iO individus)....................nbsp; nbsp; 0.360
Chloroso...............................nbsp; nbsp; 0.319
On voit aussi d'apres ce tableau que le sang de l'homme est, a I'etat normal, plus riche en fer que le sang de la femme. II est fort probable qu'il en est de möme chez les animaux si on compare le sang du male a celui de la femelle.
Effets physiologiques des ferrugineux. — Je ne decri'
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TONIQÜES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;385
rai pas ici les effets locaux prodults par les differents composes ferrugineux; ces effets sont ceux des astrin­gents et ont 616 Studies ailleurs. Je ne decrirai que les effets engendres apres I'absorption.
Absorption. — Les ferrugineux ne sont pus absorbes par la peau intacte, mais ils sont legerement absorbes parlesplaies quand ils sont solubles. En injection hypo-dermique les sels de fer Ires solubles, tels que le citrate de fer, sont absorbables, mais les composes insolubles ne sont nullement absorbös. Dans le tissu conjonctif les sels de fer solubles se transforment en albuminates so­lubles et absorbables^ et on pent retrouver le fer dans les urines quelques heures plus tard. Les sels tres styptiques, par exemple, le perchlorure de fer, ne peu-vent pas 6tre absorbes par le tissu conjonctif, parce qu'ils determinent une destruction locale des tissus en se combinant a leur substance.
Introduits danslabouche, les sels de ferexercent une action astringente energique et produisent une saveur metallique, qui est encore perceptible quand 11 y a 1 partie de sei pour 2000 parties d'eau. Dans la bouche I'absorption est nulle, mais il y a souvent decomposition partielle du sei ferrique sous l'influence de l'acide sul-fhydrique contenu dans la salive, et alors il se forme du sulfate de fer qui donne aux dents une coloration noire.
Dans Testomac tons les composes ferrugineux sont rendus solubles, en totality ou en partie. Le fer metal­lique entre en combinaison avec les acides du sue gas-trique et il y a degagement d'hydrogenc gazeux qui produit souvent un ballonnement nuisible. Presque toutesles preparations ferrugineuses sont transformees, dans I'estomac, en chlorure de fer qui reste en dissolu­tion dans le liquide albumineux acide et qui est facile-menl absorbe.
Kaufmann. — Thorapeutiqup.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 22
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386nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Quand la preparation ferrugineuse est administr6e ä dose un pen forte, la totalite n'est pas rendue soluble et absorbable dans Testomac; une certaine quantite se precipite ou reste insoluble, arrive dans l'intestin, irrite la muqueuse et est expulsee ensuite avec les excre­ments. II est done ulile, pour obtenir une absorption sure sans amener aueun derangement dans la digestion, de faire prendre les ferrugineux aux animaux ä doses tres faibles.
En traversant l'intestin, le fer se combine avec le soufre de l'acide sulfhydrique pour former du sulfure de fer insoluble qui se pröeipite sous forme d'unepoudre noire ; et qui communique aux excrements une colora­tion foncee. Aprsect;s son absorption le fer se fixe sur les hematics qui, en augmentant leur hömoglobine, acquie-rent un pouvoir respiratoire plus considörable. Apres quelques jours d'administration de fer, on voit que les globules rouges augmententde volume et que leurnom-bre s'accroit notablement. Gette augmentation du nombre des globules rouges se remarque dejäsurles animaux sains, mais eile est surtout tres remarquable sur les animaux anemiques, chez ceux oü le nombre des he­matics est au-dessous du chiffre normal. Chez ces der-niers animaux on voit que sous l'influence du fer les muqueuses prennent une coloration rosee, la peau aussi se vascularise, le pouls et les battements cardiaques deviennent plus vigoureux, l'ceil devient brillant et vif, la calorification augmente, les fonctions se regülarisent et la nutrition genörale s'ameliore.
D'apres les experiences faites dans notre laboratoire sur les animaux sains, on constate que le fer administre pendant quelque temps s'accumule dans le sang, aug­mente le nombre des globules rouges et en m6me temps la quantite d'oxygene contenue dans le sang arteriel. Le sang etant plus oxygene conslilue un milieu plus
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 387
favorable pour la respiration et la nutrition des Ele­ments histologiques des tissus des organes. On com-prend ainsi tres bien pourquoi la vigueur augmente, pourquoi la calorification et la circulation se relevent.
Le fer ne reste pas indefiniment dans le sang et les tissus; il est entralne par le mouvement de desassimi-lation comme d'ailleurs tous les autres principes con-stituanlsdela matiere organique et estensuite elimine.
L'elimination se fait par toutes les voies, car tous les produits de secretion renferment du fer, mais en pro­portions tres differentes. Les principales voies d'Elimi-nation sont la bile et le gros inteslin. D'apres Rose, la bile de boeuf contient 0,16 p. dOO de fer, et d'apres Meyer celle de chat, 0,0833 p. 100. Quand on adminis-tre du fer, on voit la quantite de ce mötal augmenter dans la bile. L'intestin ölimine aussi beaucoup de fer par sa muqueuse, car les matieres fecales contiennent une quantite de fer bien superieure ä celle apportee ä l'intestin par la bile. Dans I'urine on retrouve seize fois moins de fer que dans les feces (Schmidt). On s'est de-mand6 pourquoi le fer n'est Elimine qu'en tres petite quantite par les urines. On admet que cela tient ä la combinaison que forme le fer avec les matieres albumi-noides du sang qui, comme on le voit, ne sont pas ex-pulsEes par I'urine. D'apres GI. Bernard, le fer qu'on trouve dans I'urine est combine ä une matiere organi­que qu'il croit etre de la mucine.
Indications thkrapeutiques. — D'apres I'etude phy-siologique qui vient d'Etre faite, on doit considerer les ferrugineux comme d'excellenls moyens pour combat-tre certaines anemies et certains vices de nutrition. Le fer convient surtout dans les cas suivants : dans toutes les maladies caracterisees par la pauvrete du sang, dans I'anemie, la chlorose, I'hydrohemie, la leucemie,etc. Pour bien reussir dans ces diffErents cas, il est neces-
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388nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUK VETERINAIRE.
saire de donner en m6me temps une nourriture riche en azote, carle fer ne pent 6tre utilise par I'organisme que lorsqu'il peut se combiner avec des matiöres albu-minoides. 11 est evident que si la pauvrete du sang tient ä une alt6ration anatomique d'un ou de plusieurs or-ganes, le fer ne pourra la guerir qu'apres la disparition de ces lesions anatomiques. Aussi le fer ne doit il pas 6tre employe pendant le cours d'une maladie aigue, mais seulement pendant la convalescence. Les ferru-gineux ont en general le pouvoir de resserrer la mu-queuse digestive, de tarir les secretions, ils sont done indiques aussi dans les cas d'atonie, de relächement et de diarrhee.
Le fer et ses composes sont contre-indiques dans toutes les maladies inflammatoires au debut, dans la constipation, la plethore.
/nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Preparations ferrugincuNes.
A faibles dans toutes les preparations ferrugineuses produisent les memes effets. En veterinaire nous de-vons done choisir les plus simples et les moins coüteuses. Les principales preparations ferrugineuses sont : le fer metallique, les oxydesde fer, le sulfure, le perchlorure, le carbonate, le citrate de fer, etc.
Fer metallique. liimaille (Mars).
traquo; Limaille de fer. — La limaille de fer est une pou-dre d'un gris cendre, inodore, insipide, s'oxydant rapi-dement a l'air et se dissolvant avec facilite dans la plu-part des acides. Elle renferme toujours outre le fer, de petites quantites de soufre, de silicium, de manganese, d'arsenic.
2deg; Fer reduit. — Le fer reduit s'obtient en dösoxy-
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;389
dant l'hydrate de peroxyde de fer au moyen de l'hydro-gene; il se presenle sous forme d'une poudre noirätre qui tache les doigts.
Doses et administration. — Le fer en limaille ou reduit est une des meilleures preparations; employe comme tonique reconstituant general doit toujours 6tre administre a tres faible dose et pendant une pöriode de temps assez longue. Les fortes doses ont I'inconvenient de fatiguer le tube digestif et eile n'agissent pas plus vite sur la nutrition que les doses faibles. II convient de faire l'administration au moment des repas, parce que c'est seulement pendant la digestion que le sue gastri-que est secrete, or la presence du sue gastrique est une des premieres conditions pour que le fer puisse 6tre rendu absorbable. II faut done autant que possible me-langer le fer avec les aliments, avec le son, I'avoine ou sous forme de bol au d'electuaire ; c'est dans ces condi­tions qu'il produit son maximum d'effet. On pent aussi faire dissoudre les ferrugineux dans l'eau des boissons ou des breuvages, dans laquelle on verse quelques gouttes d'acide chlorhydrique pour favoriser la dissolu­tion. On ne doit jamais employer simultanement le fer avec les substances alcalines qui neutraliseraient en partie I'acidedu sue gastrique etle rendraient ainsi moins propre a operer la dissolution du fer.
Les doses sont:
Cheval.........................nbsp; nbsp; 3 knbsp; nbsp;5 gr.
Bceuf...........................nbsp; nbsp; 5 änbsp; 10
Mouton et pore..................nbsp; nbsp; 0.50 anbsp; nbsp; 1
Chien...........................nbsp; nbsp; 0.10 änbsp; nbsp;0.20
Oxydes de fer.
Les oxydes de fer, au nombre de trois, sont: le joro-toxyde, le sesquioxyde et Yoxyde inlermtdiaire ou oxydn
22.
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390
THfiRAPEUTIQUE VETamp;UNAIRE.
noir. Ces composes deviennent solubles dans I'estomac sous l'action du sue gastrique. Outre les effets toni-ques, le fer oxydö jouit aussi de la propriete de neutra-liserl'acide arsenieux; onpeutdoncremployercomme contra-poison decet acide; e'est surtout le sesquioxyde, prepare depuis peu, que Ton doit administrer de pröfö-rence.
L'ean rouillee n'est autre chose qu'un melange d'hy-drate de peroxyde de fer et de carbonate de fer en suspension dans I'eau.
Sulfure de fer.
C'est une poudre d'un jaune brun qui se tranforme au contact de Tairhumide en oxyde de fer et en soufre.
Effets et emploi. —Le sulfure de fer produit k la fois les effets du far el ceux du soufre. Dans I'estomac et l'in-testin, il donne naissance ä de l'acide sulfhydrique en grande quantitö et pent produire le degoüt. Gependant ä faible dose, le degagement d'acide sulfhydrique ne deviant pas nuisible. II convient pour les jeunes che-vaux atteints da maladies lymphatiques.
Pcrchlorure de fer.
Pour retnde de ce sal, voir page 99. Carbonate de fer.
C'est un des composes de fer les plus employes äl'in-terieur et des plus dignes de I'etre; il pent remplacer la plupart des autres avec avantage, ä cause de sa facilite de dissolution et d'absorption. 11 jouit d'une certaine reputation contre le pissement desang. Quand on en fait un usage un peu prolonge, il provoque faci-
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 391
lement la diarrhee, que Ton pent d'ailleurs evitei- en I'associant a de la gentiane.
Chez le cheval et les grands ruminants on le donne ä la dose de 16 a 90 grammes. On I'administre en bols ou en electuaires.
Sulfate de fer. Vitriol verlaquo;.
Voir page 97.
Antres Nds de fer.
Le fer forme, avec les acides organiques, des sels qui sont en general tres solubles etquine presentent quedes propriötös astringenteslegeres.llsconviennentdonc tres bien comme toniques, car ils sont absorbes facilement dans le tube digestif. Les principaux de ces sels sont: Vacelate, le lactate, le citrate, le tannate et les lartrates de fer.
Eaux iniiM-ralex ferrn$liieiiges.
Ces eaux, tres communes en France, renfermentle fer äl'ötat de bicarbonate et de sulfate de protoxyde de fer: on y trouve aussi divers sels alcalin, et terreux. Elles conviennent tres bien comme toniques, et le vötörinaire ne doit pas negliger cette ressource precieuse lorsqu'elle existe dans la localite qu'il habite.
Siels de manganamp;se.
Les sels de manganese jouissent sensiblement des monies proprietes que les sels de fer. 11s sont toniques et astringents. On ne les emploie gönöralement comme toniques que mölangös avec les composes du fer. Les
#9632;#9632;-
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392nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
principaux composes sont : le peroxyde, le carbonate, le sulfate et le chlorure.
Iluile de foie de morue.
L'huile de foie de morue est jaune, brune ou noire selon son etat de purete; eile a une odeur de poisson; sa saveur est desagreable et laisse au fond de la gorge un arriere-goüt detestable de poisson ranee.
Composition. — Elle renferme des acides gras, de la glycerine, de la trimethylamine, de l'iode, du brome, du phosphore et quelques acides gras odorants.
Action puysiologique. — L'huile de foie morue differe des huiles et des autres graisses par sa facile digestibi-lite. Elle peut 6tre administröe ä dose forte et pendant longtemps, sans gener la digestion et sans amener au-cune fatigue stomacale ou intestinale. Gette huile doit sa facile digestibilite ä la presence des acides gras libres qui favorisent son emulsion dans les sues digestifs. Les experiences faites sur les animaux ont demontre que e'est, de toutes les graisses, celle qui est absorbee le plus rapidement.
Arrivde dans le sang, l'huile de foie de morue est oxy-d^e rapidement, sinon en totality, du moins dans cer­tains de sesprincipes constituants; eile donne naissance ä de l'eau et de l'acide carbonique, et entretient la cha-leuranimale.Cette huile constitue un thermogene excel­lent en meme temps qu'un aliment d'epargne' de pre­mier ordre. En effet cette huile en s'oxydant dans le sang, previent l'oxydation des matieres proteiques qui constituent la substance möme des tissus; ceux-ci etant conserves intacts, il y a 6conomie ou epargne. Quand les matieres grasses sont en trop petite quantity dans le sang, il y a d'abord resorption de la graisse interstitielle des organes, puis quand cette provision est öpuisee, use
mam
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;393
forme de la graisse aux depens de la matiere albumi-nol'de qui forme la substance de la trame organique, il y a degenerescence graisseuse| des organes pareuchyma-teux. L'huiledefoiede morue previent cette dögeneres-cence des organes parcequ'elle fournit au sang tous las elements combustibles nöcessaires pour entretenir la chaleur animale.
Toute la puissance therapeutique de l'huile de foie de morue reside dans sa facile digestibility et dans la faculte qu'elle possede de preserver de l'oxydation les tissus des organes. Gomme^elle contient de l'iode, du brome et du phosphore, eile offre ces substances aux tissus pour les besoins de leur nutrition.
Indications tiierapeutiques. — L'buile de foie de morue est un medicament alimentaire qui n'a pas une action speciflque sur les maladies; eile agit comme ali­ment hydrocarbure et convient danstoutesles maladies anciennes des voies respiratoires, la phthisie, les ca-tarrhes, les hydropisies, la leucemie, la maladie du jeune äge, le rachitisme, les engorgements glandulaires. Elle n'agit pas directement sur le processus patbolo-gique, mais en regularisant la nutrition, eile releve les forces de l'organisme qui reagit alors mieux contre la maladie.
A l'exterieur l'huile de foie de morue est vantee contre les maladies cutanees inveterees, l'eczema sec, Timpötigo, le pityriasis, etc. Elle agit aussi favorable-ment sur les maladies inflammatoires de l'ceil; mais eile est göneralement insuffisante pour guerir complete-ment ces maladies.
Doses et emploi. — Le meilleur moyen pour adminis-trer l'huile de foie de morue aux petits animaux, con-siste ä la leur faire prendre par cuillerees, plusieurs fois par jour; ou a la melanger ä la soupe, au bouillon, ä la viande ou ä d'autres'aliments que ces animaux
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394nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THlSRAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
appetent. Au bout de quelques administrations les ani-maux la prennent en general facilement. Aux grands herbivores on la donne ordinairement sous forme d'elec-tuaire.
I CUeval............... 100 k 200 gr. B^f................. 200 a 300 Mouton et pore....... 50 h 100 Cliien et chat......... 2 ä 15
11 ne fautpas donner des doses trop fortes, car il pour-rait en resulter des pneumonies graisseuses par suite de satrop grande abondance dans le sang.
Chlorurlaquo; de goilium.
Ce sei a une reaction alcaline; il est soluble dans trois parties d'eau et insoluble dans I'alcool.
Effets physiologiques. — En poudre ou en solution concentröe, ce sei determine une irritation des tissus et produit de la douleur sur la peau, les muqueuses et les plaies. II est antiseptique, previent la decomposition des matieres organiques, et, en excitant les plaies, bäte la cicatrisation.
Ce sei est contenu dans toutes les parties de l'orga-nisme, il represente ä lui seul la moitie des sels contenus dans le cadavre. 11 s'accumule surtout dans les liquides organiques; on n'en trouve que des traces dans les hematies, les fibres musculaires et les cellules.
Dans le sang et la lymphe, le chlorure de sodium joue unr61e physique tres important; ilaugmente les courants endosmotiques, attire dans les vaisseaux les liquides situes en dehors de leur cavite; il agit, d'apr^s Liebig, comme une pompe aspirante; mais e'est une pompe aspirantequidifföred'unepompe ordinaire en ce qu'elle n'a ni corps de pompe ni soupape. Les liquides de la digestion contenus dans la cavite intestinale sent ab-
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 395
sorbes, parce qu'ils sont attires dans lesvaisseaux par le chlorurede sodium contenu dans le sang- et la lymphe.
En se basant sur ce role physique du chlorure de sodium, on peut aussi expliquer les ^changes nutritifs qui sefontentre les 61ementsanatomiquesetles liquides nourriciers. Les elements cellulaires et les fibres pro-duisentdans leur Interieur des produits acidesqui sor-tent de leur substance, parce qu'ils sont attires par le liquide alcalin et salinqui sert de milieu äces elements. La cellule organique pouvant se debarrasser constam-mentde ses produits de denutrition, il enresulte qu'elle est toujours en etat de fonctionner. La saturation du milieu nutritif ne peut jamais se produire ä cause de la circulation qui transporte constamment ces produits dans les glandes chargees d'effectuer leur elimination.
Toutes les analyses faites demontrent que le sang contient toujours sensiblement la m6me proportion de chlorure de sodium, quelle que soil la quantity que Ton ingere. Si la quantite ingeree devient trop considerable clans les aliments, il n'y a pas absorption de la quantite totale, parce qu'aussitot que le chyle contenu dans I'intestin contient une plus forte proportion de ce sei que le sang, il tendä se produire un courant osmotique qui marche du sang vers la cavite intestinale (exos-mose). Ge fait est incontestable, car tout le monde salt que le chlorure de sodium est purgalif ä une certaine dose.
Outre ce role purement physique quifavoriseles mou-vements nutritifs, le chlorure de sodium a encore un role chimique. Quand on prive les animaux pendant longtemps de chlorure de sodium, on voit que le sang conserve cependant, a peu pres, la meme proportion de ce sei. Celui-ci est retenu dans le sang parce qu'il est combine avecl'albumine. II contribue indirectement äla nutrition parce qu'il sert ä former I'acide chlorhydrique
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396nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TIIÜKAPEÜTIQUE VETEHINAIRE.
du sue gastrique, et les sels biliaires, qui operent la transformation des matieres alimenlaires. Sile manque de chlorure de sodium dans les aliments est tropper-sistant, on voit se produiredes troubles danslanutrition. Ainsi Forster a constate que les animaux completement prives de ce sei flnissent par avoir du degoüt pour les aliments, qu'ils perdent l'appetit, qu'ils ont des vomis-sementset qu'ils contractentune paralysie gönerale qui est suivie de mort.
Les animaux herbivores qui ne trouvent pas une assez forte proportion de sei dans leurs aliments contrac-tent l'habitude de lecher les murs, de manger de la terre, de rechercher les sources salees'. Ges phenomö-nes ne s'observent pas sur les carnassiers.
Voici un tableau de Bunge qui indique pour les her­bivores et les carnassiers les proportions de potasse, de soude et de chlore qu'un kilogramme d'animal re­volt dans sa nourriture :
I kilogr. do herbivore revolt:nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;l'olassc.nbsp; nbsp; nbsp; Soude.nbsp; nbsp; nbsp; chlore.
Nouni avec du tveflo........'.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 0.357nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.022nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.043
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raves et paillo d'avoine....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 0.292nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.067nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.0G0
_ herbe....................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.335nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.093nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.073
_ Vesce...................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.552nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.110nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.059
1 kilogr. de carnivore (cliat) roeoit: Kourri avec du boeuf................. 0.182 0.035 0.031
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; des souris................ 0.143 0.074 0.065
Kemmerich a nourri un chien pendant dix-sept jours avec des aliments depourvus de chlorure de so­dium, auxquels il a ajoute du chlorure de potassium, et il a trouve quo les sels alcalins du sang sent composes de 96,39 p. 100 de sels de sodium et seulement de 3,61 p. 100 de chlorure de potassium. Dans l'urinedu mäme chien, il a trouve au contraire 94,94 p. 100 de chlorure de potassium et seulement 5,06 p. 100 de sels de soude. Gette. experience prouve que dans ces conditions il y a
I
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;307
economie de chlorure de sodium et qu'au contralre le chlorure de potassium est elimine rapidement.
Boussingault, dans ses experiences sur l'influence du sei marin sur la nutrition, est arrive aux conclusions suivantes. Le sei de cuisine qu'on ajoute aux aliments des herbivores n'a aucune influence sur la production de la viande, de la graissc et du lait; mais les animaux sont plus vigoureux, plus petulants et out le poil plus luisant. On voit done que le sei de cuisine est u tile, puis-qu'il communique aux animaux line sanle plus forte.
Le tableau suivant de Voit indique que le eblorure de sodium a pour effet d'augmenter reliminationdeTazote par les urines, sous forme d'urce.
Sans Ingestion d'eau.
Gr.
Quantite de sei ingiSrc..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0
Quantity d'urinc rendue........ 9-15
üree.......................... 108.2
Avec ingestion d'eau.
Quantile do sei ingere..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0
Urine rendue................... 828
Urec........................... 108
Cr.
Gr.
Gr.
5
10
20
918
10laquo;
1284
109.1
109.0
U-i.G
o
10
20
898
987
1124
110
112
113
Ce tableau fait voir aussi que le sei de cuisine aug-. mente la secretion urinaire.
Elimination. — Le chlorure de sodium est expiils6 avec touslesproduitsde secretion; on trouve ce sei dans rurine,lasueur, le mucus, les larmeset les excrements. Dans les maladies inflammatoires l'eliminalion de chlo­rure de sodium diminue beaucoup. II y a au conlraire augmentation del'eliminationquandcertaines maladies sont en voie de resolution, comme pendant la periode de resorption de la serosite epanchee, dans les cas de pleuresie, de peritonite, etc.
Effets sur la digestion. — Le chlorure de sodium in-
Kaufmann. — Thörapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;23
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398
THEIUPEUTIQUE VETERINAIRE.
gerö augmente la soif et excite la muqueuse digestive. La soif apparait aussi, si on injecte prealablement de l'eau dans les veines. Les secretions digestives sont toutes activees et les liquides qu'elles fournissent agis-sent avecplus d'energiesurles aliments.
Des doses fortes irritent la muqueuse digestive, produi-sent une gastro-enterite, des coliques, des vomisse-ments, de la diarrhee, des convulsions, puis de lapara-Ij'sie, et la mort.
Choz les animaux ä sang froid l'empoisonnement par le chlorure de sodium est aecompagne d'une opacite du crislallin qu'on altribue ä la soustraction d'eau de-terminee par le sei.
Indications tui5rapeütioues. — Le chlorure de so­dium, etant un aliment indispensable, doit etre donne avec les aliments pauvres en sels alcalins, surtoutaux animaux herbivores.
Comme medicament il est indique centre l'hemopti-sie, car quand il est introduit dans l'estomac, il deter­mine par action reflexe une vaso-conslriction des vais-seaux du poumon.
G'est un contre-poison excellent du nitrate d'argent.
A dose purgative 11 constitue un anthelminthique le­ger.
A dose moderee, c'est un stimulant digestif tres utile chez les grands animaux qui ont l'appetit d6prave; ad-ministre pendant quelque temps, il produit la diarrhöe, bäte laresorption des produits epanches dans .les söreu-ses enflammees en favorisant la dissolution des fausses membranes et augmente la diurese. II est done indique dans Thydrothorax, la pleuresie, la pöritonite, surtout quand ces maladies sont ä leur declin. G'est un assez bon vomitif chez les carnassiers. Les lavements activent les mouvements peristaltiques de l'intestin et hätent les defecations.
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 399
Doses. — Les doses ordinaires sont:
Cheval...............nbsp; nbsp; ;!0 hnbsp; nbsp;60 gr.
BoDuf,...............nbsp; nbsp; 50nbsp; nbsp; nbsp; 100
„nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ) Mouton ct chovro.....nbsp; nbsp; nbsp;10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;15
quot; ' 'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^ Pore.................nbsp; nbsp; nbsp; 5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;15
Chion...............nbsp; nbsp; nbsp; 4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
Chat............... 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
A I'exlerieur on emploie les solutions de ce sei pour laver les plaies, pour faire des compresses, des lotions quand 11 y a contusion.
Pour un lavement on emploie SO grammes de sei pour les grands herbivores et une cuilleröe k caf6 pour les petits animaux. Dans un bain pour un chien on pent dissoudre I kilogramme de ce sei.
Pourfairevomirlcs petits animaux, onleurfaitprendre ce sei ä la dose de une ou deux cuillerees ä cafe. C'est plutöt un adjuvant des autres vomitifs; on a recours a ce moyen quand on n'a pas d'autres vomitifs a sa dispo­sition. Quand on veut produire la purgation on doit de preference adminislrerle sulfatc desoude.
Clilorure de potassium.
Ce sei, tres soluble dans I'eau, a la propridte d'abais-ser considerablement la temperature du liquide pen­dant qu'il s'y dissout.
On ne I'emploie que comme refrigerant.
2deg; Toniqucs novroslhcniqucs.
Ces toniques ne font pas parlie integrante des tissus, ils traversent l'organisme et agissent favorablement sur la nutrition et le Systeme nerveux.
Quinquina.
On designesous le nom de quinquinaxxne 6corce exo-
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400
THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
tique fournie par des arbres appartenant au genr.e Cin­chona, de la famille des Hubiacees qui croissent sponta-nement dans les montagnesde I'Amerique mmdionale, notamment au Perou, en Bolivie, dans les grandes Gor-dilleres, et qui sont actuellement cultives dans I'lnde.
La poudre d'ecorce de quinquina aete connue succes-sivement sous diflerents noms. Les Europeens I'appe-laient d'abord la poudre de la Comtesse, parce qu'elle avaitguerilacomtesse delGinchon, vice-reine du Perou, d'une flevre opiniälre. Plus tard eile re^ut le nom de poudre des jesuites parce qua ces religieux la distri-quot;buaient aux malades. Enfln le cardinal de Lugo en ayant introduit I'usage a Rome, le nouveau medicament y fut connu sous le nom de poudre du cardinal.
Pendant longtemps on fit usage du quinquina sans en connaitrel'origine botanique; mais en 1740 environ, deux savants frangais, de la Gondamine et Joseph de Jussieu, flrent connaitre les arbres qui fournissent la precieuse ecorce et leur donnerent le nom general de cinchona. Aujourd'hui l'histoire du quinquina est ä peu pres complelement eclairee.
Les diverses especes de quinquina se divisent en trois groupes distincts, d'apres la couleur de la poudre qu'elles fournissent quand ellessont pulverisees: les quinquinasgris, les quinquinas jaunes et les quinquinas rouges.
Tous les vrais quinquinas conliennent sensiblement les memes principes, seulement dans des proportions difförentes; les alcaloidessurtout sont tres inegalement distribues dans les diverses especes : la cinchonine se trouve presque seule dans le quinquina gris, et la qui­nine dans le quinquina jaune, tandis que le quinquina rouge renferme ces deux alcaloides ä peu pres dans la meme proportion. Voici les principes constituants du quinquina:
ocr page 417
TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;401
i Ecorce grise, 0.8 p. 109
/Quinine....... j — rouge, Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( — jaune, 2ä3 —
Iraquo; Alcaloides. )nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; j Gris, I ä 2
Cinchonine.... ! Rouge, 0.4 ' Jaune, 0.4
Cinchonidine, etc.
2raquo; Bases alcaliues.... 1 ^icino-j Chaux.
1 Acide quinique.
Squot; Acidos...........J Rouge cinchonique soluble.
( Rouge cinchonique insoluble.
4raquo; Matiörescolorantes. i ?Jat!fe coIorante Jaune-( Mauere grasse verte.
5deg; Principes neutres..
Amidon.
Gomme. j Ligncux. f Sels.
Avant de faire connaitre les effets physiologiques et thörapeuliques de l'ecorce de quinquina, nous aliens faire l'etude des proprieles physiologiques de la qui­nine et de ses sels. G'est en effet cet alcaloide qui communique an quinquina ses principales vertus the-rapeutiques.
Quinine, G20H2iAz!Os.
Get alcaloide, a l'etat de purete, se presente sous la forme de cristaux cubiques peu solubles dans I'eau froide (1/1960). En se combinant avec les acides, la qui­nine forme des sels dont la plupart sent solubles dans l'eau et ä cause de cela sent preferes pour l'usage de la medecine. Les principaux sels employes sont: le sulfate etlechlorhydrate de quinine; tous les deux sontparfai-tement solubles dans l'eau et jouissentd'ailleursexacte-ment des meines proprietes physiologiques et curatives que la quinine. Pour l'usage medical on doit donner la preference au chlorhydrate de quinine, qui est plus
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I
402nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
riche en quinine que le sulfate et dont les solutions s'alterent moins vite. II est d'ailleurs indique de pre-parer les solutions immediatement avant de s'en servir, car quand on veut les conserver pendant longtemps, il s'y döveloppe des moisissures qui les alterent. Ge sont surtout les solutions de sulfate de quinine qui s'alterent vite.
Les solutions des sels de quinine donnent, avec 1'a-cide tannique, im pröcipite insoluble. 11 ne faut done jamais associer les matieres tannantes avec la qui­nine et ses sels. Si on evitait de prendre cette precau­tion, on diminuerait beaucoup les effots de la quinine, on pourrait m6me les detruire quelquefois complöte-ment.
Effets physiologioues. — La quinine et ses sels s'oppo-sent aux fermentations etä la putrefaction, line solution k 0,2 p. 100 empeche la putrefaction, les fermentations vinique, lactique et butyrique. Elle detruit avec energie la vitality des ferments figures et de tons les micro-organismes. Elle n'a aucune action sur les ferments diaslasiques, ainsi eile n'empeche pas la production d'acide cyanbydrique quand on met en presence I'e-mulsine et l'amygdalineielle ne s'opposepas ä la trans­formation de l'amidon en sucre, sousl'influence de la ptyaline.
Les sels de quinine sont relativement beaucoup plus toxiques pour les etres inferieurs que pour les animaux matnmiferes.
Les effets locaux sur la peau sont ä peu pres mils.
Sur les muqueuses et les tissus nus tons les sels de qui­nine agissent comme irritants assez energiques. Ils ont. une saveur amere quand ils sont in troduits clans la boucbe et provoquent la secretion salivaire par action reflexe. La saveur amere est encore perceptible dans des solu­tions alp. 10000. Dans I'estomac les pelites quanlites
ocr page 419
TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;403
desels de quinine sontfacilementsupportees et nes'op-poserit pas ä la digestion; mais des doses massives pro-duisent souvent chez les carnassiers des nausees et des vomissements et chez les herbivores de la diarrhee. Ce sont la des effets dus ä l'action irritante des sels de qui­nine. Si on fait des injections sous-cutanees, on voit souvent se developper une tum6faction a chaque point d'injectlon. Les injections hypodermiques ne consti­tuent done pas un bon moyen d'administration pour la quinine et ses sels.
La muqueuse respiratoire jouit d'une tolerance assez grande pour qu'on puisse obtenir une absorption rapide sans accidents. Pour eviter completement ces derniers, on injecte avec une tres grande lenteur des solutions faibles dans la trachee, au moyen d'une seringue ä ca-nule a aiguille. Ce mode d'administration est a recom-mander; il est preferable ä l'absorption digestive et sous-cutanee,surtout lorsquel'estomacest irrilö ou qu'il a öprouvö uno alteration quelconque. Par cette voie, l'absorption etant rapide, les effets generaux sont nets et prompts.
Quand le medicament est intfoduit dans I'eslomac, l'absorption commence dejä dans ce viscere et eile se continue dans I'intestin, mais avec moins d'acti-vite. Dans I'intestin on trouve des conditions qui tendent ä s'opposer ä l'absorption, car les acides de la bile et les alcalis des sues intestinaux ferment des composes pen solubles avec la quinine. Gependant, en general, quand on emploie de faibles doses, les excrements ne renfdrment plus de traces de quinine. Apres administration par la voie digestive, les effets ge­neraux se manifestent habituellement au bout de quinze ä trente minutes; I'elimination commence alors, car on pent constater la presence de la quinine dans les urines des la premiere heuro qui suit I'ingeslion. Apres qua-
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rante-huit heures, on n'en trouve plus que des traces dans l'urlne, ce qui indlque que l'elimination est ä pen pros complete. La quinine eliminee difTere en partie de la quinine ordinaire en ce que la premiere conlient deux equivalents d'eau en plus.
Les effels generaux determines par ces sels varient beaucoup d'intensite et meme de nature, selon la dose ingerße. Avec des doses faibles et moyennes on observe, d'aprcs la plupart des auteurs, chez les animaux sains, line acceleration du coeur et une augmentation de la pression arterielle. Avec des doses fortes on obtient au contraire un ralentissement du coeur et un abaissement de la tension artörielle.
D'aprcs MM. S6e et Bochefontaine (G. 11. de l'Ins-tilut, i883), on pent constater deux periodes dans I'ac-tion : 1deg; la periode initiale pendant laquelle il y a acce­leration du pouls et elevation de la tension arterielle; 2deg; la periode d'elat se caracterisant par un ralentisse­ment du pouls accompagne d'un abaissement de la ten­sion arterielle.
Voici les symptomes qui apparaissent chez les ani­maux si on administre des doses tres rapprochees. On doit distinguerdeux periodes : une d'excitation el I'autre de sedation.
Pendant la premiere les animaux sont excites, s'agi-tent et se.deplacent sans cesse ; un mouvement febrile se declare, car on remarque la frequence dans le pouls et dans la respiration, la rougeur de la conjonc-tive, Taugmentalion de la chaleur cutanee, etc. Get 6tat d'excitation dure environ deux heures, en moyenne.
Durant la periode de sedation, le mouvement febrile se ralentit sans que, du reste, la circulation et la res­piration tombent au-dessous de leur rhythme normal; I'agitation fait bientöt place a un calme complet, etl'on remarque meme un peu de tristesse et de coma, car
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TONIQÜES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;40j
les animaux tiennent la löte abaissee vers le sol et semblent indifferents ä ce qui se passe aulour d'eux; les chevaux appuient le bout de la töte au fond de la mangeoire. La cbaleur de la peau a notablement bais-se, les pupilles sont dilatöes et il ne larde pas ä se produire une diurese. Enfin on remarque aussi des tremblements musculaires, qui se manifestent d'abord dans les regions anterieures, mais qui peuvent se ge-neraliser.
Un fait sur lequel tous les observateurs semblent |^ccorder, c'est que la quinine produit plus facilement un ralentissement du pouls chez les animaux fievreux que chez les animaux sains.
Sous laclion des preparations quiniques il se produit en general un abaissement notable de la temperature rec-tale. Get effet, peu prononce sur les animaux sains, devient tres net et Ires manifeste chez les animaux chez lesquels il y a hyperthermie morbide. Dans cer-taines maladies febriles l'abaissement de temperature produit par la quinine peut atteindre jusqu'a 3deg;. G'est surtout dans les maladies generales, infectieuses, que cet abaissement est le plus prononce. Cette diminution de la temperature est due ä la diminution des oxy-dations. II y a en effet une elimination moindre d'a-cide carbonique par le poumon et la peau ; enj msect;me temps il y a diminution de l'absorption de l'oxygene. Sous Taclion de la quinine les elements anatomiques des tissus diminuent leur activite nutritive.quot; Les hema­tics deviennent plus volumineux et retiennent Toxy-gene avec une energie plus grande; l'oxyhemoglo-bine devient une combinaison plus fixe, eile cöde moins facilement son oxygene. On comprend ainsi fa­cilement pourquoi il y a production d'une moindre quantity de chaleur et abaissement de la temperature animate.
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THERAPEUTIQUE VETER1NAIRE.
Non seulement il y a une moindre Oxydation et une moindre production d'acide carbonique, mais il y a aussi une diminution gcnerale de la nutrition, c'est-ä-dire une elimination plus faible de principes azotes, soufrös et phosphores. On a constate que I'azote eli-mine par I'urine diminue dans la proportion de 25 p. 100, les acides soufres dans celle' de 40 p. 100. La quinine a done pour eflet d'epargner I'organisrae ; eile empöche sa destruction rapide en ralentissant la nutrition et en diminuant les oxydations.D'apresBock, un chien qui reqoit des doses non toxiques de quinine 6pargne ä son organisme 57 grammes d'albumine par jour. A cause de cette diminution dans les destructions organiques, la quinine agit comme une substance d'epargne; eile empöche l'organisme sain de produire toute I'activite dent il est capable et eile previent la dc-sagregation rapide de l'organisme malade. Elle agit done comme debilitant sur l'organisme sain et comme fortifiant sur l'organisme üevreux; eile modere I'acti­vite de Tun et conserve l'energie de l'autre.
La quinine produit aussi une action paralysante sur les globules blancs du sang ou leucocytes, dontlesmou-vements diminuent et meine disparaissent. La diape-dese devient tres difficile et la formation du pus est con-siderablement ralent.ie. On comprend d'apres cela par quel mecanisme la quinine arrete les processus pyoge-niques.
La quinine jouit aussi de la propriete de determiner une diminution du volume de la rate. Cette diminu­tion de volume est d'autant plus appreciable que la rate est plus hypertrophiee. Cette reduction de volume se produit encore apres la section des nerfs de la rate, ce qui semble indiquer qu'elle agit directement sur les Moments propres de cet Organe. On pense qu'elle agit surtout sur les elements musculairesdonl eile augmente
^mM
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 407
la tonicitö, car le tissu de la rate devlent plus ferme, plus compacte.
Les preparations quiniques diminuent toutes les se­cretions, ä l'exception de la secretion urinaire, qui cst augmentee.
Des doses fortes de quinine produisent quolquefois Yamaurose et \asurdite. Ces accidents ont ete observes un grand nombre de fois chez l'homme apres I'admi-nistration de fortes doses. Le sens du toucher pent aussi subirun afTaiblissement.
Applications thörapeutiqües. — Les proprietcs anti-putrides, antifermentescibles peuvent rccevoir des appli­cations nombreuses tant en medecine qu'en Chirurgie.
La quinine n'est pas un antivirulent tres enorgiqtie, surtout pour certains microbes pathogönes; ainsi une solution de sulfate de quinine au 1/10deg; ne detruit pas la virulence du virus du charbon symptomalique apres un contact de quarante-huit hcui'es (Arloing, Cornevin, Thomas).
Gomme tonique eile convient dans toutes les maladies accompagnees d'une atonie, d'un relächement du tube digestif.
Elle est indiquee dans toutes les maladies inflamma-toires rapidement debilitantes; en epargnant Forga-nisme, eile conserve les forces et augmente la resis­tance a la maladie.
Pour produire un abaissement de temperature rapide et prononcö il faut faire usage de fortes doses. Aus-sitot que la temperature tend ä remonter, on donne une nouvelle dose. On a obtenu des succes nombreux dans les pneumonies tvhs aigues, la fievre petechiale, I'influenza ou fievre typhoide, la fievre puerp^rale, elc. Dans ces maladies la quinine produit un abaissement de temperature beaucoup plus rapide que I'acide sa-licylique. Lorsque les lesions organiques qui produi
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408nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TIlfiRAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
sent la fiövre sont tres etendues comme dans la pleu-resie, la pörilonite, la quinine ne produitsouvent qu'un abaissement insignifiant de la temperature.
On pourrait aussi utiliser la quinine comme medica­ment abortif. L'experience et l'observation dömontrent qu'on provoque l'avortement chez les femelles pleines quand on leur administre de ia quinine ou de ses sels.
Posologie.
Chlorhydrate de quinine. Comme tonique. Comme antipyp^tique.
Cheval...............nbsp; nbsp; nbsp; 2 ä 5 gr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 10 ä 15 gr.
BoBuf................nbsp; nbsp; nbsp; 3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Gnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 10 15
Möuton..............nbsp; nbsp; nbsp; 0.5 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2 3
Pore...............,nbsp; nbsp; nbsp; 0.2 0.5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 3
Cliien.............nbsp; nbsp; nbsp; 0.05 0.10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 0.5 1.5
Chat.......... .. ..nbsp; nbsp; nbsp; 0.01nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 0.15
Les autres sels tels que le sulfate et l'azotate se don-nent ä peu pres aux memes doses.
Administüation. — En dissolution dans les liquides des breuvages ou des lavements; en electuaire, en bols, en pilules.
Pour l'injection hypodermiquo on se sert de l'azotate de quinine en solution ä 1/1 ou des autres sels so­lubles tels que le sulfate, le bisulfate, le chlorhydrate, le citrate, levalerianate, en solution plus ou moins con-cenlree.
Les injections inlratracheales pouvantsurtout conve-nir; on donne, d'apres Levy, chez le cheval des doses qui varient de 10 k 50 centigrammes dissous dans .5 ä 10 grammes d'eau distillee.
Poiidre de quinquina.
Localement l'ecorce de quinquina agit comme un astringent leger. Elle a une action tonique plus pro-noncee que les sels de quinine: celte action est surtout
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 409
nelte sur le lube digestif quand cet appareil est relä-che. Les animaux supportent bien l'ecorce, meme ä dose relativement forte. Cependant si la medication est prplongge on produit une diminution de l'appetit et une certaine gene dans la digestion. La poudre regularise la nutrition, augmente la tonicitedes organes, diminue les secretions, mais son action sedative sur le coeuret la temperature est peu prononc^e. On ne I'emploie jamais comme antithermique et antifebrile. Elle exerce une action forlifiante sur le Systeme nerveux.
On emploie de preference la poudre sur les plaies comme absorbant, astringent et antiputride; dans le tube digestif, pour combaltre le reläxhement, l'atonie, la diarrhee, et dans toutes les maladies inflammatoires surtout ä la periode de la convalescence.
Administration. — On donne la poudre de quinquina sous forme d'electuaire ou de breuvage.
Le breuvage se fait en faisant une decoction aqueuse ä laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide cblorhy-drique ou un liquide alcoolique.
i C.heval...........nbsp; nbsp; nbsp;10 ä 20 gr.
Bteuf... .....nbsp; nbsp; SO 50
Mouton et clievre.nbsp; nbsp; nbsp;5 15
Chiea............nbsp; nbsp; nbsp; 2 8
Cinchoninc et seg gels.
Get alcaloide domine dans le quinquina gris; il n'est contenu qu'en petite quantite dans le quinquina jaune. Pure, la cinchonine est cristallisee en lames blanches et translucides; eile est insoluble dans l'eau froide et l'elfaer; ellc est soluble dans I'alcool. La cinchonine comme la quinine forme avec les acides des sels de-finis et cristallises qui sont solubles clans l'eau et I'alcool.
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410nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Effets physiologiques. — Ses effots physlologiques et therapeutiques sont ä peu pres les memes que ceux de la quinine. Cependant ils sont en general moins quot;sürs et il faut des doses doubles.
Jusqu'a present les sels de cinchonine ne sont pas enlres dans la pratique de la medecine veterinaire.
Racine de Gentiauc. {Genliana luiea, L.)
Lagentiane croit dans la plupart des contrees elevees de la France; sa racine est employee de tout temps comme tonique.
Composition ciiimique. — La racine do gcntiane con-tient : un principe amer, la gentiopkrine (G20H30O12), tres soluble dans l'eau et l'alcool, se dedoublant par rebullition avec une solution acide en c/enliogenme (G14H1605) et sucre ; du glycose, de la pectine, de l'acide gentianique (GuH10O5), une faible proportion d'huile essentielle.
Effets puysiglogioues. — Dans la bouche, la racine de gentiane a une saveur amere tres prononcöe et provoque par action reflexe une secretion active de salive. Dans l'estomac et l'inteslin eile excite legere-ment la muqueuse, produit une legere hyperemie tres favorable ä la mise en jeu des fonctions digestives ; on voit en effet bienlot survenir une active secretion de sue gastrique et des differents sues qui se deversent dans I'intestin en meme temps que des contractions plus 6nergiques dans la musculeuse. Si le tube digestif est reläche, s'il y a atonie, on voit, sous l'influence de la gentiane, I'intestin reprendre sa tonicite et le relacbe-ment disparatlre. La digestion etant plus active, plus complete, les animaux monlrent un plus grand appelit. La gentiane s'oppose avec une certaine Energie aux fermentations qui se developpent quelquefois dans le
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;411
tube digestif, surtout dans l'estomac, et provoque assez souvent l'expulsion de vers intestinaux.
Apres l'absorption du principe actif de la gentiane, tous les tissus deviennent plus fermes et acquierent une saveur amere. L'elimination s'effectue par toutes les voies; le lait surtout prend une amertume caracte-ristique Ires prononcee.
Lndications therapeutiques. — La racine de gentiane est indiquee dans l'alonie du tube digestif, dans 1'inap-petence sans lesions organiques, comme on le remarque ä la suite de certaines especes de coliques, de certaines maladies febriles epuisantes, dans Tanemie; pour com-battre la lycorexie, la suspension de la rumination, le ballonnement intermittent, les digestions difflciles, etc. C'est un medicament digestif surtout tres ulile cbez les ruminants.
Gontre-indications. — La gentiane ne doit jamais 6lre administröe dans les maladies febriles aigues, quand la bouche est seche et chaude, quand l'estomac est irrite ou enflamme.
Doses. —La gentiane est souvent uu moyenböroi'que pour les affections digestives, mais on en abuse fre-quemment dans la pratique en l'administrant ä trop fortes doses. Vogel a observe ä la clinique de l'ecole vetörinaire de Stuttgard que lorsque les doses depas-sent 15 a 20 grammes chezle cheval et le boeuf, on oblien t souvent des effets opposes ä ceux que Ton attend. Buchheim et Engel ont constate aussi que les amers ä fortes doses, au lieu de favoriser la digestion, la g^nent et m6me la suspendent. Souvent aussi eile suspend la rumination a cause de sa saveur amere, qui repugne aux animaux.
Les doses ordinaires sont:
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412nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTTQUE VfiTfiRINAlRE.
Poudrenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Hxti-ait.
ou teinture.
Choval..................nbsp; nbsp; 10nbsp; nbsp; ä 15 gr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2 gr.
Grands i-uminants........nbsp; nbsp; 15nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;30nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; —
Mouton et chövre........nbsp; nbsp; nbsp; 5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Cliien..................nbsp; nbsp; nbsp; 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0,30 k 0,50
Ces doses peuvent elre adrninistrees deux fois par jour.
Administiiation. — La poudre de gentiane est la pre­paration la moins favorable ä la digestion. II vaut mieux faire usage de la teinture ou de l'extrait de gentiane. Quand on fait usage de la poudre, il est utile de l'associer ä des matieres aromatiques ou salines pour en corriger la saveur. On la melange au sei de cuisine, au far, au quinquina, ä l'anis, au fenouil ou, ce qui est encore preferable, a de l'eau-de-vie ou h du vin. Quand on em-ploie la gentiane pour combattre la fermentation acide de l'estomac, on doit l'associer ä des sels alcalins qui absorbent I'exces d'acide.
La teinture de gentiane se fait ä l/ö et se donne k la m6me dose que la poudre.
Petite eentanrce. {Erylhrea cenlaurium, Pers.)
Cette plante indigene a pen d'odeur, mais une saveur tres amere, produite par un principe peu connu au point de vue chimique.
Les proprietes physiologiques sont les m6mes que celles de la gentiane, on I'emploie dans les m6mes cas et aux memes doses.
IJeorci- tie saule Mane. [Sail./; alba, L.)
11 y a plusieurs especes de saules dont 1 ecorce est employee en medecine; mais e'est l'ecorce de saule
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4)3
blanc qui est la plus active et par consequent celle qui est le plus souvent administree.
Composition chimique. — Gette ecorce renferme: de la salicine, de la corticine, du tannin, un eoctractif resi-neux, une matiere coloranle jaune, une matiere grasse verte, de Vamidon, de la gomme et des sels.
La salicine est le principe actif de cette ecorce ; c'est un glycoside cristallise en aiguilles blanches prismali-ques ou en ecaillesd'aspect satinö, inodore et d'une sa-veur tresarnere. Elle est soluble dansl'eau et l'alcool et ne se dissout pas dans Tether ni dans les essences. Elle ne neutralise pas les acides et prend une belle couleur rouge quand on la met en contact avec I'acide sulfu-rique concentre.
Action puysiologique. —Grace ü la presence dans cette ecorce de la salicine et du tannin, eile constilue un medicament legerement tonique et astringent. Elle empeche les fermentations, est antiseptique et ver­mifuge; eile tient le milieu entre le quinquina et l'ecorce de ebene et pent etre supportee facilement pendant longtemps meme par des estomacs delicats, Le principe actif absorbe donne au pouls une plus grande vigueur, et produit un leger abaissement de temperature.
Indicatjoxs TiiERAPEUTiQUEs. — L'ecorce de saule con-vient tres bien quand il faut relever les forces et la tonicite de l'organisme aprös une maladie grave. Ge medicament employ^ pendant la convalescence tonille le tube digestif, augmente l'appetit et ameliore rapi-dement la nutrition. On pent dans la plupart des cas I'employer a la place du quinquina. Cetle ecorce est indiquee contre la debilite du tube digestif, la diarrhee, les affections nerveuses, les fievres muqueuses, I'by-dropisie, rbematurie, etc., et toutes les maladies oü il y a tendance a la decomposition du sang.
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414nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VEiTERINAIRE.
i Gheval.............nbsp; nbsp; 10 h 12 gr.
Grands ruminants..,nbsp; nbsp; 15 50
Mouton et chfevre..,,nbsp; nbsp; nbsp; 5 10
Pore............... 3 8
Ces doses peuvent etre renouvelees deux fois pai jour.
On I'emploie sous forme de poudre ou de breuvage. Suivant la nature des maladies a combattre, on I'as-socie au sulfate de soude, aux bales de genievre, aux amers aromatiques, ä Talcool, etc.
A l'extörieur on pent I'lUiliser comme astringent au m6me litre que l'ecorce de ebene ou le quinquina.
Houblon.
Le houblon fournit les fleurs femelles, chatons ou cones, qu'on emploie pour aromatiser la biere et comme tonique en medecine. A la base des folioles qui composent les chatons il existe une poussiere jau-nätre appelee lupulin et dont la composition est tres complexe. On y trouve de la luputine, de la resine, de l'essence, des corps gras, de la gomme, etc.
Effets et emploi. — Les cones de houblon cultive conviennent surtout dans les maladies atoniques du tube digestif, dans les maladies hydrohemiques, lym-phatiques et cutanees.
On la donne ä la dose de 30 ä 63 grammes chez les grands herbivores, en decoction ou en infusion aqueuse ou vineuse.
Arseuicaux.
Les principaux arsenicaux sent I'acide arsenieux, I'acide arsenique, les sulfures, les ioduros, les chlo-rures d'arsenic, les ars^nites et les arseniates divers.
Tous ces composes sont loxiques et produisent d*es
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;41 ö
effets g6nöraux de möme nature, effels qui ne different les uns des autres que par leur intensite. Nous allons donner une descriplion complete de l'acide arsenieux qui est le compose le plus repandu et le plus souvent employlaquo;* ; eile s'appliquera, sauf quelques details, ä tous les autres composes.
Acidlaquo; arsenieux.
Get acide se presente sous forme d'une poudre blan­che, inodore,d'une saveur fade d'abord, puis styptique et nauseeuse, soluble dans 100 parties d'eau froide, dans 10 parties d'eau bouillante et plus soluble encore dans I'alcool, le vinaigre, I'eau acidulee par l'acide chlo-rhydrique, les huiles grasses, la glycerine, les solutions alcalines.
Effets puysiologiques. — L'acide arsenieux est un antiputride energique dont I'efOcacite est demontree dans la momification des cadavres et la conservation des pieces anatomiques et zoologiques. Les fermenta­tions dues a des germes figures sont suspendues par la presence de l'acide arsenieux, mais ce corps n'a aucune action sur les ferments solubles, il ne s'oppose pas completement au developpement des moisissures.
Sur la peau intacte l'acide arsenieux n'agit que tres lentement; a la longne la surface est irritee et les polls tombent; apres vingt-quatre heures la peau se seche, se racornit et se plisse autour du point altaque; puis une eschare brune, epaisse, se forme et la peau tombe. Dans le tissu conjonctif l'acide arsamp;iieux pro-duit un engorgement inflammatoire tres volumineux, la gangrene de la peau et des tissus touches ; souvent aussi ces phenomenes locaux sont accompagnes d'une absorption dangereuse du poison. Hertwig dit qu'il suffit de 4 grammes d'acide arsenieux applique sur les
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416nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINÄRE.
plaies fraiches du cheval et du harni pour amener la mort; 30 centigrammes produisent la m^me effet sur le mouton et 10 ä 20 centigrammes sur le chien. La cauterisation produite parl'acidearsenieux se distingue de celle produite par les veritables caustiques: eile est lente, la douleur est tres vive et prolongöe, l'eschare est grise, tres adherente et d'une elimination lente, le gonflement inflammatoire est tres intense.
Sur les muqueuses Faction irrilante se developpe avec une grande intensite quand on donne I'acide arsenieux en poudre ou en solutions concenlrees. On remarque alors la perte de l'appetit, la secheresse de la bouche, des vomissements chez les carnivores et les omnivores, des coliques chez les herbivores et une diarrheeinfecte ä odeur alliacee, parfois sanguinolente. Si les animaux meurent, ontrouve, ä I'autopsie, tons les signes d'une vive inflammation gastro-inlestinale, des ecchymoses dans le coeur, et une degenerescence graisseuse du foie, du coeur, des reins et des centres nerveux.
Administre ä faibles doses, I'acide arsenieux exerce sur le tube digestif une excitation legfere, favorable aux transformations digestives. Dans ces conditions ce corps peut etre supporle pendant Ires longtemps chez tons les animaux; il est absorbe lentement et produit des effets generaux tres remarquables.
Son elimination de l'organisme par les differentes excretions se fait vite; ainsi cinq ou six heures apres I'administration d'arsenic, on peut retrouver ce corps dans les urines et le lait; apres deux ou trois jours, I'elimination est complete. Sous l'influence de I'acide arsenieux, les herbivores et particulierement les che-vaux acquierent de la vigueur et de rembonpoint;leur appetit augmente; ils ont le pouls plus fort et les mu­queuses plus colorees; la peau est chaude et les polls prennent un brillant remarquable; le regard est vif, les
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TONIQÜES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;417
mouvements sont plus prompts et plus energiques; la respiration est plus facile, plus legere. Ces effels toniques favorables sont connus depuis bien longtemps. Les montagnards du Tyrol font un usage courant de l'acide arsenieux pour augmenter leur puissance respiratoire et leur force musculaire ; les jeunes gens en consomment souvent pour se donner plus d'embonpoint, pour rendre lours formes plus arrondies et leur teint plus frais. II y a des öleveurs qui donnent de l'acide arsenieux ä leurs animaux quand ils les soumettent ä. l'engraissement. On a constate aussi que les femelles qui reQoivent de l'acide arsenieux ä petjtes doses engendrent des pro-duits plus forts et plus vigoureux et dont les os sont plus durs. Comme l'arsenic s'elimine en partie par le lait, il en resulte que les petits ä la mamelle resolvent de l'arsenic avec le lait et on les voit augmenter rapide-ment de poids, acquerir des tissus fermes et des ostres compactes. L'organisme qui consomme de pelites quan-tites d'arsenic s'habitue bientöt ä cette substance, et pent alors supporter des doses considerables sans eprouver le moindre malaise. Les hommes et les ani­maux arsenicophages ne sont pas impressionnes par des doses toxiques pour d'autres animaux non habitues ä ce poison.
Sous rinfluence de doses faibles d'arsenic, la respi­ration se ralentit et est plus facile, il y a aussi un m/ew-tissement du pouls, nnabaissement de temperature evalue de 0o,4 ä 1deg;. On a admis que l'arsenic devait diminuer les oxydations et par consequent agir comme un ali­ment d'epargne; l'experienco a conflrme cette idee ; ainsi Schmidt et Stürzwage ont constate une diminu­tion de l'exhalation de l'acide carbonique pendant l'ad-ministration d'arsenic et une notable diminution de la quantite d'uree eliminee. Saikowsky a vu le glycose .disparaitre dans le foie de lapins soumis au regime de
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418nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
l'arsenic et la piqüre du centre diabetique ne produire aucun effet sur la secretion glycogenique du foie.
L'empoisonnement chronique par l'arsenic produit vine paralysie du Systeme nerveux moteur et sensitif. On constate d'abord une diminution de la sensibilite, puis de la difflculte dans les mouvements; enfln I'aboli-tion complfete de ces deux functions.
Antidotes. — Pour combattre les effets toxiques de l'arsenic, on pent avoir recours : au lait, aublanc d'ceuf, ä l'eau de chaux, aux vomitifs, aux purgatifs, a la ma-gnesie calcinee, au protosulfure de fer hydrate, ä I'liy-drate de sesquioxyde de for. Ce dernier corps semble etre le meilleur contre-poison, car, d'apres Orflla, 11 triomphe presque toujours de l'empoisonnement lors-qu'il est administre rapidement et qu'il est de prepa­ration röcente. Schroff, d'apres de nombreuses expe­riences, admet que l'hydrate de magnesie est de beau-coup plus efficace que l'hydrate de sesquioxyde de fer. Indications riii5RAPEuTiQUEs. —L'acide arsenieuxetant tres bien tolere ä faibles doses est indique chez tous les animaux :
1deg; Pour augmenter l'appetit, relever la nutrition al-teree et tonifler le tube digestif. II est done indiquö quand il y a inappetence, appetit capricieux, atonie du tube digestif, elat catarrhal chronique de l'intestin du surtout h des helminlhes, etc. L'acide arsenieux cons-titue un anthelminthique assez puissant;
2deg; Pour combattre les maladies lymphatiques et 1'a-nömle. G'est im des meilleurs moyens ä opposer aux engorgements ganglionnaires, aux lymphangites chro-niques, aux tumours malignes, au rachitisme, aux in­flammations des sereuses articulaires et tendineuses, aux maladies osseuses, etc.;
3deg; Pour soutenir les forces et la nutrition dans les maladies infectieuses telles que la fievre typhoide, la
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TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;419
tuberculose,les fievres infectieuses diverses, la maladie du jeune äge et toutes las maladies qui abattent rapi-dement les forces;
4deg; Pour diminuer l'excitabilite du Systeme nerveux dans la choree, l'epilepsie, Teclampsie des femelles, la toux nerveuse, les nevralgies du trijumeau et les mala­dies convulsives;
b0 Pour faciliter la respiration chez les chevaux poussifs et tous les animaux qui ont une gene de Vh£-matose. Dans la bronchite et la pneumonie chroniques I'arsenic est le moyen qui reussit le plus frequem-ment;
6deg; Comme antipnrastlaire externe, contre toutes les Eruptions cutanees, administre a l'interieur et ä l'ex-terieur : psoriasis, prurigo, eczema humide, gales di­verses, elephantiasis, crapaud, eaux aux jambes, etc.;
7deg; Gomme vermifuge contre tous les helminthes. Ge- ' pendant quand on veut simplement provoquer I'ex-pulsion des parasites qui vivent dans le tube digestif, il vaut mieux en general avoir recoups aux veritables anthelminthiques ;
8deg; Gomme caustique, pour detruire les tumeurs ma­lignes et indolentes. Nous possedons des caustiques plus energiques et moins dangereux, aussi n'emploie-t-on que rarement I'acide arsenieux pour detruire les tissus morbides. Quand on veut en faire usage, il faut toujours prendre toutes les precautions pour eviter I'empoisonnement.
Preparations. — Les diverses formes sous lesquelles on fait usage de I'acide arsenieux sont les suivantes:
1deg; Acide arsenieux en poudre.
2deg; Poudre arsenicale de Rous- \ ^cide ™t™m.......... raquo; gr
selot.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;(Sang-dragon............. 64
f Cinabre.................. 6i
Elle contient 1 jil d'arsenic.
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420
THERA.PEUTIQÜE VETERINAIRE.
I Acide arsenieux..........nbsp; nbsp; nbsp; 8 gr.
Sang-dragon.............nbsp; nbsp; 16
Cinabre..................nbsp; nbsp; 64 Cendre de savato brülce... 8
Elle renferme 1/12 d'acide arsönieux. La poudre de savate peut etre remplacee par un carbonate alcalin.
. , . , x ( Acide ai'senieux.......... 4 gr.
4quot; Poudre avsemcale du docteur } Cjnal)re ^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,32
Dubois.................. ( Sang-dragon.quot;...........'. 64
La proportion d'arsenic est de 1/28.
5deg; Poudre arsenicale de Du- ( Acide arsenieux.......... 1
puytren................. j Protochlorure de mercure. 10
. , . , l Acide arsenieux.......... I
laquo;o Pommade arsenicale simple. Axong0 ................. 8
. , . ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i Acide arsenieux.......... I
7deg; Huile arsenicale simple..... j Huile gl.asso............. „
/ Biclilorure de mercure...... j .,
1 Sulfuro jaune d'arsenic...... i
8deg; Topique Terrat.. lt; Acide arsenieux............ j „^
32 16
' Poudre d'euphorbo......... )
Huile do laurier.................... 132
( Acide arsenieux... 1 kil.
9raquo; Bain ferrico-arsenical (Tessier).... • Sulfate defer...... 10
( Eau............... 100 lit,.
Faire bouiilir jusqu'a dissolution complete de l'ar-senic, ajouter le sulfate de fer en solution dans I'eau tiede.
Acide arsenieux1... 1 kil.
10deg; Bain zinco-arsenical (Glöment)...
Sulfate de zinc___ 5 •
Eau..............nbsp; nbsp;100 lit.
j Acide arsenieux... 1 kil.
11deg; Bain alumino-arscnical (Matliieu). | Alun cristallise-----nbsp; nbsp; 10
( Eau..............nbsp; nbsp;100 lit.
( Acide arsenieux...nbsp; nbsp; 32 gr.
12quot; Vinaigre arsenical (Viborg)......j Vinaigre.......... 2 lit.
Eau distillce.
1
ocr page 437
TONIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;421
j Acide arscnieux... 1 gr.
13raquo; Liqueur de Fowler.............. lt; Carbonatedepotassc 1
' Eau.............. 10O lit.
Faire bouillir jusqu'ä dissolution complete, ajouter I'eau evaporee.
ADMiMSTRATiON et doses. — A I'interieur I'acide arse-nieux est toujours administre soit sous forme de poudre, soil sous forme de liqueur de Fowler. Les doses ne doi-vent pas etre les memes sous ces deux formes; car il est dömonlre que I'acide arsenieux est incomparablement plus aclif en dissolution qu'en poudre. En poudre il faut environ 45 grammes d'acide arsönieux pour faire perir les chevaux, tandis qu'il soffit de 3 a 4 grammes quand cet acide est en dissolution. Gette diffärence d'activite est due uniquement ä la difference dans la rapiditö de l'absorption. Quand on commence la medi­cation arsenicale, il faut toujours employer de tres faibles doses et les elever ensuite graduellement ä me-sure qu'on constate une tolerance plus grande. Avant de cesser la medication, on diminue pen ä peu les doses jusqu'ä suppression complete.
Chova!........nbsp; nbsp; nbsp;15 h 45 gr.
Doses toxiques. — Poudre........! B(]euf........ 15 i 45
1 Mouton....... 5
^ Chien.........nbsp; nbsp; nbsp; 0.10
i Grands herbivores.....nbsp; nbsp; 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 6 gr.
/Poudre. Petit s ruminants et porenbsp; nbsp;0.01nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.06
\nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; | Chien et chat..........nbsp; nbsp; 0.003 0.005
Dosgsnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;)
thörapeutiques. ) Liqueur i Grands herbivores.....nbsp; nbsp;10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;h. 50
'I de j Petits ruminants et porenbsp; nbsp; 0.10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0.60
\ Fowler. ( Chien et chat..........nbsp; nbsp; 0.05nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;O.10
LebainTessier,lebain ClementoulebainMathieucon­stituent un moyen infaillible pour faire disparattre la gale si rebelle du mouton ; une ou deux immersions, quand la gale est ancienne, ou simplementquelques lotions quand Kaufmann. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;24
ocr page 438
422nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE..
•
eile est recenteou locale, sufflsenthabituellementpour la guörison. II est important de nejamaisremplacer les Sulfates melalliques astringents ci-dessus par des Sul­fates alcalins, par exemple le sulfate de soude, car on s'exposerait ä avoir des empoisonnements. M. Beucler ayant traite cinquante moutons galeux par le bain de Tessier dans lequel le pharmacien avait remplace le sulfate de fer par le sulfate de soude, il y eut empoi-sonnement mortel de presque tous les animaux. D'a-pres les chimistes tres autorisös que M. Bouley a con-suites sur le point de savoir quelles sent les reactions qui se produisent, laquo; une certaine quantite d'arsenite de fer ou de zinc insoluble Fun et l'autre se formerait dans le bain, en Sorte que l'association des sels astrin­gents a I'arsenic n'aurait pas seulement pour resultat de prevenir l'absorption de l'agent toxique par la peau, en exercant une action resserrante sur les pores et sur lesvaisseauxde cette membrane, eile aurait cetle autre consequence de diminuer les chances de l'intoxication, en reduisant a une proportion moindre la quantite de l'agent toxique tenu en dissolution dansle bain. Quand on substitue le sulfate de soude ou de zinc, que se passe-t-il? Aucune reaction chimique n'a lieu entre le sei de soude et l'acide arsenieux, qui reste ainsi en puissance de toute son action, puisque toule la dose prescrite par la formule demeure en dissolution dans le bain. D'autre part la peau, au lieu d'etre fermee ä l'absorption, s'y trouve au contraire predisposee par Taction de l'eau chaude qui nettoie sa surface et dilate ses vaisseaux. raquo;
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#9632;
-#9632;
DEUXlfiME CLASSE
ALTERANTS.
On appelle medicament alteianls et fondants, ceux qui ont la propriete de diminuer la force d'assimilation et d'augmenter le mouvement de desasslmilation. Ils diminuent tons la plasticite des liquides organiques, la tonicite des tissus et l'activite du Systeme nerveux. Ils engendrent dans l'organisme des effets exactement op­poses h ceux produils par les toniques.
Division. — En envisageant les alterants au point de vue de leur nature chimique, on pent les diviser en : alte­rants alcalins, mercuriaux, arsenicaux, iodes, bromes et chlores.
1deg; Alterants alcalins.
Les alterants alcalins comprennent tous les sels de potasse et de soude, et quelques composes de chaux.
Caracteres generaux. — Les sels alcalins entrent nor-malementdans la constitution de l'organisme, dont la plupart des tissus et des liquides ont une reaction alca-line. Le sang et la lymphe doivent leur fluidite ä la presence des sels alcalins; car aussitöt que Ton fait dis-paraitre leur reaction alcaline par I'addition d'acides, ces liquides se coagulent. La fluidite du sang augmente avec son degre d'alcalinite.
Liebig a dömontre que les sels alcalins jouent un grand role dans la calorification. Ges sels favorisent les oxy-dations intra-organiques, facilitent les combustions et augmentent la quantite de chaleur degagee. II est facile
ocr page 440
424nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
de demonlrer l'influence des alcalissur les oxydations: l'alcool peut s'oxyder ä la temperature ordinaire si on le met en presence d'une substance alcaline ; la lactose etlaglycose dans les memes conditions s'oxydent; les graisses ne sont saponifiees par I'ozone qu'en presence des alcalis (Gorup-Besanez). Dans I'organisme animal les sels alcalins sont unis aux matieres albuminoi'des. Pendant le mouvement de nutrition et de denutrition les matieres albuminoi'des etant dedoublees, les sels alcalins sont rendus libres et sont ensuite elimines par les reins. II y a toujours proportionnalite entre I'elimi-nation des matieres azotöes oxydees et celle des sels alcalins par les urines.
Quand les aliments n'apportent pas une assezgrande quantite de sels alcalins pour remplacer ceux qui s'e-liminent, on voit bientot se produre une diminution considerable de reliminalion de ces sels ; ils sont pour ainsi dire retenus par le sang, qui les fait servir plu-sieurs fois ä la nutrition en les combinant avec de la matiere albuminoide aussitöt qu'ils sont devenus libres par le dedoublement de la matiere avec laquelle ils formaient un compose.
Si on examine le röle physiologique des sels alcalins, on voit que les sels de soude ne jonent pasle möme röle que les sels de potasse. On constate d'abord que le rap­port entre la proportion de ces deux sels varie avec les organes. Ainsi dans le serum du sang, de la lympbe, dans la bile, on ne trouve guere que des sels de soude; au contraire, dans les matieres solides, dans les tissus, les hömaties, on Irouve une plus forte proportion de sels de potasse. Cetle distribution differente dans I'orga-nisme indique deja que ces deux sortes de composes ne jouent pasle meme role dans les phenomenes de la vie. Les sels de potasse semblent faire parlie integrante des elements anatomiques des tissus; les sels de soude.
..
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ALTfiRANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;425
au contraire, semblent faire parüe du milieu liquide dans lequel vivent ces elements.
Les deux sortes de sels alcalins s'eliminent surtout par les urines. Dans les conditions normales, Turine est toujours plus riche en sels de soude qu'en sels de po-tasse. Dans les cas de flevre, les sels de potasse Temperraquo; tent sur les sels de soude; quelquefois meme ces derniers disparaissent completement de l'urine. Pendant un ötat febrile, la quantite de sels de potasse eliminee est trois a quatre fois plus considerable qu'k I'elat normal. Ces differences indiquent que la flevre est toujours accom-pagnee d'une destruction de la mauere du tissu, c'est-ä-dire des fibres musculaires, des cellules et des hö-maties.
Quand les sels de potasse s'accumulent dans le sang, soit parce qu'ils y affluent en trop grande abondance, soit parce qu'ils ne sent pas elimines, ils ne tardent pas ä produire des effets toxiques. D'apres les expe­riences de Falck et de Hermann, les sels de potasse sont cinquante-trois fois plus toxiques que les sels de soude. Les sels de potasse injectes dans les veines paraly­sed rapidement le coeur et tout le Systeme musculaire. Les sels de soude aux memes doses n'ont, au contraire, aucune action appreciable sur les centres nerveux, les muscles, le cceur et la temperature ; ce n'est qu'avec des doses tres fortes qu'on voll diminuer l'aclivite des organes, mais jamais il n'y a arrsect;t primitif du coeur. Un sei de potasse tue le chien a la dose de 1 ä 2 gram­mes quand il est injecle dans les veines, et a celle de 8 grammes quand il est donn6 a I'interieur. A la dose de 80 grammes les vaches avortent, et k celle de 100 grammes elles succombent. A ces doses les sels de soude ne produisent aueun effet. Les sels de potasse et de soude sont fournis aux animaux par les aliments. Wolf, en analysant les differentes matieres alimen-
24.
ocr page 442
#9632;
426nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEfUPEÖTIQUE VETERINAIRE.
laires, atrouvö que, dans la nourriture des carnassiers, il y a ä pen pres Equivalence entre les sels de potasse et ceux de soude ; dansla nourriture des herbivores, il y a toujours une plus forte proportion de sels de po­tasse. Voici le tableau donne par Wolf, dans lequel on compare les quantites de soude et de potasse trouvees dans les aliments suivants :
1 de Na.
Potasse
O.II
Albumine d'oeuf de Albumine du vitoll
poulc... . IS.........
0.65 1.04 1.67
5ari'asin......
2.48
Boeuf........
Foin de prairi
OS.. .
3.38 3.79 4.81
Froment... . Trefle........
9.36 10.42 12.18
gt;1T0..
15.16
Pois.........
28.C4
Les sels de potasse et de souden'ont pas une influence egale surla nutrition. II ressort d'experiences ties inte­ressantes, faites par Kemmerich, que les sels de potasse sent plus indispensables que les sels de soude. II a nourri deux jeunes chiens en parfaite sante avec la meme quantite de viande privee de ses sels par l'e-bullition. Aux aliments du chien A il a ajoute des sels de potasse ; ä ceux du chien B il a ajoute le meme poids de sels de soude. Apres vingt-six jours de ce rögime les differences survenues chez les deux chiens ötaient les suivantes : le chien A avait augmente de poids de 2 083 grammes; le chien B n'avait aug­ments que de 810 grammes, il y avait done une diffe­rence de 1 273 grammes en faveur du chien A. Gelui-ci 6ta.it vif, intelligent, vigoureux, bien muscle; le chienB 6ta.it, au contraire, dans un tr6s mauvais etat; il etait trha faible, restait couche, ne pouvait presque plus
ocr page 443
ALTERANTS.
427
marcher, ses yeux avaient perdu leur eclat et l'appetit avail diminue. Kemmörich, pour bien faire ressortir l'influence differente des sels de potasse et des sels de soude, continua rexporience, mais en renversant les conditions, c'est-ä-dire qu'il donna des sels de potasse au chien B et des sels de soude au chien A. Apres un temps egal, le chien B avait augmente de i 8o0 gram­mes, tandis que le chien A n'avait augmente que de a30 grammes, tons les autres resultats ctaient egale-ment renverses.
. Des nombreuses recherches faites par Kemmerich sur le röle comparatif des sels de potasse et de soude, on pent conclure que les premiers servent surtout a la formation des elements anatomiques des tissus, princi-palement du tissu musculaire, tandis que les seconds ne semblent avoir aucun role direct dans la genese des tissus, mais qu'ils servent a la constitution du milieu nulrilif dans lequel vivent les elements figures.
A faible dose les sels alcalins agissent sur I'orga-nisme comme toniques, c'est-ä-dire qu'ils favorisent l'assimilation et le fonctionnement general de l'orga-nisme, comme il est dit a propos du chlorure de so­dium. A doses fortesdonnces pendant uncertain temps, ils augmentent notablement l'alcalinite et la fluidite du sang, amenent la dissolution des globules rouges, acti-vent les diverses secretions, surtout la secretion uri-naire, augmentent les oxydations et la desassimilation, produisent l'amaigrissement et l'anömie. Ces effets al­terants ont pour resultat d'activer la räsorption inters-titielle et celle des liquides äpanches dans les cavites söreuses.
Indications thamp;upeutiques. —A haute dose, les sels al­calins, en augmentant considerablementla söcretion de l'urine, conviennent pour faire disparaitre les hydropi-sies et les 6panchements liquides quelconques. L'effet
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428nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETERINAIRE.
alterant les rend uliles, pour amener la resolution de tumefactions chronique.s et de formations pathologiques anciennes, comma les engorgements ganglionnaires et les fausses membranes des sereuses.
Carbonate de soude.
Le carbonate de soude est cristallise en prismes rhomboidaux qui s'effleurissenl ä l'air; il est inodore, de saveur alcaline, soluble dans deux parties d'eau froide et dans une parlie d'eau chaude.
Proprieti!:spuysiologioues. — Ge sei existe ä l'etat pby-siologique dans le sang, auquel il communique en grande parlie son alcalinite. II se transforme facile-ment en bicarbonate et sert ä operer le transport de l'acide carbonique qui est ensuite 61imine pendant la respiration.
Le carbonate de soude dissout la mucine et conslitue par consequent unanticatarrbal comme Tammoniaquo.
Sur la peau, les solutions concentröes dissolvent les matieres grasses et epidermiques, et peuvent produire un örytheme et meme une corrosion plus ou moins profonde. Sur les muqueuses, I'action dissolvante s'exerce avec la meme intensile ; aussi ne doit-on faire usage äl'interieur que de solutions etendues.
Dansl'estomac le carbonate de soude est decompose, il se forme du chlorure de sodium, et il y a degage-ment d'acide carbonique. Avec des doses faibles., cette action neutralisante exercee sur le sue gastrique ne ra-lenlit pas la digestion; au contraire, l'acide carbonique libre, en excitant lamuqueuse, produit une suractivitö secretoire. Si des fermentations acides se produisent dans l'estomac malade, le carbonate de soude neutra­lise les acides engendres et arrete les fermentations. Quand il y a secretion muqueuse trop abondante, le
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ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;429
carbonate de soude, en fluidiQant le mucus, favorise - son elimination et rend les muqueuses plus propres ä l'absorption.
Ge sei exerceune action stimulante sur le rein, dont la söcrötion est activee ; l'urine des carnivores devient alcaline sous son influence. II a aussi la propriety d'aug-menterla secretion biliaire.
Indications therapeutiques. — Ge sei est indique :
• 1deg; Comme le carbonate d'ammoniaque, pour dimi-nuer la trop grande acidite du sue gastrique, lorsque cette acidite est nuisible a la digestion ;
2deg; Pour augmenter I'alcalinitö du sang et häter les resorplions interstitielles, ainsi que les resorptions des fausses membranes ou de liquides pathologiques. Sous ce rapport ce sei est plus actif que le cblorure de sodium, mais il est moins actif que le carbonate d'am­moniaque ;
3deg; Pour fluidiüer le mucus dans les affections catar-rhales chroniques ou ä la fm des maladies catarrhales aigues, pour favoriser Telimination du mucus;
4deg; Pour augmenter la secretion biliaire dans les af­fections du foie et dans les cas d'obstruction du canal chol6doque;
5deg; Gomnie diuretique, quand on veut produire une depletion du Systeme sanguin et une resorption de li­quides pathologiques, ou quand on veut produire la dissolution et l'expulsion d'un calcul siögeant dans les reins ou dans les urethres ;
6raquo; Pour changer la nature du lait qui s'altere dans les mamelles;
7deg; Gomme antidote des acides.
Emploi et doses. —On doit öviter les doses trop for­tes ; il vaut mieux faire des administrations plus fr6-quentes avec des doses faibles.
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430nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERÄPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
Cheval.................. 8 ä 10 gr.
Boeuf....................nbsp; nbsp; 10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;25
Mouton.................. 5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
Pore.................... 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 5
quot; Chien................... 0.20 2
Chat.................... O.Oä 0.20
On ratlministre sous forme d'electuaire.de bolssons ou de breuvages.
Bicarbonate de soude.
Le bicarbonate de soude ou sei de Vichy esl moins soluble dans l'eau qua le carbonate neutre ; sa solution s'altere par raclion de la chaleur et forme du sesqui-carbonate de soude.
Effets et emploi. — Ge sei agit comme le carbonate, mais avec moins d'energie. II n'irrite pas le tube diges­tif, memo ä forte dose, et est pour cela souvent prefere paries veterinaires. Dans l'estomac il donne naissance ä une grande quantite d'aeide carbonique qui agit Ires favorablement sur les secretions et les contractions du visecre. Dans l'intestin il fluidifie les matieres, dissout le mucus et determine un leger effet laxatif. Ge sei a une action stimulante marquee sur la secretion biliaire et la secretion urinaire.
II estindique dans les memes cas que le carbonate ; il convient surtout quand on veut faire un usage prolong^ des alcalins sans irriterle tube digestif,
Seilaquo; de potasse.
Les sels de potasse qu'on trouve dans l'organisme animal sont fixes sur les Clements anatomiques des tissus; ilsfontpartie integrante des hematies, des fibres musculaires, du tissu nerveux.
Les prineipaux sels de potasse sont: le carbonate de potasse, le chlorate de potasse, le nitrate de potasse.
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ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 43!
Carbonate de pofasse.
Le carbonate de potasse se dissout en toute propor­tion dans I'eau ; il est insoluble dans 1'alcool concentre; les acides le decomposent.
Effets rmsioLOGiguES. — Les effets se rapprochent beaucoup de ceux du carbonate de soude. Cependant le sei de potasse a une saveur plus desagreable, est plus irritant pour la muqueuse digestive et est plus difflcile-ment supporte. Par contre, ä cause de sa diffusibilitö plus grande, ce sei produit une diurese plus marquöe et exerce une action dissolvante plus energique sur les urates.
Indications. — A I'exterieur, le carbonate de potasse convient pour netloyerla peau dans les cas de gale, de dartres, de crevasses, d'eaux aux jambes, etc.
A I'interieur, il doit etre prefere aux sels de soude quand on veut provoquer une diurese abondante et une resorption Ires active de liquides epanchesou de certains produits pathologiques. II ne convient pas qnand le tube digestif est malade.
Doses toxiques. — Le chien meurt avec 8 grammes; les gros herbivores avec 100 grammes.
( Grands ruminants........ 15 ä .ho gr.
Doses medicamooteuses. S0,i.p6de3................ 8 16
) Petits ruminants et pores.. 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;6
1 Chien s.................. O.25 2
On 1'adrninistre sous forme de boissons ou de breu-vages.
Les principales preparations de ce sei sent les sui-vantes:
1deg; Solution detersive.., i Cai'bonat'! de potasse...... 16 i 32 gr.
( Eau ordinaire..........;.. 1 iitrelt;
2raquo; Lessires do cendres. I 9sndres de bois........... 1 poignfie.
I Eau...................... 1 litre.
ocr page 448
432nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRÄPEÜTIQUE VETERINAIRE.
On fait bouillir les cendres pendant quelques heures et on flltre.
3raquo; Pommade alcaline... i C^on^ de Potilsse...... *amp;#9632;
( Axonge................... 32
Chlorate de potaase.
Ge sei, sous forme de petites lames rhomboidales, est incolore, inodore, d'une saveur acerbe et legerement styptique, soluble dans 16 parlies d'eau froide et dans 2 parties d'eau bouillante, insoluble dans I'alcool.
Effets puysiologiques. — Co sei en poudre ou en solution n'exerce aucune action irritante sensible surla peau, les muqueuses et les solutions de continuite. II est assez facilement supports par le tube digestif jusqu'ä la dose de 20 ä 30 grammes chez le cheval. Ce sei est absorbe rapidement par la muqueuse de l'estomac et de l'intestin et produit line diurese abondante. L'urine prend une reaction acide, m6me chez les herbivores. II est öliminö rapidement en nature surtout par les urines, et en petite quantity par la salive, les larmes, le lait, la sueur, la bile. L'elimination est genöralement complete trente-six heures apres Tadministration.
A doses trop fortes, on constate un etat febrile mar­que, il y a acceleration du pouls et de la respiration, rougeur des muqueuses, salivation, douleurs nephre-tiques, tristesse,perte des forces, et on pent voir surve-nir un arret brusque du coeur. Les jeunes auimauxsont plus sensibles äl'action de ce sei que les adultes.
Indications. — Le chlorate de potasse convient surtout contre les afleclions de la bouche et de la gorge telles que la stomatite mercurielle, la stomatite couenneuse, les aphthes, le muguet, I'angire couenneuse, le croup, etc. On s'en sert aussi avantageusement pour laver lesplaies, dont il'häte la cicatrisation, et en injec-
ocr page 449
ALTEIUNTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 433
tions sur les muqueuses pour modifler les ecoulements et les tarir.
A 1'interieur, il agit favorablement sur les fausses mem^anes qui existent dans un conduit quelconque et faeilite leur dissolution et leur expulsion. II a donne d'excellents rtsultats ä l'interieur centre le cancroide de la levrechez le chat et le cheval.
/ Cheval et bceuf......... 8 k 30 gr.
Doses raedicamentcusos . 5 ^etits vamiD™te........ 2.0 6
1 Pores.................. 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4
' Carnivores............. 0.50 3
Doses toxinues.......... ! ^'1?val................. 150 gr.
' Cllleu.................. 10 b. 12 gr.
Nitrate de potasse.
Le sei de nitre est incolore, inodore, d'une saveur fraiche, piquante, avec arriere-goüt amer, soluble dans 4 parties d'eau froide et une parlie d'eau bouillante, presque insoluble dans I'alcool.
Effets piiysiologiques. — Appliquö sur la peau, les muqueuses et les plaies, le sei de nitre est plus ou moins irritant, suivant la delicatesse des tissus et la concentration du sei. D'apies Orflla, il produit une in­flammation intense quand il est depose dans le tissu conjonctif sous-cutair6.
Introduit dans les voies digestives en petite quantite et tres etendu d'eau, le salpetre n'exerce aucune action particuliere sur la digestion; ä doses moyennes, il irrile la muqueuse digestive et cause du degoutr; ä doses fortes, il determine une inflammation gastrointestinale, une superpurgation et un affaiblissement tres prononce!
Quand ce sei est administre en petite quantite, il est absorb^ rapidement par la muqueuse digestive et ne tarde pas a produire une expulsion copieuse d'urine. Kaufmann. — Tliorapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 23
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I
434nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINMRE.
L'aclion diuretique est dequot; courte duree et, pour I'entre-tenir, il faut administrer des doses fröquemment renou-velees. Par un usage prolonge, on pent voir apparaltre une irritation des voies urinaires et une fluidification du sang. Le nitrate de potasse exerce aussi une legere action depressive sur la circulation et la respiration : le nombre des battements du coeur et des respirations diminue legerement, le pouls est petit, mou, intermit­tent, le coeur bat avec moins d'energie, la temperature cutanee s'abaisse et les muqueuses pälissent.
A doses toxiques ce sei produit, outre I'irritation gastro-intestinale, des tremblements, des convulsions, des attaques tetaniques, la dilatation de la pupille, puis la paralysie des mouvements volontaires et du
cceur.
A 1'autopsie on trouve, chez les animaux qui ont succombe ä l'empoisonnement par le sei de nitre, une irritation du tube digestif et des voies genito-urinaires ; le sang est rouge, mais incoagule, le coeur et les autres parenchymes sont flasques.
Indications. — Les proprietes depressives que ce sei exerce sur la circulation, la respiration et la calorifica-tion, ne peuvent pas etre utilisees en pratique pour com'battre les elats febriles, car k doses faibles la depression produite est trop legere, et ä. fortes doses on developpe des efiets qui peuvent devenir dangereux.
Ce medicament est surtout indique comme diuretique, quand on veut favoriser les resorplions et amener la diminution des epanchements sereux ou de certains engorgements chroniques.
11 est toujours contre-indique, quand il y a inflam-malioa da tube digestif ou de l'appareil genito-uri-
naire.
Antidotes. — On combat les effets toxiques de ce sei avec les mucilagineux et les excitants diffusibles.
I
ocr page 451
ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 43ö
Clieval.......... 8 ä 15 gr.
VBceuf............ 10 25
Doses therapoutiques. ^
( Mou Chie
ton'Stpor'c?;! 2 8
[ Grands animaux..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 200 gr.
Doses toxiques....... | Mouton..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;25
I Chien...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 5
#9632;
Stela de cKaax. — Carbonate de chanx.
Le carbonate de chaux est peu soluble dans I'eau ordinaire, plus soluble dans I'eau chargee d'acide carbo-nique.
Effets phvsiologiques. — Ce sei, introduit dans le tube digestif, degage de l'acide carbonique en presence de l'acide du sue gastrique, et forme des sels qui ne sont que fäiblement absorbes. La plus grande partie du composö de chaux reste dans I'intestin, excite la muqueuse, la desseche et entraine la constipation.
Ge sei fait partie normale de l'organisme; il existe dansles os et leur communique leurdurete caracteris-tique.
Indications. — II est indique :
1deg; Comme antiacide quand il y a exces d'acide dans l'estomac et que, par suite, la digestion est genee;
2deg; Comme antidiarrbeique;
3deg; Comme absorbant et dessiccatif sur les plaies;
4deg; Comme element reparateur des os quand ces or-ganes ont perdu leur durete par suite du defaut de sels de chaux dans les aliments. .
Phosphate de chaux.
Les os des animaux contiennent environ 37 p. 100 de phosphate de chaux. Dans les conditions ordinaires, les aliments contiennent ce sei en proportion süffisante pour les besoins de la nutrition. Mais dans quelques
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436nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TIIERAPEUTIQUE VETERINAIBE.
cas pathologiques, l'organisme peut avoir besoin d'une grande quantite de phosphate calcique, et c'est alors qu'on doit Tadministrer en nature. II est indique surtout pour häter la consolidation d'une fracture ou pour favo-riser la formation des os du foetus chez les femelies pleines; pour combattre la scrofule, le rachitisme.
Sels de magrnesie.
On les a decrits ä propos des purgatifs. Seilaquo; de lithine.
Ces sels ont surtout la propriete de favoriser la disso­lution des calculs. Aussi les emploie-l-on de preference ä tons les autres medicaments contre les maladies cal-eulaires. On emploie surtout le carbonate de lithine aux memcs doses que le carbonate de soude.
2deg; Alterants mercurianx.
Les medicaments mercuriels sont les uns solubles, les autres insolubles. Les premiers sont irritants et caus-tiques pour les tissus qu'ils touchent; les seconds n'ont presque aucune action locale. Tous sont susceptibles d'etre absorbes dans le lube digestif, et ils delerminent tous les memes effets generaux. Les sels solubles se combinent avec l'albumine pour former des composes solubles dans les liquides organiques; les composes insolubles deviennent d'abord solubles a la faveur des reactions chimiques qui se produisent dans I'estomac et l'intestin, et ensuite sont absorbes par le meme me-canisme que les sels solubles. D'apres Jlialhe, tous les sels mercuriaux se transforment en bichlorure de mer-cure avant d'etre absorbes. D'apres Voit, tous les com-
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ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 437
posös mercuriels se transforment dans le tube digestif en un chlorure double de mercure et de sodium qui sc combinerait avec I'albnmine pour former un compost soluble. Quoi qu'il en soit de l'ötat sous lequel les mer-curiaux sont absorbes, ils produisent tous les memes effets aprfes leur melange avec le sang.
Lorsque les mercuriaux sont donnes a tres faibles doses, les effets ne se montrent qu'apres une adminis­tration soutenue pendant un certain temps. Gomme relimination du mercure est extremement lente, il en resulte que, par une administration prolongee de tres faibles doses, on produit toujours la saturation mercu-rielle de l'organisme. G'est au moment oü le mercure est accumule en assez forte proportion dans le sang et les organes, que Ton voitapparaitrenettement les effets de ce m^tal.
On observe d'abord des modifications de la fonction digestive : l'exageration de la salivation est presque toujours le premier Symptome de la saturation mercu-rielle; les animaux ont la bouche humectee par une salive claire, fllante, qui est deglutie quand eile n'est encore que peu abondante, mais qui ne tarde pas ä s'echapper par les commissures des levres et a tomber en longs filaments sur le sol. La salivation est accompagnee et meme precedee de la rougeur et de l'injeclion de la muqueuse buccale et de la tumefaction des gencives. On constate aussi une diminution de la secretion du lait et les secretions purulentes sont taries. Si ä ce moment on suspend l'administration des mercuriaux, on voit la salivation diminuer d'abord, disparaitre ensuite, et la muqueuse buccale reprendre graduelle-ment. ses caracteres normaux. Si au contraire on insiste sur leur usage, la salivation ne fait qu'augmenter, la muqueuse buccale s'epaissit et s'ulcere, les gencives se ramollissent; les amygdales, les ganglions de l'auge,
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438nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
les parotides, deviennent douloureux et gonflös, la beuche exhale une odeur tres fetide, l'appötit est nul ou considerablement diminuö, la deglutition des aliments est difficile, la partie intra-abdominale du tube digestif est le siege d'un catarrhe semblable au catarrhe buccal et on observe une diarrhee fetide qui se prononce de plus en plus et epuise rapidement l'animal.
En meme temps que ces alterations du tube digestif se developpent. on voit apparaitre un amaigrissement et un affaiblissement progressifs ; une raideur des arti­culations due ä la diminution de la secretion synoviale, des tremblements convulsifs de tout le corps (tremble-ment mercuriel) et enün le marasme et la mort. II faut encore signaler comme symptomes de l'infection ou cachexie mercurielle certaines autres alterations qui se prodnisent a un moment plus ou moins avance de l'em-poisonnement. La respiration est genee, difficile et accompagnee souvent de toux; les battements du coeur sont faibles et tumultueux, le pouls est petit et mou; lesangdevient pauvre en elements solides, d'oü resulte I'anemie progressive; la peau offre souvent une eruption pustuleuse; les femelies pleines avortent; des cedemes et des infiltrations se montrent a la tete, aux membres, au fanon, sous le ventre; les narlnes donnent ecoule-ment a un liquide mucoso-purulent; les urines sont fetides etjaunes; les plaies prennent une teinte plom-b^e, puis noire et se dessechent bientöt; toutes les solutions de continuite saignent au moindre contact et ont beaucoup de tendance a la gangrene.
A I'autopsie, on trouve generalement les lesions sui-vantes : Inflammation plus ou moins vive du tube digestif; sang fluide et sereux; 6panchements s^reux dans les plevresetlepöricarde; inflammationdu poumon quelquefois avec abces; chairs decolorees, organes glanduleux et parenchymateux ramollis, os fragiles.
ocr page 455
ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 439
Quand les raercuriaux sont donnes a doses fortes, las effets ci-dessus apparaissent tres vite et se deroulent avec une grande intensite et une rapidity considerable. L'empoisonnement aigu ne differe del'empoisonnement chronique que par l'intensitö et la rapide Evolution des symptomes.
L'empoisonnement mercuriel ne se produit pas avec la meme facilite chez tons les animaux; on pent les placer, d'apres leur susceptibilite, dans I'ordre suivant: oiseaux, chat, mouton, bceuf, chien, pore et solipedes.
Antidotes. — On combat les effets des mercuriaux par le lait, le blanc d'oeuf, le sulfure de fer hydrate, qui rendent insoluble la partie contenue encore dans le tube digestif. Les vomitifs et les purgatifs sont usites aussi pour les expulser. Quant aux moyens pour com-battre I'infection, il n'y en a point qui soil specifique; on recommande le soufre, le quinquina, le chlorate de potasse, I'acidephenique.
Indications therapeutiques. — A I'exterieur, les mer curiaux sont indiques en frictions, pour operer la fonle de certains engorgements indolents siögeant principale-mentsurlesglandes, lesarticulations, les tendons etlesos.
Ils sonttous antiparasitaires energiques et conviennent pour dötruire les poux, les acares de la gale, etc. Sur les tumefactions aigues, les preparations mercurielles ont une action analgesique puissante et en m6me temps un effet resolutif energique. A I'interieur, les mercu­riaux sont relativement peu usites en medecine veteri-naire. Leur action alterante ne pent 6tre avantageuse-ment utilisee que dans les maladies caracterisees par une exsudation considerable, comme dans la raetro-pöritonite, l'arthrite suraigue, le rhumatisme articu-laire, I'enterite couenneuse, etc. Dans ces maladies, ils empöchent la formation des fa'usses membranes ou pro-voquent laresorption desproduits plastiques epanchfe.
ocr page 456
440nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VKTERINAIRE.
Hercure metalliqne.
Ce mötal liquide s'oxyde legerement au contact de l'air, et assez rapidement au contact des acides forts. II emet des vapours, mais en faible quantite.
II constitue la base de plusieurs preparations phar-maceutiques dont les principales sont:
! *)£ AlfircurGnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;^
Axonee ' 'gt;
2deg; Pommade mercuriolle double(ong. mcrcuricl). j ^Mercure.. ) „ —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;(ong.napolitain). | Axonge... )
i '^Mercure.. 12
3quot; Pommade mercuriello prussicnno........... ] Suif...... 5
' Axonge... 16
Eteignez le mercure dans le suif fondu et ajoutez ensuite la graisse. Elle est plus consistante que les prö-cedentes et convient mieux paries temps chauds.
Effets piiysiologiqües. — Le mercure metallique est facilement absorbe sous forme de vapeurs par les voles respiratoires et determine plus ou moins rapidement, suivant laquantite de vapeurs respirees, les phenomenes generaux que nous avons fait connaitre plus haut.
Introduit sous forme liquide dans le tube digestif, le mercure metallique est inoffensif, il arrive rapidement dans les parties posterieures de l'intestin sans subir aucune alteration et est elimine en nature par le rectum avec les excrements. Les accidents mercuriels. ne se montrent que lorsque le mercure demeure trop long-temps dans la cavitö intestinale, par suite de l'existence d'un obstacle infranchissable. Alors il y a absorption des vapeurs mercurielles et des composes solubles qui se forment avec les liquides digestifs.
Pendant l'administration du mercure liquide, il y a ä craindre I'introduclion de ce metal dans les voies
ocr page 457
ALTERANfS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 441
respiratoires; on pent msect;me dire que cet accident est presque inevitable, et j'ai vu plusieurs fois sur des chiens le mercure tomber dans la trachee et produire la mort.
Las differentes pommades mercurielles employees en frictions sur la peau determiaent, au point d'applica-tion, une legere rougeur, une elevation de la tempera­ture, une legere intumescence et une diminution de la cohesion des tissus. Les preparations recemment pre-parees sont inflniment moins actives que celles qui ont vieilli; celte difference tient ä l'etat d'oxydation plus ou moins avanceedu mercure. L'absorption se faitassez facilement par la peau, et il n'est pas rare de voir appa-raitre des effets generaux, ä la suite des frictions faites sur la peau. On n'est pas encore fixe sur la forme sous laquelle le mercure est absorbe par la peau ; quel-ques-uns croient qu'il penetre ä l'etat metallique dans le tissu du dermc, d'autres pensent qu'il se forme d'abord des oxydations et des composes solubles; enfln il y en a qui admettent qu'il penetre sous forme de va-peursparies voiesrespiratoires.Les symptömes del'em-poisonnement sont exactement ceux decrits plus haut.
Indications. — Autrefois on conseillait l'emploi du mercure metallique pour desobstruer l'intestin dans les cas d'invagination, de volvulus ou de pelotes ; on pen-sait que par son poids il amenait la desobstruction. Ce moyen n'est nullement ärecommander; car outre que le plus souvent il est impuissant ä faire disparaitre l'obstacle, il presente l'inconvenient d'etre tres dange-reux, ä cause de l'introduction du mötal dans les voies respiratoires pendant l'administration, et de la produc­tion des distensions intestinales qui sont souvent suivies de rupture de cet organe. Ce moyen doitötre banni de la mödecine.
Les pommades mercurielles sont fondantes, reso-
25.
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442nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIOUE VETER1NAIRE.
luiives et conviennent contre toutes les inflammations cutanees ou sous-cutanees, qu'elles soient aigues ou chroniques. Elles calment la douleur en ramollis-sant les tissus et en leur permettant de se gonfler, et augmentent les resorptions locales. Pour obtenir des effets certains, il est nöcessaire de les employer avec perseverance, et de les unir quelquefois a des irri­tants plus energiques, par exemple au vesicatoire. Aussitöt qu'on remarque quelques effets generaux in-diquant une absorption, il faut suspendre les frictions pour les recommencerapres que tout danger a disparu. II ne faut jamais perdre de vue la susceptibilite parti-culiere de certaines especes animales telles que les oi-seaux, les chats, les chiens et les ruminants.
On faisait usage autrefois de la pommade mercurielle contre les inflammations de la conjonctive, de la cornee, de l'iris, etc. ; mais l'insufflation de poudre de calomel est toujours preferable.
Sesproprietesantiparasitairesenergiquessontutilisees pour detruire les poux, les trichodectes, etc. La pom-made mercurielle convient contre la gale; quelquefois cependant eile n'est pas assez energique.
On ne doit jamais employer en frictions plus de 60 grammes de pommade mercurielle double chez le cheval, 30 grammes chez les grands ruminants, et 2 ä 4 grammes chez le chien.
Doses toxiques. — Les experiences de M. H. Bouley ont fait voir qu'un cheval ne meurt qu'au bout du huitieme jour ä la suite de frictions cutanees, faites avec 120 grammes de pommade mercurielle double dans les vingt-quatre heures.
M. Lafosse n'a pas constate d'effets generaux chez le hosuf en faisantune friction sur le garrot avec 64 gram­mes de pommade ; il a observe des effets göneraux assez graves avec 100 grammes.
ocr page 459
ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;443
La dose toxique pour les petits ruminants n'est pas determinee; mais on salt que ces animaux sont tres susceptibles ; ainsi on a vu mourir des agneaux parce qu'on frottait les brebis qui les allaitaient avec de l'on-guent gris.
Pour les aulres animaux domestiques, les doses toxi-ques restent encore ä determiner. •
Snlfurea de mercure.
On connait deux sulfures de mercure distingues par leur couleur differente.
1deg; Sulfure noir ou protosulfure de mercure [Ethiops mineral). II est en poudre noire, inodore, insipide, in­soluble dans I'eau, volatile et decomposable pai- la cha-leur, qui le change en mercure et sulfure rouge.
2deg; Sulfure rouge ou bisulfure de mercure [Cinabre, vermilion). En masse il est d'un rouge violace et on Tappelle cinabre; rMuit en poudre, il est d'un beau rouge et recoit le nom de vermilion. II est inodore, insipide, insoluble, volatil.
Effets et usages. — Ces deux sulfures sont moins irritants localement que la pommade mercurielle. A rinterieur ils sont rendus difficilement solubles, deter-minent la diarrhee, mais ne produisent que rarement des accidents generaux.
On doit se servir de ce sulfure de preference chez les ruminants soit a l'exterieur, soit ä rinterieur, a cause de leur toxicite pen prononcee.
On en fait des pommades pour l'exterieur, et ä l'inte-rieur on les donne en ölectuaires ou en bols.
Protochlornre de mercure.
Voir page 287.
ocr page 460
444nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VEITfiRINAIRE.
Bichlornre de mercure.
Yoir page 169.
Deutoxyde de mercure. — Oxyde rouge. — Pr£ciplte rouge.
Get oxyde est solide, en paillettes micacees, de teinte rouge quand elles sont entiamp;res et d'une couleur jaune lorsqu'elles sont reduites en poudre, inodore, d'une saveur acre et legerement soluble dans I'eau.
Effets. — Appliquö sur la peau intacte, I'oxyde rouge de mercure rirrite legerement; sur les plaies et les muqueuses 11 est plus irritant et möme legerement caustique. II a une grande afflnite pour l'albumine des tissus, dont il coagule la surface.
A I'iriterieur, cet oxyde est irritant et rapidement toxique.
Emploi. — A I'exterieur on utilise la propriete coagu-lante et legerement caustique du pröcipite rouge pour modifier les plaies de mauvaise nature, et acliver leur bourgeonnement, Lorsque les plaies ou les ulceres ont des bords indurös, I'oxyde de mercure produitun effet fondant sur le tissu indure. II est antiparasitaire, anti-psorique et donne de bons resultats sur les dartres ulc^rees, les eaux aux jambes, l'herpes lichönoide. Ses legers effets irritants en font un medicament precieux contre les maladies des paupieres, de la conjonctive, des voies lacrymales, de la cornöe.
Les principales preparations que Ton emploie sont:
1deg; La poudre.
„„ . , j t ( ¥ Oxyde rouge de mercure.. 1 gr, 2raquo; La pommade de Lyon... j ^ ^^ ^............ 16*
ocr page 461
ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;445
. / ^ Oxyde rouge de mercure..nbsp; nbsp; nbsp; 4 gr.
3laquo; La pommade da Regent. 1 ^c^tate neutre de plomb..nbsp; nbsp; nbsp; 4
r I Camphrc.................nbsp; nbsp; nbsp; 0.39
Beurre frais ou axouge....nbsp; nbsp; 72
Oxyde de mercure.. J
l Oxyde de zinc...... i „
, , ^ \ Sucre de Saturne.... ( aanbsp; nbsp; nbsp; 4
4raquo; La pommade de Desault.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Aluil calcinö........ )
Bichlorure de mercure___ 0.C0
Axonga.................. 32
,
3deg; Alterants lodes.
Dans celte cat^gorie sont comprisl'iode, 1'iodoforme, l'iodure de potassium, les iodures de mercure, I'iodure de plomb et quelques autres composes moins impor-tants.
lode.
Ge metalloide, ires voisin du chlore et du brome, se presente' sous forme de paillettes rhomboidales d'un gris d'acier, fragiles, grasses au toucher, tachant la peau en jaune et presentant beaucoup d'eclat metal-lique. Son odeur est caracteristique, sa saveur est äcre. Expos^ ä l'air, il se volatilise lentement, d'oü la näcessit6 de le conserver dans des vases bien clos. L'eau en dis-sout 1 pour 7,000 ; on peut augmenter le pouvoir dis-solvantde l'eau, en y ajoutantde l'iodure de potassium; ainsi une solution aqueuse d'iodure de potassium ä 4 p. 100 peut dissoudre 3 p. 100 d'iode ; l'alcool en dis-sout 1 pour 10; l'ether, le chloroforme etle sulfure de carbone en dissolvent de fortes proportions; les solu­tions de tannin, les essences, les corps gras, peuvent aussi dissoudre l'iode.
Effets pnYsioLOGiQUES. —Applique sur la peauintacte, l'iode produit instantanement une coloration jaune qui disparait rapidement si l'application n'est pas reitöree;
ocr page 462
446nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
dans le cas contraire, la lache devient permanente, le derme est d'abord excitö, puis irrite, et enfin il s'en-flamme. Sur les muqueuses et les tissus denudes 1'ac-tion irritante est plus önergique et peut aller jusqu'ä la production d'une eschare.
A I'interieur I'iode, meme a faibles doses, n'est pas longtemps supporte; il supprime bientöt l'appetit, pro-voque une gastro-enterite et une maigreur conside­rable. II resulte de cette action irritante sur le tube digestif qu'on ne doit pas administrer I'iode a. I'inte­rieur.
Dans I'estomac I'iode se combine avec l'hydrogöne et l'oxygene pour former de l'acide iodique et de l'acide iodhydrique, acides qui reagissent ensuite sur les sels alcalins de l'intestin et forment de l'iodure de sodium. On ne trouve Jamals I'iode libre dans le liquids intes­tinal ou dans le sang. Apres une administration un peu prolongee de tres faibles doses d'iode par le tube di­gestif, on constate une congestion marquee de toutes les muqueuses et de la peau ; cette derniere membrane s'ecbauffe, se couvre facilement de sueurs, et quelque-fois prösente des eruptions pustuleuses; les muqueuses söcretent en plus grande quantity, il peut m6me se produire un certain etat catarrhal, principalement sur la muqueuse digestive etrespiratoire (salivation, laryn-gite). II diminue la secretion urinaire. Outre ces effets sur les membranes tegumentaires, on constate un amai-grissement rapide, une atropbie des glandes, la rösorp-tion de certains produits morbides, la fluidite du sang et la coloration jaune des liquides epanch^s dans les cavit^s söreuses.
D'apres les experiences de Eossbach, les injections intra-veineuses d'iode ä faible dose ne produisent ni amaigrissement göuöral ni aucun effet nuisible sur le Systeme nerveux, m6me quand on les continue pendant
ocr page 463
ALTERANTS,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;447
longtemps. II serait done utile dans la pratique d'em-ployer cette derniere methode d'administration quand on veut obtenir des effets physiologiques purs, et par consequent des effets therapeutiques certains.
L'iode jouit aussi de proprietes antiseptiques ener-giques, mais ce n'est pas un antivirulent sür.
Les doses toxiques d'iode produisent une irritation vive de la muqueuse gastro-intestinale accompagnde d'ulcerations, d'eruptions pustuleuses, de salivation, de vomissement, de coliques vives, de diarrhee at d'une fievre intense.
Indications therapeutiques. — L'emploi de l'iode est indiquö a I'exterieur : 1deg; sur les engorgements cutanes ou sous-cutanes, quand ils ne sont plus a I'etat aigu; 2deg; sur les plaies de mauvaise nature et les abees tres pnrulents; 3deg; comme cicatrisant sur les plaies ordi-naires; 4deg; contre les affections cutanöes rebelies en pul­verisation ; 5deg; en injections pour provoquer une inflam­mation substitutive et adhesive, dans l'hydropisie des synoviales tendineuses et les bourses muqueuses, I'hy-drocele ; 6deg; en fumigations pour detruire les parasites qui se developpent dans les voies respiratoires.
A I'mterieur Tiode est indique dans les cas d'hyper-trophie glandulaire ou d'engorgements glandulaires, contre l'obesite chez les chiens de salon.
Preparatiohs et emploi. — L'iode s'administre ä I'm­terieur en bols ou en breuvages, on en fait quelquefois des fumigations pour les voies respiratoires.
Pour I'exterieur l'iode entre dans plusieurs prepara­tions, qui sont :
1deg; Teinture d'iode..
#9632;#9632;!
lode................. i
,, ,
Alcool ordinaire......nbsp; nbsp; nbsp;3
2deg; Pommade d'iode.. 1 I.ode.................nbsp; nbsp; ,!
' Axonge..............nbsp; nbsp; 16
ocr page 464
448nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Pour faire des injections dans les cavitfe synoviales ou sereuses on emploie les liquides suivants :
S lode................. 1 lodure do potassium.. I Eau ou glycerine...... 30
/ lode.................. 1
„ , ,. #9632;, „ ., L \ lodure de potassium... 1
Solution do Gmbourt.
(
... rnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .n
Autro solution.
Doses.
Alcool................ 10
Eau.................. 30
Teinture d'iode.......) .,
Eau..................)
lodure do potassium, q. s. pour dissoudrc le precipitc.
Chion, 8 gr. dans l'estomac, quelques ,, ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;grammes dans les veines.
Doses tox^uos diode......\ ^^ animauXi 30 gl.. dans mt6-
raac, 8 gr. dans les veines.
Doses medicamenteuses.
Grands herbivores...... 4 ä 8 gr.
, Petits ruminants et porcs 0.50 2 (Estomac).nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; (Carnivores............. 0.10 0.35
Si on emploie la teinture, il faudra employer des doses trois fois plus fortes.
lodoforme CHI3.
L'iodoforme a la memo constitution chimique qua le chloroform e, seulement le chlore est remplace par I'iode. II est en cristaux hexagonaux, jaunes; il röpand ä l'air une odeur de soufre, et se volatilise rapidement par la chaleur sanslaisser aucun residu. II est insoluble dans I'eau, soluble dans 80 parties d'alcool, dans 20 parties d'ether, et tres soluble dans les huiles et les
essences
Effets physiologiques. — L'iodoforme n'est nulle-ment irritant pour les tissus; il determine au contraire une anesthesie locale assez prononcee ; il est facilement
ocr page 465
ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 449
supporte par l'estomac. On retrouve I'iode dans les urines quelques heures apres l'administration de ce sei. Les effets g-eneraux sont les msect;mes que ceux de I'iode, c'est-ä-dire qu'apres son absorption, il produit un amai-grissement, une fluidite plus grande du sang et une hypersecretion sur les muqueuses. A doses toxiques il produit la paralysie et la mort. C'est un antiseptiqae energique.
Indication's. — A. l'interieur il repond ä toutes les in­dications de I'iode.
A rexlerieur on I'emploie avantageusement en Chi­rurgie comme antiseptique et cicatrisant. II enleve la douleur sur les plaies et les maintient propres et sans suppuration.Ilreussit bien dansle traitementdu crapaud.
On I'emploie sous forme de poudre, ou dissous dans I'alcool ou les graisses.
lotlure de potassium.
Ge sei, autrefois appelö hydriodate de potasse, est en cristaux cubiques d'un blanc opaque et laiteux, d'une legere odeur d'iode, d'une saveur acre et alcaline.
Al'air il s'altere; une parlie de I'iode est deplacee par I'oxygene, ce qui lui communique une teinte jauniUrc. II esttres soluble dans I'eau, qui en dissout son poids ; il est pen soluble dans I'alcool. La solution aqueuse d'iodurede potassium pent dissoudre une certaine pro­portion d'iode. L'iodure de potassium est decompose par I'eau chloree, leshypochlorites alcalins, les acides minöraux.
Effets puysiologiqües. — Localement l'iodure de po­tassium n'est que pen irritant. II est tres rare de voir apparaitre une inflammation notable sur la peau, sur les muqueuses, et sur les tissus denudes, aux points d'application de ce sei.
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4S0nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUT1QÜE VfiTERINAIRE.
Dans Testomac l'iodure de potassium ne produit pas d'irritation et il peut Hve supporte longtemps par les animaux. On ne sait pas encore exactementquelles sont les modifications qu'il eprouve dans la cavite digestive; on pense qu'au contact du sue gastrique, il y a forma­tion d'iodure de sodium et de chlorure de potassium. Pelikan a observe que dans l'estomac il n'y a jamais d'iode libre apres l'administration d'iodure de potas­sium.
L'absorplion de ce sei est rapide, car quelques minutes apres l'administration on retrouve l'iode dans les urines exeretees. II est probable que l'iodure de potassium ou de sodium se decompose partiellement dans le sang et qu'il y a de l'iode mis en liberle. En effet, Liebreich et Issersohn ont observe qu'apres l'in-jeetion hypodermique d'iodure de potassium on voit d'abord apparailre l'iode dans les urines sans potas­sium ; ce n'est que plus tard que le potassium est elimine, et son elimination continue encore quand celle de l'iode est deja termin^e depuis un certain temps. Pendant que l'iodure de potassium circule dans le sang, il exerce une action alrophiante sur les ganglions lymphatiques, les corps thyroides et les ma-melles. Ces organes glandulaires diminuent surtout beaucoilp de volume quand ils sont hypertrophies. D'autres organes encore diminuent de volume, mais d'une maniere peu marquee; ce sont la rate, les testi-cules, la prostate, I'ovaire, I'uterus. L'iodure da- potas­sium ne produit pas un amaigrissement general aussi prononce que l'iode, sans doute parce qu'il n'a pas d'action irritante sur la muqueuse stomacale. Le sei favorise l'elimination du mercure et du plomb fixös dans les tissus, et il augmente la resorption des produits pathologiques.
L'elimination de l'iodure de potassium se fait par la
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ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 451
salive, les urines, le lait; eile est complete vingt-quatre heurs aprfes radministration.
Par un usage prolong^ certaines muqueuses s'enflam-ment et secretent abondamment, telles sont surtout la conjonctive, la pituitaire,' la muqueuse buccale, la mu-queuse pharyngienne et la muqueuse bronchique.
Indications TnfiRAPEUTiQUEs. — L'iodure de potassium est surtout, indique pour produire la diminution de volume d'organes glandulaires hypertrophies, pour ac-tiver la resorption d'exsudats morbides, pour amener la fönte de certains engorgements et pour dissiper une obesite trop prononcee.
1deg; L'iodure de potassium est un remede höroi'que contre le goitre quand celui-ci est du a une hyperpla-sie du corps thyroide; il reussit moins bien quand le goitre resulte de kystes thyroidiens.
2deg; 11 produit de bonraquo; resultats contre les engorge­ments lymphatiques chroniques ou aigus. On I'emploie ä l'interieur ou en frictions ä l'exterieur.
3deg;II hate larösorption des liquides et des fausses mem­branes qui existent dans les cavites sereuses enflammees, comme l'arachnoide.laplevre, le peritoine,le pericarde.
4deg; II convient pour faire maigrir les animaux trop bien nourris; mais le meilleur moyen que Ton pent em­ployer, c'est de les faire jeüner et de leur administrer des sels purgatifs.
5deg; II a 616 vante contre les maladies nerveuses, telles que l'epilepsie, la choree et contre les maladies cuta-nees rebelies, mais il ne donne pas constamment de bons resultats.
6deg; II a donne de bons resultats contre les taches de la cornße. et les granulations de la conjonctive.
Doses :
Doses toxiqucs.
\ Chien............. 4 gr.
) Cheval............ Plus de 100 gr.
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452nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAlRE.
Certains auteurs disent avoir obtenu des effets toxi-ques avec des doses plus faibles et meme des hemorrha-gies intestinales; mais ces resultats extraordinaires ne peuvent 6tre attribues qu'ä l'impurete de l'iodure de potassium employe.
/ Cheval............... 5 ä 15gr.
.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Boeuf................ 10 20
Doses therapeuüques...... P()rc et mouton...... jnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 5
^ Chien................ 0.30 2
Gomme il y a une grande difference dans la suscep-tibilite des animaux pour l'iodure de potassium, il est toujours utile de commencer avec les doses faibles, et d'interrompre de temps en temps I'administration pen­dant un jour ou deux.
Emploi. — L'administration de l'iodure de potassium se fait toujours en solutions. A I'exterieur, on I'emploie constamment sous forme de pommades.
Voici les principales formales :
]0 ( loduro de potassium......... 1
j Axonge...................... 4
i loduro de potassium......... 2
•2' ' lode........................ 1
I Axooge...................... 8
j lode......................... 1
3deg; • lodure de potassium.......... 5
( Glycerine.................... 20
( lode....................... 1
4deg; ] Savon vert................... 10
' Alcool....................... 5
j lode......................... 1
5deg; j Graisse...................... 5
( Poramade mercuriellc........ 23
Pour les injections intra-tracbeales M. Levy recom-mande la formule suivante :
lode........................... 2gr.
loduro de potassium............. 10
Eaudistillee.................... 100
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ALTERANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 453
Doses. — On commence par injecter 2 grammes de cette solution dilues dans 3 grammes d'eau distillee, on augmente ensuite graduellement de 2 grammes la dose de la solution, tous les deux ou trois jours, en dimi-nuant en meme temps la quantite d'eau de dilution jusqu'a ce qu'on ait atteint 20 grammes de solution pure. Quand on observe de la fievre, il suffit de suspen-dre les injections pendant deux ou trois jours et tout rentre dans I'ordre.
Toutes les pommades sent employees en frictions sur les parties engorgees. En meme temps, on administre l'iodure de potassium ä l'interieur surtout lorsqu'il s'agit d'amener la fönte de glandes ou de ganglions lym-phatiques.
Protoiodure lt;le mercnre.
Ce sei, d'un jaune verdätre, n'est pas employe a I'in-terieur. A I'exterieur, on en fait des pommades que Ton emploie en frictions, mais, en general, elles ne sont pas assez actives.
Biiodure de mercure.
Le biiodure est en poudre rouge-coquelicot magni-fique, inodore, insipide, insoluble dans Feau, soluble dans I'alcool bouillant ainsi que dans les cblorures et les iodures alcalins.
Effets et usages. —Lapommade de biiodure de mer­cure produit d'abord la vesication, puis I'engorgement de la peau et des parties sous-jacentes, la chute de l'epiderme et des polls. Dans le tube digestif les effets irritants sont les memes, aussi ne remploie-t-on jamais ä l'interieur.
A I'exterieur la pommade de biiodure de mercure est indiquee en frictions pour resoudre les engorgements
ocr page 470
quot;
4öinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQL'E VETERINAIRE.
glandulaires et les tumeurs indolentes, les diverses es-peces de dilatations synoviales tendineuses, les engor­gements tendineux, les tumeurs osseuses. Gette pom-made reussit souvent oü le feu et les vösicants ont echoue. Pour eviter les tares qui pourraient r6sulter de ces frictions, il est necessaire de les interrompre de temps en temps pour laisser calmer l'irritation locale.
#9632; #9632;
Preparations:
Pommade de protoiodure de morcure.
Protoiodure de mercure. ,1 Axonge................ 8
Pommade de biiodure de mercure.
j Deutoiodure de mercure. 1 '' | Axonge................ 8
Selon l'exigence des cas, on augmente ou on diminue la proportion de sei mercuriel. Pour augmenter les vertus fondantes de ces pommades on y ajoute de l'io-dure de potassium.
.
lodure de plomb.
Ce sei, d'un jaune citron, est presque insoluble dans I'eau, mais tres soluble dans les solutions d'iodures alcalins.
Effets et usages. — Ge sei de plomb n'est pas uti­lise pour I'interieur. A I'exlerieur, il est irritant, mais moins que l'iodure de mercure et jouit des monies pro-prieles resolulives. On se sert de la pommade d'iodure de plomb au 1/8; on augmente son activite ex\ y ajou-tant de l'iodure de potassium.
Bromureg.
Dans ce groupe nous avons ä etudier le brome et le bromure de potassium. L'etude du brome a el6 faite page 328.
ocr page 471
ALTfiRANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;455
llromure de potassium.
Le bromure de potassium est solide, en cristaux cubi-ques, incolore, inodore, de saveur acre et alcaline, de-cr^pitant au feu, trfes soluble dans l'eau et peu solu­ble dans l'alcool. Le chlore met le brome en liberte et il se forme du chlorure de potassium.
Effets puysiologiques. — Les effets locaux du bro­mure de potassium sont ä peu pres nuls. Dans le tube digestif le bromure peut etre supporte par tous les animaux, il n'est pas irritant pour la muqueuse h moins qu'il soit en solutions trös concentrees. En injections hypodermiques, il produit souvent une tumefaction locale douloureuse. Dans I'estomac le bromure de po­tassium subit une decomposition en presence du sue gastrique, il se forme du bromure de sodium et du chlorure de potassium. A faibles doses le bromure ne produit aucun changement apparent dans les fonctions. A doses moyennes, 3 grammes chezle chien, et 30 gram­mes chez le cheval, il developpe des effets marques.
II porte son action sur le Systeme nerveux encepha-liquo dont les fonctions sont deprimees; il y a de i'he-betude, de la tendance a l'assoupissement, de la faiblesse musculaire, une anesthesie plus ou moins prononcee de la peau, de la titubation, etc. En outre, on observe une impuissance complete, une diminution conside­rable des battements du coBur qui sont en meme temps plus faibles ; le pouls est ralenti, intermittent et petit, les temperatures rectale et cutanee sont diminu6es; il y a aussi diurese et mdime, apres un usage trop pro-longe, il se produit de l'hematurie.
Ce sei est elimine par toutes les voies d'excretions; on le trouve dans Turine, dans le lait, dans la sueur. Pendant son elimination par les glandes cutanees, il est
ocr page 472
436nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
probablement decompose en partie, du brome devient libra et agit comme irritant snr la peau ; on a observe en effet, apres radmlnistration de bromure chez le chien et le chat, la production d'un impetigo exanthemateux.
Indications tiierapeutiques. — Autrefois on employait le bromure centre la morve, le farcin, le rachi-tisme, etc.; mais depuis qu'on connait mieux ses effets physiologiques on sait qu'il ne peut avoir aucun effet curatif sur ces maladies. Ge sei est indique dans les ma­ladies nerveuses caractörisees par de l'hyperesthesie, du delire et une agitation continuelle :
1deg; Dans I'epilepsie le. bromure a produit de nombreux cas de guerison chez Thomme, on I'a aussi employe avec succes sur les animaux, principalement sur les chiens;
2deg; Dans le tetanos ce medicament n'a pas r^ussi sur le cheval; il y a quelques resultats favorables sur le chien. Vogel, de Stuttgard, I'a essaye sur neuf chevaux tetaniques ä la dose de 100 ä 200 grammes par jour sans enrayer la maladie;
3deg; Le bromure, en diminuant la sensibilite des orga-nes genitaux, calme lesardeurs genesiques; c'estl'anti-aphrodisiaque le plus sür.
Administration. — En solution dans le tube digestif, clans la trachee et dans le tissu conjonctif.
/ Cheval.............. 20 a. 50 gi-.
\ Boeuf............... 30nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;80
Doses pour le tube digestif.. \ Pore, moutou....... 5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;15
i Chien.............. 0.50 laquo;
' Chat............... quot; 0.20 0.50
Doses pour la trachee et le ) 0.50 b. 2 gr. chez le cheval, dans tissu conjonctif........... ( 5 ä 10 gr. d'eau.
Ces doses peuvent etre administrees plusieurs fois dans la journee. Chez le cheval, on peut arriver ä admi-nistrer 250 grammes par jour, et chez le chien de 10 ä 20 grammes.
.
ocr page 473
TR0IS1EME CLASSE
ANESTHESIQUES.
On appelle aneslhesiques (av privatif; ah^ati;, sensi-bilite) les substances qui suppriment la scnsibilite, la faculte d'eprouver de la douleur, qui amenent ainsi la resolution des muscles ot par suite l'immobilite de rhomme et des animaux qu'elles plongent dans une sorte de sommeil.
La Chirurgie trouve dans les aneslhesiques un moyen d'epargner de la douleur aux patients et de les immo-biliser.
Historique. — L'usage des anesthesiques est tres nou-veau en Chirurgie et en physiologic exp6rimentale. Ge-pendantde tout temps les chirurgiens s'etaient preoc-cupes de supprimer la douleur; et des la plus haute antiquite on avait essaye divers moyens pour atteindre ce but. Les Assyriens comprimaient le cou chez les en-fants qu'on voulait circoncire. En 1784, im Chirurgien anglais anesthesia les membres en comprimant leurs nerfs. En 1837, Liegeard pratiquait une compression circulaire du membre tout entier pour en obtenir I'a-nesthesie. Les Chinois frottaient, il y a 2,000 ans, la partie ä anesthesier avec une plante de la famille des urticees. Chez les Grecs et les Remains on employait la pierre de Memphis (carbonate de chaux) broyee dans du vinaigre pour oblenir l'insensibilite du membre a ope-rer. L'opium a aussi servi aux chirurgiens pour insen-sibiiiser les malades. En 1799 Davy, en respirant du protoxyde d'azote, constata que ce gaz a la propriete Kaufmann. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 26
ocr page 474
4S8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETfrUNAIRE.
de detruire la sensibilile. En 1842, un medecin d'A-thfenes employa le premier I'elher pour supprimer la douleur; mais ses observations, n'ayant pas re^u une grande publicite, passerent inapergues des medecins. La connaissance definitive des propriötes anesthesiques de Tether nous vient d'Amörique. Pendant l'hiver de 1841 ä 1842, un medecin et chimiste amöricain, nommö Jackson, en respirant du chlore, äprouva une vive irri­tation desvoies respiratoires. Pour arröterles effets du chlore, Jackson respira de Tether et de l'ammoniaque, il esperait que la reaction de l'hydrogene de l'ether sur le chlore donnerait naissance k de l'acide chlorhydri-que, lequel s'unirait immediatement ä l'ammoniaque, pour produire du chlorhydrate d'ammoniaque comple-tement inoffensif. Jackson eprouva du soulagement, il repeta la meme inhalation, et bientöt les pheno-menes de l'anesthösie se produisirent d'une maniere complete. Jackson conseilla alors ä un dentiste de Bos­ton, nomme Morton, de soumettre ses clients a des inhalations d'ether pour operer leurs dents sans dou­leur.
Morton le fit en effet, et en 1846 il obtintdesresultats tres satisfaisants. On essaya ensuite ce moyen dans les hopitaux de TAmerique pour les grandes operations, et cela avec un grand succes.
L'anesthösie etait definitivement conquise ä la pra­tique chirurgicale. Gette decouverte se repandit en Europe avec la plus grande rapidite; et dans tons les^ hopitaux Tether fit merveille. On se mit alors a la re­cherche d'autres substances anesthesiques. En 1847 Flourens essaya le chloroforme sur les animaux et obtint avec cette nouvelle substance des effets anes­thesiques encore plus rapides et plus energiques que ceuxde Tether. Simpson, Chirurgiend'Edimbourg, ayant eu connaissance des experiences de Flourens, employa
ocr page 475
A.NESTHESIQÜES,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 459
le premier le chloroforme 'chez l'homme, et cela avec un plain succös. L'emploi chirurgical du chloroforme se repandit rapidement, et cette nouvelle döcouverte excita une sensation presque aussi vive que celle de Tether. Depuis on a decouvert im grand nombre d'au-tres substances anesthösiques; les principales sont: les ethers chlorhydrique, acetiqne, chlorique, le sesqui-chlorure de carbone, la benzine, I'aldehyde, le bisul-fure de carbone, le chloral, etc.
L'anesthesie chirurgicale immediatement apres sa decouverte a ete appliquöe par les vöterinaires ä tous les animaux. Mais on ne tarda pas a remarquer que la chair des animaux anesthesies par Tether ou le chlo­roforme conserve toujours un gout insupportable qui empeche d'utiliser la viande pour la boucherie, si I'a-nimal vient a mourir pendant I'operalion. On a done renonce tres vile d'une fa^on absolue- k l'anesthäsie du beeuf et du mouton. Aujourd'hui on continue ä anes-thesier le chien, le chat, le cheval et l'äne parce qu'on n'utilise pas les cadavres de ces animaux pour la con-sommation. Gependant l'hippophagie est entree dans nos moeurs, et nous sommes forces de restreindre beau-coup l'emploi de l'ether et du chloroforme dans la Chirurgie du cheval et de l'äne.
Proprietäs gi-uerales des ' anesthesiqnes.
L'action des anesthesiques est tres generale; ils agis-sent non seulement sur les animaux, mais aussi surles plantes. On voit que les anesthesiques arrötent les mouvements chez la sensitive ainsi que ceux des an-theres de certaines fleurs (epine-vinette), ils abolissent les mouvements des eils vibratiles et des ötres unicellu-laires.
Tous les Moments anatomiques vivants sont atleints
ocr page 476
460nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THßRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
par l'action desanesthesiques, maisä desdegrös divers; quelques-uns perdent tres vite leur vitalite, d'autres resistent plus longtemps.
Conditions de L'ANESTnfisiE. — L'action anesthösique ne se manifeste dans un element anatomique que lors-que la substance anesthesique arrive en contact avec cet Clement. Lelaquo; oils vibratiles perdent leurs mouve-ments seulement au moment oü l'anesthesique est ar­rive au contact des cellules ä cils vibratiles; les mon-vements des feuilles de la sensitive s'arrßtent seulement quand l'anesthesique a touche les elements anatomi-ques qui produisent ces mouvements; un animal ne devient insensible que lorsque l'anesthesique est arrive en contact avec les cellules des centres nerveux. Chez les animaux la substance anesthesique ne peut arriver en contact des cellules sensitives que par l'interme-diaire du sang arteriel; il faudra done toujours, pour obtenir l'anesthesie, faire penetrer lether, le chloro-forme ou le chloral dans le sang arteriel qui les trans-porte jusqu'a l'element sensitif.
Administration des anestiiesiques. — L'administfa-tion doit avoir pour but de faire arriver les molecules anesthesiques dans le sang arteriel charge de les trans­porter au contact des elements sensilifs. L'ether et le chloroforme, ölant tres volatils, arrivent facilement dans le sang arteriel si on le fait absorber par les voies respiratoires ; il n'en est pas de meme si l'absorption se fait par d'autres voies; le chloral etant pen volatil arrive dans le sang arteriel par toutes les voies d'ab-sorption, et par consequent peut toujours produire l'anesthesie. Si les anesthesiques volatils sont admi-nistres par une aulre voie que la voie pulmonaire, ils arrivent d'abord dans le sang veineux qui les trans-porte dans le cceur droit, puis dans le poumon oü les vapeurs se degagent et se deversent au dehors avec
.
ocr page 477
ANESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 461
l'air expire; le sang arteriel qui sort du poumon ne contientplus de molecules anesthesiques ou n'en con-tient qu'un trop petit nombre pour agir efilcacement sur les centres nerveux. Le poumon est une soupape de süretö qui laisse echapper au dehors les vapeurs et les gaz du sang qui le traverse. Le sang veineux en en­trant dans le poumon peut etre charge de vapeurs anesthesiques, et en sortant de cet organe il en est dlt;5pourvu ou n'en contient plus que des quantites in-signifiantes.
ANEsiniiisiE des soupEDEs. — Voici comment on pro-cede pour anesthesier le cheval : On prend deux pe-tites eponges qu'on imbibe d'ether et qu'on introduit dans les naseaux de l'animal, mais en ayant sein de ne pas intercepter le passage de l'air. Le chloroforme ayant une action caustique sur la muqueuse des na-rines ne peut pas 6tre introduit directement dans les naseaux au moyen d'une eponge; si on emploie ce dernier corps, il faut placer les eponges en avant des naseaux, de maniere a ce que lair inspire entraine des vapeurs de chloroforme dans le poumon. Pour avoir une anesthesie plus rapide on couvre la tete de l'ani­mal avec un linge, pour que I'atmosphere respite soit fortement chargee de vapeurs de chloroforme.
L'ether et le chloroforme sont des liquides trös vo-latils, m6me a la temperature ordinaire. Les vapeurs pönetrent dans le poumon avec le courant d'air inspire ; elles arrivent ainsi en contact avec le sang qui les dis-sout et les conduit au point da Torganisme ou se pro-duit faction anesthesique.
Anesthesie des carnivores. — Quand on veut anes­thesier les autres animaux domestiques que le cheval, il ne sufflt pas d'introduire des eponges imbibees d'e­ther dans les narines, car ces animaux ont la propriötö de respirer aussi par la bouche; il faut done que l'air
26.
ocr page 478
462nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
qui penetre par cette derniere voie soit aussi chargee de vapeurs anesthßsiques. Pour obtenir une anesthesie rapide et complete, il faut placer le inuseau tout entier dans un appareil sous forme de museliere, dans lequel on place lether ou le chloroforme. L'air en traversant cet appareil se charge de vapeurs, et les transporte ä la fois par la voie buccale et la voie des narines. Au lieu de faire usage d'un appareil special dans lequel on place le museau, on pent tout simplement entourer le museau d'un linge dans lequel on laisse une petite ouverture pour l'entree de l'air et placer de petites eponges en avant des narines et de la bouche, afin que l'air inspire les traverse.
Anesthesie du chat et du lapin. — Ces animaux etant tres sensibles a l'action des aneslhesiques meurent ra-pidement quand l'administration de l'anesthesique est un peu trop rapide. On pent employer le m6me pro-cede que pour les carnassiers, mais il est trop dange-reux. II vaut mieux agir de la maniere suivante :
On place les animaux sous une cloche facile ä clore, de maniere ä former une atmosphere confinee; on y met en mfeme temps de petites eponges, ou mßme des morceaux de papier imbibßs de chloroforme. Quand on voit I'animal tomber, on enleve la cloche et l'insen-sibilite persiste assez longtemps pour qu'on puisse faire une operation chirurgicale.
Anesthesie des oiseaux. — Les oiseaux sont les ani­maux chez lesquels I'anesthesie est la plus Rapide et la plus dangereuse. 11 sufflt de petites quantit6s de chlo­roforme ou d'ether pour les anesthösier et möme les tuer. II faut done faire respirer les vapeurs anesthesi-ques qui se degagent d'une petite eponge avec beau-coup de precautions.
Effets physiologiques des anesthäsioues. — Pendant les premiers moments de I'inhalation de vapeurs anes-
ocr page 479
ANESTHESigUES.
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tMsiques, les animaux manifestent de l'agitation, ils gömissent et ont des soubresauts assez violents. Cette premiere periode de l'action des anesthösiques est ap-pel6e la periode d'agitation ou d'excitation. Elle ne dure pas longtemps quand I'anesthesique est bien ad-ministrö; le calme apparalt apres 5 ou 10 minutes. On voit alors les animaux tomber dans un etat d'im-mobilite complete, la resolution des muscles se pro-duit et les membres cedent a toutes les impulsions. G'est lä la deuxieme periode ou periode d'anestkesie confirmee. Si, a ce moment, on cesse Tadminislration, l'animal reprend graduellement ses mouvements et sa sensibility apres un temps plus ou moins long. Si au contraire on continue l'inhalation, l'insensibilile et l'immobilite persistent; les fonctions organiques s'exö-cutent encore pendant un certain temps, puis s'affai-blissent insensiblement, la respiration se ralentit con-siderablement et est de plus en plus petite, le conir bat avec une energle qui va constamment en decroissant, le pouls devient petit, imperceptible; et enfin le coeur s'arröte, la respiration se suspend et l'animal meurt dans un calme absolu. La mort par intoxication arrive d'autant plus vite que la quantite d'anesthesique inha-lee est plus considerable. En moderant l'entree des vapeurs anestbesiques dans les voies respiratoires, on pent maintenir l'animal immobile et insensible pen­dant un temps fort long sans an6antir ses fonctions organiques, at on le voit revenir ä l'etat normal apres la cessation de l'inhalation. Pour maintenir un animal ä l'etat anesthesique, il faut fournir h I'absorption autant de vapeurs anestbesiques que I'elimination en expulse hors de l'organisme. Si I'absorption depasse I'elimina­tion il y a empoisonnement progressif; si au contraire I'absorption est inferieure a I'elimination, le reveil sur-vient apres un certain temps. Si, apres avoir produit
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THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
I'anesthesle confirmee, on supprime les vapeurs anes-thösiques, l'animal reprend sa sensibilite et ses mou-veraents aprös dix ä quinze minutes; si au moment du reveil on recommence les inhalations, lanimal ne tarde pas, apres quelques respirations, ä retomber dans une insensibilite complete. Dans la pratique, on peut ainsi maintenir un animal anesthesie un temps süffisant pour permettre les operations les plus Ion -gues.
Les anesthösiques ne detruisent pas la sensibilite en meme temps dans tous les points du corps. Les animaux perdent d'abord leurs faculles infellectuelles; puis la sensibilite disparait d'abord dans les points les plus eloi-gnes des centres nerveux (membres); eile est conservee en dernier lieu dans les points rapproches des centres nerveux comme a la face. G'est la conjonctive qui perd la derniere la sensibilite. Quand la conjonctive est devenue insensible, I'anesthesie est poussee tres loin, il faut alors suspendre les inhalations si on ne veut pas voir l'animal succomber par intoxication.
Le retour de la sensibilite se fait d'une maniere in­verse a sa disparition; on voit apparaitre successive-ment les fonctions cerebrates, puis la sensibilite de la conjonctive, puis celle de la face et du tronc, puis enfin celle des membres. Quand le Chirurgien opöre sur la face, I'anesthesie doit 6tre poussee plus loin que s'il opere sur les membres.
La periode d'excitation que produisent les anesthösi-ques au debut de leur action est due : 1deg; h. faction irri-tante qu'exercent les vapeurs anesthesiques sur les mu-queuses des levres et des fosses nasales oü aboutis-sent des fibres nerveuses sensitives nombreuses et deli-cates ; 2deg; ä faction excitante exercee par les molecules anesthesiques au moment de leur contact avec les elements sensitifs des centres nerveux. En effet, on
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constate que si on fait respirer les vapeurs d'ether et de chloroforme par une ouverture pratiquee a la trachee et en evitant soigneusementde les faire arriver en contact avec les narines, on n'obtient plus qu'une agitation faibleetdecourteduree. Cettefaible agitation seproduit encore si on injecte directement les anesthesiquesdans le sangcomme cela se pratique souvent pour le chloral. Pendant la periode d'anesthesie confirmee on observe encore un retricissement pujnllaire assez prononce, une deviation interne des globes oculaires qui sont couverts en partie par le corps clignotant et un abaissement constant de la temperature rectale due ä la deperdition d'une plus grande qnantite de chaleur par la peau et surtout ä la diminution des oxydations intra-organi-ques. Quand 1'anesthesie est poussee a I'extreme, la pu-pille se dilate; c'est un signs qui indique qu'il y a em-poisonnement et que I'animal meurt.
ACCIDEXIS OUI SURVIEKNENT PENDANT l'^NESTHESIE. —
Deux sortes d'accidents peuvent se presenter : 1deg; I'arret brusque du coeur ou de la respiration pendant la pö-riode d'excitation; 2deg; rempoisonnement par suite de l'absorption d'une trop forte dose d'anesthesique.
La syncope cardiaque ou respiratoire du debut est le resultat d'une excitation trop vive produite par les agents aneslMsiques sur les voies respiratoires, excita­tion qui engendre par action reflexe l'arröt du coeur ou de la respiration. Pour eviter I'arret du cceur, il faut rendreles nerfs moderateursdu cccurmoins excitables; on arrive a ce resultat par une injection prealable d'un sei d'atropine ä la dose d'un 1/2 ä 1 milligramme chez le chien. Tai pu m'assurer, apres I'injection hypoder-mique de cette dose de sulfate d'atropine sur des chiens de moyenne taille, que les pneumogastriques perdent la propriete d'arreter les mouvements du cceur quand on les excite.
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THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
On övite l'action d'arröt respiratoire et cardiaque en narcotlsant prealablement les animaux avec une in­jection hypodermique d'un sei de morphine. Gelte substance diminue l'excitabilite des animaux, rend I'anesthesie plus prompte et moins dangereuse (voy. Morphine).
On evile I'empoisonnement pendant I'anesthesie confirmee en surveillant constamment les grandes fonc-tions et la sensibilite de la conjonctive et de la cornöe. Quand les battements du cceur s'affaiblissent au point de donner naissance ä un pouls arteriel imperceptible, on suspend 1'administration. II faut aussi cesser I'inha-lation quand la respiration tend ä se suspendre. II faut toujours avoir Taeil sur la poitrine et le doigt sur I'ar-tere pendant la duree de I'anesthesie et arreter celle-ci aussitot qu'on constate un affaiblissement inquietant del'une ou de l'autre fonction. Quand pendant I'intoxi-cation anesthesique la respiration s'arrete, mais que le coeur continue a battre, on pent sauver les animaux en supprimant immediatement l'administration anesthö-sique et en pratiquant la respiration artificielle en fai-sant executer au thorax des mouvements alternatifs de resserrement et de dilatation par des pressions metho-diques. Apres un certain temps de respiration artificielle, la respiration naturelle se retablit, alors I'animal est sauve. J'ai pu plusieurs fois sauver des animaux que Ton croyait absolument morts en pratiquant la respira­tion artificielle pendant cinq, dix, vingt minutes, selon les cas.
Quand le cceur arrete ses battements, I'animal meurt presque toujours. Cependant on reussit quelquefois a lui faire reprendre ses battements par la respiration ar­tificielle et la projection de douche froide sur la tete et le museau ou par I'application d'electrodes, I'un dans la bouche, l'autre dans I'anus.
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Action intime des anesthosiques. — Les anesthösiques agissent evidemment sur le Systeme nerveux. Mais comma dans le Systeme nerveux il y a des elements di­vers, des nerfs moteurs, sensitifs, des cellules de divers ordres, on peut se demander surlequel de ces elements ils agissent. Les belies recherches de GI. Bernard eta-blissent que les anesthesiques atteignent les centres ner­veux, c'est-ä-dire les elements cellulaires qui consti­tuent l'origine des nerfs sensitifs. Les nerfs sensitifs no peuvent subir I'action anesthesique qu'ä leur naissance dans la moelle ou ä l'encephale.
En quoi consiste l'action des anesthesiques? Quel-ques auteurs pensent que le sommeil anesthesique est le r6sultat de raction des agents anesthesiques sur les vaisseaux des centres nerveux. Pour les uns il y a con­gestion des centres nerveux, pour d'autres il y a anemie. Ces deux actions peuvent exister simultanement chez le meine sujet suivant la periode de l'anesthesie; ainsi, avec le chloroforme, Cl. Bernard a toujours vu la con­gestion se produire pendant la periode d'excilation et l'anemie dans la periode d'anesthesie confirmee. Ces effets vasculaires ne sont d'ailleurs pas exaetement les memes avec tous les anesthesiques. Ainsi l'ether pro-duira facilement l'anemie, tandis que le chloral pro-duira la congestion. Ge n'est done pas dans les modifi­cations vasculaires qu'il faut chercher le mode d'aetion des anesthesiques. Gl. Bernard a remarque que les anes­thesiques produisentsur les elements anatomiques, sur les cellules et les fibres Vivantes, une demi-coagulation du protoplasma qui devient plus granuleux et trouble, Ce fait a ete confirrae depuis par beaueoup d'autres, et on sait aujourd'hui que cette demi-coagulation est due ä la perle d'eau eprouvee par les Clements anatomiques sous l'influence des anesthesiques. Les anesthesiques portent en realite leur action sur tons les tissus; ils at-
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teignent chaque element a son heure suivant sa suscep-tibilil6. La plante n'a pas de Systeme nerveux et cepen-dant le chloroforme et Tether viennent agir tout aussi fatalement sur olle, et arrßter l'activite commune ä tous ses elements anatomiques.
Indication des anesxiiesiques. 7- L'anesthesie est indi-qu^e : 1deg; quand on veut eviter la douleur aux patients pendant une operation grave; 2deg; quand il faut obtenir une immobility complete dans les operations delicates; 3deg; quand on veut eviler les accidents qui pourraient resulter d'une agitation trop forte des sujets, tels que rupture musculaire, ecrasement des vertebres ou pour mettre l'operateur ä l'abri des coups de pieds; 4deg; dans les accoucbemonts laborieuxpourfaciliter les manoeu­vres; 5deg; dans le tetanos ou d'autres maladies convul-sives.
Nousdevons faire l'etude delaillee destrois substances aneslbesiques, ä savoir : l'etber, le cbloroforme et le cbloral.
. ICtlier sulfurique.
C'est un liquide limpide, tres mobile, incclore, d'une odeur suave, tres volatil, bouillant ä 36deg;; soluble dans 10 parties d'eau, tres soluble dans Talcool. L'ether sul-furique constilue un excellent dissolvant pour le brorfle, I'iode, le soufre, le phosphore, le bichlorure de mer-cure, les corps gras, les essences, les resines, le campbre.
Effets physiologiques. — La grande volatilite de V6-ther communique a ce corps, la propriele de deter­miner un froid plus ou moins intense lorsqu'on le verse ou qu'on le pulverise sur la peau. Le froid occa-sionne par l'ölher est surtout intense lorsqu'on le pulverise sous forme de vapeurs; dans ces conditions
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ANESTIIESIQUES.
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on voit d'abord se pröduire une excitation locale; celle-ci disparail ensuite, la region s'anömie, se refroidit de plus en plus et enfin s'aneslhesie. Sur les plaies les pulverisalions occasionneront d'abord une douleur vive, mais bientöt l'aneslhesie survient et on constate que les plaies pälissent. On pent, en insistant sur les pulverisalions, produire la mortification des tissus par congelation. Apres la cessation des applications, une reaction plus ou moins intense survient.
Administre a l'interieur, Tether excite d'abord la muqueuse buccale, provoque une forte salivation. Par­venu dans restomac, 11 se vaporise immediatement, car il est ä une temperature superieure a son point d'ebul-lition. Ses vapeurs distendent I'estomac, produisent des borborygmes bruyants dans l'intestin et des expul­sions gazeuses frequentes par l'anus. Cl. Bernard a constate que, chez les lapins, I'ether, en se reduisant en vapeur, pent dislendre Testomac au point d'en deter­miner la rupture.
A forte dose il provoque de forts vomissements chez les animaux. M. Tabourin a observe des nausees chez le cheval apres l'adminislration de 500 grammes d'ether.
L'ether a dose moderee determine une excitation vive dans toute l'etendue du tube digestif et une secrö-lion abondante des sues qui s'y deversent. On trouve la njuqueuse gastro-intestinale rouge et lubreflee par d'abondantes secretions; le pancreas devient rouge et turgescent comme pendant la digestion, et sa func­tion secretoire est egalement mise en activite. L'ether augmente l'activite de l'absorption dans le tube di­gestif; ainsi la stryennine ou la nicotine administrees en m6me temps que t'other causent plus rapidement la mort des animaux que quand ces poisons sont don-nes seuls.
L'absorption de I'ether par les voies digestives est Kaufmann. — Thorapculique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;27
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rapide; mais, comme apres son melange avec le sang, Tiälhei- est transporte dans le poumon, il s'echappe en grande parlie par lair respire, et le sang arleriel reste prive d ether ou ne se charge que de tres faibles quan-lites de ce corps. Aussi est-il tres difficile d'oblenir I'anesthesie par I'absorplion digestive.
Quand on veut produire I'anesthesie, il faut loujours faire respirer I'ether avec I'air en suivant les indica­tions ci-dessus.
L/anesthesie par I'inhalation d'ether se produit dans 5 ou 6 minutes chez le chat, dans 8 ou 15 minutes chez le chien et les aulres animaux. La duree de la periode d'excitation varie avec la quantite d'ether inhalee et la susceplibilite des sujets. La sensibiiite persisle dans la zone de distribution du nerf Iriju-meau quand eile a dejä disparu partout ailleurs; la cornee transparente conserve la derniere sa sensibiiite; celle-ci disparait sur la conjonclive du globe oculaire et des paupiercs, avant de disparaitre sur la cornee. G'est done la cornee que Ton devra explorer pour laquo;'assurer du degre d'anestbesie; quand cette membrane n'est plus excitable, il faut arreler les inhalations, car on est pies de rempoisonnement complet de l'animal.
Pendant que I'ether circule dans le sang, il active singulierement la secretion du sucre dans le foie. G'est surtout apres l'injection de I'ether dans I'estomac oil I'intestin que la secretion glycogenique est aclivee au point de rendre les animaux diabetiques. .
Pendant I'anesthesie par I'ether les animaux ont sou-vent des roves erotiques, on les voit entrer en erec­tion, execuler des mouvements non equivoques et pousser des hennissernents ou des cris caracteristiques.
Quand I'inhalation a introduit dans le sang arteriel une trop forte dose d'ether, on voit, apres disparition, complete de la sensibiiite, survenir l'arret de la respi-
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ration, puis apres l'arröt du coeur. L'ether arr#te lou-jours la respiration avant le coeur. 11 faudra done, dans I'anesthesie par l'ether, snrtoutsurveiller la respiration, et suspendre les inhalations aussilöt que celle fonction menace de s'eteindre. Quand, malgre loutes les pre­cautions, il y a arret respiratoire, il faut pialiquer la respiration arlificielle jusqu'au retour de la respiration naturelle.
L'ether n'a pas la meme action sur la circulalion arterielle a lous les moments de I'anesthesie. Au debut, e'est-a-dire pendant la periode d'excilalion. Tether eleve la pression veineuse et la pression arieticlle. Ge premiereffet est du ä la constriction brusque des petits vaisseaux dontle sang est deverse dans les gros troncs. Apres ce premier effet, qui est passager, on voil les deux pressions baisser, puis la pression veineuse remonter graduellement, tandis que pendant le meme temps la pression arterielle s'abaisse. Get ecartement angulaire des deux courbes representant les tensions arterielle et veineuse est du ä une dilatation graduelle des petits vaisseaux pendant I'anesthesie conflrmee. Le sang traversant facilement les petits vaisseaux se repand plus facilement dans les veines; la pression doit done augmenter dans ces vaisseaux, tandis qu'elle doit dimi-nuer dans les arleres.
L'ether produit toujours une acceleration du ca3ur et un abaissement de la temperature rectale propor-tionnel a la duree de I'anesthesie et surtout a son degre. Cette diminution de la temperature est due surtout ä la diminution des oxydations, comme le prouvent les analyses des gaz de la respiration et des gaz du sang faites par M. Arloing.
L'injeclion hypodermique d'ether n'est pas suivie d'anesthesie. Immediatement apres I'injection, I'animal est agilö, il a des ebrouements ou des eternuemenls
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. J
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frequents, il secoue lat6te,remue las mächoires comma s'il mächait, il a des Millements; on entend des bor-borygmes frequents dans I'abdomen ; la bouche est humecteedesalive ; la respiration s'accelüre considera-blement ainsi que le pouls; la temperature rectale s'eleve, et quelquefois l'aniinal manifeste une ardeur genesique non equivoque.
J'ai observe quelquefois, immediatement apres I'in-jection un abaissement de la temperature rectale de 1/10 de degre, suivi ensuite d'une elevation beau-coup plus considerable.
Les elfets d'excitation disparaissent en general apres iö ä 20 minutes. Toutes les fonctions reviennent gra-duellement a leur etat normal sans que I'animal ait presente le moindre signe d'aneslhesie.
L'etber introduit sous la poau se transforme en va-peurs qui se repandent dans le tissu conjonctif et produisent une tumefaction crepitante qui persiste encore quand tons les effets de l'elher ont disparu. Je n'ai jamais vu survenir aucun accident local con-seculivement a ces injections hypodermiques d'ether sulfurique.
Indications thiuiapeutioues. — A Yexterinur, I'etlier employe en pulverisations convient pour prodnire I'anesthesie locale par refrigeration rapide(Richardson).
A I'interieur il est indique pour exciter la digestion, activer les secretions et augmenter les mouvements perislaltiques dans les cas d'indigestion, de meteorisa-tion, de coliques dues ä des calculs biliaires.
En inhalations, e'est Tanesthosique le plus inoffensif pour les animaux adultes. II ne convient pas aussi bien pour aneslhesier les jeunes animaux, car il produit des arrets respiratoires dangereux. Chez ces derniers il laut preferer le cbloroforme. L'anesthesie par Tether doit 6tre preferee chez les sujets emphysömateux
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alleinls d'affections chroniques du poumon, dont la consequence est une dilatation du cceur droit et de ses orifices, chez ceux qui ont des anevrysmes. L'clher ne convient pas quand on veut operer sur les leslicules du male, parce qu'il determine des contractions du cre-masler quelquefois difficiies a valncre.
Les injeclions hypodermiques d ether sont indiquees quand on veut exciter les fonctions respiraloire et cir-culatoire chez les animaux fortement deprimes par la maladie ou dans les empoisonnements par certains alcaloides.
Doses. — Estomac.
Clieval...............nbsp; nbsp; 15 gr. ii 30 gr.
Bcouf...............nbsp; nbsp; 20 ä 50
Moutoa.............. 5 a. 10
Chien............... 0.50 h 4
80 h 150gr. 10 h 20
10 .quot;i 30 cc. 1 k 2
nds herbivores..
luhalalions (anesthesie)... i ^1rarul
Injections hypodermiques. lt;
Grands herbivores. Chien.............
Nota. — L'aneslhesie par le rectum, dont on a beau-coup parleil y aquelque temps, ne pent pas etre utilisee dans la pratique, a cause de son irregularite et des dangers qu'elle pent offrir. Les essais que j'ai faits sur les chiens et les lapins, m'ont demonlre que I'ad-ministralion de vapours d'elher par le rectum ne pro-duit pas l'aneslhesie, el qu'elle occasionne quelquefois des distensions et meme des ruptures intestinales.
Chloroforme. CHCl3.
Le chloroforme est un liquide tres limpide, incolore, d'une odeur de pomme reinette, d'une saveur fraichc, sucree, peu soluble dans I'eau, tres soluble dans I'al-cool etl'ether, bouillant ä 61deg; centigrades etayantunc reaction neutre.
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Effets pnYsiOLOGiQuns. — Localement le chloroforme est irritant. Surla peau, les plaies et les muqueuses il produit la vesicalion, rinflammalion et möme la mor­tification, quand on empöche son evaporation.
A Tinterieur il est moins bien supporte que I'elher, il irrite I'estomac, determine des coliques, des nausöes, des vomissements.
Les inhalations de vapeurs de chloroforme produi-sent d'abord une excitation g-^nerale tres energique pendant laquelle I'animal crie, se d6bat avec violence. Apres cette periode d'excitalion, qui est due principa-lement ä l'action irritante qu'excercent les vapeurs de chloroforme sur la muqueuse nasale et buccale et qui dure 3, 5 a dO minutes, survient une perte de l'lntelli-gence, des mouvements et de la sensibilite, avec con­servation desfonctions vegetatives; c'est la periode d'a-nesthesie confirmee. Enfin si I'anesthesie continue, on voit s'eteindre successivement la circulation et la res­piration; enfin la mort survient.
Pendant l'excitation initiale, la pupille est dilatee ; eile est contractöe pendant la periode d'aneslhesie, et eile se dilate a l'approche de la mort.
La sensibility se conserve en dernier lieu dans la conjonctive, qui recouvre la sclerotique et les pau-pieres; tandis qu'avec Tether, eile est plus longlemps conservee dans la cornee.
Le chloroforme communique aux battements du cceur une energie plus grande ; les courbes prises dans le coeur sont plus 61ev6es et plus breves pendant la periode anesthesique ordinaire; ce n'est qu'ä l'ap­proche de l'empoisonnement complet que,les batte­ments de cocur s'afTaiblissenl. Administre avec precau­tion, le chloroforme produit souvent au debut une legere action vaso-dilatalrice et une vive excitation cardiaque. La premiere, fugace, est bientöt remplacöe
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par une action vaso-constrictive accompagnee de sys­toles cardiaques plus energiques.
Le chlorolbrme expose le moins aux hömorrhagies en nappes.
Les injections sous-cutanees de cliloroforme sont suivies d'une inflammalion locale douloureuse qui se dissipe gdneralement sans laisser de traces.
Indications tugiupeutioues. — Le chloroforme n'est pas employ^dans le lube digestif, äcause de son action irritante sur la muqueuse. A I'exlcrieur on n'utilise pas ses proprietes irritantes. parce qu'on a d'autres substances qui agissent mieux. On s'en sert en inhala­tions pour produire I'anesthesie; celle-ci est rapide et plus durable qu'avec l'ether, mais eile est quelquo-fois plus dangereuse.
Pour eviter les syncopes cardiaques et les syncopes respiratoires, il est toujours bon d'avoir recours ä I'anesthesie mixte, en employant simultanement les injections hypodermiques d'un sei de morphine ou d'un sei d'alropine. G'est surtout avec le chloroforme que ces agents sont utiles, car ils previennent les accidents.
L'anesthesie par le chloroforme doit elre preferee sur les malades qui ont une insufflsance mitrale ou une in-suffisance aortique et toutes les fois qu'on veut eviter, pendant les operations, les hemorrhagics en nappe.
L'anesthesie chloroformique est usitee depuis long-temps dans la medecine humaine pendant les accou-chements difficiles. On pourrait en faire un usage semblable chez nos femelles domesliques quand les contractions uterines trop energiques gönent les ma­noeuvres de l'accouchement. On n'a jamais constate une induence fächeuse sur le foetus malgre le passage des anesthcsiquesdansl'organisme du jeune sujet a travers le placenta. Les injections hypodermiques de chloro-
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476nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUEKAPEUTIQüE VETERINAIRE.
forme peuvent engendrer une inflammation substitutive ou derivative utile dans certaines nevralgies; cependant dans la plupart des cas, les injections hypodermiques de morphine donnent de meilleurs rcsultats.
I Cheval......... iO k 80 gr.
„nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,, , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; • , , x-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;I Boenf.......... 50 Ji 100
Doses anestliesiques en inhalations. ( „nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,„ , „,.
^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 Mouton et porc. 10 h 20
f Chien.......... 5 ä 15
Le chat etant tres sensible au chloroforme, meurt presque toujours pendant l'anesthesie.
Chloral. Aldhcyile tricliloree. CSHG130.
Le chloral a etc decouvert en i832 par Liebig. II se presente sous deux etats : 1deg; anhydre, c'est un liquide incolore, d'aspect oleagineux, d'une saveur äcre et brü-lante, d'une odeur vive et penetrante; 2deg; hydrate, il est solide, forme de pelites masses blanches, d'aspect sac-charoide. Sous ces deux etats, il est soluble ä la fois dans l'alcool, l'eau et l'ether, le chloroforme, la benzine, ies huiles essentielles, il se volatilise ä 95deg;. En presence des bases alcalines ou de leurs carbonates, il se trans-forme en chloroforme el formiate alcalin.
(•.2110.130 KHO = CHKO CFICR Chloral.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Tottisse.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Formiate. Cliloroforme.
La solution aqueuse doit 6tre neutre et ne doit pas se troubler par lo nitrate d'argent.
Effuts niYsioLOGiouEs. — Sur la peau intacte, le chlo­ral produit des effels analogues ä ceux du chloroforme; sur les muqueuses, les solutions de continuite et dans le tissu cellulaire sous-cutane, il est fort irritant et presque caustique. Dans le tube digestif il est irritant quand les solutions sont concentrees; mais si ellcs sont au 1/10, elles sont supportees parlous les animaux, sur-
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ANESTHESIQUES.
4quot;; 7
tout si on y ajoute du mucilage ou de la gomme. Son absorption se fait rapidement par la muqueuse gas-Irique et intestinale. Arrive dans le sang, le chloral se decompose en parlie etl'elimination se fait par les reins sous forme de chloral (Mlle Tomascewich) et sous forme d'acide urochloralique (Musculus et Mering). Apres son absorption, il ne tarde pas ä produire un sommeil pro-fond qui ressemble beaucoup au sommeil physiologique; et, au moment du reveil, les animaux reprennent im-mediatement leur etat normal et la liberte de leurs mouvemenls. La pupille est tres resserree et insensible pendant l'anesthesie; eile se dilate quand I'anesthe-sie est poussee tiop loin. Quand le sommeil chlora-lique est leger, les animaux conservent les reflexes at ils ressentent, quand on les excite, une douleur vague qu'ils manifestent par des cris; mais si le sommeil est profond, les reflexes disparaissent et la sensibilite est coinpletement abolie. Comme avec les autres anes-thesiques, eile disparait en dernier lieu dans la conjonc-tive de lacornee.
Le chloral, au debut, accelere un pen la respiration, mais la ralentit ensuite pendant l'anesthesie, et meme l'eteint si I'absorpUon devient trop intense.
Le coeur se conlracte avec plus d'energie au debut; puis les batlements s'affaiblissent pendant l'anesthesie, et les contractions systoliques sont moins brusques (Arloing). Au debut il y a ralentissement passager du coeur; de trenle, le nombre tombe ä vingt-huit par se-conde chez le cheval; plus tard il y a acceleration et on voit le nombre des battemenls du coeur s'elever ä qua-rante-huit. S'il y a des intermittences avant I'adminis-tration,elles disparaissent sous l'inlluence du chloral.
Le chloral diminue toujours la tension arterielle; il augmente la vilesse du cours du sang. II resserre lege-rement les petits vaisseaux au debut do son action, mais
27.
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478nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
i les dilate ensuite et produit la congestion des paren-
chymes, des muqueuses et de la peau.
Les plaies saignent toujours abondamment pendant I'aneslhesie chloralique.
Le chloral produit aussi un abaissnment de tempera­ture qui peut etre tres prononce (2 a 30j. 11 est du, comme avec les aulres anesthösiques, a la diminution des combustions intra-organiques, comme le prouvent les analyses des gaz de la respiration, et celles des gaz du sang(Arloing); le rayonnement plus considerable par la peau vient encore s'ajouter a cette premiere cause.
11 provoque aussi frequemment Vhematurie sur les animaux anemiques et sur ceux qui sont a jeun. Gelte hematurie n'est pas dangereuse, eile se dissipe rapi-dement apres le reveil.
Theoiue de l'action du chloral. — Liebreich, en 1869, afrouve les proprietes aneslhesiques du chloral, en par-tant de cette idee thöorique, que le chloral doit se de­composer dans I'organisme en chloroforme et formiate alcalin, en presence des alcalis du sang. Get auteur, apres avoir constate experimontalement l'action anes-Ihesique, a admis que le chloroforme se degage cons-tamment pendant que le chloral circule, et que I'anes-thesie est produite non pas directemeni par le chloral, mais par le chloroforme produit. Gette theorie a ete admise par beaucoup de physiologistes et de cliniciens ; mais eile a ete altaquee par d'autres. Ges derniers, parmi lesquels il laut citer Demarquay, Labbe et Goujön, pen-serent que le chloral conserve son individualite propre etqu'ilagit comme chloral sur les elements nerveux. Au-jourd'hui cette derniere theorie est a peu pres comple-lement abandonnee, car de nombreux experimenta-teurs ontdemontrö, par des procedes differents, que le chloral se decompose reellement dans le sang en chloro­forme et en formiate alcalin. II faut surtout citer les
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ANESTHESIQUES.
470
travaux de Richardson, de Personne, de Horand et Peuch, de Byasson et Follet, d'Arloing. Ces auteurs sonl tons arrives ä demontrer la transformalion du chloral en chloroforme et formiate alcalins dans le sang.
Emploi clinique du chloral. — Le chloral est utilisö comme anestkesique general; sous ce rapport il ne le cede ä aucun autre, surtout quand on l'emploie en in­jection intra-veineuse. L'anesthesie survient apres une ä deux minutes, quand on injectelenlement une solution aqueuse d'hydrate de chloral dans les veines d'un ani­mal ; generalement la periode d'excitation est faiblc ou nulle, l'anesthesie dure longlernps, et le reveil n'est pas suivi de faiblesse. C'est le meilleur anesthesique que Ton puisse employer en medecine veterinaire tant ä cause de larapidite de son action, que du peu de dan­gers qu'il presente quand il est manie avec precaution.
Quand on vent obtenir une bonne anesthesie par e chloral employe en injection intra-veineuse, il faut faire usage d'une solution fralche a 1/S et l'injecter avec une Ires grande lenteur, et en s'arrßtant de temps en temps pendant quelques instants; on surveille alton-tivement la sensibility, le pouls et la respiration. Les premiers signes que l'anesthesie va se produire con­sistent dans des borborygmes intenscs dans rinlcslin; •quand on entend ces borborygmes, il faut redoublcr d'altention et agir lentement. On voit alors la sensi-bilite disparaltre sur les membres et le tronc, puis en dernier lieu sur la conjonclive. En meme temps un re-lächement musculaire se produit.
Les accidents a craindre sont l'arret du cojur par suite d'une injection trop vive, et l'arret de la respira­tion quand on depasse la dose anesthesique.
On evitele premier accident par la lenteur de l'injec-lion, et le second en surveillant soigneusement l'6la-
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..i
480nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TlIEtUPEUTlQUE VETERINA1RE.
blissemcut de 1'aneslhesie. Aussitot que celle-ci est arrivee au degre convenable, on doit suspendre les in­jections, pour les recommencer quand le reveil tend a se produire. Le chloral a le seul inconvenient d'aug-menler los Lemorrliagies en nappe sur les plates.
On pent aussi aneslhesier les animaux en adminis-trant le chloral par les voies digestives. Dans ce cas I'absorplion etant assez lente, il faut pröparer les ani­maux au moins une heure avant I'operation. II est rare qu'on puisse obtenir une anesthesie parfaite par les voies digestives, mais on obtient im emoussement da la scnsibilile favorable a raclion plus prompte des anesthesiques volatils. Si on injecte du chlorhydrate de morphine sous la peau en meme temps qu'on admi-nistre le chloral a I'intei'ieur, on obtient une insensibi-lile plus grande.
IsjegtiOiNS mnu-TRACHEALES. — MM. Gadcac et Mallet ont fait des recherches sur remploi du chloral par la voie tracheale. Ils ont associe cet anesthesique au chlorhydrate de morphine. Sur le cheval 35 grammes de chloral, et 0gr,50 de chlorhydrate de morphine pro-duisent un sommeil cinq ä six minutes apres I'injection. L'insensibilile et la resolution musculaire sont abso-lues ; I'aneslhesie est parfaite. Les piqüres les plus energiques ne parviennent pas a determiner un mou-vement; la peau peut etre traversee par le scalpel dans les regions les plus sensibles sans pi'ovoquer de reaction. Trente minutes apres I'injection, I'animal so reveille. Deux heures apres, I'animal so lient debout, mais il ofire une demarche hyenoide ; apres trois heures il prend son repas comme de coutumo. Ges auteurs ont obtenu desresultats aussi nets chez le chien.
L'anesthesie par les voies tracheales est done rapide et complete avec le chloral et la morphine ; mais mal-heureusement eile est suivie d'accidenls graves. En
#9632;HHH
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ANEST11ES1QUKS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 481
e(!et, l'action irritante du chloral se manifeste parfois avec une gravile extreme, comme MM. Cadeac et Mallet rontconslateparrautopsie do leurs sujetsd'experience. Un cheval ayant recu 23 grammes de chloral dans 100 grammes d'eau fut sacrilie deux jours apres. II avait les poumons hepatises au nivcau do leur echancrure dans une elcnduc d'envlron 13 centimetres, etquelques foyers gangreneux, dont le volume variait enlre celui d'un pois et celui d'une noisette, etaient disposes au-tour des broaches dans la möme region. Sur divers chevaux ils ont trouve de nombrcux foyers hemorrha-giques, des abces gros comme une noix ou un oeuf de poule dans la partie moyenne et inferieure du pou-mon. Des lesions semblables existaicnt sur les chiens, et de plus des fausses membranes jaunätres et libri-neuses dans la trachee et les bronches.
Voici quelques-unes des conclusions de ces au-teurs:
1deg; L'injection intra-tracheale de chloral et d'un sei de morphine, est le precede d'anesthcsie lo plus dan-gereux, et ne pent, par consequent eritrer dans la pra­tique, malgre la simplicite de son manuel operatoire.
2deg; Administres par la bouche, le chloral et la mor­phine melanges anesthesient le chien, mais n'inscnsi-bilisent le cheval qu'imparfaitement.
3deg; Donnes sous forme de lavements, ces deux agents melanges n'anesthesient ni le cheval ni le chien.
4deg; Les doses 6tant les m6mes, les effets sent sonsible-ment plus accuses lorsque la morphine est injectee sous la peau, quelle que soil la voie d'administration du chloral.
5deg; On obtient une anesthesie parfaite en combinant l'injection sous-cutance do morphine avec I'adminis-tration d'un lavement de chloral.
6deg; 11 est avantageux de laisser un Intervalle de quel-
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482nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
ques minutes entre l'injeclion sous-cutan6e de mor­phine et le lavement de chloral.
7deg; L'innocuite des lavements et la facilite de leur ad­ministration nous font preferer la voie rectale h toute autre, les animaux dejä sousrinfluencede la morphine ne rejetant pas les lavements, comme on pourrait le craindre.
Le chloral est encore indiquö comme anlispasmodique ou anticonvuls'mant, dans les maladies nerveuses ac-compagnees d'agitation, de convulsions (epilepsie, te-tanos). II est alors surtout administrc dans le tube digestif.
11 constitue le meilleur antidote de la strychnine. Pour reussir il faut injecter rapidement une dose anes-thesique de chloral dans les veines de l'animal stry­chnine. Les crises convulsives cessent completement, mais reparaissent aussitöt que l'animal se reveille ; une nouvelle injection les fait encore disparaitre, et ä un nouveau reveil les crises sont moins intenses et ne mettent souventplus la vie de l'animal en danger. Le chloral empeche l'aetion toxique de la strychnine. Si les animaux empoisonncs par cet alcaloi'de sont maintenus un temps sufGsant sous l'influence de l'aneslhesique, l'elimination de la strychnine se fait, et au moment du reveil l'animal n'est plus empoisonne.
J'ai constate dans mes experiences rcHicacite de ce moyen pour enrayer l'aetion de la strychnine.
Administration. — Pour l'injeclion intra-veineuse on fait usage de la solution au 1/3.
A l'inlörieur et en injections intra-tracheales, il faut faire des solutions etendues au d/10 au 1/13 et ajou-ter de la gomme ou du mucilage. Les doses internes calmantes sont:
Bceuf ct cheval.......... 50 ä lOOgr.
Poi-c................... 2 i 5
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ANESTHESIQUES.
483
Cliien. Chat..
0..r.0 h 0.50 amp;
Pour les lavements on fait usage des solutions muci-lagineuses au chloral a 1 pour 10. On compte gene-raiement 30 a 40 grammes par seringue. Dans le le-tanos on administre trois ou quatre lavements par jour.
Les doses internes anestlidsiques sont:
r.hien.................. 4gr. en moyenne.
Pore................... 10 gr.
Choval................. 1Ü0 ä 150 gr.
Doses toxiques..
Petits cliiens. Gros chiens..
Chat.........
Pore.........
8 änbsp; nbsp; 12 gr.
10 knbsp; nbsp; IG
4 ä 8 20
Choval.............. 200 ä 309
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QÜATRlfiME CLASSE
liyPNOTlQUIiS ET CALMAgt;TS
Opium.
G'est 1c sue concret qui s'ecoule des incisions prati-quees a la surfaee destetes du pavot somnilere. G'est surloutdansles pays orientaux qu'on prepare l'opiurn; il est l'objet d'un important commerce avec les con-trees occidentales.
Dans le commerce de la droguerie, on reconnolt surtout quatre varietes d'opiura qu'on appelle, d'apres lour provenance, opium de Smyrne, de Constantinople, d'Egypte, et opium indigamp;ne ou affium.
CüME'OsiTiON ciiuiioüE.—Ces diverses espfeces d'opium ont toutesdans leur composition chimique les memes prineipes. mais dans des proportions dilferenles; ainsi l'opiurn de Smyrne renferme de 6 ä 10 p. 100 de mor­phine, l'opium de Constantinople 4 ä 6 p. 100 ; l'opiurn d'Egygte 2 ä 3 p. 100, et l'opium indigene 10 p. 100 de cet alcaloi'de. Les autres prineipes actifs variant dans des proportions semblablcs ä celles que je viens de faire connallre pour la morphine. Voici, d'apres les chimisles, la composition qualitative de l'opium :
Alcaloidcs.
Morphine.
Codeine.
Narceiue.
Napcotine.
Thöbaiue.
Papavcrinc.
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Acidcs.
UYPNOTIQUES ET CALMANTS.
I Meconique. ) Accliqu(!.
485
( Sill fut' Acides
/ Resine \ Huilo.
que. indotermincs.
Principes liydrocarboncs.
i
Essence.
(
Caoutchouc. Mucilage.
Principes noutres....... - Gomme.
' Cellulose.
Principes minoraux.
Sulfate de potasso. Sulfate de chaux.
n
L'opium doit ses effets physiologiques et thörapeu-liques aux alcaloidcs qu'il contient. Or comme tous ces alcalüides produisent des effets difierents, et que leur proportion centesimale varie dans de grandes limites suivant la provenance de l'opium, son etat de conser­vation, la rnaniere dont il aete recoltö et le terrain sur lequel le pavot a poussc, on ne pent jamais prevoir exaclement les effels, quand on n'a pas fait prealable-ment quelques essais avec la variete d'opium dont on dispose. Tel opium montrera surtout les effels do la morphine; tel aulre produira surtout les effets do la th^bai'ne ou de la narcotine. En prescrivant l'opium, on ne salt jamais exaclement la nature de reffet que Ton va obtenir; il est infiniment preferable de so servir des alcaloi'des purs ou de leurs sels. Ceux-ci peuvent elre doses exactement et on pent mathematiquement graduer leurs effets.
C'est surtout a la morphine que l'opium doit ses proprietes physiologiques et therapeutiques; c'est done surtout de celte substance que nous ferons I'etude.
Morpliine ct ses raquo;laquo;•!laquo;.
La morphine est un alcaloide crislallise en prismes
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ii:
486nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
rhomboi'daux blancs. Elle est soluble dans 100 parlies d'eau froide, dans 100 parties d'eau chaude, dans 30 parlies d'alcool bouillant; trös solubles dans les disso-lulions alcalines et les acides etendus, eile est insoluble dans Tether etle chloroforme.
La morphine forme des sels dent les principaux sont : l'acötate, le chlorhydrate el ie sulfate de mor­phine.
L'acetale de. morphine est le plus alterable et le moins employe en medecine. Le chlorhydrate est so­luble dans 20 parlies et le sulfate dans 1 partie d'eau froide. Ges deux sels sont assez stables; ils sont genera-lement employes dans la pratique. Les sels de mor­phine produisent les mömes effets physiologiques et therapeutiques que la morphine, ils possedent en outre I'avantage d'etre tres solubles dans I'eau; e'est pourquoi ondoittoujours leur donner la preference.
Effets physiologiouks. — Sur la peau intacte la mor­phine et ses sels ne determinent aucun efiet appre­ciable. Ce n'est que quand l'application est de longue duree et consiste en frictions, que les sels de morphine engourdissent legerement la sensibilite locale. Sur le derme denude, sur la surface des plaies, ils produisent une douleur tres vive comparable a celle que provoque nn fer rouge, mais celte hypereslhösie disparait rapi-dement et fail bieiitöt place ä une aneslhesie locale plus ou moins complete.
Dans le tube digestif les preparations morphiniques excitent d'abord localemenl les secretions. On voit d'abord de la salivation ; mais bienlöt survient un effet inverse, c'est-ä-dire la secheresse de la bouche, une difliculle de la deglutition el un happementde lalangue au palais. Dans I'estomac, les monies effels se pro­duisent; apres une legere excitation locale survient nn arr^t de la digestion, comme le demonlrent les expe-
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;487
riences de Gl. Bernard. Ge physiologists a injecle une dissolution de chlorhydrate de morphine dans le jabot de plusienrs pigeons qui venaient do faire un repas copieux de grains. Chez les oiseaux qui n'avaient pas requ de sei de morphine, le jabot s'etait vide an bout de quelques heures, tandis que chez ceux qui avaient re(ju la morphine, le jabot rcstait plein et dur pendant plusieurs jours. Le sei de morphine avait done arrelö la digestion.
On salt que chez les carnassiers la morphine, admi-nislree apres le repas, provoque souvent le vomissement par suite du s6jour des aliments non diger6s dans I'es-tomac, dont la muqueuse s'irrite a leur contact.
Les sels de morphine, injecles dans le lissu con-jonctif sous-cutane, produisent d'abord de la douleur, qui disparait bientot et qui est remplacee par une dimi­nution de la sensibilite dans la region qui avoisine le point d'injection.
Si I'injeclion se fait sur le trajet d'un nerf sensitif, on constate que toules les parlies dans lesquelles se distribuent les branches de ce nerf sont beaucoup moins sensibles; il y a production d'une aneslhesie locale, ou plutot d'une sorte d'engourdissement dans la zone de distribution du nerf.
Apres l'absorption de la morphine ou de ses sels on voit survenir de nombreuses modifications fonclion-nelles.
Le chien, apres un peu d'agitalion, tombe bientot dans une stupeur qui le laisse absolument immobile; il perd la connaissance du lieu oü il est; il ne recon-nait plus son maitrc. Cependant la sensibilite persiste, car si nous pincons I'animal, il crie. Les facultes in-tellecluelles sont completement engourdies, mais la sensibilite n'est pas abolie; eile est seulement emous-see. La morphine se porte d'une maniere elective sur
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488nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TIIERAPEUTIQL'E VETERINAIRE.
les elements des centres nerveux, et peut-ötre aussi sur les elements sensitifs peripheriques. Les pheno-menes intellectnels sont les premiers atteints et les derniers areparai(re. Pendant le sommeilmorphinique Tanimal est parliculiercment sensible aux bruits; ainsi le bruit qu'on produit en frappant sur une table ou sur le sol, suffit pour reveiller momentanement Tanimal, qui 1'uit dans une direction quelconque -et retombe bientöt dans son sommeil; un nouveau bruit le reveille encore etle fait fuir. Souvent Tanimal a des roves, des hallucinations qu'il manifeste par des cris et des aboie-ments speciaux.
Le sommeil morphinique est aussi accompagned'une roufjeur o\\ vascularisation cutanee et muqueuso tres prononcee, qui coincide avec une stase ou un ralenlis-sement de la circulation capillaire. Lorsqu'on coupe loreille d'un cochon d'Inde morphine, eile ne saigno pas, et cependant eile estfortement rouge. D'apres mes propres observations sur le chien et le cheval, la mor­phine produit d'abord une congestion des muqueuses avec hypersecretion, puis une anemie des muqueuses avec secheresse. Les pupilles sont contractees et les deux yeux sont en strabisme interne pendant Faction de la morphine. Si Ton reveille le chien ou si on le pince, la pupille se dilate aussitöt, les yeux se redres-sent et le strabisme cesse ; en meme temps le coeur bat plus vite. Cette experience nous apprend quo les actions reflexes sur le crnur et sur la pupille.persistent malgre la narcotisation ; eile nous apprend aussi que la contraction de la pupille, qu'on altribue a faction de l'opium ou de la morphine, n'est en realile que l'effet du sommeil et du strabisme interne, et non celui de la morphine elle-meme.
La temperature rectale s'eleve dans les premiers mo­ments de Faction de la morphine, puis s'abaisse pro-
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m'PNOTlQÜEä ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;489
porlionnellement ä la dose et ä la durce du sommeil. La lempörature do la peau augmenle nolablement pen-danl raclion de la morphine ; eile ne s'abaisse qua l'ap-proche de la mort, lorsque la dose adminislree est toxique.
La morphine modifie la circulalion arterielle. Avec des doses faibles, il y a ralentissement, du pouls; Ener­gie plus grande des pulsations. Avec des doses fortes, on constate un ralentissement du pouls de courte duree, puls une acceleration consecutive considerable. L'in-fluence sur la tension arterielle n'est pas exactement la meme apres l'injection intra-veineuse et hypodermi-que. Apres cette derniere la tension arterielle s'eleve pendant la periode d'agitation et s'abaisse pendant la periode de calme. Apres l'injection inlra-veineuse il y a immedialement abaissement notable de la tension arterielle.
Sous l'action de la morphine, la respiration se ralentit en general et devient irreguliere. J'ai cependant observe sur une anesse une tres forte acceleration de la respira­tion apres rinjection hypodermique de tKr,73 de chlo-rhydrate de morphine.
La morphine agit tres energiquement sur les secre­tions. Elle augmenle la secretion sudorale, etil n'est pas rare, apres son administration, de volr couler la sueur en abondance sur les solipcdcs. Sur le chien on n'ob-serve jamais de sudation veritable, mais la suractivile fonctionnelle est demontree par sa vascularisalion et sa haute temperature. Chez rhomme on a observe sou-vent un prurit intense sur la peau pendant Faction de la morphine; on attribue cet effet ä son elimination par cette voie. Toutes les autres secretions sont diminuees au moment de faction de la morphine. La saliva coule abondamment au debut, puis la secretion se tarit tota-lement; il en est de meine de toutes les glandes qui de-
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490
THERAPEUTIQÜE VETER1NAIRE.
versent leurs produils dans le tube digestif. G'esl ä l'a-l)olilion des secretions qu'il faut attribuer las indiges­tions, les vomissements qui se produisent apres l'ab-soption de morphine chcz les animaux qui viennent de prendre leur repas. L'urine est aussi secretee en moins giande quantile et il y a dysurie.
L'eliminalion de la morphine se fait par l'urine et par par la sueur. On decele la presence de l'alcaloide dans ces liquides en y ajoutant de rammoniaque, puls de l'acide iodique qui donne une coloration rouge. L'elimi-nation commence quelques heures apres I'administra-tion et dure plusieurs jours. Quand l'eliminalion est assez avancee, on voit survenir le reveil qui est tout ä fait caracterislique. Les animaux, en se reveillant, ont conslaminent le meine aspect: ils sent effares, les yeux sont hagards, le train poslerieur est surbaisse et ä demi paralyse, ce qui leur donne une demarche tout ä fait ana­logue celle d'une hyena. Quand on appelle les chiens qui se trouvent dans cat etat, ils se sauvent comma ef-frayes; ils na reconnaissent pas leur mailre et cherchent a. se cachar dans des endroits ohscurs. Ges troubles in-lellactuels das animaux na durent pas moins de douze heures.
L'orgamsme peut s'habituer ä l'usage de la morphine lorsqua I'adimnislration do cetle substance est conli-nuee pendant longlemps. 11 y a des mangeurs d'opium dans I'espece humaine qui consomment plusieurs dra­chmas d'opium par jour (une drachme contiept environ de Orr,4 ä ü'ä'jß de de morphine). On cite des personnes qui s'injectent lous les jours plus de 1 gramme da mor­phine sous la peau. On s'habitue ä la morphine comme on s'habitue a l'alcool, et on arrive a en faire un abus pour se procurer des reves agreables, comme cela a lieu surtout dans las pays orientaux.
Dans I'empoisonnement par la morphine, la respira-
iHB
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 491
lion s'arrete bien avantle coeur. Gerlains animaux sont peu sensibles ä i'aclion de la morphine. Le lapin supporle des doses beaucoup plus fortes que le chien. Les pigeons semblent jouir d'une espece d'immunile vis-ä-vis de la morphine; pour produire la mort de ces oiseaux, il faut leur injecter des doses considerable sous la peau (en­viron OS'.IO).
Indications therapeutiques. — La morphine et ses sels sont indiques;
1deg; Pour faire cesscr les douleurs locales dans les cas de nevralgie, de rhumatisme, de contusion, etc.;
2deg; Pour diminuer les douleurs qui accompagnent cer-laines maladies inflammatoires, tellos que la pneumonic, la pleuresie, la bronchite, etc.;
3deg; Pour diminuer le pouvoir reflexe dans les cas de spasme intestinal occasionnant des coliques intenses ;
4deg; Pour tarir les hypersecrelions inlestinales dans les diarrheas rebelles;
Squot; Pour diminuer les convulsions dans le tetanos. Ce moyen calme les animaux, mais ne les guerit que rare-ment;
6deg; Pour aider faction des anesthesiques et la rendre plus prompte, plus durable et plus inoffensive.
Doses et emploi. — En injections hypodermiques, intra-veineuses et en ingestions ou lavements, on em-ploie des solutions aqueuses des sels de morphine.
Doses therapeutiques. 1 Cheval..... 0!r,IO h 1 gr.
Injection iutra-veiueusc. ( Chien...... 0 01 ä 08r,ü5
, . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; , ( Cheval..... 0sr,50 k lsr,50
Injecuons souscutanees. ...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;a An T A laquo;-
Jnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Chien...... 0 02 ä 0 03
Dans I'estomac les doses sont un peu plus fortes.
A I'exterieur on emploie la morphine sous forme d'huile de morphine pour en faire des frictions. Voici une preparation dont la formule est donnee par Vogel:
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^^^
492nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TllERAPEUTIQUE YETEKINAIRE.
Morphine..................nbsp; nbsp;#9632; O'^SS
Chldrofurme..............• •nbsp; nbsp; nbsp; I äl)
Extrait d'aconit.............nbsp; nbsp; nbsp; 1 igt;0
lluile......................nbsp; nbsp; 30
Quoique l'emploi de ropium se reslreigne de plus en plus, 11 faul neanmoins en faire connaitre les doses.
En injections intra-veineuses. ( f.lieval et boeuf..... 2quot; h 4 gr.
(Thcrapeiuicjues).nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( Cliien.............. 0 50 ä 1
Les doses sont un peu plus eleves pour 1'injeclion sous-cutanec et beaucoup plus fortes quand elles sont ingerees dans I'estomac.
/ Boenf...... Cquot; ä 12 gr.
Estomac............. ' Choval..... 4 h S
( Qiien...... 0.25 h 0.50
On fait aussi usage de la teinlure d'opium dont dix parties correspondent k une partie d'opium.
Le laudanum de Sydenham est ä base, de l'opium, il a les memes usages que la morphine.
( Cheval...... 8laquo; ä ICgr.
Laudanum. — Doses tlierapcutiques. j B'i'uf....... 12 ii 24
I Cliien...... 0 50 ii 1
Codeine.
La codeine est soluble dans l'eau, l'alcool et Tether. Elle forme avec les acides des sels egalement solubles.
Get alcaloide, aprfes son absorption, engendre aussi le sommeil et la diminution de la sensibilite; mais ces effels sont loujours moins intenses qu'avec la morphine. 5 cen­tigrammes de chlorhydrate de codeine injectes sous la peau, peuvent egalement sufflre pour endormir uu chien de taille moyenne. Quelle que soit d'ailleurs la dose, on ne parvient jamais ä endormir les chiens aussi profondement par la codeine que par la morphine.
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 493
L'animal pent toujours elre reveille facilement, soil par le pincement des extremltes, solt par le bruit qui se fait aulour de lui. La codeine emousse beaucoup moins la sensibilite que la morphine; mais c'est surtout au re-veil, que les effets de la codeine se distinguent de ceux de la morphine. Les animaux qui ont recju de la codeine se reveillent sans effarement, sans paralysie du train poslerieur et avec leur humour naturelle; ils ne pre-sentent pas ces troubles intellectuels qui succedent a l'emploi de la morphine.
Indications tiiehapeutiques. — La codeine et ses sels peuvent elre utilises dans les memes cas que la mor­phine. On la donne ä peu pres aux memes doses et on Tadminislre par les mömes voies.
Narceinc,
La narceine est tres peu soluble dans I'eau, insoluble dans Tether, soluble clans l'alcool et dans une solution legere de polasse.
La narceine presente entre tons les alcaloides de I'opium I'aclion somnifere la plus pure, la plus deg'agee de toule autre action physiologique. Elle ne diminue pas la secretion urinaiie, n'arrßle pas les secretions diges­tives et n'entrave pas la digestion.
JVarcotine. Th6baine. Papaverine.
Ces trois alcaloides sont presque insolubles dans 1 'eau, mais ils son t solubles dans l'alcool et Tether. La thebaine est soluble dans une solution legere de polasse. Ils jouissent de propriötes physiologiques enlierement opposees k celles des trois premiers. Au lieu d'ötre so-poiiüques, ils sont convulsivants et toxiques. On n'en a fait aucune application en medecine veterinaire. Kaufmann. — Tlierapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;28
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TIIERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Acide cjranhydrique.
L'acide cyanhydrique ou prussique est le poison le plus violent que Ton connaisse. II s'obtient ä Velat anhy-dre ou ä l'elat de solutions aqueuses plus ou moins concentrees. Pur, il est liquide, incolore, d'une odeur d'amandes ameres, tres volalil, bouillanl a ^6deg; centi-grades, soluble en toute proportion dans I'eau, lalcool et Tether. II se decompose facilement au contact de l'air et de la lumiere, surtout quand il est en solutions; aussi doiton le conserver dans des flacons colores, pleins et bien bouches. II est decompose parlesalcalis, les acides mineraux etles sels melalliques; on ne doit done pas I'associer a ccs corps.
En medecine, on ne pent utiliser que l'acide cyanhy­drique etendu d'une grande quanlitö d'eau; generale-ment on fait usage de solutions a 1/100deg; ou 2/100quot;. Gomme ces solutions sont d'une conservation diflicile, il est toujours avantageux de les preparer au moment de Tadministralion. Onpeutseservirdu procedesuivant indique parTabourin :
I Cjanuro de potassium cristallise. 3 gr.
gt; Eau distilloe................... 32
Prenoz : j Alcool ordinail.e................ |6
V Acide tartrique dissous......... q. s.
On fait dissoudre le sei pur dans le melange d'eau et d'alcooldansunflacon pouvant seboucher exactement; on ajoute l'acide par gouttes et tresdoucement; onagite, apres chaque versöe, le flacon bien bouche et on conti­nue jusqu'äce que le cyanure de potassium soil enlie-rement decompose, ce qu'on reconnait a la cessation de tout degagement de gaz et de tout precipite.
Trois grammes de sei pur donnent environ un gramme d'acide anhydrc. En mesurant le volume iinal on pent
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.
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determiner exaclement le ütre de la solution, qui est gen^ralement ä 2 p. 100.
L'acide cyanhydrique pent aussi prendre naissance dans cerlaines parlies vegetales lorsqu'on les met en contact avec I'eau. II se forme alors aux depens de l'amygdaline et de remulsine. Ces deux substances preexistent dans les feuilles de laurier-cerise {Lauro-cerasus, L.), les fleurs et les feuilles du p^cher {Amygdalus persica, L.), les arnandes ameres [Amyg-dalus communis ainara,h.); elles reagissent Tune sur I'autre en presence de l'eau et a une douce temperature. Sous l'influence de l'eau, l'amygdaline, en presence de l'emulsine, s'hydrate et donne naissance ä de l'acide cyanhydrique, du sucre,de I'essenced'amandes ameres, d'apres la reaction suivante :
C*gt;Hquot;AzOii 4 HO = HCy 2 (CHiäQS) CHsO-f 20
Amygdaline.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
Acide cyauh.
Sucre.
Essence d'amandes.
L'acide C3'anhydrique forme, avec certains metaux, des cyanures. Le plus actif et le plus employe en mede-cine est le cyanure de potassium.
Effets puysiologiques. 1deg; Acide anhydre. — Sur la peau, cet acide agit comme un irritant energique ; il detruit rapidement la sensibility locale, puis il passe ä l'absorption et determine des effets generaux. Sur les muqueuses et les plaies, il produit un effet coagulant immediat; il lescoloreenblanc, puisil est absorbe rapi­dement et manifeste ses effets generaux avec une intensiteextraordinaire. Une goutte, deposee surlacon-jonctive, la muqueuse buccalo ou la pituitaire, produit immedialement une tache blanche au point de contact, une disparilion de la sensibilile,puis les effets generaux apparaissent. Quand I'animal n'est pas empoisonne mortellement, on voit bientöt la surface muqueuse
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devenir rouge fonce, la cornce Iransparente cependant reste blanche, mais le reste de la conjonctive s'in-jecte, s'hyperemie forlement, tout en restant insen­sible.
L'efiet toxique est plus intense sur les mammiferes que sur les oiseaux, plus chez ceux-ci que chez les animaux ä sang froid. Quelques auleurs prelendenl que le herisson est refractaire a Faction de l'acide cyanhy-drique; mais Preyer a demontre experimenlalement que cet animal est empoisonne comme les aulres. L'effet toxique est souvent tellement rapide chez les mammi-feres que quelques auteurs ontavouequ'il est le resultat d'une action locale sur les nerfs. Cependant des observa­tions precises demontrent que leseflctsnesont pas ins-tanlancs, il s'ecoule generalement une demi-minute entre le moment de l'application d'une goutte sur la con­jonctive et l'apparition des effets toxiques. L'action est plus rapide quand on I'administre par inhalation ou par injection intra-veineuse. La section des nerfs qui se rendentdans la region oil Ton depose le poison, n'em-peche pas I'empoisonnement. La ligature des vaisseaux de la patte d'une grenouille previent I'empoisonnement sile poison est depose sur celte patte. D'ailleurs il est toujours possible, apres I'empoisonnement, de trouver l'acide cyanhydrique dans le sang, ce qui exclut com-pletement I'empoisonnement par action locale.
Les phenomenes toxiques se succedent dans I'ordre suivant : la respiration est d'abord acceleree, dyspnei-que, puis eile se ralentit et enfin s'arrete; il y a chute sur le sol; les muqueuses prennent une teinte rouge violacee; le coeur se ralentit graduellement jusqu'a arröt complet; en meme temps il y a des contractions telaniques, de l'opislhotonos; les yeux font saillie hors de l'orbile ; il y a exophthalmic, puis survient la mort. Quand la dose est insuffisante pour tuer, on voit les
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HYPNOTIQL'ES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;497
desordres precedents sedissiperrapidement etranimal revenir ä l'etat normal.
MM. Trousseau et Pidoux ont place un morceau de coton imbibe desixgouttesd'acideprussique pursousles naseaux de deux chevaux; ceux-ci sonttombes comma mortsapresdixsecondesetpendantuneheure ilsontpre-sent^ les phönomönes nerveux les plus graves, tels qua: convulsions, spasmes, vertiges, paralysie, stupeur, etc.
M. Tabourin ayant injecte de i'acide cyanhydrique pur ou etendu d'une petite quanlite d'eau dans les veines de plusiaurs chevaux, a vu ces animaux etre pris, aussitöt apres l'injection, d'une grande gone da la respiration : les cötes sa tordaient avec force, les flaues battaiant tumultueusemant, les naseaux dtaient large-ment ouverts, les yeux devenaiant fixes, les muqueuses se coloraient vivament an rouge, et souvent les animaux tombaiant subitament sur le cote comme une masse inerte, avant qu'on ait eu le temps de fermer I'ouver-ture de la veina avac une epingle. Une goutta injectea dans les veines d'un chian le tue instantanement (Ma-gandie).
2deg; Acide cyanhydrique dilue. — Etendu d'eau, I'acide cyanhydrique ne produit qu'une irritation locale insi-gniflante; par contre, lasansibilite diminue rapidement at pent meme disparatlre completement; en meme temps les röflexas disparaissant. Get effet anesthesique s'observe surtout tres bien sur l'ceil et les muqueuses fines. Sur la peau intacle, une solution a 2 p. 100 pro­duit, au point d'application, une anesthesie plus ou moins prononcee qui peutdurer trois ou quatre jours. En Irempant dans une solution etendue, une palte de gre-nouille dont les vaisseaux sont lies, on detruit dans cette patta a la fois la sensibilite et las reflexes.
Admlnistre par la voie digestive, I'acide cyanhydrique etendu pröduit de la salivation, puis des vomissements .
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chez les carnivores et de la diarrhöechezles herbivores.
Les effels genöraux sont de meine nature que ceux que nous venons de decrire pour I'acide anhydre, mats ils sont rnoins rapides, moins violenls et partant moins dangereux. ApresTadministration d'une dose moyenne, on observe une accelöralion et une gene de la respira­tion, unequot; acceleration des battements du cceur, un pouls vile, plein et mou, une teinte rouge violacee des muqueuses, une diminution generale de la sensibilile, des tremblements et une difflculte de la station. Gcs effets physiologiques sont completement dissipes apres une demi-heure s'ils ont ete legers; ils persistent plus long-temps quand ils sont forts, produisent un abaissemont de la tempörature rectale et laissent les animaux ivres et elourdis pendant plusieurs heures.
Des doses fortes tuent un peu moins rapidement que I'acide anhydre.
Elimination. — Ce poison est elimine en partie par le poumon, et il communique h I'air expire son odeur caracteristique; il est aussi transform^en partie en for-miale d'ammoniaque dansle sang.
Mode d'action. — Les physiologistes se sont, dcpuis longtemps, demande par quel mecanisme I'acide cyan-hydrique produit ses terribles effets.
Les travaux fails en Allemagne surtoul, d^monlrent : 1deg; que I'acide cyanhydriquese combine axec I'hemoglo-bine du sang et 1c rend impropre ä, l'absorption de l'oxygene (Hoppe-Seyler, Preyer, Schönbein, Gäth-gens); 2deg; qu'il agit aussi directement sur les elements ncrveux centraux. Au debut de Tempoisonneinent le sang des veines est plus rouge, etäla tin il est plus noir. Ce sang donne une hemoglobine cristallisee dans laquelle il y a do I'acide cyanhydrique et qui ne cede pas son oxygene comme I'hemoglobine ordinaire. Get effet • sur le sang n'est pas le seul, car les grenouilles qui
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.
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resistent longtempsal'asphyxie ordinaire, meurent vitß sous l'influence de l'acide cyanhydrique. II faut done admettre une action asphyxianle sur le sang et une action directe sur les elements nerveux centraux.
Autopsie. -^ Les arimaux qui ont suecombö ä Taction de l'acide cyanhydrique presenlent une congestion des centres nerveux et du poumon; 1c sang est fluide, noir et huileux; les cavites du coeur et les meninges renfer-ment des bullesgazeuses; toutes les parties du cadavre exhalent une odeur d'amandes ameres tres marquee et se conservent longlemps sans se putrefier.
Indications tueuapeutiques. — L'acide anhydre n'est evidemment pas employe en medecine, ä cause des dangers auxquels il expose le medecin et le ma-lade.
L'acide etendii en solutions a 2 p. 100 n'est employe utilement qu'äl'exterieur. A I'inlerieur on fait usage de solutions a 1 ou 2 p. 1000. Elles sont indiquöes pour calmer l'hyperexcitabilite des animaux dans certaines maladies nerveuses. A rexterieur, cet acide est employe pourdiminuer lasensibilite, la douleur qui siege dans une region superficielle ; il soulage rapidement la dou­leur el le prurit qui accompagne les dartres, les crevas­ses,les eaux aux jambes,lesengorgementsdesmamelles et les differentes maladies cutanees. Gependant, comme nous avons d'autres calmanls anssi actifs etmoins dan-gereux, on peutg^neralementse passer de l'acide cyan­hydrique en medecine veterinaire.
Antidotes. —Quand le poison a ete introduit dans le tube digestif, il faut chercher h. le neutraliser par le sexquioxyde de fer, qui formerait du bleu de Prusse.
Chez les carnassiers on provoque le vomissement par I'injectionhypodermiquedechlorhydrated'apomorpbine (Ob^OI chez le chien).
Pour combaltre les effels de l'acide d6ja absorbe, on
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500nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
a preconise rammoniaque liquide et le chlore employes en soliilions convenables.
Les larges saignees peuvent aussi dire utiles; car le sang retire de l'organisme souslrait une certaine quan-tite du poison.
Mais les antidotes les plus efflcaces sont les anesthö-siques. En effet Cl. Bernard et Thenard ont fait des experiences consistant ä injeeter dans le tissu cellulaire chez des lapins soumis ä l'influence de l'ether, des quantiles d'acide prussique anhydre tres superieures aux doses qui les tuent rapidement ä l'etat normal; et cependant ces animaux ne lessentaient aucun eilet toxique tantqu'ilsetaient insensibles; maisl'empoison-nement se produisait aussilöt lorsqu'ils se rcveillaient et que l'aclion anesthesique ne modifiait plus les pro-prietes normales des elömenls du Systeme nerveux. Ces experiences tendent ä faire admettre que si on maintient l'animal assez longlemps sous l'influence anesthesique pour que l'elimination de l'acide cyanhy-driqne puisse se faire, lempoisonnement ne se produit plus äleur reveil.
On pent aussi associer aux anesthesiques l'aclion de I'atropine pour prevenir l'arrßt du cceur et de la respi­ration.
Gouttes.
Doses toxiques. ^ Cheval. 20gi-.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Acide fCheral. G ii 10
Solution 2 p. 1(10. ( Clücu. . 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; anliydie.(Cliieu.. 1 h 2
i Cheval...... 2 ä 3 gr. Boeuf....... 2 Ji 3 Chien....... 2 gouttes.
Avec un medicament aussi actif, il faut loujours commencer par de tres pelites doses afin de connaitre la susceptibilile des sujets, et les augmenter ensuite progressivement; on peut meme rapprocher les doses sans beaucoup de crainte, parce que cet acide etant
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HYPN0T1QUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 301
Ires rapidement elimine, ses effets sont tres fugaces et ne sauraient s'accumuler dans I'organisme.
Les solutions a 2 p. 100 doivent etre etendues dans beaucoup d'eau au moment de radmlnistralion.
Administkation. — L'administration pent se faire par la voie anterieure du tube digestif sous forme de breuvages; par le rectum sous forme de lavements; en injection hypodermique et intra-veineuse, intra-tracheale et en inhalation.
Les injections hypodermiques sont particulierement ä recommander; les effets sont prompts, et les acci­dents locaux ne sont pas a. craindre avec des solutions ä 2 pour 1000; cette methode d'administration offre encore le grand avantage de permettre d'eprouver facilement et rapidement la susceptibilite des sujets par des injections repetees de faibles doses.
L'eau d'amandes ameres et l'eau de laurier-cerise, qu'on obtient par la distillation des amandes ameres et des feuilles de laurier-cerise, contiennent I'acide cyanhy-drique dans la proportion de 1 p. 100. Pour I'usage interne on doit les employer de preference aux solu­tions d'acide cyanhydrique, surtout chez les petits animaux, aux doses de 10 a 30 gouttes, qu'on peut renouveler plusieurs fois dans la journee.
Cyanure de potassium.
Ce sei pur esten cristaux blancs exhalant une odeur d'amandes ameres, il a une saveur alcaline, acre et amäre. Expose a I'air, il en attire l'humidite at I'acide carbonique, se change en carbonate de potasse en lais-sant degager des vapeurs prussiques. II est trös soluble dans l'eau et l'alcool etendu, mais pen soluble dans I'alcool absolu. Les solutions sont tres alterables ä I'air, elles ne doivent etre preparees qu'au moment oil Ton veut s'cn servir.
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Effets piiysiologioues. — Le cyanure de potassium produit les m6mes effets que l'acide cyanhydrlque, ü 1'intensite pres. Ce corps se decompose dans 1'orga-nisme et produit undcgagementd'acide cyanhydrique. C'est un calmant, un aneslhesiquex local sur la peau et les muqueuses. Apres rabsorplion il agit sur la respiration, le pouls et le systeme nerveux a la maniere de l'acide cyanhydrique, mais avec une intensite bien moindrc.
Indications. — II est indique dans les memes cas que l'acide cyanhydrique et doit lui 6tre preferö paice qu'il est plus facile a obtenir et ä conserver.
( Cheval............ i h 8quot;
Doses toxiquos (estomac)....... j Chien............. 0.20 ä. 0.50
( Komme........... 0.10 ä 0.25
( Grands animaux... 0.30 h, 1
Doses therapeutiques (estomac). ] Chien............. 0.05 k 0.10
' Chat.............. 0.01 ä 0.03
Pki'ipahations. — Pour l'interieur des solutions ä I. p. 500.
Pour les injections hypodermiques des solutions h. I p. 200.
Pour l'usage externe solutions alp. 100, en pom-made alp. 20.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; s
Administration. — A rexterieur on I'emploie en lo­tions, en applications, en frictions avec la pommade. 11 faut surveiller l'emploi externe pour eviter les em-poisonnemenls par suite de l'absorptiori du sei.
Pour le faire absorber on pent I'administrer dans I'estomac en breuvages, en electuaires; dans le rectum, en lavements; dans le tissu conjonctif sous-cutane, la trachte et Tinterieur des veines en injections titrees.
Les injections hypodermiques constituent le meillcur procede d'adminislration de ce medicament.
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Tabac et nicotine.
Lc labac est uno plante de la famille des solanees, donl les feuilles servent, apres avoir subi difierentes manipulations industrielles, ädes usages couranls bien connus.
Les feuilles sont les seules parties employees. Les graines ne contiennent aucun alcaloide. Elles ont la composition suivante, d'apres MM.Posseltet lleimann : pour 100 de feuilles fraiches, nicotine 0,06, nico-tianine 0,01, extractif, gomme, chlorophylle, albumine v6getale, gluten, amidon, acide malique, citrate et malate chaux.
Tabae sec, tabac de la Havane 2 p. 100 de nicotine ; autres labacs 0,10 ä 5,3 p. 100 de nicotine.
Les feuilles, en brülant, laissent24 p. 100 de cendres.
La nicotine conslitue le principe actif des feuilles de tabac. Son etude nous donnera des notions exactessur les proprietes physiologiques et les indications thera-peutiques de la plante.
Nicotine Gl0Rl*Az*.
Dans le tabac la nicotine n'est pas libre, eile est com-binee avec les acides malique et citrique. Pure, c'est un liquide oleagineus, incolore, mais se colorant et s'epaississant a I'air, d'une forte odeur vireuse, d'une saveur acre et brillante, d'une densite de 1,048; bouil-lant ä 250deg;; soluble ä la fois dans I'eau, I'alcool, Tether, les essences et les corps gras; eile est Ires alcaline et neutralise parfaitement les acides. L'acide sulfurique la colore en rouge, l'acide chlorhydrique en violet et l'acide azotique en jaune orange.
Effets puysiologiques. — La nicotine est un poison
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trös violent pour tous les 6tres organises. Quelques goultes suffisent pour tuer les animaux et Thomine. Une petite quanlite incorporee aux matieres organi-ques les preserve de la putrefaction. Aussi les cadavres des animaux empoisonnes par la nicotine ne se de-composent que lentement, parce que cet alcaloide s'op-pose ä la fermentation putride, c'est-ä-dire ä la mul­tiplication des germes organises de la putrefaction.
Sur la peau des animaux, la nicotine et le jus de la-bac developpent des effets irritants locaux Ires tnarquiSs et peuvent produire I'empoisonnement. Les effets toxiques se developpent surlout rapidement quand la nicotine pure est appliquöe sur les muqueuses; ainsi il suffit d'une goutte deposee sur la conjonclive d'un cobaye pour vojr celui-ci mourir avant une minute. Inlroduite dans le tube digestif, la nicotine pure tue rapidement les animaux. Quand la quantity est trop faible pour amener la mort, on voit survenir des vo-missements chez les carnassiers et une diarrhee san-guinolente, tenace chez les grands herbivores. Ces effets sont dus ä l'action irritante locale, mais ils se produisent aussi quand la nicotine est absorbee par une aulre voie.
Apres Tabsorption, la nicotine ü faible dose produit une salivation abondanle, mais la digestion n'est pas pour cela plus facile at plus rapide. Generalement meme I'appetit est diminue, la digestion est plus lenle et la nutrition est alleree chez les fumeurs endurcis. Mais par conlre, on constate que la nicotine augmenle rexcilabilite nerveuse et donne une grande aclivite aux contractions musculaires. A dose un pen plus forte, eile ralentilles baltements du coeur, accelere la respiration, produitlapäleurdelapcauet des muqueuses, et des con­tractions energiques dansl'estomac, l'intestin etl'utörus.
Sous l'influence de la nicotine ä forte dose, la respira-
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HYPNOTIQUES ET CALÄJA.NTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;S05
tion devient plus laborieuse, les mouvements des cotes sontplus ötendus et plus frequents, on dirait que I'ani-malest fortementessoufflö. A cette suractivitö de la m6-canique respiratoire succede un arret complet de la res­piration quand la dose a ete assez forte. Get arröt res­piratoire peutetrejoassalt;7w;alors on voitau boutd'une a deux minutes environ la respiration reparaitre; ou il peutetre definitif, alors les battements du cceur conti-nuent encore pendant quelques minutes, puis s'eteignent insensiblement, et la mort survient. Le coeur ralentit ses battements avee des doses tres faibles et les accelere avec des doses fortes. La tension arterielle subit pen­dant Faction de la nicotine des modifications variables avec la dose ; ä faible dose la tension art6rielle s'eleve unpeu, h dose plusfoi'te eile s'eleve d'abord, puis tombe ensuite au-dessous de la normale et arrive ä zero si la dose est toxique. On observe aussi toujours pendant l'action de la nicotine un resserrement pupillaire mani­feste; jamais cet alcoloi'de ne produit la mydriase. Quand les effets deviennent intenses, le corps cligno-tant se met au-devant du globe oculaire et en recouvre les deux tiers inferieurs. Les faibles doses de nicotine produisent un effet diureiique tres marque.
Effets toxiques. — Une dose toxique deposee sur une muqueuse, une plaie, entendre les symptomes suivants: agitation vive, inquietude anxieuse, essouffle-ment considerable, mouvements respiratoires etendus et frequents, chute sur le sol, agitation des membres, puis convulsions tetaniques dans tous les muscles du tronc et des membres; d'abord une congestion de la muqueuse buccale, puis päleur extreme de cette mu­queuse, resserrement de la pupille, projection de la deuxieme paupiere au-devant du globe oculaire, accd-löration considerable du coeur, ralentissement et arröt de la respiration, puis la mort.
Kadfamnn. — TMrapeutiquc.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 29
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TIlfiRAPEUTIQDE VETERINAIRE.
Lesions. — Gongestion et inflammation des organes du tube digestif, de l'estomac, de l'intestin, surtout quand on administre du tabac ou de la nicotine ä l'in-terieur; taches ecchymotiques dans le poumon et sur les valvules auriculo-ventriculaires du coeur gauche, vive congestion des sinus et des centres encephaliques.
Atidotes. —Yomitifs, saignöes, boissons excitantes et astringentes, cafe, the, etc.
Mode d'action. — L'effet de la nicotine sur la respi­ration et la circulation ne se produitpas quand on pra­tique prealablement la section des deux pneumogastri-ques. Gelte experience, döjä executee par Cl. Bernard, demontre que la nicotine modifie ces deux fonctions en agissant sur les fibres sensitives du pneumogastrique qui se distribuent dans le poumon et le coeur. Gar si la nicotine agissait sur les centres bulbo-m6dullaires,les modifications devraient encore apparaitre apres la sec-lion des deux pneumogastriques.
L'effet vaso-constricteur qui est la cause de l'eleva-tton de la tension arterielle est du a une excitation cen-trale des vaso-constricteurs. En effet, si on detruit le centre vaso-moteur principal qui est bulbaire, on n'ob-tient plus d'elevation de la tension arterielle. Les vais-seaux de l'intestin se resserrent önergiquement quand on injecte la nicotine dans la carotide apräs avoir liö l'aorte ; or dans ce cas la nicotine ne pent agir que sur les centres des nerfs vasculaires de l'intestin. Gette action excitatrice centrale est la principale, mais eile n'est pas la seule : la nicotine a encore 'övidemment une action directe sur les vaisseaux ; en effet quand on injecte une petite quantity de nicotine dans une artere intestinale, on voit les arterioles qui lui font suite se resserrer energiquement. L'effet vaso-constricteur est done le resultat d'une action double ä la fois centrale et pcripherique.
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; HOT
Les convulsions tötaniques qui apparaissent dans rempoisonnemenl par la nicotine sontleresultat d'une excitation portant sur les centres moteurs bulbo-mö-dullaires. Quand, en effet, on coupe les nerfs moteurs qui se rendent dans un membra, celui-ci ne participe pas aux convulsions, il n'y a dans ces muscles que de legeres contractions flbrillaires. Les convulsions sent done d'origine centrale. Les legeres contractions flbril­laires qui se produisent dans les muscles, dont les nerfs moteurs sont coupds, sont dues ä l'excitation periphe-rique des nerfs moteurs; en effet, apres la curarisation, ces contractions ne se produisent plus sous I'influence de la nicotine.
Le ralentissement du cceur qui succede ä l'adminis-tration de faibles doses de nicotine est dft a l'excitation intra-cardiaque des terminaisons ganglionnaires des fibres d'arröt des pneumogastriques ; ce ralentissement se produit en effet malgre la section de ces deux nerfs. L'acceleration du coeur produite par une forte dose est due a la paralysie intra-cardiaque des fibres modera-ratrices ; en effet, l'excitation electrique du bout peri-phöriphörique des pneumogastriques ne ralentit plus le coeur dont les mouvements sont acceleres par la nicotine.
Le resserrement pupillaire doit 6tre attribue ä la pa­ralysie des fibres du sympathique qui innervent les fibres rayonnees. Ge qui demontre qu'il en est bien ainsi, e'est que l'excitation du bout cephalique du sym­pathique ne produit pas la mydriase pendant I'action de la nicotine.
L'hypersöcretion salivaire determinee par la nicotine derive de l'excitation de l'ölement glandulaire, et non d'une vascularisation plus grande. Heidenhain a observe que pendant I'action de la nicotine, l'excitation de la oorde du tympan produit une secretion salivaire tres
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508nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VßTERINAIRE.
abondante, mais sans aucune dilatation vasculaire dans la glande ; il semble done que la nicotine excite les fibres secretoires et paralyse les fibres vaso-dilatatrices intra-gland u lai res.
Les mouvements de contraction observes dans I'in-testin, l'estomac et l'uterusresultent d'une action de la nicotine sur les extremites terminales des nerfs mo-teurs de ces organes. Ces contractions ne se produisent pas quand on empecbe le sang d'arriver dans I'intestin.
Indications tüerapeutiques. — Le tabac et son alca-loi'de la nicotine sont indiques : 1deg; comme antiparasi-taires externes, quand la peau ne presente pas d'erosion ou de plaies. Le jus de tabac des manufactures, ie jus de tabac mäcbe, le jus provenant de la maceration du tabac avec du vinaigre, conviennent trfes bien centre les poux, les puces et les acares des differentes gales. II' faut toujours rMuire les lotions de tabac ä de petites surfaces, et empecher les animaux de se lecber, pour ne pas s'exposer aux accidents d'empoisonnement. On emploie les infusions aqueuses de tabac h o pour 100, auxquelles on pent ajouter un peu d'alcool pour en augmenter l'aclivite.
2deg; Comme dinretiques, dans les hydropisies provenant d'une alteration de la circulation cardiaque ou arte­rielle. L'effet diuretique que produit la nicotine n'est pas du ä l'action de la nicotine, sur le rein, mais est la consequence de l'elevation de la tension arterielle. Ludwig et ses eleves ont demontre que I'augmentation de la tension arterielle a en general pour effet de pro-duire une secretion urinaire plus abondante.
3deg; Comme excitants des secretions et des contractions gastro-intestinales dans certaines constipations, ou lors-qu'il existe un obstacle au cours des matieres dans I'intestin, comme des pelotes, des bezoards, etc. Cepen-dant il n'y a pas souvent avantage ä en faire usage
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ÖOO
dans la pratique, car on possede beaucoup d'autres substances plus energiques sous ce rapport, et beau-coup moins dangereuses.
Tahac enpoudre.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Nicotine.
( Cheval............. 300 gr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5 Ji 6 gouttes.
Doses toxiques \ Boeuf.............. 500
(estomac). ) Mouton et chövre... 30 k CO
l Chien.............. i k 8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;I ä 3 gouttes.
En injection \ ^f............. 30
hypodermique. j ^uf.............. ^
(Chien.............. 0.80nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 ä 2 gouttes.
Tabac en poudre.
! Cheval.......... 15 ä 30gr. ^uf----....... M Mraquo; Petlts ruminants. 5 ä 10 Pores........... 2 ä 4 Carnivores...... 0.50 a 2
Administeation. — On ne fait jamais usage de la ni­cotine pure; on pourrait employer les solutions tres etendues, mais elles peuvent etre remplacees avanta-geusement par le tabac.
Pour les lavements on emploie les infusions de tabac de 1 ä 2 pour 100.
Autrefois on a conseille Tinjection dans le rectum de fumee de tabac, mais ce precede ne presente aucun avantage sur les lavements simples du liquide de Tin-fusion.
Le tabac se donne en pilules, electuaires, infusions. On pent aussi melanger les feuilles de tabac avec le fourrage pour le cheval et le mouton, mais les autres animaux la refusent. On pourrait aussi se servir du jus de tabac en breuvage ou en injection hypodermique, mais en commengant par des doses tres faibles. A I'exterieur on utilise le tabac en poudre, ou les jus ob-tenus par differents precedes: jus de manufacture ou celui obtenu par maceration ou broiement du tabac dans la bouche, etc.
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510nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERA.PEUTIQÜE VETERINAIRE.
Dans aucun cas il ne faut employer las infusions sous forme de bains generaux, a cause des dangers d'empoisonnement.
Voici une preparation de jus de tabac indiquee par Ostertag, pour l'usage externe :
Feuilles de tabac................. 2',5
Sfil de cuisine................... 5
Ccndre de bois...................nbsp; nbsp; 10
Eau.............................nbsp; nbsp; 130 lit.
On fait bouillir ce melange pendant (rois heures et on exprime le jus.
Cirande cigue {Conium maculatum, L.Aä. Schierling).
La cigue est une plante indigene de la fatnille des ombelliferes, donttoutes les parties exhalent une odeur spöciale tres desagreable, comparable a celle de l'urine des chats, et presenlent une saveur acre et nausöeuse. Les diverses parties de la cigue sont actives, mais on ne fait guere usage en medecine que des feuilles et des graines.
Composition chimique. — La ciguti a vine composition tres complexe, encore incomplelement connue.En 1827, GLeseke y a decouvert un alcaloide, qui a 616 isole ä l'etat de purete par Geiger en 1831, el auquel on a donne le nom de coniine ou de cicutine. Depuis, Wertheim y a trouve un second alcaloide, la conhijdrme. Outre ces alcaloides, on y a trouve une essence, une huile grasse dans les graines, de l'amidon, de la chlorophylle, de l'albumine vegetale, de la cellulose et des sels alcalins.
Elle doit ses effets aux alcaloides et surtout ä la ci­cutine, qui est contenue dans les graiaes dans la pro­portion de 1 pour 100.
Cicutine. — Get alcaloide se präsente sous la forme
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IlYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Kll
d'un liquide huileux, jaunätre, d'une odeur Ires fetide de cigue, d'une saveur tres acre, plus legere que I'eau, se dissolvant pen dans ce liquide, mais bien soluble dans l'alcool et Tether. Elle bout k 170deg; et s'altere ra-pidement a I'air en se changeant en ammoniaque. Elle forme des sels avec les acides.
Effets pdysiologiques. — Les preparations de cigue ou de conicine appliquees sur les tissus denudes et les muqueuses, ne sont pas irritantes; elles diminuent au contraire la sensibilite et calment la douleur. Dans le tube digestif ces preparations provoquent le vomis-sement chez les carnivores et les omnivores, du ptya-lisme, de la metesorisation et des coliques chez les herbivores.
Le principe actif absorbe agit tres energiquement chez rhomme et les carnivores ; il agit plus modere-ment chez les herbivores. 11 parait que les chevres peu-vent consommer de grandes quantites de feuilles de cigue fraiche sans eprouver aucun accident.
Afaible dose, lacigueadministröe pendantlongtemps diminue I'appelit, ralentit la nutrition, augmente le mouvement de desassimilation et de resorption, rend les animaux anemiques et cachectiques. Si on arrete ä temps Tadministration, I'organisme revient insensible-ment ä sont etat normal, mais si on en continue I'usage en augmentant la dose, on produit le marasme, la pa-ralysie et la mort.
Quand les animaux resolvent d'emblee une forte dose de cigue, on voit apparaitre les phenomenes suivants : salivation, nausöes, vomissements, ballonnement du ventre, agitation anxieuse, acceleration du pouls, acce­leration et difflculte de la respiration, mydriase, oxophthalmie, grincements de dents, bäillements fre­quents, puismouvements spasmodiques des mächoires, tremblements et convulsions successivement dans les
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512nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE YETER1NA.1RE.
muscles des membres posterieurs, puis des membres anterieurs, du cou, de la colonne vertebrale; difücultö extreme de la locomotion, chute sur le sol, paralysie et. flaccidite des membres postörieurs d'abord, puis des anterieurs; diminution de la sensibilite, difflculte de plus en plus grande de la respiration, qui devient la­biale chez le chien; petitesse extreme du pouls, qui bat tres vite, abaissement de la temperature rectale ; puis arret de la respiration et du cceur, relächement des sphincters et mort.
D'apres ce tableau symptomatologique de l'empoi-sonnement par la cigue, on voit que la cicutine agit sur les mouvements volontaires, la respiration, le pouls et la sensibilite generale. La diminution de la sensibilite generale ne survient qu'ä un degr6 dejä avance de l'em-poisonnement; les troubles locomoteurs se montrent au contraire des le debut.
La gene des mouvements produite par la cicutine, doit etre attribuee h Faction paralysante exercde par cat alcaloide sur les extremites terminales des nerfs moteurs. L'excitation appliquee sur les nerfs moteurs, ne produit en effet aucune contraction dans les muscles, tandis que ceux-ci se contractent encore energiquement quand on excite directement leur subs­tance. La cicutine est done un poison des nerfs moteurs comme le curare. La difflculte de la respiration est due simplement a la paralysie progressive des nerfs mo­teurs des muscles respirateurs. L'acc6latibn du cceur est due a la paralysie intra-cardiaque des fibres mode-ratrices du pneumogastrique.
EtiMiNATio.\. — Ce poison s'elimine surtout par les urines (Zalewski).
LiisiONS. — A l'autopsie des animaux morts empoi-sonnes par la cigue, on trouve souvent une irritation et une congestion tres vive du tube digestif et du foi e; o
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.
.ril3
trouve aussiquelquefoisdesecchymoses dansle poumon sous la plevre; le coeur est rempli d'un sang noir, les centres nerveux sont congestionnös.
Antidotes. — Les meilleurs antidotes sont les vomitifs at les solutions tannantes administres immediatement. Quand l'absorption du principe actif est complete, rien ne pent enrayer la marche de rempoisonnement.
Indications TiniKAPEUTiQUES. — La ciguii, ä cause de Tinconstanco dans l'intensite de son action suivant son etat de conservation, n'est plus guere employee en me-decine; cependant on pourrait I'utiliser surtout pour l'usage externe : 1deg; comme calmant analgesique local, dans certaines inflammations douloureuses superflcielles et dans certaines maladies cutanees prurigineuses; 2deg; comme fondant, pour faire resoudre certains engorge­ments squirrheux des testicules et des mamelles.
A I'interieur on ne Tutilise qua lorsqu'on veut favo-riser la resolution de tumefactions que les applications locales sent insuffisantes k faira disparattre.
Doses toxiques; ) tube digestif. )
CiguB fraicho. Ciguö secho
Cheval...
Environ 2 kil. 200 gr.
Boeuf___
id 250
Mouton..
Dose inconnuo, raais cer-
tainement tres elevoe.
Chien....
i 10 gr.
Extrait.
0.60 ä 0.G0
En injections intra-veineuses il sufflt d'une infusion de 2 grammes de ciguii seche ou de 4 grammes d'extrait pour produire des effets tres prononces chez le cheval.
Pour injections tracheales (doses therapeutiques)..
Extrait........ 1 ä 3 gr. Cheval.
Tcinture...... 0.50 ä 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; id.
Cicutine....... 1 ä 10 gouttes. id.
29.
.
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514nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
Poudro de feuilles sdches.
/ Grands ruminants........nbsp; nbsp; 30 ä 100 gr.
[ Solipedes................nbsp; nbsp; 30 ä 90
Doses therapeutiques J Petits ruminants.........nbsp; nbsp; 15 h 30
(estomac)......... i Pores...................nbsp; nbsp; nbsp;4 i 8
f Chiens..................nbsp; nbsp; nbsp;2 i 4
\ Chats...................nbsp; nbsp; nbsp;0.25 i 1
D'apres Tabourin, la cigue fraiche doit etre donnee ä doses quatre fois plus fortes que la poudre; le sue brut k doses trois fois plus elevöes, Textrait a doses ögales, les graines ä doses moitiö moindres.
Administration.—Les preparations peuvent s'admi-nistrer par la voie digestive, la voie hypodermique, la voie respiratoire et la voie intra-veineuse; les voieshypo-dermique, digestive et respiratoire sont surtout ä re-commander.
Preparations de cigue. — 1deg; Feuilles et poudre seches.
Les feuilles doivent (Hre sdchees rapidement et a la plus basse temperature possible, a cause de la volatilite du principe actif. La poudre doit etre conservöe soi-gneusement dans un vase sec.
2deg; Extrait. — On I'obtient en faisant evaporer lente-
ment au bain-marie ou au soleil l'infusion de feuilles
seches.
„ .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; , , „ ( ¥ Feuilles söches de cigue........... 1
3deg; Temture de e.guo.. | ^ Alcool ördinaire................... 5
Epuisez.
..... , ...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i % Feuilles seches ou poudre do ciguS. 1
4-Hmlede cigue..... j ^ Huile grasse...................... 2
Faites mac6rer.
,.„nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;j j • •#9632; ( Extrait de cigue...................... 1
5-Pommade de ague, j Axonge.............................. 4
Incorporez k froid.
ocr page 531
HYPNOTIQUES ET CALMANTS.
513
6deg; Carat de cigug.
quot;if Extrait de cigue................... I
Cörat simple,..................... 1
Curare.
Le curare est une substance toxique, que preparent les tribus sauvages qui habitent certaines regions equa-toriales de l'Amerique du Sud. II nous arrive sous forme d'une masse amorpbebrunätre, contenue dans de petits vases en arglle ou dans des coques de certains fruits.
D'apres les renseignements donnes par les voyageurs, le curare conlient l'extrait de plusieurs plantes diffe-rentes, parmi lesquelles se trouvent toujours des lianes dela famille des strychnees. Un'entre pas dans le curare de venin de crapaud, ni de fourmis, ni de serpents, comme on I'a pretendu.
Le curare a pour principe actif la curarine, qui a 6te extraite en 1863 par Preyer. Elle est vingt fois plus ac­tive que le curare. J milligramme tue un lapin, tandis qu'il faut 20 milligrammes de curare pour produire le meme effet.
La curarine, dontla formule estC10H,5A3, estcristalli-sable, deliquescente. Elle pent former des sels cristalli-sables avec les acides mineraux.
Effets thysiülogioues. — Le curare n'a aucune ac­tion locale sur les tissus. II produit des effets generaux Xxh% intenses quand il a ete absorbe.
Le curare determine un affaiblissement progressif de tous les mouvements, soit volontaires, soit reflexes des muscles de la vie animale. L'affaiblissement debute sur les muscles des membres, puis arrive sur les muscles du tronc et de la tete, et enfln sur ceux de la respiration. L'animal ne peut plus se tenir debout, il ne peut plus faire agir ses mächoires; il est paralyse completement des mouvements volontaires. Les mouvements respira-
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316nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VMRINAIRE.
toires continuent encore quand la paralysie s'est em-paree de ions les aulres muscles strips; puis ils s'affai-blissent et ne tardent pas ä cesser completement. La mort arrive alors par asphyxie, le cceur continue encore ä battre pendant plusieurs minutes, puis il s'arriHe quand l'asphyxie est complete. Pour empecher la mort d'un animal paralyse par le curare il faut pratiquer la respiration artificielle pendant un temps süffisant pour permettre Telimination du poison par les excretions.
L'animal paralyse du mouvement, conserve sa sen-sibilite intacte; il se trouve dans cette situation extrö-mement penible d'etre impressionne par toutes les exci­tations qui viennent du debors, sans pouvoir s'y sous-traire. Son intelligence est intacte, mais la volonte n'a plus aucune action sur les differents muscles qu'elle a normalement ä son service.
Gl. Bernard a demontre que le curare produit la pa­ralysie motrice en annibilant les proprietes des plaques motrices nerveuses terminates. Pendant la paralysie, l'excitation des nerfs moteurs reste sans effet sur le muscle, tandis que l'excitation directe du muscle pro­duit une contraction. Ge n'est done pas le muscle qui est paralyse, mais bien le nerf. II est facile de de-montrer la persistance de la sensibilite pendant la curarisation: il suffit d'empöcher le sang d'arriver dans les membres poslerieurs de la grenouille, en liant les vaisseaux, et de döposer le poison sous la peau du tronc. Quand les mouvements sont completement para­lyses dans le train anterieur, on pique l'animal dans les regions paralysees, et on volt qu'il execute aussit6t des mouvements de fuite avec les membres posterieurs dans lesquels le poison n'a pas penetre. Gette experience prouve en meme temps que Faction paralysante est peripherique et non centrale.
Si apres la cessation de la respiration naturelle on
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 017
pratique la respiration artiücielle pour prolonger la vie des animaux, on voit que le curare atteint aussi lesnerfs . qui se distribuent dans les muscles de la vie organique. Les pneumogastriques perdent la propriete d'arröter les mouvements du coeur; les nerfs splanchniques perdent celle de provoquer des mouvements dans I'intestin; les nerfs vaso-moteurs perdent aussi leur action sur les valsseaux. En outre on constate un refroidissement pro-gressif de l'organisme et on voit apparaitre le diabete, c'est-ä-dire l'elimination du sucre paries urines.
Le curare paralyse done graduellement tous les nerfs moteurs de l'organisme. Geux de la vie animate sont les premiers et les plus fortement atteints, ceux de la vie organique sont atteints plus lentement et plus faible-ment.
Voies d'absorption. — Le curare peut 6tre ingere a doses considerables sans provoquer aucun effet.
La voie digestive semble done refractaire ä l'absorp-üon de la curarine. Cependant I'absorption se fait,mais eile est tres lente, surtout quand les animaux sont en pleine digestion.
On peut empoisonner un chien ä jeun, en lui admi-nistrant de grandes quantitös de curare, tandis qu'il devient impossible de produire des effets quand I'ani-mal est en digestion. On peut toujours I'empoisonner quand on enleve les reins pour empöcher l'elimination du poison.
Le tube digestif n'est done pas absolument impropre ä I'absorption du curare, mais I'absorption est en ge­neral tellement lente que l'elimination du poison em-peche son accumulation dans le sang.
L'elimination se fait surtout par les urines, dans les-quelles on peut retrouver la curarine parfaitement in-tacle et propre ä empoisonner d'autres animaux.
Le tissu conjonctif, la voie trachöale et les s^reuses,
ocr page 534
518nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
sont d'excellentes voies d'absorption ; il suffit de trös faibles doses de curare pour produire des effets intenses en ladminislrant par ces voies.
En injections hypodermiques, il sufßt de 2 ä 3 gram­mes de curare pour tuer un cheval, de 08r,20 pour tuer un chien de 08r,00o ä 0sr,02 pour tuer un lapin.
Indications inßRAPEUTiQUES. — Ce poison n'a encore reQU aucune application thörapeutique. II n'existe au-cune maladie dans laquelle le curare soil rationnelle-ment indique. On l'a quelquefois employe contre le tßtanos, contre l'empoisonnement strychnique, mais sans aucun bon resultat. Ces echecs s'expliquent faci-lement; on sait en effet que le tetanos est du ä une modification des centres nerveux plulöt qu'ä une mo­dification des extremites molrices des nerfs, et que la strychnine agit sur las centres medullaires, et non pas sur les nerfs moteurs.
Camphre.
Le campbre est une essence concrete qui s'ecoule des incisions que Ton pratique dans le tronc de certains lauriers de la Chine et du Japon. On peut aussil'obtenir en chauffant avec de l'eau des racines, des tiges, des rameaux des camphriers, dans de grands vases recou-verts d'un chapiteau de terre garni interieurement de paille de riz. Le camphre se volatilise et se sublime sous la forme de grains irreguliers gris jaunätres, qu'on rassemble dans des tonneaux. On a ainsi le camphre brut, qu'on rafüne en Europa.
Le campbre ast tres voiatil; il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'ether, les builes etlecblo-roforme. II s'emulsionne facilement avec l'eau forle-ment mucilaginause.
Effets physiologiques. — Le camphre constitue un
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UYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 519
poison violent pour les fetresinferieurs; c'est un antisep-tique et un desinfeclant puissant. Appliquö en solution sur une partie exlerieure du corps, le camphre produit une refrigeration assez marquee avec anesthesie locale, ä cause de sa grande volatilite. En frictions il excite la peau, I'echaufie, lacongestionneetpeut meme produire une veritable inflammation, mais peu durable. Depose dans I'oeil, il occasionne une douleur vive at une con­gestion de la conjonclive. Sur la muqueuse buccale, il produit une rougeur, une savour brülante, de la sali­vation, une secretion abondante de mucus. II commu­nique ä l'email des dents une fragilite extraordinaire. Dögluti, il determine sur la muqueuse du pharynx, de l'cesophage et de l'estomac une sensation de chaleur, de picotement et de douleur. Ilaugmente la soif, et pro­duit souvent le vomissementchez les carnivores, le me-t^orismeetdes coliqueschezles herbivores. Plus le cam­phre est divise par im vehicule, et moins il est irritant pour le tube digestif. Quand il est administre en gru-meaux, il enflamme et ulcere la muqueuse stomacale.
L'absorption du camphre esttres rapide ; il est trans­ports par le sang dans toutes les parties du corps, et il s'61irmne par la peau el le poumon. Pendant son sejour dans I'organisme, une partie s'oxyde. On ne le trouve pas dans Turine, mais on deceledes traces dans le lait.
Les faibles doses de camphre (S grammes chez le cheval, el 0er,20 chez le chien) determinent une exci­tation des centre nerveux. Les animaux sont plus vifs, ils portent la tete plus haut et lesyeux sont brillants. Avec les fortes doses (100 grammes chez le cheval, 5 grammes chez le chien), les animaux sont fortement surexcit^s, ils deviennent comme furieux. Le pouls est tres accelere, il se produit des tremblements, des con­vulsions cloniques ayant quelque analogic avec les con­vulsions 6pileptiformes.
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520
THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
Puis enfin l'excitabilitö nerveuse diminue jusqu'ä abolition complete de la sensibility et du mouvement. La temperature rectale subit toujours un abaissement notable. II y a aussi annihilation des functions genera­trices. Le camphre est siäaiif ä faible dose, excitant ä dose un pen plus forte, et convulsivant ä fortes doses.
Les cadavres des animaux morts a la suite de l'ab-sorption de camphre degagent une odeur caract.eristi-que; la muqueuse digestive est vivemcnt enflammee, l'encephale et la moelle epiniere sont congeslionnes et gorges d'un sang noir incoagule. Les ureteres et la vessie ont leur muqueuse ecchymosee.
Antidotes.— Pour s'opposer a la marche de l'empoi-sonnement, onemploie les vomitifs, les boissons emol-lientes, le cafe noir, des potions vineuses et de Tether etendu d'eau.
Indications. — Les proprietes anlisepliqucs et anti-parasitaires indiquent l'emploi du camphre sur tous les tissus ou il tend k se produire une fermentation pu-tride et pour detruire la vermine, qui vit sur la peau et celle qui ronge le linge. Son action irritants locale, puis anesthesiante, le fait employer contre les accidents lo-caux superficiels tols que heurts, chocs, distensions peu graves, engorgements douloureux des testicules, des mamelles, et piqüre des abeilles. 11 est indiqu6 en poudre sur les plaies pour exciter leur surface et empe-cher la secretion purulente.
Les effets generaux rendent son emploi tres rationnel dans les flevres putrides ; les empoisonnements qui affaiblissent le Systeme nerveux central et qui anni-hilent ses fonctions. II est employe avec beaucoup d'avantage ä Tinterieur pour diminuer l'excitabilite des organes genitaux.
Adjiinistbation. — Le camphre doit s'administrer
.1
m
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;521
par la voie digestive aprfes qu'on I'a tres divis6 par I'^d-joncüon d'un vehicule appropriö.
Les principales preparations sont: la poudre, la dis­solution aqueuse, l'eau öther^e camphree, I'eau-de-vie camphree, le vinaigre camphre, I'huile camphree et la pommade camphree.
Doses therapeutiques.
Solipedes................nbsp; nbsp; nbsp;5 ä 15gr.
Grands ruminants.........nbsp; nbsp; 8 ä 24
Petits ruminants...........nbsp; nbsp; 2 k 8
Pore......................nbsp; nbsp; 1 ä 4
Chlens...................nbsp; nbsp; 0.50 ä 2
Chats.....................nbsp; nbsp;0.10 ä 0.50
Racine de Valeriane (Valei'iana officinalis, L. All. Baldrianwurzcl).
La valeriane est une plante ä tige fistuleuse, haute d'un metre environ, afeuilles opposees,petiolees ailees, composees de folioles lanceolees, de la famille des vale-rianees. La racine est la seule partie employee en me-decine. Elle a une odeur faible quand eile est fraiche, maisdevenant tres prononcee, fetide comme I'urinede chat, quand eile est seche; sa saveur est amere et acre. L'odeur de cette racine est tres recherchee par les chats.
La recolte doit se faire au printemps avant la pous-see; on doit de preference rechercher la racine qui croit dans des lieux eleves et sees. On ne doit pas la conserver plus d'un an, car eile perd promptement ses proprietes.
Composition ciiimique. — On trouve dans cette racine une essence (essence de valeriane) 1 p. 100; un acide, Y'acide valerianique; de la fecule, du tannin etc.
L'essence et l'acide valerianique constituent les prin-cipes actifs.
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322nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE YETERINAIBE.
Effets pdysologiques — Localement la valöriane est legerement astringente et tonique.
Dans le tube digestif, eile agit comme un leger sti­mulant, un stomachique et un vermifuge non equivo­que.
Apres l'absorption des principes actifs, la valeriane for-tifie le Systeme nerveux, le calme quand il est surexite et l'excite quand il est deprime. Les hyperesthesies et les convulsions cloniques disparaissent par faction de la racine de valeriane.
Indications tuerapeutiques. — Elle est utile dans les maladies nerveuses, I'epilepsie, les convulsions sect;pilep-tiformes, la choree, le tölaBos. Si elie ne guerit pas toujours ces maladies, eile a du moins l'avantage de diminuer leur gravite et de soulager le malade. Elle est indiquee aussi pour calmer les hyperesthesies des organes genitaux et urinaires, et pour faire cesser les spasmes intestinaux.
Preparations. — On Temploie en poudre, en infusion, en teinture, en huile.
La poudre est la meilleure preparation. L'infusion produit le degagement de l'essence volatile et est pen active. La teinture convient pour les petits animaux.
Poudre.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Teinture ctheree.
I Chcjral......... 15 amp; 30nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;
^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;r. ^ 1 Boeuf.......... 30 ä 80nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;
Doses. — Poudfe. lt; ,, , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;, v .A
] Mouton et pore. 5 a 10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;
(Chien... ...... 0.50 a 3 lOä SOgouttes.
Ces doses peuvent etre repetees deux ou trois fois par jour.
Assa fretiila [All. Stinkasant, Teufelsdreck).
L'assa foetida est une gomme resine fetide venant de l'Orient et fournie par la racine d'une plante ombelli-
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HYPNOTIQUES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;523
fere, le ferula assa foetida de Linnö, qui croit dans les provinces montagneuses de la Perse.
Dansle commerce, l'assa foetidä se presente sous la forme de masses amorphes plus ou moins brunätres, assez consistantes, formees d'une matiere gommeuse et de larmes, d'abord blanchätres, puis rougeätres quand elles ont subi le contact de Fair ; I'odeur en est vive, fetide, alliacee ; la saveur est amere, acre et re-poussante.
Cette gomme est ires soluble dans I'eau, I'alcool, I'^ther, le vinaigre et le lait.
Composition chimique. —D'apres Pelletier, la composi­tion de l'Assa foetida est la suivante: #9632;
Resine rougissant h I'air.......... 65
Gomme soluble et insoluble....... 31.10
Essence soufree et azoteo......... 3.60
Malaie de chaux................. 0.30
100.00
Effets piiysiologiques — Applique sur les tissus fins ou denudes, l'assa feetida agit comme leger excitant local. Dans !e tube digestif il excite les secretions, pro-duit une sensation de chaleur dans I'estomac, releve I'appetit, accelere la digestion et dissipe les flatuosites intestinales. A fortes doses, 230 grammes et plus, chez les solipedes, il determine des effets evacuants et pur-gatifs (Tabourin).
L'absorption des principes actifs se fait rapidement. On constate, apres l'ingcstion de doses un peu elev^es, une legere acceleration de la respiration et de la circu­lation, une augmentation des diverses secretions, sur-tout de la secretion de l'urine.
Cette legere stimulation disparait blentot et se trouve remplacee par un etat apathique accompagne de som­nolence et d'une legere obtusion des sens. L'ölimina-
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i
324nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
-
lion estrapide, eile se fait par la plupart des secretions, qni prennent son odeur caracteristique.
Indications tiiurapeiitioues. — L'assa fcetida est indi-que :
1deg; Pour exciter I'appetit, angmenter la tonicite du tube digestif, faciliter la digestion;
2deg; Pour calmer les douleurs intestinales, les coliques qui resultent d'un spasme de la musculeuse des voies digestives et de la vessie ;
3deg; Pour fortifier le Systeme nerveux general et dimi-nuer son excitabilite dans l'öpilepsie, la choree etc.;
4deg; Pour soutenir les forces et relever la nutrition chez les animaux atteints de maladies infectieuses, telles que la maladie du jeune age chez les chiens, la cachexie aqueuse des moutons, les bronchites et pneumonies chroniques, etc.
Preparations. — Cette substance r^pugne a la plu­part des animaux ä cause de son odeur desagreable. Aux ruminants on ladonne enbreuvagesmucilagineux ou gommeux; aux chiens avec du lait, et aux chevaux en pilules ou bols. Pour les lavements on fait dissoudre l'assa fcetida dans du vinaigre, oudans un liquide alcoo-lique.
La teinture est une bonne preparation.
Doses. — Les animaux peuvent supporter des doses fortes ; mais il vaut mieux faire usage de doses faibles, et les renouveler plus souvent:
Les doses habituelles sont:
#9632;11
Cheval..................nbsp; nbsp; 15 ä 30gr.
Boeuf....................nbsp; nbsp; 20 ä 50
Mouton et pore..........nbsp; nbsp; nbsp; 2 ä 5
Chien...................nbsp; nbsp; nbsp; 0.05 h, 1.50
Ces doses sont faibles; elles peuvent etre donn6es plusieurs fois par jour.
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HYPN0T1QÜES ET CALMANTS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 525
Pour les lavements on fait usage des doses suivantes :#
Grands herbivores......... 10 gr. par lavement.
Petits ruminants et pore... 4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Chien..................... Iä2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
La teinture s'emploie aux memes doses que] la poudre.
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CINQUlfiME CLASSE
.
HYPEBESTHESIQUES.
#9632;M
i pi
On donne le nom ü'eserine on de physostigmine ä l'al-caloide retire de la feve de Calabar, fruit du physostigma venenosum. Gette plante croit dans les terrains mare-cageux de la region de l'Afrique appel^e Calabar.
Get alcaloide est solide, cristallise en lamelles, pen soluble dans I'eau, plus soluble dans I'eau acidulee, tres soluble dans ralcool, l'etber et le chloroforme.
En se combinant avec les acides, I'eserine forme des sels solubles dans I'eau; les plus employes sont le sul-fate, le salycilate d'eserine. Les solutions aqueuses se colorent en rouge fonce et s'alterent assez rapidement.
Effets physiologiques. — Sur la peau, les solutions de continuity et les muqueuses, l'äsörine ne produit aucun effet local. Une goutte d'une solution instillee dans I'ceil d'un animal ou de rhomme determine le resserrement de la pupille ou la myose. Chez le cheval, I'effet myotique se produit dans 2o ou 33 minutes et dans 10 a 15 minutes chez les carnassiers. Le resserre­ment pupillaire est localise ä I'ceil surlequel I'instilla-tion est pratiquee, 11 r^duit la pupille ä un point quel-quefois ä peine perceptible et dure un temps variable suivant les especes animales, en moyenne de 3 ä 48 heu-res. Get effet myotique se produit nettement chez tons les animaux mammiföres, mais il est ä peine percepti­ble sur les oiseaux, les grenouilles et les poissons.
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HYPERESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;327
Quand la myose est produite, on peut la faire disparat-Ire par des instillations d'atropine. L'atropine fait dis-paraitre la myose produite par l'^serine, et l'eserine fait disparaltre la mydriase produite par l'atropine. En employant alternativement les deux alcaloides, on peut provoquer dans l'iris des mouvements alternatifs de resserrement et de dilatation.
le experience. — A. I heuTe 33, une instillation de 1 ä 2 gouttes de solution au i/iOO, est faite dans I'ceil droit d'un chat. A 1 heure 45 (10 minutes apres) myose dejä tres nette sur l'oeil droit. A I heure 30 (13 minutes) myose encore plus forte. A 2 heures (25 minutes), I'effet myotique est ä son maximum; la pupille du cötö droit a presque complötement disparu, les deux bords de la fente pupillaire ne laissent entre eux qu'une ligne noire tres mince. La pupille a conservö une certaine mobilite sous l'influence d'intensites lumineuses diffö-rentes et de raccommodation; on la voit executer de petits mouvements de dilatation suivis de mouvements de resserrement plus prononcd quand I'animal döplace sa ligne visuelle ou quand on fait arriver sur I'ceil des intensites lumineuses diffärentes. L'oeil du cöte gauche a sa pupille plus dilatöe qu'avant I'instillation faite ä droite. A 5 heures (aprds 3 heures 25), la myose a dis­paru ä pen pres completement. Sa duree a done ete de 3 heures 30 minutes.
2e experience. — A 1 heure 45, instillation d'une goutte de la solution au 1/100 sur rceil droit d'un lapin. A 2 heures (apres 15 minutes), legere myose du cote ins­tills. A 2 heures 10 (apres 25 minutes) myose tres forte du cöte droit; la pupille est reduite ä un point. Lagere dilatation de la pupille du c6t6 oppose.
A 3 heures, diminution du degrö de la myose. Le lendemain matin, il n'y a plus de myose a droite, les deux pupilles sont dans leur etat normal.
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528nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THEiUPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
3e experience. —A8 heures 45, on fait une instillation de 3 gouttes de la solution d'eserine au 1/100 dans I'oeil droit d'un cheval. A 9 teures, aucune modification des pupilles.
A 9 heures 20 (apres 35 minutes), une tres lagere myose a droite. A 9 heures SO (apres 1 heure 5) myose tres forte du cöte droit. A 2 heures 46 (apres 6 heures) cette myose persiste avec le möme degre d'intensite. La myose a persiste le lendemain toute la journee en dimi-nuant insensiblement; eile n'a disparu completement qua le surlendemain dans la journee. Elle a done dure, en tout, au raoins 48 heures.
4e experience. — A 2 heures 30, instillation dans I'oeil droit d'un mouton de 2 gouttes de la solution au 1/100. A 2 heures 45 (apres 15 minutes), aucune modification des pupilles. A 3 heures (apres 30 minutes), leger t6-trecissement de la pupille droite. A 3 heures 20 (apres 30 minutes), myose intense du cöte droit. La myose avait disparu le lendemain matin. Elle-n'a done pas per­siste plus de 18 heures.
5deg; expeuience. —A 2 heures 33, on pratique une instil­lation de 2 gouttes d'une solution d'eserine au 1/100 dans I'oeil droit d'un coq. A 2 heures 40 (apres 7 mi­nutes), rien. A 2 heures S5 (apres 22 minutes), legere myose a. droite. A 3 heures 20, legere myose a droite.. Le rötrecissement pupillaire a completement disparu le
#9632;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;lendemain matin
6deg; experience. — Sur une grenouille, op fait une instil­lation a droite d'une solution au 1/100 ä 2 heures 23. L'animal a ete observe jusqu'a 3 heures 23, sans qu'on ait constate aucune modification des pupilles.
7e experience. —A 9 heures 12, instillation de 2 gouttes d'une solution ä 1/100 dans Toeil droit d'une chienne. A 9 heures 23 (aprös 13 minutes), rien. A 9 heures 33 (apres 23 minutes), rien. A 9 heures 43 (apres 32 mi-
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V
k
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HYPERESTHfiSIQUES. fnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 529
nules), myose tres nette du cöt6 droit. La myose n'a completement disparu qu'aprös 36 ä 48 heures.
Apres son absorption, l'eserine produit des modifica­tions fonctionnelles tres nettes. Elle active les secretions salivaire, intestinale et cutanee. Tons les aniinaux(chat, chien, cheval) auxquels j'ai administrö cet alcaloide ont salive beaucoup, mais moins cependant qu'avec la pilo-carpine; ils ont expulse des excrements melanges de beaucoup de liquide dont la reaction etait fortement alcaline; quelquefois meme, I'anus laissait s'ecouler une assez grande quantite de liquide sans aucun effort de la part de l'animal. Le cheval a presente de la sueur sur differenls points du corps avec des doses fortes.
L'hypersecretion salivaire est due a l'action directs de l'eserine sur les elements glandulaires. Quand on a pa­ralyse les nerfs glandulaires avec I'atropine, on peut en­core provoquer la salivation avec l'eserine (Heidenhain).
Elle atteint aussi la sensibilile et la locomotion. Les animaux deviennent tons plus excilahles, plus sensibles et offrent des alterations des mouvemenls. Le chat a des contractions saccadees dans son peaucier de la re-rion dorsale ; le chien presente des conlraclions muscu-laires commencant dans les membres postcrieurs ; le cheval a des tremblements musculairesquis'elablissent d'abord dans la region rotulienne et olecranienne. Ces contractions, d'abord localisees aux regions indiquees, s'etendent ensuite sur tousles muscles, et les animaux sont fortement agites et secoues dans tout le corps.
Quand ces convulsions sont legeres, l'animal peut encore se tenir debout; mais quand elles sont tres in-tenses, il tombe sur le sol ct devient incapable d'execu-ter des mouvements de locomotion. La faiblesse debute dans le train postörieur et gagne ensuite les membres antörieurs. Pendant que l'animal est couche, ses mem­bres ainsi que ses mächoires sont fortement agites par Kaufmann. — Thorapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;30
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THERAPEÜTIQUE VETßRINAIRE.
11
des convulsions cloniques et des tremblements conti-nuels. Ces convulsions n'ont pas toujours la mßme inten­sity, elles sont continues, mais presentent des moments d'exacerbation correspondant ä des crises.
Si les doses sont toxiques, on voit ces convulsions diminuer pen ä peu d'intensite et faire place ä une pa-ralysie; la respiration devient difficile, eile se ralentit, puiss'arröte complelement, tandisquelecceur continue encore ses battements pendant quelques minutes.
Les convulsions et les tremblements musculaires en-gendres par l'esörine sont d'origine centrale. En effet, quand on coupe les nerfs moteurs d'un membre, on voit que ce membre ne participe pas aux convulsions. L'eserine aglt done ä la maniere de la strychnine en augmentantle pouvoir excito-reflexe de la moelle. Ala derniere periode de l'empoisonnement, les centres re­flexes medullaires sont paralyses , alors la paralysie complete se produit dans les muscles respiratoires. Quand cetle fonetion est arretee, on peuf prolonger la vie de l'animal ou möme le sauver en entretenant la respiration artificiellement.
L'eserine produit aussi des contractions tres energi-ques dans les muscles de la vie organique, principale-inent dans l'intestin, la vessie et la matrice.
L'expulsion frequente de matieres excrementitielles estun indice certain de la contraction energique du gros intestin. On peut encore s'en assurer en ouvrant le ventre d'un animal qui a regu de l'eserine,-on voit alors les intestins citre animös de mouvements trös vifs. A l'autopsie d'animaux morts par l'eserine, on trouve tou­jours le gros intestin päle, resserrö et dur; la vessie est vide, revenue fortement sur elle-meme ; la matrice est ögalement dans un 6tat de contraction manifeste; les muscles et les nerfs moteurs sont encore excitables un certain temps apres la mort. Bauer a möme pu consta-
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HYPERESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; S31
ter la diminution du volume de la rate par suite de la contraction des fibres lisses qui entrent dans sa struc­ture. L'esörine agit önergiquement sur la respiration et le cceur. La respiration n'est. presque pas influencöe par des doses tres faibles; mais aussitöt que les doses s'^le-vent, eile s'accelere, puis se ralentit, devient plus diffi­cile, plus penible et bruyante. Le cceur, pen influence par des doses tres faibles, se ralentit considerablement avec des doses plus fortes. Sur un chien qui avant I'in-jection avail 100 battements ä la minute, j'ai vu le nombre tomber a 40 pendant l'action de l'eserine.
Les battements du ooeur diminuent de frequence, mais ils augmentent d'enen^'ecommeavec la digitaline. A tres faible dose on a observe chez le chien et le chat une legere diminution de la tension arterielle. A doses plus fortes il y a toujours elevation notable de cette tension.
Quand les deux nerfs pneumogastriques sont coupes sur un animal, l'eserine produit encore le ralentisse-ment et l'arret de la respiration, mais il n'y a plus d'ac-celeration initiale; eile produit aussi le ralentissement du cceur et l'elevation de la tension arterielle. L'acce-kiration respiratoire primitive est done due a l'action de l'eserine sur le poumon, tandis que le ralentisse­ment consecutif est leresultatd'une action paralysante sur le centre respiratoire. Le ralentissement du cceur et du pouls doit etre altribue a l'action pöripherique, intra-cardiaque, et non ä l'action sur le centre mode-rateurdu bulbe. L'eserine retablit l'excitabilite des fibres cardiaques et des nerfs pneumogastriques quand eile a 6t6 abolie par I'atropine. Pendant l'action de l'eserine, la plus legere excitation portee sur les pneumogastriques sufflt pour arreter les battements du cceur ; eile aug-mente done l'excitabilite de ces nerfs.
L'elevation de la tension arterielle est attribuee ä la
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11:
532nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
conslrlclion de petits vaisseaux par suite de l'excitalion du centre vaso-moteur et de la forte contraction intes-tinale.
Un fait assez remarquable, c'est que I'eserine ne pro-duit pas la myose quand eile a 6te absorbee par une autre voie que la conjonctive. J'ai toujours constate sur les mammiferes que pendant Faction de la physos-tigminela pupille etalt plutot dilatee que resserröe.
D'apresl'etude qui vient d'etre faite, on voit que I'ese­rine agit sur beaucoup de points comme antagoniste de I'atropine et qu'elle a sur plusieurs fonctions beaucoup d'analogie avec la pilocarpine.
L'atropine tarit les secretions, diminue I'excitabilite röflexe, paralyse l'estomac, l'intestin et la vessie, acc6-lere le cceur par paralysie intra-cardiaque des fibres mod6ratrices, dilate la pupille apres l'instillation et apres l'absorption.
L'eserine augmente les secretions, augmente I'exci­tabilite reflexe,t6tanise l'estomac et l'intestin, principa-lement le gros intestin, la vessie et la matrice, ralentit le cceur par excitation intra-cardiaque des fibres modö-ratrices, resserre la pupille apres instillation, mais pas apres absorption.
L'hypersecretion salivaire, intestinale, biliaire et sudoripaj-e est beaucoup plus active avec la pilocarpine qu'avec l'eserine ; celle-ci anömie l'intestin et le teta-nise; la pilocarpine exalte ses raouvements peristal-liques sansle tetaniser, et le congestionne plutöt qu'elle ne I'anemie. L'eserine produit des convulsions et des tremblements qui n'apparaissent pas avec la pilocarpine. Gelle-ci est moins myotique que l'eserine.
Indications therapeutiques. —L'eserine est indiquee: 1deg; comme myotique toutes les fois que le resserrement pupillaire pent etre utile ä la guerison d'une maladie de l'oeil. Les instillations d'eserine combinees avec celles
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d'atropine conviennent pour empecher les adherences de l'iris avec les parties voisines enflammees. L'esörine dimlnue la tension intra-oculaire et convientdanstoutes les inflammation du globe et surtout de la cornee;
2deg; Gomme anemiant intestinal dans les congestions de l'intestin. Beaucoup de praticiens ont obtenu de tres beaux resultats par l'emploi de cet alcaloide dans les congestions intestinales ;
3deg; Gomme tonique du tube digestif, principalement du gros intestin dans les cas d'atonie ;
4deg; Gomme hypersöcretoire dans les cas de constipa­tion opiniätre;
5deg; Gomme excitant des contractions intestinales dans les cas de paralysie de l'intestin, ou quand il faut pro-voquer l'expulsion de pelotes, de calculs ou d'autres corps etrangers qui pourraient obstruer la lumiere du gros intestin.
Administhation. — L'eserine et ses sels doivent tou-jours s'employer en injection hypodermique. Ce mode d'administration convient tres bien pour cette sub­stance. Je n'ai jamais vu se produire aucun accident local apres les injections sous-cutanees de sulfate d'esö-rine a 1 p. SO ou i p. 100.
Les instillations se font avec des solutions a 1/100, a 1/200, a 1/300.
Doses :
I Chien de 5 kil........nbsp; nbsp; 0sr,00o
Doses toxiques (inj. ^ Chien de 10 ä 20 kil...nbsp; nbsp; nbsp;0 006
hypodermique)...... 1 Chat................nbsp; nbsp; 0 005
V Cheval...............nbsp; nbsp; 0 15
Doses ^apeutiqu
103 (
e).j
^;;;--^^.laquo; 002
(inj. hypodermique
^l{\\\\-'££''^ 0
10
FtiTe de Calabar.
C'est le fruit de la plante que les habitants du Galabar
30.
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THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
appellent esere et que les botanistes designent sous le nom de physostigma venenosum.
Dans la region de l'Afrique appelee Calabar la feve sert comme instrument d'epreuve judiciaire. Quand un bomme est accuse de quelque dölit, il doit pour se jus-tifler subir devant le peuple assemble, l'epreuve de la, feve. Gelle-ci se prend sous forme de poudre ou d'infu-sion.Lespretres, tout ä faitpuissants en ce pays,reglent la dose, qui varie d'une partie de feve ävingt-cinq feves. Getle latitude leur permet de modifier ä l'avance le resultat de l'epreuve selon leurs vues particulieres ou les interets de leur vengeance.
La feve doit son activile ä son alcaloide, I'eserine ou physostigmine,dontretude vient d'etre faite.
Tons les effets et toutes les indications de I'eserine peuvent 6tre appliques a la feve de Calabar. Elle ne dif-fere de I'eserine que par les doses plus fortes qu'il faut pour produire les memes effets.
Doses :
Extrait. — Doses thdrapeutiques.
( Cheval....... 1 gr, ä 3 gr.
( Chien........ 0!r,005 ä 0quot;,02
L'extrait alcoolique dont les doses viennent d'etre indiquees est de seize ä vingt-quatre fois plus actif que la poudre de feve.
Strychnine.
La strycbnine est un alcaloide cristallise en cristaux prismatiquesinalterablesärair, incolore,inodore, d'une saveur tres amere, tres peu soluble dans I'eau, dans l'ötber et les corps gras, soluble dans I'alcool ordinaire et dans les essences. Elle neutralise les acides et forme des sels cristallisables tres solubles, tres amers et tres toxiques. Les plus usites sont le cblorhydrate, le sulfate
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HYPKRESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;533
et le nilrale de strychnine. Elle est extraite de la noix votnique.
Effets physiologiques. — Sur la peau intacte la strychnine et ses sels ne produisent aucun effet local, mais peuvent passer k I'absorption, si le contact en est prolongs,' etproduire des effets generaux plus ou moins intenses. Sur la muqueuse buccale cet alcaloi'de de-veloppe une grande amertume qui est encore appre­ciable avec des solutions ä 1/48,000deg;; eile fait couler la salive. Dans I'estomac a faible dose eile excite legere-ment la muqueuse, augmente l'appetit et accelöre la digestion. Si I'usage en est trop prolonge et surtout si les doses sont fortes, la strychnine produitdes douleurs gastriques, de l'inappetence, de la constipation et des digestions laborieuses. Ges effets nuisibles sont dus ä l'arret des secretions, a l'anemie de la muqueuse gas-tro-intestinale dont les petits vaisseaux sont fortement resserres et aux contractions peristaltiques energiques de la musculeuse.
La strychnine deposee sur les plaies, la conjonctive, ou injectee dans le tissu conjonctif sous-cutane, pro-duit une douleur assez vive mais de courte duree ; les surfaces l'absorbent rapidement et on voit apparattre les effets generaux. Une goutte d'une solution de chlorhydrate de strychnine au 1/100deg; deposöe sur la conjonctive d'un lapin, provoque au bout de quelques minutes une hyperexcitabilitö reflexe caracteristique et des secousses tetaniques au moindre attouchement. En insistant un peu sur l'application, on pourrait facile-ment produire l'empoisonnement complet. Lorsqu'on l'injecte dansle tissu conjonctif, la strychnine developpe ses effets generaux avec une plus grande rapidlte encore; jamais d'ailleurs il ne survient aucun accident local au point d'injection.
Les composes slrychniques constituent des poisons
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THERÄPEUTIQUE VETERINAIRE.
violents pour tous les animaux et msect;me pour les mi-croorganismes qui produisent les fermentations et les putrefactions.
Des matiamp;res organiques imprögnöes d'un sei de strychnine resistant ä la decomposition putride et ä toute fermentation. Cependant il faut dire que ce poison, si violent pour les animaux, n'exerce aucune action toxique sur certaines moisissures. Gelles-ci se developpent souvent dans les solutions d'un sei de strychnine.
La strychnine absorbee par une voie quelconque, est transportee dans toutes les parties du corps par I'inter-mediaire du sang, qui la cede rapidement aux centres' nerveux et aux organes parenchymateux. Ainsi si on analyse le cadavre d'un animal mort empoisonne par la strychnine, on trouve surtout cet alcaloide dans la substance grise de l'encephale et de la moelle epiniere, dans le foie, la rate; on ne trouve plus que des traces dans le sang. La strychnine ne reste pas flxee dans l'organisme, eile est eliminee par les urines et par la salive; mais cette elimination est lente, eile n'estguere complete qu'apres trois jours. Si on administre ä un ani­mal des petites doses de strychnine souvent repetees, on peut constater que l'intensite des effets crott comme le nombre des doses; c'est ainsi que la dixieme dose peut produirel'empoisonnementtandis que la premiere aet6 sans effets appröciables. Get accroissement de l'inten­site des effets avec le nombre des doses S'explique faci-lement par Telimination assez lente de cet alcaloide. Puisqu'il faut trois jours h une dose pour s'eliminer completement, il est evident que si dans cet Intervalle on fait de nouvelles administrations, il se produit une accumulation de strychnine et par consequent il se pro­duit aussiune accumulation d'effets. La susceptibilite de l'organisme ne va pas en augmentant a mesure qu on
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prolonge l'emploi de la strychnine, comme le croient quelques auteurs, mais la quantite de strychnine, en s'y accumulant, agit comme une dose unique representantla somme des doses fractionnöes accumulees. Les effets augmentent d'intensite non pas parce que l-orgarilsme estplus sensible ä la strychnime, mais parce qu'une plus grande quantite de cet alcaloide agit sur lui. Dans la pra­tique on ne doit pas trop rapprocher les doses; il fautles espacer de teile fa^on que la quantite de strychnine qui circule dans Torganisme reste ä peu pres la m6me; 11 faut que les doses successivement administrees vien-nent se substituer ä celles qui sont eliminees. On peut ainsi maintenir I'organisme sous l'action constante des effets strychniques sans provoquer aucun accident d'em-poisonnement.
A dose tres faible la strychnine augmente notable-ment la sensibilite generale et les sensibilitös speciales. Les animaux r6agissent avec plus d'energie sous I'in-fluence des excitations diverses des organes des sens; les excitations de la peau, les sons, la lumiere vive les impressionnent plus 6nergiquement, ce qu'on remarque par leurs mouvements, qui sont plus prompts, plus energiques, par Tceil qui est plus brillant, plus vif, par la tete qui est portee plus haute et dont les oreilles sont plus mobiles. Chez I'homme, on remarque que le gout et l'odorat ont plus de finesse; il est probable qu'il en est de meme chez les animaux.
A doses un peu plus fortes Yhyperesthesie augmente encore d'intensite, et on voit alors les moindres excita­tions determiner des reactions vives de la part des animaux; il suffit souvent de frapper legerement vers la region dorso-lombaire pour determiner une douleur vive et des mouvements desordonnes, de frapper un coup de pied sur le sol, de ciaquer des mains pour effrayer l'animal, de faire tomber une vive lumiere sur
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538nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
I'animal pour provoquer une grande agitation. Pendant que cette augmentalion de la sensibilite se manifeste, il y a aussi des modifications de la locomotion. On voit des tremblements apparaitre d'abord dans les membres posterieurs, puis dans les membres anterieurs, enfin sur les muscles du tronc et de la face. En m6me temps la marche devient plus raide, et les mouvements des membres plus brusques. Si la dose administree est faible, ces phenomenes sont h peine apparents et se dlssipent sans laisser aucune fatigue ; mais si les doses sont plus fortes, alors la raideur des membres aug-mente, la flexion des rayons se fait avec plus de brus-querie et est saccadee, eile devient ensuite plus difficile dans les quatre membres; Tencolure est tendue et la tete portee au vent; l'epine dorso-lombaire est voütee en contre-haut. Si a ce moment on excite les animaux, on voit se produire des convulsions tetaniques qui sur-viennent par acces; les membres raides, tendus, sont engages sous le tronc et ressemblent ä quatre colonnes inflexibles, le tronc et l'encolure sont raides, la tete est portee enavant, la queue estdirigee horizontalement en arriere et I'animal prend exactement la physionomie qui caracteristique le t^tanos. De temps en temps la tension des muscles diminue, puis les convulsions re-viennent par acces. On peutd'ailleurs avolonte produire des acces tetaniques en excitant I'animal par un pro-code quelconque. L'hyperexcitabilitö reflexe est tene­ment augmentee qu'il suflit souvent d'ain bruit faible, d'un attouchement dans la region dorso-lombaire, quelquefois d'un petit courant d'air pour engendrer des attaques tetaniques et pour que I'animal saute en avant et en haut comme un ressort qui se debande. Ces acces convulsifs, apres avoir augmente d'intensite et de fre­quence, s'61oignent ensuite et perdent de leur intensite, puis enfin s'eteignent completement apres vingt-quatre
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HYPERESTHESIQUES.
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ä trente-six heures, el I'animal revient completement ä son etat normal. Quand I'animal qui regoit de la strychnine offre une paralysie motrice dans un certain nombre de muscles, on voit que les convulsions teta-niques commencent dans ces muscles et s'y developpent avec une intensity plus forte qu'ailleurs.
Si la dose adminlstree esttoxique, les phönomenes de-crits pröcedemment sont considerablement exagöres et les acces tetaniques se produisent avec une intensite effrayante et k des intervalles tres rapprochös. Bientöt la station deVient impossible, I'animal tombe sur le cöte, etend ses membres, les anterieurs en avant, les post^rieures en arriere, la queue est relevöe fortement, la colonne vertöbrale döcrit une concavite tournee en haut, l'encolure esttendue et la tete est portee en arriere vers la partie posterieure du cou (opisthotonos). Pendant que cette tetanisation generale se produit, la respiration s'arrete, tons les muscles respirateurs sont fortement contracts, la poitrine reste flxee en inspiration; I'he-matose devient alors difficile, I'asphyxie arrive, et I'animal meurt dans un acces. Ces acces intenses se succedent a des intervalles d'autant plus rapproches et avec une intensity d'autant plus grande que la dose est plus considerable, a moins que la morl n'arrive immö-diatament. La raideur des membres est teile pendant les acces qu'il devient impossible de flöchir les rayons osseuxlesuns surlesautres;on peut souleverI'animal, s'il est d'une petite taille, tout d'une piece en le tenant par un membre : on croirait que I'animal est a I'ex-tremite d'une harre rigide ou qu'il est en rigidite cadaverique. A mesure que les accös se multiplient, I'animal s'aflaiblit et il ne tarde pas a succomber. La respiration s'arrete toujours avant le cceur; celui-ci continue encore a battre longtemps apres que la res­piration s'est arretee. On croirait que les animaux
.
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540nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
men rent par asphyxie; cependant ce n'est lä qu'une apparence ; en effet si on fait absorber une petite quan­tity de strychnine k une grenouille, on voit que celle-ci succombe rapidement, et cependant on sait parfaite-ment que la grenouille peut vivre longtemps sans respirer. La mort chez les mammifferes a done plusieurs causes, l'asphyxie et l'epuisement nerveux produit par ces acces intenses et reiteres. Deja avant la mort les muscles prennent une reaction acide ; aussi le cadavre entre-t-il rapidement en rigidite cadaverique.
La strychnine a aussi une action marquee sur la cir­culation arterielle et capillaire; sous son influence les petits vaisseaux se resserrent, la peau, les muqueuses et les organes parenchymateux pälissent et recoivent moins do sang, la tension arterielle s'eleve et le coBur se contracte avec une energie plus grande. De faibles doses ralenlissent les battements du coeur, des doses fortes les accelerent. Quand les doses administrees sont süffisantes pour provoquer des acces tetaniques, la temperature rectale s'eleve quelquefois de plusieurs degres, on la voit atteindre 44deg; chez le chien. L'action sur la pupille est variable suivant la dose et la periode d'action. Les faibles doses resserrent la pupille; les fortes doses la retrecissent d'abord, puis la dilatent quand les acces sont mortels.
MfiCAXiSME de son action. — La strychnine porte son action sur la substance grise des centres encephalo-ra-chidiens; eile augmente Fexcitabilite reflexe de ces centres. Ce quiprouve que les convulsions sont d'origine centrale, e'est qu'on peut empecher un membre de participer aux convulsions tetaniques en coupant les nerfs moteurs. Si on emplt;khe le sang d'arriver dans un membre par la ligature de ses vaisseaux, on voit que les convulsions strychniques se produisent aussi bien dans ce membre que clans les autres parlies du corps
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HYPERESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 541
irriguees par le courrant sanguin. G'est surtout sur la moelle que porte I'aclion excitante; en effet, en enlevant le cerveau ä une grenouille, on voit que si on lui injecte un peu de strychnine sous la peau, les convulsions teta-niques se produisent comma sur une grenouilie qui a son cerveau. Un lapin dont la moelle est coupee en arrlere du bulbe, qui recoil de la strychnine, eprouve seulements des convulsions dansles membres et le tronc, mais pas dans la tete. Si on coupe toutes les racines rachidiennes sensitives ü un animal, on voit que la strychnine ne produit plus de convulsions tetaniques; mais si on laisse senlement une ou deux racines intactes letetanos se produit. Cette experience demontre que la strychnine augmente le pouvoir excito-r6flexe des cen­tres medullo-bulbaires et que I'excitation sensitive la plus legere produit dans ces centres un ebranlement tel, qu'ils entrent tous en activite, pour exciter les nerfs moteurs de tous les muscles.
Le ralentissement du coeur avec des faibles doses est. attribue k I'excitation du centre moderateur bulbaire et l'acccleration avec des doses fortes est due ä la para-lysie de ce centre.
L'elevation de la tension arterielle, observ^e pendant l'action de la strychnine, n'est pas due aux convulsions ; car on pent empecher les convulsions avec les anes-thesiques et le curare et on voit neanmoins I'augmen-tatiori de la pression arterielle se produire sous I'in-fluence de la strychnine. II semble qu'il y a surtout excitation du centre vaso-constricteur bulbaire; en effet la destruction de ce centre empeche en general cette elevation de la tension.
Antidotes. — Si les vomilifs et les medicaments tan-nan ts n'ont pas empeche I'absorption d'une dose toxique de strychnine, il faut avoir recours aux anesthesiques et principalement au chloral qu'on emploie en injection Kaufmann. — Tlierapcutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;31
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THERA.PEUTIQUE VETfilUNAlRE.
intra-veinense. Ot6, de Bordeaux, apres de nombreuses experiences comparatives, est arrivö aux conclusions suivantes: 1deg; Le chloral est l'antagoniste de la strychnine quand il est employ^ en injections intra-veineuses. La dose de 0sr,0l de strychnine administree par voie hypo-dermique tue toujours un chien de 10 kilogrammes. La mort n'arrive pas si on a le soin d'anesthesier I'animal aussitöt que les effets se montrent, par des injections in­tra-veineuses de chloral. Pendant I'anesthesie, il n'y a pas de convulsions telaniques, la respiration se fait regu-lierement, mais les acchs convulsifs reparaissent an moment du reveil. Pour rendre ces crises du r^veil moins dangereuses, il sufüt de maintenir I'animal long-temps sous I'aclion anesthesique; la strychnine, s'elimi-nant insensihlement, ne se trouve plus dans lorganismo en quantite süffisante pour tuer au moment du reveil. Ore a sauve des chiens qui avaient re^u une dose toxiquo de strychnine par huit injections inlra-veineuses succes-sives de chloral. Moi-m6rne, dans les dömonstralions ex-perimentales, j'ai pu, par trois ou quatre injections do chloral, prolonger la vie d'un chien pendant trois heures apres qu'il eut requ une dose de strychnine rapidement toxique, pour un autre chien du möme poids, servant de terme de comparaison. II est certain que sij'avais insiste sur l'emploi de l'aneslhesique j'aurais sauve I'animal.
Indications thiSrapeutiques. — La strychnine est indi-quee :
1deg; Comme tonique general et surtout comme toniquo du tube digestif. Elle convient dans certaines inap-petences causees par un etat catarrhal du canal intesti­nal, dans certaines diarrhees rebeiles. Elle fait dispa-raltre assez rapidement les hypersecretions intestinaies et les relächements atoniques de la musculeuse du tube digestif.
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HYPERESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 543
2deg; Comma excitant nerveux dans les paralysies qui ne sont pas produites par des desordres maleriels conside­rables. Ella reussit bien quand ces paralysies sont rhu-malismales on succedent a un refroidissemenl et qu'il n'y a pour ainsi dire que des desordres fonctionnels soit dans les cordons nerveux, soil dans la moelle.
Les paraplögies, les paralysies du penis, de la ves-sie, des sphincters, sont toujours ameliorees par la strychnine quand alles succedent a un ^puisement ner­veux simple ou a une congestion; mais elles resistent ä la strychnine quand ellas ont pour cause uneconges-tiou trop violenle accompagnee d'hemorrhagies capil laires ou une lumeurqul comprime la moelle.
3deg; Gomme excitant respirateur dans les cas de pousse, de bronchite chronique. On remarque qu'a tres faible dose la strychnine nSguIarise la respiration, rend I'hematose plus facile et fait disparaitra le soubrasaut caracteristique de la pousse.
La strychnine est toujours contre-indiquee dans les paralysies qui succedent ä une compression des centres nerveux par une tumeur quelconque, dans les menin-giles, dans les cas d'hemorrhagies ou d'inflltration se-reuse des centres nerveux, dans les cas de rupture ou d'ebranlement da la substance nerveuse succedant h un choc.
Administration. — On doit toujours se servir des sels de strychnine ä cause de leur parfaite solubility dans I'eau. Pour determiner tres exaclement la dose admi-nistree, ces sels sont employes sous forme de solutions titröes ä 1/50, ä d/100, etc.
On peut aussi servir des pilules contenant des doses parfaitement connues de strychnine. On ne doit faire usage da ces dernieres que lorsque les injections hypo-dermiques das solutions ne peuvent pas laquo;Ure employees. Ces solutions sont absorbäes par toutas les voies; mais
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S44nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
la voie hypodermique est la plus sure. Les accidents locaux sont nuls, l'absorption est rapide, les effets sont prompts et peuvent etre gradues a volontö. La voie hy­podermique est celle que Ton doit toujours preferer pour les sels de strychnine; les autres voies offrent toutes des inconvenients plus ou moins graves; I'injec-tion intra-lracheale est plus difficile ä realiser et pent exposer ä une inflammation bronchique ou pulmo-naire; les voies stomacale et rectale sont peu süres ä cause de Tirregularile do Tabsorption ; les applications cutanees ne laissent passer a l'absorption qu'une quan-tile trop faible de strychnine et exposent a des pertes enormes de medicaments et quelquefois a des empoi-sonnements. Doses des sels de stryciinine :
Pour 1 kilogp.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Strychnine,
de poids vif.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Milligr.
/ Homme..............nbsp; nbsp; 0, 40
\ Lapin................nbsp; nbsp; 0, CO
Doses toxiques...... 'Chat.................nbsp; nbsp; 0, 75
I Chiea................nbsp; nbsp; 0, 75
' Coq..................nbsp; nbsp; 2
I Cheval.......nbsp; nbsp; 0Er,05 knbsp; 0[r,15
Doses therapeutiquos \ liojuf........nbsp; nbsp; 0 05 änbsp; 0 30
(pour un sujet)___ i Pore........nbsp; nbsp; 0 002 änbsp; 0 005
[ Cliien.......nbsp; nbsp; 0 001 äinbsp; 0 003
/ Cheval...... 0 20 k 0 30
r,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;. .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ) Bocuf........ 0 20 i 0 40
Doses toxiques...... lt; „nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; a laquo;#9632; v laquo; laquo;c
^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i Pore......... 0 01 amp; 0 05
( Chien....... 0 005 ä 0 02
Brucine.
La brucine, retiree de la noix vomique comme la strychnine, est un alcaloide cristallise, inodore, incolore, d'une saveur acre et tres amere, peu soluble dansl'eau, tres soluble dans l'alcool. Elle se combine avec les acides pour former des sels parfailement solubles dans I'eau.
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IIYPERESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; b4ö
Effets physiologioües. — La brucine agit sur l'orga-risme ä la maniere de la strychnine, mais avec une activite qui est38 fois moindre.
Elle pourrait repondre aux memes indications que la strychnine, mais il n'y a aucun avantage ä l'employer de preference ä ce dernier alcaloide.
I^asurine.
Get alcaloide retire de la noix vomique par Desnoix, est solide, cristallise eh aiguilles soyeuses. Ires amer, soluble dans 200 parties d'eau bouillante, tres soluble dans I'alcool, insoluble dans lether. Elle se combine avec les acides et forme des sels tres solubles dans I'eau.
Effets physiologiques. — L'igasurine agit comme la strychnine et avec line intensile presque 6gale. II sufflt de 3 milligrammes pour empoisonner un chat d'apres Desnoix et Soubcyran.
II n'y a aucun avantage a l'employer dans la pratique de preference a la strychnine.
IVoix Tomiqne (all. Krähenaugen).
On donne le nom de noix vomique ä la graine du fruit d'un arbre exotique appele vomiquier chez nous [Strychnos Nux vomica, L.)et Coniram dans l'Inde oü il croit spontanement. Get arbre, d'une elevation et d'une grosseur mediocres, porte un fruit du volume d'une orange ; ce fruit rempli d'une pulpe acide et non vene-neuse contient, en outre, de 14 a IS graines aplaties qu'on nomme improprement noix vomiques. Ces graines ont exactement la forme d'un bouton d'habit; l'une de leurs faces est convexe, I'autre est concave et porte au milieu une espece d'ombilic; leur surface estgrisätre,
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Ji46nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TI1ERAPEUT1QUE VETE1UNA1RE.
douce au toucher et recouverte d'une espece de duvet ayant l'aspect de celui du velours. Leur substance est dure, coriace, comme cornee et legferement translucide; eile ne präsente pas d'odeur sensible, mais quand on la goute, eile developpe une saveur un peu acre et une amertume tres intense. Le poids moyen de chaque graine est d'environ l8r,50.
Composition chimique. — La noix vomique contient les principes suivants :
( Strychnine.
1deg; Principos alcalins.......j Brucine.
( Igasurine.
2deg; Principe acide.......... | Acido igasuriquo ou strychnique.
„. _ . . . , v #9632; ( Huilo concrete. 3deg; Principes nydrocarbones. ! „.
4raquo; Matieres colorantes..... | Matiere colorantc jaune.
I Amidon.
5deg; Matures neutres.......j Bassorine.
' Lignciu.
La noix vomique doit son activite aux trois alcaloides qu'elle contient et principalement ä la strychnine. Get alcaloide est contenu dans la noix vomique dans la pro­portion de 0.2 a 0.5 p. 100 en moyenne. On a reconnu dans la pratique que la richesse de la noix vomique en strychnine est tres variable, et qu'ä dose egale eile ne produit pas toujours les memes effets; tanlot ces effets sont presque nuls, tantot ils sont mortels. 11 Importe done d'abandonner l'usage de la noix vomique et de ses preparations pour n'employer que la strychnine et ses sels.
Indications. — Les effets physiologiques de la noix vomique 6tant la somme des elfets des trois alcaloides qui enlrent dans sa composition, il en resulte que les indications therapeutiques des preparations de la
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HYPERESTHEStQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 547
noix sont celles quc nous avons indiquees ä propos de la strychnine.
PriIiparations. — 1deg; Poudre.
On obtient cette poudre en räpant les graines avec line rape a sucre on une lime ä bois, ou mieux en les faisant ramollir ä la vapeur d'eau, les ecrasant dans un mortier, et les dessechant ensuite dans une 6tuve ou au soleil.
* Extrait aUooiiqu,.......... | SoIT^S^
1
32
On traite la poudre par deux macerations successives chacune de huit jours, on exprime, on evapore jusqu'a consislance d'extrait. On obtient le dixieme du poids de la noix vomique employee.
„„_,.. , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( Noix vomiquo pulverisee___ 1
3o Temture de mix vomtgue... | Alcool ^ 8;*0............... 5
Doses :
Poudre. — Comme la proportion des alcaloi'des est tres variable suivant la provenance de la noix vomique, il en resulte qu'il n'est pas possible d'indiquer des doses parfaitement exactes; les chiffres suivants n'indique-ront qu'une moyenne.
/ Cheval........nbsp; nbsp; 20 k SH gr.
V Boeaf.........nbsp; nbsp; 20 h. 35
Doses toxiquos....... lt; Pore......... 4 k 6
Cliiea........ 0,50 ä 1
Chat.......... 0,10 ä 0,50
Cheval........nbsp; nbsp; nbsp; 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Ji 10
Bocuf.........nbsp; nbsp; nbsp; 5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 20
Doses therapeutiques. { Mouton et porenbsp; nbsp; nbsp;1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 3
Chien........nbsp; nbsp; nbsp; 0,05nbsp; h. 0,25
Chat.........nbsp; nbsp; nbsp; 0,01nbsp; ä 0,05
Extrait. — La composition de l'exlrait est inslable.
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äi8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEÜTIQÜE VETERINAIRE.
comme celle de la poudre, et il n'est pas possible de donner des chiffres representant exactement les doses.
En general, l'extrait est dix fois plus actif que la poudre, les dös'es doivent done 6tre dix fois moindres.
Teinture. — La teinture ne s'emploie que rarement ä l'interieur ; on l'ulilise surtout en frictions sur les re­gions paralysees. Si on voulait I'litiliser ä l'intörieur, il faudrait cn donner des doses egales ä celles de la poudre.
Dans la pratique, il y a tout avantage ä abandonner completement les preparations diverses failes avec la poudre de noix vomique. Le medecin soucieux de sa reputation et penetre des donnees scientifiques, ne fera jamais usage que des sels de strychnine, dont lo dösäßö est si facile, et dont les effels peuvent etre gradues ä volonte par les injections hypodermiquos do solutions titrees.
Aconitine.
L'aconitine est un alcaloide extrait dos feuilles et des racines de I'aconit napel (Aconilum Napellus^L). Getto substance se presente sous forme solide, amor­phe ou cristallisee suivant son mode de preparation, pen soluble dans l'eau et Tether, tres soluble dans I'al-cool et le chloroforme. Elle se combine avec les acides, et forme des sels solubles dans l'eau.
Effets piiysiologiques. — Localement l'aconitine est irritante, puis anesthesiante. Sur la peau la pommade d'aconitine employee en frictions produit d'abord une sensation de picotement, de brulüre, puis une diminu­tion do sensibilite. Surl'oeil les applications d'aconitine determinent une vive douleur et une dilatation de la pupille. Inlroduit dans la bouche, cet alcaloide produit une sensation d'amertume tres prononcce, puis une sensation de brulüre aux levres, a la langue, au palais
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UYPEKESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;549
et enfin une abolition de la faculte gustative. La mu-queuse rougit fortement et se couvre quelquefois de pelites vesicules. La deglutition devient souvent difficile.
Dans l'estomac et I'intestin, I'aconitine irrite la mu-queuse, determine des nausces, des coliques, des vo-missements chez les carnivores. Les mouvements peri-staltiques s'exagerent, les secretions sont activees et il y a souvent rejet de matieres diarrheiques abondantes par I'anus, en meme temps qu'il y a vomissement.
Introduite dans le tissu conjonctif ou deposee sur une plaie, I'aconitine produit une douleur viva et assez persistante, mais eile ne donne jamais lieu ä des acci­dents inflammatoires locaux importants.
Apres son absorption, cet alcaloide modifiela plupart des fonctions.
Lepouls, d'abord un pen accelir6, se ralentit bientot considerablement, etil devient plus mou. Les pulsations sont d'abord irregulieres, inlermittentes, puis elles se regularisent completement, a mesure que les effels se prononcent.
Les battements du cceur sont moins energiques, et les pulsations cardiaques moins faciles ä percevoir. La tension arterielle s'abaisse notablement par suite du ralentissement des battements du coeur, et de la dila­tation vasculaire peripherique.
Avec des doses faibles d'aconitine, la peau et les mu-queuses rougissent et secretent activement; la bouche se remplit de salive, I'oeil est humecte par des larmes, et les narines laissent ecouler des goultes d'un liquide clair comme de l'eau. L'urine est secretee en plus grande quantite; ily a diurese tres marquee.
La respiration est encore plus energiquement mo-difiee que la circulation.
A faible dose, les mouvements respiratoiresdiminuent
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SäO
THE1UPEUT1QUE VETEHINAIRE.
de frequence, mais leur amplilude augmenle. Genera-lement l'inspiralion etl'expiration tout en etant amples sont breves et brusques. A chaque mouvement, les cötcs se soulevent ^nergiquement, et la quantite d'air introduite dans le poumon est augmentee. La rhylhme respiratoire est peu modifiö avec des doses träs faibles; il y a pourtant bientöt une legere tendance aux arrets respiratoires passagers. Avec des doses un peu plus elevees, le rhythme respiratoire se modifie considera-blement. On voit que deux ou trois respirations se suc-cedentregulierement, puis, qu'ily a une pause plus ou moins longue qui est suivie d'une nouvelle serie de respirations regulieres. La pause respiratoire se fait toujours en expiration, c'est-ä-dire que la poilrine, arrivee ä un maximum de reserrement, reste ä peu pres immobile pendant quelques secondes avant de subir une nouvelle dilatation.
II semble que l'aconitine excite l'activite du centre expiratoire ou diminue l'activite du centre inspiratoire. Le ralentissement de la respiration produit est attribue par la plupart des auteurs ä une action directe sur le centre respiratoire.
L'aconitine produit toujours un abaissement de la temperature rectale avec augmentation de la tempera­ture cutanee. Sur le chien, j'ai vu la temperature prise dans le rectum, tomber de 380,2 ä37'gt;14, apresrinjection intra-trachäale de 0,003 d'aconiline ; sur le cheval, de 37deg;,4 ä 37deg;, 1 apres plusieurs injections intra-veineuses de faibles doses.
Sous l'influence de l'aconitine la sensibilile devient d'abord plus vive, surtout dans la zone de distribution du nerf trijumeau oü il se produit des fourmillements, des picotements. Getto hyperesthesie de la face et de la muqueuse buccale est traduite chez les animaux par des mouvements de la langue et des mächoires; sou-
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HYPERESTHESIQÜES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; SHI
vent aussi ils se gratlent le museau et les commissures des levres avec leurs pattes. La motilite, peu influencee par des doses irbs faibles, Test beaucoup par des doses plus fortes; les animaux presentent des tremblements musculaires, des contractions flbrillaires successivement dans les muscles olecräniens, les muscles du grasset, puis dans tout le corps.
L'eliminalion de l'aconitine se faitprincipalement par les reins; ces glandes sont excilees par le passage de l'aconitine et secretent aclivement. Quand I'adminis-trationse prolonge, surlout lorsque les doses sontfortes, il y a d'abord diurese, mais celle-ci cesse bientöt par suite de l'inflammation des glandes; il y a alors anurie.
Quand les doses administr^es sonttoxiques, on cons­tate une exageration de tons les phenomönes decrits plus haut et l'apparilion d'un certain nombre de troubles nouveaux. 'Voici les effels qu'on observe chez le chien. Si Tinjection se fait sous la peau d'une cuisse, I'animal accuse immediatement une vive douleur au point d'in-jection, il maintient le membre releve et ne I'appuie que legerement sur le sol; quelquefois il le tlent cons-lamment souleve. Apres quelques moments, I'animal est inqulet, il est agile, se d6place frequemment, sa pupille est dilatee ; les muqueuses rougissent, se con-gestionnent, il ouvre la gueule, et avec ses pattes an-lerieures cherche k se gratter le palais comme pour se debarrasser d'un corps etranger qui serait arrete dans le pharynx; il releve forlement la queue; il salive peu, rend les urines generalement en grande quantite; la res­piration est acc^löree ; les mouvements deviennent en-suite incertains, et l'appui se fait sur le membre oil Ton a fait rinjection; on voit quelquefois I'animal se precipiter en avant et se gratter ensuite forlement la gueule avec ses paltes; des vomissements se produi-
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552nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; T1IERAPEUTIQUE VETEBINAIKE.
sent ensuite ä plusieurs reprises, ils sont difiiciles, douloureux; l'animal pousse des cris plaintifs, et rend des excrements diarrheiques abondants. Les vomisse-mentsdouloureux continuant, lespupilles sontforlement dilatees; lecceur, d'abord tres ralenti, s'accelere ensuite; puis ily a arrhylhmie entre les oreillettes et les ventri-cules.La respiration est tres laborieuse etlente,les mou-vements des cöles sont tres etendus ; puis survient la paralysie motrice, un afTaiblissement de la sensibilile g6nerale et des sens. Enfin la respiration s'arrete com-pletement, 1c cceur continue encore a battre pendant quelques instants et la mort arrive. L'intelligence est conservee intactejusqu'äladerniere periodede I'empoi-sonnement.
Sur les solipedes, on observe des mouvements des mächoires, de la salivation, des contractions fibrillaires des muscles olecräniens, de la croupe, puis de tout le corps; des douleurs inteslinales accusees par des pieti-nements, des coups de pied sousle ventre, et en arriere avec les membres posterieurs, des contractions intenses et douloureuses des muscles de la region cervicale inferieure, de l'hyo'ide et de l'abdomen, une augmenta­tion de la sensibilitö, une expulsion repetee de crottin ; d'abord une congestion des muqueuses puis une grande päleur; une diminution du volume des arteres ; quel­ques pelits cris au moment de la contraction das mus­cles de l'encolure et da Tabdoman, des nauseas, de la raideur musculaire dans las membres posterieurs, une demarche vacillante, une respiration laborieuse, et enün la paralysie motrice, raspiratoire at sensi­tive.
Las lesions qu'on trouve ä l'autopsie consistent dans des ecchymoses sur la plevra et le poumon, sur I'endo-carde du cceur gaucba, principalcmant vers les points d'insertion des cordages at dans les auricules. La vessie
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IIYPERESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Öä3
est resserreo et vide, le cceur dur, principalement le ventricule gauche.
Los animaux ä sang chaud meurent loujours par suite de l'arret de la respiration qui amene 1'asphyxie. Chez les animaux ä sang froid la mort n'arrive pas par asphyxie, mais est le resultat de la paralysie complete de la motricite, de la sensibilile et du coeur. Sur ces derniers animaux les nerfs moteurs deviennent inexci-tables, mais le muscle conserve son excitabilile, quoi-qu'ello soit aflaiblie considerablement.
Indications TiuinAPEUTiQUES. — L'aconitine constitue un medicament tres precieux comme antipyretique et antifebrile, au debut de toutes les maladies inflamma-toires, internes surtout, de celles de l'appareil respira-toire. L'aconitine en abaissant la tension arterielle rem-place completcment la saignee; en gchaulTant la peau at en la congestionnant elie favorlse la sudation, la res­piration et la transpiration cutanees; en abaissant la temperature rectale eile s'opposedireclement älaflevre; en activant la secretion urinaire eile hate I'expulsion des produits de dechct3, et des produits pathologiques resorbes; en ralentissant la respiration et le cceur, eile s'oppose ä l'asphyxie el auxhemorrhagies parenchyma-teuses qui survionnent quand les battements du coeur sont trop precipiles et que la respiration est trop acce-leree. Ge medicament est done bien indiquc dans la congestion des centres nerveux, les pneumonies, les bronchites, les pleuresies. 11 ne convient pas quand les reins sont enflammes, parce qu'en s'climinant par ces glandes, il les irrite.
Administration. — L'aconitine s'emploie en solutions titrees ou en pilules.
Les solutions titrees doivent toujours etre pr^feroes a toutes les autres preparations. L'absorption peat se I'aire par toutes les voies, mais celles-ci n'offrent pas toutes
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334nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TI1ERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
les m^mes avantages. Les voies qui sont surtout a re-commander sont: le tissu conjonctifsous-culanö, la tra­chte et rintcrieur des veines. Les injections hypoder-miques me semblent suflire ä tons les besoins; elles sont faciles ä praliquer, ne produisent aucun accident et l'absorption se fait rapidement. Les injections intra-trachöales peuvent aussi rendre des services, mais sont en general plus dangereuses que les injections hypoder-miques. Les injections intra-veineuses peuvent Mre utilises par les veterinaires habiles. Les solutions d'aco-niline se font au d/500ou au i/1000, on pent, quand il y a avantage, se servirde solutions plus fortes au 1/200 ou au 1/100.
L'aconiline etant peu soluble dans I'eau, on ajoute une ou deux goultes d'acide azotique el la dissolution se fait blen. On pourrait directement faire dissoudre Tazotate d'aconitine qui est tres soluble dans I'eau.
Doses :
Injections hypodermiques.
quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Cliev'al...... O^flSO k O^.O.SO
l loxiques........ ( Chien....... 0 005 ä0 010
„„„,,.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( Cheval...... 0 005 i 0 010
2quot; Thorapeutiques.. | Ch.en....... 0 ^ ä 0 opl
Aconit [Aconitum Napellus).
L'aconit est une plante de la famille des scrofulariees qui fournit a la medecine ses feuilles et ses racines. La racine est plus active que les feuilles.
L'activite de l'aconit doit etre attribuee ä Yaconitine et ä un principe acre, qui n'a pas encore ele isole et qui existe en quantite süffisante dans la plante pour deter­miner une inflammation dans une grande etendue du tube digestif.
Effets et usages. — Les effets physiologiques et the-
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UYPERESTHESIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;535
rapeutiques sont sensiblemenl les memes que ceux de l'aconiline. On emploie les diverses preparations de la plante dans les mömes cas que I'aconitine. Dans la pra­tique il faudrait abandonner toutes les preparations dont la teneur en aconitine n'est pas parfaitement connue. Pour (Hre toujours sür d'öviler les accidents il vaut mieux s'adresser aux solutions titrees d'aconitine qui seules donnent une securite complete.
L'aconit a souvent determine des empoisonnemenls chez le cheval, le bceuf, le mouton et autres animaux qui ont mange cette plante.
Les contre-poisons sont inconnus; il faut avoir re-cours aux mucilagineux et aux builes purgatives, pour attenuer les efiets irritants locaux sur le tube digestif et pour empßcher l'absorplion.
Preparations. — Les diverses preparations de feuilles ou de racines d'aconit sont: 1deg; la poudre ; 2deg; I'exlrait aqueux ou alcoolique ; 3deg; la teinture; ^I'huiled'aconit; 3deg; la decoction.
Gelles qu'on doit employer, quand on ne pent pas se procurer de I'aconitine, sont I'exlrait et la leinture.
Doses :
Extrait
Racine.
Doses toxiques.......j ^....... 15 ä 20gr. 400 a 450 gr.
Hnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Chicn........ 1 ä 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;
i Cheval.......nbsp; nbsp; 2 änbsp; nbsp;5
Boeuf.........nbsp; nbsp; 3 itnbsp; nbsp;0
Mouton et porenbsp; nbsp;0,30 änbsp; nbsp;0,80
Chien........nbsp; nbsp; 0,05 änbsp; nbsp;0,30
Teinlure.
Doses theraoeutioups \ Chien........ 5 ^ 15 gouttcs Par dosc-
Uoses therapeutiques. | ^^....... 6 ä io ge. (injection hypo-
dormiquo ou intra-tra-chcale).
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SIXIEME CLASSE
TOKIQUES VASCULO-CAKDIAQUES.
Cetle classe ne comprend guere que la digitale et la digitaline.
Digitale pourpree {Digitalis purpurea, L.)*
On connait plusieurs especes de digitales. La plus employee en medecine est la digitale pourpree, encore appelee gant de Notre-Dame.
Cetle plante, de la famille des scrofulariees, a ses fleurs, d'un rose vif ou d'un rose pale, disposees en une longue grappe terminale. Ses feuilles sessiles sont alternes et decurrentes. Le limbe, couvert d'un duvet mou et pale, est decoupe en crenelures mousses, sepa-rees les unes des autres par des sinus aigus.
Elle crott dans presque toute l'Europe et dans les iles du nord de l'Afrique ; eile habite les bois et les col-lines, dans les terrains sees, incultes et siliceux. On la cultive aussi comme ornementaledans les jardins.
Les feuilles sont les seules parties employees en me­decine veterinaire. Elles doivent elro recueillies pen­dant la deuxieme periode de vegetation de la plante, au moment ou eile va fleurir. G'est alors que les feuilles sont le plus riches en principes actifs. Seches elles ont un parfum assez agreable rappelant celui du the et de certaines patisseries.
Composition cuimique. — L'analyse des feuilles de digitale a permis d'isoler, dans ces derniers temps, les
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TONIQUES VASCULO-CARDIA.QUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 357
principes suivants : 1deg; la digitaline, glycoside isole pour la premiere fois par Homolle et Quevenne ä l'etat amor­phe et plus tard par Nalivelle ä l'etat cristallise; 2deg; la digitonine, produit analogue ä la saponine, soluble dans I'eau, insoluble dans l'alcool absolu et froid, la benzine, l'ether, le chloroforme, et dont la digitoresine, la digi-toneine, la digitogenine et la paradigitogenine sont des derives; 3deg; \a. digitaleine, amorphe, insoluble dans I'eau froide, soluble dans l'alcool pur ou additionne de chlo­roforme etdansl'acide acelique, donnantense decom-posant de la digilaliresine; 4deg; la. digitoxine, substance cristallisee, etrangere a la constitution des glycosides, donnant en se decomposant, de la toxiresine, tres so­luble dans Tether.
Les feuilles de digitale doivent leurs principales pro-prietes physiologiques et therapeutiques a la digitaline. Les autres principes, quoique moins actifs, viennent cependant ajouter leurs effets ä la digitaline. L'etude de ce glycoside ne suffit done pas pour nous rensei-gner sur tous les effets de la digitale. Aussi, pour 6tre plus complet, allons-nous d'abord decrire les effets des feuilles de digitale, puis ceux de la digitaline pure.
Feuilles de digitale,
Administree ä tres faible dose, la digitale ne modifie pas sensiblement les fonctions digestives; mais ä dose süffisante pour impressionner vivement 1'economie, on voit survenir des troubles digestifs, dos coliques, des vomissements, rarement de la purgation. Apres I'ab-sorption des principes actifs, la digitale, d'apres certains auteurs, augmente la quantitc d'urine secrelee, e'est-a-dire produit la diurese; d'apres d'autres, eile ne produit pas la diurese a l'etat de sante, mais seulement dans quelques cas pathologiques. Traube et Ilirtz, qui ont
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S58nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETfiRINAIRE,
constatnment jaugö les urines de leurs malades, affir-ment que dans les conditions ordinaires, la digitale n'est pas diuretique, mais qu'elle produit la diurese quand il y a hydropisie surtout par trouble cardiaque. Elle n'est diuretique qua dans certains etats patholo-giques, dans ceux oil la circulation gdnörale est entravee. Cependant ä haute dose il semble d'apres MM. Bouley et Reynal et les toxicologistes que la digi­tale produit une evacuation abondante des urines möme chez les animaux sains.
La digitale exerce une action remarquable sur la cir­culation. Tous les auteurs ont Signale le ralentissement du coeur. Quelques-uns disent quele ralentissement est primitif; d'autres pensentqu'il est precede d'une acce­leration primitive. D'apres Hirtz, le ralenlissemenC du pouls se manifeste chez l'homme de dix ävingl-quatre heures apres l'administration de la digitale; il ne se produit que quand les nausees et quelquesphenomenes nerveux annoncent l'imprägnation digitalique. Cot observateur a constate que, une fois le ralentissement produit, il continue et augmente pendant un ä trois jours, meme apres que le medicament est suspendu, et qu'il pent m6me, dans cette condition, 6tre encore constate au bout de huit jours. Avec cette lenteur du pouls coincide une ölevalion tres marquee de la pres-sion arterielle. Apres le ralentissement du pouls on observe avec des doses toxiques une acceleration secon-(/alaquo;re, puis un ralentissement secondaire qui precede la mort. Pendant ces deux dernieres periodes la tension arterielle s'abaisse et arrive ä zero au moment de la mort.
La digitale ä faibles doses non seulement ralentit le coeur, mais lui donne une energie de contraction plus grande. G'est un tonique cardiaque, ou comme a dit Bouillaud : le quinquina du coeur.
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TONIQUES VASGULO-CARDIAQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 559
La digitale, d'apres les experiences de presque tous les auteurs, est un antithermique assez energique. Son influence sur la temperature dans I'etat physiologique est faible, mais eile est tres nettedans I'etat pathologique.
La digitale exerce une action affaiblissante, paraly-sante sur le sysleme musculaire de la locomotion. Des experiences de laboratoire demontrent que la digitale diminue l'excitabilite des muscles, et l'observation cli-nique montre que les sujets traites par la digitale sont faibles et se fatiguent sous rinfluence du moindre exercice. L'experimentation et l'observation sont d'ac-cord pour attribuer a la digitale une action stimula-trice des plus marquees sur les contractions uterines.
Tous les auteurs admettent qu a faible dose la digi­tale diminue le mouvemen t de denutrilion; il y a dimi­nution de l'acide carbonique elimine par le poumon et la peau.
Si la digitale est administree ä dose toxique au che-val, on observe les symptömes importants six a huit heures apres l'administration : tristesse, perte d'appe-tit, excitation generate, coliques, douleurs inlestinales, acceleration considerable du pouls et de la respiration, dilatation de la pupille, ballements du coeur tres forts et accompagnes de bruits speciaux, tels que le tinte-ment metallique, le fremisscment vibratoire et le bruil de souffle, emission d'urine. Apres douze ä seize heures, abattement considerable, pouls ralenti, irregulier, in­termittent et faible, choc du cceur toujours fort, irre­gulier, respiration irreguliere, entrecoupee, peau froide surtout aux extremites, abaissement de la temperature rectale, puis mort generalemenl dans un calme com-plet. Chez le chien une dose toxique produit apres son administration, des vomissements, de l'agitation, des gemissements plaintifs, une diminution du nombre des pulsations d'abord, puis ensuite une augmentation de
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S60nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETERINAIRE.
ce nombre, faiblesse, döcubitus prolong^ sur le ventre, diarrhee, puis mort ou retour graduel, mais lent, ä l'etat normal.
Lesions. — Les principales lesions sontles suivanles : congestion et inflammation de l'intestin, ecchymoses sous-muqueuses et sous-sereuses, poumons enflammös, taches ecchymotiques nombreuses sous la plevre, mousse sanguinolente dans les bronches, sang noir et incoagulable, ecchymoses au-dessous du pericarde et dans l'endocarde, valvules epaissies, tissu musculaire du coeur plus fonce et parseme d'ecchymoses; conges­tion des centres nerveux.
Antidotes. — II n'y a aucun contre-poison de la digi­tale. II faut combattre l'irritation gaslro-intestinale par des mucilagineuxet injecter de faibles doses d'atropine sous la peau pour combattre l'arrhythmie du coeur et l'arret de ses battements.
Les indications therapeutiques, les doses et l'admi-nistration seront etudices avec la digitaline.
Dlgltaline.
Ge glycoside se trouve dans la pharmacie, soit ä l'etat amorphe, soit ä l'etat cristaläsd. La digitaline cristal-lisee de Nativelle etant d'un prix excessif n'a jamais pu 6tre employee sur les animaux domestiques. On trouve aujourd'hui dans le commerce des digitalines allemandes qui sont vendues ä des prix i-elativement peu eleves. Ges digitalines sont fournies dans des fla-cons de I gramme qui portent sur l'etiquette : laquo; Digita­line pure crislailisee raquo;. Ges digitalines allemandes ne sont reellement pas cristallisees, ne presentent pas les reactions chimiques et ne produisent pas les effets physiologiques de la veritable digitaline. II est done important de s'assurer de la provenance de la digita-
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TONIQÜES YA.SCULO-CÄ.RDIAQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; S6i
line dite cristallisee. Nous avons en France des digita-lines amorphes excellentes; elles sontd'un prix modere et leurs eflets sont sürs. Gelle de Homolle et Quevenne est la plus connue.
M. Lafont indique une reaction chimique qui permet de distinguer neltement les digitalines pures de celles qui proviennent d'Allemagne. On humecle la poudre avec un melange ä parties egales d'alcool et d'acide sulfurique, puis on chauffe jusqu'ä ce que la poudre ait pris une belle couleur jaune; on ajoute une goutte d'une solution etendue de perchlorure de fer et on obtient une belle coloration bleue. Gelte reaction ne se produit pas avec la digitaline allemande.
La digitaline amorphe a ele bien etudiee sur les ani-maux et sur rhomme. Ce sont ses effets que nous allons decrire.
La digitaline amorphe est assez soluble dans l'eau distillee, pour permettre de faire des solutions au 1/100. En y ajoutant un peu d'alcool la dissolution se fait encore mieux. Les solutions, dont on veut faire usage doivent toujours etre de preparation recenle; les vieilles solutions sontsouvent alterees par le deve-loppement de microorganismes qui en tombant au fond du liquide forment des flocons blancs.
Effets puysiologiqües. — Localemenl, la digitaline est irritante. Appliquee sur la peau sous forme de pom-made ou d'une preparation qui reste adherente, eile produit une inflammation du derme ; celui-ci devient douloureux, il se tumefle, rougit, s'echauffe et secrete une exsudation sereuse. L'intensite de l'inflammation provoquee est en rapport avec la concentration de la preparation et avec la finesse de la peau. Lorsque la peau est depourvue de son epiderme et que la digi­taline est appliquöe directement sur le derme, l'inflam-tion locale est plus rapide et plus intense.
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S62nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQÜE VETEHINAIRE.
Introduite dans la bouche, la di^itallne produit une saveur amere, fait rougir la muqueuse buccale et determine de la salivation. Dans l'estomac, eile irrile rapidement ]a muqueuse, provoque des douleurs, des nausees, des vomissements et de ladiarrhee. Siles do­ses sont faibles et si la digitaline est donneesous forme de solution, les effets d'irritation gastro-inteslinale sont nuls ou insignifiants. Sur la conjonclive, la digitalinc produit une cuisson Ires vive et une congestion intense. Les solutions aqueuses au 1/1000 injeclees lentement dans la trachee des animaux ne döterminent pas de toux; inais des solutions plus concentrees produisent facilement de la toux et une congestion pulmonaire aux points oü Tabsorplion s'effectue dans le poumon. Le cheval et l'äne supportent beaucoup mieux ces injec­tions que le cbien. La digilaline injeclee sous la peau dans le tissu conjonctif determine une douleur vive et produit un pblegmon plus ou moins volumineux. Chez le chien, ce phlegmon se resorbe lentement; chez le cheval et l'äne il s'abcede souvent etfournit un pus de bonne nature; souvent aussi il laisse un noyau indure qui ne disparail qu'apres plusieurs mois. L'inflam-mation locale qui suit linjcctionhypodermiquede digi­taline chez le cheval et l'äne retarde l'absorplion et provoque un etat febrile plus ou moins prononce. Lors-qu'on porte la solution de digitaline dans le tissu mus-culaire, on observe ä peu pres les mömes effets que lorsque le medicament est depose dans quot;le tissu con­jonctif sous-cutane.
Quandla digitaline est absorbee, eile produit diverses modifications fonctionnelles dont les plus importantes sont celles de la circulation.
A tres faible dose, eile determine, chez tous les ani­maux, un ralentissement du ca;ur, une diminution du nombre de ses batlements. Ce ralentissement, quelque-
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TONIQÜES VASCÜLO-CARDIAQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;363
fois trös prononcö, chez le chien et le mouton, Test beaucoup raoins chez l'äne et moins encore chez le cheval.On voitäretat de sanle lenombredesbatlements du cceur diminuer de 10 ä 15 par minute chez le chien, de 3 a ö chez les solipedes. Ce ralentissement dure un temps variable, mais cependant assez long: de six ä douze heures. A mesure que les effels de la digitaline se dissipent, on voit le nombre des pulsations revenir insensiblement ä l'elat normal, sans qu'il y ait acceleration consecutive. Quelquefois on observe, apres Tadministration, une legere acceleration primitive du cceur qui precede le ralentissement, c'est lorsque la digi­taline irrite localement les tissus au point d'absorplion et determine par action reflexe une certaine excitation. Quand l'absorption se fait sans irritation, le ralentisse­ment est toujours primitif avec de faibles doses. Chez les solipedes il arrive souvent qu'apres l'injection hypo-dermique de digitaline en solution il y a acceleration continue du cceur sans ralentissement ni primilif ni consöcutif. Get effet acc^lerateur est du, dans ce cas, ä la flevre de reaction que determine le developpement d'un phlegmon au point d'injection. Chez le chien le ralentissement des battements du cceur se produit tres nettement apres les injections hypodermiques ou inlra-musculaires.
A dose moyenne, la digitale produit successivement deux modifications inverses sur le nombre des batte­ments du cceur. Apres l'absorption sans irritation lo­cale, eile agitd'abord en ralentissant le coeur. Ce ralen­tissement a une duree inversement proportionnelle äla dose employee. Apres un certain temps ce ralentis­sement disparatt et fait place ä Vacceleration du coeur, dont I'intensitö est directement proportionnelle ä la dose.
Les fortes doses produisent d'abord un certain ralen-
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304nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERA.PEUTIQUE VETERINAIRE.
tissement du coeur,mäis ires passager, puis elles deter-minent une acceleration Ires forte et tres durable.
Avec des doses tres fortes il n'y a pour ainsi dire pas de ralentissement initial ; il y a imrnediatement accele­ration qui dure tres longtemps et qui est suivie, si I'animal doit mourir, d'un ralentissement avec ar-rhythmie.
Avec faibles doses: ralentissement des battemenls du cceur, puis retour insensible a I'etat normal.
Avec doses moyennes : ralentissement du coeur; puis acceleration et enfin retour ä I'etat normal.
Avec fortes doses: ralentissement Ires passager; acce­leration de longue duree, puis retour tres lent k I'etat normal.
Avec doses tres fortes : acceleration immediate tres forle; ralentissement et arrhythmie precedant la mort.
La digitaline, enmeme temps qu'elle modifie le nom-bre des battements du coeur, agit aussi en augmentant Yenergie du muscle cardiaque.A chaque systole les con­tractions auriculaires et ventriculaires sont plus ener-giques.et les ondees sanguines deplacees sont plus volumincuses.Dans mes experiences cardiographiques, j'al toujours constate que, pendant l'action de la digi­taline, les courbes indiquent une augmentation de pression intra-cardiaque systolique considerable. Les deux bruits normaux du coeur deviennent plus inlenses, plus nets. La pulsation cardiaque est plus facilement perceptible. La digitaline constitue un. tonique puis­sant du coeur. Elle ne produit raffaiblissement du coeur qu'ä dose trop forte et seulement dans la deuxieme pe-riode de son action.
Sous l'influence de la digitaline on voit ausgi souvent 1c rkytkmedcs battements du coeur se modifier. Sur des animaux a. I'etat de sante, la digitaline, tout en ralentis-sant le coeur et en augmentant la force de ses con-
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T0N1QUES VASCULO-CARDIAQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 505
tractions, produit aussi des intermittences en general regulierement espacees. On constate dans le ralentisse-ment produit par des doses moyennes que les batte-ments du cceur sont accouples deux par deux ou trois par frois, et qu'entre deux series il y a un arret assez long. Ces modifications du rhythme n'existent que pen­dant le ralentissement du coeur; quand cet organe est accelöre, les battements sont reguliferement espaces, et il n'y a aucune intermittence.
La digitaline modifie aussi la circulation arterielle. Pendant qu'elie agit, la tension arterielle augmente no-tablement; les arteres sont plus dures, plus pleines. Le pouls se modifie comme le cosur : il est plus vigou-reux, plus fort, souvent intermittent pendant la periode de ralentissement; il devient regulier, plus petit pen­dant la pöriode d'acceleration; pendant I'empoisonne-ment et pen de temps avant la mort, il est miserable et fortement intermittent. Quand on enregistre le trace du pouls pendant la periode de ralentissement, on obtient souvent le pouls bigcmine on trigemine,c'esi-k-Aive deux ou trois pulsations accouplees. La vitesse du sang dans les arteres diminue sous l'action de la digitaline comme le demontrent nettement les graphiques obtcnus avec rhemodromographe de M. Chauveau.
Ces modifications importantes de la circulation se produisent par le mecanisme suivant: le ralentissement du casur et du pouls est du h l'excitation centrale et intra-cardiaque du Systeme moderateur cardiaque; I'accel^ration consecutive est due ä la paralysie de ce Systeme ; les modifications du rhythme sont egalement dues ä une action sur le Systeme moderateur, car aus-sitot que ce Systeme est paralyse, les intermittences dis-paraissent; I'energie plus grande des' battements doit etre attribuee ä une action directe de la digitaline sur la fibre cardiaque ; l'augmentation de la tension art6-
Kaufmann. — TherapGutiqiie.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;32
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366nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE YETER1NA1RE.
rielle est due au retröcissement despetits vaisseaux qui opposent un obstacle ä l'ecoulement du sang ä la peri-phcrie ; la conslriction vasculaire peripherique est due a I'excilation centrals et peripherique des vaso-mo-teurs.
La respiration se modifie ä peu pres dans le meme sens que la circulation pendant Faction de la digitaline. A faible dose, les uiouvements se ralentissent; ä forte dose, ils s'accelerent.Ily aä faible dose une diminution de l'exhalalion de l'acide carbonique.
La digitaline a faible dose, absorbee sans produire d'irritation locale, provoque un abaissement de la tem­perature rectale. Gelle-ci s'abaisse generalement de 4/10 ä 5/10 de degre sur les animaux sains. Si I'ab-sorption de la digitaline est accompagnee d'une irrita­tion locale, on voit au contraire se produire une ele­vation plus ou moins forte de la temperature rectale.
De nombreuses experiences que j'ai faites, il ressort que la digitaline amorphe ne produit pas d'effet diure tique sur les animaux sains. G'est un effet inverse quo Ton observe, c'est-ä-dire une diminution de la secretion. Quoique la quantilö d'urine sccretee soit moindre pen­dant l'action de la digitaline, il arrive quelquefois quo laquantite d'uree eliminee est plus forte; c'est lorsque la digitaline irrite localement les surfaces sur les-quelles eile est absorbee. Quand I'absorption se fait sans irritation locale, il y a ä la fois diminution d'urine et diminution d'uree.
La digitaline, etant reconnue non diuretique a l'ötat normal, peut cependant dans certains cas produire hi diuröse. Danscerlaines hydropisiesla digitaline est diu­retique. Mais eile produit la diurese par un mecanisme tout particulierdifferant beaucoup de celui des veritables diuretiques. Elle produit alors la diurese en ameliorant la circulation troublee et non en agissant spöcialement
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T0N1QUES VASCULO-CARDIAQÜES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; amp;67
sur le rein. Ladigitaline relöve la pression sanguine en augrnentant le travail du cceur et en produisant une constriction capillaire; or on sait que I'augmenlalion de la pression est une condition favorable pour la secre­tion urinaire.
Gomme la digitale, la digitaline produit rapidement un afiaiblissement musculaire considerable.
Indications thurapeutiques de la digitaline. — La digi­taline estindiquee :
i0 Gomme tonique vasculo-cardiaque dans les maladies du cceur ou avec lesion valvulaire nettement caracte-risee il y a irregularity, tumulte eE frequence des con­tractions du cceur ou palpitations desordonnees. Pen­dant ces maladies il ne faut administrer la digitaline qu'avec reserve et pendantun temps limite. II faut com-mencer par de petites doses ; cesser ou diminuer les doses au bout de quelques jours, etseguider soit pour I'interruption, soit pour la reprise, sur l'etat du poulset particulierement snr son degre de resistance; la perte d'appötit, l'intermittence du pouls, la faiblesse muscu­laire, sont des signes qui indiquent impörieusement la suppression du traitement. Toutes les experiences que j'ai faites me demontrent qu'il faut repousser I'emploi de doses fortes de digitaline ou de digitale.
Les palpilationsnerveusessimplessont modifiees heu-rcusement par I'emploi de la digitaline.
On obtient aussi de bons effets dans le traitement de la metrorrhagie et des hemoptysies ä cause de son action vaso-constrictive.
2deg; Gomme anti-febrile dans toutes les maladies carac-terisöes par une elevation de la temperature et une acceleration du pouls et de la respiration. En ralentis-sant le pouls, en resserrant les petits vaisseaux, en abaissant la temperature, la digitaline s'oppose aux phe-nomenes principaux de la flevre. On en a oblenu d'ex-
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S68
THERÄ.PEUTIQUE VETERINAIBE.
I
cellents resultats dans les diverses pneumonias aigues; las flevres typhoides, etc.
3deg; Gomme diuretique dans les hydropisies da toute nature, anasarque, ascite, hydrothorax, hydropericar-dile. Ce sont surlout les epanchemenls sereux depen­dant d'une lesion du coeur qui sontgueris rapidement.
4deg; Gomme modiQcateur da la circulation des centres nerveux dans I'epilepsie.
Doses :
Digitaline. — Doses therapoutiques,
( Chien...... 0sr,O01 h. 0sr,002
• Ane...;... 0 003 ' Ghoval..... 0 ÖÜ5
Gas doses peuvent etredonnees deux fois par jour. Poudre de digitale. — Un gramme de poudre equi-vautä 5 milligrammes de digitaline.
Dose forte.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Dose faible.
CHftval............. 8 ä 5gr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1 b.2gr.
Boeuf. ............ 4 ä6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 ä3
Moutou et pore___ 0,50 ä 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 0,10 K 0,30
Chien............. 0, 15 ä 0,30nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0,05 10,10
Ges doses pouventetre donnees deux foispar jour.On suspend göneralement l'administration apres trois jours.
„ .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;. ,. . , ( Chien .. 5 k 15 gouttos. ) Donner deux fois
Temture de digitale, j cheval _ _ _rgt; fcgr-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; j par jour
Doses loxiques.
j Cheval............. 25 i 30 gr.
Poudre de digitale, j Chien.............. 5ä 8
( Chat............... 2
(Cheval............. 0er,15
Digitaline amorphe, j Chien.............. 0 025
' Chat............... 0 010
Administration. — La meilleurevoie d'administration laquo;st la voie digestive. On ne doit pas administrer direc-tement la poudre de digitale ou de digitaline. II faut
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TONIQUES VASCULO-CARD1A.QUES.
069
employer l'eau de maceration de la poudre de digitale ou la teinture. Ces liquides doivent sect;tre etendus pour ne pas provoquer d'irritation gastro-intestinale. La digitaline est preparee en solutions titrees a i/100, ä 1/200, etc. ; au moment de l'adminislralion on verse une quantite determinee de cette solution dans de l'eau que Ton donna en breuvage ou en boisson. On aremar-que que la maceration des feuilles de digitale a une action diuretique plus marquee que I'infusion.
Chez le cheval et l'äne l'administration pent aussi se faire par la trachee en prenant toutes les precautions voulues, c'est-ä-dire injecter tres lentement des solu­tions etendues.
Chez le chien on pourrait aussi choisir la vole hypo-dermique, quoiqu'elle soit cependant moins avanta-geuse dansce cas particulierque la voie digestive.
32.
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SEPTIEME CLASSE
ANTISECRETOIIIES.
Belladone ft atropine.
La belladone est une plante indigene de la famille des solanees, dont'le fruit est une bale qui ressemble ä une cerise noire. Toutes les parties de cette plante sont ac­tives ; les baies et la racine sont plus actives que les feuilles.
Composition chimique. — La belladone renferme un al-caloide, I'dtropine, qui est son principe actif; de l'albu-mine, de la gomme, de la chlorophylle, de la cellulose, des sels, etc.
La proportion d'alropine contenue dans la belladone est tres variable, selon le terrain sur lequel la vegeta­tion s'est falte, l'etat de secheresse de l'ann^e, le mo­ment de la röcolte et la maniöre dont eile est conser-vee. En adminislrant de la belladone ou des prepara­tions faites avec cette plante, le m6decin ne salt jamais exactement l'intensite des effets qu'il va obtenir; il s'expose ä donner des doses trop fortes et ä determiner rempoisonnement, ou des doses trop faibles et n'obte-nir aucun effet, et cela avec les memes quantites admi-nistrees.Enmedecinecomme danslessciencespositives, il faut constamment cliercher ä obtenir I'exactitude parfaite; il faut qu'on puisse graduer mathömatique-ment les effets, et pour cela il faut pouvoir exactement doser les principes actifs que Ton administre. Pour eviter les nombreux inconv^nients qui sont attaches ä
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A.NT1SECHET01HES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; b71
l'administration directe de la belladone, il faut faire usage de son alcaloi'de, Vatropine, et de ses sels, et pros-crire entierement les preparations vegetales.
Atropine,
Get alcaloi'de a 616 decouvertpar M. Brandes, et isole ä l'ötat de purete par MM. Geiger et Hesse.
II est solide, en cristaux blancs soyeux et prismati-ques, inodore, d'une saveur amere et nauseeuse, peu soluble dans l'eau, mais bien soluble dans l'alcool et lather.
L'atropine neutralise les acides et forme avec eux des sels cristallisables solubles dans l'eau. Le sulfate d'atro-pine est le plus employe en medecine, on ne faitjamais usage de l'atropine.
Effets physiologiques. — Le sulfate d'atropine appli-quö sur la peau intacte determine, apres im certain temps de contact, une legere diminution de la sensibi-lite et im arret local de la secretion sudorale (Aubert). Sur les plaies et les muqueuses lines l'atropine produit d'abord une .douleur cuisante assez vive, il y a irrita­tion, congestion ; puis, au bout dequelques minutes, la douleur disparait et il se produit une anestbesie locale plus ou moins intense. Une goutte d'une solution aqueuse de sulfate d'atropine instillee dans I'oeil d'un animal determine d'abord une irritation accompagnee de douleur et de secretion des larmes; l'animal cherche a se frotter I'ceil, dont la muqueuse rougit; apres 2 ou 3 minutes la douleur a disparu et, apres 10 minutes, on observe chez le chien une dilatation de la pupille correspondante. La mydriase d'abord legere, augmente insensiblement, et apres 23 minutes eile est genera-lement arrivee ä son maximum ; alors I'iris n'est plus representc que par une bandelette circulaire extreme-
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372nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERÄPEUTIQUE VETERINAIRE.
ment etroite. La mydriase se produit facilement chez les carnassiers et chez l'homme, eile apparait plus lentement chez les herbivores, et enfln eile ne se pro­duit pas chez les oiseaux. Chez le chien, le chat, la my­driase arrive ä son maximum dans 20 ou 25 minutes; chez l'äne, le cheval et les ruminants ce n'est qu'a-pres 35 ä 45 minutes. Si Tinstillation se fait surun seul ceil, on voit que la pupille de l'aeil oppose se contracte ä mesure que celle du cöte instille se dilate. Cette constriction de la pupille opposöe est due ä reffet re-flexe produit par une plus grande quanlite de lumiere qui tombe au fond de l'oeil atropine. On pent provoquer atternativement la dilatation et le resserrement de la pupille par des instillations alternatives d'une solution de sulfate d'alropine et d'une solution de sulfate d'ese-rine. Ce dernier alcaloide a, en effet, la propriety de produire la myose, c'est-ä-dire le resserrement pupil-laire, et de faire cesser les effets mydriatiques de l'atro-pine quand ils sont deja etablis. En general, la myose produite par I'eserine disparait plus facilement avec I'atropine que ne disparait la mydriase atropinique sous rinfluence de I'eserine. La pupille dilatee sous I'in-fluence de I'atropine est immobile, elle ne se modifle plus sous l'influence de differenles intensites lumi-neuses et l'accommodation de l'oeil devient impossible. La mydriase dure de 2 a 8 jours apres I'instillalion. La mydriase se produit encore sur un ceil, quand on a prealablement coupe le nerf sympathique du cöte correspondant; mais elle s'etablit plus lentement, commej'aipum'en assurer souvent sur des chiens. Chez le lapin la mydriase est toujours tres lente a s'etablir, quelquefois mfime elle est a peine visible. Get animal ne convient done pas pour deceler I'atropine dans un liquide que Ton soupejonne contenir de I'atropine. Dans la medecine legale, il faudra done toujours avoir re-
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ANTISECRETOIRES.
373
cours au chat ou au chien pour s'assurer de la presence de l'atropine dans la matiere provenant du cadavre d'un homme ou d'un animal empoisonnö.
. Mecanisme de la mydriase. — La mydriase est le resul-tat d'un effet local de l'atropine sur l'ceil, quoique cette substance puisse encore produire la mydriase apres son absorption par toute autre voie. En effet, la my­driase se fait toujours sur I'oeil dans lequel I'instillation est faite, jamais sur l'ceil du cöte opposö. Si on enleve un ceil sur une grenouille, la mydriase se produit en­core si cet ceil est humecte avec une solution d'alro-pine. Fleming a remarque que la dilatation de la pupille commence d'abord au point oü la goutte est depos^e; si celle-ci est deposee sur un des points de la circonfe-rence de l'iris, on voit la dilatation commencer en ce point et eile se produit seulement plus tard dans tout l'iris. La presence de l'atropine a el6 constalee dans I'hu-meur aqueuse de I'oeil (Ruyter), cette substance ar­rive done en contact avec l'iris. Agit-elle sur les fibres circulaires en les paralysant ou sur les fibres rayonnees? Agit-elle directement sur la fibre musculaire ou sur les fibres nerveuses de l'iris? Ce sont des questions encore incompletement resolues. D'apres les travaux les plus recents, eile paralyse les fibres nerveuses motrices des fibres circulaires de l'iris. En effet, apres I'alropinisa-tion, l'excitation de l'oculo-moteur communne produit plus de resserrement pupillaire. De plus j'ai remarque que lorsque la mydriase est incomplete, l'excitation du bout cöphalique du sympathique produit les effets di-lalateurs ordinaires.
Elle n'agit done pas sur le Systeme des fibres rayon­nees, mais sur le Systeme des fibres circulaires. Le Sys­teme constricteur etant paralyse, le Systeme dilatateur agit seul et il y a dilatation de la pupille. II est assez difficile d'expliqucr pourquoi la mydriase ne se produit
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574nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETEHINAIUE.
pas chez les oiseaux. L'lris de ces derniers ne contient que des fibres circulaires striees et pas de fibres radices d'aprös la plupart des micrographes, et c'est peut-6tre a cette difference de structure qu'il faut attribuer la difference des effets sur la pupille.
Effets generaux. — Quand l'atropine est arrivöe dans le torrent circulatoire, eile produit des modifications dans presque toutes les functions.
La mydriase se produit sur les deux yeux avcc une ögale intensile, et la vue est obscurcie.
1deg; Secretions. —Elle tarit toutes les secretions ou les dlminue considerablement. La bouche devient seche, la deglutition est bientöt rendue impossible, les ali­ments se dessechent dans l'estomac et l'intestin. Les secretions salivaire, gastrique et inteslinale sont done taries sous l'irifluence de l'atropine. Les aliments n'etant pas diger6s, agissent comme des corps etrangers irri­tants sur la muqueuse gastro-intestinale, et on voit sou-vent se produire des nausöes et des vomissements chez les -carnassiers, et des coliques chez les herbi­vores.
L'atropine tarit les söcr^lions des glandes en paraly-sant les extremites intraglandulaires des nerfs secre-leurs. Ge fait est facile ä verifier sur la glande sous-maxil-laire du chien. Gl. Bernard a demonlre que la corde du tympan renferme les fibres excito-secreloires de cetle glande, et qu'il sufüt d'exciter ce cordon nerveux dans son bout glandulaire pour provoquer immediatement une abondante secretion de salive et une congestion de la glande. Sur un animal alropine, l'excitation du bout peripherique de la corde du tympan reste sans effetsur la secretion, mais produit encore I'effet vaso-dilatateur, comme I'a demontre le premier Heidenhain, et comme j'ai pu m'en assurer plusieurs fois. L'action antisöcre-toire de l'atropine est done due ä la paralysie des nerfs
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ANTISECR^TOIRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; S75
söcröteurs, et non ä l'action de l'atropine sur la circula­tion de la glande.
2deg; Circulalion et respiration. — A trös faible dose l'atropine produit d'abord un ralentissement des bat-tements du coeur chez rhomme et le lapin, puis une forte acceleration de ces battements. Chez le chien l'ac-c^leration se produit immediatementsans 6tre prec^döe d'une periode de ralentissement.
Le ralentissement observe chez l'homme et le lapin est toujours de courte duröe, tandis que l'acceleration consecutive dure longtemps. Chez nos grands animaux domesliques, l'acceleration du pouls est aussi le pheno-mene le plus saillant et le plus durable. Le pouls en möme temps devient plus petit, plus difficile ä perce-voir, et les battements du cceur sont moinsenergiques.
L'acceleration considerable du pouls sous l'influence de l'atropine doit 6lre altribuee ä la paralysie intra-cardiaque des fibres moderatrices du pneumogastrique. En effet, tout le monde sait que l'excitation du bout pöripherique du pneumogastrique produit le ralentisse­ment ou l'arrßt des battements du coeur dans les con­ditions physiologiques, tandis qu'apres l'atropinisation la msect;me excitation n'influence plus le coeur, celui-ci continue ä baltre avec la m6me precipitation.
On admet generalement que l'atropine produit un abaissement de la tension arterielle. D'apres les graphi-ques manometriques que j'ai pris sur le chien la ten­sion arterielle reste normale. II est probable que les auteurs qui signalent un abaissement de tension ont fait usage de fortes doses.
Generalement les muqueuses sont congestionnees, il semble done y avoir une dilatation vasculaire periphe-rlque, et si la tension se maintient normale, c'est parce que le cceur bat plus frequemment,
La respiration est toujours acceleree avec l'atropine.
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576nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
3deg; Mouvements peristaltiques gastro-intestinaux. — L'alropine avrßte les mouvements peristaltiques de l'es-tomac et de l'intestin. Get eilet paralysant sur les fibres musculaires lisses a ete nettement mis en övidence, au moyen de la methode graphique, par le professeur Mo­ral, de la Faculte de medecine de Lyon. Avant l'admi-nistration d'atropine les courbes obtenues indiquent des contractions rhythmiques dans l'estomac et l'intestin ; apres l'injection d'atropine ces mouvements ont cesse, et il n'a plus ete possible de les reveiller meme par l'ex-citalion electrique du nerf moteur qui se distribue dans la musculeuse gastro-inleslinale. Ge physiologiste a observe que les effets paralysants de l'atropine dispa-raissent sous l'influence de la pilocarpine; cette subs­tance est un antagoniste de l'atropine et exalte les mou­vements peristaltiques et les secretions.
4deg; Mouvements des sphincters. — Quoique nous n'ayons pas d'explt;5riences directes montrant que l'atropine pa­ralyse les sphincters, il est pourtant rationnel d'ad-mettre cette action.
Depuis longtemps les medecins et les accoucheurs admettent que l'anus, le col de la vessie et de la matrice se laissent dilater facilement sous l'influence de l'atro­pine. Get eilet est surtoul tres marque quand ces sphincters sont le siege de contractions spasmodiques. L'atropine paralyse le Systeme constricteur de l'iris, la musculeuse de l'estomac et de l'intestin, et il est pro­bable que la möme action paralysante s[exerce sur les fibres circulaires des differents sphincters. Evidemment apres la paralysie de ces sphincters ceux-ci ne se dila-tent pas activement, mais ils offrent moins de resistance aux causes qui tendent ä les dilater.
3deg; itensibilite et motilite. — De faibles doses d'atropine produisent une excitation des animaux, une augmenta­tion de la sensibility ; des doses plus fortes engendrent
i
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ANTISECRfiTOIRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 577
d'abord une pöriode d'excitation pendant laquelle les animaux se deplacent et s'agitent, puis une periode de calme pendant laquelle il y a diminution de la sensibi-lite et apparition d'un etat de somnolence qui est ce-pendant entrecoupe par des cris et des röves penibles. Les herbivores sont fortement agites au debut, et ils sent en proie ä des hallucinations; on observe aussides tremblements musculaires; les chevaux poussent au mur comme dans le cas de vertige, et apres le reveil ils ressemblent a ceux qui sont atteints d'immobilite.
6deg; Calorification. — Avec des doses faibles, on oblient un accroissement de la temperature rectale qui pent atteindre 4 degres. Des doses fortes produisent d'abord une elevation de la temperature, mais ensuite une dimi­nution de 1 ä 3 degres.
Elimination. — Gomme la plupart des alcaloides, I'atropine est excretee par les reins. On a pu produire la mydriase sur des animaux en leur instillant dans les yeux de l'urine provenant d'animaux morts empoison-nes par I'atropine.
Effets toxiques, — Des doses toxiques d'atropine pro­duisent :
1deg; Une dilatation pupillaire extreme avec trouble dans la vision; les animaux butent centre les objets qui se trouvent sur leur passage;
Squot; Une exaltation de l'ouie qui ne s'eteint que dans le coma;
3deg; Une congestion tres forte des muqueuses;
4deg; Une excitation tres forte pendant laquelle les ani­maux sont tres sensibles;
5deg; Une diminution de la sensibilite et de la motilite ;
6deg; Des tremblements musculaires et des convulsions;
7deg; Une paralysie sensitive et motrice complete ;
8deg; Une acceleration considerable du pouls qui est pe­tit et qui devient meme imperceptible ;
Kaufmann. — Th^rapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;33
ocr page 594
S7Snbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiT^RINAIRE.
9deg; Un refroidissement de la peau, surtout des extrö-mitös;
10deg; Un relächement complet des sphincters ;
11deg; La mort au milieu des convulsions.
Gerlains animaux peuvent consommer de grandes quantites de feuilles fraiches de belladone sans dprou-ver de malaise; tels sont les escargots, les pigeons et les lapins. Ges animaux pcuvent etre nourris pendant une semaine avecces feuilles, sans en laquo;Hre incommodes. Leur viande mangee par des carnassiers determine I'empoisonnement chez ces derniers.
A I'autopsle on ne trouve aucune lesion caracteris-tique; il y a seulement de la congestion des centres nerveux, et les vaisseaux contiennent un sang noir.
Antidotes. — II faut d'abord employer les vomitifs ou les purgatifs pour faire rejcter le poison non absorbe. Si I'absorption est deja effectuee, on conseille le caf(5 et los excitants. Je crois qu'il vaudrait mieux lui opposer la pilocarpine et l'eserine, dont les effets sont exacte-ment inverses.
Indications TnßRAPEUTiQUEs. — Localement les prepa­rations belladonees et les sals d'atropine sont indiqucs :
1deg; Pour diminuer la douleur dans les inflammations cutan6es on sous-cutanöes, quelle que soil leur nature;
2deg; Pour tarir les hypersecretions et diminuer le pru-rit dans cerlaines maladies cutanees, dans I'otor-rhee, etc.;
3deg; Pour produire la mydriase quand on veut examiner le fond du globe oculaire ou quand on veut pratiquer des operations sur le crislallin.
4deg; Alternativement avec l'eserine, pour provoquer dos mouvements de resserrement et de dilatation de I'iris quand on veut empöcher les adherences de I'iris avec le crislallin ou avec des produits pathologiques dans certaines ophthalmies;
ocr page 595
ANT1SECRET0IRES.
379
3deg; Pour calmer la douleur et diminuer los hypersö-cfötions et la tension intra-oculaire dans toutes les ophlhalmies (il faut employer des solutions ä 1/400).
A. rinterieur l'atropine est indiquee :
1deg; Pour diminuer I'excitabilite des nerfs d'arrM du coeur quand on veut pratiquer I'anesthesie par le chlo-roforme ou Tether. Quelques minutes avant de faire respirer les vapeurs anesthesiques, on pratique auxani-maux une injection sous-cutunee de sulfate d'atropine. Chez le chien un demi-milligr. a 1 milligr. suffit pour diminuer considerablement I'excitabilite du pneumo gaslrique, et pour mettre ä l'abri des syncopes cardia-ques. Dans la pratique, on a tout avantage a faire prö-ceder l'emploi des anesthesiques d'une injection hypodermique d'atropine et de chlorhydrate de mor­phine. Ge precede d'anesthesie mixte est toujours sans
danger;
2deg; Pour diminuer les hypersecretions intestinalesdans Ics cas de diarrhee opiniätre ;
3deg; Pour diminuer la tonicile et l'ötat de contraction des sphincters am], \esica.l et du col de lamatrice.Dans les accouchements laborieux dus ä un spasme du col, on inlroduit dans Touverture du col Yip'onge pre-paree que Ton trempe prealablement dans l'extrait de bella-done. L'eponge, en se gonflant, dilate lecol dont I'exci­tabilite et la contraclilite sont diminuees par la prepa­ration belladonee;
4deg; Pour diminuer les contractions spasmodiques de l'inleslin, de l'uterus, de la vessie, quand ces contrac­tions sont trop energiques et produisent des coliques
vives;
3deg; Pour diminuer l'excilabilite bronchique et laryn-giennc au d(sect;butdes maladies de poitrine quand la toux est tres douloureuse ;
6deg; Pour tarir la seerötion mucoso-purulente et dessö-
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580nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TH^IUPEUTIQUE VfiTfiRINAIRE.
eher les bronches ä la fln des bronchites, des pneumo-nies catarrhales.
Preparations et doses. — On emploie la poudre de feuilles de belladone, la teinture et l'extrait de bella-doneetle sulfate d'atropine. Ce dernier doit etre prefer^ quand on veut obtenir des effets gßnöraux.
Poudre de feuilles. Extrait. Sulfate d'atropine.
Doses.
Clieval.......nbsp; nbsp; 15ernbsp; nbsp; nbsp;ä 30
Boeuf........nbsp; nbsp; 20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 50
Mouton......nbsp; nbsp; nbsp;10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 15
Pore.........nbsp; nbsp; nbsp; 4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;h S
2quot; 2
hi *. 6
,25 30
ä 1
k 1.
50
0.20 amp; 0.50 0.05 ä 0.30
05 ä 0.15 001 h 0.01
Chien.
0.30 ä 1
D-apros Hertwig la poudre est 80 fois moins active que le sulfate d'atropine; les feuilles fraiches sont 4 fois moins actives que la poudre.
Poudre. Extrait. Sulfate d'atropine.
' Cheval....... 150 gr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo;
„nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;, .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\ Boeuf........ 125nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo;
Dosos toxicrues. s „, .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; „
1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;) Chien........ 16nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2gr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;
^ Lapin........' raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 gr.
Teinture alcoolique.,
j Poudre................nbsp; nbsp; 1
#9632;' j Alconl ordinaire........nbsp; nbsp; 5
Poudre de belladone..,.nbsp; nbsp; 1
Huile grasse...........nbsp; nbsp; 2
Huile de belladoue...
Pommade de belladone. i fxtrait a{^ueu,I......... l
( Axonge................ 3
La belladone entre dans la composition du bäume tranquille, de la pommade de peuplier, etc.
'-
Jusqulame {Hyoscyamm niger, L.; Bilsenkraut, all.).
Cette plante, ßgalement de la famille des Solanöes, a une odeur tres forte etvireuse, une saveur nauseabonde, et possede sensiblement les mömes proprietös que la belladone. Elle contient dans toutes ses parties un alca-
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ANTISECRETOIRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 581
loi'de isomöre de l'atropine qu'on appelle hyoscyamine et qui constitue son principe actif.
HyoBcyamlne.
Get alcaloi'de a dt6 decouvert, comme l'atropine, par Geiger et Hesse en 1833. II est solide, cristallisö en ai­guilles incolores, transparentes, ä eclat soyeux, grou-pees en etoile; inodore, s'il est sec, il rappelle quand il est humide l'odeur desagreable de la plante. II est pen soluble dans I'eau, mais tres soluble dans l'alcool et l'öther. II neutralise les acid es et forme des sels.
Effets pbysiologiques. — Ils sont exactement sem-blables ä ceux d'atropine ; mais comme I'hyoscyamine est plus difficile a obtenir pure que l'atropine, on pre-fere en general ce dernier alcaloide.
La teinture de jusquiame est toxique pour le cheval ä la dose de 30 grammes.
Les ruminants sont en general peu sensibles a I'actioli de cette plante, ils peuvent en consommer de grandes quantites sans 6tre sensiblement incommodes.
Stramoine {Datura stramonium).
Cette plante, appelle vulgairement pomme öpineuse, renferme dans toutes ses parties un alcaloide, la datu-rine, qui est cristallise, peu soluble dans I'eau, mais so­luble dans l'alcool et l'dther.
Effets physiologiques . — La daturine jouit des m6mes proprietes que l'atropine, mais est un peu moins active.
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HU1TIEME CLASSE
IIYPERSECRETOIBES.
Dans cetle classe nous comprenons tons les medica­ments qni activent \es secretions par suite de leur action sp^ciale sur les glandes.
Suivant la nature des secretions que ces medicaments provoquent on pent les diviser en : sudorißques, expec­torants et diuretiques.
{quot; Sudoriflaues.
Les sudorißques, encore appeles rfeajoAorefijaes, sent les medicaments qui ont pour effet d'exagerer la secretion de la sueur quand ils sent absorbes. Cette action est due a l'excitation des nerfs secrötoires ou ä l'excitation directe des 6l6ments glandulaires de la peau au mo­ment de relimination des medicaments par cette membrane.
Les principaux sudorifiques sent : la pilocarpine, le jaborandi, les fleurs de sureau, les fleurs de tilleul,le soufre, les bales de genievre et les sels ammoniacaux.
Pilocarpine.
La pilocarpine est un alcaloide cristallise qui a ete decouvert en 1875 par Ernest Hardy, qui l'a extrait des feuilles du jaborandi {Pilocarpus pinnatus), arbrisseau de la famille des Rutac6es, qui croit dans le nord du Brösil. II se präsente sous forme de cristaux blancs
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HYPERSECRETOIRES.
383
parfaitement solubles dans I'eau. II se combine avec les acides et forme des sels qui jouissent exactement des memes proprietös que Talcaloide, et qui sont tres solu­bles dans I'eau. On se sert principalement du chlorhy-drate et de l'azotate de pilocarpine. Les solutions aqueuses peuvent se conserver longtemps sans subir aucune alteration de leurs proprieles pbysiologiques; celles-ci s'affaiblissent a la longue, il suffit alors d'en augmenter les doses. Quand alles sont devenues trou­bles par suite du developpement de germes, il faut les ültrer avant de s'en servir.
Effets piiysiologiques. — Sur la peau, les plaies et les muqueuses, la pilocarpine ne produit pas d'effets locaux. Quand on instille dans I'oeil une goutte d'une solution de pilocarpine, la pupille commence a se retre-cir apres dix minutes, et eile est arrivöe ä son maximum de retrecissement apres vingt ou trente minutes. Cette myose dure environ trois beures.
Apres son absorption, la pilocarpine jouil de la re-marquable propriete d'augmenter considerablement les secretions glandulaires el de provoquer des contractions assez 6nergiques dans les muscles lisses. Si Ton injecte une dose moyenne d'un sei de pilocarpine dans le tissu conjonctif d'un cbeval, on voit survenir apres cinq ä dix minutes une salivation extremement abondante, une bypersecretion lacrymale, broncbique, sudorale, söba-cee et intestinale. A tres faible dose la secretion salivaire estseule activee. A plus forte dose la secretion salivaire devient tres abondante cbez nos differents animaux domestiques, et la peau s'ecbauffe, rougit, mais ne four-nit que rarement une sueur apparente. Chez Thomme la sudation est quelquefois considerable avec des doses moyennes de pilocarpine.
La salive arrive dans la boucbe avec une teile abon-dance que I'animal ne peut pas la deglulir en totality,
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584nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETERINAIRE.
une grande quantite s'ecoule hors de la bouche vers les commissures deslävresettombesur le sol. La salivation est, de toutes les söcretions, lapremiöreinfluenceechez nos animaux domestiques; de trsect;s faibles doses d'alca-loi'de suffisent pour la mettre en jeu. Avec des doses trßs faibles l'hypersecretion salivaire est le seul phenomöne que Ton observe; les autres glandes ne sent impres-sionnees notablement que par des doses plus fortes. Gelte salivation commence une ou deux minutes aprös l'injection intra-veineuse; eile dure plus ou moins longtemps, suivant les doses.
Des doses moyennes produisent une salivation qui peut durer deux heures. Un cheval de taille moyenne ayant regu une injection intra-veineuse de 08r,25 de chlorhydrate de pilocarpine a salive abondamment pen­dant trois heures; la premiere heure on a pu recueillir deux litres de salive; la deuxieme heure, plus d'un litre. La salivation, tout en diminuant graduellement apres la premiere heure, a dure pendant trois heures, et la quantite de salive rendue a pu 6tre evalu6e ä quatre litres environ. Pour recueillir la salive on a emp^chö, autant que possible, la d6glutition en tirant la langue hors de la bouche. La salive recueillie sur le cheval est epaisse, tresvisqueuse, trösülante; eile a une reaction fortement alcaline et ne saccharifie I'amidon qu'avec une extreme lenleur.
La secretion lacrymale est aussi rapidement mise en activity par la pilocarpine, eile dure awssi longtemps que la secretion de la salive. Les larmes s'ecoulent en gouttes claires, mobiles, non visqueuses, soit par le canal lacrymal, soit par I'ouverture despaupieres; elles se succedent avec plus ou moins de rapidite.
L'hypersecretion intestinale est considerable pendant faction de la pilocarpine. Immsect;diatement aprfes l'in­jection intra-veineuse, nous avons vu sur le cheval dont
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j'ai parlö plus haut une expulsion frequente de matieres excrömentitielles. Les premiers crottins rendus etaienl durs, sans melange de liquide; dans les defecations ulte-rieures on a pu remarquer un ramollissement de plus en plus considerable des matieres ; apres une heure les defecations etaient frequentes, tres ramollies, et accom-pagnees d'une grande quantite de liquide. Vers la deuxieme heure qui a suivi I'injection, J'animal a rendu un veritable jet de liquide par l'anus, sans melange de matieres solides; on aurait dit qua I'animal rejetait un lavement abondant. On a pu evaluer approximativement ä un litre et demi ou deux litres la quantite de liquide expulse par l'anus pendant les trois heures qui out suivi Tadministration. Les grosses glandes abdominales, dont les produits de secretion sont deverses dans I'in-testin, secretent une grande quantite de liquide. La bile augmente a un tel point que sur un chien ä jaunisse sur lequel le canal choledoque est devenu imper­meable, nous avons vu la vesicule se rupturer pendant Taction de la pilocarpine. Le pancreas participe ä la meme hypersecretion. L'hypersecretion sudorale et sebaceeestmoins nette chez nos anirnauxdomestiques; cependant cette hypersecretion existe, et chez le cheval une legere moiteur s'etablit ä la surface de la peau, mais il n'y a pas de veritable sudation. II en est de m^me chez les betes bovines. Chez I'homme on observe une sudalion tres abondante en meme temps qu'une hypersecretion salivaire. Apres les injections sous-cu-lanöes d'un sei de pilocarpine, la secretion do la sueur debute toujours au voisinage du point d'injeclion, ce qui indique que cette substance excite les extremites terminates des nerfs glaudulaires.
L'atropine tarit la secretion sudorale en paralysant les fibres nerveuses intra-glandulaires; la pilocarpine active cette secretion en excitant ces mömes fibres; les
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THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
deux alcaloides agissent comme antagonistes; les effets de Tun sont detruits par ceux de l'autre. Cef, antago-nisme est tres facile äconstatersurlespulpes despattes du chat. Sur un chat atropine la secretion sudorale est completement tarie; si alors on fait une injection hy-podermique de chlorhydrate de pilocarpine sous le bourrelet d'une patte, on voit la sudation commencer bientöt sous ce bourrelet, et ensuite plus tard sous les autres. Une nouvelle injection d'atropine fait dispa-raitre la sudation. On peutainsi h volonte I'augmenter ou la tarir.
La sueur söcrötee pendant l'action de la pilocarpine est plus riche en uree et en chlorures,d'apres Al. Robin.
La pilocarpine produit une hypersecrötion muqueuse sur toute la longueur de l'appareil respiratoire. L'aus-cultation de la trachte et de la poitrine permet de constater des rales muqueux qui ne peuvent evidem-ment s'expliquer'que par une accumulation de liquide sur la muqueuse respiratoire.
La secretion urinaire est diminuee notablement pen­dant qu'il y a hypersecrätlon salivaire, lacrymale, intestinale, biliaire, sudoripare et sebacee. L'urine renduc est plus dense, plus concentr6e, et se trouble par le refroidissement.
Outre l'augmentation des secretions, la pilocarpine provoque encore des contractions tres energiques des muscleslisses de l'estomac, de l'intestin et de lavessie, M. Moral, professeur älaFacultö de mödecine de Lyon, a demontre avec la methode graphique que l'a pilocar­pine exagcre considerablement les mouvements ryth-miques de l'estomac et de l'intestin, tandis que l'atro-pine les arr^te.
Les contractions de la vessie sous l'influence de la pilocarpine sont demontrees par ce fait que Tanimal expulse frequemment de l'urine en petite quantity. Le
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cheval dont j'ai parle plus haut a rendu de l'urine a plusieurs reprises, mais toujours une petite quantite ä la fois; ä certains moments möme l'urine s'ecoulait goutte ä goutle par l'extremite de la verge ; il y avail une veritable incontinence d'urine.
La circulation subit egalement des modifications. Pendant Faction de la pilocarpine le pouls devient plus frequent, plus ample ; puis survient un ralentissement notable; puis il s'affaiblit jusqu'ä devenir flliforme et presque imperceptible, et enün il se releve graduelle-ment jusqu'au retour ä l'etat normal.
La pilocarpine produit aussi des modifications de la temperature rectale et de la temperature de la peau. La temperature rectale s'eleve, au debut, de quelques dixiemes de degr6, mais vers la fin de l'action eile baisse depuis plusieurs dixiemes jusqu'ä lquot; ä 1deg; 1/2.
La peau s'echauffe notablement pendant que la pilo­carpine agit; cette elevation de la temperature du tegument pent etrc souvent constatee a la main, mais encore plus vivement avec le thermometre. Un thermo-metre place sous la peau de l'encolure d'un cheval qui a reqn 06',28 de pilocarpine dans les veines a marque successivement 340,9, 33deg;, 3o0,l, 330,3, 36deg;, 36deg;,2. II est restö stalionnaire ä 34deg;,9 pendant la premiere demi-heure de l'action ; l'elevation aalors commence et a el6 ä son maximum deux teures apres l'injection. Dans le m6me temps la temperature rectale ne s'est clevöe que de 38deg; ä 38deg;,6.La peau s'est done beaucoup plus 6chauffee que le resle de l'organisme : ceci ne peut Mre explique que par une circulation cutanee beaucoup plus active. Quand la dose de pilocarpine administree est forte, l'animal perd momentanement l'appötit, il a une soif ardente et presente un peu d'abattement et de fatigue.
Indications TneRAPEuriQUES. — 1deg; Comme diaphore-tique la pilocarpine occupe le premier rang. Elle
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THERAPEUTIQUE VfiTfiRINAIRE.
6chauffe et congestionne la peau, et convient au däbut de toutes les maladies produites par refroidissement. Elle agit ä la fois comme dinvatif en attirant le sang ä la peau, et comme ivacuant et diperditeur en augmen-lant toutes les secretions sauf la secretion urinaire. A eile seule eile produit les effets combines des rub^üants et d'une forte saignee. Elle a fait des merveilles contre les maladies a frigore telles que : angines, laryngites, bronchites, pneumonies.pleuro-pneumonies, pleuresies aigues franches, etc.
2deg; Elle est indiquee dans toutes les maladies inflam-matoires du rein accompagnees d'uremie (maladie de Bright); activant les secretions salivaire, sudoripare et intestinale, eile augmenle l'elimination de l'ur^e, car tons ces liquides sont plus riches en uree qu'ä I'etat normal.
3deg; La pilocarpine, en reveillant la contractility sto-macale et intestinale, et en augmentant les secretions des glandes qui deversent leurs produits dans le tube digestif, convient contre les indigestions stomacales et inlestinales simples, cojitre Yobstruction intestinale due ä des pelotes, a des matieres durcies, contre la constipa­tion, etc. Quand I'intestin presente sur son trajet un obstacle insurmontable comme une invagination, un volvulus, on echoue avec la pilocarpine comme avec tous les autres moyens.
4deg; La pilocarpine en agissant sur la peau, laconjonc-tive et les glandes de l'ceil, exerce une influence favo­rable ä la guerison de la plupart des maladies cutanees et oculaires.
3deg; On utilise encore avantageusement la pilocarpine contre les maladies chroniques de l'appareil respiratoire. En augmentant la secretion bronchique, le mucus se dätache plus facilement, et la respiration devient plus facile, plus legere.
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Administration. — La pilocarpine et ses sels sont employes en solution dans l'eau distillee. Pour les in­jections sous-cutanees, intra-veineuses, intra-tracheales, on fait des solutions ä 1 ou 2 p. 100 ; pour les instilla­tions dans I'oeil on se sert de solutions plus legeres, g^neralement 1 p. 200. Pour I'usage interne la forme pilulaire pent aussi ötre employee, mais eile offre moins d'avantages que la forme de solution.
Le meilleur mode d'administration des sels de pilo­carpine, c'est le mode des injections sous-cutan6es;quot;il est simple et n'expose ä aucun accident local; de plus les effets sont rapides, sürs, et peuvent 6tre graduds avec la plus grande facilite.
L'injection intra-tracheale, outre qu'elle est plus difficile ä pratiquer, est certainement plus dangereuse. L'injection intra-veineuse est inoffensive et peut etre employee dans quelques cas oü il faut agir avec une grande rapidite.
Doses toxiques. — Blies no sont pas encore bien connues, et sont certainement considerables, si on les compare aux doses medicamenteuses.
D'apres mes propres recherches, il ne faut pas d6pas-ser la dose de 0sr,30 cbez un cheval de taille moyenne. Quoique celte dose ne soit pas toxique, eile produit un affaiblissement dangereux. Chez un chien de 10 kilo­grammes une dose de 0gr,Q3 a produit un abattement et une perte d'appetit pendant deux jours.
Doses medicamenteuses. — Pour les injections bypo-dermiques on doit employer les doses suivanles de chlorhydrate de pilocarpine.
Cheval................ 0quot;,10 ä 0quot;,20
Bosuf.................. 0 10 ä 0 20
Chien................. 0 005 amp; 0 Ql
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THERAPEÜTIQUE VETßRINMRE.
laquo;Vaborandi.
Les feuilles de jaborandi possedent les memes effets que lapilocarpine. Beaucoup employees avant la decou-verte de Talcaloide, elles sont im peu dölaissees au-jourd'hui. On les emploie en infusions ou en poudre. Les preparations de feuilles sont un peu irritantes pour le tube digestif, et produisent plus facilement des vo-missemonts que l'alcaloide et ses sels. Les infusions se font ä raison de I gramme de feuilles pour o0 grammes d'eau.
Les doses therapeutiques de feuilles sont :
Cheval..................... 10 amp; 15 gr.
Bceuf....................... 15 i 40
Chien...................... 2ä 5
En general 5 grammes de feuilles correspondent ä 08r,02 de pilocarpine.
Ges infusions sont generalement administrees dans le tube digestif, mais on pourrait aussi les faire absor­ber par le tissu conjonctif sous-cutane.
Fleurs de sureau {Sambucus nigra, L.).
Le sureau est un arbrisseau de la famille des Capri-foliacös, qui est connu de tout le monde. En medecine, on emploie ses fleurs, qui se prösentent sous la forme de larges ombelles, blanches, d'une odeur un peu forte et d'une saveur amere. Lorsque les fleurs sont seches, elles sont jaunatres, ont une odeuraromatique agreable. 11 est important de les secher lentement et de les con-server ensuite dans des vases bien fermes.
Composition cuimique. — ü'apres Eliason, les fleurs de sureau contiennent: une essence fixe fortement odo-
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HYPERSfiCRETOIRES.
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rante, du tannin, du mucilage, de la rösine et de l'al-bumine.
Effets physiologiques. — L'infusion de fleurs de su-reau exerce localement une action excitante legere sur les tissus. Dans l'estomac, cette preparation chaude excite les fonctions digestives, puis cede rapidement le principe actif ä l'absorption. On voit apres son adminis­tration survenir une legöre excitation generale, surtout une Elevation de la temperature cutanöe et une aug­mentation de la secretion sudoripare. II est tres diffi­cile de determiner une veritable sueur chez nos animaux domestiques avec l'infusion de fleurs de su-reau. Pour röusslr cbez le cbeval, il faut que la tempe­rature de l'ecurie soit elevee et que l'animal seit forte-ment convert. Malgre l'absence d'une sudation visible, il semble demontre, par l'observation, que l'infusion chaude de fleurs de sureau a pour effet d'augmenter la secretion insensible et l'exhalation cutan^e. D'ailleurs, ce remede a le grand avantage de ne jamais Mre nui-sible aux animaux, et depouvoir etre utilise par lespro-prietaires avant l'arrivee du veterinaire.
Indications therapeutiques. — Localement, l'infusion de fleurs de sureau est indiquee ä cause de sa propriete legörement excitante, pour laver les plaies, les tissus oedematies, engorges, enflammes. Elle est surtout utile comme collyre. A l'interieur, eile est indiquee contre l'indigestion simple, contre les maladies inflamma-toires au. debut, surtout celles qui ont pour cause un refroidissement.
La pilocarpine ayant des effels generaux beaueoup plus nets, plus prononces, devra toujours etre preferee aux fleurs de sureau, lorsqu'il s'agit de provoquer un afflux de sang ä la peau et un echauffement de cette membrane.
Pbeparations. — Les fleurs de sureau servent tou-
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S92nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
jours ä faire des infusions. Pour l'usage interne on emploie 13 grammes par litre d'eau, et pour I'usage externe 30 grammes par litre. On peut y associer du camphre, des ammoniacaux, etc.
Fieura de tilleui {Tilia europsea, L.).
Les fleurs de tilleui contiennent, comme les fleurs de sureau, une essence, du tannin, dusucre, de la gomme.
Emploi. — Le tilleui s'emploie en infusion ou en de­coction lagere ä titre de calmant et de sudoriüque. II est indiquö dans les memes cas que le sureau.
Sonfre.
En medecine, on n'emploie que le soufre sublime ou flew de soufre. Sous cat etat, le soufre est une poudre d'un beau jaune citron. II est inodore, insipide, d'une densite de 2,43, insoluble dans I'eau, legerement soluble dans l'alcool, Tether, les corps gras, les essences, les huiles pyrogenees; un pen plus soluble dans les solu­tions des sels alcalins; tres soluble dans le sulfure de carbone. Mis en contact avec des composes mötalliques, le soufre se decompose le plus souvent, pour donner naissance ä des sulfures insolubles. Le soufre sublime renferme souvent de l'acide sulfureux, de l'acide sulfu-rique et de l'arsenic. Deslavages k l'eau lui enlövent les acides, et des lavages dans une solution ammoniacale le depouillentde l'arsenic.
Effets puysiologiques. — Les diverses preparations de soufre n'ont aucune action sensible sur la peau in-tacte ou alteree; mais elles joulssent de la propriete de tuer rapidement les parasites qui vivent sur la peau de nos animaux. Le soufre estun antiectozoaire excellent, surtout quand il est combine avec des alcalins.
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HYPERSßCRETOIRES.
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Ingärä en petite quantite, le soufre agit comme un löger stimulant du tube digestif; il augmente l'appötit, accelere la digestion, communique apres quelques jours, aux matieres excrementitielles, une teinte plus foncee et une odeur d'acide sulfhydrique tres nette. A doses moyennes, le soufre augmente les mouvements pöri-staltiques de l'intestin, Mte les defecations, rend le ventre libre et communique aux excrements la couleur noire et l'odeur höpatique ä un degre tres prononcö. A fortes doses, le soufre agit comme un teaf//quot; energique, sans döranger notablement l'appetit, si le traitement n'est pas trop prolonge. Enfln, ä dose exageree, la fleur de soufre irrite vivement le tube digestif et deter­mine une superpurgation qui peut devenir mortelle.
Outre l'action locale sur le tube digestif, le soufre produit des effets generaux qui rösultent de son absorp­tion. Or, comme il est insoluble, il doit eprouver dans le tube digestif des modifications qui ont pour effet de le rendre soluble et absorbable. Dans l'estomac, le soufre reste intact, il est seulement transports dans l'intes­tin oü il rencontre les liquides alcalins. En presence de ces derniers, il se combine, en certaine proportion, avec les bases alcalines, et forme des sulfures de sodium, de potassium et de calcium qui sont solubles. En ra^me temps, il y a degagement d'acide sulfhydrique, car les excröments ont une forte odeur d'oeufs pourris. Une partie du soufre ingöre est done absorbee dans l'intestin sous forme de sulfures alcalins et d'acide sulfhydrique, mais la plus grande partie est expulsee en nature avec les exeröments. Les produits solubles, arrives dans le sang, determinent une legere excitation g6n6rale; le pouls est plein et acc61er6; la respiration est plus frö-quente ; la peau est chaude et les muqueuses sont in-jeetöes. En outre, on remarque que l'air expirö et la transpiration cutanee exhalent une forte odeur d'hy-
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THERA.PEUTIQUE VETERINAIRE.
drogene sulfurö. Sous l'influence de cette Elimination d'acide sulfhydrique par le tegument cutanö, onvoitque la transpiration insensible el la secretion söbacße sont notablement augmentöes : laquo;la peau, sans se couvrir de sueur, devient plus souple, plus humide, plus grasse. Sur les animaux blancs, la peau prend un aspect sale et les pansages deviennent plus difficiles. L'acide sulf-hydrique ölimine par le poumon excite legörement les secretions bronchiques, rend le mucus plus fluide, moins adherent, facilite l'expectoration et rend la respi­ration plus legere.
Pendant que les sulfures alcalins et l'acide sulfhy-driquecirculent dansle sang et les tissus, une certaine quantite de soufre est oxydee; il se forme des sullites et des sulfates alcalins quj sont ölimines par les reins. Leur presence est facile a constater dans I'urine qui n'est d'ailleurs pas söcretöe en plus grande quantite qu'ä l'ötat normal. L'acide sulfhydrique 61imine par la peau provient surtout de la decomposition des sulfures alcalins en presence des acides de la sueur ou de la matiere sebacee; celui qui est Eliminö par le poumon provient surtout directement de l'absorption inteslinale.
Si l'absorption des principes sulfureux se continue pendant un certain temps, on voit apparaitre des effets alterants; le sang devient plus fluide, moins coagulable et plus noir; les hematics perdent la propriete d'absor-ber I'oxygene ; il se produit un amaigrissement conside­rable, une r^sorption tres active des produits epanchds, une diminution du volume des glandes et des ganglions lymphatiques. Enßn, si la medication continue, lamai-grissement se prononce de plus en plus; il se produit un affaiblissement extreme et enlin une asphyxie lente qui entralne la mört.
Le soufre administre d'emblee ä dose toxique produit rapidement de la tristesse, la perte de l'appetit, des
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HYPERSfiCRETOIRES.
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coliques vives avec expulsion fröquente d'acide sulfhy-drique par l'anus et d'excrßments fluides ä odeur re-poussante, un affaiblissement general qui se prononce de plus en plus, une acceleration considerable du pouls et de la respiration ; le pouls devient plus petit et mise­rable, la respiration devient laborieuse ; les muqueuses prennent une coloration violette, le sang est noir et fluide, les s6cr6tions exhalent une forte odeur d'acide sulfhydrique; puis il y a chute sur le sol, refroidissement des extremites, couleur Meuätre des muqueuses et mort sans convulsions.
A I'autopsie on trouve les lesions suivantes : inflam­mation vive de la muqueuse gaslro-inteslinale qui est quelquefois gangrenee dans plusieurs points; sang noir, diffluent, qui engorge tons les visceres parenchy-mateux; poumon et coeur converts d'ecchymoses; cail-lots flbrineux dans le Systeme de la veine-porle, dans la rate et le foie; odeur tres forte d'acide sulfhydrique dans tous les tissus, ce qui rend la viande inutilisable pour la consommation.
Indications therapeutiques. — Al'exterieur, les pre­parations soufrees sont indiquees comme antiparasi-taires, antipsoriques, dans la gale, les dartres et les autres eruptions de nature parasitaire.
A l'intärieur, le soufre est indiquö dans beaucoup de . cas:
•1deg; Comme purgatif leyer. Lorsque le soufre employe est tres pur, la purgation ressemble ä celle produite par l'huile de ricin, eile est douce et sans coliques.
C'est un purgatif laxatif qui merite d'etre employe souvent.
2deg; Comme antidote dans I'empoisonnement par des oxydes metalliques, tels que ceux de plomb et de mer-cure.
3deg; Comme expectorant dans toutes les maladies ca-
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96nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THfiRAPEÜTIQUE VETERINA.IRE.
tarrhales des voies respiratoires produites par unrefroi-dissement; telles que: pneumonie,bronchite, laryngite, etc. On obtient surtout d'excellents effets avec ce medi­cament chez les herbivores. Solleysel le nommait Yami du poumon.
4deg; Gomme sudorifique ou diaphoretique dans toutes les maladies oü il est utile d'activer les fonctions cuta-nees et d'appeler le sang ä la peau. 11 convient surtout dans les rhumatismes et les maladies eruptives an-ciennes. Gelles-ci sonttraitees en general par une admi­nistration interne et des applications externes.
5deg; Gomme alterant et fondant il convient surtout chez le cheval dans les cas d'engorgements glandulaires et ganglionnaires et d'epanchements divers.
11 est indique chez tous les animaux pour faciliter la rösorption des lesions chroniques du poumon ou des cavitös sereuses.
6deg; Gomme vermifuge il peutaussi rendre des services. 11 ne tue pas les parasites du tube digestif, mais il pro-voque souvent leur expulsion en exagerant les mouve-ments peristaltiques.
Pour l'usage externe onemploie les preparations sui-laquo; vantes:
Poramade soufree..... j Axonge.
Incorporez ä froid.
! Soufre sublime........... 2gr. Carbonate de potasse..... 1 Axonge.................. 8
Incorporez ä froid. Pour obtenir une preparation plus active on pent remplacer le carbonate de potasse par la potasse caustique. On y incorpore aussi le sei marin, le sei ammoniac, les cantharides, etc. Gontrela gale de tous les animaux.
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HYPERSeCRETOlRES.
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Huile soufree.
Fleurde soufre.......... 8gr.
Jaune d'oeuf.............. n0 1
Huile grasse.............. 250 gr.
Incorporez le soufre dans le jaune d'oeuf et ajoutez I'huile peu ä peu en remnant sans cesse jusqu'ä homo-genßitö parfaite du mölange. Gontre les affections cu-tanees.
Baumo de soufre.
( Soufre sublime........... 32 gr.
( Essence de tdrobenthine.
250
Melangez les deux substances, faites digörer ä une assez forte ehaleur, laissez deposer et decantez ; I'es-sence prend une teinte brune. Gontre les affections pso-riques.
( Fleur de soufre...........\
Melange de M. Schaack.
Essence de teröbenthine.. | ää 1 partie. Huile do cado............*
Melangez les trois substances dans un flacon et agi-tez. Gontre les affections galeuses et dartreüses.
Pommade antipsorique de M. Ch. Bernard.
Fleur de soufre...........nbsp; nbsp; nbsp;1 gr.
Huile de cade.............nbsp; nbsp; 2
Essence de terebenthine...nbsp; nbsp; 2
Axonge...... ............nbsp; nbsp; 3
Faites fondre l'axonge, et, au moment oü eile com­mence ä se figer, incorporez avec beaucoup de soin le soufre ; puis ajoutez successivement I'huile de cade et ressence,etcontinuez ä remuer jusqu'ä refroidissement complet ; sans cette precaution le soufre se döposerait et la pommadeneseraitpas homogene. Pourl'employer on nettoie la peau avec soin et on applique la pommade sur les regions atleintes de gale ou d'autres affections herp^tiques. Le succös est constant.
Pommade sulfuro-tannique.
Soufre.............. 8gr.
Acide tannique.....nbsp; nbsp; nbsp; 2
Laudanum.......... I
Axonge.............nbsp; nbsp; 32
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508nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TllERAPEUTIQUE VET^RINAIRE.
Incorporez ä froid. Gontre toutes les affections cuta-nlt;5es. On peul remplacer le laudanum par 2 grammes de teinture de cantharides.
Les preparations sulfureuses n'ont aucune action cu­rative sur les eczemas et les eruptions cutanees hu­mides.
Administration. — Pour I'usage interne on emploie le soufre sous forme de bols ou en electuaire,ou mieux me­lange ä du son ou ä de la farine. On pent aussi I'admi-nislrer en suspension dans de l'eau.
Doses. — Lorsque le soufre est administre comme expectorant, diaphoretique ou fondant, il faut le donner aux doses suivantes et continuer Tadministration pen­dant un certain temps:
Chcval..................nbsp; nbsp; 10 gr. amp; 20 gr.
Dosesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\ Boeuf....................nbsp; nbsp; 15 amp; 50
expectorantes. j Pore.................... 2 k 5
^ Chien................... 0.30 ä 1
On pent I'associer a des sels alcalins, chlorure de sodium, sels ammoniacaux ou a des poudres vegötales, de l'essence de terebenthine, du far, de l'arsenic.
Pour produirela purgation il faut employer du soufre parfaitement pur, e'est-a-dire prealablement lave, aux doses suivantes:
i Cheval....................nbsp; nbsp; 200 ä 300 gr.
Boeuf.......................nbsp; nbsp; 250 k 400
Mouton......................nbsp; nbsp; 50 ä 100
Pore.......................nbsp; nbsp; nbsp; 15 ä 30
Chien......................nbsp; nbsp; nbsp; 10 k 30
Chat....................... 2ä 5
Les doses doivent etre administr^es une fois.
Le soufre employe en inhalation est tres actif pour detruire les parasites du poumon. On fait respirer ä l'animal les vapours qui se degagent d'un melange de
#9632;H
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HYPERSECRETOIRES.
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goudron 5, et soufre 1, qu'on verse sur des pierres tres chaudes, mais non rouges.
Bates de genlerre.
Voir p. 364.
Sels anmnoniacaax.
#9632;:
Voirp. 341.
2deg; Expectorants.
On appelle ainsi les medicaments qui activent specia-lement la söcretion bronchlque et qui facllitent I'ex-pectoralion des mucosites accumulees dans les voies aeriennes.
Les principaux expectorants sont: les sucres, I'anis, le cumin, le fenouil, l'aunöe, les ammoniacaux, la pilo-carpine etlejaborandi, et les sulfures d'antimoine.
Les sulfures d'antimoine sont les seuls expectorants qu'il nous reste ä etudier ici, les autres ayant ete stu­dies dans d'autres classes.
Sulfures d'antimoine.
Les composes sulfures d'antimoine sont au nombre de trois : le protosulfure d'antimoine ou antimoine cru, le kermes mineral et le soufre dore d'antimoine.
1deg; Protosulfure d'antimoine:— A l'ötat naturel ce sei se presente sous la forme d'une masse cristallisöe en aiguilles prismatiques brillantes; il a un aspect melal-lique et est d'un gris d'acier. Pulverise, il forme line poudre d'un noir bleuätre noircissant les doigts. 11 est insoluble dans I'eau, soluble en partie dans les solutions alcalines ou acides.
2deg; Kermes mineral (oxysulfure d'antimoine). — Le
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r
600nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
kermis est sous forme d'une poudre amorphe, d'une couleur brun chocolat, inodore, d'une savour astrin-genleetmetallique, mals faible. Exposö äl'air, ce com­pose s'altere, devient jaunätre et farineux. II est inso­luble dans l'eau, l'alcool, Tether et les essences ; il öst soluble dans les solutions alcalines et celles des sül-fures alcalins ; les acides le decomposent en degagearit de l'acide sulfhydrique.
Le kermes elant souvent falsiüö dans le com­merce, il pent elre avanlageux pour le veterinaire de le preparer lui-meme. 11 y a plusieurs precedes de preparation, mais celui de Glnzel, dont la description suit, me parait etre le meilleur:
i Sulfnro d'antimoine pulvorise... 1 partie. Carbonate do soudo cristallisö.. 22 — Eau de riviörc................ 250 —
Faites bouillir pendant une heure dans une marmite de fonte, flltrez la liqueur bouillante et versez dans des terrines chaudes. Aprfes le refroidissement recueillez le kermes qui s'est depose, lavez-le a l'eau froide et s6-chez-le avec soin.
Soufre DOiiE d'antimoine. — Ce sei est beaucoup plus soufre que les deux precedents; il contient61.59 p. 100 d'antimoine et 38.40 p. 100 de soufre. Gomme son nom I'indique, sa couleur est d'un beau jaune dorö. II est insoluble dans l'eau, l'alcool, mais soluble dans les solutions de sulfures alcalines et ammoniacales.
Effets physiologiques communs. —• Ges difförents sul­fures produisent sensiblement les memes effets physio­logiques; cependant dans la pratique il est presque toujours plus avanlageux de choisir de preference le soufre dore d'antimoine; ce sei a une composition plus fixe que les deuxautres, il contientplusde soufre et est d'un prix moins 6lev6 que le kermös.
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'
HYPERSECRETOIRES,
601
Localenaent, ils agissent sur les tlssus comme des poudres inertes. Ingeres a faible dose ils sont assez fa-cilement supportes par l'estomac ; ä dose forte ils pro-voquent souvent des vomissements chez les carnivores et le pore, et de la purgation chez les herbivores. En presence du sucgastrique acide et des sues intestinaux alcalins, les sulfures d'antimoipe sont decomposes et rendus en parlie solubles et absorbables. Sous I'influeiice de l'acide chlorhydrique du sue gastrique ilse forme des chlorures doubles de potassium et d'anlimoine solu­bles, et il yadegagementd'une certainequantited'acide sulfhydrique. Ges produits, apres l'absorption et leur melange avec le sang, font apparaitre les effets combi­nes du soufre et de 1'antimoine. Sous leur influence, la peau s'echauffe, se congestionne, seeröte en plus grande quantile et ölimine en grande partie l'acide sulfhy­drique forme; les secretions du poumon, des bronches et des parties superieures des voies respiratoires de-viennent plus fluides, plus abondantes; il y a expecto­ration plus facile; la toux est plus grasse et moins douloureuse. Generalement aussi il se produit un ra-lentissement du pouls et de la respiration ainsi qu'un abaissement leger de la temperature rectale.
Comme tons ces composes alterent la digestion äforte dose, il convient de ne les employer qu'a dose faible, surtoutchez les carnassiers.
Indications therapeutiques. — Localement les com­poses sulfurds d'antimoine ne repondent ä aucune indi­cation. A l'intörieur ils sont indiques au dehut des ma­ladies catarrhales des voies respiratoires, pneumonic, bronchite, laryngite et pour activer les secretions de la peau, pour amener le sang et la chaleur dans cette membrane ; pour rendre la toux moins douloureuse, plus grasse, et pour faciliter Texpecloration. Gependant comme ces composes sont peu solubles, peu absor-Kaufmank. — Therapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;34
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602nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEÜTIQUE VETERINATRE.
babies, il y a presque toujours avantage ä s'adrcsser ä Tömetique ou ä la pilocarpine. A cause de leur action excitante speciale sur le tegument cutanö et de l'elimi-nation de l'acide sulfhydrique par cette voie, ils sotit encore indiques dans las maladies cutanöes Eruptives. AüiMiNisTRATiON et doses. — L'administration se fait gönöralement sous forme de pilules, de bols ou d'elec-tuaires. Les doses doivent toujours etre faibles ; on ne doit guere depasser celles qui sont indiquees dans le tableau suivant et qui sent les memes pour les trois sulfures.
Clieval...................nbsp; nbsp; 5 gr.nbsp; ii 10 gr.
Boeuf....................nbsp; nbsp; 8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 15
Mouton...................nbsp; nbsp; 3nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i .5
Pore....................nbsp; nbsp; 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ä 4
Cbien..................nbsp; nbsp; O.Wnbsp; ii 1
Chat.....................nbsp; nbsp; 0.05nbsp; ä ('.10
Ges doses peuvent etre administrees deux ou trois fois par jour. Ges faibles doses administrees souvent ont l'avantage d'etre supportees facilement par le tube digestif et de maintenir reconomie sous l'influeiice con-tinuelle des effets.
3deg; Dinretiques.
Les dinretiques, apres leur absorption, excilent les glandes renales dont la secretion est nolablement aug-mentee.
Quelques-uns produisent la diurese en augmentant la tension arterielle sans exercer une action speciale sur les reins; mais la plupart agissent directe,ment sur le parenehyme renal au moment de leur elimination par cette voie.
- Les diuretiques les plus employ6s sont: les baies de genievre, le nitrate de potasse, la digitale et la digita-
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HYPERSECRfiTOIRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 603
line, la scille maritime et la scillitine, le colchique d'au-tomne et la colchicine.
Bales de genl^vre. Voir p. 364.
titrate de potasse. Voir p. 433.
Digitale et digitaline. Voir p. 536.
Scille maritime.
La scille maritime [Scilia maritt'ma, L.)est une plante bulbeuse de la famille des Liliacöes qui croit sur les plages sablonneuses de l'Ocean et de la Mediterranöe, surtout en Bretagne, en Provence, en Italie, en Es-pagne et en Algerie. Ella fournit h la medecine son bulbe qui est ordinairement de la grosseur d'un poing et qui est connu sous le nom d'oignon de mer.
Ce bulbe se compose d'ecailles ou de squames qui sont d'autant plus colorees et plus actives qu'elles sont moins profondes. Gelles de la surface, qui sont seches, minces, et rouges, et celles du centre, qui sont epaisses, mucilagineuses et blanches, sont rejetöes comme trop peu actives; mais celles du milieu,qui presentent une teinte rosee, sont separees las unes des autres, couples en petites lanieres et dessechees a I'etuve. A l'amp;at frais l'oignon exhale une odeur forte et piquante qui rap-pelle celle de l'oignon cultive; sa saveur est acre et irritante; ä l'etat de dessiccation la scille est devenue rouge, coriace, a perdu son odeur et son äcretö, mais eile conserve une saveur amere et un peu irritante.
Composition chimique. — Le bulbe de scille renferme, d'apres les recherches de plusieurs chimistes, les prin-
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604nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERÄPEUTIQUE VETERINAIRE.
cipes suivants : 1deg; la scillitine, principe probablement complexe, solide, amorphe, rougeätre, deliquescent, ä saveur amere et acre, ä odeur peu prononcöe, trös so­luble dans l'eau, l'aleool et le vinaigre; eile esttoxique ä la dose de 5 centigrammes pour lechien et de 1 gramme pour le chevalen injection intra-veineuse; 2deg; la skulUine (S ä 10 p. 100) decouverte parM.Naudet, pharmacien a Tarare, se presentant sous la forme d'une poudre amorphe, tres acre, insoluble dans l'eau et l'aleool faible, mais tres soluble dans Tether; beaucoup plus toxique que la scillitine, 11 sufflt de 10 centigrammes pour tuer un cheval lorsqu'on I'injecte dans les veines; 3deg; du mucilage 30 p. 100, du sucre 22 p. 100 et du ci­trate et de l'oxalate de chaux.
Effets piiysiologiques. — Ces effets ont surtout 6t6 bien etudiös par M. Tabourin ,auquel nous empruntons en grande partie la description. La scille fraiche exerce surlapeau une action rubeflante et vesicante des plus 6nergiques, mais celle qui est seche a perdu la plus grande partie de ses qualites irritantes et n'agit que faiblement, meme sur les tissus denudes. Introduite dans le tube digestif a doses un peu elevees, eile deter­mine une inflammation grave de cet appareil.
Lorsque les principes actifs ont 6te absorbes a doses faibles par une voie quelconque, on voit apparaitre d'abord une diurese tres abondante. Le deuxieme ou le troisieme jour de l'administration, la quanlite d'urine s^cr^tee est double ou triple, mais ce liquide conserve ses caracteres normaux. En m6me temps qu'il y a diurese il se produit une suractivite de la secretion bronchique. La scille est done fortement diuretique et tres nettement expectomnte. Elle produit en outre un ralentissement considerable des baltements du coeur et du pouls, une elevation de la tension arterielle et une Energie plus grande des contractions cardiaques. Ces
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HYPERSEGRETOIRES.
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effets se rapprochent beaucoup de ceux de la digitaline. Le retentissement du pouls est du ä i'excitation des filets d'arret du coeur contenus dans le tronc du pneu-mogastrique. L'elevation de la tension artörielle, coinci-dant avec une diminution du nombre de battements du coeur, doit 6tre attribute principalement au resserre-ment vasculaire peripberique. L'bypersöcretion uri-naire semble avoir pour cause directe cette Eleva­tion de la tension arterielle en meme temps qu'une excitation du parencbyme renal.
Un usage un peu trop prolonge de cette substance produit une irritation gastro-intestinale, une diurese tres abondante qui pent se transformer en hematurie et anurie, souvent des vomissements chez les carni­vores et des coliques avec diarrbee cbez les herbivores.
A trop forte dose la scille produit toujours une gas-tro-entörite accompagnee de douleurs intestinales, de diarrhöe, chez tous les animaux, et de vomissements chez les carnivores; l'expulsion de l'urine est penible, souvent repötöe, accompagnee de tenesme vesical; les animaux eprouvent des vertiges, de l'agitation muscu-laire, des convulsions; la respiration est pressee et difficile, le pouls vite et concentre; puis surviennent des phönomenes de prostration el la mort.
A I'autopsie, on trouve les intestins et les voies uri-naires plus ou moins fortement irriles.
Indications tii(I:rapeutiques. — La scille est indiquee :
1deg; Comme diuretique dans toutes les maladies non accompagnees de fievre, dans lesquelles la diurese peut avoir un effet curatif. Elle convient surtout, pour hater la resorption des exsudats et des öpanchements sereux qui ont subsiste apres la guerisonde certaines maladies aigues telles que: pleurdsies, pöricardites, pour amener la disparition des cedemes et des liquides epanches dans las cas d'hydropisies non febriles ;
34.
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000nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUERAPEUTIQÜE VETERINAIRE.
2deg; Comme expectorant dans les maladies catarrhales des voies respiratoires quand les reins ne sont pas ma­lades ;
3deg; Comme vasculo-constricteur, quand il y a une dila­tation vasculaire dans les organes parenchymateux, avec production d'oedeme interstitiel (meningite, encepha-lite, myelite);
4deg; Comme toniqne cardiaque dans les maladies oü la circulation est g6nee par suite d'une lesion valvulaire ou d'une insuflisance aortique. Copendant dans ces derniers cas la digitaline doit etre pr6fer6e.
Prepaiutions. — Les principales preparations de scille sont les suivantes :
1deg; Poudre de scille. — II faut la conserver en vase
clos.
( Scille seche......... 1 gr.
2deg; Miel de scille,..... ) Eau bouillante...... IC
' Miel............... 12
,„ .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; , .„ ( Scille seche......... 1
3deg; femture de solle. | Alcool ordinail.c..... 5
„......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( Scille sfeche......... 32
4deg; Vin scilhtique...... ] viü blanc........... 500
,,. .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .„. .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 Scille seche......... 32
5deg; Vmaigre scilhtique. j vinaigre d-Qrleans.. 400
„nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Vinaigre scillitiquc.. 11
6deg; Oxymel scilhtique.. Mjel deg; _........ j
Dans la pratique on pent se passer parfaitement de la plupart de ces preparations dont le prix est genera-lement eleve. La plus öconomique et la plus active, c'est l'infusion de poudre de scille faite avec une partie de scille et 10 ou 15 parties d'eau bouillante. Pour eviter l'irritation gastro-intestinale, on ajoute un peu de vinaigre, du sucre ou du miel.
La scilliline est employee en solutions aqueuses ti-trlt;5es au 1/100, au 1/200, etc.
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HVl'ERäECRETOIRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 607
Doses. — 1deg; Toxiques. — Scillitine.
Cheval...... 1 gr. (injection intra-voineuse).
Cheval...... 2 (tissu conjonctif).
S CIiien.......nbsp; nbsp; 0.001 par kilogr. du poids de l'animal.
Chat........nbsp; nbsp; 0.002nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; —
Lapin.......nbsp; nbsp; 0.0025 —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Pore........nbsp; nbsp; 0.003nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
2deg; Therapeutiques. — Poudre dc scille.
Cheval___...............nbsp; nbsp; 5 gr. änbsp; 10 gr.
Boeuf.....................nbsp; nbsp; 8 änbsp; 15
. , Mouton..................nbsp; nbsp; 1 knbsp; nbsp; 2
'Pore.....................nbsp; nbsp; O.Oo änbsp; nbsp; 0.50
Chien.............. ......nbsp; nbsp; 0.05 änbsp; nbsp;0.40
Chat....................nbsp; nbsp; 0.02 änbsp; nbsp;0.0'.
Ges doses peuvent etre repetees plusieurs foisdans la memejournee.
La teinture se donne aux petits animaux ä la dose de 10 ä 20 gouttes.
Administration. — La scillitine peut 6tre injectee sous la peau ; les autres preparations doivent etre adminis-trees dans restomac. II faut toujours avoir soin de faire usage de preparations diluees pour eviter Tirritation locale.
Colchiciue.
La colchicine est un principe neutre retire du col-chique d'automne [Colchicum autumnale, L.) se pr6-sentant sous forme d'une poudre jaunälre, amorphe ou cristallisee, d'une saveur tres amere, tres soluble dans I'eaUjl'alcoolet l'elher, et se combinant avec les acides pour former des sels cristalliscs. Gette substance est tres toxique, mais ses effets se döveloppent avec une grande lenteur.
Effets physiologiques. — Sur la peau la colchicine n'a pas d'action marquee. Dans la bouche eile a une
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608nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEÜTIQUE VETERINÄ.1RE.
saveur fortement amere et acre, produit une sensation de brülure et de la salivation. Arrivee dans I'estomac, eile irrile la muqueuse, produit du dögoüt, des nau­seas et des vomissements. Elle a la msect;me action irri-tante sur l'intestin et determine des coliques, du t6-nesme et de la diarrhöe souvent sanguinolente pouvant durer plusieurs jours.
Les effets generaux sont toujours lents ä se produire, probablement ä cause de la lenteur de son absorption. La plupart des auteurs signalent une diminution du nombre desbattements du coeur; cependant Rossbach, qui a fait une etude serieuse de cette substance, dit que le cceur n'est pas sensiblemeht influence. La ten­sion arterielle reste normale ; eile ne s'abaisse que vers la fin, quand il y a empoisonnement.
Des doses tberapeutiques ne modifient pas la respi­ration; des doses fortes produisent un ralentissement de cette fonction qui s'eleint avant le cceur. On admet generalement ime diurhe abondante, quoique ce fait n'ait pas encore ete nettement demontre. A fortes doses, le Systeme nerveux est d'abord excite, puis pa­ralyse ; la sensibiliteest atteinte la premiere,
Voici les resultats des deux expöriences faltes, l'une sur le chat, l'autre sur le lapin, avec la colcliicine de Merck.
1deg; A 2h,lS, on pratique sur un chat une injection hypodermique de 1 centimetre cube d'urie solution au 1/100, c'est-ä-dire 08r,01. Jusqu'ä S heures on ob­serve plusieurs defecations; les rtiaüeres rendues sont d'abord dures et seches, puis molles et liquides; l'ani-mal vomit des matieres spumeuses et il est un peu triste. L'animal meurt pendant la nuit et le lende-main matin le cadavre est en rigidile cadavörique. A l'autopsie, on trouve, dans I'estomac et le duodenum, du sang m616 ädes mucositesöpaisses, la muqueuse est
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HYPERSfiCRETOIRES.
609
congestionnöe et fortement ecchymosöe. Dans le jßju-num et l'ilöon il y a un peu de sang, mais la mu-queuse est normale, ce qui indique que ce sang prove-nait des parties antärieures. La muqueuse rectale offre . aussi quelques ecchymoses, mais beaucoup moins eten-dues que celles de l'estomac et du duodenum. Les reins sont hyperemiös ä la surface et au voisinage de la ligne de reunion de la substance corticale avec la substance medullaire. Le coeur droit est gorge de sang; le ventricule gauche est dur et ne contient presque pas de sang; pas d'ecchymoses sur l'endocarde. Le sang est noir et en partie coagulö. Le foie präsente quelques lignes de congestion, la vesicule biliaire est remplie de bile.
2deg; A 9 heures du matin, on pratique sur un lapin une injection hypodermique de 2 centimetres cubes de la solution au 1/100, c'est-ä-dire 06r,02. Jusqu'ä 11 heures on n'a observe rien d'anormal. De 11 heures ä 3 heures ranimal a rendu plusieurs fois des excrements; les premiers rendus etaient normaux, ceux rendus apres ötaient mous, non disposes en boules. Le lapin est triste, abattu et ne se deplace que lorsqu'on l'excite vivement; 11 a 40 respirations par minute. L'expiration est brusque, saccadee; il y a discordance des mouve-ments respiratoires, thoraciques et abdominaux. Vers S heures, memeötat; les oreilles sont froides et päles. II m'est impossible de prendre exactement le nombre des pulsations. La mort survient pendant, la nuit. A I'auiopsie pratiquee le lendemain matin, on trouve l'estomac plein d'aliments sees, entoures d'une epaisse couche de mucus; la muqueuse offre quelques ecchy­moses et des arborisations vasculaires. La muqueuse de l'intestin gr^le est congestionnee, mais il n'y a pas de sang ni dans l'estomac ni dans l'intestin. Les reins sont hyperemiäs, et l'un d'eux offre une ecchymose a
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610
THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
t'
sa surface. Le foie offre des zones de congestion. Pas de bile dans la vösicule. Le coeur est gorge d'un sang noir coagule. Pas d'eccliymoses sur I'endocarde. Les poumons sont fortement congestionnös et ecchymosös, surtout en arriere et en bas. La vessie est vide et for­tement contractee.
Ces deux experiences et un grand nombre d'autres qu'il est inutile de decrire dömontrent que la colchi-cine agit surtout sur la muqueuse de l'estomac et de l'intestin grele, meme quand eile est absorbee par une autre voie. L'byperßmie renale indique qu'elle irrite cette glande.
Les ruminants 6tant les animaux les plus exposes ä etre empoisonnds par le colchique qu'ils mangent avec les.autres herbes, il est utile de donnerles symptömes de cet empoisonnement. M. Mande, ayant observe des vaches qui ont recu en nourriture des feuilles de col­chique, decrit les symptomes suivants : inappetence, inrumination, grincement de dents, ptj^alisme, borbo-rygmes, coliques, regards diriges vers le flanc, urine claire abondante, h^maturie, suppression du lait; res­piration courte, difficile ; pouls petit,intermittent; mu-queuses pales ; peau seche, froide ; polls fernes; diarrhöe abondante, fetide. Matieres alvines d'un vert grisätre.
Indications tiii5rapeutiques. — La colchicine n'est guere indiquee que comme diureiique dans les diverses hydropisies. II est vrai qu'on I'a employee quelquefois contre les m^teorisations chez les ruminants, la fluxion periodique chez le cheval, les arthrites rhumatismales chez les pores et les oiseaux, mais avec im rösultat variable. L'action anesth^siante de la colchicine sur les extremites des nerfs sensitifs pourrait recevoir quelques applications contre les nevralgies, les rhuma-tismes; mais nous possedons d'autres substances (vera-trine, etc.) qui conviennent mieux.
H '
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HYPERSfiCRETOIRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 6U
Doses :
Injections hypoilermiques (Colchicine).
i Cliat.........nbsp; nbsp; 0!r,002 par kilogr.
Ghien........nbsp; nbsp; 0 002nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Pore.........nbsp; nbsp; 0 03
Lapiu........nbsp; nbsp; 0 01nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;— .
„„„,,,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^ Cheval....... 0sr.O2 i 0laquo;r,06
-^Äcopy;-8quot; Bo?ttf........ 0 02 ä 0 06
(par ieiejnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ( chien........ 0 001 ä 0 0002
Administration. — La colchicine doit loujours elre adminislree en solutions aqueuses ou glycerinees, au 1/100 ou 1/200 en injections hypodenniques. La voie tracheale peut egalement 6tre ulilisee, mais il n'y a genöralement aueun avantage ä la preferer ä la voie hypodermique. II faut suspendre I'administration aus-sitot que Ton constate line purgation ou des pheno-menes nerveux.
Colchlqne d'automne (all. Herbstzeitlose).
Le colchique d'automne [Colchicum autumnale, L.) est une plante bulbeuse de la famille des Colchicacees, qui croit en grande quanlite dans les prairies humides. Toutes les parties de cette plante sont actives, vene-neuses. En medecine on ne fait usage que des bulbes, des fleurs et des graines.
Composition chimioue :
Colchicine (Geiger et Hesse)
Acide volatil.
Maticre grasse.
Gomme.
Amidon.
Sucre.
Le colchique doit surtout son activite äla colchicine. Les effets physiologiques et therapeutiques sont les
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612nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VfiTERINAIRE.
msect;mes que ceux de celte dernierenbsp; nbsp;substance. (Yoir
Colchicine.)
Preparations. — On emploie la poudre et la teinture de colchique.
Doses theropeutiques.
i Cheval...........nbsp; nbsp; 3 gr. i 5 gr.
\ Bceuf......,.....nbsp; nbsp; 4 i 8
Poudre........ iPorc etmouton...nbsp; nbsp; 0.10 amp; 1.50
( Chien............nbsp; nbsp; 0.05 ä 0.30
Cheval..........nbsp; nbsp; 6 ii 10
Boeuf............nbsp; nbsp; 8 i 16
Teinture....... lt; Pore et moutou...nbsp; nbsp; 0.20 a 3
1 Chien............nbsp; nbsp; 10 K 30 gouttes.
Volailles......... 2 ii 5 —
#9632;
#9632;
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NEUVIfiME CLASSE
EHHENAGOGUES.
Les medicaments de cette classe sont encore appeles utirins et abortifs. Ils jouissent de la propriete de deter­miner l'expulsion du foetus en augmentant les secre­tions de la muqueuse uterine et en provoquant des con­tractions des parois de la matrice.
Les ut^rins les plus connus en m^decine vsect;teri-naire sont: le seigle ergote, la rue des jardins et la sa-bine.
Seigle ergote.
On appelle seigle ergote, ergot de seigle, le grain du seigle ayant subi pendant sa croissance une alteration pathologique produite par un champignon {Scleramp;linm clavus, C.; Sphacelia segetum, Lev.). Le grain altöre par ce champignon est noir, önormement döveloppö, long, recourbe, et ressemble ä l'ergot des gallinaces. L'odeur du seigle ergote est forte, repoussante, et rappelle celle du tabac h priser ; sa saveur est amere et acre; sa poudre, d'un gris bleuätre, est trös hygromötrique, tramp;s alterable, et ne doit pas etre pröparöe k I'avance.
Composition chimiqüe. — Malgrö les travaux de nom-breux chimistes tres distingues,la composition du seigile ergote n'est pas exactement connue. Voici quels sortt lesprincipes qui paraissent actifs: renjofimwe, alcaloide Wistallise decouvert par Tanret, et possedant une grande activitö; Vacide sclerotinique et la scleromucine, Kaufmann. — Thärapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3'i
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Clinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
composes azotes decouverts par Dragendorff et Podwi-zowski, at qui semblent agir comme le seigle ergote, mais avec line activite bien superieure.
L'ergotine Bonjean n'est autre chose qu'un extralt mou, tres soluble, rouge brun ;ce n'est pas un compost bien deflni.
Effets piiysiologiques. — Les preparations d'ergol de seigle exercent localement sur les tissus denudes une action manifestement astringente.Dans le tube digestif, les petites doses sont facilement supportees, mais les fortes doses provoquent souvent le vomissement chez les carnivores et une irritation des intestins chez tous les animaux.
Les effets generaux consistent surtout dans une cons-triction vasculaire peripberique Ires energique, tres durable; dans un raleniissement du pouls et de la respi­ration, dans wnamp;anesthesie cutanee generate, dans des con­tractions energiques de la mairicc.
Quand on fait une injeclion hypodermique d'ergo-tinine de Tanret sur un chien, on constate, apres une dizaine de minutes, une legere inquietude, et un peü d'excitation; puis I'animal est calme, sa peau et ses inuqueuses pälissent considerablement, il y a resserre-mentdos capillaires et le sangne passe qu'en tres petite quantite. A ce moment, la sensibilite de la peau a con­siderablement diminue ; des piqiires, des pincements ne provoquent aucun cri, aucune reaction; l'anemle de la peau est teile qu'il est difficile d'obtenir du sang par des piqüresquid'ordinaireenlaissent ecoulerbeaucoup. Le pouls est ralcnti, la respiration et la temperature rectale ne sönt pas modifiees sensiblement, du moins pendant la premiere periode de faction. #9632;
Quand Tadministration de seigle ergote se prolonge a doses un peu fortes, il se produit une anemie complete des organes places en appendice et des extremiles ;
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EMMENAGOGUES.
615
puis survient une anesthösie complöte, suivie d'une gan­grene seche qui entraine la perte de ces organes. La region digitöe et les oreilles chez tous les animaux, la cröte, le bee et la langue chez les oiseaux, sont frap-pes de gangrene samp;che. Alors ces parties perdent leur sensibilite, leur souplesse, se durcissent, se momiflent, et bientöt se separent sans douleur des parties restees encore Vivantes. L'empoisonnement par Tergot de seigle est appele ergotisme.
L'action de l'ergotinine est toujours accompagnee d'une dilatation pupillaire ou mydriase.
Des doses toxiques administrees d'emblee produisent les phönomenes que je viens de decrire avec une plus grande rapidite. On constate rapidement de l'hebete-ment, un regard fixe, des vertiges, une dilatation de la pupille et du coma, des tremblemonts, puis des secousses musculaires dans les merabres posterieurs qui deviennent faibles et se paralysent, un refroidissement considerable de la pcau, un pouls lout et miserable; les polls sont ternes, les membres, les oreilles, la queue, tres refroidis ; il y a parfois ecoulement sero-muqueux et sanguinolent par les narines avec engorgement froid des membres ; des points noirs, des laches livides et des plaies gangreneuses apparaisscnt; la langue, le bee et la crete se gangrenent chez les oiseaux; les oreilles, la queue, les phalanges tombent chez les mammiferes, et cela sans douleur; la respiration, tres laborieuse, s'arrete et la mort survient.
Lksions. — On constate h. I'autopsie une irritation gastro-intestinalc ;les visceres sontflasques et ramollis, les muscles semi-gelatineux; le sang fluide, violace ; l'interieur des vaisseaux est rouge comme dans les maladies putrides.
Indications teerapeutiques. — L'anemie produite par l'ergot de seigle sur la matrice a pour consequence
ocr page 632
616nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE YETfiRINAIRE.
d'amener des contractions vlves et önergiques dans cet organe. Ge medicament sera done indiquö :
1deg; Dans certains accouchements laborieux accompa-gn6s d'une inertie ou d'une atonie de la matrice ;
2deg; Pour provoquer I'avortement ou I'accouchement premature. L'action du seigle ergots sur la matrice se ddveloppe assez rapidement, en general au bout de quinze a vingt minutes; sa dur^e est d'environ une heure. Les contractions uterines provoquees parce me­dicament, aulieu d'etre courtes et intermittentes comme celles qui sent naturelles, sont prolongees, presque con­tinues, et souvent d'une energie extreme. Si un obstacle mecanique s'oppose ä la sortie du foetus, ces contrac­tions energiques peuvent amener la rupture de la ma­trice ou la mort du foetus.
Le resserrement vasculaire produit dans tous les pa-renchymes peut etre utilise en therapeutique pour arreter les hemorrhagies ou pour diminuer les congestions. On pourra done employer avantageusement I'ergotine contre rhematurie, I'epistaxis, I'enterorrhagie, I'hemQ-ptysie, les hemorrhagies capillaires; contre les conges­tions de la moelle et de l'encephale qui amönent les paraplegies et autres formes de paralysies.
Administration.— Lapoudre fraiche d'ergot de seigle s'administre k I'interieur dans un breuvage alcoolique ou en electuaire. On peut aussi faire une decoction aveclapoudre. L'ergotine deBonjean, sedissolvanttres bien dans l'eau, ainsi que l'ergotinine de Tanret peu­vent etre injectees sous la peau ou dans la trachee. La voie hypodermique est surtoul ä recommander.
Doses. — La poudre est toxique a la dose de 3 a 4 kilogrammes chez le cheval et le boeuf, de 20 k 30 grammes chez le chien. Pour les autres animaux la dose n'est pas encore determinee.
ocr page 633
EMMfiNAGOGUES.
617
Doses thörapeutiques (po
,.i
Clieval. . BtEUf... Mouton. Pore... Chien,.. Chat....
15 gr
20 5
1 ä 0.50 k 0.10 k
30 gr. 50 10
4
3
0.50
dre d'ergot dc soigle).
L'ergotine de Bonjean se donne aux doses suivantes en injections hypodermiques:
Moutou 6t pore......
Cbien...............
06r,30 k Osr.SO 0 10 amp; 0 30
L'ergotinine de Taret se donne chez le chien ä la dose de O^'.OOl a 0gr,002, en injections hypodermiques.
Get alcaloide sect;tant d'un prix tres €leve ne. pent guöre 6tre employ^ chez les grands animaux.
Rue des jardins (all. Haute).
Gette plante de la famille des Rutacees exhale dans toutes ses parties une odeur vive et repoussante; eile a une saveur amfere et acre, surtout lorsqu'elle est verte.
Gomposition chimique. — Les chimistes y ont däcou-vert: une huile essentielle, une matiere appelee rutine ou acide rutinique, de la gomme, de la fecule, etc.
L'huile essentielle et la rutine constituent les prin-cipes actifs de la rue.
Effets physiologiques. — L'action locale de la rue fraiche est irritante, surtout pour les tissus denudes; eile exerce sur les plaies et les ulceres une action exci-tante et antiputride des plus marquees ; sur les tu-meurs indolentes eile produit un effet fondant compa­rable ä celui de la cigue. A. doses faibles eile pent Mre supportöe longtemps par le tube digestif; mais celui-ci s'enflamme avec des doses fortes.
Apres I'absorption, les doses faibles produisent une
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618nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TQERAPEÜTIQUE VETER1NAIRE.
lagere excitation genörale avec hypersecretion muqueuse dela matrice ; les doses fortes produisent d'abord une excitation genärale tres forte, puis de l'abattement, de la faiblesse et unehyperemie de la muqueuse de la ma­trice et du tube digestif.
Indications TiiiiRAPEUTiQUES. — A I'exterieur, c'est un detersif puissant des plaies et des ulceres de mauvaise nature ; im fondant inergique sur les engorgements indolents.
A l'interieur, la rue est indiquee pour augmenter la secretion muqueuseamp;e la matrice dansles ports laborieux et la retention du delivre.
Preparations. — On confectionne des breuvages en la traitant par l'eau bouillante ou les liqueurs alcooliques; ou encore, on l'^crase dans un mortier pour en extraire le sue.
Al'exlerieur, onl'emploie encalaplasmesapresTavoir öcrasöe, oul'on en extrait lesuc qui est melange al'eau-de-vie et applique sur des solutions de continuity an-ciennes.
Doses. — Les doses de rue fraiche sont:
Grandes femelles........... 64 i 125 gr.
Moyeunes — .......... ICK 32
Petites — .......... 4 ä 8
Sabine (all. Sadebauw). ,
La sabine {Juniperus sabina L.) est un petit arbris-seau de la famille des Coniferes, qui croit sur les lieux sees et pierreux du midi de la France.
Les feuilles sont les seules parties employees en m4-decine ; ellesontune odeur terebenthinöe et une saveur amöre et äcre.
Composition chimique. — D'apres M. Gardes, la sabine
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EMMENAGOGUES.
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conlient les principes suivants : huile essentrelle, resine, extraclif rösineux, acide gallique, etc.
L'essence, qui est le principe actif, est de couleur citrine, tr6s fluide, Ires aromatique et isomfere de l'essence de terebenthine.
Effets piiysiologioues. — Localement, la sabine agit comme irritant. Sur la peau intacte eile est rubeflante ; eile devientvesicante sur les solutions de continuity.
A l'interieur, eile est excitante a tres faible dose; eile excite I'appetit, favorise la digestion et provoque de la diuröse.
A forte dose, eile peut produire une gastro-entörite mortelle avec une inflammalion des reins et de la ves-sie, de la diurese avec strangurie el une diarrhee san-guinolente fetide.
On croitgeneralementque la sabine exerce une action excitante sur la matrice et augmente les secretions de sa muqueuse,mais aucun fait positif n'est venu demon-trer l'exactitude de celle assertion. Beaucoup d'obser-vations tendentau contraireä prouver que I'avortement qui peut succeder a l'absorption de fortes doses estplu-16t le rösultat de l'irritation generate du tube digestif et des voies genito-urinaires que celui d'une action spe-ciüque sur la secretion de la muqueuse. Presque toutes les substances fortemenl irritantes peuvent provoquer ravortement.
Indications tuerapeutiques. — A I'exterieur la pom-made de sabine agit comme fondant sur les tumours indolentes, telles que I'eponge, les molettes, les vessi-gons, etc. L'action excitante locale peut faire uliliser la sabine pour augmenter la tonicite du tube digestif, pour augmenter les secretions et faciliter la digestion quand I'alimentation est atonique ou mauvaise. D'apres certains auteurs, les maquignons allemands la donnent aux chevaux pour les rendre plus ardents, plus vifs.
ocr page 636
620nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THERAPEUTIQUE VETfiRINAIRE.
La sabine est aussi iruliquüe cornme diurelique dans les hydropisies et les cachexies surtout chez les rumi­nants. Son action emmenagogue etaut peu certaine, on doit lui preferer a I'interieur l'ergot de seigle et l'ergo-tine pour provoquer I'avortement ou pour faciliter l'expulsion des enveloppes fcetales. La sabine convient par centre tres bien pour faire des injections dans la cavite uterine en infusions ä 1 de sabine p. 100 d'eau. Ce liquide est antiseptique, desodorant, et excite dans lamatrice des contractions et.des secretions locales en m6me temps qu'il ramollit les enveloppes et facilite leur sortie. M. Yogel recommande beaucoup ces injections qu'on fait avec un tube de caoutchouc ou une seringue contre la metrite puerpörale et les ecoulements chro-niques des voies genitales chez les femelles.
Les infusions faites avec 1 partie de sabine pour 30 ou 50 parties d'eau conviennent tres bien pour panser et laver les plaies et pour faire des injections desin-fectantes dans certaines cavites, sinus, poches guttu­rales, flstules, etc. On pent augmenter les eflets astrin­gents de ce liquide en y ajoutant de l'alun, du sulfate de cuivre ou de l'acide phenique. La sabine, d'un prix tres modique, doit etre recommandee ä l'exterieur en ap­plications ou en lotions sur les plaies et en injections dans les cavites purulentes.
Doses:
f Cheval........._ 15 gr. ä 50gr. Boeuf...........'10 ä 30 Mouton et pore. 2 h 10 Chien.......... 0.30 a 1
L'essence de sabine pent 6tre utiliseo chez les petits animaux a la dose de 1 ä 2 gouttes dans des mixtures diverses.
Quand I'usage doit en ötre prolong^ et surtout quand on veut obtenir les effets diuretiques, il faut plutöt em-
ocr page 637
EMMENAGOGTJES.
621
ployer des doses im peu plus faibles que celles indi-quöes dans le tableau, parce que la sabine produit la diurese en excitant le rein ; s'il y a irritation la diurese s'arr^te, surtout. chez les jeunes animaux, et il se produit de l'anurie.
NOTA.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;FORMULE
du bain antipsorique de Zun'Jel pour iOOmoutons.
Acide pheniquo pur..................nbsp; nbsp; 1,500 gr.
Chaux caustique......................nbsp; nbsp; T ,000
Sei de soude.........................nbsp; nbsp; 3,000
Savon noir...........................nbsp; nbsp; 3,000
Eau chaude......................... 260 litres.
Ge bain est employe avec succes centre la gale du mouton en Alsace-Lorraine.
L'immersion de chaque mouton doit durer cinq minutes.
t.
#9632;
33.
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APPENDICE
KAU ET IIYDUOTIllIHArii;.
Eau. HO.
L'eau est certainement le corps qui joue le röle le plus important dans la vie des etres organises. Elle forme environ les deux tiers du corps des animaux mammiferes. Voici un tableau de Volkmann, qui donne les proportions d'eau contenue dans les differents or-ganes chez Thomme adulte. Ges proporlions sont sensi-blement les memeschez les divers mammiferes adultes; elles sont calculees pour 1000 parties de tissus.
Eau.
Squelotte..................nbsp; nbsp; 500
Muscles...................nbsp; nbsp; 770
Coeur......................nbsp; nbsp; 793
Cerveau...................nbsp; nbsp; 779
Tissu graisseux............nbsp; nbsp; 160
Poumon...................nbsp; nbsp; nbsp;791
Foie.......................nbsp; nbsp; C9Ö
Rate......................nbsp; nbsp; 765
Canal intestinal............nbsp; nbsp; 779
Reins.....................nbsp; nbsp; 834
Peau......................nbsp; nbsp; 700
Pancreas..................nbsp; nbsp; 780
Sang......................nbsp; nbsp; 790
Autres organes............nbsp; nbsp; 763
L'eau se trouve dans I'organisme sous trois ötats : 1deg; Comme vehicule de substances dissoutes ou en suspension, eile constitue la masse principale des liquides de I'organisme, sang, lymphe, urine, etc.;
#9632;#9632;#9632;
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E\U ET HYDR0THERA.P1E.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 623
2deg; Comme eau d'imbibition, eile penetre les subs­tances solides de Torganisme, et fait ainsi partie inte-grante des elements et des tissus du corps;
3deg; Gomme eau de combinaison, eile entre dans la constitution meme de cerlaines substances organiques, fait partie de leur molecule cbimique. La quantite d'eau ainsi combinee est tres faible eu egard ä la quan­tite qui se trouve sous les deux ctats precedents.
L'eau qui existe dans le corps provient, presque en totalite, de ralimcntalion, c'est-a-dire des aliments et dos boissons. On pense qu'une petite quantite pent se former par synthese ou par dedoublement.
L'eau est eliminee par les reins, la peau, les poumons et l'intestin.
L'elimination par les reins pent etre representee par lö, celle de la peau et des poumons reunis par 8 ou 9, et celle de l'intestin par 4. La quantite ainsi eliminee correspond ä peu de cbose pros ä la quantite d'eau in-troduite dans l'organisme, de facon que les organes et les tissus du corps contiennent toujours, au moinsdanscer-taines limites, les memes proportions d'eau.
Quand ces proportions d'eau subissent une baisse ou une kausse trop considerable, l'activite vitale diminue et peut meme etre abolie.
Cast ainsi que la secheresse empecbe la germination des graines, la croissance des vegetaux et ramene ä l'etat de vie latente les rotiferes et les tardigrades. Mais la privation d'eau n'a pas besoin d'etre porlee jus-qu'ä la dessiccation pour amener des troubles graves. Chossat a constate sur la grenouille qu'il avait placöe sous une clocbe avec du chlorure de calcium, que la deperdition d'eau entrainait bientot de la dyspnee, un ralentissement des battements du coeur, une diminu­tion de la sensibilite, des contractions tetaniques, etc.; et la mort arrivait quand I'animal avait perdu 3a p. 100
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624
THERAPEUTIQUE VETERINAIRE.
de son poids. A I'autopsie on trouva des alterations des globules rouges du sang.
L'introduction de l'eau en excös dans le sang deter­mine aussi des accidents qui peuvent devenir mortels. Lesexperiences de Dupuy, de Bouley,deFalck,dePicot, de Gl. Bernard et celles que j'ai faites moi-meme, de-montrentque lorsqu'un animal reqoit de 1/50 ä l/10de son poids d'eau dans les veines, il se produit des trou­bles des principales fonctions, et quelquefois la mort apres une ou deux heures. Si les animaux survivent et qu'on examine 1c sang au microscope d'heure enheure, on assiste a une degenerescence des globes rouges s'ac-cusant par l'absence de leur reunion dite en piles d'ecus, par l'existence ä leur peripherie de crenelures, puis par leur fragmentation, et leur reduction frequente a la forme stellaire. Apres I'injection, on constate tou-jours une acceleration deraquo; mouvements respiratoires et un affaiblissement progressif de l'animal, une espece de prostration comme dans I'asphyxie lente. Les alte­rations des globules suivent une marche progressive pendant laquelle la prostration se constate simultane-ment, et chez ceux qui guerissent il est possible de suivre la reparation des globules se faisant en general au bout de vingt-quatre heures. Chez ceux qui meurent, I'autopsie monlre une infiltration du tissu conjonctif, des ecchymoses du poumon, du coeur et des visceres abdominaux, une alteration des globules rouges du sang. Voici le resum6 d'une experience faite sut un äne: On injecte avec une grande lenteur, dans la veine faciale, 12 litres d'eau ordinaire ä la temperature de 38deg;. Pendant I'injection, acceleration de la respira­tion et du pouls; efforts de vomissements apres I'in­jection de 6 litres; ecoulement par les naseaux d'un liquide spumeux; expulsion copieuse d'urine vers la fin de l'expörience; pas de sueur; temperature rectale
ocr page 641
EAU ET HYDROTHERAPIE.
625
resle stalionnaire ä 38deg; pendant tout le temps de Tin-jection, eile s'abaisse ä 37deg; quelques instants avant la mort.
Les instruments graphiques appliques sur la carotide nous ont indiqu^ une elevation constante de la tension arterielle jusque vers la fln de l'expörience; äce moment eile s'est abalssee graduellement et est arrivee ä zero, au moment de la mort. L'hemodromographe de M. Ghau-veau nous a indique une diminution de la vitesse du cours du sang pendant I'lnjection d'eau ; vers la fln ce-pendant eile a augmente, puis enfin a de nouveau baisse jusqu'ä la mort. Le jeu du ca3ur etait accelere pendant tonte la duree de l'experience.
A l'autopsie le sang etait diffluent et se coagulait avec peine, le caillot obtenu etait tres fragile, les globules etaient älteres. Le tissu conjonctif etaitinfiltrö partout; il y avait des ecchymoses sur la muqueuse stomacale; #9632; restomac et l'intestin contenaient une grande quantite de mauere fluide; les reins etaient rouges congeslionnes, la capsule se soulevait et se detachait facilement.
Les fails ci-dessus indiquent que la quantite d'eau de l'organisme, et du sang en particulier, doit präsenter une certaine Constance. Quand cette quantite tombe au-dessous d'un minimum, les animaux ressentent la soif, ce qui les engage ä prendre du liquide. Quand la quantite d'eau du sang tend ä depasser un certain maxi­mum, les secretions se reveillent et se depouillent de la quantite en exces.
Le röle physiologique de l'eau est des plus importants. L'eau est indispensable aux phenomenes chimiquesqui se passent dans l'organisme, seit qu'elle y intervienne simplement en dissolvant les materiaux qui doivent entrer dans les combinaisons, et ceux qui doivent en sortir, seit qu'elle y contribue directement comme dans certains dedoublements et dans les fermentations.
ocr page 642
626nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;THISRAPEUTIQUE VETERINAIRE.
Aussi la quantity d'eau d'un tissu ou d'un organe est-elle en gönöral en rapport avec son degrö d'aclivite vitale, et on peut facilement constater la fait en se re-portant au tableau d'analyse cite plus haut. L'eau de­termine engrandepartieles proprietes physiques de con-sistance, d'elasticite, de transparence, de volume, etc., des tissus. Elle constitue le vehicule direct ou indirect de tous les medicaments qui passent ä l'absorption, et qui agissent sur l'organisme.
Si l'eau absorbee agil energiquement sur la nutrilion et modifie les grandes fonctions, surtout les secretions, son action n'est pas moindre lorsqu'elle est simplement appliquee a la surface de la peau, ou qu'elle est mise sous certains etals, et au moyen de certains procedes, en contact avec les muqueuses ou les tissus nus. Pour bien faire ressortir les effets physiologiques qu'elle peut engendrer et les services qu'elle peut rendre en thera-peutique, nous devons en faire une etude speciale.
Hydrotherapie.
On donne le nom d'hydrothwapie a la methode the-rapeulique dans laquelle on met ä profit les nomhreuses et energiques proprietes de l'eau dans le traitement des maladies.
HisTORiQüE. — L'eau, sous ses differents etats, est em-ploj'ee en medecine depuis la plus haute antiquite. Hippocrate, Gelse, Galien, Rhazes, Ambroise Pare, Pal-lope, Hoffmann, Lombart etun grand nombre d'autres medecins de grand merite, ont employe l'eau a Vexte-rieur pour traiter les maladies telles que : les plaies, les contusions, les fractures, les hemorrhagies, les brü-lures; et a Yinterieur, dans toutes les maladies febriles. Mais ce n'est que depuis le commencement de ce siecle que Ton a systematise son emploi, non seulement pour
1
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EAU ET HYDROTHERAPIE.
627
les maladies externes, mais encore pour les maladies internes les plus diverses. Pendant les grandes guerres du commencement de ce siecle, le celebre Chirurgien francais Percy aurait, dit-il, abandonne la Chirurgie des armees, si on lui eül interdit l'usage de l'eau.
Dans le traitement des maladies de nos animaux do-mestiques, l'eau a toujours jouö un grand role. Les ecrits des marechaux, des ccuyers, des bergers et des premiers veterinaires menlionnent frequemment l'em-ploi de l'eau centre les accidents si nombreux et si varies qui surviennent sur le corps des animaux, surtout ceux des membres des clievaux. Le bain ä l'eau cou-rante est un moyen hygienique et curatif employe de temps immemorial et clans tous les pays, pour reme-dier ä la fatigue des membres des chevaux soumis ä de rüdes travaux, pour reprimer la fourbure, les engorge­ments articulaires et tendincux, pour guerir les plaies, les contusions, les piqüros et autres maladies qui peu-vent alteindre le bas des membres du cheval.
Cependant l'emploi de l'eau n'a ete universellement adopte, dans l'une et l'aulre medecine, que depuis les travaux de Priestnitz vers 1830. II est vrai que Gurrie, medecin de Liverpool, a, bien avant Priestnitz, pose les vdritables principes de l'emploi de l'eau, aussi bien contre les maladies internes que centre les accidents externes. Mais les ecrits de Gurrie resterent ignores de laplupart des medecins, et c'est ä Priestnitz, paysan de la Silesie autrichienne, que revient l'honneur d'avoir vulgarise l'emploi de l'eau sous toutes ses formes dans laplupart des maladies. C'est Priestnitz qui est le veri­table createurde l'hydrotherapie.
Priestnitz etait aubergiste ä Grscfenbourg, dans la Si-lösie autrichienne.
Un jour, il fut victime d'un accident tres grave qu'il guerit par l'emploi de l'eau. G'est ä partir de ce mo-
ocr page 644
628nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THERAPEUTIQUE VETERINA1RE.
meut qu'il coinmencja ä trailer les maladies des ani-maux et des hommes. Voici ce qu'on raconte a ce sujet: Prappe ä la töte d'un coup de pied de cheval, il tomba, sa voiture lui passa sur le corps et lui fractura deux cotes. Les chirurgiens du pays porterent un pronostic fächeux ; mais Priestnitz n'en tint pas compte et, sans ecouter leurs conseils, il resolut de se traiter a sa ma-niere. Des compresses d'eau froide etquelques moyens tres simples amenerent une guerison rapide qui fit grand bruit dans le pays. Des malades du voisinage d'abord, puis de contrees plus eloignees, vinrent de-mander conseil au cabaretier de Grsefenbourg. II eut des succes nombreux et eclatants; puis, s'enbardissant ä mesure qu'il acquerait plus d'experience, il se trans-porta bientöt de village en village on donnant des soins a la fois aux bommes et,aux animaux. II s'acquit rapi-dement une grande ropulalion par le traitement de certaines lesions exlericures, telles que foulures, en-torses, brülures, fractures, etc., et fut appele ä de grandes distances de sa demeure, soil comme medecin, soit comme veterinaire. Plus tard, ayant acquis une grande experience, il completa son Systeme en provo-quant des sueurs abondantes, en baignant la peau cou-verte de sueur avec de 1'eau froide, en faisant ingerer ä l'interieur des quantites croissantes d'eau fraicbe, etc. Danscette nouvelle direclion le paysan aulricbien acquit une celebrite plus grande encore, ä tel point, ditle doc-teur Pleury, que les medecins et les ve'terinaires, aux-quels il faisait une concurrence ruineuse, le denon-cerent comme cxercjant illegalement la medecine,, et que l'autorite fut obligee d'intervenir.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i o) ot
Enfln le succes de Priestnitz continuant toujours malgre les persecutions de plusieurs genres dont il fut I'objet, legouvernement aulricbien lui accorda, en 1830, rautorisation de recevoir el de trailer des malades par
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E\U ET HYDROTHERAPIE.
629
sa methode dans un Etablissement approprie qu'ii avait cree dans ce but, et qui ne tarda pas aarriverä un haut degrö de prosperite. Depuis cette epoque, l'hydrothö-rapie s'est repandue en Europe et en Amerique, oü eile compte maintenant un grand nombre d'ßtablissements späciaux genöralement prosperes.
En medeclne veterinaire, l'hydrotherapie joue au-jourd'hui un röle assez important dans le traitement des maladies internes et externes, mais cerole sera tou-jours inüniment moindre qu'en medecine humaine. II y a de cela plusieurs raisons. La premiere, c'est que cette espece d'hydrolherapie est un peu compliquee et d'une application assez diflicile dans la pratique ordi­naire, ä moins de la reduire ä de simples affusions d'eau fraiche sur le corps, comme cela se pratique sur des chevaux de course, soil pendant I'entrainement, soil apres chaque epreuve ; ce n'est done que dans les infirmeries des ecoles, des regiments, des grandes ad­ministrations, des clienteles veterinaires des grandes villesqu'on pent avoir a sa disposition 1'arsenal d'usten-siles necessaires ä I'application complete et möthodique de l'hydrotherapie. Un autre obstacle ä I'application usuelle de cette mßthode curative, c'est le tegument velu des animaux, qui ne permet pas facilement de sicher la surface du corps, soit apres les douches, soit apres la reaction; ä la verite, la pratique de plus en plus repandue de la tonte chez les chevaux communs attenue sensiblement cet inconvenient, au moins pour les solipedes. Enfin, en medecine vöterinaire, la ques­tion iconomique domine la question therapeutique, en sorte qu'on n'entreprend le traitement d'une maladie grave qu'autant que le succes est ä peu pres certain et que les frais qu'il entrainera ne depasseront pas la va­lour vönale de l'animal une fois gueri.
Maintenant que nous connaissons l'histoire sommaire
ocr page 646
s
630nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; THfiRAPEÜTIQUE YfiTERINAIRE.
de I'hydrotMrapie, il faut ötudier les nombreuses pro-prieles de l'eau et ses divers modes d'emploi.
PROPRlfiTES PHYSIQUES ET CH1MIQUES DE L'EAU. — L'eaU
pure est un liquide incolore, inodore, sans saveur, pre-sentant son maximum de densitö ä 4quot; centigrades. A 100deg;, eile se röduit en vapeur. A zero, eile se sodidifle et forme la glace. A l'etat de vapeur, eile occupe un vo­lume 1700 fois plus considerable qu'ä l'etat liquide. La vapeur, en se condensant, abandonne une proportion de calorique teile qu'elle pourrait porter de 0 a 100deg;, 5 fois et 1/2 son poids d'eau ordinaire. La glace, pour se liqueüer, absorbe une quantite de chaleur consi­derable. Suivant son degre de temperature, l'eau est froide, fralche, tiede, chaude, tres ckaude, bouillante, on ä l'etat de vapeur. Voici, d'apres les medecins, les de-gres de chaleur qui correspondent ä ces divers etats :
L'eau do Sanraquo; est trts froide.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 12 ä 16deg; froide.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 16 ä 20deg; fralche.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 20 ä. 26quot; degourdie.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 26 ä 30deg; tempöree ou ttede.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 30 k 40deg; chaude.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 40' et au-dessus est trfes chaude.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 80deg;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; bouillante.
L'eau, suivant son degre de temperature et la maniere dont eile est appliquee, produit des effets physiolo-giques et therapeutiques variables- Nous devons done etudier l'eau successivement sous ses differents etats.
Cilace. — Earn froide.
La glace at l'eau froide jouissent des mömes proprie-t6s physiologiques ; il n'y a entre ces deux agents qu'une difference d'intensite. La glace, absorbantbeau-coup plus de calorique que l'eau pour se rechauffer de
ocr page 647
EAU ET I1YDR0THEHAPIE.
631
la meme quantity, aura un pouvoir frigorifique^ sinon plus intense, du moins plus durable.
Effets puysiologiques. — La glace ou I'eau froide, appliquee sur un point quelconque de la surface du corps, produit immediatement une sensation Ires vive do froid qui retenlit bientot dans toute röconomie et qui determine des frissons et m^me un tremblemcnt general, si I'application est large et le sujet jeune et faible. Apres la premiere impression, une tolerance s'elablit progres-sivement: eile trouve son explication dans la diminu­tion As Vexcitabilite et de la conductibilite des nerfs par suite de l'abaissement de leurtemperature(Helmholtz). Outre le frisson et le tremblement, on observe encore d'autres phenomenes reflexes Ires importants. La peau pälit, devient plus dense, se couvre de chair de poule; la vessie se contracte et il y a quelquefois omission in-volontaire d'urine; il y a gene de la respiration et suf­focation; \Qpoids est serre, plusdur, maispas accölerö.
La päleur de la peau est due a la constriction vascu-laire reflexe dans le tegument et au refoulement du sang h l'interieur du corps. Si I'application d'eau gla-cee ou de glace se prolonge pendant un certain tgmps, on remarque que la sensibilite s'emousse d'abord, puis s'eteint; la chaleur baisse rapidement et la circulation capillaire s'arröte par suite du resserrement vasculaire considerable et de la paralysie des globules. L'applica-tion trop prolongee pent frapper de mort les parties sur lesquelles eile est faite. On pent alors pratiquer des incisions profondes sur ces dernieres sans qu'il en re-sulte d'hemorrhagie, ainsi que Hunter s'en est assure en congelant les oreilles de plusieurs lapins et en les amputant ensuite. Mais si on evite de pousser les effets jusqu'ä ce degre et qu'on suspende I'application a temps, on voit bientot se produire la reaction. Celle-ci consiste dans le retour de la chaleur et de la rougeur
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dans la peau par suite d'une dilatation vasculairequien-tralne une circulation plus active. La reaction appa-ralt. quelquefois pendant rapplication d'eau froide, lorsque le sujet est vigoureux. Un exercice moderö, une temperature elevöe sent les meilleurs moyens pour provoquer la reaction. Quand la reaction s'est produite, la peau est rouge, chaude et eile seeröte et exhale plus activement.
Introduite en petite quantite dans I'estomac, I'eau congelöe est parfaitement supportee ; eile produit par reaction une circulation plus active dans la muqueuse, qui s'echauffe et secrete du sue en abondance.- En grande quantite, l'eau glaeöe est nuisible ä tous les ani-maux; eile produit d'abord une anemie de la muqueuse gastrique et intestinale, un arret des mouvements et des secretions, une suspension de la digestion; puis survient une reaction tres intense avec epanchement de sang dans le tube digestif et le tissu sous-muqueux, de la diarrhöe avec enterorrhagie. Lors de la retraite de Moscou, le Chirurgien Larrey a vu perir rapidement les hommes et les chevaux qui mangeaient de la neige. M. Reboul a vu l'eau glacee produire une angine gan-greneuse sur une famille de juments et de poulains.
Mode d'administration de l'eau. — L'eau s'emploie h I'exterieur, sous les formes les plus varices.
La glace ou l'eau glacee peuvent 6lre appliquöes di-rectement sur les parties malades, k l'aide d'eloupes et de pieces detoile, ou en introduisant ces matieres dans des vessies ou des sacs de caoutchouc qu'on applique sur la partie njalade.
L'eau liquide s'emploie sous forme de bains, de lo­tions, de fomentations, d'affusions, A.'irrigations, de douches, ^'injections.
Bains. — On fait prendre un bain ä un animal lors-qu'on le trempe completement ou incompletementdans
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EAU ET HYDROTHERAPIE.
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l'eau stagnante ou courante. Les bains sont locaux quand une partieseulementdu corps plonge dans l'eau; ils sont gineraux quand ils portent sur tout le corps.
Les bains gönöraux ne s'emploient, pour nos grands animaux, que dans un but d'hygiene et avec une eau fratche, c'est-ä-dire toujours au-dessus de 12deg;. On en fait usage pour nos petits animaux dans un but thera-peulique. Les bains locaux sont d'un emploi frequent chez tons les animaux, surlout chez les grands herbi­vores. G'est surtout dans les maladies des pieds qu'ils rendent de grands services, on les appelle alors bains de pieds ou pediluves. On place l'änimal dans un ruisseau, dansunetang, dans une mare, de maniere ä faire plon-ger les pieds dans l'eau. Quelquefois, quand un seul pied necessite un bain, on fait poser ce pied dans un seau ou dans un appareil specialement destine a cet usage et rempli d'eau. On renouvelle l'eau le plus sou-vent possible aün de prevenir son 6chauffement.
Les effets physiologiques produits par les bains d'eau froide sont ceux indiques precedemment. Les effets therapeutiques des bains froids sont les suivants :
La glace el4'eau froide, en soustrayantdu calorique ä l'organisme, agissent comma des antipyretiques ener-giques. Gette propriete antipyretique peut 6tre mise ä profit dans toutes les maladies locales ou generales accompagnees d'une elevation de la temperature. L'ap-plication de l'eau froide est rationnelle dans toutes les inflammations externes, surtout lorsque celies-ci sont etendues et que la chaleur est intense. Le froid que pro-voque la glace ou l'eau froide sur les tissus a pour eflet de diminuer leur vitalile; les elements anatomiquesqui les conslituent ralentissent leur nutrition et leursfonc-lions; ils ne se multiplient que difflcilement, les globules blancs sont paralyses et la diapedöse devient impos­sible; en outre, les petits vaisseaux sont fortement res-
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TUEHAPEUTIQUE YETEIUNAIRE.
serrös et ne laissent passer qu'une petite quanlite de sang. L'eau froide, en ralentissant la nutrition des ele­ments anatomiques enflainmes, en etnpechautleur mul­tiplication et en resserrant les petits vaisseaux, s'oppose tres energiquement a la formation du pus et au proces-sus inflammatoire. La propriete refrigerante et ane-miante externe de l'eau glacee peut se propager par action reflexe ä des organes eloignes. Tout lo monde connalt la loi des symötries vaso-motrices ctablie par Brown-Sequard et Tholozan. En plongeant la main droite dans l'eau froide, on voit la temperature s'abais-ser non seulement clans la main refroidie directement par l'eau, mais encore dans la main gauche. G'estainsi qu'on pent expliquer les bons effets des applications de glace ou d'eau froide dans la meningite, levertige, la congestion du cerveau et de la moelle epiniere, etc.
L'action vaso-conslrictivc de l'eau froide a pour effet d'arreter rapidement les hemorrbagies capillaires du nez, delaboucbe, dela gorge, desbroncbes, durectum, de la matrice, etc.
L'action astringenle ou resserrante de l'eau froide est utilisee toutes les fois qu'il faut diminuer le volume d'un organe vasculaire et lui donnerdu ton. C'est pour-quoi on I'emploie dans les hernies etranglees, dans les arthrites aigues, dans le renversement du rectum, du vagin, de la matrice, sur les tumeurs sanguines, etc. La propriete anesthesiante de l'eau froide trouve son emploi dans tons les cas oil il y a douleur intense sur une partie accessible ä l'application de l'eau. Le froid produit par l'eau ou la glaco combat directement les quatre symptomes cardinaux de rinflammation, e'est-ä-dire la douleur, la chaleur, la rougeur et la tumeur. En faisant des frictions de glace sur une partie sensible pendant quelques minutes on I'anestbesie presque com-pletcment, de sorte qu'on peut pratiquer des opera-
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tions sans douleur m6me sur les animaux tres sen­sibles.
Lotions. — On donne le nom de lotions ä l'applica-lion de l'eau qui consiste ä frapper doucementlapartie malade avec un corps tomenleux imprdgnfi d'eau. On pent faire usage d'eponges, d'etoupes, etc., pour faire cette application. Les lotions remplacent les bains locaux ets'emploientcontre les inflammations cutanees peu graves.
Fomentations. — Les fomentations ou applications consistent ä deposer sur une region du corps une matiere poreuseimbibee d'eau froideet qu'onmaintientdansune humidite constante. Les corps que Ton emploie sont les etoupes, les eponges, les linges, la terre glaise, etc. Les fomentations bien appliquees entretiennent une humi­dite et une fraicheur continuelles. #9632;
Affusions. — Les affusions consistent dans une nappe d'eau qu'on verse d'une faible hauteur sur la region malade. Elles peuvent 6tre generales pour les petits animaux, mais sont toujours locales pour les grands. L'arrosoir du jardinier pourvu de sa pomme convient tres bien pour faire les affusions, parce que 1'eau se divise en une multitude de petits filets qui se repandent uniform6ment sur la region.
Irrigations. — On appelle irrigation le mode d'ap-plication de l'eau qui consiste a faire arriver sur une parlie du corps un courant continu d'eau qui la baigne sans la frapper.
L'irrigation est continue quand eile n'est pas inler-rompuo pendant plusieurs jours, eile est discontinue ou into'wiiWen^equandonla suspend de temps en temps.
Pour pratiquer Timgation continue, il faut faire ar­river l'eau d'un reservoir plus eleve que le point que Ton veut irriguer. Dans la pratique on installe un ton-neau on une cuve a une cerlaine hauteur au-dessus des
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THERAPEUTIQUE YETERINAIRE.
animaux. On fait arriver l'eau sur la partie malade au moyen d'un tube de caoutchouc dont on serre plus ou moins rorifice d'öcoulemcnt suivant la quantite d'eau que Ton veut faire couler dans un temps donne.
M. Martin, ancien veterinaire militaire, a imaging un appareil irrigateur destinö surtout ä irriguer plusieurs parties ä la fois. II se compose d'un premier reservoir semblable ä celui que nous venons de decrire, puls d'un second beaucoup plus petit prösentant quatre orifices inferieurs et un superieur. Ge dernier est relie avec un tube au reservoir principal et doit amener l'eau dans le petit reservoir. Celui-ci est fixe sur le dos deTanimal au moyen d'un surfaix et d'une croupiere. Les quatre orifices införieurs portent les tubes qui conduisent l'eau sur les parties malades, par exemple sur les quatre membres, un tube ^tant fixe sur chacun d'eux. Pour bien regulariser l'eau ä la surface de la partie malade, on fait arriver l'oriflce du tube irrigateur dans un ban­dage d'ötoupes ou de linge. Ge bandage~ s'impregne de liquide dans toute sa masse et le laisse öcouler lente-ment sur toute la partie malade.
L'irrigation continue faite avec de l'eau froide ou fratche constitue un des moyens Iherapeutiques les plus puissants centre toutes affections locales exterieures caractörisöes par une inflammation tres vive, une sup­puration abondante.
On en obtient d'excellents resultats : 1deg; centre les solutions de continuity etendues, accompagnöes de delabrements des tissus, comme les plaies contuses, les plaies par armes ä feu, les plaies ötendues, les coups de pied, les contusions diverses, les plaies granuleuses d'etö, les brülures, les excoriations de la peau, les ul-cörations, les ruptures des tendons et des muscles; 2deg; centre les tumours et engorgements tels que: throm­bus, phlegmons, javarts cutanös ou tendineux; 3' contre
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les maladies articulaires telles que plaies articulaires, arthrites aigues.
Douches.—On donne lenom de douche ä une colonne d'eau animöe d'une grande vitesse et qui vient frapper avec force la partie oü on la dirige. Quand le jet est entier, la douche estdite en co/onlaquo;e; quand il est divisö enun nombre plus ou moins considerable de filets, on l'appelle douche en pluie.
Les appareils ä l'aide desquels on administre des douches sont nombreux. On pent se servir de la seringue ordinaire, de la pompe de jardinier, d'une pompe ä incendie ou de tout autre appareil fournissant un jet liquide assez fort.
Les douches agissent par un double mecanisme: 1deg; elles produisent les elfets ordinaires de l'eau; 2deg; elles agissent mecaniquement sur les tissus. Gelte derniere action devient .souvent tres importante, surtout pour prodiiire la röaction.
Les douches ginSrales sont indiquöes pour produire ^ax reaction la suractivite des fonctions. Le bon fonc-tionnement de la peau et sa faible impressionnabilit4 au froid sont des conditions tres favorables au maintien de la sante et ä la guörison des maladies congestives ou inflammatoires de lout genre. Les douches realisent ces^ deux conditions quand elles sont appliquees dans dfr bonnes conditions.
Quand on veut doucher un cheval, il faut diriger le jet liquide d'abord sur les membres de has en haut, puis sur la tele, et enfm sur le reste du corps; il doit arriver perpendiculairement aux surfaces frappöes et autant que possible ä rebrousse-poil, de maniere ä agir directement sur la peau; il convient aussi d'insister sur les regions depourvues de poils, commele perinöe,. le fourreau, les testicules, les mamelles, etc. Pour dou­cher un cheval, il faut environ de 5 ä 10 minutes. Kaufmann. — Th^rapeutique.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 36
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THERAPEUTIQUE VETEHINAIRE.
Aussilöt apres la douche, il faut secher rapidement l'animal avec des frictions a la paille; puis on le couvre et onlui fait faire un petit excercicejusqu'a production de la reaction. Quand le malade n'est pas en etat de marcher, il faut le couvrir avec de nombreuses couvor-tures apres I'avoir fortement bouchonne.
Reaction. — Toules les fois que les applications d'eau froide sont faites pendant un temps tres court, il se pro-duit bientöt apres une suractivite de la circulation dans le t^g-ument culane. Ge retour des fonctions de la peau, qaii alors sont tres activees, constitue la reaction. G'est apres la douche qu'elle apparaitle mieux et leplus vite. Quand la reaction apparait, la peau devient chaude, eile rougit sensiblement, une legere diaphorese se produit, les muqueuses se colorent, le pouls devient plus ferme et plus regulier, la respiration plus ample, plus facile; le sujet est gai, ses mouvements sont faciles et les digestions sont plus rapides et plus com­pletes. Generalement on fait une application par jour; on peut en fairc deux quand la reaction est facile.
La reaction peut encore elre obtenue avec Venvelop-pement humide. II consiste ä recouvrir le corps nu avec un drap ou une couverlure trempec dans I'eau froide ettordue, et ä mettre par-dessus plusieurs couvertures pour provoquer la reaction; au bout d'un temps va­riable, cette reaction se declare et quelquefois la peau se couvre de sueur. Ge moyen est mis souvent en usage par certains veterinaires elrangers; il donne d'excel-lents resullals quand les animaux sont tondus. L'enve-loppement humide ainsi que la reaction produite par la douche peuvent remplacer I'application des revulsifs dans le traitement des maladies internes au debut. Ges moyens hydrotherapiques ont I'avantage do ne pas tarer les animaux, tout en etant tres efficaces.
La reaction produite par I'application d'eau froide, sui-
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vant un des procedös ci-dossus, est indiquee dans toutes les maladies inflammatoires internes qui ont pour cause un refroidissement de la peau ; eile est indiquöe aussi pour retablir la circulation, activer la nutrition dans les tumeurs froides, les phlegmons froids et faciliter leur rösorplion. Les douches constituent un des traitements les plus efficaces contre les grandes nevroses,le tetanos, Timmobilite, la choree, l'epilepsie, le tic, etc. Dans l'anasarque les douches et la production de la reaction doivent aussi avoir un heureux rösullat.
M. Barry, vötörinaire de Paris, a guöri un cheval de la flövre typhoi'do. Le sujet malade est amenö dans la cour, on lui verse sur le corps et les jambes quatre ou cinq seaux d'.eau froide qui l'inondent instantanement, puis deux aides räclent la peau avec un couteau de chaleur; ensuite on essuie l'animal avec des lingesetdes eponges, et on le couvre de plusieurs couvertures sous la pre­miere desquelles on a place une couche de paille, et il est rentre äl'^curie. Peu de temps apres, la reaction se produit. II faut renouveler ce traitement deux fois par jour.
Ean fratche (16 ä 20deg;).
L'eau fratche possede identiquement les mömes pro-prietös quo l'eau froide, mais ä un moindre degrö. Mise en contact avec la peau, eile produit une sensation de fraicheur agreable; la partie oü on l'applique pälit, se refroidit et devient moins sensible, mais tous ces effets sont moins prononcös qu'avec Teau froide. L'application peut etre prolongöe indööniment sans amener la mor­tification. La temperature de la partie ne s'abaisse que moderement, de sorte que la vitalite des tissus, quoi-que diminuee, ne menace pas de s'eteindre. Quand l'application est interrompue, la reaction qui apparalt
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apres chaque temps de suspension est beaucoup moins intense qu'avec l'eau froide.
En rösume, les effets de l'eau fralche sont de möme nature que ceuxde l'eau froide, mais ils sont plus ibo-der^s.
Les modes d'administration de l'eau fraiche sont ceux que nous venons d'etudier pour l'eau froide. A l'inte-rieur, l'eau fraiche est prise en boissons; eile est rafral-chissante et favorable ä la digestion.
On emploiera l'eau fraiche en therapeutique dans les memes cas que l'eau froide; eile est möme exclusive-ment employee quand on veut prolonger l'application, comma par exemple dans les irrigations continues.
Hau tieile.
L'eau tifede produit sur les tissus des effets relä-chants, emollients. Elle gonfle l'öpiderme, le rend plus epais et plus etendu, d'oü resultent des plis comme si la peau etait maceree et avait perdu toute elasticity. Apres ladessiccationdu point medicaments, l'epiderme se detache souvent par plaques furfuracöes en entral-nant les poils qui le traversent.
A l'interieur l'eau tiede produit les meines effets de-bilitants et relächants sur le tube digestif; eile entrave k la longue les fonctions de l'estomac et de l'intestin. Chez les carnivores eile determine le vomissement. A eile seule, eile peut remplacer la plupart des emol­lients.
Kau cliaudc.
L'eau chaude appliquee ä la surface de la peau pro­duit une sensation de chaleur d'autant plus intense et plus penible que l'eau est plus chaude. L'eau modörö-ment chaude agit comme un rubefiant, c'est-ä-dire
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qu'elle produit la rougeur de la peau, de la douleur et du gonflement. L'effet immßdiat de l'eau chaude, c'est de faire pälir la partie sur laquelle on l'applique, mais cet effet est fugace et est remplace bientöt par la rou­geur, la chaleur, la sensibility. Une application prolon-göe d'eau chaude amene une veritable inflammation comme celle produite par les ruböflants et mesme les vesicants.
Introduite dans le tube digestif, l'eau moderement chaude agit d'abord comme un stimulant energique; mais cet effet est de courte duree; et, si un principe aro-matique ne vient pas le continuer, un effet debilitant en est bientot la consequence. Aussi l'eau chaude ne sert-elle pour l'usage interne que comme vehicule des breuvages de diverses natures.
Effets therapeutiques. — L'eau moderement chaude a une action emolliente legerement excitante. On peut l'employer en bains prolonges pour faciliter le gonfle­ment inflammatoire et pour nettoyer les plaies. On l'emploie aussi avantageusement pour le phlegmon, le javart cutane. En Allemagne, on en fait un frequent usage dans les cas de non-delivrance chez la vache. On injecte de l'eau chaude en grande quantite dans la ca-vite de la matrice, soit au moyen d'une seringue, soit au moyen d'un tube de caoutchouc. L'eau distend la matrice, excite des contractions et determine bientöt l'expulsion des membranes foetales. Ce precede de de-livrance artiflcielle doit etre designe ä l'attention des völörinaires frangais; il pourra leur rendre de grands services.
Les proprietes rubefiantes de l'eau chaude sont uti-lisees quelquefois pour amener une derivation du sang a la peau. On emploie les affusions d'eau chaude dans les cas d'indigestion, de tympanite, de peritonite, d'en-terite, de nephrite, de cystite, etc.
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Kau boalllante.
L'eau doit etre considöröe cömme bouillante quand sa temperature est au-dessus de 80deg;. Elle est tres irri-tante pour tons les tissus; eile amöne tres rapidement une eschariflcatlon plus ou moins profonde de la peau, surtout lorsque celle-ci est fine. Lorsque son action est tres courte ou lorsqu'elle est lögerement refroidie, eile provoque la formation d'ampoules remplies de liquide, semblables ä celles provoquöes par le vösicatoire. La peau devient rouge, enflammöe, chaude et douloureuse. Au lieu d'appliquer directement l'eau bouillante sur la peau, on emploie souvent nn marteau que Ton trempe dans l'eau jusqu'ä ce qu'il ait pris la temperature de celle-ci (marteau de Mayor).
Toici les rösultats que j'ai obtenusavec ce marteau :
1deg; Les poils 6tant coupes, le marteau chauffe ä 80deg; est applique sur le cöte droit de l'abdomen d'un chien age d'un an. On maintient le marteau en contact avec la peau en exer^ant une pression legere. L'application dure cinq minutes. Pendant I'operation la peau est tres blanche sous le marteau; au pourtour, il se forme un bourrelet rouge qui fait saillie. Une heure apres l'appli­cation, le point de la peau touchö par le marteau con­serve sa päleur, le bourrelet periphcrique est moins eleve, sa crßte est rouge et de chaque cote k la base il y a une ligne blanche. Toute la partie chauffee proö-mine un peu sur les parties voisines ; il y a gonflement.
Le lendemain, peau toujours päle, engorgement plus prononce.
Deux jours apres, la partie chauffee est eliminee comme une eschare. 11 reste une plaie profonde, sup-purante. Un mois apramp;s, la plaie 6tait cicatrisee, mais les poils n'avaient pas repousse.
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2deg; Marteau ä 60deg;; application pendant cinq minutes sur la partie inferieüre de la poitrine d'un chien. Pen­dant I'application, rougeur tres forte sur toute la sur­face touchee par le marteau. Apres l'opöration, gonfle-ment rapide avec formation d'une phlyctene qui laisse suinter un liquide sereux transparent. Le lendemain engorgement volumineux et rougeur tres prononcöe. Les jours suivants, il y a une plaie legerement suppu-rante. Apres un mois^ cicatrisation complete, mais absence de poils.
3deg; Marteau chauffe a Go0; application pendant une minute sur la partie laterale de la poitrine d'un chien. Les effets sont sensiblement les memes que ceux pro-duits par le marteau chauffe ä 60deg; et applique pendant cinq minutes.
4deg; Marteau chauffe ä 55deg;; application durant cinq mi­nutes. Rougeur pendant l'operation. Päleur quelques minutes apres. Le lendemain legere rougeur, legere phlyetöne. Les jours suivants l'epiderme s'exfolie et se rögenere sans persistance d'aucune cicatrice.
S0 Marteau chauffe a 50deg;; application dure cinq mi­nutes. Rougeur de la peau pendant I'application; päleur quelques minutes apres. Les jours suivants leger soule-vement epidermique, suivi de regeneration rapide.
Des experiences faites sur l'äne m'ont donne des re-sultats semblables. Quand on veut se servir du marteau pour faire des applications de chaleur, il faut tenir compte du volume du marteau, de son degre de tem­perature, de la durce de I'application et de l'epaisseur de la peau. Dans mes experiences, je me suis servi d'un marteau de marechal de volume ordinaire; les appli­cations ont etö faites sur la partie inferieüre ou laterale de l'abdomen et du thorax.
D'apres les essais precedents, la temperature de 53 a 60deg; est la plus convenable avec une duröe d'application
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THERÄ.PEUT1QÜE VETERINAIRE.
de cinq minutes, pour produire des effets revuhifs. Lorsqu'on n'ä pas besoin de limiter exactement 1'action on pent projeter directement l'eau bouillante ä la sur­face de la peau. Mais comme on est exposö ä des brü-lures profondes, il vaut toujours mieux avoir recours au marteau de Mayor chauffe ä une temperature döter-minee.
Indications. — Les indications de l'eau bouillante sont celles des rövulsifs en general. On produit une rö-vulsion rapide eteconomique avec l'eau bouillante dans l'enterite suraigue, l'enterorrhagie, la pneumonie, la pleuresie, surtoulchez les animaux de l'espece bovine.
Vapeur d'ean.
Les effets de la vapeur d'eau varient avec sa tempera­ture. Si la vapeur s'est condensee en gouttelettes d'eau chaude, eile presente les memes effets que cette der-niere, c'est-ä-dire qu'elle est stimulante, rubefiante ou vesicante. Sila condensation est plus prononcee, eile agit ä la maniere de l'eau tiede, c'est-ä-dire qu'elle estemol-liente.
Usages. — On emploie souvent la vapeur d'eau pour provoquer la transpiration cutanee. Au debut de toutes les maladies internes, on peut utilement faire usage de la vapeur d'eau pour ranimor les fonctions du tegument cutane et pour produire une derivation du sang. Les douches de vapeur ou d'eau chaude altern'ees avec des douches froides sont heroiques contre les rhumatismes musculaires ou articulaires.
La vapeur d'eau est souvent employee en inhalations dans les maladies calarrhales des voies respiratoires.
Administration. — La vapeur oblenue par ebullition de l'eau est dirigee sur la partie malade nue ou recou-verte d'une couverture, suivant le degre de chaleur de
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la vapeur. Gomtne un foyer de chaleur est souventdan-gereux dans une öcurie, on pent faire degager de la vapeur d'eau, en versant de l'eau sur des morceaux de chaux vive. Pour donner un bain de vapeur ä un animal on le couvre avec des couvertures de laine qui tom-bent jusque sur le sol, et on fait arriver la vapeur sous les couvertures. Pour las inhalations on couvre la tMede l'animal avec un tablier de maniere ä diriger les vapeurs vers les naseaux.
Eleetricite.
L'emploi de l'ölectricite comme moyen curatif est extrßmement restreint en mödecine v6t6rinaire. Les r6-sultats obtenus jusqu'aujourd'hui avec cet agent sont insigniflants et incomplets.
D'ailleurs, plusieurs raisons s'opposeront encore pen­dant longtemps ä l'emploi de l'dlectricitö dans la pra­tique de la mödecine vetörinaire. L'application de l'elec-tricitö necessite des appareils nombreux, compliquäs, ddicats, d'un prix tres 6le\6; eile est difficile et dange-reuse ä cause de l'indocilite des animaux; eile ne donne en gamp;iöral de bons resultats qu'apres un traite-ment longtemps prolongö et qui devient par conse­quent trop coüteux. Toutes ces raisons m'engagent ä garder le silence sur cet agent jusqu'au moment oü des faits precis m'auront dömontrö son utilite.
FIN
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.
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TABLE DES MAT1ERES
Introduction.........#9632;....................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;v
Generalites.............................................. 1-30
Agents therapeutiques................................ 2
Classification.............,.......................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
Administration des medicaments......................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4
1deg; Absorption des medicaments par la peau................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
Methode epidermique..................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
Absorption des gaz...................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; do l'cau et des solutions salines............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; des sels non dissous......................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; des matieres incorporecs aux corps gras ou h des
liquides susceptibles d'adherer h la poau..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7
Conditions qui favorisent I'absorption cutanoo..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; !gt;
HiWiode endermique ou. endermie.......................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'J
2deg; Absorption des medicaments par les muqueuses.........nbsp; nbsp; nbsp; II
A.nbsp; Muqueme digestive.................................nbsp; nbsp; nbsp; U
a.nbsp; Estomac............................................nbsp; nbsp; nbsp; II
b.nbsp; Intestin......................... ..................nbsp; nbsp; nbsp; 12
B.nbsp; Muqueuse respiratoire.................,............nbsp; nbsp; nbsp; 14
C.nbsp; Muqueuses genilo-urinaire, oculaire et auriculaire....nbsp; nbsp; nbsp; !G
3deg; Absorption par le fissu co?ijo7iclif sous-cutanä..........nbsp; nbsp; nbsp; 17
4deg; Absorption par les plaies..............................nbsp; nbsp; nbsp; IS
Squot; Injectioiis inlra-veincuses..............................nbsp; nbsp; nbsp; 1:)
Effets physiologiques des medicaments................nbsp; nbsp; nbsp; 21
Nature des effets pliysiologiques.......................nbsp; nbsp; nbsp; 23
Modifications subies par les medicaments............nbsp; nbsp; nbsp; 55
Cboix des medicaments .............................nbsp; nbsp; nbsp; 27
Dosimetrio.........................................nbsp; nbsp; nbsp; 3;S
Forme des mcdicamcHts.............................nbsp; nbsp; nbsp; 2!)
ocr page 664
648
TABLE DES MAXIERES.
PREMIER GROUPE
Pbemiere classb. — £mollibnts........................... 81-JI
Division.............................................nbsp; nbsp; nbsp; 0,
Effets physiologiques communs......................nbsp; nbsp; nbsp; 32
— therapeutiques.................................nbsp; nbsp; nbsp; deg;deg;
1laquo; Emollients ficulenls...................................nbsp; nbsp; nbsp; 35
Araidon et fecule.................................#9632; • •nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;35-
Dextrine............................................nbsp; nbsp; nbsp; 36
Farine des cereales..................................nbsp; nbsp; nbsp; 36
2deg; Emollients sucris.....................................
Sucre cristallisable.................................nbsp; nbsp; nbsp; 37
Cassonade ou sucpe brut.............................nbsp; nbsp; nbsp; 38
Melasse.............................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;38
Glycose.............................................nbsp; nbsp; nbsp; 38
Sucre de lait ou lactose..............................nbsp; nbsp; nbsp; 39
Miel..............•.................................nbsp; nbsp; nbsp; 39
Reglisse.............................................nbsp; nbsp; nbsp; #9632;**
Eetterave............................................nbsp; nbsp; nbsp; ',
Carotto.............................................nbsp; nbsp; nbsp; *1
Autres racines sucrees...............................nbsp; nbsp; nbsp; laquo;
3laquo; Emollients gommeux..................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;42
Gomme.............................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;**
Adeg; Mucilagineux.......................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;**
Mucilage.............................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;*
Graine de lin...................................... •nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;*5
Racine de guimauve.................................nbsp; nbsp; nbsp; 46
Mauve.............................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;*^
Bourraclie...........................................
Bouillon-blanc ou molfene....... ..........:..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;laquo;
Grande consoude....................................
Figuier de Barbarie................'..................nbsp; nbsp; nbsp; ^
Liehen d'lslande.....................................nbsp; nbsp; nbsp; ^
5raquo; Emollients albuminevx................................nbsp; nbsp; nbsp; ^8
Albumine ou blanc d'ceuf.............................nbsp; nbsp; nbsp; *8
Jaune d'oeuf.........................................
Coquilles d'oeufs.....................................nbsp; nbsp; nbsp; raquo;J*
Gelatine........................*.....................
Fibrine.....................................•.........
Lait.................................................
ocr page 665
TAliLli DES MATlEItES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 6ilt;j
Creme................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ...
...........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;HO
Petit kit................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;eg
0quot; Emollients gras.............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;jg
Huiles grasses..............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; gg
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; — vegötalos...........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;57
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; — animales............................nbsp; nbsp; nbsp; r(jj
Bourro......................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; rj-j
Beurro lie cacao...........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^
Graissc........i...........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; jg
Corps gras noil saponilia'jla*.........................nbsp; nbsp; nbsp; jg
Blanc de baleiuo...............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;jg
Ciro.............................................nbsp; nbsp; nbsp; r,.)
Savons..................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^
Glycerine....................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;gj
Vaseline..................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; na
'o Corps prolcctews...................... .........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; gt
Collodion..............................,..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;6^
Gutta-percha......................................nbsp; nbsp; nbsp; g^
Caoutchouc............ ..,.................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;gg
Poix noire.................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;glaquo;
Platre........................................'. . ..'.nbsp; nbsp; nbsp; 62
Silicate de potasse.............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; -(
Di:uxi£;.HE classe. — TEHPBiiANrs...................... 72-87
Ell'ets physiologiques connmins.....................nbsp; nbsp; nbsp; ii
—nbsp; nbsp; therapeutiquos.................................nbsp; nbsp; nbsp; ij|
Aciclc sulluriquo etontlu.............................nbsp; nbsp; nbsp; 75
—nbsp; nbsp; chlorhydrique ötendu.........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7g
—nbsp; nbsp; azotique diluc.............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7g
—nbsp; nbsp; carbonique...........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7g
—nbsp; nbsp; phosphoriquc liycliatj.....................#9632;. ...nbsp; nbsp; nbsp; 79
—nbsp; nbsp; acetiquo otondu ou viuaigrc...................nbsp; nbsp; nbsp; 79
—nbsp; nbsp; oxaliquc......................................nbsp; nbsp; nbsp; jj-gt;
—nbsp; nbsp; tartriquo..................................nbsp; nbsp; nbsp; (.2
—nbsp; nbsp; citriquo et i;i..1.i4:i :...................... _nbsp; nbsp; nbsp; ^
—nbsp; nbsp; lactique.......................... ......nbsp; nbsp; nbsp; j;j
Oxalato do pdt'aVse............................nbsp; nbsp; nbsp; g -,
Bitartrafe do |-.öfasVj .....................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; $/.
Tartro-borale de potasse.....................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; gr
Osoillo........,.........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;„r
Pelit-lait aigri.., '............ ............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; og
Lait do beurrc............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; om
37
ocr page 666
650nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TABLE DES MVTIERES.
TROISIKME CL*SSE. — ASTRIXGENTS....................... 88148
Proprietes physiologiques communes................nbsp; nbsp; nbsp; 88
Indications th4rapeutiques..........................nbsp; nbsp; nbsp; 9|
1deg; Astringents miniraux..............................•nbsp; nbsp; nbsp; 91
Alun..............................................nbsp; nbsp; nbsp; 92
Sulfate de zinc................................. ••nbsp; nbsp; nbsp; 95
Protosullate de fer.................................nbsp; nbsp; nbsp; 97
Perchlorure de fer..................................nbsp; nbsp; nbsp; 99
Tartrate de protoxyde do fer ci do potassc.............nbsp; nbsp; 103
Acetate de plomb....................................nbsp; nbsp; 104
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;neutre de plomb, iucro do Satanic............nbsp; nbsp; 104
Sous-acötate de plomb, extrait de Saturne............nbsp; nbsp; nbsp;107
Acetate de cuivre...................................nbsp; nbsp; nbsp; 109
neutre de cuivre, \ crdct.....................nbsp; nbsp; 109
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; bibasique de cuivre, vert-de-gris............nbsp; nbsp; 109
Chaux.............................................nbsp; nbsp; 112
Acetate do clianx...............................:#9830;nbsp; nbsp; 116
2deg; Astringents vigdtaux.......*......................nbsp; nbsp; 116
Acido tannique.....................................nbsp; nbsp; nbsp;116
—nbsp; nbsp; nbsp;gallique........................... #9632; • •nbsp; nbsp; t34
Cacliou...........................................nbsp; nbsp; 124
Goiuine-kiro...............................•#9632; • •nbsp; nbsp; 125
Sang-dragon....................................nbsp; nbsp; 125
Noix de galle..................................nbsp; nbsp; 126
ficorce de ch6iio.....................................nbsp; nbsp; 126
Autres ecorces aslrlugentes........................nbsp; nbsp; 120
Racine de ratanhia................................nbsp; nbsp; 127
Racines indigenes aitriiigcnlcs.......................nbsp; nbsp; 127
Feuilles de aoycr et brou de noix..................nbsp; nbsp; 127
Atltres feuilles indigfenes astringentos..............nbsp; nbsp; 128
Fleurs astringentes..................................nbsp; nbsp; 128
Fruits astringents..................................nbsp; nbsp; 128
3deg; Astringents pyrogenes ..............'...............nbsp; nbsp; 12D
Creosote ou kreosote...............................nbsp; nbsp; 129
Goudron vegetal.............................'#9632; #9632;nbsp; nbsp; nbsp;131
Huile de cade.................•#9632;.................nbsp; nbsp; 135
Suie....................................••• •• •••nbsp; nbsp; 135
Charbon de bois. .. ^..........................'......nbsp; nbsp; 136
Benzine............ • #9632;• ........................nbsp; nbsp; 137
Petrole............................ ................nbsp; nbsp; 139
Acide plieiuquo.....................................nbsp; nbsp; 141
Goudron miudral........ .......#9632;#9632; #9632;#9632;#9632;...............nbsp; nbsp; nbsp;1*6
ocr page 667
TABLE DES MAXIERES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;651
QüATRIBUE CI.ASSE. — CAÜSTrQBES POTENTIELS................nbsp; nbsp; nbsp; 149
Division...........................................nbsp; nbsp; 149
Effets communs :i tous les caustiques..................nbsp; nbsp; nbsp;150
Indications gönöralos...........................nbsp; nbsp; nbsp;152
1deg; Caustiques coagulants........ ........'..............nbsp; nbsp; nbsp;153
Acido sull'uriquo..................................nbsp; nbsp; 153
—nbsp; nbsp; azotique......................................nbsp; nbsp; 15G
—nbsp; nbsp; chlorhydi'ique.................................nbsp; nbsp; 158
—nbsp; nbsp; cliromiquo.....................................nbsp; nbsp; nbsp;158
Nitrate d'argent............................. .......nbsp; nbsp; 160
Protochlorure d'antimoinc..........................nbsp; nbsp; 165
Clilorure do zinc.....................................nbsp; nbsp; 167
Biclilorure de mercure, subliiufi corrosif...............nbsp; nbsp; 1C9
Nitrate de mercure...................................nbsp; nbsp; 174
Sulfate de cuivre.....................................nbsp; nbsp; 175
Chromate de potasse.................................nbsp; nbsp; 180
3deg; Caustiques fluidifianls.................................nbsp; nbsp; 181
Potasse caustique....................................nbsp; nbsp; 18quot;i
Soude caustiquo.....................................nbsp; nbsp; 184
ClNQÜlEME CLASSE. — Iriutants cutanks.................. 185-246
1deg; Medicaments rubifianls...............................nbsp; nbsp; 185
Tffets comrauns......................................nbsp; nbsp; 185
—nbsp; nbsp; tliörapcutiques.................................nbsp; nbsp; 190
Moutarde noire......................................nbsp; nbsp; 191
Essence de terebenthine..............................nbsp; nbsp; 199
Agave d'Amerique....................................nbsp; nbsp; 206
Huilo de poisson....................................nbsp; nbsp; 20G
Fourmis.............................:..............nbsp; nbsp; 207
Acide pheniquc......................................nbsp; nbsp; 1 il
2deg; Vdsicants ou ipispastiques.............................nbsp; nbsp; 207
Effets communs......................................nbsp; nbsp; 207
Emploi tlierapeutique................................nbsp; nbsp; 213
Canlharides.........................................nbsp; nbsp; 214
Euphorbo...........................................nbsp; nbsp; 221
ficpcce de garou.....................................nbsp; nbsp; 224
Thapsia.............................................nbsp; nbsp; 220
Ellebore noir........................................nbsp; nbsp; 229
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; blanc........................................nbsp; nbsp; 233
V^ratrine........,........................,,.........nbsp; nbsp; 233
ocr page 668
II i
Gö2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TABLE URS MAT1KRES.
Do I'ammoniaque liquide, akali volalil............'___nbsp; nbsp; 239
Phospliorc.........................................nbsp; nbsp; 2'iG
SlXIEME CLASSEi — VOMITIFS ............................ t.quot;r-?C9
Kffots physiologiques communs........................nbsp; nbsp; 250
Kmploi tlicrapoutique...............................nbsp; nbsp; 251
Classification........................................nbsp; nbsp; 252
Racine d'ipccacuanhn.................................nbsp; nbsp; 252
finietino.............................................nbsp; nbsp; 253
Apomorphinc........................................nbsp; nbsp; 257
Emetique............................................nbsp; nbsp; 2G0
Sf.ptikmf, classe. — Piirgatifs.......................... i'D-SOS
Kffcts communs..............................;.......nbsp; nbsp; 271
Applications tlu'rapeutiqucs..........................nbsp; nbsp; 272
Precautions ä prendre avant, pendant ot apros In purga­tion ...............................................nbsp; nbsp; 273
Division des purgatifs................................nbsp; nbsp; 274
Iquot; Vurgalifs laxatifs....................................nbsp; nbsp; 274
Magncsio calcince....................................nbsp; nbsp; 274
Carbonate de magnesie...............................nbsp; nbsp; 275
Citrate do magncsio..................................nbsp; nbsp; 275
Moutarde blanche..............'......................nbsp; nbsp; 27C
Huile de ricin.......................................nbsp; nbsp; 276
Manne.'.............................................nbsp; nbsp; 278
Casse........................................ ......nbsp; nbsp; 279
famarin.............................................nbsp; nbsp; 28!)
2deg; Purgaliß minoraliß..................................nbsp; nbsp; 280
Mecanisme de la purgation...........................nbsp; nbsp; 280
Sulfato do soude..................................;..nbsp; nbsp; 281
Phosphate do soude..................................nbsp; nbsp; 284
Sulfate neiitie do potasso.............................nbsp; nbsp; 285
— do magnesie..................................nbsp; nbsp; 285
3raquo; Purgatifs cathartiques.............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;280
Protochlorure de mcrcurc, calomel.......... ......nbsp; nbsp; 280
Nerprun purgalif.....................................nbsp; nbsp; 289
Rhubarbe............................. .............nbsp; nbsp; 200
S6ne................................................nbsp; nbsp; 291
Alofes...............................................nbsp; nbsp; 293
4quot; Puigati/'s drasliques.....:............................nbsp; nbsp; 296
Jalap...............................................nbsp; nbsp; 297
ocr page 669
TABI.K DES MAXIERES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 653
Bi-yone..............................................nbsp; nbsp; 39S
Gomme-gutte'........................................nbsp; nbsp; 293
Podopbyllinum.......................................nbsp; nbsp; 300
Huilo de crotou tiglium..............................nbsp; nbsp; 302
Graines de crotou tiglium.............................nbsp; nbsp; 305
HWTJEME CLASSE. — ANTIl'AIlASITAinES.................... 30C-82I
1quot; Antieefozoaires........................................nbsp; nbsp; 306
Poudre ir.scclicide ou fleurs de pyröllirc..............nbsp; nbsp; 30C
Benzine et autrcs pyrogönös..........................nbsp; nbsp; nbsp;137
Styrax...............................................nbsp; nbsp; 301
Baume du Pcrou.....................................nbsp; nbsp; 308
Sulfuro de potasse...................................nbsp; nbsp; 309
2quot; Antienlozoaires............................'...........nbsp; nbsp; 311
Mousse de Corse.....................................nbsp; nbsp; 312
Semen-contra........................................nbsp; nbsp; 312
Fougere male........................................nbsp; nbsp; 314
ficorce do racinc de grenadier.........................nbsp; nbsp; 315
Kousso..............................................nbsp; nbsp; 317
Kamala.............................................nbsp; nbsp; 318
lluilo empyreumali(|U0...............................nbsp; nbsp; 318
Mrcvieme ci.assk, — Desixfectaxts............,.............nbsp; nbsp; 322
Division.............................................nbsp; nbsp; S22
Chlore.............................................nbsp; nbsp; 323
Eau chlorce........................................nbsp; nbsp; 355
Chlorure de chaux...................................nbsp; nbsp; 32C
Autrcs chlorures.......................... ..........nbsp; nbsp; 327
Brotne.............................................nbsp; nbsp; 128
Siillite et hyposulfite clo soiulo.........................nbsp; nbsp; 329
Permanganate do potasamp;n..........................., .nbsp; nbsp; 330
Acide salicylique.....................................nbsp; nbsp; 333
Salicylatc de soude..................................nbsp; nbsp; 336
Acido boriquc.......................................nbsp; nbsp; 336
Borato de soude.....................................nbsp; nbsp; 337
Action do certaiues substances sur )e cliarbon sympto-
matiquc...........................................nbsp; nbsp; 33 i
Action de cortaines substances sur le virus du rouget
du pore...........................................nbsp; nbsp; 340
ocr page 670
654
TABLE DES MATIERES.
DmEMK CLASSE. — EXCITANTS...............................nbsp; nbsp; nbsp;341
A.nbsp; Sets ammoniacaux..................................nbsp; nbsp; 34^
Carbonate d'ammoniaque.............................nbsp; nbsp;,341
Chlorhydrate tVammoniaquo..........................nbsp; nbsp; Si-J
Acetate d'ammoniaf|uo.,..............................nbsp; nbsp; 3} 5
B.nbsp; Alcooliqws.........................................nbsp; nbsp; 3i(j
Alcool ou esprit-de-vin...............................• 340
C.nbsp; Matteres aromaliques___............................nbsp; nbsp; 350
Mantes do la famille des Labiöes.....................|nbsp; nbsp; 350
Essence de lavande..................................,nbsp; nbsp; 352
D.nbsp; Plantes tie la famille des Ombellißrm................nbsp; nbsp; 353
Baciues aromatiques.................................nbsp; nbsp; 353
Angeliquc...........................................nbsp; nbsp; 353
Semences aromatiques................................nbsp; nbsp; 35i
E.nbsp; Epices.............................................nbsp; nbsp; 354
Cannelles...........................................nbsp; nbsp; 354
Poivres..............................................nbsp; nbsp; 355
Poivre noir..........................................nbsp; nbsp; 355
Noix rauscado........................................nbsp; nbsp; 357
Clou do girofle ou girofli-.............................nbsp; nbsp; 357
Gingembre..........................................nbsp; nbsp; 357
Anis etoilo ou badiane................................nbsp; nbsp; 358
F.nbsp; Excitants gdneraux amers...........................nbsp; nbsp; 358
Camomille romaino...................................nbsp; nbsp; 358
Succedanees de la camomille.........................nbsp; nbsp; 359
Grande absintbe.....................................nbsp; nbsp; 359
Succedanees de la graude absintlie....................nbsp; nbsp; SCO
Arnique des raontagnes..............................nbsp; nbsp; 361
Pyrethro............................................nbsp; nbsp; 362
AunSe...............................................nbsp; nbsp; 362
Rhizome d'acore vi-ai.................................nbsp; nbsp; 363
Baies de gonievre............................raquo;.,.....nbsp; nbsp; 364
Cafe................................................nbsp; nbsp; 365
Gafeine..............................................nbsp; nbsp; 367
Sorpentaire de Virginio...............................nbsp; nbsp; 371
Gascarillo...........................................nbsp; nbsp; 371
Raifort sauvago......................................nbsp; nbsp; 372
ONZIEMK CLASSE. — ANESTHESIQrES LOCtUX....................nbsp; nbsp; nbsp; 374
Cocaine.............................................nbsp; nbsp; 374
ocr page 671
TABLE DES MATIfiRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;63Ö
DEUXlfiME GROUPE
Premiere classe. — Tomqijes.......... ................ 380-4'J2
Division....................... ....................nbsp; nbsp; 38raquo;
1deg; Toniques male/itigiies.................................nbsp; nbsp; 381
Femigineux.........................................nbsp; nbsp; 38quot;i
PrtSpai'ations forrugineuies...........................nbsp; nbsp; 388
Fer metalliqui'.......................................nbsp; nbsp; 388
Oxydes de fer..............................',.........nbsp; nbsp; 389
Sulfure do for........................................nbsp; nbsp; 390
Perclilorure de for...................................nbsp; nbsp; 399
Carbonate de fer ....................................nbsp; nbsp; 390
Sulfate de fer........................................nbsp; nbsp; 391
Autres sels de fer....................................nbsp; nbsp; 391
Eaux minörales ferrugineuses.........................nbsp; nbsp; 391
Sels de manganese...................................nbsp; nbsp; 391
Huile de foie de moruc...............................nbsp; nbsp; 392
Chlorure de sodium..................................nbsp; nbsp; 394
Chlonire de potassium...............................nbsp; nbsp; 399
2deg; Toniques nevrosthmiqnm...............,...............nbsp; nbsp; 399
Quinquina...........................................nbsp; nbsp; 399
Quinine.............................................nbsp; nbsp; 40'
Poudre de quinquina................................nbsp; nbsp; nbsp; 408
Cinclionine et ses sels................................nbsp; nbsp; 409
Fiacine do gentiane...................................nbsp; nbsp; 410
Pelite centaunSe.....................................nbsp; nbsp; 412
ficorce do saule blanc................................nbsp; nbsp; 412
Houblon.............................................nbsp; nbsp; 4M
Arsönicaux.............................'.............nbsp; nbsp; 414
Acida arscnieux......................................nbsp; nbsp; 415
Deuxiemb classe. — Alterants......................... 423-456
Division..............................................nbsp; nbsp; 423
1deg; AlUrants alcalins.....................................nbsp; nbsp; 453
Carbonate de sonde...........;......................nbsp; nbsp; 428
Bicarbonate de soudo................................nbsp; nbsp; 430
Sels de potasse......................................nbsp; nbsp; 431)
Carbonate de potasse.................................nbsp; nbsp; 431
Chlorate de potasse..................................nbsp; nbsp; 432
Nitrate de potasse....................................nbsp; nbsp; 433
Sels de chaux........................................nbsp; nbsp; 435
ocr page 672
656nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TABLE DES MATIERES.
Carbonate de cliam..................................nbsp; nbsp; 435
Sels do litliine.......................................nbsp; nbsp; 436
T A Uertmls mercuriaux............... .................nbsp; nbsp; 430
Mercure inetallique..................................nbsp; nbsp; 410
Sull'ures do mercure..................................nbsp; nbsp; 443
Protoclilorure de morcur J............................nbsp; nbsp; 287
Bichlorure de mercure...............................nbsp; nbsp; 1G9
Deutoxyde do mercure...............................nbsp; nbsp; 444
3deg; Allirants iodis........................................nbsp; nbsp; 445
lode............................................___nbsp; nbsp; 445
lodoforme............................................nbsp; nbsp; 448
lodure de potassium.................................nbsp; nbsp; 449
Protoiodure de mercure. ............................nbsp; nbsp; 453
Biiodure de mercure................................nbsp; nbsp; 453
lodure de plomb.....................................nbsp; nbsp; 454
Bromures...........................................nbsp; nbsp; 454
Bromurc do potassium...............................nbsp; nbsp; 455
Tkoisikme classe. — Anesthesiques.........................nbsp; nbsp; 457
Historique...........................................nbsp; nbsp; 457
Proprietcs generales des anesthesiquos................nbsp; nbsp; 45!)
Administration des anestlicsiques.....................nbsp; nbsp; 460
Anestlicsie des solipedes.............................nbsp; nbsp; 461
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; dos carnivores............................nbsp; nbsp; 401
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; du chat et du lapin.......................nbsp; nbsp; 462
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;dos oiseaux..............................nbsp; nbsp; 402
Effets pliysiologiques des anesthesiquos...............nbsp; nbsp; 4G2
Accidents qui survionnont pendant ranesthosio.........nbsp; nbsp; 465
Action intime des anesthesiquos......................nbsp; nbsp; 467
Indication dos anosthesiqurs..........................nbsp; nbsp; 468
Ether sulfurique.....................................nbsp; nbsp; 468
Chloroformc.........................................nbsp; nbsp; 471
Chloral.....................................'.........nbsp; nbsp; 476
Theorie de Faction du chloral.........................nbsp; nbsp; 478
Emploi cliuiquo du chloral............................nbsp; nbsp; 47!)
InjccUons intra-tracheales.............:.............-,.,nbsp; nbsp; 480
QüATftlEME CLÄSSE. — Hl'PXOTlQÜES ET CALHANTS............WT* 484
Opium............................................'..nbsp; nbsp; 48t
Morphine et scs sels.................................nbsp; nbsp; 485
Corlcino.............................................nbsp; nbsp; 492
ocr page 673
TAßLR DES MATlftRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;C;i7
JVarcöiue............................................nbsp; nbsp; /,9s
Nai-cotine. Thebalnc. PapavölMne...................... 10 i
Acide c/anhydi-iciue..................................nbsp; nbsp; V,)l
Etfeis pliysiologir|ior..................................nbsp; nbsp; 4y5
Elimination..........................................nbsp; nbsp; ^93
Mode d'action........................................nbsp; nbsp; .',98
Autopsie............................................nbsp; nbsp; .',!)9
Indications thörapentlqncs............................nbsp; nbsp; nbsp;599
Antidotes...........................................nbsp; nbsp; 7,99
fyanuro du potassium................................nbsp; nbsp; ,-,01
'J'abac...............................................nbsp; nbsp; r:o:j
Nicotine.............................................nbsp; nbsp; 593
Grande eign i1........................................nbsp; nbsp; .-,10
Cicutine.............................................nbsp; nbsp; .',10
Cui-are..............................................nbsp; nbsp; 515
Camphro............................................nbsp; nbsp; 518
Racine de valöriano..................................nbsp; nbsp; 5? 1
Assa foetida.........................................nbsp; nbsp; örl
ClNQtllKME CI.ASSE. — flYP15RESTHl5siQUES......................nbsp; nbsp; nbsp; 520
fiserine..............................................nbsp; nbsp; 530
Föve do Calabar.....................................nbsp; nbsp; 5:!3
Strychnine..........................................nbsp; nbsp; 534
Brucino.............................................nbsp; nbsp; 514
Iguasurine...........................................nbsp; nbsp; 515
Noix vomiquo........................................nbsp; nbsp; 515
Aconitino...........................................nbsp; nbsp; 518
Aconit..............................................nbsp; nbsp; 554
SlXIKME Ct.lSSB. — TONIQUES VASCCJLO-CARDIAQOES...............nbsp; nbsp; nbsp; 550
Digitale pourpröo....................................nbsp; nbsp; 550
Fouilles de digitale...................................nbsp; nbsp; 557
Digitaline...........................................nbsp; nbsp; 539
Indications tlicrapeut!ques de la digitaline..............nbsp; nbsp; 507
SEPTIBraquo;H^J,ASSE. — ANTISliCRETOinER........................nbsp; nbsp; nbsp;570
Belladone...........................................nbsp; nbsp; 570
Atropine............................................nbsp; nbsp; 571
Mecanismo de la mydria o............................nbsp; nbsp; 573
Effets generaux......................................nbsp; nbsp; 574
ocr page 674
öSSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TABLK DES MATIERES.'
Jusquiame................................;..:.:...nbsp; nbsp; 580
Hj'oscyamine.........................r....... j..'.'. .gt;.nbsp; nbsp; 581
Stramoine..................................•; .. .7;..!.nbsp; nbsp; 581
.
Hl'ITIEME CI.ASSE. — HvPEBSficilliTOIUF.?.......;..............'.nbsp; nbsp; nbsp; 582
1quot; Sudorifiques........;...........................:..-. .,t...nbsp; nbsp; 582
Pilocarpine................................,.........nbsp; nbsp; 582
.taborandi..........................................nbsp; nbsp; 590
Fleurs dB sui-eau.............................. •.......nbsp; nbsp; 590
Fleurs de tillciil......................................nbsp; nbsp; 592
Soufro..........................!...................nbsp; nbsp; 592
Baies de geniovre....................................nbsp; nbsp; 599
Sels ammoiiiacaux .....'...........................nbsp; nbsp; 596
2deg; Expectoianls.........................................nbsp; nbsp; 599
Sulfures d'antimoino................................nbsp; nbsp; 599 .
Soufre dore d'antimoine...........................nbsp; nbsp; 600
Effets physiologiques cnmmuns.......................nbsp; nbsp; 600
3quot; Diuretiques...........,..............................nbsp; nbsp; 603
Baies de geniivrc....................................nbsp; nbsp; 603
Nitrate de potasso..................................nbsp; nbsp; 603
Digitale et digitaline.................................nbsp; nbsp; 603
Scille maritime......................................nbsp; nbsp; 603
Colchicine........................................nbsp; nbsp; 607
Colchique d'automne................................nbsp; nbsp; 611
Xeov.'eme classe. — Emmknagogues. .......................nbsp; nbsp; 613
Seigle ergote.....................................nbsp; nbsp; 613
Rue des jardins......................................nbsp; nbsp; 617
Sabine.............................................nbsp; nbsp; 618
quot;Sotk. Hain antipsoriqite de Zundel......................nbsp; nbsp; 618
Appendice. — Eaü et hydrothebapie...................nbsp; nbsp; 621
Eau..........................................nbsp; nbsp; 621
Ifydrothörapie ....................,*................nbsp; nbsp; 625
Proprietes physiques et chimiques de l'eau..........nbsp; nbsp; 628
1deg; Glace. — Eau froide.............................. .. 629
Effets physiologiques................................ 629
Mode d'administralion de l'eau................... 631
Bains.............................................. 631
Lotions...................,..,,,.....,.............. 633
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TABLE DES MAXIERES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;6ö9
Fomentations........................................nbsp; nbsp; C33
Affusions....................... ................nbsp; nbsp; 533
Irrigations................................. .....nbsp; nbsp; G33
Douches...........................................nbsp; nbsp; (j36
Reaction................................. .......nbsp; nbsp; 0:1C
2raquo; Hau fraiche........................................nbsp; nbsp; 637
Eautiede....................................... . ..nbsp; nbsp; gsg
Eau chaude............................... .....nbsp; nbsp; ggg
Eau bouillanlc...................................nbsp; nbsp; 640
Vapeur d'eau....................................nbsp; nbsp; 64:[
filectricite.................................. #9632;nbsp; nbsp; 644
#9632;
-
FIN DE LA TABLE DES MAT1ERES.
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3742-80 — ConaniL. Typ.atSter. Cäirt.
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