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ENGYGLOPEDIE SC1ENTIFIQUE
DES
AIDE-MEMOIRE
SOUS LA DIRRCTION DB M. LÖAUTÖ, WeMBRE DE L*IN3T1TUT
Nocard — Lob Tuberculoses animales
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Ce volume est une puhlicalion de I'Encyclopddie scieniifiqrte des Aide-Memoire; F. Lafargue, ändert dleve de l'Ecole Poly technique, Secrilaire giniral, 46, rue Jnuffroy {boulevard Malesherbes), Paris.
Nlaquo; in B
BIBLIOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
2911 449 7
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ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE DES AIDE-MEMOIRE
puBLliis sous Li nmecTlON
de M. LEAUTE, Membre de l'Institut.
LES
TUBERCULOSES ANIMALES
LEURS RAPPORTS AVEC LA TURERCULOSE IIUMATNE
PARnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;j,quot; . fi't'tiT^v
Ed. NOCARD'
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Professeur k l'Ecole vetörinaire d'Alfort
1 #9632;
PARIS
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V I -
G. MASSON, EDITEUR,
ubrairedel'academiedemedecine
Boulevard Saint-Germain, 120
GAUTHIER-VILLARS et yils,
IMPRIMEURS-EDITEURS
Quai des Grands-Augustins, 53
(Tons droits r6scrv6s)
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AVANT-PROPOS
La (uberculose est une maladie parasitaire, inoculable et confagieuse. C'est ä Villemin que revicnt I'lionneur d'en avoir demontre la viru­lence (i865); c'est Robert Kochqui en a isole le microbe (1892), auquel le consensus omnium a donne le nom de laquo; bacille de Koch raquo;.
II n'est pas de maladie qui frappe un aussi grand nombre d'especes animales ; pas un de nos animaux domesliques n'y est completement refraclaire ; il n'exisle entre eux que des diffe­rences de receptivite: ceux qui, dans las condi­tions naturelles, echappent a la contagion, ne resistent pas aux inoculations experimentales ; nos basses-cours elles-mömes sont frequemment depeuplees par la tuberculose; Thomme enfin lui paye un si lourd tribut qu'ä Paris, les dernieres slatistiques evaluent ä plus de 23 0/0 le nombre des deces qui lui sont dus ; cette pro-
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6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES TUBERCULOSES ANIMALES
portion, deja si elevee, eit depassee dans nombre de grandes villes europeennes. C'est Lien, a pro])remenl parier, la pcoizoolie universelle (Lydtiii).
La tuberculose elait dejä connue des anciens, la tuberculose du boeuf tout au moins ; la pJilisie dont parle Columelle est bien noire tuberculose, car il en fait le dernier slade de Vulceraüon des poumons : laquo; Est etiam ilia laquo; gravis pernicies, cum pulmoncs exulcerantur, laquo; inde lussiset macies et,ad uitinium,phtisisin-laquo; vadit raquo; (Liv. VI, Chap. XiV, De lie rustica).
Si, dans toules les lesions luberculeusss, on trouve Tagent causal, le hacille de Koch, il s'en faut que ces lesions soient toujours sembiables ä elles-mömes; rien n'cst plus variable que leur aspect: lantöt dies aflectent la forme do granu­lations arrondies, ayant k peine le volume d'un grain de rail, infiltrant tous les parenchymes ; lantöt ce soot de grosses masses fluctuantes, reraplies d'un pusjaune, epais, grumeleux, plein de grains calcaires, analogue ä du mortier; tantöt la plevre ou le peritoine sont couverls de neoplasies arrondies, durcs, luisanles, de couleur gris rougeätre, plus ou moins longue-ment pediculees, ordinairement agglomerees en nombre variable, pour former de veritables
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AVANT-PROPOSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; /
polypes d'un volume parfois considerable; tantot enfin, il s'agit d'une matiere opaque, grisMre ou jaunätre, de cousistance caseeuse, qui in-filtre la trame des tissus.
Longteraps on a cru qu'il s'agissait d'affeetions de nalure tres differente. C'est notre Laennec qui, le premier, a reconnu et proclame l'etroite parente de ces lesions variees. h'unite de la tuberculose est partout admise aujourd'hui ; mais longtemps eile a ete battue en brecbe par l'ecole de Virchow ; et, malgre les remarquables travaux de Gharcot, Grancher et Tbaon qui la defendaient, au nom de I'histologie, la doc­trine de Laennec fut abandonnee, jusqu'a ces derniers temps, par l'immense majorite des analomo-palhologistes et par le plus grand nom-bre des medecins; c'est en vain que Ville-min prouvait l'identite de toutes ces lesions, I'inoculation au lapin ou au cobaye donnant toujours des resultats identiques, quel que fut le produit inocule, crachat, tubercule ou pneu-monie caseeuse ; l'opposition ne cessa que le jour oü R. Koch cut montre que toutes ces lesions, quelle que fut leur apparence macros-copique ou leur structure histologique, etaient dues ä un seul microbe, toujours identique ä lui-möme.
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önbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES TUBERCULOSES AN'IMALES
Especes animales atteintes. — Si la tuber-culose est inoculable ä toules les especes domes-tiques, il s'en faut que la maladie naturelle frappe egalement chacune d'elles.
Les hovides sont au 1er rang de ses victimes ; la proportion des sujels atteints est tres variable suivant les regions : il en est oü Ton estime k 10, i5, 25 0/0 et plus de la population totale le nombre des tuberculeux ; il en est d'autresoü la maladie est inconnue ; mais on peut dire que la tuberculose bovine est Tune des contagions auxquelles l'agriculture paye le plus lourd tribut. La loi sanitaire frangaise la vise seule, ä l'exclusion des autres tuberculoses, qui ne cons­tituent pas en realile un gros danger pour la fortune et l'hygiene publiques.
Les equicles peuvent 6tre infectes dans les con­ditions ordinaires de leur enlretien ; il semble que, chez le cheval, la maladie marche plus vite et se generalise plus aisement que chez le boeuf; mais on peut dire que la tuberculose equine, encore que les fails observes soient aujourd'hui assez nombreux, resfe un fait exceptionnel.
Chez les petits mmmants, la maladie est beaueoup plus rare encore ; le mouton et la chuvre ollrent meme une resistance notable aux inoculations experimenlales.
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ESPECES ATTE1NTESnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo;
La tuberculose du pore, beaucoup plus rare que celle du bceuf, est bien plus frequenle que celle du cheval, du mouton et de la chevre; eile est aussi tres souvent generalisee a tous les parenchymes.
Les camassiers domestiques n'ont pas une grande receptivite pour la tuberculose; tout au moins sonl-ils tres resistants aux divers modes d'inoculation experimentale, I'injection intravei-neuse exceplee ; on a cependant recueilli, dans ces dernieres annees, un grand nombre d'obser-vations de chiens devenus tirberculoux, au con­tact de personnes phlisiques ; de meme, les jeunes chats sont aisement infeetös, quand on leur fait ingerer des matieres tuberculeuses et surtout du lait.
Chez los oiseaux de hassc-cour, poules, pigeons, canards, faisans, dindons, etc., la maladie est tres frequente et souvent eile affecte le caraclere epizoolique.
Le lapinei\e cohayc sont tres rarement tuber-culeux dans les conditions naturelles ; ce sont pourtant, le cobaye surtout, d'excellenls reaclifs de la maladie : chez eux, eile suit une marche beaucoup plus rapide que chez les sujets des grandes especes, ce qui pennet de mulliplier les experiences ; ainsi s'expliquent les progres con-
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10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES TUBERCULOSES ANIMALES
siderables qu'a fails l'etude de la tuberculose dans ces dernieres annees.
Les aniinaux domestiques de nos pays ne sont pas seuls frappes par la tuberculose ; on i'a obscrvee sur le ckameau, en Egypte et dans les steppes kirghises ; les singes entretenus dans les divers jardins zoologiques meurent presque fa-talement tuberculeux ; les r/irafes, les antilo-pes, les lamas, les gazelles, les zebus, etc., y sent aussi döcimes par la maladie ; enfin, on possede des observations authen tiques de tubercu­lose cbez le lion, le tigre, \e jaguar, \apanthere, le renard, le chacal, le tapir, le zehre, etc.
Nous allons etudier d'abord la tuberculose bovine ; nous indiquerons ensuite les caraclores particuliers ä la tuberculose des autres especes domestiques.
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CHAPITRE PREMIER
TUBERCULOSE DES BETES BOVINES
Dans le langage courant, la luberculose des bovides est encore appelee phlisic pulmonaire on phtisie Calcaire; le deperissement progrcssif des malades, le marasme et la consomption sent en effet la derniere consequence des lesions pulmonaires, qui sont de beaucoup les plus frequentes, et ces lesions sont ordinairemenl infiltrees de sels calcaires. On la designait jadis sous le nom de pom.mclierc, en raison du yo-lume considerable et do la forme qu'allectent parfois les lesions des poumons ou des sereuses; le mot tubercule n'a d'ailleurs pas d'autre ori-gine : les anciens auleurs, Hurtrel d'Arboval notamment, comparent h des laquo; tubercules raquo; les ganglions hypertrophies, indures et infillres de nodules specillques, ou les lumeurs mamelonnees qui se developpent ä la surface des sereuses.
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TUBERCLLOSE DES DATES BOV1NES
Quand la maladie est localisee sur la plovre ou sur le peritoine, ce qui est assez frequent, les Allemands et les Anglais I'appellent maladie perlie (Perlsuebt, pearl disease), parco qu'en elTet, les lubercules des sereuses ressemblent beaucoup ä des perles, quand ils ne sont pas trop anciens.
LESiONS DE LA TUBERCULOSE
Ricn de plus variable que les localisations de la tubciculose des bovides ; eile peulfrapper lous les organes, le poumon et les ganglions lympha-liquesen ire iigne; les sereuses ensuite ; puis le foie, rintestinctruterus;enfin, la rate, lamoelle des os, les articulations, les mamelles, les te­guments, etc. On congoit que les symptomes de la maladie varicnt beaucoup suivant I'organe ou les organes envahis.
Si Ton se place au point de vue clinique, il faut etablir deux grandes divisions : tuberculose pulmonaire et tuberculose abdominale. Au point de vue anatomique, au contraire, on peut dis-linguer trois formes principales : i0 tuberculose desjiarenchymes ; 20 tuberculose des sereuses; 3deg; tuberculose des ganglions. Sans doute, dans
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LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 13
la majorite des cas, cos trois formes coexistent sur le meme sujet; mais ii n'est pas rare de voir des animaux succomber, soil ä une tuberculoso ganglionnaire intense, soil a d'enormes vegeta­tions tuberculeuses de la plevre ou du peritoine, sans que leprocessus ait envahi les visceres voi-sins; on pourrait croire qu'il existe trois Varie­tes par ticulieres du bacille de Koch, affectant chacune im tissu,un milieu de culture different. Les statistiques des grands abattoirs ont permis d'elablir que, sur loo cas de tuberculose, 4o environ portent a la fois sur le poumon et sur la plevre, 20 k 25 sur le poumon seul, i5 a 20 sur les sereuses seules (plevre et peritoine), le resle comporlant, soil des lesions generali-sees k tous les organes (phtisie aigue), soil des lesions localisees aux ganglions, aux organes genitaux, aux mamelles, a la langue, au tissu osseux, etc.
Les ganglions qui collectent la lymphe des organes envahis sont toujours plus mo moins gravement atteints. Souvent ni6me, quand I'animal est sacrifie tout au debut de la mala-die, les ganglions broncbiques ou mediaslins semblent seuls infiltres de tubcrcules ; la lesion pulmonairc qui a servi de porte d'entree au contage echappe aux rechcrches les plus atten-
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14nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DES BATES BOVINES
lives, ou bien eile n'est representee que par un foyer minime, beaucoup moins important que les alterations ganglionnaires qu'il a precedees et provoquees.
1deg; Tuberculose pulmonaire. — En regie generale, lo poumon tuberculeuxestvolumineux et lourd ; il ne s'affaisse qu'ineompletement; son poids pent atteindre 20, 26, 3o kilogrammes et plus; sa surface est bosseleeet, au niveau des saillies, la plevre est epaissie, parfois herissee de vegetations fibrineuses, libres ou adherentes au feuillet parietal de la sereusc ; cesbosselures, irregulieres, arrondies, do dimensions tres va­riables, sont des agglomerations de lesions tuber-culeuses. Eiles sont parfois dures, resistantes, criant sous I'instrument tranchant; sur la coupe, leur tissu se montred'unecouleurjauneintense, rugueux au toucher, ramolli ca et lä, avec des grains durs dans la substance caseeuse qui s'ecrase entre les doigts ; — parfois, au contraire, elles sont plus ou moins obscurement fluctuantes; leur incision donne issue ä une maticre epaisse, jaune, grumcleuse, semblable ädu mortier; ce sont des amas de tubercules qui ont subi, ä des degres divers, les degenerescences caseeuse et calcaire.
Le plus souventces productions sont entourees d'un tissu pulmonaire sain qui a conserve sa
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LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 15
coloration rosee, sa souplesse, sonelaslicite et sa tenacite normales; parfois, elles ont provoqne autour d'elles une veritable hepatisation ; parfois enfin, elles sont comme sequestrees au centre d'une zone plus on moins considerable de tissu sclerose, fibreux, blanc, tres resistant ; dans ce dernier cas, la lesion tuberculeuse proprement dite, dure on ramollie, est toujours peu etendue. Mais ce ne sont pas lä les seules lesions spe-cifiques du poumoa; entre les grosses lumeurs, sous la plevre on dans l'epaisseur du paren-chyme, hepatise ou permeable, on trouve ordi-rement des tuhercules miliaires qui constituent la lesion la plus caracleristique de la maiadie. M6me a l'ceil nu, l'aspect du lubercule permet de juger approximativement de son age: tout recent, e'est une petite nodosite arrondie, k demi-transparente, grisAtre, homogene dans toute son 6tendue, du volume d'un grain de mil, avec, parfois, une legere aureole inflammatoire ä la peripherie ; e'est la granulation griso de Laennec ; on ne la voit guere que chez les animaux sacrifles au cours de la generalisation du mal. Un peu plus tard on voit, au centre de la petite masse grise et translucide, encore auröolee de rouge, un point opaque, de couleur blanc jaunätre ; peu a peu, ce point augmente
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TUBERCULOSE DES BATES BOVINES
d'etendue, ä mesure que le tubercule augmente de volume, ou que ses parties peripheriques, se densifiantgraduellement, constituent une sorte de membrane fibreuse, plus ou moins epaisse et resistante: c'est le tubercule cru de Laiinnec; chez les bovides, la matiere centrale opaque, jaunätre, caseeitse, s'infiitre toujours tres rapidc-ment de sels calcaires.
Rarement les tubercules demeurent isoles ; le plus souvent, au voisinage immediat du nodule prirnitif, il s'en developpe bientöt d'autres, qui peuvent etre englobes avec le premier dans une coque fibreuse unique, empruntee au tissu con-jonctif du parcnehyme.
On trouve ainsi des agglomerats de tubercules de toutes dimensions et, lorsque la maladie est tres ancienne, beaucoup sont ramollis et trans-formes en de veri tables abces tuberculeux ä paroi fibreuse, epaisse, ä pus grumeleux,ordinairement jaunatre ou verdätre, tres visqueux. Tant que ces abces sont clos, leur conlenu echappe a la fermentation et reste inodore; mais ils peuvent ulcerer la paroi d'une grosse bronche, s'y vider en partie, et constituer ainsi une caverne, dont le contenu exhale une odour fetide.
La paroi des abces ou des caverncs tubercu-leuses est toujours anfractueuse et bourgeon-
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LESIONS
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nanlo ; la cavite est souvenl traversee par de veritables cordages, plus ou moins epais et resistants, toujours revötus de bourgeons cbarnus, qui ne sont autre chose que des rameaux arteriels ou nerveux, ou bien encore les grosses brooches du territoire pulmonaire envahi par la lesion tuberculeuse.
11 n'est pas absolument rare do trouver le poumon farci de nodules arrondis, du volume d'une noisette ä celui d'une noix, de couleur blanc sale, de consistance ferme dans toule leur epaisseur, sans ramollissement central; ce sont les iuhercules fibreux des vieux auleurs ; on les observe assez frequemment chez le cheval.
Onpeut aussi rencontrer des foyers de pneu-monie caseeuse, de dimensions variables, de teintegrisardoiseoujaunätre, qui sedeveloppent de preference dans le lobe anterieur du poumon et qui subissent tres rapidement la fonte puru-lenle ou caseeuse ; parfois le lobe est comme solidifie en bloc ; il presente surla coupe I'aspect et la consistance du fromage de Roquefort : la masse compacte, grise, est parsemee de cavites irregulieres, anfractueuses, plus ou moins romplies de muco-pus ordinairement fetide; ces cavites resultcnt de la dilatation des petites bronchos ou des bronchioles terminales.
Nocamp;rd — Les Tuberculoses animalcsnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2
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18nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUUEfiCULOSE DES BETES B0V1NES
Parfots, au conlraire, ce lobe anleiieur du jioumon apparott nffuisse en tout ou pnrtie, de couleur rouge violace ; ce n'est pas de l'liepaiisa-lion, pas meme de la splenisation, e'est simple-ment de rengouement; le tissu, gorge de sang, est devenu inaccessible ä l'air inspire, par suite de l'obstruction de son rameau bronchique prin­cipal. On peut aussi, grace a la transparence do la serouse, conslaler que tel ou tel lobule de la region engouee est envabi par de petites nodosiles arrondies, de couleur blanc jaunälre, de consis-tance molle, disposees en forme de grappe le long de la bronchiole qui dessert le lobule; ces nodules fluctuants sont en realile de petites di­latations broncbiques pieines d'un muco-pus jaunätre, exlrümement visqueux.
Les branches, en effct, son! tres souvent le siege d'une inflammation chronique intense qui se traduit par le muco-pus epais, jaunatre, parfois fetide qu'elles renferment et par I'epais-sissement et le plissement de leur muqueuse ; il n'est pas rare de voir cette muqueuse infiltree de granulations grises, jaunalres ou caseeuses, ou couverte d'ulcerations profondes, ii bords irre-guliers et indures, ä fond rougeälre, piquete 5a et lii de jaune au niveau de petits ilots de maticre caseeuse. Les tres petites bronches sont aussi
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frequeniment englobees par des arnas de tuber-cules miliaires developpes ä lour voisinage immödiat; les progres de la lesion les compri-ment, les retrecissentetfinissentparlesobstruer, d'oü l'engouement du territoire pulmonaire qu'elles desservaient et, lorsque la muqueuse etait irritee, les dilatations ampullaires et les collections de muco-pus ci-dessus decriles.
La trachee et le lanjnx peuvent egalement piesenlcr des tubercules miliaires, developpes dans le tissu conjonctif sous-muqueux ou dans l'epaisseur de la muqueuse; ces tubercules, isoles ou conlluenls, ou disposes en serie lineaire, parcourent tres vite toutes les phases de leur evolution, et le ramollissement de leur partie cenlrale aboutit rapidement ä la formation de plaies ulcereuses plus ou moins elendues, h bords dechiquetes et indures, dont les bourgeons laissentänu des iiols do matiere tuberculeuse d'un jaune vif.
Les ganglions qui coilectent la lymphe du territoire pulmonaire envahi par les tubercules participent d'ordinaire ä la lesion : ils sont hypertrophies, indures, noueux ; sur la coupe, leur tissu gris rose, succulent, apparatt comme farci d'un nombre variable de tubercules mi­liaires saillants, jaunes, durs, calcifies ; e'est
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20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBEHCULOSE DES DETES BOV1NES
lä la lesion du debut. Un peu plus tard, les tubcrculcs mulliplies se confondenten uneseule masse seche, fibreuse, infiltree de sels calcaires, qui occupe le i/3, la i/a ou les 3/4 du ganglion ct dont le contour festonne, de couleur jaune, trancbe sur le fond gris du tissu propre de l'organe. Plus tard encore, toute celte masse subit le ramoUissement caseeux, et le gan­glion degencre ne constitue plus qu'une poche fibreuse, pleine d'une matierc semi-liquide, pu-riforme, grumeleuse, jaune, semblable ä du mortier.
2deg; Tuberculose des sereuses. — Dans cetle forme de la lesion, la plevre, le peritoine, les synoviales, les meninges meme, peuvent etre envabis, les paronchymes demeurant inlacts; au debut, ce sent de tres petites granulations arrondies, transparentes, de couleur gris rose, qui sc developpent dans l'epaisseur de la sereuse et lui donnent un aspect granuleux ; chaque grain est le centre d'une vascularisation anor­male et d'une neo-formation conjonctive qui I'encMsse en quclqne sorte : la multiplication des granulations et l'hyperplasie conjonctive marchant do pair, il en resulte bientot des lesions importantes, en saillie sur la sereuse ii laquelle elles ne sont plus reliees que par un
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inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2i
pedicule parfois tres long, toujours fort resistan'., Ce sent de petites tumeurs arrondies ou aplaties mecaniquement, formes, denses, blanchalres, luisantes h la surface, avec un reilet nacre, parfois disseminees h la surface de la sereuse, plus souvent agglomerees en forme do grappos, de clioux-fleurs ou de polypes qui peuvent acquerir un volume considerable. Assez molles au debut, ces laquo; tumeurs perlees raquo; s'infiltrent rapidement de calcaire ; leur contenu est toujours ferrae, dur, sec, rugueux sur la coupe, enveloppe d'une paroi fibreuse, epaisse et resislante,
Ces lesions massives s'observent quot;#9632;lllt;,lout sur laplevre ou sur le peritoine ; cellesqu'ou ^rouve parfois dans les synoviales articulaires on ten-dineuses sont toujours beaucoup moins accusees. Sur les mdninges cerebrales ou rachidiennes, e'est surlout la granulation grise ou le tubercule miliaire que Ton a I'occasion d'observer.
La lesion tuberculeuse du piricarde la plus frequente est encore l'eruption de granulations grises ou de tubercules miliaires; mais il n'est pas tres rare de trouver les deux feuillels de la sereuse transformes en une enorme couche de matiere tuberculeuse, epaisse de 3, 4. 5 centi­metres et plus, d'une couleur blanc jaunätre, d'une consislance ferme, n'ayant que peu de
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22nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DES BATES BOV1NES
tendances ä la caseification. Cette sorte de cui-rasse fibreuse atrophie le muscle cardiaque et gene beaucoup son fonctionnernent.
3deg; Tuberculose ganglionnaire. — II n'est pas rare de trouver ii I'autopsie d'animaux morts ou abattus pour la boucherie des lesions tuber-culeuses localisees exclusivement sur les gan­glions lytnphatiques. Tanlöl ce sont les ganglions pharyngiens, les cervicaux superieurs et infe-rieurs et les susternaux qui sont seals hy­pertrophies, indures el infiltres de tubercules ; tantot ce sont exclusivement les ganglions bron-chiques et ceux des mediastins; tantöt, enfin, ce sont les ganglions de la cavite abdominale, me-senteriques, sous-lombaires, du hile du foie, etc.
Quel que soit le groupe envahi, ce qui carac-terise cette forme de la maladie, c'est 1'absence complete ou l'insignifiance des lesions tubcrcu-leuses de l'organe auquel sont annexes les gan­glions malades. II est des cas, en eflet, oü, malgre 1'examen le plus minutieux, on ne reussit pas a relrouver la porte d'entrce du contage ; une fois empörtes par la circulation lymphatiquejusqu'au ganglion le plus voisin, les bacilles tuberculcux s'y sont inslalles ä demeure, y ont pullule, I'ont peu k pen envahi et detruit, puis se sont fraye un passage jusqu'au ganglion prochain oü ils
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LESION'Snbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 23
se sont comportes de möme. Ainsi Ton pcut s'expliquer commenl tout im groupe de gan­glions pent otre envahi et detruitpar Je contage, sans que le parenchyme ait conserve la trace de son passage.
D'abord hypertrophies, indures, noueux, in-filtres de tubercules miliaires jaunes et calcifies, les ganglions no tardent pas ä subir toutcs les transformations decrites plus haut; sur la coupe une matiere jdunc, suche, dure, fibreuse, ru-gueuse, a rempiacö leur lissu gris jaunatre et succulent; laquo; les mediaslins elaient Iransformös laquo; en une masse de tubercules, disposes comme laquo; les cotyledons d'une vache qui vient de voler raquo;, ecrivait Hurtrel d'Arboval; — il n'est pas rarn d'y trouver des ganglions qui ont acquis 20, 25 ct 3o centimetres de longueur, englobant et comprimant l'cesophage, les nerfs et les gros vaisseaux. Longtemps ces lesions ont ele consi-derees et decrites comme apparlenant ä la leu-cemie ganglionnaire ;des i885, j'aipu mrassurer, sur des pieces recueillies par M. Cagny, qu'il s'agissait reellement de tuberculose : 1'examen bacteriologique et I'inoculation ne laissaient au-cun doute ä cet egard ; depuis, j'ai eu Ires sou-vent Toccasion de repeter ces premieres consta-tations et de les verifier.
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24nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DES B^TES BOVINES
4deg; Parmi les organes abdomiuaux, le peri-toine et los ganglions sont le plus frequemment atteints ; viennent ensuite I'inleslin, le foie, l'ulerus et ses annexes, puis, en dernier lieu, la rale.
11 n'est pas rare de Irouver des tubercules miliaires developpes, soil dans l'epaisseur de la muqueuse, soit dans le (issu cellulaire sous-muqueux de Vintesiin, Ces tubercules peuvent (Hre isoles ou agglomeres ; en tout cas, ils se ramollissent promptement et versentleurconlenu dans la cavite intestinale, creant ainsi une petite plaie muqueuse qui n'a aucune tendance a la reparation ; ces ulcerations, d'abord tres petites, isolces, lenliculaires, augmentent pen ä peu d'elendue ; elles sont comme taillees äpic ; leurs bords, plus ou moins sinueux, sont toujours epais et durs. Ces lesions sont surtout nombreuses dans les dernieres portions de l'inlcstin gr61e et dans le caecum ; elles siegent frequemment dans las follicules clos et dans les plaques de Peyer ; mais on peut en voir en dehors des elements lymplioi'des de la muqueuse. Au niveau des ulcerations, la sereuse est presque toujours epaissie et infiltree ; eile adhere souvent aux organes voisins ; la perforation est tout h fait exceptionnelle.
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LESIONS
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11 n'est pas rare de trouver des ganglions rnesenteriques tuberculeux, sans qu'il solt pos­sible de retrouver sur la muqueuseinteslinalc la porle d'entrtie du bacille.
Le foie est souvent envahi; le tubercule mi-liairc y est rare ; d'ordinaire la lesion affecle la forme d'amas plus ou moins volumineux, disse-mines irregulierement dans l'epaisseur du pa-renchyme; ils sent parfois si nombreux que le foie en est deforme, bossele, et qu'il acquiert un poids considerable, 20, 3o kilogrammes et plus ; les tubercules du foie semblent se ramollir plus vite et plus completement que ceux des autres visceres.
Uuterus est assez frequemment le siege de lesions tuberculeuses intenses ; ellessiegentdans l'epaisseur de la muqueuse ou dansletissu sous-muqneux; une seule corne pent etre envahie; eile acquiert parfois un volume si considerable qu'on pourrait croire ä la presence d'un fcetus; ä la dissection, la muqueuse se montre litterale-ment farcie de tubercules miliaires ; ces tuber­cules sent ordinairement caseeux et ramoliis; dans ce cas, la cavile de l'organe est pleine de muco-pusjaunalre ot grumoleux et la surface de la muqueuse criblee d'ulcerations ; mais parfois ils rcsislent ä la cascification et la muqueuse,
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TUBERCULOSE DES BATES BOVINES
tres epaissie, tres dure, de coulcur blanche, semble envahie par un squirre ; l'examen histo-logique la montre infiltree de follicules luber-culeux, tres riches en cellules geantes, relalive-ment pauvres en bacilles.
Les lesions tuberculeuses du vagin sont tres rares ; par contre, celles des trompos de Fallope sont plus frequenles.
La luberculose du rein n'est pas tres rare, cepondant une dissection minutieuse montre que lo plus souvent les masses tuberculeuses dont il est porteur se sont developpees, soil dans la couche profonde de la capsule, soil dans lo tissu conjonetif sous-capsulaire ; le parenchyma est refoulc et atrophie par la ntoplasie; il n'a pas pris part ä sa formation.
II existe quelques observations de tuberculose de la muqueuse visieale ayant provoque de l'hematurie incurable et promptement mortelle.
Lara/ecst rarement le siege de lesions tuber­culeuses ; en cas do generalisation recente, son tissu est comme farci d'une infinite de fines granulations grisätres ; mais, d'ordinaire, les lesions, quand on en Irouve, sont Ires peu nombreuses, relativement volumineuses, bos-selees, calcifiees et pourvues d'une enveloppe fibreuse resistante.
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Les os sont assez rarement envahis ; la moelle osseuse est cependant un excellent milieu de culture pour le bacille luberculeux ; dans le cas de generalisation, eile est, comme la rate, farcie de fines granulations grises, plus nombrouses peut-ötre que dans tout autre tissu ; on trouve parfois des lesions anciennes des cötes, du corps des vertebres, du sternum, des extremiles arti-culaires des os longs, etc. ; elles se presentent ou bien sous forme de nodosites arrondies, du volume d'un pois ä celui d'une noisette ou d'une noix, de couleur blanc jaunütre, assez consis-tantes, ou Lien sous forme d'infillralion caseeuse, grisätre ou jaunälre; c'est dans le tissu spon-gieux qu'elles se developpent; a leur niveau le tissu compact semble irrite ; il a augmente d'epaisseur et de consistance; souvent mörac, il est recouvert d'une couche plus ou moins epaisse et reguliere de tissu osseux jeune, sous-perioste.
Parfois enlin, les productions tuberculeuses se ramollissent, entratnant la production de fistules qui font communiquer le foyer casceux soil avec I'exlcrieur, soit avec la cavite articulaira voisine.
Dans la mamclle, la lesion initiale affecte ordinaircment I'apparence d'une sclerose lente-
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TUBERCULOSE DES Bamp;TES BOVINES
ment progressive ; le lissu conjonctif inler-acineux, si pcu abondant ä lelat normal, s'epaissit peu ä peu et devient fibreux ; on pent le voir in (litre de fines granulations miliaires, grisatres ou jaundlres et caseeuses, disseminecs gä et lä en nombre variable ; plus tard ces gra­nulations augmenlent de nombre et de volume; elles se ramollissent ou se calcifient ; le tissu glandulaire est comme eloufle par la transforma­tion fibreuse etl'hypertrophie du tissu conjonctif interstiliel; les gros canaux excreteurs sont oa el lä dilates par des amas do matiere jaunatre, caseeuse, tres riebe en bacilles ; leurs parois sont epaissies, fibreuses, bourgeonneuses, infiltrees parfois de fines granulations jaunätres.
Les iesticulcs sont tres rarement le siege de lesions tuberculeuses; onpeuten trouver cepen-dant sous forme de nodules fibreux, du volume d'une noisette ou d'une amande, developpes au milieu de la substance propre de l'organe, ou bien sous forme de tubercules miliaires, jaunes, calcifies ou ramollis, oudans I'epaisseurde 1'epi-didyme ; on a decrit une vaginalile tuberculeuse et aussi de la luberculose du cordon et de la prostate.
Le tissu nmsculcdre semble impropre au de-veloppement des tuhercules ; rien n'est plus
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rare que d'observer, meme dans le cas de gene­ralisation, des lesions tuberculeuses inlra-mus-culaires ; on en trouve parfois cependant; elles affectent alors la forme de petitcs lumeurs du volume dquot;un pois, d'une noisette ou d'une Lille d'enfant, d'une couleur blanc sale, d'une consis-tance ferine ; il est Ires rare qu'elles se ramollis-sent; le tissu musculaire est sclerose a leur voi-sinage immediat.
J'ai plusieurs fois observe de latuberculosede la langue, surtout chez de jeunes animaux. L'aspect de l'organetuberculeuxest tres analogue ä celui qu'ollre la langue de hois (actinomycose linguale). La langue est dure, inflexible, noueuse; sur la coupe, on voit que son paren-chyme est remplace, cä et lä — notamment dans les parties voisines de la muqueuse, ä la base de 1'organe — , par un tissu blanchätre, ferme, d'apparencc neoplasique, oü I'examen microscopique revcle de nombreux follicules tuberculeux, irks ricbes en cellules geantos et en bacillcs specifiques.
J'ai pu recueillir plusieurs observations de tuberculose du tissu eellulaire sous-culane ; dans im cas, que je dois h I'obligeance de M. Rossi-guol, la queue elait comme transformee en un baton noueux par un grand nombre de petites
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tumeursdu volume d'une noiselle h celui d'une noix, developpees dans I'hypoderme; la peau elait intacte ; ces tumours avaient la consistance du caoutchouc ; leur tissu, de couleur Llanc sale, etait homogene dans toute son etendue. Ces tumeurs me paraissent elre analogues aux ffommes scrofuleuses de rhomme.
II est clair qu'en cas de generalisation, de tuberculose miliaire aiguc, tousles parenchymes de l'abdomen, la rate et les reins aussi Lien quo le foie, sent, comme le poumon, litleralement farcis d'une infinite de granulations grises, trans­parentes, atleignant a pcine le volume d'un grain de mil; ces lesions si nombreuses, arrivees toutes au meme degre de leur evolution, prouvent que la generalisation s'est faite, au meme moment, par la voie sanguine.
Etude histologique des lesions. — Nous avons vu plus haut que les lesions de la tuber­culose se presentent sous trois aspects trcs dille-rents : i0 sous forme do granulations trespelites, d'un dixieme de millimetre ä un millimetre do ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;diametre, grisatrcs, translucides, avec paiTois un
point central opaque, blanc jaunätre ; 2deg; sous forme d'amas arrondis, mamelonnes, jaunütres, durs, calcifies, du volume d'un pois a celui d'une noix ou d'une pommc ; 3deg; sous forme de matiere
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opaque, grisulre ou jaunätre, infillree dans Ich parenchymes.
L'elude histologique monlreque, sous ces trois aspects si dillerenls, la luberculose est une ; les tumeurs et les infiltrations ne sont, en derniöre analyse, que des amas de granulations tuber-euleuses, calcifiees et enkystees dans le premier cas, simplement caseifiees et non enkystees dans le second.
La granulation grise, etudiee sur des coupes minces, apres coloration au picro-carmin, se montre formee de trois couches distinctes : i0une partie centrale, amorphe, de teintejaune orange, finement granuleuse, ou presentant un redet brillant, avec des fentes ou des cassures irregulieres : lä, les elements anatomiques ont subi la degenerescence vitreuse ou caseeuse ; on y trouve aussi, le plus souvent mais pas neces-sairement, une cellule geante ä noyaux multi­ples ; 2deg; une couche de cellules epithelioides, disposees concentriquement autour de la partie caseeuse, dont les noyaux ont fixe fortement le cannin ; 3deg; une sorte de couronne d'elemcnls embryonnairos, ägros noyaux, fortement colores en rose, parsemes d'elements fusiformes, dis­poses concentriquement, en couches plus ou moins nombreuses et serrees.
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La parLic centrale, caseeuse, est d'autant plus elendue que la granulation cst plus ancienne; tout au debut, eile pent faire completement defaut et le iuhercule elementaire, le follicule tuherculeux, peut consister simplement en un petit amas de leucocytes, disposes en rangs sarres autour d'un centre. Plus tard, au con-traire, avec les progres de la caseification, des grains durs, opaques, premiers signes de 1'in-filtration calcaire, se montrent cä ct la dans la matiere caseeuse.
En somme, les caracteres anatomiques do la granulation tuberculeuse peuvcnt etrc ainsi resumes : i0 forme nodulaire de la masse ; 2deg; tendance ä la caseification de la partie cen­trale ; 3deg; frequence des cellules geanles au centre du nodule ; 4deg; disposition concentrique des elements cellulaires de la peripherie; 5deg; absence complete de vaisseaux.
Le lubercule miliaire est Tassociation d'un certain nombre de granulations elemenlaires/^ englobees dans une enveloppe commune, cellulo-fibreuse, dont la resistance augmente graduelle-ment.
Les masses tuberculcuses, petites ou grandes, #9632;resultent de 1'agglomeration d'un nombre varia­ble de lubercules miliaires, caseeux et calcaires
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HtSTOLOGIE DES LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;33
ou ramollis, entoures d'une sorle de coque fibreuse, plus ou moins epaisse et resistante.
L'infiltration caseeuse des parenchymes resulte du developpement d'un nombre considerable de follicules luberculeux dont les elements periphe-riques, n'ayant aucune tendance ä la transfor­mation fibreuse, restent ä l'etat cellulaire, avec leur disposition concentrique, jusqu'ä ce qu'ils soient envahis, comme la parliecentraledu folli-cule, par la degenerescence caseeuse. Cette forme de lesion subit rarement la calcification.
L'amas de cellules qui caracterise la phase initiale du follicule tuberculeux du debut resul-terait, d'apres Baumgarten, de la proliferation des cellules fixes du tissu cellulaire ; — avec Metchnikoff, au contraire, il faut y voir une immigration de leucocytes ; le tubercule est la manifestation de lalutte engageeparl'organisme contre le parasite envahisseur ; ce n'est qu'une modalite de la phagocylose.
#9632;x.
On a cru longtemps que la disposition ana-omique que nous venous de decrire etait speci-
fiqice et que, partout ou Ton constatait le follicule tuberculeux, on pouvait conclure ä 1'existence de la tuberculose. II n'en est rien ; on connait aujourd'bui plusieurs affections parasitaires qui provoquent la formation de granulations tuber-
NociRD — Les Tuberculoses aniinalesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3
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TUnERCULOSE DES BETES BOV1XES
culcusos, hislologiquement idenliques ä celles de la tuljerculose vulgaire ; lo follicule tuber-culeux, bicn defini histologiquement, nquot;a done pas de signilicalioa precise au point de vue de la determination de la maladie; il sufQra de rappeler que l'ceuf du slrongle et le demodex de Laulanie, les zooglees, le bacilledeCourmont, le streptothrix du farcin du boeuf, celui de Tactinonnjees, etc., provoquent les lesions tuber-culeuses identiques a. celles du bacille de Kock. Bien plus, Hippolyle Martin a montre que si Ton injecte dans le peritoine d'animaux d'expe-rience, des spores de lycopodes, de l'huile d'olivo, du mercure, etc., sterilises preala-blement, il se forme un follicule tuberculeux absolument lypique autour de chaque particule de la subslancc inerle que I'on a injectee.
Cc qui fait la specificite du tubercule, ce n'est pas seulement son inoculabilile en serie, comme le croyait II. Martin, e'est la presence constante de Tagen I essentiel de la maladie.
G'est ce qui explique comment la specilicite de la tuberculose, affirmee par Villemin des 1865, au nom des experiences les plus rigou-reuses et les plus demonstratives, ne fut acceptee par la majorite des medecins que le jour oil Ro­bert Kocb en out decouvert le microbe, indique
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LE DACILLEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3S
los moyens de le mettre en evidence dans tons les produils tuberculeux, et montrö ([u'il etait possible de le culliver en dehors de t'organisme dans des milieux nulritifs arliQciels et de repro-duire la maladie par ['inoculation des cultures pures (1882). L'annonce de ces fails souleva une emotion generale ; partout on s'empressa de con-tröler les assertions de R. Koch ; parlout on en verifia l'exactitude, et Ton peut dire que jarnais decouverte ne fit aussi rapidcment la conquele du monde savant ; du m6me coup, la pratique medicale s'enrichissait d'un moyen de contröle infaillible du diagnostic clinique de la lubercu-lose pulmonaire, au moins dans tous les cas 011 la maladie s'accompagned'expectoration.
Le bacille de la tuberculose, auquel il n'est que juste de conscrver le nom de bacille de Koch, existe dans foutes les lesions, dans tous les pro-duits tuberculeux. Pour le mettre en evidence, il faut recourir h un procede special de colora­tion qui n'appartient qu'ä lui ; en sorle que, meme au milieu des innombrables microbes que renferme la salive ou I'expecloration d'un ani­mal suspect, il est reiativcment facile de recon-naitre, a leur couleur speciale, les bacilles de la tuberculose.
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TUBERCULOSE DES BETES BOVINES
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Le bacille de Koch est extremement petit ; sa lon­gueur varie de 3 a 5 i1 (la moitie ou les deux tiers du diametre d'un globule rouge), il est surtout grele, o !Jv2ÜoIJ-,3 delargeur; il est droit, ou l^gerement si-nueux ; dans les lesions ricentes, il parait homogine dans toute sa longueur ; dans les lamp;ions anciennes, dans le pas ou dans les cractiats, il parait formä de grains ovoides, disposes bout a bout en serie li-n^aire.
Koch 6tait parvenu a le raettre en evidence dans I'^paisseur des lesions au moyen d'un procede de co­loration tout special, d'un maniment assez d^licat. Aujourd'hui ce procede n'a plus d'interet qu'au point de vue historique, car, presque aussitöt apres la pu­blication du travail de Koch, Ehrlich, son ^leve, indi-qua un proccidö beaucoup plus simple que le niaitre adopta d'ailleurs aussitut. II consiste ä trailer les pro-duils suspects (coupes minces ou lamelles enduites du produit) par la solution ci-apres :
Eau d'aniline.......10 centimetres cubes
Alcool absolu .......
Solution alcoolique concentree de fuschine (rubine) ou de violet (violet de genliane ou violet de Paris).....
i centimetres cube
i centimetre cube
Cette solution S3 prepare extemporan^ment, et les proportions ne demandcnt pas a etre calculees d'une fagon mathematique.
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LE BACILLEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 37
II faut 12,15 ou mioux 24 heures de contact ä la tem­perature de la chambre pour obtenir une coloration convenable ; pour les lamelles, on peut faire agir la solution chaude (assez jiour que des vapeurs se d^ga-gent de la surface). Un siSjour de 5 k 10 minutes dans cette solution est süffisant.
La coloration obtenue, la coupe ou la lamelle est lavee dans I'eau mivie, puis plongee dans une solu­tion aqueuse d'acide azotique au tiers, ou mieux, dans une solution alcoolique d'acide azotique au dixicme ; li dur(5e du contact avec I'acide doit varier suivant l'öpaisseur de la coupe, de 3o secondes k 1 minutes ; eile doit etre süffisante pour qu'aprte un nouvcau la-vage, la coupe ou la lamelle soit entierement decolo-ree ou n'ait plus qu'une legere coloration rosee ou bleuMre.
On termine la coloration en teintant le fond ä l'aide d'une solution aqueuse de vfeuvine ou de brun de Bis­marck ; on monte dans le bäume et Ton examine.
Tl faut employer pour l'examen un objectii ä immer­sion homogene et l'eclaivage Abb^. On voit alors que les bacilles de la tuberculose ont seuls conserve la coloration primitive (rouge ou violette); tons les autres microbes, tous les Elements anatomiques du tissu ou da produit examine ont pris la coloration de fond, jaune brun, bleue ou rose.
Depnis, on a fait connaitre un grand nombre de pro-cäües de coloration du bacillede Koch. Le plus prati­que et le plus simple est celui de Ziehl-Kühne, dans
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lequel on se sert, comme liquide colorant, de la solu­tion suivante ;
Ean pheniquöe k 5 0/n. . . 90 grammes
Alcool a 900......io //
Fuscliine mbine .... 1 //
fll faut toujours (iltrer avant de s'en servir.) Les lamelles ou les coupes sont plongies d'abord daus I'alcool, puis dans le bain colorant qiii pent s'employer froid; elles doivent y sejourner de 10 a 40 minutes. On lave; on d^colore avec I'acide azolique au 4/3, oumieux avtc I'acide sulfurique ä 20 0/0. On lave de nouveau, on donne la coloration de contraste avec le bleu de methylfene ou le brun de Bismarck ct. on monte la preparation.
Le liquide de Zielil a, sur celui d'Ehrlich, I'avantage de pouvoir se conserver ; (la solution d'Ehrlich, en eflfet, doit etre employee fraiche; apres cinq ou six jours, eile a perdu une grande parlie de ses propriö-tes colorantes).
Les bacilles de Koch ne se trouvent pas tou­jours egalemcnt nombreux dans toutes les lesions tuberculeuses ; c'est la une des obscurites de l'histoire de cetle maladie. On ne trouve pas, par exemple, un nombre de bacilles proportion-nel ä Timportance des lesions : tel tuberculo enorme en decele, tncmc a i'examen le plus
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CULTURE DU BACILLEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;39
allenlif, quelques unitös seulement, tandis quo lei autre, bcaucoup plus petit, en conliont des quantiles considerables. En those generalc, lorsqu'il y a beaucoup de cellules geantes, on no voit que Ires pen de bacilles; parfois, il est vrai, Texamen allenlif d'une preparation no pormet pas de voir de microbes, bien que, cependant, il y en ait qui sent dissimules par un plan plus superficisl du tissn de la coupe ; il n'ost pas rare egalement de voir des grains colores (en rouge ou en violet suivant le procedede coloration em­ploye) et qui represenlent vraisemblablcment des bacilles coupes pcrpendiculairementou obli-quement a Taxe.
Culture du bacille. — Tout au debut, on s etait demande si ce batonnet joue bien un role dans Revolution de la maladie : etait-ce un elrc vivant, capable de se reproduire, de se multi­plier ? Koch n'aurait-il pas pris pour I'agont do la tuberculose des corps inertes, des cristaux par exemple, jouissant des proprieles chiiniques in-diquees plus haul? A cela Koch a repondu vic-torieusement. Apres mille difficultes, il osl par­venu, en effet, ii culliver le microbe, et il a roproduitla tuberculose avec tons ses caracteres, en inoculantles produits de culture.
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•iOnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DES BETES DOViNES
Cette culture du microbe de la tuberculose est chose extremement difdcile, et Koch avait vainemont essayö tous les milieux gen^ralement utilises a I'^poque oil il faisait ses travaux sur la tuberculose ; avec la pa­tience qui caracterise les Allemands, il ne fit cependant aucune publication avant d'avoir trouv^ un milieu de culture h peu pr^s convenable.
Apres des essais multiplies, il parvint ä obtenir, en portant le s^rum (exsude du caillot de la saignee) k la temperature de 65 h. 68deg;, un milieu transparent, gela-tineux, ä la surface duquel le contenu des tubercules jeunesse cultive, mais avec une extreme lenteur. Pen­dant les quatorze ou quinze premiers jours, la semence semble rester inerte ; mais au bout de ce temps, eile cultive lentement sur quelques tubes sous formes de petites ^cailles Seches, pulv^rulentes, blanchätres, qui ne sont autre chose que des amas de bacilles. La diffi-culte da cette culture est teile qu'au däbut, la plupart de ceux qui out voulu 1'essayer ont ichoui, bien qu'ils aient suivi de la facon la plus minutieuse la technique indiqu^e par Koch ; ils n'aboutissaient qu'a des sem-blants de culture excessivement maigres, qu'il 6tait im­possible de transplanter k nouveau. 11 faut en effet avoir le soin d'ensemencer a la fois un grand nombre de tubes : vingt, trente, cinquante meme, qu'on laisse dans I'etuve pendant quinze jours ; il faut aussi ense-mencersur chaque tube une quantity notable de subs. tance, broyee avec sein ; la culture se fait gSn^rale-ment alors dans deux ou trois tubes qui peuvent servir ä ensemencer une nouvelle s6rie ; dans cette nouvelle
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CULTURE DU BAC1LLBnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;41
sirie, un plus grand nombre de tubes r^ussissenl. et, ainsi de suite; en multipliant les series, la culture de-vient plus facile et plus abondante.
Avec M. Roux, j'ai iaonti'6 qu'en ajoutant au s^rum un peu de peptone, de sucre et de sei, avant la g^lati-nisation, le milieu devient plus favorable. C'est ainsi que l'ensemencement de tubercules du foie d'un fai-san nous donna des cultures beaucoup plus riches et plus abondantes que celles de Koch.
Mais c'est surtout en ajoutant au s^rum, avant de la g(51atiniser, cinq k huit pour cent de glycerine, que nous avons obtenu un milieu de culture incompara­ble ; le bacille s'y d^veloppe abondamment et tres rapidement. Bien plus, l'addition de glycerine a. la gilose et meine au bouillon en fait des milieux tres favorables k la proliferation, h la multipli­cation du bacille de Koch : on voit alors se d^ve-lopper, en saillie sur la surface du milieu solide, des pelits grains, lich^noides, blanc jaunätre, sees, denses, difficiles a ^eraser, chaque grain renfermant des mil­liards de bacilles. Dans lecas de milieu liquide, la cul­ture se fait, soit au fond du vase, sous forme de petits grains blanc jaunätre, mamelonn^s, durs a ^eraser, soit k la surface, sous forme de voiles epais et de Cou­leur blanc sale ; eile exhale une odeur de fleur extre-mement agitable, rappelant, suivant le cas, l'odeur de la fleur du syringa on de la fleur d'oranger.
On pent, de meme, obtenir de tris belles cultures du bacille de Koch sur pomrae de terre et sur bette-rave impregn(5es de glycerine.
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La possibility de la culture du bacille de Koch en milieu liquide constituait un progrte reel permcttant de mieux otudier la biologie du microbe. Elle a per-mis d'isoler les toxines söcri5ti5es par le bacille de Koch, et nous verrons quelles merveilleuses propri^tös leur attribuait le savant allemand.
SYMPTOMES
La lubnrculose bovine csl une maladio k evo­lution tres lente; eile est souvcnt compatible avec toutes les apparences de la sanle ; ells pout exister depuis des mois et des annees, sans que rien puisse la faire soupijonner ; le diagnostic clinique en est exlremement difficile, m6me a. une periode avancce de son evolution.
Les symplömes varient beaucoup, suivant la forme qu'aflecle la maladie et suivant ses locali­sations.
A. Tuberoulose pulmonaire. — C'est la forme de beaucoup la plus frequente; c'est aussi la plus dangereuse, la matiere virulente que les tubercuies ramollis deversent dans les branches etant projetee par labouche pendant les quintes de toux ; c'est celte matiöre de l'expeclorationi qui, dessechee et reduile en poussiere, conta-gionne !cs voisins du malade en penetrant dans
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SlfMPTÖMESnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 43
l'appareil respiratoire avec l'air inspire, ou dans le tube digestif avec les aliments souilles, liqui­des ou solides.
On a l'habitude de decrire 3 stades, 3 degres dans l'evolulion de la tuberculose pulmonaire ; l'etude et la description en sont rendues plus faciles.
icr Degre. — Tout au debut, les symptömes peuvent faire absolument defaut ; un propric-taire, un vacher soigneux et atlentif vous dira que teile bete de l'etable tousse, de loin en loin, le matin, quand l'ouverturc des portes laisse en-trer l'air froid du dchors, quand on 1'oblige ä se lever ou ä marcher, quand on la fait boire ou qu'on lui donne des aliments poussiereux; — e'est une toux petite, seche, un peu sifflante, ä courtes quintes.
S'il s'agit d'un boeuf de travail, on le voit s'essouffler un peu plus vite que les autres, sur-tout en montant.
S'il s'agit d'une vacbe, il n'est pas rare de la voir devenir taureliere ; eile demande sans cesse le taureau qui ne parvient pas ä la feconder; e'est parfois le premier signe de la maladie.
Avec cela, rien d'anormal dans l'etat general du sujet : il est gai; il mange avec appetit ; son poil est luisant; la peau n'est ni söche, ni adhc-
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ren(o ; il n'y a pas de sonsibilite exageree do la region des reins ; la secretion lactee n'est pas di-minuee; I'animal resfe en bon etat d'embonpoint; il pent mfime engraisscr aussi vite que ses voi-sins.
S'il etait possible de suivre exactement I'ani­mal, de prendre sa temperature chaque jour, matin et soir, on pourrait noter, dc temps a au-tre, des hyperlhermies subites et passageres, sans cause appreciable, pouvantalteindre 10, i0,5 et plus.
Tandis quo les medecins do I'homme recon-naissent assez facilement la luberculose commen-C.ante, il n'en est plus de memo ici : I'indccilite des sujols ; les grandes dimensions de l'organe explore ; röpaisseur du tegument et des parois thoraciques ; la presence des polls ; 1'applicalion surle thorax et la faibie mobilite des membres anterieurs qui masquent une partie notable du poumon ; le voisinage du rumen dont les bruits so propagent aisement jusqu'a 1'oreille, toutes cos conditions defavorables font que, a cette pe-riode, les signes stelhoscopiques, deja tres va-gues chez I'homme, echappent a I'exploration la plus attentive.
2deg; Degri. —La tuberculose est confirmee : le poll a perdu de son luisant ; il est tarne et pi-
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que; la peau est adherente et secho ; si on la prend enlre les doigts, on a quelque peine ä la detacher des tissus sous-jacenls, surtout au ni-veau des dernieres cötes, et le pli forme ne s'ef-face qu'a la longue ; la region des reins presente une sensibilile anormale ä la pression ; l'animal pince s'affaisse Lrusquement. Tous ces signes sont bien vagues, cependant les eleveurs et les bouchers savent en lirer un hon parti; ils ac-quierent une reelle valeur lorsqu'ils s'observent dans une etable qu'on sait infectee.
Les pressions exeroees sur les cöles ou sur les reins provoquent desplainles et de la toux, toux toujours seche, rauque, sifflante, quinteuse, mais plus frequente et manifestement doulou-reuse. Parfois cependant eile est grasse, profonde et suivie de rappel ; on devine que des mucosi-tes circulent dans l'arbre bronchique ; il peut ar-river qu'ellessoientprojelees ä travers labouche entr'ouverte, au cours d'une quinle violentc et prolongöc ; on peut voir aiors qu'il s'agit de mu-cosites purulentes, epaisses, visqueuses, de cou-leur jaunamp;tre ; on peut surtout les examiner au microscope ou les inoculer et faire ainsi le dia­gnostic avec certitude. Maiheureusement ces cas sont exceptionnels ; la toux mobilise bien les mucosiles bronehiques, mais, dans la grande
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majorite des cas, dies ne depassent pas le pha­rynx el ranimal les deglutit aussitöt; il est facile de s'assurer, en se placant a gauche du sujel, qu'apres chaque quinte de toux, un mouvement de deglulilion s'opere, el les yeux suivent aise-ment lebol dans son trajel cesophagien, tout le long de la goutliore jugulaire. Ainsi peuvent s'expliquer, sans qu'il y ait generalisation au sens propre du mot, c'est-ä-dire intervention de la circulation sanguine, la tuberculose de l'inles-tin, des ganglions mesenteriques et du foie. La respiration est modifiee dans son rhytme et sa frequence ; eile est acceleree, courte, entrecou-pee, surtout au travail ; souvent, h. la fin de 1'expiration, un sillon se creuse le long de i'hy-pochondre, depuis le flanc jusqu'au sternum ; il semble que les muscles expirateurs doivent se contracter avcc effort.
A ce moment l'auscullation et la percussion peuvent donner des renseignements utiles. S'il existe de grosses vegetations pleurales, ou si des masses tuberculeuses d'un certain volume se sont developpees dans les couches superficielles du poumon, la percussion accuse leur presence par le son mat qu'elle donneä leur niveau ; a 1'aus-cultation, le murmure vesiculaire y faitdefaut; on peut y percevoir tantot quelques rales crepi-
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tants, lantöt un bruit de frottement, ties diffe-ronl de celui de la pleuresie aigue au debut. Si la tumeur pulmonaire ramollie s'est videe par-tiellement dans une grosse bronchej on ypergoit du souffle caverneux ou amphorique, ou du ffar-gouillement; la matite est remplacee par une re-sonnance tympanique; — mais c'esl le cas le plus rare. D'ordinaire, les lesions sont trop dissemi-nees dans la masse du parenehyme et trop peu volumineuses pour que la percussion les decele. Le murmure vesiculaiie est partout conserve, plus rude cependant, avec, de place en place, quelques rales broucbiques, un peu de crepita­tion ou de sibilance.
A ces signes tires de la lesion pulmonaire s'ajoulent bientöt des troubles digestifs, la plu-part d'origine ganglionnaire. L'appetit diminue, devient capricieux, la rumination est tardive, longue, irreguliere et ne s'effeclue plus qu'au repos ; aprcs les repas on observe frequemmcnt du meteorisme, peu inquietant d'ailleurs et peu durable. Tons ces troubles sont dus ä la com­pression de l'oesophage par les ganglions tuber-culeuxdes mediastins.
A cette periode, la secretion laclee diminue et le lait perd de ses qualiles ; il devient un peu plus sereux, avec une legere teinte bieualre ;
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neanmoins il n'a pas mauvais aspect, il est en­core marchand, et, si la mamelle n'est pas le siege de lesions specifiques, il peut 6tre ingere sans danger.
3deg; Degre. — A cede p6riode revolution du mal se precipite : les malades deviennent veri-tablement ^Ä/m^es ; l'aniaigrissement s'accuse de jour en jour ; la peau est colleeauxos, le poll lerne et herisse ; tout le facies exprime la Iris-tesse et l'abaltement; les yeux larmoyants et chassieux s'enfoncent dans lesorbites ; un jelage jaunatre, grumeleux, fetide, s'ecoule par les na-seaux et souille le muffle que le malade n'a plus la force de nettoyer d'un coup de langue. L'animal se tient obstinement debout, les cou-des ecartes, comme pour faciliter la dilatation du thorax ; la respiration est precipitee, courte et saccadee. La toux est frequente, faible, dou-loureuse ; le pincsment du dos provoque des quintes inlerminables et, en meme temps, 1'af-faissement du sujet.
Les signes stethoscopiques ne peuvent, k ca moment, laisser dedoutes sur la nature et 1'in-tensite des lesions : la percussion revele de la matite en des points plus ou moins etendus et de la resonnance tympanique au niveau des ca-vernes rapprochees de la surface ; h I'auscul-
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tation, les rules caverneux, les souffles am-phoriques, le gargouillement sont aisement perous.
La mort survient par asphy.xie ou par cpui-sement.
Ce ne sonl pas lii les seuls symptomes qu'on puisse observer ix la derniere periode de la mala-die ; ordinairement les lesions se sont generali-sees ä la plupart des organes ; on pent alors no­ter de la meleorisation persistante; du ptyalisme avec dysphagie (T. des ganglions pharyngiens); des coliques avec alternatives de constipalion et de diarrhee (T. de l'intestinet des ganglions mö-senteriques) ; un ecoulement vulvaire purulent (T. uterine) ; de l'hematurie (T. de la vessie) ; de l'hypertrophie avec induration noueuse de tons les ganglions lymphaliques explorables (T. des ganglions sous-maxillaires, de la base de l'oreille, cervicaux superieurs et inferieurs, sus-slernaux, de l'epaule, du coude, du pli du flanc, de l'aine, des mamelles, du creux poplite, etc.); des boiteries ou des arlhrites (T. des os ou des articulations) ; des accidents vertigineux, epi-leptiformes ou paralytiques (T. des centres ner-veux ou des meninges), etc.
Les lesions du pericarde reslcnt longtcmps si-lencieuses ; ä la longue, ellesprovoquent des ac-
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cidents absolument comparables a. ceux de la pericardile traumalique.
B. Tuberculose abdominale. — Les lesions tu-berculeuses peuvent etre locallsees exclusivement sur les organes de la cavite abdominale (intes-tin, ganglions, foie, peritoine, ulerns), la cavite thoracique elant completement indemne ; alors le diagnostic clinique est presque impossible ; on peut a. peine presumer l'existence de la ma-ladie, en tenant compte des modifications qui surviennent dans I'elat general et la maniere d'etre des animaux.
On peut soup^onner la peritonite tuberculeuse aux troubles de l'appareil genital qui participe ordinairement a I'infection : les chaleurs se pro-longent et se renouvellenl; les vaches sont exci-tees, poussent des beuglements eontinuels ; au paturage, elles poursuivent leurs compagnes et leur montent dessus ; elles demandent sans cesse le taureau et sont saillies sans resultat; ceUes qui sont pleines peuvent avorter; c'esl souventlo premier signede I'infection d'une eta-ble.
La tuberculose intestinale et mesenterique provoque de frequentes coliques, de la diarrhee profuse, alternant avec une constipation opiniä-tre; la tuberculose du foie et de ses ganglions
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s'accompagne loujours d'un peu de möteorisme, apparaissant apros le repas, mais n'empechant pas la rumination (Guittard).
La tuberculose uterine est ordinairemcnt de-noncee par un ecoulement purulent qui souille las levres et la commissure de la vulve, et qui permet de porter le diagnostic avee certitude, soit par l'examen microscopique, soit par l'ino-culation.
C. Tuberculose mammaire. — Los mamellcs sont rarement le siege de lesions tuberculeuses ; sur 100 vaches malades, il n'y en a guere plus de 3 ou 4, au grand maximum, qui aient de la tuberculose de la mamolle (Bang). La lesion se traduit par une tumefaction diffuse, un peu dure, sans chaleur ni sensibilite de louto la glande ; le plus souvent un seul quartierest en-vahi, de preference un quartier posterieur ; par-fois la glande malade s'bypertrophie au point d'acquerir un volume considerable ; le lait resle longtemps normal; graduellement il devient plus sereux, jaunütre; puis il charrie de petits coagulums qui contiennent des bacilles ; enfin, mais tres tard, la secretion devient purulente et finit par se tarir. A mesure que le lait subit ces modifications, la lesion de la mamelie s'accen-tue ; peu ä peu son lissu devient moins souplo,
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plus resistant, d'une durete presque ligneuse. En m6me temps les ganglions mammaires sont hypertrophies, mamelonnes et indures.
Mar ehe. — Duree. — Terminaisons. — La tuberculose est le type des maladies chroniques; son evolution est extrömement lente et pent du­rer des annees ; il est des animaux qui n'ont pre­sents aueun trouble de la sante generale, aueun ralentissement dans l'engraissement, aueunedi­minution de la secretion lactee, qu'on livre ä la boucherie en parfait etat de graisse et que ce-pendant l'autopsie monlre tuberculeux ä un de-gre tres avance. 11 n'est pas rare de trouver tu­berculeux, ä rabattoir, des boeufs laureats de Concours d'animaux gras; en 1892, le haeuf-gras de la jolie ville de Marmande dut etre saisi pour cause de tuberculose generalisee : il avait ete paye 800 francs I Parfois, apres etre restee latente pendant longtemps, la maladie manifeste tout ä coup des paroxysmes, des exa­cerbations plus ]ou moins durables, qui se suc-cedent ä intervalles graduellemenl plus rappro-ches et qui finissent par epuiser l'animal : le surmenage, la lactation prolongee, l'alimenta-tion de mauvaise qualite, une maladie grave in-tercurrente sont les causes ordinaires de ces poussces successives de 1'affection.
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Enfin, quand la tuberculose se generalise, revolution est extremement rapide, galopante si Ton pent dire, comme dans la phtisie aiguii de l'homme ; la fievre s'allume pour ne plus s'etein-dre, les animaux fondent h. vue d'oeil el ils suc-combent en quelques semaines, dans un etat com])let de marasme et d'epuisement.
La mort est Ja terminaison presque fatale de la tuberculose bovine ; dans la grande majorile des cas cependant, les malades sont engraisses — dans la mesure du possible — et livres a la Loucherie, bien avant que la maladie soit parve-nue äsa derniere periode et que la mort soitim-minente.
DIAGNOSTIC
L'expose qui precede suffitä montrer combicn les symptumes de la tuberculose bovine man-quent de precision, combien ils sont jieu carac-terisliques ; meme dans les cas oü la maladie est tres avancee, il est tres difficile de la re-connaitre et les chances d'erreur sont tres nom-breuses ; a fortiori en cst-il de meme au debut de la maladie, chez les animaux qui oat conserve toutes les apparences de la sante.
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Dans ces dernieres annees pourtant, le dia­gnostic cst devenu beaucoup plus facile ; aux indications fonrnies par I'examen clinique, on sail en etret joindre celles lirees de I'examen his-tologique ou de l'inoculation des produits pa-thologiques.
Enfin, tout recernment, on a introduit dans la science, avec l'emploi de la tuberculine, un nioyon tres precieux de reconnaitre la maladie, alors meme qu'elle ne se traduit que par des lesions tres limitees, sans aucune manifestation cxloricure, sans qu'il existe ni pus, ni jetage, ni aucun autre produit qu'on puisse inoculer ou soumettre h I'examen microscopique.
a) Diagaostio clinique.— La tuberculose pul-monairo cst la forme de beaucoup la plus fre-quente, soil qu'elle cxista seule, soil qu'elle s'ac-compngne d'autrcs lesions. A laperiode de debut lo diagnostic est presque impossible ; ä peinc pourra-t-on soupoonner l'existence du mal, ä la toux, a. ressoufflement, ä i'elat general un peu moins satisfaisant, aux variations etendues de la temperature ; ces signes vagues n'acquierent de valeur reelle que dans les etables oü 1'on sail que des animaux tuberculeux ont sejourne ; dans tous les cas, la prudence voudrait qu'on isolät les sujets sur lesquels on les observe.
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Plus tard, I'exploration attentive de la poilrine permet parfois de joindre, aux signes tires de i'etat general du sujet, des renseignements capa-bles de confirmer et de preciser le diagnostic, mais il faut bien savoir quo c'est I'exception : la toux.Ie mauvais poil, l'adherence de la peau, la sensibilite des reins, I'amaigrissement, servant beaucoup plus que l'auseultation et la percus­sion ä etablir le diagnostic clinique de la tuber-culose. Mime dans les cas ou le diagnostic pa-raft evident, l'erreur est ;i craindre et, si Ton veut la certitude, il faut recourir aux autres moyens de diagnostic.
Lorsque la maladie est localiseedans la cavito abdominale, le diagnostic ^est encore bien plus difficile ; on nepeut gucro avoir que des proba-bilites, lirees de I'etat general du sujet, des trou­bles de l'appareil genital ou de l'appareil diges­tif ; encore le meteorisme et les irregularites de la rumination proviennent-ils plus souvent des lesions ganglionhaires du mediastin que de celles du foie ou des ganglions voisins. M. Guitlard, qui a vu beaucoup de bovides tuberculeux, de­clare que lout animal qui se meteorise frequem-ment, sans que ce meteorisme soit manifeste-ment sous la depcndance d'une lesion on d'un trouble vulgaire du tube digestif, doit etre con-
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TUBEHCULOSE DES BETES UOV1NES
sidere comme fortemenI suspect dc tubcrculose ; si le müleorisme s'accompagne d'un relard do la ruminalion, il est tres probable qu'il est du ä des lesions ganglionnaires du mediastin ; on peut, au conlraire, porter le diagnostic laquo;. Tu-berculose abdominale raquo; si le meteorisme, tou-jours peu accuse, n'empeche pas la rumination.
II est parfois possible de percevoir I'hypertro-phie des ganglions sous-lombaires ou les vege­tations pöritoneales en pratiquant I'exploration reclaleou en glissant la main sous les dernieres fausses cütes.
Le diagnostic de la luberculose de 1'uterus ou dos ganglions exlerieurs doit toujours ötre con-firme par I'examen histologique ou 1'inocula­tion du pus vaginal ou de la pulpe du ganglion suspect.
La tuberculoso pulmonaire pout etre confon-due avec un certain nombre d'affections interes­sant les organes de la cavite thoracique :
La peripneumome, sous sa forme chronique ou subaigue, se manifeste par un ensemble de symptomes qui pourraient faire croire ä des le­sions tuberculeuses du poumon ; il serait plus vrai do dire que, souvent,ä l'autopsie de bovides abattus comme atteints de peripneumonie, on
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ne trouve que de la tuberculose du poumon ; il est cependant possible, dans la pluralite des cas, d'eviler la confusion : la tuberculose a une evo­lution plus lenle ; eile ne provoque pas ordinai-rement de fievre ou la fievre est passagere, non continue, comme dans la peripneumonie. La toux dans cette derniere affection est avorlee, sourde, non quinteuse, tres manifestement dou-loureuse ; dans la tuberculose, au contraire, eile est secbe, petite, quinteuse et, lorsque par ha-sardelle deviant grasse, eile s'accompagne d'une expectoration muco-purulenle epaisse et vis-qucuse, ce qui n'exislejamais dans la peripneu­monie ; la percussion des parois thoraciques est incomparablement plus douloureuse dans le cas de peripneumonie que dans le cas de tubercu­lose. Les commemoratifs doivent aussi apporler leur contingent de lumieres ; enlln, on doit, en cas de doute, rechercher le bacille de Koch dans les produits qu'on pent se procurer, ou recourir ä l'injection de tuberculine ; rnais, si ces proce-des permettent d'affirmer l'existence de la tu­berculose, il ne faut pas oublier que les deux affections ne s'exclucnt pas l'une l'aulre et que la böte tuberculeuse peut elre aussi peripneu-monique. La bronchite vermineuse est frequente en cer-
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TUBEnCULOSE DES BÄTES BOTINES
tains pays ; eile frappe surtout les agneaux et les veaux, mais il y a des annees ou les ovldes et les bovides adultes ne sont pas epargnes ; eile est due au developpement du strongylus micrurus Aans les tuyauxbronchiques. Lorsqu'il est tres abondant, le parasite provoque des trou­bles respiraloires, inquietants ä premiere vue, une toux forle, sonore, quinteuse, suirocanle avec, parfois, menaces d'asphyxie ; cette toux pent s'accompagner d'expecforation et de je-tage; le plus souvent les matieres expectorees s'arretent au pharynx et sontdegluties ; le jetage, quand il en existe, est peu epais, muco-purulent; un faibie grossissement montre, dans ce jelage, et surtout dans les irmcosites projetees au debors pendant les quintes de toux, des slrongles ä des degres divers de leur evolution ou des ocufs ; d'ailleurs, il n'y a jamais de reaction febrile ap­preciable, I'appetit est conserve, le poil est lui-sant et les animaux peuvent etre en bon etat d'embonpoint; il est vrai qu'ils peuvent ^trc aussi plus ou moins profondement cachectiques. Les echinocoques du poumon (kystes hydati-ques) pourraient aussi faire croire ä des lesions tuberculcusos ; un cxamen aftentif permet de les en diflerencier; les animaux qui ont le pou­mon farci d'echinocoques ont toutes les appa
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rences de la sante : l'ceil est vif, le poll brillant, la tempärature normale; ils s'essoufflent vile quand on les oblige a un exercice quelconque, et ils peuvent 6tre pris de quinles do toux vio-lentes pouvant aller jusqu'ä la suffocation. A i'auscultation, on per^oit souvent des rales bron-chiques et, parfois, quand une poche s'est video dans une broncho, un bruit de gargouillement intense ; c'est alors quo I'animal pent, dans une quinte de toux, expectorer des debris do mem­brane bydatique dont le plus simple examen permet de reconnaitre la nature ; la percussion rövele Qa et lä des points pen etendus oü la re­sonance est abolie ou diminuee, mais la matite n'est perceptible que lä oü des kysles volumineux ont envahi les coucbes superficielles du poumon. Si Ton ebranle du poing la paroi thoracique, la main posee ä plat pergoit une vibration toule parliculiere connue sousle nom de fremissement hydatique.
On sait que les kystes hydatiques anciens sont reduits au volume d'une noix ou d'une noi­sette el formes d'une coque fibreusc renfermant une sorle de morlier plus ou moins epais, de couleur jauno intense. C'est ce que Ton a appele la degenerescence atheromateuse de l'hydalide. A un examen pen attentif, on pourrait confon-
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TUDERCmOSE DES BETES BOVINES
dre ces vieux kystes avec de petiles masses lu-berculeuses ramollies ; il suffit de delayer le contenu dans un peu d'eau pour mcttre en evi­dence des debris de membrane ne laissant au-cun doute sur la nature de la lesion.
L'aclinomycose peut encore simuler la tuber-lose lorsqu'elle infiltre le poumon sous forme de pelites tumeurs arrondies, du volume d'un grain de chenevis ä celui d'une noisette ou d'une noix, ou lorsqu'elle a envahi la langue ou les ganglions sous-glossiens, cervicaux, ou pharyngiens ; dans le premier cas, le diagnostic differentiel ne peut elre etabli que par l'emploi de la tuberculine, sauf dans 1^ cas tres rare oü il exisfe de l'expec-toration ; dans les autres cas, la confusion ne peut pasdurer ; I'examen, k I'oeil nu, permet de recon-nattre l'existence de pelits grains jaunes et durs, caracteristiquos de ractinomycoso, dans le pus ou le tissu'dos ganglions indures, ou dans les gra­nulations dont la muqucuse linguale est farcie ; s'il en elait besoin, le plus simple examen mi-croscopique, apres coloration k la glycerine pi-crocarminee, mettrait en evidence les touffes radiees du parasite et permetlrait d'affirmer l'existence de Faclinomycose.
L'adenie et la leucemic poarraient encore 6tre confondues avec la tuberculose ganglionnaire ;
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mörne cliniquemcnt, on pourrait les en dislin-guer par I'liypertrophie symelrique, reguliere et progressive de tous les ganglions explorables, par l'absence de nodosites, d'induration, d'infil-tralion calcaire ou de ramollissement central. Rien de plus simple, poursortlr d'embarras, que d'extirper un ganglion, pour Texaminer a I'oeil nu et au microscope et pour l'inoculer. La nu­meration des globules sanguins pertnet parfois de conclure a l'existence de la leucemie et d'eli-miner ainsi toute idee de tuberculose.
b) Diagnostic bacteriologique. — Toutes les fois que la cbose est possible, le diagnostic doit 6lie contröle par I'examen bacteriologique dos pro-duits suspects : suppuration, jetage, expectora­tion, pulpe ganglionnaire, lait, etc.
Si Ton trouve le bacille de Koch avec ses ca-racteres hislo-chimiqiies si nets et si particuliers, on peut afQrmer Texistence do la tuberculose ; on fait ainsi, en quelques minutes, une demi-heure au plus, un diagnostic absolument certain ; si la recherche du bacille reste vaine, on n'est pas autorise pour cela a nier l'existence de la maladie ; on ria le droit de conclure que dans le cas oh le resullal esl positif; s'il est negatif, il faut proceder ä l'inoculation du produit suspect.
Comment se procurer le produit virulent qu'on
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doit examiner ou inoculer? Lorsqu'il s'agit d'une lesion tuberculeuse externe ulceree,ou d'uQ gan­glion suspect, ou d'une lesion uterine avec ecou-lement vaginal purulent, ou d'une tuberculosc pulmonaireaccompagneedejetagcoud'expulsion de muco-pus au moment de violentes quinlesde toux, — rien do plus simple : on n'a qu'a ponc-lionner ou extirper le ganglion, a recueillir le pus, pour en faire l'examen ou rinoeuiation.
Pour cc qui conccrne la mamelle, on recueille le lait suspect dans un grand verrc a reactifs de forme conique ; on le couvre et on laisse se re-poser au frais pendant vingt-quatre heures ; apres quoi les bacillesqu'il renferme sent depo­ses au fond du verre. A I'aide d'une pipette, on aspire les 4 ou 5 centimetres cubes qui occupent le fond, on procedc a l'examen et, s'il est besoin, ä I'inoculalion.
Mais ces cas fuciies sont les plus rares; m6me lorsque la tuberculosc siege au poumon et quo les lesions sont graves, il est tres difficile de se procurer les mucosiles chargees de bacilles qua renferment les bronches; il laut quo les quinles de toux soicnt bien violentes pour que ces mu-cosites soient projetees au dchors ; 9 fois sur 10, elles s'arretent dans le pharynx et sont aussjtöt degluties.
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DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;63
En immobilisant la langue par une vigoureuse traction au dehors, la deglutition n'est plus pos­sible ; si done on reussit k provoquer la loux par la pression de la trachee ou du larynx, le muco-pus bronchique sera expulse au dehors, on pourra en recuoillir suffisamment pour I'exa-men ou pour I'inoculation.
Mais il est toujours Ires difficile de provoquer la loux chez les bovides. Comment faire, alors? Un veterinaire hollandaidvr'oels, conseille de faire, ä la partie inferieure de la trachee, une legere incision permettant I'introduction d'un fragment d'eponge solidcment fixe a I'extre-mite d'un long fil d'arcbal ; on dirige I'eponge vers la bifurcation de la trachee ; eile s'y impre-gne de mucosites bronchiques qu'on recueille ensuite par expression pour les examiner ou les inoculer ; un point de suture ä la plaie du te­gument suffit pour assurer la cicatrisation ; en moins de huit jours, toute trace de l'operation a disparu. C'est un procede plus simple qu'il ne semble a priori, pratique et sans danger ; il donne d'excellents resultats. Mais les proprie-taires ne laissent pas volontiers pratiquer une operation dont ils s'exagerent la gravile et dont ils comprennent mal rimporlance.
On pourrait encore, a I'aidc d'une eponge so-
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lidement flxec a. rcxtremito d'une baguette flexi­ble ou enlre les mors d'une tongue pince a pres-sion continue, aller frotter las parois du pbarynx de 1'animal suspect; — c'est une manoeuvre familiere au praticien, habitue a aller cher-cher les corps etrangers arretes ä l'entree de l'cesophage ; rien n'esl done plus facile ; — i'eponge ramone les mucosiles rctenues dans les cryptes folliculaires de la muqueuse ; on Texprime ensuile dans un verre a reactif en y ajoutant au besoin un pen d'eau bouillie ; on ob-ticnt ainsi une petite quantite de maliere propre ä l'examen ou ii rinoculation. Sur mon conseil, Greffier a soumis ä cette epreuve 12 vaches tu-berculeuses ; pour 8, il fut possible d'affirmer l'existence de la maladie; pour les 4 aulres, l'examen et rinoculation ne donnerent que des resultats negatifs.
Enfin, on pent encore recourir a I'injection sous-cutanee de veratrine (i5 a 20 centigram­mes) ou plutot d'un sei de pilocarpine (25 h 3o centigrammes). On exagere ainsi considerable-ment les secretions de la muqueuse respiraloire; on provoque un jelage abondant; la toux devient plus frequente et les produits du jetnge ou de Texpectoration peuvent servir ä l'examen histo-logiquc et surtout ä rinoculation.
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DIAGNOSTIC EXPERIMENTALnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 65
c) Diagnostic experimental. — Si I'examen bac-teriologique ne donne pas des resultals posilifs, — et c'est malhcureusement le eas le plus fre­quent, chez les bovides, — alors il faut proce-der a l'inoculalion et, pour cette inoculation, il faut s'adresser au cobaye. Le cobaye, en effet, est a la tuberculose ce quo l'ane est ä la morve ; c'est le reactif par excellence ; iorsqu'un cobaye a resiste a une inoculation bien faite, on pent dire que le produit inocule ne possedait pas la virulence luberculeuse.
Si i'on doit inoculer un produit pur on ä peu pres, — lait, pus, sue ganglionnaire, — il vaut mieux I'injecter directemont dans le peritoine ; c'est le mode d'inoculalion qui tue l'animal ino­cule le plus sürementet le plus vite ; on pour-rait dejä le sacrilier au bout de quinze h vingt jours; on trouverait ä l'autopsie des lesions tu-berculeuses manifestes de la rate, des ganglions et de l'epiploon, lesions oü le bacille de Koch pullule.
Le lait renferme ordinairement peu de bacil-les; il faut done I'injecter en quantite notable, i au 2 centimetres cubes au moins, et de pre­ference 4 ä 5 centimetres cubes.
Mais lorsqu'on n'a ä sa disposition qu'un pro­duit impur, jetage ou muco-pus des bronchos ou
NocAno — Les Tubonmloses animatesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 5
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TUHERCULOSE DES BETES BOVINES
du vagin, il vaut mieux faire l'inoculation dans le lissu cellukiire sous-cutane : ä cöte du bacille de Koch, ces produils contiennent beaucoup d'aulres organismes dont la pullulalion dans le peritoine pourrait provoquer une perilonite sup-puree rapidement morlelle ; — sous la peau, leur action se borne d'ordinaire ä concourirä la formation d'un abces qui s'ouvre ires vite a I'ex-terieur, hiissant une plaie ulcereuse absolument refractaircii la cicalrisalion ; Tanimal n'en reste pas moins bien portant et 1'evolution du bacille de Koch n'en parait pas modifiee ; du point inocule, ce bacille suit, chez le cobaye, une mar-che reguliere, immuable, vers le centre ; il ga-gne d'abord les ganglions les plus voisins, s'y nrrete, les irrits, en provoque I'hypertrophie, Tinduration, la suppuration; puis, le premier obstacle franchi, il va plus loin, determinant les memes phenomenes, detruisant peu ä peu les ganglions qui ont passagerement arrete sa mar-che envahissante.
En tenant compto de cette evolution si regu­liere, on doit injector le produit suspect sous la peau de la face interne de la cuisse; les gan­glions les plus voisins sont ceux de l'aine et ceux du pH du flanc ; ces derniers sont tout ä fait superficiels ct tres facilement explorables; on
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DIAGNOSTIC EXPERIMENTALnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;67
peut done suivre aisement les modifications qu'ils subisscnt; on peut les ponctionner, extraire la matiere caseense qu'ils renferment; on peut meme les extirper, soumettre leur contenu h la reaction de Koch-Ehrlich et metlre en evidence les bacilles specifiques qui s'y sont developpes, parfois en quantite considerable.
Par ce precede on peut obtenir la certitude qui manquait, en huit, dix et douze jours, plus rapidement meine que si Ton avait inocule dans le peritoine.
Que si l'examen bacteriologique du ganglion extirpe ne donne rien, ou si le veterinaire n'est pas outille pour le praliquer, il lui fautattendrc alors le resultat de l'inoculation. Cela ne veut pas dire la mort du sujet; non ; il peut le sacri-fier du vingt-cinquieme au trenfieme jour ; il trouvera les ganglions, l'epiploon et la rate hypertrophies, farcis de nodules tuberculeux ; 1c foie et surtout le poumon sont moins gravement envahis. En tout cas, le diagnostic est assure.
Que si l'inoculation a ete pratiquee a 1'oreille, ce sont d'abord les ganglions cervicaux qui sont envahis, puis les ganglions pharyngiens, puis les ganglions bronchiques, en fin le poumon ; le parenchyme est infillre d'une myriade de no­dules grisätres avec un point central blanchatrc.
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68nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCÜLOSB DES BATES BOVINES
nbsolument analogues h ceux dont la rate de* vicnt le siege ä la suite de rinoculation h la cuisse.
Jl va sans dire qu'il faul (oujours inoculer plusieurs cobayes ä la fois, de peur d'un acci­dent, toujours possible lorsqu'on opere avec un produit impur.
On ne doit utiliser le lapin pour ccs expe­riences, qu'ä defaut de cobayes ; — contraire-menl k ce que Ton a cru longtemps, le lapin est un reactif peu sür, infidele et capricieux si Ton peut dire, de la tuberculose ; chez lui, revolu­tion de la maladie n'a rien de fixe, rien de regu­lier ; eile setnble subordonnee ä la susceptibilite individuelle. Tel sujet prendra une tuberculose generalisee, rapide, a la suite d'une inoculation ä la lancette ; chez lel autre, Tinjection sous-cutanee d'un produit tres virulent, en quantite notable, semblera ne 'donner qu'une tuberculose locale, ä marche insidieuse et tres lente. D'autre part, chez le lapin, le virus ne suit pas un trajet regulier comme chez le cobaye. C'est done seu-lement au cobaye que devra s'adresser le veteri-naire desireux de savoir, rapidement et d'une faQon sure, si tel ou tel ptoduit suspect est de nature tuberculeuse.
d) Diagnostic par la tuberculine. — Tons les
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DIAGNOSTIC PAR LA TÜBERCULINEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;69
naoyens dont il vient d'etre question ne s'ap-quot; pliquent, cela va sans dire, qu'aux lesions externes on pulmonaires de la nialadie ; encore faut-il que les alterations du poumon soient dejä ramollies ct en communication avec les bronches, pour qu'on ait quelque chance d'obte-nir un produit virulent ä inoculer. Dans tous les autres cas, lorsque la tuberculose est confinee aux organes abdominaux, aux sereuses ou aux ganglions des cavites, tous ces moyens sont inapplicables et, jusqu'a ces derniers temps, le veterinaire reslait impuissant; il pouvait avoir des presomptions, il n'avait aucun moyen d'ac-querir la certitude. — II n'en est plus de meme aujourd'hui; nous avons dans la tuberculine un moyen sur de faire le diagnostic de la tubercu­lose, meme lorsque les lesions sont tout a fait recentes et tres limitees.
Qu'est-ce done que la tuberculine?
On se souvient sans doute de l'emotion que souleva dans le monde entier, vers la fin de 1890, la nouvelle que Robert Koch venait de decouvrir une substance, une laquo; lymphe raquo; ca­pable de prevenir les effels de l'inoculation d'un produit tuberculeux, de guerir une tuberculose dejä constituee quand ellc n'est'pas trop avan-cee, et de denoncer la presence de lesions tuber-
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TUBERCULOSE DES BATES BOVINES
culeuses inaccessibles aux autres moyens de diagnostic. Dans le grand public, dans le monde medical inöme, on ne vit guere que celte chose morveilleuse : laquo; Grace ä la lymphe de Koch, on ailait guerir les tuberculeux ! raquo; Des milliers de malades venant de tous les pays, la pluparl arri­ves ä la derniere periode de la luberculose, af-fluerent a. Berlin, reclamant les injections de la merveilleuse liqueur ! Helas ! il fallut bientöt en rabaltre et l'experience, faite un peu partout ä la surface du globe, donna les memes resultats dosesperanls : la lymphe de Koch parait impuis-sante ä guerir la luberculose pulmonaire et, quand les lesions sont tres etendues, eile peut, chez les bovides comine chez I'homme, provo-quer leur generalisation et le developpement d'une phtisie aigue rapidement mortelle; on en a cite plusicurs exemples ; c'est ce qui explique pourquoi les medecins hesitent a. employer la tuberculine, meme k la dose tres faible qui suf-fit pour assurer le diagnostic.
D'autre part, les experiences faites dans tons les laboratoires ont montre que la laquo; lymphe de Koch raquo; n'esl pas plus apte ä prevenir qu'ä guerir la luberculose, chez les divers animaux mis en experience.
Au point de vue purement medical, il ne
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DIAGNOSTIC PAR LA TÜBERCULINEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( 1
resterait done rien de la decouverte de Koch qui avait souleve de si grandes esperances ; tout au moins, les medecins de l'homme ne semblent-ils pouvoir en tirer aucun benefice reel. II nquot;en est pas de meme pour les veterinaires et les agriculteurs : des experiences faites par milliers dans tons les pays ont montre que la laquo; lymphe de Koch raquo;, injectee a petiles doses, sous la peau des bovides suspects de tuberculoso, provoque, chez les senh animaux tuberculeux, une reac­tion febrile intense permettant d'affirmer I'exis-tence de lesions si minimes que les autres procedes de diagnostic (examen clinique ou bac-teriologique, inoculations) seraient impuissants a. en deceler ou meme a en faire soupQonner I'existence.
La lymphe de Kochou mieux, \a. tuberculine, est un simple extrait des cultures du bacille tu­berculeux en milieux glycerines.
Longtemps Koch gai'da secret le mode de prepara­tion de sa laquo; lymphe raquo; ; dt?s que I'on put s'en procurer, it fut facile d'y percevoir tres nettement l'odeur de fleurs particuliere aux cultures du bacille tuberculeux en milieux glycerines; Budjwid, ä Varsovie, Roux et Metchnikoff, a I'lnstitut Pasteur, Hiippe, ä Prague, arriverent, chaeun de son cüte, a cette conclusion qu'il s'agissait certainement d'un extrait de ces cultures et.
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72nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DES DATES DOV1NES
trfes vite, Roux prepara, avec les divers specimens de bacilles que Ton possede (homme, cheval, pore, fai-san, poule, pigeon), des tuberculines d'une activity au moins iSgale ä celle de la laquo; lymphe de Koch raquo;. La preparation en est fort simple : une culture en bouillon glycerin^, laissiSe six semaines a I'^tuve a 37-?)80 est st^rilisee a I'autoclave a no0 ; on la con­centre ensuite dans le vide, en presence de l'acide sullurique, ou plus simplement au bain-marie, jusqu'a ce que le volume de la culture soit riSduit au dixieme de son volume primitif; on filtre et Ton conserve en vase clos, ä l'abri de la clialeur et de la lumiere; comme le bouillon de culture renfennait 5 0/o de gly­cerine, le produit (5vapore en contient 5o 0/o envii-on, ce qui explique pourquoi il se conserve si longtemps avec toute son activity.
La tuberculine est un liquide brunätre, sirupeux, limpide, qui possede, mais tres affaiblie, l'odeur de fleurs particuliöre aux cultures du bacille de Koch. Administr6e par les voles digestives, eile reste sans eflfet ; injectee dans les veines et sous la peau, son ac­tion est des plus remarquables :
Chez le cobaye sain, on peut en injecter jusqu'a 2 centimetres cubes et plus sans inconvenient; chez le cobaye tuberculeux, au contraire, un demi-centimetre cube suffit pour amener la mort; mais si Ton n'injecte que des petites doses graduellement croissantes, on peut obtenir la eicatrisation de l'ulcfere tuberculeux du point d'inoculation et un retard assez notable dans
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•'
DIAGNOSTIC PAR LA TUBERCULINEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 73
revolution des lesions viscörales ; c'est ce qui avail fait croire a la possibilite de la guärison.
Ea somme, le cobaye, dont Torganisme est si favo­rable ä la culture du baoille tuberculeux, Supporte bien des doses considerables des produits que ce ba-cille secrete. — II en est de meme pour les boviüös tuberculeux; il est extremement rare d'observer chez eux, ä la suite d'injections röit^r^es de hautes doses de tuberculine, une aggravation notable des lesions dont ils 6taient porteurs. — Au contraire I'homme, qui constitue en r^alit^ un assez mauvais milieu de cul­ture pour le baoille, präsente une extreme sensibility a ses produits de secretion : tandis que le cobaye sain resiste bien a. la dose de 2 centimetres cubes, chez I'homme sain, il,l) de centimetre cube provoque d£ja des troubles särieux ; chez I'homme tuberculeux, il peut sufflre de quelques milligrammes, pour donner naissance k des accidents inquU'tants, parfois mortels ; — I'hyperthermie est le plus constant des phönomfenes provoqufe.
L'action de la tuberculine sur les lesions tubercu-leuses est des plus remarquables ; il survient, au voi-sinage immediat de la lesion, une inflammation in­tense, aveo exsudation, puis infiltration leucocytique abondante; le foyer tuberculeux peut etre ainsi isoli, dilimiti, et comme expuls^ du tissu oil il s'lt;Hait d^-veloppe ; pour les lesions externes, pour celles de la peau, le resultat peut etre avantageux; il peut etre extremement l'ächeux pour les lesions visc^rales, dont
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r^limination n'est pas possible et qui deviennent le • centre de nouvelles productions tubevculeuses et, par-fois, le point de depart d'une generalisation prompte-ment mortelle.
Les nombreuses recherches que j'ai faites en vue d'appliquer lea injections de tuberculine au diagnostic de la tuberculose des bovid^s et celles qui ont ilamp; faites a I'eti'angei- (par Pang, Lydtin, Jöhne et Siedam-grotzki, etc.), me permettaient de formuler, des la lin de 1891 ('), les pi'opositions ci-apres :
1deg; La tuberculine posside, ä regard des bovid^s tuberculeux, une action sp^cifique incontestable, Be traduisant surtout par une notable 61Ävation de la temperature ;
20 L'injection d'une forte dose (3o k 4o centigrammes, suivant la taille des sujets), provoque ordinairement, chez les tuberculeux, une ÄlÄvation de temperature comprise entre io,5 et 3 degrfis ;
3deg; La meme dose, inject^e a. des bovid^s non tuber­culeux, ne provoque aucune reaction febrile appre­ciable ;
4deg; La reaction febrile apparalt le plus souvent entre la douzieme et la quinzieme heure apres I'injection, quelquefois d6s la neuvieme heure, tres rarement apr^s la dix-huiti6me ; eile dure toujours plusieurs heures;
(') Voir la Revue Critique que j'ai faite k ce sujet dans les Annales de VInstitut Pasteur; Nraquo; du 25 Janvier 1892.
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DIAGNOSTIC PAR LA TUBEBCÜL1NEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 75
5deg; La duriSe et I'intensiU de la reaction ne sont 'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nulleinent en rapport avec le nombre et la gravity des
lesions ; il semble meme que la reaction soit le plus nette dans le cas oil, la lesion Hant trks limit^e, I'ani-nimal a conserve les apparences de la santß ;
6deg; Chez les snjets trfes tuberculeux, phtisiques au sens propre du mot, chez ceux surtout qui sont fi^vreux, la reaction peut etre peu accusfie ou mSme absolument nulle;
7deg; II est prudent de prendre la temperature des animaux, matin et soir, pendant plusieurs jours avant rinjection; il peut s'en Irouver, en effet, qui, sous I'influence d'un malaise passager, d'un etat patholo-gique peu grave (troubles de la digestion ou de la gestation, chaleurs, etc.), presentent de grandes os­cillations de la temperature; de ]h. une cause d'erreur grave. Pour ces animaux, il vaut done mieux ajourner I'opcSration ;
8deg; Chez certains animaux tuberculeux, non fievreiix, la reaction consecutive a l'injection de la tuberculine ne depasse guere un degre ; mJanmoins comme Texp^-rience demontre que, chez des animaux parfaitement sains, la temperature peut subir des variations attei-gnant un degre et plus, on devra ne considerer comme ayant une valeur diagnostique reelle que les reactions superieures k i-gt;,^ ; l'eievation de tempera­ture inferieure k 8 dixifemes de degre n'a aucune si­gnification ; toute bete dont la temperature subit une elevation comprise entre o0,8 et i0,4 sera consideree
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76nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUDERCULOSE DES BATES BOV1NES
comme suspecte et devra ßtre soumise, aprfes un dölai d'un mois environ, a une nouvelle injection d'une dose plus considerable de luberculine. A ces conclusions on pent ajouter ]es suivantes :
a)nbsp; Les injections successives, r^p^tdes chaque jour ou ä quelques jours d'intervalle, donnent des reac­tions graduellement moins intenses. II se produit une veritable accoulumance k laction de la tuberculine : mes experiences semblent eta'blir que cette accoutu-mance est tres passagfere ; chez plusieurs vaches tu-berculeuses soumises aux injections, tous les quinze jours, tous les douze jours ou tous les huit jours, j'ai enregisti-e huit ou dix fois de suite des bypertliermies sensiblement Egales;
b)nbsp; nbsp; Le veau tuberculeux riagit aussi bien que I'adulte ; la dose doit varier de io a 20 centigrammes;
a) Les injections de tuberculine n'ont aucune in­fluence fächeuse sur la quantity et sur la quality du lait ou sur l'issue de la gestation. Cela r^sulte d'un nombre considerable d'exp^riences faites sur des vaches en pleine lactation et ätoutes les periodes de la gestation.
On a cependant contests la valeur des indications donndes par la tuberculine ; on a dit que parfois eile ne provoquait aucune reaction sur des animaux mani-festement tuberculeux et que, parfois aussi,eile provo­quait la reaction pr^tendue sp^cifique chez des animaux que I'autopsie montrait indemnes de tuberculose.
Le premier grief repose sur un fait exact et cepen-
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DIAGNOSTIC PAR LA TUDERCUL1NEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 77
dant il est injustißÄ: II ne faut pas oublier que laquo; oheü les sujets ti-6s tuberculeux, phtisiques au sens propre du mot, ou d^jä fievreux, la reaction thermique peut etre peu accusee ou meine absolument nulle raquo; ; c'est ce qui explique les r^sultats contradictoires oblenus au d^but des experiences que les v^tärinaires ont ins-tituees pour etudier le parti qu'ils pourraient tirer de la lymphe de Koch: pour aller plus vite et pour d(S-penser le moins possible, on n'expörimentait que sur des animaux silrement tuberculeux ; or, pour Mre sur qu'un animal est tuberculeux, il faut que la tubercu-lose soit Ak]k bien avanct^e ; beaucoup de ceux mis en experience 6laient phtisiques ou fi^vreux; ils n'ont pas reagi a la tuberculine ; mais cela n'a pas d'impor-tance au point de vue pratique : chez ceux-lä, pas n'est besoin de la tuberculine pour faire le diagnostic, les signes cliniques y suffisent ampleraent.
L'autre grief serait beaucoup plus grave, s'il 4tait sirieusement motive. Voyons ce qu'il en est exacte-ment. Sur ce point, le gros argument est empruntö au compte-rendu olficiel des experiences faites a I'Offlce imperial d'hygiene de Berlin, sous la direction de Schütz ('), Ces experiences ont porte sur un chiffre total de 66 bovides ; 5l sujets ont r^agi ä la tubercu­line; 43 seulement etaient tuberculeux: les 8 autres n'avaient aucune lesion ; des if) qui n'ont pas r^agi, 4 etaient tuberculeux.
(l) Arb. aus d, Kaiserl. Gesundheilsamle, Band V11I et Annalcs de I'lnstilut Pas'.eur, af) Janvier 1892.
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A premifere vue, ces chiflres sont bien peu encoura-geants et justilient les reserves que Ton a faites sur la valeur de la tuberculine ; si Ton examine de pramp;s les details de l'expÄrience, on voit que Schütz considfere comme ayant r^agi tons les sujets dont la temperature s'est 61ev6e d'un demi-degre ! Or, on salt que, mfime chez des animaux parfaitement sains, il peut survenir, du matin au soir, des oscillations de la temperature atteignant parfois pres d'un degre ; c'est ponrquoi je ne declare tuberculeux que les animaux dont la tem­perature a subi, sous rinfluence de la tuberculine, une elevation superieure h. i0,4 ; que si Ton applique ma formula aux experiences de Schütz, on voit alors qu'entre ses mains deux sujets seulement ont reagi, qu'il n'a pas Irouvös tuberculeux a I'autopsie ; — il est vrai que la eat^gorie des animaux tuberculeux qui n'ont pas reagi ä l'injection en serait notablement augmentee; mais l'augmentation portant sur des ani­maux trfes tuberculeux, phtisiques pour la plupart, les considerations exposees plus haut leur sont appli-cables et le fait perd toute son importance.
Mais, peut-on dire, il n'en est pas moins vrai que chez un petit nombre de sujets non tuberculeux, la tuberculine a provoqu^ la reaction consideröe comme caracleristique de Ja tuberculoses
Peut-etre; mais le nombre de ces cas malheureux est tr^s peu considerable, tres inferieur, k coup sur, a. celui qui semble resulter des fails publies; je veux dire qu'il me paralt extremement probable que si Ton
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*
DIAGNOSTIC TAR LA TUBERCUUXEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;79
n'a pas trouvä, k I'autopsie, les lesions que la tuber-culine avait denoncees, e'est, au moins pour un grand nombre de cas, qu'on ne les a pas sufflsamment cher-chöes ; line faut pas oublier que la dur^e el I'intensile de la reaction ne sout pas en rapport aveo le nombre et I'intensiU des lesions ; il semble meme que la reac­tion s-oit le plus nette dans le cas ov, la lesion ^tant trfes limit^e, I'animal a conserve les apparences de la sant6 ('). Gette proposition a etlt;5, depuis, confirmee de toutes parts et je pourrais citer des tails nombreux, absolument probants, oü il a suffi. d'un seal ganglion tuberculeux, de quelques petils foyers pulmonaires. pour provoquer une hypertherraie de plus de 2deg;.
Jöhne et Siedamgrotzki, de Dresde, qui ont fait de nombreuses experiences ä ce sujet (2), disent fort jus-tement que l'exainen attenlif d'un animal prepare pour la boucherie ne peul pas donner la certitude qu'il n'exisle pas quelque foyer tuberculeux siluä profondement clans un ganglion ou dans la moelle des
OS.
Tous les fails qui ont ele publies depuis, tant dans les'journaux veterinaires, qu'au 3deg; Con-grespour I'etude de la tuberculose,et au Congres inlernational d'hygiene de Buda-Pest, ont con-
(') Ginquieme conclusion de ma Revue des Annales de J'Inst. Pasteur.
(2) Bericht über des Vdter. in Ki'mig. Sachsen für 1890, p. iGi.
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firme entierement les propositions que je for-mulais des la fm de 1891 ; tout le monde admet aujourd'hui l'exactilude et la precision merveil-leuse des indications diagnostiques fournies par la tuberculine. — Mais si la reaction ä la tuber-culine permet d'affirmer l'existence de lesions tuberculeuses aussi minimes qu'on les suppose, eile ne donne absolument aucune indication ulile sur Tage, l'etendue et la gravite de ces lesions.
ETIOLOGIE ET PATHOGEN1E
Comme toutes les maladies contagieuses, la tuberculose ne reconnait qu'une cause : la pe­netration dans l'organisme et la pullulation de l'agent specifique, le bacille de Koch. II n'y a pas bien iongtempsque les medecins sont d'ac-cord sur ce point. Cependant, bien avant que Ton eüt songe ä experimenter sur ce sujet, du nombreux faits d'observation avaient ete re-cueillis qui faisaient soupQonner par beaucoup, affirmer par quelquesuns, la contagiosite de l'affection.
C'etait une notion tres repandue dans le vul-gaire que la phtisie etait contagieuse et, dans certains pays, on isolait les luberculeux, comme
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au moyon-age les lepreux ; apres leur mort, on brülait leur linge et parfois la maison qu'ils avaieat haLitee; on la desinfectait soigneuse-ment tout au moins.
En lySo, ä Nancy, les magistrals fircnt bru-ler sur la grande place le mobilier d'une femme, morte phtisique pour avoir couclie dans le lit d'une autre laquo; poitrinaire raquo;.
A Naples, unedit royal du 20 septembre 178'i, prescrivait la sequestration des phtisiques, la desinfection des locaux, effets, meubles, li-vres, etc., avec du vinaigre, de l'eau-de-vie, du jus de citron, de l'eau de mer, des fumiga­tions, etc., le tout sous peine de 3 ans de galeres pour les vilains, de 3 ans de chateau-fort et 3oo ducats d'amende pour les nobles. Le mede-cin qui ne faisait pas connaitre un malade phlisique s'exposait a une amende de 3oo ducats pour la premiere fois, et pour la deuxieme a un bannissement de 10 ans; celui qui facilitait Tevasion d'un phtisique etait condamne ä 6 mois de prison.
La terreur de la phtisie a longtemps persiste dans les classes populaires, en Espagne comme en Italic. En 1839, Georges Sand voyageant en Espagne avec Chopin, deja atteint de la maladie qui devait l'emporter dix ans plus tard, venait
Nocard — Les Tuberculoses animalcsnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 6
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82nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TÜBERCULOSE DES BATES BOVINES
de s'inslaller ä Mayorque. #9632;laquo; Au bout d'un mois, ecriviiit-clle, 1c paüvre Chopin, qui depuis Pa­ris allait toujours toussant, tomba plus malade ; nous limes appeler un medecin, deux medecins, trois medecins, tous plus änes les uns que les autres, qui allerent repandre dans l'ile la nou-velle que le malade elait poitrinaire au dernier degre. Sur ce, grandc epouvante ! La phlisie est rare dans ces climals et passe pour conlagieuse. Nous fumes regardes comme des pesliferes et, do plus, comme des pal'ens, car nous n'allions pas ä la messe. Lc proprietaire de la petite mai-son que nousavions louee nous mit brutalement ä la porle et voulut nous intenter un proces, pour nous forcer ä recrepir sa maison infectee par la contagion. La jurisprudence indigene nous cut plumes comme des poulels ! raquo; A Bar-celono, nouvelles tribulations : au moment oü les voyageurs quittaient l'auberge, l'höte exigea qu'on lui payät le lit oü Chopin avait couche, sous pretexte qu'il etait infecte et que les regle-ments de police exigeaient qu'il füt brüle (').
Uno leitredateedeRome, le 8 novembre i8o3j par laquelle Chateaubriand annon^ait a Fon­tanes la mort de M1quot;quot; de Beaumont, contient ce
, (') Corrtspondcmcc, i883, t. II, p. 129 et i33.
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ETIOLOGIE ET PATIIOGENIEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;83
pussage significatif: laquo;__Au reste, je suis dans
un grand embarras ; j'esperais retirer 2,000 ecus de mes voitures ; mais comme, par une loi du temps des Golhs, l'elisie est declaree h Rome maladie contagieuse et que Mmo de Beaumont est montee deux ou trois fois dans mes equi­pages, personne ne veut les acheter (') raquo;.
Dans un curieux travail (2), Bang a montre comment la tuberculose bovine, absolument in-connue en Danemark au siecle dernier, y a ete importee %rers i84o avec des vaches laitieres provenant de Suisse ou du duclie de Slesvig, pays oü la maladie regnait de lemps immemo­rial ; eile s'y est si bien multipliee depuis, qu'en 1891 le nombre des bovides trouves tuberculeux 'ä l'abattoir de Copenhague depassait 16 % du cbiflre total des animaux abattus !
L'influence despotique et nofasle de Broussais imposa et fit longlemps admetlre la spontaneiUi de la tuberculose ; pour expliquer son develop-pement, on invoquait toutes les causes banales, si frequemment incriminees dans les vieux li-vres de patbologie : I'humidite, les refroidisse-
(') Sainte-Beuve. — Chateaubriand et son groupe sous I'Empire.
(2) Communique en substance au 5e Congres Inter­national Vcterinaire, tenu a Paris en 1889.
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84 TUBERCÜLOSR DES BATES BOVINES
ments, les habitations malsaines. mal acreos, rcncombrement, le travail epuisant, la lactation prolongee, I'alimentation insuffisante, la miscre physiologique, pour employer l'expression de Bouchardat.
Toutes ces causes peuvent favoriser le deve-loppement de la tuberculose ; elles sont impuis-santes ä la creer.
quot;G'esten i865 que le Dr Villemin, professeur au Val-de-Grace, fit connaltre ä TAcademie de rnedocine le resultat de ses recherches; dans un nombreconsiderabled'experiences.il avait reussi ä rendre tuberculeux des lapins, des cochons d'lnde,des chiens m6me, en leur inoculant sous la peau,dans le periloine ou dans la trachee.de lama-tiere tuberculeuse et des crachats de phtisiques.
Les travaux de Villemin, si imporlants, si demonstratifs, et l'on peut dire si glorieux pour la science framjaise, fürent vivement controver-ses ; on objectait que les animaux mis en expe­rience appartenaient ä desespeces chez lesquelles la tuberculose sponlanee est tres frequente ; de plus, l'injection de pus ordinaire (?) ou de corps elrangers inertes, provoquant parfois le develop-pement de nodules inflammatoires ou de petits abces multiples assez analogues aux tubercules, on refusait de croire ä la transmission de la
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phlisie ; on voyail dans les tuberciiles une serie de petits foyers dus a l'action de la matiöre phlo-gogene inoculee. Vaineraent Villemin riposlait en montrant que ces nodules dont on niait la specificite elaient indefinimenL reinoculables en serie ; vainement Chauveau rendait tuberculeux les veaux auxquels il faisait ingerer de la maliere fuberculeuse; la grande majorlle des medecins refusait d'admettre la contagiosite de ratlection.
L'opposition ne cessa que le jour ou Koch eut monlreque l'inoculation du bacille, isole ä I'etat de purete par les cultures successives, donne une tuberculose identique a celle que provoque rinoculation des crachats ou de tout autre pro-duit tuberculeux.
L'anatomie pathologique et rexperimentation demontrent que l'appareil respiratoire et 1'appa-reil digestif sont les portes d'entree principales du bacille de Koch. Le jetage ou les mucosiles expectorees lors des quintes de toux sont les agents ordinaires de la contagion ; ils penötrent dans Torganisme des animaux sains, voisins du malade, ou bien avee les aliments qu'ils ont souilles, ou bien sous forme de poussieres, apres dessication, avec I'air inspire. L'experimenlation demontre la ires grande importance de ce dernier mode d'infection.
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La oü les bacilles s'arrelent, ils provoquent aussitöt la formation de granulations, de luber-cnles miliaires, qui augmentent de volume, puis de nonibre, s'agglomerent en amas irreguliers, mamelonnes, plus ou moins volumineux ; tou-jours les ganglions lymphaliques qui coliectent la lymplie de la region malade participent ä la lesion ; ils s'infiltrent de granulations, de luber-cules miliaires, de maliere caseeuse ; toujours, c'est le ganglion le plus voisin quiest le premier atteint, et il semble que le mal subisse ä son nivcau un temps d'arret notable dans sa marche envahissante ; le ganglion lymphatique jouo le röle d'une barriere que le bacille ne reussit ä francbir que lorsque le ganglion est presqu'en-tierement detruit; il envahit alors un deuxieme ganglion, puis un troisieme, puis ainsi successi-vement tous les anneaux de la chaine qui relie au centre Torganeprimitivement inocule (Colin).
II arrive parfois que l'organe qui a livre pas­sage au bacille (poumon, pharynx, intestin), ne presenle aucune lesion apparente et que la maquot; ladie envabisse d'emblee les ganglions (bronchi-ques, pharyngiens, mesenteriques).
Primitivement, la tuberculose est done une maladie locale, developpee dans l'organe oü le bacille apenetre tout d'abord; eile reste locale —
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bien que le nombre et l'importance des foyers augmentent graduellement, — aussi longlemps que, par les progres de 1'infection, les bacilles n'ont pas gagne les voies de la circulation san­guine . Alors, mais seulement alors, on pout dire que la maladie est generalisie au sens pro­pre du mot.
La mulliplicile des organes envabis, alors mörne que ces organes appartiennent ä des appa-reils ou ä des cavites splanchniques dillerenles, n'implique pas necessairement la generalisation de l'infeetion.
Elle peut se propager en effet, et c'est la regie, par d'autres voies, en suivant les lymphatiques par exemple, d'apres le mode indique plus baut, les ganglions les plus voisins etant les premiers envabis ; des ganglions, la tuberculose peut gagner les sereuses contigues ; du peritoine, elie peut se propager a la plevre sans rintermediaire des vaisseaux sanguins, ä la faveur des puits lympbatiques qui traversent le diapbragme. D'aulre part, la tuberculose uterine peut gagner le peritoine par la trompe de Faliope et recipro-quement; l'intestin et les ganglions mesenleri-ques, puis le foie, sont souvent infectes par les mucosiles broncbiques que la foux projette dans le pbarynx et que I'aaimal deglulit ; les ulccra-
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88nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TÜBERCULOSE DES BATES BOVINES
tions de la muqueuso des bronches, de la trachee et da larynx peuvent otre dues aux foyers ramol-lis du poumon qui s'ouvrent dans les bronches.
Dans tous ces cas, on ne pent pas dire qu'il y ait generalisation ; il y a des localisations suc-cessives, multiples, parfois nombreuses et im-portantes ; mais la tuberculose n'est generalisee qu'autant que los bacilles ont ete dissemines dans tout l'organisme par les voies de la circula­tion sanguine ; le cas se presente lorsque tous les ganglions de la chatne elant successivement detruits par le processus tuberculeux, la lympbe charrie les bacilles dans le canal thoracique, d'oü ils sont deverses dans la veine cave ante-rieure ; on bien encore, lorsqu'un foyer tuber­culeux perforant la paroi d'une veine d'un cer­tain calibre y deversc la maticre virulente qu'il reu forme.
La tuberculose prend alors lescaracteres d'une maladie generale; Ic sang et tous les tissus vas-culaires sont virulents et les tissus qui sont fa-vorables ä la pullulation du bacille, en premifere ligne, le foie, la rate, la moelle osseuse ('), de-
{') Lorsqu'il s'agit de bovides, la presence de tuber-cules miliaires dans le tissu de la rate est le meilleur signe de la generalisation de la tuberculose (Oster-tag).
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ETI0L0G1E ET PATHOGENIBnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 89
viennent le siege d'un nombre considerable do granulations specifiques, toutes du tnemc volume et du möme kge, qui constituent ce que Ton connait en medecine humaine sous le nom do granulie ou do tuherculose miliaire aigue.
Le poumon et l'inlestin, le poumon surtout, voila, lesgrandes voiesde penetration du bacille; elles ne sent pas les seules ; on a signale des cas de contagion par le taureau au moment de la saillie et les observations connues de tuberculose localisee a, 1'uterus sent pour confirmer la possi-bilite du fait.
Je ne connais pas d'observation authentique d'inoculaliondirecte par 1c tegument, d'animalä animal; mais la grande resistance du bacille aux causes de destruction rend possible une transmis­sion tres mediate, et 1'on pent tres bien admettre qu'un animal porteur d'une profonde blessure s'inocule a ce nivcau par le contact du sol ou de la litiere impregnee de matieres virulentes.
Cast d'ailleurs par ce mecanisme unique que peuvent s'expliquer les casconnus de tuberculose primitive do la mamelle.
Lydtin a publie I'observation d'une vache, inoculee accidentellement ä la queue par du virus puise dans un poumon a la fois peripneu-monique et tuberculeux.
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TUBEBGULOSE DES B^TES BOV1NES
La necessite de la penetration du bacille etant admise, voyons quelles sont les conditions qui favorisent sa penetration et son developpement dans I'organisme, sa propagation et sa perpetua­tion dans Testable infectee.
Toules les causes inherentes a I'individu : la constitution, le temperament, Tage, le travail, I'alimenlalion, la lactation prolongee, agissent comme causes predisposantes; elles favorisent la pullulation du bacille, la prompte generalisa­tion des lesions, en ailaiblissant la resistance de I'organisme.
Le mode d'entretien des animaux joue lo plus grand röle dans la propagation de la maladie ; la stabulation permanente longtemps prolongee dans des elables mal tenues, mal aerees, a. tem­perature elevee, favorise les progres du mal.ä la fois sans doute par l'insuffisance de fonclionne-ment de l'appareil respiratoire et surtout par la promiscuile trts etroite dans laquelle vivent les animaux.
On admettait jadis comme un axiome que les vaches laitiiresdesgrandes villes elaient comme fatalement vouees a la phtisie, et, de fait, la plupart des vaches de Paris qu'on livrait a l'abaltoir y elaient reconnues tuberculeuses. Au-jourd'hui, rien n'est plus difficile que de trouver
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une vache tuterculeuse dans les etables des nourrisseurs de Paris. A quoi faul-il altribuer un changement aussi radical? La police sani-taire n'y est pour rien, a coup sur, car la tuber-culose n'est inscrile dans la loi sur les epizooties que depuis 1888 ; si le mal a disparu ou h pea pres, cela lient uniquement a. ce que les condi­tions economiques de la production du lait, dans les grandes villes, sent absolument differentes de ce qu'elles etaient autrefois.
Aujourd'hui les nourrisseurs de Paris ne font plus saillir leurs vaches, ils les achetent/y-a?c/ies voices, aussitöt apres la mise-becs, en pleine lac­tation ; ils les entreliennent toujours en bon etat de graisse ; aussi les livrent-ils au boucher, des qu'elles ne donnent plus assez de lait; il en resulle que les vaches ne sejournent guere plus d'un an dans leurs elables ; pendant ce court delai, les b^tes qui avaient le germe de la tuber-culose au moment de l'achat n'ont guere le temps de conlaminer les autres, ou, si elles reussissent a infecter leurs voisines immediates, les lesions ainsi creees reslent tres limitees et n'ont pas le temps de subir le ramollissement qui les rendrait dangereuses a leur tour.
II y a peu d'annees encore, au contraire, le nourrisseur gardait ses vaches aussi longtemps
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qu'il en pouvait csperer, avec une gestation nou-velle, une prolongation de la secretion lactee ; aussi chaque vache reslait dans 1'etable pendant quatre, cinq et six ans ; si Tune d'elles elait tu-herculeuse, elie avail tout le temps neoessaire pour contaminer ses voisines, pour infecter 1'etable entiere.
Ces conditions, si favorables ä la propagation de la maladie, sont encore celles de la plupart des etables dans les campagnes ; aussi, lorsqu'on a eu le malheur d'y introduire une vache tuber-culeuse, lorsque la malade y a sejourne quelque temps, on pent dire que 1'elable est desormais infectee, que le contage y est installe a demeure et que toutes les autres vaches, ä de tres rares exceptions pres, seront prisesl'uneapres lautre. Et celte formule s'applique memo aux etables les mieux tenues. J'en pourrais citer un grand nombre oü la tuberculine tn'a permis d'affirmer que 4o, 60,. 80 %, et plus, de I'effectif etait at-teint.
On ne sait pas assez quelle puissance d'expan-sion possede la tuberculose ; il est des pays, parmi les plus avances au point de vue de la production, de l'elevage et de l'hygiene du be­tau, oü le nombre des bovides tuberculeux de­passe 20 0/0 de la population totale!
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En Saxe, par exemple, les slatistiques ofQ-cielles des abattoirs surveilles, montrent que le nombre desanimaux reconnus tuberculeux s'est (ileve a 17,40 % en lamp;91' ä 17'79 % en l892raquo; ä 18, 26 0/0 en 1893 ; dans certaines villes, ce chill re approchait de 3o %.
A Tabaltoir de Copenhague, la proportion des tuberculeux alteignait, en 1891, 16,Go %.
Sur 125 000 bovidts sacrifies a. Berlin en 1891, pres de 1 5oo etaient tuberculeux, soit 12 % ;.... laquo; Mais, dit Ostertag, le nombre des contamines serait bien plus eleve si Ton examinait ä fond
tous les animaux abattus.....Un jour, j'ai ainsi
examine 43 boeufs gras : 21 avaient de la luber-culose des ganglions bronchiques (') raquo;.
En Angletcrre, l'inspeetion des abattoirs est encore a I'etat rudimentaire; c'est pourtant de la que nous viennent les statistiques les plus precieuses. On sait quelle admirable energie les Anglais ont depensee pour eteindre la peri-pneumonie contagieuse : leur act de 1890 pres­ent l'abatage, non seulement des malades et des suspects, mais encore de tous les sujets qui ont pu subir le contact des malades ; en 1891, on a ainsi abattu pres de 10 000 animaux (dont seu-
(') Zeitso. f. Hyg., juillet 91.
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lenient 800 malades) repartis sur tout le terri-toirc do l'Anglelerre et de l'Ecosse; on a fait l'aatopsie de ces 10 000 animaux : 1 260 etaient tuberculeux; soit 12 '/s %•
En 1892, I'operation a ele continuee ; eile a porte sur des chiffres moins eleves, la peripncu-monie etant en decroissance; on a cependant sacrific encore 3 Goo bovides (dont i34 ma-lades); de ce nomhre, pres de 800 etaient tuber­culeux, soit 22 0/o de la population totale. Co chiffro cleve est du ä ce qu'en 1892 les aba-tages out porte surtout sur des vacheries de Londres, les plus populeuses et les plus an-ciennement infectees ; certaines d'enlre elles avaient jusqu'ä 5o, 60 et 70 % ^e leurs vaches tuberculeuses!
En France, nous n'avons pas d'elemenls suf-fisants pour (Valuer, mume approximativement, le nombre des animaux tuberculeux; nous savons quo certaines regions sont a peu pres indemnes, I'Auvergne, le Limousin, la plus grande partie de la Normandie, par exemple ; mais il en est d'autres, la Champagne, la Bre­tagne, le Nivernais, le Beam, oü la maladie fait des ravages considerables ; la Beauce et la Brie sont infectees au point que les pertes dues k la tuberculose depasseront bientöt celles que leur
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ET10L0GIE ET PATHOGEN1E
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infligeait le sang-de-raie, avant la mise en pra­tique de la vaccinalion pastorienne ; les veleri-naires les plus experimentes esliment qua la proportion des tuberculeux y depasse 25 0/0 de la population totale.
Une societe d'assurances d'Eure-et-Loir, a du rembourser, de 1888 a 1891, 36o vaches mortes de maladies diverses : 53, soit i5 % etaient mor­tes de tuberculose (') ; or, le plus sou vent, on n'attend pas que la böte meurt : on la mfene a I'abattoir ou h la tuerie voisine, des qu'elle de-perit.
A I'abattoir de Toulouse on avait compte, en 1889, 1 254 tuberculeux sur i3 607 animaux de l'espece bovine abaltus ; 1'inspecteur ayant ap­plique strictement les dispositions du decrel du a8 juillet 1888, en 1890, le nombre des tubercu­leux tomba a 34o pour 12 G94 abattus, quatre fois moins que 1'annee precedente ! Le surplus avait ete dirige sur les tueries parliculieres non inspectees.
L'introduction d'un animal tuberculeux, voilä la condition necessaire pour qu'une exploitation j usque-lä saine soit a son tour infectee. Cetle condition est-elle süffisante ? Non ; la contagion
(l) Bigoteau. — Bulletin de la Soc. Vildrinaire d'Eure-et-Loir, 11 Octobre 1891, p. 28.
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de la tuberculose est d'une espece parliculiere ; eile n'est pas comparable, ä beaucoup pres, k celle de la fievre apbteuse, de la clavelee, du rouget ou de la pneumo-enlerilo du pore ; pour ces maladies, le moindre contact avecun malade, avec des objels qu'il a souilles, suffit pour assu­rer la transmission du mal; pour la tuberculose, au contraire, la contagion ne s'opere qu'ä la fa-veur d'une cohabitation intime et prolongee.
Le sejour dans un päturage commun peut etre considere comme pratiquement sans dan­ger ; la contagion par l'air h distance, meme a faible distance, est peu h craindre : j'ai vu plu-sieurs fois toutes les vaches d'une etable resler saines, alors que, dans I'etable contigue, en large communicatwon avec la premiere par une porte ou par une fenetre toujours ouverte, la plupart des animaux etaicnt tuberculeux, quel-ques-uns veritablement phtisiques ; j'ai vu sou-vent le mal frapper toutes ou presque toutes les vaches d'une seule rangee de I'etable infectee, i'autre rangee restant indemne ; plus souvent encore, dans des etables oü 70 et 80 % des va­ches etaient confaminees, j'ai trouve le taureau sain ; ou bien c'etait un animal jeune, recemment introduit dans I'etable; ou bien il s'agissait d'un sujet difficile qu'on avail relegue dans un coin,
h
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en laissant une ou deux stalles vieles le separant des vaches les plus voisines ; cet isolement Ires relatif avail suffi pour le preserver de 1'infection.
L'inlluence du climat, du service, m6me de la race est a peu pres nulle. La seuie chose vrai-ment redoutable, e'est le sejour prolonge d'ani-maux sains, dans une etable m6me bien tenue, au voisinage immediat d'une böte malade, sur-toutquand celte bete tousse et projette ainsi au-tour d'elle les mucosites virulentes oil pullule le bacille de Koch.
Heredite. — Pour le public, pour les mede-cins meme, la tuberculose est encore consideree comme le type des {maladies hereditaires ; on ne eompte plus les observations se rapportant a. des families dont la plupart des membres meurent successivement tuberculeux. Est-ce ä dire que les ascendants transmettent fatalement ä leurs descendants le germe de la maladie dont ils sent atteints? Ne doit-on pas bien plutöt invoquer les occasions si nombreuses de contamination, auxquelles I'enfant d'une mere tubercuieuse se trouve expose des le jour de sa naissance? L'al-laitement, les baisers, la cohabitation eiroite et continue, etc., ne jouent-ils pas un role capi­tal dans la perpetuation du mal au ,=ein de la famille ?
Nocard — Les Tuberculoses animalesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7
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Les conditions de la vie sociale compliquent irop cetle grave question pour que les medecins puissent la resoudre par la seule observation clinique. Lesveterinaircssont,bienmicuxqu'eux, en situation de le fairo :—on sacrifie dans les abattoirs un nombre considerable de veaux, ä peine ages de quelques semaines; en rapprochant le nombre des veaux, trouves tuberculeux a Tautopsie, du nombre dos vacbes tuberculeuses, on peut se faire une idee assez netle de la part qui rcvient ä l'beredile dans le developpement de laluberculose bovine.
Les statisliques les plus moderees des abat­toirs, dans les regions oü la tuberculose cst le plus rare, portent a 2 on 3 % le nombre des vacbes tuberculeuses ; la plus grande partie de ces stalistiques reslent muettes en ce qui con-cerne les veaux ; tous les inspscteurs sont d'ac-cord pour raconnaitre que rien n'est plus rare que la tuberculose du veau. Voici quelques cbif-fres tres demonstratlfs ä cet egard :
A l'abattoir de Municli, on sacritle cbaque an-nee en moyenne 1C0 000 veaux ; sur ce nombre, ont ete trouvos tuberculeux : 2 en 1878 ; 1 en 1879 ; 0 en 1880 ; 0 en 1881 ; 2 en 1882 ; a Lyon, M. Ledere qui s'est occupe tout parlicu-lierement de cette question n'a tfouve que 5 veaux
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HEHED1TBnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 99
luborculeux sur plus do 4lt;'lt;'ooo qu'il a vu sa-crifier ä l'abatloir ; Veyssiere, ä Rouen, en a trouve 3 sur 60 000 ; Jöhne, k Berlin, en avait trouve 4 sur plus de iSo.ooo ; en 1887, Ostertag en a trouve 6 sur 87 685, soil moins de 0,007 %• A Augsbourg, la proportion des tuberculeux adultes a ele, en 1887, de 3,G2 0/o gt; en l888 de 3,95 0/0 ; pour les veaux, eile n'a e!e que de o,oi3 % en l^7 1 en 1888, on n'a pas trouve un seul veau tuberculeux. Du icr avril 1892, au 3i mars 1893, on a sacrifie en Prusse dans les abattoirs publics 600Sol bovides adultes; 52i36 etaient tuberculeux, soil 8,68 % ; — Pendant le meine temps, 914 216 veaux ont ete livres ä la boucberie ; 446 seulement etaient tu­berculeux, soit un peu plus de o,o4 %•
La Saxe est peut-elre le pays le plus grave-ment infecte de toute 1'Europe ; en 1890, on a reconnu tuberculeux, dans tous les abattoirs du royaume, i6,5 % des bovides abattus ; la pro­portion des veaux tuberculeux n'a ete que de 0,04 % : (33 sur 85 000 veaux abattus). La moyenne generale a ete de 17,40 %, en 1891 ; de 17,78% en 1892; de 18,26 % erl 189.3 : — la proportion des veaux tuberculeux a ete inferieure a 0,06 0/0, en 1891 ; de, 0,11 % en 1892 ; de 0,12 quot;/^ en 1898 '
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Pour Lien comprendre la valeur de ces cliiffres, il nc fautpas oublicr que partout le nombre des vaches tuLerculeuses est infiniment plus grand que celui des autres bovides ; ä Copenbague, en 1888, la statislique donnait une moyenne de 6 % Pour 'es bovides de tout age ; pour les va-cbes la proportion s'elevait a iC % : (('e nombre des veaux tuberculeux cst toujours Ires minime et, läoü Von en consomme beaucoup, la moyenne generale est loujours tres abaissee raquo; (Bang).
II faut encore tenir comptc de ce que les veaux ne sont pas admis ä la boucherie avant le ving-tiüme jour apres la naissance ; la plupart ont de six semaines ä deux mois ; IL pent done se faire que certains de ceux qui sont reconnus tuber­culeux aient etc contamines par le sejour dans im milieu infecle ou meme par I'usage alirnen-taire d'un lait virulent. De meme encore, dans la plupart des cas cites, on s'est borne ä la cons-tatalion macroscopique des tubercules, sans s'as-surer qu'il s'agissait bien de tuberculose ba-cillaire; or, il est tres possible que, pour un certain nombre de cas, surtout pour ceux ou il s'agissait de tubercules du poumon, les observa-leurs se soient trouves en presence de lesions parasitaires ; le strong3'lus micrurus, si frequent chez le veau, determine cbez lui des tubercules
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HEHEDITEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;101
qu'il e.st impossible de difTerencier ii 1'ceil nu do ceux de la tuberculose vraie.
II existe cepeadant des observations ou Torigine congenilale de la tuberculose ne peut pas elre conteslee. Jübne, Malvoz et Brouwier, Czokor, notamment, ont publie ä cet egard des observa­tions qui sont aujourd'hui classiques ; il s'agis-sait, ou bien de foetus presqu'a terme, trouves dans l'uterus de vaches tuberculeuses sacrifiees pour la boucherie, ou bien de veaux morts ou sacrilies quelques jours apres la mise-bas ; dans tons ces cas, les lesions tuberculeuses, localisees au foie et aux ganglions voisins, — ce qui mon-tre bien que I'infection avail suivi la voie des vatsseaux ombilicaux, — renfermaient le bacille de Koch.
II est clair que, dans le cas de generalisation de la tuberculose chez une vache pleine, l'uterus gravide, le placenta el, consecutivement, le foetus, peuvent Mre envahis au meme litre que tons les tissusdela mere ; — ravortement en est d'ailieurs la consequence la plus frequenle ; neanmoins, les chiffres que nous venons de citer prouvent que, chez les bovides tout au moins, la generali­sation vraie de la tuberculose est des plus rares.
II est vrai que les veaux de boucherie sont sacrifies de tres bonne heure, ä Tage de 3 semai-
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nes au minimum, si Ton observe les reglemenls, de 6 a 8 semaines pour la plupart; on pourrait done pretendre (comme me i'a ohjecte M. lo Dl Empis, au dernier congrös pour l'etude de la tuberculose), que tels et tels sujels, reconnus sains ä l'abaüoir, avaient neanmoins des lesions tuberculeuses microscopiques des parenchymes ; ou que le veau, ne d'une mere luberculeuse et qui en a recu les germes de la maladie peut conserver d'abord toutes les apparences(cliniques ou necropsiques) de la sante, les germes restant a I'etat latent, endormis en quelque sorte pen­dant un temps variable, pour ne se reveiller que plus tard, efTecluer leur evolulion et se traduire alors par les lesions classiques de la tuberculose.
A cette objection, il m'est facile de repondre en opposant un grand nombre de faits recueillis au cours de la campagne que je mene depuis plusieurs annees en vue de vulgariser remploi de la tuberculine.
Dans les etables oü la tuberculose existe de­puis plusieurs annees, la proportion des ani-maux tuberculoux est toujours considerable; eile peut attoindre 5o,60,80 0/0 de rellectif total. Or, ce sent toujours les adultes qui fournis-scnt le plus fort contingent des malades, du moins ceux des adultes qui sejournent depuis
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longtemps dans l'etable ; au contraire, les jeunes sont prcsque tous epargncs: lä, oil, sur 10 adul-tes, 8 ou 9 sont tuberculeux, — sur 10 jeunes, mcme nes de meres tuberculeuscs, 7, 8 ou j), echappent ä rinfection. Et quand je parle de jeunes, j'entends, non plus des veaux ages de quelques semaincs, comme ceux qu'on sacrifie dans les abattoirs, mais bien des animaux ages de 6 moisä 12 at i5 mois. Ge n'est deja plus la premiere enfance pour des bovides!
Mais il y a plus : en octobre 1892, j'ai eu roccasiondesoumellre ü la tuberculine lous les animaux d'une grande et belle exploilalion du nord de la France; sur io5 sujets, 55 etaient tuberculeux : 46 adultes sur 57 ; 9 sur 42 ages de 4 mois h 2 ans. Vingt mois apres, en juillet 1894, j'ai pu renouveler l'epreuve sur 3o des ani­maux jeunes qui avaient echappe ii I'infection, et sur 14 nes depuis la premiere epreuve ; 25 de ces animaux etaient nes de meres tuberculeu­scs ; pas un des animaux mis en experience n'eprouva la moindre reaction ; pas un n'etait devenu tuberculeux; la plupartont aujourd'hui 2 ans, 2 ans i/2, 3 ans et plus.
II est vrai de dire que, des la premiere epreuve, tous les animaux sains avaient ete rigourcusement isoles des animaux malades.
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TUBERCULOSE DES BATES UOVINES
Ces fails ne montrent-ils pas jusqu'ä I'evi-dence la trcs faible part qui revient ä l'heredite dans la propagation dc la tuberculose bovine?
On a cherche a. demonirer experimentalement la transmissibilite de la tuberculose de la mere au fcetus.
Pour MM. Landouzy et Martin, la mere tuber-culeuse ne transmettrait pas seulement a ses produits la predisposition, mais aussi !e germe iui-meme, lequel pourrait ne se developper quo longtemps apres la naissance: ils auraient reussi ä rcndre tuberculeux des cobayes auxquels ils avaient inocule, dans la cavite peritorieale, des fragments d'organes (poumons, foie) sains en apparence, mais preleves sur deux foetus hu-mains ou sur un foetus de cobaye, nes de meres tuberculeuses.
Ces experiences repetees par un grand nombre d'auteurs (Leyden, Grancher, Nocard, Straus, Sanchez-Toledo, Vignal, etc.) ne leur ont donne que des resultats negatifs. Galtier a cependant reussi, dans la Ires petite minorite des cas, h transmettre la tuberculose par I'inoculation d'or­ganes de foetus nes de meres tuberculeuses.
Quant a Robert Koch, dont on ne pent nier I'autorite en cette matiere, il declare formelle-ment qu'il n'a jamais vu ses femelles de cobaye
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HEBED1TE
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tuLerculeuses transmetlre la maladie ii leurs pe-lifs ; pour lui, laquo; la tuberculose hereditaire trouve son explication la plus naturelle, si 1'on admet que ce n'est pas le germe infectieux qui se trans-met, mais certaines particularitcs qui favorisent le devcloppemont du germe mis plus tard au contact du corps; c'est ce qu'on appelle la pre­disposition raquo;.
En resume, s'il est vrai que le bacille de Koch puisse parfois passer de la mere au foetus, il n'est pas moins vrai que ce passage est chose absolu-ment exceptionnelle ; ce que la mere malade Iransmet ä ses produits, ce n'est pas la maladie elle-meme, c'est la predisposition, l'aptitude ä la contracter; en d'autres termes, on natt tubercu-lisable, on ne nait pas tuberculeux.
La doctrine opposee, si generalement admise, peut avoir les consequences les plus funestes ; eile conduit ä la resignation falaliste des Orien-laux! laquo; A quoi bon lutler, si la mere tuber-laquo; culeuse transmet fatalement ä l'enfant le germe laquo; de la maladie? Quoi qu'on fasse, tot ou tard, la laquo; graine germera ! Tout au plus aura-t-on pu laquo; retarder Teclosion du mal! raquo;
Combien est reconforlante, au contraire, la notion que I'heredite tuberculeuse est chose excep­tionnelle ; que loin d'etre fatalement voue ä la
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TUBERCÜLOSE DES BiTES BOVINES
luberculose, l'enfant de tuberculeux peut aise-mcnt y echnpper ; qu'il suffit pour cela de l'eloi-gner du milieu familial oü se trouve realise un tel ensemble de conditions favorables ä la con­tagion, qu'on comprend mal comment il pourrait y echapper!
Ce n'est pas iä une conception purement spe­culative ; je pourrais citer ä l'heure actuelle une douzaine de süperbes enfants, äges de 5 ä i o ans, qui, mis en nourrice ä la campagne aussi-töt apres la naissance, ont echappe a la tuber-culose hereditaire, ä laquelle avaient suecombe un ou plusieursde leurs framp;res aines.Le docteur Hugot, de Laon, au cours de sa longue pratique, a recueilli plusicurs observations d'un autre ordre qui plaident dans le meme sens : il a vu plusieurs foisdes femmes, depuis longtemps tuberculeuses, ayantperdu dejii plusieurs enfanIs de tuberculose mesenterique ou meningee, mener ä bien une derniere grossesse; puis mourir de phlisie galo-pante, quelques semaines ou quelques mois apres raecouchement; ä sa grande surprise l'enfant, qu'on avait du mettre en nourrice, devenait sü­perbe et eebappait a la maladie ; il semblait potirlant plus menace quo ses ahies; mais la mort avait realise l'isolement, grace auquel l'en­fant avait echappe ä la conlagion.
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RESISTANCE DU BAC1LLEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 107
Si Ton se borne ä envisager la production du betail, on voit que la doctrine de la tuberculose hereditaire n'esl pas moins funcste dans sei? effots. Que de fois n'ai-je pas vu le proprietaire d'une elable infectee pret ü renoncer ä l'elevage, parce que la plupart de ses plus belies vaches elaient contaminees ! J'avais la plus grande peine ä le convaincre qu'il pourrait, sans grands frais, en quelques annees, reconsliluer sa vacherie, grace aux jeunes qui ecbappaient pour la plu­part ä l'infection. Partout oü j'ai applique les injections de tubcrculinej'ni affirme, de la facon la plus formelle, que les jeunes reconnus sains, resteraient sains, a la seule condition de les te-nir eloignes de leurs meres tuberculeuses, et de tout autre animal infecte. Partout mes previ­sions se sont realisees!
Resistance du bacille aux causes de des­truction. Action des Antiseptiques. — Les produits tuberculeux conservent tres longtemps leur virulence, surtout lorsqu'ils ont ete desse-ches. L'eau bouillante sterilise instanlanement les crachats ou le pus tuberculeux; lorsque ces matteres ont ete dessechees, elles resistent k Timmersion dans l'eau bouillante; il faut pro-longer rebullition, quinze, vingt, trenle minutes pour les steriliser avec certitude.
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C'est co qui rend si dangerouse la projection des crachals ou du muco-pus des branches, pen­dant les quintes de touxdes animaux atteints de tuberculose pulmonaire. Ces matieres rapide-ment dessechees en couches minces, conservent leur virulence pendant de longs mois, parfois des annees; elles resistent aussi pendant plti-sieurs moisa la putrefaction, ä rimmersion dans l'eau de source ou de riviere, ä la congelation ; pour toutes ces conditions, la resistance du ba-cille est considerablement accrue lorsqu'il a ete prealablement desseche.
Les experiences fres bien conduites de Bang ont ctabli que les bacilles du lait tuberculeux sont detruits sürement quand ils sont chaufTes ä 85deg; pendant cinq minutes; entre 75 et 80deg;, ils sont tues parfois, mais non toujours; ä 700, ils resistent et peuvent encore rendre tuberculeux les cobayes et les lapins inocules dans le peri-toine ; mais leur vitalite est atleinle, au point qu'ils ne sont plus capables de resister ii Faction des sues digestifs des memes animaux. A 600, la virulence ne semble pas modifiee.
Galtier a oblenu des resultats ä peu pres iden-liques.
La lumiere solaire aurait une action destructive energique, en raison directe de l'intensite de la
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TRANSMISSION EXPERIMENTALE
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radiation, en raison inverse de l'epaisseur de la matiere iasolee (Koch). La salaison, le famage sont sans eilet sur le virus (Förster).
L'acide sulfureux est un bon agent desinfec-tant; apres vingt-quatre heures d'exposition aux vapeurs sulfureuses produites par la combustion de 4o ä 60 grammes de soufre par metre cube, le bacille de Koch est detruit, meme sous la forme qui parait la plus resislante, le crachat (Vallin, Thoinot).
L'acide phenique, la creoline et le lysol en solution ä 4 Vo- ^e sublime en solution aeide ä 1 0/oo sont de bons desinfeclanls ; mais si les malieres tuberculeuses ont ele dessechees, il est prudent de prolonger la duree du contact avec le liquide desinfeetant; — 1'action antiseplique de ces liquides est considerablement accrue, lors-qu'on les chauffe au moment de l'emploi.
Transmission experimentale de la tu-berculose ; divers modes d'inoculation. — Nous avons vu plus haut que le cobaye est le sujet de choix pour l'inoculation experimentale de la tuberculose ; chez lui, l'inoculation d'une parcelle d'un produit tuberculeux provoque ä coup sür revolution d'une tuberculose fatale-ment mortelle, en un delai variable de trois se-maines ii deux ou trois mois.
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HO
TUHERCULOSE DES laquo;ETES UOVINES
C'est ä la suile de Vinjection intra-pdrito-ndale que l'infection rnarche le plus vile: on voit l'animal maigrir ä vue d'oeil; il est parfois possible de perccvoir, ä travers les parois de Tabdomen, la rate gonflee, dure, noueuse, ou l'epiploon transforme en une sorte de boudin in-dure et mamelonne ; la mort est toujours tres rapide ; on ptut sacrifier l'animal du quinzieme au vingiieme jour: on trouvera surement des le­sions luberculeuses des ganglions, do la rate ou de Fepiploon. Les lesions de la rate sont absolu-ment caracteristiques ; elles ont ete bien decrites par A^illemin des ses premieres publications; eiles se retrouvent toujours identiques, quelle que soit l'origine du produit inocule, qu'on I'ait emprunte ä l'liomnie ou ä un animal quelconque, les oiseaux e.xceples : la rate est toujours enor-merneat grandie, dans tons les sens ; au debut, on la (rouve toujours infiltree d'un nombre con­siderable de fines granulations luberculeuses ; plus tard, eile offre une surface comme marbree : sur le fond rouge sombre du parenchyme, des veines jaunätres, oü la substance a subi la dege-nerescence vitreuse, puis la caseification, dessi-nent de veritables arabesques etranges et asyme-triques ; si la mort a ete tardive, le foie presenle aussi de semblables alterations, toujours moins
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THANSMISSION EXPEH1MENTALEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 111
accusecs que celles de la rate ; sa surface est noueuse, parsemee de veines jaunätrcs, irregu-lieres, ou le tissu est plus ou moins profondc-ment cirrhose.
L'injection dans le tissu cellulaire sous-cutane donne, chez le cobaye, des resultals pres-que aussi certains, mais moins rapides que ceux de l'injection dans le peritoine ; il est surtout in-dique d'y recourir, lorsque le produit ä inoculer est impur, souille de germes dont le developpe-ment dans le peritoine pourralt determiner une inllarnmation suppuree ou une septicemie rapi-dement mortelle.
Nous avons vu, au chapitre du diagnostic, les ellets de cette inoculation ; les lesions de la rate et du foie sont identiques h celles que nous ve-nons de decrire.
L'inoculalion sous-cutanee reste ordinaire-ment sans effet chez les carnassiers adulles, chez le pore, chez les solipedes ; il survient une nodo-site plus ou moins volumineuso et induree qui se ramollit parfois et s'ulcere ; mais la lesion rcsle locale et finit par disparaitre ; chez le lapin, rinoculation sous-cutanee ne reussit pas dans tous les cas; d'ailleurs, Hischberger, Gebhardt, Vyssokowicz ont montre que teile dilution de crachat tuberculeux, encore fatalement mor-
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teile pour le cobaye, reste sans effels sur le lapin.
L'injection inlra-veineuse est le mode d'ino-culalion qui realise le plus sürement l'infection generale de l'organisme; eile permet de sur-monler la resislance parfois considerable de teile ou teile espece animale. Elleprovoque dans tous los organes vasculaires, poumons, foie, rale, moelle osseuse, etc., une eruption de fines granulations tuberculeuses, parfois si confluen-tes que la mort survient avant que les tubercules aient eu le temps de se constituer anatomique-ment; la rate, le foie, la moelle des os sont litte-ralement farcis de follicules tuberculeux em-Lryonnaires, exlremement riches en bacilies de Koch ; ä l'ceii nu, ces organes semblent simple-ment hypertrophies, gorges de sang, tres friables ; l'examen le plus altentif n'y monlre pas trace de tubercules. Apres quelques passages, les ani-maux succombent en quinze ä vingtjours, an perdant le '/,, les 2/5 ou la 72 de leur poids, k une veritable sejpticemie tuherculeuse.
Le trace ci-apres donne une bonne idee de la marche de la temperature et de l'amaigrissement chez un lapin inocule dans la veine de l'oreille.
Le ioejour apres l'inoculation, la temperature s'elevait subitement au-dessus de 41deg;) eile s'y
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TRANSMISSION EXPERIMENTALE
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maintenait pendant 7 ä 8 jours; puis eile tombait rapidement bien au-dessous de la normale.
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Le poids a commence ä diminuer au moment oü la fievre s'est allumee ; la diminution quoti-
NocAftD — Les Tuberr.uloses animales
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TUBERCULOSE DES BATES BOVINES
dienne est devenue considerable, des que la tem­perature a commence a. baisser.
Un autre procede d'inoculation Ires interes­sant, introduit dans la science par Gonheim, consiste a injecler leproduittuberculeuxrfam la chambre anterieure de l'oeil; ce procede reussit egalement bien chez le cobaye et chez le lapin ; une legere keratite qui disparatt promptement succede a I'lnoculation; puis, du quinzieme au vingtieme jour, on voit l'iris se couvrir de fines granulations tuberculeuses; puis, en meme temps que l'ccil se gonflo et se trouble d'une facon de­finitive (il subitfrequemment lafontepurulente, et s'atropbie toujours), les ganglions parotidiens s'hypertrophient, s'indurent, puis les ganglions pharyngiens, cervicaux inferieurs, bronchiques, etc., enfin l'animal succombe, avec des lesions tuberculeuses graves du poumon.
IJinoculation sous-epidennique pratiquee par piqüres ou par scarifications reste toujours sans eftet; M. Ghauvcau n'ajatnais pu infecterle veau par ce procede ; les petites nodosites qui se Tor­ment parfois au niveau des piqüres disparaissent promptement sans laisser de traces. M. Golin a publie I'observation d'un lapin qui, inocule a la lancette, a succombe h une tuberculose genera-lisee, extremement confluente ; mais la peau du
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TRANSMISSION EXPGRIMENTALEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;115
lapin est si fine que la lancette I'avait sans douto Iraversee, deposant ainsi le virus dans le tissu cellulaire sous-jacent.
Uinkalalion de malieres tuberculeuses desse-chees et reduites en poussieres est le moyen le plus sür de provoqucr une tuberculose pulmo-naire identique a. la maladie naturelle; eile reussit chez la plupart des animaux. Villemin, Tappeiner, Koch, Thaon, y ont eu souvent re-cours; mais e'est un precede dangereux pour rexperimentateur ; e'est ainsi que Thaon a con-tracte une broncho-pneumonie tuberculeuse tres rapidement mortelle.
Uingestion de matieres tuberculeuses, peut aussi transmettre la tuberculose. Les experiences de Gerlach, de Günther et Harms, celles surtout de Chauveau (1868) ont mis lo fait hors de con­testation. En ajoutant aux boissons des jeunes bovides du pus tuberculeux ou de la matierc ca-seeuse soigneusement dilute, on leur donne a coup sür de la tuberculose des organes de la cavite abdominale. Cos fails ont ete parlout con-firmes depuis, nolamment par Saint-Cj-r pour les bovides, par Toussaint et Peuch pour le pore, par Leisering pour le mouton, par Bollinger pour la chevre, par Viseur pour le chat, par Jöhne pour la plupart des especes.
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TUBERCULOSE DES BETES BOV1NES
Chose importante ä noler, Texperience reussit d'autant mieux qu'elle porle sur des animaux plus jeunes, et que la maniere virulente a ete ingeree en quantite plus considerable. Le co-baye lui-m^me resiste h Tingestion de quantites minitnes de matieres virulentes, alors que les m6mes matieres, inoculees sous la peau en quantite beaucoup moindre, lui donnent sure-ment la tuborculose.
Tons les produits tuberculeux, le pus, les crachats, la matiere caseeuse ou les lubercules miliaires fibreux ou calcifies peuvent egalement donner la tuberculose par ingestion ; il en est de meme du lait fourni par une mamelle tubercu-leuse; les experiences de Gerlach, Klebs, Boilin-ger, Peuch, Bang, etc., ne laissent aucun doute a cet egard.
Mais si la tuberculose pent etre transmise par les voies digestives, il ne s'ensuit pas que I'in-gestion soil un moyen aussi sür, aussi cons-tamment fidele que l'inbalation et surlout que I'injection dans le tissu cellulaire, dans le peri-toine ou dans les veines! II s'en faulet de beau-coup ! L'ingcstion ne reussit a donner la tuber­culose qu'autant que la matiere ingeree est tres riebe en bacilles.
Un porcelet a pu boire impunement quatre li-
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TRANSMISSION EXPERIMENTALEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 117
tres et demi d'un lait tuberculeax dont quelques centimetres cubes injectes dans le peritoine d'un lapin le luaient en quelques semaines (Peuch). Tel lait, tres tuberculeux, chauffe cinq minutes ä 700, tue encore fatalement lapins ou cobayes auxquels on 1'injecte sous la peau ou dans le peritoine; il peut 6tre consomme sans aucun danger, en quantites considerables, par des äni-maux de m6me espece (Bang).
Les recherches de Bellinger et de Gebhardt demontrent que la dilution des matieres tuber-culeuses diminue beaucoup leur nocivite ; par exemple, le lait d'une vache tuberculeuse est donne comme nourriture principale ou exclu­sive a certains animaux, cobayes, lapins, chats ; tons ceux qui le prennentpur deviennent tuber­culeux ; ceux, au contraire, auxquels on I'admi-nistre, dilue dans 5o ou 100 fois son volume de lait normal, peuvent impunement consommer le melange pendant des semaines entieres.
Chez le cobaye, des crachats tuberculeux dilues au cent mlllieme peuvent encore donner la tuberculose, quand on injecte dans le peritoine ou sous la peau i centimfetre cube de la dilu­tion ; le cobaye ne meurt pas toujours quand on lui fait ingerer 2 centimetres cubes de crachats dilues dans 10 fois leur volume d'eau.
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Ces donnees experimenlales ont une grande importance pour la pratique de l'inspection de la viande ou du lait tuberculeux.
Identite de la tuberculose de I'liomme et de celie des animaux. — Tout le monde adr met aujourd'hui I'idontile de la tuberculose de I'liomme et de cello des mammiferes ; il n'y a de doute que pour la tubeiculose des oiseaux ; nous y rcviendions plus loin.
Avant la decouverle du bacille de Koch, cer­tains auteurs, au nom de 1'anatoinie palhologi-que; contestaient la nature tuberculeuse de la pommeliere. Cepondant, des alors, lexpenmen-tation permettait d'affirmer que la pbtisie de l'homme et la pommeliere sent de meme nature. M. Cbauveau avail montre que les deux mala­dies, sous toutes leurs formes, sent egalement inoculables aux jcunes bovides et que les lesions conseculives, soit ä l'ingestion, seit ä 1'injeclion intra-veineuse, sent toujours identiques, quelle que soit l'origine du produit inocule. Les memes constatalions ont ele failes par tous ceux qui ont inocule comparativement la tuberculose de I'liomme et les tuberculoses animates ä des ani­maux autros que les bovides; chez le cobaye notamment, les lesions consecutives a. I'inocula-lion sont toujours semblables, quelle que soit
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la provenance de la matiere tuberculeuse ino-culee ; alles repröduisent exactement celles que Villemin a si bien decriles dans son livre me­morable, commecaracleristiquesdo rinoculation de la luberculose bumaine.
A l'appui de ces faits experimentaux, voici un fait d'observation pure qui a ete recueilli par M. Cozctle, vcterinaire ä Noyon ('): Dans une forme de la Beauce, I'etable, admirablement tenue, citee dans la region comme un modfele, renformail 24 vacbcs et 1 taureau, Ions en tres bon etat; on n'y avait jamais constate de tuber-culose, quand, en 1886, deux vaches se mirent a tousser : on les marqua pour la rcforme et on les mit a I'cngrais ; mais clles restaiont en mau-vais etat; de guerre lasse, on les livra telles quelles ä la boucherie : elles etaient tuberou-leuses au point que Tune d'ellos dut etre saisie. Bientöt, une de leurs voisincs se mit a tousser ; puis une deuxieme, une troisieme, etc. Brof, toutes les vacbes du meme rang furent prises successivement; on les livrait ä la boucherie des qu'elles paraissaient malades; le mal n'en per-sistait pas moins, si bien qu'en aoüt 1892, la tuberculine pcrmeltait d'af firmer que sur aobeles
(') Bulletin de laSocUU Centrale Veterinaire, 1894, p. 45i et suivantes;
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TUBERCULOSE DES BETES DOV1NES
composant reffectif de l'etable, 7 etaient luber-culeuses; toutes appartenaient au m6me rang; les 12 b6tes situeessurl'autre rang etaient toutes indemnes ; l'autopsie des 7 malades confirma le diagnostic.
Comment l'etable avait-elle ete contaminee? Une enqu6te tres minufieuse apprit qu'en i883, trois ans avant la conslatation des premiers cas, le fermier avait pris pour vacher, un homme soigneüx, mais mal portant, qui avait dejä se-journe k l'höpital pour des accidents pulmo-naires, d'origine tuberculeuse. Le malheureux, qui toussait et crachait conslamment, qui par-fois vomissait jusqu'au sang, coueliait dans l'etable, precisement au-dessus des deux vacbes reconnues malades les premieres en fevrier 188G. Pendant son sejour ä la ferme quidura jusqu'en 1891, le vaclier dut plusieurs fois interrompre son service pour entrer a l'höpital, oü on le soigna successivement pour une laquo; fluxion de poitrine raquo;, une laquo; bronchite capillaire raquo;, des laquo; hemoptysies raquo;, et finalement pour laquo; phtisie pulmonaire raquo;. — II ne parait done pas douteux que les deux vaches dont il s'agitont ete conta-minees par les matieres expectorees ou vomies pendant la nuit par ce vacher phtisique.
Si Thomme tuberculeux est dangereux pour
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des vaches saines, la reciproque est egalement possible, au moins Iheoriquement. Un de mes anciens eleves, M. Bigoleau, d'Auneau, a fait ä cet egard de curieuses observations : Trente-et-un de ses clients oat leur etable infectee depuis plusieurs annees ; dix-neuf d'entre eux ont vu la tuberculose frapper successivement un ou plusieurs (jusqu'ä quatre) membres de leur fa-mille. Si Ton songe que, dans les villages beau-cerons.on a l'habitude de passer les soirees d'hi-ver dans l'etable, pour economiser le combusti­ble, on se demande si ce n'est pas dans l'etable que les gens ont pris le germe de leur mal.
Je ne sais pas s'il exists des fails certains d'inoculation volontaire de la tuberculose des animaux ä l'homme ; mais il existe des obser­vations authenliques d'inoculation accidenlelle.
Tscherning, de Copenhague ('), a soigne un veterinaire qui s'etait blasse au doigt en faisant l'autopsie d'une vache luberculeuse. Trois se-maines apres l'accident, la petite plaie ätant dejä guerie, les parties voisines se gonflerent et, un pen plus tard, la tumefaction s'excoria et suppura; l'etat local s'aggravant malgre un traitement approprie, Tscherning dut interve-
(') Compte-rendu du Congres pour l'Ettide de la tu­berculose, Paris, 1888.
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nir chirurgicalement; il extirpa toüle la partio gonflee dans laquelle le microscope montra des tuberculos avec bacilles ; rinoculation n'eut pas d'autrcs suites et ce velerinaire est aujourd'hui professeur ä l'Ecole de Copeahague.
Moins heurcux fut un veterinaire de Weimar, du nom de Moses. En pratiquaut l'autopsie d'une vache tubcrculeuse, en i885, ce malheu-reux confrere, age de 34 ans, d'une bonne cons­titution, sans predisposition hercdilaire, se blessa profondement au pouce de la main gau­che ; la plaie guerit facilement; mais, six mois apres, le Dr Pieitler, qui rapports cetle observa­tion (l), constalait une tubercuibse cutanee au niveau de la cicatrice; des l'automne de 1886, le malade presentait des signes non equivoques do tuberculose pulmonaire ; ses cracbats renfer-maient des bacilles; il succotnbait deux ans et demi apres la blessure. A l'autopsie, on consta-t'ait une arthrite tuberculeuse du pouce inocule et des cavernes pnlmonaires.
D'autro part, voici plusieurs fails de conta­gion ä riiomme par l'usage alimentaire du lait cru provenant de vacbes tubeiculeuscs. J'em-prunle le fail suivant a Lydlin :
(i) Zeitschrift f. Hyg., Bd 111.
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laquo; Le Dr Stang, d'Amorbach, fut appele pour donuer des soins ä un gargon age de cinq ans, blenconstitue en apparence, ne de parents sains, dont les families, du cöte du pere et de la mere, etaient exemptes de toute maladie hereditaire; l'enfant succomba quelques semaines plus tard aux suites d'une tuberculose miliaire des pou-mons, avee hypertrophie enorme des ganglions mesenteriques. En pratiquant l'autopsie, on apprit que, peu de temps auparavant, les parents avaient fait abattre une vache que ie veterinaire de ['abattoir avail reconnue atteinte de phtisie pommeliere. Cette vache etait bonne laitiere et, pendant longtemps, le garcon avait bu de son lait aussitöt aprös la traite ('#9632;).
Quatre observations analogues ont ete pu-bliees par le Dr Demme, medecin en chef de l'hüpital des enfants, ä Berne (höpital Jenner). Ces 4 enfants, issus de parents sains, sans an-tecedenls tuberculeux, taut du cöte paternel que du cüte maternel, sont morts de tuberculose intestinale et mesenlerique, pour avoir fait usage, pendant un temps variable, du lait cru fourni par des vaches tuberculeuses. Sur pres de 2,000 enfants tuberculeux soignes par Demme
(') Compte-rendu du 4e Congres intern, vet. de Bruxelles, i883, p. 188.
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en vingt ans, ce sont les seuls pour lesquels il ail pu eliminer, avec certitude, toute autre cause do la maladie {l).
Enfin voici un autre fait qui a presque la va-leur d'une experience :
Le docteur Gosse, de Geneve, fils et pelit-fils de rnedeclns, a eu le malheur de perdre, I'annee derniere, une grande fille de 17 ans ; jusqu'ä la fin de 1892, eile etait restee süperbe, sans avoir jamais presente le moindre signe qui put faire soupgonner l'existence de la tuberculose; mais vers les premiers mois de 1893, la jeune fille se mit ä deperir ; pendant 10 mois, tons les rnede­clns de Geneve I'examinerent, sans pouvoir en reconnaitre la cause. Enfin, eile succomba. Le Docteur Gosse eut le courage de faire l'auto-psie : il reconnut l'existence d'une tuberculose intestinale et mesenlerique.
Comment la malheureuse enfant avait-elle contracte la maladie? L'heredite ne pouvait etre mise en cause ; aucun de ses ascendants, ni du cöte du pere, ni du cöte de la mere, n'avait jamais paru tuberculeux. La localisation de la lesion sur les organes abdominaux permettait d'affirmer son origine alimentaire. Chaque se-
(') Demme. — Compte-rendu du fonctionnement de son service pe7idant I'annee 188a. Berne, i883.
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maine, eneflet, lafamille du docteur Gosse allait passer le dimanche ä la montagne, dans un pe-lil domaine hereditaire, et l'une des grandes joies de la jeune fille elait de boire du lait de vache au sorlir de la mamelle ; peut-etre ces vaches etaient-elles tuberculeuses? L'evenement montra la justesse de cette supposition ; sou-mises ä l'epreuve de la tuberculine, 4 des 5 va­ches du domaine furent reconnues tubercu­leuses ; on les abattit aussitüt et l'autopsie permit de reconnattre que deux d'entre elles avaient de la mammite tuberculeuse.
Le docteur Gosse n'hesita pas ä porter ces faits ä la connaissance de ses concitoyens et, dans une lettre adressee au Journal de Geneve (3i octobre 1893), il s'en arrna pour reclamer, au nom de la sante publique, l'organisation d'une inspection serieuse des vacheries oü l'on produit du lait destine ä 6tre consomme en nature.
Si done la tuberculose de Thomme est trans­missible aux animaux domestiques, aux mam-miferestout au moins, la reciproque est egale-ment vraic: la tuberculose des animaux est transmissible ä l'homrae.
Un dernier argument, d'une grande valour, est fourni par l'aspect des cultures du bacille
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luberculeux, aspect toujours le möme, quelle que seit l'origine de la semence: homme, boeuf, cheynl on pore, et de ['action identique des tuherculines exlraites de ces diverses cul­tures.
On ne peut done plus mettre en doute riden-titö de la maladie dans les diverses especes de mammiferes.
Produits virulents. Usage de la viande et du lait. — Long temps on a cru que la ta-berculose elait une maladie virulente dans I'an-cienne acception du terme, une maladie gene-rale, totius suhstantix, au point que loutes les parties de l'organisme inalade, tissus et humeurs, possüdent en soi le gorme meme de l'affeclion. Cette conception de la virulence tuberculeuse regut des experiences de Toussaint (1880) une force nouvelle: Toussaint, recucillant, sur une vache phtisique, les produits les plus divers, sang, jetage, bile, urine, larmes, jus de viande, vaccin, matieres excreincntilielles, etc., rendait tuberculeux tons les sujets d'experience aux-quels il les inoculait!
II est certain que Toussaint a ete victime d'une erreur experi men tale, d'une de ces conta­minations accidentelles si frequentes en matiere do tuberculose ; car toules les experiences que
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Ton a faites depuis, — et le nombre on esl for­midable ! — prouvent que, dans I'immense majorite des cas, )a virulence reside exclusive-ment dans les lesions tuborculeusos ; mais il esl plair que, si la matiere tuberculeuse est seulo virulente, tous les produits auxquels cette ma­tiere est mclangee, en quelque proportion que ce soit, deviennent virulcnls a leur tour. Le ramollissement du tubercule pulmonaire, I'ul-ceration des bronches oü la matiere caseeuse est deversee, expliqucnl la constante virulence des matieres de l'cxpectoration ; le meme fait peut se reproduire partout; et, lorsque le tubercule ramolli a ulcere les parois d'une cavito voisine, le contenu de cette cavite devient virulent par cela meme : ainsi I'urine, les excremenls, le mucus utero-vaginal, le lail, etc., peuvent contenir des bacilles de Koch. L'ulceration tu­berculeuse peut porter sur la paroi d'un vais-seau aussi bien que sur une bronche, sur I'in-testin, sur la vessie, ou sur un canal excreteur quelconque ; la matiere virulente etant vcrsee dans la circulation gcnerale, la maladie prend alors les caracteres d'une maladie generate au sens propre du mot-; a ce moment precis, le sang et tous les fissus vasculaires peuvent etre virulents et, s'jls etaient inocules, ils pourraient
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TUBERCULOSE DES BETES B0V1NES
sans doute transmettre la maladie; mais cetle virulence generale est essentiellement passa-gere ; les seuls bacilles qui restent vivants et qui se multiplient sont ceux que les hasards de la circulation ont lances dans les parenchymes favorables a leur pullulation (poumons, foie, rate, ganglions, moelle osseuse, mamelles, etc.); ceux qui s'arrMent dans les muscles sont tres rapidement detruits.
J'ai cite au premier Congresde latuberculoso, en 1888, des experiences prouvant qu'en quel-ques lieures lo sang se debarrasse absolument de tous les bacilles tuberculeux qu'on y a intro-duits, en quantite aussi considerable qu'on le suppose, par injection intra-veineuse ; de mßme, j'ai montre qu'en quelques jours, les innombra-bles bacilles qui se sont arretes dans les muscles a la suite de l'experience precedente sont, sinon detruits ou digeres, du moins mis hors d'etat de nuire ; ils ont perdu tout k la fois leur vegetabi-lite et leur virulence.
Au sujet de la virulence du sang. Bang a cite, au Congres d'hygiene de Londres de 1891, des experiences du plus haut interöt;
laquo;... de 20 vaches, extremement tubercu-leuses, dit-il, j'ai inocule le sang defibrine ä 38 lapins et ä 2 eobayes; l'inoculation a ete
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faite par injection dans le peritoine, et la dose a varie enlre 10 et 18 centimetres cubes. Voici le resultat: negatif dans 18 cas, positif dans 2 ; et, dans ces 2 cas, ce fut i'un seulement des 2 lapins inocules qui offrait des lesions tuber-culeuses, dans Tun du reste tres insigniQantes. Quant ä la vache qui, dans I'autre cas, avait donne le sang virulent, eile etait atteinte d'une tuberculose miliaire aigue consecutive a 1'injec-tion de tuberculine ; trois semaines auparavant, j'avais injecte le sang de cette meme vache, et alors il s'etait montre inoffensif; il y a du reste raison d'ajouter que, parmi les 18 cas negatifs, il se trouve plusieurs cas de tuberculose miliaire aigue raquo;.
Pour ma part, je n'a.i Jamals reussi ä donner la tuberculose par I'injection intra-peritoneale du sang recueilii purement sur des bovides tu-berculeux.
Les muscles de 1'animal tuberculeux sont-ils virulents ? Si oui, il semblerait que, les expe­riences de Chauveau ayant montre le danger de l'ingestion de la matiere tuberculeuse, et l'babi-tude se generalisantde manger la viande grillee, c'est-a-dire insuffisamment cuite dans ses par­ties centrales, la viande de l'animal tuberculeux dut etre proscrite de ralimentation.
Nocard — Les Tuberculoses animatesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;9
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Depuis UrnUM dix ans, cette question a ele discutee dans tous les congres d'hygiene ou de müdecine veterinaire ; eile a fait I'objet d'un nombre considerable de travaux ; eile a une teile importance, au double point de vue de I'hygiene publique et de Tinspeclion des viandes de boucherie, quo je crois devoir la trailer avec quelques details.
Men illustre maitre, H. Bouley, avail enlie-reiiieut adopte les idees de Toussaint; pour lui, la luberculose etant une maladie virulente gene-rale, tout animal tuberculeux constituait un danger public et devait etre eloigne de la con-sommation ; et, dans ses chroniques du Recueil, comme dans ses leijons au Museum, il fit une campagne ardente en faveur de ce qu'il appelait la saisie totale, c'est-ä-dire de la saisie el de la destruction de l'animal entier, quel que fut le degre de la maladie, si minimes que fussent les lesions.
Au Congres international veterinaire qui se tint a Bruxelles en i883, il reussil a faire pre-valoir cette solution radicale contre celle, beau-coup plus moderee, que defendait le rapporteur, M. Lydtin, de Karlsruhe ; il est vrai de dire que, le temps ayant manque pour discuter le remarquable rapport de M. Lydtin, beaucoup
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d'assistants s'abslinrent de voter et que le vote ne fut acquis qu'a une voix de majorite. Aucun pays d'ailleurs ne mit en pratique la decision' hiitive du Congres de Bruxelles el M. Bouley lui-meme avait reconnu, depuis, ce qu'elle avait d'excessif. C'est qu'en effet, depuis i883, les experiences s'etaienl multipliees, etablissant que les resultats obtenus par Toussaint sont loin d'etre constants ; que, dans 1'immense majorite des cas, la virulence resle confinee aux lesions tuberculeuses ; que le sang et le sue musculaire, en parliculier, ne la possedent que tres excep-tionnellement.
Ainsi s'explique la resolution votee en octo-bre i885 par le Congres national des veterinaires sanitaires frangais : laquo; 11 doit etre interdit de laquo; livrer ä la consummation les viandes, m6me laquo; de belle apparence, qui proviennent d'ani-laquo; maux tuberculeux, toutes les fois que les le­ft sions tuberculeuses d'un viscere ou d'une laquo; sereuse ont de la tendance ii se generaliser, laquo; c'est ä-dire ont franchi les ganglions afferents laquo; ü ces organes. raquo; Cetle resolution, ces disposi­tions si sages, supprimaient jusqu'a l'ombre du danger ; clles devaient rassuter les plus timores; elles ont pourtant paru insuffisantes ä la grande majorite des membres du Congres international
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veterinaire de 1889 et des Congres pour l'etude de la tuberculose qui se sont lenus ä Paris en •1888 et 1891 ; entralnees par rargumentation pressante de M. Arloing, ces trois importantes assemblies ont affirme la necessite de la saisie totale, quelle que soil la bonne qualite appa­rentlaquo; de la viande, si limitees que soient les lesions tuberculenses. En vain j'ai proteste contre la gravite de cette mesure, excessive et injustifiee; je n'ai jamais pu rallier qu'un tres petit nouibre de voix. — Par contre, au Congres international d'hygiene qui s'est tenu a Londres au mois d'aoüt 1891, ce sont les ideas de la mo­deration dans la saisie qui ont ete defendues par la tres grande majorite des experimenta-teurs.
Voyons rapidement quelles experiences on invoque en faveur de la saisie totale.
Ces experiences ont consiste, pour la plupart, a extraire par pression le jus d'une certaine quantile de viande hachee, prelevee d'ordinaire sur un animal atteint de tuberculose genera-lisee, puis h injecter ce jus de viande dans le peritoine d'un certain nombre de cobayes, a doses variables, depuis l/s centimetre cube jus-qu'a 5, 10 centimetres cubes et plus.
En operant ainsi, on constate d'une part,
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que, sur 10 bovides tuberculeux soumis a I'ex-perience, il n'y en a jamais qu'un tres petit nombre, i ou a, parfois aucun, dont le sue musculaire soit trouve virulent; d'autre part, on voit que, sur 10 cobayes inocules avec le jus de viande du sujet dangereux, il n'y en a jamais qu'un petit nombre, i, 2 ou 3, qui deviennent tuberculeux. Pour qui sail avec quelle facilite, avec quelle rapidile, avec quelle sürete le co-baye prend la tuberculose inoculee par le peri-loine, il est evident que les 7, 8 ou 9 cobayes qui ont ecbappe a Tinfection avaient recu du jus de viande qui ne contenait pas de bacilles ou qui n'en contenait qu'un nombre infime.
On pent done en conclure que la viande des bovides atteints de tuberculose, meme genera-lisee, ne renferme que rarement des bacilles tuberculeux et que, lorsqu'elle en contient, eile n'en contient quen tres petit nombrb.
On n'en soutient pas moins que si cette viande avait ete livree a la consommation, eile eüt pu tubercuiiser les personnes qui I'eussent con-sommee, comme eile a tuberculise certains des cobayes qui I'ont recjue dans le peritoine ; — ce qui revient a dire que Yingestion est un moyen d'inoculation aussi sur, aussi conslamment fidele que {'injection intra-peritoneale ; — nous
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134 TUBERCULOSE DES BATES BOVIHES
avons vu plus haut quelle difference enorme existe entre les effets de ces deux procedes d'ino culalion!
On invoque sans cesse les experiences de Ger­lach et de Johne, qui ont frequemment donne la tuberculose par les voies digestives ; mais on oublie de dire que ces experiences ont ete faites ä une epoque deja ancienne, alors que l'on con-teslait la virulence de la matiere tuberculeuse elle-m6me; qu'elles ont porle, autant sur les viscores ou les ganglions malades que sur la chair musculaire; qu'ä coup sur Johne, pas plus que Gerlach, n'a songe ä s'assurer que la viande donnee aux sujets d'experience ne ren-fermait pas quelque ganglion tuberculeux ou qu'elle n'avait pas ete souillee par de la matiere virulente (jetage, pus, mucosites bronchiques, etc.) ; les experiences plus recentes de Veyssiere et de Peuch ne semblent pas avoir ete faites avec plus de souci d'eviler les contaminations accidentelles; seul, Peuch declare que la viande avait ete dcsossee : le seul fait de mentlonner cette precaution indique nettement que les autres, tout aussi necessaires pour que l'experience füt decisive, ont du 6tre negligees. Des lors, les experiences dont il s'agit rentrent dans le cadre de celles oü la tuberculose a ete provoquee par
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l'ingestion de produits tuherculeux, toujours riches en bacilles, experiences que personne ne conteste, et i'on ne saurait les invoquer en fa­vour de la mesure excessive dont il s'agit.
A cöte de ces experiences, dont le dispositif laisse ä desirer, en voici d'autres qui demontrent, jusqu'ä l'evidence, que tel produit, mortel lors-qu'on l'injecte dans le peritoine, peut 6lre ingere impunement, möme en quantites considerables.
On sail, depuis Viseur, combien les jeunes chals sont sensibles ä l'ingestion des matieres tuberculeuses.
J'ai nourri plusieurs portees de jeunes chats avoc de la viande de bovides, saisis aux abat­toirs de la Villelte ou de Grenelle comme alteints de tuberculose generalisee ; jamais aucun d'eux n'est devenu tuberculeux ; au contraire, tons les temoins, — a qui je faisais manger un peu de poumon, de foie ou de ganglion tuberculeux, — succombaient a la tuberculose abdominale, en un temps variable de six semaines a cinq moisj De toutes ces experiences je ne citerai que la suivante, parce que, parmi les vaches dont la viande a ete consommee, figure la seule dont j'ai vu le sue musculaire, inocule par injection intra-peritoneale, donner la tuberculose a Tun des 4 cobayes inocules :
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136 TUDERCULOSE DES BETES BOVINES
laquo; 4 ohats, nes le 4 mars 1888, ont mange en 4 Ibis, les io et i5 avril, 3 et 8 mai 1888, cha-cun 2 kilogrammes de viande crue, hachee, prelevee dans les muscles cruraux de vaches saisies pour cause de tuberculose generalisee ; aucun de ces animaux n'est devenu tubercu-leux raquo;.
Ainsi, ces animaux ont pu manger impune-ment chacun 5oo grammes d'une viande qui contenait certainement des bacilles, puisque le jus de cette viande avait tue Tun des 4 cobayes auxquels on 1'avait injecle dans le psritoine.
Peuch lui-meme a communique au premier
Gongres de la tuberculose une experience qui
montre bien renorme difference qui existe entre
les effets de l'ingestion et ceux de I'injection dans
le peritoine:
laquo; Un porcelet de 2 mois et du poids de i4 ki­logrammes a bu, en cinq jours, 4 litres '/a de lait provenant d'une vache tuberculeuse, si gra-vement malade que sa mort a interrompu I'experience ; 4 lapins avaient reiju dans le peri­toine, Tun 10 cent, cubes, les autres, 20, 3o et 4deg; cent, cubes du m6me lait; ces 4 lapins devinrent tuberculeux. Le porcelet, sacrifie cinquante-six jours apres I'experience, etait absolument sain ; il avait pu boire impune-
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ment 5 litres do lait provenant d'une mamclle tuberculeuse et contenant cerlainement des ba-cilles raquo;.
Galtier a presente au deuxieme Congres de la tuberculose le resultat d'experiences qui ont con­sists a nourrir presque exclusivement de viande crue provenant d'animaux tuberculeux, des chiens, des chats, des poules et des cobayes. Aucun de ces animaux n'a contracte la maladie.
Plus recemment, Galtier a repete ces expe­riences, en s'adressant cette fois a des animaux qui deviennentaisement et frequemment tuber­culeux, dans les conditions naturelles (1).
laquo;Un veau,äge de 6 semaines, a consomme, en un mois, 4 kilogrammes de viande crue prove­nant de vaches saisies pour cause de tuberculose generalisee ; un autre veau, äge de 4 ä 5 mois, a egalement ingere k trois reprises de fortes quantites de viandes tuberculeuses crues; a l'autopsie, ni Tun ni l'autre de ces veaux n'ont presente la moindre trace de tuberculose. Deux jeunes pores äges de 5 a. 6 mois ont pu, de
IiiOiiio, uu.u8v
r impunement des quantites
considerables de viandes saisies : ?, kilogrammes les 26 et 27 fevrier, 3 kilogrammes les 14 et
(•) Journal de l'Ecole de Lyon, aoüt 1893.
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i5 mars, 3 kilogrammes les 24 et aS mars, et 2 kilogrammes les 27 et 28 mars raquo;.
Ainsi, ces 4 animaux, dont l'age et l'espöce ne permetlent pas de mettre en doute la tres grande receptivite, ont pu ingerer a trois re­prises de fortes quantites de viandes tubercu-leuses, sans qu'aucun d'eux ait pris la maladie; le fait est d'autant plus probant que, des i4 echaulillons de viande mis en experience, 2 avaient rendu tuberculeux les lapias auxquels on en avail inocule le sue.
Dans une nouvelle serie d'experiences qui n'a pas donne plus de resultats, 2 porcelets de 4 mois ont mange suecessivement chacun 3 ki­logrammes, 2 kilog. 7*1 et 6 kilog. de viande crue provenant de vaches tuberculeuses saisies a I'abattoir. A 1'autopsie, les deux sujets d'expe-rience ne presenterent aucune lesion lubercu-leuse (').
De son cöte, Perroncito a publie des expe­riences analogues, aussi probantes : 18 porcelets ont ete nourris pendant 3, 4 et 5 mois, avec des viandes provenant de bovides tuberculeux saisis a I'abattoir de Turin ; ä 1'autopsie, aucun de ces animaux n'a ete trouve tuberculeux.
(!) Bulletin de la Societd Centrale Veterinaire, 1893, p. 186.
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Enfin, Bang a monlre que tel lait lubercu-leux, porte pendant cinq minutes ä la tempera-lure de 70 degres (el quelquefois deja au-dessous), tue encore les animaux auxquels on 1'inocule par injection dans le peritoine, fandis que des animaux de meme espece peuvent dc-sormais boire de grandes quantites de ce lait, sans jamais devenir tuberculeux.
II ne faut pas oublier que toutes les expe­riences dont il s'agit ont cle faites avec des viandes provenant d'animaux atteints de tuber-culose generalisöe, viandes dont tout le monde reclame la saisie et la destruction ; etcependant, chez ces animaux, ou les lesions ont envahi tous les organes, parlout ramollies, ulcerees, dehis-centes, I'experience prouve que le lissu muscu-laire ne renferme que rarement des bacillcs ou que, s'il en renferme, c'est en si petites quan­tites, que ces viandes peuvent Mre ingerees impunement, meme entierement crues, par les animaux les plus sensibles h la tuberculose.
A fortiori, en sera-t-il de mfeme lorsqu'il s'agira de tuberculose non generalisee, et c'est dans ce cas seulement que les partisans de la moderation dans la saisie demandent que la viande soit livree ä la consommation.
Au surplus, la lumiere se fait peu a peu sur
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Tt'BERCULOSE DES BATES BOVINES
cetle question et, ä, l'heure actuelle, partout en Europe, sauf en France, on ne saisit la viande des tuberculeux, — si cette viande est de bonne qualite apparente, — que si la tuberculose est g^neralisee, au sens propre du terme.
En Allemagne, notamment, un nouvel ordre en date du 26 mars 1892, vient d'adoucir encore le traitement pen rigoureux que Ton appliquait jusqu'ici aux viandes tuberculeuses ; cet impor­tant document est signe du ministre de l'inte-rieur, du ministre de l'agriculture, du ministre de Tinstruction publique et de l'hygiene, du ministre du commerce et de i'industrie.
Voici les nouvelles prescriptions qu'il edicle :
laquo; La viande des animaux tubersuleux sera d^clarte insalubre, lorscpi'il existera des tubercules dans les muscles, ou bien que, sans qu'il existe des tubercules t'ans les muscles, la viande proviendra d'un animal maigre ;
laquo; Au contraire, la viande des animaux tuberculeux sera d(5clar4e non malsaine si, 1'animal (Slant en bon ^tat de graisse, les tubercules existent dans un seul organe, ou si, deux ou plusieurs organes (Hant envahis, ceux-ci sont r^unis entre eux soit directement, soil par des vaisseaux sanguins qui n'appartiennent pas ä la ffrande circulation.
laquo; En effet, les tres nombreuses experiences faites a
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Berlin et dans un grand nombre d'universit6s alle-mandes prouvent que, sauf le cas tres rare oü des tubercules existent dans les muscles, l'ingestion de viandes provenant d'animaux tuberculeux est impuis-sante k transmettre la tuberculose raquo;.
C'est l'opinion que j'avais toujours et parlout defendue, d'ailleurs sans aucun succes, au moins en France.
Le lait des vaches tuberculeuses est parfois virulent; comme il conserve, mamp;me alors, toutes les apparences du lait de bonne qualite, comme on a presque partout la mauvaise habi­tude de consommer le lait cru — un prejuge absurde et tres repandu voulant que le lait bouilli soit indigeste, — on comprend les graves dangers que presente I'usage alimentaire du lait tuberculeux, surtout lorsqu'il s'agit d'enfanls ou de malades qui en font leur nour-riture exclusive ou principale.
C'est Gerlach qui, le premier, poussa le cri d'alarme ; ayant nourri de jeunes animaux, veaux, porcs^ lapins, avec du lait provenant de vaches tuberculeuses, il vit certains d'entre eux maigrir rapidement et mourir au bout de quelques mois, en presentant a I'autopsie une tuberculisation intense des organes de la cavile abdominale. Tous ces animaux ne mouraient
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pas : tandis que dans cerlaines series auxquelles on donnait du lait d'une m6me vache, tous les animaux devenaient tuberculeux, — dans d'au-tres series, alimenlees par uneaulre vache mani-festement tuberculeuse, aucun des sujels ne devenait malade. Klebs, Johne, Bollingcr, Peuch, obtinrent des resultats semblables ; au contraire, Harms et Günther ne reussirent pas a rendre tuberculeux leurs sujets d'experience.
Ces resultats contradicloires s'expliquent bien, si Ton admet avec Bollingtr que le lait d'une vache phtisique n'est virulent qu'aufant que la mamelle est infiltree de tubercules ; lefait renlre alors dans la loi generate formulee au debut de ce chapitre : quand des lesions tuberculeuses envahissent les parois d'un canal excreteur, elles en provoquent tot ou tard l'ulceralion, et des lors le liquide de secretion acquiert la virulence tuberculeuse, par suite de son melange avec le contenu ramolli des tubercules.
Pour ma part, je n'ai jamais trouve le lait vi-rulent.quand la mamelle etait exempte de lesions tuberculeuses ; et la tuberculose de la mamelle est relativement rare, car sur54 vaches atteinles de tuberculose generalisee que j'ai etudiees ä ce point de vue tout special, je n'en ai trouve que 3 dont la mamelle fut tuberculeuse; A Co*
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penhague, la proportion est encore plus faible ; Bang I'evalue a moins de 3 % du nombre des vaches tuberculeuses.
Mais certains auteurs ont pretendu que le lait peut etre virulent, meme alors que la ma-melle est exempte de lesions tuberculeuses.
Hirschberger, inoculant dans le peritoine de lapins ou de cobayes le lait de 29 vaches tubercu­leuses dont les mamelles paraissaient saiaes, obtint 14 fois l'infection des aninaaux inocules.
Bang, operant de möme avee 28 vaches at-teintes de tuberculose generalisee, mais dont la mamelle etait cliniquement saine, obtint seu-lement 2 resultats positifs; par contre, sur
8nbsp; femmes tuberculeuses, le lait, etudie de la m6me faQon, n'a jamais ete trouve virulent; dans une deuxieme serie, Bang a etudie le lait de 21 vachesegalement tuberculeuses; 4 fois le lait s'est montre virulent; enfin, dans une troi-sieme serie, sur 14 sujets experimentes, 3 avaient du lait tuberculeux. En somme, sur 63 vaches,
9nbsp; donnaient du lait renfermant des bacilles ; mais, comme le fait justement observer Bang (Congres intern, d'hyg. de Londres), presque toutes les vaches etaient affectees a un tres haut degre ; quelques-unes avaient succombe ä la tu­berculose iniliaire aigue; pour 3 des 4 cas posi-
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tifs de la deuxieme serie, I'autopsie a montre qu'il existait en realite des lesions tuberculeuses de la glande, trop pen developpees pour etre cons-tatees du vivant du sujet : dans un cas, la ma-melle paraissait absolument saine el cependant les ganglions lymphaliques supra-mammaires elaient in Bit res de tubercules.
Toutes ces considerations tendent a etablir que, dans les cas oil la mamelle suspecte n'a pas paru tuberculeuse, c'est que la lesion n'a pas ete suffisamment bien cherchee ; sans compler les cas oü les follicules luberculeux sont encore a l'etat embryonnaire et ne sont pas visibles ä 1'ccil nu, on congoit sans peine la difficulte de la rechercbe de tubercules miliaires au milieu des acinis glandulaires, quand ces tubercules n'ont pas encore subi 1'infdtration calcaire.
II faut noler encore que, dans toutes ces expe­riences, le precede d'inoculation utilise a ete Tinjection intra-peritoneale et que le nombre des bacilles contenus dans le lait devait 6tre bien petit, puisque, dans 3 des cas positifs obte-nus par Bang, un seul des cobayes inocules est devenu tuberculeux.
II est done bien certain que si le lait avait ete ingere, au lieu d'etre injecte dans le peritoine, il fut demeure inoffensif. Les experiences, dejä
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signalees, de Peuch, montrentbien l'importance de la quantüe de bacilles sur Jes resultats de Tinjection du lait tuberculeux ; un porcelet a pu boire impunement en cinq jours 4 litres i/2 de lait secrete par une mamelle tuberculeuse ; le meme lait.injecte dans le peritoine a faibledose, tuait les iapins en quelques semaines. De mome, on sait que tel lait virulent tue tous les ani-maux qui s'en nourrissentexclusivement; vienl-onäle diluer dans 5ofois son volume de lait sain, les m6mes animaux peuvent en boire ä satiete ; aucun ne deviendra tuberculeux (Gebhardt).
De tous ces fails nous pouvons conclure :
1deg; Que le lait d'une vache tuberculeuse n'est virulent qu'autant que la mamelle est le siege de lesions tuberculeuses ;
2deg; Que l'ingestion de lait virulent n'est reelle-mcnt dangereux que si ce lait renferme un grand nombre de bacilles et s'il est ingere en grande quantite ;
3deg; Que, pratiquement, le danger de l'inges­tion du lait cru n'existe en realite que pour les personnes qui en font leur nourriture exclusive ou principale, c'est-ä-dire pour les enfants en bas äge et pour certains malades ;
4deg; Que pour eviter tout danger, il suffit de faire bouillir le lait avant de le consommer.
Nocard — Les Tuberculoses animalesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 10
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146nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DES BETES BOVINES
On a prötendu que I'ebullition du lait le ren-
dait indigeste et lui faisait perdre beaucoup de ses qualites nutritives; c'est une erreur absolue; tous les mödecins qui out etudie la question sont aujourd'hui d'accord pour reconnaltre que les enfants digerent le lait bouilli aussi bien, sinon mieux, que le lait cru ; — la substitu­tion de Tun ü I'autre n'a pas seulement I'avan-tage de supprimer tout danger au point de vue de la tuberculose, eile diminue surlout, dans une proportion considerable, la mortalile et la morbidite consecutives aux affections intesli-nales, si frequentes pendant les grandes cha-leurs (Budin).
Mais, dira-t-on, si Tebullition suffit ä nous proteger contre les dangers du lait, eile est inapplicable aux produits derives du lait! Or, les experiences de Bang, Galtier, Heim, Gaspe­rini, ont elabli que le beurre et le fromage peuvent conserver longtemps vivants les bacilles de Koch que renfermait le lait tuberculeux dont ils proviennent!
Les experiences de Bang ont montre que, pendant la fabrication, la plupart des bacilles sont entraines avec le petit lait; cependant il en reste toujours un certain nombre dans le beurre et dans le fromage. C'est pourquoi Bang a re-
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BEÜHRB ET FROMAGEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;147
cherche h quelle temperature minima il conve-nait de porler ie lait, avanl la fabrication du beurre ou du fromage, pour tuer les bacilles lu-berculeux : la temperature de 85deg;, prolongee pendant cinq minules, tue tous les bacilles du lait; souvent ils sont tues ä 8o0; en chauffant le lait ä 700 pendant cinq minutes, les bacilles ne sont pas tues ; ils donnent encore la tuberculose aux animaux auxquels on les inocule par le pe-ritoine; mais leur vitalite est assez profonde-ment atteinte, pour qu'ils soient devenus inca-pables de rendre tuberculoux les animaux qui ingörent de grandes quantites de lait ainsi chauffe; le m6me resultat est obtenu dans la majorite des cas, lorsque le lait est cbaufTe, autour de 65deg;, pendant quinze ä vingt minules. Cette veritable pastorisation du lait et de la creme est aujourd'hui generalement employee en Danemark ; eile a surlout l'avantage de re-tarder de plus de vinglquatre heures le debut des fermentations vulgaires et de facililer ainsi beaucoup l'ulilisation industrielle de ces pro-duits ; au point de vue qui nous occupe, cette pratique offre le gros avantage de supprimer ä pen pres tout le danger de l'usage alimentaire du lait et de ses derives.
Mais, m6me en l'absence de tout chauffage,
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TUBEnCULOSE DES HATES BOVINES
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nous croyons qu'on peut manger sans crainte du beurre ou du fromage, m6me de provenance inconnue : on sait, en eilet, queVingestion n'est dangereuse, qu'autant que la matiere est tres riebe ea bacilles et qu'elle est ingeree en grande quantite ; or, nous venons de voir que le petit lait retient la plupart des bacilles contenus dans le lait tuberculeux,et Ton sait que le beurre et le fromage n'entrent que pour une tres petite part dans l'alimentation de 1'homme. Le danger qu'ils peuvent presenter theoriquement est done prati-quement nul.
Le vaocin preleve sur un tuberculeux, est-il virulent? Toussaint I'afQrmait au nom de l'experimentation, mais tous ceux qui, depuis, ont repete ses experiences, ont obtenu des resul-tats lout a fait opposes : Lotbar-Meyer, Straus, Josserand, ont etudie le vaccin recueilli sur des bommes tuberculeux; I'examen histologique n'a pas permisd'y voir le moindrebacille specifique ; I'inoculation au cobaye est restee sans effet; ä diverses reprises, j'ai recueilli de grandes quan-tites de vaccin sur des vacbes atteintes de tu-berculose tres avancee; aueun des nombreux cobayes auxquels j'ai inocule ce vaccin n'est devenu tuberculeux, et certains en ont recu jus-qu'ii i et 2 centimetres cubes dans le peritoine.
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VAcciNnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 149
Si j'insiste sur ce point, c'est qu'ä la suite des experiences de Toussaint, il n'etait rien moins question que d'abandonner la vaccination ani-male, l'une des grandes conquötes de l'hygiene prophylactique moderne.
Or, nous savons deja combien la tuberculose est rare chez le veau; nous savons, d'autre part, que I'inoculation a la lancette d'un pro-duit, meme tres virulent, ne reussit pas a don-ner la tuberculose ; a supposer done que le vaccin put 6tre parfois virulent, — ce qui n'est pas — le danger de la transmission de la tu­berculose par rinoculation serait done nul.
Neanmoins, pour se mettre a l'abri de toute critique, il faut non seulement choisir le veau comma vaccinifere, mais encore n'utiliser son vaccin qu'apres avoir sacrifie l'animal et s'etre assure, par rautopsie, qu'il n'etait porteur d'au-cune lesion tuberouleuse... ou autre. Le public est ainsi mis ä l'abri de tout danger, meme ima-ginaire. C'est de cette fagon, du reste, que Ton precede, dans la plupart des efablissemenls oü le vaccin animal est cultive, conserve et expe-die.
Plus simple encore, et plus sür, est le precede du professeur Leclainche, de Toulouse. Charge de la production du vaccin qu'utilise toute la
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ISO
TUBERCÜLOSE DES B^TES BOV1NES
region, il n'inocule ses genisses qu'apres les avoir soumises ä l'epreuve de la tuberculine.
Police sanitaire et Prophylaxie. — Le decret du 28 juillet 1888 a ajoute la tubercu-lose des betes bovines k la nomenclature des maladies contagieuses visees par la loi du 21 juillet 1881 ; les dispositions generales de cetto loi, — declaration, isolement, interdiction devente, etc., — sont done applicables aux ani-maux malades ou soupoonnes d'etre malades, et les contrevenatits sont passibles des penalites edictees par les articles So et suivants de la loi. Mais, en outre, un arrete ministeriel du 28 juillet 1888 indique, dans ses articles 9 ä i3, les mesures sanitaires specialement applicables en cas de tuberculose :
Art. 9. — Lorsque la tuberculose est constatSe sur des animaux de l'espece bovine, le prefet prend un arrete pour mettre ces animaux sous la surveillance du V(5t6rinaire sanitaire.
Am. 10. — Tout animal reconnu tuberculeux est isolö et S(5questr(5. L'animal ne pent etre deplaclt;5, si ce n'est pour etre abattu.
L'abatage a lieu sous la surveillance du v^törinaire sanitaire qui fait l'autopsie de l'animal et envois au prefet le proces-verbal de cette autopsie, dans les cinq jours qui suivent l'abatage.
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POLICE SAN1TA1RE
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Art. ii. — Les viandes provenant d'aniraaux tuber-culeux sont exclues de la consommation :
i0 Si les lesions sont g^neralis^es, c'est-a-dire neu confinees exclusivement dans les organes visciSraux et leurs ganglions lymphatiques ;
2deg; Si les lesions, bien que localisees, ont envahi la plus grande partie d'un viscera ou se traduisent par une Eruption sur les parois de la poitrine ou de la cavity abdominale.
Ces viandes exclues de la consommation, ainsi que les viseferes tuberculeux, ne peuvent servira ralimenla-tion des animaux et doivent etre d^truites.
Art. 12. — L'utilisation des peaux n'est permise qu'apres la desinfection.
La vente et l'usage du lait provenant des vaches tu-berculeuses sont interdits.
Toutefois, le lait pourra eti-e utilise sur place pour la nourriture des animaux, apres avoir ite bouilli.
On rernarquera que les mesures prescrites ne s'appliquent qu'aux seuls animaux dont la tuber-culose est constatee ; aueune mesure n'est pre-vue pour les animaux voisins du malade, pour ceux qui, par le fait d'une cohabitation intime et prolongee, pourraient 6tre legitimement soupconnes d'ötre contamines. Les mesures sani-taires legales sont done manifestement insufli-santes au point de vue prophylactique ; la mala-die pent continuer librement ses ravages dans
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TUBGRCULOSB DES BKTKS BOV1NES
I'etable infectee; bien plus, le proprietaire a loule liberte pour vendre les animaux contami-nes, dont chacun peut ainsi aller infecter I'etable dans laquelle on Tintroduit.
Ce simple expose montre la neeessite de revi­ser les dispositions de l'arröte du 28 juillet 1888 ; — aux termes de L'article 10, en effet, 1'animal reconnu tuberculeux doit etre sequestre; il ne peut 6tre deplace que pour etre abattu. — Cette prescription rigoureuse etait absolument justifiee alors que, pour affirmer l'existence de la tu-berculose, le veterinaire etait reduit aux seules ressources de la clinique; quand il pouvait se prononcer affirraativement, c'est que la maladie etait parvenueä une periode avancee de son evo­lution et, des lors, I'animal devait 6tre considere comme extremement dangereux au point de vue de la contagion ; on l'immobilisait, de peurqu'il ne semat les germes du mal, partout sur son passage. Mais aujourd'hui que la tuberculine permet d'affirmer l'existence de toute lesion tu-berculeuse, si minime qu'on la suppose, il se-rait excessif, il serait absurde d'appliquer ä la lettre l'article 10.
D'un autre c6te, il est clair que, si la seques­tration rigoureuse doit cessor, il faudra, par contre, renforcer les prescriptions destinees a
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PROPHYLAXIEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 153
eviler la vente clandestine des animaux recon-nus malades.
Mais il n'est pas besoin d'allendre que I'arrete du 28 juiliet 1888 soit reforme, pour engager la lutte conlre la tubereulose. 11 appartient aux agriculteurs, producteurs, eleveurs, nourrisseurs ou engraisseurs, de realiser, chacun dans' son domaine, la prophylaxie de la maladie. Chacun d'eux y est direclement Interesse ; I'emploi rai-sonne de la luberculine, en denongant tousles animaux malades, des le debut de raflecüon, per-meltra de les isoler et de maintenir les animaux sains ä I'abri de tout danger de contamination.
Les jeunes echappant pour la plupart ä l'in-fection, I'elevage ne serait pas compromis et les vides pourraient Mre combles en quelques an-nees.
Rest clairque I'exploitation, une foisassainie, devrait 6tre maintenue a I'abri d'une infection nouvelie ; il suffirait pour cela de n'y plus intro-duire d'animaux nouveaux, sans les avoir sou-mis a l'epreuve de la luberculine.
Grace ä ces moyens simples, les proprietaires d'animaux pourraient, d'eux-memes, rapidement et ä peu de frais, sans rien demander ä l'Elat, s'affranchir du lourd tribut qu'ils paient cbaque annee ä la tubereulose.
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TÜBERCULOSE DES B^TES BOVINES
Traitement. — La luberculose des bovides a ele consideree jusqu'ici comme une maladie in­curable ; tout au moins, las traitements qui ont ete preconises •— et ils sont nombreux, — so sont toujours montres impuissants ä l'epreuve de contröle. Peut-6tre cela tient-il ä ce que les sujets d'experience etaient trop gravement ma­lades? Quand on pouvait naguere affirmer qu'une vaclie etait tuberculeuse, la maladie etait si avancee qu'on concoit sans peine l'inuti-lite de toute tentative de traitement. Mais au-jourd'hui que la tuberculine nouspermetd'afBr-mer Texislence des lesions tuberculeuses les plus recentes et les plus limitees, il est permis d'ad-mettre la possibilile d'un traitement efficace. N'est-ce pas chez les bovides que l'on observe, le plus souvent, la transformaüon fibreuse cm cal-cairedes tuberculesque les medecinsderhomme eonsiderent comme le mode natural de la gueri-son de la lesion ? N'y aurait-il rien ä espererdes injections de creosote qui donnent de si beaux resultats entre les mains de quelques medecins ?
J'ai pu, depuis 2 ans, aveo le concours ein­presse de M. Gellez, veterinaire ä Carvin, faire un certain nombre d'experiences dont les resul­tats sont fort encourageants.
Au mois d'octobre 1892, nous avons eu Toc-
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TBA.1TEMENT
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casion de soumetlre a 1 epreuve de la tuberculine tous les bovides d'une grande et belle exploita­tion du nord de la France. Un nombre conside­rable de sujets furent reeonnus tuberculeux ; la plupart furent successivement llvres a la bou-cherie ; quinze d'entre eux, de precieuse ori-gine, furent conserves pour etre traites par la creosote. Deux fois par semaine, pendant un temps variable de 6 a 18 mois, chacun de ces animaux regut une injection sous-cutan^e d'buile creosotee; la dose variait, suivant l'äge et la taille du malade, entre 10 et 25 grammes de creosote pure, melangee ä volume egal d'buile sterilisee. Tous les 3 ou 4 mois, chaque malade etait soumis h l'epreuve de la tuberculine. En juillet 1894, neuf de ces quinze animaux pou-vaient 6tre consideres comme definitivement gueris : a deux epreuves successives, I'injection de tuberculine n'avait provoque chez euxaucune reaction. Bien plus. Tun d'eux ayant ele livre a la boucherie, comme devenu impropre ä la re­production (il s'agissait d'une vacbe, saillie plu-sieurs fois sans resultat), il me fut possible d'en faire i'autopsie : les 2 lobes pulmonaires renfer-maient une vingtaine de nodules tuberculeux, fibreux ou calcifies ; 3 des ganglions medias-tins en renfermaient a peu pres autant, de
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TUBEHCULOSE DES BATES BOVIN'ES
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mörne apparence ; j'inoculai ces tubercules (re-duits en pulpe et dilues dans de l'eau bouillie) ä 6 cobayes, sous la peau ei dans le peritoine. Aucun des animaux inocules ne devint tubercu-leux; las tubercules inocules n etaient plus vi-rulents ; la vache etait guerie de sa tubercu-lose.
Faut-il attribuer ä la creosote la guerison de ces 9 animaux ? Je n'oserais raffirraer.
En effet, parmi les autres vaches, reconnues tuberculeuses lors de la premiere epreuve et conservees a part en attendant la mise-bas, mais non traitees, 2 furent reconnues saines, 6 mois apres, quand elles reourent une seconde injection de tuberculine. — Sorties du milieu infecte, mises en liberte au pMurage, ä l'abri de toute occasion de contamination nouvelle, celles-ci ont gueri naturellement. Peut-6lre en eüt-il ete de möme pour celles qui ont subi le traite-ment creosote ?
En tout cas, il est au moins probable qua la creosote a contribue pour une grosse part a la guerison de ces malades.
En permettant de reconnaitre la tuberculose a ses debuts, alors qu'il n'exisle que des lesions tres limiteas, inaccessibles ä tous les autres moyens de diagnostic, la tuberculine ouvre
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TRAITEMENTnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 157
done une voie nouvelle aux essais de traitement de la maladie.
Dans ces dernieres annees, on a recommande les injections de serum de chevre ou de chien dans le Iraitementde latubereulose humaine; on croyait que ces animaux sonl refractaires a la tu-berculose ; nous savons ce qu'il en faut penser; l'experience n'a pas confirme ces esperances.
Plus recemment, Riebet et Hericourt sent parvenus a vacciner des cbiens centre la tuber-culose bumaine, en leur faisant des injections intra-veineuses reiterees de grandes quantiles de luberculose aviaire. Beaucoup des chiens mis en experience succombent a I'inoculation d'epreuve; quelques-uns resislent et acquierent a la longue une solide immunite ; le serum des chiens vaccines possederait a l'egard de la luber­culose, d'apres ces auteurs, une aclion preven­tive et curative des plus remarquables.
D'apres le docteur Vicquerat, de Moudon (Suisse), on arriverail aux memes resultals, beaucoup plus sürement, en s'adressant ä 1'ane, de preference au chien.
Mais ces recbercbes sont encore dans la pe-riode experimenlaleet, jusqu'ici, rien ne permet d'en recommander I'application au traitement de la tuberculose de rhomme ou des animaux.
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CHAPITRE II
TUBERCULOSE DU PORC
La tuberculose du pore est beaucoup moins frequenle que celle du ba3uf; eile n'est cepen-dant pas aussi rare que celle du veau : En Saxe, en 1891, on a sacrifie dans les abattoirs sur-veilles 54444 bovides adultes ; 9476 etaient tu-berculeux, soit 17,40 Vo en moyenne ; sur 23o 808 pores abattus, 2477 etaient tubercu-leux, soit 1,07 % ; au eontraire, on n'y a trouvö que 78 veaux tuberculeux sur un total de 126322, soit 0,06 % (Johne). En 1892, sur 276 851 pores abattus, 3 8o4 etaient tubereuleux, soit 1,37 0/o- En 1893, la progression continue : 5 100 pores tubereuleux sur 309200 abattus, soit i,64 Vo-
A Amsterdam, en 1890, on a compte 755 bo­vides tubereuleux sur 22 813 abattus, soit 3,3 0/0;
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PATH0GBN1Enbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 159
sur 3o 4o6 pores, 323 etaient tuberculeux, soil un peu pins de i % (Thomasset).
Par contro, a Rouen, M. Veyssiere n'a trouve, en quatre ans, que i5 pores tuberculeux sur 38 164 abattus, seit moins de o,o4 %•
Dans le duche de Bade, le pourcentagc est en-eore plus faible ; sur 8 ooo pores abattus chaque annee de 1874 a. 1882, 22 en moyenne ont ete trouves tuberculeux, soit un peu moins de 0,02 % (Lydtin).
Les animaux jeunes, appartenant aux varietes preeoees, paraissent plus aptes que les autres a devenir tuberculeux.
Neuf fois sur dix au moins, e'est par ingestion que le pore se contamine : les porcheries ou Ton consomme les residus de la fabrication du beurra ou du fromage, celles qui sont annexees aux abattoirs ou aux ateliers d'equarrissage, fournis-sent le plus grand nombre des sujets reconnus tu­berculeux iil'abattoir; le mecanismederinfection est simple : nous avons vu plus haut combien ai-sement le pore jeune devient tuberculeux, quand on le nourrit de matieres riches en bacilles ; les residus des laiteries ou des fromageries, les vis-ceres tuberculeux, lorsqu'on a l'imprudence de les donner aux pores, realisent ees conditions. Una truie tuberculeuse pent aussi infecter tous ses
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TUDERCULOSE DO PORC
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pelits, quand ses mamelles sont infiltrees de tu-bercules. L'infection par les voies respiraloires est certaineinent possible; mais eile est rare, les malades etant sacrifies, d'ordinaire, Lien avant que le ramollissement des lesions pulmonaires ait pu provoquer de Texpectoratioa virulente. L'experimentation montre la possibility de la contamination par les crachats de l'homme.
Lesions. — Chez le pore, la tuberculose se ma­nifeste par des granulations miliaires qui de-viennent promptement jaunatres et caseeuses, comme chez le boeuf, mais qui s'infiltrent beau-coup plus rarement de sels calcaires. La genera­lisation s'observe frequemment: tons les visceres sont alors comme farcis de granulations grises, translucides dans loute leur masse ou dejä opa­ques dans leurpartie centrale, en tout analogues a celles que nous avops decrites plus haut.
La maladie, avons-nous dit, est, le plus sou-vent, consecutive a l'ingeslion de malieres viru­lentes ; e'est done par I'appareil digestif qu'olle debute et les ganglions lymphatiques annexes (amygdales, ganglions, sous-maxillaires, paroti-diens, pharyngiens, cervicaux superieurs, me-senteriques, sous-lombaires, ctc.),peuvent dejä 6tre profondement älteres, alors que les paren-chymes sont encore a peu pres completement
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LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 161
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intacts. On trouve frequemment des lesions de Vintestin gröle et du caecum, sous forme d'ulce-rations de la muqueuse, de tubercules miliaires, ou d'inflltrations tuberculeuses englobant k la fois la muqueuse, la musculeuse et le iissu sous-sereux. Le foie est envahi dans presque tous les cas ; la lesion s'y presente sous forme de granu­lations miliaires, jaunes, caseiQees, disseminees en grand nombre dans l'epaisseur du paren-chyme, ou bien sous forme de nodositeraquo; arron-dies, de couleur blanc jaunätre, du volume d'un pois ä celui d'une noisette, de consistance ferme; sur la coupe, ces nodosites se montrent tantöt fermes, homogenes, sarcomateuses ou fibreuses en apparence; tantöt ramollies au centre; tantöt, mais rarement, infiltrees de sels calcaires. Le peritoine et la plevre sont assez rarement le siege d'une eruption de fines granulations qui restent a l'etat de tubercules miliaires et n'ont aucune tendance au bourgeonnement si curieux de la pommeliere. Des lesions semblables a celles du foie peuvent exister dans le poumon ; mais, leplus souvent, on y trouve une infinite de fines granulations grisatres, translucides,dues a la ge­neralisation par la voie sanguine; dans ce cas, le foie, la rate, les reins, la moelle osseuse, les ma-melles, sont infiltres de productions identiques.
Nocard — Les Tuberculoses animalcsnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 11
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TUDEROULOSE DU PORC
II n'est pas rare de trouver les lesions locali-sees dans uti on plusieurs ganglions lymphati-ques ; les amygdales, les ganglions pharyngiens ou sous-maxillaires sonl le plus souvent affectes; ils sont volumineux, indures, noueux ; ils ont subi une veritable transformation fibreuse ; ils sont difficiles ä inciser ; leur tissu crie sous rinslrament tranchant et, sur la coupe, ila lout a. fait l'aspect du tissu fibreux ancien; ca et la on voit de petits Hots de teinte jaunätre, de con-sisfance plus molle, comme caseeuse ; parfois m6me, on y trouve dc verilables collections pu-rulentes enkystees ou en communication avec I'exlerieur par une fistule ; si Ton soumet la ma-tiere caseeuse ou purulente a I'examen bacterio-logique, on n'y trouve pas d'ordinaire de bacilles de Koch ; le bacille y existe cependant, puisque cette matiere, inoculee au cobaye, dans le peri-toine ou dans le tissu cellulaire, lui donne une tuberculose ä bacilles.
Ces lesions ganglionnaires chroniques, ä mar-che tres lente, compatibles avec un etat general satisfaisant, on ete longtemps considerees comme constituant la scrofulose du pore. A la scrofu-lose etaient encore rattachees les lesions tuber-culeuses des os (c6tes, vertebres, extremites ar-ticulaires, omoplate, coxal, etc.), qui ne sont
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SYMPTÖMESnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;163
pas fres rares chez les porcs, jeunes ou vieux ; los anciens auteurs avaient deja signale que souvent la scrofulose ancienne s'accompagnait de tuberculose viscerale ; iis ne se refusaient pas moins ä admettre l'idontite et möme la pa-rente des deux affections.
Symptömes. — Le plus souvent, la tuberculose du porc evolue, sans que rien n'appelle l'atten-tion de la personne chargee de donner des soins au malade ; on ne la reconnait qu'ä l'abaUoir. Parfois, cependant, eile entralne des troubles locaux et generaux, variables suivant Torgane ou l'appareil envahi.
La localisation sur les organes abdominaux entralne l'arröt de l'engraissement, puis l'amai-grissement progressif du sujet ; les muqueuses pälissent ; la peau devient sale ; on observe de la constipation, de la meteorisation, des coliques, de la diarrhee passagere ; l'animal est triste ; il reste couche sous la litiere pendant des journees entieres ; le tire-bouchon de la queue est de-tendu, le ventre tombant, I'ceil cave ; la palpation du ventre est douloureuse ; eile pout faire per-cevoir des masses plus ou moins volumineuses, dures, mamelonnees, resultant de l'alteration des ganglions mesenteriques ; il est rare qu'il p'exisle pas quelque tumour ganglionnaire dans
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TUHERCDLOSE DU PORC
Tauge, au niveau du cou ou ä l'entree de la poi-trine. Sous cetle forme, la maladie peut durer plusieurs mois ; la mort survient rapidement, si la lesion se generalise par la voie sanguine.
La tuberculose pulmonaire est tres rarement primitive ; eile complique, plus tot ou plus tard, la tuberculose abdominale ; eile se traduit au debut par une toux, petite, scche, avortee et par la difficulte de la respiration ; bientot la toux devient quinteuse, douloureuse, frequem-ment suivie de vomissements ; la respiration se precipite et, peu a peu, devient penible et dyspneique ; l'amaigrissement est tres rapide et la mort survient en quelques semaines.
Quand les meninges et les centres nerveux en-cepbaliques ou medullaires sont envahis , on observe des manifestations symptomatiques, en rapport avec la localisation du mal ; la coexis­tence, en un point quelconque, d'une tumeur ganglionnaire specifique, permet le plus souvent de rattacher k sa veritable cause le syndrome que 1'on a pu enregistrer.
La scrofulose (tuberculose ganglionnaire) sc traduit d'ordinaire par une sorte de bouffissure de la face, avec tumefaction des parotides ; un examen attentif les montre soulevees par les ganglions sous-jacents, qui sont hypertrophies,
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SVMPTÖMES
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indures, encore assez mobiles, sans chaleur ni sensibilite ; les ganglions retro-pharyngiens, cervicaux superieurs et sous-glossiens partici-pent le plus souvent ä la lesion, formant une sorte de chapelet de lumeurs inegales et bosse-lees, qui s'etend, comme un collier, d'une oreille ä l'autre, en s'elargissant sous le cou, entre les deux montants du maxi Ilaire inferieur. Des tu-meurs analogues peuvent se developper ä l'en-tree de la poitrine, en arriere de l'epaule, dans l'aine; ä mesure qu'elles augmenlent de volume, eües deviennent plus dures et plus adherentes aux tissus voisins ; parfois, cependant, on cons­tate, en un point de leur surface, un peu de fluctuation ; la tumeur se ramollit,puis s'abcede, donnant ecoulement ä une petite quantite de pus epais et grumeleux ; mais la tumeur ganglion-naire ne disparait pas, et l'ouverture de l'abces persiste longtemps ä l'etat de fistule.
De meme on peut voir survenir des gonfle-ment osseux, entratnant une veritable arthrite tuberculeuse, quand la lesion siege au niveau d'une epiphyse. Des boiteries persistantes, des plaies fistuleuses suppurant indefiniment, la necrose, la carie, etc., peuvent compliquer ces lesions osseuses, dont revolution est toujours extremement lente.
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TUBERCULOSE DU POBC
Diagnostic. — II est bien rare que le veterinaire soil consulte au sujet d'un pore tuberculeux vi-vant ; le plus souvent, e'est apres la mort qu'il est appele ä donner son avis sur la nature des lesions observees ; dans ce cas, il n'y a pas, d'ordinaire, de difficultes reelles ; en cas de doule,cependant, il ne faudraitpas trop compter sur I'examen microscopique ; chez le pore, en effet, plus encore que chez le boeuf, la rechercbe du bacille est difficile et le resultat negatif de cette recherche n'autorise pas a conclure a, la non-existence de la tuberculose ; ä I'examen des lamelles preparees exlemporanement par frottis, il faut joindre I'etude methodique des coupes et surtout Vinoculation.
Sur les coupes, in6me en l'abscnce de bacilles, on peut se convaincre de la nature de la lesion par la coastatation des follicules tuberculeux typiques, presque toujours tres riches en cellules geantes.
Uinoculation au cohaye, praliquee dans le peritoine et dans le lissu cellulaire sous-culane de la face interne de la cuisse, permet d'acquerir assez vite la certitude qui faisait defaut. En effet, bien que lecobaye resisle longtemps d'ordinaire, surtout quand le produit inocule provenait d'une lesion cbronique, osseuse ou ganglion-
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DIAGNOSTICnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 167
naire, les ganglions du pli du flanc s'hypertro-phient rapidemenl, s'indurent, puis deviennent obscuremeat fluctuants ; on peut les ponction-ner, les extirper, examiner leur contenu at y trouver des bacilles ; que si le resultat est encore negatif, on peut inoculer ce contenu a un se­cond cobaye qui, dans huit ou dix jours, et par le meme procede, donnera la reponse alten-due.
II est parfois possible de prendre pour des lesions tuberculeuses, les alterations que provo-que la pneumo-enterite infectieuse du porc(liog-cholera) quand eile affecte la forme lenle ; Roloff avail decrit cette maladie comme une entente scrofuleuse. En outre des caracteres macrosco-piques aujourd'hui bien connus, qui permettent de faire, dans l'immense majorite des cas, le diagnostic de la pneumo-enterite, on trouverait, s'il en etait besoin, dans Texamen microscopi-que, dans la culture et dans l'inoculation du contenu caseeux des ganglions suspects, des moyens certains d'un diagnostic ires rapide.
Si 1'on etait consulte au sujet d'un pore ma-lade, il est bien certain que les seuls signes cli-niques permettraient rarement de faire le dia­gnostic. L'injection de tuberculine constituerait le moyea le plus sür et le plus rapide de sortir
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TÜBERCULOSE DU PORC
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d'embarras; chez le porc comme chez le boeuf tuberculeux, la reaction provoquee par la tuber-culine est specifique et caracteristique ; la dose ä. injecter varie, suivant le poids du sujet, entre 10 et 25 centigrammes.
Marche de la maladie. — C'est une opinion ge-neralement admise que la tuberculose est rare chez le porc, surtout parce qu'elle rev6t, dans cette espece, la forme aigue, galopante si l'on pent dire ; en sorte que le malade succombe ra-pidement, avant d'avoir pu repandre autour de lui les germes du mal.
S'il est vrai que les choses se passent ainsi d'ordinaire, il y a eependant de nombreuses exceptions; depuis quelques annees, j'ai recueilli plus de trenle faits de scrofulose ou de tubercu­lose clironique chez le porc ; toujours la maladie se presente avec le möme aspect: lesions mas­sives, assez clairsemees, riches en cellules gean-tes, tres pauvres en bacilles, si pauvres qu'il faut parfois examiner avec soin quatre ou cinq coupes avant d'en rencontrer ; mais l'inocula-tion des produits suspects dans le peritoine de cobayes demontre bientöt qu'il s'agil reellement de tuberculose ; — ce n'est pas que le cobaye succombe rapidement ; au contraire, j'en ai vu qui resistaient trois, quatre mois et plus ; mais
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FORiMES DIVERSES
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ceux-lä m6me qui ont l'air de se bien porter ont pourtant de graves lesions viscerales ; si on les sacrifie cinq ou six semaines apres I'inoculation, on trouve la rate, le foie, et parfois le poumon farcis de gros tubercules, peu nombreux, au centre desquels il est possible de mettre en evi­dence de rares bacilles de Koch.
L'inoculation en serie produit des effets ana­logues k ceux que j'ai signales pour la scrofulose de rhomme : a mesure que les passages se mul-tiplient, la mort survient plus rapidement ; les lesions, plus fines, plus confluentes, sont aussi plus riches en bacilles et, lorsqu'on a eu recours ä l'inoculation intra-veineuse, les lapins, h compter du cinquieme ou du sixieme passage, meurent, en vingt ä vingt cinq jours, d'une veri­table septicemie tuberculeuse ; la rate, la moelle osseuse, le foie, sans presenter de tubercules vi-sibles ä I'oeil nu, sont farcis d'une myriade de follicules tuberculeux microscopiques, d'une ri-chesse incroyable en bacilles de Koch.
D'ailleurs, quelle que soit son origine, le ba-cille de la tuberculose du pore est toujours iden-tique a lui-m6me, identique aussi aux bacilles des autres mammiferes. Les cultures et les ino­culations au cobaye le demontrent surabon-damment.
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TUBEHCULOSE DU PORC
La tubereulose du pore n'est pas visee par la loi sanitaire fran^aise ; mais la plupart des reglemenfs d'abattoir prescrivent la saisie des pores tubereuleux ; et e'est heureux, car il sem-ble que, ehez le pore, la maladie se generalise beaucoup plus facilement que ehez les autres animaux; du moins, il resulte des experiences connues que le sue musculaire du pore tubereu­leux est tres frequemment virulent ; le danger qu'il presente est d'autant plus grand que Ton consomme beaucoup de charcuterie ou la viande de pore hachee n'a pas ete soumise a la euis-son.
Si done l'inspeeteur de boucherie doitetre tres indulgent en cas de tubereulose bovine, il doit se montrer tres severe h I'egard des pores tuber­euleux.
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CHAPITRE III
TUBEUCULOSE DU CHEVAL
La tuberculose du cheval est une affection re-lativement tres rare : neanmoins on a publie, depuis quinze ans, un nombre d'observations süffisant pour qu'on puisse tenter de decrire les principales formes qu'elie peut affecter.
Chez le cheval, en effet, la maladie peut se localiser, soil sur les organes de la cavite abdo­minale, seit sur ceux de la cavite thoracique ; eile debute tantöt par les uns, tantöt par les au-tres, et se generalise ensuite ; mais, le plus sou-vent, c'est par les voies digestives que penctre le contage.
Chose curieuse, tous les cas observes jusqu'icl sont restes isoles, bien que, le plus souvent, le sujet malade apparlint ä une ecurie nombreuse ; la raison parait tenir a. ce que d'ordinaire les
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TUBERCULOSE DU CHEVAL
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lesions se developpent d'abord sur les organes de la cavite abdominale; le poumon n'est envahi que secondairement et tardivement ; d'autre part, on n'a pas l'habitude de conserver long-temps le cheval qui ne pent plus travailler ; on le fait sacrifier ; or, le cbeval tuberculeux de-vient promptement incapable de (out travail ; il en resulte que les lesions pulmonaires, quand elles existent, n'ont pas le lemps de subir le ra-mollissement d'oü precede le jelage ou I'expec-toration virulente qui constitue I'agent le plus efficace de la contagion.
S'il est certain que la voie intestinale est la principale porte d'entree du bacille, on ne sait rien de precis sur l'origine du contage. Lehnert a publie I'interessante observation d'un poulain devenu tuberculeux, ä la suite d'un long sejour dans une elable renfermant des vacbes pblisi-ques (1).
Lesions. — Les lesions que Ton trouve ä l'au-topsie du cheval tuberculeux sont ordinairement tres differentes de celles que nous avons etudiees chez le boeuf et cbez le pore.
i0 Le plus souvent, avons-nous dit, la maladie debute sur les organes de la cavite abdominale ;
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(') Sachsen Jahresbericht, 1888.
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LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;173
eile frappe surtout les ganglions, la rate, le foie, le peritoine, parfois I'inlestin ; presque toujours aussi, mais secondairement, le poumon.
A l'ouverture de l'abdomen, il s'ecoule tou­jours, en quantite variable, un liquide citrin et transparent, ou roussatre et grumeleux.
Le peritoine est parfois herisse de petites tumours arrondies, lisses, fermes, gris rose ou blanchAtres, du volume d'un grain de mil h celui d'un pois ou d'une noisette.
Les ganglions sous-lotnbaires sont ordinaire-ment transformes en une enorme tumeur, pou-vant aller du diaphragme au bassin, englobanl I'aorte, la veine-cave, les reins. Irreguliere, bos-selee, la tumeur presente une coupe lisse, blanchätre, veinee de gris, succulente, parfois uniformement ferme et resistante, le plus sou-vent ramollie et caseeuse par places. Les gan­glions du bord concave de l'intestin sontpresque toujours volumineux, de couleur blanchätre ou gris rose, tantot fermes, homogenes, succulents, tantot completement caseeux.
Ordinairement, la rate est enorme, grandie dans toutes ses dimensions ; eile est farcie de tumeurs blanchätres, arrondies, fermes, suc-culentes, rarement caseeuses, d'un volume variable depuis celui d'une noisette ä celui d'une
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TUDERCULOSE DU CHEVAL
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pomme ; son tissu est ferme et, lorsqu'on le dechire, les glomerules de Malpighi apparaissont ties grossis ; ils ont le volume d'un pois el leur teinte rose päle tranche sur le fond rouge brun de Torgane.
Le foie est toujours volumineux ; ilestparfois infiltre de tumeurs analogues a celles de la rate. Souvent la coupe parait striee de veines deli-cales d'un blanc grisMre accusant fortement sa lobuiation ; il existe lä une cirrhose-porte des plus interessantes.
L'intestin est assez souvent le siege de lesions importanles qui sont surtout localisees sur les plaques de Peyer de l'ileon. Tantot ce sont de veritables tumeurs epaisses, mollasses, rouges et assez lisses ä la surface ; tantöt les tumeurs sont ulcerees, le fond de l'ulceration renfermant une matiere pulpeuse, jaunatreou noirätre, tres fetide; tantöt enfin, il n'existe au niveau de la plaque qu'une ulceration dont la profondeur est accrue par l'epaississement indure de la mu-queuse ä son pourtour.
Le poumon est presque toujours infiltre de lesions manifestement plus recentes que celles des organes abdominaux. II est volumineux et lourd ; neanmoins il surnage k la surface de l'eau ; il est encore souple, elastique et tenace ;
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LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 173
en rincisant, on a la sensation d'un tissu resis­tant, un peu indure ; la coupe offre 1'aspect suivant: sur un fond rouge vif, uniforme, appa-raissent une multitude de points blanc sale, irre-guliers, rameux, anastomosiis, donnant a. I'or-gane une sorte de lobulation irreguliere ; ce tissu nouveau, anormal, est homogene ; il a le meme aspect dans toute son epaisseur; nulle part, il n'affecte la forme d'une nodosite arrondie avec une paroi fibreuse plus ou moins epaisse et resistante ; nulle part, il n'existe de cavernes ou simplement de foyers de rarnollissement ; on dirait qu'il s'agit d'une infiltration diffuse, irre-gulierement repartie, du tissu conjonctif interlo-bulaire.
Toutes ces lesions sont d'une richesse incroya-ble en bacillesspecifiques,qui semblenttoujours un peu plus longs que dans les autres especes. Nous avons vu que l'inoculation au cobaye et les cultures demontrent qu'ils sont identiques aux bacilles qu'on rencontre chez les autres mammiferes.
2deg; II est aussi des cas oü la tuberculose a debute d'emblee par le poumon ; alors les carac-teres des lesions sont tres variables. Tan tot il s'agit de nodosites arrondies, du volume d'un grain de chenevis, d'un pois pu d'une noisette.
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disseminees assez regulierement dans la masse du parenchyme ; ces petites tumeurs sont formees d'une paroi fibreuse, epaisse et resis-tante, emprisonnant une matiere caseeuse, molle, tres riche en bacilles. Tan tot on eroi-rait avoir affaire ii une neoplasie sarcomateuse ou carcinomateuse, generalisee au poumon : blanches, fermes, bomogenes dans toute leur etendue, sans foyers de ramollissement, de dimensions variables depuis celles d'une noisette a celles d'une noix ou d'un ceuf de pigeon, ces veritables tumeurs ne provoquent pas d'irrita-tion du tissu pulmonaire,qui conserve sonaspect normal a leur voisinage immediat ; ces lesions resullent de l'agglomeration d'un grand nombre de follicules luberculeux ; elles n'ont aucune tendance a la caseification ; elles sont tres riches en cellules geantes et tres pauvres en bacilles. Tan tot enfin, il s'agit d'une veritable pneumonie caseeuse, plus ou raoins etendue, avec dilata­tions bronchiques et cavernes resultant de la fönte progressive du tissu caseeux.
Dans tons ces cas, les ganglions bronchiques sont envahis de bonne heure ; ils sont byper-tropbies, farcis de tubercules miliaires, ou, plus souvent, caseeux et ramollis.
Parfois aussi la plevre et le pericarde sont le
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SYMPTOMESnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 177
siege de lesions tuberculeuses plus ou moins graves ; il s'agit, ou bien de tubercules miliaires isoles ou reunis en grappes, grisätres ou blan-chulres, assez fermes, loujours peu volumineux, ou bien d'un epaississement considerable du derme de la sereuse qui semble avoir subi une veritable infillralion caseeuse.
On pent encore trouver des lesions variables des amygdales, des ganglions sous-maxillaires, pharyngiens, cervicaux superieurs ou inferieurs, etc..., des reins, de l'ulerus, des mamelles, du myocarde, elc. ; on a decrit aussi des ulcerations des bronches, de la trachee, du larynx et m6me des cavites nasales.
Chose importante a noter : il est absolument rare que les lesions tuberculeuses du cheval se calcifient.
Symptomes. — Ce qui domine la Symptomato­logie dans la plupart des cas observes, c'est I'inaptitude au travail, alors que rien encore, dans I'etat general du sujet, ne semble indiquer qu'il est malade. L'animal s'essouffle rapide-ment; au moindre effort qu'on exige de lui, on le voit s'arreter bientöt, batlant du flanc, la tete etendue, les naseaux dilates, tremblant sur les membres, refusant d'avancer. L'examen minu-tieux des grands appareils ne montre aucune
Nocard — Les Tuberculoses aaiiualesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;12
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TÜBERCULOSE DU CHEVAL
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lesion capable d'expliquer cetle impotence fonc-tionnelle.
Bientöt survient un amaigrissement rapide, en depit de l'appetit conserve et de la bonne qualite des aliments ; en meme temps apparait, d'ordinaire, une polyurie abondante qui persiste pendant plusieurs semaines et qui joue sans doute un r61e important dans le deperissement si rapide du sujet ; en eilet, non seulemont la quantite d'urine excretee s'eleve au double, au triple, au quadruple du chiffre normal, mais encore la proportion d'uree y est bien plus con­siderable et l'acide urique, qui fait defaut dans l'urine normale des herbivores, s'y montre en quantite relativement elevee, tandis que l'acide bippurique, si abondant d'ordinaire, tombeä un chiffre insignifiant ou disparait; en un mot, le cheval tuberculeux excrete, a ce moment, de l'urine d'autophage, indiquant une consomption rapide de Torganistne.
J'ai toujours observe cette polyurie dans les 11 cas de tuberculose abdominale que j'ai observes personnellement ; j'y attache une importance diagnostique de premier ordre.
Tous ccs signess'aggraventrapidement: I'ani-mal tombe dans le marasme, il ne pent plus marcher qu'en titübant; l'appetit devient capri-
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symptÖmesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 179
cieux ou disparait; on constate de la fievre per-sistante, souvent plus elevee le matin quo le soir, ne depassant guere i degre ou i degre ili. A ce moment, la quantite d'urine excrelee peut revenir ä la normale et I'dq y trouve parfois un peu d'albumine; alorsaussi l'auscultation revele de la rudesse du murmure vesiculaire, partout conserve d'ailleurs, et parfois, (ja. et lä, im peu de crej)italion a la fin de l'expiration ; la sonorite ä la percussion est partout normale ou tres legere-ment diminuee. Le eceur peut offrir aussi de legers troubles fonctionnels : premier bruit plus sourd, souvent dedouble ; deuxieme bruit plus net, plu^ eclatant; de temps ä autre, un peu de pouls veineux, indice de la gone qu'eprouve le ventricule droit ä chasser le sang qui le distend. Rien de bien significalif, en somme.
Vers la fin de la maladie, les membres peuvent s'engorger, et il peut survenir de la diarrbee profuse.
Tous ces signes s'observent surtout dans la tubcrculose abdominale, la plus frequente et la mieux etudiee ; l'exploralion rectale augmente souvent les probabilitösdu diagnostic en permet-tant de constater la presence d'une tumeurvolu-mineuse ä la region sous-lombaire.
Dans la forme pulmonaire, on constate
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presque toujours de la toux, ordinairement petile, seche, quinleuse, penible pour le sujet; celte toux s'accompagne aussi, d'ordinaire, d'une petite quantite de jetage muqueux ; il esl rare que le jetage seit abondant et purulent; il faut pour celaqueles lesions pulmonaires aient subi le ramollissemeut caseeux et se soient trans-fonnees en veri tables cavernes, en communica­tion avec les bronches. Sauf ce cas tres rare, l'exploration de la poitrine ne donne guere plus de renseignements ququot;a la derniere periode de la tuberculose abdominale.
Toutefois, quand la plevre est envahie, ilpeut survenir un epanchemenf plus ou moins abon­dant, qui se revele par les signes ordinaires de l'hydrothorax. On a signale aussi des hemor-ragies nasales, plus ou moins frequemment repetees ; des engorgements speciQques des gan­glions exterieurs, sous-glossiens, parotidiens, pre-scapulaires, etc.
Diagnostic. — Le diagnostic de la tuberculose du cheval ne paratt pas tres difficile. Cinq fois, il m'a ele possible de porter exactement le dia­gnostic : Tuberculose abdominale ; la faiblesse, I'essoufflement, I'amaigrissement progressif, la pisse, la constatation d'une tumeur volumineuse ä la voille sous-lombaire, sont caractcrisliques.
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Dans la forme pulmonaire, la toux ne cons-titue pas un slgne aussi important que la tumeur sous-lombaire ; mais, s'il existe du jetage, l'examen microscopique et l'inoculation per-mettent de faire assez promptement un diagnos­tic certain.
En cas d'epanchement pleuretique, il faut toujours envisager la possibilite d'une lesion raorveuse ou tuberculeuse : rinoculntion est encore le moyen le plus sür d'elre fixe; il con-vient de la faire par I'injection dans le peritoine d'une grande quantite de liquide, 2 cent, cubes au moins, 5 a 6 de preference.
Enfin, I'injection de tuberculine rend les plus grands services dans les cas douteux ; il faut injecler de 3o a 4deg; centigrammes, suivant la taille de? sujets.
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CIIAPITRE IV
TUBERCULOSE DES PETITS RUMINANTS
Le mouton et la chevre sont tres rarement tuberculeux dans les conditions naturelles de leur entretien ; on peul cependant leur donner la tuberculose experimentalement; s'ils resistent d'ordinaire ä l'inocuiation sous-culance et m6me ä l'injection intra-oculaire, rinjection intra-veineuse leur donne une tuberculose miliaire aigue, assez rapidement mortelle ; 1'ingestion repetee de matieres tuberculeuses, riches en bacilles, reussit egalement ä les infecter.
La description qu'ont donnee de la phtisie pulmonaire du mouton, Hurtrel d'Arboval, Dupuy, Delafond, etc., ne permet pas de savoir exactement h quelle affection ils ont eu affaire ; il est probable qu'il s'agissait de la broncho-pneumonie vermineuse, si frequente et si grave
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MOUTONnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;183
dans les annees humides, et qui ressemble lant a la pneumonie caseeufe de la phtisie de rhomme, que M. G. Colin la designait sous le nom de phtisie vermineuse ; h cöte de foyers etendus de pneumonie diffuse, on pent voir des foyers nodulaires laquo; d'apparence tuberculeuse, du volume d'un grain de mil a celui d'un pois,
d'un gris jaunätre et demi-transparent.....; leur
consistance diminue du cenlre alaperipherie...; ils peuvent prendre le caractere caseeux et mßme subir l'infilfration cretacee ; la plupart occupent la peripherie du poumon, et particu-liorement les bords ; beaucoup sont immedia-tement sous la plevre viscerule raquo; (Neumann).
Le plus simple examen microscopique du liquide obtenu par le raclage de la coupe, mon-trant les ceufs on les embryons du strongylus rufescens, permet de ratlaeherces lesions h leur veritable cause.
II ne parait pas douteux, neanmoins, que la cohabitation prolongee avec des bovides tuber-culeux ne reussisse a transmeltre la tuberculose a quelques moutons.
En Saxe, par exemple, ou la tuberculose bovine est si frequente (18,26 %), sur 85 701 moutons sacrifies en 1891, dans les abattoirs survcill^s, 3o ont ete trouves tuberculeux, seit
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TUBERCULOftE DES PETITS RUMINANTS
o,o35 0/0; en 1892, la proportion reste la möme : 39 tuberculeux sur 104987 abattus ; en 1898, eile augmenfe : iiS tuberculeux sur 108407, soit o, 11 quot;/o ! — ^G mörne, sur 916662 mou-tons sacrifies en Prusse dans las abattoirs publics, pendant l'annee administrative 1892-93, 884 ont ete trouves tuberculeux, soit 0,09 o/0; — on peut admettre que la moitie environ de ces chiffres se rapporte k des cas de tuberculose vraie.
On a publie quelques observations de tuber­culose non experimentale de la chevre ; bien que, pour la plupart, il manque la constatafion du bacille ou le resullat de rinoculafion, nean-moins, pour quelques-unes, le diagnostic parait avoir ete porte juste men t.
Carsten Harms a trouve, ä l'autopsie d'une chevre etique, des nodules et des cavernes pulmonaires qu'il raltache sans hesitation ä la tuberculose ; lea nodules etiiient du volume d'nn grain de mil ä celui d'un pois; sur la coupe, quelques-uns etaient gris et luisants, la plupart etaient jaunes et mats. Quant aux cavernes, leurs dimensions variaient de celles d'une noisette k celles d'un oeuf de pigeon ; leurs parois etaient lisses ; la cavite de quelques-unes etait traversee par des especes de cordages. Gerlach a publie
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CHEVREnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 185
une observalion analogue. Lydlin dit avoir observe la tuberculose sur 3 chevres logecs dans une elable ä vaches dont plusieurs elaient atteintes de pommeliere ; les chevres malades maigrissaient peu h peu et toussaient ; les muqueuses devenaient pales ; la secretion lactee diminuait a ce point que les boles, ne rapportant plus aucun profit, furent sacrifiees. Chez ces 3 chevres, les lesions etaient localisees dans le parenchyme pulmonaire et sur la plevre.
Les deux observations de Motz, celle de Van der Sluys et Korevaar se rapportent egalement a. des chevres ay ant cohabite avec des vaches tubercuieuscs.
Detroye a observe, ä la clinique de l'Ecole de Lyon en 1882, une chevre laitiere qui maigris-salt rapidement, toussait, se ballonnait fre-quemment et dont le lait s'elait tari. A I'autopsie on trouva de la pleuresie, des tubercules nombreux du poumon, la plupart caseifies, et une caverne du volume d'un ceuf de poule, a. parois anfractueuses, bourgeonneuses, renfer-mant un putrilage grumeleux, jaune verdätre, inodore ; les ganglions mesenteriques etaient tous hypertrophies, du volume d'une bille ä jouer ä celui d'un ceuf de poule; sur la coupe, ils paraissaient formes d'une coque fibreuse, peu
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öpaisse, contenant de la matiöre luberculeuse, non ratnollie. Le diagnostic ne paräfssant pas douteux, l'examen histologique et 1'inocula-tion ne furent pas pratiques; (communication inedite).
Thomassen a rapporte, au deuxieme congrfes de latuberculose,l'autopsied'unechevrede i5 mois, elevee depuis sa naissance avec le lait d'une varhe ires probablement tuberculeuse ; la chevre avait de la luberculose miliairo des poumons, du foie et de la rate ; les ganglions thoraciques et me-senteriques etaient hypertrophies et caseeux ; la muqueuse de l'intestin gr61e etait couverte d'ul-cerations. L'examen du jetage, celui des lesions, y montrerent des bacilles de Koch en abun­dance.
L'observation d'E. Alston est relative a. une chevre de 3 ans, abattue pour cause de maigreur excessive: les poumons etaient parsemes de foyers gris jaunMre ; les ganglions bronchiques etaient enormes ; l'examen fait par Mac-Fadyean a demontre la nature bacillaire des lesions. (Joicrn. of. comp. Path., 1892).
Gelle de König se rapporte ä une chevre lai-tiere: les poumons, le foie, les ganglions mesen-teriques etaient eribles de tubercules.
Le cas de Moule a trait ä une chevre envoyee,
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CHEVRE
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sans visceres, h la criee des halles: il existait, sur les parois costales, une epaisse plaque fibreuse infiltree de nodules tuberculeux calcaires ou ra-mollis.
Enfin Siegen aurait observe, a l'abattoir de Luxembourg, i o chevres tuberculeuses.
On voit, par ce qui precede, que si le mouton el la chevre peuvent devenir tuberculeux, m^rne en dehors des conditions expcri men tales, le fait, on peut le dire, est exceptionnel.
Neanmoins, comme la chevre est frequemmeat ulilisee h litre de nourrice, la prudence la plus elemeutaire exige qu'elle soit soumise, au prea-lable, k l'epreuve de la tuberculine.
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CHAP1TRE V
TURERCULOSE DU CHIEN ET DU CHAT
I 8 .
Les carnivores, le chien plus encore que le chat, ont ete longlemps consideres eomme re-fractaires a la tuberculose; ils resistent d'ordi-naire k Tinoeulation sous-culanee, mais ils suc-combent falalement h rinjection intra-veineuse d'une petite quanfile de culture ou de produit tuberculeux provenant d'un mammifere (le chien resiste ä l'injection de grandes quanlites de cultures de tuberculose aviaire).
Nous avons vu egalement que le chat jeune deviant facilement tuberculeux lorsqu'on lui fait ingerer du lait ou des visceres tuberculeux. L'aptitude a contracter la tuberculose est d'au-tant plus accusee que I'animal est plus jeune ; dans une de mes experiences, quatre chats de six semaines et leur mere avaient recu une pätee
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PATHOGENIEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;189
k laquelle on avait melange une Ires abondante culture du bacille de la tuberculose ; tous les animaux avaient parlicipe au repas ; tandis que les quatre pelits chats mouraient, comma c'est la regie, dans uu delai variant de six semaines a quatre mois, la mere restait vigoureuse el bien portante ; eile avait cependant des lesions luber-culeuses de la rate, du feie et du poumon, comme le montra 1'autopsie pratiquee plusieurs annees apres.
En dehors des conditions experimentales, le chien et le chat peuvent aussi devenir tubercu-leux. Depuis que I'attention a ele attiree sur ce point, les faits se sont multiplies de teile sorte que la litterature velerinaire en renferme, a I'heure actuelle, plusieurs centaines d'observa-tions. (Bang, Jensen, Cadiot, etc.)
On a m6nie observe des cas de tuberculose au-*hentique chez le lion, le tigre, la panthere, le jaguar, le renard, le chacal, etc.
Dans la grande majorite des cas, il s'agissait de chiens appartenant a des personnes tubercu-leuses, cohabitant avec elles, et qui semblent bien s'6tre contamines, soit par i'ingestion des crachats, des matieres vomies ou des restes d'aliments, soit surtout par inhalation des pous-sieres virulentes resultant de la dessiccation des
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TUBEKCCTLOSE DBS GARNASSIERS
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cracl^ats ; dans quelques cas il s'agissait d'ani-maux manifeslement infectes, soit a la maison par du lait cru, soit a i'abaltoir par des viscere? tuberculeux.
Si le chien peut devenir tuberculeux au con­tact de Thomme, la reciproque est egalement vraie ; eile est possible tout au moins, le chien d'appartement projetant sur le parquet, sur les tapis ou sur le lit, pendant ses quintes de toux, des matieres virulentes que la dessication rend extr^mement dangereuses, surtout pour les en-fants, ses habituels compagnons de jeu. La prudence la plus elömentaire veut done que Ton exile de l'appartement tout chien qui tousse fre-quemment, alors meme qu'on le croirait atteint d'une affection vulgaire des bronches ou du poumon.
Lfesions-—^ Les lesions de la tuberculose chez les carnivores sont eminemment variables; elles peuvent frapper tous les organes; elles se mani-feslent assez rarement, sauf en cas de generali­sation, sous la forme de granulations miliaires ; plusieurs fois, je les ai vues localisees exclusive-ment aux ganglions lymphaliques du thorax ou de Tabdomen ; ces ganglions formaient des tu-incurs enormes, ordinairement creusees de vacuo-les.pleines d'un liquide sereux, lactescent ou pu*
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LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;191
rulent; ces tumeurs, du volume d'un ceuf de poule ou de dinde, englobaient et comprimaient la Irachee, les bronches, l'cesophage, las nerfs et les gros vaisseaux du mediaslin.
Le plus souvent, elles siegent sur le poumon, oü elles se montrent sous forme de foyers plus ou moins etendus de broncho-pneumonie ca-seeuse, parsemes de petites cavernes, provenant de la dilatation des bronchioles, ou de l'ulcera-iion progressive du lissu caseifie. Souvent aussi la rate, le foie, les reins, le coeur meme, sont le siege de tumeurs blanchätres, resistantos, de forme et de dimensions variables, d'aspect sarco-mateux, que I'examen bacteriologique montre dues au bacille de Koch.
Les sereuses peuvonl 6tre aussi le siege de le­sions variables:
Dans certaines formes d'ascite, donnant h la ponction une grande quanlite de liquide sereux, limpide, un peu jaunütfe, on trouve souvent sur le mesentere, et sur le peritoine parietal, des myriades de petites tumeurs, atrondies ou apla-ties, de couleur blanche ou opaline, du volume d'un grain de mil ou d'ün pois ; en d'autres cas, la sereuse est le siege d'un epaississement consi­derable, lisse a la surface, avec des saillies arron-dies ou mamelonnees ; sur la coupe, le tissu est
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TL'BEHCULOSE DES CARNASSIERS
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blanchälre, dense et ferme, non friable mais cas-sant; ies m6mes lesions, tumeurs on infiltrations, se retrouvent avec le meme aspect, sur la plevre viscerale ou pa,rietale, dans certaines formes d'hydrothorax. Le pericarde lui-meme est par-fois le siege d'une transformation analogue qui coincide toujours avec une hydropisie plus ou moins considerable du sac.
En cas de generalisation, la pie mere cere-brale peut 6lre couverte de granulations grisä-tres, a demi transparentes, qui la transforment en une sorte de voile, seme de perles fines.
L'intestin est rarement le siege de lesions spe-cifiques ; j'en ai pourtant recueilli un bei exem-ple sur un jeune chat; la muqueuse de l'intestin gr61e elait couverte d'ulcerations tuberculeuses ; Tune d'elles avail perfore l'intestin et provoque une peritonile mortelle.
Signes et diagnostic- — Les symptömes les plus constants sont ceux d'une cachexie rapide-ment progressive ; en depit d'une nourriture abondante et de bonne qualile, I'animal maigrit sans cesse; il est triste, facilement essouffle ; il reste volontiers couche; son aspect est misera­ble ; l'atrophie des crotaphites et la retraction des globes oculaires lui donne la pbysionomie si caracteristique des vieux cbiens cancereux.
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SICNES ET DIAGNOSTICnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 193
A ces symptömes generaux s'ajoutent ceux qui derivent du siege parliculier de la lesion : la toux quinteuse, frequemment suivie de vomitu-ritions, le jetage purulent, la respiration precipi-tee, anhelante, dyspneique, sont les signes les plus souvent observes : chez les jeunes chiens, on pourrait croire qu'on a affaire ix la broncho-pneumonie catarrhale qui complique si frequem­ment la laquo; maladie raquo;. Le plus simple examen du jetage permet de faire le diagnostic, car il four-mille de bacilles de Koch. L'ascile, rhydrotbo-rax, l'hydro-pericarde, doivent toujours faire songer a la tuberculose ; 1'inoculation d'une quanlite notable du liquide obtenu par la ponc-tion est le meillcur moyen de faire le diagnostic.
La tuberculose ganglionnaire provoque tou­jours l'ensemble des symptömes qui accompa-gnent I'adenopathie bronchique ; ici la nature tuberculeuse de la lesion ne peut qu'etre soup-Qonnee; on n'a pas de produils h examiner ou ä inoculer. C'est le cas de recourir ä la tubercu-line ; eile rend facile, rapide et sür le diagnostic des cas les plus difficiles ; il convient d'injecter de 5 ä 10 centigrammes suivant la faille des sujets (Les chiens sains supportent, sans fievre, sans accident, 5o, 60 et jusqu'a 100 centi­grammes de tuberculine).
Nocard — Les Tuberculoses animalesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;13
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TL'CERCÜLOSE DES CARJfASSIERS
Enßn, il est des cas ou la maladie evolue si lentement qu'elle ne provoque aucun trouble apparent: il n'est pas tres rare de trouver, ä l'autopsie de chiens qui n'ont jamais paru ma-lades, des lesions tuberculeuses isolees et peu etendues du foie, du poumon, des reins, du pe-ritoine et de la plevre.
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CHAP1TRE VI
TUBERCL'LOSE DES OISEAUX
La tuberculose est une maladie frequente chez les oiseaux de basse-cour; eile sevit sur eux sous forme epidemique; eile frappe les poules, les faisans, les pigeons, les dindons, les paons, les pintades, etc. ; les petits oiseaux metne peu-vent la contracter experimentalement.
Lesions. — Las lesions siegent surlout et presque exclusivement surlesorganes de l'appa-reil digestif. C'est le foie qui est le plus souvent et le plus gravement malade ; il est toujours tres volumineux et comrne farci de granulations tuberculeuses, de dimensions variables ; tantot c'est un fin piquele blanchätre, si abondant qu'on croirait l'organe saupoudre de sable fin ; tantöt ce sont de petites nodosites, dures, blan-chätres ou jaunitres, du volume d'un grain de
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millet ou d'un pois; tantöt ce sont de grosses tumeurs arrondies, blanchätres, fibreuses, fermes ou ramollies au centre, du volume d'une noisette, d'une Lille ä jouer ou d'une noix ; (j'en ai souvent vu de semblables chez le paon et le dindon); tantöt ce sont de veritables granulations grises et translucides, analogues ä celles de la granulie ; cette forme m'a paru plus frequente chez le faisan. Plntre les granulations, le tissu ne paralt pas modi tie ; il est cependant plus friable qu'ü l'ordinaire, et les ruptures du foie tuberculeux, entrainant une hemor-rhagie morlelle, ne sont pas trbs rares chez les poules.
La rate est presque aussi souvent malade que le foie; eile est ordinairement infiltree de tres fines granulations blanchätres; mais ce sont parfois de veritables tubercules durs, calcaires,
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agglomeres en masses irregulieres, parfois tres
volumineuses.
L'intestin est tres frequemment envahi; tan-..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; tot il s'agit d'une veritable infiltration tubercu-
leuse englobant la sereuse, la musculeuse et la muqueuse, plus ou moins gravement ulceree ; tantöt et plus souvent, il s'agit de granulations Nnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;agglomerees en amas considerables qui vont
jusqu'a obstruerle conduit intestinal.
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LESIONSnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;197
Le peritoine est assez souvent le siege d'une eruption de tubercules miliaires, a surface lisse, blancs et fermes; dans ce cas on observe ordi-nairement de l'ascile.
Les poumons sent rarcment malades ; la le­sion s'y montre sous forme de peliles masses blanchätres, caseeuses, resultant de Tagglome-ration de tubercules miliaires.
Les articulations ou les tissus peri-articulaires sont parfois le siege de tumeurs, fermes ou ra-rnollies, ulcerees ou fistuleuses, de nature tu-berculeuse.
De meme, on a recemment etabli que lelles lesions de la bouche, du pharynx, des sinus, du nez ou de la conjonctive, qu'on rattachait jus-qu'ici ä la diphterie aviaire, fourmillent do ba-cilles de Koch.
Enfin, il n'est pas jusqu'ä certaines tumeurs cornees du tegument de la face, du crüne, du cou ou des pattes, que 1'on ne doive raltacher a la tuberculose : ces comes renferment des amas considerables de bacilles.
Quel que soit le siege ou la forme de la lesion, eile se montre toujours extr6mement riche en bacilles ; on les y trouve sous forme de toufles ou d'amas feutres, parfois si epais qu'ils mas-quent la disposition des elements anatomiques.
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i98nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCÜLOSE DES OISEAUX
Ces bacilles semblent generalement un peu plus longs que ceux que Ton rencontre chez les
mammiferes tuberculeux ; ils ont d'ailleurs les ;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; m6mes caracteres speclfiques; ils reagissent
comme eux aux mömes matieres colorantes ; ils
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se developpent bien sur les memes milieux da
culture; en these generate, le bacille de la tu-berculose aviaire parait plus vigoureux ; il re-sisle plus longtemps aux causes naturelles de destruclion ; il cultive plus vite et plus abon-datnment, toutes choses egales d'ailleurs; la culture se fait encore a 43deg;, temperature ä la-quelle s'arr6le la culture du bacille de la tuber-culose humaine ; les cultures sur milieux so­lides sont moins consislantes, plus molles, plus grasses ; elles s'etalent faciletnent, sans pres-sion notable. Ces caracteres differentiels sont si constants et si accuses qu'ils expliquent com­ment on a voulu, dans ces dernieres annees, i: 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;faire de la tuberculose aviaire une affection
absolument distincte de la tuberculose humaine et sans aucun rapport avec eile. Nous verrons plus loin ce qu'il en faut penser.
Symptomes et diagnostic. — Les symp-tömes de la tuberculose desoiseaux sont extröme-
ment vagues ; le plus saillant, e'est I'amaigrisse-
ment progressif des sujets; on s'en rend compte
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ET10LÜG1Enbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 199
en exploranl 1c brechet: las pectoraux elant completement emacies, il parait tranchant. Las sujets sont nioins vifs, comme nonchalants ; la crßte est flasque el pale ; l'animal meurt etique. Dans une basse-cour qua Ton sait infectea, ees signes süffisant ä signaler quelques sujets tu-barculeux ; ils seraient absolumant insuffisanls pour faire le diagnostic d'un cas isole.
11 peut arrivar qua l'animal boite ; l'explora-tion du membra paut montrer alors une tume­faction articulaire, parfois une ulceration dont le pus renferme de nombreux bacilles ; alors le diagnostic est facile, meme du vivant du sujat.
Le diagnostic jpost mortem est tres facile ; il suffit d'ecrasar un fragment du foie malade et d'en etaler une parcelle entre deux lamelies pour, apres coloration par le procede d'Ehrlich ou celul de Ziehl, mettre an evidence les bacilles speeifiques, qui existent en quantile ordinaira-ment considerable.
Etiologie- — Lorsqu'une basse-cour est in-fectee, la maladie s'y perpetue d'une facon de-sesperante; le repeuplement, apres sacrifice de tous les animaux contamines, ne suffit pas ä la faire disparaitre, si l'on n'a pas, au prealable, desinfecte ä fond tous las locaux et tous les ustensiles ä l'usage des volailles.
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Dans la grande majorile des cas, la tubercu-lose apparait dans une basse-cour apres I'impor-tation de sujets nouvellement achetes; ceux-ci, qui provenaient sans doute d'une basse-cour infectee, deviennent malades plus ou moins rapidement, maigrissent et meurent; d'auties sujets deviennent malades ä leur lour, meme parmi les anciens, et la maladie peut s'elerniser ainsi dans la basse-cour, frappant le tiers, la moitie ou les trois quarts des sujets. La conta­gion s'effectue toujours par les voles digestives ; chez la plupart des malades, les excrements renferment degrandes quantltes de bacilles ; les volailles salnes, qui vont sans cesse plcorant, s'infectent ainsi par l'ingestion continuelle de matieres virulentes.
D'ailleurs, rexperimentation demontre qu'il suffit de faire manger ii une poule une petite quantite de foie provenant d'une volaille tuber-culeuse, pour tuer la poule en quelques mois, avec des lesions qui reproduisent exactement celles de la tubereulose naturelle.
L'lnoeulatlon intra-peritoneale donne des re-sultats idenllques. L'inoculation sous-cutanee provoque parfols seulement une tubereulose locale, sans retentissement sur la sante generale du sujet. L'lnjection intra-velneuse d'une dllu-
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PATHOGEN-IBnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;201
lion filtree de maliere fuberculeuse ou d'une culture, tue fatalement, en quelques semaines, la poule raise en experience ; a Tautopsie, le foie et la rale sont demesurement grandis dans lous les sens, congestionnes el friables, et l'examen bacteriologique les moalre litleralement farcis d'une myriade de follicules tuberculeux micros-copiques, extr6mement riches en bacilles.
L'importation d'un sujet malade ne conslilue pas le seul mode d'apparition de la maladie dans les basses-cours. 11 exisle un assez grand nombre de fails bien observes dans lesquels il parait evident que des volailles ont ele infectees par les crachals purulents de personnes phlisiques chargees de leur donner des soins. D'aulre pari, on a observe la tuberculose chez des poules elevees dans des abattoirs oü elles se nourris-saient de viandes alterees et de visceres tubercu­leux. — A ces fails d'observation, on oppose les resultats de rexperimentation : il est certain que Ton ne reussit pas d'ordinaire k donner aux ponies la tuberculose de Tbomme ou des mam^ miferes, soil par inoculation, soil par ingeslion. Straus el Wurlz ont fail ingerer k six poules des quantites formidableraquo; de cracbals de phlisi­ques sans les rendre luberculeuses ; j'ai repete cetle experience, sans plus de succes, en em-
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Tt'BEBCULOSE DES OISEAI.X
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pruntant la matiere ingeree aux tuberculoses du boeuf, du cheval et du pore.
Mais est-on bien sür de pouvoir realisnr expe-rimentalement toutes les conditions de la conta­gion naturelle? Qu'un seul sujet dquot;une basse-cour nombreuse se laisse envahir par les bacilles provenant de l'bomme ou du bceuf, et ces ba­cilles, acclimates ä l'organisme de la poule, se transmeltront ensuite plus aisemenl aux autres animaux de la basse-cour.
Avec Rivolta, Maffucci, Straus et Gamaleia, la plupart des experimentateurs ont echoue quand ils ont essaye de transmettre la tubercu-lose des mammiferes aux oiseaux ; tous ont note que le cobaye resisle d'ordinaire a I'inoculation sous-cutanee de la tuberculcse aviaire et que, s'il succombe ä l'inoculalion intraperitoneale, les lesions sont tres differentes de celles que provoque la tuberculose humaine: la rale est enorme, rouge et molle ; rarement eile presenle des tubercules, non plus que le foie ou les poumons ; rale et foie sont cependant farcis de follicules tuberculeux microscopiques, tres ri­ches en bacilles ; — ils ont vu de möme que le chien resiste a I'inoculation inlra-veineuse de grandes quantites de culture de tuberculose aviaire.
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PATH0GEN1E
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Mais, d'une part, MM. Cadiot, Gilbert et Ro­ger, MM. Courmontet Dor, et moi-m6me, avons montre que l'inoculation de la tuberculose des mammiferes aux poules reussit parfois h les tuberculiser et que cetle tuberculose peut etre inoculable en serie. D'autre part, s'il est vraj que les lesions qu'on observe chez le cobaye, consecutivement h l'inoeulatioa de la tubercu­lose aviaire, sont tres diflerentes objective-ment de celles qu'on observe apres l'inocula­tion de la tuberculose humaine, 11 suffit parfois d'un petit nombre de passages successifs, de co­baye a. cobaye, pour que ces lesions repro-duisent exactement le type si bien decrit par Villemin.
Eniin, il ne faut pas oublier que le lapin a une receplivite sensiblement egale pour les deux tuberculoses et, qu'apres deux ou trois passages de lapin a lapin, les lesions son I tellement identiques qu'il est impossible d'en reconnattre I'origine.
Tons ces faits tendent a etablir que le bacille de la tuberculose, si resistant a toules les causes de destruction, peut cependant eprouver de pro-fondes modifications par les passages successifs, k travers l'organisme des diverses especes ani-males ; mais si les modifications subies ä la
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TUBERCULOSB DES OISEAUX
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suile de nombreuy passages chez les oiseaux sont assez profondes pour faire du bacille aviaire une variele particuliere du bacille de Koch, differenle de la variele humaine, elles ne suffisent pas, a men avis, pour en faire deux especes dislinctes.
Un dernier argument en faveur de 1'identite d'origine de ces bacilies peut elre tire de l'iden-tite de leurs produits de secrelion : quelle que soit i'origine de la semence, il esl impossible de noter une difference sensible dans le mode d'action et dans Tactivile de la tuberculine que fournissent les differentes cultures du bacille tu-berculeux.
Prophylaxie. — La seule prophylaxie appli­cable en matiere de tuberculose aviaire consiste a. sacrifier sans exception tons les sujets de la basse-cour infectee et a ne la repeupler, avec des sujets de provenance non suspecle, qu'apres disinfection complete et reiteree de tous locaux et ustensiles a l'usage des volailles. L'acide sul-furique ä 5o grammes par litre, l'acide phlaquo;sect;ni-que, la creoline, le lysol ä 3 % peuvent 6tre ulilement employes, apres graltage ä fond de toufes les parties impregnees de guano.
II ne saurait 6tre question, bien entendu, de vendre les sujets qui paraissent encore en bon
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PR0PHYLA.X1Enbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 205
etat; ces animaux, qui peuvent 6tre contamines, infecteraient presque certainement les basses-cours de leurs acheleurs; — il y a la une ques­tion de simple probite.
Les animaux doivent 6lre saerifies et con­sommes sur place, a mesure des besoins de l'ex-ploitation ; on ne peut pas, honnMement, laisser manger les volailles par des gens qui, ignorant la possibilite du danger, ne prendront pas soin de les faire cuire k fond. Nous savons que, d'or-dinaire, la tuberculose des oiseaux est difflcile-ment inoculable a. certains mammiferes (cobaye, chien, mouton, che^val); le lapin, au contraire, possede a. son egard une tres grande receplivile ; en est-il de meme pour I'homme ? Nous I'igno-rons ; mais on doit admettre la possibilile du danger el se mettre en garde contre lui. Sur place, les animaux peuvent etre consommes sans inconvenients; il sufQra d'eliminer les visceres, pour les detruire, et de faire bien cuire la viande.
Que s'il s'agissait d'oiseaux precieux a un litre quelconque, on pourrait, a la rigueur, re-courir ä l'emploi de la tuberculine et ne sacrifier que ceux qui auraient manifeste la reaction dia-gnostique. L'operation devrait etre renouvelee apres quelques semaines et il faudraitredoubler
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206nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCÜLOSE DES OlSEAUX
de soins dans l'execution de la desinfeclion des locaux, avant d'y remettre les sujets reconnus sains. La dose de tubereuline a. injecler varie de 5 ä 10 centigrammes pour les poules, les pi­geons ou les faisans, de 10 ä 20 centigrammes pour les oies, les dindons et les paons.
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TABLE DES MAXIERES
Pages
AVANT-PnOPOS.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; J
Espfeces animales atteintes........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
Chap. I. l'uberculose des bales bovines....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;11
Lesions...............
Etude histologique des lesions.....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;30
Symptömes.............
Marche. Dur^e. Terminaisons.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5*
Diagnostic.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;53
Diagnostic clinique.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5*
// bactöriologique.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;öl
// experimental........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;quot;quot;
// par la tuberciiline......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;68
Etiologie et Pathog^nie.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8()
H^r^ditö.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;97
Resistance du bacilla.........nbsp; nbsp; nbsp; i(i'
Transmission explt;5rimentale......nbsp; nbsp; nbsp; 109
Identity de la tuberculose de l'homme et de
celle des animaux..........nbsp; nbsp; nbsp; ll8
Produits virulents; usage de la viande et du
, •#9658; ....nbsp; nbsp; nbsp; 126
lait...............
Police sanitaire et prophylaxie......nbsp; nbsp; nbsp; 15lt;'
Traitement . . . . ,........nbsp; nbsp; nbsp; lo4
ocr page 212
208nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LBS TUBEHOULOSGS ANIMALGS
Pages
Chap. II. Tuberculose du pore......nbsp; nbsp; nbsp; 158
Chap. III. // du cheval......nbsp; nbsp; nbsp; 171
Chap. IV.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;// des petits ruminants ,nbsp; nbsp; nbsp; 182
Chap. V.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;n des carnassiers. . . .nbsp; nbsp; nbsp; 188
Chap. VI. // des oiieaux.....nbsp; nbsp; nbsp; 195
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En redigeant cet ouvrage Taateur a eu conslamment presente k Tesprit liiidicatioa suirante qui Ügure en tüte du programme des conditions d!admission k l'Kcole dö Saint-Cyr. lt;. Le programme de l'exainen d'hisloire et de geügraphie a ete rapproche, aatant que possible, du programme d'enseignetnent des lycees pour äviter que les cau-didats ne se croient obliges k se donner une preparation irop speciale et nuisibte par Ik meine ä leur education intellectuelle Les candidats doi ent, avant toutes ehoses, faire preuve de connaissances generales et reflechies en hhtoire. Vexamen ne portera päamp; sur les menus details de Vhistoire des guerres raquo;. En consequence l'auteur, suivanf lä methode employee dans les precedents ouvrages, s'est attache d'abord k choisir et ä caraetöriser les faits et les personnages significatifs, puis k marquer la suite et l'ennkal-nement des ärenements. Pour les operations militaires meotionnöes dans le programme, it s'est efforcö de faire comprendrlaquo; le sens et le but soil des campegnes, soit des batailles, en evitant les considerations trop techniques qui supposent des ccnaaiamp;sancet que les candidats a'auront que plus tard.
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TRAITE
DE MfiDEGINE
Publie sous la direction de MM. CHARCOT — BOUCHARD — BRISSAUD
VIENT DE PARA1XRE :
TOME VI
Ce tome complete l'ouvrage et forme un fort volume de 1200 pages avec 220 ligures. Prix...... 25 fr.
Matieres contenues dans ce Volume
E. BRISSAUD. Maladies de Pence phale. Maladies de l'hemisplifero cerebral — l-o-
caiisat ons cerebrales. — Apoplexie. — Henöipl^gie. —Epilepsie jacksonniiinne, Himianesthesie. — Heraianopie. — Aphasie. - Anemie cörcbrale. — Ra-mollissement cerebral. — E ceplialo-malacie. HSmorrhaKie cerdbrale. — Encephalite agile et abces du cervean.
__ Enciphalopalhies infantiles. — Tu-
meurs ceitbiales. — Maladies du
cervelet.
George- GU1NON. Maladies de la protuberance annulaire, des pedoncules cerebraux et du bulbe rachidien.
Pierre MARIE. Maladies in-trinsfeques de la mobile epi-nlöre. — Myeliles. — Tabes dor-saalis. — Maladies de Fiindreicli. — D6g6n6rations secondaires de la moelle. — Tabes dorsal spasmodique.
Georges GüiNON.Syringomye-lie. Maladies extrinseques de la moelle epiniere. Mala­dies des Meninges.
H. lamy, Sypbllis des cen­tres nerveax.
J. BABINSKY. Des nevrites.
ii \l.MO N. Maladi. s des mus­cles et des nerfs en ptrticu-ller. — Pbysiologie norina'e et palbo-'ogique. — Paratysie des nerl's. — Convulsions localisöes, — Anestbdsie des nerfs. — Nevralgie.
E. BOlX. Myopatliie primi­tive progressive. — Dystro­phies d'origines nerveusos.
— Aeromegalie (Dr Souquesl. — Myscedeme (Dr Souques). — Goitre exopbtalmique.
G. BALLET et P. BLOCQ. Para-lysie genörale progressive.
Gilbert BALLET. LOS PsychO-ses. — Manie. — Mölancolie. Confu­sion mentale. — D61ire aisu. — Folie penodique. — Dölire de la persdeution ä Evolution systimatique. —laquo; Degfenö-rescence mentale.
Paul BLOCQ. Chorees.
LAMY. Paralysie agitante.
hai.lion. Maladie de Thorn-sen.
dotil. Neurasthönle. Epi­lepsie. — Hysterie.
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LIBRAIME G. MASSON, 120, BOULEVAltD SAINT-GERMAIN, PARIS.
CLINIQÜE MEDIC ALE DE LA GHAB1TE
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E. Suchard
Clief de laboratoire d'anatomie patliolo2;ique
H. Vaquez
Chef de cüniqiie k la Fauult6 de M6decine
P. J. Teissier
Interne des Höpitaux de Paris
fort vol. in-Sraquo; de 1,060 p. aveo nombreuses fig. dans le texte. 30 fr.
Ce volume contient tout d'abofd des lemons du professeur, recueil-lies par M. Vaquez. Gelles qui ont ät6 choisies se rapportent toutes aux maladies du coeur. — Le reste du livre est compost de travaux et de recherclies poursuivis dans le service ; deux raamp;noires de M. Po-tain {ties zovffles cardw-pulmonaires el du choc de la pointe du coeur), sont la demonstration complete de certains points de la sem^iologie cardiaque. — M. Vaquez a donnö un m6inoire sur la Phlibile des mem-bres; M. Teissier a redigö \es Rapports du retrecissemtnl milral pur avec la tuherculose; M. Suchaho a fourni un interessant travail sur la Technique des autopsies cliniquss. — Enfin, M. FHANgois-FRANGK a r^digö un tres important mimoire, VAnnlyse de faction expdrimentale de la digitalinc. — L'ensemble de ce volume forme done un tout traitant tout spöcialement des maladies du systfeme circulatoire.
TRAITE
DES MALADIES DES YEUX
- Par Ph. PANAS
Professeur de clinique oplitaimologique ä la FaculU de MÄdeeine Chirurgien de rHötet-Dieu — Membra de rAcademie de U6deciae
2 vol. gr. in-80 avec 453 ßg. et 7 pl. coloriees, cartonnes. , . 40 fr.
Dans cet ouvrage, I'auteur s'est attach^ ä donner d'une facon concise ]'6tat aotuel de la science ophtalmologique en prenant pour base la elinique sans n^gliger l'enseignement et les recherches de laboratoire. — Le premier volume comprend l'anatomie, la physiologic, l'embryolo-gie, l'optique et la pathologic du globe de l'ceil. — Le second con­tient ce qui a trait ä la musculature, aux paupiferes, aux voies lacry-males, ä l'orbite et aux sinus cranio-faciaux; le tout envisage au point de vue de l'anatomie, de la Physiologie et de la palhologie. En im mot, essentiellement pratique, ce livre s'adresse autant aux (Hudiants qu'aux ophtalmologues de profession.
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VIENT DE PARAITRE :
TRAITE ELEMEiNTAIRE
DE
CLINIQUE THERAPEUTIQUE
PAR
le l)r Gaston LYON
Ancien Chef de clinicjue medicale ü la Faculte de mädecine de Paris
ün volume grand in-80 de 966 pages. . . . Prix : 15 francs
La publication de ce Tratte ilemenlaire de Clinique thdrapeulique sera, nous n'en doutons pas, favorableraent accueillie par le public medical qui depuis longtemps attendait un ouvrage de ce genre.
laquo; 11 nous a semble ulile, dit l'auteur, de presenter dans un ta­bleau court, mais sufflsamment complet, Tetat actuel de la the-rapeutique, et d'enregistrer fidelement les transformations suc-cessives subies par eile; nous avons pense combler ainsi une lacune de notre litteraturc medioale, car, s'il existe de nom-breuses monographies traitant de sujets limites, il manque'un travail d'ensemble, resumänt toute la therapeutique contempo-raine et permettant au medecin de se rendre un compte rapide de son evolution dans ces dernieres annees.
laquo; Nous avons suivi le plan le plus simple, c'est ä-dire que nous avons adopte le classement des maladies par appareil; mais nous ne nous sommes pas bornö a l'ötude des maladies, nous avons tente celle du traitement des principaux symptömes et syndromes, ce qui n'avait pas encore ete fait... raquo;
MATIERES TRAITEES DANS CE VOLUME :
i.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Maladies de l'appareil digestif. — Maladies de la bouche et du
pharynx. — Maladies de I'estomac. — Maladies de rintestin. — Mala­dies du foie. — Maladies de l'appareil respiratoire. — Maladies du nez. — Maladies du larynx. — Maladies des bronches. — Maladies du poumon. — Maladies de la plevre. — Maladies de l'appareil respiratoire. — Maladies de l'appareil urinaire. — Maladies du systöme nerveux. — Maladies de l'enciphale. — Maladies de la moelle. — Maladies des nerfs pÄriphöriques. — N^vroses. — Maladies infectieuses. — Maladies de la nutrition. — Intoxications.
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SYMPTOMATOLOGIE
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE
MALADIES DE LA PEAU
Par MM.
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Un Atlas de 54 planches grandaccompagnees d'un texte explicatif .
NOTA. — L'ouvrage devra 6tre accompagne d'un traite des-criptif. publie par ordre alphabölitjue (Achromie-Favus) qui n'a pas ete continue a la suite de la mort de M. E. Vidal. Les 380 pages publiees sont remises gratuitement aux acquereurs de l'Atlas.
I
TRAITE THEORIQEE ET PRATIQUE
D'HYDROTHERAPIE MEDIGALE
Par le Dr F. Bottey, mlt;5deoin de l'^tablissement de Divonne, ancim interne des hiipitaux de Paris et de la Salpetriere, 1 vol. in-8raquo;. 10 fr.
Eoctr^,it de VIntroduction. — T/Hydroth^rapie ne se compose pas exclusivemenl de rinstrumentation et des appareils employlt;''s dans les Etablissements sp^ciaux. Elle possöde conime moyens d'action une foule de proc^des difF^rents et varies que Ton pent mettre en ceuvre non seulement dans un Etablissement, mais encore au domicile meme des malades ; etlaquo; hydrothörapie raquo; n'est pas uniquement synonyme'de laquo; douches raquo;, ainsi que beaucoup le croienb.
C'est däns le tut d'Etudier, d'une fagon aussi pratique qiie possible, les divers pi-ocMEs de la mEthode hj[drothErapique, les actions thEra-peüliqües qu'ils detei'rainent et les indications auxquelles ils rEpcn-dent, que nous avons Ecrit ce livre.Nous esperons avoir Eclairci, dan* unö cert'aihe mesure, les obscuritEs ou les points douteux qui regnent ericoM sur l'interprötation thSorique des eflets de I'hydrothErapie tnT suf les applications pratiques de la methode.
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HBRAIKIE GAUTHIEK-VILLARS ET FILS
EXTRA1T DU CATALOGUE.
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Courreges (A.), Praticien. — Ce qu'il faut savoir pour reussir en Photographie. Petit in-8; 1894 . ,........ 2 fr. 50
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LIBBAIRIE GAUTH1ER-VILLARS ET FILS
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ENGYCLOPEDIE
DES TRAVAUX PUBLICS
ET ENGYCLOPEDIE INDUSTRIELLE
FONDEES PAR
M. M.-C. LECHALAS
Inspecleur general des PonU et Chauss^es
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APPERT (Leon) et HENRIVAUX (Julesgt;, Ingenieurs. — Verre et Verrerie. Grand in-80 dlaquo; 460 paaev, avec 13U figures et un Atlas de 14 planches; 1894 (E. 1.)....................., . 20 fr.
Hislorique. — Classification. — Composition des agmts pSysiques et cliimiques, — Produils r^fcactaires. — Pours lie verrerie, — Combustibles. — Verres ordinaires, — Glaces et produils specraux. — Verre de Bolieme. — Gristal. — Verres d'optique. — Phares, — Slrass. — Email. — Verres colore*. — Moratquo. — Vitraux. — Verres durs. -lt;— Verres mallöabies. — Verres durcis par la trempe, — Etude tb^orique et pratique des d^fauts du verre,
BRICKA (C), Ingenieur en ehef des Pouts et CIiaus?6es, Tngönieur en laquo;lief de la voie et des Mtimenls aux Clieuiins de fer de ('Etat. — Cours de ClieiuinS de fer, profesxe ä rEco'e nationale des fonts et Chaussees. 2 beaux volumes grand in-8, se vendam separeinint. (E. T. P.)
Touk I : Etudes. — Construction, — Voie et appareils de voie. Aveo 326 ligure?, 1891.....................20 fr.
Tomb 11 : Materiel roulant et Traction — Exploitation technique. — Tarifs,, — Depenses de construction et d'exptoitation. — Reyime des concessions. — Ckemins de fer de si/stemes divers, Avec -Mil figures; 1834..... 20 fr,
L'eminent Ingenieur Sövene, qui a longtemps proresse le Cours de Cbemins de fer ä i'Ecole des Fonts et Cbauss^es^ avait fait aulogra]diier ses Lemons; mais cct Ouvrage est 6puis6 dlaquo;pms lougtemps, — et d'ailleurs, si graude qu'ait ele sa valeur^ il ne serait plus au courant des progres realises depuis eelte epoque. Aussi M. Brieka a-t-il renda un serviee signals ä tous ce.UX qui s'inleressent a l'art de l'lugänieur en publiant I'Ou-rrage consitlerahle que nous annuncons et qui contieiit non seutement les matieres da cours oral, mais Leaucoup de questions el bien des details qua les Lemons ne peuvt.nl donner.
Cette Tuvre ömane d'un bomme qui a beaucoup fait, beaucoup tu fain1, et qui maintenaut dirige Tun des grands services des Cbemins de fer de I'Etat, rn mema temps qu'll enseigne ä nos Futurs ing^nieurs la plus difficile des parlie* de leur art. C'est dire qu'elle apporte uno puissaute contribution ü loutes les questions relatives aux Cbemins de fer.
Tltres des Chapitros : Etudes piüalablcs. Etudes definitives. Construction, Bamp;timents. Presentation des projets. Voie proprement laquo;He, Appareils de voie, Sigt aux at enclencbemenls. Prix des principaux appnreils de voie. Entretien et surveillance. Annexes. Lois', döerbts et ordonhances. Cahier des charges. Conditions d'^preuves. Note sar les procädäs d'injection des traverses.
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LIBRAIBIE GAUTHIER-VILLARS ET FILS
CRONEAU (A.)raquo; Ing^nifur de la Marine, Professeur ä l'Ecole d'application du Gönie maritime. — Architecture navale. — Construction pratique
dOS IlÄVireS de guerre. 2 volumes gr. in-S* se vemlant separement (E. T. P.)
Tomb I : Plans et devis. — Maleriaux. — Assemblages. — Differents types de navires. — Charpente. — Revetement de la coque et des pouts. Gr. in-8. avec 305 fig. et un Atlas de 11 pi.; 1894.............. 18 fr.
Tome 11 : Compartimentage. — Cuirassement, — Pavois et garde-corps. —
Ouvertwes pratiquees dans la coque, les ponts et les chisons. •— Pieces rap-
i portees sur la coque. — Ventilation. — Service d'eau. — Gouvernails, —
Corrosion et salissure. — Poids et resistance des cogues. Grand in-8., avee 359
figures; 1891..................... . 15 fr.
DENFER (J.). Arehileele, Professeur k I'Ecote Centrale. — Architecture et
constructions civiles. — Couvertures des edifices. — Ardoises,
tuiles, metau£. matieres dwerses% theneaux et descentes. Grand in-8 de 469 pagee^ avec 423 figureraquo;; 1893. (E, T. P.).............., 20 fr.
M. Denfer est connu par les grands Iravaux qu'il a execuliis k Paris et en province et par le sucues de ses ouvrnges pr^camp;lents : Alaeonnerie; Charpente en bois et me-nuiserie,
La' Couverture des edifices est une de ces monogrnpliies de sp^cialil^s destinies h rosier longtemps classiques, taut elles fouI compltites, claires, bicn illustrdes de dessins exacts pouvant servir dans les applicaliuns. Elle se divise'en huits ^Uapitres dont voici les litres :
Chap, 1 : Considerations generales. — Chap. II : Couvertures en ardoises, — Chap. Ill : Couvertures en pierres, ciments et asplialtes, — Chap. IV : Couvertures en tuile-i. — Chap. V : Couvertures en verre. — Chap. VI ; Couvertures metalligües. — Chap. VII : Couve?'tures en vtateriaux ligneux. — Chap. VIII: Goutlieres, ehe-neaux et accessoires de couverture,
DENFER (J.). Architecte, professeur k I'Ecole Centrale, — Architecture et Constructions civiles. — Charpenterie metallique. Menuiserie en fer et serrurerie. — 2 beaux volumes se ven.lronl sGparemenl.(E. T. P).
Tomb I : Generalites sur la fonie9 le fer et Vacier. — Pesistonce de ces mate riaux. — Assemblages des elements metalliques. — Chainages, linteaux et poi trails. — Planchers en fer, — Supports verticaux. Colonnes en forties Poteaux et piliers en fer. Grand in-8 de 584 pages, avec 479 figures; 1894. 20 fr
Tomk U : Pans metalliques, — Combles, — Passerelles et petits ponts, — Esealiers en fer, — Serrnrer-.e. (Ferrements des charpentes et menuiseries. Para-tonnerres, Clolures metalliques. Menuiserie en fer. Serves et verandas). Grand in-8, de 626 pages, avec 571 figures; 1895........... 20 fr.
GOUILLY (Alexandre), Ingenieur des Arts el Manafaclures. — Elements et orlt;anes des machines. — Grand in-8} de 406 pages avec 710 ligm-es; 1894 (E. 1.).......... .-........... 12 fr.
GAnöralitäs. La fonte el les principes da tnoulage. L'acier et le fer fondu. Le fer, cnivre, zinc. 6lain, nickel, plotnb, bronzes, lailons. Le bois, cutrs, caoutchouc, lubri-fiant?, etc. Rivure, boulons, äcroas el vis. Vis a bois el k inelaut, lirefonds. clavetlef. Assemblages des bois el ferrures, assemblages des tuyaux, Robinets, Valves, clapets, soöpapes, venlousps. Appareils de graissage. Generalites sur les machints k vapeur. Cylindres et presse-^toupe. Pistons et tiges de pistons, bielles. Balancier et paralläla-graimne de Walt. Manivelles, eitcentriques, arbres, engrenages, poulies, volants. Mtica-nismes de modifications de mouvements, paliers, cbaises. Travail di-s forces, rendement des machines, formnla'ire pour le calcul des organes de machines.
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Envoi franco cotilre mandat-poste ou valeur sur Paris
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HENRY (Ernest), Inspecteur general des Fonts et Cbaussöes. — PontS SOUS-
rails. Fonts-routes a travees metalliquep independantes, For-
mules, Baremes et Tableaux. Catculs rapides des moments flechissants et efforts tranchauts pour les pouts supportant des voies ferrees de largeur nor­male, des voies de toi metre, des routes et chemins vicinaux. Grand ia-S, avec 267 figures ; 1894 ...,..,...............20 fr.
Get oaTrage a pour but de supprimer les recherclics, les caleuls ou les 6pures qua comporto actuellement la delenuinalion des momenls lleelnssanls et laquo;les eflbrts traa-laquo;bant?, I-e? oliarges roulantcs prfevues, laut pour les poitls sons-rails que pour les ponts-routes, sent ceiles qui ont etö prescrites par le regieinent ministeriel du 29 aoül J891, Les moments ilccliissants et les efforts trancbants sont fournis, suivant les eas, soit par ^es formule^ simples ou des eonstractions faciles, soit par des tableaux qui les donnent tout caiculös, k des iutervalles egaox au dixieme do la longueur de la poutre, pour des portees variant de metre en metre jusqu'a 10Üm, en ee qui eoncerne les chemins do fer ä voie large, et jusqu'a 75ra en eo qui concjrne les chemins de fer a voio de 1™ ainsi •que les voies de terre,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i-
IjECHÄLAS (Georges), Ingenieur en chef des Fonts et Cbauss^es. — Manuel de droit administratif. Service des Pouts et Chaussees et des chemins vi­cinaux. 2 volumes grand in-S, se vendant separ6ment. (E. T, F,).
Tome I : Nations snr les trois pouvoirs. Personnel des Ponts et Chaussees. Prin­cipe d'ordre financier. Travaux- interessant plusieurs services. Expropriations, Dommayes et occupations Umporaires ; 1889............20 fr.
Tome II (lre Partie) : Participation des tUrs aux depenses des travaux publics. Adjudications. Fournitures. liegie. Entreprlses. Concessions; 1893. ... 10 fr
BIBL10THEQUE
PHOTOGRAPHIQUE
•La Bibliotlieque pholograpbique se compose d'environ 200 volumes et embrassc l'eusemble de la Photographie C0Dsid*r6e au poiol de vue do la science, de l'art et des applications pratiques.
A cöt6 d'ouvrageraquo; d'une certaine 6tendue, comme le Traili de M. Davanae, le Trnili encydopidique de M. Fabie, le Diciionnaire de Chimie phoiogr.aphique de M. Fourtier, la Photographie midicale de M. Loude, etc., eile comprend une sferie de moaographies uöcessairea a celui qui vent Studier a food un proc6d£ el appreudre les tours de main indispensables pour le mettre en pratique. Elle s'adresse done aussi bien a I'amateur qu'au professionnel, au savant qu'au praticien.
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