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ROUGET DU PORC
ET SON TRAITEMENT
VAGGHSTATIOIS' PA-STORIENNE)
A. REVEL
Vetörinairc depattemental a Rodez ;' Chevalier de TOrdre du Mei'ite igricole 3Iombre correspondant de la Societö eentrale-äfe Medeciue vetepinaire^ Secretaire de la Societe d'AgricuItijre de i'Avevrün, etc., etc.-*
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PARIS ASSELIN ET HOUZEAU
LIBRA IRES DE T, A FACÜLTE DE MEDECINE et de la Sooiete Centrals de Medeciue Veterinaire
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1891
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ROUGET DU PORC
ET SON TRAITEMENT
(VACCINATION PASTORIENNE)
A. REVEL
VeWrinairc dpparfemental ;i Rodez
Chevali ie l'Ordre du Merite Agricole
Mcmbre correspoadi .1 ue la Socicte cenfrale de Medecine veterinaire
Secretaire de la Sociele d'Agriculture de rAveyron, etc., etc.
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ASSELIN ET HOUZEAU
LIBRAIRES DE LA FACULTE DE MEDECINE
et de la Sociii6 Centrale de Medecine Veterinaire
PLACE DE L'iCOLE-nE-MfiDECINE
1891
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LE
ROUGET DU PORC
ET SON XRAITEMENT
CHAPITRE I
Lo Mai rouge du pore on Rouyet cst uno maladie conta-g'ieuso qui enleve rapidement les malaclcs dans la grando majorile des cas et occasionne des pertes souvent tres considerables. Prcsque tout notre departement, k I'cxcep-tion do sa parlie nord, lui payo tons les ans un tribut plus ou moins large. Mais il scmble avoir des foyers de predi­lection. II existe ccrtaines contrees, certains villages oil la mortalile cst toujours considerable. II n'est pas rare de voir des hamcaux ou presque tous les pores meurent par-fois du rougot. Nous pourrions meme citer tolle localite oü les propriclaires en ont acliole trois fois dans Fannee et se sont trouves encore sans animaux gras au mois de Jan­vier suivant. Cependant il n'en est pas heureusement tou­jours ainsi. Le rouget fait comme toutes les maladies öpidemiqucs.
Apres avoir fait de tres grands ravages ccrtaines annees,
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h certaines 6poques, dans certaines contr^es, il passe un temps plus ou moins long sans porter beaucoup de preju­dices; mais, nous le repetons, il ne disparait jamais com-pletemont. De plus, bien souvent, il semble faire sa tour-nee nefaste d'une fa^on presque reguliere. Teile annee il regne avec violence dans une contree; I'annec suivante c'est dans une autre, etainsi de suite, jusqu'ä ce que tout le pays ait reQu sa visile mcurlriere.
Voila de quelle maniere se conduit cotte terrible affec­tion dans nos contrees, surtout clans les regions du Segala, oü eile fait perir en moycnnc plusieurs milliers de pores tous les ans.
Cost pourquoi nous avons cm ctrc utile a nos cultiva-teurs en leur tragant une description succincte du mal rouge et leur indiquant tous les moyens prunes par la science pour en preserver leurs animaux. Au reste, nous nc sora-mes pas les seuls a souffrir des atteintes du rouget.
Depuis fortlongtemps I'attention a ete appelee sur cetle maladie. Observe en 1762 et 1763 en Suisse, en 1790 en AUemagne, en 1822 dans le nord-est de la France, en 1844 en Flandre, le Rouget fit encore de nombrcux ravages en AUemagne de 1861 a 1865.
Mais jusque-la les observations navaient pas ete nom-breuses et n'etaient guerc justcs, car le rouget etait con-fondu avecd'autres maladies. G'est surtout a partir de 1874 qu'il a ete I'objet d'etudes particulieres. Aussi n'a-t-on pas tarde k reconnaitre que sa dissemination etait grande. On I'observe tous les jours dans un certain nombre de d6-partements et a I'etranger. Parfois les pertes qu'il occa-sionne sont enormes. Ainsi, aux Etats-Unis, d'apres une statistique pour 1879, la mortalile, par le rouget, s'esl elevee au chiffre de 900 000 tetes. En Bretagne, on a evalue ä 3 millions de francs la valeur des pores morts de ce mal en 1881. Dans cette memo annde plus de 20 000 pores ont peri dans le Yaucluse et les environs. En Angle-terre, en AUemagne, les desastres produits par le rouget
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sont dans los m6mes proportions. Enfin, nous le r^pötons, puisque cela nous concerne parliculierement, le mal rouge enleve presque tous ies ans, dans notre departement, deux ou trois mille pores, quelquefois plus.
Causes.
Tant que la nature microbienne du Rouget n'a pas ete etablie d'une fagon indiscutable par les belles etudes de Pasteur et Thuillicr, on l'a rapporle ä une infinite de cau­ses. On a accuse tour a tour I'humidite, la secheresse, les aliments avaries, moisis, fermentes, la malproprete des auges et des porebcries, etc. Les esprits scientifiques ne pouvaient pas se contenter de pareilles explications. Certains ont alors dit, sans le prouver toutefois, que le mal etait du aux cbampignons microscopiques et autres infiniment pctits que le pore avalait en grande quantite, grace ä sa nature gloutonne, en mangeant toutes sortes de matieres en decomposition.
On a meme cberche ä etablir un rapprocbement entre le rougot et la fievre typboide de Thomme; do la les noms de typhus, fievre typho'ide du pore qui ont ete donnes a la maladie par plusieurs ecrivains.
En 1877, le docteur Klein se livra ä une etude approfon-die du mal rouge; il fit de tres nombreuses experiences pour determiner ses divers modes de propagation et, grace aux lesions dominantes qu'il trouvait au poumon et aux intcstins des animaux ayant succombe h. la maladie, il donna k celle-ci le nom de pneumo-enterite infectieuse due ä un bacille paiiiculier qu'il avait decouvert et eultivö. Des lors, pour lui, la vougeur de la peau nc constitue plus le symptome principal de la maladie ; aussi rejette-t-il les appellations de rouget, mal rouge, pourpre, mal bleu, ery-sipele malin, fievre typholde, etc., qui lui ont ete donnees.
Ce savant ne se trompait pas sur la nature parasitaire de la maladie, mais il n'etait pas encore parvenu a decouvrir
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le veritable auteur du mal. Cette decouverte ne date que de la fin de 1882. A la suite d'experiences entreprises k Bollene, dans le döpartement de Vaucluse, par MM. Pas­teur et Thuillier, rAcademie des sciences recevait de ces savants une note, datee du 2 decembre 1882, oü on lit ce qui suit:
laquo; I. — Le mal rouge des pores est produit par un mi­crobe special, facilement cultivable en debors du corps des animaux. II est si te'nu qu'il pout ecbappor ä une observa­tion möme tres attentive. Cost du microbe du cholera des ponies qu'il so rapprocbo le plus. Sa forme est encore cello d'un 8 do chiffro, mais plus fin, moins visible quo colui du cholera. II differe ossontiellemcnt do co dernier par ses proprietes physiologiques. Sans action sur los poules, il tue los lapins et los moutons. raquo; II tue aussi le pigeon.
laquo; II. —#9632; Inocule h I'elat do purcle au pore, k des doses pour ainsi dire inapprociables, il amenc promptement la maladie et la mort avec lours caracteres iiabituels dans los cas spontanes.
raquo; III. — Le docteur Klein a publio k Londros, en 1878, un travail etendu sur le rouget qu'il z^cWc pnenmo-entc-rite du pore; mais cot auteur s'est cntieromcnl trompe sur la nature et los proprietes du parasite. II a decrit commo microbe du mal rouge un bacillc ä spores, plus volumineux memo que la bacteridie du cbarbon. Ties different du vrai microbe du rouget, le bacille du doctour Klein n'a, en outre, aucune relation avec I'etiologie do cette maladie. raquo;
Ce qui prouve que le nouveau microbe est bien I'agent propagateur dm mal e'est qae la plus polite goulte d'une culture tres pure injoctee ä un pore lui communique lo rouget d'une maniere invariable.
La nature parasitaire de l'affoction est done etablio, e'est-a-dire qu'ello est duo ä la penetration et k la multi­plication du microbe pathogene dans Torganisme animal.
II roste done ä savoir comment ce microbe ou, pour parier plus simplemont, comment le virus pent penetrer
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dans le corps des animaux et de quelle faQon peut se prati-quer la contagion.
Le virus du rouget se multiplie dans le sang du pore avec une rapidite et en quantite telles qu'il devient plus ou moins rapidement un obstacle ä la circulation du sang dans les vaisseaux capillaires, ce qui explique tout ä la fois et les morts rapides et les suffusions sanguines ä la peau qui lui donnent la couleur caracleristique du mal et les injections hemorrhagiques de restomac et des intes-tins que Ton trouve souvent ä Fautopsie.
Cela fait que 1'element contagicux se trouve partout, clans le sang, la peau, I'intostin, lo foie, la rate, le poumon et memo dans les produils d'oxcretion tels que la have et les excrements.
On comprend done facilement qu'une bete attcinte peut communiquerle malä une bete saine enlaflairant,enlatou-chant ou en deposant sur eile des produils morbides. La contagion est encore plus facile par I'ingeslion d'aliments ou de boissons souilles par les malades. Lo mal se trans-met aussi par la cohabitation et le sejour d'animaux sains dans des lieux infectes; la truie atteinte peut le commu-niquer h ses petits en les allaitant. Les debris cadaveriques de pores morts du rouget peuvent servir ii le propager quelquefois meme ä des distances tres grandes. Nous avons vu le mal transporte dans une forme, oü on ne I'avail, pas connu jusque-lä,par un chien qui avait apporte, d'assez loin, dans un päturage, un os provenant d'un pore mort du mal rouge depuis quclque temps et non enfoui.
Tons ces divers moyens de propagation expliquent suf-fisarament la grando facility avec laquclle le rouget peut se repandre; ils font comprendre aussi pourquoi il est rare que le rouget se montre dans les porcheries a stabulation continue des divers etablissements de notre pays oü on entretientpourtant, d'unemaniere continue, un grand nom-bre d'animaux. Ici les porcheries ne sont pas infectees, e'est-a-dire qu'elles n'ont pas contenu de pores atteints du
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du rouget; les animaux n'allant pas au päturage ne ris-quent pas de trouver de virus dissömine ; enfin, leur nour-riture cuite n'est pas conlaminee non plus. Pour que le mal rouge penetre dans ces etables il faut qu'il y soit ap-porte du dehors et c'est ce qui pout arriver par I'introduc-tion d'un animal alteint. Nous avons constate une fois une contamination de cette nature.
Symptömes.
La maladie debute ordinairement par de lafievre. L'ani-mal a des frissons, les soies lierissees, la queue pendante ; les oreilles et les autres extremites sont tantot chaudes, tanlut froides ; les battemonts du coeur accelörös et les muqueuscs apparentes sont d'un rouge brunätre; la tempe­rature reclale est augmenlee et pent arriver jusqu'a 42deg; on 43deg; centigrades.
Le malade est triste et abattu; dans sa loge il a une ten­dance k rester couclie la tcte cnfoncee dans la liliere et ne se remue que tout autant qu'on le tracasse. S'il fait par-tie d'un troupeau, il reste en arriere. Son appelit est for-tement diminue ou nul au point de refuser meme les friandises. Sa soif est moderee. Quelquefois il y a des vo-missemenls et, au debut, de la constipation. La diarrh^e ne se declare que vers la fin, lorsque la maladie estlongue. En faisant marcber lanimal on remarquc de la faiblesse dans son arriere-train. Ce Symptome augmente parfois jusqu'ä simulcr une vraie paralysie.
Enfin, le signc principal, c'est I'appanUon, sur divers points de la peau, de tacbes d'un rouge plus ou moins fonce. Ces rougeurs, d'abord assez petites, s'etendent et se reunissent pour former de vastes plaques qui finissent par prendre une nuance violacee ou presque bleue. Ces laches s'observent particulierement aux aisselles, aux jarrets, aux oreilles, au groin, sous le ventre et la poitrine, et au plat des cuisses. Parfois il y a un veritable engorgement
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facile ä percevoir aux points oil les rougeurs apparaissent; ces engorgements peuvent memo devenir considerables au point de gener la marche ou la respiration suivant les les parties affectees.
Enfin, il est certains cas de rouget oü la peau ne devient pas rouge; c'est lorsque le mal se porle precipitamment sur les organes internes importants ä la vie, intestins, poumon, cerveau. L'animal est tue avant que les suffusions sanguines se soient produitcs vers la peau.
Quelquefois on remarque un etat de somnolence plus ou moins prononcee ou, au contraire, d'agitation qui sont l'indice de lesions cerebrales.
Les symptomes que nous venous d'enumerer sont plus ou moins marques et progressentaveclamaladie elle-meme. Ils peuvent faire defaut ou bien disparaitre jusqu'k guerison du malade.
laquo;
Marche.
La marche du rouget est ordinairement rapide, meme quand la maladie est benigne. Quatre fois sur cinq il se lermine par la moit. Sa duree varie dc quelques heures a 2, 4, 8 jours. Dans les cas graves, la mort arrive rapide-ment. II n'est pas rare de trouver morts dans la porclierio des pores qu'on y a laisses en bonne sante peu de temps auparavant. Alors il est evident que le malade n'a pas prösente tous les symptomes enumeres plus baut.
Quand la maladie est, au contraire, benigne, la guerison arrive assez vite, mais pas toujours complete. Elle peut se compliquer de maladie chronique inlestinale. L'animal (.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; garde plus ou moins longtemps la diarrbee. II digere mal,
ne gagne pas et rests malingre. Quelquefois les jambes s'engorgent, surtout aux articulations, et la bete reste boiteuse.
Dans les cas mortels les symptomes de maladie s'accen-tuent plus ou moins vite. La couleur des tacbes devient
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•nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; — 10 —
violacöe, plombee, presque noirätre; la paralysie de l'ar-riere-train se complete; k la constipation peut succßder la diarrhee ; enfin la temperature apres etre montee ä 42deg; et 43deg;, descend brusquement bien au-dessous de la moyenne de 40 degres. Dans nos experiences nous avons constate, quelques beures avant la mort d'un sujet, une temperature rectale de 33deg; seuleraent.
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Diagnostic.
Le diagnostic du rouget ost facile toutcs los fois que la maladic se prescnto avoc dos signes bien marques ; il est facilite par Fobscrvation dos habitudes ordinaires du ma­lade et surtout de l'etat sanilairo de la forme et des envi­rons. II est evident quo le mal est plus ä craindre lorsqu'il regne dans le pays. On pourrait parfois confondre le rouget avoc los maladies eruptives tolles que la rougoolo, l'urti-caire. Mais los nombroux symplomos qui caracterisont lo mal rouge ne pormoüent pas de le confondre avoc cos affections benignes. Enfln, il nc faul pas confondre los taches du rouget avoc la coulour rouge que prend facilo-mont la peau du pore, un pen avant sa mort ou immedia-tement apres, dans los maladies so terminant par dos symptömes asphyxiques. Ici los taches sont mal circons-erites et sont surtout prononeeos aux parlies en contact avoc lo sol au moment de la mort.
Lesions.
Les cadavres dos porcs morls du rouget offrent dos lesions plus ou moins ctendues, suivant la duree du mal; plus la maladie a ete courto, moins los lesions sont carac-teristiques.
Ce qui frappe lout d'abord babiluelloment, ce sont les nombreuses laches ou plaques rouges ou violettes, quo presenle la peau aux diverses regions indiquecs plus haut.
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Ces taches sont quelquefois accompagnees do tumefaction, et rinfiltration interesse touto l'epaisseur du derme et memo le tissu cellulaire sous-adjacent; le plus souvent la rougeur n'est que superficielle et ne va pas profondement.
Le peritoine est cnflamme et presente des taches assez nombreuscs et des hemorrhagies. Dans son inlörieur on trouve un epanchement liquide et meme des fausses nien-branes. La muqueuse de restomac et dc I'mteslin est aussi cnflammee et infiltree; clle presente des taches et des poin-tilles rouges nombreux, et son epilh^lium s'enleve facile-ment par plaques. La rate est quelquefois gonflee, tumefiec par places, de couleur sombre, de consistance mollc. Le foie est gontle et plus fonce, moins ferme qu'a I'etat nalurel; les reins et la vessie, pnSscntent aussi des signes de con­gestion. La muqueuse des premieres voics respiratoires est egalemcnt cnflammee, souvent depouillec do son epi­thelium, ün pent trouver des taches hemorrhagiques, de l'oeclemc et memo des ulcerations dans lo pharynx et le larynx. Les bronchos sont enflammcos et conlicnnent tine matiero spumeuse, et le poumon est aussi plus ou moins congestionne ou hepatisc : on peut memo y trouver des lesions de gangrene.
Le pericarde ot le eceur peuvent offrir des ecchymoses. Le sang n'est pas sensiblement altere; il so coagule et rou-git au contact de l'air, cc quipcrmet de ne pas le confondre aveele sang charbonneux. Pourtant, dans les quclques cas oü le rouget s'est complique de septicemic on trouve le sang noirätre et non coagule.
Enfin, les chairs sont mollasscs, saigneuses, surtoutlors-que lamaladie a dure plusieurs jours.
Mais le signe principal du rouget, celui qui no peut plus laisser de doute dans I'esprit, e'est la constatation du mi­crobe special dans le sang et dans tons les tissus gorges de ce liquide. Malheureusement cette constatation n'est pas ä la portee de tout le monde, puisque cct infiniment petit ne peut etre vu qu'ä I'aide d'un puissant microscope.
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Trait em ent.
Jusqu'au jour cm le rouget a ete connu dans sa nature parasitaire les traitements qu'on lui opposait etaient natu-rellement empreints de l'idee qu'on se faisait des causes qui etaient accusees de le produire.
C'est ainsi qu'on a conseille tour ä tour la saignöe, les rafraichissants, les bains froids, les purgatifs et vomi-tifs, etc., et tous ces traitements ont ögalement reussi ou echoue, cela se conQoit.
Aujourd'hui que nous connaissons la vraie cause du rou­get et sa nature contagiouse, il nous est bien plus facile d'instituer un traitement rationnel, curalif et surtout pre-servatif.
Hätons-nous de dire pourtant que la guerison du pore atteint du mal est assez difficile et ne pent etre obtenue que dans les cas assez benins.
Dans tous les cas, il faut combattre la fievre, la constipa­tion et rinflammation intestinalcs. On fera des frictions si-napisees sur le venire et les membres; on donnera des lavements avec de la decoction de graine de lin a laquelle onajoutera unecuillereea boucbe d'une solution plieniquee ä2p. 100.
A rinterieur, on donnera aux malades de la tisane de racine de guimauve dans laquelle on mettra une cuilleree de vin de gentiane phenique. Cette administration devra etre repetee trois fois par jour. Les animaux seront tenus tres cbaudement dans une epaisse litiere bien seche. Enfin, il faudra comballre en meme temps les complications qui peuvent survenir tcllcs que broncbite, pneumonic, angine, engorgement des articulations, ä l'aide de larges appli­cations d'onguent vesicatoire sur la region affectee.
Mais, si le traitement curatif que nous venons d'exposer n'offre pas loute la garanlie desirable, quoiqu'il soil assez souvent suivi dc succes, il n'en est pas de meme du traite-
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tement prophylactique ou pr^servatif. Celui-ci comprend plusieurs indications.
En tout temps, pour maintenir les pores ä l'abri des atteintes du mal, il faut les soumetlre ä une bonne hygiene ; les loger dans des 6curies saines et sfeches; leur fournir une nourriture qui ne soil pas alteree ou impregnee de moisissures; veiller ä une proprete absolue des auges et autres ustensiles qui servent k preparer ou a. distribuer les aliments, et ne pas y laisser aigrir ceux-ci.
En temps d'6pidemie on doit redoubler de surveillance dans rexecution stride de toutes les indications precMentes. En outre, on devra donner dans la nourriture, malin et soir, et pour chaque bete, une cuilleree h bouche de vin de gentiane phenique. En meme temps on repandra dans les locaux un pcu d'acide phenique brut delaye dans de l'eau ä raison de 1 pour 100.
Enfin, si on vient ä avoir des malades il faut les separer immediatement des animaux sains et proceder a la desin-fection complete du local oil ils ont sejourne. Nous dirons, au paragraphe consacre ä la police sanitaire, en quoi consiste cette desinfection.
Nous avons ä present ä nous occuper du vrai moyen, de l'unique moyen sür de metlre ses pores h l'abri du mal rouge, c'est-ä-dire de la vaccination paslorienne.
Per sonne n'ignore aujourd'hui quo, grace auxadmirables decouvertes de l'illustre Pasteur, plusieurs maladies con-tagieuses peuvent etre preserv6es par l'inoculation de virus attenuös : ce sont le cholera des volailles, le charbon, le rouget et la rage.
Nos lecteurs nous sauront peut-etre gre de leur tracer ä grands traits l'histoire de ces decouvertes.
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CIIAPITRE II
De la Vaccination Pastorienne.
II y a tres pcu de temps encore, nous elions a peu pres desarmes conlre les maladies que nous venons de nommer.
Aujouid'hui, s'il est presque toujours impossible do gue-rir, nous pouvons preserver : rösultat immense et conso-lant si nous songeons aux pertes effrayantes que les mala­dies contagieuscs font subir annuellemcnt a I'agriculture.
L'id^e de vaccination ne date pas dc nos jours. Depuis longtemps on avait essaye de cette pratique pour diverses maladies. Mais les resullats n'avaient pas ete toujours en-courageants. Dans bien des cas la maladie transmise avail ete aussi funeste que la naturelle et les experimenlateurs s'etaient arretes.
Ilyaunsieclo, Jenner fit une grandc decouverte lorsque I'observation lui prouva que le virus de la vaccine de la vaclie. inoculeärbommo, preservait ce dernier des atteintes dc la variole. Les resultals de cette decouverte ont ete im­menses pour I'liumanite. La petite ve'role qui faisait autre-foistant de i-avagesa disparu peu ä peu, ct on pent dire que si eile fail encore des victimes, c'cst parce que nous sommes trop insouciauts pour notre propre conservation : nous ne nous faisons pas vacciner tousles trois ou cinq ans, comme il le faudrait pour clre tout a fait ä l'abri de la contagion.
Comme on le voit, la vaccination bumaine consisto done ä communiquer ä la personnc une maladie tout a. fait be-nigne, la vaccine, pour le preserver d'une maladie souvent mortelle, la variole.
Eb bien, la vaccination inventee par M. Pasteur res-semble beaucoup a celle de Jenner. On communique äl'ani-mal une maladie benigne pour le preserver d'une maladie mortelle. Maiselle en differe pourtantpar le produitemploye comme vaccin.
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Moins heureux que Jenner, personne n'a pu trouver une maladie contagieuse non mortelle capable de revetir les organismes de rimmunite contre toutes ces affections incu­rables qui decimentnos animaux domestiques. M. Pasteur aöte le premier ä tourner celte difficulte en faisant du virus mortel son propre vaccin.
Depuislongtemps robservationavaitprouve que plusieurs affections contagieuses ne recidivent pas, an moins d'un temps plus ou moins long.
Mais jusqu'a nos jours on ne connaissait pas la nature intime, la cause cfficiente de cos maladies.
En 18oO,Davaine decouvrit, dans le sang des animaux morts du cbarbon, de petits corps filiformes d'un diametre tres r^duit et d'une longueur variable. Sous le microscope ils avaient l'aspcct de petits bälonnets droits, immobiles, disperses en tous sens entre les globules sangiiins deformes. La s'arreta robservation de Davaine : il ne reconnut ni le role, ni la nature de ces microbes ou bacteridies.
Ces bätonnets furent depuis examines par bien des savants. On dit meme qu'ils etaient la cause du cbarbon, mais cette assertion ne fut pas soumise au creusct experi­mental et trouva des detracleurs.
C'est seulemont en 1877 que Pasteur et Toussaint, cha-cun de son cote, ont prouve, par leurs belles experiences, ce role patbogene de la bacteridie.
Ils Vont isolee et sent parvenus ä la multiplier äl'infini dans des liquides divers, et, toujours, ä savingtieme comme ä sa centieme culture, eile a determine le cbarbon mortel chez les animaux qui Favaient reQue en injection. Tandis que, d'un autre cute, tout sangebarbonneux filtre n'a jamais pu determiner la maladie, I'element virulent, la bacteridie etant restee sur le filtre avec les autres matieres solides.
La nature parasitaire du cbarbon etait done prouvee. II 6tait bien du a cet infmiment petit qui, une fois inlroduit clans le sang par un moyeu quelconque, s'y multiplie d'une fagonprodigieuse et le rend tout ä fait impropre a la vie.
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Mais cette decouverte paraissait soulever des objections dans la pratique. On se demandait, et avec un semblant de raison, comment le charbon pouvait se produire dans les fermes ä des epoques plus ou moins öloignees les unesdes autres ; comment un päturage oü des cadavres avaient sect;t6 enterres depuis longtemps etait encore apte a donner le cbarbon. II aurait fallu quo la bacleridie se conservät sur le sol. Or, pen do jours apres la mort d'un cbarbonneuxon n'en rencontre plus dans le sang. La pratique semblait contredire la tbeorie.
Pasteur et Toussaint ont trouve l'explicalion dc ces faits dans le role des spores qui succedcnt a labacteridie et qui resistent ä la putrefaction et aux agents ordinaires de la destruction. Ces spores sent dc petits corps arrondis ou un pen allonges qui se forment dans l'interieur de la bacteri-die arrivee a son developpement normal. Ce sont, si Ton veut, les graines du champignon cliarbonneux, la bactö-ridie en elant le mycelium.
La spore charbonneuse pent se conscrvcr de longues anneesdansle sol sans perdredesa vitalite.Ellenedemande qu'un terrain favorable a son developpement. Qu'elle arrive dans le sang d'un animal susceptible de l'infection char­bonneuse ou qu'elle soit placee dans un liquide de culture approprie, clle dorine immediatoment naissance ä des bac-teridies dent la multiplication sera tres rapide jusqu'au point d'envahir en entier le milieu dans lequcl leur mere a ete transportee.
Tandis que la bacteridie no so developpc pas et meurt dans un liquide porte a une temperature superieure a 42deg;, 45deg; sa spore resiste ä celle de 80quot;. Une temperature supe­rieure ä 80deg;, lefeu et certains agents chimiques seuls pen-vent la detruire sans retour.
Cette grande resistance de la spore charbonneuse explique comment le charbon peut se propager dans des päturages oü des animaux sont morts depuis un temps plus ou moins recule.
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Mais onobjectait encore que, du moment qu'il elaitneces-saire que cette spore peneträt dans le sang de l'individu pour lui donnerle mal,i] etait difficile de comprendre com­ment eile pouvait monier du fond de la fosse d'enfouisse-ment ä la surface du sol.
Cette nouvelle objection est ^galemcnt lombee devant les observations de M. Pasteur qui a prouve quo tous les insectes, les vers de terre surtout, qui vont chercher la nourriture dans l'bumus forme aux depens des cadavres, sont les principaux agents de transport des germes des parties profondes du sol jusqu'audebors. II prouvait aussi, en meme temps, que le mal ne pent se prendre que par rintroduction des germes charbonneux dans le sang. Cette introduction a lieu surtout ä travers les petites plaies, les piqüres que les animaux se font dans la bouche, sur les gencives, dans le gosier, en mangeant des aliments conte-nant des parties acerees et assez dares pour determiner ces eraillurcs. Sa contagion pent aussi etre faite par les piqüres de mouches venant de souiller leur dard sur des betes cbarbonneuses, et par tout autre moyen d'inocu-lation.
En meme temps que M. Pasteur achcvaitd'etablir Tetio-logie du charbon, Toussaint, professeur. veterinairc ä Toulouse, reconnaissait la nature parasitaire du cliolera des ponies en decouvrant, dans 1c sang de l'oiseau atteint ou mort, un petit element microscopique, un microbe en forme de 8. II s'empresse de signaler le fait a M. Pasteur ctlui envoie son nouveau-ne. Le microbe est cultive comme celui du charbon et lapreuve experimentalc ne permetplus de douter qu'il ne soit I'agent unique de la propagation de la maladie chez les ^olailles.
Le 10 fevrier 1880, M. Pasteur annongait k I'Academie qu'ä I'aide d'un precede dont il se reservait encore le secret, il ötait parvenu ä attenuer le microbe du cholera des poules an point qu'il ne tuait plus les animaux quoiqu'il les rendit malades. Mais, ce qu'il y avail de plus surprenant, e'est
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que les oiseaux inocules avec le virus attenue n'etaient plus susceplibles de prendre le mal. Ils resistaient admi-rablemont au virus fatalement morlel pour tons ceux qui n'avaient pas rcQu I'inoculation minorative.
La transformation des virus en vaccins elait trouvee et M. Pasteur prophetisait juste, lorsqu'il disait h la fin de sa communication:
laquo; II mo parait supei-flu de signaler les principalcs conse-raquo; quences des faits quo je viens d'avoir I'honneur d'exposer raquo; devant I'Academie. II en est deux ccpendant qu'il n'est raquo; peut-etre pas sans utilite de mentionner; c'ost, d'une part, raquo; l'espoir d'obtenir des cultures artificielles detousles virus ; raquo; de l'autre, une idee de recliercher des virus vaccins des raquo; maladies virulentes qui out desole k ta.nl de reprises et raquo; dösolent encore tous les jours I'lmmanile, et qui sontune raquo; des grandes plaies do ragriculture dans Felevage des raquo; animaux domcstiques. laquo;
Cinq mois plus tard, le 12 juillet 1880, Toussaint nous appronait do son cote qu'il etait parvenu k attenuer la viru­lence du sang cbarbonncux et k le transformer en vaccinau moycn do la chaleur. II avait ainsi confere h dos moutons I'immunite centre le cbarbon.
Au mois d'octobre suivant, M. Pasteur faisait connaitre le moyen de cultiver ct d'attenuer le microbe du cbolera des oiseaux. Les cultures etaient faites dans des bouillons sterilises do muscles do poulo, et leur attenuation basee sur I'obscrvation do deux faits : 1deg; les cultures s'affaiblis-sent lentement, mais avec persistance, et transmettont cet alTaiblissemont aux ensemencements posteriours; 2deg; I'oxy-gene do 1'air est I'agent principal de l'attenuation. De teile sorte qu'en faisant dos semences tous les deux, quatre, six, bull mois, et sous Faction do I'oxygene, on obtiont des mi­crobes de plus en plus attenues, et, cbose importante, ces microbes ainsi obtenus so multiplient ensuite dans de nou-veaux liquides de culture en conservant lour dernier degre d'attenualion acquise. Ce sont, en un mot, de nouvelles
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races de microbes ä virulence variable depuis ceux qui luent jusqu'ä ceux qui vaccinent.
Apres ces heureuses observations, M. Pasteur cbercba ä transformer aussi la bacteridie charbonneuse en vaccin et il y parvint par des procedes ä peu pres analogues ä ceux qu'il avail employes pour 1c microbe du cbolera.
Les 28 fevrier et 21 mars 1881 il fit savoir au monde entier qu'il serait facile de preserver du cbarbon les ani-maux domestiques en les vaccinant avecdes virus attenues. II avait dejä vaccine ua grand nombre d'individus dans ses laboratoircs et iletaitpret a le faire sur une grande ecbelle dans les pays oü le cbarbon sevit ordinairement.
A dater de ce moment un grand nombre d'experiences qui dcmeureront celebres se firent dans beaucoup de con-trees ou de villcs do France et do I'elranger.
La premiere et la plus remarquable futcelle de Pouilly-le-Fort, pres Melun.
On prit GO moutons; 10 furcnt gardes comme temoins et ne subirent aucune operation, 23 furent vaccines et qua-torze jours apres on inocula du virus cbarbonneux tres actif accs25 vaccines et aux 25non vaccines. Leresullatne sefitpas longtemps attendre : deux jours apres, les 23non vaccines etaient morts tandis que les 23 vaccines avaient conserve tous les signes de la sante.
Le succes eclatant de cette experience eut un retentisse-ment extraordinaire et partout on voulut la repeter. C'est ainsi que dc pareils essais eurent lieu ä Fresne, Cbartres, Artenay, Toulouse, Nevcrs, Mer, Montpellier, Bordeaux, Angoulcme, Clermont-Ferrand, etc., en Antriebe, en Angleterrc, en Allemagne, en Italic, en Suisse, en Espagne, et partoub les resultats furent conformes aux premiers.
Toutes ces experiences elaient si concluantes que la pratique s'empara de suite du nouveau procede de preser­vation du cbarbon. Aujourd'hui cette vaccination est trfes repandue dans les pays sujets a la maladie. C'est par
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En meme temps que M. Paslcur dotait la medecine v6te-rinaire du precieux moyen de preserver les animaux domestiques du charbon bacteridien, trois jeunes experi-mentateurs de l'ecole veterinaire de Lyon, MM. Arloing, Cornevin et Thomas, so livraicnt ä des etudes et ä des experiences nombreuses pour etablir la nature de la variete de charbon qui se manifeste par des bosses emphysema-teuses a developpement Ires rapide et ä issue ordiuairement fatale, et ils no tardaient pas h prouvcr que cc charbon, appele symptomatiquo par Chabert, etait totalement diffe­rent du charbon de Pasteur.
Le microbe de ce cbarbon appele bacterie so montre sous la forme d'un bätonnet plus court et surtout plus large que la bacteridie, arrondi ä ses deux extremites et presquc toujours pourvu d'un noyau pres do Tune d'ellcs. Au lieu do so multiplier dans le sang, comrno la bacteridie, il se developpo dans le tissu cellulaire en y determinant une vraio fermentation pulride. Tandis que le microbe do la fievro charbonneuse ost immobile, la baetme du charbon ä bosses est douee d'une excessive mobilte. Tandis que la bacleridie a besoin d'oxygene pour vivro, la bacterie est tuee par la presence do ce gaz : la premiere est aerobie et la socondo est anaerobic. Tandis que la bacteridie commu­nique surement le charbon lorsqu'on I'mtroduit dans les vcines, la bacterie ne tue pas dans les memos cas, au conlrairo : injoctee, dans une ccrtaine proportion, dans le torrent circulatoiro, eile vaccine I'animal qui devient refractaire ä ce charbon. Enfin, ce qui acheve do prouver que cos deux charbons sont bien differents, e'est qu'ils ne se presorvent pas Tun I'autre. Tout animal vaccine contre le charbon bacteridien n'est pas refractaire au bacterien et reciproquement. Cola revient ä dire qu'on doit faire subir. aux animaux les deux vaccinations dans les contrees oü les deux varietes de charbons regnent ä la fois.
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Les savants lyonnais, apres avoir trouve le moyen de vacciner les animaux contre le charbon ä bosses par I'in-jeclion intraveineuse du virus nature!, ont du chercher un precede plus simple et plus pratique, car le premier etait plein de difficultös et de dangers. Ils sont parvenus'ä obtenir des virus attenues en les soumettant h des degres de clia-leur difFerents. Cos virus vaccins sont inoculös ä la pointe de la queue a l'aide d'une seringue speciale. L'operation se fait, commo pour le charbon bacteridien, endeux seances, k une douzaine de jours d'intervalle. A la premiere on ino-cule un vaccin obtenu ä la temperature de 100deg;; le second cst prepare h une temperature de 78-80deg;.
Les resultats obtenus jusqu'ä ce jour sont ddja nombreux et tres satisfaisants.
Par ce que nous venous de dire, on voit combien les progres s'ajoutent rapidement aux progres dans la grande methode de vaccination. A. present le branle est donne et nous ne pouvons pas prevoir oil s'arreteront ces admirables decouvertes.
Dopuis plusieurs annees rattention de M. Pasteur avait ete altiree par M. Maucucr, veterinairo a Bollene, dans le Vaucluse, sur le rouget du pore qui fait Tobjct principal de ce travail.
Les etudes auxquelles se livrerent, en 1882, M. Pasteur ct Thuillier, de regrettee memoire, ne tarderent pas etre courronnöes de succes. Ils prouverent que le mal rouge etait dii a un microbe de meme forme que celui du cholera des poulos, mais bien plus petit, ce qui pouvait expliquer facilement I'erreur commise par le docteur Klein, cinq ans plus tot, lequel avait cru trouver la cause du mal dans des microorganismes bien plus grands qu'il avait decouverts et dont il avait donnö la description dans un memoire en 1877.
Par la methode des cultures et par leur inoculation lors-qu'elles sont arrivöes ä une purete parfaite, nos savants etablirent, d'une fagon peremptoire, le role pathogene du microbe en 8 de chiffre ä Texclusion de tons aulres.
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Une fois ce point fixe, ils cherchferent ä l'attenuer et y parvinrent par un precede different de celui qui est employe pour le vaccin charbonneux.
Durant leurs etudes a Bollene, en novembre 1882, Pasteur et Tbuillier, ayant remarque' que les lapins et les pigeons mourraient aussi du rouget, cssayerent de se servir de Torganisme de ces especes animales pour atlenuer le virus cxlrait du pore atlcint du mal rouge. Los experiences auxquelles ils se livrercnt etablirent que le microbe du pore s'cxaltait dans sa virulence en passant par une serie successive de pigeons, tandis qu'au contraire il perdait graduellement de son energie virulente pour le pore en le faissant passer par l'organisme du lapin, äl'aide d'inocula-tions succcssives, quoiqu'il restät morlel pour ce dernier. De sorte quo les pores inocules avee du virus do pigeon mouraient bien plus facilement que ccux qui recevaient le virus naturel; tandis que ceux qui etaient laquo;oumis au virus tire du lapin ne conlractaient plus de maladie mor-telle et se trouvaient, apres leur guerison, tout a fait ä l'abri des alteintes du rouget mortel.
Teiles furent les bases qui servirent ä la confection du vaccin contre le mal rouge du pore.
Ces faits, aussi etonnants qu'ils puissent paraitre, sont rigoureusement exacts. Oui, certains microbes se modifient dans lour virulence en passant par des organismos divers, et, durant leurs migrations, ils s'acclimatent do mieux en mieux dans leur nouveau terrain d'oxislence et forment, pour ainsi dire, do nouvelles races differentes de l'espece mere, par leur action nocive ct, parfois memo, par leur forme. M. Pasteur a eu l'occasion do faire ces observations dans plusieurs cas.
C'est ainsi qu'il a encore prouve que le virus rabiquo augmente d'energiepour lecbien en passant parl'organisme de la plupart des cspfeces animales, tandis qu'il s'attenue jusqu'au point de se transformer en vaccin en passant par Torganisme du singe.
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Des que le vaccin du rouget fut trouve, M. Pasteur et Thuillier vaccinerent un grand nombre de pores dans la Vaucluse, a la fin de l'annee 1882. Au mois de sep-tembre 1883, M. Maucuer, veterinaire h Bollene, charge de la surveillance des vaccines, disait : laquo; Aujourd'hui, la raquo; vaccination preventive du rouget a fait sos preuves k raquo; Bollene ; son efficacite viont d'etre mise en evidence par raquo; une epizootic cxceptionnellement meurtriere, qui a fait raquo; le vide dans toutos nos porchories et n'a laisse, dans nos raquo; campagnes, que les pores vaccines. Tons nos pores vac-raquo; eines, sans exception, ont resiste ä toutes les causes gt;/ possibles de la contagion. Ils ont vecu avec les malades, raquo; ils ont coucbe sur la litiere impregnee de dejections des raquo; moribonds; ils ont mange dans Tauge des vietimes du raquo; rouget; ils ont ete tenus enferm6s plus de vingt-quatre laquo; heures avec des morts et ils continuent k vivre dans des raquo; porcheries non desinfectees. Le succes est admirable. raquo;
La reussite de ces premieres experiences pratiques engagea un certain nombre de societes agricoles on vete-rinaires a faire des cssais de vaccination du rouget. Mais le resultat ne fut pas partout conforme k l'espoir. Sur plusieurs points de la France on signala des insucefes. Le meme vaccin qui preservait les porcs de teile contree tuait quelques sujetsde tel autre pays.
Ces differences provenaient de ce que nos diverses races de porcs offraient des degrds de resistance tres variables aux virus-vaccins.
On pensa un moment qu'on serait peut-etre oblige de faire un vaccin special pour chaque variete de porcs.
M. Pasteur voulut se rendre comple de toutes ces diver­gences et suspendit l'envoi des vaccins.
C'est pourquoi nous n'avons pas pu faire, en decembre 1883, les experiences que nous avions projetees. Nous ne le regrettons pas, car, durant les premiers mois de 1884, M. Pasteur a soumis les vaccins k de nouvelles etudes et est parvenu ä les mieux equilibrer et a les fixer definitive-
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ment. Aussi les experiences faitcs h dater de ce moment ont parfailement reussi, la memo oü elles avaient donnö quelques revers.
Voici ce qu'on lit dans un rapport de M. Herbet, vet6-rinaire, sur les experiences qu'il a faites, en 1883 et 1884, au nom du cornice agricole de la Reole :
laquo; Le 18 juin 1884, ä midi, avec un nouveau premier raquo; vaccin, j'inocule dix pores limousins äges de deuxmois.
raquo; Le 17, Lous les inocules sent alteinls de fievrc et pr6-raquo; sentent au point oü lapiqüre a ele praliquee, une tumeur raquo; legeremcnt violacee dont le volume varic cntre celui laquo; d'une noisette et celui d'une noix.
raquo; Le 26 du memo mois, les 10 sujets sont inocules avec raquo; le second vaccin. Les jours qui suivent I'innoculalion, raquo; rien de particulier ne se produit. raquo;
Le 23 septembre suivant M. Herbet prend du sang- d'un pore, äge de six mois, venant de succomber au mal rouge, et le fait ingerer aux 10 vaccines et ä 3 non vaccines, ä raison d'une cuilleree a cafe par lete melange avec des ali­ments.
Du 28 au 30, les 3 non vaccines meurent du rouget Los 10 vaccines ne sont pas atteinls de la plus legere indis­position.
Et M. Herbet ajoute : — laquo; Cctte experience est done raquo; entierement concluante en faveur de l'inoculation pre-raquo; ventivc. En outre, j'apprends quo pendant Tele qui vient raquo; de s'ecouler plus de quatre millc pores ont ete inocules raquo; avec les memes vaecins qui ont servi ä mes inoculations raquo; du 'mois do juin. Aucun accident ne s'est produit ä la raquo; suite des inoculations et tons ces animaux ont resiste raquo; au rouget spontane. raquo;
Voila oü en etait cette grande question de la vaccination du rouget du pore lorsque, grace aux subsides votes par la Sociele d'agriculture dc I'Aveyron nous avons pu pro-ceder, h Rodez, aux belles experiences relatees ci-apres.
Mais la ne se sont pas arretes les resultats pratiques
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donnes par l'etude des virus Iransformes en leurs propres vaccins.
Tout le monde le sail aujourd'hui, laraye, celte terrible affection qui a eu de tout temps le triste privilege de resis­tor k tous les moyens do traitement, quoi qu'en puisscnt dire tous ces antirabiques, ce tas de gens sans aveu, qui osent affirraer qu'ils possedcnt le secret de la guerir, la rage, disons-nous, a ete obligee de ceder aux patientes et opiniätres recherclies de Pasteur.
Apres cinq ou six ans d'eludes et d'experiences de toutes sortes, le savant est vcnu annoncer au monde etonne, que, par la vaccination, onprevcnait ledeveloppement de la rage inoculee.
Aujourd'hui on compte par milliers les personnes mor-dues par des cliiens enrages qui sont ainsi mises ä l'abri du terrible mal. Et ce n'est plus seulement ä Paris qu'il y a un etablissement special, VInstitut Pasteur, pour le trai­tement de la rage, plusieurs capitales de l'ancien et du nouveau monde en posscdent dejä.
Getto nouvelle conquete de la science est immense; mais clle n'est pas complete. Ce qu'il faudrait, ce serait de cou­per le mal par la racine en en detruisant la cause; ce serait, par consequent, de pouvoir empecher 1c cbien do devenir enrage. Pour cela il auraitfallu arriver a fabriquer du vaccin transportable ä distance pouvant etre mis ä la disposition des veterinaires et propre ä rendre les cliiens refractaires a la rage. Malheureusement toutes les exp6-riences faites dans cette direction ont echoue jusqu'a ce jour.
Enfin, nous no sect;aurions terminer ce cliapitre sans annon­cer que Ires probablement plusieurs autres maladies con-tagieuses luunaines ou animales ne tardoront pas avoir leurs vaccins.
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CHAPITRE III
Nos experiences de vaccination centre le rouget.
Apres celle dissertation sur la decouverte de la vacci­nation revenons ü notro sujot, e'est-a-dire an vrai traite-mont preservatil' du mal rouge du pore.
Commo nous l'avons dejä dit, pour mettrc cet animal ä l'abri de cette maladie il suffit de lui inoculer les virus alte-nues et prepares dans les laboraloires de M. Pasteur.
Et pour prouver loute Tefficacitc de celle operation il nous suf'fira do relaler ici les experiences qua nous fimes en Janvier 1885. JNous fcrons connaitre ensuite les magni-fiques resultals que nousont donnes les nombreuses vacci-vaccinations que nous avons pratiquees depuis, dans diverses regions du deparlement.
Notre travail sera termine par quelques indications sur la pratique des vaccinations, sur les conditions d'äge des sujets a operer et sur les soins dont il faul les entourer duranl laperiodedu traitement.
Des quo MM. Pasteur ct Tbuiilier eurent annonce qu'ils avaient trouvele vaccin centre le rouget, nous nous mimes en devoir de prendre les mesures necessaires pour faire connaitre änos eleveurs ccnouveau moyen de motlre leurs pores ä l'abri du rouget.
Nous resolümes d'abord de faire des experiences publi-ques dans le sens do colics qui avaient ete faites pour la vaccination cbarbonnouse ä Pouilly-le-Fort et ailleurs.
A col effel, nous nous adressumos ä M. Pasteur pour lui demandcr s'il pourrailnous livrer des vaccins el le prior, en memo lemps, denous donnerlcs indications necessaires pour reussir dans notro entroprise.
A la dale du 26 aoül 1883, M. Pasteur nous honorait d'une rcponse tout ä fait favorable ä nos projots.
Sur noire proposition, la Soci6te d'agriculluro do I'Avcy-
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ron vota un credit pour couvrir les frais dos experiences, et, des les premiers jours do decembro 1883, nous adres-sämes ä[M. Pasteur une demande do premier vaccin. Mais au lieu de le recevoir comme il nous avait ele promis trois mois auparavant, M. Loir, preparaleur, nous faisait savoir le 23 decembro quo laquo; la vaccination du rouget ayant amene raquo; quelquos accidents, M. Pasteur desirait suspendre, pon-raquo; dant quelquo temps, l'onvoi des vaccins raquo;,
Co contretemps et d'autres circonslancos nous cmpO-clierent de donner suite h noire projet avant le commence­ment do 1885.
Pour lapremiere fois, le tO janvior 1883 nous avons vac-cin6 liuit porcclets ages do trois mois.
Los jours suivants ils n'ont rion offert de particulier si ce n'estlc n0 4 qui apresenle, tout autonr de lapiqüre, une plaque do couleur rouge violace et d'un diamelre de 6 cen­timetres environ. Autoucbcr on scntait quo la peau s'etait epaissie en cot endroit. Gelte lumour, observeo trois jours apres rinoculalion, avait disparu trois ou quatro jours plus tard. Au surplus, pas la moindre fievre ni cbez cc sujel, ni cbez les sepl aulros. Ils ont conserve la sante etl'appelit en enlier.
Le 24 Janvier, a on lieu, ä la cuissc droite, I'inoculalion du deuxieme vaccin roQu la vcillc.
Rion ä signaler de particulier les jours qui ont suivi celte operalion. Los porcelels conlinuent ä elre vifs, alertes el mangent comme s'ils n'avaient rionroQii.
Auboutdodixou douze jours nous les considerons comme vaccines, c'est-ä-dire ä l'abri des attcintes du mal rouge.
II fallait le prouver.
Comme il nous elait impossible do nous procurer un pore alteint ou mort recommont dc cello maladio, nous nous adressämes a M. Pasteur, qui voulutbien nous en-voyer du virus virulent provonant d'une culture faite h l'aide du sang d'un pore mort du rouget depuis quelquos jours.
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Ce virus, arrive par la poste le 10 fevrier, a midi, esl, le soir meme, injecle sous la peau du plat de la cuisse gauche, ä trois des pores vaccinds et aux deux qui n'avaient pas amp;.G touches jusqu'ä ce jour. Chacun de ces animaux reQoit la meme dose de virus, une division de la seringue Pravaz qui sert ä la vaccination. Les trois vaccines portent lesnosl, 4 et 6, et les deuxnon vaccines 9 et 10.
Jusqu'au 13 au matin, rien de particulier ä signaler. Mais ce jour-lä 1c n0 10 presente, au point de la piqure, une petite tumeur violacee de la dimension d'une grosse noi­sette. L'aniraal cst encore gai et ne parait pas indisposö.
Le lemlemain 14, k neuf heures et demie du matin, la tumeur a augmenle d'etendue et la bete ne parait pas avoir mange quoiqu'elle soit encore agile.
Le soir, a quatre heures et demie, i'animal est manifes-tement malado. II n'a rien mange de tout le jour; il est triste, sa marche est trainante, sa respiraiion acceleree. N'ayant aucun aide sous la main, nous ne pouvons pas prondre sa tomperalure, mais la lievre est evidente.
Le ^5 fevrier, ä sept heures et demie du matin, le ma-lade cst encore plus triste. Son appetit est nul, sa marche penible, trainante; sos membres semblcnt raides comme qualre piquets. II reste couche le ncz dans la paille. En le saisissant et le tenant couche ses mouvcmenls de reaction sont mous, peu encrgiques et ses cris affaiblis. La tumeur de la cuisse a disparu, mais par contre des plaques plus ou moins grandes, de couleur rouge violace,se presentent au grasset, au llanc, a l'ars et sur les cutes. Enfin la fievre est inlense; le thermomelre, inlroduit dans le rectum, monte ä 42deg;,o, la temperature moyenne etant de 40 dogres äl'etat de sante.
Le pore n0 9, qui jusqu'ici n'avait rien presente d'anor-mal, niau point de l'inoculalion, ni dans son elat general, nous parait un peu trisle. Lorsqu'on lui porte k manger il va encore a l'auge, mais il se contente de sucer un peu de liquide et so retire. Sa temperature rectale est de 40deg;,8.
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Le memo jour, ä quatre heurcs du soir, le n0 10 est trfes triste, resle couchö et no s'approche plus dc I'augo. Les taches rouges do la peau augmentcnt d'ßlendue et de nombre. Sa marche est raide et titubante. Sa mort est proche.
Le n0 9 n'a pas mange, mais il est encore assez alerte.
Le 16 au matin, a sept lieures et demic, nous trouvons le n0 10 mort. Son cadavre est encore chaud. Ses cuisses, son ventre, sonpoitrail, ses ars, etc., sont couvert de pla­ques d'un rouge violace intense.
Le soir, ä quatre lieures et detnio, en presence d'un public nombreux, nous procMons aTautopsie du mort qui nous offro les lesions du rouget: peau, muqueusc de l'esto-mac et des intestins enllammees; rate ramollie, noire ct tumefiee ; foie gonfle, fence et friable; sang noir, etc.
Nous donnons un peu de ces diverses parlies aux cinq vaccines nos 2, 3, S, 7 et 8, et ä deux nouvaux pores non vaccines quiviennent d'arriver de la meme porcherie d'ou sont sortis les dix premiers.
Ces deux pores sont d'une excellente sante; I'un, mar­que du n0 11, est de la memo race que les precedents, et l'autre, le nquot; 12, est de race commune, h corps et jambes plus allonges, äsoies et ä tete plus grossieres.
Le pore n0 9 n'a rien mange et est plus triste, la respi­ration est acceleree. Des tacbes et des tumours aplaties, violacees se forment sur plusieurs points de la surface de son corps. Sa temperature est de 41deg;,8.
Durant les 17 et 18 fevrior ce pore s'affaiblit dc plus en plus et sa peau se couvre do plaques do rouget.
Les n05 11 et 12 n'offrent encore rien de particulior; lour appelit est tres'bon.
Le 19 au matin, le malade a toute sa peau d'un rouge violet fence. Sa faiblesse est extreme. II est dans un 6lat do prostration complete. La cbaleur animale disparait. Lo thermometro, introduit profondement dans le rectum, no marque plus que 33 degres. La mort arrive dans lajournee.
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Le n0 12 n'a pas mange et est triste; il a un peu de fievre : 40deg;,8.
Le n0 H va bicn.
Durant les 20, 21, 22 et 23 fevrier, le pore n0 12 est dans le meme etat : air triste, marche nonchalante, respi­ration accelereo. II nc mange pas on presque pas. On voit apparaitre sons le venire, an plat des cuisses, aux grassets, quelqucs laches rouges qui, cependant, ne se developpent pas.
Les memes symplumes apparaissent chez le nquot; 11 a partir du 24 et vont s'aggravant pendant deux jours, puis lout rentre dans 1'ordre natural. La maladie n'a pas pu se developper complelcment.
Quant an n0 12, il se met a manger de nonveau peu a peu, et les taches ont disparu au 27 fevrier. Sa physionomie est encore triste, mais on voil que la sante revicnt insensi-blement.
En somme, on peul affirmer que les deux poi'cs non vaccines, qui avaienl mange une bien petite partie de leur compagnon mort, ont ete aux prises avec le mal rouge, mais, soil que leur organisme füt en partie refraclairc et impropre ä la culture des microbes, seit que ces microbes so trouvassent trop affaiblis au moment de l'autopsie, la maladie a ele benigue. Aureste, ce resultal ne doitnulle-ment elonner, puisque dans la pratique on voit souvent des pores alteints du rouget guerir spontanement apres avoir traine plus ou moins de temps et oflert des symptömes de gravite variable.
Ainsi done, les qualre pores non vaccines, auxquels nous avions cherche a donner le mal par inoculation ou inges-tion, ont etc alteinls du rouget; tandis que les 8 vaccines, soumis aux memes eprouves, n'ont pas manifesto la plus legere indisposition.
Les resultats de ces experiences etaient trop beaux pour que nous ne fussions pas convaineu de I'efficaciUS des vaccins contre le rouget; aussi avons-nous pense tout de
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suite ä aller pratiquer la vaccination en grand dans ies campagnes.
Vaccinations pratiques de 1885.
Grace ä la publicite donneo aux experiences qui prece­dent, beaucoup de cultivatcurs eprouves par le rouget demanderent h faire vacciner leurs porcelels, et la plupart les conduisirent aux cinq localites oil I'operaLion devait elre gratuitc grace aux fonds allones par la SocieLe d'agri-culture el le Conseil general.
Cast ainsi que, durant l'annec 188o. nous avons ete appele ä vacciner 587 porcelets, appartenant ä 77 proprie-taires de 16 communes dillerentcs.
Le succes de roperation a ete magnifique. Entre la premiere et la secondc inoculation il y a eu 7 morts, dont deux seulement ont paru etre dues au rouget.
A G... plusieurs proprietaires venus des villages d'alen-tour ont eu, des le soir memo ou le lendemain de la premiere inoculation tons leurs pores malades, ne voulant pas manger et ne pouvant pas aller du ventre. Cette cons­tipation etait si grande ct si opiniätre quo beaucoup de jeunes sujeLs alteiuts seraienl morts si les proprietaires n'avaient pas eu le soin do leur donner des lavements. Ainsi, Tun d'eux, n'ayant pas eu I'idee, assez a temps, de soumettre ses porcelets a co traitement, en a perdu 4 sur 12, ce qui ne Fa pas empeclie de ramcnerles8 porcelets restants a la seconde operation.
Nous atlribuumcs cet accident ä la grande chalcur a laquelle on avait laisse exposes ces jeunes animaux pen­dant toute la journee, alors que la plupart des proprietaires avaient eu soin de les mettre ä l'ombre, ou du moins de les ramener tout de suite chez eux.Etce quiprouve que cette explication doit etre la vraie e'est que pared accident arrive tres souvent aux porcelels qui vonl se couchor, durant I'ete, derriere un mur ä l'cxposition des rayons solaires. En tous
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cas, le rouget ne pouvait pas 6tre accuse d'avoir iu6 ces quatre pores attendu qu'ils n'en avaient offert aucun symp-lume : la maladic s'etait declaree immediatement apres Toperalion, ct non deux ou trois jours apres, commo cela serait arrive si le vaccin I'avait determinee. Si on avail eu affaire au rouget, de simples lavements n'auraient pas gueri tous les individus trailes a temps.
La cinquieme victime est due ä une paraplegic de cause inconnuc.
Quant aus deux porcclets morts du mal rouge, d'apres les declarations des proprietaires, entre la premiere et la deuxieme vaccination, un seul paraitrait avoir etc tue par I'inoculalion, car la jambe operee s'engorgea enormement jusqu'a la croupe pen de jours apres. Pourquoi? Nous n'en savons rien. Nous n'avons plus vu cet accident se pro-duirc. Le second a du mourir du rouget spontane. En effet, il nous a etc dc'clare que plusieurs aulres pores elaicnt morts de co mal,cnmeme temps clicz les voisins. De plus, il faut remarquer que les compagnons de cette victime n'ont pas memo ete indisposes a. la suite de l'ope-ration.
Mais, en supposant meme que le vaccin aurait tue ces deux porcelcts, le resultat de nos operations n'en serait pas moins beau, puisque nous n'aurions ä enregislrer que deux pertes sur 587, ce qui est insignifiant.
La grande masse des sujets vaccines n'ont pas meme dt6 indisposes a la suite de la premiere inoculation. Un certain nombro d'individus ont offert pourtant un peu de fievre pendant un ou deux jours. Enfrn, plusieurs, sur le compte desquels nous aurons ä revenir plus tard, ont et6 malades quelqucs jours apres la premiere vaccination, et certains d'entre eux ont memo traine quelquc temps. La plupart de ces derniers n'ont pas ete ramenes k la seconde operation, cc qui fait que cette derniere n'a 6te pratiquee que sur 346, deduction faite des morts.
Nous n'avons pas pu reconnaitre que la race cut la
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moindre influence surles suites de l'operation. Les 168 por-celets de race amelior6e se sont comportes commo les 419 de race de pays plus ou moins commune.
II en a 6te de meme de Tage qui s'est r^parti aiusi : 5 pores de 4 mois 1/4; 90 de 4 mois; 40 de 3 mois 1/2; 173 de 3 mois; 90 de 2 mois 1/2; 166do 2 mois et 23 de 1 mois 1/2.
II est bon de faire remarquer que les 23 porcelets äg^s de 1 mois 1/2 seulement ont supporte le vaccin aussi Lien que leurs freres aincs, ce qui prouvait que les animaux de notre pays peuvent etre vaccines ä parlir de cot äg-e, ä la condition qu'ils soient bien portants et bien developp^s. En effet, depuis nous en avons vaccine beaucoup toujours avec succfes.
A la suite de la scconde vaccination rien de particulier ne nous aete signale. De temps en temps nous apprenions seulementque les operes jouissaient d'une excellente sante et ötaient respectes par le rouget alors que plusieurs de leurs freres non traites y succombaient.
Nous savons tons, en effet, que le mal rouge fait conti-nuellement des vides dans nos porclieries, et la plupart des proprietaires qui avaient fait vaccincr etaient du nombre de ceux qui payaient d'habitude un tribut plus ou moins onereux ä l'affection. Ainsi, 14 d'entre eux avaient dejä perdu 44 pores au moment de l'operation depuis le l01' Jan­vier 1885, et, en 1884, 44 de ces memes proprietaires en avaient vu mourir 242.
Pour les eleveurs, commo pour nous, il devait done etre tres interessant de savoir ce que seraient devenus les 580 vaccines, un fin apres l'operation. C'est ce que nous a appris I'enquete dont nous allons donner la descrip­tion.
Resultats des vaccinations de 1885.
Dans le but d'obtenir des renseignements precis, nous adressämes un questionnaire aux 77 proprietaires de pores
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vaccines avec priere de le remplir et de nous le renvoyer. Afm d'eviter tout motif de refus la piece 6lait accompagnee d'une enveloppe timbree et änotre adresse.
Les reponses ne se firent pas attendre et nous eümes ainsi dos renseignements sur 538 pores.
Tous les proprietaires, ä l'exception d'un seul, declare-rent qu'aucun vaccincü n'etait mort du rouget. Cclui qui avait eprouve des pcrtcs disait que sur huit vaccines le mal rouge lui en avait enleve quatre, en decembre 1883 et Janvier 1886.
Ce fait nous parut si extraordinaire que nous crümes devoir demander des explications a cette personne. Elle s'empressa de nous les fournir, et il en resulla pour nous que les porcelots devaienl etre morts d'une autre maladie que le rouget. En effet, le proprietaire nous disait, dans une leltre, que ces quatre pores laquo; avaicnt trainaille quelques jours avant de mourir; qu'ils mangeaient un pen; qu'au moment oü on les croyait liors d'affaire ils etaiont trouves morts ä l'ecurie, el qu'enfin ils devenaient rouge violace apres leur mort raquo;. An surplus, il declarait avoir cru an rouget sans en etre convaineu, et ajoutait an fond du bulle­tin que, malgre les pertes qu'il avait subios, il etait salis-fait de loperation.
Jusqu'ä preuve du contraire nous nous croyons done autorise ä declarer que ces quatre morls ne doivent pas etre mises sur le comple du mal rouge.
Comment admettre, en effet, que la maladie aurait res-pecte tous les pores vaccines de 76 proprietaires dont plu-sicurs out perdu des animaux non vaccines, pour aller s'abaltre uniquemont sur les vaccines d'une seule maison, qui en possedait en meme temps de non vaccines ?
Quoi qu'il en soil, passons aux aulres vaccines.
Plusieurs proprietaires, surlout ceux qui avaient eu les pores malades apres la premiere vaccination, out vu des grosseurs plus on moins nombreuses et prononcees se developper aux jambes d'un certain nombre de betes, et,
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oubliant que cette sorte de goutte est parfois trequente dans le pays, ils ont accuse l'opöration.
Nous ne savons vraiment pas si nous devons cliercher ä röfuter cette opinion. Comment veut-on quele virus attenue du mal rouge puisse produire ces grosseurs, osleites et periosteitesaux jambes, qui caraclerisent ce qu'on appelle vulgairement la goutte et qui ne sont aulre chose que des signes de rachitisme ? Cette affection, pour laquelle nous sommes tres souvent consulte, est due h l'insalubrite des porcberies, ä I'lmmidile, et ä l'insuffisance, dans la nour-riture, des principes salins destines ä la confection du Systeme osseux. Voit-on jamais cette maladie chez les animaux Lien loges et ricliement nourris ?
Dans le cas qui nous occupe, 11 y a eu simplement une malheurcuse coincidence. Nous ajouterons pourtant que la fievrc detorminee par le vaccin et par les fatigues du voyage des porcelots pour aller au lieu de l'operation et pour en revonir, jointes au defaut des moindres soins hygieniques dont il est bon d'entourer les vaccines, durant les quclques jours qui suivent, cette fievre, disons-nous, a peut-etre servi do coup de fouet ä Ja goutte chez les individus qui la portaient en germe, qui la couvaient si on vent, et chez lesquols eile aurait paru infailliblement un peu plus tard.
Enfin, nous avons hate de dire que les personnes qui atlribuaient cette maladie a la vaccination sont seulement au nombre de trois, du meme village, oü, entre paren­theses, I'liygiene est encore inconnue. Six autrcs proprie-taires ont eu quelques pores goutteux, niais se sont bien gardes d'en accuser le vaccin; I'un d'eux meme nous decla-rait qu'il en a tous'les ans et nous demandait ce qu'il y aurait ä faire pour les preserver ou les guerir.
Nous pensons que ces quelques explications suffiront pour eclairer les esprits indecis sur cette question.
Par centre, les autres 63 proprietaires qui ont bien voulu nous renvoyer le questionnaire etaient tres satisfaits de
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l'operation et beaucoup manifestaient l'intention de vacci-ner tous les ans, etant convaincus que l'operation avail mis lours pores ä l'abri du rouget. laquo; Je crois avec la plus vive raquo; con fiance que la vaccination a preserve mes pores; mille raquo; reraerciements ; tres content, jc crois cette operation par-raquo;faite; je suis tres satisfait do votre operation; je suis raquo; dans la forme croyance que la vaccination a preserve mes raquo; pores, et mos voisins, alors indifferents, sont aujourd'hui raquo; partisans de l'ope'ration; nous desirous que vous veniez raquo; tous les ans; si vous voulcz vous transporter ä C...,nous w vous ecrirons, car il y en a beaucoup qui desirent les raquo; faire vacciner, etc., etc. raquo; Teiles sont les reponses que les cultivateurs avaient ecrites en regard des deux questions suivantes : Etes-votts satis/ait de la vaccination ? Croyez-vous qiielle a preserve vos pores ? Un proprietaire de 13 pores vaccines qui a vu mourir clans son village presque tous les non-vaccines manifestait son enthousiasmo dans les termes suivants : laquo; J'ai une grande satisfaction do mes raquo; pores. Jo no pcuxpas m'empecher de dire : Vivo I'inven-gt;• tour du vaccin! et j'espere que nous y reviondrons cette laquo; annee avec beaucoup plus de fervour (laquo;c) et deconfiance. raquo;
Mais toutes ces declarations et appreciations dictees par la conviction qui est entree dans l'esprit des agriculteurs, no sont rien en comparaison des cbiffres que nous avons pu rclever sur les questionnaires remplis. Ici nous trouvons la prcuve irrefragable do la valour prescrvatrice do la vacci­nation.
Tandis quo les 530 pores vaccines, sur le compte dos-quols nous sommes fixe, n'ont fourni aucune victime an mal rouge, les non-vaccines qui so trouvaient aveceuxou autour d'eux out perdu 536 individus du terrible mal; ce nombre tres important se decompose ainsi : 43 pores sont mortsdu mal rouge dans les porcberies do douze proprie-taires contenant des pores vaccinds, 187 ont peri chez les proprietaires voisins do coux qui avaient des pores vacci­nes, et 326 dans les villages immediatement voisins.
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II est bon de faire remarquer que ce dernier nombre est evi-demment au-dessous de la vörite, carles proprietaires n'ont pu nous donner que les chiffres qu'ils connaissaient, et il est impossible qu'ils aient eu avis de tous les cas de rouget qui s'etaient produits dans les villages autres que les leurs.
Quant aux localites plus eloignees, I'enquete nous afouni des renseignements moins precis, mais suffisants pour ela-blir que le mal rouge a exerce, dans beaucoup d'endroits, des ravages parfois enormes.
II nous est cito des villages oü on a perdu des 20, 30, 40, 60 pores et plus. On a evalue ä 6000 francs la perte subie par le seul village de Manbac. laquo; Belpech, commune raquo;de Saint-Andre, nous dit un proprietaire, s'estplie; on raquo; n'a conserve qu'un soul pore sur 40 environ. raquo;
laquo; Le village de Calmont, nous dit un autre, a ete ru-raquo; dement cprouve; il y a pour plus de 3000 francs de raquo; pertes. raquo; Par cos quelques citations on peut se faire une idee des ravages exerces par le mal rouge.
Et pendant que le terrible fleau faisait des viclimes par-tout, il etait force de respecter tons ceux qui avaicnt tcqu en inoculation le merveilleux liquide pasteurien. Ceux-ci ont eu boau roster dans Tetable infectee, vivre au milieu des malades et des morts, manger ü. la memo augo qu'eux, ils ont resiste ä toute contagion.
Quelles plus eclatanles preuves pourrait-on oflrir de la valour prophylacliquo de la vaccination con Ire le rouget! Cos splendides resultats sont bien le complement des expe­riences de fevrier 1885.
Cependant nous avons appris depuis, que trois ou quatre mois apres I'enquete, an cultivateur avait perdu du rouget, au moins d'apres 4ui, car aueun veterinairo n'a conslate le fait, cinq ou six pores sur 11 qui avaient ele vaccines l'an-nee precedonto. Si cette affection a reolloment enleve ces animaux, comme l'a affirme le proprietaire, cola prouve-rait quo rimmunite n'avait pas öte acquise ou bien qu'elle n'a dure que quatorze ou quinze mois.
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Mais les nombreuses observations que nous avons pu faire depuis celte epoquc nous pcrmettent de dire que trfes probablement les porcs dont il s'agitn'ontpas succombeau
rouget.
Vaccinations de 1886.
Les magniiiquesresultats donncs paries vaccinations de 1883 auraient du ouvrir les yeux ä tousles eleveurs des contrees oü olles avaient etö faites. Mallicurcusoment il n'en a pas ete ainsi. ßien des gensn'ont pasete convaincus, ou plutot rapalliic et l'esprit roulinier los ont cmpeches de recourir, cn 1886, ä l'operalion. II faut pourtant faire remarqucr quo, durant cctto anneo-lä, lo rouget a fait peu de victimes dans plusieurs des contrees oü nous avions vaccine en 1885. Enfin, dans le pays oü se sont montrecs le plus de complications de goutte, on a continue ä accuser le vaccin de les avoir determinees. iNous avons dit plus haut cc qu'il fallait cn penser.
Done, au lieu de vacciner, en 1886, des milliers d'ani-maux, commconaurait pule croire, nous n'avons eteappele a op6rcr que 502 porcelets appartenant h 34 proprietaires dont la plupart sont d'une contree oü il y avait eu 76 betes traitees en 1883. Dans ce pays, toujours decime par le mal,non seulement les proprietaires de l'annee precedente ont fait operer de nouveau, mais aussi beaucoup de leurs voisins qui avaient vu mourir pas mal de leurs pores, tan-dis que les premiers avaient conserve tons leurs operes. Ainsi, nous pourrions citerun village dont un habitant avait fait vacciner 13 porcelcls en 1883 oü nous avons eu a ino-culer, en 1886, 72 betes appartenant ä 14 proprietaires.
Nous devons pourtant ajouter que, sans les conditions d'iige exigces pour l'operation et sans les vacances du labo-ratoire Pasteur nous aurions vaccine, dans la contree en question et ailleurs, un bicn plus grand nombre d'animaux. Enfin, il faut bienledire aussi, l'operation n'etait plusgra-
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tuite, et cette grosso piece de cinquante centimes quenous demandions pour la faire devait eloigner bien des gens.
Les 502 vaccines, dont 86 dc race amölioree, so sent repartis pour l'äge de la maniere suivante ; 4 d'un mois 1/2, 71 de2mois, 56de 2mois 1/2, 332do3mois, 84de3mois 1/2, 37 do 4 mois, 9 de 4 mois 1/2 et 9 de 5 mois 1/2.
Comme en 1885, nous n'avons pas romarque que la race ou l'äge aient eu la moindre influence sur les suites de l'opöration. Les 9 pores ages de 5 mois 1/2 qui ont ete ape-res sur la demande expressede deux propriötaires ont ires bien supporte l'operalion et sc sont conserves en bonne sante.
Toutes les vaccinations se sont faites dans de tres bonnes conditions. Tout en operant onpleine epide'mie, nous n'avons perdu, entre la premiere et la deuxieme inoculation, que douze animaux dont 5 seulement ont paru etre altoints du rouget spontane. Nous ne croyons pas qu'aucune de ces morts doive etre mise sur le compte de la vaccination.
Nous n'avons plus eu ä enregistrer non plus de cas de gouttc, ct nous croyons pouvoir attribuer co resultat aux soins bygieniques dont nous faisons entourer les pores pendant tout le temps de Faction active desvaccins, e'est-ä-direjusqu'ä sept h buit jours apres la secondeinoculation.
Nous prescrivons d'une maniere formelle qu'on no fasse pas trop manger les sujets; qu'on les tienne propres et cbauds et qu'on ne les laisse pas exposes ni ä la pluie, ni ä une grande cbaleur.
Tons ceux qui ont suivi ces conseils nous ont affirme que leurs operes n'avaient pas ou presque pas manifeste de fievre, tandis que trois proprietaires les ont eu plus ou moins malades, un pour les avoir laisscr mouiller et deux pour les avoir envoyes, de grand matin, sur un trefle encore convert de gelee blancbe, et tout cela, deux ä quatre jours apres la premiere inoculation. Un do ces derniers pro­prietaires en a perdu trois dc ce fait, dans l'espace de deux ou trois jours.
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A la suite de la deuxieme inoculation on ne nous a Si­gnale rien de particulier. Nous avons seulementappris, de temps ä autre, que les vaccines se portaient ä merveille. Au reste, I'enquete que nous avons faite, un an apres, nous a prouve que. les vaccinations de 1886 avaient ete tout aussi heureuses, sinon plus, que celle de 1885.
Nous n'entrcrons pas dans des details au sujct de cette enquete comme aussi des renscignemcnts pris au moment des vaccinations de 1886. Nous ne pourrions que r(5peteiquot; äpeu pres ce que nous avons dit au sujet de cellos de 1883. Nous nous contenterons done de faire remarquer que tons les proprietaires ont repondu invariablcment que pas un vaccine de 1886 n'a ete atteint du mal rouge, tandis que la mortality n'a pas ete rare parmi les non-vaccines, soit dans les elables meme des operes, soit dans celles des voisins qui n'avaient pas voulu recourir a, la vaccination. D'apres I'enquete, plus de 300 pores de tout age, non vac­cines, sent morts, dans Tespace d'un an apres les opera­tions, dans les contrees oü nous avions inocule lours com-pagnons.
On peut done affirmer, comme I'anuee precedente, que I'inoculalion pasteurienne a mis a l'abri du rougct les 302 operes dans los mois d'avril, juillct, aoüt, oclobre et novembre 1886.
Au reslo, les tableaux ci-apres permcltront au lecteur d'embrasser d'un coup d'oeil les beaux resultats des vacci­nations de 1883 et 1886.
Depuis eclte epoque nous avons vaccine encore plusieurs milliers de pores sans que le succes ait fait defaut; et nous avons ete tres hcurcux de voir que plusieurs de nos confreres etaient enfin appeles, par leurs clients, pour inoculcr a leurs animaux les vaccins pastoriens.
Cela prouve que, malgre la routine et Tignorance dans lesquelles sont plonges nos petits cultivalours, la verity commence ä se fairc jour; les gens convaincus augmen-tent insensiblement.
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Nous devons faire remarquer d'une fagon touto speciale que peu ä peu nous avons depasse de beaucoup l'äge de 4 mois, assigneprimitivcment par M.Pasteur comme limite extreme pourpouvoir operer. Aujourd'luii nous vaccinons hardimenl jusqu'ä 7 ou 8 mois; nous n'avons jamais eu d'accident, et de plus, point essentiel, les animaux operes dans ces conditions nous ont paru avoir acquis rimmunite puisqu'ils ont resiste a toutes les contagions naturelles.
CONCLUSIONS
De toutes les experiences de vaccination que nous venous de relater, il resultc, d'une fagon evidente, que lo virus attenue du rouget met parfaitement le pore ä l'abri de cette maladie. Les nombreux vides qui so sont toujours faits autour des vaccines, parmi ceux qui ne I'etaient pas, le prouvent suffisamment.
Comme nous I'avons deja dit, nous n'avons pes compris que les pores de race amelioreo, c'ost-a-dire contenant plus ou moins de sang anglais, soiont plus sensibles aux vaccins que ceux de race commune.
II en est de meme en ce qui concorne Tage ; et il resulle meme de nos experiences qu'on pent, au moins dans noire pays, vacciner utilement les pores depuis Tage de 1 mois 1/2 jusqu'ä 7 ou 8 mois.
PHATIQUE DE LA VACCINATION
Le liquide vaccinal est envoye aux veterinaires dans des tubes en verre fermes par un bouclion en caoutchouc, et portant I'dtiquette jirwiic*' vaccin ou deuxihne vaccin. C'est ce liquide qu'il faut injector sous la peau de la face interne des cuisses, a Taide d'une seringue Pravaz, spe-cialement fabriquee pour les vaccinations. La tige du pis­ton de l'instrument est divisec en 8 parties par des nume-
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ros et possede un curseur a vis. Apres avoir bien agit6 le tube du vaccin, la seringue est remplie completement et le curseur descendu jusqu'au numero 1; c'est cette petite quantite de liquide qui est introduite sous la peau do la cuisso droite de Fanimal couche sur le cute droit. Le cur­seur do la seringue est remont^ au numero 2 et la secondc operation praliquee sur un dcuxieme sujet, et ainsi de suite. Une pleine seringue suffit done pour vacciner huit pores. Avec un pen d'babitude et d'babilete de la part des aides, on arrive facilement ä inoculer de 100 a 130 pores par heure.
Douze ou quinze jours apres, on pratique la meme ope­ration avec le dcuxieme vaccin, mais en piquant, cette fois, la cuisse gaucbe, e'est-a-dire celle qui n'a pas regu la premiere inoculation.
Lorsqu'on a un grand nombre de sujets ä vacciner il faut les faire couchcr sur une table assez longue pour en contonir trois ou quatro. On s'evite ainsi beaucoup de fatigue.
On ne pent esperer les bons effets de la vaccination que tout autant que le vaccin inocule a ete introduit tres pur, cquot;est-ä-dire prive de toute souillure. Pour cela, il faut que la seringue seit tres propre et completement desinfectee avant de s'en servir.
En outre, pour eviter le plus possible la chance d'intro-duire sous la peau des microbes quelconques avec la poinle de l'aiguille, nous avons la precaution de nelloycr l'endroit de la piqüre ä l'aide d'une petite 6ponge imbibee d'un liquide desinfectant.
Pour que le vaccin conserve toute sa purete, il faut le tenir au frais, clans une cave autant que possible, et l'em-ployer au moins clans les deux ou trois jours qui suivent sa sortie des laboratoires. Tout tube ouvert doit etre em­ploye dans lajournee et le reste nepeut servir le lendemain.
La seringue ne pent pas non plus etre employee a plusieurs jours d'inlervalle sans subir une purification complete.
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Ce nettoyage, trfes dölicat, consiste ä demonter la serin-gue, ä rejeter les pistons et les coussinets en cuir, ä faire bouillir les autres parties, durant vingt minutes, dans de l'eau pheniqu^e, ä les essuyer avec un linge fin et propre et ä remettre le tout en place avec de nouvelles pieces en cuir neuves. Si l'operateur ne croit pas pouvoir faire cette disinfection d'une maniere parfaite, il ne doit pas hesiter ä envoyer l'instrument h l'Institut Pasteur.
Lorsqu'on est en train de vacciner un certain nombre de porcs, il faut bien veiller k ce qu'aucun n'echappe sans avoir etö inocule. Le meilleur moyen d'eviter tout oubli, c'est de faire marquer les animaux ä mesure qu'ils sont operes ä l'aide d'une couleur quclconque, d'une boule de bleu d'azur par excmple que Ton trouve dans toutes les formes. On comprend facilement que, sans ces precau­tions il pourrait arriver quo des porcs ne seraient pas du tout vaccines, tandis que d'aulres auraient reQU double dose ou bien auraient ele inocules avec le deuxieme vaccin sans avoir regu le premier. De lä des accidents possibles.
Los porcs doivent etre vaccines jeunes; Tage de 2 ä 4 mois est le plus favorable, mais on peutoperer utilement jusqu'ä 7 ou8 mois.
Tout pore vaccinö jeuno pent l'etre de nouveau l'annee suivante. II est done facile de maintonir les Verrats et les truies meres ä l'abri du rouget.
La duree de Timmunite acquise par la vaccination est de 15 ä 18 mois, temps süffisant pour avoir les porcs ä l'abri du mal durant toute leur vie economiquc ordinaire.
Le vaccin ne preserve pas les sujets en puissance du mal; il peut meme häter leur mort.
II faut done de preference vacciner avant que le rouget sövisse dans la contree.
Durant la pöriode de la vaccination, il faut tenir les ani­maux bien sees; ne pas trop les gorger de nourriture; ne pas les fatiguer par des marches; ne pas les laisser mouil-
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ler; no pasles laisser exposes au soleiltrop chaud; ne pas les errvoyer sur les päturagcs couverts de givre ou de ros^e; cn im mol, les soigner un peu depuis le jour de la premiere inoculation jusqu'ä liuit jours apres la seconde.
CHAPITRE VI
Police sanitaire.
Lorsquo le rouget a penetre dans une porclierie on doit so hater de prcndre les racsures propres ä en arreter le developpcmont. Ces mesures sont du roste prescrilos par les reglcmcnts de la police sanitaire qui ont en vue, en meme temps, la preservation dos animaux du proprietaire atleint et de ceux des voisins.
Le rouget ayant ete classe parmi les maladies reputees contagiousos tombe sous le coup de l'application de la loi du21 juillet'1881, les decrets des 22 juin 1882 et28juillet '1888 et des arretes ministöriels dos 12 mai 1883 et 28juillot 1888.
D'apres cos lois et decrets ou arretes, tont proprietaire, toutc porsonne ayant, ä quelque litre que ce soit, la charge des soins ou la garde d'un porc atteint ou soupgonne d'etre atleint du rouget, est tonn d'en faire, sur-le-champ, la declaration au maire de la commune oü se Irouve l'animal. Sont egalement tenus de faire cette declaration tous les veterinaires qui scraient appcles ä le soigner.
L'animal malade doit etre immediatement, et avant memo quo l'autorite administrative ait repondu ä l'aver-tissement, sdquestre etmaintenu isole, autantque possible, des autres animaux. ( Art. 3 de la loi du 21 juillet 1881.)
Le maire doit faire proceder sans retard ä la visite de l'animal malade ou suspect par le veterinaire sanitaire de la circonscription.
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raquo; Ce v^terinaire constate et, au besoin, present la seques­tration et les mesures de desinfection imm^diatement necessaires. Dans le plus bref delai, il adresse son rapport au prüfet (Art 4. m6me loi.)
Lorsque le rouget est constate dans une commune, le prüfet prend un arrete portant declaration d'infection des locaux, cours, enclos et pätures dans lesquels se trouvent les animaux malades.
A partir de cc moment il est interdit au proprietaire d'introduirc des pores sains dans la ferme, d'abaltre les malades sans en donner prealablement avis au maire, de vendre, si ce n'est pour la bouebcrie, les pores qui ont ete exposes ä la contagion. Dans le cas de vente pour la bouchcrie, les animaux sent marques; le maire delivre un laissoz-passer, qui lui est rapportö dans un delai de cinq jours avee un certificat atlestant quo les animaux ont ele abatlus. Ce certificat est delivre par I'agent propose a la police de I'abaltoir ou par I'auto-rite locale dans les communes oü il n'existe pas d'abat-toir. Les animaux Iransportes en vue de la boucherie ne peuvont etre conduits qu'en voiture ou par cbemin de fer.
Aucunematiere solide ou liquide des dejections, ainsi que les liliercs et fumiers ne peuvent sortir des locaux infectes sans avoir ete desinfectes au prealable. (Art. 14 et 15 de l'arrete du 28 juillct 1888.)
Article 18 du memo arrete. — Lorsque le rouget prend un caractere envalnssant, un arrete du prefet inlcrdit la circulation, le colportage ainsi que lexposition ou la mise en vente des poi;cs dans les foircs et marcbes et autres reunions ou rassemblements d'animaux.
Art. 19. — Los personnes qui voudront faire pratiquer rinoculation preventive du rouget devront en faire preala­blement la declaration au maire de la commune.
Un certificat du veterinaire Operateur, indiquant la date ä laquelle I'inoculation a ete terminee ctle nombre d'ani-
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maux inoculßs, ost remis au maire immödiatement apres l'operation.
Pendant los quinze jours qui suivent celte date, les ani-maux reslent sous la surveillance du vöterinaire sanitaire, et il est mterdit de s'en dessaisir, si ce n'est pour les faire immedialement abattre.
Art. 20. — La declaration d'infcction ne peut etre levee que lorsqu'il s'est ecoulo un delai d'un mois sans qu'il se soil produitunnouveau casde rouget et apres constatalion, par le veterinaire sanitaire, quo toutes los prescriptions relatives ä la dosinfection out ele oxecutees; olle pout etre levee immediatement apres la dosinfection, si tous los porcs qui se trouvaient dans los locaux infoctes ont ete abattus.
Cette declaration peut elre levee, en cas d'inoculation preventive de tous les porcs ayant ete exposes ä la con­tagion, quinze jours apres l'operation, si aueun nouveau cas de rouget nc s'est declare parmi cos animaux pendant ce laps de temps et s'il est constate par le veterinaire sani­taire que toutes les prescriptions relatives ä la de'sinfection ont ete oxecutees.
Art. 22. — Lorsque le rouget est constate sur un champ de foire ou un marebe, les animaux malades sont mis en fourriere et sequeslres.
Pendant la duree de la sequestration le propriötairepeut faire abattre ses animaux malades; les cadavres sont enfouis. Les animaux qui ont 6te en contact avec les betes reconnues malades sont signales aux maires dos com­munes ils sont envoyes.
La disinfection doit so faire suivant les reglos prescrites par Tarröte minisle'riel du 12mai 1883.
Elle doit s'appliquer ä tout ce qui peut receler les germes de la contagion et notamment :
1deg; Aux locaux, aux fumiers, lilieres, auges et objets divers qui ont pu etre souilles par les animaux atteints du rouget;
2deg; Aux ruisscaux, rigoles et conduits servant ä l'ecoule-
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meal dos dejections liquides; aux fosses a purin et aux lieux de depot des fumiers;
3deg; Aux cours, enclos, herbages et päturages oü ont sta-tionne les animaux malades ;
4deg; Aux vehiculcs qui ont scrvi au transport des malades ou deleurs cadavres et fumiers;
V)quot; Aux cadavres et ä leurs debris.
On pent employer des agents divers pour la disinfection.
Le meiileur, sans conlredit, cst lo feu qui detruit, d'une fagon absolue, tons les germes do maladie. On s'en servira done toules les fois que cc sera possible ; e'est ainsi qu'on pourra detruire les petits objets de peu de valeur, la paille et meme les cadavres; on flambera tous les ustensiles en for.
Le fumier extrait de l'etable sera arrose fortement avec uno solution d'acide pbenique a.2 pour 100, ou de vitriol bleu a 10 pour 100 ct recouvert ensuite d'une couche do torrc.
Le sol et les murs, jusqu'ä un metre de bautcur au moins, seront laves ä grande eau et arroscs ensuite avec la meme solution. Tous les autres objets qui ne passcront pas au feu seront laves et arroses avec le liquide desin-fectant.
Les cadavres et debris que Ton voudra enfouir seront arroses de la merac manifcre et toutes les precautions seront prises pour ne rien laisser tomber ou ccouler sur lo cbomm parcouru jusqu'ä la fosse. Celle-ci doit avoir la profondeur süffisante pour qu'il y ait, uno fois comblee, un metre cinquante de terre au-dessus du cadavre.
Enfin, les pergonnos elles-memos qui ont etc en contact soit avec dos pores atteints du rougot, soil avec leurs cadavres, leurs debris, leurs fumiers, et dont les vetemonts, les cbaussuros, les mains peuvent (Hre souilles do malieres contagieusos, sont lenues de so laver et savonner les mains et les bras immediatement apres cbaque contact, et de lavor aussi les cbaussuros et los votemenls.
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Nous terminons ce travail en disant que le rougct clis-parailra rapidement des le jour on la vaccinaiion sc gene-ralisera et oü les rcglements de police sanitaire seront cxecules par tons. An reste, les proprielaires qui ne se conforment pas ä ceux-ci tombont sous le coup des arti­cles 30, 31, 32, 33 ct 33 de la loi du 21 juillet 1881, qui pu-nissent les delinquants de peines qui varient de lo francs a 2000 francs d'amende ctde six jours ä trois ans de prison, selon la gravite et les consequences du delil.
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TABLE DES MAXIERES
CHAPITRK I
Du roui;el..................................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
Causes.....................................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
Symptümes................................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
Marche...................................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;laquo;j
Diagnostic.................................................nbsp; nbsp; nbsp;10
Lesions....................................................nbsp; nbsp; nbsp; 10
Trailemeut.................................................nbsp; nbsp; nbsp;12
CHAPITRE II
De la Vaccination Pastorienne...............................nbsp; nbsp; nbsp;14
CHAPITRE HI
Nos experiences de vaccination contre le rouget...............nbsp; nbsp; 20
Vaccinations praliques de 188Ö...............................nbsp; nbsp; 31
Resultats des vaccinations de 188.)...........................nbsp; nbsp; 33
Vaccinations de 1886.......................................nbsp; nbsp; 38
Conclusions...............................................nbsp; nbsp; 41
Pratique de la vaccination..................................nbsp; nbsp; 41
CHAPITRE IV
Police sanilaire...........................................nbsp; nbsp; 40
OOTD-Ol. — Corbeil. Imprimcrie Chkti^.
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