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RECHERCHES EXPERIMENTALES
SUR LA
VIANDE DE CHEVAL
ET saa LES
VIANDES IMLUBRES
AH POINT DE ATE DE L'ALIMENTATION I'UBLIQUE
M6moire presente ä l'Acad^mie de m6decine
1 ar M. E. DECROIX
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PARIS LIBRAIRLE J.-B. BAILLIfiRP: et FILS
19. rue Hautefeuille, pres du boulevard Saint-Germain.
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RECHERGHES EXPERIMENTALES
VIANDES INSALUBRES
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DU MEME AUTEUR
1raquo; Les prejugeä contre l'usage alimentaire de la viande de cheval. — 1864.
2deg; Usage alimentaire de la viande de cheval (en commun avec le docteur H. Blatin). — 1866.
3deg; Recette pour la preparation culinaire de la viande de cheval. — 1868 et 1884.
4deg; Progrfes de l'hippopliagie en France. — 1869.
5laquo; Alimentation des armees en carapagne par la viande de cheval (pu-bliee au debut de la guerre de 1870).
6deg; Le Sifege de Paris et Talimentation par la viande de cheval. — 18*0.
7raquo; Situation de l'usage alimentaire de la viande de cheval. — 1874.
80 L'Hippophagie et les viandes insalubres. — 1879.
9deg; Conference au Trocadero sur la viande de cheval au point de vue de l'alimentation publique. — 1880.
10deg; Influence de l'alimentation sur les produits animaux. — 1883.
11raquo; Influence de l'hippophagie sur la population chevaline. — 1881. fi 12deg; Recherches expirimentales sur la viande de cheval et les viandes dites insalubres. — 1885.
Au sifege de la Socifitä contre Tabus du tabac, 38, rue Jacob, Paris.
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BIBLIOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
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RECHERCHES EXPERIMENTALES
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AU POINT DE VüE DE L'ALIMENTATION PÜBLIQUE
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M6moire präsente ä, l'Acadßiiiie de mödecine Par M. E. DECROIX
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L1BRA1RIE J.-B. BAILLlfiRE et F1LS
19, rue Hautefeullle, pres du boulevard Saint-Germain. 1885
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RECHERCHES EXPERIMENTALES
SÜU LA
VIANDE DE CHEVAL
ET SUIl LES
VIANDES INSALUBRES
Aü POINT DE VUE DE L'AUMBNTATION PUBLIQÜE
INTRODUCTION
Pendant les diffdrentes campagnes aoxquelles j'ai pris part (Alglt;5rie, Crimöe, Italie), j'ai vu bien des fois les troupes na recevoir qu'une alimentation insuffisamment r^paratrice et souvent d'une quality inf6rieure. Lors de la trfes penible expedition du Maroc (1), en 1859, apres la campagne d'lta-lie, j'ai 616 frapp6 de nouveau des privations endur6es par le soldat, et j'ai pris la resolution, dans un but bygi6nique et philanthropique, de tenter de lui venir en aide.
Afln de d^montrer combien 11 6tait urgent de faire entrer la viande de cheval dans l'alimentation publique, Isidore GeofFroy Saint-Hilaire s'est livrö, vers 1830, ä des recher-ches, desquelles il r^sulte que les espöces bovines et ovines de la France ne produisent gufere que le tiers de la viande qu'il faudrait pour que chaque individu puisse avoir sa ra­tion normale. Tenant compte ensuite de rin6galit6 dans la repartition de cet aliment, il constatait qu'une grande par-
(1) Le quart de l'effectif est mort du choldra. Parmi les victimes, se trouvent le general Thomas, le colonel de Montalembert (fröre de l'ora-teur), le lieutenant-colonel Fenin, etc.
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tie de la population, d6sli6rit6e de la fortune, ne mangeait presque jamais de viande.
M'inspirant des id6es de cet illustre savant, me rappelant, d'ailleurs, que bien des fois, en campagne, j'avais vu aban­donner des chevaux tu6s ä Tennemi, tandis que nous 6tions privös du nöcessaire, et que, d'autre part, le pauvre est tou -jours presse par la faim, je me mis ä propager I'usage ali-mentaire de la viande de cbeval, ä Alger, aussitöt rentr6 de l'expödition du Maroc, et, plus tard, ä Paris.
Comme toutes les nouvelles entreprises, bonnes ou mau-vaises, l'hippopbagie eut ses adversaires. L'une des princi-pales objections qui me furent adress6es, consistait ä dire que si les chevaux dtaient livr^s ä la consommation, des in-dustriels ignorants ou cupides feraient manger des chevaux atteints de maladies, notamment de la morve et du far-cin (1).
Je ramp;utai cette objection en disant que les chevaux se-raient inspects comme les boeufs, et qu'il n'y aurait pas plus de crainte de manger des animaux malsains, dans Tun que dans l'autre cas. Mais cette r^ponse, qui parais-sait convaincante ä mes contradicteurs, ne me satisfaisait pas moi-möme. En effet, on sait que trop souvent des bou-chers abatlent des boeufs en dehors de tont controle; il pourrait done 6galement se rencontrer des individus qui livreraient ä la consommation des chevaux abatlus clan-destinement. Alors, ne pourrait-il pas arriver des accidents?
Le souvenir de plusieurs de mes condisciples morts de la morve ä l'ßcole v6t6rinaire d'Alfort, ä la suite de l'inocula-tion accidentelle du virus morveux, redoublait mes in­quietudes. Mon d6sir d'augmenter nos ressources alimen-taires, principalement en vue des pauvres, n'allait-il pas m'engager dans une entreprise qui aurait pour consequence,
(1) Voyez, De l'equarrissaqe sous le rapport de Chygiine {Ann. d'hyij., 18fil, tome XVI, p. 223); Emploi de la viande de cheval dans Talimenta­tion {Ann. d'hyg., 18G1, tome XVI, p. #9632;458); La viande de cheval, ses pro-pridtiia alimentaires et hygieniques {Ann. d'hyg., 1873, tome XXXIX, p. 421).
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en certains cas, de faire p6rir ceux qua je dfisirais nourrir, leur procurant ainsi du poison au lieu d'aliment ?...
Afin de m'6clalrer, j'ai fait un grand nombre d'exp6riences sur mol-m6me, avec la chair du cheval d'abord; puis, plus lard, avec la chair du bceuf, du veau, du mouton, du chien, de la volaille, affect6s de maladies diverses.
Je vais rapporter un certain nombre de ces experiences. U me parait inutile de les relater toutes; du reste, une partie de mes notes a dt6 egar6e, soit en Afrique, soit pendant la derniamp;re guerre et pendant la Commune. Mais celles dont je vais parier suffiront, je pense, pour justifler celte assertion, afflrm^e pour la premifere fois ä la Soci6t4 d'acclimatation, pendant le siöge de Paris, ä savoir:
1deg; Que la viande de cheval est bonne pour l'alimentation de l'komme;
2deg; Que l'on peut faire impunement usage de la chair cuite provenant cTun animal mort de n'importe quelle maladie.
L'hygifene des populations est assez int6ressee dans la question, ce me semble, pour justifler celles de mes expe­riences qui pourraient 6tre qualifi6es de t6m6raires ou d'in-sens^es par les esprits ötroits et les coeurs egoistes.
Dans mon exposö, je tiendrai moins compte de l'ordre chronologique que des faits ayant de l'analogie, au point de vue des maladies ou des medicaments qui ont pu exercer une influence sur la valeur nutritive de la chair.
Je divise mon travail en deux parties principales : la pre­miere est relative ä l'espece chevaline (cheval, äne, mulct); la seconde est relative aux autres animaux domestiques.
PREMlßRE PARTIE
VIANDE DE CHEVAL (1). #9632;
De 1859 ä 1866, pendant la lutte que j'ai soutenue, ä Al-
(1) Sous le notn de viande tie cheval, je comprends celle de nos trois solipedes domestiques : cheval, äne, mulet, avec cette diOerence que le
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!,rer d'abord, puis ä Paris, pour d6raciner le pr£jug6 qui existait alors centre la viande de cheval, j'ai fait une multi­tude d'expöriences sur moi-msect;me et recueilli une foule de faits observes chez les autres, pour d^montrer que le che­val, l'äne et le mulet doivent sect;tre admis dans I'alimenta-tion publique au m6me litre que le boeuf, le mouton et le pore.
J'organisai d'abord ä Alger un grand banquet, au foyer du theatre, banquet dans lequel un äne fut r6ti comme un lifevre; puis des distributions du nouvel aliment furent faites aux pauvres, avec le concours des Sosurs de Gharitö et du maire de Mustapha. Dfes cette dpoque, plusieurs indus-triels demandferent ä ouvrir des boucheries chevalines.
Nomm6 vötörinaire en premier ä la Garde de Paris, en 1862, j'ai poursuivi mon id6e.
J'obtins d'abord de M. Boitelle, prüfet de police, l'auto-risation de prendre, au clos d'^quarrissage de M. Macquart et d'entrer ä Paris, sans payer d'octroi, de la viande de cheval destin6e ä des recherches scientifiques. J'invilai des pauvres ä venir manger avec moi, ä ma table, de la viande de cheval, et je leur en distribuai ensuite tous les dimanches, h la porte de la caserne des C61estins. Ma clientele 6tant de-venue si nombreuse que je ne pouvais plus la satisfaire en cet endroit, j'ai fait les distributions rue du Fauconnier, n0 9, chez les Sceurs de Charitö; lä, un boucher döpegait tousles samedis un cheval (1), dont je remettais moi-m6me les morceaux aux pauvres, qui se pressaient pour en obtenir.
Avec la cooperation d'hommes de bien, constitu6s en Comite, nous parvinmes h obtenir de l'administration l'au-torisation, pour un industriel, d'ouvrir, en 1866, une bou-cherie spöciale de viande de cheval. De nosjours, l'hippopha-
mulet donne une chair meilleure que celle du cheval, et que l'äne donno une cliair meilleure que celle du mulet.
(1) Pendant un an, j'ai du faire abattre les chevaux clandestinement, l'administration ne permettant pas de les sacrifier dans les abattoirs publics.
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gie a fait de tels progrös, qu'aucune personne sens6e ne peut plus soutenir que cet aliment est insalubre; je croi-rais done superflu de relater ici toutes les exp6riences, toutes les demarches qui ont 6t6 faites pour alteindre ce but.
Je dirai seulement que j'ai fait manger maintes et main-tes fois du cheval ä des convives, qui croyaient manger du boeuf; que des personnes, qui avaient mang6 du cbeval avec app^tit, ont 6l6 indisposees lorsqu'on le leur a dit; enfin, qu'en certains cas, des esprits prevenus ont mango du bceuf, croyant manger du cbeval, et lui ont trouvö un certain gout/...
Aujourd'hui, toutes les objections sent r6fut6es par les faits, grace au d^vouement, a la persövörance du Comile de la viande de cbeval (I), qui a d6pens6 une somme do 7,602 francs pour triompber des obstacles. Et ce but est complötement atteint. En efFet, il y a des boucberies cbe-valines dans toutes les grandes villes. A Paris, il y en a actuellement 100 environ, qui, en 1884, ont livrö ä la con-sommation 14,348 cbevaux, 346 änes et 32 mulets, soil un total de 14,926 animaux.
Ce programp;s, si important au point de vue de l'bygifene, permet de faire entrer, cbaque ann^e, dans I'alimentation publique, des millions de kilogrammes de bonnes viandes autrefois d6daign6es par les populations. 11 profite aux ricbes, qui vendent leurs cbevaux bors de service 100 francs environ plus cber qu'autrefois, et aux travailleurs, qui peu-vent se procurer une viande saine ä bon marcb6 ; ajoutons que la nouvelle industrie occupe un grand nombre d'ou-vriers et d'ouvriöres.
Pendant que je combattais le prejugö qui existait conlre la viande de cbeval, j'attaquais dgalement un autre pr6juge,
(I) Ce comile a etc constitue en 1864, et a eu pour prdsident M. le Dr H. Blatin; pour secretaire, M. Decroix; pour tresorier, M. Bourrcl (le president actuel est M. Goubaux, d'Aifort). M. Gerard, M. Tabbo Bodin, etc., ont beaucoup secondo nos efforts.
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en vertu duquel on conflsque des quantitös notables de viandes propres ä ralimentation, pour les envoyer aux clos dLequarrissage, sous pr^texte qu'elles sont insalubres, qu'elles peuvent nuire ä la sant6 publique.
Je pense qu'ä cette 6poque surtout, les inspecteurs de la Boucherie poussaient le zele beaucoup trop loin sous ce rapport, au grand detriment de l'hygiöne qu'ils ddsiraient sauvegarder.
La manräre la plus probante, ä. mon avis, de dßmontrer s'ils tombaient r^ellement dans I'exag^ration ou si, au con-traire, mon appreciation est elle-m6me erron^e, c'est d'ex-poser la relation des experiences que j'ai faites pendant plus de vingt ans avec la chair d'animaux marts ou abattus pour cause de maladies, ou avec la viande confisguee dans les halles et marcb^s.
Mon but, en les entreprenant, malgr6 la vive repugnance qu'elles m'inspiraient, surtout au debut de mes recherches, etait de tenter d'empfecher la saisie des viandes sans une absolue nöcessite, nos ressources alimentaires etant dejä insuffisantes.
Dans la redaction de mes observations, je m'efforcerai d'eviter les details inutiles, tout en faisant connaitre som-mairement les raisons pour lesquelles la viande, d'aprös les idees reQues, devait 6lre consid6ree comme impropre amp; rali­mentation. J'ajouterai qu'il est bon de tenir compte, au point de vue de l'hygiöne, non seulement de la maladie dont l'animal etait atteint, mais aussi du traitement qui a ete employe. Les medicaments, comme les maladies, ne peuvent-ils pas rendre la viande malfaisante ?
Nota. — Mes premieres experiences, jusqu'au mois d'oc-tobre 1862, ont ete faites a Alger, avec des chevaux arabes entiers, 3\qts que j'appartenais au Ier chasseurs d'Afrique; les autres ont 6te faites ä Paris, avec des juments ou des chevaux hongres, alors que j'appartenais ä la Garde de Paris ou h. I'Etat-major general.
Pendant la premiere periode, je vivais ä la pension des
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officiers, etj'^tais forcö de prendre exceptionnellementmes repas dans mon appartement, pour faire mes experiences. Pendant la seconde, j'avais obtenu l'autorisation du colonel de vivre chez moi, ce qui dtait beaucoup plus commode el me permettait de faire une propagande plus efficace.
I. — Preparations culinaires.
Bien que la chair du cheval puisse 6tre pr^par^e a toutes les sauces, comme celle du boeuf, on peut dire, d'une fagon gen^rale, qu'il faut prolonger la cuisson un peu plus pour celle du cheval, et qu'elle est moins apte h 6tre rölie. Sous cette dernifere forme, si Ton n'a pas un morceau de choix (filet, faux-filet), ou si ce morceau n'est pas bien marin6, la chair se durcit, se raccornit, de teile sorte qu'elle justifie ce dicton : laquo; Bur comme du cheval. raquo;
Pour nos experiences, voici le mode de preparation pres-que toujours usilö :
1deg; Pot-au-feu. — Avec les ingredients ordinaires (poi-reaux, carottes, ceieri, thym, laurier, etc.), en faisant cuire un peu plus longtemps que le pol-au-feu de boeuf. — Viande de 2e categorie.
Le bouillon est bon. — Le houilli est ordinairement un peu sec; neanmoins, je le mange au naturel, et qnelquefois en vinaigrette, I'ete, ou en miroton, I'hiver.
2deg; Cheval a, la mode. — Choisissez un morceau de lro ca­tegoric, un peu repose; piquez-le au lard, si vous en avez; faites-le revenir, en le plagant et le retournant dans la graisse de cheval bien chaude; aprfes 8 ou 10 minutes, re-tirez-le et ajoutez dans la graisse une cuilleree de farine ; chauffez jusqu'ä ce quele roux soil fait, remettez la viande, mouillez avec du bouillon ou du vin rouge; faites cuire ä petit feu pendant trois heures environ ; mettez sei, poivre, caröttes, petits oignons, bouquet garni; continuez ä faire mijoter pendant trois heures encore, jusqu'ä cuisson con-venable.
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12nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VIANDES INSALUBRES.
Le cheval h la mode, froid ou chaud, est toujours bon, agitable h la vue et au goüt. 11 peut se conserver une se-maine en hiver et 4 ou 3 jours en 6t6.
II. — Experiences avec la viande des ciievaux morts.
Je passe maintenant ä la relation des expöriences que j'ai faites avec la chair de chevaux morts de maladies et traitös avec divers medicaments. Je crois devoir taire les noms des personnes quiontmang^ avec moi de ces chevaux, except^ lorsqu'il n'en peut r6sulter aucun inconvenient. En general, je ne mentionnerai, du traitement et des lesions, que ce qui peut exercer une influence sur la quality de la viande.
I. Pneumo-hepatite. — Le ^6 decembre 1863, un cheval du deuxieme escadron de la Garde de Paris, entre ä rinfirmerie pour im iclere. Rien du cöte du poumon. — Deux jours plus tard, une pneumonie se declare ä droite.
Centre la premiere maladie, creme de tartre et quinquina en eiectuaire; contre la pneumonie, larges sinapismes et vesicatoires autour de la poitrine et aux membres, setons sur le cöte droit de la poitrine, toetique.
Le 24, l'animal amp;'iiffaisse et tombe, vers 7 heures du matin. A 8 heures, frictionsd'essence de lerdbenthineauxquatremembres; 30 grammes environ d'acetate d'ammoniaque sont administres. L'animal se releve, reste un moment debout, puis retombe el meurt a 10 heures 15 minutes.
Autopsie faite ä 1 heure. — Pneumonie a droite, hepatite bien övidente.
Je fais prendre un morceau de fesse, a la region oü les vesica­toires ont 6le places; je fais preparer, le 23, une daube, dont jo mange le soir. Le 26 au matin, j'en offre k madame X.., en lui disant que cetle fois, l'animal avail le poumon malade et que, du reste, j'elais certain que la viande ne pouvait faire aucun mal.
laquo; Le feu purifle lout raquo;, dil-elle; laquo; du moment que vous me I'of-frezje suis sans inquietude. raquo; Elle prend environ 300 grammes de viande.
En goülanl Ires atlenlivement, il me semble qu'il y a un petit goüt de vieux particulierlorsque la viande eslchaude. Mais pas de
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saveur d'amnconiaque, ni d'essence, ni d'aucun autre medicament. Conclusion. — Las frictions d'essence de tärebenthine sur les membres et 30 grammes d'acfitale d'ammonlaque, adnlinistres 2 heures avant la mort, ne d6celent pas leur presence dans la viande. II en est de mSme des vesicatoires appliques sur la region oü la viande est prise, m6me places et renouvelös depuis 2 ou 3 jours.
II.nbsp; nbsp;Hernie intestinale 6trangI6e. — Le 29 juin 1868, un cheval hongre, de la Garde de Paris, entre a I'inflrmerie pour co-liques pen intenses. Le 30, les coliques persistent sans plus d'in-lensite. Le Symptome le plus remarquable, c'est que I'animal re-l'use de boire et qu'il eclabousse k droite et ä gauche I'eau qui lui est presentee. Entre autres raödicaments, je prescris de l'essence de tfirebanthine en breuvage. La mort arrive le Iquot; juillet au matin.
Autopsie. — Quatre mfetras d'intestins sont passßs ä travers una petite Ouvertüre du mßsentöre, ouvertura qui a determine un elraoglement.
J'amporte chez moi un morceau da viande pour bouillon, qu'un ami, hippophobe, trouve tres bon ; il en prend deux fois. La viande n'est mangöe que le lendetnain. Froide, eile n'a paa de goüt spe­cial notable; mais chaude ou en miroton, eile a un goit sui gene­ris du au breuvage d'essence de terebenthine. Je la mange avec repugnance, sans en 6tre pour cela incommodö.
Conclusion. — La chair d'un animal qui a eu des breuvages con-tnnant de l'assance de lerßbenthine, n'est pas malfaisanta, mais eile a une mauvaise odeur et un goüt particulier, quand alle est chaude.
III.nbsp; Hydrothorax chronique. —Le'fevrier 1876, apres avoir \ ecu 8 mois ä la pension des officiars de I'etat-major de Lyon, oü naturellement il n'y avail pas de vianda da cheval, je profile de li fermeture momentanee du carcia das officiars et d'un voyage ä Paris pour reprendre mon habitude de vivre chez moi.
Comme je me disposals k envoyer mon cuisinier k la bouche-ria chevaline, j'appris qu'un cheval d'artiliaria elait mort subite-ment 2 jours auparavant, d'un hydrothorax chronique, et que le vetörinaire avail fait prendre de la viande pour nourrir un chien.
Je demande environ 3 livres de celte viande et je fais pröparer un pot-au-feu. Ja mange 3 assiettßes de soupe et du bouilli.
Le 8, bouilli en miroton pour dejeuner. Le soir, bouillon et bouilli sans autre plat. Le 9, le reslant de la viande est con-sommß.
Conclusion. — Pas de renseignement sur le trailement. En tout
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VIANDES INSALÜBRES.
cas, un gpanchement pleuretique chronique ne rend pas la chair malfaisante.
IV.nbsp; Commotion c£r£brale. — Le 2b aoftt 1862, un cheval s'6-cliappe ä la promenade, galope ä fond de train du cote du quar­tier de Muslapha, et rencontre le cheval d'un sous-offlcier venant au trot en sens conlraire, de sorte que les deux chevaux se heur-tent violemment l6te centre löte et tombentcomme assommes. Le sous-offlcier, qui montait Tun des chevaux, fut lanc6 au loin, mais sans accident. — Je me rends en toute hale sur le lieu de l'övßne-ment, et je trouve les deux chevaux (nos 135 et 677) 6leudus sans mouvement, mais respirant encore.
Traitement. — Frictions d'essence de terebenthine aux extrfimi-tes, ä la t6te, au fourreau, sous le ventre ; affusions froides surle crane, dans la bouche, sur les naseaux; saignee, etc. Au bout d'un quart d'heure, et malgr6 lous ces soins, les deux animaux meurent presque en m6me temps.
Je fais prendre de la viande pour un pot-au-feu: bouillon et bouilli bons, sans odeur ni saveur d'essence. D'autre part, un raorceau de viande est donne ä de pauvres gens, qui sont heureux de profiter de cette occasion.
V.nbsp; D6chirure intestinale. — Le 3 septembre 1861, une jument ägee de S ans, maigre, a des coliques le matin. — AH heures, 30 grammes d'6lher sulfurique enbreuvage; frictions d'essence de terebenthine, etc. — Mort ä 5 heures du soir.
Autopsie le 4, a 6 heures du matin. — Je constate I'exislence d'une dßchirure de la portion coeco-gaslrique du colon.
Je prends quelques gros morceaux de viande. J'en envoie a quatre families .et j'en distribue a des pauvres.
Le bouillon est bon; la daube tendre, agreable. Chez la fa-mille X.., la viande a egalement et6 trouvee bonne; cinq person-nes en ont manga. Trois ont cru que e'etait du beeuf et en out redemandö!
Je sale une partie de la viande a la manure ordinaire; une Autre partie est plong^e dans la saumure, faite avec 8 litres d'eau bouiliante et 1 kil. de sei; une troisieme partie est plong6e dans une solution coaltaröe. Celle-ci est corrompue des le lendemain. — Le fait se passe en Algerie.
Le 6 au soir, la saumure liquide est brunätre, se trouble, mais sans mauvaise odeur. Un morceau d'une livre, que je retire, a un tres bei aspect; je le place pour le dessaler dans \ litre d'eau. La salaison ordinaire a une lagere odeur de moisi. Le sei recouvre toutes les parlies; une saumure sanguinolente recouvre la viande. (Le tout est dans une chambre au second.)
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VIANDES ISSALÜBRES.
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Le 10, la viande salee au sei n'a aucune mauvaise odeur ; cello plongee dans I'eau salee a une belle couleur rouge tendre, sauf quelques parties brunätres, qui ont une odeur de putröfaction. Jen donne un morceau non gätß a un pauvre, et je jette le res-tant.
Le 12, je retire toute la viande salße k la fa^on ordinaire, et je la mets secher sur des feuilles d'agave.
Le 22, la chair est dure, pierreuse, couverte d'une couche de sei; pas d'odeur desagreable. Un morceau, dessal6 pendant 24 heures, est arrange en daube; il est encore trop sale, rouge comme du jambon, peu appetissant.
Conclusim. —Dans ce cas particulier, l'influence de lather sur la yiande n'a pas 6tsect; assez marquee pour lui donner une odeur et une saveur desagreables, sauf peut-6tre pour le bouilli.
VI. Coliques. Hömorrhagie abdominale. — Le 6 octobre 1861, a 9 heures du matin, un cheval entier, du Ier chasseurs d'Afrique, estatteint de coliques. — AH heures et ä,3 heures, on lui admi-nistre des breuvages 6th6res, a la dose de 30 grammes chaque fois. A 6 heures, m6me breuvage auquel sont ajoutes 20 grammes de laudanum de Sydenham. — A 6 heures 30, raort.— Autopsie le 7, au matin. Lacavit6 abdominale contient unegrande quantite de sang provenant de la rupture d'un gros vaisseau (1).
Je distribue de la viande a 4 families, aux enfants de troupe et aux pauvres, par Tintermödiaire des soeurs de Charitö. La cervelle est donn6e ä M. l'abbe E. Chapelier, Tun des ardentspropagateurs du nouvel aliment. De mon cole, je fais prßparerun morceau de cheval ä la mode, dont je prends plusieurs repas, et je sale la lan-gue dans une solution de sei au cinquieme.
Je trouve ä la langue, qui est tendre, un goüt sui generis dfisa-gröable, qui me rßpugne; näanmoins je la mange. Les autres per-sonnes ont trouvö 6galement un certain goüt; mais elles ontpense que c'6tait lä un fumet particulier de la viande de cheval.
Quant k moi, je suis convaincu que ce goüt, dont j'ignorais d'a-bord la cause, ßtait du k l'ether. Si je m'ßtais rappelö, ä cette epo-que, que ce medicament peut produire cet effet, je n'eusse pas donne de cette viande aux autres. Mais en 1861, j'ötais encore au debut de mes recherches.
Conclusion. — 11 ressort de cette observation que l'ether, admi-nistre dans les sept heures qui precedent lamort, donne ä la chair
(1) Dans cette observation, comme dans celles qui suivront, je ne relate du traitement que ce qui peut exercer une influence sur la salubrito de la chair, et je ne mentionne que les lesions principales, faisant connaltre la nature de la maladie.
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nn goüt ctesagreable, mais sans larendre insalubre, puisque, d'a-[irfes moa enqufite, personne n'a 6te indispose.
VII. Ouvertures articulaires. Resorption purulente. (Parallele k noter.) — Dans les premiers jours d'octobre 1870, Ic cheval de M. X..., de la Garde de Paris, dans une chute trös grave, s'ouvril la capsule artieulaire des deux genoux. Aprfes quelques jours de traitement, voyant qu'il n'y avail pas d'espoir de guärison, je proposal l'abatage du sujet.
M. X... aimant beaucoup son cheval, insista pour qu'il ne füt pas sacrifie. En consequence, je continual le traitement, en faisant construire un appareil de suspension. Malgre tous les soins, ainsi que je l'avais prevu, Tanimal finit par mourir le 9 novembre, d'une fiSvre hectique et de rösorptioti purulente, apres avoir horriblement soufierf.
Autopsie. — Ouvertüre de la capsule synoviale des deux ge­noux; synovie purulo-sanguinolente dans I'arliculation, infiltra­tion sero-purulente dans le tissu cellulaire de l'avant-bras, etc.
Je prends un jambon du cadavre et j'en donne a plusieurs amis, qui en mangent chez moi, prepare de diverses manieres, notam-ment en horsesteak. Cette viande est trouvee bonne.
Les soldats maries, qui m'ont vu prendre pour moi-m6me un si gros morceau et ä qui j'ai dit que la viande pouvait 6tre mangee sans danger, enlfevent tout le Systeme musculaire et mime le cerveau et la langue. L'equarrisseur, k son grand elonnemeut, n'a plus trouve que la peau et les os. II est vrai que nous 6tions assi6g6s; mais, k cette date, nous ne souffrions pas encore de la faim.
Qualite comparative. — Afln de renouveler une experience que j'avais faite dijä Men des fois, je prends dans le jambon ci-dessus nn morceau du muscle trifemoro-rotulien et un morceau de l'ischio-(ibial externe; celui-lä a la fibre rosee et fine, celui-ci a la fibre plus rouge et plus grosse. Je me procure, d'autre part, ä la bou-cherie chevaline, un morceau k pen pres semblable dans le faux-filet, an prix de 2,r,23 le kilog. Je porte ces trois morceaux au cuisinier en chef de la pension des officiers et je le prie de les classer par leur ordre de qualite.
Apres examen trfes attentif, il classa en premiere ligne le mor­ceau de la cuisse du cheval mort, et en seconde ligne, les deux uutres morceaux. Je le priai de bien chercher si Tun de ces deux derniers n'6tait pas preferable a I'autre. Apres un nouvel-examen, aprfes avoir vu, louche, senti, dechire quelques fibres musculaires, 11 donna la prßKrence au morceau d'ischio-tibial du cheval mort, et plaga en derniere ligne le faux-filet de la bou-cherie, inspects avec soin et provenant d'un cheval sain.
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VIANDES 1NSALUBBES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 17
Je priai alors le cuisinier de numäroter et de faire cuire ces trois morceaux dans une m6me casserole, afln de savoir si, apres la cuisson, il serait encore du mamp;me avis.
L'officier charge de la popote s'inläressa de son cöte ä celte expöiience. — Aprfes cuisson, le morceau de la cuiss-e du cheval mort obtint encore le u0 1, et les deux autrcs furent places sur la m6me ligne, n0 2.
Conclusion. — Une flevre intense, d'horribles et cruelles souf-frances, compliquees de resorption purulenle, ne rendent pas la cliair insalubre. Au point de vue de l'aspect, de l'odeur et du goftt, l'avanlage serait pour la viande de l'animal mort.
J'ajoute que maintes fois j'ai presents ä de bons cuisiniers des morceaux analogues de chevaux morts et de clievaux de bou-cherie ordinaire, et que toujours la pröference a 6le donnee aux premiers.
Quant aux qualitös nutritives, la chair d'un animal mort s'as-simile peut-dtre plus facilement que la chair d'un animal abattu cn pleine santö? Peut-6lre la chymification en est-elle plus facile? C'esi aux physiologlstes ä rösoudre la question.
VIII. Pneumonie suraiguß. — Le 2i avril 1883, mon ordon-nance rappoi te, du dos d'equarrissage d'Aubervilliers, du filet et de quoi faire un pol-au-leu. La viande provient d'un cheval de trois ans, qui, en arrivant ä Paris, est mort en trois jours d'une pneumonie snraigue.
Le 25, le bouillon et le bouilli sont manges le soir par M. L... et sa famille, qui croient manger du boeuf et qui sont hippo-phobes.
La soupe est trouvße tres bonne, le bouilli est hon, mais tou­jours un peu sec, compart ä celui du boeuf; le roti, treu hon. Tout le monde mange avec appelit.
Le 26, mon ordonnance prepare, avec le restant de la viando, un pot-au-feu, une daube et un röti.
Uouillon bon, bouilli lendie, un peu sec; daube bonne.
Le 27, M. L..., ä qui je doune I'liospilalilo, ainsi qu'ä sa famille (quatre personnes), tnmbe, le matin, sur la daube en di-sanl : laquo; Quant ä moi, voilä mon affaire, raquo; et il en mange en quaniite.
Le 28 et le 29, nous mangeons encore du cheval en bouilli, en cheval ä la mode el en roti. Le soir, diner d'adieux, se compusant de bouillon de cheval, bouilli en hachis au gratin, petits pois a la graisse de cheval; pommes de terre k la graisse de cheval, beefsteack de cheval.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;.
Conclusion. — La chair d'un cheval mort de pneumonie sur-E. Decboix. — Viande de cheval.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2
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aigue peut servir ä ralimeatation, aussi bien que la viande ordi­naire.
IX. Pneumonie compliquöe de röcidive. — Le 17 septembre 1861, le cheval 897 entie k rinflrmerie pour une pneumonie. — Le 1quot; octobre, il est en pleine convalescence et ne revolt plus de medicaments.
Le 4, apres trois jours de sirocco (vent brillant du Sud), jo le Irouve dans un 6lat alarmant: abaltement profond, face grippee, mouvement clonique de la löte, respiration acc616r6e, rnunnure respiratoire presque nul a gauche. Ailes du nez salies par une couche de mucus brun-jaunatre.
Craignant l'apparitioa de la morve suraigue, je place I'animal aux douteuoo.
Traitement: sinapisme sur le thorax, vesicatoires sur les quatre membres, 20 grammes d'emfitique, en quatre doses, dans la jour-n6e. — Mort le ö au matin.
Autopsie six heures apr^s : Excoriations dues aux revulsifs. Les trois quarts inferieurs du poumon gauche et le quart inferieur du poumon droit sont fortement engoues, de couleur brun Ibnc6, non encore hepatisö. Plevres injectees; coeur et muscles pales; foie decolor^, friable.
Je fais cuire un pot-au-feu avec un morceau de femur entoure de 2kilogr. de viande environ.
Je mange le bouillon et le bouilli, aprös six heures de cuisson. Je les trouve bons, agreables. — Une demi-heure apres mon repas, ne senlant ni arriere-goüt ni indisposition, je dis ä ma concierge que I'animal 6tait mort d'une maladie de poitrine, mais que la chair ne pouvait pas fitre nuisible a la sante, et que, par conse­quent, eile pouvait en manger ainsi que sa famille (trois per-sonnes), si eile n'avait pas de repugnance. Tons ont din6 avec ces aliments. D'autre part, trois personnes sont venues en cherclier pour leur famille.
2 kilogr. sont mis dans du sei pour 6tre consents. Le 9, ils sont 6tes du sei et pendus ä l'air dans une chambre. De plus, 3 kilogr. environ sont haches, poivrös, trop poivrfis m6me, et 6pices avec un peu de noix muscade, un peu d'ail, puis moles ä 7 ou 800 gram­mes de lard sal6 et entonnös le soir dans des portions d'intestin gröle räclö, vinaigrö. La viande est comprimöe autant que pos­sible pour chasser l'air; nöanmoins, peut-ötre en reste-t-il encore. Les extremitäs sont liäes.
Je place ces saucissons, saupoudres de sei, sur une planche et je les recouvre d'un linge.
Le 7, je les retourne et les saupoudre encore de sei. Le 9, ils
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sont suspendus pour s6cher, aün de me permetlre de juger de leur conservation.
Ami's une quinzaine de jours, je commence ä les distribuer aux pauyres; je finis les distributions environ trols semalnes plus tard, lorsque Tapprovisionnement est 6puise. Ces saucis-sons, ä moii goüt, sont trop epices et un peu trop sees; lls ne contiennent pas assez de lard. — N6anmoins, ils out fait les d6-llces des enfants de la salle d'asile et ils se sont tres bien con­serves.
Conclusion. — On peut faire usage de la chair d'un animal mort d'une affection de poitrine suraigue, traitlt;5e par le tartre slibie, les sinapismes et les vesicatoires. La chair donneun bon bouillon; bouillie, eile n'a aucun goiit d6sagr6able. Ajoutons qu'elle peut 6tre saläe et transformee en bons saucissons.
X. Eut6ro-pneumonle (Viande sonpeonnfio d'etre insalubre). — Le24juin 1863, un cheval hongre, äge de quatre ans, meurt apres avoir pris de rötnetique et du laudanum. A l'aulopsie, je trouve une inflammation de l'inteslin et des poumons.
Je fais prendre un morceau de viande dans les muscles ischio-tibiaux. La chaleur est intense et le temps orageux.
Le 26, cette viande commence ä sentir mauvais; neaninoius, j'en fais preparer un pot-au-feu qui est mange au diner.
Le27, je d^jeune avec le bouilli ä la vinaigrette. La viande est d'un beau rose, d'une saveur et d'une odeur agreables.
Le 28 au matin, une autre partie du bouilli est arrang€e en mi-roton.
Le29 au matin, en vinaigrette; le soir, le restant est fricasse avec des pommes de terre.
Apparence de nocidU. — Dans la nuit du 29 au 30, je suis obligö de me lever trols fois pour aller a la seile. Les malleres sont pres-que complamp;tement liquides.
Le 30 au matin, je monte ä cheval pour assister ä la manoeuvre; j'ai des envies de vomir et d'aller ä la seile; je rösiste. Dans la journöe, je vais encore trois fois ä la seile, sans coliques, mais avec un peu d'abattement.
Au premier abord, on pourrait accuser la viande d'avoir d6ter-mine cette indisposition, mais voiei plutöt la cause ä invoquer: Le 28, je vais dlner avec M. X; on nous sert des haricots si durs, que je suis seul ä en manger une assez bonne part. Apres le di­ner, je prends un verre de chartreuse el deux fois de ia biero. De plus, faute de voitureje suis obligß de faire une lleueä pled. Je rentre vers 11 heures et demie.
Le 29, centre mon habitude, je me leve vers 3 heures et demie,
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et en cinq heures.je fais dix lieues ä cheval; renlre vers midi, je ne pnis me livrer ä la sicsle el je fais encore, malgr6 la fatigue, plus d'une lieue ä pied dans l'apräs-midi. Ainsi extenue, je mange la \iiinde dont il s'agit et aussilot apres, je me couche. A peine endormi, le lieutenant-colonel me fait appeler et me fait prendrc im verre de rhum tres fort, qui determine immödlatement un ho-quetfatigant. Un quart d'heure apifesje fus forc6 d'alier ä la seile.
Je ciois la viunde iunocenle de men indisposition ; mais pour m'en assurer, je mange, le 30 au matin, ce qui reste de viande fi icassfee; la diarrhöe ne reparalt pas.
Conclusion. — La chair d'un cheval mort d'entäro-pneumonie peut perviräl'ulimentation.La diarrhße, dans ce cas special, n'etait pas delerminfie par celle viande.
XI. Pleuro-pneumonle double. — Le 20 dficembre 1862, un cheval de cinq ans, sous poil bai,m'est präsente parce qu'il a perdu I'appetit. 11 a une pneumonic ä droite. — Sinapisme, 20 grammes d'emelique par jour.
Le 23, il en revolt lb grammes; vgsicatoiie, setons sur le cölä
droit.
Le 24,en outre du traitement ci-dessus, 61ectuaire au quinquina iidditionnß de 15 grammes d'essence de t6r6benthine. — Mori le 28 au matin.
Autopsie ä 9 heures el demie : Environ 20 litres de ssect;rosit6 san-guiuolente dans la poitrine, plevres recouverles de fausses mem­branes rouges. Poumon droit h^palise dans sa moitte infeiieure et le gauche dans le tiers inKrieur seulement.
Je lais prendre un morceau de viande de 2 kilog. au plat de la
cuisse.
Le 29 on m'en prepare une partie avec du lard et des caroltes. Lordonnance, qui sail de quelle maladie l'animal est morl, me dil qu'il n'est pas d6goCil6 el que sa femme en mangerait bien. Je preuds ce qu'il me faul pour le diner et je lui donne le reslant pour lui el sa famiile.
Je irouve celte espece de daube, bonne, tendre, sans odeur ni sa\eur apprficiables de t6rebenthine. Mfime appreciation lelende-main en la mangeant frbide.
11 est vrai que ce medicament avail 6ie adminislr6 plus de trois |ours avant la mort el en petite quantitö.
Avec un morceau de viande qui me resle encore, je fais pn5pa-rer une autre daube. Le 31 decembre, j'en mange une partie et je donne lautre ä la famiile de mon ordonnance.
Cone laquo;sion. — L'essence de I6r6benthine ne donne done pas toujours un mauvais goüt ä la viande.
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XII. Pleuro-pneumonie compliquöe d'hydrothorax (usage de la viande fruiche et sal6e). — Le 21 Juiii 1862, un cheval b:irbe, enlier, äg€ de cinq ans, embonpoint satisfoisanl, entre 4 Tinfir-merie du Ier chasseurs d'Afrique, pour une pneumonie droite.
Sinapismes sous les parois Ihoraciques, 6m6tique 20 grammes par jour, en quatre doses, dans les bolssons.
Le 23, lamaladie s'esl aggrav6e. V6sicaloire dechaque c6t6 de la poitrine et ä la face interne des quatre membres. Continuation de l'cmetique ä la dose de 20 grammes.
Le 24, les vfisicatoires, qui n'ont pas pris, sont renouvelös et rfimölique, continue.
Le 25, l'animal meurt ä 3 heures du matin. On lui a adrainis-tr6 en boisson environ 90 grammes d'ämßtique, mais il s'en perd toujours des quanUtes notables.
Le 2d, autopsie k huit heures du matin: S6rosit6 abondante dans les regions oü les rfivulsifs ont 616 appliques ; 4 a S litres de se-rositö sanguinolente dans la poitrine, plövres injectees, poumon droit hgpalis6 dans les quatre cinquiemes infärieurs. La coupe präsente un fond brun-noirätre, marbre d'un pen de blanc et de jaune (depots fibrino-albumineux, ramollis en quelques endroits). Tissu pulmonaire friable, pesant, non crSpitant.
Un morceau de viande, pris en arriöre de l'epaule, sert a faire unpot-au-feu, dontje fais usage ämon diner, ainsi que dubouilli.
Le 20, je mange encore de cette viande, le matin et le soir. Je la trouve bonne au goüt et lendre k la dent. Deux enfants aux-quels j'en offre sans en indiquer I'origine, me disent qu'ils la trou-vent bonne et desirent en avoir encore.
D'autre part, j'en donne ä la famille Vivös (mari, femme et en­fant). Us en font un bouillon et un boullli qu'ils trouvent bons. Une partie de la viande a 6le rötie et trouvee excellente.
Dans la crainle d'etre bientot a court de provision, je prends le parti d'en saler. En consequence, j'achdte un pot en terre et 3 ä 6 kilog. de sei, je passe de l'eau bouillante dans le pot. Je me fais apporter 8 kilog. des muscles ischio-tibiaux, je les coupe en morceaux de 1 livre ä 1 kilog. et je les sale dix heures aprös la mort.
Le 26, la viande, qui remplissait le pot d'abord, s'est affaissäe de 3 ä 4 centimetres. J'enleve environ 1 litre de liquide sanguinolent, trouble; je recouvre d'une couche de sei et j'attends.
Le 27, en retirant un raorceau pourM. G..., je sens une lögfere odeur desagrsect;able. J'enleve toute la viande et je trouve qu'un gros morceau du fond est vert et commence ä se gäter. Je l'enleve, je vide le saloir et je ressale comme la premiere fois; puis je mets le
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tout dans une chambre, oü il y a environ 28deg; le jour et 20deg; la nuit {616 africain).
Le 27, je donne ä M. Chapelier environ 800 grammes de viande sal6e. Oq trouve le bouillon meilleur que celui de boeuf, quoique un pen trop sal6 ; odeuret aspect agröables. Bouilli bon, tendre, mais un peu sec, pas assez gras. Le restant du bouilli et du bouil­lon est conserve le 28, vendredi, pour 6tre mange le saraedi 29.
Le 28, je vols la viande et le bouillon; ils sont Irfes bien con-servos. Par precaution, et ä cause de la chaleur, le bouillon est rechauffe.
Le 29, le bouillon a encore 616 trouve excellent, ainsi que la viande rechauffee avec des oignons. — Je donne un nouveau morceau de viande salee pour un nouveau bouillon.
Lemfeme jour, j'enoffre ä deux families V.., C..,chacune un mor­ceau, que Ton doit dessaler pour le pol-au-feu du dimanche.
I.e 1er juillet, je retire du saloir deux morceaux pour faire un pot-au-feu, le lendemain. Le bouillon a belle couleur et bonne odeur, mais il est un peu trop sal6.
Le 3, une partie du cheval est mlse en salmis, avec du sanglier sal6, et du pore de l'equarrisseur d'Alger. — Neuf personnes trouvent ce plat excellent.
La sauce avail pour graisse du lard de pore, provenant de chez Tequarrlsseur (lard que Ton accusait d'etre insalubre).
Le 6, je donne de cette viande (2kilog. environ) ä deux families, qui la mettent dessaler pendant 24 heures, en renouvelant I'eau tine fois; elles en font un potage. — Le bouillon est un peu trop sale encore. Cependant il sert ä faire plusieurs repas. Aucune in­disposition n'est signalee.
Conclusion. — La chair d'un cheval atteint de pleuro-pneumo-nie aigue, compliquee d'hydrothorax, et trait6 par I'emetique a haute dose, peut 6tre consommee fralche ou sal6e.
XIII. Affection typholde. — Le 17 aoüt 1871, un cheval entre k I'inflrmerie pour affection typhoide grave (symptome or­dinaire). En outre des rövulsifs, il regoit 20 grammes d'acide phenique par jour, en deux electuaires. — Mort dans la nuit du 20 au 21.
Je prends I kilog. de viande dans les muscles fessiers. Co mor­ceau est cuit en daube, le 22.11 n'a aueun mauvais goüt; une dizaine de personnes en font usage. La viande crue 6tait un peu flasque, sereuse, lie-de-vin ; mais cuite, eile avail un bei as­pect.
Conclusion. —20 grammes d'acide phenique administres en elec-tuaire (il s'en perd loujours une quantite notable), pendant trois
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on quatre jours, en deux doses, ne rendent la viande ni däsa-gräable ni malfaisante.
XIV.nbsp; nbsp;Affection typholde. — En 1874-1870, las affections typhoides des chevaux faisant beaucoup de victimes, quels que fussent les moyens de traitement ordinaires, des veterinaires eu-rent recours ä remploi de l'essence de leräbenlhine par la mithode endermique :
On appliquait un sinapisme, on y praliquait huit h douze inci­sions profondes, puis on y enfongait des pointes de feu penetran­tes. On introduisait ensuite dans les cavites, avant comme apres la chute des eschares, des tampons d'etoupe imbibes d'essence de läräbenthine.
Or, le 20 mars 187S, je recois de la viande provenant d'un che-val mort d'une affection typholde et traite par la mithode dont il s'agil. Je l'ais pr6parer du bouillon et une daube. J'en mange pen­dant plusieurs jours, sans constater d'odeur on de goüt desa-greables.
Conclusion. — L'essence de terebenthine, appliquee sur des plaies, n'est pas absorböe en quantity süffisante pour rendre la viande insalubre ou däsagröable.
XV.nbsp; Pleuro-pneumonie typholde. — Le 3 Janvier 1863, un cheval enlre a rinfirmerie pour pleuro-pneumonie. II est traite par les moyens ordinaires, jusqu'au 8. Le 9, aggravation: 30 gram­mes d'cau-de-vie camphree en breuvage.
Le 10, eau-de-vie camphree le malin. Dans lajournee et la nuit suivante, I'animal a des coliques. On lui donne d'abord un breu­vage contenant 20 grammes de laudanum ; on lui administie en-suite 20 grammes du möme calmant en lavement, et enfln un an Ire breuvage semblable an premier, soil 60 grammes de lau­danum en douze heures. — Mort k 6 heures du matin, le H Jan­vier 1863.
Autopsie a 9 heures : Coeur et foie friables, sang noir, dif­fluent; häpatisation du poumon gauche, marbrures jaunes et noires; un peu de sfirositö purulente dans les plevres.
Le soir, un morceau est fricassö avec des pommes de terre et du lard. La viande est un peu dure ; mais sans odeur ni saveur m6-dicamenteuses. Le 12 au malin, j'ai ä dejeuner deux amis, k qui j'offreune daube preparöe ala fagon ordinaire. Elle est ires tendre et bonne.
Le soir, je fais röchauffer de cette daube pour mon diner, com-posö de ce seul plat et de bouillon de cheval, sans aucun dessert.
Le 13 an matin, la daube est encore cxcellente. Le soir, un pot-au-feu est confectionne avec de la viande du m6me cheval. Au
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moment oü j'allnis me mettre a table, un ami vient me demander ä diner : il mange du potage, qui est bon, et du bouilli, qui est un pen dur, mais sans mauvais goüt.
Le 14 au matin, une autre personne vient dejeuner. Je fais pre-parer le bouilli de la veille en mirotoa. Elle trouve un morceau de daube froide trdi bon.
Le IS, je mange le restant du bouillon et du bouilli, qui sont encore bons (nous sommes en hiver).
Conclusion. — L'eau-de-vie camphräe et le laudanum ä haute dose ne rendenl pas la viande insalubre.
XVI.nbsp; nbsp;Pleuro-pneumonie typholde äpizootique gangr6-neuse (indisposition). — Le 15 mars 187b, un cheval entre k I'in-(irmerie avec tons les caracteres de l'epizootie typhoiide sous Torme thoracique. — La medication a ele revulsive, et l'essence de t6rebenthlne a et6 employee par la methode endermique. L'ani-mal meurt aprfes vingt jours de maladie.
Autopsie. — Le cadavre est dans un etat d'embonpoint assez sa-tisfaisant; les muscles sont mous, legerement violaces; une odeur sin generis de gangrene se degage de tout le cadavre. — Les deux poumons, principalement celui du c6te droil, prösentent des par­ties gangrenies. Les plövres coslaleset pulmonaires sont, en outre, le siege d'une tres vive inflammation. Le sang est noir, pois-seux, incoagule; il remplit las caviles du coeur et les gros vais-seaux.
Le 6 avril, je prends un gros morceau de viande, qui sert ä faire un pol-au-feu et une daube. Pendant la cuisson, aucune mauvaise odeur dans la cuisine. — Potage tres bon. M. Boucher et moi en reprenons. Bouilli et daube sans rien de notable comme odeur ou comme saveur. Le 7 avril, je mange la daube froide, le matin. Le soir, potage, bouilli et daube chaude. Une partie de la viande cuite est donneeä des amis pauvres, qui la trouvent bonne.
Dans la nuit du 6 au 9, j'ai du me relever a cause d'un peu de diarrh6e. Devais-je accuser le cheval ou du veau pale, blanchätre, que j'avais mango avec degoftt comme roll?
Pour eclairer la question, j'ai mango le lendemain matin envi­ron 150 grammes de cheval seul, sans pain. Le soir je n'ai mange que du potage et du cheval. La diarrhee n'ayant pas reparu, j'en conclus que le veau, et non le cheval, avail 6te la cause de 1'indis-position legfere que j'avais ressentie dans la nuit du 6 avril.
Conclusion. — La chair d'un cheval mort de pleuro-pneumonie typhoide gangrsect;neuse n'a point de mauvais goüt et eile ne deter­mine pas d'accident.
XVII.nbsp; Pleuro-pneumonie gangröneuse (Mulct).— Le22Juiti
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1861, un mulct äg6 de douze ä treizeans, appartenant a M.X..., dc-menrant ä rAgha,presente les symptömes d'une pneumonie aigüö.
Saignße de 5k; 208r de tartre stibi6 par jour en qualre doses. Langes vösicatoires sur les parois Ihoraciques et ä la face interne des avant-bras, — L'animal meurt le 24, ä 4 heures du soir.
Autopsie le 25, ä 7 heures du matin, aprte une nuit chaude. — Ecoulement de mucus spumeux, rougeätre, par les deux caviles nasales; 4 ä 5 litres de serosile sanguinolente dans la cavitsect; thn-racique; inflammation des plfevres. —Le poumon gauche eslbiun-fonce dans ses troisquarlsinferieurs. Dans ces regions, de la coupo s'dcoule un liquide ardoisfi; par unelegfere pression, le tissu so r6duil enbouillie repandant une odeur tres prononcte de gangrene. Le bord inffirieur du poumon droit presente, vers le milieu, les m6mes alt^ralions.
La chair est päle comme de la chair de hoeuf un peu lavße; la fibre est fine, courte, compare k celle du cheval, et möme du boeuf. En sentant attentivement, il semblerait que la viande a une 16gere odeur de gangrene (c'est peut-6treune prevention).
Quoi qu'il en soil, je fais prendre les muscles scapulo-olecra-niens, dont une partie est mise alamarmite pour faire un pot-au-feu.
Le bouillon n'est pas beau, il n'a pas 6te bien 6cum6, le feu n'a pas ete convenablemententretenu. Odeur de hon bouillon, savenr agrfiable; couleurjaune trouble, noirälre. — Le bouilli est (endre; soit realile, soit prgvention, il me semble qu'il a une legere odeur sui generis,se rapprochant de l'odeur du moisi et peut-6tre due ä la resorption de l'ichor gangr6neux.
Je dine, ä litre d'experience, rien qu'avec le bouillon (que je trouve meilleurquecelui de ma pension) et avec du mulet, un peu de pain, pas de vin, mais, pour boisson, du bouillon et de l'eau, pas de dessert. Jeveuxainsi me mettre dans les meilleures condi­tions pour absorber les principes malfaisants, s'il y en a dans la viande.
Deux heures plus tard, me trouvant bien de ce repas, j'envoie du bouillon et du bouilli k Mquot;10 Gonnod. Son fröre, I'abbe E. Chape-lier, sans connaltre l'origine du bouillon, dit : laquo; Voila le meilleur bouillon que j'aie mange raquo; ; Mmo Gonnod, connaissant l'origine de ces mels, n'en mange pas; eile a de la repugnance.
Le 27, je vais chez M. Chapelier; un etranger est k table et mange du ragoüt de mulet, qu'il trouve bon. Le soir, les deux families Ch... et G..., ainsi qu'une femme, un enfant maladif et moi-mfime, mangeons le restant de la viande, qui est encore Irouvee bonne.
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Conclusion. — La gangrfene avancöe du poumon ne rend pas la viande malfaisante.
XVUI. Morve chronique ancienne. — Le 14 aoüt 1877, un clieval est abaliu pour morve et farcin, aprfes avoir donnä, trt's probablement, le farcin general ä ses deux voisins.
Autopsie. — Engorgement des ganglions sous-glossiens; jelage, plus abondant ä droite; pus dans le sinus frontal correspondant; tracbße et bronches parsemees de chancres; vomique et tubercules dans le poumon.
Le IS, pot-au-feu excellent, bouilli sec, daube bonne ; trois invi­tes en mangent. L'un d'eux empörte un morceau de bouilli pour Je manger le lendemain.
La concierge, ä qui j'ai offeit du bouillon et du bouilli, lui di-sant que la chair venait d'un cheval malade, enprend pour eile et ses deux enfants; eile s'en laquo; rapporte ä moi quant ä l'innocuite raquo;.
Le 16, je mange du bouillon, du bouilli et de la daube aux deux repas. — Mon secretaire, qui s'est converli ä mes idöes, en copiant les rösultals de mes experiences, aeeepte avec empressement du bouillon pour son diner.
Conclusion, — La chair d'un cheval abattu pour morve ancienue (vomique, collection frontale) ne rend pas la viande insalubre.
XIX. Morve aiguS. Morve chronique. — Le 16 juin 1861, a midi, le cheval n0 8808, du lquot; chasseurs d'Afrique, est abattu pour moi've chronique, et le cheval 9121, pour morve aigue.
Je fais rapporter de chaque cheval 2 a 3 kilogrammes de viande enlevesä la rägion poplitöe de lacuisse, etcomprenant les trois muscles ischio-tibiaux. Je prends une livre de chaque ischio-tibial externe,provenant du cheval ä mon'e aigw, et destinee aStre cuite en biftecks.
Ceux-ci me sont servis le dimanche matin, 17; j'avais fait maigre le vendredi et le samedi. J'etais par consequent dans les m,;illeuresconditions pour absorber le virus, si e'est possible.
Les biflecks sont epais, brunatres, peu appetissants. Je ne munge que la circonfärence —environ 200 grammes, parce que, maigre ma recommandation, le centre n'est pas bien cuil et me dägoute. — Je ne mange aucun autre plat, si ce n'est du beurre; pas de dessert. En definitive, ce seul plat ne me donne qu'un de­jeuner mediocre.
Les deux morceaux provenant des biceps de la jambe, l'un at-teint de morve chronique, l'autre de morve aigue, sont mis en pot-au-feu. — Le bouillon n'est pas bien gras; il a une bonne odeur, une saveur agreable, un bei aspect. Le bouilli est un peu brun; ce qui pent lenir ä ce que les animaux out ete mal saignös.
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Quoique bien cuit, il est un peu dur; les fibres sont grosses et longues. Je dine assez blen, rien qu'avec ce plat et de lasalade; pas de dessert. Je fais garder un morceau,pour 6tre mange en vi­naigrette au dejeuner du 18. Cetle vinaigrette est bonne; eile me sulflt pour dejeuner passablement sans autre plat, sans dessert ct saus cafö.
Voilä, je crois, mes trois premiers repas avec de la viande d'ani-maux morveux. Je vois dans mes notes que je n'ai pas ete sans une certaine apprehension; aussi, je n'ai donnä de cette viande suspecte a personne.
Conclusion. — La morve aigue, comme la morve chronique, ne rend pas la viande del^tere, quand eile est cuite.
XX.nbsp; Cheval morveux. — Un cheval en suspicion pour morve el recevant chaque jour, depuis environ deuxmois, 100 grammes d'alcool, meurt le 10 oclobre 1877. (A cette epoque, M. L..., veteri-naire, traitail ainsi la morve.)
Le H au malin, je fais preparer un bifteck avec de la chair dc ce cheval et un aulre avec la chair d'un autre cheval morveux non traitö. — Le premier a un goüt sui generis rappelanl celui d'un animal qui a pris de l'essence de lerebenlhine; mais moins pro-nonce. Je mange le bifteck sans beaucoup de repugnance et n'en suis pas incommode. Je n'en offre a personne, et je jette le restant du morceau qui m'avait et6 apporle.
Conclusion. — La medication alcoolique prolongöe donne ä la viande un goüt particulier, sans larendre malfaisante.
XXI.nbsp; nbsp;Morve chronique (Etudes comparatives). — Le cheval n0 181, du Ier chasseurs d'Afrique, präsente, le U Janvier 1862, une boiterie a siege inconnu (d'un membre post6rieurj, qui le rend indisponible. —Vers le IS, on remarque un leger engorgement des ganglions sous-glossiens. — Le 20 Janvier, il n'y a pas d'amfi-lioralion ; uu conlraire, les ganglions ont augments de volume ; ils sont durs, non adherents, avec un leger jetage plus abondant a gauche, ou exlste I'engorgement sous-giossien. Pas d'antec^dents palliologiques.
Pilules de 30 grammes d'aloes. Le lendemain, abatfement, su-perpnrgation, inappetence. — Le 23, ra6me etat; le jetage aug-mente; il est vert-jaunätre, un peu plus abondant a gauche.
L'animal est envoye a I'equarrisseur, le 23 Janvier.
Autopsie. — Trois chancres de morve sur la face gauche de la cloison nasale, vers le tiers sup^rieur.
Le lissu pulmonaire est parseme de petits tubercules, variant du volume d'une töte d'epingle ä celui d'une lentille ; quelques-uns sont entourös d'une aureole inflammatoire ecchjmotique.
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Je fais apporter chcz moi environ 3 kilogrammes de viande de la region iscbio-tibiale.
Le 24,on prepare un excellent pol-au-feu. Aprfes avoir fait usage du bouillon et du houllli, j'en ai donne : 1deg; ä quatre personnes, dont un enfant de ISmois; 20älroispersoi]nesquienconnaissaienirori-gine^0 ä une famille composöe decinqpersonnes; 40ä une ving-taine d'enfants de lasalled'asile. — Tous ies consommateurs sont contents et me disenlqu'ilsserontheureux d'en avoir quelquefois.
Parallele. — Pour jiiger comparalivement la viande decheval el la viande ordinaire, j'achele, chez le boucher, pour 70 centimes, une livre de viande de boeuf tue le 23, comme le cheval. Je prendf, d'autre part, une mtoie quantity de viande de cbeval; je fais mettre les deux morceaux dans deux pots en terre egaux; m6me quantity d'eau, de legumes et de sei; feu dgal autantque possible.
Sans savoir de quel cotß la cuisinifere avalt mis le cheval, je goüte le bouillon. Impossible de trouver une difförence notable, quant au goüt. Celui du pot n0 1 a une leinte un peu plus jaune, celui du pot n0 2 me parait un peu plus päle et un peu plus gras ; voilä lout.
II se Irouve que le nquot; 1 conlenait le cheval, dont la viande 6tait facilement reconnaissable. — Les morceaux de bouilli n'avaient ni la mfime forme nilamfimecouleur; ilsprovenaient,run (cheval) des ischio-tibiaux; I'aulre (beeuf) des croupiens. La viande du cheval (9 ans) est plus brune, plus dense ; la fibre est plus fine, plus serrfie. Quant aux bouillons. Tun etl'autre sont laiss6s dans les pots et reconverts d'une assielte.
Le 27 au matin,
BOUILLON
De cheval.
Au ponrtour, leger cercle de graisse peu epais et demi fluide, de facon qu'il ondule facilement.
De bcEuf.
Cercle de graisse solide, se cas-sant par morceaux en agitant le pot.
Viande de bet aspect, plus ferme, plus savoureuse, noircissant plus promptement que celle du boeuf.
Plus tendre, plus päle, noircis­sant raoinsvite ztsz conservant moins bien.
En definitive, les deux bouillons et les deux bouillis sont de bonne qualitä et sans difference notable, sous le rapport du goüt et surlout de la salubrity.
Observes parallelement jusqu'au 10 fivrier, le bouillon et le bouilli du cheval out conservö plus longtemps leurs qualil6s gus-tatives et nutritives que ceux du beeuf de premiere qualUsect;, ce qui
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pout tenir a la differeuce d'äge et au genre de nourritiire des animaux.
Conclusion. — Si Ton neglige les caraclöres secondaires, la viande de cheval, attaint de morve chronique, soulient la comparaison avec la viande de boeuf.
XXII.nbsp; nbsp;Morve chronique (Experience pliysiologique). — Le t2octobrei877,a7heures du malin,on adminislre, au cheval 4299, 40 grammes d'ac^tate d'ammonlaque dans un litre d'eau. La dose cst renouvelee k 3 trois heures du soir. Le 13, ä 6 heures du ma­tin, nouvelle dose de 40 grammes. Le 14, I'animal esl sacrifie ä 4 heures du soir.
Le 10 au matin, un hoi-sesteak est prepare dans une poöleavcc de la graisse de ve;iu et des oignons. Je suis etonne de ne Irouver ä la viande aucun goül anormal, ni aucune odeur pouvant reveler que de I'acetate d'ammoniaque a 6le administree ä haute dose. D'autru part, dans l'aprfes-midi, une parlie de la viande restante lul don-nee a la famille W.....(trois personnes). Froid, comme chaud, le
bouilli n'avail aucun goüt Stranger däsagräable.
Conclusion. — Contrairement ä mon attente, la viande d'un che­val morveux qui apris 120gr. d'ucötate d'ammoniaque liquide, pen­dant les 36 heures qui ontprec6dsect; l'abatäge, n'a pas d'odeur ou de saveur dfisagreable. D'oü il est permis de supposer que ce medi­cament agil dans I'economie sans se decomposer, pour laisser libre I'ummoniaqoe.
XXIII.nbsp; Traitement de la morve et du farcin par I'acide ar-senieux et la noix vomique räpöe. 11 y a vingt-cinq ä (rente ans, les vfit^rinaires ilalieus pretendlrenl gu6rir la morve parl'ad-miuistralion de I'acide arseuieux et de la noix vomique räpee. M. Prange, vöterinaire ä Paris, propagea le Irailement itulien en Fiance. On ne tarda pas ä constater que, malheurcusement, le nouveau traitement centre cetle malaiiie etait aussi impuiss:int que les trailements anl^rieurs. Los partisans des id6es ilalieunes firent observer que, si Ton ne reussissait pas en France, c'esl que lo climat est plus froid...
Comme j'elais en Alg6rie ä cette 6poque, que le climat de cclte colouie est plus chaud que celui de la mere patrie, et que j'avuis ä trailer beaucoup d'uffeclions farcino-morveuses, j'essayai, pen­dant quelque temps, le traitement Italien, avec un insucces complct.
Teile esl l'origine des trois experiences suivanles.
XXIV.nbsp; Farcin g6nöral. — Au mois d'avril 1862, un cheval far-cineux regoitchaque jour 2 grammes d'acide arsenieux el 10 gram­mes de noix vomique räpee.
Au moment de l'aulopsie, je donne de la chair a sati6t6 h deux
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chiens et ä un chat. Ils n'en sont point indisposes. Ce que voyant, je fais faire un pot-au-feu avec environ 1 kilog. de viande. Je re-commande ä mon ordonnance de n'en pas manger et de n'en pas donner, parce que le cheval a pris beaucoup de poison et que sa chair pourrait 6tre dangereuse. Alors un marechal, qui etait prä­sent, dit quil en a mangi hier un hon morceau, et qu'il n'a neu res-senti. Ce maröchal savait parfaitement que le cheval avail 6U abattu pour farcin giniral et traiti par l'acide arsinieux et la mix vomique. J'Ctais done devauce.
Le bouillon est däicieux, j'en mange ä 6 heures du soir deux grandes assiettöes, soit ä peu pres 6 decilitres. Le bouilli est bon, sans goütel runger.
Remarque. — Au repas du matin, je n'ai mange que du beurre, des pommes de terre frites et du dessert, sans viande (ä cause du carfeme); j'etais done dans lesmeilleures conditions pour que fac­tion de l'acide arsenieux et de )a noix vomique pussent se faire sentir, si c'eüt 6te possible.
Cetle experience avail pour but de m'eclairer sur la question de savoir jusqu'ä quel point il y a icraindre d'etre indispose ea mangeant de la chair provenant d'anlmaux medicamentäs et in-troduile frauduleusement dans la circulation.
Idee ou realite, il me semble avoir, de 7 ä 8 heures du soir, un peu de malaise; sic'estreel,ilpeutteniräceque, depuis quarante-huit heures, je me nourris mal.
Voulant pousser rexpörience jusqu'au bout et lever les doutes, je mange encore un peu de bouilli le soir, ä 9 heures, et je ne bois que de l'eau. Ne resseutant aucune indisposition pendant la nuit, je conclus que celte viande n'estpas mulfaisante. Le lende-main, j'offre a quelques families du bouillon et de la viande qui restent, en leur disant que ce que je leur offre provient d'un che­val farcineux ; mais que je suis sür de son innocuite ; que je n'en ai pas mange d'autre la veille. Les trois meres de famille m'ont repondu que si je les offrais, e'est qu'ils etaient bons, et qu'elles en mangeraient sans repugnance aucune, puisque j'en mangeais moi-meme. Je demande le soir 4 Tune d'elles comment I'aliment a ete trouve. Elle me repond : tres bon.
XXV. Pneumonic typholde compliquöe de morve. — Le 10 juin 1862, le cheval de M. J. a une pneumonie typhoide; a la fin du mois, il est convalescent; mais, au lieu de se refaire, il dc-perit. Au commencement de juillet, il passe dans la categorie des suspects de morve.
A partir de cette epoque, je lui fais prendre chaque jour 5 grammes de noixvomique en poudre at 1 gramme d'acide arsenieux,
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en les supprimant chaque seraaine un on deux jours, alin d'eviter des accidents toxiques. Vers le IS juillet, la dose d'acide arsenicux est portee ä 2 grammes, celle de noix vomique reste la mönie. Aucune amelioration n'£tant conslat^e, la uiorve, au contraire, fitant Evidente, le cheval est abatlu, le 4 aoul.
Autopsie. — Ulc^rations sur la muqueuse nasale, vomique et in­duration grise dans le poumon, etc.
Je prends environ 3 kilog. de viande, dont je donne une partie ä M. Chapelier, lui disant que e'etait de la viande de cheval mor-veux comme la precedente, qui avail 6te trouvee bonne. II y a quatre personnes dans la maison; soil cinq personnes, moi com-pris, qui en avons fait usage.
Conclusion. — La noix vomique et l'acidearsßnieux, adminislres ä dose medicinale pendant un mois, ne rend pas la chair malfai-sante.
XXVI. Morve et farcin chroniques. — Le H fevrier 1862, un cheval ägö de six ans, du Ier chasseurs d'Afrique, est admis ä i'in-firmerie, en rentrant d'Aumale, oü il a et6 traite pour farcin ä la face. II a actuellement des boutons de farcin : 1deg; depuis la com­missure gauche des IfevreSjjusqu'aux ganglions sous-glossiens, qui sent abc^des; 2deg; ä la face interne de 1'avant-bras gauche; 3deg; sur les reins ä droite ; 4deg; sur le cote droit.
Ces boutons sont ponctues, puis cauterises. Comme traitement interne, je fais donner k l'intörieur, tous les jours, dans le bar-botage : acide arsänieux, 2 grammes; noix vomique rapee, iO grammes.
Le 22, le jarret droit präsente un engorgement farcineux. Je sus­pends la medication pendant trois jours.
Le 25, j'administre de nouveau les medicaments ci-dessus. Une petite corde farcineuse apparait ä l'ars gauche. Elle est frictionn6e avee la pommade mercurielle double.
Le 12 mars, j'ouvre un nouveau bouton, qui s'est montrö sur la joue droite.
Le 16, de nouveaux boutons se formen! äl'avant-bras gauche et a la face anterieure du jarret gauche.
La maladie s'6taot generalisee, malgre la noix vomique et I'acide ars6nieux, le cheval est abaltu le 21 aoftt 1862, pour cause de far­cin incurable. A l'autopsie, je constatai la presence d'un grand nombre de chancres de morve sur le cote droit de la cloison nasale, dans la partie inaccessible au toucher et ä la vue. Le poumon ätait sain; pas de tubercule.
Pendant cette longue maladie, I'acide arsßnieux et la noix vo­mique ont6te donn6sjusqu'au jour de l'ahatage, avec des intermit-
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tences plus ou moins prolongees, surlout pendant mon absence pour une tournße au printemps. Je vois dans roes notes, que le 16 aoül, I'animul a regu 30 grammes d'ulofcs (probablement dans lo but de provoquer la manifestation de la morve), et que, le 18 et leSO, je lui ai encore fait adminislrer chaque jour 2 grammes d'acide arsenieux et 10 grammes de noix vomique.
Le 22, j'ai fait preparer un pot-au-feu. J'ai fait usage, non sans une cerlaine apprehension, du bouillon el du bouiili chauds. Je n'ai constate rien d'anormal dans l'odeur et la saveur.
Le 23, j'ai mang6 du bouiili froid, le matin et le soir. Etant alors bien assure que cette viande ne pouvait determiner d'accidents, j'ai donii6 le restant du bouiili (environ 300 grammes) äune femme, ordiuairement privee de viande et qui m'a 616 fort reconnaissante.
Conclusion. — La chair d'un cheval atteint de farcin ancien el de morve chronique ne determine pas d'accident, m6me apres un long traitement par l'acide arsenieux el la noix vomique.
XXVII. Morve chronique. — Le 24 septembre 1862, un cheval entier, onze ans, en bon 6tat, appartenanl a M. Halme, entre a Viufirmerie comme morveux. Les 25 el 26 septembre, pilules de 30 grammes d'alofes. Le canal intestinal etant deblaye, je veux es-sayer de nouveau le traiteraent vante par desvölerinaires Italiens. En consequence, les 26, 27, 28 et 29,1'animal recjoit chaque jour, le matin, 2 grammes d'acide arsenieux et 5 grammes de noix vo­mique räp6e; soil, en quatre jours, 20 grammes de noix vomique el 8 grammes d'acide arsenieux.
Ce m6me cheval a servi k faire d'autres recberches :
Depuis quelque temps, j'exp(5riinenlais, sur moi-m6me et sur les animaux, VAgave americana, si commun en Algerie, dans le but d'en Studier les proprietes revulsives, inconnues alors denos pharmacologistes. Ainsi:
Le 29 septembre, je fais preparer un sinapisme ordinaire, ct, d'autre part, une pulpe de feuilles d'agave. A 9heures4lj du matin, eelui-la est applique sur le cole droit de la poitrioe du cheval el celui-ci sur le cole gauche.
A 10 heures, I'irritalion commence a se faire sentir, le cheval cherche ä se Irotler. A 11 heures, 11 essaye de se mordre les cdl6s, principalement celui oü esl I'agave. A 11 heures el demie, il veut se rouler. A midi, il est calme. A 3 heures, les revulsifs sont en-levfis.
L'engorgement est sensiblement plus considerable du coM gauche, oü I'ugave a etc appllquee (1). Maisrenlrons dans la question :
(1) Mes experiences out 6t6 publides dans VAbeille medkale et dans la
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Autopsie. —Nombreusesulcerationssiir la membrane muqueuse nasale du cöte gauche, quelques rares tubercules dans le pou-mon.
Jo prends immediatement 7 ä 8 kilog. da viande, un morceau de foie et la cervelle, que je porte chez M. Balme, qui donne un grand diner.
Les nombreuses expöriences que j'avais faites anterieurement sur moi-möme, avec la chair de chevaux morveux arseniques et stnjchniquts, m'enlevaiient toutscrupule,d'aulanlplus que M.Balme savait comment son cheval avalt e 16 trait6.
En consequence, le 30 septembre, nous elions reunis avec une vingtaine de convives, pour manger a toute sauce du cheval dont il s'agit. II va sans dire que tout le monde en a bien mange et que personne n'a ete incommode.
Conclusion. — La chair d'un cheval morveux qui a pris, en qualre jours, 20 grammes de noix vomique et 8 grammes d'acide arsenieux, n'est pas dßletere.
Avant de me lancer dans les aventures plus ou moins t6-m6raires d'offrir du cheval morveux auxpauvres, plutotque de les abandonner aux privations de la faim, j'ai avale, six ou sept fois au moins, de petits morceaux de viande de chevaux morveux crue, alors que j'6tais au 1quot; chasseurs d'Afrique. A Paris, h la suite de contestations k ce sujet, j'ai encore r6p6t6 plusieurs fois la m6me experience.
Voici deux fails entre autres :
XXVIII. Morve et farcin general (viande crue). — Le 23 mai 1863, je vais,comme de coulume, au clos d'6quarrissage d'Auber-villiers, oü je trouve un cheval amenö pour 6tre sacrifle comme #9632;elant atleint de morve et de farcin general. Je rexaminc avec soin, et je constate, en effet, qu'il a sur le corps et sur les membres de nombreux boutons de farcin, relisect;s entre eux par des cordes farcineuses. Dans les cavites nasales, j'aperQois, en outre du jetage, de nombreuses ulcerations de morve.
Pharmncologie du professeur Tabourin. II est regrettable que les pi-c-prices revulsives de l'agave ne soient pas plus comiues des medecins et des veteriiiaires, qui se trouveutdaiis les colonies oü cotte plante est com­mune. Mes experiences, rßpetees avec l'agave que I'on conserve ä Paris comme plante d'ornement, out produit une revulsion analogue ä cello produile par l'agave do I'Algerie.
E. Decroix. — Viande de cheval.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3
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L'animal est abattu en ma presence, d'un coup de mailloche et saigne ensuile, ä8 heures et demie du matin. Je prends un mor-ceau de viande ä la cuisse et je relourne ä Paris.
En rentrant chez moi, a 10 heures, k la caserne des Celeslins, je dejeune avecune lasse dechocolat et un peu de puree de pommes de lerre. A midi, je prends un morceau de 5 a 6 grammes de viande, je l'enrobe dans la cassonade pour altenuer la repugnance qu'il m'inspire, et je l'avale comrae une pilule.
Trois quarts d'heure apres, je prends un verre de liqueur pour chasser le dögoüt que je ressens encore contre la viande crue. Le restantde I'approvisionnementa ele consommsect;cuit, etni la viande cuite ni la viande crue ne döterminerent d'accidents.
XXIX.nbsp; Cheval mortde morve aigue (viande crue). — Alafla du siege de Paris, le 26 Janvier 1871, j'apprends que, la nuit pr6-cedente, un cheval de la I6e batterie du 8deg; d'artillerie est mortde la morve, dans la cour de la prefecture de police.
Je parviens ä grand'peine k obtenir de rofficier et du vetärinaire un morceau de viande pour mon usage, parce qu'ils ne veulent pas assumer la responsabilit6 de laisser manger une substance aussi dangereuse. Le vetßrinaire surtout, M. C..., donne toutes les raisons admises pour demontrer qu'il n'est pas prudent ä moi de manger de cette viande.
Pour toute rsect;ponse, j'en coupe un morceau du volume d'une noix et je l'avale erlaquo;. Alors, convertis par cet exemple, les mili-taires enlevent toute la chair pour leur cuisine.
Conclusion. — Quand on a faim, non seulement on peut faire usage de la chair d'un animal abaltu pour morve, mais mfime de celle d'un cheval mort de la morve aigue.
XXX.nbsp; Pr6jug6s et paperasseries. — Ce mfime jour, 26 Jan­vier 1871, se trouve dans la mfirne batterie que ci-dessus, un autre cheval morveux, pour lequel on envoie chercher l'öquarris-seur.
Je demande au lieutenant qui commando cetle batterie de vou-loir bien me livrer ce cheval, pour mon usage et celui de mes amis et connaissances. L'officier n'ose prendre sur lui la respon-sabilite, et m'envoie au capitaine, qui me renvoie au colonel, qui me renvoie au general de Courty. Celui-ci me dit d'öcrire au Mi-iiistöre de la guerre!...
Coanaissant les lentcurs desesperantes de notre administration paperassiere, je crois inutile d'ecrlre; aussi les 200 kiiog. de viande que reprsect;sentait le cheval dont il s'agit onl-ilsel6 perdus pour ralimentation et envojes a l'äquarrisseur (qui les a peut-6tre vendus clandestinement).
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VIANDES INSALUBniiS.
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Conclusion. — Si le colonel et le gönernl avaient eu moins de prejuges, el s'ils avaient 6t6 aussi afTames que ceux en faveur desquelsje faisaisles demarches, je ne doute pas qu'ils ne m'eus-senl livr6 le cheval dont il s'agit.
XXXr. L'exemple touche plus que la parole. — Dans la rela­tion de mes 6tudes, j'indique assez exactement ä combien de per-sonnes j'ai donnß de la viande dont je faisais usage möi-mäme. Mals je dois ajouter que, maintes fois, je me suis apergu que, aprös men depart, les marechaux d'abord, puis les cavaliers, sur-tout ceux qui avaient de la famille, prenaient sur les cadavres des quantit^s plus ou moins considerables de viande, m6me lorsque, n'etant pas bien fix6 sur le degre d'innocuite, je leur disais qu'elle pouvait 6tie dangereuse. 11s m'en voyaient prendre pour moi-rnöme, cela leur sufflsait, tant il est vrai de dire : laquo;L'exemple touche plus que la parole. raquo;
DEUXIEME PARTIE
I. — VlANDKS DE BOUCHERIE CONFISQUliES COMME fiTANT INSALUBRES.
Les experiences faites sur la viande de chevaux atteints de differentes maladies, de 1860 ä 1868, m'ayant d6montr6 combien 6taient peu fond6es les objections que Ton m'avait faites, au sujet des accidents qui pourraient survenir, disail-on, si des bouchers vendaient des chevaux malades, je rösolus de faire des experiences sur la chair de boeuf, de veau et de moulon, saisie dans les halles et dans les marches de Paris. Pour en avoir de source certaine, je m'adressai ä M. Chevreul, directeur du Jardin des Plantes, afin d'6tre autorisö ä prendre ä la menagerie de la viande saisie comme insalubre par les inspecteurs, et destinöe aux Mtes föroces. Je dösirais poursuivre, lui disais-je, des experiences que je faisais sur les viandes. Voici la relation de quelques-unes de ces experiences.
I. Viande de boeuf fiövreuz et phthlsique. — Le 19 novem-bre 1866, M. Pierre m'apporte deux echantillons de viande saisie
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aux halles et envoyee au Jardin des Plantes : 1deg; comma fiivreux; 2deg; comma phthisique.
La premiere est un peu foncee en couleur, comma la viande dc cheval (ca n'aaast pas, eile proviant sans douted'un viauxboeuf).La seconda est plus rosfia, se rapproche davantage de la viande de veau.
Crue, la premiere a una odeur presque imperceptible, que n'a pas J'autre; cuite an biftecks, il n'y a pas da difference appre­ciable enlre Tune at I'autre. En pot-au-feu,Ie bouillon en estbon, quoique un pan pdle. Le bouilli da la viande phthisique est plus beau, mais plus dur ; celui du flevreux est un peu plus foncö, plus tendre, mais moinssavoureux; ni Tune ui I'autre n'ont da saveur ou d'odeur desagreables.
Je dine avec ces deux produits, sans autre plat.
Conclusion. — La viande phthisique at la viande fi6vreuse sont bonnes et peuvent 6tre livrees a la consommation en cas de di-sette.
II.nbsp; Bocuf, mouton, veau conßsquös pour causes diverses. — Le S mars 1868, je vais la matin au Jardin des Plantes, cher-cher un approvisionnement de bceuf, veau et mouton. Je donne l'ordre de faire cuire ces viandes pour mon diner.
Le matin, je dejeune avec de l'infusion de foin et une tartine de beurre (1).
J'ötais done dans les meilleures conditions, le soir, pour absor­ber les principes malfaisants de la viande, si alle en contenait. 0.', pour mon diner, je mange du bceuf, du mouton et du veau confisquös laveille. Ces viandes sont cuites ä l'ötouffee, en ma­nure de cheval ä la mode. Elles ne causent aueun accident.
III.nbsp; Bceuf, collection purulente. — Le 10 mars 1868, je vais renouveler mon approvisionnement au möme Etablissement, et jo rapporle, comme prScedemrnent, du bceuf, du veau et du mouton. La viande de boeuf, de couleur rouge blafard, a etö coupee dans la cuisse, non loin d'une collection purulente; cellede veau et de mouton n'a rien de Men notable.
Les trois morceaux sont prepares ä la manicre d'un ragoül de mouton ordinaire. Je fais usage de ces viandes ä. mes deux repas, a l'exclusion de tout autre mots. Je ne puis reconnaltre aueun
(1) Pendant l'hiver 1867-08, il y eut en Algcrie une famine teile, qu'un grand nombre d'liomines et d'anitnaux pdrirent, et que des meves mange-rent leurs propres enfants. C'est ce qui m'encouragea ä cnntlnuer mes expöriences sur les viandes et me d^ierraina ä faire des recherches, au point de vue alimentaire, avec l'infusion de foin des prairies naturelles ou artißcielles, et avec les feuillesde cactus etd'agave, si communes en Algtirie.
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VUNDES INSALÜBRES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;37
goüt extraordinaire. Cependant, la pensee do la collection purulente m'inspire une repugnance que j'ai peine ä surmonter. Toutefois, je ne ressens aucune indisposition, ni pendant la nuit, ni le len-demain.
IV.nbsp; Boeuf; maladie innominöe. — Le 21 mars 1868, je vais, comme de coutume, chercher sept ou huit morceaux de differents quartiers de boeuf, de veau, et de mouton. Je les soumets tous ä un examen microscopique, et nc trouve aucun microzoaire aulre que quelques vibrions, comme on en trouve a pen pres dans toutes les viandes exposßes ä l'air pendant quelque temps.
Le mömejour, M. Pierre, ators inspecteur de laboucherie, q;ii m'a beaucoup aide dans mes recherches, m'apporte de la viando qu'il avail saisie le matin, parce qu'elle 6tait partout marbrie de rouge, comme si la globuline avait filtrsect; ä travers les parois vas-culaires quelques jours auparavant. A I'exatnen microscopique, je ne decouvre aucun animalcule.
Quelle 6lait la maladie dont I'animal avait et6 atleint, c'est ce que M. Pierre el moi n'avons pu savoir.
Le 22, je fais pröparer un pot-au-feu et une espece de ragoül uvec les trois especes de viande; quatre personnes averlies de la provenance de ces viandes viennent diner avec moi. Mais je ne velt;ux pas qu'elles mangent du morceau apporlö par M. Pierre; moi seul veux I'experimenler, n'etant pas bien flxö sur la nature de raffection qui lui a donnö eel aspect marbre.
Pendant le diner, arrive inopinement Mme Dulreilh, qui mange aussi des viandes du Jardin des planlos. Je ne la previens pas de la provenance; mais eile connail depuis longtempsles recherches auxquelles je me livre. Elle sail que je ne fais manger d personnc des viandes dites insalubres, avant de m'ötre parfailement con-vaincu, par une experience personnelle, qu'on peut le faire en toule s6curit6.
Aucun convive, bienentendu, n'a 6te incommodfi. La viande ap-porlöe par M. Pierre pouvait done egalemenl 6tre consomm^e.
Pendant cinq ou six mois, j'ai continu6 mes experiences avec les mfemes viandes et avec les m6mes r6sultats satis-faisants. Je crois done inutile de continuer les r6p6titions; je vais me borner ä citer sommairement quelques parli-cularil6s.
V.nbsp; Boeuf malade et infects. — Le 29 mars 1868, je rapporte du Jardin des planles du veau, du mouton et du boeuf. Les deux
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38nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; VIANDES 1NSALUBRES.
premieres viandcs ne presenlenl rien de particulier;maisle boeuf a une couleur brunatre ; il est flasque et rßpand une odeur desa-greable, determinöe par des breuvages d'essence de t(Sr6ben-thine ou d'ammoniaque. Neanmoius il serl ä faire le pot-au-feu.
Guile, la viande conserve sa couleur fonc6e, son odeur desa-gröable et la saveur de la viande inlectee par Tessence de lerebon-thine. Ello ne resistc pas asscz sous le couteau et sous la dent; eile se reduit en päle quand on la comprime enlre les doigls. J'en mange quelques bouchöes avec degoüt ; eile ne me fait pas mal, mais la saisie etait parfaitement justiflee.
Le 30, madame F... arrive ä l'heure de mon damp;jeuner ; eile mange, comme moi, sans en etre incommod6e, du mouton et du veau conflsqu^s. Quant au boeuf, je l'ai jete.
VI.nbsp;Viande infiltree et anömique. — Le 17 avril 1868,je rap-porte, comme approvisionnement.du boeuf et du veau. Celui-lä est infiltre de serositö; celui-ci öveille I'attention par sa päleur; il me semble en outre qu'il contient des animalcules. Quoiqu'il en soil, les viandes servent a mon usage en bouillon, enbouilli et en ragout.
J'en mange sous ces trois formes pendant trois jours.
VII.nbsp; Viande ätbisique, manquant de moelle. — Le 21 avril 1868, je rapporle de la viande maigre, päle, flasque, el une graisse jaune fence qui, examinöe au microscope, präsente des globules graisseux fendilles, rugueux.
Je mange de celte viande pendant toule la semaine, sans aulre consequence que le degoüt.
VIII.nbsp;Viande inflltr£e. — Le 30 avril, un boeuf confisqu6 pre-sente une belle viande a l'avant-main et une viande infiltree de s6-rosite sanguinolente ä l'arriire-main.
Je faisun pot-au-feu avec ces deux viandes. L'apres-midi, une dame vient chez moi et demande a prendre une lasse de bouillon; je lui offre d'autres aliments, mais eile prefere le bouillon, qu'clle trouve Ires bon.
Pendant toute la semaine, je n'ai fait usage chez moi que de ce bouillon et de cette viande.
IX.nbsp;Viande ä, animalcules. — Le 16 mal, je rapporle du boeuf et du mouton. La viande de boeuf, blafarde, flasque, laissant suinier du sang, vient probablement d'un animal mort de mala-die hydroh^mique. Dans le sang, je vois, k un grossissement de 600 diamelres, des animalcules de formes diverses s'agilanl, fr6-tillant avec rapidity. Les uns ressemblent a des points noirs; d'au­tres sont allonges, et parmi eux, il y en a qui sontnoueux comme le teaia et d'autres qui sont unis comme des sangsucs.
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Pendant plusieurs jours je n'ai pas manga d'autre viande.
X.nbsp; quot;Viande un peu avaiic6e. — Le 23 mai 1868, je rapporle de la genisse, d6ja vieille pour 6tre du veau ettrop jeune pourfitrede la vache engraissöe, d'oü je conclus qu'elle 6la.it malade, sinon morte, au moment de la livraison a la boucherie. Je rapporte ega-lement du bceuf qui commence ä röpandre une odeur de faisande.
Je fals preparer un pot-au-feu et un plat ä la casserole. Le bouillon n'est pas bon; le bouilli laisse aussi a desirer. Cependant, je mange de ces differenls mets pendant trois ou quatre jours, sans aulre inconvenient que la repugnance et la saveur däsa-gröable du bouillon et du bouilli.
XI.nbsp; Viande ä odeur laiteuse. — Le 27 juin 1868, je rapporte du boeuf maigre, non saignant, ne mouillant pas le doigt et n'en prenant pas Tempreinte; en un mot, ayant un assez bei aspect, mais röpandant une odeur prononcße de lait cailU.
Cuile, cette -viande est secbe, filandreuse, sans mauvais goüt appreciable; couleur un peu päle; n6anmoins je la mange, non sans repugnance. Pas d'autres inconvenienis.
XII.nbsp; Gras-double cancereux. — Le 3 juiu 1868, j'envoiecher-chei', rue Saint-Marlin, chez un sptcialiste, des tripes ä la mode de Caen pour mon dejeuner. Apres avoir mange une parlie de ce mels, j'apercois un morceau noir comme du charbon. J'examine alors avec sein tout ce qui reste dans le plat, et je constate que cette partie noire venait de Tun des piliers du rumen ; qu'elleavait la consistance etl'aspect du tissu cancereux, que d'autres parties etaient le siege d'une vive inflammation avec infiltration et ra-molllssement des tissus; j'ai trouv6 aussi des feuillets de la cail-lette äpaissis, noirätres, Iriables et ulcerßsdansquelquesendroils.
L'animal avait tres probablement 6tsect; abattu ä cause des trou­bles fonctionnels que ces lesions delcrminaient, et elles avaient 6chappe ä l'examen de l'inspecteur, si toutefois l'animal avait 616 inspects.
Sauf une repulsion, undögoüt faciles ä comprendre, je n'ai pat 6teindispos6, et il est probable que tout s'estbien passß cgalement chez les consommateurs qui ont fait usage des autres parties de la mfime bfete.
XIII.nbsp; Viande de vache fiävreuse et de mouton. — Le 11 dsect;-cembre 1876, je rapporte du Jardin des planles du mouton, confls-qu6 pour je ne sais quel motif et du boeuf qui meritait d'iHre saisi comme etant fisect;vreux (11 a une couleur verdätre en quelques en-droits, et r6pand une odeur Evidente de lait aigri).
Leraouton est cuit en haricot, le 12 au matin. Mon ami L.., qui arrive au moment du repas, en mange avec moi, et comme il vou-
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lait enprendreunesecondefois, je lui fis observer quenous avions encore une omelette k manger. laquo; C'est 6gal, dit-il, je reprends encore de ce plat; il est tres bon!... raquo;
Le soir, le bceuf est mis en pot-au-feu; mais il n'a pas eu le temps de cuire assez longtemps ; le bouillon est faible ; le bouilli est dur; il a une odeur pen agreable. Nöanmoins je ne mange que ces mets a mon diner et je continue d'en faire usage jusqu'au 16, sans en eprouver aucune indisposition.
Conclusion. — La \iande deboeuf, verdälre, fievreuse,repandanl une odeur de lait aigre(non de putrefaction), n'est pas malfaisante, mais tres repugnanle.
XIV. Typhus contagieux des bates a cornes ou peste bo­vine. — Aussitot que la guerre de 1870-71 fut terminee, que I'ai-mistice fut signe (fin Janvier), on s'empressa de faire entrer des vivres dans Paris. Des troupeaux de boeufs furent concentres au marche et a l'abattoir de la Villette.
L'armee allemande avait amen6 4 sa suite le typhus contagieux, par ses boeufs d'approvisionnemenf, et en avait sem6 les germes partout oü eile avait pänetr6.
Parmi les boeufs amenes ä Paris, il y en avait chez lesquels la peste existait a l'ätat d'incubation. Aussi, aprfes le ravitaillement de Paris, l'existence de la peste bovine fut-elle conslatäe parmi les boeufs räunis ä la Villette. Je me suis empressö de profiler de roccasion,pour me livrer äquelques recherches sur la salubrite ou l'insalubrite de la chair el du lait des pesliferes. Voici trös som-mairement la relation do quelqucs-unes de mes experiences.
A.nbsp; Lait de vache pestif6r6e. — Le 24 fevrier 1871, j'obtiens ä gi'and'peine, d'une vache agonisante, environ deux decilitres de lait, qui, examine au microscope, ne me prefsenle rien d'anormal (je ne me donne pascomme un habile micrographe, loin de lä). Je bois ce mfime jour la moitie du lait, et le restant le lendemain, 2ö fevrier.
Le 27, je puis me procurer encore environ un decilitre de lait d'une vache affectee de la maladieä la premiere periode. J'en bois la moilie le 27, I'autre moiti6 le 28.
Je n'ai ete incommode ni par le premier lait, ni par le second.
Conclusion. — Bien que mes notes soient incompletes, au point de vue des qualit6s phjsiques et gustatives, je me crois aulorise ä conclure que le lait de vaches atteintes de la peste, m6me a une periode avancee, ne possede pas de proprietes deleleres, ce qui ne veut pas dire que j'en conseille I'usage.
B.nbsp; nbsp;Peste bovine. Usage de la viande. — Le 27 fevrier 1871, je vais ä Tabattoir de la Villette et je prends, sur le cadavred'un
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boeuf mort depuis 20 heures de la peste, un morceau des muscles prefemoraux. D'autre part, je prends un petit morceau de muscle de quinzc animaux abattus in extremis ou peu s'en Taut.
Le 28, aprfes avoir fait des recherches microscopiques, j'invilea diner M. Petit etM. Pierre, inspecteur de la boucherie. Nous man-geons tous trois du boeuf typhique; en bouillon, enbceuf alarnode, en civet. Ces mels sont de bonne quality.
Le 1quot; et ie 2 mars, je fais encore usage de la viande typhique en daube et en bouilli froids.
La fibre musculaire ne presente rien d'anormal, m6meexamin6e par M. Ranvier, micrographe du College de France.
Conclusion. — La peste bovine, comme lesautros maladies, ne rend pas la viande d6lel£re. —Sanscela,qued'accidents äl'epoque dont je parle...!
XV. Peste bovine. EntozoYdes. Viande crue. — Les micro-graphes allemands et anglais ont constate, il y a dejä longtemps, I'existence dans la cliair des animaux pestiKrfis, d'une espece d'en-tozoaire ou d'entozoide mal defini quant k sa nature. En France, personne, que je sache, n'avait encore parle de ce produit avant le siege. J'ai done cherche a le voir dans la viande que j'apportais de l'abaltoir. J'ai 6te assez heureux pour en apercevoir avec le mi­croscope, dans plusieurs morceanx, au möme grossissemenl que pour voir la Irichine.lla rapparcncedelalarvedel'oBstre du cheval ou d'un grain de riz tres cuit. En faisant couler un peu d'eau car-minee entre les lames de verre, les contours se dessinenl bien et restent apparents pendant des mois.
Je dois faire observer que ces entozoides ne sont pas egalemenl reparlis dans toutesles regions, et qu'il faut faire quelquel'ois bien des exameus, avant d'en trouver cbez les animaux qui en ont cer-tainement; il en est de möme des trichines.
Or,le8 mars 1871, M. H. Bouley fit, dans l'amphithgätrc de l'£-cole de mßdecine, une conference sur les symptömes et les lesions de la peste bovine a sa periode d'etat.
Dans le but de rassurer, autant que possible, les personnes qui osaient ä peine acheter du boeuf a la boucherie, de crainte qu'il no provint d'un animal typhique, j'ai pris un morceau de chair du boeuf en demonstration, et l'ai avale era, en presence des audi-leurs. Je dois ajouter, qu'ä I'examen microscopique, j'ai constate dans la fibre musculaire les especes d'entozoides dout il vient d'etre question.
Conclusion. — La chair crue d'un boeuf peslifer6 ne determine pas d'accidents.
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42nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VIANDES INSALÜBRES.
Je sals qu'un fait isol6, dans ces sortes de recherches, ne prouve pas grand' chose ; mais si je parle avec tanl d'assu-rance, c'est en me basant sur l'ensemble de mes expe­riences, experiences sur lesquelles je m'appuie pour affir-mer de nouveau que Tow pent faire impimement usage de la chair mile d'un animal mort de n Importe quelle maladie. — La question de medication et de putrefaction est resei-vee.
XVI.nbsp; Viandede pore. Rouget ou peste porcine. — La mala­die connue sous le nom de rouget du pore est si dßsaslreuse, en cerlaines annces et en certaines regions du midi de la France, qu'il y avail interfit, pour moi, a faire usage de la chair d'un ani­mal mort de cette maladie, atin de m'eclairer personnellement en vue de l'inleröt general. Bien que M. Pasteur ait decouvert le vac-cin de celte afieclionje crois ulile de menlionnerles expöriences que j'ai faites.
Je me suis done adressö ä M. Maueuer, veterinaire ä Bellenes, qui a eu robligeance de m'envoyer un jambon frais, provenant d'un pore mort du rouget. Je l'ai mange avec d'autres personnes, sans qu'il en resultat aucune indisposition.
Mais dans les pays oü regne la maladie, l'innocuite de celte mode est lellemenl connue du public, que je crois inutile de rap-porter ici mes experiences en detail.
XVII.nbsp; Viande de pore ladre.— Le 21 mars 1868, je prendsdes morceaux de lard ä trois pores qui onl 616 saisis pour cause dela-drerie. On voit dans la viande de nombreux kjstes, dont les plus volumineux onl la grosseur d'un pois. Un tnorceau pesanl environ 200 grammes est cuit ä la casserole el sert a faire un repas qui ne presente d'aulre inconvenient que d'filre tres repugnant.
Le mfime jour, je fais usage d'un morceau de lard marbreen rouge-brun par des ecchymoses, dont la cause m'esl inconnue.
Conclusion. — Tous les veterinaires savent qu'ä la periode ini­tiale, il n'est pas toujours possible de reconnaltre la ladrerie, pas plus que la phtisie des vaches, et que souvent il en entre dans 1'alimentalion publique. Heureusement que la cuisson est plus efficace, ä cette periode, que I'inspection.
XVIII.nbsp;Lard trichina. — II y a trois ou quatre ans, j'ai fait des experiences sur la viande trichinee; mais je passe ä des fails tout r6cents.
Le 10 Janvier 1884, je me procure environ 200 grammes de lard
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sal6 d'Amerlquecontenant des Iricliines. Le morceau estcomposö de 2/3 environ de gras et de 1/3 de maigre(i}.
Le samedi \8, je fais une omelette au lard, que je mange ä mon dßjeuner. — Le 19, nouvelle omelette au lard. — Le mfime jour, je mets ce qui me restc de lard moitie dans un pot-au-feu de chc-val, et moitie dans un cheval ä la mode.
Le bouillon, le lard cuit et lelardquigarnit le cheval ä lamode, sent consommes les 19, 20, 21 et 22 Janvier, sans aucun inconve­nient.
Conclusion. — Falles cuire votre lard trichina, et ia trichine, composee d'oxjgi^ne, de carbone et d'azote, comme lous les pro-duits animaux, serviront ä vous alimenter au lieu de vous tuer.
XIX.nbsp; Lard trichine mangii cm par un chat. — I.e 5 mars 1884, au matin, je me procure 300 grammes de lard salß d'Amö-rique,contenant des trichines. Dans le morceau, ii y a des couches de maigre moins 6paisses que les couches de gras.
Je place ce lard dans mon bureau, en attendant que je puisse montrer les trichines, ä la reunion des viUrinaires militaires, qui doit avoir lieu le 14 mars.
Dans l'apres-midi du 3, je vais faire des courses. En renlraut vers 7 heures du soir, je m'apergois que le chut en a mangö 10 ä 15 grammes environ, laut gras que maigre.
Aujourd'hui, 28 juin, le chat se porte bien et n'a pas elö malade.
Le 9, je fais une omelette danslaquelle enlrent 40 grammes de lard.dont l/3environest maigre. —Le 10,onen met 130 grammes dans un pot-au-feu de cheval.
J'en maugela moitlfi le mfime jouret lerestantle lendemain.
Conclusion. — Uu morceau de lard trichlnö, mange cm par un chat indiscret, n'a determine aucun accident, ce qui ne dötruit nullement les faitsincontestables de propagation de la trichinöse parla viande crue. Mais la salaison tue quelquefois les trichines.
XX.nbsp; Viande de porc alcoolisä. — Dans le but d'6tudier l'al-coolisme chronique dans l'espece porcine, en vue d'en tirer des conclusions uliles ä l'espice humaine, la Societi francaise de tem­perance a soumis sept ou huil pores ä une alimentation dans la-quelle des spiritueux, et nolamment I'alcool, entraient chaque jour dans la proportion de 2 grammes environ pour 1,000 grammes du poids de Fanlmal vivant.
Pour le porc, dont je fais I'hislorique, le regime a commencö au mois de mars 1879 el a 6le continue jusqu'au 9 septembre, äpoque ä laquelle I'alcool futsupprimö.
(I) La prefecture de police n'ayantpas voulu me donner du lard qu'elle avail confisquö, je m'en suis procure par une autre voie.
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A'IANDES INSALUBnES.
Le 16 septembre, I'animal est Irisle, mange peu et vomit une partie de ce qu'il prend. Les jours suivants, il mange de moins en moins, vomit de plus en plus, marche difflcilement et meurt dans la miit du IS au 19.
Autopsie le 20 septembre. — Environ 1 decilitre de s6rosit6 sanguinolente dans I'abdomen; un peu d'injeclion vasculaire dans I'intestin. Un clou a transperce Vestomac pres du pylore, I'indura-tion qui existe aulour de la blessure indique que celle-ci remonte a quelques jours. D'autre part, les plevres contiennent environ un demi-Iitrede sörosite sanguinolente, et lepericarde, 50 centilitres.
Usage de la viande. — Un jambon frais est apporte chez moi; il est beau et ne röpand aucune odeur desagräable pouvant 6tre attribute k ralcool.
Le 20, je fais frire a la casserole un morceau de viande; il est tendre, a le goüt du pore frais, sans odeur ni saveur alcooliques.
Ce premier repas fitant encourageant, j'offre de la viande, que je possede en abondance, ämon concierge et a Mmc Dutreilh, qui acceplent avec empressement. Bref, lout fut cousommä en quei-ques jours.
Conclusion. — L'usage journalier de l'alcool, prolonge pendant des mois, n'a pas rendu la viande nuisible ou d6sagreable.
XXI. Pores des clos d'6quarrissage. — En 1861, le public et la presse d'Alger se pieoccuperent beaucoup des atteintes que les pores engraisses a. l'equarrissoir portaient ä la sanlö de la po­pulation. La Socitti de mMecine d'Alger fut saisie de la question. Comme rapporteur de la commission d'enquöte, j'ai du faire des recherches et des experiences qu'il serait trop long de relater ici, mais dont voici les conclusions principales. Aprös avoir 6tudie comparativement le lard de ferme et le lard de Vequarrissoir, j'ai constatö que :
1deg; 11 n'y a pas de difference notable, au point de vue physique, sous le rapport de la couleur, de l'odeur et de la consistance;
11 est important de faire observer que la viande de cheval etait donn6eaux pores pour activer leurcroissance;mais que l'engrais-sement etait terming ä l'aide de grains ou de farineux, comme dans les fermes, ä l'exclusion de la viande;
2deg; A la cuisson, le gras du lard de ferme a perdu un peu plus (1/10) que celui de l'öquarnssoir; tandis que, pour le maigre, c'est le contraire qui a 6t6 observfi (1/20);
3deg; Au point de vue de la saveur, le lard de l'equarrissoir est plus ferme, plus savoureux, meilleur;
4deg; Au point de vue de la salaison, le lard de l'öquarrlssoir s'est moins bien conserve que celui de ferme.
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Conclusion. — La difförence enlre le lard de ferme et celui des clos d'equarrissage n'est pas lellement sensible, qu'il y ait lieu de prendre des mesures prohibitives contre ce dernier, surtout si I'engraissement est lermine a la facjon ordinaire.
XXII.nbsp; Viande de chien enragö. — Le 20 mars 1862, un einen enragä est abattu, d^pouille, vid6 le matin et mis ä midi dans unc marmite, avec legumes, sei, etc. 11 cuit jusqu'ä six heures dusoir.
Le 21 au matin. — Bouillon : couleur jaune clair, semblable ä une faible döcoction de rßglisse. Legere odeur de lard rance, saveur dfisagreable, ayantune grande analogic avec la soupe au lard sale et rance, mangeable cependant.
Bouilli: Viande tendre, un peu Irop cuite, belle ä la vue, ayanl un goütsui generis, qui rappelle une bonne viande arrangee avec du lard rance; moins disagriahle que le bouillon. On pourrait pro-bablement le servir ädes convives non preveaus. Je tiens compte de im grande röpugnance, repugnance qui me donnaitdes envies de vomir avant de goüter ä ce plat tout nouveau pour moi.
Höti /roti dans une casserole avec de lagraisse et des oignons, bei aspect; pas d'odeur sensible, bonne saveur. Une dizaine de chasseurs d'Afrique en ont mange et l'ont trouve bon.
I par.iit qu'il se degageait de la marmite, pendant la cuisson du bouillon, une odeur repoussante. II n'y a pas eu d'odeur notable pendant la cuisson du röti.
Conclusion. — Le chien pent donner un bon röti {ä. la casserole), un bouilli mangeable, un bouillon mauvais.
Uu autre chien n'est pas trouve bon par la famille V..., qui en ignorait l'origine.
J'al fait aussi quelques experiences avec la chair de chien n'ayant pas de maladie; je crois inutile de les rap­porter ici.
XXIII.nbsp; Volailles. —Cholera des poules. —A l'epoque ou j'ai fait mes fitudes sur les gallinacös (1861-02), une maladie exenjait des ravages effrayants, depuis une quinzaine d'annees, pnnni les oiseaux de basse-cour de l'Ejrope et principalemenl parmi les poules de France et d'Algöiie. A Mustapha, les poulaillers de MM. le marechal Randon, le general Yousouf, le colond de Las-cours, etc., 6taient depeuplös.
La duree de raffeclion est dt; un ä Irois jours : la cröle se fl^trit, les yeux se ferment, les paltes serefroidissent, un muco-ptis s'e-coule par les narines, la marche est cbancelante, puis impossible; eiifln la böte meurt, apres quelques heures ou quelques jours de
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maladie. Onne eonnaissaitpas encore, ä i'epoque dont jeparle, de traitement efflcace. Aujourd'hui, M. Pasteur a decouvertle vacciti du cholßra des poules.
A I'aulopsie, on trouve le jabot et le gesier h peu pres dans 1'e-tat normal, lesiiiteslinscontienrientun peu de matiöreschyrneuses liquides, jaunätres dans les premieres portions, verdätres dans les dernieres. La muqueuse präsente des ecchymoses, des p6t6-chies. Le foie a conserve sa couleür normale, mais non sa consis-tance; 11 est friable, se reduit facilement en bouillie; la bile est Ires äpaisse, vert foncsect;. Le larynx est enflammö, les cavitös na­sales comiennent du muco-pus.
XXIV.nbsp; Quatre volailles mortes. — Le 8 avril 1861, M. d'Hin-court me fit apporter, d'abord, deux coqs morts : Tun, la veille; I'aiilre, la nuit. On craint un empoisonnement. Je crois avoir affaire ä une affection typho'ide epizootique, göneralementappelee cholera des poules.
L'autopsieetaita peine terrain6e,que deuxautres poules me sont envoyöes; elles vienrient de mourir, alles sont encore chaudes. On les rßpartit sect;galement entre les marechaux, aprös avoir jef6 les viseeres.
Je fais donner de la chair ä Irois chiens: deux la refusent; le troi-sieme s'en rassasie. Je plaide l'innocuite de ces volailles et je m'en fais preparer un plat. Les marechaux suivent mon exemple.
Alors,pour appuyerma manierede voir, le commissionnaireme dit qu'il a d^ja mange de ces poules lorsqu'elles 6taient mortes, et qu'il les a trouvees bonnes ; il m'a mome fait observer qu'il avait fgalement mange le foie.
Les uns arrangent la volaiile en ragout, avec des pommes de tcrre; les aulres ä la sauce blanche. Je mange de ce dernier p'at, prepare avec le coq; il est un peu dur, mais sans mauvais goüt.
Inutile de m'6tendre sur mes experiences; presque toutes les menageres en savent autant que moi sur ce sujet.
XXV.nbsp; Cholera des ponies. — Chapon an riz. — Le ISjuin 186t, je suis consults par une dame pour connallre la cause de la mort d'un chapon, et lui dire si la viande peut 6tre mangee.
J'examine la böte: Teinte im peu fonc6e de la chair, qui n'a pas •He snignee. Maigreur, foie beau et sain ; jabot et gösier mödio-crementremplis ;le premier repand uneodeuracide. La muqueuse de l'intestin est baignee de matiercs jaunätres pros de I'estomac, et brunätres vers le rectum. Elle est pointillee d'ecchymoses et de petechies qui lui donnent un aspect marbrö de rouge.
La chair est fermo, un peu rouge, sans mauvaise odeur; jo
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declare qu'elle peut 6tre livree ä la consommation, sans aucun danger pour la sanle.
I.e 20, la viands est mangee par quatre personnes, qui s'en Irouvent bicn, a l'exceplion toutefois de la dame, mal disposee, qui en mangea un peu k contre-coeur, parce qu'elle seule con-naissait la provenance du chapon. Elle a eu des maux d'eslomac, et un peu de diarrhße, 10 heures apres ringeslion.
XXVI.nbsp; Viände de Gu6parrt ^pileptique. — Vers le 24 sep-lembre 1876, un guepard (felis jubata), carnivore du genre chat, agfi de trois ans, taille d'un levrier, faisant partie de la fameuse menagerie Bidel, a des atlaques d'öpilepsie, pour lesquelles it est traitß par mon aide, M. Poilevin. Malgre les soins, I'int^ressant animal meurt dans la nuit du 30 septembre au Ier octobre, jour auquel je procede a I'autopsie.
Les organes, disposes comme ceux du chat, ne prsect;sentent rien d'anormal, except^ le gros intestin, dont la muqueuse est forte-ment enflammee et couverte de matiere en bouillie sanguino-lente. Le crane n'a pas et6 ouvert, M. Bidel voulanl prßparer la löte pour faire empailler I'animal.
Un morceau de chair, enleve ä la fesse, a unc couleur rosee, comme la chair du chien. Ce morceau est prepare le soir en daubo ; 11 se ratatine et conserve sa couleur rosdie. A mon diner, je mange de la daube chaude. Comme aspect, la chair cuite res-seaible a du veau; eile est coriace, mais sans aucun goüt d6sa-gramp;ible.
Le 2 octobre au matin, je mange la daube froide pour mon de­jeuner. La chniresl encore belle, sans mauvaisgoüt, mais coriace.
XXVII.nbsp;Autruche morte de blessure stomacale. — Vers 1850, l'unc des aulruchesde M. le gönöral commandant de la subdivi­sion de Si5tif (Algerie) tombe malade, refuse de manger et meurt.
A I'autopsie, je trouve plusieurs corps strangers dans le tube digestif, notamment une longue pointe de Paris, dont environ 4 aö centimetres sontimplantes dans l'dpaisseur du gesier, qu'elle traverse aux deux tiers. A l'ciidroitoü la pointe 6tait fixöe, le ge­sier avail, environ 8 centimetres d'epaisseur.
Une inflammation assez intense existe autour de la blessure. Aucun autre organe ne präsente d'alleralion appreciable.
La chair a un bei aspect rose, rappelant, ä s'y meprendre, la belle chair de veau de lait. Je la lais cuire a la casserole comme si c'ötait reellement du veau. Cuite, elte a un bei aspect. La saveur et rodeursont tres agreables.
Conclusion, — La viaade d'autruche a la plus grande analogie avec la viande de veau.
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Pour les Algeriens, je pourrais ajouter quelques considärations sur la viande de dromadaire, mais je crains de m'ötre dejä Irop elendu.
II.
Inquietudes expiS;rimentales.
Lorsque j'ai commencö mes experiences, notammenl aveo la chair des chevaux farcineux ou morveux, j'dtais fort in-certain des effets, bons ou mauvais, qui pourraient en r6-sulter; je n'avais pas oubli6 qua plusieurs de mes cama-rades de I'^cole d'Alfort 6taient morts des suites de la morve, aprfes avoir horriblement souffert. D'autre part, je me frappe I'imagination assez facilement, et je suis port6 h me faire des illusions, seit en mal soil en bien. Enfin, j'ajouterai qu'ä cette 6poque, j'etais peu au courant des Iravaux des v6t6rinaires, en ce qui concerne la consom-mation de la chair d'animaux malades.
Dans ces conditions, la coincidence d'une indisposition quelconque 6lait ordinairement consid6r6e comma une consequence da mes experiences. Si, malgr6 mes inquie­tudes, j'ai continue mes recharchas, c'astqua ja les conside-rais comma une osuvre da charite rentrant dans l'ordre du sacrifice et non dans l'ordre du suicide. Voici quelques exempla de ces inquietudes.
XXVIII. Viande crue de chien enragö.— En )862ou 1803, les journaux annoncerent que plusieurs personnes de Modane (Ilalie) elaienl mortes de la rage, apres avoir appris, a la suite d'uue dlaquo;5-nonciallon, que leur boucher leur avail fait manger de la viande d'une vache tuee pendant qu'elle elait enragee.
Persuade alors, ä tort ou a raison, que le virus rabique n'exisle pas dans la chair, que la cuisson detruit les virus, le virus rabique notammenl, et que, par consequent, les personnes dont il s'agit etaient mortes d'une rage imaginaire, je pris la resolution de pro­fiter d'une occasion pour fournir aux mödecins un fait leur per-meltant de rassurer les malades qu'ils auraient a trailer comme atleiats de fruyeur rabique.
A cet effet, me trouvant, leSonovembre 1863, chezM. Bourrel, au moment oil il faisait I'autopsie d'un chien enragö, je pris un mor-
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ceau de muscle de la grosseur d'une petite noix, et malgrß une grande repugnance, je l'avalai cru, comme une pilule. Le degoftt pass£, je ne pensais plus ä cette experience, lorsque, plus tard, jc Jus par hasard que Gohler, autrefois professeur k I'Ecole v6teri-naire de Lyon, avait transmis la maladie ä plusieurs animaux, en leur faisant manger de la chair d'animaux enrages.
Immediatement aprfes, je ressentis ä la gorge une gone plus en-nuyeuse que douloureuse, et consistant, non en une constriction, mais pi u tot en une dilatation, avec apprehension d'avaler ma salive, comme si cet acte eüt du 6tre trfes psect;nible, tandis qu'en rgalitc il 1'etait peu. II m'a sembl6 aussi que ma voix avait change de tim­bre, qu'elle etait plus faible et sur un ton plus aigu. J'6vitais les conversations et je ne parlais que par monosyllabes, autant que possible. Pendant la nuit, je fus obsecle par la pensfie de la rage.
J'avais beau me d6montrer que la rage ne pouvait passedevelop-per aussi instantan6ment; qu'en d6flnilive,mourirpour mourir, la rage n'est pas plus douloureuse que beaucoup d'autres maladies, je n'elais pas moins obsfidö, surtout lorsque j'etaisau repos. Aprös trois ou quatre jours, le calme revint peu k peu.
XXIX. Empoisonnement suppose. Angoisses mortelles. — L'une de mes premiferes preoccupations, lorsquej'ai propage 1'hip-pophagie, a ele de savoir, ainsi que je I'ai dit precedemment, si de la chair cuite de cbeval morveux pouvait 6tre malfaisante. Cette question etant resolue nsect;gativement, j'ai voulu savoir si la viande saignante serait aussi inoffensive. Enfin, voulant pousser Tinves^ tigation jusqu'ä sa limite cxlröme, j'ai avalsect; six ou sept fois, au moins, de la chair fralche de cheval morveux, et ceiaä un moment (51oigii6 de tout repas, I'estomac 6tant vide, afln de reunir toutes les chances d'absorption du virus, si c'6lait possible.
Aucune de ces experiences n'ayant 616 suivie d'accidents, j'ai cru devoir venir enaideaux pauvres,enleurdonnant, lorsque j'en avals, d'abord de la viande de cheval morveux cuite, et plus tard en leur en donnant de ante, leur laissant le soin de l'accommoder äleur guise..
J'en etais lä, lorsque Mquot;0 Thomain me demanda si je pourrais lui donner un filet de cheval, pour un grand diner (12 ä 15 person-nes), qu'elle devait donner k Toccasion de je ne sais quelle föte de famille.
Je pouvais lui donuer un filet de cheval morveux, mais j'eus un moment d'hesitation... D'abord, faire manger du cheval k une douzaine de personnes, dont plus de la moiti6 n'auraient pas voulu y goüter en connaissance de cause, et de plus, leur faire manger du cheval morveux!..
E. Decroix. — Viande de cheval.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4
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Mais je m'adressais mentalement une verte admonestation -. laquo; L'innocuitö de cette \iande 6tant surabondamment demontröe par mes experiences, ceseraitsacriflermoi-mfime au pr6jug6, qua de ne pas donnerlefilet demands. laquo; — Aucune personne de lafa-raille, autre que la dame, ne connaissait la substitution. — Done, le dimanche suivanf, nous faisions honneur au filet de bmuf de che-val. II elait bon; tout le monde en mangea de grand appetit (1).
Or, quatre ou cinq jours apr6s, MmoThomain se trouva un pen indispossect;e.
Le lendemain.l'indisposition, que Ton croyait passagöre et sans importance, s'etait aggraväe: maux de t6te,inappetence, lassitude.
Je commengai ä me demander si je n'avais pas poussfi mon ar-deur de propagande hippophagique jusqu'a la tem6ril6. Je con-seillai d'appelerun medecin, ä quij'auraispu faire des ouvertures etiologiques. Mais celte dame avait pour principe de ne pas recou-rir aux medecins, a cause de je ne sais quelle erreur de diagnostic dont eile avait etsect; temoin. Et surtout, eile 6tait convaincue quo ce n'etait rien ; que le lenderaain eile irait mieux.
Le lendemain, je la trouve dansun sect;tatinqui6lant: fievre intense, ciphalalgie, douleurs dans les articulations, etc., etc.
Maintenant, plus de doute! Voila bien les symptomes observes cbez mon condisciple Coindet, mort de la morve contractde eu faisant I'autopsie d'un cheval!...
On comprend les inquietudes, les remords dont je fus obsfide. Que je me sois expose a perir, que je l'usse mort ä la suite d'expii-riences dangereuses, extravagantes, c'ätait mon affaire. Mais que, sans necessity, par une tämärite inconcevable, je flsse perir dans d'atroces douleurs une mere de famille, cherie de son mari et de ses enfants !!!
Me voilä arrive aux plus terribles angoisses de ma vie; plus ter-ribles, beaucoup plus, que celles eprouvees au moment oü j'etais coucbe en joue, pour 6tre fusillä, ä la chute de la commune (mai 1871),etIorsque, mälgrö mes protestations, je voyais conduire des innocents ä la fusillade.
Une situation critique ätant donnöe, s'en tirer le moins mal possible, sans perdre la t6te :
La morve 6tant une maladie infailliblement mortelle, chez les hommes et chez les chevaux (2), la malade 6tait done infail-
(1)nbsp;Je ne puis preciser la date, parce que je n'ai pas pris note de co fait et que e'est aujourdquot;hui la premiere fois que J'ose en parier; mais c'ö-tait pendant le semestre d'hiver 1861-62.
(2)nbsp; Depuis cette epoque, j'al eu connaissance de la guerison d'un hommo et de plusieurs chevaux atteints de la morve.
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liblement perdue, quoique Ton pftt tenter comme medication!
Je ne fls part h personne de mes remords; je n'insistai plus pour qu'on fit venir un medecin; mais je m'offrls pour garder la malade en dehors de mes heures de service, et pour la veiller pendant la nuif, avec un autre membre de la famille.
Je m'attendais ä voir apparattre, le lendemain.soit l'öcoulemeiit nasal de la morve, soit des boutons de farcin. Mais il n'en fut rien.
Les jours suivants, il y eut un peu de mieux, et j'ai commencö ä croire que mon imagination m'avait fait voir les choses trop en noir.
En eifet, Mme Thomain avait un rhumatisme articulaire aigc, dont eile a tres bien gueri.
Conclusion. — Dans les experiences, il faut se tenir en garde centre une fausse interprötation des accidents qui apparaissenl, afln de ne pas confondre une coincidence avec une consequence.
III. — Resultats obtenus. A. — Hippophagie.
Les r6sultats obtenus en propageant l'hippophagie, ä Alger d'abord, puis ä Paris, avec le concours du Comite de la viande de cheval, sont assez cvidents pour qu'il n'y ait pas lieu d'insister. Je rappellerai seulement les services rendus ä la population parisienne, pendant le sifege, par le nouvel aliment, et j'ajouterai, pour conclure, que dans le d^paite-ment de la Seine, 11 y a actuellement environ cent bouche-ries chevalines, qui, en 1884, out livr6 ä la consommation 3,277,800 kilog. de viande nette.j
B. — Viandes imalubres.
Les avantages obtenus ä la suite de mes recherches sur les viandes r^put^es insalubres sont beaucoup moins impor-tants que ceux pr6cit6s; cependant ils m6ritenl, croyons-nous, d'ötre signals :
1deg; Ayant fait usage de tons les animaux, morts dans mon service pendant plus de vingt ans, et mutant procure, en
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52nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\IANDES INSALUBRES.
toute occasion, de la chair des animaux morts ou abattus dans le service de mes confreres voisins, j'ai pu en donner des quanlitis notables ä des pauvres, qui, sans mes recher-ches, eussent 6t6 priv6s de viande ;
2deg; Pendant le sifege de Paris, alors que la famine se faisait senlir, j'ai pu donner h une foule de personnes des quan-tilis considerables de viande provenant des chevaux^mortS' dans mon regiment et aussi dans la division du gfin^ral Berlin de Vaux, dont j'^tais le v6t6rinaire en chef. De plus,. les mar^cbaux, puis les soidats, qui mevoyaient prendre de cette viande, suivaient l'exemple, de sorte qu'un animal, dont je prenais quelques kilogrammes de viande, passait tout entier dans ralimenlation. Je pourrais mßme citer des cas oü Ton a d6terr6, pour les manger, des chevaux d^jä enfouis dans le bois de Vincennes, lorsque noire 6tat-major 6tait ä Fonlenay-sous-Bois;
3deg; De 1860 ä 1870, je n'ai pas parl6 publiquement des experiences que je faisais avec les viandes dites insalubres. Mais, pendant le siöge, j'ai cru devoir dire bautement, dans une seance de la Soci6l6 d'acclimalalion, que la chair des animaux morts peut servir ä I'alimentalion. Depuis cette cpoque, j'ai mainles fois r6pet6 la m6me affirmation, sans loulefois produire les fails, quejecollige aujourd'hui pour la premiöre fois.
11 en est result6 que Ton est peut-6tre plus circonspect qu'aulrefois, quand il s'agit de souslraire un animal ä l'ali-menlation publique- C'est lä un resultat qui a son im­portance, non seulement dans le present, mais encore danamp; I'avenir ;
4deg; Mes experiences me permeltent de poser en principe que, dans les siamp;ges et partout oü il y a de grands rassem-blements d'animaux, il est possible, facile m6me de ne perdie aucun animal pour I'alimenlation.
Al'appui de celte affirmation, je crois utile de reproduire-la lellre suivanle :
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Lettre ä M. le ministre de l'agricullure.
Paris, 15 fevrier 1871. Monsieur le Ministre,
Chaquejour, depuis quelque temps, un grand nombre de bcEiifs #9632;d'approvisionneraeut meurent du typhus. D'aulres sont abaltus in extremis et ont une viande que I'oii ne pent, avec les idees re­vues, livrer ä la consommalion sans exciter des reclamations.
II y a un moyen, Monsieur le ministre, d'eviter ces deplorables pertes, qui sect;meuvent ä juste titrd'opinion publique :
C'est qu'un service de surveillance soit assezbien organise, pour #9632;que chaque animal soit visite consciencieusement, au moins deux fois par jour, et plus souvent si c'etait necessaire, de maniere qu'au premier signe d'indisposition, des gardens bouchers abatlent et dfipouillent le boeuf qui commence a ötre malade. L'un des pre­miers symplömes appröciables, c'est l'inappötence; tout animal qui cesse de manger aux repas habituels doit 6tre abattu.
Si la viande depassait la quantity nöcessaire ä la consommation courante, il serait urgent d'en präparer des boites de conserves ou •des salaisons, afin d'öviter qu'elle ne soit perdue.
Conclusion. — En organisant convenablement le service, pas un boeuf ne doit 6tre livre ä l'äquarrisseur.
Si, par ineptie ouinerlie, I'agent responsable, ayant les raoyens d'action, laisse progresser la maladie au point que la viande ne puisse 6tre livröe a la consommation, il doit 6tre sur-le-champ rövoque de ses fonctions.
J'ai I'lionneur, etc.
CONCLUSIONS.
1deg; L'hippophagie profile aux propri6taires, qui vendent leurs chevaux plus eher pour la boucherieque pour 1'equar-rissage; et aux travailleurs, qui peuvent se procurer h bon march6 une viande saine et tres nourrissante;
2deg; En cas de n6cessit6, de disette, on peut faire usage de la chair cuite des animaux morts ou abattus ä la suite de #9632;n'itnporte quelle maladie;
. 3deg; Dans les conditions ordinaires d'alimentalion, les vian-des qui reeölent des virus pouvant se transraettre ä l'espfece humaine doivent 6tre exclues de la consommation.
4deg; Les medicaments administr6s aux animaux malades ne
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34nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VIANDES INSALUBRES.
rendent pas la chair musculaire malfaisante (1), bien que certains d'entre eux, l'essence de ter6benthine notamment, lui donnent un goftt detestable;
5deg; Les personnes qui mangent accidentellement de la viande d'animaux atteints de la paste bovine, de la morve, de la rage, ne doivent avoir aucune inquietude, si elles d6-couvrent la fraude;
6deg; La meilleure maniöre de se garantir des maladies con-tagieuses, la settle vraiment efficace, c'est de bien faire cuire la viande;
7deg; Pour les autres maladies, Messieurs les inspecteurs de la boucherie doivent 6tre trhs circonspects dans les saisies. II vaut mieux avoir de la viande de quality inf6rieure non nuisible, que de n'en avoir pas du tout.
(1) Je fais raes reserves quant b. la chair viscdrale.
Ex trait
des Annales cTlvjgiene publique et de medecine legale,
publiees par J.-B. Bailuere et Fils.
Juin I8S5, tome XIII.
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TABLE DES MATIERES
Introduction et but du travail....................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
Viande de chevaux sains.
Propagande ä Alger et h Paris....................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
Preparations culinaires..........................................nbsp; nbsp; nbsp; II
Experiences sur la viande de chevaux morts.
Pneumo-h^patite................................................nbsp; nbsp; nbsp; 12
Hernie intestinale etrangl^e.....................................nbsp; nbsp; nbsp; 13
Hy drothorai..................................................nbsp; nbsp; nbsp; IS
Commotion c^robrale............................................nbsp; nbsp; nbsp; 14
Dechirure intestinale...........................................nbsp; nbsp; nbsp; 14
Rupture d'an^vrisme...........................................nbsp; nbsp; nbsp; 15
Ouvertures articulaires, resorption purulonte.....................nbsp; nbsp; nbsp; 16
Pneumonio aigue................................................nbsp; nbsp; nbsp; 17
— compliquee.........................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; IS
Entero-pneumonie; viande InSalubre ?...........................nbsp; nbsp; nbsp; 19
Pleuro-pneumonie double.......................................nbsp; nbsp; nbsp; 20
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;compliquee d'hydrothorax......................nbsp; nbsp; nbsp; 21
Affection typholde...............................................nbsp; nbsp; nbsp; 22
Pleuro-pneumonie typhoide.....................................nbsp; nbsp; nbsp; 23
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;^pizootique gangreneuse....................nbsp; nbsp; nbsp; 24
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;gangreneuse chez un raulet....................nbsp; nbsp; nbsp; 24
Morve clironique ancienne.......................................nbsp; nbsp; nbsp; 26
—nbsp; nbsp; nbsp; aigue et morve clironique.................................nbsp; nbsp; nbsp; 26
traitöe par I'alcool..................................... ..nbsp; nbsp; nbsp; 27
—nbsp; nbsp; nbsp; chronique; traitement aloetique...........................nbsp; nbsp; nbsp; 27
acetate d'ammoniaqua k haute dose......................nbsp; nbsp; nbsp; 29
Farcin genörs.1; acide ars^nieux, noix vomiqne....................nbsp; nbsp; nbsp; 29
Morve; acide arsßnieux, noix vomique............................nbsp; nbsp; nbsp; 30
Pneumonie compliquee de morve................................nbsp; nbsp; nbsp; 31
Morve et farcin chronique.....................................nbsp; nbsp; nbsp; 32
—nbsp; nbsp; nbsp; ; viande true.............................................nbsp; nbsp; nbsp; 33
Cheval mort de morve; viande crue............................nbsp; nbsp; nbsp; 34
Prejugös et paperasseries........................................nbsp; nbsp; nbsp; 34
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56nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TABLE DES MATIERES.
Viandes de boucherie confisquees.
Viande fi(5vreuse, phtisique, ötique, etc...........................nbsp; nbsp; nbsp; 35
—nbsp; nbsp; nbsp; infectee.................................................nbsp; nbsp; nbsp; 30
—nbsp; nbsp; nbsp; infiltree, anemique, laiteuso, etc...........................nbsp; nbsp; nbsp; 38
Gras-double cancereux...........................................nbsp; nbsp; 39
Feste bovine.
Viandes de boeuf et do moaton confisquees.......................nbsp; nbsp; nbsp; 40
Peste bovine....................................................nbsp; nbsp; nbsp; 40
Lait de vache pestiferoe.........................................nbsp; nbsp; nbsp; 40
Peste bovine, trois convives......................................nbsp; nbsp; nbsp; 41
Peste bovine; entozoides ; viande crue............................nbsp; nbsp; nbsp; 41
Viande de pore.
Peste porcine...................................................nbsp; nbsp; nbsp; 42
Viande de pore ladfo............................................nbsp; nbsp; nbsp; 42
Lard trichina (chat en experience)...............................nbsp; nbsp; nbsp; 43
Pore alcoolisfi...................................................nbsp; nbsp; nbsp; 43
Pore des clos d'equarrissage.....................................nbsp; nbsp; nbsp; 44
quot;Viande de cbien, volaille, etc.
Chien enragö ; en bouilli, en roti................................nbsp; nbsp; nbsp; 45
Cholera des poules..............................................nbsp; nbsp; nbsp; 45
Quatre volailles mortes, mangoes sans repugnance................nbsp; nbsp; nbsp; 46
Viande de gudpard Äpileptique...................................nbsp; nbsp; nbsp; 47
Autruche morte de blessure stomacale...........................nbsp; nbsp; nbsp; 47
Inquietudes experiment ales.
Viande crue de chien enragö.....................................nbsp; nbsp; nbsp; 48
Transmission supposöe de la morve...............................nbsp; nbsp; nbsp; 49
Resultats obtenus avec Ihippophagie et les viandes insalubres.
• Resultats obtenus..............................................nbsp; nbsp; nbsp; 51
Lettre au Ministre de l'agriculture...............................nbsp; nbsp; nbsp; 51
Conclusions.....................................................nbsp; nbsp; nbsp; 53
Corbeil. — Typ. et ster. Crete.
3.gt;'
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Los Nouveaux elements d'hygikne se divisent en trois parties :
jro Partie. Hygiöne g6n6rale : I. Du sol (constitution, capacite du snl pour U chaleur, les gaz et I'eau, etat de la surface, eaux libreset terrestres); II. De Cntmo-.laquo;p/iere (elements norraaux, ölements accidentels, propriötes physiques]; Ul. Dps habitations privies et collectives (clioix et pröpai-ation du sol, construction, I'liahi-tatiön milieu rcspiratoirc, riiabitalion milieu thermiquo, cloigncmont des immon-dices, approvisionnement d'eau); IV. Du vitement et de la propreti corp-orellc; V. De Valimentation et des l.oissons (aliments proprement dits, condiments, boissons); VI. De l'exercice et du repos.
#9632;2n Pahtie. Hygiene speciale : Vhomme consider^ comme groupe dans Vanima-lite; II. Les groupes ethniques; III. Le groupe infantile, hygiene de l'enfance; IV. Le groupe scolaire ; V. Le groupe industriel; VI. Le groupe militaire et marin , VII. Le groupe urbain; VIII. Le groupe rural; IX. Les malades et les maladies (le malade ä domicile, le malade ä l'höpital, les malades vis-ä-vis des individus sains ; prophylaxie internationale); X. Assainissement de la mort.
3laquo; Partie. Legislation sanitairo et organisation de Thygifeae publique. France (Hygiene publique h. rintoriour, liygifene municipale, organisation sanitairo exterieure, police sanitaire desanimaux), Angleterre, lielgique,AUemagne,Autriche, Halle, Uollande, Suisse, Etats-Unis du Nord, Amerique.
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medecine. Troisieme edition. 18S3, 1 vol. in-18 Jesus de 492 p. avec 17 fig. 4 fr. BOUDIN. Traite de g6ograpbie et de statistique medicales, et des mala­dies endömiques. Paris, 1857. 2 vol. in-8 avec 9 cartes et tableaux....... 20 fr.
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gene, de l'acide carbonique et dela temperature au point de vue de l'hygiene. Paris,
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conseils pour vivre longtemps, par L. CoBNAno; Le vrai moyen de vivre plus de cent ans dans une parfaite sante, par L. Lessius. 1880. 1 vol.in-18. Jesus avec 5 planches.................................................. 3 fr.
COULIER. Question de la Cöruse et du blanc do zinc, envisagoe sous les rapports de l'liygiene et des inter6ts publics. Paris, 1852, in-8................... 1 fr. 50
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DAREMBERG. Comparaison des climats d'hiver sur les cötes africaines et fraupaises de la Medlterranee. Paris, 1878, gr. in-8..................... 1 fr. 50
DECAISNE (E.). Des eaux de puits en general et de celles de la ville de Beauvais en particulier. Paris, 1874, in-8, 19 pages............................... 1 fr.
DECROIX (E.). Les dangers du tabac. Deuxieme edition. 1868, in-12. 50 c.
DELPEüH. Salles d'asile et Ecoles primaires. Premiers symptömes des maladies contagieuses qui peuvent attcindre les jeunes enfants. Ins­truction demand(5e par M. le Prefet de la Seine au Conseil d'hygifene et de salu­brite. 1880, in-18 jäsus................................................. 25 c.
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—nbsp; Accidents industriels developpäs sous l'influence de l'acide picrique. 1876, in-8.................................................................. 50 c
DELPECH (A.) etHlLLAIRET (J.-B.). Memoire sur les accidents auxquels sont soumis les ouvriers employes ä, la fabrication des chromates. Paris, 1869, in-8, 30 pages............................................. 1 fr.
CEPAUTA1NE (L.). Des grandes 6pid6mies et de leur prophylaxie Internationale. Paris, 1868, in-8, 69 pages................................ ............ 4 fr.
DEPIEURIS (H.-A.). Le tabac, qui contient le plus violent des poisons, la nicotine, abrfege-t-U I'existence? Est-il la cause de la dcgcnerescence physique et morale des societes modernes? Paris, 1876,. 1 vol. in-8 de 512 pages................. 6 fr.
—nbsp; La v6rit6 sur le tabac, le plus violent des poisons. 1880, in-8, 40 p.. 50 c. DESAYVRE. Etudes sur les maladies des ouvriers do la manulacture
d'armes de Chätellerault. 1850, in-8, 116 pages....................... 2 fr. 50
DESPRfiS (A.). La prostitution en France. Etudes morales et demographi-ques, avec une statistique genörale de la prostitution en France, par A. Despres, Chirurgien de l'höpital de la Charit^. 1882. 1 volume gr. in-8 de xii-208 pages avec
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