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A. WATRIN
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VÉTÉRINAIRE MILITAIRE EN RETRAITE, CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR
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Examen matLematique de L'splOUb du picd.-
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SAINT-ETtENNE
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Uuu Gcrentot, lt;2gt; 188 1
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Droüs de reproduction et de traduction réserves.
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PREFACE
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Le travail que je présente au public n'est pas une oeuvre récente, car, depuis vingt ans, je n'ai rien eu a changer ni a ajouter a mes theories. Je ne comptais pas le publier; mais après avoir vu la plupart des idees que j'avais professées et, je crois pouvoir le dire, découvertes, reparaitre dans des ouvrages spéciaux, plus ou moins défigurées par unefausse interpretation, j'ai voulu en rétablir la veritable origine et la série logique qui m'ap-partient. J'avais remis ces notes ä la Sociéte Centhale de Médecine Vétérinaire qui, proba-blement en raison de ses nombreux travaux, ne put en faire l'examen ou leur donner place dans son recueil de l'année 1886. Sur les instances de mes amis et pour éviter de nouveaux retards, je me décidai k retirer le manuscrit et a le publier. Je livre mon cBuvre avec confiance a I'appreciation
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des esprits éclairés et impartiaux. La coupe unique et mathématique du sabot du cheval, les consequences que j'en ai déduites, Vinterprétation nouvelle de certaines fonctions du pied, sont les points fondamentaux de mes theories. L'avenir jugera de leur valeur.
A. W.
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PREUMINAIRES ET DISTORIQl DE LA QUESTION
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Premières experiences. — Le fer Defays. — Le Désencas-teleur. — Le Podometrc. — Experiences ofiicielles a Versailles en 1863. — Rapport de la Commission d'hygiènc hippique. — Ordre ministeriel. — L'auteur est envoyé h l'école de cavalerie de Saumur en 1865.
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A ma sortie de l'ecole d'Alfort (1847), je fus affecte au Squot;10 regiment de Hussards, oü je pris, comme monture, un cheval magnifique mais fortement cagneux. Le traitement de ce défaut était tout indiqué : j'avais appris qu'au cheval panard on devait abattre le quartier externe, et au cheval cagneux lo quartier interne. Jo me mis done a faire ferrer l'animal dans ces conditions; malheureusement, ce que j'ignorais alors, mon cheval avait le quartier
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interne trop bas, de sorte que plus j'abattais co quartier, plus Ie défaut s'exagérait. L'animal eut des bleimes, boita souvent et, malgré ses brillantes qualitós, nous étions aussi malbeureiix Tun quo l'autre. Je cherchai sur d'autres chevaux des exem-ples analogues, mais j'avais beau m'appliquer, je tournais dans un cercle vicieux et je n'obtenais aueun résultat favorable. Cependant j'avais ä peu prös acquis la conviction qu'il y avait lä quelque chose ä faire et que Ie principe n'était pas l'expression de la véritó absolue. Je cherchais bien la solution de ce problème dans la limite de mes moyens, mais je n'étais, ä ce moment, qu'un aide et, par conséquent, il m'était ä peu pres impossible de faire quoi que ce soit par moi-même.
Une fois vétérinaire on lor (1859), je choisis, au grand scandale de mes aides, un certain nombro de chevaux de différentes conformations : pieds plats, encastelés, cagneux, panards, pingards, etc.; j'en formal plusieurs lots auxquels j'appliquai les différents fers recommandés : fer ä planche, fer ä lunette, fer ä pantoufle, etc.; chaque fer était appliqué ä tons les chevaux du même lot. Chaque lot, compose do plusieurs espèces de soi-disant conformations, était soumis ä un fer spécial. Quand un cheval boitait ou marchait mal, comme je n'en savais pas encore la raison, je changeais la ferrure et il m'arrivait souvent ainsi de voir avec 1c nouveau for ce cheval, qui était parfois un ancien boiteux, reprendre ses anciennes allures ; ce résultat, il est vrai, était obtenu empiriquement, avec une ignorance complete du pourquoi.
Toutes les fois que j'obtenais, par ces tätonne-ments, un résultat inespéré, au lieu d'en être satis-fait, je n'en étais que plus soucieux, car c'était pour
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moi la prcuvo qu'il y avait une véritó ä trouvor ot que j'étais loin (Ten avoir la clef,
Un jour, c'etait ä Lyon, et j'appartenais au 3mquot; Lanciers, j'étudiais Ie fer Defays. Ce fer, commo chacun salt, est pourvu en épongcs do deux pingons vorticaux s'appliquant ä la face interne des talons. Deux étranglements ménages dans les branches per-mettent, en dilatant le fer au moyon d'un ctau spécial, d'écarter les talons. (Tout le monde, ä ce moment, ne voyait que leur rétrécissement, et la mode était alors au désencasteleur.) Mais les chevaux travaillant sur le pavé, les fers se cassaiont ä l'étran-glcment de la branche ; eet accident, qui se repro-duisait assez fréquemment, ne laissait pas que d'etre onéreux pour les ouvriers maréchaux abonnataires. La première chose a obtenir était done de supprimer les étranglements des branches ; mais il mo fallait un ctau asscz puissant pour dilater tous les fers. C'est alors que j'imaginai le mien.
Get étau se compose d'un coin C, poussé par une vis V, entre deux branches B B, articulées en A A, sur une barre transversale M; l'ex-trémité libre des branches forme un T, T.
On place l'étau ä plat sur le fer, le T engage entre les éponges, et, tournant la vis douce-ment, le fer s'ouvre progressivement et sans secousses de la quantité voulue; ä ce moment, on frappe un léger coup de marteau sur la mamollc du fer, et celui-ci
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restc dans sa position de dilatation, le coin représentant avec les branches uno partie compacte et rósistante de fer agissant comme une enclume. On peut même, a un moment donné, fermer une branche du fer et ouvrir l'autre. Supposons qu'on veuilie ouvrir la branche interne dun fer quelconque et fermer la branche externe : l'étau est engage d'un cotó sur l'éponge interne et de l'autre sur le milieu de la branche externe. On tourne la vis jusqu'au moment oü lapression est süffisante, sans determiner de dilatation ; puis, posant sous la mamelle interne un marteau assez lourd pour faire contre-coup, on frappe avec un marteau ä main sur l'éponge externe qui rentre immédiatement. L'étau n'étant engage que dans la partie clouée du fer garantit le pied de toute pression ou tiraillement; les modifications nc s'opèrent que dans la partie libre des branches. Cc cas, du reste, est fort rare et ne se présente que pour rectifier une faute d'application et modifier lo fer sans le déclouer.
J'en étais la quandun accident survint a la jument de mon colonel : une fenètre d'écurie, brisée par le vent, lui tomba sur le dos et, la béte piétinant d'effroi au milieu des debris, un morceau de verre s'engagea et disparut dans la region tendineuse du canon. La jument était méchante, hargncuse et susceptible ; ma vue seule sufïisait a l'exaspérer; eile se livrait a chaque instant ä des mouvements désor-donnés qui pouvaient amener des accidents graves, avec la lame de verre enfermée au milieu d'organes si délicats. J'en fus reduit (c'était la jument de mon colonel !) a attendre un commencement d'élimination qui ne se produisit, si j'ai bonno mémoire, qu'un mois environ après l'accident. A ce moment, la pointe de verre apparut et je pus arriver k l'extraire,
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en la saisissant a la volee, pendant qu'on détournait l'attention de Tanimal. Mais, en faisant marcher la bete, dont le membre lésé était resté pendant long-temps soustrait k l'appui, et dont les talons s'étaient rcsserres, je m'apersect;us qu'elle était outrageusement boiteuse. Je commandai au maréchal un f er Defays pour remédier ä cette situation. L'ouvrier, apres l'avoir confectionnë, vint me le montrer, en me faisant observer que, les lacunes laterales de la four-chette n'existant pas, il ne pourrait pas loger ses pingons. La chose était absolument vraie, mais, pour ne pas en avoir le démenti, je lui fis remarquer que rien n'était plus facile que de les coucher pour leur faire prendre la direction de la barre aplatie. A peine le fer était-il appliqué que la boiterie cessait. Au renouvellement de la ferrure, les talons ayant poussé et la lacune s'étant, par conséquent, accusée, les pingons furent redresses et la boiterie reparut, intense et douloureuse. Aussitót, le fer fut enlevé, les pingons inclines ä nouveau, et tout rentra dans Vordre. Le résultat inespéré de cctte contre-épreuve si frappante me surprit et me donna beaucoup a réflé-chir. Ce fer ä pingons obliques fut alors appliqué sur une grande échelle a des pieds de conformations tout a fait disparates, boiteux ou non, et je me mis a en étudier passionnément les efïets. Je ne parlerai pas des insuccès inhérents a des vices d'application ; ils furent nombreux, car j'étais encore dans la période de tätonnement : j'étudiais et je cherchais.
Toutefois, je f us assez surpris de voir que tous les pieds se modifiaient sensiblement. Une veritable rectification s'opérait a la couronne, et ils tendaient tous ä converger vers un type commun. Quelle était done la cause de ce phénomène ?
Tous les fers désencastelcurs que j'avais vu appli-
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quer agissaicnt tous cl'unc maniere uniforme; on nc cherchait absolument qu'une chose : Produire l'écartement des talons. On ne se rendait pas compte que, sous les prossions continues d'un sabot racorni, l'os du pied, si souple et si malleable, se déformait et que la boite cornée devait nécessai-rement revêtir la forme commandée par le moule intérieur. Lc fer que j'appliquais, au lieu d'écarter los talons, les plagait sur deux plans légèrement inclines en sens inverse, les mobilisant et produisant ainsi, approximativement, les mouvements d'elas-ticité d'un pied non ferrc.
Tous les auteurs qui ont écrit sur le pied du choval ont varió sensiblement dans la description qu'ils ont faite de l'élasticité. On est surpris de voir les differences d'opinion de gens tres bons obser-vatcurs, et cependant la plupart d'entre eux avaient bien étudié la chose et leur description était vraie. La raison d'un fait si peu vraisemblable est cependant bien simple : Tous ont étudié le pied du cheval sur un type spécial et atteint, par conséquent, de la deformation habituelle de cc type. L'un n'étudiait que des talons trop hauts, tel autre que des pieds plats, panards, cagneux, etc., etc. Or, comme l'élasticité du pied est une fonction physiologique n'exis-tant d'une fa^on reguliere que sur le pied physiologique, il on résulte que l'élasticité d'un pied deforme, et par conséquent malade, n'est plus qu'une fonction pathologique se traduisant souvent par des effets complètement inverses, suivant les pieds. Nous reviendrons plus tard sur les détails de cette question.
Au bout d'un certain temps, j'en arrival ä me con-vaincre qu'il n'y a qu'un pied a deformations multiples, que toutes les phases do cette deformation doi-
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vent être traitées ä peu prés de la mêmc fagon et qu'il faut parcr tous les pieds, suivant une loi uni-quß, qu'ils soient panards, cagneux, etc, en un mot atteints d'une deformation quelconque, Ie boutoir étant appelc a remplacer, chez Ie cheval ferré, 1c travail d'usure normale de la nature.
Restait k determiner cette loi.
En y réfléchissant un peu, je me dis que précé-demment on avait toujours négligé Ie pied vivant contenu dans la boite cornée, pour ne s'occuper que de celle-ci, qui n'est, en somme, qu'une chaussuro produite par une secretion modifiable h l'infini, que 1c sabot pare suivant les hasards les plus fantaisistes, en dedans, en debors, en avant, en arrière, etc., n'avait pas une croissance reguliere ; qu'il poussait plus ou moins, suivant que la partie était soulagée ou surchargée ; que, pour éviter cela, il devait être pare d'une maniere uniforme et mathématique, de tolle fagon que la face plantaire du sabot füt parallele a la face plantaire du pied. Ceci était la regle, mals il restait a determiner des points de repère pour la rendre toujours et facilement applicable.
Les pieds, dans leur rectification, sous Tinfluencc de l'élasticité facticc produite par mon fcr, se rap-prochant sensiblement do l'élasticité normale etcons-tituant un veritable massage, revenaient tous a un type uniforme.
Un cercle saillant cmanait du bourrelet formant une veritable amorce d'un nouveau sabot. L'ondéc cornée était uniforme, se rapprocbant cbaque jour de la ferme cylindrique, et Ie bourrelet lui-même se replagait, peu ä peu, dans un plan perpendiculaire ä Taxe du pied.
Afin d'avoir un moyen de controle infaillible, je
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14nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CHEVAL ET SA FERRURE
fis alors établir un podomètre spécial, destine a mesurer tous les angles et loutes les dimensions du sabot.
Ce podomètre se compose d'une tige A B, graduée, articulée au point A sur Ie bord d'une plaque métallique AC. Un rapporteur, fixe a la tige au point D, passe clans un trou, O, pratique dans un prolonge-ment A G, du plan de la plaque.
Il est facile de voir, en examinant l'application de 1 instrument sur un pied, que la tige A B donnera la longueur de la pince et 1c rapporteur son inclinaison sur l'horizon.
Cette operation, se re-nouvelant sur les talons et les deux quartiers, en ren- / : versant Ie podomètre pour
mesurer, au moyen de la tige graduée, les deux clia-mètres antéro-postérieur et transverso de la sole, on a tous les elements pour reproduire sur Ie papier Ie profil et une coupe transversale du sabot. En recommengant h plusieurs reprises, k des époques différentes, et en reportant Ie résultat sur lo premier dessin, avec des couleurs différentes, on peut suivre les modifications successives obtenues.
Au bout d'un certain temps, il était évident, pour moi, que tous les pieds se rectifiaient dans Ie memo sens et convergeaient vers un type commun qui n'était plus difficile ä determiner, puisqu'il était Ie
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mSTORIQUE DK LA QUESTIONnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 15
centre et, en quelque sorte, l'idéal vers lequel ten-daient toutes les modifications régulières.
J'ajouterai que quelquefois cette loi m'a été pré-cieuse en me faisant apercevoir, par des effets faux, la moindre erreur commise dans I'application.
Je dois dire, avant tout, que souvent on m'a ro-proché d'etre exagéré dans mes principes et do vouloir tout traiter par la ferrure. Ceux qui ont formule cette appreciation n'ont pas voulu réfléchir a une chose : c'est que, cherchant mon chemin dans une route assez peu frayée et tres embarrassée, j'ai été reduit, pour apercevoir la vérité, ä mettre de cóté tous les moyens usités qui auraient pu me venir en aide pour la guérison de teile ou teile affection du pied, mais auraient pu aussi me tromper, en me mettant dans l'impossibilité de determiner exacte-mentla cause a laquelle je devais les effets obtenus.
C'est justement 'a eet exclusivisme forcé que je dois d'avoir trouvé bien des choses qui, sans cela, seraient restées, pour moi, dans l'obscurité.
Plus tard, dans les demonstrations que j'ai eu occasion de faire, j'ai été oblige de suivre les mêmes errements, je passerai done ici sous silence tout ce qui n'a pas rapport a la ferrure.
Le pied vierge, Ie pied type, n'existe pas en do-mesticité. On aura beau mettre le poulain dans un coin de prairie, oü il sera en liberté comme un poisson rouge dans un bocal, il n'y a rien la qui ressemblo 'a la liberté qui ne peut exister qu'a l'état absolument sauvage ; c'est la seulement que, chaque jour, et de père en fils, le sabot s'use au fur et a mesure de sa croissance et sans intervention étrangère aucune.
Les animaux sauvages a sabot (cerfs, chevreuils, sangliers, etc.), enfermés dans les pares les plus étendus, voient leurs sabots se deformer prompte-
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ment et, si dans ces conditions, ils sont poursuivis par une meute, ilsne tiennent plus que d'une maniere derisoire et sont aussitót fourbus et forces,
Dans les départements de l'Est, il existe des trou-pcaux de porcs passant la plus grande partie de leur existence dans les forêts. Ces animaux s'allient même souvent avec des sangliers, et il semblerait que, pour ces raisons, leur pied dut se rapprocher sensiblement du type sauvage; il n'en est rien cepen-dant, et les piqueurs chargés de démêler ces diffé-rcntes empreintes ne se trompent jamais en prenant pour un pied de sanglier Ie pied dun cochon, quel qu'il soit. Il en est de même pour Ie pied du cheval dont Ie type vrai ne peut être observe que dans les contrées ou il vit k 1'état absolument sauvage.
Le pied vierge est un cylindre, coupé k 55 degrés ; lo bourrelet est tout entier dans le même plan, de sorte que toutes les fibres cornées qui en émanent sont perpendiculaires ä leur surface de secretion et, par conséquent, paralleles entre elles. Toutes les fois que je me suis occupó de la regeneration dun sabot quelconque, je l'ai toujoursvuse rectifier dans le sens du cylindre indiqué ci-dessus et toujours la première modification s'est produite au bourrelet.
Au commencement de l'année 1863, mon regiment étant sur le point de quitter la garnison de Lyon, le general Mavet vint prendre le commandement de la brigade dont il faisait partie. 11 me confia ses che-vaux, animaux de grand prix, mais tous plus ou moins boiteux, avec des aplombs tres faux. Il assis-tait avec la plus grande attention aux rectifications que j'exécutais, au point que l'opération terminée, il continua journellement ses visites ä la forge pour suivre mes travaux sur les chevaux du regiment.
A mon arrivé'c h Versailles, je fus mis par lui en
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demeure d'avoir a fournir im rapport sur mes tra-vaux. J'eus beau objecter que, n'ayant fait qu'en-trevoir une vérité, il m'était impossible de la for-muler. rien n'y fit et je dus m'exécuter. J'envoyai alors une espècc de rapport qui n'était que l'écho do mes tätonnements et de mes incertitudes, mais ä la suite duquel on me livra dans différents regiments de la garnison et des environs une centaine de chevaux, sans distinction d'äge, choisis parmi les boiteux et les estropiés et que jo devais redresser sous la surveillance de la Commission d'hygiène hippique. J'étais seul, sans un ouvrier pour m'accompagner; la mission était fort difficile, souvent désagréable; mais, la nécessité aidant, je découvris en peu de jours la loi des principes que je cherchais, et il ne restait plus pour m'embarrasser que quelques points de détail que je découvris peu ä peu.
Les chevaux qui m'avaient été confiés appar-tenaient tous a des races diverses et se trouvaient dans des conditions tout ä fait différentes : cuirassiers, fanciers, artillerie, arabes des chasseurs de la Garde. Ceux qui savent ce que c'est que l'intérieur d'un regiment comprendront sans peine les diffi-cultés et les désagréments d'une pareille mission, avec des cavaliers et des ouvriers que je dérangeais continuellement, presque tous hostiles et cherchant par tous les moyens ä entraver Ie succes, malgré Ie concours dcvoué des vétérinaires désignés pour suivre mes operations.
Néanmoins, les résultats furent favorables, comme Ie constate Ie rapport établi par M. Goux, vétérinaire principal, président de la Commission qui suivait mes experiences.
Les conclusions de ce rapport ayant été tronquées et, par conséquent, dénaturées dans différentes pu-
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HISTORIQUE DE LA QUESTIONnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 19
blications, nous nous voyons dans la ncccssitc dc le rcproduire, in extenso, tel qu'il a été publié dans lo numero de mai 1865 du Journal de médecine vétérinaire militaire, page 757 :
Séance du 17 février 1865.
M. Goux, rapportour d'une sous-commission, composco de MM. les vétcrinaires principaux et chargéc de diriger et de suivro des experiences sur le système de ferrure de M. Watrin, vétérinaire en 1quot; au 3™quot; do Lanciers, rend compte, dans un rapport tres circonslancié, des résultats obtenus ä la suite de ces divers ossais, et qu'il résumé en disant :
laquo; Do nos observations diroctos, des résultats dos experiences faitos aux Chasseurs dc la Garde, au 2quot;deg; regiment do Lanciers, aux regiments de l'artillerie de la Garde, ainsi que des faits particuliers qui nous sont connus, il ressort comme conclusions générales :
laquo; 1deg; Que le système dc ferrure propose par M. Watrin, et dont il est Tinventeur, est tres rationnel, en cc qu'il fournit un moyon, sinon infaillible, du moins tres puissant, pour rendre progressivement aux pieds plus ou moins deformes leurs inouvemonts normaux, pour provoquer ainsi plus ou moins lentoment leur regeneration, et alors pour guérir un grand nombre des alterations dont ils peuvent étre le siège ;
(c 2deg; Que la pratique de cette ferrure, contrairement a l'opinion de l'auteur, est loin d'etre exempte de difflcultés ; qu'clle exigc dc la part dos ouvriers maréchaux, memo expérimentés, unc grande attention, une grande habileté ; que l'usage particulier de l'étau dilatatcur demande beaucoup de circonspection, beaucoup d'habitude, sans lesquelles on est exposé a de séricux inconvénients, qui rctardent d'autant les bons effets de la ferrure ; que, pour ces motifs, son application générale no saurait étre auloriséo, quant a présent, dans l'armée ; mais que son usage, comme moyen orthopödique, tres efficace, doit étre, au contraire, tres répandu dans les ateliers dc maréchalerie militaire ;
laquo; 3quot; Qu'uno remarque tres importante a été faite par tous les membres do la Commission : c'est que los pieds d'un grand nombre dc chevaux, surtout de ecux des Chasseurs, sont
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20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE 1'IED DU CIIEVAL ET SA FERRUHE
devenus plus courts, plus régulièrement arrondis, plus d'aplomb ; que ce sont lä des modifications importantes quc l'observation directe a d'abord constatées, mais que les cm-preintes de la face plantaire et les ferrures de M. Watrin sont venues ensuile confirmer;
laquo; 4deg; Que si les résultats obtenus sur les chevaux du regiment de Chasseurs ne constituent, en definitive, qu'un demi-succès, les ameliorations plus ou moins marquees, qu'on a observces sur un grand nombre de pieds, sont néanmoins assez signifi-catives pour que nous soyons disposes ä croire, avec M. Watrin, que si les experiences avaient été prolongées plusicurs mois, Ie résultat certainement eüt été plus complet, d'autant plus qu'il ne faut pas oublier que beaucoup de ces pieds étaient profondément deformes, et qu'ils ne pouvaient étre modifies que lentement par une regeneration progressive des tissus sous-cornés ;
clt; 5deg; Que, par contre, si les ameliorations obtenues sur les chevaux du 2mo de Lanciers et des regiments d'artillerie de la Garde ont été plus manifestes, elles ne nous ont cependant pas paru plus concluantes, parce que, en general, les pieds de ces animaux étaient loin de présenter les difficultés que M. Watrin a rencontrées sur les chevaux du regiment de Chasseurs ;
laquo; 6deg; Que, sans croire a 1'infaillibilitó du Systeme de ferrurc en question, nous n'hésitons pas ä Ie eonsidérer comme un veritable progrès realise en maréchalerie, comme constiluant un moyen orthopédique des plus rationnels, des plus efficaces, des plus propres è. combattre victorieusement les différentes deformations que Ie pied peut éprouver et la plupart dos alterations dont il peut être atteint; enfin, comme étant incontes-lablement supérieur a tous les autres moyens tour a tour préconisés ;
laquo; 7deg; Qu'en consequence, il y aurait utilité et avantage a Ie répandre dans l'armée par tous les moyens dont dispose l'administration supérieure de la guerre, düt-elle, pour alteindre ce but, envoyer pendant quelque temps M. Watrin ä. Saumur, pour initier Ie professeur de maréchalerie, les aides-vétérinaires stagiaires et les ouvriers maréchaux ä la theorie et au manuel de sa ferrure. raquo;
Maintenant, Messieurs, en vous informant que M. Watrin a apporté a la realisation de son idéé une volonté, une persis-tance, un désintéressement dignes des plus grands éloges.
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HISTORIQUE DE LA QUESTIONnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;21
nous osons espórer que vous voudrez bien vous joindre ä nous pour recommander ce vétérinaire laborieux et instruit ä la bienveillance particuliere de M. Ie Ministre de la Guerre, pour -prier Son Excellence de vouloir bien lui adresser une lettre de felicitations et lui accorder, è, titre de recompense, la collection des mémoires de la Commission d'hygiène hippique.
A la suite de ce rapport, je fus onvoyó ä l'Ecolo de cavalerie de Saumur, en vertu d'un ordre que je reproduis textuellement:
raquo;'DivisioNrauniREnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Colmar, 1c 12 mai 1865.
Slaquo; Subdk-ision.
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Mdeg; 1433
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Mon Cher Colonel,
Les experiences prescritos par S. E. lo Ministre de la Guerro, sur un systóme de ferrure inventé parM. 1c vétérinaire Watrin de votre regiment, ayant réussi, ïe Ministre a decide que M. Watrin so rendrait ä I'Ecole de cavalerie pour inilier les vötó-rinaires profosseurs, los aidos-vótérinaires stagiaires et les ouvriers maróchaux ä la theorie et au manual pratique de sa ferrure, afin que, de retour dans los corps, les aides-vétéri-naires et les maróchaux puissent y répandre les connaissances qu'ils auront acquises sous la direction de l'auteur.
En consequence, après l'installation de votre regiment ä Colmar, M. Watrin se rendra ä Saumur, oü il séjournera pendant tout Ie temps que sa presence y sera jugce nécessaire. Je vous prie de vouloir bien m'informer du depart de ce vétérinaire.
Rccevez, mon eher Colonel, Tassurancc de mes sentiments affectucux.
Le General commandant la subdivision,
Signa : Guerin de Waldersbach.
A mon arrivee h Saumur, je fis une ou deux conférences aux vctórinaires stagiaires et aux élèvcs maróchaux. On me demanda de faire quelques expo-
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22nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CIIEVAL ET SA FERRUBE
riences demonstratives, ce que j'acceptai volontiers.
Je choisis un certain nombre de chevaux parmi ceux dont les aplombs étaient lo plus faussés et les pieds Ie plus défectueux. J'avais, du roste, trouvé la un admirable cbamp d'expérience et d'étude, oü j'acquis bientót la conviction la plus inébranlable que j'étais clans Ie vrai.
J'ajouterai que dans la salie des conferences, je trouvai unc rare collection de sabots défectueux ; je crois que, nulle part, on ne pourrait trouver la deformation poussée ä de semblables limites. C'est en examinant ces sabots que je trouvai les points de repère pour faire une coupe mathématique du sabot dans Ie sens antóro-postérieur, pour la pratique de la ferrure. Jusque-la, j'avais bien mis les deux quar-tiers a la memo hauteur, mais, n'ayant pour me diriger dans Ie sens antéro-postérieur que Tangle do pince, il arrivait que sur certains pieds k pincc creuse, ou pingards par exemple, je me trouvais cmbarrassé etn'arrivals au rcsultat qu'empiriquement et d'une maniere approximative, laissant parfois lo talon un peu haut. Séance tenante, mes convictions furent arrêtées ä cot égard, et je n'ai jamais eu depuis h les modifier, sauf dans quelques cas patho-logiques tres rares.
Au bout d'un certain temps, je m'apergus que ma mission d'initiateur était changée : j'étais réellement sur la sellette et les experiences que j'exécutais, loin d'etre suivies comme un objet d'étude, étaient soumises ä un veritable controle. M. Goyau, qui était alors vétérinaire ä Saumur, me demandait souvent des explications et prenait des notes.
Entrainé par mes études, je prolongeai outre mesure cette situation fausse ; puis, on me demanda un rapport et je rejoignis mon regiment.
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III3T0IUQUE DE LA QUESTIONnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;23
Quelque temps après, M. Goyau faisait paraitre une sorte de roman intitule laquo; Ferrure du cheval raquo;, dans lequel se trouvait reproduit tout ce que je lui avais dit. Il est vrai que certaines choses y avaient été dénaturées, afin que l'auteur put s'attribuer Ie mérite de les avoir rectifiées; d'un autre cóté, la naïveté des contradictions y accuse rinexpérienco complete de la chose.
A cette époque, M. Goyau m'appelait encore laquo; l'inventeur du nouveau système deparer Ie pied raquo;. Depuis, dans son laquo; Traite pratique de marécha-lerie raquo;, il reproduit Ia plupart de ces naïvetés, mais il daigne m'appeler par mon nom. Maintenant, comme par Ie passé, je ne ferai pas ä M. Goyau I'honneur de lui répondre, de lui réclamer tout ce qu'il m'a emprunté, ni de récuser ce qu'il m'a attri-bué dans son effronté plagiat, ou il n'a fourni que les phrases et les erreurs; mais je proteste avcc indignation centre ce procédé inqualifiable dont j'ai été la victime.
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CHAPITRE I.
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DES MEMBRES ET DU PIED
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Membres antérieurs. — Membres postérieurs. — Le pied.
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Nous n'avons pas l'intention de traiter la question anatomique du pied; nous nous borncrons k rappelcr les choscs absolument nécessaires ä notro demonstration et les points sur lesquels nous dcvrons insister plus tard. Nous ne parlerons pas des rayons superieurs des membres, mais nous forons cependant observer que, par un mócanisme semblable k celui des rayons inférieurs, dont nous allons nous occuper, la flexion des articulations tend ä porter l'extrémité inférieure du membre en dehors pendant son oscillation.
Membres antérieurs. — Lo canon se termine a sa partie inférieure par deux condyles dont la longueur est parfaitement egale, mais dont l'épaisseur est bien différente, le condyle interne étant beaucoup plus épais que l'externe.
La meme inégalité existe dans les cavités qui constituent la partie supérieure de l'os corrospondant. Disons de suite que la consequence de cette conformation, qui se retrouve dans les os qui suivent, est de produire de veritablelaquo; excentriques rejotant, dans
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26nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LE PIED DU CTIEVAL ET SA FERRURE
la flexion, l'extrémité inférieure du membre tout ä fait en clehors. On peut s'en assurer en prenant sur un cadavro un membre antérieur que Ton fora flóchir en rapprochant ses extrémités ; on verra alors qu'il ne se ploie pas dans Ie même plan, mais en formant une sorte de spirale. Nous aurons, plus tard, ä re-venir sur ce mécanisme, en nous occupant du cheval qui se coupe.
La première et la deuxième phalanges sont cons-truites d'après Ie même principe et concourent au même mécanisme.
La troisième phalange est un os spongieux, malleable et souple a l'excès, susceptible, sous les pressions de la boite cornée, de deformations multiples, jusques et y compris la résorption presque complete, sauf la surface articulaire. Get os, douc d'une certaine souplesse ä sa partie postérieure, est continue par les cartilages qui doivent normalement se trouver dans son prolongement, sauf Ie cas do deviation, et qui contribuent a former, avec l'os du pied et Ie coussinet plantaire, Ie moule du sabot, en dehors duquel ils constituent, ä la partie supérieure du pied, deux légers renflements arrondis et uniformes.
Membres postérieurs. — Dans Ie membre postérieur, Ie mécanisme est Ie même ; nous n'avons a signaler que la poulie oblique du tibia, faisant osciller l'extrémité du membre d'avant en arrière et de dehors en dedans, c'est-ä-dire écartant les membres en avant, pour éviter les chocs du pied sous la partie inférieure du tronc et les reportant en arrière dans Ie plan median, pour pouvoir pousser Ie centre de gravité en avant sans Ie faire osciller latéralement.
Les ligaments sont disposes sur les cótés de toutes
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DES MEMBRES ET DU PIEDnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 27
ces articulations, de fagon ä leur permettre un mouvement de charnière; ils permettent aussi aux articulations de la region digitée, quelques mouvements dé latéralité qui deviennent fatigants et douloureux quand ils sont répétés et exagérés.
Les tendons principaux, extenseurs et fléchisseurs, sont places en avant et en arrière du membre, de fagon ä obtenir son oscillation dans un plan bien determine, sauf los deviations móeaniques dont nous avons parlé. 11 ne faut pas oublier l'extenseur oblique destine k remettre en ligne les phalanges devices en dehors pendant la flexion. Ce muscle fait alors enbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; exécuter aux pbalanges, au moment de l'extension,
un pivotement d'arrière en avant et de dedans en dehors, pour effacer Ie mouvement contraire produit par les condyles dans la flexion.
Citons la bride fibreuse qui, partant de l'appareil ligamenteux du boulet, croise Ie paturon d'arrière en avant et va s'insérer avec Ie tendon extenseur ä la partie antérieure de la troisième phalange, bride absolument relachée, invisible a l'extérieur dans l'extension normale, faisant fortement saillie sous la peau, quand eile est distendue dans l'appui, par certains vices d'aplomb ; eile produit, quand eile est intacte, Ie mouvement automatiquo d'extension des phalanges pendant la marche, mouvement connu sous Ie nom de stepper. Elle empêche aussi, dans ces conditions, les chutes du cheval sur les genoux.
Rappelons que, dans 1c membre postérieur, lo tendon du perforc passant sur la pointe du calca-néum, il est impossible de fléchir 1c jarret sans fléchir la region digitée, et que, par centre, la flexion de la region digitée étant impraticable, peur une cause quelconque, la flexion du jarret ne peut s'exécuter.
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LE PIED DU CHEYAL ET SA FERRURE
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Le pied. — Le sabot est constitué par diverses pieces cornées, agencées entre elles et constituant la boite protectrice du pied.
La paroi représente la partie extérieure du cy-lindre corné ; eile est formee de deux couches de corne, l'une émanant du bourrelet et l'autre des feuillets podophylleux. La coucho externe émanant du bourrelet est constituée par des fibres, toutes paralleles entre dies, ainsi qu'a Taxe du pied et perpendiculaires k leur surface de secretion, puis-que le bourrelet est tout entier dans lo même plan et perpendiculaire ä Taxe du cylindrc. Il est de touto evidence que, clans ces conditions, les fibres de la paroi suivant la même direction que les feuillets podophylleux, l'engrenage entre los deux couches do corne sera complet et la fourmilière impossible.
Le bord plantaire de la paroi s'incrustant dans le sol pendant la marebe s'use en dedans et en dehors et devient légèrement tranchant.
Le biseau interne est forme aux dépens des feuillets kéraphylleux, dont la faible consistancc facilito l'usure. Ce fait, du reste, est commun h tous les animaux k sabot.
Ajoutons que ces explications, mathématiquement vraies pour lo pied antóriour qui est un cylindre, le sont égalcmont pour le pied postérieur qui est légèrement triangulaire.
La barre, formant la partie rentrante et en quel-que sorte la continuation de la paroi, représente d'abord en arrière une voute k courbe supérieure sur laquelle le pied vient s'appuyer et qui, s'affais-sant sous le poids, determine récartcment des talons. EUc représente doncl'organc actif dcl'élasticité du pied et, loin de ceder sous la traction des talons qui s'écartont, c'cst eile qui, par son affaissement.
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les éloigne Tun de l'autro. Getto barre se prolonge ensuite sur Ie bord interne de la sole, avec lequel eile se confond et semble faire Ie tour de la four-chette, dont eile est isolée par un sillon assez pro-fond.
La sole représente la plus grande partie du plan-cber du sabot, formant une voute légèrement sur-baissée, séparée de la paroi sur tout son pourtour extérieur par un sillon uniforme creusé aux dépens des feuillets kéraphyllcux. Un évidement analogue l'isole de la fourchette sur tout son bord interne qui se trouve renforcé par les fibres terminales de la barre.
La fourchette est un coin de corne molle place dans l'évidement median de la sole. Elle forme une pointe en avant, se divise ä l'arrière en deux parties constituant un coussin destine k amortir les chocs sur Ie sol et surtout ä limiter l'écartement exagéré des talons. A sa partie externe, eile est suspendue au bord interne de la barre dont ellc limite l'ex-tension par un mouvement de charnière que facilite Ie sillon qui l'entoure.
N'oublions pas que la fourchette est fixée en avant sous l'os du pied qui lui donne un point d'appui fixe et qu'au contraire, dans sa partie postérieure, eile est fixée sur un point execssivemont mobile et modifiable représenté par les cartilages et Ie coussinet plantaire.
Chez les animaux sauvages de nos forêts ayant des sabots, il existe derrière Ie boulet deux petits ergots qui remplissent exactement Ie même but et dont la forme ressomble tres bien ä une coupe transversale de la fourchette. Il est, du reste, facile do voir que Ie coin que celle-ci représente k sa pointe, oü 1c mouvement d'al'faissement de la sole est en-
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LE PIED DU CHEVAL ET SA FERRURE
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core obscur, se complique en allant vers les parties postérieureSjOu Ie mouvement s'accentue davantage, et qu'elle présente alors deux coins au lieu d'un, avec trois lacunes complétant Ie mécanisme en rece-vant la terre qui a étó refoulée par la fourchette et les talons. Les animaux ä ergots dont nous avons parló ont, entre ceux-ci, des poils tres raides qui font matelas et empêchent la terre de se fixer entre les deux ergots.
Chez Ie bceuf, lorsque les deux doigts sont rap-prochés, ils représentent, ä peu de chose pres, Ie sabot du cheval : même forme, même inclinaison. même direction des fibres perpendiculaires au bour-relet. La sole, comme chez lo cheval, représente uno voute ne touchant pas a la terre, mais la fourchette est représentóe par deux grosses protuberances molles et élastiques qui, au moment d'un effort violent et lorsque les doigts s'écartent, vien-nent s'appuyer sur Ie sol et limitent Ie mouvement d'écartement.
Si nous avons insisté sur tous les détails du pied sauvage, c'est qu'il doit nous servir d'idéal et d'ob-jectif dans la regeneration d'un sabot deforme et nous donner la clef de l'étiologie de la plupart des boiteries occasionnées par ces deformations. Cepen-dant, tout ce que nous venons do dire ä propos du pied vierge et de ses fonctions est loin d'etre la vérité pour ce que nous voyons journcllemcnt.
Le poulain, a sa naissanco, a bien Ie bourrelct dans le même plan, mais presqu'aussitót la deformation s'en empare et le transforme k Tinfini. La race, les milieux, la nature du sol concourent k ces modifications jusqu'au jour oü le maréchal incons-cient vient raccourcir de travers les sabots du mal-heureux animal pour achever l'asuvre de destruc-
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DES MEMBRES ET DU PIED
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tion. Aussi voyons-nous, chaque jour, dansles pros, des poulains de quelques mois avec des pieds et des aplombs complètement ridicules, qu'on a l'habitude de regarder comme des vices de nature. Pour ma part, il m'est arrive de trouver dans un pré tourbeux, ou les pieds s'enfongaient par la pointe, une série de poulains de prix qui étaient tous pingards et même rampins des quatre membres. J'ai été oblige, pour les redresser, de les mettre en liberté a de-meure dans une écurie dont Ie sol, pavé en briques, était parfaitement horizontal, après toutefois leur avoir pare les pieds convenablemcnt. La plupart de ces poulains se sont remis tres rapidement, mais los plus agés et par conséquent les plus malades ont du être gardes pendant plusieurs mois dans ces conditions.
Quant aux proportions du pied, voici h pcu pres comment nous les déterminerons :
Supposons un diametro de Oquot;1,11 ; la pince aura 0m,10 de longueur et les talons, paralleles a la pince, auront par conséquent le quart de cclle-ci, soit 0ra,025, puisque Tangle de pince est do 55deg;. La fourchelte, parallele au sol, en est éloignée de 2 ou 3 millimetres, de facjon a. pouvoirle rencontrer ets'y incrustcr, suivant les cas, quand, pour une cause quelconque, l'affaissement de la sole est trop accentué. Dans ces conditions, tendons et ligaments sont tous dans une position et une tension normales, sans distension ni tiraillements.
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CHAPITRE II.
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DE LA DEFORMATION ET DE LA CONFORMATION
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Talons trop bas ou pince trop longue. — Talons trop haut ou pince trop courte. — Quartier interne trop bas ou externe trop haut. — Quartier externe trop bas ou interne trop haut. — Conformation et deformation. — Action de la ferrurc. — De la fourburc.
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Nous avons dit que dans im pied normal les poids étaient répartis d'unc maniere reguliere, sur tout Ie pourtour de l'ongle, et que la regeneration s'en fai-sait au bourrelet par ondées uniformes et paralleles ; mais aussitót que Ie cheval est soumis a la domestication, il n'en est plus ainsi : l'usure nétant plus en rapport avec Ia croissance, il y a des differences de longueur, de fonctionnement et par conséquent des differences de repartition des poids. Le sabot, étant un cylindre incline sur l'horizon, reporte, en s'allongeant chaque jour, les poids qu'il doit supporter vers ses parties postérieures, en soulageant d'autant la pinco; mais comme, d'après une loi naturelle, la corne pousse d'autant moins quelle est plus chargée, on comprendra que, dans ce cas, le sabot poussera plus en pince qu'en talon, que l'on-dée cornéo qui émanera du bourrelet ne sera plus uniforme et que celui-ci sera refoulé dans un sens qui l'cloignera de sa position primitive. Si, au con-
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DE LA DEFORMATION ET DE LA CONFORMATION 33
trairo, pour une cause quelconquc, la pince vient a être raecoureie ou Ie talon trop élevó, ce qui revient au même, le boulet so redressant dans certains cas, leamp; parties antérieures seront surchargées et le pied poussera en talons. Que la difference de hauteur se produise sur Tun ou l'autre des quartiers, le principe est le même : le quartier le plus bas étant surcharge ne poussera plus ; toute la croissance s'exécutant dans le quartier oppose, la boite cornóe déviera de son axe. Cette loi qui veut qu'un sabot ne puisse pousser uniform ément quand son bourrelet n'est plus perpendiculaire ä Taxe du pied, se manifeste dans la pratique par des deformations aussi variécs et aussi nombreuses que les causes qui les produi-sent. Ces divergences dans les résultats sont d'autant plus indéfinies que le même fait ne produit plus les mêmes résultats sur des animaux de conformation différente et qu'un pied pare de travers, mais de la même fagon, sur un cheval ä poitrine étroite avec le coude au corps, ne sera pas deforme de la même maniere que s'il appartient ä un animal a vaste poitrine avec le coude en dehors, etc, etc. Nous nc pouvons micux exprimer notre pensee qu'en rappe-lant que les cornes des ruminants sont d'autant plus contournées que leur surface de secretion est plus inclinée sur leur axe. La corne du bélier décrit unc veritable spirale qui est la consequence de ce fait poussé a 1'exces.
Le bourrelet se trouvant déplacé et éloigné de sa position normale ne sera plus perpendiculaire aux feuillets podophylleux, et les fibres cornées nc sui-vant plus leur direction, il y aura d'abord tirail-lement, deplacement des parties flexibles et enfin désagrégation des deux couches de corne qui constituent la paroi.
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34nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CHEVAL ET SA FERRUBE
Pour faciliter 1'étude de la deformation qui est tres complexe, nous prendrons les quatre cas prin-cipaux avec leurs consequences les plus ordinaires; car, nous l'avons déja dit, la même cause produit souvent des effets diamétralement opposes sur des animaux de conformations différentes. Nous verrons done :
Le talon trop bas ou la pince trop longue ;
Le talon trop haut ou la pince trop courte ;
Le quartier interne trop bas ou externe trop baut;
Le quartier externe trop bas ou interne trop baut.
Répétons que ces cas varient ä l'infini ; que, par exemple, un cbeval peut avoir le quartier interne trop bas et les talons trop bauts, qu'il peut être trop bas de l'un ou de l'autre talon avec une mamelle trop élevée, etc., etc.
Le mécanisme des membres antérieurs différant sensiblement de celui des membres postérieurs, il en résulte que les consequences de tel défaut d'aplomb peuvent varier considérablement lorsqu'il s'agit du devant ou du derrière. Occupons-nous d'abord des membres antérieurs.
1quot; Talons trop bas ou pince trop longue.
Dans ce défaut d'aplomb, le cylindre s'inclinc davantage sur l'borizon ; le pied, au lieu de reposer sur une semelle borizontale, repose sur un plan oblique d'avant en arrière et de baut en bas. Le talon surcharge poussera d'autant moins que le défaut sera plus exagéré, et la pince soulagée poussera dans des proportions exactement contraires. Or, plusiours cas pouvent se présenter : si le pied est large, les talons s'éculeront, la barre s'aplatira, les quartiers s'évaseront et le pied deviendra plat. Ceci est surtout le cas d'un pied a talons courts.
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#9632;
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DE LA DEFORMATION ET DE LA CONFORMATION 35
Si Ie talon est plus long, les fibres s'inclineront, chassant en haut les cartilages latéraux; Ie bourrelet prendra une position se rapprochant de l'horizon-4ale ; on aura un pied a talons fuyants.
D'un autre cóté, la soupente tendineuse des ten-dons fléchisseurs se trouvant distendue, eile redres-sera les rayons osseux; Ie cheval deviendra droit sur ses boulets.
2deg; Talons trop hauls ou pince trop courte.
Dans ce cas, c'est la pince qui sera surchargée et les talons qui pousseront; mais faisons observer, avant tout, que Ie membre k talons trop hauts représente Ie commencement de la flexion, la pince du sabot se rapproche de la verticale et l'os du pied participe au même mouvement; puis, en suivant, on voit la première et la deuxième phalanges fléchies sur la troisième et décrivant un are de cercle ä concavité inférieure. L'angle formé en avant par Ie canon et la première phalange se ferme; les insertions extremes des tendons fléchisseurs se trouvant rapprochées, la soupente tendineuse se trouve, par conséquent, relachée et Ie beulet n'est plus soutenu que par son ligament suspenseur. Nous en verrons plus tard les consequences ; faisons seulement observer, pour Ie moment, que Ie bourrelet décrira une courbe antéro-postérieure a concavité inférieure. Le même fait se produira sur la sole; eile décrira la même courbe, en l'exagérant plus ou moins, soule-vant l'os du pied en avant, en le faisant pivoter sur sa pince. Comme consequence générale, encastelure, pied dit pingard et en outre boulets affaissés ou re-lachés et genoux arqués.
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36nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CIIEVAL ET SA FERRURE
3deg; Quartier interne trop bas ou externe trop haut.
Dans ce cas, 1c cylindrc se trouve incline latera-lement sur 1'horizon, les deux quartiers ne sont plus perpendiculaires au sol, le quartier interne forme avec lui un angle aigu qui entrave sa dilatation dans la marclie, le quartier externe, au contraire, formantun angle obtus, verra son mouvement d'écar-tement s'aecentuer, il deviendra plus fort au fur et ä mesure que l'autre deviendra plus faible;mais, tandis que le quartier externe se dilatera, pendant l'appui, dans le sens de l'élasticité normale, le quartier interne se resserrera ä chaque foulée, en com-primant les parties sous-jacentes. Le cartilage interne, chassé du sabot sous la pression de la paroi, viendra faire saillie sous la peau ä la couronne, la barre correspondante se placera de champ, faisant disparaitre les derniers vestiges d'élasticité dans cette partie ; Ie pied deviendra généralement panard.
4deg; Quartier externe trop bas ou interne trop haut.
Ce cas, de beaucouple plus rare, produit des effets différents, mais qui sont loin d'etre opposes, comme on pourrait Ie supposer. En effet, Ie cheval qui a un quartier du pied trop bas se trouve sollicité ä unc flexion transversale des articulations; comme cette flexion est impossible, Ie cheval y supplée par une torsion et une position du membrc qu'il choisit, sui-vant sa conformation, pour éviter la douleur. L'un, qui a la poitrine étroite, Ie coude au corps, les articulations un peu grêles, se soulagera en portant la pointe du pied en dehors et quelquefois en écartant un peu les membres ; il fera un panard. L'autre, h la poitrine large, Ie coude en dehors, les articulations puissantes et réfractaires aux torsions, se
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DE LA DEFORMATION ET DE LA CONFORMATION 37
campcra Icgcremcnt du dcvant, la pointo du picd cn dedans ; il fera un cagneux.
Certains chevaux, principalement ceux de gros trait, k pieds un pau évasés, avec des talons bas ou eculés, devenus douloureux sous l'influence du fer a eponges qui leur est appliqué la plupart du temps avec une ajusture entólce, etc., reportent, pour se soulager, l'appui sur la pince ; ils engagent alors Ie membre sous la masse et deviennent ce que l'on appelle Ie cheva.1 sous lui. Je ne veux pas nier ce dcfaut comme naturel, dans certains cas ; mais il y a tollcment d'acquis dans l'état de ceux que nous observons chaque jour, et on produit sur eux de telles ameliorations par la rectification des aplombs et une ferrure rationnellc, qu'il est bien difficile de dire, dans Ie dcfaut qui nous occupe, quelle est la part de la nature et celle de la mauvaise ferrure.
Dans les pieds postérieurs, les efïets ne sent pas les mêmes, parce que la conformation étant différente, Ie cheval fuit la douleur d'une autre maniere. Ainsi l'animalpeut, en flóchissant ou redressant son jarret, tendre plus ou moins les tendons fléchisseurs et se soulager ä volonté. Il arrive même, dans certains cas, a pouvoir se dispenser de marcher sur la sole, comme dans Ie pied pingard.
En résumé, on verra que les deformations varient a rinfini, mais qu'elles ne sont qu'une seule et même affection.
Ainsi, Ie pied dit panard sera encastelc, par exemple, du quartier interne; Ie pied plat sera en-castelé du haut et avachi du bas, etc., etc.
Outre ces cas, isolés ou combines, nous verrons Ie pied et ses cartilages décrire une courbe antéro-postérieure a concavitc inferieure dont l'exagération est Ie pied pimjard (cette deformation existe sur Ie
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picd antericur comme sur Ie pied postérieur, quoi-que Ie cheval soit force de marcher ä plat); ou bien la courbure sera ouverte en haut avec une série de phénomènes dont la dernière expression constituera la fourbure chronique.
En tout cas, lorsque Tun des quartiers plus haut que l'autre force le membre a un pivotement quel-conque, celui-ci n'oscille plus dans un plan parallele ä Taxe du corps ; il revêt une marche spéciale ä chaque cas, qui permet de reconnaitre, ä une grande distance, qu'un cheval en mouvement n'a pas les pieds pares d'aplomb.
Nous avons vu que l'élasticité normale n'existe que sur Ie pied vierge. Elle est ä peu pres teile que l'a décrite Bracy-Clarck, sauf la fonction de la barre qui, s'aplatissant sous la pression du membre, écarté les talons et devient l'organe actif du mouvement, au lieu de n'être qu'un organe passif cédant k la traction des talons qui s'écartent. Or, chaque modification, si insignifiante qu'elle soit, apportée dans Ie mécanisme du pied et du sabot, a son retentis-sement sur les mouvements d'élasticité qui varient ainsi a l'infini, et arrivent, non-seulement ä s'annuler entièrement, mais a fonctionner dans un sens tout ä fait oppose.
Pour bien se rendre compte de ces modifications, il est indispensable que nous définissions d'abord, d'une fagon precise, ce que nous appellerons la conformation et la deformation.
Quelle que soit la conformation du poulain qui nait, cheval de course, boulonnais ou mulassier, le bourrelet, nous le répétons ä dessein, est perpendiculaire ä Taxe du sabot — conformation — et ce-pendant plus tard ces animaux auront des ongles bien différents :
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L'un, le choval de course, qui a la phalange petite, une corne epaisse, peu de poids pour affaisser la voüte de son sabot, aura une tendance au resser-rement, et, selon que cette modification s'exercera sur tel ou tel quartier, l'animal deviendra panard ou cagneux; les barres se redresseront, se placeront de champ, les talons acquerront une grande hauteur, la voüte se creusera, la fourchette s'atrophiera, les modifications du bourrelet seront évidemment iden-tiques ; c'est l'encastelure — deformation.
L'autre, le mulassier, par suite du volume de son sabot et de la largeur normale de sa phalange, suite de la conformation que nous lui avons imposée, ne pourra jamais subir la même modification; la barre, n'ayant pas la même resistance ä cause de son apla-tissement et de son étendue, tend ä s'affaisser de plus en plus, sous le poids du corps, la voüte s'ava-chit, le bourrelet se rétrécit d'autant, le pied devient conique, les quartiers n'étant plus paralleles, les fibres de la corne sont divergentes — deformation.
Un poulain vient au monde aveo une poitrine large, les coudes en dehors, les pinces seront légè-rement tournees en dedans ; par conséquent l'animal sera cagneux par conformation, en admettant que le pied reste normal. Mais, a cóté de ce poulain, un autre nait avec des membres parfaitement paralleles ; plus tard, sous I'influence d'une cause quel-conque, lo quartier se resserre, le pied n'est plus symétrique, l'animal sera cagneux par deformation.
Nous verrons done que la conformation primitive du cheval sera une cause presque forcée de teile ou teile deformation, par exemple qu'un cheval de course n'aura pas plus de tendance a avoir un pied plat que le mulassier un pied encastelé a talons hauts.
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Voyons clone quelques cas parmi les plus sail-lants :
Supposons un pied ä talons fuyants : dans ce pied, les talons, pour une cause quelconque, se trouvent ecules; ils s'allongcnt considérablement, la pince devient plus oblique, le bourrclct se rapprocho de Thorizontale ; les fibres cornées, par conséquent, ne sont plus perpcndiculaires au bourrclet, leur surface de secretion; les barres redressées sont h peu prés de champ et décrivent une légere courbe antéro-postérieure. Les cartilages, chassés du sabot par l'obliquité du talon, nc forment plus en arriore leur coussin élastique. Les mouvements dus au méca-nisme primitif sont complètement annihilés et Tclas-ticité, dans ce cas, n'cst plus qu'uno élasticitc do tissus.
Cette deformation est, en general, produite par des talons trop hauts sur un cheval un peu long jointé. Les talons soulagés ont poussé plus que la pince, mais comme ils sont gênés par Ie fer dans leur avalure, les ondées cornées, au lieu de restcr paralleles, ont formé en quelque sorte des coins antéro-postérieurs dont les pointes convergent a la pince. 11 faudra en pareil cas bien peu de chose pour produire la fourbure chronique. Sur une autre conformation, les mêmes effets auraient produit une autre deformation.
Prenons maintenant un pied antérieur ä talon interne trop bas, sur un cheval qui se pose en pa-nard : Ie membre, dans ce cas, n'cst plus parallele h Taxe du corps; il fonctionnora d'arricre en avant el de dedans en dehors. Au moment du poser, la mamellc externe, qui est la partic saillante du pied, atteindra d'abord Ie sol, il se produira sur olie un pivotcment qui ne ecssera qu'a l'appui complet du
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piccl; 1c poids du corps viondra porter cn entior sur 1c talon interne qui est 1c plus bas ; puis, sous l'in-lluence de cette surcharge, ce talon ne poussera plus et s'óculera. Les deux quartiers, qui primitive-ment formaient chaeun un angle droit avec l'horizon, se deformeront : le quartier interne, dans l'appui, ne fera plus avec le sol qu'un angle aigu, qui rendra son écartement impossible et produira le redressement de la harre; le quartier externe, au contraire, formant un angle obtus, so dilatcra outre mesure et, au bout d'un certain temps, l'élasticité se traduira par un exhaussement du quartier interne et un abaissement du quartier externe, produisant entre eux une espèce de va-et-vient alternatif. Inutile do dire que le talon interne, refouló en haut, changera de place en entrainant avec lui le cartilage corres-pondant. Ce mouvement sera encore facilité par la fente qui se produira entre les deux talons.
Chez les poulains et les chevaux qui ont le pied ä peu prés complet, cette fente n'existe pas; mais aussitót que le pied se deforme et surtout se res-serrc, le bourrolet se trouve trop long pour l'enve-lopper. Cet exces de longueur vient se noyer dans un angle rentrant qui se forme entre les talons et les deux branches de la fourchettc et qui est d'autant plus profond que le rétrécissement du spied est plus accentué.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;j
Dans le pied a quartier externe trop bas, cas beau-coup plus rare que le precedent, le pied atteint le sol par sa mamellc interne. Le pivotement se fait, suivant la conformation, de dohors en dedans ou do dedans en dehors, mais comme ce mouvement n'est
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pas aussi facile quo dans lo cas precedent, lo chcval n'est plus aussi a même do se soulager et les consequences en sont habituellement plus graves. Cepen-dant, il porte ordinairement la pointe du pied en de-dans et Ie membre se meut tout d'une pièce. Les consequences, comme deformation, sont, comme dans lautre cas, Ie chevauchement des talons, Ie redressement de la barre et les deformations du bourrelet, variables suivant l'intensité de la cause et Ie plus ou moins d'élévation des talons.
Le pied plat, quoiquo l'opinion contraire soit ge-néralement admise, est assurément celui qui est le plus facile ä rélablir et ä utiliser, parce que tous les organes qui le composent sont au complet et n'ont subi qu'une sorte d'affaissement.
Que le pied plat, sauf les cas d'exagération extreme dans la deformation, soit soigné convenable-ment et ferré intelligemment, l'animal fera assurément sans souffrance un excellent service. Au bout d'un certain nombre de ferrures, le sabot, rége-néré par le bourrelet, ne sera plus reconnaissable.
Dans le pied plat, la deformation la plus sérieusc consiste dans la difference du pourtour a la couronne et au bord plantaire. Le pied étant conique, les fibres sont divergentes, les talons sont fortement reployés en dessous, la fourmilière est forcée, comme nous le verrons plus tard ; alors le pied, n'étant plus soutenu d'une maniere complete, affaisso la voute et les barres, le bord de la sole se soude avec la four-chette et le tout ne forme plus qu'une semelle inerte et sans mouvement; l'élasticité a disparu.
Dans le pied encastelé, les barres sont de champ, c'est-a-dire placées perpendiculairement au sol. Le pied conserve souvent la forme cylindrique primitive, mais les talons se sont rapprochés, soit d'une
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maniere egale, soit d'uno maniere inegale. La four-chette est refoulée en avant, la fente du sabot est tres profonde. La sole placée dans un espace beau-coup plus restreint est fortement voussée en dessus ; le-cheval marche par conséquent sur une boule en avant et, en arrière, sur deux lames tranchantes. L'os du pied est profondément modifié. Les extrémités postérieures sont rapprochées; les cartilages, chassés hors du sabot, forment ä l'extérieur deux lames dures, rigides et plus ou moins tordues en dedans. Quand un talon se trouve beaucoup plus resserré que l'autre, la barre correspondante devient ä l'inte-rieur d'autant plus saillante et plus tranchante, s'in-crustant dans Ie pied et rendant la marche généra-lement tres douloureuse.
Le pied encastelé se présente presque toujours avec des talons tres hauts et verticaux. La courbe antéro-postérieure formée par les phalanges est tres prononcée et inevitable ä la suite du soulèvement de l'os du pied par la voussure de la sole. Comme les barres sont de champ et inflexibles, la pression qui s'exerce sur le haut des quartiers en determine l'écartement supérieur et le rapprochement inférieur. C'est le mouvement de l'élasticité normale et ce que Perrier, qui n'avait étudié que des talons trop hauts, appelait la force coritentive.
Le défaut que nous venons d'étudier, lorsqu'il se produit sur le membre postérieur, rend le cheval pingard.
Quelle que soit la deformation du sabot, eile a été généralement amenée par un vice d'aplomb ou un vice de ferrure, et dans les deux cas il y a, comme nous l'avons dit, un changement dans la direction du membre, occasionné mécaniquement par le vice lui-même ou bien par une douleur dans la marche ou
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ï inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIET) DU CIIEVAL ET SA FERHURE
dans l'appui, doulour que l'animal cherchc ä óvitor. Öi 1c défaut d'aplomb amónc la Ilcxion ou 1'extension cxagérée d'une articulation quolconque, l'animal la rectifie instinctivement et dans la limite du possible, en reportant unc partie du mouvement sur une au-tre articulation indolore. Il en résulte qu'a première vue, on voit qu'un cheval marche d'une tagen spéciale, en immobilisant Ie jeu d'une ou do plusieurs articulations douloureuses, ce qui fait dire journel-lemcnt que tel cheval a les épaules chcvillccs, qu'il y a de la raideur dans 1c genou ou Ie boulot, etc. Si l'on veut un exemplc frappant de tout cela, il suffit de voir passer un cheval de fiacre fatigue : les membres antérieurs fonctionnent tout d'une pièce, on dirait que la moitié des articulations est anky-losée.
Dans d'autres cas, quand Ie défaut porto sur l'aplomb lateral, Ie mombre fonctionne en dehors de son plan d'oscillation; Ie cheval qui trousse, dont lo pied part d'un point faux en dehors ou en dedans de ce plan, y rentre aussitót qu'il est leve, lo dépasse, y rovient et billardera, par exemple, d'une maniere cxagérée. Une autre fois, il fauchera, etc., etc. Celui qui a dos actions ordinaires et moins élevéos se contente de ployer lo genou en dehors, puis Ie membre se porte tout d'une pièce en avant, attaque Ie sol par lo point on saillie de son sabot, pivote plus ou moins, suivant lo cas, ot finit par s'y appuyer tout cntier, mais tout cola péniblement et avec une apprehension qui exprimc la souffrance rodoutéc. Ce mouvement do latéralité et do torsion d'articulation peut, quand lo cheval fait un petit service, no pas être tres douloureux; mais aussitót que la fatigue se produit, cetto torsion do I'articulation, toujours dans lo meme sens, amène des douleurs intolérablos. On
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peut s'en rendre comptc en réfléchissant que tel cheval qui fera, par cxemple, une quarantaine de kilometres, en supposant qu'il fasse im metre h chaque battue, subira quarante mille fois la même torsion dans la même articulation, et on s'expliquera bien facilement alors ces dilatations des capsules synoviales, ces périostoses aux attaches des ligaments tiraillés, etc., etc. Avec un peu d'habitude, il n'y a rien de plus facile que de voir, a une grande distance, sur un cheval en marche, que le pied a été pare de travers, sans toutefois pouvoir préciser, do loin, l'endroit du pied ou reside le défaut.
Sur les membres postérieurs, le resul tat est iden-tique. La plupart du temps, après une fausse coupe du pied, le cheval rapproche les pointes des jarrets, en ccartant les pinces du pied. Certains chevaux de gros trait seuls, dont les fesses tres développécs rendent ce mouvement impossible, rapprochent les pinces en écartant les jarrets. Presque tous ces chevaux pivotent sur la pointe du pied et sont plus ou moins pincjards.
On remarquera aussi que la conformation du jarret permettant au cheval, par une flexion plus ou moins forcée, d'égaliser les tensions des tendons et de modifier la flexion des articulations, celui-ci en use presque toujours. En effet, il est assez rare de voir un cheval, au bout d'un certain temps de service, conserver ses aplombs réguliers du derrière. La plupart ont redressé l'articulation du boulet, de fagon que la ligne droite antérieure du canon se prolonge jusqu'ä la pince du pied, après avoir fait disparaitre entièrement l'angle métatarso-phalangien. Ceci tient encore a une autre raison que nous ver-rons plus tard.
Parmi les causes de boiterie, la principale consiste
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dans les défauts d'aplomb, occasionnés par uno coupe défectueuse du sabot, qui en fausse les fonc-tions et en amène la deformation. Ce vice, inherent en quelque sorte ä la ferrure frangaise, dépend surtout de la fagon dont on tient le pied pendant l'opcration de la ferrure. Pour parer instinctivement le pied d'une f agon reguliere, celui-ci devrait être leve dans un plan parallele a Taxe du corps, c'est-ä-dire dans son plan d'oscillation, au moins pour le pied antérieur, dont nous nous occupons en ce moment. Or, ce qui a fait pendant si longtemps I'en-gouement pour la ferrure anglaise, c'est que l'ou-vrier, tenant lui-même le pied entre ses jambes, sans l'élever beaucoup, se rapproche sensiblemont de ce principe. Le teneur de pieds francais, au contraire, léve le pied tres haut, et d'autant plus haut que l'ouvrier est plus grand et le cheval plus petit, puis le membre est tiré brutalement en dehors, pour permettre au ferreur d'opérer. Ce défaut est encore exagéré par la courroie dont le teneur de pieds se sert pour se soulager. Il dcvra même tirer ce pied plus en dehors pour un cheval ä cótes rondes que pour un cheval plat, le ferreur se trouvant, dans le premier cas, plus éloigné du plan median. Or, dans ce mouvement d'abduction forcée, le quartier interne vient s'offrir en saillie au boutoir du ma-réchal qui, croyant mettre son pied d'aplomb, l'abat outre mesure et de teile facon que le pied, aban-donné ensuite ä lui-même, se trouve beaucoup plus bas du dedans que du dehors. Le premier effet de ce défaut, outre les deformations qui en seront la consequence, est de rendre la plupart des chevaux panards et de les faire marcher d'une fagon qu'on appelle encore laquo; marcher ä la frangaise raquo;. Ajoutons que 1c maréchal, maniant son boutoir toujours avec
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la même main, parera les deux pieds plus ou moins de travers et d'une maniere inegale, suivant qu'il se sert de sa main droite ou qu'il est gaucher. J'ai vu des chevaux, ferrés par certains maréchaux, user moitié plus de fers d'un picd que de l'autre, ce qui était Ie résultat de ce fait que Ie pied droit ou 1c pied gauche était toujours plus de travers que l'autre.
Pour Ie pied postérieur, les effets sont diamétra-lement opposes : Ie pied postérieur, qui oscillo normalement d'avant en arrière et de dehors en dedans, devrait être leve, pour rester dans ce plan, on Ie rapprochant légèrement de Taxe du corps ; au lieu de cela, Ie membre est tiré violemment et tout d'une piece en dehors, la region digitée se pré-sentant forcément dans la flexion, par suite de la fermeture de l'angle du jarret qui en rend l'extension impossible. La encore, Ie pied sera d'autant plus de travers que Ie maréchal sera plus grand, qu'il lèvera par conséquent Ie pied plus haut et Ie portera davantage dans l'abduction. Nous avons vu, en effet, que, par suite de la difference d'épaisseur des con-dyles qui terminent inférieurement les rayons osseux, chaque articulation du membre, en se fléchissant, met en jeu une sorte d'excentrique qui fait porter en dehors Ie rayon suivant, et cela d'autant plus que l'articulation est plus fléchie. En outre, une augmentation dans la flexion du jarret accentuant cgalement celle de la region digitée, Ie sabot, porté de plus en plus en dehors, apparait au maréchal dans une position tellement fausse qu'il sera fatalement pare de travers; mais comme Ie quartier externe, dans cette torsion du membre, vient s'offrir Ie premier au boutoir du maréchal, c'est lui qui habituel-lement se trouvc abattu outre mesure. Ce défaut
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peut êtrc porto k des limites incroyablcs, surtout si 1c maréchal, voyant son ehe val légèrement panard, veut rectifier suivant Ie principe qui prescrit, en pareil cas, d'abattre Ie quartier externe ; il tombe alors dans un cercle vicieux qui peut l'amener h des differences de 4 ou 5 centimetres.
Si les chevaux ont des differences excessives dans l'épaisseur des deux quartiers d'un même pied, il n'y a pas d'autre cause que la difference de hauteur de ces mêmes quartiers. Pourquoi, sans cela, un cheval, qui a presque toujours Ie quartier externe du pied antérieur plus fort que l'interne, aurait-il 1c défaut oppose sur Ie pied postérieur ?
Ce que nous venons de dire, a propos des défauts d'aplomb, n'aurait encore qu'une gravité relative, si Ie mal n'était pas aggravé par la maniere dont la ferrure est pratiquée. Ce qui préoccupe avant tout Ie maréchal, ce n'est pas que l'animal soit a son aise et ne souffre pas ; pourvu qu'il ne boite pas trop fort au sortir de la forge (et encore !). Ie reste lui est fort indifférent. Ce qu'il veut, avant tout, c'est que son pied soit ferré projorement. Pour y arriver, il ne se donnera pas la peine d'ajuster un fer ayant la forme du pied, surtout si ce pied n'a pas unc belle tournure. Son ouvrage n'aurait pas d'onü, et puis il y perdrait du temps, en admettant qu'il put Ie faire, ce qui n'est pas toujours tres facile.
Voici la plupart du temps comment on procédé :
Chaque ouvrier possède une tournure de fer dont il se départit peu, h moins de cas exceptionnels. Ce fer se rapproche plus ou moins de la forme circulaire, en s'éloignant en proportion de l'ellipse, qui représente une coupe oblique h 55deg; opérée dans Ie cylindre corné. La pince du sabot est fortement óchancrée, Ie fer, appliqué a chaud sur Ie pied, est
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remonte autant que possible, en frappant sur la pince avec les tenailles, pendant que les branches des tricoises Ie maintiennent sur Ie pied ; puis, après Ie coup de boutoir donné sur la paroi, pour faire porter, Ie fer est refroidi, limé et fixé sur Ie pied; puis, finalement, la rape vient enlever les deux mamelies qui font saillie de chaque cóté du pincjon, Ie quartier interne pour empêcher, soi-disant, Ie cbeval de se couper, et la paroi externe peur simuler la garniture. L'opération n'a pas été longue et, aux yeux du public ignorant, eile a été parfaitement cxécutéc. Or, voici en quelques mots les principaux défauts de cette maniere de faire :
La face plantairc d'un sabot, qui n'est pas trop déformé et qui est pare d'aplomb, représente une ellipse dont la paroi forme Ie pourtour ; c'est sur cette paroi seule, et dans touto son étendue, que doit s'opérer l'appui. Chaque partie qui en sera supprimée ou affaiblie reporte forcément les poids sur les portions qui sont restées intactes, et toujours en proportion du défaut. Dans de telles conditions, Ie sabot surcharge, dans un point, de toutes les pressions qui devaient s'exercer sur les parties sup-primées, se déformera en comprimant les parties internes. La douleur, si eile n'est pas tres vive, ou plutót si eile s'exerce également sur les deux pieds, n'occasionnera peut-être pas de boiterie, mais l'ani-mal, gêne, souffre, fausse ses aplombs, fatigue ses membres et enfin arrive ä une usure anticipée.
Lo fer, comme nous l'avons dit, se rapproche plus ou moins de la circonférence. Il a, en outre, tres souvent les éponges nourries, non pas que Ie fer ait été toujours forgé ainsi intentionnellement; mais dans l'opération de l'ajusturc, après que Ie pincjon a été leve, que l'ouvricr a ajusté la pince et les ma-
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melles, cos parties se trouvent forcément et incons-cicmment amincies, le fer a des éponges nourries a la fin de l'opération. Pour arriver a le placer, I'ou-vrier abat la pince et laisse les talons hauts. C'est le défaut que nous avons signalé comme le commencement de la flexion et devant amener, par ses consequences mécaniqucs, des chutes sur les ge-noux. Il est, en outre, augmenté par le défaut d'ajus-ture du fer.
Le sabot a etc pare a, plat, mais la sole n'a pas etc óvidée et porte en plein sur le fer, ä moins que celui-ci, ajusté on creux ou en bateau, ne représente des plans inclines convergeant vers le centre, sur lesquels les quartiers et les talons glissent en se rcsserrant, comme au fond d'un entonnoir, annihi-lant toute espece d'élasticité dans le sens normal et la faussant do la maniere la plus absolue. La pression continue et s'exagère par l'affaissement des parties du sabot qui reposent sur le fer, et les chocs la rcn-dcnt douloureuse ; pour se soustrairc a cette souf-france, I'animal prend unc position qui le soulage, mais souvent il redresse son boulet ou porte le gcnou en avant. Dans le premier cas il devient bou-leté, et arqué dans le second.
La fourchettc que Ton a respectce porte souvent sur le sol, quand la chose est possible. Or la four-chctte, qui n'est qu'un frein destine k limiter l'ex-tension du sabot dans la marche, ne doit pas scrvir de point d'appui. Co n'est pas en vain qu'on change la destination d'un organe ; du roste, il est facile de se rendre compte que, la barre étant oblique et son bord supérieur fixe ä la fourchette, se scrvir de colle-ci comme d'un point d'appui, c'est, ä chaque pas, rcfouler en haut la sole et la barre, que Ton redresse, en formant les talons ä s'incurver en dedans
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pour arriver ä l'appui. Or, ce mouvement est Ie ren-versement complet de l'élasticité normale du sabot; les inconvénients en sont assurément nombreux et, parmi eux, on peut placer la. seime au premier rang.
Souvent l'ouvrier omet d'évider la sole et de la soustrairo au contact du fer; c'est une faute, grave surtout si eile se produit a la partie postérieure de cette sole engagée entre la barre et la paroi, car eile y produit habituellement la bleime, meurtrissure fort commune des parties internes, dent nous par-lerons plus tard.
Quand le fer a ete ajusté sur le pied de la iaqon défectueuse et trop ordinaire dont nous avons parlé, il arrive que l'ouvrier, implantant son clou dans des parties do paroi amincies, risque de piquer son cheval, ce qui n'arrivo pas quand la paroi a été respectée et que 1c fer a la tournure du pied.
Les clous, devant être implantés dans des directions souvent tres obliques, déplacent le fer, et l'on voit journellemcnt le maréchal, pour le remettre en place, faire un levier avec ses tricoises et frapper ä coups redoubles sur ses bords, s'inquiétant peu des tiraillements qu'il exerce sur le sabot et des compressions qui peuvent en être la consequence. Souvent lo fer est ótampc jusqu'aux éponges; le sabot est alors immobilise dans tout son pourtour, et le peu d'élasticité normale qui lui reste sera faussé ou renversé.
Nous avons dit que lorsqu'un pied est mis de travers, le quartier le plus abattu s'éculeet s'amincit. Dans ces conditions, il repose obliquement sur 1c fer, et le clou qu'on y implantera devra, pour ne pas piquer lo cheval, avoir une affilure tres accentuée qui lui fera decrire dans la corne, avant de sortir, une courbe dont la convexité touchcra aux parties
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vives et sensibles du pied. Cette courbe s'exagérera encore quand on rivera Ie clou, qui deviendra ainsi, pour l'animal, la cause d'unc grande douleur et peut-être d'une boiterie.
Il nous reste les méfaits de la rape. Celle-ci, au lieu d'unir simplement les rivets, cnleve inintelli-gemment toutes les portions de paroi qui nuisent h l'idcal que l'artisan s'est fait du pied et qui auraient été souvent bien précieuses pour y placer des clous un pen plus tard. Souvent meme toute la paroi est ainsi dégarnie do son vernis protecteur.
Il est ä remarquer que ces faits ne sont jamais plus désastreux que sur des pieds malades, dont la paroi aurait du être respectée a tout prix.
Nous avons dit que le sabot du cheval en domes-ticité était soumis ä une deformation susceptible de se traduire d'une foule de manières différentes. Elle représente done une maladie unique a, manifestations diverses, mais en somme produites ä peu prés par les mêmes causes et reclamant, par conséquent, 1c même traitement. Quand le cheval est jeune, au sortir des herbages, on peut, par une ferrure bien faite, conjurer toutes les misères qui s'abattent sur lui et abrégent si souvent sa carrière. Mais, quand l'animal a le sabot deforme pro fondement et depuis longtemps, on ne peut pas espérer lui voir reprendre son état primitif. Le róle du maréchal ne consiste qu'ä appliquer une ferrure rationnelle faite pour le pied, quel qu'il soit, avec des aplombs irrépro-chablos. Il permettra ainsi au sabot de se régénérer, dans la limite du possible, et au cheval de faire, sans douleur, un long service. Vouloir, par des moyens mécaniques quelconques, rendre a un pied cncastelé sa forme primitive est absolument impossible : l'os du pied est déformé, les cartilages dé-
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places et ossifies ä leur base, ne font plus au sabot qu'un moulo amoindri qui ne permettrait pas la dilatation du sabot sans désagrégation ni déchirure.
Dans certains pieds avachis, sc rapprochant, par consequent, du pied plat, il arrive souvent, quand la deformation n'est pas pousscc a I'exces, quo Ton peut rctablir sensiblement la forme primitive. C'est que les organes contenus dans la boite corneo n'ont pas cté écrasés par la compression du sabot; ils ne sont que deformes et dcplacés.
L'encastclure, considórce généralement comme une maladie particuliere, n'est done en réalitó qu'unc des formes de la deformation, s'opérant d'une maniere générale, avec resserrement uniforme sur tout 1c pourtour du sabot. Le bourrelet, devenu beaucoup trop long par l'amoindrissement du pied, décrit une courbe ondulant de haut en bas ; habituellement il s'abaisse en pince, remonte sur les quartiers et redescend en arrière pour s'enfoncer dans la fente postérieure qui est profonde. Les barres sont com-plètement de champ, par conséquent inflexibles ; a l'intérieur, leur hauteur est inégale si les deux talons ne sont pas serres d'une maniere uniforme. Les cartilages, chassés hors du sabot par son rétré-cissement, viennent faire saillie en dehors.
Dans le pied panard, l'encastelure (si on veut lui conserver cc nom) ne sc produit que du cóté interne, qui sc trouve plus ou moins resserré. Le bourrelet, en eet endroit, est beaucoup plus élcvé, quoique le sabot soit trop bas du même cóté : c'est que ce quartier, surcharge ä la suite de son abaissement, ne pousse plus qu'a sa partie supérieure, sans avalure, et par une sorte de chevauchement avec l'autrc talon.
Inutile de dire que l'encastelure établie sur lo quartier externe produira le pied dit cagneux.
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Le pied plat est généralcment produit, sur les pieds naturellement un peu grands, par un faux aplomb et des fers ä éponges fortes. Celui-la peut ctre considéró comme encastelé sur son bord supérieur : les barres sont avachies, la voute de la sole affaissée et les fibres cornées émanant du bourrelet, devant descendre sur un cóne, ne sont plus paralleles, prennent une direction autre que les feuillets podophylleux et produisent forcément la fourmilière. Ce pied, comme nous l'avons dit, est le plus facile ä régénérer d'une maniere assez complete. Il est bion entendu que le parallélisme des fibres n'est pas détruit par leur divergence en éventail, ce qui est impossible, mais par le simple enroulement de la paroi sur un pied plus ou moins conique.
Le pied comhle, n'ctant que l'exagération du pied plat, procédé des mêmes causes et se traite de la même fagon.
Le pied pingard existe fréquemment, aussi bien sur les pieds de devant que sur les pieds de derrière. Mais, le mécanisme du membre n'étant plus lo même, le cheval qui a cette deformation sur un membre antérieur ne peut pas soustraire son talon ä l'appui et marche ä plat. Ce dcfaut est produit par un rapprochement des deux talons qui font voussor la sole en haut. Cette sole représente, par conséquent, une voute tres élevée et une courbe antéro-postérieure fortement accentuée en avant. Si l'on suit, par la pensee, la direction de la fourchctte, on verra que, dans certains cas, eile vicndrait aboutir, en pince, dans les environs du bourrelet; par conséquent, l'os du pied, au lieu d'occupcr sa place dans le sabot, se trouve refoulé et bascule en avant, lo cartilage continuant la courbe en arrière. L'ani-mal, dans ce cas, marche littéralement sur une boulo
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qui comprimé l'articulation et lui cause de grandos douleurs.
Quand la deformation se produit sur un mcmbrc antórieur, Ie paturon continuo en arrière la courbe commencée dans le sabot, le boulct descend, formant avec la première pbalange un angle qui sc rapprocho de Tangle droit; le métacarpien ne repo-sant plus, par conséquent, que sur les sésamoïdes, le cheval, pour se soulager, porto habituellement le genou en avant.
Sur le membre postérieur, le cheval flécbit Ie jarret et, par la tension qu'il exerce ainsi sur le tendon fléchisseur profond, arrive ä marcher sur la pointe du pied.
Ajoutons que la plus grande cause de cette deformation reside dans l'application d'un fer étampé en éponges, et que le fer dit pingard a du être appclé ainsi parce qu'il a toutes les qualités requises pour produire le défaut dont il porto le nom.
Ce n'est peut-être pas tout a fait le moment de parier de la fourbure, mais comme sa consequence est de bouleverser les fonctions des organes régé-nérateurs du pied et d'amener la plus grave des deformations, nous allons en dire quelques mots. Nous ne parlerons pas des différentes causes qui amènent cette maladie a l'état aigu, telles que l'ali-mentation, le travail, etc. ; nous dirons seulement qu'il existe généralement une predisposition resultant de la conformation, ou plutót des deformations antérieures du pied. Ceci reviendrait ä dire, par cxemple, que la deformation qui en résulte, étant contraire ä collo occasionnée par le pied pimjard, nous sommes convaincu qu'il ne serait pas facile de voir succcder Tune de ces maladies ä l'autre.
La fourbure aiguë passe souvent ä l'état chro-
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nique, mais il arrive tout aussi souvont qu'un cheval faisant un service tros bónin se trouve tout h coup atteint de fourbure chronique sans cause appreciable.
Laissons done do cóté la fourbure aiguë pour no nous occuper que du mécanismc de la fourbure chronique.
Le pied predispose a la fourbure chronique est un pied dont la paroi engrène mal avoc la corno podo-phylleusc. Dans certains endroits les feuillets sont longs, dans d'autres on remarque une fourmilière plus ou moins accentuéc. Cet état de choses est produit par uno deformation du bourrelet qui, au lieu d'etre perpendiculaire au rayon osseux qu'il entoure, se place obliquement en s'abaissant on pince. Dans ces conditions, les fibres cornées qui émanent du bourrelet et qui, normalement sont per-pendiculaires ä leur surface de secretion, poussent dans une direction oblique, croisent la direction des feuillets qu'ellcs devraient suivre, et ne les accom-pagnent qu'avec des tiraillcments et des désagre-gations, surtout si lo pied, ctant plus ou moins plat, revêt la forme conique. Les cboses étant ainsi, sup-posons une douleur quelconque dans le pied (et 1c fait est commun), soit une compression par le for. L'animal, pour se soulager, redressera son boulet en le portant en avant. Du même coup, il accentucra fortement l'obliquité du bourrelet, soulagera les talons qui ne demandent qu'ä croitre, et la partie flexible du bourrelet de pince, se trouvant refouléc en avant par le rayon osseux, décrira avec l'ancienne paroi un angle plus ou moins ouvert qui serait la direction d'une nouvelle ondée cornée, amorce d'un nouveau sabot, en admettant que la pousse du bourrelet s'exécute sur tout son pourtour d'une
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facon egale et uniforme. Mais il n'cn est pas ainsi : la poussce en talons s'établit -vigourcusement, attendu que cette partie du pied est la plus vivantc et la plus facile ä congestionner ; de plus, les feuillcts podophylleux y reposent sur la partie malleable et flexible du pied représentee par les cartilages. Ceux-ci remontent légèrement pour se mcttro dans la direction du bourrelet, auquel ils restent perpendiculaires, et l'avalure, dans eet endroit, peut ainsi se faire facilcment. 11 n'en est plus de meme dans les autres parties du sabot qui reposent sur los parties solides du pied. La, plus on va en avant, plus les deux couches de corne divergent, l'avalure devient presque impossible, la croissance s'arrcte et les ondées cornées représentent alors comme unc série de coins qu'on empilerait les uns sur les autres, toutes les pointes du même cóté. Mais, ä ces pheno-mènes, il vient s'cn ajouter d'autres ä l'intérieur du sabot; l'os du pied, enlevé en arriöre par la croissance exagérée du talon, bascule en avant, appuie sur la sole par sa pointe et la défonce, en écrasant les parties molles interposées. Comme consequence de cc mouvement de bascule de l'os du pied, il se forme une separation en avant, entre lui etlaparoi. Si 1c mouvement se produit lentement pour une cause quelconque, il y a une hypersecrótion du feuillct corné qui peut ainsi croitrc et s'allonger, la desagrégation ne dépassant pas les limitcs de sa croissance ; il se forme alors ce qu'on a appolé Ie coin de corne. Dans Ie cas contraire, il y a unc separation brusque des deux parties de la corne de paroi et Ie pied est enveloppe d'une énorme fourmi-lière. 11 n'y a done qu'une limite de temps comme cause de ces deux phénomencs si différents. Inutile d'ajouter que Ie traitement, sauf plus ou moins de
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difïïcultés, est cxactemcnt le memo. Lorsquo la ma-ladie est ancienne, les pressions, cxercecs en avant par la partio antérieure de l'os du pied, ont, comme consequence, des phcnomènes qui viennent encore aggravor la situation et diminuer les chances do guórison complete : c'est la resorption et le raccour-cissement de la troisième phalange en pince. Pour ma part, j'ai vu un cas oü il no restait de eet os que la surface articulaire, avec deux lambeaux insi-gnifiants sur les cótés. 11 est facile de comprendre que, dans des conditions analogues, il est impossible de répartir les poids do facon ä rectifier la secretion cornée et de refaire un sabot sur un moule absent. Le raccourcissement de la phalange n'est pas, du roste, particulier ä la fourbure chronique ; il se remarquo dans plusieurs deformations, entre autres dans certains pieds plats, et il se reconnait ä l'abais-sement du bourrclot en pince. Ici, commo toujours, toutc modification so produisant clans l'intérieur du sabot a son rctentissement sur le bourrelet, qui l'ac-cuse par une deviation particuliere.
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CHAPITRE III. DES ACCIDENTS CONSÉCUTIFS A LA DEFORMATION
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La fourchctto échaufféc. — La bloimc. — La scime. — L'oignon. — Le javart cartilagineux. — La forme. — Tares osseuses. — Tares molles. — Des efforts. — Les crevasses. — Le harper ou éparvin sec.
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Après avoir vu tout co qui a trait principalomcDt ä la deformation, il nous roste k énumérer une série d'accidents qui en sont plus ou moins la consequence.
Au premier rang so trouvo cc que Ton appelle la fourchette échauffée. La fourchette cchauflee cst une secretion caséusc, ä odour ammoniacalo, se pro-duisant dans la fento postérieure du sabot. Nous avons dit que chaque fois que le pied se rétrécissait, la diminution d'étendue do son pourtour produisait une trop grande longueur du bourrelet, quo celui-ci décrivait dans les parties antérieures certaines ondu-lations et qu'ä la partio postérieure il se formait un angle rentrant entre les deux branches de la fourchette, oü co supplément de longueur venait se loger. Or, la secretion qui s'établit dans cette partio n'est quo la manifestation d'une production cornée incomplete. Ainsi, toutes les fois qu'un pied so deforme et que la fönte de la fourchette tend ä s'aecentuer, les parties qui s'y enfoncent, au lieu de
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secrctcr uno cornc saine, ne sócretont plus cju'unc corne macéróe et en bouillie. Par contre, un pied qui so régénèrc et qui, par consequent, remet ä jour dos parties qui étaient enfoneces dans la fente du sabot et dont la secretion etait tarie, repasse, en sens contraire, par les memes phases, et la premiere manifestation do cc fait est la production d'une cornc en bouillio qui precede collo de la corne solide. La iourchotte échauffée nest done que Ie résultat d'une secretion cornéo incomplete; olie est favorable ou dcfavorablc, suivant qu'ello est la première expression d'une secretion qui renait ou la dernière d'une secretion qui s'en va.
La bleime est une maladie généralemont fort commune, occasionncc par uno pression exagéréo du for sur Ie talon, surtout quand Ie pied est pare de travers et Ie talon interne trop bas; car il est dignc do remarquo que c'ost presque toujours sur lo talon interne qu'ello se manifeste. En co cas, il se produit, par l'éculement du talon, un renvorsement dos mouvomonts naturels d'clasticité, puis un pin-comont des parties molles entre la barre, la paroi déviée et lo for. Le cartilage, refoulé en haut, fait disparaitro le tampon d'amortissement des chocs; viennont ensuito lo redrossemont de la barre, l'obli-quité des talons, etc. Quoique la bleime nc se presente pas do la memo fagon, suivant l'état du sabot et le redrossemont plus ou moins accentuc de la barre, nous ne parlcrons pas do ces différentos manifestations d'une memo maladie, dont le trai-toment est identique.
Parmi los causes do la bleime, il on est unc qui est certainement la plus frequente et la plus grave et sur laqucllo nous croyons devoir insister :
Avcc un pied k talons trop hauts, le quartier
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interne plus bas et un for a éponges fortes, si un cheval fait un service aux allures vives et sur un sol dur, les talons, qui sont en saillie, frapperont d'abord k terre, puis, après ce premier choc, ils serviront de point d'appui au pied qui pivotera sur cux d'arrière en avant, pour pouvoir appliquer sa pince sur Ie sol. Le choc se sera done produit dans un seul endroit. A ce premier phénomène vient s'cn ajouter un autre, car le mouvement se trouve decompose : en memo temps que le pied roulo sur lui-même d'arrière en avant pour mettro la pince a l'appui, il se produit un culbutage de dehors en dedans, mouvement de torsion qui fait que le plan median du membre ne coincide plus avec le plan d'oscillation. Dans cette position, tout le poids du corps repose sur le talon interne, le quartier se ferme, le cartilage remonte et le fer fait le reste, la meurtrissure se produit. Lorsque le maréchal, dans ces conditions, a la precaution d'évider le pied, afin qu'il ne porte que par la paroi et l'arc-boutant, le mal n'est pas empêché, mais il se trouve souvent atténué.
La bleime est une maladie assez rare quand Ia ferrure est bien exécutée et on peut en avoir facile-ment raison, si eile n'est pas poussée ä ses dernières limites ou si le pied n'est pas absolument difformc. 11 sufïit, pour cela, de la dégager en parant a fond la sole et la barre, sans toucher a la paroi, de mettre le pied bien d'aplomb et d'appliquer un fer conve-nable quand la plus forte douleur est passée.
La seime est une fente du sabot interessant toutc l'épaisseur de la boite cornée, a l'endroit oü eile se produit, et suivant généralement la direction des fibres. Ses lieux d'election sont le plus souvent la pince, le quartier et la barre.
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Cette affection est produite Ie plus souvent par l'annihilation ou le renversement des mouvements normaux d'élasticité. Supposons un pied postérieur plus ou moins pingard ; l'os du pied, bascule en avant par la voussure de la sole, vient faire effort sur la partie supérieure et antérieure de la paroi de pinco. Sous rinfluence de la decomposition de mouvement produite dans la region digitée par l'abais-sement du boulet et Ie déplacement du paturon qui s'inourve et se rapproche de l'horizontale, la pres-sion de l'os sur la paroi se trouve encore exagérée. Ajoutons-y un fer étampé fortement en talons, im-mobilisant complètement la boite cornée, la paroi finira par éclater en pince, malgré son épaisseur exagérée dans cotte partie qui semblerait devoir lui laciliter la resistance et qui, au contraire, aide encore ä l'accident, par l'inflexibilité et la rigidité qu'clle amène.
La seime en quartier est la maladie du pied anté-riour et Ton pourrait presque dire du quartier interne. Que celui-ci soit trop haut, qu'il soit éculé, qu'il porte ainsi des poids exagérés, que les talons soient fuyants, Ie pied plat, etc., si, en outre, il y a plus ou moins de fourmilicre clans la partie, la seime sera facilitée. Dans la marche, lo quartier qui peut être éculé se resserrera du bas, s'ouvrira du haut, s'amincira et, quand la resistance ne sera plus en rapport avec les pressions qu'il supporte, il se fendra.
La seime en barre se produit généralement quand Ie pied est deforme et douloureux. En pareil cas, la nature, pour limiter les mouvements d'élasticité et même de flexion de tissus qui produisent toujours unc grande souffrance, s'en defend en soudant la sole avec la fourchette, qui ne forment plus qu'unc
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piece et immobilisent ainsi les diverses parties du mécanisme. Les mouvements du talon ne s'exerce-ront done plus que jusqu'ä la naissance de la sou-dure et, si la barre est redressée ou aplatie, placéo de champ et desséchée par la fièvre du pied, eile pérd ainsi la plus grande partie de ses qualités de resistance et de cohesion ; eile se fendra en travers.
Le traitement de la seime, sauf le cas d'aeeident violent qui relöve de la chirurgie, consiste dans la destruction de la cause. A part quelquefois im petit coup de renette, pour l'ouvrir et empêchor les pin-cements, il n'y a plus qu'ä appliquer un fer rationncl, permettant ou rappelant les mouvements d'élasticité normale du sabot.
Ajoutons que le pincement produit dans la seime en pince est souvent le résultat de l'épaisseur exa-gérée de la paroi, renforcéo par la nature dans le but de la défendre contre les pressions exagérecs qui s'exercent dans eet endroit et doivent, tot ou tard, en amener l'éclatement. Or, quand la fente s'est produite, que les deux moitiés du pied sont devenues, en quelque sorte, indépendantes l'une do l'autre, il se produit entre elles un mouvement lors-que le pied s'appuie sur le sol, sous I'mfluenco d'une cause quelconque : clous immobilisant les talons, ajusture en creux, marche sur la fourchette, etc, etc, empêchant l'abaissement normal de la sole, le pied s'ouvre par le haut et la sole est béantc ; quelquefois la partie externe est fermée, mais la seime est ouverte ä l'intérieur comme par un mouvement d'ouverture de compas.
C'est done au moment de l'appui, alors que le pied roposant sur le sol, la seime s'ouvre a l'intérieur, que les parties molles, refoulées par le pilon osscux, s'cngagont dans la fente qui s'ouvre ä l'inté-
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ricur. Au moment ou Ie pied quitte 1c sol, les parties reprennent leur position primitive, la fente interieurc se ferme, en pinyant les parties molles engagées dans son entre-bäillement, amenant ainsi des accidents consécutifs.
Il sufïit souvent, pour combattre ces accidents, de donner, comme nous l'avons dit, un léger coup de renette dans la longueur de la paroi. Il n'est même pas besoin, sauf le cas de suppuration, d'aller jus-qu'au fond; en empêchant les bords extérieurs de la paroi de s'appuyer Tun contre I'autre, on empêche du même coup la seime de s'ouvrir h l'intériour et conséquemment de pincer les parties molles.
Li'oignon est une saillie formée sous la sole d'un picd plat ou comble ; il est produit presque toujours par un fer ajusté en creux, et plus souvent encore par un fer couvert, dont la branche appuie sur la sole. Nous l'avons toujours vu ceder, assez faci-Icment, a la pratique d'une ferrure rationnelle.
A propos du javart cartilaglneiix, nous n'avons qu'unmot ä dire : c'est que nous l'avons vu, presque toujours, se présenter sur un quartier resserré, creux, comprimant les parties sous-jacentes. Dans ces conditions, nous devons noter la difficulté ou l'impossibilité de guérison que nous avons ren-contrée. Par contre, nous avons trouvé une bien plus grande facilité en faisant disparaitre la deformation et les compressions. Il est bien entendu que nous ne parlons pas d'une operation.
La forme se présente sous deux types différents :
Dans Ie premier cas, de beaucoup le plus commun, la forme est produite par une deformation du sabot qui chasseles cartilages en dehorsdela boite cornée, oïi ils se gonllcnt, s'ossifient et constituent ainsi la forme cartüagineuse. Si, dans ce cas, eile porte
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sur Ie bord du sabot ou qu'olle soit comprimee dans son intérieur, les mouvements de la marche, determinant une pression plus forte, amènent une douleur intense. Dans ce cas, la ferrure et l'aplomb laissent presque toujours beaucoup ä désirer. Une ferrure rationnelle, qui remet a sa place le bourrelct dévié ou déplacé, fait cesser habituellement les compressions, la forme devient indolore et la boi-tcrie cesse; puis, petit ä petit, on voit la forme diminuer de volume, on n'a plus a s'en occuper que pour surveiller la ferrure.
La deuxième cspèce de forme se produit sur les os du paturon. Nous sommes convaincu que les tiraillements et les soulèvements du périoste, que les ligaments et les parties fibreuses exercent, sous l'influence des aplombs défectueux, n'y sont pas étrangers.
Nous en dirons tout autant sur les exostoses des membres et des articulations, quand celles-ci sont tordues en travers par un quartier du pied qui a quclquefois plusieurs centimetres de difference avec l'autre fe'parmn, jarde, courbe, etc).
Il existe une autre espèce d'exostose qui se trouve a la partie interne du canon antérieur. C'est un suros produit par les chocs du pied oppose dans la marche. Nous en parlerons ä propos du cheval qui se coupe.
Nous avons dit que lorsqu'un membre n'est pas d'aplomb, qu'il est dévié ou qu'une douleur vient en entraver le fonctionnement régulier, l'animal trouve, dans une marche spéciale, un moyen de se soulager. Par conséquent, teile articulation ne faisant qu'un travail limité, le mouvement de l'articulation voisine est souvent exagéré. Il en résulte une grande fatigue, un endolorissement de la partie, se tradui-sant par des lésions sur les différentes pieces du
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mécanisme, dont les plus ordinaires sont les dilatations synoviales, au jarret, au genou et au beulet. Dans cette dernière region, la dilatation synoviale est assez commune, mais comme eile se produit concurremment avec l'effort de tendon, l'effort do boulet, et sous l'influence des rnêmes causes, il nous suffira de dire quelques mots de ces causes pour dire du même coup l'étiologie et le traitement de ces diverses affections.
Lorsqu'un pied est ferré avec des talons trop hauts et qu'il a, en outre, des quartiers inégaux, il se produit dans le mécanisme une série de modifications ayant pour consequence diverses affections du membre, au nombre desquellos l'effort de tendon, l'effort de boulet, la molette se trouvent au premier rang.
Quand l'aplomb est normal, c'est-ä-dirc la region digitée formant avec le sol un angle de 55deg;, le canon est vertical et repose directement dans les cavités articulaires de la première phalange. Ces cavités ne forment, par le fait, qu'une partie de l'articulation, continuée en arrière par les grands sésamoïdes, soutenus en haut par le ligament suspenseur du boulet. Disons d'abord que toute cause qui tendra ä faire fermer en avant l'angle métacarpo-phalangicn rejettera l'appui du canon en dehors de l'articulation et sur les grands sésamoïdes mobiles, tiraillant ainsi 1c ligament suspenseur du boulet qui les sou-tient. Get angle métacarpo-phalangien venant ä se fermer et le canon restant vertical, il faudra forcé-ment que la première phalange se rapproche de l'horizontale.
Lorsqu'un piod est ferré avec des talons trop hauts, volei ä peu prés ce qui se passe, sauf les mo-
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difications inhérentes a la conformation de Tanimal et ä l'état de ses membres.
La troisième phalange se trouvant calée et sou-levée en arrière, il s'opère, par ce fait, un rapprochement entre les points terminaux des muscles fléchisseurs, avec relächement dans la tension de leurs tendons ; la soupente qu'ils ferment en arrière de toute la region digitée ne soutenant plus qu'im-parfaitement les parties qui venaient s'appuyer sur eile, il ne reste plus peur maintenir Ie beulet ä sa place que Ie ligament suspenseur du beulet. Or, celui-ci contenant une certaine quantité de fibres musculaires et du tissu fibreux jaune, ne peut supporter de pareilles tractions, il cède et se distend, l'angle métacarpo-phalangien se ferme en avant, la première phalange se rapproche de l'horizontale, se dérobant ainsi ä l'appui du canon qui ne peut plus occuper que la partie postérieure de l'articulation formée par les sésamoïdes. Cette decomposition de mouvement avait probablement échappé aux physio-logistes qui, considérant Ie levier phalangien comme formé d'une seule pièce, avaient formule Ie principe qu'en relevant les talons on soulageait les tendons. Mais, en dehors de l'aplomb normal, l'élévation du talon produit l'effet diamétralement oppose. En effet, Ie premier résultat d'une ferrure a talons trop hauts est un resserrement des talons et une incurvation antéro-postérieure de la sole. Les barres, placées de champ par Ie fait du resserrement et devenues rigides par leur position, continuent en arrière la courbe de la sole, présentant a l'appui Ie tranchant de leur bord supérieur. Il est inutile d'ajouter que 1c bourrelet lui-même participe ä cette incurvation et dóerit une courbe analogue ä celle de la sole. Le cheval alors ne marche plus que sur une beule, la
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68nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CIIEVAL ET SA FERRURE
troisième phalange est soulevée en arrière, et la region digitée tout entière se trouve placée clans une position de demi-flexion, continuant en arrière l'incurvation présentée par la face plantaire du sabot, et décrivant une courbe antéro-postérieure qui se terminera, comme nous venons de Ie dire, en rapprocbant la première pbalange de l'borizontalo et en formant Tangle métacarpo-phalangien.
Plus tard, Ie ligament suspenseur, place dans d'aussi mauvaises conditions, s'enflamme violem-ment ou s'allonge seulement. Comme on 1c remar-que dans certains cbevaux dits bas-jointés, les ten-dons des flécbisseurs sont k peu pres seuls chargés, dans ce cas, de constituer la soupente tendineuse. En raison de la fermeture de Tangle antérieur du boulet, produite par l'annihilation de l'action du suspenseur, ils se trouvent dans une position défa-vorable et tiraillés d'autant plus que, s'insérant a des longueurs différentes, leur tension n'est pas egale pendant Ie mouvement. L'effort de tendon se produit généralement dans de telles conditions.
Ce que nous avons dit du basculement du canon se rejetant directement ou indirectement sur les sésamoïdes, suivant que les deux talons sont égaux ou inégaux, donnera une explication süffisante, nous l'espérons, de la molette et de Veffort de boulet.
Si l'on veut se rendre compte du mécanisme que nous venons de décrire, la chose est des plus faciles : que l'on prenne un cheval ayant des articulations un peu flexibles, que l'on place sous son talon une forte cale, puis, levant Ie pied oppose, on constatera que, loin de relever Ie boulet, comme on pourrait Ie croire a première vue, l'angle métacarpo-phalangien se ferm era, la première phalange se rapprochera de l'horizontale, et Ie boulet s'abaissera. Que, par con-
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trc, on place ccttc memo calo, et dans les memes conditions, sous la pince, on verra le boulet so relever et le paturon se rapprocher de la verticale.
II reste encore a signaler, comme consequence du pied k talons hauts, la distension de la bride liga-menteuse qui vient du boulet, en croisant d'arrière en avant la region phalangienne, bride qui s'insère ä la partic antérieure de la troisième phalange, determinant automatiquement l'extension de la region digitée sur le métacarpe. Cette bride rclachóe, l'extension des phalanges perd de son énergie et de sa solidité, le pied flotte en quelque sorte au bout du rayon, et les chutes sur les genoux deviennent faciles et fréquentes. Dans l'expérience dont nous avons parlé ci-dessus, il sera facile de remarquer que cette bride sera violemment distendue, avec une forte saillie sous la peau, quand les talons seront relovés, et qu'elle disparaitra dans le cas contraire.
Les explications que nous venons de donner pour le membre antérieur ne sont pas aussi importantes pour le membre postérieur. En effet, les tendons fléchisseurs pouvant être tendus par une flexion du jarret, le cheval fait de lui-même, et instinctivement, la rectification. C'est pourquoi, chez la plus grande partie des chevaux qui ont un peu de service, Tangle métatarso-phalangien a disparu et, a partir du jarret, la ligne droite antérieure du canon se continue jusqu'ä l'extrémité du pied. Si les pieds postérieurs échappent si souvent ä la boiterie, c'est grace a cette disposition qui leur permet de s'en dófendre jusqu'ä un certain point. Les pieds postérieurs sont souvent deformes outre mesure ; ils sont aplatis d'un cóté ä l'autre, dans un aplomb généra-lement bien plus faux que les membres antérieurs, leur quartier interne a une épaisseur bien plus
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grande que l'autre, la pince surtout acquiert quel-quefois des épaisseurs exagérées ; d'autres marchent absolument sur la pince, leur ferrure laisse souvent beaucoup ä désirer ; et malgré tout cela, l'animal marche quand même, grace au mécanisme du jarret qui lui permet de s'accommoder aux différentes situations plus ou moins fausses qui lui sont faites. Dans certaines deformations, surtout quand le cartilage est en partie expulsé du sabot, il se forme en arrière du paturon des plis ä la peau qui facili-tent singulièrement les crevasses. Cette predisposition peut être bonne ä signaler, car, ä certains moments, eile permet de prendre des precautions pour éviter une maladie souvent fort désagréable.
Quelques mots sur le harper, autrement dit éparvin sec.
Voilä un nom malheureux, semblant localiser, d'une maniere formelle, 1'affection dans le jarret et qui certainement a bien nui ä son étude.
Lorsqu'un cheval est atteint d'éparvin sec, a l'ins-tant oü on le met en mouvement, il léve le membre postérieur avec une saccade violente, comme s'il venait d'arracher son pied collé sur le sol; de plus, le pied, par suite de l'effort qui vient d'etre opéré, dépasse en hauteur le mouvement naturel. Voici dans quelles circonstances j'ai pu faire une étude particuliere de cette affection :
En 1875, mon regiment se trouvant en garnison ä Paris, il y avait dans un escadron un cheval atteint de deux éparvins secs tellement violents que ses pieds, dans la marche, se levaient jusqu'ä la paroi abdominale. Get animal, malgré des qualités sé-rieuses, étant inutilisable ä la seile, avait été affecté au service du fourgon. Un jour, je trouvai ce cheval
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a la forge et, sur ma demande, on me répondit qu'atteint depuis plusieurs annécs de crevasses per-sistantes, on était oblige de lui faire de temps en temps un pansement ä la liqueur de Villate. L'aspect de.la crevasse me frappa, j'envoyai Ie cheval a l'in-firmerie et je pris dans la fente quelques poils que j'emportai chez moi, pour les examiner au microscope. Comme je m'en doutais, j'y trouvai Ie crypto-game caractéristique des eaux aux jambes.
Le quartier externe du sabot était fortement eculé et, comme consequence, la peau du paturon faisait un pli profond a l'endroit de la crevasse. Pour rétablir, dans la limite du possible, le pied dans son état normal, régénérer le bourrelet et tendre par conséquent la peau malade, je supprimai le fer et mis le pied d'aplomb. Au bout de six semaines environ, mon cheval étant guéri de sa crevasse, je le fis sortir pour l'envoyer ä la forge. J'avoue que je fus fortement surpris en constatant la disparition complete de l'éparvin sec sur le pied traite. Il y avait la un problème dont je me mis immédiatement a chercher la solution. Je fis rentrer le cheval ä Técurie et le suivis. Ce que j'avais fait me limitant le lieu occupé par le mal, je n'avais pas ä m'égarer ailleurs. En y réfléchissant un peu, voici ce que je trouvai:
Lorsque le jarret du cheval se fléchit, le tendon fléchisseur, qui passe sur la pointe du calcanéum, force, par la tension qu'il subit a ce moment, la flexion automatique de la region digitée. Par centre, si la region digitée se trouve immobilisée par une cause quelconque (comme dans un cas de crevasse, de prise de longe, etc.), la flexion du jarret devient a peu prés impossible. Or, le cartilage lateral externe ayant été expulsé du sabot par la deformation
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du quartier et roulc en volute ä son bord supérieur, vient s'arc-bouter contro la phalange correspondante et gêner la flexion; sentant un obstacle au lever du membre, le cheval inconscient le tire violemment, le cartilage cede et le pied, par le fait de l'effort, dé-passe la flexion normale.
Au bout de quelques instants, je sortis de mon infirmerie et je fis part de mon observation aux vétérinaires qui se trouvaient la, MM. Jacoulct, Zimmerman et Montagnac; je leur montrai le cheval, leur faisant part de ma conviction et croyant pouvoir leur promettre une guérison semblable sur l'autrc membre et dans le même temps. Les faits répon-dirent complètement a ma pensee. Au bout de cinq semaines, le cheval n'avait plus rien. Je renouvelai l'expérience sur un autre sujet et obtins le même résultat.
Depuis, j'ai eu l'occasion d'observer un certain nombre d'éparvins secs; tous les membres qui en étaient atteints avaient le quartier externe fortcment éculé par un faux aplomb; le cartilage affectait, chez tous, cette forme spéciale d'enroulement du bord supérieur s'appuyant centre la phalange. Avec une certaine habitude, on peut reconnaitre au toucher le cheval atteint d'éparvin sec ou en ayant la predisposition.
C'est une erreur de croire qu'un cheval, chez lequel on a fait disparaitre l'éparvin sec, doit a tout jamais en être preserve. N'oublions pas que, lorsque l'os du pied est aplati latéralement, que les cartilages sont ainsi rapprochés et quelquefois ossifies, la maladie est incurable. D'un autre cóté, les modifications que l'on peut obtenir sont souvent si faibles, qu'en admettant qu'on fasse disparaitre l'éparvin en écartant le cartilage de la phalange, il
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en restera tellement prös que la moindre faute dans la ferrure l'y ramènera en faisant reparaitre tous les symptómes du harper. On voit fort souvent des chevaux ä éparvins secs mis au vert en libertó re-venir plus ou moins guéris; mais la maladie ne tarde pas ä reparaitre avec les causes qui l'avaient fait naitre.
Le ehe val dont j'ai parlé plus haut continua h marcher sans rechute, mais chaque fois que je voulais faire reparaitre l'affection, il me suffisait do lui faire appliquer un fcr ordinaire avec un clou dans le talon externe; l'animal se mettait instanta-nément a harper. Le fer onlevé, tout rentrait dans l'ordre au bout de deux ou trois jours.
Quelques années après le fait que je viens de rapporter, je fus a même de faire une observation, incomplete il est vrai, mais qui cependant m'aurait absolument convaincu, si j'avais eu le moindre doute :
Me trouvant un jour sur l'avenue des Gobelins, je vis passer devant moi, se rendant a son service, un cheval cótier des Tramways-Sud, administration ä laquelle j'appartenais alors. Co cheval avait un membre en l'air, dans une immobilité complete, avec toutes les articulations rigides, comme dans 1c oas de certaines luxations de la rotule. J'arrêtai le conducteur qui, a mes observations, répondit que le cheval était toujours dans eet état, mais que clans le service il s'échauffait et marchait quand même. J'on pris le numero et demandai sa réforme. Deux jours après, je m'informai de eet animal et appris, non sans surprise, qu'il ctait attoint d'cparvin sec et que, quelquo temps auparavant, j'avais manifesté l'in-tention de le mettro en traitement; mais le cheval, faisant tout son service, ne mo fut pas présenté et sortit do ma mémoire. Au moment dont je parle, il
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était déja vendu ; je l'examinai avant son depart et pus constater que le cartilage était enroulé d'une fagon exagérée, contournänt la phalange qu'il calait en arrière. La cause était brutalement évidente. A froid, le membre était immobilise et la flexion des articulations ne se rétablissait que sous l'influence des tractions énergiques et réitérées, rendant quel-que élasticité au cartilage deforme.
Pour n'y plus revenir, j'ajouterai qu'en pared cas, je fais déferrer le cheval pendant un certain temps, je le mets minutieusement d'aplomb; plus tard, jc lui fais adapter un fer ä lunette avec une grande liberté du talon externe.
Comme moyen de controle, j'ai fait fabriquer une espèce de manchette en acier destinée ä emboiter solidement le paturon d'un cheval pour en empêcher la flexion : en mettant l'animal en marche, il se produisait clans le membre les mouvements du harper ou la rigidité des articulations.
On a souvent regarde la rayure transverse do l'astragale et sa transformation éburnée, dans le cas d'éparvin sec, comme la cause de cette affection. Je suis absolument convaincu que la rayure de l'astragale n'est pas une cause, mais un effet. Si l'on veut bien réfléchir que l'éparvin sec est produit par un vice d'aplomb tres grave, qui culbute et deforme le pied, on verra que l'appui, dans ce cas, est faussé, que les rayons ne sont plus h leur place (supposons le pied fixé au sol avec la pince tout ä fait en dehors) et que les articulations ne pouvant pas se fléchir dans le sens de la progression, il est absolument logique que, dans quelques cas, ces flexions plus ou moins transverses amènent la rayure qui nous occupe sur l'articulation du jarret.
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CHAPITRE IV. LE CHEVAL QUI SE COUPE
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Membres antérieurs. — Membres postérieurs.
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On dit qu'un cheval se coupe lorsque, pendant la marche, il se frappe et souvent se blesse en diffé-rentes parties d'un membre, soit antérieur, soit postérieur, avec Ie pied ou Ie fer du membre oppose.
Ce défaut a des causes multiples et des effets varies :
1deg; Sur les membres antérieurs, Ie cheval se coupe au paturon, au beulet, au canon, au-dessous du genou et quelquefois au-dessus.
2deg; Sm?' fes membres postérieurs, c'est habituel-lement en arrière et en dedans du beulet que Ie choc se produit, quelquefois aussi au paturon et ä la couronne.
Les causes qui amènent Ie cheval ä se couper produisent des effets différents, suivant sa conformation, la maniere dont Ie pied est taille, la ferrure qui y est appliquée, ses allures primitives, ses allures acquises, Ie service auquel il est employé, la facon dont il est conduit, Ie sol sur lequel il tra-vaille, son degré d'usure, la nourriture qu'il regoit, son état d'embonpoint ou de maigreur, sa fatigue, etc., etc.
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Posons d'abord en principe a pcu prés absolu que Ie jeune cheval, quelle que soit sa conformation, abandonné a lui-même, vierge de ferrure, ne se coupe pas; a moins peut-être que l'incurie de son maitre ayant laissé croitre les sabots outre mesure, ou qu'un maréchal inintelligent les ayant rognés de travers, il ne se soit produit clans les deux cas un veritable défaut d'aplomb, avec deformation du sabot; après quoi Ie mécanisme primitif de l'animal se trouve faussé. Or, quand ce mécanisme est intact, les articulations des membres se fléchissent obli-quement en dehors, disposition qui s'oppose, avec Ie rhythme des allures, ä la rencontre des membres pendant la progression. Il est vrai que quand ce mêmc poulain aura été ferré et sera soumis pour les premières fois ä un travail quelconque, inhabile ä ces allures que l'on reclame de lui et qu'il exécutera plus tard avec la plus grande facilité, il se coupe et forge assez généralement.
Mais, en dehors de cette cause générale momen-tanée, il en est d'autres dont nous devons nous occuper, parce qu'elles agissent sur tous les ani-maux, a toutes les époques de leur vie et dans les conditions les plus diverses. Au premier rang, nous devons citer les défauts d'aplomb, c'est-a-dire les coupes du sabot qui ne sont pas paralleles a la face plantaire du pied vivant. Ajoutons-y la trop grande brièveté ou la longueur exagérée de la boite cornée.
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Membres antérieurs. — Supposons d'abord les conditions qui rcdressent la troisième phalange, inclinant sa face plantaire de haut en bas et d'arrière en avant :
1deg; Pince courte et talons hauts. — Si Ie cheval est court-jointó et l'appui douloureux en talons, par
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suite du resserrement et du redressement de la barre se trouvant de champ, lo paturon, pendant l'appui, se rapprochera de la verticale ; si l'animal est long-jointé, ce mouvement de defense lui sera impossible ; oblige de ceder k la pression, en raison de sa longueur, Ie paturon décrira une courbe an-téro-postérieure amenée par la flexion des phalanges l'une sur l'autre, et Ie boulet se rapprochera du sol. Dans les deux cas, il aura quitte la place qu'il dcvait occuper normalement. Si, alors, il se trouve rap-proché du plan d'oscillation de l'autre membrc, colui-ci Ie frappera dans un endroit quelconque determine par los diverses conditions que nous avons énumérées.
2deg; Pince longue et talons bas. — Si l'animal est court-jointé, Ie paturon se redressera; s'il est long-jointé, les talons deviennent fuyants et Ie boulet s'abaisse, résultat presque identique ä celui du cas precedent.
3deg; Quartier interne trop bas ou quartier externe trop haut. — Si Ie cheval a les coudes au corps, il se placera en panard, Ie boulet se rapprochant de la ligne médiane. Si, au contraire, l'animal est tres ouvert, il se placera plutót en cagneux. Dans les deux cas, Taxe des articulations n'est plus perpendiculaire au plan de la progression; Ie pied, posé en dehors de son appui normal, tordra les articulations en pivotant plus ou moins pendant qu'il est fixé au sol ; abandonné k lui-même au moment de son lever, il tendra mécaniquement a reprendre sa position au bout du rayon et dans Ie plan d'oscillation, mais ce plan sera dópassé dans un sens ou dans l'autre et il se produira soit Ie faucher, soit Ie billarder. 11 y aura done deux raisons pour que Ie cheval se
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coupe : déplacement dans les diverses parties du membre a l'appui venant s'offrir au choc et changement de direction dans les mouvements du membre qui se meut.
4deg; Quartier externe trop bas ou quartier interne trop haut. — Avec ce vice de coupe du sabot, le pied est quelquefois panard, le plus souvent ca-gneux; il présente habituellement une mamelle interne saillante venant couper outrageusement le membre oppose.
Le service auquel est soumis l'animal et les allures factices qu'on lui donne font varier la hauteur de l'endroit ou il se coupe. On comprendra sans peine qu'un cheval de seile auquel on impose des allures ou des mouvements plus ou moins fantaisistes, sur un terrain curviligne, sera plus exposé a se couper, toutes choses égales d'ailleurs, et se coupera dans d'autres endroits que ce même cheval attelé a, une voiture légere, suivant une ligne droite ä ses allures naturelles. Le cheval qui se frappe sur le canon y fait naitre des suros, généralement tres douloureux, accident sans gravité qui disparait ou diminue ordi-nairement après la rectification des aplombs et de la ferrure, sans traitement particulier.
Membres postérieurs. — Le cheval se coupe sur les membres antérieurs presque toujours avec la mamelle, quelquefois avec le quartier, rarement avec le talon, attendu qu'au moment du passage du membre antérieur auprès de son congénère, les phalanges se rapprochent de la position d'extension, ce qui les fait rentrer dans le plan d'oscillation. Le membre postérieur, au contraire, est toujours dans la flexion (il est bien entendu que nous ne parlons pas des animaux estropiés dont le mécanisme est
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faussé); or, en ce moment, Taxe du cylindre représenté par Ie sabot se rapproche sensiblement de l'horizontale; par conséquent, Ie bourrelet et Ie sabot passeront auprès du membre oppose avant Ie fer. Ce sont eux qui seront les agents actifs du choc ou plutót du frottement. Un fer ne débordant pas en dedans du cylindre corné passera, comme lui, sans toucber, ä moins toutefois que son poids exagéré ou un défaut d'aplomb ne fasse dévier Ie plan d'oscil-lation. C'est done une erreur de croire qu'on empê-cbera un cbeval de se couper du derrière en lui mettant un fer beaucoup trop étroit en dedans; on diminue ainsi la largeur de la base de sustentation, la fixité du pied h l'appui et on Ie fait pivoter sur Ie sol. De plus, ce fer, poussant la paroi en dehors, la fait évaser, la décolle quelquefois et aggrave Ie défaut auquel il est censé remédier. Le cheval se coupe done du derrière ou plutót se frotte avec le bourrelet ou la paroi du sabot; il peut se blcsser avec un rivet saillant; mais, sauf le cas oü il dé-borde, le fer n'a jamais part aux méfaits dont on l'accuse.
Les causes les plus ordinaires qui font couper un cbeval du derrière sont les défauts d'aplomb du sabot.
1deg; Quartier externe trop bas ou quartier interne trop haut. — Le cheval, dans ce cas, se place le plus souvent en panard ; les jarrets, rapprochés dans la station, sont coudés ou redresses, suivant leur conformation; le boulet du membre ä l'appui est tourné, par conséquent, en dedans ; il vient s'offrir au choc du membre oppose qu'il toucbera d'autanl plus facilement que, partant lui-même d'un point faux, il depassera en dedans le plan median. Si le cheval se place en cagneux, le pied a l'appui pivotc
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sur la pince, il sc determine un mouvement de latc-ralité dans le beulet, et l'autrc membre lo rencontre.
2deg; Quartier interne trop bas. — Dans ce défaut d'aplomb, les membres s'écartent, le cheval fauche, les mouvements sont vacillants et ressemblent ä ceux de la vache par l'écartement des membres se plagant Tun après l'autre dans le plan median, la croupe se berce et les membres s'entre-choquent aux allures #9632;vives. Il ne faut pas oublier, qu'en se bergant, un cheval rejette alternativement son centre de gravité sur chaque membre, par une forte oscillation laterale ; or, ce membre ä l'appui, dépassant souvent en dedans Ie plan median du corps, est frappe au passage du membre oppose. Souvont aussi il y a pivo-tement sur la pince, ou bien encore Ie membre est place en panard.
3deg; Les pinces trop courtes ou trop longues, les talons trop hauts ou trop bas exercent, pour les pieds postérieurs, comme pour les pieds antérieurs, une influence importante dans la production du défaut qui nous occupe.
Nous avons dit en quoi consistait la deformation du pied pingard. Ce défaut est Ie résultat Ie plus habituel d'un fer étampé en talons. Quoi qu'il en soit, la deformation qui en résulte fait que l'animal pivote sur sa pince au lieu de poser son pied ä plat et le beulet, dans ce balancement lateral, vient s'of-frir aux coups du pied oppose.
Enfin, toute souffrance ou tout obstacle au fonc-tionnement régulier du mécanisme des membres peut amener un cheval ä se couper, soit en occa-sionnant un poser défectueux du membre k l'appui, soit en faisant varier les mouvements oscillatoires du membre qui coupe. Il est inutile de s'appesantir
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sur chacunc de ces causes qui varient a l'infini. Le tout se résumé ä cette simple formule : JRe-chercher quelles sont les modifications subies par le mécanisme primitif et normal de l'animal et trouver le moyen de se rapprocher de ce mécanisme primitif dans la limite du possible.
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Causes ü'énérales. — Róle de la ferrurc.
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Lorsque, clans la-marche, un cheval entre-choquc ses piecls, on dit qu'il forge. Outre le cliquetis désagréable que cc défaut produit, il peut occa-sionncr divers accidents, parfois assez graves.
Les causes qui font forger un cheval sont nom-breuses, c'est dire que leurs effets sont également variables, ainsi que los moyens d'y remédier.
Etablissons d'abord que tout ce qui peut déranger rharmonie des mouvements d'un membre quel-conque, pendant la marche, peut amener le cheval ü forger. En effet, dans le mécanisme normal, les membres se meuvent avec un rhytbme et une direction fixes sopposant ä leur rencontre. Mais que le mouvement de Tun d'eux vienne a être accéléré ou ralenti, le sabot occupera, a un moment donné, un point autre que celui qu'il eüt occupé h l'état nor-mal ; or, si ce point se trouve sur la ligno parcourue par l'autre membre, il y aura rencontre et le cheval forgera. Le point frappe variera avec la cause occa-sionnelle et mome avec son intensité ; ainsi le cheval atteindra avec la pince du pied postérieur différents
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points du fer antérieur : la pince, la voüto, les mamelies, les quartiers ou les éponges. Quand Ie choc a lieu sur la corne ou la peau, il n'est souvent pas perceptible a I'oreille, mais n'en est que plus dan-glaquo;reux; il produit alors des atteintes sérieuses.
Il peut se faire que Ie pied antérieur lancé en arrière et rendu ä l'extrémité do sa course oscillatoire vienne frapper, par la pince de son fer, la partie antérieure de la muraille du pied postérieur venant Ie croiser on dessous, c'est alors ce pied postérieur qui est contusionné ; on voit quelquefois, en pareil cas, la muraille de pince disparaitre complètement, et les chocs se produisant sur les parties vives mises a nu, y occasionnent des lésions et même des gangrenes de la plus haute gravité.-
Tout Ie monde sait quo certaines conformations prédisposent Ie cheval a forger, mais ce défaut est encore produit par tout ce qui peut apporter entravo ä l'exercicc des allures, de même que par les irré-gularités d'aplomb ou les deformations du pied.
C'est presque toujours au trot quïm cheval forge ; cette allure est, du reste, la plus habituelle et celle que l'on cherche surtout ä développer, a exagérer même, chez Ie cheval de service.
Pour donner un apergu du grand nombre de causes qui peuvent amener 1c cheval ä forger, nous en énumérorons quelqucs-unes ; hotons d'abord les predispositions resultant de la conformation : cheval trop court, membres longs (certains arabes), crochu, sous lui du devant ou du derrière, épaule mal faite, canons grêles, croupe avalée, articulations faibles, rein défectueux; la fatigue, la faiblessc et la mau-vaise nourriture, Ie manque ou quelquefois même lexcès d'énergie ; puis viennent les pieds gros, les fers lourds, la pince trop courte ou trop longue, les
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talons trop hauts ou trop bas, les pieds de travers ou ä talons fuyants; certaincs deformations du sabot occasionnant Ie basculement de la troisièmc pbalange dans son intérieur ; certaines ferrures défectueuses ; les allures irrégulières ou exagérées, surtout sur une route qui monte ou qui descend.
Quelques explications sont nécessaires pour faire comprendre Ie róle joué par les principales causes que nous venons d'énumérer dans la production du défaut de forger.
Plus un cheval sera court, et cela est évident, plus Ie champ destine au fonctionncment de ses membres sera restreint et plus ceux-ci auront de chances de se rencontrer; en outre, un exces dans la longueur des rayons viendra encore accroitre cette tendance.
Si Ie cheval est sous lui du devant, Ie mouvement du membre, limité en avant, sera d'autant plus pro-noncé en arrière que Ie vice d'aplomb sera exagéré, facilitant ainsi les chocs du pied postérieur, dont il se rapproche davantage.
Le cheval sous lui du derrière ou a jarrets coudés arrivera au même résultat en engageant outre mesure sous la masse l'extrémité inférieure de ses rayons postérieurs.
Une épaule plaquée, une croupe avalée, produi-ront le même effet; ces vices de conformation ras-semblent plus ou moins, dans la station et, par conséquent, dans la marche, l'extrémité des rayons anté-rieurs et postérieurs.
11 est une autre série de défauts de conformation qui peuvent faire forger un cheval, en permettant aux rayons de sortir en dedans ou en dehors du plan d'oscillation : les articulations ou les reins faibles, les canons grêles, les tendons faillis ; ajoutons h ces faiblesscs locales les causes générales qui produisent
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äussi Ie flottement des membres, telles que la mau-vaise nourriture, la fatigue, Ie manque de force ou même quelquefols un surcroit d'énergle, qui agit alors en exagérant les mouvements normaux, sur-tout quand l'animal est retenu.
Un pied gros termine souvent un membre grêle, il lui fait dépasser les limites de son oscillation.
Abordons maintenant les méfaits de la maréeba-lerie :
Puisquc nous avons établi que tout cc qui peut déranger l'harmonie du mouvement des membres, soit en accelerant la course de l'un, soit en ralen-tissant celle de l'autre, soit en modifiant la direction de leur oscillation, peut amener leur rencontre, on comprendra facilement que Ie sabot, avant do quitter Ie sol, décrivant un are de cercle autour d'un point central représenté par l'extrémité de la pince, plus celle-ci sera longue, plus l'arc de cercle sera étendu, et qu'il en sera de même pour Ie temps nécessaire h l'exécution du mouvement. Par centre, une pince courte raccourcira Ie rayon, l'étendue de la courbe et Ie temps du parcours. Dans Ie premier cas, Ie mouvement du membre sera retardé, dans Ie second, il sera avance.
Des talons bas agiront dans 1c même sens que la pincelongue.
Avec des talons hauts, qui calent 1c sabot en ar-rière, Ie mouvement du poser ne s'exécutant pas jusqu'au bout, les talons se trouvent déja soulevcs au moment oü ils devraient seulement quitter Ie sol, Ie premier mouvement de la rotation du sabot autour de sa pince est ébauché par Ie fait, Ie temps de son execution supprimé et l'osdllation du membre avancée.
Les pie^s parés ou ferrós de travers, c'cst-a-dire
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ayant un quartier plus elevó que l'autre, deplacent complètement la direction des articulations et, par conséquent, le plan d'oscillation du membre. La encore, il y aura derangement dans l'harmonie du mécanisme et le cheval pourra forger.
Il est bien entendu que tous les défauts d'aplomb dont nous avons parlé peuvent être produits aussi bien par une coupe défectueuse du sabot que par des inégalités d'épaisseur dans les différentes parties du fer: pinces ou brandies fortes, éponges, crampons.
Un fer trop lourd charge l'extrémité du membre, s'oppose ä son fonctionnement régulier et l'entraine souvent dans sa course hors du champ qu'il devait parcourir.
Un fer dont Ie poids des branches est tres inegal charge un quartier bien plus que l'autre et fait dévier Ie membre de sa direction.
Un fer couvert agit par son poids et par la large surface qu'il offre au choc, surtout si l'animal forge en voute.
Un fer étampé trop en talons rend Ie pied douloureux, diminue la franchise de son appui sur Ie sol et la rectitude de ses mouvements.
Un fer ä deux pincons latéraux agit dans Ie même sens, deforme en outre la boite cornée et en amène l'aplatissement lateral; la voute do la sole se creuse et fait basculer l'os du piod ; cependant cette ferrure est Ie procédé classique employé de temps immemorial pour empêchcr les chevaux de forger, Systeme défectueux et incendiaire, qui produit ou aggrave Ie mal dont il dissimule simplement la manifestation bruyante ; on a voulu supprimer un léger cliquetis de fer qui était peut-être du au jeune äge ou a l'action momentanée de toute autre cause, et on a produit ou enraciné un défaut.
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Quand un cheval se déferre en forgeant, il est a peu prés certain qu'il sera referré avec des fers trop courts, diminuant la base de sustentation, suppri-mant l'appui en arrière et occasionnant des deformations, telles que les talons fuyants.
D'autres causes pcuvent encore amener un cheval ä forger. 11 suffit de citer Ie jeune age, la paresse, un temperament lymphatiquo, etc, en un mot tous les états qui font qu'un cheval s'abandonne plus ou moins pendant la marcho et contribuent h la suppression du tride des allures. Ajoutons l'usure du devant ou du derrière, les chevaux détraqués, les allures défectueuses, causes qui agissent sur Ie rhythme, la cadence ou l'harmonie des mouvements.
Tel cheval forge quand il est monté et ne forge plus a l'attelage et vice versa. Tel autre qui forge aux allures vives ne forge pas aux allures rac-courcies. Nous pouvons en dire autant du cheval qui trotte dans les montées et dans los descentes.
Indiquer et expliquer la cause qui fait forger un cheval, c'est lui donner un remede en permettant de la supprimer. Nous en parlerons au chapitre de la ferrure.
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CHAPITRE VI.
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Coupe transversale. — Coupe antéro-postérieure. Membres antórieurs. — Membres postérieurs.
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Après avoir posé en principe que Ie sabot du cheval doit toujours être pare parallclement ä In face plantaire du pied qui s'y trouve contenu, il fallait indiquer des points de repère pour y arriver mathématiquement et sans errcur. Ces données ren-ferment deux parties distinctes : la première indi-quera la coupe transversale ä faire du sabot, c'est-ä-dire la hauteur relative des deux quartiers; la seconde donnera la coupe antéro-postérieure, c'est-ä-dire Ie rapport qui devra exister entre la longueur de la pince et la hauteur des talons.
Si l'on opérait toujours sur un pied viergc, la chose serait élémentaire : il s'agirait simplement de conserver la même hauteur aux deux quartiers pour obtenir l'aplomb transversal, et un angle de 55deg; formé par la pince et Ie sol nous donnerait la coupe antéro-postérieure. Mais, dans la pratique, il est loin d'en être ainsi : tels chevaux ont les pieds irrégu-lièrement deformes; chez l'un Ie quartier externe est plus élevé que l'autre ; chez tel autre on remar-
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que lo défaut contraire. La plupart du temps, la deformation qu'on remarque dans Ie pied antórieur est tout ä fait différente de celle qui affecte Ie pied postérieur; un troisième a des pieds inégaux, l'un plus ou moins évasé, l'autre k talons hauts. Le pro-blcme consistera done alors ä determiner la position du pied, dans un sabot quelconque, et quelle que soit sa deformation, afin que, dans la coupe qui devra en être faite, la semelle cornée ait partout la même épaisseur. Pour nous servir d'une comparaison qui rende mieux notre pensee, l'animal se trouvera ainsi place dans la, même position d'aplomb que s'il était privé de ses sabots. En effet, on comprendra, dans une hypothese semblable, que si un che\al était posé dans la station sur un sol plan horizontal, les tendons extenseurs et fléchisseurs seraient dans leur tension normale, et qu'il en sorait de même des rapports des articulations, des ligaments, etc., en un mot, que lo membro tout entier aurait une position irréprochable pour sa conformation. Il est bien entendu que nous réservons les cas oü des maladies des différentes parties du mécanisme em-pêcheraient l'appui de s'effectuer régulièrement. Nous avons done a prendre des points de repèrc exacts pour arriver ä ce résultat et en faire ensuitc l'application. Plus tard, nous déterminerons quel doit êtro le fer qui respectora, dans la limite du possible, les fonetions physiologiques du pied. Occu-pons-nous d'abord de l'aplomb transversal :
Un plan partageant par le milieu, et dans le sens longitudinal, Vos du canon et les tendons fléchisseurs, partagera également toute la region digitéc placée dans Vexlension litre, c est-a-dirc sans être appuyée sur le sol et abandonnée complètement ä elle-même. Ensuite on mènera, par la pensee, per-
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pendiculairement ä ce plan de flexion du membre, im plan qui, passant par la face plantaire du pied, déterminera, sur les talons et les quartiers, la coupe qui doit eire faite du sabot.
La fourchette est parallele au sol dans Ie pied vierge; eile est fixée par sa pointe sous Vos du pied qui lui donne iin point d'appui inflexible. Ses branches, au contraire, sont fixées sur les parties postérieures du pied, riayant pour point d'appui que Ie coussinet plantaire et les cartilages latéraux, parties flexibles et tres modifiables. Or, la fourchette, suivant ces parties dans tous lews déplacements, nous indiquera, par sa direction, la coupe antéro-postérieure que Von devra faire dans Ie sabot, dont Vangle de pince doit être normalement de 55deg;.
Passons maintenant ä l'application de ces principes :
Membres antérieurs. — Prenons, par exemple, 1c pied droit. L'opóratcur, place h l'épaule du cheval et faisantface en arrière, soutiendra horizontalement
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de la main gauche; sans efforts et en ouvrant les
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doigts, le canon par son milieu dans la direction du jarret correspondant, c'est-a-diro parallelement a Taxe du corps, l'avant-bras du cheval restant, autant que possible, vertical; il placera son ceil au-dessus du-canon, en le rapprochant autant que possible de l'épaulo du cheval, de maniere ä mettre le rayon visuel dans le plan passant par le milieu du tendon fléchisseur et du métacarpien principal, qui n'cst autre que le plan d'oscillation du rayon. Ce plan sera ensuite prolongé, d'un coup-d'ceil, jusqu'ä la face plantaire du sabot, dont la coupe devra lui être perpendiculaire.
Il va sans dirc que l'opérateur changera de main pour le membre oppose.
On peut encore examiner l'aplomb du pied d'une autre fagon ; c'est le procédé que j'employais primi-tivement et que j'ai change, comme trop incommode : le teneur de pied, soutenant le canon dans la même position que s'il voulait verifier lui-mêmc l'aplomb, l'opérateur lui fait face et, mettant les deux mains ouvertes sur chaque cóté du canon pour avoir le sentiment de sa position, il vérifio la coupe du sabot. Mais, pour opérer ainsi, il est oblige de s'accroupir et de se mettre, en partie, sous le ventre du cheval, sans quoi il lui faudrait porter le membre dans l'abduction, ce qui lui donnerait un renseignement absolument faux.
Il reste maintenant a determiner et arrêter défini-tivement un deuxième plan qui, se confondant avec le premier, dont nous n'avons, par le fait, que deux points, donnera la hauteur respective de la pince et des talons. Le but k attcindre est de placer la four-chette parallèlement au sol, dans le sens longitudinal; celle-ci, dans les diverses deformations du pied, dovcnant convexe, concave, exuberante, atro-
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phiéc, device en dedans, en dehors, on s'occupera exclusivement de scs deux oxtrémitós, afin d'éviter les causes d'erreur :
1deg; Un point pris sur la pointe de la fourchette, parée ou supposée parée ä fond;
2deg; Un point pris ä Textrémité opposóe de l'organe, dans le plan median, autrement dit a la partie terminale de la fente du sabot, dans I'endroit ou finit la pcau et ou commence la corne.
Cos deux points réunis par la pensee donneront une direction dont on devra se rapprocher autant que possible dans la coupe antéro-postérieure de la boite cornée.
Membres postérieurs. — La coupe du membre postérieur se fait d'aprcs les memos principes; ce-pendant il y a une légere difference dans l'appli-cation : Ie membre antérieur est examine dans l'ex-tension, tandis que Ie membre postérieur ne peut s'examiner que clans la flexion, ce qui revient h dire que l'on peut faire une coupe vraic du sabot antérieur, tandis que la coupe du sabot postérieur doit otre légèrement fausséc. En effet, nous avons dit que lorsqu'une articulation des membres so fléchis-sait, il y avait une légere deviation en dchors, par .suite de l'épaisseur différente des condyles ; or, si l'on faisait une coupe droite dans un membre fléchi, colui-ci, rentré dans l'extension, aurait le quartier interne beaucoup trop bas. Voici done comment il faut opérer : Ie pied est leve par un aide, comme pour ferrer l'animal, Ie canon tenu verticalement; locil, place pres de la pointe du jarrct, on opérera comme pour 1c membre antérieur, mais en con-servant au quartier interne un excédent de hauteur de quelques millimetres, qui peut varier légèrement
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suivant la maniere dont Ie pied est tenu, et dont on se rend compte facilement avec un pcu d'habitude.
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S'il était possible de bien placer Ie jarret du cheval dans l'extension, il est évident que Ie pied devrait être pare regulierement, comme Ie pied antérieur.
Tout ce que nous venons de dire paraitra peut-être, de prime abord, assez compliqué ; mais, dans la pratique, tous ces détails que nous avons été oblige de donner, pour éviter les erreurs, se résument en un simple coup-d'ceil.
Lorsque Ie pied est tenu par l'aide, il arrive que Ie canon ne se trouve pas dans une direction verticale. Pour Ie redresser, on appuiera une main sur la partie interne du calcanéum et l'autre sur la partic externe de l'extrémitó inférieure du canon ; puis on fera effort en sens oppose jusqu'ä ce que Ie membrc soit dans la direction voulue; mais, dans aucun cas, on ne touchera aux phalanges, qui doivent toujours roster absolument libres ; la pression qu'on cxercerait sur elles les ferait dévier et Ton n'ob-tiendrait plus que des résultats faux.
Notons, en outre, que, dans aucun cas.
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fera attention a la place occupée par la fente postérieure du sabot; celle-ci, n'étant qu'un fait patholo-gique, occupe des positions dilïérentes toutes les fois qu'un quartier se trouve plus resserré que l'au-tre ; ceci, aussi bien pour Ie pied antérieur que pour Ie pied postérieur.
Cette maniere de parer Ie pied se résumé, comme nous l'avons dit, en une simple formule : Parer Ie sabot de fagon que la coupe inférieure soit parallele a la face plantaire du pied qui s'y trouve contenu. Cette maxime est unique et absolument obligatoire. Cependant si, par hasard, on se trouvait en presence de quelquc pied estropié, avec des articulations malades et déviées, qu'on ne puisse pas rcmettre immédiatement d'aplomb sans inconvenient, on ajournerait Ie redressement absolu du membre, so bornant a y arriver progressivement. Nous ajou-terons que cesménagements, qui peuvent être nécessaires, a un moment donné, dans la coupe antéro-postérieure du sabot, pour éviter un brusque changement de direction dans la poussée de l'ondée cornée, ne s'appliquent jamais ä la coupe transversale, qui devra toujours, a tout prix et séance te-nante, être remise dans son état normal, en sup-pléant a un manque de corne par une inégalité correspondante dans l'épaisseur du fer.
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CHAPITRE VII. DU FER
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Forme du for. — Ajusture. — Garniture. — Des crampons. — Du pinQon. — Fer frangais. — Fcirurc Charlier. — Fer anglais. — Far arabe. — Fer russe. — De l'appli-cation du fer.
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La fcrrure ctant, comme on I'a dit tres justoment, un mal nécessaire, beaucoup de gens, en lui cher-chant des palliatifs, ont invente une foule de fers plus bizarres les uns que les autres, ayant chacun des défauts qui leur sont particuliers et dont les qualités plus ou moins negatives au point de vue de la forme, resident surtout dans l'application qui en cst faite et les circonstances qui peuvent la favoriser ; cxemple :
Une boiterie se declare sur un cheval ferré d'une maniere quelconque : on lui supprime généralement la ferrure qui le faisait souffrir et on lui applique un fer d'un autre Systeme qui, n'ayant pas les mêmes défauts que le precedent, soulage l'animal; mais lo fer de remplacement ayant aussi des défauts qui lui sont particuliers, il n'est pas rare de voir, si on en continue l'application, succéder ä la période de sou-lagemcnt une boiterie plus intense et plus tenace que celle qu'on a fait disparaitre. Les défauts op-
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poscs des dcux fers se sont, en quelquc sorte, neutralises, jusqu'au moment oü le second aura produit la boiterie qui lui est propre.
Supposons un cheval ferro avec un fer ordinaire fortement ajustc sur les branches : les talons, glis-sant l'un vers l'autre sur les plans inclines conver-gents formés par les branches, se resserrent, et l'ani-mal boitc. Un fer k planche 1c soulagera peut-être instantanément, par la soulc raison qu'il n'a pas d'ajusture et que son application a supprimé la cause do Ia souffrance ; mais le fer ä planche a d'autres défauts qui se manifesteront bientut; on aurait done pu ne pas l'employer en se bornant k effacer l'ajus-ture du premier.
Il y a, en maréchalerie, une régie absolue : c'est que, dans le cas de boiterie ou de souffrance, on doit s'adresser d'abord aux causes, avant de s'occuper des effets qui se trouvent sur un plan secondaire ; et cependant cc n'est pas toujours ainsi que les choses se passent : tel cheval, par exemple, a les pieds parés de travers, le membre se meut alternativement en dedans et en dehors de son plan d'oscillation normal, il se touche ä l'intérieur du canon et les chocs réitérés y produisent un suros douloureux, avec boiterie. On cherchera peut-être k faire dispa-raitre I'exostose par des frictions, des fondants, des feux, etc., mais ce sera en vain, puisque la cause du mal existera toujours. Remettez l'animal dans son aplomb normal : sa marche étant rectifiée, le membre rentrant dans son plan d'oscillation, les chocs ne se produiront plus, le suros disparaitra tout seul, k moins que le sujet ne soit vieux et la lésion ancienne. En tout cas, la boiterie cessera avec la souffrance qui l'avait fait naitre.
En somme, il est parfaitcment inutile, sauf quel-
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ques cas exceptionnels et fort rares, de chercher, dans la simple application d'un for quelconque, la guérison de lesions produites par un autre fer, car un ouvrier habile pourra ferrer un cheval quelconque avec tous les systèmes de ferrure, s'il sait, dans l'application, faire disparaitre les défauts particulicrs inhérents k chacun d'eux.
Avant de parier des divers modes de ferrure, exa-minons rapidement les parties du fer qui, dans sa fabrication, sont susceptibles de modifications, in-fluant plus ou moins fortement sur les qualités et les défauts de la ferrure :
La forme. — La forme du fer ajusté doit être la reproduction du pourtour inférieur du sabot, sauf l'extrémité des éponges qui doit déborder légèrement en dehors pour permettre aux talons, habituellement resserrés, de s'y mouvoir et rétablir ainsi la largeur de la base de sustentation. Il est bien entendu que, Ie fer devant s'adapter a un pied pare tl'aplomb, c'est-a-dire représentant une coupe oblique dans un cylindre, ce fer brut devra lui-méme étre assez clliptique et s'éloigner de cette forme arrondie que l'on ne voit que trop souvent.
La couverture, qui comprend la largeur du fer, devra toujours être assez restreintc. Le fer couvert a d'énormes défauts qui ne sont compensés par aucune qualité : il est lourd, facilite les glissades, se fausse quand il est un peu usé et vient porter sur la sole ; les glissades qu'il facilite le font user plus vite ; il a toujours besoin dune grande ópaisseur : c'est un mauvais fer.
L'épaisseur du fer peut être quelquefois assez forte sans inconvenient; mais, comme dans ce cas, le cheval frappe du talon, surtout aux allures vivcs,
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Ie fer dégagé et épais devra toujours etre aminci progressivement en éponges.
L'ajusture, constituant une incurvation de la face supérieure du fer, devra toujours être réduite ä sa plus simple expression et se borner ä empêchcr 1c fer do porter sur la sole.
On a l'habitude de relever légèrement la pince, ce qui n'a pas une importance aussi grande qu'on le suppose. Cette incurvation de la pince est destince, soi-disant, k empêcher le cheval de butter ct a lui faciliter la rencontre du sol; mais, si Ton regarde des fers dont l'usure est reguliere, on s'apercovra qu'ils sont uses h plat, et que ceux pour lesquels il en est autrement ont pêche par I'application ou lo défaut d'intégrité du mécanisme de l'animal qui les a portés.
L'ajusture entólée est la chose la plus désas-treuse pour le pied du cbeval, quel que soit le cas qui ait motive son application. Elle présente des plans inclines convergents, sur lesquels le pied glisso en se resserrant, laissant en haut du glacis la paroi et les clous; eile fabrique rapidement toutes les deformations les plus graves.
L'ajusture en bateau existe lorsque les branches du fer, au lieu d'etre droites d'un bout a I'autrc, présentent une courbo antéro-postérieurc qui fait rouler le pied ct rend I'aplomb vacillant. Cette ajus-ture peut cependant s'appliquer quelqucfois avee avantagc, quand il cst impossible de parer le pied d'aplomb d'un bout ä l'autre, mais avec les modifications suivantes :
Supposons un sabot ou, pour une cause quel-conque, la pince vient a manquer; on ménagera scrupuleusement le point oü se fait le changement
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de direction, parant ä plat a partir do eet endroit jusqu'ä l'extrémité des talons; c'est sur cette partio scule que devra marcher Ie cheval. Le fer sera ajusté comme si le sabot était complet d'un bout ä l'autre; puis, ä l'endroit oü la pince se relève, les deux branches du fer seront ployées de fagon a le faire coïncider avec la corne. La partie relevée en avant ne servira qu'ä l'implantation des clous et se redressera au fur et ä mesure que la corne poussera. On se sert tres souvent d'un fer semblable pour les pieds ä fourbure chronique.
On dit qu'un fer est ajusté a éponges renversées quand ses branches, au lieu d'etre droites jusqu'ä l'extrémité, sont relevées de fagon ä empêcher leur contact avec le talon. Cette pratique, au dire de ceux qui l'exécutent, a pour but d'empêcher les bleimes. 11 sufïit de considérer la fagon miserable dont marchent les chevaux qui sont ferrés de cette fagon, pour se faire une opinion sur sa valeur. Nous avons dit plusieurs fois, et nous ne saurions trop le répéter : le fer devra toujours avoir, dans la limitc du possible, le contact le plus intime et le plus ótendu avec la paroi et les talons.
L'ajusture anglaise consiste h laisser le for k plat et ä enlever au marteau la partie interne de sa face supérieure qui pourrait porter sur la sole. Cette ajusture, faite légèrement sur le fer francais, est une excellente chose.
La garniture est cette partie du fer qui déborde autour de la paroi. Dans la pratique ordinaire, on voit souvent des pieds oü la garniture commence au pingen antéricur pour continuer, en s'acccntuant, le long du quartier externe jusqu'ä l'extrémité de l'éponge. Sur le quartier interne, au contraire, le
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fer est rentré et la paroi qui déborde est enlevée a la rape, sous prétexte cl'empechcr Ie cheval de se couper. Nous avons dit que, règ-lc générale, Ie quartier interne est plus resserrc et plus faible que l'externe ; Ie quartier interne se trouve, par conséquent, surcharge (nous admettons meme que Ie pied est d'aplomb); dans ce cas, la garniture en dehors a pour résultat d'élargir cotte portion de la base de sustentation, d'accentuer la difference qui existe entre les deux moitiés du diametro du pied et, par conséquent, d'augmenter encore la surcharge du quartier interne.
Les étampwes sont des trous creusés dans Ie fer pour y implanter des clous qui Ie fixent. Leur forme varie suivant les pays. L'étampure frangaise est carrée et a une forme pyramidale plus ou moins allongée. Une étampure bien faite doit être assez allongée pour traverser presque complètement Ie fer. Un clou a collet court ne pénètre pas profondément, sa tête s'use rapidement et Ie fer, n'étant plus sou-tenu, tombe quand il n'est qu'a moitié usé.
Le clou frangais a sur tous les autres un avantage énorme : la forme de l'étampure permet, a un moment donné, d'incliner le clou pour aller chercher la bonne come; en outre, les mouvements qu'il peut exécuter dans l'étampure, facilitent les fonc-tions de l'élasticité du pied. On peut se rendre compte de ceci en appliquant convenablement un fer k pingons obliques, qui sollicite les mouvements de va-et-vient du talon : au bout de quelques jours, si on arrache ce fer avec les clous, on verra, qu'ä l'ex-ception de ceux de la pince, les clous ont agrandi l'ouverture des contre-pergures, qu'ils sont abso-lument mobiles dans l'étampure et qu'ils tombent sëuls, en retournant le fer, la face inférieure en bas.
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Les ctampuros dovront toujours êtrc fortement éloignées des talons, pour no pas entraver leurs mouvements ; elles no devront pas dépasser en arrière la partie du sabot occupée par l'os du pied. Dans Ie cas oü l'état de la come s'opposerait a rim-plantation des clous en pince, les étampures seraient disposées sur une des branches, en laissant toujours un talon libre.
Les contre-perQures devront toujours être bien débouchées pour faciliter les mouvements du pied.
On appelle crampons les extrémités des branches du fer ployées ä angle droit. Ils ont pour but prc-tcndu de soulager les tendons, en relevant les talons, et d'empêcher le cheval de glisser. Ils s'appliquent aux pieds de devant et aux pieds de derrière, sur los deux branches du fer et quelquefois sur une scule.
Sous les pieds de devant, les crampons faussent les aplombs et, dans la marchc, frappant le sol avant les autres parties du fer, ils raccourcissent l'allure, en limitant le mouvement d'extension. Lors-qu'ils sont déja ä l'appui, la pince du fer est encore en l'air et eile n'arrive au contact du sol que par un mouvement de rotation dont les crampons sont le pivot; mais, ä ce moment, le mouvement nest pas arrêté instantanément et, si l'animal n'est pas assez vigoureux pour se rctenir dans eet óquilibre ins-table, la masse du corps, lancée en avant, l'entraine, et il tombe. L'effet qui se produit alors est le même que celui provoqué par des talons trop hauts, avec eette aggravation que, les crampons meurtrissant les talons, le cheval, pour fuir la doulcur, cherche ä reporter, le plus vite possible, l'appui en pince.
Dans le cas d'un seul crampon, il suffit de ré-fléchir un instant au choc qui se produit sur un seul
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point du pied, constituant un pivot mobile douloureux, autour duquel s'exécute une rotation non seulement d'avant en arrière, mais encore d'un cóté a l'autre, pour se rendro compte de tout ce qui peut en rcsulter.
Les crampons sent appliques surtout sur les pieds de derrière pour empêcher la glissade. Si I'animal ne souffre pas des pieds, il appuie franchcment un talon sur le sol et le crampon, servant seul ä l'appui, disparait en quelques jours. Si le sol est dur, le crampon n'a pas prise sur lui et sert ä peu de chose ; en outre, le talon ne tardant pas ä devenir douloureux, le cheval, comme nous l'avons dit, peut sous-traire son talon au contact du sol, en modifiant légè-rement la flexion de son jarret; il devient alors pingard et le crampon, ne portant plus, n'a plus sa raison d'etre.
En resume, sous les pieds de devant, les crampons produisent les bleimes, les défauts d'aplomb, par eux-mêmes et par la hauteur des talons qu'on est oblige de ménager ; ils brisent les allures, ame-nent les deformations du pied et occasionnent unc foule de chutes.
Sous les pieds de derrière, ils écrasent les talons et produisent surtout le pied pincard.
Le crampon est done, par lui-même, uno fort mau-vaise chose, amenant une foule d'inconvénients et d'accidents, quand il est double; il devient encore plus désastreux quand il n'existe que sous une branche du fer.
Pour notre compte, nous pensons qu'on peut s'en passer dans la plupart des cas, le cheval bien d'aplomb glissant peu. Cependant nous faisons une réserve pour certains limoniers et pour les chevaux qui travaillent par le verglas, ou sur certains sols
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argilcux, trös glissants parlapluic; mais, en pareil cas, on devra toujours se servir d'nn crampon mobile, tel que Ie clou Delpérier ou Ie crampon Thuillard, tenant dans Ie fer par simple frottement et ne venant pas blesscr Ie pied, en dépassant la face supérieure du fer, lorsque celui-ci est a moitié usé.
Le pingon est un petit onglet que l'on relève k la pince du fer et qui s'applique sur la partie corres-pondante du sabot. Il a pour but d'éviter l'ébran-lemcnt des clous au moment du choc sur le sol.
Le pingon doit toujours être de petite dimension et s'incruster dans une légere échancrure de la paroi.
La plupart dos ouvriers relèvent des pingons beau-coup trop forts; la pince de corne est coupée carré-ment; le fer posé ä chaud sur le pied est monté, laissant la paroi faire saillie de chaque coté du pingon; plus tard, cette partie sera enlevée avec le rogne-pied et fortement rapée. Cette pratique est presque générale; il est inutile d'insister sur ses inconvénients, au point de vue de l'aplomb et de la régularité de la marche, outre les douleurs qui ré-sultent do l'incrustation dans une corne amincie d'un pingon trop épais, présentant souvent des saillies a sa face interne.
On voit souvent appliquer des pingons sur le cóté du pied, pour empêcher un cheval de se dcferrer. Presque toujours, pour ne pas dire toujours, l'animal a un pied de travers qui tord sur le sol et fatigue les clous. En paroil cas, il sufïit de mettre le pied d'aplomb et l'animal ne se déferrera plus ; on pourra alors supprimer un pingon qui gêne les mouvements d'expansion du pied et facilite les deformations.
Sur le pied postérieur, on met souvent deux pin-cons latéraux, sous prétexte d'empêcher le cheval de
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forger : on supprime Ig bruit, mais on exagöro lo mal, comme nous l'avons expliqué.
Lc fer de derrière a une forme particuliere clas-sique, qui n'est pas sans inconvenient. D'abord les étampures n'existent pas ä la pince et sont réparties sur les branches; ces branches, elles-mêmes, sont inegales en largeur et souvent en épaisseur. Il a une forme allongée, étroite, avec des branches pres-que droites. Si ce fer correspond h la forme du pied, c'est parce que celui-ci a été deforme par l'appli-cation de ce memo fer. Les branches inegales, néces-sitées par l'usure inégale d'un pied de travers, n'ont plus de raison d'etre quand Ie pied est d'aplomb. La branche interne, usant autant que l'autre, devra lui ressembler, et son étroitesse cxagérée qui doit cm-pècher, soi-disant, Ie cheval de se couper, devient absolument inutile.
En résumé, si Ie pied postérieur diffèrc légc-rement, comme forme, du pied antérieur, et la chose est vraie, la difference n'est pas aussi grande que l'on pourrait Ie croire. J'ai eu, pour ma part, une jument ferrée des quatre pieds avec des fers de devant, pendant des années, et ses pieds postérieurs ressemblaient singulièrement ä ccux de devant. Du reste, Ie cheval marchant d'aplomb, n'a plus besoin de cette masse de fer en pince, dont on retirait les étampures de peur de l'affaiblir.
Nous allons dire maintenant quelques mots des différents fers qui sont applicables, laissant de cóté toutes les élucubrations baroques qui ont paru suc-cessivement et ont fini par constituer un veritable arsenal d'instruments de torture.
Le fer franqais ordinaire, un peu dégagé et con-venablcment appliqué, est assurémont lc meillcur et
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nu pernbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;105
lo plus avantagcux de tous. Toutofois, il pout avoir certains défauts, s'il est employé avec negligence :
1deg; Son ajusture, sous peino d'etre tres nuisiblo, ne devra jamais comprSndre que la pince et les mamelies ; les branches devront toujours être abso-lument a plat. En outre, la maniere dont lo marcchal frangais tient Ie pied, ainsi que nous l'avons ex-pliquó précédemment, facilite les fausses coupes du sabot et les défauts d'aplomb qui en sont la consequence. Parmi ceux-ci, Ie plus frequent est la panar-disc, surtout sur Ie pied droit, Ie maréebal tenant son boutoir de la main droite, qui est alors en dehors et force Ie teneur de pied ä tiraillcr Ie mem-bre, en Ie tordant dans l'abduction ; aussi dit-on encore d'un cheval panard, dans bien des pays, qu'ü marche a In frangaise ;
2deg; Quand la largeur de la branche s'accentue, c'cst-a-dire quand Ie fer est couvert, il porte sur la sole et la barre, en produisant 1c pied plat, Ie pied comble, les oignons, la bleime, etc. Lorsqu'il s'use et s'amincit, son ajusture s'affaisse sous Ie poids du corps, Ie fer s'élargit et les clous déchirent 1c quartier. On pretend encore qu'un fer couvert est plus économique qu'un fer dégagé et qu'il s'use moins vite. La seule réponse a faire ä cola est que Ie fer Ie plus avantageux et Ie mieux appliqué est celui qui a Ie plus perdu de son poids lorsqu'il est usé, et ce n'est pas Ie cas du fer couvert.
On peut, du reste, se fairo immédiatcment une opinion certaine sur Ia maniere dont la ferrure est pratiquee dans une forge, en cxaminant les vieux fers, qui doivent être uses d'unc maniere uniforme et reguliere ;
3deg; Si les éponges ne sont pas amincies, ellcs re-
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106nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CIIEVAL ET SA FERRÜRE
solvent le premier choc quand Ie pied frappe Ie sol, elles meurtrissent les talons et produisent des bleimes;
4deg; L'ajusturo qui se donne en tordant les branches en dedans pour les creuser, au lieu de s'adresser ä leur épaisseur, fait marcher le cheval dans une sortc d'ontonnoir qui rapproche les talons et produit des accidents et dos deformations graves.
Ce qui n'empêche pas que, bien applique, le fer frangais est le meilleur et Ie plus inoffensif de tous.
Le fer a planche, qui s'applique sur une grande échelle, ne mérite assurément pas la faveur dont il jouit encore, attendu qu'il fait marcher le cheval sur la fourchette; er, il la refoule dans lo fond du picd, en redressant la barre qui lui est fixée par son bord supérieur; il rapproche done ainsi les talons et, quoi qu'on en dise, produit une deformation qui est une des formes de l'encastelure. Sauf quelques cas d'accidonts assez rares, dans lesquels il manque un coté du pied, on peut toujours s'en passer, ce qui est fort hcuroux, car c'est pcut-être le plus mauvais de tous les fers. Ses effets, se produisant lentcment, passent inaper^us. Pour mon comptc, je ne me rap-pelle pas avoir vu un cheval ferré h planche marcher convenablement.
Le fer a puntoufle, employé pour écarter les talons, représente deux plans illimitcs, inclines en dohors, sur lesquels les talons glissent en effet; mais le bord supérieur des glacis vient bientót porter sur la sole ou les barres, avec tout un cortege d'ac-cidents comme consequence.
Le fer a lunette est un excellent fer qui peut ren-dre de grands services ä un moment donné ; mais il
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DU FERnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;107
a besoin, pour cola, d'etre modifló et d'allcr en dimi-nuant d'épaissour de la pinco aux éponges, oü 1'épaisseur dolt être nulle; sans quoi, il s'incruste dans la come et blesse le pied, si celui-ci est pare a fond. Il faut, on outre, l'appliq.uer sur un pied paré-d'uno maniere irrój^rochable, sans quoi, celui-ci se déjette d'une facjon deplorable. Employé par certains ouvriers, on peut dire que e'est laquo; un rasoir dans les mains d'un singe raquo;.
Le fer a la turque est généraletnent employé pour empêcher le cheval do so couper. Nous ne retiendrons de co fer que la fagon dont il est étampé, dont nous nous servirons tres souvent dans les cas oü il y a inconvenient ä disposer les étampures sur les deux cótés du pied, ou pour faciliter un mouvement de regeneration. Quant k sa branche forte et rentree sous la sole, etc., etc., ä la maniere fantai-siste dont on doit parer le sabot pour Tappliquor, nous n'en parlerons pas, ne réservant, de tout cela, qu'un fer ordinaire, ä étampures unilaterales.
La ferrure Charlier, dont on a fait grand bruit dans ces derniers temps, ne sera jamais une ferrure sérieuse, malgró les corrections et les transformations qu'on lui a fait subir. Ses succes se rédui-sent ä la disparition de quolques accidents occa-sionnés par la mauvaise application et Fajusture mal faite du fer francais et son appui sur la sole. Quant ä sos défauts, nous n'en citerons qu'un : c'est do mettre l'ouvrier dans l'impossibilitó de parer son pied d'aplomb ; en effet, il devra toujours conserver une hauteur exagérée des talons, pour ne pas les meurtrir avec la mince baguette de for qui s'y incruste et doit leur servir d'appui.
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108nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CIIEVAL ET SA FERRURE
Le fer anglais a pour caractère d'avoir sur sa face supérieure un cvidement do la rive interne, qui constituo l'ajusturc, aux dépens de son épaisseur. Il ne restc, pour l'appui du pied, qu'une étroite partie plane sur lo pourtour do la face supérieure, qui doit coïncider parfaitement avec la forme de la paroi et qu'on appelle laquo; le siège raquo;. Cette ajusture, que nous employons souvent en creusant légèrement le fer, pour éviter simplement son appui sur la sole, constituo ici un plan fortement incline, qui n'est pas sans inconvenient.
D'une part, ce fcr est généraloment arrondi, cc qui implique un pied ä talons hauts ; ensuite, si le fer se trouve un peu large, le pied glisse a l'intérieur sur le glacis représentant l'ajusture, il se resserro, les clous arrachent la corne et le pied se dérobc. D'un autre cóté, l'étampure, au lieu de représenter, comme dans le fer frangais, une espècc d'entonnoir, dans lequel le clou peut ctro incline ä volonté, est pratiquée dans une rainure qui en fixe mécanique-ment la place. Le clou, entrant ä frottement dans cette étampure étroite, fait corps avec 1c fer et reste rigide, incapable de suivre le moindre mouvement d'élasticité du pied ; ces mouvements s'exécuteront done autour du clou et la paroi so désagrégera. En résumé, le clou anglais produit les piods dérobés, et la hauteur exagérée qu'on donne aux talons dans cette ferrure, ainsi quo les glissements qui arrivent sur le plan incline de l'ajusture, occasionnent lo resserrement des talons, le rodressemont des barros, la voussure de la solo, son appui sur 1'articulation et los maladies qui on sont la consequence. On pout presque dire quo la maladie naviculairo est un produit de la ferrure ancrlaise.
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DU FEHnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;109
Le fer arabe est une sorto de fer ä planche, inuti-lisable chez nous ä cause de sa légèrctc et de son peu de solidité. Les étampures, beaucoup plus lar-ges que les lames des clous h tête plate qui les traversent, font que la ferrurc ballotte sous le pied et peut so déplacer légèrement dans le sens lateral. C'est en quelque sorte une simple plaque interposée entre le sol et la boite cornée, en lui laissant toutc sa liberté de mouvement ; or, l'innocuité de son application en Afrique aurait bien du, depuis long-temps, nous éclairer sur les causes des boiteries sans nombre qui s'abattent sur le ehe val arabe, le jour oü il quitte son maréchal indigene pour tomber entre les mains des ouvriers francais.
Le fer msse. — En Russie, les chevaux travaillant toujours sur un sol meuble ou sur la neige, les gros crampons qui garnissent leurs fers n'ont que leur minimum d'inconvénients; mais les chevaux russes qui viennent en France et auxquels on n'a pas soin d'enlever immédiatement ces produits exotiques, se trainent bientót misérablement sur le pavé, leurs membres se ruinent et, au bout de quelques mois, ils ont disparu de la scène.
De l'application du feb. — Quand un cheval sera amené ä la forge pour être ferré, le maréchal enlc-vera le vieux fer par les procédés connus, en évitant les tiraillements ; il l'examinera, en observant la maniere dont il est usé, ce qui lui donnera déja des renseignements sur la marche de l'animal et la rectitude de ses aplombs. Alors, s'emparant du membre, s'il n'est pas sur du coup-d'oeil de son teneur de pied, il remarquera les parties du sabot qui sont en saillie et les enlèvera immédiatement; puis, s'il lui reste de la corne ä abattre, il continuera ä parer au
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memo endroit, avant de toucher aux autres parties du sabot. En procédant autrement, il arriverait qu'un point qui était, dans Ie principe, trop bas, étant pare le premier, on ne trouverait plus sur les autres parties du sabot la corne nécessaire pour mettre le pied d'aplomb, tandis que la chose sera toujours facile, quand le point primitivement en saillie aura éte pare, meme ä fond. On commencera done par la pince, si celle-ci était trop longue, ou par les talons, s'ils étaient trop élevés. Toutefois, cettc operation devra se faire progressivement, en nivelant le pied au fur et ä mesure, pour ne pas s'exposer ä man-quer clc corne sur un point donné et a ne pas parer le pied en bateau. En effct, il existc un grand nom-bre do pieds, ayant ótó mis précédemment plus ou moins de travers, qui ne peuvent pas être remis d'aplomb sans d'assez grandes precautions : le sabot a poussé obliquement et, quand un point est pare a fond, il reste encore sous le point correspondant une assez grande épaissour de corne ; la chose peut se présenter d'un quartier a l'autre ou de pince a talon. Nous insistons done, en pareil cas, pour que le nivcl-lement du pied se commence par le point en saillie ; après quoi, on n'enlèvera plus de la paroi que les parties nécessaires pour établir l'aplomb. Si toutefois un pied avait été assez deforme pour quo la rectification no puisse pas en être faite, séance tenante, par l'abaissement des parties restées en saillie, le maréchal devra confectionner un for dont les branches, d'épaisscur inegale, compenseront los inégalités de la corne. Il est entendu que co travail ne sera que momentane et se rectifiera a chaque ferruro, au fur et ä mesure que la pousso du sabot permottra d'opérer régulièrement. Aussitot que les défauts d'aplomb seront rectifies, grosso modo, sur
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DU FERnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Hl
la paroi, on enlèvera la corne qui rocouvre la four-chette, celle-ci dovant etre k nu, pour indiquer, par sa direction, l'aplomb antéro-postérieur du pied et, par conséquent, la partie du sabot ä retranchcr. En effct, la fourchette, comme nous l'avons dit, repose en arrière sur les parties flexibles et modifiables du pied, eile les suit dans leurs deformations et e'est eile qui doit servir de guide ä l'ouvrier.
Dans la coupe du pied, Ie maréchal devra toujours tenir son rogne-pied ä plat, pendant tout le temps de cette operation. Il n'y a d'exception que lorsqu'il fora sauter la partie exuberante des barres, les plaques détachées de la solo et les plans obliques do la fourcbette.
Regie générale, et sauf de tres rares exceptions, nécessitées par des cas pathologiques ou unc obli-quité trop grande du bord de la paroi, il no sera rien rotranché, en dehors, au pourtour du sabot; on no fora, vis-a-vis la pointe de la fourchette, qu'uno toute petite échancruredestinée äincrusterlepingon.
Lc maréchal choisit alors le fer, qui variera sui-vant lo service auquel est destine l'animal. Ce fer dovra être, sauf exceptions, légèrement aminci de la pinco aux talons. Nous avons oxpliqué précédom-ment qu'un fer forgé d'une épaisseur egale dans toute son étendue, affaibli ensuite en pince par lc pingon, los étampures et l'opóration de l'ajusture, se trouve être, quand cette operation est terminée, un veritable for a épongos, qui s'usera en pinco par son affaiblissement dans cette region et les culbu-tages du pied en avant. Frappant alors, dans la marebe, sur le talon, qui se trouve en saillie, il pro-duira des bleimes, des douleurs vivcs, que l'animal cherchera ä évitcr en roportant sa base do susten-tation en avant. Pour éviter tous ces inconvénients,
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112nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CUEVAL ET SA FERRIIRE
nous cmployons un fer aminci régulièremcnt do la pince aux talons, qui nc fait point souffrir I'animal, quand il est bien applique, puisqu'il pose a plat sur le sol et qu'il ne meurtrit pas les talons; il s'use de la maniere la plus reguliere, en sauvegardant les aplombs du membre, en les rectifiant même, s'ils ont etc fausscs précédemment.
Lorsque le pied est pare d'aplomb, le fer est chauffc et ajusté de fagon a prendre la tournure et le contour du sabot dans toutes ses parties, sauf le cas ou, Tun des talons étant resserré outre mesure, l'ouvricr devra ménager, dans cette partie, une cer-taino garniture a son fer, pour rétablir, autant que possible, la largcur de la base de sustentation. Le pinion devra occuper la partie de la paroi correspon-dant a la pointe de la fourchette.
Aussitót que le fer chaud sera posé sur le sabot, le marécbal, d'un coup-d'oeil rapide, verra les modifications a lui faire subir ; puis, quand il aura obtcnu une tournure irréprocbable, il s'occupera de sa coaptation avec la boite cornée. Pour y arriver, il enlèvera avec le boutoir les points qui auront été noircis par l'appui du fer rouge. Le fer sera replace sur 1c pied, le boutoir fera de nouveau son office dans le même sens, jusqu'a ce qu'on ait obtenu un contact parfait. Jamais le fer ne sera maintenu sur la corne de fa^on ä faire lui-même son assise; cettc pratique, trop commune, est des plus désastreuses pour le sabot qu'elle dessèche, outre les brülures et les accidents qu'elle occasionne.
Ajoutons que nombre de maréchaux ont la funeste habitude de mouiller légèrement leur fer avant de l'appliquer sur le pied; ce fer, alors, étant rouge noir, no carbonise plus la corne, son contact est pro-longé et le caloriquc pcnctrc profondómcnt jusqu'aux
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DU FERnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 113
parties vives. Quand le fer, au contraire, est tres chaud, il carbonise la corne qu'il touche, donne immédiatement k l'ouvrier les indications dont il a besoin, en même temps que le charbon produit protege le pied par son peu de conductibilité.
Quand le fer aura eté ainsi porté, on s'occupera do parer la sole et les barres, dont la corne avait étó réservée pour protéger les parties vives centre réchauffement que produit le fer. Comme nous l'avons dit, la sole sera enlevée de fagon ä éviter tout contact avec le fer, surtout clans la partie qui confine aux talons, comprise dans Tangle forme par la barre et la paroi; l'évidement en sera fait jusqu'ä Tcxtremite compacte du talon ; on évitera ainsi do nombreuses bleimes. Pourtant nous voyons journel-lement des fers posant sur la sole, sans qu'il semble en rcsulter d'accidents : cette immunité est la consequence d'un défaut d'aplomb du pied, produit par une pince trop courte ou des talons trop bauts. II y a, dans ce cas, un renversement complet des mou-vements d'élasticitó, qui semblerait heureux si ses consequences fachcuses, dans un autre sens, n'ame-naient pas des accidents bien plus désastreux.
Sauf le cas de pied dérobé, les étampures seront disposées régulièrement sur le for, dont elles n'occu-peront que la moitié antérieure, habitco par l'os du pied, et les contre-perc;ures, assez larges, devront tomber sur le bord interne do la paroi. Dans le cas oü l'état du pied ne permettrait pas une disposition symétrique des étampures sur les regions anté-rieures du fer, on pourra en mettre une de plus en talon sur une branche, ä condition de laisser l'autre branche librc. Getto mesure est alors absolument indispensable.
Dans l'ajusturej la pince seule sera tres lógèi'ement
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rclevée, les branches seront toujours ä plat, de teile sorte qu'une regle, placée transversalement sur ellcs, soit en contact dans teute leur largeur. Si l'état du pied faisait craindre un appui du f er sur la sole, on donncrait un coup de marteau sur la face supérieure du fer, ä sa rive interne, de fagon k l'évider légercment, comme dans la ferrure anglaise, pour empêcher son contact. Les éponges ne seront pas évidóes ; ellcs resteront k plat et iront jusqu'a l'ex-trémité dos talons, qui devront toujours s'y appuyer.
Avant de fixer Ie fer, un léger coup do rape enlè-vera simplcment Ie bord tranchant de la paroi, ainsi que les bavures qui pourraient s'y trouver, mais on se gardora bien d'en diminuer l'épaisseur.
Une recommandation importante est ä faire, dans l'implantation des clous : la pointe de l'affilure devra toujours attaquor la corne dans Ie centre de la contre-perQure. Grace a cette precaution, Ie fer ne se dépla-cera jamais et l'on évitera ainsi une pratique brutale qui consiste ä Ie remettre en place, a chaque clou, a grands coups de brochoir, en faisant levier avec les tricoises et tordant ainsi les lames implantées dans la corne, que l'on déchire.
Un tres léger coup de rape terminera l'opération, en enlevant simplement la saillie des rivets.
Pour Ie pied de derrière, on devra s'attacher ä se rapprocher, dans la limite du possible, de la forme ellipsoïde, au lieu de la forme aplatie que l'on voit journellement et qui est la cause première d'une foule d'accidents et de deformations. On donnera au fer la tournure du pied, sans craindre que l'animal se coupe ; mais on devra, pour cela, Ie mettre parfai-tement d'aplomb.
Après avoir exposé sommairement les principales precautions ä prendre dans la ferrure ordinaire, je
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dirai un mot du fer a pingons obliques, quo j'ai imagine, on 1862, et dont j'ai fait l'historiquo. Cost lui qui a cté lo point de depart de tous mes travaux ot, comme il m'a rendu do grands services, jo dois donner les moyons do s'en servir, pour en faciliter I'application.
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LEGENDE ;
1nbsp; nbsp;Face inférieure du fer.
2nbsp; nbsp;Face supérieure du fer.
3nbsp; nbsp;Epotigcs et pinions.
4nbsp; el 5 Application (iu fer.
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Ce fer, commo on lo salt, est un fer ordinaire, sur lequel so trouvent, sur la rive interne ot ä Textrc-mité des branches, deux forts pingons, commo dans le fer de Defays ; mais cos pinions, au lieu d'etre perpendiculaires pour s'ajuster a la face interne do la muraillo, qu'ils tiraillont ot immobilisont, sont tres obliques. Ils correspondent a la face inférieure ot interne du repli compacte des talons et ferment ainsi deux surfaces do glissement, inclinóes en sens contraire, sur lesquellos les talons so mouvent, commo
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dans le fer ä pantoufle, mais dont les actions sont limitées et ne sont qu'une sollicitation dans lo sens de l'élasticitó normale et un massage continuel du pied. Lorsque le mouvement de va-et-vient a use la come et le fer et qu'il n'y a plus contact, celui-ci est rétabli, sans tiraillements, au moyen de l'étau.
Pour le fabriquer, on prend un for ordinaire assez dégagé, légèrement aminci en éponges, on I'ajuste, sans garniture, sur le pied, après que celui-ci a cté pare d'une maniere absolument irréprochable. Si l'aplomb du pied laissait, le moins du monde, h dé-sirer, le fer ferait plus de mal que de bien; car, en mobilisant le pied et formant les mouvements d'élas-ticité, il exagércrait le défaut, au lieu de le rectifier. Lorsque le fer est ajusté, porté sur le pied et rognó ä la longueur exacte des talons, qu'il n'y a plus, en un mot, qu'ä le clouer, on chauffe une des éponges et, la plaqant sur la big-orne, dans la direction de l'axe du fer, la rive interne en dessus, on frappe sur cetto rive, ä faux, de fagon ä relevcr a l'intérieur un plan incline de 20deg; environ, de un ou deux centimetres de longueur et interessant, ä peu pres, les deux tiers de la branche, en largeur. Nous repétons, ä dessein, que l'on devra toujours frapper ä faux pour relever le pingon, car s'il en ctait autrement, la bigorne creuserait ä la base du plan incline un sillon plus ou moins profond, dans Icqucl le talon viendrait se mouler et s'immobiliser. D'un autre cóté, l'opération determine habitucllement une torsion de la branche que l'on devra rectifier avec soin, sans quoi lo fer ne porterait plus et le pingon scrait inutile.
Avec ces quelqucs precautions, absolument nécessaires et de pratique courante, on nc rencontrera pas la moindre difliculté.
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On cvitcra de fabriquer im pingon creux, sa surface de glissement devant être plane et se relier en mourant avec la partie de la branche qui reste horizontale. On repete la memo operation sur l'autro branche.
Ceci fait, on pose Ie fer sur le pied, ou les pin-Qons, chauffés, se moulent. II ne reste plus alors qu'ä clouer; mais, ici, on devra prendre une precaution, qui s'impose sous peine de non-réussite : la pointe du clou a implanter devra toujours attaquer la come perpendiculairement, dans le centre de la contre-perqure. En effet, un clou place d'une autre fagon, qu'il soit incline ou piqué en dehors du point que nous avons indiqué, déplacera legerement le fer et les pingons ne seront plus en contact; Tun forcera et l'autre n'agira plus. Une bonne precaution encore est de ne pas brocher les clous ä fond du premier coup ; cette operation se fait quand ils sont tons places.
Toutes les fois qu'un clou déplacera le moins du monde un pingon, il devra être arraché et il ne sera replace qu'après les autres, sans quoi il retomberait toujours dans l'ancien trou, ä moins d'etre incline, ce qui est un autre inconvenient.
Au bout d'un certain temps d'application, les pin-cons ne sont plus en contact avec les talons, soit que ceux-ci se soient ouverts ou que les mouvements de glissement aient usé les surfaces de frottement : on engage alors l'étau entre les branches du fer, centre les pingons, et on tourne légèrement la vis, jusqu'ä ce que le contact soit rétabli ; ä ce moment, les pingons faisant effort sur les talons, ceux-ci remon-tent, en produisant un léger écartement entre eux et la partie plane du fer; un léger coup de marteau donné sur la mam eile, en lächant la main, fixe
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récartement des branches, et l'étau so détaclio tout soul.
Ajoutons encore qu'on devra êtro sobre de dilatations, quoiqu'cllos soient assez inoffensives; le plus souvent, Ie rótablissement du contact sufïïra, los véritables regenerations du picd s'opérant prin-cipalement par 1c bourrelct.
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CHAPITRE VIII. DE LA BOITERIE
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Examen du cheval boiteux. — Etudc du pied. — Precautions a prendre. — Pied plat. — Piod comble. — Pied encastele. — Pied de travers. — Piod pingard. — Pied cercl(5. _ pied dérobé. — Bleime. — Scimc. — Cheval qui so coupe. — Cheval qui forgo. — Fourmiliere. — Fourbure chroniquo.
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On dit qu'un cheval cst boitcux lorsqu'on rcmar-que, chez lui, inógalitó dans lo fonctionncment du bipede antéricur ou postérieur; et cepondant, nom-bre de chevaux, qui marchent d'une fagon a pen pros reguliere, sont boiteux. Ce dernier fait se produit lorsqu'une douleur quelconquc existo clans les deux membres, au lieu de n'en affectcr qu'un seul ou d'etre inegale dans les deux. Ce phenomöne, du reste, est absolument commun, et les chevaux en proie ä une deformation ou a, une douleur ä peu pres uniforme des deux pieds sont dans ce cas. Quand Ie fait se produit sur Ie devant ou sur Ie derriere, on en arrive ä dire qu'un cheval cst use du devant ou du derrière, suivant Ie bipcde qui a été 1c plus éprouvé. Ainsi, tel cheval qui avait de grandes allures, qui attaquait Ie sol avec hardiesse et légè-rctó, arrive, un jour, k marcher comme sur des
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epines, le membre ne fonctionne plus que partiel-Icment, los allures diminuent notablement, quoique le cheval ne fasse qu'un petit service. Eh bien ! cet animal est un boiteux et la chose est facile ä cons-tater : prenez, ä volonte, un des membres malades, ferrez-le convenablement, en supprimant les causes de douleur; dans quelques jours, la boiterie se déclarera sur le membre oppose, et cela aussitót que l'inégalité de douleur sera süffisante. Cette experience frappante réussit presque toujours, quand eile est faito convenablement.
Les vieux maréchaux excellent souvent k fabriquer le boiteux des deux pieds ; ils sont routiniers, ont des habitudes souvent déplorables qu'on ne peut pas déraciner, ils conduisent allègrement les chevaux k la réforme et, k toutes les observations, n'ont qu'unc róponse : laquo; Le cheval ne boite pas ! raquo; Coux-la sont assuróment les plus dangereux et, pour mon compto, j'ai toujours préféré un jeune ouvrier intelligent et de bon vouloir ä tous ces vieux réfractaires incurables.
La première chose k faire, lorsqu'on examine un cheval boiteux, consiste ä le déferrer. Après avoir regarde s'il n'a pas une piqüre, une brülurc ou une bleime, choses qui vous sautent aux yeux, on s'as-sure de l'aplomb du sabot et des défauts de coupe qui peuvent y avoir été produits. Il est digne de remarque, en pareil cas, que le fer applique sur un pied coupé de travers, usant davantage sur le quartier le plus bas, le défaut d'aplomb qui existait ä la sortie de la forge s'aggrave de plus en plus, au fur et ä mesure que le fer s'use.
Cette première operation faite, si l'on n'a pas trouvé la cause de la boiterie, on examinera la deformation du sabot et, avec un peu d'habitude, on arri-
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vcra, d'un simple coup-d'coil, ä une g'randc sürctó tic diagnostic. On verra que tel cheval a im quartier éculé, qui se ferme du bas dans l'appui, en com-primant les parties sous-j acentes ; que tel autro a lo sabot aplati latéralement; qu'un autre encore a les barres placées de champ, tranchantes et inflexibles, s'incrustant dans les parties vives ; quelquefois, c'est un cartilage expulsé du sabot, forgant Ie cheval h, prendre son point d'appui sur l'extrémitó de l'os ; ou bien c'est une sole voussée en haut, qui culbute l'os du pied en avant. On remarquera, sur certains pieds, une soudure anormale de la sole avec la fourchette : ce phénomène se produit naturellement, et la plupart du temps, sur un pied douloureux, de fagon ä immo-biliser Ie mecanisme du sabot, dont les mouvements sont une cause de souffrance. L'observation de ce fait ne doit jamais être négligée, eile est de la plus grande importance et donne les renseignements% les plus précieux. Il m'est arrive, nombre de fois, en voyant cette soudure disparaitre, de pouvoir prédire, k quelques jours pres, la terminaison d'une boiterie tres ancienne et sans amelioration apparente. Par centre, il m'est arrive, bien souvent aussi, de la voir reparaitre, pour m'avcrtir d'une faute ou d'une fausse manoeuvre clans Ie traitement d'un pied ma-lade.
En un mot, il n'y a rien d'indifférent pour 1'obser-vateur qui examine un pied boiteux, et il fera bien de s'attarder ä chercher parmi ces renseignements fugaces, qui lui échapperont d'abord, les causes d'un mal qu'on croit, trop souvent, trouver dans Ie membre, oü il existe assez rarement.
Si une grande partie des boiteries sont dans lo pied, il en est encore beaucoup d'autres qui, sans y être, y ont trouvé leur cause. En effet, il est facile
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de comprendre qu'unc molcttc, un effort de tendon, etc., ont Ie plus souvent pour origine un défaut d'aplomb du pied entrainant la torsion, Ie tiraille-ment et la fatigue des parties supérieures du mem-bre. En pareil cas, Ie redressement du pied, en fai-sant cesser la cause, amènera prcsque toujours la disparition des accidents consceutifs, sans traitement préalable. Nous n'en excepterons, peut-être, que l'effort du tendon ou du suspenseur, nécessitant presque toujours 1'application du feu.
Supposons, par exemplc, un cheval de seile ayant des talons serres d'une maniere inegale, avec des barres de champ : clans certains cas, avec un peu d'habitude, on pourra declarer au cavalier que son cheval refuse de tourner a droite ou ä gauche ; que, s'il boite d'une certaine fagon sur la ligne droite, il boitera moins fort en tournant en cercle dans un certain sens et plus fort dans le sens oppose. Ce qu'il y a de curieux dans cette observation, e'est quo le cheval boite généralement moins fort ou ne boite pas du tout, en tournant sur le membre malade, co qui est le renversement de toutes les idees regucs. Voici l'explication de ce phénomène : comme nous l'avons dit, les talons sent serres d'une maniere inegale, les barres sont de champ ; mais il y en a une plus élevée que l'autre dans l'intérieur du sabot, et celle-lä, e'est habituellement la harre interne corrospondant au talon le plus resserré ; or, cette barre est tranchante et son appui sur les parties vives est tres douloureux (nous raisonnons dans l'hypothèse que lä est la cause de la boiterie); alors, quand I'animal tournera avee le pied maladc en dehors, l'appui se fera directement sur cette barre interne et la douleur en sera plus vive. Dans 1c cas contraire, on trottant sur In pied maladc.
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l'appui so fora sur lo quartier oppose, et le soula-gement sera manifeste. Ceci est, bien entendu, un exemplo entre mille pour faire comprendre notre pensee.
Si Tcxploratcur d'un pied boiteux se fourvoie quelquefois et reoherche ailleurs, après l'avoir examine, unc doulcur qu'il n'y a pas trouvée, il le doit Ie plus souvent h l'emploi qui est fait généralement des tricoises, comme moyen d'investigation ; car, si la pression que l'on exerce avec eet instrument rcussit dans les cas de piqürc, de brülure, de bleimo, etc., eile est presque toujours inefficace dans le cas de deformation, pares qu'elle peut determiner une douleur partout uniforme ou n'en reveler aucune. En pareil cas, le moindre petit coup frappe sur l'en-droit presume douloureux, et dans le sens oü se produit habituellement la doulcur, ne manquera pas d'indiquer que l'on ne s'est pas trompé; mais nous devons ajouter, en outre, qu'avec une certaine habitude, on n'a pas besoin de ce moyen pour rechercher la cause d'une boiterie, mais plutót pour se convaincre de la justesse du diagnostic porté.
Ainsi, supposons un pied de travers, dont le quartier est plus ou moins éculé et creux dans le milieu de sa hauteur : la douleur, en pareil cas, se trouve precisément dans l'endroit correspondant h la partie creuse de la paroi, la courbe tendant ä s'accentuer dans l'appui et la compression s'exagé-rant proportionnellement. Dans ce cas, le moindre petit coup frappe dans cette partie, avec le manche d'une renette, par exemple, amènera chez l'animal une manifestation de souffrance.
Öi une barre placée de champ est incrustce dans le pied, eest sur cette barre elle-mème que le choc amènera la douleur, etc. ; mais, en tout cas, on
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devra s'abstenir des coups frappés un peu fort avoc le brochoir, car ils ne pcuvent être qu'une cause d'crreurs. Pour mon compte, je ne me sors jamais des tricoises et je n'emploie le brochoir qu'avec la plus extreme moderation.
Nous avons énoncé les principes qui doivent pré-sidor a la ferrure rationnolle d'un piod, il nous roste ä dire quelques mots pour rappeler les precautions ä prendre dans Ie cas de deformations tres accen-tuées, de boiteries ou de maladies.
Plus que jamais, en pareil cas, on devra observer les precautions fundamentales que nous avons indi-quées et dont aucune ne devra être négligée :
Aplombs absolus et mathématiques du pied;
Fer ayant la tournure du sabot et de tout Ie sabot;
Ajusture a plat sur les branches ;
Fer ne portant jamais que sur la paroi et la partie compacte des arcs-boutants, ce qui s'obtient en pa-rant la sole et en évidant Ie fer ;
Fourchette soustraite a l'appui du sol;
Liberté des talons, obtenue par Ie rapprochement des étampures en pince ; en cas d'impossibilité, employer les étampures unilaterales.
Ajoutons que, la ferrure étant un mal nécessaire, on doit toujours la supprimor momentanément, en cas de boiterie intense empêchant l'utilisation de l'animal. Mais, dans ce cas, Ie sabot devra toujours être pare ä fond et mis d'aplomb avec Ie plus grand soin.
Enumérons maintenant quelques precautions re-clamées par certains cas particuliers :
Pied plat. — Mettre lo pied d'aplomb, parer la fourchette ä fond pour savoir ce que Ton doit enlever
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des talons, qui ne seront pas ménages, surtout s'ils sont reployes en dessous. Fer assez degage, épais, évidé, avec des éponges minces.
Ce pied, bien ferré, est celui qui se refait avec la plus grande facilité et de la maniere la plus complete, quand Ie mal n'est pas exagéré.
Pied comble. — Même cas, mêmes observations. Mais on est quelquefois oblige d'employer un fer degagé, mais plus épais, pour empêcher Ie cheval de marcher sur la sole. 11 est bien entendu que dans Ie cas présent, comme dans tous les autres, l'indication d'abattre les talons ne s'etend qu'aux parties dépas-sant l'aplomb régulier ; toutefois il est digne de remarque qu'on voit généralement dans Ie pied plat un manque de talons auquel il faut remédier a tout prix ; pour cela on se garde bien d'y toucher et on y adapte même des éponges, des crampons, etc., etc. Il y a lä une erreur sur Ie pon d'élévation du talon dans Ie pied plat ; sa veritable cause reside dans l'aplatissement de la barre, inclinant Ie bas de la paroi correspondante et Ie talon de haut en bas et de dehors en dedans; dans ces conditions, ces parties s'éculent, surtout si on leur laisse trop de hauteur, et leur regeneration est impossible.
On devra done enlever les parties de talon éculé en saillie sur la fourchette parée et s'occuper uni-quement du relèvoment de la barre avachie.
Pied encastelé, a talons hauls, a pince courte, a quartier resserré, etc. — Mettre 1c pied d'aplomb, en abattant les talons, ce qui se fera séance te-nante, amoins que l'état des articulations ne reclame un certain ménagement ; on fait alors l'opération en deux fois. Fer mince en éponges, avec beaucoup do liberté en talons.
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Pied de travers (panard ou cagneuxj. — Parer 1c cóté Ie plus élevé en commenQant par les parties exubérantes. Mais il arrive souvent que, ce quartier étant a fond, il manque encore de la corne du cotó oppose : on devra alors y suppleer au moyen du for qui portera unc branche compensatrice, de fagon ü mettre Ie pied parfaitoment d'aplomb, après son application.
Il ne faut pas oublier qu'un pied ne se redresse pas par Ie talon, mais paria mamelle et que la partic saillante du fer devra se trouver sous cettc mamelle, en diminuant progressivement d'épaisseur jusqu'ü l'éponge, qui sera mince comme sa congénère. Pour laisser autant de liberté que possible ä la branche forte, on y mettra seulement deux étampures prés de la pince, et les autres seront réparties sur l'autrc branche. On peut memo, sans inconvenient, les rapprocher un peu plus du talon qu'on ne Ie fait ordinairement.
Pied pingard. — Fer a lunette ou plutot ä étampures unilaterales. Si Ie pied n'a pas unc mobilité complete, la guérison est impossible, tandis qu'en permettant aux talons de s'ouvrir et, par conséquent, a la sole de s'affaisser, Ie pied descend de lui-mêmc, et Ie défaut disparait avec la plus grande facilité.
Il est bien entendu qu'un crampon, qui rendrait lo talon douloureux, empêcherait Ie cheval de s'y appuyer, et Ie défaut s'exagérerait au lieu de dispa-raitrc.
Pied cerclé. — Les cercles sur un pied étant la plupart du tomps 1c résultat du peu d'uniformiló dans la ferrure et les aplombs, il sufïit de ferrer convenablemcnt un cheval h ferrure ou ä pied dé-fectucux pour voir un cercle saillant se produire au
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böurrclet; mais cc ccrcle est l'amorce d'un nouveau sabot qui continuera a descendre uniformément, sans rétrécissements, si la ferrure ne laisse rien a désirer pendant ce temps.
Pied dérobé. — Lorsqu'un cheval se déferre, il laisse souvent après les clous des morceaux de la paroi; Ie pourtour du sabot ne se trouve plus alors constitué que par une cornc déchirée et manquant par places. Quelle que soit la cause qui a produit Ie pied dérobé, on commencera par parer Ie pied h plat, en respectant, autant que possible, les parties pouvant servir ä l'implantation des clous. On dispose los étampures en consequence et Ie défaut a disparu ä la première ferrure. Les maréchaux, en pareil cas, enlèvent toutes les portions de corne qui restent, font un fer trop ctroit qu'ils fixent de fagon h con-tenter l'ceil, mais a faire souffrir l'animal. Pour mon compte, je respecte toujours autant que possible, clans un sabot, les portions de corne pouvant servir a placer un clou ou être utiles a l'appui.
Dleime. — Quand un cheval a unc bleime, quelle qu'elle soit, Ie pied sera mis d'aplomb, la sole parée ä fond, pour assouplir Ie sabot ; la bleime sera dégagée, en enlevant profondément la barre et la pointe de la sole, sans toucher ä la paroi, attendu que la compression étant produite, soit entre la barre et la paroi ou entre celles-ci et Ie fer, en gardant la paroi seule, il n'y a plus de compression possible ; partant, aucune nécessité de l'enlever et d'occa-sionner ainsi certaines deformations du sabot.
On ajustera, sur tout Ie pied, un fer ä éponges tres minces, avec une branche tres libre du cóté malade. Si l'animal ne peut pas être utilise, il sera déferré.
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Le fer ä lunette réussit aussi fort bien dans nom-bre de cas ; mais, nous l'avons dit, il devra toujours aller en s'amincissant de la pince aux éponges, qui n'auront pas plus d'épaisseur qu'une lame de cou-teau.
Seime : 1deg; Seime en quartier. — Meines precautions, ä peu prés, que pour la bleime : aplombs réguliers, fer k étampures unilaterales, fer ä lunette, fer a pingons obliques, en un mot, tons les moyens qui peuvent servir a rappeler, dans la limite du possible, les mouvements d'ólasticité normale du pied.
2deg; Seime en pince. — Obtenir, par tous ies moyens, la regeneration du bourrelet et la destruction des causes qui ont produit I'accident : fer a étampures unilaterales, ä lunette, quelqucfois, comme nous l'avons dit, un léger coup de renette en long et même en travers au bourrelet, pour détruire le commencement de la fente. On peut aussi enlcver, dans cetto partie, un petit triangle de corne, dont la base est au bourrelet. Génóralement, je ne fais rien.
Le cheval qui se coupe. — Quand un cheval se coupe, la première chose a rechercher est la cause du défaut, afin de pouvoir la supprimer, condition sine quä non de la réussite.
Avant tout, et regie sans exception, le cheval sera mis parfaitement d'aplomb. Si le pied se trouvait tellement de travers qu'il fut impossible de le re-dresser complètement dans une séance, on y sup-pléera par la difference d'épaisseur des branches du fer. Les clous seront supprimés en talons, quelque-fois on les supprimera sur toute la branche interne, excepté ä la pince ; mais cette branche suivra néan-moins le contour du pied, et l'on s'abstiendra sur-tout de cette affreuse habitude qui consiste ä sup-
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DE LA B0ITER1Enbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;129
primer avee la räpe l'épaisseur du quartier interne. Dans le cas d'une mamelle interne saillante, sur un pied antérieur, on appliquera un fer ordinaire, au-quel on aura retire uno ou meme deux étampures sur la mamelle, afin de pouvoir tenir cette partie plus étroite et rctrancher la portion de paroi corres-pondante.
Il est bien entendu que le fer ne subira que cette légere modification et qu'on se gardera bien de reporter vers les talons les deux étampures sup-primóes. Avant de faire cette operation, on fera marcher l'animal pour se rendre compte de la partie du fer qui touche. En cas de doute, on pourra appliquer sur la partie lésóe un peu d'onguent de pied noir, que l'on retrouvera sur le fer, au point ä modifier.
Il est inutile de répéter ce que nous avons déja dit sur la suppression des causes du défaut qui nous occupe : régularisation dos allures faussées, suppression des fers trop lourds, etc. ; mais, en em-ployant méthodiquement les moyens que nous venons d'indiquer, on peut être assure d'empêcher, dans un temps donné, un cheval de se couper; ce-pendant, comme le succes n'est pas toujours instantane, on pourra, en l'attendant, mettre a l'animal une bottine quelconque pour preserver la partie malade de nouvelles blessures, jusqu'au jour oü le défaut aura disparu.
Quant au fer a la turque et autres procédés plus ou moins ingónieux, ils sont, le plus souvent, im-puissants, quand le résultat de leur emploi n'est pas la perte des allures et la ruine prómaturée de l'animal.
Le cheval qui forge. — Les défauts d'aplomb scront rectifies ; si le cheval, par exemple, forge en voute sur un fer trop couvert, on lui mettra un fef
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dégage ; si, au contraire, il forge en éponges, celles-ci seront amincies ou taillées en biseau; sur un autre, c'est la garniture qu'il faut supprimer, etc., etc. Dans tous les cas, on s'äppliquera ä employer une ferrure aussi irréprochable que possible, qui permettra la rectification du mecanisme faussé et rétablira son harmonic. Les fers devront être légers et les pieds postérieurs seront ferrés avec beaucoup de soin; aplombs irréprochables avec une branche libre.
La fourmilière. — La fourmilière, produite par les mêmes phénomènes que la fourbure chronique, est, en petit, la même affection. Sauf les diflicultés d'application, eile reclame 1c même traitemcnt : rectification du bourrelct par les aplombs et 1c rappel de l'élasticité; puls fabrication d'un sabot neuf, dans ces conditions.
Fourbure chronique. — Si cettc maladie est curable dans un grand nombre de cas, eile nécessite, néanmoins, une surveillance constante et une tres grande habitude ; car, ne l'oublions pas, la moindre erreur, au cours du traitement, remet tout en cause etl'opération est a recommencer complètement, avec des difficultés de plus en plus grandcs.
La première chose ä faire est de parer Ie sabot parallèlement a la face plantaire du pied ; mais, pour cela, on est oblige d'abattre Ie talon, suivant une coupe parallele ä la fourchette. Il est inutile do dire que cette coupe n'intéressera que la partie postérieure du sabot, faisant avec la coupe primitive un angle tres accentué. Lorsqu'on abandonnera Ie pied, Ie cheval reposera sur la nouvelle coupe et la pincc sera en l'air, distantc quclqucfois du sol de plusieurs centimetres.
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Lorsquc la chose est possible, Ie meilleur moyen est d'abandonner, dans ces conditions, Ie cheval, non ferré, dans un pré, en ayant soin de venir tres souvent parer Ie pied, pour enlever la corne qui pousse en talons. Les ondées cornées qui émanent du bour-relet se rcctifieront peu a pou, leur divergence dimi-nuera ; la croissance, qui était exagérée en talons, se ralentira sous rinfluenco de la surcharge qui l'en-travera; parcontre, eile sera sollicitée sur les parties antérieures soulagées.
Lorsque l'ondée cornóe est arrivée ä l'uniformité, on a l'amorce du nouveau sabot, qui se refera com-plètemcnt; mais, nous Ie rcpétons h dessein, il faut une surveillance continuelle et des rectifications tros fréquentcs, attendu que Ie sabot, ayant une tendance ä pousser d'une maniere inégale, la moindre negligence amène une rechute.
Ici, nous devons nous souvenir d'un principe, dont l'oubli serait la cause de nombreux mécomptes : nous avons dit que, lorsqu'un cheval souffre, il prend, comme aplomb, la position qui Ie soulage. Nous avons dit aussi que l'abaissement exagérc du talon produit Ie redressement du beulet et du pa-turon; or, si pareille chose venait ä se produire, cc mouvement accentuerait l'obliquité du bourrelet vis-ä-vis du rayon; les phalanges, en se redressant, culbuteraient ä nouveau Ie bourrelet en avant, et l'opération, qui devait sauver l'animal, produirait exactcment l'effet contraire. 11 arrive, en outre, que des chevaux en traitement ont déja une certaine raideur des articulations; d'autres, fortement cons-truits, ont les charnières peu flexibles. Toutes ces choses devront faire l'objet d'une observation só-ricusc, pour so rendre compte de la direction h donner au membre et ne plus s'en departir. 11 est
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13quot;2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LE PIED DU CIIEVAL ET SA FERRURE
done facile de comprendre qu'un cheval atteint de fourbure chronique sera dans de meilleures conditions de guérison, s'il a le membre un peu mince, avec des articulations flexibles, toutes choses égales d'ailleurs, qu'un autre ayantla conformation opposée.
Toute la come de pince devra être conservée, car eile pourra, quelle qu'elle soit, devenir tres utile, ä un moment donné, pour l'implantation des clous.
Au fur et ä mesure que le pied pousse, la partic qui sert ä l'appui s'agrandira; mais on devra tou-jours parer a plat, sans s'occuper des parties du sabot qui seront désagrégées et relevées en avant; on se guidera uniquement sur la direction de la fourchette.
Si l'animal doit être ferré, il est bien entendu que la ferrure doit se borner ä obtenir les effets que nous venons d'indiquer; eest dire qu'il n'y a pas de for spécial pour la fourbure chronique et que l'on devra s'inspirer des phases de la maladie, des circons-tances particulières et des ressources dont on dispose.
Quelquefois, on applique un fer ä lunette, d'unc tres grande épaisseur en pince, tres fortement dé-gagé et muni de deux petites éponges minces, s'en-gageant sous les parties antérieures de la nouvelle coupe du sabot et destinées surtout ä protéger Tangle forme par les deux coupes divergentes, ä en empêcher l'usure et, par conséquent, le culbutage du pied en avant. Inutile de dire que, dans certains cas, l'épaisseur du fer on pince doit être calculée de fagon ä remplir le vide existant entre le sol et la pince du sabot.
On sera forcé de faire quelquefois des clous d'une grande longueur, si l'on ne pratique pas sur le bord du fer un petit cpaulement pour pouvoir les placer.
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D'autrcs fois, on confcctionne un fer tres long; il est porto sur la partie relevée du pied et les branches sont coudées ensuite, de maniere ä leur faire prendre la direction de la nouvelle coupe du sabot.
Quelquefois encore, ce fer peut porter deux petites bosses sur les mamelles, de fagon a prolonger en avant la longueur de la base de sustentation. La pince du fer sera mince, pour y mettre des clous ; mais, nous répétons encore d'une maniere formelle, qu'il ne doit jamais y avoir de clous vers les talons.
Ce que nous venons de dire suffira pour faire comprendre tous les moyens que l'on peut employer, suivant les cas ; souvent même, Ie fer devra être change, d'après les modifications subies par Ie pied. Le seul but h atteindre, Ie seul objectif ä avoir, c'est de tailler le sabot parallèlcmont ä la face plantairo du pied et de ne pas entraver les mouvcments d'élasticité du sabot.
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#9632;
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DE L'ORTHOMÈTRE
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Quand on examine l'aplomb d'un pied, il est de la plus grande importance do se placer dans la position que nous avons indiquée, car, dans toute autro position, Ie membre serait vu de travers et l'aplomb faux. C'est pour démontrer cette vérité et la faire, en quelque sorte, toucher du doigt, que j'ai imagine un instrument spécial, Vorthomètre, qui n'est autre chose qu'une équerre, inutile dans la pratique, mais destinée ä servir de moyen de controle et de demonstration.
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line regle plate RR, dcvant etrc placée dans 1c
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DE L ORTMOMETRE
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plan median du canon, c'ost-ä-dire dans le plan par-
tageant par la moitió le canon et les tendons, ainsi
que toute la region digitée,
dans l'cxtension, et abandon-
née k clle-meme, est munic
d'arcs mobiles, A A', pour
emboiter le membre et la
fixer. Ces arcs sent comman-
dés par une vis spéciale, V V,
qui les ouvre ou les ferme
d'unc maniere egale. Cette
regle est prolongée par unc
tige, T T, articulée dans le
même plan et inflexible dans
les autres sens; enfin, ä l'ex-
trémité de cette tige se trouve une autre regle, MN,
qui lui est perpendiculaire. C'est cette dernièrc pièce
qui doit se rabattre sur le sabot et s'y appliquer
complètcment, quand il est pare d'aplomb.
On peut voir, dans l'application, que le moindre mouvement de cótó imprimc ä la regle directrice, qui doit représenter le rayon visuel de l'observateur, imprime ä la regle inférieure des changements d'aplomb enormes, et Ton comprendra quelle est l'importancc de la position que l'on est forcé de prendre pour examiner los aplombs d'un ehe val.
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DE L'ANE ET DU MULET
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L'hommc fabriquant des vaches sans corncs, des chions sans queue ou des bassets ä jambes torses, il est encore plus facile de faire ä l'äne et au mulet Ie pied bétéroclite que nous lui connaissons. Pour-tant, on est genéralement persuade que ce pied est normal et que la ferrure qui lui est universellement infligée est la seule qui lui convient. Eb bien! j'ai vu, dans Ie Poitou, pratiquer en grand l'élevage du mulet; j'ai vu, dans les cours des fermes, nombre de jeunes animaux, errant en liberté autour de la meule de paille qui leur sort de nourriturc, ayant des sabots comparables ä ceux de bien des poulains places dans les mêmes conditions ; j'ajouterai que beaucoup de ces animaux ont un trot fort remar-quable qu'ils perdent, du reste, plus ou moins, aus-sitót qu'ils ont passe par la forge et que leur pied se deforme.
Pourquoi Ie mulet nc serait-il pas ferré rationnel-lement, comme Ie cbeval, avec un fer fagonné pour son pied et suivant les mêmes principes ? Pourquoi Ie condamner ä cette informe chaussure qui Ie torture et avec laquelle il ne marche que grace a sa
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de l'ane et du muletnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 137
-fusticite et ä son endurance ? Les regies qui regis-sent la ferrure du cheval doivent lui être appliquées, et il est bien certain qu'un mulet ne serait pas plus mauvais si son pied était moins pingard et moins atrophié.
Nous terminerons ces reflexions sur l'äne et Ie mulet par quelques mots sur uno question, en appa-rence bien étrangère a notre sujet, mais qui s'y rat-tache cependant d'une maniere sérieuse :
Comment se fait-il que les beaux mulets du Poitou soient d'assez tristes animaux de bat ? Et la choso est incontestable, pour qui les a vus, en campagne, en concurrence avec les petits mulets arabes, par exemple. Ne serait-ce pas parce que Ie bandet repro-ducteur, enfermé dans une cage, dont il ne sort que pour la saillie et ayant, comme consequence, des pieds encastelés et de longueur démesurée, atrophies et rendant leur possesseur incapable de la moindre marche, il est nécessaire, pour corriger un sem-blable défaut, de fabriquer une jument spéciale, dite mulassière, et dont Ie premier mérite est d'avoir des pieds plats d'une largeur extraordinaire ? Comme complément de conformation, cette jument a un gros ventre et un dos plongé, qu'elle transmet ä son produit. Ne pourrait-il done pas se faire qu'un bandet, avec des pieds ordinaires, nécessitat une jument du même genre, mais mieux conformée ?.....
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138 LE PIED DU CHEVAE ET SA FERRURE
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CONCLUSION
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En résumé, nous sommes convaincu que la maré-chalorie est une question tres importante et grosse de consequences. En mettant en pratique quelques données, dont l'application n'offre aucune difficulté, on peut maintenir l'intégrité des allures d'un grand nombre de chevaux et prolonger leurs services jus-qu'a un äge qui constitue actuellement presque un cas exceptionnel. En outre, on peut, lorsqu'un animal est atteint de deformations et de maladies des pieds, dont une ruine prématurée est la consequence presque forcée, on peut, dis-je, par une ferrure ration-nelle, amener, dans son état, de grandes ameliorations et, avec quelques precautions, Ie mettre ä même, dans la plupart des cas, de travailler sans douleur, comme un animal sain.
Cependant, on ne devra pas se dissimuler qu'il existe des animaux dont les pieds sont deformes et douloureux depuis des années, et que quelques jours ne suffisent pas pour remédier ä des accidents aussi anciens. Il y a même des sabots qui doivent être refaits complètement, Toutefois, il est rare qu'on n'obtienne pas, au bout de quelques jours, une amelioration notable, qui ira en s'accentuant jusqu'ä guérison complete.
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CONCLUSIONnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 139
Ajoutons qu'un animal en traitemont travaillera, et doit même travailler, autant quo la chose sera possible, attendu que Ie repos est le plus grand ennemi du pied du cheval, et que la première condition de son integritó ou de sa regeneration est 1c rétablissement et le fonctionncment de ses mou-vements normaux.
Il existe assurément des boiteries dont on no triomphe pas, mais elles sont beaucoup plus rares qu'on ne croit. On pourra s'en convaincre en prati-quant minutieusement et avec suite tons les principes que nous venons d'émettre ; les résultats que l'on obtiendra dépasseront assurément toutes les previsions.
Les ouvriers appliquent la ferrure beaucoup trop par a peu prés ; ils en font une affaire de metier, quand eile devrait être une question d'art, et l'art ne souffre pas la médiocrité.
A. WATRIN,
Veterinaire militaire en retraite, Chevalier de la Légion d'Honneur.
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TABLE DES MAT1ÈRES
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Preface....................................... 5
pnéliminaires et hlstorique de la question________ 7
Premières experiences. Le fer Defays. Le Désencas-teleur. Le Podomètre. Experiences officielles h Versailles en 1863. Rapport de la Commission d'hygiène hippique. Ordre ministeriel. L'auteur est envoyé ä Tecole de cavalerie de Saumur en 1865.
Chapitre I. — Des Membres et du Pied......... 25
Membres antérieurs. Membres postérieurs. Le Pied.
Chapitre II. — De la Deformation et de la Conformation.................................. 32
Talons trop bas ou pince trop longue. Talons trop hauts ou pince trop courte. Quartier interne trop bas ou externe trop haut. Quartier externe trop bas ou interne trop haut. Conformation et deformation. Action de la ferrure. De la fourbure.
Chapitre III. — Des Accidents consécutifs a la
Deformation............................... 59
La fourchette échauffée. La bleime. La seime. L'oi-gnon. Le javart cartilagineux. La forme. Tares osseuses. Tares molles. Des efforts. Les crevasses. Le harper ou éparvin sec.
Chapitre IV. — Le Che val qui se coupe........ 75
Membres antérieurs. Membres postérieurs.
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142nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TABLE DES MATIÈRES
Pages.
Ohapitre V. — Le Cheval qui forge............ 82
Causes générales. Róle de la ferrure.
Chapitre VI. — Des Aplombs................... 88
Coupe transversale. Coupe antéro-postérieure. Membres antérieurs. Membres postérieurs.
Chapitre VII. — Du Per....................... 95
Forme du fer. Ajusture. Garniture. Des crampons. Du pingon. Fer frangais. Ferrure Charlier. Fer anglais. Fer arabe. Fer russe. De Tapplication du fer.
Chapitre VIII. — De la Boiterie............... 119
Examen du cheval boiteux. Etude du pied. Precautions ä prendre. Pied plat. Pied comblc. Pied cn-castelé. Picd de travers. Piedpingard, Piedcerclé. Picd dérobé. Bleime. Seime. Cheval qui se coupe. Cheval qui forge. Fourmilière. Fourbure chro-nique.
De l'Orthomètre............................... 134
De l'Ane et du Mulet......................... 136
Conclusion...........................,......... 138
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-raquo;sect;1
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SAINT-ETIENNE, IMPIUMEIIIE THEOLIEH ET C, Huf Gécemct, 12.
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