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LES PNEUMO-ENTMTES INFECm^^,
DES FOURRAGES,lt;i.quot;', ^- VrS
. OU VARIETES DES AFFECTIONfcjTY^ij
DES ANIMAUX SOLIP^ES | gt;^:; Q;
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GALTIER amp; VfOLET
professeurs ä TEcole nationale vete rinaire de Lyon.
I. — Introduction— historique — definition.
Pendant les derniers mois de 1888 et la premiere moiti6 de l'ann6e 1889, il a 6tö pr6sent6 ä la consultation de 1'Ecole y6t6rinaire un assez grand nombre de chevaux, dont ]'6tat maladif, variable dans la forme, semblait ce-pendant avoir un fond commun, decelö par l'inappötence, la nonchalance de la demarche, la couleur jaunätre ou la päleur des muqueuses, la petitesse du pouls et l'6l6vation de la tempörature, que Ton rencontrait dans tons les cas.
Chez quelques-uns deces malades admis dans nos infir-meries, la rapidite de la mort, le nombre et Timportance des organes les6s, —: chez d'autres, lalenteurdesesp6rante de la guerison, ont attir6 notre attention, et nous ont en­gages a entreprendre des recherches dans le but de deter­miner la nature et l'orlgine de cette maladie.
II s'agit d'une de ces affections qui surviennent de temps ä autre, en revetant la forme enzootique ou 6pizootique, et qui ont, peut-on dire, appele de tout temps l'attention des veterinaires et de ceux qui les ont prec6d6s.
Ces affections, assurement variables suivant les temps et les lieux, ont regu de bien nombreuses denominations, parmi lesquelles nous citerons celles de Fievre putride et humor nie {SoWeyseV), F.pesiilentielle(ihid.),F. adynamique, F. ntannique, F. putride et maliqne, F. muqueuse, Oastro-
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entkrite öpizpotique, F. gastrique (Rainard), Maladle ou Epizootic refjnante, Maladie typhoide (Louchard), F. typhoide (Rougieux et autres), Affection typhoide (Gillet, Mouchet, etc.), Maladies typholdes (Liautard), Diathese typhoide (Sanson), Gnslralgie (Prang6), Influensa (les Allemands), etc. Parmi ces denominations, il n'est pas douteux qu'un certain nombre n'aient et6 appliquöes ä une mfeme maladie, qui se montrait ä des epoques et dans des localites ditferentes ; par contre, il en est une, celle de Fievre typhoide, qui, ä un moment donne et pour beaueoup de v6terinaires, a remplace toutes les autres, et a et6 appli-quee indistinetement ä toutes les maladies du cheval ayant un caractere genöral et s'eloignant des types ordinaires, tout en sövissant ä la fois ou successivement sur un grand nombre d'animaux.
Cependant, on n'a pas tarde ä s'apercevoir que la flevre typhoide n'etait pas une, et les expressions de Maladies typhoides (au pluriel). Affections typhoides (ibid.), Diathese typhoide en tömoignent suffisamraent. Ajoutons que la plupart des auteurs et des praticiens reconnaissaient ä ces affections: 1deg; une forme encephalique, 2deg; une forme thora-cique et 3deg; une forme abdominale, de meme qu'ils leur reconnaissaient un caractere infectieux et meme conta-gieux, mis en evidence, semblait-il, et en quelque sorte exalt6 par l'agglomöration des sujets.
La pneumonie lobaire 6tait alors consid6ree comme le type des maladies inflammatoires, et personne n'aurait emis l'idee qu'elle pouvait etre contagieuse sans rencontror aussitöt de nombreux contradicteurs. Lorsque dans les agglomerations cette maladie attaquait les animaux en grand nombre, les unsinvoquaient simplement l'aetion de causes communes, tandis que les autres pensaient avoir affaire ä la forme dite thoracique de la fievre typhoide, bien que parfois Tun des caracteres prineipaux, la stupeur) fit completement defaut.
Une reaction s'est produite depuis quelques annees contre ces opinions par trop absolues, et Ton a admis l'existence d'une pneumonie qui, sans 6tre la fievre typhoide, serait douee de proprietes infectieuses ou contagieuse?.
Dans un travail sur les affections des organes respira-toires, publiö en 1882, M. Siedamgrotzky distingue : 1deg; des
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maladies cö^laquo;rrÄlaquo;Zes(bronchite,broncho-pneumonie); 2deg; des maladies inflammatoires (pneumonie croupale et pleuresie); 3deg; des pneumonies infectieuses; — celles-ci sont divisees : a) en pneumonies par corps elranyers, h) pneumonies d'amp;curie, survenant chez les vieux chevaux et surtout dans les agglom6rations, c) broncho-pneumonies ou pleuro-Vnevmonies des jeunes chevaurc, d) influenza de poitrine, c'est-ä-dire ce qui est pour nous la forme thoraciquede la fievre typhoide (j).
Quelques mois apres, M. Dieckerhoff distinguait aussi do la fievre typhoide une pneumonie infectieuse, et, la meme annöe, en analysant le travail de cet auteur, M. Nocard affirmait avoir cliniquement s6par6, depuis longtemps döjä, la pneumonie d'öcurie de la fievre typhoide a forme thoracique.
En 1884, un vöterinaire de St-Denis, M. Cagnat, publiait dans les Archives vklitrinaives une note tendant ä demon-trer que la pneumonie classique du cheval, laquo; avec jetage rouillö, plainte, magnifique bruit de souffle au tiers infe-rieur ou a la moiti6 du poumon raquo;, pent etre contagieuse, et qu'il en resulte pour le raalade une veritable immunity contre des atteintes ulterieures. Du reste, ce vetörinaire resume son opinion en disant que, pour lui, toute pneu­monie peut etre contagieuse.
La note de M. Cagnat dut frapper certains observateurs, car nous avons vu, un peu plus tard, M. Brun et M. Dela-motte (1886), M. Joly et M. Benjamin (1888), moins affir-matifs toutefois que M. Cagnat, s'efforcer de söparer de la forme thoracique de la fievre typhoide une pneumonie qu'ils qualifient soitd'infectieuse, soit de contagieuse, mais qu'ils croient — se basant, du reste, simplement sur I'ob-servation — susceptible de se transmettre d'un animal a I'autre.
Observee par les uns sur de jeunes chevaux, par les autres sur des chevaux de tout age, cette pneumonie serait-elle due ä la meme cause dans tons les cas ? C'est ce que nous ne saurions dire, puisque l'agent du contage — s'il existe — n'en a pas 6t6 determine.
(1) Tradnction dlaquo; M. Lcclainchc ; liec.ue.il, 1888, p. 280.
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Cependant le professeur Schütz avait, en 1887, signalenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; V
dans les poumons et les autres organes parenchymateux des chevaux morts de la pneumonie contagieuse laquo; des microorganismes de forme ovale, souvent reunis deux par deux(l)raquo;.Parmi les espöceschez lesquelles, d'apres I'auteur, ce mieroorganisme est susceptible de se multiplier, nous citerons le lapin, tandis que le cochon d'Inde n'est pas influence. En injectant des cultures pures dans le poumon du cheval, M. Schütz a reussi a transmettre la maladie.
A peu pres a la meme (ipoque, en etudiant de son cote les lesions pulmonaires de Chevaux marts delaquo; pneumonie croupale infectieuse raquo;, M. Perroncito a pu voir laquo; de gros microcoques presque spheriques ou ovo'ides, isoles ou ä diplocoques, rarement en chatnettes, souvent entourös d'un halo limpide et gelatineux ayant la forme de la capsule du pneumococcus de I'liomme (2) raquo;. Les cultures de ces microorganismes font perir rapidement les lapins et les cobayes. Injectöes dans le poumon de l'äne et du mulet, elles ont determine des foyers pneumoniques caractöristi-ques.
En 1888, MM. Chantemesse et Delaraotte ont publie les r6sultats de l'etude d'une pneumonie qui avait sövi quel-ques mois auparavant sur 44 chevaux d'un meine regiment, — maladie qu'ils qualifient d'infectieuse, lui deniant du reste toute analogic avec la forme pectorale de la fiövre typhoide. Ces auteurs ont trouve dans le poumon un mi­crobe affectant les formes de microcoques, de diplocoques et de courtes chainettes ; ils n'ont pas reussi a transmettre la maladie au cheval.
Enfln, tout recemment, un certain noinbre de chevaux de l'Ecole de cavalerie ayant eu ä soutfrir d'une maladie thoracique, d'ailleurs peu meurtriere, MM. Pecus et Cadeac, mis ä mömed'etudier certaines lesions, yvirent un microcoque rond, libre ou dispose en diplocoque, plusnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1
rarement en files ou chainettes, dont les cultures, comme celles du mieroorganisme trouve par M. Perroncito, tuent le lapin et le cobaye. Comme ce dernier auteur et M. Schütz,
(1)nbsp; Trad, de M. KaulTmann ; Journal de Lyon, 1887, p. iOO.
(2)nbsp; Trad, de M. I.ii'naux ; Annales de nü.d. nHer.. 1887, p. 38.quot;).
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mais croyant etre le premier qui alt reussi dans cette voie, M. Cadeac dit avoir pu transmettre la maladie a un äne. Appliquant ces r6sultats ä la maladie öpizootique qui a s6vi ä Lyon et dans les environs, — maladie qua nous avons etudiöe nous-memes, et ä la description de laquelle ce memoire est consacre, — M. Cad6ac incline a croire ä l'unitö 6tiologique de ce qu'il appelle definitivement la pleurojprieumonie contagieiise du cheval.
En resume: pnetimotiie infectieuse, pneumome conla-yimse, pleurnpneumonic eontagieuse, telles sont les d6no-minations imposees paries differentsauteurs aux maladies qu'ils ont observ6es, et qu'ils se sont efforces de distraire du groupe des affections typho'ides.
Ces maladies de poitrine sont-elles toutes de meme nature ; en d'autres termes, est-ce ä la meme pneumonie ou pleuropneumonie qu'ont eu affaire les au-teurs que nous avons cit6s ? II serait certainement impru­dent deseprononcer surlecomptedecelles de MM. Cagnat, Bi-un, Delamotte, Joly et Renjamin, puisque, ainsi ququot;il a et6 dit plus haut, leur agent contagifere n'a pas 6te d6ter-mine. Quant aux pneumonies de MM. Schütz, Perroncito, etc., ou il en a ete autrement, nous pensons qu'elles pour-raient bien former deux groupes et, par suite, presenter clans leur ensemble une certaine analogic, peut-etre une identity complete avec 1 epizoolie que nous avons 6tudiee nous-mömes, et dans laquelle nous avons tres nettement reconnu et dömontrö l'existence de deux maladies micro-biennes diff6rentes.
Quelle que soit, du reste, la solution que I'avenir reserve ä cette question d'analogie ou de dissemblance de nature, il existe des maintenant, entre les auteurs cit6s en dernier lieu et nous-memes, une grande divergence de vues, qu'il Importe de signaler de suite. Tandis que MM. Schütz, Perroncito, etc., ne voient ou ne veulent voir dans la maladie qu'ils ont observee qu'une pneumonie ou pleuro­pneumonie, c'est-a-dire une affection essentiellement propre aux organos respiratoires, et due dans tous les cas ä un seul microorganisme, nous voyons dans 1'epizootie qui a sevi ä Lyon et aux environs plusieurs maladies g6nerales — deux au moins — caractörisees chacune par un microbe
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particulier, mais susceptibles Tune et l'autre de revötir les formes les plus vari6es et de se prösenter ä l'observa-teur, sans perdre leur caractere de maladies de toule la substance, tantöt sous ia forme de bronchlle, de pleurite ou de pneumonie, tantöt sous celle de eardite, d'enlerite, d'hepatite, de nephrite, etc. D'autre part, si ces maladies sont transmissibles par l'inoculation — et elles le sont reellement, — nous croyons cependant peu ä la contagion naturelle, attendu que nous avons d6couvert et demontre qu'elles ont leur origine dans ralimentation par les four-rages avari6s, — circonstance etiologique qui explique suffisamment pourquoi elles aff'ectent toujours un caractere enzootique ou meme öpizootique.
Ici, on nous permettra d'ouvrir une parenthese pour faire ressortir l'importance de notre decouverte, grace ä laquelle on pourra dösormais prendre les seules mesures de preservation reellement efficaces, en meme temps qu'il sera possible de remplir dans le traitement des malades l'indication la plus imperieuse, en faisant cesser la cause qui n'est plus ignoree : suhlata causa totlitur e/fectus.
Quelle denomination fallait-il imposer a ces maladies ? Nous avons cru illogique de qualifier de pneumonie ou de pleuropneumonie contagieuse des aifections qui amenent parfois la mort d'un animal en ne lui laissant guere que des lesions d'enlerite, et dont la contagion naturelle n'est rien moins que demontr6e. Ne voulant pas, autant que possible, creer un mot nonveau, nous en avons adopte un qui a dejä cours dans la science, celui de pneumo-enterile, applique par le Dr Klein au rottyel du pore, et par iequel on a, depuis, d6signe d'autres affections du meme animal, ayantavec le rougetde grandes analogies symptomatiques.
Ce nom de pneumo-enlerile a l'avantage de rappeler ä la pensee les organes qui sont le plus souvent atteints, et il convient d'autant mieuxdanslti circonstance actuelle qu'il servira ä designer chez le cheval, com me d'ailleurs chez le pore, plusieurs maladies microbiennes d'une dis­tinction symptomatique et nöcropsique assez difficile a 6tablir sans le secours du microscope. Toutefois, il nous semblerait insuffisants'il ne rappelait äl'esprit etl'origine de la maladie et sa nature essentielleraent infectieuse.
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Nous allons done traiter des pnmmo-enterites in/'ectieuses des fowmges, chez les animaux solipudes.
Definition. — Sous le nom commun de pneumo-enlerites infectieuses des fourrages, nous dfeignons des maladies generales, microbiennes, affectant le caractere enzootique ou epizootique, et susceptibles de localisei- leurs principales lesions, suivant les individus, sur tel ou tel appareil orga-nifiuej _ maladies clues ä l'usage habituel ou passager de fourrages ou avoines plus ou moins avaries, sur lesquels se sont developpes des microorganismes capables de ve-göter aussi, de se multiplier dans I'economie animale en produisant une veritable intoxication, en meme temps que les lesions les plus variees.
Ces maladies soni multiples ; pr6sentement, nous en connaissons deux ; mais nous croyons fermement qu'elles doivent etre en plus grand nombre, comme les parasites eux-memes. D'une distinction difficile sur I'animal vivant, car elles ont beaucoup de caracteras communs, pouvant meme selon toutes probability se superposer, ces deux maladies ne peuvent guere etre decrites s6par6ment sous peine de redites incessantes. Nous allons done en tracer un tableau d'ensemble, apres quo! nous ferons connaitre les differences que nous avons observees, en nous attachant surtout ä bien differencier les microbes infectieux.
Dans ce mömoire, nous ne nous occuperons guere que du cheval; mais nous devons dire que la chevre peut don-ner asile aux memes parasites et presenter naturellement lesm6mes affections. II est probable que d'autres espeees sont aussi dans ce cas, si Ton en juge d'apres les r6-sultats que nous avons obtenus dans nos tentatives de transmission ; les circonstances ne nous ont pas permis d'61ueider encore completementcettequestion de pathologic comparöe. II. — Symptomatologie Generale — marche — duree —
TERMINAISONS, etc.
L'invasion est annoncee par un frisson general, avec refroidissement de la peau, appreciable surtout au chan-frein et aux extr6mites : e'est le signal de l'infection, ainsi que nous I'avons constat6 maintes fois dans nos expe-
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riences. Bien que la duröe de ce symptöme puisse etre de plusieurs heures, il n'est jamais signale par les propne-taires, soit qu'il n'y attachent pas d'importance, soit, ce qui est plus vraisemblable, qu'ils ne I'aient pas constat6. A leurs yeux, la maladie d6bute par la diminution de l'ap-pötit, surtout en ce qui concerne I'avoine, qui, souvent, est completement d^laissee ; en meme temps, les animaux se montrent rnoins ardents au travail, pendant lequel il s'essoufflent et transpirent aisement; leur dömarche est nonchalante; parfois eile m6riterait d'6tre qualifite de titubante. Tous les proprietaires ou conducteurs sont unanimes ä signaler la perte de la vigueur; maigre cela, las malades conservent g6neralement une bonne pbysio-nomie, un facies expressif, du au moins en partie ä ceque les yeux et leurs annexes ne sont pas interesses : une seule fois nous avons constate ün peu de larmoiement, accompagnant une 16gere conjonctivite. Aux symptömes d'adynamie, joignons rarrachement des crins, qui a lieu sans grand effort.
La couleur des conjonctives varie : souvent eile est me-langöe de rouge et de jaune, et, suivant que doraine I'une ou l'autre de ces nuances, nous la disons jaune-rougeätre ou rouge-jaunätre. Chez certains sujets, eile est d'un rouge plus ou moins foncö, mais sans iaisser voir de vaisseaux (conjonctive infiltree); nous I'avons vue d'une extreme päleur au döbut, chez un cheval, puis devenir jaune-rou­geätre deux jours apres. En göneral, l'impression qui domine est celle de l'anömie, avec alteration du sang.
Dans beaucoup de cas, le pouls reste a peu pres normal pendant les premiers jours; puis il arrive successivement ä 48, 54 et 60. II est faible, souvent inegal et meme inter­mittent; chez certains malades, l'artere est difficilement explorable.
Lorsque la maladie se porte sur la plevre, le pouls s'acc61ere göneralement plus tot.
Tandis que le pouls s'eloigne encore peu de son chiffre normal, la temperature Interieure s'61eve rapidement ä 39deg;, 30o5 et möme 40raquo;. Des sujets malades depuis trois ou quatre jours ont quelquefois prösente ä la premiere visite, au moment de leur arrivöe, 40deg; 5, 41deg; et meme 41quot; 4. Tou-
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tefois, cette temperature elev6e ne se maintenait pas ; due en partie a la fatigue du deplaceraent, eile toinbait souvent de 1quot; du matin au soir. de 1quot;5 du matin au lendemain.
Quelquefois le ventre se montre, des le d6but, sensible au toucher, et, cela, surtout du cöt6 droit, ou siegent le foie et le gros intestin, qui sont bien souvent interessös. L'exploration de la poitrine n'apprend göneralemont rien : les parois pectorales ne sont pas douloureuses ; la sonorit6 est normale, et le murmure respiratoire s'entend partout ; cepemlant, chez les sujeta dont le pouls est inegal, inter­mittent, les battements du coeur sont energiques et pr6-senteht aussi de rinterraittence ; le bruit systolique est fort, mais assourdi, non 6clatant.
Quelques malades font entendre une toux profonde et quinteuse, qui öbranle tout le corps ; d'autres ne toussent jamais.
Un, deux, trois ou quatre jours se passent ainsi, pendant lesquels les malades mangent un peu de fourrage et de son inouille. Generalement ils ne se couchent pas; des craqueinents articulaires se font entendre lorsqu'ils se doplacent ; les crottins sont rendus en assez grande quan-tito et presque toujour.s moules, sans odeur appreciable ä distance ; les urines, assez abondantes, sont foncees en couleur, mais ne se montrent plus sedimenteuses.
Aussi longtemps que la maladie n'a pas deterininö de lesions graves sur un ou plusieurs organes, le pouls oscille g6rieralement autour de 00, et la temperature rectale au-tour de 39deg;. Cependant, chez certains sujets, las symptömes sont moins aecentues. C'est ain.-i que, a I'ocurie, au repos, le pouls, la temperature et la couleur des muqueuses accusent un etat normal ou presque normal : le premier variant de 42 ä 48, et le thennometre n'accusant que 38deg; et trois ou quatre dixiemes ; quant aux muqueuses appa-rentes, elles restentde couleur rosee, sans nuance jaunätre ou lie de vin ; — mais I'appfetit est languissant, la respi­ration un peu acceleree et le travail impossible. Sous Fin-fluence de ce dernier, la fatigue survient bientöt ; les battements du coour s'aecelörent considOrabieinent et arri-vent a presenter de Tirregularite, de rintermittence ; la temperature s'eleve; la respiration se precipite et l'appetit
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s'amoindrit encore. Get etat pout durer de quelqaes jours ä plusieurs semaines et meme plusieurs mois, et se ter­miner, soit par la gu6rison, soit par une localisation accentuee sur tel ou tel organe.
Le propre des maladies que nous etudions est, en elfet, — tout en resfant genw-ales et laissant ä peu pres partout des traces de leur existence, — de se porter specialement sur Tun ou l'autre des organes suivants : les broncTies, le pnumon, la plevre, — l'intestin et ses annexes, le foie et la vale, — les reins et la vesule ; —#9632; le cceur est toujours malade : peut-etre, dans certains cas, I'est-il d'une fayon ä peu pres exclusive ; — quelquefois, c'est le lissu kera-togcnr ; — des lesions graves peuvent aussi intöresser les articulations, les gaines tendinewses et m6me les muscles de certaines regions. Dans ces differents cas, on observe des syniptömes en rapport avec la nature et les fonctions des organes ou appareils Interesses; mais ces symptömes ont presque toujours quelque chose d'insolite, qui vient obscur-cir le diagnostic.
Lorsque l'etat de l'appareil digestif permet encore a l'animal de s'alimenter, bien qu'imparfaitement, I'orga-nismo pourrait dans bien des cas resistor ä l'infection et meme en triompher, si la nourriture donnee u'etait gene-ralement la meme que celle ä l'usage de laquelle la mala-die a du son developpement. Malgre des conditions aussi def'avorables, dont il etaitdiffii:ile de se rendre compte avant de connaitre exactement le rule palaogönique des fourra-ges et avoines avaries, meme legerement en apparence, de nombreux animaux ont cependant pu guerir ; mais il n'en a pas ete toujours de meme, et nous avons vu des malades s'appauvrir insensiblement, s'an6mier au supreme degr6, tout en mangeant jusqu'au dernier jour.
Un des caracteres indöniables de ces maladies est, en effet, de determiner l'altöration et i'appauvrissement du sang. Dans tons les cas de quelque duree, oü Taniraal a cependant fini par entrer franchement en convalescence, nous avons toujours vu les muqueuses pälir peu ä peu et denoncer I'anemie.
Chez les animaux qui succombent rapidement, l'appareil circulatoire renferme, au contraire, une quantite conside-
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rable de sang trös epais, tr6s noir, dont les 6l6ments se separent avec rapidite, en donnant lieu a la formation d'un caillot supei-ficiel peu coasistant et de couleur livide, plombee.
Nous devons noter aussi une graude tendance aux exsu-dations fibrino-albumineuses,et, par eontre, une tendance a peu pres nulle a la suppuration, ainsi que nous nous en sommes assures par l'application de setons ä plusieurs malades.
Dans les localisations graves qui se sont faites sur la poitrine, et particulierement dans celles d'une certaine duree, nous avons remarque un Symptome particulier: les narines se laissaient envahir et obstruer en partie par des poussieres, des parcelles tenues de fourrages, du mu­cus dessöchö, etc., dont I'animal ne semblait pas avoir conscience, car il ne cherchait nullement ä s'en debar-rasser.
Lorsqu'il y a entörite, et surtout lorsqu'il y a nephrite, cystite, on observe, par instants, des 6rections chez lea males ; dans les monieseas, lesfemellesdonuont egalement des signes d'excitation gönitale.
Chez le malade qui est notablement aifaibli, le sphincter de l'anus se reläche et celui-ci reste beant, permettant ainsi l'entröe et la sortie alternatives de l'air, qui coinci­dent avec les mouvements de la respiration. II peut en etre de memedu sphincter vesical, ainsi que nous I'avons cons­tate chez na malade, oil il y avail incontinence d'urine.
En ce qui concerne ce liquide d'excrötion, s'il est plus ou moins fence en couleur uu döbut de la maladie, il devient plus tard incolore et d'une transparence presque parfaite.
Les renseigneuients tires de l'ötat de la calorification et de la circulation sont assez souvent concordants; mais le contraire peut uussi arriver. La temperature nous a paru traduire plus exactement l'etat de Torganisine au point de vue de l'infection, et le pouls se rapporter plus spöciale-ment aux lesions existantes. On peut done constater des variations thermiques assez considerables, sans que le pouls soit sensiblement modifie; le contraire est plus rare.
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Parmiles variations thermometriques, il en ostde quoti-dienm.'S : assez souvent, il y a le soir 6levation de quelques dixiomes ; inais le contraire peut egaloment s'observer. D'auti-es variations, plus importantes, pouvant atteindre 1deg;, i05, se constatent parfois dans le cours de la inaladio, du matin au soir ou du soir au matin : elles annoncent, comme I'Dn sait, des modifications proportionnelles accom-plies ou tres prochaines dans l'etat des malades.
Chez quelques-uns de ces derniers, nous avons parfois observe une elevation brusque de deux degres, s'accom-plissant en quelques heures, et pouvant disparaitre d'elle-meme le lendemain, sans qu'aucune circonstance appa-rente put expliquer celte perturbation. L'observation nous a appris qu'elledevait etre attribute, au moins dans quel­ques cas, ä une infection nouvelle, due, comme la primitive, a l'usage d'aliments de mauvaise qualite.
La fatigue peut egalement produire une hyperthermie consid6rable ; mais, ainsi que nous I'avons dit precedem-ment, une journöe de repos ramene presque toujours la temperature ä son degre anterieur.
On peut observer des vechulcs ainsi que des recidives ä delai plus ou moins rapproche. C'est ainsi que nous avons vu un cheval atteint de pleur6.-=ie retoraber alors qu'il pa-raissait etre entre franchement en convalescence. Chez ce sujet, la maladie s'6tait annoncöe le jour de son arrivee par T. 41deg;, tombee le lendemuin ä 40deg; 1, P. 84 et R. 34; le cinquieme jour du traitement, nous conamp;tations : T.3807 P. 54 6t R. 22. N6anmoins, une aggravation so dessinait (juatre jonrs apres, et finissait ä la longue par empörter le malade.
Chez un autre cheval atteint de bronchite et d'enterite, nous avons observö une röcidive des memes affections apres six jours d'un retour complet ä la sant6.
Un troisieme cheval, entr6 une premiere fois dans nos infirmeries le 22 fevrier, et prösentant comme le precedent des symptömes de bronchite et d'enterite, sortait gu6ri quinze jours plus tard. II nous revenait le 31 mai, atteint cette fois d'une broncho-pneumonic, qui presenta beaucoup de t6nacite et dont il finit cependant par guerir. Toutefois, il faut dire quo les cas de r6cidive sent rares.
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Apres ces considerations gen6ra!es, nous aliens aborder la description des difförentes localisations organiques des pnemno-enteriles.
III. — Etude des Localisations.
1deg; Sur les Bronches.
II est probable qu'il existe des laryngites infectieuses; mais ces affections, peu graves en elles-memes, nont jamais attire d'une fagon speciale notre attention.
Lorsque la rnaladie se fixe sur les bronches, la toux est fröquente, profonde et quinteuse ; mais, habituellement, eile ne s'accompagne de jetage a aucune pöriode, et si,dans quelques cas, celui ci apparait, ce n'est que par intermit-tence et il n'est jamais abondant. L'auscultation de la poi-trine fait entendre un murmure respiratoire affaibli dans quelques points, et, ailleurs, un bruit rude, qui existe aussi dans I'expiration. II y a parfois du räle sibilant. On n'entend jamais — ou, du moins, nous n'avons jamais en-tendu — d'une fayon nette le räle muqueux. La percussion denote partout une rösonnance ä peu pros normale. II y a des sujets chez lesquels les donnees fournies par la plessi-metrie et par l'auscultation semblent absolument contra-dictoires; tandis que la paroi costale rend un son clair ä la percussion, I'oreillene pergoit qu'un murmure respiratoire extremement affaibli, et meme dans certains points, n'en­tend absolument rien.
L'air expir6 n'est pas tres chaud ; la respiration peut arriver ä 30 par minute : ses mouvements, assez souvent r6guliers, montrent, dans d'autres cas, un leger soubre-saut; le poulsne depasse guere 60,etla tempörature 3905.
Dans ces conditions, I'appetit se maintient et L'animal peut se coucher ; mais il arrive trop souvent que I'intestin se trouve 6galement int6resse : alors l'appötit est faible ou a peu pres nul.
Lors de bronchite simple, c'est-ä-dire sans complica­tions, une amelioration survient ordinairement apres quatre ou cinq jours et la fievre tombe le septieme. Dans ce cas, apreraquo; une semaine de convalescence, l'animal peut generalement reprendre son service. Mais il n'en est
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pas toujours ainsi, et l'affection, compliquee ou non d'en-t6rite, peut, au contraire, durer fort longtemps. C'est ainsi que nousavons YUjChoz un tresbeaucarrossiei', I'essouffle-ment persister, avec appötit irregulier, pendant plus de deux mois. Get animal a cependant fini par se rötablir. Un autre, äge d'environ dix-huit ans, bien conserve, a succombö apresseptsemainesderaaladie, durant lesquelles 11 n'avait pas cess6 de manger, ä moins cependant qu'on ne le fit travailler. Dans ce cas, l'appötit-se perdait mo-mentaneraent. Lalsse deflnitivement en repos et traite par differents moyens, I'animal, inalgi'6 la ncjurriture et la medication, n'a pas tarde ä presenter tons les signes de ranemie la plus complete, avec infiltraiion sereuse consi­derable des membres, ainsi que de la partie inferieure de de la poitrine et de Tabdomen. II y avait, chez ce cheval des complications du c6t6 du coeur, du foieetdes reins.
La bronchite se complique encore assez frequemment de pneumonie, et ineme de pleuresie.
N'ayant pas fait d'autopsie de chevaux atteints de bron­chite sans complication de ces dernieres maladies, si ce n'est celle du cheval hydroömkiue dont il vient d'etre fait mention, nous ne parlerons pas ici des läsions de la bron­chite, et nous renverrons aux observations publi6es a la fin de ce travail pour ce cas insolite et particulierement int6ressant.
2deg; Sur le Poumon.
La pneumonie, avons-nous dit, vient parfois compliquer la bronchite preexistante ; eile peut aussi etre primitive. Dans le premier cas, eile döbute souvent par les parties supörieures de l'organe ; quand elie est primitive, eile s'annonce plutot par la matite de la partie inferieure de la poitrine, en arriere de l'öpaule ; mais eile peut aussi d6-buter par une sorte d'engouement göneral, puis, un point se prend plus spöcialement, pendant quo les autres recouvrent leur permdsabilite. La pneumonie respecte fr6-quemment le lobule anterieur, et eile est souvent simple; lorsqu'elle attaque les deux poumons, sa gravity est grande. Primitivement fix6e sur un cöt6 de la poitrine, eile peut disparaitre en particj en meme temps qu'on la voit se dövelopper de i'autre cöt6.
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Nous n'avons jamais observe le jetage rouillö du d6but, de meme que nous n'avons jamais entendu la plainte. Cependant, dans quelques cas de pneumonic provoquee, I'expiration s'est rnontree plaintive.
Le räle cr6pitant, le souffle tubaire, le räle cr6pitant de retour ne s'entendent qu'exceptionnellement d'une fasect;on nette, et quand on les pergoit, c'est par instants seulement, dans une ötendue restreinte ou meme dans une sorte de lointain ; ils sont souvent mclös de raurmure respiratoire affaibli. Les lesions n6cropsiques rendent coinpte de ces particularites, en montrant qu'il s'agit de pneumonies lobulairesqui attaquent les lobules successivement, et don-nent lieu ä des 16sions de densite differente, aussi long-temps que I'hfepatisation n'est pas complete. Parfois, une couche de plusieurs centimetres atfectee de congestion recouvre du tissu pulmonaire encore sain; d'autres fois c'est le contraire, — ou bien, dans une meme 6paisseur de tissu, on voit des lobules sains entourös de lobules mala­des ä divers degr6s, ou ceux-ci entoures de lobules sains, etc. Dans la broncho-pneumonic on entend quelques rales sibilants.
Sauf le cas d'hepatisation complete, oü la percussion revele une matite absolue, ce moyen d'investigation ne fournit pas des donn6es beaucoup plus precises que I'aus-cultation. C'est ainsi que la sonorit6 normale peut etre egalement amoindrie dans un point oü le murmure respi­ratoire s'entend distinctement, et dans un autre oü l'oreille ne le perQoit que tres affaibli. Dans le premier cas, les couches superficielles du poumon respirent encore, tandis que les couches profondes ont perdu plus ou moins completement leur permöabilite ; dans le second, c'est le contraire qui existe. Lorsque les lobules superficiels sont, les uns malades et les autres sains, une sonorite inegale dans des points voisins d6nonce assez bien cet etat chez les malades, dont les parois costales n'ont qu'une faible 6paisseur; mais 11 n'en est plus de meme chez ceux qui sont charges d'einbonpoint.
L'air expire est chaud ä la main; la respiration se mon-tre tres acceleree, et ses mouvements, d'une 6tendue res­treinte, ne prösentent pas trop d'irr6gularite. Leur nom-
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— le­hre varie suivant le volume de la partie envahie : il est en moyenne de 45 par minute. La toux ne se fait guöre entendre qua dans le cas de broncho-pneumonie.
Le pnuls, göneralement fälble, varie lui-meme de (30 ä 72 dans les cas de moyenne gravite; il peut atteinclre90 et au-delä dans les cas graves.
La temperature arrive rapidement ä son maximum, qui est de 41deg; 5 environ ; eile subit ensuite les variations que nous avons indiquöes dans la Symptomatologie gonerale. A l'approche de la mort, eile s'arrete autour de 40deg;.
Les muqueuses conjunctives sont toujours infiltröes, rouge-jaunätre, ou jaune-rougeätre; mais la teinte rouge tend bientöt ä passer a la couleur lie de vin ou vieil acajou. II est rare qu'elles soient sillonnöes par des vais-seaux sanguins visibles.
Coinme dans le cas de bronchite, l'appötit est en rapport avec l'etat de l'appareil digestif; mais l'etendue deslesions pulmonaires a aussi une influence considerable.
II y a souvent complication de cardite et de nephrite ; enfin, les synovites et les arthrites na sont pas rares et fatiguent heaucoup les malades, qui ne peuvent se coucher sous peine d'asphyxie. Ils resistent done autant qu'ils le peuvent, et lorsqu'ils se couchent, ou plutöt, se laissent tomber, c'est presque toujours pour moui'ir dans un d61ai rapproobö.
La pneumonie est sans doute susceptible de se com-pliquer de pleurite: mais il ne nous a pas ete donn6 de le constater, si ce n'est sur nos sujets d'expörience. Par contre, nous avons vu dans un cas la pleuresie faire suite ä la congestion pulmonaire,et en quelque sorte lad6river.
Les terminaisons sont la resolution, Vetat chronique ou
la mort.
La resolution est g6n6ralement lente. Chez un cheval atteint de broncho-pneumonie, nous avons couiptö seize ä dix-sept jours, pendant lesquels l'ötat est reste absolument stationnaire. Pas plus que dans le cours de la bronchite, on n'observe de jetage de quelque importance ou duröe. Pendant que la resolution s'aecomplit, les muqueuses pälissent peu ä peu et indiquent l'utilite des toniques.
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En raison de la lenteur de la resolution, le passage a i'etat chronique doit 6tre tr6s fr6quent, surtout chez les sujets d6bilit6s. Les parties atteintes d'hdpatisation chro­nique sent souvent creus6es de cavernes, dans lesquelles existent, plus ou moins libres, de petites masses detissu pulmonaire n6cros6.
La mort peut survenir en quelques jours par I'envahis-sement progressif du poumon, dont la fonction se trouve peu a peu annihilöe. Le malade peut aussi etre emport6 rapidement, lorsquesurviennent des complications articu-laires ou tendineuses, qui le mettent dans l'impossibilitöde rester debout. Enfin, la mort peut arriver ä plus longue 6ch6ance, lorsque la maladie passe a I'etat chronique: d'apres I'etat de quelques sujets que nous avons pu autop-sier, l'anömie serait alors susceptible d'atteindre les der-nieres limites.
Lesions cadavamp;riques. — Le tissu pulmonaire frapp6 de congestion ne s'affaisse pas. Cette 16sion se montre sous deux aspects differents: tantöt le tissu est parsem6 de points ou petites masses rouges, group6s autour des fines bronches, qui lui donnent sur les surfaces de section un aspect remarquable de granit; —tantöt la congestion Inte­resse des masses plus consid6rables— veritables pneumo-nies lobulaires — et la couleur des lobules atteints varie du rouge clair au rouge fonce, Leur densit6 est d'autant plus grande et leur perm6abilit6 d'autant moindre que leur couleur se rapproche davantage de cette derniöre teinte. Chez tous, la pression fait apparaltre sur une coupe un liquide spumeux et sanguinolent. La repar­tition de la congestion n'a rien de r6gulier: ä cöt6 de lobules tr6s fonces s'en voient d'autres de nuance claire ou qui sont meme completement sains, et, ainsi que nous I'avons dit plus haut, une certaine öpaisseur de tissu pul­monaire congestionnö peut exister ä la surface et recouvrir le tissu reste indemne, de m6me que le contraire peut aussi s'observer. Les cloisons inter-lobulaires sont d6jä rendues plus visibles par une infiltration de ssect;rositlt;sect;. La plevre qui recouvre les parties congestionnöes n'est g6n6-ralement pas interess6e.
r.u.TrKH ET VIOLKT,
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L'hepatisation se rencontre presque toujours en m6me temps que la congestion sur les sujets qui succombent rapidement. Elle occupe le lobe antörieur ou la partie inferieure et moyenne, ou enfin la racine du poumon. Elle est 6galement lobulaire, et se distingue de la congestion par la couleur presque noire des lobules, sur laquelle tranchent cependant de nombreux points h6morragiques, — par la densit6 plus considerable, lafriabilite plus grande et la döchirure plus nettement granuleuse de ces memes lobules, dont les alv6oles ne contiennent plus d'air. Les cloisons interlobulaires et la couche de tissu conjonctif sous-pleural sont gorgees de sörosiie jaunätre ou bru-nätre, qui leur donne parfois une epaisseur de plusieurs millimetres. La plevre de la partie hepatisöe est noiratre, luisante, epaissie, et, sans qu'il y ait manifestement pleuresie, cette membrane presente sou vent de legeres productions pseudo-membraneuses adhörentes. La mu-queuse des bronches et quelquefois celle de la trachöe se montrent noirätres ; les fines bronches sont completement oblit6r6es; celles d'un calibre un peu plus fort contiennent un mucus 6pais et noiratre. Sur une surface de section, la congestion pulmonaire et l'hepatisation rappellent beau-coup les lesions de la penpneumonie bovine.
Un malade ayant succombe le septieme jour ä une pneumonie lobulaire qui occupait la presque totalite du poumon droit, nous avons trouv6, vers la racine du poumon, une masse du volume du poing, dont la cou­leur grisätre ou gris-jaunätre tranchait sur le fond g6n6ralement rouge de l'Mpatisation. Cette masse ane-miöe, plutöt par l'obliteration de ses vaisseaux que par la compression resultant des matieres fibrineuses exsu-dees, pr6sentait encore ga et la quelques lignes ou bandes ötroites de couleur rougeätre.et devait, si I'animal eut v6cu, subir la degönerescence casöeuse et se s6parer des parties avoisinantes, en creusant au milieu du poumon une vaste caverne. Dans les parties införieure et ante-rieure du m6me poumon, on voyait, diss6min6es, d'autres petites masses lobulaires grisätres, ä contour arrondi ou sinueux, dont le diamötre moyen variait de quelques millimetres dun, deux et m6me trois centimetres.
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Ajoutons ä ces lesions aigues du parenchyme pulmonaire la tumefaction des ganglions bronchiques.qui se montrent \oIumineux, noirätres, et laissent 6coulerd'unesurface de section une abondante s6rosit6 sanguinolente.
Les lesions chroniques semblent caractdris6es plutöt par la döcoloration graduelle de la partie hepatis6e que par son organisation. Un cheval, ägö seulement de quatre ans, profondöment anemique quoique doue d'un appetit insa­tiable, ayantetevendu ä l'equarrisseur par son propri6taire fatlguÄ de le nourrir en pure perte, et finalement destinö aux exercices op6ratoires de nos sieves, pr6sentait quelques joursavantsa mort : T. 38raquo;1, P.40, R. 12. -A 1'autopsie outre une päleur remarquable de tous les tissus, nous rencontrons les lesions pulmonaires suivantes: Les lobes ant6rieurs apparaissent avec une teinte lilas clair qui contraste avec la couleur normale du reste de I'org'ane-leur tissu laisse ecouler une serosite abondante et presque mcolore; les lobules sont scares par des cloisons 6paisses gorgees de la meine serosit^ la plupart d'eutre eux se montrent granites; leur friability I6g6rement augments est cependant moindre que dans l'h6patisation ai^ue' Entre ces lobules s'envoient quelques-uns dont la permea-bihte est conserv6e.Les bronches des parties malades con-tiennent un peu de mucus epaissi; les ganglions bron-chiques sont volumineux, pales, gorges de sörosite lim-pide, avec un noyau central cas6eux. En inocuiant ces lesions, nous nous sommes assures qu'elles 6taient bien dues ä l'une des formes de la maladie regnante
Un autre sujet d'opörations, äge de huit ans, ced6 ä 1 6quamsseur dans les memes conditions quele prudent et tout aussi anemique, a pr6sent6 les lesions suivantes' Infiltration oedömateuse de la partie införieure et antörieure du poumon gauche (le seul malade), qui, dans ce point, prä­sente extöneurement une teinte de chair lav6e; les cloisons sy montrent notablement 6paissies • la masse lobulaire rendue dense et impermeable ä 1'air par la s6rosit6 qui la p6netre, se trouve creus6e de petites cavernes ä parois mollasses, pouvant loger I'extr6mit6 du doigt, dans les-quelles existent ä i'6tat de libertö des fragments de tissu pulmonaire caseeux, baignant eux-mtoies dansun liquide
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purulent infect. Sur cesl6sions ayant dejäquelque ancien-net6, 6tait venue se greffer une pleuresie aigue double, caract6risee ä droite par une legere vascularisation de la söreusejet a gauche par des fausses membranes jaunätres, molles et pulpeuses, qui adheraient aux surfaces vaseula-risees. L'6panchement etait encore iusignifiant.
3deg;. — Sur la plevre.
Les debuts de la pleuresie se sont montres des plusinsi-dieux. Jamals nous n'avonsconstate la sensibilite des parois pectorales, non plus que I'inspiration hesitante, entrecou-pee, qui permettent ordinairement de porter de suite le diagnostic. Un peu de matitö ou de sub-matit6 dans les parties inf6rieures de la poitrine, d'un seul ou des deux cötös, l'affaiblissement du murmure respiratoire dans les mernes points, oü il 6tait meme parfois remplacö par quel-ques craquements (nous n'avons Jamals entendu le frotte-ment pleuretique), l'exagöration de ce murmure dans les regions superieures, ont et6 les premierssymptömes appro-ciables, suivis generalement apres quarante-huit heures de l'apparition de la discordance dans les mouvements du flanc. Chez un sujet, la sub-matite et Tafiaiblissement du murmure respiratoire se sont aussi montr6s dans les par­ties supörieures du poumon droit, permettant de croire a un engouement de cet organe, qui a du etre revulse par la pleur6sie, car, äquelques jours de la, l'autopsien'enreveiait plus aucune trace. Chez un autre, Facceleration notable des mouvements respiratoires (trente-six par minute) a precede de plus de vingt-quatre heures l'apparition de tout autre symptöme.
La matit6 des deux cöt6s de la poitrine ne s'elevait pas touiours ä la meme hauteur. Chez un sujet, oü nousavions constat6 ce phenomene, nous avons pu voir, du jour au lendemain, I'egalite se produire par l'abaissement du niveau de Tun des cöt6s et l'ölevation de l'autre, resultat du ä la rupture du mediastin, qui, sans doute renforcö par un exsudat pseudo-membraneux, avait pu r6sister
jusque-lä.
La discordance, caract6ris6e comma l'on salt par la depression du flanc au moment oü les cötes se soulövent.
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et röciproquement, s'est montree, comme toujours, propoi*-tionnee ä l'elövation du niveau du liquide d'^panchement. La respiration devenaitextrömementlaborieuse lorsque ce niveau atteignait ou depassait le milieu de la hauteur de la poitrine. On constatait alors de la part du malade, soit pendant l'inspiration, soit pendant l'expiration, de vörita-bles efforts qui imprimaient ä tout le corps de violentes secousses.
Des que l'epanchement s'elevait ä une certaine hauteur, la percussion permettait de delimiter nettement trois zones: 1deg; une inferieure, caracterisöe par la matit6 absohie; 2deg; une supörieure, oü la resonnance etait en raison inverse de l'elat dembonpoint du malade; 3deg; enfin, une intermediaire, tant au point de vue de la situation que de la sonorite.
Dans la zone inf6rieure rögnait parfois im silence absolu; d'autres fois on y entendait le souffle tubaire. La respira­tion etait supplementaire dans la zone superieure; enfin dans la zone intermödiaire, on entendait, tantöt le murmure respiratoireextremement affaibli, et tantöt un räle crepitant humide. Ce dernier coincidait avec le souffle de la zone inferieure: la reunion de ces deux bruits nous a paru indi-quer que le poumon 6tait maintenu dans le liquide par des adhörences.
Le nombre des mouvements respiratoires, ou mieux des respirations, sensiblement inferieur ä celui de la pneu-monie, arrivait bientöt ä 30 par minute, et se maintenait approximativement ä ce chiffre.
Le pouls, toujours accelere, souvent petit, faible, inegal, atteignait rapidement le's chiffres de 66,72, 78; au-dessus, le cas devenait tres grave. Nous avons compte chez un .sujet une moyenne de 90 par minute pendant neufjours, puis de 105 pendant trois jours, apres quoi le malade a succombe.
Le thermometre indiquait toujours une temperature 61evee; il n'6tait pas rare que le malade eüt le jour mtoie oü il nous 6tait präsente — presque des le debut de la maladie — 41deg; et plus; mais la fatigue occasionnee par le döplacement doit entrer en ligne de compte, car on cons­tatait ordinairement des le lendemain, dans cette forme de
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pneumo-ent6rite comme d'ailleurs dans toutes les autres, un abaissement d'environ 1deg;. Lorsqu'une amelioration se produisait dans l'ötat du malade, la tempörature tombait ä 39' environ, pour remonter ä 40deg; et plus lorsque surve-nait une aggravation.
Si nous examinons les courbes thermique, circulatoire et respiratoire, nous constatons d6s le debut une concor­dance assez parfaite.
Comme dans la pneumonie, nous avons remarque que les narines se laissaient envahir par les poussi6res et le mucus dessöche.
Ici encore, l'app^tit s'est montrö subordonnd a l'^tat de l'appareil digestif; la soif a et6 toujours assez vive. Les urines, fonc6es en couleur au debut et rendues en petite quantity, perdaient bientöt cette coloration, coulaient en plus grande abondance et se montraient claires, non s6di-menteuses.
Nous n'avons vu que des cas de pleur6sie sans complica­tion de pneumonie; mais nous ne voulons pas pr6tendre que les deux maladies ne peuvent s'allier. Par centre, nous avons vu la pleur6sie compliqu6e de bronchite, d'endocar-dite, d'ent6rite aigue ou sur-aigue, d'h6patite, de nephrite, de cystite, de synovites articulaires ou tendineuses. Sans ces complications, la pleuresie pourrait certainement gu6rir; mais eile doit presque fatalement amener la mort, soit ä bref d61ai, soit dans un temps plus 61oign6, lors­que certaines de ces complications viennent se joindre a eile. C'est ainsi que nous avons vu un cheval atteint de pleur6sie et d'ent6rite sur-aigue succomber le quatrieme jour du traitement. II est vrai que cet animal avait dejä perdu l'appötit depuis trois jours quand on se d6cida a nous I'amener. Un autre atteint de pleur6sie et de compli­cations articulaires mourut le neuvieme jour. Un troisteme, magnifique cheval de trait chez lequel la maladie de la plevre se compliquait d'une ent6rite g6n6rale, ne put r6agir par döfaut d'alimentation et mourut apres vingt-cinq jours de maladie, apres avoir perdu dans ce laps de temps 230 kilog. de son poids primitif. Chez un quatrieme cheval, malade depuis cinq semaines, la pleuresie etait passsect;e ä l'etat chronique: un retour ä l'ötat aigu, avec
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complication de synovites articulaires, I'emporta en trois jours.
Les lesions de rinflammation de la pl6vre sont bien connues : vascularisation de la sereuse, öpanchement, exsudation pseudo-membraneuse döterminant parfois des adh6rences entre le poumon et les parois de la poitrlne, condensation du tissu pulmonaire, qui semble revenu a 1'etat foetal. Nous nous bornerons a signaler ici 1'odeur forte et 16gerement nausöeuse, ainsi que la couleur brune tres foncöe, rappelant celle du vin de Malaga, du liquide d epanchement chez plusieurs malades, et, chez Tun deux, la couleur egaleraent foncee, nolratre, des exsudats pseudo-membraneux.
*•. — Sur le Coeur.
Les localisations cardiaques sont extremement fröquen-tes. II ne nous semble pas douteux qu'elles ne puissent exister a pen pres isol6ment; cependant nous devons dire que nous ne les avons constatees d'une fagon bien 6vidente qu'avec la bronchite, la pneumonie et la pleuresie, qui etaient les affections dominantes.
La maladie de coeur est complexe : le piricarde, le myo-carde et Vendocarde sontintevessamp;s, mais dans des propor­tions variables. Un pareil etat se traduit par la faiblesse du pouls, qui pent 6tre pour ainsi dire inexplorable, par son inögalitö, et, parfois, par le manque assez r6guli6re-ment intermittent de quelques pulsations. La fatigue exa-gere ces symptömes, et tel animal qui pr6sentera de l'in-termittence apres une marche de quelques heures ou un 16ger travail, aura un pouls äpeu pros regulier, quoique faible, apres un repos süffisant.
L'auscultation permet d'entendre, presque toujours des deux cöt^s de la poitrine, un premier bruit fort, mais assourdi, co'incidant avec un choc 6nergique centre la paroi costale. Le deuxieme bruit est au contraire affaibli et se pergoit a peine. Nous n'avons Jamals entendu de v6ritables bruits anormaux pendant la periode aigue de la maladie, ce qui s'explique, au moins en partie, par rint6grit6 des orifices et la faible alteration des valvules que nous avons toujours rencontr6es äl'autopsie.
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Voioi les lesions qu'oa observe habituellement: Epan-chement de sörositö jaunätre et assez limpide dans le peri-carde, dont leteuillet söreux viscöral se montre vascularisö et souvent ecchymose chez les sujets qui succombent en quelques jours; lorsque la maladie dura plus longtemps, on peut en outre rencontrer quelques fausses membranes. Le muscle cardiaque, plus friable que de coutume, se montre marbred'ecchymoses dans son öpaisseur. Sous I'en-docarde se voient aussi des ecchymoses, des suffusions san­guines; lesvalvules auriculo-ventriculaires sont 6paissies, opaques, par suite d'une infiltration fibrino-albumineuse ou sanguine qui s'est faite entre leurs feuillets : cette lesion rend compte de l'assourdissement du premier bruit. Lors­que l'animal gu6rit de la maladie dominante, l'infiltra-tion valvulaire peut devenir le point de depart d'une retraction des festons, occasionnant une insuffisance avec souffle au premier bruit, gonflement des veines, oedeme, etc.
5deg;— Sur I'intestin.
La manifestation sous forme d'entörite aiguö a ete la plus frequente: on peut dire que tous les animaux malades un peu serieusement en presentaient les symptömes, de meme que tous ceux qui ont succombe en ont offert les ]6sions. L'ent6rite compliquait done toutes les autres for­mes de l'affection 6pizootique; mais eile se montrait aussi isol6ment. Cbez certains sujets, eile se traduisait simple-ment par l'inappötence, surtout pour I'avoine, par la sen-sibilite du ventre gen6ralement plus appreciable ä droite, par l'etat des crottins ordinairementsecs et converts d'une sorte de vernis luisant, ou m6me d'une production pseudo-membraneuse ou simplement muqueuse assez abondante. Les malades ne se montraient pas ballonnös, mais ils expulsaient assez souvent des gaz; quelques-uns avalent du tönesme. — La muqueuse buccale, et en particulier celle de la langue, ne presentaient rien de bien notable.
A ces symptömes faisaient cortege la nonchalance, ia cou-leur jaunätre ou jaune rougeätre des conjonctives, et l'eie-vation de la temperature. Parfois, cependant, le tableau de ces derniers symptömes restait incomplet; la muqueuse de l'oeil ne pr6sentait pas toujours la teinte jaunätre, ou
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bien rhyperthermie 6tait peu appr6ciable, ou, enfin, les forces du sujet n'6taient pas sensiblement döprimöes. Dans ces difförents cas, le pronostic pouvait etre considöre comnie bönin.
Au lieu de rester dans les limites qui viennent d'etre indiqu6es, l'entörite a parfois affect6 le type sur-aigu, et s'est traduite par des coliques violentes.
Qu'elle s'annongat ou non par des coliques, l'entörite — ces derniöres 6tant calmöes — pouvait coder assez rapide-ment, ou du moins eprouver une attenuation teile qu'apres quelques jours les animaux semblaientgu6ris; mais il n'en etait pas toujours ainsi, car nous avons vu cette maladie persister avec sescaracteres jusqu'ä la mort. D'autre part, l'autopsie de sujets dont l'organisme portait des traces ind6niables d'infection (v6rifi6es, du reste, par I'inocula-tion), nous a d6montr6 que l'entörite aigue dont nous nous occupons pent 6galement passer ä l'etat chronique.
Quelques vet^rinaires hösiteront peut-etre ä croire que Venterite, avec ou sans coliques, puisse 6tre ä eile seule, dans certains cas, l'öquivalent de la pneumonie infectieuse ou contagieme,Ae \q. pleuropneumonie contngieuse des auteurs que nous avons cit6s precedemment. Nous ne pouvons mieux faire, pour les convaincre, que de reproduire ici quelques observations et experiences dejä resumees dans des notes ant6rieures:
Irc Observation. — Enlerite determinee par une injection intra-veineuse deproduits virulentt. — Parmi nos experiences du 26 mal, nous relevons celle-ci: Unejument ägee d'une quinzaine d'annees, ayant bon appetit et suffisamment d'embonpoint, fut inoculee dans la jugulaire avec un melange de produits provenant du foie, du rein et du coeur d'un lapin qui avait succombe k une inoculation anterieure. La matiere virulente de cello-ci avait ete fournie par le cadavrc d'un cbeval atteint de pneurao-enterite infectieuse extremement generalisee, notamment sous forme de pleuresie et d'enterite sur-aiguo du gros intestin. — Le lendemain, nous pra-tiquions une injection nouvelle des memes produits. Chacune de ces operations futsuivie d'un trouble momentane de la respiration et d'une legere elevation de temperature, apres quoi tout rentra dans I'ordre. Quarantc-huit heures apres la denxieme inoculation, la respiration etait meme tombee sensiblement au-dessous du chifl're normal. Cepe ndant I'appetit devenait moins imperieux, puis
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diminuait d'unc fagon sensible, en meme temps que les dejections se montraient legerement coiffees, ramollies at odorantes; cinq jours apres la deusieme inoculation, le sujet d'experience eut de legeres coliques. Ce memo jour, une emulsion preparee avec la matiero catarrhale qui enveloppait les crottins frais fut inoculee par la voie veineuse a deux lapins, qui succomberent, I'un en moins de vingt-quatre heures, et l'autre un peu plus tard. Le microscope montra dans ces lesions de nombrcux streptocoques. La jument fut enfin sacriflee le 2 juin. Nous avons releve les lesions suivantes : dans Tintestin grele, quelques plaques inflam-matoires et des surfaces assez nombreuses couvortes d'un piquete hemorragique remarquable ; dans le gros intestin, se voyaient egalement des plaques inflammatoires, et, si elles etaient moins prononcees que dans I'intestiii grele, par contre elles se montraient plus etendues ; — rien de remarquable ä signaler dans le foie et la rate ; — un peu de congestion des reins ; — cceur hypertrophie, doiit le tissu montrait ?ä et lä quelques taches ecchymotiques ; — ricn sur laplevre; rien duns le poumon; rien sur lamuqueuse bronchique-
Ih Observation. — Coliques; volvulus ; moH. — Un fort cheval de trait, atteint de violentos coliques, en pleine santo apparente, entre le 14 juin dernier dans le service do Tun de nous. Soigne pour une congestion de 1'appareil digestif, il succombe en vingt heures. L'autopsie montra les lesions suivantes : congestion de toute la masse intestinale, compliquee d'etranglement par torsion d'une partie du mesontere, avec hyperemie passive et gangrene de l'intostin grele correspondant (volvulus) ; — congestion et aug­mentation de volume du foie, de la rate et des reins ; la rate pre-sente en tons sens des dimensions doubles de 1'etat normal; eile est ramollie et gorgee d'une veritable boue liquide d'un noir d'encre; —uombreux points hemorragiques dans la substance cor-ticale des reins ; vascularisation de la muqueuse vesicale ; — dans la cavite thoracique, tout parait etre ä l'etat physiologique ; ce-pendant, en explorant avec soin les poumons aflfaisses, on decouvre dans le gauche un noyau de congestion du volume d'une noisette ; enfin, les ganglions bronchiques sont tumefies et lioirätros.
L'etat de ce cadavrc attire notre attention. Deux lapins sont ino-cules, I'un avec les lesions sus-dites, et l'autre avec l'urine trouvee dans la vessie : tons deux succombent en moins de vingt heures, en donnant la preuve que le cheval etait atteint d'une enterite due a I'action commune des deux agents que nous nous sommes efforces de distinguer.
Illlaquo; Obsbbvation. — Coliques ; guerison. — Le 24 juin dernier, un cheval faisant un service de diligence nous o?t amenc, vers
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onze heures du matin, en proie k des coliques dont la violence rappelle beaucoup le debut, de celles du cheval de l'observation precedente. La terminaison en a ete heureusement plus favorable, car, vers trois heures et dcraie, le malade se relevait poor ne plus se recouoher, et dös le matin du lendemain il etait possible de le rctirer des inflrmeries. Pendant la duree des coliques, des matieres excrementitielles ayant ete expulsees, nous eümes roocasion de rernarquer quelques crottins dont la surface etait couverte d'uno couche muco-glaireuse abondante. Le souvenir du cas rapporte ci-dessus nous suggera I'idee d'inoculer cette raatiere a un lapin. Ce dernier a suooombe en vingt-six heures. Les preparations faites avec le foie, le rein et le saag ont montre de tres beaux streptoco-ques, meles de microeoques et de diplocoques.
Nous croyons devoir resumer ici un fait des plus int6-ressants, concernant plusieurs chevaux du 26e regiment de dragons, dont nous devons la connaissance a M. le veteri-naire principal Foucher. Ce savant et tres estimable collegue, que nos recherches antörieures avaientvivernent interesse, a deploye ä cette occasion un zele qu'on ne saurait trop louer. Grace a lui, nous avons eu en mains des pieces pathologiques et des echantillons d'avoine, qui nous ont permis de determiner la nature de la maladie ä laquelie avaient succombe quelques-uns de ces animaux, en m6me temps qu'il nous a et6 possible de remonter avec certitude ä la cause de cette affection.
IV' Observation. — ifwt tres rapide de plusieurs chevaux de l'armee, chcz lesqucls o't n'a rencontre que des lesions d'enterite. — Le 26 juillet dernier, ä la suite d'une manoeuvre de nuit a laquelie avaient pris part le iquot; et le 3laquo; peloton du 4laquo; escadron, dix chevaux f urent atteints presque subitement d'une grave affection a laquelie six succomberent en quelques heures. Les chevaux des deux pelo-tons, selles et brides, avaient ete attaches, pour y passer le temps disponible, sur la place de Fauvernay. Le dernier repas de la jour-nee eut lieu ä six heures du soir et consista en 4 kilog. d'avoine. Le lendemain, ä trois heures du matin, on en donna de nouveau 2 kilog., que la plupart des chevaux refuserent ou mangerent mal. Deja, ä deux heuros, Tun de ces animaux avait eprouve des coliques, qui persisterent et auxqualles il succombait quatre heures apres ; un deuxieme mourait pendant une reconnaissance ä laquelie il prenait part; onfin, huit autres chevaux participant egaloracnt a cette reconnaissance, a peine rentres au quartier, a tombaient
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malades et presentaient tous les memes symptdmes d'abattement general, d'anxiete, de marohe difficile, titubante, etc., raquo; mais toutefois sans coliques. Quatre de ces animaux succombaient aleur tour et presentaient äl'autopsie les lesions suivantes: laquo;lesang otait noir, diffluent, se coagulant mal; l'estomac etait rempli d'avoine non digeree ; le gros intestin te montrait congestionne par places; la muqueiue de l'inteslin grSle etait forlement epaissie, congestionnee, avcc so cavite contenant du sang epanche; le coeur et les poumons etaient sans lesions apparentes. raquo;
Nous avons agite dans un peu d'eau de petites parcelles de feie, do rate, de muqueuse stomacale, etc., provenant des animaux morts, et nous avons inocule dans la veine d'un lapin un quart de centimetre cube de co liquide ; ä un deuxieme, nous en inoculions de la meme maniere un demi-centimetre cube.
D'autre part, nous exprimions l'avoine non digeree, trouvee dans l'estomac des cadavres, et nous injections par la voie veineuse ä deux autres lapins un demi-centimetre cube du produit de cette expression. Ces experiences avaient lieu le 31 juillet. Tous les lapins tomberent malades, mais ne tardercnt pas k manifester du mieux, precurseur d'une guorison plus ou moins prochaine. Le 2 aoüt, on en sacrifia un dc chaquo experience : chez Tun, il y avait un peu d'epanchement dans la plevre, et, chez tous deux, le foie fut trouve congestionne, Les preparations microscopiques montrerent chez 1'un comme chez l'autre, dos microcoques et des diplocoqucs. Avee ces lesions, on inocula le meme jour trois animaux: deux cobayes et un lapin. Les cobayes no furent pas indisposes ; mais le lapin mourut la nuit suivante, en presentant de la diastasemie, avec congestion du foie. dc la rate et des reins. Les preparations microscopiques montrerent dans le foie, lo rein et le sang de tres beaux streptocoques, avec des microcoques et des diplocoques.
Le 5 aoüt, on sacrifiait les deux derniers lapins des experiences du 31 juillet. Dans les organes, surtout dans les cellules, on voyait aussi des microcoques et des diplocoques ; mais ils etaient evideni-ment en voie de destruction. Ces lesions non melangees servirent a inoculor deux autres lapins, qui tomberent malades et se retabli-rent. Utilises plus tard (23 et 24 aoüt) pour d'autres inoculations aux suites desquelles ils ne tarderent pas ä succomber, ces sujets presenterent de nombreuses couturescicatriciellos du foie, que I'on pent justement, pensons-nous, rapporter ä la raaladie determinee par les inoculations du 5 aoüt.
En resume, la maladie des chevaux de Fauvernay, qui presen­taient surlout des lesions d'enterite, a ete transmise a des lapins, et de ceux ci a d'autres, soit par les lesions necropsiques, seit par l'avoine trouvee dans l'estomac des cadavres ; et chez tous ceux
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qui ont suecombe, on a trouve des microcoques, des diplocoques et aussi des streptocoques, qui caracterisent l'une des pneumo-enterites que nous etudions.
Nous avons obtenu des resultats identiques quelques jours plus tard, avec de l'avoiue raraassec sur la place oü avaicnt campe les animaux dont il s'agit. Eu traitant de l'etiologie, nous aurons a revonir sur eette experience. Nous aurons egalement ä en faire eonnaitre d'autres, ou nous avons vu une enterite formidable de-terminee par des injections intra-tracheales, faites avec do I'eau dans laquelle avait macere du foin avarie.
Lesions de l'enterite. — La region congestionnee peut offrir toutes les nuances du rouge, depuis la plus legere coloration tranchant ä peine sur le fond blanchatre de la muqueuse, jusqu'au rouge-vif et meme au rouge-brun. Meme dans ce dernier cas, la congestion peut occuper des surfaces limit6es, separ6es par des parties saines ; quelque-fois eile affecte la forme de vöritables zöbrures transver­sales. Cependant, on la volt aussi occuper de grandes 6ten-dues sans interruption. Parfois, on rencontre 5a et lä de petites hemorragies punctiformes isolöes. Lorsque la con­gestion est excessive, les vaisseaux se rupturent et le sang se mele au contenu de l'intestin. Inutile de dire que I'epais-seur de la muqueuse et sa friabilite sont en raison directe de 1'intensite do la congestion. II y a genöralement peu d'infiltration se reuse dans le tissu conjonctif sous-muqueux. Nous avons rencontre des cas oü repithelium s'exfoliait et presentait des sortes de ruptures, comme si l'intestin avait subi une traction et, par suite, un allongement auquel r6pith61ium n'aurait pu se preter.
Dans bien des cas, les plaques de Peyer aussi bien que les autres glandes intestinales n'offrent rien de remar-quable; cependant nous avons vu parfois les premieres, ainsi que quelques follicules solitaires du gros intestin, presenter un peu de rougeur et de tumefaction.
On remarque souvent une coloration rouge uniforme de l'enveloppe peritoneale, due ä de la diastasömie ; parfois aussi, on voit dans des regions non malades le trajet dos vaisseaux se dessiner sur la muqueuse sous forme de larges trainees plus ou moins arboris6es, dont Taxe, de couleur rouge fonc6, se fond insensiblement en une
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nuance d'autant plus claire qu'on approche davantage des bords.
Quelquefois l'estomac participe ä l'etat maladif de 1'in-testin; mais cela n'est pas fröquent. Du reste, l'entörite affecte surtout le gros intestin, et, quand eile est gönerale, on la trouve presque toujours plus accentm'-e sup ce dep-niep, et en particuliep sur le coecum et le gpos colon. C'est aussi sup ces depnieps qu'on pencontre chez certains sujets des lösions d'entepite chronique, reconnaissable, comme Ton sait, ä la couleup plombee, apdoisöe des tissus.
Dans le coups da ce tpavail, nous aupons ä publier quel-ques observations, oü sepont decpites les 16sions intesti-nales trouvees ä l'autopsie de plusieups sujets. Nous nous bopnepons done poup le moment aux quelques indications pp6c6dentes.
6* — Sur le Foie et sur la Rate.
La congestion, Vengorgemenl hepatique et spl6nique existent peut-etre indöpendamment de toute affection intes-tinale aigue; d'autpe papt, nous sommes port6s ä cpoire qu'ils accompagnent ä peu pres constamment l'entöpite, avec laquelle nous les avons toujoups rencontpös dans nos autopsies.
Essentiellement vasculaipes et contenant un grand nom-bre de micpobes pathogenes, le foie et la pate se tumöflent aisöment et deviennent plus friabies. Lopsque les animaux succombent en quelques jours, on voit constamment une masse considöpable de sang noip et epais s'öchapper d'une incision de ces opganes. C'est, sans doute, a cet 6tat du foie qu'ii faut attribuer la teinte jaunätpe des muqueuses apparentes.
Tout en augmentant de volume, la rate ppend une teinte noix-atpe et se ramollit. Cet 6tat, joint ä la boue noire qui s'en 6coule quand on I'incise, lui donne la plus gpande ressemblance avec la pate chapbonneuse, et nul doute qu'avant les döcouveptes pöcentes et l'application du micpos-cope aux pechepches de bactepiologie et d'anatomie patho-logique, on n'ait ppis plus d'un cas de pneumo-ent6pite infectieuse poup du chapbon.
Papfois, la rate ppfeente ä sa supface des bosselupes de
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couleur plus foncöe, dont le tissu moins resistant peut se rupturer par I'effet d'une tension excessive. Dans ce cas, c'est la mort rapide, presque foudroyante des grandes hemorragies. Nous citons a I'appui le fait suivant:
Observation. — Rupture de la rale; Hemorragie mortelle. — Le 28 juin 1889, un cheval laisant le service de messageries nous est amene daas un etat fort alarmant. Apres avoir paroouru la veille, dans la soiree, quatre kilometres ä une vive allure, cet animal re^ut une forte averse pendant qu'il stationnait ä la gare. Le ^8, on le trouvaitdans I'ecurie en proie ä de violents frissons et, de plus, inonde d'une sueur froide; il refusait tout aliment. Amene a TEcole, il n'a cesse d'etre couvert de sueur jusqu'au moment da sa mort, arrivee le 29, a neuf heures et deraie du matiu. Sous les couvertures, la surface du corps etait chaude; partout ailleurs, eile etait glaciale. Le lacies exprimait une dou-leur intense; cependant il n'y avait pas dagitation; la respiration etait acceltiree, temblotante (plus de 40 par minute) ;le pouls etait miserable et la temperature elevee.
L'autopsie a fait voir les lesions suivantes : Vive congestion du colon flottant; congestion commen?ante de quelques parties de lintestin grele ; congestion du foio et des reins ; rate volumineuse, montrant sur une face des bosselures dont le lissu est ramolli, et sur l'auti-e une dechirure ä levres irregulieres, infiltrees, ayant dix centimetres de longueur, par laquelte s'est eijhappee une masse considerable de sang, qui submerge pour ainsi dire tous les orga-nes abdominaux. Pas de lesions dans la cavite thoracique, si ce n'est un gonflement tres appreciable des ganglions broncbiques.
Deux lapins inocules avec ces lesions succombent rapidementet presentent de nombreux streptocoques.
Certaines hemorragies hepatiques 6galement fou-droyantes n'ont peut-etre pas d'autre origine que I'infec-tion microbienne dont nous nous oceupons, car la con­gestion s'accornpagne souvent de petites hemorragies lobulaires.
Lorsque la maladie a laquelle se rattache Tengorgement du foie et de la rate se prolonge pendant quelque temps on passe ä l'ötat chronique, ces organes diminuent de volume, augmentent de consistance et presentent tou-jours quelques 16sions de scl6rose.
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7deg; — Sur les Reins et la Vessie.
De m6me que le foie et la rate, les reins sont des organes tr6s vasculaires, ou s'accumulent a I'infini les microbes pathogenes de la pneumo-ent6rite ; rien d'etonnant qu'ils se congestionnent egalement, et que leur secretion s'en trouve modifiee. Soit par l'effet de cette modification de la fonction, soit en raison du trouble apporte ä la nutrition gönerale par la maladie infectieuse, ou en raison des alte­rations eprouvees par le sang, soit enfin par ces causes reunies, l'urine du cheval est notablement modifiöe : de blanchätre et plus ou moins sedimenteuse, teile qu'on la voit habituellernent, eile devient couleurde cafe noiroude purin, mousse abondamment et cesse de former un depöt. Lorsque la nöphrite est tres aigue, le malade peut m6me expulser du sang en nature.
Le cheval atteint de nephrite se montre d'autant plus faible du train postörieur, sa demarche est d'autant plus #9632;vacillante que la maladie est plus aigue; il est insensible ä la pression de la colonne dorso-lombaire, et lorsque l'urine contient du sang en nature, il se campe souvent, mais avec difficulte, et en laissant 6chapper une plainte ; enfin, il n'expulse que peu de liquide ä la fois.
La couleur foncöe de l'urine, due, a n'en pas douter, ä la raatiere colorante du sang dissoute et alteröe, n'exisle guere que pendant laperiodede forte fievre. Lorsque celle-ci tombe, Turine s'öclaircit en m6me temps quelle coule plus abondante; quelquefois une sorte de crise urinaire annonce ou confirme 1'amelioration. Lorsque la maladie se prolonge ou passe ä l'ötat chronique, le liquide de secre­tion du rein prend la limpidit6 de l'eau,
Lösions. —A I'autopsie, les reins congestionnes se mon-trentvolumineux et de couleur fonc6e; leur capsule se deta-che aisement. Le parenchyme est gorg6 de sang noir; les glomerules ont un diametre considörable, et sont entremölös de points h6morrhagiques. Dans la nephrite chronique, I'organe offre egalement de plus grandes pro­portions qu'ä l'ötat normal;, mais il est pale ou plutöt jaunätre, soit ext6rieurement,'soit sur une surface de
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section, et les deux substances, corticale et m6dullaire, sont peu distinctesl'une de l'autre.
La muqueuse vösicale participe ä l'ötat des reins et se montre plus ou moins richement vascularis6e. Dans quel-ques cas, nous Tavons vue noire, comrae le liquide qu'elle renfermait.
8deg; — Sur les Articulations et les Gaines tendineuses.
Les arthrites et les synovites tendineuses constituent, ainsi que nous l'avons d6jä dit, de graves complications ehez les malades atteints de pleuresie ou de pneumonie, pour lesquels la station debout est une n6cessit6. Avant que des experiences et des autopsies ne nous aient rensei-gn6s sur la possibilit6 de leur developpement pour ainsi dire instantan6, nous avons vu p6rir subitement, asphyxia pendant la nuit, uu cheval atteint de pleurösie, dont i'^tat s'etait montre rassurant la veille. Depuis, d'autres ani-maux ont subi le meme sort, par suite de rimpossibilit6 oü Ton s'est trouv6 de les suspendre d'une maniere effi-cace.
Plusieurs articulations ou gaines tendineuses peuvent 6tre frappees a la fois. On doit craindre cette complication lorsqu'on voit le malade piötiner, changer apres un temps tres court le membre a I'appui. L'exploration directe pent renseigner sur l'ötat des gaines et des articulations super-ficielles; il n'en est malheureusement pas de meme pour les autres, notamment pour I'articulation coxo-f6morale.
Si l'ötat du malade le lui permet, il se couchera plus frequemment; dans le cas contraire, il persistera ä rester debout aussi longtemps qu'ii lui sera possible de r6sister ä la souffrance, älafütigue.C'est alorsque le developpement des arthrites et des synovites,surtoutsur plusieurs membres ä la fois, retentit fortement sur l'ötat general et augmente notablement lafievre : le pouls,en particulier,peut atteindre les chiffres les plus 61ev6s, 90, 100 et plus.
Cependant, une seule articulation pent etre affectee d'une fagon s6rieuse. Dans ce cas, il est possible que I'arthrite continue ses ravages, alors que la localisation visc6rale tend a disparaitre : l'animal gu6ri de sa pneumonie, de
SILTIEB laquo; notxr.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
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son ent6rite, reste done boiteux. Nous connaissons deux exemples d'arthrite coxo-femorale survenue dans ces cir-constances. On a du abaltre Tun des animaux comme incu­rable, et il est probiible qu'un meme sort est reserve au deuxieme, qui, au moment oü nous ecrivons, a la croupe deformee et presents une claudication intense.
Afin de montrer avec quelle rapidite peuvent se develop-per les affections qui nous occupent en ce moment, nous publierons I'observation suivante :
Observation. — Le 2 juin, un clieval entier age, mais bien portant et parfaitemeat libra de ses mouvements, fut inocule direc-tementdans le poumon au moyen de cultures de l'ageat pathogene qua, pour simplifier, nous designons parfois sous le nom de diplo-coque. Immediatemeat apres, cet animal sa montra triste, abattu at pardit completement I'appetit; le pouls devint intermittent at la temperature s'eleva. Deux jours apres, il eprouvait da la difficulte ä se mettre debout; le troisieme jour, on etait dans la necassite lie le laver, et le quatrieme jour, ne pouvant rester debout par impuissance ou soutfrauce des mambres posterieurs, on dut le sacrifier. L'autopsie a montre les lesions suivantes : epanchement pleural ct fausses membranes ; noyau do pneumonie au point inocule; endocardite valvulaire; zones acchymotiques dans le tissu musculaire du coeur; — plaques congestives et piquete hemorragique sur 1'intestin grele; — foia, rate at reins sains en apparence ; —violente iiiflummation dc Varliculation coxo-femorale droile et des deux articulations (emoro-tibio-roluliennes, denoteo par une synovie surabondante et tlocouneuse, par l'injection des frangas syuoviales et une infiltration sero-albumineuse des tissus peri-articulaires ; — enfin, entre les muscles de la cuissa et de la Jamba gauches, face interne, immense exsudat flbrino-albumineux jauuatre.
Les produits venant des articulations malades de ce cheval ont ate inocules a un lapin ; un autre a ralt;;u du liquide prepare avec rinteslin, Tous deux sont morts en moins de vingt-quatre heures, et leurs lesions ont presente, multiplies k l'infini, les memas microbes qua ceux da la culture injectee dans le poumon du cheval.
Nous avons rencontrö des lesions d'arthrite et de syno-vile tendineuse sur la plupart des sujets — d'experiences ou autres — qua nous avons et6 ä möme d'autopsier. Les arthrites siegent surtout sur les articulations coxo-femo-
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rales, femoro-tibiales et humöro-radio-cubitales. Les syno-vites intöressent particuliörement la grande gaine s6sa-moidienne, at s'annoncent aussi par une vascularisation anormale et une synovie surabondante, modifi6e dans son aspect.
Voici les lösions present6es par I'articulation coxo-f6morale du sujet abattu comme incurable : ligament capsu-laire prodigieusemeut distendu par une synovie purulente; söreuse partiellement transformöe en membrane pyog6-nique; döcortication et bourgeonnement des surfaces arti-culaires; agrandissement et deformation de la cavit6 cotyloide ; deformation de la tete du femur, qui estamoin-drie et präsente des facettes; dans le voisinage de la tete et de lacavit6, les os, apres maceration, sont beaucoup plus volumineux et se montrent converts d'exostoses.
go _ sur les muscles et les aponevroses.
Nous avons vu par ['experience dont I'observation publiee ci-dessus (page 34) donne le resume, que la pneumo-enterite pent s'accompagner d'exsudation fibrino-albumineuse milieu des masses musculaires. Une semblableexsudation ne pouvant manquer de s'organiser, subira le retrait du tissu cicatriciel et entralnera avec eile les organes voi-sins.
C'est ainsi que nous avons pu nous rendre compte de la complication survenue chez un malade que nous avons suivi assez longtemps, et qui pr6sentait a la fois une re­traction considerable des muscles olecraniens ne permet-tant pas la flexion de l'avant-bras, et une retraction non moins prononcöe des fl6chisseurs du metacarpe du möme membre, determinant une arqüre exagöröe. Des que ces regions musculaires etaient tirailiees par un mouvement oppos6 ä celui que leur contraction devait produire, elles presentaient la durete et la rigidite d'une masse ligneuse. La consequence de ces retractions etait une boiterie des plus intenses, qui rendait la progression ä pen pres im­possible .
Nousavons eu sous les yeux, pendant quelques semaines, un autre cheval, dont I'etat bien singulier nous avait donn6
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ä peuser que l'infection des fourrages pourrait bien, chez quelques sujets, döterminer des lösions graves de l'appareil musculaire et aponevrotique, sans complications apparen-tes du cotö des viscöres. L'autopsie de cet animal faite re-cemment (23 aoüt) a confirmö nos previsions. Au dire du proprietaire, il n'avait Jamals cess6 de manger et de tra-vailler, lorsque, tout-ä-coup, la progression se montra chez lui moins libre et devint peu a peu extremement difficile. C'est alors que le malade nous fut amen6. Nous en donnons ci-dessous l'intöressante observation.
Observation. — L'affection parait resider seulement dans les muscles de l'avant-main. Pendant la station debout, les membres anterieurs an lieu de rester a l'aplornb normal sont constamment croises : par exemple, le droit se porte en avant et en dehors du gauche, puis, apres quelques instants, ce dernier se degage et va se placer en avant et en dehors du droit, et ainsi de suite d'une fajon coutinuelle. — Si Ton fait marcher 1c sujet, on voit ces memes membres se croiser et ae mouvoir avec maladresse et diffi-culte s tous leurs mouvements sont tres bornes. De chaque cöte, les masses musculaires de l'epaule, du bras et de l'avant-bras, les muscles pectoraux, le mastoido-humeral, sont tumefies, plus durs que de coutume, et presentent une rigidite comme tetanique lors-qu'ils se trouvent un peu tirailles ; la flexion complete des articu­lations est impossible et l'abduction du membre tres bornee, non seulement par la douleur a laquelle peuvent donner lieu ces mou­vements, mais surtout par la resistance qu'opposent, les muscles contractures et certainement raeeourois. Cela se constate sartout bien pour le genou, qu'il est impossible de flechir au-delä d'une certaine limite. Malgre cet etat, l'appetit se maintient pendant quelque temps ; mais l'animal ne pouvant se couclier se fatigue enfin, et finitpar se laisser tomber sur la litiero, ou il meurt apres deux jours. L'autopsie a fait voir les lesions suivantes : Le foie est convert de petits tractus pseudo-membraneux resistants. La plevre pulmouaire se montre dans ses deux tiers posterieurs epais-sie, opaque et doubles d'une couche de tissu conjonetif resistant; au-dessous, lans sa partie moyenne, le pounaon presente des cloi-sons interlobulaires epaissies egalement et devenues fibreuses. Ces lesions doivent evidemment etre rapportees ä une plouro-pneumonie meconnue. — Les muscles pectoraux attirent l'atten-tion : leurs faisceaux sont amoindris et laissent entre eux de larges espaces oecupes par une substance jaunätre, qui parait etre un exsudat en voio d'organisalion, et qui presente deja une
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resistance considerable a la rapture. Dans la partie charnue de I'extensouranterieiirdiimetacarpo gauche, on voit, suruno longueur de plus de clix centimetres, quelques faisceaux musculaires rap-proches qui ont subi la transformation fibreuso ; — meme lesion au sein du mastoido-humeral droit ; — le. tissu conjonctif sous-jacent aux extenseurs du metacarps et des phalanges so montre, k droito comme a gaueho, densifie, resistant, et s'opposo a lui seul k la complete flexion du genou. Dans tous les muscles des m^mbres anterieurs, on constate la resistance particuliere et absolument anormale de la gaine d'enveloppe des faisceaux musculaires. Ces lesions rendent bien compte dts syraptomes observes pendant la vie : symptömes de myosite et de retraction. Ajoutons qne les fibres des muscles malades out completement perdu leur striation, et presenlent la transformation granuleuse {tumefaction trouble, da Rindfleisch); il est vrai que, dans les aulres regions, ces lesions microscopiques se voient aussi, mais ä un degre beaucQup moins prononce. — Les parties des muscles devennes fibrouses sont hachees et soumises k la presse. Avoc le liquide qu'on obtient, on inocule deux lapins : Tun on revolt un centimetre cube dans la veine ; I'autre, qui avait ete utilise dans une experience anterieure, en rogoit deux centimetres cubes dans la veine, et quatro centimetres cubes dans les narines. Tous deux deviennent malades : le premier semble vonloir se retablir ; le deuxieme prosque expirant le 25 aoüt, a deux houres et demie (quarante-huit heures apres I'moculation), est sacrifie. L'autopsie montre de nombreuses lesions deja ancionnes du l'oie, de la rate et du poumon, qui doivont etre rattaehees a I'inoculation ante­rieure. Mais le microscope montre dans le sang et le foie de beaux streptocoques, un peu plus courts dans le liquide circulatoiro, qui sont dus a I'inoculation du 23. Nos rochorches nous ont appris, en etl'et, que ces microorganismes ne consorvent que tres pou de temps la forme de chainettes dans le sang.
10deg; — Sur I'appareil keratogene.
La fourbure est une complication encore assez fröquente de la fievre typho'ide ; mais il n'est pas ä notre connaissance que la premiere se montrant primitivement et exclusivement ait jamais et6 consideree comme une manifestation de la soconde. C'est cependant ce qui semble resultor de ['obser­vation suivante:
Observation. — Un cheval atteint de foarbure aigue fut mis en traitoraent dans nos infirmeries le 11 juin dernier. Quelques jours
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auparavant, l'un de ses compagnons avait ete attcint de la meme affection, quo le veterinaire traitam avait cru devoir combattre par la saignee. Bientut apparaissuieut les symptomes d une violente pneumonie. ä laquelle le malade succombait en quatre jours. — Le 13 juin, le meme proprietaire nous envoyait un autre cheval, qui etait atteiut de Tatiection regnante sous la forme de bronchite et d'enterite legeres. La eonstatation de cette maladie nous douna ä penser que la pneu monie et la fourbure, devoloppees sur des chevaux de la meme ecurie, reconnaissaient peul-etre une meme cause. Aiin de verifier ce que cette hypothese pouvait avoir de londe, nous avons prepare aveo le crottin du cheval fourbu une emul­sion, qui a ete injectee le 14 juin dans les veines d'un lapin. Ce dernier est mort neuf jours apres. Les preparations microscopi-ques faites avec le sang, le foie, la rate et le rein de cet animal ont montre, surtout drnis le rein, de nombreux microcoques et diplocoquea.
Cette expörience demontre que le cheval fourbu etait infecte; d'autre pan, elie tend a demontrer que la maladie peut se porter de preference et meme exclusivement sur I'appareil keratogene. Ne pouvant nous appuyer que sur ce seul fait experimental, et u'ayant pas puise la matiere virulente dans l'organe malade lui-meme, nous n'insiste-rons cependant pas trop sur ce point, car nous avons acquis la preuve que les voies digestives peuvent etre infectees par la presence des microorgauismes pathogenes, alors que I'animal conserve toutes les apparences de la sante.
11deg; — Le Systeme cerebro-spinal peut-il etre interesse?
Chez les malades que nous avons eu Toccasion d'observer, le facies expressif a toujours paru denoter l'intögritö des organes encöphaliques. On pourrait etre tent6 d'attribuer la nonchalance des mouvements du train posterieur a une congestion de la moelle : nous pensons quece serait ä tort, car les animaux peuvent rester debout fort longtemps, ce qui s'accorde mal avec l'idöe d'une paraplegic, si lögere et si incomplete qu'on la suppose. Selon nous, la dömarche titubante s'explique tres bien par l'ötat maladif des reins.
Cependant, nous ne pr6tendons pas que les centres ner-veux ne puissent etre intöressös dans certains cas'ä mar-
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ehe rapide et en quelque sorte foudroyante, tels que ceux qai ont 6te observös sur quelques chevauxdu 26e di-agons. Des experiences faites sur deux chevaux avec certain fourrage —#9632; experiences que nous ferons connaitre ulterieurement — et suivies de la.mort de cesanimaux, dont Tun a suecombö en dix heures et demie, et l'autre dans un temps moindre, nous ont precis6ment convaineus du contraire. En dehors des lesions des autres organes, nous avons en effet rencontre une tres vive injection de la pie-mere eneephalique, avec points hömorragiques; de plus, les nombreux vaisseaux qui parcourent la substance nerveuse ötaient gorgös de sang, et fonnaient sur une coupe autant de points noirätres, grossidsant rapidement et se transfonnant bientöt chaeun en une gouttelette de sang; dans les ventricules, petite quantite de serosit6 rougöätre. II ne semble pas douteux que de telles lesions n'aient contribue dans une large mesure ä amener la terminaison rapide et fatale que nous avons indiquöe.
IV. — Virulence du sang et des diverses lesions orga-niques. — Virulence du jetage nasal, de l'urine et des dejections intestinales. — Les pneumo-enterites infectieuses des fourrages sont transmissibles au
CHEVAL ET AU MOUTON. — La CHEVRE CONTRACTE NATU-RELLEMENT PLUSIEURS PNEUMO-ENTERITES INFECTIEUSES. — LES MALADIES DU CHEVAL SONT EGALEMENT TRANSMIS­SIBLES AU LAPIN, AU COBAYE ET AU CHIEN. — Le CHAT NOUS A PRESENTE UN CAS DE PNEUMO-ENTERITE NATURELLE .
Bien que la virulence de certaines 16sions ressorte des observations que nous avons ete amends ä publier, en d6-crivant les localisations des pneumo-enterites infectieuses des fourrages,nous allons revenir sur ce point et d6montrer que, dans ces maladies, le sang, les diverses lesions orga-niques.le liquide d'epancheinent et l'exsudat fibrineux des plövres, le jetage nasal quand il s'en produit, l'urine, les dejections intestinales, toutes ces matiöres et sans doute d'autres encore sont virulentes et doivent cette propriety, chez un sujet determine, soit ä un meme microorganisme,
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soit ä une meme association de plusieurs de ces infiniment petits. Des experiences variees faiies par centaines (1), nous ontdonn6 ä cet egard une certitude absolue, que nous devous nous efforcer de faire passer dans l'esprit de nos lecteurs.
La demonstration que nous nous proposons de faire aura l'avantage de venir ä l'appui d'une de nos prec6dentes assertions : Les pneumo-enlerites des fourrages sont des maladies generales, susceptibles de ramp;oßtir les formes les plus variees.
Ilaquo; — Virulence du sang.
C'est ä l'aide de ce liquide, puise, avec toutes les precau­tions de la plus rigoureuse asepsie, dans le coeur de lapins auxquels nous avions transmis la pneumo-enterite ä strep-tocoques ou ä diplocoques, que nous avons ensemencö toutes nos cultures, qui ont admirablement prospere, et au moyen desquelles nous avous pu inoeuler plus tard avec succes des chevaux, des lapins et autres animaux. La viru­lence du sang ne sauraitdonc etre raise en doute; toutefois, nous avons aussi inoculö directement ce liquide; avant de I'utiliser pour l'ensemencement de nos cultures, nous avions dii nous assurer de son activite. Nous resumons ici nos deux premieres experiences relatives au streptocoque.
Irc Experience. — Un lapin inocule le 23 mai, avec rintestin d'un cheval qui veaait do suceomber, meurt lui-meme le londe-uiain, en presentant dans le sang, 1c foie, etc., des amas consi­derables de streptocoques. Avec le sang pulse dans le coeur de cc lapin, on en inocule un autre le jour memo, ä six heures du soir, par voie hypodermique. Ce dernier meurt le 26, ä onzc heures et demie du matin, en presentant de multiples lesions, dans ies-quelies se' voient des streptocoques en grand nombre.
II8 Experience.— Avec le sang d'un lapin, qui, le 25 mai, avait succombe k une injection intra-veineuse do liquide d'epanchemont pleural, pratiquee I'avant-veille, on inocule le jour memo, ä huit heures du matin, un autre lapin sous la peau de la cuisse droite. Cet animal succombe le 26, ä sis heures du soir.L'examenmicros-
(1) Nos experiences ont portJ sur 207 lapins, 2(5 chevaux, 20 cobayes, 6 chiens et 2 moutons.
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copique du sang, du foie et du rein raontrent d'innombrables streptocoques. Dans le foie, ces derniers presentent tous une certaine longueur ; dans le rein et dans le sang, ils sent en partio dissociesen microcoi|ues et diplocoques.
Les organes de ce lapin nous ont servi p, inoculei-, avec succes, deux chevaux et un lapin ivoir plus loin les experiences de trans­mission au cheval).
2* — Virulence des lesions presentees par le poumon, la plevre, I'intestin, le foie, la rate, le rein, les capsules surrenales, les ganglions lymphatiques, les articulations et I'appareil musculaire.
Nos experiences relatives ä la contagiosite des lesions pulmonaires dues aux pneumo-ent6rites döveloppees natu-rellement, ont 6t6 peu nombreuses; nous les avons au contraire multipli6es quand il sest agi des maladies pro-duites artificiellement, soit par I'inocnlation, soit au moyen des avoinesetdesfourragesavaries.Nousaurons a revenir sur ce sujet lorsque nous traiterons de l'etiologie des pneumo-ent6rites, ainsi que de leur transmissibilitö ; pour I'instant, nous nous bornerons ä faire connaitre une expe­rience dans laquelle les produits virulents ont 6te em-prunt6s au cadavre d'un animal presentant des 16sions de pneumonie chronique.
Experience du 3 juin. — II s'agit d'un cheval de quatre ans, dent il a ete dejä fait mention ä la page 19. Des fragments de poumon hepatise et de ganglions bronchiques ayant ele agites avec un peu d'eau, un centimetre cube de ce liquide, prealablement filtre a travers une toile fine, fut injecte k six heures du soir dans la veine d'un lapin. Celui-ci mourut le lendemain, a une heure et demie de l'apres-midi, en presentant de magmfiques lesions inte­ressant I'intestin, 1'epiploon, le foie, la rate, le rein, le poumon et le cceur. Des preparations microscopiques faites avec le sang, le foie, la rate et le rein moutrerent d'innombrables microcoques isoles on en diplocoques. Des cultures furent ensemencees avec le sang et prospererent rapidement,
Le liquide d'epanchement de la pleurbsie a ete inocuL6 avec succes, mais seulement pendant les premiers juurs de la maladie ; plus tard, les microorganismes pathogenes ont disparu ou se inontrent profond6ment alt6r6s.
Experience du 23 mal — Cejour, nn lapin re^ut en injection intra-veineuse un centimetre cube du liquide extrait de la poitrine
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d'un cheval atteint de pleuresie. Moins do deux jours apres, co lapiu mourait et presentait aussi de tres iiombreusos lesions : 1c sang, le foie, la rate, le rein raontraient d'innombrables strepto-coques. semblables ä cenx qu'avait contenus lo liquide d'epanche-menf. Dans le sang, ces microorganismes formaient des amas considerables.
Nous avons fait de tres nombreuses experiences clans le but de nous ^clairef sur i'origine et la nature des lesions inlestinales. C'est grace auxresultats obtenus, que nous avons acquis la certitude de Tunitede nature de ces lesions et des lesions thoraciques, aussi bien dans les maladies naturelles que dans les maladies exp6rimentales. Nous ne relaterons, parmi un grand nombre, que deux des expe­riences ayant pour point de d6part les lesions provenantdes maladies d6velopp6es naturellement.
Ilaquo; Experience. — Le cheval qui avait fourni le liquide d'epan-chement utilise dans l'expörience precedonto, ctant mort lo.memo jour, 23 mai, et ayant presente de nombreuses lesions en dehors do lapleurdsin, notamment celles d'unc violente enfrrite, nous primes quelques parcelles de la muqueuse intestinalo prealablement bion lavoe, que nous agitämes ensuite avec un pen d'eau, dont nous nous servimes pour inoculer un lapinpar injection intra-veineusc. Get animal mourut en moins de vingt-quatre heures, en presentant des lesions idenliqucs k celles de son congenero inocule le meme jour avec le liquide d'epanchernent. Le microscope montra egalo-ment dans le sang, le foie, la rate et le rein, les raemes microor­ganismes en chainettes ou strcptocoques.
II n'est pas inutile d'insister sur l'identitö absolue des rösultats donnes par les deux dernieres experiences qui viennent d'etre rapporttes, identite confirmee depuis, ainsi qu'on l'a dejä vu^par l'inoculation du sang des sujets de ces experiences. Cecid6montre, d'une fagon irrefutable, que la plevre et l'intestin du cheval qui avait fourni les matieres virulentes originaires, ötaient le siege de locali­sations d'une meme maladie g6n6rale.
IIC Experibnck. — Le 2 juin, ä dix heures et domie, deux lapins furonl inocules par le memo precede que ci-dessus, avec l'intestin d'uu chuval qui, ayant succombe surtout a, une pneumonie double, presentait en outre une congestion iutcstinale intense, notamment du colon et du coecum. Les deux lapins moururent dans la nuit qui
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suivit 1'inoculation. On transmit leur maladie k deux autres, qui succon.berent beaucoup plus rapideraeut: Tun en quatre heuros et l'autre en sept heures. Chez tous, on rencontra des lesions iden-tiques, et le microscope fit voir dans le sang et dans les orgaoes parenchymateux, de nombreux microbes sous forme de micro-coques et de diplocoques ; il y avait aussi quelqucs courtes chainettes.
Illraquo; Experikkcb. — Avec l'intestin du choval dont Tübscrval ion eat rapportee a la pago 34, — lequel avait ete inocule duectcniont dans le poumon avec un melange do cultures du diplocoque, — nous fimes le 5 juin, par le proedde habituel, une injection intra-veineuse k an lapin, qui raourul la nuil suivaate ot presenta comme toujours de nombreuses lesions. Los preparations microscopiques ont montre, dans le foie, le rein et le sang, d'innombrables micro-coques, de nombreux diplocoques et de rares et courts strtpto-coques, n'ayant qua trois, quatre ou cinq art.clos au plus.
Qu'on nous permette de faire remarquer combien, dans leur ensemble, cette derniöre expörience et cells quil'avait pr6par6e sont instructives. Voilä un cheval inocul6 par piqüre pulmonaire, chez lequel le microbe pathogene accuse sa pr6sence par des 16sions d6veloppees un peu par-tout (V. l'observation). L'intestin, malade lui-meme, est virulent; rinoculation pratiquöe avec sa substance tue rapidement, ei Ton retrouve dans le cadavre du lapin d'experience les m6mes microbes, multipliös ä i'infini, qui avaient 6t6 injectes primitivement dans le poumon du cheval.
En prösence de cette constatation, il est impossible de ne pas admettre que l'entörite de ce dernier — comme d'ailleurs toutes les autres lösions qu'il a presentöes — est absolument de meine nature que la pleuro-pneumonie, r6sultat direct de l'inoculation. Et il en est necessairement de möme chez les sujets qui ont contracte la maladie par infection naturelle.
On nous objectera peut-6tre que le cheval avait regu le diplocoque, et qu'on a trouvö chez le lapin quelques rares et courts streptocoqucs. Cette objection est sans valeur. En etudiant les microbes pathogenesdesfourrages, nous nous expliquerons sur ce point, de fagon ä faire disparaltre toute incertitude. Disons seulement, pour I'instant, que les
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agents que nous avons en vue appartiennent tous deux ä la famille des streptocoques, des chainettes, des chapelets et que tous deux sont susceptibles de se montrer sous cette forme, comme ils peuvent egalement avoir leurs articles s6par6s, ou r6unis deux ä deux en 8 de chiffres; mais ils sont de diametre tres different, el tandis que Tun se montre habituellement sous la forme de chapelets, accompagnes ou non d'articles s6par6s ou groupes deux ä deux, I'autre apparait plutöt sous la forme de 8 de chiffres, de diplo-coques avec ou sans articles s6par6s ; c'est pourquoi nous qualiflons ce dernier de preference du nom de diplocoqtie, alors que nous avons reservö celui de streplocoque ä son congönöre. Ajoutons, dureste, que d'autres differences plus essentielles les s6parent.
Dans nos experiences de transmission, le foie, la rate, le rein, les capsules surrenales et les ganglions lymphntiques ont 6t6 surlout utilises ä l'etat de m61ange ; mais la grande richesse de chacun de ces organes en microbes pathogenes ne laisse aucun doute sur leur virulencea l'ötat isol6. Dans tous les eas, le m61ange s'est constamment montre d'une grande aetivitö, ainsi que nous le dömontrons un pen plus loin, en parlant de la transmission aux animaux de plu-sieurs especes.
Pour la virulence des lesions arliculaives et musculaires, nous renvoyons aux observations des pages 34 et 36.
3deg; — Virulence du Jetage nasal, de l'urine et des dejections intestinales.
Nous avons d6ja dit que le jetage nasal s'6tait montre tres rare et seulement en faible quantite. Cependant, il nous a et6 possible d'en recueillir suffisamment sur un cheval pour pratiquer I'inoculation suivante :
Experience dd 20 juin. — Un cheval malade, dont le crottin s'etait precedomment montre infectant, rend, ß 26 juin, un peu de jetage epais et blanchatre, qu'on agito avec nne tres petite quantite d'eau. Le liquide, flltre ä travers une toile fine,esL injecte ä deux heures et dcmie, dans la veins d'un lapin. Celui-ci nieurt le 28 juin, vers cinq heuros du matin et presente de multiples lesions, parmi lesquelles il en est qui denotent, chez les animaux de cette espece, la presence dn streptocoque (tumefaction et teinte noire de
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la rate, diastasemie), et d'autres, celles dudiplocoque (congestion pulmonaire, eiiancheraent dans la plevre). L'examen microscopiqne montre dans le foie d'assez nombreux streptocoques bien caracte-rises, et d'innombrables microcoques et diplocoques de faible diametre, libres ouinclns dans les cellules.
Nous avons inocule deux fois I'urine, dont une avec re-sultat positif. 11 y a lieu de croire que les premiers jours de la maladie 6tant passös, ce liquide ne tarde pas a perdre son activit6.
Experience du 15 juin. — On puise dans la vessie du cadavre du cheval de la 2me observation, page 26, en prenant toutes les precautions aseptiques, un peu d'urine, qu'on injecte ensuite k l'etat do purete et ä la dose de un detni-centimetre cube dans la veine d'un lapin. Get animal succombe en moins de vingt heures. Les preparations faitea avec le foie, la rate, le rein et le sang, montrent des streptocoques, des microcoques et des diplocoques en quantites variables : les premiers, plus nombreux dans le foie et surtout dans la rate ; les autres dominant au contraire dans le rein.
Les dSJectiom intestinales se sont montröes virulentes chez la plupart des malades, soit qu'ils eussent contractö la pneurao-entörite naturellement, soit qu'elle leur eüt 6t6 communiqu6e d'une fagon quelconque, II y a plus : ellesse sont 6galement montröes virulentes chez des animaux qui ne semblaient nullement atteints par Taffection r6gnante. L'origine fourragere de I'öpizootie permet de coinprendre cette particularity.
Afin d'6viter les accidents de septicömie, toutes les ino­culations de matieres excrementitielles ont et6 faites par injection intra-veineuse. Pour y proeöder, nous enlevons la partie superficielle d'un ou deux crottins frais, et nous la delaypns dans un peu d'eau ; le tout est ensuite jet6 sur un filtre de toile. Le liquide tres trouble qui passe, est aspire a I'aide d'une seringue Pravaz, puis injecte dans la veine auriculaire, ä la dose moyenne d'un centimötre cube pour un lapin adulte.
Nous avons exp6riment6 de cette fagon sur les matiöres alvines de 29 chevaux, parmi lesquels 15 pr6sentaient les symptömes de la maladie r6gnante, sous differentes formes,
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et 14 en ötaient ou paraissaient en etre completement exempts.
Sur les 15 chevaux de la premiere sörie, un seul avait 6t6 inocul6 par la voie veineuse ; les autres avaient con-tracte eux-mömes la maladie.
Si l'on en excepte deux qui ont rösistö, tous les lapins inoculös avec les matieres de ces animaux sont mortsdans les dölais suivants :
7, dans les vingt-quatre heures ;
2,nbsp; du troisieme au quatrieme jour ;
3,nbsp; du septieme au neuvieme jour; 1, le dix-neuvieme jour.
En general, l'inoculation a produit des effets d'autant plus rapides, que la maladie 6tait de date plus r6eente. Le lapin qui est mort le dix-neuvieme jour, avait 6t6 inoculö avec le crottin d'un cheval atteint de pleuresie depuis dix-huit jours ; quant ä ceux qui ont survöcu, Tun avait regu la matiöre provenant d'un cheval malade depuis cinq semaines, et l'autre, sans doute plus resistant, avait 6te inocuI6 avec la matiere provenant d'un cheval qui 6tait soigne pour une broncho-pneumonie depuis une douzaine de jours.
Tous les lapins qui ont succombe, ont prösente, les uns les lesions du streptocoque, et les autres celles du diplo-coque, telles que nous les ferons connaitre ulterieurement; les preparations microscopiques ont monträ les microorga-nismes que ces 16sions faisaient prevoir
Les expöriences avec les dejections fournies par des animaux ne paraissant pas atteints par l'epizootie, ont port6, avons-nous dit, sur 14 chevaux de provenances diverses, parmi lesquels nous comptons :
1deg; Un jeune cheval de trois ans, atteint de bronchite simple : rösultat n6gatif ;
2deg; Un poulain de deux ans, sans aucun syrnjÄöme de maladie : rösultat nögatif;
3deg;, 4deg;, 5deg;, 6deg;, 7deg;, 8deg;: Six chevaux ou juments reconnus non malades, soit d'apres leur 6tat g6n6ral, soit d'apres l'ötat de leurs organes constatö par l'autopsie : rösultat nägatif;
9raquo;, 10deg;, 11deg;, 12raquo;, 13deg;, 14deg;: Six chevaux ou juments re-
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connus egalement non malades, soit d'apres les signes fournis par la circulation et la temperature, soit d'apres l'ötat de leurs organes, constate aussi par Tautopsie. Ici les r6sultats ont ete positifs; les lapins inocules ont succombe dans les vingt-quatre heures, en presentant, les uns les lesions du streptocoque, et les autres celles du diplocoque, au sein desquelles le microscope a montre ces agents pathogenes.
En resume, les dejections intestinales se sont montrees virulentes chez 13 chevaux malades sur 15 ; — et sur 14 chevaux non atteints par I'epizootie, il n'y en a eu que 8 dont ces memes matieres aient 6t6 inoffensives.
4deg; — Transmission des pneumo-enterites au cheval.
Quelque forme qu'elles affectent, les pneumo-enterites des fourrages sont transmissibles au cheval. Nous avons fait ä ce sujet des expei'iences nombreuses, et suffi-samment variees pour qu'il y ait interet ä les faire counaitre.
Peut-etre quelques lecteurs, apres avoir pris connais-sance de ce compte-rendu, nous feroat-ils le reproche de n'avoir inocule directement qu'une seule fois du cheval au cheval. Ce reproche, s'il etait formula, n'aurait vraiment rien de sörieux, attendu que le lapin, qui nous a fröquem-ment servi d'intermediaire, ne pouvait en definitive rien transmettre qui ne lui eüt ete pröaiablement cominuniquö ä lui-meme. Du reste, la inaladie experimentale du cheval a 6t6 constamment röinoculee au lapin, et a determinö chez lui les memes lösions, avec multiplication des memes mi­crobes, que dans les cas oü I'inoculation avait 6te faite avec les lösions du cheval devenu malade naturellement. Ajou-tons qu'il nous etait rarement possible d'avoir a point nomm6, pour profiter de la mort d'un malade, des sujets d'experience de l'espece cheval; or, les lapins, dont I'orga-nisme constitue dans le cas pr6sent un excellent milieu de culture, nous etaient on ne pent plus utiles pour I'entretien et la conservation du virus.
Dans I'exposition que nous allons faire, nous nous contenterons d'observer I'ordre chrouologique.
1'
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braquo; Experienceraquo; — Inoculation du streptoeoque, faile le 26 mat, par injection intra-veincuse. — (Voirla obsecvation de la page 25.)
II0 ExpeiuencE. — Inoculation du streptoeoque, faite le 20 mai, par injection intra-pleurale etintra pulmonaire. — Une jument noire, ägee de seize ä dix-sept ans, bien portante {T. 38deg;4, mais la bete vient de fournir un certain trajet), regoit parpiqüre directe, dans le poumon et la plevre du cote droit, le meme melange virulent que la bete de robservation precedente.
Indiquons une fois pour toutes le precede usite pour obtenir ce melange, que nous avons frequemmentutilise dans nos experiences de transmission.
Un lapin, dont il a ete precederament question (v. 2deg; Exp., p. 40), ayant succombe le 23 mai, ä une inoculation de la veille, le foie, les reins et le coeur plein de sang de cet animal furont divises enpetits fragments, puis additionnes d'ean. Le tout, apres avoir ete convenablement melange fut jete surun flltre de toile fine : e'est le liquide ainsi obtenu qui a ete injecte sans autre preparation, ä onze heures du matin, dans la poitrine de la jument.
A deux heures : tristesse, somnolence, peau froide, air expire egalementfroid ; respiration ä22,courte mais reguliere; cependant la jument mange encore. — A trois heures et demie, eile cesse de manger, se montre inquiete, agitee, gratte le sol et se couche. La temperature s'eleve a 38deg;fraquo;, la respiration est bruyante et ses mon-vements sont etendus ; Fair expire est plus chaud que normale-ment; un jetage sero-muqueux tombe gontte agoutte des narines sur le sol. L'agitation dure toute la soiree. A sept heures, nous comptons 72 pulsations, et le thermometre monte ä 40raquo;i.
27, six heures du matin. T. 3906, P. 60, R. 23. La bete est plus calme ; l'appetit est revenu. Livree aux eleves du cours de Chi­rurgie, lajument est sacriflee ä dix heures ; Tautopsie en est faite k quatre heures et demie.
Lesions. — Tres belle pleuresie a droite, caracterisee : 1raquo; par des fausses membranes jaunatres, molles, friables, 2raquo; par la vas-cularisation de la plevre costale et pulmonaire, celle-ci presente en outre de nombreuses ecchymoses noirätres disseminees, 3raquo; par de nombreuses adherences de la moitie inferieure du poumon, 4deg; par un epanchement do trois ä quatre litres d'un liquide jaunätre, epais et trouble ; poumon engoue d'un sang noir et epais , muqueuse tracheale notablement vascularisee; intestin grele congestionne par places ; foie et rate sains en apparence ; reins congestionnes. — Dans les cellules du foie et du rein, le microscope a montre des streptocoques en voie de desagregation.
Ajoutons que deux lapins ont ete inocules avec ces differentes
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lesions : lo premier avec rintestin seal, et le deuxieme avec 1'intes-tin, le foio et le reia melanges. Tous deux sent morts, ce der­nier en quinze teures, et 1'autre en vingt, et chez tous deux, les lesions identiques ont laisse voir de nombreux streptocoques.
IIle Experience. — Inoculation du diplocoque, faile leiquot;juin, par injection intra-pulmonaire et intra-veineuse. — Le sujet de cette experience etait un cheval morveux dejä age, mais, d'autre part, bien portant et tres resistant. A huit heures du matin, il regut en injection, dans le poumon et la plevre du cöte droit, un melange de deux cultures faites dans le bouillon, Tune a l'air et 1'autre dans le vide, avec le sang d'un cheval mort de l'epizootie le 21 mai. Immediatement apres, on lui injecta dans la jugulaire un autre melange prepare avec le foie et le coeur d'un lapin qui avait succombe la veille, en huit heures, a une inoculation pratiquee avec celle des cultures precedentes qui s'etait developpee ä l'air. La temperature du sujet etait alors de 37'3.
A onze heures, 1'animal se montre anxieux, agile ; la respiration est precipitee : 44 par minute ; le pouls, presque inexplorable, est irregulier, intermittent: on compte 72 pulsations; lethermometre accuse dejä 3806. La peau est froide, surtout au chanfrein et aux extremites ; l'air expire est froid ; des coliques se declarent, I'ani-mal se couche.
A quatre heures, la respiration est ä 48 et se montre dejä un peu disoordante; le pouls n'est pas modifie, mais le thermometre monte ä 41deg; 5 (4deg; 2 d'elevation en 8 heures ! ) : la couleur de la conjonctive rappelle celle de 1'acajou vieux ; la peau est tonjours froide et les coliques persistent; de temps en temps l'animal se met debout, puis se recouche presque aussitöt.
A huit heures du soir, meme etat; l'animal est couche en decu-bitus lateral.
2nbsp; juin, sept heures du matin. — Le rnalade est un peu moins agite ; la chaleur est revenue ä la peau ; la respiration est descen-due ä 36 ; le pouls, toujours faible, inegal et intermittent, reste ä 72. On ne peut prendre la temperature, car I'anus reste beant.
Six heures du soir. — Toute agitation a disparu; mais l'animal demeure triste et profondement abattu. Le pouls, descendu ä 60, conserve ses caracteres ; la respiration est ä 30.
3nbsp;juin, six heures du matin. — Meme etat du pouls ; respiration ä 26. Depuis le moment de l'inoculation, l'animal a refuse tout aliment; mais il a bu quelque peu. On le sacrifie ä huit heures, exactement deux jours apres le debut de 1'experienoe.
Lesions. — Epanchement, dans la plevre, de sixä sept litres de li'iuidlt;3 trouble et jaunätre; fausses membranes molles, de meme
lULTIKI ET TIOLET.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4
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couleur; pneumonie localisee au point d'inoculation ; ondocardite valvulaire ; enterite, legere ct disseminee sup 1'intestin grele, plus intense et occupant de grandes surfaces sur le colon ; congestion du foie, dont las lobules se montreat volumineux et tres distincts ; congestion vive des reins, avec piquete hemorragique ; congestion du peritoine d'enveloppe de 1'intestin. — Dans le liquide d'epanche-ment et l'exsudat de la plevre, dans Is foie, la rate et le rein, le microscope a permis de voir de nombreux microcoques et diplo-coques.
L'intestin du sujet d'expericnco a servi a inoculer un lapin ; un autre a regu un melange d'intestin, I'oie et rein : tous deux sent morta pendant la nuit suivante, at ont prcsente les lesions et les microbes caracteristiqucs.
IVe Experience. — Inoculation du diplocoque, faite le -2 juin, par injection intra-veineuse. — Ici, I'inoculation a ete faite directement du cheval au cheval, avec un melange de parcelles de poumon, in-testin, foie et rein, provanant du cheval dont nous avons dejä signale l'intestin, comma ayant fourni la matiere des experiences faites egalement le -' juin sur deux lapins (Voir Ile experience, p. 42). L'injection a eu lieu a dix heures et demie du matin. Le sujet, cheval hongre, bai clair, tres vieux, destine anx cxarcices o .eratoiros das eleves, n'a pu malhoureusemant etre conserve que vingt-quatre heures. Au moment da I'injectiou, sa temperature etait de 37deg; 4. La journee s'est paasee sans incidents bion remar-quables ; ä cinq bauras du soir, 1'animal mangeait avec appetit ; cependant la temperature s'etait elevee de 1raquo; 4 : T. 38raquo; 8, P. 51, R. 16.
3 juin, six heures du matin. — On constate: T. 38raquo; 2, P. 44, R. 13. Sacrifie ä dix heures, I'animal a presente les quelques lesions suivantes :
Lesions.— Serosite jauuätre et limpide dans le perlcarde ; exsu-dats dejä, anciens k la surface du coeur; quelquas plaques inflam-matoires de faible etendue sur la muqueuse de l'intestin grele ; ganglions mesenteriques tumefies at rouges; reins congastionnes, avec glomerules apparents; foie, plevre et poumon sans lesions appreci ablas.
Un lapin fut inocule ä laide d'un melange de parcelles d'intestin, foie, ganglions lymphatiques et reins, at mourut en vingt heures, avec des lesions tenant i la fois de celles du streptocoque et de celles du diplocoque. Du reste, l'un at I'autre se voyaient dans les preparations, ce qui donnerait ä penser que le cheval etait dejä infecte par le premier. Le peu de reaction qui a suivi I'inoculation tendrait äconftrmer cette mauiere de voir.
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V8 Experience. — Inoculation du diplecoque, faite le 15 juin, par injection trachcale d'un melange dc /oie, reins et cceur d'un lapin. — Cette injection futfaite k huit heures du soir ä uu cheval bai, age, dont la temperature etait ä ce moment de 3705. On ne I'observa pas pendant la nuit.
16,nbsp; sept heures du matin. — L'animal est abattu ; inappetence complete; nombreux borborygmes; T. 3908 (2deg;3 de plus que la veille), P. 68, R. 42.
Sept heures du soir. — Le sujet mange un peu; T. 40o3, P. 78, R. 36.
17,nbsp; sept heures du matin — L'expulsion des orottins provoque des plaintes; I'anns rests beant; on ne pent prendre la tempe­rature ; P. 72, R. 34.
L'animal est sacrifie k dix heures.
Lesions. — Pneumonie k droite ; la region hepatiseo egale au moins le volume d'une tete d'enfant, et presente de nombreux points hemorragiquas sur les surfaces de section ; le tissu pul-monaire est dense et friable ; la plevre correspondante est enflam-mee ; il on est de meme des petites bronches; 1'intestin grele presente dejä de largos surfaces oongestionnces : gä et Ik, au mijieu d'un Hot d'un rouge plus vif, legere erosion epitheliale; congestion du colon flottant, du foie et des reins.
Un lapin inocule seance tenante avec l'intestin de ce cheval, succombe apres vingt heures, et presente les microorganismes caracteristiques.
VIe Experience. — Inoculation du streptocoque, faite egalement le to juin, par injection tracheale d'un melange de foie, reins el cceur d'un.lapin. — 11 se pounait que le cheval utilise pour cette expe­rience, age seuloment de huit ans et profondement anemique, ait ete convalescent de Tepizootie, car, a son arrivee, sa temperature etait de39o3. La faible reaction determinee par l'inoculation, at le peu de lesions trouvees k I'autopsie ont paru confirmer cette appreciation. L'injection fut faite k huit heures et demie du soir; le sujet ne fut pas observe pendant la nuit.
16,nbsp; sept heures du matin. — L'animal mange avec beauconp d'appetit, et parait ne se ressentir de rien. La temperature est descendue ä 38raquo;, le pouls est k 54 et la respiration a 12.
j'ept heures du soir. — Etat k peu pres identique; T. 38raquo;, P. 62, R. 16,
17,nbsp;sept heures du matin, — T. 38o8, P. 48, R. 12. Le sujet est sacrifie a dix heures.
Lesions. — Congestion de quelques lobules pulmoaaires super-
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.ficiels; quelques petites plaques de congestion disserainees sur I'intestin grele; tous les tissue sout d'une päleur remarquable.
Un lapin est inocule avec quelques parcelles d'intestin malade. II succombe en seize heures, en donnant la preuve que les plaques de congestion intesiinale doivent etre rattachees k I'injection tracheale.
VIIraquo; Experience, — lnoculatiun du diplocoque, faite le 28 juin, puringcstiou. — Una jument ägee, ayant une temperature rectale de 3709, et paraissant en bonne sante,bien que son crottin ait ete roconnu infecte par !e streplocoquc, prend d'olle-meme ä six heures du soir, dans un barbotage, la moitie d'un melange virulent filtre sur toile, prepare avec le poumon, le coeur, le foie, la rate et les reins d'un lapin tue par 1'inoculation d'une culture de diplo­coque.
Du moment de l'ingestion au 2 juillet inclusivement, la bete ne semble pas malade et mange avec appetit. Pendant ee temps, la temperature varie de 3709 ä 3808, et le pouls se maintient autour de 48.
3 juillet. — Le matin, la jument se montre triste et mange moinsbien ; T. 3draquo;5, P. 58.
4.nbsp; — Le matin, meme etat que la veillo ; lo soir, on constate que la temperature est restee stationnaire; maison compte 80 pul­sations ; la respiration est ä 14.
5. __ Le matin, T. 38o3, P. 84. On fait avec le crottin une ino­culation, dans le but de savoir si la virulence a ete modifiee. — Le soir, le pouls est descendu ä 60.
Du 6 au 8, la jument mange de moins en moins ; eile maigrit considerablement et s'atiäiblit ; la temperature varie peu, mais le pouls atteint 90. La bete est sacriflee.
Los lesiuns sontsimplement celles de l'anemie ; dans le pericarde, beaucoup de serosite trouble.
Le lapin inocule le 5 a succombe dans la nuit du 7 au 8 juillet; les lesions ont ete celles du diplocoque, microbe que les prepara­tions faites avec le sang et le foie ont mis en evidence.
Dans cette experience, oü il s'agit d'une bete övidemment in-fectee d'ancienne date par le streptocoquc, s'il n'y a pas eu ä propre-ment parier transmission de la maladie du diplocoque, il y a eu du moins modification de la virulence des matieres intestinales.
VIIIC Experience. — Inoculadon da diplocoque, faite egalementle 28 juin par ingestiofi. — Une autre jument, ayant aussi une tempe­rature rectale de 3709, et paraissant egalementbienportante, bien que son croltin ait ete rcconnn infecte por 1quot; diplocoque, prend eu
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barbotage, et a la merae heure, I'autro moitie du melangn admi-nistre ä la jument de la precedento experience. En d'autros termes, la deuxieme jument regoit en ingestion le meme microbe qu'ellc racele deji dans son appareil digestif.
Conserveejusqu'au Sjuillet, cetto bete n'a Jamals paru malade; durant ces quolques jours, lo pouls ot la temperature n'ont subi que des modifications insignifiantes.
Lesions — Anemie prononcee ; un pen d'opanchement jaunätre et assez limpide dans le peritoine ; synovie rougeatre abondante dans Tune des articulations coxo-femorales.
Cette experience a eu un resultat a peu pres negatif ; mais il ne faut pas oublier que le sujet etait infecte do date anterieuro. L'infection dos matieres intestinales a persisle sans modification, ainsi que nous I'a demontre une inoculation au lapin, en date du 5 juillet.
1XC Experience. — Inoculation du streptoenque, faile le W juin, par ingestion. — Nous nous contenterons de montionner cette expe­rience, faite d'apres le meme precede que les deux precedentes, et qui n'a pas donne de resultats plus marques, parce que la jument utilisee, bien que saine en apparence, etait infectee d'ancienne date et a preseute ä 1'autopsie, dans le bas de la partie moyenne de chaque poumon, une hepatisation dejä ancienne du volume d'un ceuf d'oie, avec sclerose du tissu conjonctif interlobulaire. Disons, toutefois, que les mierobos ingeres le 29 juin s'etaient multiplies dans ses dejections intestinales, ou une inoculation pratiquee le 5 juillst en a revele la presence, alors qu'une precedente du 28 juin, faite avec les memes matieres, n'avait donne que des resultats dou-teux ou memo nuls.
Xe Experience. — Inoculation du strcptocoque, faite le 6 juillet, par ingestion. — On melange ä du son mouille, apres les avoir divises le plus possible, le foie, la rate, les reins et le cceur d'un lapin qui avait succombe ä une inoculation precedente, ct on fait manger le tout, dans la soiree, par une petite jument noire, qui parait absolument bien portante. La veille, au soir, nlle avait eu : T. 37o8, P. 40 ; le 6 au matin on trouvait : T. 37o3, P. 36.
Le 7, matin : T. 38, P. 36. - Soir ; T. 37raquo;7. P. 36. L'appetit no laisse rien ä desirer.
Le 8, matin : rien ä noter. La bete est sacrifiee.
Lesions. — Noyaux de congestion toute recente, Tun ä gauche et l'autre a droite, occupant la partie inferieure et moyonne des pou-mons ; reins legerement co:igestionnes ; le gros intestin presente un peu d'inflammation chronique.
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La lesion pulmonaire est inoculee k un lapin, qui succombe en dix-huit heures, en presentaut les lesions quo determine 1c strep-tocoque chez les individus de sou espece. Dans le sang, le foio, la rate, se voient d'admirables streptocoques.
Qne l'enterite chronique se rattache ou non k une infection anterieure, il resulte de cette experience co fait remarquable, que l'introduction de matiores virulentes dans les voies digestives a determine un commencement do congestion pulmonaire.
Xlc Experience. — Inoculations du streptocoque, faites lei 7 ct 9juillet,paringestion ä doses massives. — On utilise pour cette expe­rience un poulain age de quinze k seize mois, attaint d'eflbrt dorso-lombaire chronique, mais dont, k part cette aftection, l'etat de sante ne laisse rien ä desirer. Le pouls et la temperature, notes les o, 6 et7 au matin, ont ete de 66 et 39o2, 60 et 39o4, 60 et 39raquo;5. (Crtte temperature elevee s'explique par le jeune äge du sujet, et, sans doute aussi, par la souffrance resultant de son tour de rein.) Le crottin, inocule le 5 juillet, n'a rien produit.
Le 7 juillet, k neuf heures du matin, le poulain mange, sans aucune difficulte, 1c poumon, le coeur, le foie, la rate el les reins d'un lapin, prealablement divises et melanges ä du son humecte.
Le 9, a ueuf heures du matin, le sujet prend de la meme fagon les organes de deux lapins, et enfln le meme jour, k six heures du soir, on lui fait encore manger ceux d'un quatrieme lapin, mort comme les trois autres, des suites d'une inoculation de matieres contenant le streptocoque.
Le poulain ne parait pas avoir ete rendu malade par ces inges-tions reiterees. On constate, a partir du Ir!, que la temperature est au contrairedescendue k 3807 ; 1c 18, eile cst au meme chilfre, et 1'appetit, comme precedemment, ne laisse rien k desirer.
Co meme jour, 18, on inocule avec les dejections iutestinalea un lapin, qui succombe la nuit suivante, en doanant la preuve que les voies digestives du poulain sont infectees, bien qu'il n'y ait pas apparence de maladie.
Utilise pour une autre experience, dont nous rendrons compte en temps utile, ce jeune animal a ete sacrifle le 29 juillet. Sauf une certaine päleur que presentaient generalement les tissus, et qui pourrait ä bon droit, pensons-nous, etre misesurle compte des ingestions de matieres virulentes, aucune lesion de quelque an-ciennete, gastro-intestinale ou autre, n'a ete remarquee.
Un enseignement nous parait ressortir avec evidence de cette experience; e'estque I'apparoil digestif est beaucoup plus refractaire que I'appareil respiratoire au contact direct des microbes patho-genes dea fourrages.
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XII' Expkeiknce. — iioculahotu du slrcptocoq'ie, failes les 7, 10 et tt aoül, plt;( ringest ion ä doses massives, et par injedion trarheale; — inocidation du diplocoqne, fnite le iö' noüt, pur cette dernidre voie. — C'est une jument peroheronne, ägee d'environ dix-huit ans, douee d'un excellent appetit et encore suffisamment vigoureuse, qui a ete utilisee pour ces dernieres cxpi riences. Sa temperature, le 6, k six heures du soir, etait de 3705. Son crottin, inocule avant toute Ingestion, s'ost malheureusement montre infecte par le strepto-coque ; neanmoins, il etail interessant de savoir ce quo produirait, dans ces conditions, l'iugeslion de matierL-s infeetantes ä doses considerables. Nous avons, dans ce but, utilise les cadavres do plusieurs lapins, victimes d'autres experiences.
Le 7, ä six heures du soir, la jument prenait sars difficulle, les organes thoraciques et abdominaux (moins rintcstin) de deux lapins, mcles avec un pen d'avoine a du son legernmont mouille.
A denx heuros do I'apres-midi, nouveau repas infectant avec les organes de cmq lapins ; enfln, a six heures du soir, troisieme repas avec les organes de irois lapins, morts du streptocoque comma les sept autros.
Du 7 au 10, la jument ne semble aucunement malade ; eile est douee d'un appetit devorant. On note durant ces quatre jours :
Le 7, T. 38deg;2, P. 3ö, R. 8 ;
Le 8 (matin), T. 37o9, P. 36, R. 12. — (Soir), T. 38raquo;2, P. 32, R. 6
Le 9, T. 38deg;!, P. 36, R. 8;
Lo 10 (matin), T. 38raquo;4.
Desirant savoir si cetto bete serait refractairo par les voies respi-ratoireg, comme eile parait 1'etre par les voies digestives, on lui injecte, clans la trachea., 100 centimetres cubes d'une culture da streptocoque dans le bouillon, datant du 11 juillel, qu'on etend d'un litre d'eau sterilisee, et u quoi I'onajonte quolqufs poussieres miuerales egalernent storilisees, pour facilitar la penetration das microbes.
Cette operation est faite dans la matinee du 10 ; peu de temps apres, la respiration s'accelere (26 par minute), at la bete tousse de temps en temps. Dans la soiree, le thermometre accuse 3803, et la respiration ast descendue a 13.
La 11, ä neuf heures du matin, la jument semble revenue a son etat anterieur ; cependant la temperature atteint 3809; le pouls est ä 48, et la respiration ä 12. — A dix heures du matin, nouvelle injection tracheale, avoo un demi-litre d'eau chargea da la ma-tiere virulente des organes d'un lapin mort du streptocoque.
Le 12, a six heures du soir, 1'appetit se maintient toujours ; le thermometre accuse 3.S09 ; mils la respiration tres ralentio est tomhee k 7.
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Pensant qu'on n'obtiendrait rien desormais avec le streptocoque, on se decide, le 13, k inoculer I'autre microbe des foui'rages. On prepare done un liquide virulent avec les organes d'un cobaye, mort du diplocoque le jour meme, at on l'injecte ä trois heures du soir dans la trachee de la jument.
Peu apres cette operation, la bete se montre manifestement im-pressionnee ; clle se met a bout de longe ; sa respiration s'acoe-lere; des tremblements musculaires apparaissent, notamment au train posterieur. L'appetit se ressent de cet etat: le repas du soir n'est pris qu'incompleteraent.
14.nbsp; — L'appetit reste langaissant ; T. 40deg;, P. 50, R. 10,
15.nbsp; — La respiration est uniquement abdominale; les cdtes restent immobiles ; la maigreur se prononce d'une fagon surpre-nante; les mouvements sent penibles et embarrasses. T. SQquot;^, P. 50, R. 14.
16.nbsp; — La jument ne peut se relever; on la sacrifle.
Lesions. — Pneumonie a gauche, occupant la partie inferieure et moyenne du poumon, oü existent trois sortes de lesions. En palpant la partie malade, non affaissee, on sent qu'elle comprend plusieurs petites masses separees, plus resistantes que les parties intermediaires, et du volume moyen d'une forte noix. Une inci­sion montre que cos masses sont constitueos, a lour partie peri-pherique, par le poumon hepatise, dense, mais decolore el quelque peu resistant, — et a leur centre, par une petite caverne a parois grisätres contenant un liquide d'aspect purulent et un petit noyau do parenchyme pulmonaire caseeux, non compietement separe. Dans certaines de ces cavernes, il n'y a meme pas encore de sepa­ration, de disjunction entre les parois at le tissu caseifie. Entrc les masses qui viennent d'etre decrites, et les englobant toutes, congestion lobulaire de couleur rouge clair. Dans le pericarde, un peu de serosite jaunätre. Rien de particulier ä noter en ce qui concernel'appareil digestif et ses annexes. Tissus generalement anemies.
II semblait assez naturel de rattacher la lesion pulmonaire la plus recente — la congestion — ä la derniere injection tracheale faite avec le diplocoque. Afin de nous renseigner sur ce point, nous avonsinocule un lapin avec les parties congestionnecs, soigneuse-ment separees du reste. Cet animal est mort entre le deuxieme et le troisieme jour, en presentant, contrairement ä notre attente, les lesions un peu attenuees de la maladie du streptocoque, et de beaux streptocoques, qnoique peu nombreux dans le foie.
II est bien difficile de faire la part des differentes tentatives de transmission, — ou merae de l'infection naturelle qui leur dtait anterieuro, — dans la production des accidents pulmonaires dont
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nous avons relate les lesions; 11 est toutef'ois probable que les cavernes sont le resultat de l'inoculation du 10; mais un fait ne saurait passer inaperfu : c'est la resistance etonnante de i'appareil digestif aux ingestions reiterees, a doses enormes, de malleres virulentes.
XIIIlaquo; Experience. — Inoculation du streptocoque, falle le 7 aoül, par injection tracheale, — Une jument morveuse, sous poil bai cerise, ägee de douze ans, re^oit ä deux heures un demi-litre de matiere virulente, preparee avec les organes d'un lapin mort du streptocoque. Au moment de l'operation, le pouls est ä 48, et la temperature reotale ä 3ci07.
A trois heures, la respiration est ä 50 par minute. — A cinq heures, eile est k 70, le pouls a 60 et la temperature ä StJoC). — A six heures, refroidissement de la peau ; quelques coliques; la respiration est descendue ä 60,
8,nbsp; huit heures du matin. — Le calme a reparu en partie ; la ju­ment se met ä manger. T. 3ö08, P. 50, R. 38. — Le soir, toux quinteuse ; un peu de matite en baa, en arriere de l'epaule gauche ; T. 39raquo;, P. 58, R. 36.
9,nbsp; nbsp;huit heures du matin — Apparente amelioration ; T. 3903, P. 48, R. 526. La bete est sacrifiee ä neuf heures.
Lesions. — Noyau de pneumonic du volume du poing, dans le bas de la partie moyeane du poumon gauche. La plevre correspon-dante est epaissio, luisante, avec commencement d'exsudat ; le tout a une couleur uoiratre. Les lobules malades presentent de l'hepatisatiou, ils sont friables et leur dechirure est grenue ; les cloisons iuterlobulaires el le tissu sous-pleural sont infilires de serosite jaunätre ; les petites bronches sont obstruees par un muco-pus epais et noirätre. Pas d'epanchement notable. Sauf les reins qui sont un peu congestiounes, les autres organes, I'inteslin compris, n'ont rien presente d'anormal,
Independamment de ces experiences de transmission, ncms en avons fait d'autres avec des cultures, dont nous aurons ä parier ulterieurement.
En r63um6, sur les 13 chevaux dont on vient de lire les observations, 9 ont contract6 la maladie sous une forme ou sous une autre. Si nous comparons les resultats obtenus aux m6thodes d'inoculation qui les ont prepares, nous sommes amends a faire des constatations qui ne manquent pas d'int6ret. C'est ainsi que dans la Irc et la IV0 exp6-rience, nous voyons I'injection intra-veineuse donner lieu
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presque exclusivement a de l'enterite ; et si I'injection trach6ale n'a guere produit que de la pleuro-pneumonie dans la XIIIe, eile a d6veloppe en outre, dans la Vc et la VIe une entente manifeste. Deux fois, I'injection intra-pulmonaire a 6t6 suivie de lesions ä peu pres gen6rales (11deg; et IIIC Exp.). Dans un cas, l'ingestion de la matiere morbifique a produit ce rösultat absolument inattendu de developper de la pneumonie, tout en respectant I'appareil digestif (Xlaquo; Exp.). Enfin, dans la XIIC experience, l'inges­tion reit6r6e de quantitös enormes de virus, combinee avec une triple injection trachöale, a laissö intact le tube intes­tinal et n'a donn6 Heu qu'a des lesions pulmonaires sans doute tres graves, mais de peu d'etendue. II est vrai qu'il s'agissait d'une böte d6jä infect6e et ayant 6videmment acquis une certaine immunity.
Parmi les experiences dont les resultats ont et6n6gatifs, nous avons ä citer les VIIC, VIII1', IXC et XI1'. Dans les trois premieres, les bötes infectees de date ant6rieure posse-daient sans doute aussi I'immunite ; quant au poulain de la XIC experience, on est obligö d'invoquer une immunite naturelle inh6rente ä l'äge, — immunite qui a 6t6 sur-montee plus tard, avec quelque difficult6, dans une expe­rience d'infection par les fourrages, que nous ferons connaitre en son temps.
L'enseignement ä tirer de i'ensemble de ces experiences, au point de vue exclusif de la transmission, semblerait pouvoir se formuler ainsi : L'appareil digestif est plus accessible aux microbes pathogenes des fourrages qui pamp;ne-trent par l'appareil respiratoire, qu'ä ceux qui sont ingerks directement.
Nous verrons plus tard que nos experiences d'infection par les fourrages n'ont fait que confirmer cette loi.
5deg;. — Transmission au mouton.
L'6pizootie ötudiee par Tun de nous dans les Basses-Alpes, en Janvier dernier, dömontre que le mouton peutcontracter spontanöment une pneurao-entörite, caractörisöe par une bacterie particuliere. M. Galtier a fait voir aussi que ce m6me animal pouvait 6tre contamin6 par les matieres du
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pore atteint de la pneumo-enterite dite de Gentilly. Nous avons dii rechercheiquot; s'il 6tait6galement accessible ä celles du cheval : deux moutons out 6te inocules dans ce but.
I'6 Experience. — Inoculalion du streptocoque, faitc le 2S mat, par injection intra-veineuso. — Cotte experience n'a pas donne do resultat ; mais il conviont de dire que le sujet avail ete inocule anterieurement de la pneumo-enterite des Basses-Alpes, dont il avait fini par guei-ir. II avait done tres probablement acquis de ce chef uae immunite süffisante.
IIe Expbbiknce. — Inoculation du streptocoque, faite le 10 juillet, par injection trachcale. — Un liquide virulent, prepare avec les organes d'un lapin, est injecte a cinq heures du soir, ä la dose de 60quot;;., dans la tracheo d'un mouton n'ayant encore servi ä aucune experience. — Le lendemain, I'animal tousse, perd I'appetit el pre-sente de la diarrhee ; il n'y a plus de rumination ; la respiration est courte et acceleree. Meme etat les jours suivants, jusqu'au 22 ; ramaigrissement est rapide. Mort dans la journee du 23.
Lesions. — Snperbe pleuro-pneumonie, avec exsudat fibrineux blanc sur la plevre ; pericardite göncralisee, avec exsudation re-cente faisant adherer les deux feuillets seroux ; peritonite egale-ment exsudative : la rate, notarament, est couverte d'une couche blanchätre, elaslique, friable, sans trace d'organisation. Les prepa­rations faites avec les oxsudats, le foie et le rein, montrent beau-coup de microcoques , on voit aussi quelques articles reunis au nombro do deux ou trois ; mais il n'y a pas do longues chainettes ; lo streptocoque primitif semble avoir eprouve une modification. Afin da lever toute incertitude, on inocule, le 23 juillet, un lapin avec lo melange des diverses lesions organiquos. Get animal mourt trois jours apres, en presentant les lesions bien caracterisees de la maladie du streptocoque, avec d'innombrables streptocoques dans le sang, le foie, etc.
Le mouton avait done bien succombe a la maladie provenant originairement du choval.
i
6deg; — La chevre contracte naturellement plusieurs pneumo-enterites infectieuses, dont une est due au streptocoque observe sur le cheval.
Nous n'avons pas eu ä rechercher si les pneumo-ente­rites du cheval pouvaient etre transmises ä la chevre, car des faits sont venus nous demontrer que cstte betepouvait contracter naturellement celle de ces maladies qui est due au streptocoque.
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Iquot; Obshrvation. — Une chevre en traitement amp; I'Ecole veteri-naire depuis quelques jours, pour cause d'enterite diarrheique, succombe le 16 juin dernier. A Tautopsie, on rencontre les lesions suivantes : vive inflammation de la caillette ; entente sur-aigue generale, avec separations on ruptures nombreuses del'epithelium, accentueos surtout sur I'intestin grele ; on dirait quo celui-ci a subi des tractions auxquelles sa couche epithelialo n'a pu resister; — foie, rate et reins congestionnes ; muqueuse vesicale un pen vascularisee ; ganglions mesenteriques tumefies, degeneres, ca-seeux; — rion d'appreciablo !ans la poitrine.
Un lapin inocule avec un melange des lesions du foie, du rein, de l'intestin et des ganglions malados, succombe en moins de vingt-quatre heures, en presentant les lesions qua determine chez les animaux de son espeoe l'inoculation du streptocoquo. Dos prepa­rations montrent, en effet, ce dernier dans le foie, la rate, le rein et le sang.
En meme temps qu'elle nous montre une maladie identiquo ä colle que le choval peut presenter, cetfe observation nous apprend que chez la chivre, de memo que chez le precedent animal, 1'infec-tion des fourrages peut se traduire simplement par de l'enterite.
lle Observation. — II s'agit, cette fois, d'une chevre logee dans une ecurie avec plusieurs chevaux, dont quelques-uns ont souffert del'epizootie. Cette bete, qui recevait les memes aliments que ses compagnons, tomba malade elle-meme et mourut le 2 juillet, apres quelquos jours de maladie. Son cadavre, transports ä I'Ecole par les soins de notro collegue, M. Mathis, preaenta les lesions sui­vantes : plouro-pneumonie, avec mince exsudat grisätre sur la plevre pulmonairo ; epanchement liquide dans le pericarde et tres vive injection du feuillet sereux visceral ; inflammation de la caillette et de l'intestin ; vascularisation du peritoine ; exsudat faisant adherer le foie au diaphragrae ; congestion du foie, de la rate et des reins.
Los preparations faites avec ces derniors organes ont montre quelques streptocoqucs et de gros rnicrocoquos. Un lapin inocule a succombe en moins de trois jours, et a präsente les memes microbes.
Illlaquo; Observation. — Un de nos anciens et meilleurs eleves, M. Zässinger, momentanement ä Neuville, pres Lyon, ayant ete appele pour donner des soins ä un cheval atteint de la maladie epizootique, vit mourir le 16 aoüt, apres quelques jours de maladie, une chevre logee dans l'ecurie de ce cheval et nourrie des memes aliments. L'autopsie fit voir, comme principales lesions, celles de la gaatro-enterite et de l'endocardite.
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Nous devons dire que I'inoculation pratiquee sur un seullapin, avec In melange des lesions du coeur et de la caillette qui nous avaient ete remises, n'a pas donne de resultats.
7deg; — Transmission au lapin.
Le lapin est I'animal dont I'organisme se prete le mieux a la culture et au d6veloppement des microbes pathogenes qui. caracterisent les pneumo-enterites des fourrages. L'inoculation peut 6tre sous-cutanee ou intra-veineuse : dans le premier cas, les effets en sont toujours un peu moins rapides. Suivant que la quantitö injectee est forte, moyenne ou faible, le lapin succombe instantan6ment ou apres sept, dix, quinze, vingt heures, ou m6me deux ou trois jours, ou enfin apres plusieurs semaines. Lorsque le lapin doit succomber de suite, a peine Tinjection est-elle termin6e qu'on le voit s'agiter, chercher ä sechapper des mains de l'aide, parfois bondir subiteraent et tomber ä terre, puis ütre aecouö de quelques convulsions, dans quelques cas pousser des cris aigus, et enfin expirer, — tout cela dans l'espace de quelques seeondes. Aucune lösion n'apusepro-duire dans un d61ai aussi court; la mort nous paralt devoir 6tre attribute a la sideratiou du systems nerveux par le poison des secr6tions microbiennes.
Lorsque l'inoculation ne doit amener la mort qu'apres quelques heures, un, deuxou trois jours, le lapin semontre bientöt essouffle ; il est triste ; ses mouvements sont moins vifs; son app6tit diminue, mais se maintient pres-que jusqu'au dernier moment. Les 16sions sont un peu differentes selon que I'animal a 6te inocul6 du streptocoque ou du diplocoque.
Le premier produit une diastasömie manifeste ; la ma­uere coloraute du sang, dissoute par le plasma, filtre ä travers les parois vasculaires et communique aux tissus, surtout aux söreuses, une teinte particuliöre de vin tourne; le sang se montre lui-möme noirätre, incompl6tement coagulö. II y a congestion parfois träs intense de l'intestin, congestion du foie, congestion de la rate qui est volumi-neuse et presque toujours noire et ramollie, congestion des reins; chez quelques femelles pleines, I'uterus a pre-
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sent6 la meme lösion ä un degr6 excessif. Le poumon, tres petit, revenu sur lui-meme, de couleur rose päle, est g6n6-ralement indemne; lepöricarde contient de lasörositö, son feuillet visceral est fortement vascularisö.
La moiH par le diplocoque ne s'accompagne pas de dias-tas6mie; l'intestin et le foie peuvent etre aussi conges-tionnes que dans le cas pr6c6dent; de plus, le foie est souvent crible de nombreux petits points grisätres dus ä une exsudation interlobulaire ; mais les reins sent moins malades ; il en est de m6me de la rate, qui ne prösente jamais d'aussi fortes dimensions que par le streptocoque, non plus que le ramollissement et la teinte noire signal6s plus haut. Les poumons sont emphysömateux et presque toujours ecehymosös (congestions lobulaires) ; la pl6vre contient un peu de liquide 6panch6, qui seprend bientöt en une gelöe blanchätre ; quelquefois aussi, la söreuse prä­sente gä et lä quelques tractus pseudo-membraneux. Un liquide abondant existe dans le pericarde, dont le feuillet s6reux visceral est vivement injeetö.
On rencontre parfois des 16sions mixtes, dönotant l'action simultanöe des deux microbes : peu de diastasömie ; pou­mons moins ecehymosös, moins emphysömateux ; rate moins gonflee et prösentant seulement une ou deux tachos noirätres limitöes.
Lorsque la mort ne doit survenir qu'apres plusieurs semaines, c'est que la dose de virus a 6t6 faible, ou que celui-ci a subi, par des causes variöes et souvent peu connues, une certaine att6nuation. Dans ce cas, le lapin d'abord tres malade semble se rötablir ; apres quelques jours sa respiration n'est plus aussi pr6cipit6e; il mange mieux et ses mouvements reprennent en partie leur agi-nt6. Plus tard, l'appötit redevient paresseux ; l'animal s'essouffle beaueoup au moindre mouvement; il a de la diarrhee, maigrit notablement et flnit enfin par suc-comber.
Les lösions consistent en adhörences du poumon aux plövres, foyers pulmonaires caseeux, adhörences des viseöres abdominaux entre eux, d6g6n6rescence cas6euse du foie, de la rate, des reins et des ganglions lympha-tiques.
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Chez plusieurs lapins ne paraissant nullement malades,
sacrifles de vingt ä trente jours apres 1'inoculation, nans avons trouv6 comme lösion principale un ratatinerüent avec sclörose du foie, dont la surface 6tait comme coutur6e de cicatrices.
II nous parait inutile d'insister davantage sur la trans­mission au lapin, attendu qu'un resum6 d'inoculations nombreuses, faites aux animaux de cette espece, adejä ete donnö dans les pages pröeedentes. Disons seulementque le virus acquiert par son passage dans I'Drganisme du lapin une activit6 de plus en plus consid6rable.
8deg; — Transmission au cobaye.
Dans le court historique plac6 en t6te de cette 6tude, nous avons mentionnö ces faits : 1deg; que le microbe apergu par M. Schütz 6tait sans action sur le cochon d'Inde, tandis qu'il se d6veloppait tres bien chez le lapin ; 2deg; que celui trouve par M. Perroncito faisait au contraire perir rapidement les lapins et les cobayes. Or, les injections intra-veineuses n'etant guere possibles sur ce dernier ani­mal, nous avons pratique sur lui d'assez nombreuses ino­culations sous-cutanees de streptocoque, et toujoürs !e resultat a 6t6 nul ; par contre, toutes les fois que nous lui avons inoculö de la meme fagon le diplocoque pur oü melange de streptocoque, nous I'avons vu succomber dans un temps variable.
Relativement au streptocoque, nous devons dire que l'immunitö presentöe par le cobaye n'est cependant pas absolue, et semble au contraire d6pendre uniquement du mode d'insertion du virus. Voici, du moins, ce que nous a appris une experience en date du H juillet.
Experience du 11 juillet. — Deux cobayes ont ete inocules sous la peau de la cuisse droite, aveo du sang puise, aa moyen d'Oile pipette flarnbee, dans le coeur d'un lapin mort du streptocoque. L'un de ces animaux n'a jamais ete malade et n'a presente par la suite, d'autre trace de rinoculatioa qu'un leger nodule indo­lent au point oü eile avail ete faite. L'antre cobaye etait au coritraire au plus mal dans la journee du lendomain : ballonue, il manifestait äu toucher une sensibilite exageree du ventre, et avail de la diarrhee. La mort est surveuue k six heures ot demie du soir.
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Lesions. — Entero-peritonite aveo exsudat gelatiniforme blan-chätre tres abondant, qui contenait beaucoup de streptocoques, tandis qu'on n'en voyait point dans le foie. Un examen de la plaie d'inoculation a fait voir que la pipette chargee de sang virulent, avait penetre dans le peritoine et y avait depose les germes mor-biflques.
Afin de lever toute incertitude, on a inooule I'exsudat peritoneal par voie sous-cutanee ä un lapin et ä deux cobayes. Le premier est mort apres sept jours, ce qui semble indiquer que le passage du virus par l'organisme du cobaye I'aurait attenue ; neanmoins les lesions etaient caracteristiques, et le microscope fit voir dans le foie, la rate et le sang de nombreux streptocoques. Les deux co­bayes n'ont pas cesse de se bien porter.
Ces experiences de contröle demontrent bien que la mort du sujet de l'experience du 11 juilletn'est qne le resultat de la pene­tration du virus dans le peritoine.
Par i'inoculation sous-cutan6e, le diplocoque amene fata-lement la mort, soit tres rapidement, soit dans un d61ai 61oign6. Voici ä ce sujet le compte-rendu de deux exp6-riences qu'on ne trouvera sans doute pas döpourvues d'int6r6t :
lro Experience — Inoculation d'une culture de diplocoque, faite le 29 juillet, ä la dose de i c.c. — Le cobaye sur lequel cette inocu­lation a ete faite est devenu malade tres promptement, et a ete conserve jusqu'au 24 aoüt, jour oü Ton a avance sa fin de quelques heuros en le sacrifiant. L'autopsie a fait voir d'importantes lesions chroniques interessant le poumon, le foie, la rate et presque tons les ganglions lymphatiques : le poumon etait hepatise et de couleur grisatre, le foie ratatine et sa surface comme couturee de cica­trices, la rate dure et d'un volume enorme, les ganglions volumi-neux, et, au milieu de toutes ces lesions, existaient de nombreux foyers caseeux.
lle Experience. — Inoculation d'un melange ä parties egales de la culture prccedente et d'une culture de streptocoque, faite le 29 juillet, ä la dose totale de I c.c. — Cette derniere culture a ete experi-mentee le merae jour, k l'etat de purete, k la fois sur un lapin, oü eile s'est montree d'une grande activite, et sur un cobaye, qui n'en a conserve qu'un engorgement lardace assez considerable au point d'inoculation, avec foyer caseeux au centre. Le cobaye qui avait reju le melange est mort moins de deux jours apres, en presentant les lesions de la maladie du diplocoque, telles que nous les avons decrites surle lapin. Le microbe existait en abondance dans 1'exsu-
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dat du point inocule, dans le sang, le foie, etc. Avec ces lesions, un lapinfut inocule immcdiatement. Ilmounitle lendemain matin, en presentant dans lo sang, le foie, le liquide de la plevre, etc., d'innombrables diplocoques.
En resume, le melange de cultures ayant fait mourir le cobaye beaucoup plus rapidement que la culture de diplocoque injectee pure et en quantite egale au melange, il y a lieu de se demander si l'action du diplocoque n'est pas favorisee par la presence de son congenere, bier, que celui-ci soit par lui-meme itnpuissant?
On volt par ces diverses expöriences que le cobaye constitue un excellent röaetif pour distinguer Tun de l'autre les microbes des pneumo-entörites infectieuses du cheval.
9deg; — Transmission au chien.
II 6tait interessant de savoir si les maladies propres aux solipedes, et facilement transmissibles aux sujets de plusieurs especes herbivores, pourraient egalement se communiquer au chien. Dans le but de resoudre cette question, nous avons fait les expöriences suivantes :
Irc Experience. — Inoculntion du slreptocoque, faite le 27 mai, pur injection intra-pleurale el inira-pulmonairc. — Un chien adulte, de taille moyenne, regoit, k sept heures du matin, 10 'c. d'un liquide virulent prepare avec les organes d'un jeune lapin qui avail succombe, en neuf heures, ä une inoculation anterieare. Aussitot apres, I'animal semble beaucoup souffrir et regagne le fond de sa loge en poussant des cris descsperes. Pendant le reste de la jour-nee, il est triste et abattu.
Le 28, amelioration; la sante se retablit peu k peu. — Vers la fin de juin, le sujetsemble completement revenu äson etat normal. — Sacrifie le Ier juillet. il ne presente d'autres lesions, lä ou I'in-jection avait ete pratiquee, qu'un petit point de pneumonie en voie de resolution.
IIC Experience. — Inoculation du slreptocoque, faite egalement le 27 mai, par injection tracheale. — Un autre chien, age d'environ trois inois, d'assez petite taille, revolt, k la meme heure que le pre­cedent, 4 cc. du meme melange virulent. Ce petit animal n'a rien present^ de particulier dans la journee, ni dans la suite, jusqu'au 19 juillet, oil il a ete utilise pour I'experience suivante.
G1LTIB1 ET TIOLBT,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; g
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IIIlaquo; Experience. — Inoculation du slreplocoque, faxte le 19 juUlet, par injection tracftdale.— Pensant quo la dose precedemmeatinjecteo ctait peut-etre insufflsante, et l'animal etant du rests un peu plus age, on injecte cette fois 7laquo;. i d'un melange analogue au premier. L'inoeulation est faite ä cinq heures du soir. Pendant le reste de la journee, l'animal se montre triste. Le 20 et le 21, il parait etre
moins mal, et cepondant il meurt dans la nuit du 21 au 22. __Lea
lesions ont ete les memes quo dans I'experience suivaute, mais un peu moins accentuees.
IVlaquo; Experience. — Inoculation du strcptocoque, faile cgalcment le
10nbsp;juillct, par injection trachealc. — Un jeune chien de Tage du precedent, mais do taille plus forte, reifoit a la meme heure, 15 c^-du meme melange virulent. Dans la soiree, l'animal est triste et refuse de manger. Le 20, a huit heures du matin, il se plaint beau-coup ; a trois heures, il expire.
Lesions. — Pleuro-pneuraonic double, plus prononcee a droite • poumon congestionne ; plevre vascularisee, avec hemorragia interstitielle du cote droit; surface du coeur egaloment ires vascu­larisee ; congestion du foie et d'une paitie de la rate ; congestion ties reins avec piquete hemorragique. Les preparations microssc-piques font voir, dans le poumon, des streptocoques ainsi que des diplocoques et des microcoques voluraineux; dans le foio et le rein memes diplocoques et microcoques, qui, en raison de leurs dimen­sions, peuvent etre considerds comme des streptocoques desagreges.
Ces lesions ont ete inoculees le 21 juillet a un lapin, qui, etant au plus mal dans la soiree du 25, fut sacrifie. La duree un peu prolongee de la maladie chez ce sujet, ainsi que les lesions moius marquees que de coutume, mais denotant bien Taction du strepto-coque, donnerent a penser que 1'ageut virulent primitif aurait eie attenue par son passage dans l'organisme du chien. Les prepa­rations faites avec le foie et le rein ont montre dans ces organes de nombreux microcoques.
Ve Experience. — Inoculation du diplocoquc, faile le li aoüt, par injection tracheale. — Un chien adulto, de taille au-dessous de la moyenne, refoit dans 1'apres-midi 30 lt;*• de liquide virulent prepare avec les organes d'un lapin mort anterieurement, et succombelui-meme la nuit suivante.
Lesions. — Engouement complet de l'un des lobes du poumon droit ; remarquable entente occupant tonte l'etendue de 1'intestin grele ; forte congestion des reins.
VIraquo; Experience. — Inoculation du strcptocoque, faile egalement le
11nbsp;aoüt, par injection tracheale. — Le sujet est un vigoureux chien
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courant adnlte, de taille ordinaire. II re?oit 30 cede liqnide viru­lent prepare avec ks orpancs d'un lapin mort anterieurement, et il succombo lui-meme dans la nuit du 15 au 16 aoüt, par conse­quent un jour plus tard que le precedent.
Ldsions. — La mnqueuse tracheo-bronchique est vivement congestionnee ; dans les petitos bronches, un peu de muco-pus de couleur foncee ; pas de pneurnonie ; pleuresie d'une intensite extra­ordinaire, occupant toute l'etendue de la sereuse, soit viscerale, soil parietale. Cette membrane est partout d'un rouge fence, presque noir; ja et lä se voient quelques productions pscudo-membraneuses ; tres peu de liquide epanche, dont la couleur est rougeätre; nombreuses taches hemorragiques sur la surface du coeur; quelques rougcurs sur la muqueuse de l'estomac, mais le reste de l'appareil digestif ne semble pas Interesse.
Cette experience et lapr^eedentesontbien remarquables par leurs resultats. Des produitsanalogues ont et6 inoculfe dans les memes conditions et a la mfeme dose ä deux chiens, qui ne presentaient entre eux qu'une certaine difference de taille : c.hez Tun, rinoculation fait naltre de la pneurnonie et de l'enterite; chez l'autre, eile donne lieu a de la bronchite et de la pleur6sie. Nous nous contentons de mettre en presence ces resultats si difförents, sans cher-cher ä les expliquer; toutefois, nous ferons remarquer combien ils sont conformes ä ceux que nous avons si fr6-quemment signales chez le cheval.
En rdsume, les pneumo-ent6rites de ce dernier sont inoculables au chien.
lOquot;. — Le chat peut contracter naturellement une pneumo-enterite analogue, mais non absolument identique aux especes particulieres que nous avons observees sur le cheval.
Le 14 aoüt, le cadavre d'un chat est apporte ä la consul­tation pour que I'autopsie en soit faite. Le propri^taire raconte que cet animal a 6t6 tres peu de temps malade; il craint un empoisonnement. L'autopsie montre des 16sions de pneumonie, de pleuresie I6gere et de pöricardite. On precede aux experiences suivantes :
Iquot; Experience, en date du 14 aoflt. — Une emulsion est prepare'e avec le coenr, le poumon, le foie et le rein du chat, et sort a ino-culer un lapin par injection intra-veineuse. L'operation a lieu ä deux heures; le lapin succombe dans la nuit.
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Lesions. — L'intestin, lepiploon, la rate et les reins sont un pou congostionnes; le foie cst completement decolore par suite de la pression quo lui a fait subir I'estomac, tres dilate par des gaz ; io pericarde est arborise ot congestionne. Dans les preparations faHes avec le sänget lefoie, on voit d'innombrables microbes sous forme de microcoques et de diplocoques volumineus, accompagnes de quelques streptocoques egalement volumineux.
IIlaquo; Experienck, en date du 15 aout. — Un autre lapin regoit dans la veine, ä neuf heures et demie du matin, un melange dos lesions presentees par le sujet de l'experience precedente. II meurt sept heures seulement apres riaoculation. L'intestin, 1'epiploon, le foie, la rate et les reins sont congestionnes ; les preparations faites avecle sang, le foie, la rate et le rein ne raontrent pas de strepto­coques, mais en revanche d'innombrables microcoques et diplo­coques, qui, en raison de leura proportions considerables, semblent appartenir ä une espeeo differente de ceux qua nous avons vus jusqu'a present sur le cheval.
Ill' et IV0 Experiences, en date du 15 aout. — Dans le but d'elu-cider en partie la question do nature do ces microbes, on inocule ä cinq heures du soir : 1deg; un lapin, avec une goutte de pulpe hepa-tiqoe, inseree sous la peau do I'oreille gauche ; 2deg; un cobaye, avec une goutte de meme raatiere, inseree sous la peau do la cuisse gauche. Ces animaux succombent le leudemain, 16, le lapin de tres bonne heure, et le cobaye vers midi. Tons deux presentent les memes lesions et les memes microbes quo le lapin qui avail fouroi la matiere d'inoculation.
II semblerait done qu'il s'agit ici d'un microbe particu-Her, lequel, tuant aussi bien le cobaye que le lapin, ne serait ni le streptocoque, ni le diplocoque du cheval.
V. — Nature microbienne. — Microbes pathogenes, leur
MORPHOLOGIE, LEURS CULTURES, LEUR ACTIVITE ET LEUR MODE DACTION, LEUR ATTENUATION ET LEUR EXALTATION, LEUR RESISTANCE AUX AGENTS PHYSIQUES ET CHIMIQUES, LEUR ORIGINE.
Parmi les maladies qui attaquent le cheval et qu'on a d6sign6es tantöt sous I'appellation d'affections typhoides, tantöt sous la dönomination d'affections gastro-intestina-les ou de gastro-enterite 6pizootique, tantöt sous le nom
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de pneumonies typhoides ou de pneumonies infectieuses, etc., il y en a deux, avons-nous vu, qui sont occasionnees par deux especes de microbes aujourd'hui bien connus, gräce au surcrott de lumieres apportö par nos recentes recherches,
1deg; — Nature microbienne.
Nous a-vons satisfait aux trois conditions indispensables pour conclure au röle pathogene de ces deux microbes : 1deg; Nous avons constatö leur existence dans les lösions r6-centes de l'organisme malade (ils se dutruisent dans les lesions anciennes; mais la mort peut survenir encore mal-gre la raretö ou l'absence des microbes); 2deg; nous les avons cultives dans toutes sortes de milieux artificiels; nous les avons reproduits un grand nombre de fois et nous les avons ainsi obtenus a l'etat de purete absolue; 3quot; enfin nous avons detenninö la maladie sur des especes animales diverses avec les cultures les plus eloignees de leur point de depart.
Voici, ä litre de renseignements, le releve de quelques experiences faites avec les cultures pures de chaque microbe.
Irc Experience. — Deux lapins inocule?, Tun avec line culture da dip'ocoque ä l'air et l'autre avec une culture dans le vide, sont morts on 11 et 12 heures avec toutes les lesions caractenstiques de la maladie du diplocoque. Un melange des deux cultures injeete dans le poumon et dans la plevre d'un cheval lui a communique egalement la maladie avec lesions de pleuropneumonie, d'endo-cardite, d'enterite, etc.
IIlaquo; Experience. —Un nielange de cultures du diplocoque faites l'une k l'air, l'autre dans le vide (5laquo; generation) a tue le lapin en moins de 24 heures. Le meme mela ;ge inocule le 2 juin dans la poitrine d'un cheval I'a rendu tres mala;!c au point quM etait pres-que mourant le 5 juin quand il a ete sacrifie. A I'autopsie on a retrouve le diplocoque et constate des lesions de pericardito, d'en­terite, d'hepatite, de pleuropneumonie etc.
IIIC Exr-ERiENCE. — Une culture du diplocoque ä l'air (Slaquo; genera­tion) datant de 22 jours a tue los lapins inocules en moins do 24 heures ; melangee avec uno culture de stroptoeoqncs et inoculee au lapin, il en est resulte uue seulc maladie, celle du diplocoque.
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IVlaquo; Experience. — Une culture du streptocoque (5e generation) faite k l'air et datant de 16 jours a tue le lapin en 24 houres.
Vquot; Experience. — Le 8 juillet deux ehevaux ont ete inocules par injection tracheale avee une culture du diplocoque (8e generation) datant du 12 juin. Ces deux ehevaux sacrifies le lendemain pour des operations de Chirurgie ont presente, Tun uns pneumonia com-mengante, Tautre une pleuro-pneumonie coramenQante. Le 8 juil­let, deux autres ehevaux ont ete inocules avec une culture de streptocoques (8C generation) datant egalement du 12 juin; 1'ino-culation a ete faite par injection trache'dle ; les deux sujets ont du ctre sacrifies le lendemain pour le meme but qua les precedents ; I'un d'eux seulementa presente un commencemont da pneumonia.
VIe Experience. — Le 29 juillat, des cultures de diploeoques et de streptocoques (Regeneration) datant du 12 juin ont ate inoculees a des lapins et les ont tues en 36-48 teures.
Nous avons tres nettement etabli la nature des deux maladies dont 11 a ete question jusqu'a present dans ce travail; nous avons döniontre qu'il y a intervention de deux microbes speciaux qui se distinguent par leur forme, par lours cultures et par ieurs effets sur Torganisme.
3* — Microbes pathogenes, leur morphologie, Ieurs cultures.
L'un de ces microbes, celui auquel nous donnons le nom de Streptococcus pneumo-enterilis equi, affecte la forme de chainette, de chapelet, ou mieux d'une enfilade de perles ; il est compose d'artieles arrondis, ayant un diamötre de 0,3 ä 0,5,laquo;, juxtaposes en ligne ou en enfilade. Les chaines sont tan tot longues, tantöt courtes; elles se montrent parfois formees d'un grand nombre d'elements; d'autres fois elles sont reduites ä quelques articles, 5, 4, 3 et m6me a 2 ; quelquefois enfin on trouve des articles iso­lös ou groupös en amas irreguliers. Le groupement et l'ar-rangement varient suivant le tissu et suivant le milieu dans lequel a vögete le microbe. Les preparations, faites avec les cultures en bouillon, avec le foie des lapins rendus malades par inoculation, avec leur sang, avec le liquide pleuretique du cheval, etc., nous ont montr6 de tres belles chalnettes compos6es parfois d'un tres grand nombre d'61e-ments; tandis que dans les pröparations faites avec les
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reins, la rate, etc., nous avons trouve les chaines genera-lement plus courtes. D'ailleurs, quand on examine des le­sions anciennes ou des lesions de malades en vole de gu(sect;-rison, on trouve de nombreuses cellules gorgöes de micro­bes isoles et d6form6s; le phagocytisme se montre lä avec une complete evidence. Sur tel malade, qui, ä un moment donne, nous avait präsente de tres beaux streptocoques dans le liquide pleur^tique extrait par la thoracentese, nous n'avons trouve lors de la mort que des cellules plus ou moins gorgees de microbes.
Le second microbe dont nous avons specifie le role pa-thogene, celui qus nous dösignons sous le nom de Diplo-coccus pneumo-enterilis eqai, est lui aussi form6 d'articles arrondis ou ovo'ides; mais ces articles sont plus petits, plus fins que ceux du streptocoque; leur diametre varie entre 0,3 et 0,4^. Le diplocoque, vu aun fort grossissement, offre I'aspect d'un bissac ou d'un bätonnet arrondi ä ses extremit6s et etrangle en son milieu. Si teile est generale-ment sa forme, si tel est ordinairement son aspect, soit qu'on examine des preparations faites avec le sang, avec le foie, avec les cultures, etc., on en rencontre parfois qui ont un aspect un peu different, qui sont groupös autre-ment; on en trouve a l'etat de microcoques libres et on en voit qui ferment de courtes chaines de 3, 4, 5 articles.
Le Streptococcus et le Diplococcus pneumo-enteritis equi ont des points de resserablance. Ils se colorent facilement par les procedös ordinaires avec la fuchsine, avec les vio­lets, etc.; ils se decolorent par le procedö de Gram. Le pre­mier est immobile; le second est mobile, ii execute des mou-vements de trepidation, de rotation et de translation. Chacun conserve sa forme et ses propriet6s respectives dans I'or^ ganisme et dans les milieux de culture. Tous deux sont aerobics et anaörobies ; tous deux se cultivent ä l'air et dans le vide; tous deux s'accommodent de toutes sortes de milieux, pourvu qu'ils ne soient point acides; tous deux viennent bien dans les bouillons, dans les infusions vege­tates, sur la g61ose, sur la gelatine et sur ia pomme do terre, tous deux se dfrveloppent ä la tempörature de 12deg;, i5deg;, 20deg;, bien que leur pullulation soit plus active ä 350,370.
Si tous les deux se developpent bien dans les milieux
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artificiels et dans certains organismes, leurs cultures et leurs effets offrent de notables differences. En pullulant dans les milieux liquides, le streptocoque donne un pr6ci-pite floconneux, tandis que le diplocoque donne un preci-pite plus fin et comme pulverulent. Aucund'eux ne liquöfie la gelatine; sur gelose et sur gelatine le streptocoque pro-duit des colonies blanchatres sous forme de grains assez volumineux, tandis que le diplocoque donne des colonies plus tenues, plus fines, simulant une poussiere dölicate; ceite difference d'aspect est surtout visible dans les cultu­res en profondeur. Tons les deux viennent sur la pomme de terre, mais c'est surtout le streptocoque qui semble s'y plaire; en peu de temps sa culture recouvre la tranche d'une couche grisatre epaisse et ä surface anfractueuse, tandis que le diplocoque y donne une couche moins epaisse et plus fonc6e.
3quot; — Mode d'action des microbes, leur attenuation, leur exaltation.
Leurs effets sur Torganisme accusent egalement de notables differences. Tous les deux sent pathogenes pour le cheval ; ils peuvent se trouver r6unis dans le meme organisme, comme on les rencontre associes dans certains fourrages; ils ontentr'eux des accommodements et separ-tagent alors l'exploitation de Torganisme. Toutefois on les trouve souvent isol6s, soit qu'un seul ait et6 introduit, soit que la concurrence vitale en ait fait disparaitre un ; et la maladie que chacun determine est facilement obtenue par l'inoculation de chaque espece a l'etat de puretö. Le streptocoque, et cette particularity est surtout manifeste sur le lapin, s'accompagne toujours d'une alteration du sang, d'une diastash6mie tres manifeste.
Le streptocoque et le diplocoque agissent energiquement sur le lapin; tous les deux le rendent malade et le tuent rapidement,quand ils ont döjäpassö par Torganisme d'une serie de sujets de cette espece. Mais la maladie que cha­cun determine est nettement differenci6e par ses l6sions. Les lapins qui meurent de la maladie du diplocoque ont le foie tres congestion ne et souvent criblö de nombreux points grisatres dus ä une exsudation interlobulaire ; ordinai-
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rement il y a aussi un peu de liquide epanche dans la poitrine et souvent de la pneumonie commenijante avec des tractus pseudo-membraneux sur la plevre; le sang est bien moins alter6 qua dans la maladie du streptoeoque ; les intestins sont moins congestionn6s ; il n'y a pas d'im-bibition acajou dans le tissu sous-cutane. Tout autres sont les lesions de la maladie determinee par le streptoeoque. On rencontre alors une imbibition acajou plus ou moins 6tendue dans le tissu sous-cutane ; le sang est toujours tres altere ; le coeur est ecchymose , la rate est hypertro-phiee et noirätre; l'intestin est vivement enflamme, etc. La diastashemie est tres manifeste, et c'est le caractere dominant, quand le streptoeoque a pullule dans I'orga-nisme du lapin. D'ailleurs, si on introduit ensemble et en meme proportion les deux microbes dans l'organisme du lapin, il n'y en a generalement qu'un qui agit et c'est le diplocoque, qui n'endure lä aucune prorniscuite, qui traite franchement en ennemi son compagnon et ler6duit a I'im-puissance.
Tout ce qui pr6ci;de concourt a 6tablir de la fagon la plus peremptoire que nos deux microbes sont bien deux facteurs, deux agents de maladies dii'ferentes ; chacun d'eux a des caracteres propres et donne des effets parti-culiers. Que si les preuves deja accumulees laissaient quel-que place au doute, les experiences sur le cobaye seraient de nature ä le faire cesser.En effet, non seulementle strep­toeoque n'agii pas sur le cobaye, quand on lui inocule un mölange de deux microbes, non seulement le diplocoque seul pullule et produit sa maladie comme sur le lapin ; mais rinoculation du streptoeoque isole reste sans action morbide. Nous avons toujours tu6 le cobaye en lui inocu-lant le diplocoque dans le tissu sous-cutane ; tandis qu'en lui inoculant de möme le streptoeoque nous ne l'avons Ja­mals rendu malade. Deux fois nous avons pu tuer le cobaye avec le streptoeoque, maiscja a et6 en I'introduisant directement dans le p6ritoine.
Bien que nous n'ayons pas encore isole de substances toxiques, il ne semble pas douteux que le streptoeoque et le diplocoque söcretent des matieres qui jouent le röle de poisons dans l'organisme. En effet, on peut tuer le lapin
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en quelques minutes, si on lui injecte dans la veins une certainedose de culture ou de matiere virulente. D'ailleurs l'alteration du sangetles symptömes observ6s sur les ani-maux temoignent bien que I'organisme est intoxiquo. Aussi conseiilons-nous l'usage du vert, du fer, des contre-poisons et des övacuants dans le traitement des malades. L'activitö pathogene de ces microbes est tres variable. Elle s'attenue progressivement dans les culture qui vieil-lissent; eile disparait meme ä un moment donne. Nous avons obtenu les deux maladies, en nous servant de cul­tures d'un et de deux mois; mais nous avons constate que, a partir d'un semblable d61ai, I'effet pathogene deve-nait moins sür et moins complet, I'incubation plus longue, la maladie moins grave et Tissue g6neralement favorable. Avec. des cultures en bouillon nous avons 6chou6 tant pour le diplocoque que pour le streptocoque, quand il s etait 6coul6 six mois dopuis leur ensemencement. Dans les organismes qui r6sistent a la maladie, I'activite patho­gene des deux microbes s'attenue egalement; et l'inocula-tion d'une matiere virulente, empruntee ä des 16sions anciennes ou en voie de guörison, ne s'accompagne que d'effets moderes ou pen accuses ou nuls. Nous avons constate cette parlicularite d'une fagon non dsquivoque. Ainsi nous avons inocule ä trois reprises differentes des lapins avec le liquide pleuretique d'un cheval aneint de la maladie du streptocoque sans d6terminer leur mort. Ces inoculations ont etefaites avec le liquide extrait par thora-centese huit et onze jours apres le debut de la maladie. La matiere inoculee etait brunätre; eile renfermait de nom-breux microbes, mais ces microbes avaient perdu leur activite premiere. Pareille attenuation se produit aussi pour les microbes qui se trouvent dans le monde ext6-rieur, dans les eaux, sur les fourrages, etc.; aussi congoit-on que la predisposition, et une predisposition accusee, soit necessaire pour que les sujets qui les introduisent dans leur organisme en ressentent les effets plus ou moins complets. Et de fait les maladies qu'ils sont susceptibles de determiner ne se d6clarent guere que sur des animaux pr6par6s par des influences debilitantes ou sur des ani­maux qui regoivent de grandes quantity de microbes.
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Apres une attenuation plus ou moins avancee, le strep-tocoque et le diplocoque peuvent recupörer leur activite pathogene ou möme s'exalter. Ce phönomene se produit naturellement dans rorganisme des malades ä grande receptivity, et on l'obtient en quelque sorte maihömati-quement, en cultivant ces microbes sur Forganisme du lapin. Apres quelques passages successifs de lapin ä lapin, on arrive promptement a obtenir des virus tres forts, non seulement pour les animaux de cette espece, mais aussi pour les solipedes; on peut, des la Slaquo; ou la 4e generation, avoir des virus capables de tuer le lapin en quelques heures. D'ailleurs on obtient pareillement un certain ren-forceraent par l'ensemencement dans des milieux vierges fraichement prepares.
4deg; — Resistance des microbes ä la dessiccation et ä la putrefaction.
La resistance du diplocoque et du streptocoque a Faction sterilisante des agents physiques et chimiques meriterait d'etre bien connue, en vue du faciliter Tetablis-sement d'une prophylaxie et d'une therapeutique vrai-ment rationnelles. Nous avons entrepris quelques recher-ches dans ce sens, et les resultats obtenus, quoique incomplets et imparfaits parfois, ont n(sect;anmoins une cer-taine importance.
La dessiccation ä l'obscuritö et la dessiccation ä la lu-miere et ä une temperature oscillant entre 50-100-150 et 20o-25o respecte un certain temps la propriete pathogene de Tun et de l'autre. II faut bien qu'il en soit ainsi, puis-que nous avons pu obtenir l'une et l'autre raaladie avec des fourrages recoltes depuis des mois, depuis un, deux et trois ans. Les nombreux cas dans lesquels nous avons pu extraire ces microbes des fourrages tömoignent suffi-samment de leur resistance ä la dessiccation. Toutefois nous avons tenu a verifier le bien-fonde de cette conclu­sion par des expöriences faites avec la matiere virulente empruntöe ä des lapins ; et on peut resumer corame il suit les rösultats obtenus. Une pulpe prepar^e avec un mölange de foie et de sang d'un lapin mort du streptocoque a 6te 6tal6e sur du papier buvard et placee a l'etuve reglee ä 39deg; pendant cinq jours; apres ce temps de dessiccation, le
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virus n'avait rien perdu de son activite; il a ete conservö hors de l'etuve et il s'est montr6 actif cinq jours, vingt jours et cinq mois et demi apres. Une pulpe prepares de mfeme avec un melange de feie et de sang d'un iapin mort du diplocoque, dessechee dans les memes conditions et conserv6e ensuite a I'obscuritej s'est montree encore active au bout de cinq mois et demi; mais sa virulence etait plus attenuee que celle du streptocoque; eile a rendu le lapin malade mais ne I'a pas fait mourir. D'ailleurs le diplo­coque nous a paru le moins resistant dans tous nos essais avec la matiiire dessechee. Les deux microbes se sont mon-trdis encore pathogenes apres une dessiccation de quelques jours a la temperature du laboratoire osculant entre 12deg; et 25deg;; mais on a observe de notables differences suivant qu'il s'agissait de Tun ou de l'autre. La matiere ä strep-tocoques etalee en couche mince sur des planchettes et dessechee, seit ä l'obscurite, soit a la lumiere, soit en pre­sence de l'acide sulfurique, a tue le lapin rapidement apres une dessiccation de neuf jours. La matiore ä diplo-coques traitee de meme etait d6ja fortement attenuee des le septieme jour. II semble done bien que le streptocoque supporte mieux la dessiccation ; et il nous a semble aussi que les deux microbes se ennservent mieux dans les four-rages que dans les matieres animales dessechees ou putrefiees.
Le dipiocoque et le streptocoque supportent un certain temps la putrefaction et conservent quelque temps leur pouvoir morbigene au sein des matieres organiques putre­fiees et des eaux corrompues. Toutefois les pulpes et debris d'organes abandonnes ä la putrefaction ä Fair, a la lu­miere ouä l'obscurite, perdent assez rapidement leur viru­lence ; au bout de cinq jours de putrefaction dans ces conditions pendant le mois dejuin, le streptocoque et le diplocoque avaient perdu !a propriete de tuer le lapin. Mais tous les deux r^sistent beaucoup mieux, quand la matiere virulente est melangöeä une forte proportion d'eauetaban-donnee ainsi a la putrefaction ; au bout de cinq jours, ils tuent aussi rapidement le lapin que s'ils n'avaientsubi au-cune influence nuisible. II semble done que la conservation de l'activite virulente des deux microbes, contrariee par la
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putrefaction des matieres animales,est mieux assuree dans les eaux et dans les dissolutions yegeto-mineraies ; il semble consöquemment que les purlns et les fumiers doi-vent perdre rapidement leur virulence, tandis que les eaux souillees et infectees doivent la conserver beaucoup plus longtemps. Cette maniere de voir estd'ailleurs corroboree par I'observation que nous avons faite sur les cultures en bouillon abandonn6es a la putrefaction ; au bout de neuf jours d'exposition ä Fair impur,elles ont perdu toute viru­lence. Les donnees qui precedent relativement a l'action de la dessiccation et de la putrefaction sont de la plus grande utilite pour guider dans remploi d'une prophylaxie con-venable.
5deg; — Resistance des microbes aux agents chimiques.
Nous avons fait un certain nombre d'experiences pour döterminer le pouvoir microbicide de quelques agents chi­miques, dont I'emploi pent etre utile'pour la disinfection, pour le traitement des malades et pour la prophylaxie. Nous avons tenu ä experimenter lesacides mineraux,parce que nous avons remarque que l'ingestion de la raatiere virulente pouvait etre rendue inoffensive par l'action pro­bable des sues digestifs ; nous avons egalement tenu a experimenter un certain nombre d'agents qui ont ete pre-conisös dans le traitement des affections typhoides du che-val. Nous avons employe des solutions aqueuses, et nous avons melange une proportion detarminee de solution ä une proportion determinee de virus frais ou de virus prea-lablement desseche ; ordinairement ces melanges ont ete faits dans les proportions de 3 ou 5 parties de solution pour une partie de virus ; le contact a 6te prolonge pendant 5, 10, 15, 20 minutes, apres quoi une partie du melange a et6 injectee dans la veine du lapin. Cette maniere de proceder n'est peut-etre pas irreprochable au point de vue scienti-fique, mais les resultats obtenus sont comparables, parce que tons les agents experimentös l'ont 6te da la meme fa-lt;jon sinon ä la meme dose, parce que tous ont 6te inoculfe en meme temps que le virus sur lequel ils avaient agi. Nous avons de la sorte, parmi les substances essayöes, trouvö des agents capables de tuer ou de rendreinoffensifs
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lesdeux microbes apres un contact relativement court,r6a-lise avant l'inoculation, et nous avons constate que beau-coup d'autres, parmi ceuxqu'on a pr6conises, sontinactifs ou trop peu actifs pour jouer un role microbicide.
Dans la premiere categorie se placenl les acides sulfu-rique, azotique, chlorhydrique et phenique, le perchlorure de fer et I'eaxi iodee. La solution ä 2 p. 100 des acides sul-furique, azotique, chlorhydrique et phönique employee ä raison de 5 parties d'elie-meme pour une partie de virus frais ou dessech6 a invariablement rendu inoffensifs le streptocoque et le diplocoque apres un contact de 22 mi­nutes, de 20,15 et 12 minutes. II a meme suffi d'un contact de 12 minutes, pour steriliser le streptocoque et le diplo­coque desseches, ä la solution d'acide chlorhydrique et d'acide sulfurique. Le virus frais a ete sterilis6 au bout de 5 minutes de contact par la solution d'acide sulfurique quand il s'agissait du diplocoque. En r6surne la solution a 2 p. 100 des acides sulfurique, chlorhydrique, azotique et phenique peutetre consideree comme capable de steriliser les deux virus quel que soil leur 6tat, apres 15 amp; 12 mi­nutes de contact. L'acide sulfuriqueet I'acide chlorhydrique paraissent les plus actifs; cependant ils ont echou6 quelque-fois dans les conditions precitees. L'eau iodee ä saturation sans addition d'iodure de potassium pent steriliser le diplocoque apres un contact de 15 minutes, quand on fait un melange de 5 parties de la solution avec une partie de virus; mais son action n'est pas sure dansce laps de temps. Dans ces conditions eile ne sterilise pas le streptocoque. La solution ä 5 p. 100 de perchlorure defer, melangee dans la proportion de 5 parties d'elle-meme avec une partie de virus, ne sterilise pas sürement le streptocoque frais apres 15 minutes de contact ; mais eile peut steriliser le diplo­coque frais dans ces conditions, sans que son action soit absolument sure.
Parmi les agents que nous avons trouves peu actifs et peu dignes d'inspirer conöänce serangent l'acide borique, le berate de soude, le sulfatede cuivre, le sulfate de fer, le sei marin, l'emetique, le nitrate de potasse, le vinaigre, etc. La solution d'acide borique a 4 p. 100 n'a produit aucun effet sur I'un ni sur I'autre microbe apres 15 minutes de
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contact; il en a 6t6 de meme pour la solution a 5 p. 100 de borate de soude, de Sulfate de fer, d'ömetique et de nitrate de potasse; il en a 6t6 de meme enfin de la solution a 10 p. 100 de sei marin et de sulfate de soude ainsi que de l'eau fortement vinaigree. La solution a 2,5 p. 100 de sulfate de cuivre s'est montree quelquefois efficace ; rnais son action n'est pas sure apres un contact de 15 minutes.
6deg; — Origine des microbes.
Le 18 juillet 1889, a la suite d'une experience faite sur un jeune poulain,dontle crottin ne contenait pas le strep-tocoque avant qu'on lui eut donne des repas infectants, mais qui en presenta ä la suite de ces repas sans que le sujet parut d'ailleurs malade, nous inscrivions I'observa-tion suivanto sur notre registre d'experience?. laquo; Le jeune solipede, qui en a ete I'objet, n'etait pas infectlaquo; avant dquot;in-görer la matiere a streptocoques, que nous lui avons donnee les 7 et9 juillet, attendu que son crottin ne dormait pas la maladie au lapin. Apres avoir pris trois repas in­fectants il ne paraissait en rien malade et cependant le 18 juillet, 9 jours apres son dernier repas souille, son crottin donnait la maladie du streptocoque au lapin. raquo; II seiuble done que l'lngestion de ce microbe par le cheval exige, pour le rendre malade, l'intervention de quelque autre in­fluence. II semble aussi que ce microbe passe du röle d'agent saprogene au röle d'agent pathogenedans des con­ditions qu'il reste a determiner. Saprogene dans les milieux exterieurs oü il se conserve des mois, malgre la dessicca-tion et les diverses influences; saprogene dans I'organisme, quand il estintroduit par certaines voies (voies digestives) et quand une predisposition süffisante fait defaut, il de-vient pathogene dans certains cas et semble acquerir une aetivite progressive par son passage dans I'organisme, sur-tout quand il est inocule au debut de la maladie qu'il determine.
Le streptococcus et le diplococcus pneumo-enteritis eq\d viennent incontestablement du sol comme ceux de la sep-ticömie, du tetanos, etc. Ils sont souleves du sol par les 6claboussuresqu'occasionnent lespluies; ils sont entraines
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par les eaux ; on les trouye sur les fourrages, surles foins, les luzernes, les avoines mouillös, inondös, vas6s, recoltes dans des terres marecageuses; ils peuventexister dans les eaux croupissantes. L'infection des fourrages est le rfeultat d'un mecanisine facile äcomprendre.Tout fourrage trempö, inouille, imbibe, inonde, devient un milieu de culture trös apte ä la pullulation de nos deux microbes; la semence vient du sol, et la pullulation se faitd'autant plusvite que les journ6es deviennent plus chaudes. Quand, aprcs cela, le fourrage se dessecho, les microbes restent adherents ä la sui'face des plantes et des graines, dans les fentes de l'ecorce, avec toutes sortes de poussieres. Ce ne sont pas lä de simples vues de l'esprit; on verra d'ailleurs ci-apres qu'il est aise d'extraire ces microbes des fourrages pour leur faire produire ensuite la maladie ; on verra comment Tinfection se produit par l'intermediaire des fourrages et de l'eau ; on s'expliquera comment la maladie peut se montrer a I'etat enzootique ou epizootique.
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VI. — Etiologie. — L'infection par les fourrages et les avoines avaries est la cause reelle des pneumo-enterites : experiences d'infection ; la traciiee est pour les microbes des fourrages la voie de penetra­TION LA PLUS SURE. — La FATIGUE ET LES REFROIDISSE-MENTS CUTANES CONSTITUENT, SURTOUT PAR LEUR REUNION, DE PÜISSANTES CAUSES ADJUVANTES; IL EN EST DE MKME DE l'aCCLI.MATEMENT. — UnE PREMIERE ATTEINTE NE CON-FERE PAS NECESSAIREMENT L'lVIMUNITE. — Le STREPTO-COPE PREMUNIT-IL CONTRE LBS ATTAQUES DU DIPLOCOQUE,
et vice versa ? — La contagion naturelle est tres
RARE.
1deg; — L'infection par les fourrages et les avoines avaries est la cause reelle des pneumo-enterites; experiences d'infection; la trachea cons-titue pour les microbes des fourrages la voie de penetration la plus sure.
L'alimentation par les mauvais fourrages a 6te invoquöe de tout temps pour expliquer le developpement des mala­dies epizootiques, soic qu'on en fit la cause principale, soit qu'on la considerät simplement comme adjuvante ou ac-cessoire d'une autre cause plus puissante : la contagion.
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Mais il faut bien dire que c'etaient les fourrages tres alterös, soit par les moisissures, soit par le limon döpose par les cours d'eau d6bordant de leur lit, que Ton soup-gonnait ainsi. Ceux qui, au moment de la röcolte, avaient 6te lavös par des pluies abondantes, etaient consid6res comme des aliments plutöt insuffisants qu'essentielle-ment nuisibles; cependant, lorsque le sol n'est pas entierement couvert par la vegetation, ainsi que cela existe dans beaucoup de prairies artificielles, ou lorsqu'il a 6t6 bouleverse par le travail de nombreuses taupes, la fourrage mouille peut se souiller ä son contact; ajoutons que la dessiccation se faisant avec lenteur et diflicultö, les tiges et les feuilles ne manquent pas de se couvrir de v6g6taux cryptogamiques, parmi lesquels un certain nom-bre peuvent 6tre pathogenes. Relativement aux fourrages qui, sans etre manifestement alt6r6s, ne presentent cepen­dant pas une odeur aromatique franchement agr6able, on constatait bien, en y apportant un peu d'attention, que la qualitö laissait ä desirer; mais on les acceptait, on les accepte encore partout, dans l'industrie, les administra­tions et m6me l'armöe. Des fourrages moins bons encore, sans que pour cela I'envasement ou les moisissures soient absolument manifestes, sont 6galement livr6s a la consom-mation, soit par les proprietaires qui les ont r6colt6s, soit par ceux qui, en les achetant ä bas prix, croient y trouver une compensation ä la quality qui fait d6faut.
Or, nous avons constate que ces differentes qualitös de fourrages, auxquelles il convient de joindre les foins trop vieux et en quelque sorte ttsös, recelent en elles, — sans doute ä la surface des tiges et des feuilles, — les micro-organismescaract6ristiquesde l'^pizootie qui nous occupe.
Mais nous avons fait une autre constatation : c'est que l'avoine peut recöler 6galement ces memes germes, des qu'elle ne presente plus l'odeur franche qui caractörise le grain mür bien r6colt6 et bien conservö, — des que cette odeur devient d6sagr6able, rappelant plus ou moins l'aigre ou le moisi.
On salt dans quelles conditions se fait g6n6ralement la r6colte de l'avoine. Les cultivateurs aiment ä la laisser javeler, c'est-ä-dire qu'ils la laissent 6talee sur le sol en
G1LTIE* ET TIOLKT,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;A
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couches minces — javelles on andains — pendant un cer­tain temps, parfois plusieurs semaines, et il ne leur deplait pas quelle y regoive un peu de pluie, pretendant que le grain y gagnera en qualite, qu'il sera plus beau, plus nourri. Lorsque la pluie est passagere et que le beau temps permet ensuite de rentrer les gerbes bien seches, le javelage n'a peut-etre pas de grands inconvenients; il ne peut plus en etre de m6me lorsque les pluies sont dura­bles, et, sans parier de la germination du grain qui, heu-reusement, exige un certain temps, ce dernier peut etre souillö par son contact avec le sol, ou par les öclabous-sures soulevees par la pluie. Inutile d'ajouter que si I'hu-midit6 ne disparait pas completement, ce meme grain, bien que mis en tas, se couvrira de cryptogames microscopi-ques, dent les germes rapportes du dehors n'ont pas tou-jours besoin du contact de Fair pour se developper.
C'est apres avoir trouve dans les matieres des döjections intestinales des chevaux malades, et meme, comme on I'a vu, dans les crottins de plusieurs de ces animaux qui ne presentaient aueun Symptome de l'affection r6gnante, les memes microbes que nous rencontrions toujours au sein des lesions organiques, que nous avons 6te conduits ä sus-pecter les aliments. Un fait d'observation clinique nous a d6termin6s a verifier sur le champ si cette suspicion etait ou non fondee. Parmi les malades chez lesquels nous avons vu le thermometre accuser une 61evation subite de temperature de 2deg;, il s'en est trouve un qui avait encore devant lui une poignee de tres mauvaise luzerne, qu'on avait du frauduleusement introduire au milieu d'une botte de meilleure qualitö. C'est avec cette luzerne que nous avons realise notre premiere experience demonstrative de la noeuitö des fourrages.
II est evident que, si les microbes pathogenes se deve-loppent sur les tiges des plantes fourrageres et sur les grains d'avoine, ils sont par cela meme journellement in-troduits dans I'appareil digestif; de plus, ils doivent pen6-trer sous forme de poussieres dans les voies respiratoires: ainsi se trouveraient expliqu6es et la genese de la maladie et la forme 6pizootique qu'elle rev6t.
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Quel procöde convenait-il d'adopter pour les experiences nouvelles que nous allions instituer? II nous a paru bien inutile de nous adresser an tube digestif, attendu que Tali-mentation avec des fourrages suspects, qui avait lieu chaque jour sur une vaste echelle, se presentait elle-m6me avec tous les caracteres d'une veritable expörience, et nous savions que, parmi les animaux soumis ä ce re­gime, quelques-uns se bornaientä avoir I'appareil digestif infectö. II ötait done preferable de recourir ä la muqueuse des voies respiratoires, que des experiences anterieures nous avaient appris a considerer comme permettant une penetration, une infection plus sure; mais, au lieu de faire inhaler des poussieres, nous avons pris le parti de sou-mettre les aliments suspects a un lavage avec la moindre quantite d'eau possible, et d'utiliser en injections tra-ch6ales ouen injections veineuses le liquide plusou moins trouble ainsi obtenu.
On salt que, dans les voies aöriennes, les injections d'eau pure n'ont aucune suite facheuse; si, au lieu d'eau pure, on se sert d'une eau inoffensive par elle-meme, mais char-gee pröalablement de particules insolubles, inertes ou Vivantes, le liquide sera absorbs et les particules se fixe-ront sur la muqueuse, exactement comme si elles y avaient 6t6 transportöes par la colonne d'air inspire : organiques et inertes, ces particules seront detruites'ou rejetöes; mi-n^rales, elles seront susceptibles, en blessant la muqueuse, de favoriser la penetration des particules Vivantes, des mi­crobes, qui pourraient deja par eux-memes, et en vertu de leurs mouvements propres, se frayerune voieä travers les tissus.
Dans lesveines, I'eau pure inject6e en petite quantite est sans action nocive; mais si eile est chargee de germes vivants, ceux-ci m6les au liquide sanguin seront trans-portes avec lui dans tous les organes et se multiplieront la oil ilsauront rencontre les conditions necessaires ä leur developpement.
Pour preparer le liquide d'injection, nous avons procedö de la maniere suivante. Persuades que I'introduction d'un litre de liquide dans la trachee devrait sulfire, nous avons plonge et laisse macerer plus ou moins longtemps, selon
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les cas, dans un litre et demi ä deux litres d'eau, tome la quantite de foin qui pouvait s'en trouver humectöe. Au besoin, cette quantite, que Ton malaxait de temps ä autre, etait remp!ac6e par une autre qui 6tait traitöe de müme, puis le tout 6tait soumis a l'action de la presse, Le liquide reeueilli etait filtre ä travers un linge fin et d6cant6 apres quelques instants de repos, de fagon ä ne conserver que le litre du fond, le plus charg6 en particules Vivantes ou autres. C'est ce dernier qui 6tait injecte en une seule foisdans la trachte des chevaux d'ex-pöriences, ä l'aide d'une canule aiguille, de fagon a pro-duire le moindre traumatisme. Les injections intra-veineuses ont 6t6 pratiqu6es exclusivement sur des lapins ; elles ne röclamaient que quelques centimetres cubes de liquide.
Ceci etant expose, nous allons rendre compte des exp6-riences assez nombreuses que nous avons faites dans cet ordre d'id6es.
A) Experiences ay ant pour objet la luzerne.
lre Experience. — Le 30 juin, une poignee de luzerne de tres mauvaise qualite est mise ä macerer dans de I'eau distilleo froide. D'un jaune terreux, d'une odeur fort desagreable, cette luzerne, evidemment vasee et quelque peu moisie, donne beaucoup de poussiere quand on 1'agite; sa maceration exhale une odeur de furnier et donne un depot terreux tres abondant.
Inoculee ä un lapin par la voie veineuse, cette maceration le tue en vingt-et-une heures. Les lesions sontcelles que produit le strep-tocoque: violente congestion de tous les intestins; congestion de la rate qui est noirätre et d'un volume enorme; congestion du foie et des reins ; vascularisation de l'epiploon; poumon indemne ; dias-tasemie. Les preparations faites avec le foie montrent de beaux strcptocoques isoles ou reunis en amas considerables ; on en voit aussi de dissocies, sous formes de microcoques et de diplocoques volumineux.
Comme on le voit, la mort du lapin inocule a ete aussi rapide et les lesions aussi caracteristiques que chez les sujets inocules avec les matieres les plus virulentes fournies par le cheval. Ajoutons que le sang de ce lapin nous a servi a en inoculer deux autres, 1'un dans la veine, I'autre dans le tissu conjonctif sous-cutane : tous deux sont morts egalement, le premier en onze heures et le second en trente heures, en presentant les memes lesions et les memes
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microbes que 1c precedent. Enfin, dans le but de determiner 1'ac-tion de ces derniers sur lo cobaye, nous avons inocule un de ces animaux par voie hypodermique avec le sang du dernier lapin : le sujet, observe pendant plus de six seraaines, n'a jamais semble malade.
11raquo; Experience. — Le 2 jnillet, im deuxieme echantillon de lu-zerne, pris au milieu d'une botte d'assez mauvais aspect, est traite par maceration comme le precedent. L'odeur de ce fourrage est un peu desagreable; sa couleur jaunätre semble due aux eclabous-sures occasionnees par la pluie au moment de la recolte ; du reste, le liquide donne un depot terreux assez abondant.
Ce liquide a ete inocule a. deux lapins, qui ont resiste. Nous devons dire que Tun de ces animaux avait deja ete inocule ante-rieurement sans succes. Faute de sujets dans le moment, nous n'avons pu renouveler cette experience, qui, en raison de la mau-vaise qualite de la luzerne, aurait cependant demande k etre con-trolee. Nous pensons que le resultat negatif pourrait bien, dans ce cas et dans plusieurs autres analogues, oü des experiences sur le cheval sont venues demontrer Faction malfaisante du fourrage em­ploye, etre du ä la petite quantitede liquide injecte, qui contenait sansdoute trop peu de microbes pathogenes pour qu'ils pussent se reveler.
B) Experiences ayant potcr objet le foin de prairies naturelles.
Ire Experience. — Le 8 juillet, un echantillon de foin bien vert, provenant de bonne prairie, d'odeur aromatique fort agreable, en un mot, recolte dans d'excellentes conditions et constituant un ali­ment de qualite absolument superieure, est preleve sur la ration d'un cheval de troupe en traitement ä l'Ecole veterinaire, et mis k macerer dans l'eau. Lo liquide obtenu est tres aromatique, un pen verdätre et ne fait pas do depot. Deux lapins re^oiventune injection de ce liquide dans les veines, et ne presentent ulterieurement au-cun Symptome maladif.
IIC Experience. — Le 4 juillet, une poignee de foin formente, dit foin de Bourgogne, de couleur brunätre, et d'odeur peu agrea­ble, comme s'il avait sejourne centre une muraille humide, a ete mise ä macerer dans de l'eau froide pendant une demi-heure. On retire un litre et quart de ce liquide, qui s'est fence en couleur et n'a pas contracte d'odeur franchement desagreable ; il n'y a rien de terreux dans le tres leger depot qui se forme apres quelques instants. Le foin, ainsi lave, a repris l'odeur aromatique un peu forte qui caracterise le foin fermente.
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A part quelques centimetres cubes qne Ton reserve pour une autre experience, tout le liquide ci-dessus est introduit, ä6 heures du soir, dans la trachee d'un vieux cheval entier, bien portant, chez leqnel on constate anparavant, alors qu'il venait de foumir un certain trajet : pouls, 42 ; respiration, 14 ; temperature, 38raquo;3.
Aussitötrentre ä l'ecurie, l'animal expulse des crottins assez sees, qui sont recueillis et utilises pour une experience dont il sera parleplus loin ; puis il se campe et rend un peu d'urine de couleur rougeätre; il a quelques quiates de toux, mais cela ne I'empeche pas de manger.
A huit heures, on trouve le cheval couche, se plaignant et pa-raissant avoir des coliques ; ä un moment donne,il se place metne sur le dos, puis se releve, pour se coucher de nouveau. S'il reste debout un moment, il s'eloigne du rätelier et ne regardo plus la nourriture ; les oreilles et les extremites sont un peu froides ; des crottins ramollis ont ete rendus en abondance ; l'animal a aussi urine considerablement. T, 33deg;; P. 42 ; R. 24.
5nbsp;juillet, six heures du matin. — L'animal est releve ; il mange, mais avec peu d'appetit. T. 38raquo;1 ; P. 44 ; R. 14.
Sis heures du soir. — Le sujet est plus triste ; les crottins continuent ä etre ramollis ; I'inappeteaee est complete. T. 3901 ; P. 48 ; R. 9.
6nbsp; juillet. — Meme etat.
7nbsp; juillet. — La tristesse et l'inappetenoe persistent ; une toux profonde et quinteuse se fait entendre do temps a autre ; les parois pectorales sont sensibles a la percussion, ainsi qu'ä la pression des espaces inter-costaux. A six heures du matin : T. 40raquo; ; P. 48 ; R. 12 ; — ä six heures du soir : T. 39quot;8 ; P. 51 ; R. 12.
L'animal est sacrifie le 8 juillet.
Lesions. — Epanchement pleuretique d'environ deux litres d'un liquide ayantla couleur foncee du vin de Malaga ; un peu de vascu-larisation de la plevre et un peu d'exsudat jaunätre et adherent ; pneumonia ä droite, dans le bas et dans la region qui repond au defaut de 1'epaule ; la partie hepatisee, centrale, a un volume exce-dant celui des deux poings, tout autour le poumon est conges-tionne ; les deux lesions reunies (hepatisation et congestion) ont le volume d'une tete humaine ; elles affectent la forme lobulaire • l'hepatisation est jaunätre ; le tissu, tres friable, estinfiltre de ma-tieres fibrineuses ; les lobules congestionnes laissent ecouler une serosite rosee et spumeuse ; ils sont comme disseques par la sero-site plus jaunätre qui infiltre les cloisons. Toutes ces lesions sont absolument receates. Dans la region correspondante, le poumon
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gauche presente un noyan de congestion du volume du poing. — Les reins sont congestionnes ; on volt dans la substance corticale nn tres beau piquete hemorragique. — L'articulation coxo-femorale gauche est romplie d'une abondante synovie de couleur rouge fonce.
Voilä done nne pleuropneumonio, avec nephrite et arlhrite, qui a ete determinee par Tinjection intra-tracheale d'une maceration de foin de Bourgogne legerement avarie.
Rcstait k savoir si ces lesions renfermaient les microorganismes pathogenes de l'epizootie qui nous occupe On a done injecte dans la veine d'un premier lapin lcc- d'un melange fait aveo le liquide d'epanchement et le sue obtenu par expression du poumon malade. L'animal a succombe de suite. Un deuxieme lapin inocnle de la meme maniere avee un tiers de c. c. du meme melange, cat mort apres treize ou quatorze heures, en presentant des lesions qui rap-pelaient ä la fois celles du streptocoque et celles du diplocoque. Des preparations faites avec le foie, la rate et le roin montrent des microeoques, des diplocoques et des streptocoques. Les deux Varietes de microbes semblent s'y trouver, avec predominance du diplocoque.
Disons aussi que le crottin rendu par le cheval aussitöt apres 1'injection tracheale, a servi ainoculer on lapin quiestmort la nuit suivante, en presentant les lesions de la maladie du streptocoque, avee nombreux streptocoques dans le sang. Le cheval avait done deja les voies digestives infectees, ce qui ne 1'a pas empeche de contracterune grave affection des voies respiratoires.
Illquot; Experience. — Le 5 juillet, un lapin re?oit dans la veine 2lt;*- du liquide de maceration utilise la veille surle cheval dont on vient de lire l'observation. Le resnltat de cette experience a ete negatif, ce qui peut etre attribue, soit k une immnnite naturelle du sujet, soit, et plutöt, k la petite quantite de liquide inoculee, danslaquelie les microbes pathogenes devaient se trouver en trop petit nombre.
IVlaquo; Experience. — Le 7 juillet, une poignee de foin do Bour­gogne egalement fermente, exhalant une odeur aromatique assez agreable, et provenant d'nne maison qui a eu plusieurs malades, est traitee par i'eau froide, ainsi qu'on 1'a fait pour d'autres echan-tillons. Deux lapins sont inocules, paimi lesquels un succombe dans la nuit suivante ; I'autre ne devient pas malade. Les lesions presentees par le premier sont celles du diplocoque ; du reste, ceux-ci se voient en abondance dans le sang.
Vlaquo; Experience, — Le 7 juillet egalement, on prepare une mace­ration avec un foin du pays, grossier, non aromatique, exhalant
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memo une odeur de marecage apres avoir ete mouille. Get echan-tillon de foin nous a ete fourni par une maison. qui a perdu des malades.
Deux lapins sont inocules: I'ua d'eux succombe en moins de douze heures, en presentant les lesions de la maladie du strepto-coque. Ce microbe se voit en grand nombre dans le foie, le sang et le rein.
VI' Experience. — Le 12 juillet, un echantillon de foin, pris chez un proprietaire recoltant, qui a eu des chevaux atteints dc fievre typhoide, nous est expedie par M. Ory, veterinaire ä Fours. Ce foin, de qualite mediocre, a du etre mouille au moment de la recoltc. On le traite comme les precedents, et on inocule avee I'eau de maceration deux lapins, dont Tun resiste, tandia qua I'autre succombe en trente heures environ,
Les lesions ont ete oelles que dätermine le streptoooquo ; les preparations raicroscopiques ont montre ce dernier en quantites considerables, notamment dansle foie.
VHlaquo; Experience. — Le 18 juillet, avec la meme qualite de foin, dont une partie avait ete utilisee dans la VI0 experience, on prepare une nouvelle maceration qui est injectee dans la matinee, a la dose d'un Ktre et quart, dans la trachee du poulain dont il a ete deja parle anterieurement (p. 54). Au moment de l'operation, la temperature rectale est de 38raquo;7,
Pendant l'operation, 1'animal a tousse ; aussitöt rentre ä l'ecurie, il a rendu de l'urine blanchätre, sedimenteuse, puis des crottins assez sees ; bientöt il a presente de la dyspnee et quelques legeres coliques ; des crottins de plus en plus ramollis ont ete expulses a plusieurs reprises, en moins d'une heure ; les evacuations urinaires se sont egalement succede a de faibles intervalles ; le liquide, totalement modifie, etait devenu clair et de couleur jaune-rougeätre. Toute lajournee,le poulain a ete triste et a completetneat refuse la nourriture,
19 juillet, huit heures du matin. — L'animal se montre moins triste et cherche ä manger. De chaque cöte, en arriere de 1'epaule et en bas, la pressiou inter-costale developpe de la douleur ; il semble meme qu'il y ait un peu de sub-matite. Les crottins ont repris leur consistance habituelle. T. 40raquo;! ; P. 72 ; R. 38.
20,nbsp; huit heures du matin. — Appetit; peau un peu froide sur le train posterieur; T. SQ'S ; P. 62; R. 20.
21.nbsp; — Elat general satisfaisant, bien que la poitrine soit tou-jours douloureuse dans les memes points; T. 3904; P. 66; R. 18.
23. — L'appetit est devorant; malgre cela, le sujet a sensible-ment maigri depuis deux jours; l'urine est redevenue sedimen-
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teuse ; la temperature est descondue ä 38o3. Pensant que I'animal va guerir, on tento de donner une acuite nouvelle k la maladie experimentale, en determinant un refroidissement marque de la peau. Dans ce but, on arrose completement le sujet avec de l'eau assez froide k dix heures et deraie, onze heures et demie, trois heures et demie, cinq heures et six heures et demie. Si ces ablu­tions sont renouvelees a d'aussi faibles intervalles, c'est que I'ani-mal seche promptement sans garder la peau froide.
24.nbsp; — La temperature rectale accuse 3904; tout, en tenant compte de son tour de rein , il semble que los mouvements du poulaia sont plus difficiles; les membres sont raides ; les articu­lations flechissent ä peine ; toutetois, I'appetit se maintient.
On renouvelle les ablutions comme la veille.
25.nbsp; — T. 39o; P. 60; R. 16.
Du 25 au 29, jour ou le poulain est sacrifie, on constate que, bien que I'appetit se maintienne, l'amaigrissement se prononce de plus en plus ; les mouvements sont aussi de plus en plus automa-tiques ; du cöte de la poitrino, la maladie dont 1'existence s'etait rcvelee par quelquea symptömes dans les jours qui ont precede le 23, semble avoir reparu et meme fait quelques progres.
Lesions. — Congestion pulmonaire double : le tiers moyen du poumoquot; droit est envahi; raifection est lobulaire, et les lobules sont incgalement interesses, ainsi quo le denote leur couleur va­riant du rouge clair au brua fonce ; les cloisons conjonctives sont deja plus nettement aocusees par I'infiltration; quelques fines bronches contiennent un muco-pus epais; — dans le poumon gauche, qui ne s'affaisse quo tres peu, la congestion est presque generate, mais eile est disseminee sur des lobules plus petits; 1'aspect d'une surface de section est comme granite; les parties congestionnees se montrent rouges sur le fond rose päle du tissu sain. Ganglions bronchiques un peu tumefies. Dans le pericarde, un verre de serositc jaunätre et limpide, sans vascularisation ni ecchymose de la sereuse; myocarde et endocarde restes indemnes. Muqueuse intestinale presentant un peu de vascularisation dans certains points; quelques plaques de Peyer sont congestionnees; foie sans lesion notable; quelques ecchymoses a la superficie de la rate. Tissus presentant generalement une certaine paleur. Les articulations coxo-femorales, feraoro-tibiales et humero-radio-cubitales ont ete ouvertes : dans toutes, synovie en exces, ayant I'apparence d'une serosite iacolore et faiblement albumineuse; de plus, les franges synoviales sont congestionnees. Ainsi se trouve expliquee la raideur, la difficulte des mouvements.
Avec le liquide obtenu par expression dn poumon, on a inocule
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le 29 juillet un lapin, qui, apres avoir ete Ires malade pendant une journee, a paru devoir se retablir. Sacrifie apres deux jours, il a servi ä inocnler un autro sujet de meme espec'e, en utilisant le liquide epais et sanguinolent obtenu par expression du feie ot d'un rein, sans addition d'eau. Ce dernier est mort dans la nuit qui a fait suite a la premiere joumse. Parmi les lesions qn'il a pre­sentees, nous citerons une congestion disseminee du poumon, aves hemoptysie et forte diastaseraie. Les preparations microseopiques ont mnntre de beaux streptocoques, mais un peu clair-semes, et de nombreux microcoques paraissant appartenir ä l'autre variete pathogene.
Le poulain qui avait resiste k des ingestions reiterees do matieres animales virulentes, a done contracte une pneumonie compliquee d'autres lesions, par I'action d'une maceration de foin introduite dans la (rachee. Cette maladie, en voie do resolution, a pris un nouvel essor ä la suite de refroidissemonts do la peau.
Vllle Experience. — Un reste de 1'eehantillon do foin expeii-mentesuccessivementle 12etle 18 juillet {VIC et VIIeexper.), estmis ä maeeror dans I'eau; mais comme la quantite on est faible, on y ajoute un peu de luzernc et un peu de foin de Bourgogne, ces derniors preleves sur les fourrages fournis pour le service de nos infirmeries. La maceration dure du 25 juillet, sept heures du soir, au lendemain matin, sept heures. Apres en avoir exprimo le liquide, on laisse celui-ci en repos pendant six heures, et on garde seulement le litre du fond, qu'on injecte le 26 juillet, ä deux heures et demie, dans la trachee d'une jument deja ägee, mais vigoureuse et en tres bon etat, abandonnee pour cause de hernie ventrale incurable. En raison de sa vigueur et de son indocilite, la bete doit etre couchee pour quo I'operation devienne possible. Disons aussi que ses dejections intestina.les avaient ete, la veille, I'objet d'une inoculation, ä laquelle le lapin d'experience a com-pletement resiste.
Peu d'instants apres 1'injection, la jument a eu des evacuations copieuses rfe crottins, aecompagnees d'un liquide sero-muqueux abondant; bientöt est survenu un frisson prolonge, accuse par des tremblements mnsculaires generaux. Le lendemain et les jours sui-vants, la bete paraissait sensiblement revenue k son etat anterieur; la temperature, prise le 2S, eta.it 3,39deg;. Cependant le crottin etait devenu plus odorant le 29, en meme temps qu'il presentait, ä sa surface, un enduit visqueux non remarque jusqu'alors. On I'ino-cula a un lapin, qu'il rendit immediatement malade. Sacrifie le 31 juillet, alors qu'il semblait vouloir se retablir, cet animal a preseute une rate triplee de volume, et un foie forteraent conges-
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tionne, avec hemorragios interslitiolles. Les preparations faites aveo lo sang, le foie, la rate et lo rein ont raontre des miorocoques volumineux, mais qui n'etaient plus reunis en chainettes, ce que ramelloration surveane dans la sante du lapin permettait dejä de prevoir.
La jumenta ete sacrifice le 30 juillet.
Lesions. — Congestion pulmonaire avec commencement de pleuresie ; la congestion siege surtout ä gauche, cote sur lequel la jument etait coucheo lors do 1'injection trachealo ; cette lesion a le volume des deux poings. ct occupe ie bas de la partie raoyenne du poumon, on arriere de 1'epaule; tout autour de la lesion prin-cipale, et s'avaiKjant ä quelquc distance, on volt quelqucs lobules isoles, egalement atteints de congestion. La plevre qui est en rapport avec la partie malade se montre soulevee par une inflllra-tion sereuse; de plus, eile est epaissie et couverte do petits tractus pseudo-membraneux sans organisation. Sur une coupe, le tout rappelle un peu l'aspect du poumon du boeuf peripneumonique. Dans le poumon droit se voient, ga et la, quelques lobules conges-tionnes. Pas d'epanoliement dans la plevre ; mais, dans le peri-carde, un verre environ de serosite assez limpide; ecchymoses sur l'endocarde et infiltration des valvules auriculo ventriculaires. L'intestin est peu malade; le foie, la rate et les reins, ces der-niers surtout, presentent des traces de congestion; on voit aussi ä la surface du foie quelques tractus pseudo-membraneux.
Le sue du poumon a ete inocule le jour meme a un lapin. D'abord tres malade, ce sujet paraissant aller mieux le lendemain fnt sacrifie. On trouva : poumon presentant des ecchymoses a sa surface; rate et foie un peu congestionnes. Dans ces derniers organes, ainsi que dans le sang et ie rein, le microscope ne fit voir que des microooques. Ces lesions servirent ä inoculer un autre lapin, qui, ayant rej.u 2cc. du liquide epais et sauguinolent obtenu par simple expression du foie et du rein, mourut itnmediatement. Un deuxieme, inocule seulement avec lcc-, mourut dans la soiree, en presentant comme Ie lapin primitif le poumon ecehymose, le foie, la rate et le rein congestionnes. Dans les preparations faites avec cos organes, on vit des microcoques, des diplocoques et quel­ques chainettes. Les lesions paraissent avoir ete determinees par la reunion des deux microbes habituels.
L'experienco principale qui vient d'etre relatee nous parait bien demonstrative, en Mison de l'etat florissant de sante de la jument qui a ete utilisee. II est bien certain que sa pleuro-pneumonie ne pent etre attribuee qu a l'injection tracheale, et il est non moins certain que cettä maladie etait microbienne, Les microbes ont done ete fournis par les fourrages utilises.
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IXC Experience. — C'cst un foin de Bourgogne destine a nos inflrmeries, mais refuse ä la livraison, qui a servi ä faire cette experience et quelques-unes des suivantes. D'odeur nulle et plutöt desagreable dans son ensemble, ce foin quoiquo fermente a peu de couleur; il scmble tres vieux et degage des poussieres abon-dantes ; au milieu do la masse, se voient de nombreuses poignees noiratres, d'odeur un peu piquante, qui pourraient bien etre cons-tituees par le foin de l'exterieur de la meule, trop longtemps sou-mise aus intemperies.
Une maceration datant de vingt-quatre heures, qui a depose abondamment et dont la couleur est tres foncee, est injectee ä la dose d'un litre, le 5 aoüt, ä six heures trois-quarts du matin, dans la trachee d'un cheval sect;ge d'environ quinze ans et d'une bonne sante apparente. Le crottin rendu par ce cheval un instant avant I'inj ection sert a inoculer un lapin, qui meurt en moins de vingt-quatre heures, avec les lesions du streptocoque. L'appareil digestif du sujet etait done infecte, ce qui n'a pas erapeche I'experience d'avoir pour l'animal des effets en quelquesorte foudroyants, ainsi qu'on va le voir.
Rcntre aussitot apres Toperation, le cheval se met immediate-ment ä manger, sans en paraitre autrement incommode ; mais un quart d'heure apres, il presente dejä un peu d'essoufflement. A 7 heures d/2 (trois-quarts d'heure apres l'injection), il cesse de manger, gratte le sol, respire avee difficulte, s'agite et bientAt se couche. Lc pouls est insaisissable et on compte quatre-vingts res­pirations : la temperature, peu influoncee encore, n'est qu'a HSraquo;. L'etat s'annonce comme devant etre tres grave.
A 11 heures, tremblements musculaires generaux qui secouent violemment tout lc corps; peau un peu froide au chanfrein et aux extremites; la respiration est descendue ä 56 ; le thermometre accuse 3808. Les coliques persistent: de temps en temps l'animal se met debout, mais il se recouche presque aussitot; il semble aneanti. Descrottins sent rendus avec du liquide ; on ne voit pas le malade uriner.
A 3 heures, il semble etre moins mal ; neanmoins il succombe vers 5 heures 1/2, c'est-ä-dire dix heures et demie seulement apres Tinjection tracheale. L'autopsie est pratiquee de suite.
Lesions. — Pleuro-pneumonie double, beaucoup plus intense ä droite, dont l'existence est denotee ä l'exterieur par la couleur noirätre de l'organe, nuancee de zones un peu plus claires; la plevre se montre epaissie, luisante, avec un commencement d'ex-sudation ; la pneumonic est a la periode de congestion ; les lobules malades, separes par des cloisons infiltrees et jaunatres, presen-
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teat uae couleur rouge plus ou moins fonceo, sur laquelle tranchent quelques points hemonagiques. A droite, la maladle occupe lo lobe anterieur et la moitie inferioure de la partie moyenne. Ag-au-che, eile occupe seulement le bas de cette derniöro region. Dans la plevre, epanchement de plusieurs litres de sei'osite un pou trou­ble. Plaques hemorragiques sous I'endocarde. Muqueuse du sac droit de l'estomao boursouflee et d'un rouge vif ; violente conges­tion de l'intestin grele, surtoutdu duodenum ; congestioncommen-gante du colon, et particulierement du colon flottant. Foie et rate en apparence peu malades ; reins congeationnes. L'oncephale mis ä decouvert montre une tres vive injection de la pie-mere; en incisant la substance cerebrale, on constate une repletion con­siderable des vaisseaux qui la parcourent en tous sens.
Dans ce cas, veritable type de pneumo-enterite, il y a eu en outre une congestion excessive dos centres nerveux, qui explique en partio la rapidite si grande de la mort.
Trois lapins out ete inocules avec les organes malades : deux avec le poumon et un avec l'estomac et l'intestin grele. L'un des deux premiers a succombe de suite; I'autre ayant regu une dose moitie moindre a ete malade, mais il s'est retabli: utilise plus tard pour une nouvelle experience, aux suites de laquelle il a suc­combe tres rapidement, il a presents des lesions chroniques du foie. Le troisieme lapin n'est pas mort et a reju ulterieurement une autre destination.
Ces trois experiences complementaires n'ont done pas donne de resultats bien nets. Celle dont I'expose va saivre est plus con-cluante.
Xlaquo; Experience. — Le 5 aoüt, quelques instants apres avoir pra­tique 1'injection traoheale dont les suites viennent d'etre relatees, on injecta a un lapin, dans la veino, 3 c c, et dans les narinos 4 c c. du meme liquide qu'au cheval. Le lapin devint tres malade^ mais ne succomba que dans la nuit du 10 au 11 aoüt.
Lesions. — Le foie est encore un pou congestionne, et presente ä sa surface quelques fins tractus blanchätres; les reins sont tres älteres et considerablement augmentes de volume : cette alteration est recente. Les preparations faites avec le sang, le foie et le rein montrent des microcoques, des diplocoques ot quelques bätonnets. Avec la matiere du rein, on inooule un nouveau lapin et deux cobayes. Ceux-ci n'ont jamais oesse de se bien porter; mais le lapin, inocule a 10 heures du matin, meurt la nuit suivante, en presentant entre autres lesions une diastasemie tres accusee. Les preparations faites avec le sang, le foie, la rate et le rein montrent
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Cette fois denombreuxetadmirables sti-eplocoques (voiregalement plus loin la XIIquot; Experience).
Les produits du foiu inocules au cheval de la IXe Experience, puis au lap'n de la Xquot;, devaifnt done leur action nocive au strep-tocoque. Le choval a ete tue rapidement, bien qu'il eut dejä l'appa-reil digestif infecte par le meme microbe.
XIe Experience.— Celle-ci, faite encore avec le meme foin, avait pour but de rechereW si I'eau dans laquelle ce dernier avait macere pouvait etre sterilisee par son melange a parties egales avoc une solution aqueuse d'acide azotique a 2 •/„, ce qui portait k i o/o le titre definitif de la solution acide dans laquelle les bacteries pathogenes se trouvaient plongees.
Dans ce but, un demi-litre de cette oau de maceration fut ajonte ä un demi-litre de la solution azotique, et le tout fut injecte, apres dix minutes de contact, dans la trachea d'une jument bien portante, äo-ee de seize a dis-sept ans. On prepara tout aussitöt im autre melange, identique et de meme quantite, qu'on injecta de la meme fa^on ä 5 heures 1/2 du soir, e'est-a-dire un quart d'heure apres la premiere operation.
La jument rentree ä. l'ecurie est bientöt prise d'un essoufflement tres penible; moins d'une demi-heure apres I'injection, on compte 50 respirations. La bete a de legeres coliques, expulse des crottins dabord mous, puis ontierement liquides ; eile rend aussi beaucoup d'urine. A 7 houres du soir, eile fa^t entendre des plaintes et se couche ; une mousse jaunätre abondante s'echappe par les naseaax. L'agitation n'est pas calmee ä 9 heures 1/2 du soir, moment oü Ton cesse d'obscrver ranimal. On le trouve mort le lendemain.
Lesions. — Elles sont plutot intestinales que pectorales. Le pou-mon est encore cedematie dans ses regions inferieures par suite de l'iniection ; ä peino voit-on do distance en distance quelquos petites congestions lobulaires; l'endocarde montre de petites taches ecchy-motiques. L'intestin grele est le siege d'une veritable apoplexie sanguine, avec hemorragie et desquammation epitheliale ; le gros colon et le colon flottant sont congestionnes, mais a. un moindre deo-re • le foie, la rato et les reins semblent peu aflectes. L'ence-phale mis ä decouvert montre une forte vasoularisation do la pie-mere, avec quelques petites hemorragies disseminees ; des coupes prati'quees dans la substance cerebrale y font voir un trea beau piquete de congestion.
Un lapin fut inocule avec I'intestin grele, mais n'en mourutpas; un autre avait ete precedemment inocule sans resultat avec le crottin rondu par la jument avant I'injection tracheale.
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Les experiences IXe et Xlaquo; nous avaien t appris que l'cau de lavage
du fein etait rendue infectante par le streplocoque ; par eelle-ei, nous savons que I'acide azotique en solution a 1 % est impuissant k detruire l'activite de ce bacterien, ce qui oonfirme les resultats d'experiences faites anterieurement sur les virus provenant des lesions organiques.
XIIe Experience. — Le 13 aoüt, un nouvel echantillon du foin utilise dans les IX', X0 et Xlc experiences est mis k macerer dans Teau. A 3 heures du soir, on injecte un litre du liqoide obtenu dans la trachee d'un vieux cheval, dont la temperature est a ce moment de 38deg;.
Rentre aussitot ä l'ecurie, l'animal so remet ä manger ; mais il presente dejä de l'acceleration de la respiration, et son etat s'ag-grave rapidement.
Moins d'une heure apres l'injection, des tremblements muscu-laircs apparaissent; le sujot cesse de manger, se montre triste, abattu et bientot ne peut plus se tenir debout. A 5 heures 1/2, il est couche et dans rimpossibilite de so relever; les tremblements musculaires persistent; la respiration est acceleree, la conjonctive un peu injectee, le pouls inexplorable ; la temperature est des-cendue k 3704.
Le 14, ä une heure, Tanimal est debout et mango un peu ; P. 54; T. 3703.
Le 15, le sujet s'agite sur lo sol sans pouvoir se relover; il mourt k huit heuros du matin.
Lesions, — Noyau assez considerable de pneumonia lobulaire (hepatisation et congestion), avec legere infiltration des cloisons, dans la partie inferieure etmediane du poumon droit; congeition disseminee dans toute l'etenduo de l'organe respiratoire. Pas de pleuresie; un peu de serosite dans le pericardo ; legere hemor-ragio sous-serouso k la surface du ventricule gauche. Enterite peu accusee encore sur l'intestin grele, et, au contraire, tres prononcee sur lo gros colon ; foie et rein congestionnes ; articulation coxo-fernorale gauche (la seule ouverte) presentant des symptomes d'ar-thrite au debut.
On injecte un melange de cos diverses lesions dans les veines d'un lapin, qui succombe la nuit suivante. L'autopsio a montre les lesions et los microbes de la maladio du streptocoque, confir-mant ainsi les resultats donnes particulierement par la Xlaquo; expe­rience.
XIII0 Experiknce. — A l'occasion des quelques cas de mort snrvenus parmi les chevaux du 260 dragons, nous avons regu, de
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M. le Veterinaire principal Foucher, un paquet do trois kilogr. de foin presse, recolte do 1886, provenant des magasins de l'Etat, et en consommation dansce meme regiment depuis le 1quot; aout 1889, c'est-ä-dire depuis une epoque posterieure aux accidents de Fauvernay.
Cefoin etaitassez grossier, päle,'d'odeur aromatique ä peu pres nulle ; il degageait beaucoup de poussiere ; mouille, il prenait une odeur de marecage.
Le 17 aout, on fait macerer une partie de ce foin dans I'eau ; le liquido donne un depot terreux, noirätre, assez abundant. A dix heures du matin, on en injecte un litre dans la tracheed'une jument ägee de dix-huit ä vingt ans, cliez laquelle on note ä ce moment: T. 38o, p. 48 et R. 10.
Une demi-heure apres l'injection, la bete se montre tr6s essouf-flee ; blentöt eile a des coliques et se couche ; des tremblements musculaires apparaissent, mais durent peu. A 1 heure 1/2 de l'apres-midi, la jument est onoore couchee, se pla^ant alternative-ment en decubitus lateral et en decubitus sternal; eile est triste et ne regarde aucunement la nourriture ; la respiration est toujours aoceleree ; beaucoup de crottins ont ete rendus ; la temperature est a 3807, et le pouls ä, 72.
7 heures du soir. — La jument a perdu en partie sa tristosse, et cherche quelque peu k manger; la respiration est tombee ä 12; mais la temperature est ä 39o4 et le pouls ä 102.
18,nbsp; sept heures du matin.— Meme etat apparent; T. 3?raquo;9 ; P. 78 ; R. 12.
19,nbsp; sept heures du matin. — Aggravation : T. 40raquo;, P. 84; R. 12.
20,nbsp;— La jument, tres affaissee, a de nouveau perdu complete-ment l'appetit; eile meurt dans la nuit.
Lesions. — Pneumonie cä droite, occupant la partie moyenno du poumon jusque vers le milieu de sa hauteur : hepatisation au centre et congestion tout autour ; les cloisons interlobulaires sent infil­trees et epaissies. Entente interessant le gros colon ; congestion des reins avec points hemorragiques dans la substance corticale.
Les preparations faites avec la partie hepatisee du poumon mon-trent quelquos streptocoques et d'innombrables microbes ä un et deux articles.
Un lapin inocule en meme temps que la jument, et avec 4 c c. du memo liquide en injection dans les veines, n'a pas succombe. Trois autres ont ete inocules, le 21 aout, avec le sue obtenu par expression du tissu pulmonaire hepatise. Les deux premiers ont ete tues instantanement. Tun par 1/2 c. c, et l'autre par 1/4 c. c. Afin d'essayer de conserver le troisieme, on a dilue fortement le
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sue pnlmonalre avant de l'injecter. Ce sujet estmort dans les vingt-quatre heures, en presentant notamment un poumon occhymose, une rate enorme, noire et raraollie, et enfin de la diastasemie. Les preparations faites avec le sang, le poumon, le foie, la rate et la rein ont montre d'innorabrables microcoqnes un peu tenus. qucl-ques diplocoques et de courtes chainettes. Bien qua ces microbes aient determine surtout les lesions ordinaires du straptocoque, ils devaient etre melanges de diplocoques; peut-etre aussi appar-tiennent-ils ä une espece nouvelle ? Quoi qu'il en soit, la conclu­sion qui se degage de cette experience, c'est qua la foin dont il a ete fait usage s'est montre infectieux at a determine une pneumo-enterite suivie de mort.
C) Experiences ay ant pour objet Vavoine.
Ilaquo; Experience. — La maison ä qui nous devons le foin da prairie naturelle employe dans la IVe experience, nous a egalement remis un echantillon de l'avoine que consommaient ses chevaux. Ce grain, d'assez belle apparence, etait un peu poussiereux et d'odeur peu agreable. Traite par I'eau, comme le foin lui-meme, il a donne un liquide avec lequel deux lapins furent inocules, Tun le 7 juillet, I'autre la 8. Tous deux succomberent, 1'un en tränte heures environ, et I'autre apies quatre jours. Les lesions ont ete celles du streptocoque, un peu attenueas cependant chez le deuxieme lapin. Le microscope a montre qu'il s'agissait bien, en effet, de cet agent pathogene.
11quot; Experience. — Un eobantillon d'avoine preleve, le 7 juillet, sur le grain qui entrait a ca moment dans la constitution da la ration das chevaux de nos infirmeries, fut traite da meme que le precedent, et servit egalement ä inoculer deux lapins, Tan le 7, I'autre le 8 juillet. Ces animaux n'ont pas paru s'en ressentir.
HIlaquo; Experience. — En meme temps qu'il nous envoyait le foin utilise dans la VIe experience, notre confrere, M. Ory, nous faisait parvenir une petite quantite d'avoine provenant, comme le foin, de chez un proprietaire recoltant qui avail eu des chevaux atteints par l'epizootie. L'eau de lavaga de cette avoina a servi, le 12 juil­let, a inoculer deux lapins, qui, tous deux, sont morts, 1'un en trente heures environ et I'autre en quarante-deux heuras. Les le­sions ont ete celles de la maladie du streptocoque. Dans les diffe-rents organes parenchymateux, ca dernier se voyait an quantites considerables.
IVe et Vlaquo; Experiences.— Dans les premiers jours du mois d'aout, nous recevions de M. le veterinaire principal Poacher, deux tres
C1LTIBI ET VIOLET.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; •raquo;
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petits paquets d'avoine, accompagnes des indications suivantes. 1quot; Paquet (de 60 grains comptes): Specimen de l'avoine consnmmee ä lew dernier rcpas par les chevaux du 20' dragons qui ont succotnbe ä Fauvernay ; grains ramasses par terre sur la place precedemment occupeepar cesanimaux; —2laquo;Paquet (d'environ quinze grammes): Specimen de l'avoine consommce, pendant la 7iuii du 25 au 2ü juillet, par les chevaux du 1quot; pelolon du 4C escadron.
Le 5 aoüt, ebaeun de ces paquets a ete traite separement par unc petite quantite d'eau. Avec le liquide de lavage du premier paquet, lequel etait legerement sedimenteux, on a inocule un lapin, qui est mort dans la matinee du lendemain.Les preparations faites avec les organes malades (foie, rate, etc.), ont montre des micro-coques et des diplocoques dont 11 a paru difficile de reconnaitre I'espece. Afin d'en determiner la nature, on a, le 6 aoüt, inocule ces lesions ä un autre lapin, qui est mort lui-meme la nuit suivante, en presentant les principales lesions de la maladie du streptocoque. Les preparations faites avec le foie et le sang ont montre d'admi-rables streptocoques, dont 1'origine premiere est ä coup sur l'avoine experimentee.
L'eau de lavage du 2quot; paquet a ete elle-meme inoculee a un lapin qui, apres avoir ete malade, s'est retabli. Utilise plus tard pour une autre experience k laquelle il a succombe en quelques heures, cet animal a presente des lesions chroniques du foie, qui peuvent, selon toute vraisemblance, etre rattachees ä l'inoculation du 5 aoüt.
VIlaquo; Experience. — Le 10 aout, M. le veterinaire principal Foucher nousfaisaitparvenir,avecprleredela soumettre ä l'experimentatlon, deux a trois kilog. d'une avoine d'assez belle apparence, mais un peu poussiereuse et d'odeur peu agreable. Deux lapins rejurent le jour meme en injection intra-voineuse quelques centimetres cubes de l'eau de lavage de ce grain, et n'en parurent pas incom­modes. II n'en fut pas de meme pour la jument de l'experlence suivante.
VIle Experience. — Le meme jour, 10 aoüt, nous injections dans latrachee d'une jument ägee, un demi-litre de ce meme liquide de lavage. Au moment de l'operation, le thermometre marquait chez celte bete 3802. Peu d'instants apres, la respiration presentait une acceleration notable : 24 par minute ; a six heures et demie du soir, on comptait 17 respirations, et le thermometre s'elevait a 39o2.
11 aoüt, neuf heures da matin. — Pools amp; 54 ; 12 respirations ; temperature a 38laquo;3, mais I'anus reste beant.
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12.nbsp; — La jument eprouve quelque difiicuUe ä se mettrc deboat. A six heures du soir, on fait une nouvelle injection trachealc, cette fois avec un litre d'eau de lavage d'une nouvelle quan-tite de la meme avoine. Une demi-heure apres, on compte 36 respi­rations, et le thermometre marque 39deg;.
13.nbsp; — La jument ne pent rester debout; on est dans l'obligation de la sacrifier.
Lesions. — Le poumon droit est le siege d'un oedeme assez etendu, de couleur grisätre ; un moindre existe sur le poumon gaushe ; cette lesion est due k l'injection de )a veille, ainsi qu'en temoigne le liquide spumeux et ä peine colore qui s'ecoule par les inci­sions. 11 y a jiussi de l'emphyseme ; mais la lesion la plus interes­sante consiste en un noyau assez considerable de congestion, qui se voit vers le milieu de la hauteur et de la longueur du poumon droit, et qui semble bien due ä l'injection du 10. Legere hemor-ragie sous l'endocarde venti'iculaire, aussi bien ä gauche qu'ä droite.
On inocule ä un jeune lapin un demi-centimötre cube du sue obtenu en exprimantle poumon congestionne. Cet animal suecombe la nuit suivante, et presente les lesions de la maladie du strepto-coque, dont on trouve d'innombrables et tres beaux specimens dans le foie et dans le sang. L'origine de ces bacteriens est bien evidem-ment l'avoine dont l'eau de lavage a ete inoculee en premier lieu ä la j nment.
#9632;VIIIlaquo; Experience. — Dans les premiers j ours de novembre 1889, il s'est produit quelques cas d'affection typhoide parrai les chevaux du 8laquo; cuirassiers. On avait bien songe en effet ä une affection typhoide ; les malades avaient la demarche un peu titubante, la conjonetive etait rouge foncee ; on constatait un peu de lisere gin-gival ; la temperature etait elevee et il y avait de la pneumonic. Nous avons demande des echantillons d'avoine et de foin pour les soumettre ä nos recherches ordinaires. Le foin avait tres belle apparence; l'avoine etait moins bonne sansetre absolument defee-tueuse ; eile etait poussiereuse et d'odeur peu agreable, quoiqne ayant 4 l'oeil un assez bon aspect. C'est l'avoine qui a fait l'objet de nos recherches ; eile a ete soumise ä un lavage avec de l'eau distillee prealablement sterilisee par l'ebullition. Cette eau de lavage exhalait une odeur desagreablc et donnait un depot terreux assez abondant. Nous en avons donne k trois lapins en injection intra-veineuse et en injection dans le nez; chaeun en a recu le 12 novembre 2 raquo;c dans la veine et 4 laquo;. dans le nez.
Un des sujets est mort le lendemain ; il a ete trouve porteur de lesions anciennes j l'inoculation n'avait fait qu'avancer l'heure de
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la mort. Un second lapin est mort le 14 novembre on presentant des lesiOLS do pneumonie, d'hepatite, etc. ; los preparations faites avec le poumon, le ibie, le sang, ont montre de nombreux diplo-coque? ; les cultures semees avoc le sang oat reproduit le meme microbe et rien que lui. Le troisieme lapin inocule le 12 novembre a resiste.
Le 15 novembre,une emulsion preparee avec le feie du lapin mort le 14, a ete inoculee a deux nouveaux lapins et ä nn cobaye. Un des lapins a encore resiste ; I'autre est mort le 16 ; le cobaye est egalement mort dans la nuit du 16 au 17 ; le lapin et le cobaye ont presente la maladie du diplocoque.
D). Jilpizootie du 3e hussarcls.
Dans le courant du mois de Janvier 1890, une dspizootie s'est d6claree dans le quartier de la Part-Dieu sur les chevaux du 3C hussards; un certain nombre d'animaux sont entres ä rinfirmerie pour cause de pleuropneu-monie infectieuse, et ä la date du 3 fevrier il en 6tait mort une sizaine, dont deux d'une fagon quasi fou-droyante. Le 12 fevrier on nous a envoy6, sur notre demande, des parties d'organes d'un cheval qui avait succomb6 assez rapidement et selon toutes probabilitös ä la pneumo-ent6rite des fourrages, ainsi que le donnaient a penser les lesions observöes sur les fragments d'organes envoy6s et les preparations faites avec ces lesions. En effet, voici ce que nous avons constate. Le morceau de poumon que nous avons eu a notre disposition etait simple-ment atelectasie; toutefois la plevre etait fortement inject6e, et, au dire du vetörinaire, il y avait peu de fausses mem­branes, mais un öpanchement liquide abondant et presque noir. Le fragment de rein etait tres friable et cribl6 d'h6-morragies. La muqueuse vesicale 6tait fortement ecchy-mos6e. Gelle du gros intestin etait vivement enflamm6e, d'un rouge brunätre, tumefiee et friable. Le foie presentait au plus haut degr6 les caractöres du foie muscade. Un caillot provenant de la jugulaire 6tait trös riebe en mi­crobes appartenant au streptococcus pneumo-enteritis equi. On trouvait d'ailleurs le meme microbe dans les 16sions des organes.
Nous avons preparö une 6mulsion avec des fragments des lesions pr6cit6es et nous l'avons inoculöe le 3 fövrier ä
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4nbsp; lapins. Un premier lapin est mort dans la nuit du 4 au
5nbsp; fevrier, avec tous les caracteres de la maladie du strepto-coque. Deux autres lapins sont morts 6galement avec tous les caracteres de la maladie du streptocoque dans la nuit du 6 au 7 fevrier. Le quatrieme est mort le 10 fevrier avec las signes de la meme affection. Le sang de tous ces lapins a donnö d'ailleurs des cultures de streptocoque et a fait pörir d'autres lapins.
II 6tait done bien 6tabli que l'epizootie du 3e hussards 6tait une 6pizootie de pneumo-enterite due au strepto­coque. Restait ä 6tablir l'origine du microbe. Dans ce but nous avons demande des 6chantillons de foin et d'avoine. On nous en a procurö, et nous avons fait les experiences suivantes.
Irl! et 2laquo; Experiences. — Un premier echantillon de foin, provenant de l'infirmerie, d'aasez bon aspect et de bonne composition, avec une odeur aromatique assez agreable, quand il etait vu en masse, etait neanmoins melange de parcelles moins bonnes, jaunätres, poussie-reuses et d'odeur legerement fetide. Nous avons preleve, dans cet echantillon, cinq cents grammes environ des parcelles les plus alterees; nous les avons lavees avec de I'eau distillee, prealablement sterilisee par I'ebullition ; nous avons filtre deux fois, sur un linge, cette eau de lavage ; nous I'avons laissee au repos, puis nous avons decante les couches superieures et nous avons employe, pour notre experience, le liquide des couches inferieures, soit un litre environ. Ce liquide etait tres brunätre et donnait, au repos, un depot assez abondant. II a servi ä inoculer un vieuxcheval et un lapin.
Le cheval en a re?u, dans la trachee, un demi-litro, le 8 fevrier, et un demi-litre encore le 9 fevrier au matin. Le lapin en a re^u 2 oc. dans la veine le 9 fevrier. Le cheval a presente, ä la suite de la seconde injection, une elevation de temperature d'un degre et une acceleration de la respiration. Sacrifle le 10, il a montre les lesions suivantes : Epanchement d'un liquide citrin (2 litres envi­ron) dans la poitrine et dans le pericarde ; congestion dans chaque poumon, occupant le tiers inferieur de la partio moyenne do chaque lobe, etune partio da lobe anterieur gauche ; infiltration jaunätre sous-sereuse et interlobulaire ; aspect multicolore et grenu do la coupe, certains lobules etant plus fences, rouge-brunätics et d'autres grisätres ; friabilite tres accusee des parties malades. Congestion tres vive, disseminee dans certaines parties de l'intes-tin grele. Le lapin a ete malade; on I'a sacrifie le quatrieme jour, et on a constate sur le cadavre les lesions et les microbes de la maladie deterrainee par le streptocoque.
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III0 et IVlaquo; Experiences. — ün autre echantillon de foin, preleve sur celui qui etaiten distribution au 2' escadron, a ete traite comme 1c precedent, auquel il scmblait superieur, quoiqu'il renfermät des parties en apparence mediocres. L'eau de lavage a ete inoculee a un cheval etäun lapin comme precedemment. Le cheval en a regu un litre en deux fois. II a ete serieusement malade ; sa temperature s'est elevee et sa respiration s'est acceleree ; on I'a sacrifie, comme le precedent, le lendemain de la seconde inoculation, et on a trouve, dans les poumons et sur I'intestin grele, les memes lesions que sur le premier. Le lapin s'est comporte aussi comme le precedent; il a ete sacrifie le quatrieme jour et a montre les memes lesions et les memes microbes.
Vlaquo; et VIlaquo; Experiences. — Un echantillon d'avoine grise preleve surcelle que consommaient les chevauxdu S'hussards, a ete traite comme le foin; on en a lave cinq litres avec de l'eau sterilisee. Cette avoine avait belle apparence ; toutefois son odeur n'etait pas tres franche et eile etait un peu poussiereuse. L'eau de lavage a ete ino­culee a la dose d'un litre et en deux fois, dans la trachee, a un cheval; un lapin en a regu 2tcdans la veine. Le cheval s'est comporte comme les deux precedents et a presente les memes lesions, quand on I'a sacrifie le lendemain de la seconde injection. Le lapin est mort le troisieme jour apres I'inoculation, en presentanttoutes les lesions et les microbes de la maladie.
L'examen microscopique des lesions pulraonaires de ces trois chevaux a permis d'y constater la presence du streptocoque ; et I'inoculation dc ces lesions au lapin a reproduit la maladie du streptocoque, comme I'avait fait celle des lesions du cheval mort dans l'infirmerie du 3e hussards.
Ces expöriences sont bien concluantes; elles demontrent que I'origine de la maladie est dans les fourrages. En p6-suinö, l'öpizootie du 3e hussards ötaitbien une 6pizootie de pneumo-enterite, determinöe par le streptocoque qui se trouvait dans le fourrage; tandis que celle du 8e cuiras­siers, moins grave d'ailleurs, 6tait due au diplocoque pro-venant 6galement des fourrages.
D'autres cas de pneumo-enterite se sont pr6sent6s vers la m6me 6poque, dans d'autres milieux, et nous en avons constatö un ä l'Ecole vötörinaire, sur un cheval qui y 6tait en traitement pour un catarrhe des sinus, depuis plu-sieurs semaines. Les fourrages de l'Ecole lui ont donn6 la maladie du streptocoque. II a perdu progressivement
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l'appötit le 1er et le 2 fevrier ; le lendemain il a eu la dömarche chancelante, un peu d'essoufflement, de la toux, de la matlt6 ; les conjonetives sont devenues jaunes, rou-geätres, infiltröes, etc. Une Emulsion preparöe avee l'en-duit des crottins a donn6 la maladie du streptocoque aux deux lapins auxquels nous l'avons inoculee.
E), Pneumo-entamp;rite ohservke ä Firminy (Loire).
A la date du 9 janvier 1890, notre confrere, M, Repiquet, de Firminy, nous 6crivait dans les termes suivants :
laquo; Au sujet des pneumo-enterites infectieuses des four-rages, j'ai conserv6 des notes sur une maladie qui a s6vi sur les chevaux d'une 6curie il y a quelques annöes, sous forme d'entörite, et que j'ai attribu6e ä l'usage d'une avoine avariöe. On a forc6 le fournisseur ä enlever la dite avoine et ä la remplacer par une avoine de meilleure qua­lity, et la maladie a disparu. raquo;
laquo; Actuellement je soigne un cheval qui a de la faiblesse genörale, qui tousse et presente les symptömes suivants : injection des conjonetives qui semblent teintees en rouge; acc616ration de la respiration et de la circulation ; 616va-tion notable de la temperature; matit6 et abolition du murmure respiratoire, dans les parties inferieures de la poitrine; signes d'ent6rite, etc. Sur les quatre chevaux de la meme 6curie, c'est le troisieme qui est malade depuis un mois. Le foin qui entre dans leur alimentation est de mauvaise quality; je lui attribue la genese de la maladie. raquo;
1quot; et 11laquo; Experiences. — Sur notre demande, M. Repiquet a bien voulu nous adresser un echantillon du foin inerimine. Ce fourrage est grossier ; il degage beaueoup de poussiere, quand on le manutentionne ; mouille, il prend nne odeur desagreable. Nous en avons lave 500 grammes avec deux litres d'eau distille, preala-blement sterilisee ; nous avons ainsi obtenu un liquide noirätre, epais, visqueux, analogue k du purin ; nous l'avons filtre a quatrc reprises, sur un lingc, nous en avons conserve 8 decilitres, qui ont ete injectes le 16 fevrier, par parts egales, dans la trachee de deux chevaux. L'un des sujets est mort rapidement, en presentant des lesions de pneumonic et d'enterite ; le second, sacrifie aü bout de 28 henres, a presente aussi une pleuro-pneumonie double, aveo infiltration du tissu interlobulaire et avec exsudat pleural, un
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öpanchement dans le pericarde, des hemorragies sur le coeur, une entente tres manifeste disseminee dans I'intestin grele.
Les lesions de ces deuxsujets ont presente le streptocoque ; ino-culees au lapin, alles I'ont fait perir en 24 heures de la maladie du streptocoque.
Si nous condensons les rfeultats donnes par les 3i expe­riences qui viennent d'etre relat6es avec d6tail, nous verrons que, 26 fois, les fourrages ou avoines ont rendu malades les animaux d'experiences, ou meme les ont tu6s, en donnant lieu dans tous les cas a des 16sions transmis-sibles, en m6me temps que tres riches en streptocoques ou diplocoques.
Parmi les experiences dont les sujets ont surv6eu, il en est deux qu'il convient d'61iminer : Tune faite avec un foin irreprochable (lrc experience); 1'autre faite avec une avoine egalement de bonne qualite (IIC experience). Les resultats de la IIIquot; experience ayant eu pour objet ie foin, oü le liquide de lavage a et6 inutilement injecte dans les veines d'un lapin, se trouvent annuies par ceux de l'expe-rience qui avait precede, dans laquelle le meme liquide avait fait developper la pneumo-enterite sur un cheval. II en est de meme de la VIC, faite avec un echantillon d'avoine sur deux lapins qui ont sunrecu, puisque cette meme avoine a fait naitre la maladie sur une jument. Reste done la II0 experience (luzerne), dans laquelle deux lapins ont ete inocules sans resultat: faute de sujets dans le moment, cette experience n'a pu etre contrölee ; mais nous avons tout lieu de croire que, renouvel6e sur le che­val, eile ne serait pas restee inoffensive. Ainsi que nous l'avons dejadit, la petite quantite de liquide injectee dans les veines des lapins pent ne pas renfermer de microbes, ou n'en contenirqu'une quantite insufRsante pour surmon-ter la resistance de l'organisme.
Si nous examinons les resultats des 13 experiences pra-tiquees sur le cheval, nous constatons que, dans tous les cas, l'injection tracheale des liquides de lavage a donne lieu a de la pneumonie et ä d'autres lesions variees, notamment de l'appareil digestif, — toutes lesions microbiennes et inoculables, ainsi qu'il a ete dit plus haut.
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Nous voyons dans ces rösultats la preuve indeniable de l'origine fourragere des pneumo-entörites. 11 ne sera pas inutile de faire remarquer que, si certains echan-tillons de fourrages employes dans nos experiences 6taient absolument d6fectueux, un plus grand nombre avaient 6te pr61ev6s sur des foins, des avoines d'une vente cou-ranie etd'un emploi frequent dans I'alimentation.
Las experiences relatives ä la maladie des chevaux du 3e hussards, qualifi6e par nos confreres militaires du nom de pleuro-pnemonie infeclieuse, ont eu en outre I'avantage de dömontrer que cette derniere affection doit etre assimilee aux pneumo-eniamp;rites infectieuses des fourrnges. Ces mala­dies sont done tres communes. Avant l'apparition de l'epi-zootie qui fait l'objet de ce mdsmoire, nous en voyions fre-quemment des cas isol^s, qui, salon I'intensit^ at la nature des symptömas dominants, etaient qualifies des noms de fievre muqueuse, flevro ou affection typhoide, enterite, pneu-monie typhoide. Depuis que I'epizootie a disparu, nous n'avons cesse de voir de temps ä autre quelques maladas, at, au moment ou nous ecrivons ces lignes (fövrier-mars 1890j, nos infirmeries en contiennent plusieurs de provenances diverses.
S'il ast vrai qua las animaux s'infactent surtout par las fourrages at les avoinas, ainsi que nos experiences Font pöremptoirement 6tabli. il est egalement vrai, comma I'ont encore dömontre nos recherches, qua la voie respiratoire constitue pour les microbes pathogenas la voie de pene­tration la plus sure. Nous avons bian transmis la maladie par inoculation sous-cutanee (lapin), par injection intra-veineuse, par injection thoraciqueet pulmonaire; mais,en recherchant quelle muqueuse, des voies digestives ou res-piratoires, offrait le.plus de chances d'absorption, nous avons 6t6conduits a attribuer ä cette dernierele role prepon­derant. On a vu,en affat, qua l'injection des emulsions viru­lentes et das eaux de lavaga das fourrages infectieux dans la trachöe amenait beaucoup plus sürement la maladie que leur introduction par les voies digestives.
La muqueuse gastro-intestinale n'est peut-etre pas par elle-m6me plus refractaire ä l'infection que cella das voies respiratoires; mais il conviant, etant donnöa la grande
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susceptibilite des deux microbes vis-ä-vis des acides, de tenir comptede Faction sterilisante ou attenuante des sues gastro-intestinaux. II est de fait que l'ingestion de four-rages infectieux et de matieres virulentes tr6s riches en microbes pathog^nes reste ordinairement sans rösultats ; les microbes sont sterilises en partie ou attenu63 ou ex-pulses avec les excrements. D'ailleurs, s'il y a pullulation dans quelque partie de l'intestin, ce qui semble probable, l'infection peut rester localisee et les microbes se trouver plus ou moins abondants dans les excrements, sans que les sujets paraissent serieusement malades.
Toutefois il serait peu rationnel de nier d'une fagon absolue le röle absorbant des voies digestives. II y a tels cas dans la pratique oü il est impossible de ne pas I'ad-mettre, comme il est impossible de meconnaitre le röle des eaux croupissantes en tant que causes pathogenes. Nous connaissous des faits dont les circonstances sont telles qu'ils equivalent ä de veritables experiences de laboratoire. Ainsi nous avons jadis observe des enzooties successives dans une ferme, oü les animaux 6taient d6cimes tant qu'ils etaient abreuves avec des eaux croupissantes ; la maladie (e'etait bien la pneumo-enterite) disparaissait, quand on remplagait ces eaux par des eaux bouillies et decantees, pour reapparaitre, quand on se lassait de cette precaution.
Nous croyons done que les eaux croupissantes, les eaux des mares, celles des fosses, etc. peuvent etre malfaisantes ä l'instar des fourrages avaries ; ingerees souvent et ä fortes doses,elles peuvent determiner des pneumo-enterites; et e'est vraisemblablement de la sorte que, dans certains cas, les affections dites typhoides sont engendr6es ä l'etat enzootique ou epizootique.
Lä,ou les eaux ne sauraient etre incriminees,cesont les fourrages qui se chargentd'engendrer les pneumo-ent6rites. Leur röle est incontestablement tres important; leur In­gestion offre des dangers; mais e'est surtout I'inhalation des poussieres qui s'en degagent qu'il faut accuser. Les animaux, en tirant leur fourrage, en agitant leur avoine, etc., provoquent eux-memes le degagement de ces pous­sieres malfaisantes et les inhalent aussitöt. C'est de la sorte, avons-nous vu, qu'ils s'infectent; c'est par I'inhala-
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tion des poussieres plutot que par l'ingestion des fourrages infectieux qu'ils se contaminent; on en demeurepleinement convaincu, quand on se reporte ä, certaines de nos expe­riences ci-dessus exposees.
Tous les sujets qui ingerent ou inhalent des microbes ne deviennent pas malades, et ceux qui le deviennent, ie sont a des degres divers. Le microbe n'est pas tout dans la ge­nese de Ja maladie; il faut que l'organisme se laisse faire, c'est-ä-dire qu'il se defende mal ou ne se d6fende pas. C'est le moment d'indiquer sommairement les influences qui rendent ou tendent ä rendre l'organisme apte ä culdver les microbes pathogenes,en diminuant sa resistance vitale, en I'affaiblissant, en lui enlevant de sa puissance de reaction.
2deg; Influences predisposantes.
Pour ces maladies, comme pour bien d'autres d'ailleurs, la dose de microbes introduits exerce une grande in­fluence. On voit tous les jours des animaux qui sont ex­poses a inhaler ou ä ingerer les germes des pneumo-entö-rites, et qui les inhalent ou les ingerent sürement sans devenir gravement malades ou meme sans le devenir aucunement. Et cela tient souvent ä deux causes, soit ä la faible quantite de microbes introduits qui sont d6truits par les elements des tlssus, soit ä la grande resistance de l'organisme, c'est-ä-dire ä l'absence d'influences d6bili-tantes pour accroitre la susceptibilit6 des sujets. Toutes choses egales d'ailleurs, on a d'autant plus de chance de voir apparaitre la maladie, de la voir apparaitre rapide-ment et de la voir se montrer grave que la dose de micro­bes introduite est plus consid6rable.
Quant au role des influences debilitantes, il semble tres important, presque aussi important que celui des microbes path9genes. En sorte qu'on peut presque dire que ces deux ordres de causes se completent, que Tun est necessaire ä l'autre pour que la maladie se montre. A elles seules les influences predisposantes sont insuffisantes ; mais elles sont n6cessaires; et de leur intervention plus ou moins accus6e depend la döfaite de l'organisme par les microbes. II Importe d'etre bien Mifie sur ce point; car, s'il convient
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de reduire les chances d'introduction des microbes, il con-vient tout autant d'eloigner les influences döbilitantes et de maintenir l'organisme dans toute sa force de resistance par une hygiene irröprochable.
L'observation clinique a depuis longtemps reconnu le röle et 1'importance des causes pr6disposantes et occasion-nelles ; eile n'a meme vu souvent que cela. Mais si eile a exagere parfois le röle de ces causes, il n'en demeure pas moins vrai que celles-ci en jouent un tres considerable, et que tres souvent, sans leur intervention, la maladie ne se developperait pas, les germes ne pouvant sans leur auxi-liaire lutter contre Torganisme, qui les dötruit oü les expulse au fur et ä mesure de leur pen6tration.
De nombreuses influences peuvent 6tre consid6rees comme susceptibles d'accroltre la predisposition et la re­ceptivity des animaux. Outre les influences resultant de la jeunesseet de la faiblesse individuelle, ily a des causes pre-paratoires nombreuses qui peuvent se rösumerdans l'enu-möration suivante : rJe sent les transitions d'une saison ä l'autre, les refroidissements, le döplacement et l'acclimate-ment des animaux, l'alimentation insuffisante ou de mau-vaise qualite, les fatigues, le travail excessif, etc. Que de fois la maladie s'est montree sur de jeunes chevaux re-cemment Importes, alors que les anciens qui recevaient la meme nourriture ne devenaient pas malades ; le döplace-ment des animaux et le ehangement de climat les rendent plus susceptibles; c'est lä un fait trop göneralement connu pour qu'il soit besoin d'insister.
De toutes les causes predisposantes, celles qui sont les plus puissantes, abstraction faite des qualites des individus, sont incontestablement les fatigues, le travail excessif et les refroidissements. Ces influences sont surtout puissantes, quand elles agissent simultanöment. L'observationa appris ä connaitre depuis longtemps le danger de pareilles in­fluences; et si on se reporte aux faits et aux experiences relates dans ce travail, on demeure pleinement convaincu' de cette v6rite. N'est-ce pas a la suite d'une fatigue suivie d'un campement en plein air que les chevaux du 26e dra­gons etaient tombesmalades; au 8C cuirassiers recemment arrive a Lyon, il y avait l'influence de racclimatement; au 3laquo; hussards, repizootie semble avoir attaquö les chevaux
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qui etaient le plus exposes aux courants d'air. Enfin on a pu voir, d'apres une de nos experiences sur le cheval, que le refroidissement provoqu6 a dessein avait accru la r6-ceptivitö du sujet et aggrave la maladie.
En resume, 11 nous semble bien demontre que retiologio des pneumo-enterites (affections typho'ides) du cheval se reduit aux deux ordres de causes indiquees ci-dessus. II faut, pour que l'organisme tombe malade ou tout au moins pour que rinfection soit grave, rintroduction des agents pathogenes et i'intervention de quelque influence debilitante qui diminue la resistance des 6l6ments des tissus. Les agents pathogenes viennent des fourrages, des avoines ou des eaux; ils peuvent etre ingeres sans danger, s'ils sont introduits a petites doses ; mais ils deviennent dan-gereux, quand ils sont introduits a fortes doses, et quand Torganisme se trouve debilit6. Ils sont surtout dangereux, quand ils penetrent dans les voies respiratoires ; et ils sont facilement introduits de la sorte, ä la suite de l'inhala-tion des poussieres que les animaux dögagent des four-rages infectieux en les consommant. La predisposition peut 6tre cr6ee ou accrue par les diverses influences pr6-cit6es, surtout par les fatigues et les refroidissements; eile est presque aussi indispensable que le microbe pour que la maladie se declare. Tel animal, qui introduit journelie-ment et sans danger des microbes pathogenes, tombera malade le jour oü 11 sera soumis a l'influence des causes debilitantes; et l'affection semblera etre la consequence de la cause occasionnelle, alors qu'en realite celle-ci sera simplement venue en aide au microbe, en diminuant la resistance de l'organisme.
3deg; Une premiere atteinte confere-t-elle I'immunite ? L'un des microbes preserve-t-il centre I'autre ?
Une premiere atteinte ne confere pas Timmunite; I'ani-mal qui est sous le coup de la maladie, celui qui en est at-teint d'une fagon benigne, et celui qui en est gueri, peuvent la contracter de nouveau ou devenir plus gravement ma-lades, quand ils continuent ä introduire des germes dans leur organisme. Nos observations et nos experiences rela-t6es plus haut ont nettement 6tabli ce premier point.
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Nous avons vu et nous avons pu aggraver la maladie sur des sujetsdeja atteints, par l'introduction de nouveaux germes; nous avons vu des malades rechuter apres avoir semble guerls, et nous avons fait perir des sujets (lapins), qui avaient r6sist6 ä une premiere atteinte, en leur inocu-lant une seconde fois la maladie. Consequemment les pneumo-ent6rites sont toujours ä redouter, quand les ani-maux, meme ceux qui les ont dejä eues, sont soumis a la double influence des germes pathogenes et des causes debi-litantes.
Nous avons 6galement reconnu qu'une premiere atteinte de Tun des deux microbes ne preserve pas centre les atteintes de l'autre; les animaux qui ont eu la maladie du diplocoque peuvent contractor ensuite celle du streptocoque et reciproquement. Le meme sujet pent d'ailleurs,au moins quand il s'agit d'animaux solipedes, heberger et cultiver simultan6ment les deux microbes et avoir les deux mala­dies mel angles. Le fait est facile a constater et les deux microbes sont faciles a isoler par la culture sur gelatine, ou par I'inoculation dans le tissu conjonctif du cobaye qui ne cultive que le diplocoque. L'organisme du lapin, apte ä les cultiver tons les deux, ne les fait pas prosp6rer simul-tan6ment ; le diplocoque y r6duit le streptocoque a Tim-puissance, quand on les inocule ensemble et dans le mörne point; mais quand le diplocoque a termin6 son Evolution, le lapin, si la maladie gu6rit, pent ensuite cultiver le strep­tocoque. De m^me, le lapin qui a eu la maladie du strepto­coque et qui en est gu6ri, pent ensuite cultiver le diplocoque. II semble enfin que, loin de pr6server l'organisme, une premiere atteinte a plutöt pour r6sultat de le predisposer a une nouvelle atteinte du meme microbe ou du microbe cong6nere, au moins pendant quelque temps,
4* La contagion par les malades est peu frequente.
Etant donn6s l'origine des microbes et le mode ordi-dinaire d'infection par inhalation de poussteres ou par In­gestion des fourrages ou des boissons, at etant av6r6 que l'introduction d'une certaine quantity de germes semble n^cessaire pour que la maladie se d6veloppe, il y a lieu de
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se demander si la contagion peut se faire par I'interm^-diaire des malades et si des mesures sanltaires proprement dites seraient utiles, le cas echeant. Nos animaux d'expö-rience ont cohabite avec des sujets sains et nous n'avons jamais observö la transmission de la maladie ä la suite de ces rapports intimes. Est-ce a dire qu'il n'y a aucun danger a ne pas isoler les rnalades, a ne pas desinfecter les locaux et les objets souilles par eux; est-ce a dire que la conta­gion par leur interm6diaire et sans le secours des four-rages infectieux est impossible : nous n'allons pas jusque lä. Nous pensons que la contagion par les malades est rare; nous pensons que les cas les plus nombreux, meme quand la maladie est 6pizootique, sont dus ä l'infection par les fourrages ou les eaux, mais nous sommes d'avis qu'il faut nöanmoins isoler les malades, desinfecter les locaux et les objets souill6s par eux, etc. En tant que mesures prophylactiques, nous donnons la place la plus Importante ä celles qui doivent avoir pour but i'amölioration de l'ali-mentation et de toutes les conditions hygieniques ; mais nous conseillons toujours l'isolement des sujets atteints et la dösinfection.
VII. Diagnostic. — Distinction des pneumo-enterites
SUIVANT l'äGENT INFECTIEUX.
On avudans la description dessymptömes et des lösions les differences que prösentent les deux affections ; on a vu ä quels caracteres particuliers peuvent se reconnaitre l'une et l'autre maladie; il serait oiseux de revenir sur ce qui a 6t6 d6jä expose; mais il n'est pas inutile peut-6tre d'in-sister ä nouveau sur les moyens de diagnostic tir6s de l'examen microscopique, de l'inoculation et de la culture.
C'est par l'examen microscopique des lesions et du liquide extrait de la poitrine que nous avons reconnu les premiers cas que nous avons etudiös sur le cheval. Les pröparations doivent etre color6es, pour rendre les mi­crobes plus visibles ; mais la technique la plus 61emen-taire est süffisante, pour obtenir des preparations demons­tratives, Gräce ä l'oxamen microscopique, nous avons pu reconnaitre sürement la pneumo-ent6rite du diplocoque et
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la pneumo-enterite du streptocoque. Nous avons de la sorte diagnostique Tune ct Tautre affection ; nous avons constate la pr6sence du streptocoque dans le sang et dans las diverses lesions rencontrees sur le cadavre ; il en a 6te de meme pour le diplocoque. Nous avons ainsi distin­gue les pneumo-enterites des autres maladies et nous les avons distinguees Tune de l'autre.
La culture, soit dans le bouillon, soit sur les milieux solides, constitue encore un möyen sur de diagnostic diffö-rentiel. Pour s'en convaincre, on n'a qu'ä se reporter aux differences signalees plus haut entre les cultures du diplo­coque et eel les du streptocoque.
Le moyen de diagnostic qui est incontestablement le mieux ä la portee de tout le monde est I'inoculation. Sur le cadavre on peut prelever du sang, des matieres morbides, ou mieux, le produit de quelque 16sion, pour en inoculer avec toutes les precautions indispensables. Sur le malade vivant on peut aussi prelever du sang, extraire un liquide epanchö ; on peut ä la rigueur se contenter des produits morbides expuls6s ou meme s'adresser aux matieres excrementitielles, en procedant comineil aeteditplushaut dans maints endroits. Quand on devra inoculer des pro­duits impurs, il conviendra de les injecter de preference dans la veine; on se contentera de I'inoculation sous-cutanöe si on utilise le sang ou toute autre matiere non melangöe de germes etrangers. Le lapin etle cobaye, mais surtout le premier, conviennent pour ces sortes d'inocula-tions. Le lapin, inocule sous la peau ou dans la veine contracte les deux maladies, et chacune d'elles offre chez lui des caracteres bien tranches. Le cobaye, inocule sous la peau, ne cultive que le diplocoque; il y a dans son em-ploi un moyen sür de distinguer les deux affections.
VIII. — Pronostic.
Envisag6eau point de vue de la mortalite, l'öpizootie de pneumo-ent6rites s'est montree relativement b6nigne. Quelques sujets sont morts dans les mois de mai, juin et j uillet, en un laps de temps gen6ralement assez court; mais ils ont 6te peu nombreux. D'autres, en petit nombre 6gale-
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ßient, ont succombe plus tard ä une an6mie progressive: nous avons dejä insiste sur cette complication, qui ne manquait pas de se manifester apres quelques jours de maladie, et dont le Symptome le plus apparent— lapäleur des muqueuses — se pronongait de plus en plus dans les premiers temps de la convalescence. Dans un cas, le seul parmi les chevaux que nous ayons eu ä traiter, nous avons vu l'an^mie r6sister ä tous les toniques; mais nous devons dire que la cause premiere de la maladie, l'altöra-tion microbienne des fourrages, dont le streptocoque est, comrne l'on sait, un dissolvant de l'hömoglobine, ne nous 6tant pas encore connue, nous n'avions pu donner au regime toute l'attention qu'il meritait/Nous avons parle pr6cedem-ment de quelques chevaux anömiques, parmi lesquels un de 4 ans et un de 8 ans, que leurs proprietaires avaient vendus ä l'^quarrisseur, et qui nous avaient 6t6 codes comma sujets d'etude. Ces animaux, d'une maigreur ex­treme, ötaient douös d'un appötit qu'on peut qualifier de dövorant, et, malgrö une nourriture abondante, maigris-saient de plus en plus. Tous portaient des traces plus ou moins appröciables de la maladie epizootique. On voit done que la complication d'anömie mörite toute l'attention du v6t6rinaire.
Sauf ces quelques cas mortels, ä dsect;lai plus ou moins rapprochö ou 61oign6, la plupart des autres malades ont gu6ri completement apres une convalescence plus ou moins longue. Nous disons laquo; la plupart des autres malades raquo; : cette restriction vise surtoul les sujets presentant des loca­lisations articulaires ou musculaires, dont nous avons fait connaitre les suites graves et meme incurables. Les loca­lisations cardiaques peuvent aussi etre suivies de troubles persistants de la circulation, avec oppression respiratoire, qui nuisent pendant plus ou moins longtemps, sinon tou-jours, ä l'utilisation du sujet.
Si, comparativement au nombre des animaux atteints, l'öpizootie a etö peu meurtriere, il faut dire cependant que, dans quelques circonstances, lechiffre de la mortality s'est montrö proportionnellement 61ev6. C'est ainsi que nous avons vu pörir les deux seuls chevaux d'un meme pro-priötaire, tomb6s malades le m4me jour; chez un autre il
OILTIEI ET VIOLKT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; m
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y a eu deux morts sur trois malades. On se souvient de la proportion 61ev6e des pertes parmi les chevaux du 26c dra­gons (6 sur 10). Au 3e hussards, les cas mortels ont 6t6 du cinquieme environ du nombre des animaux atteints, etc.
Inutile de dire que la gravit6 de la maladie est en rap­port avec les renseignements fournis par I'etat general, notamment par la circulation et la calorification. A partir de 41deg; et de 80 pulsations, surtout lorsque ces deux chiffres se constatent simultanement, la vie est serieusement com­promise ; la gravite est notablement moindre quand la temperature 6tant, par exemple, a 41raquo; et meme a 410,5I le pouls ne depasse pas 60. Dans les derniers jours de la vie, on constate souvent un abaissement de temperature, en m6me temps qu'une acceleration considerable du pouls, qui pent atteindre et meme depasser 100. Chez les chevaux qui ne presentent plus que de l'anemie, le pouls et la tem­perature reviennent ä peu pres aux chiffres normaux et y persistent; ils peuvent meme descendre au-dessous.
La nature, Tötendue et la multiplicit6 des localisations seront egalement prises en s6rieuse consideration. La pneumonic, d'une faible gravite lorsqu'elle se borne a envahir le tiers de l'un ou m6me des deux poumons, devient grave lorsqu'elle en atteint la moitie, et r6ellement redou-table lorsqu'elle gagne rapidement les deux tiers, les trois quarts de ces organes ou meme d'un seul. La pleur6sie est grave par elle-m6me; eile le devient davantage si eile s'accompagne d'une enterite persistante, qui ne permet pas a l'animai de s'alimenter et, par lä, d'entretenir ou aug­menter ses forces. II en est, du reste, de meme de la pneu-monie. Nous avons dejä vu que les localisations cardia-ques, articulaires et musculaires presentent des dangers particuliers; nul doute que, dans quelques cas, les locali­sations sur le cceur ne puissent amener rapidement la mort. Rappelons enfin que dans deux cas de pneumo-enterite exp6rimentale, dont les sujets ont succombe en dix heures environ, il y avait des complications du cöte des centres nerveux.
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IX. — TRAITEMENt.
II y a lieu de distinguer le traitement pr6ventif et le traitement curatif.
A). — Les indications du traitement priventif se d6dui-sent des connaissances 6tiologiques. Nous recommande-rons done de choisir avec le plus grand soin les fourrages et les avoines, et de n'accepter autant que possible que ceux de premiere quality ; les autres, dont on serait con-traint de faire usage, devront etre priv6s de leurs pous-sieres, puisqu'il est d6montr6 que I'inhalation de eelles-ci est particuliörement ä redouter. Les fourrages seront done agit6s, seeou6s, loin des öcuries; les avoines seront eribl6es avec soin ou pass6es au tarare; par surcroit de precau­tion, on fixera les poussieres restantes en humeetant les fourrages; I'avoine sera melang^e äun peu de son mouille.
Bien que le sei marin soil un condiment pr6eieux, nous n'osons conseiller I'emploide sa dissolution pour humeeter les substances alimentaires, attendu que, dans nos expe­riences relatives a l'action de certains agents m6dicamen-teux sur le streptocoque et le diplocoque, il nous a paru que cet agent favorisait plutöt le dövelopperaent de eeux-ci. Mais on pourrait se servir d'une eau 16g6rement aci-dul^e par les acides min^raux (ä 1/2 ou 1 pour cent), qui, si eile est trop peu concentr6e pour tuer les microbes, viendrait n6anmoins ajouter son action äcelle du sue gas-trique et la rendre plus effieaee.
Les microbes pathogenes paraissant exister surtout ä la surface des plantes forrageres, nous conseillerions volon-tiers de laver les foins par trop d6fectueux, au fur et ä mesure de la distribution des rations. L'efficacit6 de ce moyen ne nous semble pas douteuse ; malheureusement, son execution, plutöt longue que difficile, exigerait peut-6tre une main-d'oeuvre dispendieuse.
L'eau des boissons sera de bonne qualitö, ä d6faut de quoi on devra lui faire subir pr6alablement I'ebullition.
II conviendra de preserver les animaux des fatigues excessives, qui mettent I'organisme dans de moins bonnes conditions de resistance; on les pr6servora aussi des
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refroiJissements, qui favorisent les congestions internes. Ces precautions nous paraissent surtout indispensables a l'egard des animaux qui, ayant 6prouv6 des döplacements considerables, ont encore ä subir les effets döbilitants de racclimatement.
Enfin, au premier signe de malaise, les animaux seront laissös en repos, et immediaternent soumis au traitement curatif.
Les pröcautions qui viennent d'6tre indiquöes doivent 6tre observees avec plus de rigueur, des que la maladie s'est d^claree dans une 6curie. Dans ce cas, tous les chevaux soumis au m6me r6gime 6tant plus ou moins infectös, on devra, chaque matin, prendre la temp6rature de chacun d'eux, afin de mettre en observation et dispenser de tout travail ceux chez lesquels le Ihermometre indiquerait un chiffre voisin de 39quot;.
Bien que nous ne croyions guere a la contagion naturelle de la pneumo-ent6rite des fourrages, nous pensons que l'isolement des malades conslitue une bonne precaution.
L'aeration de l'ecurie, la propretö du sol, celle des man-geoires et räteliers sont 6galement a recommander.
Une solution ä 5 pour 100 d'acide ph6mque ou d'un des acides min6raux constitue dans I'espece un excellent agent de dösinfection.
B). — Traitement curatif. — Des le d6but, alors qu'on ne constate encore que des symptömes generaux, les ma-lades doivent 6tre consideres corame ayant subi une veri­table intoxication, due aux matieres excret6es ou s6cret6es par les microbes qu'ils ont ingeres ou inhal6s; ils sont, en outre, menaces de complications inflammatoires sur differents organes. On doit done s'efforcer de remplir les indications suivantes, qui se justifient suffisamment d'elles-mernes.
1deg; S'opposer a l'absorption de nouvelles quantites des agents r6put6s pathogenes;
2deg; Rendre inoffensifs ceux que peut renfermer I'appareii digestif;
3deg; Favoriser r61imination des substances toxiques r6sul-
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tant de la multiplication et des excretions ou secretions des streptocoques et diplocoques;
4deg; Soutenir, relever les forces de l'organisme;
5deg; Combattre les localisations organiques.
\o — Pour s'opposer ä l'absorption de nouvelles quanlites des agents pathogenes, 11 est n6cessaire, si les malades ont conserve quelque app6tit, de modifier radicaiement le regime suivi jusqu'alors, et de ne donner que des aliments et des bohsons exempts de toute alteration. S'il est possible de se procurer du vert, on donnera la preference ä celui-ci sur les fourrages sees, dont il ne saurait presenter les alterations; ajoutons qu'il est mieux toler6 par I'appa-reil digestif, et qu'il en favorise les evacuations; il est ega-lement diutetique. Pendant I'hiver, on adjoindra au four-rage sec des racines debarrassees de la terre adherente, et convenablement lavees.
2deg; — Ainsi qu'on I'a d6ja vu, les agents susceptibles de rendre inoffensifs les baetamp;ries des fourrages que petit con-tenir I'appareil digestif, sent, d'apres nos experiences, I'acide phenique, les acides sulfurique, azotique et chlo-rhydrlque, leperchlorure de fer. et l'eau iodee. Le premier s'est montre superieur aux autres; neanmoins les acides mineraux nous semblent m6riter la preference, en raison de leur bas prix, de leur innocuite et de la facilite de leur administration dans les boissons. En additionnant ces der-nieres de 1/2 a 1 % (5 a 10 grammes par litre) de Fun des acides mineraux, on obtient une Sorte de limonade que les malades prennent sansdifficulte.et qui vient en aide au sue gastrique pour constituer un milieu acide, dans lequel les microbes sont au moins momentanement rend us impuis-sants. Les boissons aciduiees ont en outre I'avantage d'agir comme diur6tiques, et de contribuer a remplir I'indication suivante.
En raison des soins que Ton donne au r6gime, le malade n'absorbantplusde microbes pathogenes, il suffirad'admi-nistrer ces boissons pendant trois ou quatre jours, neces-saires pour renouveler le contenu des organes digestifs.
3deg; — On favorisera I'amp;limination des matieres toxiques resultant de la multiplication et du developpement des strep-
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tocoques et diplocoques pnthogenes, en administrant jquel-ques medicaments laxatifsetdiur6tiques. C'estpar sesdiffe-rents emonctoires, notamment par la secretion des reins, que 1'organisme tend ä se debarrasser des matieres toxiques et, au moins en partie, des microbes eux-m6mes: on se rap-pelle, en effet, que l'une de nos expöriences a demontre la virulence de l'urine. Augmenter les secretions exer6men-titielles, constitue done une indication de la plus haute importance. Nous venons de voir que les acides dilues favo-risent la diurese; le mucilage de graines de lin convient aussi particulierement : tout en augmentant la s6cretion urinaire, il agit favorablement sur l'intestin et sur les reins, qui sent presque toujours int6ress6s a des degr6s divers. Nous nous sommes 6galement bien trouv6s de l'administration de l'essence de terebenthine ä la dose de 30 ä50 grammes.
Parmi les laxatifs, le tartro-borate de' potasse nous semble devoir m6riter Iapr6f6rence sur les sels neutres en raison de son acidit6 ; mais comme il pourrait etre dena­ture par les boissons acides, on le remplacera pendant les premiers jours par le sulfate de soude ou de magnesia, qui favorisera l'övacuation des matieres excrementitielles infectees, sans irriter l'intestin.
Les lavements mucilagineux sont de la plus grande utilitö; administres froids ou presque froids, ils combattent dans une certaine mesure I'hyperthermie.
4deg; — Soutenir/relever les forces de Vorganisme. —Lorsque la fievre n'est pas trös intense, que, par consequent, la ma-ladie n'offre qu'une moyenne gravity il n'est pas absolu-raent nöcessaire de donner des toniques; I'organisme trouvera en lui-meme et, au besoin, puisera dans I'alimen-tation la force necessaire pour r6agir. Dans les cas oü ii en est autrement, on pent administrer I'alcool, la teinture de gentiane ou de quinquina, le quinquina en poudre ou m6me le sulfate de quinine.
50 — Combattre les localisations qui se produisent. — Ces localisations röclament les memes soins que les mala­dies inflammatoires ordinaires. Contra calles de la plövre et du poumon, les rövulsifs sont absolument indiquös: s'il y
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a pleuresie, l'application de la moutarde ä la partie supe-rieure du corps et sur les membres, en un mot, loin du siege du mal et sur une grande surface, nous semble pre­ferable au sinapisme sous lapoitrine. Celui-ci, au contraire, convient mieux dans le cas de pneumonie, et pent aussi etre utilis6 contre la bronchite. L'engorgement sous-thora-cique pourra etre augments et fix6 par une friction d'huile cantharid6e. Lorsque, dans la pleuresie, la r6vulsion ope-r6e sur les regions 61oignees n'aura pas 6t6 süffisante, on appliquera un large vesicatoire sous la poitrine.
Les localisations cardiaques reclament l'emploi des memes moyens revulsifs que la pneumonie, auxquels on pent encore ajouter les frictions v6s'icantes sur les faces laterales de la poitrine.
Si le toucher provoque une vive sensibilite du ventre, on combattra celle-ci par une application de cataplasmes de farine de lin. Les sachets Emollients sur les reins con-viennent dans la nephrite.
Les localisations articulaires,tendineuses et musculaires reclament l'emploi de frictions r6solutives, d'applications vesicantes, etc. Les complications cerebrates devront etre traitees par les refrigerants et les derivatifs, etc., etc.
A I'interieur, on pourra souvent se contenter de l'admi-nistration des acides, puis des autres diur6tiques et des laxatifs. S'il y a cardite, endocardite, etc., on donnera la digitale a petites doses. La toux quinteuse, fatigante de la bronchite, de la broncho-pneumonie, sera combattue par i'extrait d'opium en electuaire.Chez certains malades, ou la broncho-pneumonie constituait la principale localisation, le tartre stibiö ä doses moyennes et en lavage nous a rendu quelques services; nous avons eu 6galement recours, dans ces cas, aux fumigations emollientes, excitantes ou anti-septiques, dans le but de provoquer Texpectoration ou de favoriser la resolution ; mais nous devons dire que ce moyen n'a pas donn6 de rösultats appröciables.
Dans le m6me but de favoriser la resolution de l'hepati-sation pulraonaire, qui se faisait trop attendre, nous avons parfois appliquö un ou deux sötons au poitrail ; la suppuration a toujours 6t6 nulle ou en quantite insi-gnifiante.
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Lorsque le malade entre en convalescence et que les mu-queuses pälissent, nous donnons !e sous-carbonate de fer, auquel nous associons 1'acide arsenieux si la resolution de l'hepatisation pulmonaire marche trop lentement.
X.nbsp; — Regime ; — Soins divers.
Nous avons pour principe de nourrir nos malades et de satisfaire ä peu pres completement l'appetit qu'ils t6moignent. On leur donne d'abord une petite quantite de foin ou de luzerne de bonne qualite, qu'on remplacepardu vert si la chose est possible ; ce n'est que quand ils sont capables de consommer une ration ordinaire de fourrage qu'on accorde un peu d'avoine, dont la quantite est aug-mentee progressivement. En tout temps, on donne des barbottages. Les boissons doivent etre presentees en petite quantite et ä intervalles rapproches.
Les malades ayant toujours au debut une temperature elevee ne doivent pas etre chargös de couvertures; il suffit de mettre la peau ä l'abri des variations atmosphöriques au moyen d'une couverture lögere, de teile en 6te, de laine en hiver. Plus tard, on pourra les couvrir davantage, surtout dans le cas de pleuresie.
Nous avons recommand6 Taoration des ecuries ; mais les courants d'air devront 6tre 6vit6s ; la mise en liberty en box est favorable aux malades.
XI.nbsp; nbsp; — Observations cliniques.
Dans le but de demontrer une fois de plus que les pneumo-ent6rites des fourrages sont bien des maladies g6n6rales,et nullementdes affectionsparticulieresäl'appa-reil respiratoire, nous terminerons ce travail par Ier6sum6 succinct de trois observations prises ä peu pres au hasard parmi un certain nombre d'autres, oü la mort plus ou moins rapide des malades a permis de constater chaque fois la multiplicite des lesions.
1quot; Obsbrvation. — Cheval hongre, propre au gros trait, äge de douze ans, 1 m. 62, entre dans les iafirmerie de l'EcoIe veterinaire le 14 mai 1889.
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Ce choval, malado depuis le 12, avait ete, quelqoes jours aupa-ravant, surpris pendant une interruption de travail, par une pluie tres froide.
Temperature le jour de l'entree: 4104; mort le 21 mai, avec une temperature de 3907.
Les symptomes dominants onteteceux d'unepneumoniea droite; le 18 mai, !e malade s'est laisse tombor, par suite du developpement simultane de syuovites aus membres posterieurs: la suspension n'a eu et ne pouvait avoir aucun resultat ntile.
Lesions. — Poumon droit presque completement envahi par une hepatisation lobulaire, dont la partie centrale et quelques lobules isoles etaient anemies et en voio de mortification ; — muqueuse tracheo-bronchique vivement injeotee ; — serosite rougeatre dans le pericarde; les coupes pratiquees dans le myocarde se sont mon-trees zebrees d'ecchymoses ; larges plaques hemorragiques sur le bord adherent des valvuves auriculo-ventriculaires ; dans le reste de leur etenduo, celles-ci etaient infiltrees par une serosite jau-nätre; — plevre completement indemne.
L'intestin grele presentait de veritables zebrures rouges dispo-sees transversalement d'une fagon tres reguliere ; traces de con­gestion sur le gros intestin ; — foie congestionne, de dimensions considerables; — rate gorgee d'un sang noir et epais ; — reins volumineux, presentant une forte congestion des glomerules et de nombreux points hemorragiques ; — petites ecchytnoamp;es noirätres et tres rapprochees sur la muqueuse vesicale.
Gaines sesamoidieanes des membres posterieurs injectees et gorgees de synovie; memes lesions des articulations metatarso-phalangiennes ; les articulations superieures n'ont pas ete exa­minees.
1IC Observation. — Cheval hongrejboulonnais, huit ans, 1 m. 76, entre le 19 mai 1889.
Cinq jours auparavant, cet animal, apres un travail penible, fut arrete pendant quelques instants par un temps froid at pluvieux. Temperature a I'arrivee : 40raquo;8.
Les symptomes d'une pleuresie double ont domine toute la scene, notamment a partir du 21. Le 22, il y a eu expulsion d'un caillot sanguin avec I'urine; dans la matinee du 23, la thoracentese a ete pratiquee sans resultat; quelques heures plus tard, le malade mena?ait ächaque instant de se laisser tomber, par suite du deve­loppement de synovites sesamoldiennes ; il succombait ce meme jour. Quelques heures avant la mort, la temperature itait k 4.0o2, le pouls ä 135 et la respiration ä 40.
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Lesions. — Dans la poitrine, environ vingt-cinq litres d'un liquide jaune-citron, d'odeur forte, presquo fetide, tenant en suspension beaucoup de flocons flbrino-albumineux; fausses membranes blan-chatres, rnolles. pulpeuses, k la surface des cötes et des poumons ; des brides assez fortes retiennent ceux-ci au fond du liquide, cir-constance qui,jointeä la presence des flocons libresdans I'epancho-ment, explique l'insucces de la ponction ; — plevre tres fortement vascularisee au-dessous des fausses membranes; — poumon ate-lectasie, condense, mais non hepatise; —muqueuse tracheo-bron-chique uniformement noirdtre ; — un peu de serosite dans le peri-carde ; ecchymoses dans la substance du myocarde ; infiltration jaunätre des valvules.
Dans le peritoine, qnelques litres de liquide sero-sanguinolent; epiploon et mesentere vascularises ; — l'intestin grele presente ?ä et lä des surfaces restreintes ou l'on voit de la congestion ; par centre le colon et le ccecum sent le siege d'une congestion intense, surtout ce dernier, dent la moqueuse considerablement epaissie est d'un brun presque noir ; — foieconsiderablement developpe et de couleur jaunatre ; — rate un peu tumefiee et presentant qnelques bosselures oü son tissu semble ramolli; — reins tres friables et d'un volume enorme; muqueuse vesicale presque noire.
Les galnes sesamoidiennes des quatre membres ont leursparois couvertes d'une exsudation fibrino-albumineuse.
Illlaquo; Observation. — Chevalhongre, boulonnais, dixans, 1 m.75, entr6 dans nos infirmeries le 19raai, en memo temps que le sujet de l'observation precedente, dont il etait le compagnon de travail. Tons deux etaient soumis au meme regime, et avaient regu la pluie froide au meme instant.
A son arrivee, le cheval dont il s'agit ici avait une temperature de 41deg; ; les symptomes dominants ont ete egalement ceux d'une pleuresie double, mais k marche moins rapide. Apres cinq ou six jours, l'etat du malade s'etait meme notablement ameliore, et il etait permis d'esperer la guerison ; malheureusement, des symp­tomes graves d'enterite et de nephrite sont venus se joindre k ceux de la pleurite : les excrements se sont plusieurs fois montres enveloppes de productions epaisses de nature fibrino-albumineuse, et l'urine a eu pendant quelque temps la couleur du purin. Le ma-lade ne pouvant s'alimenter est mort le 13 juin, aprös vingt-cinq jours de maladie, pendant lesquels il n'avait pas perdu moins de 230 kilogr. de son poids primitif. Jusqu'au dernier moment, il a porte admirablement la tete, et conserve son beau regard limlaquo; pide et expressif.
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Lesions. — Dans la poitrine, epanchement evalue ä 30 litres d'un liquide d'odeur fetide, nauseeuse, aya:it la couleur foncee du vin de N'alaga; — faussesmeinbranosmolleSjdecouleur bruneet d'unoepai-sear considerable, recouvrantd'autres productions plus anciennes et plus resistantes, qui etablissaient do nombreuses et solides adhe-rences entre les poumons et les cotes : aussi la thoracentese n'avait-elle donne, aussi bien k gauche qu'ä droite, qu'une quan-tite insignifiante de liquide ; — point d'hepatisation : le poumon droit, presque completeraent atelectasie, presentait sur une coupe l'aspect de la chair musculaire; la meme lesion occupait le bord inferieur et les couches superficielles du poumon gauche ; — gan­glions bronchiques tumefies, rouges ; — le pericarde contenait uu demi-litre de serosite jaunatre asez limpide ; son feuillet parietal etait devenu opaque ; taches livides sur la surface du coeur, et quelques ecchymoses dans l'epaisseur de ses parois ; — endo-carde epaissi et opaque dans les oreillettes ; taches livides dans les ventricules ; valvules auriculo-ventriculaires infiltrees et epaissies.
Dans le peritoine, epanchement de cinq k six litres d'un liquide jaune-citron ; quelques plaques hemorragiques sur l'epiploon et le mesentere; ganglions mesenteriques tumefies;— dans le sac droit de l'estomac et dans I'intestin grele, la muqueuse se montrait con-gestionnee, turaefiee, ramollie, non d'une fagon uniforme, mais par ilots et par zones d'etendue variable; les memes lesions existaient dans les intervalles, mais k un moindre degre; — le coecum et le colon se montraient vivement enflammes : la muqueuse de ce der­nier etait epaissie, friable, et sa couleur presque noire ; le colon flottant presentait des lesions identiques, bien que un peu moins accentuees; — le foie avail acquis un developpement conside­rable ; il en etait de meme des reins ; la muqueuse de la vessie etait injectee.
Les articulations femoro-tibio-rotuliennes, les seules qu'on ait ouvertes, avaient leurs franges synoviales injectees ; les cartilages de revetement avaient pris une teinte rougeätre.
Nous nous bornerons aux trois observations qu'on vient de lire ; en en publiant un plus grand nombre, nous ne ferions que nous r6peter inutilement.
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XII. — Conclusions.
1deg; —L'epizootie dont nous venonsde tracer 1'histoire n'est quo la reproduction de certaines epizooties anterieures, qui se sont montröes fröquemment sur les animaux soli-pedes, — peut-etre aussi sur ceux d'autres especes, — et auxquelles on a imposö les noms les plus divers, nolarn-ment, en dernier lieu, celui de fievre lyphoide.
2deg;—Cette epizootic s'est traduite tout d'abord par un etat de malaise general,observe sur tous les malades et bientöt suivi de localisations inflammatoires multiples.
3deg; — Parmi ces dernieres, les localisations affectant les organes thoraciquesont souvent montr6une predominance marquee, de sorte que celles des autres appareiis pouvaient passer inapergues, ou etre prises pour de simples epiphe-nomenesou complications. C'estce qu'onavaitd^jä constate dans la fievre lyphoide, dont on a recemment tente de ss-parer la Pneumonie infectleuse (Pneumonie toningieuse, Pleuro-pneumonie infectieuse ou contagieuse, suivant les ecrivains), sans tenir un compte süffisant des donnees fournies par les autopsies, ou Ton notait toujours, en meftie temps que les 16sions thoraciques, d'autres lesions, surtout sur les differentes parties de l'appareil digestif.
4deg; —C'est done a une6pizoot.ie de fievre typho'ide,et, dans beaucoup de cas, a la forme qualifiee de Pneumonie infec­tieuse que nous avons eu affaire. Plusieurs experiences I'ont demontre, notamment celles relatives ä la maladie qui a sevi au 3e hussards. Mais nous devons dire que la plus grande vari6t6 de symptömes a ete observöe chez les autres malades.
5deg; — La denomination de Pneumonie ou Pleuro-pneumonie infectieuse ou contagieuse nous a sembI6 impropre pour de­signer ces maladies, qui, parfois, ne laissent guere voir apres la mort que des lesions d'enterite ; celle de fievre ly­phoide ne convenait pas davantage, attendu que la stupeur — Ttxpo? — a constamment fait defaut.
6deg;—Ayant reconnu que les lesions pathologiques etaient inoculables, et qu'elles devaient cette propriete ä deux mi-
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croorganismes au moins, susceptibles d'agir ensemble ou isol6ment, et provenant des aliments avariös, nous avons appele les maladies dont ellesetaient 1'expression Pneamo-enterites infeclieuses des fourrages. En adoptant cette do-nomination, nous avons voulu indiquer : 1deg; les organes qui sont le plus souvent atteints, 2deg; la dualite des maladies inflammatoires produites, 3deg; leur nature infectieuse et, en meme temps, 4deg; la provenance des germes morbifiques.
7deg; — Nous avons d6crit les pneumo-entörites, et nous avons dömontre expörimentalement la virulence de toutes les lesions qu'ellesd6terminent, ainsi quecelledu sang, de l'ui'ine, du jetage nasal et des matieres intestinales. Nous avons meme demontr6 la virulence de ces dernieres chez des animaux qui ne prösentaient encore aucun Symptome maladif.
8deg; — Nous avons pu transmettre les pneumo-enterites au cheval, au mouton, au lapin, au cobaye et au chien; nous avons constate que la transmission se fait difficilement par I'appareil digestif, — aisöment, au contraire, par les autres voies, surtout par la muqueuse respiratoire.
Nous avons constate sur la chövre des cas d'infection naturelle, comme sur le cheval.
9deg;—Nous avons cultiv6 et isolödeux microbes: lestrepto-coccus et le diplococcus pneumo-enteritis equi. En inoculant leurs cultures, nous avons pu reproduire les maladies in-fectieuses aussi sürement qu'en faisant usage de matiöres empruntees aux animaux devenus malades. Nous avons constate que le cobaye n'a de röceptivitö reelle que pour le diplococcus.
10deg; — Nous avons demontrö par de nombreuses exp6-rienaes que ces microbes proviennent des aliments avari6s (luzerne, foin et avoine). Nous avons injecte ä 13 chevaux, dans la trachöe, le liquide ayant servi pour chaque cas au lavage d'une petite quantite d'aliments suspects, et 13 fois nous avons eu des lesions multiples de pleuro-pneumonie, d'enterite, de cardite, etc, qui, ä leur tour,se sont montrees virulentes, grace ä la pr6sence du streptococcus et du diplo­coccus pneumo-enteritis equi.
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11deg; - D'autres experiences nous ont appris que les mi­crobes pathogenes des fourrages perdent rapidement leur activity au milieu des matieres organiques en putrefaction. Nous avons 6galement constate que les solutions des acides phttnique, sulfurique, chlorhydrique et azotique, a 2 p. 100, sont capables de steriliser les deux virus apres un contact de douze ä quinze minutes.
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12deg; — Le traitement prophylactique devra i ;„•.
sister ä tarir la source de l'infection, qui est connue, grace a nos travaux. Inutile de dire qu • -indication devra se rdtrouver parmi celies du t v '-curatif.
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