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LIBRAIRES DE LA S0C1ÉTÉ CENTRALE DE MÉDECINE VÉTÉRINAIRE
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TUBERCULOSE DES ANIMAUX
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LA PHTISIE HUMAINE
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BIBLIOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
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PATHOLOGIE COMPARÉE
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LA PHTISIE HÜMAINE
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Vétérinaire ä Meaux Vice-Président de la Société de médecine vélérinaire pratique
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ASSELIN ET HOUZEAU
LIBRAIRES DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DE MÉDECINE VÉTÉRINAIRE
Place de l'Ecole de Médecine 1887
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LA
TUBERCULOSE DES ANIMAUX
Au point de vuc de la santé publique
I. - CONSIDÉRATIONS (iÉNÉRALKS
sect; 1. — MORTAL1TÉ El-Tr.AYANTE DE L'ESPÈCE HUMAINE PAR LA PHTrSIE
Parmi les maladies contagieuses, il en est mie qu'on pourrait appeler la maladie universelle qui, fléau redontable, décime les animaux de la série zoologique, et fauche l'espèce humaine si terriblèment que chaque jour de l'année eile couche dans la bière quatre ceni quaranfe victimes francaises (Villemin). La. phtisie, en effet, plus dangereuse que Ia peste, s'attaque ä tons les äges et moissonne dans toutes les saisons; c'est la maladie des belles années, de Tage adulte et surtout des centres de civili­sation; eile n'a ni fin ni Irêve, ni arrêt ui repos. Par la conti-nuité de ses coups et la permanence de ses ravages, la phtisie dolt faire l'objet des preoccupations incessantes de tous ceux qui ont charge de l'hygiène publique.
Depuis quelcjues années la science expérimentale a projeté sur eile de vives elartés et notamment mis en pleine evidence ses propriétés contagieuses. Il enrésulteque cette maladie alaquelle toutes les families ont payé tribut, qui peut revendiquer un cinquième de Ia iotalité dos décès, qui determine plus d'un tiers de la mortalité générale de l'armée (Léon Colin), et qui, de 15 a 30 ans, peut réclamer pour sa part la moitié des cadavres, exige des mesures sanitaires beaucoup plus énergiques que celles prises jusqu a présent par Ie législateur.
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Le Congres sanitaire des vétérinaires de France qui s'est tenu h Paris, dans le courant du mois d'octobre 1883, a émis le voeu de voir inscrire la tuberculose dans la loi, parmi les maladies contagieuses qui ressortissent de la police sanitaire, et demandé que radministratiou supérieure prennc des mesures pour s'op-poser ä la contagion des animaux ä l'homme. Mais le Congres, après avoir hauteinent proclamé les dangers qui résultent de
I'ingestiondu lait ou de la viando provenant d'animaux tubercu-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
leus, nc s'enest pas moins rallió ä un amendement de M. Arloing,
de Lyon, qui permet la vente pour la boucherie de la viande des animaux tuberculeus, pourvu que la maladie soit peu avancée et Ia viando de belle apparence. Cette decision est ä notre avis regrettable, et puisqu'aussi bien la tuberculose est ä 1'ordrc du jour, que M. Verneuil vient de prendre l'initiative d'une sous-cription publique destinée ;i en poursuivre activement rétude, le moment est propice pour essayer de résumer les connaissauces actuellement acquises sur Ia phtisie, notamment au point de vue de ses propriétés contagieuses, et pour montrer qu'ilfaut impitoyablement rejeter de la consommatlon la viando prove­nant d'animaux tuberculeus, quel que soit le degré de la maladie.
Nous croyons qu'il existe a l'heure actuelle. des prouves scien-tiflques assez nombreuses pour établir, saus conteste, que toutes les parties, tissus ou liquides, d'un sujet tuberculeus, sont capables de transmettre la maladie; tout, c'est-ä-dire le lait, la viande, le sang, etc. 11 en résulte que l'alimentation avec des produifs provenant d'animaux tuberculeus estune grande cause, peutêtre la principale, de la phtisie de l'bomme.
sect; 2. — LA TUBERCULOSE DANS LA SKRIß ZOOLOGKJUE
En dehors de rhomme qui, ainsi quo nous venons de le voir, a une aptitude tonte spéciale pour la phtisie, celle-ci so développe encore sur nn grand nombre d'especes. iMais avant de les énumérer, il faut remarquer que parmi ces espèces, il en est unenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;J
sur laquelle la maladie est connue de toute antiquité, Vespècenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .';l
bovine. Les produits de cette espèce ontrent précisément pournbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;|
une part prépondérante dans l'alimentation de rhomme, si biennbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; t 1 f
que, de prime abord, l'esprit non prévenu ne peut manquerd'etrenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;|
frappe d'uno relation entre la frequence habituelle de la phtisie sur los animaux alimentaires par escellencé et la multiplicité des cas de la menie maladie sur l'espèce humaine.
Void mainleiuuit qnelques chiffves qui peuvent donner une
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idéo de la proportion dans laquelle la phtisie se rencontre siu' les grands ruminants.
D*après une stalistiqne sur l'état sanitaire dn la Bavière, faite par Goiring, Ie nonibre des animaux plilisiqucs aurait été, en •1877, de 1,62 pour 100 et, en 1878, de 1,61. Mais cetto proportion, d'après Goering lui-même, est au-dessous de la réalité, parce rjue les vétérinaires n'ont certainement pas été infonnés, dans tous les cas, de 1'existence de Ia maladie.
Les chifTres recueillis par Adam, ä l'abattoir d'Angsbourg, en 1879, 1880 et 1881, ne différent pas beaucoup des premiers : 2,92 pour 100, — 2,24, — 2,00. A Munich, en 1873, 1,23 pour 100; ä Strasbourg, en 1880, 1,9 pour 100. Dans cette meine année, 2,4 pour 100 a Mulhouse et 2,6 ä Munich (II. Bouley).
En sommc, la phtisie s'attaque ä la population bovine adulte dans la mesure de 2 pour 100 environ.
Si Ton fait la repartition entre les différents ages, on constate que la frequence de la phtisie angmente avec les années. Au-dessous d'un an, la proportion des tuberculeus n'est que de 0,02 pour 100; eile alteiiit 7,1 pour los animaux agés de uu a, trois ans; 33,3 pour ceux de trois a six ans; et enfin 39,2 pour 100 pour ceux de plus de six ans (Lydtin).
Due autre repartition, d'après les sexes, établit que la propor­tion des vaches phtisiques est de 3 pour 100, tandis que cliez les males clle atteint seulemeut 1 pour 100.
Mais ce n'est pas seulement l'espèce bovine qui est souvent frappéo par la phtisie, cclle-ci attaque encore im grand nombre d'autres animaux, parmi lesqnels le pore doit étre place en pre­miere ligne. Dans le grand ducbé de Bade, sur 78,000 pores abattus annuellement, il s'en trouve en moyenne 22 atteints de phtisie, ce qui fait environ 0,02 pour 100 (Lydtin). Cette donuée
) statistique, la seulo que nous possédions, indiquo certainement une proportion beaucoup trop faible, parco qu'elle a été établie sur des pores d'abattoir, c'est-ä-diro gras, et que la phtisie du ,;^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;porc est une maladie aiguë, ä phases rapides, qui détruit rapide-
ment tonte la provision de graisse de Torganisine. Les pores atteints de cette maladie ne sout done pas conduits aux abattoirs, on les tue claiideslinement. Aujourd'hui la réalité de la pbtisic chez les pachydermes n'est plus contestéc, depuis surtout que certains expérimcnlateurs, Toussuiiit entre autres, out démontré
f nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;que le porc étail une des espèees de touche de la lubereuloso;
mais, en 1867, Villemiu prétendait encore qu'on ne connaissait
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pas uu seul exemplü authentique de tuberculisatioii du pore.
Le réactif qui, avee le pore, a surtout servi de mauere expéri-mentalo, est le lapin, reiuplacé dans ces dernières années par Ie cobuye. L'aptitude si développée qui appartient au lapin de con-tracter la phtisie par voie d'inoculation, l'a mème fait accuser, long temps, de devenir tnberculeux sous l'influence de substances inertes. [1 sufüt, disait-on, qu'on inocule ä des lapins du pus ordinaire, qu'on injecte dans leurs veines de l'huile ou de fines particules de charbon, qn'uno suppuration abondante se déve-lopi)e sous leur peau, par suite d'une blessure accidenlelle, pour qu'on puissc voir apparaitre h 1'autopsié des lesions tubercu-leuses. Nous indiquerons plus loin la genese de ces lésions et les moyens de les différencier de celles de la phtisie veritable dont elles n'ont que l'apparence. Il n'en est pas moins vrai que pour eet animal encore, il n'existe aucune proportion entre sa susccptibilité expérimentale et le nombre de ceux qu'on ren­contre spontanément phtisiques. Toutes les maitresse de maison saveut, en cfTet, combien il est rare de trouver sur les lapins les lésions de la tuberculose.
Après le porc et le lapin, nous devons citer la chèvre, comme un des aniinaux chez Icsqnels la phtisie que l'on appelle spontauée, n'est pas rare ä constater. Le docteur Garsten Harms, Lydtin, Uollingerct Gerlach ont signalé des cas naturels de tuberculose chez la chèvre. M. Lydtiu rapporto menie avoir trouvé trois chèvres tuberculeuses dans un troupcau logé dans une étable de bètes bovines. Dans ce cas, il y avait peut-être eu contagion par les vaches de l'étable. Quoi qu'il en soit, il sera bon de se rappe-ler ce fait, en presence fles troupeaux de chèvres qui parcourent les villes de certains pays et dont le lait est consommé chaud, au sortir du pis, principalement par les enfants.
La pluparl des auteurs ont nié catégoriquement l'existcnce de la phtisie chez le ckeval; pourtant, dès 1863, Urbain Leblanc en avait signalé un cas a la Société centrale de Médecine vétéri­naire, et présenté les pieces pathologiques. Mais les lésions-nécropsiques étaieut si différentes de celles qu'on avait l'habi-lude de rencontrer chez les animaux d'espèce bovine, que le doute persista. L'existcnce de cette maladie chez Ie cheval n'a mème été posiüvement démontrée que dans ces derniers temps, par les travaux des deux professeurs d'Alfort, MM. Nocard et Trasbot, qui ont trouvé le bacille de Koch au milieu des lésions longtemps aüribuées ii la lymphadénie. La tuberculose du
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cheval n'est done pas aussi rare qu'on l'avait pensé et les annales vétérinaires en renferment de nombreux cxemples, seu-lement ceux-ci ont été décrits sous 1c nom de lymphadénio.
Quelqiies cas de tuberculose ont été signalés aussi sur des moutons, mals trop cxceplionnellement pour qu'on puisse dirè que les aniraaux de cette espèce sont sujets k cette maladie. La viande du mouton peut done être eonsidérée comme saine et c'est eile qu'il faut prescrire de preference, lorsqu'on se propose de soumettre au régime de la viande crue les organismes débi-lités (H. Bouley).
En dehors des animaux que nous avons signalés jusqu'a pré­sent et qui sont tons des animaux plus ou moins domestiques, nous en avons négligé un qui se range presque ä coté de rhomme, par son aptitude a contracter la phtisie, Ie singe. Presque tous ceux qui vivent dans notre milieu, en demi-eapti-vité, succombent en effet, un pen plus tot, un pcu plus tard, aux atteintes de la phtisie. Quclques médecins pensant que Ie déve-loppement do cette maladie doit être attribué aux conditions pure-ment physiques resultant du changement de elimat, maïs M. Yillemin croit plutót, depuis longlemps déja, laquo; h 11110 contami­nation oxercée au moyen de 1'atmosphère viciéc par les foulos humaines. raquo;
Parmi les autres animaux chez lesquels on a signalé des cas exceptionnels de phtisie, nous indiquerons les chiens, les chats, les lions, les kanguroos, les gazelles, les cerfs, les chameaux, etc., etc.
Il n'y a pas jusqu'aux oiseaux, chez lesquels des cas de phtisie n'aient été signalés : poule, pigeon, dindon. Onamême enregis-tré en France d'assez nombreux exemples de cette maladie, qiii parait alors si contagieuse qu'elle peut dépeupler les basses-cours. Dans plusieurs cas, il a été possible de prouver qu'elle nc recon-naissait d'autre cause que la contagion par rhomme. C'est sur-tout ä MM. Nocard, Cornil et Mégnin que nous devons ces dernières connaissances.
Le fait principal qui ressort de cette étude de la tuberculose dans la série zoologique, c'est que cette affection est la plus grave, et en mème temps la plus répandue, de toutes celles qui peuvent s'attaquer et aux animaux et k rhomme. La phtisie mérite done bien le nom de contagion universelle que lui donnent les Allemands.
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sect; 3, — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
üne étude complete de ranatomie pathologique do la phtisie serait ici nn hors-d'CBavre, anssi 110 dégagerons-nous lt;lc l'en-semhle des fravanx modernes que juste ce qui est indispensable pour la clarté de notre sujet. Après avoir établi d'abord l'unite de la phtisie, nous passerons successivcment en revue Ie tuber-cule, Ie faux tubercule, Ie bacille de Koch, et enfin nous termi-ncrons en moutrant qne los lésions de la tuberculose se déve-loppent dans tout l'organisine.
a, — Unité de la phtisie.
Depuis Ie jour ou Laêanec, avec une methode et mie precision que seul donne Ie génie, a tracé I'liistoire anatomiqiic de la phtifie, deux doctrines rivales se sent formées: l'unc afürmant qu'il n'existe qu'une seulo phtisie, liée aux diverses evolutions (1'un produit morbide, unique, sous des aspects différents : Ie tubercule; c'cst la doctrine de YUnüé établie par Laënnec; l'antre proclamant la daalité des lésions phtisiogènes.
Louis se rallia ä la lumiueuse conception de Laënnec et for­mula les deux lois fondamentalcs conimcs en médecine sous Ie noro de Lois de Louis: 1deg; Les tubercuies siègent primitivoment au sommet des ponmons et ils y sout tonjours plus anciens qu'ä la base; 2deg; Après quinzc ans, il n'y a point de tubercuies dans im organe, s'il n'y en a pas dans les poumons.
Pendant qu'en France on était, on general, imicistes, et que les médecins reconnaissaient que la tuberculose pulmonairo et la pneumonie caséeusc ne sout qu'une seulc et mème maladie, et que si leurs lésions : granulation grise, tubercule, matière caséeuse, présentent quelque difference, oette difference ne porie que sur la forme des produits morbides et nullcment sur leur nature; en Allemagne, au contraire, on était partisan de la diudité des lésions, ot avccVirchow on admettait que la tubercu­lose pulmonairo et la pneumonie caséeuse étaient deux maladies parfaitement distinctes. La veritable phtisie étant toujours liée, pour les dualistes, h revolution des tubercuies, Vircbow la dési-gha sous Ie nom de tuberculose.
Anjourd'hui la cause des imicistes est déflnitivement gagnée, puisquo Ie bacille de Koch, caractéristique décisif et cerfjiin de la tuberculose, se rencontre dans toutes les lésions précédontos.
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Les lesions de la phtisie lie présentent du reste de spéciflcité reelle, de caraclères véritablement distinclifs, ni clans leur siègOi ni dans leur forme, ni dans leur volume, ni dans leur couleur, ni dans leur evolution, ni enfin dans leurs elements histologiques (Lydtin). Le vrai criterium de cctte maladie doit ètre recherche, comme le prcssentait Cohnhoim, dans l'irrïtant qui Ia determine, qui provoque son développement.
On salt, dcpuis la bello découverte do Koch, que eet irritant est un microbe, le baellle de Koch, et que ce bacille se rencontre dans loütes les lesions phtisiqaes de I'liomme et dos différents animaux. D'un antrc cöté, quand nous qnittcrons le terrain patholog-iqne ponr celui de la physiologie expérimenlale, nous verrons égaloment que l'moculation du tubercule de l'homme ou des produits caséeux provoque, aussi bleu l'un que l'autre, la phtisie chez les animaux inoculés (Villemin, Chauveau); et que toulcs ces pbtisies sont inoculables, d'une espèce ti l'autre, celle de lliomme anx différents mammifères, celle des mammifères aux oiseaux et réciproquemcnt (Nocard),
Nous sommos done conduits invinciblement ä cette conclu­sion ; VUnite absolue de la phtisie. Autrcmont dit, non seulement il y a unite do la phtisie chez I'liomme, mals encore la tubercu­lose hnmaine et animale eest la meine maladie, se présentant sur des organismes différents.
b. — Tubercule.
Lu lésion qui, jusque dans ces derniers temps, a passé pour caractérislique de la phtisie, est le tubercule., c'est-ä-dire une nodosiié saillante, grisatre, demi-transparente, dure au toucher, faisantuno légere saillie ä la surface des tissus. dont la grosseur varie d'nn point a peine visible au volume d'un grain de millet ou de cliénevis, Cette idéé de la spéciflcité des formes anato-miques a du reste varié suivant les époques, et a la question sans cesse renouvclée par los cliniciens : laquo; Oü est le tubercule? quelle en est la marejue decisive et certaine? raquo; les histologistes ont suecessivement donné comme caractéristique d'abord la forme nodulaire, puis la tendance de cetto forme nodulairc a dégénérer au centre, en formant une gouttelette de pus (nécro-biose do Virchow), plus tard encore la presence constante au centre d'une cellule gigantesque, désignée sous le nom do cellule géante, et enfin l'édification épithélioïde de cellules qui entourent cette dernière (J. Renaut).
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Malgré tous ces changements, Ie criterium anatomo-histolo-gique s'est constamment montré insuffisant pour résoudre la question, parce que, ä cóté du tubercule vrai A.amp; la phtisie, il exisle nn faux tubercule qui, envisage au point de vue anatomique, soit k l'ceil nu, soit au microscope, se montre identiquement semblable au premier, aussi bien par sa forme arrondie, par sa cellule. géante centrale, que par la disposition histologique des elements qui cntourent celle-ci. Aussi, dès Ie début, lorsquenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;v 1
M. Colin fit ses magniflques experiences de controle pour veri­fier les faits de transmission annonces par Villemin, Ie savant professeur d'Alfort se demanda-t-il si les tubercules d'inocula-tion qu'il obtenait étaient bien, dans tons les cas, les mèmes que ceux décrits par Virchow, Lebert et tous les histologistes, dans la vraie phtisie. laquo; Des doutes me sont venus sur la possibilité de quelquo illusion, disait M. Colin dans son rapport, ces doutes qui flnissent toujours par m'assaillir, quandils ne sont pas entrés au premier abord dans mon esprit. raquo; Le savant physiologistc avait done pressenti, dès 1867, que le tubercule pouvait bien ne pas ètre une caractéristique essentielle de la phtisie.
Yrai ou faux, le tubercule n'est, en effet, que l'expression finale d'un travail irritatif, determine par un corps étranger, infiniment petit, introduit dans l'organisme, corps étranger qui en est Ia cause première, nécessaire et indispensable (.1. Renaut). Si ce corps étranger est un êlre vivant, le bacille de Koch, le travail inflammafoire aboutit k un tubercule vrai ou tubercule de la phtisie.
Si le corps étranger est, au contraire, une particule inorga-nique, ou un microbe autre que le bacille de Koch, le nodnle qui se forme est un faux tubercule.
Le vrai tubercule se reconnaitra done toujours, d'abord au bacille spécial dont il n'est que la manifestation, et un second criterium devra ensuite être recherche dans ses caractères phy-siologiques propres, c'est-ä-dire dans sa virulence. Le tubercule
vrai est en effet indéfiniment réinoculable, ce qui indique bien qu'il est une manifestation de la vie; de plus, on constate une
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énergie pour ainsi dire croissante, une virulence grandissante a chaque transmission, ainsi que Tont parfaitement remarqué MM. Toussaint, professeur k 1'école vétérinaire de Toulouse, et Hippolyle Martin, de Paris. Enfin un troisième caractère diffé-rentiel se trouve dans la generalisation frequente des lésion qui dependent de la tuberculose vraie.
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c. *- Faux tubermle.
M. Colin, dans Ie cours de ses nombreuses experiences de con­trole , a vu se produire sous ses yeux un fait spontane de pseudo-phtisie. Un jeune lapin, afTreusement rnutilé par sa mère qui lui avait déchiré la peau sur une grande étendiie, et qui mourut au bout de trois semaines, avait, en efiet, ä l'autopsie, v 1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; laquo; les poumons parsemés de granulations blanches, les unes
fnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;fermes, les autres d'aspect caséeux, présentant des elements
tuberculeux et purulents. Sa vaste plaie, ajoute JM. Colin,, l'avait conduit ä la phtisie on ä quelque chose d'nnalogue. raquo; (Loc. cit.) Encore un pas et Ie savant physiologiste distinguait du premier coup ce qui a fait l'objet de vingt ans de recherches : la difference entre Ie vrai et Ie faux tubercule. Get admirable exemple de dé-veloppement naturel de faux tubercules avait failli Ie conduire d'emblée a la vérité.
Par rexpérimentafion on a égalemeut réussi ä créer de toutes pieces de faux tubercules. Hippolyte Martin ayant injecté, dans Ie péritoine de lapins, des poudres inertes, telles que la poudre de lycopode, du poivre de Cayenne, des cantharides pulvérisées, de l'huile de croton, a constaté que si on sacrifle les lapins d'ex-périencc, au bout d'une quinzaine de jours, Ie péritoine est par-semé de granulations deforme nodulaire, absolument semblables aux granulations tuberculeuses et qui n'en peuvent être distin-guées, ni a l'ceil nu, ni au microscope; l'étude histologique ne permet done pas de constater Ia plus petite difference. Si, par contre, on inocule a un second lapin, une de ces granulations, on obtient encore une nouvelle eruption de tubercules, mais Men mains abondante, et qui, comme la première, reste limitée au péritoine. A une troisième inoculation, reffet est encore plus atténué, souvent mème il est nul. Ces faits sont faciles a com-prendre puisque, ä chacune des inoculations, la fraction du corps étranger (poudre de lycopode, huile de croton) devient rapide-ment de plus en plus petite, de sorte qu'il arrive vite un moment oü l'atome restant est devenu insufflsant pour determiner la reaction inflammatoire dont Ie tubercule n'est que l'expression finale. En un mot, aussitót que l'épine irritante, element essen-tiel du faux tubercule, manque, la pseudo-virulence manque du même coup.
Enfin, l'épine irritante qui, comme nous venons de Ie voir, est la condition nécessaire de la production des tubercules, peut
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aussi, clans des circoiistanoes nonibrcuscs, être représentée par des ceufs on des cmbryons d'helmintlies. M. Colin, d'Alfort, cnfeignc depuis longteinps que les embryons de strongles on de filaires détermioent dans les ponmons des moutons et des chats un processns irritatif qui aboutit a, la formation des tubercules (phlisies ou tuberculoses vermiiicnses).
Dans ces deruiers temps, une observation des plus fines, falte par M. Ie professeur Laulanié, de l'école de Toulouse, estnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I
venue égalemeut détnontrer la non spéciflcité anatomiqne dnnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ' quot;
tnbercule. Yoici, brièvcinent résumée, la tres interessante obser­vation de M. Laulanié. Les strongles des vaisseaux (strongylus vasorum de Baillel) vivent, al'état adulte, dans Ie vcntricule droit et les grandes divisions de Tariere pulmonaire du chicn ; l;i ils détermiuent des vegetations, des cordages anastomoses qui niainticnnent Ie peloton parasitaire el rempêchent do ceder au courant. Après raccouplemeut des strongles, leurs ceufs sont transporlés dans les plus fines arlérioles qni provienncnt de Tariere pulmonaire, ou dans les capillaires. Dans ces fins vais­seaux, sous Tinflueuce iana/e de Toeuf du nématoïde, qui jone Ie róle d'épine irritante, il se forme un tubercnle avant tons les caraclèrcs de celui de la pbtisie.
En résumé, comme Ta dit tres bion M. H. Bouley, la lésion luberculeuse en soi n'est que Texpression d'uno irritation locale, dont les agents peuvent êlro tres divers sans que la lésion soit différente. Dans 1c vrai tnbercule, Tépine irritante n'est autro que Ie bacille de Koch; dans Ie faux tnbercule, c'est un corps étranger de nature tres variable (oiuf d'lielminthe, atome inor-ganique, microbede Tinfection purnlente, do la morvo, etc).
d, — Bacille de Koch.
En 1882, Ie 24 mars, Ie docleur Koch, de Berlin, dans une communication ä la Société pbysiologique de cette ville, aunon-eait qu'il était parvenu, d'abord ä isoler, puis ensuite a. cultiver Ie microbe de la tuberculose, et que, par Tinoculation des microbes de culture, il reproduisait constamment la phtisie luberculeuse avec les pbénomènes morbides qn'on observe habi-tuellcment a la suite des inoculations expérimentales ordinaires. Le savant professenr, ä Taidc d'nn objeclif convenableinent éclairé et d'un ingénieux artifice de coloration, venait enfin de résondre lo problème dont plusieurs generations de savants avaient cherché vainement la solution, et il fit voir aux membres
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presents émerveillés, les petits bacilles particuliers de la tuber­culose, colorés en beau bleu par la vésuviné.
Dans tons los pays, un grand nombro d'cxpérimentateurs soumirent ä un controle severe la tlccouverte de Koch, et tons recomuircnt la rigourcusc exactitude des faits signalés par réminent professeur. Personne, au resle, n'élèvc plus aujour-d'Imi Ie moindre doute sur une découverte qui a conquis les
1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;sufTrages de tont Ie monde médical et il est incontestable que la
#9632;Aquot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; tuberculose, maladie contagieuse parasitaire, est fonctiön d'un
jnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; element vlvant. Je bacille de Kocb.
Ce bacille, dont l'apparition a révolutionné l'histoire de la pbtisic. se présente sous forme de baguettes excessivement fines, avant en longueur, ä peine la moitié du diamètre d'un globule rouge, et en largeur tout au plus 1c cinquièmode leur longueur. Ces baguettes sont immobiles, sans mouvement propre, et ren-ferment souvent des spores. Ces spores se forment fréquemmeut pendant la vie du malade et e'est grace ä leur presence que les prpduits tuberculeus conservent lour virulence, mème après la dessiccation, pendant un temps considerable. Les bacilles se rencontrent en grand nombre partout oü Ie
1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; processus tuberculeux est a son début et en voie de développe-
Vnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ment. Qnund Ie processus est presejue terminé, ils disparaissent.
Dans Ie cours de ses recherches, Koch les a trouvés dans les tuberculos de onze hommes atteints de tuberculose, et il a aussi rencontre les mêmcs bacilles sur dix animaux d'espèce bovine atteints de phtisie pommélière. D'après lui, les jbacillcs seraient surtout nombreux dans les masses caséeuses des poumons du boeuf. Koch, ainsi qu'un grand nombre d'autres observateurs, parmi lesqucls nous citerons particulièremeut MM. Cornil, Nocard, Babès, les a trouvés, non scirlement sur l'homme et les grands ruminants pbtisiques, mais encore sur Ie porc, Ie singe, Ie cobaye, Ie lapin, Ie cheval, la poule, Ie pigeon, Ie dindou, en un mot sur tous les aniir.aux affectés de tuberculose spontanée. Après les avoir rencontres constamment dans les divers pro­cessus et chez tous les animaux phtisiques, Koch, pour démon-trer que la tuberculose était bien la maladie des b:icilles, les a soumis a des cultures successives, afin de les isolcr et de les obtenir purs. La methode suivie par ce savant pour les cultiver est la methode par la gelatine. Dn serum sterilise étant place dans un verre de montre, on 1'ensernence avec purcté, puis on place Ie vase pendant plusjieurs jours dans une étuve chauffée
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entre 30 et 39deg; c. Versie dixième joiu* la pullulation se manifeste, al 'ceil nu, par de petites écailles blancMtres et sèches qui grau-dissent peu a peu jusqu'ä se toucher. Ces écailles se composent de bacilles étroitement unis entre eux. Les bacilles sont aptcs k fournir de nouvelles cultures, mais quelle qu'ait été la série de celles-ci, leur inoculation k des animaux sujets k la tuberculose reproduit toujours la malädie caractéristique teile qu'on l'ob-serve aprés les inoculations expérimentales ordinaires. On a ainsi la preuve incontestable que Ie bacille est cause et non efTet de la maladie.
Les cultures réussissent également bien, que les bacilles ense-mencés soient empruntés aux tubercules de l'homme, on bien aux divers produits tuberculeus du bceuf, du singe, de la poule, etc., et l'inoculation des bacilles ainsi cultivés donne toujours lieu ä la phtisie. Il en découle cette conclusion, dejä formulée, que la tuberculose do l'homme et celle des animaux, c'est la même maladie, se présentant sous des aspects divers et que les differences portent sur la forme des lésions morbides, mais mdlement sur leur nature.
Nous avons décrit tres brièvement la methode de culture par la gelatine du docteur Koch, qui a été si heureusement modifiée, dans ces derniers temps, par M. Ie professeur Nocard, d'Alfort. Nous ne dii'ons rien des différentes methodes de coloration du bacille, mais nous tenons k ajouter que c'est encore au meine professeur qu'on doit, en France, la première application des methodes de coloration ä la recherche des bacilles sur les diffé­rents animaux domestiques, ainsi qu'a la determination des tuberculoses locales, comme celle de l'utérus, dent Ie savant professeur a présenté un si bel exemple ä la Société centrale de Médecine vétérinaire.
En médecine humaine, la recherche du bacille est entree dans Ie domaine pratique pour Ie diagnostic des phlisies douteuses.
e. — Les lésions dans tout l'organisme.
Les lésions de la tuberculose peuvent être disséminées dans fout l'organisme; il n'y a pas un organe, pas un tissu qui ne puisse être envahi; cetfe generalisation est même un des moyens qui permet de différencier la phtisie de la pseudo-tuber: culose dans laquelle les lésions restent toujours localisées dans un seul appareil. Ainsi, par exemple, quand on trouve des
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tubercules dans Ie poumon et les vegetations connues sous Ie nom de grappes, sur les plèvros, on est certain d'etre en pre­sence de la vraie phtisie; de rnêrae lorsque, avec des tubercules pulmonaires, les ganglions bronchiques sont tuméflésetcaséeux, on peut tirer la mème conclusion, etc.
Nous avons dit plus haut que la tuberculose n'est pas toute dans les lésions des poumons et qu'il n'est pas un organe qui ne
Jnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; puisse s'y associer par les alterations les plus multiples; souvent,
fnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;eu effet, non seulement laquo; il grèle raquo; des tubercules dans les pou-
mons, mais les ganglions bronchiques, mésentériques, pharyn-giens , Ie foie, la rate, les reins, Ie péritoine, l'appareil géuital du male ou de la femelle peuvent être aussi parsemés d'innom-brables granulations tuberculeuses. Le système osseux lui-mème, les parois des vaisseaux lymphatiques, veineux et arté-rielSj l'intérieur du canal thoracique peuvent de mème se trouver envahis par le processus tuberculeux. Enfin, il n'est pas jus-qu'anx mamelles et aux muscles qui ne puissent contenir des tubercules. Ces deux dernières localisations dolvent nous arrêter
jnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;un instant, parce que c'est presque exclusivement par le lait et
|nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;la viande que les animaux donnent la phtisie ä l'homme.
Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Les mamelles, d'après M. Nocard, seraient rarement malades,
car, laquo; sur quatorze vaches reconnues tuberculeuses a l'aulopsie, les glandes mammaires ?e trouvaient absolument exemptes de lésions tuberculeuses. C'est la, un fait des plus rassurants, au point de vue de Fhygiène publique, raquo; ajoute le distingue profes-seur. — Nous veiTons plus loin, d'une part, que les lésions locales ne sont pas nécessaires pour rendre le lait virulent et, d'autre part, que, d'après MM. Van Hertsen et Degive, en ßelgique; Fleming, en Angleterre, et Bang, en Iloüande, elles sont au contraire tres fréquentes. C'est ce qui résulte lïussi de notre pratique personnelle. Le développement des tubercules dans les muscles eux -
^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;mêmes est par contre cbose fort rare, mais chez les animaux
quot; fnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;attcints de phtisie, a un degré avance, on trouve Men souvent
des lésions tuberculeuses dans les glandes lymphatiques inter-musculaires, alteration gui passe fréquemment inapet-cue {LyAün]. Dans ce cas encore, nous établirons plus tard qu'il n'est pas mème besoin de ces alterations locales du tissu musculaire pour que la viande soit virulente. Quant aux chances de transmission par l'usage du lait ou de
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la viande, ellcs sont évidemment toujburs plus grancles dans Ie cas de lésions directcs dans Ie pis ou les muscles.
sect; 4. — ÉTIOLOGIE
La phtisie est une maladie microbienne.
La première conséqueuee qui découlc de cette notion, qu'on peut dire définitivement acquise, c'cst que la phtisie ne procédé que d'inie seule cause, la contagion. La croyance a la spontanéilé,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;A
générale dans la vieillo médecinc, oü la conjecture pour les ma­ladies contagieuses avail une si large part, doit s'évanouir on presence du bacille de Xoch. Non pas que toufes les influences qu'invoquait comme causales l'ancienne éliologic, ne soient point plus ou moins favorables h la manifestation des efFets des hacillcs : bien certainement, elles préparent Ie terrain organiquo et Ie rendent apte ä recevoir 1'rnctueusement la semence tuber-cnlense. Mais les influences : exces de foule espèce, épuisement, fatigues, chagrins, grossesses répétées, scrofnlo, rachitismc, diabete, alcoolisme, qu'bier encore on admettait en médecine bumaine, comme causes süffisantes de la phtisie, et qui se résu-maient dans un senl mot : misère physiologique, no doivent être considérécs que comme de simples causes prédisposanfes quinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; At.
préparent Ie terrain organique par la dénutrition, et Ie mettent en état a'opporluniïé morbide. De mème, en vétérinaire, Ie mau-vais régime, la disposition défectueuse des étables, les refroidis-sements, ne sont que des causes secondes; la cause première, c'est la contagion.
Gelte notion nouvelle ne sera pas acceptée sans resistance, surlont en médecine bumaine, car un grand nombre de méde-cins sont rcslés spontanéistes; pourlant, du moment oü il est expérimcnlalemcnt élabli que la phtisie procédé d'un element vivant, il n'est plus possible de croire ä son dévoloppeincnt sous rinflncnce de causes banales, ä moins, toutefois, d'admeltre la generation spontanée,
' On voit que, pour nous, l'éliologie de la phtisie — maladie ne formant qu'une seule enlilé morbide chez l'bomtne et les ani-maux — est lout enlière comprise dans Ie mot contagion : contagion d'hommc a bommc, conlagion do I'liomme aux ani-manx, contagion des animaux ä l'homme, conlagion des animaux entre cux, et enfin, kérédité, c'cst-ïi-dire contagion par heritage.
Nous reviendrous en détail, dans un aulre cbapitre, snr chacuu de ces modes de Iransmission, de maniere ä en établir la réalité
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par de nombreux cxemples; il nous parait toutofois utile cl'lndi-qucr ici que, d'après des reuseiynemenls founiis par plusieurs vétérinaires, la population bovine, dans la Tunisie, l'Algérie et l'Kgyple, ne serait que rarementatteinte de tuberculose et que la memo rarete s'observerait sur les populations indigenes de ces pays.
Gelte coincidence, si eile était bicn prouvée, serait prcsque demonstrative des dangers de l'alimentation par la viande et Ie lait des animaux pbtisiquos. Dans Ie meine ordre d'idées, on peut citer ce fait signalé en médcciae bumaiue, par de nombreux observateurs, que la pbtisie était iuconnue dans certains pays au moment de leur découverte et qu'clle n'a été remarquée qu'après 1'arrivée d'Européens phtisiques ; Amériquo du Nord, Polynésie, Taïti. Menie reiuarque vient d'etre faite sur les habitants de la Terrc de Feu. Avant l'amvée des niissionnaires Anglais, la plitisie était inconnue malgré les conditions bygiéniques détes-tabies dans lesquelles vivaient les Fuégiens; dopuis, clle fait des ravages épouvantables sous la forme galopante; or, il résulte de reuseignements tres précis, que plusieurs des membres de la mission étaient tuberculeus (Vallin).
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II. — VIRULENCE DE L'ORGANISME INFECTÉ
La tuberculose est mie inaladie contagieuse, c'est-a-dire une affection destinée désormais ä prendre rang parmi laquo; ces entités morbides achevées, ple'mes de leur cause originelle, toutes résu-mées et définies par les produits transmissibles auxqnels elles aboutissent. raquo; La doctrine de la contagion a, en effet, pour prin­cipal appui les résultats expérimentaux qui établissent sur une base solide la virulence de toutes les parties de l'organisme des ani-maux tuberculeux. C'est cette déoionstration de la virulence de l'organisme infecté qu'il convient de faire d'abord pour les pro­duits morbides, puis ensuite pour Ie sang, la viande, Ie lait. Quant a la virulence des différents produits de secretion, telsque l'urine, la salive, Ie vaccin, etc, nous verrons qu'il serait prema­ture de vouloir actuellement poser des conclusions definitives.
Pour mener ä bien notre lache, nous nous sommes aidé prin-eipalement des travaux de MM. Villemin, Colin, Chauveau et Toussaint, en France, et de ceux de MM. Gerlach, Bellinger et Klebs, en Allemagne. 11 va sans dire que nous avons utilise également Ie savant rapport de M. Lydlin, au Congres vétéri­naire de Bruxelles, ainsi que les eloquentes lecons du Muséum, sur la tuberculose, de notre inaitre ä jamais regretté Henri Bouley.
sect; 1. — VIRULENCE DES PU0DU1TS TUBERCULEUX
C'est ä M. Villemin que revieut I'lionneur d'avoir établi ce fait du plus haut intérèt, la transmission de la pbtisie par 1'ino-culation, fait qui coustitue l'unc des plus belles découvertes medi­cates de ce siècle. Dans deux mémoires, Tun du 5 décembre 186S et Ie second du 30 octobre 1866, il annoncait a l'Académie de médecine surprise, qu'il avait inoculé k l'oreille laquo;^(/quot;lapins do différents äges avec de la matière tuberculeuse prise dans une caverne pulmonaire d'un homme phtisique et que tous avaient présenté a l'autopsie des tubercules dans les poumons et même dans la rate, les reins et les glandes intestinales.
Après cette série d'expériences, objet de sou premier raémoire, M. Villemin continua ses recherches.
Des douze lapins qu'il inocula de la même maniere, trois mou-rurent accidentellement. Les neuf autres, tués après quelques mois, présentaient tous des tubercules dans les poumons, la rate, les reins et l'inlestin. Uu seul ne montra aucunc lésion.
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Deux cubayos inoculés ii la face interne de la cuisse mourareiit ég-alement tuberculeus.
Plus tard, M. Villemin s'adressä aux ruminants et aus carnäs-siors : trois moutons, uno chèvro, un aguoau représentaient les premiers; quatre chiens et trois chats les carnivores. Par mi les ruminants, Tagueau seul, sacriüé après quatre mois, offrait des granulations grises ou transparentes disséminées ä la surface des poumons et, de plus, un tubercule local au point de i'iuser-tiou virulente, l'armi les carnassiers, un cliien et un chat raon-trèrent quelques granulations de nature douteuse. Ce qu'il faut reteuir surtout de celte experience, c'est que, sur les cinq rumi­nants, Vagneau seul est devenu phtisique. Nous aurons l'occasion, en eüet, de signaler au fur et ä mesure de cetto étude des faits de memo ordre qui montrent que Ie jeune üge rend l'organisme plus predispose ä Pinfection tuberciileuse.
Après avoir ai'nsi établi cxpériinentalement que Ie tubercule de riiomme donnait la plilisie aux animanx-, i\L Villemin voulut voir si Ie tubercule pris sur la vdche pouvait également donner la tuberculose : La phtisie calcaire des bètes bovines a, en effet, une physionomie foule particuliere : clle transforme les poumons et les surfaces des plévres en une veritable carrière de carbonate et de phosphate de cbaux (Colin). Les depots crétacés qui la carac-térisent, inoculés a un lapin, dèterminèrent chez lui la produc­tion d'un grand nombre de masses tuberculeuses dont plusieurs mème uvaient Paspect caséeux, ainsi qu'unc multitude de gra­nulations dans la plupart des organes.
Celte experience prouvait l'identité absolue de nature de la phtisie humaine et animale; aussi avec uno süreté de vue remar-quable^ M, Yillcmin n hésita pas ä proclamer l'wmtó de la phti­sie, conclusion qui était pourtant en désaccord formel avec la science médicalc de 1'époque.
Pour terminer son étude, M. Villemin ent enfin Pidée de s'as-surer si la tuberculose expérimenfale était virulente comme la tuberculose naturelle. Des inoculations successives, faifes sur trois lapins, établirent clairement la virulence de la tuberculose expérimentale. Nous avons déja dit plus haut que ces inocu­lations sériées élaient Pun des moyens de différencier la tuber­culose vraie de la pseudo-tuberculose.
Untre ce fait entièrement nouveau de la transmission de la phtisie par inoculation, M. Villemin tirait done encore de ses
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v;
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travaux cettc conclusion, d'un immense inlérêt, l'Unite de la phlisic.
La Comuilssion de 1'Académie de médecinc dont M. G. Colin, d'Alfort, fut Ie rapporteur, vérifia dans leurs plus petits détails les faits avances par M. VlUemin, etses experiences confirmèrent en tons points les résultats obfenus.
Volei, du roste, Ie résumé des experiences du grand physiolo-giste d'Alfort :
1deg; Uu lapin inocnlé avec de fines granulntions miliaires récentea d'uue vache, mourut phtisique au bout do deux mois. Los pou-mons étaiont parsemés de tubercules; Ie foie, la rate et Tun des reins en contonaient également.
2deg; Un second lapin ayant recu sous la peau de la matière tuber-culeuse ramold'e, casceuse, prise au centre de masses du volume d'un ceul' do pigeon, sur la mème vache, mourut étique, vers la fin du quatrième mois. Los poumons étaiont converts de grosses masses tuberculeuses; Fun des reins montrait h sa surface quel-ques granulations transparentes; enfin tons les ganglions iugui-naux, rotuliens, axillaires, prépectoraux, du cóté de rinoculalion, se monlraient hypertrophies et pénétrés d'une matière d'aspect. caséeux; il y avait de plus un tubercule local sous la peau.
La matière casceuse, dans cette deuxièmo experience, s'étail done comportée absoluinent comme Ie tubercule classique.
3deg; Uu agneau inocnlé avec du tubercule dur pris sur un boeuf afïecte de pbtisie calcaire, mourut au bout de cinq semaincs, les poumons parsemés de granulations translucides, les plus petites ä peu pres transparentes, les grosses opaques au centre ou en Lotalité. Rien dans les autres organes; la matière déposée sous la peau avait totaleinent dis^aiu.
Le tubercule dur, en voie de transformation crélacée, s'élait done également comporté comme le tubercule récent.
4deg; Des granulations transparentes du volume d'un grain de millet ou de chéuevis furent également tronvées dans les pou­mons d'un aulre agneau inoculé avec du tubercule jnumlre en voie de metamorphose regressive. L'autopsie do ce ruminant, tue au bout de deux mois, montra en ontre qnc le ganglion précru-ral, du cóté de ['inoculation, ronfermait qnelques nodosités tuber­culeuses et plusieurs foyers purulents. Les antres organes étaient sains.
Ün a done ainsi la preuve qu'ä tons les degrés de son évolu-
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tion et sons toutes scs formes lo tuberculo se comporto d'uiie manièro identiqiie.
Ces résultats positifs obtenus par M. Colin, sur 1c lapin, le cobaye et ragneaii, se reproduisaient également sur le chioa lorsqu'il maintenait la plaie d'iaoculation oxactemcnt fcfmée.
Cost lino Itkhe delicate, disait M. Colin, en terminant son ma-gnifiqnc rapport, qne do mosurer dès maintenant la portee des fuits découverts parM. Villemin; maiss'il est plus sago de laisser ce soin ä l'avenir, on pent pourtant afflriner que les experiences du savaut médecin du Val-de-Gräee jettent sur la nature de la phtisie un jour nouveau et lui donneut iucontestablemont une. place dans le yroupe des affections conlagieuses. Dans mie aulre communication, M. Colin ajoutait : laquo; 1'iiioculation du tubercule determine presque tonjours une phtisie grave, c'est lïi un fait certain et qui se reproduit avcc une constanee ed'rayaute. raquo;
Les hasards de rexpérimentation ayant fait, dix aus plus tard, tomber le même savant sur un beau cas de tuberculose sponta-née du lapin, il voulut se rcndre compte de co que produirait rinoculalion de ce tubercule pris sur l'animal presque uivant. L'insertion fut faite en quantité infinitesimale, par trois piqüres sous-épidermiques h la laneette, sur deux lapins de même nge. Au bout do quelques semaines, la parcelle inflniment petite devint, la quantité innombrableet sur les deux animaux la tuber­culose infecta tout rorgaaistne : les ganglions iympliatiquos, les poumons, les synoviales articulaires ou tendiüeuses,les muscles, la peau, les os, toüt jusqu'a Ia moëlle était criblé do tubercules. Cettc observation est un exemple remarquablo do la puissance de virulence que peut atleindre dans certains cas la tuberculose. La maladie produite par la laneette du savaut physiologiste d'Alfort était, dit M. II. Bouley, une veritable phtisie galopante semblable, par la rapidité de sa marche et t'iatensité de scs lésions, ä la pbtisie galopaute de rhomme.
Nous pourrious citer encore une loulo do faits de transmission avec les produits morbides obteuus par nu grand nonibre d'au-tres expérimentateurs : Chauveau, Toussaint, Bollinger, Klebs, Gérlacb, mais nous n'eu connaissous aucun de plus démonstratif que celui de M. Colin, que nous venons de résnmer ci-dessus, et ce seiait allonger inulilemeut une liste déja longue.
Après los experiences de M. Villemin, coufrólécs par M. Colin, la demonstration était faite d'nue maniere irrefragable que rino­culalion des produits morbides de Ia tuberculose Irausmeüait
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presque infailliblenient eoüe maladie, mais comme quelques-uos contestaient encore Ia virulence de la uiatière tubcrculeuse, c'est alors qa'intorvinl M. Chauvean (do Lyon). Guide pur ses expé-riences personnelles sur la-clavelée et la vaccine, inspire d'autre pari; par celles de Renault, sur la morve el Ie eharbon, maladies qu'on avail lontes pu tratisinullrc par les voies digestives, il avail été auicné tout iiaiurellement ä penser que, si la phtisie était réellement contagieuse et virulente, ellc devait se compor-ter comme les premières. M. Chauveau choisit comme orga-•nisme de tuuchc, l'espèce bovine, c'esl-ä-dire l'espèse choz laquclle la plilisie se développe pour ainsi dire naturellemenl, el qui, d'après lui, laquo; esl La seule qui partage avec l'espèce humaine Ie triste privilege d'enlreleuir la tuberculose ä la surface du globo. )i
11 (il acheter, après examen minutieux, qualre génisses de six a douze mois, dans mie eontrée oü la phtisie esl pour ainsi dire inconmie et fit avaler aux tiois meilleurcs de iOalOO grammes de inatière'tubcrculeuse délayée dans un peu d'eau, inalière recueülie sur une vieille vache pblisique. La quatrième l'ut con-servée comme témoin.
Les résultatsde celte interessante experience ne se llrcnt point atlondre el surprircul M. Chauveau par leur rapiüité. Dès ie vingtième jour, une des Irois bêtes d'expérience montrait déja les signes évidents de la tuberculose; queiques jours plus tard l'infection devenait également visible sur les deux autrésetla phtisie évolua avec une rapidité elt'rayante. Pendant ce lemps, Ia génisse ä laquellè on n'avait point administré de matière con­tagieuse, conservait la santé la plus parfaite.
Au bout de deus mois, deux des bèles infeclées furent sacri-liées el l'autops'e niontra de Lelies lesions de tuberculose géné-ralisée, avec prédominenee extrêmement marquee du cóté du méseulère el de I'lntestia. Do plus, outre les masses tubercu-leuses qui parsemaient los poumons et les graiuilations grises de la plèvre, il cxislait eneure dans Ie larynx des plaques granu-leuses parsemées de petilcs ulcérations, dont quelqnes-unes un peu saignantes.
Eu presence de tels résultats, M. Chauveau ne jugea pas qu'il lul encore possible de conserve!quot; des doutes sur la virulence de la phtisie. laquo;11 me parait prouvé maintenant, disait-il, que I'iden-tité de la tuberculose et des maladies recoimues virulentes est si complete et si absoluo qu'il faut, on bien reconnaitre ä la tuber-
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cnlose Ie caraclère de la virulence, 011 bien uier ia virulence elle-même. raquo;
Après cette première série d'expériences, M. Chauveau en ins-titua une seconde sur onze aniinaux de l'espèce bovine douf Ie plus agé avait qnatorze mois. On leur fit avaler de la matière* tuberculcuse provenant mdi/féremment de Fliomiue ou de l'espèce bovine; cette matière fut pour quelques-uns donnée ä baute dose, afin de forcer les lesions, mals les autres n'eu prirent qu'uno fois et en petite qnantité.
Aucun sujet n'échappa a rinfection. Elle se traduisit chez (ons par des lésions qni, légères cliez les uns, se montrèrent cbez les autres laquo; vérilablcmcnt épouvantables. raquo;
Pour donner toute leur signification a ces lésions. M. Cbau-veau avait eu sein de conserver deux veaux témoins, dont 1'au­topsie permit de eonstater que tous leurs orgaues étaient parfai-tement sains.
Quant aux symptomes qn'on a remarqués, retcnons snrtont que presque tons les snjets ont montré, dans les jours qni ruit suivi ringestion de la matière tubcrcnlevtse, uuc diarrhée inidale plus ou moins intense, pais, plus lard, une tumefaction gan-glionnaire, souvent tres appareute, des glaudes sous-maxillaires et des ganglions pré-cervicaux. Ce dernier symptómo est la preuve indiscutable du rapport qni existait entre 1'infeclion de l'organisme et 1'administration de la matière virulente. Notons aussi comme parlicularité constante, la toux et ramaigrissenient allant petit ä petit Jusqu'au marasmo.
Ces experiences, d'une signification si nette, fnront cepeudant contestées par M. Colin qni, parait-il, essava vaiuement de trans-mettre la tuberculose par ringestion de produits morbides. Mais les infructueuses tentativesdeM. Colin ne ponvaientévidennnent, ni détrnire ni infli-mer les résultats positifs obtenus, car, ä ee compte, disaitspirituellement M. Yillemin, laquo; certains pourraiont aussi nier que les allumettescbiiniquesprenneul feu par Ie frot-tement, parce qu'ils en outt'roltéen vain quelques-unessansréns-sir ä les faire flamber. raquo; Le mêmecontradicteur, M.Colin, préten-dait deplns, que les lésions du ponmon étaient la consequence de la chute de parcelles tnberculeuses dans la trachée au moment de ringestion du liquide d'expérience avec une bouteille. Pour faire tomber cette objection, M. Yillemin injecta directement dans 1'estomac d'un lapin, ä 1'aide d'une sonde, quelques grammes do matière tuberculcuse délayée dans Peau; ce lapin devint luber-
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culeus:. Puis, pour completer sa demonstration, M. Villemin fit avaler spontanémeni lamatière tiibercaleuse ä quatre cobayes, en mélangeant dos cracbats d'un liomme plitisique avec dn son. Les qualre cobayes avant été trouvós tuberculeux a raulopsic, la prenvc fut ainsi deux fois fuito que les localisations pulmonaires no provenaient point de particules avalées de travers par les aninmnx.
De son coté, M. Chauveau, vonlant metfrc hors de toute con-testalion les faits dont il s'élait porté garant et qui se trouvaient niós par M. Colin, donna do noiiveaii de la matière tnberculeuse a deux veaux et en conserva deux autres comme témoins. Cette experience fut somnise au controle d'une Commission nommée au sein,de l'Association fremgaise pour l'avancement des sciences, qni lenait sa seconde session, a Lyon (1872), et ce fut devant cette Commission qu'on procéda äl'autopsiedes quatre animaux. Les deux premiers se monlrèicnt abominablemcnt phlisiques, mais los deux veaux témoins présentèrent aussi quelques lésions luberculenscs. La demonstration ne fut done pas aussi évidente que s'y attendait réminent expérimentatenr de l'Ecole de Lyon qui, fort do son experience personncllc, s'était cru en droit d'af-lirmcr l'état de santé parfalte des animaux témoins. Ceus-ci avant habité et mangé avec les veaux tuberculeus avaient été infectés grace k la commnnauté des vases a l'aide desquels on leur donnait lour nonrriturc. Aujourd'bui, éclairé par des faits scmblables, il n'y a plus, en effet, aucun deute sur les causes de cette contagion accidentelle et les propriétés infectieuses de la tuberculose n'en sont que micux établies; mais dans les disposi­tions oü l'on se trouvait alors, ces résultats contribuèrent a. main-tenir Ie doute dans les esprits.
Heurcnsement que d'antres expérimentatéurs intervinrent et que de nombrenses experiences de controle, faites un pen par-teut, ne tardèrent pas k rendre indiscutables les faits avances par MM. Villemin et Chauveau. Ce sont ces diflerentes experiences qu'il nous reste maintenant a exposer brièvement.
M. Suint-Cyr, un professcur distingué de l'Ecole de Lyon, ayant fiiit avaler k plusieurs reprises de la matière tnberculeuse a deux jeunes veaux, trouva leurs poumons sains, mais les gan­glions tres malades avec des tnbcrcules déja en voie de crétifica-lion. Un veautémoinquiavaitrecuexactcmentlamême nourriture et les mèmes soins ne présenta absolument aucunelésiona l'autop-sie minutieuse qui en fut faite. Aussi M. Saint-Cyr terminait-il sa
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communication académique en disant: laquo; M. Cliuuveau n'est plus le seul qui ait réussi ä donner la tuberculose par ringestion de la raalière Uiborcule::se par los voles digestives; ce resul (at je I'ai obtenii comme lui. liest vrai que, Jusqu'ä présent, ces expe­riences ne réussissent ä co qu'il parait qu'ä Lyon, et cetle cir-conslance leur nul ra peul-ètre dans l'esprit de quelqucs savants; mais, en vérité, clles réussissent si bicn et si faclleinent ici, qu'il y a tont lieu d'espérer qu'clles finiront aussi par réussir ail-leurs.raquo;
De fait, desrésultats semblables étaient obtenus en Allomagne sur desmouions par M. Leisering, professeur ä l'Ecole vétérinaire de Dresde. Pendant trois jours il fit prendre des ganglions lym-plmtiques provenant d'une vache tuberculeuse au premier mou­ten, tandis quo l'autre ne reeut qu'une seule fois vingt grammes de mallere virulente. La phtisio évolua tres vite et l'autopsie ré-véla, sur los deux moutous, dos lesions formldablos de tubercu­lose genéraliséc.
Un autre expérimentateur allemand, Bollingcr, par l'ingestion de matière tuberculeuse, détermina également sur un mouton et deux chèvi-cs uno phtisie grave.
Uu vétérinaire d'Arras, M. Viseur, espérimeuta sur des chats. 11 les nourrissait avcc des poumons tuberculeus provenant d'ani-maux d'espèce bovine tués h l'abattoir. L'autopsie de ces chats, au notnbre de cinq, quatre jeunes et un adulle, permit de recon-naitre que les premiers présentaieat des lesions tuberculeuses frès accusées et que seul ranimal adulfe en était exempt.
Enfin, M. Toussaint, de 1'Kcole vétérinaire de Toulouse, ufilisa pour ses études expérimontales los animaux de l'espèce porcine, et sur un grand nombrc, il vit la pbtisie galopanto suivrc ringes­tion spontanée de produits morbides tuberculeux. Dans un cas mème un sujet témoin, vivant avcc les autres, devint aussi phti-sique. Comme dans le cas de M. Chauveau, celte contamination accidentello dut s'efroctucr grace ä la communaulé des vases servant ä la distribution des aliments.
En résumé, la virulence des produits morbides tuberculeux ne sanrait anjourd'hui faire l'ombre d'un doute, puisquc lunr inocu-lalion a rendu phtisiques, entre les mains d'e.xpérimenlateurs de divers pays, le iapin, le cobaye, le cbien, la cbèvrc, le bélier et le pore, et que de mème leur Ingestion par les voles digestives a permis d'iiifecter 1c vean, le pore, le lapin, le cobaye, la chèvre, 1c mouton et le chat. En presence de pareils resul tats, les anciens
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adversaires de la virulence, Colinheim ä leur tête, ont éfé obliges de reconnoitre leur erreur, ä tel point qne ce dernier disait en 1880: laquo; c'est ä pcinc s'il doit exister aujourd'hui nu pathologiste qni nie encore que la tuberculose soit une maladie infectieuse transmissible. raquo;
sect; 2. — VIBDLENCE DU SANG
La question de la virulence du sang, qui est pourtant grosse de consequences, qui est, peut-on dire, la clé de la virulence de l'organisme, n'a jamais été traitée jusqu'ici rl'une maniere spé­ciale et avec l'attention qu'elle mérite. Démonlrer les propriétés infeetantes du sang, prouver que Ie bacille s'y rencontre quel-qnefois, c'est pourtant établir du mème coup, sans hesitation pos­sible, que la tuberculose est bicn une maladie générale, lotius mbstcmtioe, et que par conséquent toute particule provenant de l'organisme infecté pent recéler en sol 1c germe de la maladie. (lette demonstration nous allons la faire, el si complete, qn'clle forcera toutes les convictions.
Le premier expérimentatcur qui a constaté la virulence dn sangest encore M. Yilloinin. Dès 1868. lors de ses premières Communications h l'Académio de médecine, ce savant annoncait en efTet que : laquo; le sang déflbriné, en injections hypodermiques, déterminait la tuberculose, raquo; mals que dans ce cas la question quantité paraissait jouer uu certain róle et que — contrairement h l'inoculation des produits morbides — la réassite scmblait exi-ger nn volume apprécialgt;le de liquide. Un lapin qui reent 2 c. c. de sang on injection hypodermique, pris sur un komme pkttst'que pen de temps après la mort, succomba au bout d'un mois et demi i' une tuberculose généralisée ; son autopsie prouva clairement l'infection des différents appareils. Le sang d'un antre lapin, rendu préalablement tuberculeus, injecté a deux reprises è. nn second lapin et h la dose de 2 c. e. cbaque fois, détermina de mème la production de tubercules dans les poumons et les reins.
Ces rcmarquables experiences de transmission de la tubercu­lose au lapin par 1'injection clans le tissu cellulaire du sang d'un phtisique frappèront l'esprit sagace de M. 11. Rouley qui rappela immédiatement ä 1'Académie que lorsqu'on opère la transfusion du sang d'un choval affecté de morvc aiguë ou chronique ä nn cheval sain, il y a aussi de grandes chances, pour que dans un délai assez court, les poumons de celui-ci se remplissent de gra-
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nulations qui, en vieillissant, sont deslinées ä devenir des tuber-cules morvèux. De même, ajoutait notre regretté Maitre, la trans­fusion de sang claveleux h un animal sain produit soit une eruption tégumentaire simple et bénigne, soit une eruption pul-monairc. Puis, par une vue de génie, M. Houley ajontait: 1c tubercnle morveux, comme la pustule claveleuse, impllque done tbrcément dans ces cas laquo; une modification préexistanto du sang par un element anormal qui lui est associé. raquo;
Moins d'un an apres la découvcrlp de M. Yillemin, Ie ier mai 1869, trois médecins grecs, Demet, Paraskova, Zablonis (de Syria) inoculèrcnt deux ä trois gouttcs do sang d'un poitrinaire ä deux lapins. Trente jours plus tard, ces lapins présentaient tons les signes de la phtisie, et l'autopsie montrait des tubercules transparents, gris, ou ramollis dans les ponmons on Ie mésen-tère. Cette première experience de controle avait donné un re­sul tat positif.
En France, ces expöriences d'ime importance capitale, passè-rent presque inapercues, et ce n'est que dix ans plus tard que M. Toussaint, de l'Ecole de Toulouse, reprit l'étude de la viru­lence du sang. Sur un porcelet de deux mois, ce laborious expé-rimontateur injecta, dans lo tissu cellulaire sous-cutané, quelques gouttcs de sang tuberculeux provenant d'un animal de la même espèce. Quelques jours après, une tumeur irreguliere, dure et lobulée, se développa au point memo de l'injection virulente. Deux mois plus tard, M. Toussaint trouvait k Tautopsie de nom-breuses granulations grises dans la plèvre, les ponmons, Ie foie, la rate et l'épiploon ; bref, les quelques gouttes de sang avaient determine une pbtisie gónéralisée des plus graves,
Quelques mois après eet essai, qui avait donné unrésultat si dé-monstralif, M. Toussaint injecta de nouveau quelques gouttes de sang, mais provenant d'un soldat tuberculeux, dans Ie tissu cellu­laire d'un tres beau cochon. L'autopsie fit constater Ie tubercnle local d'inoculation, ainsi qu'une phtisie généralisée presque aussi complete que dans Ie cas precedent.
Enfin, il résulte encore du carnet d'expériences de M. Tous­saint, publié parM. H. Bouley dans Ie Recueil de 1885, quand ce malheureux expérimentateur fut devenu incapable de tirer lui-mème parti de ses travaux, que dans cinq experiences, faites sur des lapins, avec du sang chauffé a la temperature de 73deg; a 80deg;, toutes furent conciuantes dans Ie sens positif. Ce qui donne ä ces résultats confirmatifs une grande valeur c'est que, lorsqu'on lit
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avec attention les notes expérimcntales, on refrouve peur plu-sieurs la signature même de la malddie, c'est-ä-dire lo tnbeicule local d'inoculalion qai en est la caractérislique indéuiable.
Pour finir cc qui concerne les travaux de ce savant, rappelons qu'il a Ie premier réussi ä cultiver Ie sang luberculeux, et que, après avoir subi plusieurs cultures successives, les deruières se inonfraient aptes encore ä determiner Ia tuberculose.
Un autre vétérinaire francais, M. Galtier, profésseor a l'Ecole de L}ron, a, lui aussi, soumis celte grave question de la virulence du sang ä une verification expérimentale, et dans douze essais d'injedion bypodermiquc ä des lapins, de sang provenant de bètos tuberculenses refusées ä la consommation on pris sur des lapins préalablement rendus tuberculeus, M. Galtier a obtenu deux résultats positifs.
De même le docteur G. Grancher (de Paris), si connu par sos travaux histologiques sur la pbtisie, dit quo lesangduccBurd'un cobaye tuberculeus, donno sürcinent la tuberculose aus ani-maux, même lorsque les bacilles resteut invisibles au mi­croscope.
En Alletnagne, au lieu d'étudier la virulence du sang, comme les savants francais, a l'aide des inoculations sous-cufances, Colmbcim, Salomonsen, Uaensell, Deutsebman et Baumgarten ont en recours h une autre mélbode, celle des injections intra-(iculaires. Après une incubation de vingt ä trente jours, si on a opéré sur des lapins blaues, ä iris couleur de chair, on voit appa-raitre sur l'iris un ilot de potils tubercules gris, tubercules qui s'accroissent et présenten! bientót la dégénérescencc caséeuse ; puis enfin survient la tuberculose générale du globe de l'ceil et de lout rorganismc.
Volei comment M. Lydtin, dans son savant rapport sur la tuber­culose, au Congres vétérinaire de Bruxelles, rend compte de ces experiences :
laquo; Baumgarten injecta dans la cbambre antérieure de l'ceil d'un certain nombré de lapins quelques gouttelettes de sanc/ d'un ani­mal récemment abattn qui présenlait des lesions fort prononcées d'nne tuberculose développéc ä la suite de rinocnlation, etilpro-duisit chez ces lapins nnc tuberculose oculairo typique qui aboutl.t rapidement ä une affection générale. Des tubercules appa-rurent, après trois ä quatre semaines, dans le segment inférieur de l'iris, dans le voisinage du point oü avail séjonrné ie sang in-
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fecfé. Le nombre des tuLercules dovint ensuHe de plus en plus grand dans l'oeil et fmalement survinrent les manifestations et les lesions d'une tubürculose générale qni entraina la nioiquot;t. raquo;
Pour prévenir tontes les objections, Baumgarten répétait les mèmes experiences avec du sang provenant cl'animanx sains, inais ces experiences de controle rie donnèrent jamais lieu h au-cunc manifestation morbide.
Les experiences de Villerain, Toussaint, Galtier, Grancher, en Franco, celles de Cohnbeim, Salomonsen, Huensell, Dentscbnmn et Baumgarten, en Allcinagne, suffisent amplemcnt pour entrai-ner toutes les convictions et démontrer que l'élément vivant de la tuberculose ne demeurc pas localise aux lésions, laquo; mais guit eourt parlout avec le sang et que, par conséquent, l'organisme tont entier en est infecté.raquo; (II. Bonley.) Néanmoins, s'il restait encore quekjues doutes sur Ia virulence du sang, ils disparaitraient im-médiatement devant la constatation de Koch, qni a trouvé des bacilles dans le sang d'un homme atteint de tuberculose miliaire. Le mème fait a égalcment été signalé par Weichselbaum. Enfin, MM. Charrin et Karlh ont égalemcnt rencontre des bacilles dans le sang de la rate, alors que eet organo ne contenait aucun tubercule. L'assentiment invincible dos expérimentateurs atteste done bien, comme nous le disions plus bant, que la tuberculose peut devenir une raaladie générale, fotius substantioe, et que les manifestations locales qui la traduisont ne sont que les effets de la maladie.
sect; 3. — VIRULENCE HE LA VIANDE
Nous avons vu dans le paragraphe precedent le bacille de la tuberculose voyager avec le sang, il peut done s'arrèter sur les différents terrains de rorganisme qui lui sont propices et y pulluler ti l'infini, mais le Systeme musculaire ne semble pas chez rhommc ètre bien favorable ä son développement, puisque jusqu'äcejour M. Follin parait ètre le seul auteur qui ait signalé la presence de lubercules dans les muscles de l'homme. Ainsi dans son récent article du diclionnaire Jaccoud, M. Ilanot pretend que dans la pblisic laquo; les muscles peuvent bien présenter les modifications qu'ils subissent dans toutes les cachexies, mais que les alterations tuberculeuses proprement ditos y sont inconnues. raquo;
Pour les animaux égalementla tuberculose des muscles parait excessivement rare; clle a cependant été signalée sur 1c bneuf par M.M. Degive et Van Ilertscn, et sur le lapin par M. Colin
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d'Alfort. Dans Ig premier cas il s'agissait cTiin taurean demi-gras, age de sept ans et sacrifié pour la bouclicrie, ä l'abattoir de ßruxelles, avec foutes les apparences de la santé. Ou oonstata, ii Tautopsie, la presence en divers points do nombrenses lesions tn-berculeuses notamment dans les muscles. Ces tuberenles mnscu-iaires offraient la plus grande ressemblance avec. ceux du pou-raon, du foie et des antres organes parenchymatenx. lis élaient durs, jauntitres et de volume Ires variable. On les trouvait par-ci par-la, isolés, dans l'épaisseur des muscles et particulièremcnt dans ceux des regions crurales. (Van HorJsen.)
Dans l'observafion de M. Colin, les muscles de la plnpart des regions montraicnt caetlä, a. leur surface on dans leur épaissenr, des tubercules miliaires, presque toujours fermes.
D'après !e docteur Schütz, professeur a l'école vétérinaire de Berlin, ces nodules tuberculeus des muscles auraicut leur siege dans le tissu eonjonclif intermnsculaire: et bieu souvent on trottverait chez les animaux atteints d'une phtisie avancée des productions tuberoulenses dans les glandes lymphatlques intennusculaires : laquo;nkcralion quipasse frêquemment inapercue. raquo;
Dans tons ces cas, il n'y a aueun deute, laviande doit ètre im-pitoyablement refuses, mals, dans les conditions habituelles, fjuand il n'oxiste do lesions tuberculeuses visiblos quo dans les poumons on le tube digestif, la viands nmne de belle apparence n'est-elle point encore dangerense ?
Voici la réponse des différents expérimontatenrs. Toussaint ayaut pris un morceau do viande sur nne vache tuherculeuseet en ayant exprimé le jus avec la presse du commerce, inocula 2 c. c. de ce liquide ä un jeune joorc. Tué an bout de deux mois, il trouva k sou autopsie toutes les lésions d'une phtisie grave. Dos frag­ments de poumons, de foie, de rate, de centre phréniqne du dia-phragme, de ganglions broncbiqües et sous-maxillaires furent. envoyés ä M. II. Bouley et mis sous les yenx de 1'Académie.
Le docteur Vallin a fait récemment des experiences d'inocula-tion sous-cutanée avec dn sue musculaire d'animaux tuberculeux et a obtenu les mèmes résultats.
Les rccliercbcs de controle de M. Galtier Tont également amené ä conclure qu'il y a danger, dans presque tons les cas, ä laisser consommer la viande provenant d'animaux tuberculeux. Dans quinze experiences, ce professeur a inoculé, par injection hypodermique, d'asscz fortes quantités de jus musculaire obtenu en exprimant la viande de vache plitisique refusée k la consom-
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lualioii. Deux fois il est arrive k uu résultat positif aur Ie lapiu et Ie mouton,
Eniin, tout récenmicut, lors du Congres vétérinaire teim ü Paris au rnois de novembre, M. Ai'Ioing-, do Lyon, a declare avoir réussi deux Ibis sur vingt-cinq en opéraufc sur des cobayes, ä determiner la tuberculose par l'inoculation do jus musculaire provenant d'une vache pliüsique en parfait état de graisse.
Mais ce n'est point par l'inoculation directe que la tuberculose peut GOnlagionner couramment l'espèce liumaiue, aussi faut-il voir maiutenant, ce que produit riugeslion de la viaude elle-mêmé:
Bollinger, en faisant inauger de la chair de bceuf devenu spou-tanément tuberculeux ou celie d'animaux infectés expérimenta-leuient, a determine sur trois porcs une tuberculose généralisée.
De mème ä l'école de llanovre, sur quatre lapins auxquels on tit manger de la viaude provenant d'un porc; fortement tubercu­leux, deux l'nrent recomnis phtisiques ä l'autopsie.
Do sou cöté, Ie docteur Johne, sur 46 animaux d'espèces difïe-rentos, öourris avec de la chair crue provenant de vaches tuber-culeuses, a oblenu treize résultats positifs.
Enfin, Gerlach, Ie professeur regretté de l'EcoIe de Berlin, sur 36 animaux nourris égalomcnt avec de la viaude tuberculeuse a eu kuit fois des résultats positifs.
Coniino tons ces faits sont graves, comme il faut s'en souvenir et surtout s'en inspirer, quand il s'agit de résoudrela grave ques­tion de savoir si les viandes d'un auhnal reconnu tuberculeux peuventètre livróes älaconsonimation! Leur bel aspect extérieur ne saurait ètre cousidére comme la garantie de leur innocuité puisqu'elles recèlent en olies —#9632; les experiences en témoignent — les agents actifs d'uno contagion redoatable (11. Bouley).
Nous avons déjè vu que rinoculalion directe dejus musculaire provenant de viaude tuberculeuse determine la phtisie, qu'il eu est de mème de l'ingestion de la viandc crue; nous allons établir main tenant que Ie degré de cuisson auquel nous sonmettons nos aliments est tout a fait insufflsant pour endétruire la virulence. 11 est ntile do se rappeler d'abord que la viande est. en general, un mauvais conducteur du calorique, et que Ie milieu du mor-ceau ne prend que tardivement la temperature extérieure (Gerlach).
Pour bien comprondre quollo resistance les produits morbides de la tuberculose opposeut a l'uctioii de Ia chaleur, disons que
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dans quelques experiences Gèrlacb a vu des tubercules du dia-mètrc de uu pouce qui conservaienl encore, un pen réduites il est vrai, leurs propriétés infecticuses, après une ebullition ayant dure une demi-heyre. De mème, Toiissaint, de Toulouse, ayant. fait chauirer au bain marie, de 50 ä 38raquo; pendant dix minutes, du jus obtenu en comprimant une partie de poumons tuberculeux, l'inocula ä buit animaux, 4 porcs et 4 lapins, qui tous devinrent tuberculeus. Enfin, d'après M. Hippolyté Martin, Ie tubercule chauffe h 100deg;, dans nn tube scellé, nc pcrd pas tonjours ses pro­priétés infectieuses. Le mème auteur ajoute que la maceration dans de l'alcool ä 90deg; u'éteint pas non plus constammentla viru­lence des produits tuberculeux.
Revenons k la viando afin d'établir que l'action de la cbaleur culinaire (II. Bouley) n'est pas süffisante pour endétruire la viru­lence. AI. Vallin, dans des recherches personnelles tres nom-breuses, a prouvé d'une maniere incontestable, que les parties centrales des rosbifs et des biftecks servis sur nos tables ne dépassent pas d'ordinaire la temperature de 38deg; et pcuvent mème en certains points, n'atteindre que-48deg; c. ; tandis qu'il rés'ulte des experiences de MM. Toussaint et Ilippolyte Martin que Ia tempe­rature nécessaire pour éteindre les propriétés infectantes, se montre supérieure ä 50deg; et se tient peut-être dans les environs de 80deg;. M. Toussaint, eu eflef, après avoir fait cuire un morceau de viande pris sur une truie tuberculeuse, eu exprima le jus et l'inocula ä deux lapins qui tons los deux devinrent tuberculeux ; Tim menie présentalt le tubercule local caractéristiqne. Quelque temps après M. Toussaint prit uu morceau de muscle, sur nn boeui tres gras, mals dont lepoumon éfail rempli de gros tuber­cules caséeux. Ce morceau chauffe sur un gril jusqu'ä 52deg; c, temperature prisu au milieu, il en exprima le jus qui servit a arroser du pain distribné, cu deux fois, pour les repas de cinq lapins d'expérienco. Un premier sujet, fué le 33deg; jour, avait déja les ganglions méscntériques tuberculeux et quelques granula­tions grises dans les poumons; les quatre auiros moururent phtisiques dans une période de quatre mois. Ajoutons qu'il res­sort des notes de M. Toussaint que ses experiences, avec le jus de viande chauffe, ue s'élèvent pas ä moins de vingt-cinq, failes sur des lapins, des pores et une géuissc et que presquo loutes sont concordantes dans un sens positif.
La virulence du sue musculaire est cependant détruile d'une maniere absolue par rébullitiou, car M. Vallin dit que le sue
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fllti'é s'cst tonjours montré d'une innocuité parfaite lorsqu'il avail soin de Ie faire bouillir, tandis que, comme nombre d'aatres expérimentateurs, il a obtenu laquo; une int'cction géuóraliséc lors­qu'il était cru. raquo;
En presence de la contagion la plus grave qni décimo l'espèce humaine, en presence des témoignagesautorisés que nous venous de citer, en presence du nombre et de la concordance des résul-tals obtenus par tanl d'expérimcntatenrs dilTérents, nous sommes forcé de concluro que la virulence des viandes tuberculeuses n'est pas détcuite par la caisson teile qu'elle est pratiquée d'après nos habitudes modernes et d'ajouter, par conséquent, qu'aueune autre maladle ne reclame une plus impitoyable sévérité de la part des inspecteurs de boueherio.
8 4.
VIRULENCE DU LAIT
Lorsqu'il existe des lésions tuberculeuses dans les mamelles, Ja virulence du lait est certaine, incontestée. Le premier point k établir est done la frequence ou la rarelé de cette tuberculisa-tion locale.
Eu médecine luimaine, la luberculosö mammaire n'a été signalée ni par Grisolles, ui par Jac^oud, ni memo par llanot dans son magistral article du dietionnaire; seul, Follin, dans son Traite de pathologie externe, indiqnc qu'on peut aussi ren-contrer des tuberculos dans les mamelles. Les lésions tubercu­leuses des mamelles paraissent done chez rhoinmeexcessivement rares.
Au contraire, en médecine vétérinaire, si quelques auteurs disent cette tuberculose assez rare, d'aatres la signaleut comme tres frequente. Parmi les premiers se trouveM. Nocard, d'Alfort, qni dit que sur quatorze vaches les mamelles étaieut ä l'autopsio absolument exemptes de lésions tuberculeuses. VToici du reste comment s'exprime le savant profosseur : laquo; Sur trois vaches abo-niiiiablementpbtisiques, il ne m'a pas été possible deconstater la presence du bacille de Koch dans la petite quantité de lait qu'olles ïn'ont fournie- les mamelles étaient flusques, nolablement dimi-uuées de volume ; mais elles avaient conserve toute leur sou­plesse ; nulle part elles ne présenlaient de noyaus indurés ana­logues a ceux qui constituent les foyers luberculeux, et la dis­section n'a point permis d'y trouver trace de tuberculos. De plus, sur onze vaches recoimues tuberculeuses ä l'autopsie, dont j'ai
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examine le lait avec beaucoup de soiii, je u'ai pas encore rencon­tre une scale fois le bacille de Koch ; et toutes avaient aussi les inamelles absolumcnt exemptes de lesions tuberculeuses. raquo;
Ces observations negatives ne sont que des exceptions si on s'en rapporto a des savants de différents pays. Dès -1874, MM. Degive ot Van Hertsen, signalaient déjales lesions tubercu­leuses des mamelies comme une complication possible de la phti-sie, dans un mémoire présenté par eux ä 1'Académie de médecine de Bruxelles. Dans ces dernières années, Van Hertsen a insisté tout particulièrement, lorsdu Congres international de médecine vétérinaire tenu également ä Bruxelles, laquo; sur la frequence con­siderable des lesions tuberculeuses dansles inamelles des vaches laitières pbtisiques. raquo; Do soncóté M. Bang, professeur ä 1'Institut agronomique de Copenbague, a lui aussi signalé, au Congres tenu en 1884 dans cette ville, la frequence de cette lesion dont il a rencontre vingt-sept cas en sept mois. II a trouvé d'énonnes quantités de bacilles tuberculeus dans le lait de ceS glandes, inême dans celui provenant des parties encore saines de la ma-mellc. Des fails de mème ordre ont été constates en Suisse, dans le grand ducbé de Bade, dans 1c royaume de Saxe et il en est fail mention clans ie rapport de M. Lydtin. £n Angleterre, Fleming dit aussi avoir rencontre tres fréquemment ces lesions locales. iNous-mème, si nous nous en rapportons a. notre experience per-sonnelle, croyons la tuberculose mammaire presque habituelle dans les cas graves ; récemmont encore, nous l'avons diagnosti-quée dans les mamelies pendant la vie et au moment de l'autop-sie, les mamelles, d'un volume énorme, étaient enelletcnbléesde milliards de tubercules.
Mais cette tuberculose locale des mamelles est-elle indispen­sable pour que le lait devienne virulent ? Cette opinion qui tend a prévaloir depuis quelques années a élé émise pour la première fois en 1868, par M. Chauveau, de Lyon, qui posait en principe qu'on ne pouvait transmettre les maladies qu'avec les orgaues malades ou leurs prodnits; Bollinger en Allemagne et Nocard en France se sont rallies ä l'opinion de M. Chauveau et croient que le lait n'est virulent que s'il existe des lesions locales des glandes mammaires. Évidemmeut, comme l'a dit M. Bouley, les chances d'infection par l'usagedu lait sont d'autantplus grandes que ce liquide peut ètre infecté plus direclemcnt par la pullula-tiou de l'élément de la virulence tuberculeuse dans'les mamelles elies-inèmes; sur ce point lout le monde est d'accord, mais de
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plus il existe de fortes presomptions qui rendent oxtrêmement probable?, les propriétés infeetautes du lalt, mème quand il n'existe point de tuberculose dans les mamelles.
L'expérience qni autoriseä dire que 1c lait de toutes lesvaches plitisiques dolt être considéré comme dangereux est due au pro-fesseur russe Koubassoff. Ge savant ayant injecté quelques gouttes de pus tuberculeux ä une cobaye, aussitot après la miso bas en examina Ie lait plusieurs fois par jour, avec une minu-lieuse attention. laquo; Dnrant la première semaine, Koubassoff ne trouva pas de bacilles dans Ie lait, mais ilsapparurent la seconde semaine. Au commencement les bacilles étaient disséminés, puis plus tard en groupe de deux ä quatre, et il dit avoir constaté leur presence jusqu'a la mort de ranimal qui mourut tres épuisé. )gt; Du reste, pour une alitre maladie, Ie charbon bactéri-dien, les experiences de Feser, de Emlcr, de Chambrelent et de Moussous out établi aujourd'lini, a n'en pouvoir douter, que du vivant mème de l'animal, Ie lait renferme des bactérldics. Pour-quoi done Ie bacille de la tuberculose, beaucoup plus petit, que nous avons surpris circulant dans Ie sang, ne pourrait-il point passer égaleraent dans Ie lait ? Voila ce qui fait que, contraire-ment a 1'avis de MM. Bollinger et Nocard, Ie lait provenantde sujets phtisiques doit, dans tous les cas, être regarde comme virulent.
Nous allons voir, maintenant, que les experiences entreprises en Allemagne par Gerlach, Klebs, Bollinger; en France par Peuch et Hippolyte Martin ont démontré que la tuberculose était transmissible par Ie lait des vaches plitisiques ä un grand nombrc d'espèces : veau, porc, mouton, lapin, cobaye, chien, chèvre, etc.
C'est ä Gerlach, lo directeur de 1'École vétérinaire de Berlin, que la science est redevable des premières experiences sur la virulence du lait, experiences qu'il a ensuite poursuivies pen­dant un grand nombre d'années. Deux veaux, deux pores, uu mouton, deux lapins, prirent pendant un temps qui varia de 2i h 50 jours une certaine quantité de lait cru non bouilli, prove-nant d'une vache phtisique dont la traite était d'abord d'un litre et demi par jour, puis seulement d'un demi-litrc Ie dernier mois.
CcLte vache, reconnue phtisique a 1'autopsie, avait des granu­lations sous les plèvres et une tuberculisation tres avancée des poumons. Chcz tous ces animaux d'expériences, ä I'exception d'un
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veauqui mourutacculentellement, chez tous l'autopsierévéla uue phtisio généralisée, caractérisée par des granulations tubercu-leusesmiliaires dans lesplèvres, les poumons, Ie tube digestif, et les glandes mésontérujues. Gerlach avait eu soin de garder des animaux de controle, et souvont de memo provenance, qui ali-uientésavec du lait saiusont eux-mêmcs restés absolument sains. Cette remarquable étude démontrait que Ie lait possèdait mie action spécifique, qu'll était iufectant. La preuve que laphtisiede ces animaux d'expériences résultaitbiendu lait, Gerlach la trouve peremptoire dans Ie fait laquo; qu'ïi la suite de ringestion de ce lait les glandes mésentériques s'altèrent constamment et en premier lieu. raquo; C'est done bien du lube digestif et paria voied'absorption physiologique quo la substance nosogène était, dans cecas, arri-vée dans rorganisme.
Klebs, professeur d'anatomie pathologiquo ä Prague, quelques années après la publication du inémoire de Gerlach, reprit les mêmes experiences afm de les soumettre ä uu controle experi­mental. Il résulte do son travail que cinq lapins burent du lait infecté ä discretion et que ions devinrent phtisiques. Une autre experience tres demonstrative raais involontaire estaussi relatée dans son rapport; c'cst celle de la transmission de la tubercu­lose k uu ehien par suite de ringestion de lait provenant d'une vache arrivée au plus haut degré de la phtisie. Ce cbien, après avoir bu pendant assez longtemps Ie lait infecté, devint malade, perdit Tappétit et mourut. A Tautopsie on trouva des tubercules miliaires gris, en quantité innombrable, sous la plèvre et Ie pé-ricardo; des nodules tuberculeus clans Ie foie, la rate et les gan­glions mésentériques, noddies arrivés a l'état caséoux; des tu­bercules dans l'intcstin et enfin des ulcérations tuberculeuses vers la fin de l'iléon.
ßollinger, professeur ä l'Ecole vétérinaire de Zurich, declare, lui aussi, Ie lait infecté tres dangereux ; il se base d'abord sur Ie fait d'observation suivant : laquo; Vors 1875, dit-il, j'ai observe une cAèwe, dont Ie lait fraichemont tiré était bu par des malades et par des enfants qui moururent pou de temps après; ä l'autopsie la chévre était au plus haut point tuberculeusc. raquo; Do plus, sur quatre jeunes cobayes qui prirent, pendant dix semaines, de un litre et demi de lait a trois Utres, provenant d'une vache forte-ment tuberculeuse, Bollingor constata bienlót une tumefaction chaque jour plus forte des ganglions du cou; sacrifiés ä Tage de
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quatro ü ciuq mois tous les cobaycs étaiunt tubcrculeux au plus haut degré. Uu jeune cochon, nourri avcc Ie mêmelaitseulement pendant quinze jours, contracla également une phtisie mortelle.
Toutus ces experiences eurent en Allemagne un tel retentisse-ment que Ie Ministre de Tagricjlture ordonua de les confróler sur un grand nombre d'anitnaux. Virchow, Ie savant micro-graphe dit, k propos de ces experiences ol'ficieiles : a On peut dès a présent enregistrer ce fait qu'im grand nombre des animanx nourris avec du lait provenaut de vaches plitisiques, ont été attaints de la phtisie tuberculeuso. d Loc. cit.
Nous venons de résumer tres brlèvement les principaux fails expérimentaux obtenus en Allemagne; en France, l'étude expé-rimentale de la virulence du lait a snrtout été poursuivie par MM. Peuch, professeur de l'École de Toulouse, et Hippolytc Martin, de Paris.
M. Peuch, ayaut reconnu l'existence de la phtisie sur une vache vendue pour la boucherie, qui donnait encore trois a quatre litres de lait par jour, üt consommer Ie lait par deux jeunes pores et deux lapins. Au bout de trente-cinq jours ilsacri-fla Ie premier pore qui avait bu environ cinquante-cinq litres do lait tubcrculeux. L'autopsie nc monlra aucune lésion dans Ie tube digestif; mais laquo; dans 1c lobe droit du pouinon, imniédiate-ment sous la plèvrc, on trouva deux granulations de la gros-seur d'un grain de mil, grisatres, demi-transparentes, qui, exa­minees au microscope, présentaient ious les caractères du tuberculc; dans Ie lobe gauche, il existait trois aulres granula­tions identiques aux précédentes. raquo;
Le premier lapin, sacrifié au bout do cinquaute-deux jours et qui avait bu six litres de lait, avait, ä l'autopsie, deux granula­tions tuborculcuses sous la muqueuse de l'üeon.
Le second pore, qui avait bu deux cent soixante-lreize litres de lait, tuéau bout de quatre-vingt-treize jours, moutrait, ä l'au­topsie, une grande quantité de grauulalions tuberculeuses, jau-nätres et molles danslefoie^lansl'inlcstingréle, dans les ganglions; les ganglions sous-maxillaires avaient acquis le volume d'un ceuf de poule. Les poumons élaicut aussi parsemés de tuber-cules; en un mot,ceporc était atteint de tuberculose généralisée.
Enfin, le deuxièmo lapin fut trouvé mort dans sa loge le cent trentième jour; l'autopsie dévoila des tubercules inuombrables dans le tube digestif et dans les poumons, qui en étaient littéra-lement farcis. Cclle du lapin, garde comme témoin, pratiquée
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sur-lo-champ, iie permit de constater absolument aucune lesion. M. Pcucli avait également conserve un pore témoin, mais comme parfois sa nourriture avait été placéo dans la séblle infeclóe, co porc s'était contagionné et 1'autopsic fit trouver deux granula­tions dans rintestin et quatre dans ics poumons.
Teile est, en résumé, cette rcmarquablo experience de M. Peuch dans laquelle on voit lei lesions tuberculeuses croitre avec Ie temps et la qnantité de liquide infectieux ingéré, ce. quiconfirme Ie fait établi par 1'Kcolc de Lyon que, mème pour les virus, la question qnantité joue un rólc important.
Hippolyte Martin, de Paris, a fait également des experiences sur la transmission de la tuberculose par Ie lait et les résultats qu'il a obtenus sont conflrmatifs do tous ceux que nous venons de relater plus haut. Parnii ces experiences, notons sculement celles dans lesqucllcs M. Martin a iujecté dans Ie péritoine de cobayes du lait de qualité inférieure, vendu dans les rues de Paris, car plusieurs fots il a determine de la sorle uue tuberculi-sation généralisée.
Dans ces derniers temps, MM. May, en Alleraagne, et Bang, en Danemark, ont renonvelé les experiences d'ingestion de lait tuberculeus et obtenu également des résultats positifs. Ce der­nier expérimentateur a mème trouvé uue énorme qnantité de bacilles de Koch dans Ie lait des glandes tuberculeuses, et il a fait quelques experiences sur des lapins d'oü il croit pouvoir conclure que parfois, 1c lait renferme Ie virus, même quand la mamelle n'offre pas Ie moindre signe de tuberculose (D' Olli vier).
Notons enfin que sur qualre-vingt-onze animaux nourris avec Ie lait de vaches tuberculeuses, Ie Dr Johue n'a pas obtenu moins de trmte résultats positifs.
Quant au beurre et au fromage obtenus avec ce lait, disons que d'après Bang, de Copenbague, les bacilles lorsqu'on baratte res-tent presquecxclusiveraent dans Ie serum et dansles grumeaux. Deux fois, cependant, M. Bang dit en avoir trouvé dans Ie beurre lui-même.
L'ébullition du lait paralt hcureusement donner toule sécurité. Ainsi. Bollinger, dans des experiences sèvèrement conduites, a rendu deux pores tuberculeus en les nourrissant avec du lait infecté non bouilli, tandis que les deux autres qui ingérèrent co même lait bouilli, restèrent absolument sains. Le même auteur a fait, chez différents expérimentateurs, le relevé de lours expe­riences el dans les donze lentalives de contagion faites avec du
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lait bouilli, tons les résultats, sans exception, se sont trouvés negalifs. En France, Hippolytc Martin qui avait soin detoujours faire la contre-épreuve de ses experiences avec du lait bouilli, n'a jamais vu non plus les animaux témoins contracter la tuber­culose.
Conclusion : Lc lait cru, provenant de vaches phtisiqnes, est dangeroux dans tous les cas, mais lc hit. tuberculeux bouilli est absolument inoffemif.
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sect; a. — VIRULENCE DES PRODÜITS DE SECRETION : VACCIN, SALIVE, URINE, LIQUIDE PLEURÉTIQUE, ETC.
Nous avons établi d'une maniere incontestable la virulence du sang, de la viande, du lait, grace au nombreet ä la concordance des résultats expérimentaux. Les faits suivants, au contraire, qui tèndent ä déraontror les propriétés contagieuses du vaccin. du mucus nasal, de la salivo, de l'urine, n'ont pas étè suffisam-ment répétés pour ètre acceptés sans controle; ils ont pour eux une certaine somme de probabilités mais non la certitude scien-lifique.
Le premier fait experimental qui semble indiquer que Ie vac­cin peut être virulent est celui des médecins grecs Demet, Paras-kova et Zablonis. Ils prirent du vaccin sur un phtisique au pre­mier degré et rinoculèrent k deux lapins. Au bout de douze jours ils constatèrent un tubercule local, puis, après cinq se-maines, des tubercules en grande quantité dans les poumons^ les ganglions lymphatiques et le mésentère; en un mot, les le­sions d'unc plitisie généralisée. Le second fait, de mème ordre, a eté recueilli par 51, Toussaiut : laquo; Avcc le vaccin, dit-il dans une note ä 1'Académie des sciences, pris sur une belle pustule d'un enfant en bonne santé et provenant de parents robustes, j'ai fait k une vache tuberculouse sept piqüres autour de la vnlve. Quelques jours après, les pustules se montraient en nombre égal ä celui des inoculations. Le septième et le huitième jour, ces pustules élaient ombiliquées, j'inoculai la sérosité k quatre lapins et k un porc. Deux lapins tués deux mois après ont montré toutes les lésions de la tuberculose : tubercule local ganglionnaire et tubercules pulmonaires. raquo; Le porc devintégale-ment tuberculeux.
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En presence de ces deux faits positifs, les güatre experiences negatives de M. Lotliar Meyer, les cinq du Dr Strauss, de I'liopi-tal Tenon, et les quatorze de M. Josserand, de Lyon, ne sau-raient rassurer tont h fait les médecins vaccinateurs, meine en presence de la remarque do Bollioger qui dit, en parlant de la vaccination animale, que sur six mille veaux on n'en rencontre qn'un seul tuberculeus.
D'aufres experiences do M. Toussaint tendcnt également a prouver la diffusion de la virulence tuberculeuse, mais malheu-rcusemcnt ellcs n'ont pas encore été controléesct par conséquent clles ne sauraieut, a ellcs seules, entrainer toutos les convic­tions, maintenant surtout qu'on sail, grace ä Cohnbeitn et Vallin, que les expérimontateurs doivent continuellement se mettre en garde contre la contagion accidentelle. Nous dirons quelques mots plus lard de ces cas d'infections involontaires, revenons ä présent aux experiences de M. Toussaint.
Trois lapins 1'nrenl inoculés ä la base de l'oreille, ä l'aide d'une lancette, avec le liquide clair qui coulait du nez d'une vdche phtisique. Deux semaines après, les lapins présentaient dejä des tubercules locanx el une tumefaction des glandes paro-lidiermes. Tués, le soixante-dixième jour, ces animaux avaient tons los trois uno quantité considerable de tubercules dans 1c poumon, dont quelques-uns contenaieat dejä de la matière ca-séeuse; le plas grand nombre était encore ä l'état do granula-tions grises.
D'autres experiences d'inoculation, faites le même jour avec la salivc recueillie dans la bouche do la memo vacbe, ont douné des résultats analogues. Le tubercule d'inoculation était pourtant moins perceptible sous la peau, mais le ganglion voisin témoi-gnait, par sa tumefaction, de riuflltration tuberculeuse clout il était le siege.
a On peut rapprocher, dilM. II. Bouley, de ces résultats donnés par rinoculation directe de la salivo, les faits do contagion acci­dentelle qui se sont produits en 187:2, ä Lyon, devant les membres de \'Association pour Vavancement des sciences, par suite de l'usage des mêmcs baquets pour 1'alimentatioa et des animaux soumis ä l'épreuve de l'ingestion tuberculeuse et de ceux qui devaient témoigner ä cóté, par l'iiitégrité de leurs organes, ä eux, de l'ef-tlcacité pathogénique des matteres ingérées par leurs congé-nères. laquo; Si la salive est un excipient de la virulence, ajoute M. IL
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Bouley, et prouve ses effets dans les groupes d'animaux qui vivent en rapport étroit de contact par des accidents de con­tagion resultant de rimprégnation des aliments ingérés par la salive des animaux malades, cst-ce cjue, dins les rapports entre elles des personnes humaincs, des conditions ne se présentent pas oü des accidents du même ordre peuventsc produirc? Est-ce que, par exeraple, dans les rapports que j'appollerai de basia-tion, les chances n'existent pas pour les échanges des salives : chances d'aufant plus grandos que los basta sont plus ardents et plus intimes? Est-ce quo lorsque deux personnes hoivent au même verre et déglutissent avcc la même cuillère, l'une d'elles n'est pas exposéc h des ingcslions rodoutables, si l'aufre est affectée de tuberculose? raquo;
M. Toussaint n'a pas expérimenté seulement avec Ie vaccin et la salive, maïs il a encore voulu se rendre comptc des propriétés infectantes ou non de Vurine de la même vache. (v)uelques gouttes, injeetées sous la peau de I'oreille d'un lapin, Ie firent mourir phtisique au bout. du quatrièine mois. A l'aufopsie, il trouva chez lui toutes les lésions de la pneumonie caséeuse. On sait du reste positivement anjourd'hni que gaand il exisle une tuberculose locale des organes génito-urinaires l'urine pent con-tcnir des bacilles et que les rapports sexuels peuventdans ce cas devenir infoclants, c'est-ä-dire communiquer la tuberculose.
Enfin, les épanckements de la plèvre et du pérüoine jonissent égalcinent de propriétés infectantes non douteuses, si bien que, pour différencier la sérosité suspecte et reconnaitre si eile pro-vient d'nn sujet tubemileux ou non, il suffit d'en inoculer qnelques gouttes dans la cavité péritonéale d'un cobaye. Sur quinze cobayes aiusi inoculés avcc de la sérosité suspecte, deux moururent d'accideuts et sur ks treize autres on obtint cinq résultats négatifs et buit positifs. Le diagnostic différenticl peut done ètre basé sur la virulence elle-même (Gombault).
Les experiences si claires, si nombrcuseH, si significatives, ä L'aide desquelles nous venous d'établir, sur uno base iuébran-liblc, la demonstration de la virulence des difTérontes parties de 1'orgauismc infecté, sang, lait, viande, no doivent plus laisser dans los esprits ni doute, ni incei'litndc, ni hesitation. Tout ani­mal tuberculeus eonstitue im danger puhlic, voilä im axiome désonnais incontestable : la viande, malgré sou bol aspect exté­rieur, récèlc rélémcnt contagieux d'une maladie redoutable et la chaleur culinaire ne parvienl même pas ä le délruire. En pré-
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sence do ces nouvelles connaissances qui découlent des re­cherches expérimentales los plus positives, 11 est du devoir du législateur, qui a charge de l'hygiène publique, de prendre des mesuros d'une sévérité excessive afln do protéger Tespece humaine contre des chances d'infection qu'on pourrait dire jour-nalières, puisqu'il se trouve deux animaux, en moyeiuie, atteints de tuberculose grave par chaque centaine de boeufs abattus pour la consommation publique.
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III. - CONTAGION
La demonstration de la virulence do I'orgumsme, c'est-a-dire la preuvo par la methode cxpérimentalc que ses diffécentes par­ties recèlent des elements vivants susceptibles de reproduire la maladic, nous amène naturellement ä étudier la contagi(gt;u propre-meut dite de la tuberculose.
Pour mettre un peu d'ordre dans co sujet complexe, nous exa-minerons sous les cinq chefs suivants la contagion de cette affection parasitaire :
1deg; Contagion d'hommc u homme ;
2deg; Contagion de l'liomme aux animaux ;
3deg; Contagion des animaux a I'homme ;
't0 Contagion des animaux entre eux ;
o0 Hérédité.
Avant d'étudier séparémentchacune de ces divisions, rappelons que la tuberculose est mie affection parasitaire duo ïi la pullu-lation innombrablc du Iiacille de Kocb et que ces bacilles ne peuvent exister et se multiplier qu'è, une temperature conlimie de 30deg; ü iO0. Ces bacilles sout done de véritables parasites inca-pables de vivre en debors de 1'organisme, d'oü cette conclusion que tout phtisique a été contagioriné par rhomme ou les animaux. Admettre la phtisie spontanée serait en effet admettre la gene­ration spontanée de son parasite, or cette genese du bacille de Koch n'est pas plus admissible que Ia generation spontanée do l'acare de la gale par exemplo.
1deg; CONTAGION l/lIOMJIE :V HOMME
Que savait-on en médecine sur la contagion de la phtisie au moment des premiers travaux de M. Villemin? Voici, résumée en quelques mots par un professeur do la faculté de Paris, la réponse a cette question:laquo;Aujonrd'hui, dit Requin, que la doctrine de Ia contagion n'apeut-êtreplus parminoiis,nienAiigleterre, ni en Allemagnë, ni clans tout Ie nord de l'Europe, personne pour y croire et pour en avoir peur, ni peut-ètre dans Ie monde me­dical tout entier, pas une voix véritablement savante pour ia
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proclamer ot l'onseigoer, nous n'avons quo faire, nous qui vivons etécrivons dans l'atmosphèro de la médecine francaise, d'attaquer et de combattre en regle un fantume cbiiuérique, un vain épou-vantail. raquo;
Cette citation monüe quelle ^lait Topinioii médicale au moment de l'appariüün des (ravaux de M. Villemin. Toutefois, depuis de longs siècles et nialgré tout, l'ltalie, 1'Espagne, et presque toute 1'Europe meridionale étaient restées fldèles ä la croyance en la contagion. En Italië, quand nne personae pauvre meurt de phtisie ses vètemcnts sont détruits, les lioux qu'elle a liabités sont désinfectês3 sa literie est brülée, la familie quitte memo presque toujours rappartemcnl et vu se loger ailleurs. Non seulement il était clans les mceurs de regarder Ie phtisique comme un pestiféré, niais cctlc frayeur se traduisait par des lois, lois aussi rigoureuses que Ie danger auquel on croyait échapper. laquo; Nous avons sous les yeus, dit Bouchavd, un edit royal basé sur line consultation de la faculté de médecine de Naples. Dans ce rapport, oü parmi les signatures on trouve celles de Cotngno et de Cirillo, sont indiqués tous les moyens de prophylaxie capables de déraciner Ie fléau ; il ne s'agit pas de l'amélioration des con­ditions de 1'existenco; il sufüt do séquestrer les phtisiques dès que la maladie est reconnue; do transporter dans un lieu éloigné lours Hts et leurs metibles et de leur faire subir des fumigations; de laver les objels do tnétal avec de L'eau do mer ou avec du vinaigre ou avec de l'eau-de-vie; de laver los livres avec du jus de citron ; de laver les murs a l'eau de mer, etc. Et pour que foutes ces precautions soient bien cxécutées, ceux qui s'en dispen-seronl seront condamués ä trois ans de galère, s'ils sont ignobili; h trois ans de chäteau-fort, et h. trois cents ducats d'amende, s'ils sont nobles. Les médecins qui ne dénonceront pas leurs malades pbtisicjues seront, pour Ja première fois, condamués a trois cents ducats d'amende, et, pour la seconde, bannis pour dix ans. Ceux qui faciliteront 1'évasion d'un phtisique feront six mois de prison. Les ecclésiastiques, tant réguliers que seculiers,qui no prèteront pas la main ä cos mesures, seront condamués ä un bannissement de dix ans. Yoilä co qui fut publié ä son de trompe par les rues et carrefours de la viilo do Naples, lo 20 septembro 1782, sous le règne dn Ferdinand. gt;gt;
Mais ce n'est pas seulement le pcuple qui admetlait los pro-priétés contagieuses de la phtisie; un certain nombre de médecins ont également toujours cru li la contagion. Ainsi Morgagni
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raconte que dans sa jcunesse il avait toujours évité d'ouvrir les cadavres tuborculeux, et quo dans sa vicillesse même il fnyaitces corps de peur de contractor la maladie. Ce n'est cepen-dant que par les travaux de Villcmin sur l'inoculabililé des produits tuberculeux que l'attcntion fut viveraent ramenée sur la doctrine de la contagion et qu'en France, tout au moins, cette doctrine rallia do nomhreux partisans et conquit définitivement sa place.
En Angleterre, oü une grande enquête a eu lieu, auprès des médecins, pour demander leur avis sur la contagion de la phtisie 261 rapports out été affirmatifs et les cas de transmission se sont répartis de la facon suivanle:
i de mari a femme. . . . 119 ) ,„. lintre epoux I , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; , .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,--. i ^
( de femme a man .... 72 gt;
Entre soeurs et frères, frères et sceurs.....32
Entre beaux-frères, cousins, oncles et ncveux . . 18
Entre éfuuigcrs commcnsaux........20
261
Dans tous ces cas, la promiscuité était complete, dit Ie docteur Tallin auquel nous empruntons ces détails : laquo; c'cst un jeune bomme qni partageait la chambre et Ie lit d'un ami phtisique; nn apprenti qui coucliait avoc son maitre phtisique; un enfant jusque-Ui tres vigourcux, sans antecedents liéréditaires, soigné nuit et jour dans une chambre cliautfée et bien close, par une bonne atteinte de phtisie pulmonaire et laryngée, et qui fut pris de phtisie galopanle, etc, c(c. raquo;
Parmi les centaines d'ohservations do contagion que renferme renquête anglaiso, nous en roproduirons une seule, et pour qu'ón ne puisse invoquer l'hérédité, nous la choisissons parmi celles dans Icsquclles il n'exislo aucnn degré de parenté entre Ie sujet
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infectant et les infeotés.
N0 235, p. 82. a 3liss R..., agée de quarante-huit ans, coutu-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I
rière, vivant dans nu cottage isolé ä C..., dans Ie Betlfortshire, avait pour apprenties trois jeunes filles de dix-sept ä dix-neuf ans, sans lien de parenté entre elles, de trois villages distincts du voisinage, qui avaient rbabitnde de rester tour ä tour une semaine chez la patronne et de coucber avec eile dans son lit. Pendant eet apprentissage, la couturiére deviut phtisique et succomba aux progrè? de la maladie. En moins de deux ans, les
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trois apprenties monrurent de phtisio, bien qu'on ne put trouver la moindre trace do semblable maladic dans chacune des trois families, et que les parenis, les freres, les sceurs de deux de celles-ci soient encore aujourd'hui vivants et en bonne santé. raquo; (Docteur Sprigge, de Great-Barford).
Des enquêtes analogues se poursuivent actuellement en Alle-magne et en France; les résultats n'cn sont pas encore connus, mais ce qui en ressortira, disait naguère M. Ilérard dans son rapport h rAcadémie de médecine, laquo; e'est la demonstration de la contagiosité de la tuberculose, non pas seulement cette conta-giosité immediate et directe, qui se manifeste ä la suite d'uue cobabitation intime et prolonged, mais cette contagion mediate et indirecte qui nous paralt s'exercer Ie plus souvent (la fre­quence de la phtisie en est la preuve) par les produits de l'expec-loralion desséebés sur Ie sol, les vèleiuents, la literio, conservant longtemps leur virulence et devenant aptes ä determiner la maladie, quand ils pénètrent sous forme do poussière dans les voies respiratoires, surtout si 1 epithelium de la muqueuse n'est pas intact. raquo;
Du reste il existe déjïi en France uu nombre considerable de faits péremptoires qui témoigneut de la contagion do la phtisie-MM. Villemin, Dergeret (d'Arbois), Vialettes, de Musgrave-Clay, Landouzy, Dobove, Alisson, etc. en out cité des exemples saisis-sants, que nous n'avonS pas besoin de reproduire ici, mais qui établissent égaloniont d'uue facon indéuiable la contagion d'homme k Iiommo.
Pourqaoi la contagion d'une maladie si frequente n'a-t-elle pas été plus tut reconnue ? D'abord ä cause de la lentour de sou dévcloppement, lenteur qui rcjetait bieu loin dans Ie passé Ie moment ou Finfection avait eu lieu, puis ensuite en raison de la multitude de causes banales qu'on accusait de sa production, car toujours il s'en trouvait quelques-uncs qu'on semblait pouvoir invoquer ïi juste litre pour expliquer sou développcment, ä quoi bon chercher bien loin ce qu'on paraissait avoir sous la main ?
2deg; CONTAGION Igt;E L'HOUUE AUX ANIMAUX
Dans la seconde partie de cette étude, intitulée Virulence de Torganisme, nous nous sommes éffprcé de faire pénétrer dans
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les espints gu'aujöurd'bui on avail défuiitivcment acquis la certi-luile que la tuljerculose póuvait se traasmettre, et se transmet-tait fréquemment, des auimaux ii riiomme, par divers moyens, iiotaunueut par l'usäge do la viando et du lait des animaux tuber-culeux. Mals ce qui rond cette démouslratiou encore plus saisis-sante, c'est qii'il esl facile detablir par des faits cliniques péremptoires que, de son coté, I'liomino phtisique peut infecter les auimaux, c'est-ä-dire rendre ä ceux-ci la maladie qu'il eu avait recue. C'est la contre-parüe, Ie corollairc de la contagion des animaux ä Ihomme.
Dès 1880, Ie docteur Cullimore a cité im cas do phtisie aigui1 sur un chien par contagion directe. Une do ses clientes, atteinte depuis longtemps de tuberculose, cxpectorait une grande quan-tité de matières miico-puriilcntes. Ces matières éUdent souvent avalées par uu chicu qui tomba dans Ie marasme et fut sacrifié. L'autopsie démontra que cc chien était tuberculoux.
üepuis, jM, Nocard a cité, ä la Société centrale de médecine vétérinaire, un autro fait analogue oü la contagion s'est faite égalemcnt de I'liomme au cbien. lei Ie diagnostic a été rendu absolumont certain par la constatation da bacille de Koch.
Non seulement Ie chien, mais aassi les oiseaux de basse-cour sont assez fréquemment infectés par I'intermédiaire de I'liomme. Le professeur Jolme, de üresde, et Bolliuger, en out observe phisieurs exemples. Eu France, le premier fait de transmission de la tuberculose de l'hommo aus oiseaux d'une basse-cour a été public par M. le professeur Nocard, d'Ailbrt. Depuis, deux autres cis out été observes par MM. Mollereau et F, Chclchovski, mais le fait de M. Nocard est si topique que nous allons le repro-duire tesluellement :
Un fermier voisin de l'ÉcoIe d'Alfort possédait unc basse-cour superbe qui jusque-lä ne lui avait donuéque des sujets de satis­faction. Depuis deux on trois mois cependant, il avait perdu successivement uue dizaine de poules, jeunes ou vieillcs, qui loutes étaient mortes dans un état de maigrour extreme. M. Nocard put faire l'aulopsic des dernières victimes, et chez toules il rencontra des lesions formidable^ de tuberculose abdo­minale et des quantités prodigieuses de bacille de Kocb.
Comment la maladic s'était-clie dévoloppéo dans cette basse-cour ?
Voici co que 1'enquéte permit d'élablir ä cot égard :
laquo; l'armi les ouvriers do la ferme, il en était un qui, depuis
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lougtemps, présentait des signes manifestes de tuberculose : voix, toux, crachats, bémoptysie, suéurs nocturnes, presence du bacillo caractéiistique dans les produits de rexpcctoration. Pen ä peu ce malheiireux était devenu incapable do faire son travail ordinaire, et, pour ne pas Ie privor de tout moyen de gagner sa vie, Ie fermier lui avait confié les soins k donner a la basse-cour: il y a cinq ii six mois qu'il remplit cette fonction peu fatigante; il y a trois mois qu'a succombé la première poule luberculeuso. Le procédé de contagion CFt bicn simple. Yous savez combien les poules sont voraces; dés qu'on jette ou qu'on laisse tonibcr quelquß chose, elles se précipiteut pour le déglutir; il sufflt de cracher sur le sol pour les voir se dis-puter le maigre régal. Ce pauvre malade, qui crachait beau-coup, raconiait lui-mème en riant que ses volailles paraissaient tres friandes de ce supplément de ration. Il n'y a pas ä cher-cher ailleurs la voie qu'a suivie le contage pour envaliir los animaux de cette basse-cour. raquo;
Ainsi les fails de Jolme, Bollinger, Nocard, Mollereau, Chel-chovski élablissent, sans contradiction possible, que la phtisie de rhoinme peut facilement se iransmettre aux animaux.
3deg; CONTAGION DES ANIMAUX A l'HOMME
Knétudiant, plus haut, la virulence de rorganisme, nous avons vu que les viandes et 1c lait provenant d'animaux atteints de tuberculose reeélaient souvent les germes de la contagion et démontré que rhigestion de ces produits pouvait rendre tuber-culeux uu grand nombre d'animaux d'espèces tres différenles : vaches, lapins, chiens, cobayes, pores, etc. Ce sont ces faits expé-rimenlaux qui permettent d'aiïirmer que l'homme est susceptible de contractcr la phtisie par 1'usagc des viandes ou du lait pro­venant d'animaux atteints de cette maladie. Mais a coté deux il y a de plus, en médecine humaine, des observations directes qui démontrent également la contagion des animaux a l'homme. Les exemples de riufection ä rhomme par le lait des vaches phtisiques ne sont meine pas absolument rares. Dans un rapport tout récent adressé au I'réfet de police de la Seine, au nom du Conseil d'hygiène publique et de salubrité, le docteur Olivier cite ceux qui ont été observes par Klenke, Zippelius, Domme, Hergard, Ebstein, üffelmann et Felizet. Volei un autro fait démonstratif dont nous empruntons le résumé au rapport de M. Lydtin :
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laquo; Uu garcoii, dgé do cinq ans, d'une forte constitution appa-rente, descendant de parents sains et bien constitués, dont les families du cóté paternel comme du cuté materne], étaient exemptes de toute maladie hereditaire, fut atteint de la scrofule et mourut quatre semainos plus tard des suites d'une tuberculose miliaire des poumons et d'une hypertropkie énorme des glandes mésentériques. En pratiquant l'autopsie de co jeune garcon, on apprit par hasard que peu de temps auparavant les parents avaient du faire abattre une vachc qui, d'après les declarations du médecin vétérinaire, était atteinte de phtisie ponimelière. Cette vache était bonne laitière et pendant longtemps Ie garcon avait bu, immédiatement après la mulsion, Ie lait qu'elle don-nait. raquo;
Le docteur Joline a cité aussi un fait du mème genre. Un enfant, uourri avec le lait d'une vache affectée d'une phtisie a marche rapide, commenca par maigrir, puis mourut ä deux ans et demi d'une tuberculose miliaire du eerveau (méningite tuberculeuse). Les autres enfants, qui n'avaicnt ponit bu du lait infecté, sont restés bien portants.
L'étude expérimentale de la tuberculose d'une part, et la clinique humaine d'autre part, fournisseut done toutes les deux des preuves qui établissent sans conteste que la phtisie des ani-maux est transmissible ä I'liomme.
•i0 CONTAGION OKS ANIMAUX ENTRE EÜX.
Jusqn'au moment des travaux de M. Villemin, tous les auteurs vétérinaires ont nié cette contagion, mais dés 18G9, Cruzel, dans son ouvrage sur les maladies de l'cspèce bovine, probablement enhardi par les travaux du, savant professeur du Val-de-Grace, aftirma que ia phtisie des animaux se fransmolfait souvent par cohabitation. Cruzel, qui basalt sou opinion sur des ^observations nombreuses, accusait Fair expire d'etre l'agent infectieux; c'est que souvent, en effet, l'ail expire est d'une fétidité remarquable quand les poumons sont lo siè^o de tubcrcules ramollis et ulcérés.
Depuis 18G9, il a été publié dans différents journaux vétéri­naires un assez grand nombre d'observations qui établissent d'une maniere incontestable, la contagion d'animauxä animaux. Nous nous conteuterons d'en résumer quelques-unes, choisies parmi los plus demonstratives.
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M. Yiseur, d'Arras, cut roccasiondevisiteravec un de ses con­frères mie étable spacieuse, Licn aéréu, peuplée d'animaux soumis aux meilleures conditions d'hygièneet dont dottze vachcs ougénisaos élaiont successivement devenues phtisiques. Deplus, surqualre jeunes bètes tres saines achetées claus des élables voi-s\neä,deux avaicnt contracté la plitisic. Au luoment même de la visite deM. Yiseur, il exislait encore dans 1'élable luievacheagéc de 3 ä6 ans, bien confonnée, depoitrine ample, toussant et mai-grissant. L'bypertrophio et Tiiiduration des glandes parolides, des ganglions lymphatiques sous-maxillaireset cervicaux, flrent diagnostiquer la phtisie, diagnostic que confirraa du reste l'au-topsie.
M. Grad, de NVassclonuo, a communiqué égalemcut auRecucil de médecine vétérinaire une autre observation absolumeut con-cluante.
Un grand cultivateur do Leinheim (Alsace) perdait chaque année,, depuis cinq ans, une tètcde bétaii par la plitisie, et chose curicuse, c'était toujours dans la même stalle que Ie fait se pro-duisait. Une cinquième viclime ayant tous les sigucs de la tuber­culose, fut visitée par M. Grad toujours dans cette stalle maudite. Afin do s'assurcr s'il y avait bien la un fait de contagion, M.Grad choisit dans Ie troupeau une génisse pleine, agée de trois ans, née a la ferme, paraissant ea parfaito santé, et dont la filiation ascendante n'avait jamais compté de tuberculeus. Cette jeune béte, placée dans la stalle suspecte, se porta bien jusqu'après Ie vèlagc; a cettc époque, la toux la prit et la tuberculose évolua pen k peu. Bref, au bout d'uu au cette génisse fut livréea labou-chorie.
Convaincu par cette experience, —car c'était la sixième têle de bétaii devcnant phtisique dans la même stalle, — M. Grad fit enlover toule la boiserie, désinfecter a fond, et de plus il laissa la place inoccupée pendant quelquc temps.
Depuis cette époque, la stalle a été reconstruite, habitée par plusieurs animaux, mais la phtisie n'y a plus fait de victimes.
On volt que ce fait a la valeur d'une demonstration : l'obser-valiou clinique conduit M. Grad a soupconner la possibililé de la contagion, une experience la lui prouve, enfin une contre-épreuve établit d'une maniere évidente la contagion, puisque la stalle, une fois désinlectée, redevient habitable. Rien ne manque ä cette démouslration.
Enfin M. Lydtin, dans Ie rapport au Congres vétérinaire de
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Bruxelles, a également rapporto plusieurs observalions de con­tagion. En void une ou les choses, dit M. Bouley, se sont passées comme si on les avait ordonnées expérimentalement :
laquo; Sur Ie territoire de Tannenkircli se trouve une exploitation agricole dite Kaltherberg-, louée depuis trois ans par un fermier nommé Gugelmaier, qui tient en moyenne dix a douze vaches, quelques génisses et un taureau. Tous ces animaux sont loges dans une même étable et appartiennent en partie a la race de Schwytz et en partie a cel Ie de Simmenthal.
Ce fermier acheta, il y a quatre ans, k Fribourg oü il vendait son lait, une vache grise qui commenca k tousser et ä maigrir; on l'abattit et l'on constata qu'elle était affectée au plus haut degré de la phtisie tuberculeuse, pleurale et pulmonaire. Depuis l'acquisition de cette vache, Gugelmaier perdit dix autres bètes bovines, toutes atteintes de la mème maladie.
Void comment ces pertes se sont succédé clans cette élable :
1880.nbsp; En juin, la première; septembre, la deusième; décembre, la troisième;
1881.nbsp; Septembre, la quatrième ;
1882.nbsp;Mars, la cinquième; juin, la sixième; juillet, la septième; aoüt, la huitième; septembre, la neuvième;
1883.nbsp;Juin. la dixième.
Chez une autre béte, une génissc grasse qui fut vendue k uu boucber, l'autopsie fit reconnaitre des tuberculos en petite quan-tité.
La maladie débuta, cbez toutes ces bètes, par une toux légere qui no se prolongea pas au delä de trois mois. Les vaches pleines commencèrent k tousser vers Ie milieu de leur gestation. Après la mise bas, la maladie s'aggrava en general rapide-ment.
Ajontous comme fait digne d'intérèt, que ce fermier a perdu, il y a un an, une fille adolescente des suites de la tuberculose ot que la mère de celle-ci, asthmatique depuis longtemps, est, d'a-près les dernières nouvelles recues, également tuberculeuse. raquo;
Nous bornons la les exemples de contagion, mais heureuse-ment dans la pratique, ccux qu'on rencontre avec la gravité ci-dessus sont tres rares. Lc plus souvent un animal est atteint, puis après un temps tres long, un second tombe malade et la contagion s'arrête. C'est mème cette lenteur du développement de la tuberculose chez rhommc et les animaux qui expliquc
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pourquoi la contagion a échappé si longtcmps a 1'attention des médecins et des vétériuaires.
5deg; IIÉRÉDITÉ.
La tuberculose est hereditaire. Les auteurs, sans exception, d'accord avcc la tradition la plus loiutaiue et l'expéricnce de chaque jour, placont l'hérédité au premier rang parmi les causes de la phtisie. Ou sait que rhérédité est plus puissante du cóté de Ia mère que du coté du père, et qu'ellc est ä peu pres constante lorsque les deux gcnitenrs sont affectés.
Qu'est-ce que l'hérédité? Pour nous, rhérédité de la phtisie n'est qu'uue maniere d'etre, uu mode particulier de la contagion et c'est ccqui explique pourquoi nous terminons ce chapitro de la contagion par l'étude de l'hérédité.
Comment s'eüectuc en effet la transmission hereditaire? La theorie classique enseigue que ce qui est hereditaire ce n'est pas la maladie en sol, mais la disposition ü la contractor. D'après cetto doctrine courante, les géuérateursphtisiquestransmettraient aux cugendrés la tuberculose en expectattve, en possibilité, mais non en nature; ce neserait point la maladie elle-mème, mais des droits et des aptitudes ä la contractor que les produits apporte-raient en naissant : ilsn'bériteraient ensomnic que d'uue predis­position ä la phtisie. C'est cette theorie que M. Peter a résumée dans la phrase aphoristlque : laquo; On ne nait point tuberculeux, mais tuberculisabio. raquo;
Une remarque bien simple dont on aurait du s'aviser depuis longtemps, monlrc que cette doctrine est fausse, car eile necom-prend qu'unepartie dos faits. On sait, en effet, aussibien en mé-decine humaine qu'cn médecine comparéc, que les foetus et les nouveau-nés sont souvent portcurs de lesions tuberculeuses par-faitement caractérisécs. Richter, Yalleix,Fleury, Clark, Chaussier, Ilusson, etc, parmi les médecins, out cité différents cxemples de lésions tuberculeuses chez les foetus de I'liomme. En vétérinaire, M. Chauveau a a cu plusicurs fois l'occasion de constater ä l'ou-verture des vaches mortcs ph'isiques,alorsqn'ellosétaienlencore pleincs, l'existence de lésions tuberculeuses chez leurs foetus. Les lésions, peu abondantes, étaiont snrtout localisées dans les pou-mons. U'autre part, Ie mème observatcur a rencontre chez de jeunes veuux issus d'une souche tuberculeuse, des alterations
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analogues. raquo; (Hanoi.) Meines rcmarques out été faites en Alle-magne, par Konig, Stirnimann, Adam, Fischer et Muller.
Toutcs ces observations sont conclnantes, elles prouvent ä Ia dernière evidence que cc quo la mere transmet a son foetus, c'est la tuberculose en nature; autrement dit que dans Ie cas d'hé-rédité maternelle quclque chose do tangible, de materiel traverse Ie placenta avec 1c sang de la mere pour aller infecter directe-ment rembryon, et que dans riiéréditépaterncllelegenno tuber-culeux est apporté ä Toviüe avec Ie sperme. On voit que pour nous nous n'adinettons comme hérédité que lo cas de contagion directe des parents a leurs embryons ; l'hérédité n'est plus ainsi, nousl'avons déja dit, qu'une maniere d'etre, un mode particulier de la contagion. En médecine humaine, on avait singulièrement exagéré l'importance de l'hérédité comme cause de la tuberculose parce qu'on ignorait les propriétés contagicuses de la maladie. Avec 1c Dr Debovc, nous croyons que chez rhomme l'hérédité a en effel été souvent contbndue laquo; avec la contagion qui résulte de la cohabitation familiale. raquo;
Hérédité par Ie père. — MM. Landouzy et Martin ont établipar rexpérimentation l'hérédité paternelle que Fobservatian des cas cliniques avait du reste fait accepter clepuis longtemps par un grand nombrc d'autcurs. Dans trois séries d'expériences ils ont puisé^ avec dos precautions infmies, du sperme dans les vési-cules séminales sur un cobayc atteint de tuberculose générali-sée. L'inoculation de ce sperme dans 1c péritoine de cobaycs les a tous rendus tuberculeus. On a ainsi la preuve de la qualité tuberculisante du sperme auquel se trouvait associé par consé^ quent Ie bacillc de Koch.
A cóté de cette demonstration expérimentale, citonségalcment unc observation cliniquo roinarquable, empruntée a Lydtin, qui prouve aussi la transmission de la plitisie du père aux descen­dants :
Un fermier éleveur qui, depuis douzo ans, n'avait observe aucun cas de tuberculose dans son bétail, acheta un taureau clans Ie Simmenthal et s'en servit pour la saillie do dix de ses vaches. Lc taureau fut roconnu attoint da la phtisie pommelière et abattu do ce chef; tous les veaux des dix vaches fécondéespar ce reproducteur, et qu'ou a pu suivre assez longtemps, ont été abattuspour cause de ceüe maladie. Les premiers symptómes se déclarèrent, chez la plupart, uu moment oü ils passérent ä Tage adulte. (Zippelius Wbchenscrift d'Adam, 1876.)
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fférédiié par la mere. — L'hérédite par la mere, grace k de noinln-eux fails d'pbservation, a été reconnuo depuis longtemps, mais du plus, dans ces dernières années, des experiences assez nombreuses sont venues témoigner que l'hérédite maternclle s'ofï'ectuait en nature.
Sur ua grand nombro de cobtiyes pleines, le professeur rnsse Koubassoff, en effut, a injecté sous la peau du ventre quelques gouttes de pus tuberculeus, el clans los foetus quelquefois rejotés par avorteraent; d'autres fois venus a terrae, il a constammeut rencontre laquo; des bacilles places séparémeut et qui se trouvaient siirtout dans les glandes lyinphatiques des cavités abdominales et pectorales. raquo; Les résultats idoul'ques que lo nième expérimen-tateur a obtenus avec le bucille du rotiget et le vibrion septique, Tont amené ä conclure qu'il existc dans le placenta des commu­nications directes entre les vaisseaux de la mere et ceux duloetus. Getto idéc nouvelle, contraire h tout ce qui a été admis jusqu'ici, paralt tres probable quaud on se rappeUe qu'il est absolument prouvé que la bactêridie du cbarbon se retrouve dans le sang des fcelus lorsqu'ou a iuocnlé ces microbes a des femelles pleines.
L'hérédite maternelle a encore été démontrée expérimentate-ment par MM. Landouzy et Martin. Après avoir prélevé uu frag­ment de poumon sur un fffitus né d'une mere phtisique, fojtus exempt de tout tubercule, ilsontinoeulé co fragment de poumon et out determine ainsi une tuberculose que, par des inoculations successives, ils ont sériée jusqu'au quatrième tenue.
De plus, avec du sang pris dans le cceur d'uu foetus provenant d'une mère tuberculuuse, ils out ob leun, par inoculation, une tuberculose généralisée.
Ces experiences nous paraissont concluantes et olies per-mettent d'afürmer que le foetus, pendant la vie intra-utérine, est infecté par des germes tuberculeus apportés avec lo sang.
Nous allons voir, il est vrai, que ces gennes do la tuberculose restent longtemps ä l'état u'incubatiou dans les foetus et dans les nouveau-nés. Pourquoi ? Pêut-être, comme le supposait M. Bouley, parce que le milieu orgauique nc constitue pas alors un terrain favorable ä la puUulation du bacille.
Quoi qu'il en soit, il est certain qtic le parasite tuberculeux peut séjourner quelquefois tres longtemps dans les organes saus y détermiuer les lésions caractéristiques. Ainsi Lydtin, dans I'lm-portant mémoire qu'il avait rédigé pour le Congres international de Bruxelles, nous apprend que sur 160,000 veaus soumis
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annuellement, en moyenne, ïi l'cxamen de l'inspecteur sanitaire do r^battoirdc Munich, wi seid présente les lésions de la tuber­culose. Lydtin oxplique du restc cette rareté en disant que la plupart des foetus infectés sont rojetés par avortement avant leur complet développement, ou Men qn'ils meurent presqno immé-diatement après la naissance. Sou mómoire renferme cependant uu certain nombre de faits cliniques qui prouvent que les lésions tuberculeuses peuvent se développer soit sur les foetus, soit sui­tes nouveau-nés.
Vbici, du reste, des observations que nous empruntons a Lydtin.
König, vétérinaire d'arrondissement, a signalé plusieurs fois la presence de tumeurs de nature tuberculeuso sur l'estomac et l'épiploon de vcaux agés de six ä liuit jours.
AIèmes observations ont été faites par Ie médecin vétérinaire Stirnimann.
M. Adam, d'Augsbourg, a constaté des lésions pommelières sur un veau mort pen d'heuros après sa naissance et issu d'une mère , affectée de plitisie.
Semmer égalemcnt a relate cinq cas de tuberculose pulmo-naire qu'il a rencontres sur des foetus ou dos embryons de bêtes bovines. Le premier de ces sujets était un embrvon agé de trois mois, rejeté par avortement d'une vache tuborculeuse, et dont le poumon présentait plusieurs nodules de petit volume. Dansles deux derniers cas, il s'agissait do veaux nouvenu-nés prove-nant de vaches phlisiques. Les poumonsdeces voauxétaientpar-semés do nombreux nodules, plus ou moins gros, dont les uns étaient en voic de formation, tandis que les autres se trouvaient déja caséifiés ou calcifies.
Knfm, dans la dix-huifièmo assemblee générale de 1'association des médecins vétérinaires du grand-duché de Bade, siégeant ä Fribourg, en d882, Fischer, de Wol fach, a mentionnéle fait d'une génisse, d'un taureau, et d'un veau de seize jours, qui appar-tenaient h une établo de Birkendorf, oü ils étaient nés d'une vache tuberculeuse. Ces trois produits étaient attoints de la ma-ladie de leur mère, et Fischer a montré nux membres presents les poumons du veau dans lesquels existait un amas de granula­tions miliaires grises et jannes. De même, Muller, del'école vété­rinaire de Vienne, a donné la relation de l'autopsie d'un veau né de mère tuberculeuse. Sur ce veau, nourri pendant deux mois ä riicole avec du lait sain et abattu ensuite, on trouva les lésions
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suivantes: sur la plèvrc costalc, plusieurs nodules du volume d'un grain de millet ä celui tlïin grain de chènevis; nodosités semblahies sur la plèvre pulmonaite; glandes bronchiques tu-méflées et consistantes^ enfin engorgement des glandes mésen-tériques et presence dans leur tramo de masses caséiformes d'un blanc jaunatre. Muller avait judicieusement conelu de ce fait que non seulement la tuberculose pent se transmettre do la mere a son produit, mais encoro qu'au moment do lanaissance, celui-ci, an lieu de no présenter qu'nnc simple predisposition, pourrait naitre avec les lésions materielles de la tuberculose.
En definitive, il paralt établi et par les faits expérimentaux et par les faits cliniques :
1deg; Que la tuberculose est hereditaire en nature aussi bien chez l'bomme que cbez nos animaux domestiques;
s
2deg; Que les deux géniteurs sont aptes k la transmettre ä leur-descendants, mais avec une predominance bien marquée du coté de la mère, cc qui s'expliquc, puisqpiel'infectiondufcetus pent avoir lieu pendant toutc la durco do la gestation, tandis que du cóté du père olie nc peut se produire qu'au moment oülosperme infecté va féconder l'ovule;
3deg; Et enfin, que lo plus souvent laquo; ce n'est point pendant les premières années de la vie des jeunes que se développe la tuber­culose dont ils peuvent avoir recu Ie ger mo de leu rs ascendants. raquo; (H. Bouley).
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JV. — DES VOIES DE L'1NFECT[0N TÜBERGÜLEÜSE
Quelles que soient les voies par lesquelles Ie microbe tubercu-leux pénètrc dans '['organisme, nne fois introduit il ne larde pas k entrer clans Ie courant circulatoire. Tel est 1'axiome qni do-mine toute la pathogenic de la tuberculose. Cettc infection du liquide sanguiu a été démontréo en France, nous l'avons vu plus haut, parl'inoculation directodu sang dans Ie tissu cellulaire sous-cutané et en Allemagne par son injection dans la chambre anté-rieurc de l'ceü. Depuis la publication de la première partie do ce travail un nouveau fait conflrmatif do la virulence du sang a été rappelé par lo Dx' Ollivier dans son remarquable rapport : laquo; En -1873, dit-il, M. H. Liouvillo était parvenu a développer une tuberculose généralisée chez un cobaye, en lui injectant dix gonttes de sang provenant d'un enfant tuberculeux. raquo; Du reste nous allons voir qu'on trouve également des preuves con-vaincantes de rinfection du liquide sanguin, — preuves qui viennent ä l'appui de toutes celles citées précédemment, — lorsqu'on étudie la genese des lesions tnberculeuses.
Ainsi d'après Hippolyto Martin qui a cu Ie tres grand mérite de diffiéfencier les pseudo-tuberculoses do la tuberculose pro-prement dite, laquo; Ie tubcrcule mit conslamment aux dtpem des vaisseaux artériefs, veineux ou lympkatiques. raquo; Dans Je ponmon oü Ie tubercule parait prendre aaissance souvent sur une broncbe, il est la encore laquo; Ie résultat de Vinflammation des vaisseaux de la paroi bronchique. s Do mènic dans ses interessantes lecons, Debove dit : laquo; Yous sivez que les tubercnles se développent sou­vent sur Ie trajetdes vaisseaux; cola est facile ti constater, mème ä l'ceil nu, sur Ie péritoine et sur les méninges. Le vaisseau, au niveau de la lésion, est oblitéró par de la fibrine, et au lour de lui on volt les dilïérentcs zones qui constituent la granula­tion, o
Ces lésions vasculaires, qui prouvont bicn rinfection du sang, avaient déja été signalées par Charcot et Grancher ; toni récem-ment Cornil est venu appnyer de sa haute autorité cette genese des lésions tuborculeuses. Mais c'est surtout Cohnheim, le pro-fessenr de lUniversité do Leipzig, qui a montré combien ces
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lesions vasculaires rendent facilement compte do la généralisa-lion parfois si brusquo de l'infection tuberculeuse.
[1 pose d'abord en principe qii'un produit tuberculeux prendj naissance partout oil lo virus tuberculeux pénètreet séjourne un certain temps, c'est-a- dire partout oü il trouve roccasion de s'in-sinuer el do se fixer. Aussi, ajoute-t-il, est-ce la porte par oü cntre le virus quijouc Ie róle le plus important dans la locali­sation du premier siège de la maladie; mals, gaand une fois le virus a pénétré clans le corps, sa propagation est réglée par les dispositions locales, par les voies naturelles de l'organisme, en sorte que, d'un cóté, sa marche pourra être tres variable, tandis que, d'un autre, son entrainemont cventuel dans le torrent circu-latoire rendra possible rinvestissement par le tubercule de tel ou tel organc éloigné de la lésion primitive.
IIyrevientencore dans un autre endroit quand il dit qu'un fait qui explique bien la propagation de la tuberculose dans I'orga-nisnie,c'est le transport du virus dans le eerde du courant sangu'm. Le virus tuberculeux, ajoute-t-il, laquo; qu'il ait été primitivenient recu par le poumou, par riuteslin ou par tout autre organe ou tissu, pent, tot ou tard, pénétrer dans la circulation, et, par cette voie, se répandre partout : c'est lä un fait qui n'a plus besoin d'etre démontré. raquo;
On a ainsi I'explication des cas si frequents do méningite tuberculeuse cbez Jes enfants surtout quand on so rappelle quo la tuberculose se développe principalement dans les organes oü le travail nutritif est le plus actif. Presque tons les cas de méningite sont en effet sous la dépendance de la diathèse tuber­culeuse; ainsi Bouchut, sur 292 autopsies de méningites, en a trouvé 21i qui etaient tuberculeuses et seulement28 sans granu­lations; encore sur ces 28 y en avait-il 21 chez des enfants atteints de tuberculose aiguè ou chronique plus ou moins géné-ralisée. Les enfants frappés do méningite sont done bien, comme le disait Cinersant, des phtisiques qui meurent par le cerveau; la preuve du reste en a été souvent faite par l'ino-culation de fragments de méninges tuberculeuses, inocula­tions qui donnent infailliblement naissance ä une tuberculose typique.
C'est aussi par le transport des bacilles dans le sang que s'explique la tuberculose primitive des os. On ne comprend bien en effet les experiences de Max Sclmller que par rihfection préalable du sang, Ces experiences, qui avaient pour objet d'élucider la
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pathogénie des arthrites tubercnleuses, furent faites, au nombre de cent cinquante, sur des lapins et des chiens. Schuller après avoir pratique la trachéotomie, injectait dans la trachée des sujetsd'cxpérience plein uaamp;serlague Pravazde liquide tubercu-lenx, puis Ie mème jour il prodnisait un Iraumatisme experi­mental, c'est-ä-tlire une violente contusion du genou. En procé-dant ainsi, il faisait infailliblement se développer des lésions tubercnleuses graves de I'articulation blessée. L'épanchetuent du sang devenait done Ie point de depart d'une sorte d'inocula-tion profonde occasionnée par la substance infectieuse raélangée au sang. 11 va sans dire que Schuller n'obtenait rien de pareil dans les cas de traumatismo simple, même plusieurs fois répé-tés.
Maintenant que nous venons de démontrer ä nouveau, par une autre methode, basée sur ranatomie pathologique, la viru­lence du sang, que nous avions déju, assise sur des faits expéri-menfaux d'une solidité ä toute épreuve, nous allons étudier les chances d'infection par les diffférents appareils, c'est-a-dire les voies de penetration par lesquelles Ie virus tuberculeux s'intro-duit dans Torganisme. Par ordre d'importance, la contagion s'effectue en premier lieu par les voies digestives, puis par les appareils respiratoire, cutané, génital et vasculaire. iNous allons passer successivement en re^ue ces différentes voies d'introduc-tion.
sect; 1. — Al'PAREIL DIGESTIF
L'appareil digestif est une des grandes routes de la contagion, c'est une voie largement ouverle et incessamment parcourue par des agents dangereux. Le mérite d'avoir déraontré laquo; que la surface digestive est généraleraent la voie Ia plus active pour l'absorplion naturelle des virus raquo; revient surtout k l'éminent physiologiste, M. Cbauveau, de l'école vétérinaire de Lyon.
C'était une croyance de 1'ancienne médecine que les maladies contagieuses ne pouvaient pénétrer clans les organismes par les voies digestives attendu que le sue gastrique, pensait-on, s'opposait d'une facon ahsolue au développement des virus qui étaient anéantis et digérés dans l'estoinac. Pourtant de nom-breuses experiences étaient venues prouver depuis tres long-temps, que pour un grand nombre de maladies contagieuses, le sue gastrique restait sans action sur les agents virulents et
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les laissait libres de passer dans l'intestin oü, comme Ie dit H. Bouley, l'absorption s'en empare et les transporto dans Ie courant circulatoire. Ainsi, dès la fin du siècle dernier, Ie mar­quis de Courtlvon et Ylcq d'Azir avaicnt démontré par des faits expérimentaux inattaquables, la transmission du typhus par les voies digestives.
Mais il est une régie inviolable qu'on no doit jamais trans-gresser dans les essais de contagion pur ie tube digestif, c'est celle de cboisir pour réactif rorganisme animal que l'observa-tion démontré Ie plus apte k se prêter ä revolution naturelle de la maladie, autrement dit l'cspèce sur laquelle Ia maladie raquo;'observe communément a l'état spontane. Faute de s'y astreindre on commettrait une grosse erreur d'expérimentafion et les ré-sultats négatifs que l'on obtiendrait seraient insuffisants pour permettre d'afflrmer la non virulence de la matière éprouvée. (II. Bouley.)
M. Renault, dés 1851, s'éfait inspire de cette régie pour insti-tucr ses remarquables experiences de contagion par les voies digestives de la morve et dü.charbon.
On saitque la morve est une affection naturelle pour Ie cheval, l'ane et Ie mulet, solipédes chez losquels eile se propage facile-ment. Cbez d'autres animaux ello peut bien encore se dé-velopper, mais son evolution est lente, difficile et incomplét?; ainsi la morve aiguë inoculée au cbien, donne siirement nais-sance h un processus morveux local parfaitement caractérisé, qui réinoculé k un animal solipéde, lui communique une morve type. Ce fait a été parfaitement établi par M. Saint-Cyr. Mais si au lieu d'avoir recours a 1'inoculatiou on emploie la voie la plus commune do rinfoction naturelle, Ie tube digestif, alors les résultats différent du tout au tout suivant les espéces ani­males. Jamais la morve ne se développo sur Ie chien, tandis qu'elle nait presque infailliblement sur lecheval. Renault rapporto en effet qu'il a pu alimenter un tres grand nombre de cbiens, de pores, de poules avec dos quantités considerables de matières virulentes provcnant de ebevaux attaints de morve aiguë sans qu'il en soit resul té Je moindre inconvenient. Au contraire, sur neuf chevaux qui avalérent de tres potitos quantités de virus, six devinrent morveux. Dans Ie mème mémoire de 18SI, présenté ä 1'Académie des Sciences, Renault declare n'avoir jamais réussi a communiquer Ie charbon par L'ingestion dos matières virulentes a des cbiens, des pores et des poules, tandis que sur si;c moufons
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ou ohèvres, cinq ont contracté la fièvre charbonneuse. Depuis, MM. Pasteur, Toussaint, Koch qui ont do nouveau établi la réalité de la contagion du charbon par lo tube alimentaire sont même d'avis que c'est presque la sculo porto d'cutrée de la bactéridie.
M. Chauveau, dans ses belles études sur la vaceme, a égale-ment établi laquo; qu'elle peut se communiquer aussi sürement par Ie tube digestif que par l'injection du virus dans les vaisseaux. raquo;
Enfin üelliol et Roclie-Lubin avaient aussi, il y a longtemps, démontró la contagion de la elamlée par les voies digestives et l'avaient même utilisée pour claveliser un troupcau. 11 n'y a pas Ie moindro doute ä conserve!' ä eet égard puisque M. Chauveau qui a renouvelé los mêmes teutatives d'infection, dit laquo; qu'il n'a jamais vu échouor aucune des experiences qu'il a faites pour opércr cette transmission. raquo; Dix centigrammes d'humeur clave-leuse, délayés dans uu brcuvage ([u'on administre ä petites gor-gées, en deux fois, avant et après lo repas, sufflsent pour don-nor la maladie. Dans co cas encore, ajouto-t-il, cclle-ci a toutes los allures de la claveléc contractée par contagion spontanée : marche, symptómes, lesions, tout est idontique. M. Chau­veau a pu entre autres faits importants relatifs ä ce dernier point constater quo rinvasion de la maladie u'est point Ie résultat d'uue sorte d'mocM/tóolaquo; sur la muqueusc digestive; en effet, il n'a pas trouvé ä l'autopsie des animaux morts la plus petite lésion locale sur cettc membrane, pas meine dans la bouche qui, dans les cas de clavelée confluente, présente quelquefois des pustules. 11 y avait done eu aussi, dans ces cas, absorption et transport du virus claveleux, dans tout rorganisme^ par Ie cou­rant circulatoire.
Voilä done démontré, pour plusieurs maladies coutagieuses (typhus, moirve, charbon, vaccine, clavelée), qu'elles se trans-mettent avec la plus grande facilité par les voies digestives et que Ie sue gastriquo n'exerce aucuue action destructive sur les elements de leur virulence.
M. Chauveau, de l'i'lcolc vétérinaire de Lyon, a eu Ie tres grand mérite d'établir qu'il en est do même pour la tuberculose. Ayant choisi comme organisme de touche approprié ä cette mala­die Fespèce bovine, c'est-ä-dire uno espèce animale qui se prète admirablemont ä Revolution naturelle de la phtisie, M. Chau­veau expérimenta sur qmtorze sujets auxquels il fit avaler de la matièrc virulente. Chez tons, sans exception, il ohtint une infec-
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tion tuberculeuse dont les lesions légères chez les uns se mon-trèrent chez les autres véi'itahlement épouvantalles.
Cette facilité de transmission par Ie tube alimentaire entrai-nait de telles consequences pour Thygienepublique, que M. Ghau-veau écrivait dès sa première étude de 1869 : laquo; Si la tuberculose su prend ainsi par 1'ingestion digestive, il est évident que sa contagion naturelle ei spontanée ne saurait plus être esclusive-ment attribuée ä 1'infection du milieu aérien par l'air rejeté du poumnn des snjets phtisiques. h la formation du marais atmos-phérique de M, Villemin. Les animaux confines dans Ia mème étable ou dans Ie memo pätnrage, buvant ans meines sources, dans les mèmes réservoirs ou lesmèmes vases, trouvent dans ces rapports 1'occasïon constamment répétée d'avaler les mucosités que leurs camaiades rejeltent par Ie nez. Or, si ces secretions proviennent de bêtes phtisiques, elles pourront devenir la cause d'une infection tuberculcuse. Et ceci est également vrai pour l'espèce humaino. Il serait superfla de démontrer comment 1'in-timité qui existe entre les membres d'une mème familie, entre les époux surtout, les expose nécessairement a toutes les chances d'infections tuberculeuses par les voies digestives. J'aurai mème plus tard k discuter si ce mode d'infection n'est pas incompa-rablement plus frequent que la contagion par les voies respira-toires, Ce serait heureux, car alors il serait bicn plus facile de se garantir contra les chances de contagion. raquo;
Les experiences de M. Chauveau cureut un tel retentisse-ment que des savants, de différents pays, se mirent aussitot k 1'ceuvre pour les contróler. Leur recherches donnèrent des résul-tats confirmatifs et il fut bienlót solidement établi que les pro-dutts tuberculeux introduits daas Ie tube digestif transmettaient la tuberculose avec une certitude effrayante. Mais comme rhomme ne se nourrit pas de produits tuberculeux, on fit remarquer avec raison qu'on avail tort de conclure de la viru­lence de ces produits ä la virulence de la viaude elle-mème. G'est alors que furent cnlreprises les experiences d'ingestion avec Ia viandc crue. Rappelons ici que dans des cas rares la viaude k l'autopsie peut être semée de tubercules bien que l'animal de sou vivant ait été reconnu bon pour la boucherie (Van Hersten), et. que bien souvent on trouve, chez les animaux phtisiques,quot; des glandes tuberculeuses qui sont situées dans les interstices mus-culaires oü il est. tres difficile de les trouver (DT Schütz).
Quant ä la virulence de la viande crue ellc-même elic est hors
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de toute contestation; nous avons rapporté en effet dans la pre­mière partie les experiences, sur la viande crue ingérée sponta-nément, de Bellinger, Toussaint; Gerlach, Dr Johne, qui démon-trent qu'un grand nonibrc d'aniinaux, de différentes espèces, sont facilement infectés par Ie tube digestif. Enfin, nous Ie sa-vons. on est encore allé plus loin. Les recherches de Vallin ont en effet établi que la temperature des rosbifs et des bifteacks n'altoint souvent que 48deg; C. et ne dépasse pas d'orclinaire o8ü, tandis que les experiences de Toussaint, controlées par Hippolytc. Martin et tout récemment par MM. Chauveau et Arloing, prouvent qu'il faut pour détruire siïrement la virulence une tempera­ture d'environ 80deg;. On sait, de plus, que la tuberculose est com­patible chez Ie boeuf avec un état de graisse tres avance et que justement cettc viande est servie sur nos tables k moitié crue. Si on se rappelle d'autre part que riiomme parait ètre Ie milieu Ie plus favorable ä la pullulation du bacille on voit clairement quels dangers formidablcs résultent de tous ces faits donl ia cer­titude est absolue.
Le lait est pour Ie moins aussi dangereux que la viande, parce que trop souvent on le donne aux enfants chaud, sortant du pis et qu'il n'est personne qui n'en boive sans avoir été bouilli. Nous avons sufflsamment insisté ailleurs sur la demonstration de sa virulence pour nV pas revenir. Mais les localisations tuber-culeuses dans los inainolles, reconnnes tres fréquentes par Van Hertsen, Bung, Fleming, le danger qui existe certainement hiéme si elles sont saines, les experiences demonstratives de la transmissibilité de la pbtisie par le lait faites par Gerlach, Klebs, Bellinger, Yirchow, Peuch, Martin montrent combien, pour riiomme, les chances d'infection sont grandes par ee liquide qu'il utilise jonrnellement.
Les proprlétés infectieuses de la viande et du lait font pressentir la frequence considerable des cas de tuberculose de l'homme qui ont leur point de depart dans le canal digestif. Colinheim range volontiers parmi ces derniers cas laquo; ceux oü l'ou ren­contre une tuberculose avancée de l'intestin, des ganglions raé-sentériques, et mème du péritoine, alors que l'exainen des pou-mons révèle une intégrité pariaite, ou une lésion tout ä fait insignifiante; c'est la, dit-ii, une localisation de la tuberculose qui, a la vérité, est exceptionnelle cbez Tadulte, mais que Ton observe au contraire fréquemment chez les petits enfants oü eile est connuc et redoutée sous le nom de phtisie mésentérique.raquo;
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Puis après avoii' expliqué qu'il attribue tous ces cas do phtisie k ringcstion du lait ïnfectieux, Colnüieim ajoute : laquo; Mais peut-être lo domaine de la tuberculose par alimentation est-il encore plus considerable. On doit tout au moins se demander si toiites les prétendnes inflammations scrofuleuscs des lèvres, de la cavité buccale et du pharynx, et si, en particulier, les gonüements caséeux des ganglions lymphatiques du cou, qui, comme Ton sait, ont donné son nom ä la scrofule, n'ont pas pour origine uue reception directe du virus tuberculeux mélange avec des aliments, et surtout, sans doute, avec du lait infectieux. raquo;
Yallin attribue également ä ralimentation les cas daas les-quels des lesions locales du tube digestif' se rencontrent chez les enfants chétifs, mal uourris, soumis ü ralimentation artiflcielle et qui suecombent si souvent au carreau, ä la scrofule, a la tuberculisation abdominale. Chcz ces enfants, dit-il, laquo;lesorganes respiratoires sout souvent indemnes de tubercules, ils consti­tuent une exception classique ix la loi de Louis : la pbtisie est chez eux presque cxclusivemeut intestinale et mésentérique. raquo;
Mais en réalilé le domaine de la tuberculose qui vient de i'ali-meutation est bien plus vaste encore que ne radmettent Valliu et Cohnheim; car nous allons établir en effet que, meine lorsqu'il n'existe pus de lesions locales dans le tube digestif, la phtisie peut cependant avoir été introduite clans l'organisme par los ali­ments.
Daus les romarquables experiences de M, Cbauveau oü il étudiait la contagion par les voies digestives, un des points les plus importants ä retenir, iiotons-!c en passant, c'est que tou-jours ä cólé des lesions locales du tube alimentaire on trouvait des lesions, souvent considerables, de l'appareil respiratoire.
Voici dans un cas qu'on peut prendre comme type quelles étaient les lesions do l'appareil aérien alors que l'infection do rorganisme avait en lieu par le tube digestif. Nous laissons la parole a, M. Cbauveau : laquo; Tous les ganglions des bronches et du raédiastin, dit-il, sontpris etprésentent un volume considerable.
laquo; Quant aux poumons, ils sont parsemés de masses tubercu-leuscs ä l'état cru, au nonibre d'une quarantaine, dont le volume varie entre celui d'uu pois et celui d'une grosse aveline. On y trouve aussi un certain nombre de granulations grises, semi-transparentes, tout ä fait isolées, faisant saillie sous la plèvre.
laquo; A l'origine de la trachea, ainsi que dans la partic sous-glut-lique du larynx, sur la face postérieure du tube aérien, un peu
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plus ä gauche qu'a droite, des plaques granuleuses pai'semées do petites ulcérations, dont quelques-unes sont un pen sai-gnautes. Deux plaques semblables existent sur la face interne des cartilages arythéuoides. raquo;
Non seulement dans les cas oü I'organisme a été infectépar Ie tube digestif, les lesions de I'appareil respiratoire peuvent, comme nous venons de Ie dire, se montrer aussi marquees que celles de I'appareil quia été Ie point de depart do l'infection, mais il peut même arriver quo dans rinfection par Ie tube digestif ce tube soit absalument sain et qu'ä l'autopsie los lesions tuber-culeuses se rencontrent exclusivemeut dans I'appareil respira­toire.
Dans les nombreuses experiences de M. Ghauveau, deux veaux témoins étant en effet dovenus tuberculeux par suite de la com-muuauté des baquets qui étaient communs aux quatre auimaux d'expérience, ces deux sujets présentèrent des lésions ä peu prés idenliques localisées cxclusivenunt, dwz tous les deux, clans I'ap­pareil respiratoire.
Ce sont la des faits remarquables sur lesquels on n'avait pas jusqu'ici sul'fisaniment attiré ratteutiou et qui détnontreut clai-rement que, paruü les voles do la contagion, Ie tube digestif joue Ie róle preponderant, contrairement aux idees acceptées par les médecins qui croienl encore que I'appareil respiratoire est la voie principale de la coulagion.
En résumé, Ie tube digestif consütue cbez rhomnie et les ani-niaux, une voie de contagion admirablement disposée pour rin­fection tuberculeuse et beaucoup plus importante que la voie pulmonaire.
S 2. — Appareil respiratoire
Si, pour nous, l'infection tuberculeuse s'efiectue principalement par Ie tube digestif, aussi bien chez I'liomme que chez les ani-maux, nous devons avoucr cependant qu'en médecine humaine tous les auteurs, sans exception, sont au contraire de l'avis de Cohuheim qui pretend que Ie cas de beaucoup Ie plus frequent est celui oü Ie virus tuberculeux pénétre dans I'organisme avec Cair de la respiration. Gar, dit-il, c'est uniqucinent par ce motif, que l'on peut expliquer ce fait, que vévéle l'expérience de tous les lieux et de lous les temps, qu'aucun orgauc n'cst alteint par la
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tuberculose avec autant de frequence et d'intensité que Ie pou-mon.
Cohnheim et tous ceux qui adoptent sa maniere de voir, oublienl qu'il ne suffit pas, pour démontrer Ie bien fondé de leur opinion, que les poumons soient presque toujours atteints les premiers et présentent les lésions les plus avancées. Nous savons, en effet, que certaines maladies aiment, comme Ie dit Debovo, certains organes et nous avons établi au paragraphe precedent que dans les inoculations expérimentales par Ie tube digestif les lésions pulmonaires sont ordinairement prédomi-nantes et que quelquefois même elks existent seules.
Nous ne nions point, cela va sans dire, la transmission do la tuberculose dans les voies respiratoires par rintermédlaire de l'air, mais nous croyons qu'il faut en restreindre singulièrement rimportance et que jusqu'ä présent on a beaucoup trop exagéré Ie róle de la contagion qui s'efl'cctue par l'appareil respiratoire. Outre les experiences directes faites par Günther et Harms et qui ont donné des résultats négatifs, d'autres faits dus aux profes­sen rs Sirena et Pernice ont établi également que lo liquide obtenu par l'évaporalion de l'expcctoration tuberculeuse est coustamment exempt de bacilles de Koch et par conséquent que les bacilles prodneteurs de la phtisie ne se rencontrent jamais dans l'atmosphère environnante. Quant aux experiences de Günther et Harms, voici comment ces expérimentateurs procé-dèrent : après avoir place cinq lapins dans unc cage ils suspen-dirent cette cage devant Ia tèle d'une vache tuberculeuse de teile sorte que les lapins devaient forcément inspirer l'air expire par l'animal phtisique. L'autopsie de ces cinq lapins ne fit cependant découvrir aucune lésion tuberculeuse.
De même MM. Charrin et Earth ont fait k diverses reprises expirer deux malades phtisiques sur des plaques de verre enduites de glycerine, et jamais, malgréde tres nombreuses preparations, ils n'ont pu trouver de bacilles de Kocb. A l'appui de leur opi­nion ils rappellent laquo; qu'il existe un principe fondamental de physique qui dit que, seuls, les gaz ou les vapeurs peuvent s'échapper des surfaces liquides. Or, Ie bacille est un corps solide; il est contenu dans un milieu moitiésolide,moitiéliquide, Ie poumon ou les mucosités des bronches, dont les surfaces ne sont point desséchées. Pour ces raisons, et en vertu de nos recherches, nous pensons, disent-ils, que la presence de bacilles dans l'air expire est ciiose exceptlonnelle. raquo;
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Il parait doac établi pour tout Ie monde que l'air expire est loin d'etre aussi dangereux qu'on aurait pu Ie penser a priori, mais il n'en est pas moiiis vrai que dans les acces de toux, de fines parlicules de mucus peuvent se trouver prqjelées et res­ter pendant quelque temps en suspension dans l'air. Quoi qu'il en soit, Ie vrai danger provient presque exclusivement des crachals desséchés qui conservent leur virulence pendant un temps tres long. Yillemin et Koch ont établi en effet que la dessic-calion ne détruit nullement la virulence des produits tubercu-leux. Dans de nombreuses experiences, des cochons d'Inde ont élé infectés par l'inoculation de crachats desséchés depuis deux, trois, quatre et même huit semaines. Fait a noter, la phlisie évo-luait chez eux avec autant de violence et de rapidité que dans les cas oü rinoculation s'effectuait avec de la matière tubercu-leuse froichement recueillie. Du reste, pour MM. Schill etFischer, assistants de Koch a l'Office sanitaire imperial de Berlin, qui out controle les experiences précédentes, les crachats tuberculeux desséchés conservent encore toute leur puissance au bout de Irois mols et co n'est seulement qu'après sept mois que leur virulence disparait.
Si nous appliquons ces données expérimcntales aux cas de la pratique, surtout en médecine humaine, on voit saus peine que la projection des crachats sur Ie sol peutêtreune source d'infection et que Ie piétinoment, Ie balayage de ce sol infecté, soulèventdes poussières excessivement dangereuses k respirer. Le danger est d'autant plus grand que la muqueuse dos voies respiratoires dans la bronchite est en partie détruite par rinflaramation. Cette bles­sure de la muqueuse facilite en effet la penetration du parasite et lui offre un terrain favorable de développement. Debove, sur­tout, a bien mis en relief l'importance du rhume négligé dans la production de la phtisie, importance dont on trouve des traces jusque dans les croyauces populaires.
En résumé, après le tube digestif, mais loin après lui, la voie qui est le plus fréquemment suivie par le parasite tuberculeux, c'est la voie pulmonaire.
sect; 3. — Appareil cutané
Puisquc les produits tuberculeux sont inoculables au degré que nous avons vu dans la seconde partie, on en pouvait déduiré a priori, qu'il est tres possible de s'inoculer la phtisie en se bles-
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sant avec un instrument reconvert de matière tuberculeuse. Tons les auteurs citent ä ce sujet l'exemple célèbre de Laënnec qui s'éfait fait une plaie au pouce, avec une scie, en sectionnant une colonne vertebrale tuberculeuse. Bientót il vit se développer, au point blessé, un tubercule local d'oü sortit par la pression une petite masse presque jaunätre et il eut l'idée qu'il s'a-gissait peut-être Ik d'un fait do transmission. 11 faut toutefois reconnaitre que eet exemple n'est guère démonstratif, puisque Ldënnec n'cst mort de phlisie que vingt ans plus tard et se rappeler que l'illustre savant a vécu, pendant des années, dans des milieux infectés pour élaborer ses mémorables travaux sur la phlisie : les occasions de contagion — et par toutes les voies — ne lui ont done pas manqué.
Uu cas certain de contagion par inoculation cutanée a été observe, dans ces derniers temps, par M. Ie professeur Verneuil, sur un étudiant qui s'est inocnlé la phtisie en se faisant une piqüre anatomiquo. Depuis, MM. Verchère, Hanot, Merklen, ont cité des faits de même ordre.
La preuve expérimentale de l'infection de l'homme par la voie cutanée avait du resle été faite il y a plus de dix ans par trois médecins grecs : Demet, Paraskova et Zablonis, qui n'avaientpas craint d'inoculer des cracliats de phtisique ä un homme affecté d'une maladie incurable a terminaison prochaine. Jnsqu'alors les poumons, examines avec uu soin scrupuleux, avaient paru abso-lument sains. Trois semaines plus tard on percevait au sommet droit les signes d'une induration commencante. Get homme élant mort, trentc-huit jours après Tinoculation, on constata, ä son autopsie, dans la partie supérieure du poumon droit, la presence de tubercules k la première période de développement. Il y avait deux tubercules semblables au sommet gauche et deux autres a la face convexe du foie.
11 est bien évident que l'infection par cette voie doit être rare et qu'elle doit avoir lieu de preference sur les éludiants, les bou-chers, les ouvriers des abattoirs ou des dos d'équarrissage, les garcons des amphitheatres ou des laboratoires, les vétérinaires ou les médecins dans la pratique des autopsies.
Au point de vue de la certitude il faut faire une tres grande difference entre les inoculations cutauées proprement dites, c'est-ä-dire celles qui se font dans 1c derme lui-mème et les inoculations sons-cutanées qui s'efTectuent dans Ie tissu conjonctif sous-jacent. L'expérieuce enseigne, en eifel, que les inoculations der-
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miques ne sont que bien rarement suivies de phtisie, tandis que les inoculations hypodermiques sont tres favorablcs a la pullula-tion des elements tuberculeux. C'est ainsi que M. Chauveau, sur cinq inoculations cxpérimentales dans Ie derme, n'a eu que deux résultats positifs, tandis que celles sous la peau avaientpour résultat presque infaillible de communiquer une phtisie généra-lisée sans jamais manquer.
Par la pratique de l'inoculation willemsienne on peut com­muniquer la phtisie. Lydtin, dans Ie Recueil de 1868, en a cilé un exemplc bien remarquable. Le vaccin fut puisé dans uu poumon présentant des lésions de péripneumonie et également de tuberculose. AI. Lydtin avait soin de n'utiliser que les parties du poumon qui semblaient complètement exemptes de lésious tuberculeuses, puis de ne prendre que la lymphe qui s'écoulait spontanément et enfin de la récolter tres claire, c'est-a-dire sans qu'elle fut souillée par le saug. Malgré toutes ces precautions, sur les dix animaux inoculés avec ce liquide, cinq présentèrent des tumeurs tuberculeuses. laquo; Eiles consistaient en un tissu flbreux qui se monlrait sous forme de brides blanchätres, lui-santes et tendineuses, ayant parfois la dureté du cartilage et s'entrelacant dans tous les sens. Les mailles de ce tissu fibrolde étaient remplies d'une matière blanche, grisätre, paraissant amorphe. Cette matière reufennait k sou tour des nodules sphé-riques ou unpeu oblongs, de couleur rouge, gris cgt;u jaune. Ges nodules avaient le volume d'un grain de millet; ils étaient durs au toucher et les jauncs donnaient la seusa*.ion de grains do sable quand on les broyait entre les doigts.
laquo; Les cinq autres animaux vaccines étaient exempts de tumeurs var.cinales, mals ils présentaient ä l'autopsie des lésious tuberculeuses fort prononcées et anciennes, remontant par consé­quent ä un temps antérieur h. l'inoculation. raquo;
Le développement des tumeurs tuberculeuses s'effectue d'une maniere tres significative. Pendant mie période variable de dix a vingt jours environ rinoculation ne produit aucun effot appre­ciable. Puis cette période d'inoculation une fois écoulée, on voit naürc une légere tumefaction qui s'accroit avec une extreme lenteur pendant plusieurs semaines. Un autre mouvement en sens inverse fait alors diminuer peu a peu ce tubercule local qui prend souvent a cette période décroissante l'aspect noueux et lobulé, mais quoique moins volumincux il persiste pendant des mois. Quelquefois, dans sa période de formation, quand il atleint
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un volume im peu considerable, il s'ouvre, forme une ulcérafion. et ä celle-ci succède une caverne béante ä contenu caséeux tout a fait comparable aux cavernes pulmonaires (Colin).
Entre Ie moment de l'inoculation et celui de la generalisation deTinfcction tnberculeuse dans l'organisme il s'écoule un temps assez variable mais qui dans certains cas peut n'être que de dix a vingt jours.
Ce tubercule local, qui est la signature même du virus tuber-culeux, a done des caractères distinctifs qui Ie séparent nette-ment des tumeurs dues aux inoculations irrifantes, comme celles du pus, tumeurs, qui se développent presque immé-diatement et disparaissent graduellement au fur et ä mesure que s'éteint la cause qui leur a donné naissance.
Nous nous sommes arrêté un instant sur Ie caractère du tuber­cule local et sur son mode de formation parce que nous voyons la uu veritable crilériura qui permet de dire si les animaux d'expériences out bien été infectés par rinoculation. En presence des doutes qu'on a voulu faire planer dans ces derniers temps sur les résultats obteuus par certains expérimentateurs, nous avons tenu a mettre au moins hors de toute contestation tons les cas dans lesquels ils ont relate explicitement la formation du tubercule local d'inoculalion.
sect; 4. — Appareil génital
La transmission de la tuberculose par l'appareil génito-uri-naire, soupconnée par Cohnheim, a été démontrée dans ces der­niers temps de facon ä ne laisser aucun doute quant a sa réalité.
Lydtin avait du reste publié daus son travail plusieurs faits faisant prévoir la possibilité de ce mode d'infection. C'est ainsl qu'il rapporto que Jessen, par exemple, a vu une vache qui ne présentait de lésions que dans les trompes et les ovaires, et qu'un uutre praticien a trouvé plusieurs taureaux affectés de tuberculose ne siégeant que dans les testicules. En France, Ie savant professeur d'Alfort, M. Nocard, en utilisant la methode d'Erlich, a vu les bacilles de la tuberculose dans Ia matière vis-queuse qui s'écoulait par la vulve de vacbes destinées aux ope­rations de l'Ecole, et il a alors porté Ie diagnostic métrite tuber-cuieuse que l'autopsie a conflrmé. Les deux vacbes examinees par H. Nocard étaient de plus alteintes de phtisie pulmonuire.
De même, en médecine humainc, MM. Cornil et Babes ont
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trouvé des bacilles de la tuberculose dans la secretion vaginale de trois femmes atteintes d'ulcórations tuberculeuses du vagin et du col utérln et dans l'urine d'homraes alteints de tuberculose vésicale.
Puisque les bacilles se renconlrent dans les produits de secre­tion de l'appareil génito-urinaire, aussi bien chez les auimaux que chez Thomme, il est évident que 1'infeclion peut se faire par cette voie. Defalt, Zippelius et Ilarslick, cités par Lj'dlin, ont vu un nombre de vaches a^sez considerable devenir phtisiques après avoir été saillies par des taureaux tuberculeux ä un haut degré. Goering aurait également observe la tuberculose sur trentc poules d'une même exploitation ä la suite du coctage avec un coq phtisique.
Eu médecine humaine, dans ces dernières années, MM. Ver-neuil, Fernet, Verchère , Richard et Dories, ont publié plu-sieurs observations de phlisie transmise par la voie genitale, transmission concernaut tanlót des hommes et tantót des femmes.
D'après ces études récentes, Ie doute n'est plus permis; il est tont a fait certain que la transmission de la tuberculose peut se faire du male ä Ia femelle et vïce versa par la voie genitale.
sect; 5. — Appareil vasculaire
Si, dans les études expérimentales, la tuberculose est trèsfaci-lement setnée par les voies vasculaires, pour nous servir d'une expression de H. Douley, dans la pratique, au contraire, ce mode de transmission est absolument exceptionnel; il n'y a guère que dans certains cas de transfusion du sang que l'infection par cette voie pourrait se produire. Nous croyons done inutile de nous arréter da vantage sur cette voie de contagion; il doit suffire de I'avoir mentionnée en passant.
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Y. - POLICE SANITAIRE ET SANTÉ PUßLIQUE
Nous avons donné complete, dans les pag-es précédcntes, la demonstration des dangers formidables que la phtisie des ani-maux fait courir ä l'espèce humaine : anjourd'hui que les preuves se sont accumulées de la virulence dn sang, du lait, de la viande; aujourd'hui que la transmissibilité de la tuberculose a été reconnue particulièremont facile par les voies digestives et qu'on sait que ia viande cuite au degré comestible conserve dans quelques cas tonte son activité malfaisante, l'esprit est in-vinciblement conduit a établir une relation causale entre Ie grand nombre d'animaux tuberculeux consommes dans les grands centres et la frequence des cas de phtisie humaine qu'on y constate. Du resle M. Lydtin, par une statistique ne comprenant malheureusement qu'un petit laps de temps, a établi que les courbes de la mortalité humaine et animale avaient une grande ressemblance etqnJelles présentaient un parallélisme approxima-tif extrêmement remarquable. La phtisie humaine, ä part les cas de contagion d'homme ähomme, provient doncpresque exclu-sivement de l'étal du boucher et du lait des vaches tuberculeuses.
Toutes les considerations qui ont jusqu'a présent empèché 1'autorité administrative d'exercer une surveillance severe pour écarter de la consommation les animaux tuberculeux — consi­derations d'argent — doivenl fléchir désormais devant Tintérêt supérieur de la santé publique.
Quand une maladie tue, en effet, chaque jour en France MO personnes, soit 160,000 par an, quand dans les grandes villes cette maladie entre pour un quart dans la mortalité générale et rien qn'a Paris, n'enlève pas moins chaque année de 10,000 indi-vidus (Ollivier),ily aurgeace de prendrecoutre eile desmesures d'une sévérité excessive.
En, agriculture, également eile cause d'effrayants ravages aux-quels il est temps de s'opposer, car jusqu'ici il n'a rien été tenté encore pour diminuer Ie nombre des animaux que frappe la tu­berculose. Les statistiqucs allemandes, basées sur des documents de grande valeur, n'esüinent pas ä moins de 2 0/0 Ie nombre des animaux de l'espèce bovine affectés de cette terrible maladie et
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notre pratique persoimelle esl tout ä fait d'accord avec ces eva­luations. La population bovine étant en France de H,000,000 de têtes, si on établit la proportion en tenant compte des jeunes qui sont généralement sains, on arriveauriemoyenne degO,000betes bovines tuberculeuses en France. Ce chiflre est, du reste, tout a fait approximatif, mals il en dit assez pour donner une idee des dangers que la tuberculose des animaux fait courir a l'espèce humaine.
La premiere chose a faire pour protéger la santé pubiique, e'est d'Jnscrire en ^toute hate la tuberculose dans le cadre des raaladico contagieuses prévues par la loi du 21 jnillet 1881. Kile y a droit bien mieux quo la gale, la dourine, la clavelée, et y mérite la première place. Aussi, lors du Congres sanifaire des vétérinaires de France qui s'est tonn ä Paris, en 1883, l'assembléo avait-elle adopté, ä une grande majorité, la proposition suivante que nous avions déposée sur le bureau :
Le Congres sanitaire considéranl que la tuberculose est une maladic esscntielicmont contagicuse et la plus grave de toutes les afieclions qui peuvent se communiqner fréquemment des animaitx h l'homme, émet le voeu :
Que la tuberculose soit inscrite dans la loi parmi les maladies contagieuses qni ressortissent de la police sanitaire et que I'Ad-ministration supérieure premie des mesures qui devront porler sur les animaux vivants et les animaux morts, pour s'opposer k la contagion des animaux a Thomme.
Cette inscription, qui ne saurait tarder maintenant, aura en dehors de son utilité directe, un autre avantage, eile exercera unecerlaine pression sur les esprils, eile les babituera h cette opinion laquo; salutaire raquo; qu'on doit surveiller ce qn'on mango et ce qn'on boit, enfin clle imposera la grave question do la contagio-sité de la tuberculose ä l'attention de tout le monde et peu a peu modiflera Topinion générale en y faisant pénétrer la conviction des dangers inhérents a. l'usage des viandes ou du lait de prove­nance tuberculeuse. Get appui moral de l'esprit public est si important, au point de vue des mesures de rigueur qu'il faudrait prendre, qu'il est du devoir des vétérinaires d'utiliser tous les moyens: conférences agricoles, rapports aux Sociétés d'Agricul-ture, arlicles dans les journaux, pour propager la doctrine de la conlagiosité.
Un autre moyen également efficace de propager cette doctrine destinée a sauvegarder tant de vies humaines, serait de saisir do
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cette question un Congres international qui réunirait dans un but commun les médecins et les vétérinaires de tous les paysw Cette reunion imposante, qui s'occuperail de la tuberculose de Ihomme et des animaux de la série zoologique, pourrait devenir Ie point de depart de progrès .considerables. A coup sur, eile aurait un grand reteutisemenl et contribuerait pour une large part h faire entrer dans l'esprit public la conviction dos dangers quo la tuberculose des animaux fait couiir a l'espèce bumaine. Nous soumettons cette dernière idéé ä M. Ie professeur Verneuil, qui a eu déja Ie irès grand mérite do prendre 1'initiative d'une souscription publique, destinée ä 1'élude de cette terrible maladie, et dont l'esprit entreprenant est capable des plus grands efforts, s'il juge cette idéé ulile au bien de l'humanité.
Une fois la tuberculose inscrite parmi les maladies contagieuses, les autres mesures qu'il serait urgent de prendre afin de s'op-poser a la transmission de la tuberculose des animaux ä rtiommo peuvent être tres rationnellement ramenées aux trois suivantes :
1deg; Les mesures relatives aux animaux vivants;
2deg; Celles applicables au lalt;
3deg; Enfin les mesures qui concernent la viande.
sect; 1. — MESURES RELATIVES AUX ANIMAUX VIVANTS
Quelles mesures conviendra-t-il d'appliquer aux animaux vivants lorsque la phtisie sera inscrite dans la loi ?
Puisqu'on sait que la phtisie est incurable, qu'elle conduit lentement, mais presque infailliblement, les sujets atteints h la mort, qu'ello est contagieuse des animaux h l'homme et enfin transmissible par bérédité, la première mesure a prendre, c'est Vabatage impitoyable de tout animal atteint de pbtisie.
Mais, objecte-t-on, Ie diagnostic de la phtisie, ä sa période initiale chez les animaux, est hérissé de difflcultés; il n'y a pas de maladie dont revolution soit plus lente et plus insidieuse ; au début, on peut bien la soupconner ä de certains symptóraes comme la toux, ressoufflement, la diminution des forces, mais il y a loin de ce simple soupcon ä la certitude clinique nécessaire pour faire prendre les mesures qui servent de base a la police sanitaire.
Nous reconnaissons volontiers que celui qui rendrait facile Ie diagnostic précoce de la pbtisie, c'est-ä-dire qui indiquerait les
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signos pefmettant de la reconnaitre ä sa période initiale, rendrait un bien grand service a la police sanitaire et a la santé publique, toulefois, la difflculté dn diagnostic ne saurait nous arrètcr puisque rintcrvention des agents saqitaires n'aurait jamais lieu que lorsqu'il s'agirait d'appliquer des mesurcs rendues néces­saires par un diagnostic précis. Au surplus, comme Ie remarqnait tres iuslement M. Arloing, au Congres sanitaire des vétérinaires de France, lorsquc Ia tuberculose est Ie plus difficile ä diagnos-tiquer, c'est Ie moment oü ses lesions sent discretes, dures et sans communication avec Textérieur, c'est-è-dire Ie moment oü eile est pea susceptible de se transmetlre par contagion ; tandis que plus tard, lorsque les lesions sont déhiscentes, Tanimal phtisique devient uu dangereux foyer de contagion mais, dans ce cas Ie diagnostic est ordinairement facile, soit äl'aide des signes cliniques ordinaires, soit en ayant recours a la mélhode d'Erlich ou ä l'inoculation.
Chaque fois done qu'un cas de tuberculose averee aura été constaté dans une élable, la première mesure ä prendre sera l'abatage de eet animal malade et son cadavre devra être immé-diatement denature ä l'aide de substances chimiques pour être ensuite livré k la chaudière de l'équarrisseur. M. IL ßooley, dont personne n'a jamais contesté Ie grand sens pratique, allait plus loin encore, car il demandait que l'autorité fiit armee par la loi du pouvoir de faire abattre les animaux dans tous les cas laquo; oü il y aurait des motifs sérieux de les soupgonner atteints de pbtisie.raquo;
Il y aurait, du reste, un moyen simple de trancher la difficulté en casdedoute, ce serail d'ordonner rengraissement.de l'animal suspect, puis de faire Ie diagnostic post mortem, c'est-ä-dire ä l'abaltoir, etlä, si Ie sujet était reconnu phtisique, d'en rembour­ser la valeur k son propriéfaire.
Les animaux phtisiques conduits sur les foires et marches devmient être saisis également et abattus, c'est-ä-dire subir la regle qu'on applique actuellement aux chevaux morveux.
Les aufres mesures qu'ilconviendraitensuite de prendre, après qu'on aurait constaté un cas de phlisie dans une étable, nous paraissent assez simples. Nous les réduisons ä trois : désinfection, sequestration et indemnisation.
Désinfection. — La première mesure qui s'impose est en eflet la désinfection de la place occupée précédemmenl par l'animal phtisique, désinfection que pour notre part nous ordonnons
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depuis de longues années déja et dont un reglement d'adrainis-tration publique indiquerait les agents efflcaces.
Sequestration. — La sequestration pourrait ne pas être trop rigoureuse; on autoriserait, aux risques el perils du propriétairei Ie remplacement des animnux abattus, puis pendant un an environ l'étable infectée serait placée sous la surveillance du service sanitaire et visitée une fois ou deux par trimestre par un agent de ce service. La vente des animaux suspects ne pour­rait avoir lieu, sauf pour la boucherie.
Indemnisation. — Toutes ces mesures peuvent paraitre au premier abord bien rigoureuses et, de fait, les difficultés que rencontrerait leur application seraient insurmontables si elles n'avaient comme corollaire l'indemnité. laquo; L'histoire de la pestc bovine prouve que sans rindemnlté la lutte pour la defense de rintérêt public est absolument impossible. Sous Louis XIV, I'autorite, malgré ses dragons et les moyens violents dont s'armait la loi, n'a pas élé de force a surmonter la resistance des paysans dont on voulait abattre les bestiaux pour empècher les irradiations de la peste bovine dans nos provinces méridionales. Mais ce qu'on n'avait pu faire par la violence, on a réussi a Ie réaliscr sans peinc par la mesure de l'indemnisation.L'intérèt privé se conforma facilement ä la regle, dès qu'il n'eut plus acraindre ce qu'il considérait comme une quot;spoliation. Ainsi en a-t-il été dans tous les pays. Les lois sanitaires sont d'autant plus effl­caces qu'elles sont plus liberales k l'endroit de la propriété. raquo; (H. Bouley).
Malheureusement cette indemnité qui résout Ie problème de Ia conciliation des interets privés avec rintérêt general entrainera a de grandes dépenses, qn'on ne saurait rigoureusement appré-cier actuellement, mais qui s'élèveront a coup sur a plusieurs millions par an. Au premier abord cette dépense peut paraitre excessive; il faut bien remarquer toutefois qu'il se produira pour la tuberculose ce qui se produit pour les autres maladies con-tagieuses, c'est-a-dire que la diminution du nombre desanimaux phtisiques diminuera la contagion ; par conséquent la phtisie deviendra de moins en moins frequente, puisque les mesures sanitaires édiciées ont toujours pour résultat certain de réduiro considérablement la frequence des maladies contagieuses.
Lydtin, pour trouver les sommes nécessaires pour indemniser les propriétaires des animaux abattus, conseille une csswronce obligatoire qu'on imposerait aux éleveurs et aux boucbers. Pour
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notre part nous protestons énergiquement contre une teile assu­rance, d'abord au nom de la délresse actuelle de 1'agriculture et ensuite parce qu'il serail souverainement injuste de faire sup­porter aux seuls propriétaires de bestiaux les charges facilitant l'application de mesures qui ont pour objet de sauvegarder la santé publique, c'est-a-dire l'inlérêt general. Comme l'a frès bien dit M. Viltu, de Lilie, c'est la généralilé qui tire profit de ces mesures, c'est done la généralité qui a Ie devoir d'accepter les charges, et non une certaine partie de la population seulement.
sect; 2. — MESURES RELATIVES AU LAIT
Le lait est un aliment toujours suspect et la plus vulgaire prudence exige qu'il ne soit jamais consommé que bouilli. Voilä le principe et Ia regle qui découlenl comme naturellement de l'étudeque noas avons faite de la virulence du lait.
Le public croit h tort que le lait cru, bu chaud sortant du pis, est plus nourrissant, plus digestible que le lait bouilli. A cetégard il n'a jamais été fait d'expériences concluantes. Du reste la preuve en sorait-elle donnée, qu'en presence des dangers formi-dables que ringestion de lait provenant d'animaux tuberculeux fait courir aux consommateurs, on devrait néanmoins proclamer qu'il est de premier principe hygiénique de faire bouillir, saus aucune exception, tout le lait destine k être consommé en nature.
On sait que l'existence de la phtisie, chez la vacho laitière, exerce une influence sur la qualité du lait, que ce lait devient au fur et a mesure de l'aggravation de la maladie, moins riebe en matières solides, en beurre nofamment, qu'il contient une plus grande quanlité d'eau et prend un aspect blenatre. Mal-heureusement pour reconnaitre si le lait provient d'un animal pbtisique il n'y a point de procédés ä la portee de tout le monde, ceux qui pourraient donner des résultats certains par la recherche des bacilles de Koch sont des procédés de laboratoire utilisables seulement par les bactériologues versés aux plus délicates recherches. D'un autre cólé le diagnostic, sur l'animal vivant, de la tuberculose des mamelies est la plupart du temps impossible, bien que cette localisation donne au lait son summum de virulence. Il résultede ces faits que les vacheries industrielies, destinées a la vente du lait en nature, devraient être visitées pé-riodiquement par le service sanitaire qui aurait pour mission de
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saisir et fairo abattre les bêtes atteintes ou soupconnées d'etre atteintes de tuberculose qui s'y trouveraient. AinsL que nous ravens dit plus haut la mesure de l'abatage doit s'appliqufcr a tons les cas de phtisie, mais ici ce que nous réclaraons plus par-ticulièrement e'est la surveillance spéciale, rigoureuse, desétables deslaitiers, de ces étables qui sont des foyers de contagion parce que souvent leur lait est consommé chaud, sortant du pis, par des personnes faibles, par des enfants e'est-a-dire justement par des sujets predisposes ä subir l'intluence des agents infectieux.
MM. Pascault et Pion préoccupés également de ces dangers ont conseillé la creation, aiitour des grands centres, de hiteries municipal.es soumises auno surveillanceassidue. Ce projet né d'un sentiment de haute philantropie mérite un examen sérieux ; aussi croyons-nous devoir recommander la lecture de leur opus­cule, dans lequel circule un souffle géaéreux, a tous ceux que préocedpent les vraies questions sociales.
(juant a la crome, au beurre, aux fromages frais ou fermentés, il y aurait peut-être lieu de conseiller également des mesures, mais Ie danger par leur usage n'est pas encore sufflsamment démontré pour avoir des chances de les voir acceptor par l'auto-rité administrative.
En résumé, Ie public doit scrappeler qu'il peuty avoir danger de mort a boire du lait non bouilli, et l'autorité que Ie moment est venu d'organiser, au plus vile, une surveillance rigoureuse des vacheries industrielles dont Ie lait est destine ä ètre vendu en nature.
sect; 3. — MESURES RELATIVES A LA VIANDE
De tout temps on s'est préoccupé de la surveillance de la viande parce que de tout temps on a pressenti les dangers que l'alimentation avec des viandes malsaines pouvait faire courir k la santé publique. Mo'ise, le grand légistateur des Hébreux, édictait déja des lois contre celles qui provenaient d'animaux atteints de phtisie. De même a Rome des peines rigoureuses frappaient les marchands coupahles de mettre en venle la viande provenant d'animaux malades et notamment des bêtes bovines affeclées de phtisie. Pendant de longues années des mesures sévères se sont dn reste conservées dans les pays de civilisation romaine, Témoin en France laquo; un arrêt du parlement de Paris, en date de 1716, par lequel un boucher, préposé aux boucheries
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de campagne fut condamné ä faire amende honorable, nu-tête et ä genoux, en chemise, laquo;ne corde au cou, nn cierge de deux livres enlre les mains, une pancarte sur Ie dos et une autre sur la-poitrine avec cctte inscription: Préposê aux boucheries qui a distribué de la viande ladre (lépreuse), provenant d'animaux abattus pour cause de maladie et qui a méchamment vendu et distribué la viande des veaux crevés. raquo; (Lydtin).
Sans prolonger davantage eet exposé rétrospectif nous abor-dons immédiatomeut la question des mesures qu'il faudrait prendre pour protéger l'espèce humaine contre les dangers cer­tains qui peuvent résulter de l'ingeslion de viandes tubercu-leuses. La morfaiité par Ia phlisie attcint k nofre époque uu tel chiffre, par rapport a la mortalilé générale, qu'elleprend les pro­portions d'une veritable calamilé publique, aussi demandons-nousle concours de toutes les energies et de toules les volontés, afin d'enrayer les ravages de cel te terrible maladie.
Malheureusement quand il s'agit des mesures a prendre rela­tives a la viande, on se trouve en presence de grandes diver­gences d'opitiion et cela parce que la tuberculose n'entraine pas infailliblement avec eile l'état de phtisie, c'est-a-dire l'état de consomption pour les animaux qui en sont affectés. Assez sou­vent en effet, surtout quand eile est pulmonaire, la tuberculose est compatible avec Ie plus bel état do graisse et, il y a peu de temps, un sujet avant obteau Ie premier prix au concours gene­ral des animaux gras de Paris montrait a l'autopsie ses poumons parsemés de noyaux tuberculeux. Si bien, comme l'a dit M. H. Bouley, qu'onpeut se trouver fréquemment a l'abattoir en pre­sence, et de lésions tuberculeuses incontestables, et de viandes qui onl Ie plus bel aspect, impliquant leurs qualités alibiles.
Que faire en pareil cas? gt;
Deux systèmes se trouvent en presence, la saisie restreinte et la saisie totale. Mais dans l'un comme dans l'autre système les viandes foraines, ä bon droit suspectes, ne devraient êtreexpé-diées vers les grands centres qu'en quartiers avec les poumons adherents.
a. — Saisie restreinte.
S'il est de rigueur absolue de supprimer impitoyablement la laquo; viande a soldat, raquo; cette bonte et ce danger national (Nocard), si sur oe point los suffrages do tons ont toujours élé unaniiries
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il est loin d'en être de meme lorsque la viande provient d'un animal en parfait état d'embonpoint. Les uns, cherchant un accommodement avec les principes, se bornent ä demander que la viande soit saisie lorsque la tuberculose est généralisée, éten-due h plusieurs organes ou cavités splanehniques, ou quand un seul appareil est gravement affecté. Les partisans de celte saisie restreintc pretendent que dans la pratique una sévérité excessive est impossible, qu'en presence de la quantité considerable de matière vivante indispensable a la consommation, qu'en presence du prix toujours croissant de eet aliment de force qu'on appelle la viande, des troubles profonds que les mesures rigoureuses jetteraient dans l'élevage du bétail, il vaut mieux chercher a concilier les interets de l'hygiène publique et ceux des produc-teurs que de provoquer une reaction k laquelle succomberait peut-être Tinspection des viandes de boucherie.
Ces raisons expliqueut pourquoi les meiileurs esprits, Arloing, Norard, Yallin, ontpu se railier ä cette idéé de saisie restreintc, et pourquoi un grand nombre de savants ont cherché a pré-ciser les conditions danslesquelles la viande peul être virulente.
quot;Voici plusieurs régies de conduite qui ont été tracées aiin de guider les vélérinaires inspecteurs de boucherie.
ß. — Itègle de conduite deGerlach. — Gerlach, lui qui a constaté expérimentalement laquo; que non seulement Tingeslion de matières tuberculeuses, mais encore celle de viandes provenant d'animaux atteints de pommelière déterminait souvent des alterations tuberculeuses et caséeuses chez les animaux en experience, et que ce résultat, ordinaire quand les substances ingérées sont omes, pouvait se produire encore, mais plus rarement, quand elles avaient été soumises k la caisson; raquo; Gerlach a cru cepen-dant pouvoir determiner les conditions dans lesquelles la chair peut être inoffensive ou virulente. Suivant lui, laquo; la viande com-mencerait k être nuisible dés qu'on pourrait démontrer, par des traces persistantes, que la maladie pommelière, partie d'un foyer tuberculeux limité, s'est répanduc plus ou moins géné-ralement dans l'organisme. laquo;
Et ces traces seraient:
laquo; 1deg; L'existence des lésions tuberculeuses dans les glandes lymphaliques voisines des organes atteints de néoplasies pomme-lières;
aquot; La presence de foyers caséeux dans les poumons;
3deg; L'extension secondaire des tubercules;
4deg; L'amaigrissement évident. raquo;
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b.nbsp;— Regle de conduite du docteur Johne. — Le docteur Johne, dont l'opinion fait loi en Allemagne, a adopté une autre maniere de procéder. II trouve que Geriach a laquo;Hé trop loin en considérant laviande comrae nuisible dès que la maladie a envahi les glandes lymphatiques voisines du foyer tuberculeux.
Suivant lui, pour qu'il y alt réellement action nuisible, laquo;il faut qu'il y ait déja generalisation de la tuberculose, c'esl-a-dire que le principe nosogène du tubercule ne se trouve plus seule-menl dans les voies de la circulation lymphatique périphériqne, oü il resle loujours plus ou moins localise, mais qu'il soit arrive j usque dans le canal Ihoracique et dans le système vasculaire sanguin, d'oü il se sera alors répandu dans tout le corps. Aussi longtemps que les bêtes de boucherie, atteintes de tuberculose, quelle qu'en soit l'espèce, ne présentent pas les caractères de la métastase tuberculeuse, c'est-a-dire de la tuberculose généralisée et que, par conséquent, il n'y a pas lieu d'admettre une infection de la viande de ces animaux, aussi longtemps on peut se borner ä n'écarter de la consommation que les organes tuberculeux, ainsi que les vaisseaux et les glandes lymphatiques qui se trouvent sur le trajet de la circulation, depuis les organes atteints jusqu'aucana! thoraciqne. Pour atteindre plus sürement et plus facilement le but propose, on rejeltera en mème temps, dans ce cas, les vaisseaux avoisinants et la masse conjonctive qui les entoure. Quant k la viande, on doit, quel que soit l'état de nutrition de l'animal qui 1'a foumie, la considérer comme non nui­sible; eile est au plus de qualité inférieure, si toutefois il n'existe pas quelque autre cause pour laquelle on doit la rejoter de la consommation. 11 n'cu est plus de memo si l'existence des altera­tions ci-dessus indiquées rend probable une infection du saug; dans ce dernier cas, le cadavre tout enlier de raniraal, quel qu'en soit le degré d'embonpoiut, doit être saisi; la consomma­tion doit en être interdite. raquo; Loc. cit,
c.nbsp; — Regle de conduite de M. Arloing- — Malgré l'opposition de ceux qui réclamaicnt avec nous la saisie totale de toutes les viandes tuberculeuses, le savant directeur de l'Écolo de L3'on, M. Arloing, a fait adopter, lors du Congres sanitaire des vélé-rinaires de France, la proposition suivante, ä laquelle s'était rallié M. le professeur Nocard.
laquo; Il doit être interdit de livrer ä la consommation les viandes, même de belle apparence provenant d'animaux alteints de tuber­culose, toutes les fois que lus lesions tuberculeuses d'un viscèrè
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important, ou d'une séi'euse, ont de la tendance a se généraliser, c'est-ä-dire, ont franchi les ganglions lympbatiques afférents ä ces organes.
Dans les cas oü les viandes pourront être livrées a. la consom-niation, les organea tuberculeux et les ganglions voisins sefont délruits. raquo;
Chose curieusc, malgré les travanx de ces vingt dernières années, qui ont projeté de si vives clartés sur la contagion de la tuberculose, ces régies montrent qu'on en est encore resté aujourd'hui aux mesures de preservation édictées déja du temps de Moïse. La loi de ce temps lä auforisait en effct, eile aussi, l'abatage et l'utilisation comme aliment de Thomme des viandes tuberculeuses laquo; la condition que la maladie parut pen grave.
Mais il faut ajouter de plus que toutes ces régies qui varienl suivant chaque auteur sont presque impossibleshappüqner.Elles n'ont d'aulre résultat que de laisser passer dans la cousomma-tion un grand uombre d'animaux tuberculeux dont tout l'orga-nisme peut être virulent puisque nous avons vu que les bacilles-exislent dans les vaisseaux des tissus bien avant que, dans ces points la, les tubercules apparaissent. Aussi déclarons-nous haulcmcnt, sans crainte d'etre contredit, qu'en presence du cadavre d'un animal tuberculeux il est impossible k l'inspccteur de boucherie Ie plus perspicace d'afflrmer que la viande de eet animal n'est point virulente. Cetle impossibilité sufflrait a eile seule pour démontrer qu'il n'y a qu'une seule mesure ration-nelle : la saisie de toutes les viandes tuberculeuses.
b. — Saisie totale.
Déja lors du Congres vétérinaire international de Bruxelles (1883), M. H. Bouley convaincu que a la phtisie humaine pour-rait bien avoir une de ses sources principales dans l'étal du bou-cher raquo; fit la proposition suivante:
laquo; La tuberculose ayant été reconnue expérimentalement transmissible par les voies digestives, Ie Congres declare qu'il y a lieu d'éliminer de la consonimation, les viandes provenant d'animaux tuberculeux, quel que soit Ie degré de la tuberculose et quelles que soient les qualités apparentes de la viande. raquo; gt;
Quinze voix seulement se rallièrcnt ä cetle proposition, qua-torze lui furent opposées et il y eut ncuf abstentions.
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Le Congres sanitaire des vétérinaires de France, tenu depuis lors ä Paris (1885), a fait un pas de recul. Bien que tons ses membres fussent d'accord sur la contagiosité de la tuberculose, il n'en a pas moins en effet repoussé Ia mesure rationnelle de la saisie totale. La proposition en ce sens que nous avions dé-posée sur le bureau a été rejetée par quaranle-deux voix; seize seulement l'ont appuyèe.
En presence de ce rejet d'une mesure que nous considérions comme étant la seule véritablement efficace pour preserver la santé publique, nous nous sommes remis au travail. Cette nouvelle étude nous a encore convaincu davantage de la grandeur des dangers et de la nécessité de protéger les classes laborieuses, qui se nourrissent souvent avee des viandes de seconde qualité, contro la phtisie dont l'étal du boucher est le point de depart.
La precaution de rcjeter impitoyablement la viande tubercu-leuse peut paraitre de prime abord excessive; ä cela une seule réponse, c'est, dit M. Bouley, que le chiffre de la mortalité hu-maine causée par la tuberculose représente peut-être le quart de la mortalité générale. Du reste la saisie restreinte, prescrile actuellement, n'a presc[ue aucune efflcacité. Les régies de con­duite que nous avons indiquées plus haut exigeraient pour être appliquées, non une inspection mais une dissection veritable.. Aussi qu'arrive-t-il ? c'est que les inspecteurs dont la situation est tres embarrassante ne saisissent rien ou presque rien. A Bordeaux sur 16,000 animaux consommés annuellementTinspecteurM. Bail-lel en supprime 15 a 20 en tolalüé; äLyon sur 50,000 boeufs ou vaches la saisie totale n'est que de 50 environ par an et l'lio-, norable M. Leclerc, quoique des plus sévères, est oblige d'en laisser passer des centaines dans ralimentation publique; enfin a Paris, en 1883, sur 260,000 bêtes bovines adultes on a saisi le chiffre infime de onze animaux: pour sept cents auires atteints de phtisie on s'esi contenté d'éplucher les viscères!
C'est la, n'est-il pas vrai une inspection tout-ä-fait illusoire, tout ä fait trompeuse; eh bien! eile restera ainsi malgré la volonté et le mérite des honorables inspecteurs de boucherie tant que la saisie totale, si facile dans son application aux abattoirs, n'aura pas été ordon'née par 1'autorité supérieure et ne dónnera pas droit ä une Juste indemnité.
Pourtant en fait de contagion et pour une pareille maladie la vraie maxime ä suivre est l'inverse de la maxime vulgaire
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t'n dubio ahstine; dans Ie doute ne t'absiiens pas, voilü Ia règlo pour les maladies contagieuses, dit M. H. Bouley, et cette regle devrait s'appliquer tout particulièrement ä la phtisie. Du reste, pour des maladies ä peine inoculables ä Thomme par Ie tube digestif comme Ie typhus, la morve, Ie farcin, la rage, Ie char-bon, la loi defend prudemment de livrer ä la consommation Ia chair des auimauxquien sont atteints.
Il y a encore une foule de raisons qui montrent que ce serait un crime de livrer plus longtemps a la consommation publique une substance aussi dangereuse que la viande provenant d'animaux phtisiques : Thomme est un des predisposes ä la tuberculose — la viande entre pour une si forte part dans son alimentation que les risques qu'il court par la nourriture sont presque journaliers — a un moment donné il peut ingérer des doses massives de substance virulente — la viande de boeuf se sert souvent sur nos tables a moitié crue — enfin, et par dessus tout, la grande raison c'est que la tuberculose doit ètre consi-dérée comme Ie type Ie plus accuse des maladies contagieuses transmissibles ä rhomme par les voios digestives.
A présent nous pouvons résoudre les deux questions que posent toujours les hygiénistes et que M. Arloing a formulées comme snit.
1deg; laquo; Y a-t-il danger ä consommer les viandes qui proviennent laquo; d'animaux tuberculeus? raquo;Oui; c'est l'avis unanime de tous les savants;
2deg; laquo; Ce danger est-il grand?raquo; Nous répondons il est formidable et par la grande quantité d'animaux phtisiques qui entrent dans la consommation, et par Ie nombre effrayant de personnes qu'un sent animal peut infecter et enfin par Ie fait que chacune de ces personnes devient a son tour un agent de contagion susceptible de propager la maladie.
Il y a done ä notre avis une mesure qui s'impose, c'est lasaisie absolue, radicale de toutes les viandes tuberculeuses. Teile est notre conclusion dernière.
Notre tache s'arrète ici.
Puisse ce modeste travail Mter Ie moment oü Ie législateur édictera des mesures qui auront pour résultat certain de sauve-garder chaque année des milliers de vies humaines.
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CONCLUSIONS
Dans ce long rapport, la contagiosité de la tuberculose sous toutes ses formes et par toutes les voies a été bien prou-vee. Nous y avons donné également la demonstration defi­nitive, que dans un grand nombre de cas au moins, toutes les parties, tissus on liquides, d'un sujet tuberculeux étaient capables de transmetfre la maladie, tout c'est-ä-dire le sang, le lait, la viande, etc. De plus nous savons maintenant que le tube digestif constitue chez rhomme et les animaux une voie de contagion admirablement disposée pour I'infection tubercu-leuso et beaucoup plus importante que toutes les autres. Eufm nous avons élabli que la viande, malgre son bei aspect extérieur, pouvalt recéler les bacilles agents de la virulence et que la cha-leur culinahe ne parvenait même pas ä les détruire. Il ressort done de eet ensemble de faits, tous surabondamment démontrés, que I'alimentation avec des produits, lait ou viande, provenant d'ani-maux tuberculeux est une grande cause, peut-être la principale, de la phtisie de thomme.
Fort de cette conviction nous formulons comme suit les me-sures sanitaires qu'il est urgent d'édicter afin de sauvegarder Ia santé publique :
1deg; La tuberculose étant ä coup sur la plus grave de toutes les affections qui se communiquent fréquemment des animaux a rhomme, affection essentiellement transmissible par les voies digestives, le moment est venu de Finscrire dans la loi, parmi les maladies contagieuses qui ressortissent de la police sanitaire et l'administration supérieure devrait prescrire les mesures les plus sévères peur s'opposer ä Ia contagion de la pbtisie des animaux ä rhomme.
2deg; Puisque Ia phtisie est contagieuse des animaux ä rhomme et transmissible par hérédité, que de plus, une fois déclarée eile conduit lentement mais presque fatalement a Ia mort l'animal qui en est affecté, Ia première mesure ä prendre, pour sauvegar­der les interets aussi bien de Tagriculture que de I'hygiène
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publique, serail Vabatage impitoyable de tout animal reconnu atteintdephtisie, sous la réserve toulefoisd'une juste indemnité;
3deg; Le lait étaut un aliment parfois virulent, toujours suspect et qu'il ne faudrait jamais consommer qu'après avoir été bouilli il en résulte que les vacheries industrielies destinées ä la vente du lait en nature devraient être l'objet d'une surveillance pério-dique permettant de saisir et d'abattre les bêtes tuberculeuses qu'on y rencontrerait.
4deg; La viande des animaux pbllsiques ayant été expérimcntale-ment reconnue virulente, et la phtisie humaine provenant certaine-ment pour une large part de l'étal du boucher, toutes les viande s tuberculeuses, sans exception ui réserve, devraient être saisies, que] que fut le degré de la maladie de l'animal abattu, parceque cette mesure est ]'unique moyen de prévenir sürement le danger et que, contrairement a Ia saisie restreinte, eile est d'une appli­cation facile dans les abattoirs.
5deg; L'expérience du passé témoignant que saus indemnisation les mesures précédentes resteraient inappliquées il y aurait lieu d'accorder une juste et préalahle indemnité anx propriétaires des animaux abattus on saisis pour cause de phtisie, sous la réserve de l'application de mesures destinées ä prévenir tout abus.
6deg; Enfin, pour permettre aux habitants des campagnes et des villes pen importantes de bénéficier des avantages qui résultent pour les grands centres de l'inspection des viandes de bouche-rie, 1'administration devrait étudier 1'organisation d'un service permanent, qui placerait sous la surveillance d'un vétérinaire sanitaire les abattoirs publics et les tueries particulières situés dans sou rayon.
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TABLE DES MiTIÈEES
CHAPITRE 1. — Considerations générales...........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1
sect; 1. — Mortalité effrayante de l'espèce humaine par la phtisie....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1
sect; 2. — La tuberculose dans la série zoologique...................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2
sect; 3. — Anatomie pathologique..................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;6
% i.— Etiologie.................................................nbsp; nbsp; nbsp;li
CHAPITRE II. — Virulence de l'organisme infecté..................nbsp; nbsp; nbsp;16
sect;1. — Virulence des produits tuberculeux.......................nbsp; nbsp; nbsp;16
sect; 2. — Virulence du sang.......................................nbsp; nbsp; nbsp;2lt;i
sect; 3. — Virulence de la viande...................................nbsp; nbsp; nbsp;27
sect; 4. — Virulence du lait.........................................nbsp; nbsp; nbsp;31
sect; 3. — Virulence des produits de secretion : vaccin, salive,
urine, etc.....................................................nbsp; nbsp; nbsp;37
CHAPITRE III. — Contagion..........................................nbsp; nbsp; nbsp;41
sect; 1. — Contagion d'homme ä bomme............................nbsp; nbsp; nbsp;41
sect; 2. — Contagion de Tborame aux animaus......................nbsp; nbsp; nbsp;44
sect; 3. — Contagion des anhnaux h Fhomme......................nbsp; nbsp; nbsp;46
sect; 4. — Contagion des animaus entre eux........................nbsp; nbsp; nbsp;47
sect; S. — Hérédité................................................nbsp; nbsp; nbsp;50
CHAPITRE IV. — Des voies de l'infection tüberculeuse.............nbsp; nbsp; nbsp;55
sect; 1. — Appareil digestif........................................nbsp; nbsp; nbsp;57
sect; 2. — Appareil respiratoire.....................................nbsp; nbsp; nbsp;63
sect; 3. — Appareil cutané..........................................nbsp; nbsp; nbsp;65
sect; 4. — Appareil genital..........................................nbsp; nbsp; nbsp;68
sect; S. — Appareil vasculaire,......................................nbsp; nbsp; nbsp;69
CHAPITRE V. — Police sanitaire et santé publique.................nbsp; nbsp; nbsp;quot;0
sect; i. — Mesures relatives aux animaus vivants....................nbsp; nbsp; nbsp;72
sect; 2. — Mesures relatives au lait..................................nbsp; nbsp; nbsp;75
sect; 3. — Mesures relatives a la viande..............................nbsp; nbsp; nbsp;76
CONCLUSIONS........................................................nbsp; nbsp; nbsp;83
ANGERS, IHPRIUERIE LACBÈSE ET DOLBEAO
ojv-j-
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