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rUBERCULOSE DU GHM
P.-J. CADIOT
11! 0 F E S S E U R A L ' E C 0 1. E \ E T E H I N A I R E D ' A L K Ü R T
Avec 16 fig-ures dans le texte
PARIS
ASSELIN ET HOUZEAU
LIBRAIRES DE LA FACÜLTE DE MEDECINE et de la Sociöte centrale de medecine vetärinaire
PLACE DE l.'KCOl.E-DE-.MEDEClMä
1893
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TUBERCULÜSE DU CHIEN
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DU MfiJME AUTEÜR ET A LA MEME LIBRAIRIE
Traduction du Traite de pathologie et therapeutique speciales de Fried-berger et Fröhner. 2 vol. grand in-8, en collaboration avec M. Ries, avcc anaotations de M. Trasbot, 1S91-1892.
Traitement chirurgical du cornage chronique provoque par Themiplegie laryngienne chez le cheval, avec 18 figures daus le texte, 1891.
De la castration du cheval cryptorchide, avec 11 figures dans le texte, 1893.
De rovariotomie chez la jument et chez la vache, avec 11 figures dans le texte, 1893.
5321-93. — CüitDEiL. lm[)rimcric Cittife.
BIBUOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
2911 437 2
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TÜBERGULOSE DU GHM
P.-J. CADIOT
PROFESSEUR A L'ECOLE VKTERINAIRE d'aLFORT
Avcc 16 flgurcs dans 1c texte
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PARIS
ASSELN ET IIOUZEAÜ .
LIBRA IRES DE LA FACÜLTE DE MEÖECI-NE
et de la Societe centrals de medecine veterinaire #9632;#9632; -
PLACE DE l.'ECOLE-DE-MEDECINE
1893
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TUßERGULOSE DU GHIEN
H1STORIQUE
Avant la decouverte du bacille de la tuberculose, on avait ä peine signalö celte maladio chez le chion, et son exis­tence y etait contestee par la plupart des auteurs. Les­lesions de la tuberculose canine offrant souvent, ä l'exameD macroscopique, unegrandesimilitudeavec cellesdelapneu-monio lobulaire, de la strongylose, de la carcinomatose, de la sarcomatose et de la lympbadenio, leur veritable nature etait restee möconnuo. Cependanl, des 1839, Malin avait relate l'histoire d'un cbien paraissant bien avoir succombe ä la pbtisie pulmonaire : l'animal, qui apparte-nait ä un tubcrculeux, avait l'babitude de lecber les cra-chats de son maitre; il dcvint malade, presenta tous les signes d'une affection de poitrine et succomba au boul de quelques mois ; ä Tautopsie, on trouva ses poumons presque completement detruits par la suppuration (1). Les publi­cations medicales et veterinaires renforment quelques
(1) Cadiot, Gilbert et Roger, Note sur la tuberculose du chien. Compte rendus des stances de la Soeiiti de biologie, 1891.
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2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CHIEN.
rares observations semblables. Mais ces fails ancions n'en-trainent point la conviction; la preuve n'y est pas ilonnee qu'il s'agissait bien de la tuberculose.
En clemontrant la specificite et rinoculabilite do colle-ci (1863), Yillemin fit connaitre un premier moycn d'en etablir sürement lo diagnostic. C'est grace ä rinoculation qne Brnsasco put, en 1882, affinner ['existence de la tu­berculose spontauee cbez le cliion. L'annee suivante, Kocb decouvrit, dans les lesions tuberculeuses, 1c bacille qui est Tagcnt de l'infection. Dfes lois, par Texamen bac-teriologiquo, la pbtisie pouvait etre tacilement reconnue et dilferenciee des autres maladies caracttirisees anatomi-quement par des alterations tubürculiformes.
Malgre la revelation de ce critörium, qui permettait le diagnostic precis et rapide, on continue a considerer la tuberculose du chicn commo une affection exceptionnelle-ment rare. En France, de f 884 ä 1890, cinq cas seulement sonl relates (Andrieu et Nocard, Bergougnion, Beugnot et Cadiot, Filleau et Petit). Le 17 Janvier 1891, Gilbert, Roger etmoi coinmuniquions, ä la Socicte dc biologic, une note snr la tuberculose du cbien, dans laquelle nous exposions l'etat dc la question et faisions connaitre un remarquable cas de phtisie pleuro-pulmonaire. Bientot Nocard, Benjamin, Bernbeim, Chantemesse et Le Dantec en publierent d'autres exemples. Apres en avoir observe plusieurs nouveaux fails, je la reclierchai sur les malades amenes ä la consultation de l'öcolcd'Alfort. Enoctobre 1891, j'en trouvai quatre cas, dont trois en deux jours. Le 30 juin 1892, dans une communication faite a la Socicte ccntralc de mcdecine vctcriaaire, je signalai les particula-rites les plus curie uses des quatorze observations que j'avais recueillies ä cette date. Depuis, il ne se passa plus de mois sans que j'en rencontrasse. Du 14 mars dernier an 7 avril, huit cliiens tuberculeux me furent abandonnes on succomberent dans mon service (Voy. obs. XVI-XXI1I). Du 1quot; octobre 1891 au Ier aout 1893, e'est-a-dire en vingt-
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11IST0RIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
deux mois, j'ai pu autopsier 40 tuberculeux sur un total de 9000 chiens presentes pendant cette periode a la cli-nique d'Alfort, ce qui donne une proportion de 1 tubercu­leux pour 225 malades, — sans compter les nombreux cas suspects que je n'ai vus qu'une fois et ceux dans lesquels la maladie ne s'accusait par aucun phenomene appreciable. — Lo Pr Trasbot en a aussi constate plusieurs cas dans son service. (Obs. inedites.)
De recentes recberches necropsiques ont montre que la tuberculose canine est encore plus commune que ne I'indiquent ces chiffres. Al'Ecolo veterinaire de Dresdc, de mars 1891 ä juillet 1892, sur 400 cbicns morts ou abattus et dont les organes ont ete minutieusement examines, Eber a trouvö 11 tuberculeux (2,73 p. 100). — Dejä la fre­quence relative de la maladie dans les autres pays de l'Europe avail ete etablie par les observations de Bang, de Fröbner, de Jensen et de Müller.
L'infcction tuberculcuse peut evoluer tres lentement, sans provoquer de troubles graves. A l'autopsie de plu­sieurs cbions ayant presente jusqu'au dernier moment toutes les apparences d'une bonne sante, j'ai rencontre des lesions tuberculeuses isolöes du poumon, du foie, du peri-toinc. Eber en a egalement constate cbez des sujets en excellent ötat et qui n'avaient manifeste aucun trouble annoncant l'existence d'une maladie interne quelconque. 11 y a quelques mois, Cbarrin et Gley ont relate l'bistoiro d'une cbienne d'experience, morte accidentellement, dans les organes de laquelle ils ont trouve plusieurs microbes patbogenes, entre autres le bacille de Koch dans les gan­glions mesentöriques.
Sur la tres grande majorite des chiens phtisiques que j'ai observes, la tuberculose a etö soupQonnee par les signes cliuiques (emaciation, faiblesse, dyspneo) ; chez un certain nombre, eile a ete affirinec pendant la vie, soit par les injections de tuberculine de Roux, soit par Tino-
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4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU C111EN.
culation, a des animaux susceptibles, de serosite provenant de la plevre, du pericarde ou du peritoine ; pour tous, le diagnostic a ete confirme ou rigoureusement ^tabli apres la mort par I'examen bacteriologique.
En ces dcrniöres annees, le chien a ete employe comme sujet d'ex-perience dans les recherches faites pour ölucider la question de sa-voir si la tuberculose des mammiferes et celle des oiseaux cons­tituent deux maladies radicalement dilferentes, ou si elles ne sent que deux varietes d'une meme espece morbide. — On a aussi utilise son serum en injections hypodermiques pour combattre la tuber­culose humaine.
Straus et Gamaleia, defenseurs de la doctrine de la dualite, ont reconnu que le chien, qui succombe habituellement ä la suite de rinoculation du bacille liumain, jouit d'une immunitö presque ab-solue a l'egard du bacille aviaire; ils n'ont pas reussi a vacciner le chien contre le bacille humain ; plusiours cliiens, qui avaient Sup­porte, sans ^prouver aucun trouble, des injections intraveineuscs repetees de cultures du bacille aviaire, ont succombe, comme les temoins, äl'inoculation intraveineuse ou intraperitoneale du bacille humain.
Gh. Riebet et Hericourt, se basant sur la non-idontitc des deux tu­berculoses, sur la raretö de l'infection tuberculouse spontance chcz le chien et sur lagrande difference de reeeptivitö de cet animal pour lesbacilles humain et aviaire, ont preconise les injections de serum de chien comme moyen curatif de la tuberculose humaine. Ils sent par­venus ii vacciner le chien contre la bacillose humaine par la bacil-lose aviaire, et ils ont conscille d'omployor de preference le serum de sujets ainsi laquo; tuberculises raquo;. Cos auleurs, ainsi quo Kirmisson, Pinard, Semmola, Vidal et quelques autres medocins, ont cssaye ce nouveau traitement de la pbtisie et en ont obtenu des resullats qui paraissent encourageants. #9632;— La possibilitö de rendrc le chien re-fractaire a la tuberculose humaine par des injections de tuberculose aviaire met bien en evidence l'identite des deux virus : le bacille aviaire — la forme attonueo — modifiant le milieu au point d'y rendrc impossible revolution de la bacillose humaine. II y a lä un argument favorable ä la doctrine de l'unicite, que nous avons sou-tenue, Gilbert, Roger et moi, avec Courmont et Dor, au deuxieme Conares de la tuberculose.
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ETIOLOGIE ET PATHOGfiNlE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
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ETIOLOGIE ET PATUOGENIE
Chez le chien, comme dans toutes les autres especcs, !es voios Je l'infcction sont multiples. Le bacille peut pe-netrer : 1deg; par la muqueusc respiratoirc; 2deg;par la muqueuse digestive ; 3deg; par la peau (Müller).
Le chien peut contracter la tuherculose en sejournant dans des locaux dont I'atmosphere est chargee de pous-#9632;sieres tuberculcuses (chambres de phtisiques, cafes, caba­rets); en lechant on en ingeranl des crachats infectieiix; #9632;en consommant des produits virulents, surtout les debris alimentaires deposes dans les tas d'ordures avec le contcnu des crachoirs, et les dechets provenant d'animaux tubercu-leux. — La maladie m'a paru parti culierement commune sur les cliiens de montagne, les danois, et plus frequente sur les individus adultes on vieux que surles jeunes; mais toutes Ics races et tous les ages y sont sujets. Schindelhaen a rccueilli un exemple sur un chien de montagne age do quatre mois.
Ainsi que jel'ai dit dans ma deuxieme note a la Societc' centrale dn medecine veterinaire, contrairement ä l'opi-nion accreditee, la contamination par les voies respiratoires parait etre de beaucoup la plus commune. Chez la grande majorite des chiens phtisiques, les poumons sont le siege de lesions graves, d'ancienne date. Sur trente-trois des quarante tuberculeux que j'ai autopsies, ces organes etaient älteres ; chez la plupart, ils elaient profondement alteints, et l'examon comparatif des diverses alterations viscerales portait ä conclure qu'ils avaient etc frappes pri-mitivement.
Des experiences ont d'ailleurs dtabli que l'infcction
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Gnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CIIIEN,
s'opöre avec une extrßme facilite par la muqueuse respi-ratoire (Tappeiner, Berlheau, Weichselbaum, Frerichs). En 1880, Tappeiner se servit du einen pour etudier la puissance infecticuse des poussieresbacilliferesintroduites dans les voies respiratoires. Dans un local elroit, oü douzenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; \
chiens dtaient enfermes, il projeta, h diverses reprises, des poussieres provenant de crachals tuberculeux desseches. Sur onzc de ces animaux, il tfouva des lesions speciiiques des poumons, des reins et de la rate. — Deux ans plus tard, Weichsel bäum confirma ces resultats et montra que Ton pent infecter le chien ä coup sür par l'inhalation do pous­sieres virulentes. 11 experimenta sur onzc chiens, en se servant, comme Tappeiner, de crachals tuberculeux des­seches. Ces animaux furenf, exposes ä la contagion pendant un laps dc temps qui varia de deux jours a deux mois et demi. Certains d'entre eux furenl soumis a de nombreuses inhalations, d'aulresaquelques-unes seulement etplusieurs äune seule.Tous contractcrent la tuberculose. Al'autopsie, on constata, chez la plupart, des lesions pulmonaires et re-nales avec des adenopalhies bronchiques et mesenteriques. Chez un certain nombre de sujels, c'est par la muqueuse intestinale que lebacille cnlredans I'organisme. Les chiens qui ingerent des crachals virulentsou qui consomment des dechels provenant d'animaux tuberculeux peuvent ainsi s'infecter par les voies digestives. Toutefois, dans les faits de tuberculose generalisee oü il existe soit des lesions de la muqueuse inteslinale, soit des adenopalhies mesente­riques, on ne saurait affirmer d'une fac^on absolue que I'in-fection s'est toujours produite par rintestin. Lorsque les poumons sont profondement atteints, des matieres viru­lentes incompletement expcctorees, rejetees jusque dans le pharynx, puis deglutics, peuvent donner naissance a des lesions secondaires de la muqueuse intestinale. Leschoses se sont vraisemblablement passees ainsi chez Tun de mes tuberculeux et chez celui qui fait l'objet de la troisiöme observation dc Cramer. Experimentalement, l'ingestion de
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ßTIOLOGlE ET PATI1CGENIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1
matieres tuberculeuses no domic pas, bicn sen faul, de resultals positifs aussi nombreux fjuo l'inhalation des pous-sieres virulentes.il est meme assez difficile, par ce moyen, de transmetlre la tuberculose au chien.
Les phenomenes infectieux consecutifsä l'ingcstion Je matiöre tu-borculcusn ont öte bien etudies. Toujours la muqueuso intostinale est forciie par un plus ou moins grand nombre de bacillos. Tantöt ceux-ci provoquont des ulccrations sur cette membrane, puls ils ponetrent dans les canaux lymphatiques et atteignent, par elapos sucecssives, les ganglions abdominaux, tlioraciqucs, et les visceres; tantöt, apres avoir franchi la muqueuse sans y laisser de trace de leur passage, ils progressent dans les lymphatiques, so repandent dans les visceres et engendrent les memes alterations quo dans le mode d'iufection precedent. Les interessantes rechorches de Zagari ont appris que quand ringestion de produits tuberculeux ne donnc lieu ä aueune lesion npparente, copendant des bacilles tra-versent la muqueuse; mais ils sent detruits, tues par le milieu ou devores par les pliagocytes, avant d'avoir suscite aueune reaction anatomiquo apparente (1).
Ces eflets variables de l'infection se remarquent egalemont lorsque les bacilles penetrent par la muqueuse pulmonaire : s'ils laissent habituellement sur celle-ci des traces de leur effraction, parfois ils n'y provoquont aueune lesion, et les ganglions tracheo-bronchiques sont les premiers organes ou ils se cantonnent. lei encore, la diver-slte des resultats de l'invasion bacillaire parait dependre du degre d'activitö des elements cellulaircs ou des proprictes speciales du milieu envahi. Si celui-ci est dcfavorable ou si les elements anato-miques reagissent energiquement, les bacilles peuvent etre de­truits ; lorsque ces derniers trouvent un milieu propice, si surtout ils atteignent une portion de tissu oü la nutrition est en souffrance, ilsy creent un foyer tuberculeux d'oü i'inl'ection se propagc ensuito de proche en proche.
Quelques fails experimentaux dont la valour n'a pas 6t6 contestee etablissent que ringestion de matieres bacillißres peut provoquer une tuberculose primitive du poumon ou d'un autre Organe trös eloigne du point d'inoculation ; mais ces faits sont exceptionnels. La tuberculose par Ingestion debute soit parl'intestin, soit par '.es gan­glions mösenteriques, le peritoine ou le foio, et la tuberculose par inhalation, dans le poumon, dans les ganglions bronchiques ou sur la plevre.
(I) Roger, art. Tuberculose, Traite de medecine, t. I, 1892.
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8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CHIEN.
Dans la majorite des cas, la tuberculose canine est d'origine humainc. Le chien s'infecte ordinairement au contact d'une personne phtisique. Brusasco, le premier, a relate un fait curieux de cc mode de contamination. Le snjet dont il a rapporte robservation appartenait ä un in-dividu tuberculeux et avait Ihabitude de lecher les era-chats de son maitre : il ne tarda pas a presenter les symptomes d'une maladie depoitrine; il s'amaigrit rapi-dement et succomba deux mois apres le debut do I'affec-tion. Brusasco trouva des tubercules dans les poumons, sur la plevre, dans le foie, et conclut quil s'agissait bien d'un cas de tuberculose d'origine humaine. II assura le diagnostic par l'inoculation. Avec de la mattere luber-culeuse provenant de cet animal, il inocula deux chiens et deux lapins quil sacrifia au bout de trois mois. L'un des lapins presenta les lesions de la tuberculose generalisee; sur l'autre, il existait surtout des alterations pulmonaires ; l'un des chiens avait les poumons et le foie farcis de tu­bercules.
Dans le cas d'Andrieu, communique par le Pr Nocard k la Socictc cenlrale dr medecine veterinaire (1885), il s'agit d'un chien braque qui s'est vraisemblablement infecte en ingei-ant, ä diverses reprises, des substances alimentaircs vomies par une jeune fille tuberculcuse, et ä Fautopsie duquel on trouva des lesions specifiques dans la plupart des visceres. Nocard examina les organes de cet animal et y constata les bacilles caracteristiques.
En 1888, Jobne publia une autre observation de tuber­culose canine d'origine humaine. Une femme alteinte do phtisie pulmonaire possedait un petit chien qui etait pour eile un laquo; camarade inseparable raquo;, qui partageaitsa couche et se complaisait a lecher ses crachats. Peu de temps apres la mort de sa maitresse, cet animal fut reconnu atteint d'une maladie de poitrine ä laquelle il succomba au bout de quelques semaines. Des lesions tuberculeuses existaient dans le poumon, lesbronches, les ganglions mesenteriques ;
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ET10L0GIE ET PATHOGENIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;9
rinteslin, le foie, la rate, les reins, e(aient indemnes.
Lo chien tuberculeux quo Bcugnot a traite a Sousse (Tunisie),en 1888, etait un petil griffon havanais dc prove­nance maltaise, qui appartenaildcpuis deux ans ä unc ar­tiste lyriqne atteinte dc tuberculose pulmonaire. Obligee de garder la chambre les six derniers mois de sa vie, eile voulut qu'on lui laissät ce cbien quelle affectionnait beau-coup. II etait constamment aupres d'cllc; la plus grandc partie du temps eile le prenait dans son lit. L'animal con-servales apparences dc la sante pendant les deux premiers mois de son sejour dans la chambre de la malade; puis il presenta les sigaes d'uno affection chronique dc poitrine. Sa mailresse morte, on le sacrifia pour abreger ses souf-i'rances. On Irouva des tubercules dans les poumons, les ganglions broncliiques et le foie. Ces lesions m'ont ete remises pour en determiner la nature; elles renfermaient en grand nombre les bacilles specifiques. Bcugnot a insiste , sur l'intensite des alterations pulmonaircs, sur l'integrite des organes abdominaux, sauf le foie, et il aconclu que I'infec-tion avait du s'operer par les voies respiratoires.
Peters a relate un autre fait ä pen pres semblable. Un petit barbet, trfes attache h sa maitrcsse atteinte de phtisic avancee, passait toutes ses journees avec die, lui prodi-guant ses caresses, lechant les produits qu'clle expectorait. II devint malade ä son tour, s'amaigrit et mourut de tuber­culose pulmonaire. L'auteur n'ayant pas trouve de tuber­cules dans les organes abdominaux a, lui aussi, conclu ä l'infection par inhalation
Les deux observations de Benjamin et de Nocard (1891) ont egalement trait ä des chiens phtisiques vivant dans I'intimite d'humains tuberculeux et qui paraissent setre infectes en ingerant des crachats virulents.
Sur mes quarante tuberculeux, ncuf appartenaient k des restaurateurs, cafctiers ou marchands de vin; ils vi-vaient par consequent dans des milieux ou les crachats
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10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DU CUIEN.
infectants sont communs et oü le frequent balayago des salles repand, dans l'atmospliere, des poussieres virulentes. Chez liuit de ces chiens, les lesions pulmonaires etaient considerables et paraissaient plus anciennes que celles des autres organes.
Dans plus de lamoitie de mes observations, les malades semblent bien avoir ele victimes d'une contamination butnaine : la cohabitation ou le contact prolonge avec des personnes tuberculeuses out ete etablis. Dans quelques-unes, les renseignements qui m'ont ete donnes neclai-rent nullement retiologic. Les animaux sont devenus tuborculeux sans que Ton puisse incriminer ni la frequen-tation do personnes pbtisiqucs^ ni la consommation de produits suspects. Mais il est evident quo les chiens qui ne sout pas etroitement surveilles sont exposes ä des causes multiples d'infection. Les matieres bacilliferes sont repan-dues dans presquc tons les lieux habites, grace aux ex­pectorations et aux evacuations des individus tuberculeux,
Le fait suivant, rapporto par Schnirer, tomoigno quo la pous?iäre des rues peul. etro rondue virulente par les crachats des phtisiqucf. Occupo un jour au laboratoire de M'eichselbauin, Schnirer se fit apporter du raisin qui avail etc expose pendant quelque temps a la poussiere d'une vote frequentee par de nombrcux tuberculeux se rendant ä un hopital voisin. l/oau dans laquelle il lava ce raisin etant devenue noire de poussiere, l'idee lui vint quo celle-ci pour-rait bien contenir des bacilles. Pour s'en rendrc compte, il inocula l'eau de lavage k trois cobayes qui en recurent chacun dix centi­metres cubes. L'un de ces animaux mourut lo troisieme jour de peritonite aigue; les deux autres, qui succomberent au bout de quarante-cinq et cinquante jours, presenterent des lesions tuber­culeuses partant du point, d'inoculalion (1).
Uno foule d'experienccs ont demontre que le virus tuberculeux est. done d'une Ires grande resistance a l'egard de la plupar Ides agents anti-microbiens; ilreste actif pendant des semaines et des mois dans les lieux oü il est depose; la dessiccalion est sans influence sur lui; la putrefaction des matieres auxquelles il est associe ne le tue qu'a la tongue, et si ses proprietös nocives sont detruites par une tempö-
(I) JIahfan, art. Phtisie pulmonaire, Traile demidecine, t. IV, 1893.
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 11
rature de 80deg; dont l'action est prolongee seulement pendant quel-ques minutes, les variations thermiques naturelles Ic laissent indiffe­rent. — Les agents de sa dissemination sent innombrables. Commela baetöridie, le bacillc tuberculeux peut etre ramene de la profondeur du sol ii la surface par les vers de lerre, et lous les etres animus, y compris les mouches, les entozoaires, les punaises, peuvent lui servir de vecteurs.
Dans les centres populeux, le virus tuberculeux est done repandu un peu partout, et partout aussi les sujets des diverses especes qui vivent en liberte, mais particulierement l'homme et le chien, sent exposes a I'infection.
Si le chien est habituellement contamine par rhomme, en revanche il pcul devenir pour colui-ci un hute dange-reux. L'animal tuberculeux qui vit dans I'appartement de son maitre, qui est longtemps traite pour une affection vulgaire des bronches ou du poumon, qui repand son jetage sur le sol, les parquets, les tapis, est un agent d'in-fection moins exceptionnel qu'on ne 1'a cru jusqu'a pre­sent.
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SYMPTOMES
La tuberculose du chien saccuse par des symptomes dont I'ensemble forme un tableau clinique extremement variable. La diversite de ses manifestations depend du siege, de l'abondance et de l'ägo des lesions, de la forme et de revolution plus ou moins rapide du processus. La tuber­culose generalisee et les localisations pulmonaires donnent habituellement lieu ä des troubles assez graves pour faire soupQonner, ä bref delai, ces formes de la phtisie ; mais les tuberculoses localisees aux organes abdominaux et aux ganglions sont beaueoup moins bruyantes, et par-
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12nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CDIEN.
fois elles parcourent silencieusement leurs etapes succes-sives. Dans beaucoup de cas, la maladio saccompagno d'affcctions sccondaires (pleuresie, pericardite, ascite, ictere), denoncees par des signes evidents; dans d'autres, eile evolue sans complications et sa marche est enti-e-coupee de Ireves d'une dureo variable. J'ai observe, pen­dant des mois, des chiens tubcrculeux chez lesquels I'in-fcction ne saccnsait, ä certains moments et durant d'assez longues periodes, que par un pen de faiblesse et un amai-grissement progressif. Les faits de cet ordre ne sent pas rares. Aussi, nombre de cas de tubercnlose demeurent-ils insoupgonnes pendant longtemps.
En general, la tubercnlose du chien se presente sous la forme chronique. Cbez quelques sujels, eile prend une marche rapide k une epoque plus on moins avancee de son cours. Elle peut aussi revetir d'emblee \a. forme aiguS.
La tuberculose chronique, ä son stade de debut, ne donne lieu cju'ä de legers troubles, toujours rapportes ä une affection banale. Les malades sont moins vifs, moins gais que d'habitude; ils se fatiguent vite a I'exercice; la plupart suivent encore leur maitre, mais si Failure est ra­pide, ils sont bicnlut essouflles, squot;aiT(;tenL frequemment, ä bout d'haleine, on rebroussent cbemin et rentrent an logis. Tautut I'appetit reste normal, tanlot il est irregulier, capri-cieux; la ration est consommee avec moins d'avidite, sou-vent la plus grande parlie est laissee.
La tuberculose pulmonaire provoque d'ordinaire une toux seche, sonore, quinteuse, se produisant surtout le matin, an debut de I'exercice et apres les repas ; cependant, chez beaucoup de phtisiques, la toux est rare; il se pent meme quelle fasse defaut. Si 1'attention etait altirec sur I'existence possible de la tuberculose, on pourrait perce-voir, des cette 6poque, ä lauscultation du poumon, un affaiblissement du murmure respiratoire et des rales mu-queux, crepitants ou sibilants. — Certains malades vomis-
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SYMPTüMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;13
sent, mais ce symplöme est loin d'etre constant, meine cliez les sujets qui ont de frequents acces detoux. Sur dix tuber-culeux gi-avement alteints, que j'ai conserves un certain temps pour Studier la Symptomatologie de l'affection, trois seulement vomissaient apres les repas. A cette periode, le jetage est nul ou peu abondant, ä moins qu'il n'existe une plilegmasie catarrhale concomitantc des voies respira-toires; exccptionnellement on pent observer un ecouleinent nasal sanglant ou de legeres epistaxis. — Quelques sujels sont continuellement tristes, paraissent faibles et reslent coucbes laplus grande partie du temps; d'autres eprouvent des troubles intestinaux, de la diarrbee alternant ou non avec de la constipation; cbez laplupart, on note des symp-lumes passagers (frissons, acceleration des grandes l'onc-tions, clialeur de la peau, secberesse du nez), determines par des acces febriles; dejä des oscillations tbermiques se produisent qui atteignent parfois 1deg; C. II est des chiens tu-berculeux dont l'embpnpoiiit s'est maintenu pendant les pre­miers mois de l'infection, mais ces cas sont exceptionnels; Tamaigrissement rapide est la regle. Les masses muscu-laires apparaissent moins volumineuses, les os plus sail-lants; l'ceil est un peurentre dans l'orbite, le poll est pique.
Ces symptömes du premier stade de la tuberculose persistent pendant un temps plus ou moins long, sans s'aggraver d'une faQon bien prononcee, puis ils saccen-tuent tantöt graduellement, lantöt par ä-coup, des arrets alternant avec des poussees tuberculeuses succcssives.
La maladie arrive bicnlot ä sa dcuxihne, periode. Elle s'accuse alors par des pbenomenes dont la signification est plus nette, par une aggravation des troubles fonctionnels et de l'elat general.
Si le poumon est frappe, la toux, plus forte et plus frcquenle qu'au debut, devient grasse ; quelquefois eile est aecompagnee d'un l6ger jetage muqueux, mele de fines trainees purulentes dans lesquelles Texamen bacteriolo-
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14nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DU CUIEN.
gique peut meltreen evidence le bacillesp^cifique ; d'autres fois le jetage est franchement purulent ; jamais il n'est tres abondant; ä cet egard, il n'est point comparable ä celui de la gourrac. Au moment dos quintes, la matiere viru­lente est projetee hors des naseaux, röpandue sur le sol et sur les objets qui se trouvent dans le voisinagc du malade; mais, d'un coup de langue, I'animal fait la toilette de son nez, lequel est presque toujours tenu propre par la repe­tition de cet acte. Bicn souvent, sur des cbiens que je croyais atteinls de tubcrculose pulmonairc, j'ai vai-nement tente de recueillir du jctago pour y rechercber le bacille. La respiration est devenue plus acceleree et plus penible ; parfois eile est accompagnee d'une plainte, ou eile est discordante (pleuresie) : on en comptc do 23 ä 40 par minute; I'inspimtion est difficile, saccadee, I'expi-ration brusque; la dyspnee est plus vive et s'exagere encore au moindre effort. A I'auscultation, on entend des rales crepitants ou muqueux, quelquefois un löger bruit de gargouillemcnt; il peut y avoir du souffle tubairo et une matite plus ou moins dtendue, surtout dans les cas oü il existe de la pleuresie ou de la pericardite. Rarcment la percussion du tborax est douloureuse. Les battements du cceur sont forts, ä timbre metallique, ou altönues (peri­cardite), ou effaces a gaucbe (pleuresie unilaterale); le pouls est tantot normal, tantot petit et faible. — Une reaction febrile, variable dans son intensite, s'observe sur le plus grand nombre des malades; il est commun de constator une hyperthermie de 0,3 ä 1deg;; les courbes tber-miques accusent des exacerbations vesperales plus ou moins fortes,, souvent aussi des acces febriles survenant ä des intervalles irröguliers. Sur un de mes sujets atteints de tubcrculose pulmonaire, la temperature osciilait entre 38deg;,3 et 40deg; dans les vingt-quatre heures. La conjonctive est pale, infiltree ou legerementicterique (tubcrculose bepa-tique grave), I'oeil est tire dans I'orbite, quelquefois il y a un pen de blennorrhee oculaire. — En general, I'appetit
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SYMPTOHES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;15
est fort diminuc ; il cst des jours ou I'anorexie est presque absolue. La muqueuse buccale cst tantüt seche, tanlol hu­mide. La diarrhde est commune a celte periode; ordinai-rement sero-muqueusc, parfois sanguinolente, clle persiste pendant toute la duree de la maladie, sans interrup­tion ou avec des intermiltences. La constipation perma­nente est exceptionnelle. On observe rarement dos modifi­cations dans la composition de l'urine, memo lorsqu'il y a des lesions tuberculeuses dans los reins; plusieurs fois pourlaut j'ai Irouve l'urine trouble ot albumineuso. — Quand les orgaaes tboraciquos no sont pas envahis, la respiration est ä peu pros normale; eile pent etre ralentie ä certains moments.
La tuberculose dos ganglions broncbiques et medias-tins est particuliöremont obscure dans ses manifes­tations. Elle peut evoluer isolemont, sans lesions pul-monaires ou pleurales assez prononcees pour ötre revölöes par l'auscultation et la percussion. D'une facon gönerale, ainsi qu'on viont do le voir, les ebiens attaints de tuber­culose dos orgaaes thoraciques toussont; cepcndant les poumons peuvent etre assez fortement cndommngös sans que la toux soit frequente. La memo remarque doit etre faite au sujet des adönopathies tuberculeuses. Sur un cbien de montagne, malade depuis plusieurs mois, clout les poumons et les organes abdominaux paraissaient indomnes, mais que la tuberculine avait declare pbtisique, qui tons-sait ä peine (observe pendant quatre jours, on no I'avait entendu tousser qu'nne seule fois), j'ai trouve a I'au-topsie une enorme adenopatbie broncbiquo tuberculeuse; les ganglions du cote droit etaient hypertropbies, du volume d'un oeuf, ramollis, caverneux. Danslapluparldes cas de tuberculose, la toux est beaucoup moins frequente qu'au cours de radenopatbie bronchique vulgaire, moins sur tout quo cbez les malades atteints de papiilomes tra-cbeaux, tumours dont Texistence est denoncee par des quintes et des acces de dyspnee a. caraclöres tout particu-
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16nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBEKCULOSE DU CUIEN.
liers(l).—Chezbcaucoupdechicnsphlisiques,c'estacestquot;ade de l'affection que Vascite survient; en m6me temps que le tlanc se creuse. le venire augmente de volume dans ses re­gions infei-icures ; il prend la forme particuliere aux trans-sudats peritoneaux ct devient fluctuant. Get öpanchement ascitique cst provoque directcment ou indirectement par la tuberculose ; d'ordinaire il cst amene par les lesions hepati(pies, par la pleuresio ou par la pericardite (2).
Quand la tuberculose cst localisce aux organes abdo-minaux, il cst toujours difficile de se rendre compte des alterations qu'ils ont cprouvees. Cela cst vrai surtout lors-qu'il y a de l'ascile. Une fois le liquide cvacue, il est possible de reconnattre les hypertrophies organiques, nolaimncnt les adenopalliies mesentcriques tubcrculeuses, lorsque les ganglions sont ties volumineux.
Un dernier plienomene d'une importance capitale, tant par sa conslancc que par sa signification, c'est Ynnaciation profonde des sujets, c'est I'etat general cacbectique. Les traits du facics tuberculcux sont bien marques : I'ccil ne remplit plus I'orbite, les crotaphites semblent alropbics, lossature de la lete apparail plus en relief, toutcs les masses musculaires sont affaissees, toutes les saillics osseuses ressorlcnt davantage. L'babilus exterieur est celui des maladies consomptives, et dejä plus accuse que dans aucune autre d'entre clles.
Les accidents specifiques de la peau, des articulations, des testicules, sont des plus rares. Jusqu'ä present, Müller est le seul auteur qui ait observe la tuberculose cutanee. Sur un pbtisique dejä Ires amaigri, il a constate, a la par-tie superieure du con, im ulcere ä bonls minces, saillants, dont le fond etait recouverl de granulations molles secre-tant un pus mal lie, riebe en bacilles; pr^s de cet ulcere
(1)nbsp; nbsp;Cadiot, Papillomcs tracheaux chez le chien. Bullet, de la Societe centrale de mid. vil., 1S92.
(2)nbsp; Cadiot, Sur la pathogenie de l'ascitechez le chien. Bullet, de la Society centrale de mid. vet., T89Ü.
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;IT
existait un ganglion tuberculeux du volume d'unc chä-taignc, mobile sous la peau; au-dessous, en diflerenls points du cou, on percevait plusieurs autres petiles tu-meurs ganglionnaires. Sur un de nies tuberculeux, j'ai note I'exislcnco d'artbrites cbroniques du grasset gaucbe et des deux jarrets; mais jc n'ai pu donncr la preuve qu'il s'agissait d'arthropathies speciliquos. (Voy. obs. X.VIII.)
Parvenuc ä sa troisiimepamp;iode, I'mfection tuberculeuse est toujours accompagneo d'un corlege de symptötues alar-mantset, souvent aussi^de complicationsqui peuventenlrai-ncr la morl ä breve ecbeance. Si les lesions pulmonaires sont anciennes, les tubercules et les ilols formes par leur agglomeration subissent, one I'onle purulente plus ou moins rapide, selon rintensite du processus. Onverraplus loin que les cavcrnes ainsi creusees dans les poumons ou dans I'un d'eux ne sont generaleineut en communication qu'avec de petitesbroncbes. La toux esllVcquente et forte cbezcertains sujels; rare, faible, avoiiee cbez d'aulrcs. Le jetagc esl puru­lent, grisätreou verdätre, quelquefeis fötide, plus on moins cbarge de bacilles; toulefois, h cette püriode encore, les ma­lleres provenant des broncbes ou des lesions tuberculeuses ne sont rejetees d'erdinaire qu'au moment des quintes; dans les intervalles de la toux, on aper^oit ä peine un pen do jelage a la commissure des naseaux. La respiration est de plus en plus accelerec et la dyspnec croissante; au moindre exercice, les malades sont anbelanls, cyano-ses. La circulation est activee; les baltements du cccur sont precipites, violenls; le pouls esl petit, filant, difdcile-ment perceptible. La fifevre est continue, marquee de remiltences et d'exacerbations quotidiennes.
A Tauscultation du poumon, on entend des räles crepi-tanls ou muqueux, quelquefois du souffle tubaire ou ca-verneux; ces bruits palhologiques peuvent 6tre associes ct perQus dans toute la hauteur d'un lobe. La percussion denote de la submatite, un son tympanique, un bruit de
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18nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DU CI1IEN.
pot feie ou de la matite complete en certains points. —Lors-qu'il y a complication de plenrede, la matite est absolue dans les regions inferieures; au-dessus, existe une zone au niveau de laquelle la resonnancc est attenuee ou conser-vee normale. SI I'dpanchement est unilateral, le thorax, du cute correspondant, pent etre totalement muet et mat ou submat; du cote oppose, on entend les bruits car-diaques et le murmure vesiculaire renl'orce ou des bruits pulmonaires palhologiques. Lors d'epanchemcut pleure-tiquc unilateral abundant a gauche, la matite est complete de ce cote, le thorax y est silencieux, les eliocs cardiaques y sent effaces ; le cceur, devie, bat fortement centre la paroi thoracique droite, laquelle peut etre soulevee a chaque
systole.
Dans les cas oil la pericardite s'ajoute aux autres locali­sations de la tuberculose, les systoles cardiaques sont faibles, etouffees, que I'oreille soit appliqueo ä gauche, en avant ou ä droite du thorax ; l'etendue de la matite precor-diale est augmentec et la zone mate n'eprouve aucune variation dans les diverses attitudes imposees au patient. L'envahissement du myocarde par les tuberculcs provoque des troubles semblables ä ceux de la pericardite seche avec .symphyse cardiaque. — Le ventre peut prendre de fortes proportions, — phenomeue d'autant plus saillant que i'atrophie du Systeme musculaire est plus prononcee. Lors-qu'on donne issue au liquide collects dans le peritoine, I'epanchcment se reproduit en general rapidement. — Le tableau symptomatique de ce dernier stade de la tuberculose peut encore etre modifie ou surcharge par divers Episodes qui surgissent ä un moment donne. L'em-physeme, la congestion pulmonaire, la bronchopneu-monie, la pneumonie, le pneumothorax, la nepbrite, 1'ictcre, sont autant de complications possibles, deter-minees soit par revolution de la maladie, soit par des causes banales adjuvantes ou par des infections secon-daires.
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ANATOMIE PATIIOLOGIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;19
Quand la fin upproche, raniaigrissement et la faiblesse sont extremes; le systfeme musculaire semble atrophie; il ne reste que la peau et les os. Les malades peuvent ä peine se tenir debout; on les trouve d'ordinaire etendus sur le sol, absolument indifierents k tout ce qui s'accomplit au-tour d'cux. Chez quelques sujels, les membres posterieurs s'cEdematienLL'appetitest perdu, labouche estsfeche, lasoif ardente ; souvent une diarrhee permanente, fetide, häte la consomption. La mortsurvientlentement, dans le collapsus, precedee d'un abaissement graduel de la temperature (sur un cbien atteint de tuberculose generalisee, la temperature 6tait de 34deg;,S la veille de la mort), ou eile est ameoee par l'unc des complications qui viennent d'etre indiquees.
La tuberculose miliaire aiguS, rare, a une Sympto­matologie toujours fort obscure. Qu'elle se constiluo d'embleo ou qu'elle s'ajoute k la tuberculose chronique, eile s'aecuse par des manifestations annonejant une alFec-tion Ires grave, ä marche rapide. Selon les cas, les pbeno-mönes generaux ou les symplöines pulmonaires doininenl la scene. Ni les uns ni les autres ne permetlent, du reste, d'etablir le diagnostic. La maladie est tantot apyretique, lanlüt febrile. En quelques seraaines, l'animal est cachec-tique
IV
ANATOMIE PATIIOLOGIQUE
De meme que dans la plupart des autres especes ani­mates, chez le chien, les alterations de la tuberculose revß-tent des caracteres assez disparates. Tantüt elles sont rares, discretes, circonscrites ä quelques organes ou meme k un
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20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CIIIEN.
seul; le plus souvent elles sont etendues h la plupart des viscferes, aux sei-euses, aux ganglions lymphatiques. Ilormis de rares exceptions, quand I'mfection n'est pas generalisee, eile a envahi soil les organes thoraciques, soil les organes abdominaux.
Pour les 40 observations qne jquot;ai recueillies, la frequence relatis-e des localisations de la tuberculose est indiquee par les cbiffres suivants : alterations des poumons, 33 cas; de la plevre, 25; des ganglions tracbeo-broncbiques et me-diastins, 23; du pericarde, 8; du cceur, 3; du foie, 24; des reins, 17 ; de la rate, u ; de la muqueuse intestinale, 5; des ganglions inesenteriques, 10; du periloine et de l'epi-ploon, 12. La pleuresie exsudative et l'ascite out cte obser-vees 19 fois; la pericurdite exsudative, '6 Tois. — Sur un total de 28 cbiens tuberculcux, Jensen en a trouve 19 at-leints de lesions pulfnonaires; dans la moitie environ des cas, les ganglions des bronches et du mediastin elaient en-vabis; dans lautre moitiü, la tuberculose interessait les sereuses, surtout la plevre. La tuberculose du foie et des reins a egaleinent etc renconlree avec une grande frequence. — L'analyse des 11 1'aits relates par Eber montre que les poumons etaient frappes 9 lois; les ganglions tracbeo-bron­cbiques 8 fois, la plevre 4 fois, le pericarde 1 fois; un seul sujcl a presente les alterations de la tuberculose generali­see — forme que j'ai renconlree cbez plus du tiers de mes pbtisiques. Cegrosecart tient evidemment h la 1'acon dif-ferente dont nos recbercbes out ete faites; tandis que les investigations d'Eberont porte sur tons les cbiens abattus ä l'Ecole de Dresde, pendant une certaine periode de temps, on a vu que je me suis attacbe a depister la tuber­culose durant la vie des malades. Nombre de cas dans les-quels l'allection etait recente on latente m'ont evidemment 6cbappe.
La tuberculose pulmonaire se presente sous des aspects multiples. En general, on trouve dans les poumons des
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ANATOMIE PATIIOLOGIQÜE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 21
tubercules jeunes, grisätres, de consistancc et d'aspecl. fibreux, — d'autresdontlecentre, cavitaire, renfermeun pen depusgrisverdätre, — des ilols irröguliers, de memenuance, formes par des tubercnles conglomeres, — des masses plus volumineuses, im peu en saillic ä la surface des lobes, creusees de cavernes anfractueuses ou de logettes, lesunes isolees, les autres commimicantes. Quelquefois il n'y a qu'une lesion unique plus ou moins etendue; dans d'autres cas les deux lobes sont le siege d'une eruption generalisee do fines granulations. Habituellement on y renconlre des alterations secondaires multiples : — inflammation aiguü ou chronique et eetasie des bronebes, peribronebite, con­gestion pulmonaire, broncbopneumonie lobulaire aigueou ebronique, induration sclereuse, empbyseme, alterations massives occupant la plus grande partie d'un ou de plu-sieurs lobules, le plus souventdes lobules posterieurs. Dans la grande majorile des cas, il y a en outre une adenopatbie tracbeo-bronebique tuberculeuse et des alterations de la plevre.
L'evolution des tubercules obeitaux memeslois et oll're, ä i)eu de ebose pros, les meines particularites que cbez l'homme. Dans presque toutes les lesions, on constate les elfets d'un double processus byperplasique et regressif : ä la peripberio, une zone d'induratiun sclereuse; au centre, des alterations degeneratives, du ramollissement, une des­truction lente du tissu morbide.
La granulation tuberculeuse — lesion type du processus — se presente sous l'aspect d'un petit nodule arrondi ou irregulier, grisätre, opaque, dur au toucher, nettement delimite ä la peripberie. — Le tubercule, forme par la confluence de plusieurs granulations, a les dimensions d'un grain de ebene vis ou d'un pois; sa couche superfi-cielle est fibreuse, grisätre; son centre est päle, friable. Beaucoup de tubercules conservent ces dimensions ou ne s'etendent que peu au voisinage; ils se ramollissent par-tiellement, peuvent se vider dans la bronche autour de la-
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22nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DU CHIEN.
quelle ils se sont developpes et persister longtemps avec lt;;es caracteres ou subir la transformation fibreuse. II en est (jui envaliissent les acini voisins, atteignent les dimensions d'un haricot, d'une noisette ou d'une aveline et sont frappes dans lenr partie centrale de degenerescence caseo-grais-seuse; ä cette periode, la coupe de l'ilot tuberculeuxest gra-nuleuse, grisätre ou plombee, quelquefois marquee de points ou de lignes noirätres (anthracose); ä un stade plus avance, la partie centrale degeneree se ramollit, prend une consistance cremeuse et devient purulente; la matiere tu-berculeuse penetre dans les bronchioles dilatees, oü eile se rmMe au produit muco-purulent renferme dans ces con­duits, laissant a sa place une petite cavite ä paroi anfrac-tueuse : le tubercule est devenu caverneux. —Dans la ge-neralite des faits de tuberculosepulmonaire d'ancienne date, on trouve melangöes ces varietes du tubercule : granula­tions miliaires toutes recentcs, particulierement abondantes dans la couche sous-pleurale; nombreux tubercules de di­mensions variables, fermes, de consistance uniforme, ou ramollis, purulents; tubercules fibreux, sclereux, en vole de guerison. Souvent presque tons les nodules rencontres dans les poumons sont purulents ä leur centre.
Dans quelques cas, il existe de volumineux ilots tuber-culeux, mal delimites, entoures d'une zone d'hepatisation, ilots dont la partie centrale est creusec de cavernes isolees ou reliees entre olles et paifois en communication avec des bronchioles, rarement avec une grosse bronche. Laplupart de ces cavernes ont desparois anfractueuses, recouvertes en certains points de fragments de tissu necrose gris verdätre ou jaunätre, fixes ä la paroi par une large base ou pedicu-les; quelques-unes sont cloisonnees par des brides qui les traversent en divers sens. Elles renferment un pus grisätre,. jaunätre ou verdätre, visqueux ou grumeleux, rarement sanguinolent, dans lequel on pent trouver de fines par-celles de tissu pulmonaire mortifie.
A I'examen microscopique, la paroi des cavernes se montre
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;23
constituee, de dedans en dehors : par une mince couche de cellules rondes, gramileuses (globules de pus) ; par une couche epaisse formee d'elemeuts embryonnaires et de vaisseaux capillaires; par une couche de tissu fibreux grisätre oumarbre de noir (anthracose), dont les faisceaux sent irregulierement disposes. Cette derniere, qui peutren-fermer quelques granulations tuberculeuses, n'est pas
Kig. 1. — Tuberculose pulmonaire. — Coupe du lobule posterieur du poumon gauche; segment interne. — Caverues.
d'ordinaire immediatement rccouveite par le tissu pulmo­naire sain; une zone plus ou moins epaisse de pneumonic interstitielle les separo.
Les foyers tuberculeux rapidemont produits offrent habituellement les caraetöres histologiques suivants : laquo; La lesion est essentiellement constiLuec par une accumulation de cellules embryonnaires delruisant le parcncbyme et ayant une grando tendance ä se necroser. En de nombreux points, surtout autour des cavernulcs, ces cellules sont necrosees et presenlent une teinte brunätre. Dans les couches plus rapprocheos de la peripherie, le parenehyme pulmonaire, dont les vaisseaux sont envabis et obliteres, est infiltre d'elements ronds ä noyau volumineux, forte-ment teintes en rouge par le picro-carmin; par places, on distingue dos cellules accolees qui tendent ä se fusionner de fagon a former des cellules geantes. On nc voit que de rares elements 4voluer vers le type cpilhelio'ide (1). raquo;
(1) Cadiot, Gii.bekt et Rooer, toe. cit.
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24nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCUI.OSE DU CII1EN.
On rencontre parfois des cavernes a paroi rougoatre, granuleiise,en voie de cicatrisation, ou encore, en certains points du poumon, particulierement dans sa couche su-perficielle, des ilots fibreux dont le tissu est retracte, et au niveau desquels existe une depression, un fronce-ment de la plevre : ce sont des cicatrices de cavernes ou de tubercules qui ont subi une deslruction partielle. II arrive qua Ton trouve tout un lobo ride ;i sa surface, et densifie, indure dans touto sa masse par un processus sclereux.
La tuborculose pulmonaire nesepresente que tresexcop-tionnellementsous la formed'in/ilto'ation, frappant d'ombleo une zone etondue de l'un oude I'autrepoumon, afTeclanllcs allures et l'aspect d'une pneumonie massive lobaire : c'est, la pneumonie caseeuse. A son premier slade, le tissu pul­monaire envabi est ferme, sec, legerement granuleux; sa coupe, grisätre, est marquee de petils ilots de nuance claire et de lignes ou de points noirs. Autour de eelte masse caseeuse se developpe une coucbe de tissu pulmonaire he-patise. A ces lesions sajoutent d'ordinaire de Tliyperlie-mie, de rcecleme, des foyers multiples de bronchopneu-monie et de l'emphysöme. Quand raffection suit son cours, la matiere caseeuse se ramollit; eile se crease dune largo caverne offranl les memes particular!t(;s que celles resultant do la deffen^rescence des tubercules, et dans laquelle s'ouvrent une ou plusieurs bronchioles cc-lasiees.
Los bacillcs se rencontrent presque toujours en grand nombre dans le pus des tubercules et des cavernes, dans la matiere obtenue par le grattage de celles-ci et dans les pre­mieres coucbes de leur paroi. Tantut isoles, tantot reunis en amas, beaucoupsont flexueux ou recourbes, plus minces et plus longs que ccux de Tbomme. Ils sont rares, gra­nuleux, quelquefois malcolores dans les lesions anciennes, ou, souvent, des exam ens multiplies sont necessaires pour les ddceler.
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ANATOMIE PATIIOLOGIQÜE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;23
Les alterations des bronches sont d'ordinaire peu pronon-c(5es. Au voisinage des tubercules, les bronchioles sont di-
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Fig. 2. — Tuberculose vegetautc des bronches, de la trachiie et du larynx.
latees et leur muqueuse est congestionnee ou enflammee, mais celle des gros canaux bronchiques est normale.
Si les lesions de la tuberculose revelent frequemment les formes liypertrophique ou vegetante dans les ganglions
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26nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSE DU CUIEN.
et sur les sereuses, ces formes sont rares dans les pou-mons et les bronches, et Ton n'a pas signale jusqua pre­sent d'alterations specifiques de la trochee ni du larynx. J'en ai relate les premiers exemples (1). Sur deux sujetsr j'ai trouve dans ces canaux des lesions tuberculeuses a forme vegetantc. Chez J'un, la bronche droite avait sa mu-queuse epaissic, recouverte d'une coucbe uniforme de neo-formations d'apparenco papiilomateuse, s'ctendant jusqu'ä la bifurcation de la tracbeo; la muqueuse tracbeale pre-senlait plusieurs larges plaques saillantes, circulaires, deprimees ä leur centre; le larynx etait presque entiere-ment obstrue dans sa region glottique par une tumeur pseudo-polypeuse bilobee, partie du sinus sous-epigiottique et developpee sur les cordes vocales [fir/. 2). Chez I'autre, la muqueuse de la division broncbique qui se ramitie dans le lobule profond du poumon droit etait egalement tres epaissie par des vegetations grisatres, de consistance fibreuse, alteration qui s'etendait dans la grosse broncbe cor-respondante. — A 1'examen microscopique, ces vegetations broncbiques, tracbeales etlaryngiennes semontraieut cons­titutes par une tramc fibreuse infiltree d'elements em-bryonnaires; par places, onremarquait des follicules tuber-culeux avec cellules geantes el elements epitbelioides; ailleurs, des granulations qui avaient subi la degeueres-cence caseeuse dans leur partie centrale. Le eborion de la muqueuse, epaissi, fibreux,ne reni'ermait que de rares fol­licules tuberculeux. La couche epitbeliale etait en partie conservee. — La specificite de ces lesions a ete etablie par l'examen bacteriologique. Sur des coupes traitees par la melbode d'Ebrlicb, j'ai trouve les baciiles dans quelques dots tuberculeux.
La tuberculose des ganglions tracheo-bronchiques et me-diastins est tres commune. Les premiers surtout sont
(I) Cadiot, Tuberculose sclercuse vegetantc des bronches, do la trachee-et du larynx. Bullet, de la Socicle cenlrale de med. vet., 1893.
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frequemment alteinls. Sauf de rares exceptions, on leamp; trouve plus ou moins affectes dans les cas de tuberculose pulmonaire. 11s peuvent etre gravement älteres alors que les lesions pulmonaires sont discretes, presque nulles; parfois meme, comme chez rhomme, oü la loi de Parrot n'est pas d'une rigueur absolue, ils sont frappes primi-tivement. Cette particularite anatomo-palhologique est aujourd'hui expliquee. Les bacilles, on I'a vu precedem-ment, peuvent traverser une muqueuse et parcourir les vaisseaux lymphatiques qui en partent, sans laisser sue la premiere ni dans ceux-ci aucune trace de leur passage. On coiKjoit done qu'en certains cas d'infection realisee par la voie broncho-pulmonaire. Ton puisse trouver les ganglions bronchiques dejä desorganises par les lubercules, sansqu?il existe la moindre alteration do la muqueuse respiratoire aux points ou les bacilles Font penelreo. Deux fois je les ai vus profondement alteinls, alors que ni le poumon ni les bronches ne presenlaient de lesions specifiques apparentes. Les amas ganglionnaires disposes sur les coles de la partie terminate do la Iracbee et de rorigine des bronches sont frappes isolement ou simultanement et se monlrenl envahis k tous les degres. Les lesions sont uni ou bilate­rales. Les ganglions se tnmefient, se reunissentles uns aux
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autres, se coni'ondent en sinduranl et torment des masses plus ou moins volumineuses, assez regulieres ou bosselees. Chez beaucoup de malades, ils ont le volume d'une grosse amande, d'une noix ou d'un petit oeuf; sur les coupes, leur tissu apparait hyperhemie, gorge de lympbe, ou dejä tres densifie, fibreux, d'un gris uniforme ou marbre do noir (anlhracose), quelquefoisparsemc d'ilots luberculeux blan-chätres, de petits foyers caseeux ou cretaces. Assez sou-vent leur centre est ramolli, graisseux, d'aspect platreux ; d'autres fois ils ont subi la transformation caverneuse ou kystique et sont creuses d'une cavite plus ou moins spa-cieuse, areolaire ou ä paroi lisse, remjdie d'un liquide clair, grisätre ou lactescent (/Zy. 4, uetG); exceptionnelle-
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28nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE l)ü CdlEN.
ment ils acquiörent do tres grandes dimensions tout en conservant leur structure fibreuse et lour consistance uni-
Kig. ;i. — Adeuoputhio Iracheo-broiichkiue tuberculeuse.
forme {fuj. 3). Les autres ganglions lymphatiques du thorax, notamment coux du mediastin anterieur, peuvent presenter des alterations scmblables.
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Dans les cas oü tous les groupcs ganglionnaires tracheo-bronchiques sontenvahis, ils constituent une masse enorme, spherique, ovoide ou irregulierc, qui cngloLe ou devic la
^fflP
Kig. 4. —Adeuopathie traclieo-hroncliique tuberculeuse. — Dügeueresceucc graisseuse et truusformaüou caverueusc.
portion terminale de la trachec et l'origine des bronches, les gros vaisseaux de la base du occur, I'cesophage et les nerfs importants qui traversenl celte region; les lobes pul-monaires anterieurs, refoules dans les gouttieres vertöbro-
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30nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CI1IEN.
costales, adherent le plus souvent ä la partie superieure de la tumeur par une largo symphyse pleuralo.
A mosure que la degenerescence graisseuse s'ötond dans les ganglions bronchiques, enyprogressant du centre vers la periplierie, les couches superficielles de ces ganglions
Fig.
Adenopalhies Lronchiques et mediastiniqiies. — Caverue gan-Kliounaire.
sont le siege d'une hyperplasie qui edifie une sorte de coquo fibreuse epaisse, laquelle conjure l'ulceration et Touver-ture du pseudo-kyste tuberculeux. Plusieurs fois j'ai trouve cette coque reduite ä une epaisseur d'un demi-cen-timetre, meine de quelques millimetres; jamais je ne l'ai vue perforce. Get accident ne se produit sans doute que quand la suppuration ganglionnaire survient par infection secondaire.
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Bquot;
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Fait digne de remarque, ces 16sions considerables des ganglions bronchiques evoluent parfois presque silencieu-sement, et elles ne donnent lien ensuite qn'a des troubles
Fig. G. — Ad6uopathie bronchique tuberculuusc.
kystique.
— Transformation
pen appreciables; mais il est des plitisiques chez lesquels elles determinent des symptomes graves dus ä la compres­sion des pnenmogastriques, des gros vaisseaux thoraciqnes
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32nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CHIEN.
et des bronclies. Elles peuvent infecter secondairemenl le poumon, soit par contiguity, apres avoir provoqu(S une symphyse pleurale, soit par rintermctliaire des vaisseaux lymphatiques; elles peuvent anssi engendrer une tubercu-lose miliaire aiguc et une generalisation qui se produit par la voie sanguine (bacillemio).
Les sanquot;lions tuberculeux renferment toujours des bacilles en plus ou moins grand nombre; ceux-ci doivent etre reeberebes de preference dans la couebe corticale; qnelquefois on n'en trouve plus dans les parties frappees de degenerescence graisseuse.
Les deux grandes sereuses Iboracique et abdominale peuvent etre envabies simultanement ou successivement; parfois Tune d'elles seulement est frappee, et le plus souvent e'est la plevre. L'inflammation specifique de la plevre est incontestablement une complication commune de la tuberculose. J'ai Signale la frequence relative de celle pleuresic chez le einen (1). Contrairement ä l'opmion aeeeptec par presque tous les auteurs, mes observations etablissent que, dans cette espece, les phlegmasies pleu-rales sont tuberculensos dans la majorite des cas.
Lors de tuberculose aiguc ou h evolution rapide, la plevre pent presenter des fausses membranes formees de librine, de leucocytes, de globules rouges et de cellules cpilbeliales desquamees. On ne rencontre guere ces fausses membranes qu'au niveau des lesions tuberculeuses pulmo-naires sous-pleurales; si on les enleve, la sereuse apparait injeetee, marquee d'arborisations vasculaires, ou epaissie, blancbälre, berissee de villosites ou de fines granulations.
En general, les lesions de la tuberculose pleurale sont bcaucoup plus accusees sur le mediastin et sur le feuillet parietal que sur la plevre viscerate; souvent le mediastin, epaissi h I'exces, est devenu meconnaissable; avec ses gan-
(1) Cauiot, Pleurisie ct thoraccntose, Reouril de mod. vä., 18!)2.
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glions hypertrophies, il forme entre les lobes pulmonaires plusieurs masses volumineuses, irreguliöres, couvertes de fines vegetations, masses simulant des neoplasies cancö-reuses ou sarcomateuses [fig. ö et 7), criant sous le scalpel, et dont la coupe, lardacee, fibreuse, est criblee de petits tubercules, d'ilots ramollis, caseeux ou cretaces (1). C'est toujours au niveau de ses ganglions quo la cloison
Fig. 7. — Tuberculose du mediastin. — P, poumon ; C, cccur cl pericarde.
mediastine posscde son maximum d'epaisseur. La plevre parietale (costale et diaphragmatique) est aussi d'ordinaire recouverte, sur toute sa surface ou en certains points seule-ment, de vegetations arrondies ou de largcs plaques gri-sätres; eile est dense, dure, sclerosec, infiltree de follicules tuberculeux; son epaisseur depasse quelquefois un demi-centimetre. Dans les sacs pleuraux ou dans I'un d'eux seule-
(1) Dans la discussion qui a suivi la communication faite par moi le 12 novembre 1891 a. la Societc centralc de medecine velerinaire, sur la tuber­culose du chien, M. Nocard a mentionne un cas de cette forme hypertro-pbique de la tuberculose mediastine et a rappele qu'il en avail vu autrefois de nombreux exemples, alors rattaches a la sarcomatose ou a la lym-phadenie.
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34nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TUBERCULOSIS DU CI1IEN.
ment estcollecte im liquide tantot sereux, clair, ambre, ou trouble, lloconneux, grisAtre, tantöt purulent, gris ver-dätre ou bemorrhagique, — liquide clout la virulence est constante et qui renferme un plus ou moins grand uombro de bacilles; ceux-ci existent parfois en quantite relative-ment considerable dans le depot forme par ce liquide. L'exsudat de la pleuresie purulente est polymicrobien dans la plupart des cas. L'ensemencement sur gelatine donneleplus souvent des colonies de stapbvlocoques blaues etdores. — Pour pen que lepanchement soit abondant, le poumon, comprime, refoule dans la gouttiere vertebro-costale, est splenise, atelectasie; cliez des cbiens de forte taille, il pent etre reduit aux dimensions d'un petit oeuf, ses lobules sont confondus, la plevre qui le recouvre est epaissie, blancbätre ; les coupes faites dans son epaisseur montrent, vers sa couche superficielle notamment, des tubercules, des Hots de pneumonie ou des cavernules, points de depart habitucls du proeessus qui a provoque Fintlammation de la plevre.
La pleuresie tubcrculeuse n'estpas tou jours accompagnee d'epancbement; quelquefois eile est seche : au debut de la phlegmasie, un mince exsudat fibrineux est produit; il ne tarde pas ä se resorber, puis les feuillels pleuraux des-(juarnes ou dejä reconverts de neomemhranes s'accolent et se soudent. Ainsi se forment les adberences ou les sym-physes plcurales. Plus ou moins etendues, elles sont tantot minces, peu resistantes, tantöt epaisses de G ä 8 milli­metres, meme dun centimetre; elles sont constituees par du tissu conjonctif ou fibreux dans lequel on peut rencon-trer des granulations luberculeuses isolecs ou conlluentes.
La.prricardite tuberculeuse est relativement frequente. Je l'ai rencontrec sixfois. Elle se presente sous des formes diverses. Dans un fait, il s'agissait de pericardite secbe avec sympbyse cardiaque presque complete; dans deux, les feuillels pericardiques, eloignes l'un do I'autre par un
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exsudat sereux, ölaienl relies par de nombreuses brides de calibre variable {fuj. 8 et 9); dans im quatricme, la sym-physe (itait limitee ä la region voisine de la pointe du coeur. Trois fois la pericardite etait sero-fibrineusc et repanche-
Kig. 8. — Tuberculosc du pericardc avec symphyses cardiaques.
ment assez abondaat. line fois le sac pericardique renfer-mait un exsudat liquide rougeätre, bemorrhagique. Dans les Irois cas de pericardite sero-fibrineuse, le liquide re-
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TUBERCULOSE DU CHIEN.
cueilli par la ponction ou a I'autopsie a ete essaye sur le cobayc; deux fois il a donue la tuberculose.
La sereuse elle-meme est habituellement le siege d'alte-rations fort accusc'-es. En general, de couleur blanchätre
Fig. 9. — Tuberculose du pericarde et du cocur avcc symphyses. — Coupe verticale de la paroi du ventricule gauche.
ou blanc grisätre, eile est irregulierement hyperplasiee dans ses deux feuillets, mais surtout vers la base du cceur et l'origine des gros vaisseaux; son epaisseur mesure d'or-dinaire 2 ä 3 millimetres, en certains points eile peut atteindre et depasser un centimetre. L'epicarde et le feuil-
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let parietal sont en outre recouverts sur lour face libre de petites vegetations nodulaires {jig. 10). La face profonde dc I'epicarde adhere intiniement uu myocarde, lequel est envahi par places ou dans tonte sa couche superficielle par un processns sclerenx. La face externe du feuillet
Fig. 10. — Tuberculose du pericarde. — G. ganglion tuberculcux.
parietal est elroitoment soudee a la plevre mediastine epaissie.
Cette pericardite luberculeuse coexiste avec d'autres lesions sereuses on viscerales et ganglionnaires, notam-ment avec la tuberculose du poumon, de la plevre, des ganglions tracheo-bronchiques et miidiastins. Une fois cependant, je n'ai vu comme alteration concomitante qu'une adenopalliie mediastinique.
L'examen microscopique de coupes pratiquees en divers sens sur des portions alterees de la plevre et du pericarde montre que ces sereuses sont le siege d'un processus scle-reux et d'une infiltration de cellules rondes reunies en
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38nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CHIEN.
amas, qui represenlcnt autaut de granulations tubercu-leuses. Aux regions oil les feuillets soat libres, I'epithe-lium osl ordinairement consenö; aux points oil ils adherent entre eux, la soudure est realiseo paruu tissuconjonctivo-fibreux. Les bacilles sonl rares äces lesions; sou vent des recherches multipliees sont neeessaires pour les decouvrir.
La tuberculose du carnr parait etre plus commune chez le chien que chez les aulres animaux. Jensen la constat^e sur deux sujels. J'en ai moi-ineme recueilli deux exem-ples chez des malades atteints de tuberculose genera-lisee. Dans un cas, on voyait sur le cceur une cinquan-taine de tubercules hlanchätres dont les dimensions variaient entre celles d'un grain de chencvis et celles dun haricot. Developpes dans la couche snperficielle du myo-carde, formant une legere suillie hemispherique ä la sur­face de celui-ci et rccouverls par Tepicarde epaissi ä leur niveau, tous se presentaient avec un contour circulaire tres nettement delimite: les jilus volumineux occupaienl presque toute 1 epaisseur du myocarde {fig. 9). A I'oeil nu. leur coupe etait ferme, fibreuse, blanchätre. Au micro­scope, ils se montraient constitnes de granulations a difle-rents stados de la degenerescence caseense et separees par des travees conjouclives ; dans une (Streite zone de la couche musculaire voisine, exislait une infiltration em-bryonnaire du tissu conjonctif interfasciculaire avec atro-phie de la plupart des fibres et transformation graisseuse de quelqucs-unes. L'examen bacteriologique des coupes decelail la presence, dans quelques amas cellulaires, de petits groupes de bacilles granuleux.
Sur une chienne cauiche tres amaigrie, Eber a Irouve une rcmarquable alteration do Yaortc : les tuniques vas-culaires, surtout I'adventice, etaient fortement hyperpla-siees; an point oil laorle alteinl la colonno vertebrale, ces tuniques etaient epaisses de 8 millimetres ; iexterne et la plevre qui la recouvre etaient soudecs, confondues;
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ellos formaient une couehe tros imluree dont les coupes montraient des foyers de degenerescenco.
La tuberculosc intestinale est fort rare. Son siege ha-bituol est la partic terminale de Tintestin gröle ou le caecum. Elle est caracterisce par une ou plusieurs ulce-rations dutendue et de profondcur variables, de couleur grisätre, ä bords saillants, indures. Lne fois, j'ai trouve la muqueuse ulceree sur une longueur de plusieurs centi­metres ; los autres tuniques etaient dilatees et des adbe-rences exislaieut entre la sereuse et les anses intestinales adjacentes. Chez plusieurs animaux, j'ai constate des nodo-sites sous-muqueuses; chez d'autres, de petites exulcera-tions dans les parois desquelles je n'ai pu decouvrir le bacille. Sur quatre sujets, j'ai rencontre los alterations du catarrbe intestinal chroniqne, surtout un öpaississement de la muqueuse; dans un cas, celleci presenlait plusieurs petites plaques blanchalres, fibreusos. qui m'ont paru etre des cicatrices d ulcerations tuberculeuses.
Quand il exisle ties lesions intestinales tuberculeuses, presque toujours, au voisinage, il y a des adenopalbies spe-ciliques; mais, commo dans lappareil rospiratoire, ces dernieres s'observent assez sonvent alors que la muqueuse estindemne. Los ganglions abdominaux envalüsparlepro-cessus tuborculeux forment des masses arrondies, irregu-lieres, bosselees, dont la partio centrale est degenereo, kys-tique ou purulenle; on peut y trouver des ilots ramollis, de la grosseur dun pois, dun haricot, dont la substance est riebe en bacilles. Des lymphangites tuberculeuses relienl parl'ois les lesions intestinales aux divers gan­glions mesonteriques, et ceux-ciaux ganglions mediastins. Chez un sujet alteint de luberculose sereuse et ganglion-naire ancionne, les adenopatbies abdominales et thora-ciques etaient reunios par des angioleucites multiples qui avaient delermine un epaississement enorme du mesen-töre et du diapbragmo; ce dernier etait epais de plus
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40nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CHIEN.
dun centimetre; sa coupe etait fibreuse, avecdes points ra-mollis, caseeux ou cretaces; sur sa face posterieure, on voyait des cordons saillants, noueux, blanchätres, par-tiellement reconverts de tissu musculairc et formes par des lymphangites specifiques.
La tuberculose lu-palique se presente sons plnsienrs aspects. Le plus souvent on rencontre dans le foie un
Hs. ll.
Tuberculose du foio.
grand nombre de nodules grisätres ou blanchätres, fermes, fibreux, dont les plus volumincux ont la grosseur d'un pois; ceux situes dans la couche superficielle sont hemi-spheriques ou lögerement coniques, leur base reposant sur la capsule de Glisson; ceux developpes dans la profondeur sont arrondis; beaucoup ont leur pourtour fincment deutele; quelques-uns, recents, marques d'une petite tache opaque centrale, sont entoures d'une large aureole uacree. Dans cette forme, les lesions sont ä peu pres semblablcs ä celles de la tuberculose hepatique des gallinaces [fuj. 11). — II
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est des cas cm les deux faces de la i;lande sont couvertes d'ilots mesurant 1 ä 2 centimetres de diametre, proemi-nents, ou de niveau avec les parties voisines, ou legere-ment excaves, offrant une teinte brunätre nuancee de lignes et de points clairs (lesions recentes), ou jaunätre, jaune dore, jaune paille (lesions anciennes); leur partie centrale est ramollie, en voio de degenercscencc grais-seuse, ou creusee d'une cavite areolaire travorseo par des brides, des travees blancluitres, granuleuses, et remplie d'tin liquide clair, louche ou lactescent. Enfin il est comimiD de trouver reunies ces alterations hcpatiques d'aspect different : le foie montre dos lubercules de toutes dimensions, depuis l'exiguite d'im grain de mil jusqu'a la grosseur d'une noix; alors il a ordinairement un volume considerable ; sur les sujots de grande taille (chicns de montagno, terre-iieuvej, il pent acquerir un poitls de 2000 k 2500 grammes.
La plupart des tubercules jeunes renferment de nom-breux bacillcs, mais ccux-ci sont rares aux lesions an­ciennes, meine dans leur zone peripherique.
La tuberculose renale, fr^quente, existe tantöt dans un seul rein, lantöt dans les deux. On remarque ä la surface de ces organes de pctites lumeurs blanchätres {/iff. 12); les coupes fuites de la peripherie vers le bile en montrent d'autres disseminees dans les couches corticate et medul-laire. Tres rares sont les cas oü il existe aux reins des tu­bercules aussi nombreux que dans le foie, que dans lepou-mon surtout; deux fois son lenient j'ai trouve dans les reins do voluiniiieux ilols luberculeux jaunätres, ä contours irreguliers, ramollis au centre. Cliez plusieurs sujets, j'ai rencontre les alterations de la nephrite cbronique, sans pouvoir decouvrir de granulations speciliques dans le parenchyme renal ; chcz d'autres, soumis ä l'öpreuve de la tuberculine, les reins out presente les lesions d'une pblegmasie aiguö diffuse.
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42nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TL'ßEUCÜLOSE DU CÜIEN.
La luberculose de la vessie, de la prostate, de Vurethre,
du testicule, a ete observeo line fois par Jensen, et celle de
l'ovaire une fois par Cramer. Sur un de mes phtisiques.
atteint de graves lesions renales et prostatiques, l'urine
etaitpundente et contenait de nombreux bacilles.
Quel que soit le degre de generalisation de l'infection,
Kig. 12. — Tubcrculosc du rein.
la rate et le pancreas sont habitucllenient indemnes. Les tubercules du pancreas, clairsemes et do petit volume, peuvent echapper au premier examen, mais avec un peu d'attention on les distingue nettement. Ceux de la rate, qui, par leur couleur, trancbent sur le parenchyme spl6-nique, a la facon de ceux du foio, sont aussi en general de petites dimensions f/?//. 13); Dependant, cliez un vieux
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chiep, j'ai vu cette glande presque completement damp;ruite par de volumineux tubercules.
La tuberculose du peritoine paratt ötrc moins commune quecclle de la plövre. Lc sac peritoneal contient d'ordinaire une quautite ])lus ou inoins abondaate de serosite trans­parente, louche ou purulente. Le feuillet parietal est quel-quefois indennie; d'autres fois il est reconvert, en quelques points, de productions lubercuieuses; plus rarement il est le siege d'une eruption miliaire generalisee. Lo mesentere et 1 epiploon sont envahis ä im bien plus haut degre. Avec
Tuberculose de la rate.
les adenopathies mesenteriques, on pent trouver un epais-sissement et une densilication considerables de ces lames screuses, lesquelles se montrenl en outre criblees de gra­nulations ou de tubercules ; ce tissu neoformea une consis-tauce fibrense et crie sous le scalpel. L'epiploon peutacque-rir des dimensions enormes : sur deux chiens atteints de tuberculose generalisee chronique particuliereinent aecusee sur les screuses, il etait hyperplasie, tres dar, et avail une epaisseur de un centimetre et demi ä trois centimetres [fig. 14 et 18); le mesentere otl'rait les lesions de la gra-nulie, il apparaissait convert de granulations tres petites. se touchant litteralement. Dans une autre forme encore assez commune de la tuberculose peritoneale, le feuillet
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44nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CHIEN.
parietal de la sereuse est normal; le mescnterc et l'epi-
Fig. 1 i et 15. — Tuberculosc de l'epiploon. — R, rate.
ploon sont reconverts en quelques points par une couche de vegetations tuberculenses; ailleurs, ils apparaissent
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parsemes de fines granulations ou de lubercules inegaux en volume, irregulierement distribues, assez espaces les uns des autres ou presque coniluents [fig. 16).
Dans la plupart des cas de tuberculose avanceo, la cons­titution globulaire du sang est modiliee : ie nombre des hematies est notablement diminue et il y a un faible degre de leucocytose. Les bacilles nese rencontrent qu'acci-
Fig. IG. — Tuberculose du mdseutere.
dentellement dans le sang; toutes les inoculations que j'ai faites avec ce liquide sont restees steriles. Ccpendant, la frequence relative des lesions renales, toujours d'origine hematogene, temoigne que le sang charrie des bacilles ä certains moments.
Jusqu a present, je n'ai pas observe d'alterations tubercu-leuses des muscles, des os, des jointures, des centres ner-veux ni de l'oeil. On a vu precedemment que Müller avait constate sur un chien des adenopatbics cervicales consecu-tives ä une ulceration cutanec tubercnleuse. Jensen a ega-lement trouve une fois des lesions specifiques des ganglions sous-glossiem et retro-pharyngiem.
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46nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CH1EN.
Un seul de nies tuberculeux etait atleint de lesions arti-culaires (arthrites chroniques de la jointure femoro-tibiale gauche et des deux jarrets) ; mais, ou ces arthropathies n'etaient pas sous la dependance de l'infection, ou la viru­lence y etait eteinte, car Texamen bacteriologique ne per­mit pas la constatation des bacilles dans la synoviale alte-ree ni dans les tissus peri-articulaires, et l'iiiocillation au cobaye et au lapin resta sterile.
La tuberculose miliaire aigue ou phtisie aigue granulique est caraclerisee auatomiquement par i'exis-tence dans le poumon et sup la plcvre, souvent aussi dans les autres visceres et sur les autres sereuses principales, de petits tubercules recenls, de granulations miliah-esgvisiitres, demi-transparentes, de consistence iibreuse. Presque tou-jours eile est, le resultat de l'irruption des bacilles dans les voies de la circulation sanguine (bacillemie). Limitee au poumon et h la plevre, eile pent etre la consequence de rinbalation de poussieres riches en elements infectieux, ou encore de la dissemination du virus par les courants lymphatiques.
Les poumons, uniformement tumelie's, plus ou moins hyperhemies et empbysemateux, sont cribles de granu­lations grises, denses, un peu opaques, dont le volume varie entre cclui d'une (ine poussiere et celui d'un grain de chenevis; beaucoup sont ä peinc visibles ;i I'oeil nu. A cote de ces granulations, on rencontre habituellement plusieurs petits foyers de broncbopneumonie. Les pievres, semees de granulations semblables, sont parfois enflammees et recouvcrtcs d'un exsudat pseudo-membraneux ; dans quel-ques cas, il y a un epanchement pleura] sereux ou hemorrha-gique; dans d'autres, des symphyses plus ou moins eten-dues et d'ancienne date. De nombreuses granulations mi-liaires existent egalement dans le/bze, les 7,eins, les f/a)i-r/lions, la m^?, sur le pamp;icarde, le peritoine, le mdsentere et Vrpiploon. J'ai trouve une lois la rate volumineuse,
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 47
hyperhemiec, diflluonte. — Les incisions pratiqudes dans les poumons et les ganglions lymphatiques alteinls per-mettent ordinairement de decouvrir un foyer luberculeux ancien, — lesion primitive oü le mal est reste localise un plus on moins long temps et au uiveau de laquelle s'est operee l'infection du sang.
Ainsi ([tie jo I'ai fait remarquer dejä, la richesse bacil-laire des productions tubercu lenses est extremement variable. Generaiement on Irouve de nombreux bacilles au sein des lesions recentes, en particulier dans les tuber-cules puimonaires, hepatiques, renaux, et dans les parois des cavernes; parl'ois il y en a si pen que des examens repetes sont necessaires pour les constater. Dans les alterations aacienn.es, les bacilles sont ordinairement tres rares et en voie de transformation; la plupart sont gra-nuleux.
V
DIAGNOSTIC
Actuellement encore, la tuberculose du chien passe i're-qnemment meconnue. Pendant la vie^ le diagnostic ne pent en etre etabli avec certitude (jue par la bacteriologie ou rcxperimentation. MSme dans les necropsies, sou-vent Ion n'est exactement renseigne qu'en recourant ä ces modes d'investigation.
Quand la maladie remonte ä quelques mois, I'exa-men clinique permet au moins de la soupconner. L'ema-ciation et raffaiblissement progressifs, la toux, lacce-leration de la respiration, la dyspnee, la chronicite de l'affectiou, doivent eveilier l'idec de la tuberculose. Les
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48nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUßERCÜLOSE DU CUIEN.
presompLions augmentent s'il y a de l'ascite, de lapleuresie ou la pericardile. L'auscultation et la percussion de la poi-trine, la palpation du ventre, peuvent fournir des indi­cations utiles, mais toujours insuffisantes pour conclure sans reserve.
Les premiers elements du diagnostic diüerentiol de la lu-berculose — notarameut de la forme gangiionnaire— et des adenopalhies bronchiques vulgaires sont ['amaigrissement graduel plus ou moius rapide, dans la premiere, et l'embonpoint conserve dans les autres. Quant aux papil-lomes de la muqueuse traclieale, ils provoquenl, avec des quintes prolongees de toux forte et rauque, des acces de dyspnee revötant une forme qu'on n'observe pas dans la tuberculose.
On ne pent etre entierement lixe que par rinoculation, l'examen bacteriologique ou l'emploi dc la tuberculine.
Dans les cas oü la tuberculose est accompagnee de pleu-resie, I'injection, dans le peritoinc du cobaye, d'une petite quantite du liquide obtenu par la Iboracentese, suffit pour la denoncer. S'il s'agit bion d'une pleuresie tuberculeuse, des la troisieme semaine qui suit l'inoculation, il y a des lubercules sur le peritoinc et dans la rate du sujet inocule. Jc crois avoir presente les premiers fails dans lesqucls le diagnostic de la tuberculose des carnassiers a ete ainsi etabli, pendant la vie, par linoculation de la serosite pleuretique (1). L'examen bacteriologique de ce liquide y decele parfois les bacilles; plusieurs fois je les ai trouves nombreux dans le depot forme par I'exsudat. Lorsqu'on pratique la Lboracentese sur le cbien, il est done prudent de recueillir dans un vase le liquide extrait, an lieu de le laisser s'ecouler sur le sol. commo quelques-uns out I'ha-bitude de le faire.
On a vu que le jetage est rarement abondant. Alors meme que la tuberculose est dejä ancienne, il n'est pas
(1) Cadiot, Note sur la tuberculose du chien. Bullet, de la Soc. cenlrale de mid. vel., 18!)?; — Tuberculose du chat, Und., 1893.
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;49
toujours possible, bion sen faut, d'obtenir du jetage pu­rulent conteaant des bacilles. Sur quelques malades, Frühner et Bang out cependant reussi, par l'exainen de l'ecoulernent nasal, a. assurer le diagnostic. Souvent j'ai cherche en vain ä le faire par ce moyen : dans nombre de cas, il n'y avait pas de jetage; dans d'autres, celui-ci etait sereux et ne contenait pas de bacilles.
Reste rinjection de tubcrculine. Bile a maintes fois donne a Fröliner, k Bang et ä moi-meme une reaction significative, mais celle-ci n'est pas constante; lorsque les lesions sont generalisees, que la maladie est arrivee a son dernier stade, ä la periode consomptive, la reaction cst pen prononcee, on eile fait d(5faut, on meme la tuber-culine aniene de riiypolbermie. Chez un chien atteint d'adenopalhie bronchique tuberculeuse, j'ai note une elevation thermique de '10,6 ä la suite d'une injection de 20 centigrammes de tuberculine; cbez d'autres sujets, alteints de tuberculose plus ou moins generalisee ou de lesions pulmonaires nombreuses, diffuses, la tuberculine, injectec a. des doses de 2 ä 25 centigrammes, a provoquö une hypertbermie variant de S/IO de degre ä 10,8 ; cbez plusieurs, la reaction a manquö ; enfm deux fois il est sur-venu un abaissemeut de la temperature. Sur quatre des six derniers phtisiques que je viens d'observer en juin et juillet, la tuberculose a ete denoncee par des reactions de 1deg; ä 10,7 (1).
A l'autopsie des chiens qui succombent ä la tuberculose
(1) Des les premiers mois de 1891, le Pr Fröhner institua des re-cherches eu vue d'etablir la valeur diagaostique de la tuberculine chez le chien. II constata tout d'abord que cet animal pout supporter, sans manifester la moiudre reaction et sans eprouver aucun malaise, des doses considerables de tuberculine. A un jeunc chien äge de deux semaines et pesaut euviron 1 kilogramme, il injecta successivemeut, a quelques jours d'intervalle, I, 5, 10 centigrammes, 1 gramme de tuberculine, sans provo-quer aucun phenomeue reactiounel. II ne vit pas uon plus se produire de troubles febriles bien prononcos a la suite d'injections de tuberculine chez des sujets atteints de carcinomatose, de sarcomalose, de pneumonic et de pleuresie non speciliques, de leucemie, d'enterite chroaiquo. Les seuls ani-maux chez lesquels survint une reaction uettement accuseo ctaient tous.
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SOnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBEKCULOSE DU CUIEN.
ou qui sont abattusau cours de I'infection, on trouve des al­terations si variees dans leur aspect, leur etendue, leur distribution, qu'cn bien des cas Ton hesite encore a porter le diagnostic. Les adenopathies tuberculeuses et les alterations des sereuses presentent, d'ordinaire, des carac-teres anatomiques trös particuliers, mais les lesions pulmonaires peuvent etre confondues avec celles de la pneumonie chronique, de la bronc/iopneimionie, de la strongylose, ou de la maladie du jeune age, et, en dehors des fails oü il existe de la granulie, celles de la tuberculose generalisee offrent une grande ressemblance avec les productions sarcomateuses ou carcinomateuses. On s'ex-plique ainsi les erreurssi frequemmentcommises. Lorsquil s'agit bien de la tuberculose, I'examen bacteriologique laisse rarement le diagnostic, indecis. On rencontre des bacilles plus ou moins nombreux dans les alterations pul­monaires, hepatiques, renales, dans le muco-pus des ca-vernes, dans les conglomerats tuberculeux des visceres et dans les ganglions. Parfois ils sont difficiles a decouvrir dans les lesions anciennes; il se pent meme qu'ils y soient completement detruits. Aussi, doit-on recourir a rinoculation quand le tableau anatomique etant celui de la tuberculose, I'examen bacteriologique donne un resultat negatif.
La tuberculose ne saurait Mre toujours differenci^e a premiere vue de la bronchopneumonie lobulaire simple. Wargunin a provoque, chez le chien, par l'inhalation de matiöres pulverulentes (crachats tuberculeux desinfectes et desseches, farine de froment, poussieres diverses), des alterations pulmonaires objectivement semblables a celles que Ton rencontre dans la pi u part des cas de tu­berculose. Les poumons se monlraient parsemös de nodules gris-verdätre dont les dimensions variaient
tuberculeux. N^anmoins, Frohner ne croit pas que la tuberculine soil un agent do diagnostic d'uue absolue fidelite. [Monalsliefte für Praktische Thierheilkunde, 1891.)
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 51
de celles d'un grain de pavot ä celles d'un gros pois; dans quelques cas, les ganglions bronchiques 6taient tumefies. L'examen microscopique revelait les alterations suivantes: les bronchioles et les alveoles pulmonaires etaient obs-tru6s par une matiere caseo-graisseuse; I'epithelium etait d^truit, les parois alveolaires et les cloisons etaient epaissies par une abondante infdtration cellulaire. Les ilots in-flammatoires plus anciens avaient subi la degenerescence graisseuse. — Le processus evoluait sans reaction febrile. Tous les animaux conserves guerissaient.
Entre la tuberculose et la pneumonie lobulaire de la maladie dujeune age, le diagnostic est en general facile a la simple inspection du poumon. Dans lalaquo; maladie raquo;, tan-tot les regions inferieures des deux poumons sont enflam-mees, uniformement tumefiees, ramollies et infiltrees d'une serositö roussätre; tantöt les lobes presentent des ilots plus ou moins volumineux offrant ces caracteres, et presque toujours les foyers gangreneux portent le cachet des lesions destructives rapidement produites. Quelques cas se rencontrent cependant oü le processus est moins aigu, oü des zones dquot;induration ont eu le temps de s'edi-fier ; pour eux, le diagnostic necessite l'examen microsco­pique ou la recherche du bacille.
La strongylose pulmonaire est une affection tr6s rare sous notre latitude et dans les contrees du Nord. Les par-ticularites qu'offrent ses lesions sont bien connues depuis I'^tude qu'en a faite Laulanie. Lorsque les pseudo-tuber-cules vermineux sont de petites dimensions, ils possedent des caracteres macroscopiques analogues a ceux des vrais tubercules, ainsi que nous Favons remarque, Railliet et moi, sur un chien dont nous avons relate I'observation ä la Societe de biologie; mais les nodules volumineux, formes de tissu libreux compact, coriace, ont leur centre occupe par un vaisseau thrombose ; ils ne sont pas caver-neux ni creuses d'une petite cavite purulente, comme les tubercules vrais parvenus au stade de ramollissement.
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52nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CHIEN.
VI
PRONOSTIC
Le pronosticde la tuberculose estd'une extreme gravite. Abandonne ä lui-meme, le chien tuberculeux s'emacie, s'aü'aiblit peu ä peu, finit par tomber dans la cachexie et succombe au bout d'uu temps plus ou moins long-. La duree moyenne de la maladie est do six a buit mois; eile peut etre abregee par diverses complications (pleu-resie, pericardite, pneumotliorax); eile peut aussi se prolonger pendant des anaees. La phtisie pulmonaire est beaucoup plus grave que les autres localisations vis­cerates habituelles. La forme ganglionnaire reste long-temps compatible avec la vie. J'ai conserve six mois un petit terrier atteint de tuberculose des ganglions bron-chiques, sans voir son etat s'aggraver sensiblement. Comme dans les autres especes, on peut observer des temps d'arret, des treves pendant lesquelles I'appetit renait, I'embonpoint et les forces reviennent.
Chez le chien, la tuberculose guerirait dans quelques cas, plus facilement peul-6tre que chez les autres ani-maux, si les malades etaient conserves et soumis a un traitement appropriä. Parfois, en effet, dans les pou-mons, on trouve ä la peripherie des foyers tuberculeux une cpaisse barriere sclereuse qui doit suffire ä arreter le travail dc destruction; on y voit aussi des tubercules übreux, des cavernes ä parois lisses, cicatrisees, et quand I'alTection est quelque peu ancienne, souvent les ganglions envahis renferment des tubercules cr^taces. Dans beau-coup de lesions, on constate les signes d'un processus k predominance hyperplasique ou sclereuse. Ce sont lä des
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 33
caracteres anatomiques indiquant une vive reaction des tissus contre l'invasion bacillaire et une tendance pro-
nonc^e vers la guerison.
YII
TRAITEMENT
La therapeutique do la tuberculose n;est guere plus riche qu'avant la decouverte du bacille. Les esperances qu'avait fait naitre celle-ci ne se sont point realisees. Toutes les recherches de laboratoire effectuees dans le but de trouver un bon agent bacillicide, inoffensif pour I'orga-nisme, sont restees vaines.
Parmi les innombrables substances medicamenteuses preconisees, 1'observation clinique a etabli que les plus efficaces sont la creosote et le ga'iacol. Avec une bonne bygietie, une bonne alimentation, et par I'administratum quotidiennc de 5 ä 30 centigrammes de creosote officinale ou de gaiacol, donnes en solution aqueuse ou associes ä rhuilc de i'oie de moruc, on oblicndrait la guerison d'un certain nombre de chiens tuberculeux. Mais, je le repete en terminant, ces malades sont ou peuvent devenir dange-reux pour les bumains, et le devoir du veterinaire est d'en conseiller le sacrifice.
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54nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CE1IEN.
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OBSERVATIONS
Je me suis borne ä relatcr sommairement les observa­tions que j'ai recueillies depuis le commencemenl de cetle annee et une partie Je celles mentionnees dans mes com-municalions anterieures.
Observation I. — Chien danois, age do six ans, appartenant ä M. R... rue do Paris, 06, ä Cliarenton. Amene ä la consultation do I'Ecole d'Alfort le Ier octobro 1891.
Le Jobut de la maladie remonto ä environ cinq mois. On a remar-que d'ubor J de I'inapputence, de la tristcsso, de rabattemenl; I'ani-mal roslait couchö la plus grande partie du temps; 11 s'cssouftlait vite a l'exercice. Bientöt ramaigrissement s'est manifeste; la respi­ration est devenue acceleree et penible. Ces symptömes se sont acccntues graduellement.
Etat actttel. — Maigreur et faiblesse ; facies laquo; cancereuxraquo; ; dyspnee, respiration discordante. A l'auscultation du poumon, rales sibilants dans les regions inferieures ; resonnance attenuee ä la percussion. Toux tres rare ; pas de jetagc.
Autopsie. — Aucune alteration du peritoine ni des organes ab-dominaux. Pleuresie purulente. Exsudat hemorrhagiquc surtout abondant ä gauche. Plevre parietale parsemce de tubercules de dimen­sions variables. Deux volumincux ilots indures deforment le lobe postörieur du poumon gauche; sur 1c plus dtendu sont creusues deux etroitcs perforations d'aspect ulcereux, l'uno ä la face externe du lobe, l'autre ü la face interne; le centre de ces ilots est caverneux. Dans Tun, la paroi de la caverne est constitute par une Sorte de coque Jaundtre, d'aspect diphteroide, entouree par une couche de tissu pulmonaire indure, epaisse d'environ un centimetre. Dans l'autre, caracteres ordinaires dos cavernes tuberculouses : cavite irreguliere, areolaire, ä parois trös anfractueuscs, supportant de petites parcelles de tissu necrose et enduite d'un pus visqueux, gris verdätre. Ganglions bronchiques legörement hypertrophies.
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'o6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CIIIEN.
Tres nombreux bacilles dans le pus des caverncs ct dans les coupes de fragments preleves sur leurs parois.
OnsERVATiON II. — Chicane de rue,treize ans,appartcnant ;1 M.D... rue du Temple, 70, ä Paris.
Atteinte d'une volumineuse tumeur maligne ulceree de la der-niere mamelle ventrale gauche. Abandonnee le 20 septembrc 1891.
Malgrel'anciennete decette neoplasie, la malade est en asscz bon etat. Aucun Symptome pouvant faire soupfonner la tuberculose.
Autopsie. — Tumeur mammaire dure, bosselee; peau adherente, ulceree; ganglions inguinaux hypertrophies, neoplasiques (carci-nome). Quelques pctitcs tumeurs dans la rate et dans les pou-mons. Le lobe posterieur du poumon droit presente, vers sa base, un ilot indure du volume d'une grosso noisette, creuso ä son centre d'une caverne multiloculaire reraplie de muco-pus grisdlre. Legere hypertrophie des ganglions bronchiques du cötu correspondant.
Bacilles en grand nombre dans le pus de la caverne.
Observation III. — Chien öpagneul, quatre ans, apparlcnant h M. C..., rue Mondetour, tC, a. Paris. Presente ä la consultation le 30 septembre 1891.
Malade depuis six semaines seulcment. Debut brusque, inappe-tence, rares quintes de toux, gene de la respiration, essoufflc-ment apres quelques minules d'excrcice. amaigrissement.
Etat actuel. — Outre la maigrour dejä fort prononcec, on note les signes d'une pleuresie double : respiration acceleree, discordante; disparition du murmure respiratoire et matitc des deux cötes de la poitrine dans une plus grande hauteur ä droite qu'ä gauche. Thora-ccntese; ecouloment de quelques decilitres de liquide. Les jours suivants, la respiration est moins accelerüe et moins penible. Mort le 4 octobrc.
Autopsie. — Pleuresie double ; dans les deux sacs plcuraux, collection de liquide grisatre, fibrineux. Poumons refoules dans les goultieres vertebro-costales ; ä premiere vue, on les croirait simplement atelectasies; mais dans le lobe posterieur du poumon gauche on percoit, sous une couche de parenchvme qui a conserve son elasticite, une masse dure, arrondie, du volume d'une aveline. Une coupe passant par le centre de cette masse met ä döcouvert une cavite irreguliere de couleur plombee, renfermant du pus grisatre et des fragments do tissu pulmonaire necrose. Cette cavite est limitee par une premiere couche dc tissu indure, sclercux, 6pais de 1 a 2 centimetres suivant les points, et par une zone d'hepa-tisation. II y a en outre, dissemines dans les deux poumons, quel-
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OliSEllVATIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;57
ques tubcrculcs ä differcnt.s stadcs evolutifs. Lögerc adunopalliie bronchiquo.
Constatation des bacilles dans 1c pus de la cavcrnc.
Observation IV. — Chien cpagncul, six ans, appartcnant a M. D..., rue de Nys, 17, ä Paris. Presentn ä la consultation le 8 octobre 1891.
Malade depuis cinq mois. On a particulieremcnt remarqiu'; des troubles de l'appölit et un amaigrissement graduel.
Au premier examen, on est frappo par la maigreur Ires pronon-cee du sujet et par l'acceleration de la respiration. A I'auscultation du poumon droit, on percoit, Jans la region inierieure, des rales crepitants et muqueux; la, le son de percussion est submat. Pas da touxni de jelage.
La clironicitd de la maladie, l'alisonce de signes revelateurs dquot;une afTection determinee, l'emaciation prol'onde du sujet, font porter le diagnostic tumeurs mscirales ou tuherculosc. Mort trois scniaines plus tard.
Autopsie. — Ganglions mesentcriques h\-pcrtropliies, irröguliers, bosseles, caverneux. Nombreux tubercules dans le foie; les plus volumincux, jauiuitres, ramollis, ont la grossour d'une noix; beau-coup out les dimensions d'un pois et une teinte blanchälre; la plupart sent gris pale et ont Texiguitö d'un grain de rail. — La plevre droite est enflamraee, epaissie, surtout dans sa portion nu'diastine; eile renfonne quelques centimetres cubes dc scrosite grisätre, cliargöe de tlocons librineux. Dans le lobe posterieur du poumon droit, deux foyers de broncbopnoumonie; Tun ales dimen­sions d'un oeuf de pigeon, I'autre celles d'une noisette. A la coupe, ces foyers se montrent constitues par une epaisse couclie de lissu grisätre, plombe, marbre de points et de ligncs noiralres (anthra-cose), limitant une cavite centrale multiloculaire, remplie de muco-pus verdatre et sur laquelle s'aboucbent dos bronchioles ectasiees. Les ganglions bronchiques sont hypertrophies; leur coupe est infiltree de fines granulations grisatres.
Constatation des bacilles dans les lesions pulmonaires.
Observation V. — Chien braque, quatre ans, amene a la consul^ tation le 19 decembre 1891.
Pas de maladies anterieures. Le debut de l'affection remonte k six mois. Le sujet a d'abord ete traitö pour une hronchite. L'appetit est restc capricieux; une toux petite, faible, seche, a persistö. Amaigrisseraent qui s'est accentue rapidement.
Etat aclucl. — Facies tuberculeux, atrophie des crotaphitcs, enorme saillie des arcades orbitaires; dans I'attitude debout, les
ocr page 66
38nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBEKCÜLOSE Du CI1IEN.
membros sont rasscmbles, le dos voussö, les mouvements parais-sent douloureux, l'anitnal se couche avec precaution. Respiration acceiöree, discordante, plaintive; toux faible, avortee. La percus­sion du thorax est doulourcuse: matite h droite, limitee par une ligne horizontale. A l'auscultation, souffle tubaire et rules sibilants. Pouls petit, vite, difficile ä compter; choc precordial faible. Bouche seche. Muqueuses pales. Temperature 38deg;, 3-39deg;,5.
Le 20 Janvier, on pratique la thoracentese ä droite; abondant ecouloment d'un liquide ambrö qui tient en suspension de fins coagulums flbrineux. — L'opiiration procure une amelioration qui persiste pendant quclques jours.
Le 25, la respiration est de nouveau trüs accelereeet dyspneique; la matite s'elevc au memo niveau qu'avant la ponction; la faiblesse est plus prononcee, l'appotit mil.
Le lendemain, le malade est abandonne.
Autopsie. — Foie trüs volumineux; nombroux tubercules, la plu-part legerement cn saillie ä la surface de l'organe; les plus gros, de couleur jaunatrc, out leur partie centralc ramollie, degeneree, cloisonnee par de minces tractus flbreux. A Tincision de ces tu­bercules, 11 s'ecoule un peu de sue grisätre ou lactescent. — Dans les reins, quelques petits tubercules du volume d'un grain de mil ä celui d'un pois. — Les deux sacs pleuraux renferment un liquide jaune citriu abondant; la söreuse est epaissie, couverte de fausses membranes qui masquent d'innombrables nodules de toutes dimensions. Le mediastin et ses ganglions sont trans-formes en une masse enorme, irreguliere, dont la surface est divisöe on lobes ovoides, globuleux ou aplatis, de couleur blanc jaunätre. A rincision, ces tumeurs laisscnt suinter une lymphe grisätre; la coupe presente plusieurs petits foyers de ramollissement. Sym-physes plcurales parielales.
Les poumons, plus particulieremont le droit, renferment de petits tubercules ramollis a leur centre et contenant un pus gris ver-datre, plein de bacilles.
Observatio.n VI. — Chien de montagne, cinq ans, prösentc ä la con­sultation le 28 decembre 1891. Malade depuis pres d'une annoe.
Etat actuel. — Maigreur et faiblesse extremes ; ascitc, cedemc des membres posterieurs, päleur et infiltration des conjonetives. Zone de matite occupant, de chaquo cötc, la moitie infericure du thorax. La ponction donne issue ä environ deux litres de liquide citrin, trös albumineux. — Mort le 30 decembre.
Autopsie. — Un litre de serosite dans l'abdomen. Hypertrophie legfere des ganglions mesentdriques; foie enorme (2 kilog. 450),
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OBSERVATIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 59
piquetö de pctils nodules blanchdtres et montrant une dizaine de gros tubercules jaundtres ramollis au centre. Quelqucs granulations dans les reins. Rate deformee par de nombreux et volutnineux tubercules. Leger epanchement dans les sacs pleuraux et pericar-dique. Poumons blanebdtres, emphysemateux, presentant de petils foyers de bronchopncumonie et plusicurs ilots indures creuses de cavernes dont le pus fourmille de bacilles.
Observation VII. — Chien de montagne, neuf ans, amenö ä la con­sultation le lö mai 1892. Malade dcpuis environ deux mois.
Etat actuel. — Respiration acceleree, discordante ; dyspnee aprfes quelques secondes de marche. La percussion du thorax denote, ä droite, de la matite dans la moitie inferieure; ä l'auscultation, silence absolu en cette region. Aucun phenomene anormal du cöte oppose. — Thoraccntese. La ponction donne issue ä un demi-litre de liquide limpide, jaunätre. — Nouvelle ponction quelques jours plus tard. Liquide rougedtre, non purulent. L'examen bacteriologiquo n'y decele pas de bacilles.
Inoculation de deux cobayes par injection intraperitoneale d'un centimetre cube de ce liquide. A l'autopsie de ces deux animaux, trois semaines apres rinoculation, lesions tuberculeuses du peri-toine et des organes abdominaux.
Le chien succombe le 9 juillet.
Autopsie, — Tuberculose pleuro-pulmonaire. Plevre epaissie, gra-nuleuse,rougedtre; epancheniciitabondantdeserositesanguinolente. A droite, large symphyse pleurale; le poumon adhere aux cotes par la plus grande partie de sa surface; il rcnferme de nombreuses granulations et quatre volumineux ilots tuberculeux creuses d'une cavite irregulifere remplie de muco-pus verddtre, riche cn bacilles Dans le poumon gauche, deux foyers tuberculeux semblables. La couche superflcielle est indemne, sauf en un point oü la plevre est epaissie, plissee, et le parenchyme sclerose, — lesions qui semblent etre le vestige d'une caverne cicatrisee.
Observation VIII. — Chien de montagne, cinq ans, amcne ä la consultation le 7 juillet 1892. Malade depuis quatre mois.
Etat actuel. — Maigrcur et faiblesse extremes, ascite; submatite thoracique bilaterale; rdle eräpitant ä l'auscultation. Pas de jetage.
Autopsie. — Environ un litre de liquide louche, grisdtre, collecte dans l'abdomen. Epaississcment et granulie du mesentöre. Hyper­trophie enorme de l'öpiploon, lequel forme une masse reetangulaire, aplatie, incurvee, dont la surface inegale, mamelonnee, est sillonnöe de fines arborisations vasculaires; son tissu, dense, G-
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60nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TÜBERCULOSE DU CI1IEN.
breux, crie sous l'instrument tranchant; des sections transversales donnent des coupes larges de plus de deux centimetres, poin-tillees de granulations caseeuses ou cretaeees, facilement enu-cleables. Hypertrophie et infiltration tulierculeuse des ganglions mesenlöriques. Dans le feie, tubercules de toutes dimensions : les uns, tres petits, grisätres, homogenes; d'autres, plus volumineux, blanchatrcs ou jaundtres, raraollis, caverneux. Quelques petits lu-bercules dans les reins. Rate indemno. Epaississement considerable du diaphragme par des lymphangites tuberculeuses. — Quelques decilitres de serosite grisatre dans les sacs pleuraux. La pluvre me-diastine, tres epaissie, mamelonnce sur ses deux faces, est couverte de tubercules miliairos quasi confluents. Dans les deux poumons sont dissemines de nombreux tubercules, la plupart creusös d'une cavite purulente. Le lobe anterieur du poumon droit est presque entierement detruit par l'ulceratioii caverneuse. Hypertrophie et in­filtration tuberculeuse des ganglions traclieo-bronchiques et me-diastins.
Bacilles tres nombreux dans les lesions pulmonaires, rares dans les autres organes.
Observation IX. — Chien de montagne, sept ans, amene ä la consultation le 11 juillct 1892. Malade depuis trois mois.
Etat actucl. — Maigreur, faiblcssc, ascito, muqueusos tres pdles; respiration discordante. La percussion denote de la matitö dans les deux tiers inferieurs du thorax, ä gauche. Souffle a l'auscultation. Lamarcho est penible; bientöt ranimal est ä bout d'haleine; il s'ar-rete, ecarte les merabres antericurs, entrquot;ouvre la bouche et ne res­pire qu'avec la plus grande difficulte. Pas de jetage. — Ou couche le chien pour faire un examen plus complet du thorax. II s'agite vive-ment et meurt en quelques instants.
Autopsie. — Quelques tubercules dans le foie et dans les reins. Tuberculose pleuro-pulmonaire. Un demi-litre de liquide sero-purulent dans le sac pleural gauche. La sereuse est considerablo-ment epaissie et constellee de petits tubercules; ceux-ci sont con­fluents dans la gouttiere vertebro-costale, vers le sternum et dans Tangle costo-diaphragmatiquo ; ä cos regions, ils forment une couche continue, epaisse de deux ä six millimetres suivant les points. En avant et en arriere du occur, epaississement enorme de la plevre mediastine ethypertrophie considerable de ses ganglions ; sa surface est mamelonnec, jaune grisatre, sillonnee de fines arborisations; les coupes failes dans sa trame se montrent criblees de granula­tions blanchatres. Dans le lobe postöricur du poumon gauche, volu­mineux ilot indure ; la section y met ä decouvert une caverne
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OBSERVATIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 61
anfractucuse remplie do pus gris verdätre et dont la paroi, formee d'une couche flbreuse epaisse, grisätre, ardoisee, supportc plusieurs fragments de tissu necrose, gris verdatre. En outre, quelqucs tuhor-cules crus ou deja ramollis, dissemines dans les deux poumons. Gonslatation des bacilles dans le conlenu do la caverne.
Observation X. — Chicn caniche, dix-huit mois, prescntö ä la consultation le 2 aoüt 1892.
Malade depuis le mois d'avril precedent. II tousse et s'essouffle au moindre exercice. On I'a traite pour une affection pulmonaire consecutive ä lamaladie du jeune age. 11 cst reste faible ot en mau-vais etat. La toux persiste, I'appetit est fort irregulicr.
Etat actuel. —#9632; Maigreur et faiblessc extrümcs. Respiration accele-ree et discordante. Toux faible ; leger jetage.
A rexamen de la poilrine, matitu ä gauche, dans loute la moitie inferioure; ä droite, zone mate moins etendue, bruit de souffle, un peu do crepitation et de sibilance au-dessus de la partie moyonne du poumon, disparition du murmure respiratoire dans les regions iuferioures. Lo clioc precordial cst efface ä gauche ; le coeur est refoule ä droite; do ce cöte on sent les systoles un peu en arriere du point ofi on los percoit normalcment.
Autopsie. — Epanchcment ploural hemato-purulcnt. Dans lo lobe posteriour du poumon gauche, vaste foyer de pneumonie chroni-que au centre duqucl cst creusec une caverne qui comnuinique avec la plevro ot ronfermo un peu do pus gris verdatre. Tuber-cules grisätros recents dans le poumon droit, dont le lobe ante-rieur cst soude au mediastin. — La plevro est le siege d'altera-tions considerables. En avant et en arriere du coeur, le mediastin ot ses ganglions hyperplasies, constituent une enorme plaque bosselee, tres dense, comme cartilagincuse. Lo mediastin ante-riour forme une masse compacte, mouleo sur la face interne do la partie anterieure du thorax, masse qui a repousse le coeur ä droite ot en arriere, lo poumon en arriere et on haut. La plevro costale est couvorte do petits tuborculos. Les ganglions bronchiques sent hypertrophies et infiltres de granulations tuberculousos. — Le pericarde, öpaissi, presente des lesions analogues ä celles do la plevre et ronfermo un peu de serosite. Le cueur, refoule ä droite et envoloppe de tous cötßs par les nooformations pleurales, est marquetö do nombreux tuborculos blanchätres, formes, profon-dement enchdsses dans le myocardo. — Le foie, volumineux (1800 grammes), cst parseme do tumours blanchätres, reguliorement circuiaires, dont les dimensions varient do la grosseur d'un grain de mil ä cello d'un haricot. — Quelqucs tuborcules dans les doux reins.
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62nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CHIEN.
Bacilles nombreux dans le pus des cavernes et dans les lösions pulmonaires, rares et granuleux dans les tubercules cardiaques.
Observation XI. — Chienne de rue, huit ans, malade depuis deux mois. Amenee a. la consultation le 9 septembre 1892.
Etat actuel. — Tristesse et maigreur extremes, atrophie des cro-taphites; fades tuberculeux; rale crepitant a l'auscultation du poumon. Pas de jelage. Rien de saillant ä la palpation de l'ab-domen.
L'emaciation du malade fait conclure a la tuberculose ou ä une tumeur maligne generalises.
Autopsie. — Le pöritoine cst encore double d'une couche adi-peuso. Lesions tuberculeuses du foie, de la rate, des reins, des ganglions lymphatiqucs abdominaux. A la surface de la rate, on compte une centaine de tubercules de petites dimensions. Ceux du foie se presentent avec une coloration jaune brun, jaunätre ou jaunc dore, suivant leur anciennete; quelques-uns saillent ä la surface de l'organe, d'autres sont legerement excaves ä leur centre. La coupe en est jaunatre, grisdtre ou hemorrhagique. Les plus volu-mineux sont ramollis, friables, lacunaires dans leur portion cen-trale. — Un peu de särosite louche dans les plevres. Tubercules pul­monaires grisätres; los uns, femes, denses; les autres ramollis, purulents. Hypertrophie des ganglions des bronches et du me-diastin.
Bacilles en grand nombre dans les tubercules pulmonaires, rares dans les ganglions bronchiques et mediastins.
Obsebvation XII. — Setter irlandais, quatre ans. Vers la fin de sa premiöre annee, ce chien fut pris d'une bronchite qui se pro-longca sous la forme chronique. Pendant environ dix-huit mois, aucun changement avantageux ou defavorable ne survint dans son etat. Au printemps de 1892, des troubles digestifs s'ajouterent ä ceux de l'appareil respiratoire. Pendant quelques somaines, I'animal mangea avec moins d'appetit et eut de frequents vomisscments; on le mit au regime lacte. Les vomisscments disparurent, mais la toux devint plus frequente et plus forte; l'aboiement, auparavant fort et clair, se voila; enfin certains phenomenes se manifesterent qui indiquaiont une aggravation du mal. Le chien restait couche la plus grande partie du temps; souvent la respiration etait plainlive; I'appetit etait tres irregulier, ramaigrissement s'accusaitpeu ä peu; les aboiements, qui paraissaient douloureux, ne se firent plus en­tendre qu'ä de longs intcrvalles. Peu aprts, I'animal devint comple-tement aphone. La toux 6tait remplacee par une sorte d'expira-
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tion sifüante et penible. — Amene ä Alfort 1c 2 novembre 1892 et abandonne (1).
Etat actuel. — On a note sur ce chien des troubles graves de l'ap-pareil respiratoire. i.e lonctionnement de cet appareil etait devenu d'une dil'liculte extieme, l'inspiration s'accompagnait d'un bruit aigu rappelant celui du cornage du cheval. Tout exercice, tout effort (itait devenu impossible; 11 suffisait que le malade fit quelqucs pas a une allure acceleree ou qu'il mont.lt un escalier -[tour que les signes de l'asphyxie apparusscnt : il s'arretait, anxious, et parfois s'affaissait, comma pris d'une syncope ; au bout de quelques instants, il se relevait, la respiration haletante, la face angoissee ; s'il ne so livrait pas ä de nouveaux efforts, ces troubles s'effacaient peu ä peu. L'animal so refusait absolument a tout examen direct de la Louche et de la gorge; a la palpation du larynx, on percevait une deformation de cct organe.
Autopsie, — Aucune alteration des viscöres abdominaux. La poi-trine ouverte, on apercoit quelques vegetations sur les plevres parietale et viscerale. Le poumon gauche montre une grosse lesion : le lobe postorieur est volumineux, dense, grisdtre; une incision faite suivant son grand axe met a decouvert une large cavit6 a parois sclereuses, dans laquelle debouche la grosse bronche du cöte correspondant. La muqueuse qui tapisse cette derniere est tres ^paissie, irreguli6re, bourgeonneuse, recouverte de muco-pus verdätre dans toute son etendue. Vers son origins et sur la partie tcrminale de la trachte, on remarque quatre petites tumeurs aplatios, ä contour circulaire, ä centre deprime, dont le diametre varie de un ä deux centimetres, dont l'epaisseur est de quelques millimetres seulement. Une autre, plus large, est developpee sur la partie moyenne de la trachee. Le larynx est presque complete-ment obstrue par une tumeur bilobee d'apparence polypeuse, qui deborde I'ouverture pharyngienne, oü eile apparait encadree par les arytcnoides et l'epiglotte. La dissection montre que la tumeur est partie du sinus sous-epiglottique; eile s'est developpee le long des cordes vocales qu'elle englobe presque completement et dont on ne distingue plus que le bord anterieur. Les deux parties du neoplasme sont soudees sur leur milieu ot accolees dans leur region inferieure; au-dessus de 1'adherence, elles laissent entre elles un espace largo de quelques millimetres. C'etait la seule voie qui permit encore le passage de l'air.
La tumeur laryngienne et les vegetations tracheo-bronchiques
(!) Je dois cette interessante observation a un jeune confrere, M. Place, qui a traite le malade pendant plusieurs mois.
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64nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUliERCULOSli DU CHIEN.
renfcrmaient des follicules tuborculeux; dans lesquels exislaiont des bacilles en petit nombrc.
Observation XIII. — Chienne danoise, trois ans, amenee a la con­sultation le 8 novembre 1892.
Malade depuis six semaines seulement. Trislcsse, abattement, di­minution de l'appetit, et h certains moments inappötence com­plete pendant ])lusicurs jours. Oppression, amaigrissoment qui s'est vite accentue. Diarrhöe.
Etat actuel. — Cachexie, coloration icterique des muqueuses, aug­mentation de volume du foie. On croit a une alTection hepatique accompagneo d'intoxication biliaire. Mort deux semaines plus tard.
Autopsie. — Quelques tuborcules non ulcerös developpes dans Fepaisseur des tuniqucs intestinales. Adcnopatliie mescnteriquc. Tnis nombreux tubcrctiles hepatiques ct renaux se presenlant avec l'aspcct habituel. Lagere hyperplasie du mescnttre et do I'epi-ploon, qui apparaissent converts de fines granulations. Petites vegetations sur les regions costale et diaphragmatique de la ptevre droitc. Tuberculos miliaires dlssemines dans les deux pou-mons; quelques-uns rolumineux, purulents, caverneux. Adeno-pathie tracheo-bronchique.
Constatation des bacilles dans les lesions pulmonaires.
Observation XIV. — Ghien griffon, six ans, presente ä la consulta­tion 1c 7 Janvier 1893.
Malade depuis quelques semaines. II a notablcment maigri; la respiration est acceleree, la dyspnee cat intense apres quelques minutes d'exercice.
Etat actuel. — Matitö et souffle tubaire dans les 2/3 inferieurs du thorax, ä gauche. Un peu de jetage muqueux, grisatre. L'amai-grisscmentet rexistonced'un epanchementthoracique font soupcon-ner la tuberculose. Le malade est abandonne. — Une injection de 10 centigrammes de tuberculine provoque une reaction de 8/10 de degre. Pas dc bacilles dans le jetage.
Autopsie. —#9632; Adenopathie mesentörique contigue ä l'ileon ; quel­ques tuborcules jaunatres dlssemines sur 1c mesontere et l'epiploon. Semis de petits tuborcules dans le foie. Dans la plevre gauche, envi­ron un demi-litre de liquide purulent. Le poumon gauche est splenise, son lobe postcrieur presente un volumineux Slot indure. L'incision y met anuunfoycr inflammatoire, cicuse d'une caverne vacuolaire, ä mince paroi et renfermant un peu de nuico-pus grisätre. Les gan­glions des brooches et du mediastin sont considerablcment hyper­trophies et inflltres do granulations. Rien au poumon droit.
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OBSERVATIONS.
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Constatation des bacilles dans les coupes des parois de la caverne. L'ensemencement du liquide pleural sur gelatine et sur gelose a donne des colonies de staphylocoques blancs et dorös.
Observation XV. — Chienne danoise, quatre ans, laissee en trai-tement ä Alfortle 13 fevrier 1803.
Malade depuis deux mois. Hespiration accöleree, difficile. Fre­quents arrets durant los promenades un peu prolongees. L'appetit a graduellement diminue. Depuis trois semaines, toux seche, courte, ne sc produisant qu'ä de longs intervalles.
Etat achtel. — On est surtout i'rappc par l'abattement de l'animal, par remaciatiou des crotaphitcs et des muscles du train posteriour. A l'examen du cceur, on entend un leger souffle systolique qui couvre le petit silence. L'auscultation du poumon fait percevoir des rales humides. La percussion denote une submatite etendue bi­laterale. La respiration cst courte, prücipitee, discordante; I'expira-tion est nettement soubrcsautante. Un peu de jetage muqueux ; quelques quintes de toux. La chronicito de Faffection, les troubles generaux et les symptömes pulmonaires font soupconner la tubcr-culose.
Le 18 fevrier, on fait une injection de ü0 centigrammes de tu-berculine en arriero do I'opaule gauche (1).
Temperature au moment do I'injection 39deg;. Le lendomain, ä huit hcures,la chienne est tres abattue, la temperature cst de 380,S; ämidi, de 380,3; ä quatre heures, de 380,2. Lamort survient pendant la nuit.
Autopsie. — Environ un demi-litre de liquide rougeätre dans les plevres. La plevro mediastine cst epaissie, finement granulee en certains points, fort epaissie dans d'autres. Legere hypertrophie des ganglions mediastins.
. Lesions de la tuberculose ptdmonaire. Les deux poumons sont alTectes; ils offrent los signos d'une vive congestion, cortainemont provoquee par la tuborculine. A la palpation des difföronts lobes, on percoit des granulations et des ilots tuberculeux — alterations surtout prononceos dans les lobules posterieurs. Coux-ci offront de remarquables lesions do bronchopneumonie chronique. Mar­ques de cicatrices et de rides ä leur surface, ils sont tumefies et in-dures. Sur la coupe, le tissu malade a une coloration marbree et une disposition areolaire. De couleur grisatre, tachete de points et de lignes noirdlres, il est creuse de cavernes ou de nombreux petits
(1) Si le chien saiu supporte sans reagir des doses considerables de tu-berculine, parfois, chez les tuberculeux, ces doses provoquent un abais-sement de la temperature et la mort.
3
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66nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CH1EN.
abcös rcnfermant un pus verdätre. Les ganglions bronchiques ont conserve leur volume et lour aspect norraaux. Tous les autres or-ganes sont indemnes.
Malgre I'absence d'adenopathie bronchique, il s'agissait bien de tuberculose pulmonaire. L'examen microscopique de la matiere oblenue par le gratlage des cavernes a rövele la presence des ba-cilles speciflques.
Observation XVI. — Chien de montagne, six ans, appartenant a M. J..., 18, rue Tiphaine, a. Paris.
Amene ä la consultation le 14 mars 1893. A joui d'une bonne sante jusqu'au mois de Janvier dernier, epoque oü il a perdu sa gaiete et sa vigueur habituelles ; l'appetit a diminue, la raaigreur est survenue et s'est accentuee peu ä pcu; on a aussi note uno soif vivo et quelques rares quintos de toux seche.
Etat actuel. — Sauf l'emaciation, qui est tres prononcee, pas de symptömes pouvant eclairer le diagnostic. II n'y a pas de jetage; 1'auscultation, la percussion du thorax et la palpation de l'abdomen ne fournissont aucua renseignement; la temperature, un peu au-dessus de la normale, subit d'assez fortes oscillations dans le cou-rant d'une memo journtie. L'etisie, la faiblesse, la chronicite de la maladie denoncent la tuberculose. Une injection hypodermique de 20 centigrammes de tuberculine provoque une vive reaction. Temperature maxima notee avant rinjection 39deg;,4. Le lendemain, le thermometre accuse, ä 8 heures (12 heures aprfes I'injection) : 4i0;äonze heures, 41deg;; a trois heures 40o,3; ä six heures 390,8. Hyperthermie maxima, 10,6.
Autopsie. — Quelques pctits tuberculos recents dans le foie. Rien dans le peritoine ni dans les autres organcs de la cavite abdomi­nale. Plevro indemne. Quatro lines granulations fibreuses dans le lobe pulmonaire droit. Adenopathie bronchique; les ganglions du cöte droit ferment une masse du volume du poing, ramollie, kys-tique, dont la cavite est remplie d'un liquide sanguinolent, tenant en suspension de nombreuses hematics — particularitö due sans doute ä des hemorrhagies capillaires provoqueespar la tuberculine.
Constatation des bacilles dans les lubercules hepatiques et dans la couche corticale de la turaeur ganglionnaire.
Observation XVII. — Chien de rue, cinq ans, appartenant ä M.B... 33,rue Pastourelle, ä Paris. Prösentö ä la consultation le 22 mars i893.
Malade depuis environ quatre mois; s'est amaigri progressive-ment; toux, appetit irregulier, vomissements. II est des jours od l'animal, trös gai, ne semblc pas souffrant, d'autrcs oü il refuse tous
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OliSEKVATlOiNS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 67
les aliments qu'on lui presenle et roste continuellement couchö.
Etat actiiel. — Cachexio, matite bilaterale, souffle et rales crepi-tants dans les deux poumons; toux rare, tres peu de jetage. — L'ne injeclion de 8 centigrammes de tuberculine ne provoque pas de reaction; eile entraino au contraire un lüger abaissement de la temperature.
Autopsie. — Aucune alteration de l'intcstin ni du mesentere. Tuberculosemiliaire du foic et des deux reins. Pleuresie purulcnte. Tuberculosc pulmonairo generaliseo. Lobes posterieurs volumineux, grisdtres, profondement atleints, offrantde nombreux foyers debron-chopneumonie chronique. L'incision des ilots indures met ä nu de pcütcs caverncs ä paroi ardoisee, ronformant un muco-pus ver-dätre, riebe en bacllles. Ganglions tracheo-bronchiques moderement hypertrophies.
L'ensemencement du liquide pleural a donne des colonies de streptocoques.
Observation XVIII. — Chien epagneul, quatre ans, appartenant ä M. 1?..., 14, rue Lamartine, a, Paris. Amene ä la consultation le 24 mars 1893.
Malade depuis le mois de decembrc 1892. Maigrour et faiblesse qui so sont accentuees graduellemcnt, malgre la conservation de l'appetit.
Etnt aclucl. — Amaigrissemcnt dejii fort accuse. Arthropathies de la jointure femoro-tibiale gauche et des deux jarrets. Respiration acceleree, discordanto, plaintive; rßsonnance thoracique attenuee; souflle et rales crepitants des deux cötes du thorax. Pas de jetage, pas de toux. L'no injection de 10 centigrammes de tuberculine pro­voque unc reaction de 1deg;.
Autopsie. — Faible epanchement dans les plevres. Tuberculosc plcurale. Tuberculose pulmonaire gcnuralisee; lobes posterieurs vo-lumineux, grisatrcs, indures, creuses de vastcs cavernes renfermant un muco-pus verdatre riebe en bacllles. Aux jointures tar-sicnuos et femoro-tibiale gauche, lesions de l'arthxlte chronique. Forte induration des tissus peri-articulaires.
Inoculation intraperitoneale de deux cobayes avec une emulsion preparee en ecrasantdans de l'eau sterilisee des fragments de tissus arliculaircs älteres. Resultat negatif.
Ensemence sur gelatine, le liquide pleural a donne des colonies de staphylocoques blancs.
OiiSEnv.vnoN XIX. — Chien de montagne, trois ans, appartenant a M. B..., 11, rue Beranger, ä Paris. Prösente ä la consultation le 24 mars 1893.
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68nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCÜLOSE DU CHIEN.
Malade depuis trois mois. Innppiilonce, toux, amaigrissoment ; depuis environ un mois, augmentation de volume du ventre.
Etat aclucl. —#9632; Extreme maigreur et dyspnee trös prononcee. Du cötc gauche du thorax, matite complete et, dans toute la hauteur, silence absolu, exceptö vers 1c milieu et en avant, oü Ton entend un leger bruit de souffle; du cötd droit, matitö ä la partie infdrieure, rösonnance attönuee, rales crcpitants dans les regions superieures. Dextrocardle; les battemenls du coeur, effaces ä gauche, soulevent la paroi thoracique droite. Pas de jetage apparent.
Autopüe. — Aucune alteration des organes nbdominaux. Plcu-rösie purulcnte ä gauche; deux litres de liquide dans les plevres. Le poumon, refoule dans la gouttiere vertebrale, atelectasie, rcduit au volume d'un ccuf, est farci de petits tubercules grisätres; il adhöre aux septieme, huitieme et neuviöme cdtcs. Quelques decilitres de liquide dans la plevrc droite. Lc poumon droit renfcrme de nom-breux tubercules. Ganglions brouchiques lögerement hypertrophies et infiltres de petits tubercules. Constatation des bacilles dans les tubercules pulmonaircs. Ensemence sur gelatine et sur gelose, le liquide plcural a donne des colonies de staphylocoques blaues et dores.
Observation XX. — Chiennc braque, six ans, appartenant ä M. H..., route de la Uevolte, ä Xcuilly-sur-Seine.
Le premier symptömc note a ete l'ascite. En meme temps que le ventre a pris dos proportions considerables, ramaigrissement s'est manifesto et la respiration est devenue difficile. — La malade fut presentee ä M. Weber, qui, soupconnant la tuberculose, me la fit adresser le 27 mars.
Etat actual. — Maigreur extreme, volume enorme du ventre, fluctuation de l'ascite. Respiration accelereo, effacement du iiuu-mure respiratoire et matite dans lc tiers inferieur du thorax, des deux cötös. Systoles cardiaques aflaiblies. T. 30o,-2;]gt;. 124; R. 40.
Le 30 mars, injection de 10 centigrammes de tuberculine. Reac­tion de 10,1. Le 31 mars, ponetion du thorax ä droite ; ecoulement d'un peu de sörosite louche.
Autopsie. — Environ un litre de liquide grisatre dans la cavite abdominale. Le foie presente de nombreux tubercules miliaires, blanchdtres. Quelques granulations dans les deux reins. Les gan­glions mesenteriques sont legörement hypertrophies. Un peud'öpau-chement dans les deux sacs pleuraux. Les poumons, emphysema-teux, ne renferment que de rares tubercules; les ganglions bron-chiques et mediastins sont envahis. Pöricardite exsudative; de petites granulations parsement le feuillet pariötal du pöricarde ; le
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feuillet visceral, inJurö, irregulierement epaissi, presente, en cer­tains points de sa face libro, des ilots indures, blanchatres, du volume d'un pois ä celui d'un haricot, qui punetrcnt asscz profon-dement dans la substance du coeur. La face gauche du coeur cst libre; la face droite adhere au feuillet parietal du pericardo par de nombreuses brides librcuses.
Constatation des bacilles dans les ganglions envahis et dans les vegetations pericardiques.
Obervation XXI. — Rraquc anglais, trois ans, appartenant ä M. W..., quai de l'Hötel-de-Ville, 76, ä Paris.
Malade depuis cinq mois. Diarrhee, quclques vomissements, quintes de touxsecho, forte, pönible; diminution do Fappetit. Amene ii Alfort le 31 mars 1893.
Etat actucl. — Maigreur tres prononcee; respiration acceliiree, oppression, rales muqueux et sibilants ä l'auscultation des deux poumons. Kesonnance attenuee. L'animal a ete observe pendant cinq jours. On n'a observe ni toux, ni jetage, ni vomisscment. Les aliments distribues out ete reguliorcment consommes. — Reac­tion de 1deg; ii lasuite d'une injection de 10 centigr. detuberculine.
Autopsie. — Une dizainc de petits tubercules recents, durs, blan­chatres, devoloppes dans l'epaisseur de la muqueuse intcstinale. Quelques granulations sur l'epiploon et lo mesontere. Hypertrophie legere des ganglions mesenteriques. Foie volumineux, crible de tubercules de toutes dimensions, offrant les caracteres du foie des volailles phtisiques. Lquot;un dos lobules cst transforme en masse tu-berculeuse jaunätre ä la surface de laquelle adhere l'epiploon. Leger epanchement pleural. Granulations et quelques tubercules dans les deux poumons. Les ganglions trachco-bronchiques du cöte droit sont profondement älteres; ils forment une masse ovoide, mesurant 18 centimetres de circonference en son milieu. Le lobe antcrieur du poumon droit est soude a cette masse ganglion-naire par toute sa face profunde et somble faire corps avec eile. La plevre mediastine est forlcment epaissie, mamelonnee, bossu^e par des adenopathies et recouverte de fines granulations; on en remarque egalemcut sur la plevre diaphragmatique.
Le pericarde presente quelques plaques d'epaississement. Le coeur est plus gravement affectö ; sur le ventricule droit, on voit une neoformation tuberculeuse de la largour d'une piece de deux francs, manifestement constituee par une serie de granulations agminees; en plusieurs autres points existent de semblables alte­rations, maismoins elendues; la paroi du ventricule gauche montre un tubercule du volume d'un haricot.
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70nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TUBERCULOSE DU CIUEN.
Les deux reins sont profondement älteres; sur les coupes, on distingue un grand nombre de granulations tuberculeuses. Ricn aux autres organcs.
Observation XXII. — Chien epagneul, sept ans, appartenant ä M. M...,rue Bara, 6,ä Paris. Amene a la consultation le 6 avril 1893.
Malade depuis deux mois et demi. Le ventre cst devenu volumi-neux, fluctuant; au bout d'une scmaine, guerison apparente, puis I'epanchement se rcproduit.
Etat ttctuel. — Embonpoint ordinaire, un peu d'abattcment et de faiblesse; anhölation survenant aprös quelques instants d'excrcice. Murmure respiratoire attenue dans la moitie inferieure du thorax, des deux cotes. Choc cardiaque trös fälble; bruits etfaces; matite de la pericardite exsudalive.
Injection de 8 centigr. de tubcrculine. Reaction de 10,3.
Autopsie. — Faible epanchement peritoneal et pleural. Ricn d'anormal dans les organcs abdominaux, sur le pcritoine ni sur la plevre. Quelques tubercules purulents ou casceux dans les deux poumons. Epaississement du mediastin dont les ganglions ante-rieurs out le volume d'une noisette. Pöricardite fibrineuse; svm-physe cardiaque ßtendue, occupant la partie inferieure de la face gauche du coeur jusqu'ä la ligne mediane, mesurant 8 centimetres d'avant en arriero et 4 dans le sens oppose.
Constatation des bacilles dans les coupes des tubercules pulmo-naires. Inoculation intraperitoneale d'un cobaye avec 1/2 centimetre cube de liquide pericardique. Resultat negatif.
Observation XXIII. — Chien braquc, six ans, appartenant a M. V..., route Nationale, 13, a. Bonneuil. Presentö a la consultation le 7 avril 1893.
Malade depuis quelques semaines. Abaltement, faiblesse, amai-grisscment qui a fait de rapides progres. L'appetit s'est maintenu. Pas de toux ni de jotage.
Etat actuel. — Emaciation döja, fort prononcce, malgre le peu de temps ecoule depuis l'apparition des premiers symptömes. Epanche­ment peritoneal abondant. Respiration precipitee, discordante; quelques rales ä l'auscultation. Apres la paracentese, on percoit, cu arrierc de l'hypocondre, une masse dure, irreguliöre, qui parait faire corps avec le foie.
Injection de 10 centigrammes detuberculine. Reaction d'un demi-degre.
Autopsie. — Environ trois litres de liquide rougedtre dans 1 abdo­men. Le peritoine offre les lesions de la granulie : il est couvert duns toutes ses portions de trös norabreuses petites vegetations
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grisatres, r^unies en scries lineaires sur le trajet des lympha-tiques, confluentes sur la vessie, l'intestin, le pylore et la face pos-terieure du diaphragme. Le mescntöre cst fort epaissi par places ; sur les coupes, son tissu apparait infiltre de granulations blan-chdtres.
Le foie est crible de tubercules; les plus pctits, tres nombreux, röcents, ont l'exiguitö d'un grain de sable et une teinte grisätre; beaucoup ont les dimensions d'un pois ou d'un haricot et une colo­ration blanchätre ; quelques-uns, plus volumineux, jaunätres, irrö-guliers ä leur pourtour, sent ramollis au centre. L'aspcct de l'or-gane est tout ä fait celui du foie tuberculeux des especos aviaires. Sur la face posterieure du lobe gauche, des tubercules confluents forment deux masses arrondies du volume d'une grosse noix, ä bords indures, legerement en saillie a la surface du parenchymn hepatique. L'epiploon est hyporplasie, volumineux, aplati, creuse d'une profonde scissure logeant la rate; sa surface, de leinte jau-natre, est marquee, en certains points, de slllons irreguliers clrcons-crivant des reliefs peu salllants. — Cette masse tres dure, de consis-tance fibreuse, jouit d'une certaine elasticite; sa coupe apparail incrustee de petits tubercules. A son origine, le long de la courbure stomacalc, l'epiploon, dejä fortement epaissi, cst convert, sur ses deux faces, de petites agglomerations tubcrculeuses analogues ;i •cclles du mesentöre. Des adherences multiples existent entre cette masse epiploique, le diapbragme et rintestin.
La rate ne presente que quelques tubercules. — Pas de liquide dans la cavitö thoracique. La plevre parietale est normale. Le me-diaslin posterieur cst parseme d'un grand nombre de fines granu­lations, surtout abondantes sur sa portion inferieure. Dans les deux poumons, particullerement dans les lobes moyens, on trouve des tubercules de divers ages, dont le volume varle entre celui d'un grain de mil et celui d'une noisette. Les plus gros ont subi la transformation caverneuse. Les ganglions bronchiques sont ä peine hypertrophies.
Nombreux bacilles dans le pus des tubercules pulmonaires.
Observation XXIV. — Cbienne de montagne, neuf ans, appar-tenant a M. M..., 4, rue du Bac, ä Paris. Abandonnee ä 1'Ecole, le 4 mai 1893. Atteinte depuis environ unan de carcinome des deux derniferes mamelles ventrales droites.
Autopsie. — Tuberculosc miliaire du peritoine pariötal, du mesen-tere et de l'epiploon. Epaisse couche de vegetations developpees sur la face posterieure du diaphragme. Tres nombreux tubercules hepa-tiques, la plupart du volume d'un pois, spheriques, calcifies, faci-
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lenient enucleables; quelques-uns plus polils, ä centre casöeux. Tubcrculose miliaire reconte ct hypertrophie de la rate. Tubcrcu-lose des reins; ces organes, volumineux, irreguliers ä leur surface, apparaissent sur la coupe farcis de granulations grisälres et creuses de plusifiirs foyers purulents, dont le contcnu cst plein do bacilles. Pas d'alteration des ganglions inüsenteriques ni de la muqueuse intostinale. — Exsudat pleural grisatre, peu abon-dant. Tubcrculose mediastine ii caracteres tort remarquables; sur le mediastin postdrieur, cinq masses tuberculcuscs isolees dont le volume varie entre celui d'un ceuf et celui du poing; leur surface, grisatre, marquee d'epais sillons et de fines arborisations vasculaires, est semee d'une infinite de petits tuberculcs blanc jaunätre, presquc confluents ; leur coupe est librcuse, criblee de nodules calcifies; lo ganglion sous-oesophagien est allonge, fusiforme, de la grosseur d'un petit ccuf, farci de tubercules; le mediasthi anterieur et toutcs les portion s du mediastin posterieur comprises entre les tumours pre-citües sont couverts de granulations isolees ou confluenfes. L'oxaraon atlenlif des lobes pulmonaires n'y fait decouvrirquc quelques tuber­cules, exceptd dans le lobule profond du poumon droit ; ce lobule estprofondementenvahi, la division broncbique qui s'y ramifie a sa mu(iueuse epaissie ct rocouvcrtc d'une couche de vegelations lermes, denscs, Hbreuscs, qui so prolongent dans la grosso branchc corrcs-pondante. Pas d'liypertropliio nolablo des ganglions broncliiques.
A I'exainen microscopique, les vegetations do la muqueuse bron-chiquo sc montrent formoes d'un tissu conjonctivo-fibreux infillre d'elements einbryounairos; par places, on rencontre des folliculos tuberculeux d'asjicct caseeux dans leur partie centrale et dont les couches peripheriques sont formees d'elements epilhelioides etem-bryonnaires. Les bacilles y sont moins rares que dans les lesions analogues do I'observation XII. On pent en constatcr un certain nombre sur presquo toutes les preparations.
L'exsudat pleural, ensemence sur gelatine et sur gelose, a donne des cultures de streptocoques et de staphylocoques blaues.
Observation XXV. — Chion de rue, six ans, appartenant ä M. D., quai de la Marnc, 34, a. Alfortville. — Souffrant depuis deux mois. A toujours consomme tres regulierement sa ration, mais il a notablement maigri.
Prcsente ä la consultation le 24 mai. Tres mechant; montre les dents des qu'on cherche a I'examiner. La respiration cst acceleree et penible. Faiblesso et emaciation. On le tient en observation pen­dant deux jours sans noter aueun autre Symptome ; on ne pout d'ailleurs faire qu'un examen clinique incomplet.
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OBSEItVATlONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 73
Autopsie. — Quelques fines granulations tuberculeuses dans le foie. Rien aux autres organcs de la cavite abdominale. — Tubercu-lose des plevres costale ot diaphragmatiquc; un pen d'epanchemont dans les dens sacs pleur.iux. Tuberculosc miliaire des poumons; quelques lubcrcules ancions, plusieurs ilots cicatriciels. Adenopa-thie tracheo-bronchique.
Constatation des bacilles dans les lesions pulmonaires.
L'enscmeuccment du liquide pleural sur gelatine et sur gelosc a donne des colonies dc stapliylocoques blancs.
OiiSERVATio.N XX.VI. — Chien braque, qualre ans et demi, apparto-nant ä M. L..., 4ö, boulevard Saint-Michel, ä Paris.
Malade depuis huit mois. En septembre 1892, lo chien fit a la campagne un sejour de quelques scmaines ; ä son retour, on s'apercut quo la region dorsale ctait le siege d'une tumour molle, uniforraement llucluanto et indolente. Pen a peu I'appetit diminua; 1'animal s'amaigrit; de temps a autre 11 faisait entendre une toux seche, forte, quinteuse. Pas de jetage. On n'a observe ni vomissements ni diarrhea. — Prescnte a la consultation le 29 mai.
L'amaigrissement et les phenomencs percus ä l'examen de lapoi-trine font soupconncr la tuberculose ou des tumours malignes ge-neraliseos. Prevonu do la gravite du mal, lo proprietaire demande que son chien soit sacrifie.
Autopsie.—Foie convert d'une multitude de petits tuborcules jau-nalres, spheriques, dont le volume oscillo ontro celui d'un grain do chenevis et celui d'un pois. Quelques granulations dans les deux reins; sur la face inferieure du rein droit, un tubercule volu-minoux, aplati, occupant toute I'epaisseur do la couche corticale. Tuberculose miliaire du poumon et do la plevre; un soul foyer ca-vernoux ancien. Pericardite seche; sur I'i'picarde, notammeut vors la base du coeur, tubercules qui ponetronl dans la couche suporli-ciello du myocarde. Deux granulations vers le centre do la lame principale de la mitrale. Legere adenopathic bronchique. Kyste söreux de la region dorsale. Nombrcux bacilles dans le conlcnu de la caverne pulmonaire.
Observation XXVII. — Chionnc doguo, deux ans, appartenant
ä M. ß..., 3ö, rue Chariot, ä Paris.
Presentee ä la consultation du 21 juiu. Malado depuis trois mois. Amaigrissement, signos do faiblcsse, toux, inappetenco.
A l'examen du thorax, souffle et matitc a droite. — Reaction de 1deg; ä la suite d'une injection do 8 centigrammes do tuberculine.
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Alitopsie. — Tuberculoso du poumon, des ganglions bronchiques, de la plevre, du foie, des reins et du peritoine.
Observation XXVIII. — Chien de montagnc, deux ans, appartenant a. M. S..., 54, rue Pelet, ä Alforlville.
Ameno a la consultation le (j juillet. Malade depuis un mois. Mai-greur, acceleration de la respiration, dvspnee. Hales muquoux et crepitants a 1'auscultation. Pas de matitö. — Injection de 10 centi­grammes de tubeiculine. Reaction do 10,7.
Autopsie. — Nombrcux tubercules dans les deux poumons. Ade-nopathic bronchique. Quelqucs granulations sur les plevres.
Observation XXIX. — Clilon do montagne, trois ans, appartenant ii M. Z..., rue des Trois-Bornes, ä Paris.
Presente ä la consultation le 9 juillcl. Malade depuis trois mois. Faiblesse, amaigrissement, ascite, dyspnoe. Qnelques rares quintos de toux. — Ueaction de 1deg;,1 a la suite d'une injection do 12 centi­grammes de tuberculine.
Autopsie. — Adenopalhies mesenteriques, nombreux tubercules dans le foie, qnelques ulcerations sur la muqueuse intcstinale. Tuber­culoso du poumon et de la plevre.
Observation XXX. — Chien griQbn, quatre ans, appartenant ä M. D..., 61, rue des Giavilliers, ii Paris.
Amene a la consultation le 18 juillet. Malade depuis quatre mois. Maigreur tres prononcee, symptömes d'une affection cbronique du poumon. Injection do 8 centigrammes de tuberculine. Ueaction de 6/10 de degre.
Autopsie. —Tuberculosedu periloine,dufoio et des reins. Cavernes pulmonaires. Tubercules ot qnelques granulations sur la plevre. Adenopalhies bronchique et mädiastinique. Ulcerations recentes de la muqueuse intcstinale. Legere adonopathie mesenterique.
Observation XXXI. — Chien de montagne, 11 ans, appartenant ä M. C..., 19, rue Veron, äAlfortvillc.
Presente h la consultation le 21 juillet. Malade depuis deux mois. Embonpoint ii peine diminue, respiration accelerce, essoufllement rapide a I'exercice. Ascite.—Injection de 10 centigrammes de tu­berculine. Reaction do 1 degre.
Autopsie.— Lesions tuberculeusesdu foie,du poumon et dela plevre.
Observation XXXII. — Chien epagncul, cinq ans, appartenant a, M. B..., 12, avenue du Marche, ä Charentou.
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Malade depuis environ six mois. Präsente k la consultation le 23 juillet. Emaciation profonde; facias tuberculeux. — Injection de 13 centigrammes de tuberculinc le 24 juillet ä Qheures du soir. Mort pendant la nuit.
Autopsie. —Tiiberculose duperitoine, dufoie, de la rate, desplevres, des poumons, du pericarde. Lesions renales considerables; la substance corticale des deux reins est presque entierement detruite par de volumineux tubercules. Tuberculose de la prostate; la com­pression des lobes de cctte glande, apres incision de Furethre, fait sourdrc par les orifices des canaux exeräteurs, un liquide muco-pu-rulent grisätre, tres riche en bacilles. L'urine trouvee dans la vessie est purulente et conticut Jos bacilles en grand nombre.
5321-93. — Cobbeil. Imprimcrie Cr6t£.
jn-ö.
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