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G. DESOUBRY
CHEF DES TRAVAUX DB PHYSIOLOGIE sET raquo;E THÉRAPEUTIQÜE A l'ÉCOLB VÉTÉnlNAIRE d'ALFORT
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2780-96, CoHUEiL. imprimcrie £#9632;gt;#9632; Crété.
BIBLIOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
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ANESTHÉSIQUES
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EN CHIRURGIE VÉTÉRINAIRE
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G. DESOUBRY
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CIIEF DES TRAVAÜX lgt;E PHYSIOLOGIE ET DE TI1ÉRAPEUTIQUE A l'école VÉTÉRINAIRE d'ai.fort
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ASSELIN ET HWiZEAünbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;-1 S
UBRAIRES DE LA SOCIETE CENTRALE Ijj^ÉDECINE #9632; VÉIERINAIRlaquo;;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;^i
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PLACE DE L ÉCOLE-DE-1896
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PREFACE
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DE M. LE PROFESSEUU KAUFMANN
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L'anesthésie en insensibilisant et immobilisant les animaux permet d'entreprendre sur eux les operations les plus délicates. Non seulement eile sup-prime les souffrances, mais eile a encore pour grand avantage de prévenir les mouvements de defense, mouvements qui, comme on le salt, gênent l'opéra-teur et souvent l'exposent ä des dangers, ainsi que 1'opéré.
Elle permet également d'appliquer la methode antiseptique avec succes en médecine vétérinaire.
Si, malgré ces avantages, l'anesthésie n'est que peu employee dans la pratique ordinaire, c'est qu'elle offre quelque danger.
Mais ce danger, on l'a souvent exagéré. Il est bien établi que les accidents peuvent être évités par une connaissance parfaite de la methode.
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M. Desoubry applique I'aneslhesie journellement, et avec grand succes, sur les animaux domestiques. II a acquis, non seulement un grand savoir, mais une grande experience.
Personne ne pouvait done mieux trailer de l'anes-thésie en chirurgie vétérinaire.
Ce petit livre est destine ä rendre les plus grands services. Ecrit dans un style clair et précis, les pra- ..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; *#.
ticiens y trouveront toutes les connaissances qui leur sont indispensables pour l'emploi ralionnel des divers agents anesthésiques.
M. KAUFMANN.
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Alforl, le 0 mars 1896.
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AVANT-PROPOS
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C'est convaincu des services que peut rendre l'anesthésie ä la chirurgie vétérinaire, que j'ai entre-pris de Vulgariser les methodes employees pour produire la narcose chez nos différents animaux domestiques.
C'est la une idéé admise par la plupart, que l'anesthésie en vétérinaire n'est pas ä recommander, en raison de la difficulté de son emploi et des dangers auxquels eile expose.
Depuis quelques années, attaché au laboratoire de Physiologie de l'École d'Alfort, j'ai, sous la direction de mon savant maitre, M. Ie professeur Kaufmann, opéré Tanesthésie sur un tres grand nombre de sujets. J'ai pu me convaincre que cette operation n'est pas d'une difficulté insurmontable et qu'on a considérablement exagéré les griefs qu'on peut lui opposer.
Dans ce petit manuel j'ai exposé sommairement
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AVANT-PROPOS.
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les methodes auxquelles Ie vétérinaire pourra avoir recours, ainsi que les avantages ou les inconvénients attaches ä chacune d'elles. J'ai particulièrement insisté sur les procédés les plus pratiques, sur ceux qui présentent Ie moins de dangers au cours de l'opération.
C'est Ie résultat de cinq années de pratique jour-nalière que j'ai l'honneur de présenter au public vétérinaire.
Je ne veux pas terminer sans remercier sincère-ment mon maitre, M. Ie professeur Kaufmann, de la bienveillance qu'il m'a marquee en présentant, en termes si gracieux, Ie livre dont il s'agit.
Qu'il me soit permis également d'adresser mes plus sincères remerciements ä mes éditeurs, MM. Asselin et Ilouzeau, pour les soins qu'ils ont mis a la publication de eet ouvrage. Les lecteurs ne manqueront pas de retrouver dans les quelques figures qui ornent ce livre, l'habileté coutumière de M. G. Nicolet.
Puisse ce modeste travail ètre de quelque utilité ä mes confrères; ce sera ma plus douce recompense.
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G. DESOUBRY.
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Alfort, Ie 8 mars 1896.
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ANESTHÉSIQUES
EN CHIRURGIE VÉTÉRINAIRE
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CHAPITRE PREMIER
HISTORIQUE DE L'ANESTHÉSIE
Abolir la douleur a toujours été Fidéal recherche par les chirurgiens. Aussi loin que Ton remonte dans l'histoire de la médecine on assiste aux efforts tentés dans Ie hut d'insensibiliser les patients. C'étaient tantót des manoeuvres grossières capahles de frapper l'imagination du sujet; tantót au contraire l'anesthésie était ohtenue par Tadministra-tion de hreuvages capables de provoquer la narcose. On raconte que les Juifs faisaient prendre un nar-cotique au condamné qu'ils menaient au supplice.
Les procédés préconisés dans Ie hut de supprimer
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LES ANESÏHÉSIQÜES.
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Télément douleur variaient ä l'infini; les Assyriens pratiquaient la compression du cou des enfants qu'on devait circoncire; les Grecs et les Romains faisaient sur la region opératoire des frictions au moyen de plantes de la familie des Urticées, enfin les Chinois employaient, dit-on, dans leurs frictions de la pierre de Memphis (carbonate de chaux) broyée dans du vinaigre.
Au moyen age on employait surtout des potions ä base de medicaments narcotiques tels que l'opium, la jusquiame, la laitue, la mandragore ou la ciguë. Mais il y a loin de ces preparations stupéfiantes aux medicaments anesthésiques que nous possédons au-jourd'hui.
James Moore, vers la fin du siècle dernier, faisait de la compression des nerfs une methode d'anes-thésie.
Il rapporte une amputation de jambe qui fut faite dans ces conditions, sans qu'il eüt pu constater chez l'opere Ie moindre signe de douleur. Le Chirurgien anglais se servait pour obtenir l'anesthésie d'un compresseur qu'il placait sur le trajet des nerfs sciatique et crural. Après lui, un Chirurgien de Caen, Liégeard, employa le mème procédé, avec cette modification qu'au lieu de comprimer seulement les cordons nerveux, il comprimait également les vais-seaux de la même region.
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niSTOFUQUE DE L'ANESTHESIE.
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A peu prés ä la même époque, les preparations opiacées furent de nouveau préconisées, et Sassard, Chirurgien de l'hópital de la Charite de Paris, pres-crivit l'opiura aux malades qu'il devait opérer. Son exemple fut suivi avec succes par Hermann Demme, de Berne, et Gerdy, de Paris.
II faut arriver en 1799 pour trouver la première découverte d'un medicament capable de supprimer la douleur. Un médecin des environs de Bristol, Beddoes, avait fondé un Institut pneumatique dansle-quel on faisait aux malades des inhalations des divers gaz que Lavoisier, Cavendish, Priestley avaient dé-couverts quelques années auparavant. C'est dans eet Institut que Humphry Davy, alors chargé de la preparation de ces gaz, découvrit les remarquables pro-priétés du protoxyde d'azote. Il avait remarqué sur lui-même que les inhalations de ce gaz plongeaient celui qui Ie recevait dans un état de hien-être indé-finissahle. Voici en quels termes il relate les efFets observes : laquo; Dans la nuit du 5 mai, je m'étais pro-laquo; mené pendant une heure dans les prairies de laquo; l'Avon; un brillant cl air de lune rendait ce moment laquo; délicieux et mon esprit était livré aux emotions laquo; les plus douces. C'est alors que je respirai Ie gaz. laquo; J'éprouvai d'abord une sensation de plaisir phy-laquo; sique toute locale, limitée aux lèvres et aux par-laquo; ties voisines. Successivement eile se répandit dans
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12nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES ANESTHÉSIQUES.
laquo; tout Ie corps et eile atteignit bientót un tel degré laquo; d'intensité qu'elle absorba mon existence. Je per-laquo; dis tout sentiment. Toute la nuit qui suivit j'eus laquo; des rêves pleins de vivacité et de charme, et je laquo; m'éveillai Ie matin en proie ä une énergie inquiète, laquo; ä un besoin irresistible d'agir que j'ai fréquem-lt;lt; ment éprouvé dans Ie cours de semblables expé-laquo; riences (Dastre, Les AnestJiésiqites). raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^
A la suite de ces experiences, tout Ie monde voulut goüter du gaz hilarant, il y ent un engouement uni-versel qui cessa néanmoins a la suite d'accidents signalés par divers expérimentateurs.
L'élher devait bientót enlrer clans la pratique chi-rurgicale. Bien avant les essais de Morton et de Jackson dont nous allons parier, des faits acciden-lt;dels avaient mis en evidence les propriétés anesthé--siques de 1'ether. Mais il arriva qu'on n'attacha au-cune importance ä ces accidents. On raconte que
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#9632;c'est tont ä fait par hasard que se fit Ia découverte laquo;des propriétés aneslbésiques de l'éther. Le chimiste
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Jackson avait laissé tomber un flacon qui renfer-mait du chlore. L'idée lui vint, pour neutraliser reffet irritant de ces vapeurs, de respirer de l'éther en même temps que de l'ammoniaque. L'hydrogène de l'éther et l'ammoniaque s'uniraient au chlore qu'il avait respire pour former du chlorhydrate d'ammo-niaque qui est absolument inolïensif. Durant ces
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1USÏ0R1QUE DE L'ANESïllESlli:.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;13
experiences, Jackson perdit pen ä pen I'lisage de ses facultés et éprouva des symptómes identiques ä ceux qu'on ressentait avec 1c protoxyde d'azote.
Du coup la découverte de Fanesthésie était faite.
Plus audacieux que ce médecin d'Athènes, Craw-fort Long, qui dès 1842 avail déja obtenu de bons résultats avec Tether pour anesthésier ses malades, iamp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Morion et Jackson lancèrent leur découverle sous Ie
nom de Lélhéon et prirent mème un brevet d'in-vention (1846, octobre).
Mais malgré toutes ces precautions on sut bientèt que leur Lélhéon n'était autre chose que de 1'éther.
On se mit ä l'expénmenler partout.
La demonstration des propriélés anesthésiques de l'élher déja faite en Amérique par Warren, Hayward et Bigelow, fut faite également pn France par Malgaigne et Yelpeau qui annoncèrent les résultats de leurs recherches, Tun ä l'Académie de méde-cine (12 janvier 1847), l'autre ä l'Académie des sciences (18 janvier 1847).
Peu après, un nouvel agent anesthésique fut propose par Ie physiologiste Flourens, Ie chloroforme découvert par Soubeiran en 1831 ne tarda pas ä dé-tróner l'élher dans la pratique dos operations (8 mars 1847).
Depuis, un grand nombre de substances ont été proposées pour oblenir l'anesthésie, de même qu'un
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14nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES ANESTI1ES1QUES.
grand nombre de methodes dont quelques-unes mentent d'etre conservées.
En médecine vétérinaire, l'emploi des anesthé-siques semble avoir été essayé dès Ie début. Déja en 1847 nous trouvons une relation traitant de l'emploi de l'éther dans un cas de verlige abdominal. En 1849, Ie professeur Rey, de Lyon, rapporte une série d'ex-périences démontrant l'efficacité, mais aussi les dangers du cbloroforme dans les operations chirur-gicales de longue durée. D'une facon générale, l'anesthésie est tres pen employee en médecine vétérinaire, ce n'est que dans des cas extrèmement rares que Ie vétérinaire a recours ä ce procédé d'insensi-bilisation. Ce n'est pas cependant que nos animaux ne puissent résister aux inhalations de vapeurs anes-thésiques, ni que les procédés fassent défaut. Les diverses raisons que Ton a invoquées pour combattre l'emploi de l'anesthésie chez nos animaux domes-tiques sont pour la plupart saus valeur. S'il ne faut pas éndormir dans tous les cas d'opérations, il est des circonstanccs oü l'anesthésie doit être employee. Le médecin bénéficiera de tous les avantages attaches ä l'emploi de cette methode et opérera dans des conditions de tranquillité absolue, il acquerra de plus un prestige qui souvent lui fait défaut quand on le voit au cours d'une operation engager une lutte veritable avec le sujet qu'il opère.
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CHAPITRE II
PHYSIOLOGIE DE L'ANESTHESIE
I. Considerations générales.
Pour que l'anesthésie puisse avoir lieu il est nécessaire que les vapeurs de chloroforme ou d'éther par exemple aillent imprégner les elements anato-miques. Il faut que Ie sang artériel les vehicule jus-qu'ä ces organes élémentaires. La porte d'entre'e de l'anesthésique volatil doit toujours être Ie poumon. A ce niveau les vapeurs mélangées ä l'air inspire pénètrent dans Ie sang qui traverse eet organe el sent entrainées au loin. Si, au contraire, on essaie de provoquer raneslhésie en injectant du chloroforme dans Ie tissu conjonctif sous-cutané, ou en l'administrant par l'estomac, ou en Ie poussant ä l'intérieur des veines, on échoue dans ses tentatives. C'est que dans ces cas, l'anesthésique conduit par la voie des veines au coeur droit s'élimine au niveau du poumon en même temps que l'acide carbonique;
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alors Ie sang artériel incomplètement chargé ou to-talement dépourvu de vapeurs anesthésiques re-tourne au cccur sans être capable d'aller impressionner les clements anatomiques.
Ce qui se passe ici avec Ie chloroforme se retrouve égaleraent dans rexpcrience de Claude Bernard, dans laquelle Téminent physiologiste injecte sous la peau ou dans nne veine d'un lapin une certaine quantité d'hydrogène sulfuré. Dans ces conditions, on s'assure que l'acide sulfhydrique s'exhale par la surface pulmonaire et que la quantité de ce gaz cependant toxique si on l'avait administré par les poumons n'impressionne pour ainsi dire pas Tanimal. Toutefois, Ie mème expérimentateur a démontré qu'on peut parvenir ä tuer l'animal en experience si on lui injecte une quantité beaucoup plus grande d'hydrogène sulfuré, dans ce cas alors l'inhalation pulmonaire est si abondante que Ie sujet absorbc une quantité d'acide sulfhydrique süffisante pour amener Fempoisonnement.
Aussi n'est-il pas étonnant que certains physielo-gistes ou médecins aient prétendu pouvoir endormir leurs sujets par des injections intraveineuses de chloroforme ou par l'administration de l'anesthé-sique par les voies digestives.
Les substances anesthésiques agissent sur les elements anatomiques quels qu'ils soient. Les mouve-
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PHYSIOLOGIE DE L'ANESTHÉSIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;17
ments des cils vibratils qu'on rencontre sur la mu-queuse qui tapisse Tcesophage de la grenouille et qui sont doués d'une force relativement considerable, s'arrêtent si on soumet ces cellules ä Faction des vapeurs d'éther ou de chloroformo. Le coeur de la torlue ou de la grenouille peut encore battre un certain temps après qu'on l'a enlevé de la poitrine; mais ces mouvements s'arrêtent si l'atmosphère dans laquelle on l'a place contient des vapeurs anes-thésiques.
Les graines en germination cessent de s'accroüre si la terre dans laquelle elles séjournent a éte' hu-mectée avec du chloroforme ou de l'éther.
La fonction chlorophyllienne est supprimée chez les plantes qu'on expose en presence de liquides anesthésiques.
Arloing, dans une communication ä rAcadémie des sciences (25 aoüt 1879), établit que les anesthésiques arrêtent les mouvements de la sensitive tout comme les mêmes substances abolissent la sensibi-lité chez les animaux.
Voici du reste le résultat tres interessant de ses recherches: laquo; La plante est arrosée avec les mélanges suivants :
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Chloroforme................... 3 on 5 c. cubes.
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18nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES ANESÏIIÉS1QÜES.
Ou bien :
Ether.............................. 30 c. cubes.
Eau................................ CO
lt;lt; L'arrosage une fois terminc les vases sont recou-verts exactement et delicatement pour arrêter les vapeurs anesthesiques. Dans ces conditions, on observe après 1'absorption radicellaire du cbloro-lorme ou de Téther des eflets primitifs et secondaires. Les premiers sont comparables ä ceux qu'on observe chez les animaux soumis k l'anesthésie. Ce sont d'abord des pbénomènes d'excitation semblables ä ceux qui succèdent aux irritations mécaniques; ils se produisent successivement de la base vers Ie sommet de la tige. Au bout de 30 a 60 minutes les petioles communs se redressent, les folioles s'écar-tent et ces pbénomènes marchent cette fois du sommet vers la base. Mais ä ce moment on constate que la plante a perdu sa sensibilité. Les effets secondaires consistent dans l'élimination de l'anes-tbésique. Il faut souvent une heure ou deux pour voir réapparaitre la sensibilité. Lorsque la plante a été cbloroformée ou étbérisée plusieurs fois de suite l'irritabilité est encore incomplètement revenue après 3, 4, 5 jours. raquo;
Comme on apu s'en assurer, les anesthesiques ont une action sur tous les elements organises, qu'ils soient végétaux ou animaux.
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PUYSIOLOGlli DE L'A NEST 11 ES IK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 19
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II Mécanisme de I'anesthésie.
Nous avons vu que tous les éle'ments organises e'taient susceptibles d'etre impressionne's par une substance anesthésique. Mais on peut se demander quelles sont dans Forganisme animal les premières regions atteintes. On peut dire que ce sont les een-tres nerveux qui subissent les premiers Faction de ces substances. C'est ä Claude Bernard qu'estduela demonstration de ce fait. L'expérience démontre qu'on peut provoquer I'anesthésie chez une gre-nouille qu'on a plongée dans de l'eau chloroformée. Dans ce cas Ie sang chargé de vapeurs anesthésiantes est allé porter Ie sommeil dans les différents terri-toires de l'organisme. Mais si on supprime artifi-ciellement la circulation dans teile ou teile region du corps, Ie département non irrigué subira-t-il encore les effets de l'anesthésique? C'est ce que l'expérience suivante va établir.
Sur deux grenouilles, après avoir enlevé Ie sacrum et isolé les nerfs lombaires, on enserre dans une ligature toutes les parties du corps ä cette region. De la sorte, une grenouille se trouve divi-sée en deux parties : l'une antérieure dans laquelle la circulation s'effectue, l'autre postérieure dans
laquelle au contraire la ligature a rendu toute cir-
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20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES ANESTHESIQUES.
culation impossible. Cependant les relations ner-veuses entre les deux regions n'ont pas disparu, grace ä la presence des nerfs lombaires que la ligature a respectés. Ces grenouilles ainsi préparées sont placées, Tune plongeant par le train antérieur, I'autre par le train postérieur, dans du chloroforme en dissolution dans Feau (1 pour 200). Chaque vase dans lequel plongent Tune et I'autre grenouille en experience est reconvert d'une membrane de caoutchouc pourvue d'une fente par laquelle on introduit l'animal et qui sert a le maintenir en bonne position.
Que va-t-il se passer? On constate pour la grenouille qui plonge dans le milieu anesthésique par la region antérieuro que l'anesthésie se produit non sculemenldans lapartie immergée, mais encore dans celle qui n'a subi aucun contact avec le liquide et dans laquelle la circulation a été interceptée. Ce n'est done pas le sang qui dans ce cas est allé porter Tanesthésique dans le train postérieur. Mais le cer-veau et la moelle épinière baignés par le sang de la region antérieure chargé de chloroforme ont peu a peu subi l'imprégnation et perdu leurs propriétés. Les nerfs lombaires comme tons les nerfs émanés de la moelle ont vu leur centre frappe de paralysie, aussi toute excitation portee sur la peau du train postérieur est-elle demeurée sans effet.
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PHYSIOLOGIE DE L'ANESTIIESIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 21
Chez la grenouille au contraire dont les membres postérieurs sont piongés dans l'eau chloroformée on n'obtient pas d'anesthésie. Tout au plus constate-t-on un certain degré d'insensibilité locale aux en-. droits ou la substance a été appliquée. Mais l'anes-thésie ne remonte pas Ie long des cordons nerveux, eile reste localisée ä la périphérie. Il faut done pour
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frapper les nerfs que les substances anesthésiques les attaquent au niveau de leur centre.
De quelle nature est faction exercée par Ie chlo-roforme sur les centres nerveux? Pour un certain nombre d'auteurs, l'état d'insensibilité dans lequel était plongé Ie sujet était comparable au sommeil physiologique et était du ä la congestion du cerveau. L'anesthésie pour eux n'était que Ie résultat de la compression cerebrale par Ie sang qui venait s'ac-cumuler dans la cavité cranienne. Malheureusement, pour les partisans de cetle tbéorie, des experiences pratiquées sur Ie chien par Durbam (1860) et des )- cas pathologiques observes par Bedford-Brown (1860) établissaient au contraire que pendant Ie sommeil, qu'il fut naturel ou provoqué, Ie cerveau devenait pale, son volume diminuait, ses vaisseaux se dégor-geaient du sang qu'ils contenaient au point de n'être plus perceptibles ä la surface du cerveau. Par contre, quand Ie réveil avail lieu, Ie cerveau augmentait de volume et récupérait sa couleur ordinaire. On était
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apparemment en droit de conclure que l'anestliésie était due ä un ralentissement de Factivité circula-toire. Ce furent les experiences de Cl. Bernard qui apportèrent l'accord. Il démontra qu'il est des cir-constances oü l'anesthésie saccompagne de symp-tomes asphyxiques, surtout au debut des inhalations. Alors la substance cerebrale est congestionnée,
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hyperliemiee; mais aussitót que Ie sommeil a lieu Ie
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cerveau s'anémie et devient exsangue. Comme Ie dit tres judicieusement Cl. Bernard, les deux theories pouvaient parfaitement se soutenir : laquo; Enadmettant qu'il y ait anémie cerebrale, on pourra dire que la sensibilité disparait parce qu'il n'y a plus assez de sang dans Ie cerveau pour exciter rorigine centrale des nerfs sensitifs. Au contraire s'il y a hyperhémie du cerveau, les cellules centrales d'oü partent les nerfs sensitifs peuvent se trouver d'abord trop forte-ment impressionnées et produire une excitation passagere; mais, s'il en résulte des troubles respira-toires, que Ie sang stagne et n'aille plus s'hématoser - L dans les poumons, il deviendra impropre ä exciter les fonctions nerveuses et l'anesthésie en sera la consequence (1). raquo;
Le professeur du College de France n'admit ce-pendant ni l'une ni l'autre de ces opinions. Il consi-
(1) Cl. Bernard, Les Aneslhésigues. Lecon III.
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derail la congestion ou l'ischemie du cerveau comme des phénomènes concomitants de l'anesthésie. Pour lui, Ie sommeil chloroformique était du ä une modification physico-chimique de Télément nerveux. Les vapeurs anesthésiques amèneraient un état de semi-coagulation de la cellule nerveuse; celte coagulation persisterait tantquelechloroforme ne serait pas éliminé. Il se basait pour appuyer sa theorie sur -4 ce fait qu'un muscle place dans un milieu saturé de vapeurs de chloroforme ne tarde pas ä entrer dans un état de rigidité qu'il désigne sous Ie nom de rigidité chloroformique. Si l'exposition du muscle aux vapeurs de chloroforme n'a pas éte de longue durée, on constate qu'il a perdu peu ä peu son exci-tabilité et au microscope on se rend compte que sou contenu est dans un état de semi-coagulation. Le muscle n'est pas mort, car si on le remet dans ses conditions physiologiques, on voit l'état de coagulation disparaitre et l'élément musculaire retrouver sou irritabilité.
Quoi qu'il en soit de ces diverses theories, on ne connait pas le mécanisme intime de l'anesthésie. Les anesthésiques ont une action marquee sur le protoplasma vivant; quant a dire de quelle nature est cette action, ei comment eile s'exerce il n'y faut pas songer. Contentons-nous de savoir ce que nous enseigne l'observation des fails; l'anesthésique agit
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sur rélément anatomique en en suspendant momen-tanément l'activité.
UI. Marche de l'anesthésie.
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On a divise les différents phénomenes qui se dé-roulent durant Tadministration des anesthésiques en deux périodes :
A.nbsp; Période d'excitation qui correspond avec Ie début des inhalations;
B.nbsp; nbsp;Période d'anesthésie confirmée, pendant la-quelle raniihal complètement immobile se prête ä l'intervention chirurgicale.
A. Période d'excitation. Les experiences de Cl. Bernard ont parfaitement établi que les anesthésiques portaient tont d'abord leur action sur les centres nerveux. Le même physiologiste a démon-tré que lïmprégnation de ce système se fait suivant une marche toujours constante. Les hemispheres cérébraux sont les premiers atteints, ce n'est qu'en-suite qu'on voit la moelle et enfin le bulbe être im-pressionnés par la substance anesthésique. Les fonc-tions sensitives sont les premières annihilées, les fonctions motrices ne le sont que quelque temps après.
La faculté que possède le bulbe de résister long-temps aux anesthésiques et d'etre le dernier atteint Ta fait designer par Charcot, sous le nom ftultimum
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moriens. Mais avant d'etre paralyses les elements nerveux s'exaltent et passent par une période d'ex-citation. Le sujet qu'on endort, au moment oü les vapours anesthésiques vont impressionner le cer-veau, passe par une phase d'excitation remarquable. C'est ä ce moment qu'on voit apparaitre chez l'homme le délire, los rèves, los hallucinations, en même temps que des mouvements désordonnésot convulsifs. Le même fait se reproduit chez nos ani-maux; le chien, qu'on soumet aux inhalations chlo-roformiques, aboie, pousse des cris plaintifs, des gémissoments et s'agite convulsivement. Le cheval hennit et se debat d'une facon énergique. Au bout de quelques instants l'imprégnation des hemispheres est complete, ä cette phase d'excitation cerebrale succède la paralysie ot lo calme apparait.
A ce moment, la moelle est impressionnée ä son tour, ou Ton s'assure que sa sensibilite' est détruite. Cette destruction de la sensibilite progresse de la périphérie au centre. La sensibilite ä la douleur dis-parait la première, puis s'abolit succossivement, la sensibilite do la peau dos mombres, du tronc, de la face, de la muqueuso nasaleetdelamuqueuse dol'ceil.
B. Période d'anesthésie confirmée. Au fur et ä mesure que cos phénomènes se déroulent, la moello on tant qu'organe conducteur dos impressions motrices ressont faction de l'anosthésique ot est excitée. On
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voit alors se produire de l'agitation, des mouvements respiratoires exagérés, quelques convulsions. Puis tout rentre dans l'ordre, l'agitation cesse, Ie Systeme musculaire se reläche. Les membres du sujet sont dans un état de flaccidité remarquable, la réso-lution musculaire est obtenue. L'animal n'est plus qu'une masse inerte, incapable de réagir. La respi-a'ation s'établit reguliere, l'animal est dans Ie repos absolu. C'est Ie moment propiceä l'intervcntion chi-rurgicale.
IV. Des accidents de l'anesthésie.
Si teile est la marche de l'anesthésie bien prati-quée, il n'en faut pas conclure qu'elle s'effectue tou-jours avec celte régularité. Dès les premières inhalations de chloroforme, l'ère des accidents est ouverte. Au moment même oü Ie sujet est endormi, alors qu'on a vaincu les premières difficultés qui s'of-frent au début de l'anesthésie, il ne faut pas perdre de vue que Ie sujet a attaint la limite des conditions compatibles avec la vie, et que l'introduction d'une nouvelle quantité de vapeurs peut suffire a amener des accidents irreparables. Nous allons examiner Ie mécanisme de ces accidents et voir quel remede on peut y apporter.
Tout ä fait au début des inhalations, les vapeurs
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anesthesiques ä leur passage dans les premières voies respiratoires irritent la muqueuse de ces conduits, et cette irritation devient Ie point de depart de phénomenes reflexes sur ie coour et la respiration. C'est la Ie premier e'cueil, surtout si l'anesthe-sique mis en usage est de mauvaise qualité ou altere dans sa composition.
Dans ces conditions, il n'est pas rare de voir sur-venir un ralentissement de la respiration, qui peut aller jusqu'ä l'arrèt complet. C'est la ce qu'on a désigné sous Ie nom de syncope laryngo-réflexe. L'irritation est transmise au bulbe par Ie trijumeau ou Ie laryngé, et eile est réfléchie par l'intermédiaire du pneumogastrique. Ce qui démontre bien que ces reflexes out pour point de depart les irritations por-tées sur les muqueuses nasale, buccale ou laryngée, c'est que si, ä l'exemple de Paul Bert, on administre l'anestbésique par une ouverture faite ä la trachée, on supprime de ce fait tous les accidents; de mème encore si, comme Arloing, on injecte la substance dans Ie système veineux. Sur Ie cceur, les dangers sont les mêmes, et on peut dès 1c début de l'anesthésie voir l'organe central de la circulation s'arrèter brusque-ment. Il semble même qu'ä ce moment l'excitation du laryngé inférieur amène plus facilement l'arrêt du coeur (F. Franck). Encore ici, c'est l'irritation des extrémités terminales du trijumeau ou du laryngé,
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qui après s'ètre reflechie dans Ie bulbe sur Ie pneumo-gastrique, vient determiner Ie ralentissementourar-rêt complet du cceur, et provoquer la syncope car-diaque primitive.
Un peu plus tard, un nouveau danger se dresse, Ie cceur, sous Taction de l'excitation de la moelle, ac-célère considérablement ses battements, puis après avoir baltu cVune facon de'sor Jamp;nnée, s'arrête. Cette syncope cardiaque secondaire a son explication dans ce que, au moment oü Ie cceur augmente Ie nombre de ses battements, les centres accélérateurs du cceur, qui siègent dans la moelle cervico-dorsale, sont excites par l'arrivée des vapeurs anesthésiques; la paralysie qui suit l'excitation de ces mêmes centres provoque ä son tour Ie ralentissement du muscle cardiaque au moment mème oü Ie bulbe, source des impulsions modératrices de cetorgane, commence ä ressentir les premiers effets de l'anesthésique et entre en excitation. Cette syncope cardiaque secondaire on bulbaire precede de quelques instants la syncope respiratoire secondaire, qui peut se produire ä la suite de Fexcitation trop violente du bulbe.
Enfin, quand l'anesthésie est confirme'e, on peut voir encore survenir d'autres accidents. Il faut re-doubler de precautions et éviter l'entrée d'une trop forte quantité de vapeurs anesthésiques. En effet, si l'on continue Tinhalation, on voit survenir Tin-
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toxication du bulbe et par suite sa paralysie. Dans ce cas, la respiration se suspend [apnée toxique), et Ie cceur, après avoir battu quelques instants encore, finit lui aussi par s'arrèter [syncope tertiaire).
Quant aux moyens préconisés pour combattre ces accidents, ils sont variables suivant qu'on se trouve en presence d'une syncope cardiaque ou d'une syncope respiratoire. amp;H peut dire que devant les syncopes cardiaques, nous sommes presque sans pouvoir. Lemieuxserait d'électriser la region cervico-dorsale de la moelle, afin d'essayer de re'veiller l'action des accélérateurs cardiaques. Mais c'est lä un moyen pen pratique. Dans ce cas, comme dans celui de syncope respiratoire, il vaut mieux pratiquer la respiration artificiello.
En effet, lorsqu'il s'agit d'un arrêt de la respiration, la pratique de la respiration artificielle donne d'excellents résultats. Il suffit de presser la poitrinc du sujet d'une facon rythmée, de maniere ä faire pe-nétrer et sortir successivement une certaine quan-tité d'air. Le temps pendant lequel ces manoeuvres sont nécessaires varie, quelquefois quelques mouve-ments suffisent ä rappeler la respiration, parfois au contraire, il est bon d'insister pendant dix minutes et davantage. Tant que le cceur bat, le sujet peut être rappele ä la vie.
Le procédé de Laborde ou des tractions rythmnes
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de la langue doit être mis en usage, il est capable de rendre en pareille circonstance des services excel-lents. Je n'en veux pour preuve que la communication suivante du Dr L. Labbe, devant l'Académie de médecine, dans la séance du 30 octobre 1894 : laquo; Il s'agissait, dit-il, d'un enfant que j'opérais avec plusieurs confrères. Presque dès Ie début de la chloro-formisation, il y eut asphyxie. La mort semblait ab-solue; la pupille était dilatée au maximum. Cepen-dant, dès que je pensai a pratiquer des tractions rythmées de la langue, Ie malade revint a la vie avec une rapidité extraordinaire. Ce futune veritable resurrection. raquo;
En somme, les meilleurs procéde's ä employer dans les cas d'accidents au cours de l'anesthésie, sont la respiration artificielle et les tractions de la langue. Quant aux autres moyens préconisés en pareille circonstance, ils sont pour ainsi dire sans efFets, ä part toutcfois la flagellation de l'épigastre äl'aide d'un linge mouillé qui est quelquefois employee avec succes.
V. Moyens de s'assurer de la marche de l'anesthésie.
L'examen de la sensibilité aux diverses regions du corps, permet de suivre les progrès de l'anesthé-
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sie. On sait que les membres, Ie corps, les lèvres, la conjonctive deviennent tour ä tour insensibles. Si au toucher de la muqueuse oculaire il ne se produit aucun mouvement des paupières, si Ie n''-ßexe oculo-palpébral a disparu, c'est que la limite est atteinte et qu'il serait dangereux de continuer l'administration de Tanesthésique. Le reßexe labio-mentönnier peut encore fournir d'exccllentes indications. Si l'on touche la gencive de l'arcade incisive supérieure, on provoque un mouvement de la lèvre inférieure qui vient brusquement recouvrir la base des incisives.
Or, ce réflexe persiste alors que le réilexe oculo-palpébral a cessé de se produire, c'est pour-quoi Dastre qui l'a découvert, lui a donné le nom Ahiltimum reflex (1886).
L'état des yeux et de la pupille n'est pas moins utile ä connaitre. Chez le chien par exemple, pendant toutela durée des inhalations, la pupille est for-tement dilatée, eet état de dilatation persiste du-dant toute la phase d'agitation. Dès que l'anesthésie est obtenue et que l'animal est plongé dans le sommeil, on voit la pupille se contractor peu ä peu
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au point de devenir punctiforme. On peut être sur alors de l'absence d'accidents, mais si au cours de l'anesthésie la pupille contractée se dilate brusquement c'est l'indice d'une intoxication, il faut cesser
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rinhalation et intervenir par les moyens appropriés. On constate pendant Tadministration de l'anesthé-sique, notamment chez Ie cheval, des mouvements des yeux tont ä fait caractéristiques. C'est un mouvement de pirouettement d'abord accelere puis gra-duellement ralenti ä mesure que 1'anesthésie se con-ürmc. Au moment oü celle-ci est complete, les mouvements s'arrêtent pour reprendre dès que l'é-limination de Fanesthésique est commencée.
VI. Influence de l'anesthésie sur les différentes fonctions.
L'anesthésie exerce sur les diffe'renles fonctions des influences variées qu'il est utile de connaitre. Son action sur la circulation centrale a e'te déja étudiée a propos des accidents de l'anesthésie, de mème encore que son action sur la respiration.
Les modifications qu'elle apporte sur la circulation périphérique seront étudiées lors de l'étude que nous ferons des diverses substances mises en usage.
Les anesthésiques ont une action marquee sur la force des mouvements respiratoires ainsi que cela résulte des experiences de Langlois et Richet {Académie des sciences, 1quot; avril 1889).
Dans les conditions normales, un chien peut res-pirer ä travers une colonne de mercure dont la hau-
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teur est de 23 millimetres. Mais une fois anesthésié, si on 1 e fait respirer ä travers une colonne de mer-cure haute de 10 millimetres, il est incapable de franchir eet obstacle et s'asphyxie. C'est Teffort expiratoire qui est paralyse. Même plongé dans Ie sommeil, Ie chien peut encore inspirer a travers lo, 20 ou 23 millimetres de mercure, tandis que si la pression ä l'expiration est de 10 millimetres, l'effort expiratoire est impossible et l'animal meurt. La conclusion, c'est qu'il ne faut pas porter Ie plus petit obstacle ä l'expiration, sous peine de voir l'asphyxie survenir.
On peut également constater que durant l'anes-tbésie, la temperature subit un abaissement notable qui varie entre quelques dixièmes de degre et un degré et plus. Cette chute de temperature s'explique par ce fait que la consummation d'oxygène et Ia production d'acide carbonique diminuent peu ä peu durant la période anesthésique (P. Bert). D'autre part, on a signalé pendant la durée du sommeil une diminution de la thermogenèse et des échanges respiratoires.
Pour ce qui est des secretions, il n'est pas rare de voir survenir pendant l'anesthésie une abondante production de salive. Cette hypersécrétion salivaire est due ä Faction locale que les vapeurs d'éther et de chloroforme exercent sur la muqueuse buccale.
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Certains ont signalé pendant l'anesthésie la presence de l'albumine et des pigments biliaires dans l'urine, en même temps qu'une diminution de l'urée. Enfin, les anesthésiques sont capables d'exciter Ie centre diabétique du bulbe et de provoquer l'hypergly-cémie.
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CHAPITRE III
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I. Propriétés physico-chiraiques du chloroforme.
Le chloroforme découvert en 1831, par Soubeiran laquo;n France, et par Liebig en Allemagne, est un liquide incolore d'une densite' de 1,48, dont le point d'ébullition est de 60o8. Il possède une odeur suave, une saveur piquante et sucrée. Il est soluble dans l'alcool absolu et l'éther sulfurique, ä peu prés insoluble dans l'eau. C'est un liquide incombustible, il est capable de dissoudre l'iode, le soufre, le phos-phore, les corps gras, un certain nombre de re'sines et d'alcaloïdes.
Le chloroforme peut renfermer des substances étrangères, résultats d'une purification insuffisante ou d'une falsification. Dans tous les cas, il faut savoir que sous l'influence de la lumière, le chloroforme est capable de se decomposer et de dégager des vapeurs acides et chlorées.
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II. Garactères de pureté du chloroforme. Mode de conservation.
S'il nest pas possible d'incriminer Ie chloroforme dans tous les cas de mort qui surviennent au cours de l'anesthésie, il faut cependant savoir que les impuretés de ce produit sont susceptibles, dans une certaine mesure, d'amener des accidents redoutables. Le Chirurgien devra toujours recon-naitre la pureté du chloroforme qu'il mettra en usage. Aussi pensons-nous utile d'exposer les ca-ractères de pureté de ce produit:
a.nbsp; Le chloroforme doit avoir une densité de 1,48
ä 18deg;.
b.nbsp; Son point d'ébullition doit varier entre 60o8 et 61deg; ä la pression de 7G0 millimetres.
c.nbsp; nbsp;Si le chloroforme est pur et ne renferme pas d'alcool, lorsqu'on l'agite avec de Teau, il reste transparent; dans le cas contraire, le chloroforme de-vient opalescent.
d.nbsp; En presence de teinture bleue de tournesol, le chloroforme pur ne doit ni la rougir ni la décolorer, ce sera la prcuve qu'il ne renferme ni acide, ni chlore libre, ni produits chlorés decolorants.
e.nbsp; Traite par une solution de nitrate d'argent, le chloroforme qui ne renferme pas d'acide chlor-
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hydrique ni de chlore ne doit pas précipiter.
f. Si Ie chloroforrae ne contient pas de matières organiques, il ne doit pas se colorer si on Tagite avec son volume d'acide sulfurique.
y. Enfin, il peut renfermer de Taldehyde ; dans ce cas, si on Ie chauffe avec de la potasse en dissolution, il la brunit et reduit l'oxyde d'argent hydraté.
h. Le chloroforme pur doit être ininflammabie.
Le chloroforme qu'on expose ä la lumière donne tres rapidement des traces de decomposition. Après deux jours en été, et cinq jours en hiver, ces alterations sont déja constatables. Au contraire, si on soustrait le produit ä la radiation solaire, on peut le conserver un temps tres long sans voir survenir de changements dans sa composition. Aussi doit-on lorsqu'on veut conserver du chloroforme dans des conditions de pureté irréprochable, avoir soin de le placer dans de petits flacons colorés et de le mettre ä l'abri de la lumière.
#9632; Regnault [Mémoires de la Société de biologie, 45 novembre 1884) recommande pour éviter l'alté-ration du chloroforme, d'y ajouter de l'alcool éthy-lique dans la proportion de 1 a, 2 p. 1000, ou de l'éther sulfurique ä la dose de 1 p. 1000.
Plus récemment, M. Allain [Journal de pharmacie et de chimie, 6deg; série, t. II, n0 6, p. 252) propose le
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moyen suivant : saturer Ie chloroforme de soufre pur. Dans ces conditions, quels que soienties modes de conservation de ce produit, on constate que ses propriétés sont conservées intactes.
III. Mode d'administration du chloroforme.
A propos de la physiologic de l'anesthésie, nous avons vu que l'administration des anesthésiques vo-latils devait se faire par les poumons. Nous avons établi qu'on arrive toutefois ä provoquer Ie sommeil quand au lieu de pratiquer des inhalations, on s'a-dresse ä restomac ou au tissu conjonctif sous-cutané, mais alors la quantité d'anesthésique nécessaire devient considerable. On connait un certain nombre d'exemples dans lesquels Fingestion d'une dose massive de chloroforme a été suivie d'anesthésie générale. Mais dans ces différents cas, les phénomè-nes observes n'ont pas cessé d'etre inquiétants pour la vie des sujets. Sur l'un d'eux observe par Taylor, on constata äla suite de l'ingestion de 112 centime-tres cubes de chloroforme, les phénomènes sui-vants : insensibilité absolue, pupille fortement di-latée, pouls petit, presence de räles dans les poumons, mouvements convulsifs généraux. Malgré cela, on parvint après douze heures de soins assidus, ä rappeler Ie sujet è, la vie, mais il conserva de la bron-
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chite, une faiblesse notable des battements du coeur qui étaient devenus sourds et rudes.
Raphael Dubois, dans une communication ä Ia So-ciété de biologie (10 mars 1884), relate qu'il écboua complètement a produire l'anesthésie par administration par Ie rectum d'air saturé de chloroforme. Dans un cas il cbassa une grande quantité de eet air dans la partie terminale de l'intestin et ne put constater aucune modification de la sensibilité. Par-fois les animaux en experience étaient pris de vo-missements, et les matières vomies avaient mani-festement l'odeur de chloroforme. Le même auteur en injectant par le rectum un mélange d'huile et de chloroforme parvint ä provoquer un état comparable ä l'ivresse, mais qui n'était pas de l'anesthésie.
C'est done par les poumons qu'on doit faire les inhalations de chloroforme.
Pour les pratiquer on a propose un tres grand nombre d'appareils. Pour le chien notamment, on peut se servir d'un inhalateur ä forme de muselière. Celle-ci a sa partie an té ri eure constituée par une chambre métallique fermée ä ses deux extrémités par un grillage. C'est dans cette boite qu'on place une éponge imbibée de chloroforme. De la sorte, l'animal respire ä travers une atmosphere chargée de vapeurs anestbésiques. Voir figure 1.
Mais on peut dire que l'usage de ces appareils
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spéciaux peut ètre abandonné. Le mieux est de se servir d'une serviette pliée en forme de compresse de 20 centimetres carrés environ.
Cette compresse après qu'elle a requ quelques gouttes de chloroforme est maintenue ä 6 ou 8 centimetres des naseaux de facon ä permettre au sujet d'introduire dans ses poumons un mélange d'air et de substance anesthésiante.
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Fig. 1. Musclières pour lanesthésie du chien et chien porteur d'une muselière.
Lorsqu'il s'agit du cbloroforme qui exerce sur la peau une action irritante, on peut enduire le pour-tour de la bouche et des naseaux d'une couche de vaseline qui met la peau de ces regions ä l'abri des irritations possibles. D'autre part, il est bon de recouvrir la compresse d'une toile eiree par exemple, afin d'empêcber Ie chloroformisateur d'absorber une grande quantité de medicament.
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Ce procédé de la compresse n'est guère applicable que chez les animaux, tels que Ie chien, Ie cheval et Ie bocuf qu'on peut, facilement entraver. Mais quand il s'agit d'animaux comme Ie chat, Ie
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i^ig- 2. Pratique de 1 aDcsthésie chez Ie chat. Chat sous la cloche.
singe, que l'agilité, la souplesse et aussi les moyens de defense rendent difficiles a manier, il faut avoir recours ä un procédé différent.
Le chat est introduit sous une cloche de verre (voir fig. 2) sous laquelle on a place au préalable quelques
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éponges ou tampons d'ouate imbibés de chloroforme. Au bout de quelques minutes on voit l'animal tituber, puis tomber sur Ie cóté et dormir. C'est ä ce moment qu'il faut Ie saisir, Ie fixer solidement et pra-tiquer Topenition. L'administration de nouvelles quantitésde chloroforme permet de prolonger l'anes-thésie pendant la durée des manoeuvres opératoires. Pour un animal de forte taille, Ie singe par exemple,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;V
Ie mieux est de jeter dans la cage quelques éponges mouillées de chloroforme, et de recouvrir celle-ci d'une couverture épaisse. L'animal ne tarde pas ä ressentir les effets de l'anesthésique. On Ie volt tour ä tour inquiet et chancelant, puis après quelques temps il s'affaisse et dort. Comme pour Ie chat, c'est Ie moment d'intervenir.
S'il arrivait qu'on dut pratiquer l'anesthésie sur de petits animaux comme les oiseaux, c'est encore au procédé de la cloche qu'il faudrait recourir. Mais ici il serait nécessaire de redoubler de precautions, car ces animaux sont d'une sensibilité extreme en presence du chloroforme.
Doit-on faire pénétrer Ie chloroforme ä doses massives, ou au contraire par petites quantités? L'expé-rience a démontré qu'au procédé par sidération, il est preferable de substituer Ie procédé dosimétrique ou des gouttes. Dans Ie premier cas on verse sur la compresse une grande quantité de chloroforme;
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Ie malade brusquement saisi est sidéré sans avoir présenté la période d'agitation qui marque Ie début de Fanesthésie. Mais c'est la un procédé dangereux qui expose Ie patient aux syncopes cardiaque et respiratoire. Dans Ie procédé dosimétrique au contraire, c'est goutte ä goutte qu'on verse Ie chloro-forme. Dans ces conditions Ie sujet respire la vapeur anesthésiante mélangée ä l'air, son organisme s'im-prègne lentement saus ä-coups. L'anesthésie par ce moven demande environ dix minutes ä s'établir; il ne suffit plus alors pour maintenir Ie sommeil que d'administrer de temps ä autre une nouvelle dose de cbloroforme (dose d'entretien).
Ce serait Ie lieu de parier ici de la methode des mélanges titrés, découverte par Paul Bert, qui permet de regier exactementla penetration des vapeurs anesthésiques.
Malheureusement cette methode, qui néccssite l'eraploi d'appareils fort coüteux, ne peut recevoir aucune application en médecine vétérinaire.
IV. Action du cbloroforme sur la circulation et la respiration.
Lorsque l'anesthésie par Ie cbloroforme se passe avec régularité, on peut constater que les batte-ments du cceur ont acquis une énergie plus grande.
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Le pouls est plein el serre. Si l'anesthésie est poussée trop loin et si l'empoisonnement estproche, on voit la pression diminuer, et les battements du cceur s'affaiblir graduellement. Au début de l'anesthésie, on peut se rendre compte que les petits vaisseaux se dilatent, mais cette vaso-dilatation est de courte duree, la vaso-constriction apparait bien-töt. Le resserrement des petits vaisseaux est la regle quand l'administration du chloroforme a été faite avec precaution.
La päleur du visage qu'on constate chez riiomme soumis aux inhalations de chloroforme, l'aspect ca-davérique que prend sa physionomie, sont la consequence de cette vaso-constriction.
Le chloroforme est done un anémiant, en resser-rant les vaisseaux il expose moins aux hémorra-gies. C'est la un grand avantage pour la pratique chirurgicale.
A propos des accidents de l'anesthésie nous avons étudié les influences fächeuses que le chloroforme pouvait parfois exercer sur la circulation et la respiration. Nous nous dispenserons d'y revenir. Nous dirons seulement que la respiration est modifiée dans son rythme chez 1'animal endormi par le chloroforme. La respiration thoracique est ä pen prés nulle, c'est la respiration abdominale qui prédomine, en s'efFectuant en deux temps comme par secousse.
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V. Des phénomènes qui precedent, qui accompa-gnent et qui suivent l'anesthésie par Ie chloro-forme.
Dans l'exposé des phénomènes de Fanesthesie que nous avons fait ä propos de la physiologic de cette operation, c'est surtout l'anesthésie par Ie chloroforme qui nous a servi de modele. Aussi pourrons-nous résumer ici. Quoi qu'il en soit, la période d'agitation ne fait jamais défaut, tous les animaux sont violemment excites et se débattent. Il arrive, ainsi que j'ai pu m'cn assurer bicn des fois, que Ie chien reste quelques secondes saus res-pirer et qu'il essaie ainsi d'empècher l'accès des vapeurs chloroformiques. Mais quand l'asphyxie commence ä Ie gagner, on Ie voit effectuer des mouve-ments respiratoires Irès profonds et Ie chloroforme se trouve alors enlrainé. Le calme survient assez vite. C'est sur l'élat du réflexe oculo-palpébral qu'il faut se guider pour ne pas dépasser la dose de chloroforme nécessaire. Dès que ce réflexe a dis-paru, il est de toute nécessité de cesser les inhalations. De même il faul surveiller l'état de la pupille qui diu'ant la période d'anesthésie confirmee doit rester contractée fortement.
Le chloroformisateur ne doit pas un seul instant
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perdre de vue les mouvements de la respiration; dès que celle-ci lui semblera pres de s'éteindre il devra pratiquer la respiration artificielle.
Une fois l'anesthésie obtenue il suffira pour l'en-tretenir de quelques gouttes de chloroforme verse par intervalles sur la compresse.
Autant qu'il sera possible, on évitera de faire durer l'anesthésie un temps trop long, car la chlo-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Jgt;
roformisation trop prolongée enlrainerait la mort du sujet.
Parmi les phénomènes accessoires qu'on peut constater au cours de l'anesthésie par Ie chloroforme, il faut citer spécialement l'hypersécrétion des glandes salivaires. Sur Ie chien qu'on endort, on voit deux longs filets de salive couler continuelle-ment de la commissure des lèvres. Ces secretions si elles ne gènent pas dans la plupart des cas, peu-vent dans certaines circonstances devenir un obstacle ä la respiration, il devient alors nécessaire de les enlever.
Le réveil d'un animal qui a été soumis aux inhalations de chloroforme est rapide. L'élimination de ce produit se fait vite, eile s'effectue ä la fois par les poumons et par la muqueuse de l'estomac, c'est ce qui explique les vomissements que Ton constate chez l'homme notamment et souvent aussi chez le chien a la suite de l'anesthésie. Un quart d'heure
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après les inhalations, Ie chien est capable de se tenir debout; pour Ie cheval, il faut un pen plus long-temps, une demi-heure environ.
On a fait au chloroforme Ie reproche d'occasion-ner un trop grand nombre d'accidents et Ton a tenté de lui substituer l'éther. Les statistiques qui eta-blissent la mortalité due ä cette substance chez rhomme ont ete faites avee beaucoup de soin, elles montrent que le chloroforme est beaucoup plus dan-gereux que l'éther. Pour nos animaux les statistiques font défaut, mais il m'est permis de dire que le chloroforme a sa necrologie chez eux tout comme dans la médecine de rhomme. Nous avons déja dit que les impuretés du chloroforme ne sont pas les seules causes de ces accidents; il faut faire interve-nir également la sensibilité spéciale h chaque individu.
On se mettra ä l'abri des accidents de l'anesthé-sie par le chloroforme en suivant les indications que j'ai données et que je résumé ici:
1deg; Se servir d'un chloroforme absolument pur ;
2deg; L'administrer goutte ä goutte et non pas par doses massives;
3deg; Permettre en même temps que Tentree des vapeurs anesthésiques l'accès d'une certaine quan-tité d'air;
4deg; N'apporter aucun obstacle aux mouvement? de
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la respiration et specialement au moment de l'expi-ration;
5deg; Surveiller attentivement les mouvements res-piratoires;
6deg; Cesser les inhalations dès que Ie réflexe oculo-palpébral a cessé de se produire;
7quot; En cas de syncope respiratoire pratiquer immé-diatement la respiration artilicielle ou les tractions rythmées de la langue.
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VI. Des contre-indications de l'anesthésie par Ie chloroforme.
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On ne devra pas pratiquer l'anesthésie par Ie chloroforme chez les sujets porteurs de lésions du cceur ou de l'appareil respiratoire. L'expérience a en effet démontré que l'emploi du chloroforme chez ces animaux exposait a des accidents mortels. Tout récemment encore, Guinard a appelé l'attention sur ce point. Il a vu sur une série d'animaux atteints de bronchite ancienne, de pleurésie chronique, d'in-suffisance mitrale, de pcricardite, de myocardite avec hypertrophie, que tandis que l'emploi de l'éther était sans danger, l'anesthésie par Ie chloroforme pouvait être tres dangereuse au point de tuer les animaux d'une maniere foudroyante. De même dans les cas de congestion pulmonaire, ä la suite d'hé-
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morragies abondantes, de plaies penetrantes de lapoi-trine et de l'abdomen, l'anesthesie par Ie chloro-forme doit étre laissée de cóté.
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VII. Anesthésie des animaux domestiques au moyen du chloroforme.
Cheval. Le cheval supporte hien Ie chloroforme, c'est k eet anesthésique qu'il faudra avoir recours quand on voudra obtenir la narcose complete. Le professeur Moller, de Berlin, donne dans le Monatshefte für #9632;praktische Thierheilkunde le ré-sultat de ses experiences. Il a endormi au moyen du chloroforme 126 chevaux, dont 31 étalons, 38 ju-ments, 57 hongres.
La quantité moyenne de chloroforme employé a été de 110 grammes. Dans ces conditions l'anesthesie a été poussée jusqu'ä la disparition du ré-flexe cornéen et a dure environ 20 minutes. L'au-teur a mis environ le même temps pour produire le sommeil. II a constaté que les jeunes chevaux de 1 ä 2 ans sont anesthésiés avec une dose de 15a 20grammes eten moins de 7ou8minutes. L'au-teur a anesthésie environ 200 chevaux sans avoir ä déplorer un seul cas de mort, ni d'accident consécu-tif. Il a pu poursuivre l'anesthesie pendant deux heures sans voir aucun symptume alarmant survenir.
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Almy et moi avons repris ces experiences, et nous avons constaté tous les phénomènes annonces par Möller. Durant radministration du chloroforme, on constate toujours des mouvements des yeux (nystagmus). Le pirouettement se ralentit ä mesure que l'anesthésie s'établit et cesse quand eile est confirmee. Alors Ia paupière supérieure s'abaisse. La période d'excitation qu'on constate au début dure quelques minutes. L'anesthésie du cheval par le chloroforme mériterait done d'etre pratiquée plus souvent.
Chien. L'anesthésie du chien au moyen du chloroforme s'obtient tres rapidement et sans danger si Ton a eu soin de suivre toutes les indications édictées.
Cependant, il ne faut pas oublier que le chien est suffisamment sensible aux vapeurs de chloroforme; et qu'il faut une certaine habitude pour pra-tiquer sur lui l'anesthésie chloroformique. La période d'excitation n'est pas de longue durée, une ou deux minutes ä peine. Dix minutes suffisent en general pour obtenir la narcose complete avec une dose moyenne de IS grammes de chloroforme.
L'anesthésie peut sans danger durer une heure environ. En raison des accidents qui peuvent accoin-pagner l'anesthésie au chloroforme chez le chien, les praticiens peu habitués devront avoir recours
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ä la methode mixte (morphine-atropine-chloro-forme) qui les mettra ä l'abri de tout danger. Voir au chapitre des -Methodes mixles.
Chat. Nous connaissons les moyens d'adminis-trer Ie chloroforme ä eet animal. Il faut se souvenir que Ie chat est tres sensible a ce produit et que souvent il meurt au cours de l'anesthésie.
Il faut done agir avec prudence et redoubler de precautions.
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CHAPITRE IV DU CHLORAL
I. Propriétés physico-chimiques du chloral.
Le chloral a été découvert en 1832 par Liebig, ses propriétés physiologiques et thérapeutiques l'ont été en 1869 par Liebreich. I/hydrate de chloral se présente tantót sous forme de masses constituées par des lames prismatiques rhomboïdales accolées, tantót au contraire sous l'aspect de petits cristaux offrant une grande ressemblance avec certains sels ä base alcaline.
A la temperature ordinaire, il se volatilise ä la facon du camphre. Sou odeur est vive et penetrante. Il est tres soluble dans l'eau, l'alcool, l'éther et le chloroforme. La solution aqueuse d'hydrate de chloral doit être neutre et doit ne pas précipiter par le nitrate d'argent. Enfin, le chloral fond ä -{- 46deg; et bout entre 97deg; et 98deg;.
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II. Effets physiologiques du chloral.
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1deg; Sur la circulation centrale et périphérique. Lorsqu'un animal a regu du chloral en injection inlraveineuse, il est facile de s'assurer que le coeur, au debut, se contracte avec une énergie plus grande. Puis, pen ä peu, au fur et ä mesure que l'anesthésie se confirme, on voit ses battements
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perdre leur énergie et s'affaiblir considérablement. -
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En même temps, le nombre des battements du coeur subit une modification. Sensiblemcnt diminués au début ils s'accélèrent dans Ifi période d'anesthésie. Si l'animal a regu une dose toxique de chloral, ä l'accélération des mouvements du coeur, succède son arrêt complet. Mais c'est sur la circulation péri-phérique que le chloral exerce une action qu'il Importe au Chirurgien de bien connaitre. La pres-sion arterielle s'abaisse et eet abaissement est sous la dépendance de la dilatation des petits vaisseaux. On voit les tissus se congestionner, la peau et les muqueuses s'injecter vivement. On a même pu comparer lat vascularisation de ro3il et de l'oreille chez le lapin qui a regu du chloral ä celle qui fait suite a la section du grand sympathique cervical. Cette vaso-dilatation constitue un grave inconvenient de l'anesthésie chloralique. Les plaies saignent au
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moindre attouchement et les hémorragies n'ont que peu de tendance ä s'arrêter.
2deg; Sur la respiration Le chloral, au début, . accélcre un peu la respiration, puis la faTèntrt' pendant la période anesthésique. Il n'est pas rare de CpA voir survenir, au cours des injections intraveineuses de chloral, des arrèts des mouvements respiratoires.
Si la dose n'est pas toxique, Ia respiration re-prend ; au contraire, si la quantitc de chloral injecté est trop forte, la respiration s'arrète définitivement. Il arrive que sous Tinlluence du chloral la respiration devient saccadée, irreguliere ; quand ces irré-gularités se constatent, au cours de la chloralisa-tion, Ie meilleur moyen d'y remédier consiste dans Temploi de la respiration artificielle ou des tractions de la langue.
3deg; Sur les autres fonctions. Le chloral, comme les autres anesthésiques, produit un ahaissement de temperature. Get ahaissement peut atteindre dans certains cas deux ou trois degrés. Les causes de ce refroidissement sont : d'ahord le rayonnement con-sidérahle par la peau dont les vaisseaux sont dilates; puis la diminution des comhustions intra-organi-ques.
Pendant l'anesthésie chloralique, comme pendant l'anesthésie par le chloroforme ou Félher, la pupille est fortement contractée. On a signalé ce fait cu-
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rieux, c'est que chez Panimal chloralisé, l'insensibi-lité de la cornée se fait avant celle de la peau. Enfin il est bon de rappeler que Ie chloral provoque chez les animaux qui en out regu une dose anesthésique, de l'hématurie qui disparait tres rapidement.
III. Mode d'action du chloral.
En presence des carbonates alcalins, Ie chloral est capable de se decomposer en chloroforme et en formiate.
Pour Liebreich c'est cette decomposition, que subit Ie chloral en presence des carbonates alcalins du sang, qui explique ses effets anesthésiques. Le cbloral n'est plus guère envisage, par conséquent, que comme une source de production de chloroforme qui, seul, est capable d'expliquer les effets physiologiques observes.
Cependant, un certain nombre d'auteurs rejetèrent cette theorie et admirent que le chloral agissait par lui-même saus qu'il fut besoin d'invoquer un dédou-blement.
Personne, Horand et Follel démontrèrent par des experiences tres délicates et tres bien menées, que le sang d'un animal empoisonné par l'hydrate de chloral renferme une substance volatile qui, si on la decompose par la chaleur, fournit du chlore
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décelable par Ie nitrate d'argent. Ils demontrèrent de plus que des vapeurs de chloral traitées egale-ment par la chaleur (tube porté au rouge) ne de-gagent pas de chlore et que la solution de nitrate d'argent dans laquelle on les recjoit, reste parfaite-ment limpide.
Sans vouloir entrer dans l'exposé des idees de ceux qui combattirent cette theorie, disons que Gubler repoussail absolument la nécessité du dé-doublement du chloral.
C'était aussi, du reste, l'opinion de Claude Bernard et de Yulpian. Quoi qu'il en soit de ces discussions, c'est ä la theorie du dédoublement du chloral en chloroforme et formiate alcalin, qu'il faut se rattacher. Arloing est parvenu ä démontrer que les modifications qui surviennent chez un animal chloralisé, sont la resultante de faction du chloroforme et des formiates alcalins. C'est ainsi que la vaso-dilatation, l'abaissement de Ia pression arterielle, l'augmentation de la vitesse du sang, et aussi les modifications observées du cóté de la respiration chez un animal chloralisé, s'expliquent par faction des formiates alcalins ; tandis que la suppression de la sensibilité est Ie fait de la presence du chloroforme.
D'autre part, la preuve de la nécessité du dédoublement du chloral, pour produire l'anesthésie.
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reside dans eet autre fait, ä savoir que tandis que Ie chloroforme et l'éther abolissent les mouvements de la sensitive, Ie chloral déposé sur les racines de la plante ne fournit pas Ie même résultat. La raison de cette difference est que les tissus de la sensitive ayant une reaction acide, Ie dédoublement du chloral est impossible, tandis qu'il a lieu chez les ani-maux dont Ie milieu interne est alcalin. Arloing s'est encore assure que la quantité de chloroforme formé par Ie dédoublement du chloral, est plus que süffisante pour produire l'anesthésie. Ici, de plus, intervient cette condition importante que la déper-dition du chloroforme est impossible et que Ie medicament agit par toute sa masse sur les centres nerveux qu'il imprègne (1).
IV. Mode d'administration du chloral.
Le chloral, si l'on veut obtenir un effet anesthé-sique, lie doit s'administrer que dans le système veineux. Les injections sous-cutanées ont été depuis longtemps abandonnées et avec raison, ä cause des phénomènes d'irritation qu'elles produisent. Les injections hypodermiques de chloral sont, en effet, suivies de phlegmons, de gangrene, de mortifica-
(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, 15 sept. 1879.
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tion et de décollements considerables. Les seules voies d'administration du chloral sont Festomac ou les dernières voies digestives ; les veines ou encore Ie péritoine.
Il est juste de declarer que rintroduction du chloral dans l'estomac ou dans les dernières portions de l'intestin, sous forme de lavements, ne permet qu'une action analgésique et hypnotiqne qui n'est, en aucune fagon, comparable ä la veritable anesthé-sie. Dans Ie cas oü Ton emploie cette voie d'introduc-tion du medicament on se voit dans l'obligation, sil'on veut pousser jusqu'ä la confirmation del'anes-thésie, d'associer Ie chloral ä des medicaments comme la morphine, ou le chloroforme qui viennent renforcer son action. C'est du reste sur cette association qu'est basé l'emploi de certaines methodes mixtes d'anesthesie dont nous parlerons plus loin.
Richet (Société de biologie, 1889) a propose l'in-jection du chloral dans le péritoine des chiens sur lesquels il devait pratiquer des operations. La dose ä injecter est de 5 decigrammes de chloral par kilog. de poids d'animal. Je me suis assure par diverses experiences que l'emploi de cette methode amène une anesthésie profonde et de longue durée. C'est seulement dans le cas oü la solution de chloral in-jecté était trop concentrée et les precautions asep-tiques insuffisantes que les accidents ont apparu.
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L'aiguille de la seringue ä injection introduite ä travers Ie plan musculaire de l'abdomen, refoule la portion d'intestin qu'elle rencontre sur son passage sans jamais la perforer. Par ce procédé, l'anesthésie est obtenue en moins de quatre minutes et persiste pendant plusieurs heures sans discontinuer. A l'article Anesthésie du Dictionnaire de Physiologie, Riebet declare qu'après de nombreux essais la dose de cbloral en injection intra-périto-néale lui parait devoir être pour Ie cbien de 35 centigrammes par kilogramme de poids. Chez les tres jeunes cbiens cette dose est un peu forte, il faut la réduire a 30 centigrammes. Chez les vieux chiens, au contraire, il faut avoir recours ä la dose de 40 centigrammes. Le cJiat recevra 20 centigrammes par kilogramme, enfin les oiseaux recevront en injection, dans le muscle grand pectoral, une dose qui ne dépassera pas 20 centigrammes par kilogramme de poids vif également.
h'injection intraveineuse de chloral serait incon-testablement le meilleur moyen d'anesthésie ä employer chez nos animaux domestiques, si les accidents consécutifs ä son emploi n'étaient pas si faciles ä se produire. En effet rinjection de 100 grammes de chloral dans la jugulaire du cheval suffit pour amener la narcose complete en trois ou quatre minutes après une période d'excitation nulle ou insignifiante.
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Malgre cela, les chirurgiens-vétérinaires sont loin d'adopter pour leurs operations, l'usage du chloral. Outre que son emploi exige une certaine habileté dans la pratique des injections intraveineuses, la causticité du produit devient assez souvent la cause d'accidents survenant, soit au cours de l'anesthésie soit consécutivement h celle-ci.
Il n'est pas rare de voir survenir au moment de l'injection, des arrêts de la respiration qui peuvent persister malgré Temploi de la respiration artifi-cielle (cas rapporté par Cadiot, Bullelin de la So-ciété centrale, 8 juin i893). Enfin, si quelques gouttes de la solution anesthésique ont pénétré dans Ie tissu conjonctif sous-cutané, on voit se pro-duire, quelques jours après l'injection, une tumefaction énorme de la region jugulaire, accompagnée de lésions nécrosiques tres étendues.
Mais si ce sont la les accidents a redouter dans l'anesthésie chloralique, il est important de poser les régies qui permettent de les éviter. . Cheval. Sur Ie cheval l'injection doit se prati^ quer dans la jugulaire. Après avoir parfaitement determine sur l'animal couché sur Ie lit de paille, Ie trajet de la veine, on procédé a l'asepsie de la region. Les poils sont coupes et la peau est lavée avec une solution antiseptique de sublimé alp. 1000 ou de crésyl a 4 p. 100. Un aide comprimé la jugu-
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laire en bas de l'encolure. L'opérateur introduit alors dans le vaisseau une aiguille longue d'environ 10 centimetres munie d'un trocart. L'introduction de cette aiguille doit se faire le plus obliquement possible, de fagon ä arriver dans Faxe du vaisseau. On s'assure que l'aiguille a pénétré dans la veine : en retirant le trocart, du sang doit alors sécouler. Les choses étant ainsi préparées, on adapte ä l'aiguille la seringue qui renferme la solution anesthé-sique et on pousse lentement l'injection. L'extrême lenteur est absolument nécessaire si Ton ne veut pas voir survenir la syncope cardiaque au moment oü la substance anesthésique arrive au contact de l'endocarde. En effet, I'endocarde trop fortement impressionné, transmet au bulbe par la voie des nerfs sensitifs I'excitation qu'il a regne et celui-ci réagit ä son tour en modérant ou même en arrêtant complètement les battements du cceur. De même, il faut arrêter rinjection au moment oü l'on entend des borborygmes intestinaux, c'est la le signe qui indique que l'anesthésie est prés de se confirmer. Si l'on continu ai t l'injection on risquerait de voir survenir l'arrêt de la respiration qui se produit chaque fois que l'on dépasse la dose anesthésique. Lorsque l'on veut retirer la canule il faut procé-der avec precaution si l'on tient a éviter l'introduction du chloral dans le tissu conjonctif sous-cutané
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de 1'encolure ainsi que les accidents de mortification qui en sont la consequence. Pour cela 11 faut avoir soin de déterger la canule avec du sang vei-neux qu'on laisse couler pendant quelques secondes par l'orifice supérieur. Dans ces conditions, on peut être sur que toute trace de chloral a disparu et on peut procéder ä l'enlèvement de l'aiguille.
MM. Gadéac et Malet ont voulu se rendre compte si l'emploi du chloral en injection dans la trachée était ä recommander dans la pratique de l'anesthé-sie chirurgicale chez Ie cheval. lis ont constaté que l'injection intratrachéale de 33 grammes de chloral associés ä 0ïr,S0 de chlorhydrate de morphine, était suivie d'une anesthésie parfaite. L'insensibi-lité et la resolution musculaire étaient absolues. Ge serait done un procédé recommandable si des accidents graves n'intervenaient plus tard. En effet, on voit survenir ä la suite de ces injections chlorali-ques, des lesions des organes de la respiration. Ce sont des abces, des foyers hémorragiques ou gan-greneux, de l'hépatisation. C'est, on Ie voit, un procédé inutilisable.
Chien. Chez le chien I'mjeclion intraveineuse peut se pratiquer dans toutes les veines placées superficiellement.
Pour éviter les délabrements que nécessiterait l'in-jection dans la veine crurale, on a recours le plus
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DU CHLORAL.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;(53
souvent ä la veine saphène externe et voici comment on procédé :
On se sert d'une seringue armee d'une canule semblable ä celle dont on se sert pour les injections hypodermiques. La veine saphène externe est ren-due apparente par une friction de la region, puis eile est comprimée en deux points différents par Ie médius et lindex de la main gauche. Cette portion de veine ainsi limitée se gonflc et permet ä la canule de la seringue de s'introduire facilement par ponc-tion ä travers la peau. Quand l'injection est termi-née, il suffit de retirer la canule. L'écoulement du sang est Ie plus souvent nul en raison du retrait des parois du yaisseau. Si l'on voulait pratiquer Tinjection dans la jugulaire on pourrait procéder comme précédemment, mais il serait de sage precaution de metlre la veine ä nu sur une tres petite longueur. Il suffirait pour cela de faire une simple incision de la peau, sur une étendue de 2 centimetres au maximum, en suivant Ie trajet du vaisseau.
Doses. Lorsqu'on veut pratiquer les injections intravcineuses de chloral on fait usage de solutions au tiers, au quart ou au cinquième.
Pourlecheval............101a lóO grammes.
Pourleporc...................... 10
Pour Ie chien................ 4ä G
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Conclusion. L'anesthésie par Ie chloral se recommande chez nos animaux, ä cause de la facilité avec laquelle eile se produit. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'elle exige de grandes precautions en raison de l'emploi de la methode des injections intraveineuses, qu'elle nécessite, et des propriétés propres du chloral.
D'autre part, il faut savoir que Ie chloral ne permet pas l'économie du sang, par la dilatation des petits \aisseaux, qu'il provoque. Il facilito les he-morragies qui affaiblissent les malades et apportent un obstacle aux manoeuvres de l'opération.
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CHAPITRE Y DE L'ÉTHER
I. Propriétés physico-chimiques.
L'éther ordinaire C*H,00, encore appelé oxyde d'é-thyle ou ether sulfurique, prend naissance dans l'ac-tion ä 140deg; de l'acide sulfurique sur l'alcool. C'est un liquide incolore, pouryu d'une odeur caractéris-tique, tres mobile, plus léger que l'eau, de densité 0,723 ä 12deg;. Il entre en ebullition ä 35deg;. Quand il est pur, il n'est pas solidifiable, quelle que soit la temperature. Soluble dans 10 parties d'eau, l'éther est miscible ä l'alcool. Il dissout les graisses, les résines, l'iode, Ie brome et certains sels minéraux tels que les chlorures d'or, de fer et de mercure et l'azotaite de mercure. Les vapeurs que dégage l'éther sont tres inflammables; elles forment avec Fair un mélange détonant, aussi faut-il éviter de pénétrer avec une lumière dans les locaux oü Ton conserve de grandes quantités de ce produit.
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II. Action de l'éther sur Ia circulation centrale et périphérique, sur la respiration et la calorification.
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Si, ä Texemple d'Arloing, onprend des tracés car-diographiques au moyen des sondes intracardiaques de Chauveau et Marey avant et après Tadministra-tion de l'éther (dans Ie cas des experiences d'Arloing, l'éther étaitinjecté dans les veines), on peut serendre compte des modifications apportées au jeu du ca3ur. Tout d'abord on constate une acceleration des batte-ments du cceur, la 1'orce des systoles est accrue dans une grande mesure. On voit encore que la pression baisse dans Ie ventricule droit. Cette augmentation de pression dans Ie ventricule droit montre que la circulation pulmonaire estactivée sous Tinfluence de l'éther. Si l'on étudie ce qui se passe du cóté de la pression et de la vitesse du cours du sang dans les artères sur un animal soumis a Faction de l'éther, on s'assure qu'ä une légere augmentation de pression coïncidant avec un faible accroissement de la vitesse constante, succèdenl bientót une chute de la pression et une augmentation de la vitesse. La courbe de la pression veineuse s'élève énorméraent et on peut constater sur eile le retentissement des pulsations ar téiielles .Ainsi done, le premier effet est un effet vaso-
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constricteur, les petits vaisseaux sont vivementres-serrés ; mais eet état d'anemie n'est pas de longue durée et la vaso-dilatation ne tarde pas ä s'établir. La conclusion de ces observations faites sur Té (at du cceur et des petits vaisseaux sous l'influence de l'éther, est que cette substance favorise l'ecoulement du sang et predispose aux hémorragies. 11 y a la une indication dont Ie Chirurgien fera bien de tenir Ie plus grand compte quand il s'agira d'opérer sur une region richement vascularisée.
Arloing s'est assure par d'ingénieuses experiences que Ie sommeil anesthésique obtcnu par Tether s'accompagne toujours d'hyperhémie cerebrale, contrairement ä ce qui se passe pendant la chloro-formisation.
On connait les modifications que subit la respiration sur lanimal qui recoit du chloroforme ä dose toxique. Après une phase d'accélération pendant laquelle l'amplitude des mouvements est considé-rablement diminuée, survient une période oü appa-raissent des respirations entrecoupées, enfin tout mouvement s'arrête, la respiration est suspendue. Cette syncope respiratoire qui survient ä la période ultime de l'anesthésie se produit avec Ie chloroforme deux ou trois minutes avant l'arrêt du cceur.
De teile sorte que l'opérateur, quand survient un pareil accident, a encore la ressource et l'espoir de
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rappeler Ie sujet ä la vie en pratiquant la respiration artificielle ou en usant des différents moyens dont nous avons parlé plus haut. Avec l'éther, les pheno-mènes n'ont plus la même marche; si l'animal a regu une dose toxique de ce produit, la respiration s'accélère, diminue d'amplitude, devient entrecou-pée, il se fait surtout des pauses en expiration, puis finalement les mouvements du thorax s'arrêtent. Mais ici Ie coeur qui tout ä Theure attendail, quand il s'agissait du chloroforme, deux ou trois minutes avant de s'arrêter, s'arrète pour ainsi dire brusque-ment trente-cinq ä quarante secondes seulement après la respiration. Il y a dans ces faits un ensei-gnement tres utile. Quand on aura recours a l'éther il sera indiqué de surveiller particulièrement, pendant la période d'anesthésie confirmée, Ie fonctionne-ment de l'appareil respiratoire; il faudra se souvenir que 1'intoxication par l'éther se manifeste par undénouementbrusque et qu'il est trèspeu de chances de ranimer Ie sujet.
Comme dans les cas oü l'anesthésie est produite avec Ie chloroforme ou Ie chloral, l'anesthésie obte-nue avec l'éther est toujours accompagnée d'un abaissement de la temperature. Get abaissement peut atteindre un degré en une heure ; il est du reste fonction de la durée et du degré de l'anesthésie. Ce refroidissement, ainsi qu'Arloing l'a démontré, est
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du spécialement au ralentissement des oxydations intra-organiques qui s'ajoute ä une diminution de l'absorption de l'oxygène dans Ie poumon.
111. Marche de Tanesthésie. Parallele entre l'action du chloroforme et celle de l'éther.
La découverte de l'éther a precede ceile du chloroforme. A l'apparition de ce dernier, un grand nombre de chirurgiens l'adoptèrent définitivement, tandis qu'unmoins grandnombre restèrent fidèles äTether. 11 y a ä eet égard deux camps bien tranches, d'un cóté celui qui reproche au chloroforme son action trop énergique et les dangers auxquels il expose, de l'autre celui qui considère l'éther comme un agent anesthésique peu sur et ä action trop infidèle. II est certain que ce dernier produit est moins dangereux et a un passé moins sombre que Ie chloroforme. Toutefois, après de nombreux essais, je me crois en droit d'affirmer que l'éther est en médecine vétérinaire un anesthésique qu'il faut reléguer au second plan quand il s'agit particulièrement d'obtenir la narcose chez Ie cheval. Je signalerai au paragraphe qui traite de l'emploi de eet anesthésique sur les soli-pèdes Ie resul tat des experiences que j'ai faites en collaboration avec mon excellent collègue Almy ; on pourra se rendre compte de la difficulté qu'il y a
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d'obtenir l'anesthésie complete en employant seule-ment l'éther.
Pour ce qui est de l'anesthésie du chien je partage l'opinion de mon collègue Guinard et je suis d'avis que l'emploi de l'éther par les moyens qu'il a préco-nisés et sur lesquels je reviendrai plus tard mérite d'etre recommandé.
Voyons maintenant quelle est la marche des phé-nomènes qui se déroulent durant l'éthérisatioii. Dès Ie début des inhalations survient la période d'excita-tion ; celle-ci a une durée plus longue, eile est accompagnée de manifestations plus alarmantes que pendant la chloroformisation. L'animal execute des mouvements désordonnés et pousse des cris répé-tés. On a pu dire que laquo; l'éther dilate en quelque sorte l'anesthésie, l'étend en durée et en sépare les diverses phases raquo; (Dastre). La marche de l'anesthésie par l'éther est toujours plus bruyante et plus longue qu'avec Ie chloroforme. Une fois la narcose obtenue, Ie sommeil est moins profond, il faut pour l'entretenir administrer de grandes quantités de substance.
L'éther expose moins que Ie chloroforme ä la syncope cardiaque secondaire. Tandis que cette dernière survient inopinément dans la chloroformisation et qu'il n'y a qu'un Intervalle de temps tres court entre Ie moment oü Ie coïur entre dans la
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période de ralentissement et celui oü il s'arrête ; avec l'éther, au contraire, Ie ralentissement cardia-que precede l'arrêt de l'organe d'un temps un peu plus long et l'avertissement qu'en peut retirer l'opé-rateur devient d'autant plus profitable. Toutefois il faut rappeler que la syncope tertiaire caractérisée par l'arrêt de la respiration avant celui du cceur survient plus brusquement avec l'éther (Arloing).
Pour ce qui est de la persistance des reflexes, voici comment les choses se passent durant l'éthé-risation : Le réflexe rotulien légèrement exagéré au début diminue ensuite sans pour cela disparaitre même durant la phase d'anesthésie confirmee. A ce moment le réflexe cornéen a perdu beaucoup de son intensité. Au fur et ä mesure que l'imprégnation de l'organisme par l'éther progresse, on constate sur le cheval en particulier des mouvements de pirouette-ment des globes oculaires identiques ä ceux que nous avons vus se produire durant l'action du chlo-roforme.
Quand la narcose est complete, les yeux sont en strabisme divergent. La pupille toujours fortement dilatée pendant la période d'excitation ne se con-Iracte qu'au moment oü l'anesthésie est confirmée.
En résumé : le chloroforme se recommande par la rapidité de son action, par le peu de durée de la période d'excitation, par l'action constrictive qu'il
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exerce sur les petits vaisseaux. line faut pas oublier cepcndant qu'il esl d'un maniement dangereux et qu'il faut user dans son emploi de la plus grande prudence.
L'éther expose moins aux accidents, mals il ne faut pas perdre de vue que l'anesthésie est difficile-ment obtenue, qu'elle est moins profonde, qu'elle s'accompagne de la dilatation des vaisseaux périphé-riques et qu'enfin eile expose plus que Ie chloro-forme aux accidents de syncope tertiaire.
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IV. Indications et contre-indications de l'éther.
A propos des indications du chloroforme, j'ai rappele que eet anesthésique ne doit jamais être employé chez les sujets qui présentent des lésions des appa-reils circulatoire et respiratoire. Dans ces circons-tances, s'il est nécessaire de pratiquer l'anesthésie, c'est ä l'éther qu'il faudra s'adresser. M. Guinard, dans une tres interessante communication au Congres de médecine interne de Lyon, 1894, a exposé Ie résultat de ses experiences sur ce point. Il en ré-sulte que sur des animaux, chevaux, chiens, chats atteints d'emphysème pulmonaire, dB pleurésie, de péricardite, de myocardite avec hypertrophie, l'éther avait été tres bien supporté alors que Ie chlore-
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forme amenait presque toujours une mort subite. La seule contre-indication importante de l'éther consiste ä ne pas utiliser eet anesthesique dans les cas oü les hémorragies sont ä redouter.
V. Etherisation du cheval.
L'éther a toujours eté 1'anesthésique Ie plus employé cbez Ie cheval. Mais, il faut bien l'avouer,- il est rare que par ce moyen on obtienne une anes-tbésie complete. Almy et moi avons voulu nous rendre compte de la valeur de l'étber en tant que-substance anesthesique pour Ie cheval. Dans une série d'expériences que je rappellerai pluraquo; Boin, nouamp; avons obtenu des résultats qui sont lom d'etre sati*-faisants. Nous nous croyons en droit d'affirmer que l'éther ne doit pas être recommandé quand on veut obtenir la narcose complete des solipèdes.
Mode d?administration de l'éther. L'éther doit s'administrer en inhalations. Le cheval ä jeun est abattu sur le lit de paille, on s'assure qu'il n'existe au-cun obstacle au jeu régulier de la respiration. L'éther est alors verse sur une éponge ou sur un morceau d'étoupe qu'on approche des naseaux de Fanimal. On peut, ä mon avis, plus commodément se servir d'une serviette pliée de fagon a lui donner la forme d'une compresse de 20 centimetres carrés environ,
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sur laquelle on verse l'éther qu'on place prés des naseaux du sujet. Il faut rejeter l'usage des masques que certains ont recommandés. On peut avoir recours égalcment a l'appareil de Junker (voir fig. 3) qui nous a servi dans quelques-unes de nos experiences. Get appareil, reduit ä sa plus simple expression,
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Fig. 3. Appareil de Junker pour l'éthérisation du cheval.
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se compose d'une éprouvette renfermant de Téther et munie ä son extrémité libre d'un bouchon percé de deux trous. Par Tun de ces trous passe un tube de verre recourbé qui par une extrémité plonge jus-qu'a la partie inférieure de l'éprouvefte et par Tau-tre est mis en rapport avec une soufflerie de Richardson. L'autrc trou livre passage ä un second tube
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dont Tune des extrémités dépasse ä peine Ie bou-chon, de fagon a ne pas être en contact avec l'éther, tandis qu'ä l'autre extrémité s'adapte un tube de caoutchouc terminé par un renflement piriforme qu'on introduit dans un des naseaux du cheval. Dans certaines de nos experiences, nous nous sommes servis de l'appareil de Junker, muni d'une double poire : une pour chaque naseau. Nous devons declarer que l'emploi de eet appareil ne nous a pas mieux satisfaits que l'usage de la serviette que nous croyons devoir recommander.
La quantité d'éther employé a toujours eté considerable sans pour cela obtenir la narcose absolue. On obtenait un certain degré d'insensibilité, mais le résultat n'avait rien de comparable avec celui que donnait l'emploi du chloroforme. La période d'exci-tation a toujours été de longue durée, le pirouet-tement des yeux s'est montré après environ un quart d'heure, sans jamais disparaitre durant la durée des inhalations. Cette durée a atteint parfois une heure pour obtenir la confirmation de l'anes-thésie.
Le réveil du cheval endormi ä l'éther ressemble a celui du même animal soumis au chloroforme; cependant il nous a paru que le sujet éthérisé restait plus longtemps dans l'incapacité de se re-lever.
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Observation I. Cheval entier, dgé, du poids de 310 kilos. On commence les inhalations d'éther ä 9 heures du matin. On cesse ä 9 h. Sö.
On a usé 63ö grammes d'éther (procédé de la compresse). Pas d'anesthésie confirmée; réflexe oculo-palbébral intact.
Observation II. Jument vieille. 294 kilos. Les inhalations durent 40 minutes. On a usé 310 grammes d'éther. Pas d'anesthésie. Réflexe intact.
Observation III. Cheval alezan, pur sang, quatre ans. 492 kilos ; atteiut d'un fibrome éléphantiasique. Les inhalations durent une heure. On a usé 1 litre et demi d'éther sans obtenir l'anesthésie.
Observation IV. Cheval Agé. 37b kilos. On administre l'éther au moyen de l'appareil de Junker, ä double poire. On fait durer les inhalations 45 minutes. L'anesthésie n'est pas obtenue. On a use 500 grammes d'éther.
Observation V. Cheval entier, age. 295 kilos.
On se sert du procédé de la compresse. Les inhalations durent 40 minutes.
On use 493 grammes d'éther.
Ici on obtient presque l'anesthésie; Ie réflexe oculo-palpé-bral est tres diminué.
On pratique la névrolomie médiane, Ie cheval réagit, mals assez faiblemenl.
Observation VI Cheval agé. 315 kilos.
Les inhalations durent une heure.
On use 717 grammes d'éther.
Pas d'anesthésie. Persistance du réflexe.
Observation VII. - Cheval vieux, en bon état. 350 kilos.
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Les inhalations durent 47 minules.
Ou obtient un certain degré d'insensibilité, mais pas la confirmation de l'anesthésie. On a usé 350 grammes d'éther.
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VI. Etherisation du chien.
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La methode d'anesthésie par l'éther, qui réussit si peu sur Ie cheval, peut s'appliquer en tout avan-tage au chien. C'est même, avec certaines methodes mixtes dont je parlerai plus loin, un des seuls moyens ä recommander ä ceux qui n'ont pas Ia grande habitude du chloroforme. L'éther demande toutefois ä être employé dans des conditions qu'il est important de bien determiner si l'on ne veut pas s'exposer h des mécomptes. On se souvient qu'au chapitre relatif ä la chloroformisation, je recom-mande d'employer dans Fadministration de ce medicament la methode dosimétrique ou des gouttes, cest-ä-dire Ie procédé qui consiste ä faire pénétrer les vapeurs de chloroforme lentement et mélangées a de grandes quantités d'air. Je préconisais ce mode d'administration par opposition au procédé de Ia sidération ou des doses massives qui expose aux accidents les plus graves. Or, c'est cette dernière methode qu'il faut employer quand il s'agit de l'éther. Administrer eet anesthésique par Ie procédé des gouttes, c'est prolonger inutilement Ia durée des
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phases qui precedent l'anesthésie. On entourera done l'extrémité de la tête du chien dans une serviette formant capuchon, sur laquelle on aura verse au préalable de l'éther. On laissera la serviette en place jusqu'au moment oü l'insensibilité appa-raitra.
En general, l'anesthésie s'obtient ainsi dans un temps qui varie entre 10 et 15 minutes, parfois moins : la période d'excitation apparait tres vite mais dure peu.
L'etherisation du chien est done un procédé tres recommandable.
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GHAPITRE VI I. L'anesthésie chez les ruminants et le pore.
L'emploi de l'anesthésie est tres rare chez les ruminants et le porc. Ils sont cependant sensibles aux substances telles que le chloroforme, l'éther et le chloral. Le plus souvent, quand il est nécessaire d'obtenir un certain degré d'insensibilité, on laisse de cóté les anesthésiques employés ordinairement et on a recours aux boissons alcooliques. On administre en breuvage une dose élevée de rhum, d'eau-de-vie ou de vin blanc. Après quelques minutes, l'ivresse qui commence amène un certain degré d'engour-dissement tres favorable ä la pratique de l'opération. L'avantage de cette methode reside encore dans ce fait, que la viande n'acquiert pas une odeur carac-léristique qui la rendrait inutilisable comme dans le cas ou Ton aurait recours aux véritables anesthésiques.
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II. Anesthésie du singe.
On a parfois besoin dans la pratique chirurgicale vétérinaire de faire certaines operations sur des singes enlretenus en captivité. L'anesthésie peut #9632;dans ces circonstances être tres utile, surtout s'il s'agit d'un sujet irritable et agressif. On peut avoir recours au chloroforme. Voici comment il faut pro-laquo;céder : On enferme l'animal dans une cage de dimensions restreintes, qu'on recouvre d'une couverture. #9632;On jette a l'intérieur de celte cage quelques tampons d'ouate ou d'étoupe imbibés de chloroforme. Le laquo;inge ne tarde pas ä être influence par les vapeurs anesthésiques; après une période d'excitation de #9632;courte durée, on le voit cbanceler et tomber en-gourdi dans un coin de la cage. C'est le moment de s'en emparer et de faire l'opération tout en continuant les inhalations chloroformiques.
Dans un cas oü il s'agissait de ponctionner un abces qui siégeait au-dessus de l'oeil sur un singe un peu difficile, j'ai eu recours avec succes a la morphine. J'injectai 3 centigrammes de chlor-hydrate de morphine sous la peau. Un quart d'heure après, Finsensibilité était complete, et je pus prati-quer l'opération avec la plus grande sécurité.
On pourrait également avoir recours h Temploi
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ANE5T11ÉSIE DU SINGE.
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du chlor alose ä la dose de 13 centigrammes qu'on administrerait dans du lait; une demi-heure après Tanimal devient engourdi et tres maniable. De même aussi on pourrait employer le sulfonal ä la dose de 2 grammes pourun singe de 20 kilogrammes.
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III. Anesthésie des oiseaux.
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lil' II'
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Rarement employee. Pour lapratiquer, on place Ie sujet sous une cloche, oü l'on a mis au prealable quelques tampons imprégnés de chloroforme. La narcose survient tres vite. Il faut surveiller avec soin, afin de ne pas dcpasser la dose.
Riebet pour insensibiliser les canards et les poulets introduit directement dans l'oesopbage 0 gr. 12 de chloralose, en faisant une boulette avec du pain. Une demi-beure après l'animal est devenu absolu-ment insensible.
(Voir page S9 Ie procédé Richet.)
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CHAPITRE VII
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I. Association de Tatropine, de la morphine
et du chlor o forme.
A. Généralités. Dejä, en 1864, Claude Bernard avait constate que si on injecte dans les veines ou sous la peau d'un chien qui vient d'etre chloroformé, du chlorhydrate de morphine, l'anesthésie reparait avec touté son intensité. Le mcme fait fut constaté presque en meme temps, par Nusbaum, de Munich, sur l'homme.
Il résulte done de ces observations, que la morphine administrée ä un animal place sous l'influence du chloroformé, prolonge l'anesthésie, sans qu'il soit besoin de fournir une grande quantité de substance anesthésiante.
Dans une série de nouvelles experiences, Claude Bernard ent l'idée d'essayer une methode inverse: d'injecter tont d'abord de la morphine, puis ensuite
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laquo;4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES ANESTHÉSIQUES.
d'administrer du chloroforme. Les résultats furcnt excellents, il obünt de Ia sorte l'anesthésie après un temps tres court, line période d'excitation pour ainsi dire nulle, et avec de tres petites quantités de chloroforme.
Le procédé fut mis en application chez l'homme par MM. Guibert (de Saint-Brieuc), Labbé, Goujon. Avec cette métbode, on diminue dans une grande mesure les risques d'accidents qui surviennent quand il faut employer une grande masse de chloroforme. En même temps, on obtient une anesthésie rapide, ä pen prés dépourvue de la période d'excitation du début.
S'il en est ainsi, c'est que la morphine, injectée au préalable, a été agir sur les elements sensitifs, dont eile a amoindri l'irritabilité. De la sorte, on congoit bien qu'il suffit d'une quantité de chloroforme relativement faible pour obtenir la confirmation de l'anesthésie, puisque ce medicament vient agir sur des elements déja prepares a subir son action.
Mais, il ne faut pas l'oublier, si la morphine, associée au chloroforme, est excellente pour pro-duire l'anesthésie, il s'en faut encore que ce soit la un procédé k l'abri de tout reproche.
Les syncopes cardiaques et respiratoires qui constituent particulièrement les aléas de la chloroformi-sation, peuvent encore tres bien survenir. D'autre
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part, la morphine augmente, dans une cerlaine mesure, les vomissements qui suivent presque tou-jours l'anesthésie par Ie chloroforme.
B. Perfectionnement de la methode. C'est alors que MM. Dastre et Morat ont propose d'associer l'atropine ä la methode morphine-chloroforme de Claude Bernard. Si Ton se reporte aux propriétés de l'atropine, on voit que ce medicament agit sur Ie cceur d'une fagon toute spéciale. Après son absorption, les pneumogastriques deviennent inexcitables, toute irritation de ces nerfs, qui, avant Tatropinisa-tion, était suivie du ralentissement ou de l'arrêt de l'organe central de la circulation, est nulle et non suivie d'effets. L'administration de l'atropine correspond véritablement ä la section des nerfs vagues. On conQoit l'importance d'une pareille propriété, et son application possible a la pratique de l'anesthésie.
On a vu, au chapitre relatif aux accidents de la chloroformisation, que les plus grands dangers consistent dans l'arrêt du cceur, qui peut survenir, soit au début de l'anesthésie (syncope cardiaque primitive), soit a une période un peu plus avancée (syncope cardiaque secondaire). Tons ces accidents sur-viennent ä la suite de l'excitation du système modérateur du cceur, c'est-ä-dire des nerfs vagues et de leurs noyaux d'origine dans Ie bulbe. Or, l'atropine place ce système modérateur dans un état
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d'inexcitabilite absolu, ce qui met Ie sujet en experience ä l'abri des accidents de syncope cardiaque.
Mode d'administration du mélange d'atropine et de morphine, et des inhalations de chloroforme chez Ie chien.
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MM. Dastre et Morat, qui ont préconisé les premiers Femploi de cette methode mixte, recom-mandent d'employer les doses suivantes :
Un quart d'heure avant Fopération, Ie chien revolt dans Ie tissu conjonctif sous-cutané une solution ren fermant :
Chlorhydrate de morphine............... 2 gr.
Sulfate d'atropine....................... 0 gr. 02
Eau distillée............................ 100 gr.
La dose nécessaire pour obtenir Ie maximum d'effet serail, d'après ces auteurs, de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine et 1 milligramme de sulfate d'atropine par kilogramme de poids de l'animal.
Un chien qui pèserait 20 kilogrammes devrait done recevoir en injection hypodermique 10 centimetres cubes de cette solution. Le point essenliel est de laisser largement un quart ó?heute et davan-tage, entre le moment oü Ion fait l'injection et celui oü Ton commence les inhalations de chloroforme,
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de fagon ä être sur que Ie mélange d'atropine et de morphine a éteabsorLé. C'est seulement ä ce moment qu'il faut faire les inhalations chloroformiques.
Quelques centimetres cubes de chloroforme suffi-sent pour obtenir une anesthe'sie complete, sans -alerte et durable.
Les doses indiquées par les auteurs de la methode que je viens de rappeler, sent évidemment des doses permises, on peut les employer sur Ie chien, saus craindre de voir survenir des accidents, mais elles ont Ie grand inconvenient de saturer de morphine l'organisme de l'animal et de faire naitre un état d'intoxication morphinique qui peut durer un jour et davantage. De plus l'animal met un temps tres long ä revenir a l'état de veille.
J'ai, aulaboratoire de mon maitre M. Ie professeur Kaufmann, employé depuis quelques années, dans ma pratique expérimentale, la methode mixte de Dastre et Morat, et j'ai pu m'assurer qu'on obtient encore tous les avantages de ce procédé en em-ployant des doses d'atropine et de morphine de beaucoup inférieures a celles préconisées par ces auteurs.
J'ai pris l'habitude de me servir de doses S fois plus faibles que celles qu'indiquent ces derniers. C'est ainsi que Ie chien de 20 kilogrammes pris plus haut comme exemple, ne recevra plus que 2 centi-
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timètres cubes de la solution d'atropine-morphine dont j'ai donné plus haut la formule.
La methode atropine-morphine-chloroforme est de tous les procédés d'anesthésie du chien, celui qui mérite d'etre Ie plus recommandê.
Ici point n'est besoin de craindre les accidents, si Ton squot;en tient aux doses que j'ai indiquées.
Conclusion. Je vais résumer ici en quelques propositions les avantages de la methode mixte de Dastre et Morat:
1deg; Suppression de la période d'agitation du début, ä cause de Faction hypnotique de la morphine qui prepare faction du chloroforme.
2deg; Suppression des accidents de syncope cardiaque (primaire ou secondaire), puisque I'alropine abolit momentanéraent les propriétés des pneumogastri-ques et de leur noyau d'origine dans Ie bulbe.
3deg; Rapidité avec laquelle Ie sommeil est obtenu. Quelques minutes suffisent.
4deg; Economie de l'anesthésie. Quelques centimetres cubes de chloroforme sont seulement nécessaires pour obtenir le sommeil absolu.
Emploi de la methode atropine-morphine-chloroforme chez le ehe val.
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Mon collègue Almy et moi, avons présenté, en
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mai 1894, ä la Société centrale de médecine vétérinaire, un travail sur l'emploi de la methode de Dastre et Morat sur Ie cheval. Nous n'avons rien è y retrancher. Yoici comment il faut agir: Le cheval sur lequel on doit opérer doit être ä jeun et exempt de troubles respiratoires et cardiaques. Trente minutes environ avant l'abatage, on pratique une injection sous-cutanée de la solution suivante :
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Chlorhydrate de morphine........... 10 centigr.
Sulfate neutre d'atropine............ 5 milligr.
Eau distillée......................... 10 c. cubes.
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C'est par une série de tätonnements que nous sommes arrivés ä determiner la dose optima de morphine et d'atropine.
Il ne faut pas oublier que la morphine, qui est un hypnotique excellent pour le chien, devient au contraire un excitant pour les herbivores, quand la dose est un peu élevée. Nous pensons que cette dose de 10 centigrammes est süffisante pour obtenir des effets calmants et être ä l'abri des accidents qui peuvent survenir durant 1h période de surexcitation morphinique.
Le cheval, une fois couché, est soumis aux inhalations; le meilleur mode d'administration consiste ä se servir d'une serviette pliée en forme de compresse, de 20 centimetres carrés, sur laquelle on verse le
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chloroforme. La serviette est maintenue ä quelques centimetres des naseaux, de fagon ä permettre l'in-troduction de l'air en même temps que celle des vapeurs anesthésiques. Il faut avoir soin d'éloigner toutes les causes qui pourraient góner Ie fonction-nement de l'appareil respiratoire.
L'imprégnation des centres nerve ux se fait pro-gressivement. Le cerveau subit Ie premier l'action de l'anesthésique, la moelle vient ensuite.
Au moment done oü les vapeurs de chloroforme viennent impressionner le cerveau et la moelle, il n'est pas rare d'entendre le cheval pousser quelques hennissements, en même temps qu'il s'agite.
Ces périodes d'excitation cerebrale et médul-laire sont de courte durée chez le cheval qui a regu de la morphine. Nous ne les avons pas constatées dans tons les cas.
La respiration et la circulation, au début, ne sem-blent pas modifiées. Ce n'est qu'ä une période plus avancée de Fanesthésie, au moment oü la moelle commence ä s'imprégner fortement, qu'on observe une acceleration des battements du coeur coïncidant avec leur faiblesse.
Du cöté de la respiration, si l'anesthésie devient trop profonde, il n'est pas rare de voir une acceleration précéder de quelques instants l'arrêt de la fonction.
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C'est eet accident qu'il faut éviter, Toeil du chloro-formisateur ne doit pas quitter Ie flanc du sujet qu'il endort, il doit en suivre tous les mouvements, et l'on peut dire que les indications fournies par l'appareil oculaire, en même temps que celles fournies par Ie jeu de la respiration, sont les meilleurs guides dans la pratique de 1'anesthésie.
Dès que celle-ci est confirmee, la respiration s'e-tablit suivant un rythme régulier.
Dès les premiers instants de l'administration du chloroforme, on constate, du cóté de l'ceil, des mouvements dont les caractères méritent d'etre étudiés.
C'est un mouvement de pirouettement que nous avons toujours observe. D'abord accéléré, il se ra-lentit graduellement pour s'arrêter tout ä fait au moment oü l'insensibilité est complete.
Nous ne craignons pas d'affirmer que ces mouvements des yeux constituent un excellent moyen de se rendre compte des progrès de l'anesthésie.
Dès que l'ceil a cessé ces mouvements, la paupière supérieure s'abaisse.
Aussitót que l'élimination du chloroforme a commence, ces mouvements caractéristiques du globe oculaire recommencent.
Dans la plupart de nos experiences, nous avons poussé l'anesthésie jusqu'ä la disparition du réflexe oculo-palpébral.
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Quant ä l'état de la pupille, les indications qu'elle fournit ne sont pas aussi nettes que dans Ia methode d'anesthésie par Ie chloroforme seulement. Il nous a semblé que la pupille subissait une tendance au rétrécissement pendant la période d'anesthésie confirmee. A ce moment, la resolution musculaire est complete.
Pour nous rend re compte de l'insensibilité de l'animal, nous avons pratique dans la plupart de nos experiences la névrotomie radiale.
Nous avons piqué, pincé, dilacéré et coupé Ie nert sans jamais avoir vu l'animal manifester la moindre douleur.
L'anesthésie a été obtenue en sept minutes environ, et la quantité de chloroforme, dans les douze cas que nous relatons, a été en moyenne de 61 grammes 23.
Nous avons obtenu l'anesthésie, dans un cas, avec 38 grammes (chiffre Ie plus bas), et avec 90 grammes dans un autre (chiffre Ie plus fort).
L'anesthésie terminée, il faut laisser Ie cheval vingt h trente minutes sur Ie lit de paille. Ce temps écoulé, les vapeurs de chloroforme sont éliminées, et l'opéré se relève facilement.
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Emploi de la methode atropine - morphine-chloroforme pour l'anesthésie du chat.
Pour Ie chat, on peut encore employer cette methode. Guinard recommande seulement de ne pas dépasser la dose de 0sr,00S de morphine par kilogramme d'animal. Après un quart d'heure, on en-ferme I'animal sous une cloche avec quelques éponges imprégnées de chloroforme. Quand les si-gnes de faiblesse apparaissent, on enlève le chat de dessous la cloche et on continue encore quelques instants les inhalations chloroformiques.
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II. Association de la morphine, de la spartéine et du chloroforme.
MM. Langlois et Maurange (ßzo/o^e, 7 juilletl884; Archives de Physiologie, oct. 1893), onl eu l'idée de remplacer l'atropine qui rentre dans Ie procédé de Dastre et Mo rat par le sulfate de spartéine.
Ce corps en effet agit énergiquement sur le coeur et les petits vaisseaux. II regularise les mouvements du premier et resserre les seconds. II accroit done la pression arterielle. D'autre part, la spartéine di-minue l'excitabilité des nerts pneumogastriques. G'est cette dernière propriété que les auteurs ont utilisée. Ce procédé d'anesthésie a été mis en usage chez l'homme, le chien, et même le lapin dont la susceptibilité pour le chloroforme est bien connue. Dans tons ces cas Fanesthésie a été obtenue avec un plein succes. Voici quel estle mode d'administration qu'on emploie :
Le chien revolt en injection sous-cutanée \ centigramme de morphine et 3 centigrammes de sulfate de spartéine; un quart d'heure après, quand l'ab-sorption est opérée, on fait les inhalations de chloroforme. La narcose est obtenue rapidement et la quantité de chloroforme employé est toujours tres
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faible. Dans certains essais de MM. Langlois et Maurange, 1'anesthésie fut prolongée pendant deux heures et davantage sans que Ie coeur diminuät Ténergie de ses battements.
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III. Association du chloral au chloroforme.
Cette methode mixte d'anesthésie préconisée chez Fhomme par Forné (1874), consiste ä faire des inhalations de chloroforme sur un sujet déja préparé par l'administration du chloral. On concoit tres bien qu'il doit résulter de cette association une rapidité plus grande dans la production de la narcose, puis-que Ie chloral a plongé Ie sujet dans un état hypno-tique tres favorable a faction du chloroforme. On constate en effet qu'une tres petite quantité de chloroforme est seulement nécessaire et que la période d'excitation du début fait presque complètement défaut.
Chez nos animaux cette methode pourrait être employee avec beaucoup de raison.
Pour ma part, j'y ai eu assez souvent recours pour Vanesthésie du chien.
J'injectais dans les veines du sujet en experience ou dans Ie périloine une dose de chloral insuffisantfr ä eile seule pour produire Ie sommeil, puis je com-plétais par des inhalations de chloroforme. J'ai employé ce procédé d'anesthésie chaque fois que jamp; me voyais dans la nécessité de confier cette operation ä une personne peu habituée et qui m'eüt presquamp; sürement tué Ie sujet en experience si je lui avairaquo;
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confié l'anesthesie par Ie chloroforme. Je n'ai eu dans ces circonstances qu'a me féliciter de cette methode. Ce n'est pas cependant qu'elle soit exempte de dangers; on lui a reproché particulièrement de ne pas mettre ä 1'abri des syncopes cardiaques si fréquentes au cours de Ia chloroformisation.
De même on retrouve ici tons les inconvénients du chloral, et notamment la tendance aux hémor-ragies.
Pour Ie cheval, quand l'opérationapratiquer exige l'anesthesie complete, on pourrait encore avoir recours ä la methode chloral-chloroforme.
Dans ce cas alors, on administrerait au sujet un lavement de chloral et on continuerait l'anesthesie au moyen du chloroforme.
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IV. Association de la morphine et du chloral.
Gelte methode mixte d'anesthésie a surtout été recommandée en chirurgie vétérinaire par MM. Ca-déac et Malet {Revue vétérinaire, 1884). Ces auteurs répétèrent un assez grand nombre d'expériences et tentèrent notamment d'administrer Ie mélange morphine-chloral par la voie trachéale. Ils durent re-noncer a ce mode d'administration, bien que l'anes-thésie fut obtenue Ie plus facilement du monde, en raison des accidents inflammatoires que faction irritante du chloral faisait naitre au niveau du poumon.
Ils s'adressèrent alors ä la voie digestive.
Yoici comment ils recommandent d'agir :
Pour un chien de 19 kilos (je prends les chiffres de MM. Cadéac et Malet). Injection dans Ie tissu conjonctif sous-cutané de 10 centigrammes de chlor-hydrate de morphine. Environ dix minutes après, l'animal regoit un lavement contenant en solution 20 grammes d'hydrate de chloral. Au bout d'un quart d'heure l'anesthésie est complete et persiste pendant longtemps.
Pour Ie cheval, MM. Cadéac et Malet agissent de la même maniere. Les quantités de chlorhydrate de
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morphine qu'ils injectent atteignent dans une de leurs experiences la dose de 1 gramme.
Le lavement qui suit l'injection de morphine renferme 120 grammes de chloral. De la sorte, ils obtiennent la narcose parfaite.
Voici, du reste, quelques-unes des conclusions des auteurs en question, je copie textucllement :
1deg; L'action combinée du chloral et de la morphine peut suppleer avantageusement chez nos animaux domestiques celle des inhalations d'éther ou de chloroforme;
2deg; Administrés par la bouche, le chloral et la morphine anesthésient le chien, mais n'insensibili-sent le cheval qu'imparfaitement;
3deg; Donnés sous forme de lavements, ces deux agents mélanges n'anesthésient ni le chien, ni le cheval;
4deg; Les doses étant les mêmes, les effets sont sen-siblement plus accuses lorsque la morphine est in-jectée sous la peau, quelle que soit la voie d'admi-histration du chloral;
Sdeg; On obtient l'anesthésie parfaite en combinant l'injection sous-cutanée de morphine avec l'adminis-tration d'un lavement de chloral;
6deg; Il est avantageux de laisser un Intervalle de quelques minutes entre l'injection sous-cutanée de morphine et le lavement de chloral;
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7deg; L'innocuité des lavements et la facilité de leur administration nous font préférer la voie rectale ä toute autre, les animaux déja sous rinfluence de la morphine ne rejetant pas les lavements, comme on pourrait Ie croire.
Le procédé préconisé par MM. Cadéac et Malet me parait tres applicable au chien sur lequel la morphine agit comme hypnotique. Dans ces conditions le chloral vient ajouter son action ä celle de ia morphine.
Pour le cheval, les doses de morphine me semblent singulièrement élevées et tres capables de produire des accidents. La morphine chez les soli-pèdes est susceptible, ainsi que l'ont montré M. Kaufmann et M. Guinard, de provoquer une période d'excitation qui dure parfois longtemps et qui n'est pas saus être inquiétante. Je crois qu'on pourrait, saus perdre les bénéflces de la methode, diminuer la dose de morphine.
Je rappellerai ä ce sujet les experiences que j'ai faites avec Almy sur 1'application au cheval de la methode atropine-morphine-chloroforme. Nous injections sous la peau, dans nos essais préliminaires, des doses massives du mélange. Dans une de nos tentatives, la période d'excitation morphinique fut teile que nous eümes toutes les peines du monde ä empêcher le cheval de se tuer.
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A partir de ce moment, nous dirainuames pro-gressivement la dose, pour nous en tenir ä celle que nous avons indiquée dans ce procédé d'anesthésie.
Nous vimes alors que cette excitation ne se pro-duisait plus, et qu'en même temps la narcose s'ob-tenait dans les conditions que la theorie avait fait prévoir.
Pour terminer, je rappellerai que dans Ie procédé Riebet [injection intra-péritonéale), on associe la morphine ä l'hydrate de chloral. Voici les doses re-commandées par eet auteur :
Hydrate de chloral................... 5 décigr.
Chiorhydrate de morphiue........... 0 gr. 0025
par kilogramme de poids d'animal.
Ce procédé n'est applicable qu'au chien et au chat (voir page 39).
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V. Association de l'éther et du chloroforme.
J'ai propose d'avoir recours, pour Tanesthésie du einen, aux mélanges d'ether et de chloroforme. Depuis la publication de ma note [Bulletin de la Société centrale de médecine vétérinaire, janvier 1895), j'ai eu au laboratoire de Physiologie de l'EcoIe d'Alfort, l'occasioa d'employer tres fréquemment cette methode d'anesthésie sans qu'il soit survenu un seui accident.
Voici, du reste, la note dans laquelle je rendais compte de mes essais :
Dans une première série d'expériences, j'ai pratique Fanesthésie au moyen d'un mélange renfer-mant un volume de chloroforme pour deux volumes d'éther. Dans tous ces cas, j'ai poussé Fanesthésie jusqu'ä ses dernières limites, c'est-ä-dire jusqu'au moment de la production de la resolution musculaire et de la disparition du réflexe oculo-palpébral.
Le mélange était administré en inhalations et par doses massives. Je me plagais done dans les conditions les meilleures de production d'accidents. Je puis dire que malgré 1'emploi de ce procédé de sidé-ration, je n'ai, dans aucun cas, constaté la moiudre syncope ni la plus petite alerte.
Les animaux ont présenté une période d'agitation
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sensiblement plus longue que dans les cas d'anes-thésie par Ie chloroforme. Toutefois, cette période d'excitation n'a jamais excédé trois minutes. L'anes-thésie confirmée a été obtenue dix minutes environ après Ie début des inhalations.
Le sommeil, tont étant aussi profond que dans les cas d'anesthésie chloroformique, demande ä être entretenu avee plus de soin : le réveil, en raison de la grande volatilité de l'éther, survient viteil'ani-mal reprend plus tot son attitude normale ; l'ivresse qui accompagne le réveil m'a semblé beaucoup moins accentuée que celle qui suit les inhalations de chloroforme.
La dose de mélange nécessaire pour produire l'anesthésie a été en moyenne de 38r,5 par kilogramme de poids d'animal. Mais il y a sous ce rapport de tres grandes variations : c'est ainsi qu'il a fallu 80 grammes du mélange pour produire l'anesthésie chez un chien de 6 kilos, tandis que 60 grammes m'ont suffi pour des chiens pesant en moyenne entre 27 et 30 kilos.
Dans une seconde série d'expériences, je me suis servi d'un mélange renfermant des volumes égaux d'éther et de chloroforme. Comme précédemment, l'anesthésie n'a été accompagnée d'aucun accident.
Par l'emploi de ce mélange, j'ai constaté que la période d'agitation n'était pas plus longue que dans
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les cas d'anesthésie chloroformique. La marche de l'anesthésie offre une ressemblance complete avec celle qui suit Tadministi-ation du chloroforme. L'anesthésie a été obtenue en cinq minutes en moyenne, avec une dose du mélange de 2gr,5 par kilogramme de poids d'animal. Le réveil a toujours été tres rapide. Je n'ai constaté que dans un cas les vomissements qui, le plus souvent, font suite ä l'anesthésie par le chloroforme.
Je me crois done en droit de conclure que le mélange d'éther et de chloroforme est de beaucoup preferable ä l'emploi du chloroforme seul, si l'on vent se mettre ä 1'abri des accidents. Dans les nombreuses experiences que j'ai faites, je n'ai jamais eu ä intervenir au cours de l'anesthésie; les ani-maux ne m'ont jamais présenté les syncopes car-diaques et respiratoires qui out lieu si fréquemment dans l'anesthésie chloroformique et qui nécessitent l'emploi de la respiration artificielle ou de la methode des tractions rythmées de la langue.
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CHAPITRE VIII
ANESTHÉSIE LOCALE
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Généralitês. On a besoin parfois dans la pratique chirurgicale d'obtenir l'insensibilité d'une region bien limitée de Torganisme sans qu'ii soit besoin d'avoir recours ä l'anesthésie générale. Les moyens proposes pour obtenir l'anesthésie locale sont assez nombreux ; nous allons les passer en revue. Il est certain que les applications de l'anesthésie locale sont moins fréquentes en chirurgie vétérinaire que dans la chirurgie humaine. Mais il est néan-moins un certain nombre d'opérations, notamment celles qui portent sur la peau et les premières couches sous-cutanées, dans lesquelles on aura recours avec avantage h l'anesthésie locale surtout quand il s'agira d'un animal irritable. D'autre part, l'emploi de ce procédé d'anesthésie est absolument indiqué en chirurgie oculaire, si l'on veut opérer dans des conditions de süreté complete.
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I. La refrigeration.
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C'est un fait bien connu, que Ie froid amène une diminution de la sensibilité qui peut aller jusqu'ä l'abolition complete de cette dernière, pour peu qu'on insiste sur sou emploi. Aussi a-t-on songé ä utiliser Ie froid pour insensibiliser certaines regions de l'organisme atteintes de lesions pour lesquelles l'intervention chirurgicale est nécessaire. On obtient Ie froid par des moyens tres divers.
A.nbsp; Emploi des mélanges refrigerants. Si Ton veut obtenir l'anesthésie dune region,teile que les parties inférieures des membres, on peut avoir recours aux mélanges refrigerants. On recouvre la region sur laquelle doit porter l'opération d'un sachet renfermant un mélange a parties égales de glace et de sei marin. L'abaissement de temperature peut de la sorte atteindre 10 degrés au-dessous de 0. Le seul inconvenient de ce procédé c'est qu'il est difficile de graduer avec précision les effets de ce mélange. L'action du froid peut se faire sentir avec trop d'intensité. Il en résulte un certain état de congelation des tissus et la production d'es-chares superficielles.
B.nbsp; Emploi des liquides volatils [Ether. Bromnre d'éthyle. Chlorure de méthyle. Chloroforme).
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On utilise pour provoquer Ie refroidissement Téva-poration de certains liquides tres volatils, particu-lièrement de Yether. On a recours aujourd'hui aux pulverisations de ce produit aumoyendu pulvérisa-teur de Richardson. Voir figure 4.
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Fig. 4. Puiverisateur de Richardson.
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Il est de nécessité que les pulverisations soient faites assez rapidement, si l'on veut obtenir l'anes-thésie en peu de temps. L'anesthésie locale par ce moyen peut être recommandée dans les cas de ponction d'abcès, d'ablation de tumeur et de névro-tomie chez les chiens et les chevaux irritables.
On a propose également les pulverisations de bro-
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d08nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LES ANESTHÈSIQUES.
mure cTéthyle. Encore ici on se sert du pulvérisa-teur de Richardson. Le bromure d'éthyle semble même supérieur ä l'éther, en raison de la rapidité de son action et de la non-inflammabilité de ses vapeurs. Pour obtenir tons les bénéfices de cette methode, il faut pratiquer les pulverisations ä environ 10 centimetres de la surface qu'on veut insensi-biliser.
On pent se servir encore du chlorure de méthyle, mais ce corps est d'un emploi dangereux en raison de l'énergie de son action réfrigérante. Il insensi-bilise la peau en un temps tres court, mais on dé-passe facilement la dose anesthésique; il survient alors de la congelation des tissus et de l'eschari-fication. Le chlorure de méthyle n'est pas a recom-mander, pas plus du reste que le chloroforme et le mélange de chloroforme et d'acide acétique cristal-lisable. De même encore les procédés de Bailly [Bulletin de l'Académie de médecine, octobre \ 888) et de Lesser [Biologie, aoüt 1882), ne me paraissent pas pouvoir être utilises en chirurgie vétérinaire. Les seuls procédés d'anesthésie locale par refrigeration qui soient recommandables sont les pulverisations d'éther ou de bromure d'éthyle.
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II. Anesthésie locale par la cocaïne.
A. Propriétés physiologiques de la cocaïne. La cocaïne est un alcaloïde que Ton retire de l'erythro-xylon coca, plante cultivée particulièrement dans TAmérique du Sud. Les propriétés anesthésiantes de la coca avaient été depuis longtemps mises en usage par les habitants de ces regions qui s'en servaient dans Ie dessein de supprimer les sensations de la soit' et de la faim.
La cocaïne fut découverte par Gardeke (18S5), Samuel R. Percy (18S7) et Niemann (1859).
Schroff de Vienne en montra Ie premier les propriétés anesthésiantes locales. Depuis lors, l'emploi de la cocaïne s'est generalise, son usage est aujour-d'hui tres répandu. Les propriétés physiologiques de ce medicament out été étudiées par un grand nombre d'expérimentateurs, parmi lesquels il faut plus particulièrement citer : Arloing, Grasset, 'Vul-pian, Laborde et Laffont.
Le chlorhydrate de cocaïne est Ie sei Ie plus com-munément employé. Il exerce une action anes-thésique locale tres manifeste. Quelques gouttes d'une solution älp. 100 déposées sur la mu-queuse oculaire déterminent au bout de plusieurs minutes, une insensibilité tres marquee qui persiste
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pendant un temps variant entre 15 et 30 minutes. Quelques gouttes de la même solution introduite dans Ie tissu conjonctif sous-cutané provoquent éga-lement l'anesthésie des points oü a été déposée la substance. Nous verrons plus loin l'application que l'on peut faire de ces remarquables propriétés.
Mais la cocaïne exerce une action générale qu'il Importe de connaitre.
Quelques auteurs ont prétendu que eet alcaloïde était capable de produire l'anesthésie générale, une fois passé ä 1'absorption.
Disons immédiatement que la cocaïne est loin de présenter les caractères d'un anesthésique general, il ne faut la considérer que comme un anesthésique local proprement dit.
Le chien qui a regu du chlorhydrate de cocaïne ä dose un peu élevée, manifeste une grande agitation qui ne tarde pas ä dégénérer en crises convulsives. L'aniraal empoisonné par eet alcaloïde ressemble en tous points ä celui qui aurait recju une dose toxique d'un sei de strychnine. Le sujet présente done tou-tes les manifestations qui résultent de l'excitation du système neuro-moteur.
Mais, chose remarquable, tandis que le système nerveux moteur est surexcité, on peut constater un état d'analgésie tres marquée ä la périphérie. Pour me servir de l'heureuse expression de M. Dastre, laquo;le
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tegument de l'animal en eet état est comme une enveloppe inerte, qui établit une barrière entre lui et les objets qui l'entourent raquo;.
L'exercice des sens est rendu impossible, et mal-gré cela, les nerfs sensitifs n'ont pas perdu leur exci-tabilité. L'individu réagit quand on porte sur ces troncs nerveux des excitations répétées. La para-lysie qui atteint les filets sensitifs, ne se produit qu'ä la périphérie. On a pu dire avec raison que la cocaïne est un curare sensitif. Mais, il ne faut pas l'oublier, cette action analgésiante périphérique, qui apparait ä la suite du passage de la cocaïne a l'absorption, ne se produit qu'avec des doses pres-que toxiques.
Sur Ie coeur et les vaisseaux capillaires, la cocaïne exerce une action qu'il Importe de connattre. Dans les premiers moments qui suivent l'introduction du medicament dans Ie torrent circulatoire, Ie cceur subit un ralentissement de peu de durée, en même temps que la pression arterielle diminue légèrement. Peu après, apparaissent des effets inverses : Ie cceur s'accélère et la pression arterielle s'élève. L'augmen-tation de la tension du sang dans les artères est due äla vaso-constriction périphérique, aussi les muqueu-ses sont-elles pales, décolorées et la peau exsangue.
Si la dose est toxique, l'accélération du coeur fait place ä un ralentissement et Ie cceur s'arrête. Sous
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rinfluence de fortes doses, la respiration s'accélère et son amplitude diminue. En cas d'intoxication, la respiration s'arrête avant Ie coeur. La temperature subit une augmentation notable. La cocaïne agit éga-lement sur les fibres lisses qu'elle excite, aussi s'ex-plique-t-on la mydriase qui snit l'instillation sur la muqueuse oculaire de quelques gouttes de solution cocaïnique, de même que les vomissements et les borborygmes qui surviennent chez 1'animal qui en a reQU de fortes doses.
Quant au mode d'action de la cocaïne, il faut refuser d'admettre la theorie qui explique les effets anesthésiques de ce medicament par la vaso-cons-triction et l'anémie qu'il provoque ä la périphérie. Il faut admettre que la cocaïne agit indépendam-ment de tont effet vasculaire sur l'élément nerveux lui-même. Ce fait a déja subi un commencement de demonstration. M. Arloing plonge dans une solution cocaïnique des rameaux nerveux fraichement excises, et constate que Ie contenu des gaines de Schwann est coagulé, en même temps que les fibres ont pris un aspect granuleux. L'efFet de la cocaïne sur les nerfs s'expliquerait done par l'altération temporaire que subiraient les filets nerveux termi-naux.
B. Mode d'administration de la cocaïne. La cocaïne s'administre :
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1deg; En injections intra et sous-dermiques;
2deg; En badigeonnages;
3deg; En instillations.
1deg; Injections intra et sous-dermiques de cocaïne.
Il faut ici suivre Ie manuel opératoire préconisé par MM. Reclus et Wall dans la Revue de chirurgie, 1889.
La regle générale est la suivante : l'injection de cocaïne doit être poussée dans Ie sens de l'incision future, pour laquelle eile crée une zone anesthési-que oü, au bout de trois ou quatre minutes, lïnstru-ment peut creuser au milieu des tissus insensibles. On enfoncera done l'aiguille de la seringue Pravaz sous la peau, suivant une direction bien déterminée d'avance; en même temps qu'on poussera l'aiguille avec une grande lenteur, on pressera Ie piston de fagon ä déposer Ie long du trajet parcouru une trainee du liquide anesthésiant.
Pour insensibiliser la peau, ces auteurs ont eu recours aux injections intra-dermiques. Elles consistent ä pénétrer ayec l'aiguille de la seringue Pravaz seu-lement dans les couches profondes du derme et a y pousser lentement l'injection de cocaïne. On s'as-sure que 1'operation a été menée ä bonne fin, quand durant Tinjection l'opérateur éprouve un certain de-gré de resistance h. l'introduction du liquide, et quand surtout apparalt une sorte de boursouflement de la peau qui devient exsangue.
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La zone anesthésiée de la sorte alteint d'ordinaire ou dépasse 2 centimetres en largeur. Du reste, la demarcation entre les tissus insensibilisés et ceux qui sont encore sensibles n'est pas brusque, il existe une zone intermediaire oü la sensibilité est obscure. L'incision doit être pratiquée au centre même de la trainee de cocaïne. L'insensibilité est parfaite et s'é-tend jusqu'aux parties molles situées sous la zone injectée.
En chirurgie vétérinaire, M. Ie professeur Labat a relate dans la Revue vétérinaire de 1891, un certain nombre d'opérations faites avec Ie secours de la cocaïne. Ce Chirurgien a eu recours aux injections sous-dermiques, pratiquées suivant Ie procédé de Reclus; il se sert d'une solution de chlorhydrate de cocaïne ä S p. 100.
Voici résumées les observations de eet auteur.
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Observation I. Jument bretonne, douze ans, porteur d'un kysle dermoïde ä la pointe du sternum.
La turaeur a Ie volume d'un fort poing d'homme, saillante, implanlée sur Ie sternum par une base large d'environ 6 a 7 centimetres. On injecte de la solution de cocaïne sur six points régulièrement disposes au pourtour de la base de la tu-meur. Onemploie 10 centigrammes de cocaïne. Quatre minutes après, l'opération est commencée; on circonscrit la tumeur par une incision circulaire passant par les points oü l'injection a été faite. L'opération dure 14 minutes. L'animal n'a pas réagi.
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Observation II. Mulet, huil, ans, alteint d'une tumeur li-breuse en avant de l'ouverture du fourreau.
L'injection de cocaïne est faite en huit piqures dans le tissu conjonctif sous-cutané. On use 8 centigrammes de cocaïne. L'o-pération s'effectue sans que l'animal ait manifesté la moindre douleur.
Observation III. Chienned'arrêt de septä huit ans, 24kilos, alteinte de chondrome de la maraelle. La tumeur a Ie volume d'une tête d'enfant. Injection par huit piqüres dirigées vers la base de la tumeur. On emploie 8 a 9 centigrammes de cocaïne. L'opération a dure 13 min ui es. L'animal est resté complète-ment insensible.
Observation IV. Chien mouton, trois ans, 5 kil. 350, at-teint d'un cancer du testicule. Le testicule gauche ectopié et envahi par le cancer occupe l'aine gauche et a le volume d'un gros oeuf de poule, la tumeur est tres douloureuse. Injection par quatre piqüres h. la base de la tumeur de la solution de cocaïne; la dose a été de 3 centigrammes. L'auteur avail decide d'énucléer le testicule après avoir incisé la peau ä la partie la plus saillante de la tumeur. Il pratique alors une seconde injection de i centigramme de cocaïne, le long de la ligne que doit suivre le bistouri. Au bout de trois minutes l'insensibilité est obtenue. L'opération a lieu sans reaction de la part du sujet.
Observation V. Chien d'arrêt atteint d'entropion. Injection sous la peau des paupières de la solution cocaïnique. La quan-tité de cocaïne est évaluc'e ä 7 milligrammes. L'opération est pra-liquée sur les deux yeux. Le chien n'a pas bougé.
Observation VI. Macaque d'Aden, trois ans, atteinte d'exophlalmie et de phlegmon profond de l'orbite. L'oeil est sorti des paupières, celles-ci et la conjonctive sont le siège d'un fort oedème chaud et douloureux. Injection entre les paupières et le globe de la solution de cocaïne sur quatre
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points équidistants. La dose injectée a êlé de 8 milligrammes. L'oeü est enlevé; un petit abces qui se trouvait au fond de Torbite est ponctionné sans que la macaque ait montré la moindre douleur.
Observation VII. Chien danois de 54 kilos, atteint d'une ostéite de la face interne du tibia droit. Tumeurarrondie, dou-loureuse, de 10 centimetres environ de diamètre. Injection de la solution de cocaine dans Ie tissu conjonctif sous-culané par quatre piqüres équidistantes suivant Ie procédé de Reel us. La dose de cocaine a été de 8 centigrammes. La tumeur est cauté-risée profondément; Tanimal ne pousse pas un cri.
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On voit done, d'après ces différents essais, que la cocaïne est capable de rendre de tres grands services en chirurgie vétérinaire et qu'elle mérite d'etre recommandée.
2deg; Badigeonnages avec une solution de cocaïne. Ce mode d'administration est surtout ä recommander sur les muqueuses; il serait sans action sur la peau en raison de la faible perméabilité de ce tegument. Les badigeonnages de cocaïne ont été surtout appliques chez l'homme dans Ie traitement des affections douloureuses du pharynx et du larynx (Fauvel, Coupard), pour pratiquer certaines operations de courte durée, telles que l'ablation des polypes dunez et la cauterisation des amygdales. La cocaïne a encore été utilisée pour faciliter l'introduction de la sonde dans Ie canal de l'urèthre et pour faciliter Tinter-vention chirurgicale au niveau de la muqueuse de la
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vulve et du vagin. On l'emploie encore avec succes en chirurgie dentaire pour permettre l'extraction des denls. Dans ces différents cas, on se sert de solution de cocaïne ä des titres varies: 2, 3, 4 et 5 p. 100. On pourrait en vétérinaire user des mêmes procédés dans certains cas d'opérations portant sur la cavité buccale (traitement des épulis, extraction des dents) ou la cavité vaginale (ablation de polypes ou de vegetations diverses). De même encore pour faciliter le curage du rectum dans le cas de constipation opiniätre.
3deg; Instillations dune splution de cocaine. Recom-mandables en chirurgie oculaire. Le plus ordinai-rement on se sert d'une solution ä \ p. 200. On fait tomber sur l'aïil 6 a 8 gouttes de la solution cocaï-nique. Au bout de dix minutes l'anesthésie est obtenue, eile persiste environ un quart d'heure. Quand l'opération doit porter dans les parties pro-fondes, on peut, ä 1'exemple de Turnbull, continuer les instillations pendant toute la durée de l'opération.
Voici une observation de M. Labat qui montre que ce procédé est utilisable chez le cheval.
Observation. Jument, quatre ans, atteinte de deux tales a I'omI gauche. On se dispose ä pratiquer le tatouage. La bete, une fois couchée, recoit en instillations environ I centigramme de cocaine.
L'opéradon est faite sans que la jument ait fait un mouvement, l'ceil est resté tout le temps immobile.
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III. Anesthésie locale par Ie gaïacöl.
Dans une récente communication faite ä l'Aca-démie de médecine (juillet 189S), par M. Lucas-Championnière au nom de M. C. André, Ie gaïacol est recommandé comme anesthésique local. Le medicament peut s'administrer en badigeonnages dans le cas de brülures par exemple, ou en injection hypodermique. Dans ce dernier cas, il faut se servir d'une liqueur composée de la fagon suivante :
Gaïacol synthétique..............---- 1 gramme.
Huile neutre stérilisée................ 20 c. cubes.
Il suffit d'injecter quelques gouttes de ce mélange au point qu'on vent insensibiliser. Ce procédé est actuellement tres employé en chirurgie dentaire. Il tend ä supplanter la cocaïne. L'anesthésie par Ie gaïacol est plus lente ä se produire qu'avec la cocaïne, mais par contre son action est plus durable. Le gaïacol produit son action analgésianie aussi bien sur les tissus enflammés que sur les tissus sains, enfin il n'^st pas toxique.
Mon collègue et ami M. Drouin a employé le gaïacol dans un certain nombre de cas. Voici la note qu'il a bien voulu me communiquer : laquo; C'est sur-tout pour 1'ablation des tumeurs chez le chien que
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Ie gaïacol m'a rendu de véritables services. Je l'ai utilise dans quatre circonstances avec Ie plus grand succes. La technique de son emploi est des plus simples et ne diffère en rien de celle ä laquelle on a recours pour les injections de cocaïne. Il faut se servir de la solution Andre (gaïacol en solution dans l'huile neutre stérilisée). La seule precaution ä prendre est d'employer une canule un peu grosse, la solution étant ä base d'huile a du mal a franchir les canules étroites. Il faut attendre environ dix minutes après l'injection pour observer les effets anesthésiques. Après ce temps, la region est abso-lument indolore, l'analgésie dure plus longtemps qu'avec la cocaïne. raquo;
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IV. Autres methodes d'anesthésie locale.
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M. Gley [Biologie, novembre 1889) a constaté que la strophanline et l'ouabaïne possédaient des pro-priétés anesthésiques locales tres marquees.
Quatre gouttes d'une solution ä 1 p. 1000 de l'une ou de l'autre de ces substances instillées dans Toeil d'un lapin, produisent au bout de cinq minutes une diminution de la sensibilité cornéenne qui aboutit après cinq minutes environ ä l'anesthésie complete. La cornée est absolument insensible. Cette anesthésie dure de deux ä trois heures, eile est absolue pendant une heure et demie. On ne constate pas de phénomènes d'irritation. L'anesthésie s'accompagne de myosis. Ces substances semblent done plus actives que la cocaïne.
M. Guinard {Biologie, 21 juillet 1894) a signalé les propriétés anesthésiques locales de la spartéine. En instillations dans I'oeil, il faut un certain temps pour obtenir l'insensibilisation. C'est seulement cinquante minutes après que celle-ci parait complete, mais cette anesthésie dure tres longtemps (3 heures dans un cas). Les injections sous-cutanées de spartéine sent plus actives. Dix minutes après la piqüre, le point imprégné se montre insensible. L'anesthésie locale persiste deux heures et da vantage.
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On peut se servir pour les instillations d'une solution de sulfate de spartéine au vingtième.
Pour les injections, on se sertde lamême solution; 1 centimetre cube injecté suivant Ie procédé employé pour les injections sous-dermiques de cocaïne suffit. Il ne survient pas, h la suite de ces injections, de phénomènes inflammatoires.
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FIN
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TABLE DES MAXIERES
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PllÉFACE DE JI. LE PB0FESSEUI1 KAUFMANN.....................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; V
AVANT-PROPOS...............................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VU
CHAP1TUE I.
Historique de l'anesthésie ..................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 9
CHAP1TRE II.
Physiologie de l'anesthésie..................................nbsp; nbsp; nbsp; 15
I. Considerations générales..............................nbsp; nbsp; nbsp; 15
II. Mécanisme de Tanesthesie.............................nbsp; nbsp; nbsp; 19
III.nbsp; Marche de l'anesthésie................................nbsp; nbsp; nbsp; 24
IV.nbsp; nbsp;Des accidents de l'anesthésie..........................nbsp; nbsp; nbsp; 2(5
V. Moyen de s'assurer de la marche de l'anesthésie.......nbsp; nbsp; nbsp; 30
VI. Inlluence de l'anesthésie sur les différentes fonctions...nbsp; nbsp; nbsp; 32
CHAPITRE 111.
Emploi du chloroforme......................................nbsp; nbsp; nbsp; 35
I. Propriétés physico-chimiques du chloroforme..........nbsp; nbsp; nbsp; 35
II. Caraclères de pureté du chloroforme. Mode de conservation.............................................nbsp; nbsp; nbsp; 36
III.nbsp; Mode d'administration du chloroforme.................nbsp; nbsp; nbsp; 38
IV.nbsp; Action du chloroforme sur la circulation et la respiration.nbsp; nbsp; nbsp; 43 V. Des phénomènes qui precedent, qui accompagnent et qui
suivenc Tanesthérie par Ie chloroforme...............nbsp; nbsp; nbsp; 45
VI.nbsp; Desconlre-indications de l'anesthésie par le chloroforme.nbsp; nbsp; nbsp; 48
VII.nbsp; Anesthésie des auimaux domestiques au moyen du chlo-
roforme ............................................nbsp; nbsp; nbsp; 4i)
Ghloroformis ition du cheval.................................nbsp; nbsp; nbsp; 49
nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; du chien..................................nbsp; nbsp; nbsp; 50
nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; du chat...................................nbsp; nbsp; nbsp; 51
CHAPITRE IV.
Du chloral..................................................nbsp; nbsp; nbsp; 62
I. Propriétés physico-chimiques du chloral...............nbsp; nbsp; nbsp; 52
II.. Effets physiologiques du chloral.......................nbsp; nbsp; nbsp; 53
III.nbsp; Mode d'action du chloral..............................nbsp; nbsp; nbsp; 55
IV.nbsp; Mode d'administration du chloral......................nbsp; nbsp; nbsp; 57
Chloralisation du cheval.....................................nbsp; nbsp; nbsp; 60
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124nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TABLE DBS MAXIERES.
Chloralisa lion du chien......................................nbsp; nbsp; nbsp; 62
Doses de chloral............................................nbsp; nbsp; nbsp; 63
CHAPITRE V.
De 1'éther..................................................nbsp; nbsp; nbsp; 65
I. Propriétés physico-chimiques de l'éther...............nbsp; nbsp; nbsp; 65
II. Action de l'éther sur la circulation, la respiration et la
caloriöcation.........................................nbsp; nbsp; nbsp; 66
III.nbsp; Marche de l'aneslhésie. Parallele entre l'action du chlo-
roforme et celle de l'éther...........................nbsp; nbsp; nbsp; 69
IV.nbsp; Indications et contre-indications de l'éther............nbsp; nbsp; nbsp; 72
V. Etherisation du ehe val................................nbsp; nbsp; nbsp; 73
VI. du chien................................nbsp; nbsp; nbsp; 77
CHAPITRE VI.
I. Anesthésie des ruminants et du porc.................nbsp; nbsp; nbsp; 79
II. du singe...................................nbsp; nbsp; nbsp; SI
III. des oiseaux................................nbsp; nbsp; nbsp; 82
CHAPITRE VII.
Methodes mixtes d'anesthésie..............................nbsp; nbsp; nbsp; 83
I. Association de I'atropine, de la morphine et du chloro-
forme..............................................nbsp; nbsp; nbsp; 83
A.nbsp; nbsp;Générolités......................................nbsp; nbsp; nbsp; 83
B.nbsp; nbsp;Perfectlonnements de la methode.................nbsp; nbsp; nbsp; 85
Application de la methode atropine-morphine-chloroforme
au chicn.................................................nbsp; nbsp; nbsp; 86
Application de la mème methode au cheval.................nbsp; nbsp; nbsp; 8S
au chat...................nbsp; nbsp; nbsp; 93
II. Association de la morphine, de la spartéine et du chlo-
roforme............................................nbsp; nbsp; nbsp; 94
III.nbsp; Association du chloral au chloroforme.................nbsp; nbsp; nbsp; 96
IV.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; de la morphine et du chloral...............nbsp; nbsp; nbsp; 98
V. de l'éther et du chloroforme...............nbsp; nbsp; 102
CHAPITRE VIII.
Anesthésie locale..........................................nbsp; nbsp; 105
Généralités.................................................nbsp; nbsp; 105
I. La refrigeration.....................................nbsp; nbsp; 106
II. Anesthésie locale par la cocaine.....................nbsp; nbsp; 109
A. Propriétés physiologiques de Ia cocaïne............nbsp;109
ß. Mode d'administration de la cocaïne..............nbsp; nbsp; 112
III.nbsp; Anesthésie locale par Ie gaïacol........................nbsp; nbsp; 118
IV.nbsp; Autres methodes d'anesthésie locale..........;........nbsp; nbsp; 120
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1780-96. Coibeil. Imprimerie i'.u. Cntif.
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,?6'
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