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I-fll-A.lsrTTEIj
DE MICROBIOLOGIE YETERINAIRE
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BIBUOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
2911 431 5
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MANUEL
DE
IM flftlMi
I
PAR
MOSSELMAN, pröfesseür,
KT
LIENAUX, repetiteur, ä l'Ecole de medecine vötörinäire de l'Etat.
Aquot;-
BRUXELLES
1MPRIMERIE CHARLES VANDE WEGHE' 12, Vieille-Halle-aux-Bles, 12.
1891
#9632;,
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INTRODUCTION
Les ouvrages qui traitentdelamicrobiologiesontasseznoin-breux; mais aucun ne presente un expose succinct et complet des donnees classiques sur la matiere, en un mot, les elements d'application a la portee des eleves et des praticiens. C'est cet expose que nous ferons ici, dans I'espoir d'etre utiles aux uns et aux autres.
II nous a semble que cette publication avait quelque chance d'etre bien accueillie. En effet, outre que la pratique de tons les jours met le medecin veterinaire dans la necessite d'avoir recours aux lumieres de la microbiologie, l'inspection des vian-des et la surveillance de la police sanitaire qui leur sont devo-lues leur font un devoir imperieux de ne negliger aucun des moyens de diagnostic que la science met ä leur disposition.
Nous n'entendons pas avancer que le diagnostic des mala­dies infectieuses exige dans tons les cas la recherche des microbes pathogenes; cependant, tout en reconnaissant I'im-portance de l'anatomie pathologique et des signes cliniques, nous pensons que la mise en evidence des germes est d'une valeur bien süperieure. Nous dirons meine que dans des cas malheureusement trop nombreux, la constatation des germes est la seule fagon d'etablir definitivement la nature d'une lesion.
Or, tout le monde comprendra combien il est desirable que le praticien, inspecteur de viandes ou veterinaire sanitaire,
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dont les arrets vont tres souvent a I'encontre d'un interet par-ticulier, ne se prononce qu'apres avoir epuise cette dernifere ressource qui le mettra ä l'abri des meprises scientifiques et des contradictions toujours fort regrettables.
La mfeme exactitude est ä rechercher dans la clientele privee oü eile sera le point de depart d'une saine therapeutique.
Nous tracerons brievement l'histoire des microbes qui peu-vent interesser le praticien et nous exposerons la technique des recherches qu'il pent etre appele a pratiquer journellement. Notre etude comprendra trois parties. Dans la premiere, nous dirons quelques mots des microbes consideres en general; dans la seconde, nous ferons Fetude des germes pathogenes envi­sages dans leur ensemble, et dans la troisieme, nous verrons les microbes particuliers qui occasionnent des maladies chez les animaux et meine chez Thomme.
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MANUEL
BE MIGiMIlMI flTEHINilRE
PREMIERE PARTIE
NOTIONS GENERALES SUR LES MICROBES
Les microbes peuvent etre envisages successivement ä l'etat statique et ä l'etat fonctionnel ou physiologique.
CHAPITRE PREMIER
DES MICROBES A L'fiTAT STATIQUE.
Definition. — 1. Formss des microbes. — 2. Organisation et composition chimique. — 3. Situation et repartition.
On a donne les noms de microbes, bacteries, vibrioniens, schhomycetes, schizophytes, ä des etres microscopiques, uni-cellules, placös au bas de l'echelle vegetale. Ces etres, depour-vus de chlorophylle, viventaux depens de matieres organiques complexes qu'ils ramenent ä l'etat de composes mineraux sim­ples.
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Formes des microbes.
Formes typiques. — La forme des microbes est celle d'un corpuscule arrondi ou d'un
bätonnet. Ce dernier peut 6tre rectiligne, ondule ou spirale.
lies microbes arrondis ou coc­cus, coques ont requ les noms suivants, d'apres leur mode de groupement:
Microcoque, micrococcus .-coques, coccus isoles(Fig. I.i.); Diplocoque, diplococcus : co­ques, coccus associes par deux, 2; Streptocoque, steptrococcus :
coques, coccus, associes en series
Fig.l
lineaires, en chapelet, 3; Microcoques en tetrades, microccus tetragenus : coques,. coccus associes par quatre. 4 ;
Sarcine : coques, coccus associes en tetrades juxtaposees formant un ensemble cubique ;
Staphylocoque, staphylococcus : coques, coccus associesen grappe de raisin ;
Zooglee: coques, coccus associes en grand nombre dans une gangue amorphe, 5 ;
Ascocoque, ascococcus : coques, coccus
associes en grand
nombre dans une gangue amorphe et enfermes dans une mem­brane d'enveloppe, 6.
Les microbes allonges sont en bätonnets cylindriques ou fusiformes ou en battant de cloche. Ils ont regu les noms sui­vants :
Bacilles : bätonnets courts et droits, 7 ;
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Leptothrix: bätonnets longs et ondulös, 8 ;
Cladothrix : bätonnets longs, droits et ramifies, 9.
Les microbes spirales sent en arc de cercle ou en spire. Ils apparaissent cependant avec des formes rectilignes, lorsque leur courbure est dirigee du cöte de robjectif. Les termes sui-vants servent ä les designer:
Vibriom : microbes spirales courts, 10 ;
Spirüles ; microbes spirales longs et rigides, 11 ;
Spirochaetes : microbes spirales longs et flexibles, 12.
2.nbsp; Formes d'involution, de degenerescence. — Lesbacte-ries peuvent presenter dans des conditions particulieres, defa-vorables ä leur nutrition, des aspects anormaux, tels que des renflements en forme de massue, au niveau desquels le proto-plasme devient plus clair : ces formes speciales sont dites d'in-volution(14).Ellesonteteconstateessurlactinomycete, lebacille de Koch, etc.
3.nbsp; Pohjmorphisme. — Les microbes sont essentiellement polymorphes. Des recherches recentes ont montre ä l'evidence qu'un meme microbe peut affecter des aspects tres differents suivaul les milieux danslesquelsilvit. Ainsilegerme de lamala-die pyocyanique se presente successivement comme un bacille, une spirille et un microcoque. Le bacille de la septiccmie de Pasteur se cultive en longs filaments dans le sang, en courts bacilles dans le tissu cellulaire sous-cutane. Le bacille du charbon symptomatique cultive dans du bouillon additionne de glycerine et de sulfate ferreux prend la forme d'un clou damp; girofle. On peut done avec un meme germe obtenir plusieurs. individualites morphologiques distinetes.
Les dimensions des microbes sont aussi changeantes que leur forme; dans tons lescas, elles se chiffrent par quelques milliemes de millimötre, voire meme des fractions de millieme.
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II. — Organisation des microbes.
Structure et composition chimique. — La structure des mi­crobes peut etre comparee a celle dune cellule sans noyau. L'existence de celui-ci n'est generalement pas admise, quoique certains autenrs aient cm I'entrevoir.
Le contenu est une sorte de protoplasrae que Nenki a designe sous lenom de myco-proleine,homogene,parfois granu-leux, le plus souvent incolore, tres rarement colore. On y trouve dans certaines circonstances, des corpuscules brillants (spores), des graines d'amidon (chez les sarcines), des grains de soufre (beggiatoa).
La peripherie est formee par une membrane mince et flexi­ble ou epaisse, dontla nature est mal connue. Les auteurs y voient pour la plupart un hydrate de carbone voisin de la cel­lulose; sa resistance aux acides et aux alcalis semble plaider pour cette maniere de voir. D'autres la considerent comme une couche de myco-proteine differenciee du protoplasme.
Cette membrane einet parfois des cils vibratiles; d'autres fois eile est entouree dune zone d'aspect mucilagineux, capable de se gonfler dans l'eau et de former une coque transparente aux germes (pneumococcus).
III. — Situation et repartition des germes dans la nature.
Etantdonne leröle qu'il jouent dans la nature, il est facile de comprendre que ces etres doivent se trouver partout oil il y a de la matiere organique a reduire. On les trouvera pullulant dans tons les points ou des conditions speciales ne nuiront pas ä leur vie. Nous signalerons leur distribution dans les milieux les plus importants; Fair atmospherique, les eaux, le sol, les aliments, I'organisme, les habitations, les vehicules, les v6te-ments, etc.
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Air. Les germes qui se trouvent en suspension dans I'airne peuvent s'y multiplier et partant proviennent des autres mi­lieux, d'oö ils sont empörtes par les courants atmospheriques avec les matieres pulverulentes. Ils se deposent par le repos (air tranquille, caves). Leur nombre et leurnature varient avec les conditions climateriques et autres; ils augmentent par la dessiccation du sol (ete), diminuent a la suite des pluies. Ils sont plus nombreux dans les lieux habites et aux environs des marais; l'air des montagnes et de la surface des mers en est presque completeraent exempt.
Les germes de l'air ne resislent pas longtemps a I'action combinee de l'oxygfene et de la lumiere; neanmoins, leurs eftets peuvent se manifester a de grandes distances, grace ä l'in-fluence des vents.
L'etude des germes de l'air se fait par simple denombrement aumicroscopeou par divers procedes de culture. Cedernier mode est de beaucoup preferable, parce qu'il permet d'ecarter les germes morts qui sont fort nombreux.
Eaux. Les eaux souterraines ayant filtre sur des terrains en couches epaisses, sont pures detoutgerme. Ces eaux s'infectent rapidement au contact du sol et de Fair. Les eaux de puits le sont toujours; leur pollution est d'ailleurs facile a comprendre: la magonnerie n'ayant aucun appui sur le fond s'affaisse a la longue et il se produit des fissures par oü s'infiltrent les eaux des terrains superficiels environnants, souvent impregnees de germes. Aussi ne faut-il pas construire les puits a proximite des citernes, fosses d'aisance, fosses a furnier.
Les eaux de profondeur le plus preservees centre I'infec-tion sont celles des puits artesiens.
Les eaux de surface sont toujours tres riches en germes. La nature de ces derniers est des plus variable; la plupart sont des germes ubiquitaires; les pathogenes sont beaucoup moins frequents. Les eaux stagnantes se pretent particulierement a la multiplication des germes.
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Sol. Alors que les roches et que le sol vierge des profon-deurs sont exempts de tout germe, il s'en trouve de grandes quantites dans les couches superficielles des terrains. Leur nombre et leur nature varient a Tinfini d'apres les lieux, les Saisons, les vents, la constitution physique et la composition chimique des terrains, etc. Leur multiplication va decroissant au fur et ä mesure que la profondeur augmente. Les eaux, en filtrant sur les terrains, y abandonnent a la fois leurs subs­tances dissoutes, aliments des germesetcesgermeseux-mtoies.
II est vrai de dire que les germes en voie de pullulation pou-vant penetrer les espaces capillaires, ils devraient s'enfoncer par eux-memes dans les couches inferieuresäcelles oil les eaux les deposent; mais cette vegetation elle-meme y est entravee par les conditions defavorables de temperature, d'alimen-taiion, I'absence d'oxygene, etc. Aussi dans les terrains filtrant bien, ne trou ve-t-on plus de germes ä trois metres de profondeur.
Aliments. Les aliments vegetaux (fourrages, avoine, etc.) sont toujours souilles de germes; ces derniersy sont amenes par I'air, le sol on les eaux. Les aliments animaux se souillent generalement par le contact de Fair. Qu'ils soient d'origine vegetale ou animale, les aliments sont particulierement favo-rablesii la multiplication des microbes. Les differents precedes de conservation mis en usage par Fhomme n'ont d'autre but que de les proleger soit contre I'invasion, soit contra Faction destructive de ces derniers. Lorsque ces moyens font defaut ou sont impuissants a arreter Fevolulion des germes qui y ont ete deposes, on voit survenir des alterations variees qui dimi-nuent la vuleur nutritive intrinseque des aliments et peuvent meme les rendre nuisibles a la saute de Fhomme ou des ani­maux (foins älteres, viandes putrefiees). La souillure des ali­ments par des germes pathogenes proprement dits sera etudiee plus loin.
Habitations et vehicules. Les parois, le sol, le plafond des
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habitations occupies par les animaux sont constamment expo­ses ä recevoirles germesque transportentlespoussiöres atmos-pheriques, les eaux de nettoyage, les dejections solides, les litieres, les aliments, etc. Les cröches, rateliers sont dans le möme cas.
Les vehicules (wagons, etc.) servant au transport des animaux peuvent etre souilles par les microbes de la meme maniöre que les habitations,
Harnais, couvertures, objets et ustensiles divers. II est facile de comprendre que ces objets seront le plus souvent souilles de germes, soit par les differents modes cit6s plus haut, soit par leur contact avec le sujet a I'usage duquel ils sont destines.
Organisme. D'aprös ce que nous avons dit de la nutrition des germes on pent s'attendre a les rencontrer dans tons les points de l'economie qui sont en rapport direct soit avec I'air, soit avec les milieux solides et liquides.
Le tube digestif renferme sur tout son trajet et en grand nom-bredes especes microbiennes variees quiyontete apportees par les aliments et les boissons. On trouve notamment dans la beu­che un leptothrix, des splrochaetes, des vibrions; on y a isole aussi des germes pathogönes, staphylocoques pyogönes, etc.
L'estomac contient particuliörement des sarcines, des levü-res, des bacteries allongees. Les intestins renferment un grand nombres de bacilles. Les microcoques et les bacteries allongees non sporulöes sont tues au contact du sue gastrique et ne se cultivent par consequent pas dans I'intestin.
Le mucus des voies respiratoires anterieures est egalement toujours souille de germes ;-rair inspire les y depose etsepuri-fie de sorte qu'il sort pur de tout germe. Aussi la contamination des maladies par I'air expire ne parait pas pouvoir se realiser. La muqueuse oculaire, la muqueuse genito-urinaire pros des orifices exterieurs recelent de mörne une certaine quantite de microbes.
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Ces derniers s'implantent enfln sur la peau; la sueur et le sebum additionnes des debris epidermiques dont la mue nor­male amene la chute constituent pour eux un bon milieu d'en-tretien.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; •
Le sang des animaux sains est depourvu de germes. A I'elat pathologique, la plupart des tissus et des liquides de l'or-ganisine peuvent devenir le siege de revolution des bacteries.
I
CHAPITRE II.
Physiologie des microbes.
1. Digestion. — 2. Respiration. — 3. Nutrition. — 4. Mouvements. — 5. Gene­ration et multiplication. — 6. Action des milieux sur les microbes. — 7. Action des microbes sur les milieus. — 8. Classification.
I. — Digestion.
1. Aliments. — La nutrition des microbes,etres depourvus de chlorophylle exige des produits organiques tout formes; ils doivent par consequent se nourrir aux depens de matieres vegetales ou animales. Ils empruntentl'azote aux matieres albu-mino'ides ouä leurs derives, ainsi qu'aux sels ammoniacaux, parfois en partie aux nitrates; le carbone et l'hydrogene aux substances hydrocarbonees, sucre, glycerine, sels des acides malique, tartrique, acetique.
II leur faut egalement des matieres minörales : sulfate, phos­phate de soude, de potasse et de magnesie.
Ils sont tres sensibles a la composition chiraique du milieu alimentaire dans lequel ils vivent; des traces de certains corps
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comme l'abserice d'autres substances peuvent amener des alte­rations profondes dans les manifestations de leur vitalite.
Leur milieu doit 6tre legerement alcalin ettres aqueux.Les exces d'acidite ou d'alcalinite leur sont nuisibles, I'acidite sur-tout.
2. Digestion. Les aliments des microbes, comme ceux des ani-maux et des vegetaux, consideres en dehors de la fonction chlorophyllienne, out parfois besoin de subir des modifications preparatoires a 1'assimilation. Ges modifications consistent en une hydratation suivie ou non d'un dedoublement moleculaire et representent la digestion des microbes.
Ce phenomene s'accomplit a la faveur de ferments solubles secretes par les germes; chose remarquable, ces ferments di­gestifs sont les memes que ceux qu'on trouve chez les fetres superieurs; ainsi, chez les microbes comme pour ces derniers I'amidon est transforme en dextrine par une diastase (1) dite amyluse et qui correspond k la diastase vegetale, ä la ptyaline et au ferment amylace du sue pancreatique. Le sucre de canne est dedouble en glucose et levulose par une diastase ou sucrase identique a l'invertine de la betterave et au ferment inversif du sue intestinal; les matieres albuminoides sont peptonisees par les microbes, grace ä la secretion par ces derniers d'une pepsine speciale ou casease; lorsqu'il s'agit de la caseine du lait, Faction de cette derniere substance est precedee de celle d'une diastase analogue a la presure et qui, comme celle-ci, determine la coagulation du lait.
Si Ton tient comptedu nombre considerable des germes con-tenus dans le tube digestif, le rapprochement que nous venons de faire entre la digestion chez les microbes et chez les etres
(1) Le nom de diastase, autrefois reserve au ferment amylace des vegetaux, est aujourd'hui synonyme de ferment soluble; ainsi Famylase, la sucrase, la pepsine, la presure sont des diastases ou zymases.
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superieurs fait entrevoir la possibility d'une action adjuvante des premiers dans la digestion des animaux.
Ce ne sent pas lä les seules diastases secretees par les mi­crobes. On est loin de les connaitre toutes; elles varient natu-rellement suivant le regime particulier de chacund'eux. Si nous ayons signale les principales, e'est afin de mettre en relief le mode general du processus nutritif chez les microbes.
II. — Respiration.
L'titude de la respiration des microbes est d'un grand interfet. Evidemment tous ont besoin d'oxygene qui doit, en brülant la substance alimentaire, developper la chaleur necessaire a I'en-tretien de la vie, a la multiplication, aux mouvements, etc.... Beaucoup d'entre eux le puisent ä 1 etat libre dans l'atmosphere ou dans I'eau (areobies), mais il en est d'autres qui paraissent ne pouvoir supporter I'oxygene bbre, qui doivont vivre ä l'abri de l'air {anaerobies). Ces derniers operent sur cerlaines ma-tiöres organiques par une sorte de combustion interne; ils reduisent ces substances en acide carbonique et en d'autres molecules generalement pen complexes, mais susceptibles encore d'oxydation et mettent en liberte une certaine quantitö d'energie, comme le font d'ailleurs les aerobies par une com­bustion veritable.
Un des caracteres saillants des anaerobies reside dans le degagement, lorsqu'ils se nourrissent aux depens de subs­tances quaternaires, de produits gazeux abondants, parmi les-quels on trouve, outre I'acide carbonique, de l'azote, de l'am-moniaque, des ammoniaques composees (trimethylanime, etc.), les hydrogenes sulfure, phosphore, etc.; ces melanges exhalent une odeur particulierement fetide (gaz putrides). Lorsqu'ils röduisent specialement des produits ternaires, ces anaerobies donnent comme gaz de I'acide carbonique, del'hydrogamp;neetdes hydrogenes carbones.
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Un certain nombre de germes s'accoinmodent egalement bien de ces deux fagons de vivre. A I'air, ils sont aerobies; ils deviennent anaerobies en son absence. On a exprimecette dou­ble faculte par le terme aero-anaerobie.
III. — Nutrition.
1.nbsp; Absorption et assimilation. L'absorption des aliments se fait par osmose. Une partie des principes absorbes est utiiisee a l'elaboration de la matiere plastique; une autre partie se conduit comme aliment respiratoire.
La formation de matiere plastique est considerable, si Ton tient compte de la multiplication excessivement rapide des micro-germes.
Les aliments respiratoires interviennent particulierement pour la production des divers travaux executes par les elements: phenomene d'assimilation, croissance, locomotion, chaleur, parfois lumiere (phosphorescence des viandes, des poissons).
La nutrition intime est peu connue. Le point de depart chi-mique du mouvement nutritif est d'ailleurs fort different, sui-vant les cas. Les uns exigent des albumino'ides, tandis que d'autres puisent leur azote dans des produits azotes a molecules beaucoup moins complexes : leucine, tyrosine, xanthine, etc.; d'autres meme rempnmlent a la trimethylamine et aux sels ammoniacaux. La mamp;ne variete s'observe dans les aliments non azotes.
Cette particularite nous rend compte de l'apparition succes­sive de bacteriens differents dans un milieu organique aban-donne a l'air extörieur. A mesure de l'öpuisement de ce milieu surviennent des germes dont les besoins moindres leur per-mettent de vivre aux döpens des residus nutritifs de ceux qui les ont precedes.
2.nbsp; Desassimilation, excretions, secretions. II rösulte des
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considörations precedentes que la desassimilation chez les mi­crobes doit donner des residus fort varies. Ces rösidus depen­dent naturellement de l'aliment, des gennes et aussi des condi­tions particulieres dans lesquelles s'accomplit leur Evolution (temperature, qualite aerobie ou anaerobie, etc.)
Au nombre des residus ou produits excrementitiels des mi­crobes, il en est de gazeux (acide carbonique, hydrogene, hydrogene carbone, hydrogene suli'ure, ammoniaque), Aevola-tils (trimethylamine, alcool, acides formique, acetique, buty-rique, etc.), de fixes (acides lactique, malique, leucine, tau-rine, tyrosine, etc., etc.)
La nutrition des gennes peut engendrer des matieres colo-rantes; ces gennes sont dits chroinogenes. Lamalierecolorante ainsi produite peut etre soluble ou insoluble; dans le premier cas, eile diffuse dans les milieux liquides ou se trouvent les germes; c'est le cas pour le germe du lait bleu.
Au nombre des substances resultant de la nutrition des mi­crobes, nous signalerons encore les ptomaines.
Les ptomaines sont des ammoniaques composees, jouant le role de base et qui out souvent sur les etres superieurs des effets analogues a ceux des alcalo'ides vegetaux auxquels ils ressemblent en tous points.
D'une famp;qon generale, les produits residuels sont nuisibles aux germes dont ils pro-viennent : 0,8 e/o d'acide butyrique libre arrete la fermentation butyrique du lactate de chaux.
Les diastases doivent amp;tre citees parmi les produits de la nutrition des microbes; elles sont secretees pour les besoins de la digestion, ainsi que I'avons vu plus haut.
Nous aurons a faire voir plus loin, a propos du role des microbes, que la nutrition de ces etres est la cause determi-nante des reactions chimiques qui caracterisent les fermen­tations et la putrefaction.
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IV.nbsp; — Mouvements des microbes,
Les bacteries sont les unes immobiles (la plupart des bac-töries arrondies et quelques bacteries allongees), les autres douees de la faculte de se moiwoir dans les liquides oü elles vivent.
Le mode de ces mouvements est variable avec les espöces envisagees; tantot Felement conservant sa direction rectiligne, accomplit une simple oscillation plus ou moins reguliere autour d'un axe longitudinale fictif; d'aütres fois, il subit une legere inflexion dans le sens de sa longueur et se redresse consecu-tivement; d'autres fois encore il prend une apparence flexueuse et simule le mouvement de reptation; quelques-unsmeme s'en-roulent en tire-bouchon.
Le mouvement d'un certain norabre de bacteries se trouve lie a la presence de prolongements vibratiles; dans les autres, ces mouvements semblent dependredes contractions survenant dans le corps de 1 element.
Chez tous, ils se trouvent directement sous la dependance. de la nutrition dont l'integrite estnecessaireäleur production.
La fluidite des milieux et la lumiere sont des conditions qui les favorisent.
V.nbsp; — Generation, multiplication.
i. Spontaneite. On admettait anciennement la generation spontanee des microbes dans les milieux en putrefaction; cette origine6tait d'ailleursla seule adraise pour tous les 6tres dont on ne connaissait pas le mode de reproduction. Les progres des sciences naturelles ont tout d'abord retreci considerable-ment le champ de cette theorie qua les experiences de Pasteur ontvictorieusement et döfinitivement combattue. Si Ton ne peut
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nier qu'ä une 6poque trös eloignee de nous, la matiere orga-nisee a du se former spontanement aux depens de matteres minerales, il semble bien 6tabli aujourd'hui que rassociation moleculaire qui aboufit ä la constitution du protoplasme ne se produit plus, au moins dans les conditions d'observation acces-sibles a Thomme, qu'aux depens d'un 6tre pröexistant. Nous n'avons draquo;nc a envisager ici, au point de vue pratique, que la reproduction des germes par multiplication,
2.nbsp; Scissiparite. Les microbes semultiplient principalement par scissiparite. Les cellules qui les constituent s'allongent, puis se divisent en deux parties par un sillon transversal; les deux segments qui resultent de cette division peuvent se separer et vivre indöpendamment ou rester unis de maniere a former des agglomörations d'aspect varie; ex.: les chainettes ou chapelets de microcoques qui se tiennent bout a bout; les zooglees auxquelles donnent lieu les monies microcoques unis en masse par une substance gelatineuse, les filaments articules du bacille charbonneux, etc.
La scissiparite se fait ordinairement dans une seule direction; mais il existe des bacteries chez lesquelles la division se fait en meme temps dans deux sens croises(micrococcustetragenus) ou meme dans les trois directions de l'espace (sarcine); dans ce dernier cas, la bacterie dont les elements secondaires sont restes unis figure un cube.
3.nbsp; Sporulation. La multiplication par scission paraitfetre le seul mode dont j ouissent les microbes de forme spherique; chez la plupart des autres, on en connait un second, la sporulation (13). Elle consiste dans la formation au sein des bactöries, de points brillants qui sont comme le resultat d'une condensation du protoplasme primitif. En mamp;ne temps celui-ci devient trös clair; ces points brillants sont des spores; la destruction de la cellule qui les a produites va les mettre en liberteet ellespour-ront, lorsqu'elles se trouveront dans de bonnes conditions de
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tempörature, d'humiditö et de milieu, reproduire la bacterie ä la maniöre de la graine d'oü sort la plante entiere.
Les spores presentent une resistance remarquable ä Taction des causes de destruction ordinaires des microbes. Elles ne se developpent presque jamais dans les milieux oü elles ont pris naissance.
Les auteurs admettent en dehors de la scissiparite, qui ne serait qu'une forme d'accroissement, de vegetation, deux modes de sporulationou de fructification. Le premier et lemieux observe est Yendosporulation que nous venons de döcrire; le second, qu'il n'est pas toujours facile de distinguerde la scissiparite, a re^ule nom d'arthrosporulation. liest caracterisepar la pro­duction par voie de scission, aux depens de cellules faisant office d'elements reproducteurs de cellules nouvelles qui sont differentes des cellules obtenues par scissiparite ordinaire par leur etat de vie latente et par l'epaisseur, la resistance et leur membrane enveloppante. Elles sont generalement plus volumineuses que les spores provenant d'endosporulation et simulent des kystes. C'est cette distinction dans le mode de formation des spores qui a servi de base premiere ä la classi­fication de Guignard que nous reproduirons plus loin.
II n'est pas sans interet d'avoir une idee de la puissance de multiplication des gennes. Si l'on considere une bacterie se divisant en deux apres une heure, on en aura quatre en deux beures, et en vingt quatre-heures, 16,000,000. Apres 48 beures, on aura le chiffre fabuleux de 280 trillions. On jage par lä des ravages que doivent amener les germes introduits dans le sang, lorsqu'ils y trouvent des conditions favorables ä leur pullulation.
VI. —Action des milieux sur les microbes. Le milieu a necessairement une grande influence sur les
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microbes. En dehors des aliments qu'il leur fournit, il peut modifier leur vitalite a differents degres.
Certains agents ou conditions peuvent amener les germes a l'etat de vie latente ou bien changer leur mode ordinaire d'activite ou encorelesfaireperir.Ces agents ou conditions sont d'ordre mecanique, physique, chimique ou physiologique.
1.nbsp; nbsp;Influences me'caniqves. — Elles sont mal determinees ; des auteurs ont cru remarquer que les oscillations imprimees a des cultures de microbes contrariaient la multiplication ; d'autres experimenteurs sont arrives a des resultats absolu-ment opposes.
2.nbsp; Influences phijsiques. — a) Humidite. — L'eau est indispensable aux microbes \ un milieu contenant moins de 60 0/o de ce liquide arrete leur multiplication. La dessiccation fait cesser toute vie active (vie latente) et peut ainsi ä la lon-gue amener la mort.
C'est vraisemblablement ä leur trop faible teneur en eau qu'il faut attribuer la conservation des sues vegetaux par le sucre, celle des pätes de viande par la graisse, etc.
b) Temperature.—Une temperature trop elevee ou trop basse est nuisible aux microbes. Ils sont generalement plus sensibles ä une elevation de temperature qua un abaissement. Ils sont tues par Faction prolongee pendant deux heures dune temperature de 48deg; a 60deg; c. Gependant les spores sont beaucoup plus resistantes et ne meurent qu'a 140deg;, lorsqu'elles sont dans un milieu sec, a 100deg; lorsqu'elles sont humides.
La temperature de predilection de microbes est de 20deg; a 39quot;; au-dessus de celle-ci, on peut voir survenir des troubles de l'activite microbienne, troubles momentanes ou permanents (principe des attenuations par la chaleur).
Le froid arrete la multiplication des microbes (vie latente) mais ne les tue que difficilement. On a pu en exposer a une
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tempörature' de — 4 OSquot; sans anöantir complötement leur vifalitö.
c)nbsp; Lumiere. — La lumiere est une cause puissante de des­truction de microbes ; eile provoque l'oxydation de leurs prin-cipes constituants et specialement des substances hydrocar-bonöes ; son action est assez rapide et se continue in6me, lorsque le germe est reporte a l'abri de la lumiftre.
d)nbsp;Jilectricite. — On a etudie Faction des courants conti-nus et des courants d'induction. Gelte action est peu connue; lorsqu'il s'agit de courants continus, il laut tenir compte de l'ölectrolyfe qui separe les acides des bases et transporte ces molecules uouvelles aux deux poles. La reaction acide du pole positif s'oppose ä la pullulation microbienne en ce point; quant ä l'alcalinite du pole negatif, eile agit d'une fagon moins intense. Le courant pent agir sur le germe lui-meme et nuire a sa multiplication, surtout lorsqu'il s'agit de courants forts. II n'est pas defendu d'esperer que l'influence de l'electricite etant mieux connue, on arrive un jour a utiliser ses effets dans le traitement des maladies infectieuses.
3.nbsp; Influences chimiques. — L'epuisement du milieu nntri-tif, l'accumulation des produits residuels, I'excfes d'alcalinite #9632;et surtout d'acidite contrarient et peuvent meme arramp;er la multiplication des germes.
Gertaines substances chimiques exercent des effets toxiques sur les microbes ; cette toxicit^ est variable avec les especes microbiennes envisagees. L'application raisonnee de cette •action constitue la base de l'antisepsie dont l'hygiöne et la mcdecine ont tire deja de grands profits.
4.nbsp; Influences physiologiques. — Lorsque plusieurs especes microbiennes se trouvent dans un meme lieu, elles peuvent se laquo;ontrarier reciproquement et alors se livrent une veritable lutte pour l'existence. De cette concurrence pent resulter I'an-nihilation de l'espece la moins favorisee : le milieu, lenombre.
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d'autres circonstances encore peuvent intervenir ici. Dans les milieux en putrefaction oü vivent le bacterium termo e* le bacillus subtilis, on ne trouve pas le bacillus septicus.
II pent arriver dans d'autres circonstances, que les deux germes en presence s'entr'aident. Tun preparant les materiaux. alimentaires de l'autre ou encore protegeant l'autre de l'action nuisible de certains agents (association d'aerobies et d'anaero-bies).
Nous devons ranger ici I'influence exercee sur les microbes-par les elements des tissus des aniraaux sur lesquels ils vivent parfois (phagocytose) ; nous entrerons dans plus de details k ce sujet dans la deuxieme partie.
VII. — Action des microbes sur les milieux.
1. ROLE DBS BAXTERIES DANS LA NATURE.
Au point de vue biologique general, le role des microbes, consiste ä ramener ä l'etat de composes inorganiques simples, la matiere organique edifice par les vegetaux et incorporee par les animaux. La desassimilation qui se produit chez ces etres correlativement ä la nutrition detruit une partie de cette matiere organique et la ramene a l'etat d'acide car-bonique, d'eau et de sels. Mais, outre que cette decomposi­tion permanente ne mineralise pas entitlement la substance qui en est I'objet, il n'en persiste pas moins a la mort des animaux et des plantes une somme de substance elaboree qui sera desormais ä l'abri de cette cause de destruction. C'est ici que les microbes ou plus exactement les ferments entrent en scene.
laquo; La vie des grands vegetaux se resume dans la creation aux depens de la chaleur solaire, de substances dont la pro­duction exige une certaine depense de force. C'est dans ces
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substances endothermiques que s'implanlent les fetres infe-rieurs. De la force qu'ils y trouvent emraagasinee, ils emprun-tent une portion pour la construction de leurs tissus, ce qui les rend jusqu'a un certain point independants des condi­tions exterieures. Une autre portion est employee a donner IVitat gazeux a des substances primitivement liquides ou soli­des. Une autre enfin se transforme en chaleur sensible et sert ä elever la temperature du liquide oü se produisent tous ces. phenomenes et par suite a en activer la marche. raquo; (Duclaux).
Pour accomplir ce travail immense, les ferments sont douös d'unpouvoir destructeur intense at operent, grace a larapidite de leur multiplication, par legions innombrables.
Nous devons dire ici quelques mots des fermentations et de la putrefaction.
Fermentations. — Les fermentations sont toujours le fait de l'intervention de micro-organismes. Elles se resument en des modifications de substances organiques speciales aboutis-sant ä la formation de produits plus simples dont la chaleur de combustion totale est inferieure a celle de la substance fer-mentescible dont ils derivent. La difference de ces quantites de chaleur donne la mesure de l'energie depensee par le germe pour ses besoins nutritifs et la reaction qui caracterise la fermentation n'a d'autre raison que la mise en liberte de cette energie.
Les matieres fermentescibles sont relativement peu nom-breuses ; ce sont ordinairement des corps riches en oxygene, hydrates de carbone, alcools polyatomiques, acides gras infe-rieurs, albuminoides. Selon la substance dominante dans les produits de la fermentation, on a distingue les fermentations alcoolique, acetique, lactique, butyrique, visqueuse, ammo-niacale, etc.
Les microbes susceptibles de developper des fermentations sont dits zymogenes.
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Putrefaction. — La putrefaction s'enlend de la decompo­sition, par les microbes, de la substance des etres organis6s. Cette decomposition survient peu de temps aprfes la raort ; on I'observe exceptionnellement pendant la vie, ainsi qua nous Je verrons dans la partie speciale. Les microbes qui la deter-minent sont dits septogenes. Elle consiste en une serie de fermentations associees en ce sens que les produits des unes sont le point de depart des suivantes. Ces fermentations s'ac-•complissent simultanement et portent sur les principes imme-diats divers de l'organisme : substances albuminoides, corps hydrocarbones, etc...
Mais la decomposition de ces derniers principes donnant lieu k des fermentations plus simples, mieux connues et spe-#9632;cialement denommees. le terme putrefaction s'entend plus particulierement de la degradation microbienne des molecules albuminoides.
Beaucoup d'especes microbiennes interviennent dans la putrefaction ; ces especes varient suivant les cas ; il en est #9632;que Ton rencontre assez frequemment, tels que le bacterium termo, le bacillus subtilis (bacille du foin) et le bacillus sep-ticus, micro-germes dont nous indiquerons plus loin la carac-teristique. On y rencontre toujours une association d'ötres aerobics et d'etres anaerobies.
Les corps qui prennent naissance pendant la putr6faction sont multiples : hydrogöne, hydrogenes sulfure, carbone, phosphore ; ammoniaque, acides carbonique, formique, ac6-tique, butyrique, lactique, etc., des amines, trimethylamine, propylamine, etc. ; indol, scatol, tyrosine, des ptomaines, etc.
On donne plus specialement le nom de microbres saproge-nes ä ceux qui provoquent la putrefaction avec degagement d'une odeur particulierement fetide.
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2. RÖLE DES BACTERIES DANS L'ORGANISME NORMAL.
D'une facjon generale, les microbes qui vivent dans ou sur l'individu en sante s'y conduisent comme des commensaux sans occasionner le moindre derangement de leur böte.
Cependant, comme il y a presque toujours, parmi les germes repartis dans l'organisme normal, un certain nombre d'entre eux qui sont pathogenes, on comprend quo, leur voisi-nage constitue neanmoins un danger permanent pour l'eco-nomie. Ce danger exisle sur toutes les surfaces souillees, les germes pouvant faire irruption dans les tissus lors d'une effraction accidentelle.
Action digestive. — Les germes qu'heberge le tube digestif ont un röle plus interessant, car ils semblent se mettre au service de leur böte pour l'aider dans la prepara­tion de ses aliments, dans sa digestion. Bienstock a isole des selles un bacille qui transforme l'albumine en peptones ; le bacillus amylobacter que Ton trouve dans les estomacs des ruminants secrete un ferment soluble qui attaque l'amidon et et la cellulose.
M. Abelous a recueilli dans l'estomac seize especes de microbes dont il a verifie la resistance ä Faction du sue gas-trique. L'etude de leur action digestive lui a donne des resul-tats interessants. L'albumine, la caseine, la fibrine, le gluten etaient peptonises rapidement et completement par plusieurs d'entre eux. Le sucre de canne etait interverti par huit especes differentes. Onze espöees saccharifiaient plus ou moins com­pletement l'amidon. L'influence combinee de ces diflFerents microorganismes sur un aliment compose doit etre conside­rable.
Putrefaction des cadavres. — La muqueuse intestinale saine constitue une barriere süffisante a l'envabissement des germes en pullulation dans i'intestin ; apres la mort, les eelquot;
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lules ayant perdu leur faculte de resistance, sont rapidement dissoutes par les diastases que secrötent ces microbes et ceux-ci font irruption dans les tissus. On les retrouve d'abord dans le peritoine et ä la surface des visceres abdominaux ; ils se cultivent dans le sang des veines raesaraiques et s etendent jusque dans la veine porte, d'ou ils cheminent vers le coeur ; ils parviennent ainsi plus ou moins rapidement par diffe-rentes voies, dans touteleconomie.
Ces germes anaerobies trouvent dans l'organisme prive de sang oxygene les conditions les plus favorables a leur multi-,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; plication. Aussi la putrefaction est-elle d'autant plus rapide
que le sang est moins riebe en oxygene au moment de la mort: par ex., chez les animaux morts du charbon. Le defaut d'oxy-genation est seconde dans certains cas par l'absence de coagu­lation du sang et de rigidite cadaverique, circonstances qui, en maintenant le milieu plus liquide, rendent I'envabissement microbien plus facile.
La putrefaction des cadavres est done primitivement I'effet des germes anaerobies venant de la surface intestinale ; les anaerobies des autres surfaces sont en effet paralyses dans la plupart des cas par le contact de l'oxygene atmospherique. La putrefaction differe quelque peu suivant les milieux oü eile se produit. ' Putrefaction ä l'air. — Les fermentations multiples deve-loppees par les microbes determinent le ramollissement des parenchymes, la dissolution globulaire du sang, I'infiltration de la matiöre coiorante dans les points declives, des degage-ments gazeux qui dissequent le tissu conjonctif et soulevent-les teguments, le ballonnement, la bouffissure des differentes parties du corps, la dechirure des surfaces et le suintement des liquides sanieux. On voit alors s'implanter dans ceux-ci les germes aerobics qui brülent, a l'aide de l'oxygene de l'air. les produits de la fermentation anaerobie et completent ainsi la mineralisation de la substance organique.
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Tels sont les phenomönes qui surviennent sur les corps abandonn6s a Fair ; ils les r6duisent en bouillie, au bout de quelqües semaines, plus ou moins rapidement suivant la temperature.
Putrefaction sous I'eau. — Dans les eaux, les anaerobies entrent seals en jeu ; dans les eaux courantes, la surface du cadavre esl continuellement lavee et l'envahissement microbien superficielestrendu impossible. Le gonflement est plus intense et plus uniforme grace ä la conservation de l'elasticitö de la peau continuellement baignee. L'accumulation gazeuse fait surnagerle cadavre dont le sang s'accumule dans les parties declives et les taches cadaveriques se produisent uniquement dans ces parties.
Putrefaction dans le sol. — L'enfouissement d'un cadavre dans un sol poreux et absorbant est suivi de l'absorption par ce dernier des liquides organiques, au fur et a mesure de la mise en liberte de ces derniers. II en resulte une dessiccation relative qui conserve au cadavre une certaine consistance et qui nuit a la pullulation microbienne, tandis qu'elle favorise l'implantation des champignons. Aussi voit-on s'y developper des moisissures (penicillium, aspergillus, etc.) qui provoquent une combustion plus complete de la matiöre organique; d'au-tre part, la dissemination des produits liquides de la putrefac­tion dans le sol rend plus general le röle des aerobics.
Au point de vue pratique, il y a lieu de tenir compte de ces faits dont I'application bien entendue permet de limiter l'inter-vention dans la putrefaction des microbes, dont plusieurs jouis-sent d'actions pathogönes et dont les emanations sont dans tous les cas ä eviter. L'earth-system (enfouissement du cadavre dans une terre sechee au four) realise I'ideal a ce point de vue.
La putrefaction est toujours plus lenle dans Feau et le sol, grace a la temperature plus base de ces milieux.
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3. ROLE DANS I.'ORGANISME A l'KTAT PATHOLOGIQÜE.
Un certain nombre de microbes qui rencontrent dans I'or-ganisme des animaux des conditions favorables ä leur deve-loppement, sont la cause determinanle de maladies chez ces animaux. Ces maladies sont le plus souvent contagieuses. La propriete pathogene d'un microbe est function de ses facultes vitales; en d'autres termes, c'esl ä la vie du germe, a ses be-soins nutritifs, a ses secretions et excretions, ä sa multiplica­tion qu'il faut attribuer les troubles qu'il determine. L'etude des microbes palhogenes, objet principal de ce travail, sera traitee dans la deuxieme et dans la troisieme partie.
VIII. — Classification.
Cohn a propose de classer les bacteries parmi les algues inferieures. Avant lui on les considerait generalement comme des champignons.
On a propose plusieurs classifications des microbes; aucune n'est parfaite, nousreproduironscelle de M. Guignard. D'ailleurs le groupement des bacteries n'a que peu d'impor-tance ä notre point de vue. Elle aidera neanmoins le lecteur a apprecier le sens qu'il doit attribuer a certains termes ordinai-rement employes.
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DEUXIEME PARTIE
NOTIONS GENERALES SüR LES MICROBES PATHOGENES.
Cette deuxieme partie de notre travail comprendra: ITetude des microbes pathogenes ä letat statique, c'est-ä-dire consi-deres specialement dans leurs localisations generaies, sans tenir compte de leur action sur 1 economie: 2deg; celle des reac­tions reciproques de l'organisme et du microbe, que nousdesi-gnerons sous.lenomde pbysiologie.des microbes pathogenes ; 3deg; les transformations et la destruction des microbes dans leurs rapports avec l'hygiöne et la therapeulique et 40enfin les modes de determination des microbes pathogenes.
CHAPITRE PREMIER
DES MICROBES PATHOGENES A L fiTAT STATIQUE.
1. Conditions d'existence dans les milieux extamp;ieurs et dans 1'iconomie. Sources d'infeclion. — 2. Repartition des germes pathogenes. #9632;— 3. Modes de contagion. Voies de penetration des microbes pathogenes.
La plupart des microorganismes vivent dans les milieux exterieurs aux depens de la matiere morte : on leur a donue le nom de germes saprogenes o.u saprophytes.
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Quelques-uns vivent d'une maniöre permanente ou acciden-telle sur les animaux et rhomme ; ils sont dits pathogenes, lorsque par leur pullulation ils donnent naissance a des mala­dies. Ges affections sont connuesdepuis des temps assez longs; mais l'etude de leurs causes, les infiniment petits, est de date assez recente : ces maladies sont ditesiH/Vc^wes. Nous aurons plus tard a distinguer les infections proprement dites des intoxications d'origine microbienne.
On appeile virulence l'enseinble des proprietes parlesquelles les microbes pathogenes peuvent nuire aux etres vivants; Cette faculte et loin d'etre immuable ; eile pent presenter tous les degres d'intensite, selon les conditions suscep-tibles de modifier la vitalite du germe.
Le terme virus s'applique aux vehicules solides, liquides ou gazeux qui contiennentles germes pathogenes.
I. — Conditions d'existence des germes pathogenes dans les mi­lieux exterieurs et dans I'economie. — Sources d'infection.
Les germes, causesdemaladies,ne vivent pas exclusivement et necessairement dans Teconomie. Certains d'entre eux peu­vent se multiplier aussi dans les milieux organiques morts ; d'autres merae ne pullulent dans I'organisme qu'accidentelle-ment, les milieux exterieurs etant pour eux les veritables ter­rains naturels de multiplication.
D'apres ces considerations, les germes pathogenes ont ete divises en trois categories:
a)nbsp; Les parasites contagieux obliges ;
b)nbsp; Les parasites facultatifs contagieux ;
c)nbsp; Les parasites facultatifs non contagieux.
Parasites contagieux obliges. Ils sont representes par des mi­crobes qui, ä letat naturel, ne se reproduisentque sur rorganisme vivant et se transmettent dun animal ä un autre sanseprouver
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aucune övolution dans le milieu ambiant. On en distingue de deux sortes: 1deg; ceux qui, peu resistants, perissent sitot sorlis de l'organisme et dont la transmission doit se faire directement par contact du sujet malade avec un sujet sain: syphilis, gonor-rhee, rage; 2deg; ceux qui, plus resistants, se conservent un cer­tain temps en dehors de l'economie, sans cependant se multi­plier et peuvent arriver sur des sujets sains par le moyen de vehicules divers, sans que le contact avec un malade soil abso-lument necessaire : rougeole, variole, scarlatine, diphterie, morve, tuberculose. La source de la maladie contagieuse est ici, non pas dans le malade seul, mais encore principalement en hü. Si on rencontre le germe ailleurs, ce sera sur les objets ayant eu avec le malade ou son cadavre des rapports directs ; -ces objets pourront d'ailleurs communiquer les germes latents dont Us sont porteurs aux milieux ordinaires : sol, eau, air, vehicules dans lesquels ces germes conserveront leur conta-giosite pendant un temps plus ou moins long.
Quoi qu'il en soit de ces variantes dans le mode de conta­gion, le parasite contagieux oblige arrive sur l'organisme sain dans l'etat oü il se trouvait lorsquil a quitte le sujet malade dont il est sorti.
Parasites facultatifs contagieux. Ceux-ci vivent et se mul-tiplient non seulement dans l'organisme des animaux, mais encore en dehors de ceux-ci, sur des matieres organiques mortes, dans les eaux, etc... : germes de la pyemie, des septicemies, de la gangrene, de l'erysipele, de la fiövre ty-phoide, du cholera asialique.
La virulence de certains de ces germes semblememe s'affai-blir par leur passage a travers l'organisme, de maniere que I'affection s'eteindrait rapidement si leur relour aux milieux ne leur faisait recuperer leur virulence primitive ; il en est ainsi pour le cholera, par exemple, qui disparait spontanement en hiverdansles contreesde I'Europe centrale, probablementparce
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que les milieux exterieurs sont devenus impropres a sa multi­plication. On voit dans le cas du cholera un acheminement vers les miasmes ; mais, tandis que pour ces derniers, le mi­crobe epuise ses effets sur I'individu qui en est porteur, et ne s'y multiplie pas, le bacille du cholera prolifere au contraire pendant son passage ä travers rorganisme de l'homme et mul­tiplie ainsi les chances ulterieures d'infeclion.
La source d'infection pour les germes de ce groupe est done double : l'organisme malade et les milieux infectes oil pullu-lent les germes; ces deux sources jouissent au meme degre de la faculle d'engendrer la maladie et les occasions d'infectioD seront plus frequentes que pour les germes du premier groupe, attendu que la multiplication des microbes dans les differents milieux est une cause puissante de lour conservation.
Parasites facultatifs non contagieux. Ceux-ci vivent ä l'etat normal dans les milieux exterieurs et ce n'est qu'accidentelle-ment qu'ils evoluent dans l'organisme des animaux. Ils ne pa-raissent pas rencontrer dans celui-ci des conditions favorables a leur vitalite, car leurs eiFels s'epuisent ontierement au cours de la maladie qu'ils determinant et celle-ci n'est pas transmis-sibledesujet ä sujet. La condition de sa production est toujours ijnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;dans I'impregnation d'un organisme sain par les germes puises
#9632; directement au milieu exterieur infecle ; en un mot la maladie est liee au sol : fievres paludeennes, peut-etre fievre jaune.
Les trois categories dc germes que nous venous d'envisager expliquent la distinction que Yon avait faite jadis entre les dif­ferents virus. La premiere correspond aux contages, Vdseconds aux miasmes-contages et la troisieme aux miasmes proprement dits.
On range d'ordinaire encore dans les miasmes les gaz toxi-ques qui se degagent des fosses d'aisance et le poison de l'air expire.
Baumgarten a divise les microbes pathogenes en ectogenes
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-Bi­et entogenes, selon qu'ils viennent de l'extörieur ou des mala­des eux-m6mes.
II. — Repartition des germes pathogenes.
Un certain nombre de germes pathogönes joiiissent du don de l'ubiquite et on les rencontre ä peu pres partou Les germes de la suppuration, des septicemies sont dans cet cas, ä cause de leur production excessive et de la facilite avec laquelle ils vivent dans les milieux. Quant aux germes speci-fiques, on ne les trouve qu'accidentellement dans cesderniers.
Nous passerons successivement en revue dans les lignes qui suivent les difFerents milieux qui pen vent contenir des microbes nuisibles pour Teconomie ; cette etude est indispensable ä la connaissance des moyens de contagion.
Air. Nous avons vu dans la premiere partie que l'air peut tenir des germes en suspension ; il est naturel de penser qu'il s'en trouve parmi eux qui jouissent de proprietes pathogönes. II est d'ailleurs facile de comprendre que les poussieres des routes, les depots d'immondices cederont ä l'atmosphere, sous I'lnfluence des multiples agitations de l'air, des parcelles souil-lees de germes pathogenes que des circonstances diverses auront pu y amener.
On a cru longtemps que l'air expire par les malades etait une cause puissante de diffusion des germes pathogenes dans l'atmosphöre, mais l'air expire ne renferme jamais de germes et on n'a pas reussi ä transmettre les maladies par cette voie.
La transmission par l'air a 6te realisee experimentalement pour un certain nombre de maladies (clavelee, charbon, tuber-culose, vaccine, etc.) par la dissömination des virus dessech6s de ces maladies dans l'atmosphere.
Dans les conditions naturelles, les germes atmospheriques se trouvent dans un etat de grande dilution et des lors les
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chances d'infection sont infmiment restreintes. Si Ton ajoute que I'air se prfete peu ou point a leur multiplication, qu'ils sont detruits plus ou moins rapidement par la lumiere, I'oxygene, la dessiccation, on verra que le danger de l'almosphfere libramp; est a peu pros nul.
L'atmosphöre limitee des lieux habitös contient dejä plus de germes que I'air exterieur, celle des villas plus que celle des. campagnes.
I/atmosphfere confinee des lieux intectes peut devenir le
vehicule de germes morbides et transmettre certaines maladies contagieuses, seit en transportant ces germes dans les voies respiratoires, soit en les deposant sur les matieres alimen-taires ou a la surface des plaies. On a rencontre des microbes pyogönes dans les salles de Chirurgie, le bacille de Koch dans celles des tuberculeux. Ces germes proviennent des exsudats dessöches, des linges de pansement, etc.
II y a done lieu, dans lesendroits oü sejournent des malades, de se preihunir centre les germes atmospheriques.
L'etat de dessiccation des produits virulents a naturellement une grande influence sur la richesse de I'air en produits patho-genes et toutes les conditions qui aideront au soulevement des poussiöres seront de nature a augmenter le nombre de ces pro­duits. Klebs a observe que pendant une epidemie de diphterie, un grand nombre de nouveaux cas se produisaient aprfes le balayage des rues et qu'ils sevissaient surtout le long des routes suivies par les tombereaux qui servaient au transport des immondices.
Emx. Au point de vue pathogenique general, une eau est d'autant plus a craindre qu'elle contient une plus grande quan-tite de matiere organique, parce que cette substance implique la presence de microbes qui vivent ä ses depens. Cependant, la plupart des germes de l'eau sont inoffensifs ; on n'y a rencontr6
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que rarement des microbes pathogfenes : vibrion septique, coc­cus pyogfenes, etc.
Les germes pathogönes arrivent dans les eaux dedifferentes fagons : ils peuvent etre apportes par Fair, par les cadavres d'animaux ayant succomb6 a. des maladies infectieuses, ou encore emprunles aux terrains traverses par les eaux. Ce der­nier mode a fixe particulierement I'attention dans les derniers temps : le bacille de la fievre typhoide de l'homme, qui est rejete avec les malieres fecales, peut progresser avec les liqui­des des fosses d'aisance a traversdes terrains trop permeables et arriver ainsi a souiller les eaux souterraines. Lorsque ces dernieres servent a 1'alimentation, il peut en resulter une epi­demic de fievre typhoide. La connaissance de ce fait a permis dans de nombreux cas de remonter a la source de la maladie et d'enrayer son extension. Le bacille du cholera se propage suivant le meme procöde.
D'une fa^on generale done, il y a lieu de se mefler des eaux chargees de matiöres organiques, et il faudra prendre des pre­cautions particulieres pour eviter la pollution des eaux alimen-taires par les fosses d'aisance, fosses a furnier, a purin, par les eaux stagnantes des rues, etc.
Le voisinage de ces reservoirs a detritus organiques et des sources d'eaux alimentaires est toujours ä redouter, surtout lorsque les terrains se pretent mal a la filtration ; aussi y a-t-il lieu de favoriser, surtout pour les grandes agglomerations, la captation d'eaux ayant filtre sur des terrains vierges et ame-nees dans les villes par des canalisations bien closes.
Les bacteries pathogenes conservent leur virulence pendant des temps variables' dans les eaux. On a observe que cette virulence se maintient pendant quatre mois pour le bacille du charbon, pendant un an pour ses spores; le bacille de la fievre typhoide s'y maintiendrait actif durant deux mois, celui du cholera pendant vingt-quatre heures dans les fosses d'aisance,
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vingt-neuf jours dans l'eau de fontaine ; ceux de la morve et de la tuberculose pendant vingt et dix jours.
Sol. Les gennes du sol sont nombreux et ont pour role de transformer les matiöres organiques dont 11 est le vecteur principal ; mais la plupart sont sans effet sur rorganisme des animaux. Cependant, l'inoculation du terreau aux petits ani-maux de laboratoire determine souvent une mort rapide avec des accidents locaux suppuratifs ou gangreneux. Les plaies souillees par la terre se compliquent facilement d'accidents de meme nature.
Les germes specifiques qu'on a rencontres accidentellement dans le sol sont ceux du tetanos, du charbon, de la septicemie de Pasteur, du typhus, du cholera, etc.
Les germes sont surtout abondants dans les couches super-ficielles du sol. L'humidite quasi permanente du sol en hiver entraine les germes dans les couches profondes ; au contraire, pendant les pöriodes de secheresse, en l'absence du courant liquide descendant, le lavage superficiel est moins parfait et les germes restent davantage dans les couches en contact avec Tatmosphere. Aussi, toutes choses egales d'ailleurs, les pous-sieres seront-elles plus riches en germes en ete qu'en hiver.
Les microorganismes du sol deviennent nuisibles de plu-sieurs manieres : 1deg; en souillant les aliments vegetaux qui croissent sur un lieu infecte ; 2deg; en se repandant dans Fair, grace a la dessication du sol; 3deg; en contaminant directement une solution de continuite (tetanos); 4deg; en souillant les eaux qui filtrent ä travers les' terrains et qui serviront plus tard k I'aliinentation.
Dans les trois premiers cas, 11 faut que les germes occupent la zone tout k fait superficielle de la couche arable; les microbes qui se trouvent situes plus profondement peuvent revenir ä la surface, grace k l'augmentation de hauteur de la nappe d'eau söuterraine, grace aux phenomenes de capillarite qui se pro-
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duisent sans cesse dans les terrains a interstices trös etroits ou encore par i'intermediaire des vers de terre, des larves, etc., comme lachoseaetedemontree pour lecharbon parM. Pasteur.
L'infection des eaux souterraines par le sol est soumise ä de nombreuses influences dependant de la nature et de la situation des terrains. Les changements de niveau de la nappe aquiföre exercent egalement des effets tres importants ä considerer. On a remarque que les grandes crues d'eau sont souvent suivies d'epidemies typhoides; on interprete le fait par I'augmentation de niveau des eaux d'infiltrationdans tons les terrains et notam-ment dans ceux quilongent les cours d'eau grossis; cet exhaus-sement des eaux souterraines les met en contact avec des terres impregnees dematieres putrides, au voisinage des fosses a vidange, des fosses a purin, des egouts. etc.; il en resulte, lorsque ces matieres putrides contiennent le germe typhique, la pollution generale des sources et des puits qui font des echanges avec ces eaux exhaussees.
Les gerraes pathogenes du sol peuvent s'y conserver un temps plus ou moins long ; Grancher a vu le bacille typhique conserver sa vitality pendant cinq mois dans la terre. Le bacille charbonneux s'y conserve aussi, mais surtout a I'etat de spores.
La destruction de ces germes est sous la dependance de l'action de l'oxygene et de la lumiere ; comme les conditions de leur pullulation sont plus delicates quecelles des sapogenes, il y a lieu de tenir compte aussi de la concurrence de ces der-niers dont I'active proliferation entraine pour les premiers une insuffisance alimentaire plus ou moins rapide.
Aliments. Les aliments vegetaux peuvent etre souilles de germes pathogenes de differentes manieres, soit par le contact du sol, alors qu'ils sont encore sur pied (charbon, actinomy-cose), soit apres leur rteolte, dans les greniers ä fourrage, par
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Fair des ecuries ou etables infectees, ou au contact direct des animaux malades.
MM. Galtier et Violet accusent les fourrages de developper les affections typho'ides du cheval.
Les aliments d'origine animale sont parfois porteurs de ger-mes pathogenes. C'est lorsqu'ils proviennent de sujets atteints de maladies occasionnees par ces germes. La viande et tous les tissus des animaux charbonneux renferment la bacteridie ; la viande et le lait des betes bovines tuberculeuses sont virulentraquo; dans certaines conditions, malheureusement encore trop peu connues.
Habitations et vehicules. Les locaux qui ont ete occupes par des animaux atteints de maladies contagieuses, les vehi­cules (wagons, etc.) qui ont servi a les transporter sont le plus sou vent infectes de germes specifiques. Ceux-ci sont deposes sur le sol, les parois, le plafond des habitations, les creches, rateliers, etc., soitpar I'air, soit directement par les secretions et excretions des malades. La transmission des maladies mi-crobiennes par l'intermediaire des habitations est done parfaw tement possible.
Objets et ustensiles divers. Tous les objets et ustensiles qui se trouvent dans les endroits occupes par les malades ou qui ont servi a l'usage de ceux-ci, les harnais, les couvertures, les ins­truments de pansage, eponge, brosses, etrilles, etc., les litife-res, les fumiers, peuvent devenir porteurs des germes pathogenes qui leur ont ete communiques par ces malades.
Organisme sain Le corps des animaux en sante est tou-jours porteur de microbes; mais ceux-ci sont le plus souvent indifRrents au point de vue qui nous occupe.Nous savons deja que les germes pathogenes ubiquitaires,ceux des suppurations, et des accidents septiques, se rencontrant a peu pres partout, devront se trouver a la surface du corps et meme a I'interieur de celui-ci, sur les differentes muqueuses et specialement celle
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du tube digestif. On a signals recemment le bacille du tetanos dans les matiöres fecales du cheval sain. Le pneumocoque, germe pathogene de la pneumonia lobaire chez rhomme, serait male en permanence au mucus buccal de presque tous les individus. Les muqueuses respiratoire, genito-urinaire, celle-ci au niveau des ouvertures communiquant avec I'exterieur, la peau sont egalement souillees par les germes ubiquitaires.
Les faits de transmission d'une maladie contagieuse par l'intermediaire de l'homme ou d'animaux bien portants mon-trent que les microorganismes pathogfenes peuvent habiter I'organisme sans le rendre malade. Le mecanismederinfection et l'immunite rendent suffisamment compte de cette particularity
Organisme infecte. F/organisme attaint d'une maladie con­tagieuse reccle les microbes da celle-ci en des points tres. varies, suivant la nature et les localisations de cette maladie. II est utila, pour faire delaprophylaxieraisonnee, deconnaitre les lieux d'election des germes des differentes affections trans-missibles ou tout au moins le sifega de ceux de ces germes qui ens'eliminantde I'economie peuventcontaminerlessujets sains.
Or, on pent rencontrer ces garmes dans les secretions di­verses aboutissant a I'exterieur: salive: rage; matieres fecales: tuberculose, typhus, cholera, cholera das poules, pnaumo-enterite ; dans les expectorations : tuberculose, morve, acti-nomycose, clavelee ; dans las urines : hemoglobinurie bacte-rienne du boeuf, tuberculose, etc.; sperma, mucus vaginal: blennorragie; secretions das plaies: ulceres morvo-farcinaux, chancres syphilitiques, lesions de la donrine, pustules vario-liques, clavaleuses.
Des hemorragies peuvent se produire par differentes voies et repandra ainsi a rexterieur das gernias qui se trouvent dans le sang : charbon.
Si l'elimination des germes ne parait pas se faire par la peau intacte, il n'en est pas moins vrai que celle-ci est tres souvent
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souillee de germes pathogenes issus du malade ; ces germes sont amenes a la peau par le contact des secretions ou des litieres infectees.
Un etre atteint de maladie contagieuse ne parait pas etre ä tous les moments de la maladie contagifere au meine degre. Ainsi, pour la morve et la tuberculose, le danger parait nul, si des lesions ramollies ne communiquent pas directement avec I'exterieur.
Cadavres desujetsinfectes. Les cadavres d'animaux morts de maladies infectieuses sont des sources puissantes de germes pathogenes ; quant au lieu d election de ceux-ci, il est tres important a considerer au point de vue de l'hygiene alimen-taire de Thomme ; mais la question ne pent guere etre envi-sagee d'une maniere generale.
Quant a la duree de la virulence des microbes pathogenes dans les cadavres abandonnesäeux-memes, eile est tres varia­ble suivant les germes envisages, et on n'asur ce sujet que des donnees fort incompletes. On sail cependant que le pouvoir pathogene pent persister pendant fort longtemps pourquelques maladies, des annees pour le charbon et la tuberculose, par exemple. II y a done lieu de detruire soigneusement ces cada­vres.
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III.— Modes decontagion. —Voies di-penetration des microbes pathogenes.
Les germes, causes des maladies, peuvent apres s'etre mul­tiplies sur les animaux qui en sont porteurs, etre transports sur d'autres animaux et ainsi propager la maladie. Ce trans­port des germes de la maladie d'unindividu malade a un indi-vidu sain constitue la contagion.
I. Modes de contagion. Une maladie microbienne se commu-niquera d'autant plus sürement, la contagion aura d'autant
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plus de chance de se röaliser que les germes emis par les ma-lades seront plus abondants. Une maladie ä siege superficiel sera plus facilement transmissible, toutes conditions egales d'ailleurs, qu'une maladie ä siege profond ; une maladie trös etendue sera plus aisee a communiquer qu'une autre ayant acquis moins d'extension. La resistance plus ou moinslongue du virus aux conditions naturelles de destruction est egalement de nature a augmenter on ä diminuer le pouvoir contagifere de ces virus.
Le transport des germes pathogenes d'un sujet malade ä un sujet sain, la contagion, peut etre directe ou immediate, c'est-a-dire que le sujet sain puise les germes du mal sur le malade lui-meme, ou bien indirecte, mediate, I'individu sain recevant les microbes issus du malade par rintennediaire des milieux.
Contagion directe ou immediate. II y a lieu de distinguer deux cas, selon que la transmission se fait entre deux sujets indepeudants Fun de l'autre {contact direct) ou de la mere au foetus {lieredite)
Contact direct. Le contact direct parait necessaire pour un certain nombre de maladies : rage (morsures), syphilis, dou-rine (colt) dont les germes, parasites contagieux obliges, ne paraissent pas conserver leur virulence dans les milieux am-biants. Au contraire, il n'est que facullatif pour d'autres affec­tions dont les microbes seconservent en dehors de 1'organisme: morve, tuberculose, charbon, etc.
L'homme s'infecte par contact direct lorsqu'il s'inocule acci-dentellement en faisant I'autopsie d'un cadavre morveux, lubcrculeux ou charbonneux.
Heredite. Les maladies contagieuses ne paraissent se trans-mettre de la mere au foetus que par le passage des microbes specifiques a travers le placenta. L'intervention du pere dans les phenomenes de ce genre est done indirecte, attendu que la maladie dont 11 est atteint doit prealablement 6tre transmise k
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la mhre, chose qui s'observe pour la syphilis, par exemple. L'action de la more est done en realite la seule en cause ici.
Un certain nombre de maladies infectieuses se transmettent de la mfere au foetus; ce sont surtout les affections genörales et celles dont les gennes peuvent circulerdans le sang: certaines septicömies, charbon, cholera aviaire, gourme, rouget, tuber-culose.
La transmission parait se faire grace aux alterations du pla­centa : hemorragies, lesions specifiques (tubercules, etc). Ces alterations sont d'ailleurs faciles a produire, vu Fetat maladif de la mere et la tendance des divers germes vivant dans le sang a determiner des lesions vasculaires et autres.
Neanmoins, cette interpretation, que quelques observations justifient suffisamment, n'explique pas tons les faits d'heredite et il semble qu'un mecanisme plus simple intervienne dans certains cas.
II va de soi que les affections contagieuses de l'appareil genital femelle sont facilement transmissibles et elles se trans-mettront effectivement, a moins que leur existence rende la gestation impossible ou provoque I'avortenient.
La maladie transmise au fetus pent determiner la mort de celui-ci et son expulsion prematuree, ou encore guerir, ou enfin, demeurer ä l'etat stationnaire et permettre le developpe-ment complet du jeune etre chez lequel eile pourra presenter plus tard de nouvelles poussees.
La transmission hereditaire pent se limiter ä la communi­cation de rimmunite, par la diffusion a travers le placenta de substances solubles vaccinantes elaborees dans le corps de la mere. Mais rimmunite pent aussi etre consecutive chez le jeune etre ä la guerison de la maladie dont il a lui-meme ete atteint.
Contagion indirecle ou mediate. On dit qu'il y a contagion indi-recle, lorsque les germes virulents qui proviennent des mala-
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des sont reportös sur les individus sains apres s'6tre repandus dans son entourage. Nous avons vu pröcedemment, ä propos de la repartition des germes pathogenes dans les milieux, qu'ils peuvent se rencontrer dans I'air, les eaux, le sol, les ali­ments, les parois des locaux, les creches, rateliers, fumiers, litiferes, les differents objets et ustensiles ayant ete en contact plus ou moins direct avec les malades. Or, ce sont precise-nient tons ces vehicules infectes qui vont transporter les ger­mes pathogenes sur les individus sains.
La contagion indirecte ne se realise que pour les germes contagieux obliges, doues d'une resistance assez forte centre les causes de destruction exterieure et pour les germes parasites facultatifs.
La porte d'entree des microbes transmis par voie mediate est variable; quand les matieres virulentes sont mises en con­tact avec la peau, les muqueuses urinaire, genito-oculaire, on dit qu'il y a transmission par contact indirect; quand le cou-tage est introduit avec les aliments, les boissons, ou par I'air, on dit qu'il y a transmission par ingestion ou par inhalation.
Les microbes pathogenes une fois deposes sur ou dans I'or-ganisme, leur maniere d'influencer ce dernier sera differente suivant les cas; tantot ils seront sans effet sensible, d'autres ibis, ils pourront determiner I'eclosion d'une maladie sembla-ble a celle qui les a engendres. La mise enactivitede la farulte pathogene depend en effet de beaucoup de circonstances et en premier lieu de l'absorption. Nous etudierons ici les voies et precedes d'absorption des microbes pathogenes, comme suite a l'examen des modes de contagion.
2. Absorption des microbes pathogenes. La penetration des germes de maladies peut se faire par differentes surfaces, naturelles ou artiticielles ; nous les passerons successivement en revue.
Peau. La peau intacte est une mauvaise surface d'absorp-
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tion pour les germes; cependant, eile ne s'oppose pas d'une maniere absolue a leur penetration; certains d'entre eux peu-vent vraisemblablement s'introduire dans son epaisseur paries glandes pilo-sebacees et devenirainsi l'origine de troubles. Les pustules anatomiques qui se developpent sur la main ou le bras des anatomistes, des Chirurgien^ et des accoucheurs sem-blent se produire de cette faom, de meme que l'acne.
Les frottements repetes snr la pcau au moment du contact de la matiere virulente aident considerablement ä la penetra­tion. Garre a provoquela formation de pustules furonculeüses sur son propre bras en y frottant une culture du staphylococcus - pyogenus aureus.
L'incorporation du virus dans un corps gras, en rendant le contact plus parfait, rend plus rapide et plus certaine l'absorp-tion par la peau intacte. Lc charbon, la morveont etc commu­niques de cette fagon.
En somme, si l'absorption par la peau saine est possible, eile ne paralt se faire que dans des limites restreintes. Elle acquiert au contraire une importance plus grande, lorsqu'un traumatisme a ouvert la porte aux microbes. Les moindres solutions de continuite du tegument externe permettent en effet Fimplantation de la plupart des germes.
Muqueuse digestive. La structure difförente de cette muqueuse dans les differents segments du tube digestif entraine evidem-ment des variantes dans safaculteabsorbante vis-ä-vis des mi­crobes pathogünes.
La membrane de revetement des voies anterieures se prete peu ä leur penetration; maiscelle-cidevientbeaucoupplusfacile, s'il existe une ou plusieurs solutions de continuite accidentelles dans ces voies. L'experience a demontre que l'addition aux fourrages souilles de virus charbonneux, de corps suscep übles d'erailler la muqueuse (chardons, balles d'orge), augmente la mortalite par cette maladie. Or, les eraillures de la muqueuse
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bucco-phary'ngienne sont relaliveraent frequentes et il y a lieu par consequent de tenir compte de cette voie d'infection.
Mais l'absorption parait s'y faire parfois malgre Tintegiite de la muqueuse : ainsi, par exeniple,lorsqu'on contamine tout un troupeau de la stomatite aphteuse endeposant un pen de salive provenant des malades danslabouche des sujets encore sains.
De meme que pour celle des voies anterieures, la muqueuse des voies digestives posterieures se laisse penetrer par les virus, lorsqu'elle est le sieged'alterations dans sacontinuite: erosions, ulcerations. Mais, meme lorsqu'elle est intacte, la muqueuse gastro-intestinale ne s'oppose pas a l'absorption des germes pathogenes, ainsi que de nombreuses experiencesI'ontprouve. Le charbon, la morve, la tuberculose, la fievre aphteuse, ie cholera des oiseaux, et d'aiJleurs presque toutes les maladies microbiennespeuvent se transmeltre par cette voie. Cependant, tons les sujets qui ingercnt des produits virulents ne s'infectent pus necessairement; un certain norahre sont refractaires ä la maladie; chez d'autres, le sue gastrique tue tons les germes introduits; chez d'autres encore, l'absorption pent n'avoir pas lieu.
A propos de l'action microbicide du sue gastrique, nous repeterons que les bacteries non sporulees sont tuees beau-coup plus rapidement que les spores; ['infection par ces der-nieres est par consequent infiniment plus sure; le fait a ele montre pour le charbon.
Muqueuse respiratoire. Un air charge de poüssieres viru­lentes etant inhale par un sujet sain pent determiner I'eclosion de la maladie. Le fait a ete verifie pourlatuburculose, le char­bon, la morve, le cholera des poules, etc. L'injeetion experi-mentale de microbes dans la trachee donne le meme resultat.
La muqueuse respiratoire se laisse par consequent traverser par les germes. Neanmoins la presence de germes pathogenes dans lair ne suffit pas pour que I'infection ait lieu. Ces germes
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se deposent generalement sur le mucus des voies anterieures et sont ensuite rejetes avec les produits de rexpectoration. Le fait de l'absence constante de microbes dans I'air expire alors quel'air inspire en contient toujoursmontresuffisamment qu'il se purifie au contact de la muqueuse.
L'absorption par la muqueuse respiratoire peut se faire sur tout le trajet de celle-ci; comme pour les autres membranes de revetement, eile est favorisee par les solutions de continuite.
Muqueuse oculaire. La muqueuse conjonctive absorbe cer­tains microbes; l'inoculation accidentelle'du pus blennorra-gique dans Ireil en fait foi. M. Galtier a reussi ä transmettre la rage par la m6me voie.
Muquitise genito-urinaire. La syphilis, la blennorrhagie, Chez I'homme, la dourine chez le cheval s'inoculent generale­ment par le co'it, en l'absence de solution de continuite, soit du vagin, soit de l'urethre. Les frottements aident probablement a la penetration des germes specifiques. L'absorption par ces voies intactes ne peut done etre mise en doute.
La penetration des microbes se fait done par les membranes muqueuses intactes ; mais cette faculte reste sans effet nuisible pour les individus qui se trouvent dans des conditions absolu-ment physiologiques. M. Bouchard a donne du mecanisme par lequel Forganisme normal s'oppose a la penetration des ger­mes des surfaces naturelles, l'explication suivante : les germes qui out traverse l'epithßlium se trouveraient immediatement en conflit avec les globules Wanes dissemines dans le derme des muqueuses et digeres par ceux-ci. Que si, au contraire, I'economie se trouve ebranlee, desequilibree par une cause süffisante (influence repetee de courants d'air froid, influence de la peur), les globules blancs affaiblis laissent franchir aux microbes la barriere qu'ils ctaient charges de defendre. Les experiences de Bouchard ont porte sur les germes ordinaires ; leurs resultats sont applicables aux microbes pathogenes avec
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cette difference qu'il faut tenir compte ici d'un facteur supple-mentaire, en rapport direct avec la faculte pathogene : nous voulons parier de l'influence que les secretions de ces microbes peuvent elles-mamp;rnes exercer le cas öcheant sur les globules blancs, pour attenuer ou annihiler Faction defensive de ces derniers.
Plates. En general, les plaies sont les surfaces de predi­lection pour l'absorption des germes pathogenes, non seule-ment a cause de la division des tissus et des vaisseaux qui leur ouvre en quelque sorte la voie, mais aussi parce que i'o'rganisme n'y a pas ses moyens de defense tout prepares. Gelle-ci doit s'organiser sur-le-champ et il arrive trop souvent qu'elle se montre insuffisante a repousser les envahisseurs. Neanmoins, l'hemorragie, l'action phagocytaire des elements du sang et des tissus, celle des leucocytes qui ne tardent pas ä s'accumuler dans la plaie sont des conditions defavorables ä l'absorption. Celle-ci depend d'ailleurs d'une foule d'autres circonstances tenant ä la nature du germe, ä celle de son vehicule, ä la profondeur et ä l'etendue de la plaie, etc. Les microbes du tetanos, ceux de la gangrene gazeuze par exeraple, ne se multiplient que dans des plaies oü l'acces de lair est difficile ; ils sont immobilises par I'oxygene atmospherique. La nature du vehicule pent rendre la penetration plus ou moins rapide. Un milieu aqueux sera d'une absorption plus facile qu'un excipient solide ou de consistance epaisse, colloide.
La tuberculose, le charbon symptomatique, la septicemie gangreneuse ne s'inoculent pas par piqüres sous epidermiques alors que cette inoculation est suivie de succes dans le tissu cellulaire sous-cutane. L'absorption est toujours plus facile, lorsque ce dernier est lui-meme divise.
L'absorption au niveau des plaies est en general trfes rapide ; on a vu survenir lagt;morve, malgre la cauterisation profonde de la plaie d'inoculation, deux heures apres Unser-
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tion du virus ; la cauterisation apres dix minutes a encore pcrmis revolution de la clavelce. L'ablation de I'oreille d'un lapin inocule du charbon par piqüre sous-epidermique dans cette region, n'a pas empeche la maladie d'eclater, bien que I'operation ait suivi l'inoculation de trois minutes seulement. L'intection par les plaies pent 6tre locale seulement ou bien se generaliser ; dans ce cas, I'extension se fait surtout par les voies lyrnphatiques. Les germes peuvent alors manifester leur presence dans ces vaisseaux par les lesions qu'ils determinent dans les ganglions correspondants. Mais les germes patho-gencs peuvent aussi penetrer directement dans les vaisseaux. sanguins et la generalisation se fait alors beaucoup plus rapi-deinent.
CHAP1TRE II
Physiologie des microbes pathogenes.
Action des microbes pathogenes sur I'organisme. Re'ceplivite'. Immunite'. — 2. Reaction fie I'organisme centre les microbes pathogenes. Phagocytose. Etat baclericide. — 3. Evolution de la maladie baclerienne.
#9632;
I. — Action des microbes sur Vorganisme.
MeOANISMIS I)E l'aCTION PATHOGÄNB.
Les germes pathogenes exercent leur action sur I'economie dc deux iaQOns principales, par eux-memes ou par leurs pro-duits de secretion. Nous verrons successivement le mode de developpomcnt des troubles locaux et des troubles generaux.
ii I'atliiHjenie des alterations locales. Dans les lesions locales, le microbe agit d'abord comme un corps etranger, e'est-a-dire provoque une irritation purement mecanique;
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ainsi agit trös probablement le bacille de Koch lorsqu'il donne naissance au neoplasme tuberculeux ; on salt en effet que Tin-jection de poudre de lycopode dans le sang developpe une lesion semblable et Toeuf du strangle vasculaire ne paniit pas agir autrement dans les pseudo-tubercules qu'il provoque chez le chien.
Mais cette influence mecanique semble etre de beaucoup la moins importante. Les substances solubles, diastases et pto­maines, secretees par les microbes jouissent de pi'opiietes tres actives auxquelles on rattache la genese de la plupart des manifestalions des mahidies infectieuses.
Les diastases microbiennes, nous i'avons dejä dit, repre-sentent les sues digestifs des microbes; elles peuvent done agir chimiquement sur la substance des tissus, provoquer des hydratations, des dedoublements et amener ainsi la liquefac­tion, le ramollissement et meme la mortification de ces tissus (colliquation moleculairej. Ces dissolutions sont parfois prece-dees d'une sorte de coagulation (necrose de coagulation).
Les substances solubles, diastases et ptomaines, penvent jouir de proprietes phlogogenes; dans ce cas, elles developpent a elles seules tons les phenomenes inflammatoires qui suivent l'inoculation des microbes dont elles proviennent. Elles provo-quent le gonflement, la multiplication des elements ou leur degenerescence graisseuse, vitreuse, cireuse, etc., la dilata­tion des vaisseaux, l'exsudation de produits plus ou moins plastiques, parfois la diapedese active des globules blancs et meme des extravasations. Le pneumo-bacillus liquefaciens bovis, isole par Arloing des lesions de la pleuropneumonie contagieuse du betail, secrete une diastase qui provoque des oedemes inflammatoires rappelant ceux de la maladie elle-meme. Le staphylococcus pyogenus aureus produit une dias­tase et une ptomaine qui sont phlogogenes et pyogenes.
Les alterations locales qui surviennent a la suite de Tim-
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plantation de certains germes dans les tissus dependent par-f .is, an moins en partie, des actions chiraiques auxquelles donne lieu la nutrition de ces germes; l'emphyseme des tumeursdü charbon symptomatique, de la gangrene trauma-tique, reconnait pour cause la formation anormale de gaz qui accompagne les fermentations provoquees par les microbes anaerobies de ces maladies.
2. Patlwgcnie des manifestations eloigne'es et generales. Des alterations anatomiques eloignees peuvent se produire Comma suite ä la penetration des microbes pathogenes dans les voies lymphatiques et sanguines; leur pathogenic est iden-tique ä cello des manifestations locales.
L'arret des microbes dans les vaisseaux de petit calibre pent devenir le point de depart de lesions d'ordre mecanique secon-daire; nous voulons parier des embolies microbiennes relati-vement frequentes dans les maladies infectieuses generales et qui entralnenta leur suite des infarctus, des stases, etc. Mais 11 arrive que les produits de secretion penetrent seuls dans le torrent circulatoire, les bacteries restant cantonnees au niveau du foyer initial; il pent en resulter aussi des alterations loca-lisees en rapport avec les proprietes speciales, dissolvante,. phlogogene, pyogene de ces produits.
En dehors des troubles fonctionnels qui sont la consequence immediate des lesions anatomiques dont les organes sont pri-milivement on secondairement le siege, nous avons.a voir la genese des manifestations generales qui accompagnent les maladies microbiennes locales ou generales.
La fievre est un des symptömes les plus frequents; or, un certain nombre de substances solubles microbiennes provo-quent Vhypcrthermie. Celle-ci resullc presque toujours d'une excitation nutritive generale de tons les elements par le con­tact de ces substances ; mais eile pent etre egalement le fait d'une diminution des pertes en calorique par resserrement
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des capillaires peripheiiques! L'augmentation de temperature n-implique done pas dans tons les cas l'hypergenese de calo-rique.
On connait Imfluence pyretogüne de plusienrs substances microbiennes : oelles du bacille du pus bleu, du microbe de Friedlander, etc.
Mais les produits solubles des elements anatomiques eux-memes donnent de semblables effets. D'apres Gangolphe et Courmont, la necrobiose des tissus developpe des substunces pyretogenes, en dehors de toute intervention microbienne. Ces auteurs out remarquo que le bistournage est suivi de fievre lorsque les produits testiculaires peuveut penetrcr dans le sang, tandis que Ta fievre fait defaut si Ton a soin de mellre une ligature en masse sur le scrotum de maniere ä empecher toute resorption. II n'est pas impossible que la suractivite des phagocytes, luttant contre I'invasion microbienne, devienne de meme le point de depart de la production de substances pyre­togenes, hypothese que certains fails out permis d'avancer. On salt en outre que les extraits de viande et de rate jouissent de semblables proprietes qui paraissent ainsi appartenir a un certain nombre de residus de la desassimilation normale.
Quelques substances solubles provenant des microbes donnent des phenomenes d'hypoihermie, abaissent la tempera­ture du corps : il en est ainsi de celles du bacille en virgule du cholera, du vibrion septique et du staphylococcus aureus.
Le Systeme nerveux est un de ceux qui sont le plus impres-sionnes par les produits solubles des microbes, dans le sens de l'excitation (hyperkincsie developpee par les toxines du tetanos), ou de la depression (coma, somnolence dans le cho­lera des poules, le charbon; paralysies consecutives a la diphterie, a la maladie pyocyanique). Le cceur, les centres res-piraloires, le centre vaso-moteur peuvent ressentir egalement l'influence de ces substances et il en resulte tantöt une
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augmentation, tantöt une diminution de l'activkö fonctionnelle de ces organes.
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Recbptivite.
La receptivity ou I'aptitude ä contracter les maladies infec-tieuses varie d'apres un grand nombre de circonstances et notamment avec Tespece et le mode d'inoculation, avec les individus, Tage, I'heredite, les causes depressives, la quantite et de la quaiite du virus, la presence de virus etrangers.
1.nbsp;Influence de- l'espece et du mode d'inoculation. Teile espece qui est apte ä contracter teile maladie raicrobienne ne la prendra cependant pas spontanement, tandis que I'inoculation experiraentale pourra la lui conferer.
La tuberculose evolue avec une grande facilite et frequem-ment a Fetat spontane chez rhomme, le boeuf et les oiseaux ; elie est beaucoup plus rare chez le cheval, le pore et le chien dans les memes conditions ; quant au lapin et au cobaye, qu'il est tres facile d'infecter experimentalement, ils ne contractent pas la maladie endehors de I'inoculation.
Le charbon symptomatique n'apparait spontanement que chez la bete bovine, s'inocule au mouton, a la chövre et au cobaye, mais pas aux autres animaux.
La rage, maladie spontanee du chien, s'inocule avec succes a tons les mammiferes et aux oiseaux. L'inocnlation intra-eränienne donne des effets certains, tandis que I'inoculation hypodennique ne donne que des resultats variables.
Le charbon bacteridien evolue naturellement sur le boeuf, le mouton et le cheval, experimentalement chez tous les mammiferes domestiques.
2.nbsp; Influence des individus. Les sujets dune meine espöee susceptible de contracter une maladie microbienne ne la prendront pas tous lorsqu'ils seront exposes ä la contagion ;
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certains d'entre eux sont moins disposes que d'autres et quelqiies-uns meme peuvent fitre absolument refractaires.
3.nbsp; Influence de l'äge. La gourme, la maladie des jeunes chiens sont des affections du jeune age ; le charbon symplo-matique n'apparait que sur les betes bovines de six mois ä quatre ans et s'inocule difficileraent au jeune veau; les cobayes sont d'autant plus sensibles au charbon qu'ils sont plus jeunes. Les pores äges de moins de quatre mois sont beaucoup moins sensibles au rouget que les adultes ; aussi ne doit-on vacciner que les pores tres jeunes.
4.nbsp; Influence de Vheredite. Gertaines predispositions sont heritees ; par exemple celle des enfants nes de parents phti-siques a contracter latuberculose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'i
5.nbsp; Influence des causes depressives. Les conditions qui affaiblissent I'organisme rendent plus facile renvahissement microbien. Pasteur a montre qu'il suftit de refroidir les poules inoculees du charbon pour que la maladie evolue chez elles, malgre leur immunite naturelle. Bouchard a fait voir qu'en produisant le refroidissement graduel du cobaye, on permet-tait I'entree dans le sang de cet animal des microbes repandus a la surface des muqueuses. Les ebranlements nerveux depros-sifs agiraient dans le meme sens : frayeur.
L'administration du chloral, du curare, de l'alcool ä la grenouille et au chien qui sont refractaires au charbon bacte-ridien leur donne la receptivite pour cette maladie. L'amipy-rine et le chloral diminuent la resistance de la poule a la meme affection.
Le bacille altenue et inoffensif du charbon symptomatique devient pathogene et cause la maladie si on y ajoute de l'acide lactique, ou de la trimethylamine ou si on I'injecte dans un tissu prealablement contusionne. Les monies substances et le traumatisme favorisent egalement l'implantation du bacille tetanique.
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II faut attribuer riniluence de ces conditions si diverses ä l'yction qu'elles exercent sur les phagocytes dont elles amoin-drissent le role protfecteur en les rendaut moins aptes a digcrer les microbes envahisseurs.
6.nbsp; Influence de qualild et de la quanütedu virus. La recep-tivile varie naturellement avec la virulence particuliere des germes qua Forganisme regoit; tel germe, toxique pour une espece, devient un vaccin efficace lorsque sa virulence a ete affaiblie.
Quant ä la quantite de la substance virulente, eile merite d'attirer specialement rattention ; l'influence de la dose ne saurait etre conteslee ; rimmunite naturelle des moutons algeriens centre le charbon a ete vaincue par I'moculation d'une forte dose de bacilles charbonneux. L'inoculation d'une quantite niinime de certains germes confere I'immunite, tandis qu'une dose plus fqrte donne la maladie mortelle (septicemie gangreneuse, charbon bacterien).
7.nbsp; nbsp;Influence des associationsmicrobiennes. On augmente la receptivite pour une maladie experimentale en injectant des le debut de cette malade une quantite assez considerable des produits solubles provenant du microbe inocule (Bouchard). Le fait a ete constate pour la bacteridie charbonneuse, le cholera des poulcs, le staphylococcus aureus, le bacillus pro-digiosus, le bacille du charbon symptomatique, le bacille pyo-cyanique. etc. II est d'autant plus frappant que l'injection des inemes produits, faile en dehors de la maladie, donne souvent
la maladie, ou la
rimmunite. Ici, au contraire, eile aa
grave
rend possible, forcant ainsi I'immunite naturelle ou acquise. Le mode d'action do ces substances consiste, dans ce cas, dans I'entrave qu'elles apportent, en paralysant les nerfs vaso-dilata-teurs, ii la diapedese et a la phagocytose que les germes de la maladie provoquent naturellement lorsqu'ils sont inocules a des sujets vaccines ou naturellement refractaires.
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L'action favorable que les secretions microbiennes exercent vis-ä-vis du microbe dont elles proviennent peut aussi 6tre utile ä d'autres germes ; ainsi rimmimite naturelle du lapin pour le charbon symptomatique est annihilee si Ton injecte ä cet animal, en meme temps que la bacterie du charbon, une culture sterilisee du staphylococcus aureus ou du micrococcus prodigiosus.
La mfeme interpretation s'appliqne k rinfluence predispo-sante ou aggravante qu'une maladie anterieure ou concom-mitante exerce sur le cours d'une autre maladie infectieuse.
Cependant l'association au bacille tetanique de germes accessoires, tels que le bacillus prodigiosus rendrait plus cer-taine l'eclosion du tetanos en provoquant la diapedese, parce que le milieu devient alors plus favorable ä la multiplication et a la nutrition du bacille tetanique.
D'autre part, la presence de gonnes phlogogenes qui pro-voquent une forte diapedese peut contrarier la receptivite pour un microbe determine. Ainsi, la guerison de la pustule maligne serait presque lä regie, lorsque la suppuration y apparait; c'est que les globules blancs dont I'accumulation est suscitee par les germes etrangers devorent la bacteridie.
8. Rdccptivitd des ttssiis et des organes. Les germes patho-genes n'agissent pas de la meme fagon sur toutes les parties d'un organisine done de receptivite ; ils paraissent avoir une sorto d'affinite pour certains organes, pour certains tissus. Ainsi le bacille du charbon bacteridien se multiplie dans le sang, alors que (laquo;1111 du charbon symptomatique n'evolue que dans les tissus conjonctif et musculaire et est au central re tue dans le sang.
Le pneumocoque limite generalement son domaine au poumon, le bacille de la pneumo-enterite au poumon et a I'intestin ; celui de la morve ä l'appareil respiratoire et a la peau, etc., etc.
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Cette action elective des microbes pathogenes n'a recm une explication scientifique que dans quelques cas seulement.
Lorsque les germes ont penetre dans le sang, ils se localise-ront preferablement dans les organes predisposes, affaiblis, moins bien prepares pour la defense.
Immunite.
L'immunite consiste dans l'absence de receptivite; eile pent etre naturelle ou acquise. L'immunite acquiseestle pins souvent consecutive ä une premiere afteinte de la maladie. Un grand nom-bre d'affections microbiennes ne recidivent pas; elles laissent apreselles des changements organiques inappreciables directe-ment, mais plus ou moins durables, qui s'opposent an developpe-mentulterieur de leurs germes; I'individu unefoisgueri est vac­cine. Les choses sepassentde la sortedans la variole, la vaccine, la clavelee, la syphilis, le charbon, le rouget, le cholera des ponies, la pleuropneumonie, etc. D'autres maladies, au con-traire, peuvent faire plusieurs apparitions sur le möme sujet ; telles sont la blennorragie, le chancre simple, la diphterie, I'erysipele, la tuberculose, la morve, etc. Pour ces deux der-nieres maladies, on voit en effet survenir des accidents speci-fiques ä des moments parfois tres eloignes de l'epoque du de­but de l'affection, ce qui n'arriverait pas si la ou les premieres poussees du mal avaient vaccine 1'organisme. L'immunite peut etre communiquee aussi par des moyens artificiels ; la vacci­nation consiste dans la mise en oeuvre de ces moyens.
L'immunite acquise est d'une duree fort variable suivant les maladies et les individus envisages. En general, Timmunite consecutive a la maladie naturelle est plus durable que celle conferee par vaccination.
De patientes recherches ont jete un peu de lumiöre sur la nature de l'immunite et montre qu'elle s'exerce, au moins en
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partie, grace ä une intervention active de Torganisme qui la possede.
On avait admis tout d'abord que si les maladies infectieuses ne recidivent pas, c'est parce que les microbes, lors de la pre­miere atteinte, ont soustrait au sang des principes indispen­sables a leur culture ou bien souille le sang de principes nui-sibles a celle-ci. En somme, deux theories se trouvaient en presence : celle de l'epuisement et celle de rimpregnation.
La premiere est abandonnee aujourd'hui; on a pu eneffet vaincre rimm-unite en employant des doses massives de virus, ce qui serait impossible si Torganisme etait reellemeint appau-vn en substances indispensables aux microbes.
La doctrine de l'impregnation se trouve au contraire solide-ment appuyce par la decouverte des substances vaccinantes. Un certain nombre de microbes secretent des substances qui se melent aux humeurs, diffusent dans toute I'economieetnui-sent ä Fexistence meme des germes qui les out fabriquees; ces substances empechantes qui paraissentdiflerentesdes subs­tances virulentes s'opposent ainsi ä la recidive.
L'existence de substances solubles vaccinantes a ete mise hors de doute pour un certain nombre de maladies : lamaladie du pus bleu, le charbon bacteridien et le charbon bacterien, le cholera, la septicemie de Pasteur, la pneumo-enterite du pore, etc.
L'impregnation du sang no rend pas compte de la persis-tance de l'ünmunite. Les substances nuisibles aux germes doi-vent s'eliminer deleconomie peu a pen et, si la vaccination est, due uniquement ä leur presence, ses effets s'eteindront au bout d'un temps relativememt court.
La doctrine de Fimpregnation des humeurs secomplete heu-reuseraent par celle de la modification des parties solides de Forganisme, des elements anatomiques.
Dans l'immunite acquise, quelle soit consecutive ä une pre-
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raiere atteinte de la maladie ou qu'elle ait ete conferee par la vaccination, les humeurs et les tissnsjouissent de letat bacte-ricide. Ainsi le serum du lapin vaccine contre la maladie pyo-cyanique est bactericide pour le microbe de cette maladie ; mais cette propriete appartient egalement aux tissus solides des vaccines, ainsi que le fait a ete demontre par l'echec des tenta-tives deculluredu bacille du charbon symptomatique dans la cuisse d'un cobaye vaccine contre cette affection. La produc­tion de Fetat bactericide par la vaccination est etablie pour un certain nombre de germes : bacilles du charbon bacteridien, du charbon bacterien, du pus bleu, des vibrions du cholera et de Metschnikoff.
Get etat est communique aux vaccines par le melange des substances vaccinantes avec les liquidesnutritifs de leconomie; le contact de ces derniers avec les elements des tissus entraine une modification nutritive permanente de ceux-ci; cette modi­fication se repercute pendant tout le temps que dure I'immunile sur les milieux liquides et leur conserve la faculte microbicide. En vertu de celle-ci, lorsque les germes virulents contre les-quels la vaccination a ete dirigee viendront a faire irruption dans I'organisme, ils se trouveront contraries, attenues par le contact des humeurs, et au lieu de secreter en abondance des substances qui empechent la diapedese, tenant ainsi les globules blancs a I'ecart, ils en produiront moins de sorte que les phagocytes, en vertu de l'action reactionnelle qui se produit naturellement au contact des corps etrangers, sortiront des vaisseaux et en feront leur profit.
L'etat bactericide affaiblit done les microbes virulents et les phagocytes peuvent alörs en debarrasser I'organisme.
L'immunite etant en quelque sorte fixee sur les elements anatomiques, on comprend sa persistance et la possibilite de sa transmission hereditaire.
Dans l'immunite naturelle ou etat refractaire, l'etat bacte-
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ricide ne parait pas avoir, au moins dans certains cas, lamöme importance que dans Timmunite acquise. En effet, le sang d'un individu refractaire a un microbe pent convenir parfaitement pour la culture artificielle de ce microbe. Neanraoins, il ne faut pas attacher a ce fait une tropgrande importance. Nousverrons plus loin que le sang est toujours plus ou moins bacteri-cide, mais que cette faculte disparalt peu apres sa sortie des vaisseaux. L'etatbactericide du sang depend done sans con-teste de son contact avec les tissus vivants, et on nepeut juger defmitivement de l'etat bactericide du sangcontenu dans I'orga-nisme en vie par celui du meme liquide considere en dehors des vaisseaux.
On salt, d'autre part, que l'immunite naturelle resulte pour certains microbes de la temperature trop haute ou trop basse de I'organisme; eile pent resulter aussi de l'inaptitude natu­relle de celui-ci a ressentir les effets des produits amorphes secretes par les microbes, ainsi que M. Arloing I'a demontre.
II. — Reaction de I'organisme conlre les microbes.
Nous etudierons successivement sous ce titre : la phago-cytose, l'etat bactericide, risolement et l'elimination des microbes pathogenes, les variations que I'organisme fait subir ä la virulence.
Lorsqu'on introduit des germes non pathogenes ou des germes pathogenes dont la virulence est eteinte dans les tissus d'un animal, ces germes Sent detruits plus ou moins rapide-ment. II en est de möme quand on introduit des germes patho­genes en pleine virulence dans Feconomie d'un sujet depourvu de receptivite pour ces germes. Au contraire, si les germes virulents sont mis au contact d'un organisms done de recep­tivite, on les verra se multiplier et devenir le point de depart de troubles morbides.
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II y a done dans Torganisme des animaux certaines condi­tions capables d'amener la destruciion des microbes. Ges conditions sont multiples et leur nature n'est pas encore enlie-rement elucidce. On sail cependant que I'organisme se defend conti'e I'invasion microbienne par l'intermcdiaire de ses ele­ments figures et de ses parties liquides.
1. Phagoeytose. On donne le nom de phagocytose ä faction destructive de certaines cellules vis-a-vis des microbes. Le nom de phagocytes amp; ele reserve aux elements quijouissent de ce pouvoir de destruction. Les globules blancs figurent ici an premier rang, quel que soil le lieu de I'organisme ou on les trouve : sang, tissu conjonctif, organes lymphoides (rate, ganglions, nioelle des os, etc.) ; puis viennent les cellules tlxes du tissu conjonctif, les cellules endotheliales des vaisseaux capilläires, les cellules des epitbeliums mous, les fibres mus-culaires, etc.
La maladie se developpe lorsque les phagocytes ne par-viennent pas ä tuer les germes introduits ; eile fait defaut dans le ras contraire.
L'injection de germes virulents chez un individu receptit paralyse les phagocytes ; an contraire, Finjection de germes atleaues est suivie de Faccumulaiion des leucocytes (diape-dese) tout autour du point oh se trouvent les germes et ceux-ci sont digeres par eux. II en est do meme lorsqu'on injecte des germes virulents chez un sujet non receptif.
Tons les germes apprehendes par les phagocytes ne sont pas detruits infailliblement ; les cellules migratrices apparais-sent ainsi comme un moyen de transport des bacteries d'un point ä un aulre de I'organisme.
Les leucocytes possüdent, en commun avec quelques vege-taux inferieurs, la propriete (dile chimiotaxie) de se porter vers certaines substances chimiques. Or, rexperience a demuntre que les cultures sterilisees ou filtrees d'un certain
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nombre de quot;microbes attirent les globules blancs, tandis que les cultures d'autres microbes laissent les globules indifferents ou paralysent leurs mouvements.
Certains germes secrötent des substances qui*paralysent les nerfs vaso-dilatateurs ; ils apporlent ainsi une entrave directs ä la diapedese et partant a la phagocytose. Cette action ner-veuse est teile que 1'oreille d'un lapin qui a recju une injection de produits solubles du bacille pyocyanique, par exemple, ne s'enflamme pas lorsqu'on y applique une couche d'huile de croton.
Les microbes dont les secretions attirent les leucocytes seront plus facilement devores par eux et seront moius dange-reux pour I'economie.
Les microbes qui eloignent les globules blancs se trouvaiit dans de bonnes conditions de milieu et de nutrition, franchi-ront la barriere que ceux-ci opposaient aux precedents. Mais dans des circonstances defavorables ä leur evolution, leurs secretions se ralentissent et les phagocytes reprennent tout leur pouvoir.
Certains agents, tels que le chloral, le chloroforme, peuvent suspendre la faculte chimiotaxique des phagocytes.
Certaines influences, les commotions physiques et morales, la fatigue, les perturbations nerveuses, le froid qui souvent occasionnent I'eclosion d'une maladie infectieuse ou en pro-voquent I'aggravation, depriment I'innervation vaso-dilatatrice, nuisent a la diapedese, ä la phagocytose et partant favorisent I'implantation ou la multiplication des germes morbides.
2. Etat bactericide oti mjcro^'drfe. L'etat bactericide s'en-tend. de la qualite speciale des humours de reconomie, sang, humeur aqueuse, serosite du pericarde, etc., qui y rend difficile ou impossißle la multiplication des bacteries patho-genes. Cette faculte bactericide est extremement variable, suivant les especes, les individus, les germes envisages. Lors-
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qu'on ensemence des microbes dans le sang, un certain nom-bre d'entre eux p6rissent; ceux qui rösistent peuvent ensuite se multiplier, de sorte que la propriety microbicide normale du sang est temporaire, non permanente. Le sang frais tue les bacilles du charbon ; il les cultive lorsqu'il est extrait depuis huit jours. II paralt etabli que lorsqu'on injecte ces bacilles dans le sang, ils ne s'y multiplient qu'apres avoir an prealable pullule dans un ou plusieurs organes oü ils se sont arretes. Lorsqu'on n'a introduit qu'un petit nombre de micro­bes, ils peuvent etre tous detruits et alors I'inoculation echoue.
Les microbes non pathogenes introduits dans le sang dis-paraissent rapidement de ce liquide, s'arrfetent dans les fins capillaires du foie, de la rate, de la moelle des os, des reins oü ils sont rapidement detruits.
Les microbes paihogenes subissent le m6me sort, lorsqu'ils sont inocules a petite dose dans le torrent circulatoire ; comma les precedents, ils sont relegues dans les capillaires etroits des parenchymes et la supportent le conflit des elements pha-gocylaires (cellules endotheliales, globules blancs, etc.). Sui-vant que Tissue de ce conflit sera favorable aux microbes ou aux phagocytes, on verra la maladie apparaitre ou avorter.
L'övolution de la maiadie microbienne s'accompagne, lors-que I'affection ne recidive pas, de la production de Tetat bac-tericide. Get etat se constitue lentement, par Faction pro­gressive des produits microbiens solubles sur les humeurs et les tissus. Lorsqu'il a acquis une intensite süffisante, il peut amener la limitation ou la guerison de la maladie en s'oppo-sant a la multiplication et en entravant la nutrition des germes introduits ; les phagocytes se chargent alors de debarrasser l'organisme de ces germes aifaiblis.
3. Elimination des microbes. L'organisme infecte peut se debarraser des microbes par la reaction locale que suscite leur presence. Les germes du pus, par exemple, determinent autour
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d'eux la diapöd^se d'un grand nombne de leucocytes ; ceux-ci lt;letruisent par phagocytose laquo;n grand nombre de germes. D'autre part, en m6me temps que 1 accumulation des leuco­cytes dans les mailles du reseau vasculaire apporte une laquo;ertaine entrave ä leur nutrition, les secretions microbiennes agissent sur eux soit ä titre de diastases dissolvantes soil de poisons, de sorte qu'il se fait une destruction parallele de globules blanes et de microbes. Pendant que cette double destruction s'accomplit au centre du foyer, les germes sur-vivants continuert a envahir les tissus peripheriques, jusqu'au moment oü il s'est forme lout autour de l'armee envahis-sante une barriere süffisante de phagocytes. On voit alors survenir la limitation de l'abces, et parfois son enkystement par organisation fibreuse des tissus limitants ; mais plus sou-vent, l'extension de rinflammation pyogene determine le ramol-lissement, la perforation des teguments, l'.elimination du pus et' partant des germes, cause de tout le mal.
L'elimination des microbes pathogiines pent naturellement se faire dans tons les cas oü les lesions qu'ils determinent sont situees a la surface de la peau ou des muqueuses commu-niquant directement avec rexterieur ; cette elimination est plus ou moins complete suivant les cas.
Lorsque les germes sont situes profondement, leur expul­sion peut encore se faire par certaines glandes, le rein, les glandes salivaires (rage), le foie (charbon symptomatique). L'elimination des germes intectieux par voie renale a ete observte pour un grand nombre de maladies ; generalement, sinon toujours, eile est la consequence de l'irritation que les microbes ou leurs produits amorphes exercent sur I'organe. Beaucoup de maladies microbiennes en effet s'accompagnent de nephrite. La chute plus ou moins complete de l'epitheliuia söcreteur, et les troubles vasculaires qui surviennent alors rendent compte du passage des microbes.
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Si l'elimination des agents figures des maladies infectieuses exige des conditions assez complexes, le rejet de leurs secre­tions se fait plus facilement, attendu que ces substances sont dissoutes dans le milieux liquides de l'econoinie. Leur filtration se fait particulierement au niveau du rein ; leur presence dans I'urine a ete constatee ; mais elles peuvent transsuder aussi au niveau des differents emonctoires naturels. II y a lieu dans tons les cas de favoriser cette action depuratrice des organes excreteurs.
4. Modifications de la virulence. Letat bactericide des humeurs pent attenuer la virulence des microbes pathogenes. Inversement, l'absence de cet etat peut amener Faugmentation de cette virulence. Ainsi la virulence d'un microbe determine pent s'exalter ou s'amoindrir en passant ä travers une serie d'individus de la meme espece : le rouget du pore devient plus actif lorsqu'on le fait passer par le pigeon ou le lapin ; au contraire, l'organisme du singe attenue le virus rabique.
La virulence modifiee par une espece peut se trouver changee dans le racme sens ou dans un sens oppose poür d'aulres especes : le rouget devenu plus virulent chez le lapin, Test moins pour le pore ; tandis que le passage du meme germe par le pigeon augmente son pouvoir pathogene non seulement pour le pigeon, mais aussi pour le pore.
On pourrait multiplier les exemples de l'influence des inilieux organiques naturels sur les germes pathogenes. Le virus rabique attenue sur le singe, Test egalement pour le chien, le cobaye et le lapin. Inocule en series a l'une de ces laquo;speces, ü recupere la virulence qu'il possede naturellement chez le chien ; il peut meme la depasser chez le cobaye et le lapin et atteindre chez ce dernier un maximum d'activite au dela duquel de nouveaux passages ne le modifient plus.
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III. — Evolution de la maladie bacterienne.
Aprös ce que nous avons vu concernant I'action reciproque de l'organisme et des microbes pathogenes, il reste peu de chose ä dire de la maladie en elle-meme.
La cause determinante des affections microbiennes reside toujours dans rimplantation du germe specifique sur un indi-vidu receptif; mais les causes banales, le f'roid, les emotions morales, le surmenement, etc., peuvent avoir une grande part dans letiologie en diminuant ou en susperidant Faction phagocytnire normale, ainsi que nous I'avons vu plus haut.
Les germes une fois introduits et ayant resiste ä finfluence combinee du phagocytisme et do letat bactericide, leurs efFets ne deviennent pas immediatement sensibles. II se passe alors une periode preparatoire, pendant laquelle le microbe sc mul-tiplie et multiplie partant ses moyens d'action sur leconomie. Cette periode correspond ä Vincubation. Elle est d'autant plus courle que l'organisme se prete mieux ä la vie du germe; aussi sa duree varie-t-elle avec la nature du germe et sa virulence, avec l'abondance du virus, avec la receptivite du sujet, le lieu de rinoculation, etc. Pour quelques maladies I'incubation a un terme ä peu pro's constant; pour d'autres, la duree est trcs variable (rage).
Quelques maladies ont plusieurs incubations successives ou plus exactement des periodes latentes, pendant lesquelles le germe morbide s'arrete, somraeille, pour reprendrc plus tard sa marche envahissante (tuberculose, dourine, syphilis). L'or­ganisme se trouve alors dans l'etat de microbisme latent.
L'incubation est ä son terme quand apparaissent les pre­mieres manifestations de I'action morbifique du virus; les pro­dromes n'ont rien de caracteristique; cependant, au cours d'une epizootic, il est certains signes auxquels on pourra recon-naitre Yinvasion de la maladie sur un sujet resle sain jus-
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qu'alors. Ainsi, un mouvement febrile persistant chez une bete bovine d'une etable oü rögne la pleuropneumonie fera penser de suite ä l'invasion de celle-ci.
Les syraptömes obscurs du debut font place plus ou moins rapidement ä des troubles de plus en plus graves qui carac-terisent nettement raffectiou en presence de laquelle on se trouve et expriment l'influence de l'action progressive du mi­crobe. On est alors dans la periode d'augment.
Nous n'entrerons pas ici dans le detail des symptömes com-muns aux maladies microbieunes; I'expose en a ete fait inci-demment ä propos de la pathogenie. Nous dirons seulement quelques mots de la specißcite des microbes pathogenes. Au debut des recherchesbacteriologiques, on s'est attache ä decou-vrir ä chaque maladie son microbe; on croyait que chaque germe döveloppait toujours les memes effets. Mais un meme microbe peut donner des maladies fort differentes: le microbe du cholera des poules donneune veritable septicemie au lapin, un abces circonscrit au cobaye; le streptocoque pyogene deve-loppe tantöt un abces, tantöt un erysipele ou encore la fievre puerperale. De meme, une lesion deterrainee peut 6tre conse­cutive a Imoculation de microbes differents: la lesion inflara-matoire particuliere qui a pegü le nom de tubercule reconnait pour cause ordinaire le bacille luberculeux; mais d'autres agents peuvent developper des alterations identiques qu'on a qualifiees de pseudo-tubercules pour les differencier de celles oü existe le dit bacille: au nombre de ces agents, nous citerons I'huile de croton, la poudre de lycopode, le demodex follicu-laire, le strongylus vasorum, la psorospermie utriculaire des muscles du pore, I'actinomycete, le bacille pseudo-tuberculeux de Courmont, etc... La fievre typhoide du cheval parait se deve­lopper sous l'influence de plusieurs especes microbiennes agissant isolement. Laspecificitcmicrobienne n'estdonc pas absolue; eile depend
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— Ti­de rorganisme sur lequel s'implante le parasite et des condi­tions exterieures qui ont pu influencer ce dernier. II suffit en effet d'attenuer un microbe pour voir changer ses effets.
La maladie infectieuse pent etre locale ou gdnerale, suivant que les germes sont confines dans le foyer d'inoculation ou ont envahi les liquides circnlatoires. Dans le dernier cas, I'affec-tion generale pent avoir ete precedee de lesions circonscrites, locales ou bien s'etre generalisee d'emblee. Quoi qu'il en soit de ces variantes, une maladie generale peut determiner des alterations localisees, specifiques ou non: nephrite, hepatite, entente, engorgements iuflammatoires, etc. Les inflammations secondaires siegeant sur des organes excreteurs peuvent etre le point de depart de graves complications (auto-intoxications): resorption de bile, intoxication urinaire. Les alterations de ces appareils apportent en outre une entrave directe a I'elimination des produits microbiens solubles.
La multiplication des germes morbides arrive au bout d'un certain temps, ä son apogee; la maladie atteint alors son ame. Les produits des secretions microbiennes sont nuisibles aux microbes eux-m6mes ; en se melangeant aux humeurs, its leur communiquent, ainsi qu'aux .tissus, la faculte d'enrayer la proliferation microbienne, la faculte microbicide ; en un mot, ils vaccinent rorganisme. L'action vaccinante se pro-duit lentement au fur et ä mesure que se prolonge le contact de ces produits. L'appauvrissement des milieux organiques en principes indispensables aux microbes, I'hyperthermie febrile peuvent egalement nuire a ces derniers. De cet ensemble de circonstances defavorables, va resulter l'affaiblissement des germes et les phagocytes se chargeront de les detruire.
La maladie decroit alors par suite de ce que les substances toxiques d'origine microbienne qui selirainent par les diffe-rentes voies ne sont plus remplacees par de nouvelles. La guerison n'est pas complete, lorsque relimination de ces subs-
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tances est terminee. A part l'affaiblissement des malades, il pent persister des troubles locaux plus ou moins importants dont la guerison se fera peu ä pen, la cause qui les entretenait etant eloignee.
Mais la maladie ayant atteint son acme peut se terminer par la mort. Le mecanisme de celle-ci est variable suivant les cas.
Les maladies microbiennes peuvent etro aigues ou chro-ques, epizootiques, enzootiqucs ou sporadiques. La gravite des maladies bacteriennes est variable, au moins pour certaines d'entre elles ; car il en est d'aulres qui sont presque inevita-tablement mortelles : le charbon et la rage par exemple. Cependant, en pn'ncipe, les acquisitions de la science concer-nant la receptivito, rimmunite et la resistance des organismes permettent d'entrevoir tons les degres dans l'intensite de la maladie.
Lorsqu'on observe cette gravite dans les epizooties, on remarqne que les premiers malades sont atteints plus gra-vement que les derniers, et que le nombre des individus atteints, considerable au debut, s'abaisse rapidement ä la fin de Fepizootie. Cela tient probablement ä ce que le virus se fixe sur les individus en raison de lour receptivite particuliere. Les moins refractaires seront atteints les premiers, le virus aura sur eux beaucoup d'influence et se multipliera activement, augmentant ainsi les chances d'infection pour tons ceux qui sont sujets ä contracter la maladie. A cause de cette dissemi­nation des germes virulents, les moins receptifs finiront par Mre atteints aussi. Mais en raison de ce qu'ils n'offrent pas un terrain tres favorable, la pullulation raicrobienne y sera moindre, la maladie sera moins grave et les chances d'infection pour les sujets restes indemnes et qui sont d'ailleurs les plus refractaires diminueront rapidement.
La maladie peut ctre continue (charbon), remittente (tuber-culose) ou intermittente (malaria).
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CHAPITRE III. .
Transformation et destruction des microres patho-
GENES DANS LEUR RAPPORT AVEC l'hYGIENE ET LA THfiRAPEUTIßUE
1, Variations morphologiques et physiologiques des mioroljes pathogenes. — 2. Attenuation. — 3. Inoculations preventives. Vaccinations. — 4. Destruc­tion et annihilation des germes pathogenes.
I. — Variations morphologiques et physiologiques des microbes pathogenes.
Nous avons dit quelques mots dans la premiere partie de l'influence des milieux sur les microbes consideres en general. Cette action acquiert line grande importance lorsqu'ils'agit des microbes pathogenes. Ceux-ci peuvent subir des changements considerables sous l'influence des circonstances exterieures.
Les germes pathogenes eprouvent de ce fait des variations de forme et de fonction.
Les variations physiques sont assez frequentes : le microbe du cholera aviaire se tapetisseenvieillissantdanSsescultures; celui du rouget, cultive apres son passage chez le lapin, aug-mente de volume; le bacille de la maladie pyocyanique se presente suivant les milieux oil 11 est cultive, comme un bacille, une spirille on un microcoque; le bacille de la sep-ticemie gangreneuse se cultive en courts batonnets dans le tissu conjouctif, en longs filaments dans les sereuses et le sang. La bacteridie charbonneuse, cultivec dans du bouillon additionne dune faible quantite de bichromate de potasse, perd la faculte de donner des spores; les generations auxquelles eile donne naissance sont des lors egalement asporogenes. Une tempera­ture de 42deg; a 43deg; produit le meine effet sur la bacteridie.
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Les variations fonctionnelles sont plus importanles; le bacille pyocyanique place dans des conditions determinees, cesse de secreter la matiere colorante qui le caracterise. Ce sont les variations de la virulence qui nous Interessent plus specialement. La virulence des germes pathogenes pent etre augmentee ou diminuee puis ramenee a son intensite normale par des conditions qui varientavec chaque microbe etque nous verrons plus en detail dans le paragraphe suivant.
La virulence d'un microbe pent s'affaiblir au point qu'il soit tolalement depourvu de ses proprietes pathogenes; il redevient alors saprogene. De la connaissance de ce fait a I'admission du transformisme microbien, il n'y a qu'un pas. Neanmoins, on n'aurait pas observe jusqu'aujourd'hui la formation d'une espece nouvelle aux depens d'une autre espece. Au point de vue pratique cependant, il faut admettre que certaines especes saprogenes peuvent devenir accidentelleraent pathogenes et determiner alors le developpement de troubles morbides sur I'homme ou les animaux.
11. — Attemiation des microbes pathogenes.
La diminution de virulence des microbes pathogenes estpar-fois, non toujours, liee ä la diminution de leur activite nutritive generale; eile pent survenir dans des condi­tions assez variees, soit spontanement, soit par la mise en jeu inlentionnelle de la part de rexperimentateur de certaines influences determinees; nous etudierons ici les differents moyens par lesquels l'attönuatiön peut etre obtenue.
1. Attenuation par Vatmosphere normale. Nous savons dejä que la plupart des germes atmospheriques sont morts. II est logique d'admettre que la perte de leur vitalite n'a pas lieu brus-quement, qu'elle se fait au contraire peu a peu et qne la viru­lence dont ils peuvent etre doues s'eteint de meine progressi-vement. En un mot, les germes de l'air s'attenuent avantd'etre
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tu6s. Les conditions atmospheriques qui determinent ces changements dans la vie microbienne sont loin d'etre simples: l'oxygene. la lumiöre, l'etat electrique, la dessiccalion agissent probablement de concert.
Mais l'air exterieur ä lui seul pent determiner I'attenuation des germes pathogönes. Des cultures tres actives peuvent per-dre leur virulence en quelques jours, quelques semaines, par-ibis des mois.
Les cultures du cholera des poules abandonnees a Fair diminuent pen k peu de virulence de maniere a s'eteindre tout a faifaubout d'un temps variable, six semaines a deux mois, parfois beaucoup moins. En reensemen^ant ces germes en voie d'attenuation a des epoques de plus en plus eloignees de la raise en culture, on obtient des generations de virulence pro-gressivement decroissante, une s6rie de virus de moins en moins puissants dont I'activite particuliere se conserve lors-qu'on les enferme ä l'abri du contact de l'air ou encore lors-qu'on les rajeunit sans cesse par des cultures faites ä des inter-valles tres etroits. L'attenuation est done ici hereditaire a tra-vers les generations successives. Gelles dont la virulence est la plus faible constituent des vaccins vis-ä-vis des cultures plus virulentes.
Les cultures du germe du rouget eprouvent des changements. semblabies a celles du cholera aviaire.
Quant aux cultures du bacille charbonneux, elles sont infi-niment plus resistantes ä I'mfluence depressive de l'atmos-phere. C'est qu'elles contiennenf des spores, et lorsqu'on veul les attenuer au contact de l'air il faut commencerparempecher la formation de ces dernieres. Pasteur y est arrive en cultivant le charbon a la temperature de 420-430. A cette temperature, la culture exposee au contact de l'air perd rapidement sa viru­lence ; eile cesse d'etre mortelle d'abord pour les grands ani-maux, puis pour les petits adultes, enfln pour les petits aui-
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maux de quelques jours seulement. La bacteridie ne mourt que beaucoup plus tard. Or, chaque degre de virulence peut etre perpetue en cultivant ä 420-430 las differentes varietes obtenues, chacune de ces varietes transmettant sa virulence particuliere a sa descendance. Si on les retourne a 37deg;, elles donnent des spores possedant en germe I'activite pathogfene spe-ciale des bacilles attenues dont ellesderivent etsusceptiblesde transmettre celle-ci ä de nouvelles generations cultivees ä 37deg;.
D'apres M. Chauveau rattenuation des bacteridies par le precede precedent serait ie fait de lachaleur etnonde I'oxygene, comme Pasteur Favait avance.
Les varietes les moius virulentes donnent unemaladiebenigne qui laisse apres eile rimmunite pour les varietes moins attenuees et on a ainsi des vaccins d'intensites differentes que Ton peut faire agir süccessivement.
On peut faire recuperer aux virus attenues du cholera des poules et du cliarbon bacteridien leur virulence normale en les faisant repassor parl'organisine de jeunes sujets d'abord puis de sujets de plus en plus ages.
2.nbsp; nbsp;Attenuation pew l-oxygene oul'air comprimes. M. Chau­veau est parvenu ä attenuer la bacteridie charbonneuse en la soumettant au contact de l'oxvgenepurä 21/2 atmospheres pen­dant quinze jours et plus ä la temperature de 3u0-36n. Cette atte­nuation se transmet ä travers les generations successives de bacteridies. II a obtenu ainsi im vaccin cnergique qui confere I'immunite pour le charbon sans occasionner d'accidents chez les Vaccines, la proprietc vaccinante se conservant intacte tan-dis que la virulence s'affaiblit au point de disparaitre entiere-ment.
3.nbsp; Attenuation par la chaleur. La chaleur est un puissant moyen de destruction des germes; aussi la retrouvons-nous au nombre des agents d'attenuation. C'est ä Toussaint que revient I'honneur d'avoir le premier montre cette propriete du chauf-
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fage vis-ä-vis du sang charbonneux. Ses procedes furent ame-liores et Chauveau s'attacha ä faire agir la chaleur sur de toutes petites quantites de sang charbonneux, de maniere que tons les bacilles soient influences de la meme fagon ; le degre d'affaiblissement tient en effet ii la temperature et a la duree du chauffage. Chauveau a confectionne deux vaccins destines A etre inocu les successivement: le premier, le moins actif, est obtenu en chauffant le sang defibrine ä SO0 pendant quinze minutes; le second, en chauffant le meme liquide ä la meine temperature pendant neuf ä dix minutes. Ce dernier vaccin inoculeä desanimaux qui n'auraient pas regu le premier pour-rait encore amener la mort de quelques sujets.
Pour obtenir un resultat uniforme avec le sang charbonneux il taut prendre toujours du sang frais dans lequel les bacilles scut depourvus de spores. Ces dernieres sont donees d'une resistance beaucoup plus grande et ne sont pas attenuees comme les bacilles; aussi dans ses recherches sur I'aUenuation des cultures, M. Chauveau a d'abord cultive les bacteridies ä la temperature de 42'gt;-430, afln d'empecher la formation des spores. Les bacteridies asporogenes sont chauffees ensuite a 47deg; pendant trois heures consecutives; elles sont alors atte­nuees au point de ne plus faire mourirlecobaye adulte. Repor-tees ensuite ä la temperature eugenesique de 37deg;, les bacte­ridies attenuees donnent des spores; mais celles-ci sont aptes, lorsqu'on les mettra dans des conditions convenables a donner de nouveaux bacilles virulents.
Pour rendre I'aUenuation transmissible aux generations suc-cessives de bacteridies, M. Chauveau porte alors les cultures sporulees ä des temperatures voisines de 80deg;. L'attenuation se fixe alors sur les spores et celles-ci retournees dans des bouil­lons nutritifs ä 37deg; donneront des bacilles attenues comma elles. Des deux vaccins prepares par ce moyen, le premier provient d'un chauffage k 84deg; pendant une heure, le second d'un chauffage ä 82deg; pendant le miane temps.
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La serosite naturelle des lesions specifiques du charbon symptomatique a pu etre 6galementattenu6e adifferentsdegrös par une temperature de 65o-70o maintenue pendant un temps plus ou moins long (Arloing, Cornevin et Thomas). Cependant laquo;es auteurs operent de preference sur la serosit6 dessechee a la temperature de 30deg; a 3S0; le virus desseche est en effet plus fixe que la serosite liquide; il pent se conserver indefini-ment avec sa virulence normale; son attenuation exige des temperatures oscillant entre 60deg; et 110deg;. Les auteurs en ont confectionne deux vaccins: Tun chauffe a lOOquot;, le second ä 85deg;; Kitt a preconise un vaccin unique, chauffe a 90deg;.
4. Attenuation par la lumiere solaire. La liimiere est un agent bactericide puissant; en utilisant cette propriete avec mesure, M. Arloing a pu attenuer graduelleraent le bacille laquo;harbonneux.
laquo; Ainsi une semence ensoleillee pendant dix-neuf heures fournit une culture qui tue le cobaye ä la dose dune goutte; ensoleillee pendant vingt heures, une culture ne tuant qu'un cobaye sur deux; ensoleillee pendant vingt-cinq heures, une culture ne tuant plus les cobayes, mais les vaccinant, et dont la vegetabilite est considerablement ralentie.raquo;
L'amoindrissement de virulence ainsi obtenu est temporairc, ne se transmet pas aux generations des bacilles sur lesquelsia lumiere solaire a agi.
. o. Dessiccation. La dessiccation a ete mise a profit par M. Pasteur pour attenuer le virus de la rage. Les moelles de lapins rabiques suspendues dans des bocaux contenant des blocs de potasse caustique et maintenus a la temperature de 20deg; perdent leur virulence en sept jours; la diminution se fait progressivement, de sorte qu'en fixant les virulences succes-sives par I'inoculation au lapin, on peut obtenir des virus d'in-tensites graduellement decroissantes.
L'attenuation est ici le fait de plusieurs facteurs: la dessic-
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cation, l'oxygöne et la temperature. L'influence de cetle der-nifere est mfeme tres grande si Ton en juge par I'acceleration qui survient dans la production de l'attenuation, lorsqu'on augmente mfeme 16gerement la temperature; en effet la viru­lence s'eteint en 7 jours a 20deg;, en 5 jours ä 23deg; et en 24 heu • res a 38deg;.
6.nbsp; Attenuation par les antiseptiques. Les substances chi-miques qui sent toxiques pour les bacteries peuvent amoin-drir la vitalite de celles-ci lorsqu'on les emploie k des doses choisies et qu'on maintient leur contact pendant des temps calculus.
Le bacille du charbon symptomatique s'attenue au point de devenir un vaccin au contact du sublime a 1/5000, de la gly­cerine pheniquee, de l'eucalyptol, du thymol.
L'acide phenique ä 1/800 permet la multiplication de la bac-teridie charbonneuse, mais empeche la sporulation. La conti­nuation du contact de cette solution affaiblit insensiblemenl la virulence. On obtient les rnemes resultats mais beaucoup plus rapidement avec le bichromate de potasse a la dose de 1/2000 a 1/S000.
Les substances solubles secretees par des germes peuvent diminuer la virulence d'autres germes; ainsi du bouillon con-tenant les residus d'une culture du cholera attamp;nue le bacille charbonneux.
7.nbsp; Attenuation par le passage ä travers Vorganismedes ani-maux. Les germes pathogenes subissent de la part des orga-nismes sur lesqueis ils s'implantent certaines influences dont nous avons deja eu l'occasion de parier plus haut; nousavons Signale notamment les modifications qui peuvent survenir dans la virulence de ces germes, soit pour I'augmenter, soit pour la diminuer.
Les faits d'attenuation se produisant dans ces conditions sent assez nombreux.
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Le microbe du rouget du pore s'acclimate fort bien chez le pigeon et le lapin et acquiert chez ces deux especes une grande virulence; mais tandis que l'organisme du pigeon le rend plus actif pour le pore, celui du lapin au contraire diminue sa viru­lence pour ce dernier. Cette attenuation se maintient dans les cultures faites ensuite dans les bouillons ordinaireset ces cul­tures peuvent servir de vaccin pour le pore.
Les baeilles du eharbon bacteridien et du eharbon bacterien s'atlenuent par leur passage dans les sacs lymphatiques de la grenouille.
Le virus rabique s'attenue en passant ä travers l'orga­nisme du singe, au point d'etre inoffensif pour le ehien et de le vaeeiner. II resulte de ce qui precede que la faculte morbigene des microbes peut s'amoindrir ä ditFerents degres; dans cer­tains cas eet amoindrissement n'existe que pour les baeteries sur lesquelles out agi les conditions determinantes de l'atte-nuation et celle-ci est temporaire; dans d'autres, la modifiea-tion eprouvee par les microbes est plus profonde, phis dura­ble et persiste dans les generations ulterieures de ces microbes.
Les methodes qui donnent une attenuation hereditaire per-mettent d'obtenir plus facilement de grandes quantites de virus attenues et sont plus partieulierement utilisees pour la fabri­cation des vaeeins.
III. — Inoculations preventives. — Vaccinations.
On peut rendre l'organisme refractaire ä une raaladie bacte-rienne par differents moyens: en inoculant le virus naturel, ou le virus attenue ou encore un vaccin chimique ou enfin un virus different de celui contre lequel on veut premunir I'or-
1. Inoculation preventive de virus naturels. On a remarque qu'un certain nombre de maladies contagieuses laissent apres dies chez lesujetgueri une iramunite solide contre ces meraes
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maladies. D^autrepart, certaines maladies communiquees inten­tion nellement se montrent beaucoup moins dangereuses quelors-qu'elles sevissent naturellement. De la connaissance de ces faits sont nees la variolisation, la clavelisation, Imoculation preventive contra la pleuropneumonie, etc. La premiere a ete remplacee depuis plus d'un siecle par la vaccination; la seconds est encore recommandee de nos jours, ä defaut d'un moyen preservateur sinon plus efficace, au moins plus pratique.
Toute la difficulte consiste ici ä donnerunemaladie dememe nature que la maladie spontanee, mais benigne, n'exposantpas la vie du sujet et lui conferant neanmoins rimmunite. On y arrive en diminuant le, nombre des cjermes producteurs de la maiac/u;,-I'organisme surmonte une petite dose de certains virus, alors qu'il sera vaincu par line dose plus forte: une quantite minime des virus de la septicemie gangreneuse et du charbon symptomatique vaccine contre ces maladies; une quan­tite superieure developpe la maladie et la mort. La dilution du vaccin, du claveau amoindrit leurs effets.
On diminue encore la gravite de la maladie en inlroduisant le virus par une vote speciale, connue pour mitiger son influence: le sang (pleuropneumonie, charbon bacterien, septi­cemie gangreneuse, rage), le tissu cellulairede la queue (peri-pneumonie).
2. Inoculation preoentiie de virus attenues. Les virus attenues developpent une maladie benigne qui confereauxanimauxune immunite d'autant plus forte que I'attenuation est moindre;en general, on a recours dans la pratique ä plusieurs virus d'in-tensites diiferentes; on commence par le plus faible et on finit par le plus fort; une immunite solide pent etre ainsi commu-niquee par des virus quelquefois encore tres actifs mais contre I'action desquels les varietes moins virulentes ont premunil'or-ganisme.
Les virus attenues qui peuvent prevenir le developpement
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des maladies infectieuses sont dits virus t)öcctHlaquo;ousimplement vaccins.
Les deux charbons, le rouget, la pneumo-enterite du porc, le cholera des poules, la rage, etc., ont fourni des vaccinsdont l'emploi est aujourd'hui entre dans la pratique courante.
3. Inoculation preventive desuhstancessolublesvaccinantes. Nous avons vu plus haut, ä propos de l'unmunite acquise que celle-ci resulte de l'impregnation de l'organisme par des pro-duits solubles issus des bacteries pathogenes. Ces substances vaccinantes sont connues pour un certain nombre de maladies: la maladie pyocyanique, le charbon bacteridien et le charbon bacterien, le cholera, la septicemie de Pasteur, la pneumo-enterite du porc, la rage, la tuberculose humaine (la lymphe de Koch donnerait rimmunite aux cobayes) la tuberculose aviaire (Courmont et Dor ont vaccine le lapin au moyen des produits solubles des cultures), etc.
Ces substances, dites encore vaccins chimiques, presenlent un grand avantage sur les vaccins figures; en cffet, les virus attenues peuvent rccuperer, exceptionnclicment il est vrai, leurs proprietes virulentes et co, ä l'insu de rexperimentateur; ils donnent alors la maladie mortelle au lieu de rimmunite qu'on en attendait. Cependant les substances vaccinantes solu­bles ne sont pas exemptes de tout danger ;ce sont presque tou-jours des poisons extreinement violents, et il taut doser judi-eieusement les quantites ä employer. La decouverte de ces substances est trop recente pour que la pratique puisse bene-ficier des maintenant des bienfaits que I'on est en droit den esperer.
Des tentatives de preservation et de guerison des mala­dies microbiennes par les liquides organiques provenant d'espöces naturellemcntrefractaires ä ces maladies ont etefaites daus ces derniers temps; il s'agit ici encore d'une action chimique. Le sang de chevre transfuse au lapin au moment
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oü celui-ci est inocule avec des produits tuberculeux empecherait revolution tuberculeuse; si la transfusion est faite alors que la maladie a dejä commence, eile enrayerait celle-ci et pourrait meme la faire retroceder.
L'injection de serum du sang du chien (hemocyne) vaccine-rait le lapin contra la tuberculose; cette action preservatrice serait plus intense avec le serura d'un chien tuberculise et se raanifesterait meme lorsque l'injection est faite septjours apres i'ihociilation virulente.
II y a lieu de noter encore, ä propos des preservatifs d'ordre chimique, les essais de vaccination contre la rage par l'essence de tanaisie, contre le tetanos par la strychnine et contre la tuberculose par le tannin.
4. Inoculation preventive, du virus d'une autre maladie. Le cowpox preserve de la variole; nous placons l'exemple dans #9632;ce paragraphe quoique, d'apres de recentes recherches, il aurait sa place dans les inoculations des virus attenues. Les experiences recentes de M. Eternod out en eftct montrel'iden-tite de la variole et de la vaccine. II est vrai d'ajoater que ces resultats out ete contestes.
Le microbe attonue du cholera des ponies vaccine les poules contre le charbon et contre la sepücemie de Davaine; les co-bayes vaccines contre le charbon symptomatique le sontegale-ment pour le vibrion septique; raais la reeiproque n'est plus vraie.
IV. -— Destruction et annihilation des germ.es patlwgenes.
La destruction des microbes pathogenes est un point tres important ä considerer. L'hygieniste et le medecin doivent s'attacher ä supprimer les germes dangereux partout oü ils existent, c'est-ä-d ire surle malade et sur les objets qui ont pu etre souilles dans son entourage; ils font alors de la desin-fectiou. La nature leur vient puissamment en aide dans ce tra-
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v ail d'epuration; mais eile a souvent besoin d'etre second6e par des moyens artificiels. La mise en oeuvre de ces derniers abrege generalement la duree naturelle des maladies pand6-miques ou panzootiques. Nous aurons done a distinguer les c auses qui amenent la destruction des germes pathogenes en naturelles et artificielles.
On pent poser en principe que les bacteries adultes, dans leur forme vegetative, sent plus rapidement detruites, quelle que soit la cause destructive, que les spores ou les organes de fructification. Pour les formes de vegetation elies-memes. Faction des agents d'annihilation est plus ou moins rapide suivant les cas; une bacterie prise en pleine vegetation dans un milieu qui lui convient sera plus facile a tuer qu'une autre ä l'etat de vie latente, par exemple ä l'etat de dessiccation, ce qui revient ä dire quo la niort sera d'au-tant plus facile ä produire que la vie est plus intense, plus complete. On remarque d'ailleurs quelque chose de semblable chez les ctres superieurs dont la sensibilite aux causes con-traires est d'autant plus grande que leurs besoins sont plus imperieux. üne bacterie jeune, issue recemment dune spore est plus sensible qu'une bacterie adulte, ayant atteint son complet developpement.
i. Agents naturels de de'sinfection. Ce sont la lumiere, la dessiccation, I'oxygene.
Lumiere. La lumiere provoque l'oxydation des substances organiques qui entrent dans la constitution des germes et entraine comme consequence la mort de ceux-ci. Toutesautres conditions egales, la lumiere solaire agit plus rapidement sur les germes non sporules que sur les spores, sur les germes noyes dans les liquides ou mouilles que sur ceux qui sont dans un milieu sec.
Le temps necessaire a la destruction par la lumiere varie de quelques heures ä quelques semaines, suivant les cas;maisen
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somme, la lumiere solaire est un agent sür et dont l'action bienfaisante s'exerce d'unefacon continue; aussi faut-ilsegar-der de s'en priver volontairement; lagrande lumiere des locaux. habites est une mesure hygienique des plus rationnelles.
Dessiccation. La privation d'eau arrete la multiplication des microbes; ceux-oi perdent alors plus ou moins rapidement leur vitalite. Mais les spores resistent beaucoup plus long-temps que les bacteries elles-memes ; on salt en effet que Ton desseche le virus du charbon symptomatique pour le con-server et que les germes tuberculeux se maintiennent pendant longtemps actifs dans les crachats pulvernlents.
Oxygene. Les germes de Fair son detruits plus ou moins vite sous l'influence combinee de la dessiccation qui arrete leur pullulation et altere leur vitalite, de l'oxygene qui les brüle et de la lumiere solaire qui excitecettecombustion; l'ac­tion comburante de l'oxygene s'etend sans doute aux bacteries des eaux et du sol qui perissent plus ou moins rapidement en raison des circonstances defavorables que leur multiplication rencontre dans ces milieux.
D'autres agents naturels moins importants peuvent inter-venir pour aneantir les bacteries pathogenes; parmi eux, nous signalerons k nouveau les germes saprogenes ordinaires qui se trouvant dans le meme milieu que les pathogenes, peuvent amener indirectement la mort de ces derniers; nous avons laquo;xplique cette action plus haut.
2. Agents artificieAs de desinfection. Ce sont la chaleur et les antiseptiques.
Chaleur. La chaleur est un puissant moyen de desinfection. Alors que les germes resistent ä des temperatures tres basses, ils sont fort sensibles aux augmentations de l'intensite calo-rique. Les temperatures trop basses comme celles qui sont trop elevees sont dysgenesiques pour les microbes pathogenes; maisles dernieres sont en outre rapidement mortelles. Toute-
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fois, les spores sont infiniment plus resistantes que lesgermes adultes; alors que ces derniers sont tues dans tous les cas entre 50deg; ot 100deg;, les spores, au contraire, exigent une temperature de 110deg; ä 123deg;. Neanmoins, on peut tuer süre-ment toutes les spores d'une infusion donnee, en portant ä differentes reprises et a un jour d'intervalle la dite infusion a une temperature mortelle pour la forme adnlte, et en ayant soin entre les temps de chauffe, de mettre le tout ä la tempe­rature eugenesique. Les spores que I'ebullition n'a pu attein-dre vont se transformer en bacteries adultes que la chauffe du lendemain annihilera.
La chaleur agit avec plus de rapidite sur les bacteries hu­mides que suf les bacteries dessechees, sur celles de l'eau que sur celles de Fair.
Qu'il s'agisse de germes adultes ou de spores, qu'on agisse en milieu sec ou humide, la duree du chauffage a une grande importance et peut suppleer ä l'insuffisance de la temperature.
Antiseptiques. On donne ce nom aux substances chimiques susceptibles de detruire les germes pathogenes ou d'arreter leur developpement. Le nombre des antiseptiques est assez considerable; mais il en est queiques-uns qui tiennent le haut de l'echelle et meritent plus specialement la confiance du pra-ticien. Ceux-la en effet sont des poisons violents pourpresque tous les microbes; tandis que les autres,moinsenergiques, ne sont vraiment efficaces que lorsqu'on les dirige centre des mi­crobes dont la vitalite est elle-meme facile a annihiler. Nean­moins, onne saurait etablir une regie generalea cesujet; I'ac-tion antiseptique depend non seulement de l'agent chimique utilise, mais aussi du microbe envisage; elle est encore rela­tive ä la duree du contact, ä la nature de l'excipient, etc. Les solutionsalcooliquesd'acidephenique, parexemple, sontmoins antiseptiques que les solutions aqueuses de mcme concen­tration, parce que les premieres out un pouvoir de penetratiori moindre que les dernieres.
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Les substances antiseptiques agissent soit en rendant les milieux impropres ä la multiplication des microbes, soit en s'opposant ä la production des diastases indispensables a I'ela-boration de leurs aliments.
Nous croyons utile de reproduire ici le classement des anti­septiques, d'apres M. Miquel. Les substances antiseptiques sont rangees d'apres la dose de ces substances qui est neces-saire a la störilisation d'un litre de bouillon de boeuf.
1deg; Antiseptiques les plus puissants: 0 gr. 01 a 0 gr. 10.
(Eau oxygcnee, sublime corrosif, nitrate d'argent.) 2deg; Antiseptiques tres forts : . . . . 0 gr. 10 a 1 gr. (lode, brome, sulfate de cuivre.)
3deg; Antiseptiques forts:......1 gr. a 3 gr.
(Bichromate de potasse, chloroforme, chlorure de zinc, acide phenique,permanganate de potasse, alun, tannin.) 4deg; Antiseptiques moderes : . . . . ö gr. a 20 gr. (Acide arsenieux, acide borique, hydrate de chloral, salicylate de soude, sulfate de fer.)
S0 Antiseptiques fuibles:.....20 gr. ä 100 gr.
(Borate de soude, alcool.) Q)quot; Antiseptiques tres faibles: . . . 100 gr. ä 300 gr. (Arseniate de potasse, iodnre de potassium, sei marin, glycerine.)
CHAP1TRE IV.
MfiTHODES DE DETERMINATION DES MICROBES PATHOGENES.
1. —Ezamen, recherche et coloration des bacte'ries. — 2. Culture des bacte'ries. — 3. Inoculations ezperimentales.
II nous reste pour terminer l'etude generale des germes pathogenes a passer en revue les differentes methodes de de-
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termination de ces germes, c'est-ä-dire les moyens dont nous disposons pour les distinguer les uns des autres, les recon-naitre. Ces moyens consistent dans 1deg; rexamenmicroscopique des baderies, seit directeraenf, soit apres les avoir colorees; 2deg; leur culture dans les milieux artificiels et 3deg; l'epreuve des effets qu'elles determinent chez les animaux.
Dans la pratique et pour certains germes bien caracterises, il sufflt souvent du premier de ces moyens ;mais dans d'autres circonslances, on doit soumettre les germes ä determiner ä l'epreuve des trois reactions que nous venous de signaler. Ainsi, par exemple, le bacille de la tuberculose humaine et celui de la tuberculose aviairc possedent des caracteres physi­ques identiques, reagissent de la meme fat;on vis-ä-vis des matieres colorantes et donnent des cultures difficiles ä diffe-rencier; par contre, ils influencent differemraent les animaux d'experience. A defaut de cette derniere epreuve, on aurait pu conclure ä ridentitö des deux germes, alors qu'ils sont en rea-lite bien distincts par certaines de leurs proprietes physiolo-giques.
I.
Examen, recherche et coloration des bacteries.
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I Un
Le premier examen d'un liquide au point de vue bacteriolo-gique doit toujours se faire sans l'aide de reactifs; on observe ainsi les germes dans leur forme, leur volume reels. Ladessic-cation, l'addition de solutions colorantes alterent en effet sou-vent les caracteres morphologiques des microbes. C'est aussi dans les preparations fraiches que l'on pourra juger de la mobilite ou de rimmobilite des etres que Ton veut etudier.
Les microbes etant naturellement incolores et peu refran-gibles, par consequent difficiles a distinguer, on a pense ä les colorer afin de les mettre en relief dans les milieux oü Ton peut avoir ä les rechercher.
On s'est adresse dans ce dessein aux couleurs derivant de la
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houille, ou couleurs d'aniline, qui jouissent d'un pouvoir teinc-torial intense. Sans entrer dans plus de details ä ce sujet, nous dirons qu'on associe souvent aux teintures employees des substances adjuvantesquijouent lei'öle de mordant, c'est-ä-dire qui augmenterit le pouvoir de penetration de la matiere colo-rante et rendent sa flxalion plus energique; tels sont par exemple, I'alun, la potasse, la soude, la lithine, le carbonate d'ammoniaque, raniline, etc., qua Ton retrouvera dans diverses liqueurs usitees en histologie et en microbiologie.
La chaleur est de nature ä hater la coloration des microbes, de meme d'ailleurs que celle des tissus organiques en general; nous verrons que cette propriete a ete mise a profit pour ob-tenir la coloration rapide de differents bacilles et surtout de ceux de la tuberculose.
On distingue deux groupes de couleurs d'aniline. Dans le premier (couleurs basiques) la matiere colorante est une base associee a un acide incolore. Dans le second (couleurs acides) eile joue le röle acide et est combinee avec une base incolore.
Cette division doit etre signalee, parce que les couleurs de la premiere classe ont une affinite particuliere pour les noyaux des cellules et les bacteries, tandis que celles de la seconde categoric donnent des colorations diffuses, c'est-a-dire se fixent indifferemraent sur toutes les parties des cellules et sur les substances intercellulaires.
Les couleurs basiques comprennent: \qs violets de, gentiane etdemethyle, le vert de niethyle, lebleu de me'thylene, la fuchsine, les binms de Bismarck et de Vesuvine, la safranine.
Les couleurs acides principales sont: Yeosine et la ßuores-ce'ine.
Simples et doubles colorations. On pent dans une prepa­ration quelconque contenant des microbes, laisser ä tons les elements microbiens et non microbiens la meme coloration. On doit meme, lorsqu'il s'agit de certains microorganismes, se
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contenter de ce mode de teinture. II en est ainsi pour les ger-mes du cliolera des poules, de la pneumo-enterite du porc, etc. On peut tout au plus, avec ces germes, attenuer la teinte des elements des tissus afin de rendre mieux visible celle plus foncee des bacteries. Tel est le principe d'un precede de colo­ration simple qui a ete applique avec de legeres variations par differents microbiologistes et que nous signalerons plus loin.
De patientes recherches ont mis sur la trace d'une methode dite de double coloration. Cette methode donne d'excellentes preparations et rend de grands services dans 1 etude de la dis­tribution des microbes dans les tissus. La double coloration s'obtient par differents moyens dont le choix n'est pas indif­ferent, car un meme microbe ne se colore pas par tous ces pro-cedes. La farjon dont les microbes se comportent vis-ä-vis des methodes de double coloration est merae utllisee pour les carac-teriser.
Le principe des doubles colorations est le suivant: 1deg; on colore toute la preparation uniformement; 2deg; on decolore tous les elements differencies des bacteries, tandis que celles-ci conservent au coritraire la teinte qu'on leur a donnee primiti-vement; 3deg; on donne aux parties decolorees par I'operation precedente une teinte qui tranche nettementsur celle des mi­crobes. Ainsi, ceux-ci etant violets, la teinte d'opposition sera rouge ou brune; si au contraire, ils sent rouges, on dohnera au fond de la preparation une coloration bleue ou verte.
On peut avoir ä examiner des liquides ou des tissus solides. Dans ce dernier cas, il y a lieu parfois de faire un examen prealable de la pulpe organique et d etudier plus tard des coupes minces. Nous verrons done successivement les mani­pulations a faire subir aux liquides, aux pulpes et aux coupes des organes.
Liquides. Examen direct. On depose une goutte du liquide sur une lame porte-objet et on la recouvre d'une
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lamelle; on depose sur l'un des bords de celle-ci une goutte de matiörecolorante; la penetration se fait pen a. pen et Ton pent assister a la fixation decette dernifiresurles microbes. On peut aussi ajouter directement une trace de matiöre colorante ä la goutte de liquide ä examiner avant de l'enfermer sous la lamelle. On se sert generalement pour cet usage de solutions aqueuses de violet de gentiane ou de methyle.
Examen apres dessiccation. La preparation qui precede a son utilite; mais eile a le defaut de n'ctre pas durable et surtout de ne pas permettre les doubles colorations. Pour arriver a ces fins, on secbe rapideinent las liquides de maniere ä fixer les elements qui s'y trouvent et ä les faire adherer au verre. A cet effet on etale une goutte de liquide sur une lamelle couvre-objet, soit au moyen d'une spatule, soit en ecrasant cette goutte entre deux lamelles que Ton fait glisser Tune sur l'autre et qu'on separe ensuite. On place les lamelles ainsi enduites au-dessus de la flamme d'une lampe ä alcool ou sur une platine chauffante, la face oü se trouve le liquide a examiner etant tournee vers le haut de fat-on ä ne pas etre atteinte par la flamme. La dessiccation est süffisante, lorsque le liquide s'est transforrae en une couche opalescente; cette couche adhere des lors intimement ä la lamelle et on peut transporter celle-ci ä travers une serie de reactifs sans crain-dre de la voir se detacher.
La quantite de liquide ä employer doit etre assez faible pour que la preparation sechee forme un enduit tres mince qui ne s'oppose pas apres coloration au passage des rayons lumi-neux. Gelte recommandätion a son importance surtoul lorsqu'il s'agit de liquides organiques tres charges d'elements. conlme le pus, par exemple, dont il ne taut prendre qu'une parcelle fort petite.
Avant toute coloration il y a parfois lieu de degraisser la substance sechee en la plongeant dans le chloroforme ou un
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melange ä parties egales d'alcool et d'ether; cette pratique est indispensable lorsqu'on opere sur du lait.
Les preparations de sang desseche gagnent egalement beau-coup a etre traitees de la mfeme facjon: sous l'influence du me­lange d'alcool et d'ether, les globules acquierent une fixite qua la dessiccation n'avait pu leur donner, et on les retrouve alors avec des formes bien nettes dans les preparations colo-rees oü Ton peut etudier leurs rapports avec les microbes. C'est la une pratique tres recommandable qui augmentede beaucoup la precision des recherches portant sur le sang. Elle doit etre suivie d'une seconde dessiccation.
Pulpes organiqttes. On les obtient en räclant une surface de section fraiche de l'organe soupgonne de contenir des mi­crobes ; on en depose une petite parcelle et on I'etale encouche mince entre deux lamelles, comme il a ete indiqae plus haut •et on seche.
Coupes microscopiques. Les tissus que Ton vent decouper pour l'etude de la distribution des microbes qui s'y trouvent doiventau prealable etre bien fixes, c'est-a-dire que leurs ele­ments seront immobilises dans leur forme, leurs rapports et mis ainsi ä l'abri des alterations cadaveriques. Cette necessite s'impose ä plus forte raison pour les microorganismes qu'on veut rechcrcher dans ces tissus et qui, vivantindependamment, pourraient continuer a se multiplier apres la mort; d'autrepart, il se developpe generalement sur les organes abandonnes au contact de l'air des germes etrangers qui nuisent äla precision des recherches. On evite ces inconvenients en plongeant les tissus a conserver dans I'alcool absolu ou tout au moins Falcool fort; on prend la precaution, pour rendre Faction de I'alcool plus rapide et plus intime, de diviser les organes en petits cubes de 1/2 ä 1 centimetre de cöte.
La pratique des coupes se fait de fagons tres difterentes; la technique de cette operation no saurait etre exposee en detail
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ici; son etude est du ressort de l'histologie. Au surplus, ce mode de recherche nenous parait pas etreälaporteedetous les praticiens en raison de FoutUlage et du temps qu'il exige et on peut presque toujours s'en passer lorsqu'on n'a en vue que le diagnostic differentiel des maladies infectieuses.
Montage des preparations.
Lamelies. Apres la coloration, les lamelles doivent etre deshydratees, afin de pouvoir etre montees dans le bäume de Canada. On arrive a ce resultat tresrapidement en les sechant de nouveau a la flamme dune lampe ä alcool on bien sur la platine chaufFante apres les avoir essuyees prealablement entre deux feuilles de papier buvard. Une ibis la lamelle söche, on eclaircit la preparation en deposant successivcment sur la face enduite une goutte d'huile de cedre, d'essence de girofle ou de bergamotte, une goutte de xylol etenfinünegöutte debaumede Canada dissous dans le xylol. La lamelle est alors placee sur une lame porie-objet de maniere que le baume s'etale entre les deux verres.
On peut se dispenser de recourir aux eclaircissants: giro­fle, cedre, etc., et passer directement au baume apres dessic-cation; maisilest incontestable que si ces pratiques augmentent un peu la duree du travail, elles donnent aussi plus de nettete aux preparations.
Coupes. Les coupes colorees doivent etre deshydratees ega-lement pour pouvoir etre montees dans le baume. Pour ce, on les passe dans des alcools successivement plus forts pour terminer par I'alcool absolu (70deg;, 90deg;, 100deg;). On les eclaircit ensuite en les plongeant dans I'une des substances enumerees plus haut (huile de cedre, essence de bergamotte, essence de girofle), puis dans le xylol et enfin dans une goutte de baume qu'on a prealablement deposee une lame porte-objet et qu'on recouvre aussitöt d'une lamelle.
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Ces diverses operations peuvent se faire sur la lame porte-objet elle-meme, la coupe coloree y ayant etö etalee et fixee tout d'abord par une demi-dessiccation. Cettederniöre s'obtient aisement soit avec l'aide de papier buvard qu'on emploie ä soutirer l'eau de la coupe, soit en chauffant moderement.
Methodes de coloration simple.
Solutions hydroalcooliques des couleurs d'aniline. Elles se font extcmporanement en ajoutant quelques gouttes d'une solu­tion alcoolique saturee ä un yerre de montre d'eaudistillee. Ces solutions servent pour une foule de colorations simples, notam-ment pour les lamclles. Ge moyen suffit pour un examen rapide, lorsqu'on veut se rendre compte de la presence ou de l'absence de microbes dans la preparation.
Les solutions les plus usitees sont celles de violet de gen-tiane, de violet de methylc, defuchsine, de bleu demethylene. Ouelqucs minutes de contact suffisent: cinq pour les lamelles, quinze pour les coupes, un peu plus aveclebleu demethylene.
Me'tlwde de Löffler. On colore pendant cinq ä dix minutes pour les lamelles, vingt minutes pour les coupes dans le milieu suivant:
Solution de potasse caustique au 1/10.000. . 3 cent. cub. Solution alcool. saturee de bleu de melliylene. 1 raquo;
Tous les elements sont teints en bleu fonce. Pour faire res-sortir les microbes, on plonge les preparations colorees dans de l'eau contenaut une tres faible quantite d'acide acetique, une ou deux gouttes par verre de montre; on ne les y laisse qu'une minute en moyenne. On lave a l'eau distillee et on monte. Les microbes apparaissent colores en bleu fence, les elements des tissus en bleu clair.
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Methode-de Malassez et Vignal. La coloration se fait au bleu de Malassez, compose de:
Eau d'aniline............... 9 cent. cub.
Alcool absolu............... i raquo;
Solution alcoolique saturee de bleu de methylene 1 raquo;
Les coupes y sejournent dix minutes, les lameiles cinq, puis on les decolore dans le melange suivant;
Alcool absolu................ 1 cent. cub.
Solution aqueuse de carbonate sodique ä 2 %. 2 raquo;
Methodes de coloration double.
Methode de Gram. Le liquide ou violet de Gram contient:
Eau d'aniline............... 10 cent. cub.
Alcool absolu............... 1 raquo;
Violet de gentiane en solution alcool. saturee. 1 raquo;
Les lameiles y restcnt cinq minutes, les coupes quinze, puis sont portees pendant une ä deux minutes dans hsolution iodo-ioduree de Gram.
lode....................... 1 gr.
lodurc de potassium............... 2 gr.
Eau distillee...................300 gr.
On decolore alors completement dans l'alcool absolu et on colore le fond de la preparation en rouge (eosine, picrocarmin) ouenbrun (de Bismarck, etc.).
Le violet reste fixe sur les microbes, tandis qu'il a ete rem-place sur les elements des tissus par la teinte d'opposition rouge ou brune.
Methode de Weigert. Le violet de Weigert comprend:
Violet de methyle 6 B en solution aqueuse saturee. 68 gr.
Alcool absolu.................. 11 gr.
Aniline..................... 3 gr.
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On colore pendant cinq a dix minutes, on traite pendant une ou deux minutes par la solution iodo-ioduree de Gram, on passe rapidement dans I'alcool absolu (quelques secondes)pour enlever la plus grande quantite d'eau de la coupe et on decolore celle-ci dans I'lmile d'aniline; on eclaircit dans le xylol et on monte au baume. Puisqu'on evite ici le contact de I'alcool, il faut necessairement colorer le fond de la preparation en rouge ou en brun avant de donner la teinte violetie. Cette inversion pent se realiser sans inconvenient aussi pour la methode de Gram. On peut d'ailieurs eviter entierement l'emploi de I'alcool pour deshydrater; ä cettc fin, la coupe, apres sa sortie de l'iode, ou mfeme avant toute coloration, est etalee humide sur la lame et fixee sur place dans im etat de demi-dessiccation au moyen d'une douce chaleur ou ä l'aidede papier ä cigarettes. On depose ensiiite successivement une goutte des ditterents reactifs sur la coupe ainsi flxee et on a soin d'enlever, avec le meme papier, l'exces de chacun d'eux avant de le remplacer par le suivant.
Dans les methodes de Gram et de Weigert, ainsi que dans la methode au violet de Kulme que nous verrons plus loin, on peut remplacer la solution iodo-ioduree de Gramparlasuivante:
Sublime corrosif................. 1 gr.
Eau.......................100 gr.
Alcool.............. q. s. pour dissoudre.
Tous les microbes ne prennent pas indifferemment les colo­rations obtenues par les methodes ci-dessus. Teile methode convient mieux qu'une autre pour un germe determine; la maniere dont les microbes se conduisent vis-ä-visdesdifferents procedes de coloration est meme utilisee pour les caracteriser. Mais il y a souvent lieu avant tout de voir s'il y a oui ou non des germes dans un produit donne. On y arrive par la methode suivante :
Methode de Kühne. Kühne est arrivö ä colorer presquetous
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les microbes en employant deux precedes successifs, Tun au bleu de methylene, I'autre an ki-ystal violet. Certains microbes ne se colorent que par le bleu (bacilles du typhus), d'autres prennent seulement le violet (bacilles tuberculeux, bacilles de la lepre); d'autres enfin prennent indiffererament les deux cou-leurs; ce sent les plus nombreux.
Cette methode est done utile pour se rendre compte de la presence des microbes dans un tissu. Pour I'excenter, on traite un nombre egal de coupes par les deux methodes.
1deg; Methode au bleu de Kulme. Le bleu de Kühne s'obtient en ajoutant goutte ä goutte ä une solution de carbonate d'am-moniaque ä 1 quot;/o, une solution aqueuse saturee de bleu de methylene jusqu a ce que le melange ait une teinte bleu fonce. Les coupes d'abord deshydratees dans lalcool sejournent dix minutes dans la liqueur bleue puis sont decolorees rapidement (deux ou trois secondes) dans une solution aqueuse d'acido chlorhydrique au 1/1000, puis dans Feau distillee afin d'en-lever toute trace d'acide. On monte ensuite la coupe sans pas­ser par Talcool qui enleverait trop de matiere colorante. Pour ce,on letale au sortir de l'eau snr la lame porte-objet et on I'y laisse secher ou mieux on hate la dessiccation soil au moyen d'un courant d'air, soit en chauffant Ires legcrement. On eclair-citpar le xylol ct on monte au baume.
2deg; Methode au krystal violet. Le violet de Kulme s'obtient de la meme fagon que la solution bleue en ajoutant quelques gouttes d'une solution aqueuse satnrec de krystal violet ä la solution aqueuse de carbonate d'ammoniaquc ä 10!u jnsqu'ä coloration violette Ibncee. On y laisse cgalement les coupes d'abord deshydratees dans lalcool, pendant dixminules.;deux beures pour les bacilles tuberculeux) puis on les lave ä l'eau disliliee pour les baigner ensuite pendant deux ä trois iniimtcs dans la solution iodo-ioduree de Gram; au sortir do cette der-nierc, elles sont poi'tees dans une solution alcoolique sntui'ee
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de fluoresceinejusqu'a decoloration ä peu pres complete. On extrait la matiere coloiante restante dans l'alcool absolu; on eclaii'cit ä l'essence de girofle, au xylol et on monte dans le bäume.
Pour oblenir des doubles colorations par la methode au vio­let, il suffit de colorer les coupes au picrocarmin avant de les mettre dans la solution violette.
Kühne a modifie ce procede de maniere ä eviter l'emploi de l'alcool et de l'essence de girofle. Les coupes d'abord deshy-drateos dans l'alcool sent plongees pendant dix minutes dans la solution aqueuse concentree de krystal violet additionnee d'acide chlorhydrique(une goutte pour SO grammes de la solu­tion). On lave ä I'eau distillee, on traite par la solution iodo-ioduree de Gram;on replace dans I'eau,puis on passe rapidement (quelques socondes) dans l'alcool absoln pour arri-ver äl'huile d'ahiline dans laquelle se fait la decoloration. On cnleve 1'aniline par le xylol et on monte dans le baume. On peut eviter complMement l'alcool en portant la coupe aprcs action do Fiodc sur la lame et Fy traitant, apresdcshydratation, successivement par I'aniline, le xylol et le baume.
Methode de Berlioz. Elle procure une double coloration rapide. On laisso les coupes pendant un quart d'heurc dans un melange ä parties egales des deux solutions suivantes :
1quot; Ean dist.................nbsp; nbsp; 84 cent. cub.
Aniline..................nbsp; nbsp; nbsp; 6 raquo;
Violet de methyls OB...........nbsp; nbsp; nbsp; 2 gr. 50
Alcool absolu............... .nbsp; nbsp; 10 cent. cub.
2quot; Ean dist.................nbsp; nbsp; 9u cent. cub.
Alcool ä 90deg;...............nbsp; nbsp; nbsp; o laquo;
Coccinine.................nbsp; nbsp; nbsp; 2 gr. 30
On les passe ensuite par l'iode de Gram ou une solution de
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quot;carbonate de soude äS 0/0, puis ä l'eau, ä l'alcool, etc. Gelte coloration reussit fort bien pour le cbarbon.
Methode de coloration des sporesdaus lesbacülcs. Pourcolo-rer los spores sur los lamelles sechees, on met en contact pendant quelques minutes, avec le liquide d'Erlich chauffe, #9632;on lave a l'alcool, on passe la lamelle pendant une seconde dans le bleu de methylene, on lave ä l'alcool et on monte dans le bäume. Los bacilles sont bleus, les spores sont rouges lorsqu'elles ont acheve leur developpement, incolores taut qu'ellcs sont en voie de formation.
II. — Culture des germes.
La plupart des germes pathogenes peuvent se cultiver en des milieux artificiels appropries places dans des conditions laquo;onvenables de temperature. Notre but n'etant pas de publier une teclmique complete de bacteriologie, nous renverrons le lecteur, pour les details sur ce point, aux ouvrages speciaux sur la matiere; nous nous borncrons ä exposer ici les donnees generales sur la question.
Nous passerons successivemcnt en revue la sterilisation, la composition et la preparation des divers milieux do culture, l'ensemencement de ces milieux et learmise ä une temperature convenable, les caracteres physiques et chimiques que peu­vent presenter les cultures ainsi que la conservation des seraerices.
Sterilisation.
Les objcts et instruments qui servent ä la culture des mi­crobes doivent etre au prealabic privfts de tout germe vivant. La sterilisation s'obtient par differents moycns : la chaleur, la filtration, les antiscptiques.
CJialeur. On salt que Ton pent par la chaleur tuer les ger­mes et leurs spores. II taut pour cela porter les objets qui
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recölent ces germes ä des temperatures variables selon les cas. De lä plusieurs procedes.
a)nbsp; Flambage. Les objets qui peuvent supporter l'action d'une temperature assez elevee sont portes dans la flamme d'une lampe ä alcool et supportent ainsi dans tons leurs points une temperature de 200deg; environ. Le flambage sepratique sur-iout pour la veiTerie,parfois pour des instruments metalliques: spatules, fils de platine.
b)nbsp; Etuvi-s ü air sec ä 150deg; c. On maintient les objets que ron veut steriliser ä la temperature de loO0 pendant deuxheu-res environ. On les place ä cette fin dans des etuves appro-priees munies d'un regulateur de temperature et disposees de fäqoh que la temperature soit ä peu pres egale ä tous les etages de l'appareil, gräce ä la circulation de Fair chauile. Ceamp; etuves sont preservees d'un trop grand rayonnement par une paroi en substance conduisant mal la chaleur, teile que l'as-beste. La sterilisation par ce precede se pratique surtout pour la verrerie, la ouate, les objets en metal.
c)nbsp; SWilisateur a vapeur de Koch. C'est un generateur ä vapour de forme cyliudrique contenant de Feau quo Ton main­tient en ebullition par la combustion du gaz; il est surmonte d'un dome en for blanc entonre de feutre pour eviter le refroi-dissement. L'atmosphamp;re du cylindre chargee de vapours d'eau est maintenue ä lOOquot;, tempörature süffisante pour tuer les germes et leurs spores ä l'ctat humide. II sullit pour cela do laisser les corps ä steriliser de deux ä trois heu-res dans la partie superieure de l'appareil. Le stcrilisateur ä vapeur est surtout utilise pour la sterilisation des milieux de culture et pour les objets qai ne peuvent supporter une tempe­rature de ISO0.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; lt;#9632;
d)nbsp; Marmite de 1'apin. —#9632; Autoclave Chamberland. La sterilisation des objets en milieu humide est beaucoup phis rapide et plus sure qnand on les porte pendant dix ä quinze
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minutes ä une temperature de 120quot;. Pour realiser ccs condi­tions, on enferrae les objets dans une marmite de Papin qui permet d'obtenir sous pression la temperature indiquee.
Chamberland a fait construire en ces derniers temps un autoclave specialement approprie a la sterilisation. On le trouve maintenant dans tons les laboratoires. Ce n'est qu'une marmite de Papin perfectionnee pour cet usage particulier.
(?) Cliauff'age discontinu. Certains milieux, comme le serum du sang, le lait, ne peuvent supporter une temperature de 100deg; sans se modifier considerablement. On a recours pour les ste­riliser au procede de Tyndall consistant ä tuer les germes en pleine vegetation, operation qui n'exige qu'une temperature de i)80 maintenue pendant deux heures. Pour le serum sanguin, on ne pent depasser 58deg;, car 11 se coagule a une temperature plus elevee. Cette premiere chauffe n'ayant pas tue les spores, on reporte la substance ä la temperature du milieu exterieur ou mieux a la temperature de 37deg;; les spores ne tardent pas ä vegeter et les bacteries auxquelles elles donnent naissance seront tuees par une seconde chauffe pratiquee le lenderaain. L'operation repetee quatre ou cinq fois aboutit sürement ä la sterilisation du liquide.
Les appareils qui servent pour ce mode de sterilisation con­sistent en des bains-marie maintenus ä une temperature cons-tante par un regulateur.
Filtration. Les germes, comme les particules solides, ne peuvent passer au travers des substances poreuses ä grains tres fins. Les liquides filtres sur ces substances sont done ste­riles. C'est ainsi qu'il est possible de steriliser en tiltrant sur du plätre, de l'amiante, de la porcelaine.
Chamberland a fait construire un flltre sterilisateur base sur cette propriete. II consiste en une bougie creuse en porcelaine fermee ä un bout; on plonge cette bougie dans le liquide a ste­riliser et on fait le videäl'interieur par un procede quelconque;
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le liquide sterile passe ä l'iiüöf'ieur de la bougie. II est bleu entendu que celle-ci doit au prealable etre sterilisee et ne jiresenter aucune fissure.
Solutions antiseptiqui's. La sterilisation dos instruments, des pieces anatomiques, des mains, etc. peut etre obtenue au moyen de solutions acides de sublime corrosif ä 2 pour '1000 d'acide phenique ä ö 0,'0, do creoline ä 2 %. II faut pour arri-#9632;ver ä ce but que les objcts bien decapes au prealable soient eusuite laves avec ces liquides.
Milieux de culture.
La culture des germes en milieux artificiels impliqne la presence dans ces milieux de tons les principes nccessaires a. leur vie en meme temps que Fabsence de tout produit nui-sible. Les exigences nutritives de chaque germeetant speciales^ l'idealseraitdcposseder des milieux appropriesaux diverses es-pecespathogenes. Un appareil do culture irreprochable devrait permeltre Fapport continueld'aliments en meme temps que Feli-mination des produits residuels; mais on est loin de cetteideal: les milieux nutritifs sent ponr la plupart jn-epares empiriquement en partant de produits animaux on vegetaux complexes, et non seulement on ne connait pas la composition qualificative et quantitative do ces milieux, mais on n'estpas renseignc surla yaieur nutritive speciale des principes essentiels y contenus. Do plus les appareils de culture sont tres imparfaits, la masse alimentaire s'epuise par les progres de la culture et se charge des produits de la nutrition, produits qui nuisent ä la vie nor­male des germes. II resulte de ces faits que les cultures arti-ficielles ne donnent pas tonjours des individus conformes ä ceux des soraencos et que souvent dies procurent des etres degoneres incapables d'agir sur I'homme on les animaux.
iJ'une maniere generale: tout milieu de culture devra con-
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tenirj ontreles biibstances alimentaires necessaires, au moiiis 00 % d'eau, etre neutre ou legeroment alcalin et parfaUement sterile. Les milieux utilises sont assez nombreux; ce sont des liquides organiqües: lait, urine, serum du sang; des decodes divers: bouillons de viande, de foin, de fruits, de leviire de biere, elc. Ces produifs sont utilises tels quels on additionnes de substances alimentaires complementaires : peptones, gela­tine, glycerine, glucose, phosphates, etc.
Sans entrer dans tons les details de la preparation do ces divers milieux, nous allons indiquer les plus usites.
A. — Milieux liquides.
1. Bouillons.
Les bouillons sont les milieux les plus usites. On les pro-pare avec la chair des differents animaux domesliques mais surtout ayec celle du veau, du boeuf et de la poule.
On pi'eud 1 kilogramme de viande maigre sans os, on la hache finemeht et on la fait macercr pendant 24 heures en lieu frais dans deux litres d'eau. On exprime le liquide rougeätre qui baigne la viande, on le ramene ä son volume primitif et on y ajoute 1/2 7. de sei marin et une trace de phosphate de potasse; parfois aussi on y met 1 ä 3 pour cent de peptone, de la glycerine et de la glucose. Le liquide est ensuile cuit pen­dant une heure ä 100deg; au sterilisateur de Koch,ceqiiiamenela coagulation d'une bertaine quantite d'albümine; on le passe ä travers un linge, puis on le neutralise avec de la potasse caus-tique ä 1 7o ou de carbonate de soude ä o 0/o- Le bouillon fd-tre et neutralise est porte pendant 10 minutes ä 115deg; ä l'auto-claVe, pnis filtre de nouveau. Co bouillon introduit dans une iiole conique bouchee par un tampon de ouate est definiment sterilise par une derniere chauffe d'un quart d'heure ä 115deg;. II est alors pret ä etre introduit dans les appareils de culture.
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Les appareils les plus usites pour la culture sont les ballons Pasteur. Ils consistent en de petites fioles en verre mince et ä fond' plat dont. le col trcs court est bouche a I'emeri par un capuchon en verre creuse d'un petit canal ferine ä l'aide d'un tampon de oualc. On pent remplacerces appareils par des fioles coniques, etc., mais ces reservoirs ont le grand inconvenient do permettre une evaporation trop grande du liquide.
Pour le remplissage des matras Pasteur que Ton a preala-blement sterilises, on se sert avec avantage de la pipette de Chamberland. Cost un ballon ä fond plat dont la tubulure courbee ä 43deg; est longue, etroite et bouchee en un point par un tampon de ouate ; sur le cote ce ballon presente un tube borizontal long ct eflile, scelle ä la lampe ä sonextremitelibre. La pipette etant stcrilisee on flambe le tube lateral, on en casse la pointe dans le bouillon sterile et on aspire lentement le bouillon dans la pipette. Cola fait, on laisse couler de ce bouil­lon une certaine quantite (1/2 ä 1 centim. d'epaisseur) dans les matras Pasteur en ayant soin de maintenir le matras dans I'ho-rizontale afin deviter rentreedesgcrmes de Fair; cette ope­ration doit etre faite dans un local oil Fair est tranquille. Les bouillons mis en matras, il est prudent de verifier s'ils sont bien steriles; pour cela on met les ballons pendant deux ou trois jours dans une etiive ä culture; ceux dont le bouillon devienf trouble contiennent des bacteries et il faut par conse­quent les rejeter.
2. Lait.
On pent le recueillir pur dans des lubes sterilises en intro-duisant une canule sterile dans la tetine apres avoir au preala-blc bien desinfecte celle-ci. C'est le meilleur moyen d'avoir du lait exempt de germes; mais il n'est pas a la portee de tout le monde et on est force le plus souvent de steriliser ce liquide.
L'öpöration se fait ä l'autoclave ä 115quot;. Le lait moins la
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graisse est alors inlroduit dans des ballons Pasteur, puis sou-mis a Iepreuve de letuve.
3. Urine. C'est dans I'urine que Pasteur a d'abord cultivö le charbon bacteridien. L'urine recueillie est alcalinisee, filtree et steri-lisee exactement comme le bouillon. Elle peut etre employee pure ou additionnee d'aliments complementaires.
B. Milieux solides.
Ils sent constitues par des milieux liquides gelatinises, du serum sanguin coagule, des pommes de terre, etc.
'Bouillons gelatinises.
On ajoute dos substances gelatinisantes au bouillon simple ou compose, de fagon a le rendre solide et transparent par le refroidisseme.nt. Les substances employees sont la gelatine, la gelose, la mousse d'Islande, etc.
Ge'laline nutritive. Le bouillon en preparation est addi-tionne de 10 % de gelatine avant s*raquo; caisson. On passe surun linge, on neutralise et on opöre comme tantot pour le bouillon. Le produit doit avoir une teinte citrine et etre parfaitement transparent apres filtration. On Imtroduit alors dans des tubes ä essai benches ä la ouaie et sterilises. Ces tubes remplis au 1/3 sont ensuite places dans un panier metallique et porles durant dix minutes dans l'autoclave ä 103deg;. La gelatine se prend en gclec par ret'roidissement et les tubes sont prets ä etre utilises.
Gelose ou agar-agar. Elle consiste en une substance gela-tiueuse proveuaut de certaines algues de l'archipel Indien. On I'ajoute au bouillon en preparation dans les proportions do #9632;la 2 pour cent et on opere comme nous I'avons indique tantot pour la gelatine. L'addition de la gelose trouble souvent le liquide et ce trouble persiste malgre la filtration ; c'est pour qbvier ä cet inconvenient que Ton recommande de melanger
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intimement ä la masse refroiäie äoOquot; un blaricd'ceufbattu el de reporter ensuite ä rebullition. Ea se coagulant, ralbmnine cntraine toutes les substances en suspension el le pioduit se clarifie. II reste neanmoins toujours un peu opalescent.
La filtration de ce liquide commc cclle des liquides gelati­nises en general doit se faireäcliaud et exige un certain temps. On emploie pour cela un appareil ä filtration chaude consis-tant en un entonnoir en verro contenu dans un plus grand en cuivrc et separe de ce dernier par un espace plein d'eau qne Ton porteä la tempeiaturo de fusion des melanges gelatinises. La filtration ainsi obtenue est lente, car la gelatine se desseche et se durcit snr le filtre meine, contre les parois de l'enton-noir en verre.
Nous nous servons avaniageusemcnt pour ces series de fil­tration d'un support special portanl un simple entonnoir en verre pourvu d'un couvcrcle el ajuste au-dessus d'un vase conique. La masse gelatinense ä filtrer etant introduite dans rentonnoir sur un filtre ordinaire, on introduil tout le Systeme dans l'etuve ä vapenr de Koch. On obtient ainsi une fillra-tion rapide sans perte de liquide ni dessiccalion, atlendu quo roperation se fail dans la vapeur. La gelose et la gelatine une fois raises en tubes el slerilisees, cenx-ci sont mis ä rcfroidir, les uns dans une position verlicale, les autres inclines, du-fagon ä fetaler la masse en une couche oblique Ires large; on cultive alors ä la surface do celte conche ou bien dans la pro-fondeur des tubes verlicaux.
La gelose presenle piusieurs avanlages sur la gelatine : eile ne se liquetie pas par la culture des germes, eile reste solide ä 40deg; el pent done permeltre des cultures ä I'ötuve ä 39deg;; eile pent subir une longue cuisson sans perdre son pouvoir gelalinisant. Elle a par contre le desavantage d'etre toujours un peu louche, de ne pas se prfeter aux cultures en plaques el de donner des cultures moins bien definies.
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Agar-gftatine, D;insle but de faire des cultures en plaques ä la temperature de 39quot;, Jensen a preconise un melange d'agar et de gelatine pour solidifier le bouillon. II ajoute äce dernier S pour cent dft gelatine et 0,7ö pour cent d'agar. La prepara­tion est tres claire, eile est liquefiable ä une teaiperature qui ne tue pas les germes et reste solide ä 39deg;.
Serum gelaiinise.
Le serum du sang sterilise et cuit est un milieu solide fre-quemment utilise. Un grand nombre deprocedes sont employes pour recueillir et steriliser le serum ; nous nous abstiendrons de les diicrire et nous nous bornerons ä signaler ici celui que nous employons. Le sang pulse dans la jugulaire du cheval ou du boeuf est recueilli dans de protbndcs eprouvettes en verre. II est alors abandonne au frais pendant 24 heures. Le caillot se retracte et le serum vient ä la surface; on recueille celui-ci au moyen d'une pipette et on Fintroduit dans des fioles coni-ques afln dele steriliser.
La sterilisation s'oblient en portant plusicurs jours de suite le serum dans un bain-marie ä 38deg; et l'y maintenant chaque jour pendant deux, heures. Le bain est muni d'un regulateui* de temperature qui pennet d'arriver rapidement ä la tempera­ture de ü80, condition indispensable pour cmpecher les germes. de se multiplier trop et en consequence d'alterer la coagulabi-lite du serum. Apres huit jours de chaufle, le liquide pent etre considere comme,sterile; on le repartit alors dans des tubes ä reaction au moyen d'une pipette Chamberland. On a pn addi-tionnerau serumavant de le steriliser d'autressubstances nutri­tives: peptones, glycerine, etc.
La cuisson du serum se pratique dans des etuv^s ä double paroi cohtenant de lean et disposees de facon a ce que les tubes puissent etre inclines pour etaler le liquide. Ces etuves sout reglees a 70deg;; on en sort les tubes ä mesure de la coagu-
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lation. Avant d'etre utilises ces tubes sont places ä l'essai pen­dant trois jours dans une etuve ä culture.
Pommes de terre.
Certains germes se cultivent sur pomme de terre. Pour la preparation de ces dernieres on choisit des tubercules bien propres ä peau lisse, on les lave tres bien avec une brosse et on les laisse tremper cpielque temps dans de l'eau au sublime ä 1 '/„„. Elles sont ensuite cuites ä la vapeur ä 100deg; ou ä 1'autoclave Chamberland, puis coupees en deux au moyen d'un couteau de table flambe et deposues en chambre humide.
üne chambre humide est ordinairement representee par deux cristallisoirs de grandeurs differentes et bien desinfectes; on place dans le petit un buvard impregne d'eau au sublime et on le recouvre par le grand. On a ainsi realise un espace humide a l'abri des germes athmos pheriqucs.
Parfois les pommes de terre coupees en morceaux sont cuites dans des tubes ä reaction prepares pour culture, mais presentant un retrecissement vers le has pour arreter la pomme de terre au milieu du tube.
Methodes de cultm'e.
Pour cultiver les germes il faut d'abord en posseder des semences pures. II suffit parfois pour cela de puiser le germe pur dans l'organisme oü il s'est developpe, par exemple pour le charbon bacteridien, le cholera des ponies, le rouget du pore etc.
Dans la plupart des cas, les micro-organismes ne se trou-vent pas a letat dc purete parfaite dans la partie de l'orga­nisme oü ils pullulent; il faut alors les separer tout d'abord des autres germes. Nous aurors done a exposer successive-ment les methodes d'isolement des germes, l'inoculation des divers milieux et la mise ä une temperature appropriee.
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Methodes d'isolement.
L'isolement des germes melanges peut s'obtenir de plusieurs focons differentes. On pent y arriver en se basant sur les pro-prietes differentes des especes ä isoler. Ainsi on a reussi a retirer de la masse des microbes qui pullulent dans le sang en putrefaction ceux des septicemies da lapin et de la souris en se basant sur le fait que ces germes sont pathogenes pour ces animaux.
Pasteur a isole le bacillus anthracis du vibrion septique dans le sang charbonneux en putrefaction en tenant compte de ce que le premier est aerobie et le second anaerobie : les cultures ä Fair ne donnent que le bacillus anthracis ; celles ä I'abri de l'oxygene donnent le vibrion septique.
L'influence de divers agents chimiques, celle de la chalenr ä differents dcgres sont encore des moyens efficaces d'isole­ment; ils tuent certains germes on nuisent considcrablcment ä leur multiplication et favorisent par lä la predominance d'au-tres germes moins sensibles,
Klebs a isolu les germes cu se basant sur leur inegale repar­tition dans les liquides oti ils pullulent. Les uns, immobiles, se irouvent au fond ou sur les patois du vase; d'autres, mobiles, sont reparlis dans tons les points; certains sont tres avides d'oxygene et se trouvent en couche ä la surface. En puisant des semences dans ces divers points on prend plus de germes d'imc espece quo de lautre, et en repetaut l'opcra-tion sueccssivement plusieurs fois on obtiendra celte espece ä letat de purete.
Colin a separe certains germes en so basant sni' la resis­tance de. leurs spores ä une ebullition do quelques instants. Le bacillus snbtilis ou bacille de Coin s'obtient en prenant du the de foin neutre que Ton fait bouillir puis qu'on {lorte ensuite dans une etuve de culture. La snore du bacillus subtilis se cultive seule, parce que seule eile a lesisle.
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On peut arriver ä isoler les germes par des metliodes plus directes.
Methode du tube capillaire de Salömonsm. L'auteur a laquo;tudie par celte methode les divers germes qui se cultivent dans le sang en putrefaction. II aspire du sang defibrine dans de longs tubes capillaircs qu'il ferme aux deux bouts et qu'il fixe surun carton horizontal. Les germes pen nombreux qui sont enfermes dans le tube se cultivent isoloment en des points differents du tube; on pent etudier leur evolution, les recueil-lir separement pour les cultiver.
Metliode des dilutions. On dilue la semcnce impure assez riche en germes avec, de l'eau störilisee de facon ä rarcfier considerablement les germes. On inocule alors ce liquide par gouttes a une serie de ballons; ceuxde ces ballons qui n'ont recju qu'un germe domieront nnc culture pure lorsqu'on les mettra ä leluve.
MM. Roux et Yersin ont pu isoler le bacille de la dipliterie de l'homme en faisant avec un fü de platine charge d'uno trace de t'ausse membrane des stries longitudinales dans une serie de tabes de serum. Les germes se rarefient progressivement sur le fil et il arrive un moment ou le serum ne recoit plus qu'un seul germe : la culture est alors pure.
Metlwde des cultures en plaques. Koch a preconise une methode de culture en plaques actuellemenl suivie dans tous les laboratoires. On inocule une trace de la matiere contenant le melange des bacteries ä un tube de gelatine que I'on rend onsuite liquide en le chauffant ä 30deg;. Cette gelatine cst alors agilee pour repartir les germes dans toutc la masse, puts cou­lee sur une plaque de verre sterilisee placee horizontalemcnt sur un plateau refroidi et reconvert d'uno cloche de verre. La gelatine se prend de suile en une mince couche solide au sein de laquelle les germes se trouvent isolös. La plaque est ensuite placee sur un petit banc en chambre humide dans un
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local ä la-temperature de 20deg; environ. C'naquc genne donne une colonie isolee qne Ton pent etudier dans son aspect et recueillir pour ensemencer des cultures nouvelles. Dans cette experience il ne faut tenir aucun compte des germes qui se cultivent a la surface de la couche de gelatine et qui vien-nent pour la plupart de l'exterieur.
Au lieu de se servir d'une plaque on pent elaler la gelatine dans le tube lui-meme on dans im recipient quelconque prc-sentant beaucoup de surface Interieure. Cette facon d'agir a sur la technique primitive l'avantage de mettre la culture ä Tabri de toute infection exterieure et de permettre des cultures anaerobies.
La substitution de l'agar-gelatine ä la gelatine constitue une autre amelioration, la premiere de ces subslances pouvant ctre porlee ä 39quot; sans se liquefier. Or, la temperature de 39deg; ost beaucoup plus favorable ä la vegetation des germes que celle de 20quot;.
Ensemencement des mittlres.
L'ensemencement des cultures doit se pratiquer de facon qu'aucun des germes qui souillent les objets exterieurs ou se trouvent en suspension dans Fair ne viennc au contact du milieu que Ion eusemence. Les germes de lair seront evites en inclinant assez tbrtement vers I'horizontale 1c ballon ou le tube a inoculer et en opcrant rapidement, sans secousse, afin de nepas provoquer Fagitation de Fair. Quant aux instru­ments qui servent au transport des semences, ils auronl etc desinfecles tout d'abord. Les instruments qui servent pour l'ensemencement sent les suivants :
1deg; Un fil de platine, assez rigide long de 3 ä o centimetres, soude ä rexlrcmite d'une tige de verre de petit diamctre. Ce fil est porte au rouge dans la flamme d'une larape ä alcool; aussitot refroidi, on en charge I'extremite d'une trace de
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semence que Ton porte dans le milieu ä inoculer en raccour-cissant autant que faire se pent le trajet a parcourir de la semence au milieu de culture, afin de diminuer les chances d'infection par i'air. Sur les milieux solides, la semence pent etre deposee en un trait superficiel, ou bien en strie verticale dans l'epaisseur de la masse gclatinisee. L'aspect des cultures variera nalurellement avec ces deux modes.
Le fil de platine pent etre remplace par une aiguille de verre que Ton obtient tres facilement en etirant ä la lampe un baton de verre fusible.
2deg; Des tubes capillaires. On effile ä la lampe d'emailleui', #9632; un tube en verre de fa(;on a le reduire ä des dimensions capil­laires ; le segment capillaire que la chaleur a sterilise parfai-tement est alors feme ä ses deux bouts. Pour s'en servir on le flambe, on en casse les deux pointes et l'une d'elle est porlecr dans le liquide de semence qui y monle par capillarito; on porle ensuite le tube dans le milieu ä ensemencer et on en tail soudre vine goutte de semence en soufflant a I'autre bout. Un pared tube ne pent servir qu'une Ibis.
3deg; Pipette Pasteur. Pasteuc a fait construire une pipelte speciale pour recucillir purement les liquides charges de germes et les ensemencer ensuite. Elle consiste en un tube en verre de 1 centimetre environ de diamelre sur 5 ou 6 de long; ce tube est effile et ferine ä l'une de ses extre-mites; I'autre est pourvue d'un retreeissement et bouchee ä la ouate; le tout est sterilise ä ISO0. Pour s'en servir on flambe I'extremite effilce, on en casse la pointe et on aspire le liquide de semence: sang, serosites diverses, urine, pus, cultures, etc. On porte ensuite la pipette dans le milieu a inoculer et on en fait tomber une ou deux goultes. On pent conserver quelque temps dans ce tube un liquide charge de baetöries en pfenaiil la precaution de sceller ä la lampe l'exlrömite capillaire. 1.:: pipette de Pasteur ne sert quo pour ensemencer des milieux
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liquides ; le fil de platine sert aussi bien pour les milieux liquides que pour les solides.
Mise ä la tempdvature convenable.
Si la plupart des geitnes peuvenl se cultiver ä la temperature del5 ä 20deg; c, beaucoupse cultivent mieux ä une temperature de 30 ä 40deg; et un certain nombre möme ne peuvent se cultiver qu'ä cette temperature.
Pour cultiver ä 20deg; il suffit de placer les milieux ensemen-ces dans un local ordinaire; ce local doit etre chauffe en hiver; en ete, au contraire, on y evitera une trop grande quantite de rayons solaires. Au besoin, on pourrait realiser un local a double fenetre et a porte capitonnee, dans lequel on entretien-drait un poele ä gaz recevant ce dernier d'un thermo-regula-teur place dans le local; on aurait ainsi une temperature inva­riable.
Lorsque les cultures exigent des temperatures comprises entre 30 et 40deg;, on a recours a des etuves appropriees. Ce sont des etuves ä air dans lesquelles on maintient une temperature convenable.
Les etuves de culture sont de formes et de grandeurs varia­bles. Elles sont ä simple ou a double paroi; dans I'espace compris entre ces parois se trouve une couche d'eau. Elles sont en plus munies d'un dispositif qui permel de renouveler I'air interieuiquot;. Ces etuves peuvent etre reglees pour des tem­peratures differentes; ordinairemeiU, elles sont chauffees a 39deg; c. On a meme realise des etuves dont la temperature varie suivant les etages mais reste fixe pour chacun d'eux.
Deux conditions principales doivent etre realisees pour maintenir la temperature constante: la deperdition de la cha-leur doit etre reduite ä son minimum et invariable, la chaleur communiquee ä l'äppareil doit etre egale ä la chaleur perdue.
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La premifere condition s'obtient en entourant les etuves d'un corps mauvais conducteur comme le feutre, parfois d'une dou­ble paroi et d'une double porte, et en les plagant dans une chambre ä temperature uniforme. Quant a la seconds, eile necessite un dispositif plus complique ; le gaz, pris sur une conduite quelconque, passe d'abord dans un regulateur qui corrige les ecarts de pression provenant du gazometre aux dif-ferents moments de la journee, puis 11 arrive a I'appareil en traversant un regulateur de temperature. Ce dernier varie beaucoup; c'est ordinairement une sorte de thermometre ä mercure surmonte d'une chambre oü arrive le gaz ; quand la temperature s'eleve dans I'etuve oil il est place, le mercure en se dilatant vient obstruer partiellement l'ouverture d'arrivee du gaz et diminue le debit, partant ralentit la combustion et abaisse la temperature. Get abaissement entraine la retraction du mercure, I'apport plus grand de gaz et la temperature se releve : la regulation se fait ainsi continuellement entre des temperatures tellement rapprochees l'une de l'autre que les oscillations sont insensibles.
Le reglage des etuves pent etre obtenu aussi par la dilata­tion de l'eau qui se trouve dans la double paroi. L'eau en s'cchauifant se dilate, s'eleve dans un tube de faible diamfetre et vient presser contre une membrane elastique en caoutchouc ou en metal mince, laquelle membrane rötrecit l'oritice d'arri­vee du gaz.
Cultures odrobies. II suffit de placer les milieux inocules a I'etuve a 37deg; pour observer le developpement des germes; cette etuve est disposee de facon que Fair y soil continuellement renouvele.
Tons les milieux permettent de pratiquer des cultures a 37deg;. Cependant la gelatine nutritive etant liquide au-dessus de 2Sdeg;, on ne doit pas depasser cette temperature si Ton desire avoir les avantages que procurent les milieux solides.
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Cultures anaerobies. Les germes anaerobies doivent pour se multiplier se trouver a l'abri de l'air ; il faut done avant de les mettre en culture priver d'oxygene Vatmosphere et les ter­rains oil Ton veut les faire evoluer. On y arrive de plusieurs famous. Ke precede le meilleur consiste a faire le vide dans I'ap-pareil de culture et a remplacer lair par de l'acide carbonique on de l'hydrogene. On repete plusieurs fois I'operalion pour laquo;tre certain d'avoir enleve tout l'air. II faut avoir soin, lorsqu'on veut desoxygener de la gelatine, de commencer par la liquefier. L'operation terminee, on scelle l'appareil ä la lampe.
On pent soustraire l'oxygene de l'air en scellant le tube de -culture dans un second contenant des corps avides d'oxygene comme l'acidepyrogalliqueadditionne dune solution depotasse laquo;austique. Parfois enfin on ajoute au milieu de culture des corps capables de prendre l'oxygene : le sulfale d'indigo neu­tralise, par exemple.
Caractcres physiques et chimiques des cultures.
Caracteres physiques. Quand les germes se raultiplient dans les milieux artificials, leurs cultures prennent des carac­teres qui varient avec la nature de ces germes et celle du mi­lieu.
Dans les cultures sur gelatine en plaques, les colonies pren­nent des aspects varies. Parfois ces colonies sont representöes par de petites gouttelettes en relief d'aspect graisseux et de laquo;ouleurs variees : blanche, jauue, rose, rouge, violacee. Dans certains cas ce sont des points deprimes ä bords reguliers ou sinueux; parfois enfin on observe im feutrage de filaments irradiesautourdun centre. Certains germesliquefient la gela­tine et il se ppoduit un enfoncement conique plein de liquide dans l'epaisseur de la gelatine.
Quand on examine ces foyers ä un faible grossissement on laquo;onstate que leur surface est tantöt lisse. tantöt granuleuse ;
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que leur contour est regulier ou sinueux, parfois herisse de filaments. Ce sont lä autant de particularites qui permettent de distinguer les diverses especes pathogfenes.
Dans les cultures en tubes de gelatine, si on inocule par piqüre ä travers la masse, on remarque que le trait d'inocula-tion devient trouble et augmente progressivement; parfois les germes se cultivent aussi a la surface de la couche gelatineuse et s'etalent de fagon a ce que I'ensemble simule un clou. Lors-que la culture ramollit la gelatine autour du trait, I'espace qu'elle occupe affecte la forme d'un entonnoir; mais il arrive aussi que la liquefaction se fait progressivement par zones de la surface vers les parties profondes. L'inoculation ayant ete faite en trait continu, il pent se faire neanmoins que la vege­tation n'apparaisse qu'en des points isoles; c'est lorsque le nombre des germes ensemences a ete tres fälble; du trait pra­tique dans l'epaisseur de la gelatine, peuvent rayonner une serie d'aigrettes donnant ainsi ä la culture Faspect d'unebrosse cylindrique on ecouvillon.
Les cultures sur les autres solides peuvent presenter les memes varietes. Ces milieux ne se liquefiant pas commela gelatine, se pretent mieux a l'etude de revolution des colonies du germe.
Quelques germes fournissent des cultures caracteristiques dans certains milieux. La morve, par exemplc, donne une culture d'aspect graisseux ä bords brun chocolat sur porames de terre; le charbon se cultive en brosse a. caraffe dans la gelatine ino-culee en trait et liquefie le milieu nutritif.
La culture en bouillon n'est pasnon plus toujourslameme. On observe parfois an trouble regulier qui se depose lente-ment; dans d'autres cas ce sont des grumeaux de plus en plus gros nageant dans le liquide; parfois encore c'est une masse floconneuse, bien liee, comme de la ouate imbibee et suspen-due dans la liqueur (charbon) ; dans d'autres cas enfin, on
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constate des colonies agglomerees qui surnagent le bouillon H la maniöre des feuilles de nenuphar sur I'eau (farcin du bwuf). Ces divers aspects dependent evidemment du mode d'associa-tion des germes dont la culture est formee. Les longs filaments simulent un chevelu; les chainettes de microcoques, de petites pelotes; les microcoques isolös donnent un trouble uniforme du liquide.
Les germes peuvent changer la couleur des milieux de cul-. ture; de tels changements sont parfois suffisants pour caracte-riser ces germes : pus bleu.
Les germes anaerobies donnent souvent lieu ä un degage-ment de gaz plus ou moins fetides, rappelant ceux de la putre­faction.
Caracteres chimiques. Les reactions chimiques auxquelles donne lieu la multiplication des germes varient naturellement avec ceux-ci; elles dependent egalement des conditions spe-ciales oü ils se trouvent places (aerobics ou anaerobies). Le terrain s'appauvrit en substances alimentaires en m6me temps qu'il se charge de produits de denutrition. Nous avons dejä signale ces derniers; nous rappellerons seulement qu'ils peu­vent etre toxiques pour les germes et arreter leur multiplica­tion; qu'ils communiquent souvent aux milieux dans lesquels ils sont repandus certaines des proprietes pathogönes dont jouissent les germes eux-memes.
La reaction alcaline des milieux devient parfois neutre en acide.
Conservation des cultures.
L'epuisement et la souillure des milieux amenent bientöt les germes a l'etat de vie latente; des lors, ils cessent de se multi­plier ; de plus, l'action combinee de la lumiere et de l'air les fait perir plus ou moins vite; aussi la virulence d'une culture va en diminuant progressivement.
Cette annihilation de la virulence se produit plus ou moins
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vite, selon les germes consideres, et aussi selon la composi­tion du milieu de culture. Ainsi nous avons pu voir des cul­tures du cholera des volailles ne plus avoir d'action pathogene sur le lapin adulte apres un jour alors qu'ordinairement eile se conserve soixante jours ä l'air.
Pour conserver plus longtemps les cultures des germes, on les enferme dans de petits tubes sterilises que Ton scelle a la lampe en y laissant le moins d'air possible. Ces tubes sont ensuite places a l'abri de la lumiere ou dans des etuis en bois comme nous le pratiquons d'habitude. La conservation est ainsi plus longue, mais eile nest pas indefinie; apres un temps variable, des mois, des annees, les germes sont morts; pour en conserver la semence, il faut de temps ä autre rafraichir la souche en pratiquant des inoculations ä des animäux receptifs et en en faisant ensuite des cultures.
III. — Contagions expe'rimentaks.
Les germes pathogenes inocules ä des animaux peuvent determiner chez ceux-ci des troubles de divers ordres. Ces maladies microbiennes artificielles sont parfois caracteristiques de certains germes. Toutetois un germe donne n'amene pas toujours des troubles identiques; I'espece animale a laquelle on a recours pour l'inoculation intervient et les manifestations morbides varient avec le sujet; le procede d'inoculation a aussi son influence et les symptomes observes peuvent depen-dre de ce procede; I'etat plus ou moins virulent de la semence employee, son origine (cultures ou produits pathologiques) jouent aussi un role important dans le resultat de l'inoculation; enfin la quanlite de virus intervient aussi dans une large me-sure et il existe des maladies qui inoculees ä doses faibles sont inoffensives ou produisent rimraunite alors que des doses mas­sives amenent un denouement fatal plus ou moins rapide.
Toutes ces raisons laissent entrevoir que Ton ne pent tirer
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des conclusions absolues des resultats de l'inoculation et sou-vent celle-ci n'a de valeur que combinee aux autres moyens de diagnostic.
On pratique parfois les inoculations experimentales dans le but de purifier un virus impur; on met alors ä profit la pro-priete qu'ont certains germes d'evoluer chez une espece ani-male donnee alors que d'autres microbes avec lesquels ils peuvent otre melanges, ne peuvent vivre sur cette espece.
Sujets d'inoculation. — Beaucoup d'especes animales peu­vent en I'occurrence etre mises a contribution pour pratiquer des inoculations experimentales, mais quelques-unes sont pve-ferees a cause de leur grande receptivite pour la plüpart des maladies bacteriennes et de la grande facilite que Ton a de se les procurer.
Les animaux les plus usites sont le cobaye, le lapin, le rat, la souris, la poule, le pigeon et les petits oiseaux. Exception-nellement, on se sert des grands animaux domestiques.
Matieres d'inoculation. — Les substances virulentes que Ton inocule doivent autant que possible etre exemptes de tout melange microbien. De plus la seringue de Pravaz et les autres instruments d'inoculation devront 6tre au prealable rendus aseptiques.
Si le produit ä inoculer est une culture en bouillon on verse ce liquide prealablement agite dans un verre de montre flambe et on I'aspire rapidement dans la seringue.
Si la culture a ete pratiquee sur milieu solide on puise une certaine quantite de matiere au moyen d'un fil de platine steri­lise et on dilue alors ce produit dans un peu d'eau ou de bouillon sterilises.
Quand on a affaire ä des produits pathologiques liquides (sang, lait, pus, etc.), ces produits recueülis purement sur un etre vivant ou sur un cadavre sont employes comme il vient d'etre dit. Dans certains cas ils sont prealablement dilues.
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Parfois la substance virulente est un produit pathologique solide. Ce produit exempt de toute souillure est broyö dans un mortier special, delaye dans du bouillon que Ton passe ensuite ä un linge fin. Pour eviter plus parfaitement les ger-mes exterieurs on pourrait introduire la parcelle virulente dans un petit tube prealablement sterilise et broyer ensuite cette substance au moyen d'une tige en verre flambee dent le dia-metre est un pen plus faible que celui de l'interieur du tube ; on ajoute ensuite du bouillon sterilise et on aspire dans la seringue aprös avoir laisse deposer les parcelles en suspension.
Procedes cCinoculation. — Les virus ainsi prepares peuvent servir ä pratiquer des inoculations par plusieurs procedes que nousallons maintenant passer en revue.
1,nbsp; Inoculations endermiques. — L'inoculation par cette ^ voie est des plus simples; il suffit pour la pratiquer de mettre
ä nu la couche profonde de lepiderrae sans provoquer d'he-morragie marquee et d'y appliquer la matiere active. Pour ce on coupe les poils de la region, on fait au bistouri une serie de scarifications superficielles tr6s rapprochees et on etale la matiere active. On choisira pour cette inoculation, les regions que I'animal sait difficilement atteindre en se lechant, se frot-tant, etc.
2.nbsp; Inoculations sous-cutanees. — Le but de cette inocula­tion est d'introduire le produit actif dans le tissu cellulaire sous-tegumentaire. Un pli etant fait ä la peau, on introduitla canule de la seringue par la base de ce pli et on pousse lentement le liquide que Ton veut inoculer. Parfois il est utile de debar-rasser la region de ses poils oudesesplumesetderendreasep-tique le point d'inoculation en y appliquant une tige de verre fortement chauffee. L'inoculation etant pratiquee on retire la canule et afin de rendre le resultat plus certain et plus rapide on malaxe un pen le point inocule afin de dilacerer le tissu cellulaire et de häter l'absorption.
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La region oü on inocule peut 6tre quelconque, mais on choisit de preference celle oü la peau est mince et souple (face interne des cuisses, paroi abdominale, region pectorale chez les oiseaux) et oü le tissu cellulaire est abondant.
3.nbsp; nbsp;Inoculations intraperitoneales. — Pour introduire la matiere virulente dans l'abdomen, l'animal etant bien main-tenu sur le dos, onpince les parois abdominales entre le pouce et l'index et on agit comme plus haut apres s'etre assure qua la pointe de la seringue est bien libre dans l'abdomen. II faut ici operer avec une certaine precaution afin d'eviter de leser les visceres, chose surtout ä redouter chez les oiseaux.
4.nbsp; Inoculations intra-veineuses. — Ce precede necessite l'emploi d'un liquide exempt de parcelles solides qui par leur arret dans les vaisseaux de fälble calibre pourraient deter­miner des embolies mortelles. Pour pratlquer l'inoculation la veine etant gonflee par une pression exercee sur son trajel, on y fait penetrer la canule la pointe dirigee vers le coeur; l'operation a reussi lorsqu'une goutte de sang vient sourdre au talon de la canule; on exerce alors sur le piston une pression graduee.
On choisit pour cette inoculation des veines superficielles biensaillantes. Chezle lapin on s'adresse aux veines de l'oreille, laquo;hez les oiseaux ä la veine du bras. Chez certains animaux on peut injecter dans la jugulaire, la saphene, etc.
5.nbsp; Inoculations dans la chambrc anterieure de Vceil. — L'oeil est au prealable insensibilise au raoyen de quelques gouttes d'une solution de cocaine a 1/20; puis le globe etant immobilise on insinue la canule a plat a travers la cornee, dans la partie excenlrique de celle-ci. On pousse alors une ou deux gouttes de liquide que Ton voit tres bien se deverser dans le milieu transparent.
6.nbsp; nbsp;Inoculations intra-cräniennes. — II faut au prealable pratiquer la trepanation du cräne ce qui necessite un outillage
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assez compliqu6. Chez les petits animaux on pent pourtant pratiquer la chose tres simplement. L'animal etant fixe et l'in-cision de la peau du front ayant 6te faite en dehocs de la ligne mediane, on divise crucialement le perioste et au rnoyen de la pointe d'un fort bistouri pose perpendiculairement ä la surface de Tos on pratique une petite ouverture en imprimant ä l'instrument une rotation sup lui-meme.
Quand on juge l'ouverture süffisante on introduit sous les enveloppes cerebrales la canule bien aseptique et on injecte quelques gouttes de liquide.
On peut encore pratiquer les inoculations dans les diverses cavites screuses, dans la trachee, les muscles, etc.,mais la technique de ces operations ne necessite pas un expose special.
A cöte de ces contagions par inoculation on peut encore infecter artificiellement un organisme en procedant par Inges­tion ou inhalation de produits virulents. Ces precedes donnent des rcsultats relativement moins certains.
Recolte des produits virulents. — On peut recueillir les pro­duits paihologiques sur des malades ou sur des cadavres.
Sur les malades, on precede differemment selon que Ton veut recueillir un liquide (sang, pus, etc.) ou une parcelle solide. On prendra toujours une tres grande precaution pour eviter les germes vulgaires qui nous entourent. On aura soin apres avoir rase la region de la steriliser au moyen d'une tige en verre fortement chauffee. Au moyen d'instruments flambcs on extraira alors la partie solide que Ton veut etudier; les liquides seront aspires dans une pipette de Pasteur.
Stir les cadavres, on procedera avec les memes precautions. On tiendra compte de ce que dans les affections contagieusesla decomposition marche ordinairement plus vite et qu'en conse­quence I'organisme est plus rapidement envahi par les ger­mes de la putrefaction. Apres avoir solidement fixe le cadavre, on aura soin de pratiquer I'aulopsie d'une fa^on raethodique et
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on recueillera aseptiquement les produits solides ou liquides que Ton voudrait etudier.
On n'oubliera pas qu'on se trouve en presence d'une inaladie contagieuse et on se comportera de fagon qu'aucune partie-n'echappe a la destruction qui doit suivre toute autopsie de camp; genre; il est bon aussi de remarquer que plusieurs maladies microbiennes se transmettent a I'homme; I'operateur aura done soin de se mettre a l'abri de toute infection.
Les produits solides recueillis servircht immödiatement ä des inoculations et ä des cultures ou ils seront enfermes dans des tubes sterilises. Les liquides seront scelles dans les pi­pettes Pasteur qui auront servi ä les recueillir.
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TROISIEME PARTIE.
MALADIES MICROBIENNES PRISES EN PARTICULIER.
Maladies microbiennes consecutives aux plaies.
Les plaies chirui'gicales traitees d'apres les regies d'une antiseptic rigoureuse sont a l'abri des germes pathogönes; elles guerissent sans gonflement exagere, sans suppuration, ni flevre. Le processus qui doit aboutir a la guerison se limite ä la seule multiplication elementaire que necessite la reparation. II en est de meme des plaies accidentelles lorsqu'on parvient ä les rendre aseptiques; mais si par le contact du corps vulne-rant on posterieurementä Faction de ce dernier, par le contact desvetements de toute sorte,des harnais, des litieres,des eaux ou de l'atmosphere, des germes pathogenes se sont deposes surla plaie, onvoit se produire des desordres varies.
Nous avons montre dans la partie generale qu'un certain nombre de germes pathogenes, ceux des suppurations et des septicemies, par exemple, se rencontrent ä peu pres partout; aussi aurons-nous l'occasion de les rencontrer dans la plupart des affections qui viennent compliquer les plaies, affections dont nous allons trailer tout d'abord.
Les accidents de nature microbienne qui se developpent consecutivement aux plaies sont locaux, eloignes ou generaux.
Les accidents locaux consistent en des processus inflamma-
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toires dont le caractere dominant depend principalement des fäcuites pathogönes speeiales des microbes contenus dans la plaie; ce sont Cantöt des processus essentiellement exsudatifs: oedemes inflammatoires, erysipele; ou suppuratifs : suppura­tion super ficieMe, abces, phlegmon; ouhypertrophiques : acti-nomycomes, botryomycomes, tubercules anatomiques; ou enfin gangreneux : gangrene traumatique, diphterie, pourriture d'hopiial. Le caractere dominant de ces inflammations depend principalement, mais non pas exclusivement, de la nature spe-ciale des germes repandus sur les plaies; en effet, le pouvoir reactionnel des tissus entre ici en ligne de compte et un m6me germe, le streptocoque de lerysipele, par exemple, donnera, tantöt une simple dermite avec exsudation intersticielle et superficielle sous forme de vesicules, de phlyctenes (erysipele), tantöt determinera en outre une suppuration profonde (erysi­pele phlegmoneux), voire meme la necrose des tissus enflam-m6s /erysipele gangreneux).
Les accidents eloignes portent sur les organes en continuile directe ou vasculdire avec les tissus primitivement atteints. C'est ainsi que Ton verra se produire la peiitonite consecutive-ment aux alterations de nature microbienne siegeant sur les visceres abdominaux : plaies de l'intestin, de la matrice, me-trite, etc. Quant ä lacontinuite vaöculaire, eile entraine l'alte-ration dos voies lymphatiques et sanguines correspondantes {lymphangites, adinites, phliibites, endocardites, accidents thrombosiques et emboliques).
Enfin, les troubles generaux relevent de la pyeniie et des #9632;septicemies chirurgicales.
Suppuration.
On trouve dans le pus, ä cote des cellules qui en forment la partie essentielle, des etres microbiens d'especes diffetentes. Leur presence constante dans les inflammations suppuratives
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avait fait admettre que la suppuration ne se produisait pas sans microbes. Cette theorie etait d'ailleurs appuyee par les resultats de l'experimentation; ainsi rinjection sous-cutanee de substances irritantes rendues prealablement aseptiques, don-nait une inflammation en rapport avec le pouvoir irritant de ces substances, mais une inflammation non purulente. La dia-pedese des globules blancs du sang semblait done devoir etre sollicitee par la presence des microbes.
Cependant des experiences semblables ont donne des resul­tats contraires entre les mains de quelques chercheurs et la suppuration a ete provoquee au moyen de substances chimiques (huile de coton, essence de terebenthine, nitrate d'argent, mer-cure, cadavörine, etc.) sans l'intervention des bacteries. De plus on a reconnu que la culture sterilisee du staphylocoque pyo-gene determine aussi sürement un abces que le staphylocoque lui-meme; seulement le pus de cet abces n'est pas lui-meme pyogene. Des substances specialement pyogenes ont ete en outre retirees des cultures des bacillesdela morve, de la tuberculose, du charbon et du pneumocoque de Friedlander. Ainsi s'ex-plique la possibilite d'abecs spontanes dont le pus est depourvu de microbes; ceux-ci se trouvent alors deposes dans un autre endrolt de l'economie et les substances pyogenes qu'ils sccretent etant resorbees, on comprend qu'elles puissent determinerI'inflaramation purulente dun organe ou d'un tissu predispose.
Ces considerations, si importantes qu'elles soient au point de vue theorique, n'ont qu'un interet mediocre en pratique. A I'etat do nature, la suppuration est en effet toujours le fait des microbes agissant non par eux-memes, comme on I'avait d'abord pense, mais d'aprös les recherches recenles, par le moyen des toxines auxquelles leurs echanges nutritifs donnent naissance.
L'application raisonnee des antiseptiques dans le panseraent
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des plaies a d'ailleurs largement demontre cette verite en fai-sant de la reunion par premiere intention la terminaison necessaire des plaies operatoires.
Les bacteries les plus communes de la suppuration sent:
le staphylococcus pyogenus aureus (pus jaune); raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo; albus (pus blanc);
raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo; citreus;
le streptococcus pyogenus et quelques autres especes dont un bacille,le bacillus pyogenus septicus.
On les rencontre dans les processus suppuratifs varies: phlegmons, abees et epanchements de la pyemie, inflamma­tions purulentes des surfaces externes et internes, etc.
Le slaphylocoque dore a ete trouve aussi dans le furoncle et Vanihrax; les caracteres particuliers de ces affections semblent dependre bien plus du mode de penetration et de la localisa­tion des germes pyogenes que de la nature specialede ceux-ci. Nous avons pour notre part rencontre le staphylococcus albus dans les furoncles qui s'etaient developpes en grand nombre sur le dos d'un poulain de quelques semaines, traite avec suc-ces dans les hopitaux de l'Ecole.
Le streptocoque pyogene serait encore l'agent de Yerysipele et de la fievre puerpefale sous ses ditterentes formes; aumoins n'a-t-on pu separer suflisamment les stroptocoques de ces deux affections de celui qui nous occupe.
D'ailleurs, le streptocoque pyogene est extremement re-pandu et sa virulence est sujette ä de grandes variations; injecte aux animaux et notamment au lapin, il donne le plus souyent lieu ä un abces local; mais il peut tout aussi bien, ä l'instar des staphylocoques pyogenes, provoquer des abces multiples dans les muscles, le rein, le poumon, etc., et la mort plus ou moi'is rapide. Le staphylococcus aureus se ren­contre plus souvent encore que le streptocoque.
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Cultures. — Les gennes pyogones se cultivent avec une grande facilite dans les differents milieux; les trois staphylo-coques se distinguent Tun de I'autre par la coloration de leur culture; Yaureus donnant une teinte jaune d'or, Yalbus une teinte blanche et le citreus une teinte jaune citron.
Les staphylocoques pyogenes sont aerobies; le streptocoque est plutöt anaerobie.
L'etude chimique des cultures du staphylocoque dore y a fait decouvrir une ptomaine non toxique, une substance phlo-gogene et pyogene non azotee dite phloyosine et une diastase egalement pyogene. La matiere colorante jaune nesedeveloppe qu'au contact de l'air.
Recherche et coloration. — Pour deceler les microbes dans le pus, il suffit de colorer celui-ci sup lamelies au moyen du violet de gentiane hydroalcoolique pendant quelques instants. La reaction de Gram qu'ils supportent tous permettra les dou­bles colorations. On verra ainsi les microbes entre les globules du pus et souvent dans ces globules eux-memes.
Etiologie. — Los germes du pus penetrent dans les tissus le plus souvent par une solution de continuite, mais ils peuvent aussi envahir Forganisme dont la peau est intacte; I'experience en a ete faite par Garre ; une friction pratiquee sur le bras avec une culture du staphylocoque dore amcna le jour memo lerup-tion de pustules furonculeuses. De nombreux cxemples de cette verite sont fournis par les veterinaires accoucheurs chcz lesquels le bras s'est convert de pustules ä la suite de leur intervention dans un accouchement tardif ou pour I'extraction d'un arriere-faix. Les lesions se dcveloppent dans ces cas toujours au niveau d'un follicule pilo-sebace par I'oriticc duqnel les germes purulents ont fait irruption. Enfin, les gennes du pus peuvent parvenir dans les tissus entraversantlesmuqueuses normales.
Lesmicrobespyogt'iiosquenous venons de cilernesontpasles
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sculs qui peuvent faire naitre le pus.Nombre d'autresjouissant de proprietes virulentes speeifiqiies peuvent determiner acces-soirement de la suppuration ; il enestainsi du bacilledeKoch, du baeille de la morve, de l'actinomycete, du bacille du farcin du boeuf, de colui du cholera des poules chez le cobaye, de celui de la fievrc typhoide, etc. Ces bacteries accidentellement pyogenes ont ete qualifiees de pijocoles; elles agissent parelles-memes ou en preparant le terrain pour les pyogenes propre-ment dits. Ceci nous amene a constatcr qu'il ne suffit du con­tact de microbes pyogenes avec une plaie ou un tissu vif pour que la formation du pus s'ensuive infailliblement. Le nombro des microbes entre ici en ligne de compte en meme temps que la resistance du tissu lui-meme ou de l'organisme auquel il appartient. II est de connaissance vulgaire qu'une plaie meme benigne, abandonnee ä elle-mcme, deviendra toujours suppu-rante chez un individu determine. L'action adjuvante des trau-matismes, des liquides irritants, des predispositions indivi­duelles ä ici une grande importance; eile modifie la resistance des tissus vis-ä-vis des germes pyogenes.
L'action des germes purulents peut ctre favorisee expcri-montalement par rinjection de leurs produits de culture. Ainsi les cultures filtrees du staphylbcpque et du streptocoque pyo-gönes renfermcnt des substances favorisantes et des substances vaccinantes. Les premieres sont les plus actives et sorlent seules leurs effets quand on injecte ces cultures filtrees; mais dies soul tuees ä ooquot; pendant 2i heures pour le staphylocoque, ä 110'' pour le streptocoque et rinjection, des cultures ainsi chauffees donne rimmunitc. D'apres Courmont et Dor, I'etFet favorisant des cultures filtrees du staphylocoque durerait trois mois au moins.
Pus bleu. — Le pus presentc parfois chez 1'homme une coloration bleue particuliere; celle-ci est le fait d'un mi­crobe special, polymorphe, affectant le plus souvent la foi'inc
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d'un bacille court et incurve, parfois celle d'un microcoque ou encore d'une spirille.
#9632; Le gerrae du pus bleu se cultive avec une grande facilite et communique aux milieux nutritifs une teinte verte; par le chlo-roforme, il est possible d'isoler de ses cultures, la pyocyanine, •c'est-ä-direla matiere colorante bleuecaracteristique du germe. La teinte verte des cultures resulte de ce que les milieux nu­tritifs ont une teinte primitive jaune.
Injecte aux animaux, il ne donne pas de suppuration ; mais ses cultures sont neanmoins pathogenes pour le lapin auquel laquo;lies donnent une raaladie speciale, la maladie pyocyanique. aigue ou chronique suivant la dose utilisee et caracterisee par des paralysies, de la flevre, de Talbuininurie, de la diarrhee.
Le microbe du pus bleu n'a cto rencontre chez nos animaux que par M. Cadeac dans la rate et les ganglions d'un chien sacrifiö ä la derniere periode de la lymphadenie. L'auteur a contröle son identite par la melhode des cultures et des inocu­lations, mais n'a pu le transmettre au chien ; il pense que I'af-faiblissement morbide du sujet lymphadenique a rcndu plus facile rinstallation du germe de la maladie pyocyanique.
Pyc'mie.
La connaissance que nous avons do la rcceptiviteet des con­ditions qui la detenninent, ainsi que de la situation des germes pyogenes dans les mailles du tissu conjonctif en cas de phlegmon, permet d'affirmer que le passage de cesgermes dans les liquides circulaloires doit etre un fait assez commun, mais le plus souvent inoffensif. Si l'organisme vient ä eprou-ver un trouble violent ou si, par suite d'une alteration locale particuliere, ces germes viennent ä penetrer en grand nombre dans le sang, leur influence ccssera de rester limitee a leur foyer piimitif et Ton verra eclater cette affection redoutable, la pyemie. Cclle-ci n'est pas absolument liee ä
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l'existence d'une plaie; eile peut prendre naissance au cours d'une inflammation viscerale purulente et meme apparaitre spontanement. Dans ce dernier cas, les microbes proviennent, soit des muqtieuses, soit dun foyer ancien restelatent.
Outre des phenomenes generaux immediats, tels que ceux d'une fievre parliculierement intense, il se produit alors, par l'arret et la multiplication des germes pyogenes en differents points de l'appareil circulatoire, des abces metastatiques et des collfcclions purulentes cavitaires. Les germes pyogenes. commuiiiquent aux globules du sang une certaine viscosite;, ceux-ci s'agglutinent et il resulte des embolies des petites arte-rioles d'un certain nombre d'organes : rein, foie, poumons, muscles, etc.; les microbes arretes au niveau de ces embolies deviennent le point de depart d'autant de foyers suppuratifs.
Eu fait, la pyemie est raremeut simple; en meme temps que les bacteries du pus, le sang regoit le plus souvent d'autres microbes dos plaies exposees ä lair et il en resulte une infec­tion concomitante d'ordre septicemique. Nous allons d'ailleurs voir de suite que les organismes du pus peuvent dans cer-taines cifconstances donner a eux seuls une septicemie pure.
Scpticemie.
D'une maniere generale, on donna ce nom au processus con-secutif ä la penetration demalieres putrides dans I'organisme. Or il est acquis que la putrefaction n'est qu'une fermentation complexe aboutissant ä la degradation de la raaliere organique avec ou sans production d'odeur fetide et qui necessite I'inter,-vention de germes ou microbes d'especes variees. On ne pent done GOinprendre de septicemie sans microbes.
Mais le röle de ceux-ci n'a pastoujours la meme importance; les germes, restant cantonnes en dehors des tissus, sur uno-plaie, par exemple, agissent uniquement par lesproduits solu­bles (ptomaines el diastases) auxquelsleurs echanges nutritifs
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donnent naissance et on a alors affaire a unesorte d'empoison-nement; ou bien les mßmes germes, franchissant la barriere que leur opposaient les tissus vivants, font irruption dans ces derniers, s'y multiplient et rintoxication par les toxines se complique des troubles auxquels cette proliferation va donner lieu.
La premiöre des deux eventualites que nous venons d'envi-sager se presente dans une foule de circonstances. Et d'abord, il est hors de doute que Ton peut provoquer les accidents de la septicemie sans microbes. Koch a montre que cinq gouttes d'un liquide en putrefaction tuent une souris en quelques hell-res et que Ton ne trouve de microbes ni dans le sang, ni dans les visceres. La maladie ainsi developpee est une veritable intoxication par les substances microbiennes solubles ou pto­maines, engendrees en dehors de rorganisme dans le liquide en putrefaction. C'est a ce genre de septicemie qu'il faut rap-porter les intoxications qui surviennent chez les aniraaux et chez I'homme par la consommationdes viandes mal conservees, deja decomposees ou en voie de decomposition; tel par exem-ple, chez ce dernier, rerapoisonnement (botulümc) par les sau-cissons dits de Boulogne, fabriques par de trop pen scrupuleux marchands, ä l'aide de viandes provenant de bötes mortes ou abatlues, malades ou saines, mais presque toujours livrees toutd'abord, sous pretexte de salaison, au monde des infini-ment petits qui non seulement en utilisent la partie substan­tielle, mais elaborent des ptomaines diverses dont le pouvoir toxique est si redoutable.
D'autres fois, la septicemie est une sorte d'aulo-intoxication, les poisonsseptiquesetant elabores dans 1 economie elle-meme, mais sur une surface limitee que les microbes ne franchissent pas, soit en raison de leurs proprietes speciales (les anaero-bies ne peuvent vivre dans le sang pendant la vie), soit parce que la toxicite des produits secretes et resorbes est teile que
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la rabrt survient dans un laps de temps trop court pour que renvahissement des liquides circulaloires füt possible; cette-surface est le plus souvent le siege d'un processus microbien d'ordre morbide : telles, par example, une piaie septiqueraquo; une metrite puerperale, une pneuraonie gangreneuse, elc.
Mais les germes de l'intestin peuvent devenir la cause de troubles, meme en l'absence d'alterations speciales de la muqueuse. C'est lorsque leurs produits de denutrition, plo-maines, indol, skatol, produits gazeux, etc., au lieu d'etre eli-mines par la voie rectale, sont absorbes par le sang. L'empoi-sonnement chimique qui se produit alors a reg.u le nom de stercorenne ou encore de seplicemie intestinale. Get empoison-nement survient dans un certain nombrc de circonstances. pathologiqucs, particulicrement lorsque le sue gastrique est trop peu acide ou trop peu abondantpour neulraliserlamajeure partie des germes qui traversent l'estomac, ct d'une maniere generale dans toutes les affections de quelque duree amenant un sejour prolonge des matieres fecales dans l'intestin (fievre, inappeience, retention de bile, etc.) II y a indication dans ces conditions d'entraver les fermentations intestinales par I'admi-nistration d'antiseptiques speciauxet d'aiderä levacuation des substances toxiques et des germes qui les produisent par les purgatifs. Gelte action evacuante des laxatifs explique leur utilite dans toutes les affections febriles dont la nature specials ne les fait pas contre-indiquer.
La palhogenie de la septicemie n'est done pas unique; le charnp nosologique du terme septicemie est d'ailleurs fort mat delimite. Si Ton tient compte du fait que les bacleries contri-buent d'une falt;jon generale ä ramener les molecules organi-ques complexes ä des formules de plus en plus simples, si Ton tient compte, d'autre part, de la difficulte oü Ton est de determiner dans cet immense travail des microbes ce qui doit ctre considere comme putrefaction et de definir les matieres
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putrides, il faut reconnaitre que par le mode d'action des ger-mes qui les occasionnent ainsi que par leur evolution, toutes les maladies generales d'ordre microbion doivent rentrer dans le groupe des affections septicemiques. Si un certain nombre d'entre elles en out ete distraites, c'est en raison des caracteres speoifiques de leur germe qui, imprimant ä la raaladie une physionomic particuliere, en font une entite morbide bien de-iinie : charbon, fiüvre typhoide, tetanos, elc, etc.
M. le professeur Degive avail dejä, il y a vingt ans, congu et neltement exprime cette maniere de voir. Dans plusieurs travaux et discussions (1), il reconnaissait ä ces iflaladips des traits reels de consanguinite qui le porlaient ä les rapporter toutes a une meme souche et ä les considerer comme les enfants d'liiie memefamille, laquo;la souche ou la taniilleseptoide, encore dite septicamp;mie, mais mieux appelee seplose, diathese #9632;seplique, pulride. raquo; Si la decouverte des germcs propres ä la plupart de ces maladies ne permet plus de croire ä leur iden-tite, eile leve tons les doutcs quant ä leur analogic.
Le nom de sapremie a ele reserve aux seplicemies engen-drees par des microbes qui developpent une odeur forte de putrefaction.
La seplicemie netait etudiee autrefois que comme une com­plication des plaies; mais eile pent se produire en dehors de tout traumatisme, les agents qui lui donnent naissance pene­trant par une surface naturelle, sans effraction, comme les voies digestives, respiratoires, genitales, urinaires, etc. II y a done des scpticemies chiriirgkaleseldessepticemies medicales.
Lorsque la septicemie evolue ä la suite dun traumatisme, on voit survenir du cöte de celui-ci des changements impor-tants qui accusent l'infection de la plaie par des germes : la secretion y devient scro-sanguinolente, souvent fetide, les
(i) Voir Annalcs dc. miklecine velcrhiairc, anndes 1874, p 802 ; 1875 p. 94 et 1876, p. Hö.
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bourgeons charnus deviennent moins tendus, plus mollasses, souvent violaces; les tissus voisins se gonflent et deviennent le siege rt'un cedeme inflammatoire souvent progressif; ces lesions locales peuvent entrainer des desordres tres graves, tels que la gangrene, le decollement des tissus avoisinantsquot;; parfois une veritable putrefaction s'etablit du vivant de l'animal sur la partie envahie par les germes. On ne saurait d'ailleurs assigner de regle fixe quant ä l'importance des troubles locaux; ils dependent evidemment de la nature des germes qui les deter-minent.
Quant aux symptomes gcneraux, ils sont sous la depen-dance des substances toxiques elaborees par les microorga-nismes sur le theatre meine de la plaie. L'apparition des mani­festations febriles et plus particulierement l'elevation anor­male de la temperature sont les premiers indices de l'intoxica-tion; ils permettent au praticien d'affirmer, en I'absence d'un autre processus evident, l'infection de la plaie et ils constituent une indication precieuse par le traitement ulterieurde celle-ci. En meme temps, i'empoisonnement des centres nerveux par les toxines bacteriennes se traduit par des phenomenes de coma, de stupeur ou meme de surexcitation.
Le contact de ces meines substances avec les globules rou­ges du sang provoque une destruction plus active de ceux-ci ; la matiere colorante de ces globules, en execs dans le plasma, communique aux liquides inlersticiels et notamment aux muqueuses apparentes une teinte jaune sale plus ou moins intense qui dans les cas graves, accuse I'existence d'une sorte d'ictere hemapheique; la constitution de ce dernier etat est d'autant plus facile dans ces circonstances que le foie, altere lui-meme, est impuissant ä eliminer la matiere colorante que le plasma sanguin lui apporte en quantite surabondante.
Les germes des septicemies ne se trouvent pas toujours dans le sang; certains d'ailleurs sont anaerobies et ne peuvent
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s'y muhiplier; quant aux autres on les voit penetrer dans les liquides circulatoires lorsque la maladie ä une dureeassez lon-gue. II est Evident que cette penetration pent etre suivie de nouveaux troubles localises en differenls points de l'economie oü ces germes s'arrefent. Mais en rabsencememe dps microbes dans le torrent circulatoire, on voit presque toujours les symp-tömes generaux des septiceraies se compliquer de manifes­tations localisees dues ä Faction irritante des ptomaines resor-bees. Teile est la pathogenie des nephrites parenchymateuses avec albuminurie.des hepatites, des enterites avec diarrhce, des pneumonies, pleuresies, pericardites, myocardites, endocar-tlites, meningo-encephalites, etc. que Ion voit se developper au cours des septicemies.
La fievre septicemique offre plusieurs varietes dont I'impor-lance clinique, ne saurait etre meconnue. La fievre traumatique cpnstitue la forme la plus legere, le premier degre de la septi-cemie aigue; colle-ci evolue en quelques jours et determine une elevation thermique plus forte et plus durable; la septiceme suraigue, foudroyante ou gangrdneuse tue le sujet en un temps ti'es court; enfin la seplicemie clironique ou ßevre hectique amene un deperissement lent des malades et dure beaucoup plus longiemps.
La septicemie pent succeder a une foule d'accidents locaux differents: plaies sanieuses, abces, erysipele. furoncle, gan­grene gazeuse, etc. Les microbes qui la provoquent sont done fort variables et il en resulte que les symptömes ne sont pas toujours les memes.
Les germes pyogenes peuvent aussi provoquer une septice­mie pure; le streptococcus pyogenus est l'agent de la fievre puerperale; on a rencontre le staphylococcus pyogenus aureus dans le sang de plusieurs septicemiques. Generalement alors, la virulence de ces germes est tres grande et la raort survient trop vite pour que le pus ait le temps de se former. Ainsi la
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fievre puerperaleäpparaitsous trois types differents duns les-quels on rencontre toujours le streptococcus pyogenus; ello reyfit tantöt la forme d'inie septicemie vraie emporlant rapide-raent le sujet; d'autres fois, la malade succombe avecun abces des ligaments larges et on constate la generalisation du strepto-coque suns qua celui-ci ait provoque de nouveaux abces; enfan la maladie evolue parfois avec une lenteur relative et prend alors les curacteres d'une pycmie avec des abces multi­ples a streptococoques.
Ces observations montrent ä l'evidence que dans la septice­mie et la pyemie l'essence du processus n'est pas differente ; le resultat tient, lors de pyemie, ä la propriete specialement pyogene du gerne et ä sa virulence particuliere.
Les lesions que Ton observe ä l'autopsie des seplicemi-ques sontloin d'etre constantes. Ccpendant on remafque que les cadavres se puti'efient avec rapidile. Les parcnchymes du foie, du rein, de la rate sont souvent enflammes, raraollis. On peutti'omerdes inflammations ducotedes differentes sereuses: plevre, peritoine, pericarde, endocarde, etc. Des hemorragics multiples, la teiute plus ou moins icterique de tous les tissus, accusenl dans certains cas l'alteration profonde du saug.
Septicemie de Pasteur.
Nous ne nous attarderons pas ä rapporter l'liistoire des sep-ticemies obtenues experimentalement; elles presentent, certes, un grand interet au point de \'ue bacteriologique general; mais nous no pouvons trailer ici que des germes que le prati-cien est expose ä rencontrer et doit absolument connaitre.
Le bacillus septicus ou vibrion septique oecupe le premier rang parmi ceus qui donnent lieu aux phenomenes septicemi-ques les raieux caracterises. II est l'agent des complications des plaies designees sous les noms de ganyrene gazeuse, gangrene
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foudroyaiita, gängramp;ie traumatique, oedema matin. L'affection ä laquelle il donne lieu ehe/, rhomme et les animaux a eie qua-lifiee de scptkemie grangfeneüsepav MM. ChauveauetArloing. Caraclercs du vibrion septique. — C'est im bätonnet mesurant 0mm,004 de long sur 0mm)001 de large, plus eourt que celui du charbon bacleridien; ilestsouventarticule comma ce dernier, mais ses differents segments n'ont pas tous la meme longueur, fandis que les filaments articules du charbon out des dimensions uniformes. De plus, alors que- les bacteridies articulees sont coupees ä angle droit et un peu reiiflees ä leurs bouts, ces caracteres ne s'observent pas pour le bacille septi­que. D'apres MM. Cliauveau et Arloing, lorsqu'on I'examine dans I'oedcine d'un foyer septicemique, il se presente : 1deg; avec les caracteres d'un bacille (de 0mn,,006 ä 0quot;quot;n,030 sur O^OO'l a 0quot;quot;quot;,001ü) pourvu d'une spore ä Tune de ses ex-tremites, laquelle est parlbis renflee; 2quot; ou ceux d'un bacille ä protoplasme homogene, un peu plus allonge que le precedent (0quot;'ra,012 ä üquot;quot;quot;,030i. Dans les sereuses et dans le sang apres la mort, il attaint des dimensions considerables en longueur etseseg-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,^ .
mente plus ou moins rapidement en articles de grandeurs differentes, jamais sporules ä la fagon du bacille charbonneux.
Le vibrion septique est un etrc absolument anaerobic; il est done de mouvements tres vifs ct flexueux que le contact de l'oxvgene arretenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; FlG- 2'
. ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1. 2. 3. BaciUes de la aepticennamp;
rapidemeilt.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;(Ib Pasteur dans le peritoine et
Action des agents physiques et „Z^-lvnVJu^!: chimiques. — La chaleurest lades- sporeterminaie. tructeur le plus actif et le plus sür du vibrion septique; c'est meme le seul recommandable en pratique ; la serosite virulente
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est rendue inoffensive par im chauffage de IS minutes a 100deg;; la serosite dessechee exige un peu moins de 10 minutes a 120quot;. La putrefaction lui fait perdre lentement sa virulence (en deux mois); le virus desseche a des temperatures variant de 15deg; a 38deg; se conserve indefmiment. Les antiseptiques ont un faible pouvoir toxique pour le vibrion septique; d'apres MM. Chau-veau et Arloing, I'acide sulfureux s'est montre !e plus puis­sant; quant au sublime ä l/oOO, il ne tue pas le bacille de la septiceraie gangreneuse. L'acide phenique ä 3 % n'est actif que si Ton eleve la temperature.
Cultures. — Le bacillus septicus se multiplie dans tous les milieux artificiels ä la condition expresse que ces milieux et l'atmosphere oil ils se trouvent enfermes soient prives d'oxy-gene. Le developpement se fait avec degagement d'acide car-bonique et d'hydrogene; les bouillons se troublent puis se cla-rifient par le depot des bacillcs; la gelatine se liquefie; la ge-lose se prete bien ä la culture; celle-ci determine une trainee blanchätre ä bords fcstonncs qui se propage dans toute la masse nutritive grace a la division de celle-ci par le degage­ment gazeux. Les bacilles sont ondules ou droits dans le bouil­lon; d'abord homogenes, ils deviennent granuleuxpar la suite ct se desagregent. Quelques gerraes deviennent sporules; la spore apparait le plus souvent ä une extremite renflee du ba­cille et donne a celui-ci I'aspect en battant de cloche. La cul­ture sur solides donne des bätonnets plus courts et dont la fructification est plus tardive.
La semence doit 6tre puisee, soit dans la serosite perito-neale, soit dans le sang des septicemiques. Mais le sang con-tenant tres peu de germes immediatement apres la mort, il faut, pour que l'inoculation soit suivie de succes, les laisser s'y multiplier. A cet effet, on enferme un peu de sang dans une pipette et on la porte a letuve pendant 2i heures; la multi­plication des bacilles s'y produit et s'accuse bientöt par Tap-
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parition de bulles gazeuses. Le sang peut alors servir a ense-mencer les milieux artificiels. Le sue musculaire peut etre uti­lise dans le meme but.
Recherche et coloration. — L'examen doit porter sur la se-rosite de l'oedeme on du foyer septicemique, sur le sang, la se-rosite peritoneale et le sue musculaire. En etudiant des prepa­rations fraiches et non colorees, on se rendra compte des mou-vemenls du bacille qui serpente entre les elements du sang ou de la serosite; on constate que les batonnets du centre de la preparation conservent leur mobilite bcaucoup plus long-temps que ceux qui avoisinent les bords de la lamelle oü ils sont tues par le contact de Fair.
Les solutions hydro-alcooliques suffisent pour la coloration du vibrion septique; d'ailleurs les methodes de double colora­tion donnent demauvais resultats.
Inoculations experimentales. — Les especes douees de re-ceptivite pourle bacille de la septicemicgangreneuse sont: le cobaye, le lapin, le mouton, la chi'vre, le cheval; puis par or-dre d'affinite decroissante, Väne, la poule, le pigeon et enfin le einen et le chat. Quant au becuf, il tie prend absolument pas la maladie; e'est lä une exception remarquable et qui suffira ä differencier cet agent pathogene de celui du charbon sympto-matique avec lequcl il a plusieurs cotes ressemblants.
L'inoculation ruussit lemieuxquandelleestpratiquee dans le tissu cellulaire sous-cutane (1/3 de goulte ä u gouttes de sero­site virulente suffisent); eile eclioue invariablement quand eile est faite ä la lancette ou par scarificalions superficielles. Quant ä la voie sanguine, eile permet ä l'animal de recevoir des doses dc virusbieiisupeneuresaux dosesmorielles par le tissu cellulaire sous-cutane. Les sujets inocules par ccttevoie eprou-vent uh mouvement febrile plus ou nioins intense et gagnent rimmunite; mais lorsque la quantite introduite dans 1c sang a depasse 1 ä 3 gouttes de serosite virulente chez le lapin, 1 ä
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3 c. cub. chez le mouton, 10 ä 35 c. cub. chez l'äne, eile amöne la mort du sujet inocule. Chez les animaux ayant 6te rendus refractaires par I'injection vasculaire, I'inoculation ul-terieure dans le tissu conjonctif provoque un leger gonflement ou tout au plus la formation dun abces curable.
La serosite retiree dn tissu musculaire, du tissu conjonctif et des parenchymes est plus virulente que celle des sereuses.
L'inoculation dans le tissu conjonctif est suivie d'une reac­tion inflammatoire violente; la region devient chaude et dou-loureuse, eile se tumefie; I'engorgement s'etend rapidement vers les regions voisines et devient crepitant, emphysemateux, par suite de la formation interieure de gaz (acide carbonique, hydrogene, hydrogenes carbones, sulfure, etc.). Bientöt la par-tie centrale se montre insensible et presente tons les signes de la mortification. L'infiltration gazeuse pent manquer, lorsque la mort survient trop vite. Celle-ci arrive an bout de douze ä quinze heures chez le cöbaye. L'autopsie revele de vastes de-collements des tissus, leur infiltration par un liquide sanieux et des gäz fetides, la gangrene de lambeaux plus ou moins etendus, et l'extension souvent tres grande et dans tousles sens de l'intlammation primitive.
L'inoculation intra-vasculaire pent fetre suivie des monies alterations, iorsqu'une solution de continuity de 1'appareil cir-culatöire permet aux germes de penctrer dans le tissu conjonc­tif et de se multiplier ä l'abri de l'oxygene du sang.
L'affection est transmissible de la mere au foetus.
Etiologie et palhoqc'nie. — On trouve le vibrion septique partout, dans le sol, dans les poussiüres du foin, dans la plu-part des matiercs putrides et aussrdans lo tube digestif des animaux sains. Mais il est inoffensit dans ce dernier endroit; cependant aprcs la mort, l'oxygüne venant ä manquer dans les tissus qui s'opposaient pendant la vie a sa penetration, il envahit ces tissus, s'y multiplie et e'est ainsi qu'on pent cons-
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tater sa presence dans le sang (de'la veine-porte d'abord, puis de toute l'economie) et ä la surface des visceres abdomimiux. De mfeme, lorsqu'il penütre accidentellement dans les tissus vivants, et y trouve de bonnes conditions de vitalite, il ne se multiplie que localement et non dans le sang, parce que l'oxy-gene le tue au fur et ä mesure de sa penetration; au contraire, on le retrouvera dans le torrent circulatoire quelque temps aprös la mort.
Les plaies larges, exposees au libre contact de l'air, sont difficiles ä contaminer, toujours ä cause du caractere anaero­bic du bacille. Au contraire, ce dernier s'implante avec facilite dans les plaies irregulieres, contuses, oü les tissus atteints sont en voie de necrose. L'experience suiyante de MM. Chau-veau et Arloing est decisive ä cet egard. Si apres avoir injecte quelques gouttes de virus dans la jugulaire d'un belicr, on ar-rete la circulation dans uri testicule par le bistournage, on voit ce testicule devenir le point de depart d'un processus gangre-neux mortel.
Lorsqu'une plaie vientäetre souillee par le bacillus septicus, sPles conditions locales ne s'opposent pas ä sa multiplication, on voit survenir un processus inflammatoire dont les carac-teres sont ceux de l'oedeine experimental Signale plus haut. La resorption des pi oduits elabores par le bacille, en d'autres tennes, l'intoxication septique cntraine les manifestations ge-nerales de la maladie et la mort en un temps plus ou moins court. En effet, lorsqu'on injecte au cobaye 30 ä 40 c. cub. de la serosite de l'oedeme privee de ses bacteries par filtration, il meurt en quelques hcures aveclessymptömesde la seplicemie.
La transmission de la maladie d'un malade ä un aulre, se fait le plus souvent par les instruments de Chirurgie qui out ele souilles au contact d'une plaie infectee ; c'est lä la cause des epidemics que Ton a observees chez l'homme; l'usage des moyens desinfectants a rendu cette complication des plaies ex-tremement rare aujourd'hui.
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i^-
Septicemies du lapin.
Le lapin est fort sensible ä l'action des microbes pathogenes; il succornbe en un temps relativement court ä l'inoculation de la plupart d'entre eux et constitue, pour cette raison, Tun des plus pr^c'eux anxiliaires des laboratoires. Les experiences de Davaino, de Coze et Feltz. de Koch, sur la virulence des ma-tieres putiides ont porte principalement sur ce rongeur. Nous n'avons a retenir, de ces recherches, que celles relatives ä la septiceinic experimentalede Koch; le microbe special de cette affection piesente, en effet, plusieurs caracleres communs avec ceux de quelques-unes des maladies de nos animaux,tellesque le cho'era des poules, le cholera des canards, la pneumo-en-terite du pore, 1 epizootie du gibier. Mais en dehors des con­ditions experiraentales, les lapinspeuventcontracter des affec­tions de nature similaire, sevissant epizootiquement sur les clapifrs et provoquant des pertes serieuses. On les designe du iiom dc si'pticemii's spontanees par opposition auxprecedentes. Nous etudierons ici dans leurs points essentiels, d'abord la sep'imrie experimentale de Koch, puis les septicemies sponta­nees. Le Ircteur s'apercevra aisement des points de contact dc ces difTerentes maladiesquot;.
Seplicemie experifnentale des lapins (Koch).
Kodi I'a dctcrminee par I'injection d'une maceration do viande putrefiese; il obtint un phlegmon putride et la mort an bout.de trois jours; la serosite de l'ccdeme peripherique ä Fab-ces, iiioculee ä tres petites doses transmit une septicemiemor-telle en vingt-quatre heuresa des series successives de lapins.
Le liquide de l'oedeme et le sang contenaient des microbes en grand nombrc ayant une forme ovoidc de 0mm,0008 ä 0quot;quot;quot;,001 de long et dont les extremites se colorent senles d(^ feiQoin qu'il affecte, aprcs coloration, la forme d'unoo-
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— us —
L'affection est facilement transmissible par inoculation ä tous les oiseaux; d'apres Peiri, eile pourrait meme sevir a I'etat epizootique chez la poule, le canard et l'oie. Elle ne se transmet pas au cobaye.
Les lesions, chez le lapin, sont les suivantes : un oedeme lt;ia point inocule, des taches hemorragiques sur le peritoine, dans le poumon et le gonflement de la rate. Chez les oiseaux inocules, on voit survenir un deperissement rapide avec re-froidissement du corps; quelques convulsions precedent la mort qui survient en moins de vingt-quatre heures. Les alte­rations consistent en ecchymoses dans le tissu cellulaire, un laquo;panchement abdominal, des petechiessur rintestin, rinfiltra-lion du poumon et la presence d'un mucus spumeux dans les Lronches. Le sang des oiseaux reporte chez le lapin ä doses infimes reproduit la septicemie chez ce dernier.
Septice'mies spontaniies du lapin.
Lucet a decrit une affection de ce genre qui sevissait sur les clapiers et occasionnait de grandes pertes. Les malades manifestent de l'inappetence, de l'amaigrissement, de la non-chalence, de la torpeur, des tremblements musculaires passa­gers; il survient parfois aussi de la diarrhee et la mort arrive toujours rapidement. A I'autopsie, le sang est lioir, la rale enorme et foncee; la plevre et le peritoine sont le siege d'in-flammations exsudatives avec depots fibrineux; on remarquo un leger epanchement abdominal.
Le sang et les organes renferment un microcoqueimmobile, isole ou associe par deux, de 0n,n,,0007 ä 0ra,,,,0009 de dia-metre, se colorant bien directement, mais ne prenant pas le Gram. II est a la fois aerobie et anaerobie; il perd rapidement sa virulence dans les cultures abandonnces au contact de lair. II ne vegöte pas sur gelatine ni sur pomme de terre.
L'affection est transmissible de lapin ä lapin, du lapin au
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cobaye, et inversement par inoculation, ingestion et par simple cohabitation. La virulence s'attenue dans l'organisme du co-baye, mais reprend sa force premiere par son retour sur le la-pin. Chez ce dernier, une culture qui, par Tage, a perdu une partie de sa virulence, donne d'abord un abces local. La ma-ladie etudiee par Lucet n'est pas transmissible ä la poule. Le furnier, les aliments sent les vehicules du genne, et e'est par leur intermediaire qua lieu rinfection naturelle.
Thoinot et Masselin out etudle aussi une septicemie spon-tanee du lupin qui decimait les clapiers de l'ecole d'Alfort. Les symptömes accusent la perte de l'appetit, une depression con­siderable des forces, l'acceleration de la respiration et parfois la diarrhee. Les lesions consisient dans la couleur noire du sang, la teinte lie de vin des muscles, I'epanchement rose ou jaune du peritoine et de la plevre, 1 :,ine albumineuse.
La maladie doit etre altribuee -lt; un raicrococcus isole ou as-socie par deux, mobile, prenant, .bez les oiseaux.l'aspect d'un court bacille simulant un 8 et do it les deux extremites, presen-tant plus d'affinite pour les matieres colorantes, sont separees par un espace clair. Ce microbe une fois colore se decolore par les precedes de Gram et de Weigert II i trouve en grande quantite dans le sang et dans la plupart dc urganes lorsque la maladie a eu une certaine duree; an contraire, il esl beau-coup plus rare dans les formes suraigues.
La culture en est facile; il so conduit comme un anaerobic facultatif et se reproduit avec I'aspect d'un diplocoque mobile rappelant absolument le microbe du cholera des ponies. Apres virigt jours d'exposition ä Fair, ses cultures en bouillon ont perdu toute virulence. Sous son influence, 1cbouillon se trou­ble puis redevient clair; la gelaiine ne se liquefie pas et la cul­ture y prend I'aspect d'une trainee blanche, iuisante, epaisse et dentelec sur les bords.
L'atlection se iransmet facilement de lapia ä lapin; eile se
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communique egulement au cobaye et ä tons les oiseaux chez lesquels eile prend la physionomie du cholera aviaire. Lorsque leviruses! inocule dansle muscle pectoral, il determine un sequestra, en tout comparable a celui qu'y provoque I'inocu-lation de cette derniere maladie.
Cholera des poules.
Maladie excessivement meurtriere, sevissant epizootique-raent parmi les oiseaux de basse-cour. Elle se caracterise par des symptömes faciles a reconnaitre: les animaux qui en sont alteints perdent leur vigueur, se tiennent le plus souvent cou­ches ou marchent avec nonchalance; ils sont frileux et recher-chent le soleil, leur plumage est herisse, de sorte qu'ils pren-nent la forme d'une boule; la crete devient violacee, bleuätre ou meme noire. L'appetit disparait de bonne heure; une diarrhee abondante se produit qui entralne l'expulsion de matieres glaireuses; on observe parfois le rejet par le bee d'un liquide visqueux. La mort survient en quelques jours ; eile est parfois precedee de mouvements convulsifs ; mais la maladie pent etre foudroyante et 1'on rencontre tres souvent des poules mortes dans leur nid, le mal ayant produit ses effets pendant le temps de la ponte; le cholera pent aussi dürer un temps assez long et on le voit alors provoquer nn amaigrissement lent des sujets alteints; dans ce cas encore, la mort est la ter-minaison ordinaire de la maladie.
Les pertes qu'occasionne le cholera des oiseaux sont fort serieuses; des centaines de poules succombent parfois en quelques semaines dans une basse-cour. L'affection ne parait pas avoir toujours la meme malignite; cette particularitc trouve sa raison d'etre dans I'alteiabilite assez grande du germe qui la determine.
Les alterations que Ion rencontre ä l'antopsie sont assez constantes : le sang est noir, ordinairoraent poisseux; cepen-
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darit, il n'est pas rare de trouver des caillots consistants dans les cavites du cceur. Le foie est gros, trös fonce ou parfois d'un brun assez clair et parseme de taches hemorragiques ; les intestins contiennent une gelee muqueuse tremblottante plus ou moins adherente ä la muqueuse; celle-ci est enflam-mce, parfois ulceree et ses alterations sent d'autant mieux mar­quees que I'affection a dure plus longtemps ; dans les cas aigus, on y observe notamment des petechies fort nombreuses. Le coeur montre une lesion caracteristique : sa face exterieure est parsemee d'un pointille hemorragique particulierement localise au sillon coronaire; la cavite du pericarde renferme une certaine quantite d'exsudat liquide et un depot gelatini-forme adherent au coeur; ce depot manque rarement. Des extra­vasations miliaires peuvent se rencontrer egalement dans les centres nerveux.
Microbe. — Le sang, les dejections, l'exsudat du pericarde renfermcnt en grande quantite un microorganisme tres court et ovoide affectant la forme d'un 8. C'est
une diplobacterie, une bacterie dont les extremites sont moins refringentes et pren-
nent mieux les matieres colorantes que la partie moyenne qui resto claire. Elle apparait souvent sous I'aspect d'un microcoque; c'est lorsqu'elle est posee dans la direction du
Fig. 3.
I. Microbe du cho­lera des ponies avec leur ibrme en oo; 2. le meme avec sa forme reelle de ta-cille ä espace clair.
rayon visuel et vue par un de ses bouts. Elle est mobile et ses mouvements sont tres rapides dans les preparations faites avec le sang frais. Elle mesure 0mm,000G ä OmmJ0008 de long sur O'quot;m,0003 a Omm,00O4 de large.
C'est un acrobie facultatif; toutefois I'oxy-gene favorise sa multiplication.
Action des agents physiques et chimiques. — La bacterie du cholera des ponies raeurt en quinzc minutes ä 50deg;, en
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dix a 80quot;, beaucoup plus vite sous Tinfluence de l'ebullition. Apres la dessiccation, eile meurt en quelques jours. Le sublime corrosif ä l/o000 la tue en une minute, I'acide phenique ä 3/100 en six heures. Le sue gastrique la laisse intacie. L'oxygene de l'air Tattenue d'abord, puis la tue.
Cultures. — II se cultive Ires bien dans les bouillons en presence do Fair; sous son influence ceux-ci se troublent rapi-dement, pour se clarifier au bout de quelques jours par le depot des microorganismes produits.
La gelatine inoculee en trait se couvre tout le long de celui-ci d'une pellicule transparente en relief; inoculee en piqüre, eile presente do petites colonies grises tout le long du trajet; eile ne se liquefie pas.
La culture reussit tres mal sur pomme de terre.
Recherche et coloration. — Les microbes du cholera des poules se distinguent facilement, a l'aide de forts grossisse-ments, dans les preparations faites sans coloration au moyen de sang frais; on les voit sous la forme de diplocoques mobi­les, tres refringents. Pour les colorer, il faut les trailer par les solutions hydroalcooliques; ils se decolorent par le Gram ; le precede qui convient le mieux, surtout lorsqu'on veut etudier le microbe dans les coupes, est celui de Löffler.
Inoculations experimmtales. — L'affection sevit spontane-ment et s'inocule avec succes chez tons les oiseaux de la basse-cour : ponies, canards, oies, pigeons, dindons ; eile prend egalement sur le faisan et le moineau. L'inoculation sous-cuta-nee et l'ingestion donnent des resultats a peu pres egalement certains. L'introduction de la matiere virulente dans le mus­cle pectoral au moyen de la seringue de Pravaz y provoque la formation d'un sequestre; celui-ci est d'autant plus prononce que la maladie experimentale a eu une duree plus longue. Ce sequestre n'est d'ailleurs pas caracteristique de la maladie; on le voit en eflfet survenir par I'injection d'autres gprmes (ceux.
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de la pneumo-entei-ite du pore, de la septicemie spontanee des lapins de Thoinot et Masselin, im certain nombre de bacteries septiques).
Le lapin est extrömeraent sensible an cholera des poules. L'injection sous-cutanee d'une gontte de sang provenant d'une pouie malade letueen24heures. C'est lä unreactif sensible pour verifier la nature d'une epizootic de cholera des poules. II faut evidemment, pour pouvoir attribuer une valeur reelle a cette experience, eviter avec soin toutes causes d'erreurs qui pour-raient resulter de l'intervention de germes etrangers. Le sang du lapin qui succombe dans ces conditions est excessivement riebe en germes speciflques. Le lapin s'infecte aussi par voie
digestive.
L'inoculation d'une goutte de sang d'une poule malade dans le tissu cellülaire sous-cutane du cobaye determine un abces qui guerit par l'evacuation du pus; tnais l'inoculation dans le sang donne la mort comme chez le lapin et la poule par asphyxie sanguine. Le pus de l'abces du cobaye est riebe en microbes et son inoculation aux oiseaux ou au lapin repro-duit la maladie.
II resulte d'un certain nombre d'observations que le contact du sang virulent ou d'une culture avec une plaie peut provo-quer egalement chez 1'homme la formation d'un abces et que le chat et le ehien ont pu manger impunement des poules ayant succombe ä la maladie.
Etiologie et pathogmie. — Le germe du cholera des poules est repandu sur le sol des poulaillers et des basses-cours avec les dejections liquides des poules malades; leur penetration dans l'organisme des sujets sains se fait par le tube digestif; les poules en picorant ramassent en memo temps que leurs aliments des parcelles souillees de germes. La transmission de la mala­die par ingestion a d'ailleurs ete contrölee experimentalement. La dessiccation et le contact de l'air tuant assez rapidement
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le microbe, c'est dans les poulaillers humides, oü ies excre­ments sont accumules et dans les eaux stagnantes des cours que celui-ci se conservera le mieux. Le germe de la maladie pourra ainsi persister pendant longtemps dans une exploita­tion, meine apres l'eloignement de toute volaille malade.
Le microbe du cholera des ponies etant aerobie emprunte l'oxygene au sang et determine ainsi les symptömes asphyxi-ques qui se traduisent par la teinte no- bleuätredela crete, le refroidissemcnt general et les taches hemorragiques du pericarde, du foie, du peritoine, etc. De plus, en filtrant sur du plätre une culture en bouillon, M. Pasteur a obtenu un liquide depourvu de germes et qui, inocule aux oiseaux, leur donne passagerement les symptömes dominants de la maladie, leur communique un etat semblable ä celui qui succede ä Tabsorption d'une dose narcotique d'opium. La poule d'abord excitee, se roule ensuite en boule, perd I'appetit, devient som-nolente et sort au bout de quelques heures, de son assoupis-sement momentane. On produit ainsi experimentalement I'in-toxication qui succede ä la multiplication des bacteries speci-fiques dans le sang.
Attenuation. Inoculation previ'ntive. — En cultivant ä 1'air le microbe du cholera des ponies et inoculant les cultures lors-qu'elles avaient atteint differents äges, M. Pasteur a observe que leur virulence diminuait progressivement. Ainsi, en inocu­lant chaque fois un meme nombre de ponies avec des virus datant de quinze jours, d'un, de deux mois et plus, il a vu que la mortalite provoquee par ces differents virus etait de plus en plus faible et qu'ä un certain moment toutes les poules inoculees survivaient. Si, en meine temps que Ton inocule une poule, avec un virus d'une virulence determinee, on ense-mence ce meine virus dans un milieu de culture, il s'y re-produit eucommuniquant a sa descendance I'activitepathogene speciale dont il etait pourvu; l'attenuation du germe est done
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ici hereditaire. On pent ainsi confectionner une Serie de cul­tures de virulence decroissante.
L'attenuation est rattachee a raction de l'oxygöne de l'air; pour conserver aux cultures leur virulence, il suffit en effet de les enfermer a l'abri de l'air libre; au contact de ce dernier^ elles sent generalement inoffensives au bout de deux mois.
La virulence attenuee presente une serie de degres depuis. la virulence normale jusqu'ä la non-virulence. Lorsque le virus est affaibli au point de ne plus faire mourir les ponies, il developpe ä l'endroit de l'inoculation dans le muscle pectoral une alteration locale, aboutissant a la formation d'un seques-tre, lequel sera elimine ou resorbe. Les poules gueries sont vaccinees contre les atteintes ullerieures d'un virus plus viru­lent ou mortel. L'immunite ainsi coramuniquee est d'autant plus efficace que la maladie vaccinale a ete plus intense; sa duree ne parait pas depasser une annee; on fortifie rimmunite resullant dune premiere vaccination par l'inoculation d'un second vaccin, plus virulent.
Le virus affaibli pent recuperer sa virulence lorsqu'on le fait repasser en serie sur de petits oiseaux (serin, etc.).
Enterite infectieuse des poules.
Sous le nom d'enterite infectieuse, Klein a decrit une mala­die epizootique des oiseaux qui a beaucoup de ressemblance avec le cholera ; le phenomune initial est la diarrhee; les ma-lades sont calmes, mais ne presentent jamais la somnolence si caracteristique du cholera. La mort survient, dans le delai de 24 a 36 heures, apres le debut des premieres manifestations morbides.
Le contenu inlestinal, le sang et le tissu splenique ren-fermentun bacille special mesurant 0m,n,0008 a 0n'm,0016 de long sur 0quot;quot;n,0003 a 0mm,0004 de large. Les poules se con-taminent naturellement par Ingestion des produits souilles. L'ino-
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culatioigt; du sang d'une poule malade daus le lissu sous-cutane d'autres poules fait perir celles-ci; mais les inoculees restent Lien portantes pendant les cinq premiers jours et meurent du septicme au neuvieme, tandis que les poules inoculees pareil-lement du cholera succombent en 24 a 3ß heures. Enfin le bacille de la maladie decrite par Klein, ne serait pathogene m pour le lapin ni pour le pigeon, contrairement a celui du cholera.
Dysenterie ephootique des poules et des dindes.
M. Lucet, veterinaire ä Gourtenay, a fait I'etude d'une autre maladie epizootique des volailles domestiques qu'il a qualifiee de dysenterie epizootique des poules et des dindes ; maladie estivale aussi meurtriere que les deux precedentes, la dy­senterie s'attaque particulierement aux jeunes poules de l'an-nee et determine des symptomes qui rappellent fortement ceux du cholera: somnolence, tristesse, inappetence, diarrhee, re-froidissement, aspect en boule, etc. La temperature, d'abord surelevee, descend ensuite de un ä deux degres au-dessous du chiffre normal; la bete meurt du neuvieme au treizieme jour apres le debut du mal, parfois beaucoup plus tard.
Les bacteries, que Ion rencontre dans la plupart des lesions-et surtout dans I'iiitestin, se presentent sous la forme de ba-cilles courts, de 0'quot;n,,0012 a 6mn,,00,18 delong, parfois isoles, plus souvent unis deux ä deux, mobiles, a la fois aerobies et anaerobies, s'attenuant rapidement dans leurs cultures.
La maladie s'inocule par Ingestion de produits virulents,. de poule ä dinde et inversement. L'inoculation des cultures la determine egalement chez les memes oiseaux; cependant I'in-gestion de ces memes cultures ne la provoque que si Ton change le regime. Le pigeon et le cobaye sont refractaires; le lapin ne prend la maladie que par inoculation intraveineuse ; I'lnjection sous-cutanee resle sans effet.
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Cholera den canards.
Les canards sont susceptibles de contractor le cholera des poules; en outre, ils peuvent etre atteints d'une autre mala-die contagieuse qui est caracterisee aussi par la dlarrhee, l'e-maciation des sujets atteints et par sa terminaison ordinaire-ment mortelle; on l'a designee sous le nom de cholera des canards.
Elle est due ä la multiplication dans le sang d'une bacterie offrant avec celle du cholera des poules les plus grandes ana­logies physiques; en effet, eile est oblongue, courte, et parait bilobee sur les preparations colonies ä cause de la propriete qu'ont ses extremites de fixer plus particulicrementles matieres colorantes. Les microbes du cholera des canards sont un peu plus volumineux que ceux du cholera des poules. Comme eux, ils ne se prctent pas aux doubles colorations.
Leur culture, sur les differents milieux solides, est plus riche que celle de cette demiere maladie. Cette particularite est surtout saisissante sur la pomme de terre qui est un fort mauvais terrain pour le cholera des poules, tandis que celui des canards s'y eultive tres activement.
Alors que le cholera des poules est pathogene vis-ä-vis des canards, le cholera des canards est inoffensif pour la poule et le pigeon. Ce dernier ne tue meine pas tons les canards avec la meine rapidite; certaines especes resistent pendant un temps plus long que d'autres.
Le lapin suecombe au cholera des canards comme ä celui des poules; mais il faut de celui-lä une dose plus forte que de celui-ci.
II semblerait que le virus du cholera des canards soit des lors une forme attenuee de celui du cholera des poules. Mais rinoculation du premier ä la poule devrait alors la vacciner contre le dernier, ce qui n'a pas lieu.
La penetration des germes dans les cas de contamination
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spontan6e se fait par la voie digestive, ^experimentation a rea­lise ce mode d'infection. La maladie experimentale peutsecom-muniquer aussi par injection hypodermique.
Charhon bacteridien.
Maladie infectieube et contagieuse reconnaissant pour cause la bacteridie.
La maladie se traduit par une fievre adynamique profonde avec stupeur plus ou moins marquee des sujets atteints. Le sang est profondement altere, poisseux, et le plasma, teint par la matiere colorante globulaire, communique aux muqueuses une couleur jaune sale; parfois il survient des hemorragies visibles ; petechies nasales, conjonctivales, pneumorragie, cnterorragie, hematurie. Souvent les lesions intestinales deter-minent, chez le cheval, des signes de coliques plus ou moins violentes, et ce Symptome, envisage trop exclusivement, re-tarde alors assez souvent le diagnostic de Faffection principale.
A I'autopsie, on trouve le sang asphyxique, poisseux, incoa-gule, les globules sont fortement älteres, agglutines et le plas­ma est teinte de rose. La tunique interne des vaisseaux et du coeur, infiltree par ce plasma est egalemeut souvent rosee; des petechies s'observent sur le cceur, le poumon, la plevre, le peritoine. La rate est fortement gonflee; ses bords, tranchants ä I'etat normal, deviennent arrondis ; sa surface est le plus sou­vent bosselee; sa consistance est molle, friable et sa trame in­filtree de sang extravase. Les intestins sont parfois le siege de lesions congestives et hemorragiquesintenses; ilen estdememe dans certains cas des ganglions lymphatiques de differentes regions qui ont alors double ou triple de volume. Des lesions semblables peuvent exister egalemeut dans les reins, les mc-ninges, etc.
Les especes aptes ä contractor la maladie spontanee sont le mouton, la chevre, le boiuf, le clieval; ce dernier est moins
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facile ä infecter que les premiers; il peut manger impunemenl des aliments qui occasionnent la maladie chez eux. Le charbon se rencontre aussi chez les carnivores des menageries (ü'on). lorsqu'ils'sont nourris avec la viande d'animaux ayant suc-combe au charbon. Exceptionnellement, le chien et le pore s'infectent de la m6me fagon. Les moutons algeriens sont refrac-taires, m6me lorsqu'ils sont nes en d'autres pays.
L'homme est malheureusement sujet ä contracter la maladie charbonneuse; celle-ciaregu chez lui des denominations diffe-rentes suivant le mode de penetration de la bacleridie et la lesion initiale quelle provoque :
1deg; Pustule maligne, forme la plus frequente, consecutive a l'insertion accidentelle du virus dans une plaie cutanee; se de-veloppe chez les ouvriers qui depecent, preparent ou debitent des viandes charbonneuses.
y? Charbon pulmonaire, formela plus rare; se developpepar suite de Finhalation de poussieres chargees de bacteridies, ou mieux de leurs spores, chez les ouvriers qui travaillent des laines ou des peaux provenant des cadavres charbonneux.
3quot; Charbon intestinal, consecutif ä la consommation des viandes charbonneuses.
Caracteres de la bacteridie. — Les microbes du charbon sont des bätonnets droits et cylindriques; ils sont isoles ou associes par deux, trois, rarement plus; la delimitation des articles est alors marquee par une ou plusieurs articulations ou zones claires traversant nettement le filament pluribacillaire; souvent meine les deux elements contigus ont commence a se detacher et forment entre eux un angle largement ouvert dont I'articu-lation, en partie disjointe, forme le sommet.
Les differents segments d'un meine filament ont la meine longueur; chacun d'eux se renfle tres legerement vers ses-cxtrimites. Leurs dimensions varient de 0mm,005 ä 0m'n,010 de longueur sur 0nquot;11,001 ä O^OOIB delargeur. Les filaments.
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composes ne sont jamais longs dans le sang des animaux morts du charbon, a cause de leur collision incessante avec les glo­bules sanguins. Au contraire, ils s'allongent considerablemeni dans les cultures artificielles; on voit en meme temps survenir des changements importants dans leur substance; leur oon-tenu homogene semodifie, se condense sous la forme de spores; celles-ci sont des corpuscules ovoides, tres retringents.moins epaisquele fila- I I I ment lui-m6me et n'y determinant par ^ ^ \ consequent pas de bosselures. La for-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I
mation des spores est suivie plus ou moins vite de leur mise en liberte par suite de la desagregation des filaments. La reproduction de la bacteridie se fait done uniquement par scissiparite dansnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Fie. 4
le corps des malades en vie; a la division i. Budiies charbonneux transversale que les colorations seules ^ U8anKiu les T,^-8
^nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; dans une culture et dejn
rendent evidente dans les cultures sue- sporuies. cede la sporulation; celle-ci n'a lieu qu'entre certaines limiles de temperature; eile commence au-dessus de 12quot; et cesse ä 40deg; et eile est d'autant plus active que le liquide nutritif est plus epuise.
Le bacille du charbon est immobile et aerobic; la sporulation clle-meme necessite imperieusement la presence d'oxygene.
Action des agents physiques et chimiques. — Une tempera­ture de 43deg; arrete la vegetabilite des bacilles charbonneux ; ä 4203, ils ne se multiplient plus que par scissiparite, ne don-nent plus de spores et s'aUenuent.
Les bätonnets sont tues par une temperature de 50deg; pendant quelques minutes; les spores ne sont pas iiifluencees par cette temperature; ä l'elat humide elles resislent ä 80deg; et ä letat sec elles supportent impunement 100deg;.
Les bacteridies ä l'etat de mycelium, c'est-ä-dire de bätonnets.
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sont detruites par la putrefaction; aussi disparaissent-elles rapidement des cadavres abandonnes ä eux-memes ; elles se resolvent en granulations inoffensives. Mais il n'en est plus de meme sur ceux dont on a extrait immediatement les visce-res et notamment sur les cadavres des animaux charbonneux qu'on a jugnles a temps et depecos ensuite. La putrefaction dans ops cas speciaux est beaucoup plus tardive et il est pos­sible de retrouver le bacille charbonneux dansle sang plusieurs jours apres la mort. C'est la un fait dont I'importance pratique est fort grande et que les inspeoteurs des viandes de boucherie devront noter avec soin.
II semblerait que les bacilles du charbon etant dctruits par la putrefaction des cadavres, ceux-ci ne constituent pas un danger pour les contaminations ulterieures. Mais apres la mort des malades, tous les bacilles ne sonl pas detruits; ceux qui recoivent le contact de l'air extcriem- donnent des spores et celles-ci resistent parfaitement ä la di .omposition. Dans les cadavres depouilles, la mise ä nu d'un [ lus grand nombre de bacilles entraine une production plus abondante de spores que dans ceux dont la peau reste adherente.
Les bacilles repandus accidentellement sur le sol par des animaux malades, se trouvantau contact de Fair et a une tem­perature convenable, donneront egalcment des spores, les-quelies se conserveront pendant longtemps ä la surface des plantes. D'apres certains autoui'S, ces spores pourraient meme parcourir dans le sol les differentcs phases de leur evolution et donner de nouvellcs generations.
Les bactcridies se conservent longlemps avec leur virulence dans le sang lorsque cc liquide a ete recueilli avec precaution et renfenno ä l'abri des germes de decomposition. Le sang dosseche lui-menic conserve sa virulence pendant longtemps; les bacilles sont amenes a l'etat de vie latente et se raultiplie-ront dans de bonnes conditions d'liumidile et de temperature.
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Les antiseptiques agissent fort differemment sur les bacilles et leurs spores. Ainsi I'acide phenique a 1/4 et a 1/2 % tue les premiers, tandis qu'il ne tue les secondes qu'a la dose de 5 0/0. Les bacteridies sont tuees par I'acide carbonique, par I'oxygene comprime, par I'alcool absolu; les spores resistent.
Cultures. — La bacteridie se multiplie aisement dans les milieux artificiels a des temperatures comprises entre 12 et 43* et au contact de Fair. La temperature la plus favorable est voisine de 38deg;.
Dans le bouillon, on voit se produire des le premier jour, des flocons blaues, mucoides, suspendus au sein du liquide et ne se dissociant pas malgre l'agitalion de ce dernier. Ces flo­cons grossissent lentement tout en demeurant bien unis; ils sont constitues par des filaments d'une grände longueur, en-chevötres les uns dans les autres comme les fils de coton dans la ouate. Au bout d'un certain temps, ces filaments produisent des spores et se dissolvent; les spores mises en liberte tombent au fond du recipient sous forme d'un sable tres fin.
Lorsqu'on ensemence en trait le baciile charbonneux dans la gelatine, on assiste ä la formation d'une culture tout aussi caracteristique; tout le long du trajet profond apparait une ligne blanche de laquelle partent des branches horizon-tales ramifiees, de facjon que I'ensemble simule une brauche d'arbre avec ses divisions et subdivisions; ä la surface il se forme une couche blanche qui liquefie lentement la gelatine et augmente pen ä peu d'epaisseur.
Les colonies qui evoluent sur la gelatine en plaque sont conslituees par des touffes de filaments entrelaces et presentent des prolongeraents arborescents a leur pourtour.
Sur gelose, la bacteridie se conduit comme sur gelatine.
Sur pomme de terre, eile donne une croüte seche de couleur blanche.
Les cultures virulentes contiennent des substances toxiques
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diverses: unetoxalbuminoideprccipitablepar l'alcool (Nankin, Brieger, Fraenkel; et un alcaloide (Martin).
Recherche et coloration. — On rencontre le bacille char-bonneux dans le sang des animanx ayant succombe ä la mala-die et dans l'oedeme local consecutif ä rinoculation accidentelie ou experiraentale. On le reconnaitra facilement sans coloration dans le sang frais sous la forme de baguettes tres claires arti-culees ou non, immobiles entre les globules. II prend d'ailleurs facilement les differentes couleurs d'aniline ; on peut faire agir les solutions aqueuses directement sur le sang frais, comme aussi sur des preparations prealablement dessechees sur lamelies; dans ce cas les bacteridies sont generalement plus courtes et phis greles. Les doubles colorations de Gram et de Weigert dorment d'excellents resultafs.
L'examen du sang frais est specialement ä recommander ici; il permet de constater rimmobilite des bacilles et lalteration des globules sanguins. II taut avoir soin, lorsqu'on veut so rendre compte de la presence des bacteridies dans le sang d'un cadavre, de puiser le sang ä examiner dans une veine profonde eloignee du peritoine, parce que l'envahissement microbien provenant des visceres abdominaux est d'autant plus rapide, dans cette maladie, que le bacille charbonneux etant aerobie a epuise lo sang en oxygene.
Inoculations experimcntales. — L'inocuiation se fait par injection sous-cutanee, par injection intravascülaire ou plus simplement par scarifications superficielles du tegument cutane, par ingestion ou memo par inhalation. Pour etablir un diagnostic, rinoculation hypodermique et les scarifications suffisent amplemcnt.
La substance ä inoculer est representee par le sang on son serum, par la pulpe dilnee d'organes riches en vaisseaux : rate, foie, ganglions, etc.; dans les laboratoires, on peut aussi avoir ä inoculer des cultures.
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cobayr^le lapin, la souris. Le cliien ne la prend pas, a moins que Ton emploie de doses exagerees ou qu'on introduise la substance virulente dans le Systeme vasculaire. Les oiseaux sont refractaires a la maladie naturelle et ä la maladie experi-mentale; mais cette immunite est facilement vaincue : 11 suffit en effet de refroidir une poule a 38deg; en la plagant dans un courant d'eau froide pour voir la maladie succeder a I'mocula-tion. Les poules rechauffees guerissent. La temperature des oiseaux est done naturellement trop elevee pour permettre la pullulation du bacille charbonneux. Au contraire celle des grenoiiilles est trop basse et on parvient a les rendre charbon-neuses en les rechauffant dans un bain ä 35deg;.
Chez le lapin et le cobaye, Tinoculation est suivie de la for­mation, au bout de dix ä quinze heures, d'un oedeme local assez prononce; la temperature selüve de un ä deux degres. L'appetit ne cesse neanmoins que quelques heures avant la. mort. Celle-ci survient au bout de trente-six a quarante heures chez le cobaye, de quarante-huit a soixante chez le lapin; I'ani-mal meurt dans le coma ou apres quelques convulsions, tou-jours avec un fort abaissement de temperature.
L'autopsie des animaux ayant succombe a la maladie ino-culee est interessante: le point inocule est le siege d'une infiltra­tion cedemateusc gelatinoide ä peine teintee dc rouge. Get oedeme se retrouve dans les cas naturels de charbon, lorsque la penetration des bactcridies a eu lieu au niveau d'une erail-lure du tegument digestif : glossanthrax, ahgine charbon-neuse. Les ganglions lymphatiques correspondants sont tume­fies, ecchymoses et entoures d'une zone d'oedeme. Le liquide de l'oedeme et le sang sont charges de bacteridies. La rate est enorme, diffluente, de couleur noire.
Eliologie et patliogenie. —#9632; Les malades repandent dans les milieux leurs matteres feca]es,leurs urines souventchargees de sang et partant de bacteridies; souvent memele sang s'echappe
li
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directement ä l'exterieur. par les cavites nasales. Leurs cada-vres sont des sources plus importantes de materiaux conta-giferes; toutes les parties en sont chargees; aussi lorsque ces cadavres sont enfouis sans qu'on ait pris lesoind'ydetruireles germcs charbonneux, ils peuvent devenir 1c point de depart de npuveaux cas. Ces cadavres deviennent plus directement nuisibles, lorsque la viande en est iivree ä la cynsommation.
La contagion par contact direct est rclativement rare; eile se realise lorsqu'une personne s'inocule le charbon au niveau d'une piqüre ou de tonte autre plaie recente en depegant un cadavre charbonneux; eile se realise encore lorsque la maladie succede ä ringcslion de viandcs malades, et enfin par trans­mission, aujourd'hui bicn etablie, de la mere au foetus.
La contagion a lieu le plus souvent pur contact indirect, les gcrmes etant au prealable repandns dans les milieux cxte-rieurs. Le sol des locaux, le sol et los herbes des prairies oü ont sejourne des malades ont ute souilles par leurs dejections; les germes ainsi repandus peuvent souillerleslitieres, les four-rages et penetrer dans le canal alimenlaire des herbivores. II n'est pas necessaire dans ces cas, commeon I'availcrud'abord, que les animaux ingcrent en meme temps des substances süsceptibles de blesser leur muquouse, ouvrant ainsi la porte aux hacteridies. II est prouve que les spores charbonneuses peuvent etre absorbees en l'absence de toute plaie intestinale. Mais les bacilles non sporules sont tues par le sucgastrique, de sorle que lour action ne pent so produire que dans les voies anterieures ä restomac et au niveau d'une solution de conli-nuite. L'experience a en effet montre que I'addition aux four-rages souilles de substances süsceptibles d erailler la muquense (chardons, balles d'orge) augnienlelamortalile par le charbon. Au niveau des plaies ainsi produites, il se developpe une lumeur primitive d'oii I'envahissement progresse par les voies lymphatiques.
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Nous avons yu que si les bacilles charbonneux ont deja par eux-memes une grande resistance, leurs spores sent laquo;ncore beaucoup mieux douees sur ce point. C'est d'ailleurs sous cette derniere forme que le contage dn charbon persiste dans certaines exploitations de fagon ä donnor ä la raaladie un #9632;caractere endemique. II suffit que le contage ait ete repandu
dans une prairie; en un point memelocalise, pour qu'ily demeure pendant des annees, souillant les fourrages qui y croissent. Les spores ont ete retrouvees au-dessns d'une fosse fermee depuis douze ans. La maladie se developpe pendant la saison des pä-turages ou bien en hive suivant que I'herbe est consommee #9632;sur pied on recoltee ä l'utat de fein. La condition la plus fre-qnento de ces foyers endemiqnes reside dans 1'enfouissement de cadavres charbonneux; malgre la couche pins ou moins cpaisse de terre qui les rcconvre, les spores formoes sur ces cadavres reviennent neanmoins ä la surface. II est avere que cette migration a pour factenrs principanx los vers de terre. On sait que ces derniers ingörent, tout en creusant les galeries dans lesqnelles ils circulent, une certaine qnantite de terre qu'iisexpulsentensuite sons la forme do rouleaux entortilles ; on sait, d'autre part, qu'ils executont de roguliöros perigrina-tions nocturnes a la surface du sol pours'y nourrir de verdure. Or, M. Pasteur a rcti'ouve dans cos petits tortillons do terre deposes au-dessus d'une fosse contenant mi cadavre charbon­neux, les spores on corpusculos-gormos de la maladie. Mais ces spores no restent pas neccssairement ton jours a 1'endroit d'une prairie oü alles ont etö deposcos; oilcs peuvent etre transportees plus ou moins loin par les vents et surtout par les eaux. Si Ton admet comme etablic la possibilite de la multi­plication des bacilles du charbon dans les terrains mareca-geux, on aura la raison de la persistance de la maladie danä certaines localites.
Les bacilles charbonneux peuvent penetrer directement ou
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indirpctement dans le sang; dans ce dernier cas, ils font d'abord irraption dans les tissus, s'y multiplient, yprovoquent un engorgement inflamm:itoire, gagnent les ganglions lym-phatiques et finalement le sang. Ils agissent alors par un me-canisme complexe. En raison de leur caractereaerobie, ils em-prunteraient au sang line partie de son oxygene et determine-raient ainsi lasphyxie. Cependant, cette action asphyxianteest contredite par les recherches de M. Chauveau qui a montre la presence d'une proportion normale d'oxygene dans le sang d'un mouton ä la deniiöre peiiode du charbon. C'est surtout par ses secretions que la bacteridie agit sur 1'organisme. On ne connait pas encore d'une maniere süffisante la nature de ces substances; mais leur action a ete mise en evidence dans 1'ex-perience suivante : M. Chauveau transfusa a des moutons sains une grande quaniile de sang provenant d'un moulon charbonneux et vit se produire de suite les sympiomes gene-raux de la maladie. O resulut immediat ne pent s'expliqner que parun empoisonnement chimiqne; cette opinion fut dail-leurs conlirmee par 1'examen microscopique qui demontra la disparilion des bacilles chez les moutons transfuses. C'est ä cette intoxication qu'il laut attribuer lesphenomenes de depres­sion nerveuse ou d'excitation passagere qui sent si marques chez les sujets charbonneux.
Lesang charbonneux, tilire sur porcelaine, rend visqueux et agglulinatifs les globules du sang normal. Cette propriete lui est communiquee par les substances issues des bacilles charbonneux et eile explique l'alteralion particuliere du sang dans cette maladie.
Enfin, les bacilles agissent mecaniquement; grace ä leur nombre et a la viscosite anormale du sang, ils ferment des Louchons ä l'interieur des vaisseaux capillaires et occasion-nent des stases sanguines, des hemorragies superficielles et profondes. Teile est, sans doute, la raison du passage eventuel
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de la bacteridie dans le lait, dans I'lirine et ä travers le pla­centa ; teile est aussi la cause du gonflement considerable et caractöristique de la rate et de l'aggravation des troubles cir-culatoires generaux ainsi que de l'hematose.
Attemmtion. Vaccinations. La virulence des cultures char-bonnenses est trös stable; cela tient ä la presence des spores, lesquelles sont peu alterables. Lorsqu'on veut attenuer ces cultures, il faut commencer par emptcher la formation des spores. Pasteur y est arrive en cultivant le charbon ä la tempe­rature de ISMS0. La multiplication des bacilles continue ä se faire; mais la sporulation ne se fait plus. Or, si on maintient semblable culture au contact de l'air, on remarque que sa vi­rulence dirainue rapidement; apres douze jours eile ne tue plus les cobayes adultes, vaccine le lapin etle mouton ; cependantla vegeiabilite persisteplus longtemps et n'est absolumenteteinte qu'au bout d'un mois et demi en moyenne. La bacteridie, de-venue asporogene par la temperature de ^quot;^S'', a perdu ensuite ses proprietes virulentes pour ne conserver que celles d'un microbe saprogene ordinaire et finalement a perdu toute vitalite.
La culture perd peu ä peu son pouvoirpathogene; eile cesse d'etre mortelle d'abord pour les grands animaux, puis pour les petits adultes, enfin pour les petits de quelques jours seu-lement. Or, chaque degre de virulence pent 6tre perpetue iso-lement en cultivant ä 420-430 les differentes varietes obtenues, chacune de ces varietes transmettant sa virulence particuliöre ä sa descendance. On parviendra ä maintenir le degre d'atte-nuation de chacune de ces varietes si on a soin de faire de fre­quents reensemencements; mais on ne peut eviter tout ä fait l'attenuation qui se produit ä la longue. Pour fixer definitive-ment ces varietes, il suffit de les retournera370; elles donnent des spores possedant en germe la virulence speciale des ba­cilles dont elles proviennent et capables de transmettre celle-ci ä de nouvelles generations bacillaires faites ä 37deg;.
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Les varietes les moins virulentes! donnent uneinaladie beni-gne qui Lasse apres eile rimmunite pour les varietes moins atlenuees et on a ainsi des yaccins d'intensites differentes que l'on pent faire agir successiveincnt. Dans la pratique, on se-liraile a deux vaccins, dont on injecte une ä deux goultes, ädix jours d'intervalle.
Nous avons j'apporte, dans la partie generale, les autres modes d'attenuution du bacille charbouneux par I'oxygene conaprime, par la chaleur, paries antiseptiques et les procedes de vaccination qui en ont ete deduits.
Charbon symptotnatique,
Cette maladie elait coufbndue autrefois avec le charbon pro-prement dit; eile en a etc separee ä la suite des travaux de MM. Arloing, Cornevin et Thomas. Elle est caracterisee au debut paries symptomes d'une fievre plus ou moins intense et par I'apparition d'une tumeur specifique surle tronc, I'encolure ou la partie superieuro des membres. Cette tumeur siege pres-que toujours dans les masses musculaires; eile consiste tout d'abord dans un engorgement inflammatoire douloureux, de consistance ferme et uniforme; eile seiend avec rapidite ergt; surface et en profondeur et devient plus tard insensible, cre-pitante et sonore ä son centre (tumeur einphyseniato-gangre-neuse). Les troubles generaux s'aggravent avec les progres de revolution locale et le malade succombe en 36 ä 48 heures. Lorsque la maladie a une duree un peu longue, il n'est pas rare de voir survenir d'autres tumeurs ayant les meines carac-teres. La distribution de ces productions secondaires n'est pas en rapport avec celle des lymphatiques; leur developpement parait se faire par l'intermödiaire du sang.
A l'autopsie, la lesion locale est le phenomene predominant; les muscles envahis sont friables et ont une teinte noire plus
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on moins foncee (charbon); leurs faisceaux se dissocient aise-ment; les fibres out conserve leur striation, raais leur contenu cst fragments en blocs hyalins, vitreux (degenerescence cireuse]. Le tissn conjonctif iutra-musculaire est epaissi, infiltre d'une serosite jaunätre, et cette alteration se propage au tissu de rneme nature qui entoure les masses inusculaireS; cat cedeme a pris parfois des proportions considerables. La formation ga-zouse inhercnte ä la vie des germes a determine le decollement des tissus, an veritable emphyseme localise ä la parlie cen-trale de la tnmeur. Lesgazproduits sontprincipalementracide carbonique et le gaz des marais.
Les ganglions coi'respondantäla tumeursont rouges, ecchy-moses et infiltres.
Les cadavres se putreficnt avec une grande rapidite.
Les animaux qni conlractent sponiancment la maladle sont les betes bovines, ovines et caprines. La receptivitc des pre­mieres n'est pas la meine ä tons les äges; les veaux de moins de six mois ne contractent pas la maladie naturelle; il en scrait de meme pour les sujets ayant depasse Tage de quatre ä cinq ans.
Microbe. — Les agents de la maladie sont des bätonnets droils, isoles, parfois associes par deux, mesurant 0,nm,005 a 0quot;quot;n,008 sur 0n,m,001 quand ils sont pleins, non sporules; ils peuvent atteindreOram,010 sur 0mm,0013 quand ils out fruc-tifie ; ils sont cylindriques taut que leur contenu est homogene; mais Fapparition des spores les fait changer de forme; le plus souvent la spore est terminale et donne au bacille I'aspect d'un battant de cloche, d'une massue; quelquefois elle est centrale, donnant au bacille I'aspect d'un fuseau. La spore est unique, ovo'ide et tres claire; eile occupe ä elle seule le tiers de la lon­gueur de l'element.
Le bacillus Chauvcei est anime de mouvements oscillatoires. C'est un anaerobie pur; aussi doit-on s'attendre ä ne pas le
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trouver dans le sang, au moins pendant la vie; il y penamp;rera apres la mort, quand I'oxygene n'y sera plus renouvele par les echanges pulmonaires.
Action des agents physiques et chimiques.
s y \ Le virus resiste a de grands froids; il resiste
^ ' egalement pendant assez longtemps ä de hautes
temperatures lorsqu'il est desseche; il su main-
tient pendant deux heures ä 80deg;, pendant vingt
bon^ptaXugt;!nutes raquo; 100laquo;; au contraire il perit en deux
nonsporniss et spo-minutes dans I'eau bouillante.
La serosite desbechee vers 33deg; conserve sa virulence pendant plus de deux ans.
La putrefaction est sans effet sur le bacille du charbon bac-terien.
Les bacilles echappes des cadavres et repandus sur le sol conservent leur virulence pendant longtemps si les conditions exterieures permettent leur rapide dessiccation; dans des cir-constances opposees, ils sont attenues plus ou moins vite et finalement detruits par 1 oxygene de l'air. II en est de meine lorsqu'ils ont penetre peu profondement dans le sol permeable. Mais lorsqu'ils sont enfouis a une distance süffisante, surtout dans un sol compact, argileux, ils se conservent pendant tres longtemps grace a l'absence de I'oxygene et de la lumiöre, et peuvent ineme, grace ä leur faculte anaerobie, se multiplier.
Les antiseptiques forts tuent le bacillus Chauvoei; Arloing, Cornevin et Thomas ont observe cetle action toxique apres 24 heures de contact avec le sublime ä 1/5000, l'acide pheni-queä 2/100, le chlore en vapeurs; par centre, l'acidesulfureux, la chaux vive et l'alcool ä 90deg; ne detruisent pas la virulence.
Cultures. Les cultures de ce microbe sont fort difficiles ; elles ne sont possibles qu'ä l'abri de I'oxygene, dans le vide ou en presence de gaz inertes, l'acide carbonique par exemple. Les bouillons additionnes de glycerine et de sulfate ferreux ou
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de gölaiine et de sucre sont les milieux preferables. Le liquide se trouble rapidement et devient le siege d'un degageraent ga-zeux intense; il exhale une odeur prononcee de beurre rance.
Les essais sur solides ont donne egalement des resultats. Sur gelatine, 11 se developpe des colonies spheriques, verru-queuses qui liquefient le milieu et amenent une forte produc­tion de gaz; les cultures sur geiose ont une odeur acide pene­trante. La virulence ne se maintient pas longtemps dans les generations obtenues par culture; eile s'eteint apres quatre ou cinq ensemencements.
La semence des cultures pent etre puisee dans le sucobtenu en raclai it le centre dp la tumeur, dans la serosite du peri-loine et dans le sang. Mais ils n'apparaissent dans ce dernier liquide qu'apres la mort; comme ils y sont en petit nombre, il laquo;st bon de les laisser s'y multiplier en portant ä l'etuve pen­dant 24 heures une certaine quantite de ce sang.
Recherche et coloration. Le bacillus Chauvoei existe en grande abondance dans la tumeur musculaire, suspendu dans les liquides qui la baigneut et interpose aux elements contracti-les.Dans lesderniers moments de la vie et apres la mort, on le rencontre aussi en faible quantite dans le sang; enfin il existe en abondance dans la bile et dans la serosite du peritoine.
Les inethodes de coloration simple reussissent seules; les differentes solutions hydro-alcooliques conviennent ä cet effet; mais le precede de Löffler devra etre prefere pour les coupes.
Inoculations experimentales. Les especes auxquelles il est possible de conferer la maladie experimentale sont le boeuf, le mouton, la chevre et lecobaye. Le lapin est refractaire. L'äne et le cheval ne contractent qu'un engorgement local.
La receptivite des especes pour ce bacille le differencie suffi-samment de celui de la septicemie de Pasteur auquel il res-semble beaucoup par ses caracteres physiques, sa colorabilite, sa faculte anaerobie et par les lesions emphysemato-gangre-
.1
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neuse qu'il provoque. Le bacille septique cst patliogtme pour toutes les especes sauf le bumf; le bacille du charbon bacte-rien ne Test que pour les ruminants et le cobaye.
L'inoculation dermique ä la lancette ou par scarifications superficielles estprcsque toujours sans resultat; au contiaire, rintroduction dti virus dans le lissu cellulaire sous-cutare on dans le tissu musculaire est suivie de sücces, Cependant, il y a lieu de tenir compte de la dose injecteo et du lieu de l'injec-tion. Des doses trös faibles ne donnent pas la raaladie ct con-fcrent rimmunite; de meme l'inoculation d'une dose süffisante pour do ner la mort aus lieux d election cst inoffensive clans le tissu sous-cutane delaqueueet des extremites desmembres. Les experiences de M. Arloing out montre que cette immn-nite locale, que lobservation clinique avaitperxnisdeconstater, tient ä la densite plusgrande du tissu conjonctif et ä la tempe­rature plus basse de ces regions. II a pu en cffet vaincre cette immunite en rcchauffaut la region ou en dilacerant le tissu cellulaire.
A la suite de Finsertion du virus dans le tissu sous-dermique on voit se produire un engorgement inflammatoire douloureux et progressivqui gagne les regions voisines et determine la mort en 24 a i8 heures chez le cobaye.
L'inoculation intra-veineuse de doses faibles mais mortelles par le precede sous-cutane (Säo gouttes de sue chez les jeu-nes bovins, 3/10 de goutte chez les moutons) provoque tine reaction febrile assez intense ; il ne se developpe pas de tu #9632; meurs si Ton a soin de ne pas deposer le virus dans le tissu cellulaire quientoure le vaisseau. Le sujet ainsi inocule est vaccine centre la reaction passagere d'une seconde injection veineuse et aussi centre l'inoculation sous-cutanee d'un virus mortel; la reaction de cette derniere consiste alors unique-ment dans la formation d'un abces curable dont le pus renferme les gerraes virulenls.
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Si Ton a diipasse la quantite supportee dans les vaisseaux, on voit evolucr la maladie typique avec tumenrs. De meme, si apres I'injeclion intra-vasculaire dune dose supportee, on provoque une hemorragie dans le tissu conjonctif, une tumeiir speciflque mortelle apparaitä l'endi'oit de la solution de conti-nuite vasculaire, les bacilles ayarit fait irruption dans leur mi­lieu de predilection.
L'afFection est transmissible par les voies respiratoires; les resultats sent les meines que par la voie sanguine. La maladie peut enfin se transmettre par le tube digestif intact a condition que le virus soit tres aclif; les tumeurs apparaissent en des points eloignes de la porte d'enlree.
Etiologie et patlwgenie. Le charbon baclerien est endemique dans certaines contrees; il sevit parliculierement pendant lele et fait des ravages moins importants que le charbon bacteridien. Les anhnaux s'inoculent accidentellement;or, commedefaibles doses procurent rimmunitc et que celle-ci se transmet de la mere au foetus, il se fait qu'une partie des animaux exposes an contage echappe ä ses mcfaits. Mais ceux qui regoivent d'em-blee une dose süffisante ne tardent pas ä succomber.
Le virus semble pouvoir s'introdüire par differentes voies. Les plaies du tegument externe dans les regions favorables sont plus particulierement propres ä son evolution; mais l'inhahition des poussieres chargees de virus desseche, ainsi que l'ingeslion des fourrages souilles de matieres virulentes tres actives peuvent occasionner aussi la maladie. Dans les cas de plaies cutanees, la tumeur caracteristique se devcloppe ä l'endroit mnme de rinoculation; dans les deux dernieres occurrences, les bacilles se multiplient dans le sang et deter-minent des tumeurs aux e'ndroits oil ils rencontrent. une issue pour penetrer dans le tissu conjonctif on musculaire. La de-chirure de quelques fibres d'un muscle, raltcralion de l'endo-theliura vasculaire (peut-ötre par les produits du bacille), la
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production inopinee d'une plaie meme legere sont autant de facteurs qui regleront le siege des accidents localises et des tumeurs secondaires.
Attenuation. Inoculations preventives. Le virus s'attenue spontan ementlorsqu'il est abandonne au contact de lair; on pent obtenir artificiellement l'affaiblissement de sa virulence au moyen des antiseptiques et de la chaleur. Ce dernier agent a fourni a MM. Arloing, Cornevin et Thomas le moyen de confectionner des vaccins d'intensites variables. La serosite naturelle des lesions specifiques a pu etre attenuee a differents degres par une temperature de 65-70quot; maintenue pendant un temps plus ou moins long. Cependant ces auteurs operent de preference sur la serosite dessechee a la temperature de 30 a 33deg;; le virus desseche est en effet plus fixe que la serosite liquide parceque les spores sont beaucoup plus resistantes a 1 etat sec qu'ä I'etat humide. Gelte substance virulente dessechee resiste a des tem­peratures de 80 a 90deg; sans rien perdre de sonactivite; reduite €n poudre et humectee, puis portee a des temperatures variant de 60 a 110deg;, eile s'attenue progressivement. Les virus affai-blis au point de n'etre plus mortels vaccinent I'organisme cen­tre les virus plus actifs. Les auteurs fran^ais preconisent l'emploi successif de deux vaccins, Tun porte ä i00*, 1'autre a 90deg; pendant sept heures. Ces deux vaccins sont sees quand ils sortent de letuve oü ils ont ete prepares; la dose employee est, par tete, de un centigr. de poudre delayee dans un gramme d'eau. On commence par le vaccin a 100deg; et on termine huit jours apres par I'autre. Les inoculations se font dans le tissu cellulalre de l'oreille ou de la face interne du toupillon. On choisit pour les pratiquer la fin de l'hiver ou I'automne. II faut se garder d'inoculer pendant les grandes chaleurs, une temperature elevee augmentant l'activite du virus.
Les suites des inoculations vaccinales sont locales et gene-rales. Au point inocul6, il survient un engorgement generale-
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merit faible et qui guerit spontanement. En meme temps se developpe une reaction febrile qui accuse l'existence de la maladie sous forme benigne.
Kitt preconise un vaccin unique obtenu a 90deg;.
Lorsque le virus a ete affaibli ainsi arlificiellement il pent reprendre son activite premiere par des passages successifs chez de jeunes cobayes et aussi sous l'influence de l'acide lac-tique, etc. (Voir page 37).
On peut vacciner aussi les animaux en leur injectant du virus naturel soit dans le tissu cellulaire, soit dans le sang. On a vu plus haut que rinoculation de pelites doses dans le tissu conjonctif donne Timmunite au lieu de la maladie et que le sang supporte des doses relativement fortes de virus. Mais I'in-jection dans les veines doit etre faite avec de grandes precau­tions afin d eviter la chute du virus dans le tissu environnant, de sorte qu'en pratique les virus attenues sont gencralement preferes au virus naturel pour conferer rimmunite.
Rouget du pore.
Cette maladie speciale du pore est infecticuse et conta-gieuse; eile s'atlaque de preference aux snjets adultes et ä ceux des races perfeclionnces.
Son existence so rovele par une reaction febrile tres intense, par des taches rouges ou violacces. d'abord discretes puiscon-fluentes sur le tegument cutane, par une diarrhee plus ou moms intense succedant ä la constipation et souvent aussi par de la toux. La rougeur cutanee pent faire defaut dans les cas tres aigus.
La duree de la maladie est toujours courte, en moyenne de deux jours ; eile peut aussi atteindre quatre ou cinq jours, de meine qu'elle est parfois presque foudroyante.
La mort en est la terminaison reguliere; pourtant un assez grand nombre de pores peuvent guerir. D'ailleurs tons les
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pores ayant ete au contact des malades ne contractent pas ne-cessairement la maladie.
L'autopsie revele l'etat congestionnel des capillaires en ge­neral. II y a injection et infiltration sereuse de la peau et du tissu cellulaire sous-cutane, injection avec petcchies et exsu-dation sero-fibrineuse du peritoine, de la plcvre, dn pericarde. Des alterations de meine ordre siegent dans 1c tube gastro­intestinal dont la muqneuse est rouge, epaissie, infiltree; repithelium est desquame en plusieurs points et parföis il exisle des ulcerations en voic de formation.
Les glandcs vascuiaires sanguines (rate, ganglions, plaques de Peyer) sont tumefiees par congestion, exsudation et extra­vasation ; les reins, les poumons, le coeur montrcnt tonjours lt;]e l'injection et souvent ties extravasations. II existe rarement des lesions multiples de broncho-pneumonic.
Le germe du rougetest untres fin bacille cylindrique rappa-lant celui de la septiceiniedossouris(l); ila 0quot;,m,001 äOmra,Ö02 de long surOquot;quot;quot;,0001 a 0quot;lm,00015 de large. On le rencontre
(1) La septicömie des souris a ete. obtenue experimcntalemcnt par Koch en inoculant du sang putröfie sous la peau decesanimaux. Ij'affection se transmet facilement a la souris des maisons, taudis que celle des champs est refractairc. Le microbe ott're avee celui du rouget beauconp de ressemblance ; ils ont la meme forme, les memes dimensions, sout plutöt anaerobies qu'aerobies, pvennent bien le Oram et le Weigert. La culture .en gelatine par plqüure de la septicerr.ie des souris donne une colonie äbranches raj'onnantes comme celle du rouget mats dont les rayons sont oonfondus, tandis que ceux du rouget sont distincts ; la gelatine n'est liquöflöe par au-cun. La pom me de terpe nosepretepasou que mal äleur vegetation. Tons deux s'allongent fort dans lours cultures. Le pigeon suocombe avec une egale rapidite au rouget et ä la septicemie des souris. Le lapin, par contre, est beaucoup plus sensible ä la premiere de ces maladies. Tons deux deterrainent chez le pigeon etlasouris un fort gonflement de la rate et des lesions congestives des differents organes.
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dans le sang, surtout dans les tins capillaires dont il tapisse la paroi interne ; il existe aussi dans les exsudats et dans tons les organes malades : foie, rate, reins, ganglionslymphatiques, moelle des os, etc., dans les matieres fecales et dans l'urine. Cot agent ne doit pas etre confondu avecun gros bälonnet qne Ton trouve dans le sang de la plnpart des pores malades et qui ne presente aucune propriete patliogene specifique. Ce dernier germe ne s'observe jamais dans la maladie experi-mentale et provient probablement d'un envahissement secon-daire qui se produirait chez le sujet malade. Le point de depart de cette infection collaterale serait l'intestin dans lequel le bälonnet dont nous parlous se trouve en abondance; il se trouve en effct dans le sang en quantite d'autant moindre que l'on s'elbigne de la cävite abdominale.
Pasteur et Thuillier qui, les premiers, ont decrit le bacillo du rouget, lui avaient signale la forme d'un 8 de chiffre : ce n'etaitlä qu'tine erreur d'observation que les methodes de co-loi'ationetlepei'fectionnement des appareils ont fait disparaitre.
Le bacille du rouget est immobile.
Cultures. Le bacille du rouget est surtout anaerobie maisil vegöte aussi ä l'air; il se multiplie dejä ä la temperature de 20deg; mais vicnt surtout bicn ä l'utuve.
Le sang et la pulpe des divers organes malades peuvenl servir de semence. Cei!c-ci sera d'autant plus pure qu'elle sera puisee plus loin de la cavite abdominale.
Les milieux divers se prctent bien ä cette culture mais le germe vient mal sur pomme de terre, surtout en presence d'oxy-gene.
Dans le bouillon il donne apres 48 heures un trouble leger, uniforme, qui plus tard se depose en une couche gris blan-chätre.
Les cultures par piqilres sur gelatine sonl caracteristiques. Le germe se multiplie surtout dans les parties profondes et forme sur le trajet de la piqüre un trait duquel emergent en
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rayonnant des houppes soyeuses donnant a 1'ensemble I'aspect d'une brosse a carafe. Gette forme caract6ristique ne s'obtient qu'avec une gelatine de consistance ferme. Le bacille du rou-gel s'allonge sensiblement dans ses cultures.
Recherche et coloration. On peut demontrer la presence du germe speciflque dans le sang, les liquides exsudes et dans les coupes des divers tissus atteints; vu sa petitesse il est a con-seiller de n'examiner que des preparations colorees et d'em-ployer un grossissement de 800 diametres au moins. Le ba­cille du rouget fixe toutes les couleurs d'aniline en solution hydro-alcoolique; sa coloration persiste apres les reactions de Grain et de Weigert.
Inoculations experimentales. Les bacilles du rouget soul mortels pour le pore, le lapin, la souris et le pigeon. Les trois derniercs especes y sent surtout sensibles et succombent a des inoculations sous-cutances, in tra-peritonealesouintra-veineuses d'un produit virulent quelconque naturel ou de culture.
Lmoculalion sous-cutanee peut echouer chez le pore ; I'ingestion quoique reussissant plus souventä conferer lamala-die n'est pas non plus certaine dans ses resultats.
La souris ct le pigeon succombent apres deux ä quatre jours; le pigeon prend la forme en boule comma dans le cholera; le lapin meurt apres trois ä six jours. Les lesions que Ton ob­serve ä l'autopsie consistent en une hypertrophie de la rale avec congestion du foie et des ganglions.
Le cobaye, le rat, le chien et la poule sent refractaires a rinocnlation experimenlale.
Etiologie et pathogenie. Qnoique certains essais d'infection par les voies digestives pratiques en Allemagne par Lydtin soient restes infructueux, il y a lieu d'adinettre cependanl que dans les conditions naturelles le virus penetre par le tube di­gestif.
La mattere virulente ingcree par les pores sains consisterait
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surtout dans les dejections intestinales des malades. Le peu de soin apporte k 1 entretien des auges ä pores, les conditions de-fectueuses des porcheries (aeration, eclairage, proprete) sont de nature a favoriser la propagation du rouget. de meme d'ail-leurs que des autres affections du pore.
Les pores adultes, surtout ceux de race perfectionnee (an-glaise) sont les plus sujets a contractor la maladie; les pores jeunes, ceux de race aborigene, sont plus resistants.
Attenuation. Vaccination. Le rouget du pore s'acclimate tort bien chez le pigeon et le lapin, et aequiert chez ces deux especes une grande virulence; mais tandis que son passage repete a travers l'organisme du pigeon le rend plus actif pour le pore, celui du lapin au contraire diminue sa virulence pour ce dernier. Cette attenuation est teile a un moment donne que le virus issu du lapin ne tue plus le pore; il le rend cependant malade et lui communique I'immunite pour le virus fort. L'at-tenuation ainsi obtenue se maintient dans les cultures faites ensuite dans les bouillons ordinaires et ces cultures peuvent servir k vaceiner le pore.
Dans la pratique, on a recours k deux vaccins que Ton fait agir successivement k dix jours d'intervalle ; on debute par un vaccin faible et on termine par un second dont la virulence est beaucoup plus forte.
Les pores jeunes etant beaucoup moins sensibles k la ma­ladie, partant au virus, e'est pendant le jeune äge qu'il laut vaceiner de preference. L'immunite obtenue ne dure guere qu'un an, mais ce terme suffit pour les neeessites de l'elevage et de l'engraissement.
Pneumo-enterite ou cholera du pore.
La pneumo-enterite des pores est une maladie infectieuse et contagieuse qui a ete longtemps confondue avec le rouget.
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Elle a ole decrite en premier lieu, en Amerique, par Salmon sous le nora de hog cholera ; eile a fait I'objet, en France, des travaux de Riestsch et Jobert, de Cornil et Chantemesse a propos des epizooties de Marseille et de Gentilly ; eile a ete etudiee par Selander sur les pores de Suede et de Danemarck.
Cette maladie s'attaque particulierement aux jeunes pores et est presquc toujours mortelle. Elle se manifeste par des symp-tömes quelque peu differents suivant les pays oil eile a ete observee.
D'apres Salmon, la maladie est aigue on chronique. Dans ce dernier cas, on remarque de rinappetence, une diarrhee per-sistante et le deperissement lent des malades. Lorsque le mal est aigu, la diarrhee est plus intense et sanguinolente. Dans les deux cas, I'lntestin est fortement altere, et particulierement le gros intestin. Ce dernier presente des ulcerations et un fort epaississement de sa muqueuse lorsque la maladie a ete lente; quand revolution a ete rapide, les lesions prennent un carac-tere hemorragique et portent non seulement sur le coecum et le gros colon qui sont fortement injectes et ulceres, mais encore sur la rate, les reins, le foie, les ganglions du mesen-tere. Les poumons sont le plus souvent intacts; neanmoins, on pent observer quelques noyaux d'hepatisation ä la periode ultime de la forme lente. La peau du cou, du ventre et parfois de tout le corps est coloree en rouge.
Les lesions intestinales sont done dominantes dans la ma­ladie etudiee par Salmon.
La maladie etudiee en France se caracterise par une fievre intense avec prostration considerable des malades, titubation et parfois paralysie. Bientöt survient une diarrhee sereuse, in­tense et fetide, souvent precedee, parfois suivie de constipa­tion ; en m6me temps ou peu apres se montrent les signes d'une affection pulmonaire : toux quinteuse, rauque, accele­ration et gene respiratoires, jetage muqueux abondant.
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Les symptömes dominants varient d'apres la predominance des troubles intestinaux ou pulmonaires. Lors de l'epizootie de Marseille I'enterite etait constante et les lesions pulmonaires contingentes; au contraire, la broncho-pneumonie etait le fait dominant dans l'epizootie de Gentilly. MM. Cornil et Chante-messe pensent que cette particularite tient an mode d'intro-duction du virus. Les pores de Gentilly s'etaient contamines ä l'abattoir en respirant Fair charge de poussieres virulentes, -tandis que ceux de Marseille avaient pris la maladie en inge-rant des aliments souilles.
II se produit souvent, au cours de la maladie, une inflam­mation diffuse de la peau a la partie inferieure du ventre, au perinee, aux aines, aux ars et ä la base des oreilles, d'oii une teinte rouge ou violette plus ou moins prononcee qui facilite la confusion avec le rouget. Cependant ces alterations cutanees sont moins constantes que dans cette derniere maladie.
La pneurao-enterite dure assez longtemps : 20 ä 23 jours •en moyenne, jamais moins de 8 a 10 jours; eile peutatteindre la duree de 5 ä 0 semaines; eile est tres contagieuse et tres peu de pores ayant subi le contact y echappent.
Dans les cas tres rapides, l'autopsie raontre, outre des ecchy-moses disseminees dans le tissu conjonctif et intormusculaire, dans le peritoine, la plevre, le pericarde et le coeur, une in­flammation violente de l'estomac et des intestins avec des he-raorragies intersticieUes et des erosions ou nlcerations au ni-veau des plaques de Peyer ; les ganglions mesenteriques sont volumineux et infiltres; les poumons sont norraaux ou pre-sentent dejä des foyers lobulaires de congestion hemorragique. Lors d evolution lente les lesions sont mieux definies ; celles de l'intestin, du ccecum et du gros colon notammentsontsurtout remarquables ; la paroi de ces organes est considerablement epaissie et induree, eile est devenue rigide. Le gonflement, i'induration portent principalement sur les plaques de Peyer ;
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celles-ci sont le siöge d'un processus necrosique qui aboutit ä la formation d'exsudats diphteritiques de couleur grisätre et d'ulcerations plus ou moins etendues en largeur et en profon-lt;leur. L'inflammation s'etend parfois au peritoine.
Les poumons montrent des lesions de broncho-pneumonie ä un stade plus ou moins avance; il y a quelquefois aussi de la pleuresie.
Les ganglions mesenteriques et bronchiques sont tumefies, parfois caseifies en partie. Le foie, la rate, les reins sont con-gestionnes.
Microbe. Le germe de la pneumo-enterite appartient au groupe des bacteries a espace clair central, c'est-a-dire a contour plus colorable que le centre. II est ovoide, mesure O-^SOOl a 0rara,002 de long sur 0mm,0004 ä 0,I,m,0006 de large. II est mobile, aerobie et facultativ^ment anaerobie. II ne donne pas de spores.
On le trouve dans les lesions digestives, pulmonaires et ganglionnaires, dans les secretions intestinales et bronchiques; il est rare dans les autres organes et dans le sang.
Action des agents physiques et chimiques. Le
,', ,J_ bacille de la pneumo-enterite est detruit par
~laquo;M* une temperature de S80 maintenue pendant
quinze a vingt minutes. II conserve sa vitalite
'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;malgre la dessiccation pendant ä pen pres deux
PBeumo-enterite mois. II vegcte et se multiplie dans l'eau ä la
du pore; 2. au temperature ordinaire de i'ete ; il se conserve
pendant plus de quinze jours dans l'eau steri-
lisee.
Les auteurs qui se sont occupes de 1 etude des agents chi­miques sur ce microbe recommandent plus specialement pour le detruire les acides mineraux et le sulfatedecuivre. MM. Cor-nil et Chantemesse preconisent la solution suivante pour la desinfection des locaux et des objets infectes :
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Eau......... 100
Acide phenique......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4
Acide chlorhydrique ....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2
Cultures. Les cultures sur milieux artificials reussissent bien ä des temperatures variant de 18deg; a 45deg;.
Les bouillons squot; troublent sans caracteres particuliers.
La gelatine inoculee en strie montre une vegetation en relief d'aspect blanc ou blanc bleuätre, a bords irreguliers, souvent limites par des colonies en dentelle ; le milieu n'est pas liqu6-fie. En piqüre, la culture est formee de colonies arrondies cou-vertes d'asperites cristallines.
La culture sur pomrae de terre est remarquable par sa teinte brun clair qui se fonce peu en peu par le vieillissement.
La semence doit etre prise dans les parenchymes : foie, poumons, ganglions ou dans le sang.
Schweinilz a isole des cultures une ptomaine toxique (sucho-lotoxine) et une albumine speciale (sucholo-albumine).
Recherche et coloration. Le bacille de Salmon prend facile-ment les differentes couleurs d'aniline ; les methodes de colo­ration simple lui sont seules applicables : solutions hydro-alcooliques, bleu de Löffler, etc. Le Gram, le Weigert, le violet de Kühne echouent complötement.
Inoculations experiment ales. L'affection s'inocule a la souris, au lapin et au cobaye. Le pigeon ne la prend qu a de tres hautes doses.
Chez la souris, le microbe prend des proportions plus fortes que chez le pore et se multiplie abondamment.
Le la-pin inocule sous la peau succombe dans l'espace de trois a huit jours suivant la dose inoculee; les poumons sont gorges de sang, les intestins sont souvent le si6ge d'une vio-lente inflammation ayant provoque la diarrhee, la rate est tumefiee ; ce dernier organe et le foie presentent souvent des
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foyers blancs necroses. Au point inocule, il existe une masse cremeuse, produif egalement d'une necrose de coagulation.
Le cobaye meurt dans les meines delais et avec les meines, lesions que le la|)in.
Le pigeon est Ires resistant vis-ä-vis de la pneumo-enterite. II resiste aux doses faibles inoctüees dans le muscle pectoral; neanmoins, le point inocule devient le siege d'un sequestre-semblable ä celni que donne le- cholera aviaire. Des doses tres fortes le luent en moins de deux jours.
La poule est refractaire.
Le pore est ditlicile ä conlaminer par voie hypodermique; an contraire, 11 succombe 90 fois sur 100 ä l'iugestion de-produits virulents. II contracte de meme raffection par inhalation de poussieres virulentes mises en suspension dans-l'air et aussi par injection intra-vasculaire.
Etiologie et pathogenie. La cause de la pneumo-enterite-reside dans le bacille decouvert par Salmon; I'affection se de­clare generalement dans une exploitation ä la suite de l'intro-duction d'un pore infecte; eile se transmet de pore ä pore par I'ingestion d'alimentsou de boissons souilles par les dejections-intestinales et le jetage des malades.
D'apres MM. Cornil et Chantemesse, le gerne pourrait pe-netrer aussi par les voies respiratoires et suivant la voie d'in-troduction, I'affection se porterait plus particuiierement sur les inlestins ou sur les poumons.
D'apres Salmon, le virus naturel est sujet ä des variations d'activite assez grandes et ainsi s'explique le caractere tautöt rapide, tantöt lent de la maladie.
Les lesions localisees qui suivent sa penetration revctent le: caractere general d'une inflammation avec tendance ä la mor­tification precoce; les exsudats diphteritiques et les ulcerations de la muqueuse intestinale, les necroses de coagulation sous forme de masses caseeuses dans les ganglions des pores ma-
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lades-le raontrent sufflsamment. Ce caractere se retrouve dans les inoculations experimentales chez la souris, le la pin, le cobaye ei le pigeon.
Les alterations locales amünent le deporisscment des sujets attaints, mais cet aflaiblissement se compliqne d'nne intoxi­cation. Nous avons vu plus haut qu'une ptomaine toxique a ete isolee des cultures de la pneumo-entcrite. Peut-etre ce poison secrete en plus grande abondance par des germes tres viru-lents est-il la cause des alterations vasculaires qu'on observe dans les cas aigus.
La resistance des bacteries 3 la dessiccation, la facilite avec laqnelle ellcs so multiplient dans l'eau ä la temperature ordi­naire sont des conditions favorablcs ä la persistance de la ma-ladie dans un foyer determine et ä la production de foyers nouveaux.
Attenuation. Vaccination. Des tentatives d'attenuation ont ete faites par MM. Cornil et Chantemesse sur le bacille de la pneumo-enterite. Ils ont eu recours ä Faction de la chaleur sur les cultures, line culture maintenue a 43deg; pendant 74 join's ne donne plus qu'un abecs local chez le lapin, mais est encore regulierement toxique pour le cobaye. Apres 90 jours, le virus ne tue plus les cobayes; ceux-ci con-tractent un abces au point inocule, tandis queleslapinsechap-pent souvent ä cette lesion. Le virus ainsi affaibli transmet sa virulence parliculiere ä sa descendance et donne aux cobayes et aux lapins qui I'ont recu I'iinmunite pour le virus n'ayant que74 joui's de chauffage; celui-ci se comporte de meme vis-ä-vis de virus plus actifs et du virus naturel. II est done possible de vacciner le lapin et le cobaye contre la pneumo-enterite. Malheureusement, cette methode de preser­vation appliquee au pore n'a pas donne le meme resultat et un procede de vaccination est encore ä trouver pour cette espece.
Le vaccin du rouget ne vaccine pas les pores contre le cho-
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lera et cette particularite augmente l'importance du diagnostic differentiel.
Schweinitz a reussi a vacciner le cobaye au moyen des substances solubles qu'il a isolees des cultures.
laquo; *
Pneumo-enterite du mouton. M. Galtieiquot; a etudie chez le mouton une maladie a laquelle il a donne le nora de pneumo-enterite en raison de ses alterations principales et qui recon-nattrait pour cause le germe de la maladie du pore dont la description precede. Cette affection existe parfois a I'etat epi-zootique chez le mouton et peut faire de grands ravages parmi les troupeaux. Dans plusieurs circonstances, la maladie avail pris naissance ä la suite de l'installation dans les bergeries de pores nouvellement achetes et qui avaient pris la pneumo-ente­rite sur les champs de foire. Una fois implantee surle mouton, eile se transmit, avec une grande facilite, de mouton a mouton.
Les symptömes generaux consistent dans la depression des forces, la tristesse des sujets, l'inappetence, l'inrumination et l'apparition d'une fievre plus ou moins intense. Bientöt sur-viennent du ballonnement, une diarrhee fetide et epuisante, la toux, I'acceleration respiratoire, le jetage muqueux parfois strie de sang et les signes speciaux d'une broncho-pneumonie ou d'une broncho-pneumo-pleurite. La peau et les muqueuses apparentes prennent une teinte rouge plus ou moins vive par­fois melee d'unpiquetehemorragique. Chez les femellespleines, on voit souvent se produire I'avortement, sans que la mere doive necessairement succomber aux atteintes de la maladie.
L'affection peut avoir des intensites variables; eile est tantöt tres grave et tue en quelques heures ou quelques jours, tantöt benigne et passe inaper^ue. La convalescence des formes graves esttoujours longue. Lareceptivitedesmoutonsdiminue avec l'äge ; aussi voit-on la maladie plus grave et plus souvent mortelle chez les jeunes.
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Les cädavres se putr6fient trfes vite ; le tissu conjonclif sous-cutane et inter-musculaire est seme de points hemorragiques, parfois d'exsudats gelatineux. Le p6ritoine, la plövre, parfois le pericarde peuvent etre le siege d'inflammations fibrineuses. Les muqueuses de la caillette, de l'intestin grele et du gros intestin sont congeslionnöes ; elles presentent des taches extra-vasatives, parfois des erosions; les plaques de Peyer sont tumefiees. Le foie est egalement hyperemie et parseme de p6t6-chies ; on y trouve parfois des abces lorsque la maladie a traine en longueur. II existe des lesions disseminees de bron-cho-pneumonie avec infiltration et epaississement des bandes conjonctives inter-lobulaires. La muqueuse des branches et de la trachee est rouge, epaissie et secrete une quantite anor­male de mucus. II n'est pas rare, lorsque I'affection a evolue lentement, de trouver des foyers caseeux dans les poumons. Les ganglions lymphatiques du mesentere et de la racine du pou-mon sont plus voluraineux, cOngestionnes et infiltres.
Le microorganisme producteur de cette maladie du mouton serait identique d'apres M. Galtier ä celui de la pneumo-ente-rite du pore. L'auteur aurait d'ailleurs reussi ä trausmettre par inoculation cette derniere maladie au mouton. II aurait r6ussi egalement a trausmettre i'affection du mouton au lapin, au cobaye, au chien, au pore, älachevre, au veau, auxsolipedes, ä la poule et au pigeon. Chez la chevre, eile simule la pleuro-pneumonie (bou-frida) speciale a cette espece ; chez les soli-pedes, eile occasionne des manifestations rappelant la maladie typhoide; enfin eile pourrait expliquer l'avortement öpizootique lorsqu'elle se transmet spontanement aux betes bovines.
La transmission est facile par les voies hypodermique, intra-veineuse et intra-pulmonaire ; eile reussit plus difficile-ment par la voie digestive. Le virus perd de sa virulence par des passages multiples a travers les milieux artificiels et chez les individus dont la maladie evolue lentement. Au con-
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traire, sa virulence s'accrolt dans les organisme's tres sensibles ä son influence. Ainsi, d'apres M. Galtier, la pneuino-enterite des pores de Gentilly est transmissible au mouton (contraire-ment ä l'assertion de M. Nocard) lorsqu'on emprunte la subs­tance ä inoculer non ä une culture niais ä mi snjet malade.
La contagion naturelle se produit par Ingestion et surtout par inhalation de produits virulente. La maladie se transmet en outre de la mere au foetus.
D'apres les etudes de M. Galtier, que nous venous de resu-mersuccinctement, la pneumo-entcrite que Ion croyaitspe-ciale au pore pourrait done s'etendre ä tous les animaux de la ferme, notammenl aux moutons, aux betes bovines et aux soli-pedes. La maladie se transmettant au foetus, les veaux prove-nant de vaches malades, ayant tousse ou toussant, naissent avec le germe du mal et meurent au bout de quelques jours avec des lesions de broncho-pneumonie et d'enterite (pneumo-enterite des veaux).
Pneumonie infectieuse du pore ou peste porcine.
La pesle porcine a ele decrile en Allemagne sous le Schwei-neseuche et en Amerique sous celui de Swineplague. Elle consiste dans une maladie infectieuse et epizootique caracte-risee par la predominance des lesions pulmonaires. Celles-ci consistent en foyers de broncho-pneumonie avec ou sans com­plication de plearcsie, d'enterite, etc. Le poumon est souvent farci de masses caseeuses, parfois gangrene. L'evohuion est aigue ou chronique; dans le premier cas, la duree de la ma­ladie est de 3 ä 9 heures en moyenne.
On trouve dans les lesions pulmonaires, dans la plevre, le peritoine et le pericarde un microbe immobile, ovoide, de 0mm,00-l ä O-'^OOIS de long sur 0mm,0006 de large, se colo­rant seulement ä ses extremites.
L'affection est inoculable ä la souris, aulapin, au cobaye, ä
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la poule et au pigeon, mais de fortes doses de virus sent ne-cessaires pour amener la mort des trois dernieres especes.
Elle se transmet de pore a pore par inhalation, probablement aussi par ingestion et peut-etre par inoculation cutanee acci-d en teile.
Caracteres diffefentiels du rouget, de la pneAtmo-enterite et de la peste porcine.
3I:irche rapide : 2 it 5 jours.
S'attaque surtout aux pores adultes.
Symptomes generaux domi­nant^.
Kougeur plus etendue, plus konstante.
Lesions congestives de tons les organes, avec extrava­sations pdtechlales, in­flammations exsudatives des sei'eust's.
Cepen.lant, dans les cas tres lontw, 1'intestin pent etre lo siege d'nlcerations au hiveati des plagues de I'eyer comme duns la pneu-mo-enterite.
Pneumo-enterite,
Marche lente : 20 k 25 jours, jamaismoinsdeSälOjours.
S'iittaque surtout aux jeunes pores.
Symptomes gastro-pulmonai-res dominants.
Eougenr inoin-s etendue, moins ronstante.
Lesions inflammatoires ä ca-ractere necrosique dans rintestin an-dessous de la valvulve ileo-coecale, daus les ganglions mesenteri-ques et bronchiques. Bron-clio-pneumonie,
Quand l'affection est ra­pide,les alterations intesti-nnles peuvent n'avoir pas atteint leurdegre habituel et faire croire ä l'existence du ronget. La confusion est d'autant plus facile dans ces cas que les lesions pul-monaires n'ont pas eu le temps d'evoluer.
Bacterie ovoide mobile, non coloraigt;le par le Gram ni le Weigert. Le centre se colore beaucoup moina que la peripherie.
Surtout aerobie.
Inoculable a la souris, au lapin, au cobaye et pas au pigeon, ä moins qu'ä ties fortes doses; pas a la poule.
Culture en globules converts d'asperites cristallines.
Pesteporcine.
Localisation pulmomaire do­minants.
Br onob o-pneumonie avec foyers cuseeux.
Sacille cylindrique immo­bile colorable par le Gram et le Weigert,
Bacterie ovoido, immobile,, se colorant seulement ä ses extremites.
Snrtont anaerobi. Inoculable a la souris, au
lapin ei au pigeon, mais
pas au cobaye.
Culture en brosse ä bouteille dans la gelatine.
Inoculable a la souris et an lapin, de meine que, mais ä dose massive au cobaye,. au pigeon eta lapoule.
Tuherculose.
La tuberculose est une affection trop connue pour que nous
ayons ä insister ici snr la description de ses symptomes et de ses lesions. Nous ne Fetudierons qu'au point de vue special de la bacteriologie.
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Ill
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La maladie fait ses plus grands ravages dans I'espece humaine, puis on la voit attaquer par ordre de decroissance numerique les betes bovines, le pore, le cheval, le chien, le chat. Les oiseaux eux-m6ines sont declines par ce redoutable Man. On a notamment beaucoup discute et on discute encore a propos de i'identite de la tuberculose humaine et de la tuberculose aviaire.
La distribution des alterations specifiques est un peu diffe-rente suivant les especes :
Chez le boeuf, elles siegent le plus souvent dans les pou-mons, la plevre et les ganglions thoraciques; mais on les voit communeraent dans les intestins, le peritoine, le foie, les reins, les mamelles et les glandes lymphatiques correspond antes; on les a rencontrees dans les meninges, dans le tissu conjonctif intermusculaire, dans les os, la moelle osseuse et les articu­lations. La maladieestsurtoutfrequentechezles sujetsadultes; quand eile existe chez le veau, eile siege presqüe toujours pri-mitivement dans les visceres abdominaux et plus particuliere-ment dans le foie lorsque l'affection est congönitale; mais eile peut s'etendre sans tarder aux organes de la poitrine. Nous avons pu constater cette extension ä un degre excessif sur des vis-ceres provenant de l'abattoir de Bruxelles; les poumons et les ganglions bronchiques montraient une generalisation de tu-bercules miliaires. Dans deux cas d'infection intra-uterine #9632;observes par MM. Malvoz et Brouwier, le poumon etait in-demne de lesions : celles-ci occupaient le foie, les ganglions höpatiques et bronchiques.
Le pore, quoique jouissant d'une grande receptivite pour la maladie experimentale, parait etre rarement affecte de tuber­culose; e'est la forme pulmonaire qui domine. M. Moule a rapporte une observation d'extension a la plevre, aux cötes €t aux muscles. Les recherches microscopiques et bacteriolo-giques ont permis de rattacher a la tuberculose les alterations scrofuleuses des ganglions cervicaux que Ton constate parfois
n #9632;
lial,
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chez le pore. D'apres M. Nocard, la maladie chez cette espöee 6volue souvent avec une grande rapidite et passe inaper^ue ; dans les formes chroniques, les bacilles sont peu abondants et semblent avoir perdu de leur virulence; inocules aux cobayes, ils leur donnent une maladie a marche lente; mais la periode d'incubation se raccourcit lorsqu'on inocule ces bacilles du premier cobaye a un second et ainsi de suite. Cette propriety appartient aussi aux lesions de la scrofulose humaine.
Chez le cheval, il existe deux formes de tuberculose : la forme abdominale, la plus frequente, est caracterisee par des lesions confluentes sur la rate, les ganglions mesenteriques, le foie, les inteslins ; dans la forme thoracique les alterations atteignent principalement l'organe de l'hematose; celles-ci se developpent egalement a la suite de la tuberculose abdomi­nale, mais tardivement. D'apres M. Nocard qui a fourni les premieres indications sur la tuberculose du cheval, cette maladie s'accompagnerait souvent d'une polyurie d'intensitö remarquable.
Chez le chien, on retrouve egalement la maladie sous les deux formes observees chez le cheval. On a signale dejä un assez bon nombrede cas de tuberculose dans cette espece. Nous en avons vu deux pour notre part. Dans le premier, le foie etait volumineuj et infiltre d'un tissu neoplasique de teinte grise qui au microscope se decomposait en tubercules miliaires depourvus de cellules geantes. Les ganglions hepatiques et mesenteriques etaient fortement tumefies, et en partie caseeux. Le poumon montrait deux nodules de la grosseur d'un pois. Le second chien presentait de la tuberculose generalisee des deux poumons et des ganglions bronchiques.
Le singe est tres sensible a la maladie et la contracte avec une grande facilite dans nos climats.
Chez les oiseaux enfin, ce sont les visceres abdominaux qui sont le plus affectes et ils le sont souvent a un degre excessif.
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Le foie semble etre le foyer de predilection des tubercules chez les volailles; parfois ceux-ci y font defaut et on ne re-marque qu'un fort gonflement avec degenerescence de ce vis-cere ;niais la rate, les intestins et le peritoine peuvent etre egale-ment farcisde lesions. Quant au poumon, ilest rarementatteint. Microbe. — La cause efficiente de la tuberculose reside dans le bacille da Koch. Celui-ci se presente sous I'aspect d'un
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bätonnet homogene ou plus souvent encore compose de grains echelonnes les uns ä la suite des autres; il est droit on inflechi en arc, parfois en S; il mesure 0ram,002 ä 0mm,006 de long sur 0mm,0003 k 0n,ra,000o de large. Gelte largeur est uniforme dans toute l'etendue du bäionnet.
D'apres Cornil et Babes, I'aspect granuleux s'observe speciale-ment sur les bacilles abandonnes pendant longtemps ä lair ; ces auteurs out mis en evidence les monies grains sur des ba­cilles provenant de cultures et ils les considerent comme des spores.
Dans les cultures, on voit un certain nombre de bacilles qui s'allongent fortement et se renflent ä Tune
'^\ ,.''' ~ ^. de leurs extremites ; nousavons vu souvent 'y quot; * '•' ces formes anormales dans des cultures en Fig. 7.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;bouillon de la tuberculose aviaire.
Baciiies tubercuieux Le bacille de Koch est absolument aerobic.
Action des agents physiques et chimiques. Les bacilles tuberculeux sont tues par une temperature de 70deg; maintenue pendant dix minutes (Yersin). D'apres M. Galtier, un chauf-fage a 71deg; pendant dix minutes ne suffit pas a steriliser de la matiere tuberculeuse. La chaleur humide ä 100deg; la sterilise sürement en quelques minutes; mais il n'en est pas de meme lorsque la substance virulente est a I'etat sec, car les spores desseches resistent ä 100deg;.
Le bacille tuberculeux resiste a la congelation, a la putre­faction et a la dessiccation. Cette derniere operation, prati-
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quee ä quot;des temperatures voisines de 30deg; constitue meme un puissant moyen de conservation. Le bacille se maintient en vie pendant un temps assez long dans l'eaii sterilisee (70 jours).
D'apres Yersin, l'acide phenique a S 0/0 tue le bacille en une demi-minute, le sublime ä 1 0/00 en dix minutes, Falcool absolu en cinq minutes. Mais le contact de ces agents doit etre beau-coup plus prolonge sur les substances tuberculeuses : crachats, etc. Aussi doit-on s'adresser de preference ä lachaleur humide ä 100deg; pour annihiler la virulence de ces substances.
Le bacille tuberculeux resiste ä l'action du sue gastrique.
Cultures. La vegetation du bacille tuberculeux en milieux artificieis est chose assez difficile ä obtenir; cependant I'ope-ratiori n'est guere delicate que pour la premiere generation. Les milieux de culture les plus favorables au bacille sent ceux auxquels on a additionne de la peptone, de la glycerine, voire meme de la glycose dans des proportions choisies. Les etuves de culture doivent se trouver ä une temperature voisine de 39deg; qui convient le mieux au bacille; de legers ecarts ralentissent la multiplication et celle-ci cesse vers 33deg;. Le milieu de cul­ture doit recevoir en outre le libre contact de Fair, car legerme est aerobic. La semence doit etre prise sur des produits tres virulents, sur des tuberculoses jeunes, a evolution rapide et implantee tout d'abord sur serum; on la reporte ä plusieurs reprises sur ce milieu avant de la confier a d'autres.
Sur serum, on voit apparattre au bout de 12 a 13 jours un semis de petits grains blanchätres arrondis qui augmentent lentement; ces grains sont un pen en relief, mais sees et d'as-pect ecailleux. Leur croissance reste tres limitee dans les pre­mieres cultures et ils ne deviennent confluents qu'ä partir de la 4e et de la 5e generations; la vegetation est alors plus rapide et toute la surface du serum se couvre d'une pellicule mince et seche parsemee de saillies verruqueuses.
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L'ensemencement direct sur gelose de la tuberculose des marumiferes a tschoue entre les mains de MM. Straus et Gama-leia. De meme la transplantation sur gelose des cultures sur serum n'a bien reussi qu'apres quatre ou cinq passages sur ce dernier.
Le bacille a done besoin de s'acclimater au milieu artificiel pour s'y cultiver activement. Si on le reporte ensuite sur les animaux, 11 se cultivera directement d'une fa^on satisfaisante.
L'aspect des cultures sur gelose rappeile celui des cultures sur serum.
Lorsqu'on s'adresse a la tuberculose aviaire, on obtient di­rectement sur serum des cultures beaucoup plus riches. Celles-ci debutent par des taches arrondies, blanchätres, grasses et humides qui apres quelques reensemencements donnent une couche continue de meine aspect, laquelle contraste avec la pellicuie maigre et seche de la tuberculose humaine (Straus et Gamaleia). Les cultures sur gelose et en bouillon sont egalement plus faciles et plus abondantes que celles de cette derniere.
Dans les bouillons, on voit se former au bout de quelques jours de petits flocons qui grossissent pen a peu et tombent au fond du liquide sans se dissocier; ils ne se reduisent en par-ticules plus fines que lorsqu'on vient a agiter le recipient.
La pomme de terra, sans etre un milieu tres favorable, se prete egalement a la culture du bacille tuberculeux.
Recherche et coloration. Le bacille de Koch fixe difficile-ment les matieres colorantes; aussi la duree des bains doit-elle etre longue. Afin d'abreger les operations, on a souvent recours a la chaleur. Mais si la coloration est lente ä obtenir, eile se maintient maigre les acides forts : nitrique et sulfunque; e'est sur cette propriete que sont bases les differents procedes de double coloration que nous allons signaler. Cette propriete appartient egalement au bacille de la lepre.
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d. ProcMe d'Erlich.
Le bain colorant est compose comme suit:
Eau d'aniline (1)..... 9 c. cub.
Alcool absolu...... 1 c. cub.
Solution alcoolique concentree de fuchsine, de violet de methyle ou
degentiane...... 1 c. cub.
Les lamelles y sejournent une demi-heure au moins; les coupes, 24 heures.
On decolore par I'acide nitrique au 1/3 dans I'eau distillee ou au 1/10 dans I'alcool. Les lamelles ou les coupes ne doivent rester dans le bain decolorant qu'une demi-minute a une minute On lave ä I'eau distillee et on monte. Si Ton vent colorer le fond de la preparation, de maniere ä rendre plus sensible la teinte des bacilles, on met les preparations apres le passage a I'eau distillee dans le bleu de methylöne hydroalcoolique si Ton a employe la fuchsine, ou dans leosine, la safranine, le brun de Bismarck, etc., si Ton a colore les bacilles en violet; puis on monte.
Les operations exigees par ce procede peuventetreabregees; pour ce, il suffit de porter le bain colorant a une temperature voisirie de rebullition avant d'y mettre les pieces a colorer. La leinte süffisante est obtenue en quelques minutes. 2. Procede de Lulnmoff. Le bain colorant est compose de :
Eau.........20 c. cub.
Acide borique......0 gr. 50
Alcool absolu......IS c. cub.
Fuchsine........0 gr. 50
(1) L'eau d'aniline se fait de la maniere suivante : dans un tube #9632;a. reaction on verse quelques centimetres cubes d'eau distillee et une goutte d'huile d'aniline; on agite vivement pour dissoudre l'huile et on ajoute quelques gouttes d'alcool absolu pour acliever cette dissolution.
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Cette liqueur se conserve indefiniment.
Pour colorer les bacilles sur lamelles, on depose sur celles-ci quelques gouttes de la liqueur ; on chauffe pendant deux minutes ä la lampe ä alcool; on decolore rapidement dans I'acide sulfurique dilue au I/o; on lave a Falcool; on plonge dans une solution alcoolique concentree de bleu de methylene ; on lave ä lean et on monte apres dessiccationdanslebaume.
Pour les coupes de tissus tuberculeux, on les plonge pen­dant une ä deux minutes dans le bain colorant prealablement chauife ä une temperature voisine du point d'ebullition ; on les passe quelques secondes dans I'alcool. puis une ou deux minutes dans I'acide sulfurique au I/o; puis de nouveau dans I'alcool et enfin pendant une minute dans une solution hydro-alcoolique de bleu de methylene. II suffit de completer la deshydratation en passant par I'alcool absolu, le xylol et de monter dans le baume.
3.nbsp; nbsp;Procediide Neelsen ei Zieht. Le bain colorant est le suivant :
Fuehsine.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 gr.
Alcool absolu........nbsp; nbsp; nbsp; 10 gr.
Solution aqueuse d'acide phenique
ä 5 %.........nbsp; nbsp; 100 gr.
On opere absolument comme dans le procede de Lubimoff.
4.nbsp; Procediide Herman.
Le bain colorant se fait extemporanemeat. Pour ce, on dis­pose de deux solutions :
1deg; Une solution aqueuse de carbonate d'ammoniaque ä 1 %;
2deg; Une solution alcoolique de violet de melhyle G B (1 de violet sur 30 d'alcool ä 93deg;).
A quelques centimetres cubes de la premiere liqueur, on ajoule quelques gouttes de la seconde, de faeon a avoir un melange d'un violet Ibnce qu'on porte ä une temperature tres
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kl
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rapprochee de l'ebullition. Les lamelles ou les coupes y sont deposees pendant une minute ou deux ; on les passe ensuite rapidement, deux a trois secondes, dans I'acide nitrique au 4/4 pour les coupes, au 1/10 pour les lamelles; puis dans les liquides deshydratants dont I'action doit preceder le montage. On peut obtenir la double coloration en plongeant les pre­parations sortant de I'acide nitrique et de l'alcool dans une solution aqueuse ou alcoolique d eosine.
o. Procedd de Kitt.
II exige deux liqueurs; celles-ci se conservent indefiniment:
a.nbsp; nbsp;Eau d'anilino........nbsp; nbsp; 100 sr
Soude caustique ä 1 % . . . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1 gr.
Fuchsine........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4 a 5 gr.
b.nbsp; nbsp;Alcool.........nbsp; nbsp; nbsp; 50 gr.
Eau..........nbsp; nbsp; nbsp; 30 gr.
Acide nitrique.......nbsp; nbsp; nbsp; 20 gr.
Bleu de methylene a saturation.
Les preparations, lamelles ou coupes, sont plongees dans le bain a la fuchsine, cliauffe comme dans les methodes prece-dentes, pendant deux a cinq minutes et transportees ensuite dans le second bain pendant une ä deux minutes. Pendant ce der­nier temps, tons les elements autres que les bacilles de Koch se decolorent sous l'influence de I'acide nitrique, mais fixent en m6me temps le bleu, de sorte que la double coloration se combine avec la decoloration.
On lave, on deshydrate et on monte.
Tons ces precedes ont la meme valeur au point de vue de la coloration qu'ils donnent. Cependant, dans la pratique, il y a peut-etre lieu de recommander ceux dans lesquels intervien-nent des liqueurs de longue conservation et qui exigent le moins de manipulations. La methode de Kitt realise particu-lierement ces deux conditions.
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Lorsque l'examen porte sur des sujets vivants, on n'a guere a trailer que des produits liquides, tels que jetage, lait ou pus. Lorsqü'on veut rechercher les bacilles du lait, il faut avoir soin, une fois la lamelle sechee et avant de la colorer, de degraisser I'enduit en passant la preparation dans un melange d'alcool absolu et d'ether ou dans le chloroforme. Si un depot s'est forme an fond du liquide, c'est sur cette partie que Ton fera porter les recherches.
Tres souvent on aura a rechercher le bacille de Koch sur des produils cadaveriques. Dans ce cas les investigations porteront sur des lesions tuberculeuses ou dont les oractöres physiques font supposer la nature tuberculeuse.
En ce qui concerne les tubercules jeunes, gris, il suffit d'etaler sur une lamelle le produit du raclage d'unc surface de section : les bacilles y sont uniformement repandus. Mais lorsque les tubercules sont deja caseifles, la mattere caseeuse ne contient sonvent que fort pen de bacilles, excepte cependant chez les oiseaux oü eile est au contraire tres riche en ces ele­ments ; on ecartera au prealable cette substance et on recher-chera les bacilles dans la paroi du tubercule caseeux. On pourra agir de meme pour les cavernes ; mais le liquide des cavernes est souvent tres riche en bacilles.
Inoculations expmmentales. — La tuberculose s'inocule au cheval, a l'äne, au boeuf, an mouton, au pore, au chien, au chat, au lapin, au cobaye et aux oiseaux.
L'inoculation sous-cutanee reste sans effet chez le cheval, l'äne, le mouton, le pore, le chien, le chat et la poule.
L'ingestion de substances virulentes donne la maladie, mais non dans tons les cas, au cheval, au mouton, au pore, au chien et au chat. La böte bovine est facile a tuberculiser par ce moyen. La poule reste indemne quand on mfele a ses aliments des crachats ou des produits tuberculeux de mammiföres.
L'injection intraveineuse donne des resultats beaucoup plus
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sörs. Elle est suivie presque toujours, sauf chez les oiseaux, d'une tuberculose generalisee du poumon avec extension pos­sible ä d'autres organes. Chez l'äne, les experiences de M. Chauveau ont demontre que cette granulie pulmonaire guerit spontanemeat au bout de quelques semaines. Les oi­seaux ne contractent pas ordinairement la tuberculose des maramiferes par la voie vasculaire. Ainsi MM. Cadiot, Gilbert et Roger ont annonce recemment que sur quarante gallinaces inocules par eux soit dans les veines, soit dans le periloine, cinq seulement contracterent des lesions tuberculeuses.
La chevre est un terrain tout parliculierement defavorable ä la tuberculose; on l'a consideiee longtemps comme absolu-ment refractaire ä la maladie inoculee aussi bien qu a la ma-ladie spontanee. M. Nocard a signale recemment revolution de la maladie cbez une chevre inoculee depuis cinq ans dans la jugulaire et qui dans les derniers temps avail eontracte la gale; M. Colin a obtenu egalement la maladie chez une chevre inoculee sous la peau avec des parcellesdetubercule de la bete So vine.
Les animaux de laboratoire,' cobayes et lapins sont tres aptes a prendre la maladie. Le cobaye est doue d'une recepti-#9632;vite toute speciale qui en fail le reactif par excellence de la tuberculose.
L'inoculation sous-cutanee a la face interne de la cuisse chez le cobaye est suivie d'un abces local, lorsque la substance inoculee renferme en meine temps des germes pyogenes ou seulement de quelques granulations jaunälres si eile est pure; puis, au bout de dix k quinze jours, on voit survenir un en­gorgement, parfois un abces des ganglions inguinaux super-ficiels; les ganglions sous-lombaires du cote correspondant sont envahis vers le 20ejour; entre le 22e et le 2oe jour, les tubercules apparaissent dans la rate el le ganglion retro-hepa-tique; les poumons, le foie, les autres ganglions sont atleints
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posterieurement. La maladie dure environ deux mois. Lors-que rinoculation a ete faile a I'oreille, renvahissement se fait par les voies lymphatiques anterieures et atteint les poumons avant les viscüres abdominaux.
L'inoculalion sous-cutanee a la face interne de la cuisse on a I'oreille chez le lapin ne donne pas lieu ä l'engorgement des glandes lymphatiques correspondantes. L'accident local est moins prononce que chez le cobaye et la generalisation, moihs constante, se fait par l'intermediaire du sang; les alterations portent ici plus specialement sur le pounion. Avec la tu-berculose bovine, M. Arloing a vu se produire dans certains cas chez le lapin des lesions ganglionnaires rappelant celles du cobaye.
L'inoculation intra-peritoneale chez le lapin et le cobaye de­termine des lesions tuberculeuses du peritoine, des ganglions epiplo'iques, du foie, de la rate. La duree de la maladie est toujours plus courte que par la methode sous-cutanee.
L'inoculation intra-vasculaire donne une tuberculose gene-ralisee; mais la mort est tellement rapide (13 ä 20 jours) que les lesions specifiques ne sont pas visibles a 1'oeil nu. Tous les parenchyraes sont farcis des bacilles(typesepticemique Yersin).
D'apres Straus et Gamaleia, cette septicemie tuberculeuse ne s'obtient qu'avec les cultures de tuberculose aviaire.
Diagnostic des cas doutmx chez la bete bovine. — Chez la bete bovine, le diagnostic de la tuberculose est souvent difficile a etablir d'apres les symptömes. Ainsi, sans parier des formes abdominales qui sont plus insaisissables encore, le jelage fait souvent defaut dans la tuberculose pulmonaire et la recherche de l'element essentiel, le bacille, devient par consequent hors de portee.
M. Nocard, se basant sur ce fait que la bete malade pent avaler son jetage, conseille de rechercher le bacille dans le mucus pharyngien; on pent obtenir celui-ci en räclant la
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muqueusede la gorge au moyen d'une spatule. Cagny propose, pour augmenter la secretion bronchique, d'instiller sous la peau 10 a 20 centigrammes de veratrine.
Poels a eu recours, en l'absence de jetage, a la tracheotomie laquo;t a l'examen du mucus tracheal.
La rarele des lesions tuberculeuses de la membrane de Demour et Desccmet rendait peu probante l'assertion de M. Mandereau coucernant la presence constante du bacille #9632;dans l'humeur aqueuse des betes tuberculeuses. Aussi cette assertion qui prometlait un diagnostic facile de la maladie n'a pas tarde a etre contredite par Leclainche et Greffier dont les i-echerches sur vingt betes positivement atteintes out toujours donne un resultat negatif.
M. Peuch, ayant mis un seton anime ä une vache tubercu-leuse, a reconnu, en inoculant le pus du seton a des cobayes, que les bacilles passaient dans le pus du 8e au 14e jour. II recommande done rapplication de semblable exutoire et l'ino-#9632;culation pour lever l'incertitude du diagnostic.
Si la presence du bacille dans le jetage permet d'affirmer l'existence de la maladie, son absence n'autorise pas ä con-clure d'une maniere absolue a l'inexistence du mal. Aussi doit-on avoir recours parfoisäl'inoculation desprodiiitsexpeetores; lameme reserve doit etre faite pourle lait, etc. Dans ces con­ditions, on s'adressera de preference au cobaye; ce n'est qu a defaut de ce dernier que Ton aura recours au lapin.
Lorsque Ton dispose de produits purs : cultures, tuber-cules jeunes recueillis purement et reduits en pulpe. on a avantage a inocnler dans la cavite peritoneale pour avoir une evolution plus rapide; mais lorsque Ion ne dispose que de matteres virulentes souillees d'autres gerrnes, telles que pus, jetage, il faut se contenter de l'inoculation sous-cutanee. On choisira de preference une region dont les ganglions sent faci-lement explorables afin de pouvoir suivre la progression des
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alterations. A defaut de cette exploration, i'amaigrissement du sujet dans les delais signales plus haut permettra d'affirmer avant l'autopsie le succes de l'inoculation.
Tuberailine. — Un autre moyen de diagnostic reside dans-l'essai de la lymphe de Koch ou tuberculins.
Les cultures du bacille tuberculeux renferment un produit soluble decouvert et isole par Koch et qui jouit dune faculte tres remarquable. En effet cette substance est sans action sur les sujets sains tandis quelle est toxique pour les tuberculeux. On a donne le nom de tuberculine a I'extrait glycerine de ces cultures qui renferme cet agent actif. Depuis ses premieres-decouvertes, Koch en a siraplifie le precede de fabrication. Des cultures volumineuses dans du bouillon de veau addi-tionne de 1 0/0 de peptone et de 4 ä 5 0/0 de glycerine sont reduites au dixieme de leur volume ä une temperature voisine de 100deg;, puis filtrees ä travers un filtre en porcelaine de maniere ä en ecarter tous les microbes. La tuberculine ainsi obtenue contient assez de glycerine pour se conserver facile-ment. Ce produit n'a pas une composition stable. Koch recom-mande d'en essayer l'activite sur des cobayes tuberculeux. D'apres lui, une bonne tuberculine tue un cobaye inocule depuis 8 ä 10 semaines ä la dose de 1 centigr. ; il taut 20 ä 30 centigr. pour faire perir un cobaye inocule depuis 4 ä 5 semaines, parfois meme la dose doit etre portee äoO centigr. Les cobayes raeurent en 6 ä 30 heures, suivant le degre de tuberculisation.
La tuberculine traitee par 2 ou 3 volumes d'alcool aban-donne sa substance active au bout de 24 heures sous la forme d'un preeipite de nature albuminoide.
La tuberculine provoque chez les sujets tuberculeux r 1deg; une reaction febrile plus ou moins intense qui survient au bout de quelques heures, ordinairement de la W a la 20* ; 2deg; une reaction inflammatoire absolument remarquable autour
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des foyers tuberculeux. Cette substance est done pyretogene et phlogogene ; mais la premiere de ces actions s'exerce indirec-tenient, puisqu'elle est tardive. D'apres Gamaleia, ie mode d'aetion de la tuberculine serait Ie suivant : eile jouirait de proprietes toxiques pour les elements du tubercule et les ferait lomber en necrobiose, comme les secretions du bacille inclus-dans les lesions determinent la necrobiose (sous forme decasei-fication ou de ramollissement) des parties centrales de celles-ci. Or, les proteines resultant de la decomposition des elements-ainsi frappes provoqueraient localement l'inflammation exsuda-tive et l'infiltration leucocytaire. Cette reaction locale produit, ensuite la fönte et relimination des foyers tuberculeux. Quant ä rhyperthermie, eile devrait etre attribuee ä la resorption des tissus necroses (voir p. 55, exp. Gangolphe-Courmont).
L'action specialement hyperthermique de la tuberculine-chez les tuberculeux en fit un moyen de diagnostic de la tuberculose.
Les doses employees par les differents experimentateurs ont varie dans des limltes tres larges ; en general, on peut se contenter d'injecter 20 ä 40 centigr. de tuberculine. De la 40e ä la 20e heure, parfois plus tot, on constate chez les betes tuberculeuses une elevation de temperature de 1 ä 3deg;. Ge moyen est done excellent pour deceler une tuberculose cachee; malheureusement, la regle souffre des exceptions. Quelques sujets tuberculeux ne reagissent pas du tout et un certain nombre d'autres, non tuberculeux, donnent la reaction carac-teristique. Mais ces exceptions ne doivent pas faire rejeter la tuberculine comme moyen complementaire de diagnose. M. Nocard a constate qu'elle n'exerce aueune action müsibie sur la lactation ni sur la gestation ; il preconise de l'utiliser dans l'inspection sanitaire des vacheries ou l'on produit du lait destine ä l'alimentation publique.
Son action phlogogene et destructive devail en faire un
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moyen curateur ; celte hypothese ne s'est malheureusement pas verifiee ; les essais nombreux qu'elle a provoques ont raontre que la tuberculine, loin de gnerir les malades, peut leur devenir nuisible et generalise!1 la maladie ou tout au moins I'etendre. En effet, le remede est sanseffctsui' le bacille; or, la poussee inflammatoire qui se developpe autour des tubercules y amene quantite de leucocytes, lesquels sechargent de microbes et les transportent autour de la lesion, oil ils provoquent de nouveaux foyers morbides. De plus, cette poussee inflammatoire peut devenir directement nuisible lorsque les tubercules sont nombreux et occupent une trop grande eten-due d'un organe important.
Miologie et pathogenic. La contamination de la tubercu-lose est le plus souvent indirecte. Cependant eile peut avoir lieu d'une fa^on directe.
Les exemples de medecins et de veterinaires qui ont con-tracte la maladie en faisant I'autopsie d'hommes ou d'animaux malades, sont heureusement pen nombreux mais indiscuta-bles. Le virus inocule au niveau d'une plaie determine tout d'abord dans ces cas une tuberculose cutanee plus ou moins limitee pouvant se generaliser par la suite.
Un autre mode de contagion immediate se realise par la transmission de la maladie de la mere au foetus. Cette trans­mission est mise hors de doute aujourd'hui aussi bien chez riiomme que chez les animaux. Ce mode de contagion est en realite fort rare : le bacille tuberculeux se trouve en effet cantonne dans les lesions specifiques et ne circule qu'excep-tionnellement dans le sang ; en outre, il n'est point etabli qu'il puisse passer ä traverS les villosites du chorion intact ; il semble au contraire qu'une alteration tuberculeuse du pla­centa maternel soit la condition determinante de la propaga­tion intra-uterine. Johne a signale l'existence de lesions bacil-laires dans le foie et le poumon d'un toetus trouve chez une
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vache phtisique. MM. Malvoz et Broüwier ont rapporte deux cas de tuberculose congcnitale chez le veau : le premier de ces cas esl tout ä fait probant : le foetus a ete retire de la matrice (saine cependantgt; d'une bete atteinte de la maladie generali-see ; le second a trait ä ün veau de sis semaines dont I'ori-gine n'a pas ete etablie, mais dont les auteurs considerent les lesions comme congenitales, parcequ'ellesavaient eluleur siege aux memes points que chez le premier, .c'est-a-dire dans le foie, les ganglions hepatiques et bronchiques. L'absence de lesions intcstinales et pulmonaires pennet en effet de sup-poser que I'infectlon n'a pu avoir lieu que par la veine om-bilicale.
La presence du bacille ayant ete mise en evidence dans le sperme, certains auteurs en ont conclu a la transmission directe du pöre an descendant par rinfection de I'ovale. La localisation particuliere dans le foie pour les cas de tubercu­lose congenitale bien observes contredit cette maniere de voir.
Le virus tuberculeux pent se transporter directement d'un sujet malade ä im snjet sain par le moyen des rapports sexuels, de la feraelle au male ou inversement.
La tuberculose se communique ordinairement par voie indirecte. Les matieres virulentes rejetees par les malades (crachats des phtisiqnes, jetage, excrements des animaux) et repandues sur le sol, s'y dessechent, sereduisent en poussieres que Fair transporte dans les cavites respiratoires des sujets sains ou depose sur leurs aliments. Les crachats, le jetage peuvent meme etre ingeres directement par des animaux : le fait a ete note dans plusieurs cas de contagion de la tuberculose del'homme au chien, et il est probable que dans les etables bonnombre de betes bovines gagnent la phtisie de leurs voisines en consommant des fourrages directement souil-ies par les expectorations de ces dernieres.
D'autre part, le lait des vaches phtisiques parait etre un
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vehicule important du germe; on n'est pas d'accord sur le point de savoir si la mamelle pent laisser passet' le bacille dans le lait, sans fetre elle-meme envahie par le processus tu-berculenx ; le fait est admis par plusienrs auteurs sur la foi de nombreuses experiences. Qnoi qn'il en soil, la difficulte oü Ton est de conclure ä l'inexistence de tubercules dans les glandes mammaires doit suffire pour exclure dans tons les cas de la consommation un lait presentant un tel degre de suspi­cion. Ce lait constitue un grand danger pour les personnnes ; 11 constitue aussi une source dquot;infection pour les animaux auxquels il serait donne sans cuisson prealable.
La viande des betes bovines affectecsdetuberculose et abat-tues pour la boucherie devient egalement virulente dans des circonstances trop peu connues. Un certain nombre d'inocula-tions pratiquees avec le sue musculaire provenant de pareils animaux ont donne un resultat positif; dans le plus grand nombre des cas, les suites de ces inoculations ont ete nulles. Neanmoins, les resultats obtenns sont suffisants pour etablir la nocuite possible de la viande des betes phtisiques et faire admettre la necessite pour les pouvoirs publics d'ecarter cette viande de la consommation. Cette question a ete disculee lon-guement dans differents congrcs; sans y insister davantage, nous dirons qu'elie se rattache etroitement a la question do I'abatage par ordre de toutes les beles tuberculeuses. En effet, pour voir diminuer la quantite de viandes ä saisir, il Importe tout d'abord d'arreter la contagion entre les sujets vivants. Or, en I'absence d'une disposition speciale de police sanitaire vi-sant ces cas, les proprietaires conservent jusqu'au terme ultime de la maladie et au contact de vaches saines, des animaux qu'ils ne peuvent vendre vu leur mauvais etat d'embonpoint, mais dont le lait bien souventleur procure encore certain profit.
Nous venous de passer en revue les differents moyens de transport des germes tuberculeux des sujets malades aux su-
iMil
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^^^quot;
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jels sains. La receptivite de ces derniersjoueun röle important dans la genese du processus. Elle se trouve dependre tres souvent d'une predisposition speciale pour la maladie; cette aptitude a contracter la tuberculose peut etre acquise et alors eile resulte de l'influence prolongee de mauvalses conditions hygieniques, ou bien eile a ete transmise au sujet par ses as­cendants. L'heredite de la predisposition est un fait Ires com-raun et on I'observe surtout bien dans I'espece humaine.
Les affections catarrhales aigues ou chroniques des voies respiratoires ou des voies digestives favorisent riraplanlation du virus tuberculeux soit en diminuant la resistance des tissus et de l'organisme, soit en creant des solutions de continuite par ou les germes peuvent s'introduire. L'adjonction aux pous-siöres virulentes de corps irreguliers susceptibles de diviser la muqueuse respiratoire exerce une influence analogue. Johne a montre la grande frequence de la tuberculose chez les vaches qui respirent la fumee des fonderies de fer, fumee toujours chargee de parcelles metalliques tenues.
Au nombre des circonstaaces favorisant l'implantalion des bacilles tuberculeux dans un organisme, il faut signaler encore la presence simultanee d'autres microbes qui preparent le ter­rain aux premiers. Des associations de ce genre peuvent de möme faire reprendre une activite nouvelle a un foyer tuber­culeux considere comme eteint on depuis longtemps latent.
La lesion tuberculeuse typique ou le tubercule n'est pas spe-cifique de la maladie; eile consiste en un noduleinflamraatoire de structure particuliere qui se developpe sous i'mfluence de causes multiples, au nombre desquelles il faut citer des mi­crobes (actinomycete, zooglee de Malassez et Vignal, bacille pseudo-tuberculeux de Courmont, etc.), des parasites animaux. et vegetaux (demodex folliculaire, oeufs du strangle vasculaire, aspergillus, etc.) et des causes inorganisees (poudres de can-tharides, de poivre, de lycopode, huile de croton). Le bacille
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tuberculeux doit agir par un mecanisme semblable aux causes precedentes, par le moyen de Tirritation qu'il provoque sur les elements qui I'entourent. Ces elements sont variables; ce sont tantöt des cellules epitheliales, des cellules endothelialesou des cellules fixes du tissu conjonctif. A celles-ci, 11 faut ajouter les cellules migratrices ou leucocytes que Ton rencontre partout et qui jouent un röle important. Les cellules en contact avecleba-cille augmentent de volume; leur noyau se multiplie et la divi­sion du corps cellulaire ne tarde pas ä suivre. En meme temps la forme des elements devient polyedrique (cellules epithe-lioides). Gette division se continue et donne naissance ä un amas de cellules nouvelles, premiere ebauche du tubercule. Au cours de cette periode de debut, un certain nombre d'ele-inents peuvent se dissoudre et disparailre; mais d'ordinaire ceux qui sont directement au contact du foyer bacillaire, au-tour de Tepine irritante, acquierent des dimensions conside­rables, leur noyau se multiplant toujours alors que le corps cellulaire reste unique (cellules geantes); mais celles-ci se for-ment aussi. au moins dans certaines circonstances, par la fu­sion de plusieuis cellules epithelioides. Lorsque le processus debute par rinterieur des vaisscaux, les leucocytes y parti-cipent des le premier moment; mais dans le cas conlraire, ils n'interviennent que plus tard en emigrant vers les portions en-vahies pour lutter contre les germes perturbateurs; ils se con-duisent des lors comrae les elements cites plus haut. Pendant ce temps, il se forme ä la peripherie de la zone epitheliuide une couche formee de leucocytes et de cellules fixes en voie de mullipllcatioh quilimiteen quelque sorte l'extension du pro­cessus, en provoque larret temporaire.
Les cellules geantes sont avant tout des phagocytes; elles luttent contre les bacilles, en atlenuent la vitalite, les font de-generer. Metchniköflf a signale une Serie de formes bacillaires involulives dans les cellules geantes du sermophile. Les eel-
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lules cpithelioides et lympho'ides ont le infeme role. Las cellules geantes et opithelioidespeu vent man quer; c'est lorsqueslesba-cilles sont extremement virulents ou rencontrent un organisme doue d'une grande receptivite; dans ces cas, ces elements pro-tecteurs n'ont pas le temps de se former et le tubercule est presque entierement lymphoide.
L'extension , du processus inflammatoire aux capillaires en-traine leur obliteration et l'absence d'un plasma reparateur dans les parties centrales du tubercule. Ainsi s'expiique la ne-crobiose (necrose de coagulation) si frequente de cette produc­tion ; il faut invoquer en outre l'influence des secretions du bacille sur les elements organiques. Cette action toxique du bacille est d'autant plus pronoucee que I'organisme est moins doue pour lui resister; ainsi chez les sermophiles dont les cel­lules geantes font perir beaucoup de bacilles et etablissent ainsi leur superiorite sur ces derniers, on ne trouve pas de masses caseeuses, meme apres une tuberculose de longue duree.
Les lesions tuberculeuses se locaiisent d'ordinaire ä l'endroit de la penetration des germes; la maladie est done primitive-ment locale et eile pent rester definitivement en cet etat. Mais plus souvent eile s'etend et eile le fait par differentes voies. Chez, l'homme et les grands animaux, Fextension se fait surtout par les voies lymphatiques; mais eile pent se faire aussi par la voie sanguine, lorsque les bacilles ont penetre dans le sang grace a I'ulceration d'une veine au niveau d'un foyer ou ä l'apport des vaisseaux lymphatiques.
Nous avuns vu plus haut que le premier mode de propa­gation domine chez le cobaye, tandis qu'il est accessoire chez le lapin.
Les produits virulents issus d'un point de I'organisme peu-Vent se transporter dans un autre par le courant qui .se pro-duit dans certaines cavites du corps; les expectorations vim-
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lentes qui sont degluties par le malade peuvent done infecter les voies digestives.
La localisation des alterations est sous la dependance des predispositions speciales aux tissus ou organes. Les expe­riences de Schuller l'ont montre; en contusionnant une articu­lation chez un sujet infecte artificiellement par une voie quel-conque, il provoquait revolution d'une arthrite tuberculeuse.
Les lesions tuberculeuses peuvent devenir suppurantes en l'absence de gerraes pyogenes speciaux; le bacille de Koch secramp;te done une substance pyogene. L'injection d'une culture chauffee et dont les bacilles sont par consequent tues est suivie d'un abct's.
Les cultures sterilisees et debarrassees des bacilles sont de-pourvues de toute action tuberculigene pour les sujets sains; si on les injecte ä des animaux tuberculeux, elles donnent la reaction de la tuberculine de Koch. Le poison tuberculeux producteur des neoplasmes specifiques ne se trouve done pas dans la portion soluble des cultures; il existe, d'apres Straus et Gamaleia, dans les bacilles eux-meraes et y persiste apres leur mort. L'inoculatkm sous-cutanee de bacilles morts donne un abees local. L'inoeulation intra-peritoneale est suivie d'une peritonite tuberculeuse sans autre lesion. L'injection veineuse donne une tuberculose pulmonaire et les bacilles se retrouvent avee leur colorabilite speciale dans les lesions, mais les tuber-laquo;ules ainsi obtenus n'en provoquent pas de nouveaux, n'ont aucune tendance a se generalise!'. Cependant ils entrainent la mort comrae les tubercules a bacilles vivants et avee les mfemes symptömes generaux lorsque la dose inoculee est süffisante. L'inoeulation d'une dose faible de bacilles morts €St suivie d'amaigrissement passager et le sujet devient beau-coup plus sensible a une inoculation ulterieure de bacilles virulents.
Tuberculose et scrofulose. — Les alterations de la serofule
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sont de nature tuberculeuse; on y retrouve le hacille de Koch.
M. Arloing a constate qua le virus tuberculeux et le virus scrofuJeux infectent toujours le cobaye, tandis que le premier seul est virulent pour le lapin. Le rafeme auteur a constate aussi que les tuberculoses locales sont le fait de bacilles atte-nues, mais a des degres variables; tantöt ces tuberculoses lo­cales sont peu virulentes et tiennent de la scrotule; tantöt elles sont plus actives, se rapprochent de la tuberculose propreraent dite et ont, comme eile, une tendance plus grande ä l'extension.
D'apres M. Arloing, le bacille est attenue dans la scrofule; d'apres M. Nocard, si le virus scrofuleux est moins actif pour le lapin, c'est en raison du peu de receptivite de cette espece pour la tuberculose et de la pauvrete de ce virus en bacilles.
La virulence des produits scrofuleux augmente par leur pas­sage a travers l'organisme du cobaye; alors que la tuberculi-saiion est lente chez le premier cobaye, eile devient d'autant plus rapide, lorsqu'on inocule en serie, qu'on s'eloigne du premier terme de celle-ci.
Les observations precMentes concernant la scrofule de l'homme s'appliquentälascrofulo-tuberculosedu pore (Nocard).
MM. Counnont et Dor sont parvenus a produire des tuberculoses locales articulaires chez le lapin par I'inocu-lation dans le sang de bacilles attenues; une ou plusieurs jointures etaient envahies, tandis que les visceres restaient indemnes.
Tuberculose des mammiferes et tuberculose aviaire. La ques­tion de leur identite est fortement discutee. Signalons d'abord leurs caracteres differentiels :
Les bacilles des oiseaux sont plus longs que ceux des mam­miferes.
La culture des bacilles de la tuberculose aviaire se fait d'em-blee dans les differents milieux, tandis que les bacilles des-
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mammfföres ne s'y implantent bien qu'aprös avoir et6 ense-mences ä differentes reprises sur le s6rum.
La vegetation des bacilles aviaires est plus rapide ;leurs cultures sur solides sont grasses, humides et luxuriantes; celles des bacilles bumains sont pauvres, secbes, ecailleuses, d'aspect terne.
Les cultures aviaires conservent leur vegetabilitö pendant plus longtemps (dix mois au moins) que celles provenant de rhomme (six mois).
Le bacilie aviaire se cultive encore ä 43deg;; celui de rhomme cesse a 41deg;.
La tuberculose aviaire est difficile a transmettre au cobaye; les lesions ne se generalisent pas, contrairement a ce qui a lieu pour la tuberculose bumaine.
Le lapin, sans ctre plus sensible a la tuberculose aviaire qu'a celle des mammiferes, montre beaucoup plus de recepti-vite pour la premiere que le cobaye. D'apres Straus et Gama-leia, la tuberculose aviaire donne seule la maladie ä type sep-ticemique de Yersin, quand eile est inoculee dans les veines du lapin.
Le chien contracte facilement la tuberculose bumaine; il ne prend pas la tuberculose aviaire.
Les oiseaux sont inaccessibles a la tuberculose humaine, tandis qu'ils sont tres sensibles aux inoculations de la tuber­culose aviaire. Les lesions se localisent aux organes abdomi-naux, parfois aux poumons, souvent aussi dans la moelle des os (cause de boiterie).
Ces differences sont-elles tellement tranchees qu'elles auto-risent ä considerer les deux bacilles comme deux especes dif-förentes ?
Les deux bacilles ont la meme configuration ; quant ä leurs-dimensions, les differences observees n'ont aucune valeur ; on voit de longs bacilles chez les mammiferes; on en voit de
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courts chez les oiseaux. D'ailleurs, les uns et les autres sont sujets a. varier dans leurs cultures et suivant les animaux aux-quels ils sont inocules; nous avons vu des bacilles aviaires inocules au veau y devenir exceptionnellement courts.
Les deux bacilles se comportent de la meme fagon vis-ä-vis des matieres colorantes. Us donnent des lesions presentant la möme structure et la meme evolution generales.
Les caracteres differentiels tires des cultures ne sont pas absolus.
L'inoculation au cobaye de la tuberculose aviaire donne par-tbis lieu a une generalisation en tout semblable a celle qua provoque normalement la tuberculose humaine. Sur27 cobayes inocules avec des lesions spontanees de la premiere maladie, 5 ont eu un abces local, 7 une tuberculose viscerale discrete et 2 la maladie generalisee (Cadiot, Gilbert et Roger). Des ba­cilles aviaires ayant acquis une virulence plus forte en passant a travers l'organisme du lapin ont tue les 7/8 des cobayes qui en avaient re^u dans le tissu cellulaire sous-cutane (Courmont et Dor). Le bacille aviaire dans ces cas se conduit done abso-lument comme celui des mammiferes.
D'apres une experience qui nous est personnelle, le bacille aviaire inocule dans le tissu cellulaire du veau lui donne la maladie tout comme le bacille humain; comme avec ce der­nier, revolution est lente et eile s'arrete pendant longtemps au niveau des ganglions recevant la lymphe du point d'inocu-lation.
La non-receptivite des oiseaux pour la tuberculose des mam­miferes n'est pas absolue; les essais tentes de differents cotes ont donne un certain nombre de resultats positifs; cependant les lesions etaient toujours moins generalisees qu'avec la tuberculose aviaire.
Des bacilles de la tuberculose aviaire n'ayant pas passe par la poule depuis cinq ans au moins etaient devenus plus actifs
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pour les mammiferes et produisaient une generation tubercu-leuse chez les lapins, les cobayes et les poules. Le foie d'une de ces poules ayant servi ä inoculer quatre cobayes, aucun d'eux ne devint tuberculeux. II a done suffi de faire repasser une seule fois par la poule ces bacilles aviaires ayant acquis la modalite virulente du bacille humain pour qu'ils soient de nouveau inaptes a tuberculiser les mammiferes.
Le bacille aviaire devient plus actif pour les mammiferes et moins actif pour les oiseaux en passant par l'organisme des premiers. Le fait a ete verifie par MM. Cadiot, Gilbert et Roger au moyen des lesions generalisees qu'ils avaient obtenues chez deux cobayes avec du virus provenant du faisan. Apres trois passages sur des mammiferes, ce virus fut inocule sans effet a deux poules.
D'ailleurs l'injection aux animaux de tuberculine aviaire est suivie des memea effets que l'injection de tuberculine hu-maine.
II faut done considerer les bacilles aviaires et les bacilles des mammiferes comme des varietes d'une meme espfece.
Vaccination. La tuberculose est au premier titre une mala-die i recidives; une premiere atteinte cree la predisposition a une deuxieme. 11 semble done ä priori paradoxal de chercher a la prevenir au moyen des produits de culture. Cependant MM. Riebet et Hericourt, Courmont et Dor sont parvenus ä creer chez le lapin un certain degre d'immunite centre la tuber­culose par l'injection de cultures sterilisees de bacilles aviaires. Ils se sont servis de cultures en bouillon et ont obtenu la ste­rilisation par la chaleur ou par la filtration. La maladie a ete retardee chez la plupart des vaccines ; chez quelques-uns, eile a ete completement empechee. Ces resultats permettent d'affir-mer l'existence de substances vaccinantes dans les cultures des bacilles tuberculeux; ils laissent entrevoir I'espoir que Ton arrivera un jour a vacciner rhomme contre cette terrible maladie.
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Des tentatives de vaccination ont ete pratiquees chez le lapin au moyen du serum de sang de chien (hemocyne). Les auteurs ä qui Ton doit l'initiative de ces experiences seraient arrives sinon ä conferer rimmunite absolue, tout au moins ä retarder revolution de la maladie experimentale. Le sang de chiens prealablement rendus tuberculeux jouirait de proprietes plus actives dans ce sens que celui des chiens sains. Cos re-sultats ont ete utilises en therapeutique et l'hemocyne a 6te employee dans le traitement de la tuberculose humaine. Des tentatives du meine genre ont ete faites avec le sang de chevre.
Tuberculoses microbiennes autres que celle de Koch. — Nous avons deja dit que des microbes autres que le bacille de Koch peuvent faire naltre la reaction inflammatoire speciale qui caracterise le tubercule. On en connait plusieurs; nous ne citerons specialement que les zoogloees tubercuLigenes de Ma-lassez et Vignal et le bacille de Courmont.
Tuberculose zooglceique de Malassez et Vignal. En etudiant des lesions tuberculeuses experimentalesducobaye, les auteurs y rencontrerent, au lieu du bacille de Koch, des microcoques associes en zoogloees. Celles-ci ne se colorent pas par le procede d'Erlich; on les met en evidence par le procede suivant:
La coupe est portee pendant deux ou trois jours dans le melange de :
Solution de carbonate de soude ä 2 % dO volumes. Eau d'aniline saturee. . • . . . 5 —
Alcool absolu........3 —
Solution faite avec 9 vol. d'eau dist. et un vol. de solution concentree de bleu de methylene dans l'alc. ä 90deg; 3 — Laver ä l'eau, puis deshydrater dans l'alcool absolu teinte de bleu de methylene, eclaircir aux essences de bergamote ou de t6rebenthine.
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La solution ci-dessus est la combinaison des deux solutions colorante et decolorante du procede primitif de Malassez et Vignal (voir page 95).
Les Clements bacteriens sent courts, arrondis ou legörement allonges, associes en chapelets ou en petits groupes ou plus souvent an groupes volumineux ou zoogloces.
La tuberculose zoogloeique se transmet de cobaye ä cobaye par inoculation et donne lieu ä des lesions generalisees comme la tuberculose de Koch; mais la mort survient au bout de six ä dix jours, c'est-ä-dire beaueoup plus rapidement qu'avec cette derniere.
Les auteurs avaient cru pouvoir conclure de leurs premiöres observations que les zoogloees et le bacille de Koch etaient le meme micro-organisme sous deux formes differentes; au-jourd'hui il faut les considerer comme deux germesabsolument distinets.
M. Nocard a eu l'occasion d'etudier une enzootie de tuber­culose zooglceique ; toutes les poules d'une meme exploitation suecombaient ä la maladie. Or, les tubercules siegeaient tou-jours dans les poumons, ce qui n'est presque jamais observ6 dans la tuberculose proprement dite. Le bacille de Koch fai-sait d'ailleurs defaut; par centre, les zoogloees existaient en quantite dans les lesions.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i
MM. Nocard et Masselin ont developpe la tuberculose zoo­glceique en inoculant au cobaye le jetage provenant d'une va-che soupQonnee phtisique et que l'autopsie a montree indemne de la maladie. Les coccus retrouves chez le cobaye ont ete cul-tiv6s et inocules avec succes au cobaye et au lapin.
Tuberculose baeülaire de Courmont. M. Courmont a trouv6 dans les lesions tuberculeuses pleurales d'une bete bovine, 16-sionsexemptesdebacilles de Koch,un bacille court, avec deux masses de condensation terminales et une zone mediane claire legerement etranglee ; ce bacille ne s'associe jamais en chal-
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nettes, ni en diplo-bacilles ; il est aerobie et anaerobic. II se cultive avec facilite et rapidement dans tons les milieux et ä des limites de temperature trös 6tendues, par exemple jus-qu'ä 46deg;.
Les cobayes succombent en 4 a 8 jours sans lesions tuber-culeuses, avec un oedeme local et un fort gonflement de la rate. Les bacilles sent abondants dans la serosite de l'cedeme et dans le sang; apres quelques passages chez le cobaye, on voit survenir un abces caseeux au point d'inoculation.
Les lapins contractent une tuberculose plus ou moins com­plete : il survient un abces au point d'inoculation et a la mort on trouve des tubercules dissemines ou confluents dans la rate, le foie, les poumons. Ces tubercules ont la structure classique; ils ne contiennent pas de bacilles de Koch, maisbien ceux decrits plus haut.
Une culture ägee de 20 jours ayant ete inoculee a des cobayes, ceux-ci moururent en moins de dix jours avec une tuberculose generalisee dont les lesions renfermaient le bacille de Gour-mont. Gette proprietetuberculigene des cultures pour le cobaye ne parait exister que du 20e au 25e jour; en d'autres moments, le cobaye inocule meurt sans tubercules. Les tubercules du cobaye tuent le lapin, mais sans lesions tuberculeuses. Le bacille de Gourmont donne done une tuberculose chez le bceuf; les lesions du bceuf sent directement tuberculigenes pour le lapin; elles ne le sent pour le cobaye que dans les conditions speciales mentionnees ci-dessus. Or, on sail que le cobaye est plus sensible a la tuberculose des mammiföres que le lapin. II y a done lä, en dehors des caracteres du bacille, une diffe­rence evidente entre les deux maladies. De plus, la tuberculose experimentale obtenue chez le cobaye par I'inoculation sous-cutanee du bacille de Koch evolue lentement au point que le poumon n'est envahi qu'au bout de deux mois en moyenne; avec le bacille de Gourmont, comrae avec les zoogloees de
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Malassez et Vignal d'ailleurs, le cobaye se tuberculise en moinamp; de dix jours. Generalement chez le lapin la duree de la tuber-culose de Courmont est a pen pres la mönie que celle de la tuberculose de Koch. Un caractere important ä signaler reside dans la presence du bacille de Courmont dans le sang des sujels tuberculises au moyen de ce bacille. Enfin la maladie se generalise sans infecter les ganglions lymphatiques.
Morve.
La morve est une maladie infectieuse et contagieuse, a marche progressive, caracterisee par des alterations circons-crites et multiples, localis6es ä la muqueuse respiratoire (morve) ou a la peau (farcin). Ces deux localisations peuvent coexister et on a affaire ä 1'affection morvo-farcineuse. La maladie est propre aux solipedes : cheval, äne, mulet, bardot; eile pent se d6velopper egalement chez l'homme ä la suite d'inoculation accidentelle de produits virulents tires d'un de ces animaux ; on l'a vue aussi se transmettre ä la suite de contamination spontanee au lion, au chien, a la chevre.
La maladie est aigue ou chronique; eile est toujours aigue chez l'äne et le mulet, de meme que eheraquo; le lion.
Microbe. Le bacillus mallei est un fin bätonnet mobile, ä extremites arrondies, droit ou un peu courbe. II mesure 0rara,002 a 0mm,005 de long sur 0mm,0005 a 0ram,0013 de large; il est done plus 6pais que le bacille de Koch, mais de mfeme longueur. Colorö, il presente des espaces clairs alternant avec des zones foncees, ce qui lui donne un aspect granuleux rap-pelant le bacille tuberculeux. Rosenthal considere ces espaces clairs commedes spores. Cependant certains auteurs, se basant sur le peu de resistance du bacille a la chaleur, se refusent ä admettre l'existence de ces dernieres (1).
(1) Babes a montrö que la plupart des bacilles meme les moins resistants, presentent de tels grains ne possedant pas la resistance
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Le bacille morveux est aerobie; il se rencontre dans les secre­tions pathologiques : jetage, pus des ulceres, dans les lesionraquo; specifiques : boutons, tubercules, ulceres morveux, lymphan-gites et adenites correspondantes, etc. Le sang n'en contient que dans les formes aigues et encore en trespetit nombre.
Action des agents physiques et chimiques. Une temperature de 100deg; maintenue pendant deux minutes detruit le contage morveux; mais rannihilation de ce dernier se produit a des temperatures plus basses, pourvu que l'action du calorique-soit maintenue plus longtemps, par exemple cinq minutes a 65deg;, dix minutes a 55deg;. Le pus morveux etale en couche mincamp; et abandonne a la dessiccationaucontact de lair perd son acti-vite du 2e au 3e jour; un temps chaud et sec favorise la des­truction ; un temps froid et humide la retarde. Dans les memes-conditions de dessiccation, mais ä l'abri de i'air, il se montre-encore actif apres 26 jours. Le virus dessechö rapidement et completement se conserve plus longtemps a I'air que celui qui a ete soumis a une dessiccation lente et imparfaite. Du jetage-morveux immerge dans I'eau a conserve sa virulence pendant 18 jours. La putrefaction laisse persister assez longtemps cette derniere; les inoculations faites avec la partie centrale de blocs de poumon morveux abandonne a I'air depuis 15, 18 et mfeme 26 jours ont donne des resultats positifs (Cadeac et Malet).
Les substances suivantes detruisent le virus morveux apres. une heure de contact: acide phMque, 2 %; acide suifurique, 2 %; chlorure de zinc, 2 %; solution saturee d'eau de chaux ^ hypochlorite de chaux, 1 %; sublime corrosif, 1 0/oo et 1 0/Ol)0; sulfate de cuivre, 5 %; permanganate de potasse, 5 '/o! nitrate
de vraies spores. II les considere comme jouant dans la multiplica­tion des bacilles le meme rule que la partie chromatique des noyaui des cellules dans la division de celles-ci.
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d'argent, 1 •/oo; chlore et anhydride sulfureux gazeux en con­centration forte.
Cultures. Les cultures s'obtiennent facilement dans les dif-förents milieux; elles exigent le libre acces de Fair atmosphe-rique; la temperature de 37deg; est la plus propice; la vegetation s'arrete au-dessous de 20deg; sauf sur la gelose glycerinöe; eile cesse egaleinent a 43deg; et les germes sont tues a 55deg;.
Les bouillons se troublent au bout de 24 heures, sans pre­senter de caractere special.
Sur gelose et sur serum, il se forme des gouttelettes ou une couche translucides, blanc bleuätre, qui deviennent opaques en prenant de l'epaisseur.
La pomme de terre se prfete admirablement ä la culture du bacille morveux. II s'y forme un enduit epais, humide, luisant, visqueux, refletant apres quelques jours une couleur fauve qui se fonce de plus en plus jusqu'a la teinte chocolat clair (Nocard). Cette culture est caracteristique de la morve et pent aider au diagnostic des cas douteux ; il suffit d'ensemencer une parcelle du produit suspect prealablement dilue sur pomme de terre ; celle-ci va se couvrir de productions diverses parmi lesquelles on reconnaitra a leur coloration speciale celles dues au bacille morveux.
Recherche, et coloration. Le bacillus mallei montre peu d'affi-nite pour les couleurs d'aniline ; de plus, il ne supporte ni le Gram, ni le Weigert. Les methodes de double coloration sont done inutilisables. On a generalement recours au bleu de Löf-fler, au bleu de Kühne dont on attenue la teinte sur les elements non bacillaires des preparations par Faction rapide des acides dilues.
M. Nocard preconise la coloration par le bleu de Löffler et la decoloration par I'eau pheniquee a 1/300.
Kuhne a recommande aussi la coloration suivante : Mettre les coupes bien debarrassees d'alcool ou les lamelles dans le
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bain suivant : eau, 100 ; acide phenique, 5; alcool, 10; bleu de methylene, 11/2. Ondecolore ensuite par un passage rapide dans I'eau acidulee a l'acide chlorhydrique et on lave a I'eaa distillöe. La coupe est döshydratöe par une courte immersion dans ralcool, puis dans l'huile d'aniline additionnee de quel-ques gouttes d'essence de terebenthine, dans l'essence de ter6-benthine pure et enfin dans le xylol.
Le bacille de la morve est difficile a retrouver dans les 16-sions anciennes oü il parait se resoudre en granulations (peut-etre en spores); il est toujours beaucoup plus abondant dans les alterations aigues.
Inoculations experimentales. Les solipamp;des, le mouton, la chevre, le pore, le chien, le chat, le lapin, le cobaye, la souris des champs el le pigeon prennent la maladie par inoculation. Le boeuf, la souris blanche, le rat, la poule sent refractaires. L'äne prend toujours par inoculation la morve aigue. L'inser-tion du virus ayant ete faite par scarifications frontales par exemple, il se developpe en cet endroit un vaste ulcöre a bords indures et enflammes ; en mfeme temps les manifestations de la maladie generale se dessinent vers le 3* jour et le sujet meurt rapidement. L'autopsie montre une eruption de peiits boutons rougeätres sur la muqueuserespiratoireetdesinfarctus pyemiques dans lespoumons. le foie, les reins,la rate, la moelle des os. etc.
Chez le chien, l'insertion du virus dans le derme ou le tissu cellulaire sous-cutane est parfois suivie d'un violent acces de fiövre dans le courant du 3e jour ; puis les lesions locales se dessinent : un fort engorgement se produit qui s'abcede et s'ulcere; le chancre a une grande tendance a s'etendre. II appa-rait souvent en d'autres points du corps des boutons, des cor-des, des ulceres rongeants; parfois surviennent sans cause connue des boiteries intenses et douloureuses, expressions d'arthrites morveuses. Le grasset est le siege frequent de ces
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inflammations specifiques. Sur 12 chiens inocules par M.le prof. Reul (1), 4 sent morts, 3 ont ete abattus et 5 ont gueri spon-tanement. L'inoculation de la morve au chien donne souvent pour toute reaction une ulceration superficielle se cicatrisant endeans huit ä quinze jours.
Chez le cobaye, l'inoculation par scarifications (on la pratique a la nuque, au dos) est suivie de l'ulceration des plaies du Se au 10e jour ; ces ulceres peuvent se cicatriser par la suite. L'inoculation sous-cutanee donne des abces volumineux dans toute la chalne des ganglions lymphatiques intercales entre le centre et le point inocule. Dans les deux cas, I'animal maigrit et meurt plus ou moins rapidement avec des foyers tuberculeux dans la rate, le fole, le poumon et les ganglions. L'accident local, l'ulcere, suffit ä etablir la nature morveuse des produits inocules. Lorsqu'on inocule dans le peritoine, on voit se pro-duire du 2e au 36 jour un gonflement prononce des bourses, gonflement qui accuse rinflammation specifique des membranes testiculaires. Cette particularite peut etre mise a profit pour faire le diagnostic rapide de la maladie (Straus).
L'inoculation de la morve au chien et au cobaye peut, lors-quelle est faite par scarifications, etre suivie d'un resultat ne-gatif. Aussi ne doit-on accorder une valeur absolue qu'aux #9632; suites positives et soumettre a de nouvelles investigations les-matieres suspectes ayant ete inoculees sans succes.
Diagnostic des cas douteux. Outre l'inoculation experimen-tale aux animaux receptifs: cobayes, chien, äne et la culture sur pomme de terre du jetage suspect, on a preconise 1'auto-inoculation. Cette operation consiste a inoculer a un cheval les produits supposes virulents du meme cheval. On fait ces insertions a la peau, par piqtlre ou incision superficielle ;
(1) L'inoculation de la morve au chien (Anndles de me'd. veter. 1882).
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on conclut k l'existence de la morve si l'operation est suivie de la formation d'un chancre; mais on ne saurait tirer, ainsi que nous le dirons plus loin, aucune deduction fondee en I'absence de la reaction ulcereuse. A defaut de jetage, on a pratiquö parfois l'extraction de la glande et la recherche des bacilles dans son tissu. On pent aussi avoir recours aux injections revela-trices de malleine.
Malleine. On designe sous ce nom un extrait glyccrinö de cultures pures du bacille de la morve. C'est la lymphe mor-veuse, l'analogue de la lymphe tuberculeuse ou tuberculine. Get extrait est sterilise par la chaleur, puis etendu de 10 fois son poids de solution pheniquee a 2 %.
L'injection de 30 a 50 cengr. de ce melange au cheval mor-veux donne lieu a une reaction particuliere caracterisee par de l'abattement, de l'acceleration du pouls, de lelevalion de la temperature variant de 1 -1/2 ä 2deg;, enfin par de l'oedöme chaud de la grandeur de la main au niveau de la piqüre et du gonfle-meut sensible des ganglions sous-glossiens. Chez un animal sain.lameme injection ne donnerait lieu ä aucuneffet. La mal­leine pourrait done faciliter le diagnostic de la maladie dans les cas douteux.
Etiologie et pathogenie. La cause efficiente de la morve est le bacillus mallei. Celui-ci ne se multipliant a letat de nature que dans l'organisme des solipedes, c'est chez ces derniers qu'ilfauten chercher la source. Les substances virulentes issues d'un sujet morveux sont: le jetage, le pus des ulceres, la salive, I'urine, le pus des setons, lesperme; la virulence de ces quatre derniers produits, pouretre moins constante que celle des pre­miers, n'est pourtant pas douleuse; des experiences Font prouve. Sur le cadavre, il faut ajouter ä cette liste les lesions specifiques diverses et les muscles. L'inoculation de sue mus-culaire a des cobayes a produit la maladie dans un certain nombre de cas.
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La contagion s'opere par contact direct ou indirectement. II y a contamination directe du cheval a rhomme lorsque celui-ci s'inocule en manipulant ou en pansant des lesions morveuses ; du cheval au cheval lorsque deux chevaux, dont I'un morveux, sont voisins d'ecurie ou travaillent cole a cöte, de maniere a se toucher facilement. La maladie se transmet parfois a I'occasion des rapports sexuels. Zundel cite le cas d'un etalon morveux qui infecta plus de cinquante juments. Le passage eventuel des bacilles morveux dans le sperme rend compte de ce mode d'infection. Leur filtration a travers le placenta occasionne la transmission de la maladie de la mere au foetus, transmission observee par MM. Cadeac et Malet. La contamination inter­sexuelle et la contamination intra-uterine sontneanmoins rares en pratique.
La contagion indirecte est de beaucoup la plus frequente. Le virus morveux repandu a I'exterieur souille les aliments, les boissons, les litieres, les harnais, les objets de pansage, 6ponges, brosses, etrilles, etc., les paroisdeslocaux, lesman-geoires, les rateliers, etc.; s'il se trouve dans des conditions de dessiccation, il sera entraine avec les poussieres dans I'at-mosphere ambiante. Le gerrae morbigene est transporte sur I'organisme sain par Fintermediaire de ces vehicules multiples. L'infection peut se faire par la voie respiratoire, ranimal res-pirant un air charge de particules virulentes. Cependant I'inha-lation des poussieres chargees de virus morveux doit etre rare-ment effective, attendu que la dessiccation est une cause puis-sante de destruction du bacille. Mais la maladie se commu­nique plus sürement par la voie digestive, ä la suite de la pre­hension de boissons ou d'aliments souilles. Cette souillure des ingesta peut etre le fait de leur contact immediat avec les pro-duits issus du sujet malade, de meme qu'elle peut se produire pendant leur scjour dans des locaux infectes.
G'est ici le lieu de signaler le danger de laisser consommer
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les animaux qui ont succombe a la maladie ou qui ont 6t6 sacrifiös en possession de ce!le-ci. Ce danger existe non seule-ment pour les lesions specifiques dontla virulence est evidente, mais encore pour la viande. Les recherches de MM. Cadeac et Malet ont demontre que le jus de teile viande est capable de communiquer la morve.
Le virus peut enfin penetrer par la peau; il y est apporte par difFerentes voies et notamment par les harnais, les objets de pansage, les Mores, etc., et s'introduit au niveau des erail-lures accidentelles du tegument. Cependant, d'apres Babes, le virus morveux pourrait penetrer dans I'organisme par la peau intacte, an niveau des orifices des follicules pileux. Les frot-tements faciliteraient cette penetration. M. Nocard a tenu a contröler cette assertion en frictionnant une pommade chargee de bacilles morveux sur la peau de trois änes et de 15 cobayes. Deux cobayes seulement sont devenus morveux, ce qui reduit singulierement le danger que faisaient entrevoir les conclusions citees plus haut.
Certaines circonstances sont de nature ä favoriser I'implan-tation des bacilles de la morve. On connalt Finfluence predis-posante des mauvaises conditions hygieniques, des fatigues excessives, des maladies chroniques epuisantes. Les formes chroniques de la morve peuvent prendre le ciractere aigu sous les memes influences.
Les bacilles morveux une fois entres dansl'ecocomie se mul-tiplient generalement a l'endroit de leur penetration etdonnent des lesions locales. Ils ne tardent pas a envahir le Systeme lymphatique (qui devient le siege d'inflammations specifiques, lymphangites, adenites morveuses) et le sang; ce dernier les transporte partout, mals ils nevoluent que dans les tissus predisposes : muqueuse respiratoire, tegument cutane, testi-cules, synoviales articulaires et tendineuses, etc,
Les lesions specifiques presentent certaines analogies avec
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celles de la tuberculose : Falteration primitive, le tubercule morveux est purulent a son centre et manque de cellules geantes; outre cette tendance marquee a la suppuration, il faut signaler les regressions hätives qui aboutissent aux ulc6-yations caracteristiques de la maladie.
Vaccinations. L'affection morveuse ne laisse pas apres eile limmunite pour une nouvelle atteinte. Aussi les auto-inocula­tions et reinoculations pratiquees sur des sujets en puissance de la maladie sont-elles suivies de succes. Chez le cobaye morveux, ces inoculations determinent des manifestations locales aussi intenses et une generalisation aussi complete que lors d'une premiere insertion; chez le chien, la seconde morve laquo;st aussi generalisee et souvent aussi grave que la premiere. D'apres Galtier, le chien pent contracter jusqu'a cinq fois la maladie, mais les symptömes locaux sont de moins en moins accuses. Chez le cheval, les reinoculations et auto-inoculations peuvent avorter, ou donner un chancre avec ou sans retentis-sement lymphatique; mais jamais on n'observe de fiövre, ni d'aggravation des symptömes. Le virus semble limiter ses effets au point inocule. Chez 1 ane, les inoculations secondaires sont suivies de reactions beaucoup plus intenses; chaque inser­tion donne une forte tumefaction et un ulcere correspondant, des cordes, des engorgements ganglionnaires, en somme les effets d'une premiere inoculation (Cadeac et Malet).
La maladie naturelle ne confere done pas I'immunite. Quel-ques tentatives de vaccination artificielle ont ete faites. Straus a obtenu I'immunite chez le chien par I'injection intra-veineuse d'une tres faible quantite de culture virulente. II se developpe ainsi une maladie benigne qui preserve le chien contre I'ino-culation vasculaire de fortes doses.
Lymphangite epizootique ou farcin d'Afrique. Rivolta a signale et M. Nocard a verifie la presence dans
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le pus et les lesions du farcin d'Afrique, laquo; d'une sorte de microcoque legerement ovoide, un peu accumine a l'une de ses exti-emites, raesurant 0mra,003 ä 0mm,004 de diametre; son contour est neltement accuse par une ligne trös refringente. raquo; Get organisme (cryptococcus de Rivolta) se colore par la me-thode Gram-Weigert-Kühne; mais ses dimensions et sarefrin-gence sont telles qu'il est impossible, d'apres M. Nocard, de le •confondre, meine sans coloration, avec aucun autre element. Plusieurs praticiens ont signale l'apparition de chancres de morve aigue sur la muqueuse nasale de sujets atteints de lymphangite epizootique. La constatation du cryptocoque dans laquo;es lesions a pennis ä M. Nocard d'affirmer qu'elles rele-vaient de la lymphangite et non de la morve. Le bacille de laquo;ette derniere maladie faisait d'ailleurs defaut.
Gourme.
G'est a Schutz que Ton doit l'etude du microbe de la -gourme. G'est un streptocoque que i'on rencontre en courtes chainettes, en diplo et en monocoques dans le jetage des malades, le pus des adenites et des abces symptomatiques de la maladie, en longs chapelets entortilles dans les coupes -d'organes enflammes. II prend facilement les differentes cou-leurs d'aniline ; inocule sous la peau du cheval, il donne lieu ä la formation d'un abces. Ghez la souris. il provoque en outre des metastases par les voies lymphatique et sanguine. L'infec-tion naturelle se produit par differentes voies mais plus specia-lement par les muqueuses respiratoire et digestive. Les solu­tions de continuite facilitent I'absorption; mais il n'est pas demontre qu'elles soient necessaires. Les plaies acci(Jentelles on operatoires servent parfois aussi de portes d'entree aigt; virus; les plaies de castration, par exemple, peuvent etre infectees par le praticien lui-meme, lorsque celui-ci s'es souille prealablement en soignant des chevaux gourmeux.
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La maladie se transmet de la mere au foetus. Quoi qu'il en soil du mode d'introduction, le germs parait passer tout d'abord dans le sang, ainsi que I'indique la fievre trös intense du debut, pour se localiser ensuite dans le Systeme lymphatique. La theorie microbienne de la gourme rend compte des abcös-secondaires qui surviennent au cours de la maladie, des accidents septico-pyohemiques qui la terminent dans certains. caset de sa contagiosite.
Acne contagieuse du cheval.
Cette maladie est caracterisee par une dermite pustuleuse se transmettant avec une grande facilite. Elle est generalement benigne ; parfois eile est plus grave, donne lieu ä des ulcera-tions, des lymphangites, des adenites. Elle est cependant tou-jours facile ä distinguer du farcin parce que les plaies qu'elle occasionne ont une grande tendance ä la cicatrisation. Le farcin ne donne d'ailleurs pas de pustules vraies. L'acne se distingue du horse-pox ou variole du cheval, parce que reruption dans cette derniere maladie est toujours localisee aux levres, aux naseaux, aux paturons.
Dieckerhoff et Grawitz ont decouvert dans le pus de l'acne un court bacille (0mm,002) qu'ils ont cultive et dont leamp;, cultures appliquees en frictions sur la peau du cheval ont reproduit la maladie. Ces cultures sont pathogenes au meme titre pour le boeuf, le mouton, le chien, le lapin. Le cobaye succombe en 24 heures aux suites d'une friction semblable. La souris inoculee sous la peau contracte un abces.
La maladie naturelle se transmet par les objets de pansage,. les harnais, les couvertures, etc.; aussi n'esl-il pas rare de la voir localisee ä l'endroit de la couvertiire,dela selleoudelasangle.
Actinomycose.
L'actinomycose est une affection le plus souvent locale dont
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la cause reside dans un parasite vegetal, ractinomycete. Les lesions qui la caracterisent sont connues des praticiens depuis fort longtemps ; mais leur nature reelle etait entiörement igno-ree avant les travaux de Bollinger et les noms divers, tels que ceux d'oste'osarcome, d'osteopoi'ose, de spina ventosa, de cancer ou Ae farcin des os, etc., sous lesquels on designait les tumeurs du maxillaire du boeuf refletent les opinions fort differentes et assez vagues des auteurs sur ces productions.
La decouverte d'un champignon particulier dans la plupart de ces tumeurs a permis de les ranger au nombre des inflamma­tions parasitaires et a donne Fexplication de leur haute gravite.
Les fails constates par les premiers auteurs qui ont traite de ractinomycose ont ete maintes fois verifies depuis dans les deux medecines, et pour ne parier que de veterinaire, on a constate les lesions de cette affection en des points de l'econo-mie autres que le maxillaire. On les a rencontrees dans la langue, le pharynx, le reseau, le foie, les cavites nasales, le larynx, les poumons, I'encolure, les vertebres.
Chez le pore, on les a vues dans les muscles, les poumons, les amygdales, les mamelles ; chez le cheval, dans certains squirrhes du cordon testiculaire. Le chien en aurait aussi fourni un cas.
Caracteres du parasite. L'actinomyce (champignon enetoile se trouve dans les tumeurs specifiques sous la forme de grains jaunes, paifois incolores ; les plus petits donnent I'impres-sion de grains de sable, lorsqu'on etale la substance qui les contient sur une lame de verre ; les plus gros sont formes par la reunion de granulations primitives et ont des formes variees. Ces grains ont le plus souvent une consistance dure, pierreuse, ils sont cretifies. Leurs dimensions oscillent entre 1/10 de millimetre et un millimetre ou plus.
Ils sont constitues par une ou plusieurs colonies d'un
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champignon dont les elements s'orientent en etoile. On dis­tingue dans chaque colonie :
1deg; Une zone centrale formee de filaments tres tenus, rami­fies et entremöles en un feutrage inextricable. Le diametre de ces filaments est uniforme dans tons les points de la zone centrale ; leur structure se reduit a un cylindre creux dans lequel on distingue de distance en distance un noyau qui prend facilement les matieres colorantes (1).
Les dimensions do cette partie centrale de 1'actinomycete sont en rapport avec celle de la touffe ou colonie : insigni-fiante dans les grains microscopiques, eile est beaucoup plus importante dans ceux qui ont acquis un certain volume.
2deg; Une zone peripherique remarquable par les elements rayonnants dont eile est composee ; ces elements sont pyri-formes, leur grosse extremite se perd dans le tissu qui entoure la colonie et penetre meme parfois dans les cellules voisinos, leur bout effile s'enfonce dans la zone centrale oü il se continue avec les filaments de cette zone.
L'cpaisseur de la zone peripherique est assez uniforme, quelles que soient les dimensions de l'actinomycete lui-meme; mais eile est parfois inegale sur les differents points d'une meme colonie, a cause de la grandeur differente des renfle-ments corticaux; I'etendue moyenne en longueur de ces der-niers est de 0mm01S a 0mm030, leur largeur de 0mm005 a Omm007. Mais ces limites peuvent etre de beaucoup depassees; nous avons vu des renflements qui mesuraient 0,074 de long et 0,010 de large.
Les renflements claviformes sont simples ou ramifies; I'em-branchement peut se produire au niveau du pedicule effile ou
(1) L'actinomycose et son parasite. Voir Annales de medecine velerinaire, 1890.
jLUi .
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bien sur la partie renflee elle-meme; les branches issues de cette facjon peuvent se diviser par la suite en
donnant de nouveaux renflements, de sorte qu'il en resulteune arborisation plus oumoins fournie. Ces renflements sent constilues par une membrane resistante et uncontenu clair; parfois la membrane presente des depres­
sions circulaires qui semblent partager le
corpuscule en petits elements cubiques et
Fig. 8. Actinomycete,
au niveau desquelles la division transversale du corpuscule se produit facilement.
A cöte des actiuomycetes typiques dont nous venons de don-ner la description, on en trouve de tout petits dans lesquels les renflements font defaut et d'autres ou la couche filamen-teuse centrale semble s'etre transformee entierement en ele­ments renfles.
Dans les colonies qui ont acquis un fort volume, la zone centrale contient des microcoques; ceux-ci se presentent avec l'aspect de petits points ronds ayant moins de 0mm001 de dia-metre, reunis en chapelets ou le plus souvent en petits amas irreguliers; il n'est pas rare de trouver dans de gros actiuo­mycetes un grand nombre de ces nids ä microcoques dont la nature est rendue plus evidente, par la rarefaction du feu-trage mycelien en ces endroits.
MM. Cornil et Babes out signale une disposition particu-liere des filaments a la peripherie des colonies; ceux-ci se ter-minent par un renflement tres leger et sont coiffes par les conidies.
Harz range I'actinomyce a cöte des champignons hyphomy-cetes. Getait pour lui un champignon complet, compose d'un mycelium, d'hyphes et de spores. Le mycelium eta.il repre-sente, d'apres Harz, par une cellule basale, de laquelle pren-draient naissance les hyphes, filaments ramifies de la zone
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interieure, et ceux-ci porteraient les spores on renflements de la peripherie.
La cellule basale de Harz n'a pas ete retrouvee par les auteurs; la plupart s'accordaient neanmoins a considerer les renflements comme des spores, ou plutöt comme des sporan-ges. Aussi ces renflements ont-ils re^u le nom de conidies.
L'assimilation de l'actinomycete a un champignon ne nous parait appuyee que par les resultats de l'examen de ce para­site dans les tumeurs auxquelles il donne lieu.
Bostroem le range dans le groupe des schizomycetes et spe-cialement parmi les cladothrix; c'est bien en effet ä cette inter­pretation que Ton arrive forcement, lorsqu'on etudie le parasite dans ses cultures, ainsi que nos recherches nous I'ont montre. De plus nous avons ete amenes a considerer les microcoques dont il est parle plus haut comme des spores.
L'actinomycete est anaerobic et facultativement aerobie.
Action des agents physiques et chimiques. — D'apres Domec, les filaments sont tues par la chaieur humide a 60deg; maintenue pendant cinq minutes, tandis que les spores resis-tent pendant le meme temps a des temperatures superieures a 60deg; mais moindres que 73deg;. Cette faible resistance des spores, relativement a celles des bacteries est invoquee pour les rap-procher des spores des mucedinees et faire rentrer le parasite dans ce groupe vegetal.
L'action des agents chimiques a ete pen etudiee. On a recommande I'iode pour la destruction de Tactinomyce dans les tumeurs; mais le fer rouge est encore le moyen le plus recommandable dans ce but, lorsqu'il est possible de l'uti-liser.
Recherche et coloration. — La recherche des champignons de l'actinomycöte est d'une grande simplicite; il suffit d'etaler sur le porte-objet un peu de la matiere suspecte; on verra pendant l'opöration se separer des grains durs, jaunes, qui
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ont ä l'oeil nu l'aspect de grains de sable. Ces granulations sont des colonies d'actinomycöte. II suffit, pour le verifier, de recouvrir dune lamelleet d'examiner au microscope; un gros-sissement de deux a trois cents diametres Suffira toujours pour reconnaitre le parasite.
Mais ce mode de preparation ne saurait suffire pour une ^tude detaillee de ce dernier. Le centre des masses radices est presque toujours calcifie; cette transformation masque la structure filamenteuse en meine temps qu'elle s'oppose a la dissociation de la touffo. Gelle-ci est de plus enveloppee dune substance visqueuse mucoide qui tient reunis les renflements de la peripherie. On pare aux inconvenients que creent ces deux circonstances en traitant la substance a examiner par les alcalis oupar les acides dilues.
Nous nous sommes tres bien trouves de l'emploi de l'ammo-niaque dilue ; encore faut-il ecraser les grains sableux afm de les etaler ou, ce qui est preferable, les dissocier. On obtien-dra ainsi de belles preparations dans lesquelles on pourra #9632;etudier le mycelium et ses rapports avec les conidies.
L'examen des coupes est fort instructif; on pent y colorer les actinomyces de differentes fa^ons. La plus recommandee est celle qui consiste a plonger les coupes dans une solution d'orseille (1), puis dans l'alcool et enfin dans une solution aqueuse de violet de gentiane ou de bleu de methylene. On a ainsi une double coloration; les conidies sont rouges et le mycelium est violet ou bleu.
La coloration par la möthode de Weigert nous parait sup6-rieure. L'actinomycete prend une coloration violette; le lissu de la tumeur peut etre colore en rouge par le picrocarmin.
Le violet de methyle peut agir dans cette methode a deux.
(1) Orseille pure, sans ammoniaque, dissoute jusqu'ä coloration, rouge fonoee dans : acide acetique, 5; alcool absolu, 20; eau, 40.
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degres. Lorsque le contact de la preparation avec le bain colo­rant a ete de peu de duree, le mycelium des actinomyces est seul teint en violet; lorsque ce contact a ete plus long, myce­lium et conidies ont la meine teinte.
On obtient aussi des preparations d'une certaine valeur par l'emploi du picrocarmin seul; les champignons sont jaunes, alors que le neoplasme est rouge; mais on n'arrive pas par ce precede a definir la structure du parasite.
MM. Cornil et Babes recommandent la double coloration par la methode de Gram et par I'eosine ou la safranine. Ils obiiennent ainsi les filaments du centre en violet et les crosses ou conidies en rouge.
Cultures. Bostroem a obtenu des cultures sur le serum du bceuf et sur I'agar. II a pu se convaincre que les prolonge-ments brillants, claviformes, de la peripherie des colonies ne sont pas susceptibles de multiplication, et que cette propriete appartient seulement aux filaments centraux; il a propose en consequence de ranger I'actinomyce parmi les schizomycetes ou bacleries. La structure serait celle d'un cladothrix ou bac-terie ramifiee et los productions renflees, de la zone corticale ne seraient que des formes accidentelles se produisant lorsque le parasite se trouve dans des conditions particulieres de nutri­tion.
Nous avons cultive I'actinomyce dans des bouillons alcalins et nos recherches nous ont conduits a des conclusions identi-ques. L'ensemencementen bouillon peptonise etglycerine d'une parcelle de tumeur provoque un developpement deja bien marque ä la fin du premier jour; on observe a ce moment une couche visqueuse, bien liee, nageant au fond du liquide nutri-tif reste parfaitement limpide, et parscmee dequelques grains blaues ou jaunätres a surface irreguliere. En cxaminant ces derniers sous le microscope, on voit qu'ils sont constitues par des filaments ramifies; quelques-uns de ces filaments suppor-
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tent uri ou plusieürs renflements clairs, en tout serablables aux conidies de la couche corticale des actinomycetes. Cette disposition est tres evidente, les filaments myceliens etantlt; encore lächement entremeles. Chacun de ceux-ci forme un tube contenant de distance en distance un noyau arrondi qui fixe tout specialement les couleurs d'aniline. Le bouillon a pris une odeur fetide.
La pullulation continue les jours suivants avec une grande-activite; mais la culture change d'aspect a partir du troisieme jour; le depot glaireux des ballons se resout en un nuage de granulations tres fines qui tombent au fond du bouillon, comme si la substance mucoide qui les tenait suspendues avait disparu; en meme temps, les deux couches de liquide, jus-qu'ici nettement delimitees, se melangent spontanement.
En etudiant les bouillons au microscope apres le troisieme jour, on constate la disparition des renflements claviformes. Les petites granulations blanches deposees au fond des ballons se montrent constituees uniquement par des filaments fins, pre-sentant des ramifications laterales plus nombreuses qua dans, nos precedentes preparations et montrant toujours a leur Inte­rieur des noyaux arrondis, etages de distance en distance; ces-tubes myceliens sont reunis en pelotes feutrees d'oü quelques filaments se degagent pour s etendre au dehors, ou bien ils forment de petites etoiles dont les branches s'irradient autour d'un point determine de Tun de ces filaments. A cöte de ces filaments groupes, on en voit quelques-uns qui semblent deta­ches, mais qui out la meme constitution el sont aussi rameux.
Nous avons reussi a obtenir plusieurs generations de ces cultures en partant dune tumour de bete bovine. Nous en avons fait aussi avec les produits de rinoculation de la maladie aux lapins. Les resultats ont ete les memes dans ce dernier cas, sauf que nous n'avons jamais rien vu qui rappelät les conidies.
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Les cultures sont beaucoup plus actives a l'abri de 1'air qu'en sa presence; I'actinomycete est done surtout anaerobic. Divers auteurs Font cultive sur la pomme de terre : la surface de celie-ci se creuse dans les premiers jours, puis se couvre de colonies incolores a surface bosselee qui deviennent bientöt proeminentes, pulverulentes; elles prennent une teinte grise, puis jaunatre ou meme verdatre lorsqu'elles recoivent I'in-fluence de la lumiere. Domec, en etudiant ces cultures, est arrive recemment a conclure que Taclinomyce est une muce-dinee.
Inoculations experimentales. Johne a transmis la maladie au #9632;veauet a lavachepar inoculation sous-cutanee, intraperitoneale •etmammaire; Ponfick et Israell'ont communiqueeau veau et au lapin. Nous avons egalement inocule ractinomycose au lapin laquo;n partant de lesions naturelles recueillies chez une vache ou de cultures artificielles. Les lesions sont restees locales dans lous les cas; elles consistaient en une suppuration epuisante qui entraine la mort dans les delais de sept a dix jours.
Eliologie et pathogmie. L'actinomycete n'infecte guere que les herbivores et les omnivores; aussi attribue-t-on la maladie aux fourrages. Johne a d'ailleurs trouve un champignon iden-tique a la surface de balles d'orge arretees sur les amygdales d'un pore sain. Dans le meme ordre d'idees, Piana a pu vpir, dans une tumeur de la langue, des debris vegetaux a cöte de l'actinomycete. Les auteurs s'accordent a incriminer plus spe-#9632;cialement la paille et les balles d'orge.
Les parasites repandus sur le sol par les animaux malades operent facilement la transmission de la maladie aux animaux sains; Stienon a relate un fait d'actinomycose enzootique oü presque toutes les betes bovines de l'exploitation furent -atteintes.
D'ailleurs I'inoculation a ete realisee artificiellement par Johne. Get auteur a injecte sous la peau et dans l'abdomen de
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deux veaux et dans les mamelles d'une vache, le sue d'une tumeur du maxillaire et a provoque de cette fagon I'appadtion de neoplasmes caracteristiques. Des resultats semblables ont ^tsect; obtenus par Ponfick et Israel chez le veau et le lapin. Ce dernier auteur s'est servi pour faire ses inoculations de l'actinomycose de l'homme; les effets obtenus ont ete les memes qu'avec les tumeurs du boeuf. Entin la contamination acci-dentelle a ete constatee chez des personnes qui avaient donne leurs soins a des animaux atteints de la maladie.
Les lesions se trouvant le plus souvent confmees dans Tune ou lautre des portions du tube digestif, il est logique de pen­ser que l'infection naturelle se fait au niveau des solutions de continuite accidentelles de la muqueuse de cet appareil, prin-cipalement dans les voies anterieures (plaies des gencives, dents cariees, cryptes des amygdales, etc.). Mais la penetra­tion peut vraisemblablement avoir lieu par le trajet respira-toire, les germes etant transportes par Fair, ou par des corps strangers, ou encore simplement par le mucus.
Les plaies cutanees sont egalement des voies d'introduction du parasite (actinomycose du cordon testiculaire chez le •cheval ; actinomycose de la jambe chez le meme animal ä la suite d'un coup de pied; abces sous-cutanes chez le bceuf).
Les tumeurs de l'actinomycose (actinomycomes) sont le resultat de l'irritation provoquee par I'actinomycete ; tres sou-vent, il est possible de ramener les alterations aux granulömes; le parasite occupe presque toujours le centre d'un nodule inflammatoire, qui se decompose facilement en deux zones : une interne formee de cellules epithelio'ides et une peripherique nontenant des cellules fusiformes et des cellules lymphoides et marquant la transition avec le tissu conjonctif condense qui forme la charpente de la tumeur. II est egalement tres frequent de voir le champignon entoure directement par une ranges de cellules geantes. Cette structure rappeile celle du tubercule-
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type et montre que l'aciion palhogenique de l'actinomycete consiste dans une irritation circonscrite et chronique des tissus dans lesquels il a ete transporto. Le ramollissement central de ces productions se produisant, on trouve au niveau des points liquefies, un liquide puriforme, jaunätre ou blanc, dans lequel sent suspendus des grains jaunes le plus souvent durs et calcifies; ces grains sent des actinomycetes. Quand le ramol­lissement est regulier, la tumeur prend un aspect spongieux caracteristique.
II arrive, et le fait est meme habituel chez I'homme, que la suppuration vient compliquer les tumeurs de l'actinomycose. II parait etabli que la formation du pus doit etre attribuee a I'actinomyce lui-meme el non ä des bacteries pyogenes vivant ä cöte delui. Sans exclure dans tons les cas cette derniere intervention, nous pensons que le fait de la presence ou de l'absence de suppuration pourrait bien dependre des especes animales infectees ainsi que du tissu envahi. Ainsi, I'injection de cultures pures de l'actinomycete dans l'abdomen du lapin developpe toujours une peritonite suppuree; d'autre part, la tendance a la pyogenese est fort marquee chez I'homme; Stienon a rapporte le cas de betes bovines atteintes d'abces sous-cutanes de nature actinomycosique.
Le tissu de l'organe dans lequel evolue la tumeur presente des alterations en rapport avec I'inflammation chronique que celle-ci y developpe; certaines parties s'hypertrophient, d'au-tres diminuent et peuvent meme disparaitre. Ainsi s'expliquent l'induration fibreuse de certaines tumeurs, les stalactites osseuses qui se developpent sur le maxillaire lorsque I'enva-hissement debute par le perioste et les cavites dont se creuse le meme os, lorsque le travail pathologique se fait a son centre.
Des lesions de voisinage peuvent apparaitre; elles resultent de raccroissemenl progressif de la tumeur primitive ou encore d'une emigration vasculaire du champignon.
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L'augmentation lente en volume du neoplasme peut en effet amener son extension a un tegument ou bien provoquer la distension, ramincissement et la perforation de ce dernier en un ou plusieurs points d'oü s'echappent des bourgeons fongueux qui s'ulcerent et secretent du pus melange des grains jaunes pathognomoniques.
Les vaisseaux lymphatiques peuvent charrier le parasite jusque dans les ganglions correspondants et ceux-ci devien-dront des lors le siege de nouvolles tumours.
Les vaisseaux sanguins eux-memes transportent parfois le champignon ; on Fa constate chez I'homme a la suite de l'ulce-ration de la veine jugulaire au contact d'un foyer malade.
La generalisation ne paratt pas se faire chez les animaux, peut-etre ä cause de l'abatage premature des malades, abatage qui est la mesure la plus ordinairement suivie et d'ailleurs la plus economique. On a cependant rencontre I'actinomycose de la rate chez une bete bovine et I'actinomycose musculaire chez le pore.
En dehors des troubles fonctionnels dont ils sont la cause (desordres de la mastication, de la deglutition, de la respi­ration, etc.), lesactinomycomes occasionnent, surtout lorsqu'ils sont ulccres, un depmssement progressif des malades.
Botryomycose.
On trouve dans certaines indurations du cordon testiculaire du cheval hongre, un parasite special auquel on a donne differents noms: botryomyces (Bolünger), discomyces (Rivolta), botryococcus ascoformans (Kitt), etc. On Fa rencontre aussi dans certaines formes de mal le garrot, dans des tumeurs de la pointe de lepaule, dans des nodosites cutanees et sous-cutanees, etc. Czokor I'a signale encore dans le pus d'une mammite chronique chez la vache.
Le parasite a I'aspect d'une grappe composee de petites
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spheres remplies de microcoques. Ceux-ci sont unis par une substance gelatineuse et chacune des spheres est circonstrite par une membrane ä double contour. De nouvelles spheres se forment ä la peripherie de la colonie. Le parasite se rap-proche du genre ascococcus.
La coloration pent etre obtenue par la methode de Gram avec double coloration ä l'eosine. Cette derniere se fixe particulie-rement sur la substance fond amentale gelatineuse ; il en est de möme de l'acide picrique.
La pathogenie des alterations (botryomycomes, myeofi-bromes, mycodesmoides) est la raeme que celle des actinomy-comes. Ce sont des tumeurs inflammatoires ä evolution lente presentant un melange de tissu de granulation et de tissu fibreux ä differents degres de condensation. Le tissu de granulation affecte souvent la disposition en masses tuber-culiformes dont le parasite oecupe le centre et dont les elements peuvent suppurer, se necroser et occasionner des trajets fistuleux.
La parasite limite generalement ses ravages ä son siege pri-mitif; cependant, il peut emigrer vers les ganglions lympha-tiques et meme passer dans le sang. Ilsurvient alorsdes foyers metastatiques dont le siege habituel est dans le poumon, la peau, etc. Dans le poumon ces foyers peuvent donner l'illusion de la morve.
La penetration du germe dans l'economie se fait au niveau des plaies operatoires (castration) ou accidentelles.
Farcin du beeuf.
Cette maladie est propre ä l'espece bovine; signalee autre-fois en France, eile parait y etre beaueoup plus rare aujour-d'hui; eile existe ä la Guadeloupe. Elle siege ordinairement aux membres, s'y traduit par des cordes indolores suivant le trajet des veines sous-cutanees et aboutissant aux ganglions
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lymphatiques correspondants ; les ganglions brachiaux, pre-scapulaires et pre-pectoraux sont le plus souvent atteints. Les cordes et les ganglions peuvent s'abceder; la suppuration s'eta-blil toujours lentement et la collection revfet les caracteres d'un abces froid ä parois tres epaisses et indurees. Le sujet semble revenir a la sante apres la ponction, mais bientöt d'autres tu-raeurs surviennent. L'animal depeiitetmeurt danslemarasme. L'autopsie revele des lesions pseudo-tuberculeuses ä centre purulent dans les organes internes : poumons, foie, rate, gan­glions.
L'etude bacteriologique de la maladie est due entierement a M. Nocard.
Microbe. On rencontre dans le pus des abces et au centre des lesions pseudo-tuberculeuses laquo; un fin et long bacille se presentant sous forme de pe-tits amas, enchevetre d'une fagon inextrica­ble, la partie centrale formant un noyau opaque d'oii rayonnent a la peripherie unenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Fig. 9.
myriade de fins prolongements, dont la plu- Fardn dquot; ,'a'nf-part semblent ramifies quot;. Les dimensions de ce bacille se rap-prochent de celles du bacille du rouget.
Le microbe du farcin du boouf est un aerobie pur.
Cultures. Les cultures sont faciles a obtenir entre 30deg; et 40deg;. Sur bouillon, il se forme des pellicules arrondies, de couleur gris sale, d'aspect huileux, surnageant le liquide. Sur gelose et sur gelatine, il se forme de petits amas plus ou moins regulierement arrondis, opaques, plus epais ä la peripherie qu'au centre. Sur pomme de terre, la culture se fait rapidement et prend l'aspect de plaques seches, saillantes, souvent depri-mees ä leur centre.
Le microbe se reproduit dans les cultures sous la forme d'amas etoiles, de filaments enchevetres, et ce n'est qua la pe­ripherie qu'on reconnait la nature bacillaire des elements cons-
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tituants. D'apres M. Nocard, les ramifications qu'on y observe sont fansses; le bacille se segraente transversalement, puis le filament terminal s'incline a angle droit, laissant son genera-teur continuer son allongement direct. On n'aurait done pas af­faire ici ä im cladothrix vrai.
Recherche, et coloration. Le bacille du farcin du boeuf se colore facilement; il se decoiore par la reaction de Gram, lors-que le contact de l'alcool est trop prolonge, maisil resiste par-faitement au precede de double coloration de Weigert. Les spores se colorent difficilement.
Inoculations experimentales. La maladie est inoculable au boeuf, au mouton et au cobaye. Elle ne Test pas au lapin, au chat, au chien, ni au cheval.
Apres I'inoculauon dans le peritoine du cobaye, la sereuse se montre farcie de nodules tuberculiformes dont le centre pu­rulent renfenne les touffes bacillaires caracteristiques ; ces no­dules sont surtout abondants dans I'epiploon devenu tres gros. Les visceres abdorainaux sont älteres, mais dans leur revete-ment sereux seulement; leur tissu propre est sain. Les or-ganes thoraciques sont indemnes.
L'injection de matiere virulente dans les veines est suivie d'une pseudo-tuberculose generalisee et on retrouve les ba-cilles en touffe au centre de toutes les lesions.
Dans les deux cas, la mort survient du neuvieme au ving-tieme jour.
L'inoculation sous-culanee donne toujours chez le cobaye un abces local volumineux; les ganglions correspondants s'abce-dent aussi et tout rentre dans I'ordre apres une periode d'a-maigrissement intense; il persiste neanmoins une induration #9632;de lymphatiques. La generalisation peut cependant s'observer.
L'inoculation intra-vasculaire chez le mouton et le boeuf •donne egalement des lesions nodulaires repandues dans les visceres, mais la mort ne suit pas immediatement. La maladie evolue avec une grande lenteur.
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L'inoculation hypoderrnique chez les mßmes animaux dohne laquo;n abces qui s'ulcere a differentesreprises. sembleguerir,puis reparalt plus tard, absolument comme dans la maladie natu­relle.
Les animaux refractaires contractent a la suite de l'inocula­tion sous-cutanee im abces rapidement curable.
Tetanos.
he tetanos sevit spontanement chez tons les animaux -domestiques et chez Thomme; il est plus frequent chez lepheval, le boeuf, le mouton, la chevre, mais il a ele observe aussi chez le pore et le chien.
L'observation clinique avait depuis longtemps fait supposer la contagiosite du tetanos; les inoculations experimentales Font dömontree et les recherches bacteriologiques en ont fait de-couvrir I'agent.
Microbe. Le bacille du tetanos, decrit en premier lieu par Nicola'ier, est un fin bätonnet, mesurantdeOmni,003 a 0mni,00o de longueur, homogene ou termine ä Tun de ses bouts par un renflement dans lequel apparait une spore spherique d'uzi dia-mbtre double ou quadruple de celui du filament. II a done, lorsqu'il est sporule, la forme d'une epingle dont la spore represente la tete. Cette spore est douee d'un eclat brillant. Dans les plaies, le bacille prend parfois
une longueur beaucoup plus grande que celle qui vient de lui etre assignee.
Le bacille de Nicolaier est mobile, ses mouvements ressemblent a ceux du vi-brion septique, mais ils cessent lorsque la fructification est achevee. 11 est anae-
Fig. 40.
Bacilles tetaniques spo-rules et lion sporules.
robie et ne se multiple qu'ä l'abri de l'air atmospherique. Cependant on pourrait I'amener a vivre dans un air seulement rarefie et ainsi s'expliquerait sa mul-
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tiplication dans des milieux libres, oü les aerobics le pro-tegeraient contre le contact d'une quantite trop forte d'oxygöne.
Le bacille tetanique ne penetre pas dans le sang pendant la vie. il demeure cantonne dans le foyer infecte; cependant ä l'approche de la mort ou un certain temps apres celle-ci on pent le retrouver en des points eloignes oü la desoxygenation du sang lui a permis de se multiplier.
On rencontre le bacille avec ses deux formes homogene et spondee dans le pus des plaies ayant donne lieu au tetanos; la forme spondee est cependant moins abondante que la pre­miere. Dans les cultures jeunes, c'est egalement celle-ci qui domine.
Action des agents physiques et chimiques. Les spores sont tres resistantes a la chaleur; elles supportent une temperature-de 80deg; pendant 6 heures, de 90deg; pendant une heure. Dans la chaleur humide ä 100deg;, elles sont tuees en un quart d'heure ; ä Hoquot;, elles le sont en cinq minutes. Les spores bien seches se conservent pendant longtemps pourvu qu'elles soient ä Fabri de lalumiere. Celle-ci les tue en effet au bout d'un mois, sur-tout en presence de Fair.
Les bacilles de Nicolaier sont peu sensibles a l'action des. autiseptiques; ils le sont notamment moins que le \ibrion sep-tique. Ainsi le sublime ä 1 700 ne tue les bacilles tetaniques-qu'apres trois heures, I'acide phenique a 3 0/o qu'apres dix heu­res. Les spores resistent io heures ä I'acide phenique ä 5 0/0, deux heures a I'acide phenique ä 5 0/o additionne d'acide chlo-rhydrique ä 1/2 0j0, 30 secondes au sublime a 1 o/00 additionne de la mcme dose d'acide chlorhydrique. Elles sont inalte-rables par le sue gastrique et par la putrefaction ; des cultures actives ayant ete administrees a des lapins, cobayes, souris et chiens par voie digestive, tons ces animaux demeurerenfc sains et leurs excrements donnerent le tetanos.
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Cultures. Le bacille de Nicolaier vegete sur les milieux arti-ficiels, pourvu qu'il s'y trouve a l'abri de l'oxygene de l'air et dans des conditions convenables de temperature ; on emploiera done des recipients dans lesquels on aura fait le vide, ou dont I'atmospheresera remplaceepar deI'liydrogene, delacidecar-bonique, etc. Les milieux solides liquefiables, gelatine, gelose, sont parfois prives d'air par une ebullition d'une demi-heure; on refroidit brusquement la masse qui se fige, on inocule par piqüreprofonde et on couvre la surface du milieu d'une couche d'huile sterilisee, laquelle s'oppose auxechangesavecl'oxygene de l'air. La desoxygenation peut etre completee par l'addition aux memes milieux de substances avides d'oxygöne. Kitasato conseille d'ajouter ä la gelatine ou ä la gelose : glucose 2 quot;/o, sulfoindigotate de soude 0,1 %, teinture bleue de tournesol, S c. c. %.
La temperature la plus propice oscilleentre 38deg; et 39deg;; nean-moins, la multiplication se fait deja ä 18deg; et eile se continue mfeme ä 43*.
Les semences naturelles dont on dispose : pus des plaies ayantdonne lieu au tetanos, terre, fourrages, etc., sont toujours souillces d'autres germes que ceux de cette maladie ; aussi ob-tient-on d'abord des cultures impures dont il faut isoler le ba­cille de Nicolaier. Dans cc but, on met ä profit la grande resis­tance de ses spores et on chauffe les cultures spondees dans un bain-marie a 80,-90o pendant trois quarts d'heure a une heure; on seme des traces de ces cultures dans des tubes ana6-robies qu'on ferme ensuite ä la lampe et dont on etale par un mouvement rotatoire la gelatine sur les parois.
Les colonies qui se developpent alors sont formees unique-ment par le bacille tetanique, ainsi que l'inoculation pennet de le constater. Si quelques spores du vibrion septique avaient resiste a la chaleur et donnaient lieu ä une vegetation collate-rale, on aurait recours a Faction des antiseptiques; le sublime
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ä 1 deg;/0lt;, ne tue le bacille tetanique qu'apres trois heures, l'acide phenique ä 3 0/() qu'aprös deux heures (Sanchez-Toledo).
Dans le bouillon le developpement est tres rapide; le liquide se trouble en un jour et degage de fines bulles de gaz; la cul­ture se ralentit et se depose vers le 15e jour.
L'inoculation par piqüre profonde d'un tube de gelatine donne au bout de 4 4 S jours ä 18deg;, de petits points nuageui, d'oü partent de fins tractus radiaires, perpendiculaires ä la piqüre. La culture a un aspect floconneux; la gelatine se liquefie lentement et il se degage des bulles gazeuses; lorsque la gela­tine est entierementliquefiee, la culture se depose sous la forme de flocons blancs.
Les cultures sur gelose sont moins caractöristiques. Elias reussissent egalement sur serum et sur pomme de terre. Les cultures telaniques repandent une forte odeur de corne brülee et produisent des gaz divers au nombre desquels de l'acide carbonique et des hydrocarbures.
Recherche et coloration. Le bacille tetanique se colore faci-lement par les couleurs d'aniline ; il prend tres bien le Gram et apparait comme un bätonnet gröle, uniforme ou renfle ä l'une de ses extremites. Getto derniere se colore tout d'abord comme le filament lui-möme; mais aprte la formation de la spore, celle-ci se detache en clair. On peut la colorer par le precede habituel de teinturc des spores.
Inoculations experimentales. La maladie est inoculable aux petits animaux et notamment par ordre d'affinitö d6croissante, a la souris, au rat blanc, au cobaye, au lapin, au chien, au pigeon et ä la poule. La souris, le rat blanc et le cobaye sont extremement sensibles : 1/300 de centim. cube de culture suffit ä leur donner la maladie typique dont ils meurent en 36 ä 40 heures. Le lapin exige de 10 ä 30 gouttes; les symptomes apparaissent du deuxieme au troisieme jour et la mort survient 4 ä 10 jours plus tard. Quant au chien, au pigeon et ä la
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poille, ils sont moins receptifs et supporlent parfois de fortes doses sans succomber.
L'inoculation reussit bien dans le tissu conjonctif, dans le peritoine, dans rarachnoide. Dans le tissu conjonctif, ilse pro-duit de l'oedöme et les contractions apparaissent en premier lieu dans les muscles voisins. Dans le peritoine ou le sang, elles gagnent d'emblee toutes les regions. L'inhalation et l'in-gestion de produits virulents ne donnent pas la maladie. L'in-gestion des toxines tetaniques est egalement sans effet, ces toxines etant detruites par les sues digestifs.
Selon la dose inoculee et la receptivite des sujets, la maladie experimentale est aigue ou chronique, mortelle ou curable.
A propos d'inoculations experimentales, il faut distinguer trois cas. On peut injecter la culture entiere ou bien la partie amorphe seule debarrassee des microbes par filtration, ou encore les microbes seuls prives de leurs produits solubles par filtration, par lixiviation ou par la chaleur.
Dans les deux premiers cas, inoculation de la culture entiere ou de ses produits solubles, on voit seproduire la maladie clas-sique. Dans le dernier, l'inoculation reste sans effet, d'apres MM. Vaillard et Vincent, a moins qu'on n'emploie des doses exagerees. Le bacille tetanique ne pourrait done se multiplier dans lorganisme en l'absence de ses toxines; sanselles, ilserait devore par les phagocytes; il provoque en effet une diapedese active, ainsi que I'ont fait voir les injections dans la chambre anterieure de Toeil. Les toxines des cultures repousseraient au contraire les leucocytes et mettraient les microbes a l'abri de leur action destructive. D autres substances peuvent suppleer a cette action : l'inoculation des spores seules est suivie du tetanos, lorsqu'on injecte en meme temps de l'acide lactique diluö a 1/S00, de la trimethylamine, ou qu'on produit une con­tusion des tissus inocules. L'injection simultanee des germes ttstaniques et du microbacillus prodigiosus permet egalement
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l'eclosion de la maladie ; le prodigiosus attire a lui les pha­gocytes et forme ainsi une barriere derriöre laquelle le bacille tetanique se multiplie et secrete sa toxine protectrice.
Les experiences de Vaillard et Vincent ont ete repetees par Sanchez-Toledo qui serait parvenu ä transmettre la maladie au moyen de cultures debarrassees des toxines et de toute substance adjuvante.
Etiologie etpathogenie. Le bacille tetanique ou ses spores existent dans le sol; on a maintes fois reproduit le tetanos par rinoculation de l'eau de lavage de certaines terres. Du sol, 11 est transporte avec les fourrages desseches, passe inal-tere a travers le tube digestif des herbivores et de lä dans le fumier pour retourner au sol. Les inoculations I'ont mis en evi­dence dans le foin et dans les excrements du cheval et du boeuf sains. Le tetanos est done d'origine tellurique; mais il pent en outre se transmettre d'un animal a un autre, directement ou indirectement. Le microbe etant inactif par Ingestion et par inhalation, sa penetration doit avoir lieu au niveau dune solu­tion de continuite.
Toutes les plaies ne se pretent pas a l'implantation du ba­cille tetanique; celui-ci est anaerobie et exige par consequent un milieu abritö contre l'abord de lair atmospherique; en ou­tre, il ne peut rien s'il n'est protege contre les phagocytes par des conditions accessoires. II faut done, pour l'eclosion du tötanos, des plaies profondes, anfractueuses, contuses ou souillees par d'autres germes, notamment les germes pyogenes ordinaires. Cependant on a vu souvent des plaies legeres etre suivies du tetanos. II est ä remarquer que les plaies favorables au bacille tetanique le sont aussi au vibrion septique. Or, le bacille de Toedeme malin se trouve aussi dans la terre tetano-göne, de sorle qu'une meme plaie peut etre souillee par les deux germes ; mais la gangrene evoluant plus vite que le tetanos, celui-ci n'apparait qu'apres la guerison de la premiere ou n'ap-
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parait pas du tout si la septicemie enleve le malade (Verneuil).
Le bacille tetanique secrete au niveau de la plaie des toxines speciales qui empoisonnent I'organisme a la maniere de la strychnine. Si on filtre une culture tetanique, de fagon ä separer totaleraent les microbes de la partie soluble, et qu'on injecte cette derniere aux animaux, on provoque un tetanos absolument typique. Ce liquide filtre est tres toxique : 1/20 de goutte tue une souris en 36 heures, une goutte tue un cobaye •en 24 heures.
La nature du poison tetanique est incompletement connue encore, malgre de nombreux travaux. Brieger a isole des cul­tures impures sur de la viande plusieurs ptomaines toxiques : la tetanine, la tetauotoxine et la spasmotoxine. La premiere donne le tetanos classique a dose tres faible, la deuxieme produit des convulsions toniques et cloniques et enfin la troi-si6me donne de l'hypersalivation et des convulsions. D'aprös des travaux plus recents, le poison tetanique serait une albu-mine se rapprochant des diastases on ferments solubles. En effet, il est detruit par une temperature de 63quot; pendant cinq minutes, il est insoluble dans I'alcool, soluble dans I'eau, s'at-tache aux precipites aluminiques et phosphates, est detruit par la lumiere, se conserve a I'etat sec, mais a condition de sicher rapidement au vide sans l'aide de la chaleur.
Cette toxine parait agir plus particulierement sur le tissu masculaire, ce qui expliquerait l'apparition des premieres con­tractions tetaniques dans les muscles qui avoisinent la plaie ou le point inocule. Elle est inactive par la voie digestive.
II ressort bien de faits precedents que le microbe de Nico­laier n'agit que par la diastase qu'il secrete. D'ailleurs, il ne pönetre dans le sang que dans les derniers moments de la vie ou aprös la mort.
Attenuation. Vaccinations. En chauffant le filtrage aux differentes temperatures comprises entre S30 et 100deg; jusqu'a ce
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qu'il devienne inactif, et en l'inoculanl ä des souris, on deter­mine un tetanos leger, curable, mais non suivi de Fimmunite.
Kitasato a cherche a obtenir rimmunite contra le tetanos par l'action du trichlorure d'iode. II injecte 0,3 c. c. de culture fil-tree sous la peau d'un lapin, et immediatement aprfes, au meme endroit, 3 c. c. d'une solution de trichlorure d'iode ä 4/100. Meme injection de trichlorure 24 heures aprös et ainsi de suite jusqu'a ce que le lapin ait regu en tout 0 gr. 45 de-trichlorure. Si apres 44, 48, 23 jours, on injecte 2 c. c. damp; filtrat virulent ou 2 ä 3 c. c. de bouillon virulent, les symp-tömes tetaniques qui surviennent disparaissent en quelques-jours et on peut faire par la suite, sans qu'il survienne aucun Symptome, une injection de 5 c. c. de culture virulente. Le-lapin est done vaccine; mais ce precede est inconstant et 60 '[„. des lapins ne contractent pas rimmunite. Les souris et les. cobayes ne la contractent pas du tout. Mais le serum ou le sang des lapins vaccines jouissent de la faculte trös interessante de detruire la toxine, sont toxinicides. En effet, le melange de 4 c. c. d'une culture virulente avec 5c. c. de ce serumlaisse en contact pendant 24 heures peut 6tre impunement injecte ä des. souris. On pourrait mfeme enrayer aumoyen dece serum la ma-ladie developpee experimentalement chez les souris. De plus, I'injection peritoneale de 0,2 a 0,S c. c. de ce serum donne I'immunite, pour 40 a SO jours, aux souris qui ie resolvent.
Tizzoni et Cattani ont donne I'immunite au chien et au pi­geon par I'injection de doses progressives de cultures de plus en plus virulentes. Le serum du chien ainsi vaccine est toxi-nicide et donne I'immunite au chien et ä la souris, mais pas au lapin ni au cobaye, et n'arrfete pas le mal dejä etabli. Les auteurs ont isole et obtenu ä l'etat sec le produit toxinicide du sbrum{antitoxine); ils I'auraient employe avec succes centre le tetanos humain.
Vaillard en injectant dans le sang des lapins: 40en plusieurs
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fois, 40 c. c. de culture filtree, chauffee a 58deg;; 2deg; 10 c. c. damp; culture filtree, chauffee a 31deg;, puis 15 c. c. de culture filtröe non chauffee ne leur a pas doune rimmunite, mais a commu-niqu6 ä leur sang le pouvoir toxinicide, de sorte qu'il n'y a pas de relation entre la puissance toxinicide et l'etat refraclaire.
Diphterie.
Dans son sens le plus large, ceterme s'applique a une forme speciale de rinflammation des teguments dans laquelle un exsudat concret se produit dans l'epaisseur du derme et entratne sa mortification; cet exsudat est dit diphteritique. Lorsque le depot fibrineux est limite ä l'epithelium, 1'inflam-mation est dite croupale. Des causes tres differentes peuvent provoquer ces deux modalit6s de rinflammation : elles sont mecaniques (compression), ou physiques (brülures), ou chimi-ques (caustiques), ou enfin biologiques (parasites et microbes). Au nombre des parasites, nous signalerons les gregarines de l'epithelioma contagieux des volailles et les coccidies de la typhlite des meines animaux; quant aux microbes un grand nombre jouissent de la meine faculte; il suffit de rappeler les-exsudats diphteritiques de la pneumo-enterite du pore, de la morve aigue, du typhus petechial, etc. La diphterie des plaiex ou pourriture d'hopital caracterisee par la necrose superficielle des tissus divises doit etre egalement attribuee a la souillure de ceux-ci par des organismes microbiens.
Au point de vue clinique, on entend par diptherie une maladie specifique, due a un genne special et se manifestant par une inflammation a övolution croupale ou diptheritique de la muqueuse respiratoire et parfois digestive. Cette maladie a 6te tres bien etudiee chez l'homme; eile existe aussi chez. quelques especes animales, particuliörement chez les oiseaux, et chez le veau. On a cru un instant a l'identite de la diph-törie humaine et de la diphterie aviaire; cette question est
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aujourd'hui resolue par la negative. Les deux affections ont d'ailleurs une evolution et des microbes differents.
Dipthiirie humaine. Klebs, Loefflei' ont decouvert dans les fausses membranes un bacille droil ou courbe, ä bouts arron-dis, parfois renfles en massue, d'autres fois plus minces qua la partie moyenne. II mesure 0mm,0025 a 0mm,003 de long sur Omm,0007 de large ;ilest surtout aerobic, mais se cultive aussi a l'abri de Fair; on le rencontre dans la zone superfi-laquo;ielle des fausses menbranes. II se cultive dans la plupart des milieux, se colore par le bleu de Loeffler et par le Gram. Roux et Yersin ont complete son etude biologique : ils Font isole en inoculant une serie de tubes de serum sans recharger le fil de platine : les colonies du bacille diphteritique se pre-sentent comme des taches arrondies, d'un Wane grisatre, a centre plus opaque que la peripherie.
Les muqueuses excoriees inocnlees avec une culture mon-trent bientöt la fausse membrane caracteristique chez les lapins, les cobayes, les chats, les pigeons et les poules.
L'injection sous-cutanee de quelques gouttes du liquide tue le cobaye en 36 heures avec dilatation vasculaire generate et epanchement pleural. Le lapin exige un c. c. de culture et meurt apres quelques jours, de meme que le pigeon. Le chien et le mouton succombent egalement. Dans tons les cas, on observe un oedenie heraorragique au point inocule et les vais-seaux des differents organes sont congestionnes. Lorsque la mort des inocules est tardive, ils presentent des paralysies qui rappellent celles qu'on observe chez I'enfant a la suite de la maladie.
Le bacille n'existe que dans les lesions specifiques; il y secrete un poison dont la resorption determine les manifesta­tions generales de la diphterie. Les cultures debarrassees des microbes par filtration sont en effet tres toxiques; sous leur influence, les cobayes contractent une forte dyspnee, les lapins
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sont atteints de paralysie progressive et souvent de diarrhee. Le chien et le mouton succombent egalement apres avoir mon-tre des symptömes paralytiques.
La substance toxique des cultures est une diastase, presen-tant beaucoup d'analogie avec celle du tetanos; eile est inac­tive par la voie digestive.
Behring aurait communique Fimmunite aux cobayes 1deg; en leur inoculant des cultures sterilisees a eS-TOquot; c.; 2deg; en leur injectant le melange d'une partie de trichlorure d'iode et de Ö00 parties de ces memes cultures; 3deg; en leur inoculant du liquide sereux ou sanguinolent retire de la plevre de cobayes morts de diphterie.
Diphterie aviaire. Les oiseaux sont tres sujets a une mala-die se manifestant par la production de fausses membranes et d'exsudats diphteritiques sur les muqueuses de la bouche, du pharynx, de l'oesophage, du nez, des yeux, du larynx, de la tra-chee, des poumons, de sacs aeriens, de l'intestin, et sur la peau. Cette maladie est tres contagieuse; eile est beaucoup moins grave que celle de l'hornme; comme eile, eile pent occasionner l'asphyxie mecanique rapide; mais plus souvent eile traine en longueur, presente des remissions et des aggravations, amene le deperissement des oiseaux atteints. L'inflammation catar-rhale des muqueuses atteintes en provoquant des secretions morbides glaireuses hate dans certains cas la cachexie et la mort.
Loefflerattribuela maladie a unbacille special, colorable par le Gram et le Weigert, qu'il a rencontre dans les produits liquides des muqueuses enflammees, dans les fausses mem­branes, dans les lesions du foie, dans le sang. Ce bacille a a pen pres les memes dimensions que celui de la diphterie humaine ; il est cependant plus lisse, plus uniforme dans son diametre que celui de 1'homine. II abonde dans la couche superficielle des fausses membranes, est rare ou absent dans
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les couches profondes. A cöte des bacilles specifiques, on trouve constamment dans les exsudats concrets d'autres microbes.
Lceffler a reproduit la diphterie aviaire chez le lapin et le pigeon; la mort, lorsqu'elle se produit, survient moins vite qu'avec le bacille liumain. Le cobaye et le chien sent aussi plus sensibles a ce dernier bacille qua celui des oiseaux. Lceffler a cultive le microbe qu'il a decrit et reproduit la raala-die chez les oiseaux et le lapin par l'inoculation de cultures sur une muqueuse, ä la peau, dans le tissu cellulaire suus-cutane.
L'affection se propage par les matieres morbides (jetage, matieres fecales, fausses membranes) des sujets malades. La matiere virulente s'introduit dans l'organisnie des sujets sains par les aliments oupar lair. La contamination se fait le plus souvent dune facjon indirecte, mais eile pent aussi s'exercer directement. M. Megnin a signale le cas da pigeons dont les jeunes succombent tres tot ä la diphterie; il attribue la maladie des jeunesau fait que les meres sont atteintes de lesions cesopha-giennes anciennes, peu accusees, dont les produits virulents se melent au liquide lactescent du jabot et sont servis directe­ment aux jeunes.
La maladie apparait dans les poulaillers vierges a I'occa-sion de rimportation de volailles provenant de foyers infectes ou au retour de sujets ayant figure dans des expositions. Le virus parait se conserver pendant longtemps dans les locaux et les furaiers souilles.
Malgre les faits avances par differents observateurs, il parait bien etabli que la maladie de volailles ne se transmet pas ä I'homme.
Diphterie du veau. II exisfe parmi I'espece bovine une maladie diphteritique transmisible surtoul aux veaux et ayant egalement pour cause un bacille special. Elle se localise a I'ar-riere-gorge, a la trachee, aux bronches.
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Rage.
La rage s'observe ä l'etat naturel chez tous les mammiferes domestiques et chez beaucoup d'especes sauvages : loup, renard, chacal, cerf, etc. Elle est infiniment plus frequente chez les carnivores et plus specialement chez le chien et chez le loup.
Microbe. Malgre les recherches nombreuses concernant l'agent pathogene de la rage, ses caracteres morphologiques sont encore inconnus. Son existence n'est pourtant pas dou-teuse; il se multiplie dans l'organisme auquel on l'inocule, s'attenue ou s'eialte comme les microbes bien definis d'autres maladies. Fol, Babfes ont decrit des microcoques qu'ils ont pu eultiver dans le bouillon; les cultures transmettaient la rage. Babös signale en outre des bacilles courts. Mottet et Proto-popoff ont isole du cerveau une bacterie trös fine dont les cultures en bouillon donnent la maladie typique.
Action des agents physiques et chimiques. La virulence d'une Emulsion de moelle rabique disparalt par une chauffe de 24 heures ä 45deg;, de une heure ä 50deg;, de une demi-heure dans la vapeur d'eau ä 400*.
Elle resiste ä un froid de — 20deg; pendant 30 heures au moins. Elle est annihilee par une exposition de 14 heures ä la lumifere solaire par une temperature de 37deg;. La dessiccation ä l'air dirainue rapidement la virulence et la fait disparaitre au bout de quelques jours.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; _ ;
La virulence se conserve dans les cadavres pendant plu-sieurs semaines si la decomposition est empechee; la putrefac­tion la detruit. Elle s'altere rapidement par le sublime ä i 0/oo, le permanganate de potasse ä 2 ou S %gt; l'alcool ä SOquot;. L'alcool ä IS % la conserve intacte pendant sept jours au moins. L'emulsion rendue aeide ou alcaline devient inoffensive mamp;ne ä forte dose. La glycerine bien neutre
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(30deg; B) permet la conservation parfaite de la puissance patho-gene.
Inoculations experimentales. A part quelques sujets doues naturellement de l'etat refractaire, la plupart des mammiferes contractent la rage inoculee.
Les especes auxquelles on a recours dans les laboratoires sent le lapin, le cobaye, le chien, le singe, le rat, les oiseaux. Cesderniers guerissent presque toujoursspontanement (Gibier). Les matteres virulentes sont empruntees a la substance ner-\euse (cerveau, bulbe, moelle, nerfs), aux glandes salivaires, a la salive, aux mucosites bronchiques, au pancreas. Le lait se montre parfois virulent; le sang ne Test pas et la transfu­sion complete du sang d'un chien enrage äunsujet sain n'apas donne la maladie (Bert). En pratique, on a recours plus specia-lement aux centres nerveux, lesquels donnent un virus pur; pour s'en servir on en reduit une parcelle en pulpe et on delaie celle-ci dans un liquide sterilise (eau, bouillon); on obtient ainsi une liquide blanc laiteux, veritable emulsion de substance nerveuse.
L'inoculation se fait par des precedes varies; eile peut etre sous-cutanee, intra-musculaire, intra-veineuse, intra-oculaire, intra-cranienne, intra-nerveuse, etc. Les resultats varient sui-vant ces differents procedes.
Chez le chien, Finoculation sous-cuianee et I'moculation intra-veineuse sont suivies ordinairement de la rage mue, sans aboiement ni fureur. La rage furieuse peut ctre obtenue par les monies procedes mais avec de faibles doses de virus. Moins on emploie de celui-ci, plus facilement on obtient la rage furieuse. Dans ces dernieres conditions, on voit s'allonger la periode d'incubation. L'injection de doses tres faibles peut resler sans effet sans donner riraraunite au chien. L'inocula­tion hypodermique de grandes quantites de virus peut donner I'immunite, sans qu'il se manifeste aueun symptöme de mala­die rabique.
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L'injection intra-musculaire donne plus sürement la rage que I'inoculation sous-cutanee.
, L'inoculation intra-cränienne donne toujours la rage furieuse au chien; la periode d'incubation pour le virus des rues est de 14 a 15 jours en moyenne.
L'inoculation peut encore se pratiquer dans les troncs ner-veux; la lesion prealable des faisceaux augmente les chances de succes; la periode d'incubation n'est pas la meine dans tons les cas; eile est toujours plus longue que par trepa­nation ; le virus se cultive dans le nerf et progresse de la peri-pherie vers le centre; plus le trajet a parcourir est long, plus aussi la raaladie sera tardive. L'inoculation des troncs poste-rieurs est suivie de rage paralytique; celle des troncs ante-rieurs de rage furieuse.
L'insertion du virus dans la chambre anterieure de l'oeil donne sürement la rage; l'incubation est de 13 ä 16 jours pour le virus des rues.
Chez le lapin, l'inoculation intra-cränienne de la rage des rues donne lieu a des observations remarquables : l'incubation est de 15 a 17 jours; la mort survient endeans les quatre jours suivants. La maladie s'accuse par des phenomenes paralyti-qaes k marche progressive; la rage du lapin est done la rage mue. Cependant on observe des cas de rage furieuse, et d'ailleursFerrea montre que des symptömes d'exallation (acce­leration respiratoire, etc.,) precedent les manifestations paraly-tiques.
Le passage du virus de la rage des nies du premier lapin a un second, du second ä un troisieme, et ainsi de suite, exalte l'activite du virus rabique. Cette exaltation se traduit par le raccourcissement de la periode d'incubation qui n'est plus que de 8 jours apres vingt-cinq passages et de 7 jours apres cin-quante. Le virus est alors acclimate chez le lapin qui meurt regulierement apres 7 jours, a quelque generation qu'il appar-
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tienne; le virus rabique ainsi exalte prend le nom de virus fixe. 11 est exalte non seulement pour le la pin mais encore pour le chien lui-meme qui prend toujours la maladie par l'inoculation intra-vasculaire de ce virus, tandis que pareille inoculation du virus das rues donne des effets incertains.
Chez le cobaye qui prend facilement la rage des rues par l'inoculation intra-cränienne, la virulence s'exalte par le passage en serie au point d'etre fixe apres la huitieme inoculation. L'incubation est alors de cinq jours. La rage du cobaye presente souvent une periode manifeste d'excitation; Je virus fixe du cobaye est plus actif pour le chien que le virus des rues.
Chez le singe, le passage en serie attenue la virulence; alors que le virus puise chez le premier singe tue le lapin en 13 a 16 jours, celui du deuxieme donne chez le lapin une incubation de 14 a 20 jours et celui du sixieme une incubation de 30 jours. L'inoculation intra-veineuse du virus de la sixieme generation ne donne plus la maladie au chien et l'inoculation intra-cränienne est elle-merae incertaine. La virulence attenuee chez le singe peut reprendre son activite premiere par le pas­sage en serie sur des iapins.
Etiologie et pathogenie. La cause de la rage reside, le fait n'est pas conteste, dans un etre vivant. Le virus se transmet d'un animal i un autre par contagion direcie. La transmission mediate paratt en effet tres rare. D'ailleurs, le virus ne se con­serve qu'un temps tres court dans les milieux exterieurs, ce qui diminue les chances de transport; cependant M. Galtier a signale la possibilite de l'infection par la muqueuse oculaire intacte et Ton comprend quelle peut se realiser accidentelle-ment chezl'homme par la projection ou le transport d'un liquide virulent dans Foeil. Quant a la contamination par Ingestion de viande provenant d'un sujet atteint, eile paralt s'etre realisee un certain nombre de fois chez le chien (Zundel). Cependant
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lt;ies experiences tentees dans ce sens n'ont donne que des resul-tats negatifs.
C'est presque toujours k Toccasion d'une morsure par un animal enrage que la maladie se transrnet ä un sujet sain. Cetle morsure equivaut a une inoculation de saiive virulente. Les morsures des carnivores (chien, chat, loup) sont les plus dangereuses, a cause de l'importance des dechirures qu'elles produisent; celles du clieval, du cerf, du daim le sont a un moindre degre; quant aux betes bovines, elles ne paraissent pas avoir jusqu'ä ce jour communique la maladie. MM. Nocard -ei Roux ont montre que la virulence apparait dans la saiive vingt-quatre heui-es en moyenne avant les premiers symptö-mes et qu'il existe des cas oü eile se manifeste un ou deux jours plus tot. Ils se basent sur ce fait pour conseiller de main-tenir tout chien ayant mordu en observation pendant trois jours au moins avant de delivrer un certificat de sante.
Les morsures qui Interessent les nerfs ou les muscles comptent parmi les plus susceptibles de transmettre la rage.
En dehors des morsures, rinoculation directe pent se reali-ser au cours d'une autopsie. Quant a la transmission inter-placentaire, eile n'est pas etablie; les faits positifs signales ont ete contestes.
La periode d'incubation est tres variable; la maladie se declare le plus souvent dans le cours des deux premiers mois qui suivent la morsure; mais on pent la voir apres quel-ques jours et aussi apres plusieurs mois. Ces differences tien-nentala propagation plus ou moins facile du virus. L'absorption se fait principalement par les nerfs; en effet I'inoculation dans untronc nerveux a amene la rage plus rapidement que I'inser-tion dans le tissu conjonctif au point correspondant, quoique moins vite que dans lacavite cränienne. Le virus se cultiverait done dans le nerf et progresserait vers le centre cerebro-spinal; du centre, il pourrait s'irradier ensuitedans les nerfs.
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Apres l'inoculation dans le sciatique, les manifestations rabiques primitives accusent an effet l'alteration de la moelle lombaire; la moelle cervicale et le bulbe ne sont entrepris que plus tard. Dans un cas on a limite la maladie aux seules mani­festations de la paralysie posterieure chez le cobaye en inter-rompant la continuite de la moelle au niveau de la region dorso-lombaire; la moelle cervico-dorsale fut preservee de l'action du virus. Des fails bieu observes chez l'homme ont donne un certain appui ä cette maniere d'envisager la propa­gation du virus rabique : apres une morsure au bras droit, les nerfs du dit bras inocules comparativement avec ceux du bras gauche se montrerent seuls virulents. D'autre part, l'in-cubation serait d'autantplus courte que le trajet nerveux ä par-courir pour alteindre les centres est lui-meme plus court. Mais ä l'etat naturel divers facteurs font varier cette periode latente : quantite du virus, richesse en nerfs, lesion plus ou moins pro-fonde de ces derniers.
L'action du virus rabique sur les centres nerveux et les nerfs est indirecte; ce virus n'agit pas comme le ferait un agent chimique, la strychnine, par exemple; les troubles anatomiques, peu visibles ä l'oeil nu. se traduisent sous le microscope par des lesions inflammatoires arrivees ä differentes periodes de leur evolution. Ces lesions siegent principalement dans les nerfs de la partie mordue et dans la moelle correspondante. Elles consistent en des congestions et des hemorragies capil-laires avec infiltration de leucocytes; on observe des necroses en foyers limites, diverses degenerescences des cellules centrales, la transformation de la myeline, l'hypertrophie des cylindres-axes, etc.
Les symptomes rabiques sont l'expression de la nevrite et de-la myclite qui se developpent successivement. Ces alterations se traduisent par des phenomenes d'excitation ou de depres­sion suivant que l'alteration est plus ou moins avancee. Ces
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phenomfenes ordinairement successifs peuvent apparaitre isoles; d'oü deux formes : la rage furieuse et la rage mue ou para-lytique. Le plus souvent ils sont combines et il en resulte des formes mixtes, intermödiairesauxdeux precedeules et qui eta-blissent l'unicite de la maladie. Le tableau symptomatique variera naturellement suivant le point de laxe cerebro-spinal qui sera envahi en premier lieu et partant suivant l'endroit de l'inoculation.
Les experiences de Pasteur dans lesquelles la rage a ete transmise par inoculation intra-veineuse etablissent la possi-bilite de l'absorption du virus et de sa transmission par les liquides circulatoires.
Attenuation et vaccination. Le virus de la rage n'est pas absolument fixe; son passage a travers l'organisme du lapin exalte sa virulence (voir plus haut), tandis que son inocula­tion au singe I'affaiblit. II est acclimate chez le singe apres trois generations, et il necessite alors une incubation de 23 jours, I'incubation pour la rage des rues n'etant que de 11 jours. Le virus fixe du singe ne donne plus que rarement la maladie au chien par inoculation intra-cränienne, et l'ino­culation intra-veineuse est toujours inoffensive; ce virus pent servir de vaccin pour le chien.
Babes a inontre que le virus rabique insere dans le sac lym-phatique de la greuouille s'attenue progressivemeut au point de pouvoir agir au bout d'un certain temps comme vaccin chez le chien. La lymphe de la grenouille, extraite du corps et me-langee ä une emulsion de moelle virulente, affaiblit egalement l'activite de celle-ci.
Attenuation par dessiccation. Une moelle rabique virulentraquo; perd progressivement son aclivite par la dessiccation i Fair. Cette attenuation se manifeste par le retai'd dans I'apparition de la maladie, par l'augmentation de la duree de I'incubation ; ainsi, apres deux jours de dessiccation, le virus fixe du lapin
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n'a pas change et donne la maladie au lapin apres sept jours; apramp;s trois ä cinq jours I'incubation dure huit jours; apres six jours eile atteint quatorze jours; apres une dessiccatlon de plus de sept jours la maladie nese communique plus au lapin.
Pour obtenir une attenuation reguliere et stable, Pasteur part de la moelle d'un lapin rendu enrage au moyen du virus fixe, il la divise en fragments de deux centimetres qu'il suspend dans un bocal de un litre contenant des blocs de potasse caustique; ce bocal est place dans une chambre a temperature constante de 20oc.
Des variations dans la temperature amenent des modifica­tions dans I'attenuation; a 28deg;, la virulence est eteinte apres cinq jours; a 33deg;, apres quatre heures.
Le lapin de Saint-Petersbourg qui a une moelle moins grosse permet une attenuation plus rapide.
La temperature et l'oxygene de l'air interviennent pour pro-duire cette perte de l'activite pathogene; I'attenuation est moins rapide dans 1'acide carbonique; quant ä la perte d'hu-raidite eile semble intervenir moins activement; en effet, Protopopoff a montre que la modification se produit egalement dans du bouillon glycerine.
Les auteurs sont loin d'etre d'accord en ce qui concerne la theorie de cette attenuation. Pasteur pense quelle cousiste simplement en un appauvrissement en virus actif et non en une diminution d'activite.
L'hypothese d'un vaccin chimique a ete ecartee par Babes qui a montre que la substance rabique filtree sur porcelaine ainsi que celle chauffee a 100deg; n'ont aucune propriete vacci-nale. Gamaleia a demontre que les injections vaccinales n'ont aucune action sur un sujet en puissance de la maladie, ce qui ecarte encore la supposition du vaccin chimique. Le virus attenue par dessiccatlon recupöre l'activite du virus fixe au se­cond passage sur le lapin.
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Vaccinations antirabiques. II est possible de donner ä Ihomme et aux animaux receptifs I'immunlte eontre la rage.
Cette immunite a ete signalee pour certains cas de rage naturelle qui oat passe a guerison. Elle a surtout ete bien ob-servee par Hoegyes pour des cas de rage experimenlale suivis de guerison. L'auteur a constate 13 cas de guerison dont six de rage furieuse pour 139 inoculations au chien. L'immuiiite qui s'est presentee apres ces guerisons existait encore cinq ans apres.
Le plus ordinairement rimmunite s'observe apres des ino­culations non suivies de manifestations rabiques; eile pent etre obtenue par divers moyens. Pasteur I'a provoquee chez un chien par I'inoculation sous-cutanee du virus des rues en grande masse; cette immunite n'est pas la regle, et dans cer­tains cas la rage elle-meme se declare.
Hoegyes obtient rimmunite par des injections de virus fixe dilue dans de l'eau salee ä 7 %„. II pratique chez le chien six inoculations avec des virus dilues a l/öOOO, 1/2000. 1/300, 1/100. 1/10. L'animal ne presente aucun malaise et contracte une immunite solide centre les morsures et les diverses inoculations experimentales.
L'immunite a ete obtenue par Pasteur en inoculant au chien le virus plus ou moins attenue sur le singe.
Le meme auteur a donne l'immunite au chien par I'inocula­tion sous-cutanee de virus de moins en moins attenues par le procede de la dessiccation signale plus haut. La premiere ino­culation est pratiquee avec une moelle de lapin dessechee pen­dant quatorze jours, cquot;est-ä-dire inactive pour le lapin depuis sept jours; des inoculations furent pratiquees les jours suivants avec des moelles soumisesä une dessiccation moins prolongee et enfin avec de la moelle virulente. Celle-ci fut inseree sous la peau, ou dans le sang, ou dans la cavite cranienne ; quelques vaccines furent soumis aux morsures de chiens en-
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rages; ces differentes inoculations virulentes restörent sans resultat. La persistance de 1 etat refraclaire fut verifiee plu-sienrs annees plus taad.
Vaccination paslorienne. La perioded'incubation de la rage apres morSure etant assez longue, Pasteur a pense qu'il etait possible de vacciner le sujet mordu durant cette periode de maniere ä prevenir I'invasion delamaladie. L'experience a donne raison a I'illustre savant, qui est parvenu a vacciner au moyen des series de moelies dessechees des chiens mordus et meine des chiens inocules par trepanation. II est evident que les inoculations preservatives doivent etre entreprises au plus lot afin que letat refractaire soit etabli pour le moment oü le virus actif atteindra les centres. Les resultats obtenus chez les animaux out send de base a la methode de preserva­tion de la rage apres morsure dans I'espece humaine, methode aujourd'hui appliquee dans plusieurs etablissements et dont les bienfaits ne sent plus contestes. La statistique etablit que la mortalite par la rage chez l'homme est descendue de 16 7raquo; ä 0,67 %.
Preservation de la rage apres morsure chez les ruminants. M. Galtier a montre que I'injection intraveineuse chez les rumi­nants du virus de la rage des rues ne donne pas la maladie et confere I'immunite. L'auteur d'abord, MM. Nocard et Roux ensuite ont demontre l'efficacite de cette methode pour pre­server les ruminants recemment mordus par le chien enrage. Pour cela, on fait une emulsion de moelle virulente dans de l'eau sterilisee, on la passe sur un linge et on I'injecte dans la jugulaire ou la veine de l'oreille. L'injection, qui doit etre assez copieuse, est sans aucun danger.
Fievre typhoide du clieval.
On comprenait autrefois sous le nom d'affections typhoides plusieurs maladies que la clinique n'avait pas suffisamment
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differeritiees. Nos connaissances sont un peu plus etendues #9632;aujourd'hui grace aux travaux de Schutz, de Perroncito, de Chantemesse et Delamotte, de Gadeac, de Galtier et Violet, etc. Nombre de points sont encore ä elacider; mais deux maladies au moins ont ete decrites qui ne doivent pas figurer dans le #9632;groupe des affections typhoides. Ce sont la pneumonic ou pleuropneumonie contagieuse et les pneumo-enterites des fourrages que nous verrons plus loin.
Ce qui caracterise plus particulierement la fievre typhoids laquo;'est la stupeur, la depression considerable des systemes ner-veux et musculaire des animaux atteints; ceux-ci sont laibles, chancelanls, tiennent la tfete hasse et s'en vont titubant comma sous le coup d'une ivresse profonde ou d'un agent narcotique; les yeux sont larmoyants, demi-clos, souvent enflammes; la muqueuse conjonctive est infiltree, d'une teinte jaune avec des nervures violacees; eile peut devenir rouge jaunätre lorsque la •conjonctivite est declaree.
La fievre d'invasion est suivie de localisations diverses; ge-neralement les symptömes digestifs sont predominants: la lan-gue est seche, couverte d'un enduit plus ou moins epais; les signes d'une gastro-enterite ne tardent pas ä semontrer. Lors-qu'une localisation se fait sur le poumon, ce n'est jamais que plusieurs jours apres le debut du mal. D'ailleurs l'alteration lt;lont cet organe est le siege differe absolument de celle qui ca­racterise la pneumonic infectieuse. La fievre typhoide predis­pose aux congestions passives; aussi le poumon est-il oede-matiö plutöt qu'hepatise, et n'entend-on jamais le souffle tubaire au point correspondant comme dans la pneumonic. Cette tendance aux hyperemies veineuses se revele dans les membres par des engorgements oedemateux.
Les tentatives de transmission de la maladie typhoide sont restees sans resultat : le cheval, l'äne, le chien, le lapin n'ont pas conlracte la maladie par les differents precedes d'inocula-
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tioii journellement en usage. Le typhus du cheval se conduiE ccpendaut comme uiie maladie contagieuse; ä l'inverse damp; la pneumonie infcctieuse, eile est polymorphe et se pre-sente tantot comme une enterite, tantöt comme une maladie de poltrine, tantöt comme une cardite, etc., tandis que dans une ecurie oü regne la pneumonie tous les chevaux atteints pre-sentent primitivement cette derniere lesion.
La question, autrcfois soulevee, de l'identite de la fiövre-typhoide du cheval et de celle de Thomme est aujourd'hui resolue: le bacille d'Eberth ne se retrouve pas chez les chevaux typhiques et son inoculation au cheval demeure sans resultat,
Pneumonies coutagieuses du cheval.
Les recherches des auteurs concernant la pneumonie conta­gieuse du cheval sent loin d'etre concordantes. Neanmoins it est etabli qu'il y a lieu de separer des maladies typho'ides une ou plusieurs maladies ä evolution dominante sur le poumon. Tandis que dans la fievre typhoide la localisation pulmonaire esttardive,la fievre d'invasion est decourte dureedansla pneu­monie infectieuse et la localisation pulmonaire se fait d'em-blee. L'abattement du debut n'est pas comparable ä l'etat de prostration des animaux affectes de fievre typhoide et il cesse lorsque Fhepatisation est accomplie; les animaux recouvrent. alors leur gaieie habituelle. La muqueuse conjonctive a une teinte rouge safranee ; I'oeil est vif, bien ouvert. Le jetage rouille est visible ä la premiere periode.
L'inflammation pulmonaire est lobaire, parfois lobulaire, eile se complique de pleuresie (pieMropracitmontc); parfoisaussi surviennent des troubles du cöte du rein, des synoviales, des. articulations, du coeur et de ses sereuses, des meninges, des centres nerveux, de l'appareil gastro-intestinal, etc.
D'apres MM. Galtier et Violet, I'intestin serait souvent. afFecte avec le poumon et pourrait meine l'etre primitivement.
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(fneumo-entente); la maladie se porteraitaussisecondairement sur le foie, la i,ate(qiii deviendrait volumineuse et bosselee), la vessie, les articulations, les gaines tendineuses, les muscles, la membrane keratogcne.
Schutz a decrit comme la cause de cette affection un microbe-ovoiide souvent bigemine pourvu d'une capsule comparable a celle du pneumocoque de l'homme. Perroncito a vu aussi une capsule, mais qui d'apres lui, ne se conduit pas comme celle du pneumocoque vis-ä-vis des reactifs colorants; d'ailleurs le microbe etudie par Perroncito tue le lapin et le cobaye, tandis. que le pnenmococcus est inactif pour ce dernier. Chantemesse et Delamotte ont attribue la maladie a un streptocoque. Galtier et Violet ont decrit deux microbes differents donnant deux maladies semblables: un streptocoque et un diplocoque [strep­tococcus et diplococcus pneufno-enteritis equi). Cadeac n'a trouve dans tous les cas qu'un microcoque, souvent groupe en diplocoque, parfois en streptocoque.
Dans un certain nombre de recherches (1) nous avons re-
(1) Chez plusieurs ohevaux atteints de pneumonia, nous avons. retrouve le streptocoque dejä decrit par Chantemesse et Dela­motte et etudie par Galtier. Les elements des chainettes sent co-lorables par le Gram et le Weigert; les cultures en bouillon donnent un precipite floconneui; la gelatine n'est pas liqueliee. L'inocula-tion au lapin provoque un deperissement rapide et une forte diar-rhee qui entraine la mort; celle-ci est souvent precedee de pneu-morragie. A 1'autopsie, le sang est noir, peu plastique et fournit un serum fortement teinte par la mattere colorante des globules dissous; les cavites du peritoine, de la plevre, du pericarde contien-nent toujours une quantite anormale d'une serosite coloree en rose. Les intestins sont viyement enflammes: les plaques de Peyer sont injectees, parfois parsemees de petechies; le foie est decolore et tumefle; la rate est-volumineuse, bosselee, noire et friable ; les reins presentent de la congestion et de l'extravasation; la plevre-contient parfoih un exsudat flbrineux; le poumon est fortement congestionne; cet etat se complique souvent d'hemorragies inter-
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trouve le streptocoque de Chantemesse et Delaraotte. Le mi- • laquo;robe de Schutz, ceux de Galtier et Violet ne prennent pas le Gram; tous les autres le prennent. La plupart sont des anae-robies facultatifs. Tous sont pathogenes pour le lapin qui con-tracte une maladie rapidement mortelle : le sang est decom­pose, la mattere colorante des globules, mise en liberte, passe dansle serum, donne ä celui-ci une teinte rouge qui se communi­que aux liquides des sereuses et aux visceresen contact avecces liquides; la rate se gonfle fortement. Le diplococcus pneumo-#9632;enteritis equi jouirait d'une action dissolvante moindre sur les globules du sang. L'inoculation au cheval donne lieu ä la pneu-
stitielles ; souvent le sang s'ecoule en nature dans les bronches; une seule fois, il y avait de l'hepatisation chez un lapin ayant vecu •cinq jours.
Le cobaye est un röaetif tres infldele pour le streptocoque; le #9632;chien n'en ressentait aucun effet.
L'inoculation de 5 c. c. d'une culture dans le poumon d'un che-Tal morveux a provoque une reaction febrile tres intense ; la tem­perature est montee de 3805 ä 40ol et s'est maintenue ä ce degre pendant plusieurs jours avec une inappetence complete et tine grande prostration ; l'animal se tenait le plus souvent couche et on #9632;devait l'aider ä se mettre debout. II fut impossible de saisir aucun signe d'affection pulmonaire. A l'autopsie faite dix jours plus tard, #9632;on ne trouva rien ä l'endroit inocule, mais quatre points de pneu­monic existaient sur le bord inferieur des lobes de l'organe. Tröis •d'entre eux avaient les dimensions d'une piece de cinq francs, le quatrieme celles d'une main d'enfant. A ces endroits, le poumon avait une consistance forte, une teinte brune fonc.ee et etait manifes-tement hepatise. Deux autres chevaux ont recju en injection dans le poumon une culture datant de cinq jours. A l'autopsie, faite le lendemain pour Tun, le surlendemain pour l'autre, l'endroit de la piqüre presente un noyau inflammatoire du volume d'un gros poing; le poumon hepatise est seme d'un piquetö hemorragique tres fin; la plevre viscerale correspondante est infiltree de serositö plastique et notablement 6paissie. On retrouve dans ces lesions les streptocoques des cultures. Aucun de cos derniers sujets n'a rnontre de reaction febrile.
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monie; mais l'introductiön par la voie digestive n'est que rare-meht suivie d'effet, tandis que la pneumonie evolue ä la suite de l'injection intra-pulmonaire, intra-tracheale ou intra-vascu-laire.
D'apres Galtier et Violet la maladie prendrait naissance lors-que les chevaux sont nourris avec des fourrages de mauvaise qualite, par'exemple, avec du foin vase, moisi ou rouille, avec desgraines avarices, mal recoltees. Ces aliments älteres sont les porteurs des germes de la maladie, et c'est par leur interme-diaire que ces derniers penetrent dans reconomie. Mais des poussieres se detachent des fourrages et penetrent dans les voies respiratoires oü les microbes qu'elles entrainent agiront directement sur le poumon. La maladie a d'ailleurs ete repro-duite par l'inoculation au cheval des produits de la maceration d'aliments suspects.
L'affection pent par la suite se transmettre d'un animal a un autre par les excrements et le jetage ; la contagion joue un role accessoire d'apres Galtier; la diffusion de la cause suffit pour expliquer le caractere enzootique et mcme epizootique du mal. Neanmoins la transmission n'est pas douteuse.
Pleuropneumonie contagieuse du bcenf.
Microbe. M. Arloing a reconnu que la serosite (jui s'ecoule des parois d'une coupe faite au travers d'un poumon malade est tres pauvre en microbes et que la plupart des ballons ino-cules avec une faible quantite de cette serosite restent steriles. Pour obtenir des cultures fecondes, 11 faut deposer dans un ballon une grande quantite de celte serosite ou bien inoculer celle qu'on obtienten raclantune surface de section. En ense-men^ant ce dernier produit sur gelatine, M. Arloing a isole quatre especes differentes dont un bacille {pneumobacillus liquefaciens bovis) qui fluidifie promptement la gelatine et trois microcoques. L'undeceux-ci donne des colonies blanches
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ressemblant ä des gouttes de bougie, le deuxieme, des colonies blancMtres se plissanj par le vieillissement, et le troisieme, des colonies qui prennent une teinte jaune orange. M. Arloing atlribue la maladie au pneumobacillus liquefaciens bovis. Les quatre microbes, inocules isoleraent sous la peau d'uri bou-villon donnent une tumefaction inflammatoire qui disparait ea cinq ou six jours; la tumefaction la plus forte est due au bacille, et si on inocule plusieurs generations successives, il arrive tin moment oü le bacille seul donne un effet local. D'ailleurs le bacille est le seul qui soit toujours present dans le poumon malade. JVT. Arloing fait remarquer que les effets isoles des microbes qu'il a cultives ne rappellent que de loin ceux de la serosite fraiche, mats il a observe que cette derniere devient plus active en passant par le tissu cellulaire d'un boeuf sain. En repreuant les microbes de cette serosite renforcee, il a obienu des cultures plus virulentes du pneumobacillus; 4 c. c. des cultures injectes dans le poumon d'un boeuf et 20 c. c. injectes dans les veines d'un autre boeuf ont determine les lesions specifiques de la peripneumonie. L'auteur a isole des cultures une substance soluble qui jouit de proprietes phlogogenes remarquables et qui a eile seule reproduit les engorgements inflammatoires caracteristiques de Finoculation hypodcrmique du virus actif. II attribue a cette substance les. inflammations qui se produisent au cours de la maladie natu­relle en des points eloignes de la poitrine.
Quo! qu'il en soit de ces recherches, I'agent virulent de la peripneumonie existe dans la serosite qui secoule en abon-dance lorsqu'on incise un poumon malade. L'inoculation de ce liquide est suivie des effets suivants :
Dans le tissu cellulaire sous-cutane, 11 se produit un engor­gement inflammatoire plus ou moins intense; dans les en-droits oü le tissu conjonctif est lache et abondant, cette reac­tion prend souvent un caractere grave, progressif, parfois.
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gangreneux et entrame la mort; un mouvement febrile plus ou moins intense traduit les effets generaux du virus. On ne voit presque jamais la pleuropneumonie se declarer a la suite des insertions sous-cutanees. Mais celles-ci conferent I'immunite contre de nouvelles inoculations.
L'injection du virus dans les veines ne donne pas non plus les lesions pulmonaires caracteristiques; eile donne I'immu-nite sans aucune manifestation locale ä moins qu'un peu du liquide actif soit tombc dans le tissu cellulaire perivasculaire, dans lequel cas une tumeur grave se produit. Cependant feu M. Thiernesse a vu la pleuropneumonie apres une injection de 3ü grammes dans la jugulaire.
Vaccination. En 1852, Willems preconisa d'inoculer pre-ventivement la maladie; son procede fut mis en pratique de differents cötes et faction preservative de l'inoculation willem-sienne mise hors de doute.
L'inoculation peut se faire par trois methodes principales : I'insertion dermique, hypodermique et intra-veineuse. L'inser-tion dermique donne des resultats incertains, les elements virulents devant, pour agir efficacement, etre portes dans le tissu cellulaire. Au contraire, l'injection hypodermique realise les meilleures conditions devolution pour le virus. On choisira pour deposer la serosite pulmonaire, le tissu cellulaire de la queue de preference a tout autre; nous avons vu en effet que les suites de l'inoculation sont souvent tres graves dans les points oil le tissu conjonctif est lache et abondant. Une ou deux gouttes de serosite suffisent dans le tissu de la queue. II est bon de pratiquer une deuxieme vaccination a quelques semaines d'inlervalle; celle-ci pourrait etre faite en une region defendue; il est cependant prudent de ne pas user de cette licence, surtout si la reaction de la premiere inoculation n'a pas ete süffisante.
Afin d'eviter les accidents qui compliquent dans un certaia
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nombre de cas l'inoculation a la queue, quelques experimen-tateurs, M. le professeur-directeur Degive entre autres, ont eu recours ä l'injection intraveineuse; cette methode procure une solide immunite, mais eile exige une precaution speciale : il faut eviter, sous peine de voir se produire une tumeur tres grave ou mortelle, de laisser tomber du virus dans le tissu cel-lulaire qui entoure la veine. On peut introduire par la voie veineuse une dose plus forte qne dans le tissu cellulaire.
Quand on veut pratiquer l'inoculation willemsienne, 11 faut se procurer du virus frais. On obtient celui-ci en incisant pro-prement et avec un couteau aseptique un poumon malade, et recueillant la serosite qui s'ecoule spontanement des regions oil rinflammation est la plus recente. Comme on ne dispose pas toujoursd'un tel poumon, onachercheäconserver levirus.
M. Laquerriere a prouve que la virulence se conserve intacte pendant au moins un an dans un poumon soumis ä la conge­lation.
M. Nocard a preconise tout recemment de conserver le virus en y ajoutant 1/2 volume d'eau pheniquee a 5700 e' 1/2 volume glycerine pure et neutre. La virulence de ce melange se con­serve pendant des mois.
Pour obtenir du virus pur, on a conseille de le cultiver dans le tissu cellulaire du veau, par l'inoculation directe, et de recueillir la serosite de l'engorgement inflammatoire.
• D'autre part, on a clierche a mitiger les effets du virus natural, de maniere ä diminuer les accidents qu'il provoque: Pasteur a montre qu'il se conserve pendant six semaines en tubes scelles, mais en s'attenuant au point de pöuvoir etre inocule dans une region defendue sans provoquer d'accident mortel. On a propose aussi de diluer le virus dans Feau. Des dilutionsaul/oO, au 1/100 et au 1/oGO sont encore assez actives pour provoquer des accidents inflammatoires sorieuxet partant pour communiquer rimmunite.
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Plenropneumonie septique des veaux.
Cette affection se declare ä l'etat enzootique dans certaines femes, chez les tout jeunes veaux dont eile amene rapidement la mort. Les lesions qui la caracterisent ont quelque analogic avec celles de la pleuropneumonie contagieuse du gros betail; cependant les bandes conjonctives sont inoins epaisses, il s'en ecoule une serosite moins abondante que dans cette derniere maladie, et les lobules pulmonaires considercs individuellement n'ont pas la teinte uniforme qu'ils ont dans celle-ci. Nous avons observe que les lesions pulmonaires debutent comme dans la pleuropneumonie dans le tissu conjonctif interlobulaire et progressent dans les lobules de la peripherie vers le centre. Peels a signale chez les veaux atteints de la maladie la fre­quence des exsudats sero-fibrineux et des adherences de la plevre, fait qui a ete releve aussi par M. Vanden Maeghden-bergh. Poels mentionne en outre les inflammations possibles du pericarde, du foie, des reins, de l'estomac, des iniestins.
L'examen microscopique demontre dans le poumon et dans le muco-pus des bronohes l'exislence de microbes ovoides a extremites arrondies, mesurant de 0mn,,00i äOnquot;quot;,001odelong sur 0mm,000o de large, se colorant facilement par les couleurs d'aniline, mais ne supportant ni le Gram ni le Weigert. Traites par une solution aqueuse tres etenduc de violet de gentiane, ils se monlrent colores ä leurs extremites, tandis que le centre resteclair. Ils sont mobiles, se cultivent rapidement en bouil­lon et sur milieux solides et sont paihogenes pour differentes especes.
Le lapin succombe en 24 ä 48 heures ä la suite de l'inocu-lation sous-cutanee on de ringestion de cultures ou de pro-duits virulents. L'inoculalion intrapulmonaire d'une goutte de culture chez le meme animal provoque une pneumonia. La mort est un peu plus tardive chez le cobaye que chez le lapin.
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Un veau de 13 jours, im autre de 8 semaines etune genisse #9632;d'un an furent inocules par Poels, le premier dans la plevre droite, le deuxieme dans la trachce et la troisieme dans le pounion. Ils mournren t respecti vement apres 20,54 et 66 heures avec les lesions de la pleuropneuraonie septique. Un pore prit egalement la maladie par voie pulmonaire; le mouton et le chien sont refractaires (Poels). Le microbe serait facultative-ment parasite; il se conserverait dans le sol, ce qui explique-rait, d'apres Poels, la persistance de la maladie dans une meme exploitation. M. Galtier pense que celle-ci doit etre ira-putee aux meres (voir page 186). Quoi qu'il en soit, sa trans­mission de veau ä veau doit etre admise; les germes virulents se repandent a I'exterieur avec les expectorations et peut-etre avec les excrements (Poels dit avoir retrouve les germes dans tons les organes). Ces microbes el notamment ceux dujetage souillent les recipients dans lesquels le lait est servi aux ma-lades et qui servent ensuite ä d'autres animaux.
Le microbe de la pleuropneumonie des veaux appartient a la grande classe des bacteries ovokles a espace clair central qu'on rencontre dans une serie de maladies. Hueppe a groupö ces affections sous le nom de septicemies hemorragiques et il les attribne ä un seul et mfeme germe. Ce sont : la septicemie des lapinr. de Koch, le cholera des poulcs, le cholera des ca­nards, la maladie des perroquets, la pneumonie infectieuse du pore, la pneumo-enterite du pore, la pneumo-enterite du mou­ton, Fepizoutie du gibier, celle des furets, la barbone des buffles, etc. II serait superflu d'insister sur la non-identite des germes de ces difterentes affections; mais ieur etroite parente ne saurait etre niee. Les caracteres morphologiques de leurs germes sont presque identiques; tons se colorent seulement ä leurs extremites, laissant ä leur partie moyenne un espace
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laquo;lair; ils ne supportent pas le Gram, ne liquefient pas la gela­tine, sont pathogenes pour le lapin. II est probable que plu-sieurs des maladies citees plus haut sont dues ä un seul et in6me microbe (le cholera des poules et la septicemie des la-pins, par ex.) et que tous ces microorganismes represenlent des varietes d'une seule esp^ce tbndamentale.
Avortement epizootique.
L'avortement epizootique est une affection contagieuse s'observant le plus frequemment chez la vache, mais signa-lee aussi chez la brebis, la chevre et möme la jument. L'avor­tement se presente a toutes les epoques de la gestation ä partir de trois mois; pour un mcme sujetilretarde d'une ann6e a l'autre et permet a la fin une portee a terme, si toutefois la bfete une fois avortee peut encore voir le taureau avec succes. Le veau est le plus souvent mort-ne; dans certains cas il nait vivant, mais sa sante est precaire; peu de temps apres sa nais-sance il pousse un beuglement special; des le troisieme jour il est pris de diarrhee et la mort ne tarde pas k survenir.
Pour Nocard, la maladie a comme point de depart des ger-mes divers que Ton rencontre dans l'uterus des avortees et que Ton ne trouve jamais chez les betes saines. Ces germes parmi lesquels on troure assez souvent un microcoque isole on en chainette, se rencontrent aussi dans le liquide amnio-tique, dans le tube digestif des avortons ainsi que dans la substance bulbaire des sujets qui pendant la vie ont presente le beuglement. Nocard pense que ces germes provoquent une maladie du foetus et des enveloppes, la mere restant saine. II explique l'avortement repete „par la persistance de ces germes dans la matrice et la sterilite par la reaction acide qu'ils developpent dans les sues uterins.
L'invasion de la maladie dans une etable coincide ordinai-
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reraent avec l'introduction dune bete pleine infectee ;I'avorte-ment se produit alors annuellement sur un certain noinbre de betes. L'incubation du mal etant longue, eile implique une infection precoce.
Galtier pense que la maladie est due a une infection generale de la mere laquelle communique la maladie au foetus. Leamp; veaux non expulses prematnrement naltraient porteurs de gerraes et ceux-ci engendreraient la pneumo-enterite a laquelle on doit de si grandes pertes parmi ces animaux.
En somme I'avortement epizootique parait tenir a des causes multiples qui sont encore a rechercher, mais dans tous les cas la methode de traitement preconisee par Nocard est toujours a recommander (1).
Mammite contagieuse des vaches laitieres. MM. Nocard et Mollereau ont observe et decrit une mam-
(1) Voici la prophylaxie preconisee :
1.nbsp; nbsp;Chaque semiine le sol de l'etable sera grattö, riettoye a fond et arrose avec une solution de sulfate de cuivre a 40 grammes par litre.
2.nbsp; Chaque scmaine, a partir de la saillie, on fera dans le vagin des vaches pleines une vigoureuse injection avec une scringue ä cheval pleine du liquide tiedo suivant :
Eau distillee.....- . . . 20 litres.
Alcool ä36deg; )
,,,-..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;aä.......100 grammes.
Glycerine )
Bichlorure .de mercure......10 grammes.
F. D.
3.nbsp; nbsp;Chaque semainc au moment du pansage on lavera soigneuse-ment avec une eponge imbibee de la meme solution tiöde la vulve, l'anus ct la face infei-ieure de la queue de toutes les vaches pleines.
4.nbsp; nbsp;Dans le cas oü une vache avorterait, il faudrait la delivrer ä la main ; detruire par le feu ou I'eau bouillante le foetus et le de-livre ; irriguer la cavite uterine ä l'aide d'un long tube allant jus-. qu'au fond avec 8 ä 10 litres de la solution tiede indiquee plus haut, mais dans laquelle on a diminue de moitie le sublime.
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mite speciale se developpant chez les vaches laitieres et se communiquant avec une grande facilite. Elle se traduit par des noyaux indures qui commencent a la base du trayon, gros-sissent peu ä peu et peuvent envabir tout I'organe au bout d'un temps plus ou moins long. Le lait diminue, devient acide, se coagule rapidement, souvent des sa sortie du trayon ; ilest sou-vent melange de pus et grumeleux; parfois il repand une odeur felide. Melange a du bon lait, il lui communique son alteration.
Microbe. C'est un microcoque arrondi ou ovoide ; il mesure 0mm,00125 de long sur O-^OOl de large et forme de longues chainettes rectilignes ou sinueuses. On le voit frequemment bilobe, en voie de scission. II est aero-anaerobie. On retrouve les chainettes caracteristiques dans le lait et la paroi des canaux excreteurs.
Action des agents physiques et chimiques. Une trace d'acide borique suffit pour arreter les cultures; cette particularite a ete mise a profit par MM. Nocard et Mollereau; ils ont injecte ä plusieurs reprises et a huit jours d'intervalle 100 grammes d'eau boriquee tiede a 4 0/0 dans le trayon des mamelles atteintes ; cette injection se faisait naturellement immediate-ment apres la traite. L'acide phenique a 3 0/0 detruit egale-ment le parasite; les auteurs ont recommande cette solution pour le lavage des mains des personr.es preposees ä la traite et ils ont arrete ainsi la propagation de la maladie.
Cultures. Le bouillon alcalin additionne de Sucre ou de glycerine convient parfaitement; a 30deg; il se forme une quan-tite de tres longues chainettes qui s'agglomerent parfois en flo-cons soyeux et se deposent au bout de quelques jours; la reaction devient acide apres 2i a 48 heures; si on ajoute de la craie au bouillon de maniere a neutraliser l'acide a mesure qu'il se produit, la culture est plus vigoureuse et reste plus longtemps vivante. On observe alors au fond du ballon des
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cristaux de lactate de chaux. La vie de ce microbe donne done lieu ä la fermentation lactique; on ne pent cependant I'iden-tifier avec le bacille lactique. Les cultures meurent presque toujours apres quclques semaines. Elles reussissent egalement sur les differents milieux solides.
Recherche et coloration. Le microbe de la mammite fixe rapidement les couleurs de 1'aniline; il se decolore par le Gram, mais supporte bien le Weigert.
Inoculations experiment ales. L'inoculation de cultures pures dans le trayon a reproduit la maladie chez la vache et la che-vre; des le premier jour, les mamelles inoculees fournirent un lait tres riche en cbapelets; il ne tarda pas, cbez la vache du moins, a offrir une reaction acideetaseprendre en grumeaux; le pis finit par s'enflammer. L'inoculation dans la mamelle d'une chienne nourrice resta sans effet; il en fut de meme des inoculations intraveineuses et intrapcritoneales tentees cbez le cbien, le chat, le lapin et le cobaye.
Etiologie. La maladie se communique par I'intermediaire de la personne chargee de traire les vacbes et dont les mains sont souillees de lait malade. Ce dernier lait melange ä du lait sain lui communique aussi son alteration. II taut done eviter la contagion aux vaches par la desinfection des mains et la contagion au lait normal par le logement du lait issu des v malades dans des reservoirs particuliers. Ce dernier lait est d'ailleurs impropre a la consommation de l'bomme.
En dehors de cette maladie remarquable par sa grande con-tagiosite, le pis de la vache est sujetädes accidents microbiens divers. M. Lucet a attire tout specialement I'attention sur les mammites infectieuses de cause externe; dans une serie de cas de mammite aigue, il a retrouve un ou plusieurs germes ; ce sonttantöt des microcoques, tantöt des bacilles, ou les deux a la fois. La penetration se fait le plus souvent grace aux solu­tions de continuite du tegument du trayon. Les microbes
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6tant differents dans chaque cas. on comprend que la gravite du mal soil elle-meme tres variable.
Au nombre des mammites infectieuses de cause interne, nous signalerons tout particulierement la mammite tubercu-leuse.
Mammite gangrenexise des brebis laitieres.
Cette maladie, encore dite mal de pis, araignee, tue rapide-ment les brebis qui en sont atteintes • eile est due, d'apres les recherches de Nocard, a un microcoque tres fin, mesurant 0quot;'m,0002 jg diametre et s'associant par groupes de quatre on plus, jamais en chapelets. II se colore par la methode de Gram, est aero-anaerobie, communique au bouillon et au lait une reaction acide, coagulecelui-ci en 24 heures. Les cultures ne gardent leur virulence qu a condition de les renouveler tous les jours. Inocule en culture dans le trayon d'une brebis, il developpe une mammite rapidement mortelle. La chevre et refractaire. Le lapin contracte un abecs dont il guerit facile-ment. Le chien, le chat, le cobaye presentent seulement de l'cedeme local.
Maladies du lau.
Le lait ne contient pas de germes au moment de sa sorlie des mamelles mais il pent s'infecter apres son extraction, et subir une serie d'alterations. Nous dirons.quelques mots des principales.
Lait caille. — Le lait caille provient de la fermentation lactique du Sucre de lait, I'acide produit amenant par la suite la coagulation de la caseine.
L'agent le plus ordinaire de cette fermentation est le bacte­rium tactis. C'est un court bätonnet immobile, long de O^OOl a 0mm,003 sur 0mm,0006 de large, le plus souvent ^ole, parfois dispose en chainettes; il pent donner des spores.
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D'autres gennes peuvent provoquer la mfime alteration du lait; tels sont les coccus de la suppuration, de lerysipele, de la maminite contagieuse de la vache, etc. L'infection a lieu parfois dans la mamelle (mammite), le plus souvent eile se produit apres l'extraction. La malproprete des ustensiles de laiterie, ' des etables. elc, intervient pour favoriser I'intec-tion.
Le lait malade se coagule plus ou moins vite selon les con­ditions; la prise en caillot est hätee par le chauffage. Un tel lait abandonne difficilement sa creme et l'agglomeration des globules butyreux est difficile.
Lait putride. — Le lait, comme tons les liquides organi-ques, se putrefie facilement. Les germes divers de la putrefac­tion interviennent ici mais ce sont les bacterium termo et Unenla qui sont les plus constants.
Le premier est represente par de courts bätonnets mobiles de 0mm,OO14 sur 0mnl,0007 de large. Le second est forme degros bätonnets cylindriques, mobiles, de 0mm,003 a 0mm,005 sur 0mm,0015 large.
La malproprete est la cause de l'infection ; le lait infecte se putrefie assez vite, on observe la production de gaz putrides dans la masse. En meme temps la creme prend une teinte jaunätre, une saveur amere ou ranee et ne donne plus de beurre; eile disparait peu a peu.
Lait visqueux. — Cette alteration s'observe un ou deux jours apres la traite, le lait est difficilement coagulable et donne mal sa creme, le beurre s'obtient difficilement et a mauvais gout.
La maladie est due ä des elements arrondis de 0mm,001, isoles ou associes en streptococcus, transformant la lactose en une substance mucilagineuse qui donne au lait sa consis-tance speciale.
Lait bleu. — Dans certains cas, de 20 a 36 heures aprös la
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traite, le kit presente ä sa surface de pelites taches bleu clair qui prennent par la suite une nuance bleu indigo. Ces laches s etendent en largeur en meme temps qu'en profondeur sans -depasser jamais lepaisseur de la creme. Ce lait malade est ^minemment alterable ; il ne tarde pas a devenir acide, ä se coaguler et par la suite a se putrefier.
L'agent du lait bleu est le bacillus cyanogenus. C'est un bätonnet mobile, long de 0mm,002 a 0quot;,n,,004sur 0mm,000o de large, ordinairement isole et pouvant se reunir en zooglee. La spore qu'il pioduit est un peu plus giosse que le germe, et celui-ci prend I'aspect d'une massue, d'un fuseau. Dans cer­tains milieux artificiels il pent donner des formes d'involution tres diverses: en ruban, en ballon. Cultive sur plaque de gela­tine il donne aprös deux jours de pelits points blanchätres qui bientöt envahissent toute la plaque en lui donnant une teinte bleuätre. La piqüre sur gelatine donne une colonie blanchatre ä la surface et bleu d'acier dans la profondeur.
Inocule au lait il augmente l'alcalinite de celui-ci et la cou-die de creme devient ardoisee; cette teinte passe au bleu par I'addition d'acide. Si le lait n'est pas sterilise la fermeniation lactique qui se produit en meme temps fournit I'acide pour donner directement la coloration bleue.
Les solutions albumineuses additionnees de lactate d'ammo-niaque permettent la pullutation du germe sans production de principe colorant.
La matiere colorante se produit au maximum vers 20deg;, la quantite est moindre a 25deg; et nulle ä 3T. Ce pigment est une substance soluble, qui devient rouge par la potasse, violette par I'ammoniaque. Les essais d'inoculation de ce germe aux •animaux sont restes sans resultat.
L'infection du lait se fait apres la traite et necessite au prea-lable l'infection de la laiterie ou de l'etable.
Les fromages provenant de lait infecte peuvent presenter
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egalement la teinte bleue ; mais celle-ci vire plus ou moinssur le vert par suite de la coloration jaune que les fromages pren-nent en vieillissant.
Lait rouge. — Deux germes peuvent donner an lait une coloration rouge. L'un, le microccus prodigiosus est elliptique, mobile, et donne sur pomme de terre une abon-dante vegetation muqueuse, coloree en rouge de sang. Le lait infecle presente ä la surface une pellicule d'un rouge plus au moins intense; les couches profondes restent inalterees. L'au-tre. le bacterium lactis erythrogenes est un bätonnet tres court, immobile. Dans le lait il precipite lentement la caseine et donne a toute la masse une couleur rouge sanguine.
Le lait rouge s'obser ve beaucoup plus rarement que le lai t bleu.
Lait jaune. — Cette alteration se presente surtout sur le lait bouilli; des taches d'un jaune d'or apparaisent en meme temps que le lait se coagule et devientalcalin. Le bacillussynxanthus est l'agent de cette alteration. II est represente par des minces batonnets tres mobiles.
Hemoglobinurie bacterienne du boeuf.
Cette maladie aigue et febrile regne a I'etat endemique dans certaines contrees marecageuses de la Roumanie oü eile fait perir un grand nombre de boeufs. Les vaches y sont moins sensibles; les veaux y semblent refractaires. Elle est carac-terisee par la presence d'albumine et d'hemoglobine dans les urines; celles-ci sont rouges sans qu'onydecouvre de globules sanguins. L'autopsie pennet de constater des extravasations interstitielles et des ulceres de la caillette et du duodenum. Le tissu perirenal est infiltre de sang et de serosite, les reins sont fragiles et d'un rouge noirätre,la muqueuse des bassinets est ecchymosee, la vessie est remplie d'urine rouge. Le foie est tumefie et decolore, la rate est gonflee, noire, a pulpe dif-lluente.
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Babes a decouvert dans cette maladie un microbe arrondi,. de 0mm,0005 de diametre, ordinairement dispose en diplo-coques, parfois en tetrates, se decolorant par le Gram. II se rencontre accole aux globules ou situe a leur Interieur dans le sang, mais surtout dans la serosite des oedemes hemorra-giques et dans les vaisseaux du rein. II existe aussi dans les vaisseaux des ulcöres intestinaux. Les globules rouges enyahiamp; sont plus ou moins älteres.
Le lapin contracte par rinoculation du sang ou du liquide de l'oedeme de meme que par I'alimentation avec les produits-de la maladie ou les cultures une maladie generale souvent mortelle. Chez le boeuf, I'insertion dans les veines or. dans le tissu conjonctif profond d'une assez forte quantite de sang ou de sue exprime des reins reproduit la maladie typique avec hemoglobinurie.
Maladie des jeunes chiens.
La contagiosite de cette affection est un fait bien etabli au-jourd'hui; mais I'entente n'est pas encore complete concernant les germes qui la determinent. Quclques auteurs ont signale un bacille; d'autres, un bacille et un coccus; d'autres enfin attribuent la maladie a un microcoque. D'apres nos propres recherches portant sur quatre sujets seulement, il existe tou-jours dans les pustules de la forme cutanee un microcoque en culture pure. M. Mathis a consigne dans un travail special les-resultats de ses investigations. II est arrive a prouver qu'il existe dans le pus des pustules, dans le jetage, dans le sang et dans les tissus, des micrococci rends, isoles ou groupes deux a deux, ou en chainettes ou en amas, ayant 0mm,0ü01 a On,I,,,0003. Le meme auteur a cultive ces organismes dans le bouillon; ceux-ci se troublent, puis au bout de 15 a 20 jours se clarifient par le depot au fond du recipient des germes en suspension.
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L'inoculalion sous-cutanee de ces cultures chez des chiens viefges est suivie d'une tumefaction cedemateuse avec pustules sur la peau correspondante; generalement la temperature s'eleve, parfois 1'eruption pustuleuse se generalise, latoux, le jeiage, etc, sepi'oduisent; la mort peut egalement en resulter, lorsqü'on experimente sur des sujets jeunes.
La maladie experimentale confere l'immunite. M. Mathis a constate egalement celle-ci a la suite de l'affection naturelle.
Malgre l'importance des resultats obtenus jusqu'ä ce jour concernant 1 etiologie de la maladie des chiens, il reste a elu-cider bien des points obscurs; il serait du plus haut interiet notamment d'expliquer la pathogenie des accidents nerveux lt;\m compliquent trop souvent la maladie.
Vicmdes phosphorescentes.
Les matieres animales mortes peuvent aisement devenir phosphorescentes. Les poissons marins et les mollusques laquo;e trouvent surtout dans ce cas; la viande le devient plus rarement. La viande phosphorescenle presente a sa surface un enduit, lumineux dans l'obscurite, et qui s'enleve facilement par le raclage.
La cause de cette alteration consiste en une bacterie longue de 0mm,001 {photobacterium Pßugerii). Ce germe vient tres bien sur la viande et le poisson surtout a des temperatures comprises entre dix et trente degres. En pre­sence d'oxygene il donne au milieu de culture des lueurs blan--chätres. L'envahissement de la viande se faittres vite en ete, et l'infection d'une piece de viande par une autre est tres facile. La pullulation est plutöt favorisee par la salaison et eile cesse des que commence la putrefaction. La propriete lumineuse est liee ä la vie du germe. On n'a pas constate jusqu'ici que de telles viandes fussent nuisibles.
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* * *
Nous aurions a trailer encore, pour etre complet, d'un cer­tain nombre d'affections dont la nature microbienne est indu­bitable. Ainsi, on a Signale des coccus et des chalnettes dans les vesicules de la fievre aphteuse, des bacilles dans la peste bovine, des microcoques dans le cow-pox ou vaccine, ainsi que dans l'hepatite enzootique des porcelets, etc. Mais outre que Ton n'est pas toujours d'accord sur la morphologic des germes de ces maladies, leur etude biologique speciale reste tout entiere a faire, et partant leur connaissance particuliöre demeure d'un interet mediocre pour le praticien.
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TABLE DES MATIEEES
PREMIERE PARTIE Notions generales sur les microbes.
I.nbsp;— Des microbes a. I'etat statique.
Definition................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
Formes.................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8
Organisation et composition chimique......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 10
Situation et repartition dans la nature......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 10
II.nbsp;— Physiologie des microbes.
Aliments des microbes............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 14
Digestion gt;• . quot;..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 15
Respiration raquo; ...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 16
Nutrition raquo; ...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; IT
Mouvements raquo; ...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1^
Generation, multiplication..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 19
Action des milieus sur les microbes.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 21
Action des microbes sur les milieux.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 24
Röle des bacteries dans la nature........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 24
Fermentations..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 25
Putrefaction...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 25
R61e des bacteries dans Torganisme normal. ...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 27
Action digestive des microbes.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 27
Putrefaction des cadavres...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 27
R61e dans I'organisme a I'etat pathologique ....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 30
Classification...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 30
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DEUXIEME PARTIE Notions g6n6rales sur les microbes pathogfenes.
I.nbsp; — Des microbes pathogenes a letat statique.
Germes saprogenes ou saprophytes.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 33
Germes pathogenes.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 34
Conditions d'existence des germes pathogenes dans les milieux exterieurs et dans leconomie. Sources d'in-
fection.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;34
Microbes parasites contagieux obliges......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 34
Microbes facultatifs contagieux.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 35
Microbes facultatifs non contagieux.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 36
Repartition des germes pathogenes......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 37
Modes de contagion.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 44
Contagion immediate............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 45
Contact direct...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;45
Heredite........j........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4g
Cantagion mediate.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 46
Absorption des microbes pathogenes.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 47
II.nbsp; — Physiologie des microbes pathogenes.
Action des microbes sur I'organisme.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 52
Pathogenic des alterations locales........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 52
quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;eloignees et generalesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 54
Receptivite...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;gg
Immunite..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;^
Reaction de I'organisme contra les microbes. ...nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 63
Phagocytose...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 64
Etat baotericide............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;65
Elimination des microbes...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 66
Modifications de la virulence.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 68
Evolution de la maladie bacterienne.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 69
Incubation............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; gg
Microbisme latent.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 69
Specificity des microbes pathogenes.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 70
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- 286 —
III.nbsp;— Transformation et destruction des microbes pathogenes dans leur rapport avec l'hygiene at la therapeutique.
Variations morphologiques et physiologiques des mi­crobes pathogenes............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;73
Attenuation...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;74
Inoculations preventives; vaccinations......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;80
Destruction des germes pathogenes.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;83
IV.nbsp; — Methodes de determination des microbes pathogönes.
Couleurs boriques et acides..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 89
Examen des liquides.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 90
raquo; des pulpes organiques. . ,......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;92
raquo; des coupes....... .....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;92
Montage des preparations.......• . . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 93
Colorations simples.............nbsp; nbsp; nbsp;89,94
raquo; doubles.............nbsp; nbsp; nbsp;89,95
Methode de Loeffler.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 94
raquo; de Malassez et quot;Vignal.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;95
gt;. de Gram.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 95
* de Weigert............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;95
quot; de Kühne.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 96
raquo; de Berlioz.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 98
raquo; de coloration des spores........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 99
-Culture des germes......,......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 99
Sterilisation...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;99
Milieux de culture.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 102
Isolement des bacteries...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 109
Ensemencement..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 111
Etuves de culture..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 113
Contagions experimentales..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 118
TROISIME PARTIE
Maladies microbiennes prises en particulier.
Maladies microbiennes consecutives aux plaies . . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 125
Suppuration...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 126
Pyemie.................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 131
Septicemie ................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 132
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Septicemie de Pasteur............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 13S
Septicemies du lapin............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 144
Septicömie expörimentale de Koch.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 144
Septicemies spontanöes du lapin........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 145
Septicemies hömorragiques..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 272
Cholera des poules.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 147
Enterite infectieuse des poules.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 152
Dysenterie öpizootique des poules et des dindes . . .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 15ä
Cholera des canards.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 154
Charbon bacteridien.....,......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 155
Charbon symptomatique...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 16amp;
Kouget du porc..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 173
Pneumo-enterite ou cholera du porc.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 177
nnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;du mouton..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 184
Pneumonie infectieuse du porc.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 18amp;
Tuberculose...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 187
xnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;, diagnostic des cas douteux.....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 198
raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;et scrofuloso...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 208
gt;•nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;des mammiferos et tuberculose dos oiseauxnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 209
quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;zooglceique............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 213
raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;bacillaire de Courmont.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 214
Tubarculine...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 200
Morve............. ....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 21ö
gt;#9632; diagnostic des cas douteux........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 220
Malleine................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 221
Lymphangite epizootique...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 224
Gourme.................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 225
Acne contagieuse du cheval..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 22amp;
Actinomycose...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 227
Botryomycose...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 237
Farcin du boeuf....., . .......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 23S
Tetanos.................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 241
Diphterie................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 249
Rage..................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 253
Fievre typhoide du cheval..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 262
Pneumonies contagieuses du cheval.......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 264
Pleuropneumonie contagieuse du beeuf......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 267
raquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;septique des veaux. ......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 271
Avortement epizootique...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 273
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•w
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M
Mammite contagieuse des vaches laitieres.....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;274
Mammite gangreneuse des brebis laitieres.....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2T7
Maladies du lait..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;277
Hemoglobinurie bacterienne du boeuf......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;280
Maladies des jeunes chiens..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;281
Viandes phosphorescentes...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;282
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