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DE LA
PNElfflO-ENTMTE SEPTIQUE
OU PLEUROPNEÜMONIE SEPTIQUE
DES VEAUX
(MALADIE DE LA GOURADE)
M. V. GALTIER
PBOFESSEüR DE POLICE SANITAIRE A L'eCOLE VET^MNAIRE DE LTfON
PARIS ASSELIN ET HOUZEAU
L1BRAIRES DE LA SOCIETE CENTRALE DE MEDECINE V13TERINAIRE ^ .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Place de l'£cole-de-K£deoine.
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DE LA
PNEUMO-ENTERITE SEPTIQUE
Oü PLEUROPNEL'MONIE SEPTIQUE
DES YEAUX
(MALADIE DE LA GOURADE)
M. V. GALTIER
PROFESSEDR DE POLICE SANITAIRE A i/kCOI.E VKTKKINAIBE DE LYON
PARIS ASSELIN ET HOUZEAU
LIBRAIRES DE LA SOCIETE CEXTRALE DE MEDECINE VETERINAIRE Place de l'ficole-de Medecine.
1894
BIBLIOTHEEK DER RIJKSUNIVERSITEIT
UTRECHT,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;BIBLIOTHEEK
D1ERGENEESKUNDE UTRECHT
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DE LA
PNEUMO-ENTERITE SEPTIQUE
OU PLEÜROPNEÜMONIE SEPTIQUE DES VEAUX
(MALADIE DE LA COUUADE)
On a signale, en Hollandccten Belgique, une affection des jeunes veaux, qui offre une certaine ressemblance anatomo-pathologique avec la pdripneumonie, et ä la-quclle on a donne le nom de Pleiiropneumonie seplique. Gette maladie sevit avec une reelle gravity dans diverses regions de la France; je l'ai observee dans les d^par-tements de la Ilaute-Loire, de la Loire, de l'AUier, du Puy-de-Döme, de la Concze, du Ganlal, de la Creuse et de l'Ardeclie. On lui a donne diverses appellations, entre autres celles de Maladie de la Courade, maladie des veaux, broncho-pneumonie ou pneumo-enlerite des veaux. II m'a semble que la denomination qui lui con-viendrait le micux, au point de vue scientifique, serail ccllc de Pneumo-enlerite seplique : parce que ses symp-tomes et ses lesions denotent des alterations, non seule-ment dans les organes de l'appareil respiratoirc, mais aussi dans ceux de l'appareil digestif et dans d'autres encore; parce qu'il s'agit en realil6 d'une maladie bacte-rienne, dont l'agent, venu des milieux ambiants, peut pulluler dans de nombreux organes, y determiner des
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lesions plus ou moins ^tenducs et y secreter des subs­tances toxiques en plus ou moins grande abondance.
La pneumo-ent6rite septique s6vit d'ailleurs, ainsi que mes observations et mes experiences Tout etabli, sur les animaux de l'esp^ce bovine, sur ceux des especes ovine et caprine, ainsi que sur ceux de l'espece porcine; eile attaque surtout les tout jeunes sujets et principalement les jeunes bovins. Les veaux sont ordinairement frappcs entre le quinzieme et le soixanticme jour, qui suit la naissance; toutefois il en est qui tombent malades dans les quinze premiers jours de la vie; il en est mömc qui tombent malades en naissant; et il arrive parfois que I'affection atteint les veaux de deux, trois, quatre mois, voire m6me les adultes, sauf a les rendrc moins grave-ment malades.
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I. — SYiMP TOMES.
La pneumo-enterite septique varic par l'intensite de ses symptomes, par la rapidite de sa marchc et par sa terminaison; ellc est surtout grave, rapide dans sa marche et fatale par sa terminaison, quand eile attaque des animauxjeunes, quand I'agent pathogene est intro-duit h doses elevees dans I'organisme, quand les sujets se trouvent places dans des conditions hygieniques defectueuses.
1deg; Forme grave. — Lorsquc la maladie doit revötir la forme grave, ainsi qu'on I'observe sur beaucoup de jeunes veaux, eile semontre ordinairement alarmanted'emblee : I'appetit disparalt, la temperature du corps s'elfeve; la respiration et la circulation s'accelerent; les animaux battent du llanc et sont essouflles ; les battements car-diaques sont precipites et les muqueuses se congestion-nent. Parfois les veaux succombent d'une fagon presque foudroyante, apres quelques instants de maladie ; mais, dans le plus grand nombre des cas, ils vivent de quel­ques heures ä un ou deux jours; etil en est qui resistent de quatre a huit jours.
Les malades s'affaiblissent rapidement, en mfime temps que la respiration se modifie de plus en plus, que la circulation va se troublant encore et que des signes d'en-terite se montrent.
Un des caracteres les plus importants de cette affec­tion consiste, ainsi que je i'ai nettement 6tabli le premier,
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dans ralteralion du Systeme musculaire : les membres doviennent raides; ceux de devant sont plus ou moins arquds et ceux de derriere engages sous le tronc ; les animaux chancellent et ont dc la peine ä sc maintenir debout; ils se deplacent avec difficulte, titubent en marchant, boitent et souffrent atroccment, ainsi qu'en t^moignentleursfacies grippe et rexaccrbation dcssymp-tömes rcspiratoires.
L'essoufflement est de plus en plus accuse; la respi­ration devient gfinee, difficile; eile s'accompagne parfois d'une plainte a chaque expiration; la poitrine est plus sensible a la pression et a la percussion; il y a de la matite, des rdles et du souffle tubaire. Ordinairement une diarrhee fetide se declare en möme temps que les si-gnes pr^cites se montrent; et il n'est pas rare de voir se produire des sueurs, la congestion de la muqueuse buccale et de la langue, qui est quelquefois sortante, violacee, une ecume mousseuse sur les levies, des beu-glements de d6tresse aux approcbes de la mort.
Ouand les conditions qui entourent l'elevage des ani­maux sont defectueuses, la plupart des veaux atteints succombent rapidement. On constate un abaissement notable de la temperature aux approches de la mort; les extremites se refroidissent; certains malades meurentde suffocation; et la plupart semblent intoxiques par les produits qu'engendrent les germes morbigenes. (Juel-ques sujets resistent plus longtemps, pour mourir en-suite apres avoir considerablement maigri ou pour se r^tablir plus ou moins completement.
Les jcunes agncaux, les jeunes cbevreaux ct les jeunes pores presentent, lorsqu'ils sont atteints, des symptö-mes analogues ä ceux des veaux. Les agncaux et les cbevreaux offrent de la fievre, de l'essoufflenient, de la raideur des membres, des boiteries, du derangement in­testinal, des symptömes du cot6 de la poitrine, etc.; la plupart succombent rapidement; quelques-uns resistent
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SYMPT0ME3.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; #9632;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; b
davantage, tout en se nourrissant mal et en maigrissant, pour mourir ensuite dans un etat de consomption. J'ai vu, parmi mcs animaux d'experience, deux chevreaux, un agneau et un veau presenter des boiteries d'un on de plusieurs mcmbres ; et Tun des deux chevreaux est mort apres avoir 6te paralyse du train posterieur.
Les porcclets, et aussi parfois les pores äges de quel-ques mois, contractent assez souvent la maladie sous la forme grave : les symptomes qu'ils presentent alors res-semblent beaucoup ä ceux de la pneunio-ent6rite infec-tieuse et du rouget; on observe de la fievrc, de l'essouf-flement, des symptömes du cöte de la poitrinc, de la diarrhec fetide, de la faiblesse, et frequemment des ta-ches rougefttres ou violac^es a la surface du corps; les malades maigrissent rapidement et succombent en tres grand nombre.
2deg; Forme benigne. — Les animaux qui ont depasse l'üge de quelques mois, les adultes, ceux qui sont places dans de bonnes conditions hygieniques, ont beaucoup de chance de no contracter qu'une affection qui reste le plus souvent benigne. Ainsi, sur les bovins adultes, les lesions rcstentordinairement localisees dans le poumon, dans le foie, dans le Systeme ganglionnaire, et elles n'oc-cupent que des ctendues limitecs; les symptömes sont pen saillants et consistent dans un etat de malaise avec toux, avec signes de broncho-pneumonie, etc. Les vaches atteinles de parcilles lesions retiennent parfois plus dif-iicilement ä la saillie; il y en a de temps a autre quel-qu'une qui avorte ou dont le veau tombe malade en naissant.
Les vcaux qui sont places dans de bonnes conditions hygiüniques, ceux surtout qui vivent dans un air pur et renouvele, peuvent ötre atteints dune fagon benigne, vivrc assez longtcmps, rcsister a la maladie, qui se ter-mine par une r6solution complete ou passe ä I'etat chro-niquc. Dans cc dernier cas, on constate, sur les animaux,
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des symptömes de broncho-pneumonic, de la toux, du jetage et de la diarrhde de temps en temps. Les porcs aduJtes et les petits ruminants adulles peuvent aussi presenter la forme benigne, avec de la toux, des signes de bronebo-pneumonie, etc.
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II. — PRONOSTIC.
La pneumo-enterile septique occasionne annuellement des pertes considerables et constitue un vdritable fl6au pour I'elevagc dans ccrtaines regions; eile est surtout grave sur les individus jcunes; dans les ctablcs qu'elle atteint, eile pent faire perir les jeunes Veaux dans une proportion qui varie entre un dixi^me et les huit dixie-mcs ; eile peut occasionner de serieux ravages parmi les sujcts des especes ovine et porcine.
J'ai visile, en mainteslocalites, desfermesoü eile etait devenue desastreuse par sa persistance et par la mortality qu'elley entrainait tousles ans. J'ai montre combien ses ravages, sa persistance et son extension etaient facilitös par l'inapplication des mesures de propbylaxie et par les mauvaises conditions liygieniques, notamment par la mauvaise hygiene des habitations et de I'alimentation. J'ai recueilli des faits qui etablissent peremptoircment qua des veaux tres malades, faibles et essouffles, peuvent se rcmettre assez rapidement, quand on les fait passer dans un localconvcnablement acre, au lieu de les laisser dans 1'atmosphere conlinee et miasmatique de letable, 011 ils avaient contracte la maladie.
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III. — LESIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; f
Les lesions varient suivant le degre de la maladie, suivant qu'elle adure plus ou moins, suivant qu'elle etait aigue on suivant qu'elle avail passe a I'etat chronique, et suivant les especcs animales.
1deg; Lesions des veaux qui meurent de la maladie aig-ue. — Ouand les animaux ont succombe en quelques heures, les lesions sent peu caracteristiques : elles con­sistent dans une congestion de la plupart des organes, avec un leger epanchement sero-sanguinolent dans les cavites sereuses. Le Systeme musculairc, le tissu con-jonctif, le Systeme ganglionnaire, les sereuses. les visce-res, les reins, le foie, les intestins sont congestionnes; le poumon cst quelquepeu engoue, son tissu interlobulaire infiltrc et la muqueuse bronchique un peu arborisee.
C'est lorsque la maladie a dure de quelques heures a quelques jours que les lesions caracteristiques de l'affec-tion sont bien nettes; elles se montrent un peu partout, principalement sur le Systeme musculaire, sur les orga­nes de l'appareil respiratoire, surlecoeur, sur le foie et sur I'intestin.
Sur les animaux qui ont succombe avantd'ötresaignes, on remarquc souvent une teinte rougeatre anormale de certaines portions de la peau, dans les regions oü eile est fine, dans la sphere des organes genitaux, sous le ventrc, an plat des cuisscs, etc. La congestion de la face inlerne de la peau et du tissu conjonctif en general, qui est tres appreciable dans beaucoup de cas, pent ölre peu marquee ou möme a peine perceptible sur des animaux
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LESIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 9
qu'on a eu la precaution de tuer par effusion de sang, avant les approchcs de la mort; mais, toutes les fois que raffcction a etc grave, toutes les fois qu'elle a dur6 un certain temps, toutes les fois que les malades ont prä­sente de la raideur des membres, des boiteries, etc., le Systeme musculaire est le siege de lesions trcs accusees, quidonnentälaviande un aspect particulier, m6mequand les animaux ont ele saignes a temps.
Ayant eu I'occasion d'examiner plusieurs fois attenli-vement les lesions du Systeme musculaire sur des cada-vres, dans la Haute-Loire, et sur des viandes qui m'ont 6te envoyces de ce departement, j'ai pu constater : qu'elles siegent dans l'epaisseur mßme des muscles, et parfois ii leur surface ; qu'elles se montrent sur des mus­cles de toutes regions, dans ceux quisonttres tendineux, comme dans ceux qui sont ä peu pres exclusivement charnus. Je les ai rencontrees dans ceux du tronc et dans ceux des membres, principalement dans ceux des rayons superieurs et dans ceux des rayons moyens, dans ceux de la cuisse et de la fesse, dans ceux de l'^paule, du bras et de l'avant-bras. Elles occupent parfois toute la longueur et uneplus oumoins grande partie de l'epais­seur d'un muscle; d'autres fois elles sont limitees ä une ou plusieurs places plus ou moins etenducs. Elles se pro-duisent toutes par le meme mecanisme; elles consistent en hemorrhagies, en foyers de necrose et en degeneres-cences; elles offrcnt des aspects differcnts, suivant leur intensiLe et suivant leur age.
Elles consistent :
1deg; En une teinte violacee, occupant et lä des places comme une piece de cent sous, ou plus ctendues.
2quot; En foyers ecchymotiques plus ou moins nombreux, rasscmbles dans un espace plus ou moins restreint. Ces foyers hemorrhagiques, noirAtres, qui apparaissent comme des points de la grosseur d'une t6te d'epingle, sont entoures d'une zone, au niveau de laquelle le tissu
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musculaire est tcint6 en violet päle. De plus, les fibres musculairessont manifestementalterecs, au niveau de ces amas de foyers hemorrhagiques, et dans le voisinage ä une certaine etendue; clles sont irr6gulieres, semblenl altcrnativcment etranglees et renflees dans leur trajet, et ont une teintc un pcu violacec ou jaune-grisatre, ainsi qu'un aspect grenu et caseo-graisseux ä la coupe.
3deg; En foyers de necrose plus ou moins 6tendus. On trouve, en effet, des places, et il pent y en avoir plusieurs dans le memc muscle, au niveau desquelles les fibres sont quasi detruites, le tissu musculaire elant reduit en une matiere caseiforme, entrem6lce de points rougeatres, dus aux hemorrhagics qui se sont produites. Dans cer-taines places, le produit de rhemorrhagie domine et a une leinte lie de vin; dansd'autres e'est la matiere caseiforme. Au niveau des places ainsi alterdes, la matiere s'enleve aisement par un tres leger grattage.
4deg; En degenerescences plus ou moins etenducs ct plus ou moins avancees. Ainsi, on trouve dans certains mus­cles des places plus ou moins considerables transfor-mees en une sorte de matiere jaune-grisAtre, pale, facile ä decbirer et ä reduire en magma cas6o-graisseux par 1c raclage. Ainsi encore, on trouve 5a ctlä des etendues considerables dc muscles qui se montrent, a des degres divers, pales, jaunes, grisätres, jaunatres,avec un aspect grenu de la coupe, scmblable ä celui de la graisse des tout jeunes veaux; et cette modification se montrc sou-vent disscminee, parsemec ä travers des portions qui semblcnt absolumcnt saines. Ainsi enfin, on constate en outre la paleur etl'aspect cuit de tel ou tel muscle, dont la coupe suinle abondamment du jour au lendemain.
Ces diverses alterations se montrent associees sur le meme sujet. Les muscles älteres out perdu de leur tema-cite; quand la lesion est voisine de l'attacbe sur I'os, le perioste se montre congestionne. En incisant le muscle malade, linstrument se recouvre d'un enduit graisseux.
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L'alcool clans lequel on place les 16sions musculaires devient lactescent. Enfin, des preparations faites avec ces lesions montrcnt le germc palhogene (voir fig. 1-a), et rinoculalion de leur produit determine la maladie.
Les lesions musculaires expliquentbien certains symp-tömes qui se montrent sur les animaux malades. D'autre part, certaincs articulations ont parfoissouffert etpeuvent presenter un epanchement dc serosite. Les ganglions du troncetceux des membres sc montrent souvent malades, hypertrophies, congestionnes, et le tissu peri-ganglion-naire est infiltre.
Avec les lesions du Systeme musculaire, celles de I'ap-pareilrespiratoire sont des plus remarquables et des plus constantcs. Elles siegent sur la plevre et sur le poumon.
La cavitc plcuralc renfermc ordinairement une quan-titc plus on moins considerable de liquide sdreux, vis-queux, limpide ou un pen louche, jaunatre ou opalescent, restant fluide ou se coagulant au contact de lair. Gelte particularity a et6 notecpaiiout; et les proprietaires ont l'habitude de dire que la poitrine contient un liquide semblable ä de l'urine. II n'est pas rare que le liquide epanchc tienne, en suspension, des flocons ou des debris d'exsudat jaunfttre ou grisätre et fibrineux.
Les plevrcs sont plus ou moins altcrees : tantöt elles sont simplcmcnt epaissies, congestionnees, arborisees, parsemees de taches ecchymotiques; elles se montrent souvent depolics, rugueuses et recouvertes, dans une etendue plus ou moins considerable, d'une couche plus ou moins epaisse d'exsudat fibrineux, jaunätre ou gri-satre, plus ou moins adherent, formant un revötement lamelleuxä surface grenue. Quelquefois Texsudatpscudo-membraneux devient plus abondant; et des adherences peuvent s'etablir entrccelui du feuillet parietal etceluidu fcuillet visceral. Le mediastin se montre pareillement altcr6 et infiltre; etlc perioste dc la face interne descötes est souvent congestionne.
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A I'Mat chronique, on trouve, sur les plevres, des alteralions moins importantes : on rencontre gä et lä un peu d'epaississement et des traces de l'exsudat, transfor-mees en fines vegetations fibreuses.
Le poutnon se montre quelquefois ratatin6, atclec-tasie, quand il a ete comprime par repanchement de la cavite pleurale. Mais le plus ordinaiz'ement il est laquo; gros, gonfle raquo;, massif, dense, non affaisse, multicolore. On voit sa surface parcouruc par des trainees ardoisees, formant un reseau, dans les mailles duquel sc trouvent englobces des parties rouges de nuances diverses. Ce sont los travees du tissu conjonetif sous-pleural et inter-lobulaire qui sont infiltrees et epaissics, comme dans la peripneumonie, et qui entourent les lobules plus ou moins malades.
L'infiltration du tissu inlerlobulaire et ralteration des lobules peuvent oecuper une etendue plus ou moins considerable du poumon et se montrer ä des degres divers; tantöt on les rencontre sur les parties antero-infürieures seulement; tantöt clles oecupent la majeure partie de l'organe. Tantöt les lesions interlobulaires, qui sc produisent les premieres, pr6dominent ou sont presque scules encore; tantöt rengouement et Thepa-lisation des lobules sont concomitants. L'aspcct d'un poumon de veau mort de la maladie de la courade nc s'oublic pas, quand on l'a constate, tellement il est carac-terisliqne; les gens du pays disent qu'il est marquele; il resscmble ä eclui d'unc mosaüjue, dont les pclils car-res, offrant les differentes nuances du rouge, seraient encastres dans un reseau forme de mailles relativemcnt epaisses et dune leinte ardoisee.
En incisant l'organe malade, une serosite opaline, tres visqueuse, coagulable au contact de Fair, s'ecoule en abondance de la section du tissu sous-pleural et du lissu inlerlobulaire inüllre; la plcvre et les lobules apparais-sent alors nellement comme disseques, et une faible
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traction suffit pour les isoler. Les lobules se montrent avec des teintes, variant du rouge pAle au rouge-noirätre ou au rouge-grisfltre, suivant leur degre d'altcration. Ceux qui no sont pas encore malades ou qui le sont peu se montrent d'un rouge pale. Ceux qui commencent a devenirmanifcstement malades sont un peu plusfonces el prescnlcntdes tachesecchymotiques ou hcmorrhagiques. Ceux qui sont franchement engoues sont rouge-bru-nätre, laissent ccouler un sang noirAtre, ofirent Qä et lä des foyers hemorrhagiques, prescntent un aspect grenu sur la coupe, et sont faciles a ecrascr sous la pressiondu doigt. Ceux enfin qui sont d'un rouge-grisiltre sont le siege dun commencement de dcgenerescence fibrineuse ou caseeuse; leur section est grenue, plus seche que sur les precedents, leur tissu est facile h ecraser, etc.
Le poumon, dont le tissu interlobulaire et les lobules out cprouve les alterations precitees, se montre facile a ecraser ou a dechirer avec le doigt, ce qui fait dire aux fermiers qu'il est gtUe en totalite ou en parlie, qu'il se coupe sous la pression du doigt comme de la pale, etc. Lorsqu'on met dans l'alcool des fragments d'organe, le tissu interlobulaire revient sur lui-meme, le liquide qui rinfiltrait s'echappant et donnant des ilocons abondants.
La muqueuse des broncbes est generalement conges-tionnec, arborisee, epaissie et unpeu calarrbalc.
Les ganglions broncliiques el mediaslinaux sont con-geslionnes; el le tissu qui les entoure est infiltrc.
Lorsque l'affection est passee ä l'etal chronique, la plupart des lesions pulmonaires ont disparu graduelle-ment par resolution; mais il reste souvenl, dans certains points du poumon, des lesions de broncho-pneumonie caseeuse, qui seront indiquees ci-apres.
A I'lnstar des muscles de I'appareil locomoteur, le coeur a eprouvc, dans les cas graves, des alterations profondes. On rencontre des ecehymoses sur l'endocarde et sur le pericarde. Assez souvent on constate une veritable peri-
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carditc; quelquefois il y a simplcment de la serositö jaumUrc ou un pcu rougeiUre dans la cavitc pcricar-dicnnc, et le pericarde est plus ou moins vivement con-geslionne ; mais il arrive aussi que la sereuse estlc siege d'une inflammation exsudative avec pseudo-membranes. Enfin, le muscle cardiaque presente frequemment des lesions tres manifestes. On y trouve : des foyers hemor-rhagiques, avec ramollisscment, repandus dans l'epais-seur de l'organe ; des taches ecehymotiques, et des places, au niveau desquelles son tissu a une feinte vineuse; d'autres places, au niveau desquelles il est pille, dccolore, lave, jaune-grisätre. Lcs preparations, faites avec la ma­uere des fovers de ramollisscment, monlrent 1c cermc morbigene, et l'inoculalion de cette substance reproduit la maladie.
Les organes, renfermes dans la cavitc abdominale, n'ont pas echappc aux alterations que provoque l'agcnt mor­bigene. Le peritoine est parfois congestionne, arborise, et parseme de tacbes ecehymotiques; un pen de liquide, sereux et visqueux, s'ecoule de la cavitc peritoneale, quand on l'ouvre. Le foie est ordinairement conges­tionne, plus friable, et souvent parseme de points hemor-rhagiques et de petits foyers de dcgcneresccnce ayant une feinte jauniitre, ce qui fait dire aux personnes de la ferme qu'il est laclicte. La rate est souvent congestionnee; il en est de meme des rcins, qui presentent, comme le foie, de fines eccbymoses ä leur surface et dans leur epaisscur, ainsi que de nombreux points minuscules de degcncrescence, qui tranchent par leur teintc jaune-gri­sätre. Les ganglions mesenteriques et sous-lombaires sonl un peu hypertrophies, congestionnes ou ramollis.
La surface sereuse des estomacs et des inlestins est plus ou moins congestionnee et ecehymosee. La muqueuse de la caillette, et surtout cellc de I'lntestin gröle, sont souvent enflammees, congestionnees, arborisecs, epaissies, calar-rhales, criblces par places d'un piquetc hemorrbagique
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tres fin. J'ai vu des cas oil rinflammation dc I'intestin etait Ires intense, la congestion de la sereuse tres vive et Talteration de la muqucusc tres accusee, avec epais-sissement, congestion, arborisation, hemorrhagie et infiltration sous-muqueuse.
Le sang est manifestemenl altere, quand la maladie a ete ties grave, et quand on a laisse succomber les animaux : il est diastashemique, il devient couleur de groseille a Fair, et il eprouve rapidement une modifica­tion consistant dans la separation plus ou nioins com­plete du sörum, qui revet une teintc ardoisee; les pro-prietaires disent laquo; qu'apres la mort, le sang tourne en eau raquo;. Lorsque la maladie est moins grave, lorsque les animaux sont sacrifies avant qu'elle soit arrivec äla fin, il ne parait pas que le sang ait eprouve d'alteration notable.
2deg; Lesions des veaux et des bovins adultes qui ont la maladie chronique. — Parmi les vcaux que la maladie ne fait pas perir, apres les avoir plus ou moins eprouves, il y en a qui se retablissent progrcssivement d'une facon complete, tandis qu'il y en a d'autres qui conservent des lesions plus ou moins etendues. J'ai constate, sur les premiers, des traces de pneumonic en voie de resolution, des points grisiltres dc degeneres-cencc dans le foie, un pen d'hypertrophie et de ramol-lissement de certains ganglions. Sur les seconds, j'ai rencontre des foyers restreints de caseification, dans le poumon, et des lesions de bronchite chronique, des foyers de degenerescencc caseeux ou ramollis et enkystes dans le foie.
Ouant aux animaux bovins adultes, il n'est pas rare, si j'en juge par les cas que j'ai pu observer ä l'abattoir du Puy, deles trouverportcurs de lesionspulmonaircs et hepatiques du mal de la courade. Les lesions de broncho-pneumonie caseeuse, qu'on rencontre en pareils cas, simulent grossierement celles de la tuberculose. Les
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portions de poumons atteintes ont un aspect bosselt; elles sont denscs ; au niveau des bosselures, la teinte est franchement jaunätre et fait deviner la matiere caseeuse; les bosselures semblent separ6es par des cloisons formees d'un tissu lardace, dur, grisätre. Malgre la densite du tissu qui forme ces cloisons, l'incision des parties malades se fait sans difficult^, les masses caseeuses n'etant pas infiltrees de calcaire. A la coupe, l'aspect des lesions est tel qu'on dirait des lobules pulmonaires remplaces par dc la substance casceuse, et entoures d'un tissu perilobulaire epaissi et densifl^. On trouve en cffet, reunis par amas, en diverses parties du poumon, des foyers caseeux plus ou moins etendus, variant dc la grosseur d'un pois, ou d'un baricot ä celle d'une noix. Le tissu qui les separe est dur, compact, homogene, sans lesions nodulaires. Certains de ces foyers de caseification communiquent avec les broncbes, dont la muqueuse est boursouflee, epaissie, rugueuse, recouverted'un produitmucoso-cas^eux. Surles animaux qui presentent ces lesions de broncbo-pneumonie ca­sceuse, il n'est pas rare de trouver des foyers de degene-resceuce ou de caseification dans ie foie et dans certains ganglions.
3deg; Lesions des animaux petits ruminants. — Les agneaux, dont j'ai pu faire l'autopsie dans la Ilaute-Loire, ont presente les lesions suivantes : congestion et infiltration screuse du tissu conjonctif sous-culane ; congestion du Systeme ganglionnaire; taches violacees dans les muscles; pleurite avee epancbement et exsudat fibrineux ; broncho-pueumonie avec infiltration notable du tissu interlobulairc, engouement, bepatisation ct bemorrhagiesdes lobules; pericardite avec epancbement et exsudat pseudo-membraneux; peritonite avec epan­cbement et exsudat fibrineux; bepatite avec foyers hemorrhagiqucs et foyers de degenerescence dans les diverses parties du foie, dont la surface etait recouverte
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d'exsudat fibrincux; taches hemorrhagiques dans les reins; inflammation de l'intestin, etc.
Surtous les malades le tableau n'a pas 6te aussi com-plet; mais tous ontprcsentedes lesions pulmonaires, car-diaques, hepatiques et renales ; Tun d'eux offrait toutes les lesions dont l'enumeration vient d'ötre donnde ; par-tout on trouvait le germe de la maladie de la courade (voir fig. 2-a); des cultures en ontete preparees sur place, et depuiselles ont send a rcproduire raffection.
Je n'ai pas eu, dans les localites que j'ai visitees, l'occasion de faire l'autopsie de moutons ou de chevres ayant le mal de la courade ; mais, ä Lyon, j'ai transmis I'affection a des animaux adultes de ces deux espöees; et j'ai pu constater, en möme temps que les symptömes principaux, les lesions essentielles de la maladie, teile ä peu pros qu'on l'observe sur le veau. Tous les sujets qui sont devenus gravement malades ont presente de l'inap-petence, de la fievre, de l'essoufllement, de la diarrhee, de la raideur des membres, des boiteries, de la fai-blesse etc.
Sur un mouton d'un an et demi, mort ä la suite d'une inoculation faite avec unc culture issue d'un veau, j'ai releve les lesions suivantes : infiltration du tissu inter-lobulaire du poumon; engouement de certaines parties de l'organe, avec foyers hemorrhagiques ; congestion, inflammation et aspect rugueux des plcvres et du p6ri-carde, avec cpanchement sereux et exsudat fibrineux par places; ecchymoses sur l'endocarde et sur le muscle cardiaque ; infiltration gelatiniforme du mediastin, du tissu peri-ganglionnaire et peri-aortique ; congestion des ganglions, du foie, de l'intestin, de la caillette, de l'epiploon, du peritoine, etc.
Sur une chevre ügec, morte ä la suite d'une inocula­tion avec du virus provenant du veau et eultivö sur le lapin, j'ai constate l'enscmble des alterations suivantes : infiltration jauntltre, gelatiniforme, dans le tissu inter-
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musculaire de diverses regions, surtout aux ars ; alte­ration de certains muscles, comme chez 1c veau; infil­tration du tissu peri-ganglionnaire et hypertrophie des ganglions; peritonite, avec epanchement d'un liquide visqueux et exsudat gelatiniforme, disscminö partout, principalement sur le foie, qui ctaitcomplctement recon­vert d'une sorte de pellicule jaune-grisiltre ; foyers he-morrhagiques et foyers de necrose ou de degenerescence dans le foie; congestion des reins; inflammation de l'intestin, avec hypertrophie des follicules clos ; pleurite bilaterale, avec epanchement dun liquide visqueux et fausses membranes; congestion de la face interne des cötcs; atelectasie des parties inferieures du poumon ; infiltration de son tissu inlerlobulaire et engouement de ses lobules dans des parties tres restreintes ; pericardite, avec epanchement et exsudat. Sur une autre chevre, sacrifice au moment oil eile etait en voie de se relablir, j'ai observe des lesions similaires, moins etendues, moins intenses et en voie de resolution.
Voici d'ailleurs, ä titre de documents, le resume de quelques lentatives de Iransmission sur le mouton et sur la chevre.
I.nbsp; Experience du 29 mai 1891. — Injection intra-veineuse ä un
mouton d'une emulsionpreparec aveclcs lesions du cobaye le iO mai : faihlesseet inappitence des le surlendemain; amaiffrissement, diar-rhee et hoilerie dun membra posterieur; retour de lappetit des le G juin, avec persistance de la faiblesse, de la maigreur el de la boi-terie. Nouveüo inoculation 1c 10 juin par injection intra-pulmonaire : morlle lendemain;co;!f/(?s/(o/! du tissu sous-culane; Usions musculaires anciennes; arthrite de Varticulation cojco-frmoraledu membre boiteux, avec aspect rugueux et vegetant de la synoviale, avec exsudat cou-cret jaunätre, et avec alteration des surfaces articulaires qni sont rugueuses -^ongestion du systime ganglionnaire; garaquo;lro-ent6rile vio-lente avec suffusions Mmorrhagiqnes ; congestion de la plamp;ore el 'juel-quespoints de pneumonic commengante;piricardite ayec epanchement et exsudat commengant.
II.nbsp; Experience du 31 mai 1891. — Inoculation demulsions virulentes ou de cultures aux animaux suivants :
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1deg; Une chovre flgee, tres vigoureuse, ayant supports, sans paraitre malade, une injection intra-pulmonaire de virus de veau faite le 9 mai, re^oit le .11 mai une nouvelle injection intra-pulmonaire do virus em-prunte au lapin. Le lor juin ranimal a dc la fiamp;vre, lousse, ealessouffld etfaible, ccsse de maityer, boite, a de la.(liarrhce; la maladie semblant s'arreter le 3 juin, on saerific le sujet : Ivsions de broncho-pneumo-pleurite, avec ('panehemcnt de liquide visqucux, avec exsudatjaundlre g^latino-ilbriaeuz sur certaiaes portions de la plevre, qui estconges-liounee, ecchymosee, avec infiltration du tissu interlobulaire et kopa-tisation de certains lobules; öpanchemenl sereuj; ilans le päricarde; laches violacies dans certains muscles des membres anterieurs.
2quot; Une chevrc ugee est inoculce par injection intra-pulmonaire avec du virus provenantdu lapin ; clle est tresfatiguee au bout de quelques heures; eile est essoufflie, Irisle, faible, ballonnce ; 1c lep juin eile est plus faible, no mange pas et boite des membres anterieurs, qui sent ibrtement arques; meme etat les 2 et 3 juin, mort le lendemain. Alautopsie on releve les lesions suivantes : infiltrationJ.uin.ilrcge-latiniforme dans le tissu intermusculaire dediverses regions, surtout aux ars; alterations (ecchi/moses, laches vineuses) de certains muscles; infiltration du tissu piri-ganglionnaire et hypertrophie des r/anglions ; pcrilunilc, avec ipanchement d'un liquide visqueux se coagulant a I'air et avec exsudat gelatiniforme dissemine partout, principalement ä la surface du foie, qui est totalement reconvert dune Sorte de pclliculc pseudo-membraneuse jaune-grisatre; belles et nombreuses lesions dans le foie, consistant en foyers himorrhagiques el necrosiques, disse-mineesca et la dansI'epaisseur del'organe, surtout vers la surface, oit Ton distingue des foyers bemorrhagiques rouge-jaunatre ramollis et des foyers de necrose jauuätres plus ou moins volumineux, ainsi que des trainees jauuätres; congestion des reins; hypertrophie des gan-glions de la cavite abdominale; inflammation de Vintestin, avec hypertrophie des follicules clos, qui sont visibles comme autant dc grains jaune-grisätre, remplis de substance caseeuse ; lesions de bron-cho-pneumo-pleurite, avec ipanchement pleural visqucux, jaunätro, se prenant en gelec a Fair, avec fausses memZiranesjaunätres sur lesdeux feuillcts dc la plfevre, qui est enllammee, rugueuse, depolie, avec inflammation du pirioste de la face interne des cötes, avec un noyau de pneumonic, limiteau point inocule, et accompagne de lin/illralion du lissu interlobulaire, avec ateleetasie des parties antero-inferieures du poumon et lesions de bronchite; pericardite, avec epnuchenicnt d'un liquide visqueux et fausses membranes; abondance des microbes patbogenes dans les produits epauches ou exsudes, dans les diverses lesions, surtout dans celles du foie.
3deg; Un moutou est inocule comme la chevrc precedente, avec le
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20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;DE LA PNEUMO-ENTfiRITE SEPTIQUE.
raquo;quot;•.öme virus. Frissons et ballonnement qaelqaes heuresaprfes l'inocu-latiou ;/'aihlessc, tristesse, impp6tence,essoufflement, boiterie etarqure des memhres antirieurs le lendetuain de rinoculation ; amaigrissement otpersislance de 2a boiterie jusququot;;iu 14 juin ; ensuile retourprogressif ;i hi santi et disparition graduelle, da la boiterie. Dans la suite, le memo animal a Supporte, sans etreserieusement malade, deux nouvellcs ino­culations intra-pulmonairos, faites avec des doses elevees de virus fort. Quandonl'a sacrifie, il n'a presente quo des lesions chroniques deri-vant de la premiere inoculation, qui a semble lui conlercr un surcroit d'immunite.
4deg; Un moutou cst inocule par injection intra-pulmonairo avee une culture ayant deux mois. Le sujet cst tres malade le lendemain et succomhele surlondemain, enprcscntant les lesions suivantes : infd-Iration du lissa inlerlobulaire du poumon, lui donnant une teintc ardoi-see; earjouemcnl de certaines parties du poumon, clraplu* hemorrha-aique ä la surface de l'organe; congestion, inflammation et aspect ruyucux des plcvres et du pericarde, avec epanchamenl de liquide vis-queux el exsudat fibrineux dans leur cavite; ecehymoses sur le myo-carde et dans son epaisseur, ainsi que sur le pericarde et l'endocarde; congestion el infiltration gilatiniforme du midiastin el du tissu piri-cesophagien; congestion des ganglions, du/bie, de Vintestin, do la cail-lelle, de Yepiploon, du periloine, etc.
4deg; Lesions des pores morts du mal de la courade.
—Les pores, qui suecombent, presentent: une congeslion plus ou moins vive du tissu sous-cutane et de la peau, des ganglions et des muscles parfois; une inllammation plus ou moins ctenduc des plcvres, avec epanchement et exsudat fibrincux; une infiltration manifeste du lissu intcrlobulaire, avec Fengouement, I'bcpatisation, la deaencrescencc fibrineuse ou caseeuse des lobules, et rinllammation de la muqucusc broncbique ; une entente plus ou moins accusec, etc. Jquot;ai transmis une maladie mortellc au pore äge de deux ä trois mois ; mais les sujets, agesdebuilä dix mois,resistent dejä mieux, ainsi qu'en temoigne le fait suivant :
III. Experience du 19 juin 1891. — Un pore de dix mois re^oit en injection intra-pulraonaire, une emulsion virulente, preparec avec les lesions d'une chovre. II devient peu malade; sacrilie le trüisieme jour, il presente les lesions suivantes : quelques laches rouges au
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cou et aux aines ; quelques Indies violncccs sur certains muscles, sur-tout ä la region de la cuisse; congestion des ganglions en general, dont la couche corticalc esl piquete do fines hemorrhagies ; belle pleurite du cöte de 1'inoculation, avec exsudat fibrineux surles leuillets visceral et parietal de la pie vie ; pneumonic au niveau deTinocuIation.
o0 Lesions du lapin et du cobaye inoculcs. — Le
lapin et le cobaye inoculcs prcsentent des symplömes pareils a ceux des animaux bovins; suivant la dose et la force du virus employe, la maladie peut varier beaucoup dans sa marche; parfois certains sujets n'ontqu'un acci­dent local au point d'inoculation ; il en est qui resistent de vingt ä quarante jours, mais generalement, quand le virus est bien conserve, et lorsqu'il est inocule a dose convenable, les animaux ont unc maladie grave, qui les fait perir en six, cinq, qualre, trois, deux, un jour, et möme en moins de vingt-quatre heures. Les symplömes consistent dans de la faiblcsse, de ressoufflement, de la raideur, de la diarrbee, de ramaigrissement, etc.
Les lapins morts ä la suite de l'inoculation par injection intra-veincusc, presentent ordinairement les lesions sui-vanlcs : perilonite, avec epanchement du liquide visqueux et traclus pseudo-membraneux; congestion des visceres abdominaux et des ganglions ; lesions de pleurite et de pericardite, avec epanchement et exsudat pseudo-mem­braneux; quelquefois lesions pulmonairesetmusculaires. Les mßmes lesions s'observent sur les lapins inoculcs par injection sous-cutanee, avec un foyer d'infiltration sero-gelatiniforme dans la region inoculee.
Chez 1c cobaye, les lesions sent de möme ordre : vio-lente entero-peritonitc, avec epanchement et exsudat; congeslion de tons les organes abdominaux ; lesions de pleurite et de pericardite; infiltration sero-gelatinii'orme du tissu de la region inoculee. Certains cobayes, ino­culcs sous la peau, n'ont qu'un simple accident local, avec formation d'un foyer caseo-purulent, qui s'enkyste ou s'ouvre ensuite.
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IV. — ETIOLOGIE. — CONTAGION. — ORIGINE DE LA MALADIE.
La pneumo-enterile seplique est une affection bacte-rienne, inoculable, susceptible tie se transmettre, quo les veaux, Ics agncaux et les pores peuvent contracter, en ayanl des rapports directs ou indirects avec d'autres animaux, qui en sont atteints, en ingerant des aliments ou des boissons souilles, et en inhalant des poussieres melangees de matiere morbide dessecbee. C'est une affection qui pent 6tre introduite, lä oü eile n'existe pas encore, par des animaux malades ou simplement conta-mincs recemment importes. Les preuves de sa transmis-sibilil6 abondent; elles sont fournies par robservation simple et par les experiences qui out ete faites ailleurs, ainsi que par celles, tres nombreuses, quej'ai pratiquees moi-möme sur des animaux de diverses especes.
II r6sulte d'une enquöte faite dans le departement de la Haute-Loire : 1deg; que I'affection est inconnue dans certaines communes et rare dans d'autres, tandis quelle est frequente dans un grand nombre; 2deg; qu'elle existe depuis tres longtemps dans des communes, tandis qu'elle ne se serait montröe que depuis quelques annees dans d'autres; 3deg; qu'elle sevit avec un caractere francbement epizootique dans un grand nombre de communes; 4deg; qu'elle sevit, quand eile se montre dans une etable, tantöt sur quelques veaux seulement, lantöt sur le plus grand nombre, et tantöt sur tons; 5deg; laquo; qu'elle attaque les veaux de la möme etable ä des intcrvalles plus ou moins eloignes, de huit a quinze jours, quelquefois de plus d'un mois, mais qu'il est rare d'en voir plusieurs
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ET10L0GIE. — CONTAGION.
0R1GINE DE L.\. MALADIE. 23
tombor malades en m6me temps raquo; ; 6quot; que I'opinion dominante dans le pays incline a la considerer comme contagieuse. Bien qua ces donnees manquent d'une pre­cision süffisante, pour enlralner la conviction, il y a lieu d'en tenir le plus grand comptc; elles tendcnt bien r^ellement a etablir que le mal de la courade se gagne.
M. Repiquet d'un cötc et M. Habiat d'autre part m'ont affirmc qu'un boucher de Relournac, ayant donn6 ä manger les poumons et le foie d'un veau malade a un pore, aurait vu son animal contracLer raffection et mourir rapidement.
En second lieu, il resulte peremptoirement, de mes observations et de mes experiences personnelles : que la maladic est d^termince par un germe vivant, par une semence; qu'elle est inoculable, et qu'elle est susceptible de so propager jiar les malades et leurs produits. En effet, j'ai, ainsi que je l'exposerai plus loin, extrait des lesions des malades, un germe qui pent ötre cultive dans des milieux artificiels, tels que les bouillons, les gela­tines, etc., et qui, inocule ensuite aux animaux, leur donne le mal de la courade. J'ai pareillement obtenu raffection, en inoculant directement ä des animaux les lesions des malades ou leurs produits morbides. J'ai enfin nettement etabli que des vaches atteintes du mal, sous la forme benigne et cbronique, perpdtuent les foyers de contagion, et qu'elles infectent leurs rejetons, qui, a leur tour, infectent les veaux sains avec lesquels ils cohabitant.
L'etude de l'etiologie de la pneumo-enterite septique comporte l'examen des questions suivantes, que j'envi-sagerai successivement.
1quot; Espcces animales susceptibles d'etre contaminees ;
2deg; Sieges du virus, ses voies d'excretion;
3deg; Nature du virus, caractercs du microbe pathogene;
4deg; Origine du microbe pathogene;
5deg; Conservation du virus dans les milieux extcrieurs;
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6deg; Modes de contagion. Transmission expörimcntale.
— Mode d'action du microbe pathogene;
7deg; Resistance du microbe pathogene ; son attenuation. — Immunite.
1deg; Especes animalcs suseeptihles d'etre conta-minccs. — On lit dans le rapport de M. le docteur Coiffier sur Tcnquöte faite par la Soci6l6 d'agriculture du Puy : laquo; ... les maires de ... ont vu le mal de la cou-rade coexister quelquefois avec d'autres maladies et en particulier avec le rouget du pore. M. Breysse, du Bou-chet, nous dit que 1c mal altaque souvent les agneaux d'un mois ; que laquo; les sujets malades trainent une quin-zaine de jours, maigrissent et crevent tout d'un coup raquo;. II ajoute que leur interieur est comme celui des veaux, et qu'il perit ainsi pres de quatre cents agneaux par an dans sa commune. M. Pascal, du Puy, a vu une afl'ection ä peu pres semblable au mal de la courade sevir en möme temps sur les especes ovine et porcine. M. Repi-quel a vu aussi assez souvent les pores atteints en memo temps de pneumo-entdrile et croit qu'il y a enlre les deux affections beaueoup plus que de ranalogie. Enfin M. Viala dit que le mal de la courade coexiste souvent avec la pneumonic infectieuse. raquo;
Aujourd'hui la lumiere est complete sur ce point, grace ä mes observations et a mes experiences : le mal de la courade attaque simultanement les animaux des especes bovine, ovine, caprine et porcine, les veaux, les agneaux, les chevreaux et les porcelets ; il est transmis­sible sponlanement et experimentalement aux animaux de ces especes; il peut se propager d'une espece aux autres. J'ai trouve le memc germe sur le veau, sur l'agneau et sur le porc (voir fig. 1 et 2); je l'ai isol6, eultive ä propos de ebaeune de ces origincs; et son inoculation m'a donne la meme affection, qu'ellc qu'ait 6t6 sa provenance. J'ai obtenu le mal de la courade, en inoculant les lesions du veau ou le germe purific que
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fiTIOLOGIE.
CONTAGION.
ORIGINE DE LA MALADIE.
j'en avais extrait par la culture; je I'ai obtenu avec les lesions de l'agneau ct avec celles du pore, ainsi qu'avec les cultures qui en derivaient. J'ai transmis experimenta-lement la maladie au veau, au mouton, a la chevre et au pore. (V. experiences I, II, 111.) Les adultes sont beau-coup plus resistants; ils peuvent ne pas tomber malades, quand les jeunes le deviennent; et, lorsqu'ils contractent la maladie, ils I'ont le plus souvent sous la forme be-
Parmi les animaux d'exp^riences employes couram-ment dans les laboratoires, le lapin et le cobaye pren-nent Faffection, quand on leur inocule des lesions ou des cultures provenant des quatre espöees precitees; et la maladie est facile a reporter ensuite sur les especes originaires, apres cepassagedans l'organisme de ces deux animaux. Je n'ai pas reussi h rendre gravement malades deux chevaux, morveux deja, en leur inoculant de fortes doses de culture; et, des observations recueilliesen divers endroils, rien ne m'autorise ä penser qu'il y ait eu des cas de transmission aux animaux solipedes non plus qu'aux chiens.
J'ai fait cinq essais sur le cbien; et, malgro les fortes doses inoculees, malgre Femploi des modes d'inocula-tion les plus dangcreux, je n'ai rien obtenu. Le cbien semble done absolument refractaire ; el e'est presque dommage, parce que, s'il devenait serieusement malade et s'il mourait, les proprielaires seraicnt mieux edifies sur la conlagiosite du mal, ainsi que sur l'ulilite des mesures de propbylaxie, et ne feraicntpas valoir, comme ils le font parfois, la resistance de cet animal, malgre ses repas infeclants, pour mettre en doute le pouvoir con-tagieux de 1'affection. #9632;
En resume, la pneumo-enlerite septique des jeunes veaux peut surementatleindre lesagneaux, les cbevreaux, les porcelets, et, quoiquc d'une fagon souvent benigne, les bovins, ovins, caprins et porcins adultes.
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2deg; Sieg-es du virus, ses voies d'exeretion. — L-e
germe de la maladie se rencontre ä peu prcs partout,
i ||nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; dans los organismes atteints de la forme aiguc et grave.
Chez le veau, on le trouve dans loutes les lesions : dans celles des muscles, (voir fig. 1-a); dans les gan­glions congestionnes (voir fig. 1-c); dans les liquides öpanch^s et dans les exsudats des söreuses p6ritoncale, pleurale (voir fig. 3-a) et pericardique; dans le poumon malade (voir fig. 3-6); dans le foie congcstionne et atteint de degen^rescence; dans la rate; dans les reins (voir fig. 1-6); et dans la muqucusc de Tintestin; il existe
j--*--nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; u ass , s^v^,-
Fig. 1. —a. Lesion musculoire du veau ; h. Rein du meme; c. Ganglion.
aussi dans le sang, quoique moins abondant que dans les exsudats par exemple; il existe enfin dans les produits de secretion morbide, tels que le jetagc et la diarrhee, dans 1'urine m6me, quand les reins sont älteres.
Chez les agneaux, chez les jeunes pores (voir fig. 2) el chez les lapins et les cobayes inocules (voir fig. 4 et 5), e'est a peu de chose pros comme chez les veaux : toules les lesions et tous les produits morbides sont virulente. J'ai obtenu la maladie en inoculant toutes sortes de lesions, les liquides epanches, les exsudats, les divers produits morbides, et möme l'urine.
On comprend aisement que les malades sement la con­tagion aulour d'eux, en rejetant des matieres morbides, en souillanl les aliments, les eaux, les litieres et tous les objets qui se trouvent a leur portec. On comprend d'autre part quo fhabitude de saigner les malades un peu par-
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ETIOLOGIE. — CONTAGION. — ORIGINE DE LA MALAD1E. 27
tout, de laisser trainer ct devorer leurs debris cadavö-riques par les chiens, les chats et les poules, contribue largement ä disseminer les germes, ä perpetuer et a 6tendre la contagion.
Chez les animaux qui ont la maladie sous la forme b^nigne ou chronique, le virus est moins abondant, les lesions 6tant moins etendues et les excretions morbides
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\^^amp;-.--'.'-S \ #9632;#9632;#9632;(
Fig. 2.— a. Foic d'un agneau; h. Poumon d'un porcelet.
pouvant faire defaut. Ncanmoins, ici encore, les lesions sont virulentes; et il en est de m6me des excretions mor­bides, teile qua le jctage, I'expectoration, la diarrWe, quand elles existent.
En resumö, tout animal malade est plus ou moins dan-
/ Wff #9632;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'Mi vim
Fig-. 3. — a. Exudat pleura!; /). Poumon d'un veau rcndu malade avec le
fourrage.
gereux, suivant le degre de gravite de son etat. Ses excretions morbides, son jctage, ses matieres excr^men-tielles peuvent transmettrc raffcclion et souiller les fourrages, les eaux, les litiöres, les locaux, les objcts, qui ensuite contaminent des sujets sains; son cadavre et ses debris sont dangereux, le sang, les produits morbides, les organes malades pouvant souiller les objets avec les-quols ils sont mis en contact et pouvant 6tre traines plus
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ou moins loin par les animaux carnivores et par las oiseaux de basse-cour.
Non seulement les malades, leurs cadavres et leurs
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Fig. 4. — a. Sang d'nn lapin ;7). Kxudat pericardiquc d'un lapin innculu avec la maladie donnde par le fourrage ; e. Foie du meme ; d. llate du mcme ; e. li.vsudat peritoneal du meme.
debris cadavtriques sent dangereux; mais tous les objets qui ont ete souilles de matieres morbides, de jetage, de
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'ig. 5. — ,t . Exsudat peritoneal d'un cobaye; /). Exsudat peritoneal d'un autre cobaye inocule avec la maladie donnee par le fourrage: c. Foie du meme :
d. Haie du memo.
mauere expectoree, de produits diarrheiques, lous ceux qui ont ele souilles du sang des malades ou de leurs lesions au moment de Tegorgement et de l'ouverture du
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cadavre, tous ceux que les chiens ou les poules ont souilles, en Irainantdes debris cadav^riques, deviennent dangereux. Les animaux susceptiblesdecontracterlemal de la courade, les veaux, las agneaux et les pores peuvent se contaminer, en lechant des objets souilles, en inge-rant des aliments ou des boissons infectees. Et, quand la contagion ne se fait pas ainsi, ellc pent se produire par inhalation. Les matieres morbides resistant a la dessic-cation, se conservant sur les sols, sur les creches, auges et mangeoires, dans les fourrages, dans leslitieres, etc., peuvent, a des moments donnes, 6tre reduites en pous­siere et s'introduire dans les voies respiratoires ou se melanger aux aliments. C'est, grace ä ce mode de con­tagion, que raffection se propage le plus activement.
3deg; Nature du virus, caractere du microbe patho-g-ene. — La maladie dc la courade, qui cst inoculable, ainsi que cela a dejä ele etabli, est detcrminee par un microbe special, dejä etudie par Potils, et dont j'ai cons­tate la presence dans toutes les lesions des animaux tom­bös malades spontancment, ainsi que dans cedes des sujets inoculcs et renclus malades experimentalement avee les lesions des premiers. Ce microbe est surtout abondant dans les lesions les plus aigues ct dans les exsudats. Je lui donnerai desormais le nom de pneumo-bacillas septicus.
J'ai dejä indique qu'on le trouvait, toujours le möme, sur les animaux des differentes especes susceptiblcs de conlractcr la maladie de la courade. Je l'ai prepar6, je l'ai etudie, je l'ai seme dans des bouillons et autres mi­lieux artificiels; je l'ai cultive h l'ctat de purete apres I'avoir emprunte au veau, au pore et ä i'agaeau; je l'ai fail passer succcssivemcnt ä travers dc nombreux milieux; je l'ai ensuite iuocule, et toujours j'ai obtcnu la maladie dc la courade.
Sa morphologie est quelque pen variable suivant son ügc et suivant les milieux dans lesquels il s'est d6ve-
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loppc; d'ailleurs, dans un milieu donn6, dans un orga-nismc malade, on pent roncontrer cöte ä cöte des articles de forme et d'aspect un peu difforents. II se pr6scnte sous la forme arrondie, sous la forme ovoide et sous la forme plus ou moins allongec. Sur le veau, il affecte ces trois formes : on 1c trouve presquearrondiou ovoide dans les fins vaisseaux du poumon, ou il constitue par-fois dcsamas plus ou moins volumineux; dans les lesions musculaires, il est arrondi, ovoide, ou en batonnet tres court, et ordinairement deux articles se montrent juxta­poses de facjon a simuler un diplocoque ou un huit de chiffre; dans lesautres lesions (poumon, exsudats, etc), il se montre sous la forme de bdtonncts, deux, trois, quatrc, cinq fois plus longs que larges, etarrondis ä leurs extremites. Dans le poumon du pore, il se montre ovoide ou legerement allonge. Sur l'agneau, surle lapin et sur le cobayc, il rev6t la möme forme ovoide ou allongöe; il se montre presque arrondi dans les lesions des ovins et des caprins adultes. II a la m6mc morphologic dans les milieux artificiels. Dans les cultures, comme dans les lesions, on le voit affecter gen6ralcment un groupement en chatnettes courtes, composees de deux, trois, quatre, cinq, six articles. G'est un microbe facile ä voir, facile ä preparer, done de mouvements tres nets, se colorant facilement par les solutions hydro-alcooliques de violet de gentiane, de violet de methyle, de fuscbine, de rubine, etc, et se decolorant par la methode de Gram. Ordinairement, aprcs une coloration legfere, on voit les extremites bien colorees tandis que le centre apparait clair ou döprime.
Le pncumobacillus septicus se rcproduit par scissipa-riteet par sporogenese; dans les vicilles cultures on voit tres nettement un, deux ct quclquefois trois, quatre points brillants ou corpuscules germes dans la plupart des bacilles; on trouve aussi des rang^es de spores encore maintenues en fde, quoique assez distantes, par
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une sorte de gangue amorphe ; on trouve enfin des spores libres en nombrc variable. Les unes et les autres, comme cedes du charbon symptomatique, se eolorent sous rinlluence d'un chauffage 61eve. D'adleurs 1'ebulli-tion ne sterdisc pas les cultures qui ont atteint un cer­tain Age, ainsi qu'on le verra ci-apres.
Le bacille de la pneumo-entörite septique est un des plus faciles a eultiver; il est areobie et ana6robie; il se developpe tres rapidement dans tons les milieux arti-ficiels, in6me a la temperature de 12deg; ä 25deg;; il vient dans toutes sortes de bouillons et d'infusions vegetales,
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Fig. ü. — a. Culture dc neuf mois; h. Culture dc treize mois : c. Culture de dix mois du microbe dc la maladie donnee par 1c fourrage.
sur gelatine, sur gelose et sur pomme de terre. En deux, irois, quatre, cinq jours, a la temperature comprise entrc 15deg; et 25deg;, il peuple Ires abondamment les bouillons, qui setroublentetpresentcnt une line poussiere en suspension dansleurs diverses couches, surtoutdans les infericures ; a la longue le milieu s'eclaircit, et il se forme un precipite pulverulent assez grossier et un peu jaunatre. Cultive sur gelatine, il donne des colonies blanchütrcs, qui, en se reunissant, forment une pcllicule; il ne liquefie pas la gelatine dans les conditions ordinaires, mais il liquefie le milieu recemment prepare dans lequel la gdlatine est moins abondante. II vient dans les milieux glycerines. Seme par piqilre profonde dans la gelatine, il amene la formation de colonies blanchätres qui, en se reunissant, constituent une longue trainee. Les cultures sur gelosc et sur pomme de terre n'offrcnt rien de bien caracteris-
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tique; elles vicnnent vite et bien, surtout ä 37deg; — 38deg;.
Le pneumobacillus septicus developpe, dans lous les milieux de culture, ainsi que dans le tissu sous-cutan6 et danslepcritoine ducobaye a la suite de Tinoculation, unc odeur sui generis, qui rappelle vaguemcnt celle des auges dans lesquelles les paysans recueillent leur petit lait et leurs eaux menageres.
4deg; Origine du microbe pathogene. — En rosumant les donnecs de l'enquöte, ä laquclle j'ai precedcmment dejä fait allusion, et cclles que j'ai pu recueillir moi-meme, on trouveincriminecs, en tant que causes efficicntes ou predisposantes, les influences suivantes :
1deg; Le mauvais etat et la mauvaise tenue des laquo;tables, leur defaut d'aeration, lour exiguite et rencombrement, leurs emanations, leur humidite, etc; 2deg; l'alteration des aliments et certains modes d'alimcntation, les aliments avaries, mouilles, moisis, fermentes, lesfourragesplatrcs, les litieres malpropres, etc.; 3'' les intemperies, lesrefroi-dissements, le rdcurage des elables, qui s'accompagne d'un surcroit d'emanations, la malproprete, le defaut de litieres, la stabulation permanente et la saison qui la rend nccessaire; 4deg; I'etat miserable, l'etat maladif et le travail force des meres, leur jeunc age et leur Age trop avance,etc.
II est certain que la plupart de ces causes jouent un role plusou moins important, rendantl'organisme moins resistant, et le predisposant ä contracter plus facilement la maladie et ä la presenter sous sa forme grave. J'ai demontre la funeste influence des etables trop etroites, mal eclairees, mal aerecs, mal tenues, non recurees, celles de Fair confine et miasmatique, de la stabula­tion ininlerrompue, etc. J'ai fait voir egalemcnt com­ment la persislance ct la propagation de Fepizootie etaient facilitees par le defaut d'application des mesures d'isolemcnt, de desinfection, etc. II est certain, d'autre part, que les meres debilitees, malades, surmenees.
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miserables, ne peuvent qua donner des rejetons affaiblis, plus aptes ä se contaminer a la premiere occasion et a tomber gravement malades; e'est la loi naturelle. Toute-fois il ne faut pas oublier que, parmi les meres malades, il y en a qui le sent dejä de I'alTection de la courade, et qu'il en resultc alors, non seulemcnt une predisposition, mais souvent un legs de germes pour leurs veaux, qui apportent la maladie en naissant.
L'alimcntation merite un examen special, non pas que les fourrages soient dangcrcux, au point de vue qui nous occupe, a cause qu'ils sont plätres, mais parce qu'ils le deviennent, quand ils sont avaries, mal recoltes, mal conserves, etc. Dans certaines localites, oü les fourrages ne sont pas platres, la maladie fait rage; tandis qu'elle n'exisle pas ou est pcu frequente dans d'autres, oü ils le sont.
Deux cboses m'ont frappe partout oü j'ai passe, en visitant 1c departement de la Ilaute-Loire et les departe-mcats voisins. Partout jc me suis vivement prcoccupe de 1'alimentation, et presque partout j'ai rencontre deux errcments fäclieux, au sujel de la conservalion des four­rages et des aliments destines ä l'entreticn des pores. Partout on ä pen pres partout, le grenier ä fourrages, dans lequel sontentassecs toutes les provisions en foins, regains, treflcs, paillcsdc toute sorlc, est situe au-dessus de l'etable. Les fourrages reposcnt directement sur un plancher, ordinaircment mal joiutoye, qui laisse arriver jusqu'ä eux les buecs, les emanations et les miasmes de l'etable. Les coucbes infericures, jusqu'ä une hauteur de pres dun metre, s'altcrent ä ce contact incessant; elles deviennent 1c siege dc fermentations qui leur commu-niquent une leinte anormale et une odeur detestable. Avant d'dtre distribues aux animaux. les fourrages sont melanges dans le grenier; les poussieres qu'ils emettent ne sont jamais pcrdues; au moment des rcpas les rations sont poussees vers des trappes, constamment ouvertes
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au-dessus des n\tellers, etvienncnt toinberd'clles-m6mes devant les animaux, en les inondant de poussieres. Les litieres poussiereuses, et plus ou moinsfermenlees, sont egalemcnt dislribuees sans aucune precaution prealable en vue de les assainir.
Y a-t-il dans ce premier errement, qui, je le repcte, est assez general, une influence facheuse pour la sante des animaux, une influence de nature a les dobililer et ä les predisposer auxmaladies? La reponse no saurait 6tre douteuse; les litieres et les fourrages, par les poussieres qu'ils emettent, les fourrages fermentes, par les altera­tions qu'ils ont subies, sont nuisibles, et, en debilitant les animaux, les predisposent pour le moins a contractor plus facilement les maladies, ou aggravent l'etat de ceux qui sont dejä malades. Mais ne faut-il pas aller plus loin, el n'y a-l-il pas lieu de les soup^onner de fournir aux animaux les germes de raffeclion avec les poussieres qu'ils emettent? On verra ci-apres que mes recherches permettent de faire h cette question une reponse catego-rique el pleinement affirmative. J'ajoute que dans la plu-partdes fermes, oü j'ai constate la maladie, les fourrages et les litieres m'ont paru laisser ä desirer; jc les ai sou-vent trouves poussiereux, quelquefois mal prepares, et toujours profondement avaries dans les coucbes qui reposaient directement sur le plancber de ratable.
S'il y a lieu de critiquer vivement le mode adopte pour remmagasinement, la conservation et la distribu­tion des fourrages et litieres, il convient de trouver en­core plus funeste et plus deplorable celui qui est univer-sellement employe pour la conservation de certains ali­ments du pore. Laissant de cote la mauvaise tenue des loges, la malpropretd des auges, dont les inconvenients sautent aux yeux, je dois signaler, ä cette place, la per-nicieuse babitude qu'onttoutcs les menageres de laisser pourrir les eaux de vaisselle, le petit lait et aulrcs resi-dus destines ä la nourriture des pores.
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Dans chaque cuisine se trouve installee unc vasleauge en pierre, dans laquclle on devcrse, au fur et ä mesure de leurobtention, leseauxde vaisselle,les petitslaits, etc. Cetle auge n'est jamais recuree, jamais nettoyee, jamais desinfectce; toujours on y verse de la matiere, et tou-jours on en retire pour les repas des animaux; toujours 11 s'y entretient et s'y poursuit des fermentations actives; toujours d'innombrables germes y fourmillent, dont cer­tains peuvent ötre pathogones ; toujours il s'y forme des matieres toxiques plus ou moins dangereuses. En hiver, la matiere extraite de ce cloaque est distribuee aux animaux apres avoir etc legerement chauffee ; en etc eile est donnee teile qu'ellc sort de Tauge; en aucun temps les germes et les poisons qu'ellc contient ne sont detruits.
Quel role attribuer a une nourriture semblable ? Assu-rement clle ne peut avoir que des effets nefastes, eile d6bilitc les animaux, provoque des derangements gas-tro-intestinaux, les prepare a faire fructifier les germes patbogenes, et probablcmcnt clle peut leur transmettre des germes de tuberculose, du mal de la courade, etc., lorsque I'auge a regu des matieres qui en contenaient.
Voici maintenant, toujours ä litre de documents, quelques-uncs dc mes experiences sur la presence du pneumo bacillus septicus dans les fourrages plus ou moins avaries des localites oü sevit le mal de la courade.
IV. Experience du 16 juin 1891. — Fourrages. — Divers cchantillons de i'oin, preleves en avril lors de ma visile dans la com­mune de Lissac, sonl mis a macei-er ensemble le 10 juin dans I'eau distillee pröalablement soumise ä IMbuIlition et ramenee ü la tempe­rature de i0''-2öo. La maceration dure une heure, apres quoi on exprime 1c fourrage pour recueillir toutc l'eau de maceration, qu'on soumet de suite ä une premiere filtration a travcrs un ling-e sterilise. L'eau ainsi filtree est abandonnee au repos et au frais pendant douze beures; ensuitc on jette les couches superioures pour ne conserver (jue les deux decilitres du I'ond, ([u'onfiltreune derniere 1'ois surunlinge sterilise. Le memo jour on injecte dans la traehee d'une brebis de trois ans un decilitre dc cette eau. Aussitot apres rinjcclion, la bete
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est oppresst'c, Iriste, faible, et se ballonae, Lo lendemain olle est encore essoufflee, mnis eile parait mleux ; on lui injecle dans la tra-chee encore le decilitre rcstant, quiavait etö conservö au frais. Apres la seconde injection, on observe 1c meme etat de malaise qu'ä la suite de la premiere ; la faiblesse est plus aecusee ; la bete est tres essoufflee et tres abattuo, eile jetle abondamment par le nez. Le 18, meine etat, inappetence.
Le 19, on sacrifie le sujet pour s'assurer si le pneumobacillus sep-ticus s'est devclopiie. L'autopsic est i'aitc immediatement et on cons­tate les lesions suivantes : nombreuses tacbes ccchymotiqnes snr les deux feuillets de la plevre; foyers de broncho-pneumonie dans les parties antero-inl'erieures du poumon ; leger exsudat sur le feuillet visceral du pericarde; exsudat grisätre sur le foie, qui ofTre en outre des trainees jaune-hrunätre et une certaine inllllralion interlobidaire ; bacilles ovoi'des dans l'exsudat et les lesions du foie, ainsi quo dans les lesions pulmonaircs.
Une emulsion, preparee avec l'exsudat et les lesions du foie de cette brebis, serl äcommuniquer la maladie de lacourade a des series suc-cessives de lapins et de cobayes ; des milieux de cultures, semes avec lo bacille extrait des fourrages de Lissac, reproduisent 1c pneumo­bacillus septicus ; etecs cultures donnent encore la pleuro-pneinnonie septique un an apres.
V. Experience du 19 juin 1891. — Fourrages. — Le 10 juin, divers echanlillons de foin, preleves en avril, dans 1c village de Fix-Saint-Geneys,chez des propridtaires quiavaienteu des veaux malades, sont trades commc dans rexperience IV; et les denx decilitres, obte-nus apres decantation, sont injeetes en deux fois dans la trachee d'un taurillon age de trois mois et demi. Cette double injection est faite dans la matinee du 20. Le 21 ranimal est tres malade, tres essouflle et tres faible ; il reste couche et se relevc avec peine ; une fois debout il marche diflicilemcnt, la colonnc est voussee cn contre-haut; le ma­lade a ccsse de manger et de ruminer.
On Ic sacrifie dansla journee, et, a l'aulopsie faite immediatemenl, on constate les lesions suivantes : belles lesions de broncho-pneumo-pleurite; epanchement d'un liquide visqueux et jaunatre dans les deux compartiments de lapoitrine; congestion, piquete hemorrbagique et depoli des plevres ; exsudat fibrinenx jaunatre a la surface de cerlaines parties des plevres parietales et viscerales ; infiltration jaunatre, gela-tiniforme, du mediaslinet du lissu qui entourc les ganglions, les vais-scanx et l'ocsopbage; lesions de bronclio-pncumonic disseminees, surtoutabondantes et tresaccusecsdansles parlies antero-infericurcs, principalement dans le poumon droit; infiltration et epaississemont du tissu interlobulaire, meme dans ties points oü les lobules sont peu
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on pas maliules; alüleclasio de certains lobules, congestion, hepati-saliou el hemoi-rhayies dans de nombreux lobules; infiltration des ganglions broncbiques ; pericardile commen^anteavec piquets hemor-rhagique sur les deux feuillcts de la sereuse ; alteration comment-ante do certains muscles; bacilles scmblables a ccux du mal de la courade dans les lesions (voir flg. 3-/j).
Une emulsion, preparee avec les lesions de ce veau, sert a commu-niquer lapleuropneumonie septique a des series successivesde lapins etdecobayes; des milieux de culture sem^s avec 1c bacille exlrail lies founagos de Fix-Sainl-ticneys reproduiscnt le pneumobacillus se[)licus (voir fig. U c) ; el ces cultures donuent encore la plcuro-pneumonie septique plus d'un an apres.
Ilresultc done tres net tement des experiences qui prece­dent : que les fourrages des localiles, oil sevit la pneumo-cnterite septique, conliennent le bacille de la maladie; quo lintroduction de l'eau, quiascrvi ä les laver, dans la trachee de la brebis et du veau, leur donne I'affection; que la plcuropneumonie septique, ainsiobtenue, est bien la meme que celle que les animaux contractent sponta-ncment, qu'elle est indefmiment transmissible au lapin et au cobaye; qu'il est rigoureusement logiquc d'induire que les fourrages pcuvent fournir aux animaux les germes dc raffection avec les poussieres qu'ils cmettent, et que les jeunes veaux peuvent s'infectcr en les inha­lant.
Jc dois ajouter, aux faits precites, une nouvelle expe­rience, qui mc semblc bien demonstrative, et qui con-tribue ä etablir d'une I'acon pcrcmploire que la plcuro­pneumonie septique est une maladie infectieuse, produite par un gcrme, que les animaux empruntent aux fourrages ou aux litieres.
J'ai experinieiile avec divers echantillons de foin el de liliere, envoyes d'une importanle t'erme, ou, depuis longlemps, la maladie faisait des ravages croissants; j'ai fait mourir, avec les lesions et les microbes de la penmo-enterite septique, aussi bien les sujels qui n'avaienl regu que l'eau de maceration dc ces divers echantillons, que #9632; es animaux qui avaient ete inocules avec les lesions des veaux atleints
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de cetto affeclion. Los lapius, morls des suites de rinjeetion d'une certaine quantity d'eau ayant servi alaver du foiu ou de lautiere, ont Ijresente une congestion generale des tissus et des organes, des lesions de broncho-pneumonie, de pleurite et de pericardite exsudative, etc., ainsi que de nombreux pneumobacilles septiejues. Lameme cau de mace­ration, injeetee, ä la dosed'un decilitre, dansla tracheede quatrebrebis etde quatre chevres, les arendues malades ; deux chevres et deux bre-bis sont mortes a la fin du second jour, et ont presenlo les lesions suivantes : fausses membranes jaunatres, sous forme do revelement, ä la surface des feuillels de la plevre des deux coles do la poitrine; double pneumonic, pneumonic interstitiellc avec epaississement du tissu interlobulaire lt;pü esl inliltre, et pneumonic parencbymateuse avec exsudat dans les alveoles; broncliite intense ; hyperlrophie et congestion des ganglions; enterite, etc.; nombreux pneumobacilles septiques dans los diverses lesions. Les deux autres chevres et les deux autres brebis, apres avoir etc Ires malades et avoir considera-ment maigri, semblant neanmoins devoir se retablir, out etc sacrifices 1c oimemcjonrnpres I'inoculation, ctont montre des lesions manifestes de broncho-pncumo-plonrite en voie de resolution.
Les pneumobacilles septiques, extraits des lesions et des lapins, des chevres el des brebis, dont il vient d'etre question, ont etc cullives dans des bouillons, sur la gelatine el la gelose ; les cultures, inocu-lees ensuile a des cobayes, a des lapins, a des chevreaux et ft des betes bovines, ont reproduit la pleuropncumonie septique.
Voici, a litre do renseigncment, les principaux resultals, ob-tenus sur un jeuno taurillon age de quelques mois el sur une va-cho agee de sept ans, inocules run el I'autre, par injection inlra-pulmonaire, avec une culture derivee du fourrage dont il vient d'etre question.
Lc taurillon esl morl le troisicme jour, apres avoir presenle les signes les plus nets d'une broncho-pneumo-pleurite, un essoul'llcmenl tres accuse, une diarrhee Ires letide, etc. A I'autopsie on a relove les lesions suivantes : alteration manifeste du sang, qui elail noirütre, incoagule, diastash^mique; congestion du Systeme ganglionnaire; laches hrmorrliagiques nombreuses sur la plevre, le pericarde el le peritoine; lesions do pleurite exsudative avec pellieule pseudo-mem-braneuse, Qbrineuse, jannalre; infiltration et epaississement consi­derable du tissu sous-pleural el du tissu interlobulaire; lesions de pneumonie lobulaire el dc bronehile; lesions d'enterlle aigue ; con­gestion de la rate, du foie et des reins.
La vache a resisle un pen plus ; eile esl morte le sixieme jour, apres avoir presenle du ballonnemenl, de la diarrhee, de 1'essoufflement, des coliques, de la plaiute, des signes de broncho-pneumo-pleurite, de
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ramaigrissement; olle a dailleurs monlre it l'autopsie des lesions semblables ä cellos lt;lu tanrillon.
En resume, il semble bicn demontre d'apres mes recherches :
1deg; Quo les microbes, qui delcrmincnt la pleuropneu-monie septiquc, se trouvent dans les fourrages et les litieres des fermes oü sevit I'affection;
2deg; Ou'ils sont surtout introduits dans Forganisme des animaux, avec les poussieres qui sc degagent des four-rages et des litieres, qui n'ont pas etc convenablement sccoues avant d'Otre distribues ou qui ont ete manuten-tionnes au voisinage ou meme dans les etablcs.
Squot; Conservation du virus dans les milieux exte-rieurs. — Mes experiences, relatives h la recherebe du bacille patbogene dans les fourrages, demontrent qu'il sc conserve admirablement bien et longtemps dans un pared milieu, malgre les iermentations qui peuvent s'y produirc, malgre la dessiccation ct les variations dc tem­perature.
Les produits morbides, les lesions, conservent leur activite, malgre l'intcrvention des agents tels que I'air, la lumiere et la cbaleur, malgre la putrefaction, malgre la dessiccation. Jai constate le fait dans dc nombreux essais; ce n'esl qu'ä la longue que la virulence s'atlenuc, pour disparaitre ensuite. Les caux polluecs, les herbes #9632;et les fourrages souilles, les boiseries, les sols et les objets solides divers, qui ont etc impregnes de produits virulcnts, les fumicrs et les purins, qui en conticmient, conservent des semaines et des mois leur action patbo­gene, malgre la putrefaction, malgre la dessiccation, etc.
Des matieres virulentes, restees trente jours a I'air dans du papier filtre, ont conserve toute leur virulence, malgre un froid de — IG degres, malgre des congelations et des decongclations successives, et malgre une quasi dessic­cation. D'autre part, une dessiccation, continuee pendant
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soixante-neufjours dans 1c laboraloirc cntrc-j- 8 degrds cl -)- 33 dcgres, n'a pas sterilise la mattere virulente, enfermee seulement dans un papier illtre.
La virulence se conserve longtemps intaetc dans les divers milieux de culture, möme quand ils sont aban-donnes ä l'air,, h la lumiöre ordinaire et aux variations de temperature. J'ai constat6 maintes fois l'activite de cul­tures datant de deux mois, de trois, de quatre, cinq, six, sept, huit et neuf mois. J'ai aussi obtenu la maladic, en inoculant des cultures ayant atteint Füge de dix ä qua-torze mois ; mais souvent alors je les ai trouvees plus ou moins attenuees par 1c vicillisscment, ainsi qu'on le verra plus loin. Ayant abandonne, au contact libre de l'air impur, de vieilles cultures datant de quatre, cinq, six mois, afin de los laisser se putrefier et envahirpar les moisissures, j'ai pu constatcr que la putrefaction et l'en-vabissement par les champignons nc leur enlevaient pas leur activile au bout de deux, trois et quatre mois. Ccs cultures moisics et putrefiecs, soumises ä line evapora­tion lente, ont donnd un residu, qui, desseche encore quelques jours, s'est montre actif et a determine la pleu-ropneumonic septique.
En resume, 1c pneumobacillus septicus jouit de la faculte de se conserver longtemps dans los milieux extericurs, grAce ä sa propriete de donner des spores : il resistc äla dessiccation, a la putrefaction, ä l'action de l'eau, de l'air, de la lumierc diffuse, aux variations de temperature.
J'ai constate recemment que les cultures et les matiercs virulentes congclces a 8 degres au-dessous de zero, n'avaient rien perdu de leur activite; et on verra plus loin que la temperature de rebullition nc suffit pas pour steriliser sürement les vieilles cultures.
G0 Modes de contagion. — Transmission experi-mentale. — Mode d'action du microbe pathoj^ene. — A. Modes de contagion. — Apres avoir indique le
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röle des habitations mal tenucs, des aliments et des li-tieres poussiereux, avaries, des aliments corrompus, il convient de faire une large part ä la contagion, ä laquelle croient d'ailleurs beaucoup de propriitaires, incriminant principalement les matieres diarrhciques des malades. Malgre que certains pretendent que la maladie n'est pas contagieuse, qu'elle ne se propage pas des malades aux sains, que l'isolement des veaux sains ne les a pas em-pöches de tomber malades, et que l'on a vu des veaux sains ne pas se contaminer en cohabitant avec des malades, il n'en est pas moins ctabli, ainsi quo je l'ai montnü plus baut, que raflection est transmissible.
Si on voit des veaux, des agneaux et des porcs sains ne pas tomber malades, apres avoir coliabile plus ou moins longtemps avec des animaux qui letaicnt, on ne saurait deduire de ce fait une preuve absolue de la non transmissibilite; car, pour toutes les affections, m6me les plus contagieuses, jamais la contagion ne frappe tous les individus qui y ont etc exposes. D'autrc part il est bien avere qu'un premier cas ne reste pas seul dans une ferme, ou la population animate est tant soit peu impor-tante; on voit les animaux tomber malades en plus ou moins grand nombre. On sait de plus que l'cpizootie s'estimplanlee successivement dans diverses localitös oü eile n'existait pas. Enfin il est impossible ä l'beure ac-tuelle, grilce ä mes observations et ä nies recherches experimentales, de meconnaitrc la virulence et la trans­missibilite de la maladie de la courade.
L'affection est hereditairc; los mercs qui sont mala­des, m6me celles dont l'etat maladif est peu grave et passe parfois inaper^u aux yeux des propridtaires, peu-vent en transmettre les germes ä leurs rejetons, qui tombent malades avant de naitre,d'oül'avortement,ou qui ne Ic deviennent qu'apres la naissanec. J'ai constate la presence de pncumobacilles septiques dans des foetus de lapine, de cobaye, de brebis et de vache rendues ma-
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lades cxpcrinientalemcnt; et il resulte de mes recher-ches que la transmission intra-uterine cst trös frequcnte, et qu'elle peul occasionncr l'avortement. J'ai vu avortcr des lapines, des cobaycs et une chevre.
Les animaux malades deviennent ccrtaincment des sources de contagion. S'ils ne communiqucnt pas direc-tcment l'aff'ection ä ceux avec lesquels ils cohabitent, ils les infectent en nombre plus ou moins considerable dune fagon indirecte, en souillant, de leurs produits morbides, les locaux, les eaux, les litieres, lesfourrages et objcts divers, qui servent ensuite im jourou l'autre ä propager la contagion, soit par les poussicrcs qu'ils de-gagent, soit par leur ingestion. La transmission de la maladie se fait surtout alorspar l'inhalation de la matiere morbide, qui a etc rejetee par les malades, qui s'est dcs-sccbee en conservanl son aclivite, et qui cst ensuitc in-troduite sous forme de poussicrcs, dans les voies res-piratoires. L'ingestion des fourrages ct descaux souilles pent aussi, quoique moins surement, communiqucr la maladie.
Non seulement les malades, leurs cadavrcs et leurs de­bris cadaveriques sont dangercux, mais tons les objcts qui ontctc souilles de maticrcs morbides, de jetage, de matiere expector6e, de produits diarrhciqucs, tons ceux qui out etc souilles du sang des malades ou de leurs le­sions an moment de regorgement et de l'ouvcrture du cadavre, tons ceux que les cbiens ou les poules ont souilles, en tralnanldes debris cadaveriques, deviennent dangercux. Les animaux susceptibles dc contracter le mal de la courade, les veaux, les agneaux ct les pores peuvent se contaminer, en lecbant des objels souilles, en ingerant des aliments ou des boissons infeclees. Et, quand la contagion nc se fait pas ainsi, die pent se produire par inhalation. Les maticrcs morbides, resistant ' ä la dessiccation, se conservant sur les sols, sur les cre­ches, auges et mangeoircs, dans les fourrages, dans les
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liticres, etc., peuvent, ä des moments donnes, etre reduites en poussiere et s'introduire dans les voies respiratoires, ou se m^langeraux aliments. C'cst grace ä ce mode de contagion que I'affection sc propageleplus activement.
En resume, e'est done encore la malproprete et le defaut de disinfection, ainsi que la conservation des meres malades, et le defaut d'isolement des animaux qui sont frappes, qu'il faut accuser le plus dc favoriser la propagation et la persistance de l'epizootie.
L'incubation, si on en juge par les fails d'experiences et d'observalions qucj'aicu ä noter, est ordinairement courte. Elle värie de quelques heures a quclques jours, suivant le degre d'affaiblissement des animaux, suivant leur äge, suirant la quantite de germesintroduits, elc.
B. Modes de transmission experimentalk. — Experi-mentalement lapneumo-enterile septique pent ötre trans-mise par les modes dont rcnumeralion suit :
a.nbsp; Par injection inlra-pulmonaire et par injection inlra-iracheale; on peul de eelte lac;on obtenirtres rapidement la maladie sur le vcau, sur la böte ovine, sur la bete caprine, sur le pore, sur le lapin et le cobaye, avec predominance des lesions plcuro-pulmonaires.
b.nbsp; Par simple injection nasa/c; j'ai maintes fois trans-mis Taffeclion au lapin, en lui injcclanl dans le ncz quelques goutles de culture ou d'emulsion virulente; on constate encore la predominance des lesions broncho-pulmonaires.
c.nbsp; nbsp;Par injection inlra-veineuse ; j'ai surtout prati-que ce mode d'inoculation sur le lapin; i! est sür, ä la condition qu'on inlroduise une dose notable de virus les sujets inocules peuvent succomber en quelques heu­res ou vivrc plusieurs jours. Dans le premier cas, on
# observe des lesions congestionnelles et hemorrhagiques dans la plupart desorganes, voire memedans les muscles. Dans le second cas, les lesions semblent se localiser au foie, sous forme de foyers de degenerescencc, etquelque-
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fois dans le tissu sous-cutane, sous forme de foyers purulenls, etc. Dans quelques cas, j'ai vu la maladie se raviver, apres avoir rev6tu d'abord le type chronique, et les lesions du premier cas se greffer sur cclles du second.
d.nbsp; nbsp;Par injection inlra-periloneale; ce mode d'ino-culation, tres frequemment employ^ dans mes expe­riences sur les lapins et les cobayes, m'a paru le plus sür. A la suite de rinoculation intra-peritoneale, la maladie evolue en quelques heures, en un jour, un jour et demi, deux jours; on constate une violente peritonitc, avec epanchement visqueux et exsudat pseudo-mem-braneux, une enterite, la congestion du ibie et des reins, etc.
e.nbsp; Par injection soas-cntanee ; les cobayes et les la­pins. inocules par injection sous-cutance, presentent, en outre des lesions internes precedemment signalees, un accident local, qui peut rester seul ou s'aecompagner de lesions internes peu importantes, quand rinoculation a ele faite avec une tres faiblc dose de virus ou avec des microbes atlenues.
f.nbsp; Par ingestion; cc n'est qu'cxceptionnellement que les lapins et les cobayes prennent la maladie, quand on se borne ä leur faire ingerer de la malicre virulente; mais ils la contractent neanmoins quelquefois.
g.nbsp; Pa/' injection intra-ocnlaire; j'ai inocule quelques lapins, en leur injeclant une ou deux gouttes de cul­ture dans la cbambre anlerieurc de locil; et, dans tons les cas. la maladie s'cst bornec ä amener la perte de Tocil.
C. Mode d action du bacille pathogene. — Le pneu-mobacillussepticus determine des symptömes de broncho-pneumo-pleurite, d'ent6ro-p6ritonite, des boiteries, etc. II provoque des congestions, des bemorrbragies, des epanebements, desexsudats, des degenercsccnces et des necroses; il secrete des substances, qui agissentdans ce
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sons, et qui peuvent produire tous les signcs dc I'affec-lion, quand on les fait agir aprcs avoir tue les microbes. J'ai fait perir de la sorlc des lapins et des cobayes, en leur inoculant des cultures sterilis6es par un chauffage convenable ; et les sujets presentaient ensuitc les lesions de la pneumo-enteritc seplique, moins les microbes. Avec 1c filtre Cbamberland, les matieres toxiqucs sont arrötdes et quelqucs microbes peuvent passer.
7deg; Resistance du microbe pathog-cne. Son attenua­tion ct son exaltation. — Tminunite. — On a vu plus haut que le pncumo-bacillus septicus rcsislc ä la putre­faction, a la dessiccation, h Faction de Fair et de la lumicre difl'use, aux variations de temperature, ä la con­gelation, ct qu'il pent conserver longtemps son activite, malgre le viellisscment dans les milieux de culture oil il s'est reproduit. J'ai en outre etudie Faction dc certaines substances chimiques, ainsi que celle du chauffage, sur ce microbe. II resulte de mes recherches que les mcil-leures solutions bactericides, ä recommander pour la pra­tique de la desinfeclion, sont : l'eau iodee et Feau bromee ; la solution a 4 p. 100 d'acide sulfuriquc, d'acide chlorhydrique, d'acide phenique, etla solution ä 1 p. 1000 de sublime. Le contact de ccs diverses solutions devra etre prolongcun certain temps, et il conviendra d'opcrer deux lavages consccutifs ä la surface des objels souilles.
J'ai fait dc nombreux cssais, avec des cultures soumises ü la temperature de l'ebullition, et j'ai constate des resullats variables suivant l'age des cultures. Gelles qui n'ont pas depasse l'äge de huit jours sont sterilisees par unc ebullition de deux minutes; mais les substances secretces par les microbes ont conserve leurs proprietcs. Gelles qui ont depasse l'äge de ncuf mois resistent ä une premiere ebullition de deux minutes, et quelquefois meme a unc seconde ebullition obtcnuc vingt-quatre hcures apres la premiere.
S'ilestvrai que le pneumobacillus septicus resiste, de
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la fagon qui a ct6 expos^e, aux diverses influences qui ont ete passees en revue, il convient cependant d'ajoutcr qu'il eprouve souvent des airaibiissements, ou des atte­nuations plus oumoins aecusees. Le vieillissement, dans les cultures exposecs au contact de l'air, l'attdnue mani-festement a partir des six ä huit premiers mois ; il en est demöme de la dessiccation prolongee, appliqu6e aux microbes qui out ete eultives dans le bouillon. Des cul­tures flgees de dix-sept mois, soumises pendant cinq minutes ä rebullition, peuvent ensuite etre inoculees sans danger aux lapins, aux cobayes et au veau de huit mois; non seulement elles ne les rendent pas malades mais de plus cllcs leur donnent Timmunit^. L'attenua-tion cn vue de conferer rimmunite pent encore ötre obtenue au moyen de l'essence de terebenthine. Les microbes. attenu6s ou simplement alfaiblis, peuvent 6tre renforces, grace h leur passage sur le jeune veau, etaussi par la culture en serie sur le lapin et le cobaye.
Mes nombreuses recherches, fades sur les lapins et les cobayes, en vue de determiner si une premiere atteinte conferc rimmunite, m'ont permis de formuler les conclusions suivantes. Dans certains cas une premiere atteinte, qu'clle r^sultc d'une inoculation locale ou qu'elle fasse suite a une injection intra-veineuse ou intra-peritoneale, n'emp6che pas les sujets de contracter une seconde fois la maladie et d'y succomber; les pelits nes d'une femelle inoculee pendant la gestation n'heritent pas dc rimmunite; dans de trcs nombreux cas les animaux, qui avaient r6siste ä une premiere atteinte, sc sont montres dotes d'une immunite plus ou moins complete.
Une genissc de huit mois, inoculee dans la veineavec une culture attenuee, a pu resister ensuite ä l'injection intra-trachealc d'une forte dose de virus fort. De nom­breux cobayes et de nombreux lapins ont pu etre dotes de rimmunite par l'inoculation de vieillcs cultures, chauffees a rebullition pendant cinq minutes. J'ai enfin
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reussi a preparer des vaccins en traitant de vieilles cul­tures par l'essence de terebcnthine. Apres des tiUonne-ments je me suis arrßte au modus faciendi suivant : 100 centimetres cubes de culture et 20 centimetres cubes d'essence sont 6mulsionn6s ensemble dans un flacon bouche a I'emeri; on agite un bon moment et on aban-donne le tout au repos pendant seize a vingt-huit heures; apresquoi.on filtre surpapier,de fagon a obtenir 100 cen­timetres cubes de liquide ; et c'est ce liquide qui pent ötre employe pour conferer Timmunite. Malheureuse-ment les especes animales elevees dans la ferme ont semblc so comporter un peu ditKremment; une pre­miere atteinte, plus ou moins benigne, pent, tout en leur laissant des lesions plus ou moins appreciables, rendre plus facile et plus grave une scconde atteinte. J'ai fait perir, de la pneumo-enterite septique, deux brebis, deux cbevres, un veau, une vache, et deux porcelets qui avaient resiste ä une premiere inoculation, en leur en faisant une seconde quelque temps apres ; et, a I'au-topsie, j'ai constate la concomitance de lesions anciennes et de lesions recentes.
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II est facile de deduire, de tout ce qui precede, les indications prophylactiques et les mesurcs de preserva­tion qui doivent arrelcr l'extension de la maladie de la couradc ct diminuer considerablement ses ravages. II faut, pour atteindre ce but, modifier I'liygiene de l'habi-tation et celle de ralimcntation; il faut isoler les malades, desinfecter les locaux et les objets souilles, enfouir les cadavres et les debris cadaveriques ou les detruire, etc.; il faut reformer les meres malades et traiter d'une facon rationnelle les animaux qui sont susceplibles de guerir.
Hygiene des etables, hygiene des aliments, mesures d'isolemenl, mesures de desinfection, precautions ä prendre vis-ä-vis des cadavres, reforme ou traitement curatif des malades, lels sont les points qu'il me reste ä passer successivement en revue.
1deg; Ilyg-ienc dos etables. — Elant donnees les nom-breuses imperfections des etables en general, il y a lieu d'indiquer sommairement: les conditions a realiser dans la construction de cclles qu'on fera ä l'avenir; et les modifications ä apporter ä celles qui existent actuelle-ment, tant au point de vue de leur aeration et de leur •eclairage, qu'au point de vue de leur agenccment inte-rieur et de leur tenue.
(A) Conditions a realiser dans la construction des etables nolvelles. — A l'avenir les etables devraient etre construitcs plus vastes, micux eclairees, mieux aerees; le sol devrait en etre plutöt en surelcvalion qu'en contre-bas du solextericur, il devrait etre dalle oubctonne
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ou cimente, afin de moins se prelet- aux imbibitions, et offrir une pente süffisante pour permettre lecoulement des dejections liquides au delä de la place occupee par les animaux. L'eclairage devrait 6tre largement assure, an moyen de fenetres ä verre mobile, qui en meme temps permettraient d'operer le renouvellement de l'air toutes les fois que ccla paraitrait utile. De plus chaque etable devrait, suivant son importance, fitre mimic d'une ou de plusieurs cheminees d'appel, consislant en simples tuyaux d'event, s'ouvrant d'un cote sur le plafond du local et de Fautre sur la toiture.
L'agenccment interieurdevrait aussi ölre compris d'une fagon tout autre que celle qui a ete suivie jusqu'ä pre­sent. Chaque espece animate devrait avoir son logemenl separc; les places destineos aux grands ruminants devraient Hire assez espacces pour que les animaux ne pussent pas se tlairer, se lecber ou partager leur repas; les veaux devraient pouvoir (Hre isoles les uns des autres dans des places speciales. Les crecbes et les räteliers, au lieu d'etre adosses aux murs, devraient en ctre separes par un couloir qui servirait de passage a la personne cbargee de distribuer les repas, ce qui permettrail de supprimer le Systeme de trappes adopte actuellement partout.
(B) Modifications a apporter aux Stables actuelle­ment existantes. — A pen pres partout les etables pecbent par leur exiguite, par les defectuosites de leur sol, par leur defaut d'aeration ct d'eclairage, par leur agencement interieur et par leur tenuc. Les modifications suivanics, d'une realisation facile et peu coüteuse, me paraisscnt devoir ötre adoptees d'urgence :
a. Percer des bales ou des fenötres au ras du plafond, en nombre süffisant pour laisser penetrer la lumiere et pour assurer l'aeration; garnir ces ouvertures d'un chassis a verre mobile, qui permette de les laisser b^antestoutes les fois quela ventilation du local l'exigera.
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6. Adapter aux ctables Irop basses, trop etroites, trop encombrees el incompletement aerees, une ou plusieurs clieminees d'appel, consislanten tuyaux d'event, fails en poterie, en melal ou en bois, s'ouvrant d'un cote sur le plafond du local et de l'autre sur la toiture; les installernbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^
dans Taxe median de l'etable ou dans les angles.
c.nbsp; Regulariser le sol, en comblcr les creux, le datier, le paver ou le betonner, en ayant soin autant que pos­sible de nc pas le laisser en contre-bas du sol exterieur; menager une legere pente d'avant en arriere, au nivcau des places destinees aux grands animaux, afin defacilitcr recoulement des dejections liquides; etablir une rigole ou caniveau en arriere desdites places, pour assurer la fuite des purins vers l'une des extremites, oil on les recueillera, si on nc les laisse pas evacuer directement au dehors dans une fosse destinee ä les recevoir.
d.nbsp; Diviser Felable en compartiments bien isoles ou separes, si on doit placer des animaux appartenant ä des espeecs differcntes; espacer les grands animaux autant que possible; af('ecter aux pores et aux poules des loge-ments bien separes, et aux veaux des places distinctes. si faire se pent, pour eviter de les laisser vivre en pro-miscuite entrc eux.
e.nbsp; Tenir les etables proprement; cnlevcr les fumiers et les purins rcguliercment deux ou trois fois par semaine en tout temps, excepte pour les moutons, et les entasser non plus dans les etables mais au dehors; laver de temps ä autre les rüteliers, creches et mangeoires et les badi-geonner avec un lait de chaux ; enlever les toiles d'arai-gn^es et les poussieres des murs et des plafonds.
f.nbsp; Tenir les animaux plus proprement; leur prodiguer davantage la litiere seche; nettoyer leur corps, les brosser, leur 6viter toute accumulation de maticres excremen-titielles et de poussieres ä la surface de la peau.
2deg; Hygiene de lalimentation. —Ayant fait ressortir precMemment les inconvenients et les dangers qui
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resultent des aliments avaries et de remmagasinement des fourrages dans les greniers silues au-dessus des ('#9632;tables, dont les planchers sont toujours mal joints ou iissures, je preconiserai les modifications suivantcs, comme ameliorations ä realiser pour I'avenir :
g. Adopter un systeme d'engranger different, soil remmagasinement dans des hangars annexes aux ecuries, soit remmagasinement dans des grenierssitu6s au-dessus des locaux ne servant pas d'habitation pour les animaux. La construction do simples hangars, consistant en une toiture supportce par des piliers, serait pen on6reuse ; et 1c fourrage, depose sur un sol 16gerement exhausse et garni dc branchages sees, se conserverait bien mieux. Du meme coup disparaitrait egalement le danger des trappes, par lesquclles on distribuc acluellement la nour-riturc aux animaux en les inondanl de poussieres.
h. Manutentionner avec soin les fourrages poussiereux et avaries, avant de les distribuer aux animaux; les secouer energiquement loin des animaux, soit dans le grenier, en etablissant au prealable un courant d'air, soit sous un hangar.
i. Ccsser de distribuer aux pores une nourriture putrefiec. II importe beaucoup que les proprietaires procedent autrcment ä I'avenir, pour la conservation et la preparation des residus destines a raiiinentation des [)orcs. Les eaux de vaisselle, les petits-laits et autres residus de la ferine devraient toujours ötre employes dans la journce ou au plus tard le lendemain, en ctant au prealable soumis a rebullition. Les auges doivent ötre maintenus dans un parfait etat de proprete ; elles doivent etre IVequcmment nettoyees, rincecs ä Feau bouillantc ; il serait bon qu'il y en eüt deux au lieu d'une dans chaque ferme. L'une servirait ärecueillir les residus d'une premiere journeequi scraient utilises le lendemain; Lautre servirait pour les residus du second jour, etainsi de suite, chacune serait de la sorte completcment videe
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tous les deux jours, et gräce ä son nettoyage chaque fois ä l'eau bouillante, ainsi que grace ä l'öbullition
prealablc de son conlcnu, Irs animaux nc seraient pas exposes aux dangers que j'ai signales.
3deg; Mesures d'isolement. — La maladie dc la courade 6tant manifestement transmissible par les malades et leurs produits morbides, soit aux animaux de leur espece, soit aux animaux d'autres especes, il convient d'appliquer les mesures d'isolement convcnables, des que I'affectionestconstalee. dans une ferme, sur des ani­maux appartenanl ä teile ou teile espece. II faudra done:
/quot;. S6questrer immediatemenl les sujets malades, et les isolcr, les separer des individus sains de leur espece et de ceux d'autres especes.
Non seulcment il faut eviter tons rapports directs ou par des intermediaires entre les malades el les autres animaux, mais il faut surveiller ceux qui out ete exposes dejä ä la contagion el les sequeslrer aussi au premier signe de maladie. L'isolemcnt sera facile pour les veaux malades ; on n'aura qu'a les metlre dans un local separ6 et on leurdonnera ä boire, soil le lait qui aura ele tir6 de leur mere, soit dc preference celui qui aura ete tire d'unc autre vachc. Les agneaux malades pourront 6o-alemcnt etrc mis ä part ct alimentes au biberon avec le lait des meres non attcintes. Quant aux jeunes pores, si I'isolement pratique comme pour les autres especes n'est pas possible, mieux vaudra sacrifier les malades sravement atteints, en tous cas isoler la mere avec tonte sa progenilure.
Tant que 1'affection sevit dans la ferme, il convient d'eviter de la disscminer au loin ; les malades et les suspects ne devront etre vendus qu'en vue de la bou-cherie ; el, autant que possible, leur vente devra avoir lieu ä domicile, sans que les animaux soient exposes sur les champs de foire et de marcbe. Dans loute ferme, ou I'affection, cxisle il convient cgalement de tenir isolces
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avcc soin les cspeces les lines des autres. D'ailleurs I'isolement devra etre applique aux animaux adultes qui auront la maladie sous la forme chroniquc; ees animaux devront ötre vendus au plus tot pour la boucherie, mais en attendant il faudra les isoler dans un coin de l'etable et les faire manger et boirc ä part, et eviter de les conduireä I'abreuvoir commun,au päturagecommun,etc.
k. II serait ä desircr que les animaux reconnus attcints du mal de la courade fussent livres immediate-ment ä la boucherie, quand leur etat le comporte, ct quand la maladie n'est point assez avancee encore pour avoir rendu deja la viande insalubre. On entourerait leur deplacement de precautions specialcs, pour eviter la dissemination du mal par leur intcrmediaire; on les conduirait directement a I'attacbe ou sur un vehicule, chez le boucher.
En tous cas, les animaux, qui se retablissent plus ou moins completement, ne doivent jamais ötre con­serves dans la suite, pour etre employes ä la repro­duction ; ils doivent etre vendus au plus tot et pour la boucherie seulement. Conserves ou vendus pour I'ele-vage, ils pourraient encore propager I'affection. II est done urgent de reformer pareillement les meres attcintes ou suspectes, et de les vendre ä la boucherie.
Aquot; Mcsures de disinfection. — Les mesures d'iso-lement resteraient sans eflicacite, si on ne les faisait pas suivre de precautions speciales relativement aux produits des malades et aux objets qu'ils ont souilles ou qui Font ete par des cadavres et debris cadavcriques.
II conviendra done d'adopter les mesures suivantes :
/. Cesser de faire teter par les jeunes le lait des meres malades; n'utiliscr le lait des vaches malades qu'apres l'avoir soumis ä rebullition.
m. Donner des soins particuliers aux fumiers ; recueillir a part, si cest possible, ceux des animaux malades, qui ont jetö, expectore, et qui ont cu de la
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diarrhec, pour Ics dötruire par le feu,quand ils sonL peu abondants, ou pour les dösinfecter, cn los arrosant avec une solution de Sulfate de cuivre acidulec avec de l'acidc sulfurique, et en Ics abandonnant ä une putrelaction pro-longce durant trois ou quatre mois ; defendre cn tont temps l'accfes dos fumiers, dans les fermcs oü sovit le mal de la couradc, centre les porcs et les poulcs.
n. Etendrc la disinfection ö tons les objets souillös par les malades on par leurs debris cadaveriques : desin-fecler les creches, mangeoires, räteliers, separations, litieres, debris de fourrages laisses par les malades, ins­truments et objets divers employes pour les soigner, etc. ; desinfecler Ics diverses places occupies par les ma­lades.
La disinfection consistcra dans un lavage fait avec une solution de Sulfate de cuivre ä 5. p 100, mclangee, par parts egales, avec une solution d'aeide sulfurique ä 2. 100. C'est cgalemcnt avec cette solution qu'on desintectera les fumiers des places occupies par les malades. Apres avoir bien bumeete abondamincnt, avec ladite solution, tons les objets et toutes Ics surfaces a desinfecter, on procedera ä un bon grattage el balayage au balai dur; on ramassera tons les detrilus pour les enfouir dans le tas de furnier commun, hors de l'habi-tation, et on procedera ä un second et dernier lavage avee la solution ii 2 p. 100 d'aeide sulfurique.
Les abreuvoirs, qui auront etc l'requentes par des malades, seront vieles et rinces, si faire se pent, avec la meme solution d'aeide sulfurique. Les places oecupees par les malades, les loges ii porcs, les ctables, etc., seront desinfectees, comme ilvientd'elre dil, chaque fois que des malades les auront souillees. Les objets,souillcs pendant regorgement des malades et rouverture de leur cadavre, seront pareillement desinl'ectes. Les personnes ebargees de soigner les malades, de manipuler leurs produits ou leurs debris, devront se laver les mains et
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les chaussures avcc de l'eau de savon qui sera ensuite perdue dans le las de furnier commun.
S0 Precautions :\ prendre en ce qui concerne les cadavres et les debris cadaveriques. — Quant aux cadavres et debris cadaveriques des animaux niorts ou sacrißes, il est absolument deplorable, dangereux et contre-indique de los abandonner dans les champs, de les enfouir dans les fumiers, de les laisser devorer par les pores, les chicns, les poules, etc La viande. fournie par les animaux malades, ne doit d'ailleurs jamais 6tre utilisec pour la consommation des personnes, quand la maladie a etc grave et est accompagnee d'alterations musculaires profondes, ainsi que de lesions etendues sur les visecrcs. En tout cas, on ne doit jamais utiliscr les organes malades. En tout temps et partout il con-viendra de proceder de la facon suivanle en ce qui concerne les cadavres et debris non utilises :
o. Enfouir dans le sol, ä un metre de protbndeur au moins, tons les cadavres dc veaux, vaches, brebis, agneaux et pores non utilises, ainsi que les debris cada­veriques elimines de la consommation; eviter de disse-miner des matieres morbides, en transportant les cada­vres ou les debris ; eviter dc trainer les cadavres, les transporter snr un vebicule quelconque et ne les ouvrir ou ne les depouiller que sur le bord de la fosse ; faire renfouissement dans un endroit isole et recouvrirla terre dc la fosse avec des pierres, pour eviter que les animaux carnivores ne viennentdeterrer les cadavres; enfin secher les peaux, dans quelque local absolument isole, et non dans les greniers ä fourrages.
Je pourrais citer I'exemple d'une ferme imporlante, oü Ton a pu, en suivant mes conseils, faire disparaltre ä peu pres completement la pneumo-cnteritc septicjue, qui y etait jadis tres frequente et tres meurtriere.
0deg; Traitement des malades. — Le traitement des malades ne doit jamais 6tre entrepris sans que les pre-
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cautions el les mesurcs sus-enoncees soicnt appliquees; car, si empöcher l'affection de tucr les malades est bien, il est encore mieux de l'empecher de se propager.
Lc traitcinent doit remplir deux indicationsprincipales, quand il est entrepris : il doit tendre ä moderer la gra­vity de la maladie, ä attenuer les localisations sur les organesinternes, et ä accölererle relablisscmcnt au inoins incomplet des malades, qui permctlra de les utiliser ensuite en vue de la boucherie.
Les malades devront toujours etre entoures d'unc bonne hygiene, etre loges dans un lieu spacieux, bien eclaire, bien aere et bien tenu, recevoir des boissons et des aliments purs, bien conserves, nutritifs el de facile digestion. On entretiendra le local dans un parfait etat de proprete; on y inettra unc litiere abondantc, seche, non avariee et bien debarrassee de ses poussieres; on degagera des vapeurs d'cssence de teivbenthine, en ayant soin de tenir constamment de ce produit dans deux ou trois assiettes placees aux angles du local. Ces soins hygieniques sont aussi iniportants et meme plus que les remedes, ils doivent Otre pris des que l'animal est reconnu malade.
Lesanimnux qui nc scront pas dangereusemenl atteints recevront un traitement simple. Aux precautions hygie­niques sus-indiquees il suflira de joindrel'administration de la creme de tartre soluble, ä la dose de quarante ä cinquante grammes par jour et pendant quatre ou cinq jours pour les veaux, de quinze ä vingt grammes par jour et pendant quatre ou cinq jours aussi pour les agneaux et pour les porcelets. L'administration de ce remede cst facile; on le fait dissoudre dans une quanlite d'eau süffisante, et on le donne aux animaux avec une bouteille, en ayant soin de faire prendre en deux fois la dose indiquee pour un jour.
Aux animaux gravement atteints, qui paraitraicnt devoir bientöt succonibcr, il conviendrait d'administrer
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PROPIIYLAXIE. — TRA1TEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;b7
le mcme remedc ä dose double et de faire des frictions de moutarde sur la peau.
Dans tous les cas ou la maladie s'accompagne dune diarrhee persistante, on pourra donneraux animaux deux, trois, quatre oeufs, par jour, suivant leur taille, et leur faire boire en deux reprises chaque jour im quart ou un demi-litre d'eau de chaux.
Quant aux animaux quipresenteroal laffection sous le type clironique, le mieux sera de les vendre au plus tot pour la boucberie, aucun traitement ue pouvant faire disparaitre les lesions ancienncs qui se trouvent dans leurs organes.
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TABLE DES MATIERES
I. — Symplomes.......................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3
II. — Pronostic..........................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
III.nbsp; nbsp;— Lesions................................... ........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8
IV.nbsp; — Etiologie. — Contagion. — Origine de la maladie....nbsp; nbsp; nbsp; 22 V. — Prophylaxie. — Traitement..........................nbsp; nbsp; nbsp; iS
Gyrii-Di. —CoiiBEiL. Im primerie Ed. CRferfe
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librairie ASSELIN et HOUZEAU, place de l'ficole-de-Medecine.
TRAITE
MALADIES CONTAamp;IEUSES
Police sanitaipe des Auimaux domestiques
PAR
M. V. GALTIER
Professeur de police sanitaire ä l'Ecole völ^rinaire de Lvon.
DEÜXIEME fiDITION, revue, corrigee et augmentee
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