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ETUDE
L'ASPERGILLOSE
CHEZ LES ANIMALX
CHEZ L'HOMME
Par le Dr L. REN ON
Cliof de clinique adjoint ü la Facaltö de mf deeine de Paris
l.aurtfal de la FaoulliS, de rAcademie de raSdecine et do l-Instilut
Membre de la Society de Bioloffie
PRKFACE
de M. le professeur G. DIEULAFOY
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PARIS
MASSON ET G'0, EDITEURS
LIBRA1KES DE l'aCADEMIE DE M^DECINE
120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 1897
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ETUDE
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L'ASPERGILLOSE
CHEZ LES ANIMAÜX ET CHEZ L'HOMME
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BIBLIOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
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ETUDE
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LASPERGILLOSE
CHEZ LES ANIMAUX
ET
CHEZ L'HOMME
Par le Dr L. RENON
Clicf de cliniquc adjoint ä la FaculU' de medecine de Paris
Laureat de la Faculty de TAcadömie de mödecine et de l'Instilut
Mcmbre de la Societe de Biologie
PREFACE de M. le professeur G. DIEULAFOY
#9632;
i i figures dans le texte
PARIS
MASSON ET (T, EDITEURS
LIBRAIRES DE l'aCADEMIE DE MEDECINE 120, BOtILEVARD SAINT-GERUAIN
1897
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11nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ü' I
A MON TRES CHER MAITRE
Le Professeur G. DIEUIAFOY
Je dedie ce livre En temoignage de ma profonde reconnaissance.
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PREFACE
L'ouvrage remarquable que le docteur Renon [jublie sur I'aspergillose, meritc a titres divers de fixer notre attention.
C'est d'abord la premiere fois que des docu­ments epars publies sur cette question, sont reu-nis en un travail d'ensomble. De plus, I'auteur par ses nombreuses publications a si largement contribue a nous faire connaitre I'aspergillose, 11 I'a sicompletementetudiee dans ses manifestations spontanees et experimentales chez l'homme et chez les animaux, que nul, plus que lui, n'etait mieux prepare pour mener pared travail k bonne fin.
Mais ce qui rend l'oeuvre de M. Renon interes­sante et originale, c'est qu'il a pu demontrer par des faits anatomiques, cliniques et experimen-taux, que I'aspergillus fumigatus n'est pas seule-ment un saprophyte vulgaire ; en s'appuyant sur
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VIIInbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PREFACE.
une gradation successive ties cas observes en pathologic veterinaire, en pathologic hurnaine ct en pathologic experimentale, il assigne an parasite un pouvoir rccllemcnt nocif.
A la conception ancienncsoutcnue parVirchow, Spring et Robin qui considoraient toujours I'as-pergillose comme line lesion secondairc, ä la conception de Podack qui rejetait I'idee d'une aspergillose pulmonaire, primitive, hurnaine, h forme tuberculeusc, M. Rcnon oppose la concep­tion francaise de l'action pathogene primitive de l'aspergillus fumigatus chez rhomme et chez les animaux.
Le champignon devient ainsi un vrai parasite; la maladie qu'il determine est aussi nette, aussi bien elucidce que les affections microbiennes et mycosiques les mieux connues; eile est aussi specifique que la bacillose de Koch ct I'actinomy-cose avec lesquelles eile prcsente la plus grande analogic.
L'aspergillose a done k I'avenir sa place nette-ment marquee dans le cadre nosologique. G'est dire quelle est 1'importance de l'oeuvre de M. Rcnon.
DlEULAFOY. 28 octobreI89C.
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raquo;•#9632;^^#9632;#9632;^•raquo;^^^#9632;^^^^^^^^^^^^#9632;i^^BI^^^^^^-^^^llraquo;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;l*U. .-.
INTRODUCTION
Le but quo nous nous proposons, on publiant celivre, est dc reunir, en uno etude d'ensemble, los observations eparses rocueillies dans la litte-rature medicale et vetörinaire sur l'asporgilloso do l'homme et des animaux. Nous n'avons pas cm devoir limiter la question ä l'homme soul, et nous avons pensö que los cas spontanes et oxperimcn-taux do cettc maladie chez I'animal pouvaient öclairer en grande partie los problemes que sou-löve ä I'heure actuello la connaissanco do cotte mycose si particuliero, objet principal do nos travaux pendant ces quatre dcrniöres annecs.
Le cadre de cetto etude se trouvant ainsi sin-gulierement elargi, nous n'entreprendrons pas la description de tons los aspergillus pathogenes. Nous nous occuperons uniquement de l'aspergil-lus fumigatus, pour deux raisons : d'abord, parce qu'il est le plus pathogene do tons les champignons
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Xnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; INTRODUCTION.
do son espece, aspergillus llavus, aspergillus svisbfuscus, aspergillus nidulans, etc., etaussi le plus abondamment repandu; puis, parce qu'il est certainement le mieux connu, celui qui a le plus attire l'attention.
Le plan adopte pour cet ouvrage est fort simple; nous I'avons divise en trois parties : la premiere comprendra l'aspergillose spontanee des animaux, la seconde l'aspergillose experimentale, la troisieme l'aspergillose de l'homme. Cette maniere de faire nous a paru la plus logique, toutes les discussions qui s'elevent actuellement surle pouvoir pathogene de l'aspergillus fumiga-tus chez rhomme ne pouvant etre resolues qu'apres I'etude complete de la maladie, experi­mentale ou non, chez les animaux. Les deux dernieres parties nous retiendront assez long-temps ; nous serous plus bref sur la mycose spontanee des animaux, non pas que la question offre moins d'interet, mais parce qu'elle estmoins bien connue. Nous aurons grand soin de ne nous appuyer que sur des faits cliniques et experi-mentaux indiscutables,pour ne laisser autant que possible aucun role aux hypotheses.
La mycose aspergillaire nous parait une affection des plus interessantes ä des points de vue bien
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INTRODUCTION.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;XI
divers. Chez l'homme et chez les animaux, eile simnle une serie de maladies des plus communes, la tuberculose aigue, la tuberculose chronique, les infections typhoides, les septicemies hemor-ragiques : eile prend ä ces affections une partie de leurs symptömes, et dans bicn des cas I'examen bacteriologique seul peut les differencier. Elle possede une etiologie bien elucidee, puisque son parasite est assez repandu, et qu'on a pu deter­miner les modes do la contagion, facile ä eviter avec un pcu do soin ; ce qui rend possible un traitement prophylactique rigoureux et memo une therapeutiquc rationnelle. Cost encore une mala-die des plus curieuses de la pathologic generale : eile autorise le demembremont de la tuberculose, en creant des varietes qui y ressemblent par les lesions et en different totalement par le parasite; eile permet un parallele entre certains microbes et certains champignons.
D'ailleurs, en co moment, l'etudc des my­coses est partout h l'ordre du jour ; raspergillose trouve done tout naturellement sa place ä cöte des teignes, du favus, du muguet, des strepto-thrix, et de l'actinomycose. Enfin, tout recem-ment, un auteur viennois, Josef Kremer, a pre-tendu que le cancer, le sarcome et la syphilis.
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XIInbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; INTRODUCTION.
sont produits, non par des baetöries, mais par des champignons dent la nature ressemble beaucoup aux aspergillns, et qui, dans une phase de leur polymorphisme de developpement, prennent tres nettement le caractere des aspergillus. 11 les designe sous le nom d'aspergillus du cancer et d'aspergillus de la syphilis. Si le fait est verifie, on concoit immediatement quel champ immense se trouve ouvertä I'aspergillose (1).
(I) Josef Kremeb, Ceber das Vorkommen von Schimmelpilzen bei Syphilis, Carcinom und Saikom (Ccntralblatt für Bukt. Parasi­tenkunde und Infekt. 28 juillet 1890. T. II, p. 03).
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ETÜDE
SUR L'ASPERGILLOSE
GHEZ LES ANIMAUX ET CHEZ L'HOMME
PREMIERE PARTIE
ASPERGILLOSE SPONTANEE DES ANIMAUX
CHAPITRE 1
HISTORIQUE.
C'est en 1815 que, pour lu premiere fois, A.-C. Mayer (I) observe des moisissures dans les bronches, les sacs aeriens et les poumons d'un geai. L'annee suiYante, pareille observation est rapportee par Jaeger (2j dans les voles veineuses d'un cygne : il s'agissait de moisissures vertes. Heusinger (3), en 1826, vit ces parasites s'etendre dans la cavite des os longs d'une cigogne. En 1827, des lesions franchement
(1)nbsp; Mayer , Ve rschimmelung im lebendem Körper (Archiv für Anat und Physiol. v. J. F. Meckel, 18lt;5).
(2)nbsp; J.eger, Ueber Enstehung von Schimmel im Innern der thier Körpers {Md., 1816).
(3)HEDsmEB,Blaquo;rM^. d. Mnigl. Zootom. Anstalt zu Würzbura
1826.
Uknon. — Aspergitlose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,
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2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; HISTORIQUE.
tuberculeuses sont constalees par Theile (1) dans les poumons d'im corbeau qui contenaient des moi-sissures de couleur verte. Owen (2), en 1833, decrit de semblables parasites dans les cavernes pulmo-naires et les pelites bronches d'un flamant.
Ce n'est qu'en 1841 que la premiere observation bien prise est relatee par Deslongscbamps (3), chez un canard eider qui succomba a une affection de langueur apres six mois de maladie : les bronches, les sacs aeriens, les os du bassin et des membres superieurs etaient tapisses d'une moisissure vert sale qui paralt avoir ete certainement un aspergillus, tres vraisemblablement I'aspergillus fumigatus.
La meme annee, Rousseau et Serrurier (4) ont trouve une moisissure verdätre chez une perruche morte de phtisie laryngee et pulmouaire; ils firent les memes observations sur le pigeon et sur la poule. Müller et Retzius (3), en 1842, rencontrerent dans les bronches et les sacs aeriens d'un faucon une moisissure que lour description permet de rapporter au genre aspergillus. La meme constatation est faite par Spring (6), en 1848, dans un des sacs aeriens abdo-minaux d'un pluvier transformes en une tumeur blanchatre, homogene, lardacee.
(1)nbsp; Theile, Hcusinger's Zeitschr. für d. organ. Phijsik., 1827.
(2)nbsp; Owen, Philosophical Magazine, 1833.
(3)nbsp; Deslongschamps, Ann. dessc. nat., juin 1841.
(4)nbsp;Rodssead et Serrurieu, Comples rendus de l'Acad. des sc, 1841. (b) Mueller el Bmnis, Miiller's Archiv für Anat. und Physiol.,
1842.
(6) Spring, Bull, de VAcad. ray. des sc. de Belgique, 1848, I. XV.
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IIISTORIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3
En 1833, dans son Histoire naturelle des vegötaux #9632;parasites, Robin (1) rapporte une nouvelle observa­tion chez un faisan mort de phtisie, et dont les tubercules contenaient des filaments myceliens d'une moisissure qui couvrait les sacs aeriens de fructifi­cations : Robin pense qu'il s'agit d'un aspergillus, raspergillus nigrescens, et lui denie tout pouvoir pathogene, ne voyant dans ce champignon qu'un vulgaire saprophyte.
Presque üla memeepoque, la premiere observation d'une mycose chez un mammifere, le cheval, est rapportee par Rivolta (2) qui a observe de nombreux fragments de mycelium dans le contenu purulent d'une tumeur du pharynx. En 1871, Gotti (3) constate chez le chien un catarrbe auriculaire du ä un asper­gillus. En 1872, Hayem (4) a trouve deux fois chez le canard des lesions pulmonaires ressemblant a celles de la pneumonic caseeuse et contenant des filaments myceliens : ä propos de cette observation, Carville (3), ä la Societe de biologic, rapporte que le professeur Bouchard avail remarque des lesions analogues dans les poumons d'un per roquet des 1866. Heusinger (6) a trouve nettement dans le poumon d'un flamant un aspergillus.
Au meme moment, Fresenius (7) decrivait dans le
(11 Kouin, Histoire naturelle des vegetaux parasites, 181)3.
(2)nbsp; Rivolta, U mod. vet., 18Ö7.
(3)nbsp; Gotti, Giorn. di an. fisiol, e palo!. degli animali, 1871.
(4)nbsp; Hayem, Sog. de biol., 1873, p. 295.
(3) Carville, Soc. de bhl., 1873 (meine seance).
(6)nbsp; Heusingkh, Ac. of not, sc. of Philadelphia, 1875.
(7)nbsp; Fresemus, Beitrüge zur Mycologie.
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4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; H1ST0RIQUE.
poumon d'une outarde im aspergillus, auquel il donna pour la premiere fois le nom d'aspergillus fumigatus, nom qui lui est reste par la suite.
En 1876, Pech (1) observe le parasite dans le pou­mon de sept chevaux qui avaient etc nourris avec de la paille moisie. Zürn (2) fait la meme remarquedans la trachea d'une vache. Nous cilerons des cas d'asper-gillose observes chez des pigeons par Bollinger (3), Generali (4) ,et causes par l'aspergillus nigrescens de Hobin, ainsi que ceux de pueumomycose decrits chez le meme animal par Kitt (5).
En 1884, un nouveau cas de mycose pulmonaire est rapporte par Martin (G) chez un cheval de quatre ans, mais le parasite n'a pu etre nettement deter­mine. La meme annee Perroncito (7) rapporte un cas d'aspergillose miliaire chez la poule, Roeckel (8) ob­serve, aussi en 1884, chez une vache, une mycose aspergillaire pulmonaire, dont le parasite ne pent elre classe. A la meme epoque. Roll (9), dans sa Pathologie vfUrimire, consacre quelcjues lignes a I'affection chez les animaux. En 1887, Bizard et Pommay (10) decrivent ehe/, l'autruche des cas de
(1)nbsp; PEca,Prems. Miltheil., 1870-1870.
(2)nbsp; Zürn, Berliner Archiv, 1870.
(I!) RohUKGER, JErtzliches Intelligenzblatt, 1878.
(4)nbsp; Gemcrai.i, Micosi delle vie aerc nei colombi. Modena, 1879.
(5)nbsp; Km, beutsch. Zeitschr. für Thiermcd., 1881.
(6)nbsp; Martin, JaÄresö.d. k.Cenir. Thicrurzneischiiloin München, 1884.
(7)nbsp; Pebroncito, limed, vet., 1884.
(8j Rokckel, Pneumomycosis [Zeitschr, für Thiermcd., 1884).
(9)nbsp;Hüll, Pathol. vet., 1885.
(10)nbsp; Br/.AiiD el Pommay, fiec. denied, vet., 1887 (analyse de llailliet).
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HISTORIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
mycoses, dont uu de pseudo-tuberculose. En 1890, dansleur tres remarquablecommuiiicalionauCongres de Berlin, MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal (1) attirent I'attention sur les lesions tuberculeüses du plancher de la beuche des pigeons, lesions dues, selon ces auteurs, a I'aspergillus fumigatus. L'annee suivante, Mazzanti (2) trouve dans le poumon d'un agneau, des tubercules h contenu puriforme renfer-mant des spores et du mycelium; mais l'espece du parasite n'a pu etre determineo. En 1893, dans notre these de doctoral (3), nous rapportons des cas spon­tanes de mycose aspergillaire chez des pigeons. Cette m6me annee, Goodall (4) observe chez le cheval une otite due a I'aspergillus nigricans.
En 1894, Lucet presente ä la Societc de medecine veterinaire un travail extremement interessant sur raspergillose des animaux domesliques, auquel nous avons fait de nombreux emprunts (5). Citons encore les travaux du meme auteur sur un cas d'aspergillose chez le cheval et un memoiro presente en 1896 ä TAcademie de medecine, oil en dehors des cas dejä rapportes par lui chez les animaux domestiques, il decrit l'histoire de la mycose aspergillaire dans les (Bui's en incubalion.
(1) Dieulafoy, Ciiante.mksse el Widal, ComjfeA dc Berlin, 1890. (2^ Mazzanti, II moderno Zoiatro, 1891.
(3)nbsp; RKNON^Recherchcs din. et exp. sur la pseudo-tub. asp., These de Paris, 1893.
(4)nbsp;Goodall, Veterinary Journul, 1893.
(8) Nous navons eu la premiere fois connaissance des travaux de M. Lucet que dans le numero du Bull, de l'Acad, de mid. du
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1 I. . *#9632;#9632;-.raquo;. I
6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; IIISTORIQUE.
Outre un cas d'aspergillose chez une vache observe par Bournay, en 1893 (1), nous devons, en termi-nant, faire mention d'une revue tres complete de Dubreuilh (2) sur les moisissures pathogenes, et des articles du livre de Neumann (3) sur les maladies non microbiennes des animaux.
Par toute cette longue enumeration des diverses mycoses aspergillaires observees chez les animaux, on voit que les oiseaux sont atteints de preference, Vaffection se developppant aussi bien sur eux-mömes que sur leurs oeufs, tandis qu'elle est rclativement beaucoup plus rare chez les mammiferes. Outre cette difference de frequence de la malaclie chez les uns et
3 mars 1890 : la presentation do son travail s'y trouvail indiquee pour le prix Barbier.
Nous nous sommes alors directement adresse a M. Lucet qui, tres obligeamment, nous ailonne sonmemoire en communication : uno partie seulement en avait ete publiee dans les rapports de la commission des prix de la Societe de medecine veterinaire {Bull, dc la Snc. cenlr. de med. vet., 30 juin 1804 et 30 juin 1890). La partie experimentale a ete publiee lu 30 aoül 1890 (An. Lucet, Etude expe-rimentale et clinique sur I'aspergillus fumigatus {Bull, de la Soc. cenlr. de mid. vet., 30 aoüt 1890). D'ailleurs toutes les rccherches de M. Lucet vonl Iri-s procbainement paraitre en un volume (Ad. Locet, De l'aspergillose chez les animaux domestiques et dans les oeufs en incubation. Paris, Ch. Mendel), qui sera ties probablement pu­blic avant Je nötre.
Nous remercions bien vivement Tauteur de nous avoir laisse prendre connaissance de ses Ires remarquables et tres interessants travaux, qui sont, pour la plupart, la confirmation de toutes nos experiences sur faspergillosc.
(1)nbsp; lioi'RNAY, Hevue vel. de Toulouse, I8ÖS.
(2)nbsp; Dubreuilh, Arch, de mid. exp. ct d'anat. pathol., 1891.
(3)nbsp; nbsp;Neumann, Traite des mal. paras, non mice, des animaux domestiques. Paris, 1892.
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H1ST0RIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7
les autres, on note une grande diversite dans les symptomes et dans les lesions, ce qui justifie les diristons de cette partie de notre etude en trois grands chapitres :
1deg; Aspergillose des mammiferes.
2deg; Aspergillose des oiseaux.
3deg; Aspergillose des oeufs en incubation.
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GIIAPITRE II
A.SPERGILLOSE DES MAMMIFERES.
Beaucoup plus rare et moins bien connue jusque dans ces dernieres auuees que celle dos oiseaux, I'as-pergillose des mammiferes vient d'etre eclairee dun jour tout nouveau par los travaux francais de Lucet et Thary et Lucet, dont les cas, tres bien observes, out permis la description d'une des formes les plus inte­ressantes de l'affection : on la rencontre surtout chez la vache et 1c cheval.
A. — Etiologie.
Cquot;est par Tali mentation que se fait ordinaircmcnt le contage, et surtout par les aliments reduits a I'etat sec et converts de poussioros qui renferment des spores Vivantes et virulentes d'aspergillus fumiga-tus, coinme nous aurons longuement ii I'expliquer dans la parlie expörimentale de cette etude. II est actuellement hors do doute que ces spores siegent sur les graines, les fourrages et les paillcs, ot si ces aliments n'en sent point debarrasses, s'ils sontdonnes aux animaux non mouilles el desseches, rien n'est plus
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ET10LOG1E.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 9
facile que dc concevoir leur entree dans les voies res-piratoires. 11 suffit pour cela de leur mise en liberte dans la cavite buccale par suite des mouvements de mastication, et de leur aspiration dans le larynx, la trachee et les bronches au moment de rinspiration. La contamination pent s'efiectuer aussi par les litieres composees de pailles humides et moisies provenant de la couverture de meules. Thary et Lucet (1) out pu observer dans une memo ecurie une veritable epide­mic d'aspergillose chez le cheval, due h cette cause d'infection; sur quatre juments malades, une seule succomba.
Si les causes de contamination sont tres gene rales, et les chances d'infection tres grandes, il est certain que I'aspergillose est fait rare, lei, comme pour les affections bacteriennes, la question du terrain joue un role predominant. Certains animaux predisposes permettentplus facilement que d'aulres la germination des spores dans leur organisme. Toutes les causes de debilitation accidentelle, pathologiques ou non, creent cette predisposition et. parmi celles-ci, il faut noter la grande importance des affections des voies respiratoires. On doit aussi tenir compte de l'in-fluence de la race, puisque, de tons les mammiferes. ce sont jusqu'ä present la race equine et la race bovine qui sont le plus souvent atteintes.
(1) Tn.uiv el Licet, Mycose aspergillaire chez le cheval (7!ec. de med. vet., lijjuiu 1890, p. 337).
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10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPEKGILLOSE DES MA.MM1FERES.
B, — Anatomie pathologique.
Les lesions different essentiellement suivant que la marche est lente ou non, aigue ou chronique, mais il est possible que dans les cas devolution ra­pide un etat chronique anterieur ait precede la phase terminale.
Forme lente. — Les lesions sont de deux sortes. tuberculeuses ou non, et portent sur les tissus, parti-culierement sur les voles respiratoires, poumon ou bronches. Elles consistent essentiellement en des iubercules, sur riiistologie desquels nous insisterons tres longuementapropos de l'aspergillose experimen-tale, et en des lesions bronchiques.
Les tubercules ressemblent ;i s'y meprendre aux tubercules bacillaires de Koch ; ils peuvent sieger dans tons les organes, mais surtout dans les poumons dont ilsatteignent les parties superieuresoumoyennes, les faisant adherer plus ou moins ä la plevre parietalc et ä la paroi thoracique. 11s sont durs comrae des noisettes k la palpation, et presentent souvent a la coupe une cavite communiquant ou non avec les bronches, et tapissee laquo; d'une sorte de gazon crypto-gamique forme par une couche reguliere d'un cham­pignon d'aspect pulverulent et de couleur verdatre raquo;. (les produclions tuberculeuses sont composees his-tologiquemeut de troiszones : une zone peripherique formec de tissu pulmonaire atelectasie en voie de sclerose, une zone moyenne formee de tissu conjonc-
ocr page 27
ANATOMIE PATHOLOGIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;H
tif assez dense et une zone centrale composee de mycelium et de spores. Tel etait le cas decrit par Bournay (1) chez une vache, cas considere par l'au-teur comme absolument primitif :
laquo; Toutes les lesions sent commandees par une colonie d'aspergillus ä leur centre, et nulle part on ne trouve trace d'aucune lesion ancienne ayänt pu donner asile au parasite et lui permettre de vegeter ainsi. raquo;
D'autres fois, on observe, dans le tissu pulmonaire, des nodosites isolees, accompagnees d'une vaste hepatisation et d'une legere pleurösie fibrineuse.
Parfois on trouve des foyers caseeux on calcifies, de couleur verdätre, beaucoup plus petits, du volume d'un pois, et qui contiennent du pus et du mycelium d'aspergillus fumigatus : teile etait l'observation de Frank (2) chez une vache. II y a presque toujours, alternant avec les tubercules, des foyers d'bepatisa-tion pneumonique et de l'empbyseme. Ces lesions tuberculeuses peuvent se rcncontrer aussi dans l'intestin, oü elles provoquent des ulcerations, ainsi que dans les ganglions mesenteriques et dans le foic.
Dans les broncbes il n'est pas rare d'observer des ulcerations recouvertes ou non de grosses toufl'es de mycelium, garni d'organes de fructifications, le tout reposant sur laquo; une membrane blanche ou blanc
(1)nbsp; nbsp;.1. Dolrnay, Pneumomycose aspergillaire chez une vache {Revue vet. de Toulouse, 1895, p. 121).
(2)nbsp;Frank, Deutsch. Zeitschr. für Thiermed. in vergl. Path., I. XVI, 1890, p. 291.
-Jv*
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1:2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE DES MAMMIFERES.
jaunatre, epaissie, plissee, gondolee, adherenlc ä la muqueuse enflammee raquo; (Lucet) (1).
Forme cdgue. — Dans les cas aigus, 1'hepalisalion pulmonaire ne fait Jamals defaut et parfois il existe de rinfiltration et de la fönte purulente du poumon. Les parlies saines sont souvent atteintes d'emphy-seme. laquo; La muqueuse des bronches et de la trachee est souvent rouge, noirätre, infiltree de pus, et dans les reins, le foie, la rate, on peut voir toutes les alterations de lapyohemie ctdc I'infection septique raquo; (Lucet).
Forme surmgue. — Cette forme, observec par Lucel (2) chez la vache, et par Thary et Lucet (3) chez le cheval, est des plus curienses.
Chez la vache la lesion dominante est I'hemorrhagie interstitielle generalisee; eile siege dans le tissu cellulaire sous-cutane, dans les masses musculaires profondes, dans le pericarde qui contient quelques ccntaines de grammes de serosite rougeatre. Dans le poumon. on constate des noyaux d'hepatisation hemorrhagique, atteignant parfois le volume du poing, ainsi que des ecchymoses sous-pleurales de grandes dimensions. La rate est parsemee de taches sanguines: les parois du rumen et de l'intestin grele sont par
(1)nbsp; nbsp;Lucet, Etude experimentale el, cliuique sur Taspeigiilus fumigatus [Bulletin de la Soc. cenlrale de mid. vol., 30 aoüt 1896).
(2)nbsp; Llckt, Eludes cliniques et experimentales sur 1'aspergillus fumigatus {Bull, de la Soc. centr. de mid. vet., 30 juin 1894, p. 389 (Rapport de Kaufmann).
(3)nbsp; Tii.uiY el, Lucet, loc. eit.
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ANATOMIE PATI1OL0GIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 13
places vivement congestionnees, noirätres: il existe de la serosite hematique dans la cavite peritoneale. L'exaraen du sang et de la pulpe des organes, les cultures, puls l'examen bacteriologique ulterieur des coupes du poumon, de la rate, du tissu musculaire, firent voir dans toutes ces parlies des masses sphe-riques qui fürent reconnues d'unc facjon absolument demonstrative pour des spores d'aspergillus fumi-gatus. II existaitd'ailleurs des fragments de mycelium dans le poumon, siege d'un emphyseme accuse, accompagne d'une bronchite assez intense.
Chez le cheval. Luce t et Thary out observe, comme chezlavache, une hemorrhagie interstitielle genera-lisee, avec laches sanguines d'aspect sombre sur la plevre, le poumon et le cceur, noyaux hemorrhagiques d'bepatisation pulmonaire, suffusions sanguines dans le peritoine et l'inlestin, augmentation de volume et friabilile des reins. Ces organes montraient ä la coupe un semis de petits points rouges de dimensions variables, et de nombreux infarctus hemorrhagiques : leur consistance etait tellement molle laquo; qu'ils se reduisaient en une pulpe sanguinolente sous la pression des doigts raquo;. Le sang etait noir, liquide, neu coagule. Seul le feie paraissait normal.
L'examen bacteriologique de la pulpe, des organes et des coupes, ainsi que les cultures, firent voir comme plus haut qu'il s'agissait des spores dune moisissure, l'aspergillus fumigatus.
Histologiquement, on put constater dans le poumon des lesions d'emphyseme tres marquees avec amin-
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cissement des parois alveolaires et dechirures de quelques alveoles: celles-ci sont par places remplies de globules rouges serres les uns contra les autreset melanges k des groupes de deux ä dix spores. Dans les reins, 11 existe des noyaux plus ou moins volu-mineux de nephrite parenchymateuse. Ces noyaux, de grosscur inegale, de forme circulairc, sont formes de leucocytes ä diverses pcriodes de leur developpe-ment, ce qui leur donne par endroits un aspect caseeux. Dans ces points, on constate la disparition des tubes urinifercs ; quelques-uns persistent encore, mais ils sont infiltres de globules blancs. Partout on ne trouve que des spores et nulle part du mycelium, quand on pratique I'examen bacleriologique.
C. — Symptomes.
Les symptömes de Faspergillose des mammiferes peuvent varier selon les circonstances; mais on pent dire que, dans la majorite des cas, Failure clinique est celle d'une maladie chronique des voies respi-ratoires, et on pent en decrire differents types :
a. Parfois on note simploment des signes de bronchite chronique, avec embarras de la respiration, toux plus ou moins quinteuse et persistante, jetage muqueux, rales sees ou bumides ä l'auscultation. Ces symptomes peuvent exister isoles ou s'accom-pagner d'empbyseme pulmonaire. Ce dernier, dans quelques cas rares, est le seul stigmate de la ma­ladie: on constate alors de l'irregularite du flaue, de
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Id
la toux quinteuse ou seche et des rales sibilants.
D'autres fois ce sont les signes d'une pneumonie catarrkale qui dominent : la percussion revele de la matite peu etendue, et rauscultation du souffle ou des rales sees : la toux est courte, douloureuse, avortee, avec jetage et dyspnee plus ou moins vive.
Dans certains cas on observe des signes de tubcr-riäose, comme dans le fait de J. Bournay (1) : cet auteur, chez la vache dont il rapporte I'observation, songeait tellement a cette affection qu'il eut l'idee de faire une injection de tuberculine, mais n'osa pas a cause de la gravite du cas.
Un point sur lequel la plupart des auteurs, Neu­mann (2), Friedberger etFrohner (3), Bournay, Lucet, sont tous d'accord, c'estla marche progressivement envahissante de l'affection et sa terminaison par les symptömes les plus accuses de la phtisie pulmonaire. A ce moment les signes generaux sont trcs marques, la temperature est elevee, le pouls rapide, l'appetit diminue ou completement snpprime. La rumination fait totalement defaut, quelquefois eile n'est qu'in-complete et intermittente. Les polls dovicnnent fernes, l'amaigrissement fait des progres constants, les animaux succombent epuises, dans le marasme.
/;. Dans certains cas, h la place de cette allure chronique, on peut, chez la vache (Lucet) et chez le
(1)nbsp; ,1. Bournay, toe. cit.
(2)nbsp; Neomans, toe. cit., p. 590.
(3)nbsp; Friedberger cl Fruiiner, Pathologie et therapeutique speciales des animaux domesliques (Trad. Cadiot et Ries), 1802, 1. II, p. 22S.
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nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE DES MAMMIFERES.
cheval (Thary ct Lucet). observer unemarche aigue : eile repond aux lesions hemorrhagiques que nous avons decrites plus haut, et la maladie se presente sous la forme d'une veritable septicemie hemorrha-(jique, dont voioi les principaux caracteres :
Chez- la vffdie, le debut est brusque, par une toux secbc qui se rapprocbe de loin en loin pour devenir quinteuse et frequente ; eile s'accompagne laquo; de dimi-nulion de l'appetit, d'irregularite de la rumination, d'abolition presque complete de la secretion lactee et d'un etat de nonchalance tres marque raquo;. L'etat general devient bientöt mauvais; la temperature rec-tale est de 3904 et le pouls rapide, faible et petit, peut marquer jusqu'a 85 pulsalions. A I'auscultation on peut percevoir des mies ronflants et sibilants dis-semines dans l'etendue des deux poumons. Cette phase de bronchite peut s'ameliorer, et pendant quelques jours on croit l'animal gueri. Mais bientöt des frissons apparaissent, accompagnes d'inappe-lence absolue. Lc lendemain on constate de l'epis-taxis, des tacbes ecchymotiques violacees et noirätres sur le corps, surtout an pis et au ventre. La dyspuee devient excessive ; la percussion denote de la malite, et dans les parties mates I'auscultation revele I'abo-lition du murmure vesiculaire et des mles sibilants et ronflants. Le pouls est petit, rapide, incomplable : dans les points ecchymotiques on constate laquo; des bosse-lures d'etendue variable, larges comme une piece de cinq francs, comme la paume de la main, comme une assiette, indolores, de consistance päteuse raquo;. La
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 17
mort survient le lendemain ou le surlendemain, cinq ä six semaines apres le debut des accidents.
Chez le cheval^Xa, maladie pent etre suraigue, fou-droyante. Elle debute brusquement par un etat de prostration extreme et des tremblements musculaires generalises. Le respiration devient difficile, courte : le pouls est petit, miserable, impossible ä compter. La conjunctive est injectee. les naseaux sont dilates, un jetage sanguinolent s'echappe des narines. laquo; La peau est couverte de sueur, les extremites sont froidcs, le moindre deplacement occasionne de la plainte : les reins sont raides : la miction est diffi­cile, bematurique. Le tbermometre marque 41 de-gres. Le murmure respiratoire a fait place en de nombreux points ä des rales humides : la sonorite de la poitrine a disparu, mais il n'y a pas ä proprement parier de la matite. Celle-ci n'apparalt que le deuxieme jour, mais eile est circonscrite ä des re­gions irreguliöres, treslimitees raquo; (Tbary et Lucet). La mort arrive ä la fin du second jour avec ces symp-tömes de pneumonic et de nephrite infectieuses ä marche suraigue.
Trois chevaux de la meme ecurie furent atteints de la meme afTection, mais les symptomes furent beau-coup moins graves, et ils purent guerir.
D. — Diagnostic.
Dans les formes suraigues le diagnostic de l'asper-gillose paralt impossible pendant la vie, si Ton n'a
Renon. — Asperrjillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2
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18nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERG1LL0SE DES MAMMIFERE8.
pas I'idee d'examiner la serosite sanguinoleute du jetage.
Dans les formes chroniques le diagnostic est beau-coup plus aise parce qu'il est plus facile d'y songer, mais ce n'esl encore quo par rexamenbacteriologique du jetage qu'il peul etre definitivement etabli. Cette recberebe comporte I'examen microscopique direct, et les cultures.
L'examen microscopique sera fait apres avoir melange une goutte du jetage a une goutte d'uue solution de potasse ä lb on 20 p. 100. comme le recommande Lucet : les spores et le mycelium, quand il existe, deviennent alors tres visiblcs. On pent aussi employer d'autres precedes tels que la coloration a la safranine et h la thionine qui nous out donne d'excellents resultals cbez I'liomme, et dont nous aurons ä parier dans la scconde et la troisieme partie de cet ouvrage.
Nous insisterons egalement longuement plus loin sur les cultures : disons cependant que I'examen du jetage ä ce point de vue pent se faire par ensemen-cement sur liquide de Raulin, d'apres notre procede que nous ne saurions trop recommander; on pent employer encore d'autres milieux, mais des milieux acides sont indispensables pour diffcrencier le cham­pignon d'avec les bacteries. A l'etuve, ä 37 degres, on obtient de belles cultures d'aspergillus fumigatus avec lesquelles on pourra reproduire I'aspergillose experimentale sur les animaux, puis de nouvelles cultures, preuves absolues du diagnostic.
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 19
Dans cet examen il faut signaler une cause d'erreur ehe/ les animaux, et dont on n'aura guere ä s'occuper ehe/. Fhomme, c'ost la possibilite de prendre pour la cause de la maladie les spores provenant des aliments. Lucet a bien fait voir qu'il suffit en general, pour eviter cette cause d'erreur, de nourrir les animaux pendant quelques jours avec des aliments humides.
Avec M. V. Drouin, repetiteur ä TEcole d'Alfort, nous avons observe, che/un cheval, une mycose sous-cutanee extremement curieuse, dont il nous a ete impossible do preciser la nature d'une maniere ab-solue : il est possible qu'il s'agisse d'aspergillose. En raison de cette hypolhese et de la rarete du fait, nous croyons devoir citer entierement, ä propos du dia­gnostic de l'aspergillose spontanee des mammiferes, la note que nous avons publiee sur ce cas ä la Socieie de biologie (I) :
Nous venous d'observer sur un cheval une gene­ralisation neoplasique sous-cutanee, se rapprochant, par certains caracteres, de la botryomycose, mais en differant essentiellement par la nature du parasite qui luiadonne naissance.
I. — La maladie se traduit par des neoformations tibreuses massives, developpees sur la nuque, le long du bord superieur de l'encolure, ä la pointe de l'epaule et ä la region inguinale. En l'espace de deux mois, elles out acquis par places le volume de la tete
(1) V. Drouin et Rknon, Note sur une mycose sous-cutanee in-nommee du cheval (Soc. de biol., 25 avril 1896).
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l^^v._|Fi!BB—RBI^Wlaquo;-
20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASFERGILLOSE DES MAMM1FERES.
humaine. Toutes sont le siege d'un prurit extre-mement violent. La peau est tres adherente ä leur surface. De nombreuses fistules viennent aboutir ä l'exterieur, donnant issue ä unpus de bonne nature et ä odeur particuliere : la tumeur de l'aine renfcrme un abces de 2 litres environ. Le doigt, introduit dans les fistules, rencontre sous une couche plus ou moins epaisse de substance conjonctive des yegetations rugueuses, dures, mamelonnees, tres nettement diffe-rentes du tissu qui les entoure.
Dans certains points, cos productions Aegetantes parasitaires apparaissent ä Textericur; on pent alors en suivre le developpement. Dans Fespace de quinze jours, la granulation, d'abord miliaire, acquiert le volume d'unenoisette, d'une noix et meme davantage. Les tumeurs extirpees ne recidivent jamais, si Ton a soin de faire disparaitre du cbamp operatoire toutes les productions vegetantes parasitaires qui tranchent par leur teinte jaune verdatre sur la couleur nacree du tissu sain. Dans lea points oü V extirpation des para­sites ria pas ete complete, la recidive est certaine.
Sur une coupe d'ensemble examinee ä Foeil nu, il est facile de se rendre compte que la couche reticu-laire du derme et le tissu conjonctif sous-cutane se sont fusionnes pour former une epaisse couche sclereuse. De places en places, on trouve la section des productions parasitaires, parfaitement fibres de connexions vasculaires avec le tissu neoplasique, et facilcs ä enucleer : isolees, elles se montrent sous la forme d'une masse jaunätre, dure, rugueuse, tres
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 21
anl'ractueuse ä sa surface, et d'un volume variable, depuis celui d'une tete d'epingle, jusqu'ä celui du poucequot;; elles presentent ü la coupe une resistance speciale.
II. — Tel est l'aspeet exterieur de ces productions neoplasiques : l'examen histologique et bacteriolo-gique nous a convaincus de leur origine mycosique que les caracteres cliniques nous faisaient dejä pressentir.
Des coupes ont ete faites sur trois ordres de frag­ments, dans la lesion ä letat adulte (productions vegetantes ])arasitaires), dans la lesion au cours do son evolution, dans la lesion ä son debut : elles ont ete colorees par la thionine, par la methode de Gram et (teile de Weigert.
A. Dann les productions verßtanlcs parasitaires, rensemble de la coupe se montre forme de tissu embryonnaire tres dense, compose d'elements fixes du lissu conjonetif et de Ires nombreux elements migrateurs, leucocytes mono et surtout polynuclees serres les uns contre les autres. A la peripherie, on note un processus de desin-tegration tres net: aux elements embryonnaires, succede une zone librineuse par endroits, caseeusc par d'autres, et qui s'effrite en fragments de plus en plus petits. Au milieu de ce tissu en voie de destruction, on retrouve des parties de glandes et des poils sec-tionnes de diverses fagons et dont quelques-uns se desagriigent aussi : par places il existe des fissures qui s'enfoncent au centre de la tumeur. Toute lazoneperipherique et toutes les parties emiettees, colorees en rouge violet par la thionine, se sont montrees compo-sees d'amas nncrobiens d'infection secondaire (staphylocoques, strep-tocoques, bacteries diverses); les parties de la zone fibreuse et caseeuse qui ne sont point envahies par ces microbes sont infiltrees de rameaux de mycelium ramifie, colores en bleu et en bleu violet par la thionine : e'est dans ces points seulement qu'on les ren­contre, mais its y sont en grande quantite : il est impossible de les deceler dans ces coupes par la methode de Gram etcelle do Weigert, qui nont mis en lumiere que les microbes.
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im i. J mim**rm*m*ir~
22nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE DES MAMMIFERES.
B.nbsp; Dans les parties malades en cours d'evolution, productions parasitaires enckwecs dans le tissu sclereux, la limite entre ces deux parlies est tres nette : le tissu sous-cutane, beaueoup plus libreux qu'ä l'etat normal, se continue brusquement avec le tissu neoforme compose ici, comme plus haut, delements embryonnaires : par places, on y constate un procossus tres net d'endarterite et de pe-riarterite qui retrecit considerablement la lumiere des vaisseaux. On ne trouve de microbes que dans les points terminaux des fissures communiquant avec la surface. Le reste de la coupe n'en contient pas : avec la tbionine, on n'observe pas de mycelium. Sur une coupe coloree par la methode de Weigert, nous avons pu constater la presence de quelques filaments myceliens reunis en faisceaux et sectionnes par le rasoir ä leurs deuxextremites, et dans un endroil de la preparation, un fragment tres nettement ramißc de mycäium, ce qui nous fait supposer que cc dernier n'existe pas seulement ä la Peripherie des productions vegetantes, mais que toutes les parties malades doivent en etre infiltrees, Men que nous n'ayons pu le colorer.
C.nbsp; nbsp;Dans les lesions du debut, sans productions parasitaires, en dehors du processus arleriel dejä Signale, nous n'avons observe que quelques cellules migratrices eparses au milieu du tissu fibreux : par les procedes de coloration employes, nous n'avons pu y deceler ni microbes, ni mycüium.
L'examen du pus par cultures sur bouillon pep-tonise, gelose, gelatine et pomme de terre, nous a revele la presence des microbes banals de la suppu­ration, staphylocoques, streptocoques et bacteries indeterminees.
Des fragments des parties vegetantes parasitaires out ete ensemences sur deux sortes de milieux, milieux de cultures ordinaires, et tubes de liquide de Raulin qui dexaient servir ä la difierenciation des bacteries d'avec les champignons.
a. Sur les milieux ordinaires (gelose, gelose glycerinee, gelose au liquide de Raulin, gelatine), nous avons obtenu des colonies
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DIAGNOSTIC.
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de slaphylocoques blancs et dores, de slreptocoques, de levure rose et de tetragene. Sur pomme de terre, les memes microorganismes se sont developpes; mais nous avons en plus note la presence de points blancliätres d'aspect lichenoide, au bout de quinze jours de sejour a I'etuve k 37 degres : reensemencees sur divers milieux, ces plaques blanches n'ont fourni aucune culture : examinees au microscope, elles n'ont donne aucune image nette de parasite.
h. Six fragments out ete ensemences chacun dans un tube de liquide de Raulin, et out sejourne pendant trente-cinq jours ä I'etuve ä 37 degres.
Deux tubes sont restes steriles.
(Jn tube a donne du mycelium aux depens de la partie ensemencee ; ce mycelium .s'est arrete au bout de dix jours dans son accroisse-menl el n'a pas gagne la surface du liquide.
Un tube a donne de la meme facon du mycelium : ce dernier, arrive a la surface du liquide, a permis le developpement d'une levure qui a envahi rapidement tout le tube. Ensemencee sur pommes de terre et sur gelose, cette levure a donne une trainee humide blanchätrc. Y a-t-il simple coincidence ou relation directe de cause a eilet enlre le developpement du mycelium et celui de la levure ? C'est ce que nous no pouvons en aucune facon afflrmer.
Deux tubes ont donne, aux depens de la partie ensemencee, du myr.Mwu qui s'est convert a la surface du liquide de fructifications caracteristique d'aspergillus fumigatus, dont faction pathogene a etü veriliee sur deuxlapins moils avec les lesions renales classiques de raspergillose. Les reins ensemences sur liquide de Raulin ont reproduit des cultures d'aspergillus fumigatus.
De tons ces examens il nous semble naturel de conclure ;i rexistence d'une mycose sous-culanee accompagnee d'infections secondaires microbiennes.
Cette mycose est-elle primitive? Est-elle secondaire elle-meme? En raison de la presence du mycelium dans le tissu en pleine evolution, il nous semble plus plausible d'admettre, non sans reserves, 11 est vrai, la premiere bypotbese. Quanta la nature de cette mycose, nous ne pouvons rien affirmer. 11 ne s'agit, certai-nement, ni de bolryomycose, ni d'actinomycose, ni
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24nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE DES MAMMIFERES.
de cette infection cnrieuse ablastomycetes recemment decrite par Tokishige chez le chcval (1). M. Eugene Bödin a examine nos coupes ct nous a affirme que notre mycelium n'avait aucune rcssemblancc avec celui du favus et du tricophyton. S'agirait-il d'as-pergillosc?
Nous avons obtcnu deux cultures positives d'asper-gillus fumigatus sur liquide de Raulin : le mycelium des parties vegetantes parasitaires presente une grande analogic avec le mycelium observe dans I'asper-gillose experimentale du lapin; mais les fragments ensemences out ete certainement en contact avec la liticre du cbeval, et les resultats des cultures ne pou-vent avoir ici la memo rigueur que lorsqu'il s'agit d'organes internes on de secretions provenant do visceres profonds.
E. — Pronostic.
Le pronoslic est tres grave, la mort etant la tcrrai-naison presque naturelle de l'affection. Le traitement est identique, que Ton ait affaire aux mammiferes ou aux oiseaux; nous en parlerons ä propos de l'asper-gillose spontanee des oiseaux.
(1) H. Tokishige, Ueber palhogene Blastomyceten {Cenlralb. für Bakt. Parasit, und Infekt., nos 4 et ö, 5 fevrier 1800, p. 10o).
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CHAPITRE III
ASPERGILLOSE DES OISEAUX.
Plus frequente, plus repandueetmieux connue que raspergillose des mammiferes, celle des oiseaux a presque toujours etc rcncontree cbez le canard, I'oie, la poule, le pigeon, le faisan, I'outarde, le cygne, le tlamant, le geai, le pluvier dorö.
A. — Etiologie.
L'etiologie ne differe pas de celle rapportee plus haut;mais ä cause de la frequence plus grande de ralimentalion des oiseaux par lesgraines, et en raison de la presence souvent constatee des spores de I'aspergillus fumigatus sur ces graines, on concoit que la contaminalion soit beaucoup moins rare, la notion de predisposition y tient moins de place, et quand les animaux sont exposes ä 1'infection, le parasite suit son developperaent regulier, favorise dans son evolution par la temperature elevee des oiseaux, la presence de leurs sacs aeriens et la dis­position si particuliere de leur tissu osseux.
Ce sont les spores situees a la surface des graines
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26nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERG1LL0SE DES OISEAUX.
qui sont entrainees dans la trachee et les bronches par les mouvements de deglutition, snrtout lorsque les aliments sont sees. Dans des cas exceptionnels I'apport est direct par un corps etranger implante dans une bronche. MM. Dienlafoy, Chantemesse et Widal (I) ont observe un fait de ce genre chez un pigeon dont une bronche contenait une graine ali-mentaire formantle centre de l'infiltration mycosique du poumon. Nous avons remarque que les pigeons gaves avant d'etre vendus etaient plus atteints quo les autres : dans ce cas il faudrait incriminer le gavage, qui faciliterait la contagion en faisant passer par la cavite buccale un nombre de graines beau-coup plus grand que n'en comporte I'alimentation normale.
B. — Anatomie pathologique.
Les lesions peuvent sieger dans la cavite buccale, dans la trachee, les bronches, les poumons, dans le foie, plus rarement dans I'oesophage, I'intestin, les reins. Cbez les pigeons, on observe sur le plancher de la beuchelaquo; un chancre raquo; qui, selon MM. Dieulafoy. Chantemesse et Widal, consiste laquo; en un nodule blanchatre d'apparence caseeuse, du volume d'uu pois ä celui d'unc polite noisette raquo;.
Dans les poumons la lesion est essentiellement tuberculeuse, composec de granulations isolees on
(I) Dieulafoy, Ciianti messe et Widal, Une pseudo-tubei-culose mycosique {Congramp;S dc Berlin, 1890 et Goz. des hop., 1890, p. 821).
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;27
agglomerees, dures ou caseeuses, presentant parfois des blocs d'infiUration tuberculeuse, analogues aux lesions bacillaires de Kocli; tels etaient les cas observes par le professeur Bouchard (1) chez le perroquel, et par M. Hayem (2) chez le canard. Get aspect tuberculiforme se retrouve dans le foie, dans l'intestin, les reins, le mesentere : nous aurons l'occasion de faire de ces etats une description macroscopique et microscopique complete en parlant du tubercule aspergillaire experimental.
Mais chezlesoiseaux les lesions les plus importantes siegent dans les bronches et les sacs aeriens, oü le parasite s'etale en plcine Evolution. Dans les sacs aeriens, on observed enormes touffesd'une moisissure vert fonce reposant sur une des faces de ces sacs par xmzplaque membraneuse, d'une teinte blancjaunätre; ces touffes se composent d'un abondant mycelium blunchätre qui donne naissance ä des rameaux fruetifercs charges de spores vertes : le m6me aspect peut exister sur la trachee, les bronches et la plevre, comme nous avons eu l'occasion de l'observer chez le pigeon (3). Les spores, au lieu d'etre vertes, sont quelquefois legörement brunatres. Luceta trouve ces productions membraneuses sur le diaphragme, sur l'oesophage, dans le lissu cellulaire de la region du coeur et dans la cavite abdominale d'une jeune oie;
(i) Bouchard, Soc.dc hiol., I8~'i, p. :i9ö (discussion Carville). . (2) Hayem, Pneumomycosc du canard (ßw/L de laSoc. de biol., 1873, p. 29Ö ä 300).
(3) Rknon, Recherches clln. et exp. sur la pseudo-tuberculose aspergillaire. These de Paris, 1893, jgt;. 43.
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28
ASPERGILLOSE DES OlSEAUX.
elles ne se composaient alors que de mycelium sans rameaux 1'ertiles.
Histologiquement ces lesions mcmbraneuses, non tuberculeuses, comprennenl le tissu propre de la muqueuse ou de la sereuse infiltree par un exsudat fibrineuxenglobant de tres nombreux leucocytes. Sur ce tissu revenu ä l'etat embryonnaire, on observe une membrane compacte, sans trace d'organisation dans sesparties centrales ettapissee d'unfeutrage tres abundant de mycelium; du cote libra les fragments de mycelium sent plus gros et donnent naissance ä des tetes sporiferes chargees de spores.
(i. — Symptomes.
Le debut de l'affection passe en general inaperQii, et ce n'est qu'ä la periode d'etat que la maladie prend une reelle individualite. L'attention est attiree par des symptomes pulmonaires. La respiration des ani-maux, courte et rapide, s'accompagne d'un ronchus surtout sensible ä l'expiration ; eile devient tres pe­nible, souvent suffocante et stertoreuse, parfois laquo; sem-blable ücelle qui caracterise la presence du ver rouge dans la trachee des gallinaces raquo; (Lucet).
L'appetit diminue, disparait ensuite et les signes generaux s'accusent: c'estd'abord un amaigrissement progressif, qui peut aller jusqu'aux plus extremes li-mites : le plumage devient lerne, herisse et sale. Les oiseaux se tiennent ä peine sur leurs pattes, somnolents, les ailes tombantes, retractes en boule.
S.
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 29
Atteints souvent de diarrhee fetide, les muqueuses päles et anemiees, febricitants, ils succombont dans une cachexie profonde.
La marche est fatalement progressive et il n'existe pas de remission.
La dur4e pent etre courte, de quelques jours ; dans les cas chroniques, I'affection pent se prolonger pen­dant plusieurs mois.
En dehors de la forme que nous venons de decrire, et qui correspond ü Faspergillose pulmonaire des oisoaux,ily a lieu de mentionner, d'apres Lucet, deux autres varieles, \aspergillosedes sacsaeriens, etVasper-gillose des articulations. Dans la premiere, il n'existe pas de symptömes respiratoires, et ce sont les troubles generanx, surtout d'amaigrissement continu et progressif, qui donnent I'eveil. Dans la seconde on observe presque toujours une boiterie marquee qui rend la marche impossible, et qu'accompagne un gonflement intense des articulations.
D. — Diagnostic.
Le diagnostic estbeaucoup moins aise que ehe/ les mammiferes en raison de la difficulte de l'examen bacteriologiquedes secretions. Danslaplupart des cas, e'est avec la tuberculose et surtout avec les infec­tions vermineusesqu'il doit etre fait; mais pour cela, la recherche du parasite est absolument indispen­sable.
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30nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE DES 01SEAUX.
Pronostic.
Le pronostic est aussi grave que chez les mammi-teres, peut-etre plus, par suite de la facilite. avec laquelle les oiseaux contractentraspergillose. Si Ton elait assure du diagnostic, il y aurait lieu d'essayer le traitement medicamentcux qui a donne quelques resultats experimentaux appreciahles.
F. — Traitement de 1'aspergillose spontanee des jnammiferes et des oiseaux.
Nous avons reuni en un seul chapitre le traitement de cette affection, car line differe en rien, quelle que soit I'espece animale conlaminee. Le traitement com-prend unc prophylaxie rigoureuse et une therapeu-tique medicamenteuse interessante.
11 Importe tout d'abord d'eviter la contamination, ce qui est possible en supprimant les aliments, pailles, i'ourrages, graines, avarics et moisis, en changeant regulierement la litiere des animaux, en aerant, ventilant, et nettoyant ayec grand soin les ecuries. II serait aussi tres prudent de priver les graines et les fourrages despoussieres qui leur adherent, ou de les mouiller, excellents moyens pour eviter I'iutroduc-tion des spores dans les voies respiratoires.
Si dans une meme ecurie ou dans une meme basse-cour, une epidemic s'est declaree, l'isolement des animaux atteints s'impose le plus vite possible.
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TRA1TEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;U
ainsi que la desinfection des locaux contamines. Centre I'affection, le traitement revulsif est indi-que dans toute sa rigueur; dans les formes septice-miques suraigues on y associera l'usage des anti-septiques generaux et de la strychnine. Enfin, il est permis aujourd'hui, grace aux resultats experimen-taux obtenus chez les animaux, d'opposer ä lamaladie une therapeulique ralionnelle presque specilique. Par l'emploi quotidien de Tiodure de ! potassium nous avons pu obtenir une survie considerable chez des lapins inocules avec des spores dc I'aspergillus fumigatus (1). Lucet ayant constate les memes resul­tats avec Tioduro et l'acide arsenieux, ces deux medi­caments, surtout I'iodure, nous semblent appeles ä rendre dans raspergillose comme dans I'actinomycose, les plus grands services.
(1) Renos, De la resistance des spores de I'aspergillus 1'umigalus (Soc. debioi, 9 levricr IS'jy).
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CHAPITRE IV'
ASPEHGILLOSE DES OEUFS EN INCUBATION.
En dehors d'un travail de Dareste (1), qui pense avoir trouve une aspergillus dans les moisissures des oeufs en incubation, et de la these de Stephen Artault (2), qui relate certaines mycoses des oeufs frais ino-cules par effraction, c'est a Lucet (3) que nous devons le travail le plus complet sur la question. Nous rap-porterons presque entierement cette etude basee sni­des cas spontanes de mycose d'oeufs de canard en incubation.
A. — Symptömes.
Un meunier qui elevait habituellement avec succes des canards domestiques vit pour la premiere fois vingt canetons seulement naitre d'une couvee d'une
(1)nbsp; nbsp;Dareste, Recheiches sur le developpement des vegetations cryptogamiques ä l'exterieur et ä Tinterieur de l'ceuf de poule {Comptes rcndus de r.icad. des sc, 1892).
(2)nbsp;Stephen Artault, Recherches bacleriologiques,mycologiques, zoologiques et medicales sur Tbeuf de poule et ses agents d'infec-tion. These de Paris, 1893.
(3)nbsp; Lucet, Sur la mycose des oeufs en incubation {Bull, de la Soc. centr. de med. vol., rapport de 0. Larcher, 30 juin 1890, p. 369).
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 33
centaine d'oeufs. Les canes de la basse-cour, qui fournissaient les oeufs, etaienl toutes bien portantes, et les otnifs eux-memes tres sains d'apparence, avaient ete fraichement recueillis. Ils etaient places sous des poules tres bonnes couveuses. Les nids se composaient de paniers d'osier qui avaient dejä servi a cet usage et dont le fond etait garni de paille de ble et d'avoine, provenant de la recolte precedente, souvent renouvelee. Tous les soins pris en parcille circonstance ont ete donnes comme d'babitnde, et, malgre cela, les oeufs soumis ä l'incu-bation laquo; ont moisi interieurement raquo; pour la pluparl, les uns des les premiers jours, les autres un pen plus tard. Quelques rares canetons ont pu eclore, et, panni ceux-ci, quelques-uns nes chötifs et malin-gres, n'ont pas tarde asuceomber.
Appele chez le meunicr, Lucet proceda immedia-tement ii l'inspection des nids. Deux couvees elaient en incubation, et deja neuf des oeufs, troures moisis, avaient ete retires. Ln mirage pratique seance tenante permit de con stater que sur les oeufs restants, cinq etaient encore taches interieurement au niveau de la chambre ä air, bien que leur aspect exterieur parüt normal. Un mirage plus approfondi fit reconnaitre quelques differences entre ces cinq oeufs. Ceux qui avaient etele plus recemment soumis ä I'incubation, encore assez transparents, laissaient apercevoir dans leur partie moyenne, pres de la peri-pherie, latache embryonnaire, opaque, assez grande, immobile, fixee au vitellus, et presentant quelque
Ueno.x. — Aspergiltose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
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34nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE DES (EUFS EN INCUBATION.
ressemblance avec line grosse araignee : ä leur gros bout, dans la chambre a air, on apergut une tache noire immobile, completement opaque. Les ocufs les plus avances en incubation avaient perdu toute transparence sur la plus grandc partie de leur etendue, en raison du developpement plus marque de l'embryon, et au niveau de leur chambre h air, plus grande que dans les premiers ceufs, il etait facile d'obscrver une tache comme chez ces derniers, mais beaucoup plus grosse.
En cassant la coquille de tons ces osufs, la tache constatee au mirage se trouvait constituee par une moisissure verte ou vert t'ume : dans les uns, eile siegeait uniquement sur le feuillet externe de la membrane coquilliere; dans les autres, eile s'etendait jusque sur son feuillet interne. L'embryon etait mort, mais ne presentait aucune trace do putrefaction : on notait seulement une odeur speciale de moisi.
Le meunier remit encore ä Lucet neuf autres oeufs de cane en incubation, dans lesquels on trouvait au mirage la tache mycosique, ainsi que deux canetons nes dans des oeufs moisis et morts I'un le lendemain, I'autre le troisieme jour apres I'eclosion.
R. — Anatomie pathologique.
L'autopsie des deux canetons fit voir dans le foie de I'un une tache blanchatre de la grosseur d'une lentille, entouree d'une areole inflammatoire, et chez I'autre, dans le meme organe, deux noyaux un
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ANATOMIE PATUOLOGIQUE.
35
peu plus petits de meme teinte et de meme aspect. - Examine bacteriologiquement, le champignon Irouve dans les coquilles ne parut etre autre que Faspergillus fumigatus : ses cultures sur los milieux appropriös, ainsi que son inoculation aux lapins, ne lirent que confirmer cette opinion. Les lesions des canetons ötaient de meme nature et de mome origine, comme le demonlrerent l'examen microscopique et les cultures.
En pratiquant des coupes sur des fragments de coquilles fixeesparralcooletdecalcifieos, Lucet, apres l'emploi du carmin et de la methode de Weigert, put voir ä un faiblc grossissement laquo; une veritable foret de rameaux myceliens, fertilos, dresses sur la face libre de la membrane coquilliere, et une masse compacte, feutree de mycelium rampant et infiltrant loute l'epaisseur de cette membrane, et penetrant dans tons les interstices de la trame albuminoide de la coquille raquo;. A un plus fort grossissement, dans les points oü ce feutrage etait moins serre, il put constater d'abondantes pelites granulations laquo; qui semblaient etre les elements propres du tissu sur lequel le champignon s'etait developpe raquo;.
L'etude histologique du l'oie des canetons permit de constater que les alterations etaient constituees par laquo; des amas leucocytiques avcc quelques frag­ments myceliens raquo;.
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36
ASPERGILLOSE DES (EUFS EN INCUBATION.
C — Etiologie. — Pathogenic.
Lucet, par une serie d'expericnces ingenieuses, a reclierche la cause de cette infection des oeufs en incubation.
II a tout d'abord ecarte I'hypothese de la contamina­tion dans le corps de la pondeuse, avant I'expulsion par Toviducto, et cela, parce que les canes etaient en excellente sante, que la moisissure etait rigoureu-sement la meme dans une centaine d'oeufs pondus par des femelles diffcrentes, ct que la date d'apparition de la mycose dans les oiiifs etait des plus irregulieres. L'auteur apense que les pailles du nid seules devaient etre incriminees, car ces pailles, comme il I'a demontre, contenaient üi leur surface des spores d'aspergillns fumigatus.
De toutes ces recherches sur la contamination des oeufs par les spores, il a pu donner les conclusions suivantes :
Lorsque leur coquille cst intacte et propre, les oeufs en incubation ne paraissent pas susceptibles de moisir, meme quand ils reposent sur des substances auxquelles adherent en tres grand nombre des spores d'aspergillus fumigatus.
On obtient encore un resultat negatif quand, ;i I'aide d'un pinceau ou du doigt, on impregnc la coquille intacte et propre des oeufs en incubation d'une enorme quantite de spores d'aspergillus fumigatus.
Ce meme resultat negatif est encore obtenu, quand
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r invipvji. mm
ET10L0GIE. — PATUOGENIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;37
pour faire cette impregnation de la coquille ot rendre l'adherence des spores plus inlime, on fait inlervenir l'aide d'un liquide indifferent, tel que 1'eau distillee.
Par contre, on obtient des resultats presque ä coup sur positifs, si Ton remplace I'eau par one substance dans laquelle les spores d'aspergillus fumigatus sent susceptibles d'evoluer, teile que la gelose, la gelatine, les corps gras.
Pour obtenir une inoculation presque ä coup sür certaine, il suffit m6me d'etendre sur les oeufs en experience une couche excessivementmince de graisse ({uelconque, beurre frais, beurrefondu, axongue, puis de placer les oeufs sur un lit do spores.
Cette infection des oeufs en incubation, facile ä pro-duire si Ton prend soin de badigeonner leur coquille d'un corps gras quel qu'il soit, est obtenuc tres rapi-dement, eile pent avoir lieu par un point quelconque de leur peripherie.
Tons les resultats experimentaux que nous venous d'enoncer nous font bien comprendre le mecanisme de l'introduction du champignon dans I'oeuf, non par effraction de la coquille, mais par la membrane cal-caire saine elle-meme. Les spores maintcuues ä leur surface par un corps gras commenceut ä s'y deve-lopper, la temperature produite par le corps de la pondeuse etant extremement favorable a leur germi­nation, et ce sent les ramaux de ce mycelium tout jeune qui penetrent dans la chambre ä air. Les cou-veuses elles-memes, ä l'aide de leurs plumes enduites de substances organiques, realisentces conditions: en
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38nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE DES (EUFS EN INCUBATION.
retournant leurs oeufs, elles mettent toute leur sur­face, qu'elles vicnnent ainsi d'impregner, en contact avec la paille du nid qui, si ellc est moisie, contient des spores d'aspergillus fumigatus et expliquc fort bien la contamination.
D. — Traitement.
De loutes cos donnees experimentales et de leur interpretation, Lucet a lire des consequences pra­tiques pour eviter l'infection des ojufs.
11 Importe de ne meltre ä couver que des oeufs propres et intacls, de ne faire les nids qu'avec des substances non poussiereuses, non avarices et non moisics, ou mieux do steriliser celles qui serviront a les former : quand on trouve dans une couvee un oeuf moisi, il est tout intlique de changer immediatement les nids de toutes les pondeuses. Avec toutes ces pre­cautions on n'aura guere d'insucces ä deplorer.
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imiiiulaquo; i. .#9632; ia
CHAPITRE V
CONSIDERATIONS GENEUALES SUR l'aSPERGILLOSE SPONTAXEE DES ANIMALX.
Tout ce que nous venons de relater met bien en lumiere l'importance de Taction pathogene de l'asper-gillus fumigatus chez les animaux: les mammiferes ainsi que les oiseaux peuvent y succomber. Avec le perfectionnement des methodes bacteriologiques et la connaissance plus approfondie de la maladie, d'autres especes pourronten etre reconnues atteintes ä lern- tour, alors qu'actuellement I'aspergillose est confoudue avec une serie d'affections dont eile emprunte une partie des symptomes.
En dehors de l'interessante question du pouvoir nocif de ce champignon dans la serie animale, 11 resulte de cette etude que, si la maladie se devcloppo dans quelques cas secondairement ä des lesions des voies respiratoires, dans la presque generalite des cas, eile est cssentiellcment primitive, etc'estle parasite qui est la cause dc tons les desordres. Tousles auteurs sont d'accord sur cette particularite. Neumann dit formellement que laquo; ce champignon est veritablement ct primitivement pathogene raquo; ; pour Bournay, c'est
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-^5^t-U=laquo;l!J. k*.^f
40nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; CONSIDERATlOiNS GENERALES SUR L'ASPERGILLOSE.
d'une laquo; pneumomycose primitive raquo; qu'il s'agit ; pour Lucet c'est laquo; une affection speciale, autonome, ayant sa gravite propre, parfois contagieuse, et meime epi-zooticpie raquo;.
Nous sommes loin dc rancienne opinion do Spring (1) ct Robin (2), qui ne faisaient jouer qu'un role saprophytique auxmoisissures. Retenons ce fait, que chez I'animal I'aspergillose est en general primi­tive, et nous verrons comment cctte notion nous permettra de jcter un jour nouveau sur I'aspergillose de 1'homme lui-meme.
(1)nbsp; Spring, Sur une mucedinee developpöe dans la pocbe aerienne abdominale d'un pluvier dore {Bull, de l'Acad. roij. des sc. de liel-(jique, 1848, t. XV).
(2)nbsp;Robin, Hist. nat. des v^g^taux parasites. Paris, 18Ü3.
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U,l nip. .. jlina ii ^rJii|
SECONDE PARTIE
ASPERGILLOSE EXPERIMENTALE
GHAPITRE 1
HISTORIQUE.
Les premieres observations d'aspergillose experi-mentale datent de 1869 et de 1870, epoques aux-quelles Grobe (1) et son eleve Block (2) constaterent que, si Ton injecte dans les veines d'un lapin une emulsion de spores de moisissures, les animaux succombentrapidement. Cesauleurs experimenterent avec des spores d'aspergillus glaucus, de penicillium glaucum et des levures : il parait aujourd'hui certain que les lesions obtenues cbez les animaux par ces injections, semis blanchatres ayant toutes les appa-rences de tubercules et siegeant dans les reins et dans
(1)nbsp; Groiie, Experimente über die Injcclion dei- Pilzsporen von Aspcrgillus glaucus und Penicillium glaucum in dem Blut und den serösen Sache {Mcdicinische Verein zu Greifswald, Sitzung von 7 August 1869, in Berliner klin.Wochcnschr., 1870, p. 8).
(2)nbsp; Pgt;u)ck, Beitrag zur Kenntniss der Pilzbildung in den Geweben des thierischen Organismus. These de Stettin, 1870.
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42nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;HISTORIQL'E.
les muscles,n'etaient dues ni au penicilliumglaucum, ni aux levures injectees, mais a un aspergillus qui, lui non plus, u'elait pas I'aspergillus glaucus, mais bien I'aspergillus fumigatus, comme uous allons le demonlrer par la suite.
En 1877, en injoclant a descliienset ä des lapins. dans les veines ou dans 1c carolide des spores de penicillium glaucum, d'aspergillus glaucus, d'asper-gillus niger, de mucor mucedo, de mucor stolonifer, de mucor racemosus, d'oidium laclis, d'oidium albi-cans, de levures et de botritis bassiana, Grawitz f 1) n'a obtenu aucun resultat.
Sur deux cents experiences, pas un animal ne succomba; il attribua ses insucces a une serie de considerations inexactes (alcalinite du sang et des tissus, temperature trop elevee, insuffisance d'oxy-gene, action propre des cellules animates Vivantes): l'explication est beaucoup plus simple : il n'avait tres probablementinjccteque du veritable aspergillus glaucus, non pathogene, alors que Grebe avait ino-cule dc I'aspergillus fumigatus qu'il avait pris a tort ü])pour de I'aspergillus glaucus.
D'ailleurs, trois ans plus tard, Grawitz (2) obtintdes resultats positifs avec I'aspergillus glaucus et le penicilliumglaucum, et conflrma de cette facon les experiences de Grobe et Block; mais il n'expliqua
(1)nbsp; nbsp; Gravitz, tieitiägc zur systematischen Botanik der pflanzli­chen Parasiten {Virehow's Archiv, 1877, t. LXX, p. 546).
(2)nbsp; Gravitz, lieber Schimmelvegelalionen in thierischen Organis­mus (VjVcäow's Archiv, 1880, t. LXXXl, p. 355).
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niSTORIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;M
l'action pathogene des spores de ses cultures quepar leur acclimatement aux milieux alcalins et aux tem­peratures elevöes. C'etait lä une idee absolument fausse, ainsi qua Tont demontre Koch et Gaffky (1), qui penserent ä leur tourque les cultures deGrawitz n'etaient pas pures, qu'il injectait une fois un cham­pignon virulent, l'aspergillus glaucus. et une autre i'ois un champignon non virulent, le penicillium glaucum. Ce n'etait lä qu'une partie de la verite.
Baumgarten et Muller (2), etsurtout Kaufmann (3), commencerent la dissociation de l'action pathogene des aspergillus; ils virent que l'aspergillus niger n'etait pas virulent, qu'il se developpait aux basses temperatures, tandis que l'aspergillus glaucus, pous-sant aux hautes temperatures, etaitleseul qui causät la mort des animaux, et quo dans ses experiences Grawitz avec isole par ses precedes de culture, tantot l'aspergillus niger, tantot l'aspergillus glaucus.
Lichtheim (i) fit faire un pas decisifä la question en affirmant que Koch, commeGrawitz, avait employe un melange de champignons, les uns virulents, les autres non pathogenes, et surtout en demontrant d'une maniere irrefutable que celui designe par tous les auteurs sous le nom d'aspergillus glaucus com-
(1)nbsp;Koch et Gaffky, Mitthtil. ans demEaiserl. Gesundheitsamtes, 1881.
(2)nbsp; Bauhgarten et Müller, Versuche lieber accommodative Züch­tung von Schimmelpilzen [Berliner Idin. Wochenschr., 1882).
(3)nbsp;Kaufmann, Infection produite par Tapcrgillus glaucus (Soc. des sc. med. de Lyon, 1882, in Lyon inkl., 1882, t. XXXIX, nns 4 et 10).
(4)nbsp; Lichtheim, Üeber pathogene Schimmelpilze. Die Aspergillus-mykosen (ßerü/ilaquo;' /,7m. Wochemchr., 1882, p. 129, 147).
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44
HISTORIQUE.
prenaitenrealite deuxespöces, l'une ä grosses spores, inoffensive, l'aspergillus glaucus, l'autre presque de mome couleur, ä petites spores, tres virulente, l'as­pergillus fumigatus, de Fresenius : ces faits furent confirmes par de Bary (1).
En dehors d'un memoire de Leber (2)sur les lesions oculaires produites chez les animaux pas l'asper­gillus fumigatus, et des travaux sur d'autres asper-gilluspathogenes, ceux de Gaffkv et d'Huguemeyer (3) sur l'aspergillus flavescens, de Olsen et Gade (4) sur l'aspergillus subfuscus, d'Eidam (5) sur l'aspergillus nidulans, il nous faut arriver ä un tres important memoire dc Ribbert (6) pour acquerir de nouvelles notions sur la manicre dont evolue l'aspergillus fu­migatus dans les organes, et sur les reactions de de­fense qu'il y determine.
En 1890, MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal posent de nouveau la question de l'aspergillose expe-rimentalcen France, etdansnotre these nous essayons d'elucider quelques points de son histoire. Signalons les fails interessants rapportes par MM. Gaucher et
(1)nbsp; Di- Bary, Morphol. und Physiol. der Pilze, 1883.
(2)nbsp; Leueii, Ueber die Wachsthumsbedingungen der Schimmelpilze im mensch, und thierisch. Körper (Berliner Min. Wochenschr., 1882).
(3)nbsp; nbsp;Hlgue.mkyeh, Ueber Abschwächung pathogcner Schimmel pilze. These dc Bonn, 1888.
(4)nbsp; nbsp;Olsen el Gade, Nord. med. Archiv, 1880, vol. XVIII, n0 9.
(5)nbsp; Eidam, Colin's Beiträge zur liiohflie der Pflanzen, 1883, t. Ill, p. 392.
(6)nbsp; Ribbert, Der Untergang pathogener Schimmelpilze im Körper. Bonn, 1887.
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HIST0R1QUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
Sergent (1) ü propos d'un cas ehe/, un gaveur de pigeons, un travail tres consciencieux de Kotliar (2) sur la recherche des toxinesdansles cultures d'asper-gillus fumigatus, puis tous les cas experimentaux dontnouspoursuivonsretude depuisquatre annees(3). Disons aussi qu'une partie du travail de Lucet (4) est consacree ä l'etude de l'aspergillose experimentale.
(1)nbsp; Gaucher el Sergent, L'n cas de luberculose aspergillaire simple cliez un gaveur de pigeons (Soc. mcd. des höp., 0 juillel 1894).
(2)nbsp; KoTu.Mi, Contributions ä Telude de Ja pseudo-tuberculose aspergillaire (Ann. de Vlnsl. Pasteur, 2ü juillel 1894).
(3)nbsp;Reno.n, Communications ä la Soc. de biol., I89ä-I89G.
(4)nbsp;Ad. Lucet, Elude exp. el clin. sur l'aspergillus funiigalus(ßM//. de to Soc. centr. de mcd. vöt., 30 aoül 18901.
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CHAP1TRE II
l'aspergillus fumigatus.
A. — Caractferes botaniques.
Aujourd'hui que le polymorphisme des champi­gnons est bien connu, il est assez difficile de classer l'aspergillus fumigatus, autrefois mis sans conteste dans la classe des mucedinees ; outre la reproduction asexuee par conidies, de Bary a pu, dans des cas tres rares il est vrai, observer la reproduction sexuee par ascospores. Aussi cet auteur et Costantin (I) rangent-ils l'aspergillus fumigatus parmi les ascomy-cetes, et parmi ces derniers dans la classe des ery-syphacees. Van Tieghem (2) et 11. Blanchard (3) le classent aussi dans l'ordre des ascomycetes et dans la famille des perisporacees.
II est essentiellement constitue h I'etat adulte par un mycelium plus ou moins fourni, qui donne des rameaux steriles, rameaux cloisonnes etincolores, et des rameaux fructiferes dresses, incolores ou legere-ment colores : ces derniers supportent les spores qui
(1)nbsp;Costantin, Les mucödinees simples, 1888.
(2)nbsp;Van Tieghem, Traite de botan., 1891,1. II, p. 1145.
(3)nbsp;Raphael Blanchard, Parasites vegetaux, äTexclusion des bacle-ries (Traite de pathoi. gen. du professeur Bouchard, t. II, p. 843).
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CARACTEUES BOTANIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;47
preiment une couleur variable suivant les divers milieux sur lesquels elles sont ensemencees. Cos spores, petites, de 3 ä 4 [t de diametre, sont rondes, circulaires, completement lisscs. Elles reposent sur le receptacle ou tete sporifere qui n'est qu'une partie du mycelium dressee et renflee en massue ii son sommet, compose d'une seule cellule \egetale non divisee. Le mycelium est forme d'hyphes alternes, courts, un pen dilates ä leurs extremites.
ü'ailleurs, pour se rendre mieux compte de la structure du champignon, il suffitd'ensemencer quel-ques spores en gouttes pcndantes sur liquide de Raulin et de les laisser ä l'etuve a 24 degres. En faisant des observations regulieres, on pourra suivre loutes les phases de leur developpement. Deux heures apres rensemencement, quelques-unes des spores commencent ä augmenter de volume et leur protoplasma devient manifestement granulcux. Vers la quatrieme heure,elles poussent un pclit prolonge-ment, ebauche du mycelium, qui devient plus nette deux heures plus tard, et commence dejä ä se diviser en hyphes mis bout h bout. Ces segments nettement cloisonnes sont bien apparents huit heures apres I'ensemencement. A la quatorzieme heure, un des hyphes du mycelium, au lieu de ramper horizonta-lement dans le liquide de culture, se dresse perpen-diculairement aux autres, se renfle en massue ä son sommet et forme ainsi la tete sporifere. Celle-ci se re-couvre vers la dix-septiemc heure, dans ses deux tiers superieurs , de petites cellules en forme de
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L'ASPERGILLUS FUMIGATUS.
quilles, les basidies ou sterigmates. Vingt heures apres le debut de rensemencement, les sterigmates s'etranglent h leur sommet, produisant ainsi succes-sivement une serie de spores spheriques qui ne sont
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B-^^f ^^^.
Fig. 1. — Deux tetes sporileres d'aspergillus fumigatus, provenant dune culture sur pomme de terre, aveo spores s'en echappant (preparation montee directement dans le baume). — laquo;, töte sporifere. — I, rameau mycelien supportant la tete sporifere. — c, spores. (Leitz, objec. 7, ocul. 3).
differenciees que Tune apres I'autre en partant de rextremite terminale. Un chapelet de spores est nettement forme des la vingt-deuxieme heure, et il suffira plus tard d'un eboe tres leger pour les detacher les unes des autresetdu receptacle, et les mettre en liberte. Si Ton emploie une temperature plus elevee.
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EXAMEN MICROSCOPIQUE. — COLORATIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;49
28, 30, 35 degres, le developpement peut etre im peu plus rapide : souvent revolution est la meme qu'ü 24 degres. Parfois, a cette derniere tempera­ture, la germination est moins rapide et demande vingt-quatre et vingt-six heures pour etre complete. Si Ton fait usage de temperatures plus basses, plu-sicnrs jours peuvent etre necessairespour revolution totale de la spore. Dans certains cas meme, Lucet a vu les organes fructiferes ne pas se developper, seit que les tetes sporiferes manquent completement, on qu'elles ne se couvrent pas de sterigmates; mais, la vitalite n'en persiste pas moins, et il suffit de trans­planter ce mycelium pour le voir parcourir son cycle complet.
B. — Examen microscopique. — Colorations.
Pour examiner I'aspergillus fumigatus, on peut faire des preparations et les monter ä l'eau simple-ment, ou bicn employer la methode de Crookshank qui donne d'excellents resultats pour l'etude des moisissures : il suffit de placer line goutte de glyce­rine sur une lame, une goutte d'alcool sur une lamelle, d'apporter un fragment de champignon sur I'alcool, de renverser la lamelle sur la lame et de maintenir le tout sur une flamme (lampe ä alcool ou bee de Bunsen) jusqu'ä formation de bulles d'air : apres deux ou trois chauffages semblables, mais legers, on presse la lame centre la lamelle, on laisse refroidir et on lute.
Renon. — Aspergillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4
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•JOnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; L ASPERGILLUS FUMIGATUS.
On peut aussi examiner le champignon en versant sur lui une goutte de solution aqueuse de potasse (potasse caustique, -iOgrammes; eau distillee, 60 gram­mes). On recouvro d'une lamelle de verre, puis on chauffe doucement a la flamme (lampe ä alcoolou bee de Bimsen), pendant trois ä quatre secondes, sans aller jusqu'ä rebullition.
On peut faire l'examen du parasite apres son deve-loppement en gouttes pendantes, en le traitant par I'acide acetique cristallisable, d'apres le procede employe par notre ami Bodin (1) pour les trichophy-tons et le microsporon Audouini : il sulfit de verser une goutte de ce liquide sur la lamelle contenant le champignon. L'acide acetique en fixe les spores et tons les elements. En general, la preparation ne se conserve pas, par suite de l'evaporation rapide de l'acide acetique, et il faut la dessiner immediatement a la chambre claire : d'apres Delacroix,il scraitcepen-dant possible de garder ces preparations en les mon-tant dans la glycerine, apres evaporation de l'acide acetique, et en colorant par Feosine on par une solu­tion dans l'acide lactique de bleu coton G. L. B.
Enfm^on peut employer des matieres colorantes, en utilisant la fuchsinc de Ziehl tres etendued'eau, une solution hydro-alcoolique tres diluee de bleu de methylene ou de violet de gentiane. La safranine,en solution aqueuse pen concentree, nous a donne d'excellents resultats : en laissant cinq h dix minutes
(1) E. BoniN, Les teignes londantes du cheval et lours inocula­tions humaines. These de Paris, 1896, p. 121.
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CULTURES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;51
dans cette solution, nous avons obtenu une belle coloration du mycelium et des spores qui prennent une couleur rouge orange clair.
La coloration par I'eosine aqueuse en solution ä 1 p. 100, donne aussi de belles preparations : il suffit de laisser la lame on la lamelle pendant trois minutes dans le bain colorant. La thionine colore egalement bien toutes les parties Constituantes de l'aspergillus fumigatus : nous I'ulilisons pour cet usage depuis deux ans, en employant la formule de Nicolle :
Thionine...................nbsp; nbsp; aO centigrammes.
Acide phenique.............nbsp; nbsp; nbsp; i gramme.
Alcool absolu...............nbsp; nbsp; nbsp;10 cent, cubes.
Eau distillee................nbsp; nbsp; 00
II suffit de laisser une minute ;i peine dans cette solution, puis laisser secher et monier au baume.
On pent, pour l'examen de toutes ces preparations, se servir de grossissements varies (objeclifs 4, 6 ou 7) ; mais, pour l'examen en gouttes pendantes, remploi des objectifs ä immersion nous parait indis­pensable, pour permettre de juger utilement de la structure et du mode de developpement du parasite.
G. — Cultures.
Au debut de nos etudes sur I'aspergillose, nous avons ete assez embarrasse, pour obtenir de belles cultures d'aspergillus fumigatus, et nous avons employe tout d'abord les milieux communs ordinaires de la bacteriologie : nous aliens indiquer d'une
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Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; #9632; quot;l . ji i ~*im^^^^m^*mmm^^^^^m^^m*^mm^^mmimmim*^
52nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; L'ASPERGILLUS FÜMIGATÜS.
maniere successive les resultats obtenus. Sur bouillon peptonise legerement alcalin, le developpement est tres lent: au bout de trois ä six jours apparait une trace de mycelium, et il est tres rare que le champi­gnon vienne jusqu'a fructification.
Sur gelatine mise ä l'etuve ä 22 degres, le develop­pement est encore plus lent; pendant une quinzaine de jours le mycelium seul apparait, et ce n'est souvent qu'au bout de trois ä quatre semaines que se deve-loppentles spores, qui prennent une couleur noirätre et sont en petit nombre : la culture est maigre. L'aspergillus fumigatus liquefie la gelatine ä la longue, et cette liquefaction ne nous a guere paru etre complete qu'au bout de quatre semaines.
Lagelose ordinaire convient mal au developpement du champignon, qui forme au bout de trente heures sur la strie d'ensemencement une raie blanche de mycelium; les spores n'apparaissent que le troisieme jour ; d'abord verdätres, elles prennent une couleur noire caracteristique au bout de cinq jours de sejour a l'etuve.
Enfin, sur serum sanguin peptonise, nous n'avons jamais obtenu que des cultures de mycelium avec quelques rares spores vert fence.
Mais, dansces milieux habituels, l'aspergilluspousse mal, et ne presente jamais que des cultures chetives, avec un nombre de spores peu considerable. La cause de cette maigre vegetation tient tout entiere ä l'em-ploi des liquides alcalins, peu favorables au deve­loppement des moisissures ; si on leur donne au
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CULTURES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 53
contraire un milieu acide ou un milieu sucre, elles y poussent ä l'aise, et c'est ä ces substances qu'il faut s'adresser pour avoir de belles cultures.
L'emploi du liquide Raulin a ete la base de toutes nos recherches, I'aspergillus s'y developpantmerveil-leusement bien : nous rappellerons la formule de ce liquide acide, compose uniquement de substances minerales :
Eau..........................nbsp; nbsp; nbsp;1SÜ0nbsp; grammes.
Sucre candi...................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 70nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Acide tartrique................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Nitrate d'ammoniaque.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Phosphate d'ammoniaque......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 60nbsp; centigrammes.
Carbonate de potasse..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 60nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Carbonate de magnesie........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 40nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
o
Sulfate d'ammoniaque........
#9632;gt;
Sulfate de fer.................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7
Sulfate de zinc...............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Silicate de potasse............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—#9632;
Carbonate do manganese......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Sur ce milieu, nous avons toujours eu un develop-pement de mycelium en cinq ä douze heures, et de spores en douze a quinze heures : la surface du tube prend d'abord I'aspect d'un tapis veloute blanc qui devient vert bleuätre tendre, puis vert fonce, pour finir par etre brun noirätre au bout de cinq ä six jours.
Sur gelose faite avec le liquide de Kaulin, le deve-loppement est aussi rapide : au bout de quelques heures, apparition du mycelium sur la strie d'ense-mencement sous forme d'une trainee blanchätre; celle-ci gagne en largeur toute la paroi du tube, prend au
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54nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;L'ASPERGILLUS FUMIGA.TUS.
centre une teinte verdatre fonc^e qui envahit en trente-six heures toute la surface mycelienne. Au bout du troisieme jour les spores deviennent plus foncees; elles se detachent le quatricme jour, et for-ment une fine poussiere qui s'etale sur les parois du tube quand on vient a le remuer. C'est sur ce milieu que la couleur des spores devient en quatre jours franchement noiiätrc, et ce n'est guere que sur lui que persiste cette couleur brun noiratre, absolu-ment caracteristique de l'espece aspergillus fumi-gatus.
Les liquides riches en glycose et an peu acides laissent bien se developper ce champignon. Les mi­lieux glycerines glycoses, donton se sert pour les cul­tures de tuberculose, lemoüt de biere, sont pour cela d'un excellent usage; c'est meme, h noire avis, sur ces liquides qu'on obtient le maximum de croissance de 1'aspergillus. On pent les employer sous forme de bouillon et de gelose.
La culture obtenue sur ce milieu est plus luxu-riante encore que celle produite sur le liquide de ilaulin : au bout de quelques heures, apparition d'un mycelium blaue, puis ä la fin du premier jour teinte verdatre des spores, qui prennent une colora­tion vert fence, noiratre le deuxieme jour, et vertsale au bout du cinquieme jour.
Sur mout de raisin blanc, le developpement est presque aussi rapide et luxuriant que sur mout de biere.
A ce dernier, d'une composition inconstante, nous
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CULTURES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 55
avons substitue une solution de maltose selon la for-njule de Sabouraud (1) :
Mallose...................... Jt'r,70
Peptone.....................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;0sr,7ü cenligr.
Eau distillee.................. 100 grammes
et nous I'avons employee seit directement, soit additionnee de gelose on de gelatine : ce milieu convient extremement bien au developpement de l'aspergillus fumigatus qui y pousse peut-etre encore mieux que sur le mout de biere, et qui y garde la memo couleur.
La culture sur pomme de terre donne aussi de tres bons resultats. L'ensemencement sur fragments de pommes de terre, mis dans des tubes de Roux et steri­lises deux fois pendant quin/.e minutes ä 120 degres, nous a toujours donne une culture tres riche en qua-rante-huit heures : Faspect pris par la culture est alors vert fence, et on ne retrouve pas Faspect brim noi-I'fitre que nous avons observe surle liquide de Raulin.
Sur im milieu artificiel prepare parM. L. Grim-bert, et contenant tons les elements de la pomme de terre naturelle, nous avons obtenu les mfimes resultats : cultures tres rapides avec mycelium abon-dant, et spores de couleur verdatre.
Le meme aspect et la möme rapidite de developpe­ment se retrouventsurla carotte et le jus de groseille filtre et sterilise.
Sur pain humide sterilise, nous avons egalement
(1) Sabourauh, Les Iricophyties humaines. Paris, 1895, p. 55.
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56nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; L'ASPERGILLUS FUMIGATUS.
obtenu les memes resultats, et la virulence des cul­tures ainsi developpees ne nous a pas paru, contrai-rement a Fopinion de Grawitz, superieure ä celle ob-tenue sur d'autres milieux.
L'aspergillus fumigatus pousse tres bien sur le lait reparti dans des tubes, le tout sterilise ä Fautoclave a 120degres : le mycelium se developpe des le second jour et les spores apparaissent vertes le troisieme jour: il y a coagulation du lait.
Sur I'urine humaine normale, sterilisee ä froid et acide, la germination du champignon so fait d'une faQon aussi rapide et de la memo maniere que sur le moüt de biere; mais si Ton emploie de Turine de la meme provenance, chaufiee ä 110 degres ä Tauto-clave, et devenue par suite tres legerement alcaline, le developpement est extremement lent et de tons points identique ä celui effectue sur le bouillon pep-tonise ordinaire. Avec i'urine do lapins, recueillie aseptiquement dans la vcssie et repartie dans des tubes sterilises, les resultats sont completement differents : quand I'urine est alcaline, rien ne se de­veloppe ; quand eile est acide, on ne constate, an bout de plusieurs jours, qu'une legere ebauche de myce­lium sans fructifications.
D. — Conditions de developpement des spores. — Tempe­rature. — Action de roxygene de l'air.
La temperature la plus favorable au developpe-pement des spores est, comme Font bien fait remar-
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CONDITIONS DE DEVELOPPEMENT DES SPORES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;B7
quer Kaufmann, Lichtheim etMM. Dieulafoy,Chante-messe et Widal, une temperature voisine de celle du corps humain, et c'est ä 37 ou 38 degres qu'on atteint le maximum de developpement. Ce dernier se fait encore k 40 degres ; ä 30 degres, il est moinsactif, et les spores ne poussent plus entre 33 et 60 degres ; ä 100 degres, elles sent irremediablement tuees.
Si Fön etudie l'action des basses temperatures, on voit que les spores ne poussent pas au-dessous de 20 degres: ä 17, 18 degres, il n'existe plus de tetes sporiferes : au-dessous de 15 degres, les cultures sont impossibles, et des spores ensemeneees dans notre laboratoire n'ont jamais pousse ä 10,12 degres. Par contre, le froid intense reste sans action sur elles. laquo; Al'encontre dece qui se passe avec les basses temperatures, dit Lucet, ä hautes temperatures, dans les cultures si pen touffues qu'elles soient, les coni-dies apparaissent jusqu'aux dernieres limites de la vegetabilite, tandis qu'avec les basses temperatures, la production des organes fructiferes cesse bien avant que le mycelium soil arrete. raquo;
Le developpement du mycelium et des spores se fait d'autant plus facilement que le milieu est plus aere : la difference est tres sensible si Ton compare des cultures faites en tubes, capuchonnes ou non. en matras Pasteur, en flacons d'Erlenmeyer ou clans des cristallisoirs remplis de liquides nutritifs.
Si Ton fait le vide relatif dans des matras ou dans des ballons reconverts d'unc couche d'huile de vaseline, en sterilisant le tout h I'autoclave, on peut
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38nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;L'ASPERGILLUS FUMIGATOS.
voir, apres ensemencement, le mycelium se deve-lopper, mais tres 1'aiblement, sans avoir jamais tendance h gagner la surface superieure du liquide. Dans un vide süffisant pour permettre le developpe-ment du bacille du tetanos, Lucet, sur des milieux solides et sur des milieux liquides, apu constater des cultures presque identiques : il a vu qu'il existait du mycelium grele, avec quelques tetes sporiferes avortees, sans sterigmates et sans spores : si, meine au bout de plusieurs mois, on permettait la rentree de l'air, les cultures reprenaient leur developpement normal.
Au contact de l'air, l'aspergillus fumigatus pousse asse/. bien dans les organes : 11 suffit d'ensemencer ä sa partie inl'erieuro un fragment d'organe recucilli aseptiquement chez I'animal, pour voir, en quelques jours, le mycelium le traverser de part en part et donner des spores vertes ä sa surface. Dans les milieux solides, le developpement serait tres difficile d'apres Lucet.
Dans les milieux liquides, surtout dans le liquide de Raulin et la solution de maltose, les spores ense-mencees au fond du tube emettent des rameaux de mycelium en forme d'eventail, de couleur blancliatre, tres gros, tres visibles ä l'oeil nu, sur lesquels se forment d'autres couches rayonnees qui gagnent pen ä pen la surface avant de donner des spores : dans les tubes, oü la couche du liquide atteint cinq cen­timetres de hauteur, le temps necessaire ä revo­lution complete du champignon, si on les met ä
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DES VARIATIONS DE LA COULEUR DES SPORES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;59
l'etuve ä 37 degres, est en moyenne de trois ä sept jours.
E. — Modifications chimiques produites dans les milieux
de culture.
Luceta fait d'interessantes recherches sur ce sujet, et il a pu constater qu'apres la culture, les milieux alcalins conservaient leur reaction alcaline, et les milieux acides devenaient franchement neutres et parfois alcalins. 11 a pu voir que sur le liquide de Haulin, apres vingt-trois jours de sejour ä l'etuve, le champignon avait employe, pour son developpement, de l'eau, la totalite du sucre, de l'acide carbonique et de l'acide azotique, du carbonate de potasse et du carbonate de magnesie, et du nitrate d'aramoniaque : il s'etait forme de plus unc substance tinctoriale qui precipitait par l'alcool etrestait soluble dans l'eau.
On constate aussi, apres la culture de l'aspergillus, une diminution des proprietes nutritives du milieu : celle-ci croit progressivement apres de nouvelles cultures, pour devenircompletement nulle.
F. — Des variations de la couleur des spores.
Nous avons vu que la couleur des spores de l'as­pergillus fumigatus etait variable suivant les differents milieux employes : generalement verdatre sur les milieux acides (pomme de terre, moüt de bierc, moüt devin blaue, maltose, carotte, jus de groseille, pain
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COnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; L'ASPERGILLUS FUMIGATUS.
humide, urine humaine steriliseeäfroid), eile devient brim noirätre sur les milieux legeremont alcalins ou neutres (bouillon, gelose ordinaire, urine humaine sterilisee ä chaud).
En employant le liquide de Raulin, nous avons pu constater que sur tubes de ce liquide, les spores, d'abord vertes, prenaient quelquefois une couleur noirütre. Au bout de quelques jours de culture, on observe toujours cet aspect fume sur tubes de gelose au liquide de Raulin, et sur tubes de ce liquide ensemences avec des organes d'animaux infectes d'une maniere quelconque par l'aspergillus fumigatus.
En employant de la gelose neutre peptonisee ä 5 p. 100, milieu utilise pour la culture du favus (1), nous avons obtenu une aussi grande abondance de spores que sur les milieux acides, mais de couleur fumee.
L'addition dans les milieux de culture liquides, usuels, de raspergillus fumigatus (liquide de Raulin, maitose de Sabouraud) des substances qui vont suivre et aux doses que aliens indiquer n'a produit aucune modification de la couleur normale des spores :
Nitrate tl'argent.....nbsp; nbsp; 1quot; denbsp; solutionnbsp; a 1 p. 100 dans #9632;iOquot; de liquide.
Teinture diode......nbsp; nbsp; 1quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ä 1p.- ION
lodure de potassium.nbsp; nbsp; 1quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; a 25 p. lOOf
Chlorure de sodium.nbsp; nbsp; 1quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ä 1 p. lorans iquot; de liquide.
Acide tartrique......nbsp; nbsp; 1quot;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; a 2 p. 100 j
Des cultures faites sur pain humide et sur pomme
(1) E. Bodin, Sur la pluralite du favus {Ann. de dermat. et de syphiligr., 1894, p. 1238).
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DES VARIATIONS DE LA COULEUR DES SPORES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 61
de terre, trempes pendant une demi-heure dans ces solutions, n'amenerent aucun changement dans la coloration habituelle des spores sur ces milieux.
Dans un seulcas,nous avons observe une modifica­tion de ces colorations verte et brun noirätre (I). A la fin du mois de juin 1895, pour eviter revaporation du liquide qui s'etait produite les annees precedentes dans les tubes capuchonnes, nous avions ferme ä la lampe un certain nombre de tubes de cultures d'aspergillus fumigatus sur maitose de Sabouraud.
Trois mois apres, quand nous avons voulu utiliser ces tubes, nous avons ete tres surpris de voir que les spores etaient devenues jaunes, tandis que dans les cultures de memo date simplement capuchonnees, elles etaient restees vertes. Bien que sur de la fixite de notre espece, nous avons cependantcraint une contamination de nos tubes par une autre espece, l'aspergillus flavus ; mais nous avons ete bien vite rassure par la simple experience suivante : nous avons ensemence ces spores jaunes sur maitose de Sabouraud, et nous les avons vues devenir vertes aussi rapidement que des spores plus recentes ensemencees en memo temps de la meme fagon, et sur ce meme milieu. Bien plus, une fois le tube ouvert et bouche ä l'ouate, les spores jaunes avaient repris la coloration verte au bout de six jours. L'action pathogene n'avait en aueune fagon ete dimi-nuee, puisque des lapins, inocules avec ces spores
(1) Renon, Des variations de la couleur des spores de l'asper-gillus fumigatus (Soc. de biol., 1 mars 1896).
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62nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; L'ASPERGILLUS FUMIGATUS.
et des spores vertes de meme date, ont succombe dans le meme temps.
La fermeturc hermetique des tubes de culture et lesbautes temperatures de reteexceptionnel quenous avons traverse en 1895, nous ont paru etre les raisons de ce changement dans la couleur des spores, ainsi que nous allons I'exposer. Le 24 novembre 1893, nous avons scelle ä la lampe plusieurs lubes de cultures d'aspergillus fumigatus sur maltose de Sabouraud datant de quinze jours, et nous les avons divises en trois parts : la premiere fut laissee ä la temperature ordinaire du laboraloire, 12 ii 15 degres environ ; la seconde fut placee ä l'etuve ä 22 degres; la troisieme ä37 degres. Au bout de trois mois, les premiers tubes avaient conserve leur couleur verte; il en fut de meme des seconds : dans les troisiemes seuls, les spores commencerent ä prendre line couleur jaune ä partir de la quatrieme semaine, et au bout de six semaines le changement de coloration etait complet. La virulence de ces spores n etait, comme plus haut, en aucune fagon modifiee: elles reprirent leur couleur verte les jours qui suivirent l'ouverture des tubes, et les milieux ensemences avec ces spores ont donne naissance ii des cultures d'aspect verdatre caracteris-tique.
On pent done admettre que dans des conditions bien determinees, absence d'air, chaleurs de l'ete ou sejour prolonge a l'etuve ä 37 degres, les spores de Taspergillus fumigatus peuvent prendre une couleur jaunatre : cette modification leur permet, au point de
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DIFFERENCIATION DE L'ASPERGILLUS FÜMIGATUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 63
vue de la coloration seule, de ressembler aux spores d'üne espece voisine, Taspergillus flavus ; mais ce n'est lä qu'uno simple apparence, puisque, reense-mencees sur les memes milieux et au contact de l'air, las unes deviennent vertes, les autres jaunes.
G. — Differenciation de l'aspergillus fumigatus d'avec les autres especes.
On vient devoir, par tout ce qui precede, combien sent nombreux les aspects divers et varies que presente l'aspergillus fumigatus, et on comprendra combien il Importe de le distinguer des especes qui lui ressemblent.
II faut parier tout d'abord du penicillium giaueum qui pousse si bien sur le pain humide expose ä l'air ; mais il s'agit ici d'un penicillium et non d'un asper-gillus : il n'y a pas de tete sporifere, les rameaux detaches des hyphes terminaux se divisent sous forme de pinceaux et donnent des spores qui parais-sent plus grosses que celles de l'aspergillus fumi­gatus; enlln etsurtout, les conditions de developpe-ment sont completement differentes, car s'il est manifeste que le penicillium pousse tres bien aux temperatures de 2o a 30 degres, il n'est pas moins evident qu'il pousse egalement bien aussi ä des tem­peratures basses, comme celle de i'6 degrös, et nous avons vu que l'aspergillus fumigatus pent ä peine se developper h cette temperature.
Nous en dirons autant de l'aspergillus glaueus qui.
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64nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;L'ASPERGILLUS FUMIGATUS.
de tons les champignons, presente la plus grande ressemblance avcc 1'espece dont nous nous occupons : il n'exige point pour son developpement de haute temperature, son aspect est vert tendre et non vert bleuatre fonce, ses spores sont plus grosses, de 7 ä 8 [/, de diametre, enfin il ne jouit d'aucune action pathogene, bien que, comme nous l'avons vu, eile ait ete avancee autrefois ä tort par Koch, Gravitz, Gaffky, Lojfller, Baumgarten, Müller et Kaul'mauu. L'aspergillus niger, 1'aspergillus nigrescens (1) et l'aspergillus flavescens ou flavus, ne pourraient dans aucun cas etre confondus avec I'cspece fumigatus, car si faction pathogene des deux dernieres est bien de-montree, il n'en est pas de meme pour la premiere; d'ailleurs I'aspect est compietement different, l'asper­gillus niger estfranchement noir sur tons les milieux, meme sur la gelose ordinaire, raspergillus nigrescens
(1) Nous parlons ici, el nous parlerons ensuile frequemment de Taspergillus nigrescens que nous avons isole sur des graines d'es-peces vaiiees. Nous avons donne cc nom a un aspergillus qui res-semble au point de vue de la structure ä Taspergillus niger, mais qui en dillere sur les cultures par les caracleres suivants : les letes sporil'eies son! beaucoup plus peliles, le mycelium beaucoup plus abondanl,compose de rameaux lies espaces les uns des aulros, mais possedanl un pouvoir vegelalif tel que, dans les tubes, il gagne la paroi opposee, se replie sur lui-ineme el penelre presque toujours le bouchon d'ouale. Les letes sporiferes etanl Ires eloignees les unes des aulres, la culture, au lieu de prendre un aspect franche-ment noir, comme celle de Taspergillus niger, prend une teinle grise caraclerislique. 11 ne s'agil cerlainemenl la, ni de Taspergillus nigrescens de Robin, ni de Taspergillus nigricans rencontre par le professeur Bouchard, qui lous deux, d'apres leur description, sem-blent devoir etre aujourd'hui ranges dans le cadre de Taspergillus fumigatus.
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rbm.'.tvi !, II. ..#9632;,-_^, .'.,#9632;•#9632;-•:#9632; quot;#9632;',-• -#9632;#9632;#9632;-#9632;.#9632;. #9632;
DIFFERENCIAT10N HE L ASPERGILLUS FUMIGATUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 65
est d'un noir sale avec rameaux myceliens beaucoup plus developpes, I'aspergillus flavescens est d'un jaune vert caracteristique, les spores de tous ces champignons sent beaucoup plus grosses que celles de I'aspergillus fumigatus, leur temperature de deve-loppement beaucoup moins elevee. LTailleurs, si Ton fait des cultures d'aspergillus niger et d'aspergillus nigrescens en gouttes pendantes, on verra qu'ils se distinguent des autres aspergillus par une modifica­tion de structure tres importante. Tandisque I'asper­gillus fumigatus, I'aspergillus flavescens, I'aspergillus glaucus presentent sur leur tetc sporifere des sterig-mates absolument reguliers et qui les classent dans la tribu des aspergillees, raspergillus niger et I'asper­gillus nigrescens sent des sterigmatocystes, e'est-a-dire quo laquo; leurs sterigmates se ramifient ä leur sommetet se terminent par un verticille de ramus-culesporlant chacun unchapelet de spores (1) raquo;.
Enlin, il importe de distinguer encore de I'asper­gillus fumigatus deux especes qui presentent avec lui la plus grande ressemblance, I'aspergillus sub-fuscus et I'aspergillus nidulans; le premier de cos parasites, decrit par Olsen et Gade, est convert de spores d'un jaune olivatre, tirant sur le noir, rondes, petites, de 3 ä 3,5 y. de diametre : la,temperature de developpement est la meme que celle de raspergillus fumigatus (37, 38 degres), mais le pouvoir pathogene est moins marque. L'aspergillus nidulans, deci'it par
(1) Van Tieghem, loc. cit., t. II, p. 1149.
Renon. — Aspergillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
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Eidam (I) et Limit (2), a des spores aussi petites, de 3 ä 4 y. de diametre, d'une couleur vert de chlore ; elles sont disposees sur des sterigmates ramifies (ce qui classerait le champignon parmi les sterigmato-cystes) et dont I'ensemble prend la forme d'une tete de meduse. Dans les yieillcs cultures, on constate des ascospores. Enfin, la temperature de 40 degres est la plus favorable a leur developpement; leur mycelium colore en brun rouge la surface de la pomme de terre au-dessous de Uli, et il cst tres pathogene.
II. — Resistance des spores.
La resistance des spores de l'aspergillus fumigatus est tres considerable. Les agents ulmospheriques n'ont presque aucune prise sur elles : on les trouve encore Vivantes, apres un sejour de quatrc annees dans une vieille culture laissee h la temperature du laboratoire. Lucet a pu constater qu'elles n'etaicnt pas detruites, an bout d'un an de sejour dans des ojufs infectes au moment de rincubalion, et qu'elles gardaient encore leur pouvoir germinatif, au bout d'un mois de sejour dans des substances animates en putrefaction. Dans des lubes de liquide de Raulin contenant des cultures developpees au\ depens d'organes d'animaux inocules avec l'aspergillus fumi­gatus, nous avons laisse l'air entrer librement, apres
(1)nbsp; Eidam, loc. cit.
(2)nbsp; Lindt, Archiv für cxp. Path, und Pharmak., vol. XXI, p. 284.
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avoir retire le bouchon cTouate et le capuchon de caoutchouc ; le liquide s'est evapore, les organes se sont putrefies, mais les spores ont conserve toute leur vitalite intacte pendant plusieurs mois.
Nous devons cependant dire que dans les tres vieilles cultures, celles datant de trois et quatre annees par evemple, le pouvoir vegetatif est moindre qu'avec des jeunes spores : c'est un fait que nous avons ob­serve a plusieurs reprises, et dont voici deux exemples typiqnes :
En 1892, au debut de nos etudes sur I'aspergillose, pour determiner l'espece de champignon isole des crachats de nos gaveurs de pigeons, nous nous ctions adresse, d'une part ä MM. Chanlcmesse et Widal, qui nous remirent une culture d'aspcrgillus fumigatus datant de quatre ans, et de l'autre ä M. Koux, qui nous donna une culture vieille ä peine d'une quinzaine de jours. Ensemengant ces deux types d'aspergillus sur tubes de gelose maltosee de Sabouraud et les portant a l'etuve ä 37 degres, nous lames surpris de voir le tube de M. Roux donner du mycelium des le lendemain et des spores le surlendemain, alors que dans le tube de MM. Chantemesse et Widal, le mycelium n'apparut que quarante-huit heurcs apres l'ensemencement, et les spores seulement le troisieme jour.
L'annee derniere, nous avons verifie ces experiences en faisant usage de cultures developpees sur le memo milieu (gelose maltosee de Sabouraud) et ayant la meme origine (foie de pigeon infecte par la voie veineuse), mais d'age different. L'une datait de 1892
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l'autre de 1895 : Vecart entre les deux cultures etait de trois anriecs exactement. Ensemenceessur lubes de maltose de Sabouraud et miscs ä l'etuve ä 37 degres, les vieilles spores ne donnent du mycelium qu'au bout de quarante-huit heures, et des spores le troisieme jour, alors que les jeunes, placees dans les memes conditions, donnent, comme e'est la regle, du myce­lium au bout de vingt-quatre heures, et des spores le second jour. Sur gelatine maltosee, mise ä TetiiYe ä 22 degres, la difference de rapidite de developpement etait encore plus marquee : les vieilles spores ne donnaient du mycelium qu'au bout de quatre jours, et des spores le sixieme jour ; les jeunes donnaient du mycelium le second jour, et des spores le qua-trieme. Nous verrons plus loin qu'ä cette lenteur de germination repondait line attenuation manifeste de virulence.
Les spores resislont egalement fort bien aux agents physiques. Los temperatures basses ne les tuent pas. Nous avons garde des spores, pendant un mois du rigoureux hiver dc 1805, dans une partie do uotre laboratoire qui n'etaitpas chauffee, et oü chaque unit la temperature descendait ä 4 on 5 degres au-dessous de zero : reensemencees, ces spores ont donne do nouvelles cultures. Lucot a pu conserver des spores deux mois dans un bloc de glace, sans qu'elles aient perdu lour pouvoirvegetatif. Lichtheim a constate aussi la tres grande resistance du mycelium au froid : en coupant des organes d'animaux morts d'aspergillose, avee un microtome ä congelation, ou le refroidisse-
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-IttJuVl .#9632;i.'llquot;.quot;Jl..... ...' .' -nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;:nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^^-------#9632;
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ment etait produit par la vaporisation dc lelher, il a pli encore obtenir des cultures par Fensemenccment des fragments ainsi trades. Nous avons cu de sem-Idables resnltats en 1892, avec des fragments dc reins de lapins qui avaient ete congeles sur le microtome, h l'aide du chlorure de methyle.
La chaleur, quand eile est moderee, reste sans action sur les spores. Dos spores d'aspergillus funii-gatus qui, pendant les quatre mois de rete excep-tionnellcmcnt chaud de 1895, avaient sejournedans une piece exposee au midi, ont donnc tres facilement de nouvelles cultures, apres reensemencement. Nous avons place des lubes, contenant des cultures d'as­pergillus fumigatus sur maltose de Sabouraud et scelles prealablcment h la lampe, an bain-marie h 60 degres pendant dix minutes, h 57 degres pendant une lieure et quart, ä 33 degres pendant quarante-huit heures : les spores sont restees parfaitement Vivantes. Mises dans les memes conditions ä CO degres pendant cinq heures et domic, et ä 57 degres pendant quinze heures, elles ont etc irremediablement tuees.
L'electricite est presque sans action sur elles : M. d'Arsonval a bien voulu, avec la plus grandc obli-geance, soumettre aux courants ä haute frequence une emulsion de spores d'aspergillus fumigatus dans de l'eau salee ä 7 p. 1000. Apres cette operation, nous les avons enscmencees sur maltose de Sabouraud, ainsi que des spores provenant d'une emulsion de meine composition chimique, mais qui n'avaient pas subi faction de l'electricite. Lc developpement des
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T
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spores Irailees par les courants fut un peu plus lent que celui de cellcs qui ne 1'avaient point ele, mais il y avail loin de la ii rattenualion que I'electricite amene d'ordinairepour lesbacteries, et qui a ete si nettemeat notec par MM. d'ArsonvaJ et Charrin (1) pour le bacille pyocyanique.
Lucet a examine raclion de divers agents chimi-ques sur les spores : il a vu qu'apres un sejour de dou/e h eures dans une solution h op. 100 d'acide chlorhydrique, d'acide borique, de sulfate de cuivrc, de sulfate de fer, de protochlorurede mercure, et de cresyl, les spores conservaient leur vitalite. Par con-tre, elles etaienttuees apres le meme sejour dans des solutions au meme litre d'acide sulfurique, d'acide azotique, d'acide phenique, de sulfate de zinc, de chlorurc de zinc, de nitrate d'argent et de bichlorure de mercure. Ce dernier corps se montre d'ailleurs nocif pour les spores h une dose bien plus faible : en 1892, nous avons immerge des spores dans une solu­tion de bichlorure de mercure ä 1 p. 1000, acidifiee par I'acide tartrique, et nous avons puconstaterqu'au bout d'un quart d'heure elles avaient perdu la faculte de germer.
Dans I'organisme animal, la resistance des spores et du mycelium n'est pas moindre. Chez un lapin atteint d'aspergillose experimentale chronique durant depuis cinq mois et demi, il nous a ete possible d'obtenir une culture en reensemencant un gros
(1) D'Arsonvai. et Charrin, Electricitü el microbes (Soc. de Hol., 29 avril, 1 et Sjuillet 1893).
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lubercule du foie. Chez la grenouille, nous avons retire, du sac lymphatique et des organes, des spores d'aspergillus fumigatus Vivantes, trente-cinq jours apres 1'inoculation. Les sues digestif's n'ont aucune action sur elles : on peut nourrir des animaux, des cobayes, des lapins avec dos spores, on retrouvera celles-ci intactes dans les matteres fecales. Chez des lapins, ä qui nous avions fait ingerer pendant quinze jours d'enormes quantites de spores, nous avons chaque jour, par les cultures des selles etparl'examen microscopiquc, regulicrementtrouve des spores dans les matieres fecales, et dans restomac, I'intestin grele, le caecum et le gros intestin apres la mort.
1. — Habitats des spores.
Les spores d'aspergillus fumigatus sonttresrepan-dues dans la nature, mais e'est surtout sur les graines et les vegetaux qu'on les trouve le plus habituelle-ment.
En 1892, en cherchant h verifier l'hypotliese de MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal, qui emettaient I'idee que les gaveurs de pigeons devaient en partie leur contamination aux spores existant ä la surface des graines, nous avons pu constater d'une facon indeniable leur presence sur ces graines (1). Ps'ous nous etions procure chez differents grainetiers des grains de millet et devesee, et nous les avions traites
(1) Renox, These, p. Hö_
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de deux fagons difi'erentes : les uns, ensemences lels quels sur la liquide de Raulin, les autres, ayant subi prealablement un lavage de quinze minutes dans une solution acide de sublime ä 1 p. 1000. Sur vingt-quatre tubes ensemences avec du millet de sortes difleren-tes, nous avions obtenu : on/.e fois de 1'aspergillus nigrescens, sept fois de raspergillus niger, une 1'ois de l'aspergillus flavescens, et deux fois seulement de l'aspergillus fumigatus ; trois tubes sent restes steri­les. Sur cinq tubes ensemences avec des vesces de sortes dillerentes, nous avons obtenu une fois du bacillus subtilis, une fois de l'aspergillus Qavescens, une fois un mucor, et deux fois seulement de l'asper­gillus fumigatus.
Les graines de millet et de vosce de provenances diverses, lavecs pendant quinze minutes dans une solution de sublime acide ä 1 p. 1000, puis ensemen-cees dans le liquide de Raulin, etaient toutes restees steriles.
L'aspergillus fumigatus que nous avions ainsi trouve deux fois sur le millet et deux fois sur la vesce etait bien pathogene; nous avions inocule deux pigeons. Tun avec des spores venant du millet, I'autre avec celles venant de la vesce, et tons les deux etaient morts avec lesions caracteristiques de l'aflection.
Les resultats que nous venous d'indiquer avaient ete confirmes par MM. Gaueber et Sergent(l), qui, ayant ensemence trente-cinq grains de vesce, dans cinq
(l) G.viciiER et Sergent, loc. dt.
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tubes de liquide de Raulin, n'ont obtenu qu'une seule fois une culture d'aspergillus fumigatus.
On trouve ces spores sur le seigle, I'avoine, le ble, le loin, commc le prouvent nos experiences de 1894, faites dans le moulin de M. Boussac a Montrouge (1). Recherchant si nous pourrions trouver des meuniers contamines par les poussicres, notre surprise i'ut grande de constater quo, dans ce moulin d'un type perfectionne, il n'existaitpas de poussieres, pour ainsi dire. Tons les residus, issus du passage du ble dans les diflc'rents cylindres de nettoyage et de mouture, sont recueillis dans unevaste chambre ä poussieres, situec sous le moulin; cctle chambre est videe des qu'elle est pleinc. Notre enquete a porte sur I'air, les bles et les poussieres ainsi accumulees.
Sur cinq tubes de Raulin enscmences avec des bles francais, nous n'avons obtenu qu'une seule cul­ture d'aspergillus fumigatus. Le resullat a ele le meme avec cinq tubes ensemences avec du ble d'Odessa. Parcontre, le ble de la Plata a, sur cinq tubes, donne cinq cultures de fumigatus, accompa-gne dans presque tons les tubes d'aspergillus Uavus, d'aspergillus nigrescens et de mucor. Au moment de notre visite, la chambre ä poussieres contenait un metre environ de detritus. Nous avons ensemence ces poussieres, venant de differentes hauteurs, dans cinq tubes de liquide de Raulin, et nous avons obtenu trois cultures de fumigatus. L'air d'une des pieces
(1) Pienon, De la resistance des spores de I'aspergillus fumigatus (Soc. de biol., 0 fevrier 1893).
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du moulin (vingt litres d'air pour chaque ensemence-ment) n'a donne qu'une l'ois de l'aspergillus fumi-gatus surcinq cultures.
Ala meme epoque, nous examinions h Montrouge des l'cuilles mortes, de locorcc d'arbre, des grains de raisin, de la terre et de l'air du jardin oü s'effec-tuaient nos recherchcs. Sur cinq lubes ensemences avec les fcuilles mortes, deux ont donne des cultures d'aspergillus fumigatus; sur cinq grains de raisin, une seule culture a ete positive. Gelles faites avec l'ecorce des arbres sont reslees steriles; 11 on a etc de memo de l'air du jardin sur cinq cultures (vingt litres d'air pour chaque culture). Par centre, dans cinq lubes ensemences avec de petits cailloux recucillis a quatre ou cinq centimetres au-dessous du sol et encore reconverts de terre, tous les resultats ont etc positifs.
Des recherches analogues etaient faites en meine temps ä l'höpital Saint-Louis. Cinq tubes ensemences avec des feuilles mortes trouvees dans le jardin du pavilion Gabrielle, nous ont donne une seiileciillure d'aspergillus fumigatus ; cinq tubes ensemences avec des cailloux ramasses sur une allee du meme jardin ont etc steriles. Par contre, l'air du laboratoire de notrc maitrc, le docteur Baj% nous a donne cinq resultats positifs sur cinq, et l'air de la petite cour du laboratoire, trois resultats positifs sur cinq (tou-jours vingt litres d'air pour chaque culture) : ces resultats ne nous ont pas surpris, noire garcon de laboratoire ayant par maladresse, trois jours aupa-
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rayant, laisse tomber a terre et casse deux tubes dc culture d'aspergillus fumigatus stir pomme de terre datant d'un mois.
D'ailieurs, des recherches ulterieures nous out montre que si Ics spores de ce champignon existent dans I'air, cequin'estpas douleux, ellesne constituent pas un germe banal des poussieres atmospheriques, et que des experiences de MM. Gaucher et Sergent et de toutes les nötres, on pent conclure que la surface des grains et des grames, ble, avoine, seigle, millet, yesce, est, comme nous le disions plus haut, leur habitat de predilection.
De son cote, Lucct a fait les memes remarques, et a constate de plus leur presence dans l'orge, le mais, les fourrages et les pailles tels cpie la luzerne, le trefle, le sainfoin, la pailie d'avoine, de ble et de seigle : il pense que c'est sur les plantes en pied que se fait le developpement de l'aspergillus fumigatus, et que, des alterations qu'on observe au mois de juillet sur leur tige et sur leurs feuilles, laquo; la moitie est due au developpement dc ce champignon, dont los spores se repandent partout sous l'action des manoeu­vres necessities par la fauchaison, la fenaison et le battage raquo;.
Les etes chauds sont plus favorables que les etes froids au developpement de l'aspergillus fumigatus, ce qui pent expliquer la difference de resultats obtenus dans certains cas d'une annee ä l'autre : c'est ainsi qu'au mois de decembre de l'annee derniere (1895). nous avons etc surpris de voir des grains de seigle de
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cetto recolte donner presque a coup sur des cultures de ce champignon, tandis que les memes examens, pratiques sur des graines de Fannee precedente, n'avaient donne en moyenne que deux resultats positifs sur six.
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CHAPITRE III
l'iNFECTION ASPERGILLAIUE EXPERIMENTALE. A. — Animaux sensibles et animaux röfractaires.
Tous les animaux qui peuvent etre atteints de l'aspergillose spontanee sont susceptibles de contrac­tor I'aspergillose experimentale, mais ici comma plus haut, les oiseaux sont certainement plus sensibles aux inoculations que les mammiferes, et parmi les oiseaux le pigeon tient la premiere place. C'est le vrai reactif experimental do I'aspergillose.
Parmi les mammiferes, le lapin et le cobaye sont les animaux de laboratoire le plus souvent employes. Le chat nous a paru refractaire ainsi que le chien.
En 1892, nous avons pu nous procurer un chat ayant appartenu ä un de nos malades, et qui, chez lui, pendant plusieurs mois, avail pris plaisir ä manger ses crachats : nous avons tue ce chat, et son autopsie, ainsi que les cultures de ses organes,nenous out donne que des resultats negatifs. i\ous avons repete I'experience en 1893, en injectant sous la peau et dans les veines d'un chat des spores d'aspergillus fumigatus : il etait encore vivant un mois apres I'ino-culation. Sur deux chiens, nousn'avions pas obtenu de
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78nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;L'INFECTION ASPERGILLA1RE EXPERIMENTALE.
resultatsavec une dose de un centimetre cube d'emul-sion de spores, apres cinq mois d'experimentation. Lucet fait la meme remarque pour cet animal, ainsi que pourlemouton; cc dernier cependant, refractaire ä 1'inoculation dans les veines, presente une keratite purulente, si I'injection est faite dans la cornee.
II est tres yraisemblablc que les grands animaux tels que le bauitquot;, la vache et le cheval peuvent etre experimentalement contamines, mais nous n'avons point eu l'occasion de verifier le fait. Le singe parait tres sensible : MM. Dieulafov, Cbantcmesse et Widal out pu reproduire, chez cet animal, les lesions asper-gillaires.
D. — Modes, voies et resultats des inoculations.
Onpeutinoculerles animaux de diversesmanieres, et ä des doses variables, ce qui pennet d'oblenir des resultats differents.
Pour apprecier les doses, on pent peser les spores injectees. Nous avons employe un autre moyen, moins rigoureux peut-etrc, mais plus commode dans la pratique, et qui permet de faire des experiences comparatives de reelle valeur. On prend, sur une culture developpee en milieu solide, et vieille d'au moins une huitaine de jours, pour que la separation des spores d'avec les sterigmates soit plus facile, un nombre variable de palettes de ces spores, la palette etant formee par l'extremite aplatie d'un des fils de platine de grosseur moyenne qu'on emploie ordinai-
klaquo;-^,.
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MODES, VOIES ET RESULTATS DES INOCULATIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 79
rement dans les laboratoires pour faire les ensemen-cements. On met im nombre quelconque de palettes de ces spores dans des tubes contenant exactement cinq centimetres cubes de bouillon peptonise sterilise ; on fait du tout une emulsion, et on prend dans la seringue, pour Finjection, une quanlile nettement determinee de cette emulsion.
L'aspergillose pent etre transmise ä l'animal de differentes famous, par la voie sanguine, la yoie tracheale, I'ingestion, I'inoculation sous la peau, dans les muscles, dans les parenchymes et dans les se-reuses.
1deg;. Voie sanguine. — La voie sanguine comprend I'injection dans les veines et I'lnjeetion dans les arteres.
Cliez les oiseaux, Finjection intra-veineuse des spores se fait genc'ralement dans la veinc axillaire. Si, de cette facjon, on inocule un pigeon de poids moyenavec deux centimetres cubes d'uneemulsion de deux palettes de spores, on obtientla mort en deux h quatre jours. L'animal est abaltu dosle second jour, les plumes se berisscnt, le dos se retracte en boule, les ailes pendent et le pigeon tombe sur le cote, ne pouvant plus se tenir sur ses pattes. Si la dose est moins forte, la mort est plus tardive, mais eile est fatale : nous I'avons obtenuc, apres une injection de un quart de centimetre cube d'emulsion d'une palette de spores. Si les doses sent plus fortes, injec­tion de deux centimetres cubes d'une emulsion de six palettes de spores par exemple, on obtient la
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80nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;L'INFECTION ASPERGILLA.1RE EXPERIMENTALE.
mort en moins de quarante-huit heures ; c'est un fait, qu'avec MM. üieulafoy, Chantemesse et Widal et MM. Gauchor et Sergent, nous avons eu souvent I'oc-casion d'observer. La rapidite de la mort, par I'injec-tion veineuse ehe/ le pigeon, tient done ä la plus on moins grande quantite do spores injectees.
MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal ont une fois obtenu la mort d'un pigeon par rinocnlation dans les veines de cet animal d'un crachat de leurs gaveurs de pigeons: nous avons, en 1892, inocule dc cette maniere deux pigeons, et cela sans resultats ; les crachatsdenosnialades,egalementgaveursdepigeons. ne contenaicnt probablement pas de spores, ce qui expliquait notre insneces, car nos deux pigeons etaient encore vivants neuf mois apres rinocnlation.
Parmi les mammileres, c'est sur le cobaye et surtont sur le lapin qu'on pratique ordinairement I'mjection veineuse. Chez le cobaye, 1'inoculation se fait dans la veine jugulaire, operation toujours assez delicate : chez des cobayes de 400 grammes, nous avons. apres I'injeclion dans cette veine de un centimetre cube et demi d'une emulsion de trois palettes de spores, obtenu la mort, quatre jours apres I'inoculalion ; la perte de I'app6tit, de la fatigue et de l'abattement etaient les sculs symptömes que nous ayons pu noter.
Chez le lapin, I'injection se fait dans les veines de l'oreille, ce qui rend I'experience extremement facile, tnais il faut des doses un pen plus considerables pour tuer l'animal. Des lapins domestiques, de poids moyen (2000grammes),inoculesavec deux centimetres
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MODES, VOIES ET RESULTATS DES INOCULATIONS. 81
cubes d'une emulsion de quatre palettes de spores, succombent en quatre ä sept jours. Le premier jour, on ne note aucun Symptome appreciable : le second jour, I'animal perd I'appetit, il devient fatigue, paresseux at presente souvent, comme 1'a remarque Lichtheim, des mouvements impulsifs et des troubles de l'equilibration dus pour lui ä des lesions de l'oreille interne, le lapin retombant toujours sur le merae cote : par la palpation du flanc, on pent voir que les reins sont tres notablement augmentes de volume. D'ailleurs, chez cot animal et chez le cobaye, ce sont les organes le plus generalement et le plus profon-dement atteints. Dans certains cas, on observe de la paralysie du train postericur avec retention d'urine ; nous avons eu l'occasion de constater le fait huit fois sur 140 lapins : si, dans quelques cas, nous avons pu trouver les raisons de cette complication, dans d'autres, I'autopsie la plus minulieuse n'a pu nous en donner ['explication. Les lapins de garenne sont plus resis-tants que les lapins domestiques: pour tuer en cinq ä sept jours des lapins de garenne (1) de six ä sept cents grammes, nous avons du employer la meme dose de spores (deux centimetres cubes d emulsion de quatre palettes) que celle injcctee a des lapins domes­tiques de deux kilogrammes.
Comme chez les oiseaux, la duree de la maladie depend du nombrc de spores injeclees. Avec une
(1) Los lapins de garenne qui out servi dans ces experiences et dans d'autres relalees plus loin, nous ont ele obligeamment offerts par M. Henri de Rothschild.
B£non. — Aspergiltose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 6
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dose de deux centimetres cubes d'emulsion de six palettes de spores, les lapins de poids moyen succombent en deux ä quatre jours; avec des doses faibles ils peuvent survivre. Apres l'injection de un demi-centimetre cube d'emulsion de une palette de spores, nous ayons vu des lapins resistor: ils perdaient l'appetit ot maigrissaient les premiers jours : au bout d'un mois, ils avaient repris leur poids initial.
L'injection par les artcres, la carotide, produit les memes effets que 1'inoculalion par les veines ; les lesions observees sent seules differentes.
2deg;. Vote tracheale. — Inhalation. — Cettc methode d'inoculalion n'a pas donnelcs memes resullats ä tons les auteurs. Lucet a eprouve une reelle difficulty ä contaminer la poule, le pigeon et l'oie, en leur faisant inhaler les spores d'aspergillus fumigatus, apres ou sans tracheotomie. Pour amener la mort, il a memo du, dans plusieurs cas, preparcr pour ainsi dire le terrain u I'infection, en faisant respiror ä ses animaux des substances irritantes, lelles quo des vapours ammoniacales.
MM. Dieulafoy,Chantemesse etWidal, en inhalant des spores dans la trachee des pigeons, les avaient tues en dix ä vingt jours. Ayant traite plusieurs fois des pigeons par cette methode, nous avons obtenu la mort en neuf a onze jours, dans presque tons les cas, sans avoir eprouve la moindre difficulte.
Chez les lapins et les cobayes, il en a ete tout autre-ment, et si nous avons pu, apres avoir sacrifie les animaux, trouver dans l'appareil respiratoire des
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, ;.y-.,.-_aMi~„gt;;i.Ji.!.raquo;
MODES, VOIES ET RESULTATS DES INOCULATIONS. 83
lesions aspergillaires, nous n'avons que tres rarement constate la mort naturelle.
3deg;. Ingestion. — L'ingestion des spores contamine assez rarement les animaux; Grawitz n'ajamais pu I'observer. Lucet n'a vu qu'une seule fois la mort se produire par cette vole, et eile etait certainement due ä des lesions pulmonaires, et non ä des lesions inteslinales. Nos experiences nous out donne quelques resultats positifs.
En septembre 1895, nous avons essaye sur six lapins l'action pathogene des spores de l'aspergillus fumigatus introduites par la voie gastrique. Chaque lapin etait nourri pendant quinze jours le matin avec un melange de son, d'eau et de spores : la quan-tite de ces dernieres etait enorme, puisque chaque animal recevait quotidiennement les spores venant de la culture du champignon sur im morceau de pomme deterre de 6 centimetres de longueur sur un demi-ccntimetre de cöte (1).
laquo;. Au bout de onze jours, deux des lapins sont morts apres avoir progressivement maigri: Tun n'avait aucune lesion du tube digestif : on ne notait de tubercules ni sur la cavite buccale, ni sur I'oesophage, ni sur Testomac, ni sur I'intestin : seuls, les poumons etaient farcis de tubercules de la grosseur d'une teto d'epingle, comme M. Kaufmann (2) l'avait dejä observe chez des lapins nourris avec un melange de spores et d'avoine. L'infection pulmonaire ötait dans ce cas
(1)nbsp; Renos, Aspergillose intestinale (Soc. de hiol., H Janvier 1896).
(2)nbsp; Kaufmann, toe. cit., p. 333.
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84nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; L'INFECTION ASPERGILLAIRE EXPERIMENTALE.
certainement primitive : des spores malemulsionnees out ete separees des matieres alimentaires pendant les mouvements de mastication, et inhalees par I'air inspire: il n'existait d'ailleurs aucune parcelle d'ali-ment dans les poumons: des fragments de ceux-ci, ensemences sur tubes de liquide de Raulin, donnerent des cultures d'aspergillus fumigatus.
L'autre lapin presentait, en plus des memes lesions pulmonaires, des lesions de forme tuberculeuse tres abondamment repandues sur rintestin grele et le caicum, mais plus petites que celles obtenues par la voie veineuse: il n'en existait ni sur le gros inteslin, ni sur Testomac, l'oesophage et la cavite buccale.
ß. Les quatre lapins survivants n'avaient point perdu de leur poids : deux furent tues par chloro-forme le jour de la cessation des experiences, le quinzieme jour : ils ne presentaient aucune lesion tuberculeuse dans aucun organe.
y. Un mois apres, on reprit pour les deux lapins restants l'ingestion de spores, au moment oü dans les ecuries de laboratoire on substitue la nourriture d'hiver ä celle d'ete : ä cette epoque, les animaux sont souvent attaints d'affections intestinales legeres accompagnees d'amaigrissement et de diarrhee qui creent un terrain favorable tout special. Ces deux lapins devaient recevoir pendant huit jours, chaque matin, melangee a du son, la meme ration de spores que pröcödemment. Le septieme jour, un des ani­maux avait succombe, le ventre tres distendu et tres
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MODES, VOIES ET RESULTATS DES INOCULATIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 85
ballonne, avec perforation intestinale et pöritonite consecutive.
Le dernier lapin, sacrifie quelques jours apres par cliloroforme, ne presentait aucune lesion tuberculeuse du tube digestif.
4deg;. Tism sous-ciitane. — Muscles. — L'inoculation des spores dans le tissu cellulaire sous-cutane des lapins et des cobayes et dans le muscle pectoral des pigeons n'amene presque jamais la mort. Nous ne l'avons vue survenir qu'une seule fois, chez un lapin qui succomba trois mois apres l'injection de trois centimetres cubes d'une emulsion de cinq palettes de spores faite sous la peau de l'abdomen.
5deg;. Parenchymes. — Les injections dans les paren-chymes, poumons, foie, reins, ne font pas perir les animaux. Si on les sacrifie, il est possible d'observer les lesions mycosiques ainsi produites, mais elles gue-rissent en general assez rapidement.
6deg;. Sereuses. — II n'en est pas de memedes injections dans les sereuses, peritoine, plevre, sereuses articu-laires.
L'injection des spores dans le peritoine des co­bayes et des lapins amene presque toujours Tissue fatale en quinze ä vingt jours, en employant une dose qui, par la voie veineuse, les tuerait en quatre ä six jours : il se produit une generalisation des spores par la voie lymphatique, et meme dans certains cas secondairement par la voie sanguine.
L'injection des spores dans la plevre a donne quel­ques resultats ä Grobe, mais beaucoup moins cons-
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86nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; L'INFECTION ASPERGILLAIRE EXPERIMENTALE.
tants que ceux obtenus par la voie peritoneale.
Par rinjection des spores dans les cavites articu-laires, cet auteur n'a reussi qu'a provoquer une arthrite suppuree.
7deg;. (Eil. — Covnee. — L'injection des spores dans la cornee provoque presque toujours une keratite avec hypopyon et suppuration rapide de tout le globe oculaire : c'est un faitbien mis en relief par Leber (1) pour l'aspergillus fumigatus. Deutschmann (2), en inoculant des spores dans le corps vitre du lapin, a obtenu des resultats identiques et a meme pu creer une ophtalmie sympathique du cöte oppose.
C. — Diagnostic de raspergillose experimentale.
Avant d'aller plus loin dans cette elude, et pour rendre plus comprehensible I'expose d'experiences dont nous allons prochainement parier, il nous parait indispensable d'indiquer ici la technique qui permet d'attribuer d'une facjon absolue ä l'aspergillus fumi­gatus la mort des animaux en experience, sans qu'il soit possible de tenir compte d'une cause d'erreur duo ä une maladie intercurrente ou ä une infec­tion prise dans les cages ou les ecuries du labora-toire.
L'examen pent porter sur des secretions pendant
(1) Leber, loc. cit.
(1) Deutschmans, Ueber experimentelle Erzeugung sympathischer Ophtalmie (Archiv für Ophtalm., 1882, t. XXVIII, p. 291, et 1883, t. XXIX, p. 261).
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DUGNOSTIG DE L'ASPERGILLOSE EXPERIMENTALE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 87
la vie, ou sur les organes apres la mort et l'autopsie de Tanimal.
Qu'il s'agisse de secretions ou d'organes, il faut d'abord les recueillir aseptiquement avec toutes les precautions usitees en pareil cas, et les ensemencer dans des tubes de liquide de Raulin que l'on porte ensuite ä l'etuve ä 37 degres. Les fragments d'organes tombent au fond des tubes. Des le second ou le troi-sieme jour du sejour ä l'etuve, on voit sortir de la partie ensemencee des fragments isoles de mycelium qui s'elcvent et se reunissent en une touffe montant progressivement, par etages successifs, vers la surface du liquide qu'ils mettenl trois h dix joursä atteindre. II s'y forme quelques lieures plus tard un tapis veloute blanchätre qui, ringt lieures apres, se couvre de spores verdatrcs. Celles-ci prennent une couleur noir de fumee, au bout de quelques jours. Si l'aspect vert persistait, 11 laudrait faire une culture sur ge­lose au liquide de Raulin, ou plus simplcment sur gelose glycerinee, les cultures d'aspergillus fumiga-tus prenant toujours sur ce milieu leur couleur fumee caracteristique. Sile moindredoutcsubsistait encore, on pratiquerait l'exaraen microscopique des spores, des sterigmates et des letes sporiferes, pour voir leur disposition etleurs dimensions. Ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'on aura ä faire les cultures en gouttes pendantes. On injectera ensuite au pigeon ou au lapin les spores obtenues par culture, et on obser-vera de nouvean tout le cycle de l'aspergillose experi-mentale.
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De plus, l'examen histologique des secretions et des organes permet d'y rencontrer, par les colorations et par les coupes, du mycelium ou des spores.
Nous avons toujours employe cette methode dans toutes nos recherches sur l'homme et sur les animaux.
D. — Passage du mycelium de laspergillus fumigatus dans les urines, au cours de l'aspergillose exp£rimen-tale.
Nousa-vons fait une serie d'expericnces sur l'asper­gillose urinaire experimentale, qui nous ont permis de fixer quelques points de pathologic generale inte-ressants : nous croyons devoir les rapporter ici:
Ces recherches ont porte sur les urines de lapins de garenne et de lapins domestiques, inocules dans les veines avec des spores virulentes d'aspergillus fumigatus (1). Ces urines etaient recueillies dans la vessie apres la mort, soit qu'on ait sacrifie les animaux au debut et dans le cours de l'aflection, soit qu'ils aient succomhe a I'extension progressive des lesions.
a. ISTous avons, cinq, sept, dix et quinze minutes apres l'injection des spores, sacrifie ces lapins par section du bulbe et par Ingestion d'alcool dans la bouche. Apres avoir sterilise la face anterieure de la vessie h I'aide d'une baguette de verre chauffee au rouge, nous avons puise le contenu de l'organe avec
(1) Rexo^, Passage du mycelium de Taspergillus fumigatus dans les urines, au cours de l'aspergillose experimentale (Soc. de biol.T 18 avril 1896).
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L ASPERG1LL0SK URINAIRE EXPERIMENTALE. • 89
des pipettes sterilisees, et nous I'avons reparti dans des tubes de liquide de Raulin. Tous ces tubes, mis h Tekrve a 37 degres, sont restes steriles. L'urine, recueillie dela memefagon, fut centrifugee, et dans le depot, colore ä la thionine, nous n'avons point retrouve de spores du champignon : l'urine, d'ailleurs, n'etait point albumineuse. II etait des lors evident, que clans ce court espace de temps,les spores n'avaient pu traverser le fdtre renal, et qu'elles se comportaient, a ce point de vue, difleremment des bacteries dont on a pu constater la presence dans les urines cinq minutes apres leur introduction dans la voie sanguine (1).
ß. Chez d'autres lapins, sacrifies de vingt-quatre a quarante-huit heures aprös I'inoculation, nous avons recueilli dansla vessie I'lirine avec les memes precau­tions. Les resultats positifs des cultures sur le liquide de Raulin furentd'autant plus nombreux qu'on s'eloi-gnait davantage du moment de l'injection des spores dans les veines. Les urines, souvent albumineuses, pre-sentaient parfois des hematics dansle depot centrifuge, fait observe deja par Grawitz et Kaufmann : de plus, quand les cultures etaient positives, on y trouvait presque toujours des fragments de mycelium apres coloration. 11 y avait correlation entre ces deux ordres de recherches, I'examen direct et les cul­tures.
y. Apres la mort naturelle, en suivant la meme
(1) A. Biedl et R. Kraus, Archiv für experim. Path, und PharmakoL, Bd XXXVII, Heft 1, p. 108, decembre 1895.
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90 • L'INFECTION ASPERGILLAIRE EXPERIMENTALE.
technique, nous avons generalement obtenu des r6-sultals positifs, tant dans les cultures sur tubes de liquide de Raulin que dans rexamen du depot : les urines elaient albumineuses dans tous les cas.
Ces recherches nous ont aussi permis de constater l'integrite de l'uretere, que nous avons toujours trouve indemne, et l'existence de lesions vesicales assez frequentes. Celles-ci, d'ajjparence et de forme tuherculeiises, amenent une retention d'urinc avec distension trcs prononcee de l'organe. Cette cystite nous parait resulter de l'inoculation des spores par la voie sanguine, et non de leur developpement (ou de cclui du mycelium) dans l'urine : les spores et le mycelium ont peu de tendance ä vegeter dans l'urine generalement alcaline,parfois neutre, exceptionnelle-ment acide des lapins : nous n'avons jamais pu obtenir de culture en mettant ä l'etuve des pipettes remplies cFurine dont quelques gouttes donnaient des resultats positifs sur liquide de Raulin. D'ailleurs, nous avons sacrifie des la])ins sains et normaux, et, apres avoir puise de l'urine dans leur vessie, nous l'avons reparlie dans des tubes steriles que nous avons ensemcnces avec des spores virulentes d'asper-gillus fumigatus : quand l'urine etait alcaline, rien ne se developpait; quand eile etait acide, on ne cons-tatait qu'uno legere ebauche de mycelium sans fructi­fication. Les resultats differaient completement de ccux que nous avons obtenus avec l'urine humaine normale.
Dans toutes ces experiences, les reins ont 6te cul-
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TRANSMISSION DE L'ASPERGILLOSE EXPERIMENTALE. 91
tives sur liquide de Raulin, et dans tons les tubes on a pü constater Texistence du champignon. Sauf chez les animaux sacrifies cinq, sept, dix et quinze minutes apres rinjection, ces organes presentaient les lesions macroscopiques classiques de Paspergillose qui ne font jamais döfaut dans I'infeetion par la voie vei-neuse, et qui sont si marquees au moment de la mort, que Ton concjoit tres bien le passage du mycelium dans les urines.
E. — Transmission de Taspergillose experimentale de la mere au foetus (1).
Nous avons, le vingtieme jour de leur gestation, inocule dans les veines deux lapines de memo poids avec sept centimetres cubes d'emulsion de trois palettes de spores d'aspergillus fumigatus dans du bouillon.
a. La premiere, quatre jours apres I'injection, mit bas, six a sept jours avant leur terme, quatre foetus morts et maceres, et deux autres le lendemain. Ayant assiste ä la parturition de deux des quatre premiers petits lapins, nous pümes les recucillir dans des boites de Petri sierilisees; nous avons, avec les precautions d'usage, puise avec une pipette sterilisee dans le bout foetal de la veine ombilicale quel-ques gouttes de sang, seien la methode employee pour la tuberculose humaine par MM. Thiercelin et
(1) Renon, Influence de I'infeetion aspergillaire sur la gestation (Soc. de biol., 27 juillet 1895).
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92nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; L'lNFECTION ASPERGILLAIRE EXPERIMENTALE.
Londe (1), Londe (2), Bar et Renon (3), et nous les avons ensemencees sur le liquide de Raulin. L'auto-psie de ces foetus ne nous permit pas de trouver de tubercules dans leurs organes : le foie et les poumons furent ensemences sur liquide de Raulin.
L'autopsie des quatre autres foetus fut faite, sans deceler de tubercules; mais nous n'a\7ons point voulu faire de cultures avec leurs organes, a cause de Tetat de dilacöration dans lequel ils se trouvaient.
La lapine mourut le lendemain, vingt-cinq jours apres le debut de la gestation : ä l'autopsie, nous avons trouve une tuherculose tres etendue du foie, des reins et des poumons. L'uterus contenait encore les placentas qui, soigneusement examines, nous parurent indemnes de lesions tubcrculeuses. Des ensemencements furent fails sur liquide de Raulin, avec le foie, les reins, les placentas : tous ces tubes donnerentdes cultures d'aspergillusfumigatus.
Des organes des foetus, les poumons seuls resterent steriles : les tubes, qui renfermaientdes fragments de pipette contenant le sang de la veine ombilicale, donnerent des cultures de champignon, developpees, l'unc aux depens du fragment inferieur de la pipette. I'autre aux depens de la partie superioure. Le resul-
(1)nbsp; Tiiierceun ct Londe, Deux nouveaux cas de tuberculose con-genitale [Med. mod., 1893, p. 398).
(2)nbsp;P. Londe, Nouveaux fails pour servir a l'histoire de la tuber­culose congenitale [Revue de la tub., 1893, p. 12S).
(3)nbsp; Bar et Renox, Presence du bacille de Koch dans le sang de la veine ombilicale de foetus humains issus de meros tubcrculeuses (Soc. de biol., 29 juin 189b).
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i^quot;^
TRANSMISSION DE L ASPERGILLOSE EXPfiRIMENTALE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;93
tat fut egalement positif dans les tubes ensemences avec le foie.
ß. Chez la seconde lapine, revolution fut diffe-rente : eile mit bas a terme le trentieme jour dans la nuit, et nous n'avons vu les foetus que quelques heures apres : quatre etaient morts, deux vivants. L'examen approfondi des quatre foetus morts ne nous permit pas de trouver trace de tubercules dans leurs organes. Des ensemenccments furent faits avec le sang du coeur, le foie, les reins de trois d'entre eux seulement, le quatrieme, eventre par la mere, ne pouvant donner lieu ä aucun examen serieux.
Les deux autres lapins vivants moururent deux jours aprös leur naissance, sans lesions tuberculeuses de leurs organes : leur foie fut ensemence sur liquide de Raulin.
La mere succomba le troisieme jour, avec des le-slom tuberculeuses tres discretes du foie et des reins; Tulerus ne contenait plus les placentas et ne presen-tait pas de tubercules. On fit des cultures sur liquide de Raulin avec le foie, les reins et des fragments de l'uterus.
Les tubes, ensemences avecle foie et les reins de la mere, donnerent de Faspergillus fumigatus; ceux contenant les organes des foetus et les fragments ulerins resterent steriles.
Ces faits sont analogues ä ceux observes dans la tuberculose humaine.La lapine la plus atteinte n'alla pas jusqu'ä son terme, et scs foetus, sans lesions tu­berculeuses apparentcs dans les organes, et malgre
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L'INFECTION ASPERG1LLAIRE EXPfiRIMENTALE.
Fintegrite des placentas, prösentaient des spores d'as-pergillus dans le sang de leur veine ombilicale et dans leur foie, ce qui etablit d'une fagon indeniable la possibilite de la transmission de Taffeclion de la mere au foetus. La lapine la moins atleinte mit au monde des foetus, les uns yivants, les autres morts : aucun d'eux n'avait berite do I'infection mycosique, ce qu'expliquait, d'ailleurs, l'absence de cbampignon dans Tuterus.
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CHAPITRE IV
LESIONS ASPERGILLAIUES EXPEIUMENTALES.
Ces lesions, produites par les inoculations de spores d'aspergillus fumigatus aux animaux, sont Ires multiples et dependent en grande partie du mode de contaminalion employe.
La voie sanguine, arterielle ou veineuse dissemine les spores dans presque tous les organes, reins, poumons,foio, peritoine, plevres, muscles, intestins, moelle des os; mais tous les organes ne sont pas egaux devant I'infection mycosique. Tandis que chez les oiseaux, surtout chez le pigeon, c'est uniquement le foie qui est atteint, chez le cohaye et le lapin, ce sont les reins que Ton trouve toujours älteres. Nous aurons soin d'ailleurs, dans la description des lesions de chaque organe, d'indiquer la frequence de Falte-ration par les diverses voies.
Quels que soient les organes atteints, toutes les lesions de l'aspergillose experimentale revetent une forme unique, la. forme de lesions tuberculeuses; aussi, dans bien des cas, le diagnostic avec la tuberculose bacillaire de Koch eüt-il ete impossible sans I'emploi
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96nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LESIONS ASPERGILLAIRES EXPfiRIMENTALES.
rigoureux de lamethode de differenciation surlaquelle nous avons insiste plus haut.
A. — M6thodes de recherches du champignon dans les or-ganes. — Technique des colorations.
On peut constaler dans les organes la presence du mycelium de l'aspergillus fumigatus sans recourir aux colorations. II suffitpour ecla decraser un fragment d'organe entre deux lames et de placer la pulpe ecrasee ainsi obtenue dans une solution de potasse ä 20 p. 100 pendant quelques minutes : en recouvrant ensuite avec une lamelle et en examinant an micros­cope, on peut voir les rameaux de mycelium ct les spores, s'il en existe encore.
Pour avoir de belles preparations, e'est une autre teclmique qu'il convient de suivre. On recueille un fragment d'organe aussi pres que possible du moment da la mort, on le debite en pelitcs tranches de deux, trois on quatre centimetres dc longueur, d'une epaisscur d'uii ii un demi-centimetre. On peut, dans les cas tres urgents, placer ces morceaux sur le microtome ä congelation par Tether ou le chlorure de methyle; en procedant ainsi, il est possible d'obtenir des coupes süffisantes pour I'examen bac-leriologiquc du cliampignon, mais souvent moins bonnes pour I'etude des reactions histologiques des lissus, en raison de leur frequente alteration.
Pour avoir d'excellentes preparations, il vaut mieux recourir ä d'autres precedes, et fixer les ele-
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MfiTHODES DE RECI1ERCI1ES DU CHAMPIGNON.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 97
ments, soiten placjant les fragments dans de l'alcool äOodegresouplutötdansdcralcoolabsolu, soit, cequi est de beaucoup preferable, en les plongeant pendant yingt on vingt-quatre heures dans une solution de sublime acetique. On peut employer pour cet usage du sublime a saturation dans Teau distillee, dans laquelle on ajoute 5 p. 100 d'acide acetique cristal-lisable. On lave les morccaux dans I'eau dislillee, puis on les place, soit dans la serie des alcools ä 30 degres, 60 degres, 90 degres, et alcool absolu, soit dans I'acetone dilue, dans trois quarts, dans moitie d'eau, puis dans I'acetone pur, mais en ayant grand soin de ne pas les laisscr trop longtemps dans ce dernier liquide, pour que le durcisseraent ne soitpas exagere. On inclut dans la celloidine, ou, ce qui est plus commode, dans la paraffine, et on pratique sur ces fragments, par les precedes usuels, des coupes sufii-sammcnt minces, qu'il reste a colorer.
An debut de nos etudes sur I'aspergillose, nous ayions employe, comme I'indiquent MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal, apres coloration au picro-carmin de Orth, soit la methode de Weigert avec decoloration ä l'huile d'aniline, soit la methode de Gram avec decoloration rapide par l'alcool absolu, achevee ensuite avec l'essence de girotle. Nous devons dire qu'ä cette periode de debut de nos recherches. la coloration avec le violet de gentiane nous a paru difficile, parce qu'a, tout coup nous decolorions les champignons. Une methode qui nous a bien reussi par la suite a ete, soit de laisser la
Renon. — Aspcrgillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
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98nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LESIONS ASPERGILLA1RES EXPERIMENTALES.
preparation au nioins vingt minutes dans le violet, soit de chauffer legerement sur la platine jusqu'ä ce qu'il se degage de legeres vapeurs du porte-objet; de cette fagon nous sommes arrive h une coloration assez intense du mycelium. MM. Gaucher et Sergent out observe egalement cette difficulte de coloration du mycelium : ils out essaye, mais sans plus de resultat, la coloration du fond du parenchyma ä l'eosine alcoolique, et celle de l'aspergillus au bleu du Kühne avec decoloration par l'alcool et l'essence de girofle, apres fixation prealable par une solution de tannin au dixieme.Une autre methode leur a mieux reussi; laisser les coupes vingt-qualrc heures dans le violet de geotiane aniline et quatrc ä cinq minutes dans la solution de Lugol, puis decolorer par Talcool absolu et l'huile d'aniline. Lucet, en usant du inemc procede, a obtenu de fort bons resultats.
Depuis le mois de Janvier 1890, nous avons snb-stituö ä Femploi de la methudc de Gram et de Weigert, Tusagc de la thionine pheniquee d'apres la formule que nous avons donnee plus haut (voir page 31). On laisse les coupes une minute ä peine dans le bain colorant, on lave rapidement ä l'eau distillee, puis on decolore avec quelques gouttes d'alcool absolu ou d'acetone pur. II suffit de passer au xylol et de monter dans le baumc pour avoir de fort belles preparations, dans lesquelles le mycelium est colore fortcment en rouge violet et les elements en tons bleus de nuance variable du plus joli aspect.
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LESlOiN'S MACROSCOPIQUES ET MICROSCOPIQÜES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;99
Le seul reprochc que Ton puisse faire a ce procedö, d'une pratique courantc et facile, c'est que parfois, avec une thionine qui n'est pas d'excellenle qualite, la preparation peut se dccolorcr ä la longue. Avec de la thionine allemande, nous avons trcs rarement note cet inconvenient.
I!. — Lesions macroscopiques et microscopiques observees dans les organes.
1deg;. Appareil renal. — Ainsi que Grolie, Block et Grawitz I'avaient remarque les premiers, les reins sent profondement et constamment atteints chez le lapin : il en est de meme chez le cobaye, et il n'y a presque rien a ajoutcr ä la description de ces auteurs. Ces organes sont doubles on quadruples de volume : leur surface est rouge, congestionnee et criblee de petits points jaumltics, un pen saillants, de forme tuberculeuse, et du volume d'une tete d'epingle. La capsule estepaissie et infiltree, mais se laisse assez facilement detacher sans qu'il y adhere de parcelles du parenchyme. Quand on coupe le rein dans sa longueur, on voit que les points hlancs de la surface se prolongent dans la profondeur sous forme de stries dirigees vers le hile : toute la substance corlicale est criblee de nodules blanc jaunätre, un pen saillants sur la coupe, du meme volume que ceux observes sous la capsule. Les uns sont arrondis, les autres sont allonges, formant de veritables stries dirigees dans le sens de celles de la surface medullaire,
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100nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
et s'etenilant plus ou moins loin d'un cote yers la capsule et de l'autre vers' cette subslance, dans laquelle ils penetrent rarement jusqu'ä la papille. Ces nodules blanchutres, limites, sont enloures d'une zone congestive ou meme hemorrhagique, qui pent rester isolec ou so fusionner plus ou moins avec les voisines. Quand les lesions sont tres avancees, il n'est pas rare d'obscrver, en enlevantla capsule, unpeu de pus cremeux tres epais s'echappant des nodnles, et qui resultc de la fontc puruleute de ces foyers.
Histologiquement, on voit que les nodules sont essentiellement formes d'un feutragc do filaments myceliens. Ceux-ci prennent en general naissance dans un glomerule pour s'etendre dans tons les sens, traverser laparoi des capillaires, la capsule de Bow-mann, la paroi des tubes uriniferes, penclrer indis-tinctement tout le tissu, et prendre une disposition radiee a la peripherie des ilols mycosiques. Quand il a penetre dans un tube urinifere, le mycelium se propage tres rapidement dans la lumiere de ce tube qu'il oblitere presque completemcnt. Dans touts la zone envahie par le parasite, les elements du tissu renal sont necroses; les cellules sont gonllees, trou­bles ; leurs noyaux ont perdu la faculte de prendre les matieres colorantes. Toutes ces parties sont infiltrees par une quanlite considerable dc leucocytes mono et polynucleaires, tasses centre les fragments du mycelium, et prenant meme par endroits un aspectcaseeux, surtout si la mort a ete tardive : dans certains cas mfime, c'est ä une matiere d'apparence
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LESIONS MACROSCOPIQÜES ET MICROSCOPIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;101
franchement purulente que Ton a affaire. Les frag­ments de mycelium deviennent d'autant moins appre-ciables que ces lesions sont plus avancees, et ils
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2. — Foj-er aspergillairo dans un rein de lapin. — a, glomerule. — A, tubuli contorti. — c, foyer caseeux en voie de developpement (Leitz, obj. 7, oc. 3).
peuvent disparaitre completement des foyers mor­bides, detruits par une veritable phagocytose. Quand la terminaison fatale est pr^coce, la leucocytose est beaucoup moins abondante; c'est lä un point que nous avons bien souvent verifie et dont nous donnerons plus loin I'explication en parlant des premiers stades de rinfection. Mais ce qui est tres remarquable,
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#9632; #9632;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;——^^^—^^^^^^^^^
102nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
c'est que, en dehors des nodules mycosiques, les elements du rein ne sent pas älteres : il n'existe pas de lesions de nephrite. Si Ton ensemence dans des tubes de liquide de Raulin im petit fragment de rein recucilli aseptiquement ü l'autopsie, on obliendra, en quelcjuesjours, unc culture d'aspergiUlis i'umigatus pathogene pour les animaux.
Dans certains cas, l'aspergillose renale peutguerir par un proecssus sclerosant tres actif; nous en avons observe un remarquable exemple qui nous parait interessant a rapporter.
Chez un lapin nous avions, cn injeetantune fälble quanlile de spores, puis ensuitc une quantite plus considerable, provoque une aspergillose experimen-tale chronique, qui durait depuis cinq moins et demi quand nous avons sacrifie l'animal en pleinc sante ap-parente. A l'autopsie, nous n'avons rientrouve dans les poumons : le foie presentait un gros tubereale de la grosseur d'une lentille qui, ensemence dans le liquide de Raulin, donnaittroisjoursapresunecultured'asper-gillus fumigatus, preuve de l'infection aspergillaire de l'animal.
Les reins, toujours atleints dans l'infection par la voie sanguine chez le lapin, presentaient des lesions manifestes (1) : sur le rein droit on trouvait deux lubercules h sa face anterienre; le rein gauche etait au contrairc couture, pour ainsi dire, de cicatrices qui lui donnaient un aspect de rein ficele. On en
(1) Renon, Du processus do curabilile dans la luberculoso asper­gillaire (Soc. de Mol., 10 mars 1803).
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observait deux principales : Time, longue de un centimetre, parallele au grand axe de l'organe et situee sur sa face anterieure ; I'autre, beaucoup plus longue, s'etendant du bord externe au bile du rein et perpendiculaire ä son grand axe : cette cicatrice, sinueuse, parsemöe ga et Ik de petites encocbes, se terminait sur le bord externe par une perte de sub­stance anfractueuse qui aurait pu loger une petite lentille. De plus, la face posterieure et la face ante­rieure du rein etaient criblees de petits trous cupu-liformes, yestiges d'anciens tuberculcs. On observait ä la coupe quelques bandcs cicatricielles dans Taxe des pyramides et quelques petites pertes de substance.
Histologiquement, dans les coupes de l'organe fixe par le sublime acetique et apres coloration par Feosine-bematoxylinc d'Erlich, on pouvait dejä voir, dans la region des cicatrices, du tissu de sclerose mani­feste. A un faible grossissement, le tissu malade pre-nait I'aspect d'un coin enclave dans le tissu sain. A un fort grossissement, il etait constitue par des cellules embryonnaires et du tissu conjonclif adulte qui enva-bissaientapeu prestout, comprimaientetatropbiaient les quelques glomerules et les quelques tubes con-tournes qui n'avaient pas dejä disparu. La limite entre le tissu malade et le tissu sain etait trcs nette.
La coloration par la methode de Gram n'a revele aucun fragment mycelien dans toutes ces parties, non plus que dans un tubercule fibreux existant an centre de la coupe. Dans un autre tubercule forme de cou-cbes concentriques de cellules embryonnaires en voie
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10tnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LfiSlONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
d'evolulion sclercusc, on trouvait, au centre, des frag­ments myceliens tres nets se presentant sous forme de trois corps radies d'inegale grandeur, dont les bran­ches, etranglecs et rnoniüformes par places, avaient mal pris la couleur et ressemblaient extraordinaire-mcnt ü Taclinomycose. Nous retrouvons les memes formes mycosiques dans un tubercule sclereux, mais elles sont päles, grisätres, indeciscs, non colorees et comme mortes. 11 existait encore un tubercule com-pletement fibreux, sans cellules cmbryonnaires, veri­table cicatrice au milieu du lissu renal. En dehors de ces vestiges du champignon, nous n'avons Jamals trouve, apres la coloration avec la thionine (excellent moyen de deceler les productions mycosiques dans les organes), quc quelques rares fragments de mycelium cpars dans le parenchyme.
Lc tissu renal est relativement peu altere : dans lestubuli, quelques cellules sont abrasees, aplaties, mais leur noyau se colore tres bien par Tbema-toxyline; dans les glomerules, on trouve par places quelques noyaux des anses giomerulaires ayant pris, sousect; rinfluence du violet de gentiane, la teinte rouge caracteristique de la degenerescence amyloide ä son debut.
Ce fait de cicatrisation renale semble prouver que le processus de sclerose est curateur de l'aspergillose, comme de la tuberculose bacillaire de Koch.
Dans toutes les autopsies que nous nous avons faites, nous n'avons jamais note d'alterations de Turetere.
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V.
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La vessie presente dans certains cas des nodules tuherculcux avec petites erosions de la muqueuse, et infiltration mycosique de ses parois.
2deg;. Appareil circulatoire. — Chez le lapin, le coeur est frequemment alteint : ä la surface ou dans l'epaisseur du myocarde on remarque des nodules de grosseurs variables, blanchatres ou jannatres, ainsi qu'une myocardite parenchymateuse göneralisee avec degenerescence des fibres musculaires.
Dans les gros vaisseaux nous n'avons pas observe de lesions, niais dans les capillaires on trouve sou-vent une infiltration embryonnaire des parois avec quelques productions mycosiques.
Dans le sang, Grawitz a constate une abondante leucocytose ; il n'y a pas d'autrcs alterations, les spores n'ayant aucune tendance ä se developper dans ce liquide.
3deg;. Foie. — Tandis que chez le lapin et le cobaye, les lesions du foie sent pen considerables et consis­tent uniquement en quelques nodules blancbatreset jaunatres, sou\ent assez gros, parfois meme de la dimension d'un pois, cet organe, an contraire, est toujours tres atteint chez le pigeon : on y trouve une multitude de petits nodules, de forme tuberculeuse, tellement petits qu'on est quelquefois oblige de regarder ä la loupe pour les voir, surtout si 1'animal a succombe tres rapidement; si la mort a ete plus tardive, les nodules prennent la dimension d'une petite tete d'epingle et sent parfaitement visibles ä l'oeil nu : leur nombrc est tres considerable. On note
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106nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
en plus de la congestion et de Taugmentation de volume du foic, qui küsse ecouler, ä la coupe, une assezgrande quantile de sang noirätre.
Histologiquement, ccs foyers sont composes de rameaux de mycelium prenant naissance au voisinage des vaisseaux ou souvent dans le lobule lui-möme, s'etendant de proche en proche et amenant une necrose de la cellule hepalique. Au debut, dans les cas ä evolution rapide, on note autour de ces points une congestion intense : ici, comme dans le rein, ce n'est qu'au bout d'un certain temps qu'apparait la reaction leucocytaire, qui s'accompagne aussi de la disparilion progressive du mycelium.
4deg;. Mundes. — Dans le tissu musculaire, il existe des nodules de forme allongee snivant le sens des fibres, et ressemblant ä des abees miliaires et mßme ä des trichines encapsulees. Los muscles volontaires ne sont pas tons egalement atteints : chez le lapin, les addueteurs de la cuisse, les muscles abdominaux, les intercostaux, les grands dorsaux et le diapbragme sont particulierement Interesses. On note, en plus des nodules, des alterations assez marquees des fibrilles musculaires.
5deg;. Tube digestif. — Chez les pigeons inhales avec des spores d'aspergillus fumigatus, la cavite buccale presenle souvent des nodules caseeux, de lagrosseur d'un pois, qu'on a denommös sous le nom de laquo; chancre raquo;, dans lesquels on pent retrouver des fragments de mycelium.
Chez les lapins inocules par la voie veineuse, nous
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LESIONS MACROSCOPIQUES ET M1CROSC0P1QÜES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;107
avons obtenu, h peu pres dans le sixieme des cas, la dissemination des spores dansl'intestin qui ötait lese en memo temps et de la meme fagon que les muscles, le feie et les reins, sieges classiques des desordres mycosiques. On observe sur toute la longueur de Tintestin, surtout dans le caecum, plus rarement dans legros inteslin, dc nombreuxpetits amasblancbatres, de forme tuberculeuse, de la grosseur d'une tete d'epingle : il n'en cxistc pas sur l'oesophage, et assez rarement dans I'estomac. Ces tubercules, vus dans certainos aspergilloses mal definics par Grobe, et par Olsen et Gade dans rinfection produite par I'asper-gillus subfuscus, siegent dans les parois de l'intestin, et, ä la coupe de l'organe, on n'en trouve point sur la surface libre de la muqueuse; celle-ci est, de plus, indemne du toute ulceration, la mort rapide des ani-maux ayant empeche la fönte caseeuse des tubercules. Histologiqucment, ces tubercules siegent les uns dans les folliculcs clos demesurement agrandis, les autres duns la sous-muqucuse : apres coloration ä la thionine, ils prennent une coulcur bleuätre qui les rnontre composes d'une masse caseeuse centrale, en voie de ramollissement, entouree d'une zone de cellules embryonnaires sans cellules geantes : sur le pourtourde ces deux zones, on trouve du mycelium, tres delicat et tres fin, colore en rouge violet. Les autres parlies de l'intestin sent completement in-demnes de toute alteration. Quand la mort des ani-maux est un peu tardive, il n'existe plus de mycelium dans les lesions.
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LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
Quand l'infection aspergillaire est due h rinjection de spores dans le peritoine, il n'est pas rare de trouvcr sur l'intestin des nodosites presentant la
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Fig. :j. — Tubercules aspergillaires du cmcum chez le lapin, et dans lesquels le mycelium a disparu. — a, tubercules aspergillaires en voie de caseification. — 6, couche musculaire. — c, couche glandu-laire, — d, infiltration embryonnaire de la muqueuse {Leitz, obj. i, ocul. 1).
plus grande ressemblance avec celles obtenues par la voie veineuse.
Dans les cas tres rares ou I'aspergillose intestinale est consecutive ä l'ingestion de spores, on peut noter sur l'intestin grele et le caecum, en sacrifiant les
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LESIONS MACROSCOPIQÜES ET MICROSCOPIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 109
animaux, les lesions identiques ä celles que nous avons decrites plus haut, maisplus petites. Dans des cas exceptionnels des ulcerations peuventse produire et l'intestin se perfore, comme dans le fait que nous allons rapporter, et qui fut observe chez un lapin. A l'autopsie, l'ouverture de la cavite peritoneale est suivie d'un degagement de gaz considerable et d'un ecoulemenl d'un liquide louche, melange ä des matieres fecales verdatres : les anses intestinales, rouges, sont couvertes d'arborisations tres marquees; elles sont agglutinees par quelques fausses membra­nes, tres abondantes du cote gauche oil le depot librineux est tres compact. En deroulant l'intestin grele, nous voyons dans cette region sortir, par un orifice de la dimension d'ime tete d'epingle, des matieres fecales. Toute cette partie avcc ses mem­branes, ainsi que des fausses membranes isolees, sont ensemencees sur tubes de liquide de liaulin et donnent des cultures d'aspergillus fumigatus (I). En sectionnant l'intestin, on trouve, ä 3 centimetres au-dessus de la perforation, une ulceralion recou-verte d'une croidelle noiratre; une autre moins profonde siege plus haut; il existe quelques tuber-cules sur le caecum, maisils manquent completement dans la cavite buccale, dans I'oesophage, dans l'estomac et le gros intestin. Nous n'avons point
(1) Nous tenons ä faire remarquer quo dans ce cas les cultures confirment le passage de l'aspergillus fumigalus dans le peritoine ä travcrs la perforation, mais non rorigine aspcrgillaire de cette peritonite.
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110nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
examine la serosite periloneale au point de vue microbien, parce qu'il nous asemble qu'on y rencon-trerait tons les microbes des malieres locales qui etaient passees dans le peritoine.
L'examen hislologique nous a monLre que, dans cctte forme d'infection, les lubercules sicgent dans les follicules clos et dans la muqueuse; apres colo­ration ä la lliionine, le mycelium est beaucoup plus rare que dans I'mfection par la yoie veineuse, mais les lesions de la muqueuse sont predominantes : il y a infiltration de tous ses elements et notamment des glandes par les bacteries intestinales. Les ulcerations resullent manitestemcnt de la fonte caseeuse des lubercules, el nous avons pu constater ä ce niveau unc dissociation des luniques avec des­truction de la muqueuse et de la couche musculaire.
W. Apparellres/Araloirc. — Par rinjaction de spores dans le Systeme circulatoire des pigeons et des lapins, on ne produit guere que des lesions pulmonaires : le larynx, la trachee et les bronches sont en general indemnes.
D'ailleurs, les lesions du poumon sont inconstantes : ce sont des foyers ayant tout ä fait l'aspect de tuber-cules miliaires, et qui ne peuvent en etre differencies ä l'oeil nu. Histologiqucment, ils rcssemblcnt aux nodules du rein, avec developpement du mycelium, necrose des cellules tapissant les alveoles, congestion peripberique et infiltration leucocytique; mais ici la leucocylose est beaucoup plus marquee et beaucoup plus rapide que dans les autres organes.
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Apres inhalation, en injeclant des spores dans la trachee, les lesions portentsurla trachee,lesl}ronches et le' poumon. La trachee et les bronches presentent souvent I'aspect que nous avons decrit dans Fasper-gillose spontanee des oiseaux : c'est-ä-dirc qu'on y note des tubercules et des lesions en plaques, avec developpement du mycelium et fructifications abon-dantes du champignon. Dans le poumon, si Ton insuffle une petite quanlite de spores, on observe des nodules de forme tuherculeme identiques ä ceux obtenus par la voie yeincusc ; si la quautite de spores inhalees est considerable, on constate une fonte purulente de tout I'organe, avec des cavernes et abondante infiltration mycosique. Mais, comme dans le poumon la leucocytose est tres active, il est assez rare, comme Font bien remarquc Grawitz, Lichtheim et Kaufmann, qu'apres le sixieme et le seplicme jour on puisse retrouver dans les coupes des fragments de myceli um. L'origineasporgillaire des lesions ne pent plus etre decelee que par les cultures.
7deg;. Systeme osseux. — Les spores peuvcnt se deve-lopper dans la moelle des os, quand elles sent injectees par la voie veineuse, et Lucct a note des alterations mycosiques au niveau des points de soudure des os longs et des epiphyses chez les jeunes animaux.
iNous avons pu observer, chez un de nos lapins, une lesion aspergillaire des vertebres, qui a pris Failure d'un veritable mal de Pott (1). Ce lapin, qui avait
(1) FiiiNOx,MaldePolt aspergillaire [Soc.de hiol., 2S Janvier 1896).
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LESIONS AäPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
resiste ä une abondantc injectioii dans les veines de spores d'aspergillus fumigattfe datant detrois annees, fut pris, quatorze jours aprcs une nouvelle injection veineuse de spores recenles virulentes, de paralysie du train poslerieur : la paralysie s'etendit deux jours plus tard aux muscles de l'abdomen et du tronc, et l'animal succomba le dix-huitieme jour.
A I'autopsie, on trouva la rate et les reins parsemes de granulations miliaires, ayec des foyers cicatriciels semblables ä ceux dejä decrits chez le lapin : un fragment de l'un et l'autre organe ensemence sur tubes de liquide de Raulin donna une culture d'asper-gillusl'umigatus.Le foie et les poumons etaient com-pletement indemnes.
La coloune vertebrale etait le siege de curieuses lesions : quand on ouvrit le canal rachidien pour retirer la moelle, ä la fin de la region dorsale, entre la onzicme et la douzieme vertebra dorsale, on trouva sous le dure-mere une petite masse caseeuse qui comprimait la moelle h ce nivcau. Quelques centimetres plus bas, dans la region lombaire, entre la troisieme et la quatrieme vertebra lombaire, il existe un autre foyer beaucoup plus gros et d'origine plus ancienne quo le premier. La colonne vertebrale, n sa partic anterieure etau point corrcspondant de la region dorsale malade, prescnte un petit abees de la grosseur d'un pois qui fait saillie an nivcau du disque intervcrtebral; dans la region lombaire, on remarque une ebauche beaucoup plus marquee d'abces par congestion, puisque lä la collection pu-
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LESIONS MACROSCOPIQUES ET MICROSCOPIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; U3
rulente ost a pen pres du volume d'une noisette.
La matiere caseeuse de ces deux abces fut ense-
mencee sur tubes de liquide de Raulin: dans tons, de
la parcelle ensemencee s'eleYerent des toufles do
Fig. 4. — Aspergillose vertebrale chez le lapin. — a, masse embryon-naire et caseeuse eliiuinue du lissu vertebral. — 6, sillon deliminatiou de cette masse. — c, tissu osseux. — d, fragments myecliens, les uns gros, les autres plus laquo;lelies (Leitz, obj. 4, oc. 3).
mycelium qui donnerent u la surface des spores d'as-pergillus fumigatus pathogene pour le lapin. D'ail-leurs, Fexamen direct dc cette matiere caseeuse fraiche avait permis d'y voir des fragments de myce­lium trcs netaYce double contour : on les retrouve, apres coloration a, la tbionine, ä leur aspect violet
Renon. — Aspergillose,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
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H4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
pale au milieu des masses caseeuses bleuätres. L'examen fait avcc la fuchsine deZiehl ne revele pas la presence de bacilles de Koch : descobayes, inocules sous la peau de rabdomen avec du contenudes abces, sacrilles quarante-trois jours apres, ne presentaiont aucune lesion lubcrculeuse, ni au point d'inoculation, ni dans leurs visceres.
Nous avons examine les deux vertebres malades du foyer superieur : elles sont separees l'une de l'autre par une matiere casöeuse de la consistance du mastic, et nous avons pu constater que les parties ramollies penetraient profondement dans le corps vertebral. Une des vertebres, fixee au sublime aceti-que, fut decalcifiee par I'acide chlorhydrique ä 1 p. 100. Pendant cette operation, quelques fragments s'etaient dissocies d'eux-memes : ecrases sur une lamelle et colores ä la thionine, ils ont paru composes d'un nombre considerable d'clements embryonnaires mono et polynuclees, et, par places, d'elements allonges reunis bout ä bout ayant toute I'apparence du mycelium aspergillaire.
Des coupes de la vertebre furent traitees par le picro-carmin, la melhode de Gram, la fuchsine de Ziehl, le bleu de Kühne et la tbionine qui permit de bien apprecier les lesions. Co qui domine, c'est renvalnssement du corps \rertebral par du tissu embryonnaire qui en occupe la plus grande par tie. 11 existe encore quelques trabecules osseux : les uns torment des Hots isoles; les autres, reunis par leur base ä la partie saine de l'os, emettent des prolonge-
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-i.u'uiuuuJLaj.iJ..^
LESIONS MACROSCOPIQUES ET MICROSCOPIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;115
mentsqui circonscriventdes cavites les unes fermees, lea autres ouvertes du cote des points ramollis, et remplies par le nouveau tissu. Celui-ci se compose de trois seriesd'elenients,de cellules fixes,d'elementsmi-grateurs poly et mononucleaires,etd'enormescellules hyalines pourvues de noyaux en forme de croissants et de spirales, et qui semblent etre des cellules carti-lagineuses ayant subi un processus kariokynetique : tous ces elements sent agglomeres par places sous forme de nodules facilement reconnaissables.
On trouve, an centre de ces masses embryonnaires, quelques points caseeux, mais c'est surtout ä la peripberie de la preparation, du cote malade, qu1 on les observe : il n'y a pas trace de cellules geantes. Tous ces points en voie de caseification sent infiltres d'une masse considerable de filaments ramifies et encbevetres les uns avec les autres; ce mycelium aspergillaire se compose d elements delicats et fins, identiques a ceux trouves directement dans la matiere caseeuse de l'abces, mais en quantite beau-coup plus grande. La recbercbe du bacille de Koch a ete negative dans ces coupes.
8deg;. Rate. — Chez le lapin, la rate n'est alteree que tres rarement, et on n'y constate que tres pen de foyers mycosiques, identiques ä ceux du foie. Chez le cobaye, Lucet a pu constater des lesions conside­rables de cet organe qui est double et triple de volume, et infiltre d'une enorme quantite de tuher-cules parfois grisätres et miliaires, parfois plus volu-mineux et blanchätres. Ils sent essentiellement
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H6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
constitues par des filaments de mycelium melanges ä des globules blancs plus ou moins nombreux suivant Tage des lesions.
9deg;.Serei/se*. —Peritoine. —Plevres. — Lessereuses articulaircs sont exceptionnellement atteintes dans I'infection par la voie veineuse. II en est de meme du peritoine et de la plevre.
Dans un cas, nous avons trouve, associees u des lesions intestinales, des lesions tuheradcuscs du peri­toine parietal qui etait crible de petits points blan-cbatres : le peritoine contenait vingt grammes dune serosite loucbe melangee ä des fausses membranes fibrineuses. 11 s'agissait d'une peritonite h forme ascitiquc, d'origine surement aspergillaire, puisque rensemencement sur tubes de liquide de Raulin des tubercules parietoux et du liquide peritoneal a donne des cultures pures d'aspergillus fumigatus.
L'injection de spores dans le peritoine produit, seit les memes lesions, seit d'autrcs plus marquees avec infiltration en masse du grand epiploon et du mesentere, perihepatite et perisplenite, et generali­sation par la voie lymphatique.
En injeetant dans la plevre de lapins des spores de champignons dont faction palhogene etait mal definic äson epoque (penicillium glaueum,aspergillus glaueus), mais parmi lesquels l'aspergillus fumigatus devaiteertainement tenirlaplusgrande place, Grobe put produire des lesions pleurales qui se generali-serent en amenant la mort des animaux cn onze ä quatorze jours. A la suite d'inoculalions d'aspergillus
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LESIONS MACROSCOPIQUES ET M1CROSCOPIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 117
fumigatus dans la trachee, MM. Dieulafoy, Chante-messe et Widal ont vu, chez le pigeon, des lesions aspergillaires setendre des canaux bronchiques ä la plevre recouverte laquo; d'une couchc de moisissures raquo;, fait que nous avons confirme chez des pigeons spontanement malades. Nous avons observe, chez un lapin infecte par la voie veineuse, un cas d'aspergillose pleurale qui constitue presque une rarete, puisque, depuis que nous nous occupons de cette mycose, c'est la premiere fois qu'il nous est donne de le rencontrer (1).
Cc lapin. qui servait de temoin dans une expe­rience, avait reQU dans les veines trois centimetres cubes d'une emulsion dc trois palettes de spores d'aspergillus fumigatus dans cinq centimetres cubes de bouillon peptonise ; il succomba le quatrieme jour. A I'autopsie, on trouva, ä l'ouvcrture de la cavite abdominale, les lesions ordinaires du foie et surtout des reins, qui furent reconnues aspergillaires par cultures sur tubes de liquide de Raulin. En ouvrant la cavite thoracique on constate l'integrite du peri-carde et du coeur, de la plevre et du poumon droits qui ne presentaient ä leur surface aucune lesion de forme tuberculeuse ou autre : sur la plevre gauche, ilexiste un exsudat fibrineux faisant adherer le pou­mon gauche ä la partie superieure de la paroi thora­cique. Cesfausses membranes blanchatres, stratifiees, epaisses de deux ä trois millimetres ä pen pres,
(1) Renon, Aspergillose pleurale (Soc. de biol., Ier fevrier 1896).
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LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
coiffaient le sommet du lobe superieur du poumon qu'elles entouraient completoment. La partie infe-rieure de la plevreest saine, eton nc trouve pas trace de liquide epanche. Une parlie des membranes faci-lement delachables fut ensemencee sur tubes de liquide de Baulin : do la partie fibrineusc s'eleva
fi.UeuVa.
Fig. 5. — Aspergillose pleurale. — raquo;, tissu do la lausse membrane. — A, mycelium aspergillaire. — cntre les branches de ce mycelium, a la partie iul'erieure, se voit une cellule gcante tri's nette (Leilz, obj. 7, oc. I).
du mycelium qui donna, ä la surface du liquide, des spores d'aspergillus fumigatus pathogene pour le lapin.
Le poumon gauche examine macroscopiquement ne presentait aucune lesion, ni tuberculcuse, ni autre, taut ä la surface qu'ii la section. Lo lobe superieur, fixe par le sublime acelique, fut coupe at colore par la methode de Gram et la thionine. A I'examen microscopique on fut frappe dc I'integrite
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LESIONS MACROSCOPIQUES ET MICROSCOPIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; H9
relative du parenchyme pulmonaire : sur les bords seulement on remarque des foyers de pneumonie corticale dans les alveoles les plus superficiels. La plevre epaissie est sillonnee de villosites, ebauches de bourgeons embryonnaires, qui penetrent dans la masse fibrineuse : celle-ci se compose d'un fin reti-culum de fibrineenserrant dans sesmailles des leuco­cytes reunis par places en amas, et des globules rouges contenus dans des cavites de nouvelle .ormation qui prennent dans quelques endroits un veritable aspect telangiectasique. Dans les amas de leucocytes, sur la plevre et dans les fausses membranes, on voit des filaments de mycelium ramifie tres net, et nul autre parasite.
10deg;. Systeme nerveux. — On peut observer chez le lapin quelques lesions mycosiques de l'encephale, apres injection de spores dans la carotide. Les lesions sont exceptionnelles, quand les spores sont inoculees par la voic veineuse. Lucet a pu noter des lesions mycosiques dans le cervelet d'un lapin qui avait ete pris de mouvement do roulement sur son axe. Chez un lapin attcint de mouvements convulsifs, I'autopsie la plus minutieuse des centres nerveux ne nous a revele aucune lesion. Nous' avons examine macroscopiquement ct microscopiquement la moelle d'un lapin qui, dans les derniers jours de son infec­tion aspergillaire, avait presente de la paralysie du train posterieur : sur les coupes, apres fixation par la liqueur de Flemming et coloration ä la safranine et au rouge de Magenta, nous ne constatämes ä la
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LESIONS ASPERG1LLA1RES EXPERIMENTALES.
region dorsale et ä la region lombaire aucune lesion, ni histologique, ni parasitaire.
11deg;. Peau. — Oryanes des sens. — La peau n'est que tout ü fait exceptionnellement atteinte, apres infection par la voie veincnse.
L'oeil prescnte au contraire dos alterations variees, alterations mycosiques de la reline par I'lnjection de spores dans la carolide, alteration de tont le globe oculaire quand les spores sont inocidees directement dans la chambre anterienre on dans la cornee : on note des nodules blancbatres, de la keratile, de l'liy-popyon et de la panopbtalmie.
(1. — Le tubercule aspergillaire. — Son origine. Son Evolution. — Son histogeu^se.
Dans toutes les lesions experiinentales que nous venous de decrire, ce qui attire iininedialement Fattention, c'est leur extraordinaire r.essemblance avec la tuberculose, puisque rien a priori ne pent distinguer les alterations aspergillaires des reins, du poumon, dufoie, dcsos, duperiloine, etc., des lesions obtenues dansces organes avec le bacille de Koch, et que seuls, I'examen bacteriologique, les cultures et les inoculations sont capubles de juger la question. L'aspergillosc experimentale est done ä proprement parier une pseudo-luberculose, qui, en pathologie generate, trouvc sa place ä cöte de toutes les pseudo-tuberculoses, vermineuses, zoogleiques, bacillaires, ou autres. Le nodule aspergillaire,ro^r^iY/owie, est
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LE TUBERCULE ASPERGILLA1RE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;121
done un pseudo-tubercule, ou mieux, un tubercule special ayant une physionoraie toute particulierc, et il tious scmble qu'on pent parfaitement lui dormer le nom de tubercule aspergillaire : cette denomina­tion pent servir h le distinguer des autres lubercu-les et indiquer ses caracleres anatomiques ; la mala-die qu'il determine experimentalement, Yasperyillose, est en realite une tuberculosc aspergillaire.
Pour l'etude speciale du tubercule aspergillaire, nous citerons en particles travaux de Ribbert et ceux de MM. Dieulafoy, Chantcmesse et Widal, auxquels il y a pen ä ajouter.
Ribbert (1) a portc ses recherches sur des lapins qu'il inoculait dans la veine de roreille avec des spores d'aspergillus llavescens et d'aspergillus fumi-gatus. II ne leur injectait que de faiblcs doses do spores en legere emulsion pour ne pastes tuer spon-tanement, et il les sacrifiait plus tard, ä differents intervalles, pour examiner ce qui s'etait passe, dans les poumons, le foie et les reins.
Pour le foie ses conclusions sent les suivantes :
laquo; Apres l'injection d'une faible quantite de spores dans une veine mesenterique oudans une veine de To-reille, lesgermesisoles sontbientot serresdeprespar les leucocytes; dans l'inlerieur des nodules tuberculeux qui resultent de leur agglomeration, ils n'arrivent qu'ii un penible developpement, et sont apres deux jours englobes par les cellules epitheliales geantes
(1) Ribbert, Der Untergang palhogener Schimmelpilze im Körper Honn, 1887, p. 23.
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d22nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
dans lesquelles ils finissent par devenir invisibles. raquo;
Le proccssus parait etre le meme dans le poumon.
laquo; Apres injection d'une faible quantite dans une veine de l'oreille, les spores furent tres promptement enserrees par les leucocytes dans les capillaires et dans les alveoles. Dans les nodules macroscopiques, qui resultaient de cette accumulation des globules blaues, elles ne parvenaient ordinairement qu'ä tres mal se developperetse trouvaient, apres vingt-quatre on quarante-huitheures, entourees de cellules epithe-liales geantes dans lesquelles elles se desagregeaicnt, pour arriver bientöt ä ne plus pouvoir etre apenjues. Apres Finjcction de grandes quantites, les spores remplissaient entierement les capillaires, en formant des groupes serres dans les alveoles, et n'etaient ni aussi rapidement, ni aussi abondamment entourees par les leucocytes : elles pouvaient alors former des rejetons reguliers, englobes plus tard seulemcnt par les cellules geantes, sauf les branches bien develop-pees qu'on voyait entourees seulement par les cellules rondes. Apres insufflation d'une petite quantite de spores, dans la trachee, on voyait se developper des nodules ressemblant aussi ä des tubercules comme Grawitz l'avait dejä note
laquo; Apressix jours et plus, iln'etaitpashabituellement possible de pouvoir trouver des vestiges de l'asper-gillus, car les fragments de mycelium et les spores disparaissaient etouffes par I'abondante proliferation des cellules rondes. raquo;
Ces resultats touchantlcs reactions du tubcrcule
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vis-a-vis du champignon, MM. Diculafoy, Chante-temesse et Widal les avaient obtenus et les expri-mentainsi :
laquo; Les lesions histologiques qui sont de tons points comparablcs ä celles do la tuberculosc bacillaire, sont particulierement interessantes ä etudier dans lesdifierentes formes de cettemycose. Sur une coupe de poumon, coloree par la methode de Weigert, on voit une grande quantity de nodules tuberculeux entoures, ä leur peripheric, de cellules gcantes. On peut suivrefacilement revolution de ces nodules. Les plus jeunes sont formes par une agglomeration de cellulesleucocyliques on epilhelialesautourd'unou de plusieurs rameaux myceliques. Les granulations plus anciennes, presentent ä leur centre un feutrage de mycelium, dont les rameaux entrelaces se colorent mieux ä la peripherie, an voisinage immediat des cellules geantes. Dans certains cas le tuborcule est uniqucment represente par une tres grande cellule ä noyaux multiples, dont le protoplasma conticnt une ramification de mycelium, soit vivante et bien coloree, soit alteree dans sa structure, moniliforme, decoloree et comme en parlic digeree par la phago-cytose, pour dire le mot.
laquo; Los rameaux myceliques apparaisscnt parfois dis-semines et espaces an milieu d'une grande masse de cellules dites embryonnaires.
laquo; Quelques-uns de ces tubercules out atteint revo­lution fibreuse : le centre n'est plus represente que par un protoplasma fibrillaire contenant de petits
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124nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LESIONS ASPERGILLA1RES EXPERIMENTALES.
blocs bleiuitres, vestiges du champignon, ou meme ne renfermant plus rien, comme si letubercule avait detruit le parasite, prouve d'unc guerison locale.
laquo; Autour de cestubercules, rinfiltralion leucocyti-que s'elond parfois jusque dansles alveoles adjacents, constituant ainsi des blocs de pneuinouie sillonnes devaisseauxä volume variable.
laquo; Certains do ces vaisseaux sont remplis d'un coagu-lum de globules blancs, les autres sont dilates et gorges de globales rouges. Cctte congestion peri-tu-berculeuse est toujours tres developpec. raquo;
En 1892, nous sommesarrive exactement aux memes resul tats, en examinant des organes de pigeon, de lapin et de cobaye : nous avousvu, a cole de cellules geantcs etdccellulesepitbelio'ides digerantpour ainsi dire des fragments de mycelium a peine colores h leur extre-mite, des trainees de globules blancs enserrer des tubes de mycelium quin'ctaient pointencore separesde la brauche principale qui leur avait donne naissance. Nous avons enfiu, comme Ribbert, sacrifie des ani-maux, ä intervalles variables apres leur inoculation, et pour cela, nous nous sommes adresse an cobaye qui parait beaucoup moins sensible qua le pigeon ä linhalalion de spores dans la tracbee, ce qui nous permettait d'attendre asscz longtemps pour tuer les animaux. Dans leurs poumons il n'existait pas de tu-bercules, mais seulement des ramcaux myceliens sur lesqucls nous avons pu suivre le debut du processus de defense si bienindique par Ribbert: lestubercules se seraient peul-etre formes plus tard, la chose
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est possible, mais la plupart des spores ayant dejä disparu, il nous a semble que dans ce cas I'orga-nisme se soil defendu d'unc faQon vrainaent remar-quable.
II nous faut d'ailleurs noter qu'on n'arrive pas tou-jours chez les animaux ä la formation du lubercule en leur injectant des spores par la voie veineuse. L'aspergillus, tout comme le bacille de Koch, no produit de tubercules que lorsque rorganisme a le temps de reagir, et, si apres Tinjcction dans les veines d'un lapin ou d'un pigeon, on ne note chez le premier dans le foie, et chez 1c second dans le pou-mon, que quelques tubercules, le foie et le poumon sent parfois cependant fa reis de rameaux myceliens abondants qui eultivent sur liquide de llaulin : de meme, chez le lapin, l'injection de bacilles de Koch dans les veines tue 1'animal en quelques jours, sans qu'il se produise de tubercules, avec bacillemie dans tons les organes, tandis qu'au contraire les tu­bercules n'apparaissent que trois ou quatre semaines apres rinjection dans le peritoine.Les pigeons morts d'aspergillose spontanee presentent des tubercules beaucoup plus gros dans les poumons que ceux qu'on observe quand on les tue par inhalation dans la tracbee; les tubercules sent encore beaucoup plus petits apres Finoculation dans les veines, et il semble que chez ces animaux, qui forment un milieu de culture vivant si favorable au champignon, ils soient d'autant moins nombreux et d'autant plus gros que I'infection est moins grande.
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LESIONS ASPERGILLAIUES EXPERIMENTALES.
Dans toutes les recherches exporimentales que nous avons entreprises depuis 1892, nous avons eu l'occasion de faire les memes remarques sur 1'histoge-nese du luherculeaspcrgillaire : nous avons examine, comme Borrel(l) I'a fait pour le baeille de Koch, des reins de lapins sacrifies un temps variable apres I'in-fection ; des la dix-huitieme heure, nous avons note toute la serie de reactions histologiques des tuber-cules telles que nous venous de les exposer. Avant la quinzieme heure, les lesions sont toutes differentes. et la serie d'experiences que nous aliens relater fera bien comprendre revolution de la maladie.
U. — Du
premier stade de I'infection dans I'aspergillose
oxperimentale (2).
Pouressayer d'elucider le mecanisme de I'infection dans le premier stade de I'aspergillose oxperimentale, nous avons fait une serie d'experiences comparatives avee un aspergillus pathogene, I'aspergillus fumi-gatus, et un aspergillus non pathogene, I'aspergillus
niger.
L'aclion pathogene de I'aspergillus fumigatus nous est tres connue maintenant: l'innocuite de I'asper­gillus niger est bien etablie, depuis les experiences de Kaufmann. Nous avons souvent verifie lefait, et
(1)nbsp; Borhel, Tuberculose experimenlale du rein {Ann, dc Vlmliiul Pasteur, 1894, p. Ob).
(2)nbsp; Renos, Recherches sur le premier slade dc I'infection dans raspergillose e.\pmmentale (Soc. de biol., 25 juillel 1896).
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DU PREMIER STADE DE L'INFECTION DANS L'ASPERGILLOSE. 127
c'est ä peine si, apres une tres abondante injection de spores d'aspergillus niger dans les veines de lapins, nous avons pu parfois noter un leger amai-grissement: cos animaux ne sont nullement incom­modes on sont promptement retablis. Si on les sacrifie quelques jours apres l'inoculation, on ne trouve aueune des lesions ordinaires de Taspergillose dans leurs organes.
Quelle est la raison de cette difference entre ces deux parasites d'espece si voisine ?
liest possible d'invoquer, a priori, la difference du degrede temperaturenecessaireäleurdeveloppement.
On sait que raspergillus fumigatus pousse tres bien ehe/ le lapin, dont la temperature normale (38deg;) est celle qui conyient le mieux pour obtenir le maximum de croissance du champignon dans les cultures. Par centre, les belles cultures d'aspergillus niger poussent ä une temperature plus basse, 25 h SOdegres environ : ä 37-38 degres, ce champignon se developpe encore; nous avons presque toujours obtenu des cultures dans ces conditions ; cependant, ä cette haute tempe­rature, le mycelium est plus grele et les totes spori-feres plus petites ; mais les spores n'ont pas perdu leur pouvoir vegetatif, puisque, ensemencees do nouveau ä 37-38 degres, elles donnent encore une nouvelle culture.
II devenait interessant de chercber si, dans I'orga-nisme animal, I'aspergillus fumigatus pouvait se de-velopper ä des temperatures plus basses, et I'asper­gillus niger a des temperatures plus elevees.
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i28nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LESIONS ASPERGILI.AIRES EXPERIMENTALES.
Nous avons a cet effet employe des animaux a sang froid, des grenouilles, placees dans des bocaux plains d'eau et maintonus ä des temperatures variables. Ces animaux furenl inocules dans le sac lymphatique, les uns avec un centimetre cube d'une abondante emul­sion dc spores d'aspergiJlus fumigatus (1) dans du bouillon, les autres avec la meme dose de spores d'aspergillus niger, et nous en fimes deux parts : les uns furent mis dans des bocaux places dans le labo-raloirc, et dont la temperature, prise malin el soir, pendant les trente-cinq jours que dura I'experiencc, oscilla entre 20 et 2d degres ; les autres grenouilles restcrent dans des bocaux mis ä l'etuve, et dont la temperature, relevee aussi matin et soir, varia de 3(i ü 38 degres. Chaque serie d'experiences comprenait des animaux inocules avec de l'aspergillus niger et de I'aspergillus fumigatus, et des teinoius.
Toutes les grenouilles misesä letuve succomberenl en meine temps, le septieme jour.EUesnepresentaient aucune lesion : les organes, ainsi que la lymphe retiree du sac lympbatique, ensemences sur liquide de Ilaulin, donnerent des cultures d'aspergillus fumi­gatus pour les animaux inocules avec ce champignon, et des cultures d'aspergillus niger pour ceux qui avaient regu ce dernier : tons les tubes ensemences avec les temoins resterent steriles. Des preparations, faites avec la lympbc retiree du sac lympbatique de
(1) Laquanlite de sporesd'aspcrgillusfumigatusinjecteesa, chaque greuouille elail süffisante pour tuer en six jours un lapin de 2,200 grammes inocule par la voie veineusc.
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DU PREMIER STADE DE L'lNFECTION DANS LASPERGILLOSE. 129
ces grenouillcs, montrerent de la fagon la plus nette les spores d'aspergillus fumigatus ou d'aspergillus niger incluses dans les leucocytes ; il n'y en avait point de libres dans l'exsudat.
Toutes les grenouilles, laissees ä la temperature du laboratoire, ölaient encore Vivantes trente-cinq jours apres : sacritiecs, elles ne presentaient aucune lesion dans leurs organes, qui donnerent tous, ainsi quelalymphe extraite du sac lymphatique, des cul­tures, soit d'aspergillus niger, soit d'aspergillus fumi­gatus, apres ensemencement sur liquide de Raulin : les organes des animaux temoins resterent steriles. Comme plus haut, l'exainen microscopique de la lymphe du sac lymphatique demontra la presence des spores des deux champignons dans les leucocytes.
II devenait des lors evident que la temperature n'avait, dans ces experiences, aucune action sur le pouvoir pathogene des deux aspergillus : les gre­nouilles, inoculees avec chaeun d'eux, et mises ä hasse temperature, n'avaient point suecomhe : celles, inoculees de la meine fagon et placees ä haute tem­perature, etaient morles tres probablement de cette elevation de la temperature, puisqu'elles avaient suc-combe en mßme temps que les temoins, et qu'elles n'avaient aucune lesion dans leurs organes.
L'englobement des spores des deux champignons dans les leucocytes de la lymphe, apres huit et trente-cinq jours de sejour dans l'organisme, la dissemination de ces spores dans les organes cons-tatee par les cultures, et due vraisemblablement ä la
Renon. — Aspevgillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;9
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#9632;
130nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LESIONS ASPERGILLA1RES EXPERIMENTALES.
voie leucocytahe, puisquc les injections out ete faites dans le sac lymphatique ; tout cola nous permet de supposer quo rinnocuite des deux: parasites chez la grenouille tient, non pas aux variations de leur tem­perature de developpement, mais peut-etre a une action phagocytaire protectrice, et il etail permis de se demander, si ce n'etait pas ä cette ineino cause que pouvait etre du le pouvoir non pathogene do Fas-pergillus niger chez le lapin.
Dans sa remarquable elude, Ribbert a bien mis en lumiere toute la serie des reactions phagocytaires qui tendent älimiler I'mfection, des que les spores de l'aspergillus fumigatus commencent a se develop-per dans les organes. Apres avoir constate que laquo; I'englobement par les cellules ne prend toute sa valeur, que lorsqu'il so produit usscz tot raquo;, il avait bienvu que dans les reins la leucocytose est moins rapide et moins intense que dans le poumon et le foie, fait qui nous paratt en rapport avec le degre maximum des lesions dans les reins.
Si les spores se devcloppent si bien dans ces or­ganes, e'est que rien ne vient les gener an debut de leur germination. En sacrifiant des lap ins deux mi­nutes, dix-scpt minutes, trois heures, douze et dix-buitlieures apres Finjection dc spores d'aspergillus fumigatus dans les veincs, nous avons pu volr Fen-globement des spores par les leucocytes commencer vers la troisieme bcure, mais bien faiblcmcnt. La plupart des spores sont hors des globules blaues, et leur developpement, ä peine entrave, est en pleine
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DU PREMIER STADE DE L'INFECTION DANS L'ASPERGILLOSE. 131
activite vers la clouzieme et surtout vers la dix-huitieme heure. C'est alors seulement qu'on note töute la serie des reactions classiques du tubercule, nodules embryonnaires, cellules geantes, pour ar-reter la marche envaliissante du mycelium, ainsi que Font constate tons les auteurs.
Nous avons ensuite cherche ä obtenir le meme
• •
Fig. 6. — Spores d'aspergillus fumigatus Uans les leucocj'tes du sac lympluitique de la grenouille trente-cinq jours apres l'inoculation (Leitz, obj. immersion 1/12, oc. 1).
resultat, en meltant en contact in vitro des leucocytes et des spores d'aspergillus fumigatus, seien la methode employee par Bordet (I) pour les microbes.
(1) laquo;II suffit de recolter chez un animal un peu d'exsudat riche en leucocytes, d'ajouler ä cet exsudat un peu d'emulsion microbienne, de placer le melange en chambre humide, ä la lemperalure de 35 ä 37 degres, pour que la phagocytose saecomplisse avec rapidite. Un moyen efficace d'obtenir un exsudat oü les leucocytes abondent, consiste äinjeeter dans la cavite peritoneale d'un cobaye quelques
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I -
132nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; LESIONS ASPERGILUIRES EXPERIMENTALES.
Avec Fexsudat peritoneal de cobaye et de lapin, c'est a peinc si Ton constate an bout de trois heures la presence de quelques spores dans les leucocytes polynncleaires : presque toutes sont libres dans I'ex-sudat. Gelte recberche, faite avec des spores d'asper-gillns niger, a donne des resultats tout differents : an bout du meme temps, les spores d'aspergillus niger
• a
Fig. 7. — Spores de l'aspcrgillus i'umigatus ä la troisieme heure de contact avec les leucocytes du cobaye. La minoritü des spores est incluse dans les leucocytes (Leitz, obj. immersion 1/12, oc. 1).
sont presque toutes englobees, et c'est la minorite seulement qui so trouve libre dans Fexsudat.
Ces spores d'aspergillus niger restent Vivantes dans rorgänisne des lapins, bien qu'elles ne s'y develop-
cenliiTH'lres cubes de bouillon peptonise. Le lendemain, I'exsudalion peritoneale renfernne des globules blancs Ires nombreux. Des pre­parations failcs au moyen de l'exsudat additionne de microbes sont fixees ä Tacide picrique en solution aqueuse saturee, colorees en-suite par I'eosine (oO centigr. d'eosine dans 100 gr. d'alcool ä 60deg;), puis par le bleu de methylene en solution aqueuse saturee. raquo; Bordet, Recherches sur la phagocylosG {Ann.deI'Inst. Pasteur, 1896,p. 109).
t.
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DES FORMES ACTINOMYCOSIQUES DE L'ASPERGILLÜS. 133
pent pas. Si Ton sacrifie a intervalles reguliers, au bout dc yingt-heures, deux jours, trois jours, quatre et cinq jours, cos animaux inocules dans les veines, on voit tons les tubes de liquide de Raulin donner des cultures, apres ensemencement des organes et du sang du coeur : les leucocytes du sang contiennent des spores visibles ä Fexamen microscopique. 11 est pos­sible que leur survie soit plus considerable encore, et qu'elle atteigne la longue duree qu'elle presente chez la grenouille.
Ces recherches mettent bors de doute Faction de la leucocytose au debut de ['infection aspergillaire. Les reactions des globules blancs, intenses pour les deux parasites chez la grenouille, intenses pour le cham­pignon non pathogene, mediocres et presque nulles pour le champignon pathogene chez le lapin, sont peut-etre la raison directe de leur pouvoir virulent, sans qu'il soit possible d'expliquer la cause intime du phenomene.
E. — Des formes actinomycosiques de Taspergillus famigatus.
Lorsqu'on examine attentivement des preparations de divers organes d'animaux ayant succombe ä l'as-pergillose experimentale, quelle qu'ait ete la voie d'inoculation, on est parfois surpris d'observer des formes particulieres du mycelium aspergillaire qui ressemblent ä s'y meprendre ü l'actinomycose.
Lichtheim, dans ses experiences sur l'asper-
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134nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LfiSIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
gillus fumigatus, les avait observees le premier.
Laulanie, en 1884, les avait trouvees dans le poumon du lapin, soil dans Finterieur des alveoles, soit dans Fepaisscur de cellules geantcs. laquo; Dans tons les cas les agents parasitaires affectent la forme de rosaces on d'etoiles, dent les branches tres courtes, jaunes, refringentes, sont renflees äl'extrömitö libra et effdecs ä Fextremite adherento. Lorsque ces groupes filamenteux sont incorpores dans une cellule geante, ils realison t un ensemble en tout comparable ä ceux qu'on trouvodans l'actinomycose ä forme tuberculeusc (1). raquo;
Ribbert les a observees aussi dans le poumon et les designc sous le nom de laquo; corps radies ou rayonnants raquo; : il rappelle que Lichtheim les avait dejä decriteset les avait laquo; regardees comme des productions avortees, en indiquant leur extraordinaire resscmblance avee les vegetations d'actinomycose raquo;.
En 1892, nous avons constate les memes fails dans le poumon d'un lapin qui avait servi ü des essais de vaccination et qui etait mort en deux mois daspergil-lose cbronique : il existait dans certains laquo; alveoles des touffes tres abondantes de mycelium faisant saillie dans des pelites bronches, ressemblant ä de Tactinomycose et paraissant avoir la plus grande ana­logic avec les corps radios de Ribbert (2) raquo;.
INous avons trouve encore le memo aspect, en 1893, dans un rein de lapin sacrifie cinq mois et demi apres
(1)nbsp; Lallame, Sur quelques affections parasitaires du poumon et leur rapport avec la tuberculose [Arch, de physiol., 18S4, p. 516).
(2)nbsp; RtNON, These, p. 63.
raquo;-—#9632;ää.
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DES FORMES ACTIN'OMYCOSIQUES DE L'ASPERGILLUS. 133
unc injection d'aspergillus fumigatus clans les veines (voirpage 104). laquo; Dans un autre tubercule forme de couches concontriques, de cellules embryonnaires cn voie d'evolution sclercuse, il existait, au centre, des fragments de mycelium tres nets, se presentant sous
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Fig. 8. — Formes aclinrmiycosiques tie l'aspergillus fumigatus dans im rein de lapin en voie de guerison. —a, cellules epithelioidcs. — amp;, cen­tre d'un foyer actinomycosique. — c, massues actinomycosiques (Leitz, obj. quot;, oc. 2).
forme de trois corps radies d'inegale grandeur, dont les branches, etranglees etmoniliformes par places, avaicntmal pris la couleur, et ressemblaient extraor-dinairemcnt ä Factinomycose (1). raquo; Lucet, chcz le cobaye, a vu des figures semblables
(1) Rknon, Du processus de curabilile dans la tuberculosc asper-gillaire (Soc. de hiol., 16 mars 1893).
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130nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;LESIONS ASPERGILLAIRES EXPERIMENTALES.
dans la rale. Dans les tubcrcules ages de cet organe, on trouve des formes rayonnees simulant I'actinomy-cose, laquo; mais il faut pour obtenir cos formes que le cobaye ne meure pas trop vitc, en qualre ou cinq jours par exemple raquo;.
Quelle est la signification de ces formes mycosi-ques speciales ? On pent les rencontrer au debut ou au decours de l'affection. Au debuton les observe, meme quand les reactions histologiques ne sont pas tres considerables, tandis qu'au contraire plus tard, elles accompagnent toujours des alterations tres marquees. Elles nous paraissent dans Tun comme dans I'autre cas laquo; des productions avortees, raquo; selon I'beureuse expression de Lichtheim, et nous pensons qu'elles sont laquo; Cindicede la cUfe?vgt;e extreme de rorganisms et de lavita-lite moins grande du champignon raquo; (Henon). Cast d'ail-leurs un etat morphologique qui n'a rien de special ä l'aspergillus fumigatus. 11 est aujourd'bui certain que l'aspect radie, caracteristique de l'actinomycose, est commun ä differents parasites mycosiques et autres. llparait bien probable que cette disposition constitue une de leurs formes de resistance, qu'on rencontre rarement dans les cultures, mais qui est parfois la regie dans les tissus yivants. Tel est cet aspect observe par Sabrazes, ä propos des pseudo-tubercu­loses faviques, dans le poumon du lapin infecte par l'injection de spores d'oospora canina dans les veines(l) : telest l'aspect constate dans certaines cul-
(1) Sabrazes, Pseudo-tuberculoses faviques experimentales (Soc. de dermal, et de syphiligr., 7 avril 1893).
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DES FORMES ACTINOMYCOSIQUES DE L'aSPERGILLUS. 137
tures de bacilles de Koch par Metchnikof (1) et par Coppen Jones (2), et par ce dernier auteur dans les crachats de tuberculeux qui presentaient de veritablcs massues appendues anx bacilles, massues qui etaient de tons points comparables ä cclles de l'actinomycose.
!
(1) Metchmkof, Die Untersuchung des Auswurfes auf Tuberculba-cillen. lena, d888.
'2) Coppen Jones, Centrahl. für Bükt, und Parasit., 189ä, n05 1 et 2, et 1896, t. XX, p. 393.
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CHAPITRE V
ESSAIS J)'IMMUNISATION.
J iisqu'ii l'heure acluelle il est impossible d'obtenir une immunisation serieuse des aniraaux conlre I'as-pergillose cxperimentale : tons les essais faits dans cette voie ont echoue : mais lesrecherclies entreprises dans ce but soul des plus curieuses, et il nous parait interessant de les rapporter, car ellcs ont une certaine portecenpathologiegenerale; ellespermettentdebien saisir des differences entre le mode d'action des cham­pignons et celui des bacterics. Ces reclierches comprennent des essais faits avec des toxines du champignon, avec des serums, des elements non pathogenes, des spores modifiees par des agents physi­ques et chimiques, des spores virulentes et des spores attenuees par leur sejour dans de vieilles cultures.
A. — Toxines.
11 etait permis de supposer a priori qu'on pourrait doter les animaux d'une certaine immunite, en employant les produits solubles que laisse dans les cultures raspergillusfumigatus, comme cela s'observe en pratique courante pour les microbes, et il fallait
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T0X1NES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;139
tout d'abordrechercher si le champignon neproduisait pas de toxines. Ces toxines pouvaient etre, seit des toxines elaborec* dans le milieu de culture pendant le developpement de Faspergillus fumigatus, seit des toxines extraites du champignon lui-meme: en un mot, il etait interessant de voir si le parasite produisait des toxines extra-cellulaires, on des toxines intra-cel-lulaires, ou peut-etre les deux en meme temps.
10 Toxines extra-cellulaires. —#9632; Kotliar (1) a recherche si le liquide des cultures de l'aspergillus fumigatus sur liquide de Raulin et sur bouillon, apres le developpement du mycelium et des spores, ne con-tiendraitpas des substances noeixespour les animaux, et il a experimente sur des pigeons qu'il inoculait ainsi dans les veines: il avait eu au prealablc le soin de s'assurer que les liquides ainsi injeetes dans le courant sanguin n'etaient pas toxiques avant qu'on ne les eultivät. II se debarrassait des elements xivants en les sterilisant par la chaleur, et il a pu voir que les cultures inoculees aux pigeons dans ces conditions ne produisaient aueun effet ; laquo; ils survivaient sans presenter le moindre Symptome morbide raquo;.II fdtrait ensuite les cultures en usant de differents procedes : d'abord de la bougie Chamberland, les animaux resisterent ainsi qu'apres l'injection des cultures ste-rilisees; mais, comme il etait possible que la substance toxique eüt 6te alteree par la chaleur ou retenue sur le filtre, il opera la filtration simplement avec un
(1) Kotliar, Contribution ä l'elude de la pseudo-tuberculose asper-gillaire (Ann. de Z'inst. Pasteur, 1894, p. 479).
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140nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ESSAIS D IMMUNISATION.
triple filtre de papier sterilise. Dans ces conditions, laquo; I'lnjection intra-veineuse ne produisait pas toujours les memeseffcts, en ce sens que les pigeons inocules aAec la meme quantite d'une culture de cinq jours, simplement fdtree sur papier, tantot succombaicnt, tantöt restaient en vie sans avoir presente de sym-ptomes morbides raquo;. A l'autopsie des pigeons qui succombaient, on trouvait les lesions aspergillaires classiques des visceres. Ceux qui resistaient, sacrifies quelqucs mois plus tard, ne presentaient aucune lesion macroscopique apparente et les cultures de leurs organes restaient steriles.
L'explication de cettc difference de resultats est fort simple. laquo; Si le filtre relient toutes les spores ou n'en laisse passer qu'un petit nombre, I'animal dans ce dernier cas a rapidement raison d'elles, et survit h I'infection qui ne provoque chez lui aucune reaction appreciable : si, par centre, il passe h travers le filtre un grand nombre de spores, I'animal succombe avec les memesphenomenesqu'on observe apres I'injection de cultures non filtrees, avec cette seule difference que dans le premier cas la mort survient plus tardi-vement, ä cause du petit nombre de spores virulentes introduites dans rorganisme. raquo; Les resultats sont les meines apres l'usage de cultures faites sur bouillon peptonise, de sorte qu'on pout dire laquo; d'une facon gemralo que Faspergillus fumigatus ne forme pas de toxines extra-cellulaires dans les milieux stir lesquels on le cidlive ordinainment raquo;.
11 ne forme pas non plus do substances vaccinantes :
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TOXINES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;141
des pigeons, inocules avec des cultures sterilisees, out reQu douze jours plus tard de la culture virulente etils ont succombe en meme temps que les temoins.
Lucetarepris les experiences de Kotliar, et il a pu voir comme lui que les milieux liquides, ayant servi au developperaent du champignon, ne tuaient pas les animaux; mais il a, par centre, constate que ces solutions n'etaient pas sans action sur la sante de l'animal. (Test ainsi que chez le lapin, il a pu obtenir, apres injection dans les veines d'une culture d'aspergillus fumigalus sur moüt de biere datant de deux mois et filtree sur porcelaine, une elevation de temperature de un degre et demi. De meme,l'injection dans les veines d'une culture sur liquide de Raulin, filtree par l'appareil de Kitasato, a pu amener une elevation de temperature de un degre 3 a un degre 4, mais les animaux n'ont pas succombe.
2deg; Tox'mes intra-cellulaires, — Nous avonsrecherche s'il n'existait pas de loxines dans le mycelium lui-meme et surtout dans le mycelium jeune avantla for­mation des spores. Cultivant, dans 25 ballons ä fond plat, de 25 centimetres de diametre, de raspergillus sur solution de maltose de Sabouraud, nous avons, au bout de vingt-qualre heures d'etuve a 37 degres, dissous le mycelium blanchatre dans une solution aqueuse de potasse ä 40 pour 100. Nous pumes pre-parer ainsi 300 grammes de dissolution de mycelium et nous en ftmes deux parts (]):
(l) Rknon, Essais d'immunisalion centre la tuberculose aspergil-laire (Soc. de Idol., 20 juillet 1895).
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H2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ESSAIS d'immünisation.
a. La preniiöre (IOO grammes) fut soumise ä la dialyso pendant vingt-quatre heures, et le liquide contenu dans le dialyseur fut injeclö dans le muscle pectoral de deux pigeons ä la dose de cinq et dix centimetres cubes : ces pigeons ont survecu. Le reste de la solution clialysec, addilionne de 1/2, 1/3, 1/4, 18 de glycerine, Tut injecte dans le muscle pec­toral de quatrc pigeons : les deux premiers pigeons succomberent, par suite de l'action toxique de la gly­cerine yerifiee sur deux pigeons temoins.
[i. La seconde part (200 grammes) de solution, traitee par l'alcool ä 90 degres, donne un abondant precipite; celui-ci, lave ä l'alcool ä 60 degres, pro-duisit trois grammes de residu sec qui, dissous clans 40 grammes d'cau salec, fut injecte dans le muscle pectoral de deux pigeons, ä la dose de quatre a six centimetres cubes, et, de la meme maniere et aux memes doses, aux quatre pigeons dejä inocules avec le resultat de ladialysc. Tons ces animaux resisterent.
L'action toxique des produits ainsi extraits etait done nulle. Existait-il une action yaccinante?
Des six pigeons trades anterieurement, deux re-gurent dans les veines deux centimetres cubes et demi dune emulsion de deux palettes de spores d'as-pergillus fumigatus dans du bouillon, etils succom­berent en meme temps quo le temoin. Les quatre autres pigeons recurent dans le pectoral la meme dose de spores et resisterent : ces quatre pigeons re-Qurent ulterieurement en qualre mois et en quatre fois dans les veines des doses de un quart, im et deux
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SERUMS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 143
centimetres cubes d'emulsion d'unc palette de spores, et de un centimetre cube de deux palettes : ils resisterentächaqueinoculation,tandis que les temoins moururent. Pour Tepreuve definitive, nous leur avons injecte une dose considerable, deux centi­metres cubes d'emulsion de deux palettes de spores : ils sont lous morts du deuxieme au cinquieme jour, un ä deux jours apres les temoins.
Ces resultats semblent nous prom er qu'il n'existe pas plus do toxines intra-cellulaires quo de toxines extra-cellulaires, ou du moins que s'il existe des produits toxiques dans 1c mycelium, ceux-ci sont aussi incapables de tuer les animaux que de les pre-munir centre une nouvelle inoculation.
Lgt;. — Serums.
Cos essais, aussi negatifs cpie les precedents, ont perle sur des injections preventives failes, avant et apres l'inoculalion du champignon, avec le serum an-tistreptococcique de Marmorek et du serum d'animaux infectes par I'aspergillus fumigatus et recueilli un pen avant la mort.
1deg; Nous avons employe h la dose de un et deux ceulimctres cubes, prevenlivement vingt heures et une demi-heure avant I'injection, et une demi-heure apres I'injection, le serum antistreptococciquc de .Mar­morek : les lapins, ayant re^u dans les veines deux centimetres cubes d'emulsion de deux palettes de spores, sont morts cinq, neuf et douze jours apres
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144nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ESSAIS D'IMMUNISATION.
l'injection; les temoins ont succombe le sixieme jour.
2deg; Nous avons, peu de temps avant la mort, recueilli par saignee le serum d'un lapin infecte par l'asper-gillus fumigatus, et nous l'avons injecte ä la dose de deux centimetres cubes et demi et de trois centi­metres cubes sous la peau abdominale de deux lapins. Le premier regut en meme temps dans les veines un centimetre cube et demi d'emulsion de trois palettes de spores et mourut onze jours apres ; le second recut,dix-neuf jours apres rinjection de serum, deux centimetres cubes d'emulsion de trois palettes de spores dans les veines et succomba le onzieme jour.
C. — filaments non pathogfenes.
Dans cette serie d'experiences nous avons employe le bouillon, un champignon el des microbes non pathogönes.
1deg; Essayant d'exciter les pbagocites ä l'aide du bouillon, selon la methode employee par Issaeff (1) pour provoquer une abondante leucocytose, nous avons injecte dans les veines de deux lapins neuf centimetres cubes de ce liquide, et trente heures apres deux centimetres cubes et demi d'emulsion de deux palettes de spores : les lapins sont morts le cinquieme jour.
2deg; Nous avons, avec un champignon non patho-
(1) Issaeff, Zeilschr. fi'w Hijgiene, t. XVI, 1894.
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ELEMENTS NON PATHOGENES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 143
gene, l'aspergillus niger, injocte trois lapins dans les veines, ä la dose de deux, trois et quatre centi­metres cubes de deux palettes d'emulsion de spores : apres avoir maigri un peu, ils retrouverent et depas-serent meme, au bout de quatre semaines,Ieur poids initial et regurent alors, dans les veines, de deux ä trois centimetres cubes d'emulsion de trois palettes de fumigatus; ils succomberent quatre, dix-buit et vingt-neuf jours apres, et, par les cultures, il fut impossible de trouver trace d'aspergillus niger dans leurs organes.
3deg; Nous avons, avec du proteus vulgaris ayant perdu sa virulence par de nombreux passages sur gelose, injecte dans les veines deux lapins : ces animaux ayant maigri les premiers jours, nous avons attendu qu'ils aient retrouve leur poids initial pour les ino-culer, et six semaines apres la premiere injeclion, ils out reQu dans les veines deux centimetres cubes d'emulsion do trois palettes do spores, et sent morts, l'un le septiemo jour, I'autre le dix-neuvieme jour : il fut impossible, par les cultures des visceres, de retrouver trace du proteus vulgaris,gt;
4deg; Des essais de vaccination faits sur des lapins avec injection prealable dans les veines de bacillus prodi-giosus out amene la mort rapide des animaux par septicemie due auprodigiosus qu'onpouvait retrouver dans les organes par les cultures et par les coupes : l'injection de spores virulentes d'aspergillus fumiga­tus a done etc impossible dans ce cas.
Renon. — Aspergillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 10
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146nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ESSAIS D'IMMÜNISATION.
D. — Spores modifies.
Les experiences ont porte sur l'lnjection prealable de spores modifiees par l'addition de corps chimiques dans les milieux de cultures et par la chaleur.
1deg; Nous avons essaye sur trois lapins, a la dose de un centimetre cube et demi d'emulsion de trois pa­lettes de spores, l'injection de spores d'aspergillus ayant pousse sur des milieux contenant ä faible dose du nitrate dargent, de Yiodure de potassium ei de Viode : les lapins sont morts en quatre et cinq jours, en meme temps que les temoins.
2deg; Ayant etabli l'innocuite absolue d'injections de spores sterilisees ä 110 degres ä ['autoclave dans les veines de lapins et dans le peritoine de cobaycs et de pigeons (les animaux sacrifies quinze jours apres ne presentant pas trace du moindre tubercule), nous avons inocule deux cobayes dans le peritoine avec des spores sterilisees et dix-buit jours apres avec des spores virulentes : ils sont morts sept et onze jours apres cette seconde inoculation, presentant quelques rares tubercules aspergillaires. Deux lapins, traites de la meme fagon par injection de spores sterilisees dans les veines, puis de spores virulentes quinze jours apres, sont morts six et sept jours plus tard, avec une tuberculose aspergillaire generalisee (poumons, foie, reins). Les animaux temoins etant morts beaucoup plus tard (le cobaye en dix-sept jours, le lapin en douze jours), cet essai d'immunisation etait desastreux.
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SPORES M0DIF1EES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 147
3deg; Nous avons repris quelques mois plus tard cet ordre dc recherches : les resultats que nous allons rapporter sontidentiques.
Nous avons essaye, ä l'autoclave et au bain-marie, l'action de la chaleur sur des tubes fermes ä la lampe et contenant des spores d'aspergillus : apres cbaque experience, les spores etaient ensemencees sur liquide de Raulin.
a. Sont restes steriles : les tubes portes h I'auto-clave a HO et ä 100 degres pendant cinq minutes, ceux mis ä 82 degres pendant six heures, h 00 degres pendant cinq heures et demie,ä 57 degres 1/2 pendant quinze beures. — Avec chacun de ces tubes on a, ä la dose de trois centimetres cubes d'emulsion de trois palettes,inocule unlapin dans les veines: cesanimaux resislerent; le deuxieme jour, ils n'avaient point maigri et furent inocules dans les veines avec trois centimetres cubes d'emulsion de trois palettes de spores virulentes. Tons succomberent du quatrieme au huitieme jour, et d'autant plus rapidement que la sterilisation des spores primitivement injectees avail eu lieu h un degre plus eleve, absolument comme dans I'experience relatee plus haut.
ß. Out donne une culture, les tubes restes a. GO degres pendant dix minutes, ä 57 degres pendant trente minutes et une heure et quart, et ceux restes ä 53 degres pendant quarante-huit heures. — Un lapin a ete inocule dans les veines avec chacune de ces sortes de spores (trois centimetres cubes d'emul­sion de trois palettes de spores). Tous sont morts du
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sixieme au douzieme jour, sauf un seul, le lapin inocule avec les spores reslees trente minutes h 57 de-gres : cot animal, ayant maigri, fut inocule douze jours apres avec la meme dose de trois palettes de spores virulentes; il a succombe le dixieme jour, en meme temps que le temoin.
E. — Spores virulentes.
La possibility d'immuniser les animaux par des injections progressivement croissantes de spores vi­rulentes avaitdejä attire notre attention en 1892, ä la suite de la lecture du travail de Ribbert: laquo; Si, dit cet auteur, apres avoir introduit de faibles quantites de spores dans I'appareil circulatoirc d'un lapin qui en eprouve ainsi une leucocytose abondante, on lui fait supporter une nouvelle infection, les spores sont plus vite et plus abondamment entourees par les leuco­cytes et le developpement de ces spores est bien plus vite entrave que chez un autre animal pris comme tömoin (1). raquo; Nous nous etions demande alors, s'ilne serait pas possible de rcndre refractaire ä une nou­velle dose de spores d'aspergillus un animal deja inocule anterieurement avec une faible dose. Nos essais avaient porte sur deux lapins que nous avions inocules d'abord avec un centimetre cube d'emulsion de spores, puis Tun, deux mois apres, avec deux cen­timetres cubes, et l'autre, six semaines apres, avec
(1) Ribbert, toe. cit., p. 58.
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SPORES VIRULENTES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 149
un centimetre cube et demi, et, quinze jours apres cette seconde inoculation, une troisieme fois avec deux centimetres cubes d'emulsion de spores. Les deux lapins avaient resiste ä la premiere inocula­tion : il etait permis de croire qu'ils etaient vaccines. Nous ne le pensions pas, puisque le premier lapin etait mort, mais la survic du second meritait d'etre signalee, car il avait resiste pendant un mois ä une dose qui tuait les temoins en six a huit jours.
En 1894, nous avions obtenu des resultats aussi interessants dans un essai de vaccination fait sur deux lapins par une premiere injection de spores virulentes, en tres petite quantite, incapable de les tuer immediatement, et par une seconde injection, faite quelques jours apres, avec une dose conside­rable de spores virulentes : les deux animaux (ayant recju une premiere fois un dcmi-centimetre cube, et dou/.e jours apres deux centimetres cubes de spores), sent morts. Tun en deux mois et demi, I'autre sacrifie apres cinq mois, presentant des lesions chroniques dont quelques-unes etaient en voie de regression.
En \ 895, nous avons renouvele nos experiences en inoculant des lapins d'une part sous lapeau, et de I'au­tre dans les veines, avec de faibles doses, avant de leur donnerdegrandesquantites de spores virulentes.
1deg; Quatre lapins out ete inocules sous la peau, avec deux centimetres cubes d'emulsion de une palette de spores virulentes ; aucun n'estmort. Dix jours apres, nouvelle inoculation sous-cutame de deux centi­metres cubes de deux palettes : un lapin meurt dix
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-quot; •#9632;quot;------ quot;#9632;•#9660; iiiraquo; i #9632;#9632; i^^^^^^mm^mmm
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däOnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ESSAIS D'IMMUNISATION.
jours apres. Les trois autres, quinze jours apres la seconde inoculation sous-cutanee, sont injcctes dans les veines avec un demi-centimötrc cube de deux palettes de spores. 11s maigrissent, mais survivent,et rcprennentleur poids initial anbeut de sept semaines. Deux mois apres cette troisieme inoculation, its re-Qoivent dam les veines, l'un deux centimetres cubes, les deux autres un centimetre cube d'emulsion de trois palettes de spores. Le premier mcurt quarante jours apres rinoculalion, succombant a une affection ulcereusc des deux orcilles, due ä un acare et fre-quente chez le lapin, et ne presentant que des lesions cicatricielles dans ses organes; les deux autres sur-vivent, et, apres avoir maigri, rcprennent leur poids Arers la sixieme semainc. Le temoin etait mort le huitieme jour.
2deg; Quatrc lapins recoivent dans les veines de pclitcs quantites de spores virulentes (un demi-cenlimetre cube d'emulsion do une palette); l'un mcurt sept jours apres, les autres maigrissent, mais resistent. An bout de trente jours, seconde inoculation dans les veines, de un demi-centimetrc cube d'emulsion de deux palettes de spores : deux lapins succombent, l'un dix-huit, I'autre vingt jours apres. Un seul re-siste, maigrit, reprend en six semaines son poids initial; deux mois apres ccttc seconde injection, il est dc nouveau inocule dans les veines avec deux centimetres cubes d'emulsion de trois palettes de spores. II maigrit et succombe vingt-deux jours apres, le temoin etant mort le cinquieme jour.
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SPORES VIRULENTES PROVENANT DE VIEILLES CULTURES- 151
Dans toutes ces experiences, les autopsies ont 6t6 faites, et nous avons trouve dans les organes (feie de pigeons, foie et reins de lapins) de tons les animaux ayant succombe, sauf chez le lapin mort de gale des oreilles, des tubercules, qui, ensemences sur liquide de Raulin, ont tons donne des cultures d'aspergillus fumigatus.
On voit quels insucces nous ont donnes ces essais d'immunisation. De tous nos animaux, quarante-huit lapins, seize pigeons et trois cobayes (compris les temoins), trois lapins seulement ont resiste : ils avaient regu I'un dans les veines, les deux autres sous la peau d'abord, puis dans les veines ensuite, des doses progressives de spores virulentes. laquo; La re­sistance des lapins devient plus grande ä chaque nouvelle inoculation, et nous pensons que c'est de ce cote qu'il faut continuer les recherches pour rendre les animaux refractaires ä ccttc mycose raquo; (Renon).
F. — Spores virulentes proveaant de vieilles cultures.
Quelques mois apres avoir ccrit les lignes prece-dentes, nous avons observe un autre mode d'attenua-tion de la virulence des spores qui pourra peut-etre permettre d'arriver ä de meilleurs resultats. Nous avons dejä dit (voir page 67) que les spores prove-nant de vieilles cultures de trois ä quatre annees se developpaient plus lentement que les jeunes spores. A cette lenteur de developpement correspond un pouvoir pathogene moindre, mais seulement si Ton
ocr page 168
152nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ESSAIS D IMMUNISATION.
emploie les vieilles spores, sans reensemencement, car les spores reensemencees provenant de secondes cultures sont aussi pathogcnes que celles venant de jeunes cultures, fait d'ailleurs conforme aux expe­riences de Kaufmann qui, en riensemmgant des spores d'aspergillus cultivees sur pain humide et datant de six mois, obtint par inoculation de cette nouvelle culture au lapin une mort tres rapide de l'animal.
Si Ton compare l'action pathogene de spores jeunes et de spores datant de trois annees (dans ces expe­riences, nous ayions employe comparativement des spores de 1892 et de 1895), on yoit des differences considerables (1). Par injection veineuse de memes doses ä des lapins de meme poids on ebtenait la mort avec les spores recentes et la survie avec les vieilles spores : c'cst ä peine si les animaux perdaient tin peu de leur poids les trois premiers jours, pour re-prendre celui du debut de l'cxperience le septieme jour. Un seul des lapins a succombe : il avait regu une dose triple de spores de 1892, et il est mort quatre jours apres le temoin inocule avec une dose trois fois moindre de spores de 1895.
S'agissait-il d'une attenuation veritable? Pouvait-on, an contraire, admettre la possibilite de la mort de certaines spores dans la Yieille culture, d'oü injection d'une quantite peut-etre tres faible de spores Vivantes et virulentes ?
(1) Renon, Attenuation de la virulence des spores de l'aspergillus fumigatus dans les tres vieilles cultures (Soc. de Mol., 7 decem-bre 1895).
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SPORES VIRULENTES PROVENANT DE VIEILLES CULTURES. 1S3
Pour resoudre la question, nous avons fait des cultures comparatives sur plaques de gelatine maltosee : en comptant dans ces boites de Petri les spores ensemencees, nous avons pu voir que toutex se developpaient, les vieilles comme les jeunes, mais d'autant plus rapidement qu'elles etaient d'äge plus recent : ce developpement suivait d'ailleurs la marche que nous avons indiquee dans les tubes de gelatine maltosee, resultats analogues ä ceux con­states par Ribbert (1) et Hiigemeyer (2) pour I'as-pergillus flavescens. 11 s'agissait done bien d'att^-nuation.
Les lapins qui avaient resiste ctaient-ils ä l'abri d'une infection de spores virulentes jeunes? Etaient-ils vaccines?
IS'ous leur avons injecte dans les veines, ainsi qu'ä un temoin de meme poids, une quantite verita-blement enorme de spores virulentes [deux centi­metres cubes et demi d'une emulsion de six palettes de spores) : 1c temoin est mort le soir du second jour, un des lapins a succombe dix-huit jours apres le temoin, les autres ont resiste et out progressive-ment repris leur poids initial. Leur etat general, un mois apres le debut de la premiere inoculation, etait excellent : ils ont pu supporter une dose de spores que, par crainte, nous n'avions point encore ose
(1)nbsp; Ribbert, Ueber wiedherholte Infeclion mit pathogenen Schim­melpilzen und über die Abschwächung derselben {Deutsch, med. Wochenschr., 1888, nquot; 48).
(2)nbsp; Otto Hügemeyer, Ueber Absclvwächung pathogener Schimmel­pilze, Bonn, 1888.
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154nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ESSAIS D IMMUNISATION.
injecter ä des lapins soumis depuis six mois ä des essais d'immunisationpar injections progressivement croissantes de spores virulentes.
Trois mois apres, nous leur avons injecte une quantite considerable de spores jeunes et virulentes {quatre centimetres cubes et. demi dime emulsion de six palettes de spores) : cette fois les animaux n'ont pu register, ils ont suecombe en quinze, vingt-quatre et trente et im jours : le temoin etait mort le second jour.
Malgre cet insucces final, le fait nous paraissait interessant a signaler.
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CHAPITRE VI
ESSAIS THERAPEUTIQUES.
Par toute une therapeutique ralionnelle, nous avons essaye l'action de diverses substances chimiques sur les cultures dc I'aspergillus fumigatus, esperant pouvoir traiter les animaux par les substances qui auraient gene revolution du champignon dans les cultures.
Ayant essaye d'arreter cc developpement des spores par addition de sels d'argent qui entravent si bien la pousse de I'aspergillus niger, nous n'avons obtenu aucun resultat. L'emploi de nitrate d'argent ä 1 p. 100, k la dose de une a quatre gouttes pour quatre, cinq et dix centimetres cubes de liquide de Raulin, de moüt de biere, de moüt de vin, de solution de maitose de Sabouraud, de bouillon glycerine n'a pas empecbe le developpement de Faspergillus fumigatus; il en a ete de meme sur pain humide et sur pomme de terre trempös dans un melange de cinq decigrammes de solution de nitrate d'argent ä 1 p. 100 dans vingt-cinq grammes d'eau. Le developpement n'a ete arrete que dans trois matras contenant chacun dix centimetres cubes de
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;1 !
*oOnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ESSAIS TI1ERAPEUTIQUES.
liquide de Haulin et cinq gouttes de la solution de nitrate d'argent ä 1 p. 100. Sur 33 ensemencements faits avec l'addition de ce sei, trente-deux ont ete positifs et trois seulement negatifs.
Nous avons essaye l'action de l'iodure de potassium en employant deux solutions; l'une ä 25 p. 100, l'autre ä 30 p. 100 : en mettant un centimetre cube de ces solutions dans dos tubes contenant quatre cen­timetres cubes de maltose de Sabouraud, de moüt de biere, de liquide de Raulin, nous n'avons jamais arrete la pousse du champignon : eile fut seulement entravee dans une experience faite avec du liquide de Raulin, maintenu sterile depuis trois ans, qui prenait une coloration jaunatre apres addition d'iodure, coloration due, d'apres M. Villejean que nous avons consulte sur ce sujet, non pas ä des traces d'iode, mais ä un compose organique forme par suite de decomposition du liquide. D'ailleurs, l'iode n'empeche pas le developpement des spores : les resultats ont tonjours ete positifs avec des solutions iodees (un centimetre cube de solution d'iode ä 1 p. 60 dans cinq centimetres cubes de maltose de Sabouraud et de liquide de Raulin).
La pousse du champignon n'a pas ete arretee, mais a paru meme favorisee par l'addition de chlorure de sodium (un centimetre cube de solution de chlorure de sodium a 1 p. 10 dans quatre cen­timetres cubes de liquide de Raulin).
De son cote, Lucet a fait des recherches sur ce sujet, et il a vu le developpement des spores entravö
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ESSAIS TI1ERAPEUTIQUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 157
dans les milieux de cultures qu'il additionnait d'un gramme 60 p. 100 de sulfale de fer, d'acide sul-furique, d'acide chlorhydrique, d'acide azotique, d'acide phenique, d'acide borique, de calomel, de sulfate de cuivre et de cresyl: quelquefois möme une dose moindre de ces substances etait süffisante pour avoir une action semblable.
Avec l'iodure de potassium et l'iode, les resultats qu'il a obtenus out ete differents des nötres : dans une culture d'aspergillus fumigatus faite sur moüt de biere, il a vu l'iodure arreter la fructification ä la dose de un demi pour cent : le milieu devenait completement sterile s'il ajoutait trois grammes 50 p. 100 d'iodure de potassium. Deux centimetres cubes p. 100 de teinture d'iode empechaient los cultures en bouillon acide : le meme resultat etait obtenu par l'addilion de vingt centimetres cubes p. 100 de liqueur de Fowler.
Cette modification des milieux de cultures par l'iode et l'arsenic I'a conduit a essayer ces substances dans le traitement de l'aspergillose experimentale. En les employant preventivement il a pu obtenir chez lelapinune survie de cinq jours sur les temoins : en les employant apres l'injection des spores, il a note une survie de quatorze jours avec la liqueur de Fowler et de vingt-trois jours avec l'iode. Eninoculant pen de spores pour se mettre dans les conditions des mycoses spontanees, et en ne commenQant le traite­ment que le quatrieme jour, pour laisser au cham­pignon le temps d'evoluer, tandis que les temoins
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158nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ESSAIS THERAPEUTIQUES.
sont morts le vingtieme jour, les animaux traites avec la liqueur de Fowler n'ont suecombe que soixante-six, soixante-treize et quatre-vingts jours apres l'inoculation : les lapins traites avec la tein-lure d'iode out presente une survie, Tun de cin-quante jours, l'autre de cent trois jours. A leur autopsie on nolait des lesions cicatricielles tres nettes.
De notre cote, nous avons essaye sur le lapin iufccte par l'aspergillus fumigatus, l'action de l'iodure de potassium, en raison du pouvoir curateur de ce medicament dans Factinomycose.
Chez deux lapins qui avaient regu dans les yeines deux centimetres cubes d'emulsion de spores, nous avons injecte sous la peau, chaque jour, cinq centi­metres cubes d'une solution d'iodure do potassium ä 1 p. 20. Le lapin temoin est mort en quatre jours, et les lapins traites out suecombe Fun vingt-six jours, Fautre trente-deux jours aprcs I'inoculalion (1).
Ces recherches nous monlrentque si nous n'avons pas un specifique reel centre Faspergillose, du moins nous possedons en l'iode, l'iodure de potassium et Farsenic, des moyens ralionnels de traitement ellicace.
(1) Renon, De la resistance des spores de l'aspergillus fumigatus (Soc. dc biol., 9 fevrier 1895).
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CHAPITRE VII
DE LA CAUSE DE LA MORT DANS l'äSPEUGILLOSE EXPERIMENTALE.
Quand ranimal atteint d'aspergillose experimentale succombe, il est assez difficile d'expliquer quelle est la cause immediate de la mort. Elle n'est certaine-ment pas due ä une toxine elaboreedans l'organisme, puisque les produits solubles intra ou extra-cellu-laires,isolesjusqu'äpresentderaspergillusfumigatus, ne paraissent capables que d'elever un peu la tempe­rature sans jamais faire perir les animaux. Sans doute, le traumatisme exerce par le mycelium sur les tissus en amene la necrose, necrose des cellules du foie et du rein, et les reactions leucocytaires diminuent d'autant les fonctions des visceres : il en resulte un affaiblissement de Forganisme et une diminution de sa resistance envers les divers agents nocifs.
Kotliar (I) a propose une explication assez ingenieuse : laquo; Peut-on attribuer la mort de Tanimal ä Tinyasion de l'organisme par les microbes con-
(1) Kotliar, loc. cit., p. 487.
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160 DE LA CAUSE DE LA MORT DANS L'ASPERGILLOSE.
tenus dans son intestin et qui deviennent capables de penetrer dans l'economie une fois que celle-ci est affaiblicpar la pullulation de l'aspergillus fumigatus? Je ne le crois pas, car Tensemencement du sang et des organes parenchymateux des pigeons, ayant succombe ä la pseudo-tubcrculose aspergillaire, n'a jamais donne naissance ä d'autres cultures qu'a celles de Taspergillus fumigatus.
lt;( Arautopsie de certains pigeons qui succombaient dans un temps relativement court apres rinfection, on trouvait quelquefois des signes d'asphyxie tres accuses, qui, a un fälble degre, existaient chez tous les pigeons morts de pseudo-tuberculose aspergillaire. On pent done se demander si la cause immediate de la mort ne doit pas etre cherchee justementdans cette usphijxie des lisiit. Dans les organes parenchymateux et plus particulierement dans le feie, l'aspergillus fumigatus se rencontre sous forme de mycelium qui presente parfois un dcveloppement considerable. On salt que Toxygene est necessaire au developpement du mycelium, et que cet oxygene n'a pas besoin d'etre libre. Je pense done que lorsqu'un animal succombe ä Tinfection aspergillaire, nous avons affaire au phenomene de concurrence vitale, de Intle pour l'oxijfiene engagee entre l'oxygene et l'as­pergillus. raquo;
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GHAPITRE VIII
CONSIDERATIONS GENERALES SUR l'aSPERGILLOSE EXPER1MEXTALE.
Si, parvenu au terme de cette question de l'asper-gillose experimentale, nous jetons un coup d'oeii sur le chemin parcouru, nous voyons que Fasper-gillus fumigatus est un parasite tres nettement defini, qui se cultive bien sur des milieux speciaux, vit dans des conditions bien determinees, et jouit de proprietes pathogenes considerables amenant de tres curieuses lesions. Les problemes que souleve son etude sont nombreux, et nous avons essaye de les resoudre pour la plupart, avec un inegal succös. Avant d'aborder la maladie chez Fhomme, il nous reste u parier de quelques points interessants qui ne pouvaient trouver place dans les cbapitres precedents, et h essayer une legere esquisse compa­rative entre 1'aspergillose experimentale et les affec­tions microbiennes experimcntales.
A. — Sur quelques particularites de la biologie de Taspergillus fumigatus.
II est exlremement rare que I'aspergillose se trans-mettre d'animal ä animal : la maladie ne peut etre contractee que par les spores introduites par une voie
Renon. — Aspergillose,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 11
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162 CONSIDERATIONS GENERALES SÜR L'ASPERGILLOSE.
quelconque dansTorganisme, et non parle mycelium ; dans rinfection experimentale, c'est presque unique-ment le developpement du mycelium qu'on observe dans les organes et le mycelium ne vient ä fructifica­tion que dans un seul cas, lorsque les visceres sent en communication directe avec l'air exterieur. La chose est frequente dans l'aspergillose spontanee des oiseaux. Dans l'aspergillose experimentale eile est exceptionnelle; eile existe toutefois. Nous avons constate en 1892, dans le pounion d'un lapinmorten deux mois et demi d'aspergillose experimentale chro-niquc, laquo; la presence d'une tetesporifero depourvuede spores dans une alveole raquo; : il ne s'agissait certaine-ment pas d'une tete sporifere injoctee avec les spores, car eile etait dressee et prenait naissance sur un my­celium parfaitement bien developpe. Si les spores avaient ete rejetees a I'exterieur dans le jetage de l'animal, la contamination des lapins qui partageaient la memo cage etait possible ; mais c'est une probabi-lite avec laquelle on ne doit guere compter dans l'as­pergillose experimentale.
La reproduction de l'aspergillus fumigatus par as-cospores est extraordinairement rare, et aucun auteur n'a eu jusqu'ici l'occasion de rechercber si I'infection par les ascospores est aussi sure que celle obtenue avec les conidies : pour une espece voisine, l'asper­gillus nidulans, toutes les tentatives faites dans ce sens par Lindt ont echoue. Seul Heider (1), avec ce
(1) Heider, Ueber das Verhalten der Ascosporen von Aspergillus
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MOT^Wraquo;
SUR QUELQUES PARTICULARITES DE LA BIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;163
champignon, a röussi ä pröparer une emulsion d'as-cospores presque pure, puisqu'elle ne contenait qu'une conidie sur 113 ascospores ; lesanimauxinocules avec cette emulsion ont succombe aussi rapidement et avec les memes lesions qua ceux qui n'avaient reQu que des conidies. D'ailleurs, cet auleur a pu retrouver par places des debris d'ascospores germees recon-naissables ä leur membrane violette : il an exislait aussi dans le foie et le poumon. Peut-etre en serait-il de meme pour l'aspergillus fumigatus.
On a vu que les lesions dominantes de l'aspergillose experimentalc obtenuc par la voie veineuse portaient sur tel organe dans une espöce animate et sur tel autre organe dans uneautrc espece; que chez lelapin, les reins etaientatteints, tandis que chez les pigeons, c'elait surtout le foie qui elait allere, et qu'enfin, dans la meme espece, tous les organes n'etaient pas egaux devant Finfection. Quelles sont les raisons de ces dilTerences? Cola tiendrait, d'apres Grawitz, ä ce que les organes les plus aüeints sont ceux qui ont le moins besoin d'oxygene; mais cette condition n'est certes pas süffisante et il faut avouer que bien des causes nous echappent. On ne pent invoquer l'action cbimi-que des organes: apres la mort, tons les organes sont d'excellents milieux de culture si on les ensemence avec le champignon. 11 y a peut-etre lieu de tenir compte de la distribution mecanique des spores,
nidulans Eidam im Thierkürpcr {Centralbl. für Bakt. und Parasit., 1890, 1.1, p. Dä3).
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164 CONSIDERATIONS GENERALES SUR L'ASPERGILLOSE.
puisque les lieux d'election des foyers mycosiques sont variables, suivant que rinjeclion est faite dans une veine, dans une artere ou dans le peritoine. INous pensons aussi qu'il Importe de faire jouer un certain role aux differentes reactions des globules blancs dans les divers organes an debut dc I'infec-tion, ainsi que nous les avons exposecs plus haut.
ß. — Essai de comparaison entre Taspergillus et les mi­crobes, au point da vue experimental.
L'aspergillus ressemblo aux microbes et aux bacte-ries par les lesions qu'il provoque : il en diflere com-pletement par le mode de son action pathogene.
Les lesions que nous avons decrites dans les reins, les poumons, rinteslin, la plfevre, les vertebres,etc., sont identiques ä celles produites dans les memes organes par le bacille de Koch : d'ailleurs, au point dc vue hislologique, le tuhcrcule aspergillaire prä­sente les plus grandcs analogies avec le tubercule bacillaire dc Koch.
On peut par centre constater do grandes dissem­blances entre les deux ordres de parasites, et tout d'abord leur mode d'actiou. Los uns, les bacteries et les microbes, agissenl autant par leurs toxinos quo par leur presence au milieu des tissus, quelquofois seulemcnt par leurs toxincs ; les autres, nolamment l'aspergillus, n'agisscnt que par traumatisme direct, sans grandc intervention dc leurs produits solubles intra ou extra-cellulaires. Tandis que les premiers
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ESSAI DE C0MPARA1S0N ENTRE L'ASPERGILLUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 165
se developpent naturellement sur une meme classe de milieux de culture, les milieux alcalins, les autres poussent infiniment mieux sur des milieux speciaux, les milieux acides et Sucres. Enfin les microbes et les bacteries creent des foyers d'infection, et sont trans-missiblcs d'animal ä animal; l'aspergillus, au con-traire, n'envahit que les animaux sujets aux memes causes d'infection, mais ne cree pas de foyers secon-daires, et meurt sur place.
Tous ces caracteres distinctifs ne sont d'ailleurs nullement particulicrs h l'aspergillus fumigatus : d'autres champignons les presentent ä un degre va­riable ; tel l'actinomyces; tels aussi le streptothrix d'Eppinger, l'oidium albicans, comme Picot, Sa-brazes et Krviörc (1), Charrin et Ostrowsky (2) Tont demontre.
I) Picot, Sabrazes et Riviere, Les parasites du genre slceptothrix dans la pathologic humaine {Congris de Bordeaux, aoüt 1895).
(2) Charrin et Ostrowsky, L'oidium albicans, agent pathogene ge­neral (Soc. dcüiol., 11 juillet 1890).
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TROISIEME PARTIE
ASPERGILLOSE DE L'HOMME
Chez l'homme, Faspergillus fumigatus peut envahir differents organes. Les cas de mycose aspergillaire de l'appareil respiratoire, de l'oreille, de la cornee, du rein, de la peau, sent bien connus aujourd'hui : mais, comme de toutes ces manifestations du cham­pignon la plus frequente et la plus interessante est certainement celle qui atteint les bronches et le pou-mon, c'est par l'etude de la pneunomycose que nous commencerons cette troisieme partie.
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CHAPITRE I
ASPERGILLOSE DE l'äPPAREIL RESPIUATOIUE.
A. — Historique.
Le premier cas d'affection mycosique que Ton ren­contre decrit chez Fhomme, est du ä Bennett (1) en 1842 : cet auteur aurait trouve des champignons dans les crachats, lescavernes et les masses tuberculeuses d'un phtisique. D'autres fails furent publies ä cette epoque : Rayer (2) rapporte, la meme annee, un cas de moisissures developpees dans la plevre d'un phtisique atteint de pneumothorax; Remak (3) trouve des frag­ments fourchus de mycelium dans les crachats expec-tores par les pneumoniques en 1845. Huit ans plus tard, Gaidner (4) observe un cas identique ä celui de Rayer. Küchenmeister (5) rapporte en 1845 un cas observe par Hasse et Welcher dans un cancer du pou-mon, mais tons les fails que nous venous de citer
(1)nbsp; Bennett, Transact, of the Roy. Soc. of Edinburg, 1842, t. XV, p. 227.
(2)nbsp; Rayer, Froriep's X. Notixen, 1842.
(3)nbsp; Remak, Diagnost. und palhog. Untersuch., 1843, p. 244.
(4)nbsp; Gaidner, Edinb. med.Journ., 1853, p. 472.
(5)nbsp; KuECiiEN.MEisTEK,Die in und andern Körper des lebeden Mens­chen vorkommenden Parasiten, Leipzig, 183ij.
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168nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.
sont peu concluants : la description du parasite est loin d'etre precise, et il est absolument impossible de savoir de quelle sorte de champignon il s'agissait exactement.
Le premier cas dc pneumomycose, danslequel on ait rencontre reellement un aspergillus, est du ä Sluyter (1) en 1847, chez une femme morte d'une affection pulmonaire ; dans une caverne de Forgane, Baum, Litzmann et Eichstedt trouvcrent une masse noire, adherente, composee de filaments myceliens et de corpuscules ronds. Sur quelques filaments im-mergeant de cette masse, filaments d'ailleurs renfles aleurextremite, ilsvirentune quantite considerable de cellules ovales. Ces auteurs tinrent leur parasite pour un mucor, mais Virchow, qui a fait du cas une analyse detaillee, croit faire remarquer qu'il s'agit probablement d'un aspergillus.
En 18Ö0, Virchow (2) lui-memedecrit quatre cas de bronchomycose et de pneumomycose aspergillaire chez des malades ayant succombe k la dysenteric, ä une inflammation pulmonaire avec emphyseme, a un carcimone de l'estomac et enfin iiune pneumonic. A la meme cpoque, Friedreich(3), de Würtzbourg, rapporte un cas de tuberculose pulmonaire, ä Fautopsie duquel
(1)nbsp; Sllvtku, De \egetalibus organismi animalis parasitis ac de novo cpiphyto in pityriasi versicolorc obvio. Diss. inaug. Bcrolini, 1847, p. 14.
(2)nbsp; Virchow, Beitrüge zur Lehre von den beim Menschen vorkom­menden pflanzlichen Parasiten (Virehow's Archiv, t. IX, 18o6, p. 357).
(3)nbsp; Fiukdrkicii, Fall von Pneumomycosis aspergillina (Virc/tow's Archiv, t. X, 18Ö6, p. S10).
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HISTORIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 109
on trouva dans une caverne des moisissures qui pre-sentaient la plus grande ressemblance avec un asper-gillus. En 1837, Dusch et Pagenstecher (11, d'Heidel-berg, decrivent un cas analogue : dans une caverne il existait une petite touffe verdätre formee d'un champignon qui parut etre aussi un aspergillus. A l'autopsie d'une malade morte de septicemie, Cohn-heim (2), en I860, troirve dans lascissureinterlobaire du premier lobe du poumon droit un tuborcule gros comme une noisette, parseme de taches et de lignes grisjaunätre, et qui au microscope s'estmontre com­pose d'un feutrage parasitaire forme par un mycelium dont la penetration s'etendaitjusque dans les alveoles pulmonaires.
En 1876, Fiirbringer (3) decrit un champignon vert brun, un aspergillus dont le mycelium tapissait des foyers caverneux du poumon d'un homme mort de tuberculose diabetique.
liother (4), en 1877, trouva dans Texpcctoration d'un malade considere comme tuberculeux, une masse composee de fdaments myceliens : Talfection guerit completement.
L'annee suivante, un nouveau cas d'aspergillose
(l)Duscii et Pagenstixiier, Fall von Pneumomycosis (aspergillus pulmonum hotninum) (Virchow's Archiv, t. XI, 1857, p. 561).
(2)nbsp; nbsp;Coiinheim, Zwei Rille von Mycosis der Lungen (VircAoto's Archiv, t. XIII, 1865, p. 167).
(3)nbsp; FuEiiimiNGER, Beobachtungen über Lungenmykose beim Mens­chen {Virchow's Archiv, 1876, t. LXVI), et Zur Lehre von Diabetes mellitus (Deult;sc/t. Archiv für klin.Med., 1875, t. XVI).
(4)nbsp; Rother, Ein Fall von geheilter Pneumomycosis aspergillina Charite Annalen, 1877, Jahrg. IV).
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HOnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.
pulmonaire est rapporte par Weichselbaum (1).
En 1880 Herterich (2), par Fexamen descrachats et par Texamen de la trachee ä I'aide du miroir larynge, put faire le diagnostic d'une mycose de la trachee, dont le malade guerit parfaitement par des inhala­tions d'iode.
Lichlheim (3) en 1882, chez une femme morte en asystolie avec hydropisie et cyanose, trouva dans un infarctus du poumon un aspergillus dont le mycelium p^netrait dans le tissu pulmonaire, a partir des al­veoles : I'auteur put voir par les cultures qu'il s'agis-sait d'aspergillus fumigatus.
Falkenheim (4), en 1882, rapporte un cas identique h cclui de Hother.
Boslröm relate en 1886 deux cas de mycose locali-s6e aux poumons chez deux malades atteints. Tun de pöritonite tuberculeuse, et l'autre de tuberculose pulmonaire.
En 1887, la meme annee, Osier (3) et PopolT (6) renconlrerent le champignon dans les crachats, le premier, chez une femme soutfrant d'asthme bron-
(1)nbsp; Weichselbaum, Eine Beobachtung von Pneumomycosis asper-gillina {Wien.med. Wochenschr., 1878, n0 40, p. 1289).
(2)nbsp;Herterich, Ein Fall von Mycosis tracheae {Aerlz. Intelligenzb., 1880, n0 43, at Virchow's Hirsch'sJahresb., 1880, t. II, p. 140).
(3)nbsp; Lichtiieim, loc. cit.
(4)nbsp; Falkenheim, Ein Fall von Aspergillusrnykose der menschli­chen Lunge {Berliner klin. Wochenschr., 1882, n0 49).
(3) Osler, Aspergillus from the lung {Transact, of the Pathol.Soc. ofPhilad., 1887, t. XII, XIII).
(6) PopoFF,Ein Fall von Mycosis aspergillina nebsteinigen Bemerk­ungen über aenliche Erkrankungen der Respirationswege. Varsovie, 1887.
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HISTORIQUE.
171
chique, le second, chez une malade alteinte de bron-chite chronique, mais dont I'expectoration ne ren-fermait pas de bacilles de Koch.
En 1890, paraissent deux importants travaux sur la question : c'est d'une part une observation anato-mique de pneumomycose due ä Wheaton (1) dans la-quelle il decrit les lesions pures de la mycose dans les poumons, les bronches et les ganglions lympha-tiques ; I'auteur rencontre les formes actinomycosi-ques du champignon qu'il considere comme de l'as-pergillus niger, mais qui est tres probablement de l'aspergillus fumigatus. C'est, d'autre part, une com­munication des plus interessantes faite au Congres de Berlin par MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal (2) sur trois observations de gaveurs de pi­geons atteints de mycose aspergillaire du poumon, de forme tuberculeuse : les auteurs donnent une descrip­tion clinique,etiologique et experimentale tres curieuse de l'affection; ils posent les premiers tres nettement la question de la pneumomycose primitive.
Le professeur Potain (3) confirme ces donnees I'annee suivante, ayant eu I'occasion d'observer dans son service un gaveur de pigeons qui presentait tous les signes d'une tuberculose, et dont les cracbats con-tenaient un aspergillus, et point de bacilles de Kocb.
(1)nbsp; nbsp;Wheaton, Case primarily of tubercle, in which a fungus (aspergillus) grew in the bronches and lung, simulating actino-mycosis (Transact, of the Pathol. Soc. of Lotidon, 1890, t. XLI).
(2)nbsp; Dieulafoy, Chantemesse et Widal, loc. cit.
(3)Potain, Un cas de tuberculose aspergillaire {Union med., 1891, ndeg; 38, p. 449).
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l~inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.
En octoble 1892, une imporlantc observation d'as-pergillose pulmonaire est rapportee par Hubert Boyce (1) : le diagnostic n'avait point ete porte pen­dant la vie; mais les lesions sont decrites avec le plus grand soin.
En 1893 parait notre these inaugurate (2) : le point de depart de loutes les recbcrcbes cliniques et expe-rimentales qu'elle conlient repose sur l'etude de deux gaveurs de pigeons (3) qui prescntaient des lesions, de forme luberculeuse de leurs poumons, et dont les crachats contenaient du mycelium et des spores d'aspergillus fumigatus, mais aussi des bacilles de Kocb retrouves chez I'nn par I'examen bacteriologique et linoculation au cobaye, et ehe/. Tau Ire seulement par cette inoculation.
La meme annee, Kohn (4) public ä la Societe de medecine interne de Berlin un nouveau cas d'asper-gillosc pulmonaire cbez un hemme ayant souffert longtemps des voies respiratoires, mais chez lequel on n'avait jamais trouve de bacilles dans les craebats.
En 1894, trois cas sont rapportes, le premier par Tboma (5), le second par Ernst (0) cbez un diabetique
(1)nbsp; Rubekt Boyce, Remarks upon a case of aspergillus pneumo-mycosis [The Journal of Pathol. and /Jucto'ioL London, octobre 1892, p. 160).
(2)nbsp; L. Renon, These de Paris, 1893.
(3)nbsp; Lc cas dquot;un des gaveurs de pigeons avail deja etö observe par le professeur I'otain (Potain, loc. cit.).
(4)nbsp; nbsp;Kohn, Ein Fall von Pneumomycosis aspergillina {Deutsche med. Wochcnschr., 1893, n0 SO, p. 1332).
(5)nbsp; Tiioma, Lehrbuch der pathologischen Anatomic. Tbeil. I, 1894. (0) Ernst, Ueber einegt;iierenmykose und dasgleicbziligc Vorkom-
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HISTORIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;173
de quarante-sept ans, danslesbroachesduquel cetau-teur trouva, a l'autopsie, des masses brunatres, fila-mentenses : il n'y avait pas de foyer dans le poumon. Le troisieme cas est du ä MM. Gaucher et Sergent (1) qui ont note la presence de l'aspergillus fumigatus dans Texpectoralion d'un gaveur de pigeons, atteint de lesions pulmonaires de forme tuberculeuse. L'absence de bacilles de Kocfa fut constatee non seulement par l'examen microscopique repete, mais encore par rinoculalion au cobaye.
En 189ö, Max Podack (2) relate d'une faejon tres minutieuse un cas de pneumomycose aspergillaire : le Champignon siegeait dans les petites bronebes qui etaient dilutees au point de simuler des cavernes.
llerla (3), cette meme aimee, rapporte un cas ehe/. une femme morte d'un cancer du foie : dans une cavilc situee au sommet du poumon gauche, il existait laquo; une masse de filaments enchevetres, cloisonnes, de diametre assez variable et souvent ramifies raquo;. Les cultures n'ayant donne aueun resultat, et l'absence laquo; de restes de tigelles portant des sterigmates raquo; ayant ete constatee, l'auteur ne peut conclure ala nature du
mea verschiedener Pilzformen bei Diabetes {Virchow's Archiv, 1.S94, t. CXXWll, p. 480).
(1)nbsp; GuciiEn et Sercent, Un cas de pseudo-luberculosc aspergil­laire simple chez un gaveur de pigeons (Soc. mcd. des hop., Cjuillct 1894).
(2)nbsp;MaxPodack, ZurKenntoiss derAspergillusmykosen in mensch­lichen Respirationsapparat {Virchow's Archiv, 189ü, t. CXXX1X, p. 200).
(3)nbsp; Hkiil.v, Note sur un cas de pneumomycose chez riiomme {Bull, de VAcad. roy. de mid, de Belijiquc, 1803).
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174nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.
cliampignon rencontrö ; il croit cependant qu'il s'agit plutot d'un mucor que d'un aspergillus.
Au mois d'avril 1893, nous avons rapporte avec Sergent(l), ä la Societe de biologic, toutes les lesions constatees a l'autopsie d'un des gavours de pigeons dont I'liistoire avail ele relatee dans notre these, et dont raspergillose s'etait compliquee de tuberculose bacillaire de Koch : au moment de la mort, il n'exis-tait plus de parasites, mais une scletose pulmonaire exlraordinairement developpee.
Au mois d'octobrc 1893 (2), nous avons pu relater deux nouveaux cas d'aspergillose pulmonaire chez des peigncurs de cheveux : les malades presentaient tous les symptomes d'une tuberculose pulmonaire, mais leurs crachats ne contenaient pas de bacilles de Koch, apres verification par I'examen microsco-pique ct I'inoculation au cobaye ; on y trouvait en abondancc du mycelium, que les cultures et les inoculations aux animaux nous ont fait reconnaitre pour du mycelium aspcrgillaire.
Enfin, au mois de mai 1896, a la laquo; Pathological Society of London raquo;, Arkle et Hinds (3) rapportent uu nouveau cas de pncumomycose constatee ä l'au­topsie.
'1) Remon ct Sergknt, Lesions pulmonaires chez un gavcur tic pigeons (Soc. dc hiol., 27 avril 180a).
(2)nbsp; RiiNox, Deux cas familiauxde tubei'culose aspergillaice simple chez des peigncurs de cheveux {Soc. de biol., 20 octobre 189a, et Gaz. hebd. de med. et de chir., 1803, p. S42).
(3)nbsp; nbsp;Arkle ct Hinds, Pneumomycosls (Pathol. Soc. of London, 0 mai 1896).
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DISCUSSION SUR L'ASPERGILLOSE PRIMITIVE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;173
B. — Discussion sur 1'aspergillose primitive et Taspergil-lose secondaire du poumon.
Apres l'expose rapide de cet historique, on peut voir immediatement que raspergillose pulmonaire se rencontre dans deux conditions bien distinctes. Elle est consecutive a des lesions de l'appareil respiratoire ou autres qui ont amene la mort: tel le cas de Küchenmeister ä lasuite d'un cancer du poumon; tels les cas de Virchow, ä la suite d'une broncho-pneu-monie lobulaire ; tels les cas de Friedreich, de Dusch et Pagenstecher, de Fürbringer, de Lichtheim, ä la suite d'infarctus hemorrhagiques, etc. D'autres fois, au contraire, eile apparalt chez des malades qui n'avaient aueune lesion anterieure des voies respiratoires. Tels les cas de Weichselbaum, de Boyce, de Kohn, bases sur des examens necrosco-piques : tels los cas de Hertcrich, ceux rapportes en France par MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal, Potain, Gaucher et Sergent, et les notres, dans lesquels le diagnostic fut pose par le simple examen des crachats.
Tandis que pour tons les auteurs, il ne saurait y avoir de doute pour les premiers cas qui sont mani-festement secondaires, le champignon s'etant deve-loppe sur de vieilles lesions de l'appareil broncho-pulmonaire, pour les derniers cas au contraire, qui semblent ä juste titre des cas primitifs, Faccord a ete moins unanime.
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176nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.
Dans un travail sur un cas typique d'aspergillose secondaire consecutif ä une dilatation des bronches, un eleve du professeur Lichtheim, Max Podack (1), a repris, cm point de vue analormqm seulement, I'etude de tons les cas connus, et s'il les divise en cas primitifs et cas secondaires, c'est pour pretendre que parmi les cas primitifs, coux. que nous avons decrits en France n'existent pas. On verra d'ailleurs par les lignes qui suivent I'opinion qu'il professe pour les cas observes dans notre pays jusqu'en 1893 :
laquo; On ne saurait nier, dit I'auteur allemand, que Tesquisse que nous venous de faire d'une asper-gillose primitive dans le tissu pulmonaire de l'homme ne soit d'autant plus etonnante, que, d'apres les experiences, faites sur les animaux par Grohc, Block, Grawitz, Lichtheim, Kaufmann, on auraiUlu s'attendre ä voir I'infection. inycosique primitive du poumon prendre la forme d'une pseudo-tuberculose. Cette supposition paralt etre dcvenue une realite, puisque plusieurs auteurs, Dieulafoy, Cbantemesse et Widal, Potain, out pu decrire chcz des gaveurs de pigeons parisiens une maladie chronique des poumons, complelcmenl semblublea la tuberculose pulmonaire chronique dans son allure clinique, et dont I'expec-toralion no contenait seulement que de raspcrgillus fumigatus. Mais on a pu bientotvoir que cette asper-gillose pulmonaire chronique setrouvait dans quelques cas combinee avec la vraie lubcrculose pulmonaire,
(I) Max Podack, loc. cit., p. 275.
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Renon a pu dans un cas trouver de rares bacilles dans les crachats. Maintenant, si nous considerons que tons les cas decrits jusqu'ici ehe/, des gaveurs de pigeons presentent le type clinique d'une tuberculose pulmonaire chronique, et que dans les crachats d'un de ces malades on a pu trouver des bacilles ; si nous considerons que par une recherche plus minu.tieuse et plus soigneuse, on y a trouve des bacilles de la tuber­culose; si nous considerons aussi que dans lecas que nous venons d'observer, cas qui avait egalement Failure clinique d'une tuberculose pulmonaire, et qui n'etait pourtant qu'une aspergillomycose secondaire, les bacilles manquaiont dans les crachats, nous pou-vons croire que, dans los cas de maladie des gaveurs de pigeons, il ne s'agit que d'une aspergillomycose secondaire. raquo;
Nous ignorons le sort que l'avenir reservera h raspergillose pulmonaire primitive de Thomme de forme tuberculeuse, dont nous sommes ici les defenseurs centre I'auteur allemand; mais, ce que nous pouvons dire actuellement, e'est que toutes les obser­vations que nous avons rapportees ont ete prises avec I'esprit critique le plus grand et les precautions les plus rigoureuses pour nous mettre ä l'abri des causes d'erreur, et que la meme conduitc a etc suivie par les auteurs qui nous ont precede et ceux qui nous ont suivi. Si, dans les crachats de nos malades, nous avons pu trouver des bacilles qu'onn'y avait point ren­contre auparavant, celanous indique clairement que ces bacilles ont fait leur apparition dans I'intervalle
Remo.\. — Aspergillosenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 12
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178nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE DE L'aPPAREIL RESPIRATOIRE.
des deux examens, et non pus que les examens ulte-rieurs ont ete l'objet de recherches laquo; plus rainutieu-ses et plus soigneuses raquo;. Aussi ne saurions nous Irop hautement protester contrc de pareilles conclusions.
Si done, maintenant la realite des r6sultats que nous avons reellement obtenus, nous admettons Tabsence de bacilles de Koch dans Texpectoration des malades, devons-nous croire que ces cas d'asper-gillomycose, sans lesions anterieures des voiesrespi-ratoires, ne sont que des cas secondaires, identiques ä celui si typique de Max Podack? Nous ne le pensons pas, et Tinstant est venu de mettre ä profit, pour discuter cette question doctrinale, toutes les notions que nous ont permis d'acquerir Feinde de l'asper-gillose spontanee des animaux et celle dc laspergil-lose experimentale, ainsi ([ue les observations clini-ques, les recherches Imcteriologiques et anatomiques i'aites sur des malades dont nous avons suivi attenti-vement I'affection depuis quatre annees.
Nous avons vu que I'aspergillose spontanee des animaux pouvait etre secondaire et primitive, et que meme les cas primitifs etaient les plus frequents, tant chez les oiseaux que ehe/ les mammiferes : tons les auteurs modernes, Neumann, Bournay, Lucct, Thary sont d'accord sur ce point. Pourquoi n'en serait-il pas de meme chez I'homme ?
Nous avons vu que, si Ton inocule des spores d'asper-gillus fumigatus dans la trachee de lapins (1) ou dans
(1) Nous avons indique, dans la seconde parlie de cet ouvrage,. que Ton conlaminail souvent les lapins, par la voie Iracheale, en
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celle de pigeons, on provoque la mort des animaux en un temps variant de dix a vingt jours : ä l'autopsie, les poumons sont farcis de tubercules, les uns petits comme une tete d'epingle, les autres plus gros, parfois caseeux, formant de veritables cavernes. Dans toutes ces lesions, d'apparence macroscopique et microscopique identique ä la tuberculose de Koch, on pent deceler des fragments de mycelium plus on moins nombreux, souvent tres rares. Les tuber­cules, ensemences sur tubes de liquide de Raulin, reproduisenttoujours unc culture d'aspergillus fumi-gatus. Pourquoi n'en serait-il pas de meme chez I'liomme ?
Certains homines sont exposes a inhaler les spores existant ä la surface des graines: tels les gaveurs de pigeons. D'auLres peuvent absorber celles rencontrees dans la farine : tels les peigueurs de cheveux, qui se servent de farine de seigle pour leur peignage. Ces individus presentent tons les signes fonctionnels et physiques d'une tuberculose de Koch, mais on ne trouve pas de bacillcs dans leurs crachats : bien plus, l'inoculation de ces derniers aux cobayes ne leur donne pas la tuberculose, et il fan tbien admettre que ces malades en sont completeinent in-demnes.
Par centre, dans cette expectoration, on trouve des fragments conidiens ou non de mycelium, et l'inocu-
leur faisant ingerer des spores melangees aux aliments. Des exemples d'aspergiUose pulmonaire contractee de celte fa^on ont ete rapportes par Kaufmann, par Lucel et par nous.
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180nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE DE L APPAREIL RESPIRATOIRE.
lation des crachats au pigeon peut produire une tu-berculose aspergillaire experimentale. Leur ease-mencement sur milieux ordinaires ou plutot sur tubes de liquide de Raulin donne d'abondantes cul­tures d'aspergillus fumigatus, qui, injecle au\ ani-maux par la voie veineuse, provoque chez eux une infection tuberculeuso aspergillaire viscerale gene-ralisee.
Que deviennent les malades atteints de cette affec­tion bizarre, cliniquement semblable ä la luberculose, mais due ä un autre parasite ?
Les uns guerissent completement de leurs lesions thoraciques, et plus l'amelioration progressc, moins on trouve de mycelium dans les crachats et d'asper­gillus dans les cultures : celles-ci finissent meme par etre completement steriles. Chez les autres, lamaladie continue son evolulion, et, un an apres, dans l'expec-toration, on trouve ä la fois dos bacillesdeKoch, qui donnent latuberculose aux cobayes, et du mycelium, reconnaissable par examen direct ou par cultures; deux ans plus tard, l'aspergillus devient tres rare, et les bacillcs de Koch tres nombreux : la bacillose a remplace l'aspergillose, et evolue desormais pour son propre compte. Chez d'autres, la bacillose vient aussi compliquer l'aspergillose, mais raspergillus et les bacilles disparaissent pen a peu des crachats : revo­lution des deux parasites est arretee par un processus intense de sclerose qui entraine la mort du malade, par gene progressive de la circulation cardio-pulmo-naire. A l'autopsie, on trouve une sclerose broncho-
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pulmonaire considerable, etouffantle tissu alveolaire qui prend l'aspect du poumon foetal: 11 n'existe plus aucun parasite dans le parenchyme, ni aspergillus, ni bacille de Koch.
Teile est, appuyee sur des fails cliniques, anato-miques et experimentaux indiscutables, la conception frangaise de l'aspergillose pulmonaire primitive, basee sur les travaux de MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal, Potain, Gaucher et Sergent, et tons les notres. De forme tuberculeuse, eile est chez I'homme analogue aux lesions primitives obtenues experimen-talement chez l'animal, et dont nous avons dejä parle. Elle pent guerir chez Tun comme chez I'autre par un processus sclereux de regression. Elle pent se com-pliquer de bacillose de Koch, mais celle-ci n'est qua secondaire, puisque la presence du bacille n'a et6 nolee que longtemps apres celle du champignon : ce dernier disparait pen ä pen ä son tour, et, dans une autopsic que nous avons rapportee, il n'existait pas plus d'aspergillus que de bacilles. Dans les cas d'as-pergillose secondaire, cc n'est que dans les derniers moments de la vie que se developpe le champignon, et c'est ä l'epoque de la mort qu'on le trouve en pleine evolution et en pleine fructification, son ac-croisscment rapide etant favorise par la gravite de l'elat cachectique. Quand Faffection est primitive, il en est tout autrement : il est parfois impossible, apres la mort, de deceler le moindre fragment myco-sique dans le tissu pulmonaire, comme chez ce gaveur de pigeons que nous avons examine avec Ser-
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182nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE.
gent (1), et auquel nous avons fait deux fois allusion dans le courant de cette discussion.
L'aspergillose trouve un terrain tout prepare clans
les phlegmasies anterieures de l'appareil broncho-
pulmonaire et son evolution tardive est dans ce cas
presque toujours masquec par les symptomes de
l'aflection primitive ; aussi, en dehorsdccas tres rares,
celui de Fürbringer, par exemple, oü l'existence du
champignon put etre decelee pendant la vie dans les
crachats, presque tons n'ont etc reconnus qu'ä I'au-
topsie.Parmi ceux-ci, on peut citer des cas succedant
ä des abces metastatiques pyhoemiques, a des foyers
de broncho-pneumonie, a des infarctus hemorrha-
giques, h la plcuresic et h la pneumonie chroniques
avec dilatation des bronches. La tendance de Max
Podack est, comme nous venous de le voir, de faire
rentrer dans ce groupe de Taspergillose secondaire
les cas decrits en France sous le nom de tubereulose
aspergillaire. Nous avons insiste assez longucment
pour faire comprendre que I'infection pulmonaire
primitive, d'origine aspergillaire et do forme tuber-
culeuse,repond äla realite des fails, et nous pensons
que, jusqu'ä preuve absolue du contraire, sa place
doit rester dans le cadre nosologique.
Nous aurons done ä decrire l'aspergillose primi­tive du poumon, et l'aspergillose secondaire : en raison des lesions anatomiques, constatees ä l'autopsie (cas de Rubert Boyce, et cas de Renon et Sergent,
(1) Rexos et Sergem, Lesions pulmonaircs chez un gaveur de pigeons (Soc. dc Idol., 27 avril 1893).
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DISCUSSION SUR L'ASPERGILLOSE PRIMITIVE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;183
par exemple), qui ressemblent 11 cellcs rencontröes dans certaines formes de tuberculose, en raison des symptömes identiques h ceux de la tuberculose vul-gaire de Kocb, nous croyons pouvoir donner aussi le nom de tuberculose aspergillaire ä Vaspergillomycose primilive du poumon.
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GHAPITRE II
ASPERGILLOSE PULMONAIUE PRIMITIVE OU TUBERCULOSE ASPERGILLAIRE.
A. — Technique suivie pour l'etude des cas d'aspergillose piilmonaire primitive (tuberculose aspergillaire).
Au debut de cette elude, il nous parait indispen­sable de rapporter la technique que nous avons suivie dans notre these de 1893 sur la tuberculose as­pergillaire : c'est eile qui nous a permis de decouvrir la maladie chez nos deux gaveurs de pigeons ; c'est eile qu'ont suivie MM Gaucher et Sergent pour arriver au diagnostic chez leur malade ; c'est eile que nous avons employee dans notre etude des peigneurs de cheveux ; c'est eile qui permettra aux observateurs futurs de decouvrir de nouveaux cas.
L'examen de nos deux malades nous ayant revele tons les signes cliniques que MM. Dieulafoy, Chante-messe et Widal, ainsi que M. Potain, avaient si nette-ment indiques (toux, essoufflement, expectoration purulente, petites hemoptysies ä repetition, signes de bronchite et d'induration pulmonaire), nous avons d'abord essaye de trouver dans les cracbats I'asper-gillus fumigatus et de I'isolerensuite, tout en voyant
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TECHNIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 183
s'il etait possible d'y deceler le bacille de Koch.
L'examen des crachats, par la fuchsine de Ziehl et la double coloration par le bleu de Lo^ffler, repete vingt fois pour chaque malade ä des jours differents, ne nous a jamais montre de bacilles chez le premier malade, tandis qu'il nous a permis d'en rencontrer deux fois sur vingt examens chez le second: nous #9632;verrons plus tard de quelle importance etait pour nous ce resultat.
Nous avons ensuite cherche I'aspergillus dans les cra­chats, et, sur les vingt examens faits pour chaque malade, nous avons rencontre douze fois chez le pre­mier malade et dix fois chez le second des fragments de mycelium avec des spores disseminees Qa et lä dans la preparation ; les crachats, fixes par la cha-leur sur une lamelle, etaient colores par une faible solution aqueuse de safranine.
Etant ainsi convaincu que ces crachats contenaient un champignon, nous nous sommes efforce de l'isoler, pour etre sur que ce champignon etait bien I'agent pathogene cherche, I'aspergillus fumigatus : pour cela, nous avons ensemence, sur des tubes de gelose, les crachats venant d'etre expectores par les mala­des, comme nous I'avions lu dans Fobservation de M.Potain. Pendant 20 jours, nous avons mis äl'etuve ä 37 degres les tubes de gelose ensemences avec les crachats du premier de nos malades ; nous avons ainsi cultive 42 tubes de gelose, et toujours sans resultat. Nous avions, an bout de deux on trois jours, de süperbes colonies de staphylocoques blaues et
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186nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE PULMOXAIKE PRIMITIVE.
dores et de streptocoques, mais jamais nous n'avons puvoir pousserune colonio d'aspergillus.L'neseulede nos cultures nous a donne un champignon qui avait pris naissance entre deux colonies de streptocoques ; apres ensemencement sur gelose glycerinee glycosee, nous avons reconnu qu'il ne s'agissaitqued'unmucor. L'insucces de nos recherches tenait k ce que nous nous etions servi d'un milieu legerement neutre qui facili-tait la culture des microbes banals, et qui rendait im­possible des 1c debut celle de raspergiUus fumigatus; des cultures sur bouillon, repetecsquinzefois, ne nous avaient pas donne d'ailleurs de meilleurs resultats. C'est alors que nous eümes Fidec d'employer dans nos recherches un milieu favorable au developpe-ment dos champignons, et refractaire ä eclui des sta-phylocoques et des streptocoques que Ton rencontre si souvent dans les crachats ; nous avons abandon ne les milieux legerement alcalins pour utiliser les milieux acides, et, parmi ces milieux, nous avons donne la preference au liquide de Raulin, liquide aeide, compose seulement d'elements mineraux. IS'ous avons reparti le liquide de Raulin dans des tubes que nous avons sterilises ensuite a l'autoclave ä 113 degres. Trentc-sixheures apres rensemencement, le premier tube presentait ä la surface du liquide une culture blanchätre, culture composee manifestement de mycelium, qui, en quarante-huit heures, se couvrait de spores et prenait une teinte vert bleuä-tre tendre, puisvertfonce un peu sale, se changeant, au bout de quatre jours, en une teinte brunätre de
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TECHNIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;187
noir de fumee, ce qui pouvait faire penser qu'il s'agis-sait d'aspergillus fumigatus. Ces cultures sur liquide de Raulin devenaient pour nous le moyen de separation des champignons d'avec les autres microbes et nous les avons ton jours employees par la suite. iNous avons fait 42 ensemencements sur ce liquide pour le premier malade, et nous avons trouve dix-huit fois de Faspergillus fumigatus, trois fois de Taspergillus glaucus, deux fois de raspergillus fla\Tescens et deux fois de raspergillus niger. Pour le second malade, nous avons, sur 51 ensemencements, trouve vingt-sept fois de l'aspergillus fumigatus, deux fois de fasper­gillus glaucus, deux fois de Taspergillus niger, et deux fois du bacillus subtilis; dans tons les autres cas les cultures n'ont rien donne. On voit done que nous avons pu isoler Faspergillus fumigatus une fois sur deux dans les crachats des malades.
Get aspergillus, que nous etions ainsi parvenu ä separer, etait-il bien Faspergillus fumigatus ? Pour resoudre la question nous nous sommes procure deux echantillons d'aspergillus fumigatus autiientique,pro-venant, Fun du laboratoire de M, Roux, ä Flnstitut Pasteur, Fautre du laboratoire de MM. Cbantemesse et Widal, et nous avons etudie parallelement Faspect de ces differents aspergillus sur les divers milieux : sur liquide de Raulin, sur moüt de biere, sur gdose faite avec du moüt de biere, sur gelose or­dinaire, sur gölatine, sur pain humide, sur pomme de terre, nous avons pu constater la similitude absolue des quatre varietes de champignons que nous eulti-
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188nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERG1LL0SE PULMONAIRE PRIMITIVE.
vions, et qui presentaient les caracteres sur lesquels nous avons insiste plus haut quand nous avons fait l'histoire de Faspergillus fumigatus.
Four conclure ä l'identite des quatre especes, il fallait encore aller plus loin, et comparer leur action pathogene sur les animaux ; pour cela nous avons entrepris une serie d'experiences sur les pigeons et sur leslapins. Nous nous servions de cultures d'asper-gillus faites sur gelose au moüt de biere, et laissees huit jours ä l'etuve ; les spores avaient eu ainsi le temps de bien se developper. On preuait ces spores dans les tubes avec un fil de platine, et on en faisait une emulsion dans du bouillon, jusqu'ä ce qua le liquide devint suffisamment trouble : on prelevaitun centimetre cube et demi de cette solution avec une seringue sterilisee, et on faisait 1'injection pour les pigeons clans la veine axillaire, et pour les lapins dans lesveines deToreille. Quatre pigeons et quatre lapins ont etc ainsi successivement traites.
Les resultats furent tons positifs et nous prou-verent de la fagon la plus nette quo, sur les divers milieux, l'identite de forme et d'aspect de Faspergil­lus venant de nos deux malades et de celui de MM. Chantemesse, Widal et Uoux, etait une meme identite de nature, puisque notre champignon tuait les pigeons on trois ä quatre jours, at les lapins en six et huit jours, tout comme les champignons tc-moins, et que c'elait bien ä lour action pathogene qu'avaient succombä cas animaux, puisque nous re-trouvions le parasite dans leurs organes (foia, pou-
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TECHMQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 189
mon, rein): ces organescultivessurliquide de Raulin ont donne en quatre ä cinq jours des cultures pures du champignon, sans association d'autres microbes. I/identite avec I'aspergillus fumigatus se trouvait ainsi complete, et c'etait bien ä cet agent pathogene que nous avions affaire.
Une autre question immediatement se posait : cet aspergillus fumigatus se rencontrait-il specialement dans les crachats de nos deux malades, ou bien pouvait-on le trouver chez tons les individus atteints d'affections chroniques des voies respiratoires, tuberculose pulmonaire ou bronchite chronique? Sa presence n'etait-elle pas due ä une cause fortuite, a une contamination etrangere, par l'air de nos salles ou celui du laboratoire dans lequel s'effoctuaient nos recherches? Nous avons tenu ä elucider tous ces points, et,pour cela, nous avons faitun grand nombre d'ensemencements de crachats de tuberculeux averes d'abord, des poussicrcs des salles et du laboratoire ensuite. Voici quels en ont ete les resultats : sur 64 ensemencements de crachats fails dans notre salle d'hommes et pris chez des tuberculeux avances, pas une seule fois nous n'avons obtenu I'aspergillus fumi­gatus; nous avons rencontre onze fois I'aspergillus niger, huit fois le bacillus subtilis, six fois Fasper-gillus glaucus, trois fois I'aspergillus flavescens, et dans 37 cas les resultats ont ete negatifs. Sur 30 en­semencements fails ä la meme epoque dans la salle des femmes,nous avons trouve cinq fois I'aspergillus niger, quatre fois le bacillus subtilis et deux fois I'as-
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ASPEHG1LL0SE PULMONAIRE PRIMITIVE.
pergillus flaYescens; dans 23 cas les resultats ont 6te negatifs. Nous avons done fait 100 ensemencements de crachats de tuberculeux sans rencontrer une seule fois I'aspergillus fumigatus (1). II en a etti de meme de l'examen des poussieres de nos salles et de notre laboratoire. Nous avons laisse debouches dix tubes de liquide de Rauliü dans notre salle d'hommes, et dix dans notre salle des femmes, en les laissant recueillir pendant trois ä quatre jours les poussieres de ces salles ; leur culture nous a donne une fois de I'aspergillus niger dans la salle des hommes, et une fois du bacillus subtilis dans la salle des femmes; les autres resultats ont ete absolument negatifs. Bien plus, nous avons examine deux fois des poussieres de notre salle d'hommes, aecumulees depuis de longues annees sur une poutre : nous n'avons, dans ces deux cas, obtenu que de I'aspergillus glaueus et de I'aspergillus niger. Enfin, quatre tubes debouches dans notre laboratoire pendant buit jours et quatre autres lubes ensemences avec des poussieres resultant du balayage ne nous ont donne qu'une fois une culture, celle de I'aspergillus flavescens.
11 nous a scmble des lors quel'onpouvaitadmettre que les crachats de nos malades seuls contenaient
(1) Des resultats analogues ont ete constates par MM. Gaucher et Sergent sur des crachats de malades quelconques. Nous devons dire aussi quo ces l'aits paraissent assez concorder avec ceux que nous avons rapportes plus tarcl sur la recherche des spores de Tas-pergillus fumigatus dans la salive et le mucus nasal de personnes saines et malades. Sur cinquante-huit cas, nous n'avons constate qu'une scule fois la presence du champignon dans la salive.
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TECHNIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;191
I'aspergillus fumigatus, et que cet agent pathogene devait certainement jouerun role dans leuraffection; mais cet agent etait-il le seul en jeu, n'y avait-il point autre chose, nos malades ne pouvaient-ils point etre alteints de tuberculose de Koch, fait que nous ne pouvions elucider, lour maladie ne les menagant pas d'une issue fatale, et les autopsies anterieures n'ayant pas pu en donner la confirmation ? Chez les trois gaveurs de pigeons dont I'ohservation est rapportee par MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal, il n'existait point de bacilles dans les crachals, malgre les examens souvcnt repetes, et chez le premier de nos malades cet examen avait ete egalement negatif; chez noire second malade, deux fois sur vingt exa­mens nous avons trouve du bacille de Koch, en tres pelite quantity il faut le dire. S'agissait-il d'une tuberculose pulmonaire concomitante?
Pour elucider cette question de la tuberculose chez nos deux malades, question qui nous intriguait beaucoup, nous avons eu recours an moyen scienti-lique qui, jusqu'ä present, parait le mieux reussir dans les cas douteux ; nous nous sommes adresse a I'inoculation aucobayo, et nous avons successivement inocule des crachats de chaque malade ä une seriede quatre cobayes mis dans une cage prealablement desin-fectee. Dans chaque cage nous avons place un cobaye temoin.
Ces huit cobayes, morts spontanement ou sacrifies aubout de trois mois, etaient tons atteints de tubercu­lose bacillairedeKoch.iNous avons trouve des bacilles
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192nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE PULMONAIRE PRIMITIVE.
dans la pulpe splenique de ces animaux, tandis que leurs organes ne presentaient aucune trace de tuberculose aspergillaire, puisque les cultures faites pour la recherche de I'aspergillus sent toutes restees steriles. De plus, les cobayes temoins sacrilies beau-coup plus tard, au bout de quatre mois et demi seulement, n'etaicnt point luberculeux.La tuberculose de Koch, presentee par ces huit cobayes, ne pouvait provenir que des malades eux-memes, et il fallait bien admettre qu'en plus des lesions produites par I'aspergillus fumigatus, ces malades devaient cortai-nement etre atteints de tuberculose vulgaire. II s'agissait done chez cux d'une lesion pulmonaire complexe due a des agents pathogenes difierenls, dont I'un avail prepare le terrain ä l'autre.
La technique que nous venons d'indiquer a ete suivie en tons points par MM. Gaueber et Sergent. Guides par la profession de leur malade, ils cxami-nerent ses crachats sur lamelles colorees au violet de gentiane dilue. Sur dix-huit examens, ils trouverent cinq fois des filaments tenus, greles, asscz larges, simulant ä premiere vue des brins de fil, mais sans tetes sporiferes, ni spores. Par contre. sur douze lamelles colorees ä la fuchsiue de Ziehl, ils ne purent pas une seule fois renconlrcr de bacilles de Koch. Ces crachats du malade, recucillis dans un crachoir sterilise et ferme hermetiquement par une plaque de verre maintenue adherente aux bords par une couche de vaseline, furent ensemences clans des tubes contenant du liquide de Raulin sterilise : sur
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TECHNIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;193
27 tubes, un seul a donne une culture d'aspergillus fumigatus. L'ensemencement fait aussi dans dix tubes de gelose glycerinee a donne une seule fois une culture d'aspergillus fumigatus. Ce champignon, sur 37 cultures, a done donne deux fois des resultats positifs. Sa virulencea ete essayee sur un pigeon qui, inocule dans la veine axillaire, est mort trente-six heures apres, avec des lesions du foie : cet organe, ensemence dans le liquide de Raulin, a reproduit l'aspergillus fumigatus. Enfin, les auteurs ont inocule un cobaye avec les crachats de leur malade. L'animal, sacrifie 40 jours plus tard, ne presentait pas trace de tuberculose de Koch.
Toutecetteserie de recherchesapermis a MM. Gau­dier et Sergent d'arriver au diagnostic de tuberculose aspergillaire simple et primitive.
C'est une technique analogue que nous avons suivie dans les cas des peigneurs de cheveux que nous avons rapportes en :I895.
Lors de notre visite ä Savigny-le-Templo (1), nous avons recueilli hors de l'atclier de peignage, dans la cour de lamaison, des crachats du pere, de la mere et du fils; nous les avons empörtes dans des tubes sterilises.
A. — M. Fere (2) avait dejä deux fois examine
(1)nbsp; Coinmc nous le dirons plus loin, c'esl ä Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) que nous avons fait toute notre enquüle sur ces malades qui habitaient alors cettc localite : sur trois personnos composant cette famille do peigneurs de cheveux, le pure et la mere etaient seuls atteints.
(2)nbsp; C'est a I'obligeance deM. Fere que nous avons du la connais-sance de ces deux cas.
Renok. — Aspergillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 13
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bacteriologiquement les crachats du pere, et il avait ete surpiis de n'y point trouver de bacilles de Koch ; il n'avait pas d'ailleurs non plus remarque de fragments de mycelium.
Nous avons pratique l'examen des crachats dans deux series, Tune, comprenant les crachats empörtes avec nous, l'autre, des crachats que nous nous sommes procures quinze jours apres, en les faisant recueillir dans des yases sterilises envoyes a cct effet. Dans la premiere serie, les crachats du pere et de la mere out ete examines six fois par le precede rapide (une demi-heure dans la liqueur de Zieht chauffee jusqu'a production de vapeurs, traitement par I'ani-line chlorhydrique pendant quelques secondes, decoloration par ralcool absolu, coloration au bleu de Kühne), et six fois par le precede lent(vingt-quatre heures dans la liqueur de Ziehl ä froid, puis memes operations que plus haut) : nous n'y avons jamais trouve de bacilles de Koch, mais quelques microbes banals colores en bleu, notamment des cocci et des tetragenes. Pour les crachats de la seconde serie, les memes examens (six fois par le procede lent, et six fois par le procede rapide) out ete renouveles, et toujours avec le meme insucces, de sorte que nous avons pu faire vingt-quatre examens pour le pere et autant pour la mere sans decouvrir un seul bacille. Pour controler d'une facjon encore plus rigoureuse I'absence probable du bacille de la tuberculose vulgaire, nous avons inocule sous la peau de l'abdomen six cobayes, trois avec une emulsion des crachats du
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TECHNIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 195
pere, trois avec une emulsion de ceux de la mere. Les animaux n'ont pas maigri; sacrifies quarante-deux jours apres I'injoction, ils ne prescntaient aucune trace de tuberculose dans leurs organes. Nous elions, des lors, bien oblige d'admettre l'absence de bacilles de Kocb dans ccs crachats.
B. — Les deux series de cracbats ont ete colorees avec de la thionine, dix fois pour le pere et la mere dans chaquc serie. Cinq fois chez le pere nous avons trouve des fragments de mycelium, et deux fois des formes conidiennes. Dix fois chez la mere nous avons pu observer, sur nos preparations, un feutrage de mycelium ramifie typique. La thionine a mis en lumiere quelques batonnets de sublilis, quelques cocci, quelques formes de levures et des tetragenes.
Des cultures de crachats sur tubes de liquide de Uaulin porles ä l'etuve ä 37 degres etaient faites dans les deux series. Sur onze tubes venant du pere, nous avons vu trois fois se developper une culture d'as-pergillus fumigatus; huit fois les tubes sont restes steriles. Sur onze tubes venant de la mere, six ont donne des cultures d'aspergillus fumigatus, un du bacillus subtilis, quatre de la levure rose, un seul a ete sterile. Dans ces tubes, l'aspergillus fumigatus s'est toujours developpe aux depens de la partie ensemencee du crachat, seit qu'elle nageät ä la surface du liquide, soit qu'elle füt, aux contraire, tombee au fond : dans ce cas, le champignon emettait une serie de filaments myceliens qui montaient progressivement dans tonte la couche liquide pour ne donner des
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196nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE PULMONAIRE PRIMITIVE.
spores qu'ä la surface. Les cultures des crachals de la mere out donne des cultures d'aspergillus moins nombreuses qu'on aurait pu croire, d'apres I'aspect des preparations : cela tient tres probablement au developpementplus rapide des levures signalees plus haut, qui, en modifiant la composition chimique du milieu, n'ont pas permis revolution plus lente du champignon. Celui-ci etait d'aillcurs bien pathogene. Nous avons inocule simultanement deux lapins dans lesYemesdeForeille, Tun avec deux centimetres cubes d'emulsion de deux palettes de spores venant des crachats du pere, Fautre avec la meme dose de spores provenant de la mere, et nous avons vu les animaux maigrir et succomber le sixicme et le septieme jour, avec les lesions tuberculeuses renales typiques de Tinfection aspergillaire : les reins, ensemences sur liquide de Raulin, nous ont donne en quatre jours des cultures d'aspergillus fumigatus.
C.nbsp; — Les crachats furent ensemences aussi sur des tubes de gelose : au bout de quinze jours, nous pou-vions constater la presence de colonies de staphylo-coques blaues, de bacillus subtilis, de levure rose et de tetragene. L'absencc de champignon etait prevue d'avance, puisque nous avions indique en 1893 l'impossibilite de cultiver I'aspergillus fumigatus des crachats sur la gelose ordinaire en presence des germes etrangers.
D.nbsp;— La bizarre profession des malades permettait peut-etre de supposer une affection pulmonaire pen connue, due aux parasites mycosiques des cheveux,
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TECHNIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;197
le favus ou le trichophyton. C'etait une hypothesebien invraisemblable, puisque l'etat des cheveux dans ces deux maladies rend toute utilisation industrielle impossible. Nous avons tenu neanmoins ä ladiscuter, et nous nous sommes adresse anotre ami, M. Eugene Bodin, dont on connait la competence sur la question. M. Bodin a rechercbe les bacilles de Koch dans les crachats, et n'en a point constate la presence. Par la thionine il a pu trouyer des formes conidiennes tres nettes ; enfin il a fait, avec ces crachats, deux ordres de cultures, les unes sur gelose peptonisee ä 3 p. 100 pour la recherche du favus, les autres surgelose mal-tosee de Sabouraud pour deceler le trichophyton. Voici quels out ete les resultats, au bout de quinze jours de sejour h I'etuve a 20 degres: sur quatre tubes de gelose peptonisee a 5 p. 100 ensemences avec les crachats de la mere, quatre fois les cultures out donue de Faspergillus fumigatus associe dans deux tubes h dutetragene et ä de la levure rose, et dans deux autres au mucor mucedo. Sur les quatre tubes de cette meme gelose ensemences avec les crachats du pere, onn'atrouve quedeux fois de faspergillus fumigatus, associe ä de la levure rose et ä du tetragene; dans les deux autres tubes il existait du staphylocoque dore, du tetragene et du mucor mucedo.
Les recherches sur gelose maltosee de Sabouraud out porte sur trois tubes pour les crachats du pere, ettrois tubes pour ceux de la mere. Les trois premiers ont donne une culture d'aspergillus fumigatus associe une fois au penicillium glaucum et ä la levure
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rose, et deux fois au memo penicillium, ä la levure rose et a raspergillus flavus. Les trois derniers n'ont donne que deux cultures d'aspcrgillus fumigatus, associe ä du penicillium glaucum, de la levure rose et du mucor muccdo ; le troisieme ne contenait que du penicillium et de la levure rose. 11 n'y avait ni favus, ni tricophyton dans ces cultures.
Les recherches de M. Bodin, faites dans un autre but, confirmaient done nos resultats : absence du bacille de Koch, presence de l'aspergillus fumigatus plus 1'requente chez la mere que chez le pere.
II etait des lors evident que, par examens sur lamelies et par cultures, nous avious isolo des crachats de nos malades un champignon pathogene, raspergillus fumigatus ; c'etait, de tons les germes trouves, le seul qui put expliqucr les signes slethos-copiques observes.
On pent voirque la technique que nous avons suivie a ete la meme dans tons cos fails, et e'est eile dont nous rccommandons 1'emploi dans les cas doutcux.
B. — Etiologie.
Les observations d'aspergillose pulmonaire primi­tive out ete jusqu'ici rapportees chez des personnes qui, d'une fa(jon direcle ou indirecte, maniaient des graines et des farinescontaminees par les spores d'as-pergillus fumigatus : les gavcurs de pigeons et les peigneurs de cheveux, qui utilisent la farine dans leur Industrie. 11 est tres vraisemblable, que de nouveaux
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cas pourront etre observes plus tard chez des grai-netiers et des meuniers. Pour ces derniers cependant, nous devons faire remarquer que Temploi des mou-Hns modernes perfectionnes, qui ne laissent pas de poussieres libres, mais qui les recueillent dans des chambres speciales, dites chambres a poussieres, doit restreindre la possibilite de la contagion. Ce n'est seulement que dans les anciens moulins ä meules, comme on en trouve encore beaucoup ä la campagne, qu'on pourra la rencontrer.
1deg; Des gaveurs de pigeons. — Les gaveurs de profes­sion, assez nombrcux autrefois ä Paris, ne sent plus guere qu'une dizainc, maintenant que le commerce des pigeons a quitte les Halles, pour se monopoliser presque tout entier entre les mains de quelques negociants qui, Tun ä Boulogne-sur-Seine et les autres ä Charenton, envoient chaque matin sur le marche de Paris, les pigeons tues et prets a etre vendus. (Test done seulement aux environs de Paris que Ton gave les jeunes pigeons qui viennent presque tons du Maconnais et de la haute Italic : ces derniers sont gaves a leur passage äla gare de Modane par un gaveur attache specialement ä cette gare. Comment s'opere le gavage des pigeons ? Le gaveur fait preparer dans un baquet un melange ä parties egales d'eau, de grains de millet et de grains de vesce, il emplit sa bouche de ce melange, puis prend chaque pigeon par les ailes d'une main, de l'autre lui ouvre le bee et y pousse autant de substance nutritive que le pigeon pent en recevoir. Cette manoeuvre demande ä peine une ä
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deux secondes parchaque pigeon, desorte quechaque gaveur peut gaver jusqu'ä 2000 pigeons le matin et autant le soir, soit 4000 dans sa journee. Dans les moments de presse, le nombrc des pigeons gaves par chaque hemme peut aller jusqu'ä 6000.
2quot; Des pelgneurs de cheven.x. — Ces industriels aclietent aux chiffonniers de Paris les cheveux trouves dans les boites ä ordures et les demelent en les classant par longueur, couleur et grosseur, pour les revendre cnsuite. Si le cheveu estsec, le peignage se fait directement, mais si le cheveu est un peu gras, pour le degraisser et evitcr qu'il ne casse, on le recouvre de farine, ce qui facilite Toperation et rend le cheveu plus beau: on se sert pour cet usage de farine de seigle. De ces traitements successifs que subitle cheveu, il resulte un degagement considerable de poussieres dans lesquelles la farine tient la plus grande place: c'est cette derniöre d'ailleurs qui est incriminee par les malades et, comme nous disait Tun d'eux, laquo; c'est la farine qui nous tue raquo;.
Un fait les avait peniblcment impressionnes: il leur 6lait impossible d'elever des animaux dans leur maison; les oiseaux (serins, chardonnerets, passe-reaux) suecombaient cn quinzc joursou trois semaines apres avoir tousse et considerablement maigri ; les chiens ne pouvaientvivreplus de trois mois; les chats seuls resistaient.
II suffit d'ailleurs de rester quelques minutes dans l'atelier de peignage pour se rendre comple que l'air y estirrespirable.
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C. — Pathogenic.
1deg; Pathofjenie de la contamination des gaveurs de pigeons. — Si les affections pulmonaires ne sont pas rares chez les gaveurs, c'est peut-etre parce les pigeons sont loin d'etre tous bien portants. 11s peu-vent arriver malades, et les affections qu'ils pre-scntent sont pour nous des plus curieuses. Nous avons eu Foccasion d'observer onze pigeons malades, qui sont morts sous nos yeux. xV leur autopsie, nous avons yu que cinq avaient ce qu'on appelle le laquo; chancre raquo;, dejä decrit en parlant de l'aspergillose spontanee des oiseaux, et le chancre seul; que trois avaient ä la fois le chancre et de la tuberculose d'autres organes ; enlin que les trois derniers n'avaient que de la tuberculose pulmonaire. Ce chancre, que nous avons retrouve huit fois sur onze pigeons, est tres connu des gaveurs qui lui attribuent souvent leur maladie ; sur ces huit chancres, qui tous furent cultives sur liquide de Raulin, un seul a donne une culture d'aspergilllus fumigatus. Plu-sicurs fois, nous avons obtenu des cultures de sfaphylocoques. 11 semble resulter de l'examen de ces huit pigeons chancreux, que I'aspergillus fumigatus joue un bicn faible role dans le genese des chancres, tandis que les infections banales dues aux sfaphylo­coques paraissent avoir une grande influence sur leur developpement.
Nous avons fait cette etude des lesions presentees
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spontanement par les pigeons malades, parce qu'on pourrait se demander si le chancre ne serait pas la cause de la contamination des gaveurs : ceux-ci sont forces en effet de pousser plus violemment le me­
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lange d'eau et de grains dans le bee du pigeon, quand il est chancreux ; les grains penetrant moins facile-ment par I'oriiice ainsi retreci, il en resulte pour le gaveur un contact un peu plus prolonge que de cou-tume avec lanimal, ce qui, pour beaucoup d'entre eux, serait la cause du mal, mais nous avons vu que I'aspergillus est loin d'exister dans tons les chancres, et nous pensons que e'est ailleurs qu'il faut chercher la raison de la maladie.
MM.Dieulafoy, Chantcmesse et Widal, etM. Potain emettent 1'hypothfese que peut-etre les spores d'asper-
gillus existent sur les graines, et C[ue dans ce cas, l'honime et le pigeon trouvent sur la graine la cause
commune de leur atTection; nous avons longuement insiste sur la presence des spores d'aspergillus fumi-gatus sur les graines et nous pensons aussi que e'est lä la cause principale do la contamination des gaveurs. II se passe chez eux quelque chose d'analogue ä ce que Ton rencontre chez les animaux qui contractent la maladie par l'ingestion des aliments melanges de spores : cclles-ci s'echappent et tombent dans le larynx et la trachec.
2deg; Palhogenie de la contamination des peigneurs de cheveux. — Nous avons assez longuement insists sur le peignage des cheveux pour qu'on ait pu dejä incriminerlespoussieres emises dans cette operation :
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notre conviction s'est faite plus profonde quand nous eümes assiste h toutes ces manipulations qui laissent l'air presque irrespirable, et c'est sur ces poussieres qü'a porte notre examen.
Lors de notre premiere visite ä Gentilly (i), an mois do juillet 1893, nous avions empörte dans un tube sterile des poussieresrecueillies sur un abat-jour, et nous les avions enseraencees sur gelose, sur bouil­lon, surmaltose de Sabouraud et sur liquide de Raulin. Sur gelose, nous avons obtenu des colonies de stapby-locoques blaues et du subtilis; sur bouillon, nous avons constate les memes microbes accompagnes d'un mu-cor ; sur liquide de Raulin, il existait ä la fois de l'aspergillus glaucus et de Faspergilllus fumigatus ; sur maltose, c'est l'aspergillus fumigatus seul qui s'est montre.
Frappe de l'apparition inattendue de ce champignon pathogens dans ces poussieres, nous avons repete les experiences avec tout ce que nous avions empörte de Savigny-le-Temple. Les poussieres generates, celles resultant du second peignage, la farine de seigle, out ete ensemencees dans des series de onze tubes de liquide de Raulin, mis a l'etuve h 37 degres pendant dix jours.
A. —Les poussieres genöralesont donne trois fois de l'aspergillus fumigatus seul, deux fois de l'aspergil­lus fumigatus accompagne dans un tube d'aspergillus flavus et d'un mucor, et dans un autre d'aspergillus
(1) Avant de s'etablir a Savigny-le-Temple, ces peigneurs de che-veux demeuraient ä Gentilly.
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glaucus et d'un mucor. Un tube a donne de l'asper-gillus flavus, un autre de l'aspergillus niger, un dernier de l'aspergillus nigrescens ; trois sent restes steriles.
B.nbsp; — Les poussieres, resultant du deuxieme pei-gnage, ont donne deux fois seulement de l'aspergillus fumigatus, accompague dans un tube d'aspergillus flavus. Quatre tubes se sont converts d'aspergillus niger melange une fois ä de l'aspergillus nigrescens, une fois ä du subtilis, une autre ä de la levure rose. Trois tubes sont restes steriles.
C.nbsp; — La farine de soigle a donne trois tubes d'as­pergillus fumigatus seul, un tube d'aspergillus fumi­gatus accompagne de levure rose, un tube d'aspergil­lus fumigatus melange d'aspergillus nigrescens, un tube d'aspergillus flavus, un tube d'aspergillus niger. Quatre tubes sont restes steriles.
D.nbsp; — Sur onze tubes ensemences avec les cheveux bruts, aucun n'a donne de culture d'aspergillus fu­migatus. Nousavons obtenu deux tubes d'aspergillus flavus, un tube d'aspergillus nigrescens, deux tubes d'aspergillus niger, quatre tubes de subtilis, un tube d'aspergillus glaucus et un tube de levure rose. II est possible, probable meme, qu'en multipliant les cul tures de ces cheveux bruts nous soyons arrivö ä y deceler de l'aspergillus fumigatus ; la difference avec les autres cultures n'en est pas moins sensible, et la presence plus froquente du champignon dans la fa­rine semblo bicn indiquer que e'est eile surtout qu'il fautincriminer.
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L'aspergillus fumigatus, retire de cette farine et des poussieres generales, etait d'ailleurs pathogene : deux lapins ont 6te inocules dans les veines, l'un avec deux centimeti'es cubes d'une emulsion de deux palettes de spores venant de la farine, I'aulre avec la msect;me quantite de spores venant des poussieres : ils sont morts en quatre et cinq jours de tuberculose ge-neralisöe typique du foie, des poumons et surtoutdes reins ; un des deux presentait meme une peritonite tuberculeuse granulique ä forme ascitique, et c'est la premiere fois que nous observions le fait chez le lapin. Les organes de ces animaux, cultives sur li­quide de Raulin, ont donne des cultures du champi­gnon, preuves de Forigine aspergillaire de l'infection.
II etait fort probable que l'aspergillus fumigatus de la farine tirait son origine de la surface des grains de seigle ; nous nous sommes procure du seigle ä la Halle aux bles, et nous en avons fait des ensemen-ccments sur cinq tubes de liquide de Raulin : deux tubes sont restes steriles, l'un a donne une culture d'aspergillus fumigatus accompagne d'aspergillus glaucus, les deux autres ont donne des cultures pures d'aspergillus fumigatus.
E.— Desirant essayer I'actiondes poussieres gene-rales, sur le pigeon, ce reactif si sensible ä la tuber­culose aspergillaire, nous avons, tons les deux jours, inhale six pigeons avec ces poussieres : cinq sont morts, un seul a resiste. Le premier a succombe dix-sept jours apres le debut de l'experience, ayant con-siderablement maigri ; ä l'autopsie, ses poumons
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elaient completement infiltres de gros tubercules, de la dimension de lenlilles, caseifies et ramollis par places ; deux fragments ensemences sui* liquide de Kaulin out donne en cinq jours une culture d'asper-gillus fumigatus.
Le second pigeon est mort le vingtieme jour. Ses pou-mons ctaient parsemes de tubercules plus petits que ceux du pigeon precedent; leur ensemencement sur liquide de Raulin a donne de l'aspergillus fumigatus.
Le troisieme, le quatrieme ct le cinquieme n'ont succombe que trente, trente-trois et trente-cinq jours apres le debut des inhalations. Leurs poumons con-tenaient de gros tubercules dissemines, accompagnes de la lesion buccale connue sous le nom de chancre des pigeons ; les chancres et des fragments pulmonaires, ensemences sur liquide de Raulin, ont donne en quelques jours des cultures d'aspergillus fumigatus.
Le sixieme pigeon paraissait bien portant et resis-tait; nous I'avons sacrifie par chloroforme le quarante-huitieme jour. 11 n'etait pas amaigri, et ses poumons ne contenaient que deux cicatrices sur la face externe du cote gauche ; le poumon droit etait completement indemne. Des cultures, faites sur liquide de Raulin avec des fragments circonscrivantces deux cicatrices, sont restees steriles.
Chez les cinq premiers pigeons, I'affection avait evolue de la meme fatjon que chez les pigeons inhales par nous en 1893 a\ec des spores virulentes : au bout de quelques jours les plumes se herissaient, le pi­geon se retractait en boule, en faisant le gros dos et
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cachant completement sa tete ; revolution seule avait 6te plus lente.
Ces resultats etaient pour nous une confirmation complete du röle pathogenique des poussieres dans la genese de raffection pulmonaire tie nos malades ; its etaient de plus la verification experimentale de la cause de la mort rapide des oiseaux dans l'atelier de peignage.
Dans ces deux cas, c'est done bien aux spores con-tenues dans la farine qu'on doit attribuer Finfection.
3deg; Pathoyenie de la contamination en dehors des gaveurs Je pigeons et des peigneurs de cheveux. — II est fort possible que I'mfection aspergillaire atteigne aussi les personnes qui ne sont pas en rapport d'une maniere aussi immediate avec les graines et les farines : tel est, par exemple, le cas rapporte par Arkle et Hinds, chez un cultivateur (qui avait manie cependant des graines), et chez lequel la pathogenic semble identique ä celle indiquee plus haut.
II est egalement fort possible que Faffection puisse s'observer chez des malades qui vivent plus ou moins eloignes de cette cause de contamination. Les recher-ches que nous avons entreprises cette annee nous permettentde comprendre la possibilite de Finfection en pared cas, puisque nous avons pu trouver des spores d'aspergillus fumigatus dans le mucus nasal et la salive de personnes qui n'avaient aucune affection aspergillaire; mais cette constatation, ainsi qu'on va le voir, est loin d'etre la regie.
A la fin du mois de novembre 1895 et au debut du
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mois d'avril 1896, nous avons recherche dans la salive el le mucus nasal de personnes, les unes saines, les autres atleintes d'aflections les plus diverses, la presence possihle de spores d'aspergillus fumi-gatus (1).
I.nbsp; nbsp;Nos examens du mois de novembre out porte sur huit f'cmmes saines de la Clinique d'accouchc-ments, hospitalisees au dernier terme de leur gros-sesse normale. Le procede de recherches (itait le sui-vant : avec un petit fragment d'ouate hydrophile, en forme dc boulette, sterilise ä ['autoclave ä 120 de-gres, nous prenions sur chaque malade, h I'aide d'une pince sterilisee, un peu de salive et de mucus nasal : les polils morceaux d'ouate etaient ensuite ensemences chacun dans un tube de liquide de Uau-lin (2) mis ;i I'etuve a 37 degres. Nous nous etions prealablement assure qu'emprisonnees dans I'ouate hydrophile, les spores d'aspergillus fumigatus pou-vaient facilement, sur ce liquide, donner du mycelium et venir ä fructification.
Les seize tubes sent restes steriles, apres un sejour de vingl jours ä I'etuve.
II.nbsp; nbsp;Au debut du mois d'avril 1896, nous avons fait les memes recherches sur les malades atteints d'afiections les plus diverses qui venaient demander
(i) Renon, Recherche des spores de Taspergillus fumigatus dans le mucus nasal et la salive de personnes saines et malades (Soc. de biol., 2 mai 189G).
(2) Les tuLes employes avaient 14 millimetres de diametre; la hauteur du liquide etait ä peu pres de 4 centimetres dans cliaque tube.
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ä la consultation de l'höpital Necker (1) des avis me-dicaux. L'examen a porte sur cinquante malades, hommes ou femmes ; rensemencement a ete fait comme nous l'avons dit plus haut, et sur le meme milieu.
Dans quelques cas nous avons obtenu des resultals positifs. Nous commencions par nous debarrasser des tubes qui, apres buit jours de sejour ä l'etuve ä 37 degres, n'avaient donne aucun developpement de mycelium aux depens du fragment d'ouate ense-mence : la longue pratique des cultures sur le liquide de Raulin nous avait appris que ce delai de buit jours est toujours süffisant pour permettre la genese des premiers filaments myceliens qui mettront en-suite plusieurs jours ä terminer leur evolution. Soixante-cinq tubes steriles furent ainsi retires de l'etuve, soit vingt-sept pour le mucus nasal, et trente-buit pour la salive.
Les autres tubes y furent encore laisses quatorze jours : tons furent definitivement retires le vingt-troisiemc jour. Dans les lubes oü la bauteur de liquide de Uaulin n'excede pas cinq centimetres, jamais im mycelium d'aspergillus fumigatus n'emploie vingt-trois jours ä s'elever du fond du tube a la surface et parvenir ä fructification, remarque importante pour expliquer une partie des resultats obtenus.
(1) La circonscription medicale de rhopilal Neckcr, etablie par le nouvcau reglement hospitaller, comprend, ä Paris, les quartiers d'Auleuil, de Grenellc, de Javcl, Saiut-Lambert et Necker; eile s'etend de plus aux communes suburbaines de Clamart, d'Issy et de Malakoff.
Renon. — Aspergillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 14
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Des douze tubes ensemences avec la salive, et qui sont restes vingt-deux jours ä l'etuve :
Un a donne uno culture d'aspergillus fumigalus.
Cinq out donne une culture d'une levure blanche.
Cinq ont donne du mycelium, qui s'est arretc dans son dcvelop-pement versle huitieme jour de sejour ä l'etuve, et s'est maintenu distant de 1 ä 2 centimetres de la couche superieure du liquide.
Des vingt-trois tubes ensemences avec le mucus nasal et restes vingl-deux jours h 1 etuve :
Un a donne une culture d'une levure blanche.
(Jn a doune une culture d'aspergillus niger.
Un a donne une culture d'aspergillus nigrescens ct d'aspergillus fumigatus.
Trois ont donne une culture d'un mucor.
Cinq out donne des cultures d'aspergillus fumigatus.
Onze tubes ont donne du mycelium dont le developpcment s'est arrete au bout de huit jours, et, qui, comme plus baut, n'a pas gagne la surface du liquide.
On voit done que dans nos deux ordres de recher-ches, sur cinquante-huit cas, nous n'avons constate qu'une seule fois la presence des spores de l'aspergil-lus fumigatus dans la salive, et six fois dans le mu­cus nasal : ce champignon etait pathogene pour le lapin. Nous ignorons ä quelles especes apparliennent ces myceliums, dont le developpement s'est trouve interrompu des los premiers jours, et s'est arrete tres vraisemblablement a cause de la temperature de 37 degres, trop elevee pour eux. On peut ainsi voir de quelle utilite est Temploi du liquide de Raulin,quot; non seulement pour separer les bacteries des cham­pignons, mais encore pour diderencier les unes des autres les especes mycosiques.
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Dans huit cas seulement, nous avons pu obtenir des cultures positives de k salive et du mucus nasal chez les memes persounes, et, dans deux de ces cas, les resultats out concorde :
1.nbsp; nbsp;Meine levure blanche (salive et mucus nasal).
2.nbsp; nbsp;Meine mycelium anete dans son developpement (salive et mucus nasal).
3.nbsp; nbsp;Levure Manche (mucus nasal). — Mycelium arrelö dans son developpement (salive).
4.nbsp; nbsp;Mycelium arrete dans son developpement (mucus nasal). — Mucor (salive).
5.nbsp; Aspergillus fumigatus (mucus nasal). — Aspergillus nigrescens (salive).
0. Mucor (mucus nasal). — Mycelium arreledans son developpe­ment (salive).
7.nbsp; Aspergillus nigrescens et aspergillus fumigatus (mucus nasal). — Levure blanche (salive).
8.nbsp; Mycelium arrete dans son developpement (mucus nasal). — Levure blanche (salivej.
II est fort possible que, faites sur d'autres personnes, dans d'autres conditions de temperature, de Saison et d'habitat, des reeberches analogues donnent des resultats difierents : nous tenions cependant a les faire connaitre parce qu'ils expliquent la possibilite de l'infoction par l'air, tout en montrant combien eile doit etre rare.
4deg; Comment les spores de Paspergillus penetrent-ell.es dans les poumons? — Ces spores suivent la voie natu­relle de toutes les infections bronchiques et pulmo-naires. Elles passent du larynx dans la trachee, puis dans les bronches, et finissent par arrivcr dans l'alveole, apres avoir traverse les petites bronches. 11 parait inutile de dire que, durant ce trajet, beau-
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coup sont arretees, expulsees au dehors avec les mucosites bronchiques et tracheales, grace ä l'acti-vite de l'epithelium ä cils vibratiles. Dans I'alveole, que deviennent-elles?
En faisant aspirer aux animaux des spores d'asper-gillus fumigatus, Ilildebrandt (1) a pu constater que les spores de ce champignon traversent facilement la couche epitheliale des alveoles et sont absorbees par les cellules ä poussieres (Staubzellen), origines des premieres reactions organiques qui aboutissent chez l'animal ü la formation des tubercules isoles, con-glomeres ou infiltres.
D. — Documents cliniques.
1deg; Observation /, de MM. Dieulafoi/, Chante-messe ei Widal (2) (gaveurs de pigeons).
11 existe a Paris uno classe d'individus exenant la profession de gaveurs de pigeons. Chez eux, il est do noLion vulgaire que le gavage occasionne ä la longue uno maladie chronique du poumon. Nous avons observe pour notre comple Irois gaveurs atteints d'une pneuinopatlue, dont revolution est cede de la tuberculose pulmo-naire chronique. Elle est caracterisee par de rcssoufflement, de la toux, de l'expectoration purulenle, de peLites hemoptysies ä repetition et parfois des manifestations pleurales. L'cxamen de la poitrine decöle des signcs de bronchite et d'induration pulmonaire, en general localisee, so revelanl par la faiblesse de la respiration et un peu de submalite. La temperature est relativement pen elevee et cependant les malades palissent, maigrissent et passent par des periodes d'aggravation et d'amelioration. Chez Tun d'eux
(1)nbsp; Hildebrandt, Experimentelle Untersuchungen über des Ein­dringen pathogener Microorganismen von den Luftwegen und der Lungen. Dissertation, Königsberg, 1888.
(2)nbsp; DlKULAFOV, ClIANTEMESSE et WlDAL, IOC. CÜ.
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nous suivons ces alternatives depuis plus de deux ans. Dans aucun cas nous n'avons constate la presence de bacilles de Koch dans les crachats.
Nous avons pu suivre un de ces malades six ans apres : il ne presentait plus de lesions pulmonaires appreciables, ses crachats ne contenaient pas de bacilles, et, dans douze series d'examens de crachats sur liquide de Raulin, il nous a ete impossible de trouver trace d'aspergillus. II paraissait done gueri de son affection.
2deg; Observation II, ae 31. Potain (1), complete pa?' nous depuis quatre annees (gaveur de pigeons) (2).
Le 16 juin 1891 est entre dans nos salles un malade qui, depuis deux ans, est atteint d'un rhume persistant. A son arrivee il avail une fievre legere, le thermometre ne montant pas au-dessus de 38deg;,5, qui diminua en quatre ä cinq jours et est actuellement dis-parue. Ses antecedents hereditaires sont nuls. Le pere est un asthmatique et la mere est morte d'une maladie inconnue. Le malade lui-meme a eu la fievre typhoide, la petite veröle et a ete reforme pour une hcrnie. En 1885, il a souflert d'une pleuresie gauche qui guerit assez rapidement, puis Tannee suivante, a eu une pleuresie droite qui a necessite une ponction ; enfinil a encore souflert de douleurs rhumatismales. 11 y a deux ans, notre homme s'est mis ä tousscr; depuis ce temps la loux est restee persistante, presentant de temps ä autre des exacerbations ; Lepidemie de grippe n'a pas entraine de complications. La sante a commence ä squot;alterer lorsque la toux durait depuis quelques mois, el il est sur-venu successivement troishemoptysics. Cesdernieres ne se sont du reste pas reproduites et le malade n'a plus rendu que des crachats stries de sang. L'amaigrissemcnt s'est acccntue peu ä peu et le malade a perdu environ 10 kilogrammes de son poids.
Au moment de l'entree, on a constate facilement qu'il avail une bronchite generalisee. De plus, au niveau de la fosse sus-epineuse
(1)nbsp; Potain, loc. cit.
(2)nbsp; RiiNON, These, p. 31.
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du cole gauche, la sonorite etait diminuee et la difference avee le cöte droit superieurc ä celle que Ton constate hahituellement. Au meme point, le murmure yesiculaire etait affaibli, un peu rude, l'expiraüon un peu prolongee, et il y avail de petits rales tres fins, apres les grandes inspirations qui suivent la toux. Cette derniere etait tres retentissante ainsi que la voix et Ton constatait de la hrondiophonie et de l'augmentation des vibrations. Tous ces phe-nomenes, moderes mais manifestes, etaient limites ä la partie su­perieurc du cöte gauche, en arriere, et la I'osse sous-üpineuse ne presentait rien de notable. En avant et ä gauche, il y avail un peu de tympanisme, et la tonaiite du son obtenu par la percussion etait un peu elevee; le murmure vesiculaire etait normal. En somme, tous les signes etaient limites ä la partie superieurc du cöte gauche en arriere, et dans le resle de la poitrine on ne constatait que des signes de bronchite qui sont du reste cntierement disparus.
Le malade rend des crachats epais, visqueux, opaques, nummu-laires, nageant dans de la serosite et melanges de matieres noira-tres de nature mal determineo. Bien que celte expectoration ait absolumcnt l'aspect de celle que Ton rencontre dans la tubercu-lose, on ne trouve point de bacilles ä Texamen microscopique, et cela cst d'autant plus etonnant que le malade so presento absolu­mcnt sous I'apparence dquot;un tuberculeux classique. Les phenomenes constates du cöte du poumon, ralteration de la sanle, I'amaigrisse-ment,etc..., conduisaient forcement ä peu pres ä ce diagnostic, qui n'etail conlredil que par l'absence des micro-organismcs caracte-ristiques qui existent presque toujours dans ces conditions. Les bacilles manquent surtout chez deux categories de tuberculeux : chez ceux qui sont au debut de la maladie quand il n'y a pas de ramollissement, et chez ceux qui ont un catarrhe bronchique abun­dant dont la secretion noie celle des parties luberculeuses. Dans le cas actuel, il n'y a pas a invoquer ces conditions, car les crachats paraissent venir des parlies malades, et les craquements qui sui-vaient la toux indiquaient le ramollissement.
Au lieu des bacilles, on a trouve dans les crachats une sorte de champignon, I'aspergillus.
Nous voyons l'annee suivante le malade h l'liöpital Necker, et nous rapportons quelques details qui nous ont parti inlercssants:
Ce gaveur de pigeons entre a. riiöpital Necker, salle Vernois, nquot; 3, dans le service du professeur Dieulafoy, le lii mars 1892.
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Ce malade vient a riiopital parce que ses forces disparaissaient et qu'il a tous las soirs de Tfcdeme des jambes.
Celcedeme des jambes a debute depuis un mois.mais tandis qu'il n'apparaissait alors que tous les deux ou trois jours, il sc montre maintenant d'une faQOii reguliere, apparaissant vers la fin de l'apres-midi, se localisant d'abordaux pieds, puis gagnant le mollet lt;lans la soiree et s'accompagnant de fourmillements et de picote-ments douloureux.
En outre, les forces ont considerablement diminue, et le malade se trouve dans l'impossibilite de faire tout travail exigeant un effort soutenu : les palpitations, ressoufflement, I'oppression surviennent bienlöt et le forcent alors ä s'arreter. L'ascension dun escalier, la marche s'accompagnent souvent d'ütourdissements, et le malade tomberait s'il ne cherchait immediatement un point d'appui.
Toilsces symplomes ont debute il y a trois anspar des digestions penibles, des pesanteurs dans la region epigaslrique et par une hemoptysie qui survint au moment meme oü il gavail ses pigeons. Son liabileteprofessionnelle devinl moins grande depuis ce moment, et il mettait deux beures et demic ä trois heures pour gavcr HiOO pigeons, alors qu'auparavant deux hourcs suffisaient a ce tra­vail; enlin il lui arrivait souvent de manquer plusieurs fois le ga-vage des pigeons dans une müme seance.
Un an apres, en 1889, survint une seconde hemoptysie, beaucoup plus abondante que la premiere, suivie d'un abattement profond des forces. Une troisieme hemoptysie se produisit en 1800, qui lui lit abandonner son melier de gaveur. En dehors de ces grandes bemoptysies, il lui arrivait de rendre des crachals stries de sang.
II eul a cette epoquc quelques pelits frissons, de la fievre, et i'iitra pendant quatre mois dans le service de M. Chantemesse; la lievre, qui nquot;avait jamais ete plus forte que 380,d, ceda, ainsi que la faiblesse, a l'usage de la viande crue, de l'huile de foie de morue et de la creosote.
Quelques mois apres il cntrait dans le service de M. Potain.
L'examen des poumons fait constater en avant sous la clavicule, a la percussion, et en arriere dans la fosse sous-epineuse, et seule-menl du cöte gauche, une diminution manifeste de la sonorile : les vibralions thoraciques sontunpeu exagerees au niveau de ces deux points; k Fauscultation, on constate un affaiblissement du murmure vesiculaire, la respiration rude, et lexpiration prolongee. Nous n'avons per^u ni rales sous-crepitants, ni craquements, ni räles de bronchite. Le poumon droit parait absolument normal.
L'examen du coeur ne revele aucun bruit morbide.
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Du coti de l'appareil digestif, on trouve des troubles dyspeptiques, de la douleur a la pression au creux epigastrique, des digestions penibles, quelques pituites le matin ; le malade avoue d'ailleurs des habitudes alcooliques non doutcuses.
Enfin, en examinant la region anale, on constate I'existen'cc d'une petite fistule ayant debute il y a quinze mois, au dire du ma-lade. Cctte fistule, siegeant du cöte droit, esl complete, le stylet introduit par son orifice externe faisant saillie a travcrs la inu-queuse : une intervention immediate proposee est repoussee aus-sitot par le malade.
L'expectoration est peu abondantc; eile se compose de crachats, les uns verts, nummulaires, epais, les autres spumeux, aeres, dans lesquels on voit parfois de petits points grisätres. Le malade est soumis au traitement par l'huile de feie de morue a. hautes doses et par la creosote : il s'est ameliore pendant son premier sejour, qui a dure jusqu'au 12 avril, et nquot;a jamais eu d'hemoptysies pen­dant le temps qu'il est reste ä l'höpilal.
L'examen des crachats, repete vingt fois au point de vue de la tuberculose, n'a jamais rövele la presence des bacilles de Koch : par centre, cet examen, fait ä la safranine, nous a permis d'y retrouver douze l'ois des fragments dc mycelium d'aspergillus ef huit fois des spores de ce champignon.
Nous avons indique plus hau* comment nous avons pu isoler cet aspergillus, comment nous avons pu verifier son pouvoir palho-gene sur les animaux, quels resultals nous avail donne Tinocu-lation des crachats du malade au cobaye, nous n'y reviendrons pas.
La presence de la fistule anale, quo n'avait point indiquee I'obser-vation de M. Potain, nous intriguait beaucoup; aussi sur nos ins­tances le malade est revenu passer quinze jours dans notrc service ä partir du to avril, ef nous avons pu le convaincre de Tutilite de Toperation : cette derniere fut laile le 18 avril, et cinq cultures des parties grattecs apres rincision, failes sur le liquide de Raulin, ne donnerent que des resullats negatifs apres vingt-cinq jours de sejour dans l'eluve ä 37 degres. 11 ne s'agissait done point de fistule d'origine aspergiIlaire.
En 189ö, le malade cntrc dans le service de M. Gaucher ä l'hopital Sainl-Antoine, oü notre ami Sergent I'examine avec la plus grande attention, et
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ne trouve plus qu'une seule fois de l'aspergil-lus sur 20 ensemencements sur liquide de Raulin : par contre les bacilles de Koch y sout nombreux.
En 1896, nous avons eu l'occasion de revoir le malade ä l'höpital Necker dans le service du profes-seur Dieulafoy. Nous avons ete surpris de trouver cet homme, que nous avions perdu de vue dcpuis quatre annees, en etat relativement assez bon : 1'amaJgrisse-ment n'avait point fait de progres, l'etat general etait assezsatisfaisant. 11 se plaignait de quintes de toux vio-lentes, surtout la nuit; les hemoptysies avaient per-siste, apparaissant une fois chaque hiver. Les signes stethoscopiques elaient des plus interessants ä relater. Du cote droit, en avant, on notait de la submatite, de la respiration rude, de l'expiration prolongee et quelques craquements sees : en arriere, de la subma­tite au sommet, avec respiration soufflante ä timbre bronebique, et expiration prolongee. Du cöte gauche, il existait en avant une sonorite plutot exageree, avec une inspiration humee, rude, sans bruits sura-joutes ; en arriere, de la submatite au sommet, plus accentuec dans le tiers externe de la fosse sus-epi-neuse, avec respiration tres rude, presque h timbre ca-vitairc. Le diagnostic de lesion pulmonairc est le suivant : induration des sommets, sclerose hroncho-pulmonaire, emphyseme, cavile seche probable.
L'expectoration, composee de crachats muqueux plutot que purulents, rendus en tres petite quantite, fut examinee tres attentivement : nous n'y avons point trouve de bacilles de Koch, non plus que de
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mycelium aspergillairc. Les cultures de ceux-ci sur liquide de Raulin sont restees negatives. L'aspergil-lose avait completement disparu et la bacillose etait en voie de guerison par cicatrisation des lesions pri-mitivement observees. Tons les signes fonctionnels et stethoscopiques constates nous paraissaient etre sous la dependance de cette evolution sclereuse.
3deg; Observation III, dc Renon (1), continuee jusqiCä l'examen nGcroscopique (gaveur de pigeons).
Le nomine P..., gaveur dc pigeons, entre salle Vernois, n0 16, dans le service du professeur Dieulafoy, le 3 avril 1894.
Le malade ayant commence a di.\-sejgt;l ans son metier de gaveur de pigeons, fut gaveur pendanl huit ans, de 1870 ä 1884; il exerca son metier sept ans aux Halles et un an ä Charenton. C'est dans cetle localite, il y a huit ans, qu'il commenea ä tomber malade ; il loussait et crachait beaucoup, sans avoir jamais eu d'hemoptysie. De plus, chaque fois quil commencait'ä gaver, il vomissait son de­jeuner du matin ; ses aulres repas elaient au contraire facilement digeres.
Ces symptümes s'accuserent I'aniiee suivante, il devint Ires faible, respira mal, continua de tousscr el de crachcr et dul. arreler completemonl, son travail. Apres dix-lmit mois de soins cliez lui, il entra ä Ihöpital Saint-Antoine, dans le service de M. Moutard-Martin, qui lui lit de la revulsion ä l'aide de pointos de feu et lui lit prendre de l'iodure de potassium; il retourna ä plusieurs reprises cliez M. Moutard-Martin, et en octobre 1801, il entra dans le service de M. Troisicr qui le soigna par l'iodure de potassium el la creosote, el qui, avec Fassentiment de notre ami Papillon, fut assez aimable pour I'envoyer dans notrc service.
Le malade presente un certain embonpoint et paralt en bonne sante ; il a maigri cependant de 20 kilogrammes en six ans, et c'est depuis un an seulomcnt qu'il a de nouveauengraisse; actuellemont il so plaint surtout de crises dY'touITements qui reviennent presque toules los nuits,le reveillcnt et durent environ vingt minutes äune demi-heure, rarement plus. II est alors oblige de s'asseoir sur son
(1) Rknon, Tbese, p. 83.
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lit ou meme de se lever et d'aller jusqu'ä la fenetre qu'il lui fauL souvent ouvrir: alors seulement il eprouve un peu de soulagement. 11 esl en meme temps pris dune constriction violente au niveau du pharynx. Toute cette crise se tennine par une emission abon-dantc de crachats spumeux, compares par le malade ä de Teau de savon. L'acces passe, il se rendort.
En dehors de ces acces nocturnes, on observe de la toux, mais une toux seclie et prolongee, et les crachats rendus alors par le ma-lade sont des crachats epais, vcrdätres, nummulaires, suivis bientot de crachats spumeux ; on observe alors dans les crachats deux couches : une couche superieurc, blanchätre, aeree, spumeuse, et une couche inlerieure, verdatre, noyee dans un liquide clair.
A la percussion de la poitrine, on entend une sonorite normale, en avant et en arriere, aux deux sommets; les vibrations thoraci-ques paraissent accrues aux deux sommets quand on fail compter 1c malade. ATauscultalion on entend des rules ronllants el sibilants dans toute 1 etendue des poumons, et un peu de souffle en arriere et a droitc, temoignant lä d'une induration pulmonaire manifeste.
La dyspnee est assez considerable, le malade ayant, au momenl de son entree, Irenle-deux respirations par minute : la marche rapide, ainsi quo la course, esl impossible; le malade ne peut monier les escaliers, il est oblige de s'arreter au bout de quelques marches, la respiration lui manquant completemcnt. Dans ces cas et au mo­ment dos crises nocturnes, il est pris souvent de transpirations abondantes, localisees principalement au dos et 5. la poitrine.
L'examen du coeur ne revelc pas grand'chose : les battements soul sourds et lointains et d'une perception difficile, ä cause des bruits thoraciques : on no note aucun bruit de souffle.
Le foie n'est pas douloureux, il n'est point augmenle de volume ; I'urine est rendue en quantite normale et ne renferme ni sucre, ni albumine.
L'index de la main gauche de notre malade presente une lesion curieuse, une plaque de tuberculose verruqueuse de la pcau, sem-blable a celle decritc par llichl et Paltauf, et semblahle ä celles que nous avons eul'occasion d'obscrver pendant notre sejoor äThöpital Saint-Louis. Cette lesion seprcsonte sousl'aspect suivant :il esiste sur la face dorsale de l'index deux saillies seches et croütcuses, for-mant une ligne oblique d'une largeur irrt'guliere, variant enlre 6 millimetres et 2 centimetres, contournant l'index en spirale pour aboutir a la face palmaire de la deuxieme phalange. Cette saillie est nettement verruqueuse, eile est de plus fendillee; dans les fentes existant ainsi, on observe parfois des squames blanchätres, parfois
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des points d'un noir verdätre. Gelte affection a debute au niveau de la deuxieme et de la troisieme phalange sur la face dorsale, six mois apres que le malade eut quitte son metier de gaveur de pigeons: eile ne s'accompagne d'aucune douleur, el produil seulement un leger pruril qui le force ä se gratter souvent.
L'elude des antecedents heredilaires el personnels du malade n'apprend rien qui puisse elucider son aifection : ses parents sont morts äges, et, quant ä lui, il n'a jamais eu qu'autrefois, dans sa jeunesse, un chancre mou complique de bubon suppure.
L'examen des crachals du malade, pratique vingt Ibis, nous a fait rencontrer deux fois la presence du bacille de Koch, dix fois la pre­sence de mycelium, huit fois de spores. Nous avons isole le cham­pignon des crachats comine nous I'avons dit precedcmment, el les resullals de l'inoculation au cobaye des crachats du malade nous a donne, comme pour le premier malade, qualre infections par bacille de Koch sur quatre animaux.
De meme que la fislule anale du premier malade nous avail beau-coup preoccupe, de meme nous avons etc frappe par la lubcrculose verruqueuse de la peau que presenlaitle second malade. Nous pou-vions penser qu'il squot;agissail la d'une luberculose culanue aspergil-laire, el la presence des points noirs verdatres qui emergeaienl des espaces fendilles pouvait nous laisser supposcr qu'ils n'etaienl peut-elre aulres que des fragments de mycelium daspergillus fumigatus. Nous avons alors, d'une facon aseptiquc, gratle la surface culaneo ä ce niveau, el nous avons ensemence dans le liquide de Raulin le produil ainsi obtenu successivement Irois fois, le 14, le 10 el le 21 avril : jamais nous n'avons pu oblenir de culture de champi­gnon, meme aprcs deux mois de sejour a retuvc. Pour guerir cette luberculose verruqueuse, nous avons employe la methode de raclage avec la curette de noire mailre M. Vidal, el nous avons ensemence les petits fragments cutanes; sur qualre cullures failes le 13 el le 18 mai, nous n'avons eu que des resultals negalifs. Nous avons fail par conlre des coupes d'un petit morceau ainsi racle et nous n'y avons trouve ni mycelium, ni, comme c'est d'liabilude la regle, de bacille de Koch, si difliciie ä Irouver en pareil cas. Cette lubercu­lose ne pouvait etre des lors rapporlee a la luberculose aspergil-laire, el 11 paraissail probable, sans qu'on ait pu I'affirmer, qu'elle s'idenliliail avec la vraic luberculose de Koch.
Dcpuis son sejour ä l'höpital, la situation du malade ne s'est guere moditiee ; il est actuellement gueri de sa luberculose culanee; I'ap-petil s'est toujours maintenu; seuls les signes physiques sonl un peu modifies. 11 semble qu'il y ail du ramollissemenl aux deux
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sommets, Fauscullalion denotant ä ce niveau des rales sous-crepi-tants, surtout apres la toux. Jamals on n'a observe d'elevalion de temperature.
Le malade sejourne jusqu'en 1893 dans le service du professeur Dieulafoy a l'höpital Necker, puis 11 sort et rentre en 1894 dans le service de M. Albert Uobin (1) a l'höpital de la Pitie, ou il reste quelques mois, en presentant les memes symptomes, avec tou-tefois augmentalion de la dyspnee. II sort pendant quelques mois, et rentre dans le memo service le 17 Janvier 1895, dans un etat si alarmant qu'il suc-combc quelques jours apres. Voici d'ailleurs la rela­tion de cette crise finale :
Le malade rentre cette fois se plaignant d'acces de suffocation quidcpuis deux mois augtnententen inten-site et en frequence, et rendent aujourd'hui tout travail impossible.
Ce qui frappe tout d'abord ä l'examen du malade, c'estune dyspnee assez intense qui appelle I'attention sur les poumons. A l'examen de ceux-ci, on trouve, en avant dans la region sous-claviculaire gauche, ä la percussion une matite tres nette, avec, ä droite seu-lement, de la submatite ; ä l'auscultation, la respira­tion est soufflanle, on entend de gros rales muqueux h gauche, tandis qu'ä droite on n'entend seulement que des rales muqueux plus fins.
En arriere, ä la percussion, on trouve ä gauche une
(1) Nous remercions bien vivement 51. Albert Robin de Textreme obligeance avec laquelle il a bien voulu mettre ä notre disposition la fin de l'observation et les pieces anatomiques.
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zone de matite qui occupe toute la fosse sus-epi-neuse et la fosse sous-epineuse (partie toute supe-rieure) ; h droite, on note egalement de la matite, mais seulemcnt au niveau de la fosse sus-epineuse. A rauscultation, on trouve au sommet gauche de gros rales cavemuleux, accompagnes de rales muqucux plus discrets. A droite, on n'entend que des rales muqueux qui masquent les autres bruits. Dans toute la hauteur des poumons, des deux cotes, on entend de gros rales ronflants et sibilants qui emplissent toute la poitrine.
L'auscultation du comr donnc un renseignement interessant. Les bruits du coeur sont sourds; mais l'auscultation delicate des orifices est impossible, etant troublec par les bruits pulmonaires. Le pouls, est normal, les artercs sont relativement souples.
L'aspect general est bon ; le visage et le thorax marquent un embonpoint qui contraste avec les signes si generalises des poumons. L'appetit est conserve, mais les digestions sont lentes, laborieuses. Pas d'albumine dans les urines.
Le malade expectore im liquide glaircux tres abou-dant, dans lequel nagent quelques crachats verts et quelques filaments noiratrcs.
Les jours suivants, rexpectoration a beaucoup augmente (le malade rendait deux et trois crachoirs en vingt-quatre heures) ; mais ellc conserve toujours les memes caracteres.
Les acces de sufl'ocalion se montrent trois et quatre fois par jour, et durent environ deux heures ; pen-
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danl ces acccs, le malade qui etouflfe se met ä la fenetre pour respirer.
Le 23, c'est-ä-dire six jours aprcs son entree, le malade, qui a eu la veille un acces plus violent que les autres, est affaisse; le teint, assez bon jusqu'alors, est päle, terreux, et l'anxiete est plus grande, la dyspnee plus intense. L'appetit a disparu, le malade ne se leve meme plus quand il a ses acces, car, dit-il, il n'a plus de force.
Le 26, pendant la visite, le malade est en proie ä un acces d'oppression qui dure depuis sept lieures du matin: on le trouve assis sur son lit, la face cva-nosee, le visage convert de sueurs, en proie ä une anxiete vive. Le 27, le malade succombe au corns d'un de ces acces, empörte par les lesions de scle-rose pulmonaire que nous aurons ä decrire en trai-tant de l'anatomie pathologique.
4deg; Observation IV, de MM. Gaudier et Sergenl (I) (gaveur de pigeons).
Etienne C..., äge de vingt-quatre aas, gaveur do pigeons, entre le 2ä avril a l'höpital SainL-Anloine, salle Marjolin.
Depuis un mois, il sent ses forces diminuer, tousse, crache beau-coup, a de peLits acces de lievre; dans le courant de la semaine derniere, il a eu deux hemoptysies legeres; depuis ce moment son expectoration est restee striee de petits filets de sang; il s'en est effraye et s'est decide ä venir se faire soigner.
Get homme est maigre, mais I'etat general est assez bon; I'ha-bitus n'est pas celui d'un pbLisique. 11 se plaint surtoul dune douleur siegeant dans le cote gauche du thorax, un peu au-des-sous de la pointe de son omoplale, et qu'il ressent depuis le debut
(1) Gaucher et Sergent, loc. cit.
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22inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPEKG1LL0SE PULMONAIRE PRIMITIVE.
de sa maladie. II tousse souvent; son expectoration est tres abon-dante, epaisse, legerement gommeuse, homogene, verdätre; eile est slriee de minces filets de sang. U nquot;y a pas de dyspnea, ni d'accüs de pseudo-asllime.
La percussion fait decouvrir dans la region du point douloureux une zone do submalite qui repornl a la fosse sous-epineuse et s'etend un peu au-dessous de la poinLe de romoplate. Dans loute cette re­gion la respiration est obscure, legerement soufflanle; apres les grands efforts d'inspiration et surtout apres la toux, on entend quelques rales sous-crepitants fins. En aucun autre point de la poitrine il n'exislc de lesion.
liien au coeur. Urines normales. Pas de fievrc.
Ce malade nepresente aucun antecedent hereditaire tuberculeux ; ses parents sont Ires bien portanls (son peru a qualre-vingt-lrois ans, ; il a deux freres tres robustes.
Lui-inemea toujours jouid'une sauteparfaite; il aeusimplement deux altaques d'induenza dans le cours de la meme annee, il y a deux ans, pendant son service militaire ä l'lle d'Elbe.
C'est un Italien des environs de Turin; il est venu en France il y a environ un an, pour chercher de Fouvrage, s'est employe comme journalier et est tntre commc gaveur de pigeons il y a trots mois, dans une des rares maisons ou s'exerce encore cetlc profes­sion, ä Charenton (nous souiignons cette dale en passant, pour la mettrc en parallele avec celle du debut dc la maladie).
Le trailement, institue le preinier jour, a consiste en un vesica-toire applique loco dolenti, et en une potion contenant un gramme d'ergotine.
Le troisieme jour, les filets de sang ayant completemcnt disparu de 1'expectoration, nous avons supprlme l'ergotine ct Favons rem-placee par '#9632;) grammes d'extrait de ratanhia. Le cinquieme jour nous avons, pour les meines raisons, supprime l'extrait de ratanhia et nous avons present quatre pilules creosolees de 10 centigrammes chacune, ainsi que 1 gramme d'acide horique dans un julep diacode.
Le o mai, sc trouvant bien, n'ayanl plus de douleur thoracique, le malade a voulu sorlir. Les signcs de congestion pulmonaire avaient completemcnt disparu : Fexpectoration etait moins abon-dante, mais restait verdätre et gommeuse.
Malgre nos clforls pour le retenir quelques jours encore, nous avons du le laisser quitter 1'hopital, non sans lui conseiller vive-menl d'abandonner sa profession. Nous lui recommandions en meme temps de continucr l'usage des pilules creosotees pendant quelque temps.
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DOCUMENTS CLIN1QUES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 223
Le 2i mai, il revint nous voir dans la matinee. En depit de nos conseils et des craintes que nous avions cherche a lui inspirer, il avail repris son metier de gaveur de pigeons aussitöt sa sortie de rhüpital. Les premiers jours il avail continue k se bien porter, mais, au bout d'une semaine, ils'etait mis de nouveau a tousser; I'expec-toration avail repris son abondance et la douleur thoracique du cöte gauche avail reparu. II se plaignait do plus d'une sensation de chatouillement fort penible le long de la trachee, sensation surtout vive et douloureuse au moment des acces de loux. Nous I'avons examine avec soin et nous avons retrouve des signes de congestion pulmonaire dans la meme region que lors de son entree ä l'höpital. Nous lui avons alors conseille de rentrer dans le service. Mais il refusa, pretexlant que son patron I'avait choisi pour aller gaver a la gare do Modane, pendant l'arröt des trains, les jeunes pigeons venant d'llalie. (On sail, en eilet, qu'un gaveur de pigeons se tient toule Tannee dans cette ville, a cet eflet.) G'etait pour lui, disait-il, une occasion de gagner un salaire plus eleve, il ne voulait pas la laisser ecliapper.
Nous lui avons alors simplement conseille des badigeonnages ä la leinluro d'iode, un vesicaloire au besoin, et dans la crainte de nouvelles hemoplysies, nous avons, dans la prescription, remplace la creosote par des pilules ainsi composees :
Goudron de Norvege............... 10 centigrammes
Poudre de Dower.................. 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;—
Beujoin pulv^iisL-.................. Q. S.
pour une pilule. Trois ä quatre par jour.
11 revint nous voir quatre jours apres et nous apporta des graines de vesce que nous lui avions demandees. II se trouvait inieux, mais les signes de congestion subsistaient ainsi que la douleur thoracique et le chatouillement tracheal.
Depuis, nous ne I'avons pas revu.
3deg; Observation V, de Rönon (1) (peigtieurs de che-veux).
Toutc une famille entiere, le pere, la mere ct le fits, sont occu-pes a ce travail dans un atelier commun. Us exercaient depuis de longucs annces cettc Industrie ä Gentilly, quand, au mois de
(t) Rknon, loc. cit.
Room. — Aspergillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 13
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juillet 1895, sur le conseil de M. Fere, ils se deciderent ä se transporter ä la campagne, pour se lixer ä Savigny-le-Temple; nous avons visile les deux aLeliers, el nous n'avons [raquo;as eu de peine a nous convaincre de la superiorite hygienique de leur nouvelle inslallalion : c'est la que nous les avons examines a fond et que nous avons fait toute notre enquete au mois d'aoüt de cette meine annee.
A.nbsp; Le Ills, äge de seize ans, ne peigne les cheveux que depuis quelques mois seulement: il tousse et cracho un pcu, mais ne nous a paru alteint que de tres legere tracheite, car nous n'avons rien trouve ni dans sa poitrine ä Texamen stethoscopique, ni dans ses crachats sur lamelies et par cultures ; il est done complelement indemne de tuberculose aspergillaire.
B.nbsp; Le pere, M. P..., age de trente-sept ans, est malade depuis treize ans. Apprenti dans ce metier des Tage de quinze ans, ce n'est que neuf ans plus lard, en 1882, qu'il i'ut atteintbrusquement, sans raison, sans symptvmes de hronchite anleneure, d'une hemoptysie violente qui ne ceda qu'au bout de quelques jours. Les hemoptysies se repeterent et pendant dix-huil mois ne cesserent point: elles s'accompagnaient de toux et d'amaigrisscment, et pendant quelques mois le malade dut saliter, en proie ä uue fievre violente, ä d'abon-dantes transpirations, et ä uue toux penible suivie d'expectoration verdätre muco-purulente, souvent striee de sang. M. P... vit,äcette epoque, untres grand nombre de inedecins, les uns dans les hopi-taux, les autrcs ä Gentilly et a Paris; tous le declarerent atteint d'une tuberculose pulmonaire du cote gauche, parvenue ä sa der-niere periode, et pronostiquereat une issue fatale ä breve echeance : il y a neuf ans de cela. Soigne par des injections sous-cutanees d'eucalyptol, le malade sortit pen ä peu de cet etat inquietant, el se retaljlit progressivement : il a considerablement engraisse et presenle acluclleinent un verilablc embonpoint ; I'appelit est excellent ainsi que le sommeil. 11 accuse de temps ä autre, el encore assez fröquemment, des hemoptysies, mais se plaint surloul d'une toux incessanle, penible, accompagnee d'une expectoration tres abondaute, suivie d'une oppression qui se manifeste au moindre effort : jamais il n'a presenle do pseudo-asthine ni le jour, ni la nuit. M. Fere qui le soignait depuis quelquc temps k l'hospice de Bicetre, oü il venait le consultcr, fut surpris de Failure bizarre de sa tuberculose. A Foxaincn physique, on est frappe d'une legere retraction du cole gauche au sommet, el a ce niveau on constate, ä la percussion,une matite presque complete en avant et en arriere. A Fauscultation, on entend quelques rales sibilants du cole droit,
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DOCUMENTS CLI.MQUES.
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et quelques räles de congestion a la base du meme cöte. Du cöte gauche, les lesions sent plus marquees : on percoit sous la clavi-cule de gros räles sous-crepitanls qu'on retrouve en arriere dans la fosse sus-epineuse, accompagnes d'un peu de souffle et de quel­ques rales sibilants; il ne nous semble pas douteux qu'il n'y ait la une cavile, maisune cavite en voie de cicatrisation, car nous n'avons pas trouve de gargouillement net, meme apresla toux. Ces raisons, ainsi que rexageralion par places des vibrations thoraciques a ce sommet, nous font admettre la presence, en plus des lesions indi-quces, d'un proeessus sclerosant indiscutable.
Dans les antecedents du malade nous ne trouvons rien d'impor-tant ä relever : il est issu d'un pere inconnu et d'une mere morte d'une septicemie succedant ä la plaie gangreneuse produite par un trocart, alors qu'au cours d'une affection cardiaque, on lui faisait une septieme ponclion d'ascite. 11 n'eut jamais aucune affection dans sa jeunesse, el fit son service mililaire pendant cinq annees dans les cuirassiers; il n'a pas eu la syphilis. II y a vingt-deux ans qu'il exerce la profession de peigneur de cheveux.
C. Mme P..., ägee de quaranle ans, aide son mari dans son tra­vail depuis son mariage, c'est-ä-dire depuis vingt ans. Ce n'est que sept ans apres, en 1881, qu'elle fut brusquement prise, eile aussi, sans affection broncho-pulmomire anterieure, d'hemoptysies suivies d'accidents de congestion du cöte du poumon gauche. Lc tout ceda assez rapidement, et pendant longtemps eile ne parait avoir garde de cette alteinte qu'un peu de toux et quelques crachats rendus par-ci par-la. Pourtant, les hemoptysies n'ont jamais completement cesse, et, malgre une bonne sante apparente, malgre la conserva­tion de l'appetit, eile a commence a maigrir d'une fagon assez sen­sible depuis quelques mois. L'examen du thorax revele un peu de submatile en avant sous la clavicule du cöte gauche, et de la vraie inalite dans la fosse sus-epineuse de ce cole. A Tauscultalion, on constate quelques craquements sees en arriere, et de l'expiration prolongee et soufflante en avant.
Ni dans ses antecedents hereditaires, ni dans ses antecedents personnels, on ne trouve trace de tuberculose. Elle s'est toujours ties bien portee ; toujours bien reglee, eile a eu six enfants dont un seul est vivanl : eile fit quatre fausses couches, et perdit un enfant de deux ans de convulsions.
Teile est l'hisloire clinique de cette famille. Elle nous permet de conclure ä l'exislence, chcz deux de ses membres, d'une tubercu­lose pulmonaire a allures speciales, a evolution lenle, en voie de retrocession chez I'un d'eux, en voie de developpement chez I'autre.
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Nous avons vu de quelle facon rexperimentation nous a permis de la comprendre.
Touslesexamens et toutes les experiences qua nous avons relates semblent nous autoriser ä conclure ä l'existence de deux cas de tuberculose aspergillaire simple, I'aspergillus fumigatus etant seul et primitivement en cause et le bacille de Koch n'ayant joue aucun rule, ni primitif, ni secondaire. L'absence de ce microbe dans les crachats reconnue sur lamelles et par inoculation, la presence de formes mycosiques retrouvees dans les cultures, la virulence de lagent pathogene, sa presence dans lespoussieres et dans la farina, la reproduction experimentale de I'afTection sur les pigeons : tout permet de Taffirmer. La maladie ne s'est developpee que sur deux personnes parce que, des trois membres da cette famille, deux seu-lement avaient ete exposes longtemps k la contagion; mais il parait bien probable que, si l'atelier eüt ete plus frequente, les cas se seraient multiplies.
La mere est au debut de I'afTection, ou plutot chez eile cette der-niere a evolue avec lenteur et n'en est encore qu'au premier stade. Chez le pere, la marche a ete beaucoup plus rapide, et la phase d'ulcerations pulmonaires et de caverne s'est plus rapidement mon-tree : mais aujourd'hui, le processus actif parait eteint et il n'cst pas douteux qu'il ne soit en voie de guerison. Celle-ci s'obtient par sclerose, comma nous avons pu I'observer experimentalement chez les animaux, et le constater ä l'aulopsie d'un de nos anciens gaveurs de pigeons qui avail succombe ä Fintensite du processus sclereux. Chez lui, d'ailleurs, le champignon avail pau ä pau disparu dans les cultures. On comprendra des lors facilement pourquoi, dans les deux cas que nous rapportons, nous avons trouve moins souvent I'aspergillus fumigatus dans les crachats du pere que dans ceux de la mere. Ces malades restent, bien antandu, exposes aux chances d'infection secondaire, parmi lesquelles la plus redoutable est I'en-vahissement de l'appareil broncho-pulmonaire par le bacille de Koch; nous pensons cependant, qu'en raison de Fhygiene plus severe qui leur a ete imposea et de leur sejour a la campagne, cette complication soit moins ä craindre.
Les indications therapeutiques ne sont point faciles ä preciser, puisqu'il n'exista pas jusqu'ä present de traitement specilique de I'afTection ; toutes les recherches experimentales faites dans ce but sur les animaux ont echoue. Nous avons pu prolonger la vie des lapins par I'injection quotidienne d'una solution d'iodura de potas­sium; mais la guerison n'a pu etra obtanue. Nous croyons cepen­dant ä l'action efficace de l'iodure, ayant pu, chez d autres malades,
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;229
en constater les bons effets. D'ailleurs, chez M. P..., ce traitement iodure, inslilue par M. Fere, avail eu dejä une heureuse action sur les symptömes dyspneiques, et nous en avons continue Temploi, enTassociant ä l'arsenic. L'huile de feie de morue ä hautes doses et les aliments gras, selon la methode de notre maitre, le professeur Dieulafoy, sont aussi d'un puissant secours.
L'application d'un masque mettant les voies aeriennes k I'abri des poussieres serait le seul traitement prophylactique : il a ete employe, mais sans resultat, I'instrument n'ayant pu etre sup-porte.
Depuis I'^poque ou cette observation a ete rappor-tee, nous avons eu l'occasion de revoir plusieurs fois le pere,M. P..., dans le courant de l'annee 1896. Les lesions ne se sont point etendues, et, par I'examen atten-tifde la poitrine, nous avons pu percevoir tres nette-ment des signes de sclerose pulmonaire qui genaient beaucoup le malade, notamment des acces asthmati-formes nocturnes, parfois des crises d'oedeme aigu du poumon avec expectoration mousseuse sanguino-lente.
M. Fere a revu recemment le malade, au mi­lieu du mois d'octobre 189G (cet homme etant venu se fixer de nouveau ä Gentilly avec sa famille); il n'a plus trouve ä l'auscultation que des signes d'indura-tion pulmonaire, preuve, selon lui, d'existence de lesions de sclerose curative.
E. — Symptömes.
L'aspergillose primitive du poumon nous paratt se presenter, au point de vue clinique, sous des aspects differ en ts.
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Parfois le debut se fait par une hemoptysie legere ou abondante pendant un effort du malade, quand il exerce son metier, en gavant un pigeon, en peignant les cheveux; cette hemoptysie s'accompagne de plu-sieurs autres survenantä Intervalle variable, quelques mois, un an, deux ans et plus. En meme temps appa-ratl une certaine fatigue, une certaine deperdition de forces suivie de symptömes du cöte de Festomac, et marques surtout par un peu de dyspepsie, des digestions penibles, de l'anorexie. Le malade mai-grit: il est pris d'une toux an debut seche, quinteuse, revenant par petits acces; eile est accompagnee d'une expectoration qui, spumeuse, ne tarde pas ä devenir verdätre,purulente; les crachats sont souvent stries de sang ; on note en somme, tons les signes fonctionnels d'une tuberculose au debut, avec, en plus, une tendance marquee aux hemorrhagies pul-monaires.
Si Ton examine le malade, on trouve des signes de broncbito, des rales ronflants ou sibilants, puls, un peu plus tard, ä la percussion, un peu de submatitö k Tun des sommels, une legere augmentation des vibrations thoraciques quand on le fait parier et compter. A I'auscultation, on constate une respiration obscure, quelqucfois legerement soufflante, d'autres foisun peu d'expiration prolongec.
11 y a souvent, le soir, une legere clev^ation de tem­perature et le thermometre pent monter ä 38 degres et 38 degres 5, rarement plus; on note parfois des transpirations, surtout pendant la unit. Enfm, on
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SYMPTOM ES.
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peut trouver des manifestations pleurales, de la plea-resie seche,souvent un opanchement d'un cote ou de l'autre de la poitrine, parfois des deux cotes.
A un degre plusaYance, la faiblesse devient plus grande, les hemorrhagiesse repetent, un leger oedeme des jambes apparait d'abord le soir, puis s'installe d'une fagon permanente; les signes physiques se modifient et on peut conslatcr, ä l'examen de la poitrine, des traces de ramollissement pulmonaire.
Dans d'autres cas, les hemoptysies sont tres rares ; le debut sc fait par de la bronchite, des vomisse-ments le matin, de la perte des forces et de l'appetit; la dyspnee,quietait ä peine marquee precedemment, prcdomine ici d'une faQon manifeste, eile survient aurtout la nuit, le maladc etant pris alors d'un veritable acces d'astbme. En proic ä une toux incessante, il est pris de suffocation, s'accroche aux objets voisins pour mettre en jeu ses inspirateurs acccssoires ; chaque saccade de toux est accompagnee d'une expccloration aeree, spumeuse, rendue en grande abondance. Trois ou quatre acces peuvent se montrcr dans la nuit; le jour, la situation se modifie, la dyspneo, moinsviolentc,est cependant continue, le malade ne peut marcher Yite, courir, monter un escalier, sans etre immediatcment essouftle ct oblige de s'arrdter;les crachatsdeviennent verdätres, puru-lents, parfois nummulaires; les signes physiques, pendant I'acces, indiquent un veritable bruit de tempete avec rules ronflants, sibilants et sous-cre-pitants; an repos, les signes de bronchite pre-
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232nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERG1LL0SE PULM0NA1RE PRIMITIVE.
dominent, mais on peut noter souvent, au sommet d'un ou des deux poumons, des symptomes d'indu-ration pulmonaire.
L'appetit, affaibli au debut, revient souvent dans la suite, et le malade est dans un etat de deperisse-ment moins bien marque que dans la forme prece-dente; h la longue, cependant, on peut observer quelques transpirations nocturnes et un peu d'ele-valion de la temperature, ce qui n'est point la regie.
Dans un cas comme dans I'autre, il est rare d'ob-server quelques signes du cöte des autres organes et du cote des urines. II peut exister diverses mani­festations de la tuberculose, si celle-ci vient com-pliquer I'aspergillose, une fistule anale, par exemple, ou de la tuberculose cutanee, se montrant, non pas sous forme de lupus, mais sous forme de la tuber­culose verruqueuse de Riehl et Paltauf.
La marche de la maladie n'est point fatalement progressive : il peut survenir des ameliorations d'une duree variable, alternant avee une cachexie passagere qui peut disparaitre pour un temps : il n'y a point, comme dans la tuberculose ordinaire, une extension graduelle et progressive des lesions. Apres une periode de cachexie transitoire, les malades prennent de l'embonpoint, et ils res-semblent meme parfois si peu ä des tuberculeux, qu'on ne les croirait pas malades, si on ne les auscultait pas. La regression est d'ailleurs prcsque toujours la regle, l'aspergillus disparait peu ä peu dans I'expec-toralion, et la guerison definitive peut s'obtenir par
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;233
sclerose, comme on le constate chez les animaux.
La complication la plus redoutable est I'envahis-sement de l'appareil broncho-pulmonaire par le bacille de Koch, qui prend peu ä peu la place du champignon et evolue comme dans la tuberculose pulmonaire chronique commune ; cependant I'action si sclerosante de l'aspergillus permet la lutte centre le nouveau parasite, et dans un cas, nous avons pu observer un processus sclereux tel, que le malade y a succombe par dilatation du coeur droit et asystolie.
La duree est longue : trois ans, six ans, huit ans et plus dans les cas relates jusqu'ici.
F. — Diagnostic.
II Importe de faire un diagnostic precoce, et il faut avouer qu'il est impossible par les seules ressources de la clinique. On songera ä l'affection quand, chez un malade porteur de lesions tuberculeuses recon-nues telles ä l'examen physique, la marche des accidents sera lente, leur evolution torpide, avec persistance d'un bon etat general. La probabilite deviendra beaucoup plus grande si le malade est, par sa profession, expose ä manier souvent les graines ou les farines (gaveurs de pigeons, peigneurs de cheveux, meuniers, grainetiers, etc.), et si Ton constate dans les crachats l'absence du bacille de Koch ; eile de­viendra une realite si Ton trouve du mycelium dans cette expectoration. C'est done sur l'examen bacte-riologique que sera base le diagnostic tout entier.
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Pour la recherche des bacilles, on se servira du procede courant de Ziehl-Kühne (coloration des crachats pendant vingt minutes a chaud par la fuchsine de Ziehl, decoloration pendant quatre ä cinq secondes par le chlorhydrate d'aniline en solu­tion ä 2 p. 100, lavage ä l'alcool absolu, coloration du fond au bleu de Kühne), on mieux du procede lent, surtout,si Ton ne trouve pas de bacilles par le procede rapide (memcs operations que plus haut, mais sejour des lamelies dans la liqueur de Ziehl de douzo ä vingt-quatre beures ä froid). Dans les cas oü ces examens seraient negatifs, il faut s'assurer de l'absence de bacilles par l'inoculation des crachats an cobaye : si, quarantc ou cinquante jours apres I'injection, les animanx ne presentent aucune trace de lesion tuborculcuse veriliee bacteriologiquement an point d'inoculation, la question est jugee : il ne s'agit point de tuberculose de Koch.
La recherche des fragments de mycelium dans les crachats sera faite a I'aide d'une solution aqneuse de safranine, ou mieux par coloration a la tbio-nine (1).
Si celle-ci est negative, il faudra recourir aux cultures : si eile est positive, il faudra s'y adresser aussi pour s'assurer qu'il s'agit bien d'un mycelium
(I) Comme nous I'avons dit plus haut, la Ihionine nous a donne d'excellents resultats pour la coloration du mycelium aspergillaire dans les coupes et dans toutes les preparations. Nous rappclons la formula de Nicollo : thionine, .ri0 centigrammes; acide phenique, 1 gramme; alcool absolu, 10 cent, cubes; eau dislillec, 90 cent, cubes.
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DIAGNOSTIC.
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aspergillaire. Les crachats frais et recueillis asepti-quement seront ensemences sur tubes de liquide de Raulin sterilise, que Ton portera a l'etuve ä 37 degres: si le crachat contient des spores ou du mycelium, on verra des le second jour s'elever, de la parcelle ensemencöe, des filaments isoles qui se reuniront en
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Fit'. 9.
#9632; Mycüliumaspergillaire dnnsles crachnts dun peigneur de che-veux (Leitz, obj. 4, or. :!).
une touffe de mycelium ; celui ci montcra progres-sivement vers la surface du liquide et mettra un temps variable, de trois ä dix jours, pour gagner cette surface. Quelques heures plus tard, il so forme un tapis veloute blanchätre, absolument caracte-ristique qui, vingt heures apres, se couvre de spores verdätres prenant une couleur noir de fumee au bout de quelques jours (1).
(1) Un precede de diagnostic rapide et facile indique par MM. Gauchcr et Sergent, esl le suivant : deposer sur une lamelle
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11 faut encore aller plus loin, et verifier raction pathogene du champignon ainsi trouvö, ce qui affirmera d'une fagon absolue la notion d'aspergillus fumigatus, les deux especes developpees dans ces conditions,raspergillusniger et I'aspergillus glaucus, n'etant point pathogenes.
On diluera une certaine quantite de spores ainsi formees dans un liquide sterilise (bouillon, eau salee), pour en faire une emulsion legerement trouble qu'on injectera dans la veine axillaire d'un pigeon, on dans la veine de l'oreille d'un lapin, ce qui est beaucoup plus facile. L'animal succombera en quatre ä huit jours ä une tuberculose generalisee de tons les visceres, mais surtout des reins : un frag­ment de cet organe, ensemence dans un tube de liquide de Raulin, reproduira en trois ä six jours une culture d'aspergillus fumigatus. Le cycle sera complet, et on ne pourra, en aueune facon, mettre en doute l'existence du champignon dans les crachats.
Si nous ayons longuement insiste sur cette partie experimentale du diagnostic, c'est que c'est la seule maniere d'arriver ä une connaissance precise de l'affection, comme le temoignent toutes les observa­tions oü cette technique a ete suivie.
une trace de crachats, recouvrir d'une gouttede liquide de Raulin, renverser le tout sur un lamelle neuve en assurant l'adhesion par un peu de vaseline etenduele long des bords de la lamelle, et con-server le tout ä l'etuve ä 37 degres. On pout, par ce precede, s'il y a des spores dans les crachats ainsi ensemences en goutte pendante, avoir un diagnostic plus ferme qu'avec l'examen des lamelles co­lonies.
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DIAGNOSTIC.
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11 ne semble guere qu'il y ait place pour d'autre diagnostic : la tuberculose aspergillaire peut res-sembler ä la tuberculose ordinaire chronique, la bronchite chronique etl'asthme.
11 paralt evident qu'ä un examen superficiel, le diagnostic avec la tuberculose vulgaire puisse etre difficile : hemoptysies au debut, pleuresie anterieure, amaigrissement, memes signes physiques. Cependant, l'elude de chacun de ces signes indiquera qu'il s'agit läd'une tuberculose bien etrange, commencjant par des hemoptysies abondantes, alors qu'elles sont legeres h cette periode de la tuberculose vulgaire, presentant a la fois des signes de bronchite et d'in-duration pulmonaire, ne s'accompagnant pas de temperature elevee, ayant une allure plutot benigne, une marcbe extraordinairement lente, une tendance marquee a la guerison par evolution d'un' processus actif de sclerose pulmonaire, des periodes de remis­sion complete qui ne sont guere observees chez les vrais tuberculeux. Une cause d'erreur, qu'on peut avoir l'occasion de rencontrer chez les tuberculeux, est celle indiquee par Coppen Jones : cet auteur a souvent constate, ä Davos, dans les crachats des phtisiques, la presence de champignons developpes autour des fibres elastiques (1) ; en 1895, il a cru pouvoir affirmer qu'il ne s'agissait que de formes de dögenerescence du bacille tuberculeux (2), formes
(1)nbsp;Coppen Jones, Centralblatt für Bakt. und Parasilenkund, 189S, t. XVII.
(2)nbsp;Coppen Jones, loc. cit.
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quelquefois actinomycosiques de ce bacille, et qu'il faut distinguer del'aspergillus dans les crachats.
La bronchite chronique et Tasthme, auxquels pourrait faire penser la seconde forme de la maladie, ne s'accompagnent ni d'induration pulmonaire, ni d'autres manifestations de la tuberculose, et, quand on les trouve reunies cbez le mamp;ne malade, on pent dejä supposer que Ton a affaire a quelque cas rare ; la profession du malade ainsi que l'examen des cra­chats serviront a faire le diagnostic.
L'actinomycose du sommet du poumon s'ac-compagne souvent dune expectoration chocolat, melange de sang et de pus, dans laquelle on retrouve les grains d'actinomyces avec leur aspect caracte-ristique (1). Dans les cas exceptionnels de mycose pulmonaire due an streptothrix d'Eppinger (2), la forme du mycelium des crachats est differente, et les cultures jugent la question : sur la gelose glycosee h 2 p. 100 les colonies se montrent comme des verrues blancbatres, prenant ensuite une couleur d'ocre de plus en plus accontuee ; la surface se ride, se plisse en s'agrandissant. Le parasite ne liquefie pas la gela­tine : il apparlient au genre oospora (Sauvageau et Radais) (3).
(1)nbsp; Dor, Actinomycose reconnue par examen des crachats [Lyon mod., septerabre 1894). — Heusser, Ein Fall von primärer Actino­mycose der Lungen {Berliner klin. Wochenschr., 1895, n047).
(2)nbsp; Picot, Piivieue et Sauba/.es, be. eil.
(3)nbsp; nbsp;Sauvageau et Radais, Sur le genre Oospora {Ann. de l'lnst. Pasteur, 1892, p. 2quot;o0}.
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE.
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Pronostic.
Le pronoslic de Taspergillose primitive du poumon est, d'apres tout cc que Ton a pu voir, beaucoup moins grave que celui de la tuberculose vulgaire, puisque. des malades ont pu guerir, et qu'on ne trouvait plus dans leur expectoration, d'ailleurs insignifiante, aucune trace de champignon ; mats le processus curateur est loin d'etre sans danger. Cette remarque est encore plus exacte, quand la bacillose vient com-pliquer Taspergillose, puisque nous avons pu con-stater, dans un de ces cas, une terminaison fatale, due ä l'intensite du processus sclcreux de guerison. 11 estbien certain aussi que la bacillose peut amener la mort des malades, par suite de l'extension pro­gressive des lesions qu'elle produit dans le poumon; mais son evolution est extraordinairement lente, et
permet d'intervenir utilement ä temps.
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II. — Anatomie pathologique.
Si Ton jette les yeux sur les observations ana-tomiques d'aspergillose primitive du poumon, on peut, au point de vue de la description, les diviser en trois grandes classes. Dans Tune, revolution du parasite se fait sans que rien n'cntrave son develop-pement, les lesions inflammatoires sont consi­derables. Dans I'autre, le parasite, dans son evolu­tion plus lente, a provoque autour de lui une
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resistance toute spöciale du tissu qui limite son processus envahissant : le champignon prend alors souvent la forme actinomycosique que nous lui avons vu revetir dans certains cas bien determines de l'aspergillose experimentale. Dans la troisieme forme, la bacillose est venue compliquer l'asper­gillose, et les lesions ne sont pas moins inte­ressantes. Nous allons examiner successivement tons ces points.
1deg; Forme inflammatoire. — Dans la description de cette forme, nous n'avons qu'ä rappeler le cas si typique de Weichselbaum (1). 11 s'agitd'une femme de quatre-vingt-unans,marastique,mortedepneumonie. A la partie anterieure du lobe superieur du poumon gauche, pres de la plevre, il existait cinqfoyers dc forme ronde, separeslesuns des autres, et de deux a quatre centimetres de diametre; ils faisaient fortement saillie sur la coupe du poumon : leur structure etait analogue ä celle laquo; du rayon de miel avec des alveoles raquo;. Dans un de ces foyers, de deux ä trois millimetres de lar-geur, on trouvait une petite bronche ainsi qu'une masse gris vertougris noirutrc. Un autrefoyerde un h deux millimetres d'epaisseur avait le meme aspect. Autour des foyers, il existait de l'emphyserne senile.
Au microscope, tons les elements du poumon etaient le siege de profondes alterations. L'aspect laquo; en rayons de miel raquo; tenait ä la distension des alveoles; toutes leurs parois etaient infiltrees de mycelium d'as-
(1) Weicuselbau.m, loc. cit., p. 1289.
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pergillus en voie d'evolulion. Ce n'est qu'ä la peri-pherie du foyer qu'on retrouvait des vestiges du tissu pulmonaire. Non seulement,le myceliumavait envahi la paroi des alveoles, mais il s'etait developpe dans leur Interieur sous forme de rosettes, s'etendantplus ou moins loin dans la cavite alveolaire oil il arrivait h fructification. L'auteur s'est demande s'il avait affaire ä l'aspergillus niger, mais, d'apres sa descrip­tion, il est tres probable qu'il s'agit d'aspergillus fumigatus. 11 fait remarquer avec raison qu'il n'exis-tait aucune lesion des bronches et du poumon dans un cas de Yirchow et de Cobnheim, et il pense que son observation est probablement de Faspergillomy-cose primitive, laquo; car, dans cc cas, on ne peut siire-ment affirmer qu'une infiltration hemorrbagique ait devance le developpement du champignon raquo;. II re-cbercbe ensuite si, dans les fails publies avant lui, et sur lesquels nous insisterons plus tard, la gan­grene observee est primitive ou secondaire, et il conclut en disant laquo; qu'il est bien surprenant que, dans presquetous les cas, le foyer ait ete indemnede la puanteur habituelle des gangrenes du poumon raquo;. Dans cette forme, on peut aussi faire rentrer I'ob-servation rapportee recemmentpar Arkle ct Hinds (1).
(1) Arkle et Hinds, loc. cit. — Nous n'avons point relate dans les documents cliniques cette observation qui est un type de lesion mycosique primitive du poumon, parce que le caractere de l'asper-gillus trouve n'etait pas suffisamment decrit. Disons cependant que ralTeclion s'etait developpee chez un jeune paysan de vingt-deux ans, qui, sans cause apparente, avait ete prls de crises dyspneiques excessivesrevenantparacces.ilavait ete toujoursbienportantjusque-Renon. — Aspergilloie.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 16
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A I'autopsie, lesdeuxpoumonsemphysemateuxrecou-vraient le coeur: le poumon droit adheraitä la plevre, siege des memes lesions du cote gauche. Les deux poumons etaient, a la coupe, d'une consistance plus dure qu'ä I'etat normal. Au microscope, on trouvait de remphystmie generalise, de l'epaississement des alveoles et des petites bronches. Des petites cavites microscopiques infiltraient tout le poumon : ces ca­vites etaient remplies d'un mycelium tres abondant en voie de developpement, mais sans fructifications, compose d'un reseau delicat d'hyphes, avec de nom-breux renflements. Des cultures n'ont pu etre faites, mais les auteurs pensent qu'U s'agit d'un aspergillus, le parasite ayant creuse lui-meme les cavites dans les-quelles on le trouvait.
De rempbyseme, uneserie de cavites extremement petites, d'aspect variable, une distension et un epais-sissement des alveoles, une infiltration des parois alveolaires, une vegetation dans I'alveole lui-meme d'un mycelium d'aspergillus fumigatus tres dense en voie de sporulalion, tels sent les caracleres macros-copiques et microcospiques de cette forme d'asper-gillose pulmonaire.
2quot; Forme abortive. —Cette forme est baseesur I'ob-servation de Rubert Boyce et celle de Kohn. Nous citerons la premiere entierement, mais nous ne don-nerons que le resume de laseconde, parce qu'elle est
lä, et n'avait jamais ete expose a la moindre cause d'emphyseme. II suceomba quatre mois apres le debut de laffection qui parait avoir ete produite par le contact des graines qu'il maniait souvent.
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presqueidentiqueä la precedente. On verra combien dans Tune, comme dans I'autre, les reactions du tissu etaient intenses, ce qui explique la presence des for­mes actinomycosiques de raspergillus fumigatusdans les deux cas.
laquo;La cause de la mort, dit Hubert Boyce (1), 6tait une maladie du coeur; il n'y avait point de desordre pulmonaire saillant, et la seule raison pour laquelle on avail garde le sommet du poumon dans I'alcool, c'est qu'il presentaitquelquespetiles dilatations bron-chiques irregulieres dans lesquelles on voyait disse-mines de petits corps blaues du yolume d'une tete d'epingle, Qti'on avait pris a tori pour des tubercules calcifies. J'eus roccasion d'examiner ce poumon, et des coupes me revelerent oxactement la nature myco-sique deraffection.
laquo;Le tissu du poumon estbienconserve par I'alcool; 11 existe de petits orifices que ron pent suivre jus-qu'aux bronches dilutees. Celles-ci sont revetues, et parfois obstruees, d'une matiere brun noiratre rem-placee dans certains endroits par des points blancs qui se detachent des parois. Ces points blanc jau-ndtre se retrouvent dans la zone du tissu pulmonaire rouge qui entoure les cavites. Des preparations de la matiere brun noiratre montrent de nombreux conidiferes; les spores sont detachöes de la basidie qui leur donne naissance par segmentation : chaque basidie ne produit qu'une rangee de spores, les
(1) Rcbcrt Boyce, loc. cit.
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rameaux infertiles sont beaucoup plus delicats queles conidiferes, et sont cloisonnes et ramifies. Les ra­meaux fertiles sont plus epais, cloisonnes et brunutres. Sur des preparations, les petits points blancs durs, qui se detachentdes parois des cavites, apparaissent composes d'hyphes un peu plus epais que ceux de-crits precedemment. 11 n'y a aucune calcification.
laquo; L'examen microscopique des coupes du poumon montre que les parois des cavites, irregulieres, sont formees de tissu pulmonaire entrelace d'hyphes; ceux-ci par leur base donnent naissance ä des conidiferes pigmentes, et par leur sommet emettent des In plies qui se ramifient au loin dans les parois des alveoles. Parfois, le processus d'enchevetrcment etait si consi­derable qu'il exisiait comme un pseudo-parencbyme. Les deux zones ainsi formees peuvent etrc detacbees Tune de l'autre.
laquo; Quant ä la structure des pseudo-tubercules dans le tissu hepatise, ils ont le plus souvent sur la coupe un aspect tres caracteristique. Ils sont formes de zones alternantes d'hyphes plus denses et moins denses. Leur contenu general est reniforme; les fibres pene-trent en rameaux peu nombreux dans le hile, et alors s'y ramifient, s'intriquant entre elles pour ressembler ä un eventail epais. // y a une ressemblance frappante entre cet aspect et celui de Vactinomycose donne par Böstrom.
laquo; Les petits nodules ont uneapparencebiendifferen-te : j'en ai vu un prendre naissance sur la paroi d'un alveole provenantprobablementd'une spore et sepre-
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sentant sous l'aspect d'une grosse mure. Cette appa-rence a ete rapprochee par Paltauf, Lichtheim et les autres auteurs de celle de Tactinomycose. Leshyphes, qui composent ces petits nodules, sent tres irregu-liers et ils sont plus epais que ceux trouves dans les grands feutrages myceliques. Un examen attentif de chaque espece d'hyphe montre que les parois en sont generalement epaissies, et que ces hyphes sont enro­bes dans une substance amorphe.
laquo; La reaction du tissu environnant est tres marquee. La zone de pneumonie rouge qui s'etend ä une dis­tance considerable des foyers malades est formee (['alveoles remplis de depots corpusculaires fibrineux et granuleux. Pres du centre morbide, le tissu pul-monaire contient des debris necrotiquesdans lesquels on pent reconnaitre des granulations de chromatine et des leucocytes fragmentes. En meme temps, les macrophages deviennent de plus en plus abondants quand on se rapproche des foyers aspergillaires; ils sont surlout nombreux entre les hyphes qu'ils entou-rent completement. La dimension des macrophages est variable: parfois, ils ne sont guere plus grands que des leucocytes; d'autres fois, au contraire, ils forment de grandes masses protoplasmiques qui englobent laquo; comme un fagot raquo; d'hyphes. Ils se colorent mal, et c'est ä peine si les substances qui colorent bien les noyaux les rendent visibles. Leur substance cellu-leuse prend une couleur jaune caracteristique et un contour amiboide, les pseudopodes peuvent etre longs ou courts, et ils out souvent un aspect laquo; gazonne raquo;
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qui contraste avec l'apparence claire du reste de la cellule. Leur apparence et leur nombre m'ont fait supposer que c'etaient des amibes parasites. Quanta leur origine, je ne puis en dire grand'chose : par les matieres colorantes, il m'a ete impossible de me convaincre de leur origine leucocytique. Dans toutes les coupes, il cxiste un petit vaisseau thrombose et l'examen fait voir que la paroi du vaisseau est infil­tree par les byphes,et que beaucoup d'entre eux pe-netrent dans le thrombus; il est probable que ces h\ phes etaient la cause du caillot; une thrombose semblable a ete obscrvee par d'autres auteurs.
laquo; Enresume, I'aspergillus fumigatus pent former de petites masses dislinctes, blanchätres, spheriques, prenant naissance sur les parois des cavites. 11 pent prendre une disposition en eventail, compose de couches alternantes, ou une forme radiee, leshyphes sedisposantcomme les rayons d'une roue. La dimen­sion deshyphesestvariable.11 peutexisterun pseudo-parenchyme, et les hypbes peuvent etre englobes dans une substance amorphe. Ces fructifications peu­vent subir une involution alternante. raquo;
Dans le cas de Kohn, il cxistait au sommet du pou-mon gauche un foyer iuflammatoire et purulent, de la grosseur d'une pomme, d'aspect spongieux ; le tissuetaitpäle, emphysemateux,oedemateuxetcomme rarefie. Le microscope permettait de conslater, au centre du foyer des elements pulmonaires et ä la pe-riphörie, l'envahisscment des alveoles par les leuco­cytes, d'autant moins nombreux qu'on s'eloignait du
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centre. La tout etait envalii par les filaments du my­celium aspergillaire, ayant pris par places la forme fadiee semblable ä Caclmomycose. Les vaisseaux etaient atteints d'endarterite et thromboses, et on pouvait retrouver le mycelium Qä et lä dans la lumiere des vaisseaux malades.
Dans ces deux cas, les lesions paraissent sous la dependance de la lutte intense contre le parasite : tandis quc dans le premier cas, c'est par une reaction multiple du tissu dans chaque point que s'opere la lutte, sous la forme de phenoraenes phagocytaires identiques ä la tuberculose pour la plupart; dans la scconde, c'est par une inflammation du poumon ten-dant ä separer le foyer morbide du reste du paren-chyme, qu'on la constate.
D'un cote comme de l'autre, c'est un processus curateur qu'on observe dans l'affection, et qui aurait pu se terminer par la guerison definitive. Dans cette forme, l'aspect actinomycosique de l'aspergillus pre-sente done la meme signification que celle observee par nous dans I'aspergillose experimentale : laquo; indice de la defense extreme de l'organisme et de la vitalite moins grande du champignon raquo;. Aussi, sommes-nous de l'avis de Max Podack, quand il fait rentrer dans cette classe le cas de Rother, cas gueri par I'expulsion en masse du foyer aspergillaire.
Nous pensons aussi que c'est d'une evolution semblable qu'il s'est agi, chez ce gaveur de pigeons de MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal, dont nous avons constate la guerison, et chez ce peigneur de
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cheveux clont nous suivons los remissions depuis quelques mois.
Que cette fornie soil dans bcaucoup de cas anatomi-quemcnt somLlable ti la tnberculose, c'est cc dont on ne pent do liter, d'apres la description de Hubert Boyce.
3deg; Forme compliquie de Imcillose. — Pour decrire cette forme, nous possedons deux autopsies, l'une de Wheaton, l'autre de Kenon et Sergent. La premiere est decritc par Wheaton (1) sous la denomination de tnberculose compliquec d'aspergillose simulant I'acti-nomycosc : nous verrons plus loin les raisons qui nous ponssent h placer cette observation dans le groupe des aspergilloses primitives.
II s'agissait, selon Wheaton, d'un enfant do deux ans et doini atteint de congestion de tout le poumon droit. Unit jours apres l'entree du petit malade ä l'höpital, on notait des frottements ä la base de ce poumon, et trois jours apres, une plaque blan-chatre sur le cote droit de la base de la langue, le tout accompagne d'elevation dc la temperature. La plaque blanchätre couvrit graduellement toute la langue, le voile du palais, ainsi quo la region maxillaire infe-
(1) Wheaton, Tuberculosis with aspergillus nigcr simulating actinomycosis [Pathol. Society of London, 20 mai 1800). — L'au-teur parle d'aspergillus niger, mais il parait bien probable qu'il s'agit d'aspergilius fumigalus. Nous savons d'une part que I'as-pergillus niger n'est pas pathogene, et d'autre part on s'explique tres bien que le terme de niger ait ete employe dans ce cas : les cultures n'ont ete laites que sur les milieux legerement alcalins employes dans les laboratoires et non sur les milieux acides. Sur ces milieux la couleur des spores de l'aspergillus fumigatus est toujours noirutre.
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rieure, siege d'une ulceration ä bords grisätres. L'enfant mourut seize jours apres que l'auteur l'eut examine.
A l'autopsie, on pouvait constater dans les trois quarts inferieursdu poumon droit des foyers indures d'une couleur jaune brillant, parsemes de points verdfltres et cribles de petites cayites : autour de ces foyers, il existait de nombreuses petites taches de couleur orangee et facilement enucleables. La partie posterieure de la base du poumon etait creusee d'une cavite et sillonnee d'anfractuosites de couleur noiratre : cette cavite communiquait direc-tement avec les bronches droites. Dans les grosses bronches, on notait plusieurs petites plaques presen-tant la plus gründe analogie avec celles de la langue.
Le poumon gauche contenait des foyers de broncho-pneumonie, epars gä et lä, et quelques granulations de couleur orangee. Le microscope permit de recon-naitre de nombreux corps laquo; en rosette raquo;, retsemblant a Vacünortiycose et colorables par la methoile de Gram, et des fragments de mycelium d'aspergillus qu'on trouvait aussi dans les plaques blanchätres des bronches, oü il etait parvenu ä fructification.
Parun examen attentif, on put decouvrir quelques tubercules dans les poumons et dans les ganglions mesenteriques.
Nous pensons, contrairement ä l'opinion de l'auteur, que ces foyers d'aspergillose etaientpriraitifs, d'abord ä cause de la rarete des tubercules comparee aux lesions multiples aspergillaires, ensuite ä cause de la
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2ö0nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE PULMONAIRE PRIMITIVE.
disposilion des foyers dans les bronches et dans la cavite buccale : ces foyers nous paraissent produits par l'expectoration des spores venues du poumon, revolution si rapide du champignon dans la cavite buccale netant que sous la dependance de l'acidite de la secretion salivaire, si frequente chez I'enfant. A I'autopsie, on ne constatait que des formes actino-mycosiques de l'aspergillus deja anciennes selon toute vraisemblancc.
L'ascension thermique terminale ne parait pas attribuable au developpementdu champignon, puisque ce dernier ne donne pas d'elevation de temperature chez les animaux. Si Ton vent bien aussi considerer que, dans I'aspergillose secondaire a la tuberculose, les lesions sont disposees d'une fagon differenle, on peut admettre que le bacille, dejä latent dans les ganglions mesenteriques, a pu, en raison des alte­rations aspergillaires, se propager au tissu pulmo-naire, y creant les quelques tubercules qu'on y trouvait. IVailleurs, si Ton rejette cctte maniere de voir, et si le fait est considere, selon l'opinion de l'auteur, comme un cas d'aspergillose secondaire ä la tuberculose vulgaire du poumon, un point interessant n'en restera pas moins acquis : la resistance par-ticuliere du tissu pulmonaire dans cette infection aspergillaire et tuberculeuse combinee, resistance prouveepar la presence des formes actinomycosiques.
Dans le cas que nous avons observe avec Sergent (1),
(I) Renon et SEncEM, Lesions pulmonaircs chez un gaveur de pigeons (Soc. debiol., 27 avril 1893).
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les lesions sont toutes differentes: on ne trouve plus de parasite, mais des alterations sclereuses consi­derables dont nous allons rapporter l'histoire.
Les poumons sont fixes ä la paroi thoracique par de nombreuses adherences, bcaucoup plus marquees du cote gauclie. De ce cöte, la plevre est tres epaissie et forme au sommet une veritable coque de 1 ä 2 cen­timetres d'epaisseur. Le tissu pulmonaire est sillonne ä sa surface de bandes fibreuses qui s'entre-croisent dans tous les sens. Le lobe superieur du poumon droit donne ä la main la sensation de petits noyaux indures de la grosseur d'une noisette. Le sommot gauche, egalemenl indure, est adberent ä la paroi costale. A la coupe, on trouve des deux cötes, sur tonte la bauteur des poumons, une midtilude de petites granulations (Tapparence tuberculeuse, plus nombreuses au sommet et noyees dans un tissu an-thracosique noiratre : ä gauche, il existe deux petites cavernes, completement vides. Le reste du paren-chyme pulmonaire est tres congestionne : les bron­chioles paraissent tapissees d'une substance filamen-teuse, noiratre, qui s'en echappe ä la pression, accompagnee de muco-pus.
L'examen histologique, pratique sur des fragments fixes par le sublime acetique, nous a montre, apres coloration par le picro-carmin de Orth et par la thionine, des lesions caracteristiques de pneumonic chronique. Le tissu fibreux, infiltre de parcelles noiratres, envahit tont, s'etendant des bronches ä la plevre, et etouffant le tissu propre du poumon. Les
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ASPERGILLOSE PULMONAIRE PRIMITIVE.
parois bronchiques sont epaissies, entourees d'un manchon de sclerose dejä ancienne. Lespetites yranu-fations dapparence tuberculeme n'offrent aucun des caracteres des lesions luberculeuscs; elles ne re-
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Fig. 10. — Sclürose broncho-pulmonoire chez un gaveur de pigeons. — a, bronclic. —i.artere. —c, sclerose cmbryonnaire autour delabron-che. — d, sclerose puluionaire. — e, pigmentation anthracosique (Leitz, obj. i, oc. 1).
presentent qu'une partie du tissu pulmonaire con-densee, comprimee, etouffce par la sclerose. Ces faux tubercules sont composes de cellules, la plupart cubiques, rappelant l'aspect de repitbelinm du pou-mon foetal et laissant encore, par places, trace des
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capillaires alveolaires : ils ne contienncnt ni cellules geantes, ni productions lymphoides. Dans quelques points du parench\ me, il reste encore des parlies casei-fiees, avec des cellules geantes cxtremement rares. La recherche des parasites faite pour l'aspergiUus
Fig. 11.—Une des granulations ä.'uppagt;e)ice luberc.nleiise dans le poumon d'un gaveür de pigeons. — laquo;, cellules alveolaires ayant pris i'aspect des cellules du poumon foctal. — b, anneau de sclerose enserraut ce foyer alveolaire. —c, tissu sclereux du poumon (Leitz, obj. 7, oc. 1).
par la methode de Gram et la thionine, et pour les bacilles par la methode de Kühne (Ziehl, aniline chlorhydrique, alcool absolu, bleu de methylene), a ete negative : on ne trouve nulle part ni fdaments myceliens, ni formes actinomycosiques du champi­gnon, ni bacilles de Koch.
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2ö4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE PULMONAIRE PRIMITIVE.
Dans ces lesions de pneumonie chronique et de sclerosc pulmonaire ä point de depart bronchique, chez un malade dont les crachats contenaient, il y a trois ans, de Faspergillus i'umigatus et des bacilles retrouves sur lamelles, par cultures et par inocu­lations, Tabsence de parasites ne peut s'expiiquer que par un processus intense de regression ayant deter­mine, sous rinfluence de poussees congestives, une insuffisance teile de I'liematose que le malade y a succombe. Dcpuis un an, son expectoration ne pre-sentait plus trace de champignon.
Nous pensons que dans ce cas de contagion bien determine, raspergillus a envahi primilivement I'ap-pareil bronchique, ouvrant la porte ii la tuberculosc de Koch, et disparaissant apres avoir joue son role, en donnant ä cette tuberculose une lenteur d'allures speciale et une tendance marquee ä revolution scle-reuse, avec disparition des bacilles, comme on lobservc dans certaines tuberculoses pulmonaires simples.
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I. — Traitement.
Le traitement de 1'aspergillose primitive du poumon ne nous parait guere plus facile que celui de la tuber­culose de Koch, avec lequel il offre la plus grande ressemblance. lln'exisle point jusqu'a presentd'agent parasiticide dc raspergillus que Ton puisse donner en traitement sans attaquer en m6me temps I'organisme humain : la resistance des spores est la meme aux divers agents dans les organes qu'en dehors de ceux-
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TRA1TEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;2öä
ci, et, puisqu'en somme, c'est Torganisme qui se defend d'une fagon remarquable contre 1'envahisse-ment du champignon, c'est lui qu'il faut mettre en etat de resister et c'est lui qu'il faut aider dans cette defense.
Pour cette raison, l'emploi de l'iodure de potassium et de 1'arsenic nous parait tout h fait indique, puisque ces deux substances permettent une survie souvent fort longue des animaux en experience.
La medication de raffection nous parait done devoir etre ä la fois symptomatique et generate. Les hemor-rhagies du debut, dans la yariete hemorrhagique, seront utilement combattues par la revulsion sous toutes ses formes, ventouses, pointes de feu, cautcre ; la bronchite de cette periode se trouvera souvent calmee par l'emploi de la creosote et de la terpine. Dans le cas de pseudo-aslhmes, l'iodure associe ä l'emploi de la teinture de lobelie a donne des ame­liorations remarquables.
Mais, c'est surtout äl'etat general qu'il fauts'adres-ser; il faut stimuler l'appetit, recourir ä la surali-mentation avec de la poudre de viande, de la viande crue, des aliments gras, et, parmi ceux-ci, l'huile de feie de morue qu'il ne faudra pas craindre de donner ä la dose de 100 h 150 grammes par jour ; sous cette influence on verra le poids augmenter, l'appetit se reveiller, I'aspect general devenir meilleur.
Enfin, ilfaut au malade un air pur, qui ne favorise pas le developpement des infections secondaires : il lui faudra quitter la ville, s'il y demeure, aller ä la
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ASPERG1LL0SE PÜLM0NA1RE PRIMITIVE.
campagne, passer l'hiver soit sur les bords de la Mediterranec, soit ä Davos et au Canigou dans les climats d'altitudc : cette cure d'air nous paralt du plus haut inleretpour le malade.
Nous pensons qu'avec un traitement semblable applique des le debut, 1'aspergillose doive guerir, meme quand eile est compliquee de tuberculose vulgaire, puisque cette derniere cede souvent ä ce traitement.
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CHAP1TRE III
ASPEUGILLOSE PÜLMONAIRE SECONDA1UE.
L'aspergillose pulmonaire secondaire est loin de presenter l'interet de la forme primitive. Seules, les lesions nous arreteront un pen dans son etude; elles sent bien connues et comprennent des types anato-miques nettement determines. Pour la description des autres chapitres, nous manquons de documents precis, cette forme de la maladie n'ayant pour ainsi dire pas d'histoire clinique, presque tous les cas n'ayant ete reconnus qu'ä Tautopsie.
A. — £tiologie.
Le developpement du champignon est precede de revolution d'une maladie anterieure, primitive ou secondaire, de l'appareil respiratoire. C'etait une bronchite chronique dans les cas de Virchow (1) et de Ernst (2), une bronchite chronique avec ectasies dans le cas de Max Podack (3).
(\) Vmcnow, loc. cit.
(2)nbsp; Eknst, loc. cit.
(3)nbsp; Max Podack, loc. cit.
Renon. — Aspergillose.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 17
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ASPERGILLOSE PULMONAIRE SECONDAIRE.
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Parmi les affections pulmonaires, Virchow, dans un de ses cas, constate une broncho-pneumonie; Lichtheim (1) et Friedreich (2), uninfarctuspulmonaire suite de lesions cardiaques; Dusch et Pagenstecher (3) et Fiirbringer (4), de la tuberculose ; Hasse (5), un cancer du poumon secondaire ä un cancer stomacal. On a pu constater aussi l'influence predisposante d'autres maladies, ladysenterie etle cancer du pylore dans deux cas de Virchow, la septicemie dans le cas de Cohnheim (6), le diabete dans Tobservation d'Ernst et dans celle de Fiirbringer.
B. — Pathogenic.
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Les faits que nous venons d'enumerer nous font bien comprendre de quelle importance est la prepa­ration du terrain pour le developpement de l'asper-gillose secondaire. Cachexie et marasme, quelle qu'en soit la cause, xoilä ses conditions d'evolution, et pour peu qu'un element nouveau vienne s'y joindre, comme le milieu sucre cree par le diabete, l'affection marche rapidement : les voies de penetration et les modes de fixation des spores du champignon sont d'un appoint pathogenique important, puisque sur les surfaces ulcerees, en complete decheance organi-
(1)nbsp; Liciitiieim, Joe. cit.
(2)nbsp; FiuEDREicn, loc. cit.
(3)nbsp; Dusch et Pagenstecher, loc. cit.
(4)nbsp; FüERBRINGER, IOC. CÜ.
(ä) Hasse, in Kueciienmeister, loc. cit. (6) Cohnheim, loc. cit.
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 259
que, sans lutte possible, la germination se fait avec la plus grande facilite. Si Ton recherche d'ou proyiennent ces spores, on voit la question pro-fessionnelle n'y jouer aucun role, car dans toutes les observations publiees les malades ne maniaient pas les graines et les farines, et n'etaient pas en contact avec elles. Les spores venaient tres pro-bablement de l'air; c'etaient celles que nous avions trouvees, sirarement, dans le mucus nasal et la salive de personnes n'ayant aucune affection aspergillaire. Les spores, dont nous connaissons la grande resis­tance, se developpent des que le terrain leur est pre­pare, et on comprend combien pen il en faut dans ce cas pour amener la contamination. Tandis que dans I'aspergillose primitive, l'integritö de l'appareil broncho-puhnonaire exige pour revolution de l'affec-tion des quantites considerables de spores, le fait de manier les graines et par consequent de tres nom-breuses spores devenant une cause predisposante capitale, dans I'aspergillose secondaire, au contraire, les moindres spores, celles que nous portons quel-quefois en nous normalemcnt, peuvent se developper dans I'organisme impuissant ä reagir centre I'invasion mycosique.
C. — Symptömes.
Les symptömes de I'aspergillose secondaire sent des plus indecis, et en dehors de l'examen bactörio-logique des crachats, il est impossible de songer ä
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ASPERGILLOSE PULMONAIRE SECONDAIRE.
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I'affection, masquee tout entiere par revolution de la maladie qui a permis son developpement. Dans un cas la marche est identique h celle d'une tuberculose pulmonaire, dans l'autre, ä celle d'une dilatation des bronches avec bronchite chronique : eile peutprendre I'aspect clinique d'un cancer du poumon, d'un infarctus, suite d'une maladie du coeur, en un mot de toutes les affections qu'elle vient compliquer.
On note, dans toutes les observations, des crachats plus on moins sanguinolents, ce qui n'a rien de special, et un fait plus interessant, l'absence d'odeur de l'expectoration. Quand on constate les lesions stetboscopiques d'une caverne, et qu'on trouve des crachats sans odeur, on peut songer a I'affection; mais il y a bien d'autres maladies oü ces deux symp-tomes existent associes. La presence du mycelium dans les crachats est le seul signe qui ait une reelle valour : c'est lui qui, dans le cas de Fürbringer, a permis de porter un diagnostic exact, verifie ä l'autopsie.
La marche est en general tres rapide : il n'y a pas de remission comme dans la forme primitive, et c'est souvent une complication tout ä fait terminate de la maladie causale.
D. — Pronostic.
L'aspergillosepulmonaireprimitiveest une affection des plus graves, non pas par elle-m6me, mais par la valeur pronostique qu'elle comporte, en raison des
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;261
conditions de son döveloppement sur un terrain completement debilite : eile indique la mort ä breve echöance.
E. — Diagnostic.
Le diagnostic se fait par la meme methode et en suivant la meme technique que celles indiquees pour l'aspergillose primitive.
Le diagnostic entre celle-ci et l'aspergillose secon-daire ne pourraetre etabli que par un examen clinique minutieux, des examens histologiques et bacteriolo-giques repetes, etrexperimenlation sur lesanimaux. On pourra, de cette fagon, voir si l'affection evolue seule ou non, et pröciser la nature de la maladie qui l'a compliquee ou precedee.
F. — Anatomie pathologique.
Les lesionsde l'aspergillose secondaire se prösentent sous trois formes tres distinctes, l'aspergillus fumi-gatus pouvant envabir secondairement les bronches, former dans le parenchyme pulmonaire dejä ma­lade des tubercules, et se developper dans des cavernes preexistantes : aussi aurons-nous ä decrire la forme bronchique, la forme tuberculeuse, et la forme caverneuse.
1quot; Forme bronchique. — Cette forme repose sur trois observations, une de Virchow, une de Ernst, une de Max Podack.
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262nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE PULMONAIRE SECONDAIRE.
Nous n'insisterons que sur l'observation de Max Podack quiest le type de cette forme. Dans ce cas, le diagnostic anatomique, apres I'autopsie, etait le suivant : pleuresie et pneumonie chroniques, dilata­tion bronchique cylindrique et sacciforme ; hyper-trophie ct dilatation du coeur. A I'autopsie, les plevres, qui contenaient environ 600 grammes d'un liquide louche, etaient recouvertes d'adherences nombreuses ettres vasculaires. Du cote gauche, la plevre parietale etait rouge et infiltree par places de pigment anthra-cosique au niveau des espaces intercostaux: le sommet du poumon contenait un foyer pneumonique de la grosseurd'unenoix; son lobe inferieur etait rougeätre, mou etemphysemateux sur les bords, et les bronches presentaient des dilatations cylindriques ; les gan­glions bronchiques etaient tumefies, ramollis et an-thracosiques.
Du cote droit, la plevre, adherente au niveau du lobe superieur et du lobe moyen du poumon, etait epaissie (8 millimetres d'epaisseur), dure et calleuse. Les lobes superieur et moyen du poumon, diminues de volume, ligneuxetprivesd'air, setrouvaientcreusesde six on sept cavites de forme ronde, de la grosseur d'un pois ä celle d'une petite noisette, suspendues ä l'arbre bronchique par des ramifications bronchiques, courtes et cylindriques. Les cavites sont separees de la plevre par une couche de tissu pulmonaire indurö de un k deux millimetres d'epaisseur : leurs parois sont dures, lisses, blanchätres et parfois de couleur verdatre. La grande cavite, cloisonnee par une serie
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;263
de brides et d'anfractuosites, contenait des petites masses de couleur jaune sale et brunatre ; toutes les cavites renfcrmaient un liquide purulent, sanguino-lent dans deux d'entre elles. Les bronches etaient dilalees, en ectasies cylindriques, bien A'isibles dans le lobe inferieur du poumon droit empliysemateux et cedematie.
A l'examen microscopique, les parois des cavites que nousvcnons de decrire, tapissees d'un epithelium ä cellules cylindriques et cubiques, sont formees d'un tissu fibrillaire, contenant du pigment anthracosique, des fibres musculaires lisses, desvaisseaux sanguins, et des amas de leucocytes. Dans les points exulceres, ces parois out une structure un peu differente ; on y remarque plusieurs coucbes : d'abordune couche mo-leculo-necrotique parsemee de rares leucocytes polynucleaires et de debris de noyaux, puis une couche fibrineuse, une couche granuleuse, riebe en leucocytes polynucleaires et en vaisseaux sanguins, enfin une couche cicatricielle; toutes ces couches etaient infiltrees de pigment anthracosique.
Le contenu des cavites comprend un epais reseau de mycelium que les cultures font reconnailre pour de l'aspergillus fumigatus, puis des microcoques, de nombreux leucocytes polynucleaires, des cellules epithelialesä eils vibratiles ; des globules de graisse, des aiguilles d'aeides gras, du pigment anthracosique et quelques faisceaux elastiques. Le mycelium presen-tait des dispositions variables, il etait torlueux et comme variqueux dans certains endroits, et ne l'etait
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264nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE PULMONAIRE SECONDAIRE.
pas dansd'autres; parfois möme il revetait un aspect vesiculeux que Max Podack attribue ä la degeneres-cence des fdaments.
Pour cat auteur, la bronchite chronique et la pleu-resie ont provoque une dilatation cylindrique des bronches, dilatation qui devint sacciforme ä la suite de la pneumonie chronique. La plus grande cavite s'exulcera, et ces ulcerations permirent le develop-pement de l'aspergillose. Max Podack admet sans con-teste l'existence des ulcerations avant celle du cham­pignon, les premieres ayant prepare les voies au second : la mycose ne serait que secondaire et sapro-phytique, car il n'existait pas de mycelium dans le parenchyme pulmonaire proprement dit.
V Forme tiibercideuse. — Cette forme repose sur l'observation de Cohnheim : un cas de pneumomycose chez un malade mort de septicemie.
A I'autopsie, le poumon gauche etait intact et le poumon droit n'etait ulcere qu'en un point, au niveau de la scissure interlobulaire du lobe superieur. A la partie posterieure de cette scissure, sous une place gris jaunätre, dure, on trouvait un tubercule, gros commeune noisette, nettement delimite. II etait dur, blaue jaunätre et parseme de taches et de ligncs s'etendant dans le parenchyme pulmonaire. Au mi­croscope, ilsemontrait compose de mycelium ramifie, feutre, qui poussait dans les alveoles, et dont on ne put determiner la nature. Le mycelium ne se propa-geait ni dans les bronches voisines, ni dans les vaisseaux sanguins.
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ANATOMIE PATHOLOGIQÜE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 26S
V Forme caverneme.—Lescavernes, dans lesquelles se döveloppe secondairement l'aspergillusfumigatus, peuvent etre multiples, et d'origine diverse. Lichtheim et Friedreich ont rencontre le mycelium dans des cavernes resultant d'un infarctus embolique, Virchow dans des foyers de broncho-pneumonie, Hasse dans one caverne provenant d'un cancer du poumon, enfin Dusch et Pagenstecher et Fürbringer dans des cavernes tuberculeuses. Quelle que soit l'origine de la caverne, l'aspect presente par l'aspergillus fumigatus, qui y evolue, est le möme, et une description d'en-sembledevient possible, apres l'etude de tons ces cas.
La caverne pent etre plus ou moins volumineuse, ses dimensions variant de la grosseur d'une noix jusqu'ä celle du poing. Elle siege soit au sommet du poumon, soit dans le lobe inferieur, aussi bien dans le poumon droit que dans le gauche. On la trouve situee dans l'epaisseur du parenchyme ou sous la plevre; eile communique le plus generalement avec lesbronches.Onpeut, dans unmeme poumon, rencon-trer d'autres foyers cavitaires qui ne contiennent pas de mycelium, preuve que l'affection est secondaire. A la coupe, la caverne se montre remplie en partie, tantot d'un liquide grisätre, un peu filant, tantötd'un liquide epais, brun noiratre, parfois laquo; semblable ä du purin raquo;, tenant en suspension des lambeaux necro-tiques, quelquefois d'une masse friable assez seche. Lesparois sontsoit infiltrees de granulations jaunätres laissant echapper par la pression un liquide brun rouge sale, soit au contraire de tissu pulmonaire
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266nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE PULMONAIRE SECONDAIRE.
necrose et ramolli, irregulierement dechiquetö et d'aspect purulent: la paroi en general esl seche, oü se developpe le champignon. Ce dernier n'evolue qu'au-dessusde la couche liquide, et sc presente tantotsous la forme d'llots ou de toufTes nettementdelimites, tan-tot sous la forme d'un enduit indetermine de couleur gris verdatre, ou fonce et noiratre. L'examen micros-copiquefaitreconnaitre le mycelium avecun feutrage plus ou moins serre, leshyphes cloisonnes, quelque-fois renfles, donnant naissance ä des ramcaux fructi-feres recouverts de spores tantöt noiratres et tantot verdätres: l'examen botanique et les cultures montrent qu'il s'agit bien d'aspergillus fumigatus.
Dans le parenchyme, il exists souvent d'autres lesions de rnöme nature que les cavernes, mais par-venues a un degre variable de developpement : tubercules miliaires, foyers d'infarctus, de broncho-pneumonie, etc.; ils peuvent n'etre pas tons envahis par le champignon.
Mais ce qui conslilue le fait caracterislique de l'in-fection aspergillaire des cavernes, et ce que tons les auteurs ont observe, c'est l'abscnce d'odeur de putre­faction du liquide cavitaire, alors que dans des cavernes demßme origine,ceIles du cancer du poumon parexemple, cctte odeurest tres marquee. II semble qu'il y ait lä quelque chose de particulier a I'aspergil-lus et qui n'cst pas seulement special ä I'bonime, puisque nous avons vu que, dans les oeufs infectes par ce champignon pendant I'incubation, Lucet n'avait pas retrouve I'odeur si caracterislique des oeufs
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;267
pourris observeetoujours en pareil cas. Cette absence d'odeur se communique a I'expectoration.
Una autre remarque des plus interessantes, c'est que dans tons les cas d'aspergillose secondaire, aucun auteur n'a note la presence des formes actino-myco'siques de Taspergillus fumigatus; il semble vraiment que cet aspect special du parasite ne se ren­contre que dans les tissus qui reagissent bien, et ou la lutte est possible entre les elements du parenchyme et le champignon. On congou fort bien qu'elle fasse defaut dans des organes en partie degeneres et detruits.
G. — Traitement.
Nous aurons pen de chose ä dire du traitement de l'aspergillose secondaire del'appareilrespiratoire. Les indications therapeutiques sent surtout celles de la maladie causale et celles qui permettent de relever I'etat general, si mauvais en pareil cas: on pourra, par l'emploi de l'iodure de potassium et de l'arsenic, essayer de s'opposer ä renvahissemont du champi­gnon, mais les resultats sent loin d'etre aussi encoura-geants que dans la forme primitive de 1'affection.
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CHAPITRE IV
ASPERG1LL0SE NON PULMONAIRE DE l'hOMME.
En dehors des bronchomycoses et des pneumomy-coses aspergillaires, l'histoire de l'aspergillose hu-maine n'offre qu'un interettres restraint. Les mycoses viscerates sontextremement rares ; nous n'aurons a noter que quelques observations d'aspergillose renale. Les mycoses des organes des sens et du tegument cutane ne sont souvent que des lesions secondaires, parfoistres frequentes, comme Volomycose: elles rele-vent de maladies speciales et leur description minu-tieuseestfaite dans lestraites speciauxäces affections. Nous insisterons peu sur ces desordres mycosiques, nous en dirons cependant quelques mots pour bien indiquer, dans cette etude faite surtout au point de vue general, toutes les manifestations de l'aspergillose.
Nous aurons ädecrire successivement l'aspergillose du rein, celle de lapeau, de la cornea, du nez et du pharynx, et celle de l'oreille.
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ASPERGILLOSE RENALE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 269
A. — Aspergillose r^nale.
Cette forme d'aspergillose humaine repose sur trois observations, deux de Ross (1), en 1891, et une de Ernst (2), en 1894.
L'affection parait secondaire dans ces trois cas; dans une observation de Ross, eile etait consecutive a des lesions calculeuses du rein : dans celle de Ernst une bronchite aspergillaire avail certainement ete le point de depart de la manifestation renale, dont revolution fut d'autant plus rapide que le malade etait diabe-tique.
Cliniquement, dans un cas de Ross, l'affection prit la forme d'une colique nephretique qui dura trois jours : I'urine trouble et bematurique contenait, k l'examen microscopique, des cellules renales et des globules rouges. Des cultures faites avec I'urine recueillie, apres le passage du premier jet, donnerent des colonies d'aspergillus fumigatus. Dans le second cas, ä la suite d'une douleur dans la region renale droite, accompagnee d'acces de coliques ressemblant ä de la colique nepbretique, on avail diagnostique un calcul du rein: la miction etait difficile, et le malade 6tait parfois oblige d'attendre une minute pour pou-
(1)nbsp; Ross, Vorläufige Miltheilung über einige Fälle von Mycosis in Menschen {Centralbl. für Bakt. und Parasitenkunde, 1891, t. IX, p. 504).
(2)nbsp;Ernst, Uebereine Nierenmykose und das gleichzeitige verschie­dener Pilzformen bei Diabetes (Viccftoiü's Archiv, 1894, t. GXXXVII, p. 486).
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270nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE NON PULMONAIRE DE L'HOMME.
voir continuer d'uriner. En cultivant Turin e qui contenait des grumeaux, l'auteur obtint des colonies pures d'aspergillus fumigatus. U pense que, dans ses deux cas, des spores de ce champignon existaient dans I'urine fraiche (1) et il admet qu'il s'agit d'une mycose aspergillaire du rein bouchant I'uretere. II compare ses cas h celui observe par le vet6rinaire Desmond qui trayaillait dans son laboratoire : dans un rein de boeuf contenant de nombreux abces, ce dernier trouva des masses blanches, que I'examen lui permit de reconnaitre pour du mycelium d'aspergillus fumigatus.
Le cas de Ernst fut rapporte chez une diabetique de quarante-sept ans qui presentait de l'atonie de la ves-sie, et de la retention d'urine; on la sondait trois fois par jour, son etat s'aggrava et eile succomba rapide-mentayecune temperature de 40 degres. A I'autopsie, outre des lesions aspergillaires des bronches, il existait un abces du rein droit, ou plutöt une infdtrationde ce rein par une masse brun grisätre pale, composes de filaments aspergillaires et de bacteries diverses : il
(1) MaxPodack (/lt;?laquo;. cit.) a vivement critique les cas de Ross, et nous avons fait remarquer a ce propos (Soc. de biol., 18 avril 1896) que, laquo; dans les mycoses aspergillaires d'organes profondement situes, on ne trouvc jamais de spores, niais seulement du mycelium, et que la fructification n'est possible que dans les visceres el les cavites naturelles ou artificielles communiquant avec I'air exte-rieur raquo;. ?s'ous serons peut-etre moins exclusif depuis que nous con-naissons les travaux de Lucet sur les septicemies hemorrhagiques aspergillaires; la dissemination des spores dans les organes peut provenir d'un foyer primitif existant dans un parenchyme commu­niquant avec Fair cxterieur, foyer qui a pu passer inaper^u.
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ASPERGILLOSE CUTANEE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 271
s'agissait d'aspergillus fumigatus, dont le pouvoir pathogene fut verifie chez les animaux. ' Teiles sont les notions que nous possedons ä l'heure actuelle sur Taspergillose du rein de Thomme : elles sont encore bien incompletes et demandent de nou-velles reeherches pour etre precisees.
B. — Aspergillose cutanee.
Les cas de mycoseaspergillaire de la peau sont loin d'etre frequents,puisque nousn'avons pu en recueillir que quatre observations, une de Boström(I) oü les lesions sont duescertainementä I'aspergillus fumiga­tus, une de Olsen (2) concernant une infection cutanee produite par I'aspergillus niger, une de Ivöbner(3)ou le parasite ne fut pas nettement determine, et une de Delepine (4) oiil'auteur pense qu'il s'agit d'aspergillus niger, mais les resultals experimentaux qu'il obtint sur I'animal par inoculation dans la cornee et dans le peritoine, semblentnousautoriser ä admettre que cet aspergillus niger n'etaitquederaspergillusfumigatus,
(1)nbsp; nbsp;Boström, Demonstration mikroskopischer Prepärate von Schimmelpilzen (ßccZtnlaquo;- Min. Wochmschr., 1880, n0 20, p. 332).
(2)nbsp; Olsen, Eine durch einem im Lister'schen Verbände gewuch­erten Pilz verursachte Hautkrankeit {Norsk. Magazin for Laege-videnskaben, 1886, n0 4). —Lquot;auteur parle d'aspergillus niger, mais sa competence si grande dans les diverses espcces d'aspergillus ne permct pas de mettre en doute son assertion.
(3)nbsp; Köbneii, Demonstration eines Pilzpriiparates von Madurafuss (Mycetoma pedis) aus Italien {Archiv für Dermal, und SyphiL, 1891, p. 843).
(4)nbsp;Di-lepine, A case of mechanomycosis of the skin, ^ith remarks {Pathol. Soc. of London, 5 mai 1891).
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272nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ASPERGILLOSE NON PULMONAIRE DE L'HOMME.
I'aspergillus niger, comme nous l'avons deja dit plu-sieurs fois, n'etant pas pathogene.
La maladie peut etre secondaire et se developper sur des clapiers purulents venant d'une suppuration profonde. Dans le cas de Boström il s'agissait d'un typhlite chroniqueavec fistules cutanees: a I'autopsie, dans les clapiers et les decollements d'une des poches de la peau, il existait de petits amas sees, formes d'une moisissure, que les cultures firent reconnaitre pour de I'aspergillus fumigatus.
Dans les autres cas, I'affection est peut-etre secon­daire aussi, mais il est certain qu'elle peut etre pri­mitive.
Chez un malade, qui avait subi la resection de la hauche, Olsen a trouve, sur la peau et dans le panse-sement fait avec de l'ouate do tourbe et de la gaze iodoformee, une poussiere d'un hrunnoiratre, formee par des spores d'aspergillus niger : au niveau du genou, la peau presentait une plaque rouge de la grandeur de lamain, oü la moisissure paraissait avoir penetre I'epiderme. Apres un savonnage et un lavage au suhlime, on fit un nouveau pansement avec la gaze iodoformee trempee dans le sublime et de l'ouate de tourbe. Une semaine apres, les douleurs etant encore fort vives, on change le pansement, et on le trouve convert, ainsi que la peau, de la meme moisis­sure. La peau etaittres rouge, gonflee, suintante, avec des pustules de la grandeur d'une lentille, recouvrant des ulcerations creusees en entonnoir et saignant au moindre contact. Un savonnage, suivi d'un lavage ä
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ASPERGILLOSE CUTANEE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 273
l'eau pheniquee ä 5 p. 100, fit disparattre le parasite etles troublescutanes. Pendantlessemainessuivantes, on vit reparattre ga et lä, tantot dans un point du pansement, tantöt dans un autre, le champignon, accompagne de douleurs, d'erytheme et de pustules : un lavage a l'eau pheniquee forte faisait disparattre tousces troubles. Dans le pus des pustules on trouvait des filaments myceliens, et des spores dans les glo­bules de pus. Olsen pense qu'il s'agit d'aspergillus niger, et que le parasite vient de l'ouate de tourbe.
Chezun hommeatteint de fracture de cuisse immo-bilisee avec des bandelettes de sparadrap, Delepine, en enlevant I'appareil, constata sur la peau deux taches formees d'une poussiere noirätre: le centre dechaque tache etait ulcere. Le microscope fit reconnaitre que les taches etaientconstituees par des amas de spores. Cultivees sur glycerine etsur(/tilose{l), elles donnerent des colonies noires d'aspergillus niger, pathogene pour les animaux.
Dans le cas du professeur Bassini, rapporte par Kobner, il s'agit d'un paysan de 45 ans qui se fit une blessure an bord interne du pied avec une fourche ä furnier. Des fistules perforantes s'etablirent dans le talon, et Taffection prit l'allure clinique du pied de Madura. De nombreux corpuscules noirs s'ecoulaient
(1) La couleur noirälre des spores obtenue par les cultures sur milieux glycerines et geloses, ainsi que I'action pathogene sur I'ani-mal, conlirment ce que nous avons dit plus haut. 11 s'agit certaine-ment d'aspergillus fumigatus prenant une couleur noirdtre sur les milieux glycerines et la gelose. De tous les aspergillus noirs, c'est le seul pathogene.
Renon. — Asperr/illose,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 18
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274nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERG1LL0SE NON PÜLMONAIRE DE L'HOMME.
des fistules, et on pensa ä l'actinomycose, mais des recherches plus minutieuses permirent ä l'auteur de songer que le parasite n'ötait autre qu'une mucori-nee ou un aspergillus : il ne sait dire si I'affection est primitive ou secondaire. Ce cas ne pent done rien nous apprendre de precis sur la question, non plus que celui observe par Trumpp (1) dans des ganglions axillaires cancereux, ä la suite d'un cancer du sein.
C. — Kiratomycose aspergillaire.
On compte ä l'heure actuelle six observations de keratomycoses, dont trois sont produites par I'asper-gillus fumigatus, et trois dans lesquelles le parasite ne futpas nettement determine.
Le premier fait, relate par Leber (2), en 1879, concerne un homme de 54 ans qui, en battant de l'avoine, reQutune balle d'avoine dans I'oeil. 11 cprouva des douleurs tres vires des le second jour, et entra k I'hopital le cinquieme jour, avec un hypopyon, du chemosis, et uneulceration de la cornee qui s'etendait du centrejusqu'aulimbe, avecdesbordssaillantsetun fond trouble blanc grisätre. L'ulceration grandit encore les jours suivants, son fond etait tapisse d'une fausse membrane grisutre. Examinee an microscope, celle-ci paraissaitformeede deux couches: Tune contenait les
(1)nbsp;Trumpp, Ueber saprophyte Schimmelpilze in Brulkrebs. Dis­sertation inaugurate. Munich, 1889.
(2)nbsp; Leber, Keratomycosis aspergillina als Ursache von Hypopyon-keralitis (Grae/e's Archiv für OphtalmoL, 1879, t. XXV, Ablh. 2).
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KERATOMYCOSE ASPEBGILLAIRE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 275
elements du tissucorneen necroses et infiltres de pus, parcourus par de minces filements myceliens enche-vetres ; I'autre, comprenant des filaments plus gros, tres ramifies. Lafausse membrane enlevee se repro-duisitäplusieurs reprises; mais au bout de troissemai-nes, eile cessa de se reformer, et l'ulceration put se cicatriser, laissant un leucome total. Les cultures et les inoculations aux animaux (keratite produite par inoculation chez le lapin) firent voir qu'il s'agissait d'un aspergillus pathogene, de couleur verdätre, qui tres certainement etait I'aspergillus fumigatus.
On second cas rapporte par Uhthoff (1) fut observe par Schöler chez un homme de 23 ans qui, en secouant un poirier, reQut une poire sur I'oeil : ce dernier resta douloureux, rouge et larmoyant; quinze jours apres, le malade presentaitdelaconjonctivite,de l'hypopyon et une ulceration de la cornee ä fond jaune et sureleve. Au bout de six semaines, une fausse membrane jaune de cinq millimetres de diametre et de un millimetre et demi d'epaisseur se detacha du fond de l'ulcere ; cette membrane, ä l'examen microscopique, se montrait composee d'une couche superficielle formee de filaments myceliens serres les uns contre les autres, puis d'une autre couche formee d'un reseau irregulier de filaments, enfin d'une troisieme com­posee de tissu oaseeux, necrose,parcouru par un petit nombre de filaments. Des cultures n'ont pas ete faites.
(d) Uhthoff, Ueber partielle Necrose der Menschen Hornhaut nach Einwanderung von Schimmelpilzen {Berliner klin.Wochenschr., 1889, p. 39).
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Le troisieme cas, etudiepar Fuchs (1) en 1894, est des plus interessants. Un meunier de 53 ans fut pris d'inflammation de l'oeil droit avec fievre. La cornee, entouree d'une viva injection ciliaire, presentait en son milieu une surface opaque de sept millimetres de diametre, separee du tissu transparent de la cornee parunbord nettementtranche. Toute lapartie opaque est recouverte d'une masse blanc jaunätre : dans la chambre anterieure, on trouve de l'hypopyon et derriere celui-ci des synechies. Un fragment de cette membrane opaque, examine par le professeur Max Gruber, fit voir, grace aux recherches microscopiques, aux cultures et aux inoculations aux lapins, qu'il s'agissait d'aspergillus fumigatus. La partie enlevee se reproduisit les jours suivants, et Fuchs se decida ä resequer completeraent le tissu malade. II n'existe plus qu'une cornee tres anemiee, mais transparente ; le docteur Heinzl examina le fragment altere qui avait un tiers de millimetre d'epaisseur. Les coupes permirent de decrire les couches suivantes : d'abord, une couche rugueuse et depouillee de son epithelium, d'oü partaient de nombreux rameaux de mycelium penetrant dans la profondeur, puis, une couche de tissu corneen necrose et mort, n'ayant plus pris la coloralion, et infiltree de quelques leucocytes. Au niveau de l'anneau corneen, on put trouver quelques details interessants. Une couche superieure
(1) Flchs, Keratomycosis aspcrgillina (Soc. imp. roy. des med. de Vienne, 20 Janvier 1894, et Wiener klin. Wochemchr., 1894, n0 17, p. 305).
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recouverte de detritus et de globules de pus; puis, ä la limite du tissu sain, des cellules epitheliales de la cornee, desquamees par places et infiltrees de quelques leucocytes; une couche formee des lames corneennes necrosees et traversees par de nombreux rameaux myceliens ; enfin, au-dessous, quelques lamelles saines qui se confondent progres-sivement avec le tissu corneen normal.
Dans la discussion qui suivit la communication de Fuchs ä la Societc imperio-royale des medecins de Vienne, Mauthner rapporta un cas de keratite suppuree chez une jeune fille dont I'oeil frola I'extre-mite d'une feuille de plante : l'auteur pense qu'il pouvait s'agir lä d'une keratite aspergillaire.
En 1896, Uhthoff et Axenfeld (1), dans leur etude generalesurla keratite suppuree de l'homme, rappor-tent un cas de keratomycose chez une jeune fille de 8 ans qui regut dans I'oeil des debris de terre et qui presenta, des le lendemain, des troubles oculaires : trois jours apres, on constata une infiltration blanc jaunätre simulant un abces de la cornee etna s'accom-pagnant pas d'ulceration nette de la surface corneenne. llexistait de l'hypopyon et un leger degre d'iritis. Une ponction avec l'aiguille ä paracentese donna issue ä une masse blanc jaunatre formant un amas compact: ce dernier, ä l'examen microscopique, paraissait compose d'un enchevetrement de filaments myceliens
(1) Uhthoff et Axenfeld, Contribution a I'anatomie pathologique et ä la bacteriologie de la keratite suppuree de l'homme (Von Graefe's Archiv, t. XLH, fas. I).
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ramifios. Quelques jours apres l'ablation de la partie malade, la guerison etait complete. Les cultures et rinoculation au lapin permirent de bleu determiner l'espece du parasite, qui etait certainement un asper-gillus fumigatus.
Cette meme annee, Schirmer (1) put observer sur la cornee d'un jeune gargon de 14 ans une ulceration du volume d'un pois, siegeant un pen au dessous du centre, et dont le fond et les bords avaicnt une coloration jaunatre et un aspectscc. Onpratiqua I'enu-cleation, et l'examen microscopique fitvoir, au niveau de Tulceration, un amas de filaments myceliens rappe-lant ceux de l'aspergillus et occupant l'epaisseur de la cornee. La culture du parasite n'a pas ete faite, et on ne put savoir exactement de quelle mycose il s'agissait.
Ces observations de keratomycose aspergillairesont trcs interessantes pour nous äun double point de vue. Dans presquo tons les cas, l'origine de l'infection provenait de graines (2), de fruits, de la terre, de branches d'arbres, habitats ordinaires des spores du champignon, et la maladie etait primitive. C'est d'ailleurs l'opinion de Fuchs : laquo; II est certain, dit-il, que le parasite ne s'est pas developpe dans le tissu corneen necrose, mais qu'aucontrairepar sa germina­tion et par son evolution il a ete la cause de la keratite.raquo;
(1)nbsp; Schirmer, Keratomycose (Von Graefe's Archiv, t. XLU, fasci­cule I).
(2)nbsp; 11 est possible que dans les keratites, dites des moissonneurs, frequentes chez les gens qui coupentles cereales a l'epoque de la moisson, l'aspergillus fumigatus joue un certain röle : c'est une hypothese qu'il serait interessant de verifier.
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D. — Aspergillose naso-pharyngee.
Les cas d'aspergillose des fosses nasales, de la bouche et du pharynx sont rares.
En 1885, Schubert (1), chez une vieille femme de 75 ans quine pouvait plus respirerpar le nez depuis trois semaines, et qui restait constamment la bouche ouverte, put extraire des fosses nasales une masse composee d'un asperglllus qui parut etre de l'asper-gillus glaucus ou de l'aspergillus fumigatus : le champignon semble n'avoir ete qu'un saprophyte. En 1889, le meme auteur rapporte un cas de mycose du nezproduite par un botrytis (2) (Isaria Bassiana). En 1895, Dunn (3) put observer des lesions nasales pro-duites par l'aspergillus glaucus qu'il cultiva, mais n'inoculapas aux animaux : I'auteur affirme, d'apres la description de Masse, que son champignon etait bien l'aspergillus glaucus (conidies globuleuses, hyalines, de 8 ä 10 (a de diametre) : la chose parait bien probable, mais les inoculations auraient permis de trancher completement la question.
Siebenmann (4) decrit, en 1889, un cas d'aspergil-
(1)nbsp; P. Schubert, Zur Casuistik der Aspergillusmykosen (Deutsch. Archiv, für klin.Med., 1885, t. XXXVI, p. 162).
(2)nbsp; P. Schubert,Fadenpilze 'mievNa.se [Berliner klin.Wochenschr., 1889, p. 856).
(3)nbsp; J. Dunn, Growth of the aspergillus glaucus in human nose [Archiv, of Otologie, vol. XXIV, 1898, p. 154).
(4)nbsp;F. Siebenmann, Ein zweiter Fall von Schimmelmykose des Rachendaches [Monatsch. f. Ohrenh., 1889, nraquo; 4).
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lose de la voute palatine, produite par I'aspergillus fumigatus. En 1891, Zarniko (i) observe un cas d'aspergillose de l'antre d'Highmore due au meme champignon, chez une femme de 50 ans: cettemalade etait atteinte d'une secretion nasale abondante, avec douleur de tete frontale et sensation d'embarras dans I'oreille gauche. On avait pense k une hypertrophie polypeuse des deux cornets moyens, avec suppuration du cote gauche. Dans l'antre d'Highmore gauche, on trouva, en operant, des fragments colores en gris brunätre, formes par du mycelium d'aspergillus fumigatus. L'auteur pense que I'aflection etait secondaire, et qu'elle etait consecutive ä un catarrhe s^reux anterieur probable. Un cas prescntant bcaucoup d'analogie avec ce dernier, et du au möme parasite, a ete rapporte en 1894 par Mac­kenzie (2).
E. — Otomycose aspergillaire.
Les infections aspergillaires de I'oreille sont, par contre, des plus frequentes : il n'est pas d'annec oü Ton n'en rapporte quelques cas. Leur etude complete ne saurait etrc ni de notrc ressort, ni de notre com­petence : nous renvoyons aux traites speciaux des maladies de I'oreille, notamment a I'excellente
(1)nbsp; C. Zarmko, Aspcrgillusmykose der Kieferhöhle {Deutsche med. Wochenschr., 1891, p. 1222).
(2)nbsp;J.-N. Mackk.nzie, Aspergillomycose de l'antre d'Highmore (New York Med. Journal, 25 aoutl894).
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monographie de Siebenmann (1), nous reservant de donner une simple idee generale de la question.
VHistorigue.—Mayer,lepremier,en 1844(2) ,trouva un parasite mycosique dans le pus d'une otorrhee dite scrofuleuse : le parasite, qui ne fuf pas determine, etaitenkyste dans des membranes blanchatres du con­duit auditif externe. En 1853, Pacini(3) rapporte un cas d'otomycose survenue ä la suite d'un bain de mer. L'annee suivantc, Virchow (4), relate un autre cas ; Wreden (5) en 1867, sous le nom de myringomycose, fait une etude tres interessante de TaHection.
En 1883, Siebenmann (6) commence ses premiers travaux sur l'otomyeose et les continue dans une monographie de 118 pages parue en 1889 : c'est le travail le plus complet sur la question. Les auteurs frangais se sont peu occupes de cette maladie : nous mentionnerons cependant une these de Bordeaux, celle de Souls (7), soutenue en 1891, et le resume
(I)F. Siebenmann, Die Schimmelmykosen der menschlichen Ohres. Bergmann, Wiesbaden, 1889.
(2)nbsp; Mayer, Beobachtung von Cysten mit Fadenpilzen aus dem äussern Gehürgange einer Mädchen {Miiller's Archiv für Anat. u. Phys., 1844, n0 12, p. 404).
(3)nbsp; Pacini, Sopra una muffa parasita sviluppalasi nel condotto auditivo esterno [Gaz. med. italiana, 18öl, t. V.
(4)nbsp; Virchow, loc. cit.
(5)nbsp; nbsp;Wreden, Myringomycosis {Congris med. internat. de Paris, 27 aoüt 1867, et Comptcs rendus de VAcad. des sc, 29 aoüt 1867).
(6)nbsp; Siebenmann, Die Fadenpilze Aspergillus und ihre Beziehungen zur Otomycosis aspergillina (Zcilt;sc/i)-. für Ohrenheilk., 1883, t. XII, p. 124).
(7)nbsp; F.-X.-F. Souls, Contrib. ä I'etude de I'Otomycose. These de Bordeaux, 9 novembre 1891. .
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282nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ASPERGILLOSE NON PULMONAIRE DE L'HOMME.
tres bien fait de Dubreuilh (1) dans sa revue sur les moisissures parasitaires de Thomme.
2deg; Etiologle. — L'aspergillus fumigalus s'installe difficilement dans un conduit auditif tout h fait normal : Siebenmann cependant a remarque que dans 14 pour 100 de ses cas I'oreille paraissait saine. En general, une inflammation legere du conduit, une secretion sereuse pen abondante constituent un terrain favorable pour le developpement du cham­pignon.
3deg; Pathogenie. — On a souvent note la maladie chez les jardiniers; on a pu l'observer chez des personnes qui s'etaient couchees dans du foin. L'ac-tion des corps gras est indiscutable: Loewenbe rg (2) a fait justement remarquer que les huiles et les pommades se decomposent facilement, et que les corps gras neutres que ces substances contiennent se changent en glycerine et en acides gras, milieux de culture tres favorables aux aspergillus. Sieben­mann a incrimine aussi l'introduction des corps gras dans Toreille. Enfin, Loewenberg a fait jouer un certain role ä l'emploi de solutions medicamenteuses alterees.
4deg; Si/mptomes. — Les signes accuses par les malades sont parfois nuls : en general, on observe de la surdite, des bourdonnements, la sensation d'oreille
(1)nbsp; W. Dubreuilh, Des moisissures parasitaires de Thomme [Arch, demed. exp. et d'anat. pathol., 1891, n0 4, p, 567).
(2)nbsp; Loewenberg, Des champignons parasites de I'Dreille humaine {Congres de Vavancement des sc. franc., session de Reims, 1883).
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bouchee, comme lorsque le conduit est rempli d'eau, et des demangeaisons qui sont presque constantes. En rnöme temps on remarque un ecoulement clair et aqueux, qui pent amener de la rougeur et du gon-flement du pavilion : il n'y a presque jamais d'ecou-lement purulent. La membrane du tympan, terne et rouge, se recouvre d'un depot blanc et farineux. Ce depot augmente d'epaisseur les jours suivants, et prend la consistance d'une fausse membrane qui ta-pisse la face externe du tympan et le tiers interne du conduit auditif : cette membrane mycelienne se recouvre de fructifications sur sa face libre. Quand on I'enleve, tons les symptomes fonctionnels s'atte-nuent ou disparaissent, mais reparaissent au bout de quelques jours, si la membrane s'est reproduite, car les recidives sont frequentes, et laquo; ces alternatives peuvent se repeter pendant de longues annees raquo; (Loewenberg). Les membranes peuvent se detacher en dehors de toute intervention, surtout quand la secre­tion sereuse est assez abondante : repoussees et engainees Tune dans l'autre, elles forment des bouchons qui ressemblent a une masse de papier mouille; elles sont tachetees de parties vert noirätre, la coloration etant due aux spores de l'aspergillus fumigatus.
L'otomycose n'entraine pas d'habitude de lesions graves : eile pent cependanl entretenir un etat d'irri-tation du tympan, source de troubles ulterieurs plus serieux ; eile est enfin sujette h de nombreuses recidives.
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Neanmoins le pronostic est benin dans la plupart des cas.
5deg; Diagnostic. — Le diagnostic se fait de la m6me fagon que pour les autres formes d'aspergillose : fpiand on a reconnu I'origine mycosique des altera­tions auriculaires, il suffit d'ensemencer un fragment de membrane dans le liquide de Raulin, pour obtenir au bout de quelques jours une culture d'aspergillus fumigatus, dont on verifiera I'action pathogene sur les animaux.
6deg; Anatomie pathologique. — Le mycelium parasi-taire repose sur la surface du stratum de Malpighi, plus rarement sur I'epiderme : il ne s'enfonce pas dans la profondeur du tissu, mais quelques filaments peuvent penetrer entre les cellules de la couche de Malpighi, et Politzer (1) aurait constate la presence de ces filaments dans les couches superficielles de la membrane du lympan. Tons les auteurs sontd'accord pour admettre que dans I'otomycose le champignon ne joue qu'un role de saprophyte, et non de parasite vrai, ne se developpant pas aus depens des ele­ments auriculaires.
7deg; Traitement. — La premiere indication therapeu-tique ä resoudre, c'est d'enlever la membrane para-sitaire, soitäl'aidede pinces, soitiil'aide d'injections. La seconde comprend des injections modificatrices. Siebenmann recommande des instillations d'alcool salicyle a 2 pour 100, et une injection d'eau bori-
(1) Politzer, Ueber pflanzliche Parasiten in Ohre [Wiener med. Wooheimhr., 1870).
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quee par jour, des insufflations de poudre d'acide borique ou d'un melange d'acide borique et d'iodo-forme. Loewenberg propose remploi d'instillations d'alcool etendu d'eau bouillie, puis d'alcool plus con­centre , pour arriver graduellement ä l'usage de l'alcool absolu. Le traitement propbylactique comprendra l'abstention des corps gras alterables et des huiles non sterilisees dans toutes les affections de l'oreille. Enfin, nous pensons qu'ici, comme dans toutes les manifestations de I'aspergillose, le traitement interne par l'iodure de potassium et l'arsenic pourraitrendre de grands services.
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CHAPITRE V
CONCLUSIONS.
L'etude de raspergillose chez rhomme, dans toutes sesmodalites anatomiques et cliniques, confirme tout ce que nous avons dit dans notre discussion sur I'as-pergillose primitive du poumon, L'aspergillus fumi-gatus peut ne jouer qu'un röle secondaire et se developper sur des lesions anciennes en veritable saprophyte; mais, dans beaucoup de cas, son role est veritablement primitif : il cree ä lui seul des lesions indiscutables, d'evolution toute particuiere, et il n'est plus permis ä l'heure actuelle de contester son action pathogene. C'est un parasite aussi nettement deter­mine que l'actinomyces et le bacille de Koch. Aussi, pouvons-nous, de toute notre etude, donner les con­clusions generales suivantes :
1deg; L'aspergillus fumigatusest uu parasite pathogene pour les animaux. Chez les oiseaux et les mammiferes, il cree des maladies spontanees, bronchiques el pul-monaires, etchezcesderniers, des maladies generales, identiques aux septicemies hemorrhagiques.
2deg; L'affection est transmissible experimentalement. Les caracteres botaniques du champignon, ses cul-
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CONCLUSIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;287
tures, les lesions qu'il provoque sont reellement spöcifiques. Son action pathogene presente la plus grande ressemblance avec la tuberculose bacillaire de Koch.
3deg; L'homme n'est pas a Fabri de raspergillose. Le parasite developpe chez lui des maladies broncho-pulmonaires et autres, dont la pathogenie est bien elucidee.
4deg; Dans toutesses manifestations, chez les animaux comme chez l'homme, I'aspergillus fumigatus pent jouer un role secondaire ou un role primitif. Ce n'est done pas un simple saprophyte, mais un vrai parasite.
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TABLE DES MAXIERES
Preface..................................................nbsp; nbsp; nbsp; vn
Introduction.............................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ix
PREMIERE PARTIE. — ÄSPERGILLOSE SPONTANEE
DES ANIMAUX....................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1
Chafitre I. — Historique.............................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1
Ciiapitre II. — Aspergillose des mammiföres..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8
A.nbsp; Etiologie.........................................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
B.nbsp; Anatomie pathologique............................nbsp; nbsp; nbsp; 10
G. Symptömes.......................................nbsp; nbsp; nbsp; 14
I). Diagnostic........................................nbsp; nbsp; nbsp; 17
E. Pronoslic.........................................nbsp; nbsp; nbsp; 2i
Chaimtre III — Aspergillose des oiseaux..............nbsp; nbsp; nbsp; 2quot;gt;
A.nbsp; Etiologie........................................nbsp; nbsp; nbsp; 23
B.nbsp; Anatomie pathologique............................nbsp; nbsp; nbsp; 26
G. Symptömes.......................................nbsp; nbsp; nbsp; 28
D.nbsp; Diagnostic........................................nbsp; nbsp; nbsp; 29
E.nbsp; Pronostic.........................................nbsp; nbsp; nbsp; 39
F.nbsp; Traitement de I'aspefgillose spontanee des mammi-
teres et des oiseaux..............................nbsp; nbsp; nbsp; :!0
Ciiapitre IV. — Aspergillose des oeufs en incubation...nbsp; nbsp; nbsp; 32
A.nbsp; Symptömes.......................................nbsp; nbsp; nbsp; 32
B.nbsp; Anatomie pathologique............................nbsp; nbsp; nbsp; 34
G.nbsp; Etiologie. — Pathogenic...........................nbsp; nbsp; nbsp; 36
D. Traitement.......................................nbsp; nbsp; nbsp; 38
Ghapitre V. — Considerations g£n£rales sur l'asper-
gillose spontanee des animaux...................nbsp; nbsp; nbsp; 39
ocr page 314
298nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TABLE DES MATlfiRES.
DEUXlfiME PARTIE. — ASPERGILLOSE EXPERIMEN­TALE..............................................nbsp; nbsp; nbsp; 41
Chapitre I. — Historique.............................nbsp; nbsp; nbsp; 41
Ciiapitre II. — L'aspergillus fumigatus................nbsp; nbsp; nbsp; 46
A. Caracleres botaniques.............................nbsp; nbsp; nbsp; 46
ß. Examen microscopique. — Colorations.............nbsp; nbsp; nbsp; 49
C. (Cultures..........................................nbsp; nbsp; nbsp; 51
L). Conditions de developpement des spores. — Tempera­ture. — Action de i'oxygene de l'air...............nbsp; nbsp; nbsp; 56
E.nbsp; Modifications chimiques produites dans les milieux de
culture.........................................nbsp; nbsp; nbsp; 59
F.nbsp; Des variations do la couleur des spores..............nbsp; nbsp; nbsp; 59
G.nbsp; Diflerenciation de laspergillus fumigatus d'avec les
aulies especes...................................nbsp; nbsp; nbsp; 63
11. Resistance des spores.............................nbsp; nbsp; nbsp; 66
I. Habitats des spores................................nbsp; nbsp; nbsp; 71
Chapitre 111.—L'infection aspergillaire exp^rimentale.nbsp; nbsp; nbsp; 77
A.nbsp; Animaux sensibles et animaux refractaires..........nbsp; nbsp; nbsp; 77
B.nbsp; Modes, voies et resultats des inoculations............nbsp; nbsp; nbsp; 78
C.nbsp; nbsp;Diagnostic de Taspergillose experimentale...........nbsp; nbsp; nbsp; 86
D.nbsp; nbsp;Passage du mycelium de l'aspergillus fumigatus dans
les urines au cours de l'aspergillose experimen­tale............................................nbsp; nbsp; nbsp; 88
E.nbsp; Transmission de l'aspergillose experimentale de la
mere au foetus..................................nbsp; nbsp; nbsp; 91
Chapitre IV. — Lesions aspergillaires expörimentales.nbsp; nbsp; nbsp; 95 A. Metiiodes de recherches du champignon dans les or-
ganes. Technique des colorations.................nbsp; nbsp; nbsp; 96
C. Lesions macroscopiques et microscopiques observees
dans les organes................................nbsp; nbsp; nbsp; 99
C.nbsp; Le tubercule aspergillaire. — Son origine. — Son evo-
lution. — Son histogcnese.......................nbsp; nbsp; 120
D.nbsp; Du premier stade de l'infection dans l'aspergillose expe-
rimentale.......................................nbsp; nbsp; 126
E.nbsp; Des formes actinomycosiques de l'aspergillus fumi-
gatus...........................................nbsp; nbsp; nbsp;133
Chapitre V. — Essais dlmmunisation.................nbsp; nbsp; 138
A.nbsp; Toxines..........................................nbsp; nbsp; 138
B.nbsp; nbsp;Serums...........................................nbsp; nbsp; 143
C.nbsp; nbsp;Elements non pathogenes..........................nbsp; nbsp; 144
i^_
ocr page 315
TABLE DES MAXIERES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;299
D.nbsp; nbsp;Spores modifiees.................................. 140
E.nbsp; Spores virulentes.................................. 148
F.nbsp; nbsp;Spores virulentes provenanl de vieilles cultures..... 154
Ciiapitre VI. — Essais therapeutiques................ 155
Ghapitke Vll. — De la cause de la mort dans l'aspergil-
lose experimentale............................... 139
Chapitre VUl. — Considerations generales sur l'asper-
gillose experimentale............................ 161
A.nbsp; Sur quelques particularites de la biologie de l'asper-
gillus fumigatus................................. 161
B.nbsp; Essai de comparaison entre Taspergillus et les mi-
crobes, au point de vue experimental............. 164
TROiSlEME PAUTIE. — ASPERG ILLOSE DE L'HOMME. 106
Ciiapitre I. — Aspergillose de l'appareil respiratoire. 167
A. Historique........................................ 167
ß. Discussion sur raspergillose primitive et l'aspergillose
secondaire du poumon........................... 175
Ciiapitre II. — Aspergillose pulmonaire primitive ou
tuberculose aspergillaire........................ 184
A.nbsp; Technique suivie pour l'etude des cas de tuberculose
aspergillaire....................................nbsp; nbsp; 184
B.nbsp; Etiologie.........................................nbsp; nbsp; 198
C.nbsp; Pathogenic.......................................nbsp; nbsp; 201
D.nbsp; Document cliniques...............................nbsp; nbsp; 212
E.nbsp; Symptomes.......................................nbsp; nbsp; 229
F.nbsp; Diagnostic........................................nbsp; nbsp; 233
G.nbsp; Pronostic.........................................nbsp; nbsp; 239
H. Anatomie pathologique............................nbsp; nbsp; 239
l. Traitemcnt....................................... 254
Ciiapitre III. —Aspergillose pulmonaire secondaire... 257
A.nbsp; Etiologie............................,............nbsp; nbsp; 257
B.nbsp; Pathogenic.......................................nbsp; nbsp; 258
C.nbsp; Symptomes.......................................nbsp; nbsp; 259
D.nbsp; Pronostic.........................................nbsp; nbsp; 260
E.nbsp; Diagnostic........................................nbsp; nbsp; 261
F.nbsp; Anatomie pathologique............................nbsp; nbsp; 261
G.nbsp; Traitement.......................................nbsp; nbsp; 267
ocr page 316
300nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; TABLE DES MATlfiRES.
CiivpiTRE IV. — Aspergillose non pulmonaire de Ihomme.nbsp; nbsp; 208
A.nbsp; Aspergillose renale................................nbsp; nbsp; 209
B.nbsp; Aspergillose cutanee...............................nbsp; nbsp; 27i
C.nbsp; Keratomycose aspergillaire..........................nbsp; nbsp; 274
D.nbsp; Aspergillose naso-pharyngee.......................nbsp; nbsp; 279
E.nbsp; Otomycose aspergillaire...........................nbsp; nbsp; 280
Ciiapitre V. — Conclusions............................nbsp; nbsp; 280
BlBLlOCRAPUIE..........................................nbsp; nbsp; nbsp;288
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TABLE DES FIGURES
Figure i. — Deux teles sporiföres d'aspergillus fumigatus, venanL d'une culture sur pomme de terrc, avec spores sen echappant................ 48
Figure 2. — Foyer aspergillaire dans un rein de lapin..... 101
Figure 3. — Tuhercules aspergillaires du caecum chez le
lapin, eldaaslesquels le mycelium a disparu. 108
Figure 4. — Aspergillose vertebrale chez le lapin......... 113
Figure b. — Aspergillose pleurale chez le lapin........... H8
Figure 6. — Spores d'aspergillus fumigalus dans ies leuco­cytes du sac lymphatique de la grenouille, I rente-cinq jours apres I'inoculation....... 131
Figure 7. — Spores d'aspergillus fumigatus k la troisieme heure de contact avec les leucocytes du co-bayo.................................... 132
Figure 8. — Formes actinomycosiques dc 1'aspergillus fumi­gatus dans un rein de lapin en voie de gue-rison.................................... 133
Figure 9. — Mycelium aspergillaire dans les crachats dun
peigneur de cheveux...................... 235
Figure 10. — Sclerose Lronclio-pulmonaire chez un gaveur
de pigeons............................... ~'i~
Figure 11. — Une des granulations d'apparence tubercuteuse
dans le poumon dun gaveur de pigeons----- 233
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