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PROPHYLAXIE
DE LA
TUBERCULOSE
D'ORIGINE ALIMENTAIRE
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BIBLIOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
2911 446 3
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0. ?vf S3/0.
PROPHYLAXIE
DE LA
TUBERCULOSE
D0R161NE AHMENTAIRE
PAR
A. MOREAU
DOCTEUR EN MEDECINE DE LA FACÜLTE DE PARIS VETERINMRE-INSPECTEUR PRINCIPAL DU SERVICE DES VIANDES DE PARIS
PARIS
G. STEINHEIL, fiDITEUR
3, rue Casimir-Delavigne, 2 1894
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PROPHYLAXE DE LA TlIBERCULOSE
D'ORIGINE ALIMENTAIRE
INTRODUCTION
Parmi toutes les maladies qui ddciraent I'lmmanitc, la tuberculose est de celles qui causent les plus terribles rava­ges.
Elle frappe l'homnie ä toutes les pöriodes de son existence. Des les premiers jours de savie, il peuty succomber. La pre­miere enfance et radolcsccnco sont surtout eprouvees ; mais' l'äge mür et la vieillesse fournissent encore un fort contin­gent au fleau.
Son caractere endemique, son evolution ordinairement lenle, la demonstration toute re'cente de sa specificite font qu'elle n'effraye pas lescsprits comme les grandes epidemics ou comme la rage et la diphterie. Mais les statistiques nous prouvent que, dans les grands centres surtout, la tuberculose entre pour une part considerable dans les causes de la morta-lite. A Paris, pendant l'annöe 1893, il y a eu d 1.701 cas de tuberculose sur 52.933 ddces. D'apres Villemin, le nombre des victimes annuelles s'cleverait ä 160.000, pour toute la France. 11 faudrait bien des epidemics choMriques en un sie­de pour egaler ces hecatombes.
Depuis les premiers temps de la medecine jusqu'ä nos
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jours, tous les moyens, les plus simples comme les plus ex-traordinaires, out 616 employes centre cctte maladie et ses diverses manifestations. De celte richesse en medications on pent quasi conclure ä leur inefficacite.
laquo; La therapeutique ideale de la phtisie, a dit M. le Profes-seur Debove, consisterait ütt'aiter cette maladie comme oa iraite la gale ou la teigne, a I'aide d'un parasiticide ; maisle parasiticide du bacille luberculeux reste encore a trouver raquo; {Legons sur la tuberculose parasitaire, p. 72).
A I'heure actuelle lesmethodesliygieniques, suralimenta-tion, aerothörapie, cure d'allitude, aidees de la creosote, donnent les meilleurs resultats centre la maladie confirmde.
Mais de la nature essentiellement conlagieuse de la tuber-culose, si brillammcnt mise en lumiere par Villemin, il res-sort une indication primordiale: c'esl la propliylaxie.
La propliylaxie generale des maladies infectieuses com-prend deux classes principalcs de procedes.
Ceux qui tendent ä rendre I'organisme rdfractaire au deve-loppement de l'agent morbifique. Teiles sont los tentatives do vaccination antituberculeuse de R. Koch, de Baumgarten, de Granchcr et Hipp. Martin, de Daremberg, de Richet et Hcriconrt, de Bernbeim, de Berlin et Picq. Cesmölhodes ne sont pas entrees dans la pratique. La s6rotherapie donncra pcut-etre la solution do cet important probleme.
Les autrcs procedes ont pour objet d'eloigner des individus les gormes infeclieux. G'est la prophylaxie proprement dite, dont rimporlance a ete si justement appreciee par notre maitre M. Dujardin-Bcaumclz : laquo; En presence des dchecs successifs qu'ont subis les medications preconisees contre la
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tuberculose et les ddcevantes illusions que ces medications, raomc considerees comme les plus actives, ont procurees. il faut considerer la prophylaxie de la tuberculose comme I'ar-me la plus sure et la plus propre pour combattre cc veritable fldau raquo; (Acad. de med., 1889, t. XXII, p. 116).
Les mesures ä prendre pour eviter la transmission de la maladie derivent necessairement de ses divers modes de pro­pagation : l'heredite (Landouzy et Martin), 1'inoculation, I'in-halation et l'alimentation.
Dans notre etude nous n'aurons en vue que ce dernier fac-teur.
Un nombre considerable de travaux ont ete publies sur cctte question ; nous les avons resumes en leurs points essen-tiels, persuade qu'en ces matiöres encore controversees, la conviction doit ressortir de l'exposition des fails, bien mieux que des plus habiles discussions. A part quelques recherches personnelles, notre travail constitue suiioutuneceuvredemise au point; aussi, repeterons-nous avec Montaigne: laquo; Quel-qu'un pourroit dire de moy que j'ay seulement faict icy un amas de fleurs estrangieres, n'y ayant fourny du mien que le filet ä les lier. raquo;
Mais avant d'aborder notre sujet, nous tenons h affirmer la dette de reconnaissance que nous avons contractde envers nos maitres de la Faculte et des Hopitaux.
A notre eher maitre, M. le Docteur Dujardin-Beaumetz, qui a bien voulu nous recevoir dans son service avec la plus grande bienveillance et qui nc nous a pas öpargnd ses pre-cieux conseils, nous adressons nos plus sinceres remercie-mentset I'expressionde notre profonde reconnaissance. Nous
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lui devons le sujet de cette these et nous gardons le pröcieux souvenir do ses savantes Icqous et de son inestimable bonte.
Que M. le Professeur Proust veuillo bien nous permettre de lui exprimer loulc noire gratitude pour I'insigne honneur qu'il nous fait en acceptant la presidence de notre these.
MM. les Professeurs Debove el Pinard, MM. les Profes-seurs agreges Quenu et Schwartz nous onl admis ä suivre leur precieux enseignement cliniquc ; nous lour adressons I'homniage de noire vive reconnaissance.
Nous no saurions oublier parmi nos mailres M. le Docleur Dubief, chef du Laboratoire de microbiologie de l'höpital Cochin, qui pendant loutes nos etudes nous a toujours fait I'accueil le plus sympatliique et qui nous a permis de suivre ses savantes conferences cliniques. Nous le prions de vouloir bien agreer nos sinceres remerciements.
A M. le Docleur Demoulin, chef de clinique cliirurgicale ä rilütel-Dicu, dont les conferences du soir nous onl ele du plus grand secours pendant nos etudes,, nous adressons I'ex-pression de notre gratitude.
Que nos cxcellents amis, MM. Martel, Mesnard et Picard, qui ont bien voulu nous pröler, pour Tclaboralion de cello these, le precieux concours de lours talents de traducteurs et de techniciens, regoivent nos sinceres remerciements.
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CHAPITRE PREMIER
Contagiosite de la tuberculose. Infection par les voies digestives.
sect; 1. — Generalit^s sur la contagion tuherculeuse.
La doctrine de la contagion de la phtisie remonte a la plus haute antiquite. Les livres hippocratiques, Aristote, Galien, les Arabes rangent la phtisie parmi les maladies conlagieu-ses. Plus tardSchenkius,Montano,Fracaslor,Riviere,Morion, Valsalva, Morgagui, Yan Swieten rapportent une foule d'ob-servations de contagion de la maladic par cohabitation. La Faculty de mödecine de Naples, en 1782, conseille des me-sures prophylactiques severes ; de mumc Franck, Hufe-land, etc. (1). Portal et Anglada rappellent qu'en certaines contr^es d'Ralie, d'Espagnc et du midi de la France on a cou-tume de brüler le linge el les hardes des phtisiques decodes. Rühling (1774) et Krünitz (1787) affirmaient la contagiositö de la phtisie des bovides.
Laennec, Andral admetlcnt la transmissibilite de la phtisie, mais seulement ä litre exceptionnei. Laennec (2) raconte s'etre inoculd accidentellement un tubercule au doigt: il mourut phlisique longlemps apres. Albers (3) signale plu-
(1)nbsp; Dieulafoy, De la contagion. These d'agregation, Paris, 1872.; Spillmann, De la luberculisation du lube digestif. These d'agregation, quot;1878; Musgrave-Clave, Contagiosite de la phtisie pulmonaire. These de Paris, 1879; Cornille, Contagiosite de la tuberculose. These de Paris, 1882.
(2)nbsp; Laennec, Traite d'auscultation mediate, 1810.
(3)nbsp; Albers, Rtist. magazin. 1834.
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sieurs faits semblables. Klenke, on 1843 (1), rapporte I'inocu-lation d'un lapin avec des maliöres tuberculeuses, qui prdsonta unc tuberculose etendue du foio et du poumon. Mais cette decouverte, qui n'eut aucun rctenlissemcnt, m6me en Alle-magne, fat vite oublieo. Elle eul si pen d'influence sur les idees du temps, qu'en 1845, Trousseau conslatait quela doc­trine contagionniste (Haitoubliee ; il souhaitait laquo; qua la com-municabilite de la phlisie pulmonaire puisse redevenir au moins une question raquo;. Requin disait. en 1850, que personnc ne croyait plusä la contagion de la phlisie.
Cependant Beau, en 1851, Tholozan, en 1859, proclament la nature infecdeuse de la tuberculose. Mais, a part cos ma­nifestations isole'es, la doctrine contagionniste perdaitdeplus en plus de terrain; lorsque, le 5 decembre 1865, Yillemin vint annoncer ä TAcadcmie de medecine que la tuberculose est inoculable et specilique (2). La mattere de la granulation tuberculeuse inoculecsous la peau du lapin determine le de'-veloppement d'un tubercule qui s'ulcere, puis Tanimal mai-o-ritetsuccombe avec des lesions tuberculeuses despoumons, des autres visceres et des ganglions lymphaliques. Yillemin repeta ces experiences un grand nombro de Ibis ; il inocula tantot la granulation grise, lantol la matiöre casc'euse, tantöt des crachats dessecbes ou frais, et infecta ainsi des la-pins, des cbiens, des cobaycs et des chats. II inocula la ma­uere prise dans les tubercules developpös au lieu d'inocula-tion a d'autres lapins et obtint encore la tubcrculisation. II
(1)nbsp; Klenki:, Untersuchungen u. Erfahrungen um Gebir., d. Anatomie. Leip­zig, '1843.
(2)nbsp;Villemin, Cause et nature tie la tuberculose. Bulletin de VAcademie de medecine, 1805-6(5, p. 211 et 1860-07, p. 152 et suiv. et fitudes sur la tuberculose Paris, i868.
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obtint les meines rteultats, avec des Idsions plus rapidement gendralisees, en employant la maliere tuberculeuse de la phtisie de l'espece bovine on ponjmeliere.
Ces resultats furent confirmös, bienqu'expliques differem-ment, par le rapport de Colin, d'Alfort (1).
Yillemin dcmontra ainsi: que la tubercuiose est transmis­sible de rhomme aux animaux et d'une espece animale ä une autre; que la tubercuiose est une, malgre la varicte des lesions qu'elle determine et le nombre des especes animales qu'elle frappe.
Mais bientöt de graves objections furent soulevees. Les plus importantes I'urent celles de Lebert, Wyss, Vogel, Vul-pian, Clark, W. Fox, John Simon, Deukorski, Sanderson, Waidenburg, Bernhardt, Behier, Legros, Crocq, Hering, Metzquer qui prouverent qu'en inoculant du pus inflamma-toire, des substances diverses pulveriso'es, on pouvait deter­miner le developpement de lesions ressemblant h des tuber-cules.
Les doctrines de Villemin trouverent d'ardents defenseurs.
M. Chauveau (2) inocule comparativement la matiere ex-traite des nodules produits par I'injection sous-cutanee d'un pus tres irritant et colle extraile de nodules produits par une inoculation authentiquement tuberculeuse. La premiere ne donne lieu qu'ä une tumeur intlammatoire, qui disparait en quelques jours. La seconde provoque le developpement d'une tumeur tuberculeuse type, qui persists.
Parrot (3) remarquc que chez les animaux inocules avec
(1)nbsp; Colin, Bulletin de VAcademie.de medecine, 1867, p. 897.
(2)nbsp; Chauveau, Gazette hebdom., 1872.
(3)nbsp; Parkot, Soeiele de biologie, 11 Janvier 1873.
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— Zi­eles matieres luberculeuses, il se produit des ulcerations au point inocule. avec bords indiir(5s et fond constilue par une maliere caseeuse qai so rencontre jusque dans les ganglions voisins ; tandis quo, apres l'inocuiation avec des produits non tuberculeux, ü y a tonjours cicatrisation des accidents locaux.
Enfin II. Martin (1). parses inoculations enserie, dömontra la difference essentielle, fondamentale, qui existe entre le tubercule legitime et 1c tubercule de cause banale. Le tuber-cule vrai inocule engendre le tubercule : il y a d'abord pro­duction d'uno lesion locale, puls, au bout dequelques semai-nes, la tuberculose devient generalisee. Dans ces inocula­tions successives, faites en sörie, le virus tuberculeux acquiert des proprietes de plus en plus infectieuses. Pour le tubercule faux, produit par les causes banales, Tinoculation ne deter­mine, au contraire, que des lesions locales, qui perdent rapi-dement, au deuxieme ou troisieme terme de la serie, tonte action phlogogene. Gelle dilTcrence capitate dans rinoculation en serie justifie la classification de la tuberculose dans le groupe des maladies infectieuses.
En memc temps Compin, Leger, Guibout, Hardy, Gruzel, Lamalleree, etc. reunissaient de nombreuses observations de contagion de riiomme a rhomme, de Tliomme aux animaux et des animaux ä l'homme. En 1874, Demet, Paraskova et Zabloni inoculerent la tuberculose de riiomme a rhomme.
L'hypothese du parasilisme de la tuberculose, soutenuc ä diverses epoques par Baron, Dupuy, Kuhn, etc., etait singu-lierement renforeeepar la ddeouverte de Villemin. La nature
(1) H. Martin, Recherches anat.-palh. et exp. sur la tub., These, Paris, 1879; Rech, sur les propr. infect, du tub., Arck. de physiol., 1881, p. 272; Note sur les propr. non inf. du tub., C. R. Soc. de biologie, 1881, p. 12.
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vivante du contage s'imposait ä priori. L'agent virulent suc-cessivement recherche par Klebs (1877), Deutschmann, Max Schuller et Reinstadler (1879), Toussaint (1881), Ecklund, Aufrecht, Baumgarten, fut enfm döcouvert par Robert Koch,
en 1882(1).
La nature contagieuse, virulente etspecifique de latuber-culose dtait defmitivement etablic. Son identite dans toutes les especes etait a nouveau demontre'e par l'identite du ba-cille.
L'unite' de la tuberculose si heureusement exposde par Laennec, puis par Grancher etThaon, au point dc vue anato-mo-pathologique, ensuite par Villemin, Ghauveau et Martin, au point de vue de rinoculabilile, regut une eclatante confir­mation par la d^couverte de Koch.
Especes atteintes. — La tuberculose peut inlecter la plu-part des vertebres, ä sangchaud eta sang froid ; on a meme pu rinoculerau lombric (Sibley, Dcspeignes, Lortet).
Les bovides partagent avoc l'espece humaine le triste pri­vilege d'entretenir la tuberculose a la surface du globe (Ghau­veau). La frequence de la maladie chez ces animaux varie beaucoup suivant les pays. En France, la proportion moyenne est de 5 pour 1000 (Arloing); ä Paris, eile n'est que de 2 pour 1000 (1893), mais eile atteinl 25 pour 100 en Beauce ; en Alle-magne les chiffres varientde 0,8 ä Cologne, a 12 pour 100 ä Berlin (1891); en Hollande, 20 pour 100; ä Copenhague, 16 pour 100 ; en Angleterre, 10 ä 20 pour 100 ; eile est aussi trfes fröquente en Italic. Rare en Algerie et en Egypte (3 pour
•isao Hquot; K0CH' Die /Etiologie der Tuberculose. Berl. klin. Wochemch., lOavril
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1000 d'apres Viot-Bey), eile est inconnue au Senegal (Lenoir).
Le cheval, longtemps regarde comme vestant toujours in-demne, presente parfois de la tuberculose abdominale ou pulmonaire (Leblanc, Mauri, Lustig, Aureggio, Nocard, Trasbot).
Le mouton et la chevre ont aussi ete' regards comme jouis-sant de l'immunite ; mais des cas de tuberculose ont dte obser­ves sur ces animaux (Siegen, Moule) et l'inoculation intra-veineuse dune culture riebe leur donne une tuberculose miliaire aigue (Nocard). L'inoculation intra-peritoneale ou sous-cutanöe donne aussi des resultats positifs (Cadiot, Gil­bert et Roger).
Les snides prennent aussi la tuberculose par rinoculation experimentale et par ringestion de matteres tuborculeuses. Les nombreux cas de tuberculose observes sur dos pores nourris dans les ateliers d'equarrissage ou de residus de lai-teries (Veyssiere, Ostertag) sent des iaits a l'appui de la con­tamination digestive.
11 en est de meme des cas nombreux d'infection de carnas-siers, chiens et chats, par ringestion de produits lubercu-leux (Maliiil839, Viseur, Bourgougnon, Nocard, etc.). Nous possedons, datant de 1878, une observation de transmission de la tuberculose au cbien par les crachatsd'un phlisique.
Le lapin et le cobaye prennent la tuberculose avec la plus ü-rande facilite et constituent de veritables reactifs pour I'ex-perimentation.
Les oiseaux, principalement les gallinaces et les colombi-des, prennent aussi la tuberculose, notamment par I'ingestion de crachats de phtisiques ; la forme abdominale domine. Le microbe, rencontrant des conditions de milieu particulieres,
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subit des modificalions morphologiques : il perd la forme bacillaire et se dispose en zooglees. La luberculose zoogleique a donnd lieu, depuis les premiers travaux de MM. Malassez et Vignal en 1883, ä de nombreuses recherches dc la part de MM. Straus et Gamaleia, Charrinet Roger, Nocard, Grancher et Ledoux-Lebard, Metchnikoff, Zagari, Obzut, Chantemesse, Cadiot, Gilbert et Roger, Fischel. 11 scmble bien demontre aujourd'hui que les agents efficients de la tuberculose des oiseaux et de celle des mammiferes, doivent etre regardes comme des modifications nutritives d'une scule et meme espece microbienne. Le parasite tuberculeux reste done uni­que : il subit seulement des modifications en passant d'une espece dans une autre. Chez les mammiferes, les conditions de milieu sont telles que la forme bacillaire est celle qui con-vient le mieux ä sa vegetation. Tandis que chez les oiseaux, d'autres conditions lui font prendre un autre aspect; en meme temps sa virulence s'attenue pour les mammiferes, maisil peut la rccupererdans certaines conditions et produire une tuberculose gendralisee [Fischel (1), Cadiot, Gilbert et Roger (2)].
sect; 2.
iiifection par la voie laquo;lifjestive.
La notion de la transmissibilite dc la tuberculose par la voie digestive ne remonte pas tres loin. En 1839, Mai in (3) signale deux cas de tuberculose chez 1c chion, apres Inges­tion des crachats d'une femme atteinte de phtisie pulino-
(1)nbsp;Fischel, Unters, üb. die Morph. und Biol. des Tub., Hyg. Hundsch., 1893, p. 343.
(2)nbsp; Cadiot, Gilbert et Roger, C. R. Soclete da Biologie, 1891, p. CG el 87. Bullelin medical, 1891, p. 707. C. R. Congres tub., 1891, t. 2, p. ()9et 115.
(3)nbsp; Malin, GazeUp medicale, 1839, p. 634.
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nairc. Cos fails passorent inaporcus et ce nc fut qu'en 1868 que Chauveau (1) demontra cxpcrimentalement que la luber-culose pouvait fetre transmise par les voies digestives. Trois genisses furent ainsi rendues luborciileuses par Ingestion de 30 grammes de maliere luberculeuse ; l'äutopsie faite apres 52 jours montra laquo; les plus belles lesions de luberculosc generalisee, avec predominance extremement marquee du cole du mesentere et de rinlestin raquo;.
En 1873, au congres de Lyon, M. Chauveau (2) montrc des lesions des ganglions maxillaires^ mesenleriques et bron-chiques, avec foyers pulmonaires, chez deux veaux qui out inaero: des matieres tuberculeuses. Deux veaux tomoins furent aussi trouves tuberculeux : ils s'elaienl inlecles en s'abreuvant dans les memes vases que les deux autres.
En 1874, an congres de Lille, M. Chauveau (3) rapportc deux exemples de transmission de la luberculosc au veau, par Ingestion de Ires petiles quantites de maliere lubercu­leuse.
Ces expe'riences furent reprises et confirmees par W. Marcet (1868), A7illemin, Paterson, Parrot (1869), Aufrecht, Klebs, Jacobs (1870), Zürn, Hering, Leisering, Bollingcr (1873), Saint-Gyr, Viseur (1874), Metzquer (1877), Orth (1879), Baumgarten, Peuch, Toussaint (1880), Jolme (1883), Fischer (1886) etc.
Mais Colin, en 1873 (4), fait une trentaine d'experiences
(1)nbsp; nbsp;Cii.vuveatj, Academiede mddecim, 1quot; novembre 1868. Gaz. med. de Lyon, 1808, p. 530.
(2)nbsp; CiiAl'VEAU, Association pour Vavanccmcnt des sciences, 1873. p. 717.
(3)nbsp; Ciimivk\d, Contagion de la lub., Congres de Lille, 1874. Revue scienlif., 1874, p. '235.
(4)nbsp; nbsp;Colin, Sur la non transmissibilite Je la tub. par l'ingestion de la matiere tub. dans les voies digestives. Bulletinde l'Acad. de med., 5 mai 1873, p. 557.
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sur des animaux d'especes diverses et n'a que des resiiltals n6gatifs. II en avail ele de meme dans les experiences de Vo­gel (1) et de Dubuisson (2). Bouley et Nocard (3) ont apprd-cie ces rösultats contradictoires de la maniere suivante : laquo; Si Ton songe, disent-ils, quo les faits de M. Colin sont negatil's, et qn'en mauere d'experimontation, im scul fait positif abicn plus de valeurque cent faits negatifs et les renverse tous, il laut convenir que les observations recueillies par tant d'au-teurs consciencieux meritent d'etre prises en serieuse consi­deration raquo;.
Nous reviendrons longuement sur les experiences d'inges-tion du lait tuberculeux, de Gerbach, Klebs, Bollinger, Moel-ler, Schreiber, Harms et Günther, etc. et sur celles, non moins interessantes, avec les viandes tuberculouses.
De toutesces observations, de lous ces faits experimentaux, il ressort clairement quo les voies digestives ont une grande importance comme porte d'entree de la tuberculose.
Le tube digestif, dit M. Chauveau (4), constitue une voic de contagion qui est des mieux disposees pour la propagation de la tuberculose, ct qui, pcut-elre, entro plus souvent en jeu que la voie pulmonaire. Au point de vue experimental, il prefere les ingestions : e'est la surface digestive qui est gene-ralement la voie la plus active pour l'absorption naturelle des virus.
Toussaint (5) a prouvö par ses experiences que I'infection se fait aussi lacilemcnt par Ingestion que par inoculation, que
(1)nbsp; Vogel, Arcfi. f. Klin, tied., 1866, p. 364.
(2)nbsp; DunmssoN, These de Paris, ISOO.
(3)nbsp; Boiley et Noc.vrd, Archives de med. vet., 1878, p. 9i9.
(4)nbsp; Chaüveaü, Acad. de medecine, 17 novembre 1808.
(5)nbsp; Tüussaint, Acad. des sciences, 1quot; aoilt 1881.
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lamaladic inoculde par I'appareil digestif marche meme avec une plus grande rapidity carles points d'inoculation sont plus nombreux.
Dans une recente communication, M. Cadeac (1) montre, d'apres des experiences sur le cobaye, que I'ingestion pent etre un moyen de transmission aussi sür que I'inoculation. L'infection est certaine quand le cobaye ingere un gramme au minimum de produits tuberculeux moyennement riches en bacilles. II prouve de plus que les matieres pauvres en ba-cilles peuvent communiquer une tuberculose ä evolution lente, ä lesions discretes et tardives. C'estla une constatalion tort importante, qui permet peut-etre d'expliquer bien des resultats proclames negatifs trop pr^maturement.
M. Vallin (2), qui a si bien etüdie cette question d'infection digestive, conclut en disant: laquo; C'est dans I'abdomen que se concentre la tuberculose transmise par ingestion; c'est du cote du tube digestif que se produisent les premieres modifi­cations morbides : calarrhe stomacal et intestinal, diarrhöe, gonflement de quelques plaques de Peyer, granulations jau-nes tapissant la surface interne de l'intestin, transformalion caseeuse des ganglions mesenteriques, noyaux tuberculeux dans le foie, la rate, les reins raquo;. 11 ajoute que ces lesions se rapprochent de celles des enfanls soumis ä l'allaitement artificiel et qui succombcnt si souvent au carrcau, ä la scro-f ule, ä la tuberculose abdominale; chez ces cnfants, les or-ganes respiratoires sont souvent indemnes de tuberculose, ils constituent une exception ä la ioi de Louis : la phtisie
(1)nbsp;Cadeac, Sur la lransrnissib.de la tub. par les voies digestives, Soc. de Hol., 7jtiillet 1894.
(2)nbsp; Vallin, Revue d'hyijiene, 1878, p. 15.
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chez eux est presque exclusivement intesfinale et mescntö-rique.
Mecanisme de linfection digestive. — Toutes les parties du tube digestif ne sont pas e'gatement aptes ä retenir I'agent nocif. On sait depuis longtemps que J'oesophage, lieu de pas­sage, est exceptionnellement atteint, que restomac Test ra-rement et que c'est surtout dans I'intcstin que les lesions tuberculeuses d'entreesont leplus considerables, principale-ment dans la derniere parlie de l'ileon, dans le coccum ct le colon ascendant.
Les anciens physiologistes pensaient que le sue gastriquc exercait une action dissolvante sur les matieres virulentes et empechaitainsi la penetration des maladies contagieuses par la voiegastro-intestinale. CependantdeCourtivonet Vicq d'A-zir, au XVIIIe siecle, avaient prouvd la transmissibilite de la peste bovine par les voies digestives. PuisRoche-Lubin, pour la clavelee, etbeaucoup plus tard Renault, Cadeac, Malet, No-card, pourlamorve, Chauveau, pourle virus vaccinal, Davaine, Heu, Pasteur, Toussaint, pour le charbon, demonlrerent que le sucgastrique n'exenjait d'action sur les matieres virulentes que par dissolution de la gangue, mais vestait sans effet sur les elements vivantsde la virulence quipassaient dansl'intes-tinavectouteleuractivite'ettouleleur puissance reproductrico.
R. Koch pensa que le sue gastrique detruit le bacille tu-berculeux, mais que lorsqu'il existe des spores celles-ci pas-sent intactes dans Fintestin. Wesener constatalepeu d'action du sue gastrique artificiel sur le virus tuberculeux. Falk et Franck virent que le sue gastrique a une bien faible action sur le bacille de la tuberculose. Sormani (i), d'aprcs quel-
(•1) Sormani, Reddiconli del li. Insi. Lomb., iSSi, fasc. 10.
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ques experiences, a cru que le bacille esl detruit dans lania-tiörc tuberculeusc ingeree; mais lorsqnc le UiLe gaslro-inles-tinalest malade, lesuc gastrique perd son action, la digestion est incomplete et les matieres intestinales inoculees rendent les animaux tuberculeux.
MM. Straus et Wurtz (i) ont determine exactcment la re­sistance du bacille tuberculeux ä Faction du sue gastrique. Leurs experiences qui ont portesurle sue gastrique du chien, du moutonet do riiomme, prouverent quo le bacille de la tu-berculose resisle douze heures h Taclion du sue gastrique, et que I'ele'menl actit' reside dans I'acidite, car des experiences paralleles fades avec des solutions titrees d'HGl, sans pep-sine, ont donue desresultats ideniiques.
Stern (2) a fail des experiences sur la salive, 1c sue gastri­que, le sue intestinal eta vu que ces liquides n'ont point de proprietcs parasiticides.
D'un autre cute, Cadeac et Bournay (3) demontrent que I'estomae ne protege pas I'organisme do rini'eclion tubcrcu-leuse, maigrd rinlegrite de ses fonctions. Los chiens, qui mangent des matieres tuberculeuses, deviennont des agents de dissemination du bacille de Ivocb, par leurs matieres leca-les ; de meme les pigeons.
liest done bien demontre par ces experiences, et par celles de Ortii. Baumgarten, Fischer et Zagari, que, contrairoment äl'opinion de Gonheim, do Colin, de Tappeiner, raction pro-tectrice microbicide du sue gastrique n'exisle pas. Le bacille passe intact dans Fintestin, oil il trouve un milieu alcalin plus
(1)nbsp; Straus et Wortz, Conyrcs pour Vehicle de la luberculose, '1888,1. 1, p, 330.
(2)nbsp; Stkrn, Zeitschr.f. klin. Med., 1891, p. 46.
(3)nbsp; Cadeac et Bouhnay, Role microbicide lies sues digestil's sur le bacille de Koch, C. It. de la Soc. de bioloyie, 10 juiu 181)3.
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favorable ä sa multiplication. II va ponetrer la mult;[ueuse in-testinalo.
On pensait autrefois que FeU'raction iuteslinale ne pouvait avoir lieu dans une muqueuse saine, ä epithelium intact. Charcot, Bourneville, Hanoi out admis que le virus tubercu-leux s'arrete dans Finlestin en un point de moindre resis­tance, par suite de traumatisme ou d'irritation prolongee (enlerite chronique, lyphliteä repütition). Spillmann (1) pense que le virus determine sur la muqueuse inlestinale, une in­flammation inberculeuse. 11 explique certaines localisations frequentes do la tuberculisalion du lube digestif par la facilite qu'ont cerlaines parlies de s'irriter plus que d'autres : ainsi la boucbe, I'ildoii, I'anus.
Dobroklonsky (2) a fait au laboratoire de M. Gornil des re-cherchcs qui prouvent que la valeur defensive de 1'epithelium inlcslinal est bien faible. II fail ingerer ä un animal une ou deuxgoulles d'une culture pure de bacilles de Koch et, desle quinzieme jour, il constate des tubercules Ires visibles dans les parois de I'mleslin, sans que les animaux presenlent de diarrhce. L'epilhelium reslc en place, intact, les plaques de Peyer sont lumefiees el, entre les culs-de-sac des glandes de Lieberkulm, il y a des agglomerations de cellules lymphati-ques. Dejä, desle qualrieme jour, il y a des lesions des gan­glions, avec tubercules bien nets; mais les bacilles ne sont constatablesqu'auvingiiemejour.Ilsse trouvent soil dans les cellules epitheliales, soil dans les leucocytes, soil dans le lissu conjonctif des villosites. D'apresTchistovilch (3) les bacilles
(1)nbsp; Spillmann, loc. cit., 1878.
(2)nbsp; Dobroklonsky, Cone/res tub., 1888 et Arch, de mcd. axp., 1quot; mars 181)0.
(3)nbsp; TcmsTOviTCii, Annales da I'Institut Pasteur, 1880.
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traversant lacouche epilheliale, atteignent les paroisde I'in-tcstinan moyondcslymphatiqucs cl progressent dans le lissu adenoide sous-muqueux qui cnloure les vaisseaux sanguins.
En sommc, conirairement a l'opinion de Biedert, les ba-cilles tuberculcux on leurs spores pcuvent traverser facile-ment la couche epitlieliale normale de l'intestin. Cette pene­tration est particulierement facile dans les points oü le contact des matieres virulentes avec la paroi est prolonge. II n'en reste pas moins acquis, qu'une lesion intestinalc, unc des-quamation epitheliale, une modification locale quelconque, un processusinflammatoire anterieur, doiventsinguliercment favoriser l'infection. M. Ilanot explique ainsi, par des lesions d'enlerile chronique, la frequence do la tuberculose intesti­nalc chez les enfants.
Aprcs la penetration de l'ölcment virulent, la tuberculisa-lion inlestinale suit une voie bien detcrminee. Les bacilles, entraines par les leucocytes,s'arreteront d'aborddans les orga-nes lymphoidos de la muqueuse ; ilss'y multiplieront rapide-ment et amencront Tulceration des follicules clos, solitaires et agmines. De cette premiere colonie bacillaire, partira bicntot, par le moyen des cellules migratrices^ des agents virulents qui infectcront le systeme lymphatique tronculaire et gan-glionnaire des tuniques intestinales, puis du me'sentere et des ganglions sous-lombaires. Wesener et M. Cornil ont demon-tre experimentalement que parfois les ganglions mesenteri-ques se tuberculisent avant qu'on puissc decelcr des lesions des parois intestinales.
Le systeme veineux intestinal pourra etre aussi infcctc, par effraction des parois vcincuses (Weigert); l'agcnt virulent sera ne'cessaircrnent-entraine vers le foie par la circulation porte.
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Ainsi s'explique la frequence des lesions hepatiques, qui debu­tant, comme on sait, par lesespacesportes et prennent ordi-nairement la forme d'infiltration miliaire (Brlssaud et Ton-pet).
L'infection secondaire gene'ralis(?e du peritoinen'a lieu quo lorsque les nodules sous-sdreux, qui se Irouvent au niveau des ulce'rations de la muqueuse, aboutissent ä une perfora­tion pe'ritoneale. II y a dans ces cas formation de fausscs membranes oü les bacilles irouvent un terrain favorable ä leur döveloppement; la pe'rilonite tuberculeuse adhc'sivo se propage ainsi, de proche en proche, ä tout on partie de la se-reuse (Weigert). Du peritoine, rinfcclion pent gagner la plc-vre, a travers le diaphragme, on les ganglions mediastinaux et bronchiques, par leslymphatiques des parois abdominales införieures et late'rales (üstertag).
Cruveilhier (d), qui a bien vu cette marche envahissante du processus luberculeux, a decrit les lesions des ganglions mesenteriques, les plaques et les granulations sous-sereuses d'oupartent des lymphatiques noueux, a parois epaissies ct remplies de matiere tuberculeuse. Louis (2), qui pensait que Fulce'ration muqueuse prece'dait loujours et causait Taltera-tion des ganglions, fait remarquer qu'il n'existe pas do rap­port entre l'ötendue de la lesion intestinale et le degre do tu-berculisation mesenterique. La connaissance de la nature vivante de l'agent tuberculeux et de sa multiplication devait expliquer cette apparente contradiction.
Dans d'autres circonstances, enfin, le bacille absorbe tra­verse l'intestin et va porter ses coups primitivement sur la
[i) CnuvEiLHrER, Anatomie pathologique du corps lminain*Pari?, 1828. (2) r.ouis, Becherches sur la phthisic. Paris, 1843.
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söreuse. Des cas de peritonite tuberculeuse sans lesions de rintcstin onl pu etrc provoques experimentalemcnt apres ingestiou de matieres tuberculeuses (Dübroklousky).
sect; 3. — Tissus et pi-otliiits raquo;imleiHw.
Apres avoir 6tudie la virulence et la conlagiositede la ma-tiere tuberculeuse, il nous reslo ä examiner si ces memes proprietes peuvent s'elendrc aux lissus nou encore envahis par le processus tuberculeux.
La tuberculose n'est pas — au moins dans la plus grande partie de son evolution, chez les ruminants — une maladle de toute la substance.
Lesbaciiles, qui onl franchi la barriere que leur oppose le tegument, muqueux ou cutane, penetrent dans les interstices du lissu conjonctif, oü ils se multiplient. En meme temps a lieu la reaction phagocytaire. Les globules blancs, charges de bacilles, peuvent succomber sur place et prendre part, apres s'etre modifies, ä I'edification du tubercule. Ou bien, ils penelrenl dans la circulation, lymphatique ou sanguine, et vont disseminer les bacilles plus ou moins loin ; car, ainsi que 1'a demontre Maurel, ils ne resistent que deux heures environ ä l'infection bacillaire. Aulour du point infecle , existe une zone de propagation exlerieurc, oü les bacilles sonl, la plupart, llbres dans les fenles du lissu conjonctif; bientot on les trouve dans le reseau lymphatique; d'autres fois ils punelrcnt dans un capillaire sanguin.
Dans cos divers cas, l'aboutissant de la proliferation bacil­laire et du travail de defense des tissus oü le microbe s'est fixö, estle foliicule tuberculeux.
Mais ce processus d'isolement do I'agent infectieux n'est
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pas parfait: un certain nombro dc leucocytes sent entierement detruils par les baciUes qui s'y sont multiplies activement et qui ainsi deviennent libres (Yersin). C'est par ces modes dif-ferents que les lesions lubcrculeuses s'etendent et se multi-plient.
La propagation pent s'eirectuer dans le voisinage de la lesion mere: les bacilles sortis restant sur place et determinant la production de follicules secondaires. Ainsi se produisent les tubercules proprement dits, les gros nodules et les masses tuberculeuses, pari'ois enormes, des organes parenchyma-teux.
Enmeme temps, d'autres elements, libres ou entralnespar les leucocytes, peuvent pe'netrer dans les reseaux lymphati-ques, et etre charrie's par la lymphe vers un premier ganglion qui devient le siege de lesions tuberculeuses secondaires. Ces lesions ganglionnaires formeronl bientot un nouveau foyer de propagation de voisinage et a distance par la voic des lymphatiques efferents. Un nouveau groupe ganglionnaire pourra done etre infecte et ainsi de suite, les lesions tuber­culeuses envahiront par une marcbe centripete un departe-mentclu Systeme lympbatique, jusqu'a ce que, arrives dans les derniers troncs, les bacilles soient deverses dans le cou-rant sanguin.
A cet instant precis, la tuberculose pent etre consideree comme une maladie gcnerale, au sens propre du mot. Mais, comrae nous le verrons, la virulence du sang et des tissus vasculaires esl toute momenlanee. Le plus grand nombre des microbes sont detruits dans le sang meme; ceux qui se fixent dans les tissus y creent de nouvelles lesions tubercu­leuses, s'ilsy trouvent un terrain convenable ä leur pullula-
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lion (poumon, glandes, organes lympho'ides); dans le cas con-Iraire (tissu musculaire), ilsmeurent et disparaisscnt (G. S6e, Nocard).
Cetle infection passagere de la masse du sang pent encore s'observer lorsqu'un foyer luborculenx a dötermine l'ouver-tured'un vaisseau. Le sang pönetre dans la masse ramollie, pendant qu'une partie plus ou moins considerable de celle-ci passe dans le torrent circulatoire, avec les bacilles qu'elle renferme.
En resume, grace ä cette tendance qu'ont les tissus ä enkys-ter la colonie bacillaire tuberculeuse, I'infection reste locali-s6e dans les points memes qu'elle envahit successivement ;de teile sorte que dansun organismetuberculeux les tissus viru-lenls sent representes exclusivement par les neoformations folliculaires de tout stade. On a pu dire, fort justement, que la tuberculose esl tine maladie virulente locale, ä localisations multiples et successives (1).
M. Chauveau, en 1868, disait que les agents de la virulence sont generalement tres peu nombreux en dehors des lesions qui consti­tuent des fahriques du virus. Pour Gerlach et Virchow, it n'y a de virus que dans la matiere tuberculeuse proprement dite. Wigert et Ribbert pensent aussi que I'infection de l'economie n'a lieu que lors-que les capillaires veineux, sieges d'un follicule deKoester, se rotn-pent et laissent passer des bacilles dans la circulation. Pour Ponfick et Joline, la generalisation de I'infection ne se produitque par tuber-culisation du canal thoracique.
H. Martin (2) tire d'un grand norabre d'experiences les conclusions suivantes: laquo; II v a deux periodes tres distinctes dans revolution de la tuberculose. Pendant la premiere periode, eile est bien reellement
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ä:
(1)nbsp; Cours du Professeur Nocard, par Guijrin et Alglave,-1892, p. 406.
(2)nbsp; II. Martin, Annalcs de dermatologie, 1884, p. 059.
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une affection locale : eile est ulors uniquemcnt localisee dans les pou-mons, I'intestin, le testicule, etc. A ce moment lä, I'organisme est encore indemne d'infection et par l'ahlation des tissus malades, on preserve Torganisme de cette infection secondaire ou consecutive, tout comme on le preserve de L'infection cancereuse par I'ablation d'un sein avant l'iniiltration ganglionnaire, viscerale et profonde. A cette periode aussi, {quot;inoculation da sang ou de fragments de tissus sains, pris plus ou moins loin du siege de Taffcction tuberculeuse lo­cale, doit 6tre negative. Mais plus tard, apres un temps d'ailleurs Ijien variable, arrive une seconde periode pendant laquelle tout I'or-ganisme est infecte comme le mouton atteint de pustule maligne et dans lesang duquel la bacteridie a penetre. A cette periode, on pent prendre du sang ou du tissu sain dans n'importe quelle region ; I'ino-culation experimentale sera positive raquo;.
M. Vallin (1), qui adopte cette rnaniere de voir, explique les resul-tats negatifs qu'il a obtenus avec le sue musculaire dquot;un cobaye tu-berculeux, par la non-generalisation des lesions. laquo; II est possible, dit-il, que Tinfection de Teconomie n'ait pas encore ete complete k l'epoque oü nous avons tue ce cobaye destine a fournir la matiere d'inoculation raquo;. Cependant le foie, la rate, les ganglions mesenteri-ques, lepoumon et la plevre sont envahis.
M. Arloing, lui-möme, disait, en 1885 (2), que les tissus des sujets tuberculeux ne sont pas egalement infectieux ä toutes les periodes de la maladie. II divisait la tuberculisation interne en trois periodes: 1deg; un viseöre important ou une sereuse sont envahis : 2deg; les lesions s'etendent au Systeme lymphatique et aux ganglions de ces organes; 3deg; enfin la tuberculose tend ä sortir de ces organes et a. se gcnerali-ser par Tintermediaire du Systeme circulatoire sanguin ou lymphati­que. C'est dans ce dernier stade que la viande pent receler le virus.
Virulence du sang. — Le sang, nous I'avons clit, peut devenir virulent dans certaines circonstances. Voici I'exposö
(1)nbsp;Vallin, Rapport ou Congres d'hygiene de La Haye, 1884.
(2)nbsp;Arloing, Congres veterinaife sanilaire, 1885, C. R. in Recueil de med. vet., 1886, p. 80.
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des experiences qui ont (?tc faites sur le sang des sujets tu-berculeux.
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Villemin (1), inocule ä un lapin sain du sang' pris dans les vais-seaux IV'moraux d'un autre lapin tuberculeux: il dötermine ainsi le developpemont de lesions viscerales. Avec; le sang d'un phtisique., il obtient sur un lapin une tuberculose generalisee. Dans une autre serie d'exjieriences, il eut trois faits negafil's sur quatre.
Roustan (2), en 18G7, n'obtient avec le sang inocule ä des lapins, fjue des rcsultats ncgatif's.
W. Marcet (3), en 1868, obtient des resultats variables avec du sang de plitisiques.
Lionville, en J873 (4), n'obtient dans des experiences analogues que des resultats ncgatifs.
Semmer, en 1875 (3), inocule des porcelets et des raoutons, sous la peau ou dans les veines, avec le lait et le sang d'une vacbe tuber-culeuse. Sur trente animaux, dix-sept survivent, dix porcelets et sept moutons, qui tons deviennent tuberculeux, a lexception d'un mou-ton. Ces resultats positifs, obtenus sur le mouton, n'ont rien qui puisse etonner, depuis ([ue M. Nocard a dcmoiitre que le mouton prend facilement la tuberculose par la voie intra-veineuse.
Toussaint, en 1S8Ü (6), fait sous la peau d'un porcelet une injec­tion de quelques gouttes de sang provcnant d'un porc rendu tuber­culeux par Ingestion d'un poumon de vacbe phtisique. Sacrifie apres Gl jours, le porcelet presente des lesions tuberculeuses de la peau, des ganglions et des visceres tboraciques et abdominanx. En 1882, Toussaint (7) inocule trois lapins avec du sang de lapin tuberculeux, chauffe ä 73-78deg;; il obtient denx cas de tuberculose generalisce.
(1)nbsp; Villemin, Eludes sur la tuberculose. ISCS.
(2)nbsp; Roustan, These de Paris, -1867.
(3)nbsp; W. Marcet, On inocul. of animal. Med. Chir. Transact., 1868, p. 439.
(4)nbsp; Liouville, Soc. de biologic, 11 Janvier 1873.
(5)nbsp; Semmer, Tub. and Persucht. Deutsch. Zeitschr. f. Thier., 1876, p. 209.
(6)nbsp; Toussaint, Note ä VAcademie des Sciences, 28 mars 1880.
(7)nbsp; Chroniqiie de H. Bouley, in Recueil de med. vet., 1885, p. 332.
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Galtier, en 1880 (1), obtient, par injection hypodermique de sang de vaches tuberculeuses, deux resultats positifs, sur onze lapins ino-cules. Depuis, de nouvelles experiences lui ont donnc des resultats analogues, sur le cobaye et le lapin, par injection intra-veineuse ou intra-peritoneale.
Koch, Weichselbaum, Gharrin et Karth ont constate la presence du bacille dans le sang de sujets atteints de tuberculose miliaire.
Baumgarten, en 1883 (2), determine la tuberculisation par inocu­lation de quelques gouttes de sang d'un lapin tuberculise par inocu­lation.
Samuelson rapporte au Gongres de Copenhague, en 1884 (3), des experiences faites avec le sang de sujets arrives au dernier degre de la phtisie^ injecte dans le pcritoine d'animaux ä dose massive (quel-([ues grammes), il n'a aucan resultat positif.
Hang, en 1890 (4), fait ä trente-liuit lapins et ä deux cobayes des inoculations intra-peritoneales de sang defibrine provenant de vingt vaches extremeinent tuberculeuses. 11 obtient deux resultats positifs, dont Pun avec 1c sang d'une vache attcinte de tuberculose miliaire aigae determinee par une injection de tuberculine : trois semaines auparavant lesang de cette bete s'etait montre inoffensif.
Fadyean, en 1802 (3), fait des experiences sur le sang de deux vaches tuberculeuses. Sur cinq lapins qui recoivent dans le peritoine de 5 ä 7 cent, cubes de sang defibrine, il n'obtient aucun fait [)Ositif.
Bollinger, en 1803 (ß), inocule sous la peau, ädix cobayes, 2 cent, cubes de sang de vaches tuberculeoses. II n'obtient qu'un cas positif avec le sang provenant d'une vache fortement tuberculeuse.
Nous avons vu que chez Ihoinme La virulence du sang des tuber-culeux a etc plusieurs fois constatee (Villemin, Marcet), pour Lieb-
(1)nbsp; Gai.tier, Concjves pour Vetudede la tub., 1888, p. 147.
(2)nbsp; Bausigarten, De la contagiosite cle la tuberculose, 1883.
(3)nbsp; nbsp;Bevue d'hygiene, ISSi-, p. 759.
(4)nbsp; Bang, Congres international d'hygi'ene de Londres, 1891.
(5)nbsp; Fadyean, The virulence of the blood and muscles in tuberculosis. The Journal of Path, and Ther., 1892, p. 22.
(0) Bollingeii, Über die Infect, des Blutes tub. Rinder., Munch, med. Wo-chensch., •1893, p. 765.
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mann, le bacille sc rencontrerait dans 48 pour 100 des cas. Mais Roustan, Ewald, Liouville, Samuelson, Gantani, Kossei, etc., n'ont ubtenu que des rösultats negatifs.
11 est done bien ötabli que Je sang des tuberculeux peul elre virulent. Mais ce fait, qui aurait une fort grande impor­tance puisqu'il entrainerait la virulence de tons les tissus vas-culaires, n'est qu'un pbenomene transitoire, comme le de-montre sa rarete, meme dans les cas ou la tuberculose a atteint la derniere periode (Cbauveau, Nocard),
Les bacilles du sang sont rapidement delruits, surtout dans les muscles, qui constituent le plus mauvais milieu de culture que ces microbes puissent rencontrer (G. See, Bol-linger).
M. Nocard (1) amontrcqu'apres rinoculatiünintra-veincuse ä dose massive, cbez le iapin, la virulence du sang a disparu en moins de quatre heures et celle des muscles en quatre ä six jours. De son cote Fadyean (2), experimentant sur le cbeval-, a constate que la virulence du sang disparait en 24 ä 48 heures, et celle des muscles en moins de dix jours.
Produits de secretions. — Dans ses experiences dc 1881 (3), Toussaint a constate, sur une vache tuberculeuse, que les liquides de sdcr^tions (salive, mucus nasal), la se-rosite vaccinale et celle des tissus,pcuvent transmettre la tu­berculose. L'urine d'une truie tuberculeuse lui donna les memes resultats.
Mais les tres nombreuses experiences, qui furent faites de-
(1)nbsp; Nocard, Conyrcs tub., 1888, p. 55.
(2)nbsp; Fadyean, Loc. oil., p. 23.
(3)nbsp; Toussaint, Acad. des Sciences, lor et 8 aout 1881.
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puis, domoatrcrent quela virulence des prodaits secretes et, en general, de tons les produits de Torganisoie, n'a lieu que lorsque des lesions tuberculeuses voisinessesont ramoilies et ont mole leur contenu aux liquides epanchcs. C'est le metne mecanisme que celui que nous avons dejä note pour la viru­lence accidentelle du sang. Toussaint a du etre victhne, (lit M. Nocard (1), d'une erreur experimentaleou d'une contami­nation accidentelle.
Nous vcrrons, dans les chapitres suivants, par quelles cir-constances le lait et la viande devienncnt virulents et pour quelle part ces aliments entrent dans la contagiosite' de la tuberculose.
Les decouvertes de Villemin et de Chauveau attirerent immediatement l'attention des hygienistes sur les dangers que pouvait presenter Talimentation avec le lait et les viandes provenant d'animaux tuberculeux.
liollinger se demandesila scrofule des enfanls n'a pas pour cause le lait des vachos tuberculeuses, tres nombreuscs.
Fleming (2) pense que le debut de la pbtisie est si insidieux dans I'espece humaine, que Ton sail difficilement oü et com­ment eile a pris naissance ; il craint qu'une de ces causes rd-side dans Tusage alimentaire des chairs et plus spe'cialcment du lait des vaches phtisiques.
Toussaint (3), aprfes avoir resume ses experiences sur la transmissibilite de la tuberculose, ajoutc : laquo; La tuberculose est bien unc maladie dc I'liomme et, lorsqu'elle existc sous
(1)nbsp; Nocard, fours, p. 407.
(2)nbsp; Fleming, The transmissibilily of tuberculosis. The Oril. ant foreign mad. chir. Review, oct. 1874, p. 461.
(3)nbsp; Toussaint, C. K. Acad. des sciences, 1881, p. 741.
JlonEAnnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3
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la forme de gcrmc dans unc bonne partie des aliments que nous mangeons chaque jour, est-il trop t^meraire do dire que Ton doiveexiger des conditions d'hygiene süffisante pour em-pecher cette mortalite enorme?... Latuberculosederhomme est la meme que celle do la vache et du boeuf; lorsqu'elle est inoculee aux animaux, eile produit des lesions absolument semblables, capables de se transmettreä d'autres animaux et se reproduisant constammenl avec la meme forme... raquo;
D'apres Koch, le lait est un vehicule tres favorable pour l'absorption du bacille tuberculeux, et quand l'infection du tube digestif n'est pas explicable par ce moyen, on ne pent I'admettre que par la viande mangde.
Enfin, H. Bouley, dans ses Lecons duMiiseum[i), a raagis-tralement expose la question: laquo; Le plus precieux de nos ani­maux alimentaires, celui qui en raison de son volume et de sa taille fournit par ses chairs, par ses visceres, par son lait, la plus grande source des substances qui entrent dans I'ali-mentation des populations, surlout dans les grandes villes : cet animal est expose ä la tuberculose, maladie essentielle-
ment contagieuse.....Est-ce que entre ces deux faits, I'exis-
tence de la phtisie sur unc espece animale, dont les produits, en substances nutritives, entrent pour une part principale dans ralimentalion des populations des grandes villes, et l'cxistence de la phtisie sur un grand nombre des individus qui composent ces populations, il n'y a pas un rapport? On est autorise ä se poser cette question ; et lorsque Ton consi-dereque c'est surtoutdans les villes que la phtisie exerce ses plus grands ravages, on a de la peine a admettre que le regime
(1) H. Bouley, La nature vivante de la contagion, 188i, p. 227 el 249.
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animal des populations des villcs n'est pas sans avoir une part d'influence, et une part principale, sur le ddveloppement de cette terrible maladie... Les dangers pour rhomme de la transmission de cette maladie par l'interme'diaire de ses ali­ments, se trouvenl proportionnels au nombre des animaux de l'espece bovine qui en sont infecte's raquo;.
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CIIAPITRE II
Lait des sujets tuberculeux.
sect; 1. — Virulence. — Contagiosit^.
En 1826, a la suite des observations de Iluzard, constatant la frequence de la phtisie chez les vaches, Sögalas (1), le pre­mier, se demanda si le lait ne pouvait pas servir ä la propa­gation de la phtisie humaine. Tanguy, plus tard, attire ä nouveau I'attention sur la nocuite du lait des vaches tuber-culeuses : il constate que dans les regions oü la phtisie hu­maine sevit le plus, la tuberculose des bovides est aussi tres i'requente. End868, Herard et Cornil (2) signalentles dangers de Tallaitenient par uno nourrice tuberculeuse.
Chauveau, qui prouva la transraissibilite de la tuberculose par les voies digestives, n'a pas fait d'experiences sur le lait. II pense neanmoins que rinfeclion par le lait aura lieu dans les cas, tres frequents, d'ulceralion du pis on de degeneres-cence tuberculeuse de la mamelle. II cite des cas de transmis­sion de la tuberculose ä de jeunes animaux par le lait de leur mere phtisique. , C'estä Gerlach que Ton doit les premieres experiences d(5-montrant la virulence du lait des animaux tuberculeux.
G. Geriach (3) fit ingerer ä deux veaux, deux pores, un mouton et deux lapins, du lait d'une vaehe atteinte de tuberculose pleuro-pul-
(1)nbsp; Segaxas. Archives generates de medecinc, 1826, t. 12, p. 133.
(2)nbsp;Herard et Cornil. Tratte de la phtisie pulmonaire,iS61.
(3)nbsp; Gerlach, üeber die Impfbarkeit der Tub. und Perlsucht... Jahresb. der k. Thierarz. z. Hanover., 1869, p. 127 et Virchow's Archiv, 1870, p. 290.
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monaire. Un veau meurt de fievre aphteuse, mais tous les autres animaux presentent ä l'autopsie des granulations tubcrculeuses des ganglions mesenteriques, des plevres, du poumon, des ganglions bronchiques. Des animaux temoins nourris avec du laitprovenant de vaches saines ne presentörent pas de lesions tuberculeuses. Gerlach renouvelle cesexperiences a Berlin, en 1873, mais n'obtient aucun fait positif: il reconnut plus tard que la vnche, qui avait fourni le laitdes experiences, n'etait point tuberculeuse.
Vers la meme epoque. Zürn, d'lena, rend tuberculeux des pores et des lapins, en leur faisant ingerer du lait de vache phtisique.
E. Klebs, de Prague (1) experimente, en 1873, sur des cobayes. Dans une premiere serie, cinq animaux ingerent du lait de vache tu­berculeuse : quatre presenterent des lesions tuberculeuses abdomi­nales, un seal fat trouve sain. Dans une deuxiöme serie, il rend tu­berculeux trois cobayes, par injection dans l'abdomen du serum ob-tenu par filtration de lait tuberculeux h travers Targile. Dans une troisiöme serie, un cobaye est rendu tuberculeux par Ingestion de lait tuberculeux bouilli: l'animal presenta les niömes lesions que celles determinees par le lait cru. Une chevre nourrie pendant deux mois avec du lait de vache tuberculeuse ne presenta que quelques noyaux douteux. Enfin, il relate Tobservation d'un chien devenu tuberculeux par Tingestion prolongee du lait d'une vache qui, plus tard, fut reconnue tuberculeuse.
Böllinger (2) resume ainsi les experiences faites sur le lait tuber­culeux :
3 pores : 1 succfes, 2 cas douteux.
3 veaux : 2 succes, 1 deces accidentel, premature.
1nbsp; agneau : 1 succes.
2nbsp;chiens : 2 insucccs. 2 chats : 2 insucces.
8 lapins (lait cru): 2 succte, 6 insucces. 6 lapins (lait bouilli): 6 insucces.
(1)nbsp; E. Klebs, Die kunstische Erzeugung der Tub., .4rc/i./quot;, expei: Path, und Pharm. Leipzig, avril 1876, p. 1G3.
(2)nbsp;Böllinger, Ueber Impf, und Futlerungstub. Arch. f. exper. Path. Leip­zig. 1873, p. 356.
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Pour lui, la tuberculose et la scrofule des pores reconnaissent pour cause I'ingestion, par ces anirnaux, du lait des vaches tuberculeuses et des debris tulierculeux provenant des abattoirs. La scrofule des enfants a peut-6tre pour cause le lait des vaches tuberculeuses.
En 1879 (1), Bollinger publie un nouveau memoire on ii rend compte d'experiences faites par luiavec du laitde vaches tuberculeu­ses. Dans une premiere serie, trois porcelets sont alimentes pendant neuf semaines avec du lait tulierculeux : un seul presenta des lesions dans les ganglions du cou. Dans une deuxieme serie, quatre porcelets sont nourris pendant dix semaines avecun litre etdemi ä trois litres de lait d'une vache fortement tuberculeuse: apres quatre ä cinq mois ces anirnaux sont trouves tulierculeux k an haut degre. Un cinquie-me porcelet mourut de tuberculose miliaire apres quinze jours d'ali-mentation avec le möme lait. Dans une troisieme serie, quatre por­celets de la meine portee sont nourris, deux avec ce möme lait cru, deux avec ce lait liouilli. Ces deux derniers restent sains ; les deux premiers prennent la tuberculose. Deux autres porcelets t6moins, nourris avec du lait normal, restent indemnes.
Bollinger pense, connne Cliauveau, que I'infection par le lait n'a lieu que lorsque la mamelle est le siege de lesions tuberculeuses ; il croit aussi que les dangers d'infection varient suivant les formes de la tuberculose des vaches laitieres.
Harms et Günther, en 1873 (2), n'ont pas observe de faits positifs surdejeunes lapins nourris du lait de leurs meres tuberculeuses. Mais Jessen cite des exemples de transmission de la maladie h des veaux par l'usage du lait provenant de vaches tuberculeuses. Leh-nert (3) observe deux cas analogues sur des porcelets ; de meine Bromley.
Schreiber, en 1875 (4), nourrit seize lapins et trois cobayes avec
(1)nbsp;Bollinger, De la tub. par l'adm. du lait des vaches tub. Intellig., Blatt. et Wiener med. Presse, 7 dec. 1879.
(2)nbsp;Harms et Günther, in Zundel, Ghronique de l'Allemagne du Nord, Recueil de med. vet., 1873, p. 472.
(3)nbsp; Rapport annuel sur la medecine ve'terinaire en Saxe, pour 1876.
(i) Sciireirer, Zur Lehre v. artificieller Tub, Inaug. Dissert. Berlin, 1875.
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du lait de vache tuberculeuse et n'observe aucun cas de traasmis-sion.
Moeller (1) fait ingerer du lait tuherculeux, cm ou cuit, ;\ des la-pins, des cobayes, un mouton et ä un porc : il n'a que des resultats negatifs.
Perroncito (2) rapporte robservation d'une famille de quatre per-sonnes, qui fut nourrie pendant huit jours avec le lait d'une vache re-cnnnue plustard tuberculeuse. Trois ans apres, ces quatre personnes etaient encore en parfaite sante.
Au Congres de Bruxelles, en 1875, Virchow rapporte qu'un grand nombre d'experiences entreprises en Prusse, sur le lait des animaux tuherculeux, ontdonne de nombreux resultats positifs ; rnais il pense qu'il n'y a danger que lorsqu'il existe des lesions du pis.
Peuch, en 1880 (3), fait ingerer chaque jour ädeux lapins25 cen­tilitres de lait de vache tuberculeuse : Tun, sacrifie apres cinquante-deux jours, presente des lesions tuberculeuses de l'ileon ; l'autre meurt de tuberculose generalisee, apres cent trente jours. En meme temps, deux porcelets recoivent dans leurs aliments de ce meme lait tuherculeux : Tun, sacrifie au bout de trente-cinq jours, apres avoir ingere So litres de lait, presente des lesions tuberculeuses ; l'autre, sacrifie au bout de quatre-vingt-treizc jours, apres l'ingestion de 276 litres de lait, presente des lesions viscerales generalisees. Un porcelet temoin, qui s'est infecte par la sebile servant ädistribuer le lait tuberculeux, et dans laquelleon amis quelquefois sa nourriture, presente aussi des lesions tuberculeuses viscerales. Un lapin temoin est reste indemne.
Enl878, 1879, Nocard et Vallin (4) nourrissent des lapins avec du lait de vache phtisique ; chaque animal prenait tous les jours un litre et demi de lait; aucun n'est devenu tuberculeux.
(1)nbsp; MffiLLER, Zur yEtiologie der Tub., Zeit.ichr. f. med. Wochenschr., p. 201, 1875.
(2)nbsp;Perroncito, La tub. in rapporto colla econamia soc. e rur. Torino, 1875, p.l.
(3)nbsp;Peuch, Sur la transm. de la tub. par le lait des an. tub., C. li. Acad. des sc, 1880, p. 1581.
(4)nbsp;Nocard, Cours, loe. eil., p. 413.
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Toussaint, en 1880 (1), cite le fait d'un porcelet, ne d'une truie rendue tuberculeuse h la suite de ['ingestion d'un poumon de vaehe phtisique, qui fut nourri du luit de sa mere et monrut tubercaleiix. Toussaint conclut que la maladie aete transmise par heredite ou par Pallaitement.
En 1881, Creighon et F. Yacher publientdes laits prouvant la pro-pagatiun de la phtisle par le ladt des vaches tuherculeuses. Le Sani­tary Record, du 12 mars de la meine annee, publie des cas sembla-bles de transmission ü des enfants (plitisie aiguö).
Johne, en 1883 (-2), resume les experiences faites sur 91 animaux nourris avee du laitde vaches tuberculeuses ; on a obtenu 30,7 pour 100 de resultats positifs, 59,3 p. 100 de resullats negatifs et 1 pour 100 de resultats douteux.
May (3), a injecte du lait de vaches tuberculeuses dans la cavite abdominale de cohayes ; il n'a obtenu qu'un resultat positif; dans ce cas la glande mammaire de la vaclie contenait des tubercules.
Wesener reunit, de ISfiö ä 1884, quatre-vingt-six experiences avec le lait des vaches tuberculeuses. II constate que les trois quarts des pores, la moitie des moutons et des chevres sont devenus tubercu-leux. L'ehullition du lait diminue sa virulence.
Bang, en 1884 (4) a trouve, pendant une periode de sept mois, vingt-sept cas de tuberculose mammaire chez la vache, sous forme d'induration indolente, avec des bacilles en quantity enorme dans le lait (200 dans le champ du microscope, un million par verre de lait), nieme dans celui (jui provenait des parties de la glande paraissant encore saines. Le lait injecte dans le peritoine ou ingere, a determine, sur des pores et des lapins, la tuherculisation intestinale et meme pulmonaire.
Au Congres de 1888, Bang (o) rapporte n'avoir pas trouve tuber-
(1)nbsp; ToussMNT, Contrib, a l'iHude de la tub. Note n VAcad. des sciences, 28 mars 1880.
(2)nbsp;Johne, Geschichte der Tub. Deutsch. Zeuch, f. Thier. und Vergl. Path. 1883, p. 32.
(3)nbsp; May, Archiv, f. Hygiene, mt, t. 1, p. 121.
(4)nbsp; Ba.no, Conyres intern, de Copanhaguo, liaoüt iSS't, et Nord. med. Ark.,
(ö) Id., Comjrcspour Velude de la tub., 1888, p. 70.
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culeux une seule fois le lait de huit t'erntnes phtisiques. II dit que si le lait des vaches tuberculeuses n'est pas toujours virulent, il est toujours suspect. II a constate que la temperature de 83deg; detruit la virulence du lait tuberculeux.
En quot;1890(1), Bang examina, par l'inoculation ä des cobayes, le lait de vingt et une vaches taberculeuses ne prcsentant pas de lesions du pis : il obtint quätre fails positifs. Dans troisde ces fails positifs, un examen plus attentif de la mamelle y fit decouvrir de petites granu­lations ou des infiltrations limitees ; dans le quatrieme, le pis parut absolument sain.
H. Martin (2) a injectedans le peritoine de cobayes du lait vendu dans lesruesde Paris ; il a determine trois fois sur neuf, des tuber­culoses generalisees : laquo; c'est-a-dire que du lait pris au hasard, ä la source oü s'aiimente la population parisienne, seinbie provenir une fois sur trois, de vaches atteintesde tuberculose raquo;.
M. Vallin (3) a injecte deux fois, dans le peritoine d'animaux, du lait de femme phtisique ; ma is sans resultat positif.
M. Nocard (4) recueille purernent, dans les sinus galactophores, du lait de vaches atteintes de tuberculose generalisee ; il en injecte 10 ä 13 gouttes dans le peritoine de cobayes. Sur onze vaches, il n'obtient qu'un seal resultat positif, avec le lait d'une bete qui pre-sentaäl'autopsie des lesions de tuberculose mammaire ; lesmnmelles des dix autres vaches furent trouvees absolument saines.
Niepce (3) a rencontre les bacilles tuberculeux dans 30 pour 100 des echantillons de lait provenant d'animaux tuberculeux. II rapporte deux cas de contagion du nourrisson par sa nourrice (mere et merce-naire) ; la presence des bacilles a etc constatee dans le lait.
(1)nbsp; Bang, Le lait est-il virulent lorsque le pis est sain ? Munch, med. Woch., 14 oct. 1890.
(2)nbsp;H. MARTIN, Recherches ayant pour but de montrer la frequence de la tub. consecutive a l'inocul. du lait vendu a Paris sous les portes cocheres, Revue dc med., fev. 1884, p. 150.
(3)nbsp; Vallin, Rapport au Congres de la Haye, 1884.
(4)nbsp;Nocaud, Cours, toe. cit., p. 412.
(5)nbsp;Niepce, Contagion et transmission de la tuberculose, Grenoble, 1886.
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M. Galtier (1) a inocule du hüt de vaches phtisiques dont les ma-mellea etaient saines et les nisultats ont toujours ete negatifs. Nous rapprochons de ces experiences celles de Koubassof qui inocule la tuberculose ä une femelle de cobaye en pleine lactation et qui trouve des bacilles dans le lait pendant la deuxiöme semaine ; peut-6tre y avait-il dcjä des lesions mammaires.
H. Ernst, en 1889 (2), experimente sur 144 jattes de lait provenant de trente-six vaches tuberculeuses, sans lesions du pis. Dix-sept jat­tes, provenant de dix vaches, contiennent des bacilles (dans le lait möme et dans la creme). Les essais d'inoculation, sur des veaux et des cobayes, reussissent dans la moitie des cas. L'infection par la voie digestive ne reussit que sur un certain nombre de veaux et de porcelets.
Bollinger (3) observe que le lait de vache tuberculeuse perd ses proprietes virulentes lorsqu'on le dilue. Le melange de ce lait avec celui des vaches saines diminue beaucoup le danger.
Gebhardt (4), qui accepte cette opinion, trouve qu'il faut aumoins 820 bacilles pour determiner une tuberculose mortelle chez le cobaye.
Hirschberger, en 1890 (8), experimente sur des vaches tuees ä I'abattoir. Le lait est recueilli, apres section de la glande, et injecte dans le peritoine de cobayes. Sur vingt vaches examinees, onze don-nerent des resultats positifs ; trois faits positifs furent fournis par des vaches qui ne prcsentaient que des lesions restreintes du pou-mon. L'auteur en conclut que le lait de vaches tuberculeuses, k lesions möme localisees, peut ötre infectant.
Friis, en 1893 (6), injecte dans le peritoine de lapins, 5 a 10 cent.
(1)nbsp; GALTIER, Congres da tub., 1888, p. 76.
(2)nbsp; H. Ernst, How far may a cow be tuberculous before the milk becomes dangerous as a food supply, iVeio-Yorfe med./., 4889, p. 356 et Etudes sur la tub., 1888-90, p. 412.
(3)nbsp; Bollinger, De l'influence de la dilution sur l'activite du virus tuberculeux. Munch, med. Wochensch., 1889, p. 731.
(4)nbsp; Gerhardt, Rech. exp. sur l'influence de la dilution.... Arch. f. Path. u. PAyraquo;.,1890.
(5)nbsp; Hirschberger, Rech. exp. surlesqual. infect, du lait tub., D. Arch. f. klin. werf., 1890, p. 500.
(6)nbsp; Friis, Conlrib. ä la question litigieuse du peril de transmission de la tub. par le lait, Vgeskrift f. Laeger, 20 mars 1893. Rev. des sc. med., 1891,
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cubes de lait du commerce. Sur vingt-huit öchantillons, quatre ont donne des fails positifs ; ils provenaient de quatre vacheries renfer-fermant chacune vingt b trente animaux, dont un ou deux etaient atteints de tuberculose.
Gallavardin (1) cite Tobservation de dix-sept personnes qui con-sommerent pendant des mois, du lait de vache tuberculeuse, sans devenir phtisiques. Mais, en dehors des faits que nous avons dejä relates, Thiery, Brouardel (2), Nocard, Lydtin, Stang [Congrh de Bruxelles, 1883), Gornbes (1888), Demne, Landouzy et Napias {Con-gres d'kygiene, 1889), Dreyfus (1891), Legay, Greigbton, Segmund, Bang, Grancher et Hutinel, Legroux, Klebs, Johne et A. Ollivier, Pruemers (1893) ont rapportc des observations tres nettes de trans­mission de la tuberculose, a rhomme et aux animaux, par Ingestion de lait provenant de sujets tuberculeux.
II ressort clairement de cet expose que la virulence du lait des animaux tuberculeux est tres frequente. Cette virulence porsiste longtemps: eile est encore sensible au bout de dix jours. M. Galtier (3) a montre que la virulence persiste fort longtemps dans le petit lait et le fromage: rinoculation donne des resultats positifs apres huit mois et demi, avec du fro­mage sale' ou non. Laser (4) a vu que, dans le beurre, le ba-cille de Koch conserve sa vitalile aprös six jours, mais qu'il est tue au douzieme jour.
Le lait des animaux tuberculeux est done dangereux, en nature et par ses produits. Et Ton peut dire qu'il rdsulte de l'observation et de l'expe'rimentation, que le lait est, de tous les produits tuberculeux, de beaucoup le plus actif, le plus redoutable, surlout pour les jeunes sujets, et que le plus sür
(1)nbsp; Gallavardin, Lyon medical, 1891.
(2)nbsp; Academie de medecine, 1890, p. 23 et 130. (8) Galtier, C. R. deVAcad. des sciences, 1887.
(4) Laser, Zeitschr. f. Hyg. et Hyg. Bundschau, 15 Janvier 1892.
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tnoycn de provoquer latuberculose abdominale consistedans
l'ingestion du lait tuborculeux.
sect; 2. — IHesures pro|iliylaetif|ue8.
Nous avons dit que Segalas et Tanguy signalferent les pre­miers les dangers que pouvait presenter le lait des animaux tuberculeux. Mais il fallut les decouvertes de Villemin et de Cliauvoau pour que I'altention put etre defmitivement attirde sur ce point.
M. Ghauveau, des 1868, pensait que lelait pouvait etre dangereux, lorsqu'il cxiste des lösions tuberculeuses de la mamelle; complication tres frequente cbez les vaches phtisiques ainsi que I'avaient constate Naegeli, Degive, Van Hertsen, Fleming, Van Ow, Fischer, etc. (Lydtin).
Gerlach [loc. at.), apres ses remarquables recherches sur le lait tuberculeux, conseilla d'eloigner de la reproduction toute bete sus-pecte; de contröler severeinent l'origine et fetat de sante des-vaches qui doivent servir de nourrices aux eni'ants ; de preferer le lait de chevre (qu'il croit non tuberculisable); et, enfin, de toujours faire bouillir le lait, dans les cas douteux.
Reynal (1) cependant conclut ä rinnocuite du lait des animaux tu­berculeux.
Fleming {loc. ctt.) constate que le lait des vaches phtisiques est pauvre en matieres azotees, en graisse et en sucre ; il declare que la vente de ce lait ne devrait pas etre toleree, quand la muladie est arri-vee ä un degre avance, surtout pour l'alimentation des enfants.
Le Gongres d'bygiene de Dusseldorf, en 1876 (2), decide que le lait cru pouvant etre le vebicule des germes morbides, et speciale-ment de la ponnneliere, doit toujours (Hre bouilli, avant d'ötre livre a la consommation.
(1)nbsp; EtEYKAL, Traite de police sanitaire, Paris, 1873, p. 727.
(2)nbsp; Deutsch. Vierteljahr, f. off. Ges., t. 0, p. 61, 1877.
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M. Vallin disait, en 1878 (1), que dans les grandes villes, oil la tuberculose des vaches laitieres est frequente, on devrait soumettre le lait ä une ebullition complöte et prolongee avant de le faire servir ä ralimentation des eafants.
H. Bouley (2), Hugues (3) formulent les mömes conclusions.
Bollinger (loc. cit.) conseiile en outre de preferer, pour ralimen­tation des enfants, au lait de vaches adultes, le lalt de chevres rare-ment atteintes.
Au Gongrös international d'hygiene de Turin, en 1880 (4), Bizzo-zero, Nocard et Bassi font decider que I'usage du lait d'animaux tu-berculeux, surtout lorsqu'il est cru, pent etre dangereux, qu'il y a lieu d'instruire le public et d'engager les gouvernements ä prendre des mesures de police sanitaire rigoureuses.
Au Gongres international de Bruxelles, en 1883, Lydtin propose, dans son rapport, que le lait d'animaux atteints ou suspects de phti-sie pommeliere ne puisse etre employe, ni pour la consommation de l'homme, ni pour celle de certains animaux. La vente de pareil lait doit ötre severement defendue. Quant au lait des animaux suspects de contamination, il doit n'ötre employe qu'apres avoir ete bouilli.
Le Gongres d'hygiöne de La Haye, en 1884, vote, sur le rapport de Vallin, les conclusions suivantes : laquo; Le lait cru de vaches phtisi-ques est suspect et capable de transmettre la tuberculose. II est par-ticulierement dangereux, quand il existe chez ces vaches des altera­tions tuberculeuses des glandes mammaires. Le lait devrait toujours ötre consomme apres avoir ete bouilli raquo;.
H. Bouley, en 1884 (3), insiste sur la necessite dquot;un diagnostic certain, afin de pouvoir rejeter de la consommation le lait des va­ches tuberculeuses. 11 propose l'abatage de ces animaux, dans le but
(1)nbsp; quot;Vallin, Le lait des vaches phtisiques peut-il transm. la tub. ? Rev. d'hyg., 1878, p. 15.
(2)nbsp; H. Bouley, C. R. Academie des Sciences, 1880, p. 1581.
(3)nbsp; Hugues, Assemblee nat. d'hyg. de Bruxelles, 1880, Annales d'hyg. pub., 1880, p. 265.
(4)nbsp; Revue d'hygiene, 1880, p. !H2.
(5)nbsp; H. Bouley, Nature vivante de la contagion, 1884.
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de tarir ainsi une source possible d'infection tuberculeuse. II con-seille, enlin, de ne consominer le lait qu'apres ebullition.
Au CongTös sanitaire de 1885, M. Nocard i'ait decider que les con-sommateurs seront engages k faire bouillir le lait de provenance in-connue, avant del'ingerer. II deinande meme, en 1891 (1), que cctte precaution soit prise contre le lait de toute vache.
Au Congres de 1888, M. Nocard constate que le lait n'est virulent que lorsque la mamelle est tuberculeuse : mais le diagnostic de cette localisation etant trös difficile et souvent möme impossible, il pense qu'on doit agir ä l'egard des vaches tuberculeuses, comme si la ma­melle etait toujours envahie. II ne croit pas necessaire d'interdire, d'une facon absolue, la vente du lait pro tenant de vaches tubercu­leuses, et recoiuniande de souinettre ä rebullition tout lait de prove­nance douteuse. M. Landouzy insiste sur le role considerable de I'ali-mentation, surtout de ['alimentation lactee artificielle, au point de vue de la frequence et de la patbogenie de la tuberculose chez I'en-fant; il ajoute que la prophylaxie de la tuberculose sera facile a rea-liser, si on proclame bien haut qu'il ne faut donner k l'enfant que du lait bouilli, le lait cru etant dangereux.
Le Congres decide : laquo; qu'il y a lieu de soumettre ä une surveil­lance speciale, les vaches destinees k la production industrielle du lait, pour s'assurer que les vaches ne sont pas atteintes de maladies contagieuses, susceptibles de se communiquer k 1'homme raquo;.
Nous arrivons ainsi, en suivant la marcbe chronologique que nous avons adoptee, au decretdu 28 juillet 1888 qui or-donna I'application, contre la tuberculose des bovides, des mesures tie declaration, de surveillance, d'isolement, de se­questration et de desinfection prescrites par les loi et regle-menls sanilaires. L'arretö ministeriel, du28 juillet 1888, ren-du pour rexecution de ces dispositions, ditdans son article 13:
La vente et Tusage du lait provenant de vaches tuberculeuses sont interclits. (1) Nocard, Acadimie de midecine, 24 fevrier 1891.
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Toütefois lc lait pourra etre utilis4sur place pour la nour-riturp. des animaux, apres avoir ete bouilli.
La question du lait de vaches rccolaquo;mlaquo;?s tuberculeuses dlait done legalement tranchee. Mais nous verrons qu'en raison des difficultds du diagnostic, bon nombre d'animauxtuberculeux peuvent continuer longtemps ä fournir ä laconsommation pu-blique un lait dangereux, avant d'etre l'objet de mesures sa-nitaires, en admettant meme que le nourrisseur mette toule la diligence et la bonne volontö necessaires pour faire les de­clarations ordonnöes par la loi. La question des dangers offerts par la consommation du lait ordinaire ou marchand, n'est done pas resolue par l'arrete reglementaire du 28 juil-let 1888. Nous allons voir quelles mesures ont dtö proposees depuis cette äpoque.
Le congrös d'hygiöne de 1889 recommiinde, dans ses instructions, d'employer exclusivement le lait bouilli pour l'allaitcment artificiel.
Villemin, dans son rapport ä TAcademie, en 1889 (1), declare que le lait de vache ne doit etre consomme que bouilli, que le lait d'anesse ou de chevre offre infmiment moins de danger ä ötre donne non bouilli, que la mere tuberculeuse ne doit pas nourrir son enfant. L'Academie emit le vceu suivant, apres une longue discussion : laquo; La tuberculose est une maladie parasitaire et contagieuse. Le parasite se trouve quelquefois dans le lait des vaches tuberculeuses; il est done prudent de n'employer le lait qu'apres I'avoir fait bouillir, surtout lorsqu'il est destine a l'alimentation des jeunes enfants raquo;.
Au Gongres pour l'etude de la tuberculose, de 1891, la conclusion suivante fut adoptee : laquo; II y a urgence äsoumettre, aussi viteque pos­sible, ä une surveillance sanitaire, les vacheries industrielles desti-nees äla vente du lait en nature, entretenues dans les villes ou äleur voisinage raquo; (Laquerriere).
(1) Villemin, Sur la prophylaxie de la tub., Bull.de VAcad. de med., 30 juil-let 1889 ä Janvier 1890 (t. 23, p. 140).
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Priis [loc. dt.) conseille de contröler l'etat sanitaire des vaCberies qui approvisionuent une ville, en faisant fi'equenimeut des inocula­tions du lait cju'elles produisent, ä des lupins.
Eber et Johne (1) demandent que, par l'application des injections de tuberculine, on puisse pratiquer Tisolement et l'abatage de tous les animaux tuberculeux. Le lait des animaux atteints ou suspects ne peut servir qu'ä ['alimentation des betes, aprös avoir subi la cuisson.
Enfin, au Congres de 18!)3, M. Nocard a aussi proposö de rendre possible, par les injections revelatrices, la separation des animaux sains des animaux malades : le lait de tous ceux-ci ne serait pas for-cement exclu de la consommation, il suffirait de reglementer la vente de ce lait et de le steriliser par la chaleur.
En resume, l'accord est a peu pres unanime pour rejeter de la consommation le lait des animaux tuberculeux. On a dit, non sans raison, que la virulence du lait n'avait lieu quo lorsqu'il existait des lesions tuberculeuscs de la mamelle et que, des lors il suffisail d'ecarter les animaux qui presen-teraient ces localisations. Mais le diagnostic de la mammite tuberculeuse, si Ircquente et qui parfois meme semble elre une localisation initiale de l'infection tuberculeuse, ce dia­gnostic est fort difficile, souvent impossible au debut. Teile mamelle, qui semble saine au palper, renferme en realite de petites granulations ou dos infiltrations limitöes (Bang). La grande frequence de la tuberculose mammaire et les difficul-tes du diagnostic font que le lait de toule vache tuberculeuse doit etre considere comme suspect, sinon dangereux. De plus, lorsque la maladie est assez avancöe, le lait devient pauvre en matiöres azote'es, en graisse et en sucre, ce n'est plus qu'un aliment de mediocre valeur nutritive, qui ne
(1) Eber et Joiine, Mesures sanitaires a prendre contre la tuberculose des bo-vides, Zeitschr. f. Fleisch, und. milch. Hyg. et Hyg. Rundsch., iquot; avril 1893, p. 320.
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meritc pas les soins d'une sterilisation minutieuse. Nous pen-sons meme, que son utilisation apres ebullition, pour I'ali-mentation des animaux, ne devrail pas etre autorisee, dans les conditions actuelles. Celait tuberculeux doitservir, pres-que exclusivement ä lanourriture des pores ; or, nous savons avec quelle facilite le pore s'infecte par i'mtestin ; il suffit done d'une negligence, d'une cuisson incomplete, pour que ce lait devienne un agent de propagation de la maladie. Enfin, cetle condition d'ebullition ne peut guere etre pratiquoment contrölee ; eile devient lettre mortc et ouvre la porte ä une fraude dangereuse pour la sante publique.
Le lait ordinaire ou marchand, vendu dans les laileries urbaincs, merite aussi toute rattention de i'liygieniste. Gebhardt et Bollinger ont pense que le lait tuberculeux per-dail ses proprietes nocives, par son melange avec une grande quantite de lait normal (40 h iOO fois son volume). Les expe­riences de II. Martin et de Friis prouvent que ce lait peut etre virulent.
L'ebullition de ce lait, de provenance doutense, a ete con-seillee par presque tous les auteurs. Klebs (/oc. cit.) acepen-dant obtenu la tubcrculisation d'un cobaye par ingestion de lait bouilli. Mais les experiences de Bollinger, Aufrecht, May, avec le lait bouilli, ont toujours donne des resultats negatifs. H. Martin, qui dans ses experiences sur le lait tuberculeux cru, faisait toujours la contre-e'preuve avec du lait tubercu­leux bouilli, n'a jamais obtenu la tubcrculisation de ses ani­maux lemoins. Les recherchesde Yallin(I), de Toussaint (2),
(1)nbsp; Vallin, Revue d'hygiene, 1881, p. 177 et 1883, p. 92.
(2)nbsp; Toussaint, Acad. des sciences, lcraout 1881 el in Bouley, toe. cit., p. 217. Moreaunbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i
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de Koch, de Parrot et H. Martin (1), de Bang, de Bitter, de Cliauveau et Arloing, de Galtier, etc., ont prouvd que la ma­uere tuberculeuse perd ses proprietes ä partir de 75deg;. Ces experimentatcurs ont vu que l'intensite d'aetion de la cha-leur etait fonetion du temps. Forster (2) a prouve röcemment qu'cn chauffant le lait lentementetdirectement dans des reci­pients, il faut pour liier le bacillo de Koch : qualre heures, ä 5uu; une heurc, ä 60deg;; quinze minutes, ä 63deg;; dix minutes, h 70deg;; cinq minutes, a 80deg;; deux minutes, ä 90% et une minute, a 93deg;. D'un autre cote, MM. Grancher et Ledoux-Lebard (3) out montre que les cultures humides du bacille tuberculeux sout tuecs en cinq minutes entre 60 et 70deg;, et en une demi-heureä 100deg;; avec la chaleur seche la virulence persiste a 70deg;, s'allenue lentementä 100deg;. Une temperature de 120 ä 123deg;, mume seche, eteintinslanlane'ment la virulence tuberculeuse.
L'ebullition du lait douteux doit etre reelle et durer au moins trois minutes (Aufrecht). Le lait montc ä 80deg;, il faut doncconlinuer lacuisson quelque temps aprös la montee pour obtenir I'ebuliition du lait: la temperature atteint alors 101o3 et quelques minutes sul'fisent pour assurer la sterilisation.
On a accuse le lait bouilli d'etre indigeste. La sterilisation par chauffagc en vase clos, jusqu'ä 100deg;, au moyen du bain-marie ou dc la vapeur, ne mörile pas cc reproche (Rougeot, Legay, Hard, Escherich, Soxhlct, etc.). Heubner et Uhligont demontre que le lait sterilise constituait le meilleur traite-mentde I'athrepsie ; IIyac-Kuborn,Demme, Mme Henry,Sil-veslre, M. Pinard, M. Budin, etc., ont constate cliniquement
(1)nbsp; Parrot et H. Martin, Revue de medecine, oclobie 1883, p. 809.
(2)nbsp; Forster,Ueber die Einwirkung hoher Temperalurer... Hyg. üunrf.,1893, p. 669.
(3)nbsp; Grancher ot LEDOUX-LEBARD, Arch, de med. exp4r., 1892, p. 1 k 27.
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— ol­les bons effels de la sterilisation du iail. Le lait slerilisö se-ruil d'unc digestibility plus facile, grace ä la division plus grande du coagulum qu'il donne dans I'estomac (Duclaux) (1), ou parJa plus grande lenleur de sa coagulation (Pages) (2).
Une autrc methode consistc dans la pasteurisation : le lait estchauffeau bain-marie ouäla vapcur. h 70-80deg;, puis refroidi brusquement. Les proeddes sont nombreux, un dos meilleurs est celui de Nencki ct Zawadzki, bas6 sur la metliode des chauffages intermittenls de Tyndall : on chauffe deux 1'ois jusqu'ä 70deg;, pendant trente minutes.
La chaleur, convenablement appliquee, presonle en outre l'avantage de purger le lait ordinaire do sa trop grande ri-chessc bacteriennnc. Le lait, expose ä de nombreuses causes de souiilure, conslitue un excellent milieu de culture ou les microbes, palhogenes et sapropbytes, pullulent ä i'infini. Le lait marchand. qui pent renfermcr vingt-cinq millions de bacteries par centimetre cube, n'en renferme plus que dix mille lorsqu'il aete Iraitd ä 75-80deg; (Itard).
Lechauffage rationnel du lait sembledonc donner, au point de vue qui nous occupe, toutes les garantics. Cependant les experiences deMaffucci (3), qui constate la loxicite', par injec­tion et Ingestion, des cultures de bacilles tuborculeux cbauf-iees ä 100deg;, celles de Kostiurino, et Krainsky (4), Hammers­chlag (5), Weyl (6), Prüden et Uodenpyl (7), qui etudient les proprietes physiologiquesdu poison (toxo-mucine)etrisolent,
(1)nbsp; Dlclaux, Annales de l'Insiitut Pasteur, 18H9, p. 085.
(2)nbsp;Paoks, Academie des sciences, i juin 189i.
(3)nbsp; Maffuci, Cenli: f. allg. Path., 15 dec;. 1890. Sem. tn4d., 1891, p. 455.
(4)nbsp; Kostiurine et Krainsky, Vralch, n0raquo; 2 et 3, 1891.
(5)nbsp; Hammerschlag, Centr. f. kiln. MM., nraquo; 1, 1891. (ß) Weyl, Deutsch, med. Woch., 1891.
(7) Prüden et Hodenpyl, New-York med. J., juin 1891.
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enfin celles do Straus el Gamaleia (1), qui d^criventles lesions de la necro-tuborcidose, vicnnent jelorunsinguliercloute sur rei'iicacile de la sterilisalion. Le poison Inbcrculcux resiste-rait. El Ton arrive ä cettc conclusion que la meilleure ma-niere de preserver le lait de la contamination tuberculeuse, serait de pouvoir ecarter de la production laitiöre, des le de­but de la maladie, les vaches atteintes de tuberculose. Nous allons voir que de ce cote nous avons en main un puissant moyen, qui n'a plus besoin que de la sanction legale.
Diagnostic de la tuberculose des betes laitiamp;res. — Une condition primordiale dans l'application des mesures pro-phylactiques coucornant 1c lait tuberculeux, e'est de pouvoir elablir le diagnostic de la maladie, chez les betes laitieres, mome des la premiere periodo.
La tuberculose de la clievre etant extrememont rare et celle de l'änesse encore inobservee, nous n'aurons en vue que la pommelierc on pbtisie des vaclies laitieres.
A sa periode initiale, la maladie est extremement difficile a diagnostiquer : il arrive meme souvent que les lesions pulmo-naires restent longtomps compatibles avec les apparences ex-terieures de la saute. L'animal continue ä donner du lait, il peutmeme engraisser, ainsi que le prouve I'exemple decette bete primee au Concours agricolc de 1884, et qui presenta a l'abalage des lesions pleuio-pulmonaires etendues.
La loux, acctte periode, est lesignele plus significatif, en­core n'est-clle pas constanto : clle n'a pas de valeur pathogno-moniquc. L'oxploration dc la poitrine est ne'eessairement fort
(1) Straus cl GMiALtlA-Arcldves cle med. expervn., 1891.— Gamalkia, Eludes Verneuil, 18(J2, p. 43S.
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incomplötc : la percussion et rauscullation des fosses sus el sous-cpineuses sont rendues impossibles par I'epaisseur considerable des plans osseux, nlusculaires et cutane. L'e-paule, portee en avant par la traction du membre dans cette direction, ne döcouvrc jamais completement le sommet cor-respondant.
Lydtin (1) a donne comme moyen de diagnostic au debut, une sensibilitc et une tunidfaction anormales des ganglions lymphatiques cervicaux (superieurs, moyens et inferieurs), de ceux de l'entree de la poitrine, et parfois de ceux dc I'aine.
A la deuxieme periode, le diagnostic peut etre fait par la percussion et l'auscultation (les le'sions s'etendent dans les parties accessibles de la poitrine), par la toux et les symplo-mesgeneraux. Mais jusqu'ti ce moment, I'animala pu fournir ä l'alimentation bumaine un lait infectö, car, nous I'avons dit, la mamelle peut etre prise des la premiere periode.
Dans la forme abdominale, le diagaostic au debut est pour ainsi dire impossible : aucun signene permet, a cette pe'riode, de soupconner meme rexistence de la maladie.
La bact^riologie a permis de controler le diagnostic clini-que, mais eile n'a pas fait avancer de bcaucoup la question du diagnostic precoce. Ge n'estenelTet qu'aune periode assez avancee, que l'expectoration est süffisante pour permettre de recueillir le muco-pus. Les animaux ne crachent pas, comme on sait, et il est necessaire d'employer divers artifices pour se procurer le produit virulent: immobilisation de la langue (Nocard), ponction de la trachde (Pools), ecouvillonnage du pharynx (Nocard), ou enfin, I'injection sous-cutanee d'eserine
(i) LvniiN, Rapport au Congres de Bruxelles. 1883.
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on do veialrino qui determine la production d'an jetage que
Ton pent examiner (Gagny).
L'inoculation an cobaye, dejä indiquee commo moyen de diagnostic par W. Marcel, en 1869, pent elre faite avec les memes produits d'expecloration, soit par injection sous-cuta-nee, soit par injection pcrilon6ale. C'est encore un moyen de contröle du diagnostic clinique, plus sür que I'examen histo-chimique, mais ne permetlant pas plus que lui le diagnostic du debut.
II en estde memederinoculation de la cliambre anterieure do I'tcil du lapin, moyen indique par Baumgarlcn (1), par Cohnheim et Salomonsen, puis par Leclaincbe et Greffier (2).
Peuch (3), ayant observe des cas oülepus de seton de va-ches tuberculeuses etait inoculablc an cobaye, proposa d'em-ployer l'application de cet exutoire pour le diagnostic des cas douteux. Dans une experience, sur dix cobayes, il a obtenu trois cas de tuberculisation. Ce procede ne presente certaine-ment pas les garanties des precedents.
L'examen direct de la glande mammaire ne donne pas tonics les garanties qu'on serait tente d'esperer. Les lesions, ordinairemenl peu volumineuscs, sont le plus souvent diffuses dans repaisscur de l'organe el frequemment le palper le plus minutieux ne pent los deceler (Bang).
Le lait, a une periode assez avancee de lamaladie, devient serenx et bleuätrc, il conlient parfois des tlocons fibrineux. Par le i-e|)os dans un vase conique, il laisse deposer dans ses coucbes inierienrcs les microbes qu'il renferme; ces parties
(1)nbsp; BAtiMOARTEN, Berliner klin. Woch., 1880, p. 697.
(2)nbsp; Leclainche ot Greffier, C. R. de la Societe de hiolucjie, 1891, p. 513. (;3) Peocu, C. li. Acad. des'sciences, 1881), p. 193.
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peuvent etre examinees au point de vue de la rdaction colo-rante de Koch-Ehrlich, ou par l'inoculation peritoneale au cobaye.
Get examen microbiologique du iait semble bien 1c moyen le plus sür d'ölablir son innocuite ; mais il demande des pre­cautions tres grandes pour le prelevemcnt sur lesanimaux, il exige un delai d'au moins quinze jours, forgant d'ajourner la decision, enfinildoit etre frequemment renouvele. C'estdonc un procede dispendieux, peu pratique, inapplicable a un grand nombre d'animaux.
Epreuve de la tuberculine. — L'extrait glycerine des cul­tures du bacille tuberculeux. lympheou tuberculine de Koch, le remede trop vante, est devenu un precieux instrument de diagnostic de la tuberculose, surtoutau debut.
R. Koch avait annonce (4 aoüt 1890) que la rdaction febrile, qui suivait Tinjection de ce produit chez les tuberculeux, pourrait 6tre utilisee pour devoiler la maladic dans les cas douteux. On sait combien les essais curatifs et diagnostiques de la tuberculine farent desastreuxsur I'liomme. La maladie recevait un coup de fouet et la terminaison fatale etait preci-pitee. Chez les animaux^ ces graves inconvenients perdaient toute leur importance.
Les experiences faites par la Societe veterinaire pratique, en fevrier, avril etjuillet 1891, aboutirent aux conclusions suivantes du rapport de M. le Professeur Barrier (1).
L'injection de doses süffisantes de tuberculine dans le tissu conjonc-tif, determine ordinairement, chez les bovides tuberculeux, une ele-
(l) IJarrier, Recherohes experimentales sur les effets de la tuberculine de n. Koch. RecueildemM. vet., 1891, p. 469.
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ration de temperature, line acceleration du pouls et de la respira­tion, ainsi rjne qnelques autres modifications generales de moindre importance.
Parmi ces manifestations reactionnelles, Thyperthermie est la plus nette et la plus constante, mais pas toujours la plus reguliere.
La reaction se manifeste d'habitude entre la quinzieme et la ving-tieme lieure, souvent eile est plus precoce (huit lieures); parfois eile est plus tardive (quarante-lmit lieures ou davantage).
L'intensite de la reaction peut nepas correspondre ä 1'etenduedes lesions.
Les sujets cjui ne reagissent pas ou qui reagissent incompletement, doivent etre mis en observation et reinocules avec une forte dose, apres deux ou trois mois.
Les animaux sains ne reagissent pas ordinairement, sauf dans cer­tains cas exceptionnels, et ce, faiblement.
Les sujets (vaches) tuberculeux encore vigoureux ont bien resistc h la dose de 30 centigr. de tuberculine nouvelle. Seuls les cacliec-tiques ont succombe, mörne ädes doses beaucoup moins fortes.
Conclusions generales. — En employant des la premiöre injection une forte dose de tuberculine (environ 50 centigr.), apres repos et observation prealables des sujets, il y a beaucoup de chances d'obte-nir avec cette substance une reaction suffisamment nette et rapide sur les sujets tuberculeux. La mörne injection a, par contre, toutes chances de ne rien produire ou de ne determiner qu'une hyperther-mie insignifiante sur les bovides sains ouhabituellcmentapyretiques.
Dans ces conditions, la tuberculine peut done constituer — si Ton sait la manier et si Ton en connait factivite — un moyen adjuvant d'une certaine importance pour I'etablissetnent du diagnostic precoce de la tuberculose.
M. Nocard a aussi contribue par dc nombreux travaux (j) jt-etablir definitivement la vaieur de ce procedö. 11 a proiive par
(1) Nocard, Congres tub., julllet 1891. Annales d'hyg. publ., 1891, p. WI7. Acad. de med., 13 octobre et 24 novembre 1891. .Soc. centr. de med. vet., 12 no-vernbre 1891. Annales Pasteur, 25 Janvier 1892. Soc. vet. prat., 9 juin 1892 . Annales d'hyg. pHhl.,iS92, p. 385, Congres tub., 1893.
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— Si­de nombreuses experiences que la reaction fdbrile intense, provoqueo par la tuberculine chez les sujets tuberculeux, permet d'affirmer l'existence de lesions, mßmetout äfaitr^-centes et si limitees que les moyens ordinaires eussent et6 impuissants ä faire meme soupgonner.
M. Arloing (1) a objects que la reaction pent manquer sur des sujets tuberculeux ou se produire sur des animaux sains. 11 s'appuie sur ses propres experiences et sur celles de Ritt (Munich), de Lothes (Crefeld), de Gensert (Merseburg), dc Schwartz, de Hutyra (Buda-Pesth), de Van Leeuven. Mais M. Nocard repond que chez les animaux tres tuberculeux, ä reaction febrile intense, la tuberculine nc donne pas en effet de surölevation thermique sensible : ces animaux dtant dejä auto-vaccines par la toxine tuberculeuse qu'ils secretent en abondance. Dans ces cas, les signes cliniques sont suffisam-ment nets et rendent l'epreuve rövelatrice inutile. D'un autre cötS, il semble que l'intensite de la reaction est en raison inverse de l'etendue des lesions ; dans des observations nom­breuses, une hyperthermie de 2 ou 3deg; a ete observee chez des animaux a I'autopsie desquels une recherche minutieuse avait seule permis de döceler dans le poumon une nodosite tuber­culeuse du volume d'une noix (Nocard, Degive). M. Nocard pense que las cas de reaction sans Idsion sont des cas mal observes, laquo; on n'a pas bien cherche raquo;.
Les injections de tuberculine ne provoquent pas I'avorte-ment, clles ne modifient ni la quantite, ni la qualite du lait; aussi M. Nocard a-l-il propose de soumettre a I'injection rcvelatrice tousles animaux des exploitations oü Ton a cons-
(l) Arloing, Congres tub., 1891 et Journal de med. vet. de Lyon, mars 1891.
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täte, oü Ton redoute ['existence de la tuberculose, d'isoler ceux qui prescntont la reaction caractöristique, et enfin de soumettre les nouveaux sujets introduits ä la mömeepreuve.
Les experiences de Bang, Salomonsen, Guttmann, Delvos, Baivy, Leclainche, Bockum, Dollfs, Ujhelgi, etc. furentaussi concluantes que celles de Nocard.
Roeckl, Schuetz et Lydtin (1) ont pubiie le resultat d'ex-periences entrepriscs parl'office sanitaire allemand etle gou-vernemenl Ladois, sur la valeur diagnostique de la tubercu-line. Ils concluent que l'utilile de l'injection de tuberculine s'est revelee, non seulement sur des animaux plus ou moins suspects, mais encore et surtout chez ceux d'apparence abso-lumcnt sainc, qui furent trouves tuberculeux ä Tautopsie. Comme dans les experiences de M. Nocard, un petit nombre de sujets, qui ontreagi, ont presente diverses lesions paren-chymateuses non tuberculeuses(abces pulmonaire, lympho-sarcome de larate, kystes hydatiques compliquös d'adönites ou d'angiocholiles suppurees, cirrhose du foie). Ces faits ne sauraient etre invoques contre l'utilite de l'epreuve revöla-trice : ils prouvent au contraire, qu'en dehors de relimination des sujets tuberculeux, l'epreuve hypcrthermique permet d'ecarter des animaux atteints de tares organiques incura­bles et incompatibles avec les exigences de la secretion lactee.
Siedamgrotzki (2), aprös un grand nombre d'experiences concluan­tes, dcmande l'isolement des animaux qui donnent la reaction carac-teristique; il ajoute (jue l'achat des animaux destines ä l'elevage de-vrait etre precede d'une inoculation de tuberculine. Les miimes mcsures sont reclamees par Eber et Johne [loc. eil.).
(1)nbsp; Arb. aus dem k. Gesundhamte VII et Hyg. Rund., II, 15 octobre 1892.
(2)nbsp; Siedamorotzki, Bericht uebc.r das Veler. Wes. im Kcenigr. Sachsen pro 1891 et Hyg. Hund., If) juillet 1893, p. 645.
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Degive, Dessartet Strubbe, Siegen, Nocard ont rapporte, auxGon-gres de 1891 et de 1893, un grand nombre d'experiences confirrnant la haute valeur de l'injection r6v6latrice. 11s concluent en reclamant l'application de l'epreuve diagnostique ätous les bovides. Le Congres de 1893 a emis le voeu que tout animal presente ä un concours sub-ventionnö par I'Etat soil prealablement soumis ä l'epreuve de la tu-berculine.
Eq somme, la tuberculine possede ä l'egard des bovides tuberculeux, une action specilique inconlestable, se traduisant surtout par une notable ölevalion de temperature. Eile pro-voque, ä forte dose (30 ä 40 cenligr.), chez les tuberculeux, une hyperlhermie de 1 ä 3 degres, qui apparait le plus sou-vent entre la 12quot; et lal5c heure apres Tinjection. La reaction est d'aulant plus nelte, que la lesion est plus limitee. Son emploi systematique permet de faire aisement, rapidement eta peu de frais, la prophylaxie de la tuberculose des bovides (Nocard) (1).
L'inoculation de la tuberculine devraitdonc elre appliquee dans toutes les etablcs, sur los vaciies qui s'y trouvent et sur celles, nouvellement acquiscs, qui doivent y entrer. On ar-rivera parce moyenäöcarter de la production dulait desani-maux dont le bon etat de sante apparent deroute les moyens de diagnostic ordinaires, et qui peuvent etre conside'rds comme un veritable danger public.
Pendant l'annöe 1893, le Service sanilaire vcterinaire de la Seine (2) a conslate 78 cas dc tuberculose sur les 18.819 bovides qui peuplent les 1.517 etables du departement. II est
(t) Nocard, Congres pour l'etude de la tub., 18U3.
(2) Alexandre, Rapport sur les maladies contagieuses observres dans le departement de la Seine, pendant Vanne'e 1803.
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certes bien stabil que les conditions de l'industrie laitiere onl etc completemcnt Iransformces dans la region pari-sienne : le noumsseur n'achete que des betes en pleine lac­tation (aussitot la mise bas), il ne les garde qu'un an en moyenne et s'en debarrasse des que la secretion lact^e devient insuffisante (1). On est cependant en droit de se de-mander si l'epreuve dc latuberculine, regulierement appli-quee, n'augmenterait pas de beaucoup les cas de tuberculose constates. L'emploi de la malleine n'a-t-il pas permis de ddceler de nombreux cas de morve, parmi des populations chevalines reputees indemnes ?
Dans les regions oü les animaux sejournent plus long-(onips dans 1'exploitation, l'öprcuve revölatrice devrait ne-cossairement etrc renouvelee periodiquement, au moinstous les ans, afm de pouvoir inlervenir assez tot si des cas do tu­berculose venaient ä se developper.
(1) Nocard, Annales d'hyg. publ., 1892, t. 28, p. 285.
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CHAP1TRE III
Viande des animaux tuberculeux.
Les parties des animaux qui servent ä Falimentation cle 1'homme, les viandes, com portent non seulement le tissu musculaire, mais encore le tissu conjonclif et ses varietes, les nerfs, les vaisseaux sanguins, les lymphatiques et leurs gan­glions. Nous verrons plus loin quelle importance nous atta-chons äcette constatation. II convient encore de tenircomptc d'une cerlaine quantite de sang, retenue dans les capillaires musculaires el dans les veines plus ou moins incomplctement videes, qucl que soit le mode d'abatage.
SI.— Vimleiice. — Coiitagiosit6.
Lorsqu'il fut dtabli, par les experiences de M. Chauveau en 1868, que le tube digestif constitue une voie des mieux dis-posees pour l'entree du virus tuberculeux, Ton se demanda si la chair des bovides ne serait pas une des causes principalcs de la propagation de la luberculose humaine. Nous avons vu, ä la fin de notre premier chapitre, comment Fleming, Tous-saint et surtout II. Bouley out montre toute l'importance de la tuberculose des animaux alimentaires, au point de vue de l'hygiene publique et privde.
Un grand nombre d'experienccs onl ete entreprises, concer-nant la virulence des viandes des animaux tuberculeux et leur partd'influence dans la contagiosite de la phtisie.
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Günther et Harms, en 1871 (1), obtiennent la tuberculisation de deux lupins sur qaatre .mxquels ils ont fait ingerer 5 grammes de viande crue provenant d'un pore ä lesions extremement accentuees.
Zi'irn d'Iena, rend tuberculeux des porcs et des lapins en leur fui-sant ingerer de la viande d'une vache phtisique.
Bollinger, en 1873 [loc. cit.), resumant les experiences faites sur ringestion de chairs de bovides spontanement tuberculeux, ou infectes artiflciellement, dit que sur qaatre porcs on a obtenu la tuberculisa­tion generale ou des alterations ganglionnaires; mais que sur les la-pins, les resultats furent negatifs.
Gerlach, en 1874 (2), obtient trois resultats positifs sur sept por-celets qui ingerent, en plusieurs jours, cbacun dix livres de viande de vache tuberculeuse ; mais sur neut'lapins et quatre chiens la meine viande ingeree ne donne aucun fait positif. Avec la viande de mou-ton tuberculeux, il rend tuberculeux deux porcs qui en furent nour-ris pendant trois jours. Avec de la chair de bouc tuberculeux, Ger­lach nquot;obtient aucun resultat sur deux lapins qui ingerent, pendant trois jours, 3 ii 5 grammes de cette viande ; tandis qu'avec la meme ration de chair provenant d'un pore tres tuberculeux, il infecte deux lapins sur quatre.
Semmer, en 187C {loc. cil.), nourrit plus de cent chiens avec des viandes tuberculeuses, mais aucun ne devient tuberculeux.
Toussaint (3), en 1880, inangure les experiences d'injection de sue musculaire. II injecte sous la peau d'un pore de cinq mois 2 cc. dejus provenant des muscles ischio-tibiaux d'une vache tuberculeuse ; le pore devint rapidement tuberculeux, L'annee d'apres, Toussaint determine des lesions de tuberculose generalisee sur quatre lapins auxquels il ainocule le sue provenant des muscles de la cnissed'une truie tuberculeuse ; pour deux de ces lapins les muscles ont ete cuits prealablement sur le rechaud ä gaz laquo; comme des biftecks qui donnent le jus rouge raquo;. Toussaint fait ressortir le danger des viandes crues
(1)nbsp;GoNTHEB et Harms, Versuc/ze ueher Tub. Mag, f. d. ger. Thierh, 1871,p. 150.
(2)nbsp;GERLACH, Isl das Fleisch von persüchtigon Rindern... Arch. f. Wiss. u. prakt. Thierh. Berlin, 1875, p. 1 ä 42.
(3)nbsp; Toussaint, C K. Acad. des sciences, 8 juin 1880,8 aont 1881, p. 281.
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ou peu cuites laquo; l'infection se faisant aussi facilement par ingestion ([lie par inoculation raquo;. Plus tard (1), il fait ingerer ä cinq lapins du jus exprime d'un raorceau de muscle pris sur un boeuf tres gras, muis prcsentant de gros tubercules caseeux dans les poumons; cette viande a ete prealablement chauffee sur un gril jusqu'a ce que le thenno-metre marquät 52deg; dans son centre : les cinq lapins devinrent tuber-culeux. Mömes resultats avec les jus chaulfes, ä 61,63, 65, 70 et 71deg;. De möme avec le jus de viande inocule ä une genisse.
M. Galtier, de 1879 ä 1881 (2), experimente sur le sue musculaire provenant de bötes tuberculeuses: il obtient la tuberculisation de deux series sur quinze, par Finoculation sous-cutanee ä des lapins (1 cc.) et ä des moutons (8 cc). En 1888 (3), il publie une nouvelle serie derecherches portant sur les muscles de sept \aches atteintes de lesions tuberculeuses etendues; le sue musculaire est inocule sous lapeau, dans le peritoine ou dans les veines de seize cobayes et de deux lapins : quatre cobayes deviennent tuberculeux. En 1891 et 1892 (4) M. Galtier rapporte les resultats de nouvelles experiences sur Tingestion de viandes provenant de seize animaux tuberculeux : les quatre chiens, le cliat et les deux poules qui furent ainsi nourris ne donnerent aueun fait positif. II en fut de ni(!me dans quatre expe­riences analogues sur des cobayes. Deux veaux, qui prirent, en plu-sieurs fois, un kilogr. de viande tuberculeuse, n'ont puetre infectes.
Enfinen 1892,1893, M. Galtier (o) nourrit deux porcs de qualre mois avec des viandes provenant de vaches tuberculeuses et prelevees dans les regions superieures des membres posterieurs et dans les cuis-ses; chaque porc prend ainsi ii des intervalles de 50 jours et 3 mois, huit kilogr. etdemi de viandes, en trois fois ; ils sont ensuite sacrifics.
(1)nbsp;Touss.mnt in BoULEY, Nature vivante de la contagion, 1884, p. 217 et Recueilde mäd. vet., 1885, p. 331.
(2)nbsp;Galtier, Tratte des maladies contagieuses, l'quot; ed., p. 575.
(3)nbsp;Galtier, Des dangers auxquels expose l'usage de la viande, Congres tub., 1888, t. 1, p. 76.
(#9632;i) Galtier, Nouvelles recherches, Journal de med. vet., Lyon, IS'.U, p. 5. — Galtier, Dangers des viandes d'animaux tub.. Ibid., 1892, p. 4(50. (5) Galtier, Recueil de med. vet., avril 1893, p. 185.
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au bout de quatre mois et demi et ne presentent aucune trace de le­sion.
Kolli, ea 1H82 (1), observe troispores nourrisde viandeprovenant d'aniinaux tubereuleux, qui prennent la tuberculose generalisee. Schmidt a vu presque tuutes les ponies d'nn proprietaire mourir de tuberculose, avec des lesions tres accentuces du foie, apres ingestion de viandes dquot;un boeuf trüs tubereuleux.
Johne, en 18!)3(/oc. cil.) resume cinquante-six experiences faites sur l'ingestion des viandes ernes provenant d'animaux phtisiques : on obtint 13,1 pour 100 de faits positifs et 86,9 de neyatifs; (avec la raatiere tuberculeuse de Denisse, on a 65,6 pour 100 de faits posi­tifs).
M. Vallin, au Gongres de la Haye, en 1884 (2), rapporteles resul-tats obtenus en injectant dans le peritoine de douze cobayes, du sue musculalre obtenu par räclage des muscles d'un cobaye tubereu­leux; ce sue etait prdalablement chaulle a des temperatures variant de 45 ä 80deg;. 1! n'eut que des resultats negatifs, qu'il attribuea.ee que la tuberculose du cobaye qui avaitfourni le sue, n'etuit pas tres avan-cee, bien qu'elle int etendue au foie, ä la rate, aux ganglions mesen-teriques, au poutnon et aux plevres.
M. Chauveau (3) a injecte [)lusieurs fois da sac muscnlaire prove­nant d'animaux tubereuleux, il n'a obtenu qu'un fait positif: dans ce cas ranimai qui avait fourni le sue etait atteint de tuberculose ge-neralisee.
Wesener, de 1805 ä 1884, a reuni trente-deux experiences faites avec la viande des bovides tubereuleux donneecomine nourriture : le pore s'est montre I'animal le plus sensible, et le ehien tout ä fait re-fractaire ; la viande bouillie n'a donne que des resultats negatifs.
M. Nocard, en 1883 (4), public ses importantes recherehes sur
(1)nbsp; Kolb et Schmidt, Contag. de la tub. par ing. de viande lub., Preuss Miltk. 1883.
(2)nbsp; Vallin, Revite d'hygiene, 4884, p. 758.
(3)nbsp; Chauveau, Congres de Copenhague, 1884, Revue d'kyg., -1884, p. 759.
(4)nbsp; Nocard, Recherehes sur l'iiioculabilite du sue musculaire et du lait cru des vaches tuberculeuses, Recueil de med. vet., 1885, p. 49 et Soc. cenlrale de med. vet., 8 Janvier 1885.
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rinoculubilite du sue musculaire. II se sert dos chairs provenant de quinze vaches tuherculeuses, dont dix prösentent des lesions gönera-lisees. laquo; Le sue museulaire a ete recuellli pin- expression d'un frag­ment de muscle cardiaque, excise dans lquot;epaisseur de la cloison in-terventrieulaire, ä Faide de pinees et de ciseaux (lambes, en prenant soin d'eviter tout contact avee cette cloison et les organes tubercu-leux ou les liquides qui s'en ecoulaient. Apres chaque experience, la presse ä viande etait soigneusement lavee et mise au four h flamber, oü eile restait pendant une heure ;quot;i la temperature de 180 ä 2(JÜ0. Dans tous les eas, 1c diagnostic a ete confirm^ par la recherche des bacilles de Koch. Toutes les inoculations, comprenant chacune 10 ou 20 gouttes de liquide, out etc faites dans la cavite peritoneale raquo;. Aucun des quinze cobayes inocules nquot;a etc infecte.
En 1888, M. Nocard (1) rapporte unedeuxiemeseried'expei-iences sur dix vaches atteintes de tuberculosegeneralisee. laquo; Pour toutes ces experiences, les fragments de muscles exprimes ont toujours etc pris, ä Faide d'instruments flambes, au centre du gros adducteur de la cuisse; le sue museulaire a etc obtenu k Faide d'une presse h viande lavee chaque fois, sechee, puis sterilisee pendant deux heures ä 200deg;, dans un four ä flamber. Chaque fois, on inocule quatre cöbayes, par injection dans le peritoine de 1 cc. de jus do viande. Les cobayes ont ete conserves dans des cages metalliquos neuves ou lavöos ä l'eau bouillante, puis ä l'eau phöniquöe ou cresylee raquo;. Sur les dix series de quatre cobayes ainsi inocules, une seule a donno un unique fait posi-tif: la vache qui avait fourni le sue museulaire pour cette serie pre-sentait des lesions generalisees aux poumons, plövres, peritoine, foie et ganglions lymphatiquos. De plus onze jeunes chats ont ingörö cos meines viandes tuherculeuses ; sacrifies apres cinq mois, aucun n'a presente de lesions tuherculeuses. M. Nocard conclut de cos rösul-tats que la viande des animaux tuberculeux n'est qu'exceptionnelle ment dangereuse, et encore Fest-elle ä un faible derö.
MM. Ghauveau et Arloing, en 188S (2), cxporiraentent sur les
(1)nbsp; Nocard, Ues dangers auxquols expose l'usage de la viande et da lalt des animaux tuberculeux, Congrcs tub., 1888, t. 1, p. 53.
(2)nbsp; Chauveau et Arloing, Congres veter. somit., octobre 1885, p. 528.
HOBEAIlnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;e
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muscles (Tune vache atteinte de tuberculose peritoneale. Les frag­ments muscalaires, iletaclies au moyen dquot;iiii cautere cliauffe au rou­ge, sont divises avec un scalpel flambe et par pftclage on reduit le centre on une puipe laquo;jui est ensuite exprimee. Sur vingt cobayes inocules sous la peau, avec deux gouttes du sue ainsi obtenu, deux sont trouves tuberculeux apres quarante-trois jours.
Dans une deuxierne serie, ils agissent sur les muscles sous-lom-baires d'un taureaa atteint de tuberculose pulmonaire. Six cobayes inocules sont trouves indemnes apres quarante-sept jours.
Peuch, en 1888 (1), injecte du jus de viande d'une vache atteinte de tuberculose genöralisee, sous la peau de trois lapins. II obtient trois resultats positifs. Avec lejus de la chair d'un chapon tubercu­leux, il inocule trois lapins : il a encore trois faits positifs. Enlin, il fait ingerer ä deux porcelets, seize et dix-huit kilogrammes de viande tuberculeuse, en dix jours ; sacrifies aprös 70 et 90 jours, les deux animaux sont trouves infectes quoique d'une fucon pen intense.
Siegen (2) rapporte avoir infecte quatre pores en lear faisant con-sornmer des viandes tuberculeuses.
Veyssiere et Humbert (3) ont inocule ä deux lapins, par injection in-tra-peritoneale, 1 centimetre cube de sue musculaireprovenant des psoasd'une vache tuberculeuse. Les deux lapins devinrent tuberculeux. Gratia et Lienaux (4), en 1888, injectent du sucmusculaire prove-nunt d'une vache tuberculeuse dans la ehambre anterioure de Tceil et dans le tissu conjonctif sous-cutane d'un cobaye qui, apres trois mois, ne presente nucune lesion tuberculeuse.
Ils obtiennent des resultats positifs constants avec le sue muscu-laire d'hommes morts de tuberculose generalisee; ce sue a cte injecte dans le peritoine de cobayes qui sont tous devenus tuberculeux. Stubbe, en 188!) (8), rapporte le resuitat d'inoculations sous-cuta-
(1)nbsp; Peuch, Sur la contag. de la tub. par le lait non bouilli at la viande crue Congres tub., 1888, t.l, p. 73.
(2)nbsp; Siegen, Congramp;s tub. do 1888.
(3)nbsp;VKYSsnbr.E et Humbert, Congres tub. de 1888.
(i) Gratia el LniNAi'x, Contrib. ä l'etude de la virulence de la viande des su-jets tub., Annalei de mod. vet., 1888, p. 640. (5) Stubbi!, Congres inlernatiunal vetennaire de 1889, p. 455.
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noes qu'il a pratiquees sur trois lupins, avec le sue musculaire pro-venant tie truis vacbes qui presentaient des lesiüiis tubercaleuses ge-neralisees. Deux lapins furent infectes.
W. Kaestner, en 1889 (1), dit que les muscles stries presentent tres exceptionnellement des foyers tuberculeux ; mais il pense que le tissu musculaire pent contenir des spores. 11 inocule dans le peri-toine de seize cobayes, du jus de viande provenant de douzc bovides tuberculeux ; quelques-uns ont des lesions generalisees. II prend dans diverses regions, deux livres de chair sans os, il coupe cette viande par tranches et la soumet ä la presse ; le jus, ainsi obtenu, avec tou-tes les precautions dquot;asepsie necessaires, est inocule dans le peritoine de cobayes. II n'obtint pas un seul resultat positif.
En 1892 (2), Kaestner fait de nouvelles experiences sur douze ani-uuiux atteints de tuberculose viscerale ; il inocule douze cobayes ot obtient dix fails posilifs. II pense que ces differences dans les rc'sul-tats proviennent de ce que dans la premiere serie les lesions eUiient auciennes, cretifiecs et infiniment moins virulentes quo les lesions caseifiees des bovides de la deuxierne serie.
Steinbeil, en 1889 (3), fit ses experiences sur les psoas d'hoinmes morts de tuberculose. Les aponevroses, la graisse et les vaisseaux sont enleves; le tissu musculaire, soigneusement isolö, est eusuite lave puis grossierement hache et soumis ä la presse. Le sue est injecte dans le peritoine de deux cobayes. Sur les neuf sujets tuberculeux, sept donnerent des resultats entierement positifs (14 cobayes tuber­culeux) ; pour les deux autres, un cobaye devint tuberculeux, un autre resta indemne et deux moururent de peritonite purulente.
Steinbeil pense que les resultats negatifs de la preiniere serie de Kaestner, sont dus h ce que les animaux etaient ä un stade pen uvanec de la tuberculose. II croit aussi qa'au point de vue de la viru­lence, comme au point de vue anatomique, il existedes caracteies un
(1)nbsp; KAESTNER, Eludes exper. sur I'inf. de la viande des vachos tub., Munch, tried. Woch.,i88[\ p. 583.
(2)nbsp;W. Kaestner, Ein weiterer Beihag... Munch, med. Woch., 1892, p. 342.
(3)nbsp; nbsp;Steinheil, Dg la virulence de la chair musculaire dans la tub., Munch, med. Woch., octobre 1889, p. 682 et 706'
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peu difförents entre h tuberculose des bovides et cello de riiomrne.
En 1890 (1), le gouvernement anglais ch.-irgea Harrow, Denhurn, Brown et Fadyean d'entreprendrc de nouvelles redierches. Elles furent f'aites en trois series.
Harrow fit ingerer ä huit lapins et qaatre cohayes de la viande de bovides tuberculeux. Six lapins et un eobaye furent infectes. Parmi res faits positifs, nous en relevons trois (deux lapins et le eobaye) pour lesquels la viande ingereeprovenait du diaphragme, apres grat­tage de la plfrvre.
Denliam, sous la direction de Brown, isole trois lots de trois co-bayes chacun, 11 fait ingerer pendant sept jours ä ces animaux de la chair finement bacliee provenantde bovides tuberculeux. Six seinai-nes apres, un animal de chaque lot est sue rifle : aueun n'est tuber­culeux. Les six cobayes restants recoivent alors pendant sept jours du jus de la ineme viande, melange dans les aliments. Ils sont tous trouves tuberculeux apres quatre ä douze jours.
Deux cobayes temoins, f|ui n'ont ingere ni viande, ni sue muscu-laire, ne presentent aueune lesion tuberculeuse, trois mois apres le döbut de ces experiences.
Fadyean experimente sur les muscles de bovides atteints de tuber­culose generalisee. II eboisit les regions ne contenant pas de gan­glions Ivmpbatiques (les muscles fessiers dans le plus grand nombre de ses experiences), mais comprenant cependant une forte propor­tion de graisse intermusculaire. II rejettc les parties superficielles et sterilise soigneusement tons ses instruments. La viande est decou-pee, enveloppee dans une toile sterilisee et soumise ä la presse. Le jus ainsi obtenu est donne, melange ä de la mie de pain, ä quatorze cobayes et six lapins, ä des doses variant de 10 ü 60 c. C, ; quatre des cobaves et quatre lapins recoivent en outre le meine sue musculaire en injection sous-cutanee ou intra-peritoneale. II ne s'est prodmt aueun cas de tuberculisation.
En 1892, Mac Fadyean (2) publie le resultat de ses nouvelles ex­periences sur le sue musculaire de quatorze bovides atteints de tüber-
(1) Annual Report of Ute Veterinary Department for the year, 1890, p. 8. (-2) Mac Fadyean, The virulence..., loc. cit., p. 25.
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culose goneralisee. Huit cobayes et deux lupins recoivont 1 c. c. de jus, en injection suus-cutunee. Trois cobayes et huit lapins en recoi-vent 1 c. c. et deux untres lupins 3 c. c. en injection peritonöule. Apres un Intervalle de 23 ü 121 jours, uucun animal n'a presentede lesions- tuberculeuses.
Perroncito, en 1891 (1), rapporte un grand nombre d'experiences, sur deux cents cobayes et uutunt de lapins inocules avec le sue musculaire de bovides tuherculeux. II n'a paseu un seul resultut po-sitif. De rn^me pour deux vaches inooulees sous la peau uvec le meine produit, Seizeporcelets nonrris pendant deux, trois et six mois avec les memes viandes n'ont pus ete non plus infectes.
M. Arloing, uu nieme Congres, fixe ä 11,8 pour 100 la proportion d'aniinaux tulierculises pur l'ingestion de viande crue.
Ostertag, enl892(2), experimente uvec des fragments de muscles, de ganglions lymphatiques, de rate, paraissunt sains ä Texamcn mi-croscopique et provenant de bovides utteints de tuberculose viscerule (poumon, feie, rute, ganglions mesentemjues). Sur dix-huit cobayes inocules, un mourut rupideinent de peritonite, les untres resterent indemnes de tuberculose.
Ostertag rapporte les observations de Bollinger et de Buuwerker qui concernent de nombreux individus so noarrissant de viandes tu­berculeuses cuites et restunt indemnes de tuberculose.
Loukachewitch (3) a nourri, pendant quatre mois, dix cbiens et onze ebuts avec des viandes crues ou bouillies et du bouillon, prove­nant d'unimuux tuherculeux. Sur quatre ebuts, qui recevaient de la viande crue d'unimuux suisis, trois presenterent des lesions pubno-naires. Tuus les autres animaux ont presente des lesions des ganglions mesenteriques, des follicules intestinaux (uvec diarrhee), des reins, du foie, rarement du cceur, de larate.
D'autre part, le meine auteur produit rinlection tuherculeuse de
(1) PEiir.oxctTO, Comjres pour l'elude de la tuberculose, 1891, t. 2, p. 308.
(-2) OSTERTAß, Handbuch der Fleischbeschau. Stuttgart, 1892.
(3) Loukachewitch, Sur les effelsde-Valimmlation des animaux avec les vian­des d'animaux tuherculeux. Those do Pätersbourg, ISO;! Revue des sciences medicales, 1898, 4C trim.
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doux cobaxessur cinq, par injection sous-cutance de rcinulsion mus-calaire obtenue par trituration de la viande tuberculeuse avec la solu­tion physiologique de sei marin et apres filtration ä tracers une toile sterilisee.
Ces nombreux fails experimentaux el d'apparence contra-dicloire ont ete divcrsemenl inlerpreles. On n'a voulu con-sitlerer quo les fails posiiifs ou quo les fails negatifs, a l'ex-clusion des autres, suivanl la Icndancc naturelle de notre esprit ä n'admolirc conimc bien ciemontre que ce qui viont confirmer notre opinion deja faite.
Ces diverses interpretations ont comme corollaire neces-saire des mesures prophylacüqucs fort diffeicnles que nous cxaminerons plus loin.
M. Lcclainche (1), a qui nous avons emprunte plusieurs documents, reproche aux experimentateurs les plus riches en resultats positifs de a'avoir pas indique s'ilsont pris soin d'evilcr les souillures ou la presence de lesions luberculeuses (Harrow, Denham), tandis que Kaestner (1889), Fadycan, Perroncito, qui s'enlourent de toules les precautions, n'ob-ticnncnt pas de resultat positif, sur plus de 227 animaux inocules. Mais les dcrnieres experiences de Kaestner, en 1892, faites dans ces memes conditions et donnant dix faits positifs sur douze, diminucnt singulieremenlla valeur de cet argu­ment. De plus, lo fait posilif unique de M. Nocard, ceux peu nombreux de Chauveau el Arloing, de Gallier, de Gerlach, de Peuch, de Loukachewitch, etc., acquierent renorme im­portance qui s'attache a lout fait positif.
(1) Leclainche, La virulence des viandes luberculeuses. Revue veterinaire
de Toulouse, 1894, p. 484 et s.
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Nousavons pensdquecette dissemblance des resultats pou-vait provcnir, non pas de fautes experimentales impossibles ä ötablir, mais de certaines conditions de rexperimentation.
laquo; Dans toutes les experiences instituees pour la solution d'un. probleme, si, les conditions pour la manifestation dun phönomeneetant supposees semblables, on voit des effets ou differents ou m6me opposes se produire, cela implique for-cöment que ces conditions ne sont pas ce qu'elles paraissent, etqu'il y a entreelles des dissimilitudes quise traduisent par la dissimilitude des resultats raquo; (1). C'estä la recherche de ces conditions dissemblables que nous nous sommes attache.
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Un fait domine I'histoire de la propagation des lesions tu-berculeuses, surtoutcbez les bovides, c'est I'invasion presque fatale du Systeme lympbatique (Colin, Arloing, Johne, Rieck). De la lesion initiale, la bacillose est portde dans un premier ganglion, puis, plus tard, dans un deuxieme groupe, et ainsi de suite, par voie centripete , jusqu'aux derniers troncs lymphatiques. II arrive aussi qu'un dcpartement lym­pbatique voisin est envahi en plus ou moins grande partie, soit par contiguity de tissus, soit par les anastomoses qui exis­tent entre divers reseaux lympbatiques. La tuberculisation simultanee de territoires lymphatiques öloignes indique que la dissemination bacillaire s'est effectuee par 1c sang.
Si maintenant nous examinons les differentes parties ulili-sees du corps de nos animaux, nous voyons qu'elles presen-tent une grande inögalite au point de vue de la richesse en lymphatiques. De plus, pour deux regions egalemont pour-vues, il existe des differences fort grandes pour l'importance
(1) H. Bouley, La nature vivante de la contagion, 1884, p. 148.
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des points d'oü prpvienl la lymphe qui parcourt ces vais-seaux. Tolle region de la partie moyenne des membres, par exemplo, recoil la lymphe des parties inferieurcs fort rare-ment euvahies par le bacille de Koch, landis que certains points de la base du cou, de l'entree de la poitrine, do la re­gion prescapulaire, sont tres riches on lyniphatiques et en ganglions qui rassemblenl la lymphe des parois costales et de la plevre parietale, si souvent inlectee. Dans le cou lui-meme, la partie posterieure a line importance lymphatique infmiment moindro quo la partie ante'ro-inferieure, Ires riebe en vaisscaux et en ganglions qui collectcnt la lymphe des [)remieres parties du tube digestif.
iNous nous sommes done demande si, dans les diverses ex­periences sur la virulence des viandes, le cboix do la region d'oü elles provienncnt no devait pas avoir quelque influence sur les resullals.
MM. JNocard, Chauveau et Arloing, Fadyean se sont eff'or-ces d'opcrer sur le muscle completement isole ; do sorte quo lours conclusions s'appliqucnt uniquement a la virulence du tissu musculaire et non a celle de la viande complete, do la viande teile qu'on la mange (muscles, vaissoaux, norfs, gan­glions etc.). .11 nous semble plus logique de rechercber cette virulence dans renscmble des tissus qui composent la viande, plulol que dans l'un do ses elements constituants. Le muscle prcdomine par sa masse, muis il est rarement le siege de le­sions tuberculeuses ; le tissu musculaire constitue le plus mauvais milieu de culture quo puisse rencontrer le bacille de Koch (Germain See, Nocard). Nous venous de voir, qu'au contrairc, des parlies negligcables comme quantite, les vais­scaux et les ganglions lymphatiques, ont une importance
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considerable: ce sont les voies ordinal res de I'infection tu-berculeuse.
M. Nocard a choisi le muscle cardiaque el le gros adduc-teur de la cuisse; M. Arloing, les muscles sous-lombaircs ; Vayssiöre, Ilumbert, Steinbeil, les psoas ; Kaeslncr, de la chair sans os; Harrow, 1c diaphragme; Fadyoan, les muscles fessiers isoles ; M. Galtier, les muscles dc la cuisse et des re'-gions supdrieurcs des membres poste'rieurs : mais le plus grand nombre des experimentateurs n'indiqucnt pas quelle region musculaire ils ont prelevee, ni si les muscles ont ete isoles on traites en masse.
Les conclusions differentesqui ressortent de ces experien­ces tiennent peut-elrc ä ces dissemblances dans les condi­tions premieres.
Dans le but d'eclairer cette question nous avons poursuivi quelques expe'riences qui, bien que trop pen nombreuses, semblent appuyer notre maniere de voir.
Sur deux vaches tuberculcuses abatlues, nous avons pris, en differentes regions^ des chairs ne presenlanl aucune trace de lösion tuberculeuse. Nous nous sommes efforce d'operer sur des fragments interessant älafois plusieurs muscles, afin de nous rapprocher le plus possible de la realite. Les parlies peripheriques des fragments ont ete enlevecs au moyend'un instrument flambe. Le roste, qui comprenait du tissu muscu­laire, du tissu conjonctif, des vaisseaux, des nerfs etc., sans lesions visibles, a ete reduit en pulpe par rilclage avec un couteau tlambe. Cette pulpe delay^e dans un volume egal d'eau sterilisee, puis cxprimee par torsion dans un lingo st6-rilise, a donnö un jus louche, contenant des debris organ!-
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ques en suspension (condition sur laquelle a insiste J. Fors­ter). Nous avons injecte ce sue ä la dose de 2 cent, cubes, dans le peritoine de cobayes neufs,qui out 6te places, par se­ries, dans des locaux soigneusement desinfectes, Voici les resultats de ces experiences :
I.nbsp; — La premiere vache presentait des lesions pulmonaires et pleurales, les ganglions prepectoraux contenaient de petils foyers tuberculeux ramollis (aoüt 1893).
Dans une premiere serie, cinq cobayes furent inoculcs avec le sue provenant des addncte.urs de la cuisse. 11 n'y eut aucune suite, prochaine ou lointaino. Les cobayes sacrifics quarante jours aprfes rinoculation furent trouves indemnes de toute lesion tuberculeuse.
Dans une deuxieme serie, cinq cobayes furent inocules avec le sue provenant d'un fragment complexe comprenant la region caroti-diemie inuijenne. Un cobaye mourut le lendemain d'accidents septi-ques. Un autre presenta rapidementlessignesde la tuberculoseexpe-rimentale et y succomba le trente-deuxieme jour upres rinoculation ; I'examen microscopique des lesions montra la presence du bacille de Koch. Les trois autres cobayes sacrifies apres quarante jours ne presenterent aucune lesion.
II.nbsp; nbsp;— La deuxieme bete presentait des lesions tres accusees du poumon, de la plevre, du peritoine, des mamelles et d'un grand nombre de ganglions du tronc et de la racine des membres (mars 1894).
Dans une premiere serie, quatre cobayes furent inocules avec le sue musculaire provenant d'une portion des fessiers ; sacrifies apres trente-trois jours ils ne presenterent aucune lesion tuberculeuse.
Dans une deuxieme serie, quatre cobayes recurent le sue prove­nant dun fragment enleve dans la region intercostale, la plövre res-tant en place avec les cötes et les muscles intercostaux internes. Deux cobayes presenterent les signes de la tuberculose et y succomberent les 28e et 31e jours (controle microscopique). Les deux autres reste-rent indemnes.
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Dans une troisiemo serie, quatre cobayes furent inocules avec le sue provenant des piliers du diaphragme et d'une portion des psoas. Deux moururent de peritonite septique et les deux autres sa-crifies apres quarante-sept jours furent trouves exempts de tuber-culose.
Enfin, avee la \iande de cette möme vache, nous avons nourri deux jeunes chats de deux inois et demi. Cette viande, prise dans la rägion cervicale anterieure, dans les espaces intercoslaux, dans les psoas (plevre etp^ritoine soigneusement elimines), ne presentaitau-eune trace appreciable de lesion tuberculeuse. La quantite ingeree parchaque animal a ete de 1201) gr. environ, en quatre jours. Apres trois semaines, Tun de ces chats, dont ['alimentation avait ete sur-veillee afin d'eviter une contamination etrangere, fut pris de diarrhee avec amaigrissement rapide ; il suecomba le 56e jour apres le debut de Texperience et presenta ä l'autopsie des lesions tuberculeuses in-testinales, mesenteriques et des ganglions sous-lombaires, avec propagation au poumon et aux ganglions bronchiques, qui etaient enormes.
Nous pouvons Jone ajouter ce fait aux trois autres et dire qu'en choisissant certaines regions du corps des animaux tu-Lerculeux, on pent arriver ä infecter d'autres animaux dans une forte proportion, par inoculation ou par ingestion, en employant la viande complete.
On pourra invoquer centre nous la s6rie heureuse. Nous repondronsque lesfaits positifs obtenus par Steinheil, Veys-sicre et Humbert, operant sur les psoas, par Harrow, avec le diaphragme, viennent appuycr nos conclusions. Nous nous proposons, du restc, dc continuer nos recherches sur ce sujet.
Nous ferons connailre plus loin quclles conclusions pro-phylactiques nous devons tirer de ces constatations.
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jHegiires proiiliylarticiueg.
La phlisie des betes bovines semble avoir ete connuc tie toute autiquile ot les premiers legislaleurs ont proscrit la viande de ces animaux. La loi mosaiquc declare ces chairs inipures [Lcviliqiir, liv. Ill, ch. 22). Les comnientaleurs tal-mudistes rencherireut sur ces mosures el declarerenl impure la viande de lout animal dont les poumons adherent aux cotes, ou dont la viande est parsemee de boutons ; de meme lorsque le poumon insuflle sous I'cau laisse echappcr de l'air par une rupture de sa surface.
Ces prescriptions se repandirentplus lard dans la clireliente. En France, les plus anciens documents qui nous soienl parve­nus sont les lellres patentes du roi Jean, aout 1363 ; ensuitc de nombreux edits, ordonnances, Statuts, arrets du parlement formulent des defenses severes centre la vente d'animaux altcints de fä, ///, leu, loup, penniiliere, pommelee, poiiime-licre, pomcl/erie, mots qui designent les lesions de la phtisie bovine (1). En Allemagne, au XVII8 siecle, on confond cette maladie avec la syphilis et on la denomme maladie francaise des bavidvs ; tous les animaux atleints sont abaltus et detruils.
Dans presque toutes les regions de la France, les chairs ct les organes des animaux altcints de tuberculose ä le'sions etendues ont continue ä etre rejeles dc I'alimenlation hu-maine. Cependant Huzard pere, en 1799, Huzard fils, en 1834, Delafond, en 1830, cherclierent ä prouverque les vian-des des animaux luborculeux etaient inoilensives.
Lorsque la nature infeclieuse de la tuberculose futetahlie,
(1) Gh. Morot, Recueil de med. vet., li-.87, p. 593.
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quc l'unite des tuberculoses humaine et animale tut demon-tree, que I'infection par les voies digestives fut prouvee, la question se posa desavoir si Ton dovait ecarter totalement de Falimenlation les aniraaux tuborculcux, quelle que füt I'eten-due des lesions, ou continuer ä suivre les anciens errements.
M. Chauveau, en 1868, pensc que la viande et les visceres ties ani-maux phtislques constituent un danger permanent pour la saute publique; il reclame des mesures de police sanitaire.
H. Bouley, en 1873 (1), conseille do laisser consommer les parties charnues ne contenant pas de noyaux ou de ganglions tuberculeux.
M. Colin {loc, dt.) nie I'infection par les voies digestives et, avec Reynal (2), soutient rinnoeuite des viandes tiiberculeuses.
Mais les experiences positives de Günther, BoUlnger, Gerlacb viennont prouver le danger de l'alimentation par les viandes et Bouley etNocard deposentdevant le Gongres international d'hygiene, en 1878 (3), les conclusions suivantes: La viande doit ötre saisie et detruite, si FafTection est göneralisee, si Ton rencontre partout du tubercule, si les visceres en sonl farcis : pournon, plevre, pericarde, peritoine, foie, rate, reins, ganglions, etc. ; si surtout I'iafiltration tuberculeuse a gagne les ganglions intennusculaires et les muscles cux-incmes ; alurs meine que la lesion specifique ferait defaut ou passerait inapercue, la maigreur, I'lnfiltratioa, la consistance de la viande la reudraient impropre ä la consoinination. Mais quand la maladie est localisee aux organes de la cavite thoracique, quand I'a-niraal est reste en bon etat, que le tissu musculaire est de bonne qualite, rouge vif, ferine, suffisamment infiltre de graisse, qu'il ne presente en aucun point des granulations ou des ganglions tubercu­leux, dans ces cas on doit pennettre la consommation de la viande, apres enlövement et destruction de toutes les parties malades. Bouley
(1)nbsp; H. Bouley, Recueil de med. vet., 1873, 568.
(2)nbsp;Reynal, Police sanitaire, Paris, 1873.
(3)nbsp; Bouley et Nocard, Sur les moyens pratiques de constater et d'assurer la bonne qualite des viandes de boucherie, Archives vet., 1878, p. 9i2.
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et Nocard pensent que la cuisson doit detiuire la virulence du tissu muscolaire et que, la viande etaut un aliment de premiere necessite, on risquerait, en detruisant toutes les viandes tuberculeuses, de lom-ber dans un danger pire que celui qui resulte de leur nocuite.
A la suite des experiences de Peuch et de Toussaint, en 1880, EL Bouley modifie sa maniere de voir : il deinande des lors que l'ins-pection se montre rigoureuse ü Tegard des vaches phtisiques ; il constate le danger de la viande crue et pense que la cuisson doit sup-primer la virulence, comme eile cteint la vie cellulaire (1).
Ortli, en 1879 (2), admet que la viande des animaux peut etre tu-berculeuse ; il reclame des mesures energi(|ues de police sanitaire,
Au Congres d'hygiene de Turin, en 1880, Bizzozero, Nocard et Bassi font decider que l'usage alimentairo des viandes de vaches et autres animaux tulierculeux osl dangereux surtout quand elles sont consommees crues, et qu'il y a lieu d'engager les guuvernements ä prendre des mesures rigoureuses de police sanitaire.
M. le Professeur Proust (3) pense que laquo; l'appreciation d'une böte tuberculeuse exige un serieux examen. Si l'affection est generalisee, si l'on rencontre partout du tubercule, il est bien certain que la viande doit etre saisie et detruite. Getto prohibition absolue nc s'appliquant qu'aux animaux infectes par la tuberculose gamp;neralisie, ne touchant en somme ([u'ä un nombre peu eleve d'animaux de rebut, ne don-norait pas lieu, comme on en a manifeste la crainte, ä un deficit reel de matteres alimentaires. Mais quand la pominelierc est localisee aux organes de la cavitü thoracique, quand I'animal est reste en bon etat, on doit permettre la consommation de la viande ; toutefois cette autorisation doit ötre subordoimce ii la condition d'enlever et de de-truire toutes les parties envahies par I'element tuberculeux raquo;.
Toussaint, en 1881 {/oc. cit.), demontrele danger des viandes crues ou insuffisamment cuites : il constate que dans les abattoirs on ne refuse guere que les animaux dont le [loiimon est entieretnent ma-lade, tandis que, pour lui, la presence de granulations griscs dans le
(1)nbsp; H. Boulev, C. R. Acad. des sciences, 8 juin 1880.
(2)nbsp; Ohth. Archiv, f. axpiir. anal, paihol., 1879.
(3)nbsp; Proust, Traite d'hygiene, i8S\, p. 387.
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poumon est dejä un signe certain de tuberculose generalisee. II re­clame des raesures d'hygiene serieuses.
Zundel, en 1882 (1), etablit trois categories de viandes tuherculeu-ses, suivant I'etat d'embonpoint ou de consumption des aniinaux : les deux premieres peuvent ötre consommees äl'etal ou au freybank, la troisteme, fournie par le biitail maigre, doit ötre prohibee.
Vers cette epoque les services d'inspection des viandes de Paris et de Lyon appliquent la saisie partielle chez les animaux tuberculeux en bon etat: les poumons, les plevres et quelquefois les cotes sont supprimes. L'animal entier n'est saisi que lorsqu'il est maigre et 6puise. D apres M. Villain, la saisie totale des viandes de bonne appa-rence aurait souleve alors des protestations cnergiques ; il reclamait Tintervention d'un röglement special seul capable de vaincre les resis­tances des interesses (2). M. Galtier (3), M. Baillet, de Bordeaux (4), conseillent les memes regies.
A Dijon, au contraire, la saisie est executee lorsque la tuberculose est generalisee, quel que soit Tetat d'embonpoint de l'animal.
H. Bouley (3) approuve la methode de Dijon, maisilcroit qu'il faut attendre que I'opinion publique comprenne la necessite de l'applica-tion rigoureuse des mesures sanitaires; Ics lesions seules et non la qualite apparente des viandes, peuvent donner la mesure de l'in-tensite de la maladie. En consequence, il devrait etre interdit de li-vrer ä la consommation les viandes, m6me de belle apparence, pro-\enant d'animaux affectes de tuberculose : 1deg; lorsque la tuberculose est generalisee et ququot;elle s'accase par des lesions disseminees dans tous les organes : poumons, plevres, foie, rate, peritoine, Systeme lymphatique, muscles eux-mömes ; 2deg; lorsque les tubereales ont en-vabi en grande quantite les poumons et les plevres ; 3deg; lorsque les tubercules ont envahi en grande quantite le peritoine et le svsteme lymphatique ganglionnaire abdominal.
(1)nbsp; Zundel, Societe des sciences de la Basse-Alsace, mai 1882.
(2)nbsp; Villain, Rapports au Prefet de police, 1882.
(3)nbsp; Galtier, Tratte des maladies conlagieuses, 1880.
(i) Baillet, Traite d'inspection et Societe centrale de med. vet., 22janvior 18S3.
(5) H. Boulev, Archives domed, vet., 188.3, p. 740 et Nature de la contagion, 1884, p. 249.
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— SO­IL Bouley ajoute (Ij que pour concilier tous les intoröts, dans la mesure du possible, on pourrait pcut-ötre tolurer le debit des viandes tuberculeuses, mais seulement apres leür avoir fait subir la cuisson. Au Gongres international de Bruxelles, en 1883, Lydtin rapporte l'opinion de Gerlach, qui croit (jue la viande n'est nuisible que lors-que L'organisme est pins ouinoins envahi, cequise reconnait : l0par ['existence de k'-sions tuberculeuses dans les ganglions voisins des organes atteints ; 2deg; par la presence de foyers caseeux dans les pou-mons ; 3deg; par l1 extension secondaire des tubereales ; 4deg; par l'amaigris-semeiit evident. Johne pense qu'il n'y a infection de la viande que lorsque la tuberculose s'est generalisee par le canal thoracique et la circulation genörale : il y a metastase tuberculeuse; dans les cas or-dinaires on pent se borner ä ecarter les organes tuberculeux, les vais-seaux et les ganglions lymphatiques sur leur trajet, depuis les organes atteints jusqu'au canal thoracique; en meme temps on rejettera les vaisseaux avoisinants et la masse conjunctive qui lesentoure. Lydtin propose, au nom de la commission, quo la viande et les visceres d'une bete pomnieliere ne poarront etre livres ä la consommation que si la raaladie est ä son debut, les lesions peu etendues et n'atteignant pas encore les ganglions lymphatiques, les foyers non ramollis, la viande de premiere qnalite et Tetat general de 1'animal ne laissant rien ä desirer au moment tie I'abatage. 11 motive ces conclusions sur ce que la propagation a lieu lentement, par la voielymphatique: les lesions sont d'abord localiseeset comme isolees dans les tissus sains, puis elles envahissent peu ä peu l'organisme. La viande nquot;est nuisi­ble que lorsque les tubercules se sont repandus dans Torganisme en infectant la plupart des voies lymphatiques. En AHemagne la viande des animaux tuberculeux est vendue a part comme viande malade.
Mais Bouley soutient que tous les tissus de l'organisme sont viru-lents, il s'appuie sur les experiences de Toussaint et fait voter parle Gongres la proposition suivante : laquo; La tuberculose ayant ete recon-nue experimentalement transmissible par les voies digestives, le Gon­gres declare qu'il v a lieu d'eliminer de la consommation les viandes
(1) U, Bouley, Socidldcentmlede med. vet., 11 janvier1883.
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provenant d'anirnaux tul)erculeux quel que suit le degr6 de la tuber-culose et quelles que soient aussi les quaütes apparentes de ces viandes raquo;.
Au Congres d'hygiene de la Haye, en 188-i, M. Vallin, admettant au contraire que I'infection generale n'a lieu que dans les derniers temps de la maladie, fait voter les conclusions suivantes : 1deg; on peut provisoirement se Lorner ä prohiber et ä saisir la viande provenant d'anirnaux atteints de tuberculose confirmee, generalisee, avec amai-grissement commencant; 2deg; il laut restreindre l'usage des viandes roties saignantes ; 3quot; on doit diminuer la frequence de la tuberculose du betailparlechoixdes reproducteurs, la reforrnc do la stabulation, Fisolement des betes malades, la desinfectiun des etables contaminces. II reclame aussi Tinscription de la tuberculose dans la loi sanitaire et la creation de societes d'assurance contre la saisie des betes tuber-culeuses.
Au Congres des veterinaires sanitaires, en 1885, M. Butel propose d'eloignerde la consommation toutes les viandes tuberculeuses (1). M. Arloing pense que la viande n'est infectieuse qu'au dernier stade de la maladie, lorsque les lesions tendent k sortir des ganglions enva-his. La resolution suivante est votee sur la proposition de MM. Ar­loing et Nocard : laquo; 11 doit 6tre interdit de livrer ä la consommation les viandes, meine de belle apparence, provenant d'anirnaux atteints de tuberculose, toutes les fois que les lesions tuberculeuses d'un vis-cere ou d'une sereuse ontde la tendance äse generaliser, c'est-ä-dire ont franchi les ganglions alferents äces organes. Dans les cas oü les viandes pourront ötre livrees ä la consommation, les organes tuber-culeux et les ganglions voisins seront detruits raquo;.
Au premier Congres pour l'etude de la tuberculose, en 1888, les deux tbeories que nous voyons aux prises depuis longtemps, ont etc ardemment def'endues.
Latheorie de la saisie totale (Orth, Bouley), s'appuyant sur les ex­periences de Toussaint, a ete soulenue a nouveau par M. Arloing : laquo; il faut, dit-il, interposer la science entre les interets prives et l'hy-
(1) Butel, La tuberculose des animaux et laphtisie humaine, in-8raquo;, 1887.
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giöne publique raquo;. M. Hutel s'y rallie completement, ainsi que Degive, Lärmet. M. Aureggio demande que ces mesures radicules ne soient que progress! vement appliquees. Robinson dit que depuis 1874, en Ecosse, les viandes tuberculeuses ä tous les degres sont proscrites. Guinard et Gartier s'elövent centre l'usage therapeutique du sang cru.
La theorie de la saisie partielle (Gerlach, Johne, Lydtin, Yallin), trouve un eloquent defenseur en M. Nocard qui declare que, dans riinmense majoritedes cas, la virulence reste localisee aux seules le­sions tuberculeuses, que la virulence d'ailleurs faible de la vlande est exceptionnelle, qu'il faut se garder d'exagerer le danger et de prendre des mesures trop rigoureuses dont reffet certain serait de faire elever le prix de la viandc dans des proportions considerables. II est appuye par M. Baillet, qui veut seuleinent eliminer les animaux etiques et les organes tuberculeux; par M. Spillmann, qui demande la destruction de la viande dans les cas de tuberculose generalisee; par M. Rossignol, qui reclame le prineipe de rindemnite pour les viandes saisies.
Le Congres vote la proposition suivante : laquo; II y a lieu de pour-suivre, par tous les moyens, y compris rindemnisation des Interes­ses, l'application du prineipe de la saisie et de la destruction to­tales pour toutes les viandes provenant d'animaux tuberculeux, quelle que soit la gravitc des lesions speeifiques trouvees sur ces ani­maux raquo;.
L'anete du 28juillet 1888 reglemcnla enfm la saisie des viandes de bovides, dans les cas de tuberculose generalise'e et de lesions viscerales ou sereuses tres etendues. II dit: ar­ticle 11 :
Les viandes provenant d'animaux (bovides) tuberculeux sont cxclues dela consommalion :
1deg; Si les lesions sont generalisees, c'est-ä-dire non confi-nees cxclusivement dans los organes visceraux et leurs ganglions lymphaliques ;
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2deg;Si les lesions, bicn que localisecs, ont cnvalii la plus grande paitie d'un viscore, ou se traduisent par une erup­tion sur les parois de la poitrine ou de la cavile abdo­minale.
Ces viandes exclues de la consommation, ainsi que les visceres tuberculeux, ne peuvent servir a ralimentalion des animaux et doivent 6tre detruites.
Ces dispositions, encore en vigueur, etaient done beaucoup moins radiciiles que celles votees par le Congres. Les discussions continuc-rent dans les societes savantes.
Le Congrös veterinaire de 1889 vote, malgre les efforts de M. No-card, le principe de la saisie totale de toutes les viandes des animaux tuberculeux. M. Nocard, pour sacrifier ä I'üpinion, demande la salai-son ä fond de ces viandes, ce qui oblige leconsommateur ä leur faire subir une cuisson prolongee. Thomassen fait remarquer que la saiai. son ne detruit pas la virulence et que de plus la salaison pousse ä la consommation de la viande sans cuisson (Degive).
A. l'Academie de medecine, lors de la discussion des Instructions au public, en 1889-1890, MM. Hardy, Le Roy de Mericourt, Dujar-din-Beaumetz, Trasbot, Lagneau, Germain See et Jaccoud soutinrent que Taliinentation entrait comme cause secondaire dans la propaga­tion de la tuberculose et qu'il convenait d'accorder plus d'importance ä la transmission par les crachats. MM. Cornil, Ollivier, Nocard, Herard, Trelat, Verneuil et Yillemin insisterent sur les dangers qu'offrent la viande et le lait des animaux tuberculeux, ils deinande-rent que la viande crue ou pen cuite, le sang soient pi'ohibes, que la viande des anirnaux tuberculeux soit soumise ä une cuisson pro­longee. L'Academie, dans sa deliberation du 2ü Janvier 1890, ne prit de conclusions que centre le lait.
A.u deuxieme Congres pour l'etude de la tuberculose, en 1891, M. Arloing expose que le nombre d'animaux tuberculeux est de 5 pour 1000 abattus, en France; que l'habitant des villes consommant en inoyenne 64 kilog. 500 de viande par an, celui de la campagne
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21 kilog. 890, la saisie totale des unimaux tuberculeux diminuerait ces rations annuelles dc 323 et 109 grammes seulcment; pour eviter les pertes eprouvees par I'agriculture, il propose d'utiliser ces vian-des par cuisson ou salage. M. Nocard repond que le principe de l'indemnisation adopte ferait augmenter de beaucoup la proportion indiquee par M. Arloing, comme ;i Buda-Pesth oü eile passa de 4 i\ 30 pour 1000 parI'application de cette mesure (Vincent). MM. Butel et Degive reclament la saisie totale. Le Congres adopte les m'ux sui-vants : laquo; que toutes les viandes tuherculeuses soient rendues inotTen-sives par les moyens appropries; qu'une indemnite soit allouee aux proprietaires d'animaux de boucherie saisis pour tuberculose raquo;.
Au Congres international d'hygiene deLondres, en 1891, Burdon-Sanderson demande rorganisation d'un service d'experts capables de diagnostiquer la tuberculose, la saisie des viandes pourrait ötre alors appliquee. M. Arloing montre le danger des viandes non cuites ; il explique certains resultats negatifs avec le sue musculaire en disant que 1'expression seule nefait sortir qu'une faible partie desbacilles emprisonnes dans le stroma des tissus. Bang, Mac Fadyean, Wood-head, Hime, Nocard sont partisans de la moderation en matiöre d'inspection des viandes tuherculeuses.
Ostertag {loc. cit.) pense que la viande tuberculeuse ne renferme pas assez de bacilles pour determiner Tinfection par ingestion. La viande n'est infectieuse que dans les cas de tuberculose tres avancee avec ramollissement purulent des foyers, ou dans les cas de tuber­culose miliaire du poumon, de la rate oudes reins.
En Prusse, une circulaire ministerielle du 20 mars 1892, revisant le bulletin ministeriel du 15 septembre 1887, decide que : 1deg; La viande des bovides tuberculeux n'est dangereuse que lorsqu'elle ren­ferme des tubercules ou que I'animal est emacie ; 2deg; La viande d'une bete tuberculeuse, en bon etat de nutrition, peut etre consommee lorsque les tubercules no se trouvent que dans un organe ; lorsque les tubercules setrouvant dans plusieurs organes, ceux-ci appartien-nent ä la meme cavite splanclmique et sont reunis, soit directement, soit par des vaisseaux lymphatiques ou sanguins faisant partie de la petite circulation pulmonaire ou de celle de la veine porte.
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En Baviöre, la loi du 25juin 1892 eloigne de la consommation les viandes de hovides et de suides attaints de tuberculose lieneralisee et
La Saxe a un reglement assez analogue au nötre, tnais (|ui proscrit en outre les animaux tuherculeux maigres ä lesions viscerales etendues.
En Anglcterre, Vact de 1878, sur les maladies contagieuses, ne vise pas la tuberculose ; mais les autorites locales peuvent ordonner la saisie des viandes tuberculeuses.
En Autriche, en Suisse, en Belgique on applique le principc de la saisie partielle sur les animaux en bon etat de nutrition. En 1884, l'Academie de medecine beige a formule le vocu que les animaux atteints de tuberculose soient exclus de la consommation.
Parmi les plus recentes mesures conseillees, nous trouvons celles de M. Gallier, de Eber et Johne.
M. Galtier conclut de ses dernieres experiences {loc. cit.) : que l'ingestion des viandes d'animaux tidierculeux est sans danger sur-tout quand on a distrait les organeset les ganglions malades ; qu'il y a lieu de se borner äla saisie des viandes qui sont ä la fois tubercu­leuses et maigres et de celles provenant de betes atteintes de tuber­culose tout ä fait avancee ; qu'il suffit, dans tous les autres cas, de saisir les organes malades.
Pour Eber et Johne (1) la viande des bovides tuberculeux peut etre admise sans restriction si la maladie est pureinent locale, si les parties malades sont faciles ä enlever, l'etat de la nutrition bon et la viande de qualitc irreprochable. La viande doit etre detruite quand la maigreur est extröme, quand la viande renferme des foyers tuber­culeux, quand l'animal etait fievreux, quand il existait des lesions de tuberculose miliaire par embolie. La viande doit ötre vendue ä l'etal de basse boucherie, ä l'etal cru, quand les lesions sont etendues bien que non generalisees et que la viande na pas un aspect repugnant. La viande, lorsqu'elle n'est pas d'une maigreur repoussantc, doit etre vendue ä l'etal de la basse boucherie ä l'etat cuit: 1deg; quand la tuber­culose est generalisee, si la viande ne renferme pas de foyers tuber-
(1) Eber et Joiinr, Zeitschr. f. Fleisch, und Milch, et Hyg. hundsch., III, 1893, p. 320.
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culeux, on 2n qiiiind la tuberoulose n'etantpus gi''neriilisee, les foyers ont siihi la fonte purulente.
Au troisieme Congres pour IVHude de la tuberculose, en 1893, M. Nocard a demande que la saisie de la viande des anirnaux tuber-euleux ne soil plus ordonnce dans les cas oüla tuberculose n'est de-noncee que par l'injection de tuberculine. Degive a propose que ces viandes fussent sterilisees. Le Congres a adopte le voeu : laquo; Qu'il y a lieu de reviser la disposition de l'arröte du 28 juillet 1888 et d'exiger quo tout animal prösente ä un concours subventionne par I'Etat ait etc prealablement soumis ä Tepreuve de la tuberculine. Que des ap-pareils destines ä steriliser les viandes provenant d'animaux tuber-culeux soient installes dans les abattoirs, pour permettre Tutilisation de ces viandes sans qu'il s'en suive aucuo danger raquo;. (1)
Enfin, M. Leclainche (loc. cilt;.) (|iii pense, comme M. Nocard, que la viande des bovides n'est, que tres exceptionnellement dangereuse et encore ä un faible degre, demande que les consequences de l'ar-rete de 1888 soient adoucles, en autorisant la consommation de toutes les viandes apres une sterilisation complete par la cbaleur.
Mesures proposees. — Nous arrivons, apres ce long ex­pose, a nos conclusions personnelies.
Nous avons dit precedemmenl que la tuberculose etait une maladie locale ä localisations multiples et succcssives.
Nous avons vu quo chez nos grands anirnaux la propaga­tion alien surtout par la voie lymphatique, et que la viru­lence des chairs tenail surtout aux vaisseaux et ganglions lymphatiqucs qu'elles renfermenl.
II rcsulte do ces considerations que s'il clait possible de faire le depart des parlies saines et des lesions tuberculeuscs,
(1) Voici, a litre de document, le releve des saisies de viandes tuberculeuscs operees par le Service d'inspection de Paris, pendant 1'annee 1893:
Dans les abatloirs reunis: 573 anirnaux luberculeux,sur 295,318 bovides abaltus.
Aux Halles cenlralcs: 1,435 kilogr. de viandes tuberculeuscs, sur 279,051 kilogr. de viandes saisies el 26 millions de kilogr. de viandes vendues.
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avec le ddpartement lytnphatique infcctc par olles, la ques­tion de la consommalion des viandes provenant d'animaux tuberculeux serait re'solue.
Malheureusement il n'en est pas ainsi dans la pratique : les lesions macroscopiques des principaux organes et dequel-ques ganglions aiscment accessibles sont les seules que Ton puisse facilement deceler. Quant aux nombreux petils ganglions echelonnes sur le trajet des canaux lymphaliques, ä la surface ou dans la profondeur des regions, leur examen de\ient impossible : ils sont au nombre de quatre ä six cents dans tout I'organisme.
Osterlag a propose 1'examen des ganglions suspects au microscope, avec ungrossissement de 8ü diametres, süffisant, d'apres lui, pour decouvrir les cellules geantes et ctablir un diagnostic certain. Nous regardons comtne plus pratique le moyen preconise par M. Martel et qui consistc dans I'examen, avec une forte loupe, des ganglions, prealabiement coupes en differents sens. Par ce precede fort simple et fort rapide, on arrive facilement a decouvrir les premieres manifestations de Padenopathie tuberculeusc et ä delimiter ainsi le departe-ment lympliatique envahi.
Les nombreuses mesures, qui out ete proposees pour I'eli-mination des viandes tuberculcuses- dangereuses, sont uni-quement basees sur la tendance qu'ont les lesions, arrivces ä une certaine periode, ä se generaliser. Mais les signes par lesquels on pent reconnaitre l'iafeclion de tout I'organisme, varient bcaucoup suivant les auteurs.
Gerlach (1874, loc. cit.), considers la maladie comme assez genera-lisee pour rendre la viande dangereuse, iorsque les ganglions inter-musculaires sont tuberculeux, Iorsque les ganglions voisinsdes orga-
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nes atteints sont cnvahis, lorsqu'il existe des foyers caseeux dans les poumons, lorsqu'il y a extension secondaire des tubereales.
liouley et Nocard (1878, loc. eil.) indlquent l'etat des visceres far-cis de tubercules et l'infiltratiüii tuberculeuse des ganglions intennus-culaires; ils admettent rinnocuite ijuand les lesions sont localisees aux organes de la eavite thoracique.
Toussaint (1881, loc. cil.) dit que la presence des granulations gri-ses dans le poumon permet d'al'firmer I'infectibn complete de forga-nisme.
Pour Johne (1883, loc. at.) il faut les caracteres de la raetastase tuberculeuse.
En 1883, üouley {lor. cit.) pense qu'en dehors des cas de genera­lisation dans tous les organes, la presence de tubercules en grande quantite dans les poumons, les plevres, le peritoine et les ganglions abdominaux justlfient la saisie totale.
Zundel (1882, loc. cit.) du f|ue la tuberculose generalisee serecon-nuit ä ce que les ganglions sont transformes en nodosites tubercu-leuses.
Lydtin, au Congres de la Haye (188i, loc. cit.) pense que les lesions isolecs dans les tissus sains, envahissent peu ä peu I'organisme, le-quel peut ötre considere comme infecte dans son entier lorsque la plupart ties voies lyraphatiques sont atteintes ; Bouley, s'appuyant sur les experiences de Toussaint, at'firme au contraire, que laseule cons-tatation de la tuberculose doit suffire pour faire considerer tout I'or-ganisme comme virulent.
M. Vallin (4884, loc. cil.) admetque I'infection del'economie peut n'etre pas complete bien qu'il existe des lesions viscerales multiples et etendues.
Pour M. Arloing (Congres 1883), la tendance ä la generalisation a lieu quand les lesions tuberculeuses d'un viscere important ou d'une söreuse ont franchi les ganglions lympbatiques afferents ä ces organes.
Schmidt-Mülheim (1) dit que la generalisation se caracterise par tuberculose miliaireou infiltration tuberculeuse de la rate, du foie, du poumon, des reins, des articulations, etc.
(1) SCHMIDT-MÜLHEIM, Zeitschr. f. Fleisch, u. Milch..1888.
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U'apres Tarröte du 28 juillet 1888, les lesions sont gencralis6es lorsqu'elles ne sont pas confmöes exclusivement duns les organesvis-ceraux et leurs ganglions lymphatiques. D'aprös le meme reglement il y a aussi tendance ä rinfection generale lorsquil existe des lesions sereuses ou viscerales tr6s etendues.
Kaestner (1892, loc. dlt;.) admet que l'etat cretifie des foyers tuber-culeux coincide avec la disparition de la virulence des chairs.
Ostertag (1891) (1), pense que la tuberculose de la rate est toujours un signe de generalisation de l'infectlon (les bacilles n'y seraient ap-portes que par la grande circulation). La tuberculose est generalisee, quand il existe des lesions de la plevre ou du peritoine et des tuber-cules miliaires repandus dans un organe (poumon par exemple) ; quand cesdeux sereuses sont atteintes et qu'il existe des foyers em-boliquesdelimites dans differents organes (poumon et foie, poumon et uterus, etc.).
Le reglement prussien de 1892 {loc. dt.) admet la localisation de Tinfection : lorsque les tubereales ne se trouventque dans un organe; ou bien, dans plusieurs organes de lamömecavitesplanchnique reu-nis, soit directement, soit par des lymphatiques ou des vaisseaux de la circulation porte ou pulmonaire.
Eber et Johne (1893, loc. cit.) distinguent la generalisation avec foyers musculaires et celle avec lesions de tuberculose miliaire aiquot;-uc par embolie ; il y aurait aussi tendance ä Tinfection generale lorsque des foyers tuberculeux localises ont subi la fönte purulente.
De cette variele d'opinions il resulte qu'ä part les cas de generalisation des lesions tuberculeuses dans tous les orga­nes, dans tous les lissus, les signes capables d'indiquer rin­fection totale de rorganisme n'ont rien d'absolu et ne per-metlent guere de servirdebase aux diverses reglementations.
Cellcs-ci ne considörent, en general, que deux categories d animaux tuberculeux. Ceux qui presentent des lesions ge­il) Ostertag, ibid. 1891.
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noralisees, on qui tendent vers la generalisation, ct donl les viaades sont prohibecs. Et ceux qui prescntent des lesions localisecs, dont les chairs peuvent etre consommees.
L'arrete du 28 juillet 1888, qui regit la consommation des viandes tuborculeuses en France, ne vise aussi que ces deux cate'gories : les viandes totalement cxclues et les viandes to-talement admisesj ä l'exception des visceres malades.
Cepcndant, cntre ces cas oil les lesions de gdneralisalion on de localisation sereuse ou visce'rale etendue repondent plus ou moins bien aux fails vises par Tarrete, et ceux ou la lesion est netlement localisee, il existe une multitude d'intermediai-res pour lesquels aucune regie n'a ete tracee.
C'est une porte largement ouverto ä 1'arbitraire.
Quelques points de rcpere, au moins, sembient necessaires. Cost dans ce sens que nous avons cberche.
Nous pensons avoir donne quelques preuves de la difference tres grande qu'ofi'rent les regions, au point de vue de leur no-cuite ; difference qui tient surtout ä leurs connexions lym-phatiques avec les parties malades. II ressort de ces fails une conclusion pratique: la saisie totale ou partielle des viandes des animaux tuberculeux devrait etre basee non seulement sur l'etat de generalisation des lesions ou leur extension plus ou moins grande dans certains organes, mais encore sur les relations lympliatiquos des parties envahies avec les regions circonvoisines.
Voici, resumee d'apres M. Colin (1), la distribution des lymphatiquesprincipauxetdelcursganglions, chezlesbovidös.
Los lymphatiques des membres posterieurs se rendent aux gan-(1) G. Colin, Tratte de Physiologie comparee, 1873, t, 2, p. 173.
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glions ingninaux (partie interne du membrc), aux ganglions poplites el de lä aux ganglions inguinaux de l'arcade crurale (parties profondc et externe).
Les lymphatiques des mamelles, d'une partie des parois abdomina­les, des organes genitaux externes se rendent aux ganglions inguinaux superficiels. Geux de la paroi laterale de Fabdomen se rendent aux ganglions sous-lomlmires; d'autres, partant de la paroi abdominale inferieüre et laterale traversent le diaphragme et se rendent aux gan­glions mediastinaux et de lä aux ganglions bronchiques (Ostertag).
Les lymphatiques du foie, de la rate et de restomac, apres avoir traverse de nombreux groupes ganglionnaires, se rendent dans un plexus communiquant directement avec le canal Ihoracique. Celui-ci amene dans le Systeme veineux le chyle et la lymphe des membres pelviens, de la partie posterieure du tronc, des viseöres abdominaux, des parois abdominales etthoraciques, d'une partie du diaphragme, des poumons, etc.
Les lymphatiques des membres anterieurs vont aux ganglions du coude, puis de lä aux ganglions sous-scapulaires, qui se groupent autour de l'origine de l'artere humerale, vers l'insertion du grand dorsal ; enfin ils se reunissent aux lymphatiques dela töteetdueou, dans les ganglions prepectoraux, puis s'ouvrent, soit dans le tronc lymphatique droit, soit dansle canal ihoracique, plus ou moins pres de son insertion.
Les lymphatiques des levres, du nez, des joues, de la langue, de la beuche se rendent aux ganglions sous-glossiens ; de lä, la lymphe se rend aux ganglions pharyngiens, qui reeoivent aussi les lympha­tiques de la partie superieure de la töte. Puis la lymphe est portee vers les ganglions de l'entree du thorax par des vaisseaux, qui lon-gent la trachee et la carotide et qui sent aecompagnes de petits gan­glions echelonnes sur les cotes de Tariere ; en has, ils se ramifient dans des ganglions places au-dessus et en avant du golfe des jugu-laires.
Les lymphatiques cervicaux, superficiels etprofotids, nepenetrent, pour la plupart, dans le thorax qu'apres avoir traverse les ganglions prescapulaires qui, chez le beeuf, sont groupes le long du bord ante-
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rieur de Töpuule. Les lyrajjhatiques qui sortent de ces ganglions se reunissent avec ceux du membre anterieuret d'une partie du thorax, qui viennent de,traverser les ganglions axillaires, pour se jeter dans les ganglions prepectoraux, les derniers de la serie. Geux-ci recoivent encore, outre les grands troncs lyinphatiques du cou, ceux du cixar et du niediaHtin, ceux du diaphragme. De ces ganglions partent des troncs qui forment ;i droite la grande veine lymphatique et qui ä gauclie vont se joindre au canal thöracique.
Ces considerations anatomiques doivent nous servir de guide dans l'appr^ciation des parties ä eliminer autour des lesions tuberculeuses. Mais nous ne devons pas oublier que l'infcction tuberculeuse lymphatique ne suit pas toujours imiquement les voies cenlripetes de la lymphe : eile pent envahir des reseaux lymphatiques (canaux et ganglions) voi-sins ou collateraux, par voic anastomotiqne on par conti-guite de tissus.
Lorsquc, par exemple, les pounions seuls sont le siege de lesions tuberculeuses, ces organes, le diaphragme, ainsi que les ganglions de la base du cou, les prepectoraux^ les pre-scapulaires et les tissus circonvoisins devront etre largement sac ri fies.
Lorsquc les poumons et les plevres seront envahis, on ajoutera aux parties h supprimer toutle thorax avec le cou.
Lorsquc la tuberculose atleindra le peritoine on les gan­glions abdominaux, les psoas, les parois abdominales et les ganglions pelviens et ingninaux devront etre elimines. Dans ces deux derniers cas, la masse sacro-lombaire pourra etre dölachee et livree a la consommalion.
L'animal cntier devra etre exclu de la consommation lors­quc les lesions tuberculeuses auront envahi les principaux
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grpupes ganglionnaires des membres et du tronc, comme cela s'observe dans certains cas de tuberculose viscerale tres avancde on dans les formes de tuberculose ganglionnairc göndralisee. L'examen ä la loupe rendra d'importants servi­ces pour le diagnostic de ces tuberculisations ganglionnai­res (Mart el).
La saisie totale s'imposera de meme dans les cas fort rares de tuberculose musculaire proprement dite. Follin I'a signa-lee cliez rhomme, Colin chez le lapin, Degive et Van Het-sen cbez le bceuf ; Mathieu (1), Moule (2) et Villain (3) en ont cite des observations tres interessantes : il s'agissait, dans ces differents cas de masses tuberculeuses disseminees dans rcpaisseurde la langue, dans les masses musculaires, le long des os, sous les aponevroses superlicielles. Schütz a vu des nodules tuberculeux dans le tissu conjonctif inter-musculaire ou dans les ganglions qui s'y trouvent.
En somme on doit considerer dans Tanimal tuberculeux, d'apres la distribution de la virulence, trois sortes de regions :
1deg; Des regions dangereuses: ce sont les visceres malades, les ganglions et les autres parties pre:sentant des lesions tu­berculeuses manifestes.
2deg; Des regions suspectes, qui s'etendent plus ou moins loin autour des precedentes, suivant la gravite', l'anciennete' des lesions et surtout suivant les connexions lymphatiques de celles-ci.
3deg; Des regions indemnes, qui forment une partie plus ou
(1)nbsp; Mathieu, Societecentrale de med. vet., 1878.
(2)nbsp; Moule, ibid., 1890 et 1891, p. 234.
(3)nbsp; Villain, La viande malade, 1894.
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moins considerable de l'animal, suivanl retcndue des regions dangcreuses ou suspectes.
Dans les cas ordinaires de tuberculose pulmonaire, la plus commune (les poumons et les ganglions bronchiques sont seuls malades dans 81 pour 100 des cas), ces regions indem-nes, qui peuvenl olre consommees sans danger, sont: les membres, les muscles de la masse ilio-spinale (sacro-lombaire) etfessiere.et suivantles cas^uneparlie plusou moinsrestreinlc du cou, des parois abdominales et thoraciques. Lc plusordi-nairement les ganglions de la racine des membres devront etre rejelds.
Nous (rouvons dans la loi mosaiquc une prescription fort curieuse et, h noire point de vuc, exccilente. Le boucber juif enleve, avec le plus grand soin, des viandes qu'il debite, les vaisseaux, nerfs et ganglions. Cette pratique religieuse, qui a surtout en vuc relimination du sang, aliment impur, a pour elTet d'eloigner de la consommation, non seulement les vais­seaux sanguins, mais encore les lymphatiques qui les accom-pagnent toujours avec leurs ganglions gros et pel its.
I'our les parties des animaux tuberculeux, qui pcuvent etre consommees, cette ablation des vaisseaux et des ganglions ajoulerait une garantie ä celles resultant de l'elimination des regions dangcreuses et suspectes.
Visceres des animaux tuberculeux. — Cette question ne nous arretera pas longucmcnt. La localisation quasi cons-tante des le'sions luberculeuses dans les visceres, fail que les dangers qui resultent de Tingestion de ces organes se confon-dent avec ceux que presente la malicre luberculeuse propre-ment dite. Beaucoup d'expe'riences sur la virulence tubercu-
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leuse ont clö failes en se servant de fragments d'organes tuberculeux.
Les visceres tuberculeux, nißme lorsque la lesion est bicn dölimitee ou pen etendue, doivent etre rigoureusement de-truits.
II en est de meme des autrcs organes contonus dans la meme cavite splanclmique et qui, par contiguite ou connexion vas-culaire, ont pu devenir virulents.
Tuberculose du veau. — Nous venons d'ätudier dans tons ses details la question des viandes de bovides adultes atteinls de tuberculose ; mais chez le veau, la tuberculose, longtemps meconnue, s'observe quelquefois. En France, la proportion moyenne est de 1 veau tuberculeux pour 50.000 ; en Saxe, la proportion s'eleve jusqu'ä 1 pour 2.500.
La tuberculose du veau afFecte presque toujours la forme göne'raliscc. Los lesions articulaires et osseuses ne sont pas rares. Notre ami M. Morel nous a presente un cas fort inte­ressant de tuberculose du veau, avec synovite a grains rizifor-mcs de la gaine tarsienne et foyers caseeux dans les condyles femoraux et dans l'extremite superieure du tibia.
Le veau tuberculeux doit etre ecarte rigoureusement de la consommation.
Tuberculose des autres animaux alimentaires. — II nous reste ä examiner les autres animaux qui, en dcbors des bovi­des, peuvent servir ä l'iilimentation de l'homme.
Chez le pore, les lesions sont ordinairement gcneralisees et ndcessitent la saisie totale de Tanimal. De meme dans la forme chroniqnc dite scrofule du pore.
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La tuberculose du mouton et de la chevre est fort rare ; quelqucs cas seulement ont ete observes et ont determine la saisie. Les experiences faites sur les muscles de ces animaux ont demontre, comme pour le pore, que la virulence est ici la regle.
Chez le cheval, la tuberculose affecte ordinairement la for­me abdominale ou bien la forme pulmonaire. Elle est bien raremcnt observde dans les abattoirs hippophagiqucs. On pourra rejeter les parties malades et suspectes, ou mieux, vu le peu de valeur de la viande, detruire l'animal tout entier.
Les lapins, les cobayes et lesoiseaux alteints de tuberculose doivent fetre rejeles de la consommation, quelles que soient les lesions qu'ils presentcnt. Les foies des gallinaces luber-culeux ont pu entrer dans la confection de pates ; ils ont les apparences du foie gras, mais ieur substance conslilue le plus souvent une veritable puree de bacilles (Moule) (1).
11 nous resle a examiner divers moyens qui ont etö proposes pour detruire la virulence des viandes iuberculeuses et per-mettre de les livrer sans danger ä la consommation. Nous voulons parier de la cuisson, du salage et enfin de Tinstilu-tion d'dtaux de basse boucherie.
Cuisson des viandes tuberculeuses. — En 1853, Re­nault (2) annonga que la cuisson des viandes et rebullition des liquides provenant d'animaux atteints de maladies con-tagicuses avaient pour effet d'aneanlir leurs proprietes viru­lentes, au point que ces substances pouvaient etre consom-mees ou inoculees impunöment.
.! {[) Uovht, Congres tub., iSS8.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,
(2) Renault, Academie des sciences, 17 nov. 185ü.
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—#9632;#9632;
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Mais les experiences de Colin, pour la viande trichinae, celles de Vallin (2) et de Toussaint [loc. dt.), ont dömontre qua la cuisson ordinaire des viandes ne garantissait pas leur sterilisation : le centre des morceaux n'atteint pas unc tem­perature süffisante (48 ä, 58deg;). H. Martin, Bang ont montre que la temperature de 83deg; elail necessaire pour detruire le virus tuberculeux. Nous avons Liaite, pour le lait, celte ques­tion de la ste'rilisation par la chaleur et nous avons vu, dans le present chapitre, que la pluparl des auteurs s'etaient ele-vds centre Pusage de la viande crue ou cuile saignante.
H. Bouley, en 1883, avait dit qu'on pourrait peut-etre to-lereile debitde viandes tuberculeuses apres cuisson, et M. Gal­tier demandait que celte cuisson put etre reelle et complete.
Lothar Meyer a propose d'employer les viandes tubercu­leuses a la fabrication de bouillon et de viandes bouillies qui seraient debites dans les asiles^ dans les höpitaux, ou dans des etablissements populaires.
Au Congres de ISSO.Porroncito pre'conisa aussi la cuisson et, cn 1894, Morot (3) demande la transformation des viandes tuberculeuses on extraits ou conserves. M. Barrier proposa de distribuer aux populations miserables les viandes tuber­culeuses düment sterilisees.
Au Congres de 1891, M. Arloing, partisan de la cuisson ou du salage, fit decider que toules les viandes tuberculeuses devraient etrerenducsinoffensives pardesmoyens appropriös.
Le Congres de 1893 a emis le vceu laquo; quo des appareils des­tines a steriliser les viandes provenant d'animaux tubercu-
(1)nbsp; Vallin, Revue d'hygiene, 1881, p. 170.
(2)nbsp; ET BOOLEY, Societecentrab. de medecine vet., 11 Janvier 1883.
(3)nbsp; amp;' 101, Ibid., 1891, p. 92.
MOKE/Dnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;?
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leux soient installs dans les abattoirs, pourpermettre 1'utili-sation de ces viandes sans qu'il s'on suive aucun danger raquo;.
En Allemagne, Hertwig (1) a conseillede faire rontrer dans la consommation la plupart des viandes saisies, en les sou-metlant ä la caisson qui detruit leur nocuite. Eber et Johne {loc. cit.) ont adopte' cette regle de conduite pour ccrtaines viandes tuberculeuses. Duncker a relate (2) les experiences faites ä Berlin, par Hertwig, sur la cuisson des viandes par I'appareil de Rohrbeck : des morceaux de 3 ä 6 livres, d'une epaisseur de 12 ä 15 cent., ont demande' 1 h. 33' ä 2 h. 3S' pour atteindre la lemperature de 100deg; a leur centre. A Lü­beck (3) on se sert de I'appareil ä vapeur de Rohrbeck pour steriliser par la coction les viandes d'animaux atteints de tu-bercnlose un peu elendue, si Pcmbonpoint est süffisant: la viande est decoupee en fragments d'un decimetre cube, au plus, un thermometre est place au centre d'un des plus gros morceaux et Ton cbaulfejusqu ace qu'il marque 100deg;. Lydtin au Congres de Wurtzbourg, en 1893, a depose un rapport fa­vorable sur le procede de Hertwig.
Sans insister sur les difficultes pratiques de la sterilisation totale des morceaux, ni sur les inoculations positives de ma-tieres tuberculeuses prcalablemcnt portees ä 10a et meme 180deg; (H. Martin) (4), ni sur les cas d'infection par Ingestion de matteres tuberculeuses cuites (66 0/0, Gerlach, loc. cit., 1886 ; 3,5) 0/0, .Tolmc., loc. cit., 1883), nous nous bornerons ä faire
(1)nbsp; I-lEimviG. Zeitsehr, f. Fleisch, und Milchhyg. etHi/rj. Hund., 15 mars
1891,nbsp; p. 232.
(2)nbsp; Duncker, Dampf, kochversuche mit dem Rohrbeck... Ibid., lei mars
1892,nbsp; p. 202.
(3)nbsp;MASKE, ibid., lquot;juillet 1893, p. 612.
(4)nbsp; Martin, Revue mensuellc de medecine, II) nov. 1882.
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remarquer quo la nocuit^ des viandes des animaux alteints de maladies infectieuses nc tient pas seulement ä la presence des agents virulents qu'elles peuvent receler, mais encore aux toxines microbiennes 6labon5es. Or, nous avons vu, a propos du'lait, combien les travaux de Maffucci, de Kostiurine et Krainsky, de Ilammerschlag, de Weyl, de Prüden et Hoden-pyl, de Straus et Gamaleia jeltent de deute sur refficacite de la sterilisation.
Salaison des viandes tuberculeuses. — On a depuis long-temps admis quo la salaison, qui s'oppose ä la putrefaction, pouvait avoir une certaine action sur les matieres virulentes. En 1880 (1), M. Mandereau proposa le salage, sur place, pen­dant trente jours, des viandes tuberculeuses desossees et cou-pees en morceaux. 11 pretendait ainsi non pas de'truire la viru­lence, mais obligerle consommateurä faire subir äces viandes salees une ebullition prolongee avant de pouvoir les ingerer. Ce serait done un moyen indirect de sterilisation par la cha-leur. Cette pratique fat adoptee par lesautoritesde Bcsangon, en contradiction flagrante avec les prescriptions de l'arrele ministeriel de 1888.
M. Nocard (2) recommandace precede, et, auCongresvel^-rinaire de 1889, le proposa, en ddsespoir de cause. liest appli­que ä Genes depuis 1887 (Roccalari),a Amsterdam et äSaint-Petersbourg (Loukachewitcb). M. Arloing le proposa aux Congres de 1891.
Cette metbode, qui meriterait les memes objections que la sterilisation immediate, repose sur une donnee qui n'est rien
(1)nbsp;Mandereau, Bevue velerinaire, 1S86, p. 626 et 1894, p. 269.
(2)nbsp; NOCA.RD, Recueil de med. vet., 1887, p. 90.
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moins que piouvraquo;5e. 11 scmble m6me notoire que. daus l'etal actuel de nos habitudes culinaii-es fran^aises, ce sont presque cxclusivement les viandes salees qui sont mangees crucs.
Or, d'apres les experiences de Gallier (1) la salaisonne dc-truirait la virulence qu'autant qu'clle est complete et long-lemps prolongee ; d'un autre cöte Forster (2) a vu que I'ac-tion prolongee du sei marin pendant deux mois, n'empeche pas le baciile tubcrculeux de se devclopper ; le meme auteur a vu des organes tubcrculeux, coupes en morceaux, rester vi-rulenls apres 18 jours de salaison ; il en a 616 de meme de la viandc d'animai tuberculeux salee et Cumee. Freytag (3) con-clut de ses rechercbes que le salage n'enleve pas aux viandes leurs proprietes infectieuses. Enfm, Loukachewitch(/oc. cit.) a constate la nocuite de la viandc luberculeuse salee.
Malgre la haute approbation donnee par le Congres de 1893 au principe de la sterilisation des viandes tubercnlcuses, nous persistons a croiro quo la pratique qui consiste ä ecarter de ralimentation les regions malades et celles quidoivent yetre adjointes, presente scale toutes les garanties süffisantes.
Nous dirons un mot, pour finir, des etaux de basso bouche-rie. 11s existent depuis longtcmps dans diverses villes d'Alle-magnc et d'Autriche. Ce sont les freybank, oüse debitent les viandes de derniere qualite' et qui servent aussi älavente des viandes tuberculeuses, crues on cuites, avec etiquette indi-quant lour nature. La creation de ces Etablissements, encore
(!) Galtier, Journal de med. vet., Lyon, 1887.
(2)nbsp; Forster, Münch. med. WbcÄ.,16juillet -1889 et 22 avril •18t)0.
(3)nbsp; Freytag, Arch. f. Hi/g. XI et Hi/g. Bundsch., 1891, p. 9.
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fort discufis dans leurs pays d'origine, ne semble guere pou-voiretro importeechez nous. Nos habitudes sociales n'accep-teraient certaineraent pas cette distinction entre les viandes bonnes et les viandes suspectes. L'exemplc donnö par les boucherics bippophagiques, qui ne sont en realite que des elaux de basse boucherie, le demontre clairement. Les apo-ties de rhippophagie pensaient donner ä la population ou-vriere un aliment sain et peucoüteux; mais, endefinitive,la plus grande partie des 22.0Ü0 chevauxqui sont abattus annuel-lement a Paris est employee a la fabrication du saucisson, le reste sort a la fabrication des peptones, a la nourriture des carnassiersetaux quelques personnesqui mangent la viande de cheval en toute connaissance de cause.
Le döbit des viandes tubcrculeuses dans des etaux de basse boucherie, avec indication do leur nature et des precautions culinaires qu'elles exigent, donnerait, du reste, encore moins de securite pour la sante publique que la sterilisation sur place. Elles souillcraient les viandes saines avec lesquelles elles pourraient se trouver en contact, et leur manipulation ne serait pas sans danger. Enfin, et surtout, leur sterilisation par la cuisson, memo complete, chcz le consommateur, n'a-neantirait pas leur toxicite.
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CONCLUSIONS.
A.nbsp; nbsp;Lail des animaux tuberculeux.
I.nbsp; — L'usagc alimentairedu lait des animaux tuberculeux, ou de ses produits, doit otre rigoureusement interdit.
II.nbsp; — Pour arriver a ecarter de la production laitiere tons les animaux tuberculeux, il serait necessaire de provoquer l'application des mesures suivantes :
a)nbsp;Les vaclies laitieres seront soumises periodiquement ä l'cpreuve diagnoslique de la tuberculine.
b)nbsp;he repeuplement des etables ne pourra etre effectue qu'avec des animaux qui auront subi re'eemment Fepreuve rövölatrice.
III.nbsp; — Jusqu'a ce quo ces mesures soient prescrites par les autorites competentes, le public sera invite ä n'employer le lait ordinaire ou marchand qu'apres ebullition complete et prolongee, ou mieux apres sterilisation, surtout pour I'ali-mentation des enfants.
B.nbsp; Les dispositions reglementaircs concernant la viande des animaux tuberculeux pourraient etre revisees sur les ba­ses suivantes:
I.nbsp; — Les visceres, ganglions et autres organes ou tissus renfermant des le'sions tuberculeuses, doivent etre rigoureu­sement detruits.
II.nbsp;— Les parties qui entourent les lösftms tuberculeuses et aussi cclles qui ont avec elles des connexions lymphati-ques, doivent etre ecartees de la consommation.
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III. — La gcndralisation des lesions dans les principaux groupes ganglionnaircs du tronc et des membrcs, place toute la chair dans les conditions d'exclusion qui precedent.
FV. — Dans les cas de tuberculose localisee ä un on plu-sieurs organes, h une ou plusieurs regions, il y a lieu de con-siderer autour des parties malades :
a) Une zone virulente ou suspecte (parties circonvoisines
et parties en connexion lymphatique), qui doit etre eli-
minee.
ö) Des regions indenines,qiii comprennent le reste de l'a-
nimal et qui peuvent etre consommees. L'examen ä la
loupe des ganglions accessibles permettra de verifier I'in-
nocuite de ces parties.
V. — Les localisations ordinaires etant thoraciques ou ab­dominales, les parties utilisables des bovides tuberculeux seront: presque loujours les membres ; souvent la masse sacro-lombaire et fessiere. Mais le cou, les parois costales et abdominales, le diaphragme, les psoas, les ganglions de la racine des membres (prescapulaires, axillaires, inguinaux) devront etre frequemment sacrifies.
i
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TABLE DES MATIERES
Pages
InTRODDCTION.........................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
CHAPITRE I, — Contagiosite de la tuberculose. Infection
par les voies digestives........nbsp; nbsp; nbsp; H
g i. — Generalites sur la contagion tuberculeuse ...nbsp; nbsp; nbsp; ii
Especes atteintes..............nbsp; nbsp; nbsp; ib
sect; 2. — Infection par la voie digestive.........nbsp; nbsp; nbsp; 17
Mecanisme................nbsp; nbsp; nbsp; 21
J 3. — Tissus et produils virulents..........nbsp; nbsp; nbsp; 20
Virulence du sang.............nbsp; nbsp; nbsp; 29
Produits de secre'tion............nbsp; nbsp; nbsp; 32
CHAPITRE II. — Lait des sujets tuberculeux......nbsp; nbsp; nbsp; 36
sect; 1. — Virulence. —Contagiosite..........nbsp; nbsp; nbsp; 36
S 2. — Mesures prophylactiques...........nbsp; nbsp; nbsp; 44
Diagnostic de la tuberculoso........nbsp; nbsp; nbsp; 32
Tuberculine................nbsp; nbsp; nbsp; ö.'J
CHAPITRE HI. — Viande des animaux tuberculeux ...nbsp; nbsp; nbsp; 61
S 1- — Virulence. — Contagiosite...........nbsp; nbsp; nbsp; 61
sect; 2. — Mesures prophylactiques...........nbsp; nbsp; nbsp; 76
Mesures proposees.............nbsp; nbsp; nbsp; 86
Visceres tuberculeux............nbsp; nbsp; nbsp; 94
Tuberculose du vean...........nbsp; nbsp; nbsp; 9S
Tuberculose des autres animaux......nbsp; nbsp; nbsp; 98
Cuisson..................nbsp; nbsp; nbsp; 96
Salaison..................nbsp; nbsp; nbsp; 99
Conclusions...........,..............nbsp; nbsp; #9632;102
Imp. (i.Suinl-Aubin el Thevenot, Suinl-Oizier, (ilanle-Marnci 10-17, passajc Verdcau, I'aris.
Jrrv.
ocr page 109
ocr page 110
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Jquot;S'
ocr page 111
ocr page 112
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ocr page 113
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