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LES MALADIES
JELNE CHEVAL
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LIBRAIRIE J.-B. BAILLIERE et FILS
AUX (E.). — L'esprit de nos bötes, par E. Alix, veterinaire militaire. 1891, 1 vol. gr. in-8 de 656 pages, avec 121 figures. 12 fr,
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GUINARD. — Precis de teratologie humaine et comparee,
par M* Gcinard, chef de travaux ä l'Ecole veterinaire de Lyon. 1892,, 1 vol. in-18 de 500 pages, avec 200 figures, cartonne......... 0 fr.
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L. Relier, veterinaire principal au haras de Pompadour. 1889. 1 vol. in-16 jesus de 388 pages, avec 128 figures, cartonne. {Bihlioth.kque des connatssances utiles).................................... 4 fr.
SIGNOL. — Aide-memoire du veterinaire. Medecine, chirurgie, obstetrique, formules, police sanilaire et jurisprudence commerciale, par M. Signol, membre de la Societe centrale veterinaire de Paris, 1884, 1 vol. in-18 jesus de ü43 pages, avec 395 figures, cart... ß frt
Ctiartres. — Imprimerie Durand, rue Fnlbert.
BIBLIOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
2911469 5
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LES MALADIES
JEUNE CHEVAL
P. CHAMPETIER
VETGRlNAlRli EN Ier
au 24e Regiment d'Artillerie, a Tarbes
AVEC 8 FIGURES EX CHROMl) TYPOGRAPHIE
et 8 figures intcrcalees dans le texte.
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PARIS!
LIBRAIRIE J.-B. BAILL'amp;RE et FILS
19, rue Hautefeuille, pres du bouIeJord Saint-Germain T1 !
1892
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TODS DROITS RESERVES.
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LES
MALADIES DU JELNE CHEVAL.
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INTRODUCTION.
Ce livre est le fruit de plusieurs annees d'ob-servations personnelles.
La raison, qui nous a pousse ä entreprendre l'etude des maladies propres aux jeunes che-vaux, a ete inspiree par des considerations d'ordre pratique.
II nous a paru que le moment etait favorable pour grouper des etatsmorbides qui occasionneut de si grandes pertes ä l'armee, a I'agriculUire et ä i'industrie.
Ces motifs juslifient les recherches patientes laquo;t laborieuses dont ces maladies ont ete robjet;
CHAMPETIER.
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IKTRODUCTION.
mais ces recherches ont-elles abouti au resultat espere, c'est-ä-dire ä la connaissance de leurs es-peces morbides ? Nous pouvons nettement afflr-mer le contraire. Pour s'en convaincre, il suffit de lire nos livres didactiques on les communica­tions eparses dans nos publications veterinaires.
Grace ä one observation attentive de revolu­tion desaffectionsdesjeunes chevaux, nousavions dejä pu, au point de vue svmptomatique, distin-guer des espcces morbides differentes. Mais etaient-elles des especes ou des formes d'une meme espece ? Pendant longtemps, nous avons he?ite ä nous prouoncer. 11 ne s'agissait, en effet, de rien moins epic de faire litiere des doctrines acceptees et nous besilions ä les traiter ainsi. Nous pouvions d'ailleurs nous tromper, tomber dans le travers de ceux qui veulent trop speci­fier ; cependant, aprcs avoir constate que cer­tains etats se differenciaient entre eux par revo­lution, par I'cxpression symptomatique, par la marclie ou par les complications, nous avons conclu qu'ils appartenaient ä des especes mor­bides distinctes.
C'est en associant I'observalion clinique aux
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INTRODUCTION.
recherches micrographiques que nous avons pu eclairer, en partie, toutes ces obscurites et dire que I'etat gourmeux n'est pas la resultante d'une maladie unique; que la gourme constitue une individualite, ainsi que l'ont demontre Schütz et Peels, qu'elle est independante de la variole et qu'enfin, ä cote de ces deux affections, ily en a une troisieme que nous avons appelee la scarlatinoide, n'ayant rien de commun avec les deux autres.
Au sujet de cette derniere maladie, nous lui avons donne cette denomination ä cause de son analogic de marche avec la fievre scarlatine des enfants, sans que nous voulions en inferer que e'est ce dernier etat pathologique transforme par le milieu caballin. C'est une entite ä part, sinon nouvelle, du moins non decrite jusque-lä.
Nous ajouterons meme qu'en raison de son entree nouvelle dans nos cadres nosologiques, de la constatation de son micro-organisme, I'etude que nous en avons faite ne peut etre consideree comme complete.
II y a ä l'elargir, a la confirmer par de non-velles recherches, ne serait-ce que dans le but de determiner d'une facon precise la biologic de
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IMTRODUCTION.
sa bacterie, son role positif comme facleur mor­bide, recherches que nos moyens ne nous ont pas perm is d'entreprendre.
Nous nous sommes done contente d'indiquer ä quels caracteres on reconnait la scarlatinoide, sa marche, ses complications, ct la coincidence de tout ce cortege morbide avec un microcoque universellement repandu dans I'economie. Cast tout ce que Ton peut exiger d'un praticien.
En ce qui concerne la vaiiole [Horse pox), nous avons refute la doctrine qui a pour but d'en faire la cause premiere des etats gourmeux du cheval; et si nous lui avons conserve ce nom, ce n'est pas que nous avons voulu la considerer comme un etat identique ä la variole humaine. Nous basant sur les experiences de M. Chauveau, nous avons, au contraire, conclu qne la variole et le vaccin sont deux affections avanl de i'ana-logie, mais non semblables.
Avons-nous eu tort ou raison ? Nous I'igno-rons. La seule chose qui soit certaine est que cette interpretation n'est pas en conformite avec la logique, qui veut que des microbes semblables soient seulsvaccinaux les uns vis-ä-vis des autres.
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INTRODUCTION.
Or, le vaccin etant vaccinal contre la variole, il semble qu'ils doivent proceder I'un et l'autre du mememicrobe, attenue par le milieu d'evolution. Ce raisonnement serait impeccable, s'il etait de-montre que le virus varioleux s'attenue dans i'or-ganisme du cheval et se transforme en vaccin et que le vaccin, apres plusieurs passages dans rorganismc humain, s'exagere et devient vario­leux; malheureusement, toutes les experiences qui ont etc faites, jusqu'ä aujourd'luii, pour ar-river ii cette preuve, ont cte une affirmation eclatantc de rindividnalite distincte des deux vi­rus, et de la conservation de cette individuality, quels que fussent les passages dans des milieux divers. Ces resultats experimentaux suffisent, a notre avis, ä maintenir la distinction que nous avons conservee entre les deux etats dont nous parlous; nous sommes dispose, du reste, ä accep­ter toute autre conclusion si de nouvelles expe­riences, plus heureusement conduites, etablissent d'une facon incontestable l'identite des virus va­rioleux et vaccinal.
La question est d'ailleurs revenue de nouveau a l'etude et nous saurons probablement, avant
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IKTRODUCTION.
peu, quelle est, des deux doctrines, celle qui doit faire la place a I'autre.
Dans la partie de ce travail reservee ä l'etude de la pneumonie infectieuse, nous don nous ä entendre que nous ne croyons pas a I'existence de la pneumonie franche, nous basant sur ce fait que la pneumonie parait loujours dependre de la meme bacterie. Si, malgre toutes les raisons qui militent en faveur de cette conception, nous avons hesite a conclure ä l'unite pneumonique, c'est que nos connaissances ct notre experience ne nous autorisent pas ä nous inscrire radicale-ment en faux contre des opinions soutenues par des maitres qui ont droit a tous nos respects.
II nous a semble que, quoiqu'il y ait lieu d'etendre considerablement le domaine de la pneumonie infectieuse, de la diviser d'apres son aspect et sa marche en pneumonie sthenique ou plastique et en pneumonie adjnamique,(\e nou-velles etudes etaient indispensables pour tenter une fusion complete ties pblogoses pulmonaires ou pour conserver la distinction etablie et admise.
Apres la description de ces etats infectieux ii
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INTRODUC't;ON.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
peu pres incontestables, nous avons elargi I'etude des affections propres aux jeunes chevaux, par l'examen de Venteriie diarrheique, de Varthrite des jeunes poulains et du muguet, qui sont les tristes apanages de la jeunesse.
Enfin certaines maladies parasitaires ayant une influence tres facheuse snr les resultats de l'elevage et nuisant au developpement de ses produits, il etait tout indique de leur donner une place dans notre travail.
En ce qui concerne ces dernieres affections, nous avouons que notre pratique ne nous a pas fourni des elements d'ettule suffisants pour qu'il nous füt possible de donner sur leur marche, leur nature et leur traitement, des avis person­nels positivement motives. Nous avons emprunte aux maitres les fruits de leur observation, et si, dans certains cas, nous avons emis des opinions personnelles, nous I'avons fait avec la reserve qui nous etait commandee par une experience insuffisante de maladies se montrant rarement dans notre pratique.
Notre travail aurait ete evidemment incomplet, si nous ne lui avions pas donne pour sanction
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8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;INTRODUCTION.
une etude theräpe-utique et prophylactique spe­cials it chaque maladie. INous sommes convaincu que toute etude medicale doit avoir corame conse­quence de nous armeiquot; un pen plus serieusement contre lesdesordres que nous avonsa combattre. Or, la clinique est d'autant plus fccomle en re-sultals que Ton connait mieux les affections aux-quelles eile s'attaque ; eile est d'autant plus effi-cace que Ton agit avec plus de precision et de logiquc; eile est d'autant plus sure qu'elle est plus rationnelle.
Si l'intelligence des causes des maladies, de leurs processus et de leurs fins, n'accroit pas le nombre et la puissance des substances que nous employons, eile nous permet de mieux saisir leurs indications, de choisir les plus efficaces et les plus irtiles et de les appliquer d'une facon plus conforme aux besoins des vies qui nous sont confiees.
Si la curation des etats infeclieux est la mis­sion la plus immediate du veterinaire, eile doit etre completee par rensemble des mesures hy-gieniques et prophylactiques a laide desquelles il attenue la puissance nocive du contagium et
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INTRODUCTION.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 9
reduit au minimum le nombre des cas quien pre­cedent. C'est dire qne la prophylaxie doit le preoccuper au moins autant que la medecine.
La prophylaxie des maladies infectieuses des jeunes chevaox est particulierement necessaire dans les agglomerations de jeunes chevaux, qui offrent de si gramles ressources ä leur exten­sion ; clle est utile pour enrayer le mal on pour amoindrir sa lelhalite.
Les epizootics sont sous la dependance directe de I'hygiene; si eile est negligee, elles s'exage-rent; si clle est bicn comprise, elles s'altenuent et finissent par disparaitre.
D'une facon generale, il y a lieu de redouter les effets de rencombrement et d'une atmos­phere confinee, et de ne jamais perdre de vue que l'air et la lumiere sont les facteurs les plus actifs agissant sur la nutrition cellulaire. Or, un organisme qui se nourrit bicn, dont les echanges moleculaircs sont soutenus par line atmosphere pure ct souvent rcnouvelee, est celui qui est dans les meilleures conditions pour hitter contre les invasions microbiennes.
Tons les etres sont tributaires des milieux, les
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IJNTKODÜCTION.
proto-organismes qui sont efficients des maladies comme les etres superieurs qui las subissent; mais les causes agissent inversement sur les uns et sur les autres : teile influence, activant la viru­lence, accroit la receptivite de l'organisme, teile autre augmentant la resistance de l'organisme attenue l'activite virulente. II semble qn'il y ait lä une loi de balancement d'apres laquelle le mi­lieu agirait inversement sur le facteur morbide et sur l'etre auquel il est destine.
La connaissance de cette loi indique quelles sont les mesures a adopter pour maintenir en sante les etres qne nous avons mission de defen-dre, quelles sont les regies d'hygiene a suivre, et les precautions ä prendre.
Avant de songer ii appliquer des moyens di­rects contre l'agent infectieux, il est indispensable de songer aux individus, de supputer les causes d'invasion morbide et celles qui la favorisent. Cela fait, les mesures d'assainissement comple-tent la prophylaxie.
Avant de terminer, nous adressons nos remer-ciements ä notre distingue confrere et ami, M. Vergez, qui a mis a notre disposition l'infir-
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INTRODUCTION.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;11
merie du depot de remonte de Tarbes, son expe­rience et ses conseils eclaires.
Nous devons tout particulierement exprimer notre reconnaissance ä notre jeune et savant confrere, M. Faure, dont ia competence et les connaissances en micrographie ont singuliere-ment simplifie nos recherches, en leur donnant une allure moderne et scientifique qui nous a ete d'un grand secours.
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CIIAPITRE PREMIER.
GOURME.
II est pen de maladies, de l'espece chevaline, qui aient plus sollicite Tattenlion que celle-lä, peu qui soient restees aussi longtemps dans le vague des speculations theoriques. Elle s'est en-cadree par ses symptömes et sa marche dans toutes les doctrines, depuis I'ancienne hippia-trique jusqu'a nos jours. Faite, en realite, d'ele-ments divers que les cbnnaissances ne pouvaient separer, c'etait une affection proteiforme dans laquelle on decouvrait sans cesse desphenomenes nouveaux pretant aux plus curieuses conjec­tures.
On la consideree comme une affection des humeurs, une crise des solides, une inflamma­tion speciale, une maladie specifique ; on a nie sa contagion, on l'a admise et eile est arrivee ansi jusqu'ä nos jours, subissant toutes les fluctua­tions des doctrines medicales.
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GOURME.
Nous ne reprendrons pas son historique, quel-que interessant qu'il soit, parce qn'on le trouve suffisamment repete, clans nos publications veterinaires, pour satisfaire l'esprit de ceux qui aiment la medecine retrospective. Nousnouscon-tenterons de signaler, ä titred'ideesde transition, la these de M. Trasbot, relative ä l'analogie de la gourme et de la variola on, pour parier plus simplement, sur l'identite de la gourme et de la variole equine.
Cetle doctrine a souleve de nombreuses ob­jections, a cte tics contestee et, enfin, acceptee par un grand nombre de veterinaires.
Quelques experiences probantes, dans ce sie­de d'cxperimentation, out determine nn grand courant de convictions et rallie dc nombreux adherents aux idees de M. Trasbot.
II est probable que les choses auraient pu longtemps rester ainsi, si d'autres experiences, plus henreusement conduites, n'avaient restitue ä la gourme son individualite propre et son inde-pendance specifique vis-a-vis d'une affection, la variole, qui commencait ä la trainer vaillamment •a sa remorque.
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NATURE DE LA GOUKME.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 15
Ces experiences sont dues ä Schütz et Poels. Ils ont constate, dans lejetagegourmeux, im coc­cus en chapelet, ils l'ont retrouve dans les produits profonds des suppurations gourmeuses; ils l'ont cultive avec soin et des produits de sixieme cul­ture, inocules ä des chevaux, ont reproduit in-variablement la gourme sans variole.
Ces etudes ont im autre poids que l'inocula-tion de produits pris directement sur im malade qui, au lieu d'une affection, risque d'en avoir deux, la gourme et la variole se montrant si frequemmcnt, d'une facon simultanee, sur le meme cheval.
ARTICLE PREMIER.
Nature de la Gourme.
On a pu douter des proprietes contagieuses de la gourme; mais, meme avant la decouverte de son agent specifique, beaucoup, parmi ceux qui la suivaient de pres, ne contestaient pas son pouvoir infectieux. II sufflt de voir de quelle facon eile se comporte, dans les agglomerations
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GOUBME.
de chevaux en etat de receptivite, pour Mre convaincu de la facilite avec laquelle eile se Iransmet de Tun a l'autre.
C'est ä Schütz et ä Poels, ainsi que nousl'avons deiädit, querevient le merite d'avoir determ.ne son microbe; il est coaslituepar descocci reums en chapelet, tres analogues, aux dimensions, pres ä ceux de la suppuration ordinaire.
Le streptocoque gourmeux peut se voir a de faiblcs grossissements, ä la condition de ne pas tombcr au-dessous de 750 diametres et d'avoir colore la preparation avec une solution hydro-alcoolique de violet de gentiane (Pl. I, %. 1).
Avec l'objectifa Immersion et ä des grossisse­ments de 1000 ä 1400 diametres, on le percoit tres nettement (PI. I, fig- 2).
On le rencontre dans les produits du jetage, enquantite considerable, et dans le pus des abees gourmeux, mais quelle que soit la periode de la maladie, nous ne i'avons Jamals rencontre dans
1.6 sän0quot;.
Sou's l'objectif du microscope, le microbe de la gourme se montre sous forme de longs chapelets droits, contournes ou enroules ä leur extrenute.
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PI. I, p. 16 et 43.
1. Jetogs, INachet oc. 3 obj, 6. — 2. Jotagc, Nauhet oc. 3 obj. 9. Imm.
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NATURE DE LA GOURME.
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Son absence, dans le sang, permet d'affirmer que la gourme n'est pas une affection totius substantice, mais une affection locale que les voies de l'absorption peuvent, ä un moment donne, etendre el distribuer a une partie de l'economie, sans que les accidents ainsi repartis cessent d'etre des processus localises.
En dehors des investigations micrographiques, on pent, dans la pratique, se rendre compte de ces fails. Si, au lieu de laisser la gourme suivre son cours normal, en la traitant comme autrefois par des moyens a effets discutables, on la combat par la desinfection au cresyl a 2/100, en injec­tions nasales, si la gourme a debute par le nez, on supprime toutesses complications. La gourme, dans ce cas, est eteintc sur place et Ton evite les abecs sous-glossiens et autres qui resultent de l'absorption par les lymphatiques du streptocoque
Nous avons un nombre considerable de faits qui demontrent incontestablement ce mecanisme d'extension des processus gourmeux.
Si, au contraire, on laisse la gourme evoluer sans entraves, on assiste a la succession la plus
CHAMPETIER.
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GOURME.
arbilraire tie processus phlegmasiques et puru-lents. Ce sont les muqueuses qui se prennent de proche en proche, les ganglions les plus voisins ou se remlent les vaisseaux lymphatiques affe-renls ä ces muqueuses; un cheminement con-tinu ; quelques gertnes emigrant vers la circula­tion generale et, deposes an hasard, provoquent lä ou ils s'arrctent des abces metastatiques, pro-fonds ou siqierficiels.
Etant donneü la connaissance du slreptocoque gourmeux, on voit qu'il n'est rien de plus simple que d'etablir la physiologie pathologique de la gourme, ä la condition do ne pas la confondre avec d'autres affections so greffant sur eile et modifiant son expression ; parmi celles-ci, il con-vient de citer le horse-pox, la scarlatinofde, la pneumonic infectieuse meme dont on trouvera les descriptions plus loin.
On s'cxplique que si Ton prend pour des ma­nifestations de gourme toutes ces maladies inter-currentes, il soit difficile d'en donner un portrait retracant exactement sa physionomie.
Dans la description semeiotique de la gourme, nous ne nous occuperons que d'elle, et, avec les
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ET10LOGIE.
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etudes distributes dans le courant de ce travail, on trouvera les elements necessaires pour deme-ler ce qui lui appartient en propre, ainsi que les notions relatives aux maladies concomitantes de l'etat gourmeux. C'est le procede qui nous a paru le plus simple pour mettre un peu d'ordre dans ces questions.
ARTICLE II.
Etiolocie.
II est presque inutile de dire que la gourme ne procede que de la contagion chez les organismes capables qui n'ont pas d'immunite naturelle ou acquise par une premiere atteinte.
La gourme est-elle contagieuse par rapports immediats ou par l'intermediaire de l'atmos-phere? Si nous ne pouvons faire aucune reponse satisfaisante ä la seconde partie de cette ques­tion, il n'en est pas de meme de la premiere. Que Ton mette en contact un cheval sain avec un cheval gourmeux, il prendra la gourme ; que, sans desinfection prealable, on fasse occuper la
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20nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;GOURME.
place a I'ecurie d'un cheval gourmeux, par un cheval en sante, il en sera de meme; que Ton conduise ä des auges communes des chevaux en etat de gourme et d'autres chevaux jusque-lä indemnes et Ton verra les cas se multiplier.
Nos depots de remonte militaires et nos re-montes regimentaires, malgre les mesures d'as-sainissement dont ils sont l'objet, sont des recep­tacles d'affections infectieuses parmi lesquelles la plus persistante est la gourme; aussi tous les chevaux qui y arrivent en sont atteints ä de tres rares exceptions pres. 11 en est de meme dans les ecuries des grandes industries de transport, au fur et ä mesure de l'arrivee de nouveaux con­tingents.
Dans les ecuries d'elevage, grace ä l'isolement des poulains, la maladie est plus rare; mais qu'un cas dii a la contagion accidcntelle s'y montre et, en pen de temps, la gourme atteint tous les jeu-nes sujets qui y sont loges.
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DIVISION.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 21
ARTICLE III.
Division.
Nous n'accepterons pas la division de gourme benigne et de gourme maligne, parce que la premiere n'a pas de portee scientifique et que la seconde ne convenait qu'ä certains aspects de cette affection lorsqu'onignorait les coincidences morbides auxquelles les chevaux sont exposes; pas plus que celle de gourme sthenique et de gourme asthenique, qui n'exprime rien, attendu que les forces sont toujours diminuees dans la gourme et qu'en consequence, il ne pent y avoir des formes de cette. maladie qui soient stheni-ques. Or, un qualificatif emportant I'autre, au-cun des deux ne saurait subsister dans une clas­sification.
Il est preferable d'adopter la division de gourme locale lorsqu'elle ne depasse pas les compartiments primitivement envahis, et de gourme generalisee quand ses agents, vehicules par le sang, se deposent arbitrairement dans les regions les plus eloignees.
ocr page 32
22nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; GOURME.
Cette division, du reste, conforme a la physio-logie pathologiqne de cette affection, va nous permettre d'en faire une etude plus methodique et facilitera 1'interpretation des lesions et des symptömes.
sect; 1er. ---- GOURME LOCALE.
Gounne sans Jetage. — Elle se montre assez rarement, et c'est surtout surlesjeunes poulains qu'elle se voit le plus frequemment sous cet aspect.
La contamination s'est faite dans ce cas par la bouche ; les germes cheminent ensuite jus-qu'aux glandes parotides et aux glandes maxil-laires par les canaux de Stenon et de Warton. Une fois arrives dans les acinis glandulaires, ils provoquent des adenitcs, tantöt localisees a une parotide, tantot aux deux, d'autres fois aux glan­des maxillaires. Ensomme,toutesces glandes peu-vent etre attaquees isolcment ou simultanement.
Les symptömes de ces localisations sont ceux de toutes les adenites: tumefaction des regions correspondantes aux glandes, chaleur, douleur.
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GOURME LOCALE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;23
gene dans les mouvements de la tete, de la cir­culation de retour de la face se manifestant par des oedemes aux joues.
Ces inflammations se terminent h pen pres constamment par la suppuration, sept ou huit jours aprcs le debut.
Elles ne donnent lieu qu'ä de rares complica­tions en dehors de fistules salivaires dont il est assez facile de se rendre maitre.
Gourme avec Jetage. — Le jetage de la gour-me a comme caractcre intrinscque I'abondance d'elementsde pus qu'il renferme ; c'est presque du pus en nature, tellement les produits des se­cretions glandulaires y paraissent peu represen-tes. II est fourni par la pituttaire et le pharynx.
Dans ce cas, la gourme est cxprimee par I'in-flammation specifique des muqueuses nasales et pharyngiennes, par suite de la multiplication, sur place, du strcptocoquc gourmcux.
Par des examens microscopiques, il est facile de se rendre compte du mecanisme de ces le­sions: dans les preparations on voit la pullula-tion de ce long streptocoque qui forme un feu-tragesurla pituitairc; il en dissocie les cellules,
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24nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; GOURME.
les detruit, les contourne de ses rameaux delies; quelques-unes, plus heureuses, emprisonnent le microbe et le devorent en partie : on le voit alors deforme; ses cocci sont epars et rides sur leurs contours. Mais ce n'est la qu'un episode de la lutte puisque celle-ci lui est generalement favo­rable et tourne asonavantage : la maladieexiste.
Alors, independamment de son travail meca-nique, il doit exercer une action irritante se tra-duisant par un travail congestif, la proliferation des cellules cpitheliales de la couche profonde, une abondautc diapcdcse des globules blancs. Tons ces exsudats, noyes dans de la serosite et des produits muqueux, s'ecoulent a I'exterieur sous forme de pus.
La rhinite gourmeuse se caracterise par du jetage, par rinjection plus on moins vive de la pituitaire et de lenchifrenement; la pharvngite, par une douleur vive de la gorge, quelquefois par sa tumefaction. Le malade a lencolure allonsree, la tete portee en avant; il avale difficilement ou a des quintes de toux an moment de la degluti­tion ; il rejette par le nez une partie de ses aliments ou les boissons.
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Dans les cas graves, la congestion du pharynx est assez forte pour gener le passage de l'air, d'ou une angine striduleuse s'accompagnant d'un fort cornage.
Des abces peuvent se former sons la muqueuse pharyngienne, diminuer encore les dimensions du pharynx et compromettre la vie des malades par imminence d'asphyxie.
La pharyngo-rhinite gourmeuse benigne dis-parait dans une quinzaine de jours, mais pent persister da vantage sons forme de catarrhe chro-nique. Dans ce cas, quoiqne I'action specifique ait cesse, depuis longtemps, il reste des pro-cessus inflammatoires qui evoluent pour leur propre compte en vertu de l'impulsion recue.
Lorsque la pharyngite est grave et compliquee d'abces sous-muqueux ou des ganglions peripha-ryngiens, les malades peuvent succomber ä I'as-phyxie ou se remettre brusquement apres I'ou-verture de ces abces.
Toutes ces inflammations muqueuses provo-quent un retentissement febrile proportionnel a l'importance des lesions et ä la quantitede toxines absorbees.
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GOURME.
Dans les cas benins, on constate a. peine une elevation de quelques dixiemes de la tempera­ture generale; dans les autres, le malade est abattu, ses aliments lui repugnent et le thermo-metre accuse des hyperthermies considerables: 390,5a 40deg; susceptibles de former un plateau pen­dant un septenaire.
La phlogose reste souvent localisee aux deux compartiments precedents, mais il est frequent que, Tabsorption ayant transporte les microbes jusqu'aux ganglions intermaxillaires, il se de-veloppe, dansl'auge, des adenites phlegmoneuses se terminant par la suppuration.
Dansd'autres circonstances, les vaisseaux lym-phatiques participent a l'inflammation et se des-sinent sur la face par des cordons tres en relief, chauds, douloureux, nodules. Chaquc nodule finit ä son tour par donner naissance a un petit abces.
Independamment des phlegmasies nasales, s'offrent souvent et marcbent, d'une faron paral­lele, des processus glandulaires pareils ä ceux decrits dans le paragraphe consacre ä la descrip­tion delagourme sansjetage.
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Grace i\ leur voisinage avec le pharynx, avec lequelellescommuniquent paries trompes d'Eus-tache, les poches gutturales sont souvent le siege de phlegmons gourmeux. Ils peuvent s'etendre aux denx poches ä la fois ou n'en interesser qu'nne.
Scion l'intensite de ces phlegmons, ils peu­vent, en pesant sur la paroi superieure du pha-rvnK, occasionner le retrecissement de cet organe, et rendre tres difficilesla respiration et la deglutition.
Ces phlegmons se reconnaissent ä la tumefac­tion de la region parotidienne ä droite ou a gauche ou des deux cotes ä la fois, a la dysphagie ou au cornage, ou bien ä des saillies s'observant dans Tangle forme par ranastomose.de la glosso-faciale et de la jugulaire.
Enfin, les infiltrations microbiennes de la partie posterieure du pharynx peuvent franchir les limites que nous venous d'indiquer et s'etendre a tous les interstices musculaires de la region supe­rieure du cou et se terminer par la mort, en raison de diffusions purulentes ii peu pres impos­sibles ä drainer.
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En dehors de ces accidents, nous avons vu quelquefois des adenites suppurees dans la partie posterieure du larynx.
Teiles sont les alterations propres a la partie superieure du ecu et de la tete.
Conjonctive gourmeuse. — Paupieres plus ou moins tumefiees, croütes jaunes bruaatres dans les cils; amas purulents a Tangle nasal de l'ceil, conjonctive rouge vif. La hlepharo-conjonctivite
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gourmeuse est simple ou double.
Cheminement des processus dans le Systeme Ijmphatique. — Si les lesions ne s'aiTetent pas dans les regions voisines des points contamines, par la voie Ivmphatique, elles s'etendent en sui-vant la marche de l'absorption; c'est ainsi que Ton constate des adenites dans la zone du golfe des jugulaires, dans les ganglions bronchiqnes anterieurs, reconnaissables, toutes, ä des tume­factions phlegmoneuses trcs bien delimitecs si elles sont sous la peau, diffuses si elles siegent a l'entree de la poitrine ou sont profondes. Celles-ci s'accusent a I'exterieur par des cedemes en avant de l'epaule, au golfe des jugulaires, oedemes quidescendent souvent jusqu'au poitrail,
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quelquefois par la gene respiratoire et du cor-nage s'il y a compression des nerfs recurrents.
Extension äl'arbre bronchique. —De proche en proche, les processus pharyngiens peuvent envahir le larynx, la trachee et les bronches.
La bronchite gourmeuse merite seule de nous retenirau point de vue symptomatique, la laryn-gite et la tracheite etant d'un diagnostic sür et facile.
La bronchite gourmeuse, limitee aux gros troncs, est generalcment accompagnee d'un mouvement febrile, d'une touxgrasse et profonde et de rales muqueux on durs.
Lorsqu'elle s'eLend aux fines ramifications bronchiques et aux alveoles, la fievre est vive, le thermometre accuse 3905 a 40deg; ä l'anus; la respi­ration s'accelere et, ä l'auscultation, on remarque dans les parties les plus diverses du poumon, mais surtout en bas et des deux cotes, d'abord de la rudesse du murmure respiratoire, plus tard son absence comme dans la pneumonie.
Si ces inflammations disparaissent par resolu­tion, I'etat febrile se maintient pendant cinq äsix jours, puis s'attenue; des rales muqueux succe-
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dent ä l'absence du murmure respiraloire et pen ä pen tout rentre dans l'ordre.
Mais si la fievre persiste, si le thermometre indique toujours des sommets thermiques eleves, si le poumon continue ä etre impermeable, on pent avoir la presque certitude qu'il est devenn phlegmoneux et que des abccs plus ou moins nombreux se forment dans son parenchyme.
La scene morbide, qui est la consequence d'une abcedation pulmonaire de nature gourmeuse, se deroule dans quinze on vingt jours.
Sou vent dans cette periode, vers le 10'quot; jour au plus tard, les malades, apres une forte quinte de toux, expectorcnt de grandes quantites de pus tres fetide. Ces signes sont pathognomoniques de la dehiscence d'un ou de plusieurs abces dans les broncbes.
Si ces abccs etaient limites, leur issue a l'exte-rieur laisserait esperer la gucrison; mais presque toujours, ils sont contemporains d'autres foyers de suppuration, qui dcsagregent la trame pulmo­naire et sont suivis de complications gangre-neuses ; ou bien, le pus aboutit dans les plevres et le malade succombe ä une pleurite purulente.
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GOÜUME GEINERALISEE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;31
En somme, 1'extension gourmeuse aux poumons ne provoqae pas ä proprement parier line pneu­monic, mais un etat phlegmoneux speeiflque qui est rarement suivi de guerison.
sect; 2. ----- GOURME GEjNERALISEE.
La gourme generalisee est celle dans laquelle l'absorption ayant jete, dans la circulation gene-rale, une quantite plus ou moins considerable de streptocoques, ceux-ci vont ensemencer les com-partiments les plus eloignes et les plus divers de l'organisme.
C'est d'apres ce mecanisme que se forment les abces profonds du foie, de la cavite abdominale, du bassin, etc.
Le diagnostic de ces abces n'est pas toujours facile. — Ceux du foie peuvent etre soupconnes par la persistance de l'elat febrile et la teinte icte-rique des conjonctives ; ceux du bassin par la gene apportee tantot ä la miction, tantot ä la defecation, par des oedemes du perinee, ou par les intumescences des regions voisines de l'anus ou
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GOUHME.
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de la vulve; mais ceux qui sont loges dans la cavite abdominale ne s'expriment, dans la plu-parl des cas, que par du malaise et un etat febrile variable qui n'ont rien de tres symptoma-tique. Quelquefois meme les chevaux conservent toutes les apparences de la sanle avec un abces volumineux dans le ventre. (M. Deriot.)
Si Ion a des soupcons, on pent essayer de les confirmer par I'exploration rectale; maiscombien de fois les abces sont places de teile faron que la main ne peut les atteindre !
De sorte que Ton ne diagnostique le plus sou-vent les abces de la cavite abdominale qu'a I'au-topsie, ou que lorsque des symptomes de perito-nite demontrent qu'ils se sont ouverts dans le peritoine.
D'ailleurs nous reconnaissons que le diagnostic des abces profonds n'a pas une tres grande impor­tance pratique, car serait-on fixe exactement sur leur emplacement que la guerison serait impos­sible, sauf celle des abces qui out dejä des adhe-rences avec lesparois des cavites, ou sont situes dans la cavite pelvienne et sont drainables par le rectum ou par la paroi posterieure du bassin.
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GOURME GENERAUSEE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 33
Avec nos grands animaux, nous sommes, en effet, dans rimpossibilite d'aborder ces grandes operations qni sont rhonneur de la Chirurgie hnmaine.
Dans certains cas, fort exceptionnels, ä la verite, la gourme passe franchement ä l'etat chronique et se manifeste alors par une serie d'abces se montrant d'une facon assez arbitraire dans tons les points de reconomie.
Les malades se nourrissent mal, maigrisseat, s'epuisent en des suppurations interminables ; on voit des abces tres superficicls dans diverses regions do la peau ; iis sont tous sous-cutanes on ne depassent pas les couches moyennes du derme, leurs dimensions varient depuisle volume d'une noisette jusqu'ä celui d'une noix. La region costale en est parfois farcie.
Ces suppurations abondantcs finissent par rui-ner les malades qui meurcnt dans un etat cachec-tique avance, ou de l'ouverture dans les grandes sereuses d'un abces ignore.
Les synovites gourmeuses ä terminaison inva-riablement suppuree, tres reconnaissables en ce qu'elles sont concomitantes d'autres symptomes
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3
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gourmeux, sont encore imputables ä la generali­sation de la gourme. II en est de meme des abces qui se forment sous les enveloppes cerebrales, dans le canal medullaire, et qui s'expriment par les symptömes d'une meningo-encephalite on par des paralysies.
II est inutile de decrire tons les symptömes de ces rares complications; disons cependant que lorsque s'observent des troubles nerveux graves et qu'ils sont concomitants ou peu posterieurs ä la gourme, l'attention doit etre appelee sur cette affection commc cause probable de ces accidents.
ARTICLE IV.
Atfections greffees sur la Gourme.
Teile est la physionomie de la gourme lorsque rien n'en pervertit les traits et qu'elle evolue isolement sans association d'elements morbides nouveaux. Cast bien ainsi qu'on la voit, dans une foule de circonstances, dans les petites ag­glomerations ou les facteurs morbides se mon-
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AFFECTIOiVS GUEFFEES SUR LA GOUKME.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 35
trent avec unite; mais clans les grandes agglo­merations, il est rare qu'une maladie infectieuse existe seule : d'emblee, il pent s'en montrer plu^ sieurs ä la fois ou bien elles apparaissent succes-sivement, I'une faisant son cclosion avant que I'autre ait termine ses ravages. Dans le premier cas, la pluralite morbide est le propre de la plu-partides sujets ; dans le second, c'est seulement quelques-uns, les derniers frappes de l'affection premiere, chez lesquels s'observe, en meme temps ou successivement, la concomitance morbide, soit que, des le debut, la scene exprime I'inter-vention de divers factcurs pathogenes, soit que ce ne soit qu'au declin d'une maladie qu'une autre vienne lui faire cortege.
Le qualificatif d'irreguliere donne autrefois ä la gourme, lorsqu'elle affecte des aspects aussi divers, etait assurement tres justifie.
Nous avons actuellement ä l'infirmerie des chevaux sur lesquels (leur etat morbide ayant debute par la gourme et cette affection ayant suivi sa marche reguliere pendant quelques jours) on a remarque subitement une recrudescence febrile d'autant plus longue et tenace que les
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organismes etaient dejä plus debilites, due k une complication de scarlatinoide (Fig. 2, page 73), nettement caracterisee.
Sous l'influence de cette nouvelle infection, la pharyngite primitive de la gourme s'est notable-ment aggravee ainsi que les symptömes generaux, et les processus afferents a ces deux maladies marchent parallelement, mais plus lentement que si Teconomic n'avaita lutter que contre une seule cause d'infection.
Dans d'autres circonstances, c'est le horse-pox qui se greffe sur la gourme, et alors, inde-pendamment des manifestations pyogeniques propres ä la derniere maladie, on observe les eruptions univoques de la variole equine.
Iln'est pas jusqu'ä la pneumonie infectieuse qui ne prenne part ä tous ces desordres (Fig. 7, page 199), qui ne les domine de toute la hauteur de son grave cortege symptomatique, dc ses complications et de ses epiphenomenes : ente­ntes, nephrites, pleurites, etc.
De sorte que si, en assistant a des expressions morbides si redoutables, on n'est pas prevenu des simultaneites infectieuses qui peuvent se voir
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AFFECTIONS GREFFEES SUR LA GOURME. 37
sur des sujets habitant des milieux malsains, on rapporte tout ä la gourme, nous ne dirons pas que la confusion soit dangereuse dans le sens therapeutique, le pralicien faisant toujours face aux indications, mais i'esprit peut etre momenta-nement deroute en ne sachant ä quoi attribuer des fails cliniques de nature si bizarre.
A l'autopsie de chevaux attaints de gourme et de pneumonic, on retrouve dans les poumons les agents specifiques gourmeux et pneumoniques avec les nuances macroscopiques speciales aux deux affections. A premiere vue ce sont des pneu-raonies danslesquclles domine 1'element pyogene. Un examen microscopiquc restitue ä ces lesions ce qui appartient en propre ä chaque maladie.
La pleurite, qui est si rarement purulente chez le cheval, Test d'une facon positive lorsqu'elle est la consequence d'une pneumonie infectieuse contemporaine d'une infection gourmeuse. Pour avoir la demonstration que l'empyeme en est bien la consequence, il suffit de prcndre des produils, par raclage, sur la plevre enflammee, de les pre-parer convcnablement et de les examiner au microscope : on constate lä des streptocoques
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GOURME.
gourmeux alors que dans la serosite dotnine le pneumocoque.
Lesmemes reflexions trouvent leur application ä l'examen des nephrites purulentes, des arthrites dues a la double action de la gourme et de la pneumonie.
Les complications primitives dependent bien de l'infection pneumonique, mais Tintervention gourmeuse leur donne un cachet different en y adjoignant I'element pyogene.
II n'y a done pas ä proprement parier de pneu­monie, de pleuresie et de nephrite gourmeuses, mais des phenomenes de cette nature qui se surajoutent ä la gourme et proviennent d'autres affections. II en est de meme de l'enterite dite gourmeuse. Nous n'appelons pas de ce nom les quelques troubles digestifs inseparables de toute pyrexie, mais certaines manifestations d'ente-rite, nettement exprimees par les symptomes qui sont decrits dans le paragraphe relatif ä la pneumonie infectieuse ; eh bien ! ces ententes, lorsqu'elles s'observent en meme temps que des symptomes de gourme, ont toujours ele precedees de pneumonie et elles ont les carac-
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MAIICHE ET TERMINAISONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;39
teres de l'enterite infectieuse d'essence pneu-monique; par consequent nous avons toutes les raisons voulues pour les rattacher ä la pneumo-nie plutot qu'ii la gourme.
En resume, la gourme n'est pas une maladie proteiforme, mais eile pent le paraitre par suite des coincidences cliniques qui font que ses symp-tomes sont pervertis par des etats morbides gref-fessurelle; symptomesqu'une observation atten­tive degage facilement et attribue aux affections simultanement presentees par le meme malade.
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article v. Marche et Terniinaisons.
La marche de la gourme est tres capricieuse, cela resulte meme de l'etude que nous venous d'en faire.
Limitee ä la pituitaire et au pharynx, sans extension aux regions voisines, eile pent revetir la marche d'inflammations ä type aigu ou subaigu et se terminer en un ou deux septenaires. Dans quelques cas, sous cette forme essentieliement
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GOURME.
localisee, eile affecte ia physionomie d'un ca-tarrhe chronique pouvant persister un ou deux mois.
Les abces superficiels influent peu sur la ter-minaison de cette affection ; ils se jagent d'habi-tude dans un septenaire on un septenaire etdemi.
Nous ne dirons rien de la marche des fluxus congestifs pharyngiens, ni de leur terminaison, cette question a}ant dejä ete examinee; mais il nest pas sans interet pratique de dire quelques mots des abces des poches gutturales, qui creent parfois de si grandes difficultes respiratoires et alimentaires.
Ces abces n'etant pas toujours appreciables par des changements d'aspect et de forme des par­ties posterieures de la tete et supcrieures du cou, leur diagnostic est parfois difficile; cependant la persistance de la dyspnce et du coinage les fait soupconner. Tandis quo les abces sous-muqueux aboutissent assez rapidement au dehors, les autres s'ouvrcnt plus lentement dans I'egout commun qui est le pharynx. Ces indices et le cornagc croissant en intensite sont souvent leurs seuls symptömes pathognomoniques.
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MARCHE ET TE11MISA1SONS,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 41
Deux solutions se procluisent lorsque ces abces sont trop volumineux : ou le malade meurt as-phyxie, ou le pus aboutit dans I'egout pharyn-gicn. Lorsque cette seconde terminaison inler-vient, il en resulte un soulagement immediat du malade : il respire facilement et se nourrit; mais scion le point de dehisccnce de l'abces sur le plafond pharyngien, les consequences sont tres differentes. Si I'liyatus abccdial est tont ä fait en haut du plafond et pen etendu, la guerison peut se produire ; s'il est large et au centre de la paroi supcricure du pharynx, des aliments s'introdui-sent dans la poche abcediale, fermentent, et le malade succombe ä des complications septiques.
Nous ne nous etendrons pas sur la marche et la terminaison des autres processus gourmeux, ces fails ayant ete examines deja, d'une facon süffisante pour cbacun d'eux ; mais nous ne pou-Aons nous taire sur un aspect de la gourme qui merite d'attirer I'attentioa.
Il n'est pas exceptionnel de voir des chevaux gourmeux, qui n'ont aucune lesion serieuse, presenter une reaction febrile prolongee dont on cherche vainement la cause dans des alterations
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GOURME.
d'organes importants. La temperature se main-tient uniforme a 3904 ou 9 dixiemes; ils sont sans appetit; si on examine leur sang, on remarque qu'il est pauvre en globules, tres sereux, mais le microscope n'apprend rien de p;irticulier, c'est-ä-dire qu'il ne permet pas la constatation du moincire microbe.
Nous ne pouvons expliquer ce fait quo par l'action continue de rempoisonnement par las toxines gourmeuses. Quoi qu'il en soit, la gourme ainsi exprimee debilite considerablement les su-jets; eile a une marche tres lente et peut aboutir, soit ä la guerison, soit a des formations nouvelles d'abces et a la cachexie gourmeuse.
Si ii la gourme s'associent quelcpies-unes des affections qui ont cte citees succinctcment et s'offrant si frequemment en meme temps qu'elle, sa marche et sa terminaison sont souvent subor-donnees ä celles de ces maladies, qui ont d'au-tant plus de gravite qne les malades sont deja plus affaiblis.
II n'est guere que le borse-pox qui n'aggrave pas la gourme d'une faron serieuse.
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CAHACTEfiES OBJECTIFS ET MICROSCOPIQUES. 43
ARTICLE VI.
Caracteres objectifs et microscopiques des produits gourmeux.
II est ä peu prcs inutile de nous etendre sur l'anatomie pathologique de la gourme, car ses adenites et ses divers phlegmons ressemblent ä ce que Ton connait deja relativement aux pro-cessus phlegmoneux. Nous nous restreindrons done ä determiner les caracteres du jetage, du pus et des parasites dont ils sont fonction (Pi. I, fig. 1 ou 2).
Jetage. — Epais, blanc ou grisätre, riebe en globules blancs et en cellules epitheliales ä l'etat embryonnaire ou en cellules epitheliales mortes. Les microbes y abondent.
Pus. — Blanc, epais, cremeux, riebe en glo­bules de pus et en cellules embryonnaires. Tres nombreux micrococci.
Ce pus etale sur une lamelle, desseche et colore au violet de gentiane offre, a un grossissement de 1,000 ii 1,400 diametres (Nachet) de longs filaments droits, ondules, ou contournes ä leur
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extremite, formes de cocci parfaitement ronds, reunis en chainette (Pi. I, fig. 2).
Ils sont encore visibles avec des grossissements de 750 diametres, mais alors ils sont tellement fins que I'oeil en saisit mal la constitution (Pi. I, fig. 1).
Ils ressemblent morphologiquement aux mi­crobes du pus [streptococcus aureus), de la mam-mite contagieuse de la vache, mais ils en different en ce qu'ils sont beaucoup plus tenus et plus fins.
ARTICLE VII.
Traitement.
Gounne localisee d la pituitaire et au pha­rynx. — Deux indications sc presentent : d'une part, attenuer la congestion du pharynx qui gene la deglutition et peut rendre le passage de I'air difficile ; les revulsifs sous la gorge, vesicatoires ou applications sinapisees, sont absolument indi-ques. — Dans certains cas, tout ä fait an debut, si le cornage se manifeste sur des chevaux san-guins ou vigoureux, une emission sanguine pro-duit de bons effets.
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 45
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D'autre part, detruire sur place les strepto-coques. Les etudes que nous avons faites ä ce point de vue et qui ont porte sur un nombre considerable de sujets, nous ont demontre que ce but etait atteint par des lavages desinfec-tants des cavites nasales et du pharynx, avec des solutions de cresyl au 2/100 ou d'acide borique an 1/100. Toutefois, de ces deux solutions, la premiere reussit le mieux.
Nous les avons toujours pratiques avec une seringue dont la canule etait munie d'une allonge en caoutchouc, afin de ne pas erailler la pitui-taire. L'injection, poussee vivement, chasse le liquide jusqu'au pharynx et la plus grande partie sort par la narine opposee ä celle dans laquelle se fait l'injection.
Au debut de la maladie, et pendant deux ou trois jours, les injections sont faites deux fois dans la journee ; plus tard, une fois suffit jusqu'a ce que le jetage soit tari.
Ce traitement reussit bien mieux que tous les electuaires preconiscs jusque-la et dont reffet est absolument douteux, parce que s'ils repondaient aux idees vagues que Ton se faisait de la nature
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de la gourme, ils ne sont plus en harmonie avec les donnees plus exactes que Ton a sur cette maladie.
An point de vue curatif, la desinfection des premieres voies respiraloires donne des resultats positifs. Elle a cependant un inconvenient : les defenses que certains chevaux opposent ä ces lavages ; mais ce n'est pas lä un ecueil qui ne puisse etre facilement vaincu avec de la patience on avec les moyens de contention dont on dispose.
Bronchite gourmeuse. — La revulsion asso-ciee ä toute medication qui a pour but d'activer les fonctions cutanees lui convient, en y ajoutant comme moyen auxiliaire les calmants, si la toux est quinteuse, frcquenteet douloureuse. II s'agit, dans ce cas, d'attenuer les effets de la phlegmasie, puisque nos moyens therapeutiques sont encore trop bornes pour que nous puissions tenter une desinfection sure et sans danger de l'arbre bron-cbique. II y a, evidemment, a entreprendre des recherches dans cette vote, car la bronchite gour­meuse, en s'etendant jusqu'aux alveoles, est sus­ceptible de donner lieu ä des phlegmons pulmo-naires generalement mortels.
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TRAITEMKST.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;47
II ne fautpas se dissimilier, toutefois, qiie ces moyens directs n'anrontde chance de donner des resultats sericux qu'autant, qu'entrepris de bonne heure, ils s'attaqueront a la maladie localisee en­core aux gros troncs bronchiques.
Phleg?nons superficiels. — Toutes les mesures doivent tend re ä hater la formation du pus par des applications vesicantes ou maturatives, a les ouvrir largemcnt, des que les abces sont formes, et a desinfecter la poche abcediale. Les injections avec des solutions pheniquees, de bichlorure de mercnrc au l/1000c, de cresyl au 2/100% con-viennent parfaitement ä cet effet.
Abces pcripharjngiens. — En ce qui les concerne, il Importe de diagnostiquer ä pen pres sürement leur siege. S'ils sont sous-muqueux, I'expectation s'impose, faute de pouvoir les ou­vrir prematurcment par suite des difficultes ope-ratoires et du vague qui plane sur leur lieu exact d'clection.
S'ils siogentdans les poches gutturales, il n'est pas rare qu'ils fassent une forte saillie au-dessous de la parotide. Dans cette hypothese, le dia­gnostic etant precis, il s'agit de vider l'abces des
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que Ton a la certitude morale qu'il est forme; en effet, I'abces etant relativement profond, il ne nous est pas toujours possible de saisir la fluctua­tion qui est le caractere intrinscque de la pre­sence du pus.
La ponction do ces abccs sc fait utilement avec des cautcres longs et elfiies plutot qu'au bistouri, parce que la region, sur laquelle on opfere, etant tres vasculaire, on a ä craindre, avec un instru­ment tranchant, si I'animalfait un brusquemouve-ment, des echappees vers la jugnlaire et la glosso-faciale.
Si les abccs post-pbaryngiens no se dessinent que par un engorgement diffus de la gorge, sans saillie precise, et s'ils s'accompagnent d'im fort cornage, mettant la vie des chevaux en danger, il y a lieu de se hater d'intcrvcnir pour deux raisons : il faut eviter l'asphyxie et Tissue du pus dans le pharynx, pour les motifs qui out etc in-diques plus loin. A cet cgard, il n'y a pas la moindre illusion ä se faire: si I'abces ne fait aucune saillie exterieure, c'est que sa dehiscence s'effectuera vers des parties affaiblies des pre­mieres voies respiratoires.
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 49
Dans ces conditions, l'operation classique de rhyo-vertebrotomie doit etre tentee, quels que soient les dangers qui lui sont inherents. G'est, du reste, dans ce cas, le seul moyen ä la disposi­tion du praticien pourfaire le drainage des poches gutturales.
Si, redoutant ä im trop haut degre les incon-venients de cette operation, il hesite ä la faire, il n'ä qu'a se rappeler que de tous les dangers aux-quels est expose son malade, e'est encore le raoindre.
Nous ajouterons, d'ailleurs, que lorsqu'il s'agit de suppurations, la conduile du praticien ne doit pas etre hesitante, surtout s'il a la certitude que tout atermoiement nefaitqu'aggraver la situation de son malade et rendre sa guerison plus dou-teuse.
Abces des glandes salwaires. — Ils ne recla-ment aucun soin particulier autres que ceux qui ont ete indiquespour les phlegmons superficiels, si ce n'est dans le cas oü, apres leur ouverture, semontrent des fistulös salivaires. Le precede qui reussit le plus sürement pour les tarir, consiste a faire des injections iodees dans les fistules.
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4
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GOURME.
Tracheotomie, — Cette operation ne devient urgente que lorsque la dyspnee a atteint un tel degre que I'asphyxie est imminenle. C'est done une operation de circonstances dont le but est de permettre la respiration jusqu'a ce que 1'obstacle qui la gene ait disparu.
La tracheotomie n'offre, parelle-meme, aucune difficultc chez le cheval, nous ajouterons encore que c'est I'operation dont le manuel est le * plus simple; mais si eile est inoffensive dans les affections a marche chronique, il est loin d'en etre de meme dans la gourme. Ce que nous di­scus est tellemeut vrai que, clans les cornages chroniques, on voit des chevaux faire admirable-ment leur service grace ä la tracbeotomie, tandis que dans les maladies algues de la gorge, alors que la respiration arlificielle doit durer tout au plus un septcnaire, les malades succombent fre-quemment de pneumonie tranmatique. Cette difference deresultats tient ä deux, causes: dans la gourme toute suppuration devient un milieu de culture pour son microbe, do sorte que, sc multipliant dans la plaie tracbeale d'abord, en-suite sur le trajet de la trachee, il no tarde pas ä
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TUAITEMEINT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 51
s'etendre jusqu'aux plus fines bronches et ä pro-voquer des phlegmons pulmonaires. A un antre point de viie, I'arbre bronchtque qui est, dans les conditions normales, resistant an trauma-tisme, deviexit d'une grande susceptibilite des qua I'organisme se troave sous le coup d'une diathese purulente ou phlegmasique.
Enfin, il n'est pas rare que le soulagement immediat, eprouve par le malade, ne reveille son äppetit; mais comma les fonctions du pharynx sent en parties abolies par I'inQammation, une fraction des aliments s'engage dans le larynx et la trachee, jaillit meme par 1c tube, occasionnant des pneumonias qui se terminent toujours par la gangrene.
II resulte de ces inconvenients de la tracheo-tomie, dans les conditions de l'etat gourmeux, que cette operation, malgre toutes ses seduc­tions, ne doit etrc faite que dans les cas d'absolue necessite. Ce qui n'est pas une raison pour y renoncer, parce qu'en medecine nous ne sommes pas toujours embarrasses par le choix des moyens et que, dans les cas d'indication abso-lue, de deuxmaiix il faut choisir lemoindre: or,
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52nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; GOÜRME.
il est frequent que ce soit la tracheotomie qui s'offre comme moyen immediat de prolonger la vie des malades et d'attendre une heüreuse reac­tion.
La tracheotomie etant indiquee, quel est le moyen de la rendre inofiensive ?
A cette question, nous repondrons par les en-seignements de la pratique. Cellc-ci nous a de-montre que, d'une facon generale, les gros tubes sontdangereux, parce que d'une part, ils laissent trop facilement entrer, dans les bronches , la poussiere et les corps etrangers, et que d'autre part, ils necessitcnt des delabrements qui ne sont pas en rapport avec 1c resultat ä atteindre. En effet, il n'est pas necessaire d'un tube de grand diametre ])our permettre im acces d'air süffisant pour subvenir aux besoins de I'liematose.
Or, les delabrements portant sur des carti­lages qui sont d'une cicatrisation difficile, il est ä craindre que leur perte de substance n'oppose im grand obstacle ä la reparation, soit qu'il en resulte des necroses cartilagineuses, soit que la trachee ne subisse des retrecissements capables de rendre les chevaux inutilisables plus tard.
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 53
Enfin les tracheoceles sont d'autant plus ä redouter que la pression de gros tubes vlendra davantage s'exercer sur la muqueuse de la trachee.
Ces considerations exposees, il convient de se demander s'il est preferable d'employer, dans l'ouverture k faire ä la trachee, la methode de l'incision longitudinale on de l'excision circu-laire dun cerceau ou de deux demi-cerceaux. A notre avis, ces deux methodes se valent ä la condition, nous le repctons, que I'etendue des delabremcnts soit teile qu'elle ne puisse en rien deplacer les cerceaux ni reduire, apres reparation, la lumiere de la trachee.
Done, dans la tracheotomie, l'emploi des petits tubes est la condition premiere de la terminaison heureuse de cette operation.
Autres abcks. — Nous ne nous sommes etendn sur le traitement de certaines conse­quences de l'etat gourmeux, que parce que ce sont les plus usuelles, les plus frequentes, entrant dans la pratique courante. II en est d'autres qui ne constituent que des faits excep-tionnels qu'il n'est pas possible de passer
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54nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; GOUBME.
en revue; du reste, I'art medical reside preci-sement dans la determination de toutes ces exceptions et des moyens curatifs qui leur correspondent. C'est nne question de tact el d'initiative que nous ne saurions utilement exa­miner.
Indications generates, — La gourme n'etant pas une maladie generate, il est incontestable que nous ne voyons pas de traitement general qui doive lui etre oppose. Avec eile, il faut faire de I'liygiene locale et de l'hygiene medi­cate.
L'hjgiene locale comprend l'enserable des mesuresqui augmentent le bien-etre des malades: les ecuries doivent etre aerees, temies tres pro­pres, les räteliers et les mangeoires nettoyes et frequemment desinfectes; I'aliraentation doit etre varieeafin d'accroltre l'appetit des gonrmeux et de soutenir leurs forces.
Cette question d'alimentation a une tres grande importance et nous allons en fournir les rai-sons.
Il semble, ä priori, que dans les cas de dys-phagie, consequence d'angines congcstives, les
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TBAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 55
aliments les plus divises, comme la farine d'orge en barbotages, sont tout indiques. Ils sont an contraire souvent contre-indiques: M. Vergez a observe que les farineux, dans les cas de phleg-masies pharyngiennes, dcmt I'effet estdeprimant de la puissance contractile du pharynx, n'etaient pas toujoui\sfacilement(]eglutis,sejournaient dans I'arriere-gorge, s'iufdtraient dans le larynx, pro-voquaient de violentes quinles de toux, finis-saient par s'introduire jusqu'aux bronches et donnaient naissance ä des pneumonies gangre-neuses.
De sorte que les barbotages sont, dans le cas special qni vient d'etre examine, plus dangereux qu'utiles et que le foin doit leur etre souvent prefere.
En dehors de cette exception, il est certain que la division des aliments, alors que la mastication est rendue douloureuse par les phlegmasies peri-maxillaires, est une preparation qui facilite I'ali-mentation des malades.
L'hjgiene medicale doit s'appliquer a regula-riser les fonctions troublees parl'etat febrile.
C'est ainsi que les purgatifs minoratifs et les
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56nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; GOURME.
diuretiques conviennent pour remedier aux per­versions digestives, aux defauts de la secretion urinaire et pour favoriser l'elimination des toxi-nes; que les amers et les stimulants sont indiques pour combattre la paresse digestive et les debili-tes si frequentes dans la gourme.
En somme, en maintenant l'appetit et en re-duisant les deperditions, on a beaucoup de chances de preserver les malades de l'affaiblisse-ment qui est souvent la consequence de la gourme.
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GHAPITRE II.
SCARLATINOIDE.
L'affection qui va etre examinee est certaine-ment la plus curieuse et la plus meconnue de toutes celles frappant les jeunes chevaux.
Elle est curieuse en ce sens qu'elle a certains liens de parente avec les fievres eruptives des enfants, surtout avec la fievre scarlatine dont eile affecte la marche, dont eile emprunte les com­plications et certains signes communs justifiant I'appellation que nous luiavons donnee. Ce n'est pas ä dire qu'elle precede de la meme cause que la fievre scarlatine humaine dont I'etiologie est encore obscure.
Elle est meconnue parce que, se montrant souvent en meme temps que la gourme ou au declin de cette affection, avec laquelle eile a quelques traits de resscmblance, une observation insuffisante ne lui a pas donne, jusque-la, son individualite propre.
Au contraire de la gourme, qui est une affec-
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58nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; SCARLATINO'lDE.
tion locale ou localisee, qnel que soil le point oil se montrent ses processus, cette fievre est bien et düment une maladie ^enerale debutant par le parasitisme du sang. C'est done une affection de la masse, une entite morbide particuliere se dislinanant absolument de toute autre affection par le micro-organisme dont clle est fonction.
Dejä, par une observation attentive des symp-tomes, nous avions pu la diffcrencier de la gour-me. C'etait un jalon dans la voic de la classifi­cation des maladies propres aux jcunes chevaux; mais avec les seuls renseignements de la clinique, on aurait pu objecter que nous avions vu, avec complaisance, dans l'interet de notre these, ce que d'autres, dans un esprit plus respectueux des traditions, s'etaient contentes de rapporter ä un etat connu et etudie dejä.
Entre ceux dont le but est d'etcmlrc, de spe­cifier et ceux qui preferent condenser, la dis­cussion pourrait durer longtemps si Ton n'avait, pour y mettre un terme, les enscigncments du microscope.
Or, que nousapprend-il ?—Lorsqu'on examine les produits divers d'un cheval gourmeux, on ne
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SCARLATINOIDE PI. II. p. 59 et 89.
Fig. 3.
Fig. 4.
3. Sang, Kaohet oo. 3 obj. 1mm. a eau. N* 9. — obj. 9. I mm. a eaa.
4, Urine, Nachet oc, 3
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SCARLATINOÜDE P). Ill, p. 59 et 89.
ä. Jelage Nachel oc. 3 obj. 9, imm. a eau, preparation coloree ä IVosioe. — 6. Serosite de IVidemc des membres. Nachel oc. 3 obj. 9, imm. ä
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SCARLATINO'lDK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;59
rencontre son microcoque que dans les jelages on dans les produits de suppurations, le sang n'en presente jamais. Lorsqu'au contraire on ctiidie le sangd'unchevalaffectcde scarlalinoide, on constate que, des le debut, il est farci de cocci tres tenus, rarement isoles, le plus souvent reu-nis par deux, par quatre, ou par cinq et formant de courts streptocoques Pi. II, fig. 3, tandis que les jetages ne sont riches en ces elements que vers le decliu de la maladie, ä la periode de tlesqua-mation des muqueuses, PL III, fig. 5.
Ces resultats, si differents, fourm's par I'ob-servation micrographique, ne creuscnt-ils pas tin profond fosse entre deux maladies jusque-la con-fondues?
On ponrrait repondre a cette argumentation, basec sar les faits, que ceux-ci jieuvent bicn etre cequ'Lls se sontoffertsii notre vue, mais que la consequence que nous en tirons est inexaCte, parce que, selon la mode d'invasion, la gourme pent etre tantöt une maladie locale et tantot une maladie generale et que, selon les milieux en-vahis, I'affection, sans changer de nature, doit modifier sa phvsionomie.
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60nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCARLATIJVOiDE.
Ces raisons ne resistent pas a rexamen, pas plus qu'ä ce que nous savons sur les maladies in-fectieuses.
Jusqu'ä aujourd'hui, il est demontre que ehaque microbe evolue clans un domaine propre, determine, uniforme et donne aux maladies qui en derivent, la meme marche et les memes formes; que, dans 1c milieu organique, il choisit son compartiment et s'y rend d'une facon inva­riable.
Prenons, par exemple, le charbon bacterien : sa bacterie introduite dans le tissu cellulaire provoque le cbarbon emphysemateux; portee experimentalement dans le sang, eile devient vaccinale et ne donne plus le charbon. Mais encore faut-il des artifices de laboratoire, des moyens speciaux pour qn'il en soit ainsi. Dans les conditions de l'inoculation naturelle, les choses sent telles qu'on les observe dans la pratique, c'est-ii-dire que la bacterie va directe-ment dans le milieu propice pour son evolution.
Pourquoi pourrait-il en etre autrement de la gourme?
En dehors de ces remarques, comment expli-
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DEFINITION ET DIVISION.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 61
quer que le streptocoque de la gourme, dont la fonction est pyogene d'unefacon fatale etirreduc-tible, qui donne des phlegmons et du pus, quel que soit son mode de transport, systeme lympha-tique ou sang, ne serait plus pyogene par le fait seul qu'il aurait traverse le sang ?
II v aurait lä une teile contradiction qu'il est inutile de s'attarder davantage ä la relever et a en demontrer I'inanite.
ARTICLE PREMIER.
Definition et Division.
La scarlatinoide est une affection infectieuse, generale, produite par un micro-organisme se multipliant dans le sang et pouvant s'accompa-gner des phlegmasics les plus diverses.
Scion l'intensite de cette pyrexie, on pent la diviser en benigne ct en maligne. Dans la pre­miere division se rangent tous les cas a minimum et dans I'autre, tous les cas a maximum, soit qu'il s'agisse de l'intensite febrile, soit qu'il s'agisse de sa gravite par suite de l'importance
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62nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; SCARLATINOiDE.
des organes envahis et de retenclue de leurs le­sions.
ARTICLE II.
Etiologie.
La scarlatinö'ide etant microbienne, il est hors de (loute qn'elle procede partout et toujours de la contagion. Toates les circonstances qui favorisent celles-ci, sont des causes adjuvantes de son ex­tension et de la multiplicite des cas.
A ce point dcvue, les agglomerations dejeunes chevauxjouent un role preponderant, en mettant en contact des animaux doues des monies apti­tudes et des memes predispositions. C'est ainsi que, dans I'armce, les depots de remonte ou les remontcs regimentaires sont des lieux; privilegies pourcettc maladie.
Le role jbue par ces deux facteurs, I'agglo-meration et les aptitudes individuelles, doit etre beaucoup plus important que eclui de l'accli-matement qui, encore pour certains excellents esprits, est la raison premiere de la plupart des maladies du jeune age ; en efiet, si les change-
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ETIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 63
meats de climat, d'habitude et de regime avaient une influence si marquee, il est probable que chaque maladc serait atteint d'apres son idiosyn-erasie. Or, il n'en est pas ainsi; et malgre des aptitudes diverses- ce sont toujours les meines maladies avec une physionomie teile, qu'elles ne sauraient etre attributes qu'ä la meme cause ge-nerale. Un mcme fait ne pouvant pas proceder de causes differentes, il est bien certain que ce ne pout etre le cas d'influenccs aussi variees et si differemment ressentics que celles qui se lient au travail d'acclimatement.
Da reste, si la logique autorise ä faire jouer ä racclimatement un role si efficace dans la morbi-dite des jeunes chevaux lorsque ceux-ci sont de-payses, transportes loin de leur lieu de naissance, que penser de son action sur cette morbidite lorsque les chevaux ne sortent pas de leur cli­mat?— Sont-ils moins gourmeux, moins vario-leux, moins malades pour ceb ? Les exemples fournis par les depots de remonte, installes dans les centres de production chevaline et peuples de chevaux achetes dans la region, sont la pour de-montrer le conlraire.
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64nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; SCARLATIMOiDE.
Selon les annees et des circonstances difficiles ä preciser, les maladies des jeunes chevaux sont graves ou benignes, sans qu'il soft possible d'en donner des raisons plausibles, sans que surtout on puisse supputer la part dintervention inhe-rente ii I'acclimatement.
11 est de ces epizooties comme de certaines epidemies, benignes une annee et d'une lethalite effroyable dans les annees qui suivent. La rou-geole et la scarlatina humaincs donnent a ce sujet des exemples frappants.
II y a encore, dans la biologie des agents spe-cifiques des maladies, une fouled'inconnues qu'il est difficile de degager. II est bien probable que leur nocivite depend de l'infkience des milieux puisque nous pouvons les modifier experimenta-lement;mais lorsque nous sortons du cabinet pour faire une enquete dans le grand laboratoire natu-rel, il nous faut convenir que nous savons pen ou presque rien des causes qui attenuent ou exage-rent l'effet des microbes sur les etres superieurs.
De ce qui precede, il resulte tres clairement que nous ne croyonspas que I'acclimatement soit la seule cause efficace des maladies des jeunes
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ETIOLOG1E.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;65
chevaux; tout au plus est-ce une cause predis-posante.
Done la contagion et la contagion seule est le moyen naturel de transmission et d'entretien des maladies inf'ectienses des chevaux.
Ce moyen est, du reste, süffisant par lui-meme pour les propager et les perpetuer, surtout dans I'armee, condamnce aux agglomerations de che­vaux ayant pour la plupart les memes predispo­sitions et la meine receplivite ; surtoul dans les depots de remonte oü les achats successifs appor-tent constamment des organismes vierges, nou-veaux aliments pour la contagion.
Les agglomerations dans les locaux trop etroits, eu egard au nombredes animauxqui vsontloges, sans etre unc cause directe des maladies dont nous nous occupons, doivent avoir une influence sur leur gravite.
Le manque d'air et son confinement nuisent a 1'hematose, debiiitent Forganisme, facilitent la contagion et mcttent I'economie dans des condi­tions defectucuses pour resistor aux infections.
A ce point de vue on ne saurait nier qu'ellcs ii'influcnt sur leurs consequences.
CHA1IPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;5
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66nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SGARLATINOiDE.
Mais c'est tout, et en nous exprimant ainsi en partisan rcsolu d'une bonne et large aeration, nous tenons ä reagir contre certaines speculations theoriques qui ont eu pour point de depart les etudes de M. Arm. Gautier sur les ptomaines et les leucomaines fabriquees normulement par des organismes en sante.
]ja determination chimique de ce qua Ton appelait autrefois le miasme animal a pris une place un neu trop considerable dans notre etiolo-gie. On attribue ä ces poisons une foule d'elats pathologiquesmal connus ; ils serventde deguise-ment a notre ignorance. Or, lorsqu'on invoque des causes dc cetle nature et qu'on leur impute tant de mcfaits, il serait rationnel de se demander si, dans nos ecuries, toutes construites d'aprcs le principe de l'aeration permanente, toules lar-gement epurees par des courants d'air, 1'atmos­phere pent se saturer de ptomaines a un degre tel qu'elle puissc devenir toxique pour les ani-maux qui la respirent ? Se poser cctte question^ c'est la resoudre d'une faron negative.
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FORME BEKIGNE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 67
ARTICLE III.
Symptomes.
sect; I01quot;. — Forme bekigke.
11 est Lien rare qua Ton assiste au debut de raffection, ou du moins que le veterinaire soit appele ä le constater.
Dans la generalite des cas, la periode pro-dromique passe inajiercue; les chevaux sent atteints depuis deux ou trois jours et les symp­tomes sent deja tres accuses quandrintervention medicale est reclamee.
Ce qui sollicite d'abord l'altention, c'est I'abat-tement plus ou moins prononce des malades, im etat febrile manifeste exprime par l'acceleration dupouls, la diminution de l'appetit ou sa cessation complete, ce qui est rare dans la forme benigne ; la langue im peu seche et päteuse, la toux, une sensibilite tres grandedu pharynx et du larynx ä la pression, et im peu d'injection de la pituitaire et de la conjonetive.
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68nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCARLATISO'lDE.
Le jetage nasal est generalement peu abon-dant ä cctte periocle, mais les phlegmasies pha-ryngiennes et nasales marchant rapidement, le jetage ne tarde pas a devenir tres abondant et, au lien de se faire en nappe, d'etre purulent ou griiineleux comme dans la gounne, le malade rejette, par le nex, de gros paquets jaunes gri-sätres ayant I'aspect fibrineux.
L'iaflammation du pharynx etant tres vive et la deglutition gence, il est assez constant que le jetage soit melange do debris alimentaires qui en pervertissent la physionomie.
A premiere vue, ces symptomes pourraient etre rapportcs a une pharvngite simple et aiguii, si, ä l'examen des cavites nasales, on ne remar-quait sur la pituitaire, dans certains cas, car il n'est pas rare que I'eruption a la peau precede l'etat petcchial de la pituitaire, un pointille rou-geätre, condense, formantdes ilots on des plaques rougeätres, parfaitcment dclimitcs, tranchant vivement sur le fond ordinaire de la muqueuse. Ces rougeurs peuvent progressivement s'etendre sur toute la pituitaire ou roster liraitees aux sur­faces primitivement envahies.
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FORME BEKIGKE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;69
Dans d'autres circonstances, les taches rübeo-liques envahissent d'emblee tonte Ja pituitaire.
Ellcs ont la plus grande analogic d'aspect avec les rougeurs scarlatineuses du voile du palais et de la voiite palatine des enfants.
En meme temps que se remarquent ces symp-tomes generaux et ces svmptomesspecianx, on voit, snrla pcau on dans certaines regions, a la croupe et aux fesses principalement, des erup­tions variant de la grosseur d'un grain de mil' ä celle d'une piece de un franc, avant quelqne ressemblance avec les bontons de rechauboulure, que la main sent parfaitement et qui ferment de legeres saiilies. Dans certains cas, les bon­tons sont tres larges, irreguliers de contours, ä bords saillants formant comme un lisere cir-conscrivant une partie de peau en apparence normale.
Sur les papules et les boutons les poils sont herisses, ce qui facilite leur constatation objec­tive.
Ces papules et boutons s'etendent rapidement aux extremites et s'accompagnent quelquefois d'engorgements chauds et päteux.
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SCARLATIKOIDE.
Ces eruptions sont parfois tres discretes et peuvent meme manquer, ce qui est rare, sans que la nnalatlie cesse d'etre affirmee par I'etat febrile et la coloration speciale de la pituitaire. Dans quelques cas, elles sont tres abondantes et le corps pent en elre farci. Avec cet exantheme confluent, nous avons parfois observe une pous-see de fines vesicnles sur les flancs et les cotes, lt;jui s'ouvrent rapidement et dont la serosite agglutine les poils en petites houppettes ou en pinceaux.
Elles sont tres supcrficielles et n'ontaucune analogic avec de fines pustules de horse-pox.
Marche de la temperature. — Dans les cas les plus benins en apparence, le ihcrmometre accuse ä 1'anus une temperature de 3905 ä 40deg;. (fig. 1 et 2.)
Ces degres sont maintenus deux ou troisjours, avec les oscillations vespcrale et matinale habi­tuelles, puis survient une defervescence tres rapide, de sorte que la temperature normale est de nouveau recuperee vers le sixieme ou le sep-lieme jour. C'est dire epic dans ce laps de temps la maladie a parcouru son cycle febrile.
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FORME BEKIGÄE.
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Marche de rangine. — Le propre de cette maladie n'est pas dans la persistance des symp-tames des premieres voies respiratoires ; en efifet, dans im septenaire 011 un septcnaire et demi, les phlegmasies nasales et pharyngiennes disparais-
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taire. — Lcuc pcriode d'augment et d'extension
ocr page 86
72nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCABLATINO'lDE.
clure environ sept ä nuit jours, ensuite elles peuvent roster fixes pendant deux ou trois jours ; puis elles pälissent, passent au jaune rou-geätre et disparaissent. Ce travail de decolo­ration est la consequence d'une desquamation epitheliale et de la resorption des infarctus he-morrhagiques sous-epitheliaux ou des globules rouges sortis des capillaires par diapedese.
Papules et boutons. — Us peuvent s'effacer rapidement en deux on trois jours, revenir, dis-parattre, alternativement, et ne pas laisser de trace; mais souvent, si leur relief s'efface, on remarque ie herissement des poils et leur teinte lavee lii oil iis existaient.
Ensuite, a leur emplacement, I'epithelium tombe en petites squames furfuracces. Dans des cas exceptionnels, Fcpidcrme pent se soulever en plaques, tombcr, entrainer avec lui les poils et laisser des parlies de peau completement denudees moinentanement (Observations de M. Vergez).
Les cedemes des membres se resolvent genera-lement avec assez de lenteur.
Dans quelques examens sommaires d'urine.
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74nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCARLATINO'lDE.
nous avons constate des traces d'albumine, ce qui vient Lien a l'appui de l'idee qui nous fait considerer cette maladie comme etant de nature infectieuse.
Tels sont l'aspect et la marchc de cette mala­die sous sa forme benigne; lorsqu'aucune com­plication ne la modifie, eile est d'une duree moyenne de sept ä quinzc jours au maximum, sans quo nous en induisions que, dans ce laps de temps, rorganisrae soil complelcmcnt spolic de son infection.
8 2. — Forme grave.
La forme grave pent n'etrc que le fait d'une complication inatteudnc de la forme benigne ou s'affirmer, des 1c principe, par des symptomes d'une teile acuite qu'ils nc iaissent aucun doute sur les dangers courus par les malades.
Sympldmesgeneraux. — Etat febrile violent; prostration des malades, refus de tönt aliment, coloration rouge foncee des conjunctives et de la piluitaire, souvent etat petecbial, bonche chaude ct seche, crottins petits et coiffes.
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76
SCARLATINOIDE.
Temperature, 40o5 et 41deg; persistante, sensibi-lite de la gorge, jetage pen abondant (fig. 3).
Symptomes speciaux. — Eruptions nulles ou tres discretes sur la peau.
Membres engorges.
Bronchite. — Plus ou moins grave, eile est denotee par de l'essoufflement et des rales mu-queux ou un murmure respiratoire rude.
Cette localisation, accompagnec d'une activite febrile considerable, doit inspirer des craintes; mais eile a pen d'importance en egard aux pneumonies qui surviennent dans la forme grave de cette affection. Ce sont generalement de vio-lentes congestions, de veritables apoplexies du parenchyme, dent la tendance la plus commune est de se termiuer par la gangrene.
Pneumonic. — Celle qui est due ä la scarlati-noide a une marche generalement rapide; l'ame-lioration se montre assez promptement ou la mort est foudroyante par suite des complications septiques.
Elle est caracterisee, independamment de la coloration speciale de la conjonctive et de la pi-tuitaire, par de la prostration, de l'adynamie.
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FORME GKAVE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 77
une attitude brisce ä lecurie, une marche chan-celante, un tlegout a peu pres complet des ali­ments; par la rapidite et la petitesse du pouls, la force des battements du coeur, une temperature tres elevee qui attcint rapidement 40o5 ä 41deg;, raccelcratiou de la respiration et par du jetage citrin ou sanguinolent.
Ces symptomes d'hemoptysie sont d'un tres mauvais augure et laissentpeu d'espoir de sauver les malades.
L'hemoptysie, generalenicnt si rare dans la pneumonic, deviant ici d'une grande frequence ; eile s'esplique par les suffusions sanguines, les hemorrhagies interstitiellcs, qui sont presque de regle dans loutcs les complications graves de la scarlatinoide.
Ces congestions pulmonaires, ä forme hypos-tatique, siegent d'habitude dans les parties infc-rieures du poumon, plus trequemment des deux cotes que d'un seul,
L'hepatisation marche rapidement et s'accom-pagne de matite, de l'absence du murmure res-piratoire et de bruits de souffle.
Marche, duree, terminaison. — Une diminu-
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78nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCARLATIK01DE.
tion progressive de la temperature, la cessation de l'ecoulement citrin par le nez, un retour d'ap-petit, sont des signes qui font bien augurer de la maladie. A ces signes d'amelioration s'ajoutent des rales muqueux ä grosses bulles, des expecto­rations abondantes, un etat catarrhal bronchi-que qui ne s'observe dansaucune autre forme de la pneumonie. Une convalescence solide peut s'etablir en septa luiit jours; ma is ces pneumo-nies ont d'habitude une marche plus brutale et sont celles qui occasionnent le plus de pertes.
Dans les cas graves, I'liemoptysie persiste, la prostration s'accentue, la temperature se main-tient a son acme, le pouls s'accelere de plus en plus, l'artere est molle ct les pulsations sont faibles ; la prostration augmente, les muqueuses affectent une teinte rouge violacee, la respira­tion devient felido et les malades succombent de gangrene pulmonaire.
En trois, quatre ii cinq jours, rarement plus, toute la scene morbide a pu se derouler.
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COMPLICÄTIOKS. NEPHRITE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;79
ARTICLE IV.
Complications. — Nephrite infectieuse.
La nephrite se montre a des degres divers dans la scarlatinoule. On peut dire qu'elle existe au debut meme de cette afifeclion, puisque deja la phlegmasie renale s'aecuse par la presence de ralburainc dans les urines. Mais dans le plus grand nombre des cas, eile est ephemere comme les inflammations diverses qui font cortege ii cette affection.
Cette nephrite est de nature infectieuse, bac-terienne au sens absolu du mot.
L'etude de la nephrite infectieuse est presque nouvelle en France en ce qui concerne la mede-cine des animaux.
Il semble que, dans cette question, les veteri-naires se soient isoles du courant qui a empörte la medecine humaine dans une voie d'analyse dont la consequence a ete de donner aux desor-dres organiques une interpretation rationnelle et tangible, en dehors de toute speculation theo-rique plus ou moins hasardee.
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80
SCARLATINOIDE.
Les Allemaads nous ont precedes dans I'etude des nephrites infectieuses; grace aux travaux de Weigert, Karmenberg, Uigal, Bamberger, Aufrecht, Litten, Ziemachi, etc., clles ont con-quis, chez eux, la place que leur importance doit lenr assigner.
II est superflu d'ajouter que la tnedecine hu-maine n'est pas en retard, en France, surce sujet.
Ces complications ties ctats infectieux se ma-nifestent, au premier examen, par des anasar-ques plus ou moins graves, survenant pendant leur periode d'etat ou a lour declin. Nous de-vons rendre cette justice aux praticiens, que ces accidents, se montrant en dehors des causes ordinaircs do YavLasarqae essentielle, ont souvent eveille leur attention, ainsi que des doutes stir la theorie classique qui a ete donnee sur le meca-nisme de leur production.
Mais les reserves, faites par eux, devaient res-ter sans sanction ; d'une part la palhologie des affections des reins etaut ii faire presque entierc-ment en medecine veteriuaire, el d'autre part, I'esprit ayaut ete detourne de questions tenant si pen de place dans renseigneiueiit.
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COMPLICATIONS. NEPHEITE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;81
La nephrite est, nous l'avons dejä dit, une des complications frequentes de la scarlatinoide. Nous l'avons observee dans des circonstances nombreuses au cours de notre carricre.
Son debut pent ctre lent et progressif ou ra­pide; cependant, la forme lente est plus frequente que la forme rapide. Nous devons memo ajouter qu'il y a une correlation tres marquee entre Tis­sue de la nephrite et la lenteur ou la rapidite de son expression exterieure : ä une marche gra­duelle sc rattachent des cas curables, ä une marche tumultueuse, des terminaisons mortelles.
C'est a tort, croyons-nous, que M. Trasbot a tente de differencicr l'anasarque essentielle des nephritesinfectieusos, par la marchedes cedemes.
A. notre avis, si les anasarques different par les causes des nephrites qui les engendrent, leur distinction clinique ne saurait etre etablie par la marche des oedemes des membres. Nous avons vu, avec beaucoup de nos confreres d'ailleurs, des oedemes d'anasarque d'origine infcctieuse se comporter comme ceux de l'anasarque essen­tielle.
Nous avons dit que la nephrite existe des le
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;6
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82nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCARLATINOiDE.
debut de la scarlatinoide, mais que, dans la plu-part des cas, eile disparait avec les autres phleg-masies inherentes ä cette maladie ; eile ne se montre, en effet, de facon a dominer la scene morbide par l'importance de ses symptomes, qu'au declin de la fievre, lorsque celle-ci, atte-nuee, donne l'espoir d'une rapide solution.
II semble meme qu'une sorte d'equilibre s'eta-blisse entre la pvrexie et lesphenomenes nephre-tiques; Tune se moderant, les autres s'aggra-vant; cette situation neserait-elle pasdneace qne l'atlenuation de la pyrcxie serait marquee par une forte poussee de decbets vers les reins, et par rexaseration des causes de leur inflammation?
La nepbrite est due au microbe generateurde la maladie premiere; eile est la consequence de l'elimination de decbets irritants ou encore la pullulation dans les reins de parasites scarlati-neux.
Sjjnptömes communs de la nephrite in/ec-tieuse. -r- Dans les cas benins, la fievre est mo-deree, I'appetit conserve ou capricieux, des oedemes, augmentant progressivement, se mon-trent aux membres; la pituitaire presente quel-
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COMPLICATIONS. NEPHRITE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;83^
ques petechies; le malade n'a pas de coliques; sa secretion urinaire a diminue et 1'urinecontient une notable quantite d'albumine.
Dans les cas graves, la fievre est intense, con­tinue, le sujet est abattu ; des engorgements en-vahissent rapidement les membres, le dessous du tronc et l'extremite de la tetc. La pituitaire se couvre de petechies noirätres; I'appetit est faible ou a completement disparu. L'urine est rare, trouble, epaisse, foncee, riebe en albumine.
Marche de la nephrite. — La presence de l'albumine dans les urines, des le debut de la scarlatinoide, tout en etant im Symptome de ne­phrite, un caractere de l'etat infectieux, n'ex-prime, dans la plupart des cas, qu'une extension ephemere et de courte duree des phlegmasies qui sont la consequence de l'intoxication orga-nique. Cette legere albuminurie se juge d'habi-tude avec l'etat febrile et persiste peu apres lui: eile lui est done adequate; mais si les lesions re-nales ont atteint un degre avance et serieux, la nephrite se caracterise alors par les symptomes qui viennent d'etre passes en revue dans le para-graphe precedent.
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84nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCABIiATIWOlDE.
Sous cet aspect, la nephrite est toujours une maladie serieuse et d'assez longue duree, dont la manche ne peut etre bien saisie qu'en distin-guant des formes chronique et aigue.
Forme chronique. — Les oedemes des extre-mites se ferment progressivement, gagnent en hauteur sans se delimiter nettement par des bourrelets.
Ils peuvent se borner aux membres et ne pas exister sous le ventre ni ii la tete. Gcneralement la piluitaire presente quclqaes petechies, mais il est des cas, les plus benins, oü eile n'en offre pas.
Les cedemes augmentent insensiblement jus-qu'au huitiemc ou dixieme jour et restent ensuite stationnaires pendant un certain laps de temps; un mois, quelquefois davantage.
Ensuite, sous l'influence du traitement, ou d'une marche de la maladie vers une guerison spontanee, on constate une diminution de l'etat petechial, une resorption progressive de l'infil-tration des extremites, et une attenuation de la secretion albumineuse.
Dansd'autrescirconstances, les cedemes offrent
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COMPLICATIONS. MEPHKITE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8.0
une remarquable oscillation : ils paraissent se resorber en partie, regulierement pendant trois ou quatre jours, pour revenir subitement a lenr ampleur primitive.
Ces resolutions partielles ou ces nouveaux epanchements sereux coincident, clans le pre­mier cas, avec l'effaccment partiel des petechies, et dans le second, avec l'apparition de nouvelles ecchymoses.
Quoiqu'il en soit, sous cette forme, la nephrite est curable, quoique sa guerison doive se faire attendre.
A un degre un peu plus grave que le prece­dent, correspondent des engorgements des mem-bres, plus rapides, plus importants, mieux deli-mites et pourvus de bourrelets ; des cedemes du poitrail et de l'extremite du nez, avec de nom-breuses petechies sur la pituitaire.
Tous ces symptomes peuvent arriver a leur maximum en sept a huit jours.
L'arret brusque de leur essor et le maintien du statu quo, pendant quelques jours, sont de bon augure et sont suivis d'une amelioration lente, progressive, qui aboutit d'habitude a la
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86
SCAKLATINOIDE.
guerison. Cependant il peat se produire encore des poussees nephretiques qui remettent tout en cause et inspirenl de nouvelles craintes. Les arrets de circulation de portions plus ou moins etendues de la pituitaire oil se remarquent des petechies, peuvent s'accompagner de mortifica­tions de la muqueuse qui tombe en sphaceles plus ou moins larges. Il pent en etre de meme de la peau des membres, surtout dans les regions qui sont le siege des mouvements les plus fre­quents et les plus etendus, le paturon, par exemple. Ces lambeaux de peau qui se detachent laissent ä leur place des plaies irregulieres, de-chiquetees, sauieuses, d'un asscz vilain aspect. Julies sont tonjours tres lentes ä se cicatriser et laissent des cicatrices defectueuses.
Forme aigue. — Elle apparait brutalement, de concert avec un assez violent etat febrile, avec des oedemes. des membres^ debutant parfois comme des boutons d'echauboulure, dissemines sur la partie inferieure du tronc etaux extremites, avec des petechies tres foncees sur la pituitaire et im cedeme du bout du nez.
Ces infiltrations sereuses marchent rapidement.
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C0MPLICAT10KS. NEPHRITE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;87
Du nez s'ecoule de la serosite rousse ou san-
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uinolente.
La scene morbide peut se terminer en trois ou quatre jours par l'asphyxie resultant de Tobtura-tion des cavites nasales par les cedemes de la partie inferieure de la tete ou par de la gangrene pulmonaire.
Plus communement, la pituitaire tombe en lambeaux. Ces necroses sont souvent escortees de violentes epistaxis. La peau des membres se refroidit par place, se mortifie et se detache, lais-sant apres ces sphaceles partiels, des plaies marbrees et sanieuses. Dans d'autres cas, les plus frequents, les gangrenes locales sont suivies d'absorption et les malades meurent prompte-ment de complications septiques.
Sous cette forme aigue, la nephrite est ä peu pres toujours mortelle; exceptionnellement, gue-rirait-elle que les sujets seraient inutilisables par suite de deformations des membres, consecutives aux cicatrices defectueuses ayant pris la place des portions de peau sphacelees.
Teile est, dans son ensemble, la nephrite infec-tieusequi vient compliquer la scarlalinoide.
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SCAKLATIN01DK.
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ARTICLE V.
Anatomie pathologique. -microscopique.
Examen
Le sang des chevaux atteints do scarlatinoideraquo; prepare de la facon suivante : (etale en nappe tres legere sur une lamelle, desseche, plonge ensuite dans un melange d'ether et d'alcool en parties egales, afin do bien fixer les globules et dissoudre • les parties grasses, colore ensuite avec une solu­tion hydro-alcoolique de violet de gentiane), pre-sente de nombreuscs legions de cocci, arrondis, associes par deux, ou rcunis en chainettes de trois, de quatre ou de cinq (Pi. II, fig. 3).
Ces microbes tenus peuvent etre vus, aprcs coloration, ä un grossissement de 750 diametres environ. Sans preparation speciale ils sent ä peu pres invisibles. On ne distingue bien leur forme qu'avec des grossissements variant de 1000 a 1400 diametres.
On les trouve, en deliors du sang, dans les produits du jetage (Pi. Ill, fig. 5), dans la serosite des oedemes des membres (Pi. Ill, fig. 6) lorsque
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~'fnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ANATOMIE PATHOLOGIQÜE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 89
les lesions des reins sent exprimees par ce Sym­ptome; dans l'urine (Pl. 11, fig. 4); en somme, peut-on dire, dans tous les produits d'elimina-tion et de secretion.
Le sang est moins riche en globules rouges qu'ä l'etat normal.
A noire connaissancc, il est peu d'infection microbienne aussi riche, aiissi intense, aussiuni-versellement repandue dans l'organisme que celle-ci. Or, etant donne que dans la majorite des cas, la scarlatinoide est relativement peu grave, sauf clans des circonstances difflciles ä interpreter oii eile acqniert une grancle lethalite, den (lecoule celte conclusion que, dans la gene-ralile des circonstances, ie microbe scarlatineux est de ceux dont les ptomaines sont peu toxi-ques.
II n'y a, en effet, aucun rapport entre son immense pullulation et les desordres qui eri resultent dans la grande majorite des circons­tances.
Nous ajouterons meme qu'il parait aussi abun­dant dans le sang et les diverses humours, dans les cas benins que dans les cas graves.
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90nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCARLATIISOlDE.
D'ou viennent done les differences d'effet?... Est-ce de la predisposition, du milieu organique ou des influences ambiantes? — Nous I'ignorons.
Taches rubeoliques de la pituitabe. — Elles proviennent des troubles de la circulation capil-laire, provoques par les microbes; ceux-ci, en s'accumulant dans los vaisseaux, occasionnent des embolies, des diapedeses de globules rouges, des infarctus qui se resorbent peu a peu, d'apres le mecanisme ordinaire de la regression des hemor-rhagies interstitielles.
II n'est pas rare quo riiemorrhagie atteignant sur place unc importance inusitee, il reste sous l'epithelium des depots fibrineux ä resorption lente, irreguliers et ä contours trcs nets, apres la disparition des elements colores.
Les inflammations des premieres voies respira-loires proviennent de deux causes : I'eleraent microbien agissant par fles perturbations circula-toires et l'element toxique, par son action irri-tante sur les elements cellulaires.
Pneumonie. — Dans les cas particulierement graves, les lesions, au lieu dese limiter aux fosses nasales etau pharynx, s'etendent jusqu'au paren-
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 91
chyme pulmonaire, mais toujours d'apres le ineme mecanisme ; hemorrhagies interstitielles plus ou moins etendues, congestion des parties declives d'un lobe pulmonaire ou des deux ä la fois, embolies nombreuses supprimant ä peu pres completement la circulation des points malades, et preparant un terrain favorable a la gangrene. Ces lesions limitees sont susceptibles de repara­tion comme celles qui sont habituelles ä la pneu­monic infectieuse; maiselless'accompagnent alors d'un abondant etat catarrhal tout ä fait special ä cette maladic, autorisant ä classer cette phleg-mosie pulmonaire dans le cadre des pneumonies catarrhales.
Lesions intestinales. — Les foyers inflamma-toires, au lieu d'etre uniformement repartis sur rensemble de l'intestin, affectionnent de se distri-buer d'une facon arbitraire; toutefois, les points phlogoses semblent se limitor de preference aux glandes de l'intestin qui sont rouges et turges-centes. Sur leur coupe, on remarque de nom-breux infarctus hemorrhagiques.
Reins. — L'inflammation des reins est la con­sequence des memes elements phlogogenes qui
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92
SCARLATINOIDE.
ont agi ailleurs, mais ici, avec d'autant plus d'activite que les toxiaes microbiennes s'eliminant par la voie renale, ce compartiment organique doit plus souffrir que les autres.
Au degrc le plus simple, la phlegmasie renale, dans la scarlatinokle, ne constitue qu'une nephrite epithcliale, limitee par consequent aux. surfaces de secretion des tubes uriniferes. Elle est carac-terisee par la proliferation des cellules epithe-liales et par des bouchons epitheliaux obstruant plus ou moins complctement les tubesde Ferrin.
A un degre plus avance, a la nephrite epithe-liale s'ajoutent des ischemies partielles resultant de formations emboliques, des nephrites intersti-tielles interessant une ctcndue variable du paren-chyme renal.
Systeme musculaire. — Tl est generalement pale et decolore, principalement les muscles pro-fonds; cependant, dans le tissu cellulaire inter-musculaire de la croupe et de l'epaule principale­ment, il n'est pas rare de rencontrer de vastes heraorrhagies interstitielles donnant aux mus­cles une teinte apoplectique d'un rouge fonce.
Les cedemes des membres et de l'extremite de
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TRAITEMENT.
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la tete sont constitnes par de la serosite rous-satre clans laquelle nagent quelques caillots san-fifuins. Ils sont dus a la gene circulatoire locale et a rinfection urique; quant aux sphaceles de la peau et de la pituitaire, ce n'est plus seulement une gene circulatoire qui les provoque, mais un arret complet des liquides nutritifs.
ARTICLE VI.
Traiteraent.
La reaction febrile assez intense qui s'observe dans cette affection, meme dans sa forme legere, commande l'emploi des antipyretiques. Ceux qui conviennent le mieux, sont ceux agissant sur les centres calorificateurs et comme anti-infec-tieux ; de ce nombre sont: la quinine ou de pre­ference le salicylate de quinine ä une dose variant de 8 a 15 grammes selon le poidsdes sujets. Mais comme ces agents, par suite de leur prix, ne sont pas encore entres dans notre therapeutique, on pent v suppleer par des injections sous-cutanees de veratrine ä la dose de 2 a 5 centigrammes par jour, en deux fois, selon la force des sujets.
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94nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCARLATUVOIDE.
A l'interieur on pent donner concomitamment des alcooles de quinquina, du quinquina, et des stimulants diflfusibles pour activer les fonctions cutanees.
Quelle que soit la medication interne, les applications revulsives sur la peau du tronc et des membres sont indiquees; celles qui parais-sent preferables sont les frictions sinapisees ou les sinapismes sur le tronc, aussi souvent renou-veles que cela pent paraitre necessaire.
Les purgatifs salins et les diuretiques sont d'un concours utile pour deblayer l'intestin et faciliter les eliminations par la voie renale dont les fonc­tions sontattenuees, d'une part, par I'etat febrile et, d'autre part, par les lesions constantes exis-tant dans les reins.
La nephrite pourrait etre utilement combattue par le salol et le salicylate de soude qui s'elimi-nent par les reins et dont Faction anti-infectieuse serait de nature ä modifier les processus phleg-masiques de ces visceres. M. Trasbot recommande encore l'association de l'alcool, du sous-acetate d'ammoniaque et de la digitale.
Deja, depuis longtemps, dans la pratique, on
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 95
avail remarque les bons effets de la medication stimidante (sous-acetated'ammoniaque, alcool...) centre certaines anasarques dont nous connais-sons maintenant I'origine. En leur adjoignant les desinfectants plus haut indiques, il est cer­tain que Ton se trouve avoir des moyens metho-diques et rationnels pour combattre la nephrite infectieuse.
Les plaies consecutives aux sphaceles de la pituitaire et de la peau sont utilement modifiees par des lotions antiseptiques ä base de cresyl, de bichlorure de mercure on d'acide borique.
Ce que nous ne comprenons pas, c'est la recommandation f'aite par M. Trasbot d'attaquer les engorgements des membres paries pointes de feu penetrantes. — Quel resultat ces cauterisa­tions peiivent-ellesclonner?.,.L'oedeme des mem­bres n'etant qu'un Symptome et celui-ci s'attc-nuant avec la nephrite et disparaissant avec eile, il nous semble que les efforts de la medication ne doivent pas s'adresser a.lui, mais ä la mala-die qui le provoque.
Dans notre pratique nous n'avons jamais employe la cauterisation des membres dans
_)
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SCABLATINOIDE.
1'anasarque symptomatique; neanmoins les resultats que nous avons obtenus ont ete satisfaisants.
Tout au pluscoaseillerions-nous quelques fric­tions stimulantes afin de prevenir le plus possible les mortifications partielles de la peau.
En resume: moderer I'etat febrile, faciliter les eliminations cutanees et urinaires, faire de la desinfection generale, tonifier et stimuler l'orga-nisme, telles nous paraissent les indications pre­mieres dans le traitement de la scarlatinoide.
Regime. — II doit etre base sur les desirs et l'appetence des malades; etre tres varie, de facon ä les obligor a manger, ä s'entretenir et ä so defendre contre les causes d'affaiblisseraent et de denutrition propres aux ctats infectieux.
Hygiene. — 11 importe de veiller an bon en-tretien et au renouvellement des litieres ; ä l'aeration aussi large quo possible des ecuries, tout en evitant les courants d'air et le rcfroidis-scment des malades.
Par des couvertures chaudes, on doit entre-tenir les fonctions de la peau et cviter les reper­cussions internes.
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PROPHYLAXIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;97
ARTICLE VII.
Prophylaxie.
Dans l'etude des causes, nous avons dit que I'agglomeration jouait un role important en fovo-risant la contagion et en influant meme beau-laquo;oup sur la gravite de la scarlatinoide.
Comment I'agglomeration agit-elle? Probable-oient en concenlrant I'agent specifique, en permettant l'infection ä doses massives depassant d'emblee les resistances vitales.
Les experiences de M. Chauveau viennent a Tappui de l'hypothese relative ä Faction exercee par la concentration des agents virulents. Des cultures charbonneuses, inoculees ä des moutons algeriens qui ont, comme on le sait, une immu-nite relative a l'egard du charbon, sont sans effet sur eux a des doses qui suffiraient ä tuer un mou-ton francais; mais en employant des quantites plus considerables, les moutons algeriens cessent d'etre refractaires au bacille charbonneux.
Les experiences de M. Watson-Cheyne ne sont pas moins probantes a cet egard: un seul
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;7
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98nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SCAULATlNO'lDE.
bacille charbonneux tue un cobaye, un bacille de la septicemie tue une souris. Quelques ba-cilles de la septicemie de la souris ne donnent rien au cobaye, sauf un petit abces local, tandi* qu'une grande quantite amene rapidement sa mort.
Nous pourrions multiplier ces exemples de-montrant que la massivite ou la rarefaction des-microbes pathogenes, dans les milieux ambiants, ont une influence notoire sur la gravite ou la benignite des maladies qu'ils occasionnent; mais c'est presque superfln, tellement tout le monde est convaincu du danger offert par les agglome­rations et le confinement.
La scarlatinoide, puisant dans les causes que nous venous d'invoquer une nocivite speciale, il est incontestable que partout oil eile eclatera, les locaux devront etre largement aeres, et le contingent, en chevaux, rapidement diminue. Si cette operation est impossible parce que les res-sources ne permeltront pas de s'etendre dans d'autres locaux, il est preferable de mettre une partie des chevaux au dehors, et meme tons, si 1'aeration ne pent etre convenablement assuree.
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PROPHYLAXIE.
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Eh effet, on a moins a craindre des intemperies que du sejour de jeunes animaux' dans des ecu-ries infectees.
Independamment de 1'agglomeration, il con-vient deviter la privation d'air; car, comme le dit M. Bouchard, eile diminue la resistance vitale. II n'est pas jusqu'au soleil, auquel on doive demander un concours precieux, son ab­sence abaissant le taux nutritif.
Done, comme mesures prophylactiques prin-cipales, dans un temps d'epizootie de scarla-tinoide, il faut diminuer le nombre de chevaux loges clans la meme ecurie, leur donner plus d'air et de lumiere ; les mettre meme dehors, si les ecuries sont d'une installation vicieuse.
Ces mesures doivent etre completees par l'isolement des malades et la desinfection gene-rale des locaux occupes.
Cette desinfection n'est, malheureusement, pas toujours facile, car si nous pouvons desinfec-ter des creches, des räteliers, des inurs et le sol, il nous est a pen pres impossible d'aller plus loin et d'atteindre les microbes en suspension dans I'atmosphere.
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SCARLATIN01DE.
Les vapeurs desinfectantes utilisables ä cet effet n'agissent que dans ua certain etat de den-site ; or, comment 1 obtenir avec des ecuries ou-vertes par la toiture, percees de barbacanes et de cheminees d'appel ?
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CIIAP1TRE III.
VARIOLE (Horse-pox).
ARTICLE PREMIER.
Historique.
La variole est 1 affection du jeune age, chez le cheval, qui, de toutes, devait resserrer le plus vivement les liens qui unissent les deux mede-cines. D'elle, on peut direque, si eile est un mal, eile est aussi un bien, puisqu'elle a fait faire la premiere etape dans la voic des vaccinations, quelle est le trait d'union de l'ancienne et de la nouvelle medecine, I'obstacle le plus puissant que nous ayons pu opposer aux outrages de la variole humaine.
C'est a Jenner qu'on doit la decouverte des proprietes vaccinales de certaines secretions mor­bides du cheval.
Les premieres observations qu'il a publiees sur cette question datent de 1770. C'est d'abord
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102nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VARIOLE (HORSE-POX).
le cas de Joseph Merret, inocule aux mains en soignant des chevaux atteints de sore-heels; celui de William Smith, qui transmet le cow-pox, ä des vaches, apres avoir panse des chevaux affec-tes de mal des talons ; celui de Simon Nichols, en 1782, donnant des resultats identiques au fait precedent; celui de Thomas Pearce, qui offre uue complete immunite ä la variole qu'on lui inocule, apres avoir prescnte six ans auparavant des ulccres aux mains, contractes avec un cheval atteint de sore-heels.
Dans le meme ordre d'idees. Jenner remarque I'immunite a la variole humaine de James Calle et d'Abraham Riddiford, chez lesquels on a cons­tate anterienrement, aux mains, des eruptions de horse-pox.
Les proprietes vaccinales du cow-pox, c'est-ä-dire du horse-pox transmis ä la vache, sont en-suite relevees sur diverses personnes: Thomas Virgoe, William Verret, Williams Ilceymo, etc. • En 1798, Jenner sort de la periode des obser­vations fortuites pour entrer dans celle de la methode experimentalc. II inocule le 16 mars de cette annee, avec de la lymphe vaccinale
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HISTOniQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 103
prise sur Thomas Virgoe, un enfant de cinq ans, John Baker, et repi;oduit la maladie de Virgoe.
Tel est le resume succinct des observations et des experiences faites par Jenner, demontrant que sur le cheval existe une maladie speciale, transmissible ä la vache et a l'homme, et suscep­tible, quel que soit le milieu oil est puise le vac-cin, de conferer ä l'homme l'immunite contra la petite veröle.
C'est la la base sur laquelle on a bäti depuis, lt;3t le point de depart d'une methode de preser­vation qui s'est rapideraent repandue dans le monde entier.
Cependant, si Jenner a reconnu qu'une ma­ladie speciale des talons du cheval etait inocu-lable ä l'homme et a la vache, et vaccinale centre ia variole humaine, il n'a pas su determiner exactement cette affection; ila cru d'abord que e'etaient les eaux aux jambes, mais plus tard, il a renonce ä cette supposition et s'est contente de dire que certaines secretions des paturons du cheval contenaient une matiere vaccinale, et il a appele simplement cette maladie secretante sore-heels, ou mal des talons.
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104nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; VAIUOLE (HORSE-POX),
Elle a mis longtemps en defaut la sagacite des savants qui se sont occupes de sa recherche, depuis la publication du memoire de Jenner. Ces tätonnements auraient pu etre evites si Ton avait connu quelques pages, sur cette question, ecrites par un medecin du comte d'Yorck, le docteur Loy, qui avait decrit d'une facon assez explicite le sore-heels.
Mais cette oeuvre incomprise d'abord, ignoree plus tard, n'a exerce aucune influence sur la determination presque moderne de la maladie vaccinale du cheval. Le merite en revient ä L. Lafosse, professeur a l'ecole veterinaire de Toulouse, qui, en 1860, appele ä etudier une maladie epizootique sevissant sur des chevaux de la commune de Rieumes, eut I'idee, en presence des lesions du bas des membres ayant une phy-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\ \
sionomie particuliere, d'inoculer une vache avec les produits secretes. II en resulta, aux points d'inoculation, de belles pustules de cow-pox. La serosite d'une pustule empruntee ä la vache, transportee sur une autre, donna egalement des resultats positifs. Une inoculation faite ä un en­fant et ä un cheval avec ce cow-pox fut suivie de
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NATURE DE LA VARIOLE,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;105
belles pustules vaccinales. Une inoculation, faite ä un deuxieme enfant avec le liquide puise dans une pustule du cheval, fournit un tres beau vaccin.
Ces faits tres bien observes, tres circonstan-cies, devaient etre le point de depart d'experiences nombreuses faites ä Toulouse et ä Alfort, par Renault et H. Bouley, d'oü est sortie une etude complete de la variole du cheval, etude que les annees ont elargie, developpee et portee au degre de precision qu'elle a acquis de nos jours.
Nous ne nous attarderons pas davantage sur cet bistorique, quelque interessant qu'il soil, parce que les pages que nous lui consacrerions feraient double emploi, avec beaucoup moins de merite et de valeur, avec celles que H. Bouley
'raquo;
ARTICLE 11.
Nature de la Variole.
La variole du cheval est une maladie eruptive
1. Bouley, Diclionnaire pratique de medecine et de Chi­rurgie veterinaires, t. IX.
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106nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; VARIOLE (HORSE-POX).
qui s'entretient par la contagion. Elle est inocu-lable a la vache, k I'homme, au lapin, au chien et a la chevre ; mais son terrain de predilection est le cheval, la vache et rhomnie. C'est dans ces organismes seuls qu'elle trouve un milieu favo­rable ä sa parfaite evolution.
Etant donne une pustule vaccinale, I'observa-tion experimentale a demontre que ce sont les parties solides de sa serosite qui determinent son pouvoir inoculable et contagieux. Les travaux longs et perseverants de M. Chauveau en ont donne des preuves irrecusables.
Les experiences de H. Bouley, de Renault et de Lafosse, jointes aux travaux de laboratoire de M. Chauveau, auraient du suffire a donner au horse-pox une individualite precise, a en faire une entite distincte ; cependant, il n'en a pas ete ainsi.
M. Trasbot a etendu le domaine de cetle ma-ladie et lui a impute une des formes les plus frequentes des maladies du jeune cheval, la gourme, dont il a explique toutes les complica­tions par linfection produite par le germe vario-leux. Cette idee a fait tout le chemin que devait
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NATURE DE LA VABIOLE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 107
lui faire parcourir une influence aussi autorisee que la sienne.
Apres les decouvertes de Schütz et de Poels, que reste-t-il de cette unification clinique ? 11 est ä peu pres inutile de repondre ä cette question.
Dans tous les cas, le proces de M. Trasbot n'est pas ä faire; il s'est trompe de bonne foi, il a ete induit en erreur par des resultats experi-mentaux dans lesquels n'existait pas toute la rigueur scientifique; par des apparences.
Dans certaines circonstances, en effet, les eruptions nasales du horse-pox produisent des phlegmasies ayant quelque analogic symptoma-tique avec la gourme.
Si on inocule les produits de ces secretions in-flammatoires, on obtient le horse-pox, et on l'ob-tient parce que le germe de cette maladie s'y trouve depose ä la suite de la dehiscence des pustules siegeant sur la pituitaire. On obtient le meme resultat avec de la salive des varioleux, lorsque, sur la muqueuse buccale, se sont deve-loppe des exanthemes vaccinaux.
En dehors de cette cause d'erreur, il n'est pas rare qu'il s'en montre une seconde, due ä la
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108nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; VARIOLE (HORSE-POX).
coexistence de la gourme et du horse-pox. Des inoculations faites avec les produits morbides de cette double maladie doivent, a fortiori, confir-mer l'idee d'unite de la variole et de la gourme, puisque, en meme temps, on les inocule tonteü les deux.
Si ces deux causes d'erreur sont severement ecartees, en se plarant dans les conditions d'une experimentation rigoureuse, les resultats sont tout differents et repondent a i'idee plus exacte que Ton se fail actuellement de ces denx affec­tions, qui ne samaient etre les memes, puis-qu'elles different Tune et lautre par leurs symp-tomes et par Fagent specifique d'ou elles deri-vent.
L'immunite conferee par le horse-pox ä l'orga-nisme hnmain, ä l'encontre de la variole, est un des faits les plus interessants de l'etude des infections, puisqu'il a revele la possibilite de preserver Ihomme d'une maladie grave par I'inoculation d'une autre maladie plus benigne et n'ayant avec eile que de l'analogie.
Cette affirmation n'ayant pas satisfait ceux qui n'admettent pas que deux maladies d'espece dif-
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NATURE DE LA VARIOLE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;109
ferente soient reciproquement vaccinales l'une pour l'autre, ils en ont conclu que la variole hu-maine et le horse-pox sont dus au meme microbe el que les organismes qu'il traverse en modifient les effets et l'äctivite. C'est l'avis de MM. Piorry, Depaul et Jules Guerin; mais ces opinions sont dejä anciennes et anterieures aux experiences de M. Chauveau, qui a etabli d'une facon formelle la difference existant cntre les virus vaccinal et varioleux.
Nous n'insisterons pas longuement sur cette question, mais nous devons en parier cependant parce qu'encore de nos jours, beaucoup de vete-rinaires seraient enclins ä accepter la these de Piorry, Depaul et Jules Guerin.
Pour demontrer que le virus varioleux et le vaccin constituaient deux especes distinctes, M. Chauveau a fait les experiences suivantes ;
La variole humaine, inoculee a la vache et au cheval, provoque une maladie qui ne se comporte pas comme la vaccine; de plus, ce virus varioleux repris sur l'animal et transports sur l'homme donne ä ce dernier la variole et non la vaccine.
J^a vaccine, inoculee ä la vache et au cheval.
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HO
VARIOLE (hOBSE-POx).
tlonne de belles eruptions vaccinales; le liquide de celle-ci insere dans le derme de rhomme fait developper, au point d'inoculation, des pustules vaccinales legitimes.
Ces deux series d'experiences ne laissent pla­ner aucun doute sur la non-identite de ces deux maladies, puisque le virus varioleux, apres etre passe par un milieu suppose aUenuant, reproduit la variole, retranspöfte sur rhomme, tandis que le vaccin donne toujours le vaccin, quelles que soient les migrations qu'on lui fait subir.
M. Chauveau a pousse plus loin sa demons­tration: du vaccin injecte dans les veines ne provoqueplus d'eruption locale, mais, au bout de cjuelques jours, une eruption generalisee sur la peau ayant quelque analogic avec la variole. De la serosite prise dans ces pustules, qui paraissent appartenir ä une autre maladie cpie celles d'ou elles ont precede, et inoculee ä l'homme et au cheval, fournit encore aux points inocules des pustules de vaccin.
Par consequent le vaccin est bien d'une espece differente de la variole; il est toujoursidentique ä lui-meme, modifiable dans son expression mor-
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ETIOLOGIE.
Ill
bide selon son mode d'introduction dans I'econo-mie, mais non transforme dans ses aptitudes et ses qualites. Cast dire qu'en inoculant le vaccin, on n'a pas arbitrairetnent du vaccin ou de la variole, mais toujours du vaccin, et vice versa en ce qui concerne la variole. -
La relation des experiences precedentes suffira, nous l'esperons, ä etablir rindividualite morbide du horse-pox et ä eviter des confusions semblables ä cellos que Ion est tente de faire dans l'interet des doctrines et pour arriver ä l'explication de coincidences possibles.
ARTICLE III.
Etiologie.
Le horse-pox elant une maladie microbienne, il est inutile de s'attarder a dire qu'il n'est pas spontane, qu'il procede toujours de la contagion ; mais pour que la contagion soit possible, il Im­porte que les organismes n'y soient pas refrac-taires. Celui du cheval est son terrain le plus favorable lorsqu'une premiere atteinte n'a pro-
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112
VARIOLE (HORSE-POX).
duit aucune des modifications nutritives d'ou resulte I'immnnite.
Dans I'armee, ä pen d'exceptions pres, les chevaux paient leur tribut ii cette maladie, soit qu'ils la contractent dans les depots de remonte, soit dans les remontes regimentaires.
C'est la qae nous avons pu I'etudier dans tous ses aspects et dans ses localisations les plusvariees.
Une affection aussi interessante etait de celles qui devaient exciter au plus haut tlegre I'esprit d'analysc de Henri Bouley; son mode de propa­gation ne pouvait hii etre plus indifferent que les particularites de sa marche. Aussi, est-ce encore ä lui qu'il faut avoir recours pour bien connaitre la puissance contagieuse du horse-pox.
Les observations qu'il a faites, sur ce sujet, lui ont prouve que le horse-pox etait contagieux paries rapports immediats que les chevaux sains ont avec les chevaux malades, Tatmosphere seule etant incapable de transporter Taflfection des uns aux autres.
Ayant mis des chevaux en sante avec des che­vaux varioleux, dans une ecurie oil ils etaient separes les uns des autres par des cloisons en
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ETIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 113
planches interdisanl tout rapport immediat, les chevaux sains etaient restes indemnes.
Dans une autre ecurie dans laquelle les rap­ports etaient, possibles entre les varioleiix et d'autres chevaux, ceux-ci avaient tous ete atta-ques successivement.
Independamment des rapports immediats que les animaux ofit entre eux, dans les locaux de-pourvus de moyens de separation constituant une sorte d'isolement, il y a lieu de tenir compte des rapports mediats dus anx ustensiles d'ecurie ser­vant a plusieurs chevaux.
Las appareils de pansage, I'eponge surtout, qui sert ä essnyer les naseaux et le perinee de plusieurs chevaux, sont souvent le vehicule du virus varioleux.
Les abreuvoirs communs sont egalement des interinediairesde propagation de l'affection.
Enfin, si une place, occupee par un cheval at-teint de horse-pox, est reoccupee, quelques jours apres, par un autre cheval, sans qu'il ait ete pris do mesures de desinfection, il est assez constant que le second contracte la maladie dont le pre­mier etait quot;atteint.
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
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VARIOLE (HORSE-POX).
Les ecoulements nasals, la salive et les pro-duits secretes par des regions afFectees de horse-pox, sont contagieux; mais nous ne connaissons pas d'experiences probantes de la contagiosite des urines et des matieres fecales; quo! qu'il en soil, il est certain que les litieres ayant servi a un che-val varioleux ont toutes recu une quantite assez sensible de substances reputees virulentes, pour devenirdesmoyens de propagation de la maladie.
Modes d'infection variolique. — Le horse-pox pent revetir divers aspects d'apres la facon dont son virus s'implanle dans I'organisme. C'est ainsi que tantot il affccte la forme absolument localisee de pustules vaccinales, tantot une gene­ralisation lui donnant la physionomie d'une va-rioloide.
Dans la pratique de la vaccination, certains cas exceptionnels permettent de se rendre compte des causes de ces faits.
Supposons des inoculations vaccinales faites a la lancette et le vaccin depose sous I'epidernae;. Deux cas peuvent se presenter: ou bien le virus se multipliera sur place et donnera naissance a une pustule vaccinale, ou bien il sera complete-
..
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ETIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1 1 5
ment prispar I'absorption, jetedans la'circulation generale et provoquera une eruption disseminee arbitrairement sur toste la surface cutanee.
A premiere vue, les resultats de l'inoculation paraitronl contradictoires et sembleront avoir donne naissance ä deux maladies differentes; mais si Ton puise avec la lancette de la lymphe prise sur le sujet ayant eu la forme generaiisee et qu'on la transporte sur un autre, on repro-duira la maladie premiere, c'est-a-dire la pustule vaccinale. Les accidents de I'absorption auront pu accidentellement modifier l'expression mor­bide, sans changer la nature de l'affection.
Nous avons vu ce fait de generalisation vacci­nale sur une de nos enfants vaccinee au bras. Au point d'inoculation il ne se montra aucun pheno-mene autorisant ä croire qua la vaccination eut ete couronnee de succes, mais au bout de deux jours eile eut un mouvement febrile assez intense et plus tard se montra, dans diverses regions du corps, un exantheme vaccinal simulant une va-rioloide.
Si Ton considere que, dans les conditions de la transmission du horse-pox aux chevaux, la
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116
VARIOLE (HORSE-POX).
contagion se fait aiutantpar ingestion que par le simple coatact, par le tube digestif ou les broa­ches que parries inocnlatiofls ä la faveur de plaies existant dejä, on s'expliquera que cette affection s'offre le plus souvent sous un aspect generalise qui lui a valu, sinon merite, son qualificatif de variole.
II a, en effet, dans la plupart des circons-tances, comme cette maladie, une periode pro-dromique febrile,d'intensite variable, precedant de quelques jours l'apparition de rexantbeme.
Nous avons tenu a rappeler ces faits qui con-cordent, du resle, avec les experiences de M. Chauveau sur lä vaccine, afin de bien etablir que quelques modalites symptomatiques ne de-truisent pas l'unile de nature de la maladie qui les offre, ni ne peuvent suffire a etayer I'identite du horse-pox avec la variole humaine.
Nous les avons rappelees, egalement, pour mieux faire saisir les nuances de cette maladie selon le mode d'infection dont eile precede.
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SYMPTOM ES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;117
ARTICLE IV.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; •
Symp tomes.
La variole du cheval a cela de comnum avec toutes les maladies infectieuses, de provoquer des reactions organiques qui se manifestent a 1'obser-vation par des phenomcnes febriles ; ma is de loutes les affections eruptives, eile est la plus moderee de toutes dans sa pyrexie.
Cependant, il est des cas oil le mouvement febrile a une certaine intensite et il est bon de le savoir, ne serait-ce que pour ne pas concevoir d'inutiles alanneset imputer ä d'autres maladies ce qui appartient en propre ä celle-ci.
Pendant le cours de certaines epizooties, stii-vies avec soin dans notre pratique regimentairc, nous avons ete temoin de fails de ce genre qui gt;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nousontdemontre I'importance qu'il y aa-nepas
meconnaitre le mouvement febrile variolenx,' soit dans l'interel du traitement, soit dans celui du pronostic immediat.
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118nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; VARIOLE (HORSE-POX).
sect; V. — Symptomes GENERAUX.
Etat febrile leger. — II se caracterise par un peu de trislesse, de la nonchalance dans les mou-vements, un peu d'acceleration du pouls, une temperature de 39deg; a 3905' au maximum, de la di­minution de l'appetit, une coloration assez vive de la conjonctive, de la chaleur de la bouche, de la raideur des reins. Les crottins sont genera-lement plus petits et plus sees que dans l'etat de 1 sante.
Cette fievre dura trois ä quatre jours au maximum.
Etat febrile plus intense. —- Abattement pro-nonce, marche difficile, quelquefois titubante, raideur dans les mouvetnents; acceleration de la respiration sans modification du murmure respi-ratoire; pouls vite, artere molle, conjonctive d'un rouge vif, reins raides, crottins coiffes, bouche chaude. — Temperature rectale 40deg; ou 40deg; 1/2.
Inappetencecomplete ou appetitexcessivement paresseux.
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CARACTERES DE LA PUSTULE VARI0L1QUE. 119
La defervescence se produit rapidement et, an 4 ä 5 jours, la temperature rectale est redevenue normale.
Avec celte amelioration de la temperature, l'appetit revient ainsi que la gaite.
II est assez habituel d'observer, en meme temps lt;jue cette pyrexie, des symptomes d'angine ou de bronchite persistant quelques jours encore apres la disparition de la reaction febrile.
sect;?•
CARACTERES DE LA PUSTULE VARIOLIQUE.
-
Les pustules varioliques ont des regions de predilection, mais on les rencontre, parfois, arbi-trairement distribuees sur toule la surface cuta-nee. —D'habitude, elles siegent sur les ailes du nez, sur les levres ou ä leur commissure, aux membres, dans la region des paturons, ou sur le tronc; sur les muqueuses, elles se montrent sur la buccale, la pituitaire, ä la vulve, sur le penis et ä l'entree dufourreau. La conjonctive en presente rarement.
Eruptions cutanees. — La periode initiale pent passer inapercue sur les parties pigmentees.
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VAIUOLE (HOUSE-POX).
mais lorsque la peau n'a pas de pigment, comme sur les taches de ladre du bout du nez, la pus­tule debute par une tache rouge arrondie faisant une saillie lenticulaire dure au toucher,
Au bout de deux ou trois jours la saillie aug-mente, I'epiderme est souleve par de la serosite ; eile afFecte alors une teinte jaunatre tranchant sur I'aureole rouge qui la circonscrit. Peu ä peu la serosite se trouble et prend une teinte blanc-grisätre.
Dans les parties pigmentees, il n'est plus pos­sible de reconnaitre les caracteres fournis par les modifications de la couleur de la peau aux en-droits oil I'eruption s'opere, mais la pustule se presente sous la forme d'un disque ombiliqueT dont la nuance est un peu plus claire ä sa circon-ference que celle de la peau sur laquelle eile fait saillie (H. Bouley).
La disposition ombiliquee n'est pas constante et, dans les eruptions spontanees, eile fait sou vent defaul; eile est de regle dans les pustules resul­tant d'inoculations avec la lancetle. Nous avons vu des exemples nombreux de ces faits, soit sur le cheval, soit sur les enfants.
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CARACTERES DE LA PUSTULE VARIOLIQUE. 121
H. Bouley altribue la forme ombiliquee de la pustule ä l'adherence del'epiderme, ä son centre, pendant qua la serosite souleve la peripherie. Cette adherence s'explique lorsqu'une incision preliminaire, teile que la piqiire d'inoculation, a cree des adherences au-dessous de la plaie primi­tive, mais lorsqu'un traumatisme n'est pas inter-venu pour modifier i'etat de l'epiderme dans ses rapports avec le derme, la serosite le souleve re-£;ulierement et la pustule n'est pas discoide, mais parfaitement arrondie.
Lorsque la pustule est completement formee, son enveloppe se desseche, s'affaisse et, a ce moment, la forme ombiliquee est absolument caracteristique.
Le dessechement de l'epiderme est accompa-gne d'un mouvement de retraction progressif qui le disjoint de la peripherie restee saine, et le contenu de la pustule s'ecoule au dehors. Il se concrete en croütes jaunätres ou noires suivant que le tissu est depourvu de pigments ou pig-mente.
Si, par le raclage, on enleve la croute formee par la serosite vaccinale et l'epiderme desseche.
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VABIOLE (HORSE-POX).
on remarqiie, en dessous, une plaie rosee, fine-ment granuleuse, regulierement spherique ou un peu ovalaire, cupuliforme, secretant une serosite abondante, de couleur citrine.
Cette serosite se concrete au contact de Pair et donne naissance ä des croütes roussätres peu adherentes.
Pendant une periode de cinq ü six jours, l'ecou-lement sereux se maintient et s'observe apres chaque enlevement des croütes. Plus tard, la se­cretion sereuse diminue, l'adhcrence des croütes est plus intime au fond de la plaie, l'epiderme se regenere ä leur abri et, enfin, ce revetement s'en va par desquamation, mettant ä nu des cica­trices depilees, revetues d'un fin epiderme, qui se pigmentent peu a peu dans les regions uoires, et restent un peu rosees dans les parties ladres.
Tons ces tissus cicatriciels finisseut par se fondre dans l'ensemble des regions qui ont ete le siege d'eruptions et ne laissent plus de traces appreciables.
Tous ces processus, depuis la lache rouge du debut ou le simple bouton lenticulaire, evoluent dans un delaimoyen de 12 ä 15 jours.
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CARACTERES DE LA PUSTULE VARIOLIQUE. 123
Teile est la caracteristique de la vesico-pustule de horse-pox, lorsqu'aucune circonstance parti-culiere n'a troublesa marche. C'est ainsi que les choses se passent dans les regions non exposees aux soiiillures et auxfrottements;dans lesautres, ä la face, par exemple, les pustules etant au contact des aliments, des auges ou des rateliers, subissent I'action irritative des objets et des subs­tances avec lesquels elles sont en rapport.
La serosite devient purulente, les plaies s'en-veniment, se crensent et s'ulcerent, les lympha-tiques absorbent les substances putrides qui s'y ferment, d'oü des lymphangites dessinanl sous la peau des cordons saillants et nodules. Les no­dules ne tardent pas a se transformer en petits abces distribues irregulierement sur le trajet des vaisseaux lympliatiques ; ä premiere vue, une observation superficielle pourrait faire prendre cet ensemble de symptomes pourdu farcin, mais un examen plus minutieux dissipe rapidement ces craintes.
II nous reste maintenant a examiner I'aspect de l'eruption variolique dans les divers lieux d'election qu'elle a choisis.
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VARIOLE (HORSE-POX).
Peau. — Sur les ailes du nez, les pustules du horse-pox sont assez grandes; si la plupart sont, au minimum, de la dimension d'une lentille, il n'est pas rare d'en rencontrer qui depassent le perimetre d'un gros pois.
Nous en avons vu ayant le diametre d'une piece de 0 fr. 20 cent., mais celles-ci sont rares.
Sur le tronc, I'eruption est plutot miliaire; ce sont de petites pustules pen appreciables a la vue, mais tres perceptibies au toucher, donnantraquo; au debut, la sensation de petits grains. Plus tard, leur dehiscence s'etant operee, leur serosite agglutine les poils qui formeat ainsi de petites houppes reclressces et fermes.
Si Ton tire sur ces poils agglutines, ils s'arra-chent facilement emportant avec eux I'epiderme, detache par la serosite vaccinale, et les croütes resultant de la concretion de cette serosite.
Mais, quelles que soient les dimensions des pustules, elles suivent les phases diverses indi-quees dans l'etude generale du bouton vario-lique.
Horse-pox des membres. — Les eruptions siegent d'habitude dans les parlies oil la peau est
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CAKACTERES DE LA PUSTULE VARIOLIQUE. 125
la plus fine et la plus delicate, aux piis des patu-rons principalement.
C'est lä la localisation Jennerienne, le sore-heels, le Grease, celle qui a ete entrevue par Jenner et decrite par Loy, le point de depart des etudes si interessantes qui ont ete faites sur la vaccine.
D'apres ce que nous avons observe, sur des chevaux bien panses, bien entretenus, ayant les paturons propres et exempts de toute plaie, le sore-heels est excessivement rare. Dans Tarmee, oe n'est qu'exceptionnellement qu'on le rencontre, tandis qu'ä la campagne oil les litieres sent mal tenues, oü les chevaux pietinent dans des liquides ammoniacaux qui erodent la peau des paturons, la localisation variolique, aux paturons, est au contraire assez frequente. On doit en conclure que le sore-heels est la consequence d'une inocu­lation locale donnant des eruptions d'autant plus confluentes que la porte d'entree a ete plus lar-gement ouverte.
Ces inoculations multiples s'accusent, sur les peaux non pigmentees, par une profusion de petites taches rouges ; sur les peaux pigmentees.
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126nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; VABIOLE (HORSE-POX).
on n'observe qu'une inflammation plus ou moins vive, accompagneed'une tumefaction du paturon^ chaude et douloureuse a la pression.
Au bout de trois ou quatre jours, les vesico-pustules se torment; ensuite survient la periode crouteuse a laquelle succede la secretion vacci-nale, epaississant la couche crouteuse. Les poils, englobesdans les secretions, seherissent, forment de fins pinceaux ii I'extremite desquels la sero-site s'accumule, coule goutte a. goutte, s'v con­crete, s'v fige en larmes citrines.
Sous cet aspect le sore-heels a la plus grande analogie avec les eaux-aux-jambes, mais si, par un lavage, on dcbarrasse la peau des paturons de tous les residus qui s'v sont accumules, I'erreur est dissipee par l'absence de plaies cupulaires dans la seconde maladie.
A un plus haut degre que les pustules de la face, celles du paturon sont exposees a etre dena-turees par la fermentation de leurs propres secretions et par celles des litieres ; a un plus haut degre, par consequent, elles sont suscep-tibles de devenir purulentes et de s'accompagner de lymphangites.
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ERUPTIONS SUR LES MUQUEÜSES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;127
Ces inflammations vasculaires provoquent des oedemes des extremites d'oii se detachent des trainees lymphatiques noueuses, susceptibles de se terminer par des suppurations partielles, Elles peuvent mieux, que les lymphangites similaires de la face, simuler le farcin, I'experience ayant appris que les membres sont des regions de pre­dilection pour cette affection.
Le point de depart de la maladie constitue dejä un element serieux de differenciation ; sa marche, plus tard, enleve tons les doutes si Ton a pu en concevoir.
Dans certainescirconstances, reruption,aulieu de se faire aux paturons, pent se montrer con-fluente au voisinage d'articulations et provoquer lä des oedemes et des boiteries assez accusees par la gene opposee aux flexions articulaires.
sect; 3. — Eruptions sulaquo; les muqueuses.
Nous allons successivement examiner les pus-tulations de ia pituitaire, de la bouche, du vagin et du penis.
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128nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; VARIOLE (HORSErPOx).
1deg; Eruptions nasales.
Sans etre d'unegrande frequence, elles se pre-sententdans un assez grand nombre decas, prin-cipalement dans ceux oil existent deja des pus­tules aux levres et sur les naseaux.
Le horse-pox nasal debute par des symptomes d'enchitrenement, de rhinite avec ecoulement se-reux ou sero-muqueux jaunätre, collant an doigt et se concretant en croiites brunatres et adhe-rontes aux naseaux. Si la pituitaireest examinee, on remarque qu'elle est injectee ct parsemee de taches lenticulaires plus foncees. En trois ou quatre jours, ces taches font saillie sur la mu-queuse et sent passees a la periode vesiculaire; elles ont alors un certain relief sur la pituitaire et une couleur citrine; plus tard, elles deviennent lactescentes et finissent par se vider aprcs la chute totale de röpithelium detache.
Ces vesico-pustules n'ont pas d'aureole.
A leur place reste une plaie ayant exactement les memes dimensions qu'elles, superficielle, ro-see, tres legerement cupulaire, secretante, mais marchant tres rapidement vers la cicatrisation.
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ERUPTIONS SÜU LES MUQUEUSES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;129
Si les pustules cutanees mettent de 12 a 15 jours pour aboutir a la reparation, celles de la pi-tuitaire se cicatrisent quelquefois en 5 ä 6 jours.
Lejetage, precurseur de l'cruption variolique nasale, gagne en abondance au fur et ä mesure des progres de cette dernifcre ; il peut a un mo­ment donne etre franchement muco-purnlent et simuler celui de la gonrme. Cette communaute de symptomes a du avoir nne influence sur ceux qui out admis l'identite de la gourmeetde la variole.
Larlnnite varioleuse est souvent escortee d'en-^orgementsganglionnaires de 1'auge, adherents et moderement douloureux. Ils se distinguent de ceux de la gourme par leurfaible aptitude ä sup-purer, par les prolongements qu'ils emettent, du cote de la face, par rintermediaire des vaisseaux lymphatiques afferents, et par leur resolution progressive des qu'a cesse la cause qui les entre-tenait.
L'eruption peut se faire sur la muqueuse tapis-sant la cloison nasale; mais d'habitude on la retnarque a l'entree des narines et sous les ailes du nez.
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;9
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130nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VAIUOLE (HORSE-POX).
Les adenites intermaxillaires, les eruptions sur la pituitaire et le jetage adherent qui constituent les phenomenes les plus saillants de la rhinite va-rioleuse, ont ete la cause de nombreuses erreurs de diagnostic et de meprises regrettables : ils ont ete pris pour des symptomes de morve aigue.
L'attention a ete appelee sur cette contusion par Dard, en 1840, qui a public sur cette ques­tion sesObse/cations sur la rhinite p emphygoide ; par H. Bouley qui, sous ['inspiration du docteur Patte, designa du nom lt;XHerpe's phljctenoide cette maladie dont il ignorait encore la veritable nature.
U suffit qu'une erreur de cette nature puisse se produire encore pour qu'il seit utile de mettre sous lesyeux les caracteres dififerentiels existant entre la morve et le horse-pox.
A ce sujet, nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter a H. Bouley les signes diagnostiques precis qui doivent servir ä distinguer, l'une de l'autre, ces deux affections. laquo; L'element primitif de cette eruption, disions-nous, dans la lecon clinique que nous fimes a cette occasion, est un beuten transparent developpe sur une base en-
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ERUPTIONS SUB LES MUQUEUSES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1 31
flammee et semblable par sa forme a une phlyc-tene. Ce bouton, en suivant son evolution, est devenu lactescent par le trouble de la serosite qu'il contenait, puis tout a fait purulent; puis enfin il s'est ouvert, et au lieu de laisser ä sa place, comma dans la morve, un chancre ron-geur, il n'a marque son passage que par la perle de substance de 1'epithelium sur une surface cir-conscrite, parfaitement proportionnee ä l'espace qu'il occupait. Cest la surtout cju'existe, entre les deux affections, une difference profondement tranchee.
laquo; Que Ton compare, en effet, cette eruption d'apparence vesiculeuse, avec celle de la morve, et Ton verra combien grandes sontentre elles les dissemblances! An moment 011 I'eruption mor-veuse va se prodnire, la membrane nasale reflcte une teinte safranee tres foncee, et uniformement repandue ä sa surfoce. Par places, on voitappa-raitre des taches rouges circulaires ou elliptiqucs, circonscrites sur une etendue d'une piece d'un franc environ. Puis ä Tendroit de ces taches, la membrane hyperemiee se tumefie et s'elevean-dessus de son propre niveau. Ces points exube-
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132nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VAIUOLE (house-pox).
rants constitueat \espustules. D'abord saillantes, arrondies a leur sommet, refletant une teinte d'un rouge violace qui tranche, par sa nuance, sur I'aureole d'nn rouge plus vif qui lesentoure, dures an toucher, ces pustules ne tardent pas ä blanchir a leur sommet; elles presentent alors, dans leur centre, une couleur terne, plombee qui contraste dune maniere tres caracteristique avec le cercle rougeätre de leur circonference.
Arrivce a cette periode de sa maturite, la pus­tule s'ouvre et donne ecoulement a un liquide sero-purulent, filant comrae I'albumine del'oeuf, qui forme ä sa surface comme une exsudation semi-transparcnte. Une fois ouverte, la pustule est remplacee par un chancre, d'abord parfaite-ment proportionne a la surface qu'elle occupait; les bords de ce chancre sont rouge-fonce, boursouffles, saillants au-dessus du niveau de la membrane; son fond a une teinte grisätre et presente un aspect granuleux, sur lequel se fige une matiere sereuse demi-transparente. Ce chancre reste rareraent stationnaire; le plus sou-vent il s'elargit avec une tres grande rapidite, creuse en profondeur, et a mesurequ'il gagnedu
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ERUPTIONS SOU LES MUQUEUSES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 133
terrain, il transforme la surface de la pituitaire en une vaste plaie, dont les bords et ie fond pre-sentent tout ä fait l'aspect du chancre primitif.
L'eruption pustuleuse de la morve est quei-quefois discrete, mais le plus souvent eile est confluente, et lorsque I'ulceration envahit les pustules agglomerees, eile les fond toutes dans un vaste chancre, qui ne tarde pas a envahir toute l'etendue de la membrane en profondeur aussi bien qu'en surface ; souvent meme, dans ces cas, le tissu cartilagineux de la cloison est envahi et detruit.
Le chancre de la morve aigue se cicatrise quel-quefois, mais la muqueuse ne se regencre jamais ä l'endroit qu'ii occupait. Detruite a fond par le travail ulcerateur, eile est remplacee par un tissu blanchalre tres dense,plus epais que la membrane dont il depasse le niveau et forme par des fibres qui rayonnent du centre de la cicatrice a la cir-conference. Cette cicatrice indelebile denonce toujours la perte de substance que la membrane a eprouvee.
Tels sont les caracteres de la morve aigue. On voit que les differences qui existent entre eux et
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134nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VARIOLE (HORSE-POX).
ceux du horse-pox nasal s'accentuent surtout a mesure que Ton s'eloigne du premier moment de l'cruption, car, avec le temps, les symptomes de la morve aigue vont toujours en s'aggravant, landis qu'il suffit de quelques jours pour que le horse-pox nasal fasse son apparition, se developpe, parcoure toutes ses phases et disparaisse sans luisser de traces apres lui. Aussi n'est-ce pas lorsque la morve aigue est arrivee ii sa periode d'etat qu'il existe entre eile et le horse-pox quel­ques rapports deressemblance ; e'est ä la periode initiale de l'une et lautre. Sans doute que lorsque les vesicules greasiennes sont isolees ä la surface de la piluitaire, on peut facilement les distinguer des pustules de la morve dont elles n'out ni la forme, ni le volume, ni l'aspect. Mais si plusieurs vesicules viennent ä se grouper sur une surface tres circonscrite, la concentration de l'inflammation sur cette surface fait que la parlie de la membrane, qui leur sert debase, se tumefie un peu et revet, ä distance, l'aspect d'une grosse pustule, surtout lorsqu'un jetage abondant aecompagne l'eruption et empeche de bien se rendre compte de ses caracteres. Dans ce cas, le
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ERUPTIONS SÜR LES MUQUEUSES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 135
diagnostic differentiel presenteplus dedifficultes. Mais ä supposer qu'un premier examen laisse dans I'esprit queique indecision, ce ne sera que l'affaire de quelques jours, car lorsque I'eruption a suivi son evolution, le doute ne pent plus exis-ter: si la pustule developpee sur la membrane nasale est de nature morveuse, eile est bientot remplacee par un chancre sur les caracteres du-quel il n'est pas possible de se meprendre. Si I'eruption nasale est l'expression du horse-pox, ä la place des vesico-pustules agglomerees qui simulaient une pustule de morve par leur con-fluencCj il n'existe bientot plus qu'une simple denudation de la pituitaire; et cette denudation, loin de prendre un caractere ulcereux, ne tarde pas a disparaitre sous une couche epitheliale nor-rnalement secretee. raquo;
2deg; Eruptions buccales.
Elles sont discretes ou confluentes; dans le premier cas, on les rencontre habituellementa la face interne des ievres ou elles atteignent parfois
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136nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VARIOLE (HORSE-POX).
un assez fort developpement; dans le second, la muqueuse en est farcie. Elles debutent la par des symptömes de stomatite qui sont d'autant plus aigus que I'eruption est plus generalisee : le che-val a une salivation abondaute, de la repugnance pour les aliments de difficile mastication et ne s'accommode que de ceux qui n'exigent presque pas de travail de Lrituration.
La muqueuse buccale, examinee avec soin, pre-sente, comme toujours, le Symptome univoque de taches rougeatres sur 1'emplacement desquelles se developpent des vesicules qui suivront exacte-ment la meme marche que celles evoluant sur la pituitaire.
Au momentoüla serosite intra-pustulairea pris le caractere sero-purulent, les pustules out bien l'aspect perle que H. Bouley leur reconnait dans sa remarquable etude sur leborse-pox.
II n'estpas exceptionnel que I'eruption buccale s'etende jusqu'au pharynx et determine une pha-ryngite varioleuse qui rend la deglutition difficile, surtout lorsqu'il s'agit d'aliments sees et un peu durs que le malade a mal broyes en raison de Tinflammation de la bouche.
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EUUPTIONS SUR LES MUQUEUSES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 137
3deg; Eruptions vaginales.
Cette localisation varioleuse a ete decrite, ä uneepoque oü Ton ignorait sa nature, sous les nomsd'exanthetne coital on A'echtyma coital; on la considerait comme une des formes des affec­tions contagieuses dues ä l'accouplement.
Les eruptions vaginales se presentent, apres tumefaction de la vulve, sous forme de rougeurs pointillees et leu ticulaires de sa muqueuse, accom-pagnees d'un ecoulement sereux de couleur ci­trine.
Rapidement les taches les plus foncees se re-couvrent d'une vesicule qui suit la marche gene-rale des eruptions de horse-pox sur les muqueuses.
En meme temps que la vulve offre cette erup­tion, presque toujours confluente, il est assez fre­quent que d'autres pustules se montrent sur le perinee ou sur les bords de la vulve.
4deg; Eruptions du penis et du fourreau.
Elles ne different pas sensiblement du portrait
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138nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VARIOLE (HORSE-POX).
que nous venons de faire de l'eruption de l'appa-reil genital de la jument; mais si le co'it n'est pas interdit aux chevaux affectes de horse-pox, les frottements, necessites par I'acte genital, sontsus-ceptibles de provoquer des ulcerations, des infil­trations sous-muqueuses ayant an aspect lointain avec la maladie plus grave et d'autre essence connue sous le nom de mal du colt.
ARTICLE Y.
Anatomie pathologique d'une pustxüe deVariole.
laquo; Sur les coupes des vesicules (fig. 4), on n'ob-laquo; serve d'abord aucun chungement dans la cou-lt;( ehe epidermique. Le corps muqueux de Mal-laquo; phighi presente, au-dessus des papilles, une laquo; serie de cavites anfractueuses, cloisonnees par laquo; des filaments anastomoses et contenant dans laquo; leur Interieur un liquide dans lequel il existe laquo; quelques cellules migratricesetdes filaments de laquo; fibrine.
laquo; Quant aux leucocytes, qui sont peu abon-
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE.
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Fig. 4. — Coupe ä travers le corps muqueux dans la variole. Grossissement : 85Ü diametres, d'apres Cornil et Babes.
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140nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;VARIOLE (HORSE-POX).
laquo; dants dans la vesicule, ils deviennent tres laquo; nombreux dans la pustule. Les Iravees qui laquo; constituent le reticulum des cavites du corps laquo; muqueux sont formees par des cellules alte-laquo; rees, reconnaissables quelquefois cependant a laquo; leurs noyaux. On trouve aussi, dans le liquide laquo; de la pustule, de grandes cellules ä plusieurs laquo; noyaux ayant subi parfois la degenerescence laquo; colloide. Dans les vesico-pustules en voie de laquo; formation, on pent voir le mode de developpe-laquo; ment de la cavite cloisonnee que nous venons laquo; de decrire. Tout d'abord, il v a une multiplica-laquo; tion des noyaux des cellules mortifiees. Nous laquo; avons constate dans ces cellules une division laquo; indirecte des novaux par kariskinese. Les cel-laquo; lules du corps muqueux ct leurs noyaux subis-laquo; sent la degenerescence vesiculeuse. Devenues laquo; vesiculeuses, elles sont comparables a des cel-laquo; lules vegetales; leurs parois se touchent; elles laquo; se detruisent par places ; les cavites cellulaires laquo; communiquent alors entre elles et se laissent laquo; penetrer par des leucocytes et des hematics qui laquo; viennent par diapedese des vaisseaux papil-lt;gt; laires. L'evolution epidermique ne se fait plus;
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE.
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lt;( le stratum granulosutnesttres altereou detruit, laquo; et l'eleidine a completement disparu au niveau laquo; de la partie centrale de la pustule. Aussi les laquo; cellules epidermiques les plus superficielles, laquo; celles qui correspondent au stratum corneum, laquo; n'ont pas subi de keratinisation. Par contre, au laquo; pourtour des pustules, il se passe dans l'epi-laquo; derme un phenomene inverse qui consiste en laquo; une exageration de la formation de l'eleidine; laquo; dans les cellules du stratum granulosum, il y laquo; a, tout autour des pustules, une Sorte de laquo; rempart d'clcidine (Ranvier).
laquo; Les papillcs du derme qui correspondent a lt;( la pustule sont beaucoup plus volumineuses laquo; qu'ä I'etat normal; leurs vaisseaux sont disten-dus, et les mailles formees par les faisceaux du tissu conjonctif sont remplies de cellules em-brvonnaires.
laquo; Les microbes de la variole siegent dans les cavites du corps muqueux et le long des fila­ments qui le cloisonnent. laquo; Ils sont constitues par des grains arrondis ou laquo; legerement ovoides, isoles ou associes. Il en laquo; existe aussi dans les parties peripheriques de la
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laquo; pustule ä la surface des papilles; dans celles-ci laquo; les microbes se voient dans les interstices lym-laquo; phatiques, mais ils sent parfois en tres petit laquo; nombre. raquo; (Cornil et Babes.)
ARTICLE VI.
Du Horse-pox au point de vue vaccinal.
La vaccination etant aujourd'hui entree dans le domaine des pratiques suivies avec rigueur en raison des resultats si aväntageux qu'elle fournit dans la prophylaxie de la petite veröle, tous les efforts ont tendu a donner ä ces pratiques la plus complete innocuitc.
A une epoque ou Ton croyait ä la spontaneite de la vaccine et a l'aptitude speciale du cheval a la creer de toutes pieces, il a pu paraitre logique et rationnel, pour rendre plus certaine I'immu-nite contre la variole, de puiser a meme dans I'organisme originel.
On y a renonce cependant et avec juste rai­son, le horse-pox etant d'une activite teile que
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AU POIST DE VUE VACCINAL.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;143
son inoculation n'est pas exempte de danger, par l'etat febrile qni le suit, compliquee de cephalal-gies intenses, de vertiges, meme de syncopes. Tndepenclamment de ces phenomenes generaux, les points inocules deviennent chauds, doulou­reux et sont parfois le siege, apres la dehiscence de la pustule, d'ulcerationsgenantes et d'une cica­trisation difficile.
A ces desordres locaux et fonctionnels s'ajou-* tent parfois des eruptions discretes et genera-lisees.
Avec tous ces accidents, la preservation contre la variole est-elle plus certaine que lorsque les vaccinations ont ete faites avec le cow-pox et le vaccin humain ?
C'est douteux; au surplus, ne soupconne-t-on pas, de nos jours, que les microbes produisent deux sortesd'agents chimiques, les uns vaccinaux et les autres toxiques ? Or, qui nous demontre que le vaccin, en passant par l'organisme du cheval, n'a pas ete exagere sous le rapport de ses pro-prietes toxiques, alors que ses vertus vaccinales sont restees au meme degre qu'apres avoir passe par l'organisme de l'enfant et de la vache.
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144nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; VAIUOIE (horse-pox).
Dans I'incertitude qui plane encore sur cette question, il est done rationnel qu'on emprunte le vaccin a des especes qui attenuent son retentisse-ment general et paraissent, cependant, lui con-server ses proprietes preservatrices contre la variola humaine.
En dehors de ces raisons qui out fait proscrire le horse-pox comme agent vaccinal de 1'homme *avant qu'une culture intermediaire l'ait spolie de sa dangereuseactivite, il en est d'autres qui I'ont frappe d'interdit : e'est la possibilite d'inoculer, en meme temps que le horse-pox, certaines affections du cheval transmissibles a Thomme, telles qne la morve et le farcin.
Cela seul, etant donnee rincurabilile de ces maladies, suffirait ä le proscire. C'est, du reste, pour des motifs semblables qu'on n'use qu'avec la plus grande prudence du vaccin d'enfant dans la crainte d'inoculer la syphilis et la tuberculose, quoique la transmission de cette derniere affec­tion soit tres douteuse par la pratique de la vacci­nation.
Mais il suffit que des accidents de cette nature puissent se produire pour que Ton se montre
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HATüRE DE LA PNEUMONIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 159
Ces experiences rigoureuses permettent d'eta-blir que la propriete pneumogene appartient en propre au microbe ovoide.
La capsule des microbes pneumoniques n'est pas constante et ne constilue done pas un carac-tere univoque. Friedlander, qui la considerait comme caracteristique de ce microbe, est devemi moins affirmatif par la suite ; du reste, beaueoup de savants ä l'exemple de Talamon ont vu des pneumocoques sans capsule.
Depuis, ces etudes ont ete poursuivies dans les diverses ecoles: M. ßabes, et MM. Richard et Artigalas,de la Faculte de Bordeaux, considerent la capsule comme l'etat adulte du microbe, et ses noyaux comme des spores qui deviendraient ä leur tour capsulees.
Dans un travail de M. Artigalas paru sur celte question, il montre des capsules lanceolees, en fer de lance, contenant un ou deux noyaux ova-laires. Cette idee intermediaire concilierail les opinions opposees de Friedlander et de Talamon.
Le pneumocorjue du cheval se presente sous forme de cocci ou diplococci ä aureole ovolaire, capsules ou non, Pl. IV, fig. 1 et 2. Il a ete etudie
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PNEUMONIE INFECTIEUSE.
en France par MM. Chantemesse et Delamotte, puis vu par tous les veterinaires qui ont quelque habitude du microscope.
ARTICLIi III.
Etiologie.
Action dufroid.—De toutes les causes invo-quees comme pröductrices de la pneumonie, celle-ci a le privilege de l'äge et parait avoir droit aux respects, comme toute chose ayant survecu aux revolutions scientifiques et au temps.
Si, des que 1c pneumocoque a ete decouvert, cette causalite a oscille comme un vieux monu­ment dont la base s'effrite, depuis eile s'est pen a pen consolidee, et si on lui a fait la part un pen etroite en ce qui concerne la pneumonie infec-tieuse, on lui a laisse son domaine entier dans l'etiologie de la pneumonie dite franche.
G'est M. Jaccoud qui a concilie les deux doctri­nes, l'ancienne et la nouvelle, en disant que s'il n'etait pas douteux que I'element microbe fut le facteur des lesions de la pneumonie, il etait
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Aü POIINT DE VUE VACCINAL.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 145
lt;l'une grande severite sur le choix des milieux vaccinogenes.
Du reste, cette question de Thygiene de la vac­cination preoccupe tellement le monde medical qu'a l'heure actuelle on est ä la recherche d'autres organismes que ceux du cheval, de la vache, de l'enfant, se pretant ä la culture du vaccin. C'est ainsi que la chevre, le lapin et le chien sont etudies au point de vue de leur aptitude vaccinogetie et que Ton suppute l'indus-triellisation de ces milieux dans le sens des res-sonrees vaccinales de l'avenir.
En attendant que les resultats aient appris ce que Ton doit esperer de ces recherches, nous dirons que le horse-pox n'est pas utilisable au point de vue vaccinal, que celui de l'enfant expose ä la syphilis et que celui de la genisse doit leur etre prefere, quoiqu'ellesoit accessible a la tuber-culose; mais de tous les dangers c'est le moindre, des faits probantsd'inoculation du bacille de Koch par la lymphe vaccinale n'ayant pas ete encore constates d'une facon peremptoire.
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CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;10
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VARIOLE (HORSE-POX)
ARTICLE VII.
Traitement.
Une fievre varioleuse benigne ne reclame aucun soin particulier; si eile est intense, quel-ques frictions sinapisees generales, du sulfate de soude et du sei de nitre pour faciliter les elimina­tions, suffisent generalernent.
Dans le cas oil les forces seraient trop depri-mees et le malade prostre, quelques breuvages alcoolises ou des stimulants diffusibles sont indi-ques.
Les eruptions de la peau n'exigent aucun soin, en dehors de celles du paturon. Celles-ci doivent etre amendees par des lavages desinfectants que Ton pent faire suivre d'applications de vaseline iodoformee ou salolee.
La Louche et les cavites nasales seront desin-fectees avec des solutions boriquees, au cresyl au 1 0/0 ou au bichlorure de mercure dans la pro­portion de 0 gr. 5 par litre.
Nous avons constate que ces injections mercu-
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TRA1TEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 147
rielles n'offraient aucun inconvenient ä des doses si moderees.
Si dans la variole se presentent des symptomes trop aigus d'angine ou de bronchite, la medica­tion revulsive est toutindiquee, ainsique remploi des diaphoretiques ä base de soufre et d'anti-moine.
Les plaies ulcereuses sont combattues par la desinfection avec des solutions antiseptiques con-centrees ou par le fer rouge, si elles se montrent trop rebelles ä la cicatrisation.
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CHAP1TRE IV.
PNEUMONIE INFECTIEUSE.
Nous classons cette maladie parmi celles dont les jeunes chevaux sont plus specialement tribu-taires, quoiqu'elle puisse atteindre des chevaux d'age, mais alors dans des proportions tellement infimes que nous pouvons affirmer qua c'est presque un des tristes privileges de la jeunesse.
Depuis que I'attention est appelee sur cette affection, les etudes ont ete nombreuses et de nature ä faire un pen plus de lumiere sur eile. Elle a ete decrite sous les noms de pneumonie typhoide, de pneumonie d'ecurie, soit que I'ob-servateur fut frappe par la stupeur des malades, soit que I'attention füt plus specialement solli-citee par les conditions de sa propagation ou de son apparition.
Beaucoup de monographies parues sur la pneu­monie infectieuse sont entachees d'erreurs, en ce sens qu'on a mis sur le compte de cette affec-
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PNEUMONIE INFECTIEÜSE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;quot;149
tion des desordres pulmonaires qui n'avaient de la pneumonie que I'apparence. La scarlatinoide s'accompagne de processus pulmonaires, I'in-fluenza egalement, mats ce ne sont pas lä des pneumoniesproprementclites, au sensscientifique du mot. Du reste, il n'est pas d'organe plus faci-lement congestionnable que le poumon du che-val, quelle que soit Tinfeclion dont cet animal puisse etre atteint. En faut-il des preuves ? Dans I'influenza congestion, dans le typhus et la fievre typhoide congestion, dans les septicemies de meine, dans les intoxications par les fourrages avaries, meme fluxus pidmonaire. Il semble que le poumon soit le souffre-douleur de tons les desordres organiques qui precedent d'une cause generale.
C'est ä ce point que Ton a quelque droit de se demanders'il existe une malaclie proprement dite du poumon qui ne soit pas I'expression d'un etat general dans lequel ce viscere se plaindrait plus vivement que d'autres organes par la part des lesions qui lui serait attribuee dans la scene mor­bide.
Cette idee, d'ailleurs, consistant a considerer
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150nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PNEÜMOKIE IHFECTIEUSE.
la pneumonie infectieuse comme une maladie generale, n'est pas nouvelle ; eile a ete soutenue avec de solides arguments qui lui donnent une valeur que Ton ne saurait meconnaitre.
Mais, admettons qu'il existe une pneumonie franche proprement dite, maladie du poumon, concedons a ses partisans qu'elle ait droit ä une place speciale dans la nosologie de l'appareil res-piratoire et revenons ä ce que nous disions des aptitudes speciales que les jeunes chevaux ont ä contracter la pneumonie infectieuse.
Dans l'armee, eile est tellement le fait de leur predisposition que sur 100 cas on en remarque rarement dix sur des chevaux au-dessus de six ans.
Beaucoup de raisons, que nous aurons ä exa­miner bientot, ont ete fournies pour expliquer rimmunitepneumoniquedeschevaux äges ;toutes ont certainement leur valeur hypothetique, mais la principale de toutes a ete rarement invoquee. ISous voulons parier de la premiere atteinte qui cree generalement l'immunite, ainsi que cela a lieu pour la plnpart des infections. Or, dans l'armee, et dans toutes les agglomerations simi-
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laires, on peut presque affirmer que sur cent chevaux, cinquante pour cent sont frappes ä des degres divers par la pneunomie infectieuse. Ces cinquante pour cent de pneumoniques sont affran-chis ätout jamais de pneumonic parce qu'ils sont spolies, cinquante pour cent ne I'ont pas, soit qu'ils I'aient eue, soit que leur organisme y soit refractaire, soit que les circonstances ne les aient pas mis dans des conditions favorables d'infec-tion.
C'est l'eternelle histoire des gens buvant tous des eaux contaminees ; les uns prennent la fievre typhoide et les autres y echappent. Pourquoi ? Questions de predisposition ou d'immunite qui seront longtemps des mysteres pour la medecine; car rien ne demonlre que les raisons que nous invoquons pour la satisfaction de notre raison-nement et de nos vues soient conformes ä la verite.
ARTICLE PREMIER.
Y a-t-11 deux pneamonies ?
Si nous ne craignions d'abuser de ce terme.
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152 .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PJSEUMOKIE 1NFECTIEUSE.
nous dirions qu'il y a non seulement deux pneu-nomies, mais plusieurs, car, aussi bien, nous pourrions considerer comme telles tons les pro-cessus pulmonairesqui s'accompagnent desappa-rences de la pneumonie. Mais comme nous ne voulons pas embrouiller une question dejä pen claire, nous restreindrons la discussion a la maladie qui resulte du meme microbe el que Ton a divisee en pneumonie franche et en pneumonie infectieuse.
Dans les deux, le microscope revele le meme agent morbide; or, comment se fait-il que, pa-raissant proceder de la meme cause, nous admet-tions qu'elles sont differcntes ?
M. Trasbot resout le probleme, en disant que la pneumoniepelaquo;; devenir infectante et par/bis pent etre infectieuse. Il ajoute plus loin que la pneumonie fibrineuse du cheval est une maladie d'abord locale, mais que parfois eile infecle Vorganisme.
Ainsi done, voilä deux maladies identiques comme symptomes, non dissemblables dans leurs lesions, ainsi que nous nous en expliquerons plus loin, identiques au point de vue du micro-
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Y A-T-IL DEUX PNEUMOKIES?nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;153
organisme dont elles sont fonction et qui, cepan-dant, difFereraient l'une de l'autre.
Nous avons deja beaucoup specule sur les theo­ries microbiennes, nous avons fait subir, au gre de notre imagination, toutes sortes de transfor­mations a la biologie des infiniment petits, nous les avons dotes et desherites, nous avons use et abuse de ['influence des milieux, mais nous avouons qua cela ne vaut pas ce vieux fond de logique qui se reclame de cette verite : ä des causes semblables correspondent des ei'fets sem-blables.
Pourquoi en serait-il autrement du pneumo-coque, pourquoi donnerait-il tantot une affection tranche et tantot une maladie contagieuse?
Ce que nous comprendrions mieux, ce serait de dire, en concordance avec ce que Ton re-marque dans d'autres maladies infectieuses, que I'affection prend tantot l'aspect sporadique et tantot la forme epizootique. N'en est-il pas ainsi pour la fievre typhoide? Est-elle differente d'elle-meme parce que les cas seront isoles au lieu d'etre multiples?
Dans l'interpretation de la maniere d'etre
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PNEUMONIE INFECTIEUSE.
des elements infectieux, il faut lenir compte de lant de facteurs! Dans tel cas, sous le coup dune predisposition individuelle exageree, le mal eclatera sur un individu, et la dose qui sera süffisante pour engendrer la maladie chez lui n'effleurcra meme pas les voisins ; dans tel autre, I'affection se generalisera parce que la dose de poison sera assez forte pour avoir raison de la plupart des resistances, ou cette dose sera rendue efficiente parce qu'une aptitude aura ete crece par les circonstances ambiantes.
N'en est-il pas ainsi pour la pneumonie ?
Nous voyons un chcval affecte de pneumonie dans une ecurie commune et les voisins rester indemnes. Est-ce moins une pneumonie infec-tieuse pour cela ? N'est-elle pas due ä un pneumo-coque alors que le microscope revele sa presence dans le poumon et dans les diverses parties du sujet?
A cote de ce fait isole, nous voyons la maladie marcher comme une trainee de poudre, et les Toisins etre attaques successivement. L'observa-tion nous montre que cette affection procede du meme germe que le cas isole, que la difference
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Y A-T-IL DEUX PNEUMONIES?nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 155
porle seulement sur le nombre de malades. En quoi leur maladie n'est-elle pas semblable a celle qui n'a donne qu'un cas isole ?
Nous n'apercevons dans ces differences que des nuances portant snr la quantite, et nous fai-sons bon comptedu seul element de comparaison qui soit fixe : le pneumocoque.
Or, dans I'etat actual de nos connaissances, lorsqu'il s'agit de comparer les etats infectieux entre eux, nous n'avons qu'une commune me-sure : les microbes qui les engendrent. Si nous repudions I'imporLance de cat element de com­paraison, autant vaudrait-il douter de la micro-biologie, accepter la theorie de ceux qui ne croient qu'a un seul microbe, capable de tout, surtout de se transformer indefmiment selon les circonstances et les milieux.
En consequence, si nous admettons que la pneumonie est due an pneumocoque, qu'il n'y a pas de fluxion de poitrine sans lui et en dehors de lui, nous devons en conclure que la pneumonie est une dans le temps el dans l'espace, et que les organismes en modifient I'expression par leurs reactions, leurs aptitudes ou leur temperament.
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156nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PWEUMOKIE 1KFECTIEUSE.
ARTICLE II.
Nature de la Pneumonie.
Afin de simplifier la presentation des etudes qui ont ete faites sur la bacterie pneumonique, nous donnons par ordre chronologique le resume des travaux qui ont ete publies ä ce sujet.
II suffira ä en donner une idee satisfaisante et ä demontrer la fonction pneumogene de ce mi­crobe.
1877. — Rlebs trouve dans les cracliats, dans les exsudats et dans le sang, des microbes arrondis, tres mobiles, qu'il a regardes comme des monadines isolees ou associees on formant des bätonnets.
1881.nbsp; — Ebertb a vu dans les fausses mem­branes pleurales d'un pneumonique des micro-coques ronds, isoles ou en colonies. — Koch indique le premier, la meme annee, leur forme ovalaire.
1882.nbsp; — Friedlander constate, dans huit au­topsies, des bacteries ellipsoides, isolees ou accoti-
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WATURE DE LA PNEUMONIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 157
plees deux par deux. Günther et Leyden font la meme observation dans du sue du poumon pris du vivant d'un homme affecte de pneumonie.
Marchiafava, Cambra etGriffim les retrouvent dans le sang de pneumoniques.
Fried lander voit le microbe dans plus de cin-quante cas de pneumonie, donne le procede le plus facile pour Texaminer au microscope ; il prone le procede de Gram. Pour lui, le veritable caractere de ce microbe reside dans la presence de sa capsule dejä indiquee par Günther.
S'il est isolS, la capsule prend la forme ronde, mais eile s'atlonge ct devient ellipsoide lorsque les microbes sont reunis en cliplococci.
Le pneumocoque donne sur la gelatine pep-tonisee des cultures en forme de clou. Afanassiew demontre que la forme de cette culture n'est pas constante. Des inoculations du produit de ces cultures dans les plevres et le poumon ne lui ont pas donne des resultats positifs chez les lapins, mais elles ont pleinement reussi chez les souris et les rats et ont fourni des lesions identiques ä celies de la pneumonie de l'homme; mais les cocci avaient subi quelques modifications, dans
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158nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEÜMOME INFECTIEUSE.
les dimensions, apres etre passes par ces orga-nismes.
1883.nbsp; nbsp;— Talamon poursuit, en France, les experiences d'Afanassiew et les etudes de Fried-lander. II n'attache aucune importance speci-fique a la capsule et croit que c'est la forme des cocci qui est caracteristique : celle-ci est ellip-tique, en grain de Lie ou effdee en grain d'orgeT d'oülenom de coccus lanceole qui lui aetedonne.
Il experimente par voie d'inoculation, avec peu de succes, sur les chiens et les cobayes, mais plus heureux que Friedlander, il determine des pleu-resies exsudatives, des pericardites et des pneu-monies chez les lapins.
1884.nbsp; — Jusque-lä les resultats sont contra-dictoires et par consequent incertains. Afanassiew reprend ces etudes et rencontre dans ses cul­tures dans les milieux gelatinises, trois especes de microbes : 1deg; un grand micrococcus rond,
2deg; un micrococcus petit et rond, 3deg; un microbe ovoide. Le dernier seul lui donne des cultures a forme de clou. Inocule a des animaux, le dernier seul confere la pneumonic au chien et au cobaye.
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PNEÜMONIEnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PI. IV, p. 159.
Flg. 7.
Fig. 8.
7. Muco-pus du bassinet renal gross. 1450 diam. — 8. Meine figure montrant les bacteries do la pneumonie arec leurs capsules aureolees. Les dimensions de la capsule sont legerement exagerees et ne sont aper-Ques que par le jeu de la vis micrometrique.
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ETIOLOGIE.
16t
inefficace ä les produire, si l'action du froid n'in-tervenait pour preparer le terrain et rendre possibles ses effets pneumogenes.
Depuis, cette theorie a ete perfectionnee, si nous pouvons nousexprimer ainsi. II s'agissait, en effet, dese rendre compteparquel artifice un mi­crobe banal de la salive devenait pathogene, sous linfluence du froid.
L'expiication a ete donnee par la connaissance lt;le ce fait que nos cavites, meme celles qui sont les plus exposees ä l'incursion des agents de ratmpsphere, sont ä pen pres preservees, a I'etat de sante, de rintroduction des germes, par les eribles naturels existant ä l'entree on dans une partie de leur parcours. C'est ainsi que I'urine, chez les femelles, qui ont, cependant, une porte largement ouverte aux impnretes exterieures, est dcbarrassee de tons germes et que, dans les pou-mons, n'arrive qu'un air epure de tout element pernicieux, on si des impuretes y penetrent, elles sontrapidement exportees a I'exterieur.
Ce role tutelaire de conservation et de defense est rempli dans I'arbre bronchique par les cils vibratils, dent le raouvement d'epis agites par le
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PNEUMOKIE IJNFECTIEUSE.
vent se fait toujours dans le sens postero-ante-rieur. Les cils vibratils, par leur ondulation in-cessante, font chemiaer des bronches vers 1'exte-rieur tous les produits de secretion; ils agissent de la meme facon sur les microbes, puisque ceux-ci sont vehicules par les mucosites que les cils vibratils charrient.
Mais cette fonction, qui assure l'integrite de l'appareil pulmonaire, serait annihilee par Fac­tion du froid qui paralyserait les cils vibra­tils ; de sorte que I'air, n'etant plus tamise, en-trainerait jusqu'aux alveoles les microbes pro-ducteurs de la pneumonic. Une fois etablis ä demeure dans un terrain essentiellement favo­rable ä leur pullulation, rien n'entraverait plus leur action et ils deviendraient pathogenes.
Le froid, ici, n'agirait pas par repercussion, d'apres I'ancien mecanisme attribue au refroidis-sement; ce ne serait plus le refroidissement de la peau qui deviendrait patbogene, mais, au con-traire, le courant d'air froid traversant les bron­ches.
Une autre interpretation de l'action du froid est fournie par M. Bouchard ; il la donne comme
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ETIOLOGIE.
163
exemple des circonstances modifiant la concur­rence vitale, c'est-ä-dire l'action protectrice de nos propres cellules. C'est une application de la loi de Darwin : vivre et empecher de vivre.
Nos cellules, d'apres Metschnikoff, seraient en lutte perpetuelle contre les cellules du monde exterieur, dont les microbes sont I'expression connue ; elles detruiraient, a I'etat normal, tons les germes qui s'aventureraient jusqu'ii elles et quinuisent, au profit cle leur vie, ä celle de I etre superieur qui est un milieu d'evolution propice pour eux. Cette theorie phagocitaire est aujour-d'hui universellement adoptee.
Or, M. Bouchard admet que les cellules bron-chiques, soit seules, soit avec le concours des cellules migratrices, devorent, dans les conditions normales, les- pneumocoques que I'air a mis a leur contact; mais que celte fonction pent etre supprimee par toute cause qui, comme Faction de I'air froid, modifierait les conditions normales de leur nutrition.
Si cette hvpothese est vraie, et dans ledomaine de l'hypothese tout le monde pent avoir raison et meme... tort, l'action du froid n'aurait plus be-
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I ,-
164nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMOME INFECTIEUSE.
soin d'etre locale, tie se produire par I'arbre bronchique ; elle serait aussi efficace par son ac­tion sur la peau, attendu que les perturbations circulatoires exterieures exercent fatalement un trouble dans la circulation des organes profonds et dans la nutrition cellulaire.
S'il est des cas oü l'intervention du froid pa-raisse ne pas etre suspecte d'avoir exerce son influence; si, dans les cas sporadiques de pneu­monic, c'est la seule raison ä invoquer, parce qu'en medccine il vaut mieux pecher par exces de raisons que par insuffisance, son coacours devient tees problematique dans la pneumonie infectieuseatteignant un grand nombre de sujets.
Ici, les rapports immeiliatsdeviennent evidents comme facteurs extensifs de lepizootie ; quant au froid, on est oblige de le releguer dans les causalites douteuses. ,
Qu'observe-t-on, en effet, dans I'armee ? Ce sont les chevaux les mieux soignes, les moins exposes aux transitions de temperature, ceux que le travail ne met pas en transpiration, qui pa-raissent le plus ä l'abri de ce qu'on appelait autre-fois les sueurs rentrees, les chevaux de remonte,
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ETIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 165
chez lesquelseclate la pneumonie infectieuse. Les aulres, les chevaux faits, ceux qui entrent en transpiration clans les ecuries froides, sont abso-lument indemnes; et cependant, si le refroidisse-ment etait susceptible d'etre pneumogene, c'est cette categorie qui fournirait les malades.
D'autres observations plusprobantes del'inno-cuite du froid nous ont ete fournies par des epi-zooties de pneumonies ayant sevi sur les chevaux du lle regiment de hussards en garnison a Va­lence.
II n'est pas de pays comme ce grand couloir rhodanien pour etre balaye par les vents. Selon leur direction, on voit le thermometre se livrer aux oscillations les plus desordonnees. Avec 16 mistral, il descend, au printemps, an voisinage de zero degre ; avec le vent du sud, il remonte ä quinze ou vingt degres. Dans les vingt-quatre heures, on assiste a des differences de tempera­ture de quinze a vingt degres.
Si nous admettons que le froid esl pneumo­gene, il est certain qu'etant donnee une epizoo­tic de pneumonies, les cas les plus nombreux coincideront avec les vents du nord, et que.
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r-^-
166nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMOKIE INFECTIEUSE.
lorsque la temperature se relevera, avec le vent du midi, les cas nouveaux seront rares ou nuls.
Or, c'est precisement le contraire qui s'est toujours presente, et avec une uniformite qui ne s'est jamais dementie pendant les six ans que nous sommes reste en garnison a Valence.
Et l'influence du froid ne se fait pas seulement sentir dans le sens anti-pneumogene ; eile s'exerce encore sur la marche meme de la ma-ladie, eile la modere, l'attenue et la dirige vers les solutions heureuses.
II n'est rien, h notre avis, de plus mauvais, de plus dangereux dans la marche des epizootics de pneumonie infectieuse, que l'action de la cha-leur, de la chaleur humide surtout, qui est si deprimante pour l'organisme et affaihlit a un si haut degre les echanges moleculaires dont I'acti-vite est si utile ä la curation des etats infec-tieux.
Mais cette question du froid ne serait pas com-pletement discutee, si nous n'examinions une objection qui pourrait nous etre faite. Si, dites-vous, le froid est contraire a revolution de la
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ETIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;167
pneumonie infectieuse, comment expliquer qne cette maladie s'observe surtout en hiver? A cela, nous repondrons que lorsqu'on examine I'en-semble d'une situation medicale, il faut surveiller avec soin les vicissitudes de l'atmosphere et voir dans leurs expressions ce qui est relatif ä la saison. En hiver, la temperature s'abaisse ets'eleve ; eile n'est done pas ä l'abri des variations; or, les cas de pneumonie se montrent surtout au moment des elevations de la temperature hivernale, parce qu'elles coincident, ä peu pros toujoiirs,avec une grande humidite de l'atmosphere, des brouil-lards on des pluies, e'est-a-dire avec les circons-tances que nous avons reconnues comme parti-culierement pneumogenes.
Saisojis. — Les saisons, sans avoir une in­fluence absolue sur la marche des epizootics de pneumonie infectieuse, jouent certainement un role dans leur production.
Depuis dix ans, nous avons fait le releve sui-vant: 7 epizootics d'octobre en mars, 2 en aoüt et 1 au mois de juillet. Dans cette periode d'octo­bre en mars, les cas se sont uniformement repar-tis entre les mois des saisons automnale et hi-
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#9632;i
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PKEUMONIE INFECTIEUSE.
vernale. II semblerait resulter de ces statistiques, un peu insuffisantes, nous en convenons, que la pneumonic infectieuse sevit de preference en hiver et au commencement du printemps, mais pent se montrer egalement an moment des plus fortes chaleurs.
Age. — Le fait de classer la pneumonic infec­tieuse parmi les maladies des jeunes clievauxr Concorde avec nos observations, qui nous ont prouve que e'est dans la jeunesse qu'ils y sont le plus accessibles. En effet, dans Tarmeeraquo; eile se montre sur les chevaux de remonte de trois ans et demi ä six ans; e'est dans la periode d'appropriation ä la vie militaire qu'ils y sont surtout predisposes.
Dans notre carriere, nous avons soigne on vu traiter plus de qnatrc cents pneumoniques; dans ce nombre, il n'y a certainement pas vingt che­vaux au-dessus de six ans. Passe cet age, les chevaux ont dejä paye leur tribut ä cette maladie, qui nerecidive que dans des circonstances excep-tionnelles, ou ils ont acquis une force de resis­tance qui les protege contre elles.
Nos observations concordent, du reste, avec
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ETIOLOGIE.
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celles de M. Trasbot et avec celles de nos colle-i^ues de l'armee, dont I'attention est incessam-ment sollicitee vers cette affection, une des plus dangereuses sevissant sur notre cavalerie.
Si Tage est une cause preJisposante de la pneu-monie infectieuse, nous devons reconnaitrc, tou-tefois, qu'elle est moins meurtriere, toutes pro-portions gardees, pour les jeunes chevaux que pour les chevaux d'age.
Chez ceux-ci, la pneumonie infectieuse marche avec une rapidite fbudroyante et est mortelle dans une proportion que nous n'exagerons pas, en la portant a 30 0/0, tandis que sur les jeunes chevaux, cette proportion pent descendre ä 10 ou 15 0/0, et meine plus bas, sides mesures therapeutiques et hygieniques sont bien insti-tuees.
Sexe. —Le sexe ne cree pas une predisposi­tion particuliere.
Dimensions de la poitrine. — Longtemps on a professe que les poitrines etroites facilitaient l'apparition de la pneumonie. Rien dans nos ob­servations ne nous a demontre le bien fonde de cette affirmation : la pneumonie attaque les ehe-
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PNEÜMOKIE INFECTIEUSE.
vaux quel que soit leur perimetre thoracique; cependant, si l'etroitesse de poitrine ne cree pas une predisposition, il est certain qu'elle influe sur la maladie, parce qu'ä une poitriae peu deve-loppee correspond une constitution faible : mau-vaise condition assurement, pour resister ä une maladie infectieuse grave. L'issue de la pneu­monic est done d'autant plus ä redouter que le cheval a une poitrine manquant d'ampleur, tan-dis qu'uncheval bien conforme, aveennepoitrine en harmonic avec son developpement, offre de grandes garanties de guerison.
Hygiene, acclunatement. —#9632; On a invoque, comme cause preparatoire de la pneumonie, l'hvgiene anterieure desjeunes chevaux, chez le proprietaire, avant leur mise en service dans l'armee ou chez d'autres consommateurs.
On a reproche, avec raison, aux proprietaires de mal nourrir et de mal elever les chevaux; de leur distribuer des substances alimentaires en quantite insuffisante dans leur tres bas age, et de les preparer ensuite ä la vente, en les soumettant au regime de l'engraissement qui arrondit les formes, cache les defauts du squelette, mais ne
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ET10L0GIE.
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donne pas de la puissance musculaire ni de l'energie nerveuse.
Cette alimentation intensive, que necorrigent pas une gymnastique appropriee, ni une aera­tion süffisante des ecuries, parce que la gymnas­tique et l'air devraient etre compenses par un surplus nutritif occasionnant un surcroit de frais d'elevage, a pour consequences d'accumuler, dans ces jeunes organismes, un excedent de graisses, de rendre les chevaux plethoriques et de rompre l'cquilibre nutritif.
II est incontestable que, dans ces conditions, il v a une perturbation profonde de la nutrition cellulaire qui predispose I'economie aux inva­sions microbiennes dont les organismes supe-rieurs ne sont completement preserves que par la reunion absolue de tontes les conditions qui maintiennent leur equilibre.
dette preparation a la vente et les pratiques defectueuses de l'elevage constituent non seule-ment une predisposition a la pneumonie infec-tieuse, mais encore ä toutes les maladies infec-tieuses du jeune age.
L'acclimatement apporte egalement son con-
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1-72
PNEUMONIE INFECTIEUSE.
cours pathogene aux causes precedentes, mais dejä nous avons eu l'occasion de dire qu'il ne fallait pas trop insister sur cette partie de I'etio-logie des maladies des jeiines chevaux.
En effet, que les chevaux changent ou ne changent pas de climat, les affections qn'ils pre-sentent sont les memes.
Mais si le changement de climat semble inof-fensif, nous ne croyons pas la meme innocuite aux changements d'habitudes et de regime : de Tisolement, le cheval tombe dans une agglome­ration ; d'ecuries chaudes dans des ecuries froides; de la liberte relative a la stabulation prolongee ; d'un regime amollissant ä une nour-riture stimulante ä base d'avoine.
II faut que son organisme se transforme, s'identifie ä de nouvelles exigences et que cette transformation, qui n'est pas exempte de souf-frances, s'opere dans des milieux qui conservent des germes d'autres epizootics, de microbes qui n'altendent que le moment favorable pour fon-dre sur lui. Or, ce moment propice est certaine-ment celui ou I'organisme est en voie de trans­formation, oü sa puissance, orientee vers une
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KTIOLOGIE.
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nouvelle vie, est spoliee en partie de ses moyens normaux de lulte centre les causes infeclieuses.
Teiles sent les raisons qui nous paraissent expliquer l'aptitude de nos jeuneschevaux ä con-tracter la pneumonie infectieuse, et qu'ils recoi-vent de leur hygiene et de ce que nous appelons racclimatement.
Stubulalion. — La stabulation, c'est-ä-dire le sejour dans les ecuries et dans les agglomera­tions, a egalement une influence marquee sur revolution et la gravite de la pneumonie infec­tieuse ; c'est, du reste, pour ce motif qu'elle a ete appelee pneumonie d'ecurie.
C'est ainsi que plus la transition est brusque entre I'education primitive et le genre d'existence qui lui succede, et davantage la pneumonie in­fectieuse est grave.
Les statistiques publiees annuellement au mi-nistere de la guerre, sous la direction de la com­mission d'hygiene hippique, donnent pour la pneumonie sur les chevaux, en Algerie, une pro­portion d'environ 30 0/0 de pertes, tandis qu'elle n'est en France que de 14 ä 15 0/0.
Nous avons remarque, egalement, au 11' bus-
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174nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PNEUMONIE INFECTIEUSE.
sards, alors qu'il etait remonte en chevaux alge-riens, la lethalite excessive de la pneumonie infectieuse.
Cette difference dans I'intensite pneumonique depend, selon nous, pour les chevaux barbes, de cequelevesjusqu'ii trois ans en liberte presque complete, en plein air, ils s'habituent plus diffi-cilement ä la vie sedentaire et ä la stabulation, quelle que soit l'aeration de nos nouvelles ecu-ries, et sont plus aptes k recevoir gravement les causes d'infection que nos chevaux frangais, prepares ä ce regime par les pratiques de 1'ele-vage indigene.
Cause determinante. — Toutes les causes que nous venons d'examiner ne sont que prepara-toires de la maladie, ce sont celles qui modifient Torganisme et l'adaptent ä l'action de la cause sans laquelle il n'y aurait pas de pneumonie, a I'entree en scene du pneumocoque, de 1'agent specifique. C'est lui qui donne reellement la ma­ladie, qu'il soit cede dans les agglomerations par voie de contagion directe ou indirecte.
Un cas qui se developpe dans une ecurie esL un foyer de contagion qu'il importe de detruiregt;
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DIVISION DE LA PNEUMONIE.
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sous peine de voir tous les chevaux predisposes contracter la pneumonie infectieuse; c'est douc par la contagion que s'entretiennent les epizoo-ties de cette nature, c'est d'elle que depend la multiplicite des cas, jusqu'ä ce que la cause gene-rale s'eteigne sur place faute d'aliments, c'est-a-dire de sujets non refractaires.
ARTICLE IV.
Division de la Pneumonie.
L'unite de la pneumonie infectieuse etant ad-mise, il peut paraitre superflu de faire une divi­sion de ses formes; cependant teile n'est pas notre opinion.
D'apres les auteurs qui ont ecrit sur cette maladie, il semble que sa caracteristique princi-pale, univoque, seit l'etat adynamique et que les symptumes de depression lui appartiennent telle-ment en propre qu'elle leur soit indissolublement liee. Cette ideeest si enracinee dans beaueoup d'es-prits qu'elle pourrait se resumer en cet axiome : pas d'adynamie, pas de pneumonie infectieuse.
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176nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PHEDMOHJE INFECTIEUSE.
D'apres cela, la conservation des forces appar-tiendrait en propre au type connu sons le nom de pneumonie franche. Et cependant, nous avons vu des epizootics de pneumonies infectieuses non astheniques, pendant lesquelles les malades jouis-saient jusqu'au bout de leur energie musculaire, et dont les symptomes etaient analogues ä ceux de la pneumonic dite franche, mais qui n'en etaient pas moins affectes de la forme infectieuse de cette maladie. Le nombre des malades et le de-veloppement de l'affection par les rapports de voisinage le demontraient tres suffisamment.
Nous reconnaissons neanmoins que dans la pneumonie infectieuse, e'est I'adynamie qui do-mine habituellement la scene morbide, et cela dans la grande majorite des cas et des epizootics. Mais ne suffit-il pas que des exceptions puissent se produire pour que l'attention soit appelee sur elles, d'autant plus que, lorsqu'il s'agit de la the-rapeutique a appliquer ä cette maladie, tel trai-tement, qui reussit dans la pneumonie adynami-que, donne les plus mauvais resultats dans la forme sthenique.
Nous diviserons done, dans un interet prati-
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;177
que, Ja pneutnonie infectiense en pneumonie sthenique et en pneumonie adynamique, en fai-' sant ressortir aussi nettemeat que possible, dans 1'etude des symplomes, las caracteres cliniques qui les distinguent l'unede lautre.
ARTICLE V.
Symptömes.
La pneumonie infectieuse est une affection cv-clique dans laquelle on remarque trois periodes bien marquees : le debut, l'etat et le declin. Ces trois periodes, lorsque rien ne les trouble, ont suivi leurs phases dans un septenaire environ.
sect; 1er. — Pneumonie sthenique.
Debut. — Si dans la pratique de la medecine humaine, cette periode peut etre bien suivie par le medecin, il est bien rare que les veterinaires jouissent du meme privilege. Dans la plupart des cas, la pneumonie est arrivee ä la periode d'etat lorsque les chevaux leur sont presentes; cepen-
CHAMPET1ER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 12
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178nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PNEUMONIE mFECTIEUSE.
dant, dans quelques rares circonstances, nous avons ete assez heureux pour assister au debut de cette affection, mais nous devons avouer que les symptomes initiaux marchent avec une teile rapidite qu'en vingt-quatre heures, quelquefois en moins, le mal est arrive ä la periode d'etat.
La pneumonie debute habituellement par des frissons violents sur tout le corps, principalement a la croupe, ä l'epaule et ä i'encolure. L'ceil est fixe, le dos vousse, I'encolure raidie et les mem-bres sont ramenes vers le centre de gravite.
Ces frissons durent a peine quelques heures pendant lesquelles la temperature s'est subite-ment elevee, de 3705 ä 40deg; et meme au delii.
Leur disparition permet alors de se rendre compte de l'etat du flaue, dont les mou-vements etaient jusque-la baches par la reaction febrile, et, par ['auscultation, des modifications survenues dans le murmure respiratoire.
La respiration est acceleree, parfois les mou-venaents respiratoires sont du double et du triple plus rapides que dans les conditions normales.
Dans les parties inferieures de la poitrine, ä droite ou ä gauche, selon la localisation, on cons-
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SYMPTÖMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 179
täte une attenuation du murmure respiratoire ou des räles crepitants, qui demontrent que deja les alveoles et les bronchioles livrent difficilement passage ä l'air, entre les exsudats qui commen-cent a les obstruer.
Le pouls est plein, l'artere tendue, la conjonc-tive est d'un rousje vif.
La percussion ne donne pas encore des indica­tions tres precises, tout au plus de la submatite; le poumon etant toujours permeable, la reso­nance particuliere du thorax est peu attenuee.
A cette periode, les urines sent deja moins abondantes que normalement et les extremites sont froides.
Dans les cas les moins rapides, on pent encore constater, vingt-quatre heures apres l'apparition du premier frisson, la continuation de la periode de debut.
La temperature est restee stationnaire ou a progresse et a atteint son acme; quelques rales crepitants s'entendent encore dans les parties superieures des regions lobaires malades, alors que plus bas le murmure respiratoire a comple-tement disparu et que la matite est evidente.
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180nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PSEDMOME IiNFECTIEÜSE.
En meme temps que la moitie on les deux tiers cl'im lobe so nt eleven us impermeables a I'air ou pen permeables, le murmure respiratoire s'exa-gere dans les parties de ce lobe restees saines ou dans le lobe oppose. Ce bruit respiratoire, plus bruyant, plus dur que dans l'etat de sante, a recu le nom de murmure respiratoire supple-mentaire.
Si dans cette premiere periode, on fait marcher les malades, on remarque qu'ils out conserve la plenitude de leurs forces, que leur demarche est sure.
Etat. — C'est le plus souvent ä cette periode que lattention du veterinaire est sollicitee.
La temperature s'est quelquefois elevee encore et a atteint son acme. Certains malades ont jus-qu'ä 42deg; ä l'anus (fig. 5).
La respiration est rapide et courte, les naseaux sont dilates; tantot il s'en ecoule du jetage se-reux, tantot du jetage rouille, mais c'est assez exceptionnel. Tandis que chez I'homme, les era-chats rouilles indiquent toujours une petite apo-plexie bronchique dans la pneumonie, chez le cheval c'est le contraire qui se presente : le jetage
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182nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNKUMOiME INFECTIEUSE.
exprime rarement I'apoplexie bronchique, ce qui semblerait demontrer qu'elle ne se produit pas toujours dans la pneumonic, on que I'hemor-rhagie est si pen considerable, si insignifiante, qu'elle ne se decele par rien ä l'exterieur, sauf lorsqu'elle a acquis une certaine intensite.
L'artere est dure et le pouls accelere, les battements du coeur sont forts et la conjonctive d'une couleur rouge vifou rouge fonce.
La bouche est chaucle, scche, la langue un pen pätcuse. Le malade a une attitude triste et abattuc ; il porte la töte basse et l'appnie quel-quefois an bout de la longe ou sur la mangeoire.
Un Symptome sur lequel nous appelons I'at-tention consisle dans un mouvement particulier du larynx, concordant avec l'inspiration et l'ex-piration; il s'abaisse et s'eleve d'une facon iso­chrone aux deux temps de la respiration et simule dans la region de la gorge et dans I'espaee inter-maxillaire les temps de la deglutition. L'accele-ration de la respiration s'observe aussi bien lä qu'aux flancs.
La percussion, dans les parties correspon-dant au poumon malade, accuse de la matite.
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STMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;183
L'auscultation ne permet pas d'entendre le mur-mure respiratoire qui a completement disparu dans les parties congestionnees.
Le murmure supplementaire a acquis de l'in-tensite, ce qui permet de bien delimiter les por­tions de lobe malade de celles qui sont restees saines.
Le plus souvent, vers le milieu de la masse congestionnee, au niveau des grosses divisions bronchiques, on entend un bruit tie souffle beau-coup plus fort ä l'expiration qu'a I'inspiration.
La matite, labsence complete de murmure respiratoire et le bruit de souffle sont les symp-tömes pathognomoniques de l'hepatisation.
Dans la pneumonic infectieuse sthenique, meme ä la periode d'etat, le cheval se deplace facilement et a conserve la presque totalite de ses forces musculaires.
Les fonctions digestives sont attenuees: le malade a peu d'appetit ou son appetit est mil; ses crottins sont petits et coiffes, les reins raides.
La miction a beaucoup diminue et presque toutes les analyses d'urine demontrent la pre­sence d'une certaine quantite d'albumine.
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184nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PJNEUMOKIE INFECTIEUSE.
La periode d'etat peut durer 3 ou 4 jours pen­dant lesquels la temperature reste stationnaire si eile n'est pas modifiee par la medication et n'ofFre que ses ascensions vesperales et ses de­fervescences matinaies.
S'il se produit des poussees febriles a cette pe­riode, elles sont generalcment accompagnees d'une plus grande extension des processus pul-monaires, dune periode d'augment qui se greffe sur la periode d'etat.
Vers le 2e ou Ic 3C jour do la periode d'etat, le jetage ronille, s'il s'en est montre au debut de la maladie, disparait completement.
Declin. — Le debut de la periode de declin est surtout marque par l'attenuation des symp-tomes generaux ; le pouls est moins vite, I'artere plus pleine, les battements du cceur moins vio-lents ; le malade est moins abattu, moins triste, sonappetit revient,faible encore, mais il s'affirmenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i
pour les aliments qu'il prefere ; une deferves­cence s'est produitc, eile est peu accusee : un demi-degre ou un degre au maximum.
Si Ton a pris note des mouvements respira-toires ä la periode d'etat, on Irouve qu'ils sontnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i
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SYMPTÖMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;185
moins frequents et que ressoufflementadiminue; mais les parties hepatisees restent ce qu'eiles etaient.
Ces symptomes d'amelioration s'affirment par la suite parune defervescence reguliere, une des-cente en escalier de la temperature, par im appe-tit meilleur, le ralentissement de la circulation ; sans que ces symptomes soient corollaires de la regression, constatable ä la percussion et ä l'aus-cultation, des lesions pulmonaires. Celles-ci ont, en effet, une fixite considerable, et sont encore exprimees par les signes ordinaires de l'hepatisa-tion, quand la respiration est presque devenue normale et que l'etat febrile a completement disparu.
Entre le point culminant de la peumonie et la disparition complete de la fievre, s'ecoule une periode de 3 a 4 jours, apres laquelle le malade entre en convalescence.
La persistance des lesions pulmonaires alors que la sante semble completement recuperee, ainsi que le retour de la respiration, a son rythme normal, malgre une notable etendue du poumon ne fonctionnant pas, nous a fait, depuis long-
A.
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186nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PMEUMOME INFECTIEUSE.
temps, croire que I'essouftlement, qu'il ne faut pas confondre avec la dyspnee, etait du ä la sur-aclhite fonctionnelle produite par I'etat febrile. Le ralentissementrespiratoire, qui marche paral-lelement a la defervescence, malgre la suppres­sion d'une partie des fonctions du parenchyme pulmonaire, semble confirmer cette opinion.
Quoi qu'il en soit de cette idee, il est certain qu'a partir du debut de la periode de declin, la marche des lesions est descendante et, si eile ne s'exprime pas encore a la fin de cette periode d'une facon trcs nette, eile ne tarde pas ä se caracteriser par des signes positifs.
C'est d'abord la disparition du bruit de souffle, la submatite succedant a la matite, les rales cre-pitants de retour qui demontrent que les exsu-dats bronchiques se dissolvent et livrenl passage ä I'air ; enfin au bout dune quinzaine de jours, la regression des lesions est complete et le pou-mon a repris son fonctionnement normal.
Tels sont les symptomes de la pneumonic sthenique infectieuse, pendant son cycle habituel, lorsqu'aucune complication ne vient la modifier ; teile est egalement sa marche: dans l'espace de
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;187
7 ä 8 jours, les periodes de debut, d'etat et de declin ont suivi leurs phases et le malade entre en convalescence.
Mai'che et terminaisons. — La pneumonic infectieuse sthenique est remarquable par I'in-tensite et la violence du mouvement congestif. Si rien n'enraie sa marche, en trois ou quatre jours, eile peut se termioer par I'asphyxie resul­tant generalement de la congestion de tout un lobe pulmonaire ou de la plus grande partie des deux ä la fois.
Dans d'autres circonstances, ainsi que nous I'avons assez frequemment observe, la gene cir-culatoire produite par le fluxus congestif pul­monaire rend le role du coeur difficile ; les bat-tements sont forts et tumultucux, la systole s'affaiblit et de gros caillots fibrineuxs'organisent dans lun ou dans l'autre des deux ventricules. Generalement on les trouve a cheval sur les val-vules mitrales et tricuspides, seprolongeanl plus ou moins dans les arteres.
Ces lesions peuvent se diagnostiquer du vivant du malade ; elles se reconnaissent ä la violence des battemcnts du coeur et ä des bruits de souffle
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188nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMOHIE INFECTIEUSE.
qui se sont substitues aux bruits normaux. L'ori­fice auriculo-ventriculaire etant le plus souvent obstrue, c'est le bruit isochrone ä la svstole ven-triculaire qui fait le plus souvent defaut.
Avec ces alterations le pouls devient imper­ceptible, les muqueuses prennent une teinte cyanosee et les malades succombent rapidement.
Dans une circonstance, le caillot fibrineux s'etant etendu jusqu'ä la bifurcation de l'artere axillaire gauche, le malade etait tombe sur la litiere, paralyse du membre antcrieur correspon-dant.
Gelte complication ernbolique est beaucoup plus frequente qu'on ne serait tente de le sup-poser : dans une epizootic nousl'avonsremarquee sur la moitie des sujets qui out succombe.
Gangrene. — La gangrene se remarqueassez rarement dans cetle forme de la pneumonie.
Congestions diverses. — C'est dans la pneu­monie stbenique que Ton observe ces grands troublescirculatoirescongestionnels de lintestin, des pieds et des yeux, exprimes par des coliques assez violentes parfois, par de la fourbure on des ophthalmies internes dans lesquelles se
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 189
remarquenL des hemorrhagies dans la chambre anterieure de l'ceil. Disons tout de suite que ces epiphenomenes sont assez rares, mais il suffit qu'ils puissent se montrer pour qu'il y ait inte-ret ä les signaler.
Pleuro-pneumonie. — La pleuresie est rare-rnent contemporaine des premieres lesions pul-monaires; eile se montre d'habitude plus tard, par l'exlension aux plevres de l'agent pneumo-gene. C'est ordinaireraent dans le courant de la periode d'etat que surgissent les phlegmasies pleurales.
Leur entree en scene s'affirme par une nou-velle ascension de la temperature, l'anxiete et la fixite du regard, la raideur plus accusee de tout le corps, la rapidite et la concentration du pouls qui devient sec et nerveux, rimmobilite des cotes pendant la respiration; des mouvementsduflanc tremblotants, hesitants ou une respiration acce-leree et courte ; la sensibilite exageree des parois thoraciques ä la pression ou ä la percussion, d'un seul cöte si la pleuresie est unilaterale ou des deux si eile est bilaterale.
Pour un praticien exerce, qui a pris I'habitude
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190nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEÜMONIE INFECTIEUSE.
de suivre attentivemenlla physionomie des pneu-moniques, ces symptomes suffisent au diagnostic initial de la pleuresie.
Dans quelques circonstances, tout ä fait ä la periode de congestion des plevres, l'auscultation revele im bruit de frottement, absolument svmp-tomatique, que nousne pouvons mieux comparer qu'au crissement d'un doigt promene sur une lame de cuir verni.
Mais ce signe diagnostique est tres fugace et n'existe que pendant im laps de temps tres court.
Gravite de lapleuro-pneumonie. — L'inter-vention de l'eleinent pleuretique dans la pneu­monic diminue sensiblement les chances de gue-rison. Si, ä l'ascension thermique qui a marque le developpement de la pleuresie, ne succede pas rapidement une defervescence, si, en somme, la pleuresie empiele sur la scene morbide et la domine, une lerminaison mortelle est süreraent ä redouter. Un epanchement pleural se forme rapidement, occasionne une dyspnee violente et les malades succombent asphyxies par les lesions pulmonaires et les lesions pleuretiqnes, dans un delai relativement court.
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SYMPTÖMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 191
Dans certains cas, les processus pulmonaires s'ameliorent, la fievre climinuc d'intensite et la pleuresie evolue pour son propre compte avec une forme chronique rarement curable.
Les epanchements pleuraux peuvent etre uni-lateraux ou bilateraux. Unilateraux, ils sontd'un diagnostic difficile, car les signessthetoscopiques qu'ils fournissent se confondent avec ceux de l'hepatisation; mais le mediastin posterieur ayant une faible resistance, il cede ä la pression pro-duite par l'epaiichement qui se repandainsidans ies deux sacs pleuraux, provoquant de nouvelles lesions aigues dans le sac reste sain jusqu'alors.
Les signesdiagnosliques de la pleuresie double, en dehors des symptömes generaux propres ä la pleuresie, sont donnes, lorsque repanchement est encore faible, par unematite s'etendant ä une meme hauteur, ä droite et ä gauche, par du rnur-mure respiratoire supplementaire ä la litnite de l'epanchement; mats comme ces symptömes appartiennent aussi ä des etats hypostatiques du poumon, des doutes peuvent naitre sur l'exis-tence de la pleuresie.
Un signe plus certain pour le mettre en evi-
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192nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMONIE liNFECTIEUSE.
dence, lorsque röpanchement est assez abon-dant, a ete indique par mon excellent ami Che-nier: il a signale la discordance existant entre les mouvements du creux duflancet les deux temps de la respiration.
A l'etat normal, lors de l'expiration, le ventre se contracte, la masse intestinale est repoussee dans tons les sens, mais principalement en haut et en avant, le creux du flanc se souleve et perd de sa concavite ; lorsde I'inspiration, les muscles abdominaux se detendent, la masse intestinale s'epanouit en bas et en arriere et le flanc se creuse.
Lorsqu'il existe im epanchement, cet isochro-nisme disparait : pendant I'inspiration, la dilata­tion des poumons et le relächement du dia-phragme sollicitenten arriere la serositepleurale; ce flot de liquide, qui vient battre centre le dia-phragme, provoque une poussee de la masse intestinale dans tons les sens, mais comme I'elasticite des parois abdominales a des limites, cette poussee se fait sentir dans le sens postero-superieur, et le flanc se releve comme dans I'ins­piration.
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PNEUMOKIE INFECTIEUSE ADYNAMIQUE. 193
Ce Symptome est tellement pathognomonique qu'il est presquesuperflu d'en chercher d'autres, pour diagnostiquer les epanchements pleuraux doubles.
Dans les cas oü des doutes existeraient sur le diagnostic de la pleuresie, nous conseillons de 1'asseoir par des ponctions capillaires, avec un aspirateur, qui ne creent aiicun danger pour les malades.
sect; 2. ----- PnEUMONIE IIVFECTIEüSE ADYNAMIQUE.
A la rapidite pres de la marche des lesions, plus lente dans la forme adynamique qua dans la forme sthenique, le mecanisme des processus pulmonaires est ä peu pres le meme et leur dia­gnostic s'inspire des memes regies et des memes symptomes que ceux que nous venous de decrire.
Ce qu'il importe surtout de bien etablir, ce sont les caracteres generaux de la pneumonic infectieuse adynamique.
Caracteres generaux. — Les malades sont tresabattus; ä l'ecurie, ils sont dans un coma
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;13
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194
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PNEÜMOTÜE INFECTIEUSE.
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profond qui les rend indifferents ä tout ce qui se passe autour d'eux : la tete est basse, ä bout de longe ou appuyee sur la mangeoire.
Si on les deplace, ils ne se decident äsemettre en mouvement qu'apres y avoir ete vivement sollicites; ils jettent leurs membres au hasard ; ils flechissent sur les colonnes d'appui anterieures, titubent du train posterieur et se laissent parfois aller ä la derive en des mouvements lateraux qui font craindre des chutes. Tons les muscles du tronc participent ä cette depression des forces.
La conjunctive affccte des aspects divers: eile,, est tantöt jaunätre et infiltree; d'autres fois rouge-capucine ; dans quelques circonstances, päle avec un reflet jaunätre.
Le pouls est accelere et petit, l'artere molle, souvent presque inexplorable, les battements du coeur sont forts.
La bouche est seche, chaude et la langue päteuse.
Rarement on est appele ä constater les sym-ptömes propres ä la periode de debut; le plus souvent on ne voit les malades que lorsque la periode febrile est ä son apogee.
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PNEUMOKIE INFECTIEUSE ADYSAM1QUE.
195
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La temperature rectale est toujours elevee : 3905, 40% souvent 41deg; (fig. 6).
II est difficile de dormer d'autres caracteres differentiels plus exacts que ceux qui precedent entre les deux formes de la pneumonie infectieuse,
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Fig. 0. — Angine suivie de Pneumonie.
car, s'il est vrai que les localisations pulmonaires marchent moins tumultueusement que dans la forme sthenique, ii la periode d'etat, alles sont d'un diagnostic aussi facile par les memes proce-des et les memes symptomes pathognonomiques.
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196
PNEUMOSIE INFECTIEUSE.
C'est tantot une hepatisation a droite ou a gauche, remontant plus ou moins haut, tantöt une pneumonic double plus accusee d'un cote lt;[ue de l'autre; dans d'autres circonstances, si la pneumonie est centrale, l'auscultation et la per­cussion ne donnent que des renseignements ni stars ni precis ; mais nous avouerons que ces faits en eux-memes ne constituent pas des moyens distinctifs suffisants, en dehors des phenomenes generaux, pour differencier la pneumonie sthe-nique de la pneumonie arlynamique.
ARTICLE VI.
Marche et Duree.
La pneumonie adynamique, non modifiee par des complications, se juge d'habitude dans un septenaire ou dix jours au maximum; d'autres fois, eile n'ebauche que son cycle et les symp-tomes generaux disparaissent en trois ou quatre
jours.
Sa courbe thermique offre la plus grande ana-
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COMPLICATIONS. PLEURfeSIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 197
logie avec celle de la pneumonie sthenique : une ascension brusque, des sommets eleves pendant trois ou quatre jours, et ensuite une deferves­cence reguliere en escalier.
ARTICLE VII.
'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Complications.
sect; Ier. — Pleuuesie.
La pleuresie est ephemere ou grave.
Dans son aspect, cette complication ne difFere pas de sa similnire qui a ete etudiee preoedem-ment.
II est d'autres complications qui appartiennent aux deux formes de la pneumonie infectieuse: epiphenomenes apparaissant d'habilude ä la periode d'etat, ä ['extreme limite du declin ou pendant la convalescence.
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198nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PKEÜMOMiE INFECTIEUSE.
sect; 2. — Gangrene pulmonaire.
Lorsque la pneumouie doit se terminer par la gangrene, eile s'accompagne dephenoraenespre-curseurs qui eveillent facilement TaLtention. C'est surtout dans la periode d'etat qne survient cette complication ; mais eile peut egalement eclater au declin lorsque des abces se sont formes dans les portions du poumon envahies.
Dans la periode d'etat, si l'element septique esl intervenu, la temperature du corps progresse d'une facon insolite depassant rapidement 41deg; (fig. 7), la polypnee s'accentue, la conjonctive prend une nuance rouge violacee. II n'est pas rare qu'en meme temps que ces symptomes, se montrent de nouvelles hemoptysies, si le malade en a dcja eu dans le cours de la pneumonie, ou que Ton en voie pour la premiere fois, si ce svmptöme n'a pas encore ete constate.
Du cote des poumons, l'auscultation demontre que les processus pultnonaires, limites jusquedä, ont repris une marche vivement extensive.
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200
PNEÜMONrE INFECTIEUSE.
Les forces, qui s'etaient conservees dans la pneumonie sthenique, s'alfaiblissent rapidementraquo; et un violent collapsus se manifeste.
Les baltements du cceur deviennent violents pendant que le pouls est petit, rapide, presque inexplorable et Tariere molle.
Tons ces symptömes marchent avec une rapi-dite effroyable, puis au bout de sept k huit heures les signes caracteristiques de la gangrene s'accusent par une odeur nauseabonde de l'air expire, par du jetage roussatre, lie de vin en quantile plus ou moins grande.
Le murmure respiratoire s'est lui-meme modi-fie: des räles muqueux, de veritables grouille-ments s'entendent dans la cavite thoracique ä la place des absences premieres, des bruits de souffle ou des affaiblissements respiratoires sym-ptomatiques des anciennes lesions pulmonaires.
Cette scene morbide marche rapidement vers un denouement funeste: en 48 heures, en 24, queiquefois en moins de temps les malades sont empörtes.
Lorsque I'element septique intervient comtne circonstance aggravante de la pneumonie, il est
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SUPPURATION PULMONAIRE. 201
hors de doute que c'est se faire une grande illu­sion quede vouloir en conjurer les consequences. A cet egard nous ne croyons pas ä l'efficacite de l'intervention medicale; mais si celle-ci doit etre releguee parmi les imjDOSsibilites, il n'en est pas de meme des movens preventifs dont il sera question ä la partie de cette etude consacree au traitement tie la pneumonie.
sect; 3. — Suppuration pulmonaire.
La terminaison de la pneumonie par suppu­ration est frequente lorsqu'elle complique la gourme ou est compliquee, elle-raeme, par cette maladie.
La complication suppuree de la pneumonic est, des le debut, d'un diagnostic difficile; on a plutot des previsions que des certitudes. Les soupcons doivent etre d'autant plus grands que I'affection intercurrente dont les chevaux peu-vent etre atteints, en meme temps que de la pneumonie, a une plus grande tendance ä se ter­miner par la suppuration. Mais, en l'absence de tout etat morbide concomitant de la pneumonie,
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202nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMOME INFECTIEUSE.
le relevement febrile, apres une certaine defer­vescence, la persistance d'une temperature elevee (fig. 8), l'absence de phenomenes de resolution, sont des signes ä pen pres certains de la forma­tion d'abces pulmonaires.
Nous n'avons pas d'exemples prouvant que la pneumonie suppuree soit curable; dans quelques cas, les abces s'ouvrenl dans les bronches et le pus est expulse ä l'exterieur, mais ces abces ne constitnant qu'une par tie de ceux contenus dans le ponmon, les malades finissent par etre em­pörtes par la gangrene, I'infection purulente, ou par la dehiscence d'abces clans les plevres.
On doit done la considerer comme une com­plication mortelle de cette maladie.
sect; 4. — Einterite.
L'enterite infectieuse d'essence pneumonique eclate d'habitude brusquement, alors que I'ame-lioration des symptomes generaux faisait prevoir une issue favorable de l'affection.
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EKTERITE.
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204nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PMEUMOWE INFECTIEUSE.
Les chevaux cessent de manger ou leur appetit devient indolent; la temperature, qui s'etait abaissee, se releve subitement, sans atteindre les hauts sommets constates ä la periode d'etat de la pneumonie; la conjonctive se colore en rouge, la bouche est seche, ainsi que la langue qui se recouvre parfois d'un enduit fuligineux; les reins sont vQusses et raides, le venire contracte, la queue est relevee et affecte le port de celle d'un cheval myotomise des muscles abaisseurs, I'anus est reläche, beant et venteux.
Les crottins sonl petits, sees, luisants et coiffes.
Marche. — Gelte entente, tres douloureuse, tres deprimante des forces du malade, en raison de l'anorexie ou de la dysorexie dont eile s'accom-pagne, dure habituellement sept ä huit jours; mais dans les cas graves, eile pent se prolonger bien au dela de ce delai et se terminer par lanbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;.J
mort.
Les signes pronostiques les plus certainsd'une echeance funeste sont les suivants: diminution progressive des forces, refus d'aliments, stupeur des malades, beance de plus en plus marquee de
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NEPHRITES.
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l'anus qui laisse voir la muqueuse rectale d'un rouge fonce, legeres et intermittentes coliques, tliarrhee sereuse abondante.
II est exceptionnel que lorsqu'apparait la diar-rhee, le collapsus n'atteigne rapidement undegre extreme incompatible avec la vie.
La stupeur qui se montre dans la pneumonie infectieuse adynamique et l'extension abdomi­nale qui vient d'etre examinee, n'ont pas ete sans influer sur l'appellation de pneumonie typho'ide qui lui a ete donnee.
sect; 5.
Nephrites.
La presence de l'albumine est a peu pres cons-tante clans l'urine des pneumoniques; c'est Ik un caractere univoque de son essence infectieuse ; eile a ce lien de parente avec la plupart des etats infectieux.
L'albuminurie resulte selon toute probabilite, de l'elimination par les reins des toxines qui pro-viennentdesdechets nutritifs des pneumocoques.
Cette albuminurie, tout en eveillant 1'attention sur la nature propre de TafFection, ne doit inspi-
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206
PNEUMOKIE IKFECT1EUSE.
rer des craintes que lorsqu'elle persiste au dela de la periode febrile, et que surviennent des engorgements des extremites.
Des autopsies que nous avons faites de che-vaux ayant succombe de la pneumonie infec-tieuse, il ressort que les lesions des reins obeis-sent aux. memes causes que celles quiengendrent la nephrite dans la scarlatinoule; c'est le metne mecanisme embolique, les memes infarctus et les memes lesions epitheliales.
Au point de vue des symptömes et de la marche, nous n'avons saisi aucune difierence autre que celle (jui resulte des caracteres mor-phologiques des microbes qui sont nocifs des deux maladies.
Il est done inutile que nous nous altardions a recommencer des descriptions qui ont ete deja faites (voir Scarlatinoide).
AllTHRlTES IJiFECTIEUSES.
Ces arthrites, par l'acuite des sympEomes et leurs caracteres erratiques, ont ete assimilees au rhumatisme articulaire de l'homme. Il est bien
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ARTHRITES INFECTIEUSES.
207
certain que ce rapprochement estjustifie par leur aspect, leur intermittence et leurs allures ambu­lantes. Elles ne sont pas clues ä une cause diathe-sique comme le rhumatisme humain, mais au meme agent d'oü emane la pneumonic.
Pour rendre la similitude plus complete entre l'arthrite infectieuse du cheval et le rhumatisme humain, I'idee d'une diathese a ete longtemps acceptee comme raison causale.
Cette idee a ete emise par M. Trasbot. Dans I'ignorance oil nous etions, il y a peu d'annees, surle mecanismeproducteur de l'arlhrite rhuma-tismale, eile etait de nature ä satisfaire la raison.
Le savant professeur de l'ecole d'Alfort, d'accord avec les notions acquises sur la physio-logie pathologique de la fievre, disait avec beau-coup de logique, que dans la surexcilation orga-nique produite par les pyrexies, Forganisme eliminait moins de dechets qu'etait capable d'en donner la vie de ses elements cellulaires. Ces rcsidus cristalloides, en surabondance dans le sang, n'etant pas expulses par leurs emonctoires naturels, avaient une tendance a se deposer dans divers points de l'economie, dans les articulations
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208nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PNEUMONIE INFECTIEUSE.
surtout, d'apres le meme mode que celui qui prelude au developpementdesarthritesgoutteuses lt;le 1'espece humaine. Dans les articulations, ils iigissaient comme des agents irritants et deve-naient les facteurs de nouvelles eclosions arthri-tiques jusqu'ä ce que I'econonnie en füt complete-ment debarrasse.
II estpresque inutile d'ajouter que M. Trasbot, cclaire par les faits, ainsi qu'il nous en a donne lapreuve dans un de ses derniers articles du Die-tionnairepratique, reconnalt aujourd'huique les arthrites consecutives ä la pneumonic infectieuse peuvent etre d'essence microbienne.
Les arthrites infectieuses appartiennent aussi bien ä la forme sthenique qu'ä la forme adyna-mique de la pneumonie infectieuse. Elles semon-trent au declin de cette affection, parfois pendant son cours, ou plus ou moins longtemps apres.
Toutes les articulations peuvent etre attaquees, mais celle du beulet Test le plus frequemment. one fois que le mal a fait son apparition on ne peut jamais savoir quel sera son terme. Se limitera-t-il a une seule articulation ou affectera-t-ii le caractere erratique ?
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ARTHR1TES INFECTIEÜSES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 209
Le pronostic est fatalement douteux, parce que si Ton constate, sur certains sujets, des arthrites infectieuses se limitant a une senle articulation, dans combien de circonstances n'assiste-t-on pas a leur deplacement!
La forme errante est de toutes la plus grave, #9632;parce quelle temoigne d'une forte infection orga-nique et de sa persistance.
Dans notre pratique nous avons vu I'arthrite inf'eclieuse attaquer les articulations suivantes :
Sur un cheval les quatre boulets successive-ment; il a fini par mourir d'une pleuro-pericar-dite de memo essence que les arthrites ;
Sur un autre cheval, au mcme membre, le bou-let, le genou, l'articulation du coude et celle de l'epaule. Ce cheval a ete reforme en raison de l'incurabilite de l'affection;
Sur un autre, l'articulation du coude. Ce che­val est mort des suites de la pneumonic ;
Sur des cbevaux arabes, une ou plusieurs articulations du boulet, plus tard, celles du rachis. L'inflammation finissait par s'etendre aux meninges spinales et les malades perissaient para­lyses,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;-
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 14
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210nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEÜMOKIE INFECTIEUSE.
Ce qui ressort de plus incontestable de nos observations cliniques sur les arthrites infec-tieuses, c'est leur gravite, leur persistance, leur disparition temporaire et leur retour, alors que Ton avait tout lieu de considerer les malades comme debarrasses a tout jamais decette affection rebelle.
Done l'arthrite infectieuse doit toujours elre consideree comme une maladie grave, curable cependant, mais susceptible de faire perir les chevaux qui en sont alteints ou de les rendre inutilisables.
C'est aux articulations qui ne sont pas mas-queespar des couches epaisses de muscles, comme celle du beulet, que les symptömes de l'arthrite infectieuse sont les plus faciles ä suivre.
Sjmptömes. — La boiterie debute brusque-ment; le cheval tient le membre releve ou ne prend de l'appui qu'en pince ; il le souleve fre-quemment, ne le pose qu'avec hesitation ou l'abandonne dans la position du soutien, aecusant ainsi les douleurs lancinantes qu'il ressent. L'ar-ticulation se tumefie, elleestchaudeetlamoindre pression exaspere les douleurs. Ces symptömes
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ARTHRITES IJNFECTIEUSßS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 211
sont accompagnes d'une rcactioa febrile plus ou moins forte.
Auboulet, la tumefiicLion est surtout tres accu-see du cote de la partie superieure de la grande gaine sessamoidienne.
Au bout de 10, 15 ou 20 jours, I'acuite inflam-matoire s'attenue, rcedeme peri-articulaire dimi-nue; alors se montrent les reliefs arrondis dus aux hypersecrelions des synovialcs teadineuses, mollettes aigues qui restcront iongtemps doulou-reuses.
ün des caracteres de ces artlmles infectieuses est la duree de la periocle aigueet la lenteur que meltent les lesions ä s'ameliorer.
Les dilatations synoviales se resolvent genera-lement d'une facon incomplete et restent ac-quises, cpielle que soit la medication employee; alles ont cela de commun, du reste, avec la plupart de ces tares dont la fixite resulte de la constitution anatomique des sereuses qui sont, comme on le sait, des enveloppes non elastiques et ne revenant pas par consequent facilement sur elles-memes.
Cependant, il est bon de faire observer que
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212nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PKEDM0N1E INFECTIEUSE.
les mollettes conseculives auK synovites infec-tieuses ne se montrent que lorsque les syno-viales tendineuses ont participe aux phlegmasies lt;ie rarticulation la plus voisine ; dans Ic cas con-traire, I'artlmte peut disparaitre sans laisser aucune trace.
Les arthrites infectieuses, siegeant dans les gramles articulations enveloppees de muscles, se
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traduisent par les memes douleurs, la meme intensite de la boiterie et quelquefois par un peu de tumefaction diffuse.
La palpation suffit toujours ä reveiller la dou-leur locale qui est pathognomonique de leur siege. En dehors de ce moyen de diagnostic, on peut employer tous ceux qui sont usites pour la determination du siege dune boiterie.
La persistance des arthrites infectieuses, en supprimant ou en diminnant le mouvement des raembres, le jeu des muscles, entraine une atro-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; -
phie des masses musculaires surtout appreciable ä la croupe et k I'epaule.
Une paresie du train posterieur concomitante d'arthrites des membres est habituellement symp-tomatique de lesions des articulations inter-ver-
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;213
tebrales ; des mouvements spasmocliques des membres posterieurs suivis bientöt d'ime para­plegic sont l'indice d'une meningite spinale.
ARTICLE VIII.
Anatomie pathologique.
Etat du sang. — Examine clans un hemato-metre apres coagulation, on constate dans la pneumonic sthenique, sa consistance fibriiieuse, pen de serum, la proportion assez faible de cruor et l'abondance da caillot rouge ; dans la pneu­monic adynamique, beaucoup de serum, im fort cruor et la diminution du caillot rouge, par eon-sequent celle des globules.
Le microscope permet de deceler dans cer-taines preparations quelques pneumocoques, toujours en quantite infune ; dans d'autres, on ne voit rien d'anormal, si ce n'est, dans la pneu­monic adynamique, beaucoup de leucoevtes ct quelques globules sanguins ä bords irreguliers, en voie de destruction par consequent.
Cavite pulmonaire. — La repartition des
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214nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMOKIE IJNFECTIEUSE.
points congeslionnes on hepatises, dans la pneu-monie sthenique, n'est pas toujours reguliere; habituellement un seul lobe en presente, et si, parfois, line ligne horizontale partage nettement en deux le lobe malade : en haut le parenchyme sain, en has et dans les lobules supplementaires les hepatisations, il n'est pas rare que celles-ci soient plus irregulierement distribuees. Dans ce cas, si la predominance morbide appartient aux regions inferieurcs, il n'est pas exceptionnel de voir, dissemines ailleurs dans le meme lobe, de gros noyaux d'hcpatisation circonscrits par du parenchyme sain.
La pneumonic sthenique est le plus souvent unilaterale, mais dans quelques circonstances eile pent etrc double, et alors un lobe est tou­jours beaucoup moins atteint que I'autre.
PourM. Trasbot les caractcres macroscopiques do la pneumonie iufectieuse seraient d'abord la delimitation mal marquee des points hepatises qui ue seraient pas separes des parties saines par une ligne horizontale comme dans la pneumonie fianche, ensuite sa frequente bi lateralite avec des nuances en plus ou en moins pour chacun
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ANATOMIE PATHOLOGIQÜE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;215
des lobes ; l'hepatisalion des lobules anterieurs, parfois celle dela face interne des lobes, au niveau des grosses divisions bronchiques, d'oii la desi­gnation lt;\e pneumonie centrale qui lui convien-drait le mieux.
Nous ne contesterons pas qu'il ne puisse en etre souvent ainsi, mais nous croyons qua ces faits ne sauraient constituer une loi ni des carac-teres differentiels suffisants enlre les formes de la pneumonie ; car si, dans certains cas, la pneu-monie infectieuse advnamique est centrale, uni-lobaire, on bilobaire, il en est d'autres oil eile est unilobaire, excentriqne, parfaitement iimitee.
Toutefois, il faut reconnaitre qu'elle a tonjours pour siege les parlies basses du poumon et que scs lobules en sont rarement exempts, mais c'est lä la consequence meme de l'etat adynamique. Dans cette forme, ily a un affaiblissement mani­feste du pouvoir excito-moteur de la moelle, de­pression des fonctions du bulbe et par suite de l'atonie des vaso-moteurs. Ces perturbations ont comme.effets de rendre faciles les stases dans les parties interieures du poumon et de favoriser dans ces parties les processus pneumoniques.
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' Ces differences macroscopiques dependraient done d'un defaut d'ineitation nerveuse plutot que du mode de penetration et d'aetion du microbe specifique de la pneurnonie.
La congestion hypostatique due k la scarlati-noide, est le type des hepatisations, souvent bi­laterales, des regions inferieures des lobes pul-monaires et des lobules supplementaires.
Hepatisation, — Cotte lesion s'exprime net-tement par la couleur rouge-brun du parenehyme lui donnant une certaine ressemblauce avec le tissu du foie; par sa densite qui ne lui permet plus de surnager sur l'eau; par sa friabilite en opposition avec l'elasticitc ordinaire du paren­ehyme sain ou moderement hyperemie.
Sur les coupes, le tissu hepatise est de cou­leur fonce, marbre de taches plus sombres for-mees par des infaretus sanguins ; il esl sanieux. Comprime il s'en ecoule une serosite sanguino-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;r
lente. On constate egalement de petits modules gris-jaunatres, dissemincs sur la coupe,dusa des bouchons formes dans les alveoles par des depots fibrineux, des leucocytes et des cellules epithe-liales detruites ou en voie de proliferation.
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Tels sont les caracteres communs de toutes les hepatisations.
II convient maintenant de distinguer quelques attributs speciaux des lesions qui corroborant la division de la pneumonie infectieuse qne nous avons admise.
Dans l'bepatisation provenant de la forme sthenique, les apoplexies interstieielles sont nom-breuses; les bouchons fibrineux sont denses, elas-tiques, depassent les alveoles et les bronchioles et s'etendent jasque dans les tubes bronchiques deja importants, d'oü on les extrait par la trac­tion. Ces exsudats elastiqueset resistants donnent parfois rimpression du caoutchouc et s'ecrasent difficilement entre les doigts.
Il y a dans ces lesions un rapport absolu avec les symptoiiies, la plasticite du sang et les phe-nomenes congestifs.
A I'afflux violent du sang correspondent des dechirures des capillaires et des hemorrhagies du parenchyme ; a la plasticite du sang, une sura-bondance de fibrine dans les exsudats alveolaires et bronchiques.
Dans certains cas, nous avons rencontre des
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caillots tres denses, flbrineux, admirablement organises dans certaines divisions de Tariere bronchique, incluses dans I'hepatisation.
Dans la pneumonie infectieuse ä forme adyna-mique, nous avons remarque de plus rares he-morrhagies dans des portions hepatisees, une consistance moindre des exsudats bronchiques. Nous avons rapporte ces differences ä la moindre plasticitedu sang, a la diminution de scs globules et a l'attenuation du travail congestif, mais elles ne nous ont pas paru ctre de nature ä ctablir une distinction dans les deux formes dc la pneumonic, en ce qui concerne sa cause originelle.
Parmi les autres caracteres differentials, nous avouerons no pas avoir vu, par insuffisance d'ob-servation microscopique, les infiltrations se-reuses autour des cloisons peri-vesiculaires, pas plus, du reste, que la proliferation des elements conjonctifs dans le tissn cellulaire existant autour des vesicules,
Mais, est-ce bien la une lesion intrinseque ä la pneumonie infectieuse adynamique, et ne se voit-elle que dans ce cas special? C'est bien douteux. Lorsque des portions de poumons sent le siege
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d'une inflammation et que cette phlegmasie in-teresse toute la masse, comme c'est le cas dans I'liepatisation, il serait bien etonnant que, tout elant malade, le tissu conjonctif ne participat point aux processus, lui qui est si sensible aux causes d'inflammation et si impressionnable aux troubles qui se manifestent clans son voisinage immerliat.
Enfin, il est une raison snperieure aux prece-dentes pour expliquer I'universalite phlegma-sique de tout ce qui est inclus dans le tissu hepatise, c'est la presence du pneumocoque clans les exsudats bronchiques et alveolaires et dans le tissu cellulaire peri-vesiculaire, indiquee par Schütz.
Abcedation. — La marche de la pneumonic sthenique est si rapide qu'il est rare de trouver des abces dans les lesions pulmonaires; quelque-fois, cependant, on voit sur les coupes du pou-mon de tres petits foyers grisatres, de la grosseur d'un grain de mil, qui ont les caracteres du pus.
Dans la forme adynamique, on constate, si-non toujours, du moins souvent, des foyers puru-lents, de dimensions variables, agglomeres ou
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22Ünbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMONIE IKFECTIEUSE.
isoles; agglomeres, ils sont formes par les ele­ments du pus at un deliquium des produits de l'inflammation et de tissu pulmonaire; ils sont separes les uns des autres par les travees inter-lobulaires epaissies.
Le pus enleve par le lavage et la pression, il reste une espece de tissu spongieux fortement vacuole.
Gangrene, — Son premier caractere est I'odeur ^laquo;j generis, repoussante et fetide, exhalee par le poumon, ensuite la couleur brune da pa-renchyme, marbrc de plaques violacees, sa fria-bilite, les ichors livides qui s'ecoulent sur les coupes, les spumosites sanieuses on verdätres qui se drainent paries bronches. La muqueuse, de leurs grosses divisions, affecte une nuance bru-nätre ou verdatre. Dans quelques circonstances, I'arbre bronchique est rempli de serosite mous-seuse, rosee, s'ecoulant par les fosses nasales.
Lesions des plcvres. — Ce qu'il y a de plus constant, e'est Tepanchement dont I'aspcct varie d'apres la rapidite ou la lenteur d'evolution de la pleurite.
Si eile a une marche suraigue, la serosite est
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sanguinolente ; si eile a ete simplement aigue, eile est couleur de tres vieux madere ; si son evo­lution a ete lente, la serosite est citrine, quelque-fois troublee par des flocons fibrineux.
Les aspects divers de la serosite coincident toujours avec des formations pseudo-membra-neuses dont la physionomie est tres variable.
Dans le type suraigu, les fausses membranes sont epaisses, colorees en rouge par la diapedese de globules sanguins ; dans d'autres circons-tances dies ont une teinte jaunätre et n'ont au-cune apparence d'organisation ; elles sont sem-blables ä des omelettes avec lesquelles elles ont ete justement comparces. Ces fausses membranes nagent en gros paquets dans la serosite ou adhe­rent aux deux feuillets pleuraux et les relient Tun ä l'autre.
11 n'est pas rare, dans la pneumonic adyna-mique, de les voir tapisser les deux feuillets pleuraux, affecter une couleur citrine, et etre boursoufflees en ampoules arrondies par la sero­site qu'elles emprisonnent.
Si l'on gratte les fausses membranes pour arri-ver jusqu'ä la plevre, on remarque son epaissis-
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sement, la perte de son poll, I'lnjection vive des capillaires qui se dessinent nettement, et sa co­loration allant de la nuance rosee jusqu'au rouge le plus fonce.
Pericarde. — Sa participation ä l'etat infec-tieux pent etre nulle ou ne s'accuser que par un epanchement d'un peu de serosite foncee et la perte de son poli; mais dans quelques autopsies, nous avons remarque des fausses membranes, sur ses feuillets, semblables a des filaments lai-neux, ou tapissant uniformement les deux feuil­lets. Ces dernieres, d'une couleur ocreuse, etaient faciles ä enlever par le grattage.
Coeur. — A l'extcrieur, il porte ä peu pres toujours de nombreuses ecchyraoses sur les scis-sures. A I'interieur, nous avons rencontre dans la pneumonie stbenique, tantot dans l'un, tantöt dans I'autre ventricule, de gros caillots fibrineux tres denses, jaunatres, completement decolores, a cheval sur les valvules on se prolongeant dans les veines pulmonaires ou dans I'aorte, dont le diagnostic est possible pendant la vie du malade, lorsque la mort n'a pas ete foudroyante.
Foie. — La foie est generalement hypertro-
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phie; il a parfois conserve sa couleur ordinaire dans une partie de ses lobes ou a une nuance feuiile-morte dans le restant de son etendue. Ainsi decolore, il s'ecrase bien plus facilement qu'ä l'etat normal.
Mate. — La rate est ä peu pres toujours en-gouee, plus volumineuse qu'ä l'etat de sante, parfois bosselee.
Beins. — Ils sent ä peu pres toujours le siege d'alterations. Au premier examen, ils paraissent plus volumineux qu'ä l'etat normal. Sur leur coupe, ils peuvent offrir toutes les apparences d'un tissu sain, on avoir des parties vivemeut congestionnees. Ces congestions s'observent d'ha-bitude dans la couche corticale. Dans les bassinets on voit souvent du mucus epais, abondant, d'as-pect purulent; leur muqueuse, dans ce cas, est vivemeut injeetee. Avec ces lesions on rencontre toujours des pneumocoques dans les bassinets. (PL IV, fig. 7 et 8.)
A im degre plus avance, la nephrite d'origine pneumonique s'exprime par des caracteres sem-blables ä ceux que nous avons donnes en decri-vant la nephrite due ä la scarlatinoide.
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PNEUMOME INFECTIEUSE.
Peritoine. — Chez quelques sujets, le peri-toine contient une certaiae quantite de serosite rousse, et ses dependances epiploiques sont vive-ment injectees.
Intestins. — Us participant, ä des degres di­vers, ä la phlegmasie generale ; dans les cas les plus benins, leur muqueusc präsente de fines arborisations capillaires et l'intestin grele peut avoir sa muqueuse tapissee d'un mucus epais, jaunätre, assez adherent.
Dans les cas graves, les lesions sont plus accu-sees et tres irregnlicrement distribuees ; dans le gi*os intcstin, la muqueuse peut etre cpaissie, vi-vement injectee, ou offrir par place des ecchy-moses variant du diametre d'une piece d'un franc ä celui d'un grain de mil.
Dans l'intestin grele, nous avons souvent ob­serve de l'hypertrophie des plaques de Peyer, de petits infarctus sanguins ou des erosions super-ficielles de la muqueuse, provenant de portions de tissus sphaceles.
Nous dirons tout de suite que ces dernieres lesions ne se montrent que lorsqu'une enterite grave a succede ä la pneumonie, et que la duree
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de cette inflammation metastatique a ele süffi­sante pour donner ä toutes ces ulcerations le temps de se produire.
II est, ä notre avis, certain que ces lesions du tube digestif ont du influcr serieusement sur l'esprit de ceux qui ont decrit les lesions de la pneumonic sous la qualification de typholde, et l'ont consideree comme une typhose ä forme thoraco-abdominale.
Articulations. — Les lesions articulaires que nous aliens decrire ont ete etudiees sur l'articu-lation du boulet dun cheval mort d'une pleuro-pericardite consecutive ii l'extension aux plevres et au pericarde des processus articulaires legues par une pneumonie anterieure.
La synoviale de glissement des tendons flechis-seurs est distendue par de la synovie roussätre; quelques fines fausses membranes blanchätres adherent sur les parois synoviales, dans les par­ties ne subissant aucun frottement; les franges des culs-de-sac synoviaux sent rouges, epaissies, turgescentes, enlacees dans quelques filaments pseudo-membraneux. Les tendons sont vive-ment injecles a la peripherie. Sur leur coupe, on
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;15
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voit quelques points rougeätres, et leur tissu propre, au lieu d'etre blaue, est de couleur gri-sätre et parait desseche.
La coulisse sessamoidienne semble avoir reru une couche de jaune de chrome tres clair.
L'arliculation metacarpo-phalangienne est le-gerement hydropique, ses franges sont turges-centes. Les cartilages articulaires ont an reflet bleuätre tres particulier.
une coupe des symphyses a le meme aspect que les surfaces articulaires; de plus, eile offre un pointille inflammatoire irregulierement dis-tribue.
Autour de l'articulation, nous avons remarque des infiltrations sereuses et quelque pen d'indu-ration blanche.
Teiles sont les lesions habituelles ou exception-nelles laissees par la pneumonie infectieuse; on voit qu'elles peuvent interesser tous les visceres de 1'economie. Or, partout oü existent des alte­rations morbides, on voit le microbe pneumo-gene. C'est lui le facteur premier de tous les de-sordres, I'entite errante et nocive; s'il debute par les poumons, il quitte rapidement ce compar-
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TßAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;227
timent organique pour aller dans les visccres et las cavites les plus eloignees, fomenter de nou-velles phlegmasies, ne trouvant de limites ä son activlte que lorsqu'il est vaincu par lui-meme ou par une nouvelle direction imprimee au mou-vement cellulaire.
Apres cela, que faut-il penser de la pneumonie dite locale ? Doit-on rejeter trop energiquement l'opinion de ceux qui la considerent comma une maladie generale ? Si ce n'est pas une maladia generale, il faut avouer qu'elle lui ressamble sin-gulierement.
ARTICLE IX.
Traitement.
La premiere precaution ä prendre pour trailer des chevaux attaints de pneumonie infectieuse, est de les placer dans des conditions d'hygiene irreprochables. Une partie du succes depend de lä.
Si les chevaux pneumoniques sont mis dans
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des ecuries encombrees, chaudes, manquant d'air et de lumiere, les guerisons sont rares. 11 faut done leur assurer l'air, qui est im des aliments premiers des globules, la lumiere qui est un mo-dificateur puissant de la nutrition ; une cerlaine liberte dans les mouvements, diminuant la fati­gue de la station debout, que les chevaux atteints de pneumonie conservent jusqu'ä leur entree en convalescence.
Les litieres doivent etre bien entretenues, sou-vent renouvelces, tenues dans le plus grand etat de proprete, de facon ä ce que I'atmosphere ne soit pas viciee par des fermentations ammonia-cales; les ecuries ventilees par tons les moyens qui ont ete prevus dans ce but.
Ces necessites d'une aeration abondante ne sauraientetre subordonnees ä des craintes basees sur l'action du froid; car, ä l'occasion de l'etio-logie, nous avons demontre l'inanite de sembla-bles preoccupations. Non, Fair froid n'est pas a redouter, mais le praticien a a se mefier de la chaleur des ecuries, parce que rien n'est plus dangereux et plus funeste, pour les chevaux af-fectes de pneumonie infectieuse, que la chaleur,
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 229
parce qu'elle est toujours humide, parce qu'elle favorise les fermentations et deprime les forces organiques.
Les ecuries-infirmeries ou seront loges des pneumoniques devront etre assainies par de severes desinfections.
On ne saurait oublier que Ton a des malades dont la tramepulmonaire, dans certaines parties, a perdu de sa vitalite, ou n'a plus qu'une vitalite obscure ; que c'est lä un terrain tres favorable ä la gangrene, et que celle-ci eclalera fatalement si ses germes abondent dans I'atmosphere ou pul-lulent dans les souillures des auges ou des räteliers.
Une ecurie dans laquelle un ou plusieurs ma-lades sont morts de gangrene doit etre pros-crite, condamnee jusqu'apres desinfection com­plete, absolue, sans reserve, portant sur son materiel, ses murs. son pave, sur tout en un mot. Meme apres que ces mesures de salubrite ont ete prises, lecurie ne doit pas etre occupee immedia-tement: eile doit rester largement ouverte et 1'air terminer l'ceuvre d'assainissement commencee.
Nous avons remarque de si nombreux exem-
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230nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PMEÜMOHIE 1KFECTIEUSE.
pies de transmission septique dans des locaux dans lesquels s'etaient montres anterieurement des cas de gangrene, qu'il n'etait pas douteux que ces terribles complications resultassent de l'iiifection preexistante des lieux.
II n'y a pas, a proprement parier, de pneumo-nie gangreneuse; car la pneumonie est ce qu'elle est de par son espece; les complications septi-ques viennent ensuite, parce qu'on n'a pas pu ou que Ion n'a pas su les eviter.
. On pent dire, en principe, que sur 100 che-vaux qui succombent de pneumonie, 70 sont empörtes par la gangrene; en supprimant le plus possible I'iutervention septique, on reduit la mortalitc aux 30 0/0 qui proviennent des causes qui sout au-dessus des ressources de la therapeutique.
De ces considerations ressortent des indica­tions hygieniques qui ont une influence decisive sur Tissue de la pneumonie ; qui font de cette grave maladie unc affection relativement pen meurtriere, puisque sa mortalite pent etre re-duite ä 4 ou 5 0/0, au lieu de rester a 15 ou 20 0/0, ainsi que les statistiques en font foi.
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TRAITEMENT DE LA PNEUMONIE INFECTIEUSE. 231
INous insislons sur cette question d'hygiene, car, a dire la verite teile qu'elle ressort de l'ob-servation et de l'etude, nous n'avons pas de trai-tement specifique de la pneuruonie; nous n'en connaissons pas. On reussit des cures par las movens les plus divers, quelquefois par les pins illogiqnes. II y a done quelque chose qui plane au-dessus de nous, qui arrive a ses fins curatives par des mcthodes ignorees, e'est I'organisme. Or, ctant donne le concours qu'il nous prete, nous ne saurions trop I'aicler par I'hygiene, dans la lutte entrcprise centre les causes d'infection.
sect; Ier. ---- TltAITEMENT UE LA PjNEtlMONIE
IKFECTIEUSE.
1. — Indications communes.
Revulsifs. — En medecine humaine, les avis sont tres partages sur la necessite de la medica­tion revulsive contre la pneumonic: les uns ne I'emploient pas et leurs malades guerissent, les autres y ont reconrs et sont aussi heureux dans les resultats obtenus. Ces fails tendraient a de-
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montrer quc la revulsion n'est pas une constante absolue dans le traitement de cette maladie.
En veterinaire, ä litre experimental, quelques pneumoniques ont ete traites sans le concours de la revulsion; mais ce sont lä des cas trop pen nombreux pour nous faire renoncer k la medica­tion revulsive, qui a donne jusqu'ä maintenant de si nombreuses preuves de son efficacite.
D'elle, on pent dire qu'elle est salutaire, parce qu'elle Test, les donnees theoriques que nous possedons ne fournissant que des explications insnffisantes do ses effets,
II est hors de doute qu'elle n'a pas d'action directe sur l'agent speciflque de la pneumonic, mais eile parait redimer les symptomes gene-raux.
Quelques observations nous ont demontre qu'elle exercait une action defervescente : si Ton prend la temperature avant I'application d'un sinapisme, et qu'on la reprenne quatre heures apres, on constate une difference d'un clegre ou d'un degre et demi au moins. Cette defervescence est susceptible de se maintenir encore pendant sept a huit heures.
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TRAITEME1NT DE LA PNEUMOWIE INFECTIEUSE. 233
Par quel mecanisme agissent les revulsifs sur les centres calorificateurs ? Est-ce par une deriva­tion nerveuse ? Ce ne serait pas impossible.
Ils peuvent aussi intervenir en retablissant un peu requilibre circulatoire et en diminuant le fluxus congestif pulmonaire.
La revulsion dans la pneumonie doit s'inspirer de quelques regies que Ton oublie trop volon-tiers : eile ne doit pas tarer le cheval. Or, les vesicatoires sur la poitrine ont souvent cet in­convenient, inconvenient d'autant plus grave qu'il predispose les chevaux aux biessures et les deprecie completement, s'ils sont destines ä un service de luxe.
La revulsion sur la poitrine doit etre faite avee de la moutarde, et les sinapismes renouveles aussi frequemment que c'est necessaire, en ayant soin de les appliquer sur une partie de la peau n'en ayant pas recu anterieurement. Cette pra­tique, excellente ä tons les points de vue, puis-que la peau n'en conserve aucune trace, a ete designee sous le nom de revulsion etagee.
Elle a, en outre, le grand avantage de per-mettre de nouvelles applications revulsives pen-
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dant toute la duree de la periode d'etat, ce que Ton ne pent faire avec le vesicatoire.
L'onguent vesicatoire doit etre reserve pour faire im supplement de revulsion ä la face in­terne des cuisses et des avant-bras. La, les frottemonts sont moins ä craindre, ainsi que les chutes de peau qui en sont la consequence.
La duree de contact d'un sinapisme avec la peau n'a rien de fixe; eile depend de l'activite de la farine de moutarde dont on dispose, de la fi­nesse ou de la grossierete des tissus dn sujet. Sur un cheval fin, une application d'une heure et demie pent produire un effet süffisant, tandis que sur un cheval commun il faudra laisser le sinapisme en place trois on quatre heures.
C'est au praticien ä discerner toutes ces indi­cations et ä operer de faron a obtenir le maxi­mum d'effets, sans que son malade en soit pins tard deprecie.
II- — Indications speciales. 1deg; Pneumonie sthenique. Pendant quelques annees et pour beancoup de
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TRAITEJMEINT DE LA PNEUMONIE ISFECTIEUSE. 235
veterinaires encore, l'alcool a ete considere comme la panacee souveraine de la pneumonic. Nous y avons cru et nos malades s'en sont sou-vent tres mal trouves. C'est dire qu'en therapeu-tique il n'v a pas de pratique absolue. Dans une epizootic de pneumonies infectieuses ä forme sthenique, nous avions donne de l'alcool a un malade, il mourut; nous eiunes ainsi une serie de cas qui furent aussi malheureux. Nous modi-fiämcs notre methode et nous n'eiimes plus au-cune pertc.
Si c'est une simple coincidence, il faut renon-cer aus enseignements de la pratique.
Dans la pneumouie sthenique, il faut sans cesse se preoccuper de la gene circulatoirc, pro-venant, d'unc part, de l'engoucment pulmonaire et, d'autre part, de la plaslicite du sang. Le coeur a de la peine a subvenir ä ses fonetions et sa systole s'affaiblit en luttant contre la tension cir­culatoirc.
Tout atteste cette situation, l'etat du pouls dont les pulsations sont faiblcs pendant que l'arterc est dure et tendue, la couleur rouge-vif de la conjonetive, la violence des battements du
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236nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PJNEUMONIE IJSFECTIEUSE.
ccEur et la dyspnee qui n'est jamais plus exageree qua ce moment.
Quelle que soit la repugnance que Ton a pour la saignee, ces symptomes I'indiquent d'une facon absolue; eile doit etre petite, basee sur la force et le poids des chevaux; il est preferable d'agir avec prudence, quitte a pratiquer plus tard une nouvelle phlebotomie si on la juge utile.
Sous l'influence de cette depletion sanguine, on remarque generalement que la circulation s'ame-liore, que la respiration est plus facile, que le pouls deviant plus fort et que la tension arterielle baisse. On a, en somme, soulage les malades.
La saignee est indiquee clans la periode de de­but et pendant l'augment, eile a encore raison d'etre ä la periode d'etat.
Les emissions sanguines, indcpendamment des effets que nous venons de passer en revue, sont defervescentes et abaissent la temperature interne d'un degre ou d'un degre et demi. Ce resultat, ä la verite, n'est que momentane, mais c'est deja un repit accorde a I'organisme, briile par les temperatures souvent excessives du debut de la pneumonie.
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TRAITEMEKT DE LA PSEUMOKIE IKFECTIEUSE. 237
II est evident que la saignee n'est pas indiquee, si eile n'est pas contre-indiquee, d'une facon absolue, lorsque la temperature n'atteint pas des degres extremes, que les conjonctives ne sont que rosees et que l'etat du pouls et du coeur ne temoi-gnent pas d'une trop grande gene circulatoire.
Medication interne, — Nous avons deja parle des mauvais resultats fournis par l'alcool, dans le traitement de la pneumonie sthenique ; nous ajouterons qu'il augmente la congestion pulmo-naire, centre laquelle il faut lutter, et allume inutilement un nouvel incendie parallele ä celui existant dejä. Il est prudent d'y renoncer dans ce cas special; dans ia forme adynamique nous ver-rons qu'il est loin d'en etre de meme.
L'emetique, qui a ete longtempsconsidere par l'ecole de Rasori comme la substance hero'ique dans la lutte a instituer contre la pneumonie, par suite de son action moderatrice sur la respiration et la circulation, trouve encore ses partisans. Il s'administre en breuvage ä des doses variant de 5 ä 10 grammes, par jour, selon la force des sujets.
Les effets depressifs exerces par l'emetique
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sur la respiration sont incontestables, mais nous avons remarque qu'il sont obtenus aux depens de trop grands sacrifices; en effet, I'emetique, tres irritant pour la muqueuse digestive, diminue lappetit; il est, en outre, trcs anemiant au mo­ment ou I'organismc a le plus besoin de conserver toutes ses ressources pourlulter. Nous croyons, en consequence, que les petits avantages. qu'il offre sont trop largement compenses par ses inconvenients, pour qu'il n'y ait pas interet ä le proscrire.
Les anlinioniaux ne nous semblent guere plus indiques, etant moins actifs encore que Temetique sur la respiration, et leur action derivative, sur I'intestin, nc paraissant pas avoir une grande in­fluence sur la marche de la pneumonic. Ce sont la des agents qui ont eu leur vogue, tres demodes aujourd'hui, dont on peutdirequ'ilsont rarcment gueri, mais probablement sou vent empeche de guerir.
Uiodure de jpotassium nous a paru plus re-commandable que les substances precedcntes, et si, d'une faron absolue, nous ne pouvons pas affirmer qu'il ait seul produit les cures que nous
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TRAITEMEKT DE LA PKEL'MOJilE INFECTIEUSE. 239
avons attribuees ä son intervenlion, il a, du moins, semble y avoir contribue serieusement.
Seseffets physiologiques l'indiquent, dans tons les Cas, contre la pneumonie a forme sthenique: il modere la respiration, facilite la circulation pulmonaire, ralentit les battements du cceur, abaisse la temperature interne; enfin absorbe, il agit comme antiseptiquepar l'iode qu'il contient, et, comme alcalin, par son action dissolvante sur un sang trop plastique.
Son action antithermique puissante est egale-ment ä rechercher dans une maladie qui s'accom-pagne d'une si violente hyperthermie, que, par tous les moyens, le medecin doit s'attacher ä la moderer en raison des consequences funestes qu'elle pent avoir. Nous ne devons jamais oublier que la fievre tue aussi sürement que les lesions.
L'iodure de potassium provoque egalement une abondante secretion sereuse de.la muqueuse des voies respiratoires; ä cet egard, M. Trasbot pense que cette serosite pent faciliter la desobs-truction des bronches, en delayant les bouchons fibrineux que les processus pneumoniques y ont accumules.
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PNEUMONIE iwfegtieuse.
Nous ne pouvous mieux faire, au sujet de ce medicament, que de reproduire les resultats des experiences que M. Trasbot a entreprises pour etre formellement fixe sur sa valeur therapeu-tique :
laquo; En vue de bien m'en rendre compte, je l'ai plusieursfois employe seul, sans saignee nirevul-sif, ni aueune medication interne, et non seule-ment les malades ontgueri, ce qui ne constituait pas une preuve de son efficacite, mais au bout de 12 ä 24 heures ses effets antithermiques et moderateurs de la respiration et de la circulation etaient dejä tres prononces, s'aecentuaient jus-qu'ä la fin du second jour, et se maintenaient pendant tonte la duree de la medication. raquo;
D'autres alcalins sont egalement indiques dans la pneumonie ä forme sthenique: le bicarbonate de soute, le nitrate de potasse dont l'action diu-retique est utile pour aecroitre les fonetions uri-naires attenuees par l'etat febrile. Le role des reins, dans la desinfection generale, est de premiere utilite, puisque ce sont eux qui eliminent la majeure partie des toxines fournies par les microbes; done, autant que cela est possible, il
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TRAITEMEHT DE LA PNEUMOINIE IJiFECTIEUSE. 241
faut soutenir leur fonctionou la ramener au taux normal, si les phenomenes morbides l'ont abaisse.
Si la gene circulatoire n'a pas ete dissipee par les depletions sanguines, et qne Ton remarque que le coeur succombe aux efforts qu'il est oblige de faire pour surmonter les resistances, si egale-ment la fievre est trop violente, la digitale et la digitaline seront utilement employees pour toni-fier le coeur, regulariser la circulation et abaisser la temperature generale.
Ces deux substances, dans tons les cas, ne repondent qu'ä des besoins momentanes et leur administration n'a plus sa raison d'etre des que les desordres, auxquels on les a opposes, ont ete reparcs.
Le sulfate et le bromhydrate de quinine, quoique moins indiques que dans la pneumonie ä forme advnamique, sont d'un utile concours lorsque I'liyperthermie est teile que la mortpeut dependre d'une elevation excessive de la tempe­rature irrepressible par tout autre moycn.
Il faut agir vite, dans cette alternative, et les substances les plus süres sont certainemcnt les scls quiniques.
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 16
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PKEUMOME INFECTIEUSE.
En raison du prix eleve des sels de quinine et des doses massives: 10 ä 12 gr. pour un cheval du poids de 450 kg., on a suppose que leur emploi seraitpluseconomique par la voie hypodermique les doses devant etre, dans ce cas, de moitie moins fortes pour obtenir I'effet therapeutique, qu'ad-ministrees par la bouche; mais on n'a pas tenu suffisamment compte des inconvenients de l'in-jection sous-cutanee au point de vue de l'absor-ption des sels quiniques.
Le sulfate de quinine ne se dissout que dans un liquide acide; jete dans le tissu cellulaire que baignent des secretions alcalines, ce sei se depose, n'est pas absorbe et forme des infarctus qui sont elimincs plus tard par la suppuration.
Le bromhydrate de quinine etant plus soluble n'est absorbe qu'en partie pour les meines rai-sons; son injection dans le tissu cellulaire est egalement suivie d'abces sous-cutanes accompa-gnes de rentables sphaceles de la peau.
La bouche est done la voie la plus sure pour administrer les sels de quinine, et, si I'indication de leur emploi se presente, on ne saurait subor-donner leur prescription ä des questions de cours
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TRAITEMENT BY. LA PNEUMOKIE I1NFECTIEUSE. 243
de la substance, parce que leur prix est large-ment compense par les resultats curatifs.
La Veratrine est un puissant defervescent, tres utile pour reagir contre rhyperthermie; malheu-reusement, comme dans la pneumonic sthenique, I'cmbarras circulatoire est excessif et qne cet alcaloide est, ä juste raison, considere comme un poison du cceur, il y aurait quelque danger a deprimer les fonctions de cet organe lorsqu'il n'a pas trop de tout son tonus.
Nous demontrerons plus loin qu'ellc rend de grands services dans la forme adynamique.
Toutes les medications passees en revue s'ap-pliquent ä la periode de debut et d'etat de la pneumonic sthenique; dans sa periode dedeclin, il f'aut relever les forces du sujet, activer ses fonctions, l'obliger ä reparer, favoriser les elimi­nations ; par consequent les toniques, les stimu­lants et les diuretiques contribuent ä diriger I'organisme vers la gnerison.
Telestletraitementde la pneumonie sthenique.
On voit qu'il n'a rien de specifique, qu'il est simplement methodique et qu'il se resume aux indications suivantes :
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2(4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PHEDMOKIE IKFECTIEUSE.
1deg; Faciliter la respiration ;
2' Rendre plus libre la circulation en dimi-miant la tension arterielleet laplasticitedu sang;
3deg; Abaisser la temperature febrile ;
4deg; Favoriser les eliminations ;
5deg; Enfin, au declin, tonifier I'organisme.
Comme dans toutes les maladies infectieuses, la pratique se borne ä faire del'hygiene medicale, a reprimer les ecarts organiques, a eviter cer-taines complications, jusqu'ä ce qiie reconomie ait reagi et se soit debarrassee des agents patho-
2quot; Pneumonie adynamique.
Ualcool a donnc quelques bons rcsultats a des doses variant de 100 ä 150 grammes par jour. Il est des veterinaires qni en sont si satisfaits qu'ils ne traitent pas autrement toutes les formes de la pneumonie. Il est regrettable qu'ils n'aient pas public les conditions dans lesquelles le traite-ment devenait infidele, au lieu de mettre les insucces sur le compte du tribut de deces que Ton se i esigne a olfrir en holocauste a la maladie.
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TRAITEMENT DE LA PNEUMOKIE INFECTIEUSE. 245
Si ces conditions avaient öte exactement ana-lysees, ils auraient reconnu que, dans certains cas, l'alcool aA^ait häte le denouement mortel; ils auraient egalement remarque que, si le traite-ment ä base d'alcool reussit souvent dans la pneumonic infeclicuse, c'est que, celle-ci etant generalement ä forme adynamique, on a moins de chance de se tromper an adoptant la methode stimulante que la methode indiquee ä l'occasion du traitemenl de la pneumonic sthenique. Mais si nous raisonnons ainsi, et c'est lä la logique de quelques-uns, on en arrive ä faire de la mcdecine de moyennes, de la medecine par ä peu pres; le veterinaire n'est plus l'artiste qui scrute des modes morbides, des physionomies cliniques, mais un manoeuvre qui se contente de diagnosti-quer une mahulie, qui ne connait d'elle que son nom et applique aveuglement le meme remede, quelles que soient les indications auxquelles il faut faire face.
Cette maniere de faire est ce que nous appel-lerons l'automatisme medical, grace auquel on pent faire un praticien avec une nomenclature et quelques recettes.
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246nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PMEÜMOMIE INFECTIEUSE.
Mais revenons au traitement de la pneumonie infectieuse ä forme adynamique, par l'alcool, qui a de si nOmbreux partisans, mais aussi quelqnes adversaires. Ses adversaires se (ondent sur le ponvoir hyperemiant de cette substance, vis-ä-vis du poumon, et sur les dangers qu'une nou-velle congestion pent faire courir ä un malade dejä forlement congestionne. II y a beaueoup de verite dans cette critique: nous avons, en effet, remarque qu'autant l'alcool paraissait reussir dans la pneumonie adynamique, lorsque les symptomes dyspneiqnes etaient peu accuses, autant il etait inutile on dangereux dans le cas contra ire.
De meme, nous avons constate que l'alcool cieait un veritable danger lorsque la temperature etait tres elevee et voisine de 41deg;; par consequent l'alcool est, comme beaueoup de substances medi-cinales, une arme a deux tranchants qu'il importe de manier avec discernement.
Si nous avions ä fonnuler les indications de l'alcool dans la pneumonie adynamique, nous dirions que son administration n'offre pas d'in-convenients: 1deg; lorsque l'artere est molle, que
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TRAITEMENT DE LA PKEÜMOJMIE INFECTIEÜSE. 247
ses pulsations sont faibles et que les batlements lt;lu coeur sontacceleres, maisnon exagerescomme force ; 2deg; lorsque la congestion est peu etendue, la respiration relativement facile et qu'il y a peu lt;le polypnee; 3deg; lorsque les forces sont depri-mees, l'appetit capricieux sans etre completement aboli.
En dehors de ces cas, relativement benins et qui gueriraient probablement sans alcool et sans traitement meme, nous croyons qu'il faut reser-ver l'emploi de cette substance pour la periode de declin.
Dans Ja pneumonie adynamique, la gene circu-latoire est moins manifeste, moins dominante que dans la forme sthenique, aussi v a-t-il moins ä s'en preoccuper; par contre, on est plus libre d'agir contre l'etat febrile, contre I'livperthermie sans danger pour le cceur.
C'est ici que la Feratrine trop discreditee peut rondre de serieux services; mais encore faut-il se maintenir ä des doses tres moderees: par la bouche de cinq ä dix centigrammes dans la jour-nee; par la voie hypodermique de un a trois centigrammes; celte seconde dose est reservee
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248nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PNEUMONIE INFECTIEUSK.
pour les tres forts chevaux, et afin de ne pas pro-duire de choc, eile doit etre administree en deux fois dans la joiirnee.
La defervescence ainsi obtenue est tres mode-ree : un demi-clegre on un degre dans la journce^ c'est souvent süffisant pour assurer un pen de repit aux malades; du reste, que ce gain quoti-dien se maintienne pendant 4 ä 5 jours et Ton s'approchera de la periode de declin.
N'est-il pas imprudent de vouloir brusquer les malades? On sait que I'affection suit un cycle d'une duree assez reguliere et que tons les efforts doivent tendre a acheminer 1'organisme vers la solution curative que ce dernier obtient par des precedes, a lui, que le medecin dirige et domine parfois, mais qu'il ne supprime pas.
Abaisser progressivement la temperature fe­brile est d'une intelligente pratique, la faire tomber brusquement au degre normal ou au-dessous, est une faute qui pent devenir irrepa­rable, car Ton a a craindre des collapsus du coeur et des syncopes capables d'emporter les malades.
Oui, la veratrine est un poison du coeur a doses massives, mais a doses medicinales, dis-
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#9632;
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TRAITEMENT DE LA PMEÜMOME INFECTIEUSE. 249
cretes si nous pouvons nous exprlmer ainsi, eile modere la circulation et la respiration, et donne des resultats extremement avantageux dans le traitement de la pneumonic a formeadynamique.
La veratrine ne constitue qu'une partie du traitement interne, c'est une sorte d'auxiliaire auquel on emprunte certains effets; en meme temps qu'elle, nous avons administre avec avan-tage des electuaires au quinquina, 40 a 60gr. par jour etä Valcoole de quinquina, de 50 a 110 gr.
Cette association de substances, essayee sur un grand nombredesujets, a donne des resultats inesperes.
Nous ne nous dissimulons pas qu'avec des pro-cedes (lifferents on pourrait nous opposer des eures aussi satisfaisantes, mais elles ne prouve-raient rien ii l'encontre dune methode qui nous a surpris par la regularite de la marche imprimee aux pneumonies auxquelles eile a ete opposee.
Les sels quiniques, sulfate, brornhjdrate et salicylate de quinine v^xq nous avons essayes dans divers cas tres graves, nous paraissent formelle-ment indiques dans la pneumonic infectieuse adynamique. Ils ont une puissance antipyretique
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250nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEÜMONIE INFECTIEUSE.
incontestable; ils regularisent les grandes fonc-tions, excitent la circulation peripherique et sont anti-infectienx. Si on en use moins en medecine veterinaire, c'est parce que les doses doivent etre elevees et que ce sont des medicaments qui coütent eher, ou du moins qui coütaient eher, car aujourd'hui les sels de quinine sont ä la por-tee de la clientele veterinaire.
Dans certains cas, si la depression des forces est excessive, la noix vomique en rapüres ou l'alcoole de strychnine deviennent indispensables pour reveiller les functions excito-motrices de la moelle ou pour ranimer les fonctions digestives.
Pendant longtemps, ['essence de terebenthine a ete donnee en association avec des amers ou le quinquina. Cette substance pent rendre des ser­vices : eile n'est pas irritante pour les muqueuses oil eile se saponifie rapidement; en outre, c'est un excitant general excellent et un diuretique.
Lespurgatifsminoratifsconviennent egalement pour faciliter les fonctions digestives et reagir centre la constipation qui est a pen pres de regle dans la pneumonic.
Regime. — II est un proverbe veterinaire qui
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TRAITEMENT DES COMPLICATIOKS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;251
dit que tout animal qui mange n'est pas mort. C'est une verite pratique qui a une grande valeur pronostique; aussi, au lieu de se preoccuper de considerations hygieniques d'une valeur douteuse, I'on doit avant tout exciter les malades ä manger, en variant leurs aliments et en leur donnant ceux qu'ils semblentconsommer avecplaisir: farineux, grains, foin ou maschs.
sect; 2. — Traitemeht des complications. /. — Gangrene.
Nous ne connaissons aucun moyen pratique pour combattre la gangrene pulmonaire ; I'anti-sepsie locale du poumon est encore ä trouver et I'anlisepsie generale est encore un mythe. H. Bouley avait preconise le chlorure de chaux. Qu'a-t-il donne comme resultats ? La meilleure reponse est I'oubli dans lequel il est tombe. S'il eiit ete efficace, il est presumable que son em-ploi se serait generalise.
La desinfection locale du poumon par des in­jections antiseptiques dans les bronches serait
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252nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMONIE IKFECTIEUSE.
plus rationnelle; mais c'est une medication qui a besoin d'etre etudiee et experimentee avec soin avant d'etre d'un usage courant.
Cepeudant centre la gangrene il n'y a que des avantages ä essayer, car devant la certitude absolue que le malade est perdu, il n'y a pas a hesiter ä employer toutes les ressources de l'art,
11. — Pleu
re sie.
Lorsque cette complication de la pneumonie infectieuse est düment constalee, il y a lieu d'in-sister sur les revulsifs et de commencer un trai-tement diuretique energique ä base d'oxymel ou de vinaigre scillitique.
En ce qui concerne le diagnostic douteux de la pleurite, il serail d'une bonne pratique de le confirmer par une ponction capillaire avec I'aspi-rateur Potain. Cette operation, ne faisant courir aucun risque aux malades, donnera desrenseigne-ments d'autant plus utiles qu'elle sera faite plus tot, dans la periode oü la pleurite a quelques chances d'etre encore unilaterale, par consequent
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TRAITEMEKT DES COMPLICATIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 253
plus facilement curable, qu'apres la dechirure du mediastiu posterieur et apres son extension aux deux sacs pleuraux.
Les exemples de guerison de la pleuresie par la pratique de la thoracenthese, sont assez nom-breux pour qu'il n'y ait pas ä hesiter a y avoir recours chaque fois que le diagnostic a revele I'existence d'un epanchement simple ou double.
La thoracenthese ne faisant disparaitre que la gene respiratoire, et ne modifiant pas sensible-ment la nature des processus pleuraux, pourrait etre completeepar le lavage des plevresavec une solution antiseptique an 1/100 d'acide borique.
Nous cprouvons tellemcnt d'echecs en mede-cine veterinaire, dans le traitement de la pleu­resie, que nous ne saurions trop nous evertuer a adopter des moyens qui completent si energique-ment les methodes derivative et revulsive qui sont presque les seules entrant dans la pratique colirante.
Les lavages avec des solutions iodees legeres ont ete cgalement preconises; quelques Teteri-naires s'en sont bien trouves, mais il faut croire que lessucces ont ete rares puisque cette pratique
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254nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEÜMONIE IWFECTIEUSE.
n'a pas provoque le mouvement qui est la conse­quence de toute medication que les resultats con-sacrent.
111. — Enterite infectieuse.
Elle se reclame de soins hygieniquesplutotque d'un traitement proprement dit.
Au debut, contre la constipation, les purgatifs minoratifs, barbottages a la farine d'orge et ä la tisane de lin, du bon foin, du vert si l'epoque pernaet d'en avoir, des lavements caraphres; des frictions revulsives aux extremites ; des breuvages de cafe, de tisane de gentiane; quelques stimu­lants diffusibles si les forces sont tres affaiblies.
Plus tard, si la diarrhee succede ä la constipa­tion, de la tisane de quinquina, des opiaces, du cafe, du salicylate de bismuth, tenir le ventre chaud, faire meme des applications revulsives sur ses parois. Mais il faut toujours nourrir et soutenir les malades, sans se faire d'illusion sur Tissue de la maladie lorsque la diarrhee est es-cortee de violents symptomes de rollapsus.
1
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TRAITEMEKT DES COMPLICATIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 255
IV. — Arthrite infeclieuse.
Nous avouerons que le traitement de ceLte affection est encore ä trouver. Aucun de ceux que nous avons mis en pratique ne nous a plei-nement satisfait. Si nous avons reussi a faire disparaitre momentanement des artlirites, nous avons ete souvent impuissant ä eviter les reci-dives et les deplacements du mal.
Localement, lorsque 1'inflammation est trcs vive, il est bon de commencer par des applica­tions calmantes; plus tard, la revulsion est indi-quee. On emploie d'habitude le vesicatoire, la pommade au bi-iodure de mercure, et le feu si la maladie manifeste sa tendance a la chronicite.
Mais ce traitement local ne pent etre que l'auxiliaire du traitement general. A cet egard, nous avons constate que le salicylate de soude, qui scmble tout indique par les bons resultats qu'il dohne centre le rhumatisme articulaire de rhomme, qu'il ameliore rapidement, n'a pas la meme efficacite contre I'arthrite infectieuse du cheval. Nous l'avons administre presque jusqu'ä
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256nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;PNEUMONIE INFECTIEÜSE.
saturation organique, saris remarquer qu'il eüt exerce une action appreciable.
Des recherches sont done ä entreprendre dans ce sens, en raison de la gravite de l'affection et de son attitude rebelle.
ARTICLE XI.
Prophylaxie.
La pneumonie infectieuse paraissant trouver un milieu favorable ä son developpemeut dans les agglomerations de chevaux, il en resulte que la premiere mesure ä prendre est de diminner l'encombrementdes ecuries, de donner aux che­vaux plus d'air, de lumiere et d'exercice.
Les places, occupees par les malades, seront ensuite desinfectecs avec soin, avec energie. M. Trasbot n'a-t-il pas observe que la seule di­sinfection bien faite suffit pour eteindre dans une ecurie le foyer pneumogene ?
Si, malgre ces mesures, la pneumonic conti­nue ses ravages, il n'y a plus qu'a evacuer com-
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PUOPHYLAXIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;257
pletement l'ecurie infectee, ämeltre leschevaux dehors, si Ion ne pent mieux faire, et a prendre do rigoureuses mesures antiseptiques.
CHAMPETIES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;17
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CIIAPITRE V.
ENTERITE DIARRHEIQUE.
L'enteritediarrheique n'est pas une maladie in-fectante au mcmc litre quc celles quo nous avons examinees jnsqiie-lii, c'est-a-dire qu'elle n'est pas transmissible par le contact des individus; mais eile n'en constitue pas moins un clat itifec-tieux pour les sujets qui en sont atteints.
Elle doit sa gravite et scs complications ä des germes pervertissant le travail digestif et rendant le lait toxique en raison de la decomposition qu'ils lui font subir.
L'enterite diarrheique serait done la conse­quence d'une sorte d'auto-infection et non d'une phlegmasie franchede I'appareil gastro-intestinal.
C'est nne maladie commune aux jeunes mam-noiferes pendant la periode de I'allaitement.
En medecine veterinaire, eile a cte etudiee sur les poulains, les veaUx et les agneaux. Par les pertes qn'clle occasionne ä l'elevage, eile etait
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ETIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;259
digne de trouyer sa place clans la plupart des traites s'occupant de l'economie du jeune betail.
Elle a recu des denominations differentes selon les fails qui ont le plus frappe les observa-leurs: eile a ete appelee colite en raison des loca­lisations phlegrnasiques plus frequentes snr le igt;Tos intestin qu'ailleurs; diarrhee grise, a cause de l'aspcct des maticresexcrementitiellesrejetces par I'aaus; on encore divoiement, fbire, flux intestinal.
Les meilleurs travauK parus snr celte question sent ceux de Brugnoue, deBenard, deDarreau, tic Mazoux et d'Hurtrel d'Arboval.
On pent joindre ä ces noms ceux de M. Goux, d'Agen et de M. Reynal'.
ARTICLE PREMIERraquo;
Etiologie.
Une alimentation trop substantielle des meres
1. Dietionnaire pratique de medecine et de Chirurgie vete-rinaires, art. Esterite.
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260nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ESTEIUTE DIARRHEIQUE.
avec des raves, des gesses, des feves, de l'orge ou de I'avoine, en rendant le lait trop gras et indigeste, a ete consideree comme la cause ordi­naire de l'enterite diarrheique.
M. Goux, d'Agen, ajoute a cette pathogenie 1'influence que pen vent avoir sur la qualite du lait, l'ctat des poulinicres en sueur, surexcitees par le travail; une alimentation trop riche ou trop pauvre; les maladies, les chaleurs; les arrets de transpiration, les refroidissements, les variations de temperature du printemps et de l'automnc et le pacage tians des prairies basses et humides et dans des herbages converts de rosee ou de gelee blanche.
Les foins mal recoltes, avaries ou moisis, con­sommes par les poulinicres, ponrraient, d'apres M. Goux, confercr l'enterite diarrheique.
Brugnone ct d'autres veterinaires ontvu coin-cider cette affection avec l'anemie des poulains et avec l'existence de maladies chroniques chez les juments.
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NATURE DE LA MALA DIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 261
ARTICLE II.
Nature de la maladie.
Les idees anciennes que Ton avait sur I'ente-rile diarrheinne sont le coroliaire de sa patho-
geme.
Benard, ayant vu l'enterite diarrheique sur des poulains primitivement atteints d'arthrites, la considera comme une maladie catarrhale, rhuma-tismale, arthritique due a une temperature fraiche et humide.
Pour M. Rcynal, eile n'exprimerait que des troubles intestinaux imputables ä un defaut d'hygiene, ä la malproprete des ecuries, ä la mauvaise qualite du lait, ä son ecremage, ä son melange avec des farineux, et ii une alimentation defectueuse des juments. Ce serait une phlogose resultant du surmenage des fonctions digestives qui, chez le poulain, n'ont pas encore acquis la resistance necessaire pour raquo;'adapter ii I'exploi-tation economique a laquelle nous soumettons nos animaux.
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262nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; EÄTfeßlTE DIAURHIilOUE.
Les deux opinions que nous venons d'exposer nous eclairent stir les causes predisposantes de Tenterite diarrheique, sur les circonslances pre-paratoires, mais elles ne nous fixent pas sur sa nature.
Les completes scicntifiqucs modernes sur les melamorphoses des substances alimentaires et sur les agents qui les ticnnent sous leur depen-dance, permettent d'arriver a uneexplicationplus rationnelle.
On n'ignore |)as, ;i l'heure actuelle, que, dans l'elat normal, la chytnification des aliments se fait sous l'action parallele des cellules de l'in-lestin, de leurs sues et des microbes, en quantite innonibrable, existant dans le reservoir gastro­intestinal.
Lorsque les ctres sont en sante, ces micro-organismessontdesauxiliaires de la digestion; ils en secondent 1c travail physiologique en agissant ä pen pros commo les diastases animales. Ils rendent solubles les fecules et les maticres azo-tees dont ils favorisent la peptonisation.
La tlecouverte de ces t'aits si intercssants de la vie des microbes clans leur rapport avec les etres
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NATURE DE LA MAI A DIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 263
superieurs, a meme conduit certains esprits, prompts ii s'enthousiasmer, a dire qne sans ces tnicro-organismes la digestion des substances alimentaires serait impossible a l'homme et aux aaimaux.
C'est la une exageralion absolue : si nous nous entretenons en sante mabrc ces agents de trans-formation, si la digestion les domine et les con-tient, ils reviennenta leurs aptitudes malfaisantes des qu'un trouble gastro-intestinal diminue la concurrence vitale cpii lenr est faitc par les cel­lules des etres superieurs.
C'est ainsi que leur action se fait sentir dans tous les troubles de l'actc digestif: dans les indi­gestions, dans les dyspepsias, dans toutes les cir-constances qui soustraicnt les aliments an contact et ä Faction des cellules de l'estomac et de I'in-testin.
Dans ces divers cas, les microbes, au lieu d'agir dans 1c sens de la transformation des substances insolubles en matieres solubles, les decomposent et les denaturent: les lines deviennent acides et les'autres putrides.
Les aliments, devies de leur destination primi-
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264nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ENTEBITE DIARRHEIQUE.
live, ne sont plus que des dechets de fermenta­tions exercant, les uns, une action irritante sur la muqueusegastro-inteslinale, lesautres, absorbes, sont de veritables poisons pour I'organisme qui accuse leurs effets par des cephalalgies, la de­pression des forces, du malaise, de linquie-tude, etc.
Ces diverses reactions sont proportionnelles au nombrc immense d'infiniment petits loges dans l'estomac et l'mtestin.
Dans son cours de pathologiegenerale,M. Bou­chard evalue ä im tiers du poids des liquides du gros intestin celui des microbes qui les souil-lent. II y a dans ces donnees tous les elements necessaires pour interpreter les phenomeues qui se montrent dans l'enterique diarrheique: l'abat-tement et la depression des forces indiquent une intoxication organique ; l'ucidificationdu lait, l'in-tervention des ferments acetifiants; enfin elles nous donnent l'explication des caracteres memes de ia diarrhee grise constituee par des feces cail-lebotees, aigries et delayees dans des sues intes-tinaux.
Si le mal ne se limite pas ä ce premier stade.
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i^H
NATUKE DE LA MALADIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 265
letat febrile augmente ainsi que I'affaiblissement organique; les excrements deviennent fluides et d'une fetidite extreme par suite de leur richesse en sulfhydrate d'ammoniaque. Les gaz expulses par le rectum sent eux-memes presque exclusi-vement composes par ce corps ammoniacal.
Or, le sulfhydrate d'ammoniaque provient de la decomposition, par la fermentation putride, des matieres azotccs.
C'est, du reste, avec I'apparition deladiarrhee fluide et ammoniacale que I'etat febrile et la depression des forces sent a leur maximum; que se montrent des petechics sur les muqueuses apparentes. Tons ces symptomes temoignent d'une profonde alteration de la masse sanguine consecutive ä 1'absorption de ptomaines.
En dehors de ces fails demonstratifs de la these, d'apres laquelle I'enterite diarrheique des inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Yearlings ne serait que la consequence d'une fer-
mentation, dans l'estomac et rintestin,des subs­tances sucrees et azotees du lait, ne la voyons-nous pas corroboreepar le lieu d'election prefere de I'enterite diarrheique. N'est-ce pas dans le gros colon que cettephlegmasie se localise le plus
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266
ESTEIUTE DIARIIHEIOUE.
ordinairement? Pourqubi?— Si ce n'est a cause de la multitude, plus grande, la, quo dans toute autre portion du tube digestif, du montle des infi-niment petits, des bacteries saprogfenes; de I'ae-tivite, dans ce cpmpartiment intestinal, des fer­mentations et de l'abondance des produits quien derivent, lesquels cxcrcent une action irritante sur la muqueuse en contact avec eux.
Un dernier argument milite en faveur de cette doctrine : la frequence constatee de ['entente diarrheiquepar les temps orageux, paries journees chaudes et humides, c'est-ä-dire sa coincidence avec les situations atmospheriqnes qui paraissent leplus favorables aux fermentations.
ARTICLE III.
Syniptomcs.
II est assez difficile de tracer une physionomie exacte do toutes les phases de l'enterite diar-rheique, cette affection revetant parfois la forme lente, d'autres fois, une allure rapide, presque foudroyante.
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SYMPTOMES.
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Le debut est toujours brusque : subitement, le poulain • devient triste, nonchalant, inquiet, et refuse de teter. II se couche aupres de sa mere et ne so releve qu'avec beaucoup d'hesitatiöns, sous le coup d'excitations cncrgiques.
Sa beuche est chaude,seche,sa langue pateuse; sa soif vivc-se manifeste surtout pourTeau (roide. Le veutre est ballonnc, tendu, douloureux a la pressiou.
Au bout de cinq a six heurcs, des barborygmes se font entendre et le malade rejette des excrc-ments fluides, melanges de grumcaux d'une couleur grisatre.
Quelquefois tres rapidement, dans d autres cas plus lentement, vers les troisieme ou qua-Irieme jours, ces premiers sjtnptomes s'aggra-vent : le poulain a des coliques, il regarde son flanc, se coiiche, se releve; son ventreseretracte; les evacuations prennent un autre aspect: elles sont fluides, jaunätres ou grisätres avec quelques rares grumeaux. Leur odeur est extremement fetide aiusi que celle des gaz expulses par
I'anus.
La bouche est de plus en plus seche, tres
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268nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ESTEEITE DIARRHRIQUE.
chaude et la soif, inextinguible, se reveille pour toutes sortes de liquides : Teau, les breuvages, ä leur defaut, pour le purin, si le malade n'a pas d'autres moyens pour etancher sa soif.
Quatre ou cinq jours apres la periode d'inva-sion, la scene morbide s'accentue encore.
Les evacuations sont plus frequentes, fluides, mousseuses, volontaires ou involontaires; leur odeur est repoussante ainsi que les exhalaisons cutanees et I'air expire,- le malade est amaieri, le Hanc contracte, l'anus beant et venteux, la bouche bridante ct la langue chareee.
Le rectum offre parfois une couleur brune; il est infdtre ou sphacele par place.
Dans quelques cas, a ces symptomes, signes d'une fin prochaine, s'ajoute un ctat petechial de la conjonctive; ses capillaires se eorgent de sane noir; le pouls devient vite et petit, les battements du coeur bruyants et- ä timbre metallique (Dar-reau).
A cote de cette entente diarrheique a marche progressivement ascendan te,Darreau, qui a etudie avec beaucoup de soin cette maladie, signale des cas ä forme presque foudroyante.
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SYMPTOM ES.
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Nous en empruntons la symptomaLologie au resume fait par M. Reynal'.
laquo; Apres avoir manifeste, pendant quelques instants, des signes de tristesse, d'inquietude et d'abattement, les poulains sont pris par un devoiement liquide, infect et presque continu; ils sont dans un etat d'anxiete extreme, et peuvent ä peine marcher, se soutenir sur leurs membres; les yeux se troublent, se mouillentde larmes qui coulent sur le chanfrein; le corps se couvre de sueurs, les flancs battent avec force; la beuche est brillante, la soif imperieuse, lesconjonctives, d'abord d'un rouge vif, prennent bientöt une teinte jaunätre sur laquelle appa-raissent en relief de larges petechies; le pouls est vite, petit, les battements du cceur. tres forts; les poulains ue peuvent se soutenir debout; ils sont dans un tel etat de faiblesse et de mai-greur qu'ils restent etendus sur le sol sans mou-vement et meurent au bout de un ä trois jours, rarement plus. raquo;
1. Dictionnaire pratique de medecine et de Chirurgie vete-rinaires.
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270nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; EJNTERITE DIARRHEIQÜE.
ARTICLE IV.
Marche, Duree, Terniinaison.
L'enterite diarrheique, ainsi que cela resultcopy; de I'expose scmeiotique precctient^ est nne affec­tion a marche rapide ; dans quelques circons-tances, a marche particulierement brutale, piiis-que les malades pcuvcnt etre enleves dans une journee, presque foudroyes par le mal. Cepen-dant sa duree moyenne n'a rien de precis; si dans le plus grand nombre de cas eile est de sept ä luiit jours, quelquefois de douze, dans d'autres eile revet une marcbe leiite cpii pent etre de deux septenaires.
Ces cas s'accompagnentd'unc tat febrile modere; ils n'empechent pas les poulains de s'entretenir, de prendre avec plaisir le lait de leur mere; tout au plus constate-t-on, avec la diarrhce, un pen d'amaign'ssement et de l'indolencc dans les raou-vements, si vifs et si gais chcz le poulain en sante.
La persislancede la diarrhee et des symplomes
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COMPLICATIONS.
271
aigus sont des signes pronostiques d'un tres mauvais augure.
Avec la chronicite de la diarrhea, les poils de la queue s'agglutinent, les eKcremenls irritentet souillent les fesses, provoquent un erytheme de la peau de cette region ; les surfaces enflammees secouvrent de vesicnles, de croüleset sedepilent.
L'enterite diarrheique est une affection qui demande ä elre rapidement enrayee, les chances de gnerison diminnant an fur et k niesure que Ton s'eloigne de la periode dc debut.
ARTICLE V.
Complications.
L'arthrite est une dos pins frequenles com­plications de l'enterite diarrheique ; dans cer­tains pays, ces deux maladies sont si souvent concomitantes que Benard les croyait de meme nature et procedant de la meme cause. Darreau ne partageait pas cette maniere de voir.
II est bien difficile d'emettre un avis motive
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272nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ENTEUITE DIARRHEIQUE.
sur rorigine de cette complication ; cependant si Ton considere quel'enterite diarrheique s'accom-pagne dun empoisonnemeut general, il nest pas inadmissible de croire que I'arthrite puisse etre due a cette intoxication, qu'elle resulte de la penetration clans le sang ou de son depot dans les articulations, d'une des nombreuses bacteries existant dans I'intestin.
Cette idee serait, du reste, conforme avec ce que nous a deja appris l'etude des autres infec­tions dans lesquellesnous avons vu les alterations depasser leur airc primitive et s'etendre jusqu'aux synoviales articulaires.
Mais nous n'insisterons pas, car des questions de cette nature ne peuvent pas se resoudre par des bvpolheses.
M. Revnal a, de son cote, observe, pendant le cours de l'enterite diarrheique, des complications de peritonite aigue ou suraiguc.
Aucun fait ne saurait etre plus confirmatif de la these epie nous avons soutenue sur la nature de cette affection.
On sait, aujourd'hui, que la peritonite est rarement une maladie essentielle, qu'elle resulte.
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AMATOMIE PAXHOLOGIQUE.
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laquo;lansla plupartdescus, des affections infeclieuses lt;lu tube digestif, par penetration dans le peri-loine, ii travers les parois de l'intestin, des ger-mes contenus dans le tube digestif.
Dans l'enterite diarrheique des jennes poii-lains, toutes ces conditions d'extension de la phlogose de l'intestin ä la sereuse peritoneale sont parfaitement realisees, aussi sommes-nous porte ä croire que la peritonite doit etre d'nne grande frequence dans les cas mortels de cette affection.
ARTICLE VI.
Anatomie pathologique.
Dans le gros intestin, dans l'intestin giiele, souvent dans les deux, la mucpieiise est rouge, tumefiee, ramollie; le tissu sous-muqueux est infiltre.
Toutes ces lesions out une etendue variable; qnelques veterinaires, purmi lesquels Benard, les ont trouvees plus freqnemment dans I'intestia
cH.vju'ZTi;;;;.
18
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274nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ENTERITE DIAIUIHEIQUE.
grele, d'autres dans le gros intestin. Benard a remarque dans l'intestin des flocons ayant quel-que analogic avec les fausses membranes des plevres enflammees.
Darreau n'a constate laquo; qu'une legere injection de la muqueuse intestinale, nn sang noir et incoagule dans les gros vaisseaux, une colora­tion jaune de tons les tissns et un ramollisse-ment du foie qnand la raaladic etait compli-quce d'ictere. raquo;
Dans la diarrhee grise, Rainard a vu la phlo-gose limitee au colon et au rectum.
M. Reynal rend ainsi compte de deux autop­sies :
laquo; La phlegmasie etait presque exclusivement conccntree dans l'intestin grele et partielle-ment sur le coecum. Les villosites de la mu­queuse etaient rouges et ramollies, depourvues par place de leur epithelium et detruites a leur sommet ; les glandes isolees et agminees etaient hypertrophiees d'une maniere manifeste ; dans le tissu cellulaire sous-miiqueux, on re-marquait un pointillemcnt rougeätre et im vastc reseau vasculairc tres accuse penetrant dans
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TRAITEMEJNT.
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l'epaisseur meme de la muqueuse et se conti­nuant en dehors avec rinjection et la vascula-risation du peritoine ; je dois ajouter que ces ani-rnaux avaient succombe ä l'enterite diarrheique compliquee de peritonite. raquo;
Tels sont les renseignements les plus precis que nous ayons pu recueillir sur les lesions de cette maladie. Elle n'entre pas assez parmi les falls de noire pratique courante pour que nous puissions les elargir.
ARTICLE VII.
Traitement.
Le vague, planant sur la nature de l'enterite diarrheique, n'a pas permis auxpraticiensd'insti-tuer un traitement reellement methodique ; aussi les insucces out ete nombreux et desesperanls.
Les saigneessonl absolumentcontre-indiquees et n'ont, du reste, donne que des resultats desastreux.
Benard a constate que les opiaces ne sont
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276nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; EiNTEIUTE DIAIUIHEIQUE.
avantageux que lorsque les forces ne sont pas trop fleprirnees: contre la diarrhee grise zX. sans odeur.
Darreau les a proscrits, d'une facon absolue, quelle que füt la periode de la maladie, sauf dans le cas oil se montraient des coliques. II a memo exagere leurs inconvenients,cn ajoutanlque I'ar-röt brusque des secretions intestiuales, sous I'in-fluence de ropium, amenait des melatases sur le poumon et les articulations.
Entre les mains de Benard la creme de tartre soluble (tartro-borate de potassc), ä la dose de 8 ä 16 grammes par jour, a donne quelques bons rcsultats.
La meme substance, employee par Darreau a la dose dc 60 a 80 grammes, par 12 ou 15 lieu res, en solution dans quatre litres d'eau edulcoree, offerte en boisson au poulain, ct continuee pen­dant quatre ou cinq jours, jusqu'a ce qu'unc amelioration se monträt, a produit de tres bons effets.
Darreau administrait, en outre, cinq centi­grammes d'opium, dans lecours de la maladie, si 1c poulain offrait des symptomes de coliques, ou
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TRAITEMENT.
277
ä son declin, si, malgre ramelioration constalee, les excrements restaient fluides.
Ce traitement pent etre complete par des frictions seches sur tout le corps et l'application de couvertures de laineet de sachets sur les reins.
Etant donnee I'klee que nous nous faisons snr cette maladie, nons croyons que le traitement de Fenterite diarrheique par le tartro-borate de potasse est rationnel, non pas que nous consi-derions, avec M. Reynal, qu'il agit comme modi-ficateur de la muqueuse digestive, mais parce qu'il est desinfectant et legerement minoratif, c'est-ä-dire qu'il pent contribuer ä expulser du tube digestif les ferments et les matiores qu'il; ont decomposees.
Grace au progres et ä une connaissance plus complete des causes de l'enterite diarrheique, il est possible d'agir plus sürement.
Quelques veterinaires ont combattu avec suc-ces l'acidification du lait, des le debut de la maladie, avec de Veau dechaux ä la dose de 4 ä 500 grammes par \'ingt-quatre heures.
Independamment de cet agent, s'offrent ceuK avant une influence directe sur les fermentations
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278nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ENTERITE DIARRHE1QUE.
intestinales et concourant a l'obtention de l'an-tiseptie du tube digestif.
De ce nombre, nous signalerons le salicylate de bismuth1, ä la dose de 4 a 5 grammes par jour. Cette substance se donne en electuaire on delayee dans du jaune d'ceuf.
Dans les cas les plus graves, lorsque les excre­ments sontfctides, il s'agit d'agir vite et energi-quemcnt : 2 ou 3 grammes de Naphtol b, admi-nistres dans du miel, ä dose fractionnee, pour-raient rendre d'utiles services; a son defaut, le salicylate de soude et le salol ä la dose de 4 ä 6 grammes, scion la force des sujets, sont des me­dicaments dont I'usage est indique dans cette maladie.
Cette medication antiseptique pent etre com-pletee par I'emploi de purgatifs legers, afin de chasser les germes cpii entretiennent la maladie.
L'enterite diarrheique etant tres deprimante pour I'organisme, il est indispensable de soutenir
1. Cotto substance employee, d'apres nos conscils, parM. Faurc. dans uno quinzaino do cas, s'est montrce toujours fldclc dans ses offets.
.
.
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PKOPHYLAXIE.
279
les malades : le the, le cafe en infusions legeres additionnees d'alcool, si les forces sent trop affai-blies, conyiennent pour remedier ä un collapsus trop accuse ou a unetatdvstrophique trop rapide. Ces prescriptions ne dispensent nullement des autres soins hygieniques : couvertures, frictions, sachets, litiercs propres, etc.
ARTICLE VIII.
Prophylaxie.
Elle resuite de Tetiologie qui a ete donnee dc Tenterite infectieuse.
Les juments ne doivent pas recevoir une nourriture trop echauffante ni trop substan­tielle ; 1'administration de Tavoine sera mitigee par des barbotages a la farine d'orge et au son melanges d'un pen de graines de lin. Un masch de cette nature peut etre donne deux ou trois fois par semaine.
Les poulinieres faibles, debiles, dent les pou-lains se developpent mal ou restent souffreteux.
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280nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; EKTEItlTE DIARUHEIQUE.
ont besoin d'un pen plus de nourriture., d'iin supplement de grains on de farineux.
Toutes, faibles ou fortes, ne devront aller au pacage, accompagnces de leurs poulains, cpie lorsque la rosee se sera dissipee ainsi que lagelee blanche. Les poulains rentreront de bonne henre ä l'ecurie, a\ant les fraicheurs du crepuscule.
Toutejument atteinte d'unemaladiechronique affaiblissant sa vigueur ou portant atteinte ä son embonpoint sera excluc de la reproduction; souf-frant dejä, eile est incapable dc fournir un bon produit'd'abord, et de le nourrir ensuite conve-nablement.
Les ecuries oü sent logcs poulains et nourrices seront saines, aerees et devront avoir des litierrs propres et sou vent renouvelees.
La surexcitation du travail, les sueurs, les refroidissements des juments alterant la qualite du lait, il faut eviter que les poulains ne les tetent avant qu'elles se soient reposees ct qu'elles aient repris le calme convenant ä leur role de nourrices.
II est encore preferable de laisser la jument tout entiere ä sa mission d'allaitement que de
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PBOPHYIAXIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 281
lui demander un service qiielconque qui ne s'obtiendra qu'au detriment du poiilain.
M. Goux ayant constate les mauvais effets de la consommation des fourrages mal recoltes, moisis on avaries,snr la qnalite du lait,M. Reynal ceux du trcfle, du sainfoin et de la luzerne donnes dune facon exclusive, les mauvais fourrages seront exclus de la nourriture des poulinieres et les legumineuses ne leur seront servies qu'avec moderation et prudence.
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*
GHAPITRE VI.
ARTHRITE DES POULAINS.
Cette maladie n'est pas speciale aiix jeunes equides; eile a ete aussi frequemment observee sur les jeunes veaux ä l'allaitement que sur les poulaias. Dans certaiaes contrees et selon les annees, soit a I'etat sporadique, soit sous forme epizootique, eile occasionne de grands dommages aux populations se livrant äl'industrie chevaline.
Elle a etc decrite par Brugaone1, par Lecoq, de Bayeux, Beaard, etc.
Un travail plus complet, plus precis a ete publie sur cette question par Darreau en 1842.
Apres lui, Chabcrt, Delafond, Guy, Texier ont relate des observations precieuses sur I'ar-thrite des jeunes animaux.
A cote de ces auteurs, il y a lieu de mentionner
1. Bruffnonc, Traite des haras.
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ETIOLOGIE.
283
I'excellente etude de Reynall, qui, independam-ment de ses qualites propres, donne un resume tres satisfaisant des travaux parus sur cette question.
ARTICLE PREMIER.
Etiologie.
Bien des causes out ete invoquees pour expli-quer la genese de l'arthrite des poulains, mais 1'exuberancc meme de cette pathogenie demontre qu'on n'est pas encore fixe sur les facteurs qui interviennent par la predisposition qu'ils confe-rent ou par leur action determinante.
II pourrait bien se faire qne, dans cette ques­tion, Ion ait ete egare par des apparences ou par de simples coincidences.
Quoi qu'il en soit, dans I'impossibilite oil Ton se trouve de substituer une etiologie positive a
1. Dictionnaire pratique de medecine et de Chirurgie viite-rinaires.
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284nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ahthiute des poulaiks.
celle invoquee et admise par les auteurs qui ont decrit l'arthrite des jeunes poulains, il Importe de dire quelles sont les circonstances au milieu desquelles cette maladie s'est montree et les conditions paraissant propres ä la faire devc-lopper.
On I'a vuc cclater sur tie jeunes animaux allaitespar des meres malades, ce qui I'a fait con-siderer par Brugnone et Lecoq comma une affection constitutionnelle, ou hereditairelorsque les nourrices avaientete anterieurement atteintes. de rhumatismc articulaire.
Son developpement a paru aussi dependre de l'etat de faiblesse et de debilite du pere et de la mere, du surmcnage des juments, de leur mau-vaise alimentation, d'une gestation trop precoce, de refroidissements, de l'humidite des ecuries, de celle de Tatmosphere, de variations brusques de temperature.
TSTous avons vu, en parlant de l'enterite diar-rheique, qua l'arthrite des poulains compliquait quelquefois cette premiere maladie et que Darreau les considerait, toutes deux, comme etant de meme nature.
T
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1
KTIOLOGIE.
285
Comment toutes ces causes si diverses con-courent-elles a produire un meme effet ? — C'est ce quo nous ne nous chargerons pas d'ex-pliquer.
Unc influence qui semble moins douteuse que celles qui viennenl d'etre passees en revue, est relative a la qualite du lait.
Benard cite un fait assez probant, puisqu'il a ä son actif les renseignements fournis par l'epreuve et la contre-epreuve. II s'agit d'une jument dont deux poulains perirent successi-vement d'une arthrite ; un troisieme, nonalhtite par sa mere et nourri avec du lait de vache, n'en fat pas atteiut. Un quatrieme poulain, ne de cette jument et qui lui fut laisse, succomba, le 20e jour apres sa naissance, de l'affection qui avait em­pörte les deux premiers.
Des faits non moins demonstratifs de l'action efficiente du lait, dans le developpemcnt de l'ar-thrite, ont ete fournis par Vairon, auquel on doit une relation sur une epizootic d'arthrites qui se montra en 1823, dans I'Aisne, sur un grand nombre do poulains.
Dans cette circonstance, le moyen preventif
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286nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ARTHRITE DES POULAINS.
dont I'efficacite parut constante fut de sevrer prematurement ces jeunes animaux,
Darreau altribue au defaut de purgation des jeunes poulains pai^ le premier lait une influence marquee sur la production de l'arthrite.
Reynal se demande, avec raison, tout en ne contestant pas les effets pernicieux du lait, quelles sont ses alterations particulieres qui sont nocives pour les jeunes poulains et provoquent les formidables plilogoses articulaires auxquelles si pen de sujets survivent.
Sont-ce des alterations d'ordre chimique?
Si cette hypothcse est fondee, ['alteration ne porterait que sur le defaut de nutritivite du lait, puisque tons les auteurs sont d'accord pour re-connaitre que ce sont les poulains des juments f'aibles, debiles, malades on trop jeunes qui sont particulierement affectes.
Mais alors comment expliquer que ce lait qui, d'habitude, n'a d'autre inconvenient que de nuire au dcveloppement du poulain, deviendra plutot generateur d'une arthrite que d'autres affections dont sont tributaires les debiles et les faibles ?
Pourquoi la maladie dont ceux-ci sont atteints
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ETIOLOGIE.
287
s'attaquera-t-elle toujours aux memes compar-timents organiques, plntot qu'a d'autres rouages participant ä raffaiblissement general etqui sont sous le coup des receptivites conferees par une diminution de l'activite vitale ?
Toutes cesquestions renferment des inconnues qui, degagees par I'observation, donneront un jour la cause veritable de l'arthrite.
Si le lait pent devenir toxique sous le coup de causes dont nous saisissons la grossiere apparence, il n'est pas illogique de supposcr que des fac-teurs encore ignores, mais toujours semblables, puisque leurs effets sont identiques, provoquent son alteration. Des recherches sont done ä faire dans cette direction.
Et si, de ce cote, aucun fait nouveau ne jaillit, ce qui parait douteux, ctant donnees les observa­tions de Benard et de Vairon, il y aura lieu d'orientcr les investigations vers les articulations malades et de s'assurer si leurs processus ne sont pas dus ä un agent quelconque, dont l'action a ete preparee par les conditions defectueuses de l'allaitement.
L'arthrite des jeunes poulains se montre fre-
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288nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ARTHRITE DES POULAIINS.
quemment dans les deux premiers mois apres la naissance, cependant on I'a vue se prodnire jus-qu'au sixieme mois.
ARTICLE II.
Symptomes.
Selon la nature des desordres arliculaires, l'arthrite des jeunes poulains a etc divisee en arthrite exsudative et en arthritepurulente,
sect; lor. — Arthrite exsudative.
L'arthrite des jeunes poulains debute brusque-ment par une articulation, ce qui est rare, on par toutes les articulations des membres ä la fois.
Elle occasionne de violentes souffrances; le poulain est triste, il se couche, pelotonne sur la litiere, et est insensible aux excitations qui ont pour but de le faire lever. Si une seule articula­tion est malade, il accuse une forte boiterie: si
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1
ARTHIUTE EXSUDATIVE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 289
j)lusieiirs sontaffectees, la station est non seule-ment difficile, hesitante, mais impossible presque tou jours.
La moindre pression exercee sur les articula­tions atteintes provoque une douleur vive, ä laquelle les poulains cherchent a se soustraire. Cette douleur se manifeste aussi vivement ä la moindre flexion.
Les articulations sont chaudes et se tumefient rapidement.
üne fievre de reaction violente accompagne la phlogose articulaire ; la respiration est acceleree, tremblante, le pouls est plein, rapide, l'artere tendue, la bouche brillante; les conjonctives sont injectees, la peau est chaucle et couverte de sueur, la soifvive. Les malades boivent l'eauavec avidite et, selon l'expression de Reynal, laquo; Us se laquo; trainerit d terre pouv aller saisir les mamelles laquo; ou se desalterer a la mare voisine raquo;.
Une teile acuite dans les symptomes est genc-ralement snivied'une mort rapide; celle-ci pent survenir 2 4ou 48 heures apresle debut de I'affec-tion; cependant, dans quelques cas exceptionnels, la situation se detend, la fievre s'attenue ainsi
CHAMPETIER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 19
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r
290nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ARTHR1TE DES POULAINS.
que les rlouleurs articulaires ; la station, quoique douloureuse encore, devient possible et le pou-lain pent aller prendre sa nonrriture ä la mamelle
maternelle.
An bout de vingt a trente jours, les pheno-menesinflammatoiresont disparn, mais les epan-chements synoviaux, qu'ils ont provoques, s'ac-cusent, aux articidations non recouvertes par des muscles, par des distensions synoviales faisant des saillies arrondies sous la peau.
sect; 2. ---- ArTHRITE PURULEJNTE.
Cette forme a une marche plus lente que celle qui vient d'etre decrite, ses symptomes generaux ont egalement une intensite beaucoup moindre, mais la tumefaction articulaireest beaucoup plus developpee. L'cedeme peri-articulaire augmente progressivement et gagne en etendue, les syno­viales se boursouflent et se distendent. La souf-france s'accroit au fur et ä mesure des progres de l'intumescence, les poulains ne peuvent se tenir debout, mais ils continuant ä teter,
Au bout de quelques jours, la peau recouvranL
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COMPLICATIONS DE l'aRTHIUTE PURULEJSTE. 291
les articulations se depile en certains points ; eile se recouvre d'un suintement roussätre,s'amincit, se necrose et donne issue ä du pus caillebote constitue par les elements ordinaires de la suppu­ration, par des caillots synoviaux et de la synovie couleur de vieux madere.
Avec la dehiscence de l'abces, une certaine detente se produit, les douleurs s'apaisent, mais cette apparente amelioration n'est que momen-tanee.
sect; 3. ---- COMPUCATIOKS DE l'ArTHRITE
PÜBULENTE.
La fistule articulaire s'elargit par suite d'un travail ulceratif continu ; la synovie s'ecoule, en abondance, melangee de pus, de debris de liga­ments et de fragments meme des cartilages arti-culaires.
En d'autres points, oü la peau etait restee rela-tivement saine, s'ouvrent de nouvelles (istules consecutives a des infiltrations purulentes; les ligaments se necrosent et se ramollissent et les abouts articulaires finiraient par se separer
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292nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ARTHU1TE DES POÜLAIKS.
si la mort ne survenait pour mcttre fin ä cette scene morbide.
Lorsque les articulations sont recouvertes par des masses musculaires epaisses, les diffusions purulentes sont a peu pres de regle. Elles se font a travers les masses musculaires et, dans quel-ques cas, si le mal a son siege a 1'articulation coxo-femorale, le pus fuse du cote du bassin et aboutit a la cavite peritoneale oli il provoque une peritonite promptement mortelle.
Dans des circonstances ex:ceptionnelles, les phenomeues locaux s'amendent, la tumefaction diminue, la fistulc articuiaire se retrecit, le pus prend une meilleure nature, devient sereuxet la guerison s'etablit.
Celle-ci obtenue, les membres sont plus ou moins deformes, les articulations restent encore longtemps volumineuses et la peau, depilee sur les cicatrices laissces par I'ouverture premiere des abces.
La persistance des souffrances des poulains affectes d'arthrite suppuree se traduit ä la longue par un affaiblissement progressif, le refusdeleter et un etat dystrophique qui empörte les malades.
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MARCHE, DUUEE, TERMINAISONS.
293
Au cours des suppurations, surviennent sou-vent de la diarrhee grise ou des desordres pul-monaires qu'on a consideres comme despneumo-nies metastatiques, mais procedant probable-ment de l'infection purulente.
Les veterinaires, qui se sont trouves dans des conditions leur ayant permis de faire une etude complete de l'arthnte des poulains, ontremarque l'extension de rinflammation aux plevres et au pericarde.
Dans ces cas speciaux,cette maladie, a la vio­lence pres, a quelque analogic de marche avec ies arthrites infectieuses decrites precedemment dans l'etude consacree ä la pneumonie infec-tieuse.
ARTICLE III.
Marche, Durce, Terminaisons.
II n'est pas ulile de revenir sur la marche de l'arthrite purulente, cette question nous parais-sant epuisee par la description qui a ete faite de ses symptomes et de leur mode de succession ;
ocr page 310
]
294nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AUTHR1TE DES POULAIJNS.
nous ne nous occuperons que de celle de l'ar-thrite exsudative.
Dans l'expose de ses symptomes, il a ete dit que souvent leur violence etait teile que les sujets etaient empörtes dans les 24 ou 48heiires, parfois leur marche est beaucoup moins brutale et quelques rares malades guerissent.
La proportion des terminaisons heureuses est tres fälble : Darreau l'evaluc ä 2 poulains sur 20, quelle que soit la forme de la maladie.
Les guerisöns obtenues, apres la forme puru-lente, laissent des tares quideprecient considera-blement les sujcts.
II etait necessaire de donner tous les rensei-gnements precedents sur les symptomes et la marche de l'arthrite des jeunes poulains, pour faire ressortir le pen d'utilite de sa division en deux formes. Nous I'avonsmaintenue, cependant, quoiqu'elle ne nous semblat pas justifiee.
Sauf dans quelques cas tres rares, veritables exceptions, l'arthrite des poulains nest pas sup-puree et guerit sans donner du pus; clans d'autres, les malades n'offrent ä l'autopsie que des exsu-dats articulaires non purulents, parce que la
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.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;295
mort a ete tellement prompte que le pus n'a pas eu le temps de se former. Mais la tendance la plus ordinaire de cette affection, lorsque les symptomes sent pendant quelque temps compa­tibles avec la vie, est teile que la succession des processus a comme point culminant I'eclosion d'abces au sein des articulations malades.
L'arthrite des jeunes poulains est done une affection a tendance suppuree, une pyohemie; exsudative seulement lorsqu'elle a marche avec une teile rapidile que le pus n'a pas eu le temps de se former.
Il nous a paru necessaire de faire cesquelques reflexions, parce que les descriptions sembleraient faire croire que l'arthrite, sous ces deux aspects, cache deux etats differents.
ARTICLE IV.
Anatomie pathologique.
sect; Ier. — Forme exsudative. Lapeau, enleveeautour d'une articulation, met
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296nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ARTHKITE DES POULAIWS.
änu une infiltration citrine, consistantecommede la gelee, existant dans le tissu cellulaire sous-cutane, aulour des tendons, des ligaments et dans le tissu conjonctif doublant la synoviale articulaire.
A l'interieur des articulations, la synovie est coagulee dune facon complete, c'est-ii-dire que toute sa partie sereuse semble avoir ete resorbee. H. Bouleya trouve laquo; un ou plusieurscaillots d'un laquo; jaune fonce, pointilles de rouge, elastiques et laquo; resistants raquo;.
Ces caillots, analyses par M. Clament, etaient formes par de la fibrine et des traces d'albu-mine.
Ne serait-ce pas des caillots sanguins decolores provenant d'hemorrhagies intra-articulaires ?
La violence et l'acnite des symptumes de l'ar-thrite ä forme exsudative confirmeraient cette supposition.
La sereuse svnoviale a une teinte leeerement jaunätre et est un peu injectee. Un enduit tres mince, presquepellucide, dematiere albumineuse la recouvre comme un vernis.
Les franges svnoviales sont turgescentes, con-
i -
ocr page 313
ANATOMIE PATHOLOG1QUE.
297
gestionnees, recouvertes de quelques fausses membranes ; leur teinte est rouge plus ou moins fonce.
Les cartilages articulaires ont perdu leur lui-sant et leur reflet nacre, mais, d'apres H. Bouley, cet aspect serait moins la consequence d'une modification dans la texture de ces tissus, que d'une couche mince de matiere (ibrino-albumi-neuse etalee ä leur surface.
Le tissu epiphysaire est sensiblement conges-tionne quot;et rouge.
sect; 2. ---- FOEME PURULENTE.
/ _
Les synoviales sont epaissies, couvertes ca et lä de fausses membranes de couleur jaune rou-geätre ; dans certains cas, les fausses membranes ont acquis une teile etendue qu'elles ferment sur la limite des surfaces articulaires un disque to-menteux, discontinu an centre (H. Bouley).
Plus tard la synoviale revetI'aspectgranuleux des membranes pyogeniques.
Les cartilages articulaires sont ternes et ru-gueux; dans quelques points, ils sont detaches de
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298nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ARTHBITE DES POULAINS.
J'epiphyse, necroses ou en voie de necrose. Dans quelques circonstances, la decorlication cartila-gineuse est complete et les surfaces articulaires primitives, debarrassees de ieur revetement, sent remplacees par du tissu osseux, friable, ramolli, contenant de petits foyers purulents. L'epiphvse est rouge, injectee et gonflee.
Dans le voisinage des articulations, on cons­tate le ramollissement des tendons et des foyers purulents remplis de puscouleur lie-de-vin; ces foyers siegent aussi dans les interstices muscu-laires ou ils s'enfoncent en lon^ues fusees.
Lorsque 1c pus a abouti dans le peritoine, ainsi que cela arrive cjuelquefois, lorsque les articu­lations coxofemorales sont atteintes, on trouve les lesions de la peritonite purulente.
Les alterations du pericarde et des plevres, accompagnant la forme exsudative, sont celles de la pleurite et de la pericardite ä marche aigue.
Les lesions pulmonaires consistent en ilots tres f'onces de pneumonic, au centre desquels on remarquedes phlebites, depuis la forme adhesive jnsqu'a la forme suppuree.
ocr page 315
TRAITEMEST.
299
ARTICLE VI.
Traitement.
Forme exsldative.
La forme exsudative marche avec une teile rapldite qu'il est difficile d'instituer un traitement dont on puisse attendre un certain resultat; ce-pendant, commc en medecine on doit toujours lutter et meme esperer contre tonte esperance, nous indiquerons les methodes qui ont quelque-fbis reussi.
Darreau s'est surtout preoccupe, ayant toutes choses, d'eviterque I'arthrite devlnt purulente.
11 a reussi, dans quelques cas, par l'emploi des purgatifs. Il donnait le sulfate de soude et le sul-fate de magnesie a la dose de 80 ä 100 grammes, par jour, dans de l'eau miellee. Souvent meme, il administrait cette dose, de deux heures en deux heures, jusqu'a ce qu'il eüt obtenu une purgation continue qu'il maintenait jusqu'a la disparition de la phlogose articulaire.
ocr page 316
300nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ABTHR1TE DES POÜLAIKS.
Afin d'accroitre l'action purgative et de la rendre plus certaine, il ajoutait au sulfate de solide ou de magnesie 2 ä 6 grammes d'aloes.
Une des grandes difficultes de ce traitement consiste ä ne pas depasser l'effet medicinal, c'est-a-dire ä eviter une superpurgation d'autant plus ä craindre que les intestins du jeune poulain sont plus delicats.
Etant donnee cette crainte, il est prudent d'agir a doses progressives juscpi'ä ce que la pur­gation se montre et de l'entretenir, ensuite, en abaissant les doses, quitte ä les augmenter si l'effet purgatif venait a cesser.
Les articulations doivent etre enveloppees de cataplasmes laudanises, dans les regions qui s'v pretent; dans les autres, on fait des fomen­tations emollientes, tiedes, avec des decoctions de son,de mauve ou de guimauve dont on sou-tient les effets par des onctions grasses avec du populeum, des huiles de jusquiame ou de bella-done.
La souffrance diminuant ainsi que les pheno-menes inflammatoires, on pent faire appel aux frictions resolutivesavec de l'alcool camphre, de
ocr page 317
TRAITEMEKT,
301
l'essence de lavande, de l'huile de camomille, ou encore avec de l'essence de girofle incorporee dans de la vaseline.
Plus tard, s'il reste des mollettes, leur reduc­tion sera tentee par des frictions serieusement resolutives avec de l'alcoole de cantharides, du vesicatoire leger, de la pommade au bi-iodure de mercure au huitieme, ou avec certaines specia-lites dodt les effets sont, du reste, les memes que ceux des premieres substances.
Lorsque I'arthrite a pris la forme chronique, il est inutile de se hater dans les applications reso­lutives ; il faut, au contraire, les employer succes-sivement de facon a ne pas nuire ä la station. Chaqne friction ou application s'accompagnant, en effet, de phenomenes inflammatoires de la peau, il est indique de menager l'appui sur un bipede diagonal. Si on commence par le membre anterienr droit, on pent en meme temps traiter le membre posterieur gauche, ou inversementsi Ton medicamente le membre anterieur gauche.
Si on se departit de cette mesure de pru­dence et si on s'attaque, d'une facon simultanee, ä un bipede anterieu r ou posterieur, on s'expose ä
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302nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ARTHRITE DES POULAINS.
rendre Tappui impossible sur l'un ou lautre de ces bipedes.
Si les hydropisies synoviales resistent au trai-tement par les topiques, le feu en pointes fines et penetrantes est indique, soit que Ton veuille faire disparaitre des distensions synoviales, soit des boiteries entretenues par une inflammation chronique.
sect; 2. — Forme purulente.
Si, dans le passe, on a ete oblige d'assister^ presque impuissant, aux desordres resultant des suppurations articulaires, nouscroyons que, dans l'etal actuel de la science, la lutte n'est pas im­possible centre eux. Nous ne voulons pas affirmer par la que des cures nombreuses seront la con­sequence de ['intervention medicale, mais on est plus en mesure qu'autrefois d'augmenter la pro­portion des guerisons.
Lorsque I'arthrite est incontestablement puru­lente et qu'aucun doute n'est possible ä cet egard, le veterinaire ne pent plus etre un observatenr patient esperant tout de la reaction naturelle. II
ocr page 319
TRAITEMKMT.
30a
ne doit pas attendre que I'abces articulaire opere naturellement sa dehiscence. D'abord, en se hä-tant d'intervenir, il evite, ä ses jeunes malades, des souffrances violentes dont il pent diminuer la duree, ensuite une partie de la reaction febrile qui est la consequence de tons les abces.
Une arthrite purulente etant sürement diagnos-tiquee, I'abces doit etre ouvert et l'articulatiorraquo; lavee.
Les heureux resultats obtenus en medecine humaine, par cette metbode, sent un encoura­gement, pour nous, ä l'imiter.
L'abces articulaire ouvert et vide, le lavage de l'articulation peut etre fait avec des solutions au bichlorure de mercure an millieme. Ce lavage est complete par le precede decrit par M. Bou­chard: une solution d'iodoforme au dixieme est faite dans de i'etber additionne d'alcool. On prend vingt grammes de cet etherole, que Ton projette dans de l'eau tiede parfaitement steri-lisee par Tebullition. L'ether s'evapore imme-diatement et riodofortne se precipite dans l'eau en poudre fine et impalpable laissant une bone tres fluide au fond du recipient. On decante
ocr page 320
304nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ÄBTHfilTE DES POÜLAINS.
ensuite avec soin, et la boueprise avec une petite seringue en verre est injectee dans rarticulation.
Le contact de l'iodoforme avec les surfaces articulaires et les synoviales pent suffire, au bout de quelques jours, a tarir la suppuration et ä enrayer les ulcerations et les necroses qui sent a pen pres de regle dans l'artlmle purulente.
A.fin d eviter l'action des germes de 1'atmos­phere sur les plaies chirurgicales et ä l'interieur des articulations, le traitement est complete par un pansement antiseptique et occlusif: la ouate hydrophile ou salicylee, la ouate de tourbe, etc., maintenues en place par des tours de bände, con-viennent ä cette nature de pansements.
Si, malgre ces soins, la suppuration persiste, si on y voit des debris de cartilages ou de liquot;-a-ments articulaires, il est inutile de perseverer dans le traitement parce que la depreciation des pou-lainsserait teile que,memedans I'liypothese d'une guerison, leur valeur serait ä peu pres nulle. Or, en medecine veterinaire, on n'a pas d'interet ä faire de la medecine sentimentale.
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PROPHYLAXIE.
305
ARTICLE VII.
Prophylaxie.
Le vague qui plane sur la veritable cause tie l'arthrite des jeunes poulains ne permet pas de dormer contre eile des indications prophy-lactiques precises.
Cependant, puisqu'ilparaitdemoatrequelafai-blesse, la debilite, la mauvaise alimentation ou le surmenage des nourrices paraissent predisposer les poulains a cette maladie, les eleveurs devront remedicr ä la mauvaise qualite du lait par une meilleure hygiene de leurs jumcnts. Elles rece-vront une alimentation choisie ; on ieur evitera des fatigues et des travaux excessifs les surme-nant, les mettant en sueur et les amaigrissant.
Si ces mesures ne suffisaient pas, il n'y aurait pas ii hesiter ä avoir recours a I'allaitement arti-ficiel, ainsi que la conseille Benard, ou ä sevrer prematuremcnt les poulains, ainsi que I'a preco-nise Vairon.
En ce qui concerne I'opinion emise par Dar-
CHAMPETIEK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 20
ocr page 322
306
AßTHHITE DES POULAIJN'S.
reau, que le defaut de purgation des poulains, par le premier lait, serait une des causes princi-pales de l'arthrite, quoique cette opinion ne seit pas entouree des memes guaranties d'obser-vation que celles de Benard et de Vairon, nous estimonsqu'elle meritede fixer l'attention. Aussig conseillons-nous de faire teter aux poulains le premier lait de leur mere, et, si cela est impos­sible, d'y suppleer par l'administration d'huile de ricin ou de manne grasse.
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CIIAPITRE VII.
MUGUET.
Cette affection a ete pen etudiee en France, du moins en ce qui concerne la pathologic des poii-
l
a ins.
L'absence de toute description detaillee, dans nos ouvrages classiques, demontre que si le muguet a pea preoccupe les veterinaires des re­gions se consacrant ä l'elevage du cheval, c'est qu'il n'a Jamals occasionne de grands dommages a cette indnstrie.
]NToiis ne I'avons place dans le cadre des mala­dies des jeunes chevaux que par esprit de mc-thode.
La mcilleure monographic, parue snr le mnguet des poulains et des veaux, a ete faite par Zürn.
Le muguet apparait sur les poulains pendant la periode de rallaitement on presqoe immcdin-tement apres le sevrage.
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308nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;MÜGÜET.
ARTICLE PREMIER.
Nature de la maladie.
Le muguet est du ä un cryptogame, au Säc-charomjces albicans (Riess) dccrit par Ch. Robin' sous le nein A'Oidiurn albicans.
L'enduit blanchätre, se formant sur les gen-cives ou la langne, est constituc par les filaments de ce champignon.
II serait de meme nature que le parasite occa-sionnant le muguet des enfants. Decouvert un peu avant 1814 par ledocteur Berg, de Stockolm, il a ete etudie plus tard par le docteur Gruby, Ch. Robin, Quinquaud et Riess.
Le saccharomyces albicans se compose de filaments et de spores.
laquo; Ses filaments sont tubuleux, cylindriques, droits on incurves, leur largeur est de 3 ä 4 fx, leur longueur de 0quot;quot;quot;,05 ä 0,nm,C0. Leurs bords sont
1. Robin, ffistoire naturelle des vegetaux parasites, Paris, 1853.
ocr page 325
ETIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;309
paralleles et leur milieu transparent. A l'etat adulte, ils sont ramifies1. raquo;
Les spores sont spheriques ou ovokles, tres refringentes;elles contiennent une fine poussiere donee de mouvements browniens.
ARTICLE II.
Etiologie.
Zürn croit que Ic saccharomyces albicans derive par transformation de Xoidium lactis frais, developpe ii la favour du lait non deglnti et de son aigrissement dans la bonche des poidains.
Cette idee a ete combattue par J. de Sevnes qui a pu etablir les caracteres distinctifs et speci-fiques de ces deux parasites.
Qnoiqu'il en seit, ii paralt probable que le lait sejournant dans la bouche des poidains et son acidification creentun milieu favorable äl'appari-
1. Neumann, Dictionnaire de mädecine et de Chirurgie vcle-rinaires, art. Mvcvet.
ocr page 326
310nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;MUGUET,
tion du imignel ainsi qu^, d'ailleurs, les barbo-tages fails avec dos farines aisrres.
II est presumable qu'en dehors de ces causes preparant le terrain an saccharomjces albicans, la contagion est capable de donner de i'extension ä la maladie.
ARTICLE m. Syinptömes.
La muqueuse buccale est plus ou moins en-flammee et rouge, les pouiains salivent abondam-ment.
Sur les points phlogoses apparaissent des vesi-cules qui s'ouvrent rapidement. A leur place se montre une excoriation lenticulaire sur laquelle se forme un enduit membraneux qui s'etend en surface et acquiert raj)idcment de 1 ä 2 milli­metres d'epaisseur.
La teinte des points malades prend successi-
vcment une couleur blanchätre, grise et ensuite
cris iaunätrc. 6 J
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TBAITEMEKT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 311
Ces lesions peuvent s'etendre de la bouche ail pharynx et jusqu'ä l'oesophage, gener la degluti­tion et meme la succion du lait.
M. Neumann1 n'ayantdonne aucune indication precise sur la marche du mnguet, il nous est impossible d'v suppleer par des faits de notre observation personnelle.
Ziirn considere cettc affection comme tres benigne sur nos jeunes animaux, cependant ZundePdit que, dans certains cas, eile pent se compliquer de diarrhee, on s'opposer suffisam-ment ä l'alimentation des poulains pour qu'ils puissent succomber d'inanition.
ARTICLE IV.
Traitement.
Neltoyer la bouche, debarrasser sa muqueuse
1.nbsp; Neumann, Tratte des maladies paiasitaircs non miero-biennes des animaux domestiques.
2.nbsp; Zundol, Dictionnaire de medecine, de Chirurgie et d'hygiene vitirinaires, par Ilurtrcl d'Arboval. Paris, 1874-77.
ocr page 328
312nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; MÜGÜET.
des enduits filamenteux formes par le parasite, deterger les plaies avec des solutions vinaigrees, au permanganate de potasse ou au sulfate de cuivre. Donner aux poulains sevres une alimen­tation saine, de bonne qualite, d'une mastication et dune deglutition faciles.
S'il existe un peu de diarrhee, la combattre par les movens dejä indiques (voir Enterite diar-rheique); de la constipation, administrer quel-ques minoratifs.
Tenir les ecnries propres et aerees.
,
ocr page 329
CHAPITRE VIII.
AFFECTIONS VERMINEUSES.
Nous reduirons cette question aux proportions qui lui conviennent au point de vue de l'influence qne los affections vermineuses peuvent avoir sur les resultats de l'elevage. Elles sont frequentes dans les contrees qui se livrent ä la production chevaline; elles occasionnentmemede nombreux dechets par le nonibre des poulains dont elles enraient le developpement. Tel produit qui, par son origine, semblait appelc au plus grand avenir, s'ctiole, maigrit, ne beneficie pas de la periode de l'allaitement qui a une si grande influence sur son avenir.
Debarrasse trop tard des parasites nuisant a sa nutrition, il est condamne ä ne faire qu'un indi-vidu d'un ordre tres inferieur, d'une vente diffi­cile ou pen remuneratrice.
Les affections vermineuses existent a toutes les epoques de la vie du cheval,mais elles ne sont
ocr page 330
314nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFKCTIONS VERMINEUSES.
jamais plus dangereuses que dans la jeunesse, aiors que toutes les ressources de Torganisme doivent concourir ä l'essor vigoureux de l'indi-vidu vers 1'etat adulte. Plus tard, elles peuvent Iroubler les fonctions digestives, les rendre pares-seuses el un pen moins aptes a remplir leur role, mais ellcs ne compromettent plus irremediable-ment le cheval ; gueri, il recupere son embon­point, son energie et ses qualites premieres.
ARTICLE PREMIER.
Division.
Les vers qui ont leur babitat dans les reser­voirs gastro-intestinaux du jeune cheval ont une importance clinique differente :
sect; l01'. — Spiropteres.
Les uns, presqne inoffensifs, sont plus fre­quents a letal adulte du cheval que dans les
:.
ocr page 331
DIVISION.
315
premieres annees de sa vie; ils passent souvent inaperrus.
Parmi ceux-la, nous signalerons les spirop-teres vivant enchatonnes clans depetites tumeiirs situees entre la membrane muqueuse et la tunique charnue de l'estomac.
Ces helminthes ne paraissent pas avoir une action tres pernicieusc snr la sante : sur des che-vaux morts accidentellemcnt et en bon etat d'em-Lonpoint, on a rencontre denombreuses colonies de spiropteres, sans que de leur viArant ils aient donne le moindrc indice tie cette invasion para-sitaire.
sect; 2. — Cestodes et Ne.matodes.
Les autres, au contraire,apportent des troubles i\ la nutrition, se montrent quelque temps apres lanaissance etpeuvent s'entretenir pendant toute l'existence des equides s'ils ne sont pas detruits par des movens appropries.
Parmi ces parasites, avant pour habitat le tube intestinal, il convient de citer certaines formes de Cestodes et quelques ^ematodes dont il sera
ocr page 332
316nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS VERMINEUSES.
donne une description speciale en raison de rimportance qu'ils presentent.
ARTICLE II.
Etiologie.
Anciennement, alors que Ihistoire naturelle, depourvue des puissants movens d'action dont eile dispose aujourd'hui, n'avait pas jete ses clartes sur la vie et les moyens de reproduction deshelminthcs,les causes les plus diverses etaicnt invoquees pour expliquer l'origine des affections vermineuscs,
Les doctrines les plus bizarres et les prejuges les plus etranges etaient acceptes comme raisons can sal es.
Les pratiques snperstitieuses, appliqnees dans les campagnes aux enfants atteints de vermine, sont im legs de ces periodes d'ignorance et d'obscurite.
Les vers intestinaux s'ctablissent chez les ani-maux par l'absorption accidentclle des germcs pris dans le milieu exterieur.
I
ocr page 333
I
Bl
ET10L0GIE.
317
Les helmintes sont d'une prodigieuse prolifi-cite; il semble meme que la nature ne les ait dotes d'une si grande fecondite qu'afin d'eviter la disparition d'especes dont les moyens de subsister sont tres precaires.
Van Siebold, cite par M. Neumann1, evalue ä un million les ceufs fournis par le Tosnia solium, Dujardin ä 25 millions ceux d'un Tcenia sen-ata, Eschricht ä plusieurs millions ceux de \Ascaris lombrico'ides,
Independamment de cette prolificite des hel-minthes, leurs oeufs opposent une grande energie aux causes de destruction.
laquo; Leur coque offre une teile resistance qu'elle ne pent etre attaquee que par les agents chimi-ques doucs d'une grande energie et que, dans la plupart des cas, eile suffit pour proteger le con-tenu de l'ceuf centre tous les corps qui, dans les circonstances brdinaires, pourraient 1'alterer. raquo; (C. Baillet.)
lt;( Verloren a pu conserver pendant plus d'un
1. Neumann, Tratte des maladies parasitaires non micro-biennes des animaux domestiques.
ocr page 334
318nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIOSiS VERMINEUSES.
an des ceufsde X'Ascaris iiuwginata, dans lesquels les embryons formes des le quinzieme jour sont restes vivants, bien qu'ils aient ete exposes ä toutes les variations de temperature de l'hiver et de i'ete. raquo; (Neumann.)
laquo; Baillet a vu des oeufs de Tenia rnaintenir tonte leur vitalite apres etre restes pendant 24 heures dans un bloc de glace. raquo;
Les chevaux prennent hubituellement les oeufs des helminlhes avec leurs aliments ou leurs boissons.
En dehors do ces causes determinantes des affections vermineuses, il itnporte d'examiner celles qui favorisent l'extension des epizootics vermineuses.
Partni clles, il faut citer les annees pluvieusesraquo; les climats humides, la depaissance dans des prairies marecagcuses ou voisines d'etangs. A la faveur de ccs diverses circonstances, les cent's des helminthes preserves de la secheresse du sol, abrites de l'action destructive du soleil et de la chaleur, so conservent bien. Or, plus leur nombre est grand et davantage aussi est rendue certaine leur ingestion par les animaux.
ocr page 335
SVMPXü.MES.
319
La faiblesse, l'atonie du tube digestif et l'atte-nuation de ses contractions peristaltiques, en ditninuant les chances d'expulsion des ct-ufs et meme des helminthes (Neumann), peuvent con-courir ä la pathogenic de rhelminthiase.
ARTICLE III. Syniptömes.
Vers le deuxicme mois de la vie des poülainsr alors qu'ils ont dejä suivi leur mere dans les herbages, on remarque que lenr appetit restant hon, s'exagerant meme parfois, ils ne se deve-loppent pas, maigrissent et perdent lenr gaiete. Leurs poils sont herisscs; lorsqne la periode de la mue arrive, celle-ci ne s'effectue pas on se fait lentement et irregnlierement. Les poils de la nouvelle poussee, au lieu d'etre fins, brillants, lustres comme chez le poulain cn sante, sont ternes et longs. L'amaigrissement progrcsse tou-jours, le ventre est gonfle, tombant et lourd.
Lesyeux sont quelqnefois cbassieux; labonche
ocr page 336
320nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS VERMIWEUSES.
laquo;st souvent un peu seche et a une mauvaise laquo;deur.
On constate des alternatives de diarrhee et de constipation, des digestions tres gazeuses.
Si I'affections'aggravepar la pullulation exces­sive des helminthes, le deperissement devient extreme, les poulains s'affaiblissent de plus en plus, sont pris de diarrhee et finissent par suc-comber.
Sur les jeraquo;nes chevaux ayant depasse la pe-riode de rallaitement, les symptomes les plus constants sont la perversion de l'appetit qui se reveille pour certaines substances qui leur repu-imeraicnt a l'ctat de santc et est nul ou variable pour des aliments de bonne qualite ; un mauvais etat general, souvent raalgre une faim insatiable; le rejet abondant et frequent de crottins mal moules, quelquefois fluides. Ces defecations trop reiterees ont valu aux chevaux qui les offrent l'appellation de vidards.
Dans quelques cas, l'obstruction du duodenum par des paquets vermineux provoque des coli-ques disparaissant avec la cause qui les avait amenees. jNous avons vu des exemples de ehe-
ocr page 337
SYMPTOMES.
32 t
vaux morts de consrestion intestinale consecutive ä la persistance de cette obstruction.
Le diagnostic des coliques duesaux helminthes est facile lorsqu'on en rencontre dans les ma-tieres fecales; clans le cas contraire, il est force-ment douteux.
Si,apres I'examen d'un jeune cheval malingre, on ne decouvre aucune maladie ä laquelle son manvais etat general pnisse elre rapporte, on a de fortes presomptions pour qu'il soitdiia uneaffec­tion vermineuse.
Les svmptomes eloignes et frequents offerts par certains animaux, comme le chien et lechat, et provenant de phenoinfenes reflexes, provoques par les vers intestinanx, sont rares chez le cheval: la toux symptomatique d'affections vermineuses fait le plus souvent dcfant; M. Megnin cite cepen-dant des cas qui se sont accompagncs de convul­sions epileptiformes, de tetanos et de vertige.
sect; 1quot;.
Cestodes.
Le cheval heberge trois especes de tenia. Ils sont tons inermes.
CHAMPET1ER.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;21
ocr page 338
322nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS VERMIJN'EUSES.
laquo; On ignore absolument ce qui se rapporte ä leur forme cystique. raquo; (Neumann.)
Ils ont pour caracteres communs d'etre de-pourvus de crochets et de con et de n'avoirqn'nn seul pore genital par annean, situe du memecote pour tons ies anneaux.
Ces trois especes soot : lu le Tenia perfolie ; 2deg; le Tenia mamillan ; et 3quot; le Tenia plisse.
1. — Tenia perfolie.
Description. — laquo; Long, en general, de 26 a 28 millimetres, tnais pouvaut atteindre, d'apres Ru­dolph!, jusqu'ä 80 millimetres; large de 3 ä 15 millimetres. Tete assez grosse, letragone, arrondie prolongee en arriere par quatre lobes arrondis aussi; ventouses ciipuliformes,dirigees en avant. Anneaux epais, mais trcs courts, de plus en plus larges jusque vers le milieu de la longueur du corps, se succedant comme des feuillcts, chacun d'eux recouvrant, cmboitant le suivant, auquel il n'adhere que selon unc ligne metliane transver­sale. raquo; (Neumann.)
ocr page 339
SYMPTOM ES.
323
//. — Tenia mamillan.
Description. — laquo; Long de 1 ä 5 ccnlimetros, large en movenne de i ä 6 millimetres. Tote tetragone obtuse, beaucoup plus petite que dans l'espece precedente et ne portant pas de lobes posterieurs ; ventouses laterales, parcourues en general par ua sillon longitudinal. I.es aaaeaux s'elargissent rapidement, de maniere ä acquerir bientot leur plus grandc largeur ; an contraire, leur longueur augmente peu ä pen jusqu'ä l'ex-tremite posterieure,de maniere a depasser, chcz les derniers, la moitic de leur largeur. raquo; (Railliet.)
111.
Tenia plisse.
Description. — laquo; Long de 1 centimetre 1/2 a 8 centimetres, tete grosse, courte ct large, legere-ment deprimce d'nne face ä lautre du ver, ven­touses cupuliformes, dirigees en avaut. Anneaux larges de un derni ä 2 centimetres, les plus larges etant vcrs le milieu de la longueur du
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Öiinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIOKS VERMIKEIISES.
strobile ; de plus en plus longs des premiers aux derniers, qui mesurent 1 millimetre a 1 milli­metre 5. raquo; (Neumann.)
Habitat. Le tenia porfolie habite le coecutn et se voit rarement dans le colon ou dans 1'intestin grcle; le tenia mamillan, I'intestin grele, moins sonvent dans le duodenum qne dans l'ilcon et le jejunum; lo tenia plisse, I'intestin grele et re-monte qnoltpiefois dans I'estomac.
Frequence. — Greve les a vns par milliers dans I'intestin grele.
laquo; Sur 100 chevaux environ, Krabbe, ä Co-penhague, a trouve 28 fois le Tosnia perfoliata, 8 fois le Toenia mamillana, pas une fois le Taenia plicata. Les Tcenia perfoliata etaient au nombre de 25 en movenne, 2 fois de 100 ä 200 et une fois de 400. Les Tcenia mamillana se tronvaient en movenne an nombre de 25, 75 a etc le maximum. — Les observations de Hering faites a Stuttgard concordent assez bien avec celles de Krabbe, sauf que les teuias dn cbeval y sont beaucoup moins frequents et que le Toenia plicata y est moins rare. En France les trois especes sont tres pen com-
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 325
munes et la derniere tout ä fait exceptionnelle. raquo; (Neumann.)
Ces helminthes a'affirment, d'habttude, leur presence par aucun signe; cependant, dans ccr-taines circonstances, üs peuvent provoquer des symptömes analogues a cenx decrits precedem-ment et amener l'anemie.
M. Megnin cite deux fails concernant des che-vaux morts de peritonite provoquee par la rup­ture de jabots iatcstinaux formes par un amas cle Toeniaperjöliata. Pcrroncilo relate un cas de meme nature.
Uürlimau mentionne Line observation d'anemie suivie de paralysie, a la suite de laquelle le ma-lade futabattii; A l'autopsie, il trouva une teile abondance de tenia perfolie qu'il put en reraplir une grande corbeille.
sect; 2. — Nematodes.
1. — Ascuride megalocephale,
Cette espcce, la plus grande de sou genre est propre aux equities.
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326nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIOJVS VERMIjXEUSES.
Description,—laquo; Corps blanc, jüiinätreetraide.
Tete (listincle, levres etranglees clans lenr mi­lieu, pourvues sur leur bord libre de dents rela-livement quot;randes.
Longueur du male, 1 5ä 28 centimetres; queue liordee de deux petites ailes membranenses por-taut de chaque cote de 79 ä 105 papilles, dont 7 postanales, numeros 4 et 5 reunis en une seule ])apille, aiusi que 6 et 7, une papille impaire de-vant I'anus, les autres preanales, disposces en une seule, jxiis en piusieurs rangces.
Longueur de ia f'emelle, 18 a 37 centimetres; vulve situee vers le quart anterieur du corps.
OEufs presque globuleux d'un diametre de 90 a 110 ij.. raquo; (Neumann.)
Habitat. — L'ascaride megaloccphale liabitc i'inlestiu grele du clieval, mais pent arriver dans restomac et jnsque dans le canal choledoque et le canal pancreatique.
Frequence, — Krabbe i'a trouve dans 16 pour 100 des chevaux qn'il a examines.
Le nombre des ascarides est tres variable; a Cureghem on en a cornptc jusqu'a 1,800 dans Tintestin dun nieme cheval.
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SYMPTOMES.
327
En quantite si considerable, ils se reunissent en paquets ou en faisceaux obstruant plus on moins completement I'intestin grele.
Lorsque les ascarides sont en petit nombre, ils ne provoquent ancun trouble appreciable, mais s'ils se sont multiplies ä l'exces, ils accusentleur presence par de l'anemie, de rainaigrissement,des rejets frequents de crottins suivis de l'expulsion d'un liquide trouble, de l'arrct de dcveloppcment lt;les poulains et des coliques plus on moins vio-lentes snivies de morl, dans quelques cas.
A I'autopsie, on constate une congestion plus on moins vive des portions du tube digestif en contact avec les lielmintbes, ou desobstructions; des dechirures de I'intestin resultant de son oc­clusion et des efforts violents d'expulsion, ou de son ramollissement consccutif ä l'etat congcstil.
Ce dernier accident coincide avec une peri-tonite par perforation due ä la penetration dans le peritoine de liquides intestinaux et d'asca-rides.
Veret signale des cas de perforation de I'intes­tin grele par ces vers. M. Neumann ne croit pas, malgrc les caracteres de I'onverture accidentelle,
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328nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS VERMINEUSES.
sa forme circulaire et son petit diametre, qu'elle soit imputable ä une action traumatique directe exercee par les vers. laquo; II est possible, dit-il, que les ascarides s'attaquent ä la muqueuse par leurs levres dentces et y amenent uue inflam­mation locale qui fuiit par aboutir ä une ulce-ration raquo;.
II. — Oxyure courbe.
On rencontre ä pen pres exclusivement la femelle.
Description. — laquo; Sa longueur est de i a 5 centi­metres, clle est arqncc dans sa partie anterieure et s'amincit en arriere. La vulve est a 1 centi-melrede la Louche. Les ccufs sont ovoides, longs de 88 a 95 fx, langes de iO ä iü y-, asvnictriqnes et ont un opercule a une de lenr extremite qui est tronquee.
Cette espece n'a point d'ailes laterales; la Louche presente trois grandes levres arrondies, enveloppant chacune deux mamelons.
Le male tres rare a de 9 ä 12 millimetres de long ; son extremite posterieure oLtuseest munie
.
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SYMPTOMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;329
de plusieurs papilles dont les plus longues sou-tiennent une bourse caudale tres developpee ; le spicule estdroit, grele, tres aigu. raquo; (Neumann.)
Habitat. —D'apres G. Colin l'oxyureseloca-liserait d'habitude dans la courbure diaphragma-tique du gros colon, mais on le rencontre, cepen-dant, assez frequemment dans toutel'etendue du gros intestin. Ce fait n'a rien qui puisse sur-prendre, etantdonnees les habitudes vagabondes de cet hclminthe. II quitte volontiers son habitat normal pour faire des excursions dans le tube digestif. On le voit quelquefois accroche ä la marge de l'anus.
Les oxyures sont assez inoffensifs, cependant Pflug cite le cas d'un cheval auquel ilsavaient occasionne une eruption tres prurigineuse.
En se rapprochant de l'anus, ils occasionncnt parfois une irritation assez vivc qui pent se tra-duire par du prurit anal, des chaleurs chez les femelles, et du tenesme.
Avec ses symptomes on observe de la rougeur ä la marge de l'auus, son gonflement meme, et de l'agitalion de la queue.
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330nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS VERMISEUSKS.
111. — Sclerostome arme.
Description. — laquo; Corps gris ou brim, nuance derougedtre, droit, raide, la partie anterienreplus large que celle qui vient immerlintcment apres. Boucho orbiculaire, largeraent ouvcrle, tendue par plusieurs anneauK chitineux concentriques, lt;loiit Ics plus interieurs sontgarnis de dentelures fines, le plus exterieur portant six papules syraetriquement reparties. Capsule Luccale snu-tenue par une cole longitudinale dorsale et por­tant dans son fond deux plaques trancbantes arrondies. Bourse caudale du male presque tri-lohee, a coles posterieures trifurquees, les movennes dedoublees, les anterieures fendues. Femelle a queue obtuse, ä vulve situee dans la moitie posterieurc du corps. OEufs ovo'ides, de 92 p. su r 5i. T.es dimensions sont variables: tantot les males out 18 a 20 millimetres et les femelles 20 a 26, tantot cette longueur est res-pectivement 26 a 35 et 35 ä 55. raquo; (Neumann.)
Habitat. — Le sclerostome arme se rencontre dans le coecum et ü l'oriijine du sros colon. C'est
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STMPTÖMES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 331
im ver excessivement frequent chez le cheval. Nous l'avons vu souvent dans des autopsies, brincipalement sur les jemies chevaux venant de Normandie ; ce n'est pas dire que les chevaux du midi ne puissent en etreaffectes. Dujardin l'avu ä Toulouse et ä Hcnncs clans tous les chevaux qu'il a visiles.
Les sclerostomes se fixent a la muqueuse du ijros intestin ä l'aide de leur armature buccale. lls sontquelquefois Lei lernen tnombreux que cetle muqueuse en est herissee, A leur point d'adhc-rence, eile forme une i)cl;itc saillie de teintc sombre.
En general, pen dartgereux, on leur a cepen-dant impute des morts par suite d'anemie, de diarrhee ou de colicpies.
Les tumeurs intestinales provoquees par les sclerostomes varient depuis la dimension d'nne tete d'epingle ä celles d'ime noisette et dune amande, selon le developpement des versqui y sont inclus.
On voit encore les sclerostomes dans les ane-vrysmes de differentes arteres : la grandemesen-teriqne, les arteres hepatiques, renales, testicn-
ocr page 348
332nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS VERM1KEUSES.
laires, occipitales, etc. ; dans clans les muscles, le pancreas et clans des kystes sous-muqueux du coecum et quelquefois du duodenum.
ARTICLE IV.
Traitement.
II est assez difficile parfois de diagnostiquer surement imc affection vermineuse, ä fortiori At determiner l'espece d'heiminthes ä lacjuelle eile est due.
La medication doit, par consequent, des le de-Lut, manquer de la precision et de la rigueur desirables; plus tard, par un examen attentif des excrements clans lesquels on pent rencontrer des vers, il est possible de reunir tons les elements necessaires a I'institution d'un traitement ration-nel.
Les cas les plus frequents d'helminthiase etant occasionnes par les ascarides et les sclerostomes, c'est d'abord le traitement leur convenant qui doit etre employe.
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TRA1TEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;333
Des resultats tres avantageux ont ele obtenus parradministration, pendant une dizainedejours, d'acidearsenieux ä des doses variables selon Tage des sujets: 0,25 ä 0,30 centigrammes pour les poulains, do 1 a 3 grammes pour les chevaux.
Certains veterinaires ont conseille I'emetique a la dose de 15 ä 20 gr. donne en quatre fois, dans la journee, par fractions espacees de 3 a 4 heufes, dans un vehicule ä la poudredegentiane, on bien melanoe avec de l'assa-foetida et de riiuilc empvreumatique.
Ce dernier traitement nc pent convenir qu'ii des chevaux adultes.
Los baies de genievre associees a la creme de tartredansdu son monillo, administrees pendant unequinzaiae de jours, ont reussi entreles mains de Zundel.
Contre les tenias, le konsso, la racine de fougere male, l'ecorce de racines de grenadier, suivis d'nn purgatif, semblent etre les substances les pins efficaces.
Tons ccs agents, utiles dans les cas specianx qui viennent d'etre indiqnes, nous paraissent devoir donner des effets douteux contre les oxvures.
ocr page 350
334nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;APFECT10SS VKRMIISEUSES.
Ces vers, loges dans les parties posterieuresdu tube digestif, sont difficilement atteints par les vermifuges. Ceux-ci sontabsorbes ou decomposes par les sues digestifs avant d'etre en rapport avec les parasites centre lesquels ils sont diriges.
II cst preferable d'agir centre enx par des la­vements sales qui donnent des resultats si salis-faisanls,en medecinebnmaine, pour detruire les-pece d'oxyure ayant cboisi I'homme pour habitat.
Mais, pour que les lavements sales produisent de bons effets, ils doivent etre administres au moment oil lo cheval accuse la presence des oxyures pres de l'ünus ou dans le rectum, pardes mouvements de sa queue ou du prurit anal.
Ce moment favorable pent se produire dans la jburnee, mais d'habitude e'est surtout dans la nuitque les oxyures sc livrent ä leurs habitudes nomades et s'eioignent de leur habitat de predi­lection pour se rapprochcr des confinsposterieurs du tube digestif; e'est done dans la nuit qu'il convient d'agir contre eux.
[ndependamment de ces soins, on a constate les bons effets du regime vert, l'ete, et des ca­lottes, I'hiver, ainsi que de l'avoine torrefiee.
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PBOPHYLAXIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 335
Le calomel pent rendre de grands services dans le traitement de Fheltninthiase des poulains. La dose doit etre de 2 ä 3 grammes selon leur deve-loppement.
üne alimentation saine, nutritive fait partie cle I'hvgiene a faire suivre aux chevaux debilites par les affections vermineuses. 11 est meme souvent utile d'activer leur appetit en salant leurs ali­ments, et d'accroitre les functions digestives par les tomqucs.
ARTICLE V.
Prophylaxie.
S'il est des helminlhes dont on ignore les mi­lieux interracdiaires dans lesquels se produiscnt leurs metamorphoses, s'il en est d'autres dont Je cycle vital s'accomplitdans I'individu dont ils ont pris possession, il en est, lesascarides,par exem-ple, dont les oeufs ont une force tres grande de resistance aux causes exterieures de destruction et qui se transmettent d'un sujet ä l'aulre pur
ocr page 352
336nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;APPECTIOMS VERMINEUSES.
une sorte de contagion mediate, an moyen des germes expulses avec les crottins on par les oenfs renfermes dans les vers rejetes. Ces oeufs devien-nent lihres apres la dissociation du ver adulte qui les renfermait.
Contre cette cause d'extension des aflections verminenses, il n'est pas de mesureplus sage que la destruction, par 1c fen, des vers expulses on des litiores infeclees, specialement apres un trai-lement anthelminthique.
Les päturages humides devront etre aban-donnes si on constate des cas nombreux d'hel-minthiase et si, malgre le traitement des snjets infectes primitivement, on remarqnc 1c retour de cette affection.
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GHAPITRE IX.
INSECTES CAVITAIRES.
Les oestres sont des insectes dont une partie des metamorphoses s'accomplit dans I'interieur de l'estomac des animaux on dans son Aoisinasre immediat. Quelques-unes, pendant leur vie lar-vaire, habitent les sinus de la tete du chien et du mouton.
Nous ne nous occuperons que de celles qui sont propres au cheval.
ARTICLE PREMIER.
Etiologie.
Les cestres peuvent s'etablir snr les jeunes chevaux, des leur premiere annee. Tout cheval vivant ä l'exterieur, prenant sa nourriture dans les prairies, dout les pansages sont mal faits ou nuls, heberge, a pen pros sürement, une ccrtaine quantite de larves d'oestres.
CHAIIPKTIEU.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;22
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338nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;INSECTES CAVITAIRES.
Ces insectes vivent ä l'etat parfait depuis le mois de juin jusqu'aii mois d'octobre, mais c'est dans le mois d'aoiit qu'ils sont le plus abondants.
Les oestres du cheval appartiennent toutes au genre gastrophile. II est l'höte de deux especes differentes, le Gastrophile du cheval et le 6'laquo;^-trophile hemorrhoidal.
1. — Gastrophile du cheval.
Description. — C'est un insecte velu, ä face fauve couverte d'un duvetblanchätre; son ab­domen est d'un jaune brun ou ferrugineux avec des taches irrcgulieres. Il mesure de 12 ä 14 millimetres de longueur.
Cette espece est trcs repandue en Europe.
A l'epoque de la ponte, aux heures les plus chaudes de la journee, la femelle voltige autour des chevaux qui supportent difricilement son approche : ils sont excites, inquiets et se defen-dent de leurmieux contrerennemibourdonnant; certains fuient meme les champs pour chercher un abri dans les ecuries.
Cependant la femelle d'cestre, attentive, finit par dejouer les moyens de defense du cheval, et
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ETIOLOGIE.
339
un temps presque inappreciable lui suffit pour deposer jolaquo; oeuf sur un poil auquel il adhere an moyen d'une substance agfglutinante speciale, dentil est pourvu et qui se durcit ä lair.
Les ceufs de gastropbile sont pondus sur les epaules, les avant-bras et les canons du cheval.
Ils sont d'un blanc jaunatre, coniques, tronqnes ä leur extremite libre et pourvus d'un opercule.
Leur eclosion a lieu au Lou t de quelques jours: 4 a 5, d'apres Bracy-Clarli, 20 ä 25 d'apres Joly.
Quoi qu'il en soit, la periode d'incubation ter-minee, les larves d'eestre soulevent FopercHlc de l'oeuf, ensortentet semettenta ramperala surface de la peau. Elles provocjuent des demangeaisons qui poussent les chevaux ä se lecher. La larve, prise par la langue, est ensnite deglutie avec les aliments, et eile va se greffer sur la muqueuse de I'estomac au moyen de ses crochets buccaux.
Dans I'estomac, eile se nourrit des sues secre­tes par la muqueuse, irritce par le contact de la larve. Au fur et ä mesure de son developpemcnt et de la pression qu'elle exerce sur la muqueuse gastrique, se forme a son point d'adherence nne sorte d'alveole dans lequel sa tete est cachee.
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I ,
S'lOnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; IWSECTES CAV1TAIKES.
Dans I'estomac, la larve des gastrophiles subit trois mues clont la diiree est d'environ dix mois.
Son developpement complet atteint, eile se detache; eile est emportee avec les aliments et rejetee par 1'anus avec les matieres fecales.
Dans cette phase de sa vie exterieure, eile se cache, soit dans les crottins, soit dans les anfrac-tuosites du sol ; ses mouvements finissent par cesser, son enveloppe exterieure se durcit pen ä peu et remprisonnecomme un cocon. 4 la faveur de la protection de cette coque, eile passe a. letat nvmphairc. Cette metamorphose dure en­viron une trentaine de jours apres lesquels I'in-secte parfait est constitue.
La larve d'oestre arrivee ä son complet deve­loppement est jaunatre, ovo'ide, pourvue de 13 anneaux ; sa longueur totale est de 18 a 20 milli­metres.
JI. — Gastrophile hemorrhoidal.
ll est plus petit que le precedent et ne mesure guere que de 9 all millimetres.
Sa couleur est brim noir. Sa face est couverte de pods d'un jaunc blanchatrc, son front a des
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KTIOLOGIE.
34'1
poils fauves. Son thorax est revetu de polls gris olivätre el offre une bände transversale noire en arriere. Son abdomen est vein ä poils blancs en avant, noirs au milieu et de teinte orangee en arriere. Ses alles sont hyalines, sans laches.
Il depose ses ceufs, de couleur noire, sur les levres ou sur les longs polls qui les bordent.
Les larves, apres l'ecloslon des oeufs, produl-sent des tltillations qui portent les chevaux a se hotter le bout du nez centre tons les objets et contra leursmembres anterieurs, ou blen a se le­cher les levres. C'est ainsi qu'elles penelrentdans la cavlle abdominale.
De memo que les larves du gastrophile du cheval, celles du gastiophlle hemoirhoidal su-bissent dans les caviles les memes mues, mais elles se distinguent en ceque leur metamorphose en insecte parfait se fait soil dans le rectum, soil a la marge de l'anus oü elles adherent fortement.
La larve du gastrophile hemorrhoidal est plus petite que celle de l'cestro gastricole; sa couleur est rouge plus lonce.
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342nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1HSECTES CAVITAUIES.
ARTICLE II.
Symptomes.
I. — Gastrophile du cheval.
Loräquti les gaslrophiles sont en petite quan-tite dans I'estomac, ils ne provoquent aucune reaction speciale permettant de diagnostiquer leur presence; mais en grand nombre, ils peuvent nuire a la digestion par les troubles gastriques qu'ils occasionncnt et donner lieu a des accidents graves qni vont ctre rapidement passes en revue.
Valisnieri attribne a des oestres une epizootic qni sevit sur le territoire de Verone et de Man-touo, de laqnclle un grand nombre de chevaux moururent.
Numan croit qu'elles peuvent perforer les pa-roisde I'estomac et etre la caused'accidents for-midables, ou bien qu'elles determinent de la toux, des coliques, on encore des symptomes cere-braux, des inflammations de diliferents visceres, en particulier du poumon.
TIertwig a vu un cheval succomber d'une he-morrhagie stomacale. A I'autopsie, il remarqua
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SYMPTOMES.
343
qu'elle etait due ä une uIceration de l'artere gastro-epiploique provoquöe par des larves d'oestre.
Un autre cas interessant relate par Numan est celui d'un cheval abattn pour paralysie generale subite, a I'autopsie duquel il constata une poche, renfermant dix oestres, qui s'etendait entre le cardia et la colonne vertebrale, et communiquait avec I'estomac.
//. — Gastrop/iile Jieinorrhoidal.
II s'implante pendant les Saisons automnale et hivernale dans I'estomac ou sur les bords du pylore oü il est le plus souvent entoure de larves de lautre espece; par consequent, ce qua nous avons dejä dit en parlant de cettederniere luiest applicable.
Cependant, il provoque certains desordres spe-ciaux que nous allons faire connaitre. Hertwig rapporte qu'un cheval, ayant ä i'anus et au rectum une trentaine d'oestres, fit de tels efforts de de­fecation qu'ils provoquerent un renversement du rectum.
Vitry parle d'un cheval qui mourut au bout de
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344nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; INSECTES CAVITAIRES.
deux mois d'une affection caracterisee par une toux quinteuse, seche, une dyspnea de plus en plus grande. A I'autopsie, il trouva cinq larves d'cestre accrochees sur les bords de l'epiglotte.
Dans un cas analogue, Crepin relate qu'un marechal qui rapportait ces symptomes a une plume arretee au voisinage du larynx, introduisit une baguette munie d'un linge dans Tarriere-gorge et retira plusieurs larves d'cestre. Grace a cet ecouvillonnage le cheval fut gueri.
D'autres faits de cettc nature ont etc signales par Günther, Runer et Pigeaire.
ARTICLE III.
Traitement.
Les larves d'oestres offrent une grande resis­tance aux agents parasiticides employes pour les combattre.
Lessona pretend avoir obtenu de bons resul-tats avec la racine de bryone ä la dose de 15 ä 20 gr., pulverisee et tenue en suspension dans un demiditre d'eau.
Cambron prefere le goudrön ä la dose de 8 ä 40 gr. dans une infusion aromatique.
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TUAITEMENT.
345
L'huile empvreumatiqne peut convenir egale-ment a des doses variant de 30 ä 40 gr. par jour. Elle est offerte aux chevaux en electuaire, asso-ciee ä de la poudre de racine de fougere male, ä de Taloes ou ä de la gentiane.
Si des cestres se sont accrochees an pharynx et au voile du palais et provoqnent des qnintes de toux, on peut essaver l'ecouvillonnage de Tar-riere-bouche d'apres le procede indique par Crepin.
Les larves d'cestre hcmorrhoidale accrochees a la marge de l'anus doivent etre arrachees afln d'eviter aux chevaux les demangeaisons qu'elles occasionnent. Si Ton en soupconne dans le rec­tum, on pent essaver de les detruire avec des la­vements contenant de la benzine ou de l'huile empyreumatique.
ERRATA.
J'age 72. ligne 15, 5deg; mot, lire I'ipiderme, an lieu il'epithelinm. Page lö'.i, ligne 23. 8deg; mot, lire ovulaire, au lieu lie ovolairo. Page 192, ligne 23, 9quot; mot, lire expimlion, au lieu de inspiration.
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TABLE DES MAXIERES
Tages.
Introduction...................nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1
CiiAPiTRt pREMiKB. — GouTme............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;13
Art. Ter. — Nature de la gourmc..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;15
Art. 11. — Etiologie..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;l!gt;
Art, III. —Division tie la gouruie.........nbsp; nbsp; nbsp; li
S 1er. Gourme locale.............nbsp; nbsp; nbsp; 25
sect; ~. Gourme gcnöralisee............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;;JI
Art, IV. — AiTections greffees sur la gourme......nbsp; nbsp; nbsp; 34
Art. V. — Marche et terminaisons.........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;JII
Art. VI. — Caractöres objectifset microscopiquesdesprodaits
gourmeux.............nbsp; nbsp; nbsp; 43
Art. VII. — Traiteznent.............nbsp; nbsp; nbsp; 44
Chapitre ii. — Scarlatinoide............nbsp; nbsp; nbsp; 07
Art. Iquot;, — Definition et division..........nbsp; nbsp; nbsp; 01
Art. II. — Etiologie..............nbsp; nbsp; nbsp; 02
Art. III. — Symptöracs.............nbsp; nbsp; nbsp; 07
sect; Ier. Forme benigue.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;07
sect; 2. Forme grave..............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;74
Art. IV. — Com|)Iicaüons, nephrite infeclieupe.....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;lit
Art. V. — Anatomie patiiologique.—Examen microscopique.nbsp; nbsp; nbsp; 88
Art. VI. — Trailernent.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;D3
Art. VII. — Prophylaxie.............nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,.)7
Chapitre in. —Variole (Horse-pox).........nbsp; nbsp; 101
Art. Ilaquo;r. — Historique............nbsp; nbsp; nbsp;101
Art. II. —Nature de la variole..........nbsp; nbsp; nbsp;105
Art. III. — Eliologie..............nbsp; nbsp; nbsp;Ill
Art. IV. — Symptoraes.............nbsp; nbsp; nbsp;117
S Ier. Symptömes generaux...........nbsp; nbsp; nbsp;IIS-
^ cl. Caracleres de la pustule variolique.......nbsp; nbsp; nbsp;110
sect; .'i. Eruptions sur les muqueuses.........nbsp; nbsp; nbsp;1*27
1deg; Eruptions nasales............nbsp; nbsp; nbsp;1*28
-0 Eruptions buccales............nbsp; nbsp; nbsp;135
3deg; Eruptions vaginales...........nbsp; nbsp; nbsp;137
•'i0 Eruptions du penis et du iburreau......nbsp; nbsp; nbsp;137
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TABLE DES MAXIERES.
347
Art. V. — Anatomie palhologique (Tune pustule de variole.nbsp; nbsp; nbsp;138-
Art. VI. — Du Horse-pox. au point de vue vaccinal. . . ,nbsp; nbsp; 142
Art. VII. — Traitement.............nbsp; nbsp; nbsp;146
Ciiapitre iv. — Pneumonie infectieuse........nbsp; nbsp; 14a
Art. \*r — Y a-l-il deux formes de pneumonies? . . . .nbsp; nbsp; nbsp;151
Art. II. — Nature de la pneumonie.........nbsp; nbsp; 153
Art. III. — filiologie..............nbsp; nbsp; 16a
Art. IV. — Division de Ja pneumonie........nbsp; nbsp; nbsp;175
Art. V. — Symptömes.............nbsp; nbsp; 177
sect; ler. Pneumonie slhenicjue...........nbsp; nbsp; 177
sect; 2. Pneumonie infectieuse adynamique......nbsp; nbsp; nbsp;193
Art. VI. — Marche et duree...........nbsp; nbsp; nbsp;196-
Art. VII. — Com plications............nbsp; nbsp; nbsp;197
sect; 1er. Pleuresie...............nbsp; nbsp; 197
sect;2. Gangrene pulmonairc...........nbsp; nbsp; nbsp;198
sect; 3. Suppuration pulmonaire..........nbsp; nbsp; 201
sect; 4. Enterite...............nbsp; nbsp; 202
sect; 5. Nephrites...............nbsp; nbsp; 20i
sect; ü. Arthrile infectieuse............nbsp; nbsp; 20lgt;
Art. VIII. — Anatomie palhologique.........nbsp; nbsp; 213
Art. IX. — Traitement.............nbsp; nbsp; 227
sect; 1er. Traitement de la pneumonie infectieuse.....nbsp; nbsp; 231
I.nbsp; Indications communes...........nbsp; nbsp; 231
II.nbsp; Indications spcciales...........nbsp; nbsp; 234
1deg; Pneumonie sthönique..........nbsp; nbsp; 234
2deg; Pncunomie adynamique.........nbsp; nbsp; 240
sect;2, Traitement des complications........nbsp; nbsp; 251
1.nbsp; Gangrene...............nbsp; nbsp; 251
2.nbsp; Pleuresie...............nbsp; nbsp; 252
3.nbsp; Enteritc infectieuse............nbsp; nbsp; 254
4.nbsp; Arlhrite infectieuse............nbsp; nbsp; 255
Art. XI. — Prophylnxle.............nbsp; nbsp; 256
Chapitre v. — Enterite diarrheique.........nbsp; nbsp; 258
Art. 1er. — l'Ztiologie..............nbsp; nbsp; 251*
Art. II. — Nature de la maladie..........nbsp; nbsp; 261
Art. III. — Symptomes.............nbsp; nbsp; 266
Art. IV. — Marche, duree, terrainaison.......nbsp; nbsp; 270
Art. V. — Complications............nbsp; nbsp; 272
Art. VI. — Anatomie patUologique.........nbsp; nbsp; 273
Art. VII. — Traitement.............nbsp; nbsp; 275
Art. VIII. — Prophylaiie.............nbsp; nbsp; 27raquo;
Chapitre yi. — Arthrite des Poulains........nbsp; nbsp; 282
Art. ler. _ filiologie..............nbsp; nbsp; 283
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348nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;TABLE DES MAXIERES.
Art. II. — Symptomes.............nbsp; nbsp; 288
sect; Ier. Arthrile exsudative...........nbsp; nbsp; 288
sect; 2. Arthrite purulento.............290
sect; 3. Gomplicalions de l'artlirite purulente......nbsp; nbsp; 291
Art. III. — Marche, duree, terminaisons.......nbsp; nbsp; 273
Art. IV. — Anatomie pathologique.........nbsp; nbsp; 295
sect; iCr. Forme exsudative............nbsp; nbsp; 295
^ 2. Forme purulento............nbsp; nbsp; 298
Art. VI. — Traitement.............nbsp; nbsp; 299
sect; ter. Forme exsudative............nbsp; nbsp; 299
S 2. Forme purulente............nbsp; nbsp; 302
Art. VII. — Prophylaxie.............nbsp; nbsp; 305
Chapites vii. — Muguet..............nbsp; nbsp; 307
Art. Iquot;. — Nature de la malodie..........nbsp; nbsp; nbsp;308
Art. II. — Eliologie..............nbsp; nbsp; 309
Art. III. — Symptömes.............nbsp; nbsp; 310
Art. IV. — Traitement.............nbsp; nbsp; 311
Chapitre vm. — Affections -vermineuses.......nbsp; nbsp; 313
Art. Ier. — Division. ... .........nbsp; nbsp; 314
sect; 1er. Spiropteres..............nbsp; nbsp; 314
sect; 2. Gestodes et nematodes..........nbsp; nbsp; 315
Art. II. — Etiologie..............nbsp; nbsp; 31ö
Art. III. — Symptömes.............nbsp; nbsp; 319
5 1quot;. Gestodes...............nbsp; nbsp; 321
I.nbsp; nbsp; nbsp;Tenia perfolie.............nbsp; nbsp; 322
II.nbsp; nbsp;Tenia mamilhin.............nbsp; nbsp; 323
III.nbsp;Tenia plisse..............nbsp; nbsp; 323
sect; 2. Nemalodes.....,.........nbsp; nbsp; 325
I.nbsp; nbsp; nbsp;Ascaride megalocephale..........nbsp; nbsp; 325
II.nbsp; nbsp;Oxyure courbe.............nbsp; nbsp; 328
III.nbsp; Sclero^toino arme............nbsp; nbsp; 330
Art. IV. — Traitement.............nbsp; nbsp; 332
Art. V. — Propliylaxie.............nbsp; nbsp; 335
CniPiTKE ix. — Inseotes cavitaires..........nbsp; nbsp; 337
Art. Ier. — Etiologie..............nbsp; nbsp; nbsp;337
I.nbsp; nbsp; nbsp;Gastroplüle du clioval. . . .......nbsp; nbsp; 341
II.nbsp; nbsp;Gastrophile liemorrhoidal..........nbsp; nbsp; 342
Art. II. — Symptömes.............nbsp; nbsp; nbsp;342
I.nbsp; nbsp; nbsp;Gastrophile du cheval...........nbsp; nbsp; 342
II.nbsp; nbsp;Gastrophile hemorrlioidal..........nbsp; nbsp; 343
Art. III. — Traitement. ........... .nbsp; nbsp; 345
Chartres, — Jmprimeiie Dlraxd, rue Fulbert.
m.
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#9632;
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