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Sans la science, point d'idees saines; sans idees saines, point de pratique habile et heureuse. JOUFFROY.
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ASSELTN et HOUZEAU,
Libraires de la Social^ centrale de medecine vet^rinbire,
PLACE DE l'eCOLE-DE-MEDECINE
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Paul HARTENSTEIN
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VETERINAIRE.
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yans la science, point d'idees saines; sans idees saines, point de pratique habile et heureuse. Jouffroy.
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ASSELIN et HOUZEAU, Libraires de la Sociäte centrale de medecine vetlrinaire,
PLACE DE L'ECOLE-DE-MEDECINE
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PREFACE
Gel ouvrage est le fruit de dix annees d'observatious et d'experiences pratiques; il reproduit, tout en les completant, une serie de publications quej'ai adrossees aux journaux veterinaires depuis 1874.
L'hydrotherapie, apres avoir joue alternativement dans la medecine de rtiomme, depuis Hippocrate jus-qu'a nos jours, le röle d'idole ou celui de victime, u'est entree dans la pratique veterinaire que depuis quelque vingt annees. A part les observations publiees en France par MM. les professeurs Peuch et Trasbot, par MM. Causse et Salles, la Bibliotheque veterinaire ne nous öftre pas un seul exemplaire ayant trait ä cette methode si fertile en resultats heureux. Cette penurie tient evidemment a la rarete des experiences comparatives tentees jusqu'ä ce jour. La methode des irrigations continues appliquee au traitement de certaines maladies chirurgicales avait regu une vive impulsion a la suite des nombreuses experiences tentees par M. Trasbot, d'Alfort. II est demontre aujourd'hui que cette methode, dans beaucoup d'aftcctions chirurgicales, estlaseule qui puisse donner un resultat favorable. Mais, si l'hydrotherapie a regu sa consecration en Chirurgie veterinaire, eile est a peine naissante, lorsqu'il s'agit de son application au traitement des maladies gen6rales. Nul n'ignore la gravity des affections qu'accompagne sou-vent chez nos grands animaux domestiques I'^tat phy-siologique de gestation, et les complications graves
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IVnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; PREFACE.
qui peuvent survenir an moment dc la delivranco. La plupart de nos ouvrages de pathologic veterinaire se resseutent du milieu oü l'auteur a puise ses inspirations: !e cote chirurgical y est Iraite dc main dc maitre, avcc une abondance de procedes tonjours meilleurs; les affections epic le praticien etudic dans les grandes villes, ont leuiquot; large partaussi des liberalites de l'auteur. Mais, se pr6sentc-t-il imc des nombreuses affections qui font le descspoirdes veterinaires cxenjant dans les pays d'ele-vage, Ton constate chez les memes auteurs un laconisme, unc pauvrcte de details desesperants. Et le jeime praticien, subitement transplante du terrain de son ecolc, sur le veritable champ dc bataillc (celni dont.parlc Darwin) eprouvc en feuilletant ses auteurs favoris, I'im-mense decouragement que doit eprouver le voyageur egare dans le desert. II operera un javart cartilagineux avec dexterite; il fera une magnitique suture entortil-lee pour r6parer niomenlanemeiit un accroc desastreux ä la fesse ou une dechirure de la paupiere. Mais, qu'il lui arrive d'avoir ä reduire un renvcrsemeat de l'u-terus avec quarantc-huit hcures de date, ou a trailer un cas dc fievrc vitulaire, une congestion intestinale, prenant successivement par metastase la forme d'une metrite aigue, puis cclle d'une fourbure grave, il aura beau saigner, droguer, feuilletcr tour ä tour Lafossc ou Delafond, il en sera pour ses frais.
Dans le premier cas, on lui conseille na'ivemenl de faire l'impossible, c'est-ä-dirc de renvoyer par des moyens mecaniques dans une cavite trop etroite pour le contenir, un organe devenu dix fois trop volumineux. Puis, que le rumen se lege comme il pourra. Le veteri-
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PRKFACE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;V
naire n'a-t-il pas dans son arsenal de nombreux pes-saires, sans compter 1c true sublime de la suture des le-vres de la vulve !
Dans le second cas, e'est pis encore; des metastases, 11 ne connait que le mot: lei comme ailleurs, il esl de-sarme, abasourdi.
L'elevage des animaux domestiques a pris en France des proportions telles, que le veterinaire, dans les regions agricoles, est devenu en quelque sorte le gardien d'une grande partie de la fortune publique. Le role qu'il joue (ians les campagnes est si important, qüll lui faut un savoir pratique considerable. II I'acquiert ce savoir avec le temps, s'il est travailleur, s'il est done du feu sacre. Mais que d'aimees lui faut-il, pour arriver ä ce resultat inestimable I Ceux-lä seuls peuvent juger des mille difficultes qui surgissent ä chaque instant dans la vie pratique, qui en ont fait l'essai. Et de quelle utiiite serait pour notre art, un vaste repertoire rclatant les interessantes trouvailles des anciens?
Ce point essentiel de la pratique de notre medecine dans les pays d'elevage ne me semble pas avoir sufli-samment fixe l'altention des auteurs. Combien Dependant auraient-ils pu glaner d'observations utiles dans les innombrables publications des velerinaires, s'ils n'a-vaient prefere sacrilier I'utile a la symetrie. Les maladies sout enregimentees, classecs et traitees sur un plan uniforme et cette regularite qui peut etre utile en Chirurgie, oü le medecin traite un etat connu, des lesions mathematiques, dovicnt une gene considerable pour l'csprit du pratieien, lorsqu'il s'agit d'appliquer ee procede de traitement h une maladie generate.
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II est incontestable qua chaque region possede ses formes speciales de maladies; que rinfluence locale, la constitution medicate propre donnent un cachet de gravite ou de benignite ä ces maladies traitees toutes sur un plan uniforme; que tel procede de traitement donnera ici im resultat immödiat, certain, que lä, au contrairc, ec resultat sera insuffisant ou mil; qu'un re-vulsif applique au cheval de sang agira plus subitement sur sa peau richemeut organisee que s'il est applique au cheval de trait, sanguin ou lymphatiquc. 11 en est de meme du vesicant ou de la saignee.
Par consequent, plus nous forgerons d'armes nou-velles,et plus il nous sera facile de combattre I'ennemi, e'est-a-dire la maladie.
En creant ce travail sur I'hydrotherapie en medecine veterinaire, mon but etait de remplir cette premiere indication, c'est-ä-dire de livrer aux jeunes praticiens une arme nouvelle, et aux anciens qui s'interessent encore aux choses nouvellcs, cette preuve : que l'horizon des decouvertes dans notre medecine est si immense, que e'est une felonie de croire aux maladies incurables.
On ne nous livre pas, comme on le fait vis-ä-vis des courageux apötres de rhydrotherapie en medecine hu-maine, les rebus de l'allopathie, les malades qui out subi tour a tour les fantaisies therapeutiques de tous les specialistes, les desesperes enfin, auxquels le vet6-rinaire Priesnitz (1) rendait la force et la vie avec de l'eau, rien que de l'eau, au grand desespoirdesFacultös allemandes.
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(1) Priesaitz, If createur de I'hydrotherapie, exercaitl'art veterinaire.
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Notre terrain est vierge. Les maladies quo nous trai-tons sont rareraent chroniques. Nos malades sont des animaux, e'est-k-dire un capital. Nous pouvons tenter sur eux des experiences qui semblcraient odieuses an medecin de I'liomme.
11 m'eut ele possible de cueillir dans les nombreux ouvrages crees par les medecins, les elements d'un volume complet, de m'assimiler le produit des brillantes conceptions d'hommes illustres, de vernir l'ouvrage en lui donnant un ton factice et de mauvais aloi.
Mais lä n'est pas mon but; je veux resumer modeste-ment dans un livre plus modeste encore, une serie de pensees et des faits d'unc incontestable valeur pratique.
Je repeterai ce que disait M. le professeur Trasbot en 1876, ä propos de ses publications sur Virrigation continue dans le traitement de quelques affections chirur-gicaies : laquo; 11 restera dans mon travail beaucoup de la-cunes....., je ne doute pas qu'elles seront comblees petit ä petit par les observations des praticiens, etc., etc. raquo;
C'est aux lemons pleines de bon sens pratique de ce maitre, que je suis du reste redevable dc I'idee generate de mon travail. Les cures remarquables que je lui avals vu enregistrer pendant mon si'your k I'Ecole, m'avaient suggere I'idee d'appliquer le Systeme de riiydrotherapie au traitement des maladies aigues de nos grands herbivores, ä celles surtout qui sont le resultnt des grandes perturbations qu'amene infailliblement l'öpoque de la gestation.
11 faut, pour le traitement des maladies graves, des agents therapeutiques puissants, et il n'existe pas, assu-rementen pbarmacie, un medicament dont faction soil
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h la fois si active ct si variee. Aussi, peut-on appliquer indistinctement l'hydriatie au traitemeat des plaies simples, des caries, des necroses, des felures, des frac-tures,des maladies articulaires,tles congestions graves, des renversements de ruterus, de la fievre vitulaire, des paralysies, de Iagale,voire meme dn coonure, etc., etc.
Mais, il ne suftit pas d'inonder a tout liasard, etd'une maniere empirique, I'organe affecte on le malade lui-mcme :
Le medecin doit ici plus quailleurs connaitre la nature intime de la maladic qu'il se propose de trailer, les phenomenes tiu'elle presente, la date de son existence et le resultat qu'il se propose d'obtenir.
L'hydrotherapie embrasse dans sa pliilosophie tine foule de eonuaissances; aussi, cst-elle alternativement tributaire de toutes les sciences liees ä la medecine. Sa condition d'existence commc science positive, est abso-luraent subordonnee aux immenses dccouvertes des Dumas, des Boussingault, des Claude Bernard, des Colin, des Trousseau, des Pidoux et d'une infinite d'autres encore.
Habilement maniee, cettc metliode domic des resul-tats si remarquables, que nut ne pourrait encore lui assignor une limitc. Aussi, possede-t-elle a cöte du clan des critiques quelquefois integres ctutiles comme Boyer, quelquefois desolants dc legerete, comme le Dr Foy, uu tiombre infini d'enthousiastes dans tous les degrös de 1'echelle scientifique. Je ni'inscris au dernier echelon.
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INTRODUCTION.
Ce n'est pas sans une certaine hesitation que nous livrons notre prose aux disciples de Gutenberg. Les questions scientiflques ont rarement 1c privilege d'emouvoir les masses et souvent les decouvertes les plus precieuses dor-ment d'un long sommeil avant d'entrer dans le domaine des faits acquis.
Quelquefois un opuscule tout poudreux, dont les pages encore vierges sont devenues vieilles filles, nous tombe cntrc les mains; par desoouvrement nous deflorons I'aban-donnö et nous sommes surpris d'y cueillir une serie d'ob-servations interessantes.
L'idee d'appliquer l'essence de terebenthine an traite-ment du tctanos chez le cheval m'est venue de cette source la: une histoire lue clans les Archives sur un em-pirique qui administrait ii son malade un demi-litre de ce medicament; quelques essais tentes dans le meme but en administrant des doses moindres coup sur coup et j'ac-querais la certitude expcrimentale que ce procedö essen-tiellementvcterinairectait unedecouverte de la plus haute H.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1
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importance. J'ai la conviction que tot ou tard la medecine humaine s'en emparera, en la demarquant toutcfois pour lui enlevcr son arome originel. Que d'annees faudra-t-il pour que l'idee fasse son chemin? Je l'ignore.
Malgre mon ardent desk dc voir I'enfant adoptif croitre sous mesycux, j'ai la conviction qu'il n'ost paspret d'at-teindre Tage de puberte. Notre siccle regorge d'inventeurs plus ou moins convaincus, aussi n'est-il pas etonnant qu'alors que le coup de ciseaux de tel ou tel faiseur en re-nom se repand en peu de temps sur les deux hemispheves, rinvention medicale subisse fatalement sa quarantaine de-vant rindiffercncegenerale. I'ignorance ou la vieille routine.
A moins cependant que l'inventeur medecin s'avise de quitter les hautes spheres du desinteressemeut pour se noyer dans l'cpicerie des specialites ä principes secrets. Le Liebig. la Revalesciere ont valu des millions ä leurs inventeurs, de memo que les bonbons dorös de tel ou tel faiseur. Un elixir anti-tetaniquc adroitement lance cut peut-etre produit le meme resultat. La decouverte presentee sous le costume dc dame Verite simplement, reste uncnon-valeuren attendant.
D'oü vient ce scepticisme commun ä la fois aux grands pretres de notre art et aux plus obscurs praticiens, lors-ququot;il s'agit d'ajouter foi a unc decouverte? Simplement de cette vieille routine qui nous porte a faire loujours la meme chose.
Quclquefois aussi, nous nous sommes connus si pctils que notre esprit se refuse ä admettre revolution intellcc-tuelle marchant de pair avec le developpement physique. Nos hommes illustres ont du cependant dans leur jeune age user leurs culottes sur les bancs de l'ecole, coudoyant ceux que le sort a classes parmi les humbles.
Souvent aussi, cette difüculte d'iraplanter une methode
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dans les esprits on dans les habitudes tient a. un autrc or-dre de causes, je vcux parier de la manie des specialiles.
Au train dont ils marchent, les disciples d'Hippocratc verronl sous pen d'annees leur art reduit k feuilleter tel catalogue de droguiste apres chaque diagnostic etä ordon-ner l'anti-nevralgique, l'anti-goutteux ou un anli-qucl-conque approprie h la circonstance. Le malade s'en tirera conimc il pourra.
L'art chome, mais les specialistes font fortune, et e'est une question ä considerer dans le siecle 011 nous vivons!
Ce commerce inqualiflable oü se debat vainement l'art pur est ;i peine naissant en veterinaire. Peut-etrc meme ai-je tort jusqu'ä un certain point de critiquer 1c scepti-cisme de nos maitres dans l'art veterinaire. Mais, il y a lieu toutefois de croire ä quelque exception, sous peine de mettre une barriere au progres, quand surtout la decou-verte est presentee nue.
Je citerai encore une preuve de rinconvenient qui sc rattache äce manque de foi. II s'agit du traitement de la fievre vitulaire par les douches d'eau froide. (Jedemontrc-raidans le cours de ce travail quo la fievre vitulaire uest autrc que la fievre puerperale de la femme).
Le fait dc guerir une maladie reputee incurable par un proeöde tout rustique somblc si extravagant ä beaucoup de praticiens quo la plupart d'entre eux ne croicnt pas de prime abord ä son efficacite et n'en font meme pas I'essai. Lorsque la routine antediluvicnne a trace dans leur cerveau en caractcres inefTacablcs cetle idee: la fievre vitulaire est incurahle, allez done convaincre ccs praticiens couverts de brisques et leur dire qu'ils auraient res-suscite les 8/10 de leurs malades en les inondant d'eau froide ! Ils vous repondront invariablement ex nihilo nilnl, et l'eau n'est ricn, puisqu'elle ne sc vend pas en flacons brevetes.
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Le veterinaire Priesnitz fut le createur du premier eta-blissement d'hydrotherapie en Europe, celui de Graefen-berg. Quoi qu'en disent cerlains medecins qui ne jugent d'un homme que sur la valeur plus ou moins reelle d'un titre de faculte, Priesnitz n'etait pas absolument un ignorant par ce seul fait que ne possedant aucun parchemin on peut lui attribuer le titre d'empirique. La medecine n'est-elle pas fille de rempirisme,et parmi les plus curieu-ses decouvertes medicales, ne sommes-nous pas obliges d'en inscrire lesneuf dixiemes k l'avoir de cette metbode, tandis que les plus ingenieuses theories restentinfecondes!
M. le docteur Schedel. qui a etudie Priesnitz et soneta-blissement de Graefenberg, s'exprime ainsi k cet egard: laquo; Les transpirations forcees etaient employees depuis un temps immemorial dans le pays comme remede populaire jouissant d'une grande efficacite depurative. Gette croy ance dans l'expulsion des humeurs peccantes pour les sueurs forcees est en quelque sorte gravee dans l'esprit des populations slaves, parmi lesquelles comptent celles de Graefenberg et des environs. LesRusscs et les Polonais compren-nent ä merveille l'idiome de ces contrees. Le nom de Priesnitz indique son origine slave ; aussi, en s'empres-sant d'adjoindre l'usage des sueurs forcees a celui de I'eau froide qui lui rendait tant de services, il ne faisait qu'obeir ä la doctrine humorale de la population, et lorsqu'apres avoir provoque des sueurs abondantesilplongeait ses ma-lades dans le grand bainfroid, il ne faisait que suivre les coutumes populaires. La reunion bizarre de tons ces pro-cedes perd done beaucoup de sa singularite, si Ton refle-chit qu'une vague idee des vertus de I'eau froide regnait depuis longtemps dans la Silesic dont la capitale Breslaw avait ete arrachee par ce remede aux horreurs de l'epide-mie (1).
(1) Exnmeu clinique derhydrotherapie. I;r Scliedel, 1845.
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A.PPLIQUEE A LA MEDECINE DES ANIMAUX.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 5
Et, comme le fait remarquer ä juste titre le docteur Paul Vidart : Priesnitz ne crea pas sa methode en un jour; il proceda avec la plus grande circonspection, pour ainsi dire par voie d'analyse ä l'application de ses divers procedes. II est un fait digne de remarque, c'est qu'il ne s'est jamais ecarte des idees theoriques que son jugement et sa raison lui avaient presentees comme etant les plus legitimes; nous voulonsparlerde la doctrine humorale qui constituait la base fondamentale de sa methode.
Ce retour vers I'humorisme, critique energiquement comme le produit monstmeux des erreurs d'un autre age reveilla en Allemagne de vieilles rancunes scolastiques. L'ecole de Forganisme absolu, qui depuis Brown et Mor-gagny pense avoir decouvert avec le scalpel et le microscope les plus mysterieux secrets de la nature, repoussa elle-meme avec le plus orgueilleux dedain ces pretentious surannees et condamna sans pitie l'ceuvre de Priesnitz. Pen k peu cependant, des resultats positifs se montrerent au grand jour; on dedaigna moins d'observer, on se rap-procha de Graefenberg. on fut temoin de divers pheno-menes critiques consequence de la medication, qui bou-leverserent certaines idees prcconcues ; les uns virent le doute naitre dans leur esprit, d'autres moins systemati-ques modifierent plus profondement leurs convictions et une de nos autorites medicales, apres avoir vu Priesnitz a l'ceuvre, ne craignit pas de s'exprimer ainsi: laquo; Le doute n'est plus permis, les crises existent; nous reservons le mot crises pour designer les accidents qui surviennent dans le cours des maladies aigues on chroniques, produi-tes par un miasme on un agent medicamenteux pns en exces: c'est lexpulsion hnrs de forganisme dun agent ae-letere (1). raquo;
(1) Scoutteten. De I'hydrotWrapie
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Ce fut M. Jeoffroy, medecin des armecs. qui, de retour de Graefenberg, ou sa sante I'avait conduit, fonda en 1841 l'etablissement de Pont-ä-Mousson (Meurthe). Malgrö le rapport critique et accahlant du docteur Roche (1840) ä TAcademie, Jes malades aftluerent et les eures ürent tant de bruit que Nancy et Lyon imiterent l'exemple. L'Angle-terre nous avait dejä devances dans cette voie avecVright et Currie. Puis parurent successivement un grand nombre d'ouvrages speciaux, parmi lesquels celui de Scoutteten qui est un veritable chef d'eeuvre; une serie d'opuscules dans lesquels les medecins, directeurs d'etablissements ac-cumulaient les i'aits pratiques, les eures merveilleuses, qui mettaient souvent en defaut les theoriciens les plus sagaces, les micrographes les plus fervents.
Malgre les critiques des savants les plus autorises, qui puisaient leurs arguments dans les exces memes commis par les apotres de l'hydrotherapie, laissant precieusement de cote la partie rationnelle et indiscutable, la sublime methode est aujourd'hui grelfee sur la pharmacopathie comme une pousse vigoureuse sur un tronc rabougri.
Qu'est-elle cn medecine veterinaire? Pen de chose. Elle joue le röle amp; adjuvant dans quelques cas chirurgicaux. Quel est son avenir? II est immense, indefini.
DE L'EAÜ FROIDE
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L'eau froide est presque une panacee pour le veterinaire des campagnes qni sait l'utÜiser d'une manicre rationnelle. Son emploi pennet dans ia plupart des cas de sup-primer tout un arsenal de drogues ä formules surannees avec lesquelles notre esprit se brouille ä la longue. L'hydrotherapie cependant est loin de nous ramener aux etroites conceptions de rerapirisme; eile demande au contraire
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une connaissance parfaite des grandes lois de la physique, de la chimie et des phenomenes de physiologic pathologi-que qui engendrent l'etat de maladie. Avant d'appliquer un medicament simple au traitement de la fourbure, de lapa-ralysie ou de la fievre vitulaire, le praticien doit etrc fixe surle resultat probable qu'il oljticndra. Si ächaque essai nouveauqu'il fait de sa mcthode son esprit no lui rappelle pas le pourquoi therapeutique ou le comment, ce souvenir lui apparait en bloc, qu'il emploie les douches d'eau froide ou les granules d'arseniate de strychnine.
Quoique depuis la fondation de l'art veterinaire, I'eau ait ete appliquee au traitement d'un certain nombre d'af-fections chez l'animal, je doute qu'il soit jamais venu a I'esprit d:aucun auteur d'eriger I'hydrotherapie en Systeme, c'est-ä-dire d'etablir les bases de cette science. Est-ce la crainte de simplifier I'edifice therapeutique ou le defaut d'experiences comparatives ? Alors que la therapeutique veterinaire est calquee sur celle de la medecine humaine, que nos auteurs out pulse ä pleines mains dans toutes les sciences qui s'y rattachent directement ou indirectement pour edifier leurs immenses travaux, pourquoi ont-ils neglige les ceuvres importantes de cette puissante branche de la medecine: I'hydrotherapie? C'est que cette derniere science, dont les principes datent de la creation de Fhomme, n'est devenue elle-merae une methode que depuis Priesnitz (1828), qu'elle no s'est que fort peu occupee des maladies aigues, dirigeant tons ses eiforts vers le traitement des affections chroniques, des rebus de l'allopathie.
Or, dans la medecine des animaux, les affections chroniques sent relativemcnt rares. La gouttc est inconnue chez nos grands herbivores. Le cheval ou le ba3uf qu'une affection rhumatismale rend impropre au service est im-pitoyablement sacrifie. Les frais, enfin, qu'entraine fata-lement la medication propre aux maladies chroniques sont
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8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; l'hydhotherapie
si considerables que, lorsqu'il s'agit de les faire entrer en ligne de compte avec la valeur des sujets, il est toujoui'S jireferable de recourir au dernier moyen, I'abatage en vue de la boucherie.
Voilä les causes auxquelles il faut attribuer I'absencc de methode hydrotherapique dans notre medecine. D'une part, le pen de valeur relative des sujets et le defaut d'une oeuvre de medecine humaine qui ait pu servir de point de repere; d'autre part, la rarete des affections chroniques chez les especes animales, et c'est une preuve ä aj outer ä tant d'autres pour en attribuer les causes aus exces de toute nature.
A vrai dire, dans ces derniers temps, quelques maitres poserent les premiers jalons de l'hydrotherapie sur le terrain chirurgical.Mais,si leuraudace futmoderee. ilsnen possedent pas moins le droit a I'honneur. La methode des irrigations continues appliquee au traitement des maladies chirurgicales est aujourd'hui si bien connue que je ne relaterai que pour memoire les travaux des maitres en cet art.
Quels sont les effets therapeutiques de Thydrotherapic ? Ils peuvent se resumer en quelques mots : eile met en jeu les forces medicatrices de la nature. Or, toute maladie est le combat de la nature contre une cause morbifique; eile est le resultat de deux actions distinctes, savoir: d'une action morbide produite par une cause morbifique et consti-tuant une affection, d'une action medicatrice organisee pour la. force vitale medicatrice et formant une reaction.
L'eau froide appliquee sur un tissu animal vivant agit: 1quot; pa?- sa temperature^n absorbant son caloriqueou en en produisant suivant les circonstances.
Voyons ce que disent ä ce sujet messieurs les savants: Veau froide estle sedatif par excellence, dit Broussais.
Le ealorique soustrail ou le froid est le type des sedatifs.
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Uaffusion froide peut rammer tequilibre et Vharmonie de lafonction yathologique ^rousseau et Pidoux).
Püur Tissot au contraire : Le froid est stimulant. Les experiences du docteur Begin expliquent .ces contradictions apparentes et forment la clef de voüte de tout l'e-diüce hydrotherapique.
G'etait en 1819, par consequent longtemps a-vant qu'il füt question de Priesnitz. Begin prit dans la Moselle neuf bains, le thermometre marquant 2 a 6deg; Reaumur. laquo; A l'instant mßme oü I'oi^ se precipite dans I'eau, dit-il, on eprouve une vive sensation de refoulement des liquides dans les grandes cavites et specialement dans le thorax; la respiration esthaletante, enlrecoupee, tres rapide; il scmble qu'incessamment eile ne pourra plus s'executer; la peau est päle, le pouls concentre, petit, profond et dur, tons les tissus sont rigides; on ne tremble pas, mais il existe un spasme universel avec lequel se concilie a peine la regu-larite du mouvement. Apres deux ou trois minutes au plus, le calme renait et succede a cet etat presque insupportable; la respiration s'agrandit, le thorax se dilate, les mouvements sont devenus libres et faciles, la chaleur se repand sur la peau, toutes les actions musculaires sont vives, legeres etassurees; on croitsentirque les teguments et les aponevroses sont appliques avec plus de force sur les muscles et que ceux-ci, mieux soutenus, agissent avec plus de precision, plus de force, plus d'energie que dans I'ctat naturel; bientot une vive rougeur couvre la surface du corps; une sensation tres agreablede chaleur se repand sur la peau; il semble qu'on nage dans un liquide a trente outrente-six degres de chaleur; le corps semble vouloir s'epanouir afin de multiplier les surfaces de contact; le pouls est plein, grand, fort, regulier; peu de sensations sont aussi delicieuses que celles qu'on eprouve en ce moment: lous les ressorts de la machine animee out acquis
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plus de souplesse, de vigueur et de fermete qu'ils n'en avaient precedemment; les membres fendent avec facilite le liquide qui ne leur offre plus aucune resistance; on se mcul sans effort, avec vivacite et surtout avecune legerete inconcevable.
Gelte sensation ou plutöt Cßt etat dure quinze ou vingt minutes; le bien-etre diminue ensuite graducllement et bientöt le froid se fait ressentir. Alors. si Ton ne s'em-presse de sortir de Teau, un frisson et bientöt untrcmble-ment general s'emparcnt de la machine ; les mouvements deviennent si penibles quc ccrtaines personnes courraient le danger de se noycr, surtout lorsque le bain se prend dans un fleuve profond. II ne faut done jamais attendre le renouvellcment complet du froid et la chute entiere de la reaction. raquo;
Ainsi, le premier effet de l'eau froide est stimulant au possible, irritant meme. laquo; II faudraü, clisent Fournier et Begin, que le svjel touchät au dernier terme de la dcbilüe vitale pour que cette reaction n'eilt pas Heu. raquo; (Voir la description du traitement de la üevre vitulaire, 1879).
II se traduit par une soustraction de calorique, le res-serrement de la peau, la rigidite des tissus. Le deuxieme effet se traduit pour la chaleur, le retour du fluide san-guin ä la peripherie, un sentiment de force et unegrande agilite musculaire. Le troisiemc effet, enfin, est une reaction graduelle qui se traduit par la sedation, le refroidis-sement general, la faiblesse.
Par na seule temperature, l'eau froide pent done etre dejä appliquee ä une infinite de cas morbides.
Les faits quc je viens de citer ä ce sujet nous permet-tent de prime abord, d'appliquer l'hydrotherapie indis-tinetemeat surun Organe engourdi, paralyse, dans le but de stimuler le Systeme nerveuxet sanguin, pourarriver cnfln ä bequilibre, l'harmonie de la fonetion pathologique, ou
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jsur toute region contuse, atteinte d'inflammalion. Ceci semble paradoxaletressort clairement cependant dc I'expe-rience de Begin.
De meme que vous pouvez souftler I'air chaud on froid, vous possedez la faculte dc calmer une inflammation en diminuant la temperature de la region malade par des douches continues ou de ramener la chaleur normale, la vitalite dans une region engourdie par le froid.
Nul n'ignore, en effet, que le bon moyen d'öviter l'on-glee en hiver consisle ä laver ses mains dans I'eau froide pendant quelques instants ou dans la neige.
Existe-t-il dans Farsenal pharmaceutique un seul medicament qui nous offre ces avantages? fividemment non.
Or, la majeure partie des maladies derivant d'un etat inflammatoire ou congeslionnel, I'eau froide, est et sera toujours la meilleure des armes dans les cas ou nous pour-rons sans danyer et directement I'appliquer sur I'organe menace.
L'hydrotherapie, en ce qui concerne ce premier principe, n'est done autre chose que la socur ainee de la dosimetrie. Le principe meme de la medecine Burgraveenne repose sur des bases inebranlables de logique. Son application, malheureusement. est sans resultats dans beaucoup de cas lorsqu'il s'agit du traitement des maladies chez ranimal, par cette cause majeure que I'effet est directement dependant us, l'absorption et que cette derniere fonction dans les cas graves se trouve enrayee.
Je cite un exemple entre cent autres: Qu'un cheval se trouve atteint d'indigestion gazeuse, provoquee par I'atonie de l'intestin ou l'une de ces causes inconnues, difficiles a determiner (1). Les fluides de l'intestin, apr^s avoir pro-
(1) Dans certaines autopjies faites ä rejoque oü j'igtioraia les prin-cipes de l'hydi-otherapie, j'ai constate chez deux poulains les akera-
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vöque la dilatation outrce des organes qui les contiennent ont continue leuroeuvre en paralysant l'action du Systeme nerveux gastro-intestinal. Tout phenomene d'absorption cesse des l'instant. Les medicaments, quels qu'ils soient, häteront plus tot la catastrophe.
Quel eilet pouvez-vous obtenir, meme avec des granules ix principes violents? Evidemment aucun. Et yen parle par experience.
La maladie, devenue fatalement incurable par les pro-cedes ordinaires, cedera cependant devant Thydrotherapie: il suffira d'appliquer sans retard des douches d'eaufroide, sur les reins, sur les flancs ballonnes du malade; ä l'inte-rieur quelques litres d'eau legerement salee. quelques lavementsd'eaufraiche, pour voir petit äpetitlessymptömes graves disparaitre. L'animal reprendra son facies normal, les gaz seront expulses ou reduits par condensation et la digestion deviendra reguliere.
Gette experience, que j'ai eu l'occasion de renouveler maintes Ms, estprobante.
L'action de l'eau froide s'explique ici par l'effet de sa temperature, agissant graduellement de la surface cuta-nce vers les parties profondes; par la condensation des gaz et la diminution de tension du tissu musculaire intestinal ; enfin par l'absorplion de l'eau qui s'effectue exte-rieurement alors qu'elle est devenue impossible par les voies intestinales et son melange avec le sang dont eile tempöre l'action anesthesique, stupeiiante ou toxique.
Un deuxieme effel ressort de l'action de l'eau froide agissant par sa temperature.
Les decouvertes de nos savants demontrent la formation spontanee ou non de certains groupes d'inüniment petits qui sont comme le cachet de certaines maladies, qu'ils en
tions des glandes de Peyer que l'on attribue communement ä la fievre typhoide.
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soient la cause ou l'efiet. (Je n'entrerai pas, dans la crainte de m'y egarer, dans la savante discussion qui plaQa les Pasteur et les Pouchet au premier rang de la science expe-rimentale.)
La condition d'existence de ces organismes est fata-lement subordonnee ä une temperature maxima-minima. Des Tinstant qu'il nous est possible de soumettre une region du sujet malade, voire meme le sujet tout entier, ä un refroidissement conciliable avec son existence, nous d6-truisons, par abaissement de temperature, le microbe qui est elimine par les grandes voies d'excretion et la ma-ladie cesse avec la cause qui I'a produite.
Bien longtemps avant la decouverte des medecins de Lyon, les praticiens veterinaires guerissaient la typhöse, l'influenza par les douches d'eau fraiche appliquees sur le cerveau. Ils faisaient, il est vrai, de la medecine de symptömes, l'ennemi etant encore inconnu, mais ils n'en reussissaient pas moins.
Prenons un exemple surprenant et tangible de l'effet du refroidissement subit sur les organismes en voie de pullulation et, au lieu de le choisir dans les liquides de l'animal. considerons le vin de raisin soumis k la fermentation acetique. II suffit d'introduire subitement, dans un tonneau contenant du vin en fermentation acetique, une certaine quantite d'eau glaciale pour detruire instanta-nöment les phenomenes de la fermentation. Les aceti meurent subitement au contact d'un liquide a basse temperature. Get effet est si considerable qu'il semble meme avoir rendu momentanement impossible toute fermentation nouvelle, que Ton ajoute du vin a la masse ou qu'on eleve de nouveau sa temperature. Les vignerons appellent cela : hcer la mere ä vinaigre.
Ce phenomene, que je cite pour rendre les faits plus pal-pables, se reproduit exacteraent dans certains cas de ma-
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ladies epidemiquesouinfcctieuses.J'en citerai des cxemplcs frappants dans la deuxieme partie de cet ouvrage.
A cöle du microbe existe le parasite animal ou vegetal. L'hydrollierapie est souvent encore la seule aime qui nous pcrmeltc de nous deLarrasser ä Jamals de cet ennemi.
Je demonh-erai peremptoirement que la gale symbio-tique, qui souvent resists meine aux caustiques violcnts, disparait avec Tirrigation.....
Apres avoir considere pendant longtemps mes experiences sur le traitementde la gale par rirrigation, comme un fait nouveau, j'ai du reconnaitre avec certain savant que la plupart de nos decouvertes sont plutot la restaura-tion des idees du passe.
L'histoire ancienne nous apprend, en effct, que Us He breuoc traitaient la gale et la lepre par tes affusions cVeau froicle.
Mais un fait absolumcnt nouveau et que je suis beureux de citer dans le corps de ce travail, fait qui demontrc vic-torieusement les cfTets incomparables de riiydrotherapie, C'est la guerisondu tournis, la resorplion de l'hydatide du cerveau chez le mouton ot le cheval par l'application du froid.
L'eau, enfln, considereo au point de vuc do son absorption par la surface cutanee, joue encore le role d'un mo-dificateur puissant et inoffensif a la fois, d'un diuretique de premier ordrc.
La peau, suivant Raspail, laquo; n'est qu'une vaste branchie qui fonctionne a l'instar du poumon, la peau transpire et respire raquo;; j'ajoulerai qu'elle absorhe l'eau sous certaines conditions determinecs.
Ge qui m'etonne singulicrement, c'est lepeu do cas que font les auteurs en hydrotherapie de ce fait si important.
Si Begin, au lieu de faire ses experiences de Metz en
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hiver, les cut faites en ete, il aurait pu ajoutcr les don-nees suivantes que je ccrtiüe exactes pour edifler certain ami medccin qui mc soutcnait vivcmcnt que pendant le bain la peau n'absorhait pas. ce qui me porterait ä croire, vu le silence prudent de MM. les hydropathes a ce sujet, qu'ils partagent cct avis.
Mes experiences sont absolumentpersonnelles, elles out etc faites en 1870-1877-1878, alors que je m'occupais deja fortement d'hydrotherapeutique (Etang dc Gerni) (Ardennes).
L'ctang etant borde de roseaux, j'entrais a I'eau pour me livrer au plaisir de la peche, jusqu'au niveau environ de Uomhilic, et lä, sans faire ])eaucoup de mouve-ments, variant de place de temps a autre, je passais paisiblement une fois au moius par semaine, pendant les mois de juillet et aoüt, mes apres-midi, de 1 beure ä 6 on 7 licurcs du soir. L'cau etait tiedc, I'impression agreablc jusque vers'la soiree, epoque k laquelle j'eprou-vais des frissons qui m'obligeaient ä me retirer. J'etais d'ailleurs costume.
Voici mes impressions au point de vue des fonctions de la peau et des reins :
Apres cinq minutes generalemenl. j'eprouvais le Lesoin d'unc emission d'urine, plus ou moins considerable, sui-vant l'etat de repletion de la vessie. Cette emission etait evidemment le resultat de la transition brusque de temperature, du resserrcment des capillaires de la peau et de l'aftlux sanguin vers les organes internes, particulie-rement vers Tappareil renal. Puis, survenait une perioclc de calme vers I'organe, dont la duree maxima etait d'en-viron trente minutes.
A partir dc cc moment qui correspond sans doute ä la periode d'epanouissement de la surface cutanee que cite Begin, les emissions d'urine se succedaient reguliere-
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ment de quart d'heure en quart d'heure. Je ne crains pas d'exagörer en afflrmant que la quantite moyenne d'urine produite pendant une heure etait an minimum d'un litre. Je ne buvais pas, on ä peine et rarement. un pen de vin, n'etant d'ailleurs jamais altere.
Or, est-il possible d'admettre que les liquides de l'orga-nisme eussent pu fournir (a eux seuls) la quantite enorme de cinq litres d'urine, sans compter la quantite notable d'evaporation cutanee produite par la surface emergeante chauffee elle-meme par le soleil d'ete ? L'impression premiere de froid avait, du reste, completement disparu et la reaction n'avait pas tarde a se produire.
Comment traduire les causes de cette emission exageree d'urine. si ce n'est par une faculte speciale d'absorption dont serait douee la peau sous certaines conditions, cellc surtout de la longue dure'e du bain.
Voilä un fait.
J'en citerai un autre analogue sur les sujets de l'espcce animale :
Pendant 1c cours du traitement hydriatique de la mala-die vitulaire chez la vache, remission de l'urine est si considerable, quej'ai maintes fois evalue ä 30 litres la quantite d'urine que I'animal rejette en 24 heures.
Tons les proprietaires chez lesquels j'ai eu l'occasion de traiter cette maladie m'ont fait la meme reflexion au sujet de remission anormale d'urine, que je considcre toujours comme un phenomene critique du meilleur aloi.
Cette hypersecretion se traduit meme sur les mamelles. Chez le premier sujet traite rle la fievre vitulaire par mou precede, Ton avait dejä constate co fait etrange d'une lactation anormale. Mon travail sur la fievre vitulaire (1880) relate cette observation faite parle proprietairc,M. Tierce-let de Prez, d'une vache a laquelle, dans cecasdesespere, on avait inflige pendant toute une nuit des douches froides
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sur la ligne dorsale et le front, et qui, guerie apres douze heures d'hydrotherapie, avait donne 10 litres de lait (1).
Depuis cette epoque j'ai constat6 que le fait etait un phenomene, une veritc physiologique constants. Cette secretion lactee est bien le resultat de l'absorption de l'eau par la surface cutanee; il suffit de goüter ce lait pour constater qu'il est aqueux au possible, sans goüt.
L'eau agit ici a la maniere d'un courant d'air sur un brasier qui menace de s'eteindre : tons les rouages de la machine animale se trouvent mis en mouvement par le simple fait de l'irrigation et le travail, automatique dans son debut, devient physiologique lorsque les elements impurs contenus dans la masse sanguine ont ete elimi-nes. La moelle epiniere de meme que le cerveau qui,dans l'etat de maladie, ne semblaient plus presider aux grandes fonctions de la vie animale, rentrent, petit ä petit, dans leur role pour ne plus le quitter a certain moment. II suffit de suivre avec attention les diverses phases que pre-sente le traitement de la fievre vitulaire pour se convain-cre de ces faits : Au debut de la maladie, I'animal est inerte, les centres nerveux semblent absents comme dans I'asphyxie. Les premieres douches produisent I'effet dune decharge electrique; I'animal annzMöquot; s'eveille, cherche ä se relever, puis retombe dans le coma, dont il ne sortira que lorsque son sang, charge de la quantite enorme d'u-ree que lui a fournie la matrice apres le part, en sera de-barrasse.
Les experiences des savants nous ont dcmontre, en effet, que si I'uree est insoluble, eile peul neanmoins se transformer en acide urique soluble; que le plus puissant modificateur chimique est l'eau qui s'impregne pendant
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(1) Traits theorique et pratique sur la fievre vitulaire, 1879. (Hartenstein.)
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l'absorption des elements necessaires a cette combinai-son.
Est-il etonnant, au simple enonce de ces resultats pres-que merveilleux de l'eau employee en medecine, que l'hydrotherapie ait subi tant de controverses, qu'elle compte enfin parmi ses apotres, tant d'hommes illustres, comme aussi parmi ses detracteurs ?
Le professeur Boyer, parmi ces derniers, juge la question avec une profondeur de vues vraiment superieure.
Void ä ce sujet un extrait de l'excellente appreciation du Dr Gillebert d'Hercourt :
laquo; Apres avoir prouve jusqu'ä l'evidence que, sous les noms de psychrotherapie, de psychrolurie, I'hydrosudo-therapie avait 6te connue des anciens et que depuis eile fut, a differentes epoques, mise en pratique par des au-teurs tres recommandables, il distingue deux especes d'hydrotherapie, Tune excentrique, I'autre rationnelle. C'est a la premiere que s'adressent particulierement ses critiques; c'est en eile qu'il poursuit et flagelle ce hon-teux industrialisme qui a voulu transformer l'eau en pa-nacee. Elle a une partie commune avec l'hydrotherapie rationnelle, dit-il, page 57, c'est h celle-ci qu'elle doit ses succes; eile a une partie distincte, c'est l'origine de ses revers.
laquo; La psychrotherapie rationnelle se montre tour a tour antiphlogistique , evacuante , sudothcrapique, tonique. meme perturbatrice, et cependant, en mettant en oeuvre toutes ces ressources, eile ne se regarde point comme pri-vilegiöe.
laquo; Le procede rationnel dit laquo; quelquefois raquo;, le procedö excentrique dit laquo; toujours. raquo;..........
laquo; En homme habile, le professeur Boyer a bientot fait la part du bien et du mal; alors 11 montre au doigt I'ex-centricite, il stigmatise les coupables manoeuvres du
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charlatanisme et il proclame que I'hydrotherapie ration-nelle doit rentrer dans le domaine de la saine therapeu-tique, dont tin injuste oubli n'aurait jamais du la ban-nir raquo; (1).
L'observation des faits, les experiences journalieres ne nous laissent aucun doute sur la nature des effets produits par I'eau sur rorganisme animal. C'est, mü par cette conviction, que j'ai entrepris successivement le traitement de maladies considerees jusqu'ici comme a. pen pres incurables, ayant toujours pour guide la logique et pour appui, la volontö.
L'idee n'a certes pas germe dans mon cerveau d'une methode hydrotherapique excluant toute autre; je ne songe nullement äincinerer le codex que je venere comme Ton venere un meuble d'aieux.
L'art de guerir les maladies est complexe an possible. Le medecin enregistrera d'autant plus de succes que son aptitude, son intelligence speciale ltd offriront plus de res-sources ; celui-lä est indigne de son art, qui se contente d'imiter servilement ses predecesseurs.
Si notre siecle marche a fond de train dans la voie des decouvertes, si nous guerissons des affections considerees comme incurables depuis la creation de l'homme ; si, en-fin, nous jouissons de l'immunite contre certaines autres maladies, c'est que nos savants, doues d'une trempe d'es-prit admirable ont brise la gangue qui enlourait l'art an-cien, et qu'avec cette prescience qui est comme une faculto speciale des hommes superieurs, ils ont innove, pense, chcrche, laissant flnalement k notre generation surprise le fruit de leurs travaux merveilleux.
Si certains malheureusemcnt, en cherchant ä franchir la barrierc de la routine et de l'ignorance, sont tombes
(1) Observation sur I'hydrotherapie. Dr Qillebert d'Heroourt, 1845.
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dans le vide, d'autres se sont sieves dans les naes. Veritable loterie du travail, la science penible des decouvertes reserve aux uns des lots quelquefois trop modestes, aux autres les recompenses supremes, ä tous la reconnaissance des generations presentes et futures.
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PREMIERE PARTIE
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CHAPITRE PREMIER
CONSIDERATIONS GBNERALES SUR LE3 PROCEDES PRATIQUES DE l'hYDROTHERAPIB DANS LA MEDECINE DES ANIMAUX.
En regle generale, ces procödös sont des plus simples. S'il est possible de prevoir la fondation dans les grandes villes, ä Paris surtout, d'etablissements d'hydrotherapie specialement destines ä la medecine des animaux. eet espoir serait une illusion dans les petites villes, ou dans les campagnes.
D'ailleurs, le vöterinaire n'a que faire des etuves seches et humides, des douches encolonne, en pluie ou en poussiere.
Pour lui, toute l'hydrotherapie se resume en quelques points : 1deg; l'irrigation continue ä l'eau froide ou chaude ; 2deg; l'application de tolles frequemment imbibees d'eau froide ; 3deg; les lavements froids ou tiedes dans la matrice ou le rectum; 4deg; l'ingestion d'eau froide legerement salee ou alcoolisee.
L'application de ces differents procedes n'exige qu'un materiel simple, meme primitif, consistant en tubes de caoutchouc ayant 1 centimetre de diametre avec une lon-
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gueur variable suivant les cas. Quolques raccords simples ou doubles en cuivre; une prise d'eau ou un tonneau que Ton comble a mesure qu'il se vide ; des serviettes ou des draps.
Tous ces elements, a, part le tube de caoutchouc et les raccords en cuivre, se trouvent partout, a la campagne comme ä la ville.
Pour le traitement des plaies, des maux de garrotou d'encolure, des blessures accidentelles, caries osseuses ou necroses, le praticien peut toujours installer dans le rate-lier du malade un tonneau muni d'un robinet auquel il adapte le tube de caoutchouc. S'il s'agit d'un cas de four-bure, le tube arrivant au garrot se divise en deux au moyen du raccord a trois branches que Ton fixe h cheval sur cette region, de maniere a ce que les deux divisions flxees aux branches descendantes viennent affleurer aux boulets des membres anterieurs. A ce point le tube, prealablement perce de distance en distance au moyen d'une aiguille k tricoter portee au rouge, vient s'enrouler autour du mem-bre ou on le fixe, en lui laissant assez de jeu pour per-mettre au malade de se deplacer.
L'operation est la meme pour le traitement d'un cheval couronne, a part cette difference que les tubes s'adaptent au-dessus des genoux blesses.
Quant ä l'application du tube pour le traitement hydria-tique des autres plaies et contusions, le praticien doit varier de Systeme suivant les regions malades, se servant comme point d'appui tantöt de la criniere, tantöt des crins de la queue. Avec un peu de genie pratique, il pourra toujours faire bien.
Si le traitement consiste en affusions d'eau froidecomme dans la paralysie du train posterieur, la flevre vitulaire, le praticien etalesur la region, apresl'avoirprealablement imbibe d'eau, un drap, un sac, une nappe, une ser-
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viette, etc., et, toutes les cinq minutes, lesremplace par unetoile nouvellementimbibee.
Pour les injections dans la matrice (metrite : non-ddli-vrance), je me suis toujours servi utilement d'un tube en gutta-percha at d'une seringue ordinaire. Le tube s'intro-duit quelquefois difficilement en cas de non-delivrance, mais avec un peu de patience, le resultat est toujours certain.
J'adapte la canule de la seringue ä l'extremitö libre du tube et je fais les injections toutes les cinq minutes.
MALADIES DU SYSTEME CIRCULATOIRE OU DES FONCTIONS VITALES.
Je considere comme telles, les maladies ayant pour point de depart I'etat du sang.
Fl£VRES.
Toute lutte de la nature pour eliminer les choses nuisi-bles, internes ou externes, qui menacent l'integrite de Torganisme animal, est un effort anormal, qui tantot de-meure borne k la partie attaquee, et tantöt met en jeu Teconomie entiere. L'economie rassemble ses forces (froid), puis eile ouvre le combat contre la cause morbiflque (chaleur), et enfin eile se debarrasse de celle-ci par la chaleur, l'urine, les selles (crise). C'est ä cet ensemble de phenomenes qu'on donne le nom de flevre.
La flevre n'est done autre chose que le plus fort de la lutte dans laquelle Torganisme entier se trouve engage pour eloigner du corps ce qui pent lui nuire et pour reta-blir l'harmonie troublee. De la vient que, dans les maladies oü on l'observe, eile est ordinairement le ph6nomene
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decisif: celui de Tissue duquel depend souvent la gueri-son ou la mort du malade. Done, consideree en elle-mamp;ne, eile est moins une maladie qu'un moyen de faire cesser une maladie: e'est la plus puissante et la plus generale reaction contre le principe morbilique (1).
Le but du medecin consiste done a faciliter cette action, a soutenir le Systeme nerveux qui faiblit devant I'ennemi, h le surexciter par les douches et a preparer ä I'ennemi une voie de retraite (urines).
DE LA FIfiVRE VITULAIRE DANS L ESPfiCE BOVINE.
Quoique cette maladie ait tres anciennement attire Tattention des praticiens par ses symptomes et sa gravite, elle pent etre classee parmi les affections que la science vöterinaire connait le moins au point de vue de sa nature intime.
Cruzel, le vieux praticien si exp6rimente, avoue que, dans sa longue carriere,iil a vu a peine huit ou dix cas de flövre vitulaire, et, s'il indique un traitement, e'est evi-demment pour la forme, car 11 ajoute que rarement le succes couronne les efforts du veterinaire ; aussi conseille-t-il I'abatage en vue de la boucherie des l'apparition des premiers symptomes graves de l'affection chez un animal.
Schaack a designe cette maladie du nom de laquo; suite du part raquo;.
Fahre de Geneve I'a appelee le a collapsus du part raquo;, e'est-a-dire I'aneantissement general et subit des forces, et je prefers cette denomination, si imparfaite qu'elle seit, ä celle que nous employons actuellement : si elle ne s'ap-plique qu'aux symptomes, du moins est-elle dans le vrai, tandis quo le nom de fievre vitulaire semble impliquer
(1) Charles Munds.
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une correlation intime entre cette maladie et le pheno-mene de la production initiale du lait, ce qui est absolu-ment hypothetique.
Certains praticiens ont m6me cite des cas d'eruptions pustuleuses ä la mamelle pendant le cours de cette maladie, et c'est une preuve que le titre defectueux qu'elle porte dans les ouvrages speciaux a constamment derive I'atten-tion vers les glandes mammaires. J'avoue pour ma part, qu'il m'a toujours ete impossible de decouvrir la raoindre lesion sur ce dernier organe, et qu'il me reste aujourd'hui cette conviction laquo; qu'ä moins d'une coincidence excep-tionnelle, sinon impossible, comme je le demontrerai plus loin, celle d'une mammite aigue et de la fievre vitulaire, la mamelle est absolument etrangere aux causes qui engen-drent cette maladie.
En principe, la fievre vitulaire est trös rare dans les pays mamp;idionaux et dans le centre de la France oü I'espece bovine, mediocrement laitiöre, est employee aux travaux des champs, tandis qu'elle est commune dans les pays du Nord et en Allemagne, oü la vache est exclusivement des-tinee a la production du lait ou de la viande.
Je l'ai souvent observee chez des vaches hollandaises ou flamandes ayant la reputation de bonnes laitieres, tandis que je ne l'ai jamais vue affecter des sujets maigres ou mal nourris.
Elle se declare assez frequemment et toujours avec une intensite desespörante chez les vaches mises au päturage en vue de l'engraissement, et qui se trouvent accidentelle-ment dans un 6tat de gestation trop avance pour etre livröes ä la boucherie ; Iherbager les rentre ä I'etable au moment de la mise has et souvent alors on voit surgir, le deuxieme ou le troisieme jour, un cas de paralysie du train poslerieur ou la fievre vitulaire.
II existe, du reste, une connexite frappante entre ces
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deux maladies : Tune et l'autre se declarent dans les mßmes conditions et Ton pourrait afflrmer sans exagera-tion que la paralysie. suite du part, est Vaffection loealisde, tandis que la fievre vitulaire est la maladie generale. C'est du reste. l'opinion que j'ai dejä emise autrefois, et comme toutes les opinions, si eile n'est pas inattaquable au point de vue theorique, eile est pure au point de vue pratique. Dans Tun et l'autre cas, le traitement que je pröconise et dont un pralicien distingue a voulu me ravir la paternite pour l'attribuer ä Delafond, qui s'occupait de la pathologie du cheval, ce traitement. dis-je, est lememe ; je l'applique d'une maniere locale dans la paralysie, suite du part, qui est une affection locale, ct d'unc maniere generale dans le collapsus du part, qui est une affection generale. Dans les deux formes de cette affection le resultat est presque tou-jours couronne de succes. Je dirais toufours, si nous n'avions souvent a compter avec les lenteurs interessöes des proprietaires.
'lt; Je tiens essentiellement h faire constater (et ceci est un des points essentiels de mon travail), que le traitement pratique est conforme a mon idee theorique, que je n'ai pu ni ose le formuler que le jour oü le succes eut large-ment couronne mes essais. La maladie etant insaisissable au point de vue des lesions pathologiques, il n'est possible d'etayer un raisonnement que sur le resultat pratique, e'est-a-dire que, dans ce cas particulier, I'etude doit se faire d'une maniere inverse. C'est le cas du chimiste qui cher-che ä deceler I'existence d'un agent medicamenteux in-connu dans un liquide et qui n'est siir de I'existence et de la nature de cet agent que lorsque les reactifs spöeiaux le lui ont fait connaitre. Le traitement joue ici le röle du reactif et c'est par son application speciale et par la r6us-site constante qu'on peut seulemcnt demontrer I'evidence
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de la thcorie qui, sans lui, n'aurait d'autre valeur quo la premiere theorie venue. raquo;
Si, jusqu'ä ce jour, les diflßrentes autopsies faites sur le cadavre des sujcts morts de la fievre vitulairc, n'ont decele aucune Msion organique, c'est que les investigations auxquelles se sont livres les praticiens. ont porte h faux. Ils ont neglige ä tort I'element qui joue le principal role dans cette maladie ; je veux parier du sang.
Ge liquide, en effet, a ete considere pendant longtemps comme un element indifferent dans I'organisme. Pourquoi ne le considererions-nous pas comme un tissu liquide?.... N'est-il pas forme de cellules et d'elements solides comme les autres organes? Les chimistes admettent Men I'exis-tence d'un metal liquide ! Et, toute alteration soit physique, soit chimique dans cet element qui joue un role preponderant dans Forganisme, ne doit-elle pas determiner une perturbation dans ce dernier?...
La fievre charbonneuse est due k une modification physique, tangible des elements du sang; pourquoi la fievre vitulairc n'aurait-elle pas pour cause une modification chimique invisible an microscope et difficilement saisis-sable par les manipulations du laboratoire ?
Tout porte h croire que Tempoisonnement du sang dans cette singuliere maladie est la seule cause de la fievre et de Tadynamie generale ; c'est du moins ma conviction profonde. La matrice, gorgee de sang veineux, revenant h son volume primitif, introduit, dans l'espace de quarante-huit heures, une quantite enorme de ce liquide impur dans le torrent circulatoire. C'est lä sans doute la cause de l'empoisonnement.
Comment expliquer autrement cet abattement general qui commence par une gene sourde du train posterieur, une hesitation marquee dans tons les mouvements, et qui aboutit ä une prostration absolue de toutes les forces de
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rorganismeT et ä la mort — tous phenotnenes communs avec I'asphyxie.
La douleur qu'occasionne la fievre vitulaire ne me sem-ble pas Men intense. Au döbut la respiration est lente, plus lente qu'a l'ötat normal. Or, toute inflammation qui occasionneune douleur produit, surtoutau debut, une acceleration des mouvements respiratoires. Or, il est probable que le sang anhömatose agit plutot comme insensibilisa-teur sur le Systeme nerveux. Toutes les fonctions orga-niques se trouvent graduellement enrayees : la digestion est entravee, la secretion urinaire est affaiblie, presque nulle, et cette derniere fonction, si nöcessaire a I'epura-tion du sang, ne facilitant plus k ce fluide son travail d'e-limination, vient encore aggraver son action anesthesique. La marche de l'affection est rapide, une fois que le sujet est couche : la täte vient s'appuyer sur le bord libre de la poi-trine, Voeil qui, deja au debut de la maladie, etait terne, se clot a demi et devient trouble. La respiration devient plaintive et son rythme irregulier; un rale sourd se fait entendre a l'expiration et souvent I'animal meurt sans presque se debattre.
Neanmoins, il faut etablir ce fait, que la fievre vitulaire, de möme que toutes les affections graves du sang, pre-sente des cas rapides, foudroyants, pour ainsi dire, comme aussi des cas lents. Quelquefois le sujet peril en six, douze, vingt-quatre heures, a partir des symptömes du döbut, visibles pour le proprietaire, c'est-ä-dire l'ceil terne, l'im-mobilite, la faiblesse des membres, l'inappetence; d'autres fois, et je n'oserais affirmer que c'est le cas le plus frequent, I'animal resiste longtemps avant de choir, et, une fois qu'il est tombö, il reste calme dans cette position et ne retourne la töte sur les cotes que plusieurs heures apres sa chute. L'asphyxie s'effectue lentement, progres-
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sivement, et la mort tarde quelquefois deux jours, mais c'est le delai extreme.
TRAITEMENT.
Avant d'aborder le recit des fails, j'avouerai qu'avant 1878 tous les cas de fievre vitulaire que j'avals eu I'occa-sion de trailer avaient ele pour moi autant de causes de defaltes, et m'avalent ä peu pres laisse la conviction que cette maladie 6tait Incurable dans la grande majorite des cas, tandis qu'aujourd'hui je puls hautement affirmer le contraire, c'est-ä-dire qu'a moins de ces retards intöresses dont je parlais plus haut et qüi sont imputables aux clients, la fievre vitulaire est curable par rapplication du traitement si simple et si peu onereux que je vais indi-quer.Gen'est qu'en 1878 qu'une aventure, comme 11 nous en survient assez frequemment dans la pratique de notre medecine, me donna l'idee du mode de traitement que j'emploie, et qui, depuis cette epoque, ne m'a donne que des resullats heureux et souvent inesp6r€s.
Premier cas. — Fievre vitulaire au debut,
Vache hollandaise, 5 ans, poids vif 500 kilog., apparte-nant ä M. Tiercelet, proprietaire a Prez.
Cette vache avait et6 achetee six mois auparavant par M. Tiercelet; placee dans un päturage riebe, eile n'avait pas tarde a s'engraisser. Le troisieme jour apres la mise bas eile refusa le manger au matin, et Ton me fit deman-der aussitöt.
Visite. — A mon arrivee, I'animal est debout, sa respiration est lente, son ceil terne. Indifferent a tout ce qui se passe, 11 tient k peine debout, et lorsque je cherche a le
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faire mouvoir, il titube ct ecarte les membres pour ne pas lomber.
La peau est brülante, de meme que le cornage et les oreilles; le pouls est vif et faible, les veines mammaires sont fortement gonflees, les poumons sont sains, les mou-vements du cceur nets quoiquc precipites. L'auscultation ne laisse entendre que les bruits normaax. (C'est ici sur-lout qu'il faut une certaine habilete pratique pour eviter toute confusion, ou plutot une sorte d'habitude dans le jugement.) Le pouls, la respiration, Tetat de calme,-la peau brülante qui sera froide tout ä l'heure, ne sont que des indices communs avec un certain nombre de maladies. Mais il existe dans la physionomie du sujet un ca-ractere d'hebetement general, d'indifference absolue tel, qu'on croirait le cerveau absent et qu'il ne reste de l'ani-mal que I'enveloppe exterieure avec un oeil postiche.
Diagnostic: Fievre vitulaire au debut.
Pronostic : Tres grave. Je Grains a tout moment de voir l'animal s'abattre, et je propose ä M. Tiercelet de tenter une saignee in extremis en attendant l'application du trai-tement prone par les auteurs, Calatage pour la bouchcrie.
Traitement: Saignee a la veine mammaire droite : le sangjaillit avec une force extraordinaire, et lorsqueä vue d'oeiljejuge qu'il s'est ecoule 5 litres, je place I'epingle.... Ce sang est poisseux, rouge violace.
A peine I'operation est-elle achevee, que l'animal tombe d'une masse comme foudroye; il se releve pour retomber encore. L'oeil est hagard, la langue pendante et le sujet fait entendre un long gemissement.
Dans mon effarement je demande vite quelques seaux d'cau froide, j'applique des douches sur la tete et sur I'e-pine dorsale, sans presque me rendre compte de l'effet que pouvait produire cc traitement.
Au bout d'un quart cCheure environ, l'animal semble
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tout a coup soulage, la langue rcnlre dans la cavite buc-cale, les plaintes cessent et la vache se retourne pour ap-peler son veau qui est attache derriöre eile.
On cesse alors I'irrigation pendant quelques moments et je commencais ä me rejouir de l'aventure, quand survicnt une nouvelle crise. L'animal chancelle un instant et tombc de nouveau; je crois cette fois que e'en est fait. Nean-moins, on applique de nouvelles douches comme prece-demment, et je quitte ce lieu de malheur pour ne pas as-sister plus longtemps ä ma defaite!
Le lendemain, la vache etaü parfaitement guerie et avait donne environ 10 litres de lait au matin.
Traitement : Sept heures de douches, saignee de 5 litres.
Ce fut mon premier succes de ce genre. Je parle de fin d'annee 1878.
Deuxieme cas. — Fievre vitulaire a la periode d'etat.
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Sujet: vache de pdture, grasse et accidentellement en etat de gestation trop avance pour etre sacrifiee ä la bou-cherie. Hollandaise, 7 ans, poids vif 600 kilog. environ, belle marque de lait, appartenant ä M. Vital Vassal, mar-chand de chevaux, ä M. P.... Rentree dupaturage le lor no-vembre dernier, eile fit son veau toute seule le 9. Les membranes foetales n'etant pas detachees le lendemain, on lui fait prendre 20 grammes de sabine en decoction dans 1 litre d'eau; ce qui la debarrassa quatre heures plus tard.
Le quatrieme jour, cette vache, qui n'avait jusqu'alors donne aucune marque d'indisposition, sembla tout a coup titubante. On me fit demander, et dans l'espace de deux heures qu'il me fallut pour executer le voyage, Tanimal etait tombe. Sa tete fichee sur la region des cotes, sa respiration lente et saccadee, son ceil trouble, l'unpossibilite
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de se relever, tout denotait chez I'animal une attaque ai-gue de fievre vitulaire.
Trailement: saignee 3 kilog. seulement ä la veine mam-maire, en raison de l'etat de repletion du rumen.
Douches continues sur la tete et la ligne dorsale. Un sac de toile est k tout moment trempe dans l'eau froide et applique sur le dos.
Dans l'aprös-midi, nouvelle saignee aujarret, 5 kilog. environ. Purgatif avec aloes, 30 gr., assa foetida, 10 gr. Guerison absolue le lendemain.
(Je ferai encore une observation au sujet de cette vache, c'est que dans toutes les phlegmasies aigues que j'ai con-stat6es chez les vaches de päture, qu'une gestation avancee empeche de sacrifier a laboucherie, j'ai öprouve des diffi-cultes inouies ä obtenir un resultat favorable, etqueseules les saignees coup'sur coup et moderees peuvent öviter les metastases. La violence de la maladie est toujours en rapport avec l'etat de röpl6tion du Systeme circulatoire; eile est le resultat du trop plein dont 11 faut pallier les effets avec moderation et constance.)
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Troisieme cas.
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Füvre vitulaire a la periode finaU (1879).
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Vache flamande pure race, du poids de 600 kilog., appartenant ä M. Garlos Gordonnier, proprietaire au Douaire.
L'animal a velö quatre jours avant ma visite, et il est malade depuis seize heures; il est ecendu sur le cöte gauche, la tete inclinee sur les cötes, l'oeil morne, brouille et ä demi clos; la peau est froide, les membres insensibles ä la piqürc de l'epingle, la respiration est lente, saccadee. Neanmoins, l'animal ne se plaint pas, et, chose remar-quable, il est impossible de placer l'encolure dans sa posi-
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tion normale, eile revient constamment sur la poitrine, comme maintenue par un ressort d'acier.
Biagnoslic : Fievre vitulaire terminale.
Pronostic : Absolument desespere. Du reste, M. Gordon-nier ne m'avait demande que pour constater si le sujet 6tait ou non atteint de maladie contagieuse.
Traitement : Saignee moderee de 5 kilog. a la veine mammaire, qui n'est plus gonflee comme dans la plupart des cas; mais le bouvi'er m'assure qu'elle etait enorme la veille. Purgatif avec aloes, 40 grammes, assa icotida, 10. Douches sur la tete et la ligne dorsale avec ordre de les continuer jusqu'ä la mort ou la guerison du sujet.
Recommandation expresse d'ouvrir la saignee au bout de deux heures si le malade vivait encore, et d'enlever encore 3 kilog. de sang. Je revins un mois plus tard pour pratiquerI'autopsie dunboeuf mort subitement d'unerupture de la veine porte, et je trouvai la vache en parfait etat de sante, alors quo depuis longtemps je la croyais en-terree.
La guerison avait ete complete le lendemain, apres une nuit de douches.
Geci est une des cures les plus merveilleuses de ma vie de praticien.
Voilä done, parmi les trois cas que j'ai tries ä dessein dans mes notes, la maladie representee sous ses trois phases principales : la periode de debut, la periode moyenne ou d'etat, et la periode finale ou desesperee. La guerison a ete obtenue de la maniere la plus simple : saignee, purgatif violent et application de douches d'eaufroide.
La saignee doit etre moderee ou forte suivant l'etat de
repletion du rumen, mais eile est indispensable, et Je la
fais toujours a la veine mammaire, malgre le thrombus
qui se produit presque inevitablement et que je fais dispa-
H.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
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raitre au moyen d'un tampon huniccte d'eau froidc et maintenu par un bandage.
Les douches forment la base dn traitement : elles sont d'unc application facile : un lingo ququot;on entretient conti-nucllement frais entoure les cornes frontales, et un gros sac do toile qivon trempe toules les 4 ou 5 minutes dans un seau d'eau froide est applique sur le dos dans le sens longitudinal. Ce traitement dure de 2 ä 10 ou 12 heures, suivant la gravite des cas.
Les fails pratiques etant cites, je vais hasardcr quelques pas dans le domaine de la theorie, et exposcr d'une facon aussi simple que possible mon opinion sur le caractere intime de la fievre vitulaire et sur I'effet thcrapeutique de mon traitement:
Les bonnes vaches laitieres sont rares et n'apparticn-nent souvent qu'ä des propiietaires fortunes chez lesquels ralimentation est abondante et de quality superieure. Dans les derniers moments dc la gestation, on remarque tou-jours un gonflement considerable des principales vcines exterieures, et surtout des veines mammaircs; ces conduits sont gorges et denoteut le trop plein. Le part a lieu, et quoique le veau empörte sa provision de liquide circu-latoire, il n'en reste pas moins une quantite enorme dans l'organisme de la mere (1).
(1) L'exercice violent auquel se llvre la matrice pendant ie travail de la gestation, se traduit par la decomposition des elements (sang et tissus) et la formation dquot;une quantity considerable d'ur^e. Apres le part, la matrice est enorme, gorgee d'une quantite considerable de sang, tenant en suspens I'nree qui, comme on le sait, est insoluble. L'organe fatigue, epuise par le travail musculaire, ne revient ä son volume normal que petit ä petit. (II lui faut deux ou trois jours.) Et cette retraction de la matrice ne peut s'effectuer qu'ä la condition d'infuser ä la grande circulation, tous les Elements impurs que renferme normale-meut l'organe. Ces elements ne sont autre chose qu'uu poison violent qui produit I'asphyxie. Pas n'est besoin d'invoquer ia resorption des lo-chies, comme 1'ont fait les savants pour l'appui de leur theorie sur I'em-
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Ghcz la vache moyenne laitiere, qu'on a laissee seche deux ou memo trois mois avant la parturition, il s'operc unc espece de derivation sur la mamelle. Get orgauc s'en-gorge, s'enflamme quelquefois; il se produit un mouve-ment febrile avec acceleration des mouvements du cceur et de la respiration.
La diurese est abondante et par consequent la maladie cst evitee par le travail normal des organes.
(Je n'ai du reste jamais observe la fievro vitulairc lors-qu'il y avait mammite ou memo un simple engoucment mammaire. Toujours, dans le cas oü la premiere maladie survient, le pis a son aspect normal.)
Tandis que, chez la bonne vache laitiere, lo irop plein dans le Systeme circulatoire ne trouve pas d'ccoulement naturcl, Souvent Fanimal a ete trait jusqu'au dernier moment (e'est le cas de la vache de M. Tiercelct). La quantitc de sang est enorme, et, en raison merae de la lenteur des mouvements respiratoircs, Vhematose se fait incomplete-ment;'le sang se charge d'acide carboniqae ct d'uree ; le systerae nerveux, insuffisamment excite, n'agit plus d'une maniere active sur les organes dont il regie le fonctionne-ment; la secretion urinaire devient nulle; les effets devien-nent des causes, le cerveau, la moelle epinierc s'engour-dissent, les forces musculaires s'annihilent, et, ä un moment donne, I'animal tombe aneanti, asphyxie lentcment, et il meurt.
Qu'on opera une saignee pendant le cours de cette maladie, on voit instantanement l'ocil s'eveiller; de lerne qu'il etait, il devient clair et brillant. Le sang, dirainuant de quantite, so purifle par son passage plus frequent a travers les areolcs pulmonaires; le pouls, qui etait mou et
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poisonnement sanguin. Les elements normaux produits par le travail musculaire suflisent pour provoquer par leur seule presence dans le sang les effets d'asphyxie que Ton conslale dans cette maladie.
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vite, cst plus facilemcnt saisissable, plus large et plus fort.
Qu'on fouette le sang par ['application de douches d'eau froide. 1'animal semble se degourdir; la tete, qui etait immobile et comme fixee sur les cotes, se redresse.
Au bout d'un quart d'heure, d'une demi-heure souvent, le sujet se rcleve et demande son veau. C'est l'indice de la guerison prochaine. Mais, ä ce moment, la faiblesse est encore grande, et si, par une pitie incomprehensible, vous cessiez le supplice des douches, tout le resultat obtenu se-rait bientöt aboli (1).
II faut renouveler remission sanguine et continuer les douches jusqu'a ce que I'animal semble se mouvoir avec facilite, puis le recouvrir, apres une vigoureuse friction, le traire ou lui mettre le veau ä la mamelle, et lui offrir un pen de barbottage qu'il prend avidement.
L'aclion therapeutique de l'eau froide appliquee en irrigation est vraiment remarquable.
\Jabsorption du liquide par la surface cutanee est considerable: le sang se fluidifie; la diurese devient si abon-dante qu'a tout moment le malade eprouve le besoin d'u-riner. G'est du reste I'effet produit sur I'homme par un bain prolonge en ete. Outre que le sang perd rapidement ses proprietes toxiques par son melange avec l'eau, il se debarrasse des elements deleteres qu'il contient et qui causent cet etat general d'adynamie dans le collapsus du part.
L'eau fouette le sang, comme je le disais plus haut, et electrise le systems nerveux. La temperature du liquide cir-
(1) J'ai cite celte annee-ci I'effet d'une interruption dans le traitement iii.iique Un proprietaire, influence par son voisin. cessa les douchesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; '
pendant la nuit, et les reprit le lendemain, fur men conseil. L'animal guerit de sa fievre vitulaire, mais fut atteint le cinquierae jour d'une
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pneumonie double, resultant de l'exces de douches. C'est le seal cas exceptionnel que je puisse citer.
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culatoire, qui s'eleve souvent tres haut, est ramenee a ses justeslimites, et il serait superflu d'apprehender un abais-sement de temperature trop considerable, car, les mouve-ments du coeur etant acceleres par le saisissement, il se developpe une quantite considerable de chaleur animale, qui retablit I'equilibre fonctionnel.
C'est ä l'activite des reins que j'attribue une grande partie du succes dans ce genre de traitement. Le malade, en effet, urine a tout moment et se debarrasse par ce moyen de la surcharge d'acide urique que la maladie emmagasi-nait dans le sang. Et presque toujours on remarque que ce traitement qui peut, a premiere viie, sembler brutal en quelque sorte, n'arrete nullement la secretion du lait.
Remarques. — Je n'ai jamais observe Chez le cheval une affection presentant la moindre analogic avec la fievre vi-tulaire.
La paralysie, suite du part, offre dans cette espece une grande analogic avec la meme maladie chez la vache. Mais 1'analogie s'arrete la.
De l'analogie qui existe entre la fievre puerperale et la fievre vitulaire.
Quoique cette question n'entre nullement dans le cadre de mon ouvrage, je la traiteraiueanmoins, si indigne que je me sente d'aborder une täche de cette nature. Lors* qu'une maladie grave se declare chez I'animal, le veteri-naire cherche instinctivement ä etablir une analogic entre cette maladie et l'affection de l'homme qui s'en rapproche le plus. Nos premiers ecrivains dans Tart veterinaire out certainement caique leurs ouvrages sur les travaux identi-ques de la medecine humaine. La machine animale etant de tous point composee des memes organes, des memes
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rouages fonctionnant d'unc raaniere identique, il etait na-turel de conclure que tout derangement dans le fonction-ment d'un de ces organes devait se traduire : 1deg; par un memc nom; 2deg; par des symptomes ä pen pres scmblables.
Qu'enfin le remede curatif ou palliatif devait etre encore analogue aux remedes employes dans la medecine de riiomme. G'etait tout au plus une question de doses a eta-blir.
Aussi, les premiers disciples agissaient-ils sagement en empruntant tout l'outillage de la vieille science medicale.
Mais, ä cote des maladies similaires dans les deux formes de la medecine, il s'en presentait de nouvelles; les precedes d'investigations etaient alors dans l'enfance, et il n'est pas etonnant que pendant un siecle certaines d'entre elles resterent inconnues au point de vue de leur nature et des causes qui les engendraient.
La fievre vitulaire etait de ce nombro. Inconnue dans ses causes, dans sa nature intime, on I'attribuait a tort a la production du lait ou ä la resorption des principes im-purs de la matrice. J'ai demontrejusquici :
1deg; Que cette affection se declare dans la plupart des cas chez des vaches de bonne nature, debarrassees de leur delivre comme aussi des serosites que laisse le part dans la matrice. (Jamals je n'ai constate cette maladie chez des sujets maigres ou affaiblis);
2deg; Que le phenomene initial de la production du lait n'a rien de commun avec les causes qui peuvent engen drer la maladie.
Et, me basant sur les resultats pratiques incontestables obtenus d'une facon sure par les douches d'eau froide, je crois avoir le premier interprete les faits d'une maniere logique.
'' Les praticiens qui ont serieusement imite ma methode de traitement ont gueri leurs malades.
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Or, cherchons ä etablir les points d'analogie qui existent entre la fievre dite vitulaire chez la vache, qui a mon avis n'est qu'une asphyxie sanguine et la fievre puerperale chez la femrae :
L'historique de cette derniere maladie offre dejä unc grande analogic avec les descriptions que font les auteurs vcterinaires de la fievre vitulaire.
Jusqu'ici la nature exacte de la fievre puerperale est in-connue.
On l'attribue ä l'etat atmospherique, ä la rösorption des lochies, ä l'empoisonnement du sang, etc., toutes causes qui furent jusqu'ä ce jour considerees comme determinant la fievre vitulaire dans I'especc bovine.
Soul le caractere epidemique, que certains attribuent a la fievre puerperale, n'est pas constate, pour cette raison bien simple qu'il est extremement rare que dans une meme etable, un cas de fievre vitulaire se declarant spon-tanement sur un sujet, il y ait ä proximite un autre sujet place dans des conditions physiologiques tclles qu'il soit apte ä recevoir le germe suppose.
II faut tenir compte aussi de la difference considerable d'organisation qui existe entre I'espece humaine et I'especc bovine. La receptivite chez la femme doit etre relati-vemcnt plus grande, si toutefois la theorie est vraie d'un microbe se developpant spontanement pendant le cours de la maladie et se trouvant done tout a coup de la faculle de devenir cause apres avoir ete effet.
Je n'ai jamais ete lemoin de fails identiqucs se produi-sant chez des sujcts de I'espece bovine ; mais lä oil 1'ana-logie devient frappante, c'est dans l'etude de la Symptomatologie.
La date du debut correspond bien avec le retour physio-logique dc la matrice a son volume primitif. Les auteurs indiquent deux ou trois jours.
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La cephalalgie, avec lesnausees, les vomissements, tous symptömes communs avec ceux de l'asphyxie; enfin, la terminaison rapide et presque toujours fatale, comme nous le constatons chez la vache qui n'est pas soumise au traitement hydrotherapique.
Dans la fievre vitulaire, nous constatons toujours le gonflement du ventre, que Ton doit, ce me semble, attri-buer ä l'arret des fonctions digestives. La sensibilite de la matrice serait difficile k etablir, parce que notre sujet n'est pas done de la parole.
A I'autopsie, nous decouvrons l'existence d'un peu de serosite dans le pöritoine, effet de la stase sanguine; le gonflement des gros vaisseaux veineux afferents a la matrice.
Les medecins affirment que, dans certains cas de fievre puerpörale, Ton ne constate aucune alteration du sang. Ceciest un fait ä peu pres constant dans la fievre vitulaire.
Depuis 1878, ilm'a ete donne une seule fois de proceder h I'autopsie d'un sujet (mes autres malades ayant tous ete gueris par l'bydrotherapie). Le sang avait ä Toeil nu I'as-pect a peu pres normal, avec une legere teinte violacee. II etait poisseux, se xoagulait difficilement.
Examine au microscope aussitöt apres la mort, il pre-sentait une decoloration marquee des globules rouges. Le scrum semblait teint par I'hemoglobuline.
Tous les autres organes etaient sains, les mamelles gor-gees de lau.
En rösume, que se passe-t-il chez nos deux mammiferes au moment de l'accouchement, je parle de la femme et de la vache prises l'une et l'autre dans le dernier moment de gestation. Que les lecteurs m'absolvent de ce rapprochement, absolument necessaire pour l'expose de mes convictions.
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Lorsque le moment physiologique de rexpulsion du - - produit est arrive :
1deg; La matrice se congestionne. L'afflux du sang se tra-duit par des coliques plus ou moins violentes, suivant l'etat nerveux des sujets;
2deg; L'intestin et la vessie se vident simultanement;
3deg; Des contractions peristalliques, de plus en plus violentes se produisent. Ges crises involontaires commandees par les lois de la nature et aidees d'ailleurs par les efforts des muscles thoraciques, abdominaux et diaphragma-tiques, par la pression directe de l'intestin sur la matrice, se rapprochent de plus en plus et cessent des l'ins-tant oü le produit est normalement expulse.
Est-il une function de la nature animale qui exige le concours si absolu de tout le Systeme musculaire et indi-rectement celui des autres grandes fonctions de l'orga-nisme? Non.
Que nous enseigne la physiologic relativement ä la re-sultante de tout effort musculaire?
Toute contraction violente des muscles engendre lusure des elements qui les composent et se traduit par la fatigue.
La circulation de retour entraine vers les emonctoires naturels (reins et peau). les produits de l'usure. Mais cette circulation est reglee normalement — plus ou moins rapide suivant le degre de fievre engendre par la douleur — lente, an contraire, si la douleur est faible.
Les poumons jouent un role important, dans cet important phenomene physiologique, leur fonction elant de purifier, ä mesure qu'il y est charrie pour la circulation de retour, le sang fortement charge des produits de desas-similation.
Lorsque les fails se passent normalement, le medecin assiste ä la deuxieme periode, la periode la plus critique de l'accouchement.
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Les sueurs dc la peau, extremement acides ä ce mo-monl.
La fievre de lait qui est la flevre critique par excellence.
Le retour h son volume primitif de la matrice.
La masse considerable de sang contenue dans cet Organe entre dans la grande circulation oü eile se melange au sang dej;i fortement charge d'elements de desassimila-tion.
La periode d'epuisement est arrivee. EUc se traduit.par une grande lassitude, celle qu'eprouve I'homme ou le che-val qui a iburni une grande course, un travail musculaire consideralile. Le sang fortement charge d'uree agit sur le Systeme ncrveux comme insensiliilisateur.
Si, ä ce moment, les organes naturcls (ömonctoires, puri-ficateurs), parmi lesquels nous pouvons classer les pou-mons, la peau, les reins, sont suffisamment doues pour joucr lenr role jusqu'au bout;
Si surtout les mamelles, qui sont non seulement des glandes secrctoires, mais aussi des glandes cxcretoires, entrent franchement en action et produisent en alion-dance le colostrum qui pourrait Men etrc un excreta critique, sans ccsser d'etre pour cela physiologique;
L'experience nous demontre, en effet, que chez nos grands herbivores, I'usagede certains aliments (moutarde, luzerne, medicaments clivers), se traduit dans le lait par une odeur et une saveur marquee de ces differents prin-cipes.
(Je connais une region d'elcvage dans les Ardennes oü le bcurre est inulilisable chez les vaches qui mangent de la luzerne, ä cause du goüt insupportable que lui donnc cet aliment.) Si, en somme, lemecanisme d'emonction estassez vaste,
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assez actif pour debarrasser le sang du trop plein, le travail de l'accouchement s'accomplit normalement.
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Si, au contraire, ce mecanisme est insufflsant, I'empoi-sonnement du sang se traduit par les phenornenes que les auteurs medecins. dont les noms font autorite dans la science, ontsi bien decrits.
Jc tcux parier des essentialistcs, au nombre desqucls figurent en premier lieu Hippocrate, le pere de la doctrine humorale, et les D's Danyau, Depaul, Paul Dubois, trois accoucheurs dont la doctrine est remarquable de lucidity.
Voici le resume de cette doctrine que j'emprunte ä l'ex-cellent ouvrage du Dr Edouard Auber (1) :
laquo; Chez les femmes en couches, il y a plusieurs ordres de phenomenes pathologiques : les uns henins, les autres ex-tremement graves. Parmi ces derniers, il en est un qui apparait ordinairement au dixieme jour apres les couches, e'est I'intoxication septique. Deux ordres de phenomenes se montrent a l'epoquc oü apparait la fievre pucrperale : Tun est Tembarras gastrique, il se montre du deuxieme au troisicme jour; I'autre est I'etat inflammatoire, mais rien de tout cela n'est la fievre puerpcrale. raquo;
La metrite, I'ovarite, la peritonite, ohscrvües avee la fievre puerpcrale, ne la constituent pas non plus, elles la compliquent; Tinfection putride et l'infcction purulcnte ne sauraient, de meine, etre confondues avec la fievre puerpcrale. Dquot;autre part, on nepeutadmettre de similitude entre la surface interne do Tuterus apres I'accouchcment et une plaie ordinaire, car lorsque le delivre est expulse, il n'y a pas de rupture, mais un simple decollement d'avec le placenta des vaisseaux maternels qui bientot s'affaissent pour s'obliterer ensuite.
Qu'est-ce done que la fievre puerpcrale? Existe-t-il une
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(1) De la fievre puerpcrale devant l'Acadamp;me de medecine de Paris, 1838.
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maladie ä laqaello il faille reserver ce nom ? üui certaine-ment, voilii les caracteres de cette entite :
Son invasion se fait brusquement et on peut l'observer toutaussi bienavant raccouchementou pendant le travail quedans les premiers jours des couches. Elle Jette le trouble, presque instantanement, dans les principales fonc-tions; l'acceleration dupouls est portee d'emblee ä 120 ou 140 pulsations; la respiration presente un embarras re-marquable; les idees se troublent, elles se perdent dans un subdelirimn qui cache aux malades et souvent'aux assistants la gravite de l'afFection ; il n'y a pas de reaction franche, et les anltphologistiques, loin d'etre utiles, preci-pitent la terminaison fatale.
En resume, la fievre puerperale est caracterisee par l'epoque de son invasion (avant le huitieme jour), par revolution et la nature de ses symptomes; par ses caracteres anatomiques consistant en une alteration du sang, in-connue dans sa nature.
laquo; La fievre puerperale est produite par un miasme puerperal qui est du ä Faction combinöe des influences atmo-spheriques et des conditions dans lesquelles se trouvent les femmes en couches. raquo;
Quelesobservateursserieuxrapprochentcesdires de ceux demon travail sur la fievre vilulaire, des symptomes quej'ai decrits en 1879 apres de nombreuses observations, de ceux quej'y ajoutc, comme des reflexions müries par l'expe-rienco et par 1c temps, et ils ne douteront plus de l'analo-gie absolue de causes, de symptomes et d'effets qui existe entre la fievre vitulaire dont j'ai decouvert le traitement et la fievre puerperale de la femme.
11 reste un point, obscur dans ma comparaison : celui qui a trait ä la nature contagieuse de la fievre puerperale. Mais cette contagion est-elle demontree? Le Dr Paul Du-nois,dansla memorable discussion des treizeäl'Aeademie
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de medecine de Paris, n'a-t-il pas dit formellement: laquo; La fievre puerperalc a pour cause une alteration du sang par un agent inconnu. La contagion existe-t-elle ou n'existe-t-elle pas?Qu'on y prenne garde; la question est plus difficile k rösoudre qu'on ne le croit generalement. raquo;
Cette contagion existerait-elle, qu'elle n'aurait pas la va-leur d'un argument. Nous voyons journellement les affections des voies respiratoires revetir ce caractere conta-gieux, et particulierement dans la pathologie du cheval, I'exemple est frequent d'une jumcnt surmenee presentant une angine ou une bronchite critique, qui se transmet-tent ä tons les chevaux d'une ecurie.
Les causes de ces contagions sont encore actuellement recouvertes d'un voile epais.
DU TRAITEMENT.
J'ai demontre jusqu'ici l'analogie des causes, comme celle des symptomes et des effets de la fievre puerperale et de la fievre que nous designons en veterinaire sous le nom de fievre vitulaire. (Certains auteurs font designee sous les noms de fievre puerperale, ataxique, etc.)
Si mon humble appreciation, basee cependant sur des faits indeniables, etait vraie, il suffirait d'appliquer ä la femme le traitement que je decouvris en 1878,1'hydrothe-rapie.
Avant ma decouverte, Ton ne gucrissait pas la fievre vitulaire. J'avais perdu moi-mdme, de 1874 ä 1878, tous les sujets qu'il m'avait cte donne de traiter. Et je crois fort que les pretendus guerisseurs de cette affection peuvent etre confondus avec les medecins qui nient I'essentialite de la maladie.
La fievre vitulaire comme la fievre puerperale est une entite possedant ses caracteres propres. Cette maladie
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est le funcste apanage de certaines regions de France, cm le betail est fortement nourri, plethorique; ellc se declare chez les laitieres riches, bien portantcs, et il est facile, meme avant la mise bas, deprevoir son apparition ä l'exa-men des sujets, pour peu que Ton soit praticien exerce. (Les malades, 24heures avant la mise bas, restent dobout, se deplacent difücilement, titubent memo, et leur ceil est tcrne, comme vitreux.
J'en ai donnc la preuve ä un jeune praticien, M. Fonte, qui partagea mes travaux en 1882.)
Le nombre est grand, en France, des profosseurs et des praliciens qui n'ont Jamals juge de visu des caracleres propres de la maladie vitulaire.
C'est dans ce clan sculement,que penvent se Irouver des contradicteurs.
Les veterinaires qni ont suivi mon mode de traitement ont constate avec surprise que cctte terrible affection, qui tuait bon an, mal an, pour des millions debovines, netait plus incurable.
Qu'au contraire, ellese guc'rissaü toujours facilement au debut, par des affusions d'eau froidesur la tete et le Jos ; que,ineme dans les cas desesperes, lareussite venait sou-vent couronner les efforts du praticien.
Que messieurs les medecins fassent done des essais se-rieux; l'elixir que j'offre n'est ni etiquete, ni brevete; il est 1c produit de rexperience, du basard, comme celui d'un travail penible et desinteresse.
Je ne dirai rien du modus faciendi, n'ayant aueune aptitude pour 1c faire.
Mais je predirai un singulier etonnement aux accoucheurs, qui, bien convaineus, feront l'essai de cette me-tbode pour la premiere fois.
Dans ce cas plus quo jamais, ils apprecieront les dires de Fournier et Begin, v IL faudrail que la malade touchät
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an dernier degre de la debihte vitale, pour que la reaction rieüt pas lieu. raquo;
Je termine par le mot de la ün : c:est une lettrc de praticien, choisie parmi beaucoup d'autres, et qui en dit plus au sujet de ma decouverte que la plus savante dissertation.
Mon eher Hartenstein,
Je ne puis resister au desir de vous feliciter au sujet de votre decouverte, que les journaux vetoriaaires ont publiee en 1880, relati-#9632;vement au traitement de la fievre vitulaire.
Avant de connaitre votre methode si simple et pourtant si utile, je perdais tons mes malades. J'en preaais mon parti comma les au-tres. Depuis que j'applique votre procedi, je les gu^ris tous. Co matin encore, j'ai trouve une malade guerie, qui, hier soir, 6tait consideree comme absolument perdue. On avait passe la nuit ä l'inonder d'eau froide.
Les eleveurs vous devront un rude cierge le jour oü votre methode sera genSralisee. Le resultat net, sera un sauvetage annuel de plu-sieurs millions.
Vous aurez aussi des contradioteurs, mais consolez-vous-en ? Le camp des travailleurs vous sera reconnaissant.
Vous rappelez-vous au moins, aprös dix ans, de votre ancien condisciple ?
Girard,
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Chose etrange, depuis que la societe pratique de Seine-Inferieure et de FEure a Men voulu m'honorer d'une recompense speciale, pour mon premier essai sur la fievre vitulaire, que je lui avals adresse avec la conviction que ce travail ne pourrait etre apprecie que par un groupe dc praticiens exercant dans un pays oü la maladic est fre-quente, depuis cette epoque, dis-je, j'ai enregistre beau-coup dc felicitations, j'ai vu beaucoup d'imitateurs, mais pas I'ombre d'une critique.
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LIIYDIIOTHERAPIE
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Le sujet y pretait largement cependant.
Peul-etre, l'audace du procede, raccumulation desfaits, les noms, jene dis pas 1c nom. ont-ils agi par influence. G'est presque desolant!
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DE LA FARAPLfGIE, SUITE DD PART.
Gelte maladie, de meme que la flevre vitulaire, est re-lativement frequcnte dans les regions oü Ton s'adonne ä l'elcvage du betail.
Lorsque j'en fis la description en 1879, j'eus soin de faire ressortir dans un memoire du Journal les Archives de l'Ecole d/Alforl, que j'etais loin de considerer cette maladie comme le resultat d'une congestion de la moelle epiniere.
L'extrait suivant de cet article est I'expression exacte de mon opinion, mürie par une experience plus grande ; c'est une reponse ä M. Collin de Vassy, lorsque ce prati-cien, en faisant relogedemon traitementhydrotherapique de la paraplegic suite du part, cite Lafosse. comme I'ayant preconise pour le traitement de la congestion de la moelle chez le cheval:
laquo; Or, disais-je ä l'epoque, mon article concerne Fespece bovine, et une maladie qui n'a qu'une analogie apparente avec la congestion de la moelle epiniere du cheval. Ilsuffit de relire la description que je faisais de la paraplegic de Tespece bovine pour se penetrer de ce fait queje ne consi-dere nullcment cette maladie comme une congestion, mais Men comme le resultat mecanique de la geneapportee äla circulation dans les troncs veineux du train postericur, par cet etat physiologique, la gestation; par la slase sanguine ct par 1c volume considerable qu'acquicrt la matrice ä l'approche du velage. Jc crois, en somme, que la maladie est toutc mecanique des 1c principe, ct qu'ellc procede
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des extremites, c'est-ä-dire de bas en haut, de la Peripherie au centre, par suite de l'irrigation insuffisante des papules nerveuses.
Que dans le debut, la paraplegie des vaches fratches velees n'est qu'un engourdissement pareil a celui quenous ressentons dans I'un ou I'autre membre a la suite d'une fausse position.
Je rappelais ä ce sujet l'experience de notre savant physiologiste M. Collin, sur la ligature de l'aorte poste-rieure determinant artificiellement la paralysie chez 1c chien.
Comment pourrait-on expliquer autrement ce cas pa-thologique qui se presents assez frequemment chez la vache prete ä veler. dont le train posterieur semble paralyse a l'approche de la parturition, I'animal se relevant aussitöt apres la delivrance ?
Pour me resumer, j'ai emis cette idee que la paralysie de la vache apres le part ne precede pas des centres ner-veux, mais bien des extremites nerveuses, tandis que la paralysie du cheval est le resultat d'une veritable congestion de la moelle ainsi que I'indique I'autopsie.
Sans nier toutefois qu'il puisse se presenter de veri-tables cas de congestion de la moelle dans I'espece bovine, j'ai affirme avoir faitquelques autopsies de vaches mortes de paralysie avant l'epoque oü j'appliquais I'hydrothera-pie, et n'avoir decouvert que des caillots decolores dans les veines femorales. La moelle epiniere etait intacte. raquo;
II existe du reste une connexite frappante entre la paralysie suite du part et la fievre vitulaire ou puerperale: Tune et I'autre sedeclarent dans les memes conditions, et Ton pourrait affirmer sans exageration que la paraplegie est Yaffection localisee, tandis que la fievre vitulaire est la maladie gdnerale.
Ce fait nous explique du reste, comment il est possible H.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4
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de prevoir la fievre vitulaire, les causes initiales devant etre cette sorte de stase sanguine precurscur de l'empoi-sonnement general.
Les symptömes de la paralysie suite du part sont univo-ques: lamalade, soitavant lepart, soitapramp;3,se deplace dif-ficilement du train posterieiu-; eile titube, tombe quelque-fois, se releve diflicilement ou meme plus du tout. D'autres fois,c'est immediatement apres lamise bas que la paraplegic apparait. Lc sujet essaie en vain de se relever; le train anterieur est sain, le train posterieur inerte. Le preinier se releve. agit comme s'il'etait une unite propre.
Si la parturition s'est accomplie dans les conditions normales. Si surtout la digestion n'est pas entravöe, la malade conserve un fades de bon augure; eile mange, boit, rumine et par intervalles essaie de se relever.
Voila les symptomes consideres sans les complications, sans les epiphenomönes.
D'autres formes de paraplegics peuvent se presenter :
1quot; Chez les sujets dont le part a ete laborieux;
2deg; Chez les vaches phthisiques ou profondement anc-miqucs,
Dans le premier cas, il n'est pas rare de trouver des lesions graves sur la moelle, le bassin. Lorsque surtout le detroit pelvien est trop ötroit pour livrer passage ä un produit enorme, et que l'empirique du lieu s'est servi pour l'extraction du produit, soit d'une brouette renver-see, soit d'un cheval. soit de tonte la population virile d'une localite.
La paralysie dans ce cas est le resultat du traumatisme, du dechirement do la moelle epiniere. Elle est chirurgi-cale et n'entre plus dans le cadre des paraplegics resultant directement delaplethore, d'un etatconstitutionnel special.
Dans le dcimeme cas, eile est le resultat d'une atonic generale, de Tepulsement coraplet de l'individu.
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Et, dans Tun et l'autre de cos cas exceptionnels, Yhydro-therapie est impuissante.
Les sujets du reste presentent toujours un aspect abso-lument dilferent. La maladie est genörale, le facies mau-vais. Le traitement de ces cas accidentels doit done varier, et ne pent etre soumis äune regie generale.
DU TRAITEMENT.
Lorsquc la paraplegic suite du part se produit spontane-ment. apres la delivrancc, la premiere indication est la saignce: je la pratique toujours a. la veine mammaire, comme dans le cas de fievrc vitulairc. (Le thrombus qui se forme presque constainment ä la suite de cette saignee est sans aucune importance; il disparait eu peu de temps par l'application de compresses ä l'eau froide.)
L'application sur le train postoricur et les reins d'un sac de toile frequemment trempe dans l'eau froide.
Enfin, ä l'interieur, unpurgatif compose suivant la for-mnle que j'ai indiquee depuis longtemps dejä :
Aloes soccotrin..........nbsp; nbsp; nbsp;30 ä 40 grammes.
Assa foetida........; ....nbsp; nbsp; 15 grammes.
Ammoniaque............. 5 gr.
Huile douce..............nbsp; 250 gr.
Eau bouillante............nbsp; nbsp;500 gr.
On verse 1 quot;ammoniaque sur 1'aloes pour le rendre soluble, on ajoute l'eau bouillante. et apres avoir fortement agite le flacon. on incorpore l'assa fcetida ct I'liuile.
Je n'entrcrai pas ici dans les details quo j'ai donncs sur reffet remarquable produit par rhydrothcrapie. Les praticiens qui, depuis quclque dix ans, ont applique ma mcthode, ont pu constater I'effet curatif puissant et rapide de ce precede.
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E2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; l'hydrotherapie
Bien des malades se relövent d'emblee apres deuxheures de douches. Aucun insucces n'est a apprehender. Les cas graves, exceptionnels, incurables par les autres pro-codes, exigent huit jours de douches. Mais toujours la gue-rison estcertaine (1).
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DE LA PARAPLfGIE SUITE DE LA MISE BAS CHEZ LA JUMENT.
Cettc maladie est relativement rare chez la jument. Je ne l'ai observee que trois fois. Je ne parle pas, bien en-tendu, dc la paralysie typhoi'de qui vient souvent compli-quer ravortement et quiest presque toujours mortelle.
Les cas que je mentionne se sont constamment produits chez des juments de gros trait, et dans les memes conditions que la paralysie suite du part chez la vache.
Une demi-heure, une heure apres la venue dupoulain, la jument chancelle sur le train posterieur et tombe en conservant un fades relativement indifferent. Elle fait de vains efforts pour se relever ; les membres posterieurs sont encore doues de sensibilite, ils s'agitent au moment oü on les pique de la pointe du bistouri, mais la motilite semble detruile.
Je considere cet etat comme un veritable engourdisse-ment produit par la stase sanguine dans les gros vais-seaux veineux du train posterieur. Cet engourdissement pourraita la longue devenir une paralysie veritable. L'experience ne me permet ici qu'une simple supposition.
Le traitement suivant produit un effet salutaire et in-stantane:
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(1) L'on ne doit jamais chercher ä suspendre un animal qui ne sy prete pas.
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APPLIQOEE A LA MEDECINE DES ANIMAUX.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;53
1deg; Saignee franche aux saphenes;
2deg; Suspendre Tanimal immediatement;
3deg; Lui appliquer sur les reins des toiles fröquemment imbibees d'eau froide;
4raquo; Frictions seches an train auterieur, on repassage au fer chaud de toute la surface non humectee;
5deg; Vin aromatique chaud.
Guerison absolue au bout d'une heure ou deux au plus.
DE LA PARALYSIE SUITE DÜ PART CHEZ LA TRUIE.
Depuis que jem'occupe de Thydrotherapie appliquee au traitement de quelques affections chez nos animaux do-mestiques, j'ai constat6 deux cas de paralysie du train posterieur chez la truie, survenus le lendemain de la mise bas.
J'ai fait appliquer avec succes dans Tun et l'autre cas I'eau froide en affusions sur la region lombaire, apres avoir prealablement fait la section de la queue. Les deux sujets se sont releves en peu de temps, le premier, apres quatre heures de douches, le deuxieme, apres six heures.
RENVERSEHENT DE ICTERUS CHEZ LA VACHE.
En suivant regulierement l'ordre des maladies qu'en-gendre la parturition chez nos animaux domestiques, je me trouve amene ä faire la description d'un accident assez frequent dans tons les pays d'elevage: le renversement de l'uterus.
L'ouvrage classique de Gruzel donne, au sujet de cette affection chirurgicale, des details qui ne laissent aucun doute sur les difficultes qu'ont du eprouver, et qu'e-prouvent encore annuellement les praticiens [peu au cou-
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54nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i/hydroth^rapie
rant des manipulations hydriatiques. Et je suis vrai-ment heuroux de pouvoir decrire le proc6de qui m'a donne, depuis longtemps dejä, des succes d'autant plus rcmar-quables.qu'ils sontplus faciles ä obtenir. L'hydrotherapie nous permet, en effet, de supprimer d'emblcela suture des levres de la vulve; les differents pessaircs de Ghabert, de Leblanc, I'encordement, le sac aux briques, place en travers des reins, et les cent trues dus au genie ou ä l'em-barras des praticiens.
Voici le precede en peu de mots : que I'animal soit debout ou couche, que le renversement soit nouveau ou qu'il ait douze heures de date, je me procure un drap bien propre, dans lequel je place la portion herniee de l'uterus on faisant maintenir le tout par deux aides places. Tun a droite, Tautre ä gauche de l'organe renverse. Ce premier temps de l'operation termine, j'inonde Torgane de 25 a 30 seaux d'eau froide, quelqucfois 40 et 50, si le renversement est enorme, et, pendant cette irrigation, je debarrasse la matrice de tons les corps etrangers qui la souillent, des cotyledons prets ä se detacher, quelquefois inline des membranes placentaires, si elles y sontencore adherentcs.
A mesure quo I'irrigation s'effectue. torgane dimiaue de volume, 2')resque ä vue d'osil..
(Men but n'est pas seulement de nettoyer et d'obtcnir une retraction de l'uterus qu'il me serait souvent possible de reduire sans le concours de l'eau, mais encore de l'in-sensibiliser momentanement et de refroidir la masse du sang.)
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Lorsque I'nterus esl ä point, e'est-a-dire lorsquc les phenomenes de retraction Tont reduit ä un diaraetre de 25 ä 30 cent., je fais cesser I'irrigation et je souleve l'organe de facon ;i degnger le meat urinaire. Presque toü' jours, le sujet, impressionnö par le froid, fait une 6mis-
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sion d'urine. Aussitöt apres cetto emission d'urine, je precede ä la reintegrution do I'organe.
Dans cetlc operation encore, je ne proccde pas comme rindiquenl Cliabert et Leblanc : au lieu de saisir lacornc de la matrice par son extremite libre et d'excrcer une pression du dehors en dedans, je saisis I'organe tout pres de son point de sortie entre mes deux mains largement ouvertcs; je fais soulcver le tout par les deux aides, de maniere ;i ce querextremite libre de la cornc se trouve elevee au-dessus du niveau de la partie que je maintiens, et j'opere une pression moderöe, de teile sorte que la partie de Tu terns la plus rapprocbee de la vulve pe-netre tout d'abord dans la cavite pelvienne. Ce premier resultat obtenu, Toperation complete de röintroduction se fait en moins de deux minutes et avec une facilite qui etonnera singulierement les Operateurs qui employaient l'ancien Systeme.
J'introduis ensuitc franchement le bras dans I'uterus, et jusqu'au fond, pour lui faire prendre son developpe-ment complet. Je fais couvrir I'animal bicn chaudement et lui administre une boutoille de vin aromatise.
Jamals une vache, operee de la sorte, ne chcrcbe ä re-pousser I'uterus, et le voudrait-ellc qu'elle ne le pourrait pas parce que les ligaments larges, retractes eux-memes par le froid, n'offrent plus, a, ce moment, 1'elasticite ni le developpement voulus.
J'ai renouvele cette operation une vingtaine de fois dejä, et je puis affirmer aux praticiens hesitants qui em-ploient aujourd'bui encore, pour le lavage de la matrice. du lait ou de l'eau tiede, que je n'ai Jamals subi ni reci-dive, ni complications d'aucune sorte.
Chaque fois que I'operation est terminee, I'animal tremble, eprouve des frissons musculaires dont le vin chaud et quelques vigoureuscs frictions seches out rapi-
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dement raison. J'ai opere par ce precede des renverse-ments tres graves, considcres meme comme irreductibles par des praticiens experimentes ; le succes a constam-ment couronne mes efforts.
Je ne saurais done assez recommander ce Systeme aux jeunes praticiens que cette operation effraie a juste titre, car il est simple et extraordinairement facile.
Pourquoi la reduction ope're'e sans cette precaution prea-lable determine-t-elle des efforts expulsifs de Vanimal ?
Je m'etonne que la cause qui provoque ces effox-ts n'ait pas fixe l'attention des praticiens. Au moment oü eile est expulsee, la matrice continue h recevoir le sang arteriel; mais la circulation de retour s'effectuant difficilement, l'organe augmente de volume dans des proportions sou-vent effrayantes. II est evident que si le praticien, em-ployant les proccdes que j'appellerai classiques, reussit a placer l'organe dans sa situation normale, cet organe exercera sur tout I'intestin, en raison imime de son volume anormal, une pression considerable, agissant ainsi ä la maniere d'un corps etranger que I'animal cherche a expulser de nouveau.
En outre, l'organe allonge outre mesure, au lieu de s'etendre normalement dans la cavite qui lui estreservee, presente cä et la des replis qui s'opposent a la circulation de retour Les pessaires deviennent souvent inutiles, et la suture des levres de la vulve se dechire sous I'influence des efforts que fait I'animal.
Par le precede que j'indique, au contraire, la matrice est considerablement reduite de volume ; eile reprend sa position normale dans la cavite de l'abdomen, et, au bout d'un quart d'heure au plus, se debarrasse du trop plein, parce que les vaisseaux sanguins, ayant une direction naturelle, charrient le sang, ä Taller et au retour, avec la plus grande facilite.
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Les dangers que pourrait provoquer le refroidissement sont nuls, et, pour le prouver, je citerai, outre le nomhre assez considerable de cas que j'ai traites jusqu'ä ce jour, cet autre fait de metrites aigußs, traitees chez la jument comme chez la vache, par I'irrigation continue dans I'or-gane pendant quatre jours chez la premiere, et pendant quinze jours chez la seconde, sans que ces sujets aient presents jamais le moindre accident consecutif.
DD RENVERSEMENT DE L'DTfiRDS CHEZ LA JUMENT.
L'operation est la meme. Dans certains cas, eile reussit tresbien, surtout chez les vieilles juments portieres. Mais lorsqu'il s'agit de jument primipares, je conseillerai tou-jours aux praticiens d'examiner avant tout le pouls et les muqueuses de la malade ä son arrivee.
Si les muqueuses sont blanches, si le pouls est devenu vite et faible, c'est quele rcnversement de l'uterus estaccompa-gne de dechirures internes, souvent mihne de la rupture des vaisseaux arteriels et veineux propres a I'organe hernie.
Le sujet meurt de peritonite aigue en quarante-huit heures ou bien d'une hemorrhagie interne en quatre on six heures.
Dans ce cas, le praticien doit franchement prevenir le proprietaire de la gravite du cas et reduire neanmoins le renversement par la methode ordinaire.
Dans cette affection surtout, les surprises agreables ou desagreables sont frequentes. J'ai reduit pendant le cours de ma vie pratique bon nombre de renversements de l'uterus chez la jument. Toujours, l'etat du pouls fut mon guide absoludansle pronostic. On se reserverait bien des mecomptes, si Ton ne s'occupait que du facies general; Gar rhemorrhagie interne laisse les sujets dans un etat de calme absolument trompeur.
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LHYDBOTHERAPIE
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DU RENVERSEMENT DU RECTUM CHEZ LE CHEVAL.
Cette affection se produit assez rarement, et toujours chez de jeunes sujets echaultes par une alimentation trop riche a Tepoque oü les molaires de remplacement font leur evolution.
Au moment oil le rectum fait hernie, la partie saillante a I'aspect normal; puis, petit ä petit, la circulation de retour ne s'effectuant plus, I'organe s'engorge, devient rouge foncö et acquiert en vingt-quatre heurcs 1c volume de la töte d'un homme. La muqueusc intestinale s'epaissit considerabloment sous l'influence de l'etranglement; eile perd petit ä petit sa teinte rouge fonce pour devenir rose. Sa texture est alors delicate : eile offre h pcine la resistance des exsudats.
L'animal ne souffre pas. Le pouls est a, peine augmente de quelqucs hattcments.
Traitement. — Malgre Timpression desagreable que produit toujours sur le jeune Operateur cette hernie du rectum, il ne doit pas hesitcr un soul moment ä appliquer des douches d'eau froide, sans toutefois dilacerer les tis-sus. Au bout d'unc demi-heure, la hernie rectale a consi-derablcmcnt diminue de volume. Saisissant alors la par-lie dc I'organe hernie avec les deux mains appliquees ä plat ou, mieux encore, avec une serviette imbibee d'eau froide, il precede comme jc I'ai indique pour la reduction de ruterus.
Souvent les doigts s'enfoncent ä 2 centimetres dans la portion gelatineuse. mais sans interesser, pour ccla, I'cn-veloppe musculaire de I'organe. Ce fait s'est presente fatalement chaque fois que j'ai procedö ä cette operation. Neanmoins jen'aijamais eu d'accidents consecutifs.
La reintegration dc I'organe se fait facilement. On con-
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tinue les affusions d'eau froide sur I'anus; on fait pren-dre au sujet une solution de sulfate de soudc ä 200 ou 250 grammes, cl Ton ost etonne de constater le lendcmain ou le surlendemain, au moment oü I'animal fait sos ox-cvümcnts, qua la muquensc quel'on craignait d'avoir gra-vement intercssöc, presente son aspect normal.
DE LA MfiTRITE AIGDE CHEZ LA JUMENT
et des metastases qui peuvent se produire a la suite de la parturition.
La plupart des complications qui survienncnt chez nos erands mammiföres, h la suite do la mise lias, sent le resultat des conditions hygieniques oü les sujets se trou-vent places pendant la periode de gestation. La plcthore devient cause predisposante, mais la constitution chi-mique du sang est presquc constamment la cause doter-minante et aggravante de tout etat maladif congestionnel ou inflammatoire.
Les principes du vitalisme hippocratiquc ont beau n'etro plus de mode, les savants les plus süperbes y reviennent sans cesse puiser les bases de leurs theories.
Le pere de la doctrine humorale. faisait, au vc siecle, avant I'erc chretienne, la Synthese de nos decouvertes actuclles. II confondait dans un mot simple (humeurs) les microbes actuels et l'uree.
Tout praticien qui etudie la maladie vcrs I'animal, qui observe les phenomenespathologiques divers et les causes qui les determinent, en arrive a cetle philosophie que je vais resumer en peu de mots.
La machine animale a un but : la production du mauve-ment.
Un moyen : tabsorption des aliments destines äentrelenir
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les appareils divers quiproduisent directement ou indirecte-ment ce mouvement.
Chez l'animal sauvage, ces fonctions, par suite d'une loi naturelle, sont parfaitement cquilibr6es et l'ötat de maladie extremement rare.
Chez l'animal soumis, au contraire, a la domestication depuis la creation de I'liomme, ces fonctions ont ete modifiees, torturees de mille facons, suivant les besoins oü les fantaisies du maitre.
La loi naturelle etant enfreinte; les maladies sont plus frequentes. Des affections nouvelles et inconnues portant le cachet des conditions artiflcielles de vie, apparaissent pendant le cours de chaque siecle. D'autres disparaissent par suite des mimes causes.
Le boDuf est devenu par la domestication un reservoir de graisse, tandis qu'ä l'etat de nature, il est musculeux et maigre, vivant au jour le jour et faisant usage d'ali-ments ä mesure qu'il en eprouve le besoin.
Le cheval jouera le meme role avant un siecle. Mais provisoircment, il est une machine de traction ou de luxe, le muscle, chez lui, remplace les cellules adipeuses du boeuf.
Que Tun ou l'autre de ces grands mammiferes soit employe ä la reproduction de l'espece et les conditions dejä anormales en raison de la domestication le devien-nent de plus en plus en raison de la gestation. Je parle de la situation de ces animaux dans les regions oü ils sont employes a la condition mixte : celle du travail, celle de la reproduction.
Or, qu'arrive-t-il, dans les pays agricoles, oü Ton pro-duit des eleves?
La jument, en gestation de six ou huit mois, est attelce a la charrue et travaille du matin au soil d'un labeur penible pendant tout le courant des mois de fevrier et mars.
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APPL1QUEE A LA WEDECINK DES ANIMAUX.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 61
Puis, eile est enfermee k I'ecurie, souvent bien nourrie. Ses seuls mouvements se reduisent au lever et au coucher; quelquefois, un trajet de quelques metres, pour se transporter a l'abreuvoir. Elle absorbe des quantites for-midables d'aliments; son sang se charge d'61ements de desassimilation qui demanderaient de l'exercice pour etre elimines. La plethore survient, c'est-ä-dire une tendance imminente aux phenomönes congestionnels ou inflamma-toires.
L'etat de maladie sera d'autant plus grave pour une meme forme que les elements de desassimilation seront plus nombreux, et, sous cette influence, la fourbure, les tranchees, la metrite.la congestion de la moelle prendront une forme speciale qui repondra k tons les traitements le mot: quand meme.
Le traitement qui vous aura donne les meilleurs resul-tats, dans les memes maladies, applique k des sujets vivant dans des conditions differentes, sera impuissant ici. Et vous serez souvent desesperes en face de cette resistance tenace et irritante.
L'hydrotherapie seule vous donnera dans ces cas des resultats souvent merveilleux, parce que I'eau absorbee par la peau ou les muqueuses a le don de dissoudre les matiöres plastiques, de transformer I'uree en acide urique, et de servir de vehicule ä ce trop plein delötere en l'en-trainant vers les emonctoires naturels.
Dans les regions au contraire oü l'elevage se fait acci-dentellement, ou par fantaisie, les maladies sont exlreme-ment rares. Je n'ai jamais constate la metrite, la fourbure, la congestion intestinale, chez les juments soumises, jus-qu'au dernier jour de leur periode de gestation, au service de trait rapide on lent. Dans le pays que j'habite (les Ardennes), certains eleveurs emploient leurs juments k des transports de bois ou de pierres, jusqu'ä la veille de
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la mise has. Ce travail penible ne retentit aucunement sur la sante des animaux; bien au contraire, le part a lieu normalement, facilement. D'autres eleveurs, ceux du pays purement agricole, vivcnt dans un etat d'apprehensiou continuel, il est rare qu'ils n'aient ä deplorer annuelle-ment qnelque perte, et ces pertes sent en raison directei avec la richessse alibile des aliments. , On voit, au mois de mai, ces enormes juments pouli-nieres, affligees d'oedemes considerables aux membres, sous rabdomen, respirant ä peine, et se mouvant difficile-ment.
Lorsque 1c part est effectue, la quantite des elemenls de desassimilation, les Jmmeurs, dirait Hippocrate, dont I'animal doit se debarrasser sous peine de mort, est immense.
Unc maladie critique existe, et ceux qui, a l'instar des praticiens, ont pu juger efe laquo;wm de ces fails, s'ecrieraient comme le medecin celebre que j'ai cite dans cet ouvrage : laquo; Decidemcnt, il n'en faut plus douter, les crises existent raquo;. C'est-ä-dire cette tendance de la nature animale a rejeter an dehors de l'organisme les elements impurs ou en exces.
Elles se traduisent par uue congestion ou une inflammation d'organes speciaux tels que I'intestin, la moclle epiniere, les tissus du pied, la matrice.
J'ai vu souvent cet etat dc maladie prendre, malgre les saignees et les purgatifs employes, plusieurs de ces formes.
L'un des cas les plus curicux est le suivant, dont la relation me servira de base pour la description des autrcs :
Jument ardennaise, forte taillc, appartenant ä M. Ber-gcr. {La Neuville.)
Cette jument etait rcstce pendant un mois en stabula-tion permanente. Tres Lien nourrie du reste. Elle üt son
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APPLIQUEE A LA MEDECINE DES ANIMAUX.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;63
poulain en avril 1879. Le part eut lieu normalemenl, ct sans aucun secours.
Deux heures apres, je fus appele pour la trailer de tranches violentes. (Congestion intestinale.)
Traitement. Saignüe ä la jugulaire, 5 kilogr., potion cal-niante, frictions d'essence de tercbenlhine aux membres. Guerison obtenue apres six heures du debut.
Le soir du premier jour, l'animal semble revenir ä la sante, 11 mange de la paille et prcnd un leger barbot-tage.
Le lendemain, metrite aigue, efforts expulsifs violents, sensibilite des reins, pouls fievreux, rapide et fort, ceil inquiet, douleurs violentes.
(Le delivre s'etait decolle completement quelques heures apres lepart.)
L'exploration de la matrice donne a la main unc sensation de chaleur si forte, qu'il m'est impossible de la supporter plus de deux minutes.
Saignee nouvelle de 3 kilogr. aus vein es saphcnes, pur-gatif alcalin.
Les douleurs augmentent vers le soir et deviennent si considerables que l'animal s'irrite quand on I'approcbe. Les efforts expulsifs augmentent d'intensite et ne cessent plus un instant.
J'introduis aufond de la matrice, faute de tube dc caoutchouc, un soufflet d'ätre, et au moycn d'une scringue ;i petite canule, je fais des injections repetees d'eau froide au fond de l'organe. L'appareil fonctionne a mervcillc.
Cette irrigation dure toule la nuit. Le lendemain, les efforts expulsifs out cesse, de meine quo la flevre et la douleur. La jument parait calme. Elle se couche dans la journec.
Lorsqu'on la fait relever le soir, eile se tientä peinc sur ses jambes ; une fourbure violente a succede ä la metrite.
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Saignee nouvellc en pinces et a la jugulaire. Irrigations continues des pieds pendant 8 jours. Guerison.
Nota. — Getto jument n'a pas eu de lait, ses mamelles sont restees flasques et Ton dut clever le poulain au lait de vaches.
Voilä assurement une succession de metastases qui indiquent une tendance acharnee de I'organisme vers I'etat inflammatoire. II est evident que I'etat du sang jouait le grand role dans cette succession d'etats pathologiques graves, et que les saignees seules, si violentcs que j'aiepu les faire, m'eussent laisse desarme.
Je cite ce cas comme.exceptionnel, mais il arrive jour-nellement, dans les pays d'elevage, qu'une congestion intestinale, traitee par la saignee, se traduit du jour au lendemain par une fourbure.
De la fourbure. — Le traitement special de la fourburc consiste dans la combinaison de la saignee en pinces (arterotomie), et de l'irrigation continue appliquee aux membres anterieurs.
Elle se guerit facilement en quarante-huit heures, par ces moyens, lorsqu'elle est le resultat de la fatigue, ou de l'absorption accidentelle d'une quantite trop considerable de graminees (ble ou avoine).
Mais la fourbure consecutive a la mise bas est souvent tres tenace, quelquefois incurable, parce qu'elle passe a I'etat chronique.
II m'est arrive de faire, en quarante-huit heures, ä une forte jument de trait, ä partir du lendemain de la mise bas, des emissions sanguines successives et exagerees (20 kilogr.). M. Durot, maire d'Autheny), d'appliquer a cette meme jument, un mois de douches, de cataplasmes emollients, sans obtenir le moindre resultat.
L'animal düt etre abattu en dernier ressort, la troisieme phalange ayant fait saillie h travers la sole.
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APPLIQUEE A LA MEDECINE DES ANIMAUX.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 65
Mais un procedö qui m'a donne frequemment de bons resultats, c'est ^irrigation continue ä Veau tiede (30quot;). Les sujetsressentent immediatement un bien-etre general qui se traduit apr6s quelques heures dejä, par une grande facilite des mouvements, et la guerison souvent rapide.
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DE LA MfiTRITE ET DES SUITES DE LA NON-D£LIVRANCE CHEZ LA VACHE
Ghaque fois que la metrite est recente, I'lrrigation continue, combinee ä la saignee, donne des resultats excel-lents.
J'applique la saignee ä la veine mammaire, quoique ce point d'election soit absolument une question d'habitude.
Quant ä l'irrigation continue : un tube de caoutchouc de 1 centimetre de diametre est fixe dans la matrice. Le museau de tauche est encore beaut au moment oü la maladie se declare. Le tube de caoutchouc communique vers sa partie libre avec un tonneau ou un simple baquet d'eau froide.
La fievre, de mamp;ne que la congestion et les douleurs disparaissent en 24 heures.
Lorsque le delivrc est parti incompletement, que la muqueuse vaginale est le siege d'erosions considerables et douloureuses, en raison de leur contact avec les liquides impurs que contient l'organe, rirrigation continue donne encore des resultats absolus. Le danger de l'irrigation est nul. J'ai soumis tout recemment encore une vache de päture ä 15 jours de ce traitement, sans qu'elle ait manifeste d'autre Symptome qu'un sentiment de calme et de satisfaction.
Cette vache, qui, depuis son arrivee ä l'herbage, faisait des efforts expulsifs violents, est aujourd'hui guerie. H.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 5
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DE LA MAHMITE AIGUE.
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Cette affection se declare assez communement dans les regions oü Ton s'adonne ä l'elevage des vaches lailieres de bonne race. Elle a pour causes predisposantes l'etat plethorique des sujets et se declare tantöt chez les vaches qui viennent de mettre has, quelques jours apres la parturition, tantöt chez les vaches qui ont cesse depuis longtemps d'etre soumises a la lactation, lorsqu'on les place dans un herbage trop riche. Les symptomes, dans les deux eis, ne sont pas absolument les memes.
Chez la vache arrivee au dernier terme de la gestation, il se produit normalement un etat congestionnel de tout le pis, qu'il ne faut pas confondre avec la mammite. Lorsqu'on a fait teter le veau, ou que Ton a debarrasse les mamelles de leur lait pendant quelques jours, cet etat congestionnel se resout naturellement. Quelquefois meine, cet engorgement ne se produit pas du tout et le lait arrive d'emblee sans preparation, surtout chez les vaches d'äge.
D'autrefois, les glandes mammaires deviennent tout ä coup fort sensibles au toucher, les trayons deviennent chauds, tout I'organe, consider^ dans son ensemble, est dur au toucher.
Une fievre intense se declare; le sujct perd I'appetit, ne ruraine plus, ou rarement.
Les mouvements des membres postörieurs deviennent difflciles au point de tromper le praticien sur la nature veritable de la maladie et de lui faire croire a I'existence d'une paraplegic a son debut.
Le lait, qui etait blanc porcelaine, devient blafard, s'e-paissit, presente mSme dans les cas graves des stries sanguines, puis devient du pus.
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Quelquefois une seule glande est atteinte, d'autres fois les deux du meme cote, rarement les quatre a la fois. Gelles qui ne sont pas malades continuent a, secreter du lait comme ä l'etat normal, moins cependant comme quantite. C'est la mammite suite du pari. Cruzel Tattribne ä tort aux chocs que fait 6prouver au pis le jeune veau au moment du teter.
Dans les Ardennes, j'ai constate frequemment la mammite chez des sujets dont on eleve les veaux ä l'ecart en leur donnant le lait prealablement trait a la main.
La mammite se produit sans causes determinantes ap-preciables, mais toujours avec cette cause predisposante, la plethore.
Elle peut etre le resullat d'une morsure de chien, d'un accident quelconque, mais toujours alors eile restelocalisee.
La mammite peut se declarer aussi chez des vaches mises au päturage en vue del'engraissement. Elle est toujours grave dans ce cas.
Je l'ai constatee sous une veritable forme epidemique dans ces dernieres annees qui fureut humides.
Elle peut se produire a toutes les periodes de Tengrais-sement ä l'herbage, si, apres quelque temps de secheresse, il survient tout ä coup des pluies qui provoquent une poussee vigoureusc de I'herbe.
C'est la une forme singuliere de la mammite et qui, je crois, n'a pas encore ete citee.
Nul n'ignore en effet, qu'aussitot la mise a Therbage des vaches, dans un but d'engraissement, on seche les laitieres, e'est-a-dire, qu'on tarit absolument la secretion du lait dans le but d'amener insensibleraent I'organisme ä transformer le trop plein en muscle et en graisse.
Le mode ordinaire employe, consiste ä pratiquer une forte saignee et k faire boire k l'animal soit du, vinaigre, soit une solution de 100 a 200 grammes de sei de nitre.
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Les mamelles apres s'etre engorgees pendant une se-maine ou deux deviennent flasques et ne donnent plus de lait du tout. Leur volume estconsiderahlementreduit äce moment.
Or, dans lecas oü l'animalvient ä absorber sous les influences que j'ai cites plus haut, une quantite considerable d'alimenls herbaces subitement sortis de terre sous 1'in-lluence d'une pluie, on constate tout ä coup un retour ä la production du lait, une tendance des mamelles a se-creler le liquide qu'elles avaient cesse de produire depuis plusieurs mois.
Le pis s'engorge, devient douloureux au toucher. Un quartier ou deux s:enflammcnt et produisent au lieu de lait un pus abondant et infect. Les animaux se meuvent difficilement parce que l'organe malade est foule par le mouvement des cuisses; ils maigrissent a vue d'oeil; quelquefois meme la gangrene survient; toute la partie malade de l'organe se detache de la masse et s'elimine par les ouvertures que Ton pratique dans le but de faire ecouler le pus, la perte est alors considerable, parce que la plus value qu'avaient acquise les animaux se fond a vue d'oeil. Gette perte est couramment de 200 h 250 francs par chaque sujet.
Traiiement. — Pendant plusieurs annees j'employaisla saignee ä la sous-cutanee abdominale; le debridementä la base du trayon en cas d'abces et l'application d'une pom-made faite d'axonge, d'ether et de camphre.
Les resultats obtenus etaient quelquefois tres bons. j'eprouvais aussi des deboire^.
J'eusl'idee, il y a quelques annees, d'employer les affusions d'cau froide,au lieu de continuer l'application de ma pommade. Les resultats furent si surprenants, que j'em-ploie aujourd'hui ce Systeme invariablem ent.
Aussitot apres avoir fait la saignee, je fais appliquer
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d'une facon continue, sur toute la mamelle, une serviette frequemment trempee dans I'eau froide.
Le precede n'a qu'un inconvenient au point de vue pe-cuniaire. C'estde guerir tropvite.
Les mammites lesplus graves, les plus douloureuses, se resolvent souvent en une nuit de douches.
Le pis se degorge, perd sa sensibilite du jour au lende-main.
Tandis que, traitees par d'autres precedes et fort soi-gneusement, elles deviennent souvent chroniques et se terminent par 1'induration on la perte absolue du trayon correspondant.
Je cite lä des faits pratiques garantis par I'experience
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CHAPITRE II.
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DU TRAITEMENT HYDROTHERAPIQÜE DE QUELQUES AFFECTIONS GRAVES n'aYANT PAS TRAIT A LA GESTATION.
DU VERTIGE ESSENTIEL ET Du VERTIGE ABDOMINAL CHEZ LE CHEVAL.
A quelque cause que Ton puisse attribuer le vertige es-sentiel, le procede de traitement le plus efflcace, celui qui donne les resultats les plus immediats est, sans contredit, l'application de douches.
II m'est arrive maintes fois de les appliqucr non seule-ment sur le crane, mais encore sur le dos et les cötes, immediatement apres avoir pratiquö une vaste saignee, proportionnee du reste ä la taille des sujets.
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Les purgatifs drastiques sont encore ici d'une grande utilite, en ce qu'ils agissent comme derivatifs.
Souvent, les douches seules, violemment appliquees des le debut de Taffection, sont süffisantes pour calmer cette irritation.
Les lavements froids produisent le meilleur effet.
La mode de saignee le plus utile. dans ce cas, consiste dans la section d'une partic de la queue.
La depletion sanguine seproduit graduellement, et lors-que surtout cette saignee est faite concuremment avec I'ir-rigation, dans le meme Intervalle, on voit les acces s'eloi-gner et le calme renaitre souvent an bout de deux heures.
Hurtrel, d'Arboval, enseigne du reste ce traitement et conseille les saignees successives.
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PARALYSIE INTESTINALE; H£t£0RISATI0N CHEZ LE CHEVAL.
Cette forme de l'indigestion intestinale n'est pas commune, k vrai dire, mais on I'observe un pen partout en France. Les causes de cette maladie sont ä pen pres in-connues, ou plutot mal definies. L'alimentation, comme la temperature, jouent le role principal dans le developpe-ment de cette singuliere maladie. L'äge n'y est pour rien, car j'ai traite cette forme d'indigestion chez des juments adultes de meme que chez des poulains de 1 ou 2 ans.
Les symptömes sont toujours les mamp;nes : legeres coli-ques au debut; moments d'accalmie ; gonflement du flanc gauche.
Coliques plus violentes, ceil hagard, pouls vite, mais faible, ballonnement general, chutes violentes sur le sol, asphyxie.
L'effet immediat de cette affection est la paralysie de
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tout le Systeme nervcux intestinal produite par le deve-loppement des gaz hydrogenes carbones.
Le traitement unique en pareil cas consiste dans I'appli-cation sur le corps du malade d'un drap frequemment trempe dans l'eau froide, et dans I'administration de lavements forces du möme liquide.
La maladie est incurable par tout autre moyen. Que vous fassiez ingurgiter au cheval de ralcool, des digestifs: que vous lui donniez des lavements tiedes contenant quoi que ce soit. I'intestin se montre rebelle. Vous n'obtien-drez pas I'ombre d'une matiere excrementitielle.
Au contraire, la maladie s'aggrave chaque fois que vous adrainistrez une drogue nouvelle. et, apres vingt-quatre heures de soins, vous inscrivez une victime de plus sur votre carnet.
Tous les praticiens qui auront eu la malchance de ren-contrer im cas semblable et qui n'auront pas fait d'hydro-therapie, seront do mon avis.
Ce procede de traitement est d'ailleurs du domaine de l'empirisme. Peut-etre möme n'eusse-je jaraais songe ä I'ap-pliquer s'il ne m'avait etc donne d'en admirer les resultats apres 1'application qui en fut faite sous mes yeux par un empirique.
II est evident que Faction de l'eau froide est due ici a sa temperature et ä l'absorption de ce liquide par la peau. Le Systeme nerveux intestinal est subitement eveille au moment oü il allait devenir impuissant. Les gaz contenus dans le ccecum et le colon sont condenses, liquifies en partie, I'asphyxie qui etait imminente pour toutes les causes reunies est evitee et la digestion reprend son cours normal.
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DD CORIZA GANGRENEDX CHEZ LE BCEUF.
Cette maladie est Tune des plus graves qui puissant attaqaer I'espece bovine. Sa nature est connue : c'est une inflammation suraigue de la muqueuse pituitaire revetant tot ou tard la forme gangreneuse et se terminant commu-nement par la mort, rarement par la resolution.
Causes. Les causes qui la provoquent sont toujours les memes : un courant d'air vif; unrefroidissement brusque.
La maladie n'est pas contagieuse et cependant eile pent revetir la forme epidemique.
Symptömes. Les symptomes sont variables suivant les periodes oü Ton examine les malades.
Voici en peu de mots ceux que j'ai observes recemment chez deux sujets gueris par la methode hydrothörapique.
PREMIER SUJET.
Vache hollandaisc, forte taille, 6 ans, appartenant ä M.X..., de Saint-Marceau. La malade, huit jours avant ma visite, a fait tres vivement, etant fraiche völee, un voyage de 12 kilometres derriere une voiture qui con-tenait son veau. Pendant ce trajet eile a recu une forte gi-boulee.
Le lendemain de son arrivee ä l'ecurie, eile semble triste et mange fort peu.
Lc proprietaire ne s'inquiete pas de ces symptomes qu'il attribue ä la disparition du veau.
Les symptomes vont s'aggravant jusqu'au huitieme jour.
An moment de ma premiere visisite. l'animal vient de tomber subitetnent comme etourdi. On le releve et je constate une fievre violente; un jetage visqueux tres abon-dant aux deux narines. L'ceil est trouble, larmoyant; le
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mufle est appuye conire terre et la langueenleve, aussitot^ qu'elles se produisent, les viscosites qui s'cchappent des narines.
Les alles du nez sont dejä le siege d'erosions; les mou-vements du flanc sont acceleres; les reins sont d'une sen-sibilite outree; Fanimal titube quand j'essaie de la depla-cer, je Grains une chute imminente.
Ti-aitement: 1deg; purgatif suivant ma formule; 2deg; douches d'eau froide autour des cornes frontales et sur le crane ; 3deg; frictions seches et continues sur les extremites et les reins.
Apres douze heures de douches, le sujet va beaucoup mieux. Le facies est meilleur, la tendance aux etourdis-sements a disparu. Par mesure de precaution, et dans la crainte d'un contre-coup sur les organes respiratoires, je ne fais appliquer les douches que de deux en deux heures.
Fumigations de goudron vegetal.
Troisieme jour, guerison absolue.
J'oubliais de dire que, loujours, dans cette maladie, les excrements sont caracteristiques. On constate que la digestion des aliments se fait incompletement et Ton trouvc dans les excrements des grands brins de paille, de foin et de grains qui n'ont pas ete soumis ä la rumination.
DEUXIEME CAS.
Vache beige, agee de 4 ans, du poids environ de 250 kilos. Appartenant ä M. X. E. Trepigny.
L'animal refuse le manger depuis deux jours ; la rumination est interrompue; la respiration semble genee ; les naseaux sont enduits d'un jetage visqueux que l'animal enleve du bout de sa langue.
La demarche chancelante indique des troubles cerebraux
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qui sont le caractere pathognomonique du coryza gangre-
neux,
L'oeil est gonfle, larmoyant.
Traitement: Douches continues sur le cerveau, la region frontale; fumigations de goudron continues et mo-derees; a I'interieur. purgatif suivant la fonnule.
Le lendemain, saignce ii la veine saphene, continuation du traitement do la veille.
Pendant les huit jours suivants, le jetage s'epaissit beau-coup, devient extremement fetide ; sa teinte est jaunätre, parsemee de stries sanguines. L'irrigation fait disparaitre les troubles cerebraux ; I'appetit revient petit ä petit.
Le dixieme jour, j'ordonne des injections franches par les voies nasales et trois fois par jour du medicament suivant :
Teinture d'iode............ 20 grammes.
lodure de potassium........ 2 —
Eau distillee............... 500 —
Le jetage diminue; I'appetit devient ferme et la rumination reguliere. Le quinzieme jour tout Symptome a disparu.
L'amaigrissement, dans les cas graves comme celui que je viens de citer est sou vent considerable. Certains ani-maux perdent 8 ä 10 kilos de leur poids vif par jour. Lorsque la forme de la maladie est franchement gangre-neuse, eile tue rapidement les sujets. Ce fait dquot;ailleurs est general dans les cas de gangrene, quels qu'ils soient, lorsque la mortification atteint les tissus de la tete; par suite, sans doute, de leur rapport de contiguite avec les envelop-pes du cerveau, il se produitenpeu de temps des accidents graves sur les centres nerveux. La richesse d'organisation de la tete n'est pas etrangere non plus a ce phenomene. J'ai vu mourir un cheval en trente-six heures d'un cas de
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gangrene de la töte, ä la suite d'une fracture comminutive de l'os lacrymal, produite par une pierre lancee forte-ment.
L'irrigation continue, ou plutot les douches appliquees sur la region cervicale, sur les cornes, offrent un moyen puissant de derivation.
J'ai la certitude que les deux cas que je viens de rap-porter se fussent termines Tun et l'autre par la mort si j'avais employe les procedes classiques. J'en parle par experience.
II arrive, pendant le cours du traitement hydrothera-pique du coryza gangreneux que I'animal tousse. Par me-sure de precaution, je fais appliquer des deux cotes de la poitrine et sur la gorge une friction de feu liquide ou d'un revulsif quelconque. En outre, apres avoir prealaMe-ment reconvert mon malade de toiles, je le repasse de temps ä autre au moyen d'un fer ä repasser porte ä uno haute temperature.
Ce moyen est un adjuvant de la plus haute importance.
Le procedc de traitement que j'indique au sujet du coryza gangreneux est tout nouveau.
Si le coryza ordinaire du bceuf est une affection beni-gne, il est an contraire une maladie des plus graves lors-qu'il revet la forme gangreneuse. Cruzel le dit incurable, et je ne suis nullement etonne de cet aveu d'impuissance, ayant subi personnellement des pertes frequentes avant l'application des douches comme base de traitement.
ANASARQÜE.
Cette maladie est relativement rare. Les deux cas qu'il m'a laquo;He donne de trailer pendant dix annees de pratique s'etaient developpes dans les m£-
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ines conditions, chez des juments de quatre et six ans qui avaient passe la nuit au päturage vers Tarriere-saison (octobre).
Le froid humide semble 6tre la cause determinante de l'anasarque.
Les symptomes sent generalement les mamp;nes; mais la marchc de l'affection peut etre rapide ou lente.
Une plaque cedemateuse se produit sur le bout du nez, envahit le chanfrein, les levres inf^rieures, les pau-piereset donne bientot a la töte un aspect difforme.
Get envahissement se produit graduellement et d'au-tant plus vite que les sujets sont d'un temperament plus sanguin.
Chez le premier sujet que j'ai traite de l'anasarque, six heures environ apres le döbut de l'affection, la töte etait dejä enorme. (M. MeunierdeGoncelin).
Chez le second (Lebas Eteigneres), le bout du nez et le chanfrein presentaient seuls I'engorgement; les paupie-res commencaient ä gonfler. Le debut de la maladie datait de douze heures au moins.
Le premier etait une jument de demi-sang, le second une jument de gros trait.
Dans Tun et l'autre cas, je pratiquai une saignee abon-bante (8 litres) et je fis appliquer des douches d'eau froide sur les regions envahies.
A l'interieur, du cafe noir alcoolise et chaud. Quelques litres ix deux heures d'intervalle.
Frictions seches sur toute la surface du corps.
La jument de sang guerit six heures apres la saignee et les douches. La jument commune ne guerit qu'en qua-rante-huit heures avec un traitement cependant iden-tique.
L'eau agit dans ce cas particulier comme tonifiant; eile excite les nerfs vaso-moteurs qui semblent ne plus
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diriger la circulation; mais il est indispensable de l'ap-pliquer en affusions ou en douches intermittentes, I'irri-gation en nappe sur la surface malade, tout en produisant un effet primitif incontestable pourrait amener une sedation tropforte.
L'anasarque, en effet, n'est pas une inflammation, mais bien le resultat d'un relächement des fonctions ner-veuses.
Je regrette de n'avoir que ces exemples k citer; tou-tefois en raison memo de la resolution rapide que j'ai ob-tenue pour ces trois facteurs ou traitement : saignee ahon-danle, douches, cafe noir, il m'est permis de conclure que dans ce cas encore I'eau froide joue un role important.
ENGORGEMENT GANGRfiNEDX RfiSDLTANT DE L'INOCDLATION DÜ VIRUS DE LA PfiRIPNEUMONIE.
Aujourd'hui encore le doule est a l'ordre du jour, sur les effets queproduit l'inoculation du virus de la peripneu-monie, comme moyen preservatif de cette maladie. Si jamais j'ai regrette de n'avoir pas un nom pour appuyer mes dires, e'est bien au sujet de cette question impoi-' taute.
J'ecrivais a ce sujet en 1878, un article dans les Archives veterinaires dont voici les conclusions:
1deg; Lorsqu'on soumet ä l'inoculation peripneumonique les sujets d'une 6table, l'opörationse faittoujours dans les deux conditions suivantes:
Ou bien un ou plusieurs cas de peripneumonie se sont dejä declares ;
Ou bien Vecurie est indemne.
Dans le deuxieme cas, si rinoculation est piatiquee ä l'extremitc de la queue, il se presente chez tons les sujets.
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generalement, et dans la huitaine, un engorgement de dix ä douze centimetres de longueur, d'un volume double de celui de l'cxtremite de l'organe.
Dans le premier cas, an contraire, certains sujets pre-scntent I'engorgement, d'autres y sent refractaires.
Et, j'etablis en principe cette verite : que si la peripneu-monie sevit clans une region, dans une localite, ou dans une etable, jamais un suj'el n'en est atteinl, qut presents eel engorgement, apres Vinoculation.
En outre, que les sujets refractaires sont, ou bien'at-teints de peripneumonie a Tetat latent ou bien possedent Vimmunite.
J'ai pratique jusqu'ä ce jour l'inoculation ä plus de cinq cents sujets de l'espece bovine, et toujours j'en suis arrive a cette conclusion: que Vanimal chez lequel I'operateur obtient Vengorgemeni caracteristique est un animal same. J'ai provoque dans l'arrondissement de Rocroi, la premiere application de la loi de 1881, sur un troupeau de qua-rante bosufs parmi lesquels sevissait la maladie depuis un mois.
Apres avoir pratique l'inoculation avec le concours de M. Lebegue, v6terinaire departemental, nous constata-mes un resultat incomplet : certains sujets furent refractaires ärinoculation : d'autres presenterent vers lehuitieme jour I'engorgement caracteristique ; pas un de ceux ci ne mourut, tandis que nous fimes l'autopsie de six sujets du groupe refractaires ä l'inoculation.
J'ai toujours pratique l'inoculation k l'extremite de la queue au moyen de l'aiguille canelee, enduite d'une le-göre quantite de liquide pris au sein de l'exsudat pulmo-naire, immediatement aprfes la mort.
Les deux engorgements gangröneux que j'ai vus se pro-duire ont disparu par l'application des douches pendant douze et vingt-quatre heures.
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L'un d'eux particuliercment observe chez M. Mery (Gue d'Hossus), avait envalii la croupe ct semblait devoir etre rapideraent mortel.
Ce sujet giierit apres une journee et une nuit d'irriga-tions ä Feau froide.
GANGRfiNE DIGITALE DU BOEUF.
Depuis quelque vingt ann6es, le sol dans les regions du nord de la Prance a subi des transformations considerables.
La cherte de la main d'ceuvre, le peu de valeur relative des bles ont amene petit ä petit les agriculteurs a creer des päturages partout oü le sol se pretait ä la transformation.
Au printemps, Ton introduit dans les herbages, des boeufs et des vaches maigres qu'on livre a la consomma-tion vers la ün de l'annee, lorsque ces animaux sont gras.
Cette Industrie nouvelle est aujourd'hui tellement re-pandue, qu'elle necessite des deplacements considerables de betail. II n'est pas rare de trouver dans les päturages de l'Aisne, du Nord ou des Ardennes des types bretons, beiges, hollandais.
Les marchands achötent au loin leur stock de marchan-dise. 11s transportent le betail en chemin de fer d'abord, et lui font rejoindre ä pied les grands centres oü s'efi'ec-tuent les foires.
Souvent des boeufs, et des vaches laitieres qui n'ont Jamals fait le moindre trajet, sont condamnes ä des marches forcees de 60 et meme de 100 kilometres en deux jours.
La sole estusee en peu de temps, les tissus du pied n'e-tant plus preserves, sont ecrases par le poids du corps:
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SOnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; l'hyühotiieuapie
les animaux sont d'abord fourbus et souffrent tellement qu'ils refusent de se lever. Ils ne mangent plus, se plai-ynent quand on les appruche et maigrissent ä vue d'ceil. Gei-tains meme perissent en peu de temps : J'ai vu perir en deux heures, par la gangrene ascendante une vachc de 6 ans achetee la veille (M. Lesieur-Maubert). Le sujet etait, an moment de Tacquisition, simplement boiteux de fatigue. II avait fait 40 kilometres la veille. les soles des membres anterieurs etaient usees, reduites au. volume d'une feuille de papier. Le lendemain les boulets s'engor-gcrent, la malade prit la fievre, refusa le manger. L'extre-mite inferieure de la jambe droite enfla ä vue d'oeil, et, pendant le temps que mit le propriamp;aire a venir me de-mander, le sujet mourut subitement.
A l'autopsie, je constatai que les lymphatiques du membre correspondant etaient devenus rouge sombre, presque noirs. jusque dans la caviW pectorale. Les tissus du pied etaient decomposes, le sang boueux.
Trailement. — L'irrigation continue, appliquee dans ces cas, est le remede par excellence. Lorsque les animaux, epuises de fatigue et de douleur, refusent de se lever, on leur entoure les membres jusqu'aux articulations des boulets avec de l'etoupe, et Ton charge une personne de verser continuellement de I'eau fraiche sur les points malades.
Ge precede simple est le seul qui puisse eviter non seu-lement des frais considerables mais encore la mort du sujet.
APOPLEXIE PULMONAIRE. COÜP DE CHALEÜR.
Quelquefois, en ete, par les chaleurs de juillet et aoüt, les animaux de l'espece bovine se trouvent pris tout a coup d'un malaise general qu'on designe vulgairement sous le nom de coup de chaleur.
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J'ai traite ä plusieurs reprises des vaches grasses et for-tement plöthoriques de cette affection.
La temperature ambiante, le manque d'eau dans les herbages et la plethore peuvent etre consideres commc les causes veritables de cette affection qui ne manque pas d'etre tres dangereuse lorsque le veterinaire est appele tardivement a la traiter.
II est probable que 1'evaporation cutanee enlevant au sang une grande partie de ses principes aqueux, le liquide circulatoire, a un moment donne, devient trop plastique et determine chez les malades des symptömes ayant une grande analogie avec I'asphyxie. L'oeil est hagard; la respiration vive et saccadee ; le pouls rapide et faible.
Le sujet reste debout pendant les premieres phases de la maladie, puis il se campe, se soutient a peine et tombe souvent pour ne plus se relever.
Je suis loin d'admettre avec Cruzel. une analogie vraie de cette affection avec la congestion pulmonaire. Le coup de chaleur est une maladie speciale du sang, qui se guerit souvent au bout de deux heures, tandis que la congestion pulmonaire est une affection locale qui ne pent se rcsou-dre que lentement.
Traitement. — Lorsqu'un sujet est pris de chaleur, la premiere indication cousiste a lui etendre sur le dos un drap imbibe frequemment d'eau fraiche, ainsi qu'une serviette autour des cornes frontales.
Lorsque le sujet est sorti de sa torpeur, c'est-a-dire, au bout de quinze ä vingt minutes, on pratique une saignee aux saphenes.
II est prudent de ne pratiquer la saignee qu'apres avoir activö la circulation par I'eau froide; souvent, il suffit d'une heure ou deux de ce traitement pour voir dispa-raitre les symptomes graves que presentait l'animal et prevenir les dangers d'asphyxie.
H.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 6
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Je deute que dans la congestion pulmonaire franche ce traitement produisc le meme effet, quoique Gruzel le con-seille dans Tun et l'autre cas.
DES PLAIES EN GfiNfiRAL.
La. legende est connue de ce meunier qui sauva la vie ä des soldats blesses en employant l'eau de source.
Parmi les surprises les plus emouvantes que je dois h l'emploi de l'eau froide, je citerai la cure d'un enfant ,de trois ans, tombe accidentellement sur un tesson de bou-teille, de teile sorte que la peau du front avait ete coupöe nellemenl sur une longueur de 5 centimetres de haut en bas. L'os frontal etait k nu, Fhemorrhagie faible, mais la plaie etait effrayante ä voir. Je passai une nuit entiere h appliquer sur la blessure une serviette fine constamment imbibee dean fraicl^; le lendemain je fus etonne de voir la plaie disparue, ses levres soudees et l'enfant gueri. Je fls neanmoins appliquer, huit jours durant, un sachet imbibe d'eau sur la region, mais il fat impossible, au bout de ce laps de temps, de constater la moindre trace d'un accident qui, des l'abord, m'avait fortement effrayo.
Les plaies du cheval, en raison de la tendance de son organisme ä la pyohemie, se guerissent moins vite. moins parfaitement: mais les plus graves d'entre elles cedent toujours devant I'hydrotherapie, a part cependant les plaies articulaires, les arthrües traumatiques. Je revien-drai ii ce sujet sous pen.
II est rare qu'une plaie penetrante se cicatrise par premiere intention chez les solipedes. Cette cicatrisation s'obtient plus facilement chez les ruminants. J'ai vu de grands delabrements produits, accidentellement chez la vache ou le beeuf, arriver ä la cicatrisation parfaite en peu de temps. Toujours, dans Tun et l'autre cas, j'ai
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employe I'irrigation continue ou les douches d'eau froide.
On peut etablir, en regle generale, que toute plaie, de quelque nature qu'elle soit, doit etre traitee par I'hydro-therapie.
M. le professeur Trasbot ayant savamment traite la question de l'imgatipn continue appliquee au traitement des affections du pied, commc äcelles dugarrot, j'evitcrai de copier son travail, uayant rien ä y ajouter du reste.
Les differentes formes de javarts, cartilagineux, tendi-neux, cutanes, le clou de rue, rechauffement do la sole qui resistcntsouvent aux procedes therapeutiques les plus perfectionnes, de meme que les plaies penetrantes, pro-duites accidentellement au poitrail ou sur les differentes surfaces du corps, ne se guerissent economiquement et vite que par I'eau froide.
Le mode d'application varie necessairement avec le point malade.
Comme je le disais precüdemment, la mission du prati-cien cst toujours facile: il suffit qu'un courant d'eau, eta-bli n'importe comment au moyen d'un tube de caoutchouc, vienne constammcrit humccter les surfaces malades et y mainlenir une temperature moderee'qui s'oppose ä l'in-llammation ; la nature fait le reste.
DES PIQÜRES DE LA RfiGION SCAPÜLO HÜMfiRALE CHEZ LE CHEVAL.
A part les piqüres interessant directement les membranes synoviales, je n'en connais pas de plus graves, dans leurs resultats, que cellos produites aux environs de l'ar-ticulation scapulo-lmmerale, ou sur la face externe et superieure de l'avant-bras. Presque fatalement, des accidents gangreneux viennent compliquer le mal au bout de
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deux ou trois jours, et, pour peu que rirrigation continue
tarde ä etre appliquee, le sujet est perdu.
II est probable que les aponevroses tres resistantes qui entourent les muscles de cette region, offrent un obstacle a rinflammation et deviennent la cause principale de la gangrene.
Dans la plupart des cas, ces piqüres sont produites par des eclisses de bois, ou des pointes non rabattues dans les boxes ou les separations.
Le cheval se frotte rencolure et l'epaule contre les pa-rois de son ecurie, les demangeaisons deviennent plus vives, et pour peu qu'une pointe fasse saillie, oü que 1c bois soit mal rabotte. I'animal se blesse.
L:ouverture delaplaie reste souvent invisible, rinflammation profonde se produit. L'animal, des les premiers jours, semble inquiet et, bientöt, il pent mouvoir a peine le niembre blesse. 11 resiste quand on le force ä se deplacer, se defend energiquement et finit par enlever avec diffi-culte cc membre tout d'une piece sans ployer les articulations.
Quelquefois la plaie se recouvre d'une lögere oschare. Si Ton enleve cette derniere, on remarque que les bords externes de la blessure sont blafards. Une inflammation periphcrique so produit, qui s'etend ä vue d'ceil, et au bout de cinq ä six jours la gangrene a cnvahi le poitrail, I'avant-bras. Un oedeme epouvantable se produit sous le ventre, et la mort survient generalement du douzieme au quinzieme jour.
Toute application irrilante, toute injection medicamen-teuse dans la flstule, quclque proccde que ce soit enfln, autre que Firrigation continue, est impuissant k amener la gu6rison.
Je ne citerai, comme preuve du fait que j'avancc, qu'un seul cas : celui d'une jument blessee d'un coup de boutoir
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ä la forge, dans la region externe du coude. La plaie etait presque invisible; une simple eraflure de 1 centimetre de longueur interessant la peau.
Le proprietaire avait fait travailler la jument pendant trois jours, puis une boiterie intense s'etait declaree. Je constatai, lors de ma premiere visite, un engorgement en galette entourant la blessure. J'eus beau sonder, pas la moindre trace de fistule. Je n'employais pas h I'epoque I'hydfotherapie, ignorant encore tons les avantages de cette methode. J'appliquai sur la surface malade une pommade composee en parties egales d'onguent vesicatoire ct mercuriel, et sur la plaie un pansement de teinture d'iode, ayant d'ailleurs diagnostique une carie de l'apo-nevrose sous-cutanee. Rien n'y fit; huit jours apres, mal-gre mes soins reiteres, la jument pörissait de gangrene.
Traitement. — Depuis cet insucces, j'emploie toujours, dans les cas similaires, 1deg; une incision cruciale assez pro-fonde de la piqüre et l'irrigation continue en nappe sur loute la surface malade. L'engorgement gaugreneux dis-parait lentement et la boiterie cesse souvent vers 1c troi-sieme ou le quatrieme jour. Avec ce precede, la guerison est absolument certaine.
DE LA FfiLÜRE DÜ TIBIA CHEZ LE CHEVAL.
La felure du tibia est un accident assez commun encore dans les pays oü Ton s'adonne a l'elevage du cheval. Elle est frequente en hiver, lorsque les chevaux restent en stabulation permanente ä cause des neiges.
Lorsque deux chevaux voisins se battent et qu'ils ne sont pas separes, ce qui est ä peu pres la regie generale dans les campagnes, il arrive que huit fois au moins sur 10 les ruades portent a la face supörieure et interne du tibia, ä 10 centimetres environ, sous la rotule.
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Lc tibia, dans cettc region, esl reconvert tont juste d'une pean fine, et Ton coneoit tonte la gravite d'nn choc violent sur cet os.
Si le choc est modere, la donleur est faible, la boiteric quelquefois nulle. D'autrefois merae, en cas de felure de Tos, I'animal marche sans boiter. J'aicitö, il y a quelques annees, le cas d'une jument appartenant ä M. C. de Fon-lenelle, qni avait travaillc sans boiter serieusement pendant huit jonrs, et qni s'abattit subitement en tournant ä la charrue, parce que le membre qni etait feie ä la suite d'un choc de cette nature s'ctait brise. Je reconnus ä l'au-topsie une fracture en bec de flute qni avait pour point de depart une legere plaie en demi-cercle provenant d'un coup de pied.
Ge fait est une exception. Dans la plupart des cas, lorsque le tibia est feie a la suite d'un choc violent, la douleur est forte et se traduit par des lanciuations, des mouvements d'elevation saccades du membre malade, et une fievre considerable.
L'appui est momentane, intermittent. Un engorgement sc produit au jarret et cet engorgement s'eleve assez rapi-dement au niveau de la felure oü il forme une saillie circulaire bien dclimitee.
En raison des mouvements que fait I'animal, la felure est derangee ä tout instant; les abouts osseux sont irri-tes et deviennent le point de depart de l'engorgement qui ne tarde pas ä revetir la forme gangreneuse. La douleur eprouvee par I'animal va grandissant sans cesse, et le cheval scmhle eprouver une veritable satisfaction ä con-trarier la tendance naturelle de l'organisnle, ä amener la soudure des abouts osseux.
Des que l'engorgement arrive au niveau de la vulve cbez la jument, ou de Tanus chez le cheval, le cas est presque dösespere.
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Traitement. — Ln premiere indication consiste a sus-pendre immediatement ranimal pour eviter I'appui sur le membre malade.
2deg; Be creuser Ticurie sous le niveau du pied correspon-dant, d'enlever quelques pav4i ou quelques briques et de remplacer les corps durs par de lapaille, de sorte que tout appui accidentel ou yolontaire du membre ne puisse re-teutir sur le point malade.
3deg; D'entourer le membre affecte depuis le pied jusqu'ä la rotule avec des etoupes recouvertes d'une bände de teile ä laquolle on les fixe au moyen de quelques points de couture.
4deg; D'etablir sur le tout une irrigation continue, qui devra durer huit jours au moins avant d'enlever l'appa-reil de suspension,
5deg; Repos absolu pendant quinze jours.
J'ai traite par ce precede une dizaine de cas de felures du tibia, parfaitement bien etablis, sans avoir eprouve la perte d'un seul de mes sujets.
La gangrene etant le rösultat d'une inflammation ou-tree des tissus, il est facile de comprendre quo le froid produit par lean est l'arme par excellence. L'une des conditions essentielles de rinflammation etant l'augmen-tation de temperature, il suffit de s'opposer pour Tirriga-tion continue au developpement de cette condition sine qua non pour que la gangrene soit evitee.
DES PLAIES ARTICULA1RES.
Le traumatisme d:une synoviale arliculaire est presque toujours une cause de la mort chez le cheval.
J'ai maintes fois essaye l'irrigation continue dans le but d'arreter recoulemcnt synovial, mais je dois avouer franchement n'avoir jamais obtenu le moindre succes.
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J'ajouterai meme que I'irrigation continue est le dernier precede ä employer dans le cas d'arthrite traumatique.
J'ai traite sans succes, par rhydrotherapie, Tartrhite traumatique du genou, celle du jarret, celle plus grave encore de l'articulation du grasset. Mes malades sont morts.
On tempere, il est vrai, la douleur, Ton s'oppose ä Tinflammation, mais les sujets perissent epuises.
Parmi les medicaments les plus utiles, ceux qui m'ont donne les meilleurs resultats, je citerai le perchlorure de fer. Ce medicament coagule la synovie de la meme ma-niere qu'il coagule le sang, et si la fievre de reaction ne s'est pas produite encore avant le premier pansement, il y a de grandes chances de succes.
L'onguent cgyptiac produit un bon effet aussi, mais son action n'est pas a comparer a celle du perchlorure do fer.
II est toujours utile de se servir comme moyen secon-daire, et lorsque le pansement de la plaie est solidement fait, de I'irrigation continue sous les regions qui I'cntou-rent.
L'irrigation a pour seul but de moderer Tinflammation peripherique et d'eviter les accidents gangreneux.
Quant au traitement des plaics simples du genou chez le cheval couronne, et de toutes les plaies produites acci-dcntellement au voisinage des articulations, le plus eco-nomique, le plus rapide dans ses resultats sera toujours I'irrigation continue.
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CHAPITRE III.
DU TRA1TEMENT HYDROTHERAPIQUE DES AFFECTIONS PARASITAIRES.
Partant de ce principe general, que tout parasite exige parmi les conditions essentielles de son existence, une temperature maxima-minima hors de laquelle il lui est impossible de vivre, I'idee m'etait venue de detruire certains parasites animaux en provoquant sur les regions en-vahies, et au moyen d'un courant d'eau, un abaissement de temperature tel que les parasites n'y peuvent resister.
Gette idee, mise en pratique ä titre purement experimental, m'a donne des resultats vraiment interessants.
Le traitement du tournis chez le mouton et le cheval ne manquera pas de susciter un tolle general dans le clan des theoriciens. Je m'attends a des dencgations violentes et a des doutes sur le principe du diagnostic des sujets que j'ai gueris.
II me sera impossible de forcer les convictions, je no I'ignore pas, mais il est toujours possible de controler les dires.
Et j'afflrme que ma conviction est inebranlable k ce sujet : On pent gnertr souvent le tournis du mouton par I'tr-rigation continue appliquee sur le cerveau de Vanimal.
Voici la relation de mes experiences copiee exactement sur mes notes de l'epoque. Je ne saurais trop en recom-mander la description detaillee, qui est ma seule garantie centre les doutes qui pourraient s'elever au sujet du diagnostic.
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DU COENURE CHEZ LE CHEVAL.
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J'ignore si le coenure a dejä ete rencontre chez le che-val. Le cas doit tontefois en eti-e tres rare.
II s'agit d'uno pouliche de 18 mots sous poil noir franc, de la taille dc 1 m. 52, appartenant ä M. Collin, fllateur ä Aubcnton (Aisnc).
Cette pouliche sortait de päturage quelques mois aupa-ravant et n'avait jamais presente les moindres symptomes de maladie.
Lorsquo je fus appele ä lui donner mes soins, I'animal avail change d'allure depuis environ dix jours. De gai qu'il etait auparavant, il ctait devenn ffradacllement triste, sans cepcndant trop attirer l'attention du palcfrenier qui lui donnait des soins. L'appetit s'etait conserve intact.
Chose remarquable : La tete, au lieu de conserver sa direction normale, prenait journellemeut et insensiblement prcsque, une direction oblique de baut en bas et de droite a gauche.
Pas de trace d'ailleurs qui puisse faire interpreter ce derangement par un choc sur le crane.
Le sujet, livre ä lui-meme dans le päturage, marchait toujours a gauche, sans cependant tourner en cercle.
Le pouls ötait vite, de force moyenne.
La pupille de toeil gauche fortement dilatee, celle de l'rt'il droit normale.
Le facies göneral presque indifferent.
Diagnostic : J'avais cu I'occasion d'observer le coenure cbez le mouton, chez le boeuf, et je trouvais une analogic de symptomes teile, que la premiere interpretation que me suscita mon esprit, fut I'existenoe d'un coenure chez mon malade. Sans d'ailleurs rn'occuper de savoir si un ou plusicurs cas idontiques avaient primitivement ete cites
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eu vclerinaire, mon opinion etait üxee presque fatale-ment.
M. Brisset, veterinaire mililaire, qui habitait Roubaix h l'epoque, fut prie de venir examiner ranimal. Apres un examen tres attcntif et sans connaitrel'opinion quej'avais rormulee la veille, il diagnostiqua uncoenure.
Un de mes confreres, voisin de clientele, ayant examine officicusement I'animal en pature, le declara tourniset incurable.
Les symptomes etaient d'ailleurs univoques et frap-pants ; ils nepouvaient s'expliquer que parl'existence d'un organisme se developpant dans le lobe droit du cerveau et determinant la contracture des muscles du cou et de la face du cöte oppose, la dilatation exageree de la pupille de l'oeil gauche et cette direction anormale de la tete.
L'aspect general du malade, qui ne se-mblait nullement ötre sous le coup d'une maladie inflammatoire des enve-Inppes du cerveau ; l'insensiliilite absolue de la surface cranienne qui pouvait faire rejeter de prime abord I'idee d'une contusion ; l'äge du sujet, sa sortie recentedel'her-bage; ces considcrants en bloc nous avaient laisse a tons le meme sentiment.
Traiiement: A ma premiere visite, j'avais pratiqvie une saignee de 4 kilos dans le but d'amener une depression genörale.
M. Brisset, apres avoir declare I'animal incurable, c'etait mon avis du reste, avait conseille ä tout basard l'application d'un vösicant sur le crane. Ce n'etait pas bien logique, mais on croyait devoir faire quelque chose. Quarante-huit heures apres l'application du vesicatoire. le mal fit des progres tels que le sujet semblait dans I'im-possibilite de se mouvoir ; le rcnversement de la tete s'exagörait considerablcment. L'cjüü gauche etait devcnu
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insensible. L'appetit avail disparu et le sujet ctait d'une faiblesse si grande qu'il semblait pret k tomber.
Je traduisis ces phenomenes par I'cedeme profond que produit toute application vesicante et par la pression qui s'exagerait sur le lobe cerebral malade.
Je fls laver immediatement la surface au savon gras et j'appliquai, ä titre d'essai, une irrigation franche ä l'eau froide, sur toute la region cervicale.
Le sujet etant condamne comme incurable, j'ordonnai de continuer rirrigation a tout hasard jusqu'äce que mort s'en suive ou un changement quelconque.
On monta une piece d'eau au grenier, et un tube de caoutchouc, mis en communication avec ce tonneau, fut fixe par son autre extremite entre les deux oreilles du ma-lade, de teile sorte que l'eau s'etendait en nappe sur toute la surface cranienne. Pendant les premieres heures, I'ani-mal sc defendit vigoureusement, puis il se calma. Deux jours apres. une modification generale tres appreciable se produisait; I'encolure devenait plus droite et la töte ten-dait ä reprendre insensiblement sa position normale. La pupille, qui etait extrömement distendue, diminuait visi-blement de surface; I'ceil devenait sensible.
L'appetit revenait et la jument mangeait de l'avoine et de l'herbe.
Je priai M. Collin de veiller a ce que rirrigation ne fut pas interrompue un instant.
Apres quinze jours d'irrigations, la pouliche etait tota-lemcnt guerie et se defondait si vigoureusement qu'on düt retirer le tube devenu inutile.
La convalescence dura quatre ou cinq semaines et la pouliche est aujourd'hui une superbe jument.
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DU COENURE CHEZ LE MOÜTON.
Le resultat inattendu que m'avait donne 1'irrigation continue appliquee au traitement du coenure chez le che-val, m'engagea ä tenter la meme experience sur des mou-tons antenais atteints de tournis.
J'ai obtenu successivement deux succös sur des cas de tournis lateral et trois insucces. Le developpement du coenure est souvent rapide chez les moutons. La puissance de calorification de ce dernier est relativement moindre que chez le cheval. Aussi, lorsqu'on traite un animal rapide-meut debilite, ou chez lequel le coenure a dejä produit une perturbation generale des systemes nerveux et circu-latoires, les chances de succes sont beaucoup moindres.
Les tournis, au debut, guerissent en peu de temps, trois ä six jours. Si la maladie est avancee, l'animal perit de fr oid.
Les deux sujets que j'ai gueris de cette affection etaient enfermes dans une caisse juste assez grande pour pouvoir les contenir. La tete seulc faisait saillie ä l'exterieur; eile etait munie d'une museliere destinee a recevoir le tube de caoutchouc.
De meme que le cheval, le mouton fait des efforts considerables pour se degager au debut de l'irrigation, puis il tremble et devient calme.
II est indispensable de lui passer frequemment un fer ä repasser bien chaud sur le dos et les cotes pour eviter Fabaissement general de la temperature.
L'animal ne produit pas, en effet, une quantite de calo-rique en rapport avec le refroidissement auquel on le sou-met. II est indispensable d'entretenir chez lui une temperature factice.
A un moment donne, la tension du con contre la paroi
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coiTCspondante de la boite disparait, Fanimal mange et rumine.
Les deux sujets que j'ai gueris du tournis furent tues gras Tamiee suivante.
Je me propose de continuer tot ou tard ces experiences qui deiuandent malheureusement beaucoup de temps et de soius conlinuels, toules clioses que la lutte pour la vie ne nous pcrmet pas d'employer souvent.
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Du TRAITEMENT DE LA. GALE PAR L'IRRIGATION CONTINUE
Le traitement des differentes formes de la gale par I'hy-drolherapie n'est pas cliose nouvclle en medecine.
L'histoire des Hebreux nous apprcnd que primitivc-menl, le seul traitement applique ä la gale, comme a la lepre, consistait dans les grands bains et les affusions frequentes d'eau froide sur les parties du corps qui pre-sentaient des exanthemes caracteristiques.
Plus tard, les hydropathes mirent ä profit cet enseigne-meat des temps passes, el guerirent les maladies de peau en general, par l'enveloppement humide, les sueurs et les bains froids.
Les gales les plus iaveterees ue resistent pas ä l'enveloppement humide.
Hahn, du reste, employait dejä le precede de l'enve-loppemenl, dans des draps humides, et en obtenait de brillants sucecs. Mais il procedait avec methode, et gra-duellement, ayant recounu que la guerison trop prompte des affections auciennes et inveterees est presque fata-lement suivie d'une repercution sur tont l'orga-nisnie.
La suppression brusque de ce vaste seton, la gale, se traduit souvent par des paralysies mortelles.
J'ai d'aillcurs cle lemoin de la justesse de cette observa-
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lion, en guürissant de la phtiriase generalisee unc vache de six ans, qui tomba en paralysie dans la huitaine ei mourut.
Get animal, au moment oü je le traitai, etait convert de myriades de poux, que je fis disparaitre en quarantc-huit hcures, par deux lavages au savon gras. II sembla purfaitement bien portant pendant quelques jours et mourut neanmoins de paralysie le huitieme jour, alors qu'il avait vecu des annees en servant la päture h tout un monde de parasites.
Traitemcnt. — J'ai essaye plusieurs fois d'appliquer 1'imgation continue dans le traitement de la gale symbio-lique chez le cheval. Les cas les plus rebelles, ceux qui resistcnt aux antipsoriques les plus violents, disparaisscnt comme par enchantcment, sous l'influence de l'irrigation continue. Le froid tue l'acare. Je me sers ä cct efTet d'un tube de caoutchouc qui cntoure les boulets on les canons et qui deverse par de petits trous disposes ii cet effet, I'eau en nappe sur le beulet et la couronne du pied.
Je choisis d'ordinaire la saison d'hiver pendant la quelle les galeux sent condamnes a la stabulation permanente. Les boulets so degorgent au bout de deux jours, etil suffit de quatre jours dliydrotherapie pour avoir raison de la maladie.
Je traite actucllement, par Tenveloppement. humide, une gale d'encolure et des epaules, qui a resiste jusqu'ä ce jour k des doses formidables de sulfure de potassc. J'ai la conviction, la maladie etant en voie de resolution, qu'a-vant pen de jours, le sujet sera gueri.
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Paris. — A. Parkn'T, imp. de la Fac. de medec, A Davy, successeur, 52, rue Madame et rue M.-le-Prince, i.j.
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