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PARIS. IMP. V. GOUl-Y ET JOÜRDAN, HUE HE RENNES. 71.
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BIBUOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
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PUBLICATIONS DU PROGRES MEDICAL
LE GHARBON
DES
ANIMAÜX ET DE L'HOMME
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Legons faites ä la Faculty de mödecine de Paris
PAR
I. STRAUS
Professeur agröge,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;-^ .- -#9632;laquo;^ ^; -
Mädecin de l'Höpital Tenon.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'-v^.
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PARIS
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Aux Bureaux du PROGRES MEDICAL | A. DELAHAYE et E. LECROSNIER
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H, rue des Carmes, 14nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; | ni j ..0 i j raquo;raquo;-j
'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ? Place de 1 Ecole-de-Medecme
1887
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LE OHARBOISr
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PREMIERE LEQON.
Importance doctrinale du charbon. Symptömes et lesions macroseopiques.
Sommairb. Importance de l'etudc du charbon; c'est la maladie infocdeusc typo. Historique ; obscuritös et confusions söcu-laires; grand progrös du a Chabert. - Symptömes dn charbon chez los animaux. Lesions macroseopiques. Ni les uns ni los autres no sout caraetöristiques.
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Messieurs,
Quoiquc le charbon sevisse surtout sur les animaux et ne se propage a 1'homme qu'exceptionnellemont, la con-naissance approfondie de cette affection est cependant indispensable pour quiconque veut se livrer a I'etudo des maladies infectieuscs. Rien de ce qui touche au charbon ne saurait nous laisser indifferents, car c'est lä la maladie type, celle qui a ete la source des notions fondamentales. Presque tons les problemes generaux que souleve la theorie parasitaire des maladies virulentes ont demande au charbon leur solution et c'est lä proprement le terrain oü se sont livrees les grandes
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1
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lüttes decisives. Existence constantc, dans cette mala-dic, d'un microbe special; demonstration que c'est ce microbe, et lui seul, qui est la cause de la maladic; etude des conditions de vie et de reproduction de ce micro-organisme, de ses deux etats morphologiques, Tun bacillaire, ephemere et vulnerable, lautre sporu-laire, fait pour la resistance et la duree; grace ä ces notions, I'etiologie dc la maladie charbonneuse devenue aussi claire et aussi precise qu'elle etait obscure aupa-ravant; la prophylaxie k son tour rendue plus penetrante et plus efficace : toutes ces acquisitions, dues ä desbommestels que Davaine, Pasteuret Koch, out fait du charbon ce qu'il est aujourd'bui: la base et l'assise inebranlable sur laquelle repose la doctrine parasitairc des maladies contagieuses. Ces notions unc fois defini-tivement conquises, on a pu aller plus loin et aborder, I'onsait avec quel succes, Tetude etiologiquc d'autres maladies infectieuses.
Si par Tetude du charbon on avait simplement mis en lumiere, pour la premiere fois et d'une faijon irrefutable, ce fait qu'un microbe determine est bien la cause reelle et unique de la maladie ; que par l'inoculation de la bacteridie ou de ses spores, cultlvees, en generations indefinies, in vitro, en dehors de l'economie vivante, dans des milieux ä composition chimique connue, on reproduit experimentalement unc maladie identique au charbon xpontane ; pour ces souls motifs deja, I'impor-tance historique et doctrinale dc cette maladie serait des plus grandes; mais cette etude du charbon olfre un interet plus grand encore, si on veut la poursuivrc dans ses developpemcnts et ses consequences.
Dans l'etat oü en sont arrivees aujourd'bui nos con-naissances sur les maladies infcclieuses, avec ce que nous savons d'une fa^on positive sur la cause du charbon, du cholera des poules, de eertaines septicemies, de la tubcrculose, de la inorvo, etc., on pout dire que les preuves sont dejä suflisantes pour assurer le triomphe
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de la dpetrino. Collo-ci, duns sa formale generale, n'est jjIus guere contestee, et les decouvertes de I'avenir ne leront que la confirmer et que remplir des cadres dejä etablis. ^lais aussi, avec les j^rogres realises, les exigences se sont accrues ; une maladie infectieuse etant donnec, il ne laut pas se contenter de decouvrir le microbe qui la determine et de prouver, par la culture et l'inoculation, qu'il est la cause du mal. Le probleme etio-logique doit etre compris d'une laQon plus large. Le microbe pathogenc une fois connu, il importe d'expliquer et de preciser par les proprieles, les mecurs et I'hlstoire naturelle de ce microbe, l'etiologie tout entierc de la maladie, teile que nous l'enseignait dejä, mais avec des lacunes, des hesitations et parfois des contradictions apparentes, l'observation clinique. 11 faut que ces notions nouvelles nous montrent comment la maladie se contracte, comment eile envahit l'uconomie, comment le contage se transmet, comment il peut persister, avec touto sa virulence, en clehors de l'organisme; comment se creent los foyers endemiques ou les explosions epide-miques. En ce quiconcerne le charbon, presque tous ces problemes sont resolus.
Enfm,si l'onenvisagelaprophylaxieproprement dite, le charbon justifie encore la qualification de maladie type que nous lui avons appliquee; en effet, son histoire est intimement liee ä l'uno dos grandes decouvertes de ce siecle, due au genie de Pasteur, celle de l'attenuation artiücielle des virus. La bacteridiecharbonneuse, plaeuc dans des conditions determinecs de culture, perd gra-duellement de sa virulence, d'oü la possibility d'obtenir, d'une faejon stable, un virus attenue ne donnant plus la mort, mais une maladie legere et qui cependant met ä l'abri des atteintes de la maladie grave; c'est sur cette donnee, dejä si interessante au point de vue purement theorique, que repose la pratique aujourd'hui courante des inoculations cbarbonneuses.
C'est pourquoi la connaissance complete du char-
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bon cst rintrocluction naturelle ä Tetude des maladies infectieuses et cette consideration sufiira pour justilier les details dans lesquels je vais entrer.
II.
Lecharbon des animaux, au dire de ceux qui so sont livres ä ces recherches historiques, remonterait a la plus haute antiquite, si Ton veut accepter que les epizootics dont parlent Moise et Homere, etaient des maladies charbonncuses. On considere aussi comme tel le feu sacre, ignis sacer, quidecimait les troupeaux et attaquait I'homme; mais il est probable que les anciens englobaient sous cette denomination des maladies diverses. De meme, il est ä supposer que sous la denomination de charbons (avfyaxtq) les medecins grecs, ä partir d'Hippocrate, comprenaient non seulement la pustule maligne del'iiomme, teile que nous la connais-sons aujourd'hui, mais d'autres affections, furoncu-leuses, ulcereuses ou gangreneuses de la peau (1). Dans des temps plus modernes on trouve, chez les ecrivains des deux medocines, la description d'un grand nombre d'epizooties, oü parfois la contagion passait des animaux k I'homme ; plusieurs de ces epizootics etaient sans doute de nature charbonneuse; mais l'obscurite des descriptions rend tout diagnostic
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(I) Los maladies charbonneuses out cle I'objet do recherclics historiques tr6s nombreuses ; voici les plus iinportantcs : J. Frank, Traiti de pathologic inlerne, trad, irang. I. II, p. 90, art. Anthrax el eharbon ; {r\c\\(t surtout en documents anciens sur le charbon de rhommej. Heusinger, Die Milzbrandkranhheiten dor Thiore und den Menschen. Histor.-iieofir.-palhol. Unter-suehungen. Erlangen 1850 ; modöle derudilion. Bollingcr, Ilixlorisches über den Milzbrand und. die stäbchenförmigen-Körperchen {in Kcilriige zur vergl. Pathol. und path. Annl., Munich 1872, 2. Heft, p 1-22). Arloing, Cornevin cl Thomas, Lo charbon badcrien, Paris 1(SS:5; le chapitre Iquot; do cello raono-graphie est eonsacrö amp; une laquo; Revue historiquo des connaiasances relatives aux maladies charbonncuses. raquo;
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retrospectif impossible. Les mi'decins, dureste,ne don-naient a la qualification de c/taramp;on qu'une valeursymp-tomatique, etrappliquaientinclifferemmentä toutes los tumeursarrivantrapidementä la gangrene; los hippiätros ot les guerisseurs de bestiaux ne possiklaient pas de notions plus precises; ils considcraient comme char-bonneux des accidents puremont infiammatoiros, gan-gröneux ou septiques , et d'autre part, sous le nom de /teure putride, fiowa putride maligne, fievre putride inflammatoire, fievre 4pid4mique pestilentielle,etc., ils decrivaient commo des maladies distinctes,de verita-bles epidemics charbonneuses.
C'est äCh. Chabert qu'etait reserve, ä la fin du siecle dernier, de debrouiller ce cbaos ; ce grand pathologiste doit etreconsidere comme le veritable createurde la conception moderne de l'affeotion cbarbonneusedesanimaux. laquo; Encore aujourd'bui, dit M. Bellinger, apres pre.s d'un siecle, non seulement en France, mais partout, les divisions et la nomenclature etablies par Cbabert res-tent debout dans leurs parties essentielles. raquo; Cbabert ecarta du cadre des maladies charbonneuses les affections putrides et gangreneuses, les cedemes, les erysi-pöles et les infarctus. La maladie charbonneuse, chez les divers animaux, est une dans son essence, quoique differente dans ses manifestations symptomatiqucs. A cet egard, Chabert etablit trois formes principales : la fievre charbonneuse, le charbnn essentiel et le char-bon xymptomatique. Quand la maladie evelue sans s'accompagner de tumeurs exterieures, de tumeurs charbonneuses,c'est la fievre charbonneuse ou. charbon interne ; lorsque, au contraire, il existc des tumeurs, c'est le charbon, qui pent etre esscntiel ou symptoma-tique. Le charbon est essentiel quand oost la tumour qui ouvre la scene et qui s'etablit sans etre precedee do fievre ou de phenomenes genera'ix, lesquels n'eclatent qu'apres son apparition (ce serait,comme on le voitj'ana-logue de la pustule maligne chez Thomme). Le charbon.
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au contraire, est dit siimptomutique, quand la tumeur exterieure est prececlöc de fievre et de phönomenes generaux; c'est une fievre eharbonneuse suivie de charbon externe (1). Nous verrons bientöt que le char-bon essentiel ainsi que le charbon symptomatique de Chabert n'appartiennent pas au charbon, comme il le pensait,' mais ä une maladie tout autre, au charbon hncAevien.
A partir de ce moment seulement, la notion de la maladie charbonneuse commence ä se deguger netto-ment. au point de vue nosographique, et Ton peut dire que nen d'essentiel n'y tut ajouts, jusqu'au moment oil la bacteridio lut trouvee. Mais avant d'aborder l'expose de cette decouverte et de l'immense progres qui en Cut la consequence, il importe d'esquisser les prineipaux caracteres symptomatiques et anatomo-pathologiques de l'affection charbonneuse dans les trois especos ani-males domestiques oü cette maladie s'observe commu-nement.
Je dois ä Tobligeanco de mon ami, M. le professeur Nocard (d'Alfort), si competent en cette matiere, la note suivante qui resume avec une grande clarte la symptomntologie de l'affection charbonneuse.
Tableau symptomatique. laquo; Chez les granda animaux. la maladie est conriue sous le nom de fiiivrc. charbonneuse.
laquo; Chez le cheval, eile s'aecuse au debut par une prostration intense qui s'aecompagne ordinaireraent de legeres coliques : Tanimal trepigne, regarde son tlanc, se oouche, se releve, se campe, expulsequelquesgouttes durine ou quelques crottins, puis, appuyant la tete dans le fond de sa mangeoire ou se tenant ä bout de longe, aecule sur le derriere, reste ninsi pendant quelques minutes plonge dans une somnolence profonde, pour recommeneer bientöt son manege incessant.
laquo; Si on le force ä marcher, on remarque un affaiblissement considerable des puissances musculaires : il vacille et titubc, le train posterieur s'affaisse ; la peau a perdu sa souplesse ;
(1) Chabert.Trailede charbon ou anthrax danslos animaux, Paris 1780; en l'espacc de 10 ans, il en parut sept editions.
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les poila sont ternes, sees, herisses ; las crins s'arrachent iwec la plus grande facilite.
laquo; Des frissons partiels ou generaux accompagnes de suda-tion s'observent par intermittence, notamrnent k la base des oreilles, aux ara et aux aines, au niveau des muscles olecra-niens et cruraux anterieurs ; les sujets nerveux paraissent en proie ä une violente surexcitation; ils deviennent tres irritables et peuvent etre dangereux.
o Le pouls est vite, petit, lilant, parfois insensible, tandis que d'ordinaire le ctuur bat violemmentcontreles parois thora-ciques, et Jonnant ä rauscultation un bruit tumultueux, eon-tinu, et d'un timbre metallique.
t Ce contrastedes pulsations arterielles et cardiaques cst I'un des meilleurs signes diagnostiques de la maladie.
#9632;i A ce moment, la temperature oscille entre 41deg; et 42deg;.
laquo; Si Ton fait une saignee ä la jngulaire, le sang s'eroule en nappe, noirätre, visqueux, peu abondant; il ne se coagule que lentement clans le vase oü on I'a recueilli et donne un caillot mou et diffluent; quelque soin que Ton ait apporte ä la fer-mer, la saignee devient prosquc toujours le siege d'un volumi-neux thrombus.
laquo; II est tout a fait exceptionnel quo ces symptömes se dissi-pent, memo sous l'intluence du traitemont le plus enertdquo ; ordinairement ils s'aggravent : I'agitation devient extreme, les sueurs plus abondantes, les tremblements convulsifs, lescoli-qucs intolerables.
laquo; Les muqueuses prennent une teinte violacee, livide; le rectum menace do se renverser sousdes efforts cxpulsifs iudis-continus qui n'aboutissent qu'au rejet d'une petite quantitö de matieres excrementltielles liquides et sanguinolentea ; la respiration se precipite, les naseaux s'ecartent ii I'extreme, la face se grippe, les pupilles se dilatent, les extremites deviennent froides, le facies exprime toutes les angoisses de l'as-phyxie, I'animal chanoelle, tombe, puis expire en s'agitant convulsivement.
laquo; Tous cessymptomes se succedent dans Tospace del'2 ä 24 heures ; il est rare que la maladie dure plus longtemps ; parfois les animaux meurenl comme foudroyes sans avoir presente le moindre prodrome. Les chevaux jeunes, sanguins, plethori-ques, semblent resister moins longtemps que ceux qui sont maigres ou ages. raquo;
n Chez les animaux de Vespece bovine, la maladie scinblo evoluer plus vite encore que chez les solipcdes ; tel sujet qui n'ajamais paru malade est trouvemort dans I'ctable, ballonne, les naseaux remplis de spumosites sanguinolentes, I'anus, la
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vulve ou le fourreau souilles de matiercs strides dc sanar; tel autre meurt avant I'arrrveedu veterinaire appeleaux premiers signes de malaise (formes foudroyantes). Dans les cas les plus lents, la maladie ne dure guere plus de 12 a ISheures.
m Comme toutes les affections graves, la fievre charbon-neuse debute par l'arret de la rumination et la perte de l'appe-tit; puis surviennent des frissons, des sueurs partielles, de la sensibilite excessive des reins et des parois thoraciques, des douleurs abdominales, accusees par des trepignements, I'agita-tion de la fete, des mugissements plaintifs. Tres rapidement les forces diminuent, la marche est chancelante et l'animal peut tomber sans pouvoir se relever. Souvent on observe une diarrhec fetide ct sanguinolente.
laquo; Le pouls est, comme chez le cheval, petit, vite, filant presque insensible; les battements du coour tantöt violcnts et tumultueux, plus souvent a peine perceptibles. La respiration est plaintive, suspirieuse, haletante ; le muflle sue, la bouche froide, lalangue pendante etviolacee; les dents grincent.
laquo; Des qu'il est tombe, l'animal se ballonne, s'agite violem-ment et sans interruption, jusqu'ä ce que la mort s'ensuive.
laquo; Chez le moulon, la maladie est connue sous le nom de sang de rnte; eile suit une marche encore plus rapide que chez las animaux de Tespece bovine; les sujets sont foudroyes en quelque sorte, ou qu'ils se trouvent, h la bergerie comme au päturage, au repos ou en marche; e'est h pcinesi les personnes les plus experimentees, le berger lui-meme, pouvent a I'exa-mon le plus attentif, saisir quelques signes capables de faire soupQonner l'imminence du mal : Si le troupeau est en marche, le malade reste en arriöre, nonchalant et mou ; et, comme le sang derate s'attaque d'ordinaire aux sujets les plusvisrou-reux, ce seul fait peutattirer l'attention du berger; il le saisit alors et lui serre le nez pendant quelques secondes; l'animal urine aussitot en se defendant; si I'urine est sanguinolente, e'est au sang de rate que Ton a affaire et sans perdre une minute le berger egorge lemouton, le depouille, le vide, pour on utiliser la vLmde h la ferme ou I'expedier a la halle, comme il arrive trop souvent, au mepris des reglements et de la loi sa-nitaires. raquo;
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Dans co tableau symptomatique, M.Nocard ne decrit, comme on le voit, que la fievre charhonrieuse;\\am-mlt;i ä dessein les formes (lecrites par tous les auteurs clas-siques, rlepuis Chabert, sous les noms de charbon cs-sentiel et symptomatique, e'est-a-dire celles oü des tu-
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meurs charbonneuses sous-cutanees se de\elopperaient primitivement, sans fievro prealablo (eh. essentiel) ou apparaitraient dans le cours de cette iievre, commo une de ses manifestations externes (eh. symptomati-que). C'est qu'en effet ces formes, si toutefoisellesexistent, sont tout ä fait exceptionnelles; comme nous le verrons plus tard, cc qu'on a deerit sous ce nom so rap-porte presque toujours ä une maladie toute differente, au charbon baetdrien de MM. Arloing, Cornevin et Thomas. (Rauschbrand des Allemands)(l). Ainsi pour les animaux domestiques,contrairementäee quise passe pour l'homme, les localisations externes du charbon, primitives ou secondaires, sont tout a fait rares ; il laut cependant en excepter la localisation sur la langue etle fond du gosier (glossanthrax).
Lesions macroscopiques. Les principales lesions anatomiques qu'on constate ä Toeil nu sont les suivantes: le sang est noir, poisseux, il ne se coagule pas ou tres lentement, et ne rougit pas ä l'air; le Systeme veineux est turgide, la plupart des organes sont violemmcnt congestionnes. La rate est enorme, noire (d'oü le nom de sang de rate chez le mouton), diffluente. La muqueuse de l'intestin grele, du gros intestin et parfois de l'estomac est le siege d'ecchymoses noirätrestreselendues etde saillies noirä-tres, brumltres ou verdatres, ulcerees ou non, d'autres partiellemezit gangrenees, d'aspcct furonculeux avec im bourbillon plus ou moins putrilagincux (charbons internes); le contenu de l'intestin est mele de sang. Des
(I) C'est aussi l'opinion de M. Toussaint. laquo; Les formes dechar-boadites essentielles ou symptomatiques devront Otre revisöes avec soin avant d'etre admises dans la calegorie dos affections char-1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;bonneuses; on cequi meconcerne, je n'admets qu'une seule forme,
la maladie charboaneuse, desiifiiöo encore sous lo nom do Iievre charbonnease; c'estla seule forme dont l'authenticitä soit dämon-trec raquo;{Reoherches expärimentules sur la maladie oharbonneuse, Paris 1879, iraquo;. 124).
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plaques ecchymotiques et des foyers apoplectiques occupant les feuillets du mesentere,ratmosphereadipeuse du rein, les ganglions mesenteriques, les poumons ct les bronches, et souvent, surtout chez le mouton et le chevaljle fissu cellulaire retro-pharyngien. Chez le che-val on trouve habituellement dans le tissu cellulaire lache, tant profond qu'inler-muscidaire et sous-cutane, uno infiltration sero-sanguinolente, tremblottante, d'aspeet gelatineux. L'urine contenue dans la vessie est souvent sanglante. Les cadayres des animaux, surtout des mou-tons, qui ont succombe au charbon, subissent tresrapi-dement la putrefaction.
Cependant ce serait une erreur de croire, d'apres les details qui precedent, que le diagnostic clinique et ana-tomique du charbon, base sur ces seules notions, soit toujours facile. Ces symptomes et ces lesions macrosco-piques, avec de legeres differences, se rencontrent dans d'autres maladies infectieuses ou septiques,etant don-nee surtout la variete de marche et d'expression de l'af-lection charbonneuse, et la variete tout aussi grande de ses localisations anatomiques. Ces hesitations et ces incertitudes du diagnostic deviennent manifestes si Ton consulte les publications de la premiere moitie de ce siecle et si Ton se reporte aux discussions qui s'ele-vaient constamment dans les Societes de medecine ve-terinaire, entre des pathologistes cgaletnent eminents, sur la nature de maladies qu'actuellement on rcconnai-trait du premier coup comme etant ou non charbon-neuses. Cost qu'alors le criterium certain des maladies charbonneuses, la constatation de la bacteridie. faisait defaut.
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DEUXIEME LECjON.
fitiologie du charbon avant la d^couverte de la bact^ridie.
Sommaire. Eliologio du charbon avant la notion de la baclö-ridie. Distribution geograplüquo de la maladio; son origine telliirUiuc ; on l'assimile ä la malaria, Theorie dc Delafond : la maladie esldue ä une plethore. Le cJtarbon experimental: experiences anciennes do Barlhelomy, Lonret; rechercbes de Gerlach; travaux de la Commission d'Euro-ot-Loir. Ro-sullals acr|iiis : notion do la virulence du charbon; son identity ehe/les divers animaux et chez 1'homme. I'Jrreurs fondamen-lales ; on confond los offets de rinocnlation du charbon avec les cl'fets do rinocnlation do matieres putrolieos; on continue ä croiro a sa production spontanee (sous l'influence de causes banales).
Messieurs,
De tout temps, on a observe que le charbon regne a I'etat enzootiquc dans certaines contrees etqu'il prend, ä des moments donnes, une extension epizootique. Dans notre pays, le charbon estendemique dans la Beauce,la Brie, la Champagne, la Bourgogne, la Lorraine, le Dauphine, I'Auvergne. la Charente, le Lauguedoc, etc. En Allomagne, il est surtout frequent dans quelques districts du sud, en Baviere, dans le Tyrol, dans les provinces orientales de la Prusse, dans la province prussienne de Saxe ; en Antriebe, il exerce de grands ravages sur les bords du Danube et clans les plaines de la Hongrie. Le charbon regneegalement en Italie, dans la presqu'ile des Balkans, mais il sevit surtout dans les provinces tant europeennes qu'asiatiques de la Russie. La tameuse laquo; peste de Siberie raquo;, qui n'etaitautre que le charbon, y a cause, de 1864 a 1866, la mort non scule-ment d'innombrablesbestiaux, mais encore de plusieurs milliers d'hommes. Dans leseul gouvernement de Novo-
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gorod, de 18G7 ä 1870, 50,000 tetes de betail et bW hommes suecomberent au charbon (1). Dans l'lnde, dans l'Asie ccntralo, dans les deux Ameriqucs, en Australio, le charbon se retrouve, constituant ainsi uno des zoonoses les plus universellement repandues.
Certaines conditions telluriques president manifesto-ment au developpement du charbon et font qu'il regne en permanence dans teile ou teile contree, alors que les localilesvoisines peuvent etre totalcment epargnees. Dans les pays a charbon, certains paturages sont parti-oulierement dangereux, d'oü 1c nom de champs mnu-dits sous lequel on les designe energiquement en Beauce. Parfois, il existedes foyers enzootiques plus restreints enecre, sebornant ä un enclos ou ä uno seule etable, rappelant ainsi les foyers domiciliaires que Ton observe dans certaines maladiesinfectieusesdcriiomme.
La plupart des auteurs anciens insistent sur la frequence du charbon dans les contrees marecageuses,au bord des rivieres debordees et des etangs ä demi desse-ches, et ils faisaient jouer un grand role dans la production des maladies charbonnouses ä l'etat du sol etä l'etat meteorologiquc de l'atmosphere. C'est ainsi qu'ils font rcmarquerquelamaladie sevit surtouten ete, pendant les mois les plus chauds et qui ont ete precedes do pluies abondantes. laquo; L'etude des nombreuses epizoo-ties et enzooties qui ont regne depuis deux siecles, dit M. Raimbert, a on effet demontre que ce sont les an-nees remarquables par l'abondance des pluies, le debor-demont des fleuves et des rivieres, et par les chaleurs execssives qui ont ete signaleos par la frequence et
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(I) L'enqucte poursuivio a cette epoquo par la commission iu-stitiu'C par le gouvernement russc, elablit qu'une des principalos causes de l'epizootie 6lai( Tincnric avec laquelle on traitait les cadavrcs des chevaux de halage, le long de lariviere deScheksna,
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im dos affhients
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Volga ; ces chovanx mouraient en grand
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nombre du charbon, et au lieu de les onfouir, on abandonnait les cadavres ou on les jetait dans la riviöre {Pütz, Die Seuchen und Herdekrankheiten unserer Hausthiere,Stuttgart, 1882, p. KW,
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la gravite des maladies charbovmeuses... C'est princi-paloment sur les sols oü les eaux sejournent et constituent des etangs et des marais, dans les vallees largos et marecageuses, dans les contrees ou les cours d'eau, les marais, les etangs, les mares se dessechent pendant les chaleurs de Fete qu'on voit sevir les maladies char-bonneuses, lorsque, sous l'inflaeuce d'une baute temperature, des eaux croupissantcs repandent dans I'at-mosphere des effluvesmiasmatiques... L'mfluence per-nicieuse des marecagos sur le developpement des affections charbonneuses est tellement grande ct par.iit si evidente dans certains pays que Vemigration des troupeauxa ete adoptee, pour les soustraire, pendant les chaleurs de l'ete, a Faction des miasmes des marais. Aiusi, en Corse, des le commencement des chaleurs, les gardiens emigrent avcc leurs troupeaux sur les monta-^ues, instruits par I'experience que, s'ils ne prenaient cette precaution, le charboa attaquerait la totalite des animaux (1). raquo;
Nous demontrerons plus tarcl que rien n'est plus exact que l'mfluence attribuee ä certaines qualites du sol dans la contamination charbonneuse; ä cet egard, I'agent charbonneux pent, en effet, etre regarde commc etant tellurique; mais il ne s'ensuit nullement qu'il faille 1'identifier avcc I'agent maremmatique de la malaria. Le charboujen effet, s'obscrve dans des contrees qui n'ont absolument rien de palustre; laBeauce, par cxcmplc, ccttc terre classique du charbon,est un plateau elcve, admirablement cultive, oü les cours d'eau sont rares et les marecages inconnus. Ce riebe plateau de la Beaucc estlimite au nord par le Perche, oü abo:i-dent les prairies naturelles, les cours d'eau ct les etangs; il est limite, au sud, par la Sologno, si franche-ment marccagcuse ; or, chose curieusc, dans ces deux
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(1) Raimbert (L.-A.). Trails da* maladies charbonnouscs, Paris, 1859, p, 19.
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contrees le eharbon est tout ä fait cxceptionnel, si bien quo lea fermiers cle la Beauce, quand leurs troupeaux sont decimes trop cruellement par le eharbon, ont re-coui's ä ce qu'on appelle la transhumation, e'est-ii-dire qu'ils les font emi^reiquot; soit en Perche, soit en So-logne.et prcsquo aussitöt on voit les ravages de la ma-ladie s'arreter. En Auvergne, le eharbon est rare dans les vallees et dans la plaine de la Limagne ; frequent, au contraire, sur les versants des montagnes, cTou le nom de mal de montagne, sous lequel on le designe dans ce pays. II serait aise de multiplier ces cxcmples. D'autres auteurs, tout en signalant l'action des ma-recages et des eaux stagnantes, invoquaient surtoutune alimentation defectueuse, l'usage laquo; de fourrages vases, rouilles, moisis, poudreux raquo; ou bien les mauvaises conditions de stabulalion. laquo; Les ecuries, les etables, les bergeries insalubres, mal aerees, dans lesquelles les fu-miers restentamonceles, oü les animaux entasscs pendant riiivernago respirent un air charge d'emanations putrides, sont autant de foyers d'infection dans les-qucls so declare le eharbon. Lesenzooties charbonneu-ses du Dauphine, du Beam, du Bigorre, des Vosges, de l'Auvergne, de la Suissc, du Tyrol, du Piemont, si frc-qucntcs pendant les longues stabulations de I'liiver, ont etc- dues et sont le resultat encore aujourd'hui de ces infections locales (1;. raquo;
Dans cette revue retrospective des erremeats dtiolo-giques de nos devanciers, un document des plus ins-tructifs est un autro travail souvent cite de Dela-fond (2).
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(1)nbsp; Dclafond. Tratte de police sanitaire des animaux domes-tiques, Paris, ISS'J, p. 453.
(2)nbsp; nbsp;Tratte sur les maladies du sang des betes a lainc. Paris, 1843. En 184S, il lit paraitre son Tratte sur la maladie du sang des betes bovines, Oil les inOmeg doctrines se Irouvcnl soutenues.
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Lo regrette Boulcy, dans ses legoas (I), le siguale avec raison comme un example saisissant des erreurs auxquelles on pent otrc conduit quand on aborde 1'e-tudc crime question avec une ideepreconQiie et qu'on la poursuit, non pas expürimentalement, mais par le rai-sonnement. Dclafond fut charge, en 1842, parle minis-tre deTagriculture, de la mission d'aller etudier surles lieux, dans la Beauce (^departement d'Eure-et-Loir) la maladie de sang des moutons qui exergait alors^ommc aujourd'hui, de si grands ravages dans cette contree, A cette epoque, dans les ecoles veterinaires surtout, les idees do Broussais sur la erase inflammatoire du sang et la phletore sanguine etaient encore en hon-neur ; d'autre part, les recentes recherches d'Andral et do Gavarret venaient d'ouvrir une voie nouvelle aux investigations hematologiques.
Le premier fait, dit M. liouley, dont Delafond est frappe en aiTivant dans la Beauce, o'estque le sang de rate s'attaquc de preförenca aux aniraauxles plusjeunes, les plus beaux. Rappro-chant ce fait de la richesse du sol, de labondnnce et do la qualite des recoltes, de la largesse avec laquelle la nourriturc cst distribuee aux animaux, Delafond congoit I'ideo quo la maladie du sang n'est autro chose laquo; qu'un trop ploin, qu'un exefes do sang eirculant dans les vaisseaux, at partant quo la prödominance dans ce liquide des globules rougesraquo;. Pouraui-vant cette idee, Delafond analyse le sol, montro comme il est consliiue pour fournir des recoltes abondantes et riches en principes nutrilifs; et il lui parait evident quo, sous 1'influencc d'un rogime alimentaire trop substantial, le sang doit contenir, en proportion excedante, I'albumine, la librine, les globules. De fait, il analyse le sangpar las procedesd'Andral et Gavarret et cette analyse le confirme dans sa maniere de voir sur la nature de l'öpizootie de Beauce. Cette confirmation, il la trouve encore dans I'analyse das plantes. C'etait 1 epoque oü la chimie, inspiree par les Dumas, les Boussingault, les Liebig, venait de jeter ses grandes clartes sur la composition elementaire des plantes et montrer l'identite des principes immediats des
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(1) Le progrcs en mideoine par Icxperinienlation, 1882, p. \'Z et suiv.
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16 vegetaux et des animaux. Delafond s'cmpare de oes donnees pour etablir un rapprochement untre la richesse du sang des moutons de la Beauce et la richesse eu principes azotes des aliments dont on les nourrit.
laquo; La preuve que la maladie est constituee par unc trop forte proportion des elements solides du sang, Delafond la trouve encore dans les symptömes et dans les lesions : Les vaisseaux de la conjonetive sont congestionnes parce que le sang circule difficilement. S'il s'ecoule avec peine des veines ouvertes, o'estqu'il est trop epais. Les urines sont sanguino-lentes par suite de l'etat congestif des reins et de la vessie. Le sang sort par les narines, dans les derniers moments, parce qu'il est trop epaia poui-franchir le reseau pulmonaire. Möme signification donnee aux lesions : la rate volumineuse, turgcs-cente, noire, friable; la rougeur de la muqueusc intcstinale; les vülosites d'un rouge plus fonce; l'etat congestif des reins et la couleur noire de leur tissu, etc. Toutes ces lesions, aux yeux de Delafond sont l'expression laquo; dune proporlion trop forte dans le sang des principes organiques nommes globules, iibiine, albumine, et d'une trop petite proportion d'eau. raquo;
(i Pour fournir une nouvelle preuve ä l'appui de sa thüoric, Delafond invoque le decroissement graduel du sang de rale, a mesure qu'on descend vers la Loire. Dans la Sologne, eile est inconnue; eile est rare dans les arrondissements de Clien, de Montargis, d'Orleans, etc.; lä le sol est sablonncux et les plantes sont loin d'avoir la richesse du plateau de la Beauce; aussi la maladie de sang est-elle moins frequente laquo;,
J'ai tenu ä reproduire, avec la forme vivante et pitto-resque qu'elle a prise sous la plume de Bouley, cet expose de la doctrine de Delafond. Est-ilun exemple plus l'rappant de l'influence fachcuse que pent exercor la theorie, puisqu'elle a pu conduire un homraede la valour de Delafond a considerer pendant longtcmps lo charbon comme etant une simple plcthore, resultant d'une alimentation trop copieuse! Comment accommo-der cette doctrine forcec avec d'autrcs attributs de la maladie, que Delafond laissait volontaircmcnt dans I'ombre parce qu'ils cadraient mal avec ses conceptions theoriques.
En effet, et e'est lä unc notion fomlamentalc pres-qu'aussi vieillo que la connaissance de la maladie elle-meme, le charbon est contagieux, virulent, inocula-
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bio. Le mode de propagation du mal dans les loualites et dans les troupeaux, sa transmission a, I'homme par des piqures ou des erosions de la peau ou des muqueu-ses souillees par du sang ou d'autres produits charbon-neux, frais ou desseches, tous ces caractercs en font une maladie eminemmentvirulente et inoculable. Chose curieuse, rexperimentation^ avec ses procedes decisit's, ne fut introduite que tardivement dans l'etude du char-bon. Le premier, a ma connaissance, qui ait instituedes experiences methodiqucs fut Barthelemy, professeur ä l'ecole d'Alfort, qui inoculant ä un cheval sain du sang enleve des arteres coccygienncs d'un cheval charbon-neux, le fit mourir du charbon ; il obtint le meme resultat en inoculant ä des brebis du sang provenant de la rate de brebis mortes du sang de rate; enfin, variant ces experiences que J. Frank qualifie laquo; d'admirables raquo;il fit avaler du sang charbonneux ä un cheval qui succomba au charbon, tandis que le chien put boire ce meme liquide impunement. II etablit ainsi nettement la virulence du sang charbonneux et colle des differcnts organcs d'un animal qui a peri du charbon et il montra que cette virulence a moins d'influence sur les carnivores que sur les herbivores. 11 voulut aussi s'assurer cxperimentalc-ment si le virus charbonneux est ßxe ou volatil ct dans ce but il fit cohabiter des animaux sains avec des animaux charbonneux, les fit coucher sur la meme li-ticre, boire et manger ensemble, sans qu'il en soit ricn resulte (1).
En 182i, egalement ä l'ecole d'Alfort, Leuret ins-titua I'experience suivante : laquo; la veine Jugulaire droite d'un cheval atteint de charbon et la veine jugulaire gauche d'une jument saine out eternises ä decouvert et une double communication a ete etablie entre ces deux vaisseaux ä l'aide de deux sondes; do facon que le
(I) Barlholcniy ainc. Comple rondu de l'ecole d'Alfort, '18-2:i; jc n'ai pu consalter le travail original ct jc mc rcportc a\ix cila-rions ile Delafond(Op. cit. p. iOO, 'i70;.
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sang venant do la teto do Tun allait so rendrc dans le coeur de l'autrc, et reciproquemont. La transfusion a dure sept minutes, apres quoi les deux chevaux ont eto separes. Le cheval charbonneux est mort lo lendemain ; lajument, sujet de l'experienco, est morte du oharbon sept jours apres. raquo;
A cettc memo opoque parurent les experiences ce-lebrcs dcGaspard,de Dupuy,do Magendie sur les clTets de rinjection dans les veines ou de l'inoculation sous
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la peau de matieres animalos putrefiees, qui etaient
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appelees ä scrvir de base ä l'etude experimentale des septicemies. Malheureusement, les resultats ainsi obte-nus furent compares ou meme identities ä ceux quo produirait l'inoculation des matieres charbonneuses et on en conclut k laquo;#9632; la nature putride du virus charbonneux raquo;. Ainsi les experiences de Barthelemy et de ses successeurs, tout en demontrant la virulence des produits et surtout du sang charbonneux, n'entrai-nerent pas la conviction de la specißcite de ces produits, dont on continua ä confondre les effets avec ceux des liquides putrides et septiques : confusion facheuse, que nous verrons renaitre sans cosse, et qui continuera encore longtemps ii jcler de robscurite sur le charbon experimental.
En 1845 parut un travail important de Gerlach, intitule : laquo; la maladic du sang des moutons, au point de vuc de l'etiologie, de la contagiosite et de la prophy-laxie(l).raquo; A la suite d'observations et d'expericnces nombreuses, Gerlach arrive aux conclusions sui-vantes :
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laquo; Lc sang de rale est conlagieux; le contact materiel, surtout s'il existe des plnies dc la peau chez les moutons, est uno condition evidente de la transmission. Plusieurs
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(1) Maijazir. f. d. gesammie Thierheitkunde, lid. XI, 1843, p. H3 : analyse in Camp;nstatt's Jahrcsb. [Bericht über die Fortschritte der Thierheilh, f. IS/iT), p. 41, 42.)
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observations etablissent quo lo uontage cst aussi do nature volatile : les emanalions gruzeusos des cadavres et des mdividus malades sont contagieuses; les fourra^es souilles par du san? charbonneux peuvent, par lour Ingestion, provo-quer le charbon. La virulence reside surtout dans le sang et est d'une grande tenacite, si bien qu'elle resiste meme a la putrefaction avancee et ne disparait quo'quand le cadavre a subi unc putrefaction complete. En etc, la virulence persiste pendant six jours, en hiver davantage. Dans 1c charbon du belail, meme le plus aigü et affectant la forme apoploctique, il se developpe un virus transmissible au mouton et qui produit chcz ce dernier le sang de rate. Le charbon du betail ct 1c sang de rate des moutons sont une seule ct meme maladie. Le charbon du betail alnsi quo, le sang du mouton est transmissible li 1'homme, par le depot du virus ä la surface des muqueuses, de la peau intacto et surtout de la peau blessee et donne naissance a la pustule maligne. II est memo des fails qui portent ;i admettre que par linhalation do lair contamine par les emanations charbonneuses, Tinfection peut s'effectuer par la voie pulmonaire, d'ou une fievre primitive, d'apparence typhique, suivie d'apparition secondaire de tumeurs charbonneuses. raquo;
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Gerlach estmoins ferrae quand il s'agit de l'etiologie proprement dite; il reconnait des causes predisposantes et determinantes; parmi les premieres, il signals la cha-leur persistante, des emanations mephitiques provenant de matieres organiques en putrefaction, la plethore, le manque d'eau, le non-acclimalement du troupeau frai-chement arrive dans une nouvellc localite, enlin la pratique exageree des croisements qui s'oppose a la li.Nation et a la Constance de la race. Comme causes occa-sionnelles, il invoque : les temps orageux, la riehesse du sol en humus et en matieres calcaires, des conditions atmosphcriques favorisant la production des moi-sissures ä la surface du fourrage.
L'association medicate et veterinaire d'Eure-et-Loir poursuivait, depuis plusieurs annees, avec le concours de Rayer et de Davaine, des investigations sur 1c charbon sevissant Sans cesse sur cette partie de la Beauce. De nombreuses experiences furent insti-
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tuees et il est regrettable quo le memoire complet rela-
tant les travaux de l'association n'ait pas ete public.
Les principaux resultats furent communiques a 1'Aca-
demie de medecine, dans la seance du 4 mai 1852, pur
M. Boutet, veterinaire ä Cbartres, rapporteur (1).
Meme sous sa forme extremement condensee, e'est un
document de premiere importance, ä cause de la nettetc
et de l'exactitude de la plupart des propositions qu'il
renferme; en voici les principales :
Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;laquo; Le sang du rate du mouton, la fievre charbonneuse du
cheval, la maladie du sang de la vache, la pustule maligne de rhomme sont des affections de nature septiquc, qui so communiqucnt par inoculation. La communication a lieu, pour le sang de rate, non sculement du mouton au mouton, mais encore du mouton au cheval, ä la vache et au lapin. La maladie charbonneuse du cheval se communique egalement du cheval au cheval, et du cheval au mouton, mais non a la vache. La maladie du sang de la vache se communique aussi de la meme maniere au mouton, au cheval et au lapin. Lu pustule maligne do rhomme se transmet egalement, par inoculation, au mouton ; rcxperiencc est toujoursresteesans efl'ot
'Vnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;quand elte a etc pratiquee sur un cheval, une vache ou un
lapin. La pustule maligne, ainsi inoculee au moulon, so
raquo;
transmet aussi bien du vivant qu'apres la mort do I'lndividu qui a fourni la matiöre virulente. Les chiens ne sont pas aptes ä contractor, par inoculation, ni l'une ni l'autre des affections qui piöcedent. Los poulets, les canards, les pigeons ne con-tractent pas non plus le sang de rate du mouton, ni la fievre charbonneuse du cheval.
laquo; Toutes les parties du corps, tolles que la rate, le foie, les reins, lo tissu cellulairo au pourtour des piqüres d'inocula-tion, le sang du cosur, des voines, des artöres possedent egalement la propriete de tuer par inoculation. Le virus charbon-jjnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; neux ne nous a pas paru perdre dc sos proprietes en s'cloignant
Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;de la source qui la produit; il tue tout aussi bien et aussi
vite au quatrieme degre d'inoculation qu'au premier, six jours
(1) Resume d'expeiiences sur les affections charbonneuses dc Fhoinme et des principales especes domestiqaes ; 6tude faitc an movon de rinoculatiou, de la Iransfusion, dc la cohabitation, du contact cl dc ['alimentation avec des debris cadavamp;'iqucs pr ivc-venant d'animaux charbonneux [Bullet, acad. de mud., [SUi, stance du i mai).
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apies la mort qu'au jour meme oü a succombo Tanimal qui I'a fourni.
o Les quatre affections qui nous occupent paraissent etre des maladies identiqucs sous le double rapport des lesions anatomiques et des effets d'inoculation qu'elles produisent; ces effets permettent de les classer, quant ii leur activite et ä la rapidite aveclaquelle olles se produisent,dans I'ordre suivant : l0sang de rate, du mouton; 2deg; maladie du sang do la vachc; Squot; pustule maligne do I'homme; 4deg; enfin, maladie charhon-neuse du cheval.
lt;c l/animal qui contracte lo plus facilement ces affections est lo mouton; vient ensuite le lapin, puis le cheval et enfin la vacho. Tino seule cxpörienco do transfusion du sang eharbon-noux faite surun cheval a etc suivie do mort.
laquo; Sur cinq experiences do cohabitation d'animaux bien portants avec des betes mortes ou atteintes de charbon, une seuiement a occasionne la mort d'un mouton.
laquo; L'alimentation do I'homme et dos animaux avec des debris cadaveriques provenant de betes charbonneuses ne prodnit Jamals le moindre effet malfaisant. raquo;
II est inutile de signaler ici celles parmi ces conclusions qui sont erronees at dont la rectification viendra d'elle-meme dans le cours do cettc exposition. Ce qui fait I'importance historiquc des travaux do la commission d'Eure-et-Loiv, e'est la facon franche avec laquelle eile s'est placec sur le terrain experimental et la preuve irrefutable qu'elle a donneo de l'unite de la maladie charbonneusc f-hez les divers animaux. En montrant que le lapin est susceptible de contracter le charbon, eile a singuliörement facilite la täche aux experimontateurs futurs, ct leur a permis d etudier la maladie avec beaucoup plus do commodite, en substi-tuant les inoculations sur les lapins et les autres ron-geurs aux experiences coüteuses qu'il aurait lallu faire sur les moutons ou lo gros betail; rappelons-nous, en effet, que la plupart des experiences de Davaine ont ete faites sur le lapin et le cobayc, et celles de M. Koch sur la souris.
Malgre les enseignements fournis par les recherches experimentales qui viennent d'etre resumees, deux
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causes principalcs continüaient ü fausser la conception etiologique du charbon : c'etait, d'uno part, la nature xeptique ou putride qua Ton continuait a attri-bucr au virus cliarbonneux et, d'autre part, 1'hy-potbese de l'orii,'ine spontanec de ce virus. On s'obstinait ;i confondre les effets de l'inoculation des matieres cbarbonneuses avec ceux dos inoculations des substances putrides, en se fondant sur co fait quo dans les deux cas les animaux perissent en prescntant des lesionsanatomiques grossierement comparables. 11 suffit, a cet egard, de consulterle Traue des mnlndics charbnnncuses de Raimbert, public en 1859; un para-grapbe do cet ouvrage porte le titrc signilicatil' sui-vant: nature putride du virus cliarbonneux.
laquo; L'experimentation, dit-il, a mis en evidence rexistence d'un virus dans le sang des animaux atteints do maladie charbon-neuse. Ce virus est de nature putride. Nous avons fait perir des animaux (lapins, chats) par Tintroduction de matieres animales putrefiees dans leur tissu cellulaire sous-cutanö; puis nous avons insere successivement, d'un lapin a un autre, jusqu'au cinquieme, du sang et des tissus pris ä l'animal qui avait ete le sujet d'une premiere inoculation. Nous avons ainsi repete, avec des substances impregnees d'un principe putride et provenant au point de depart de matieres animales en putrefaction, les inoculations successives ou ä plusieurs dogres faitcs par la commission d'Eure-et-Loir avec du sang et des tissus empruntes ä des animaux morts d'affection charbon-neuse; nos experiences ont eu le möme succcs que ces dernieres et ont fait perir les lapins qui y ont ete soumis... Les rcsultats de rexperimentation prouvent done d'une maniere incontestable la nature putride des affections cbarbonneuses,du principe qui leur donne naissance et les constitue (1)raquo;.
Cette assimilation de la virulence charbonneuse ä celle des matieres organiques putrefiees frappait pour ainsi dire de sterilite toutcs ces recbercbes experimen-tales, destituait le cbarbon de son individualite et le rejetait dans le cadre confus des maladies septiques.
(1) Raimbert, loc. eil., p. 13.
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Memo apres la dccouvcitede la bacteridie, cette erreur ne sera pas aisement dissipee, et il fallut tous les efforts de Davaine et de M. Pasteur pour montier quo, non-seulcment les liquides et les tissus putrefies no cominu-niquent pasle charbon, mais encore quo la putrefaction tue ou masquo la virulence charbonnouso.
La soconde erreur est d'ordre different; eile tenait aux idees regnantes sur laquo; la spontaneite raquo; dans les maladies dont naguero encore le profosseur Chauffard I'ut parmi nous 1c dernier et Tun des plus eloquents döfen-sours. Tout en acceptant quo le charbon est contagioux: et inoculable, on admottait quo, malgrö cette specifioite bien evidente, il pouvait aussi prendre naissance sous la seule influence de causes banales. Nous avons vu en offet invoquer comma causes du cbarbon les variations atmospheriques, ralimontation defectueuse, I'en-combrement, la mauvaise stabulation, et(;. Cos conditions suffiraiont pour quo reconomic animale put on-gondrer spontandment et creor en quelque sorte de toute piece un virus susceptible ensuite de so propager par contagion ou par inoculation. Pour les maladies infectiouses de rhommo, la fievre typboide, le typhus, le cholera, etc., la memo theorie etait invoquec. On devine aisement les consequences d'une semblable conception, surtout an point de vue des mesures prophy-lactiques : la destruction radicale des produits morbides, l'isolement rigoureux des animaux no s'impo-saient pas comme le moyon nccessaire et süffisant pour arreter la propagation de la maladie, puisquo apres tout, en dehors de tout contage, cette maladie pourrait se developper spontanement. Nous allons voir quo la decouverte de la bacteridie et do ses spores, en nous permettant do suivre et de demontrer la contagion dans ses modes les plus obscurs, a porte le coup le plus decisif a la doctrine infeconde ct fausse do la spontaneite clans les maladies infectiouses.
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TROISIEME LECON.
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La d^couverte de la bact^ridie charbonneuse.
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Summahie. Contestations do prioiite : la premiere mention de la hacloridio date de 1850 et est duo ä Uayer-Davainc. Mo-moire do Pollondor (1855). Rocherches de Hrauoll : il con-fond les batonnots cliarbonneux avec les laquo; vibrions raquo; do la putrefaction; il ne rcvendique pour ces batonnots qu'uno signili-cation diagnostique et pronostique, ct leur denio tout role ctio-logique. On conteste lour nature animte. Rocherches de Delafond (1860) ; olles sont trös romarquahlos pour l'öpoque : il instil no les proinicrcs tcntatives do culture; il montre quo les batonnots cliarbonneux vivont ot vcgttcnt, on dehors do l'öco-nomie, sous forme do longs filaments.
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Messieurs,
11 est rare qu'une dücouverte ne devienne pas le su-jet de contestations de priorite ; cello do la bacteridie no devait pas faire exception a la regie: les auteurs frangais s'accordent ä attribuer cette decouverte ä Da-vaine et Rayer, la plupart des auteurs allemands la revendiquent pour Pollender ct Brauell. Pour juger lo debat, il importc de citer exactement et de confrontcr les textcs.
En aoüt 1850, Rayer communiqua ä la Socicte de biologic une note inlitulee : Inoculation du sang de rate (1), dont voici les passages les plus importants : laquo; M. Collignon, inspecteur de l'abattoir de Montmartre, ayant remis le 16 juin, ä M. Rayer, la rate d'un mouton atteint dc la maladio connue sous le nom de sang de rafeetabatfu depuisquelques heurcs, M. Rayer
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(11 Comptes rendus el mem. de la Soc. de hiol., 1850, p. I'll; Cette note ost reproduite integralement in Gaz. medicate do Paris, 1850, p. 788.
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a inoculc du sang provenant do cettc rate ä im mouton qui avait präsente des symptomes de tournis. Quatre piqüres ont ete faitcs au pli de l'aine, de chaque cote,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; #9632;#9632;.£,
avec un bistouri ä lame trus etroite, impregne du sang
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de cette rate malade ; quatre autres piqurcs ont ete pra-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
tiquees au-dcssus de la levre supericure. raquo; La note re-
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w
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late ensuite les symptomes presentes par le mouton ino-cule qui mourut du charbon au bout de quatre jours ot
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Signale les lesions trouvees a Tautopsie. Parmi ces
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#9632;#9632;#9632;r
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lesions, voici le passage coucernant le sang :nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;? ^
laquo; Le sang, examine au microscope, se comportait comme celui du mouton atteint de sang de rate qui avait servi ä l'inoculation. Les globules, au lieu de rester bicn distincts comme les globules du sang sain,
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s'agglutinaient generalement en masses irrogulieres;
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il y avait en outre dans le sang de petits corps ßli-formes, ayant environ le double en longueur d'un globule sanguln. Ces petits corps n'offraient pas de mouvements spontanes (1). raquo; Dans le cours dc la note, Rayer rappelle qu'il a pris part aux travaux de la commission de Chartres et mentionne pour ces recber-ches la collaboration de Davaine.
Voilä le premier document oü se trouve signalee la bacteridic cbarbonncuse,destmee ä devenirsi fameuse. Sans doute Rayer ne se prononce pas sur la nature de ces laquo; corps filiformes raquo; ni sur leur role danslamaladie ; mais il les decrit avecunc exactitude irreprochable ; en memo temps, il signale l'etat agglutinatif des globules rouges, si frappant et presque caracteristique du sang cbarbonncux.
II ne faut pas s'etonner qu'une mention aussi som-maire ait passe longtemps entierement inaperQue ; du reste, 13 ans s'ecoulerent pendant lesquels ni Rayer ni Davaine eux-memes ne revinrent sur ce point. Mais en 1863, dans sa premiere note sur le charbon, presentee
(1) Cc passage n'ost pas cnitaliques clans le texte original.
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ä rinstitut, Davaine cito textuellcment le passage precedent et y rappeile qu'il aueompagaait Hayer ä Char-tres, qu'il pratiquaitrexamon du sang dos moutons et y trouvait constamment des corps filiformes. Neanmoins, M. Bollinger, dans ses recherchos historiquos sur le charbon s'cxprime ainsi: laquo; Davaine, dit-il, pretend cle-jk avoir decouvert les bntonnets en 1850 [avec Rayer). G'est avec raison que Brauell refute ces revenclications non Ibnclees et il est singulier, en eft'ot, de voir Davaine en l'an 1863 signaler les bätonnets comme un fait nou-veau et pretendre en memo temps qu'il avait dejä decouvert cette nouveautö 15 ans auparavant... II est ins-truetif, au point devue de l'histoire dos decouvertes, de constater que des revendications aussi peu motivees pu-rentetre suivios de quelques succes (1). raquo;
8i M. le professeur Bollinger, au lieu de s'exprimer avec ce doute un peu dedaigneux, avait consulte le document indique par Davaine dans sa note de 1863 et s'il s'etait reporte aux comptes rendus de la SociiHe dt; ^ioZogie de l'annee 1850, il se füt sans doute pro-nonce differemment et aurait reconnu, on bonne justice, que la bacteridie cbarbonnouse avait ete vue et delaquo; crite dös 1850 par Rayor et Davaine.
En 1855, Pollender fit paraitre dans le JournaZ do medecine legale et jjublique de Casper un memoiro sur laquo; l'examen microscopique et micro-ebimique du sang cbarbonnoux et sur la nature et le traitement du charbon (2). raquo; Son examen porta sur lo sang de cinq vacbes mortes successivement avec tous les symptomes et les lesions anatomiques du cbarbon ; le sang futprö-leve en partie dans la rate^ en partie dans los eceby-
(1) Bollinger, Historisches über den Milzbrand und die släb-cnenförmigen Körperchen (in Beitrage zur vergleich. Palhol, Munich, 1872, p. 8.)
(2j Mikroskopische und mikrochemische Untersuchung des Milzbrandblutes, sowie über Wesen und Kur des Milzbrandes, von ür Pollender (in Wipporfürth), Casper's Vievteljahr-schrifl f.gerich. u. öffent. Mediein, Bd. VIII, 1885, p. 102-114.
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n
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moses situees dans 1c voisinage des tumeurs charbon-
ncuses; rexamen eut lieu dans tous les cas 18 a 2^ lieures apresla mort. Pollcnder signalo la coulour noi-rätre du sang, et ce fait qu'il ne rougit pas au contact do I'air.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ' i .1
laquo; A rexamen microscopique, dit-il, pratique avec un excellent ohjectif, ä i'ort grossissement, do Plössl, je constatai dans le sang charbonneux, outre les globules rouges, deux autres sortes do corpuscules : les laquo; cor-pusculos du chyle raquo; (globules blancs) et des corpuscules en forme de bätonnets (stabförmige Körperchen).raquo; Pour ce qui regardcopy; les globules rouges, Pollendcr, ontro autres caracteres, constate qu'ils avaient en parlie perdu la faculte de glisser les uns sur les autres laquo; ä ce point quo, dans quelques amas, les globules etaient en-
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II
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tierement colles les uns aux autres et par place memo formaient une masse visqueuso raquo;; Vetat agglutinatif des globules rouges, si caracteristique du charbon, ne lui avait done pas echappe.
Los laquo; corpuscules du chyle raquo; se montrerenttrös aug-nentt's denombro, et, relativomentauxglobules rouges, dans la proportion de 1 ä 8; ils lui parurent aussi tres an.n'mentes de volume (1).
laquo; La troisiömc et la plus romarquable espoce de corpuscules microscopiques trouvee dans le sang charbonneux, äun fort grossissement, fut une innombrablo quantite de corps en forme de bätonnets, extremement fins, d'aspect solide, pas absolument transparents, de memo epaissour sur toute la longueur, nullemcnt on-duleux ni munis d'etrangloments, mais parfaitement droits et n'emottant pas de branches, de 1/400 ä 1/200
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#9632;
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Pollcntlcr attribue ä l'angmentation du nombre des globules
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l)lancs un grand rule dans la physiologic pathologique do la ma-
ladie; pour lui, IVjtat aspliyxi([uo du sang serait du en grando
partie ä l'obstruction des capillaires par ccs globules blancs aug-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .|LÄ
mentes de nombre et de volume ; de lä les slases sanguines, les
apoplexies, les tumeurs charbonncuses el enfin Taspliyxio [loc,
r.il. p. 114.)
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#9632;
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de ligne do longueur et de 1/3000 de ligne de largeur. Ilsavaicnt, quanta l'aspect, laplus grande analogic avec le vibrio bacillus on le vibrio ambiguus, en faisant abstraction des ramifications et des dimensions plus grandes de ces protozoaires si tenus. Ils etaient sans aueune viscosite et parfaitement immobiles. L'eau, l'acide acetique, l'eau chloree concentree, l'acide chlo-rhydrique, l'acide sulfurique, la lessive forte de soude nc les attaquaient point. L'acide nitrique soul les dissol-vait rapidement. La solution d'iode les colorait faible-ment en jaune-clair et les rendait ainsi plus visibles.
laquo; Sur l'origine et le mode de production de ces cor-puscules remarquables et enigmatiques, je ne puls den-ner aueun renseignement.
laquo; Ces corpuscules existent-ils dans le sang charbon-neux dejä pendant la vie des animaux malades ou n'ap-paraisscnt-ils qu'apres la mort de l'animal^ comme un produit de fermentation ou de putrefaction? Sont-ce des entozoaires ou des entophytes ? Constituont-ils la matiere infectieuse elle-meme, ou les simples veh/i-culcs de cette viatiamp;re, ou n'ont-ils aueun rapport avec eile? Ce sont lä des questions auxquelles je ne puis n'pondre (1). raquo;
II est un point cependant sur lequel il se prononce, e'est la nature de ces bätonnets ; d'apres leurs reactions chimiques laquo; ils ne sauraient etre ni des debris de fi-brilles, ni de la fibrine, ni un corps proteique quelcon-que, car ces produits ont unc reaction toute differente en ce sens qu'ils sc dissolvent dans l'acide acetique et la potasse caustique et qu'ils resistant ä l'acide nitrique.
laquo; Leur reaction a l'egard de la potasse, de l'acide sulfurique, de l'acide eblorhydrique et de l'acide nitrique est au contraire tout ä fait speciale et implique plutot le caractere d'un vegetal. raquo;
(1) Loe. cif.,p. 112-113.
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Ce court travail do Pollender cst tout ä fait remar-quable ; les caracteros morphologiques et les reactions liistochimiques des bätonnets y sont indiques avec unc rigueur et uae exactitude parfaites; tres judicieuse-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;I %'
ment, en se basant sur les reactions cbimiques, Pol-lender conclut ä la nature vegetale de ces produits; ct, s'il n'ose se prononcer sur leur role pathogene ni mamo sur leur existence dans le sang, avant la mort, du moins pose-t-il avec une singuliere nettete les problemes qu'il
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appartenait ä l'uvenir de resoudre
Mais tout en rendant justice, comme il convient, au merite de ce travail, faut-il avec M. Bollinger otla plu-part des auteurs allemands, attribuer cxclusivement ii Pollender la decouverte de la bacteridie? Pollender, dans son memoire, ne montionne pas la note de Rayernbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;L.
et il en faut conclure qu'elle n'est pas arrivee a sa con-naissance. D'autre part, quoiqueson travail n'eut paru qu'cn 1855, les autopsies do vachcs cbarbonnousosquil y relate et qui serviront ä sos recherches remontent ä 1849. Los constatations des savants i'rangais et cellos dc Pollender peuventdonc otreconsiderees comme ayantete faites parallelement, ot independamment los unes des autres, et l'honneur de la decouverte doit etro partage entro eux. Mais il Importe de savoir que la publication du memoire do Pollender est posterieuro do cinq annees ä cello do la note de Rayer.
Deux ans plus tard, Brauell, professeur ä Tecole vete-rinaire do Dorpat, fit paraitro son premier travail sur le charbon (t). Un chauffeur de 1'amphitheatre do dissection qui avait aide a l'autopsie de plusieurs animaux morts du charbon, contracta une pustule maligne au bras droit ct mourutdu charbon; avec du sang pris dans
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(1) Brauell. Versuche und Untersuchungen betreffend den Milzbrand c/us Mensehen und dur Thiere {Virchow's Arch. f. palh. Anat , 1857, Bd. XI, p. 131-144). Go travail aelc partielle-niout Iradoit cn IVau^ais dans los Arch, gun- du mcdecine, 1857, öquot; scrie, t. X, p, 474.
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raquo;I
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la veinc cave suporieure du caduvre de cet hommc, Brauell inocula un mouton qui mourut du charbon, el dont le sang servit ä inoculer un second moutun, et il transmit ainsi par inoculations successives un charbon typique et mortel ä d'autres moutons, ä un cheval et ä unejument. 11 demontra ainsi experimcntalemont ce lait tant conteste parun certain nombre d'auteurs, no-tamment par Heusinger, ä savoir que le charbon pout sc transmettrc do Thomme aux animaux,non seulement ])ar l'inoculation des seuls produits de la pustule maligne, mais aussi par le sang de la circulation gene-rale.
Mais ce qui fait l'interet de ce travail, c'est lo resultat do I'examen microscopique du sang. Le travail de Pol -lender venaitdeparaitre et Brauell en avaitpris connais-sancc. II constata, aussi bicn dans le sang de rhomme charbonneux que dans celui des animaux, la presence ties corps filitbrmes decrits par Pollender. II cut en outre soin, sur quelques animaux inocules, d'examiner des echantillons de sang quelques heures avamt la moi't, et il y trouva les meines bätonnets. D'ou celte notion importante lt;f que les bätonnets ne sont pas un produit de decomposition apparaissant apres la mort, mais se montrent cleja dans le sang vivant raquo;.
En examinant du sang charbonneux frais ou äge de 18 ä 24 heures, Brauell y constata la presence de baton-nets immobiles; mais au bout de 3 jours (rexamen avait lieu en hiver), il crut voir laquo; ues bätonnets acque-rir des mouvemonts actiß, indopendants du deplace-ment du liquide dans lequel ils se trouvaient. Ces bätonnets , sans du restc presenter ni cils vibratiles, ni appendice d'aucune sorte, presentaient des mouvements tres vivaces soit de tremblottement, soit de reptation ou en Spirale, se depla^ant d'un jjoint ä ua aulre en evitant les obstacles; les bätonnets immobiles dimi-nuaient en nombre a mesure quo les mobiles devenaient plus abondants. raquo;
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Brauell on condut que laquo; les vibrions (c'esl ainsi qu'il les clcsi^no) quo Ton rencontro dans le sang cliarbon-
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noux sont d'aborcl immobiles, puis, au bout d'un certain temps, en general 3 jours apres la mort do ranimal, ils devicnnent mobiles. Si Pollonder ne les a dccrits que comme etant immobiles, cola tient a ce qu'il oxa-minait le sang 18 a 24 beures apres la mort (1; raquo;,
On voit qu'ä co point de vue, Brauell fait reculor la question au lieu de röclaircir, et qu'il conibnd et re-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 4
garde comme identiques lesbätonnets immobiles signa-les par Rayer-Davaine et par Pollender avec les bacte-ries mobiles qui peuvent so developjjer plus tard dansnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ' J
lo sang, sous 1'influence do la putrefaction. Getto confusion, nous la roverrons reparaitro ulterieurement jus-qu'ä ce que Davaine et Pasteur I'aient defmitivoment dissipee.
Brauell est si bien convaincu que laquo; les vibrions raquo; dont il s'agit no sont pas des produits exclusifs au cbarbon, qu'il dit les avoir trouves dans plusiours cas n'ayant rien do commun avec cette maladie. Sur un cbeval qui s'e-tait fracture la colonne vertebrale et qui fut sacrilie, il trouva dans le sang, 36 beures apres la mort, des lila-monts et, au 1deg; jour, do nombreux vibrions tres mobiles; dc memo surune jument morte dc steatose hepa-tique, il dit avoir trouve dans le sang de la veine cave, 3 jours apres la mort seulement, des filaments immobiles et, plus tard, dos vibrions.
II en tire les conclusions suivantes :
laquo; Dos vibrions peuvent so developpor dans lo sant;- ä la suite do maladies qui n'ont rien de commun avec le cbarbon, memo avant rötablissemcnt apparent dc la putrefaction.
laquo; Nous ne pouvons done pas considerer les vibrions comme des productions appartenant exclusivement au
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cbarbon; mais il faut noter que dans le charbon, ils
(1) Lor,, cit., p. 142.
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presentent cependant une particularite, c'est le moment do leur apparition. Dans le charbon, ils ne so produi-sent pas uniquement plusieurs heures ou plusicurs jours apres la mort, mais immediatement apres et monic avant la mort. Ils peuvent done fournir un moyen dc diagnostic anatomiquc du charbon, si toutefois on a l'occäsion de pratiquer I'autopsie dans les premieres heures qui suivent la mort. raquo;
En resume, Braueil identificle bätonnet de Pollender avec les vibrions de la putrefaction, avec cette seule difference que ce vibrion apparaitrait dans le sang cluir-bonneux beaucoup plus rapidement quo dans les autrcs maladies, des le moment de la mort et du vivant memo do Tanimal. Ce n'est ni sa nature, ni sa presence qui est caracteristique du charbon, mais sculemcnt la pre-cocitö de son apparition dans le sang.
Dans un nouveau travail, public I'anneo suivantc (I), Brauell relate les resultats dc nouvelles experiences d'inoculation; il constate que los chiens et les poules sohtäpeu pres refractaires; il observe que les baton-nets apparaissent en general dans le sang des animaux charbonneux 1, 2 ou 3 heures, exccptionnellement de ja 8 heures avant la mort; tons les animaux dans le sang desquels ils ont ete rencontres succomberent sans exception. Les bätonnets faisaient defaut dans le sang des animaux qui devinrent malades ii la suite de linocula-tion, mais qui guerirent : on pout done attribuer a cos bätonnets une certaine valeur pronostique.
La conclusion suivante est ä rclever: laquo; L'inoculatiou du sangd'un cheval charbonneux a determine un charbon mortel, quoique ce samj ne renfermäl pas de bätonnets. II en resulte que ces bätonnets ne consli-tuent ni le contage lui-meme, ni les vehicules du conlaye raquo;.
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(1) Weitere Mittheilungen über Milzbrand und Milzbrand-blut [Virchow's Arch., 18raquo;8, Bd. XIV,p. 432-466).
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La derniere conclusion est la suivante : laquo; Les cm-bryons des animaux morts du charbon ne presentent pas, ä l'examen anatomique, les lesions du charbon. Lour sang ne montrc rien d'anormal; l'inoculation de co sang demeurc sans resultat; il en faut conclure que le charbon ne se transmet pas de la mere au foetus raquo;. J'aurai a rcvenir plus loin sur cette derniere conclusion, que mes rccherches, faites en collaboration avec M. Chamberland, ont demontree inexacte.
Enfin, Brauell revient sur ses constatations ante-rieures et rappclle de nouveau que les bätonnets immobiles dans 1c sang charbonneux frais se transforment en vibrions mobiles au bout de 3 ä 4 jours.
Dans ce nouveau travail, Brauell prend uno position bien nette : pour lui, les bätonnets ou raquo; vibrions raquo; que Ton rencontre dans le sang charbonneux sont identi-ques ä ceux que Ton observe, plus ou moins longtemps apres la mort, dans 1c sang des animaux sains ou ayant succombe a diverses maladies; sculement, ils apparais-sent plus rapidoment dans le sang charbonneux^ qu'ils envahissent memo avant la mort de l'animal. Ce fait est propre au charbon. Les bätonnets continuent done ä avoir pour Brauell une valeur diagnostique et pronos-tique incontestable, mais il leur refuse decidement touto signification etiologique.
Leisering (1) confirma en 1858, par des observations sur le charbon regnant en Saxe, les donnees de Brauell et ses idees sur la valeur diagnostique des bätonnets; mais pour lui ces bätonnets ne representeraient pas des vibrions mais des filaments fibrineux ou des debris de tissus. En 1860, il leur contesta meme cette valeur diagnostique, puisqu'il ne put les retrouver dans le sang de pores atteints de typhus, qu'il regardait comme une maladie charbonneuse. Un autre veterinaire, F. Müller,
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I N
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rogardaegalement les baguettes charbonneuses comme
(1) Cite par Bollingcr, loc. cit., p. 5.
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;3
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Vt -
(itant des cristaux du sang, so procliiisant de preförcncc dans le sang charbonneux !l).
Ici se place chronologiquomont uu travail extreme-ment remarquablo de Delafond (2). Une discussion s'etait ouvortc, en 1860, a la Sociöte contrale veteri-nairesür une maladie sevissant sur les chevaux de la Compagnie des Petites-Voitures de Paris. Los avis ctaicnt fort partages sur co quo Ton appelait, faute de pouvoirse mettro d'accord, la?naJach'e rcgnante. Delafond la cieclara etrc la lievre charbonncuse, en so basant sur l'examen du sang ou il avait toujours constate la presence des corps particuliers caracteristiques dont il rapporto la docouverte ä Brauell et a Pollender (3).
laquo; Pour moi, dit Delafond, j'ai observe ce produit patholo-gique dans le sang clnrbonncux: du mouton lo 15 aoüt 1836, ct depuis lors jc mo suis attneheä letudier dd nouveau, ä 1c tranlaquo;-mettrc par l'inoculation, ii en ötudier 1c mode de formation ct le doveloppement ct ii rcconnaitrc laquo;'il ctait cause ou effet ducliar-bon. J'ai constate les corps particuliers du sang charbonneux, soit pendant la vie, soit apres la mort, sur 125 animaux, dont 10 chevaux, 1 ö betes bovines, GO moutons et 40 lapins. Sur 70 de ces animaux, Icchnrbon existait naturellcment, et sur 55 il avait etc inncule avoc la lancettc.
laquo; Sur les 70 animaux attclnts du charbon spontane (mm inocule) les corps charbonnoux ont ete constates dans le san^ et la h'mpho accuniulcs dans les ganglions, soit immedintc-ment, soit peu de temps apres la mort.
laquo; Sur les animaux auxqucls j'ai transmis le charbon, des examens du sang out ete faits d'heure en heurc, dedemi-heure en demi-heure, de quart d'heure en quart d'heure et meme dc dix minutes en dix minnto., a comptei- du momentde I'inocu.
(1)nbsp; nbsp;F. Midler, Physiol. der Haussäurjeihiore, Wien, 18ü2, p. 163 (citation empruntee ä Bollingcr).
(2)nbsp; Communication sur la maladie rcgnante (Bull, de In Snc, cent, veterin. in Recueil de mod. vclorinaira, IStH), t. XXXVII, p. 726-748).
(3)nbsp; nbsp;Le sang d'uii dc ces chovaax cl eclui d'un mouton inocule avec du sang d'un choval ayant succoinbc a la laquo; maladie rßgnantc raquo; furenl soumis par M. Signol a rcxaincn de M. Vulpian qui, dans les deux cas, reconmil la presence des batonnets (Recueil de med. veierinaire. 1800, t. XXXVII, p. 668.)
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lation jusqu'ä I'instant de la morfc. Or, dans (ousces oxamcns, je n'ai apergu les oorpuscules oharbonneux que do une heuro a' cinq hourcs apres la conslatation des premiers symptomes objectifs decelant I'infection charbonneuse.
laquo; Apres leur apparition, ccs productions augmontent on nombredo quart d'henroen quart d'heuro avee le progrös du mal, enfin on les apergoit enquantite parfois considerable peu d'instants avant lamort. Alorsqu'elles apparaissent, on peut assurerque I'animal n'a plus quo xgt;iu d'heures hvkre. Nous avons vu dos montons, des lapins inocules, les montrcr dans leur sang ct conscrvcr toutcs les apparences do la santo, ii part pourtant une tumefaction phis ou moins notable des ganglions lymphatiqucs voisins do la piqüre. Neanmoms !e microscope nous assurait que ccs animaux devaicnt mourir bientöt otilnonous a point trompe sur tousles 50 sujets sou-mis ä notro expcrimentaiion. raquo;
Dclafond clonno ensuite la description des moyens a employer pour deceler les corps charbonncux dans le sang et dans ies fragments dc tissus. 11 reoommande d'elaler 1c sang en couche extremement mime sous la lamellc ä couvrir ou do I'etendre d'un pen cl'oau pure qui decolore les globules rouges ct met les batonncts mieux en evidence. II montro que lorsquc le sang s'est coagule, e'est dans le caillot surtout que sont empri-sonnes les batonncts, qui sont rares dans Ic scrum ; de la l'utilito de dissocier, ä l'aide d'aiguilles, un trcs petit fragment du caillot dans une goutte d'eau. Commo Ic fait justementremarquerM. Toussaint, bcaucoup d'ob-servateurs qui ont nie la presence des bacferidics dans le sang ou dans les produits eharbonncux, se seraient evite cette erreur s'ils avaicnt suivi les sages preccptes de Dclafond.
Apres avoir montre quo les baguettes apparaissent ordinaircment dans le sangquatre ä cinq beure.s avant la mort, Dclafond insistc sur ce fait que lour nombre augmente progress!vement ä mesuro qu'on apbrbulic des derniers moments dc la vie. II etiulie bien lour repartition, Ipurquantiteconsiderable dans los ganglions lympbatiques avoisinant le lieu d'inoculation, dans la
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aerate, lepoumon, les reins, le foie, leur rarete relative dans les organes encephaliques et dans les muscles. Enfm, il decrit avec le plus grand soin les caracteres physiques et chimiquesdes butonnets, leur immobilite, leur resistance aux acides et aux alcalis.
Delafond examine ensuite I'opinion emise par Pol-lender et Brauell qui croyaicnt que les corpuscules charbonneux, immobiles dans le sang frais, devenaient mobiles plusieurs jours apres que le sang etait retire des vaisseaux; il montra que les bätonnets mobiles qui se developpent dans le sang (charbonneux ou non) abandonne ä l'air, n'etaient autres que les vibrions communsde la putrefaction [vibrio lineola, bacterium termo) et que pendant ce temps, les baguettes char-bonneuses se detruisaient sans jamais devenir mobiles. II montre en outre que les infusions vegetales ou ani-males chargees des vibrions de la putrefaction et injec-tees dans le sang des lapins, demeurent sans effet ou tuent les animaux avec des lesions toutes differcntes du charbon,
Mais la partie la plus originale de la communication de Delafond est celle oü il cherche ä prouver que les baguettes charbonneuses sont des cryptogames et oü il relate les essais de culture auxquels il s'est livre ; ces essais sont a coup sur les premiers qui aient ete tentes sur unorganismepathogene. Ici encore il est interessant de laisser la parole a Delafond :
laquo;J'aiexamine les baguettesavecles plus fortsgrossissements, mais sans leur reconnaitre I'organisation cellulaire qui appar-tient aux vegetaux cryptogamiques; neanmoins j'ai cherche a. m'assurer si ces baguettes pouvaient s'accroitre en longueur et en diarnetre, etant placees dans les conditions favorables a la vegetation des cryptogames.
laquo; Du sang charbonneux, provenant d'un mouton mort du charbon inocule, a etc depose dans de petits vases en verre a Ouvertüre elargie et places ä l'air libre, les uns dans une temperature de 8 ii 10deg;, les autres dans une temperature de 10 a 15quot;. Apres quatrc jours, les baguettes avaient augmente du
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double et du triple de leur lonarucur, mais en conservant ä peu
pres le memo diamötre ; apres huit ä dix jours leur longueur
avait quadruple et quintuple.... Dans cette expörience, la
vegetation cryptogamique ayant ete favorisee, les fdaments
charbonneux avaient done pris un tres errand acoroissement,
ou, en d'autres termes, une veritable vegetation avait etö evi-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;| ,
demment produite.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; gt;
laquo; Ces dernieras experiencos m'ayant demontre d'une maniero dejä satisfaisante que les filaments charbonneux etaient une matiere organique vöcrötale, i'ai du pousser plus loin les experiences que j'avais entreprises et chercher ;i obtenir un deve-loppemont complet de cette production, c'est li-dire lui faire donner des spo?-es ou des cjraines ; mais, malg' e les experiences variees et nombreuses auxquelles je me suis livre, je n'ai pu encore atteindre ce resultat important. J'espere pour-tant qu'en multipliant et variant mes experimentations je pourrai atteindre un developpement entier du cryptogamo. Quoiqu'il en soit, il me parait, je ne puis dire certain, mais pourtant extrömement probable quo, dans le sang vivant des animaux atteints de fievre charbonneuse, circulent quelque temps avant la mort et so multiplient prodigieusement des filaments de nature vegetale, pouvant s'aecroitre lorsque le sang retire des vaisseaux est mis dans des conditions favorables ä la vegetation, et donner lieu ä un mycelium tres remarquablo forme denorabreux filaments delies raquo;. (1)
Co passage est extremement rcmarquable, si Von songe ä l'epoque oü il a eto ecrit (1860), un an sculo-ment apres la publication du premier travail de M. Pasteur sur la fermen'ation alcoolique, quinze ans avant le memoire de M. Koch. Pour montrer quo ees laquo; baguettes charbonneuses m sont blendes corps organises, vivants, et non des cristaux ou des debris de tissu, Dolafond a trouve Pargumont decisif, la culture. Sans doute les procedes auxquels il a eu recours etaient tout
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ä fait primitifs, car les methodes si delicates et si puis-santes inventees par M. Pasteur no trouvaient encore leur application que dans le domaine des fermentations; mais malgre l'imperfection de ces procedes, le profes-seur d'Alfort reussit copendant ä constater le fait, si
(1) Delafond. Loc. cit , p. 735-730.
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important, do la vcgötation lilamenteuse do la bacteri-dio eultivee, en dchors de reconomio, in vitro; et Ton pent voir, par la citation precedente, quo la recherche des spores ou des grainos le preoecupait vivemont, quoiqu'll I'ait poursuivie sans succes. Aces divers points do vue, il taut reconnaitrc quo Delat'ond a etö un veri-table pröcursour.
Quant ä la question do decider si laquo; les baguettes charbonnouses sont la cause ou reffet de la fievrcchar-bonncuscraquo;, Dclafond no I'aborde qu'avec la plus grandc reserve, v Co qui est certain quant ä present, dit-il, c'ost quo par I'inoculatiun a un animal bien portant d'un vingtiemo do goutto do sang contcnant unc minimc quantite de filaments charbonncux, on transmet le cbarbon et quo, des lors, Ton voit so multiplier prodi-giousement ces pclits corps etrangors dans lo sang, la lymphc et lo tissu des organes. Jo suis loin do pretendre (|ue ce soient cos productions qui engendrent le char-hon et quo la nature propre du virus qui transmet la maladic soit due a leur existence; mais je dois faire remarqucr (pie le sang des animaux charbonneux me parait avoir acquis uno constitution morbide favorisant essenliellcnicntla multiplication de ces productions. raquo;
Commo on lo voit, Dolafjn 1 etait encore trop rctenu par lesiclees traditionnolios, il no so sontait pas assez sur do ses observations pour oser rosoudre la grave question qu'il soulcve. II lallait faire unpas do plus, et cjpas decisif fut accompli par Davaine.
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QUATIUEME LECON
La döcouverte de la bacteridie charbonneuse (Suite).
SoMMAinE . Davaino iloclaro la laquo; baotßridie raquo; comme la cause du charbon. lillo est constante dans lo sang charbon-ncux. La virulence du sang charbooneux disparait quand dis-parait la bactcriilio. Action do la piitrolaction sur le sang diarbonncux. Experiences contradicloires de Lcplat ot Jail-lar(l_ Us confondaient les effcts do rinoculalion d'un sang charbonnoux frais avoc ceux d'un sang charbonneux pulrifid : ils provoquaicnt uno sopticcmie ot non le charbon. Davaino Otabltt los preiniöivs distinctions fondamcntalcs ontrc lo charbon et los seplicomies. Virulence du sang charbonneux ä doses inliniU'simalos. #9632; Davaino aborde I'etLidc do Fetiologio propro-ment dito du charbon : il altribue aux mouches 1c rule principal dans la propagation du charbon choz los aniniaux. Le mystere du problömo ötiologique subsiste.
Messieurs, La premiöro communication dc Davaino ä 1'Academic des sciences date do 1863 (1) ; il rappcllc d'abord la constatatioa qu'il fit, des 1850, en commun avec Raycr, do la presence clans lo sang dc moutons charbonneux do laquo; corps filiformcs particuliers. raquo;
laquo; Je pensai des lors, rtit-il, ;i verifier lorsquo 1'occasion s't-n presciitcrair, ce fait de I'cxistcncc d'infusnircs fiiformes chez 1c mouton atteint de sang do rate ct ;i rcchorciiersi le develop-pement d'etrcs mioroscopiques asstz voisins des confervi-s no serait point la cause do la deterioration du sang ct consecuti-vement de la niort do I'animal. L'occaslon ne s'ctait pas encore Offerte et d'iiutres solas no m'avaient pas permis de la chcr-chcr, lorsquo M. I'asteur, en fevrior ISCil, publia son rctnar-quablc travail sur le ferment butyrique., ferment qui consiste en petites baguettes cylindriques, possedant tons les carac-
(1) Davaino, Ueoherchos anr los infusoires du sang dans la maladio oonnuo sous la nom do. sing do rate (C R, do IWc^i,
rfesspjences, 1803, ( l^YH, p 3J0;,
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tercs dos vibrions ou des bacteries. Los corpusculos filifurmos que j'avais vus dans le sang dos moutons charbonnonx ayant une grande analogie avec ces vibrions, je fus amene ä examiner si des corpusculos analogues ou du memo genro quo oeux qui determineut la fermentation butyrique, introduits dans lo sang d'un animal, n'y joueraient pas do memo le role d'un ferment.
laquo; Ayant dispose du sang d'un mouton charbonneux, renfer-mant une immense quantite do bacteries immobiles, jinocu-lai immediatement do ce sang ä deux lapins et un rat blanc, bien portants et ayant lour sang normal. 2i heures apres, cos animaux n'offraient aucun ohangement clans leur appnrence : lour sangetait sainet necontenait aucun bacterium. 43 heures apres l'inoculation, Tun dos lapins tut trouve mourant; jo me hätai d'examincr son sang et j'y conslatai la presence d'une enorme quantite de bacteries identiquos avec cellos du mouton. Le nombre de ces corpusculos ötait tel que je ne puis en donner bien une idee qu'en lecomparant anx myriados de filaments spermatiques dans la somencc des animaux.
laquo; Lo sang du deuxieme lapin, examine 48 heures apres I'iiio-culation, n'offrit aucun infusoire; lelondomain I'animul mou-rut inopinoment, 63 heures apres l'inoculation; son sang, examine une demi-heure apres, contenait aussi un nombro considerable do bacteries en tout somblables aux pröcedentos. Un troisiemo lapin, inocule avec le sang du premier et pendant que ce sang etait encore frais, mourut au bout de 17 heures, apres une tres courte agouio ; lo sangcontonait los möuios bacteries que lo pröeödent.
laquo; Le rat fut inocule une deuxieme fois avec le sang du premier lapin; neanmoins il est encore vivant et n'offre rien de particulier dans son sang.
laquo; Les bacteriums du sang de rale sont des filaments libros. droits, raides, cylindriqiios, d'une longueur variable entrc 4 et 12 milliömes de millimötres, d'une minceur extreme. Les plus longs olfrent quelquefois une et ties rarement deux inflexions ä angle obtus. Lorsque le sang so putrefie, les traces de lour segmentation deviennont plus visibles; ils s'inflechis-sent et se divisent par segments. Ils disparaissont completo-ment lorsque le sang est tout ä fait en putrefaction. Ce fait seul les separerait nettement do toute cette categorie d'infu-soires qui se forment dans les matieres en putrefaction, si d'aillours ils ne s'en distinguaient dejü par leur devcloppo-ment dans du sang vivant, pour ainsi diro, et sans aueune odeur caracteristique.
laquo; II y a longtemps que des medecins ou des naturalistes
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ont adinUi theoriquemont quo L-s maladies contatrieuses sont determinpes par des animalcules invisibles ou par di's ferments, mais je no sache pas qu'aucune observation positive Cut jamais venue confirmerces vues. Je n'aborderai pas aujour-d'hni la question do savoir si los bacteries du sang de rate jouentchcz le mouton et chez los animaux inocules le röle denbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .'
cos animalcules ou le role dun ferment. Jo me borne pour lo moment ä signaler un fait quo je crois nouveau. L'examen do
six animaux atteints ou morts de sang de nde a montre six foisnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; A
dans lour sang les memes etres microscopiqups. Cos corpus-cules so sont evidemraont developpes pendant la vie do I'ani-mal infoctc ct lenr relation avoo la maladio qui a entraino la
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mort no pent etre mise en doute. raquo;
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La portec de cette communication reside moins dans les faits eux-memos, etablis dejä par Braueil et Dela-fond, comme nous I'avons vu, que clans I'mterpretation de ces tails : eclaire par les recentes decouvertes de M. Pasteur, Davaine prend hardiment position, ct plus penetrant que ses predeccsseurs, il pressentle role etio-logique des filaments charbonneux.
Dans une note paruo quelques semainesplus tard (l), Davaine relate quatorze nouvelles experiences faites sur des lapins; les batonnets furent observes constam-
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ment dans lo sang, deux, quatre et cinq hcures avant la mort de l'animal inocule. Dans plusieurs de ces cas, du sang pris sur l'animal encore vivant a transmis la maladie. D'autre part, tant quo les bacteries n'ont pas paru dans le sang, ce sang pent etro inocule impune-ment, il n'est pas virulent. Davaine ajoutc ä ces faits les reflexions suivantes : laquo; II n'est pas besoin, jo pense, do fairo ressortir par un resume des faits exposes le role des bacteries du sang de rate. Personne, sans doute, dans I'etat actuel dela science, ne cbercbe-ra en dehorsde ces corpuscules ragentdo la contagion, agent mysterieux, insaisissable, qui sc developperait et
_____________________________________________nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;itp
(I) Davaine, Nouvelles reeherches sur les infusoires dusamp;ng dans la maladie eonnue sous le nom de sang do rate. iC. R. de l'Acad. dessc, :18ü3, t. LVII, p. 3ül et p. 38t-laquo;)
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so detruirait clans los meines conditions que les bacti-ries, qui jouirait des meines proprietes physiologiquos qu'elles. Get agent est visible et palpable, e'est un orga-nisme done de vie, qui se devcloppe ct se propage a la faQon des etres vivants. Par sa presence et sa multiplication rapide dans lo sang il apporte dans la constitution de cc liquide, sans doute ä la maniere des ferments, des modilications qui font promptement perir I'animal infecte. raquo;
C'est dans un travail inserö dans les Memoires de la Societe de biologie (I) que Davaine propose, pour la premiere fois, pour designer et spejifier les batonncts charbonneuK, le nom de bactdridlos; ce nomluipaiait preferable äcelui de vibrions on de bacterles, I'alisence demouvements spontanes les difiürenciant des vibrions, et la grande longueur des filaments charbonnoux ne pcrmottant pas de les ranger parmi les bacteries. Dans ce travail, reposant sur 187 experiences, Davaine insisto surtout sur cc fait quo laquo; lorsque le sang charbonnoux commence ä se putrefier et que les bactcridies no sont plus reconnaissables, ce liquide perd la propriete d'ino-culer le sang de rate. L'animal pent, il est vrai, devc-nir malade et pöi'h', mais c'est avee des symptomestout autres que ceux ducharbon; en outre il ne se produit pas chez lui de hacteridies et les globules sanguins ne devienncnt jamais agglutinati/'s, commo ils lo sont d'une maniere si remarquablo dans le charbon. II re-sulto done de tons cc.-; faits que le sang do rate (maladio charbonneuso) n'est point de niture 23u^ricZe, comme on I'a conclu dans des experiences faites sans examen microscopique... La duree mogenne do la miladie charbonneuse, depuis le moment do I'inoculation jus-qu'ä eclui do la mort, est de 43 beurcs chez le lapin, de
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(1) Davaine, Nouvelles rocherches sur la maladie du sany da rala, cDiixkli'ivoo [iruinipalemtiiil au point devuedoxa nature, l^ümoicos do la Sue. clc biol-, 1sect;84, 3quot; sci'io, t V, p. 193-30?,]
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3S hcurcs chez lo cobaye, de 28 hcureHchoz 1c rat et do 26 heures chez la souris. La dureo do la maladie est plus longue chez les aniraaux adultes et vieux quo chez
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les jeunes. raquo;
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A la menfieepoque, Davaine signala ce fait important quo du sangcharbonneux rapidement dessec/ie pout conservor sa virulence pendant longtemps ; ce sang garde sec depuis onzo mois a pu, humecte et inocule, transmettro oncoro la maladie. En recovant, au con-trairo, du sang charbonneux dans dos fubes capillaircsnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; (: ^
scclles. il constata quo los ba^toridics disparaissent au
bout de quelqucs joiirs ot quo le sangdoviont incapa-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 'O-
blc de donner la maladie (1). Aujourd'hui quo nous sa-vons quo la bacteridio est un organismo eminemment
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aerobie, la destruction rapide do ces bactcridies clans
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le sang conserve dans dos tubes sceU4s, c'est-a-dire hermetiquemont formes ä Fair, s'expliqae alseimnt. Nous verrons bientot aussi quo la decouverte do la spore do la bacteridie a donne l'explication tonte naturelle do la conservation do la virulence du sang charbonneux desseche dans do cortainos conditions do temperature.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;^
La proposition fondamentalo emisopar Davaine, a sa-voir quo la bacteridie est la cause unique du charbon ct qu'elle soule constitue le virus cbarbonncux, cette proposition no tarda pas ä provoquer do nom-brouses contradictions. Nous allotis suivro Davaine
dans la luttememorablequis'engagea alors,etqui abou-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;-'ij
tit definitivement ä deux notions egalement importan-tes: 1deg; la demonstration do la speciücite du charbon ct la distinction rigoureuse do cette maladie d'avec les diverses septieemies experimcntalcs avec Icsquolles on la confondait sans cesse; 2deg; la probabilite de plus en plus grande et pressante la prcuve cerlaino ne devait
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(1) Davaine, Nouvelles reeherches sur la naturede la maladie charbonneuse connuo sous le nnm do sans? (Jo rate. (C. li- do I'Acnd. r/es so., 186i, t. MX, p, 393.)
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etre faite que plus tard, par M. Pasteur que c'est la bacteridio qui est la cause du charbon.
A peinc Davaine avait-il fait paraitre ses premieres recherches, que Signol publia une note oil il cherchc h otablir que laquo; les bacteries raquo; ne sont pas caracteristi-ques du charbon; il dit en avoir rencontre dans le sam?, dans d'autres maladies: dans la diathese typhoide {influenza) du cheval, dans un cas de gangrene trau-matique egaletnent chcz le cheval (1). C'est le premier exemple de la confusion,quo nous aliens sans cesse voir reparaitre, entre la bacteridie charbonneuse et les bacteries banales de la putrefaction ou celles des diverses septicemies. Mais la oü cetto confusion se manifesta do la lagon la plus caracteristique et la plus bruyante, co fut dans les experiences contradictoircs do MM. Leplat et Jaillard.
Ces deux professeurs du Val-de-Gräce, pensant quo les laquo; assertions de Davaine etaiont prematurees et no disposant pas de sang charbonncux raquo; so servirent do bacteries quolconques: laquo; nous les avons extraitcs, di sent-ils, tantötde certaines infusions vegetales, tantot de liquides charges de matieres animales en putrefaction, d'urino putrefiee, de serum de sang altere. raquo; Ils injecterent ces matieres dans letissu cellulaire sous-cu-tane de chiens ou de lapins ; ces animaux ne mouru-rent pas ou succomberent avec des symptomes dysente-riques et convulsifs, tout differents des symptomes du charbon. Ils en concluent ä l'innocuite des bacteries ct h l'erreur de rinterpretation fie Davaine (2).
Voici la reponso de Davaine ä ces singulieres experiences :
laquo; Ces experimentateura (Leplat ct Jaillard) n'ayant pu se procurer du sang charbonncux, ont pense pouvoir juger aussi
(1) Signul, Presence rfes bacteries dans le sang. [Ibid., 18G3, t. LVII, p. 318 )
(i) Leplat et Jaillard, De l'aclion dos bacteries sur I'economio animala. [C. R. do l'Acad. des se., 1864, t. LIX, p. 250.)
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bien, ou meme mieux, la question en inoculant des vibrioniens developpcs dans des substances vegetales ou animales putre-fiees.
t Sans chercher h apprecior jnsqu'ä quel point il estration-nel de contröler des experiences faites dans de certaincs conditions par des experiences faites dans des conditions diflo-rentes, jeferai remarquer qu'il ne pcut y avoir aucune similitude entre les fails rapportes par ces observ:iteurs et les miens. Ils ont inocule des itifusoires pris dans des liquides putrefies ; j'ai inocule, moi, des infusoires developpes dans du sang qui n'avait subi aucune alteration putride, sang pris immediate-
ment apres la mort des animatix charbonneux ou meme pen-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;[ |^
dant leur vie. Enfin, loin que la putrefaction soit la cause de la mort des animaux que j'ai inocules avec le sang de rate, la putrefaction au contraire empeche et aneantit la reproduction des infusoires du sang charbonneux raquo;(1).
MM. Lcplat et Jaillard revinrent ä la charge avec des experiences nouvelles (2). Ils se firent envoyer par M. Rabourdin, dirccteur d'un etablissement d'equar-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; *
rissage h Sours, aux environs de Chartres, un echan-tillon de sang charbonneux, qui leur fut cxpüdie par la poste, au mois de juillet.
laquo; Avec le sang de cetto vache morte du charbon nous avons
inocule deux lapins ; le lendemain un de ces lapins etait mort,
I'autre etait encore vivant quoiquc malade ; l'examen micros-
copique le plus sorupuleux n'a pu nous reveler la presence de
bacteridies dans le sang du lapin mort; nous avons inocule ce
sangavecun resultatcomplet identiqueau premier... Pour nous
resumer et conclure nous dirons : avec du sang d'une vache
morto du charbon nous avons inocule une trentaine de lapins
et jamais nous n'avons retrouve dans leur sang de bacteridies.
La mort de nos lapins a eu lieu absolument de la meme mall) Davaino, Repomse ä une communication de MM. Leplat
et Jaillard relative ä faction des- baclovios sur I'economie animate. (C. R. de I Acad.des sc, 1864, t. LIX, p. 338.)
(2) Leplat et Jaillard, Note au sujet d'experiences prouvant
que le charbon de la vache inocule aux lapins les tue avec tous
les phenornenes du sang de rale sans que leur sang renferme
aucune trace da bacteridies. (C. R. de l'Acad. des sc, 18b5,
t. LXI, p. 278. Nouvelles experiences pour domontrer que
les bacteridies nesonl pas la cause du sang de rate. {Ibid.,
p. 436.)
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nicro, si co n'est qu'olle a ete phis rapide (20 heures en moyennc) uvoii lo san^ prive de bactöridies qu'avcc lo sang qui en rcn ferme. A I'aulopsie, nous avons constate un le^er oodomn nu-tour.du point d'inoculation, dc la serositc dans le periqarde ct les plevres, le sang noir, dcmi-coa?ule, dans les oreilleltcs et les ventricules. Toutes ces lesions sont caracteiistiques du cbarbon, sauf les bacteiidics.
laquo; Gonclusions : L'affection charbonneuso n'est pas unc ma-ladic parasitairc.
laquo; La bacteridie est uu epiphönomene de la maladie et ne pcut en etre consideree commc l.i cause.
laquo; Le sang dc rate est d'antnnt plus inoculable qu'il contient moins de bactöridies. raquo;
Voilä des conclusions bien formelles el en apparence accablantes pour la theoric de Davaine; d'autant plus que les faits sur lesquels elles s'appuyaient etaient materiellement exacts : seulement, ce que MM. Leplat ct Jaillard inoculaient ä leurs lapins n'etait pas le charbo)i, mais une maladie toute iliflerente, que nous connaissons aujourd'hui commc etant une sep-ticemie expcrimentale. C'est ce que Davaine nc tarda pas ä etablir avec une rare clairvoyance : ayant etc mis ä meme d'examiner un des lapins en question, il constata que le sang no renfermait effectivement pas de bacteridies, mais il fit remarquer qu'il ne pouvait en etre autrement laquo; car la maladie dont cet animal etail mort n'est pas le charbon. raquo; Elle cn differait: 1deg; par la durco de l'incubation, beaueoup plus courte qu'elle ne Test cbez le lapin inocule avec du sang charbonneux ; sur 35 lapins inocules avec du sang charbonneux frais, la moyenne de la vie entre le moment de l'inoculation et celm de la mort est de 43 heures (la duree la plus longuc, 21 heures, la plus courte, 18 heures); sur 5 lapins inocules avec le sang septique, la moyennc de la vie a ete de 12 heures (la duree laplus longuc lö heures, la plus courte 8 heures); 2deg; un des caraetcres ana-tomiques constants du charbon c'est la tumefaction dc larate; cet organo avait un volume et un aspect normal chez les lapins morts de la x maladie septique de la
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vachü raquo;; 3quot; les globules routes du sang no presentaient
l)as l'etat a,gglutinatif si frappant du san.^ charbon-
ncux; 4deg; le charbon n'est pas transmissible aux oi-
scaux; dcux moincaux et deux poulcts furent inocult-s
par Davaine avoc le sang septicpic d'un lapin mort do-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i
puis 20 heures; ccs oiscaux suecomberent dans un es-
pacc do temps variant entro neuf et onze heures.
Pour tous ces motifs, Davaine coaclut qu'il existe laquo; des differences profondes et caractcristiqucs entre la maladio septique originairc de la vacho et le charbon (1). raquo; Mais si la maladie etudiee par MM. Leplatet Jaillard n'est pas le charbon et en differe totalement par la marc-he, par la clureo et par Jos lesions anatomi-ques, de quelle maladie s'agit-il en realite ? Davaine l'appcla maladie septique de la vache, ou plus brie-vement maladie de la vache, parce quo c'etait d'une vacho mortc du charbon quo le direcleur de l'equar-rissagc do Sours avait tire le sang envoye par lui aux experimentateurs du Val-dc-Grace. Dansla penseo premiere de Davaine, cette vache n'etait pas morto du charbon, mais d'une maladio septique speciale. Nous verrons plus tard, quancl nous traiterons des septied-mies, quo les reeborches de M. Pasteur ont definiti-vement eclairei cette question, pleine d'obscurites h co!to opoquo, si limpide pour nous aujourd'hui. C'etait l)ien du sang pris sur une vache charbonneuse que l'e-([uarrisseur avait expedie, mais c'etait du sang recueilli tardioement sur le cadavre, en ete, alors quo ce sang etait dejäenvahi par les organismes de la putrefaction provenant de l'intestin de l'animal, alors, en un mot,
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(1) Davaine. Sur la presence connUxnlo den baetdridics dans: les animaux affecles de la maladio charbonneuse. (C. R. de l'Acad. des sc, 18(i5, t. NXI, p. 334.) Recherahes sur une maladie septique de la vache, reijavdee commc de nature charbonneuse. (Ibid., I. LXI, p. 308.) Note en reponse h une commu-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ' 1 nication do MM. Leplat et Jaillard sur la maladie charbon-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;[ neuso. [Ibid., t. LXI. p. WS )
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que ce sangetait devenu putride, septicemique. Lama-ladie provoquec chez les lapins par I'inosulaticm do ce sang n'estautrc qu'vinc septicemie, cclle qui a ete de-critc plus tard par M. Pasteur, qui est due a un orga-nisme special, le vibrion septique, et quo nous appren-drons ü connaitre sous 1c nom de septicemie expcri-mentäleaigue{PaHtc\iv), ou d'ccdeme mal in {Koch). L'elucidation complete de ce point etait done reservee ix I'avenir; mais ce que Davaine comprit tout d'abord etce qu'iletablit dans cette polemique memorable, c'est que les faits observes par Leplat et Jaillard n'avaient rien ä voir avec le charbon ct rentraient dans le domaine des septicemies.
Cependant la doctrine de Davaine continuait ä trou-ver de nombreux opposants. Parmi eux, il faut mention-ner Brauell qui, en 1866, ä propos d'uno revue critique de Huppert sur le charbon, dans laquelle lesidees de Davaine etaient acceptecs avec ardeur (1), s'eleva contre cette conception de la nature parasitaire du charbon. II continue ä soutenir que les bacteridies se mon-trent, il est vrai, constamment dans le sang charbon-neux, mais qu'ellcs ne sont pas la cause ni l'agent de transmission de la maladie. Comme argument, ilinvo-que ses anciennes experiences ou, inoculant a deux ge-nisses du sang laquo; totalement prive de bacteridies raquo; il provoqua un charbon mortel caraetürise par du sang contenant des bacteridies v2). Nousverrons souventre-paraitre cette objection, basee sur le pretendu fait de bacteridies franchissant une ou deux experiences pour reparaitre plus tard; mais, comme le remarque M. Tous-saint, de pareils faits ne seproduisent jamais dans des
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(1)nbsp; Huppert.Ueber den Milzbrand und seine allgemein-pathologische Bedeutung, in Schmidt's Jahrbücher, 1865, Bd. 128, p 37-48.
(2)nbsp;Brauell.Zur Milzbrandfrage. {Virchow's Archiv, 18G0, Bd. 36, p. 292.)
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experiences bien faitcs; il y a eu erreur dans les exa-mens microscopiques.
Pendant Tete 1868, une commission, presidee par H. Bouley et dont lo rapporteur etait M. Sanson, fut chargee par le ministre de l'agnculture de l'etude de la maladie sevissant sur le betail desmontagnes d'Au-vergne, et connue sous le nom de mal de montagne. Cette affection fut reconnuo comme etant .de nature charbonncuse. Les conclusions du rapport furent de(a-vorables ä la tbeorie do Davaine : la bacteridie ne cons-titucrait pas la cause constante et necessaire de la virulence des produits charbonneux ; laquo;t du sang puise sur un animal charbonneux peut transmettre le char-bon quand memo le microscope n'y fait reconnaitre la presence daucuno bacterie.raquo; Les experiences de labo-ratoire do Davaine otaient raises en doute quant ä leur valeur, parce qu'elles portaient sur de petits animaux, des rongeurs et non point sur les animaux atteints spontunement de cbarbon ; enfin, la virulence du'sang charbonneux desseche etait nice (1). Davaine n'eut pas de poine ä refuter la plupart de cos objections, basees en partie sur des erreurs d'observation et d'experimen-tation et surtout inspirees par la confusion sans cesse re-naissante des effets de l'inoculationd'un sang charbonneux avee cciix d'un sang putride(2). Enfin, il est juste de rappeler quo cequi devailpresquenecessairementin-duire en erreur la commission du malde montagne,c est quo cette epizootic n'etait pas exclusivement determi-nee par le charbon vrai, bacteridien, mais qu'il s'y melait des cas do charbon symptomatique (charbon bacterienj que nous avons seulemcnt appris recem-
(1)nbsp; Du mal de montagne, affection charbonneuse du betail des montagnes de l'Auvergno. [Rapport officiel au ministre, par H. Bouley et A. Sanson. Paris, 1869.) Sanson. Sui- les conditions de lavindence charbonncuse. [C. R. de l'Acad. das sc, 1869, t. XVIII, p. 381.)
(2)nbsp; Davaine. Remarques relalivcs aux recherches de M. Sanson sur les maladies charbonneuses. {Ibid,, p. 271.)
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ment ä distinguer du premier. Ainsi s'explique en partie l'erreur des conclusions emanant de savants de la competence de MM. Bouley ct Sanson.
Ces polemiques ne detournaient point Davaine de la poursuite do ses recherches. Je ne parlerai point do cellesquisontrclalivcs älapustulemalignede I'homme, j'aurai a y revenir plus tarJ, mais je dois une mention speciale aux experiences montrant les variations de la duree de l'incubation du charbon, selon la quantite de virus inocule. Dans ces experiences, il em-ploya pour les inoculations la seringue de Pravaz, dont l'usage venait de s'introduire en therapeutiquc hu-maine pour la pratique des injections sous-cutances. Jusque-la tous les experimentateurs inoculaient ä la lancette, ou au bistouri, en pratiquant a la pcau une ouverture plus ou moins grande et en y deposant la matiere virulente; d'autres, Brauell nolamment, so servaientpourl'mooulation du charbon, d'unfilimpregnc de sang charbonneux frais ou desseche, qu'ils passaient en seton sou3 la pcau de l'animal et qu'ils laissaicnt ainsi ä demeure. La pratique des injections bypo-dermiques des matieres virulentes, ä l'aide de la seringue de Pravaz, constitua, comme le fait juste-ment remarquer Davaine, un veritable progres technique : les inoculations dovinrent ainsi beaucoup plus siires, car on evita l'action de l'air a la surface d'une plaie ouverte, et les complications dues ä la putrefaction; d'autre part, on put ainsi preciser la dose du virus absorbe, le reflux par la petite piqüre de l'aiguille etant tres facile k eviter et l'absorption do toute la quantite de liquide injecte ütant certaine. Grace a ce perfection-nement, Davaine put aborderretude,si interessante au point de vue theorique, de I'mfluence de la quantite des matieres inoculces sur les effets de Finoculation. En injectant du sang charbonneux h divers degres de dilution sous la peau de cobayes, il constata que ce sang est encore virulent ä la dose de un millionieme
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de goutte. Mais si la dilution, meme extreme, n'agitpas
sur la virulence, eile influe sur la duree de l'incuba-
tion; c'est cc que montrent les experiences suivantcs :
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en injectant sous la peau d'un cobaye im dixieme dc
goutte dc sang charbonneux, I'animal mcurt au bout dc
24 heures; un centieme de goutte le tue egalemcnt au
bout de 24 heures; un milliome, au bout dc 32 heures;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;*
un dix-millieme, au bout de 43 heures ; enfin, un mil-
lionieme dc goutte au bout de 48 heures sculcment.
La duree de rincubation est done, dans une certainc
mesurc, en raison inverse de la quantite dc virus in-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,
jectee (1).
Un esprit aussi penetrant que Davaino ne devait pas se contentcr do la conviction qu'il avait aoquise quo la bacteridie est la cause unique et constante du charbon ; il sontait la necessite d'asseoir I'etiologie proprement ditc dc la maladie, de determiner le mode de contamination habituel des animaux ; comment le contage se transmet dans les troupeaux ; comment il se perpctue dans les districts charbonneux et dans lesetables. Dans ce nouvel ordre de rechcrches, il faut bicn le recon-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; j
naitre, Davaine fut moins bicn inspire et moins heu-reux que dans les precedentes.
C'etait unc vieille croyance populaire, surtout repan-duedans les pays du Nord, que le charbon, tant chez I'homme que chcz les animaux, results de la piqure de mouches. Davaine fut conduit äattribuer en effet aux mouches un grand role dans la propagation du charbon chcz les animaux entre eux. Cette opinion, il chercha a l'etayer sur des faits expurimentaux. Raira-bert, du reste, I'avait precede de quelqucs mois dans cette voie et avait communique ä TAcademic des sciences, rcxperionce suivante : laquo; J'aienleve, dit-il, ä deux ------------------------------------------------------___________
(Ij Davaine.Experiences relatives ä la duree de Vincubalion dcx maladies charbonneuses et ä la quantite de virus neccs-suire ä la transmission do la maladie. [Bullet, do I'Acad dc medecinc, 1868, t. XXXIII, p. 81G.)
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mouches bleues qui etaient restees de 12 a 24 heures sous une cloche avec du sang charbonneux, leur trompe, leurs alles et leurs pattes de TaA^ant et de der-riere; j'ai ensuite inocule ä un cobaye une trompe, deux alles et quatre pattes, et a un autre, seulement une aile et deux pattes. Ces deux animaux sont morts au bout de 60 heures. Le sang de leur rate et de leur cceur contenait de nombreuses bactdridies (1). raquo;
Davaine repeta et varia ces experiences : laquo; Un lam-beau de peau grand comme une lentille est enlevö sur le cou d'un cobaye, pres de la nuque. On place sur la plaie le bout des pattes de trois mouches qui avaient ete maintenues depuis la veille sous une cloche de verre avec du sang charbonneux. Ce cobaye est ensuite place seul dans une cage. Une heure apres I'operation, par suite des mouvemonts de Fanimal, la plupart des pattes ne se trouvent plus sur la plaie. Le lendemain, gonflement oedemateux de la plaie et mort au bout de 34 heures, du charbon. )gt; La meme experience, plu-sieurs fois repetee, donna les memes resultats. Des pattes et des su^oirs inocules se montrerent encore virulents trois jours apres qu'on cut retire la mouche dedessous la cloche, Davaine s'etait servi de la mouche äviandc, musca, vomitoria, (L.) qui, comme la mouche domestique ordinaire, est inerme. Elle ne pent done ni piquer ni blesser la peau des animaux, et il faut qu'il cxistc chez ceux-ci une plaie ou une ecorchure prealable sur laquelle la mouche viendrait se poser et inoculer le virus charbonneux dont ses pattes et sa trompe se seraient chargees, par contact anterieur avec du sang ou des produits charbonneux. Ce sont ces mouches inermes qui se rencontrent surtout dans les etables et autour des fermes et qui, pour Davaine, se-
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ll) Raimbcrl A.) Hcchcrchcs exp. sur la transmission du charhon par les mouches {C B. do 1'Aca.d. des sciences, dSGO, t. LXIX, p. 805.)
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raient surtout les porteurs du contage dans les epizoo-ties charbonneuses chez les animaux en stabulation. Pour la propagation du charbon en rase campagne, ou la mouche inerme est rare, il fait jouer le meme role aux mouches piquantes, anx taons, dont la bou-che possede des pieces cornees pouvant traverser le derme comme une lancette (1).nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; t
Si I'hypothese do Davaine etait exacte et si les mou-
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ches etaient les agents principaux de la propagation du
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charbon parmi les animaux, il faudrait que la maladie so manifestät chez eux, comme eile le fait chez I'homme, par I'apparition presque constanted'un charbon externe (tumeur charbonneuse sous-cutanee ou lesion du corps muqueux de la peau rappelant la pustule maligne de l'hoinme). Or, ces charbons externes sont tout a fait exccptionnels, si meme ils existent chez les animaux, maintenant surtout que nons savons que la plupart des cas de pretendus charbons externes appartiennent au charbon bactcrien. Pour repondre acette objection, Davaine supposait queraccidentcutaneprimitif,porte d'en-tree du virus,echappaitärobservation chez les animaux (moutons et bceufs) a cause delapresence des polls mas-quant la lesion. Mais comment cxpliquer les epidemies hivernalcs do charbon, alors que les mouches ontä peu pros completement disparu ? Commentexpliquer encore que ces epidemics puisscnt so localiserdans une etable, dans un cnclos, dans tel ou tel paturage, dans laquo; ces champs maudits raquo; entoures d'autres oü les troupeaux paissent impunement. Peut-on admettre, ainsi que I'objectait avec raison Bouley, que les mouches res-pectent ainsi les frontieres d'un champ ou d'un do-maine ? Quoique les experiences de laboratoiro sur lesquelles s'appuyait Davaine fussent exactes, celte fois
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(1) Davaine. Elude sur la contagion ducharbon chez leu nni-maux domestiques. (Bull, de VAcad. de med., ISTO, t. XXXV, p. 215.)
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cllcs lui faisaiont faire fausso route et le conduisaient ä attribuer au charbon cbez les animaux une etiologie tout ä fait cbimerique.
Dans un nouveau travail (1), Davaine insiste sur ce fait, mis en lumiere par lui, de la longue persistanco de la virulence du sang charbonneux desseche. II rap-pelle les habitudes d'incurie qui regnent dans les eta-bles et dans les fermes, la njgligenco avec laquelle on depouillo clans les locaux oü ils ont succombe les animaux charbonneux, laissant le sang sur le sol, sur les litieres, sur les murs; ce sang se desseche ct forme une veritable laquo; poussiere charbonncuse raquo; douee d'une virulence redoutable. Tous ces faits sont absolument vrais,et Davaine cette fois encore pressentait la voie qui devait conduire au but. Malheurcusement, je le repete, il croyait que les animaux, comme cela se passe ehe/, rhomme, contractcnt surtout le charbon par une plaie du tegument externe; la transmission do la maladie par penetration de cette laquo; poussiere charbonneuse raquo; dans les voies digestives ou respiratoires lui paraissait tout ä fait exceptionnellc. II continuait done a revendiquer pour les mouches le role preponderant dans le transport de cette poussiere infectante. Devant ces hesitations et ces invraisemblances de l'etiologie proprement ditedu charbon, les adversaires de latheorie parasitaire reprenaient courage et ils y trouvaicntun argument en favour de la nature spontaneo de la maladie. Do la, pour ce pro-bleme etiologique que tout le monde sentait ctre d'une importance capitale, un etat d'indecision et do malaise, qui ne devait se dissiper tout ä fait que grace a la decou-vcrte, due ä M. Koch, de la spore de la bacteridio charbonneuse.
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(I) Davaine. Etudes sur la genäse et la propagation du charbon. (Ibid., p. '171-197.)
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CINQUIEME LEQONnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; j
La spore de la bactferidie charbonneuse.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; !
.' SOMMAIRE : Los spores ou laquo; corpuscalcs-gcrraes raquo; signalccs pour la promifere fois par M. Pasteur pour le vibrion de la ilachcrio des vors ä soio; il Signale lours propriötes de resistance. M. Koch decouvro la spore du bacillus anthracis. II 1c cul-tive dans uno goutte do sörum ot suit au microscopo les phases du developpcinent. Formation des filaments myeöliens. #9632; Apparition des spores dans le filamont; misc on libertö do cos spores. Transformation do la spore en nouveau bacillo. In-llucnco do la tempöraturo et do l'oxygöne sur la croissance fila-menteuse et la sporulalion de la bactoridie. Grande resistance do la sporo a la dessication, a rhumidilö, ä la putröfaction,- ä la privation d'air et de matteres nutritives, opposöe ä la vuln6ra-biütö du bacillo. Application de ccs donnöos nouvellos ä l'Otiologic du cliarbon.
Messieurs, Malgre la decouverte de la bacteridie, I'otiologiepro #9632; prement dite du charbon, e'est-a-dire la faQon dont les animaux s'infectent et dont le contage se perpetue ä la surface du sol et dans les ütables, continuait ä etre en-veloppee d'obscurites. L'hypothese de la transmission par les mouches etait insuffisante; d'autre part, la persistance de la virulence du sänget des produits char-bonneux desseches, mise on lumiere par Davaine, et le role attribuo par lui aux laquo; poussieres charbonneuses raquo; soulevaient bien des objections. Tantöt rinoculatiou du sang dessechc et conserve pendant un certain temps donnait des resultats positifs; tantöt eile echouail,
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comme dans les experiences de Bouley, de Sanson, de Bollinger, sans que Ton put se rendre compte des
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causes de la reussite ou de l'insucces. Du reste, les observations faites sur le sang cbarbonneux desseche ne pouvaient oxpliquer ce qui so passe en rase campa-
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gne, ou la matiere virulente est incessamment soumise ü des alternatives de suchcresse et d'humidito et oü eile resiste pendant des annees ä Taction successive du soleil, de la pluie, des inondations, etc. La decou-verte de la spore do la bactöridic devait dissiper toutes cesobscurites.
Des 1869, dans ses recherches sur la flackerie des vers äsoie, maladie duoäla multiplication, dans I'intcs-tin de l'insecte, d'un vibrion ou bacille special, M. Pasteur avait fait unc observation de la plus haute importance ; il avait reconnu pour ces vibrions deux modes de reproduction. Apres qu'ils se sent divises pendant un certain temps par scission, les bätonnets, jusque-la homogenes en apparence, montrent dans leur Interieur des laquo; noyaux brillants raquo;, en meme temps quo leur substance se resorbc autour de ces noyaux. M. Pasteur constata en outre que laquo; ces germes de la flacherie, ces kystes des vibrions :raquo;, comrae il les appelait, peuvent subir une dessication prolongee sans perir ct conserver leur activite pendant des annees. II donna ainsi I'expli-cation de la persistance des epidemics de cette maladie (1).
D'autre part, M. Ie professeur Colin (de Breslau), dans sos recherches sur les bacteries et particuliere-ment sur le bacillus subtilis, qui presente tant d'ana-logies morphologiquos avec le bacillus ant/wacis,avait montre qu'il se forme dans l'interieur des bacilles des spores (Dauersporen) capables, apres un etat de repos
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(I) Pasteur. Etudes sue Zes maladies des vers ä sole, Paris, 1870, t. I. A la page 158, en note, on trouvc 1c passage suivant.' laquo; j'ai joint aax planches dont il s'agit, unc planche rcprcscntanl les vibrions de la flacherie sou.s leurs deux modes de reproduction, par scission et par noyaux intirieura, ainsi quo la re-sorption graduelle de la matiere du vibrion entourant le noyau brillant raquo;. La planche do la page 228 roproduit exactement cos noyaux brillants ou spores. Uonsulter en outre la page 256 du memo volume, oü M. Pasteur insisloparticuliercmcnt sur lalongue resistance dos germos de la flacherie.
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plusou moins long, de reproduire denouveauxbacillcs; ä ce sujet il cmettait rhypothese que peut-etre les choses se passent de meme pour l'organisme du char-bon (1). Mais c'estaM. Koch que revientlemerited'avoii-etabli qu'un tel mode de reproduction existe en effctnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; j
pour la bacteridie charbonncuse (2). C'estä son memorable travail que j'empruntc 1'expose qui suit.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; laquo;
Dans le sänget dans les humcursde I'animal vivant, la bacteridie se multiplie extrcmement vite, mais par un mode unique qui consiste dans rallongement du baton-net et sa segmentation transversale en deux ou plusieursnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i articles; c'est 1c mode do reproduction par scissiparite.
Mais cette memo bacteridie, laissce dans lo sang de I'animal mort, ou placee dans d'autres liquides nutri-tii's appropries (humeuraqueuse, serum, etc.), presentc un autre mode do reproduction, a condition que Von permette Varrivee de l'air et que la temperature du milieu soil maintenue dans de certaines limites.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,
Alors on voit les bacteridies pousser en filaments extrcmement longs, non ramifies, avec formation dans leur Interieur de nombreuses spores.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .'a
M. Koch arriva ä cette constatation ä l'aidc de pro-cedes aussisimples qu'ingenieux. Surunelame onporte une goutte do serum de sang do bocuf frais, ou d'hu-meur aqueuse fraichemcntprelevce sur uncoil dc bccuf; on y place un trcs petit fragment de rate fraicho de sou-
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ris charbonncuse; onrccouvrc avec une lamelle. Le tout
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est place dans une chambrc humide et mis a l'etuve ä une temperature de 35 a 37deg;. Au bout de quinze ä vingt heures on examine la preparation ct voici cc quo Ton constate : Au centre de la preparation (c'est-a-dire lä
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(1) Calm. Untersuchungen über liaclerien (Beilr, zur Biol. der Pflanzen, t,. I, 2Heft., p. 145, 1872).
(2; Koch (U.). Die dEHologie der Milzbrand'Kra.nkheit, begründet auf die Enlwickelungsgeschiahte des Pacillus An-thracis (Cohn's Beitriiqe z. lliol. der Pflanzen, t. II, p. 277-310, 187G)
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oü l'air n'a pas pu arriver) on trouvc les bacilles pres-que intacts et sans modification, au milieu des glotmles
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gig, i. __ DilMrentes phases do devcloppemont du bacillus anthracis.
a. Lo bacille tel qu'il so trouve dims le sang des animaux charbonneux.
__ li, ije bacille a I'etat fllamentGUX, sans spores, tel qu'il se moatre au
dihat do son dÄveloppeinent dans les cultures. c. Filament icnfermant des spores. d. Co filament, oü la substance int^rposee onlre les spores com-nienco a se resorher. e, Rangees do spores encore alignamp;s, mais avec dlsparitiön totale de la substance inlermediaire. f. Amas do spoies libres. h. Transformation de la spore en bactendie (scb^niatique, d'apres M. Kocli).
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rouges et des cellules de la pulpe splenique (ßg. 1, a). Lorsqu'on se rapproche du bord de la lamelle ä couvrir, on voit des bacilles tres allonges, trois ä huit fois plus longs que les bacilles normaux et qui comraencent ä so contourner ; au fur et ä mesure qu'on se rapproche du bord de la preparation, les bacilles s'allongent de plus en plus, jusqu'a donner des filaments flexueux cent fois plus longs que lebacillo [fig. 1, b).nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; jt
En memo temps ces filaments ont perdu leur transparence parfaito et leur contenu est devenu finement granuloux; en outre, ä des espaces reguliers, apparais-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; !
sent des corpuscules brillants, fortement refringents : ce sont los spores naissantos (ßg. 1, c). Tout ä fait au bord de la preparation, lä ou Tair affluo abondamment, les filaments contiennent des spores typiques, avecleur forme ovoide, alignesregulierementa lafacjondes perles d'uncollier,dansrinterieur du filamentdontlasubstance tend de plus en plus a se resorber (ßg. 1, d); ailleurs cette substance est totalcmcnt resorbee et la disposition primitive des spores dans lo filament n'est plus rappelee quepar l'alignementmoniliformedcces spores [ßg.i, e); enfin, par places, il existe des amas de spores tout ä fait fibres (ßg. 1, f). Ainsi, dans la meme preparation on trouve toutes les formes de transition entre le ba-cille et la spore fibre, en passant par l'etat de filament simple et de filament sporifere.
M. Koch a pu suivrc ces transformations de visu au microscope, en employant un procede qui donnc commodementunc petite chambre humide. Sur la face inferieured'une lamelle ä couvrir, on place une gout-telette de serum ou d'humeur aqueuso fraichc, dans laquelle on a seme une parcello do rate charbonneusc fraiche. On retourne ensuitc cette lamelle (sans deran-ger la goutte) sur une lame porte-objet creusee d'unc petite cupule. Les bords de la lamelle sont fixes sur les bords de la cupule avec un pcu d'huile d'olive ou de vaseline, de fagon ä empecher la dessication de la
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gouttclctte. L'espace compris cntre la cupule et la la-melle so remplit rapidement de vapour d'eau, de sortc quo Ton a ainsi uno veritable chambre humide, et la quantitö d'air contonue dans cette cellule humide est süffisante pour lo devoloppement des bacilles pendant plusicurs jours. La chambro humide ainsi construite cst placee sur la platine cbaui'fante do M. Schultze et portee ä environ oüquot;. Les choses etant ainsi disposees, on peut facilement suivro au microscope ce qui se passe dans la gouttelettosuspenduo (1).
Au debut de robservation on voit les bacilles s'epais-sir et se gonflcr ; au bout do deux heures, la croissance commence ; au bout do troisäquatre heures, les bacilles ont dejä augmente dix h vingt fois do longueur et com-mencent ä s'inflechir et ä so tordre. Si I'observateur fixe attentivement, pendant uno dizaine de minutes, une dos extremites d'un filament, il 1c voit manil'este-raent s'allonger ct il assiste ainsi dircctement au spectacle saisissant de la croissance du bacille. Bientot lo protoplasma du filament, do transparent quil etait, de-vient granuleux et au bout de 10 ä 15 heures des spores ovoides,brillantes,y apparaissent; ces spores ensuite de-vienncnt fibres ct obeissant a la pesanteur s'amassent ä lapartie inferieuredelagouttelettesuspendue. La preparation peut se conserver ä cet etat pendant des semaincs.
On remarquera quo dans ces essais do culture M. Koch no disposait pas des procedes rigourcux dont M. Pasteur venait de doter la science; aussi, comme il lo reconnait lui-meme, souvent des organismos etran-gers venaient se meler ä la bacteridio ct troubler I'ex-perienco; toutefois, en employant de l'humeur aqueuso
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(1) Co mode do culture dans laquo; uno goullelcltc suspendueraquo; (hängender Tropfen) est aujourd'hui couramment employe on bacle-riologio pour examiner les hacteries ä l'etat vivant, avee leurs mouvements et pendant lour croissance. On peut se servir dans lo niemobut do la chambre humide a air, construite par M. llanvior [Traile technique d'hiraquo;lolo(ße,\i. k\ ot4'i).
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aussi pure que possible et de la rate charbonneuso ega-lement pure, la moitie environ des preparations don-naient des cultures pures du bacillus antbracis.
Nous venous de voir comment du bacille on arrive ä la spore ; en continuant I'experience ci-dessus, on pent assister ä la transformation do la spore en un bacille identique h celui que Ton rencontre dans le sang des animaux cbarbonneux. Pour celaon place surunelamo porte-objet ordinaire une culture pure, riebe en spores, ct ony ajoute une goutte d'bumeur aqueuse (1) ; on rc-couvre avec une lamelle et on met 1c tout dans une cbambre bumide, ä Tetuve, ä 35deg;. Au bout de trois anbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'
quatrc heures dejä, 1c developpement commence, tonlaquo; jours plus bätif versles bords do la lamelle, ä cause de l'arrivee plus facile do I'air.
La spore examinee dans ces conditions,äun fort gros-sissement, apparait comme une masse ovoide, refrin-gente, entouree d'un anneau de substance claire, transparente comme du verre (fig. 1, h). C'est lä la substance vivante proprement dito, protoplasmatique de la spore. Cette substance cnveloppantc s'allonge progres-sivement, dans le sens du grand axe de la spore et dans une seule direction, d'ou I'apparcnco d'un ovoide dc plus en plus allonge, la spore brillante continuant ä occuper Tun des poles de cet ovoide. Bientot I'en-veloppe transparente prend I'aspcct filiibrme, en memo temps que la spore tcrminalo devient moins brillante, se rapetisso, se divise souvent en plusieurs fragments et finalement disparait (jig. 1, h). II ne reste plus alors qu'un bätonnet parfaitement transparent, une bacteri-die en un mot. Dans l'opinion de M. Koch, la spore est constituee par une gouttelette de graisse ou d'buile
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(1) M. Koch conseillo do dessächer d'abord rapidement la culture contcnant les spores sur la lame, puis d'y deposcr la goutto d'humcur aqucusc ; on Ovilo ainsi (|uc les spores, en ilotlant trop facilemcnt dans lo liquido, ne so dispcrseut ct no s'echappenl de dessous la lamcllc.
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(d'oü sa grandc refringence) cntouree d'unc mince cn-veloppe do protoplasmraquo;. C'est celle-ci qui cst la vraic substance vivante, susceptible de vegetation, la goutte-lette graisseuse ne servant probablemcnt que do reserve alimentairc pendant la germination. Si Texperience so prolonge (au bout de 16 ä 18 heures), los bacillcs de nouvelle formation prennent la forme filamenteuse, et une nouvelle generation do spores apparait dans leur interieur (1). Le cycle est ainsi complet et peut se reproduire indefiniment par dos ensemencements nou-veaux.
Tels sont los faits morphologiques mis en lumiero dans ce travail fondamontal do M. Koch. Ce n'ost pas qu'avant lui on n'ait deja parle do germes do la bacto-ridio. M. Bollinger notamment a decrit le bacillus an-thracis commo etant forme do bacteries punctiformes (Kugelbacterien) placees bout ä bout.lesquels points ar-rondis scraiont los germes du bacille et il a publie des dessins reproduisant cctto protendue disposition (-2). Mais, ainsi que le fait remarquer M. Koch (3), il suflit de jeter un coup d'oeil sur cos dessins pour se rendrc compto qu'il ne s'agit pas lä de spores, mais simplement d'une segmentation arlilicicllo ou cadaverique dos bac-teridies, teile qu'on la remarquo par oxomple sur du sang charbonneux tenu pendant quelquc temps a I'abri do I'air, alors que lesbacteridios sont mortes et common-cent äse desagreger.
II nous roste maintonant a suivre M. Koch dans ses tentativos pour etablir Tctiologie du charbon chez les
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(I) M. Toussaint a observe que Fapparition des spores est plus rapide quand la preparation est exposce a la lumierc ; si la pröpa-ralion est maintenue a l'obscuritä les spores raettraient rtix ä quioze heures do plus a se montrer (Toussaint, loc. cit.. p. 54).
{il Bollinger, I'citräge -ur vergl. Pullioloyie, 2tes Heft, Zur Palhol. des Milzbrandes. 1877, p. 64, pi. 2, fig. 3. Getto figure est reproduite dans larticle laquo; Charbon raquo; du meine autcur, in Ziemsscn's Handb. dor spec. Path., t. Ill, 1874, p. 405.
(3) Loc. cit., p. 290.
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animaux, sur la base de ces notions nouvclles de la biologic du bacillus anthracis. Un premicrpoint, qu'ilImporte de ne pas perdre de vue,c'est que ce bacille ne sc trouve jamais dansle sang ct dans les tissus do Fanimal vivant autrement qu'a I'etat bacillaire; il est incapable d'y prendre I'etat filamenteux ni d'y donner des spores. C'est done apres la mort de Tanimal, clans son cadavre on sur les secretions souillecs de bacteridies qu'il a pu disse-miner partout pendant la vie^ qu'il Importe de suivre le bacille et de determiner les conditions qui peuvent lui etre offcrtes pour continuer a vivre, pour se multiplier et infecter ä nouveau les animaux.
Davaine a cu le merite de montrer que du sang et des produits charbonneux dessecbes peuvent conserver longtemps lour virulence; seulement on n'etait pas d'accord sur la duree de cette virulence. Pour s'en rendre compte, M. Kochinstitua des experiences metho-diques.
Des morceaux de rate, de ganglions lymphatiqucs, d'autres organes et enfin du sang d'animaux charbonneux furent desseches, ä l'air, dans un endroit frais ; de ces morceaux, les uns etaient assez volumi-neux, les autrcs de la grosseur d'un pois environ, enfin du sang etait rapidement etale et desseche sur une lame de verre. L'experience montra que le sang desseche en couches minces perdait toutc virulence au bout de 12 a 30 heures; une parcelle de ce sang, semee dans une goutte d'humcur aqucusc et placee a I'etuve, de-meurait sterile. La dessication poussee ä une ccrtaine limitc et pendant un temps determine avait done tue Ics bacilles.
Les fragments de tissu d'un certain volume garderent leur virulence pendant deux ä trois semaines et des parcelles prelevees dans ce tissu pendant ce laps do temps et cultivees a I'etuve dans I'humeur aqueuse don-nerent naissance ä des filaments et ä des spores. Des fragments plus volumineux encore, probablement ä
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cause de leur dessieation plus lentc et moins complete, sc montrerent virulents pendant quatre ä cinq semai-nes. Jamais, dans ces conditions, la virulence ne sub-sista plus longtemps.
La temperature estun facteur important pour 1c deve-loppement de la bacteridie. D'apres M. Koch, la temperature la plus favorable est de 35deg;; alors on observe des spores süperbes au bout de 20 heures ; ä 30deg; les spores apparaissent un pen plus tard (30 heures). Cul-tivee a ISquot; ou 20deg;, la bacteridie ne donne de spores qu'au bout de 2 ä 3 jours. Au-dessous de 18deg;, les spores ne se i'ormont plus; au-dessous de 12deg;, il n'y a memo plus de developpement ßlamenteux ; vers 45quot;, le deve-loppement cesse egalement.
Nous venous de voir comment se comporte la virulence des produits charbonneux soumis ä de certaines conditions de dessieation; comment les choses se pas-sent-elles quand cos substances sont maintcnues dans un milieu liquide ? Si on met du sang charbonneux dans un vase deverrebienbouchect entiercment rem-pli et qu'on le place ä l'etuve, les bacteridies y disparais-sent au bout de 24 heures et la virulence charbonneuse a cesse d'exister. Cette disparition do la virulence, d'apres M. Koch, ne tient pas ä la putrefaction qui s'eta-blit en meme temps dans le sang, mais uniquement ä Tabsence d'oxygene. Pour le prouver, ilinstitua I'expe-rience suivante. Une goutte dc sang charbonneux frais est placec sur une lame et recouverte par une lamelle que Ton lute sur les bords avec un peu d'huile; on place la preparation ä l'etuve. La gouttelette de sang, au debut dc l'experience,avait etc prealablement examinee au spectroscope et avait revele 1'existence des deux raies obscures de roxyhemoglobine. D'abord, grace ä la reserve d'air que cedent les globules rouges, les bacilles commencent ä pousser et, au bout de 3 ä 4 heures, ils triplent ou quadruplent de longueur. Mais en memo temps, on constate la disparition des raics de
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rhemoglobine oxyclee et l'apparition de la bände unique de rhemoglobine reduite. A partir de ce moment, toute croissance cesse, quoiqu'il n'y ait aucun develop-pement de putrefaction. Les bacilles meurent, faute d'oxygene. C'est pour ce meme motif queles bacteridies contenues dans un cadavre charbonneux non ouvert ne se developpent pas et meurent, meme si Ton a soin de placer le cadavre ä une temperature au-dcssus de 18deg;.
II en est tout autrement quand I'air pent arriver, meme en faible quantite, et que la temperature est süffisante. Si Ton place du sang charbonneux dans un verre de montre, de fagon ä le remplir ä moitie, et qu'on recouvre avec une lame de verre, ce sang, deja au bout de 24 heures de sejour ä la temperature de la charabre, presentera une odeur putride qui s'accentuera les jours suivants; lo liquide fourmillera de bacteries et de micrococcus de la putrefaction, et cependant, a. cote d'eux, les filaments et les spores du bacillus an-thracis se developperont parfaitement (i).
Si Ton dilue les substances organiques renfermant des bacilles dans une trop forte proportion d'eau, iln'y a plus de vegetation des bacilles ; ainsi du sang de sou-ris charbonneuse, delaye dans vingt fois son volume d'eau distillee, perd sa virulence au bout de 30 heures;
(1) Cette experience de M. Koch seinblo donner un dementi au fait si souvent invoque par Davaine, ä savoir que la putrtfaction dätruit la virulence charbonneuse ; mais la contradiction n'ost qu'apparenle. La putrefaction fait disparaitro complötcraent la virulence charbonneuse si eile s'est elablie dans le sang avant la formation des spores. Si eile ne s'ost monlröe qu'aprös la formation des spores, la virulence charbonneuse persistera, mais ellc ne pourrä pas facilement ctre mise en evidence. En cffct, si Ton ino-cule du sang charbonneux putröfie a un lapin ou ä un cobaye, on a bcaucoup do chances de voir I'animal succombor, non pas au charbon, mais a une scpticömic spcciale; cela ticnt ä ce fait, mis en lumiere par M. Pasteur, que levibrion septique se developpc plus facilement ct plus rapidement dans cos circonstances quo la bactöridie ou ses spores : le liquide inoculö est a la fois charbonneux et septique, mais la scpticöraic prend les devants ct empeche le developpement du charbon.
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 5
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le liquide avait cesse de contenir une quantite süffisante d'albumine et de sels pour subvenir au develop-pement du microbe.
Les choses se passent differemment pour les spores de la bacteridie; on peut les placer pendant 3 semaines dans de l'eau commune, les dessecher ensuite puis les faire sejourner a nouveau dans l'eau, sans que pour cela leur virulence disparaisse ni leur faculte de don-nernaissance a des bacteridies.
Tous ces faits permottent maintenant d'expliquer les differences d'opinions sur la virulence du sang charbon-neux desseche: tantot les experimentateurs se servaient de sang rapidement desseche, qui ne contenait pas do spores; dans ces cas la virulence des bacteridies desso-chees ne durait que pendant un temps relativement court et qui ne depassait pas cinq semaines. Si au con-traire la dessication se fait lentement (grace a I'emploi d'une quantite de sang süffisante) ä la temperature dc la piece ou en ete, des spores ont le temps de se deve-lopper et la virulence du produit desseche peut durer tres longtemps; M. Koch a pu inoculcravcc succes du sang ainsi desseche depuis quatre ans.
L'agent charbonneux affecte done deux etats bien dif-ferents, celui de bätonnets ou mycelium et celui de spores ou corpuscules germes. Les bätonnets, qui repre-sentent I'organisme adultc, sent peu resistants; il leur faut pour vivre et se developper un milieu nutritif appro-prie, de l'oxygcno et une ccrtainc temperature; ils re-sistent mal ä une certaine elevation de la temperature, ä la dessication, a la privation d'air, et au sejour dans l'eau, etc. Les spores, au contrairc, sont incomparable-ment plus robustes; elles resistent a la dessication pro-longce, ä rhumidite, a. la putrefaction; dies peuvent etre soumises a ces influences pendant des mois et des annees sans pcrdre leur virulence, e'est-a-dire quo, pla-cees sous la peau d'un animal approprie, elles s'allon-gent et donnent naissance ä des bacteridies qui, par
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leur multiplication rapide, entruinent la mort cle I'ani-mal comme si on lui avait inoculo du sang charbonneux frais.
Ces notions nouvelles sur la morphologie du bacillus anthracis etaient appelees a. jctcr de vives lumieres sur l'etiologie du charbon chez les animaux ainsi que chez I'liomme; M. Kocb, dans son memoire, y insiste avec uneraro clairvoyance. Lesproduits cbarbonneux frais, necontenant quo des bactoridies sans spores, neservent sans doutc que tres rarement d'agents de transmission cbcz les animaux ; ils interviennent plus frequemment chez les hommes exposes a manier des cadavres ou des debris de cadavres charbonneux (equarrisseurs, bou-chers, bergers, megissiers, etc.). Pour les animaux, la propagation du contage et I'mfcction s'operent done, dans l'immense majorite des cas, par des substances contenant des spores cbarbonneuses soit ä l'etat pulverulent, soit en suspension dans des liquides. Grace ä la resistance de ces spores ä la chaleur, au froid, a la des-sication, ä rhumidite, ä l'absence d'air, ä la putre-faction, le contage charbonneux pent revetir cette te-nacite qu'on lui connait dans ccrtaines circonstances.
M. Koch (qui ne disposail alurs quo de pctits animaux) lit manger ä des souris et ä des lapins des fragments de rate d'animaux charbonneux ou des aliments meles ä de grandes quantites de spores cbarbonneuses, sans reus-sir ä provoquer chez eux l'apparition du charbon; il en conclut que ces animaux sont inaptes ä contracter la maladie par la voie intestinale. Pour les moutons et les grands ruminants, laute d'experiences directes, il laisse la question on suspens, ainsi que celle de la pos-sibilite de l'infection par la voie pulmonaire; mais il etait, ä cette epoque, visiblement enclin ä partager l'opinion de Davaine : les animaux s'infecteraient sur-tout par la voie cutanee, par des blessures de la peau sur lesquelles viendraient se deposer des poussieres contenant des germes charbonneux.
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Lc rölc des cadavres dans la dissemination du char-bon, reconnu de tout temps par les agronomes et les veterinaireSjdoit aussi etre ramene aux spores; un seul cadavre neglige peut donner naissance a des spores innombrables et les disseminer ä la surface du sol ou en souiller les eaux. II relate ä ce sujet le fait signale par (Emlcr (l) qui, sur le domaine de Mansfeld, vit la mor-talite annuelle des moutons par le charbon tomber de 21 0/0 ä 2 0/0, ä la suite de Tinterdiction rigoureuse d'enterrer aucun cadavre d'animal dans les champs ni dans les päturages.
Ainsi le pouvoir de resistance dont est revetue la spore explique la tenacite si grande qu'offre parfois le virus charbonneux, tenacite qui ne se conciliait pas avec ce que nous savons de la vie relativement ephemere et de la vulnerabilite de la bacteridie. Ainsi s'explique aussi et tout naturellement le double caracterc que presente le charbon d'etre ä la fois une maladie virulente, directement inoculable d'un animal malade ä un animal sain, et une maladie tellurique, liee ä des qualites jusqu'alorsmysterieuses du sol, des eaux, des aliments. Ainsi se trouve comblee une des lacunes les plus serieuses de la theorie de Davaine, regardant le charbon comme exclusivement du ä la bacteridie.
Restait k dissiper les derniers doutes,ä faire la preuve Hbsolue,rigoureusement scientifique,teile qu'illa fallait en un mot pour la solution d'un debat, decisif non pas seulement pour le charbon, mais pour la doctrine meme de la nature parasitaire des maladies infectieuses: e'est ce qui fut realise par les admirables recherches do M. Pasteur et de ses eleves. Nous entrons ainsi dans la periode tout äfaitactuelle de l'etude du charbon; aussi, quittant I'ordrehistorique suivi jusqu'ici, je vais aborder Texpose didactique de ce qu'il me reste ä vous dire de la maladie charbonneuse.
(1) Cito par Bollingcr (art. Charbon in Ziemssen's Ilandb, p. 453.1
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SIXIEME LEQON.
Morphologie et biologie du bacillus anthracis.
SOMMAIRE. Etude do la bact6ridie dans sos trois formes essentielles : forme bacillairc, filamcntouse et sporulaire. Dans le corps des animaux la bacteridie n'existe qu'ä I'etat bacillaire.
nbsp; Description du bacille : c'est une cellule vegetale. Emploinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,, des möthodos de coloration. Etat filamenteux. Mölhodes
de culture. Aspect des cultures dans les milieux liquides et
solides. Spores. Leur disposition dans le filament. nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
Leur mode de germination. Differences morphologiques du
bacillus anthracis et du bacillus subtilis.
Biologie du bacillus anthracis. Differences de ses conditions de vie, selon qu'il est a I'etat de bacille ou de spore. R6sistanco diflerente, sous ces deux formes, ä l'inanition, la dessication, l'absence d'oxygöne, l'elevation de la temperature.
nbsp; Action de la lumiere solaire.
Messieurs,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ',
La bacteridie du charbon (Dav.), bacillus anthracis (Cohn) est un schizomycete qui, clans la classification de Cohn, rentre dans la famille des Desmobacteries et dans le genre Bacille. Comme nous venons de le voir, ct comme nous allons le montrer avec plus de details, le bacillus anthracis est un organismc polymorphe dont I'aspect, le mode de croissance et de reproduction aussi bien que les proprietes physiologiques et Faction patho-gene varient selon diverses conditions, dont quelques-unes du moins sent hien connues. Au point de vue des-criptif, on pent lui assigner trois formes distinctes ; la forme bacillairc, la forme filamenteuse et la forme sporulaire. C'est sous ces trois formes que nous allons I'e-tudier, tout en faisant remarquer que cette division, commode au point de vue didactique, n'a rien d'ab-solu, en ce sens qu'il s'agit lä d'une succession continue d'etats evolutifs dont cette division marque simplement les etapes principales.
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A. Elat bacillamp;ire, G'est souscet etat que la bacteri-dio apparait toujours dans le corps des animaux atteints de charbon, c'est sous cette forme qu'elle a ete decou-verte et decritetout d'abord, c'est aussi cello qui, pour nous, est la plus interessante, puisque c'est toujours a cet etat que s'exercc son action pathogenc sur les animaux et sur I'homme. Qu'on preleve sur un animal qui vient de succomber au charbon, une gouttc tres petite de sang, qu'on I'etale en couche mince sous la lamelle et qu'on examine ü un grossissement conve-nable,etron aura sous los yeux le spectacle saisissant, si Men decrit en quelques mots par M. Pasteur :laquo; des globules rouges, plus ou moins agglutines, coulant comme une gelee un peu fluide, des globules blancs en nombre plus grand que dans le sang normal et des M-tonncts qui nagont dans le serum limpide raquo;. Ces baton-nets sont droits, flexibles, cylindriques, immobiles, homogenes, transparents comme du verre. Les uns paraissent constituer un batonnct unique, les autres sont formes do deux ou trois articles (rarement davan-tage) places bout a, bout, separes par une scissure nette, l'adherence des segments contigus ne se faisant plus que d'une fagon lache et souvont par un des angles seulcment. L'epaisseur des bätonnets est d'environ 1 ä 1,25 p; la longueur est tres variable, cntre 5 et 20{t. Tel est I'aspect quo presente le bacillus anthracis, examine dans le sang ou dans les produits charbonncux frais, sans autro modo de preparation.
Si Ton traite la preparation par I'acidc acetique concentre, on voit les globules rouges et blancs pälir et disparaitre, les bacillcs au contraire persister avec plus de nettetc ; ils resistent de meme ä Faction de la potasse caustique, de I'acidc chlorhydrique, sulfurique, etc., et c'est en se basant sur'ce caractere que Pollender dejä et Delafond avaient admis leur nature vegetale.
Lamethode decoloration ä l'aidedes couleursba.si-
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ques d'anilino a licaucoup t'acilite la recherche et l'elude des baoilles dans les liquides et dans les tissus char-bonneux. Ces colorations se pratiquent soit sur des produits charbonneux etales sur une lamelle (Koch) soit sur des coupes d'organes (Weigert).
Dans le premier cas, on etale en couche tres minelaquo; sur une lamelle a couvrir, du sang ou d'autres liquides charbonneux, ou onfrotte a, la surface de la lamelle une parcelle tres petite de tissu; on laisse secher a, I'air, puis on fixe et on coagule la mince couche albumineuso ainsi obtenue (pour l'empecher de se redissoudre dans le liquide colorant) en plagant la lamelle a 1 etuve ä 115deg; pendant plusieurs hcures,ou plus commodement, en la passant, la lace enduite tournee en haut, trois fois, assez lentemcnt, ä travers la flamme d'unelampeäalcool. La lamelle est ensuite mise flotter, la face enduite dirigec on has, dans une solution aqueuse, de concentration moyennc,de couleur basique d'aniline(violet demethyle, fuchsino,bleude methylone, etc.). Aubout do quelques minutes, la coloration est süffisante, on lave la lamelle a l'eau distillee et, pour la simple orientation, on pent examiner directoment dans l'eau. Si Ton veut conserve!' la preparation, on la passe rapidement a 1'alcool absolu, on I'eclaircit par l'essence de clou de girofle et Ton monte dans le baume. Pour l'etude des details, on se servira d'un objectif ä immersion homogene, avec eclai-rage Abbe et miroir plan, sans diaphragme.
Les coupes fines d'organes charbonneux, pratiquees sur des pieces durcies par I'alcool absolu, se colorent tres bien par la simple methode de Weigert ainsi que par. celle de Gram. On obtient des preparations tres elegantes par la methode do la double coloration dc Weigert (1).
(I) Pour les details ä cc sujot, consuller: Koch, Verfahren zur Untersuchung der Bacterien [Beiträge zur Biol. der Pflanzen, lid. II, 1877, p. 399) et MtH/ieiAmgen aus dem hais. (iesund-hcüsamle, Bd. I, '1881, p. 'S. quot;Weigert: Zur JTechnik dor mi-
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Si Ton traito par ces procecles ties preparations do filaments contenant des spores, celles-ci demeurent incolores dans Tinterieur du filament colore ; inais recemment on a reussi a colorer aussi les spores, soit isolement, soit en meme temps quo les filaments, par une double coloration. Pour colorer les spores seules, on procede de la fagon suivante : une parcelle de la culture est etalee et sechec sur une lamelle ; puis on sou-met la lamelle pendant pros d'une heure ä une temperature d'environ 200quot;, ou bien on la passe ä travers la flamme de la lampe ä alcool, non pas trois fois seule-ment, mais une dizaine de fois ; puis on colore, comme d'habitude, par une solution aqucuse de couleur basique d'aniline. A la suite de ce chauffage plus intense, lo protoplasma des filaments est altere au point de ne plus fixer la matiere colorante ; les spores au contraire, et elles seulement, se colorent, II est probable que la temperature elevee a modifie la structure de l'enveloppo de la spore et a triompbe de la resistance qu'ellc oppose a la penetration de la matiere colorante (H. Büchner, Hueppe). Ladoublc coloration des spores et du filament s'obtient, ainsi que l'a montre Neisser, k l'aide du pro-cede d'Ebrlich pour la coloration du bacille de la tuber-culose : la lamelle (passee trois fois ä travers la flamme) est mise dans une solution chaude de fuchsine dissoutc dans I'eau d'aniline (liquide d'Ehrlich); on decolore par I'acide nitrique au tiers ou par I'alcool absolu, on lave ä I'eau, puis on colore ä nouvcau rapidement dans une solution de bleu de methylenc ; les spores apparaissent alors colorees en rouge dans l'interieur du filament colore en bleu (1).
croscopischeti nacterion-Unlorsuehungen (VircAow's Arch. 1881, Bd. 8i, p. 275). Malasscz. Coloration des baalerios pur lo violet do methylc. {Gaz. vied, do Paris, 1881, p. 758). Gornil ot Babes./..es ßac/mes, Paris, 1885, p. G'i ctsuiv.,ct p. 492 et suiv.
(1) Voir Hueppe. Die Methoden der Bacterien-Forsehung, 1quot; edit. 1885, p. 56.
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Grtlceäces divers artifices de preparation, on a pe-netre plus avantdans la connaissance de la morphologienbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;t
du bacillus anthracis. On pent, aujourd'hui, avoc la plupart des botanistes, considerer les bacilles commc etant des cellules vegetales, qui s'accroissent, se divi-sont et se multiplient comme clles. La cellule bacillairo (Bacterionzelle) est formec par un corps protoplasmiquo homogene, transparent, de nature probablement albu-mineusc (albuminc et nucleine), qui se colore en jauno ou en brun par la teinture d'iodo et offre une grando aviditc pour le carmin et les couleurs derivees do rani-line. Autour de cette masse protoplasmique existe uno membrane (membrane cellulaire) que rend surtout apparontel'emploi de certains reactifs,la teinture d'iodo, notamment, qui colorent et retractent le protoplasma sans agir de meme sur I'enveloppe. Cette enveloppe n'est sans doute que la couche interne, plus dense, d'une atmosphere gelatineuse qui entoure le protoplasma. La cellule bacillaire, arrivee ä une certaine longueur, so divise par segmentation en deux cellules-filles. Getto segmentation s'accuse par I'apparition d'une fine ligne transversale qui souvent, a son debut, est telloment mince qu'ello echappe l'acilement ä l'observation et n'apparait qu'avoc l'emploi des reactifs appropries.
Dans le sang et dans les tissus des animaux atteints de charbon, ce mode de reproduction est le seid que Ton observe. La forme filamenteuse et, a/brtiori,les spores ne sedeveloppentjamaisdans ces conditions ct les assertions de ceux qui decrivent des spores dans le sang ou dans les organes d'animaux charbonneux no reposent quo sur des erreurs d'observation.
Les dimensions des bacilles, tant en epaisseur qu'en longueur, sont un peu variables selon les diverses es-pecos animates atteintcs do charbon. Ainsi, selon M. Iluber, les bacilles seraient plus courts chez lebecuf, plus longs chez le cobayc, plus longs encore chez la
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souris (1). II m'a somble, sans cepondant que j'aie pratique de mensurations, que les baoteridies etaient plus courtes chez rhomme que chez los rongeurs.
Du reste, chez le memo animal atteint de charbon, la longueur des bacilles pent varior selon le siege des lesions qu'on examine, ou bien selon d'autres circons-tances. Ainsi chez les rongeurs (lapins, cobayes) inocules sous la peau avec du virus charbonneux, les bacilles que Ton rencontre au lieu meme de l'inoculation, dans I'oedeme gelatiniforme sous-cutane qui s'y developpo, sont souvent beaucoup plus longs que ceux que 1'on rencontre dans le sang. II est probable que dans ce dernier liquide, en vertu du mouvement dont il est anime, les bacilles en voie de vegetation sont plus ra-pidement divises en segments independants les uns des autres.
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De meme, sur des cobayes inocules avec du virus attenue (vaccins de Pastour), qui succombaient ä l'inoculation, mais au bout d'un temps plus long que s'ils avaient ete inocules avec le charbon virulent (au bout ]nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;de 4 ä 5 jours, au lieu de 36 a 48 heures), nous avons
tVinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; constate^ M. Roux et moi, en pratiquant des coupes sur
les divers organes, le rein, le foie, le poumon, que les capillaires de ces organes etaient souvent remplis de bacilles extremement longs; il semble que dans ces cas les bacilles manifestent une certaine tendance ä se comporter comme ils le font quand on les cultive dans un milieu inerte et ebauchent la forme filamenteusc. MM. Koch, Gaffky et Löffler ont fait la meme consta-
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B. Etat fllamnnteux (mycelium). La bacteridie pre-scnto ce mode de croissance en dehors do I'economie
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(1) Hubor (K.). Experimentelle Studien über Milzbrand. (Doulsclie med. Wochcns. 1881, p. 89J.
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vivante, loraqu'elle est placoe dans ua milieu nutritif approprie, liquide ou solide, a unc cortaine temperature et en presence de l'oxygene de l'air. Pour I'etudier ä cat etat, il est done necessaire de pratiquer ce qu'on appelle des cultures. Nous avons dit quo Delafond est le premier qui ait tente la culture de la bacteridie en dchors de l'organisme et qu'ilavu se produire I'allonge-mont des bacilles dans le sang retire des animaux char-bonneux et conserve dans des vases de verre ä une temperature convenable. Mais e'est M. Kocb qui a observe le premier revolution complete de la bacteridie, en I'ensemengant dans des liquides propres ä la nourrir. II a pu ainsi faire des cultures successives et decouvrir la formation de la spore. M. Koch cultivaitla bacteridie dans des gouttelettes de l'humeur aqueuse de l'ceil du boeufou de serum frais du sang, gouttelettes suspen-dues ä laface inferieure de la lame äcouvrir, et il pou-vait ainsi suivre au microscope la croissance, la spo-rulation et la germination de la bacteridie.
M. Pasteur a applique ä l'etude de la bacteridie les puissantes et rigoureuses methodes qu'il avait creees dans ses travaux sur les fermentations. De meme qu'il avait eultive la levüre de biere, le ferment lactique, le ferment butyrique, ä l'etat do purete, dans des liquides purs et appropries ä la vie de chaeun de ces etres, il fit vegeter la bacteridie du charbon, d'abord dans le liquide mineral qui porte son nom, puis dans l'urine sto-rilisee et rendue legerement alcaline et il put ainsi en preparer des quantites aussi grandes qu'on pouvait de-sirer. Un des milieux les plus favorables ä la culture de la bacteridie, et qui est couramment employe, est le bouillon de veau ou de beeuf rendu legerement al-calin.
Dans un ballon sterilise contenant du bouillon ainsi prepare, nous portons avec purete, ä l'aide d'un fil de platine ou d'un tube de verre etire, une goutte-lette de sangpris dansle eceur d'un animal qui vient de
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succomber an charbon; la quantito de sang ainsi appor-tee dans 1c liquide cst si petite qu'elle n'cn trouble en rien la limpidite. Puis on met lo vase a l'etuve ä la temperature de 30 a 35deg;. Au bout de quelques beures on voit des floeons tenus nager clans le liquide; ces flo-cons grossissent et conservent une certaine cohesion, de sorte qu'ils resistent ä unc legere agitation imprimec au liquide qui roste limpide dans lour Intervalle. Dans les heures suivantes, ces flocons deviennent assez vo-lumineux pour former comme un nuage au sein du liquide. Get aspect floconneux de la culture de la bactc-ridie dans le bouillon est caracteristique.
Si avec une pipette on transporte sur le porte-objct un des flocons de la culture et qu'on 1'examine au microscope, on voit qu'il cst forme de filaments extreme-ment longs, cylindriques, non ramifies, onduleux, tor-dus quelquefois les uns sur les autres ou enchevetres comme des paquets decorde(/ig. 2, A). Examines äl'etat frais, ces filaments paraissent homogenes dans toutc leur longueur, sans trace de separation transversale, sauf les points oü il existe des ruptures. Mais si 1'on fait des preparations colorees, on constate que ces filaments sont formes par une gaine hyaline delicate, renfermant une rangee de masses protoplasmiques, cubiques ou allongees; celles-ci sont separees les unes des autres pur des cloisons transversales et chacune d'elles representc une cellule vegetative. En meme temps que s'effectue ce travail de croissance par allongement et segmentation transversale, on voit apparaitre dans l'interieur des cellules vegetatives les organes de reproduction propre-mcnt dits, les spores. Apres quelques jours de sejour ä l'etuve, le bouillon dans lequcl a pousse la bacteridie a legerement bruni et est redevenu limpide, et sur le fond du vase s'est deposee une fine poussiere qui se souleve quand on agite le liquide. A l'examen microscopique de co depot, on ne trouve plus les longs filaments dont il ne reste quo dos fragments pillis. 11s ontfait place ä des
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spores nombreuses, refringentes, los unes libres et ani-mees de mouvement brownien, les autres encore ali-gnees ä la file et dessinant 1c filament qui leur a donne naissance.
On salt qu'un bacille banal,non pathogcne, extremo-ment repandu dans la nature, le bacillus subtilis (bacille de l'infusion de foin) presentc avec le bacillus anthracis d'etroites analogies morphologiques et biolo-giques. Neanmoins, il est tres facile de les distingucr par l'aspect des cultures dans le bouillon. Si, dans les memes conditions qui viennent d'etre ditcs, on some le bacillus subtilis, on voit le liquide so troubler dans sa. totalite au bout de quelques heurcs, puis presenter ä sa surface un voile sec, qui pen ü peu s'epaissit et de-vient rugueux. Le microscope nous montre que, dans 1c liquide trouble, nagent des bacilles mobiles, isoles, ct que le voile est forme d'un feutrage serre de filaments devenus immobiles et qui bientöt montrent des spores dans leur Interieur. Plustard, le voile se uesagrege, les spores tombent au fond du vase ct le liquide s'eclaircit.
La culture de la bacteridie charbonneuse dans les milieux solides a aussi un aspect particulier. Piquons, comme le fait M. Koch, un tube de gelatine nutritive bien transparente avec un fil de platine portant ä son extremite un peu de sang cbarbonneux et mettons ce tube ä la temperature ordinaire du laboratoire. Au bout d'un jour, on verra la gelatine se fluidifier ä la partie superieure et de haut en has, en meme temps qu'il s'y forme des flocons blancs, d'oü partent presquetoujours de fins filaments enchevetres et ramifies qni donnent ä la culture une apparence arborescente. Toute-fois, cet aspect de la culture n'est pas constant et dans certains cas, quand la vegetation est ralentie, l'aspect arborescent fait defaut ct la gelatine lluidifiee renferme des flocons blanchätrcs, arrondis, grumeleux. Le bacillus subtilis, eultive dans les meines conditions, llui-
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dilic egalement la gelatine, mais beaucoup plus rapi-dement et la culture n'a pas Taspcct rameux.
Cultivee dans de la gelatine ütalee on couche mince sur unc plaque do verre [cultures sur plaques de M. Koch) la bacteridie charbonnouse se developpo sous forme do colonies arrondies qui, examinees ä un faible grossis-sement, presentent au centre un aspect lilamentcux, enchevetre; ä la peripherie de la colonie ces filaments sont assez regulierement onduleux.
Semee sur I'agar-agar, la bacteridie ne le fluidilie pas et forme une crouteseche, facile ä enlever. Cultivee sur une section pure de pomme do terre cuite, la bacteridie forme des colonies seches, blanches, qui restont circonscrites aux points d'inoculation.
C. Spores du bacillus anthracis. La formation des spores debute par I'apparition d'unc granulation tres petite dans l'interieur du protoplasma do la cellule vegetative. Graduellement cette granulation augmente do volume et apparait bientot comme un corps allonge, ovoido, fortement refringent qui attcintson completde-veloppemcnt au bout de quelques heures ot represente alors la spore parfaite [fig. 2 B). Cette sporeesttoujours plus petite que la cellule-mere. Autour d'elle, lo protoplasma de la cellule disparait graduellement et il arrive un moment ou il ne reste plus que la membrane mince do la cellule-mere, dans l'interieur transparent do la-quellc la spore apparait comme suspendue. Une cellule-mcro ne donne jamais naissance, dans son interieur, a plus d'une seule spore.
Toutes les cellules vegetatives du filament ne don-nent pas naissance ä des spores, et celles-ci n'apparais-sent pas simultanement dans les differentes cellules du filament. Un certain nombre do segments demeurent steriles, leur protoplasma subit une disintegration graduelle, la membrane d'enveloppe seule continuant ä persister pendant quclque temps, comme uncgainc vide.
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D'autres lois, dans dos cultures un pcu anciennes, on voit un certain nombre do segments du filament se gon-ller, sous forme de ronflements globulaires, ou fusi-ibrmes, ou irregulierement arrondis, donnant au filament I'aspcct d'un chapclet a grains^ ou d'une toruia.
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Fiy. 2. A. a, filament myculien du bacillus anLhracis dans une cuUure 1(5-cente. s, spore libre. b, spore en voie de germination. c, IjaciUes adultus.
13. Filament mycelien du bacillus anthracis dans une cuUure plus ägee ; une portion des filaments renlermedes spores ; en haut deux spores fibres.
C. Bacillus subtilis.1, Fragment de filament renfermant des spores. 2, Debut du la sermination de la spore. 3, Lo bacille naissant emerge perpemliculairc-nient au grand axe de la spore. 4, Les deux cxtremitfSs du bacille naissant rcgt;-tent engagees dans I'ouvcrture do l'envoloppe, d'oü un aspect en fer-a-clieval; bientot une des extrdmites se ilögage. 5, Les deux extremites restent eugagecs pendant que l'anse ömcrgee conlinue ä se developper en lormo de fer a cueval, (D'ayres M. de Bary.}
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Les botanistes s'accordent gcneralemont ä regarderces formes comme I'mdioe d'un etat do regression et do mort des cellules vegetatives; ce scraient des formes crinvolutlon. II y alongtemps quo M. Pasteur asignalö la presence do ces images, en forme de fuseaux uu do
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poires, ou de boules dans les cultures un pen anciennes, surtout lorsque les conditions ne sont pas tres favora-bles, comme cela se presente par cxemple dans les cultures faites a de basses temperatures (16 ä 188); mais pour lui, ainsi que pour M. de Bary, iln'est pas prouvo qu'elles temoigncnt de la mort ni de la perte de virulence de ces elements.
On a beaucoup discute surles causes qui font qu'äun moment donne la bacteridie cesse de s'accroitre par al-lougcment filamenteux et division successive et affecto un autro mode de reproduction, celui do germes durables ou spores. L'opinion la plus generalement acceptee est celle qui attribue l'apparition des spores dans le filament ä un commencement d'appauvrissement, d'epui-sement du milieu nutritif dans lequel ces filaments vcgetent. Mais les spores apparaissent dans les cultures longtemps avantque cet epuisement ne se soit effectue, ce donton peut s'assurer eny faisant de nouveauxense-mencements du meme organisme qui se montreront fe-conds et affecteront le developpement filamenteux, puis sporulairc, comme le premier cnsemencement. II faut reconnaitre que la vraie cause du phenomene nous echappe encore.
Les spores une fois formees etlaquo; mures raquo;, si le milieu nutritif n'est pas epuise, si I'oxygene nc fait pas defaut et si la temperature est favorable, on assiste ä un nou-vel acte qui aboutit a la transformation de la spore en une nouvelle cellule vegetative, en un nouveau bacille. C'est la germination. Elle est precedee de la dispari-tion de la membrane de la cellule-mere et par la mise en liberte complete des spores.
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Nous avons vu (Lkcon V) comment M. Koch a decrit le phenomene de la germination. Pour lui, la spore brillante est entoureo dune masse transparente comme du verre qui serait proprement le protoplasma, la portion centralc, refringente dc la spore n'etant au contraire
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qu'une gouttclettehuileuse,une sortedc reserve alimen-taire. L'enveloppeprotoplasmique s'etirerait dansle sens du grand axe de la spore, de pyriforme deviendrait cy-lindrique et finalement arriverait a la forme de bäton-net, pendant que la portion brillante demeuree ä Tun des poles disparaitrait graduellement.
II faut renoncer h cette description. Dejä M. Klein avait objecte que si l'enveloppe exterieure de la spore etait de nature protoplasmique, on s'expliquerait diffi-cilement le pouvoir de resistance de la spore ä l'eleva-tion de temperature, par exemple; ce fait, entreautres, tcndrait plutöt ä faire supposer que la partie vivante du gcrme est centrale et protegee exterieurement par uno cnvcloppe. Les recherches de Prazmowski et de Brefeld ont montre qu'il en est, en effet, ainsi et que la portion centrale, refringento de la spore, est bien lo proto-plasma, entoure d'une membrane tres fine, mais resis-tante. Co que M. Koch decrivait comme un manteau exterieur de protoplasma ne serait autre chose qu'une cousbcgelatineuse, qui,loin de s'accroitre et de s'allon-ger lors de la germination, disparaitrait a ce moment.
En realite, la germination s'effectue de la fagon sui-vante : la spore augmente de volume et perd de sa re-fringence ; puis,ä Tun des poles du grand axe, apparait une intumescence qui indique lemergence du bacille naissant. La membrane d'enveloppe de la spore subitä ce niveau une dechirure ou une dehiscence par ou 1c protoplasma fait issue. Cette dechirure, qui est tres nette sur un certain nombre d'autres bacilles, n'estpas visible, selon M. dc Bary, sur la spore du bacillus anthracis dont la germination s'effectue sans eclatement apparent ni soulevement de la membrane d'enveloppe. II est probable que celle-ci subit, des le debut de la germination, une resorption ou une dissolution rapide, d'oü l'impossibilite d'en apercevoir ni la rupture ni meme les vestiges. Le protoplasma mis en liberte con-
STIIAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 6
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tinue sa croissance, s'allonge et prend finalemcnt la lorme d'un bacille (1).
D'apres v. Frisch et Prazmowski, ces bacilles nais-sants seraient souvent animes d'un mouvement actif, mais lourd et peu accuse. M. Toussaint a fait la memo constatation: laquo; lesbacteridies, dit-il,provenant de spores possedent, lorsqu'elles commencent ä paraitre, de legers mouvemonts par lesquels ellcs peuvent changer leurs rapports, mais dc tres peu; lorsqu'on examineun groupe de trois ou quatro spores rassemblees ä petite distance, on les voit s'ecartor ou se rapprocher les unes des autres par des mouvoments lents d'oscillation et dans des liquides tout ä fait immobiles. Les mouvoments cessent completemcnt aussitot que la bacteridie a acquis assez de longueur pour se segmenter (2).
Cette etude morphologique du bacillus anthracis gagne ä etre completee par quclques notions sur la mor-phologie du bacillus subtilis qui offre avcc lui tant d'analogies apparentes. Lo parallele est instructif, non seulement pour eviter une confusion qui sans cela serait facile, mais encore pour juger plus tard en complete connaissance de cause les faits avancespar M. Büchner, d'apres lequel ces deux bacilles nc seraient que deux etats differents d'adaptation d'un seul ct meme orga-nisme.
Le bacillus subtilis est un peu plus grele que le bacille du charbon ; il est vxobile; ses extremites, au lieu d'etre coupees a, section nette, sont un peu arrondies ; enfin il est arme ä ses deux extremites d'un flagellum ou cil extrcmement fin, mais qui n'est pas du ä une illusion d'optique puisqu'il so retrouve sur les photo-grammes. Les spores contenues dans le filament spo-
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il) Consalter a co sujet : Dc Bary : Vorlesungen über Bncle-rien, 1885, p. 16; ct Hueppe : Die Formen der Baeterien, Wiesbaden, 1886, p. 135-138.
(2) Toussaint. Rocherches nur la maladic charbonneuse, l^T'J, p. 53.
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rigerc debordent un peu la membrane do la cellule-mereifig. 2, C), etant pluslarges qu'elle, tanclis queles spores du bacillus anthracis y sont nettement inscrites {ßg. 2, B). Enfin,lesdeuxbacillespresentent unc difference fondamontale quant au mode de germination de la spore.Nous avonsvu que, pour le bacillus anthracis, hi developpementsefaitdanslesensdugrandaxedelaspore (fig. 2, A,b);pourle bacillussubtiIis,iIsefaitaucontraire dans le sens equatorial. Lo filament protoplasmique s'e-chappe par une Ouvertüredc la membrane siegcant a I'ex-tremite du petit axe de la spore ; la figure C represente les differentes fagons dont pout s'effectuer ce mode do degagoment du jeune bacille d'avec l'enveloppe de la spore. Lo plus souvent, il emerge librement, clans une direction franchoment perpendiculairc au grand axe dc la spore {fig. 2, C, 3); d'autres fois, il est retenu dans la fentede l'enveloppe parses deuxextremiteset laportion moyennedubacillos'echappcderouvertureenpresentant une forme d'anse ou do fer achcval {fig. 2, C, 4). Dans ces cas, tantot unc des extremites Unit par se dögager ; d'autres fois, les deux extremites demeurent fixeesdans la fente de la membrane, le bacille continuant a croitre avec sa forme en fer a cheval et arrivant meme ä se divisor ainsi en deux bacilles (/u/. 2,C, 5). Onvoitdonc, qu'au point do vue de la germination surtout, il cxiste, malgre lours analogies apparentos, entre lo bacillus anthracis et le bacillus subtilis, des differences pro-fondes,
Biologie du bacillus anthracis. Los notions qui precedent doivent etre completees par I'oxposo succinct de ce quo nous savons d'essentiel sur les conditions do vie et de devcloppcmont du bacillus anthracis et sur les differences profondes qui existent, a cot ogard, ontre la forme adulto, vegetative du microbe, ot sa forme sporu-lairc ou de fructification : e'est sur ces notions que repose l'ötiologio exuete du charbon.
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Le bacillus anthracis a ce point do commun avec lous les schizomycetes et, d'une faqon plus generale, avec tous lesvegetaux prives de chlorophylle, qu'il ne possede pas le pouvoir qu'ont les cellules chlorophylliennes de puiser directement dans l'acide carbonique de l'air ou du sol les elements necessaires ä leur nutrition. Ainsi qu'aux animaux etaux champignons, il lui faut, pour vivre et se developper, des materiaux organiques tout prepares, des combinaisons hydrocarbonees et azotees. Cesmateriaux, la bacteridie les trouve dans les humeurs ou les tissus des animaux sur lesquels eile vit en parasite, ou bien quand eile se developpe en dehors de l'organisme animal, ellc les puise dans les produits morts d'origine animale ou vegetale (sang, urine, debris de tissus animaux ou vegetaux morts).
La reaction chimique de ces materiaux nutritifs n'est pas indifferente : la bacteridie vit et vegete surtout dans les milieux neutres ou faiblement alcalins; eile vit pe-niblement ou perit dans les milieux acides.
Un certain degre d'humidite du milieu ambiant est egalement necessaire ä la vie de la bacteridie ; eile perit en peu de temps si on la soumet ä une dessication rapide.
Une autre condition indispensable ä la vie de la bacteridie adulte est la presence d'oxygene libre (ou faiblement lie, comme dans le sang des animaux); en un mot, c'est un type d'organisme aerobie. M. Koch a montreque, cultivee dans le sang, ellereduit complete-ment I'hemoglobine etque son developpementcessedes que la reduction est complete. D'apres M. Pasteur, ellc absorbe dans les liquides de culture jusqu'auxdernieres portions d'oxygene en degageant un volume d'acide carbonique sensiblement superieur.
La soustraction d'oxygene, pour peu qu'elle se pro-longe, empeche non seulement la croissance et la multiplication, mais encore la vie de la bacteridie; c'est ce que prouve rexperience deja ancienne do Davainc, qui
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constata que du sang charbonneux. renferme dans un tube de verre scelle, perd toute virulence au bout de quelques jours. Cast pour cette raison aussi que le sang recueilli dans 1c cadavre intact d'un animal cbar-bonneux, plusieurs jours apres la mort, n'est plus virulent et ne contient que des bacteridies en voie de de-sintegration granuleuse ; elles sont mortes apres avoir epuise toute la reserve d'oxygene du sang.
Les choses se passent tout autrement pour la spore, arrivee ä maturation. Comme toutes les graines, eile renferme dans son Interieur les aliments necessaires a sa vie latente de germe et eile pent subsister pendant des mois et des annees dans des milieux entierement prives de materiaux nutritifs, a la surface des objets, dans le sable, dans I'eau, etc. Elle resiste de meme ä la soustraction de liquides, ä la dessication et ä Tab- #9632; sence d'oxygene. On pent done dire que, dans la spore, la nutrition ainsi que la respiration sont, pour ainsi dire, suspendues. Ainsi s'explique laquo; le long sommeil du germe morbide n et dans certaines circonstances sa resistance aux causes en apparence les plus destructives (1).
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(1) M. Duclaux a eu occasion d'6tudier les spores de divers microbes ayant servi en 1859 et 18G0 aux celöbres recherches do M. Pasteur sur la generation spontanöe, conservöes dans leur liquide de culture, en vase clos, et par consöquent presque entiöre-ment soustraites ä l'air, depuis cetle öpoque. laquo; J'en ai trouvö de Vivantes, dit-il, apres un quart do sifecle, et dont lo rajeunissement n'ötait pas plus long que si elles dataient de laveille. Rien ne fait supposer qu'elles aient ete atteintos on quoi quo co soit par ce long assoupisscment, et il somblc qu'on devra les trouver encore, apres un nouveau quart do siöclo, ce qu'elles sont aujourd'hui (Le microbe et la maladie, Paris 1886, p. 32). M. Duclaux, il est vrai, ajoute que ce mode de conservation des spores, dans un liquide a l'abri de l'air, est rare dans la nature, oil la spore ost surtout expos^e a so dessecher el a elro emportte par le vent. Dans ces conditions, il est doutoux qu'il puisse rester uno spore vivanto aprös 20 ans. laquo; J'ai operö, dit-il, sur dos bourros de colon ayant cot äge, chargees de millions do germes puisös dans l'air depuis 20 ans. Tons cos gormos, conserves depuis ä la lumiere diffuse.
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L'influenoe de la temperature est importante ä con-naitre et difforente aussi selon qu'elle s'exerce sur la bacteridie ou sur ses spores. Nous avons vu plus haut (leQon V) que la temperature la plus favorable ä la vegetation des filaments et a l'apparition des spores est d'environ 35deg; : dejä au bout de 20 heures les spores sont nombreuses et completement formees ; a 30deg;, ilfaut 30 heures ; ä 18 ou 20deg;, illeur faut deux a troisjours. Aune temperature inforieurc a 18deg; la formation des spores cesse; au-dessous de 12deg; le develop-pement iilamenteux s'arrete egalement. A 45deg; toute vegetation filamenteuse cesse; ä 42 ou 43quot;, dans In bouillon neutre de poule, la bacteridie se cultive encore abon-damment, mais sans formation de spores (Pasteur). Nous vcrrons plustard comment cette derniereparticu-larite a etc utilisee pour 1'attenuation du virus charbon-neux.
L'action d'une temperature de 50deg; et au delä sur des liquides contenant des bacteridies adultes amene promptement leur mort. Davaine, dejä, avait montre que du sang charbonneux fortement dilue avec de l'eau perd sa virulence s'il est soumis ä une temperature de 55deg; pendant 5 minutes, ä une temperature de 48deg; pendant un quart d'hcure et ä une temperature de 50deg; pendant 10 minutes. Du sang charbonneux non dilue perd sa virulence par une temperature de 51deg; pendant im quart d'heure (1). M. Toussaint et M. Chauveau ont etudio avec une grande precision Faction du laquo; chauf-fage raquo; sur la vic, la vegetabilite et la virulence de la bacteridie et nous y reviendrons quand nous parlerons del'attenuation.
dans los oomlitions de la poussiörc de nos appartemonts, se sont montres steriles raquo;. Mais il n'est pas necessaire d'une pcrsislance de vie aussi extreme pour juslificr la qualification de forme durable (Dauerspore) appliquöe ä la spore.
(1) Davaine. Recherches relativen ;i L'action de la chaleur sur le virus charbonneux IC, U. de l'Acadämie des sciences, 1873, t. LXXVII, p. 726).
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La bacteridie resistc beaucoup mieux ä rabaissement qu'ä relevation de la temperature. C'est ainsi quo M. v. Frisch a soumis, pendant pres d'une heure, du sang charbonneux ä une temperature de 110deg; obte-nue ä l'aide de Facide carbonique liquide, sans lui voir perdre sa virulence ni la facultö de se cultiver dans les milieux appropries (1).
MM. Pasteur et Joubert ont bien mis en lumiörc la difference de resistance de la bacteridie aux diverses causes de destruction^ suivant qu'on la considere dans sa forme bacillaire ou dans cellc de laquo; corpusculc-ger-mes raquo; ou de spores. Ils ont montre que, tandis qu'une temperature bien inferieurc ä 100deg; suffit pour tuer la bacteridie, les spores resistent ä la temperature de l'eau bouillante; dessecheos, olles supportent des temperatures de 120ä ISOraquo; (2).
D'apres M. Brefeld il faut uno ebullition de 2 heures de duree pour detruire toutes les spores d'un liquide de culture; placees dans ce liquide ä une temperature de 105deg; elles y resistent pendant pres d'un quart d'heure; ä 107deg; elles meurent au bout de 10 minutes. M. Perroncito a fait des constatations analogues (3).
Si Ton fait agir, a l'exemple de MM. Pasteur ct Joubert, de l'alcool absolu sur du sang cbarbonneux (con-tenant des bacilles sans spores) on constate que les bac-teridies contenues dans le coagulum ont perdu toute virulence et sont mortes. La memo operation, appliquee aux spores, conserve ä celles-ci leur aspect, leur virulence et leur faculte de devcloppement dans les liquides
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(1) Frisch (A). Uebor das Verhalten der Milzbrandbacillen qaqon extreme niedere Temperaturen (Sitzungsb. dor k. Akad. dor Wissensch. 1879, lid. 80, p. 79).
(2) Pasteur el Joubert. Eliule sur la maladie charbonneu.te [C. R. Acad. des sciences, 1877, 1. LXXXIV, p. 900); C/iar6on et septicemie (Ibid. t. LXXXV, p. 101).
(3) Perroncito, Sur la tenacile de vie du virus charbonneux dans sos formes de corpusculcs-germes et de bacillus (Arch. italiennes de Biol., t. II, p. 231 et t. Ill, p. 3-21).
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nutritifs. De meine, M. Brefeld a pu conserver les spores du bacillus anthracis dans Tether pendant des semaines etles faire bouillir dans ce liquide sansqu'elles subissent de modification.
L'influence de la lumiöre solaire sur la bacteridie et ses spores a ete recemment Tobjet de fort interessantes recherches deM.Arloing.M. DuclauXjl'un despremiers, avait appele l'attention sur le role du soleil oomme agent destrueteur des microbes et de leurs germes; il montra que cette action est differente, selon qu'elle s'exerce sur les micrococcus (dont la plupart, sinontous, sontprives de spores) ou sur les bacilles sporiferes. Los micrococcus exposes, ä Vetat sec, au soleil de noscon-trees, sont tues au bout de quolques heures ou de quel-ques jours au plus ; les bacilles sporiferes peuvent resis-ter ä cette action pendant six semaines ä deux mois.
M. Arloing a fait des recherches analogues sur le bacillus anthracis ; il etudia l'action exercee par le soleil sur cet organisme, non pas ä l'etat sec, mais itnmergu dans un bouillon de culture. II constata quo dans ccs conditions les bacilles adultes perissent'plus rapidement qu'a l'etat sec et qu'ils meurent au bout de 25 ä 30 heures d'insolation. Chose remarquable et en apparence tout ä fait paradoxale, les spores fraichement ensemen-cees dans un bouillon nutritif sont plus rapidement de-truites par les rayons solaires que les bacilles adultes ; il suffit de deux heures d'exposition au ;soleil de juillet pour les tuer. M. Arloing pense que cette action du soleil s'exerce sur la spore elle-meme; dans ce cas, 1c phenomene serait tout ä fait exceptionnel et la spore de la bacteridie presenterait cette particularite etranere de resister bien plus energiquement que la bacteridie adulte ä tous les agents cosmiquos, sauf un: la lumiero solaire. L'experience si interessante de M. Arloing peut laquo;'interpreter autrement; il est possible que les rayons solaires agissent dans ce cas sur la spore en voie de germination, sur le bacille naissant, que Ton peut sup-
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posor plus fragile ct plus vulnerable que la bacteridie aclulte. De nouvellcs rccberches eclairciront sans doute ce point curieux de la physiologie du bacillus antbracis (1). M. Arloing s'est assure en outre quecettc action destructive n'est pas due exclusivement aux rayons calorifiques ni aux rayons actiniques, non plus qu'a quelques-uns seulement des rayons colores du spectre solaire; eile est l'apanage de la lumiere solaire blanche, complete (2).
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(1)nbsp;Dos experiences que j'ai faites depuis tendont ii etablirl'exactitude do rinterprotation que je propose: des spores da bacillus anthracis sont somecs, les unes dans du bouillon nutritif, les autros dans de l'eau distillöo pure et les deux ballons exposes aux rayons d'un vif soleil d'aoiit: les spores placecs dans le bouillon sont en offel tuöes au bout de deux ä trois houres d'exposition ; les spores pla-cees dans l'eau distillöo elaient encore Vivantes et siisoeptibles do vegetation apres dix heures d'insolalion. Dans le premier cas les spores commoncent ä vögeler dans le bouillon ; l'action des rayons solaires ne s'exerce done plus sur la spore proprement dife, mais sur cellc-ci au debut de la germination, sur le bacille naissant; or celui-ci, comme tons les jeunes etres, est plus fragile, non seulement que la graine, mais encore que la cellule adulte, le bacille ; aussi dans ces conditions, lalumiere solaire en a rapidement rai-son.
Dans l'eau distillee, au contraire, les spores ne trouvant aucun aliment demeurent immuables et incapablesde vegöter; elles con-tinuent aussi a presenter, ä l'egard do la lumiere solaire commo des autres agents, la resistance considerable qui est lour attribut essentiel. (Voir Straus. Note sur l'action de la lumiere solaire sur les spores du Bacillus anthracis (C. 11. de la Hoc. de Biologie, 1886, p. 473).
(2)nbsp; Duclaux. Inßuence de la lumiere du soleil sur la vilalite des germes [C. R. Acad. des sciences, 1885, janv., n0 2, p. 119). Arloing. Inßuence do la lumiere blanche et de ses rayons constituants sur le dcoeloppement el les proprictes du bacillus anthracis {Arch, de physiol., 1886, p. 1120).
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SEPTIEME LECON.
li'ötiologie du charbon spontane.
Sommaire. Methode des cultures succossivos do M. Pasteur : cllo clahlit döünitivcmont quo lo charbon cst la maladie do la bamp;e-ti'.ridie. Experiences do filtration du sans charbonnonx. Lo charbon spontane des moutons : role des cadavres charbonnonx dans la production dos foyers ondemiques ; champs maudils.
nbsp;Mortalito dos animaux parqucs sur los fosses. Role des vors do torro dans lo transport des spores. Objections do M. Koch.
nbsp;Sos opinions sur lo modo do conservation du virus charbonnonx ä la surface du sol ; role qu'il fait jouer aux inondations.
nbsp; nbsp;Inllucnco d'un certain dogre d'humiditö du sol sur la sporu-lation do la bactoridio. Mesurcs prophylactiquos qui decoulenl dc cos donn6os etiologiques.
Messieurs,
Voyonsmaintenantles enseignements quo ces notions sur la morphologie et la biologie du bacillus anthracis ont aj^portes ä l'etiolog'ie de la maladie charbonneusc.
La metbode des cultures pures, m vitro, en dehors de l'cconomie vivante, et en series successives,apermis de faire la preuve irrefutable que o'est bien la bacteridie qui est la cause et la seule cause du charbon. Lcs experiences ancionnes, celles de Davaine en particulier, avaient montre qu'il suffit d'introduire sous la peau d'un animal, une gouttelette de sang charbonneux pour cntrainer sa mort par le cbarbon, et dans chaquegoutte du sang de l'animal ainsiinocule,on retrouvait en abon-dance les memes bacteridies qui pcuplaient le sang qui avait servi pour Finoculation. Ces bacteridies s'etaient done multipliees dans le corps de l'animal en veritables parasites ; nc sont-elles point la cause de la mort ? Tout I'indiquait sans doute, mais les doctrines encore rc-gnantes en medecino ropondaient autrcment et onga-
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goaicnt ä voir dans cette bacteridie, I'effot do la maladio et non sa cause. C'est, disait-on, l'inoculation des parties solides ou liquides du sang charbonnoux, autres quo la bactoridio, qui amene la mort par le charbon, c'est 1c sang ou les humeurs alterees par la maladie qui sont lo virus, et non la bacteridie.
Pour ecarter cette objection toujours renaissante et montror que la bacteridie est bien la cause du charbon, MM. Pasteur et Joubert out eu rccours a la methodo des cultures successives (1). Dans un f'lacon contonant im liquide nutritif pur, le liquide de Pasteur par exem-ple ou du bouillon do veau alcalinise, on depose uno gouttelette imperceptible de sang charbonneux frais et on porte a I'etuve a, 35deg;. La vegetation mycelienne no tardepas a se faire ; une gouttelette de ce premier flacon est introduite dans un deuxieme et y donne lieu ä la memo vegetation filamenteuse; une gouttelette de ce deuxieme flacon, mise dans un troisieme, produit un nouveau developpement et do memo pour un quatrieme, un dixieme, un vingtieme et ainsi indefiniment.
Dans la vingtieme culture ainsi obtenue, il n'y a assuroment aucune parcolle de la goutte do sang primitive emprunteeäreconomiedoranimal charbonneux (2);
(1)nbsp; nbsp;On confoml souvont les cultures successives de M. Pasteur avcclcs cultures fraationnees deM. Klebs, clout le hut elait tout (lil'förent ctconsistait a oblenir la culture pure d'unseul organismo. Dans on milieu renfcrmant, äcotö cki microbe qu'on veut isoler, d'autresmicrobes melanges, M, Klebs proleve uaeparcelle ires po-lile ct la seme dans un liquide nutritif pur; dans la culture,encore impure, ainsi obtenue, il preleve encore une petite gouttelette qu'il seiucdans un deuxieme liquideet ainsi plusieursfoisdcsuile laquo;aliu, dit-il, d'ecarier les impuretes contenues dans le liquide primilif ot d'oblenir, ä l'ötat de puretö, l'organisme qui predominait dans le premier liquideraquo;. {Boiträgo zur Kennlniss derMicrocohhen, in Arch. f. experim. Palhol. 1873, Bd. I., p. 31). La methode des laquo; cultures fraetionnces raquo; dans le sens do M. Klebs est done un modo, assoz inlidele du reste, de separalion de divers organismes.
(2)nbsp; M. II. Büchner a calculö que,daus une 7e culture ainsi faito ot on supposant quo la rate ontiöre d'une souris charbonneusc ait etc piaceo dans la promiörc culture, cetle rate ne reprosentorait plus ([uc un dix-quatrillionniöme do milligramme.
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et cependant si on inoculc a un mouton on a un cobaye une trace cle cette vingtieme culture, il meurt comme si on lui avait inocule 1c sang d'un animal mort du charbon spontane. N'cst-ce pas lä la preuve que la bacteridie est bien ce qui constitue le virus et que laquo; le charbon ost la maladio do la bacteridie, comme la trichinöse est la maladie de la trichine, comme la gale est la maladie de l'acarus raquo; (Pasteur).
Des 1871, MM. Klebs et Tiegel (1) avaient essaye de demontrer, par des essaisde filtration, que la bacteridie etait la vraie cause du charbon. 11s filtrerent du sang charbonneux dans un vase de terre poreux en y appli-quant le vide avec la pompe de Bunsen ; ils constaterent que le liquide filtre ne renfermait pas de bacteridies, et inocule ne donnait pas le charbon. Cos experiences lurent reprises avec plus do rigueur. par MM. Pasteur et Joubert, qui se servirent de filtres en plätre ou en porcelaine et de l'aspiration par le vide; ils purent ainsi obtenir des quantites notables de sang charbonneux filtre, dont ils purent inoculer jusqu'ä 80 gouttes a un lapin ou un cobaye sans aucun effet. Je me hate d'ajou-ter que cette demonstration n'est pas aussi rigoureuse qu'elle le parait d'abord ; on sait, en effet, que les filtres tres finsretiennentnon seulemont les particules solides, mais encore un grand nombre de substances dissoutes, tels que les ferments solubles, les alcaloides, etc. Des substances de cette nature, en meme temps que la bacteridie, peuvent done rester surle filtre.
A cette epoque, P. Bert se livrait a ses belles recherches sur les effets de l'oxygene a haute tension, dont il etablit Faction mortelle sur les etres vivants. II soumit du sang charbonneux en couches minces a de tres hautes tensions d'oxygene etil constata que ce sang avait conserve toute sa virulence. II en conclut que la
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(I) Klebs et Tiegel. Die Ursache des Milzbrandes (Schweizer Correspondenzbl. 1871, Bd. I? p. 275).
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causo du cbarbon nc pouvait etrc liec ii un organisme vivant, ä la bacteridie, puisqu'elle peut rosister ä un agent destructeur de tout cc qui a vie (1).
Lorsque parut la communication do P. Bort, M. Pasteur fut aussitot conduit ä penser que le sang charbon-neux dont ce physiologiste s'etait servi pour le sou-mettre ä la compression contenait non seulement des bacteridies, mais des spores , et il s'assura qu'en effet les spores du bacillus anthracis peuvent etrc maintenucs pendant 21 jours h 10 atmospheres d'oxygene pur sans perdre leur faculte de germination ni leur virulence. Quo si, au contraire, on soumet a ce traitement du sang charbonneux frais (ne contenant que des bacteridies) il pcrd toute virulence au bout d'une semaine de sejour dans I'oxygene comprime. Cost unnouveau trait äajou-tcr ii ceux qui differencient les proprietes de resistance du bacille et celles de ses spores.
Nous pouvons done considerer, comme chose demon-tree, que le cbarbon est toujours et uniquement du ä la penetration, dans le corps des animaux, du bacillus anthracis ou de ses spores. Voyons maintcnant ce qu'est devenue, avec ces notions nouvclles, l'etiologie du cbarbon dit spontane (par opposition au cbarbon inoculö ou experimental); voyons, en d'autres termes, si ces notions nous ont appris d'une maniere plus precise la fagon dont sont contamines les animaux, dans les conditions ordinaires oü I'experionce nous ensoigne qu'ils contractent cotte maladie. Le mouton etait naturelle-ment I'animal tout designe pour ces recberches, dues ä M. Pasteur et a, ses collaborateurs, MM. Cbamberland et Roux (2).
(1)nbsp; Bert. De Vemploi de l'oxygine a haute tension comme pro-cede d'investigationphysiologiquc des venins et des virus (C. II. Acadamp;nie des sciences, 1877, t. 84, p. 1.132).
(2)nbsp; Pasteur, Chamberland et Roux. Sur l'etiologie du charbon (C. R. Acad. des sciences. 1880, t. 91, p. 12).
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a Lea premieres experiences consisterent ä nourrir certains lots de moutons avec de la luzerne arrosee de cultures de la bacteredie avec ses spores. Malgre le nombre immense de spores ingerees par tous les moutons d'un meme lot, beaucoup d'entre eux echappent ä la mort, souvent apres avoir etc visi-blement malades ; d'autres, en plus petit nombre, meurent avec tous les symptömes du charbon spontane et apr6s un temps d'incubation du mal qui peut aller jusqu'a neuf et dix jours, quoique, dans les derniers temps de la vie, la maladie revete les caracteres prcsque foudroyants sisfnalespar les observateurs et qui ont fait croire ä uno incubation de trös peu de duree. La communication de la maladie par des aliments souilles de spores charbonneuses est plus difficile encore chez les cobayes que chez les moutons. Les spores, dans ce cas, se retrouvent dans les exoröments, on les retrouve egalement intactes dans les excrements des moutons.
laquo; On augmente la mortalite en melant aux aliments souilles des germes du parasite, des objets piquants, notamment les extremites pointues des fcuilles de chardon desseche, et surtout des barbes d'epis d'orge coupees par petits fragments,
laquo; II importait beaucoup de savoir si l'autopsie des animaux morts dans ces conditions montrerait des lesions pareilles h celles qu'on observe chez les animaux morts spontanement dans les etables ou dans les troupeaux parques en plein air, Les lesions, dans les deux cas, sont identiques ; et, par ieur nature, elles autorisent ii conclure que le debut du mal est dans la bouche ou l'arriere-gorge. raquo;
Quelle est l'origine des spores charbonneuses repan-dues ä la surface du sol dans les pays infectes, spores dont ringestion provoque chez les animaux le charbon spontane ? Ce sont surtout les cadavres d'animaux char-bonneux enfouis dans la terre qui constituent la source du contage. Que se passe-t-il,en effet, quand un animal malade meurt du charbon ? Le plus souvent, surtout si un etablissement d'equarrissage n'est pas dans le voisi-nage et si 1'animal a peu de valeur comme le mouton, on pratique une fosse sur place, äuneprofondeurdeSO cm. ii 1 metre, dans le champ meme oü l'animal a suc-combe, ou dans un champ voisin de la forme, s'il a peri ä l'ecurie; on l'y enfouit an le recouvrant de terre, Thcoriquemunt, si le cadavre etait ainsi enfoui nbsolu*
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inonl intact, commo les bactericlies qu'il renferme sont soustraites ä Faction de l'air necessaire ä leur vie, elles ne tarderaient pas ü perir toutes etjau bout de quclques jours, le cadavrc aurait perdu toute virulence charbon-neuse. Mais on realite les chosesne se passent pas ainsi.
laquo; Assistons, dit M. Pasteur, par la pensee a 1'enfouissement du cadavre d'une vachc, d'un cheval ou d'un mouton mort du charbon. Alors meme que cesanimaux no seraient pas depeces, so peut-il quo du sang nc se repande pas hors du corps en plus ou moins grandeabondance ? N'est-ce pas un caractere habitual cle la maladie qu'au moment de la mort le sang sort par les narines, par la beuche et que les urines sont souvent sangui-nolcntes? En consequence, et, dans tous les cas, pour ainsi dire, la terre autour du cadavre estsouillce de sang. D'ailleurs, il faut plusieurs jours avant que la baoteridie soit detruite dans le cadavre par les gaz prives d'oxygene libre que la putrefaction degage, et, pendant ce temps, le ballonnement execssif du cadavre fait ecouler les liquides de l'interieur ä I'exterieur par toutes les ouvertures naturelles,quand il n'y a pas,par surcroit, dechirure de la peau et des tissus. Le sang et les matieres ainsi melees a la terre aeree envirormante ne sont plus dans les conditions de la putrefaction, mais bien plutot dans cedes d'un milieu de culture propre a. la formation des germes dc la bac-teridie. raquo;
Ccn'etaitläqu'unevueprecongue; il fallait en demon-trer la realite par l'experience et, clans la terre vogetale qui recouvre les fosses, terre si riche en germes de toutes sortes, decelerla presence de la spore de la baoteridie. C'est ce probleme, singulierement ardu ä une epoque oü Ton n'etait pas encore, comme aujourd'hui, l'umiliarise avec les diverses methodes de separation des germes, queM. Pasteur a resolu. II lessive la terre suspecte, laisse reposer les eaux de levigation et re-cueille le depot qui se forme par le repos et qui est constituo par des microbes et des germes divers. II tue la pi apart de ces germes en soumettant le depot pendant vingt minutes, au bain-marie, ä la temperature de 90deg;. Parmi ceux qui restent, il n'en est plus que deux qui, inoculcs aux animaux, soient patbogenes. ce sont
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-Seles spores du vibriou septique et celles dc la bucteridie; e'est le premier organisme qui se developpe dans cer-taines inoculations, le second dans d'autres. M. Pasteur a pu ainsi constater la presence des spores charbon-neuses dans la terre recouvrant la surface de fosses oü des animaux charbonneux avaient ete enfouis depuis plusieurs annees, alors qu'on n'en trouvait pas dans Ics terres voisines de la fosse. Cette recherche a ete faite avec succes sur la terre de fosses qui n'avait pas ete remuee depuis I'enfouissement, aussi bien quesurcelle de fosses dont la surface avait subi, pendant plusieurs annees, toutcs les operations de la culture et des mois-sons.
Ces notions sont instructives au point de vue do l'etiologie des maladies infectiouses et de l'origine tel-luriquc de certaines d'entre elles. On etait enclin ä croire que la #9632;vegetation et les cultures, par des pheno-menes dassimilation et de combustion organique, de-truisaicnt les matieres organiques des vidanges et des engrais. Ces faits prouvent que les germes de certains organismes resistent a toute assimilation vegetale. Le role depurateur de la vegetation, ä la surface du sol, n'a done pas la puissance qu'on etait tente de lui attribuer.
M. Pasteur et ses collaborateurs mirent encore autre-ment en evidence la longue duree de la vie des spores charbonneuses et leur conservation dans les terres cul-tivecs. Un lot de moutons est mis parquer sur des fosses oil plusieurs annees auparavant avaient ete enterres des animaux charbonneux : un autrelot de moutons est place dans un enclos situe tout aupres, mais oü aucun animal charbonneux n'a ete enfoui ; au bout d'un certain nombre de jours, plusieurs moutons ayant broute sur les fosses moururent du charbon, alors quetous les moutons temoins demcurerent bien portants (1).
(U M. Pasteur a donnä lapulilicitc aune note adressee, des 1865, ä M. Tisserand, directeur au ministöre de ragriculture, par le baron de Seebach, ä cette epoque ministre de Saxc ä Paris. Dans cette
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Comment les spores formees autour du cadavre char-bonneux enfoui plus ou moins profondement arrivent-elles ä la surface du sol de la fosse ? On pourrait penser tout d'abord que ce transport s'effectue par le deplace-ment incessant des eaux qui impregnent le sol, mais nous savons, paries experiences de MM. Pasteur et Jou-bert,quc laterre, en certaine epaisseur, joue lerolc d'un veritable filtre et debarrasse les liquides qui la traversent, de toutes les particules solides, meme les plus tenues. C'est pour cela que les eaux de source qui proviennent d'une profondeur meme faible sont privees de tons ger-mes et, semees dans les milieux de culture les plus ap-propries, ne donnent lieu a aucun developpcment. M. Pasteur a montre que ce transport des spores char-bonneuses, de la profondeur a la surface du sol, est, en grande partie, du aux vers de terre.
laquo; Ce sont les vers de terre qui sont lesmessagersdes germes et qui, des profondeurs de l'enfouissement, ramenent h la surface du sol les terribles parasites. C'est dans les petits cylindres de lerre a tres fines particules terreuses que les vers rendent et deposent ä la surface du sol, apres les rosees du matin ou apres la pluie, que se trouvent, outre une foule d'autres germes, les germes du charbon. II est facile den faire l'experience di-recte: que dans la terre a laquelle on a mele des spores de bacteridies on fasse vivre des vers, qu'on ouvre leur corps apres quclques jours, avec toutes les precautions convenables, pour en extraire les cylindres terreux qui remplissent leur canal intestinal, on y retrouve en grand nombre les spores charbon-ncuses. II est de toute evidence que si la terre meuble de la surface des fosses ä animaux charbonneux renferme les urermes
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note, M. de Seebach relate des observations extrcmement curieuscs pourle detail dosquelles je dois renvoyeräroriginal, et qui montrent combien la terre qui recouvre la surface dos fosses oil ont etc enlaquo; fouis des animaux charbonneux, ainsi que les herbes qui y crois-scnt, constituent des agents redoutablos de transmission de la maladie (Voy. Pasteur, Noucelles observ. sur la prophylaxie et Vetioloqio du charbon. liullct. do I'Acad. do modccinclSSO, I. IX, p. 1138).
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
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du charbon, et souvent en grande quantite, ccs gcrmcs pro-viennent de la desagregation par la pluie des petits cylindres excrementitiels des vers. La poussiere de cette tcrre desa-gregee se repand sur les plantes ä ras du sol, etc'est ainsi quo les animaux trouvent au parcage et dans certains fourrages les germes du charbon par lesquels ils se contagionnent raquo;.
Ces vues de M. Pasteur sur l'etiologie du charbon spontane ont ete l'objet de vives controverses de la part de M. Koch (1). Pour lesmoutons, ainsi que nous l'avons vu, M. Pasteur pense que la contamination s'cffectuc habituellement par des piqüres de la boucho ou de la muqueuse du pharynx produites par les asperites des fourrages souilles par des spores ; ä l'appui de cette ma-niere de voir, il invoque la tumefaction, rinflamma-tion, ainsi que la grande repletion bacteridienne des ganglions retro-pharyngiens et cervicaux quo Ton trouve ordinairement ä l'autopsie des moutons charbonneux. M. Toussaint avait fait des constatations analogues et en avait tire la meme conclusion. M. Koch pense quo Tengorgemont des ganglions dans une region donnee n'est pas une preuve certaine que l'inoculation a eu lieu sur la muqueuse ou le tegument externe de cette region; dans ses experiences sur le charbon inocule, il a vu souvent les ganglions, eloignes du lieud'inoculation, aussi malades que les ganglions les plus proches (2).
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(1)nbsp; Kooh, Zur JEliologie des Milzbrandes (Mitlheil. aus dem kais. Gesundheilsamte. Bd. I, 1881, p. 19.)
(2)nbsp; Ce n'est lä ccrtaincmcnt qu'unc exception; dans la grande majoritö dos cas, les choses so passent comrae Tont indique M. Pasteur et M. Toussaint. Cc dernier faisait ä ce sujet une expörience des plus decisivos: il faisait inoculor le charbon ä des moutons dans une rögion quelconque de la peau et qu'on ne lui designait point; ä l'autopsie, par Taspccl des ganglions les plus malades, il arrivait toujours ä determiner, ä quelques centimetres pros, le point precis oü l'inoculation avait clö pratiquee. Chez les lapins, inoculcs par la voie sous-cntanöcj'ai pu constamment m'as-surer que les ganglions oil aboutissent les lymphatiqucs du point inoculß sont tres tumefies, rouges et lilleralcment farcis de baetcri-dics, alors quo ces lesions sont beaueoap moins prononeees sur los ganglions des autres regions du corps.
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Pour lui, l'infection des herbivores sc fait surtout par la voicintestinale, etil se base sur les lesions ulcereuses ct ecchymotiques que Ton rencontre prcsque toujours sur la muqueuse de l'intestin, ainsi que sur I'engorge-ment des ganglions mesenteriques. Mais ce sont lades points sur lesquels nous aurons a revenir.
Cost surtout contre le transport dos spores par les vers de terre que M. Koch s'eleva avec vivacite. D'une facon gönerale, il contcste quo des spores puissent so former dans les liquides epanches hors d'un cadavrc charbonneux enfoui ä une certaine profondeur dans 1c sol, ä cause de la faible temperature qui y regne babi-tucllement, dans nos contrees. D'apres les cbiffres empruntes au bureau statistique de Berlin pour I'annee 1880, la temperature maxima du sol, a, 1/2 metre de profondeur, s'observa enaoütetscptembreoü eile oscilla cntre 15 et 19deg;; a, un metre de profondeur, le maximum do temperature fut constate a la meme cpoque ct varia entre 14 et 18deg;. Or, fait remarquer M. Koch, si Ton cultive la bacteridie ä 18deg;, les premieres spores ne font lour apparition dans les filaments qu'au bout de 5 jours environ, et a 16deg; au bout de 7 jours seulement. II enconclutque dans nos climatstempercs,des cadavrcs enfouis ä 1 metre ou ä un 1/2 metre de profondeur ne se trouvent que pendant quolques mois de I'annee places clans des conditions de temperature propres au develop-pement parcimonieux de spores charbonneuses. Mais il rcsulte de ces chiffres memes quo ce dovcloppement est possible, pendant Fete, e'est-a-dire dans la saison on les epidemics charbonneuses sont precisement le plus frequentes dans los päturages. En outre, M. Koch neglige un facteur important et qui doit, dans les premiers jours qui suivent I'enfouissement, notablement clever la temperature du sol autour du cadavre d'un beeuf et meme d'un mouton : c'ost la chaleur degagce par le cadavre par le fait de la putrefaction; nul doute quo I'olcvation do temperature qui en resulte ne puisse
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singulierement favoriser et häter la formation des spores. On voit done que cette objection n'a pas la portee qu'on pourrait etre tente dc lui attribuer.
Pour refuter letransport par les vers de terre, M. Koch repeta rexperience de M. Pasteur et mit dans un vase 300 gr. de terre de jardin melee ä une grande quantite de spores charbonneuses; des vers de terre y furent places et, au bout d'un certain nombre de jours, le con-tenu del'intestin de ces vers futinocule ädessouris, en meme temps qu'on inoculait a d'autres souris de la terre que renfermait le vase. L'expmence montra que cette terre conferait le charbon bien plus surement quo Fino-culation du sable contenu dans Tintestin des vers. M. Koch en conclut que les vers de terre sont laquo; de tres mauvais messagers des gcrmes raquo; et que si eux seuls, ainsi que les spores profondement devcloppees dans la terre autour du cadavre, intervenaient pour perpetuer le contage, il y a longtemps que le charbon aurait du dis-paraitre. Et cependant, l'experience de M. Koch ne montre qu'une chose, e'est que la terre renfermee dans l'intestin des vers peut etre moins riebe en spores que la terre dans laquelle ces vers ont ete places; mais eile ne prouve nullement que ces vers ne puissentpuiser des spores dans une terre qui en est souillee et les transporter dans des parties du sol qui en etaiont indemnes.
Pour M. Koch, les fosses oü un cadavre charbonneux a ete enfoui ne sont contaminees qu'a la surface, par les bacteridies deposees ä fleur de sol au moment de l'enfouissement, avec lo sang, les urines et les liquides qui s'echappent du cadavre, et qui trouventä la surface du sol les conditions de chaleur, d'humiditenecessaires a la formation des spores. Mais il est impossible d'ex-pliquer ainsi la longue duree de la persistance des germes charbonneux ä la surface des fosses. Si les spores ne se formaient qu'ä la surface, aux depens des bacteridies qui ont souille le sol au moment de l'en-fouissement, ces spores ne tarderaient pas a etre disse-
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minees au loin et ä disparaitre rapidement sous l'in-fluence des eaux pluvialcs, du vcnt, de l'action des rayons solaires, etc. Leur longue persistance ü la surface du sol de la fosse montrc bien qu'elles se renouvellent constamment, et ce renouvellement ne peut guere s'ex-pliquer que par un transport incessant s'effectuant de la profondeur de la fosse a, la surface du sol. Du reste, hatons-nous de le dire, si les vers de terre sont des agents certains de transport des spores, ils n'en sont pas les agents uniques ; les labours un peuprofonds, les defonccmcnts du sol agissent dans le memo sens.
laquo; On comprend ainsi, comme le resume tres clairemcnt M. Chambcrland, pourquoi il y a des champs maudits, o'est-a-dire des champs on Ton ne peut pas faire paitre les animaux sans provoquer la maladie charbonneuse. Ce sont des champs oü on a enfoui des animaux charbonneux, ou bien oü Ton a amene de la terra ou des engrais renfermant des debris charbonneux. Ces germes peuvent, ä leur tour, etre transportes sur les champn de plusieurs manieres. Les pluies et surtout les pluics d'orage, en entrainant les particules terreuses, entrainent aussi les germes. Une partie de ceux-ci se deposent sur les terres, le long des fosses des routes, etc.; une autre partie est entrainee jusqu'au ruisseau le plus voisin, lequel, s'il vient ä dcborder, va egalemcnt semer des spores sur ses rives. II est meme tres probable que ces spores, se trouvant parfois dans des eaux stagnantes plus ou moins chargees de matieres orga-niques, garment, se reproduisentet donnentdenouvelles spores comme dans les cultures artificielles. C'est probablement la la cause des epidemics charbonneuses qui se declarent parfois dans les prairies a la suite des inondations. Une autre cause de dissemination des spores est dans les engrais qui, souvent, proviennent d'etables oü sont morts des animaux charbonneux, ou meme des fumiers sur lesquels on a jcte les animaux ou des debris d'animaux morts du charbon.
laquo; Enfin, nous avons demontre qu'en faisant manger des spores charbonneuses ä des moutons, tons ne succombent pas. Chez ceux qui survivent, les spores ingerees ne sont pas de-truites par leur passage a travers le canal intestinal. On cs retrouve Vivantes et virulentes dans les excrements. Do sorte que des moutons qui out absorbe des spores sur un champ maudit, par example, peuvent ensuita, suivant le chemin par-
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couru paries animaux, les rcpandrc ä des endroits variables (I). Voilä beaucoup de causes auxquelles, sans doute, on poorrait encore en ajouter d'autrcs, qui nous permettent de comprendro comment les germes se disseminent a la surface de la terre (2)laquo;.
M. Koch comprend d'une maniere difft'rente I'etiolo-gie du charbon spontane. II pense quo les bacteridies vivent habituellement d'une fa^on tout ä fait indepen-dante de rorganistne des animaux et que leur passage dans le corps de cesderniers ne constitue qu'un episode fortuit; en un mot, les bacteridies ne seraient pav^ast-taires que par accident,et leur existence et lour propagation ne soraient pas etroitement liees a ce parasitismo. A l'appui de cette opinion, il invoquo un certain nombre d'arguments, dont voici les principaux : on voitnaitre des affections charbonneuses dans des localites oü jamais cadavre charbonneux n'a ete enfoui et oü il est impossible d'etablir Timportation de produits charbonneux provenant d'animaux malades. En revanche, I'ex-perience enseigne que souvent les epidemics charbonneuses succedent aux inondations des rivieres et des etangs, lorsque les troupeaux sont mis paitre dans les endroits qui ont ete inondes ou sont nourris avec des fourrages recoltes sur ces terrains. D'autrepart, on sait quo la bacteridie vit tres bien et donne des spores abon-damment quand on la cultive sur des pommes de terre
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(1)nbsp; M. Kill a fait rOccmmcnl, a l'ucole vötcrinairc de Munich, des rcohei'chos qui tendent a etablir quo les matieres föcalos provenant du gros bötail charbonneux joucnt un role important dans la propagation et la conservation du virus charbonneux a la surface du sol. La bouzo do bocuf prcsente, en offet, une reaction noulro ou aloalino quand ello ost mülee, corame cola s'observe chez les animaux charbonneux, de sang cl do mucus ; les bacteridies quo le sang y apporle y trouvent done un milieu de culture Ires favorable et donnontfacilement des spores; e'est ainsi que sc porpetuoraient surlout les cnzoolies charbonneuses quo Ton observe dans les Alpes bavaroises {Deutsche med. WocJionschr., 1885, p. 507).
(2)nbsp;Chamberländ, Le Chnrbon et la vaccination charbonneüse, Paris, 1S!S3, p. 70.
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cuites, dans des infusions ou des macerations d'herbes ou de foin (pourvu qu'elles soicnt rendues neutres ou legerement alcalines), dans les macerations de graines, de froment, de cortaincs racincs, etc. M. Koch ponse que ces macerations vegetalcs se produisent frequem-ment dans les localites humides, en ete, et que leur reaction primith'ement acide est facilement renduc ncutre ou alcaline sous l'influence des calcaires du sol. II estdureste d'observation vulgaire que le charbon est particulieremcnt frequent sur les terrains calcaires. C'est done sur les debris de vegetaux morts ou dans les macerations de substances vegetales quelabacteridie se cultivorait et formerait ses spores. Les conditions favo-rables ä cette culture de la bacteridie se rencontrent surtout dans les endroits marecageux, aux bords des rivieres ou des eaux stagnantes. Survienne une inon-dation, les spores ainsi formees sont entrainees par les caux, deposees sur les herbages des prairies riveraines et donnent le charbon aux animaux qui y viennent paitre (1).
Ces Tues de M. Koch sont purement hypothetiques, ainsi qu'il le declare lui-memc, et nous ne sachions pas que jusqu'ici elles aient recju la confirmation de l'ex-perience. Le role preponderant qu'il fait jouer aux inondations estassurementexagere; ilsuffit derappeler ä cet egard que la Beauce, la terrc classique du charbon en Franco, est un plateau oleve, sec, admirablement cultive et ou les inondations sont inconnues ; en Au-vergne, il regne surtout dans lespaturages montagneux (mal de montagne). Recemment, M. Siedamgrotzky, dans son rapport sur le charbon dans le royaume de Saxe, constatait que laquo; la propagation des spores du charbon par les inondations ne parait guere pouvoir etre Inbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; invoquce dans ce pays, attendu que le charbon est
beaucoup plus rare dans la plaine souvent sujette aux
(1) Koch (Zoc. cil., p. 75-79).
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inondations, que dans le haut pays, qui est on grande partic sec (1)raquo;.
Du reste, si l'origine tellurique du charbon est defi-nitivement etablie dans ses grandes lignes, beaucoup de points restcnt encore ü elucider pour I'interpretation precise des endemies et des epidemics cliarbonneuses, selon la constitution physique, la composition chimique du sol, son degre d'humidite, etc. Une etude prelimi-naire interessante dans cette direction a ete tenteo recemment par M. Soyka (de Prague). Elle avait pour but d'etablir experimentalement I'inlluence exercee par la porosite du sol et son degre d'humidite sur le developpement des spores du bacillus anthracis. Dans ce but, M. Soyka s'est servi de fines particules de quartz, dümentsterilisees, qu'il arrosait avec un liquide nutritif renfermant des bacteridies, imitant ainsi ce qui se passe quand des liquides provenant d'un cadavre charbonneux sont repandus dans le sol. II constata quo dans ce melange, fait dans de certaines proportions, les spores se forment plus vite, plus sürement et plus abondamment que dans le bouillon meme place ä la meme temperature. II constata, en outre, qu'il existe une proportion determinee dans le melange du sable et du liquide qui est la plus favorable ä lasporulation, les conditions devenantmoins favorables lorsque la quantite de liquide melee au sable augmente ou dirninue. La sporulation de la bacteridie est plus facile dans le melange ainsi obtenu que dans le bouillon pur de culture, sans doute parce que le conllit de l'air avec la bacteridie est plus assure dans ce melange. Cette experience est instructive ence sens qu'elle nous montre combien la terre constitue un excellent milieu de culture pour la
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(1) Siodamgrotzky, Ueber das Vorkommen des Milzbrandes im K. Sachsen in den letzten Ih Jahren (analyse in Forlschrille der Med., 1886, p. 246).
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bacteridie, et dans quelle mesure tel ou tel degre d'hu-miditedusolpeut exercer son influence (1).
Les mesK7'es prophylactiques decoulent tout natu-rcllomont des notions etiologiques qui precedent. En Komme, ce sont les cadavres des animaux charbonneux qui sont la principale cause de propagation de la mala-(lie, et e'est sur leur destruction quo doivent surtout porter les efforts.
laquo; II est certain qua I'incineration ou la cuisson dos cadavres serait la mesure la plus efficace. Aussi a-t-on constate quo dans les regions oü il existo des clos dequarrisage, la mortality a beaucoup diminuü. Malneureusement, ces ctablissements sont assez rares; en outre, les petits animaux comrae les raou-tons n'ont pas une valeur süffisante pour que les equarrisseurs aient interet ä envoyer cherchcr les cadavres; do sorte que souvent les moutons sont abandonnes sur les champs ou en-fouis ä une tres faible profondeur. Quelquefois meme ils sont depouilles sur place par lo berger, et la chair est donnee en päture aux chiens qui en dispersent les debris. II en rcsulto que ies germes vontso ropandro un pen partout dans les champs. Lorsque les moutons meurent ii la bergerie, leurs cadavres sont souvent jetes sur le furnier; de la,ils iront repandre les germes dans les champs, au moment de la fumure. Ces pratiques doivent etre entierement rejetees, car ce sont elles qui propagent la maladie. S'il existe, dans 1c voisinage de la ferme, un eta-blissement d'öquarrissage, on devra y transporter les cadavres le plus tot possible. Si cette mesure n'est pas praticable, lo precede le plus sür et le plus commode consisterait a sacrificr une petite portion de terre que Ton transformerait en un cimc-tiere clos d'un mur assez elevö et assez profondement assis pour que les animaux vivants ne puissent y pönetrer et pour que les eaux de pluie ne puissent entrainer les germes sur les champs voisins.
laquo; Le transport des cadavres exigc les plus grandes precautions j en general, les animaux laissent suinter du sang par leurs orifices naturels; ce sang coule sur les routes et pent etre une cause de contagion. Les equarrisseurs devraient etre tenus d'avoir des voiture.s etanches, doublees dc zinc, par exemplc.
(1) Soyka. Bodenfeuchiigkcil und Milzbrandbacillus (Fortschritte dor Mod., 1880, p. 281i.
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laquo; Enfin, il faut dösinfecter les places oü sont morts les ani-maux, ainsi que les objets avec lesquels ils ont ete en contact. II ne sera pas toujours possible de recourir ;i I'action directe du feu; on utilisera alors la propriete quo possede I'eau bouil-lante de luer la bacteridie et ses germes. On jettera de I'eau bouillante sur la paille, sur le fumier, sur le sol des ecuries, sur les parois des raurs, dans les mangeoires, etc., ainsi que sur les peaux qui ne doivent pas etre suspendues dans les bergeries sans avoir subi cc lavage. On nettoiera aussi h I'eau bouillante les vehiculcs qui ont transporte les cadavres, les couteaux et autres instruments qui ont servi h les ecorcher.
laquo; Si I'animal meurt sur les champs, on brulera do la paille ou des herbes seches a l'endroit oü il a succombe. Si Ton ne peut produire ces flambees, on arrosera la place avec une solution a 1 0/0 de Sulfate de cuivre. Cette solution sera aussi utile-raent employee h la desinfection des etables (1) raquo;.
J'ai tenu ü entrer clans ces menus details relatifs a la prophylaxie du charbon, quoiqu'ils Interessent plus directoment I'agronomeetleveterinairequele medecin; mais je ne pouvais choisir de meilleur exemple pour montrer quels sont, en matiere de maladies infec-tieuses, les principes dont la prophylaxie doit s'ins-piror, et en meme temps combien ces mesures preventives gagnent en precision et en eflicacite toutes les fois que les notions etiologiques devienncnt elles-memes plus exactes et plus penetrantes.
jl) Ciiamborland, op. cit., p, 87.
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IIUITIEME LEQON.
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L'etiologie du charbon spontan^ (ftn).
PoMNfAinK. Le charbon spontanä ostpresque toujours un charbon interne. Portes d'enlreo : la muqueuse bucco-pharyng6e (Pasteur); la muqueuse tie I'intoslin (Koch). Experiences d6-montrant ces deux modes d'infection, Penelration des spores ])ar la voiopulmonaire (charbon par inhalation). Aulres modes d'infection (piqüres d'insectes, plaies cutanecs, morsures, etc.). liöceptivite des diverses especes animalcs pour lo charbon : Mouton, rongeurs, becuf, cheval,poro, chien,cnat, etc.; oiseaux ; am|)liil)ies et poissons. Ces notions serviront a l'etude de rinimunilö.
Messieurs,
II decoule des faits qui viennent d'etre exposes quo le charbon dit spontane des animaux n'est jamais spontane, dans l'acception litterale du mot, et qu'il resultc toujours de la penötration dans l'economie du bacillus anthracis ou de ses spores. II me reste a entrer dans quclques details sur los modes de cette penetration, en d'autres termes, sur les principales portes d'entree du virus charbonneux chez les animaux.
Nous avons vu deja que, chez les moutons enparticu-lier, la contamination s'effectue, dans I'immense majority des cas, par I'ingcstion d'aliments souilles do spores. Le tube digestif est done la voie de penetration la plus habituelle et la controverse ne porte plus que sur le point precis par oü s'effectue le plus communement cette entree. Nous avons dejä relate les experiences de M. Pasteur et de ses collaborateurs, d'apres lesquelles le charbon spontane des moutons rcsulte souvent d'une veritable inoculation portant sur la muqueuse de la bouche ou dc I'arri ere-gorge, a la suite d'eraillures
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do cette muqucuso, produites par des aliments piquants, tcls quo des debris de paillo, des barbes d'epis, etc. M. Toussaint, so basant sur les autopsies do moutons morts du cbarbon spontane faitos par lui en 1878, en Beauce, cst arrive aux memes conclusions. A I'appui do cette maniorcdevoir, il invoque aussi I'engorgeinent si prononce des ganglions retro-pharyngiens ct sous-maxillaires : laquo; Jo puis done affiriner, dit-il, quo dans onze cas de cbarbon cbez le mouton sur douze que j'ai examines, les spores ou Ics bacteridies avaient penetre par la bouche ou le pharynx M). raquo;
Pour M. Kocb, ce mode de penetration n'est quo rexcoption et e'est par la voie intestinale proprement dite que s'effectue, dans la plupart des cas, la contamination. Voici le resume des experiences qu'il a fai-tes ä ce sujet. II fit deglutir ä des moutons, en les leur portant directement derrierc la langue, des fragments de pomme do terre creuses d'uno petite excavation dans laquelle il plagait des matieres cbarbonneu-ses; I'excavation etait fermeo par une petite laniere do pomme de terre faisant opercule. De cette faQon, on evitait toute inoculation de la muqueuso do la boucbo ou de l'arriere-gorge. On fit ainsi d'abord ingerer a des moutons des bacilles, sans melange de spores (fragments de poumon et de rate de souris charbonneuses); celte experience, repetee plusieurs fois sur les memes moutons, ne donna aucun resultat : les bacteridies avaient ete sans doute dctruites par le contenu acide de l'estomac.
Les cboscs so passcrent tout differemment quand, au lieu de bacilles, on fit ingerer ä ces memes moutons des cultures renfermant des spores en grande quantite (la dose de culture employee avait environ la grosseur d'un pois). Les cinq moutons soumis a cetto experience moururent du cbarbon, a la suite d'une seule
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(I) Toussaint, op. ril., p. 115.
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Ingestion, dans un espace de temps variant entre 36 et 60 heures. A l'autopsie, les muqueuses de la lan-gue, du pharynx et de Tcesophage furent trouvees pales et intactes. Les trois premiers estomacs, dont lo con-tenu avait une reaction alcaline, etaient intacts egalc-lement; mais 1c quatrieme estomac, dont le contenu offrait une reaction ncutre ou faiblement alcaline, presentait, surtout dans le voisinage du pylore, de l'hyperemie et des erosions hemorrhagiques de la mu-queuse. Ces lesions etaient plus accusees sur la mu-queuse du duodenum et de l'intestin grele, particuliere-ment au niveau des plaques de Peyer et des follicules clos. Sur des coupes colorees, on constate que la mu-queuse est presque totalement depouillee de son epithelium et qu'elle estrecouverte d'une abondante couche de bacilles qui penetrent lepaisseur de la muqueuse et enenvahissentles vaisseaux. Les ganglions mesenteri-ques sont fortement tumefies, ecchymotiques ; quel-ques-uns atteignent le volume d'un ceuf. On voit done que les spores du charbon ne sont pas detruites, commc les bacilles, par le sue gastriquo du mouton, qu'elles germent dans l'intestin grele, ä contenu alcalin, et y donnent naissance ä des bacilles qui traversent la muqueuse et penetrent dans le sang. Toutes les spores tou-tefois n'ont pas le temps de germer et, ainsi que M. Pasteur l'avait de ja signale, on en retrouve d'intactes dans les excrements (1).
Ces experiences avaient ete faites avec des doses massives de spores, et les choses ne se passent cvidem-mentjamais ainsi dans la nature. Pour imiter autant que possible la contagion naturelle, M. Koch soumit des moutons ä l'ingestion quotidienne de petites quan-
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(1) Les excrements dess6ches et inoculös au bout d'un an ont encore pu commuaiqaer le charbon (Koch); s'ils n'avaient renfermc que des bacteridies [sans spores), la virulence charbonnouse cut etö delruite au boul dc cc temps par la dessication.
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tites de spores. II leur fit avaler cliaque jour un mor-ceau do pomme do terre dans Icqucl on avait insinue un 111 de soio d'un centimetre de long, qu'on avait im-pregne prealablement d'un peu de culture contcnant des spores charbonneuses et qu'on avait fait secher. Sur dix moutons soumis a ce traitement pendant 19 jours, quatre moururent successivement au 5deg;, 6% lie et 19e jour; Fexperience no fut pasprolongeedavantage.
On voit done, en resume, que si Ton fait avaler aux moutons des spores charbonneuses en grande quan-tite, ces animaux meurent tous, ini'ailliblement et ä bref delai apres I'ingestion ; si au contraire on leur en fait prendro journellement de petitcs quantites (comme cela so passe sur les paturages, dans les pays ä cliar-bon\ ils meurent moins sürement et k des intervallcs plus eloignes. Ces differences s'expliqucnt aisement si Ton ne pcrd pas de vuc que la plupart des spores inge-rees n'arrivent pas ä germer dans l'intestin et sont evacuees paries selles; il s'ensuit naturellement quo plus le nombre des spores avalees est grand, plus grand est le nombre de cedes qui arrivent a se developper dans l'intestin, et plus süres et plus rapides aussi sont les chances d'infection (1).
En somme, chez le mouton, I'infection s'opere surtout par la penetration des spores dans les voies digestives, soit qu'elle s'effectue par inoculation directe des premieres voies, soit par infection intestinale proprement dito. Tout porte ä croirc quo le charbon spontane du boeuf est aussi, prcsquc toujours, un charbon intestinal. Nous verrons plus tard que cette variete de charbon s'observe aussi chez rhomme.
La surface pulmonaire est aussi une des portes d'en-
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(1) Koch. Ueber die i¥t/i6ra?u/n)ip/ir/K;, Cassol 1882. Koch, Gafl'Uy et Lopfller, Experimentelle Studien über Milzbrand infection durch Fütterung. (Mitth. d. k. Qesundheitsamte, Bd. 11, 1884, p. 117).
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tree du virus charbonneux, mais ce mode d'ial'eeliun cst bien plus rare que le precedent. II a ete etudie cxpe-rimentalemont parM. H. Etuchner. Des souris blanches furent placees dans un espace clos dans I'air duquel on repandait des poudrcs inertes, du cbarbon pulverise ou du talc, auxquelles on avait melc des spores dessechees do bacteridics. Une seule seance d'inhalation, d'unc durec variant d'un quart d'heure ä deux beures, suffit pour donner regulierement le cbarbon a ces animaux. Dans cette experience, I'infection s'est faite par la voie pulmonaire et nepeut etre attribueo ä la deglutition des spores et a leur penetration clans le tube digestif, carou sait qu'il est difficile de faire perirles souris en leur fai-sant ingcrer des spores, amoins, toutefois, qu'onn'em-ploie de grandes quantites de matiere virulente ; or M. Büchner a pu faire avaler ä des souris, sans aueun resultat, des doses de spores infiniment plus fortes que cellos qui servaient ä contaminer l'air dans ses experiences d'inhalation (1). Nous verrons qu'il existe une variete curieuse, professionnnelle, de cbarbon chez rhomme (Woolsorters' disease) oil la contamination parait sur-tout s'effectucr par la voie pulmonaire.
L'infection par le tegument externe (cbarbon par inoculation, cbarbon externe), cst infiniment plus rare chez les animaux que le cbarbon interne ou intestinal. Nous avons deja vu que Davaine et Raimbert faisaient jouer un role exagere aux piqüres de mouches clans la propagation du cbarbon; ce mode d'infection pent s'ob-server, mais il est tout ä fait exceptionnel. De memo, il pout arriver que des moutons soient infectes par les morsures que leur infligent des chiens qui viennent clc devorer des debris de cadavrc charbonneux et dont la
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(I) Büchner (11.). Zur JEiiologic der Infectionshrankheiten (Vorträge gehallen im serizlichen Verein in München, 1881, p. 2915). V'e7'.suc/ie über die Entstehung des Milzbrandes durch Einathmung '{Nsegeli's Untersuchungen über niedere Pilze, Munich, 1883, p, 178).
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bouche et les dents sont souillees de sang charbon-neux. Les boeufs, les chevaux peuvent etre inocules ac-cidentellement aux endroits oü la peau est mise a vif par lo joug ou par le harnais; mais ce ne sont lä, somme tonte, que des cas sporadiques et exccptionnels ; on pent admettre^ en regie generale, que les cnzooties et les epizooties charbonneuses sont toujours dues au charbon intestinal.
Receptivite des diverses especes animales pour le charbon. Cette etude serait incomplete sans la mention des principales especes animales chez bsquelles s'ob-serve le charbon spontane ou qui sont susceptibles dc le contracter par inoculation experimentale.
Le mouton tient le premier rang par sa facilite ä prcndre le charbon, tant par la voie intestinale que par inoculation sous-cutanee, et c'est avec raison que I'As-sociation medicale d'Eurc-et-Loir placait cet animal en tete de tous comme receptivite pour le charbon. Mais meme pour le mouton, cette receptivite varie avec Tage, avec certaines conditions individuelles, encore incon-nues et surtout avec la race; nous verrons en effet, plus tard, la grande resistance qu'offrent au charbon les moutons algeriens, ainsi quo Font etabliles experiences de M. Chauveau. Les chevres paraissent se comporter, a, l'egard du charbon, äpeu pres comme le mouton.
Les rongeurs (souris, cobayes, lapins) si sensibles ä l'inoculation sous-cutanee, se montrent infiniment plus rcsistants que le mouton a 1'infcction par la voie intestinale. Les rats sont assez difficiles ä infecter, nonseule-ment par l'ingestion de matieres charbonneuses, mais aussi par l'inoculation sous-cutanee, surtout, au dire de Feser, les rats nourris k la viande.
Les animaux de l'espece bovine contractent assez fa-cilement le charbon par la voie intestinale, ainsi que le montrent les ravages que cette maladie exerce, dans certaines regions, sur lestroupeaux. Mais les expericn-
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ces dejä anciennes de rAssodation medicale d'Euro-et-Loir, celles d'CEmler, de M. Pasteur, de M. Chauveau, etablissent la resistance tres notable de ces animaux a I'inoculation sous-cutanee. CEmler, qniafait desinom-breuses experiences sur rinoculabilite du charbon chez les diverses especes animales, a inocule 41 bovides, dont plusieurs a un grand nombre de reprises et avec de grandes quantites de sang charbonneux; un seul mourut du charbon (1). M. Chauveau a observe le memo fait, non seulement chez le boeuf, mais aussi chez le veau. Dans ces experiences, dit-il, les boeufs francsais se sont montres aussi refractaires a I'infection bacteridienne que les moutons de l'Algerie et il ajoutc que laquo; la frequence du charbon sous forme epizootique dans I'espece bovine est encore assez grande pour pa-raitre un peu contradictoire avec la grande resistance des sujets de cette espece ä I'inoculation experimen-tale (2) raquo;. C'est un nouvel exemple de la variabilite dans I'energie d'action d'un meme virus chez le meme animal, selon le lieu de penetration de ce virus.
Dans nos contrees, les chevaux comptent parmi les animaux domestiques qui sont le plus rarement atteints du charbon, tandis qu'en Algerie, dans certaines provinces de la Russie, enSardaigne.ils sontsouvent frap-pes en grand nombre, presque toujours du charbon intestinal. Les experiences d'CEmler ont montre qu'ils contractent plus facilement que les bovides la maladie par la voie hypodermique.
Les anciens veterinaires parlent volontiers d'epizoo-ties charbonneuses regnant sur les pores, mais ilscon-fondaient sous ce nom plusieurs maladies infoctieuses
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(1)nbsp; nbsp; CEmler, Experimentelle Beiträge zur Milzbrandfrage (Arch. f. wissenseh. u. praclis. Thierheiümndc, t. II, p. ?quot;)? ; t. III. p. 97 et 257 : t IV, p. 261 ; t. V, p. 164 et t VI, p. 401).
(2)nbsp; Cliauvoau Su?* la. resislanoe de* animaux de l espäce bovine au sanr/ de rate, etc. (C. R. de l'Acad. des science*, 1880, t. 91, p. 1520).
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;8
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autres que lo charbon, lerouget notamment. II resulte des recherches de M. Toussaint et de M. Arloing que les pores sont presque absolument refractaires au charbon, soit qu'on leur injecte du sang charbonneux dans le tissu cellulaire sous-cutane ou dans les veines, ou qu'on leur fasse ingei'er, ä diverses reprises, de grandes quantites de viandes charbonneuses. (Emler, qui a fait de nombreuses inoculations, est arrive aux memes re-sultats et range les pores laquo; parmi les animaux qui sont extraordinairement peu disposes a contractor le charbon inocule raquo;. Toutefois, dans des conditions tout ä fait exceptionnelles, on a pu constater le charbon sur des sujets de l'espece porcine; M. Nocard en a public re-cemment un cas indiscutable (1).
Les chiens sont aussi ä ranger parmi les animaux entierement refractaires au charbon; ils ne se conta-gionnent pour ainsi dire janiais par la voie intestinale, comme le prouvc I'habitude seculaire qu'ont les ber-gers de nourrir impunement leurs chiens avec la viandc des animaux de leur troupeau qui succombent au sang de rate. M. Colin, notamment, a fait a cc sujet des experiences qui meritent d'etre relatees.
laquo; J'ai d'abord fait avaler, dit-il,a quatre chiens. une grande partie du cadavre dun mouton qui venait de mourir du charbon developpö par I'inoculation. Aucun de ces quatre animaux n'a eprouve la plus legere indisposition. Le sang du mouton etait cependant tres riche en bacteridies et d'une grande virulence, comme le demontra l'insertion de quelques gouttes de ce liquide dans le tissu cellulaire d'un lapin. Un autre chien a etc nourri, pendant 8 jours, de viande et de sang provenant d'un cheval mort de charbon ; il a devore, en outre, h quelques jours d'intervalles, plusieurs lapins charbonneux dont il a ote oblige de broyer les os, au risque de se blesser la muqucuse buccale. II n'en a pas ete plus incommode que les premiers. Tous les faits observes aur le chien concordent avec ceux-la.
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(1) Nocard. Sur lo charbon bacleridien du pcrc {Recueil do mod. oetdrin., 1880, t. II, p. 289).
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laquo; Les autres animaux carnassiers paraissent aussi complete-ment refractaires que le chien ä l'inoculation par les voies digestives. Tous les jours, on voit ceux des menageries so repaitre de viande de cette nature; les carnassiers du museum nous repetent h tout instant I'experience, car, parmi les viandes saisies dont ils se nourrissent, il eu eat assez souvent qui pro-viennent d'animaux charbonneux, comme j'en ai eu plus d'une fois lapreuve. On pent meme ajouter que sans cette immunite, les carnassiers sauvages seraient vite detruits, tant sont fre-quentes les occasions qu'ils trouvent de devorer des cadavres d'herbivores charbonneux raquo; (1),
Le chien offre egalement une grande resistance a l'inoculation sous-cutanee du charbon ; celle-ci ne reussit chez lui qu'exceptionnellement, particulierement chez les jeunes sujets, apres dos tentatives repetees d'ino-culation. Je possede, en ce moment, un chien d'environ 18 mois, ä qui j'ai inocule, une dizaine de fois, du sang charbonneux frais, des cultures virulentes et auquel j'ai insinue sous la poau, ä diverses reprises, de gros fragments do rate et de poumons de cobayes charbonneux, le tout sans resultat. M. Toussaint a reussi a amenerla mort de deux chiens par le charbon en leur injectant directement du sang charbonneux dans la veine sa-phene.
Los chats, ainsi qu'il resulte des experiences de Gerlach, de M. Colin et d'CEmler, resistent moins que le chien a l'inoculation sous-cutanöe du charbon ; ils paraissent aussi plus aptes a le contracter par la voie intes-tinale. On parle de cas de charbon observes chez le lion. Dans des tentatives repetees d'inoculations faitcs sur.sept renards d'äge different, CEmler a constamment ochoue.
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(1) Colin (G.). L'ingestion do la chair provenant do bestiaux atteintsde maladies charbonnousospeut-elle communiquer ces affections a I'hommo et aux animaux? [C. R. de l'Acad. des cicnces, 18G9, t. Gij, p. 135,'.
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Parmi les animaux vivant ä l'etat sauvage, le cerf, les daims et les chevreuils sont tres predisposes au charbon, et Ton trouve. dans les recueils veterinaires le recit de diverses epizooties charbonneuses qui ont de-cime ces animaux dans les pares et dans les forets.
Vours parait parfois contracter le charbon, dans les forets de la Russie et de la Finlande particulierement, et Ton connait des cas de transmission du charbon a I'homme par l'intcrmediaire de la peau de cet animal.
Les oiseaux sont doues d'une resistance tres grandc au charbon. II n'y a pas d'exemple avere d'infection de ces animaux par la voie intestinale; dans les etablisse-ments d'equarrissage, on voit les oiseaux de basse-cour manger avec avidite le sang et la chair d'animaux charbonneux sans en etre incommodes. L'inoculation sous-cutanee est aussi, le plus souvent, sans resultat. Toutefois, dans les experiences d'CEmler, a la suite, 1c plus souvent, d'inoculations reiterees, 9 canards sur 28, 11 poulets sur 31 et 15 pigeons (jcunes) sur 38 mouru-rent du charbon. Recemment j'ai pu faire mourir du charbon, avec beaucoup de bacteridies dans le sang, un jeune pigeon ä qui j'avais place, k diverses reprises, des fragments de rate de cobaye charbonneux sous la peau de la region pectorale. Les moineaux aussi peu-vent contracter le charbon; mais, en somme, ces animaux sont extremement refractaires. Nous verrons plus tard, quand nous aborderons la question de l'immunite, comment M. Pasteur, en abaissant la temperature des poules, est arrive a leur communiquer, ä coup sür, le charbon.
Les amphibies et les poissons sont doues d'une resistance encore bien plus grande ; toutefois GEmlcr dit avoir fait perir du charbon, ä la suite de l'inoculation sous-cutanee de sang charbonneux, 6 grenouilles sur 27. M. Gibier a obtenu le meme resultat, mais plus constant, en elevant la temperature des grenouilles soumi-ses ä linoculation. CEmler pense aussi avoir reussi a
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inoculer, dans quelques cas, le charbon ä des poissons (carpes, cyprins) (1).
Ce n'est pas sans but que j'ai resume les donnees que nous possedons sur la receptivite des differentes es-peces animales pour le charbon; elles invitent a la meditation et sollicitent des recherches exactes sur les conditions qui peuvent favoriser ou empecher le deve-loppement du microbe pathogene : c'est en effet lä un des cotes par lesquels on peut aborder le grand pro-bleme de l'immunite. Quand nous etudierons cetteder-niere, nous aurons ä rappcler et a completer les notions qui precedent; nous aurons surtout a montrer que la receptivite (ou Timmunitc) d'une espece animale a I'egard d'une maladie parasitaire n'offre rien d'abso-lument fixe ni d'immuable; qu'elle varie, pour une meme espece, avec la race, avec Tage du sujet, avec la qualite (degre de virulence) de l'agent pathogene, avec la quantity de cet agent introduite dans I'eccnomie, avec le mode et le lieu de penetration, sans compter bien d'autres facteurs que nous ignorons encore.
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(1) Le lectour dcaircux dc so rcnscigner plus complötement sur les differentes especes animalcs capables do contracter le charbon devra surtout se reporter a.la serie mentionnöe des memoires d'CEmler etau livre de lloasingev (Die Milzbrandkrankheiten der Thiere und des Menschen, Erlangen, 1850, p. 607-085). Co dernier est extrömement riebe en documents, mais qui no sont pas tous d'une 6gale valour, car ils remontont a une öpoque oü la baetöridio n'etait pas connue et oü, par consequent, la determination du charbon manquait do precision.
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NEUVIEME LEQON.
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Anatomie et Physiologie pathologiques de la maladie charbonneuse.
SOMMAIRE. Etude du charbon inoculc du lapin ou du cobayc. OEdeme gelatiniformo au point d'inoculalion ; la bacloridio a uno action locale pblogogöne, mais non pyogene. Lesions des premiers ganglions; ils sont remplis de bacteridios avant que le sang ni les aulres organes n'on contiennent. Invasion du sang. Lösions des organes ; r6pl6tion bacteridienne des capil-laires de la rate, du rein, du foie, etc , rendue surtout övidento sur les coupes colorees. Topographie des baoilles : leur si6go presquc exclnsivement intra-vasculaire. Integrite des cellules parenchymateuses. Presence de baelöridies dans les produits de söerdition (urine, bile, lait).
Analogies des lesions anatomiques du charbon inocule du mouton avec eclui des rongeurs, avec frequence, en plus, d'he-morrhagies viscöralcs. Les lösions hömorrhagiques sont encore plus accusöes chez 1c cheval, l'äne et le boeuf.
Theorie du röle de la baetöridie dans le charbon : eile agirail en enlevant l'oxygöne aux globules rouges ; ou bien m6cani-quement, par obstruction embolique des capillaires ; ou en secre-tant un produit toxique (ferment soluble ou ptomaine). La solution du problcme est encore ä trouver.
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Messieurs,
Pour s'initier ä l'ctudc du charbon, on doit se servir de preference de rongeurs (souris, cobayes, lapins). Si Ton injeete sous la peau d'un de ces animaux, avec la seringue de Pravaz, quelques gouttes de sang charbon-neux, frais,ou d'une culture virulente de bacteridies,on verra, au bout de dix ä quinze heures, un empätement cedemateux assez prononce, facile a sentir par la palpation, se developper au point d'inoculation; en meme temps la temperature centrale de l'animal s'elevera d'un ou de deux degres. Les autres symptomes accuses par les animaux sont insignifiants; ils continuent ä
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manger et ä se bien fraquo;orter en apparence jusqu'ä quel-ques heures avant la mort; celle-ci survient ordinaire-ment 36 ä 40 heures apres rinoculation chez 1c cobaye, 48 ä 60 heures chez le lapin. Elle est precedee d'uno courte periode pendant laquelle l'animal parait inquiet, change souvent de place, urine frequemment; la respiration s'accelerc ; l'animal devient comme indifferent et assoupi; il ne cherohe plusäfuiret,quandil le fait, c'est avec des mouvements incertains et mal coordonnes. Puis il tombe dans une sorte de coma, la respiration devient plus superficielle et il meurt apres quelques legeres convulsions et une temperature centrale fortement abaissee, ä 34deg;, ä 32deg;, quelquefois ä 30deg;.
A l'autopsie on ne trouve plus ä la peau de trace de la piqüre d'inoculation; mais ä ce niveau, dans une etendue parfois fort grande, le tissu cellulaire sous-cu-tane est le siege d'une infiltration oodemateusc tout-ä-fait caracteristique: c'est un cedemc gelatineux, trem-blotant, transparent, ä peine teinte de rouge, rappelant un peu la consistance du corps vitre de l'oeil. Si on examine au microscope une gouttelette de cet cedeme, on constate qu'il renferme des leucocytes et des globules rouges en petite quantite et des bacteridies plus longues que celles quecontient le sang, en nombre re-lativement faible aussi. En resume, le bacillus anthracis par son doveloppement dans le dcrme ou dans le tissu cellulaire sous-cutane des rongeurs, y provoque I'exsu-dation d'une sorte de lymphe coagulable, mais sans issue notable, hors des vaisseaux, de leucocytes : le microbe du charbon, tout en etant manifestement phlogo-gene, ne possedc point de proprietes pyogenes (1).
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(l)On a fait uncertain nombrod'oxporienccsinlorcssantes, sur lo lapin particuli^reraont, dans lo but de rechercher an bout de com-bicn dc temps la cauterisation energiquc oumicuxroxcision du point oil le charbon a etö inoculö (ä la lancetto) est susceptible d'einpe-cher I'infcction genOrale dc reconomio. M. Colin a constalo que co temps est souvenl oxtrenicmont court; chez des lapins inoculös au
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Les ganglions lymphatiques correspondant a la region inoculee presentent des lesions remarquables. Ils sont augmentes de volume, rouges, ecchymotiques, cntoures d'une zone d'oedeme. A I'examen microsco-pique on voit que ces organes contiennent un nombre parfois prodigieux de bacteridies repandues dans le sue ganglionnaire, melangees aux globules blancs ou ac-curnulees en feutrage scrre. C'est avec raison qu'on a compare l'aspect de ces ganglions qui se trouvent les premiers sur le trajet de la matiere virulente a, celui de la rate charbonneuse. Les bacteridies, en effet, y proliferent avec uno extreme rapidite, tandis que dans les autres ganglions, ceux du cöte homologue du corps, par exemple, on n'en trouve que tres peu, celles qui sont contenues avec le sang dans le reseau capillaire sanguin de l'organe et qui, par consequent, ne sont pas nees sur place. M. Colin, le premier, a signale I'infection precoce des premiers ganglions; il montra que les ganglions qui regoivent les lymphatiques du point inocule sont doues de virulence bien avant le sang, la rate et les autres organes (1). M. Toussaint fit voir que cotte
bout de I'oreiUe, la section do cc bout faite trois ä cinq minutes aprfes rinoculation ne s'opposa pas ä I'infection {Bulletins de l'Academie de medecine, 31 juillet 1877). M. Rodet (de Lyon), a fait, sous l'inspiration de M. Ghauveau, des rechercbes plus precises sur co point; le procede auquol il a eu recours ötait le rac'ino quo celui de M. Colin : inoculation ä la lancette au bout de rorcille d'un lapin ct amputation de cet Organe aprös un temps variable. 11 constata ainsi que la bacteridie inoculöo se propage avec uno rapidite trfes variable ; tantöt l'excision du point d'inoculation au bout do 5 minutes est incapable de s'opposer ä I'infection,tantöt la section, aprös 10 heures, empeche encore l'övolution de lamaladie. Getto irrögularitö tiont sans doute a diverses causes : la quantitö de bacteridies inoculöes, le siöge pr6cis de l'inoculation et ses connexions avec le Systeme lyinphatique ot sanguin, la resistance do I'animal, la hauteur differente ä latiuolle on pratique 1'amputation de I'oreille, etc. (Voyez ä co sujot: Rodet, Contribution a I'etudo experimentale du charbon bacteridien. These de Lyon, 1881, p. 40-54).
(1) Colin, Sur le developpement suecessif de foyers virulcnls #9632;pendant la periode d'incubation des maladies charbonneuses (Bullet, de l'Acad. de medecine, 1878, p. 199).
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virulence prococe est due ä Tenvaliissement rapide de ces premiers ganglions par les bacteridies; ils en sont dejä remplis alors que ni le sang ni les autres organes n'en renferment encore.
Dejä, au bout de 12 ä 16 heures apres rinoculation, chez le lapin et le cobaye, le sang commence ä char-ricr des bacteridies, en nombre tres petit, il est vrai; mais si leur presence dans le sang, ä ce moment, est as-sez difficile ä mettre en evidence par le simple examen microscopique, il est facile de la demontrer par l'ino-culation ou par la culture. A ce moment aussi commence ix se manifester un certain degre de leucocytose et les globules rouges presentent dejä une tendance ä s'agglutinor. Plus tard, quelques heures avant la mort, le sang pullule en bacteridies et offre les autres carac-teres bien connus du sang charbonneux.
Je n'ai pas ä revenir non plus sur les lesions macros-copiques (tumefaction et diffluence de la rate, hypere-mie des poumons, etc.), que Ton observe sur les diffe-rents visceres. Mais I'examen histologique de ces organes est particulierement instructif lorsqu'il porte sur des coupes colorees ä l'aide des couleurs d'aniline.Les preparations que Ton oblient ainsi sont de la plus grande beaute, et Ton devrait bien engager ä la jiratique de ces colorations les modecins encore hostiles aux theories micro-parasitaires : la seule force de l'argument anato-mique sufiirait, je n'en doute pas, ä les convaincre.
Sur une coupe de rein charbonneux, par exemple, coloree par la simple methode de Weigert, on voit dejä, ä un faible grossissement (50 diametres), les ca-pillaires glomerulaires et intertubulaires se dessiner en bleu avec une admirable nettete, comme s'ils avaient ete penetres par une injection bien reussie. A un fort grossissement (voy. fig. 3) on s'assure que ces capil-laires sont litteralement remplis de bacteridies, se dessinant sous forme de traits bleus : 1'injection bacte-ridienne des vaisseaux capillaires est ainsi prise sur le
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fait et peut etre etudiee dans ses moindres details. Pres. que toutes les bacteridies sont contenues dans l'inte-rieur des capillaires et ce n'est que par places qu'on en rencontre d'erratiques dans l'intcrieur des canalicules uriniieres, surtout des tubes contournes, dans lo voisi-nage des glomerules, oü elles ont sans doute penetre ü la suite de ruptures vasculaires. En meme temps, on peut s'assurer de l'integrite presque absolue du re-
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Fig. 3. Coupe de rein do cobaye charbonneux, colmvo par le violet do sentiane (semi-scliemalique). a, glomerulo clont les anses sont remplios de bacteridies; c, capillaires inlcrtubulaires; (, tubes uriniferes; v, vais-scau afferent du glomerule.
vetement epithelial des tubes uriniferes, dont les cellules sont intactes avec leur noyau se colorant normalement. Ainsi dans le charbon, contrairement ä ce que Ton observe communement dans les maladies micro-parasi-taires, les lesions renales degeneratives, si bien decrites par M. le professeur Bouchard sous le nom de nephrites infectieuses, font presque entierement defaut.
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Sur les coupes de la rate on voit la pulpe et les vais-seaux remplis par un feutrage de bacteridies. Les capil-laires du poumon presentent uno repletion tout aussi grande. Sur le foie, meme injection des capillaires in-tor-trabeculaires, avec integrite des cellules hepati-ques. Les glandes salivaires, le pancreas, la glande mammaire presentent encore la meme repletion de leur reseau capillaire sous-epithelial. Les images fournies par les coupes des muqueuses sont analogues; la ri-
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Fig. 4. Villosite intestinale d'un lapin diarbonnoux (semi-schematique) c, injection bacleridienne dos capillaires.
chesse des villosites intestinales en bacteridies est excessive et donne I'idee d'une veritable injection (voy. fig. 4). L'epiploon ou le mesentere etales sont aussi d'excellents objets d'etude.
La peau, le cerveau, les muscles, le myocarde sont relativemcnt moins riches en bacilles.
Un fait dont on pent aisement s'assuror sur les coupes colorees, e'est quo les bacteridies so rencontrent dc
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preference dans les reseaux capillaires; les arterioles et las veinules en renferment en quantite beaucoup plus faible, sans doute en vertu de leur adherence raoiudre dans dos canaux plus larges.
Ensomme, il resulte de cette etude anatomique de la repartition du bacillus antbracis dans les divers organes des animaux ayant succombe au charbon que cette maladie est, par son siege, surtout hematique, intra-vasculaire; a moins de ruptures et d'extravasation, les parenchymes sont generalement libres de bacilles. Ces particularites s'expliquent en partie par les proprietes du bacillus antbracis et surtout par sa qualite eminem-ment aerobie; il en resulte qu'il envabit le sang rapi-dement et qu'il s'y cantonne de preference, puisqu'il y trouve plus d'oxygene libre que dans les tissus.
II ne faudrait pas croire cependant que, meme cbez losrongeurs, oule charbon revet sa forme la plus simple, les bacteridies restent toujours contenues dans le Systeme vasculairo et que les parois des capillaires et le revetementepithelialdesappareils glandulairesne soient pas souvent franchis. Dans le cours de nos recherchcs sur la transmission du charbon de la mere au foetus, dont il sera question plus tard, nous avons, M. Cham-berland et moi, etudie d'uno fagon methodique, sur des cobayes charbonneux, la bile et Furine, au point de vuo do la presence du bacillus antbracis dans ces produits de secretion. Nous nous sommes assures que I'urine con-tient presque toujours dos bacilles, souvent en tres petite quantite, 11 est vrai; ce qui le prouve, c'est que parfois on pent semer dans le bouillon de culture des quantites notables d'urine, sans qu'il y ait de developpement; de meme, dans ces cas, on pent en inoculer ä un animal plusieurs divisions de la seringue de Pravaz,sansresul-tat. II faut alors plusieurs tentatives de culture ou d'ino-culation pour arriver ä un seul resultat positif. Dans d'autres cas, I'urine contient des bacilles en nombre as-sez abondant; generalement eile renfermo alors en
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meme templaquo;? des globules rouges du sang qui tcmoi-gnent de petites hemorrhagies qui se sont produites dansle rein.
Labile, fraichement recueilliesur un lapin ou unco-bayequi vient de succomber au charbon, contient par-Ibis aussi desbacillcs, mais toujours en nombre tresfai-ble ; il faut toujours ensemencer jdusieurs ballons de bouillon avec des quantites notables de bile pour obtc-nir une culture feconde.
Nos recberches nous ont aussi montre que du sang charbonneuxseme dans de la bile fraichement recueillie ne donne lieu ä aucun developpement fdamenteux; au bout de 48 heures de sejour dans la bile, les bacteri-dies sont mortes; la bile jouit done d'une veritable action antiseptique sur la bacteridie (1).
MM. Chambrelent et Moussous ont montre que le lait, chez les femelles en lactation, peut aussi contenir des bacilles (2).
Teiles sont les principales particularites anatomiques que Ton peut observer quand on etudie le charbon des cobayes ou des lapins, animaux chez lesquels la mala-die revet la plus grande simplicite. Chez le mouton, les lesions ne different pas notablement de celles qu'on observe chez le lapin. Au point d'inoculation, les memes phenomenes se produisent; tumeur oedemateuse s'eten-dantjusqu'au ganglion le plus proche, inflammation de celui-ci avec augmentation considerable de volume, souvent hemorrhagies. Quant aux lesions du Systeme vasculaire, elles sont aussi les memes; neanmoins, nous devons rappeler que, clans quelques cas, des ruptures
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(i) Straus et Chambcrland. Roahorches experimonlales sur la transmission do quelques maladies virulentes, en particulier du charbon, do la mere au foetus (Arch, do physiol, 1883, t. I, p. 449.
(2) Chambrelent el Moussous. Passage de bacteridics charbon-neuses dans lo lait des animaux atleints du charbon (C. R. de l'Acad. dos sciences, 19 nov. 1883j.
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vasculaires peüvent sieger dans difterents organes; laquo; c'est ainsi que Ton reneontre souvent des suffusions sanguines ou de petites hemorrhagies dans diverses parties del'intestin; I'liematurie, qui s'observe assez frc-quemment chez ces animaux, nous indique egalement qu'il a du se produire des ruptures dans la couche cor-licale du rein raquo;. (Toussaint.)
Nous avons decrit plus haut, d'apres M. Koch, les lesions que prcsente I'intestin grele, le 4e estomac et par-fois le gros intestin chez les moutons quand ils suc-combent au charbon spontane, intestinal.
Chez le becuf, il se developpe souvent au lieu de l'ino-culation des cedemes enormes, avec engorgement gan-glionnaire considerable et fievre intense ; puis au bout de quelques jours I'cedeme se resorbe graduellement ct I'animal guerit; nous avons dit, en effet, combien est grande la resistance des animaux de l'espece bovine au charbon inocule. Le cheval et l'äne sont moins resis-tants. Lorsque ces animaux succombent, 3, 4, 5 jours et meine da vantage apres I'moculation, des lesions vis-cerales, beaucoup plus prononcees que chez le lapin ct le mouton, oni eu le temps de so produire.
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laquo; On rencontre, en effet, des ruptures vasculaires dans la plupart des tissus et surtout dans le tissu conjonctif. Dans beaucoup de points se voient des cedömes renfermant des bac-teridies longues,arliculees, et cela surtout autour des ganglions lymphatiques; on les rencontre aux aines, auxaisselles, autour des ganglions sous-lombaires, a, la surface du colon et sur prcsque tout le trajet des ganglions intestinaux; les ruptures vasculaires sont frequentes dans les parois de I'intestin et sous le pcritoine parietal. Les hemorrhagies qui en resultcnt s'eten-dent en surface et occupent souvent plusieurs decimetres carres; on en trouve aussi dans les parois du cceur, soit sous la sereuse du pericarde, soit sous I'endocarde. Ces differentes ruptures entrainent des peritonites, pleuresies, pericardites suraigues s'accompagnant de douleurs colliquatives plus on moins violentes. La plupart des ganglions lymphatiques out augmente de volume et sont rouges, infiltrcs, souvent ecchy-motiques. Ces lesions ganylionnaires sont dues, sans aucun
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doule, aux numbreuses ruplures vasculaires qui so sont pro-duites dans les demiers temps de la vie et qui ont agi comme de veritables inoculations profondes raquo;, (Toussaint).
II y aurait encore beaucoup de particularites, interessantes au point de vue de la physiologie pathologiquo de la maladie charbonneuse, ä mentionner ici : ainsi, les variations d'effet resultant de la, quantitä de virus inocule, les resultats produits par Tinjection des bacte-ridies, ä doses massives, dans le Systeme circulatoire et d'autres points de detail qui trouveront mieux leur place quand il sera question de l'immunite contrc le charbon.
Theorie du role de la. bacteridie dans le charbon. On voit par ce qui precede quc le charbon realise, avec une nettete pour ainsi diru schematique, le type de la maladie infectieuse aigue. Le parasite se multi-plied'abordsur place, au point inocule, et y provoque une inflammation speciale aboutissant ä la formation dun oedeme qui lui sert de liquide de culture. La pro-pagation se fait ensuite, ordinairement par la voie lym-phatique, exceptionnellement d'emblee par les vais-seaux sanguins; enfin le sang est cnvahi et par lui l'in-iection se propage, pour ainsi dire, ä tous les organes; a partir de ce moment la mort est certaine et la survie n'est plus qu'une question d'heures.
II serait pueril d'insister davantage sur cette proposition, surabondamment demontree, que la bacteridie est la cause de la maladie. Mais cette constatation ne sau-rait suffire; nous nous trouvons en face d'un probleme bien plus obscur, celui qui consiste ii reebercher comment cette bacteridie agit pour determiner la maladie et entrainer la mort.
Une premiere explication, seduisante par sa simpli-cite, a ete proposee par M. Pasteur et par M. Bollingcr : la bacteridie est un organisme eminemment aerobic ; dans son conflit avec les globules rouges du sang, eile
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tendrait a leur enlever l'oxygene et determinerait ainsi une veritable asphyxie. Cette theorie souleve plusieurs objections : dans un certain nombre de cas, on voit la mort surveniravec fortpeu de bacteridies dans le sang, en nombre evidemment trop faiblepourspolier les globules rouges de leur oxygene ; le sang charbonneux presente des caracteres speciaux, tel que l'etat agglutinatif des globules rouges, la leucocytose, qui ne sont pas les at-tributs du sang asphyctique; si les animaux presentent souvent, pendant les derniers moments de la vie, des phenomenes dasphyxie, ceux-ci peuvent aussi faire completement defaut et la mort survenir presque inopi^ nement (charbon apoplectique).
D'autres pathologistes pensent que les bacteridies agissent surtout mecaniquement, en obstruant les pe-tits vaisseaux. A l'appui de cette maniere de voir, M. Toussaint, le principal promoteur de cette theorie, in-voque les resultats que donne, chez un animal charbonneux vivant, Fexamen microscopique direct des membranes transparentes, tels que I'epiploon ou le mesen-tere; en modifiant convenablement le dispositifhabitucl-lement employe pour l'etude de la circulation, on pent voir les bacteridies s'accumuler dans les capillaires, les obturer partiellement et jouer le role de veritablcs em-bolies. Cette explication est passible des memes objections quo la precedente; eile ne rend pas compte de la mort dans les cas oü les bacilles sont peu nombreux dans le sang; d'autre part, les lesions anatomiques du charbon ne sont pas celles que determinent les embolies capillaires.
II est probable que Faction exercee par le bacillus anthracis sur l'economie de l'animal qui en est envahi est complexe; peut-ctre doit-on revendiquer le role 1c plus important pour les produits toxiques secretes par le microbe, qu'il s'agisse d'un ferment soluble ou dun alcaloide (ptomaine). L'action phlogogene si netto deveioppec par le parasite au point d'inoculation, la
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frequence des hemorrhagies profondes chez certaines especes animalcs, temoignant d'une atteinte specials exercee sur les parois des capillaires, I'etat agglutina-tif des globules rouges du sang, sont des arguments qui militent en faveurde cette maniere de voir. Depuis longtemps, M. Pasteur attribuait ti un ferment soluble, a une diastase secreteepar le bacille, la production de I'etat agglutinatif des globules rouges. L'hypothese d'un pared ferment ou d'une ptomaine rendrait compte de la gravite des symptömes terminaux, des troubles qui surviennent dans les centres nerveux respiratoire et cardiaque. Mais jusqu'ici, toutes les tentatives faites pour decouvrir dans le sang d'un animal charbonneux ou dans les cultures pures de la bacteridie la presence d'une ptomaine ou d'un ferment soluble sont demeu-rees sans resultat.
On voitdonc que nos notions, en cequi concerne Faction intime exercee par la bacteridie sur I'economic animale, sont encore fort imparfaites et qu'a cesujet on ne peut guere emettre que des hypotheses.
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DIXIEME LEQON.
Transmission du charbon de la more au foetus,
öOMMAIRE. De la contagion inlra-uterine en pathologie humainc la variple congenilale en ost le type. Experiences de Brauell-Davainc : le Ijacillus anthracis ne franchirait pas la bai-riöre placentaire. Importance doctrinale attribute ä cefait.Experiences de M. Chamberland el moi; ellcs prouvent la transmis-sibilite de la bacteridie cbarbonneuse de la more an fcclus. Pourquoi cette transmission a etc meconnuc par nos prcdeccs-seurs : ils n'avaient eu reconrs i\i aux cultures, ni aux colorations.
Obscurites qui regnaient sur I'immunite contre le charbon conferee au nouveau-nc par la maladie materncllc. Ces obscurites disparaissent par la notion du passage de la bacteridie charbonneusc a travcrs le placenta.
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Messieurs,
La transmission de certaines maladies virulentes de la mere au foetus est un fait etabli depuis longtemps, par I'observation clinique, en pathologie humaine. Les documents les plus riches a cetegard sont relatifs ä la variole et il existe toute une litterature sur laquo; la variole du foetus, la variole intra-uterine ou variole congeni-tale raquo;. D'une fagon generate, lorsqu'une femme enceinte eat atteinte de petite veröle, plusieurs eventua-lites peuvent se produire : tantöt eile avorte et, dans un certain nombre de cas, le foetus expulsc presente des traces manifestes d'eruption variolique; ou bien la grossesse suit son cours normal et la femme donne naissance ä un enfant marque de cicatrices de petite
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veröle, ou en pleine eruption de pustules varioliques, ou ä un enfant chez lequel l'eruption so produit des les premiers jours qui suivent la naissance, c'est-ä-dire ü uno epoque oü, d'apresnos notions sur laduree del'in-
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cubation de la variole, il est manifeste quo la contami-
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nation du foetus a du se faire pendant la vio intra-utcrine. Ou bien encore, I'enfant au moment de la naissance ne presents aucune manifestation apparentc de la variole, mais il temoigne copendant d'une participation evidenteä la maladie maternelle par 1'immunite dont il jouit ä l'egard do la variole spontanes, ou inoculee, ou do la vaccine. Enfin, dans uns derniere categoric de faits, la variole subis par la mere pendant la grossesse ne parait exercer aucune influence sur le foetus ; Tsn-fant, apres sa naissance, no jouit d'aucune immunite et so montre susceptible de contracter une variole ou uno vaccine legitime.
Pour d'autresmaladies infectisusss, pour la rougoole, la scarlatine, la fievre intcrmittcnte, il oxisto egalement des cxemplss ds transmission s'effectuant do la mere
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au foetus pendant la vie intra-uterine ; mais ces faits
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sont beaucoup plus rares et moins nets que pour la variole. Plus complexes encore sont les problemos que soulevent la syphilis et la tubcrculoss hereditairc.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; '.jcw
En ce qui concerne le charbon, tons les experimen-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; :||
tateurs, jusqu'ici, ont ete unanimes ä constater quo la maladie ne se transmet pas de la mere au foetus et que le placenta oppose ä la bacteridie une barricre infran-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'-'ys
chissable.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'M
Brauell fut le premier qui s'enquit de la maniere dont se comportent Iss foetus de meres ayant succombe a I'af-fection charbonneuse. Ses experiences sont au nombre de quatre et portercnt sur le sang d'un foetus do jument, morte de charbon, et celui do trois foetus do brebis ayant
succombe ä la meme maladie. II constata que le sangnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;' ,;'
de'ces foetus, ä l'examen inicroscopique, ne contenaitnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Pt.;
pas de bacteridies ; ce meme sang fut iuocule sans vi-
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sultat ä des moutons f 1). II fut ainsi conduit ä formulcr la conclusion suivantc :
laquo; Les embryons des animaux morts de charbon nc presentent aucune des alterations anatomiques propres au charbon. Le sang lui-meme n'offre rien d'anormal : de ces faits observes par moi, ainsi que des resultats negatifs des inoculations du sang foetal, on pent con-clure que le charbon ne passe pas de la mere au foetus (2). gt;.
Brauell sc borna ä cette simple constatation, sans insister davantage sur sa portee. Neuf ans plus tard, Davaine repcta ces experiences avec 1c memo resultat; il ne parait pas, du reste, avoir eu connaissance du travail du veterinaire de Dorpat, car il no le cite point.
Dans une note lue ä l'Academie de medecine, oü il cherche a etablir quo la bacteridie est bien la cause veritable du charbon et oü il signale les difficultes pratiques de la filtration du sang charbonneux, Davaine s'exprime ainsi:
laquo; Le filtreque l'industrie humaine ne peut nous procurer, la nature peut nous le fournir; on salt en effet que, chez les mammifercs en etat de gestation, le placenta ne laisse point passer les corps solides les plus petits, ni les corpuscules du sang, ni les substances les plus tenues que Ton emploie dans les injections. 11 etait done tres probable que les bacteridies, qui sont des corps solides, ne passeraient point de la mere au foetus, et j'ai en effet pu verifier ce fait, dans un nombrede cas suffisants pour acquörir a ce sujetunc certitude. Cela pose, si les bacteridies et le virus charbonneux sont une meine chose, le sang du foetus qui ne reeoit point dc bacteridies doit etro incapable de produire le charbon; e'est ce qu'a montre I'expc-rience suivante :
(1)nbsp; Gomme mode d'inocalation, Brauell se servait 1c plus sou-vent dun fil iinpregne de sang et passe en seton sous la peau dc la uuque on de Toroille; dans d'autrcs cas, il inoculait ä la lan-cettc. Nous avons dejä dit que ces procedes sont moins cer-lains que I'injeclion sous-cnlanee ä l'aidc de la scringue do Prava/,.
(2)nbsp; Brauell, Weitere Millheilungen über Milzbrand und Milzbrandblut {Virchow's Arch. 1858, t XIV, p. 432},
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laquo; J'ai inocule un cobaye en etat de gestation tres avancö avec du sang charbonneux. Le cobaye etant mort deux jours apres I'inoculation, offrait dans son sang et dans oelui du placenta des myriades de bacteridies; mais il n'y avait aucun de ces corpuscules visible dans le sang ou dans les organes du foetus, qui se trouvait seul dans la matrice.
laquo; Quatre cobayes alors furent inocules, Tun avec le sang du placenta, qui contenait des bacteridies, et les trois autres avec celui du coeur, de la rate et du foiedu foetus, qui n'en contenait pas. Or, le premier cobaye mourut lo lendetnain, infecte de nombreuses bacteridies, tandis que les trois autres, inocules avec le sang du foetus, ne furent nullement malades, et je les conservai vivants pendant plusieurs mois encore (1). raquo;
M. Bollinger, M. Chauvoaurcpütercntces experiences sur des brebis pleines, avec 1c memo rosiiltat,et ainsi lo fait du non-passage du bacillus anthracis a travers 1c placenta fut universellcment accepte; les experiences de Brauell et do Davaine prirent une veritable importance doctrinale; clles furent sans cosse invoqueos comme une des preuves les plus deoisives que, dans les liquides charbonneux, la virulence ost inberente ä la bacteridio et qu'ello ne reside pas dans des substances solubles, capables de diffuser a travers les membranes do I'ocuf.
Dans leurs recherohes sur lo chardon symploma.-tiquo, MM. Arloing, Cornevin et Thomas ont constate, sur des brebis pleines, quo la bacteriequi est I'agent do cette maladio francbit la barriere placentairo et so rc-trouve dans lo sang du foetus. Ils enregistrent ce fait comme un caractero differentiel de plus, a ajouter ä ceuxqui distinguaiont dejä le charbon symptomatiquo du charbon propremont dit (2).
An commencement dos recherches auxquollos nous nous sommos livres, M. Chamberland et moi, en 1882,
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(1)nbsp; Davaine.( Acad. de, medecine, scanco du 3 döcembro 18G7).
(2)nbsp; Arloing, Cornevin el: Thomas, Sur Vilat virulent du foetus e.hcz la brebis morte dc charbon symptomatique, (C. R. do I'Arnd. des sciences, 1882, t. 02, p. 739.)
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sur la transmission des maladies virulentes aigues de la mere au fcctus, nous arrivämes d'abord, en cc qui con-cerne le charbon, ä dos resultats identiques ä ceux ob-tonus par nos predecesseurs. Les foetus des femelles de cobayc mortes de charbon nous parurent indcmnes et leur sang, ä l'examen microscopique, prive dc bacteri-dies. Le non-passage du bacillus antbracis a travers 1c placenta nous parut d'autant plus remarquable que, dans le memo temps, nous etions arrives ä constater la transmission, de la mere au fcctus, de deux autres maladies ix microbes bien determines : le cbolera des poules ct la septicemie experimentale aiguö de Pasteur {[].
Mais quelques semaines apres (2), ä la suite d'expe-riences nouvelles et plus nombreuses, nous arrivämes a des resultats positifs qui nous permirent d'affirmer que la loi de Braucll-Davaine, dans la formule absolue que ces experimentateurs lui ont attribuee, est erro-nee. Nos recberches montreront, d'une fagon certaine, quo dans le charbon, chez le cobaye, la harvievepln-centaire est souvent franchie, que le sanrj fostalpeut conteriir des bacteridies et etre virulent.
Nos experiences portorent sur des femelles de cobayc, au nombre dc plus de quot;vingt, ä diverses periodes de la gestation. Elles furent inoculecs soit avee dc la culture virulente de charbon, soit avec dc la culture attenuee (deuxieme vaccinde Pasteur), virulente encore pour le cobaye. Ces animaux succomberent au charbon type, dans un temps variant entre 30 et 00 heures.
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(1)nbsp; Straus ct Ohamberland, Recherches experimentales sur la transmission rfes maladies virulentes aigues de la mere an fwlus. (C. R. de la Socieli do. biologic, A nov. 1S82, p. 683.)
(2)nbsp; Straus ct Ohamberland, Passage da la bactiridie charbon-neuse de la mi:re an foetus. (C. R. de la SocUHe de hiolotjic, 16 (leccmlirc 1S82, j). 80i, ct C. R. de l'Academic rfes sciences, 48 dcccinlirc 1882, t. ,95 p. 1290).Voyez aussi : Straus ct Ohamberland, Recherches experimentales sur la Iransmission de quelques maladies oirulentes, en particulier du charbon, dc la mere au fctus, {Arch, de physiol., 1883, t. I,, p. A'Sb).
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Immediatement apres la mort, les foetus ctaiont ex-traits rapidement et avec soin et plonges aussitot dans de l'eau bouillante, pendant un temps plus que suffi-s ant pour tuer les quelques bacilles provenant du sang maternel ou placentaire qui aurait pu souiller leur peau. Les vases recevant les foetus apresleur extraction, les instruments destines a les ouvrir etaient rigoureu-sement flambes, do sorte que nul soupgon de contamination par le sang maternel ne pouvait subsister.
Des prises de sang i'urent faites, ä l'aide dune pipette effilöe, sur chaque foetus, dans le foie et dans le coeur; la surface de ces organes, par surcroit de precaution, etait toujours brülee au point oü la pipette allait puiser le sang. Le sang ainsi recueilli fut : 1deg; examine au microscope ; 2deg; seme dans du bouillon de veau neutralise ot mis ä l'etuve ä 37deg;; 3deg; inocule a un certain nombre de cobayes. L'examen microscopique du sang foetal (que nous pratiquämes, ilest vrai, äcette epoque, sans recourir aux procedes de coloration) ne nous permit point de constater la presence de bacteridies. Les globules rouges du sang foetal n'offraient pas non plusl'etat agglutinatif caracteristique du sang charbonneux. A cet egard, les faits paraissaient done, de prime abord, conformes ä ceux observes par Brauell, Davaine, etc.
II en fut tout autrement des resultats que donnerent les cultures. Plusieurs eventualites sc presenterent : Dans quelques cas, les plus rares, le sang puise clans ions les foetus que renfermait la mere (1) demeura sterile. Dans d'autres cas, chez la memo femelle dont I'u-terus contenait une portee de 2, 3, 4 ou 5 foetus, le sang d'un seal, ou de deux, trois, etc., fut seme avec suc-ces, le sang des autres foetus se montrait sterile. Enfin, dans certains cas, tous les petits d'une meme portee donnerent du sang dont la culture fut feconde.
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(1) On sait que I'uturus (double) des cobayes pent contcnir un nombre. de footus variant enlre I ct 5,
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Nous avions soin de seiner, clans plusieurs flacons de bouillon, du sang recueilli sur un meme foetus, et de lo semer en quantite notable (plusieurs gouttes pour un flacon). Or, des cas se sont presentes oü quelques-uns de ces flacons demeurerent steriles, tandis que d'autres flacons, ensemences aveo le meme saner, cultiverent. Celrt prouve combien est petit le nombre des bacilles contenus dans le sang frctal : ils y sont, pour ainsi dire, par unites, puisqu'on pent prelever sur des foetus uno quantite notable de sang (plusieurs gouttes) qui ne donne rien par la culture et par consequent ne renfermc aucune bacteridie.
La culture nous revela done la presence, dans lo sang footal, de bacilles en tres petit nombre. Cette notion inattendue nous engagea ä pratiquer un certain nombre d'inoculations avec du sang de foetus sur des cobayes varies. Nous eümes soin d'employer pour cette inoculation une dose relativement considerable de sang foetal (deux ä trois divisions de la seringue de Pravaz). Dans un certain nombre de cas, ces inoculations echouerent; dans d'autres, elles donnerent au contraire desresultatspositifs et les animaux inoculcs succombe-rent au charbon. D'ou cette conclusion que, dans un certain nombre de cas, le sang du foetus est virulent.
Ces resultats ontete obtenus sans que la periode plus ou moins avancee de la gestation, la marche plus ou moins rapidement mortolle du charbon ni le moment, apres la mort, oü a ete pratiquee l'autopsic, y aient ap-porte de difference appreciable. Dans un certain nombre de cas, nous avons eu soin de pratiquer I'autopsie immediatement apres la mort, pour eviter la gestion du passage, post mortem, du bacille a travers le placenta. Des resultats positifs ont ete obtenus dans ces cas aussi bien quo dans ceux oü I'autopsie avait ete plus tardive.
Le placenta ne constitue done point, comme on I'a cru jusqu'au moment de nos recherches, une barriere
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infranchissablo pour le bacillus anthracis. Dans un certain nombre de cas, le sang des foetus dc meres cbar-bonneusesrenfermedesbacteridies, enassez faible quan-fite,ilest vrai.pourque la culture soitnecessaire pourles deceler avec surete. De meme, ce sang se montre virulent si Ton a soin d'en employer, pour I'inoculation, des quantites assez notables. Le placenta n'est done pas un fdtre parfait a l'egard du bacillus anthracis ; mais il joue cependant un role de filtration manifeste, puisqu'il ne livre passage qu'ä un nombre restreint do microbes. Dans quelques cas seulement, cas exception-nels, la filtration estparfaite et le sang du foetus pent ne posseder reellement ni bacteridies, ni virulence.
La loi de Brauell-Davaine, qui generalisait une exception, cst done erronee: erreur qui fut heureuse äun moment donne, et profitable ä la science, puisqu'elle a fourni ä la tbcorie parasitaire des maladies infectieuses un des arguments en apparence les plus solides, ä une epoque oü les preuves dircctes n'abondaient pas comme aujourd'hui.
Des experiences identiqucs aux nutres quant au modus faciendi et quant aux resultats furent faites a Turin, par M. Perroncito. Comme nous, I'experimentateur Italien s'assura, par la methode des cultures et par I'inoculation, que le sang des foetus de femelies de co-bayes charbonneuses est souvent, mais non constam-ment, virulent. 11 etablit en outre que la transmission est clue au passage ä travers le placenta de bacilles, et non de spores, comme I'avait annoncc d'une faQon erronee M. Griffini (i).
Plus recemment, M. Koubassoff a repete egalement nos experiences avec des resultats semblables. II dit meme avoir constate, par I'examen do coupes colorees
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(1) Perroncito, Sulla trasmissione del carbonchio dalle ma-dri ni fcli. (Academia dei Lincei, s^vio 3, vol. XIV, soanco du 4 mars 1883.)
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dos divers organes des foetus, que le bacillus anthracis se rencontre constamment dans ces organes, en d'au-tres termes, quo la transmission s'effeoluerait toujours, sur tons les foetus d'une memo portee (1). Cette assertion aurait besoin d'etre verifiee.
Getto notion nouvello du passage de la bactöridie charbonneuse do la mere au foetus est importanto, sur-tout au point de vue de l'interpretation de rimmunito transmise au foetus par lamaladiesubie par la mere pendant la gestation. La fagon la plus naturelle de compren-dre cette immunite consiste ä l'attribuer ä une atteinte legere, mais reelle, de la maladie maternelle. Mais avec nos idees actuelles sur la cause des maladies virulentes, cette attointe, si faible qu'elle seit, ne pent guere etre expliquee sans l'intervention directe du mi-cro-organismo pathogene, cause unique et necessaire de la maladie.
Pour le charbon, cette interpretation si satisfaisante de rimmunito transmise au fcotus etait contredite par la loi classique de Bcauell-Davaine. De lä, un certain malaise pour la theorie, et des tontatives d'explication plus ou moins heureusos ; les choses sont devenuesplus claires grace a cette notion nouvelle do la transmissibi-lite du bacillus antbracis de la mere au foetus.
M. Chauveau est le premier qui ait signale des faits d'immunite contre le cbarbon conferee au moutonnou-veau-ne par la maladie subie par la mere pendant la gestation. Chez les moutons algeriens, il constata que Fimmunite deja naturellement tres forte dont ces ani-maux sont doues contre le charbon pent etre renforceo par des inoculations repetees de tres potites doses de virus. Cos inoculations preventives determinent cepen-dant chez les moutons une fievre legere, de l'engorge-ment ganglionnaire, etc.
(1) Koubassoff, Passage des microbes pathogenes de la mere au foetus. (C. R. de l'Acad. des sciences, 1885, t. CI, p. 101.)
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laquo; Sur les agncaux qui viennent de naitro, dit M. Chauveau, on observe, apres les inoculations preventives, les monies phe-nomenes quo chez les adultes : parfoia malaises apparcnts, toujours elevation de la temperature rectale et tumefaction plusou moins evidente des ganglions voisins de la region ino-culee. Or, aueun de ces phenomenes ne se manifesto sur lo jcune agneau dont la mere a etc plusieurs fois inoculee dans les derniers mois de la gestation. La resistance du jeune sujet est alors aussi complete que possible. C'est le 24 septembro 1879 que j'ai constate ce fait pour la premiere fois sur un agneau ne le 8, d'une mere qui avait ete inoculee le 5 et le 21 juillet precedents. Litteralement convert de piqüres d'inocula-tions ä diverses reprises, eet agneau ne presenta jamais trace do tumefaction ganglionnaire ni d'elevation do la temperature rectale. II en fut exactement de memo des deux autres agneaux dont les meres avaient ete inoculees, trois et quatre semaines avant la mise-bas, avec de notables quantites de virus intro-duites par injections sous-cutanees.
laquo; De ce fait decoulent d'importantos consequences pour la theorie de l'iminunitö.Comme l'asi bien domontreM. Davaine, los bätonnets bacteridiens ne se multiplient pas dans le sang du foetus, memo quand on en trouve de prodigieuses quantites dans le sang de la mere. Les elements normaux solides du sang ne passent pas, du reste, plus communement d'un Systeme vasculairo dans I'autre. Seul, le plasma sanguin peut faire l'objet d'echanges osmotiques actifs entre la mere et le foetus. On est done autorise a conclurc, relativement aux inoculations preventives du sang de rate : l0 que le contact direct de Vor-ganisme animal avec les elements bacteridiens n'est pas nocessairo U la sterilisation ulturieure de cot organisme; 2deg; que les inoculations preventives agissent sur los humeurs proprement ditos, rondues steriles et sterilisantes, soit par soustraction de substances necessaires a la proliferation bac-teridionne, soit plutöt par addition dematieres nuisibles a cette proliferation (1). raquo;
Si, comme nous I'avons demontre, la loi de Brauoll-Davaine est inexacte, ces considerations, quelque inge-nieuses qu'olles soient, tombent du meme coup. Puis-
(1) Chauvoau, Du renforcomenl do l'immuniti dos moutons algiriens, ä l'igamp;rd du sang do rate, par los inoculations präventives. Influence do Vinoculatton do In more sur la röcop-livilo du fcelus. {C. H. de l'Aoad. dos sciences, 1880, t. 91, p. 148.)
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quo la bacteridie pasr^e, clans un certain nombro de cas du moins, au foetus, eile doit provoquer dans lorga-nisme de ce dernier les memes effets que chez la mere clle-meme : une veritable maladie charbonneuse. Tan-tot le charbon subi par le fcetus sera assez intense pour le faire mourir, d'ou I'avortement; d'autres fois, la maladie cbarbonneusc, dejä tres attenuee cbez la mere (dans los inoculations d'apres la methode de Pasteur, ainsi quo dans les inoculations preventives dos brebisal-geriennos de M. Chauveau), le sera egaloment, et pent-etre davantage, chez le fcetus. Nos experiences, en ef-fet, nous ont appris que les bacteridies ne se rencon-trent dans le sang du fcetus qu'en quantite tres mi-nime; d'autre part, nous savons aussi, a la suite des belles rechcrches de M. Chauveau, quelle attenuation on obtient, quant aux effets des inoculations virulentes, par la reduction du nombre des microbes inocules (1). Le charbon eprouve par le foetus clans ce cas sera done tres attenue, mais süffisant cependant pour conferer ulterieurement au nouveau-ne une immunite plus ou moins durable. Enfin, il est des cas oü aucune bacteridie ne franchit le placenta ; ce sont lä aussi les cas oü le nouveau-ne, malgre la maladie subio par la mere, ne presente aucune immunite.
L'immunite conferee par la mere au foetus resulte done dc la contamination directe do I'organisme fce-tal par le bacillus anthracis; en d'autres termes, eile derive d'une maladie charbonneuse, plus ou moins attenuee, mais reelle et effective, transmise par la mere au fcetus.
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(1) Chauveau, De I'allenualion des effets des inoculations virulentes par I'emploi do tres pelites quanlites de virus. (C. R. de l'Acnd. des sciences, 1881, I. 94, p. 8'i4.)
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ONZIEME LEQON.
La vaccination charbonneuse.
SOMMAIUU. Dos inoculations preventives en general; variolisa-
tion ; vaccine de Jenner ; niethode d'attenuation de M. Pasteur:
eile s'exerce in euro, sur les cultures dos microbes pathogöaes,
en dohors de l'äconomie animale. Le cholera dos poulcs,point
de depart Co la decouvertc. Methode d'attenuation du bacillus
aathracis, par la culture a 4quot;i0, 43deg;, au contact de I'air pur.
l/rttenuation ainsi ohtenueest fixoc et so transmet indclinimonl,
dans les cultures effectuocs ensuite dans l;gt;s conditions habituelles, Creation de veritablcs races do virus-vaccins. La
vaccination charbonneuse. Sa grande purteo theorique.
Sa valour pratique. Essais d'attenuation du virus charbonneux tentes par M. Burdon-
Sanderson ot M. Greenliold. Procedo de M. Toussaint. Tra-
vaux do M. Chauveau sur I'actiou attenuatricc de la chaleur, do
l'oxygene comprimö, do la soustraction d'oxygenc. Attönua-
lion par les antiscptiques (Chambcrland el Roux), par la lumiöre
solairo (Arloing). Conditions generales qui provoquent lephe-
nomene do l'attönuation. Experiences do M. II. Büchner sur la pretenduc transformation du
bacillus anthracis en bacillus subtilis et rice versa ; dies n'ont
jamais pu etro vorifioes.
Messieurs,
A l'liistoire du charbon cst etroitement liec Tune des plus grandes decouvertes do ec siecle, celle de ['attenuation artificielle des virus et des inoculations preventives ii l'aide de ces virus ainsi modifies.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;;-
La pratique de Tinoculation de matieres virulentes dans un but preventif estune vieille conquete de la me-decine ; ello decoulait naturellement do la notion de la non-recidive d'un certain nombre de maladies infec-tieuses. L'exemple le plus frappant de cos contagionsnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; :''
artificielles, avantagcuscmentsubstituees ä la contagionnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; amp;#9632;£
naturelle, nous est fourni par la variole. Contractee na-
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turcllement, c'est-ä-dirc par absorption du virus par lo poumon ou le tube digestif, la variole est une maladie redoutable et souvent mortelle ; si au contraire le virus vicnt ä 6tre insere artificiellement sous repiderme, il provoque ordinairement des effets tres attenues, suffi-sants cependant pour garantir desormais I'organisme eontre le retour de la terrible maladie : c'etait lä la pratique, seculaire en Orient, de l'inoculation varioliquc. Ainsi, la contamination artificielle, s'efiectuant par unc porte d'entree qui n'est pas celle que choisit la maladie spontanee, suffit dans un certain nombre do cas pour amener une maladie relativement benigne et qui met ä l'abri de celle, beaucoup plus grave, qui resulte dc la contagion naturelle. L'inoculation de la clavelee, I'inser-tion sous-cutanee du virus de la peripneumonie bovine, l'injection intra-veineuse du virus ducharbon bactcrien peuvent etre citees comme d'autres exemples d'atte-nuation obtenue ä l'aide de simples modifications appor-tees au siege ou au mode d'introduction de l'agent in-ectieux.
L'admirable decouverte de Jenner crea une melbode d'attenuation nouvelle; eile est bas'je, en dcrniere analyse, surles variations imprimecs äl'energie d'un virus par son passage d'uneespece animale ä une autre. liest vrai quo nous ignorons encore si la vaccine est une maladie propre de Fespece bovine ou chcvalinc, ou bien si eile resulte de la transplantation et de la transformation de la variole bumaine dans I'organisme de cesani-maux (I); mais les recentstravaux de M. Pasteur sur 1c
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(I) laquo; Cc n'est pas, dit M. Chauvcau, que I'liypolliesc do cello transformation soil moins soduisanto ni moins probable qu'autrc-fois. J'en suis reslc le partisan fidfele. Mais il faul so rusigucr ii convenir que personne n'est acluellenient en elat de faire do la vaccine aveo do la variole..(Jotlc operation est restoo I'oeuvro mys-torieuse do la nature, qui nous en derobe encore los proccdos. laquo; (Chauvcau, Ij'aUcnuation des virus. Revue scientifique, 188ii, nquot; 20, p. 618).
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rouget et sur la rage montrent que tel virus, transports
d'une espece auimale a une autre et propage pendant
un certain temps dans cette espece nouvelle, pent s'atte-
nuer plus ou moins dans ses effets ,quand ensuite on luinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; . vlaquo;
fait faire retour ä l'espece qui lui a servi de point de
depart.
Tonte differente des deux precedentes est la geniale methode d'attenuation due ä M. Pasteur. Ce n'est plus ä l'intervention de l'organisme vivant que I'attenuation estdemandee ; on s'adresse directement aux agents vi-rulents, cultives en dehors de reconomie animale, en vase inerte. Sous Taction plus ou moins prolongee ou plus ou moins intense de certains agents modificateurs, la virulence de ces cultures peutctre modifiee sans que la vie meme du microbe soit compromise ; I'attenuation peut ainsi etre graduee pour ainsi dire a volonte, dc faQon ä proportionncr la virulence des vaccins ob-tcnus aux receptivites diverses des races d'animaux et a la soliclite de Timmunite que Ton cherche ä acque-rir. laquo; Dans ces conditions, dit M. Chauveau, I'attenuation est entierement dans la main de l'experimentateur, absolument comme s'il s'agissait d'une reaction chimi-que. raquo; En meme temps, M. Pasteur fit cette autre de-couverte que I'attenuation ainsi conferee ä certains microbes peut se transmettre a leurs descendants; on peut ainsi, en quelque sorte, crecr des races nouvelles, chez lesquelles I'attenuation estfixee et se transmetpar heredite.
Si le charbon estlexemple le plus eclatantetle plus populaire de cette nouvelle metbodc d'attenuation, il n'en a pas ete I'origine ; on salt en effet que cette de-couverte a eu pour point de depart los rechercbes de M. Pasteur sur le microbe du cholera des poules.
Si,dans un liquide nutritif approprie (bouillon neutre dc poule) on seme une trace du sang d'une poule qui vient de succomber au cholera, au bout de quelquesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;fajt
heures dejä il se produit une culture pure extremement
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abondante du microbe caracteristiquo. Inooulee, cettc culture se montre douee de la meme virulence redouta-ble que le sang infectieux qui lui a donne naissance. Cette virulence, eile la conservera intacte dans les premiers mois; puis ä mesure qu'on s'eloigne de la date de l'ensemencement, h mesure que la culture vieillit, la virulence diminue graduellement et il arrive un moment oü eile finit par s'eteindre. Si Ton inocule le microbe convenablement affaibli, on provoquera cbez la poule une forme attenuee et benigne de la maladie, mais qui preservera de la forme grave et mortelle ; le virus mor-tel a ete ainsi transforme en un veritable vaccin.
II y a plus : chacun de ces etats de virulence attenuee pent etre reproduit par la culture ct conserve sa virulence propre; le microbe qu'on a destitue, au degre voulu, de son energie, pent faire souche d'une nouvelle ligneo de microbes dans lesquels le degre do virulence se trouve contenu dans les limites meme oü eile a etc amenee chez les ascendants; I'attenuation est devenue un attribut transmissible ct fixe par I'beredite, un veritable caractere de race.
M. Pasteur montra que le facteur essenticl, sinon unique, de I'attenuation est Faction prolongee de 1'oxy-gene de Fair en presence duquel la culture s'eftectue; en effet, si la culture au lieu d'etre maintenue au contact de l'airpur, estfaite en tube scelle, ä l'abri de l'air, eile a beau vieillir, I'attenuation faitdel'aut; pour le microbe du cholera des poules, e'est done bien I'oxygene qui affaiblit et qui ote la virulence (1).
Pour appliquer ce procede d'attenuation aux cultures du bacillus anthracis, une difficulte en apparence tres grando se presentait : le microbe du cholera des
(1) Pasteur, Sur les mnladirs virulcnlex, el en jwHcuZie)-sur la maladie appclee vulgairement cholera des ponies (Comptes rendus dc I'Aoad. den sciences, 1880, t. 'JO, p. 23(J et lt;IÜ2). De l'allenualion du virus du cholera des poules (Ibid., t. fll, p. 073).
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poules se multiplie simplement par scission et no donne pas de spores; la bacteridie charbonneuse, au contrairc, dans ses cultures, donne naissance a d^s filaments qui, tres rapidement, au bout de moins de vingt-quatro heures, so remplissent de spores. Or nous savons quo cos spores sont extrememont resistantes et que ni lo vieillissement ni l'action de l'oxygene de l'air, memo tres prolongee, ne modifie en rien ni leur vitalite ni leur virulence. M. Pasteur et ses collaborateurs, MM. Chamberland et Roux, tournerentla difficulte en empe-cbant la formation des spores. Dans le bouillon noutre de poule, la bacteridie ne se cultivo plus ä 45deg;. La culture y est facile au contraire, et abondante, de 42deg; a 48deg;, mats ä cette temperature, les spores ne se forment plus.
laquo; En consequence, on peut maintenir au contact de l'air pur, entrc 42deg; et 43deg;, une culture mycelienne de bacteridies entiere-ment privee de germes. Alors apparaissent les tres remarqua-bles resultats suivants : Apres un mois d'attente environ, la culture estmorte. La veille et Tavant-veilledu jour ou se manifeste cette impossibilite du developpement, et tous les jours precedents, dans I'intervalle d'un mois, la reproduction de la culture est, au contraire, facile. Voil.'i pour la vie et la nutrition de l'organisme. En ce qui concerne sa virulence, on constate ce fait extraordinaire que la bacteridie en est depourvue dcjä apres huit jours de sejour h, 42 ou 43deg; et ulterieurement; au moins, ces cultures sont inoffensives pour le cobaye, le la-pin et le mouton, trois des especes animales les plus aptes a contractor le charbon. Nous sommes done en possession, non pas seulement do l'attenuation de la virulence, mais de sa suppression en apparenco complete, par un simple artifice de culture. En outre, nous avons la possibilite de conserver et de cultiver, a cet etat inoffensif, le terrible microbe. Qu'arrive- t-il dans ces huit premiers jours a 43deg;, qui suffisent a priver la bacteridie de toute virulence? Avant 1'extinction de sa virulence, le microbe du charbon passe par des degres divers d'at-tenuation, et, comme pour le microbe du cholera des poules, chaeun de ces etats de virulence attenuee peut etre rcproduit par la culture. Enfin, puisque le charbon ne recidive pas, cha-cun de ces microbes charbonneux attenuö constituo pour le microbe supericur un vaccin, c'est-ii-dire un virus propre a
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 10
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doniiür une maladie plus benigne. Quoi de plus facile des lor.s que de trouver dans ces virus successifs des virus propres a. donner la fievre charbonneuse aux moutons, aux vaches, aux chevaux sans les faire perir et pouvant les preserver ulterieu-rement de la maladie mortelle ? raquo; (I).
Morphologiquement, la bactcriclic attenuce ne differe que peu ou point de la bacteridie la plus virulente ; les fdaments, cepondant, paraissent un peu plus courts et plus divises et la culture, moins abondante, forme sur les parois du ballon un depot uniforme, alors qu a I'e-tat virulent on la voit le plus souvent en llocons coton-neux, constitues par de tres longs lils. Mais il sufüt d'attendre la formation des spores et de faire de celles-ci une culture nouvelle pour voir reparaitre les formes de developpement de la bacteridie virulente. Fait extremement interessant, les spores ainsi develop-pees fixent les virulences de leurs bacteridies propres ; laquo; autant de bacteridies de virulences diverses, autant de germes dont chacun est pret ä reproduire la virulence de la bacteridie dont il emane raquo;.
Quand la bacteridie cbarbonneuse a ete privee de toute virulence pour le cobaye, le lapin et le mouton, on pent lui restituer son activite par des cultures suc-cessives dans le corps de ces animaux. La bacteridie inoffensive pour le cobaye de plusieurs anneos, d'un an, de six mois, d'un mois, de quelques semaines, de plusieurs jours, peut encore tuer le cobaye d'un jour. Si alors on passe d'un cobaye d'un jour a un autre, par inoculation de sang du premier au deuxieme, de celui-ci ä un troisieme et ainsi de suite, on renforce graduellement la virulence de la bacteridie^ ou, en d'autres termes, son pouvoir ä se developper dans l'e-conomie. Bientöt, par suite, on peut tuer le cobaye de trois et de quatre jours, d'une semaine, d'un mois, de
(I) Pasteur, Chamberland et Roux. Do l'altenuation des virus et de leur retour ä la virulence (C. R. de IVlcari. des sciences, 1881,1. XCII, p. 429). Le vaccin du charbon (Ibid.,raquo;. GüG).
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plusieurs annees ; enfin les moutons cux-memes. La bacteridie est revenue k sa virulence d'origine et eile la conserve indefiniment si on ne fait rien pour I'atte-nuer de nouveau.
Tels sont les faits fondamentaux sur lesquels repose la vaccination charbonneuse. Des 1880, MM. Pasteur et Chamberland preludaient ä leurs recherches ulte-rieures en etablissant experimentalement que, chez 1c bcjeuf ainsi que chez le mouton, laquo; le charbon est susceptible de ne pas recidiver, que des inoculations qui ne tuent pas sont preventives et qu'eniin, de memo quo dans le cholera des poules, on pent sans doute vacciner ä tous les degres (1) raquo;. II etait important que cette notion de la non-recidive füt nettement etablie, avant de tenter I'inoculation preventive a l'aide de cultures at-tcnuees.
La vaccination charbonneuse, teile qu'elle a ete in-troduite dans la pratique veterinaire par M. Pasteur, se fait par deux inoculations,ä douze ou quinze jours d'in-tcrvalle : la premiere avec le premier vaccin qui ne preserve que partiellemontlesanimaux, et la deuxieme avec le deuxitime vaccin, beaucoup plus actif que le
premier et qui acheve de les rendre completemcnt re-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;. v i
fractaires au charbon. Le premier vaccin est unc culture attenuec a tel point qu'elle peut etre inoculee im-punement aux lapins et aux cobayes, mais qu'elle tue encore les souris; cette attenuation est generalemcnt obtenue par le sejour de la culture ä l'etuve ä 42deg; pendant 15 a 20 jours. Lc deuxieme vaccin est obtenu au bout d'un sejour de 10 ä 12 jours ; il tue les souris et les cobayes et rend malades les lapins adultes sans les faire mourir. Par I'inoculation successive de ces deux virus attenues, on provoque chez les moutons, les ehe-
i (1) Pasteur et Cliambcrlaiid. Suv la non-ricidive tie I'affoction charbonneuse (C, II, de l'Acad. doraquo; sciences, 1880, t.XCI, p. 531).
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vrcs, le boeuf, le cheval, une maladie extremement af-faiblie, dans l'immense majorito des cas, süffisante cc-pendant pour conferor aux animaux une immunite solide contre le charbon oxperimentalement inocule ou spontane.
L'experience de Pouilly-le-Fort est trop celebro pour que j'aie besoin de la rappeler; eile fut suivic d'cxpe-riences publiques analogues tres nombreuses, insti-tuces tant en France qua I'etranger, en Autriche-Hon-grie, en Allemagne, en Italic, en Belgique; en somme, elles confirmerent pleinement les premiers resultats obtenus. Aujourd'bui les inoculations preventives contre le charbon sont entrees dans la pratique courante ; clles ont pour effet une diminution enorme de la mor-talite par le chai'bon dans les troupeaux. Jo n'ai pas k insister ici sur ces resultats, si precieuxau point de vue de l'economie rurale; ceux que cette question Interesse la trouveront traitee, avec tons sos details, dans le rc-marquable livre de M. Chamberland; outre la statisti-que des faits, il renferme des documents tres instruc-tifs sur la cause de certains insucces, sur les precautions iv tenir pour les eviter et sur la duree probable de l'im-munite conferee aux moutons et aux bceufs par 1'inocu-lation (1).
On salt qu'i roriginc la decouverte de M. Pasteur a ete l'objet d'attaques tres vives de la part de M. Koch et de ses eleves, portant, les unes sur la realite memo de l'attenuation de la bacteridie dans ses cultures, les autros sur la valeur pratique des inoculations preventives. Depuis, micux instruit par les rccherches de controle auxquelles il s'est livre, M Koch est revenu sur la plupart des objections qu'il avait d'abord emi-scs. II reconnait hautement cc 1'extreme portee scicnti-liquc de ce fait, etabli pour la premiere fois d'une fagon
(1) Chamberland. Le charbon el la vaccination charbonneuse d'apres lux rccontx travaux do M. Pasteur, Paris, 1883.
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exacte et hors de toute conteste, äsavoir qu'une bacte-ric pathogene, placee dans des conditions bien determi-nees, pent perdre ses proprietes pathogenes sans subir
toutefois des modifications morphologiqucs apprecia-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; quot;.-I1
bles : ce fait est du plus haut interet,non seulement pour la recherche etiologique, mais du meme coup pour la science biologique en general ; il ouvrira sans doute la voie ä d'autres decouvertes importantes raquo; ; et plus loin il ajoute : laquo; ä tout prendre, en se placjant au point do vue purement scientifique et non au point de vuc etroitement pratique, il Importe peu que los inoculations preventives entrainent une perte un peu jdus ou moins grande d'animaux. La science est surtout inte-ressee ä cette notion nouvelle qu'une immunite artifi-ciclle peut etre provoquee (1) raquo;.
Autres procedes d'attenuation du chavbon. Dcja avant les travaux de M. Pasteur et de ses eleves, quel-ques essais de vaccination charbonneuse avaient etc tentes. M. Burdon Sanderson avait fait des experiences dans cette direction : laquo; Lorsque le charbon est transmis par inoculation du beeuf, aux rongeurs (cobayes), et qu'onsuite on lui fait faire retour au bceuf, 1c caractero dc la maladie ainsi transmise est attenue comparative-ment au charbon spontane du bceuf. Les rongeurs suc-combent, mais les bovides inocules avec leur sang ou avec la pulpe do leur rate guerissent. Se passe-t-il la quelque chose d'analogue a la mitigation eprouvee par la petite veröle de rhomme, ä la suite de son passage
(1) Koch (R.). lieber die Milzbrandimpfung, Cassol, I88quot;2, p. 33. Consultora ce siijot: Loefller, Zur Immunilälsfrage, in Miltheil. aus dem kais. Gesundheitsamt, Bd. I, 1881, p. 134. Pasteur. De Valtemialion des virus (Congrcs international d'hy-
siöne, Geneve 1882). Pasteur. Reponse au Dr Koch. (Revuenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;tgt; .
scienK/Jque, 1883, t. XXXI, p. 7-1). Koch, Gaffky et Lcefücr,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;4 ..#9632;;quot;,
Experimentelle Studien über die künstliche Abschwnchungnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; amp;*'''
der Milzbrandbacillen (Mittli. des Gesundheilsami, Bd. 1!,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;#9632;^8
1883, p. 147).nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;.'#9632;)#9632;
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par d'autres especes animales et ce fait est-il susceptible d'une application pratique, c'cst ce qui sera l'objet de recherches ulterieures (1) raquo;.
M. Greenfield a fait des constatations analogues; en inoculant a dos bceufs du sang de cobaye charbonneux, ou de la culture provenant de ce sang, il a provoque chezces animauxunefievrecharbonneuseplusoumoins intense, mais presque toujours non mortelle; il a constate, en outre, que les bceufs ainsi inocules supportaient beauooup mieux et presque sans fievre des inoculations ulterieures. II en concluait, comme M. Burdon Sanderson, que le virus s'etait attenue par son passage sur le cobaye et pouvait cnsuite servir de vaccin pour les bo-vides (2).
Ces conclusions ne sont pas exactes : le passage du charbon par Forganisme des rongeurs n'en modifie pas d'une fagon appreciable la virulence; si, dans un certain nombre de cas, les bceufs inocules avec du sang de cö-bayes charbonneux ont survecu, cela tient non pas a une mitigation de l'agent infectieux, mais, ainsi que I'ont montre les experiences do M. Pasteur, ä la resistance que les animaux de l'especo bovine opposent a I'inocu-lation sous-cutanee du charbon ; cettc resistance aurait ete sensiblcment la meme si, au lieu d'employer du sang decobayes charbonneux, on av^ait inocule du sang de bceufs ou de moutons morts de cette maladie.
Du chauffago comme moyen d'attenuation. En 1880, M.Toussaintfitconnaitre le resultat d'experiences d'apres lesquclles du sang charbonneux dofibrine et
(1) Burdon Sanderson. Report on experiments on anthrax conducted at the Brown Institution, February 18 to Juny 30, 1878 (The Journal of the Royal agricultural Society, 1880, 2esörio, I, 16, pai-tie I, p. 2G7).
(i) (ireenfield. Beport on an Inquiry into the Nature, Causes and Prevention of splenie Fever, Quarter Evil and allied diseases, made at the Brown Institution (Ibid., p. 273).
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chauffe ä oÖquot; pendant dix minutes constitue un vaccin capable de donner aux moutons l'immunitö charbon-neuse. Le mome resultat pent etre obtenu par l'addition au sang de 10 0/0 d'aeide phenique. Ce procede d'atte-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; #9632; ,-|:
nuation, tel qu'il a ete applique par M. Toussaint, est assez infidele; tantot la chaleur agit d'une facon trop cnergiquo et tue toutes les bacteridies contenuea dans le sang et alors l'inoculation ne donne aueun resultat; tantot la modification imprimee par la cbaleur aux bacteridies n'est pas assez profonde ; elles conservent toutc lour virulence et alors la vaccination entraine la mort des animaux; de lä, denombreux insucces dans les deux sons, Malgre les defectuosites de son procede, M. Toussaint a eu le merite de montrer qu'une humeur char-bonneuse virulente peut etre transformee artificiellement en un liquide vaccinal(l). Mais c'est surtout ä M. Chau-veau quel'on doit l'etude methodique de la chaleur comme agent d'attenuation.
M. Chauveau s'est d'abord applique ärendre plus pratique et plus sür le procede d'attenuation imagine par M. Toussaint.
laquo; La premiere et la principale regle ä suivre consiste h pra-tiquer le chauffage de maniere h communiquer au sang, pres-que instanlanement, et egalement dans toutes ses parties, la surelevation de temperature, et de le soustraire de memo ä cette influence. Lorsque la quantite de sang a transformer en
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vaccin est trop considerable, toutes les parties ne sont pas
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uniformement influeneees par un tres court chauffage; lesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;. ',1
agents virulentsdes couches profondes peuventconservertoute lour activite et leur aptitude ä causer une isfection mortelle; ä moins que le chauffage ne soit trop prolonge, auquel cas on s'expose ä tuer absolument le plus grand nombre des agents virulents. Pour eviter cet ecueil, il faut renfermer le sang dans de petites pipettes cylindriques de 1 millimetre au plus de dia-
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(1) Toussaint (H.).De l'immuniti pour le charbon acquiseä In suite d'inoculalions preventives (C. II. de 1'Aca.cl.des sciences, 1880, t. 91, p. 135) et note contenue dans un pH cachete et relative ä un procede pour la vaccination du mouton et du jeune chien (Ibid., p, 303).
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metre. On scelle rextremite de ces pipettes et on plonge la partie qui contientlo sang dans uno grande masse d'eau porteo et maintenue a. la temperature voulue. Au bout du temps con-venable, les pipettes sont retirees et plongees dans de l'eau froide. Grace a la faible masse du vehicule qui renferme les agents virulents, ceux-ci s'echauffent et se refroidissent tout de meme avec une precision qui ne laisse rien ä desirer raquo;.
t C'est le chauffage a 50deg; que j'ai etudie avec le plus de soin. Avec cette temperature, il faut environ vingt minutes pour tuer la bacteridie. Le chauffage pendant dix-huit minutes pro-duit un excellent vaccin d'une tres grande attenuation. Inanimation est encore marquee apres un chauffage de dix minutes; mais eile n'estdejüplussuflisante pourpermettre de premieres #9632;vaccinations absolument inoffensives. A plus forte raison, on est-il de meme si la duree du chauffage est reduite ä huit minutes. Bntre ces deux degres extremes d'attenuation s'inter-calent naturellement un certain nombre de degres intermö-diaires graduellement croissants, quandon fait varierla duree du chauffage de dix-huit h dix minutes. laquo; Una premiere inoculation avec du vaccin faible (sang chauffe a 50deg; pendant quinze minutes) et une seconde inoculation ä dix ou quinze jours d'in-tervalle, avec du vaccin fort (sang chauffe pendant neuf a. dix minutes) preservent les moutons des atteintes du virus le plus actif, inoculeplus tard (1) raquo;.
Dans des recherches ulterieures faites en collaboration avec M. Wosnessensky, M. Chauveau montra que le chauffage pent etre applique, comme agent d'attenuation, non seulement au sang charbonneux, mais aux liquides de cultures artificielles. Du bouillon sterilise est ensemence avec du sang charbonneux frais et le matras place k I'etuvc, a la temperature de 42 ä 43deg;, comme avec la methode de M. Pasteur. Mais au lieu de les y laisser pendant douze a treize jours, on les en retire au bout de vingt heures environ, pour les soumettre, dans une autre etuve, ä la temperature do 47deg;, pendant uno hcure, deux heures, trois heures, quatre heures, meme
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(1) Chauveau.Elude experimentale des conditions qui per-rnettent do rendre usucl I'emploi do la methodo de M. Tous-saint pour attenuer le virus charbonneux (Comptes rendus do r.4cad. des sciences, 1882, 1. 94, p. 1694).
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davantago. L'operation est alors terminee ; eile rTa pas detruit la vitalite des agents virulents de la culture; mais ceux-ci out perdu plus ou moins de leur inocuite, sui-vant que le chauffage a ete plus ou moins prolonge. Le premier temps de Toperation a pour but de permettre a la culture mycelienne de se faire, sans production do spores; le deuxieme temps repond ä la phase d'atte-nuation proprement dite.
laquo; L'attenuation des cultures peut etre graduee a volonte, en donnant au chauffage une duree proportionnelle en degre d'at-tenuation qu'on veut obtenir. Pour me renseigner avec exactitude sur le resultat de mes inoculations d'epreuves, j'ai tou-jours fait celles-ci sur le cobaye, en injectantsouslapeaud'une cuisse une ou deux gouttes de liquide, suivant la taille dos sujets. Dans ces conditions, si Ton essayo oomparativement le meme liqaide de culture, suppose tresactif, avant chauffage et apres chauffage, voioi ce qui arrive : tous les cobayes inocules avec le liquide non chauffe meurent rapidement, c'est-ii-dire en quarante-huit heures environ, avec un osdcme local considerable. Ceux qui ont regu le liquide chauffe une heure peris-sent egalement presquetous; mais la mort arrive generalement moins vite que sur les premiers. Le liquide chauffe deux heures se montre beaucoup moins actif, car, parmi les animaux qui I'ont regu sous la peau, les uns perissent tardivement avec une faible infiltration locale; les autres, en nombre egal au moins, survivent. Quant au liquide chauffe trois heures, on ne le voit jamais tuer lea cobayes adultes,ni meme produire d'ac-cident local sensible. A plus forte raison en est-il de meme avec les liquides chauffes pendant quatro heures et au delä (1) raquo;.
En effet, ces cultures myceliennes attenuees brusque-ment parle chauffage, placees ensuite a une temperature eugenesique (32 k 35deg;) donnent des spores dont la #9632;virulence est egalement diminuee, quoique beaucoup moins sürement que par la methode de M. Pasteur.
laquo; Mais oil la transmission do cet effet de la chaleur se manifeste surtout, e'est dans la facilite avec laquelle ces spores subissent I'influence attenuante dun chauffage qui leur est
(l)Chauveaii.De Vattenuation directo et rapide den cultures virulentes par l'aclion de la chaleur (Ibid., 1883, I. %, p. 553).
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directement applique. Rien de plus simple que de les rendro poorainsi dire absolument inoffensives,en lesexposant pendant quelquo temps ;i I'action d'une certaine temperature. J'appelle I'attention sur ce fait nouveau. On peutlaisserimpunement les spores de provenance normale, pendant une heure, une heure et demie, ä la temperature do 80deg;; elles n'eprouvent aucune alteration sensible, ni dans leurs caracteres morphologiqucs, ni dans leurs proprietes physiologiques. Ce n'est plus cela quand il s'agit de spores de cultures dont le developpement a ete momentanement entrave par la chaleur. Le chauffage, dans ces conditions, respecte les caracteres objectifs de la spore, mais il en modifie profondement l'activite virulente. Les cultures peuvent alors ctre inoculees a la seringue, sans grand risque de mort, au cobaye et surtout au mouton, qui acquiert ainsi I'immunite raquo;.
laquo; Aussi I'influence attenuante exercee par la chaleur sur les agents virulents n'est pas simplement individuelle; cette influence peut se faire sentir sur les proprietes des nouveaux agents auxquels donne naissance la proliferation du protoplas-ma qui I'a directement eprouvee (1) raquo;.
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Dans I'attenuation par chauffage rapide, M. Chau-vcau a montre que I'oxygene n'intervient pas dans 1c phenomene de I'attenuation et que celle-ci s'effeotue micux en I'absence qu'en presence de I'oxygene (2). Le meme physiologistc a reconnu que I'attenuation peut etre hätee, meme avec le procede de M. Pasteur, e'est-a-dire a la temperature de 42deg;, par la soustraction d'oxygene. Mais (et M. Chauveau est le premier ä le reconnaitrc), lorsque I'attenuation est ainsi rapidement obtenue, soit par une elevation relativement considerable de la temperature (50deg;), soit par I'emploi combine du chauffage et do la soustraction d'oxygene, la transmission hereditaire de I'attenuation est loin d'etre aussi
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(1) Chaavoau. De la faeidle prolißque des agents virulcnls attenues par la chaleur et de la transmission par generation do I'influence attenuante d'un premier chauffage (Ibid., t. 96. p. 612).
(2jChauveau.Du röle de I'oxygene de l'airdans I'attenuation quasi-inslanlanee des cultures virulentes par faction de In chaleur (0. R. do IVlcad. des sciences, 1883, t. 96, p. 678).
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assuree et aussi complete; la bactoridie, ainsi violem-ment attenuee peut, des sa premiere culture dans un milieu inerte, remonter ä sa virulence primitive.
laquo; L'attenuation, pendant l'ävolution lente des elements qui la subissent, voilä pour le bacillus anthracis la condition qui favorise le plus la transmission here-ditaire. Or,c'est la presence de roxygene,combin6e avec Faction de la chaleur, qui assure la continuation du developpement dans les cultures en voie d'attenuation raquo; (Chauveau). En d'autres termes, la bacteridie atteinte par une intervention brusque, chauffee outre mesure ou asphyxiee par soustraction d'oxygene,garde bien,mais no transmet pas ä ses descendants I'attenuation qui lui est ainsi imprimee. Au contraire, la bacteridie qu'on a mise en etat, grace ä la presence do l'oxygene de Fair, de vivre pendant un temps assez long, dans des conditions defectueuses (temperature de 42deg; dans I'experience de M. Pasteur), transmet aux generations qui naitront d'elles les modifications qu'elle a eprouvees, c'est-ä-dire Tattenuation de la virulence.
Attenuation par Voxygene comprimd. On salt quo l'oxygene,ä une certaine tension,tue les cultures myce-liennes de la bacteridie ; mais, avant d'atteindre cctte tension, l'oxygene comprime peut attenuer la virulence de la culture. Dans leurs recherches, MM. Chauveau et Wosossenki ont obtenu de cette fagon une culture attenuee d'une fagon tres satisfaisante pour servir de vaccin pour le mouton et lebccuf; I'attenuation produite dans une premiere culture se trouve suffisammcnt fixee pour se transmettre ensuite dans les cultures ä l'air librc (1).
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(1) Chauveau. De Vattinualion des cultures virulentes par Voxygene comprime (C. R. do VAcad. des sciertces, 1884, t. 98, p. 1232). Application ä Vinoculation preventive du sang dr. rate de la mcthode d'attenuation par l'oxygene comprime (Ibid., 1885, t. 100, p. 320].
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Des antiseptiques comme agents d'aitdmiation. II n'y a pas que I'actioa prolongee de la chaleur et do l'oxygene de l'air sur le mycelium sans spores qui puisse produire 1'attenuation. MM. Chamberland et Roux ont montre que ce resultat peut etre obtenu ä l'aidc de substances antiseptiques diverses, ä la condition que ces substances entravent la formation des spores et qu'elles puissent agir pendant un certain temps sur le mycelium vegetant. Ainsi, 1/500 d'acide phenique, additionne a un bouillon de culture, y cmpeche la reproduction de la bacteridio qui meurt au bout d'un temps tres court; 1/800 d'acide phenique pcrmet encore le developpement filamenteux du bacille , mais I'em-peche de donner des spores, comme la temperature de 43deg; mise en ceuvre par M. Pasteur. Dans cos conditions, le mycelium vegetant est modifie et attenue dans sa virulence, et cctte attenuation est d'autant plus pro-noncee, que le contact de l'antiseptique a ete plus pro-longe. Si, ä divers intervalles, on fait des semences avcc cette culture-mere dans des bouillons places a la temperature eugenesique de 37deg;, la bacteridie poussera en conservant le degre d'attenuation qu'elle avait dans le tiacon-origine, au moment oü la semence a etc prelevee, et donnera des spores qui fixent cettc virulence. On peut ainsi obtenir une serie de cultures do virulence döcroissante et y choisir une serie de vaccins utilisablcs dans la pratique. Le bichromate de potasse, additionne au bouillon ä la dose de 1/1200 ä 1/1500, est egalement un agent d'attenuation.
Dans ces experiences, I'attenuation a ete obtenue en faisant vivre et vegeter la bacteridie dans un liquide nutritif, additionne d'un antiseptique ; on peut, ainsi que I'ont montre MM. Chamberland et Roux, obtenir le memo effet d'attenuation en plaßant la bacteridie dans un liquide qui n'en permet pas la vegetation, dans do I'eau distillee,par exemple,additionnee d'acide phenique ou de bichromate de potasse ; avant d'y mourir, la bac-
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töridie y eprouve uno mitigation graduelle de sa virulence.
Eniin, la spore elle-meme, malgro sa resistance aux agents exterieurs, pent etre attenuee danssa virulence,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ;t]
comme lo filament mycelien. Ainsi, des spores bien formees, mises dans de l'eau additionnee de 2 0/0 d'aeide sulfurique, ä la temperature de 35deg;, perdent peu a peu leur virulence ; de sorte que des cultures faites avec cesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,
spores donnent des bacteridies qui peuvent etre inoffensives pour des cobayes et des lapins (1).
Attenuation par la lumiamp;re solaire. II resulte desnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .
interessantes experiences de M. Arloing que les cultures de la bacteridie charbonneuse exposees dans un milieu liquide, aux rayons du soleil, eprouvent une attenuation graduelle, en meme temps que leur vegetabilitenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 'l est ralentie; si l'ensoleillement se prolonge, la virulence et finalement la vie de la culture disparais-sent (2).
On voit que la plupart des causes qui agissent d'unc iaqon a la fois ni trop brusque ni trop violente sur le protoplasma vegetant du bacille, de maniere ä en entra-ver mais non ä en tuer le developpement, peuvent jouer le role d'agents d'attenuation; et cette attenuation se transmet d'une fagon d'autantplus süre et plus complete, que l'action entravante de la cause attenuatrice s'est exercöe pendant un plus long temps. Enfin, une der-niere condition essentielle pour assurer le succes et la lixite de l'attenuation est l'absence de spores, cquot;est-ä-dire des formes de resistance de la bacteridie, dans les filaments soumis ä l'action prolongee del'air, de la cha-
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(1) Chamberland et Roux.Sitr l'altonuntion de la virulence de la bacteridie charbonneuse sons I'influence des substances antiseptiques (C. R. de l'Acad. des sciences, 1883. t. 06, p, 1088 et 14-10).
(2| Arloing. Influence do la lumiere Manche et de .laquo;es rayons constituanls sur le developpement et los proprielcs du bacillus anthracis (Arch, de Physiol., 1886, t. VII, ]). 209).
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leur,oudes autres agents physiques et chimiques.Teile est la formule raquo;enerale qui parait, dans 1'etat actuel do nos connaissances, resumer le plus exactement le phe-nomene de l'attenuation. La methode de M. Pasteur, c'est-ä-dire la culture a 42lt;gt;-430, au contact del'air pur, demeure encore, malgre toutes les acquisitions nou-velles, la methode qui realise de preference ces conditions et qui assure le mioux ce qu'on a appele avec jus-tesse laquo; la creation de veritables races de virus-vac-cins raquo;.
Si etrangeque paraisso,dans la decouverte deM. Pasteur, cette transformation artificiellement imprimec ä l'une des proprietes de la bacteridie, sans modification apparente de ses caracteres morphologiques, 11 n'y a pas la cependant un fait qui doivenous surprendre outre mesure ni qui soit sans exemple; je ne puis mieux faire que de reproduire ä ce sujet les reflexions suivantes de M. do Bary :
laquo; Si nous nous representons le bacillus anthracis comma ctant une eapece distincte, il peut paraitre extremement sur-prenant, d'apres non notions communes, que ce bacille ait tantot une action toxique et tantöt en soit prive. Mais on peut, iicetegard, invoquer des analoaries. L'exemple le plus frappant est celui que Najgeli, si je ne metrompe, a invoque le premier et qui est relatif a I'amande douce et ä l'amande amere. Cettc dcrniere (par suite de Famygdaline qu'elle contient), est toxique; I'amande douce, qui n'en renferme pas, ne Test point. L'amandier qui porte les amandes deuces ne differe pas speci-liqucmcnt de l'amandier äamandes ameres; d'une graine douce peut naitre un arbre a amandes ameres; des amandes douces ct ameres peuvent meme etre engendrees par le meme arbre, avec des Oeurs et des fruits qu'il est impossible de distingucr morphologiquement. Les causes de ce fait nous echappent ab-solument et cet exemple no peut done nous servir a expliquer le phenomene qui nous occupe; mais il nous montre qu'il no s'agit pas lä d'une particularite exclusivement propre a un microbe et qu'il existe une serie de faits analogues (1) t,
{[] De Bary. VorZesungen über Baeterien, 1885, p. HI.
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11 convicnt de mentionner ici les recherchcs faites par M. H. Buchner, ily a quelques annee.s,et quitendaient ä etablir la possibilite de transformer le bacillus an-thracis en inoffcnsif bacille du foin et vice versa.. En cultivant la bacteridie pendant un grand nombrede generations dans une solution d'extrait de viande, et en soumettant la culture k une agitation constante dans un appareil special (Schüttel-Apparat), dans le but d'augmenter l'oxygenation du liquide, M. Büchner rlit avoir vu la virulence diminuer et finalement s'eteindre dans ces cultures ; en racme temps, le bacillus anthra-cis prendrait graduellement les apparences morpholo-giques et la motilite du bacillus subtilis. De meme, en cultivant le bacille du foin dans du sang defibrino et d'autres liquides albumineux complexes, il pense etre arrive a, le transformer graduellement en un microbe pathogene qui ne serait autre que la bacteridie char-honneuse. II en conclut, ä Texemple de son maitre Naj-geli, que les microbes pathogenes ne constituent pas des especes rigoureusement distinctes, mais qu'ils peuvent dcriver, laquo; par adaptation fonctionnelle raquo;, dc microbes banals, absolument inoffensifs, comme 1'est, par exem-ple, le bacillus subtilis (1).
On voit la gravite extreme de ces faits : s'ils etaient reels, ils ne conduiraient a rien moins qu'ä renverser la notion de la specificite etiologique de chaque mala-die infectieuse, specificite qui ne serait plus le fait d'un microbe particulicr, rigoureusement determine, mais qui resulterait des modifications imprimees ä un microbe quelconque, nullement pathogene ii I'origine, par le milieu de culture ou, autrement dit, par I'orga-nisme animal dans lequel il vient a se developper : ce serait tout remettre en question.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ,v
(I) Büchner (H.). Ueber die experimentelle Erzeugung don
Milzirandconlagium ans den Ileupilzeu, in Nmgeli's Unter-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;f
suchungen über niedere Pilze, Muaich, I.S.SO, p. 140 cl p. 178.
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Mais les experiences retentissantes de M. Buchner ne purent etre verifiees ; M. Koch cultiva la bacteridie charbonneuse, pendant 50 generations successives, sur de la gelatine et de l'extrait de viande, sans la voir se modifier en rien, ni dans sa virulence, ni dans ses ca-racteres morphologiques ; il en fut de memo de 150 cultures successives sur lapomme de terre. M. Pasteur, de son cote, laquo; a fait 130 cultures successives en humeur aqueuse del'ccil, sansjamais avoir vu trace de la transformation du bacillus anthracis en bacille du foin, ä voile chagrine raquo;. II est done äpeu pres certain que le resultat obtenu par M. Buchner tient ä une alteration de ses cultures de charbon par le bacille du foin, dont les spores sont si repandues partout. De meme, il est infiniment probable que la transformation qu'il pense avoir observee du bacillus subtilis en bacteridie charbonneuse repose surquelque erreur du memo genre.
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DOUZIEME LECON.
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Charbon et Immunity.
ÖOMMAIRE. Lo charbon comme moyen d'Otude do riinmunitc. Influence de l'ospece, de Tage, de la race ; immunite des moutons de race algöriennc. Etude de l'mfluenco du nombrc des agents virulcnts sur les effets de l'inoculation virulente. Causes qui peuvent faire varier la receptivite : experience de la poule refroidie. Theories de Timmunitö confereu par une pre-mifere atteinte : theorie de l'epuisement (Pasteur) ; theorie du contrc-poison(Chauveau). Theorie de l'adaptatioii des cellules do l'öconomic a la lutto contre les microbes. Prötendu role bacte-riophage des leucocytes. Notre ignorance finale dc la cause de l'immunitö.
Messieurs,
Le charbon a ete la source de notions tres instructives sur le probleme de la receptivite et de Fimmunite dans les maladies infectieuses ; ä ce point de vue encore, il constitue la maladie d'etude par excellence.
Nous avons vu que la receptivite des diverses especes animales pour le charbon est fort variable ; que cette receptivite, en ce qui concerne le charbon mocui^,estsurtout accusee pour le mouton et la plupart des rongeurs, moindre pour le boeuf, plus faible encore pour les carnassiers et enfin pour les oiseaux et les ani-mauxä sangfroid. Mais il fautsavoir que la receptivite et Fimmunite de teile ou teile espece n'a rien d'absolu et que, pour la meme espece animale, eile pent varier selon diverses conditions, dont quelques-unes au moins sont bien connues.
L'äge est un des facteurs dont I'mfluence est le plus manifeste: ainsi, une culture attenuee de charbon qui est inoffensive pour les lapins et les cobayes adultes, tue les animaux plus jeunes on nouveau-nes (Pasteur);
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;H
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1c chien adulte est extremement refractaire au charbon ; il Test beaucoup moins dans 1c jeunc age (Toussaint).
L'alimentation parait susceptible do jouerun certain role; d'apres Fcser, les rats soumis a. un regime car-nassicr seraient plus resistants au charbon quo les autres; neanmoins,, j'ai reussi ü communiquer le charbon ä des rats nourris exclusivement de viande depuis plusieurs semaines.
II a dejä cte question de lagrande resistance qu'offrent au charbon les oiseaux, surtout les poules. M.Pasteur inocule une poule avec une culture virulente de charbon et la plonge, le tiers du corps environ, dans de Feau a 25deg;; la temperature de l'animaj qui est normalement de 42deg; s'abaisse, et la poule meurt au bout de trente ä quarante-huit beurcs, le sang completemcnt envabi de bactcridies; une poule normale, inoculee avec le meine virus, no presente aucun trouble et pas de trace de bacteridies (1). On a beaucoup attaque cettc experience en objectant que le charbon pout etre contracte par difforents oiseaux, y compris la poule, sans abaissement prealable de la temperature ; e'est co qui resulte notam-ment des experiences d'CEmler; moi-meme, j'ai pu, apres un grand nombre d'inoculations infructueuses, donner le charbon ä un j'eune pigeon. Mais pourreussir dans ces conditions, il faut prcsque toujours s'adrcsser ä des animaux jeunes, avoir recours a des inoculations reiterees et employer de grandes quantites do matieres virulentes ; encore echoue-t-on souvent; en usant de 1'artifice imagine par M. Pasteur, on reussit ä coup sür. De meme, en elevant la temperature des grenouilles, on triomphe de leur resistance au charbon (P. Gibier). Ces faits montrent que rimmuihte, quelque solide qu'elle paraisse, n'est pas une propriete immuable et
(1) Pasleur, Joubcrt et Chamberland. Stir le charbon dei poulcK [Build, de VAcacl. de medecine, 1878, p. 2Ö3 el p. 737 ; ibid., 1879, p. 1222).
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qu'elle pcut naitrc et disparaitre sous I'influenoe d'agents modifioatours tres simples.
Tous ceux qui ont expcrimente sur les rats ont pu s'assurer du fait suivant, que j'ai ete souvent a meme do constater: c'est que Ton pcut,un nombre variable de ibis, lour inoculer sans resultat dos matieres cbarbonneuses; puis, un beau jour, une inoculation de la meme matiere, en meme quantite, leur communique le charbon ; rien n'indique pourquoi cette derniere inoculation a ete efli-cace, pourquoi les inoculations anterieures ont ete sans effet. Cos fails prouvent simplement que la receptivite d'un memo animal est variable ä difförents moments, sans que nous puissions trouver les raisons de ces variations. La pathologie humaine abonde en exemples du memo genre.
M. Loeffler ayant constate pareillement quo des rats qui avaient supports sans ricn eprouver plusieurs inoculations successives de charbon pouvaient cependant succomber a une inoculation nouvelle, en avait conclu que le cbarbon est une maladie qui no confere pas I'im-munite (1). Ce nest pas, selon moi, la conclusion qu'il en faut tircr: quand on inoculc le cbarbon, sans resultat, a. un cbien, un oiseau ou un rat, on ne determine cbez cet animal, qui est ä la limite de la resistance absolue, aucune affection charbonncuso; les bacteridies ou les spores inoculees sont detruites, sans manifester aucun effet appreciable; il en resulte que l'animal, ä cc moment completement refractaire, ne subit meme point un cbarbon tres attenue, capable de lui conferer la moindre immunite; la possibilite d'une infection ulterieure de-meure done tout cntiere. La memo interpretation s'ap-plique aux observations,dont il sera question plus loin, d'hommes atteints, ä diverses reprises, de pustule maligne ; on ne saurait non plus les considörer comme des
(1) Locfflor. Zur ImmilnitähfrageiMitlheilungen aus dem h. Gesundheitsamte, Bd. I, 1881, p. 161).
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exemples de recidivc veritable de la maladie charbon-neuse ; tout se bornait, dans ces cas, a la pustule maligne et il n'y a pas eu infection generale de Teconomie: raccident, etant purement local, a ete impuissant ä donner Timmunite.
Pour une espece animale donnee, il est des immunites de races ; I'exemple le plus connu et le mieux etudie a cet egard nous est fourni par les rechcrches de M. Chau-veau sur la resistance des moutons algeriens au cbarbon bacteridien.
laquo; On trouve, dit-il, sur le marche de Lyon im trcs grand nombre de moutons Importes d'Algerie. Ce sont tous des ani-maux appartenant a la race dite barbarina, pure ou croisee plus ou moins avec la race syrienne demoutons a grosse queue. J'ai fait acheter, en divers lots, 9 de ces animaux de provenance bien authentique; tous se sontmontresrefractairesäl'infection charbonneuse. L'inoculation a ete reiteree jusqu'ä deux fois chez Tun des sujets et trois fois sur presque tous les autres. Et pendant quo ces animaux algeriens resistaient, sans aucune exception, aux inoculations charbonneuses reiterees, leslapins et les moutons indigenes qui servaient de sujets de compa-raison succombaient tous apres une premiere inoculation (1) raquo;.
Ces experiences furent renouvelees par M. Chauveau en Algerie meme, avec le meme resultat. En tout, il inocula 12 moutons europeens servant de temoins et 47 moutons algeriens ; 8 seulement de ces derniers ont succombe ; 39 resisterent a des inoculations reiterees ; les 12 moutons de race europeenne sont tous morts, apres une seule inoculation.
II fallait se demander si cette resistance des moutons algeriens leur est simplementacquise par le sejourdans le milieu algerien (peut-etre par I'absorption debacteri-dies benignes,maisdoueesdepouvoir vaccinal).Mais les
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(1) Chauveau. Do la predisposition et de rimmunile palholo-giqucs; influence de iamp;provenance ou do la race sur Vaptitudo dos animaux do /'espece ovine ä contractor le sang do rate. (C. R. do l'Acad. dos sc. 1879, I. 89, p. 498).
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races de moutons europecns,par Icursejouret leur reproduction dans le milieu al,Lgt;erien,ne perclent pas I'aptitude a contracter le charbon. Un petit troupeau de merinos vivait depuis une douzaine d'annees en Algerie ; les in-dividusetaient pur-sang, sans croisoment avec les moutons du pays; ils etaient de cinquieme generation alge-rienne, bien acclimates et impregnes du milieu algerien ; deux do ces moutons furent inocules du charbon ; tons deux succomberent; les moutons de France ne contrac-tent done pas I'immunite par leur sejour en Algerie, et les moutons algcriens ont une veritable immunite de race (1).
La resistance au charbon est un caractere tres general, mais non absolu des moutons algeriens. Des experiences tres curieuses de M. Chauveau ont montre que cette immunite varie avec la qusmtite des agents virulcnts introduits dans l'economie. De simples piqures cutanees avec une lancettc chargee de virus charbonneux tuent generalement les moutons europeens; elles sont sans effet appreciable sur les moutons d'Algerie. On pratiqua sur ces derniers une injection hypodermique de cinq gouttes d'une culture virulente do charbon ; sur 4 ani-maux, on en fit perir un du charbon; en injectant une plus grande quantite de la memo culture (20 gouttes), la mortalite augmenta ; eile fut de 6 sur 16.
Ainsi, contrairement auxidees generalement admises,
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le nombre des agents virulente employes pour pratiquer les inoculations est capable d'exercer de l'influence sur
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los rcsultats de ces inoculations; de petites quantites de virus sont supportees et renforcent I'immunite; de grandes quantites tuent.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;;
M. Chauveau put aussi verifier l'exactitude de cefait sur des animaux a grande receptivite charbonneuse, sur des
(I) Chauveau. Nature de l'immunilc des moutons nlrjeriensnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;p.'jfr
contre le sang de rate. Est-co une aptitude do race ? [Ibid.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;f
1880, t. 91, p. 33).nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; . '.;..
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moutons europcens. Dans ce but, il pratiqua chcz ces animaux des injections intra-veineuses de sang char-bonneux dilue avec de l'oau dans des proportions variables, de fagon a ce qu'un centimetre cube de la dilution contcnaitun nombre de bacteridies variant de 50 a 1000. En injectant ä des moutons frangais 1000 bacteridies, tous les animaux (au nombre de quatre) succomberont au cbarbon; sur deux moutons auxquels on pratiqua une injection intra-veineuse de 600 bacteridies, un seul mourut, I'autre demeura sain; deux autres moutons a qui on injecta 50 et 100 bätonnets demeurerent egalc-ment sains: mais ces animaux resistcrent six semaincs plus tard ä une inoculation sous-cutanee virulente mor-teile pour des animaux non prepares. La reduction du nombre dos agents virulcntsest done susceptible d'atte-nuer les effets de l'inoculation de ces agents (1).
Recemment, M. Watson Cheyno a fait d'intercssantes recberches sur les effets produits par les agents virulents inocules en quantite tres petite ; il a montro notamment que l'inoculation el'une seule bacteridie suffit pour donner le cbarbon mortel aux cochons d'lndc; il est vrai qu'il s'agit la d'un animal done d'une receptivitc extreme pour le cbarbon (2).
Que devientla bacteridie cliarbonneuse chez les sujets qui resistent ä son action destructive ? Quelles modifications et quel sort subit cct agent dans scs caractercs et dans scs proprietes ? en un mot, quelle est Faction de l'organisme done de rimmunite sur le microbe spe-cifique du cbarbon ? Tels sont les problemes quo M. Chauveau a cssaye de rcsoudrc en utilisant rimmu-
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(1)nbsp; Chauvoau. Des causes qui peuueni faire varier Zes resul-iats do rinoculalion cliarbonneuse sur les moui'c^ algoriens. Influence de la quanlile des agents infcclanfn (C. B. de l'Acad. des sciences, 1880, I. 90; p. 1526). De Vailenuaiion dos effets des inoculations virulentes par I'emploi do tres pelites quantitos de virus {Ibid., 1881, t. 92, p.510;.
(2)nbsp; Watson Clieyne. A study of certain of the conditions of Infection (The British mod. Journ., 1886, 31 juillet, p. 107).
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nito des moutons algcrions. II se sorvit do sujets doilt la resistance naturolle avait etc renforcee par un certain nombre d'inoculations preventives et poussee an maximum et il leur injecta dans les veincs une notable quantite de sang cbarbonneux frais. On put ainsi assistcr ä la lutte entre un organisme ultra-refractaire et un nombre prodigieux d'agents infectants; 15 a 70 cent, cubes de sang cbarbonneux furent ainsi transfuses, soit ä I'etat naturel ou apres defibrinisation; le nombre do bacteridies injectecs etait, en general, de 200 ä 500 milliards; la plus faible dose s'elevait encore ä 12 milliards. Les effets immediats de la transfusion dans la veine jugulaire etaient do rangoisse,unedyspnee intense et do la cyanose; un quart d'heure apres la transfusion, on trouvait de rares bätonnets dans le sang tire de Toreille, en nombre bien plus petit que eclui qu'aurait donne un melange regulier des bacteridies avee 1c sang de l'ani-mal. Deux k six beures apres, on n'en trouvait plus.
L'exporicnce fut faite sur buit moutons; un mourut du cliarbon tres rapidement, en 16 beures; un autre, qui avait rec;u 65 cent, cubes de sang cbarbonneux, mourut en 12 beures avee des bacteridies en petit nombre dans le sang; d'autres, au bout de 46 ä 100 beures, avee de longues bacteridies dans les vaisseaux de la pie-mero et tres peu clans les visceres (foie, rate, etc.). Deux sujets resisterent et fournirent ulterieurement unc excellento viande de boucherie (1).
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Les faits precedents sont interessantlaquo;, non seule-ment au point de vue particulier de I'liistoirc du cliarbon, mais encore h celui des theories generales quo
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(1) Chanvoau. Elude cxpcvimenlalo do Vacllon cxcrcco suv Vagent infoctieux par l'onjanismc des moutons plus ou mains refractaires au sang da rate; ce quil adviont des microbes speeißquos, introduits direclemcnt dans le courant circula-toire par transfusion massive de sang charbonncux (C. R. de l'Acad. dos sciences, 1880, t, 91, p. (i80).
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Ton a emises sur la nature meme de rimmunite, qu'il s'agisse de rimmunite resultant d'une atteinte ante-rieure de la maladie ou bien de celle qui est I'attribut naturel de teile ou teile espece ou de tel ou tel individu.
Pour ce qui est de rimmunite conferee par uno premiere atteinte du mal, on connait ä cet egard la theorie celebre de M. Pasteur, basee sur ses recherches sur le cholera des ponies. II a montre que les liquides qui ont servi ä une premiere culture du microbe du cholera ne sont plus aptes ä une nouvellc culture, par epuisemont de certains principes necessaires a la proliferation du microbe. II rapprocha cet epuisement des milieux de culture, ainsi devenus infeconds, de ce qui se passe probablement dans l'organisme des poules auxquelleson a donne Timmunite contre Is cholera par plusieurs inoculations preventives. II pense qu'il leur manque aussi quelque chose qui est indispensable ä la vie et a la multiplication du microbe. C'est ce qu'on a appele la theorie de Vepuisement.
Une autre theorie a ete emise, qui admet que la premiere atteinte de la maladie virulente donne naissance ä une substance toxique pour le parasite et qui rend pour lui desormais l'organisme inhabitable; ces matiereshos-tiles au microbe auraient des effets comparables ä ceux que produit 1'alcool engendre pendant la fermentation sur la levürc ou aux effets des phenols developpes dans la putrefaction : toutes substances qui, accumulees en cer-taine quantite dans im milieu, y arretent la vegetation et la vie des organismes inferieurs qui leur ont donne naissance. C'est la theorie du contre-poison. Elle a ete surtout defendue parM. Chauveau et ilinvoque precise-ment a I'appui ses experiences sur l'efficacite de grandes quantites de virus charbonneux sur les moutons alge-riens, refractaires ä l'inoculation d'un petit nombre d'agents virulents. laquo; Ces fails, dit-il, demontrent que la bacteridio se comporte dans l'organisme des moutons algeriens, non pas comme si eile etait privee des prin-
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cipcs nocessaires a, la vie bacteridienne, mais bien plutot comme si c'etait un milieu renclu impropre ä cette der -niore par la presence de substances nuisibles. En tres petit nombre, les bacteridies sont arretees par I'influence inhibitrice de ces substances. Tres nombreuses, au con-traire, elles peuvent surmonter bien plus lacilement cet obstacle a leur proliferation. raquo;
L'une et l'autre de ces theories comportcnt de graves objections. On pent se demander comment une maladie extremement attenuee, comme Test la vaccine, par exemple, ou le charbon mitige, pent cependant spolier I'economie au point de la rendre desormais refractaire a. la variole ou au charbon virulent. Et, d'autre part, en admettant que cette spoliation se soit produite, on s'ex-plique difficilement comment cette soustraction d'unc substance chimique, qui se trouve k I'etat normal dans les tissus, pent persister pendant de longues annees ou pendant la vie entiere, alors cependant que nos tissus sont soumis ä une renovation active et incessante. Voilä pour la theorie de l'epuisement; quant ä cells du contro-poison, outre que ce poison hypothetique n'a jamais pu etre mis en evidence, il est egalement incomprehensible qu'il ne finisse pas par s'eliminer.
L'insuffisance de ces explications chimiques n'avait, du reste, pas echappe a M. Pasteur qui, pour expliquer les faits d'immunite, se voyait conduit, en derniero analyse, ä admettre laquo; un effet de constitution, de resistance vitale... Certes, pour la poule, ce n'est pas vraisem-blablement une matiere nuisible ä la vie de la bacteridie qui empeche celle-ci de proliferer, puisqu'il suffit do refroidir la poule pour qu'elle devienne charbon-neuse (1) raquo;. M. le professeur Bouchard formule une conception analogue de l'immunite ; pour lui aussi, laquo; la modification chimique imprimee ä l'organisme par la
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(1) Pasteur et Chamberland. Sur la non-reeidioe de Vaffecllnn charbonneuse (C. R. de l'Acad. des sciences, 1880, t. 91, p. 531j.
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maladie vaccinale s'cst accompagnee cl'une modification dynamique; a cute do Talteration purement chimique des humours, 11 y a aussi une alteration fonctionnello de la nutrition qui assure la persistance de l'etat nouveau cree par la maladie (1) raquo;.
Cos interpretations do I'immunite qu'on pourrait ap-peler vitalistcs, par opposition aux interpretations chi-miquesresumees ci-dessus,ont ete l'objet de tentatives do demonstration clues surtout h M. Grawitz et ä M. Metschni-koff (d'Odessa). Pources auteurs,I'immunite consisterait enun pouvoir do resistance ou d'adaptation (Anpassung) plus grand des cellules des tissus qui les rendrait plus aptesälalaquo; lutte raquo; centre les microbes. M. Metschnikoff, en se basant sur des experiences en apparence tres sedui-santes, a ete conduit ä regarder les leucocytes du sang comme etant precisement les elements histologiquos ä qui ce role defensif est devolu. On sait quo les grenouilles, ä la temperature ordinaire, sont ä pen pres refractaires au charbon; en pla^ant un fragment do tissu char-bonneuxsouslapeau de grenouilles,il a constate que les leucocytes qui s'accumulent autour de ce fragment et 1c penetrent renferment frequemment dans leur Interieur des bacteridics et quo celles-ci sont laquo; devorees ct gra-duellement digerees raquo; par le protoplasma des cellules blanches. De la, le nom de laquo; cellules voraces raquo; (phagocytes) que M. Metschnikoff leur applique. Si, comme dans l'experience de M. Gibier, on vient ä elever la temperature de la grenouille, celle-ci perd son immunite et contracte le charbon ; dans ce cas, les leucocytes du sang auraient perdu la propriete de deglutir et de de-truireles baeillcs. De memo, si on inocule ä un lapin un virus charbonneux attenue, on constaterait quo les leu-
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(1) Bouchard (Ch.), cite d'apramp;s Dubreuilh (W.) : Des immn-nites morbides, these d'agrOgalion, Paris, 1886, p. 190. Gelte these est un excellent expose de l'etat actuel de nos connaissances sur rimmunite dans les maladies inl'ecticuses.
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cocytcs du sang soraicnt charges do bactcridies, fait qui ne se produit point si Ton inocule I'animal avcc une culture virulente (1),
Delä, une theorie tres simple de rimmunite: lesbac-toridies attenuees ne sont pas virulentes, parce qu'olles se laissont devorcr par las leucocytes; les bacteridies non mitigees sont -virulentes parce que les leucocytes ne peuvent rien sur elles; elles secreteraient laquo; un prin-cipe special, un poison, qui empeche la penetration du bacille virulent dans le protoplasma du leucocyte raquo; . L'immunite conferee par les inoculations preventives, ä l'aidede virus attenues.resulterait, pour M. Metschnikoff, de ce fait que les leucocytes habitues ä la lutte centre les bacillcs par leur conllitvictoricux avoc les microbes attenues, affaiblis, seraient graduellement mis en etat de di'glutir et de digerer les microbes virulcnts eux-memes,
Cette theorie est falte pour seduire par sa simplicite ; malhcureusement, les faits surlesquels eile repose sont peu certains ou susceptibles d'une autre interpretation. Aucun do ceux qui ont e?:amine le sang d'animaux inocules aveo des virus charbonneux attenues n'a pu constater dans ce sang la presence do leucocytes bacilliferes. D'autre part, comme le fait justement remarqaer M. Baumgarten, 11 existe un certain nombre de maladies infectieuses oil les leucocytes ren-fcrment en abondance les microbes pathogenos, sans que la maladie pour cola cesse d'etre mortelle ; tel est 1c cas do la septicemie des souris. Du roste, les resultats des experiences de M. Fodor ot cellos de M. Wyssoko-witsch deposent nettement contrc la theorie qui nous occupe ; ccs auteurs ont injecte dans le sang do divers animaux des quantites variables, parfois tres grandes, do divers microbes, pathogenos ou non pathogenos;
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(1) Mctsclmikoff. lieber die Baziehunrj der Pliagncylcn zu Milzbrandbaeillen (Virchow's Arch. 1884, t. 97, p.502;.
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laquo; jamais on ne put s'assurcr de la penetration et de la presence de bacteries dans les leucocytes (1) raquo;. Lapro-priete bacteriophage des leucocytes ne saurait done etre invoquee comma donnant l'interpretation de l'im-munite. En somme, presque tout reste encore ä faire dans cette direction, et, malgre les efforts tentes, le probleme subsiste tout entier.
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(1) Cite d'aprös Baumgarten. Lehrbuch der pathologischen Mykologie, erstes Heft, 1S86, p. 93.
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TREIZIEME LEgON.
Le charbon chez I'homme. Son 6tiologie.
Sommaire. Lecharbon de rhommo est oxtorne (cutane) ou interne (intestinal ou puimonaire). C'est surtout unc maladio professionnelle. Tönacite de la virulence charbonncuse de certains produits animaux (crins, comes, poaux, fourrurcs). Lo charbon interne peut resultcr do l'usage de viandcs d'animaux charbonneux. Dissentiments au sujet da danger de ccs vian-des. II faut en proscrirc la consommation. Autres sources de charbon interne.
Messieurs,
Contrairement a, ce qui se passe pour les animaux, ou le charbon est presque toujours interne et resulte de la penetration de matieres charbonneuses dans les voies digestives, le charbon humain, dans la grande majorite des cas, est un charbon externe (pustule maligne, cedeme malin), inocule ä la peau ou au voisinage des muqueuses. Plus rares, quoique incontestables, sont les cas de charbon interne, developpes a la suite de l'ingestion de viandes charbonneuses ou resultant de la deglutition de spores (charbon intestinal) ou de la penetration de ces spores par inhalation dans les voiesrespiratoires (charbon puimonaire.)
Charbonextemeipustulevialigneoucedememalin). 11 s'observede preference dans les contrees oil le charbon est endemique et sur certaines categories d'indivi-dus que leur profession expose au maniement de produits charbonneux. C'est ainsi qu'on rencontre la pustule maligne surtout chez les bergers, chez ceux qui manient les depouilles d'animaux morts du charbon, chez les bouchcrs, les equarrisseurs, les veterinaires,
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les marechaux. Chez eux, I'inoculation s'effectue gene-ralement par des matieres charbonneuses 1'raiches, no rcnfermant que des bactcridies sans spores, tels que le sang, la chair musculaire, les os; les dejections sangui-nolentes des animaux, etc.
11 est d'autres professions, qui s'exercent dans les villes, en dehors des districts charbonnoux ct parmi les-quclles le charbon pent egalement s'obscrvcr; aujour-d'hui que nous connaissons le grand pouvoirde resistance des spores de la bacteridie, la tenacite de la virulence de certains produits originaires do cadavres charbonneux trouvo son explication toute naturelle. Los tanneurs, les megissiers payent un large tribut; ä Paris, Tun des hopitaux ou la pustule maligne s'ob-servc le plus communement est la Pi tic, a cause de la proximite des grandcs tanneries situees le long do la Bievre (1). Ce ne sont pas seulement les individus maniant les peaux fraiches qui sont exposes a la ma-ladie, mais aussi ceux qui travaillent les peaux des-sechees ou macerees dans I'eau ou dans la chaux et memo celles qui out passe par toutes les operations du tannage ; de la, la possibilite de voir la pustule maligne sedevelopper cbezlcs selliers, les cordonnicrs, les cor-diers, les pelletiers, les gantiers. Les ouvriers qui travaillent le suif, les savonniers y sont aussi exposes. Carganico(cite par Heusinger) mentionne memelacolle-forte comme capable do transmettre la maladie. D'apres M, W. Koch (de Dorpat), le nombrc des cas de pustule maligne s'estnotablement accru parmi Farmeerusse dans ces dernieres annees, depuis I'introduction clans I'uni-formo de parcments en peaux de mouton (2).
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(1)nbsp; Broca a appolc raUcnlion sur la froqucnco de la pustule maligne ä la nuquc, chcz les portcurs a, la halle aux cuirs qui char-gent les peaux sur les deux epaules, en los ontrecroisant derrierc 1c dos. (Bulletin de l'Acad. de mod., 181)8, T. 33, p. 307).
(2)nbsp; nbsp;W. Kooh. Milzbrand und Rauschbvand (Deutsche Chir. von Billroth und Lüche, 9deg; livraison, 1886, p. 31).
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D'autres debris d'animaux, surtoutles crins ct les polls, impregnesde spores virulentes, peuvent conserver pendant des annees le contage et l'importer parmi nous des contrees les plus lointaines. Au siecle dernier dejä, Four-nier mentionnait la frequence de la pustule maligne parmi les matelassiers et los cardeurs de laine de Montpellier. II y a longtemps aussi qua Trousseau a signalu le danger que presentent les crins Importes ä Paris et provenant de Buenos-Ayres ; il parle de deux fabriques de crins n'employantenmoyenneque six ä huit ouvriers, oil vingt ouvriers moururent du charbon dans I'espace de dix ans!
J;ai eu, dans ces derniercs annees, l'occasion de voir plusieurs cas de pustule maligne dans le service de mon collegue, M. Lucas-Championniere, ä l'höpital Tenon; il s'agissait presque toujours d'ouvriers adonnes ä une Industrie propre au quartier Menilmontant: ce sont dos laquo; aplatisseurs de comes raquo; dont le metier consiste a rcdresser et ä debitor en lanieres des cornes de bceufs, de provenance surtout amöricaine ouasiatique, pour en retirer dos baloines do corsets (1).
Los piqüres de mouches qui so sont reposees sur dos cadavres charbonneux j)euvent etre le point de depart de la pustule maligne chez Tbomme; il on existe des cxemplesincontestables^uoiqu'il no faille pas toujours, h cot egard, s'en rapportorau dire dos malades qui in-voquent souvent une piqüre d'insecte uniquoment ä cause do la sensation de demangeaison, comparable a cello d'une piqüre, qui accompagnela pustule maligne a son debut.
Le charbon est transmissible de Fhomme ä Thomme;
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(1) MM. licynier et Gelid oat egalomont observe, h I'liopital Saint-Louis, doux cas de pustule maligne suivis de moi't (I'autop-sio ael6 1'aite par M. Gornil) clicz; des individus oecupös ascicrdes cornes de buuufs provenant de l'Indo (Singapourc, Bombay) pour la fabrication do balciues do corsets (Arch. gon. do mid,, ISS-i; t. I, p. 533).
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on trouve clans les auteurs des cas de charbon developpe chez des personnes qui donnaient des soins a un des leurs atteint de la mememaladie. M. Neydig (de Moscou) relate l'histoire de son gargon d'amphitheatre qui con-tracta une pustule maligne mortelle en faisant I'autopsie d'un homme mort du charbon (1). MM. Frsenkel et Orth ont public un cas identique (2).
Charbon interne. On designe sous ce nom les cas de charbon oü I'infection, au lieu de se faire par la peau, s'effectue par les voies digestives ou respiratoires. Le charbon interne le plus frequent est le charbon intestinal, resultant de la penetration dans le tube digestif de bacteridies ou de spores bacteridiennes. Au premier rangparmi les causes de cette variete de charbon, ii faut mentionner l'usage de la viande charbonneuse. Comme le danger de cette viande a ete mis en doute par des au-torites considerables et qu'il s'agit lä d'un point interessant d'hygiene alimentaire, il Importe d'entrerä ce sujet dans quelques details.
Danger de l'usage des viandes charbonneuses. Les anciens auteurs rclatent un certain nombre d'accidents intestinaux graves et meme de mort surve-nus chez des individus qui s'etaient nourris de viande charbonneuse, crueou cuite(3). Toutefois, dejaausieclc dernier,on ne manquait pas d'arguments paraissant eta-blir l'innocuito de la viande charbonneuse. II suffit de citer a cet egard le fait bien connu du Chirurgien Mo-rand (1767), qui rapporte que deuxbouchers contracto-
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(1)nbsp;Neydig. Beilrag zur pathol. Anat. der Pustula maligna (Vierteljahrsehr. f. gerichtl. Med. N. F., t. X, p. 241,1869).
(2)nbsp; Zwei Fälle von Milzbrand beim Mensehen [Berl. Min. Wo^henschr. (1874. nquot;s 22 et 23.)
(S) Consultcr ä ce sujet : Dclufond. Traue sur la police sa-nitaire des animaux domestiques, Paris, 1839. p, SOI. Heusinger. Die Milzbrandkrankheilen der Thiere und des Menschen, Erlangen 1850, p. 413-438.
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rent la pustule maligne en depegant un bceuf, dont la viande, mangee par les pensionnaires de l'hotel des Invalides, tut trouvee bonne par tout le monde et n'incom-moda personne. Duhamel (1768) relate egalement le fait d'un bceuf charbonneuxqui communiqualecharbon aux hommes charges de le depecer, tandis que la viande du meme bocuf a ete mangee rotie ou bouillie par plus de cent personnes qui I'ont trouvee tres bonne et dont aucune nquot;a ete malade.
11 a doja ete question des experiences de M. Colin (d'Alfort), qui etablissent que les carnassiers, le chien, notamment, peuvent etre impunement nourris avec des viandes charbonneuses; M. Colin a otendu ces experiences a. d'autres especes animales, avec le meme re-sultat negatif.
laquo; Lo pore, dit-il, et los oiseaux de basse-cour qui mangent avec avidite la chair et le sang, se comportent absolument comme les carnassiers; on peut leur donner, sans qu'il en rcsulte aucun accident, les muscles, le foie, la rate et toutes les parties les plus alterees parlecharbon. J'ai nourri, pendant plusieurs jours, deux lapins de farine et de son arroses de sang provenant de ruminants morts du charbon pendant I'ete, dans les environs dc Chartres. Ils n'onteprouve aucun trouble notable de la fonction digestive et aucun Symptome de charbon.
laquo; Les sues digestifs enlevent ii la chair et au sang de provenance charbonneuse leurs proprietes contagiferes. Pour le de-montrer, j'ai fait avaler du sang et des muscles, doues d'une virulence prcalablcmcnt constatee, ä un chien porteur d'une listule gastrique et j'en ai retire, au bout dequelques heures, les portions fluidifiees. Celles-ci n'ont plus nlors produit aucun effet par leur injection dans le tissu cellulaire d'un petit animal. D'autre part, le sue gastrique retire de Tcstomac dc I'animal vivant ct mis en contact avec le sang charbonneux h la temperature du corps, dans une Sorte de digestion artifi-cielle, a egalement deslitue ce liquide de ses proprietes morbides. C'est done surtout h l'action du sue gastrique que les maladies virulentes doivent l'innocuitöqu'clles acquierent dans 1'appareil digestif, innocuite que la cuisson complete peutaussi communiquer. D'apres ce qui precede, il n'y a pas lieu de s'alarmerau sujet de l'usage des viandes charbonneuses, ni de
STHAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 11
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faire des vocux pour la revision des rcglcmcnls appliqueb h la vente des viandes decette nature (1)raquo;.
Reynal est encore plus aftirmatif: laquo; II est etabli, dit-il, do la maniere la plus formelle que le chien et le co-chon peuvent manger sans le moindre danger do la viande charbonncuse. II doit done, kjilus forte raisoii, en etre ainsi de rhomme, en considerant surtout que celui-ci ne la consomme qu'apres une cuisson qui est 1c destructeur par excellence de tout principe virulent (2).
M. Decroix, bien connu pour son scepticismeäl'egard du danger qu'offrent les viandes des animaux morts de maladies infecticuses et par sa conviction qucla cuisson et la digestion detruisent tous les virus que ces viandes peuvent contenir, s'exprime en ces termes :
laquo; J'ai voulu me rendre compte du bien ou mal fondo des saisies de viande de boucherie faites par les inspec-teurs des halles et marches pour divers motifs. A cet effet, j'ai demande et obtcnu l'autorisation de prendrc au Jardin-des-Plantes une partie de la viande saisie comme insalubre et destinee aux betes feroces. Pendant cinq ou six mois, j'ai fait usage presque exclusivement de viandes de bcoufs, veaux, moutons, chevres, saisies dans les marches et dans les etaux, sans que ma sante en ait ete nullement alteree. Pendant ce temps, j'ai pu, en outre, me convaincreque bien des gens se nourrissent impunement de ces viandes dites insalubres. Tous les veterinaires savent que Ton a mange frequemment ct impunement des moutons affectes du charbon (3) raquo;.
M. Sanson estime egalement que notre legislation sa-
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(1)nbsp; nbsp;Colin. L'ingostion de la chair provenunt de besliaux atteints de maladies charbonneusespeut-elle eommuniquer ces affections a I'homme et aux animaux ? (C. R. dc VAcademic des sciences, 1869. T. 69, p. 135).
(2)nbsp; nbsp; Raynal. Traite de la police sanilaire des animaux do-mestiques, p. 132.
(3)nbsp; nbsp; Decroix. Soc. eentr. de mod. vetcr., laquo;öauce da 10 auiit 1S71, in Recueil de med. viitiirin.
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nitaireest cl'une severite excessive dans scs prescriptions relatives aux viandes charbonncuscs; selon lui, les prejudices economiques qui en resultent ne sont pas justifies par le faible danger que ferait courirl'usage dc ces viandes (1).
Toute cette agitation, faite aunom surtout des experiences deM. Colin en faveur de Tinnocuite do la viande charbonneuse, devait tomber devant un cxamen plus attentif du problemc et surtout devant la notion plus precise des cas de charbon interne chez rhomme.
M. Boutet, Tun des premiers (2), protesta contre les opinions qui viennent d'etre exposees ; il insista sur ce fait que la viande charbonneuse doit etre prohibee parce quelle peut inoculer la maladie aux bouchers qui la depecent, aux forts de la balle qui la cbargentet la de-chargent, aux cuisinieres qui la manient. En concedant que lacuisson parfaile en detruit la virulence, le danger subsistetout entier pour les personnes, de plus en plus nombreuses, qui ont l'babitude de manger la viando saignante, tres imparfaitement cuite.
M. Boutet pensait que la viande charbonneuse eruc ou mal cuite n'etait dangereuse pour le consommateur que s'il portait une excoriation de la bouche ou du pba-rynx et que lea sues digestifs detruisaient, ä coup sür, la virulence charbonneuse. C'est encore la une maniere de voir trop optimiste. Sans doute, dans bon nombru de cas, le sue gastrique detruit les bacteridies ingerees ou les attcnue ä tel point qu'elles deraeurent inoffensives; mais si la quantite de bacilles ingerie est ties grande, oubiensi, pourun motif quelconque, la secretion du sue gastrique estentravee, la barriere epitheliale des muqueuses digestives est franchie et Ton voiteclater tous les accidents redoutables du charbon interne. Lesnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; :'
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(1)nbsp; nbsp; Sanson. La viande des animaux atteints de charbon, Archivesvötirin. Paris, 1870, p. i0\).
(2)nbsp; nbsp; Boutet (dc Chartres). Usage do la viando proi-enant d'animaux atteints de maladies charbonneuses. {Ibid.. p. #9632;il).
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deux observations suivantes, relatees par (Emler dans un de sos memoires, en sont des exemples ; je les repro-duis ici, car elles sont toutä fait demonstratives.
Obs. I. laquo;Ala fin d'octobre, un journalier trouva savache pleine, aohetee depuis peu, tres malade. Comme il avail dejä, dans ces dernieres annees, perdu tres rapidement quelques vaches et chevres, il se decida sans hesiterä faire abattre I'ani-mal. Laviande fut en grande partie vendue, par petites frar-tions, ä bas prix, ;i do pauvrcs gens. Le fröre du proprietaire, ouvrier de 45 ans, de constitution assez faible, mangea, pres-que immediatement apres que I'animal fut abattu, un assez grand morceau de foie, mal röti. Deux jours apres, il tomba malade avec de violents vomissements et des douleurs de ventre atroces. Environ GO heures apres,la mort survint, apres Tapparitionde diarrhee sanglante,de refroidissement et cyanpse de la peau, en pleine connaissance. II fut impossible d'obtenir l'autopsie, ni meme de prendre du sang du sujet.
o Immediatement apres le debutdelamaladiede cet hommc, jo fus charge d'examiner la viande qui restait. Outre les autres caracteres du charbon, tels que l'hyperemie, des heraorrha-gies, des infiltrations gelatineuses, j'y constatai la presence do nombreuses bacteridies charbonneuses.
laquo; D'autres cas de charbon no se produisircnt pas, quoiquo la plus grande partie do la viande ait ete mangee par plus de 50 personnes et que, lors de la mise ii mort do I'animal, plus de 15 personnes y aient aide, dont plusieurs avaient meme des öcorchures aux mains raquo;.
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Obs. II. laquo; Chez un formier, undimanche matin, un becuf fut trouve mourant et h demi asphyxie äl'ccurie; on I'abattit aussitot et la viande fut repartie entre les ouvriers et les do-mestiques qui eurent soin d'enfouir aussitot les visceros, afin d'empecher le proprietaire de rcconnaitro la nature do la ma-ladie. Apres I'abattage, un valet de 2G ans, tres vigoureux, absorba une forte quantite de viande crue, fincment hächeo, prölevec sur le muscle longissimus dorsi. Trente-six heures apres, violent frisson, mal de tete et de ventre, malaise et tres leger vomissement. Bientöt survinrent do I'anxiete pre-cordiale, une diarrhee sanglante, du collapsus, de la cyanose et, exactement trois jours apres l'ingestion de la viande, la mort.
laquo; L'autopsie no put etre faite, mals sur le cadavrc, six heures apres la mort, on put retircr do la vcine mediano du bras gauche du sang do consistance do gelee, richo en globules
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blancsetrenfermant des bacteridiesen petit nombre. Cesangfut injecte, a la dose de 15 gouttes, ädeux agneaux d'un an, petits mais vifs; ils demeurereut parfaitement sains en apparence pendant 40 a -45 heures, mais au bout de -46 a 50 heures, ils etaient morts ; I'autopsie revela les lesions les plus accusees de charbon, notamment une urine fortement sanglante et chargee de bacteridies danslavessie et de la bile sanglante; lo sang pris sur les deux cadav.ves des agneauxcontenait de nom-breuses bacteridies.
laquo; J'examinai egalement la viande restante du beeuf et j'y constatai denombreuses bacteridies. D'autres cas de maladie ne furent pas constates, quoique 10 porsonnes, ayant des excoriations aux mains, aient pris part a l'abattage de l'animal, et quo 80 personnes aient mange la plus grande partie de la viande (1) raquo;.
J'ai relate ces deux fails avec tons leurs details, parce qu'ils nous donnent une idee de la maniere dont les choses se passant ä la campagne, oü n'existc aucuno police de la boucherie, etoü un grand nombre d'animaux charbonnoux sont frauduleusctnent livres ä la consom-ination ; si, neanmoins, de semblablcs accidents sont tres rares dans nos contrües,. cela tient ä ce epic, chez nous, les paysans n'ont pas, commo en Allemagnc, rhabitude do consommer la viande crue ou saignantc.
Dans les grandes villcs, ä Paris notamment, il arrive parfois quel'onsaisisse des viandes charbonneuses. Un animal charbonneux est rarement conduit vivant äl'abat-toir et, quand ce fait so presentc, rien n'est plus facile ä l'inspecteur charge du service que do reconnaitrc la maladie, aux signes caracteristiques que presentc I'autopsie ; mais le danger vient d'ailleurs.
laquo; Voici, dit M. Boutet, comment les choses se passent ordi-nairement. Le sang de rate est reconnu par les gens de la ferme; on voit que la vache ou le mouton malade va succom-ber et, quelques heures, quelques minutes avant la mort, on
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(1) (Emlcr. Experimentelle BeUriiQe zur Milzbrandfrage. {Arch. f. wissensch. und pract, Thicrheilkundc, 1870, Heft -i,
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s'empresse d'aller chercher un boucher special qui tue l'animal, 1c prepare, le coupe par quartiers et l'expedie alors ä Paris. Toutes ces operations so fontencachette, bien entendu. C'estla nuit, autant que p )ssible, que le boucher est appele, c'est per.dant la nuit surtout qu'il execute son travail clandestin ; c'est la nuit que la viande est conduite au chemin de fer le plus rapproche et cetto viande arrive ainsi h la ville le matin, pour l'heure de la vente a la criee. Le cultivateur et le boucher no peuvent pas. dans I'espece, arguer d'ignorance ; ils ont vu, avant de letuer, l'animal rendant du sang par le nez, lefondc-ment et meme la vulve si c'est une fcmelle ; ils ont vu, en le tuant, la saignee baveuse, peu abondante; ils ont vu, apres l'avoirdepouille et prepare, le tissu cellulaire injecte, la vessie pleinc d'urine sanguinolente, les intestins gorges de sang, la rate yonllee, diflluente, noire, etc. etc. Dans ce cas, qui se repcto plus souvent qu'on ne le croit, la culpabilite du cultivateur et du boucher ne peut etre nice parpersonne (I) raquo;.
Loin do faire des voeux pour adoucir les reglements de police qui interdisent 1'usage de la quot;viande charbon-neuse et qui poursuivont ceux qui sciemment la mettent en vente, il y a done lieu de les mainlenir dans toute leur rigueur, de bien assurer le service d'inspection des viandes qui est expediee abattue dans les grandes villes et de sevir contre les cultivateurs peu scrupuleux qui n'besitent pas ä livrer ä la consommation des habitants dc ces villes des viandes charbonneuses (2). Grace aux mesures de police sanitaire actuellement en vigueur ä Paris, le nombre des viandes charbonneuses mises en
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(1) Beutet. Loc. cit., p, 50.
(#9632;2) Loshommos du metier savent reeonnailre assoz facilenicnt nno viando chaihoimcusodepccc'cmalgi'e l'absencedes viseöres qui sent les principaux indicateurs du mal; la chair est mollc, friable, par-semce do tachos ecohymotiques ; eile laisso suinlcr, par les ouver-tures dos vaisscaux, un sang Qoir ; les ganglions lymphaliques des llancs, de l'aiae ct surtoul les ganglions mesontoriqucs son! noirs, inliltros ; la plövre et le peritoine sont injeetös, etc. Une viando qui präsente ces caraetöres doit, en tout etat de choscs, ötrecon-fisquoc comme malsainc ; tons los doutes soront loves, si I'examen microscopique du sang revcle la presence do bacloridies el si, en inoculant un peu de ce sang ä un ouplusieurs lapins, on los YOlt pörir du chaibon.
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vento ä la criee des halles centrales est chaquc annoe decroissant; d'apres les chiffrcs qu'a bien voulu me communiqucr M. Villain, inspecteur general de la bouchorie, le charbon bacteridien n'a ete constate en 188G, aux balles, que sur neuf animaux, six bceufs ct trois moutons. II y a quelques annees encore, la pustule maligne etait assez frequonte chez les porteurs de viando ä la halle ; on 1'observait surtout a la nuque et sur les cötes du cou ; du reste, afin de diminuer les chances d'inoculation, les forts sont maintenant pourvus de couvre-nuque, attaches a la casquette.
Autres causes de charbon interne. Les faits qui precedent montrent que la penetration de bacteridies dans le tube digestif peut entrainer a sa suite, chez I'homme, un veritable charbon interne, mortel. Ces cas, cependant, constituent l'exception ; l'ingestion de viandes charbonneuses, dans un grand nombre de cas, est inoffensive pour Fhomme, ainsi que pour certains animaux, les carnivores notamment, grace a, la destruction rapide des bacteridies par I'action dusucgastri-que. La penetration dans les voles digestives ou respira-toires des spores du bacillus anthracis est beaucoup plus redoutable;c'estpar ce mecanisme que se produisent la plupart des cas de charbon interne observes chez Thom-me ; j e me contente de cette simple mention, me reservant de reveniravecdetails sur ce pointquandilsera question des faits de mycose intestlnale, de maladie des chif-fonniers {Hadernkrankheit), de maladie des trieurs de laine [woolsorters'disease) que nous savons aujourd'hui rentrer dans le cadre des affections charbonneuses, le plus souvent professionnelles, clans lesquelles la porte d'entree, an lieu d'etre cutanee, est intestinale ou pul-monaire.
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QUATORZIEME LECON,
Le charbou externe de l'homme (Pustule maligne, cedöme malin).
SOMMAlliE ; Description do la piislulc maligne ; symptomes locaux, symptömes gönöraux. Elle pent guörirspontanöment. (Edfenie inalin. Anatomie et physiologic pathologiques du charbon externe de riiomme. Frequence et importance des lösions gastro-intestinales secondaires.
Messieurs,
Au point cl'inoculation apparait une tache rouge, comme unepiqüredepuce, s'accompagnant deprurit; ä cette tache succede uno petite vosicule aplatie, do couleur gris brunätre, contenant une gouttelette de liquide sereux; la vesicule ne tarde pas ä crever, soit spontanement, soit ä la suite du grattage et laisse ä decouvert un fond rouge, livide,qui bientot so desseche et s'escharrifie.Il arrive parfoisqu'au lieu de la vesicule initiale, e'est unbouton solide, une papule qui precede immediatement I'escharre; d'autres fois, mais trcs cxceptionnellement, au lieu d'une petite vesicule, laquo; le charbon externe debute par une belle bulle jaunc, ambree, bien remplie et parfaitement tendue raquo; (Bourgeois). L'escharre est le caractere le plus distinctif de la pustule maligne ; de couleur jaunätre au debut, eile ne tarde pas ä passer au jaune brun, puis au noir le plus fonce (d'oü le nom de charbon); de grandeur et de profondeur variable selon le siege et la duree du mal, eile se forme aux depens du corps muqueux de Malpighi et du derme; eile repose sur une base induree et est en-chässee dans une zone d'empätement oedemateux. Bien-tnt, autour de l'escharre centrale, se developpent des
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vesicules groupees en ccrcle plus ou moins regulier; ä leur apparition, elles sont encore fort petites ; mais apres un jour ou deux, elles augmentent de volume, et a mesure que I'escharre en s'etendant envahit celles qui formaient la partie interne du cercle, il en apparait de nouvelles et de plus grosses ä sa circonfercnce. Cette sorte de couronne de vesicules satellites est des plus ca-racteristiques ; elles contiennent une serosite jaune citron, ambree ou brunätre ; souvent le cercle vesicu-leux est incomplet et irregulier.
Ceci se passe dans un temps variant entre un ä trois ou quatre jours. A ce moment la base sur laquelle repose Fcscharre et les parties environnantes se tumefient et s'ec-dematient, en meme tenqjs que la peau qui les recouvre prend une teinte rouge livide; cet empätement s'etend souvent tres loin et pent envahir un membre tout entier, ou bien toute la face, le cou et la partie superieure de la poitrine. Ilestassez ordinaire d'observer,apres quelqucs jours de durce, des trainees rouges formees par les lym-phatiques superficiels enllammes, avec engorgement douloureux des ganglions correspondants; on voit aussi assez souvent au voisinage de la tumeur charbonneuso les veines sous-cutanees former des cordons durs et sensibles ä la pression. D'une maniere generale. Tab-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; t
sonce de douleur vive dans les parties qui sont 1c siege de la pustule maligne est la regle; quand eile existe, la douleur est ordinairement obscure et ne se traduit que par une sensation de pesanteur et d'engourdisse-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; quot;
ment; de lä vient la securite de la plupart do ceux qui sont atteints du mal.
Tels sont lessymptomes locauxde la pustule maligne ; ce n'est le plus souvent que deux, trois ou quatre jours apres que la fache initiale s'est montree, que la lievre se manifeste; eile debute par du malaise, quelquefois par un brisement general tres marque, des frissons plusnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;#9632;#9632;;
ou moins intenses, de la cephalalgic. La temperaturenbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I
ne s'eleve guere au-dessus de 40deg;.
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M. 1c profcsseur Verneuil a appelö l'attention sur ce fait quel'elevation de la temperature, clans le charbon, ost loin d'etre proportionnelle ä la gravite do la mala-die; la fievre peut completement faire defaut pendant toute la duree do la maladie, et principalement dans les cas oü la terminaisonsoramortelle. La tompi'sraturc baisse notableinent dans les dernieres heures qui precedent la mort; dans im cas de pustule maligne de la face, MM. Regnard et Routier trouverent, plusieurs heures avant Tissue fatale, 33deg; dans le creux axillairo ; MM. Frsenkel et Orth virent la temperature tomber ra-pidement de 39deg;, I ä 30deg; pendant la periode prea-gonale.
Dans les cas graves, les symptomes portant sur I'appa-reil digestif font rarement defaut.laquo; La bouche estpäteuse ou amere, la langue saburrale, I'haleine fetide. Le plus sou vent la soif est moderee; parfois il y a de la douleur ä l'epigastre, il survient des hoquets, des nausees,puis quelques vomissementsglaireux ou bilieux. Ladiarrhee ouvre quelquefois la serie des troubles digestifs, ou bien il existe do la constipation, ct la diarrhee ne survient que plus tard. Les urines sont rouges et briquetees ; cellos que nous avons examinees ne contenaient pus d'albumine. Ces troubles de l'organisme augmentent rapidement: les vertigos sont continuels, la marche devient vacillantc ou impossible; les vomissements, d'abord rares, sont plus frequents nous les avons vus contonir du sang. Des douleurs so manifestent dans I'abdomen, le ventre se meteorise, la diarrhee apparait ou continue si eile existe dejä, eile est fetide. Le malade a :le l'anxietö, des syncopes, son pools sedeprime, son facies est hippocratiqueetprend,ainsi que ses mains,uno tointe semblable ä celle des choleriques; la peau se refroidit, la respiration s'accelere et devient inegale; une sueur froide et visqueuse couvre toute la surface du corps; bientot on a do la peine ä sentir le pouls; onfin il cessc de battro et la mort arrive raquo; (Raim-
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bert) (1). Parfois la mort est precedee de phenomenes convulsifs, tetaniques ou upileptiformes.
laquo; Les auteurs, clit Bourgeois, un des obsci'vatcurs qui ont le mieux approfondi l'histoire clinique du charbon, se repetant presquetous, ont signale un delire sombre ct tranquille survenant vers la fin de la maladie, lors-qu'elle doit avoir une terminaison fächeuse. Ce fait est rare, tres rare meme; et le plus souvent la mort a lieu sans agonie, au milieu de la connaissance la plus par-faite(2) raquo;.
En somme on pent, avec Bourgeois, admettre deux periodes dans revolution de la pustule maligne; une premiere, oü tout se borne aux symptumes locaux,d'une duree variant entre deux a quatre jours; une deuxieme periode, celle de generalisation, qui commence avec 1'apparition des symptomes generaux et qui, lors-qu'elle doit entrainer la mort, dure commune-ment de quatre a six jours. Lorsqu'au contraire, soit sous l'influence du traitement institue, soit spon-tanement, la guerison s'effectue, ou bien la periode d'intoxication i'ait completement defaut, ou bien les pbcnomenes graves du debuts'amendentgraduellemcnt. En meme temps, les accidents generaux se dissipent, l'engorgement des parties qui entourent le foyer du mal diminue; l'escbarreselimitenettementpar un lisere jaunätre et il s'etablit un travail d'elimination, plus ou moins long selon l'etendue du mal; tantöt la chute de l'cscharre s'effectue sans suppuration appreciable; d'autrefois eile ne se fait qu'au prix d'une suppuration abondante avec abces phlegmoneux de voisinage; dans certains cas on a vu les malades succomber tardive-mcnt vingt, trente jours apres le debut du mal, ä des accidents septiques ou pyemiques consecutifs au travail
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(1)nbsp; nbsp;Traile des maladies charbonneuses. Paris, 1859, p. 116.
(2)nbsp; nbsp;Bourgeois. Traile pratique do la pustule mSLligne et de l'eedeme malin. Paris, 1861, p. 00.
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d'elimination de l'escharre. M. Nepveu a publie un cas de ce genre, recueilli dans 1c service de M. Vorneuil; le malade mourut d'embolies septiques au vingt-deuxieme jour d'une pustule maligne de la tempe (1).
La pustule maligne peutguerir spontanement, memo alors qu'une fievre intense et desphenomenes generaux en apparence tres inquietants se sont etablis; Bourgeois, Raimbert, Reclus et la plupart des medecins qui ont observe en grand la pustule maligne en citent des exem-ples; on pent du reste ranger parmi les cas de guerison spontanee, comme le fait judicieusement remarqucr Bourgeois, ceux dans lesquels cette guerison a ete obte-nue a la suite de remedes plus singuliers et plus inactifs les uns que les autres, tels que les applications emol-lientes, I'oliban pulverise, la feuille de noyer, etc.
La gravite du charbon, chez Fhomme, parait varier quelquepen scion les races et les pays; ainsi, d'apres Koranyi, les cas de pustule maligne et d'eedeme malin observes par lui et par d'autres en Hongrie, dans la vallee de la Theiss, seraient generalement plus benins que les cas observes en France, par Raimbert et par Bourgeois (guerisons spontanees plus nombreuses,mor-talite plus faible).
D'une faqon generale, Thomme pent etre considere comme appartenant aux especes animales qui offrent unc assez grande resistance au charbon; eile est moins grando que celle des carnivores, mais comparable dans une certaine mesure, ainsi que le fait remarqucr M. Colin, ;i celle que les animaux de Fespece bovine ou chevaline presentent au charbon inocuie. Chez ces animaux do grande taille, ainsi que chez l'homme, des lesions locales considerables ont le temps de s'etablir au lieu d'insertion du virus, ce qui ne s'observe pas pour le charbon inocuie des especes parliculierement suscep-tibles, des moutons, par exemple, ou des rongeurs;
(1) Nepveu. Memoives do chirurgie. Paris, 1880, p. 31.
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nous avons vu aussi que, chez 1c Lcüuf .surluut,coinmc cliez I'homme, le charbon inocule peut gucrir spontu-nemcnt apres avoir cause des accidents locaux etgcnc-raux graves, des oedemes enormes au point d'inouu-lation et une fievre intense.
La pustule maligne siege presquo toujours aux par-tics du tegument habituellement docouvortes (84 0/0 des cas, d'apres Virchow); d'apres Bourgeois, le siege de predilection est la face, et la moitie au moins des cas qu'il a observes occupaient cctte region; puis vien-draient, par ordre de frequence, les parties laterales du cou, l'avant-bras, le dessus de la main, la jambe, le bras, le tronc. Sur un chiffre total de 1077 cas com-pulses dans la litterature par M. W. Koch(de Dorpat), 001 cas occupaient la face et la tete, 370 cas le membre supcrieur, 45 le cou et la nuque; les autrcs, en plus petit nonibrc, siegeaient sur le tronc ou les membres inferieurs.
La pustule maligne, dans I'immense majoritedescas, est unique; quclquefois cependant on I'a vue en nombre multiple; Thomassin cite un homme qui en portait trois qu'il avait contractees en fouillant une vache charbon-neuse; Bourgeois en a vu plusieurs fois deux simul-tanees; Raimbert, CEmler ont fait la meme constata-tion.
II y a des exemplcs de recidive de la pustule maligne; laquo; le memo individu, dit CHmler, peut avoir plusieurs fois la pustule maligne, sans attenuation de la disposition par une atteinte anterieure, meme remontant ä un court cspace do temps. II en existe beaucoup d'exemples (Pallas, Glanstrüm, Wendroth, Herbot, Haupt, Sicdrcr, llolfmann, Heusinger). Moi-meme, chez deux bcrgers, j'ai vu deux recidives, au meme bras, de la meme inten-site. Dans un cas, la deuxiemc infection eut lieu quelques mois apres la premiere et fut plus dangereuse. D'autres vieux bergers, dignes de foi, m'ont assure avoir eu plusieurs fois la pustule maligne raquo;. M. R. Koch cite des
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observations analogues do Jarnowsky qui a public cin-quante cas de charbon humain; laquo; deux homines furent atteints deux fois dans l'espace de deux ans, et un autre trois fois en trois ans raquo;.
On a voulu trouver dans ces faits un argument contrc refficacite des inoculations charbonneuses preventives chez lesanimaux; mais I'objection tombe d'olle-mcmc si Ton vcut considerer que ces cas de recidive ne so rapportent qu'ä I'accident initial du charbon, qui dans ces cas, s'est eteint sur place, soit spontanement, soit ä la suite du traitement institue; I'infection generale de l'economie (teile qu'elle est obtenue chez les animaux par l'inoculation du virus attenue) ne s'est done pas pr..-duite, car dans ce cas la mort en aurait sans doute ele la consequence; il n'y a done pas lieu de s'etonner que I'immunite n'ait pas etc conferee par une attcinte purem ent locale du mal.
CEdeme malin. Dans l'immense majorite des cas, I'accident primitif du charbon externe est la pustule maligne classique; on doit k Bourgeois d'avoir fait connaitre, en 1843, une forme beaucoup plus rare du charbon externe, qu'il a decrite sous le nom d'eedeme malin ou charbonneux des paupiöres, ä cause de son siege de predilection, mais qui depuis a cte observce sur d'autres regions du corps. laquo; Au point d'inoculation on voit apparaitre un gonflement pale, incolore, trem-blotant, sans la moindre doulcur. Ce n'est qu'apres plu-sicurs jours et apres avoir acquis un developpement peu marque, que ce dernier presente des vesicules et qucl-quefois des escharres,auxpaupieres notamment; maisä son origine lapeau est lisse, et il n'y a pas la plus petite trace de bouton (1) raquo;. On voit que cet accident initial du charbon rappellebeaucoup rceclemegelatiniforme, trem-blotant, que Ton observe sous la peau chez les moutons,
fl) Bourgeois. Op. dt., p. 293.
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et los rongcurs, ä l'endroit oü a ete pratiquüe l'iiKjCUla-tion charbonneuse. Les symptomes gcneraux ne dif-terent en rien de ceux de la pustule maligne, si cc n'est, d'apres Bourgeois, qu'ils marchent souvent avcu plus derapidite et qu'ils sont ordinairement plus formidablcs; I'absence de reaction locale süffisante au point d'inser-tion du virus entraine sans doute une invasion plus rapide et plus facile des voies lymphatiques et sanguines.
Anatomie et physiologie pathologiques de la pustule maligne. Si, chez le vivant, on examine la serosite de la vesicule ccntrale ou des vesicules satellites du charbon, on constate dans cette serosite des globules rouges, fort peu de leucocytes et des bacteridies caractcristiques, presque toujours melees ä d'autres microbes accidentels. Souvent les bacteridies sont en tres petit nombre et il faut, pour les deceler avec surete, recourir aux colorations ou ä la culture. Parfois l'exa-men microscopique, ainsi que l'inoculation du contcnu dos vesicules ä des animaux tres sensibles au charbon, au lapin ou au cobaye, donnent des resultats negatii's, alors cependant qu'on a bien affaire ä une vraie pustule maligne (i); dans ce cas les bacteridies ont disparu dansla serosite, detruites sans doute parla concurrence des bacteries saprophytes qui s'y developpent.
II est assez rare que Ton ait l'occasion d'examincr
(1) II y a longtemps que Maunoury (de Chartres) a appolö l'at-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;#9632;#9632;'.'.Si
Icutioii sui- cc fait et a constate qua la serosite do la pustule maligne, inoculce a des brcbis ou a des lapins, peut ne donner aucun resultal, (andis que I'inscrtion sous la peau do cos animaux do I'es-charrc entiereexcisöc donne presque infailliblemeht le charbon [Re-eherohes experimenlales zur linoculation do la pustule maligne de rhomme aux animaux (Gaz. med. do Paris, ISöö, p. 3.t1).Cost äl'Associalion medicale d'Eure-ct-Loir que Ton doii los premieres experiences d'inoculation do la pustule maligne de rhomme aux animaux ; cos experiences numlreront que laquo; la pustule maligne de l'hommo introduite dans le lissu ccllulairo d'un mouton on d'un lapin, le faitmourir en i8 heurcs du charbon raquo;.
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anatomiquement ties pustules malignes qui n'aient pas ete modiliees par un traitement local, et surtout par des cauterisations. La premiere recherche histologique sur la constitution de la pustule maligne est due ä Da-vainc. II put pratiquer l'examcn de deux pustules malignes excisees au 2quot; et au 3deg; jour de leur developpement et conservees dansl'aoide chromique. Les coupes furent soumiscs ü Faction prolongee de la potasse caustique, qui dissocie ct dissout les elements de la peau en res-pectant les bacteridies. II constata que laquo; les bacteridies occupent 1c centre de la pustule et sont situees dans la couche de Malpighi, au-dessous de la couchc epider-mique supcrlicielle; elles n'y sont pas uniformement reparties, mais par ilots, separes par des cellules epithc-liales normales; ces groupes sont formes par des milliers de bacteridies formant un feutrage tres compact (1) raquo;. M. Koch extirpa unepustule maligne d'une duree plus ancienne,datant de huit jours etsiegeant ä la partie supo-rieure de la region sternale; la piece fut durcie clans 1'al cool absolu et les coupes colorees par les couleurs d'ani-line. laquo; Latumeurse montra formeepar une substance [i-brineuse dans laquclle, ä part les bacteries, onnediscer-nait aucun element; ce n'est que surle fond delatumeur, au niveauduchorion, qu'ontrouvait des cellules rondes, munies de noyaux. La oil la tumeur etait encore recou-vertc d'epiderme, on no trouvait que des bacteridies placees dans la substance fibrineuse, en nombrc d'autant plus grand quo Ton se rapprochait de la couche epider-miquo. Mais les parties de la tumeur privees d'epiderme etaient envahies par d'autres especes de bacteries qui ctaient melees aux bacilles du charbon, ou les rempla-caient entierement. Une preuve que leur invasion etait consecutive a celle des bacteridies, e'est que celles-ci
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(1) Davaino. Hecherches sur la nature et la constitution anatomique de la pustule maligne [Bullet, de l'Acad. de mod., 1855, t. LX, p. 1296).
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occupaicnt toujours les couches profondes, les autres microbes (bacteries, micrococcus) se trouvant dans la couche superficielle (1) raquo;.
M. Cornil a eu I'occasion depratiquer Texamen ana-tomique de plusieurs pustules malignes; dans deux cas oü la pustule remontait a douze et quinze jours, on ne put deceler, a l'aide des colorations, lesbacilles caracte-ristiques ; dans un troisiome cas laquo; la peau cedematiee, ctudiee sur les coupes au voisinage de l'escliarre. mon-trait dans toute l'etenduedu derme et du tissu cellulo-adipeux sous-cutane une quantite colossale de bacteri-dies caractüristiques. Cellcs-ci siegeaient surtout dans le tissu conjonctif, entre les faisceaux, dans les vais-seaux lymphatiques, a la peripherie des cellules adi-peuses, et ellcs etaient accompagnees presque partout de cellules migratrices (2) raquo;.
La pustule maligne est une lesion propre a I'homme et qui ne s'observe pas, avec ses caracteres particuliers, chcz les animaux. Davaine a essaye de la reproduirc experimentalement chez le cobaye, enprovoquantsur la peau de cet animal une vesicule a l'aide d'une brulurc par un fer chauffe et en introduisant clans la vesicule ainsi obtonue du sang charbonneux; I'animal mourait du charbon, mais sans presenter, au lieu d'inoculation, une lesion comparable ä la pustule maligne. J'ai moi-meme fait plusieurs tentatives analogues, en piquant tres superficiellement la peau rasee de lapins ou de co-bayes avec la pointe d'une lancette chargee de sang charbonneux; en operant ainsi, ou je n'obtenais aucun resultat, ou I'animal perissait du charbon en presentant au point d'inoculation I'cedeme gelatiniforme bien connu et qui ne rappelle en rien la pustule maligne.
L'empätement cedemateux qui entoure la pustule
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(1)nbsp; Koch (R.l. Mittheil, aus dem kais. Gesundheilsamto. 1881, Bd. I, p. 42.
(2)nbsp; Cornil et Babes. Des Bacteries; #9632;lre edit., 1885, p. 503.
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;13
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maligne consiste surtout en unc inliltration (jedemateuse du derme et du tissu cellulaire sous-cutane, pauvre en leucocytes et ne renfermant le plus souvent qu'un petit nombre de bacteridies. Chez Thonime, comme chez les animaux, la bacteridie n'evoque pas de processus pyo-gene.
Souvent, sur le cadavre, et tres rapidement, il se de-veloppe dans le voisinage de la tumeur charbonneuse un emphyseme sous-cutane plus ou moins etendu; ce developpement de gaz est un resultat de putrefaction commengante et n'est pas provoque par le bacillus anthracis.
Les ganglions lymphatiques correspondant ä la region oü siege la pustule maligne sont habituellement augmentes de volume, d'une couleur rouge brun, analogue a celle de la pulpe splenique; souvent ils sont entoures d'une atmosphere celluleuse infiltree et ecchy-raotique. A I'examen microscopique, on constate que ces ganglions sont remplis par un veritable feutrage tres serre de bacteridies.
Le sang presente les memes caracteres que celui des animaux morts du charbon (globules rouges aggluti-natifs, cessant de s'empiler, leucocytose, presence de bacteridies dans les espaces clairs entre les globules). Comme chez les animaux, les bacteridies n'apparaissent dans le sang que quelques heures avant la mort et leur nombre augmente a mesurc que la terminaison approche; comme pour les animaux, une fois que Ton constate la presence de bacteridies dans le sang, on pent affirmer que le pronostic est fatal et que la mort est pro-chaine.
Les lesions secondaires de l'estomacjde I'intestin grele et souvent du gros intestin sont extremement frequen-tes, sinon constantes,ettres accusees,lorsquc la pustule maligne entraine la mort. Fournier, Rayer, Houel les avaient deja signalees; il y a trente ans, M. Verneuil a public un exemplc remarquable de lesion gangrc-
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neuse de la muqueuse stomacale, dans un cas de pustule maligne (1).
Dans une autopsie de pustule maligne que j'ai eu occasion de pratiquer, ces lesions stomacales et intestinales etaient particulierement prononcees :
II s'agit d'une femme de 32 ans, travaillant dans une fabrique de crins ; le 16 mai 1882, eile se sentit piquee h lajoue droite par un petit fragment de crln ; eile retira elle-meme ce crin et conliima son travail sans s'en preoccuper. Une pustule maligne se developpa au niveau de la piqure; eile entra dans le service de mon collegue et ami M. Lucas-Cliampionniere, et eile mourut du charbon type, le 22 mai. Voici les lesions constatees sur le tube digestif :
laquo; L'estomac presente quelques ecchymoses sous la sereuse. La muqueuse offre par places des plaques saillantes, de cou-leur rouge fonoe, ecchymotiques,resserablantä des furoncles, les unes de la dimension d'une piece de 50 centimes, les au-tres, plus nombreuses, du diaractre d'une lentille ; le centre de ces sortes de furoncles est d'un rouge presque noir, entoure d'une zone d'un rouge plus clair.
laquo; L'inteslin grele, sur le jejunum et l'ileon, presente les memcs lesions que l'estomac; des sortes de furoncles dont le centre jaunätre ou noiratreest entoure d'une zone d'hyperemie ecchymotique, siegeant de preference sur la partie libra des valvules conniventes; toutefois, en aucun point, la detersion de ces sortes de pustules charbonneuses ne s'est faite. Plaques de Peyer nettement dessinees, mais paraissant saines.
laquo; our le ccecum, a six centimetres au-dessous de la valvule, plaque d'aspect gangreneux, jaune fonce au centre, resseiu-blant h un bourbillon, et entouree d'une aureole rouge ecchymotique.
laquo; Des coupes praiiquees au niveau de ces plaques gangre-neuses et colorees au violet de gentiane. montrerent une infiltration enorme de toutes les tuniqucs par des bacteri-dies (,2) raquo;. .
A ce point de vue, les choses se passent pour le char-
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(1)nbsp; nbsp;Verneuil-Houel. Pustule maligne du dos de la main, laches gangreneuses de la surface interne de l'estomac. (Gaz! hebdom., 1857, p, 368.)
(2)nbsp; nbsp;Straus. Cas dc charbon morlellArchives de Phnsioloiiic, 1883,1.1, p. 298).nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;J J i
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hon externe de rhomme comma pour le charbon ino-cule experimentalement sous la peau chez les grands animaux(moutons,boeufs) oü les lesions gastro-intesti-nales sont aussi tres accusees et presque constantes, contrairement au charbon inocule des rongeurs, ou clles font presque entierement defaut.
La rate est generalement augmentee de volume, quoique dans de moindres proportions que chez le mou-ton et les rongeurs. Le foie et les reins offrent ordi-nairement, k l'examen ä Ireil nu, un aspect normal; Thematurie, si frequentc chez le mouton, n'a jamais, h ma connaissance, ete notee chez I'homme.Ona signale des foyers d'apoplexie pulmonaire et des hemorrhagies cerebrales ou meningees, mais ce sont des lesions qui n'ont rien de constant.
Quant aux lesions histologiques que revele l'examen microscopique des divers organes, pratique ä l'aide des methodes actuelles d'investigation, elles ne different pas sensiblement dc celles qui ont ete decrites prece-demment, a propos du charbon chez les animaux.
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QUINZIEME ET DERNIERE LEQON.
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Le charbon interne de l'homme (charbon intestinal et pulmonaire).
Sommaire.Charbon intestinal, rnyoosc intestinale: CasdoWahl, Recklinghausen, Buhl, Waldeyer, Munch, Wagner, Leube et W. Muller, Kelsch, Albrecht. Charbon pulmonaire. Ha-dornkrankheit. Woolsorters'diseasc ; les reoherches de la commission de Bradford (J.-H. Bell, Spear, Greenfield) 6tablis-sent sa nature charbonneuse, Prophylaxie et traitement du charbon de l'homme.
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Messieurs,
L'existence, chez rhomme, d'un charbon interne, sans porte d'entree exterieure, c'est-a-dire d'un etat analogue a la fievre charbonneuse des animaux, n'avait pas echappe aux anciens observateurs (Fournier, Berlin, etc.); mais l'etude ä peu pres exclusive du charbon externe relöguait dans l'ombre ces cas difficiles et ex-ceptionnels. Ce n'est que dans ce dernier quart de siecle que Texistenco et les prinoipaux caracteres anatomiques et cliniques du charbon interne de rhomme ont ete definitivement etablis : acquisition importante, d'une part, parce qu'elle etablissait un terme d'identite de plus entre la maladie charbonneuse de l'homme et cello des animaux, et d'autre part, parce qu'elle conduisait a d'utiles indications de prophylaxie et d'hygiene profes-sionnelle.
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raquo;
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Charbon intestinal {mycose intestinale). Au seuil de cette etude, nous rencontrons quelques faits isoles, sortes de trouvailles d'autopsie publices k titre de curio-sites et dont I'origine, probablement anthracique, n'a
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pu etre soupgonnee qu'ultericurement et d'une maniero retrospective.
Le premier de ces faits remonte a I86i ; le Dr v. Wahl (de Saint-Petersbourg), fit paraitre une courte note sur laquo; un casde mycose stomacale raquo;; il s'agit d'une femme de 59 ans, qui mourut au bout de cinq jours.apres avoir presente au debut un gonflement des parotides, de la difficulte ä avaler, puis des vomissements, une dyspnee intense^ de la cyanose et du refroi-dissement.laquo; Al'autopsie, on trouva dans Testomac une eruption de sortes de pustules, ressemblant ä des pustules de va-riole ; elles etaient plus nombreuses dans la region pylorique, oü elles presentaient une coloration jaunätre et une depression centrale. Le reste du tube digestif etait normal raquo;.
A l'examen microscopique de ces pustules, on trouva laquo; des masses enchevetrees de fins filaments, non ramifies et do spores raquo;, siegeant profondement dans la muqueuse. Virchow, ä qui I'auteur fit parvenir des fragments de l'estomac, con-firma son examen et declara qu'il s'agissait de o tres-fins vi-brions raquo;; il regarda comme tres probable qu'on n'avait pas affaire a un phenomene cadaverique et que l'invasion de la muqueuse par ces organismesmicroscopiques a'etait effectuee avant la mort (1).
En 1864, M. v. Recklinghausen public un cas analogue, qu'il intitule laquo; mycose de la muqueuse stomacale raquo;; il s'agit (Tun tuberculeux, atteint de pleuresie et qui mourut rapidement avec des vomissements; a I'autopsie, on trouva dans le grand cul-de-sac de l'estomac laquo; plusieurs elevures circulaires ou allongees, assez fermes, de la grandeur d'un pois ou d'une cerise ; au sommet exlstait une depression craterlforme, avec un fond irregulier, dechiquete, brun noiratre, le tout entoure d'une forte zone d'hyperumie. Ces tumours occupaient surtout lasous-muqueuse. A l'examen microscopique, elles se mon-trerent formees de cellules jeunes entremelees de filaments extremement minces, refringents, homogenesraquo;. L'auteur rap-pelle le fait precedent de Wahl et incline aussi a croire que la mycose est la cause et non l'effet de ces singulieres alterations stomacales (2).
J'ai tenu ä citer ces faits, ä cause de leur interet
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(11 E. v. Wahl. Ueber einen Fall von Mycose dos Magens (Virchow's Arch., 1861,21, p. 579.)
(2) i, v. Recldinghauson. Mycose der Magenschleimhaut ilbid. 1864, t. XXX, p. 366).
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historique: les auteurs qui les ont publies ne soulevent metne pas la question de la nature charbonneuse de ces lesions si insolites de l'estomac; ce n'est meme qu'avec
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de fortes restrictions, bien justifiee? par l'etat de la
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science ä cette epoque, qu'ils se demandent si cette laquo; mycose raquo; est primitive ou simplement cadaverique. Pouvons-nous aujourd'hui decider retrospectivoment qu'il s'agissait la de cas de charbon interne ? 11 y a trop cle lacunes dans la relation clinique et anatomique, pour permettre de se prononcer.
Quatre ans plustard, Buhl produisit une observation importante, sous le nom de laquo; mycose intestinale raquo;.
II s'agissait d'un cas clinique des plus obscurs, chez un homme presentant des vomissements et un collapsus choleri-forme ; I'autopsie pratiquee en hiver, 12 heurea apres la mort, revela les lesions suivantes: laquo; le peritoine contenait une abon-dante serosite louche ; oedeme aigu des tuniques intestinales et du tissu retro-peritonöal. Mais c'est surtout sur la muqueuse de restomac et de l'intestin que Ton trouva des lesions ne rentrant dans aucun cadre anatomo-pathologique connu.
laquo; On y constata des tumeurs circonscrites, rappelant des in-farctus hemorrhagiques, a sommet gangrene et colorö en
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jaune; ces tumeurs etaient plus abondantes et plus volumi-
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neuses dans l'estomac et le duodenum que dans les portions inferieures de l'intestin.
A l'examen microscopique, on s'assura que cette lesion re-sultait de la presence de champignons filiformes (schyzo-mycetes d'apres la nomenclature de Nsegeli et de de Bary), ayant envahi la muqueuse et les ganglions mesenteriques ; le sang de la veine porte et des veines mesaraiques fourmillait de filaments flottant ontre les globules rouges (1) raquo;.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;i
Cette observation parait bien etre un cas de charbon intestinal; dans les reflexions dont il la fait suivre, Buhl emet l'hypothese de charbon, mais pour la rejeter aussi-töt, influence sans doute par les objections que rencon-
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(1) Buhl. Mycosis inteslinalis [Cenlralbl. med.W., 1868, p. 3). #9632; Ce cas a et6 reproduit par 1'auteur, avocplus do details en 1870, dans la Zeitschrift f. Biologie, I, VI, p. I'^'J.
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traient encore a cettc epoque les vues de Davainc ; il se rallie k I'interpretation plus vague de laquo; mycose intes-tinale. raquo;
Deux cas, presque identiques ä celui de Buhl, furent bientot apres publies par M. le professeur Waldeyer.
laquo; Le premier de ces cas est celui d'un homme vigoureux, d'environ 30 ans, qui fut pris soudainement de gastralgie vio-lente, de quelques vomissements et d'un peu de diarrhee au debut; bientöt il s'etablit de la oyanose et de l'asphyxie et la mort survint deux jours apres le debut des accidents. On pensa d'abord ä un empoisonnement, puisäun cas de cholera, mala-die qui avait regne quelques mois auparavant h Breslau.
laquo; A I'autopsie, on constata environ quatre litres de sörosite louche dans le peritoine; les ganglions mesenteriques etaient gros comma des prunes, mous et infiltres de sang. Sur la mu-queuse stomacale, on trouve plusieurs elevures rouge-fonoo, occupant l'epaisseur de la muqueuse et de lasous-muqueuse et proeminant de plusieurs millimetres ; le sommet en est ulcere; ces saillies ressemblent a des eruptions furonculeuses fraiches. Ces foyers furonculeux hemorrhagiques se retrouvent, mais en plus petit nombre, tout le Jong de lintestin jusqu'auvoisinage du rectum. La rate est molle et tres augmentee de volume. A l'examen des tumeurs occupant le tube digestif, on les trouva farcies do champignons microscopiques raquo;.
laquo; Le deuxieme cas est celui d'un employe k l'abattoir de Breslau, äge de 40 ans,qui mourut au bout de cinq jours, dans le collapsus, apres avoir presente une eruption hemorrhagique de la partie superieure du corps, comparable ä cclle de la va-riole hemorrhagique; pas de vomissement ni de diarrhee. L'autopsie pratiquee par M. Weigert revela une infiltration pneumonique avec un foyer gangreneux du lobe inferieur du poumon gauche, de l'cedemedupoumon, desecchymoses sous-pleurales. Ganglions mesenteriques tumefies et hemorrhagiques, rate volumineuse. Dans l'estomac et l'intestin, saillies hemorrhagiques proeminantes, occupant la muqueuse et la sous-muqueuse, ä sommet ulcere et convert d'un exsudat bru-nätre. L'examen microscopique revela des zooglooa et des bätonnets dans les vaisseaux portes, les ganglions mesenteriques et dans les papules cutanees (1) raquo;.
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(1) Waldeyer. t. LII, p. 541).
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Quoique M. Walcleyor ait publie ces faits sous la ru-Jjrique de laquo; mycose intestinale raquo; il en discute la nature anthracique, mis en eveil surtout par la profession du sujet de la deuxieme observation ; mais on voit que nous sommes encore en pleine hypothese.
La meme annee, M. Münch (de Moscou) fit paraitrc uno note intitulee : laquo; mycose intestinale et charbon raquo; od, pour la premiere fois, la nature charbonneuse de cette mycose est tbrmellemcnt indiquee. Comme prosecteur de I'liopital de Moscou, il eut l'occasion de pratiquer 28 autopsies d'individus morts du charbon, dont II ne presentaient pas de charbon externe. Chez ces 11 sujets (dont plusieurs etaient ouvriers en crins) laquo; les lesions intestinales etaient identiques ä celles decritcs par Buhl etWaldeyer sous le nom de mycosis intestinalis {i).
A partir de ce moment, la question fit de rapides progres, surtout apres la publication du memoire de M. E. Wagner ('2). Parmi les six faits qui y sont relates, deux surtout meritent d'etre rappeles.
laquo; Un teinturieren pelleterie se couche bien portant; au milieu de la nuit, cephalee, vertiges, bientot apres ballonne-ment du ventre, vomissements, selles sanguinolentes, convulsions epileptiformes, coma et mort au bout de 3G heures. Le diagnostic hesita entre un empoisonnement et un sopor epilep-tique ou alcoolique. Autopsie pratiquee 14 heures apres la mort : epanchement sereux, clair, dans le peritoine; rate doublöede volume, molle. Sur la muqueuse dcl'intestin grelc, nombreuses saillies rouge sombre, hemorrhagiques, ä centre deprime et d'une teinte jaune grisatre. Tumefaction et infiltration hemorrhagique des ganglions mcsenteriques corres-pondants raquo;.
La deuxieme observation est celle d'un ouvrier cordier, qui maniait des crins provenant de Russie; sa maladie ne dura que 24 heures, les symptömes furent de l'inappetence, de la
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(1)nbsp;Miinch (G.). Mycosisintestinalis und Milzbrand (Centralbl. f. med. Wissenseh., 1871, p. 802).
(2)nbsp; Wagner (B.). Die InteslinalmyMse und ihre Beziehung zum Milzbrand (Arch, der Heilkunde, 1874, t. XV, p. 1).
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diarrhea et des coliques. A l'autopsie, raemes lesions i ntestinales que dans le cas precedent.
L'examen microscopique revela l'existence du bacillus anthracis dans le.s ulcerations intestinales, les ganglions mesenteriques et dans le sang de la circulation generale. La nature anthracique de la laquo; mycose intesti-nale raquo; ctait mise hors de doute. M. Wagner pense que dans ces cas, I'infection a pu se produire ä la suite de l'ingestion par ces ouvriers d'aliments souilles de poussieres charbonneuses.
Mentionnons aussi le travail de MM. Leube et W.Müller ; la premiere observation estparticulierement interessante (1).
laquo; II s'agit d'un homme de cinquante ans, ayant mange abon-damment du foie mal cuit d'une chevre morte du charbon; il se produisitdesvomissements.delacyanoseetlamort survintdans le collapsus au bout de deux jours, a la suite de phenomenes faisant penser a un empoisonnement. A I'autopsie, rate molle, volumineuse ; l'estomao et l'intestin sont parsemes de saillies hemorrhagiques ; on en constate egalement sur le colon. A l'examen microscopique, la pulpe splenique et le sang semon-trercnt remplis de bätonneta raquo;.
M. Albrecht (Je Saint-Petersbourg) pratiquaen 1878, a I'hopital Obuchow, 6 autopsies de laquo;charbon interneraquo;; dans 5 de ces cas, le charbon etait un charbon intestinal type, sans localisation externe; parmi les victimes, deux etaient ouvrieresen crins (2).
Mentionnons enfin un laquo; cas de charbon intestinal sans lesions externes raquo; observe en 1876, a Batna, en Algerie, par M- le professeur Kelsch, mais qui ne fut publie qu'en 1881. Quoique l'examen microscopique n'ait pas ete pratique et que la constatation du bacillo anthracique dans le ,-----------------------------------------------------------------------------
(1) Leube und W. Müller. Drei Fülle von Mycosis intesiinalis und deren Zusammenhang mit Milzbrand [Arch. f. hlin.Med., 1874, t. XII, p. 517).
(2j Albrecht. 6 Fälle von Pustula maligna internst [Petersb, med. Wochenschr., 1878, nu 43).
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sang n'ait pas ete faite, les lesions macroscopiques de l'intestin signalees par cet habile anatomo-pathologiste sont tellement caracteristiques, qu'il n'y a guere de doute qu'il ne se soit agi en äffet d'un cas de charbon intestinal (1).
On voit, parces faits, que l'histoire du charbon intestinal, quoique encore loin d'etre complete, est suffisam-mentcaracterisee, tant au point de vue anatomique que symptomatique. La maladie debute assez brusquement par de la prostration, de la courbature, parfois du frisson; aussitot apres, apparition de troubles digestifs, vomissements, coliques, ballonnement du ventre, diar-rhee; en meme temps, on constate une atteinte profonde de toute I'economie ; gene respiratoire, petitesse du pouls, cyanose, tendance au refroidissement, un etat rappelant I'algidite cholerique; la mort a lieu le plus souvent dans le collapsus, exceptionnellement avec des convulsions tetaniques, en moyenne deux a cinq jours apres le debut des accidents.
Le caractere anatomique le plus frappant, outre Tan-thracemie, est l'existence de lesions gastro-intestinales presque caracteristiques et que tons les auteurs qui les ont vues ont decrites presque dans les memes termes : ce sont, sur la muqueuse de l'estomac, de l'intestin grele, et quelquefois du colon, des saillies d'apparence furonculeuse ou pustuleuse, rouge-brun, hemorrha-giques, a sommet ulcere, jaunätre, gangreneux, que
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(1) Kölsch. Contribution a l'histoire du charbon chezl'homme. {Revue de medecine, 1881, p. 579.) Une tpidömie singulifero fat obsorvf'e en 1877 h Warzen, on 206 personnes ayant mango de la viande provcuant d'une vache malade prösentörent des phe-nomenes inlostinaux plus ou moins graves ot 6 moururent; MM, K. Hubor et Buller decrivent cette epidemic commo 6tant de nature charbonneuse; mais, aprfes la lecture attentive de leur memoire, je suis porte a croire qu'il s'agissait d'une intoxication d'une aulre espüco, se rapprochant des faits do botulisrae (voy. K. Ilubor und Butter, Die Massenerkranhung in Würzen, im Juli 1877, Arch, für Ileilh. 1878, t. 19, p. i).
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Texamen microscopique montrc etre dc veritables foyers bacteridiens ; cedeme gelatineux et hemorrhagiquo du tissu retro-peritoneal; tumefaction et etat ecchymo-tique des ganglions mesenteriques; rate molle, le plus souvent, mais pas toujours augmentee de volume. Les autres lesions pulmonaires, meningees, etc., sontmoins constantes et manifestement secondaires.
Le mode d'infection, dans le charbon intestinal, est maintenant bion elucide grace a nos notions sur le charbon dit spontane des ruminants et aux experiences de transmission du charbon aux animaux par la voie digestive : le charbon intestinal de l'homme resulte de l'ingestion de substances souillecs de bacteridies ou do spores de bacteridies.
II existesans doute des formes mitigees, curables, du charbon intestinal, quoiqu'ä ce sujeton ne puisse encore emettreque des hypotheses ; il est probable, par exem-ple, que c'est ainsi qu'il faut interpreter les cas d'indi-gcstion, d'embarras gastrique, etc., qui ont ete notes chez certains individus ayant mange de la viande d'ani-maux charbonneux, pendant que tel autre sujet, ayant consomme de la meme viande, contractait un charbon intestinal mortel.
Charbon pulmonaire. II existe, chezrhomme,une autre forme de charbon interne, resultant de I'inhalation de poussieres charbonneusesetoula lesion initiale porte sur I'appareil pulmonaire. Dans cette categoric rentrent deux endemics professionnelles recemment decrites: laquo; la maladie des chiffonniers raquo; de Vienne et surtout laquo; la maladie des trieurs de laine raquo; de Bradford.
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Maladie des chiffonniers. Hadernkrankheit. En 1878, l'attention des medecins de Vienne fut attirec par une maladie speciale, d'allure assez enigmatique, sevissant sur les chiffonniers et les ouvriers en papier qui maniaient des chiffons de provenance russe ou
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polonaise. Lcs recherches de Schlemmer, Klob, Heschl et de M. Frisch portent äpenserque cette maladie (Ha-' dernhrankhoAt) n'etait, seien tonte apparence, qu'un charbon interne ; l'infection chez les chifl'onniers se fai-sait sans doute par lavoiepulmonaire ä la suite d'inha-lation de poussieres contenant des spores virulentes, peut-etre aussi pour la voie intestinale (1). Toutefois, commele fait justement remarquer M. Greenfield, les experiences instituees ä ce sujet par M. Frisch sont peu concluantes : il experimentait surtout sur des chiens, qu'il fit perir rapidement ä la suite derinjeetion de sang provenantde? individus morts de cette maladie; or, l'on sait que ces animaux contractent difficilernent le charbon; d'autre part, les lapins qu'il inoculait avec les memes substances mouraient plus vite qu'ils ne meurent par lo charbon : il est probable que le sang qui servait ä ces experiences etait du sang charbonneux, mais dejä putrefie, et que (comme dans les experiences de Jaillard et Leplat) la maladie qu'il provoquait ainsi chez les animaux etait une septicemie.
Maladie des trieurs de laine. Woolsorters''disease. On savait depuis longtemps, dans les districts d'in-duslrie lainiere en Angleterre, surtout ä Bradford et dans les usincs du voisinage, que le triage des laines (lelles qu'elles arrivent en ballots) est un metier dange-reux; les ouvriers se livrant ä ce travail peuvent etre enleves rapidement, d'un mal mysterieux, ä localisations thoraciques mal dessinees, que Ton considerait comme une sorte de pneumonic due ä la respiration des poussieres degagees pendant le travail. On avait reconnu en outre que les cas de laquo; woolsorsers'disease raquo; etaient devenus plus frequents depuis que, dans les filatures de Bradford, on avait Importe des laines gros-
(1) Frisch, v. Experimenlelle Untersuchungen über die so-(jenannle IIadcrnkrankhoil{ Wiener mediz. Wochenschr,, 1878, nraquo;raquo; 3-5).
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sieres, de provenance asiatique et surtout les polls de chevre (alpaca, mohair) et lespoils de chameau (camel's hair); les plus dangereuses de toutes etaient les laines originaires de la province de Van, en Asie. laquo; Dans les fabriques oü ces laines sont employees, la mort rapide des trieurs (sorters) etait un accident frequemment observe. Quand ces morts ne se produisaient quo d'une facjon isolee, a plusieurs semaines d'intervalle, elles causaient peu de sensation; mais quand plusieurs hommes, travaillant ensemble dans le meme atelier, etaient enleves a bref Intervalle par le mal mysterieux, alors unegrande inquietude regnait parmiles ouvriers; bientöt toutefois l'alarme s'apaisait et le travail repre-nait, mais toujours vaguement inquietant pour ceux qui s'y livraient (lj. raquo; Le docteur Bell, de Bradford, a. qui j'emprunte ces lignes, fut un des premiers a signaler la gravite du mal et emit l'opinion qu'il s'agissait probablement, dans ces cas, de charbon interne. II se basait surtout sur la coexistence, assez frequemment observee chez les sorters, de la pustule maligne. En 1880, le fleau prit a. Bradford de tellcs proportions quo le gouvernement s'en emut; une commission fut nominee, dont firent partie le Dr Spear et le professeur Greenfield et les recherches de ce dernier mirent tout ä fait hors de conteste la nature charbonneuse de la maladie.
Les investigations de la commission etablirent que dans le seul espace de dix mois, de novembre 1879 ä sep-tembre 1880, il y eut ä Bradford et dans les environs (Keighley et Queensbury) parmi les ouvriers trieurs 9 cas de pustule maligne, avec 2 morts, et 23 cas de laquo; woolsorters'disease raquo; (charbon interne), avee 19 morts.
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(1) laquo; Ovcrcloudinn; the life of the sorter with a mysterious shadow raquo; (F. H. Bell: On laquo; Woolsorters'disease raquo;, The Lancet, IS80, t. I, p. 872).
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Voici un cas, emprunte ä M. Greenfield, qui peut etre considere comme un type de laquo; vvoolsorters'disease raquo;.
laquo; Homme occupe a, trier du t mohair raquo; de qualite inferieure; environ quatre jours avant la maladie confirmee, il se plaignit de sensation de froid et de douleurs dans les membres ; mais ce nefut qu'au bout dequatrejoursqu'il quittale travail,accusant un froid intense; insomnie, dyspnee, sueurs profuses et legere cyanose; le lenderaain, meme etat, rales dans toute la poi-trine ; intelligence conservee ; il mourut a midi, vingtquatro heures apres avoir quitte son travail.
A l'autopsie, pratiquöe neufheures apres la mort, vaste infiltration gelatiniforme des mediastins; epanchement abon-dant, sereux dans les deux plevres; oedeme gelatiniforme du tissu conjonctif sous-pleural. Tumefaction hemorrhagique des ganglions bronchiques. Dans la trachee et les grosses bronches, hemorrhagies sous-muqueuses ; les bronches contiennent des mucosites spumeuses etsanguinolentes. Le sang, pris au bras peu apres la mort, renfermait des bacteredies charbonneuses typiques, en petit nombre ; inocule a un cobaye, il le fit perir du charbon, en une trentaine d'heures. Le sang, pris dans le cueur du cadavre, dans la rate, les ganglions bronchiques con-tonait des bacteridies ; inocule a des cobayes, il leur commu-inuniqua le charbon type (1).
La plupart des observations offrent avec la prece-dente de grandes analogies : le mal debute par une faiblesse extreme, de la cephalee, des sueurs profuses; bientöt se manifestent des douleurs constrictives de la poitrine, de la dyspnee ; ä l'auscultation, des signes de congestion et d'oedeme pulmonaire; fievre moderee ou nulle, cyanose, intelligence conservee ou delire, mort dans le collapsus. Plus rarement, il y a predominance de phenomenes abdominaux, vomissements, coliques et diarrhee, parfois ictere (2).
La marche de la maladie etait variable, tantot rail) Greenfield. Further'Investigations on Anthrax and allied diseases in man and animals (The Brit. med. Journal, 1881, t. I, p. 3 et 81).
(21 Voir ä ce sujet : Greenfield, loc. cit. Johu Spear, Report to the local Government Board upon the so-called laquo; woolsorters' diseases {The Lancet, 1881, t. II, p. löfi,1.
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pide et presquo foudroyante, comme dans I'observation ci-dessus; d'autres fois la mort arrivait au bout de 4 a 5 jours, rarement au bout d'une semainc. On a observe des guerisons, touj ours suivies d'une convalescence tres longue.
Les lesions anatomiques portaient surtout sur les or-ganes thoraciques : epanchement abondant dans les plevres, infiltration gelatiniforme du mediastin et du tissu conjonctif sous-pleural, tumefaction et etathemor-rhagique des ganglions bronchiques, extravasations sanguines dans le poumon et sur la muqueuse tracheo-bronchiquo. Dans les autopsies pratiquees a Bradford, on n'a pas releve sur le tube digestif des lesions rappe-lant celles de la mycose intestinale. Pour ce motif, ainsi qu'ä cause de la predominance des pbenomencs thoraciques pendant la vie, M. Greenfield fut conduit ä penser qu'il avait eu affaire ä une forme speciale de charbon, h localisation initiale pulmonaire, et qu'il propose d'appeler bronchial mycosis : hypothese qui pa-rait bien en rapport avec la nature des faits observes.
II est done demontre que la maladie dite laquo; woolsor-ters'disease raquo; est uno maladie charbonneuse, et il est en outre extremement probable que la plupart des cas observes clans l'epidemie de Bradford etaient des cas de charbon pulmonaire. Les poussieres degagees pendant le triage des laines contenaient des spores du bacillus anthracis qui, penetrant par inhalation dans les voies respiratoires, determinaient chez les ouvriers une infection anthracique extremement grave toutä fait comparable au charbon provoque chez les souris, par Tin-, halation de poussieres charbonneuses, dans les experiences de M. H. Büchner. II est evident que rien ne prouve que I'infection, chez ces ouvriers, en meme temps qu'clle se faisait par la voie pulmonaire, ne se soit pas effectuee aussi par le tube digestif, par suite dc la deglutition de salive chargee de poussiere virulente.
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A la suite de l'enquete de la commission instituee par le Local Government Board, des mesures furent prises pour mettre les ouvriers des fdatures de Bradford et des districts environnants a I'abri de la maladie; on surveilla l'ouverture et le triage des ballots de laine d'origine suspecte; ces ballots furent soumis ä l'action de lean bouillante ou de la vapeur d'eau; la ventilation des salles oü s'opere le triage fut amelioree. Le resultat de ces mesures preventives parait avoir etc tres officace, car depuis il n'a plus ete question, ä ma con-naissance, dans la presse medicale anglaise, de nou-veauxcasde cette redoutable maladie professionnelle.
l'roplnjlsLxie du charbon chez I'homme. Lcs mesures prophylactiqucs auxquelles il convient de re-courir pour rcstreindre, sinon pour fairedisparaitre com-pletement les affections charbonneuses chez I'homme, dccoulent naturellement des notions etiologiques qui viennent d'etre exposees. Tous les moyens propres a reprimer les affections charbonneuses parmi les ani-maux domestiques auront aussi pour effet d'en dimi-nuer la frequence parmi les homines. La Beauce etait autrefois, dans notrepays, la terre classiquede la pustule maligne aussi bien que du sang de rate; c'est lä quo Bourgeois, Raimbert, Salmon, Maunoury ont pu rccueillir les nombreux documents qui rendent si ins-tructives leurs etudes sur la pustule maligne. Je tiens de M. Maunoury fils qui, comme son pere, exerce k Chartres et dans le pays environnant, que la frequence de la pustule maligne est devenue beaucoup moindre dans cette contröe et quo les cas observes annuellement sent exceptionnels : cette diminution de frequence du charbon humain dans le pays chartrain a coincide avec I'extension qu'a prise, dans ces dernieres annees, pour los troupeaux de cette region, la pratique des vaccinations charbonneuses,d'apres la methode de M. Pasteur.
11 reste beaucoup a faire encore, dans les campagnes,
STRAUS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; I 'i
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pour assurer l'execution des reglemcnts conueruaut la destruction ou Tenfouissement des cadavres des ani-iiuiux morts ou abattus pour la maladie charbonncuse, pour empeeher la ventc de la peau do ces animaux ot meme le debit clandcstin de leur viande cl de lours visceres; dans les grandes villes, le service d'inspec-lion des viandos est etabli; mais cette police fait ä pen pres entierement dei'aut dans les petites villes et dans lescampagnes.
Plus difiieiles encore ii assurer sont les mesures prlt;raquo;-pliylactiques auxquelles il laudrait reeourir pour ecar-ter les dangers d'infection antbracique auxquels sont suumis certains ouvriers (tanneurs, megissiers, lilcurs de laine, cordiers, brossiers, ouvriers en corne, etc.), professions qui, comme nous l'avons vu, exposent ä la fois ä la pustule maligne et au cbarbon interne. Les preduits animaux, les peaux, les laines et les poils qui determinent ces accidents sont presque toujours d'ini-portation ctrangere, russe, asiatique ou amerieaine; il y aurait done lieu cTexigor une desinlection prealable efticaec de ces produits suspects. Cette disinfection, il est vrai, presenterait de grandes diflleultes pratiques, car pour tuer les spores si resistantes du cbarbon, il faudrait reeourir ä Temploi d'agents cbimiques ener-giques ou de la vapeur d'eau surcbauffee: moyens qui, entre autres inconvenients, ont eelui de deteriorer la plupart des matieres soumiscs ä leur action. Aussi quol-ques medecins se sont-ils prononees pour la probibi -tion i)ure et simple des laines, poils ct autres matieres animales provenant de pays notoirement infestes de cbarbon. (Jest la un cbapitre interessant d'bygiene pro-lessionnelle et qui reste ouvert presque tout entier.
Traitement. - L'homme pent etre ranglaquo;'; parmi les etres qui opposent une grande resistance ii linvasion de la bacteridie, surtout quand l'insertion du virus a eu lieu sur le tegument externe, Le virus ebarbonncux
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demeure alors sur place pendant un temps plus ou inuias long, provoquant d'abord une lesion purement locale, la pustule maligne ourcedememalin. Les ohoses peuvent en roster lä et le mal guerir spontanement. ainsi que le teraoignent les guerisons obtenues par la simple expectation; celles qu'on a obRcrvces ä la suite de rapplication de remedes anodins, tels que lesfeuilles iraiches de noyer, l'ecorce de chene, le jus tic citron, etc., peuvent ä juste titrc etre invoquees aussinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .#9632; comme des exemples de guerison spontanee (Trelat).
11 y aurait toutefois imprudence grave a compter sur un pareil mode de guerison naturelle et toutes les fois ([lie la pustule maligne cst constatee, il faut s'appliquer ä detruire le mal sur place, par les moyens chirurgicaux appropries; cette intervention sera d'autant plus efficacc qu'elle aui'a ete plus hätive et plus ünergique.
L'excision de la pustule ä l'aide du bistouri, recom-mandee autrefois par Fournier, Maret et les chirurgiens de l'eoolc de Dijon, a ete rejetee avec raison, au siecle dernier dejä,par Enaux etChaussier. Quelque complete quelle soit, Textirpation est impuissante ä enlever lautes les bacteridies qui pullulent au pourtour de la pustule; en outre le bistouri, en ouvrant largement les vaisseaux, pent faciliter la penetration des bacilles dans la circulation et loperation, au lieu d'etre utile, pent ainsi entrainer des suites lunestes. Aussi I'extirpation ou l'incision cruciale de la pustule maligne n cst-elle plus pratiquee aujourd'hui quo comme preliminaire dc la cauterisation.
Les uns donnent la preference ä la cauterisation laite au ler rouge, les autres ä la cauterisation par les agents cbimiques, Les medecins de la Beauce recommaudaienl le bichlorure de mercure, grossierement pulverise, aveclequel on romplissaitle godet resultant de l'incision cruciale de l'escharre et do l'excision dc ses angles. Co caustique amene une vivo reaction favorable ä la guerison ; il ne fuse pas et doune lieu ä une escbarre seche
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et dure; mais il expose aux dangers de la resorption et de l'intoxication par le sei mercurique. Bourgeois (d'E-tampes) se servait de potasse caustique; d'autres ont preconise la päte de Vienne, le chlorure de zinc, Tacide sulfurique, etc. Chacune de ces methodes, ä cote de succes, compte des revers.
A la suite des recherches de Davaiae sur I'actiun destructive exercee par divers antiseptiques, etparticu-lieretnent I'iode, sur la bacteridie (1), on a eu recours ä des injections interstiticllcs do solutions plus ou inoins concentrees d'iode ou d'acide phcniquc laitcs dans le tissu cedematie du pourtour de la pustule (Chipault [d'Orleans], Raimbert, Riebet, Duplay, Lu-cas-Championniere); par cette methode, on a souvent röussi, parfois aussi echoue.
On doit a M. Verneuil d'avoir lormule avec unc urande nettete une metbode mixte de traitement oü les injections bypodcrmiques desinfectantes sont beureusement associees ä la cauterisation destructive de la pustule : laquo; ä l'aide du tbermo-cautere, manie comme un bistouri, on procede ä la destruction radi-cale de l'escharre centrale de la pustule maligne; e'est le premier temps de l'operation ; puis, avoc le meme instrument, on fait dans la zone d'induration du pour-tour immediat de l'escbarre, des applications ener-giques etprofondes de pointes de feu; enfin dans la zone peripberique, ccdematiee, on pratique k l'aide de la seringue de Pravaz des injections interstitielles, pen distantes les unes des autres, de deux a quatre gouttes de solution aqueuse de teinture d'iode (au lüOe ou au 20O'); ces injections sont repetees toutes les deux ou trois beures. On y ajoute Tadrainistration, ä l'interieur. de deux a quatre gouttes de teinture d'iode toutes
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(1) Davaiae. Reaherohes sue l'aotion des subslamp;naesdites anli-septiqties sur le virus charbonneux (C. U. da L'.Xrad. des Sciences, 1873, l. LXXV1I, p. 821).
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les deux lieures raquo; (1). M. Trelat suit une pratique analogue : I'escharre centrale est fendue par une incision cruciale et cauterisee ä, l'aide de la päte de Vienne; le pourtour de la tumeur est cerne par un grand nombre d'injections sous-cutanees d'eau pheni-quee au 100deg; (trente gouttes par chaque piqiirc) (2). (Jette methode mixte de traitement parait de toutes la plus rationnelle, car clle combine les avantages de la cauterisation et des injections interstitielles antisop-tiques; on lui doit dos succes nombreux et dans des cas qui paraissaient presque desespcres.
Quand les symptomes graves d'intoxication generalo se sont etablis, il faut insister sur I'administration interne des antiseptiques (teinture d'iode, acide phe-nique,sulfate de quinine); sans doute,cesmedicaments ne peuvent etre donnes ä dose suftisamment forte pour atteindre directement ettuerlesbactcridies,lorsquecel-les-ci ont envahi le sang et les organes; mais rien ne prouve qu'on n'entrave pas ainsi, dans une certaine mesure, leur multiplication et qu'on ne donne par cc moyen a I'economie le temps de les detruire ou de les climiner. On y adjoindra l'emploi des toniques et des stimulants, et Ton pourra encore assister ainsi ä des guerisons inesperees.
Le charbon interne, intestinal ou pulmonaire, est incomparablement plus grave que le charbon externe, ä cause de l'impossibilite d'agir sur le foyer primitit du mal; le traitement interne, par les antiseptiques et par les toniques, est la seule et bien faible ressource dont nous disposons dans ces cas redoutables.
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(l)Vemeuil. Du traitement de la pustule maligne (Bulleiin ilc rAcad.dc medecine, 1881, p. 182). |2) Trelat. Ibid., p. 202.
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TABLE DES MATlfiRES
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PREMIERE LEQON
IM.PORTANCE DOCTRINALE DU CHARBON. SYMPTÖMES ET LESIONS MACROSr.OPIQUES.
SOMMAIRE. Importance do l'ötude du rharbon; cest la maladio infocliouse typo Histofiquo ; obscuritös el confusions secu-laires, grand progr^s du ii Chabert, Symptoracs du charbon ohez Ics animaux. Lesions inacroscopiquea. Ni les uns ni Ins antres no sont oaracWristiques........ I
DEUXIEME LEQON
KITOr-OGIE DU f.HARBON AVANT LA DECOUVERTE DE I-A BACTERiniE.
Sommaire. Etiologio du charbon avant la notion de la baclc-rldie. Distribution geographique de la maladio; son origine lollurique ; on I'assimile k la malnria. Theorie do Delafond : la maladio ost duo a une plethoro. Le charbon oxperimenlal: experiences anciennes do Bartholemy, Leuret; recherches de Gcrlach ; Iravaux de la Commission d'Eure-et-Loir. Resultats acquis : notion do la virulence da charbon; son identito chez les divers animaux et chez Thomme. Erreurs fondamen-lalos ; on confond les offots de l'inoculation du charbon avec les offets de linoculation de matteres putrefiöes; on continue :i croire i\ sa production spontanee (sous I'influence do causes bnnalos).................II
TROISIBME LEQON
LA DECOUVERTE DE LA BACTI^RIDIE CHARBONNEÜSE.
Sommaire. Contestations do prioritö ; la premiere mention tie in l.ncioridio dato do IS'iO el est duo it Rayer-Davaine. Mi'-
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21laquo;
moire do Polleader (1855). Uecherchus laquo;Je Jirauell : il con-fond les batonnets charbonnoux avec les laquo; vibrions raquo; do la pu-trefaclion; il ne revendiquo pour ces batonnets qu'une signili-cation diagnostique et pronosliquo, et lour dönie tout role 61io-logiquo. On conteste leur nature animee. Uecbercbes de Delal'ond (1860) : elles sont trös remarquablos pour Tepoquo : il institue les premieres tontatives de culture ; il monlrc quo les batonnets cbarbonneux vivent et vegelont, en dehors de l'öco-nomio, sous forme de longs filaments........31
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QUATRIEME LEQON
I.A. DICOUVERTE DE LA BACTERIDIE CHAIiBONNEUSE [Sxiilc).
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So.MMAiBE. Davaine declare la laquo; bacteridio raquo; commc la cause du charbon. Elle est constante dans le sang charbon-ucux. La virulence du sang cbarbonneux disparait qimnd dis-parait la bacleridie. Action de la putrefaction sur le sang cliarbonncux. Experiences contradictoires do Leplat ot Jail-lard. Ils confondaicnt les effols de Tinoculation d'un sang cbarbonneux frais avec ceux d'un sang cbarbonneux puMfie : ilsprovoquaient une septicemie et non le charbon. Davaine (Hablit les premieres distinctions fondamentales entre le charbon et les septictmies. Virulence du sang cbarbonneux a doses iulinitesimales. Davaine aborde I'ötude do retiologie propre-ment dito du charbon : il altribuo aux moucbos le role principal dans la propagation du charbon chez les animaux, Le mystere du probleme etiologique subsiste......:i!)
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CINQU1EME LEPON
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LA SPORE DE LA RAf.TERIDIE CHARIiOXNEUSE.
.Sommaire : Les spores ou laquo; corpuscuios-germes raquo; decrites pour la promiöro fois par M. Pasteur pour le vibrion do la ilacbcrie des yers a sole: il signalo lours proprietös do resistance. M. Koch döcouvre la spore du bacillus anthracis. II le cul-tive dans une goutte do serum et suit au microscope les phases du developpement. Formalion dos filaments myceliens. Apparition des spores dans le filament; miso on liborlo do cos spores. #9632; Transformation do la spore en nouvoau bacille. Influence do la temperature ot do I'oxygene sur la croissanco fila-monteuso et la sporulation de la bactcridie. Grande resistance de la spore ä la dossication, ä rhumidile, ä la putrefaction, ä la privation d'air ot do matiferes nutritives, opposee ä la vulnera-büite du bacille. Application do ces donnees nouvelles ii Tetiologie du charbon....nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;55
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.i.
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217 ÖIX1EME LBQON
MORPHOLOGIE ET BIOLOGIE DU BACILLUS ANTHRACIS.
Sommaire. Elude de la bactöridie dans sns trois formes essen-liellcs : forme bacillaire, Hlamenlenso et sporulaire. Dans lo corps dos animaux la bacteridic n'cxisto (|ii a l'ötat bacillaire.
nbsp; Description du baciüe : c'est une cellule vegelalo. Emploi dos möthodes do coloration. Etat tilamentoux. Methodes do culture. Aspect des cultures dans les milieux liquides el solides. Spores. #9632; Leur disposition dans lo lilaraent. Lour mode do germination. Differences morphologiques du bacillus antbracis et du bacillus sublilis.
Biologie du bacillus antbracis. Differences de ses conditions de vie, selon qu'il est ä 1 otat do bacille ou do spore. Resistance differentc, sous ces deux formes, a ['inanition, la dessicalion. I'absence d'oxygönc, l'clövalion de la temperature.
nbsp; Action de la lumiore solairo.........69
8EPTIEME LECON
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L'fiTIOLOGIE DU CHABBON SPONTANE.
.Sommaire. Methode des cultures succcssives de M. Pasteur: olle olablit definitivoment que le cbarbon est la maladie de la hac-trridie. Experiences do filtration du sang cbarbonnoux. Le ibarbon spontane dos moutons : röle des cadavres cbarbonnoux dans la production des foyers endemiques ; champs maudits.
nbsp;Mortalite des animaux parques sur les fosses. Röle dos vers do torro dans le transport des spores. Objections de M. Koch.
nbsp;Wes opinions sur lo mode do conservation du virus cbarbonnoux ä la surface du sol; röle qu'il fait jouer aux inondations.
nbsp; nbsp;Influence d'un certain degrö d'humidito du sol sur la sporu-lation do la bactoridie. Mesures prophylactiquesqui dlt;gt;coulenl de cos donnöos otiologiqnos...........sect;0
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HUITIEMB LECON
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L'ETIOLOGIE DU CHARBON SPONTANE {/in).
SOMMAIRE. Le cbarbon spontan^ est presque toujours un cbarbon inlerne. Portes d'entr6e : la muqueuse bucco-pbaryngöo (Pasteur) ; la muqueuse de l'intestin (Koch). Experiences de-raontrant cos deux modes d'infection. P6n6tration dos spores par la voie pulmonairo (charbon par inhalation). Autres modes d'infection (piqüres d'insectes, plaies cntanäes, mor-sures, etc.)
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- 318
RecoptiviU'' dos diverses espamp;ces animales pour 1p chorboa ; Mouton, rongcurs,boouf,cheval.porc, chion, dial, olc ; oiseaux; amphibies pi poissons. Ces notions sorviroul ;i IV'dulo dc l'immunilö................. 107
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NEUVIEME LECON
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ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOfilQUES DE LA MALADTG CHAItBONNEUSE
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#9632;#9632; M
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Sommaiiie. Etudc du oharbon inoculö du lapin ou du cobaye. (Tlilpmo gölatiniforme au poinl d'inoculation : la.baclpridio a une action locale phlogogamp;ie, mais non pyogfene. Läsions dos premiers ganglions; ils sent remplis do bacioridics avanl quo lo sang ni los autros organes n'en coniiounonl. Invasion du sang'. Lesions dos organes ; roplolion hacioridienno dos capil-laires dc la rate, du rein, du foie, etc . rendue surtoul evidente sur los coupes eolorees. Topographic des bacilles : lour siege prcsquc oxclusivemoni intra-vasculaire. Iniegrile des cellules parencliyinaleusos. Pr6sonee do baclcridies dans los produits do seorelion (urine, bile, laitj.
Anabigies dos lesions analomiqiies du cbarbon iiioculo du mouton avec colui dos rongeurs, avec fre([ucnce, en plus, d'lio-uiorrhagios viscerales. Los lesions bümorrhagiques soul encore plus accusees cho/, le cheval, l'äno el le boeuf.
Thöorie du role do la baetöridio dans le cbarbon : pile ngirail on enlovanl l'oxygöno aux globules rouges ; ou bien niecani-ijucment, par obstruction embolique des capillaires ; on on secre-lanl un produit, loxiquo (ferment soluble ou ptomaine). La solution dn problfnne ost encore ii troiner...... HI)
DIXIEME LECON
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TRANSMISSION DU CHAUUON DE I,A MEISE AU FOETUS.
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-OMMAIHE. He la contagion inlra-ulerine en pathologic liuinaino : la variole congenitale en cst le type. Experiences do Brauell-Davainc : le bacillus antbracis no franchirait pas la barrioro placonlairc. Importance doclrinale attribute ä ce fait.Expe-riencos do M. Chamberland ct. moi; ellcs pronvent la transmis-siliilite do la bacteridio charbonnouse dc la mere an frotus. Pourquoi cetto transmission a 6tö möconnue par nos pr6d6ces-seurs : ils navaient ou roconrs ni anx cultures, ni anx colorations.
Obseurites qui r6gnaient sur rimmunile contre le cbarbon conferee an nouvnan-ne par la maladie maternello. Cos obseurites disparaissent par la notion du passage do la baetöridio cliarbonnoitse ä travors lo placenta......... 130
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im ;#9632;
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219 ONZIBME LBCON
I.A VACCINATION CIIAKBONNEUSE.
Sommaire, Di-'.s inoculations pi'dvonlives en g(sn6ra.i; variolisa-lion ; vaccine do Jonner ; nielhocle d'alteniialiou de M. Pasteur: eile s'oxcrce/)i vlli'o, snr les cultures des microbes palliogones, en dchors do reconomio animalo. Le ciiolöra dos ponies,poinl do depart c'o la deoouvei'te. Methode d'attönuation du bacillus antbracis, par la culture ä 4quot;20, 48deg;, au contact de l'air pur. #9632; Ij'attenuation ainsi obtenueest lixee el so transmet indefinimenl. dans los cultures effoctueos onsiiilo dans les conditions liahi-luollos. Creation de verilables rares de virus-vaceins. T^a vaccination charbonnouso. Sa grandeportöe thöorique. Sa valeur pratique.
Essais d'attönuation du virus cbarbonnoux tontes par M, Bnrdon-Sanderson et M. Grecnllold. Procöde de M. Toussaint.Tra-vaux do M. Chauvoau snr 1'action attenualrico de la chaleur, de l'oxygöne comprimö. do la soustraction d'oxygeno. Altenna-tion par lesantiseptiques(Chamberland et Roux), par la lumiere solairo (Arloing). ConditionsgSnärales qui provoquent leplu-nomene de l'attänuation.
ICxperienoos do M. II. Hiudmcr sur la pretonduo transfonnalion du bacillus anthracis on bacillus snlitilis el rir.c versa ; olios n'onl jainais pu eln^ veriliees............ I'll
DOUZIEME LBCON
CHAIiBON ET IMMUNITE.
Sommaire. Lc charbon conimo moyon d'etnde do rimmunile. - Influence do I'espöco, do Tage, do la race ; immunity dos moulons do race algärienae. #9632; Etude de l'influenco du nombrc iles agenls virulents sur les offots do I'inoculation virulente. Causes quipeuvenl faire varier la receptivite : experience do la poulo retroidic. Theories do rimmunile conforöc par uno premiere alleinle : theorio do repnisoment (Pasteur) ; thoorie du conlro-poison (Cliauvoau).Thöorie de ['adaptation des cell ul es do lY'conomio a lalutto contro les microbes. PnMoiulu role bacle-riophago dos leucocytes. Noire ignorance finale do la cause do rimmunite............... I(11
TRBIZIEMB LEQON
LE r.HAT\BON CHEZ; L'HOMMB. SON ETIOLOfilK.
Sommaire. Lecharbon de l'homrae est externe (culanö) ou in-lorne (intestinal ou pulmonaire). Cost surtont uno raaladie
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If
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-220
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professiuimellc. Tenacile do la virulence charbonneuse do certains produits animanx (crins, comes, peaux, fourrures). Lc charbon interne pent rOsuller de l'usage do viandos d'animaux charbonneux. Disscntiments au sujet du danger do ces vian-des, II faut en proscrire la consommation. Aulros sources de charbon interne.............I7;'i
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I
hm
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QUATORZIHME LECON
LE CHARBON EXTERNE DE l'hOMME (PUSTULE MALU'.Nl
MALIN).
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of.di:me
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SOMMAIRE ; Description do la pustule maligne; symplömoslocaux. syraptömes g'^neraux. Elle pout guörirsponlanemonl. Q'Jdeiuo malin. Anatomie et Physiologie pathologiques du charbon externe de rhomme. Frequence et importance dos lesions gaslro-intestinales secondaires.........184
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QUINZIEME ET DERNIERE LEt.'ON
LE CHARBON INTERNE DE L'HOMME (CHARBON INTESTINAL ET PÜLMONAIRE).
Sommaire.Charbon intestinal, mycose intestinale: Gas de Wahl. Recklinghausen, Buhl, Waldeyer^ Münch, Wagner, Leube et W. Müller, Kelsch, Albrecht. Charbon pulmonairo. Ha-dernkrankheit. Woolsorters'disease ; les recherches de la commission de Bradford (J.-Ii. Bell, Spear, Greenfield) e(alilis-sent sa nature charbonneuse.
Prophylaxio et traitement du charbon do I'liomme . . 197
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i;.;gt;
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TABLE ANALYTIQUE
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Akhobib (Nature) de la bacteridie,
i3, 59, 84. AuGLUTiXATii- (Etat) des globules
rouges dans le oharbon, 25. Anatomie patliologique de la ma-
ladie charbonneuse, 118. Antiseptiqües (Attenuation par
les), 15ö. Assüi'.iATiüNmedicaleetveterinaire
d'Kure-et-Loir (Travaux de l'l,
19. Attenuation do la bacteridie, par
1'oxygone, 11.'!; parle cbaulfage,
150; par I'oxygene comprime,
155 ; par les antisepliques, 156 ;
par la lumiere solaire, 157.
B
Bacillus anthhacis. Voir Bacte-
H1BIE.
Bacillus subtilis (Distinction du) d'avec le bacillus antbracis. 77, 83.
13actekidie (llistorique de la decou-verte de la), 24. 42. Morpliologie de la, 69. Dimensions de la , 73. Biologie de la , 83. Role de la dans le charbon, 127.
Bilb des animaux cliarbonncux, 125.
liuiUF (Resistance du) au charbon inoculo, 113, 150.
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Champs haudits, 12, 96, 99, 101.
Charbon (Importance doclrinale du), 1. Historique du , 4. essentiel. symptomatique, 5. Symptomatologie du des animaux, 6. Lesions macroscopi-ques, 9,
Etiologie du spontane des animaux, 11, 93, 107. experimental, 17.
nbsp; inlerne des animaux, 107.
nbsp; externe des animaux. 111.
nbsp; exlernc de l'homme, 173, 181.
nbsp; interne de l'bomme, 173, 184.
nbsp; pulmonaire, 204. Chauffaüe comme raoyen d'atto-
nuation, 150. Chbval (Charbon du), 113. Chien (Charbon du), 114. Color ATroN de la bacteridie dans
les liquides et les tissus, 71.
des spores, 72. Cornbs, cause de charbon, 175.
('oiiPÜSllULES - (jtEKMBS, 56; OOtV Öl'OHES.
CniNs, cause de charbon, 175.
Ci LTURE de la bacteridie, 75, 77,
90. Premiers cssais de ,
36.
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#9632;
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Dessication (Action de la) sur le sang charbonneux, 43, 66.
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Cadavkes uharbonneux (Desinfec-tion des), 105.
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E.mbuliqüe (Theorie) du charbon, 128.
EsEOLissEMENT des cadavres charbonneux, 95, 99, 101, 105.
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I'lEVUK CUAUUOSNEÜSiä, üoir Cjiau-DON.
I'lLTiiAiiiiN flu sang cbaibonnciix, 92 ; exercee par lo sol, 97.
1'lai.iierie (Spores de la), 50.
Foetus (Transmissibiüte du char-bonau), 130.
I'ussbs charbonneuses, %.
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CEdeme cbarboniicux, 119.
CEdeme maun, 190.
Oiseaux (Charbon dos), 110, 10'.
Oxygene (Effets do 1') ä baute pression sur la bacteridie ot so.gt; spores, 92. Attciuiatiüii par 1' comprime, 155.
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i
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(Iaxci.iuns lymphatiques (Lesions dos) dans 1c cbarbon, 98, 12U, r'G.
('lioGBAPinyiK (Distribution) du cbarbon, 11.
OiiEXOLiLLE (Cbarbon de la), 110.
H
Haiiehnkbankheit, maladie des
chitfoniucis, 204. 11i:.m(ikkhagie^ dans 1c cbarbon,
126. IIomme (Charbou del'), 173.
|
Phagucytuse, conimc explication de l'iinmunite, 170.
PflTSIOLOGIE rATBOLOUIQUB do la maladie charbonneusc, 110.
Placenta, n'est pas une barriero infranchissable pour le bacillus anlhracis, 130.
Plethore, invoqueo comme cause de charbon, 15.
POissONS (Charbon des), 117.
Poiu: (Charbon du), 113,
PnopiiYLAXiE du charbon des ani-maux, 105. do rhonime, 209.
PtomaInb secretce par la bacteridie, 129.
Pustule maligne, 173, Descriplion do la , 183. Deux poriodes dans la , 187. Siege do la , 189. Reeldives de la -, 189. Anatomie pathologiquo de la -, 191.
PcTnfeFACHON (Action de la) sur le sang charbonneux, 65.
Putiudes (Confusion des inoculations de matieres), avec 1c charbon, 22, 44.
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'.. #9632;..#9632;,#9632;.'#9632; #9632; i #9632;#9632;gt;;#9632;:
... 11
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Immimtk contre lo cbarbon, 101.
(Theories de 1). 168. Inhalation (Cbarbon par), 111, 20i. iNONDATioxs (Röle des) dans I'etio-
logie du cbarbon, 103. Ix'I'BWINales (Lesions) dans 1c
cbarbon, 109, 195 ; uotr Charbon
INTESTINAL.
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l.LMiere solaire (Action do la; sur la bacteridie, 88. Attenuation par la _, 157.
M
Mal dcMuNTAGNE, 49.
Maladie septiquc de la tacke, 17.
Mi-GissiERs (Cbarbon ebez los),
174. MucciiES (Piqüres do), cause du
cbarbon, 51, 175. Moltons (Etiologie du cbarbon
spontane des), 93. Rosistancc
des algciiens au cbarbon,
104. Myoose intcstinale, 197.
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Qlantite t/e,s mjeals virulenls (Inlluence de la), sur les effets de I'inoculation, 50, 105.
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Race (Inlluence do la), sur la receptivite pour le cbarbon, 104. Rat (Le cbarbon du), 163. Receptivite deraquo; divers animaux
pour le charbon, 112. Rejn cbarbonncux, 121,
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i #9632;
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#9632; ; #9632;
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2*3
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\nc charbounoux, 25, 27, 30, :ii, iO, io. dilue, JU.dcsscche, 13, 55, 63.
\xii de rate, voir (Jiiahuüx.
I'untankitk du cliarbon, 23
I'UiiES do la hactdridic (DeCOU-verte des), 55. Germination de la , til, 80. Uesistance do hi a rinanition, la üessicalion, DU. ä la chalenr, R(i: ii la lu-mierc solaire, 88; a 1'oxygcno comprime, 92 Transport des spores par les vors do Icrre. 07, 90.
i i;s DiGESiti's (Acliun dos), sur les produils charbunneux, 177, 170.
|
TtNAOiTiJ du virus chai'buiinuux
due ä la resistaueo des spores,
U8, 85. TopnGRAl'BiE des bacillcs daus les
oiganes, 121. TiiAiiKMiiNr du charbon dc I'lioni-
me, 2IO. TitANsi'usiuNdosaiiijcliarlionnoux.
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u
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Ijiim; desauitnaux charbuuiioux, 124.
V
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Vaccin (premier, dcjxiciue), 117. Vaccination charbonncuso, i il . Vehs de terbe (Role des), dans
1c Iransport des spores, 07. Viandes charbonnouseä [Uauzur
do IHisasc des), 170. Caracteres
de* , T82,
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Tti.niuyLK (Originej du charbon.
13. Tempekatdre (Inllnence do la]
stir la vegetation do l.i baclo-
ridie, üi. Sü ; sur les spores, 87;
sur rattenualion des cullures,
113, 150.
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w
WoOLSOBTERs'utSEASE, inaladio des triours do lainc, 205 .
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PAI'.IS I.Ml' v. GOCl'Y ET .lUIHDAN. RUE DE RENNES 71.
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w
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'.. #9632;-#9632;
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:#9632;-#9632;gt;
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PLANCHE
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#9632;,#9632;' #9632; l\
I
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EXPLICATION DE LA PLANCHE
Photographies du. IDr Boux
(reproduces en phototypie)
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Fig. It Sang d'un Cobaye mort du charbon. Les bacilles 6taient colorös au bleu de methylene, les globules du sang par l'öosine. Obj. 16,6 de Vfirick, Le grossissement mesurö sur la photographie du mioromötre est de 340 diamötres.
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Fig. I . Mäsentere d'un cobaye mort du oharbon, les bacilles Ätaieut oolorös au violet de gentiane, le tissu ä l'eosine. Obj. apoohroma-tique 3,0 1,30 de Zeiss. Le grossissement mesurö sur la photographie du micrometre est de 230 diametres.
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lt;, #9632;
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;-' #9632; , quot;
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Caarbon des Animaux et de VHcmme
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Fid. I.
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yiOCMkquot;,n = 2'nw50
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