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DESCRIPTIONS

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ET USAGES

DE PLUSIEURS NOUVEAUX

MICROSCOPES,

TANT SIMPLES QUE COMPOSEZ;

Avec dc nouvelles obfervations faires fur une multitude innombrable d’infedtes, 6c d autresnbsp;animaux de diverfes efpeces, qui naiflent dansnbsp;des liqueurs préparécs, 6c dans celles qui nenbsp;le font point.

L. J o B L o T, TrofeJJeur Koyal cn Mathenutiques s de I Académie Koynle de Peinture Sculpture i demeu-rant fur le ,^aji de I'Horloge du ‘Talaü, au gros

A PARIS,

Chez Jac QjT t s CoLLOMBAT Imprimeur ordinaire du Ivoy» amp; de I’Academie Royale de Peinture amp;:Seulpturcynbsp;ruë Saint Jacques , au Pelican.

M. DCC. X V11 ï.

AF probations BT PRIVILEGE D If

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AVE RTISSE MENT.

Ne partiede eet Ouvrac^e n eft A propre-ment parler , qu unc elpece de Journal des obfcrvatioiis que fay Elites ïur uncnbsp;multitude infinie de tres-pedes animauxnbsp;iiiviiibles a la portee ordinaire de nos yeux.

La fadlité qiie j ay trouvé dans Tiifage de mes nouveaux Microfcopes , m’a conduit inlenfiblemencnbsp;plus loin que je ne penfois j amp; ni’a fait defcendrenbsp;dans un détail qui pourra être ennuycux a ceux quinbsp;ne font pas accoütumez a fuivre la nature dans lesnbsp;operations , amp; qui n’ont pas appris par experience ,nbsp;que trop de negligence fur des circonfances qui nenbsp;fcmblent reprélenter rien de confiderab-e, a fouventnbsp;privé les Pliyfidens du fruit cu’ils auroient tire d’uncnbsp;plus exadie application.

J ay ajoutéa mes obfervations des conje-ftures fur les produdions des differentes cfpeces de petits animaux qui Ie trouvent dans les ltc|ueurs gt; je ne puLnbsp;etre du pard de ceux qui les attribuent a la putrcfac-

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A vertissement.

tion : cette opinion eit d’autant moins concevabic i que ce fèroit abandonner aux irrégularitez dn hazardnbsp;des Ouvrages qui fe font toujours dans un ordrcnbsp;qu on ne peut jamais aflcz admirer. J’enay done fub-ibtiié une autre, qui me iemble repondre netcementnbsp;a Ia multitude prefquc infinie de toures mes experiences.

J’ay diviié tout eet Ouvragc cn deux Parties: Ia premiere contient la conftrudion amp; les ufages de plu-lieurs Microfcopes, plus commodes amp; plus parfaitsnbsp;qifauciins de ceux c]ui font venus jufqua prefeiit anbsp;ma connoilTancc. On les voit mis en pcrlpedtive furnbsp;vingt-deux Planches, avec les plans amp; les profils quinbsp;font néceflaires pour en bien faire comprendre lanbsp;mechanique amp; i’ufage. ll y a deux ou trois de cesnbsp;Microfcopes qui lont d’unc ctenduë prefque univer-felle, amp; particulierement Ie dernier, qui a cté repre-lenté dans les Pianches zo. amp; zi , fur Icquel on pour-ra monter entres-peu de tems, amp; tout de fuice, non-feulementdcs lentiiles de differens foyers, maisaulïinbsp;de tres-petits Microlcopes a deux amp; a trois verres ,nbsp;depuis un pouce de longueur jufqua trois, dont lesnbsp;plus courts ont des avantages conuderables, commenbsp;de faire paroitrc les objets dans leur fituation droitenbsp;OU naturelle , en les reprefentant clairement amp; dif-tindement j faifant d’ailleurs PofEce de plufieursnbsp;Loupes de differens foyers, dc tellement condruic ynbsp;que la leiitille objedive y devient oculaire quand onnbsp;veuü, fans changer fcnfiblement la diftance des deuxnbsp;yerres qui Ie compofent , ni Ic lieu qu ils occupentnbsp;dans la monturc.

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AVERTISSEMËNt.

Ét a ce dernier Microfcope univerfcl , on pourra fres-facilement amp; lans embarras appliquer des poif-ibns de differentes longueurs èc groffeurs j amp; mêmenbsp;de diverfes efpeces , comnie des Tetarts , des Gre-noüilles , des Lamproyes, des Anguilles, des Bro-chetons , des Tanches, des Carpes , des Goujons,nbsp;amp;c. en la queue defquels amp; ailleurs , on aura Icnbsp;plaifir de voir les divers mouvemens du fang dans desnbsp;vaifTcaux diverfcmenccourbezj formant entr’cux com-me des fypbons, dont les branches Ie rencontrent denbsp;lelie maniere, qu'elies formciit tantöt iin are de eerde , tantbt un angle droit , tantot un obtus ou uil

siiou.

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On y verra de plus de deux fortes de vailTeaux dc traverfesj tres-menus amp; tres-courts, fituez differeni-ment entre deux plus gros vailTeaux qui font paralle-les entr’eux , de Fuii defquels on voit Ie fang s’écha-per par ces vailTeaux de traverfes , pour palier dansnbsp;fautre a angles droits, aigus, ou obtus, Ec il faut re-marquer qu on ne voit dans ces vailTeaux ni anafto-mofesj ni valvules qui empêchent le Tang de retour-^nbsp;ncr en arriere.

Toutes ces diverfes obfervations, amp; pluGeurs au-tres dont je ne parle point icy, nc peuvent être confirmees que par un grand nombre d’cxperiences rei-tcrees, amp; faites avec beaucoup de Toin fur Ics divers fujets dont on vient de parler. Nous en avons déjanbsp;£iic voir une partie a plufieurs perfonnes d un meritenbsp;diftingué , amp; j’efpere être dans peu de jours, en etatnbsp;de poulTer encore plus loin que nous n avons fait cesnbsp;;ioaveUes decouYertes;car ayanit fourni plufieurs Mi’^

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AVERTISSEMENT. crofcopcs a de celebres Medecins, a de fameux Anatomises j amp; a plufieurs autres illuftres amateurs denbsp;ces nouveaurez gt; il eft prefque impoffible que chacunnbsp;d’eux, s’occupant ac^réablement a fexamen des effersnbsp;furprenans de la nature, ne découvre tous les joursnbsp;des cliofcs nouvelles amp; fingulieres , dont on pourranbsp;dans peu faire part au Public j, tant par des Conférences particulieres que nous efperons faire, que parnbsp;les Journaux des Spavans, dans lefquels tous ceux quinbsp;les voudront lire , trouveront de quoy augmenter anbsp;Pinfini Ic petit Oiivrage que je donne maintenant aunbsp;Public.

Outre CCS nouveaux Microfcopes , dont on vient de parler, je donne encore des deifeins amp; des explications de piufieurs autres que j’ay perfedionnez, ennbsp;étendant leurs ufages fans en augmenter confidera-blemenc la dépenfe : on verra, par excmple, dans lanbsp;lOe- Planclie Ie dcifein d’un Microfcope a tiges quinbsp;n’eft pas de mon invention; mats les additions amp; lesnbsp;change mens que j av jugé a propos d’y faire , pour-ront peut-être plaire a ceux qui ont quelque edimcnbsp;pour eet inftrument, que nous faifons fervir aux ob-fervations des animaux de piufieurs liqueurs.

Pn corrigeant quelques defauts des Microfcopes a Canon de verre , qui ont encore été nommé Tom-beaux ; j en ay aufll étendu funiverfalité plus loinnbsp;qu’on n avoic fait jufqtfa prefenc.

On parle de plus d’un petit Microfcope a trois ver-res , reprefente fur la 15^. Planche, qui peut aufli fervir a deux verres conveves des deux cótez , en fup-pnmant celuy du miliePi, avec lequel on fera, (i fon

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AVERTISSEMENT, ^ vcut, en un moment, une petite lunette cl'approcEc,nbsp;qui fera paroitre les objets dans leur fituatiori droitenbsp;OU naturelle.

Le mêmc verre du milieu de ce Microfcopc , Sc fon oculairc , étant placez j comme on le dit, dansnbsp;fon lieu , ferviront a* raire une petite lunette d appro-che 3 qui fera voir les objets dans une fituation tourcnbsp;contraire a la précedentCj ii’cmployant pourcela qucnbsp;ie corps du Microfcopc même avec ce quil contient jnbsp;èc ce mêmc inftrumeiit étant monté fur un pied quinbsp;luy conviennc, pourra encore fervir a rendre vibblcsnbsp;ics animaux de quelques liqueurs , amp; la circulation dunbsp;fang dans la queue Sc ailleurs, de tous les poiilonsnbsp;qui feront d’une grandeur Sc d’une groifeur commode pour être applique fans peine a cctte petite machine.

En expliquant les ufagesde cliacun des Microfco-pes qui font repréfentez dans cette premiere Partic ; j ay dit la maniere de preparer une mêmc chofe dif-feremment pour y être appliquée amp; obfervce. Cesnbsp;repetitions m’ont paru néceifaires en ces eiidroits inbsp;puifqu’elles fervent a rendre l’ufage de ces machinesnbsp;plus univerfel j amp; a fatisfaire ceux qui ne veulent avoirnbsp;qu un feul Microfcopc, accompagné d’unc explicationnbsp;fuffifamment ctendue pour les inftruire des ufagesnbsp;qudls en peuvent efperer.

La feconde Partic de ce Livre contient douze Planches de même grandeur que les premieres, fur lef-quelles on a exprimé une partis des nouveUes décou-vertes que nous avons fakes, par un grand nombre de Figures delTinées Sc gravées élégamment, repré-

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AVERTISSËMENT. fentant une multitude prefque infinie de divers ani^*nbsp;maux qui ont été incoiinus jufqu’a prefenc, amp; qui ontnbsp;été vüs marciiant, rampant nageant dans des eauxnbsp;préparces gt; amp; même dans celles qui ne Ie font point,nbsp;L’Hiftoire anatomique que nous donnons de Ianbsp;plupart de cesanimaux nouvellement de'couverts, parnbsp;Ia feulc application de quelqucs gouttes prefque in-fenfibles de liqueurs mifes au-devant de mes yeux,nbsp;armez tantót de Fune de nos nouvelles Machines ,nbsp;appellee Microfcope , tantdt d’une autre diverfemencnbsp;conflruite , doniic lieu d’efpcrcr que eet Ouvragcnbsp;pourra être agréable au Public j tant par fa nouveauté , que par futilité que les Pliyficiens, les Medecins ,nbsp;les Chirurgiens , les Anatomiftes , les Chymiftes,nbsp;6c dautres perfonnes en pourront retircr j commenbsp;font les Deflinateurs j les Peintres, les Graveurs, lesnbsp;Fabricateurs d’inftrumens de Mathématiques , lesnbsp;Joüaillicrs, les L.^idaires, les Médaillifles, les An-tiquairesj les Verificateurs d’écritures, les Horlogeurs,nbsp;les Lunetiers , 6cc. puilque par Ie fecours des verresnbsp;de ces Microfcopes, les Arriftes dont on parle , au-ront l’avantage de découvrir jufqu aux moindres dé-fauts de leurs Ouvrages , amp; même Ie moyen dc lesnbsp;évitcr, OU du moins d’approclier de plus pres du pointnbsp;ie plus haut de perfeétion j ce qu’ils ne pourioicntnbsp;faire fans ce fecours.

Je nay pü décrire les petits animaux qui fe trou-vent dans toutés les infufions dont il eft parle dans cette feconde Partie, fans leur donner des noms quinbsp;enfiffent comioitre la difference. Pour eet effet, j ajrnbsp;cherché dans la nature des chofes qui me fuffent affez

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AVERTISSEMENT.

cöiinu'és, amp; qui eufTent quelque rapport de rc{ïem-' blance avec les poilToiis que jquot;ay vüs dans mes liqueurs , pour leur donner les mêmes noms qu’on anbsp;donnez a ces diverfes chofes. Mais n’ayant pas tou-jours été afTez heureux pour rencontrer de quoy menbsp;farisfaircj fans doute, faute d’avoir unc connoifTancenbsp;alTez étenduë des divers êtres de la nature, j’ay éténbsp;contraint de nommer d’autres poiiTons aucremeiic, ennbsp;leur donnant des noms qui en marqualTent les inclinations parciculieres , ou leurs mouvemens les plusnbsp;ordinaires. Ainfi j’ay nommé les premiers Corne-mufes , Ovales , Chenilles aquatiques, Antonnoirs,nbsp;Poules Iiupées, Rognons, amp;c. Etj’aydonné auxau-tres les noms d’Aveugles , de Piroüetteurs j de Gou-lus y d’Inconftans, de BoufFons ^ d’Elegans, amp;c.

Enfin on verra une Differtation fur Ia maniere dont les objets font vus dans les Microfcopes, Sc dans lesnbsp;Lunettes d’approche , contenant pluficurs experiences nouvelles, qui donnentoccafionde fe determinernbsp;en faveur de la meilleure des deux opinions qu on s’ynbsp;propofe.

Imprimc aax dépens de TAutesir?

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P RO B A T ION,

J'Ay lu par Tordre de Monfeigneur Ie Chancelier un Manuferit , qui « poiir ticre; Defcri^itions amp; uja^es de plufieun muyeaux TUkrojcopes, ayec denbsp;noitveUes Ob/irvatiom, amp;c. par M. Joblot Profeflèur Royal en Mathé-mariques. Oiicre les nouveaux Microlcopes que rAuteur y décrit, il ennbsp;perfetUonne pluüeurs aiitres , amp; rapporte quantité d'obfervations fort cu-rieufes qit’il a faites avec beaucoup de foin •, ainii eet Oiivrage peut êcrenbsp;.iirile amp; agréabJe au Public. A Paris ce treniiéme Novembre 1716.

Gauger.

APPROBATION DE Ü ACADEMIE ROTALE

de Petnture ö* Sculpture.

AU]oiird’huy Samedy dnquiéme Decembre mil fept cens feize, TA-cadémie seft aflemblée a l’ordinaire pour les Conierences •, Monfieur Joblot y a apporté un Oiivrage quil a compofé , qui a pour titre ;nbsp;Dejcrif)tkns amp; ujages de ptupeuïs nouveaux Mlcrojcopes, tant fimples que compo-; ayec de mnyelles Obfervaiions faites fm une multitude mnombrable d’injec-tes , amp; d’autres anitnaux de diverfes efpeces , qui naijj'ent dans des liqueurs pré-gt;nbsp;paiée , amp; dans celles qui ne Ie jont paint.

La Compagnie, aprés avoir éeouté la lecture de la divifion de rout I’Ou* Vrage , fair en deux Parties •, Sc avoir examine plus de trence Planches innbsp;4 , reniplies de Figures deffinées amp; gravées élégamment, repréfentant fesnbsp;n,ouveaux Microfcopes mis en perlpeftive, amp; accompagnez de tons les Plansnbsp;,amp; profils necellaires pour en bien faire comprendre la méchanique amp; Tufage,nbsp;a auffi remarqué que dans la feconde Partie i’Auteur met en ufage fes nou-velles Machines, pour faire l’hilloire anatomique d une multitu.ie prelquenbsp;Infinie de tres-petits animaiix, qui ont étéjufqu'k prefent inconmis, ^ canfenbsp;de leur petitellè, amp;des grands défauts qui font inféparables des Microfcopesnbsp;ordinaires.

Ceft pourquoy^Ia Compagnie ayant confideré que cet Ouvrage pou-voit êrre tres-agréable au Public , tant par fa nouveauté , que par rutilité que les Pbyficiens, Medecins, Anatomilfes , Chimiftesamp; autres en pour-roient retiree j elle a bien voulu luy accorder la permiffion de fe fervir dunbsp;Privilege que I.e Roy a accordé a ladite Académie.

Fait amp; extrait par tnoy Secretaire de l'Académie , ce cinq Tf^iembts mif fepl censJeiTf. Signé, T A v e r N i E R.

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tAKKEST DU CONS EI L D'EST AT, portam T?rivilége du Roy.

Du Juin 1714*

Extrait des Regijïres du Confeil d’Etat.

SUR ce qui a été reprefenté au Roy, étant en fon Confeil, par foa Académie Royale de Peinnue Sc Sculpture, qiie depiiis qu’il a plu ^nbsp;Sa Majefté donner a ladite Académie des marqués de fon afteftion, Ellenbsp;s eft appliqiiée a vee foin a ciiltiver de plus en plus les beaux Arts , qui oncnbsp;toujours fait I’oblet de fes exercices •, amp; comme la fin que Sa Majefté s’eftnbsp;propolée dans rétabliffement de ladite Académie, compofée des plus habi-les du Royaume, a été non-feulement que la jenneflè profitk des inftruc-tions qui ie donnenc journellement dans 1’Ecole du Modele , des Leconsnbsp;de Geometrie, Perlpeöives amp; Anatomies, amp; a Ia vüê des Ouvrages qui ynbsp;font propofez pour lêrvir dexemples raais encore que Ie Public fut in-formé du progrès qu y font les Arts du Deflein, de la Peinture amp; Sculpture , en luy faifant part des Difcours , Conférences amp; Delcriptions quinbsp;pourroient Ie luy faire connoitre, principalement en multipliant par la gravure amp; imprelïion les beaux Ouvrages de ladite Académie Royale , afin denbsp;les conlêrver ii Ia pofterité , unique moyen de perfeéfionner les Arts, Scnbsp;d exciter de plus en plus lemulation. Acescauses, SaMajestenbsp;defirant donner a ladite Académie, amp; a tous ceux qui la compofent, routesnbsp;les facilitez amp; les moyens qui peuvent contribuer a rendre leurs travauxnbsp;utiles au Public; Le Roy e’tant en son C0NS11L5 a permis amp;nbsp;accordé k ladite Académie 5 de faire imprimer amp; graver les Delcriptions,nbsp;Memoires, Conférences, Explications, Recherches amp; Oblervations quinbsp;ont été amp; pourront être faites dans les Affemblées de PAcadémie Royalenbsp;de Peinture amp; Sculpture 5 comme auffi les Ouvrages de Gravure en taille-douce OU autrementamp; generalement tout ce que ladite Académie voudranbsp;faire paroitre fous fon nom, foit en Eftampes ou en impreffions , lorfquenbsp;«prés avoir examine amp; approijvé leldits Ouvrages de chacun des particuliersnbsp;qui la compofent, elle les aura jugez dignes d’etre mis au jour, liiivant amp;nbsp;eonformetNent aiix Statuts amp; Reglemens de ladite Académie •, faifant Sanbsp;Majeste’ tres-exprellês inhibitions amp; défenfes tl tons Imprimeurs , Librai-tes, Graveurs amp; aiitrcs perlbnnes de quelque qiialité amp; condition qu ellesnbsp;Ibient, excepté cekiy qui aura été choili par ladite Académie, d’imprimecnbsp;011 faire imprimer, graver ou contrefaire aucuns Memoires, Defcriptions,nbsp;(Conférences amp; autres Ouvrages gravez ou imprimez concernant ou éma-;iez de la fulHite Académie, ni d’en vendre des Exemplaires contrefaits ennbsp;wille inaniere que ce foit, ni fous quelque prétexte que ce piüfle être, fan?nbsp;/a permiffion exprefle amp; par écrit de ladite Académie, s peine contre cha-

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am des contrevenans de trois mil livres d amende, confifcation , ranr de tons les Exemplaires contrefaits, que des preflès, caradteres, Planches gras-vées, amp; aucres urenfiles qui auront fervi a les imprimer ¦amp; contrefaire, amp;nbsp;de tons depens, dommages amp; interefts. Veut Sa Majeste' que ie pre-fenr Arreft loit execute dans fon entier •, amp; en cas de contravention, S Anbsp;Majeste’ s en relerve la connoiliance amp; a fon Confeil, amp; icelle inter-dita tons autres Juges. Fait au Conleif d’Etat du Roy , Sa Majeste’ ynbsp;ctant: tenu a Marly le vingt-huit Juin mil fept cens qiiatorze.

Signé, Pheeypeaux»

LOUIS par la grace de Dien Roy de France amp; de Navarre ; Au pre-mi .r notre Fluillier oit Sergent fur ce requis •, Nous te mandons amp; coiumandons par ces Frefenres, lignées de notre main, que i’Arreft dontnbsp;I’extrait eft ci-attaché fous le contre-feel de notre Chancellerie, ce )Onr-d huy donné en notre Confeil d’Etat, Nous y étant, tu fignifies ^ tous qu’ifnbsp;appartiendra , a ce qu’ils n en ignorent, amp; fades pour Ion entiere execution , tous A6tes amp; Exploits néceflaires , fans demander autre permiffion ;nbsp;Car tel eft notre plaifir. D o n n e' a Marly le vingt-huitiéme Juin Fan denbsp;grace mil fept cens quatorze , amp; de notre regne Te loixante amp; douziéine,nbsp;L O U1S j Et has, Par le Roy, Phelypeaux.

mil fipt ems quatort^, l'onyéme jour de Septembre , a la requhe de tAcadémie l{gyale de Peinture er Sculpture, éiablie par Sa THajeJié damnbsp;Jin Lousm a Paris; fay ficrre Colin Huijfier Audkneier aux Enquêtes du Palais , demeurant rue de la Juiverie , ParoiJJe faint Germain le Viel, foujftgne »¦.nbsp;fgnifié zsr latffe copie imprimée du prefent Arrefi du Confeil d'Etat du I{oy , amp;•nbsp;Commijfion Jur keluy obtemes aux fins y contenués, au Steur Charles Èpbufielnbsp;Syndic de la Communauté des Imprimeurs amp; Libraires de Paris, en leur Bureautnbsp;amp; Chambre Syndicale rue des Islathurins, en parlant d fa perjonne, amp; ce tantnbsp;pour luy que pour les autres Libraires amp;¦ Imprimeurs, a ce qu’ils nen iznorent jnbsp;ait d y jatisfaire, amp; fake feavoir d fa Communauté; lequel Sieur Ifobufel par-lant que defies, a fait réponje tant en fon nom qu’en ccluy de fes Adjoints eSr de fi$nbsp;Communauté 1 qu il accepte la prefente fignification , amp; qu U nempeche que tenbsp;piejent Arreft pottant Privilége accordé par Sa Trlajefté d fadite Académie fioyalenbsp;de Pewture amp; Sculpture, n ait fon entiere execution ; en fe conformant paYCeux quinbsp;feroni graver amp; imprimer quelques Ouvrages on Eftampes en exet ution dudit Ar-reft, AUX l\eglemens rendu-s au fujet de I’Imprimerie amp;¦ de la Librame, eSr no-tamment d I’Arreft du Confeil du 17. OBobre 1704. qui ordonne , que de tous lesnbsp;livres, failles, Eftampes amp; gravures, il en fera fourni , avartt de les expofevnbsp;en vente, hurt Exemplaires en la Chambre Syndicale de la Communauténbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a jigne^

Robustel , Syndic,

Contre laquelle réponje fay, pour ladite Académie, ri'iteré les défenfes portées au fufciit Arreft, amp; proteflé de tout ce qu’ily a d proiefter, Cc laifié copie, tarn dttnbsp;Jujdit Arreft O' Cornmljfion fnr iceluy , que du prejent. Signé , C o e i n , aveCnbsp;paraphe. Contrblé d Paris le 15, Septembre 1714. R. Yyfdio 72- Signé, Pontaint»nbsp;avec paraphe-

Et cn coniequence de TArreft dn Confdl d'Erat ci-deffijs , poftant Privilege , l'A-* eadémic Royale de Peinture, amp; Sculpture a choiü pour fon. linpritncur-Libtaitc , Icnbsp;Sicur Jacques Coclombax Iniprimcur ordinaire du Roy.

NOUVELLES

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¦iii;

Nou VELLES Observations

Faites avec cles Microscopes tout nouveaux,furune multitude innombrable dinsectes,et d’autres Ani-mauxde diverses especes cjui nais sent dans des li-(jueurs preparees etdans celles cjuine Ie sont poinU

Premiere Partie

CHAPITRE PREMIER

sitié Scrjrt ¦

folicic

^ant dessein de raporter ce fjuile peutobser-^ver de plus fmg-uiier,et de plus impercep -V* tiblealaümplevüë dans divers inixtes,roie es foit lic|^uides,et fur tuut de debrire les petiCs Aliimaux cpienbsp;[nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;armez,, dexelents Microscopes,^ apercoivent; J cru

I

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% nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaüx Microscopes;

qii’aprés avoir préparé des infiifions differentes , amp; menie d’autres liquides qui doivent fervir de matiere a cette Hif-toire naturelle , il falloit expofer d’abord routes les piecesnbsp;des inftruniens que j’ay employez a ces recherches, Ceuxnbsp;qui auront du goüt pour ces découvertes , pourront verifiernbsp;par eux-mêmes mes experiences , amp; les poufTer plus loinnbsp;que je n’ay fait.

Defcriptio» O* ufage des muvems Microfcopes, dont on peut Je jnvir d U lumiere dt^ jours ou d celle June chmdelle.

CHaqjje Microfcope hie paroït avoir fes ufages par-ticuliersj de forte que je ne penfe pas qii’on en puiffe inventer aucun qui renfernie feul routes leS; proprietez denbsp;ceux que je vais propofer.

En voicy ün qui paroit exenit des défauts qu’on remar-que'daris les autresvamp;: plus univerfel que ceux que j’ay vas: feul , il fervira a routes les experiences qu’on fait ordinai-rement avec beaucoup d’autres diverfement conftruits ; amp;nbsp;quoyqu’il paroille d’abord fort compofé , ón avoüera qu’ilnbsp;eft tres-fimple par rapport a la diverfité de fes effets j il anbsp;même eet avantage , que l’on peut comprendre en un inf-tant la maniere de s’en fervir , dans l’examen d’une infiniténbsp;de nouveaux objets tres-agréables a la vüé, amp; tres-propresnbsp;a prouver la puiffance infinie du Createur , en expofant anbsp;nos yeux rant d’efpeces d’animaux , qui font pevit-etre unnbsp;million de fois plus petits que le ciron, que I on peut regar-der coniine 1’Elephant de la plupart de ces infeftes.

Fianche i. Ce Microfcope repréfenté tout entier en A , eft compofé de quatorze a quinze pieces principales.

Pianche i. B, qui eii eft le profil, fait par la fedion d’un plan qui fa divifé en deux parties égales, pour en faire voir le dedans ,nbsp;amp; les differentes épaifl'eurs des pieces qui le cbmpofent.'

C, eft la reprefentation d’un manche qui fe monte a vif fous; le petit canon cilindrique du Microfcope , ou Ton anbsp;fpudé line virole dans laquelle il y. a un.; écrou/coninie orinbsp;voit dans fe profil B.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,

D, eft le defTein d’une pétitéhoête ou’ portedéntiiiè.

E , en

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Premiere Partie. Chap. I. nbsp;nbsp;nbsp;3

E , en eft le profil j F, l’entrée ; amp; G , le deflbus, ou il y a un petit rebord pour foutenir un diaphragme qui doit porter la lentille marquée 1.

I, eft une virole au bord fiiperieur de laquelle on a rcfervé une moulure pour la tenir plus facilement ¦, elle eft refenduënbsp;cn quatrc differens cndroits également efpacez , pour fairenbsp;FelFct d’un relfort.

3, eft le plan du deftbus de cette virole : fon ufage eft dc retenir la lentille qui fe met dans la boete D , amp; de I’y affermirnbsp;entre deux petits diaphragmes de plomb placez au centre.

H, nbsp;nbsp;nbsp;eft une platine vüë par devant, au milieu de laquellenbsp;il y a un trou de quatre lignes de diametre , pour recevoirnbsp;plufieurs boetes Tune après 1’autre, comme D, dans chacunenbsp;defquelles il y a une lentille , dont le foyer eft different denbsp;celuy de chacune dcs autre s ; ce qui eft tres - avantageuxnbsp;pour réüflir dans les diverfes obfervations que 1’on fe pro-pofe de faire,

I, nbsp;nbsp;nbsp;reprefente la même platine vüë par derriere ; L, eft lenbsp;profil de la platine H, ou on voit fepaifleur de la queuë quinbsp;y eft rivée amp; foutenuë par une rofette, comme on le remar-que au bas de la platine H , ou eft fon profil L.

M , eft le deffein d’un verre taillé en forme d’un quarré long, creufé fpheriquement au milieu , pour porter les gout-tes de liqueurs qu’on y met , en forte qu’on puifl'e alfeznbsp;fapprocher de la lentille.

Ce verre M, qu’on peut nommer porte-objet , amp; qui doit avoir tres-peu d’épailfeur dans le milieu , eft taillé en bi-feaux des deux cotez les plus longs, afin qu’il entre jufte-ment dans une coulilfe reprefentce fur la platine N ; Sc qu’ilnbsp;y foit encore retenu , fi 1’on veut, par un levier a refibrt quinbsp;s’appuye delfus •, ainfi qu’on le voit exprimé dans le deffeinnbsp;marqué N, amp; mieux encore dans fon profil P O.

O , eft Ic plan tout uni du derriere de cette mcme piece N.

P, eft le profil du reffort de la coulilfe , ou Ton fait en-trer les portes - objets , qui doivent ctre differens amp; noniT-breux , pour faire voir en pen de terns plufieurs fortes de chofes.

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4 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

eft Ie deffcin d unc autre piece vüe par devant, qu on pjanchc 3. pcut iiommer porte-pincecce , a caufe qu on y en peut inet-tre plufieurs Tune après Pautre gt; tenant Tune un poux , Pau-tre une puce , Sec. que Pon conduit vis-a-vis de la lentiiicnbsp;du Microfcope , pour y étre obfervée de tous cótcz , par lesnbsp;pijnche 3. mouvemens divers de la pincette , qu’on y tourne commenbsp;on veut; foit en Pavan^ant, foit en la reculant.

R S , eft Ie profil de la pincette qu’on voit arrêtée fut la piece marquee

T, T, T, T, font difPerens defPeins de plufieurs pincettes a refPort , plus commodes que la precedence , pour pincernbsp;facilement les petits infeftes vivans ou mores qu’on y veutnbsp;attacher. X, eft la reprefentation d’une platine foudéc patnbsp;Ie bas au petit canon cilindrique. Cette piece a deux ouvertures , ia plus grande eft de onze lignes de diametre; onnbsp;y voit Pautre reprefentée dans fa jufte grandeur, amp; dont lesnbsp;ufages feront cy-après expliquez.

V , X amp; Z, font trois pieces qui doivent ctre jointes 6c attachécs cnfemble , de chacune defquelles il faut donnernbsp;une idéé afPez claire pour en faire comprendre la mechanicnbsp;que 6c Pufagc.

V, eft Ie defPein de la premiere des trois pieces dont je viens de parler , vüë par devant jelle a une ouverture rondenbsp;de fix lignes de diametre, 6C trois petits écrous autour d’el-le , également efpacez : amp; fur Ie même plan on y a rivénbsp;deux pieces un peu élevées pour former une eoulifl'e.

Au derriere de cette même piece marquee par Y, Sc tout a Pentour de fon ouverture , on y a fait une elevation ennbsp;forme de parapet ou d’une virole épailPe d’une ligne , quinbsp;fe loge amp; tourne librement dans Pouverture ronde de lanbsp;platine X.

Cette platine X, qui eft la feconde amp; la plus grande des trois pieces qui doivent être liées enfcmble, a onze lignes denbsp;diametre pour fon ouverture.

Z, eft la troifiéme qui eft toute ronde par fes bords , 6C de peu d’épaifPeur , aufli-bien que les deux précedentes jcllenbsp;eft vüë feulement du cóté poftericur du Microfcope , amp;; ca--ehée du coté oü font les refPorts d’acier , dont nous parfo-

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Premiere Parti e. Chap. Ï. nbsp;nbsp;nbsp;f

tons bien-tot. L’ouverture qui eft au milieu n’a que fix li-gnes de diametre : il y a vers le bord de cette circonference trois petirs trous qui répondeut juftement aux trois écrousnbsp;de la platine V.

On a de plus pratique autour de cette platine Z , amp; vers le bord exterieur de fa circonference , un petit canal denbsp;deux lignes de largeur , amp;: de peu de profondeur , pour ynbsp;loger a des diftances égales trois petits reflbrts d’acier trem-pez , qui font fixez par un bout mr le fond de ce canal.

Cela fuppofé , il faut maintenant aflembler ces trois pla-tines j amp; pour cet cffet, appliquez le derriere Y de la platine V fur le devant de la platine X j amp; celle qui eft marquee Z , fur le derriere de la même platine X, en forte quc les reflbrts la touchent, faifant aufli repondre les trois trousnbsp;de Tune aux trois trous dc I’autre j amp;c arrêtant enfuite cesnbsp;trois platines ainfl pofées, avec trois petites vis, on aura lenbsp;mouvement de la piece V , doux, egal amp; uniforme , en fortenbsp;quelle demeurera fixe dans tous les endroits ou il fera né-ceflaire qu elie refte.

amp; , repréfente le deflein d’une piece compofee d’un petit canon cilindrique , d’une autre piece a coulifle , d-une virole Planchcnbsp;au-dedans de laquelle il y a un écrou pour y faire entrer anbsp;vis le manche qui fert a foutenir le Microfcope entier ; amp;nbsp;enfin d’une petite roue marquee b, au milieu de laquelle il ynbsp;a un écrou.

a , eft la reprefentation du profil de toutes les pieces dont nous venous de parler dans le deflein marqué

c , eft le plan de la largeur du reflbrt attaché interieurc-ment au-dedans du canon , par le moyen de deux petites vis, dont on voit les tetes 6c le corps dans le profil a.

5, 6,7, font trois defleins d’une même piece creufe , qui eft faite en forme d’un parallelepipede redangle, a laquellenbsp;on a attaché un reffort qui regne le long de fa partie fupe-rieure , comme on voit en la figure 6, amp; une vis a fon extré-mité qui entre dans l’écrou de la roue b , doirt I’ufage eftnbsp;d’approcher ou d’éloigner les objets de la platine H, par unnbsp;mouvement uniforme.

5 nbsp;nbsp;nbsp;7 font deux profils de cette nieme piece j 1’un dc ces

A ij

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g nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes;

profils marqué 7 , fait voir Ie dedans de la piece , amp; fautre qui cft reprefcnté par Ie chilfre 5, la fait voir par Ie cóté amp;nbsp;par dehors , afin de voir lepaill'eiir du reflbrt.

d , eft la reprefentation d’un gros canon , garni par dedans d un tuyau de velours ou de drap noir , amp; de deux diaphragmes appliquez a fes cxtrémitez.

o , eft Ie profil de ce gros canon cilindrique : f amp; g , en rcprcfentent les diaphragmes.

h , eft nne efpece de virole ou de boete ouverte. des deux cótez, qui fert a arrêter les diaphragmes de diverfes ouvertures , qui fe placenc a 1’extrémité objective du gros canon ,nbsp;auquel font attachez deux tenons a jour , par oü pafte unenbsp;efpece de regie a coulifté , foudée a la partie fuperieure dunbsp;petit canon amp;C. Entre les deux tenons de ce. gros canonnbsp;cilindrique , on apper^oit un petit reftbrt d’acier trempé ,nbsp;dont 1’ufage eft de rendre Ie mouvement du canon plus égal.

La plus grande partie des pieces de ce Microfcope fe peut faire d’argent ou de laiton. Les portes-objets doiventnbsp;étre fairs de beaux morceaux de glace des plus tranfparens,nbsp;amp; des mieux choifis. On peut aulTi en faire quelques-uns denbsp;carton , ouvert par Ie milieu , ou de quelqu autre matierenbsp;qui convienne aux divers objets qu’on y veut mettre , com-me alles de mouches, plmnes nienues de ferins de cana-rie , amp;c.

Nous avons negligé de determiner par des mefixres partie culieres , la grandeur de chaque piece de ce Microfcope jnbsp;paree que les Figures les repréfentent aftez bien amp; aftbznbsp;jufte , dans les mêmes proportions que Monfieur Ie Febvre,nbsp;tres-habile Ingenieur pour la conftruétion des inftrumens denbsp;Mathematiques, les a executées.

uja^es de ce Microfcope,

Te n’aurois jamais fait fi je voulois rapporter tous les iifav ges de ce Microfcope \ c’eft pourquoy , pour ne pas en-^nbsp;trer dans un détail trop long , je nxe contenteray de dire ennbsp;general , qu’on Ie peut employer tres - avantageufement anbsp;f examen des petits anim.aux , de leur fang, amp; des autre?

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Premiere Partie. Chap. T. nbsp;nbsp;nbsp;7

liqueurs contcnucs dans leurs differens vaiffeaux ^ amp; a la dccouverte des moindres particules, rant des mineraux quenbsp;des plantes, ou Ton apper^oit uiie infinite de chofes nou-vellcs dans leurs graines , dans leurs tiges , dans leurs feüil-les 3 dans leurs boutons , dans Jeurs fleurs j Sc enfin dans tou-tes les infufions de chacune de ces parties , ou de pluficursnbsp;enfemble, dont la inoindre goutte contient louvent une multitude prodigieufe de créatures vivantes d’une petitefl'e quinbsp;échape aux meilleurs yeux deftituez du fccours de Fart.

Lorfque Fon fe propoFe d’examiner quelqucs-unes des liqueurs dont il eft parle dans cette Hiftoire, il faut enfoncer ic petit bout d’un menu baton, ou Fextrémité la plus menuënbsp;d’une plume , jufqu’a profondeur de deux lignes au plus , Scnbsp;vers les bords du vaifteau , y faifant même toucher ce boutnbsp;de plume , pour le porter enfuite charge d’un pen de liqueurnbsp;fur le milieu du concave fait fur le porte-objet de verre en-gagé dans la coulilfe , de la piece du Microfeope marquée pi^nchei-N , qui eft decrite cy-devant: par ce moyen une partie dunbsp;pen de la liqueur, qui s’étoit attachée au bout de la plume ,nbsp;coulc dans cette cavite duporte-objet, Sc y tonne une gout-telette du diametre d’une ligne ou environ , qui paroit aunbsp;Microfeope comme un lac d une vafte ctendue, dans lequelnbsp;on voit nager une quantite furprenante de tres-petits poif-fons de diverfes grofteurs, figures Sc mouvemens.

Nous expliquerons plus loin une nouvelle maniere d’ap-pliquer le vinaigre fur le porte-objet du Microfeope , plus convenable que celle-cy , parce qu on y peut mettre tres^nbsp;facilement beaucoup plus d’anguilles jnous dirons fculementnbsp;icy que les lentilles qui grofliflent le plus font les moins pro-pres a obferver ces infeftes , a caufe que la grandeur monf-trueufe foils laquelle ces lentilles les font paroitre , empcchenbsp;de les voir routes entieres j de forte qu’il fuffit de les obfer-ver avec une lentille d’environ une ligne Si. demje de foyernbsp;pourvu quelle foit excellente.

Nous avons déja dit que les poux , les puces, Sc d’autres animaux de pareille grolTeur , pouvoient s’y obferver toutnbsp;viv,ans , par le moyen des pincettes qu'on ajoutojt a la pla-fine marquée C3^ amp; nominee porte-pincettes j Sc nous ajou-

A iij

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8 nbsp;nbsp;nbsp;Noüveaüx Microscopes.

tons de plus , que ces niêmes infe£tes pcuvcnt être enfer-niez en un des portes-objets de verre creufé fpheriquementy amp; couvert d’une latne fort mince de verre ou de talc , afinnbsp;de les empêcher de fortir de leur prifon.

Pour faire tenir ce convercle plat amp; rranfparent fur Ie concave , on fe fervira dun peu d’eau gomée , ou de la fim-ple huinidité de l’halene qu’on y pouflfcra de prés.

On peut encore attacher ces efpeces d’inleftes , comme les mittes de fromage , les fourmis, amp;c. fur un petit verrenbsp;plan, OU fur un concave de mêrae matiere , au moyen d’unnbsp;peu d'eau gomée dont on Ie moüiile legerenient avec unnbsp;pinceau , ou avec Ie bout du doigt.

Les cheveux, les ailes de mouches, les petites plumes des oifeaux, amp;c. fe peuvent attacher a des portes-objets denbsp;carton fin percez a jour, qui entrent dans la coulifle de lanbsp;Planchc 2. platine N , ou eft attaché Ie petit leviet a rellorc qui Les ynbsp;fixe , pour y être plus facilement obfervez.

Les mouches j amp; d’autres animaux de femblable petitefie , s’y peuvent obferver toutes entieres, en les traverfant d unenbsp;aiguille, amp;: les regardant dans eet état avec une lentillenbsp;d’un foyer proportionné au volume de ces animaux.

Les rubans amp; les étolfcs de foye s’attachent en petits morceaux a Tune des pincettes dont on a parlé , ou au boutnbsp;d’un poin9on emmanché , qui doit entrer dans Ie petit brasnbsp;eilindrique amp; creux du porte-pincette.

Les grains de fable , les petites graines, la poulTiere qu’on trouve dans les fleurs , amp; generalement tous les corps dursnbsp;de pareille groffeur , tranlparens ou non, s’y peuvent auJiinbsp;voir obferver tres-exadement.

Les grains de fable y paroiflent diverfement, felon les differentes famous de les préparer pour les y regarder.

Premierement , on les peut répandre fur Ie concave ou porte-objer, humeété fimplement de l’halene , en obfervantnbsp;de n’y en mettre qu’autant qu’il y én faut pour n’être pas lesnbsp;uns fur les aiitrès, amp; les regarder avec une lentille de deuxnbsp;lignes de foyer feulement j tantót au jour, amp; tantót a la lu-miere d’une chandelle ¦, car de ces lumieres differentes iinbsp;naitra differentes fenfations.

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Premiere Partie. Chap. I. nbsp;nbsp;nbsp;9

Secondement. Si fur ces memes grains de fable vous y faitcs comber unc petite goutte de vinaigre, dans lequel ilnbsp;s’y trouve des anguilles, elles vous fourniront un nouveaunbsp;Ipedacle aflez divertiflant, par rapport a I’embarras ou ellesnbsp;le trouvent de fe dégager d’eritre les mades de rochers for-mées par ces grains de fable qui leur tombent fur le corps,nbsp;par les fecoufl'es qu’elles leur donnent, en les écartanc les unsnbsp;des autres , pour fe faire un paffage libre.

Troifiémement. Mais comme cette preparation du grais, ou du fable mis fcul fur le concave du verre , ou avec les anguilles , demande beaucoup d’adrelle pour éviter qu’il ne fenbsp;fade des rayes fur ce concave ou porte-objet, qu il faut ta-cher de conferver le plus long-terns qu’il ellpollible , a caufenbsp;de la difiiculté qui fe trouve a le bien faire; j’ay juge a propos de chercher un autre moyen de donner le même plahir,nbsp;cn evitant le danger dont je viens de parler.

Pour cec elFet il n’y a qua fe fervir d’un porte-objet fait d unc lame de laiton, au milieu de laquelle on fait un crounbsp;dune demie ligne de diametre , dans lequel vous mettreznbsp;une petite goutte de vinaigre , que vous pourrez obfervernbsp;feule , ou avec les grains de fable , en les y repandant en.nbsp;petite quantité.

Qüatriémement. Ces grains de fable fe peuvent encore obferver, en les mettant fur un porte-objet d’ébene noire ,nbsp;fait comme une petite dame , au bord de laquelle on y a re-ferve deux petites elevations qui les empechent de toniber ,nbsp;amp; un petit trou fait dans l’épaifleur de cette piece , ou Tonnbsp;fera entrer un manche d’argent ou de laiton , qui fervira anbsp;la tenir comme en fair , en le fourrant dans le bras du por-te-pincette , amp; regardant ce qui fera delTus ce porte-objetnbsp;de haut en bas , comme on regarde ordinairement les menie s chofes avec un Microfeope a trois verres; puis comparant cette fa^on de voir a la precedence , on remarqueranbsp;plufieurs circonftances qui feront peut-ecre le fujet d'unenbsp;dilfertation aflez propre pour nous inftruire de plufleurs faitsnbsp;nouveaux fur I’optique.

Toutes les graines amp; les autres corps d’une certaine grandeur fe placeront de même , en obfervant de roettre fur

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lo nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

une dame noire ceux qui feront blancs, amp; ceux qui auront de la tranfparence , éc les opaques fur une autre damenbsp;blanche.

CHAPITKE II.

Defcription d’m autre nouveau Microfcope d liqueurs.

Planche j.

CE Microfcope, quoyque de petit volume , ne laifle pas d etre un des plus commodes que Ton air jufqu’a pre-fent inventé ; amp; principalement en ce que Ie porte-objctnbsp;conferve a Tégard de la lentille Ie même point de diftancenbsp;qui ne fe dérange pas, en y mettant de la liqueur nouvelle.nbsp;11 eft compofé d’environ quinze pieces que Ton a deflinéesnbsp;feparement , afin d en mieux faire connoitre la conftru6lionnbsp;amp; Tufage.

La Figure A eft la repréfentation du Microfcope entier, compofé de routes fes parties.

B, eft une piece d’ébene ta9onnée , vüè par-deflbus , amp; percée a jour dans fon milieu j comme il paroit dans fonnbsp;profil D , OU I on voic un petic rebord x x , abaifte au-def-fous de fon plan inferieur, plus Ou moins haut, felon l’épaif-feur de la lentille qu’on y vent arréter.

Cette piece d’ébene , dont Ie deflbus eft vu en B , pour exprimer non-feulement Ie plan qui s’applique fur la piecenbsp;marquee F , de laquelle on va parler , niais aufli la iargeurnbsp;du rebord x x , celle de la virole , amp; l’un des deux dia-phragmes de plomb qui doit couvrir la lentille , font cenbsp;qu’on nomme ordinaireinent Ie porte-lentille , dont Ie circuit X X doit entrer avec jufteffe d.ans l’ouverture pratiquéenbsp;en F , 6c s y arrêter ainfi montée par Ie moycn de deux pe-tits tenons tournans, qui fe peuvent remarquer a droit 6c anbsp;gauche de cette piece F.

II eft a propos d’avoir deux montures d’ébene ainfi conf-truites, 8c de les garnir de lentilles d’inégales convexitez , pour augmenter plus OU moins l’apparcnce des objets.

La Figure E ou F , reprefentc une plaque de laiton , qui

doit

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Premiere Parti e. Chap. 11. nbsp;nbsp;nbsp;n

doit être attachée avec deux vis fur le corps du Microf-cope , comme on le peut voir en A.

Cette même piece eft vüë en F par-deftiis, amp; en E par le defl'oLis, ou Ton voit le reftbrt courbe qui y eft attaché avecnbsp;deux perils rivez.

Ce relfort que Ton a feparé de la piece E , eft reprefenté tout feul au-deflbus de la lettre H le corps de ce Microf-cope , qui eft une virole de laiton afl’ez épaifte pour pouvoirnbsp;ctre viflée par dehors , amp; avoir un écrou en dedans , eftnbsp;repréfenté par la Figure O ou N : il doit avoir deux petitsnbsp;bras qui débordent la circonference de fon extrémité fupe-rieure , pour y attacher la piece E avec deux petites vis ,nbsp;comme elle paroit dans cette Figure N.

Cette même virole , au bas de laquelle on a fait une vis ; dolt auffi avoir un écrou en dedans qui luy réponde, commenbsp;on le peut remarquer dans fon profil N j elle doit aufti avoirnbsp;deux ouvertures quarrées a fes cotez oppofez, dela largeurnbsp;chacune d un peu plus du quart de fon circuit , pour rece-voir la piece de laiton repréfentée en T M, qui y doit haulTernbsp;amp; baifter librement, lorfqu’elle eft pouflee par la piece re-prefentée en ou repouUée par le relfort H i amp;c c’eft entrenbsp;cette piece 6c le relfort que m place le porte-objet creufénbsp;foheriquement , de maniere que la concavité de ce verrenbsp;foil tournée vers la piece R, dont je parleray bien-tot.

La Figure CL.eft une autre virole dans laquelle il y a un écrou pour recevoir la vis de la piece O , qui eft le corps dunbsp;Microfcope.

Cette virole a un rebord dentele, pour empecher que les doigts ne glill'ent delfus en la tournant. Cette piece étantnbsp;muë en un fens , force le rellbrt, 6c poulfe la plaque T Mnbsp;vers F j 6c par confequent approche de la lentille le porte-objet quelle foutient, 6c qui s’eloigne au contraire de cettenbsp;même lentille , en tournant la virole CLd’un autre fens.

La Figure marquée par la lettre P , eft le profil de la virole dont on vient de parler , ou fon voit un écrou en dedans.

S, repréfente un canon cilindrique d’ébene tres-noire , fagonné au tour 6c enrichi de quelques moulures , ayant en-

B

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li nbsp;nbsp;nbsp;NöüVêaux Microscopes.

viron vingt lignes d.e longueur: il eil: percé a jour, d'un bout a l’autre , pour laiffer paffer la lumiere , comine on Ie peutnbsp;remarquer par fon profil marqué R. II y a une vis a l’un denbsp;fes bouts qui doit entrer dans lecrou interieur du corps dunbsp;Microfcope , amp; a Tautre bout quelques moulures qui ne fervent que d’orneniens , amp; un petit enfoncement qu’on y anbsp;pratique , pour y arrêter un diaphragme marqué V , au milieu duquel on fait un trou plus ou moins grand, fuivant Ienbsp;plus OU Ie moins de lumiere qu’il faut , pour bien voir lesnbsp;objets qui font tout Ie fujet de notre attention.

Pour fe fervir de ce Microfcope, la lentille étant arrêtée oü nous avons dit qu'elle devoit fêtre , amp;c Ie porte-objet Inbsp;placé entre la piece T M amp; Ie reflbrt ¦, il n’y a qua óter Ienbsp;canon S , amp; dans Ie milieu du concave qui fe prefente ,nbsp;mettre avec Ie bout d une plume un peu de la liqueur ounbsp;font les animaux que Ton veut obferver •, puis ayant remis Ienbsp;canon, approcher ou éloigner Ie porte-objet de la lentille,nbsp;en tournant ou détournant la virole jufqu’a ce qu il foitnbsp;au foyer.

CHAPITRE III,

Dejcrij^tion d’un troijtme Microfcope d liqueurs.

Plancheff. A , Repréfente Ie Microfcope tout entier vu de cóté, B, eft Ie profil de ce Microfcope , fait par la feélionnbsp;d un plan qui divife routes fes parties en deux également ,nbsp;pour en voir les diverfes épaifièurs.

C, eft Ie deft’ein du même Microfcope vu par-devant.

a , a, a , a , reprefentent quatre defl'eins du porte-lentil-le, dans I’un defquels il eft vu de cpté j dans un autre il eft vu par-devant j amp; les deux autres en font des profils, vusnbsp;dans deux fituations differentes , 1 une verticale , I’autrenbsp;horifontale.

b, eft une platine de laiton bien dreftee des deux cotez , un peu recourbée par en bas , amp; ouverte par le haut dunnbsp;grand fron rond on s’enchaftc Ic porte-lentille , lt;|u’on y

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Premiere Partié. Chap. III. nbsp;nbsp;nbsp;15

arrête fermement par le nioycn de deux petits tenons , rivez Sc mobiles au-devant de cette platine.

On a aufll rive ou foudé au bas de cette niême platine , une vis d’acier d’environ quinze lignes de longueur , denbsp;deux lignes au moins de diametre , qui s’engage a anglesnbsp;droits dans Tépaiffeur de cette meme piece.

c, c , c, c, eft la reprefentation du profil SsC des plans les plus larges d’un rcflbrt d’acier trempé , amp; recourbé a peunbsp;prés comme font les pincettes de même matiere qui ferventnbsp;a arracher le poil, Sc duquel les branches inégales contri-buent a approcher 8c a eloigner parallelement au porte-objet f, la platine b. Ce telfort qui n’eft attaché a aucunenbsp;des pieces du Microfcope , s’y applique pourtant tres-avan-tageufement, comme on le va dire.

On tait entrer le bout recourbé de la branche la plus courte de ce relfort dans une entaille ou fente faite versnbsp;I extrémité fuperieure de la virole , oü s’engage le manchenbsp;du Microfcope. Et l’autre bout recourbé du meme reffortnbsp;entre dans deux petites coches taillées aux cótez du bas denbsp;la platine marquée b.

d , d, d , eft une feconde platine qui fait l’office d’un reffort , fenduê en fa partie fuperieure , ouverte par fon milieu d’un grand trou rond , coudée un peu au-delfous de fonnbsp;extrémité d'en-bas , oü elle eft entaillée en demy eerde ,nbsp;pour embralTer la moitié du petit canon cilindrique, étantnbsp;anêtée d’ailleurs par une vis qui fe fait voir entre les deuxnbsp;canons du profil B , de tout le Microfcope,

e , e , e , e , reprefentent une troifiéme platine , ouverte comme la précedente dans le milieu de fa plus large partie,nbsp;étant foudée par fa bafe a la virole qui re^oit le manche dunbsp;Microfcope.

On voit au bas de cette même platine e , un petit canon cilindrique Sc creux , d’environ huit a neuf lignes de longueur , Sc de deux ou trois lignes au plus de diametre ; on l’ynbsp;voit appliqué a angles droits Sc foudé : il eft de plus traverfénbsp;de bout en bout d'une vis attachée a la platine b.

Au derriere de la platine e , on y voit deux petits tenons cn forme de crochets , qui fervent a arrêter fermement le

B ij

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ï4 nbsp;nbsp;nbsp;NóuV'ê'aüX Microscopes.

gros canon au bout duquei on met les diaphragmes de diver-

ics ouvertures.

f, nbsp;nbsp;nbsp;eft Ie porte-objet de verre , plan dun coté , amp; concavenbsp;de l’autre, pour y appliquer les liqueurs Sc les autres objetsnbsp;que Ton veut obferver.

Ce porte-objet fe fourre entre les deux platines d, e, de maniere que Ie cócé plan regarde la lentille j amp;c dans cettenbsp;fituation on Ie peut mouvoir felon Ie befoin.

g, nbsp;nbsp;nbsp;g, g, eft une petite roue dentelée , fervant d’écrou anbsp;une vis attachée a la platine b, dont l’ufage , joint a celuy dunbsp;refl'ort, eft d’approcher Sr de reculer la lentille de 1’objet.

h , h , h, h , eft un gros canon d’ébene qui fert de dia-phragme , amp; qui fe monte derriere la troiftéme platine e , a peil prés comme Ie couvercle dun fucrier , fur Ie fucricrnbsp;même.

Des Defleins auffi corretSls amp; aufll élegans que Ie font ceux-cy , de routes les diverfes pieces qui compofent cenbsp;Microfcope, ne me paroilfent pas avoir befoin d une plusnbsp;ample explication , particulierement ft Ton fe reftbuvient denbsp;ce que nous avons déja dit de quelques pieces qui entrentnbsp;dans la compofttion des Microfcopes précedens , lefquellesnbsp;font femblablcs, ou ont beaucoup de rapport a celles de ce-;nbsp;luy que je viens de décrire,

CHAPITRE IV.

pofent Ie Microfcope , que je fais ordinairement d’é-

Defcri^tion ufa^e im qmtnême Microfcope ms-Jlmple. Planche 7. ABC, font les profils des crois pieces D E F, qui com-

I\\

La piece E du milieu , qu on peut nommer Ie corps du Microfcope, contient deux écrous, 1’unfuperieur, Sc l’autrenbsp;inferieur, qui fe découvrent dans fon profil B, pour receyoicnbsp;les vis des pieces D F.

C , eft Ie profil d’une autre piece percée a jour , fiir la-quelle il y ^ une vis , 6c un yerre qui pft concave d’tw feul

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Premiere Partie. Chap. IV. nbsp;nbsp;nbsp;15

eóté , dont Tufage eft de porter les objets qu’on met deflus pour y être obfervez.

A , eft le profil dune autre piece , ou Ton voitune vis qui fe monte dans I’ecrou fuperieur de la piece du milieu mar-quée B. Cette piece A peut être appellee porte-lentille jnbsp;paree qu’on y en met une entre deux diaphragmes repre-fentez en G, G j amp; on les y fixe avec une petite virole dcnbsp;laiton H, qui fait reflbrt.

Cette lentille I étant ainfi portée proche de 1'ocil , fait découvrir un champ d’autant plus grand , quelle en eftnbsp;prés. H ne faut pourtant pas que ce verre foit fi prochenbsp;de I’ccil, qu’il en puifte être terni par la tranfpiration de cecnbsp;organe.

II y a un trou au-deflus du porte-objet F, d’environ une ou deux lignes dc diametre, qui permetlepafl'age aux rayonsnbsp;de lumiere qui fervent a eclairer les objets que 1’on met furnbsp;le concave F.

Le diaphragme de laiton ou de plomb qui fe met entre la lentille amp; I’oeil , doit avoir une ouverture proportionnécnbsp;au foyer de cette lentille j amp;il faut quelle foit d’autant plusnbsp;petite que la lentille aura moins de foyer.

Je mets auffi fouvent un femblable diaphragme O, au-def-fous du concave F, amp; j’en proportionne I’ouverture aux experiences que j’en veux faire, amp;c au plus ou moins dc foyer de ce concave, amp; même a la tranfparence plus ou moinsnbsp;grande des objets placez au concave F , ou on les attachenbsp;differemment. Par exemple , fi vous y voulez mettre dunbsp;fable , de menues graines, ou quelques poudres tranfparen-tes , vous les y ferez fuffifamment tenir , en humedant denbsp;votre haleine ce porte-objet,

Les ailes de mouches ou leurs pattes , les fourmis , les poux , les puces , les mittes de froniage , les plus petitesnbsp;plumes des oifeaux , les cheveux, amp;c. s y arrêtent avec unnbsp;peu d’eau gomée, ou quelque chofe d’cquivalent , qu’on ynbsp;(Applique en petite quantite , amp;c aux endroits convenables.

On peut auffi enfermer des animaux vivans , comme des mittes avec leurs ceufs, entre le concave F un yerre plannbsp;ties deux cotez, qui foit de peu d’épaiffeur,

B ii)

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nbsp;nbsp;nbsp;N ouveaux Microscopes.

Le fang des animaux s’y met tout chaud, avec Ie plus petit bout d une plume a écrire.

Les gouttes de l’eau des huiftres a l’écaille, amp; toutes les infufions qui contiennent des animaux aflez gros pour y êtrenbsp;vüs, s’y attachent pareillement d’elles-mêmes.

Les anguilles de vinaigre fe prennent 6e s’y mettent avec un petit tuyau de verre en forme d’antonnoir , de la grandeur 6e de la figure qui eft icy reprefentée \ ce qui fe pratique tres-facilement en cette forte. J’enfonce dans le vinaigrenbsp;la partie MN de l’antonnoir, 6e après l’avoir pofée fur monnbsp;concave , j’y fais defcendrc la petite goutte de vinaigrenbsp;contenuc dans l'efpace M N , en bouchant la plus large ouverture avec le doigt, pour prefler l’air contenu depuis Lnbsp;jufqu’en M , après quoy on met ainfi ce vinaigre alfez présnbsp;de la lentille pour y voir les anguilles a loifir j puifque cettenbsp;goutte doit être alfez groffe pour n’être évaporée qu’en unenbsp;heure ou environ dans un tems temperé.

On peut, fi l’on veut, les y conferver durant fept ou buit jours en efté , 6e pendant quinze en hyver, en mettantfur lenbsp;concave ou elles font un petit verre plan des deux cótez ,nbsp;qui empcchera que ce peu de liqueur ne s’évapore entiere-ment durant tout ce tems-la , 6e donnera lieu a un fpedaclenbsp;des plus curieux , par les differentes chofes qu’on y verra ,nbsp;6e dont nous devons parler dans la fuite de eet Ouvrage.

Pour faire auffi que ce Microfcope ferve a diftinguer les petits objets qui ne font pas tranfparens, 6e a les obfervernbsp;comme on le fait avec les Microfcopes a deux ou a troisnbsp;verres \ il n’y a qu’a faire une ou deux ouvertures quarréesnbsp;a cóté de la piece E , qui fert de corps au Microfcope , 8enbsp;mettre ces objets fur le concave, ou fur un autre porte-objetnbsp;qui leur conviennent , tournant au jour l’une de ces ouvertures.

On peut tourner plufieurs pieces femblables a celle qui fe voit marquee par F , 8e garnir de dilferens petits corps choi-fis tous les portes-objets comme F qui doivent les foutenir,nbsp;6e être aifément fubftituez les uns aux autres, afin de fairenbsp;roir plus promptement a une ou a plufieurs perfonnes cenbsp;qu’on y aura appliqué.

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Premiere Partie. Chap. IV. nbsp;nbsp;nbsp;17

Cc n’eft pas une ncceflite de multiplier les portes-objets', il fuffira d’en avoir feulement deux , fifavoir un pour y fixernbsp;ie verre concave C , amp; I’autre marqué F , qui ait un petitnbsp;rebord pour mettre dedans plufieurs cartons fur lefquels onnbsp;aura arrêté divers objets , que Ton placera Fun après Fautrenbsp;fur la piece marquée F, afin de les y obferver.

Le defir que j’ay eu de fatisfaire la curiofité de plufieurs perfonnes de merite , St la necefïité ou je me fuis trouvé denbsp;tranfporrer dans des lieux éloignez quelques-unes des infu-fions, dont je parle dans la feconde Partie de ce Traité ,nbsp;pour y faire voir dans la moindre goutte de chacune les divers animaux quelle contenoit, m’ont obligé de cherchernbsp;une invention commode pour fervir a ce tranfport.

En méditant la-defl'us il fe prefenta plufieurs moyens daiTs chacun defquels je trouvois des défauts confiderables,nbsp;qui ne me permettoient de m’en fervir , que paree que denbsp;meilleurs me manquoient. Je defirois toujours d’en trouvernbsp;un, tel que le vailfeau oil feroit la liqueur fut fort petit, Stnbsp;débouché même dans le tranfport , fans pourtant que lanbsp;liqueur qu’on y auroic mife en put fortir d’elle-meme , ennbsp;quelque fituation qu’il fe trouvat j que ce vaiffeau fut facilenbsp;a préparer, St enfin fi commode qu’avec peu* d’adreflfe onnbsp;put facilement garnir de liqueurs les portes-objets des Mi-crofeopes dont je me fers.

Toutes les conditions de ce Probleme me parurent d’a-bord tres-difficiles a remplir j St je puis afliirer qu’il n y eut que la nécefiité ou j’étois d’en venir a bout qui fut capablenbsp;de mobliger a pourfuivre mes reeherches, Et enfin je m’a-vifay d une machine la plus fimple St la plus aifée de toutesnbsp;celles qu on pourroit fabriquer pour Fufage auquel on lanbsp;deftine.

^ Qj eft le profil d’une petite phiole de verre along col, faite par un Ernailleur : elle a environ trois pouces de longueur , St la boule fix lignes ou environ de diametre : Fou-verture de Fextrémité P eft d’une bonne demie ligne , Stnbsp;cela fuffit pour empeeher la liqueur den fortir d’elie-même.

Maintcnant pour faire entrer la liqueur dans une de ces

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i8 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

petites machines , qu’on peut regarder comme une efpecc particuliere de Thermométre j il taut fourrer en dedans unnbsp;til de laiton R S, plus menu que fon ouverture , après l’avoirnbsp;moüillé dans toute fa longueur , en forte qu’y étant enfon-cé, fon extrémité d’en-haut furpaife de deux lignes l’ouver-ture qui eft en P , afin qu’ayant plongé Ie menu bout dunbsp;petit antonnoir dans la liqueur dont on veut garnir Ie Thermométre , on porte enfuite fur rextrémité R du fil cenbsp;menie bout N par oü la liqueur s’eft infinuée a la hauteurnbsp;M N , de deux ou trois lignes , de nianiere que ce fil denbsp;laiton y entre ; puis prefl'ant du doigc 1’ouverture fuperieurenbsp;de l’antonnoir , 1’on tera defcendre la liqueur dans Ie Thermométre P Q.j ce qui fe réïtérera autant de fois qu’on Ienbsp;jugera a propos: amp; ce Thermométre ainfi préparé fe pourranbsp;tranfporter par tout.

Lorfque 1’on voudra garnir d’une goutce Ie concave ou porte-objet du Microfcope , il n’y aura qua pofer Ie bout Pnbsp;du Thermométre dans ce concave , amp; envelopper fa boulenbsp;avec les doigts, afin qu’en échaulïant amp; rarefiant quelquenbsp;peu l’air qu’elle contient, il en puiffe faire fortir un peu denbsp;liqueur. Et il faut remarquer que quand on aura mis dunbsp;vinaigre , par exemple dans 1’un de ces Thermométres , ilnbsp;n’y mudra pas mettre d’autre liqueur, paree que la feulenbsp;vapeur du vinaigre feroit mourir fubitement les petits infec-tes de cette liqueur.

Enfin fi l’on veut que ces petits Thermométres fervent plufieurs fois , il faudra en faire fortir la liqueur qui y feranbsp;reftée après s’en être fervi durant quelque tems; paree quenbsp;venant a s’épaiflir par l’évaporation , ce qui reftera ne man-¦queroit pas de faire une cralfe affez épaifle pour rendrenbsp;eeite petite machine incapable de fervir une autre fois.

CHAP.

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19

Première Partïe. CHap. V.

CHAPITRE V.

ConJhritSiion d’un dnquiéme Microfcope d liqueurs , par Ie moyen duquel on pourra employer des lenülles jouwees, O*nbsp;de celles qui ne Ie font point , depuü les plus petits foyersnbsp;jufquaux plus grands.

CE Microfcope , qui fe voit reprefenté tout entler en A, pigngjic*.

y eft vü a peu prés de la grandeur que nous l’avons conftruit j il eft a la verité un peu plus compofé que Ie pré-*nbsp;cedent j mais il a en récompenfe de plus grands ufages ,nbsp;comine il fera facile de Ie comprendre par l’explication quenbsp;nous en allons donner.

La premiere piece de eet inftrunient contient deux vis; dont les pas font égaux : elles font faites fur des cilindres denbsp;differens diametres , comme on Ie peut yoir dans Ie profilnbsp;marqué I.

Cette piece, qui eft creufée interieurement dans toute fa hauteur , a deux diaphragmes , l’un en B amp; l’autre en C,nbsp;afin de ne laifl'er palier que les rayons de lumiere qui la tra-verferont diredement par Ie milieu de C en B.

La feconde piece marquee i eft cilindrique amp;: creufe dans toute fa hanteur , qvii n’eft pas confiderable j puifque treisnbsp;lignes au plus fuffilent pour y faire un écrou dun pas de visnbsp;femblable amp; égal a celuy de la plus petite vis de la premierenbsp;piece fur laquelle eet écrou doit être monté.

E, reprefente Ie profil d’un verre concave d’un cóté , amp; plat d un autre ; fi mince a 1’endroit creufé , qu’il n’y ait pasnbsp;plus d’épaifleur de verre , que la lentille la plus convexenbsp;dont on fe fervira aura de foyer.

On attache ce verre concave j ou une feüille de talc bien tranfparente, avec un peu d’eau gomée, en forte que Ie cóténbsp;plat du verre concave foit exterieur j ainfi qu on Ia reprefenté en E ; il eft a propos d avoir au moins deux pieces fcm-blables amp; égales a cette fcconde , Tune qui porte un mor-

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To- nbsp;nbsp;nbsp;N ouVEAux Microscopes,

ceau de talc , amp;c l’autre un verre plan concave , pour fervic

a diverfes experiences.

5, eft une autre piece cilindrique creufe , amp; aflcz haute pour faire qu étant montée a vis , au moyen d’un écrounbsp;qu’on y aura formé , fa bafe L L puifte defcendre jufqu’aunbsp;dernier pas qui eft fous m m, diametre de la plus grofle visnbsp;faite fur la premfere piece , aprés avoir monté la fecondenbsp;fur la plus petite vis qui eft au haut de cette premiere piece i de forte qu elle fert comme de furtout aux pieces pré-cedentcs i. amp; z.

On pratique au haut de cette piece un rebord tres-mince

fort ouvertdans fon milieu, comme on peut voir en G Gj afin que ce peu d’epaifteur n’empêche pas d’approcher afleznbsp;la lentille des objets que Ton voudra obfcrver.

La quatrieme piece eft un porte-lentille qui a peu d’é-paifleur j il eft percé d’un trou rond d’une grandeur convc-nable a la lentille, amp; aux pieces qui luy fervent de monture.

Qjiand les lentilles font d’un long foyer, par exemple de deux a trois lignes, on les y monte a peu prés comme nousnbsp;I’avons dit dans 1’explication du Microfcope precedent ¦, SCnbsp;lorfqu’elles font d’un tres - court foyer , il les faut arrêternbsp;entre deux petites platines de laiton gratté tres-mince , ounbsp;entre deux platines de plomb qui foient de peu d’epaifteur ,nbsp;amp; qui fe colent Tune contre I’autre vers les bords en dedansnbsp;avec un peu d’eau gomée , ou plutot avec de la cole dontnbsp;les Menuifiers fe iervent.

Cette monture fe doit enchafter dans mie petite piece d’ébene tournée proprement, qui foit d’un diametre un peunbsp;plus grand que celuy de la troifiéme piece , ainfi qu’on lanbsp;voit reprefentée en la quatrieme Figure , ou r, i raarqueiitnbsp;les extremitez de tout le diametre de cette piece qu’on applique a I’oeil, 6c dont le milieu H eft I’endroit ou la lentillenbsp;eft placee.

Tout cela fuppofe , nous paflerons a I’explication des ufages de ce Microfcope. Si Ton veut premierement examiner les anguilles du vinaigre , il faudra prendre tres-peunbsp;de cette liqueur avec la petite machine de verre faite ennbsp;forme d’antonnoir, dont on a déja parié, Sgt;C faire defcendre

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2,1

Premiere Partie. Chap, V. cette goutte dans la concavité du porte-objct de verre atnbsp;taché a la piece %, puis monter cette piece fur la plus petitenbsp;vis de la premiere j enfuite on mettra le furtout par-del us,nbsp;amp;; au haut de celle-cy le porte-lentille marqué 4 ,nbsp;promenera fur G G , avec les deux premiers doigts d unenbsp;main, tenant en merne terns avec les deux doigts de 1 autrenbsp;l’extrémité D D de la premiere piece , quon tournera d unnbsp;cóté ou d’un autre, alin de mettre les objets qui auronc etenbsp;pofez dans le concave , au point de diftinftiqn ou ils doiventnbsp;être arrêtez poury être apper^us comme il faut j a 1 occalionnbsp;dequoy il eft necelfaire d’avertir, qu on ne voit bien exac-tement ces animaux , que lorfque toute la goutte dp vinai-gre eft prefque eritierement évaporée , particulierement 1nbsp;Ton fe fert d’une lentille d’un tres-court foyer , a came enbsp;Textrême vicefte avec laquelle ils y nagent au commencement que la liqueur eft trop ftuide.

En fecond lieu , li 1’on veut examiner les animaux des autres liqueurs , il vaut mieux fubftituer au verre concave lanbsp;piece ou eft la feiiille de talc , a caufe de la difficulte qu il ynbsp;a a creufer le verre comme il le doit être , pour bien tairenbsp;ces fortes d’obfervations avec les plus pctites lentilles. ^nbsp;D'ailleurs , comme il faut moins de liqueurs pour decou-vrir ces derniers animaux , que pour les premiers, 1 evaporation s’en fcra plutot, amp; 1’on ne tardera pas a appercevoirnbsp;ce qu’il y a de plus conliderable dans cette petite portionnbsp;de liqueur appliquée fur ce talc.

Ce Microicope a cet avantage par - delfus les autres , qu’on peut en un inftant eomioitre exadement tous lesnbsp;foyers de dilFerentes lentilles qu’on y applique lune apresnbsp;I’autre j 6c quoy qu’on ne I’ait imagine que pour les obfer-vations des liqueurs , il peut aufti fervir a examiner tous lesnbsp;pctits corps tranfparens j 6e paree qu on peut mouvoirnbsp;ment la lentille pendant i’obfervatian , on a le plaifir denbsp;fuivre un animal dans fon allure , durant tout le temps qu iinbsp;parcourt rétenduè de la goutte de liqueur qu’on a niife furnbsp;le porte-objet du Microfeope.

Si Ton veut fe fervir de ce Microfeope pour examiner les tbeveux 5 les ailes de mouches , les grains de fable , les

C ij

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It nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Milt;;r.os COE es.

mittes, amp;c. il faudra faire plufieurs pieces femblabics a la deuxiéme , garnie chacime d une petite feiiille de talc bieunbsp;tranfparente qui tienne en E, amp; attacker aulTi de mêmenbsp;ce qu’on veut voir, y employant les lentilles qui convicn-?,nbsp;iient le mieux a chacun des objets qu’on y aura attachez.

L’on f^aura au refte qu’il y a des objets qu’il faut exami^ ner a la lumiere d’une chandelle , plutbt qua celle du journbsp;pour les bien appercevoir.

Qiie la feconde piece de ce Microfcope doit avoir une ouverture allbz fpacieufe pour pouvoir faciiement otcr la fa-leté que laifTent les liqueurs qu’on y avoir mifes en expe-^nbsp;rience , tant fur le verre que fur le talc, ce qui s’cxecute ennbsp;naouillant d’un peu de falive un petit linge dont on couvrenbsp;le doigt pour detremper amp;c elTuyer ces endroits , qui doi-vent être tres-nets avant que d’y remettre de nouvellenbsp;liqueur.

Et qu’enfin la plöpart des pieces de ce Microfcope pcu-vent ctre conftruites d’argent ou de laiton, d’ébene, amp;c.

Pour pen que 1’on falTe de réflexion fur tout ce que nous avons dit de la conftru£tion amp;c des nfages des Microfcopes,nbsp;1 on jugera de la neceflite qu’il y a d’en avoir de plus d une

forte, fi Ton delire de fatisfaire pleinement fa curiofité la-delTus,

C H A P I T R E VI,

pejcription d un jixUmt Microfcope a liqueurs, di une conf) truUion fort Jtnguliere , pour mettre en ufagenbsp;les lentilles d: un tres'-petit foyergt;

E deffein A P O, reprefente ce Microfcope tout en« tier.

B , eft une petite platine d’argent ou de laiton de peq d’épaifleur , au milieu de laquelle eft un trou rond d’environnbsp;riancJjej. quatre lignes de dianietre.

On yoit au haut de cette platine une petitie entaille d’un§,

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Premiere Partie. Chap. VI. nbsp;nbsp;nbsp;ij

ligne en quarré , pour loger un tenon dont on va parler. Au iniiieu du has dc cette platine on y voit -une referve longuenbsp;d’environ une ligne ou deux, amp; d’un peu nioins de hauteur,nbsp;pour fervir en partie a fixer cette platine fur celle dont jenbsp;yais parler.

C j D, font deux diaphragmes de plomb.

E, eft une feconde platine un peu plus grande que la pré-cedente , amp; de même matiere, au milieu de laquelle on a fait une ouverture ronde égale a celle qui a été faite au milieu de la premiere j amp; au-dela de fa circonference on y anbsp;pratiqué un petit rebord creufe dans répaiffeur de cette platine E , pour y pofer les diaphragmes C, D, comme onnbsp;pofe un tableau dans fa bordure.

On voit au fommet de cette même platine , amp; immedia-tement fous la lettre E, un petit tenon qu’on peut haufler amp; baiffer, ou le tourner, fi on le fait autrement, pour fervirnbsp;a arrêter le haut de la premiere platine B.

II y a encore au bas de la platine E un petit trou quarré plus long que large , ou 1’on fait entrer la petite piece re-courbée qui a été refervée a fextrémité inferieure de lanbsp;premiere platine B ; ainfi on arrête fermement les deux diaphragmes C , D , la lentille du Microfcope que l’on placenbsp;adroitement entre ces deux platines.

Cette feconde platine E , dont on voit lepaiftcur dans fon profil au-deftbus de G, eft foudée a angles droits furnbsp;l’extrémité d’un petit canon F, qui doit coulcr librementnbsp;avec juftefle dans un autre canon plus court marqué P.

Le canonF eft ouveri; par-deftbus dans route fa longueur, afin que la vis attachée a la roue H puifte appuyer fiir lanbsp;fourchette I, qui fait reflbrt, Sc tourner en avan^ant amp;: ennbsp;reculant, pendant que Ton approche de I’oeil, ou qu’on ennbsp;cloigne la lentille du Microfcope.

H , eft une roue au centre de laquelle on a rivé une vis d’environ un pouce de longueur , qui fert a faire mouvoir lanbsp;platine E , que I’on peut nommer porte-lentille.

1,1, eft une piece de laiton ou d’argent, vüë de front a droit , afin que Ton en puifte découvrir la largeur gt; amp; denbsp;t-bté a gauche, pour en faire voir 1’épaifteur,

C iij

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Nouveaux Microscopes.

Cette piece eft courbée en équerres , amp; au-deffus de fa courburc on a fait un écrou dans un trou rond, dont on anbsp;retrancbé la pattie fuperieure , pour former du refte unenbsp;efpece de fourchette qui fe voit a fendroit marqué I, donenbsp;on va parler.

Cette petite fourchette s’introduit par-deflbus la vis R , qui en eft pouflee de bas en haut , a caufc du point d’appuynbsp;quelle a fur Ie haut de la virole du manche O j ainli cettenbsp;fourchette fait foftice d un reftbrt attaché par fon extrémiténbsp;d’en-bas, au moyen d une petite vis qui entre dans la virolenbsp;de cc manche , a l’éndroit marqué N.

Le deflein L , qui eft a gauche , eft la reprefentation d’un porte-objetvü par derriere amp;c celuy qui eft du ebté droit lenbsp;reprefente vü par devant.

On voit bien par ces deux figures que le verre concave OU Ton met la liqueur que l’on veut obferver , entre a cou-lifte dans une piece de laiton ou d’argent de peu d’épaifteur,nbsp;dont la conftruótion en découvre afl'ez la méchanique , pournbsp;qu’on puifl'e fe paffer d’une explication plus étenduë que cenbsp;que j’en viens de dire, pour en donner rintelligence.

Ce porte-objet fe place au-devant d’une troifiéme petite platinc , au milieu de laquelle ( comme au milieu des préce-dentes) 11 y a un trou rond.

Cette petite platine eft foudée fur Fextrémité exterieure du gros canon qui fe voit immediatement au-deffous de lanbsp;iettre A, par le moyen d’une ouverture qu on a faite a cettenbsp;platine, amp; de deux efpeces d’oreilles qui font reftbrt, comme on le peut facilement juger , en jettant pour un momentnbsp;les yeux fiir les endroits marquez Q^, Q^, dans le deffein quinbsp;reprefente le porte-objet L.

On voit en Mun diaphragme faconné au tour, qui fe met au bout exterieur du gros canon A de ce Microfcope. 11 eftnbsp;bon d’en avoir de plufieurs ouvertures , paree qu une feulcnbsp;ne fuftit pas toujours pour qu’on puiffe bien diftinguer lesnbsp;animaux de diverfes grolfcurs amp; de diverfes tranfparcnces.

O , eft la reprefentation du manche qui fert a tenir le Microfcope d’une main, pendant que l’on obferve les liqueurs qui fe mettent l une aprés 1’autre fur le porte-objet ou con-

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Premiere Parti e. Chap..VIT. nbsp;nbsp;nbsp;2-5

cave de verre reprefcnté en L, qui s’approche de loeil, ou qui s’en eloigne en tournant d’un core ou d’un autre, avecnbsp;Ic fecond doigt de la mcme main qui tient le manche dunbsp;Microfcope , la petite roue marquée H.

Enfin il n’eft pas difficile de comprendre, que ce Microf-cope a encore Tavantage de faire partir le porte-lentille dés le moment que Ton commence a tourner cette roue H , anbsp;caufe que le levier I, pouffant continuellement la vis R denbsp;has en haut, elle I’empeche d’avoir d’autre jeu que celuynbsp;dont elle a befoin pour faire le bon effct que les habiles gensnbsp;dellrent icy.

CHAPITRE VII.

Vefcription amp; uftge d’un nouveau Microfcope d tiges, tres-commode pour ohferver toutes fortes de petit s oh jets 3 fit de jour ou de nuit 3 d la lumiere d'une chandeUe. *

CEtte petite machine eft faite de trois ou quatre gros Planchei».

fils de laiton ou d’argent tirez a la filicre , ayant cha-cun environ trois pouces amp; demi de longueur, un peu plus d’une ligne de diametre j de deux doubles équerres •,nbsp;de deux petits refforts •, de plufieurs lentilles de differcnsnbsp;foyers, amp; de quelques autrcs pieces dont je vais parler.

On voit ce Microfcope placé debout fur un petit pied au milieu de cette planche , environné des pieces qui doi-vent ralfortir.

La premiere tige E, E , eft refenduë pour former unc pincette , fi commode que chacun s’en peut fervir j car ennbsp;preflant les deux petits boutons qui font rivez aux branchesnbsp;de la petite pincette , elle s’ouvre facilement , amp; lorfquenbsp;foil ceffe de les prefler, elle fe ferme d’elle-même.

La feconde tige B G eft recourbée en équerre , afin quelle puilfe porter d’une fa^on convenable les pieces quenbsp;nous avons nommées portes - lentilles, les approcher ounbsp;éioignet des objets que I’on veut obferyer.

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nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

La troifiéme tige H H porte une pointe d’éguille a Tune de fes extrémitez , pour fervir aux divers ufages dont je par-leray ci-aprés.

Chacune des doubles équerres, que Ton voit en D C D , eft percée en trois endroits 3 f^avoir, dun crou bien rond anbsp;chacune de fes extrémitez , amp; d’un autre trou auffi tres-rondnbsp;dans Ie milieu.

Ces équerres font adoffées Tune fur Tautre , amp;: attachées enferable par Ie moyen d’un clou rond , li bien rivé par fesnbsp;extrémitez , qu’on les puill'ent tourner autour de ce mêmenbsp;clou , comme on tourne les deux jambes d’un compas autournbsp;de celuy qui les lie enfemble.

Les deux pctits reflbrts courbez en fa^on d’un are , font deux pieces minces de laiton ou d’argent battuës a froid, denbsp;la longueur de l’efpace interieur compris entre chaque double équerre.

Ces reflbrts ainfi courbez doivent être un peu creufez en rond 8c en long fur leurs extrémitez pour recevoir une par-tie d^s tiges, les engager en quelque fa^on, 8c les empêchernbsp;de couler trop librement dans les yeux des équerres.

Enfin l’on pafïe deux tiges , par les yeux de chacune de ces équerres, après avoir placé entr’eux les relTorts qui doivent pouflêr ces tiges, 8c compofer ainfi ce qu’on peut ap-peller Ie corps du Microlcope.

II faut maintenant parler des autres pieces qui entrent dans la compofition de cette petite machine 3 pour eet ef-fet, nous dirons premierement que la lentille effe uii petitnbsp;morceau de glace bien choifie , taillée de fa^on qu’elle de-vienne tranchante par fes bords, afin que l’axe commun anbsp;fes deux convexitez foit perpendiculaire aux furfaces con-vexes de cette lentille.

Le porte-lentille efl: une piece d’ébene , au milieu de la-quelle on a pratique un trou rond, que je nomme l’orbite de la lentille , paree qu’il la revolt 6c qu’il fert a fenchailer 3nbsp;de même que la partie de notre crane, nominee de ce nomnbsp;fert a enchaffer l’ceil qui contient le criftalin, figuré de mê-me que la lentille dont nous parlons, 8c qui a de femblables:nbsp;proprietez.

Lc

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Premiere Parti e. Chap. VII. 2.7

Pe petit trou qui eft au milieu d’un diaphragme de plomb, oil d’une autre maticre convenable , qui fe place fur la len-tille j doiit la petite ouverture doit être tournee du cotenbsp;de Toeil, reprefente la prunelle , paree qu’elle en tait icynbsp;I’office.

Le trou qui eft fait dans répailTeur du bord du porte-lentille , fert a mettre le bout G recourbé de la tige B G.

Le porte-objet limple , reprefente en I, eftune piece d’e-bene noire d’un cóté , amp; blanche de I’autre, a peu prés fcni-blable a une dame a j oiler, ay ant autour de fa circonference * une petite elevation en forme de parapet, pour empêchernbsp;que le fable, ou quelque petite graine qu’on y aura mife, nenbsp;tombe de deftiis.

Cette efpece de dame eft percee dans le milieu de fon épaifleur ^ amp; le trou rond qu’on y a fait eft rempli d une petite cheville de liege , pour y eufoncer la pointe d’unenbsp;grolfe aiguille que Ton voit reprefentee au bout de la tigenbsp;H H.

Le porte-objet MNO, qui doit fervir a I’examen des animaux qui fe trouvent dans les liqueurs , eft un petitnbsp;tuyau cilindrique d’un pouce ou environ de longueur ,nbsp;de huit a neuf lignes de diametre , garni comme on le vanbsp;dire.

L’une des extrémitez de ce tuyau , amp; la plus éloignée dc 1 ocil, eft bouchée d une piece de bois dur , au milieu de la-quelle on a fait un petit trou rond d’environ une ligne denbsp;diametre, pour fervir de diaphragme.

On ferme auffi I’ouverture M, de ce même tuyau cilindrique , dAine feconde piece de bois tournee , amp;c tellement conftruite , que I on puilfe enchalfer dans fon milieu un petitnbsp;verre concave d’un feul cóté feulement, dans le milieu du-quel on met les liqueurs que Ton veut obferver.

II y a un petit trou fait au-dellus dc la fuperficie cilindrique de ce tuyau, tellement accommodé a la groftcur de la pointe d’aiguille qui eft enchafle en H , qu’il puifte être ar-rêté fermement fur cette pointe , afin de fervir aux diversnbsp;ufages pour lefquels on deftine ccs pieces.

La Figure P reprefente un diaphragme qui doit être placé

D

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2,8 nbsp;nbsp;nbsp;Nouvea ux Microscopes.

for Ics Icntilles d un long foyer , qui s'cachalTent dans dcs portes-lentilles fcmblables a celuy qui eft marqué par F j 6^nbsp;on I’y fixe au moyen dune petite viroie a reflbrt, marquécnbsp;par la lettre

Le deffein reprefenté en R eft un petit carton a jour , dans l épaifleur duquel on a placé I’aile d une mouche, pournbsp;faire coniprendre comment on peut arrêter certains objets ,nbsp;afin qu on les puifle facilement obferver étant placez dans lanbsp;pincette.

S, eft un petit tuyau de verre fait en forme d’antonnoir, pour fervir comme on I’a déja dit.

Et T , eft une petite bouteille a long col, de I’ufage d^ iaquelle on a aufli parlé.

T)amp;s ufi^es de ce Microfiope.

CE Microfeope , quoyque tres-fimple, ne laifte pas d’ar voir beaucoup d’ufages. II peut fervir a obferver desnbsp;animaux tres -petits , qui marchent ou qui rampent fur lanbsp;terre j amp; ineme ceux qui volent dans Fair , ou enfin qui na-gent dans des liqueurs préparées , 6c dans celles qui n’ontnbsp;aucune préparation, II fert aufli pour obferver de tres-petitjnbsp;corps, dans lefquels on nc remarque aucun mouvement apgt;tnbsp;parent, quoyque toutes leurs parties foient dans une agitation continuelle.

Si Ton bat le fofil fur une feiiille de papier blanc, amp; qu’on ramaflTe une parne de ce qui fera tombé avec une lame dcnbsp;eouteau aimantée , cn obfervant ces petites particules mifesnbsp;for un porte-objet blanc , on aura le plaifir d’y voir de pC”nbsp;tites boules d’acicr tout pur , pendant que Ton en découvriranbsp;qui font moicié acier amp; moitié verre j 6^: enfin d’autres quinbsp;feront de verre toutes pures. Et fi Ion fe donne la peinenbsp;d’examiner le papier, les endroits ou font tombées les bou-^nbsp;les paroitront noirs brulez. Je ne m’arretc pas icy a ren-^nbsp;dre raifon de ces effets , paree qu’il eft facile de les ex-pliquer,

L’aile d’une mouche ordinaire nous manifefte des chofes digne d’admiration. Si on 1 obferve exaétement , on vcrtJi

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Premiere Partie. Chap. VIl.

que fes bords font garnis de deux fortes de poils roides Sc aigus, artiftement rangez, Sc efpacez également. Qia’elle anbsp;dcs veilles Sc des arteres, Sc par confequent qu il s'y fait uncnbsp;circulation de la liqueur qui Ics remplit. Que le tiitu fin Scnbsp;délié de la membrane qui fe trouve entre ces veines Sc cesnbsp;arteres, eft parfemé d’un grand nombre d’autres poils plusnbsp;petits que ceux qui environnent Taile de la mouche •, amp;: qu ilsnbsp;font plantez obliquenient dans I’etenduede cecte membranenbsp;d’une maniere tres-fingulierc.

La moindre petite plume d’un oifeau , comnie par exem-pie celle d’un ferin de Canarie , étant obfervée avec ce Mi-crofeope monté d’une lentille d’environ deux lignes de foyer, nous fait voir que fa compofition eft telle , que chaque petitnbsp;brin de fa barbe eft une plume route entiere, qui a fon tuyaunbsp;Sc fes brins femblables a ceux de la grofle plume j SC ainfi dcnbsp;fuite.

Le tiftii d’un morceau de toile, celuy des rubans de diver-fes couleurs, Sc des taffetas changeans , étant bien obfervez, il nous fera comprendre en un moment ce qui feroit devenunbsp;peut-etre le fujet d’une meditation de plufieurs années, ftnbsp;nous n’euflions employez que nos feuls yeux , pour regardernbsp;routes ces chofes.

Pour obferver le poux SC la puce tout vivans , durant plu-^ fieurs jours de fuite , il les faut pincer par la croupe avec lanbsp;pincette a boutons ¦, par ce moyen on aura le plaiftr d obferver toutes les parties exterieures du corps de chacun de cesnbsp;animaux domeftiques, que Ton voit quelquefois inquieteznbsp;par d’autres animaux qui parcourent leurs corps , Sc qu’onnbsp;peut nomnier le poux du poux, Sc la puce de la puce j tantnbsp;par le rapport de groffeur des uns a celle des autres , que parnbsp;la figure des petits , Sc celle des gros.

Les mittes de fromage Sc leurs ceufs, les poux des ferins de Canarie , les mittes des poires amp; celles des pommes unnbsp;peu vieilles, s’attachent fur un porte-objet noir avec un pennbsp;d’eau gomée, ou avec la pointe d’une aiguille moüillee denbsp;. cette mcme eau, afin de les y voir tout vivans durant pin-lienrs jours de fuite.

Les mouches un peu grolTes , Sc plufieurs autres animaux,

D i)

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30 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

s’cmpalent au moyen de la pointe d’aiguille qui eft au bout de Tune des tiges de ce Microfcope j amp;c par ce moyen Tonnbsp;pourra tres-facilement en examiner routes lés parties exte-rieures, amp; découvrir par-la Terreur des Anciens, amp;: de quel-ques Philofophes modernes, qui fe perftiadent que les mou-clies ne fe tiennent fufpenduës contre les corps fur lefquelsnbsp;ellcs marchent, qua caufe qu’il fort continuellement de leursnbsp;patres une efpece d’humeur gluante qui les y attache.

Pour obfervcr les anguftles du vinaigre , il faut fe fervir du petit antonnoir marqué S , afin d’en prendre un peu pour Icnbsp;porter dans Ie concave de verre qui eft au bout du canon ci-iindrique , qui fe monte fur la tige qui porte une pointe ,nbsp;pour y être obfervé.

Et a Tégard des autres liqueurs , on les placera Tune après Tautre dans ce concave de verre , en prenant la précautionnbsp;de Ie rendre net a chaque experience que Ton voudra faire.

CHAPITRE VUL

Defcriftion amp; ufage des Mkrofcopes d Canon de uem s que

quelques perfonnes nomment Tomheaux: nbsp;nbsp;nbsp;d’autres,

Cimeüere de divers animaux.

PJatich* 11

CEs Microfcopes , qui font au nombre de trois, amp; qui ne difterent entr’eux que dans la fa^on de les monter,nbsp;font tres-commodcs amp; tres-utils pour obferver une partie denbsp;ce qui fe pafte tant dans les animaux vivans, que dans ceuxnbsp;qui font morts, depuis la grolTeur 4’une puce jufqu’a cellenbsp;dun haneton.

Le plus fimple eft compofé de fix pieces, f^avoir d’un pied pu bafe , d’un canon de verre , d’un couronnement, de lanbsp;piece de Toeil ou porte-lentille, d’une lentille de verre, d’u-ne vis ou d’une petite virole pour arrêter cette lentille,

figme I.

A B C D E, eft le deftein de ce Microfcope entier,

A , eft Tendroit ou s’applique Tceil, pour yoir les pbjcts que Ton a mis dans ee P4ictolqopelt;.

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Premiere Partie. Cfiap. VIII. 51

B B , reprefente la piece de 1 ceil, ou le porte - lentille qui fe monte a vis dans le couronnement C C , au moyen dunnbsp;écrou qu’on y a fait pour la recevoir.

D , ell la reprefentation du canon de verre qui eft colle ou enchMe par fes extrémitez dans la partie fuperieure de lanbsp;bafe E E de ce Microfcope, amp;: dans I’inferieure du couronnement CC.

G , eft la lentille d’un foyer convenable a la hauteur du Figure canon D ; elle s’enchall'e dans une cavité pratiquee dans lanbsp;piece de 1’ccil B , ou on I’y arrête le plus fermement qu ilnbsp;eft poftible par le moyen d’une virole H , au défaut de la-quelle on peut employer une vis , qui fera même plus corn-mode a monter amp; démonter la lentille , lorfqu il fera necef-;nbsp;faire de la nettoyer.

F , eft le plan de la piece ABB, vüë par-deffus.

EtG , reprefente la lentille.

Defiription du fecond Aiicrojeope a Canon.

CE fecond Microfcope , qui eft monte d’une manierc pianchext.

tres-limple , eft compofe de fept pieces , f9avoir d’une Figure t. bafe , d’un canon de verre , d’un couronnement, de la piece de 1 ceil, d’une lentille , d’une virole, Sc d’une boete quinbsp;luy fert de pied.

A B C D E , eft le deffein du Microfcope tout entier , en-vironné des pieces qui le compofent.

EE, eft la bafe de ce Microfcope , ornee au milieu dc quelques moulures, au-defliis amp; au-deflbus defquelles on anbsp;reprefente deux vis pour y monter l’étuy F , qui fe voit anbsp;gauche du Microfcope , amp; dont F qui eft a fa droite en eft lenbsp;profil,, pour en faire voir le dedans.

E), reprefente le canon de verre, enchalfé Sc collé par fes extrémitez dans les cavitez pratiquées au-deftus de la bafcnbsp;EE , Sc au-deftbus du couronnement C C ; 6c au haut de cenbsp;couronnement on y a fait un écrou pour recevoir la piece denbsp;imil marquée B B , qui porte ia lentille,

f B B, eft ie plan fuperieur de la piece de Tccil vué par-

P H

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Nouveaux Microscopes. defliis, dont le milieu H eft: occupé par la lentille , que Tonnbsp;voit feule du cote droit j amp;: G eft la virole qui arrête cettcnbsp;lentille j paree qu’elle eft propre a faire relTort.

La piece F , qui eft a gauche du Microfeope , eft fa boete , qui luy fert aufli de bafe, pour le tenir plus facilement.

Le defl'ein aufli marqué F , qui fe voit du cote droit du Microfeope , eft: le profil de cette mcme boete, pour en fairenbsp;voir le dedans amp; fon épaill'eur.

Le troifiéme Microfeope a canon eft conftruit comme Ic fecond, a la referve feulement qu’il paffe une bafe viffee aunbsp;travers de la piece E E , dans laquelle on a fait un écrou •, amp;nbsp;e’eft fur le delfus de cette piece viffee que fe pofent les ob-jets pour y être examinez , en hauffant ou en baiffant la visnbsp;qui les foutient.

CHAPITRE IX.

Des ufages qtte L on pent tirer des Microjeopes dont je n/ien§

de purler.

A Prés avoir expliqué les diverfes manieres de monteir les Microfeopes a canon de verre, il faut dire quelqucnbsp;chofe des principaux ufages que Fon en peut tirer j amp; quoy-que ces Microfeopes ne puiflent point fervir a voir les ani-maux des liqueurs , on ne les doit pas negliger pour cela.'nbsp;Ce que je vais dire de leurs proprietez, fervira a perfuadernbsp;de la neceffité qu il y a de s’en fervir.

Pour obferver les petites graines des plantes, amp; pour en découvrir facilement routes les beautez , il les faut répan-dre chacune a part fur des petits portes-objets blancs 8£nbsp;noirs, ou vous aurez mis un peu d’eau gomee pour les y attacker proprement ¦, afin de mettre après cela ces portes-objets Fun après Fautre fur le fond du troifiéme Microfeope ; car il eft tres-commode pour faire Fexamen de ces graines , amp; d’autres petits corps femblables en grofleur que Fonnbsp;veut conferver long-terns.

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Premiere Partie. Chap. IX.

Les poux des ferins dc Caiiarie, ceux des pouies, les niiL-tcs de tromagc Sc Iciirs amfs, les pedts infettes vivans , qui iont a pen prés de cette grolTeur , peuvent fervir a formernbsp;des groupes dans des Tableaux couverts de ces petits ani-maux vivans j fur chacun defquels on pourra appercevoir desnbsp;chofes furprenantes, tant dans la grolTeuc apparente , dansnbsp;les couleurs , figures amp; mouvemens des parties de ces pe*nbsp;tites creatures , que dans Tinégalité de la durée de leur vie.

On méprife ordinairement ces infeétes , Sc d’autres petits animaux, que les hommes difent devoir leur naillance a uncnbsp;matiere corrompue j mais il eft facile de montrer que ce mépris eft injufte , Sc qu’il n’eft fondé que fur 1'ignorance de lanbsp;chofe qu’on méprife , Sc fur le préjugé , qui fait que Ton s i-magine voir les corps tels qu'ils font en eux-memes. II n y anbsp;rien de méprifable dans la nature , Sc tous les ouvrages dcnbsp;Dieu font dignes qu’on les refpede Sc qu’on les admire quot;,nbsp;principalement fi I’on prend garde a la limplieité des voyesnbsp;par lefquelles Dieu les a fairs Sc les conferve. Les plus petitsnbsp;moueherons font aufli parfaits que les animaux les plus enor-mes : les proportions de leurs membres font aufli juftes quenbsp;celles des autres Sc il femble menie que Dieu ait voulu leurnbsp;donner plus d’ornemens qu’il n’en a donné aux plus gros ,nbsp;afin de récompenfer par-la la petitelfe de leur corps,

Ils ont des couronnes , des aigrettes , Sc d’autres ajuftc-mens fur leurs têtes qui effacent tout ce que le luxe des femmes peut inventer : Sc I on peut dire que tous ceux qui ne fc font encore fervis que de leurs yeux, n’ont jamais rien vü dcnbsp;fi beau, de fi jufte , ni même de fi magnifique dans les Palais des plus grands Princes, que ee qu’on voit avec le Mi-crofcope fur la tete Sc fur le corps d’une fimple mouche.

II eft vray que ces chofes font tres-petites , mais elles en, font plus furprenantes, puifqu’il fe trouve tant de beauteznbsp;ramaflees dans un fi petit fujot j Sc quoyqu’elles foient com-,nbsp;munes , elles n’en font pas moins eftimables.

Si l’on enferme dans ee Microfeope a canon de certainc» chenilles , Sc qu’on les y examine durant quelque tems Sc ènbsp;diverfes reprifes, on les apper^oit routes velues, Sc couver-m de longs poils briilans, de couleurs variées difperféef

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34 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

avec tant d’art, que ce qui nous efFrayoit d’abord, fe trouve enfuite un fujet d'admiration j car au bout d’enviroii cinq ounbsp;fix femaines on les voic quitter un charmant furtout , quinbsp;confcrve tres-long-tems la beauté des couleurs qu’on y avoitnbsp;vues , pour fe faire voir fous la forme de plulieurs coques anbsp;peu prés femblables a celles des vers a foye , fans qu’onnbsp;puilTe remarquer en ces coques aucun mouvement apparent:nbsp;mais au bout de quelque tems notrc étonnement femble devoir fe redoubler , en voyant fortir de ces nouvelles prifons gt;nbsp;qui paroiflbient bien fermées , des papillens bien ailez Scnbsp;tout vivans,

Cette métamorphofe apparente , quoyque belle , ne con-tient pas tant de faits furprenans, que nous en avons remar-quez durant prés d’un an , a l’occaüon d’un petit infedc dont je vais parler.

Le dixiéme Juin de l’année je trouvay a terre dans mon cabinet un petit ver, dont les diverfes formes fous lef-quelles je le vis dans un Microfcope a canon de verre , me-ritent bien que j’en fafl'e une defcription particuliere , pournbsp;donner lieu a l’explication de tont cc que nous en dirons denbsp;fingulier.

Ce petit ver me parut d’abord de couleur brune , tirant fur celle d’un calfé qui n’eft pas encore alTez torrefié. Sonnbsp;corps, qui avoit lix lignes de longueur amp; une amp; demie denbsp;diarnetre, étoitprefque rond dans toute cette dimenfion.

II paroiflbit compofé de onze anneaux, fans y compren-dre la tête, ornée d’une efpece de cocluchon arondi par le bas.

Le dernier des anneaux qui terminoit fon corps, finifibic par deux aiguillons courts Sz obtus, qui reprefentoient unenbsp;queue tourchuë.

Tous ces anneaux beaux amp; luifans étoient attachez a une membrane tres-fine Sc blanchatre , que fes contradions Sc fesnbsp;extentions alternatives pouvoient approcher 5z écarter lesnbsp;uns des autres , en rendant eet animal tantót plus court SCnbsp;plus gros, tantót plus long Sc plus menu.

On remarquoit trois petites pattes de cbaque cóté de fon corps, Sc une feule griffe au bout de chacunc, laquelle étoic

d’une

li



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PrEMIERE Partie. CKap. ÏX. nbsp;nbsp;nbsp;3^

d’une couleur d’ambre bien foncéc ¦, celles des deux patres les plus proches de fa tête , luy fervoient comme de mainnbsp;pour prendre fa nourriture , amp;pour la porter a fa bouche.

Sa tête étoit ornée de deux yeux bien noirs , placez des deux cótez , au-devant defquels étoient plantées deux peti-tes cornes, compofées de plufieurs articles.

Les premiers jours que je confideray ce petit animal, ii étoit d’une vivacité merveilleufe , faifant des fauts qui mar-quoient beaucoup de force amp; de fouplede dans ie fujet quinbsp;les executoic.

Depuis Ie dix Juillet jufqu’au deuxiéme de Septembre , eet infede en produifit dix autres tres-men,us qui luy refl'em-bloient tous, amp; qui dés Ie premier moment de leur naiflancenbsp;marchoient d’une vicelle furprenante. J’en garday un en vienbsp;durant dix jours fans luy donner aucune nourriture j ce quinbsp;ne paroitra pas trop extraordinaire, lorfqu’on f^aura que fanbsp;mere, pendant une année ou environ, n’en confuma pas plusnbsp;que de la groffeur d’environ un pois.

Cet infede aprés avoir fait fes petits , quitta entierement fa peau durant vingt-quatre heures , aprés quoy il parut d’une blancheur vive amp; plus gros qu’auparavant , marquantnbsp;même plus de force amp;c de mouvement j qu’il n’en avoiemon-tré depuis plulieurs jours.

On peut dire que cette peau luy tenoit lieu de furtout pour envelopper routes les parties exterieures de fon corps jnbsp;puifqu’on remarquoit dans cc furtout jufqu’au mouie desnbsp;yeux, des jambes amp;L des griffes de cet animal.

J’employai affez de tems a confiderer cet ancien fourreau, fans pouvoir deviner comment l’infede avoir pü faire pournbsp;s’en dépoüiller •, paree que ce vetement étant tout d’unenbsp;piece , amp; tres-intimement appliqué fur fon corps, je ne com-prenois pas comment cette nymphe li irréguliere, fi fine Senbsp;fi délicate avoir pu être tirée fans fe rompre. Mais peu denbsp;tems aprés je revins de mon étonnement, amp; je celfai d’ad-mirer cette méchanique , en découvrant fa fimplicité j carnbsp;cette membrane venant a fe feicher, les fibres qui la com-pofoient fe rell'errant laiflerent voir tout Tartifice , qui con-filloit en une fentc étenduë depuis Ie bec de 1’animal jufqu’a

E

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3(ï nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

l’anus ; laquelle, a mefure que Ie ver en fortoit, fe refermoit en rapprochant par Ie reflort de la pellicule , fes bords 1’unnbsp;de Tautre , qui fe joignoient ü juftement qu’il n’étoit pasnbsp;polTible d’y appercevoir aucune feparation.

Dés Ie foir mêrae du jour que ce ver eüt quitté fon fur-tout, fa couleur me parut changée car de blanc qu’il étoit, en deux jours il redevint aulll brun qu’il avoit été •, amp; je luynbsp;vis palTer tout l’hyver en eet état. II fut aflez en repos durantnbsp;tout ce tcms-la,ne remuant qu'infenliblement, ne mangeantnbsp;point , ni ne rendant aucun excrement vilible : mais étantnbsp;furvenu quelques beaux jours de Soleil , amp; 1’y ayant expofé ,nbsp;il commen^a a s’y mouvoir un peu plus qu’il ne faifoit aupa-ravant, amp; même il mangea quelque peu d’un carton qui £er-voit de bafc ou de fond au Microfcope dans lequel je Ie con-fervois.

Sur la fin du mois d’Avril je ne luy rcmarquai, pendant neuf jours qu’il demeura couché fur Ie dos , aucun llgne denbsp;vie , aprés lequel tems je fiis furpris de voir qu’il travailloitnbsp;fortcment a quitter un fccond furtout, qu’il poufl'oit tout Ienbsp;long de fon corps , de la tête vers la queue , ou il en reftanbsp;jufqu’au fixiéme Juin , durant lequel terns je Ie crus mort:nbsp;cependant Ie même jour au foir je m’apper9us qu’il avoit en-tierement quitté cette derniere peau , 5c qu’il paroilToit fousnbsp;une forme nouvelle, qui ne dilferoit pas moins de la préce-dente , qu’un ver differe d’une mouche. En effet, Ie jflxiémenbsp;Juin a fept heures du matin il s’étoit niétamorphofé en unenbsp;mouche tres - linguliere , ayant environ cinq lignes de longueur , èc une ligne un quart de largeur par Ie milieu de fonnbsp;corps.

En obfervant cette mouche, Je remarquai qu’entre la tête 5c fon corps il y avoit une autre partie en forme d’anneaunbsp;mobile •, que la couleur étoit differente en divers endroits dunbsp;corps 3 Ie delfus de la tête , 8c cette partie en forme d’an-^nbsp;neau, étant d un rouge brun, 8c Ie refte ayant une blancheurnbsp;tirant fur Ie reux 3 mais cette couleur blanchatre fe diffipanbsp;cn peu de tenis 3 car deux heures aprés Ie tout parut d’unnbsp;rouge brun.

X h place des onze anneaux qui fe diflinguoien? dans h

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PlLÊMlERE PaRTIÏ. Chap. IX. nbsp;nbsp;nbsp;37

longueur du ver , on voyoit alors tout fon corps long de huit lignes, couvert de deux alles fermes amp; dures.

Au lieu de fix pattes courtes dont j’ay parlé, on en voyoit fix autres , chacune defquelles avoit pour Ie moins quatrenbsp;fois la longueur des premieres , amp; étoit compofée de troisnbsp;articles 5 étant terminées par deux griffes afiez foibles, aunbsp;lieu dune feule un peu forte.

Les cornes qu’il avoit au - devant des yeux étoient extré-mement courtes, amp;: celles d’aprés tres-longues j en forte que fon y remarquoit onze articulations en chacune , dont il ynbsp;en avoit huit qui reffembloient a des grains de chapelets unnbsp;peu ovales.

Le huitiéme Juin au matin , il me parut d une couleur brune , femblable a celle des féves de caffé bien torrefiées.nbsp;Le neuvicme cette couleur devint noiré , èc les pattes de cetnbsp;animal fe firent voir d’un rouge brun.

Enfin le treiziéme il fit paroitre quelques excremens d’un jaune pale , au lieu que ceux du ver étoient fort bruns, lesnbsp;uns amp; les autres alTez durs , amp; provenans du carton qu’ilnbsp;avoit rongé , amp; qui faifoit, comme j’ay dit, le fond du Mi-crofcope.

Nous finirons fexplication abregée des ufages de ce Mi-crofcope , cn ajoutant encore, que fon découvre fur le corps des grolfes mouches de tres-petits animaux qui les incom-modent durant leur vie , amp; qui les mangent aprés leur mort:nbsp;ce qui fuffit pour faire comprendre , que ce qui arrive auxnbsp;uns peut arriver de mênie aux autres.

Les araignées que fon y enferme y font leurs oeufs i elles les y ramaffenrpar pelotons, qxr’elles enveloppent de leurnbsp;foye pour les conferver de la rigueur du tems •, elles viventnbsp;feules enfermées dans ce tombeau durant plus de trois mois ,nbsp;fans y prendre aucune nourriturc apparente. Et fi une grollenbsp;s’y trouve enfermée avec plufieurs petites , celles-cy en fontnbsp;mangées ¦, ainfi fon remarque que les unes fervent de nour-riture aux autres.

Si vous enfermez dans cc Microfcope une grolfe araignée avec une mouche ordinaire , aufïï affez groffe , vous aurez lenbsp;plaifir d’y voir la mouche dans une grande agitation, pen-

E ij

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38 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

dant quc I’araignée y deraeure comme immobile , cöuchéc fur Ie dos , les pattes en l’air amp;C écartées les unes des autres 3nbsp;attendant ainli avcc beaucoup de tranquilité quc lamouche,nbsp;laflee de voltiger 9a amp; la , luy tombe fur Ie corps, pour Temnbsp;vironnerde fes pattes, la piquer a la gorge , amp; la faire mou-ril' fubirement, fc contentant d’en tirer Ie fang fans endom-niager Ie refte de fon corps , qui demeure tres-long-tcmsnbsp;dans fonentier ,amp;jufqu’a ce qued’autres tres-petits infe£tesnbsp;blancs la viennent devorer amp;c manger en partie.

Nous ne dirons rien icy de la conftrudion de la mouche ordinaire , ni de celle de l’araignée j paree qu’il en a éténbsp;parlé aillcur? , amp;c que ce Microfcope a canon ne fuffit pasnbsp;pour en fairb voir aifez exadement les petites parties , quinbsp;ont d ailleurs été examinées avec d’autres Microfcopes , amp;:nbsp;reprefentées élégamment par des Figures deffiaées tres-cor-rectement par Monlieur de Vigneux.

On va voir que trois differens portes-objets étant mis fun aprés i’autre dans un mênie Microfcope a canon de verre ,nbsp;eauferont trois difFerentes fenfations d’un même objet qui ynbsp;fera placé fucceflivement , étant regardé au travers d’un©nbsp;mênie Icntille 6c d’une même diftance.

Premiere Obfervation,

Si dans l’un de ces Microfcopes a canon de verre, au lieu du fond noir que l’on y met ordinairement au - deffous desnbsp;objets blancs , on en met un fait d’un mörceau de glace ounbsp;de verre un peu épais, duquel Ie deffous foit brute ou dépo-ii , 6c mis fur une bafe d’ébene noire fous Ie canon du Mi-rnbsp;crofcope 3 les objets qui feront pofez fur Ie cóté poli de cenbsp;morceau de glacé, paroitront comme étant en fair, 8c avecnbsp;d’autant plus de relief que ce porte-objet de verre fera plusnbsp;epais, a caufe que la lumiere qui tombe fur la furface polionbsp;du verre , qui fert de porte-objet , ne vient pas en affeznbsp;grande quantité dans i’oeil du fpeétateur , pour y faire unenbsp;impreffion affez forre, pour nous faire juger que les objets ynbsp;font placez j 6c c’eft ce qui fait paroitre ces memes objeqnbsp;ifomme vus en fair.


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Premiere Partie. Chap. IX. 39 .nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Seconde Ohfer^ation.

Les objets blancs doivent être pofez fur un. fond noir ; ftfiii qu’en réfléchilTanc Ie moins de lumiere qu'il fera pofli-ble , la fenfation que nous avons des blancs, n’en foit pointnbsp;tant akerée,

Troijïéme Ohfervation-

Les objets noirs amp; les bruns doivent être pofez fur dcs^ fonds blancs; afin que les parties folides de ces corps noirsnbsp;amp; bruns , puilTent nous renvoyer plus de lumiere qu’elles nonbsp;feroient s’ils étoient pofez aiileurs.

II fuit des mêmes experiences , qu’il n’eft pas indifferent de préferer un fond de couleur a un autre , fi l’on veut don-ner un grand relief aux figures peintes dun Tableau. Unnbsp;Chrifl, par exemple, qui fera peint fur la furface d’une glace de miroir , qui ne foit point étamée , étant pofée fur unnbsp;fond des plus noirs, paroitra en 1’air j fon relief fera vunbsp;d’autant plus grand, que la glace, fur laquelle on aura peintnbsp;Ce Cfirift , aura plus d’épaifleur.

Aprés avoir parlé des avantages confiderables qu’on peut cirer des Microfcopes a canon , il faut aufïi dire quelqucnbsp;chofe des défauts qui les accompagnent ordinairement j puisnbsp;eflayer d’y remedier , afin de n’être pas privé des bons ufagesnbsp;qu'on en peut faire.

Ces défauts font au nombre de trois jie premier , qui n’eft pas confiderable, vient de ce que l’ouverture de la monture,nbsp;OU fon fait un écrou , étant trop petite , par rapport a lanbsp;groffeur du canon , on a de la peine a Ie bicn nettoyer parnbsp;dedans; a quoy on pourra remedier, enfaifant cette ouverture la plus grande qu’il fera polfible j ou bien il faudra fairenbsp;cn forte que la piece entiere qui couronne le deffus du canonnbsp;puiffe s’oter amp; remettre quand on voudra.

Secondement. La matiere dont Ic canon eft fait fe trouvc quelquefois li mauvaife, quelle pouffe un fel au-dehors qixinbsp;I’engraiffe , qui le terpit, St le tend commc fêlé en mille eia-

U iij

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40 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

droits , de forte que perdant fa tranfparence , il devient

inutile.

L’unique remede a ce défaut, eft de tacher d’en trouver un autre qui convienne ¦, mais paree que cela eft prefque im-poflible , il faudra fe fervir du moyen que je vais donnernbsp;pour en faire un de carton, qui fervira comme Ie précédent.

Enfin, fi Ie canon que Ton deftine a faire un Microfcope eft beau , 8c que fa monture foit faire d un bois qui ne foitnbsp;pas bien fee , il change de figure par la fecherefte , de rondnbsp;qu’il étoit il devient ovale , amp; Ie canon fe trouvant alors plusnbsp;prefté en des endroits qu’il n’eft en d’autres , il cafle , anbsp;moins que fa réliftance ne furpafle feftbrt du bois qui fe ref-ferre.

Pour empêcher que les niontures ordinaires ne caffent les canons de verre , il n’y a qua les environner par Ie haut 8cnbsp;par Ie bas de deux petites bandes ou ceintures de carton finnbsp;d environ deux lignes de largeur , pour en coller la moitiénbsp;autour de chaque canon, laiflant déborder l’autre moitié quinbsp;fervira d’entrée aux montures de bois, dans lefquelles on nenbsp;Penfoncera que tres-peu i afin que fi Ie bois vienr a fe relfcr-rer, il n’agiiTe que fur la moitié des petites bandes de carton , qui obéïront alTez pour éviter Ie fracas du canon denbsp;verre.

Voicy deux nouvelles méthodes pour fe pafter de canon de verre, en faifant de gros Microfcopes, dontles corps du-rcront tant que l’on voudra.

La premiere de ces méthodes confifte a faire un gros tuyau de bois ou de carton bien rond , amp; a l’ouvrir par un feul ounbsp;par plufieurs endroits, pour donner un libre pafl'age a la lu-miere : puis montant ce tuyau préparé , comme fi c’étoit unnbsp;tube de verre , on aura un Microfcope , dont les ouverturesnbsp;pourronc , fi on Ie juge a propos , être fermées par des pieces de verre blanc, qu il y faudra coller tres-proprement parnbsp;dedans.

Au lieu de ce canon rond , on peut en conftruire d’une autre maniere , qui fera plus agréablc a la vüë , amp; niênie plusnbsp;prompte dans fexccution que la précedente. Pour eet enet,nbsp;prenez un carton fin, duquel vous couperez une bande aflèz

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Premiere Partie. Chap. X. longue amp; affez large pour y tracer fix ou huit quarrez longs,nbsp;que vous ouvrirez par autant de petites fenêtres de memcnbsp;figure , fur chacune defquelles il faudra coller en dedans desnbsp;pieces de verre blaiic coupées proprement, amp; des plus minces qu’il fera poflible de trouver , que 1’on couvrira par apresnbsp;dun, fecond carton plus petit que le premier , amp; ouvert denbsp;même. Cet efpece de canon, ou plutot ce corps de Microf-cope 5 étant ainfi préparé , il n’y aura plus qu’a tourner unenbsp;monture qui luy convienne , amp; Ton aura un Microfeope pref*nbsp;que parfait dans fa manie re.

CHAPITRE X.

Dejeriftton ufage d’uK tres-petit Microfeope, monte d uns

feule lentille.

CE petit Microfeope , qui n’a pas plus de neuf iignes de Piancheiz.

hauteur , eft vu tout enticr au-delfous de la lettre A , Figure i* ou de fon profil marqué B : il eft fait comme une petite boete cilindrique ouverte par-delfus amp; par-deflbus , pour donnernbsp;un libre paftage a la lumiere qui fe reflechit de I'objet quenbsp;Ton regardc au travers de la lentille, qui fe place comme onnbsp;la voit dans le profil B de ce Microfeope.

Dej ujages de ce Microfiope,

SI vous obfervez un chiffre gravé fur la furface d’un cachet d’argent, vous 1’y verrez d’abord enfoncé , de mc-me que nous le voyons de nos feuls yeux j amp; fi Ton continue de le regarder fans changer de fituation , on verra ce mêmenbsp;chiffre d’un beau relief, éclairé amp; ombre du même cóté quenbsp;les enfoncemens fetoient auparavant qu’on cut la fenfationnbsp;de cette derniere apparence.

1'’. Si vous continuez a obferver ce chiffre avec la même attention que vous avez fait, ce qui vous paroilToit de reliefnbsp;deviendraenfoncé comme il étoitauparavant,amp;:ainfi dc Üxite,

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4^ nbsp;nbsp;nbsp;Noüveaux Mies-oscopEs.

^0. II arrive fouvent qu’ayant obfervé ces chofes, fl vous dilcontinuez pour un moment, amp; qu’enfuite vous recomnien-ciez la même experience ; vous ferez furpris de voir qüe ccnbsp;chifFre , au lieu de Commencer a paroitre comme la premiere fois , c’eft-a-dire cnfoncé , il paroit de relief.

4'’. Si pendant que Ton eft tourné du coté que vient Ic jour, on fe releve en continuant de regarder la furface dunbsp;cachet , ce qui paroilToit enfoncé femble fe relever tout anbsp;coup , amp; l’ombre paroit fouvent de part d’autre du relief;nbsp;mais li l’on continue d’obferver ce relief apparent, pendantnbsp;que Ton fe tourne comme il faut pour recevoir Ie jour dunbsp;cóté droit , on voit fombre du cóté d’oü vient Ie jour , cenbsp;qui ne furprend pas peu. Et au contraire l’onibre fera a gau-^nbsp;che , li Ie jour donne fur Ie chilfre , en venant du cóténbsp;gauche.

5°. Si vous obfervez ce qui eft de relief fur la furface d’un loüis d’or 5 par cxemple , vous Ie verrez toujours de reliefnbsp;en quelque lituation que vous foycz, amp; de quelque jour qu’ilnbsp;foit éclairé.

6“. II y a un grand nombre de perfonnes qui obfervent les meines chofes que j’ay vüës.

7°. II y en a qui voyent toujours enfoncé ce qui 1’eft elFec-tivement; amp;c d’autres qui apper^oivent toujours Ie contraire.

De routes ces obfervations, que j’ay faites avec autant de foins qu’il m’a été polTible , il en faut conclure que les diver-fes fenfations que l’on a de eet objet ne font produites qu’anbsp;1 occalion du plus ou du moins de délicatelTe des filets dunbsp;nerf optique, qui font Ie tilTu de la Retine, puifque Ie moin-dre changement qui arrive dans ces filets , eft capable denbsp;faire changer 1'apparence des concavitez du chifffe : amp; a l’é-gard de ceux qui voyent toujours enfoncé , ou toujours denbsp;relief une même chofe ; cela n’arrive qu’a caufe de la litua-tion conftante amp; uniforme qui fe trouve toujours la mêmenbsp;fur la Retine , pendant qu’ils regardent Ie chiftre.

II eft inutile de s étendre davantage fur les ufages de cc petit Microfcope ; puifqu’on peut juger , par ce que j’ennbsp;viens de rapporter, qu’il peut tres-utilement fervir a obfer-ver tons les petits corps qui peuvent être tenus avee les

doigts

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45

Premiere Partïe. Chap. XL doigts dune feule main , ou avec des pincettes, pendantnbsp;que Ton tient le Microfcope de I’autre main.

CHAPITRE XL

Dejcripttofi d'un tres-petit Microfcope d deux serres, qui reprefente les ohjets dans leur jituation drokenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;naturelle.

MOnheur de Puget , dont le merite eft aflez connu des S^avans par les divers Ouvragcs qu’il a donneznbsp;au Public, nous aflure, dans fa premiere lettre écrite au R.

P. Lamy Religieux Bencdiftin , touchant les obfervations qu’il a faites fur la ftruóture des yeux de quelques infeótes ,nbsp;en parlant des divers effets de deux Microfcopes •, “ Que “nbsp;Monlieur Lcevuenhoec raconte , que tons les objets qu’ilnbsp;voyoit multipliez par la cornee d’une mouche , luy paroif- «nbsp;foient a rebours. Les hommes , par exemple , avoient la tête «nbsp;en bas 8t les pieds en haut j amp; que cela ne fe pouvoit faire «nbsp;autrement, puifque tons les objets qu’on voit au travers de “nbsp;deux lentilles , paroill’ent toujours renverfez.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;««

Nous aliens faire voir tout le contraire dans un Microfcope a deux verres convexes, dont voicy les proportions.

A B , eft le Microfcope reprefente dans fon entier, amp; a punchci peu prés de la longueur amp;: de la grofleur qu il a été cxecuté. ^nbsp;C, eft la piece de I’ceil, 8c D fon profil, ou eft enchaflenbsp;le verre oculaire.

E , eft le porte-Ientille, amp; F fon profil.

G amp;; H , font deux viroles qui fervent a arrêter les deux verres.

Le foyer du verre oculaire n’a que quatorze lignes ; ce-luy de la lentille eft d’un peu plus de quatre lignes y ^ 1* diftance d’entre ces deux verres eft de dix lignes j d’ou ilnbsp;fuit que deux lentilles femblables a celles dont je viens denbsp;parler , 8C de differens foyers , étant montées dans deuxnbsp;tuyaux, de maniere que I’un des deux puifte etre tellemencnbsp;enfoncée dans I’autre, que le foyer de I’une des lentilles

F

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44 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux MiCROSCOJES.

palTc au'dela du foyer de Tautre. Ces deux verrcs ainfi nion-tez compoferont un. foicrufcope , par Ie moyen duquelnbsp;on verra les objets dans leur lituacion droite amp; naturelle.

J en ay fait depuis plufieurs autres a deux verres plans con^ yexes, (jui font l’effet de trois Microfcopes, de 4. Loupes»

CHAPITRE XIL

Pefcrititien ó’ufage d’me nouvelle Machine-, tres-utile aux Ana-tomifies gt; mx Definateurs , aux Graveurs , aux Peintres qui travatUent en Mignature ; ö' generalement d torn ceux quinbsp;veulent découvrir ce que les yeux feuls ne peuvent affercevoir ^nbsp;amp; foujpr leurs Outrages au foint Ie ^lus haut de ^erfeSlion,

AB , eft Ie pied dun inftrument, que je nomme Porte-loupe , qu’on peut faire de bois de laiton.

Plawheij. C D , eft un porte-objet, qui peut fe monter a vis ou au-trement , fur la furfaee plane du pied A B , teilement conf-truit, qu’on Ie puiffe haufler amp; baiffer facilement quand on voudra, amp; niêqie Ie fixer ou il fera befoin.

E , eft une petite tige de laiton , élevée a plomb fur Ie bord fuperieur du pied A B , d’une force amp; dune hauteurnbsp;convenable aux diftcrens ufages aufquels on deftine Ie por-te-loupe.

F, F , F, font trois genoüils qui fe fuivent, amp; qui ont une felle liaifon entr’eux, que chacun peut être mu diverfement,nbsp;pour concourir a produire enfemble un même effet.

Au lieu de ces genoüils , on peut faire trois efpeces de charnieres femblables a pen prés a celles d’un eompas com-mun qui s’entrefuivcnt, amp; qui foient alfermies par Ie moyennbsp;de trois vis, amp; d’autant d’écrous.

G, eft une virole de laiton, tournee proprement, amp;: d’une ouverture qui ioit telle qu'on y puifle enchalTer juftement, amp; Tune aprés l’autre , les loupes de differens foyers; amp; même de petits Microfcopes a deux ou trois verres, pour feryirnbsp;;4 des ufages particuliers.


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45

pRB MIERE Partie. Chap. xn. Des ujages de cette Machine.

H, Reprefente \in oeil placé au-deffus de la Loupe c][uc l’on a mife dans la virole G, regardant un petit animal pofé fur Ie porte-objet C D , oü l’on place tout ce quenbsp;Ton veut diflèquer , pour defliner d’après les preparationsnbsp;qu’un habile Anatomifte aura niifes en état d’etre repréfen-tées fur Ie papier.

On voit bien que l’on pourra par ce nioyen parvenir a connoitre la ftrufture de la peau, celle des ongles, des poils,nbsp;amp; la tilTure de prefque toutes les membranes du corps desnbsp;animaux.

Avec ce fecours on peut entreprendre de faire Tanatoniic des gros infedes , amp; de les reprefenter avec autant d’exadi-tude , qu’on en aura employé a les bien preparer.

On a déja découvert la femence de plulicurs plantes, qu’on s’étoit perfuadé , fans raifon, n’enavoir point, comme cellenbsp;de fougeres, des moulTes, des truflFes, amp;c.

On a obfervé que Ie fang eft compofé d’une ferolité blanche amp; tranfoarente, ou nagent des globules rouges de dift'e-tentes grofleurs- On l’a vü circüler diverfement dans les vaifleaux de plufieurs animaux vivans, amp; l’on a reconnu quenbsp;les veines amp; les arteres ne font que des tuyaux ou des fy-phons recourbez.

La facilité que l’on aura de changer de porte-objet, de Loupes, de Microfcopes a deux ou a trois verres, amp; de po-fer fucceflivement differens petits Tableaux préparez,au-def-fous de cette Loupe ou de ces Microfcopes, fourniront desnbsp;moyens nouveaux pour voir parfaitement , amp; en peu denbsp;tems, une grande variété de chofes bien diÖerentes les unesnbsp;des autres.

Enfin il eft facile de comprendre que cette machine ren-ferme aufli tous les ufages des Microfcopes a canon de verre ; amp; que ces canons n’ayant pas befoin de monture*'s, ils ne feront pas fujets a fe rompre.

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Nouveaux Microscopes;

CHAPITRE XIIL

Ex^licatio/2 de tomes les parties qui compofènt m Microjcope a trots serres convexes 3 des deux cote‘s

li'

,N voit d’abord dans cette Planche deux grandes Figures deffinées Tune a droite au-deffous de la lettre A, S’kftchei4. qui repréfente Vélevation geometrale du Microfcope toutnbsp;entier i amp; l’autre qui eft placée a fa gauche en eft Ie profil ,nbsp;fait par la feótion d’un plan vertical , qu’il faut concevoirnbsp;pafler par l’axe du Microfcope, pour Ie feparer en deux parties égales, découvrant dans l une de fes moitiez tout Ie dedans de cette machine.

A B B , eft un bouton qui fert de couronnement au Mlcrof-Gope.

C C, eft la piece de foeil, dans laquelle on a fixé Ie verre oculaire.

D D , eft une autre piece , oü Ton a enchaffé Ie verre du milieu. Cette piece eft colée a un petit bout de tuyau, quinbsp;porte un diaphraume a fon extrémité d’en-bas.

E, eft Ie corps du Microfcope couvert de chagrin, qui fert a recevoir Ie bout du tuyau colé a la piece D D.

F 5 eft la bafe du corps de ce Microfcope.

G 5 eft une bonnette ou porte - lentille , qui fe vifte fur la bafe F,poury demeurer fermement attachée.

H , eft une petite virole de laiton, ornée de quelques mou-lures , foudée a un petit bras, qui eft aufii foudé au coulant reprefenté a cóté de la lettre I.

C’eft dans cette virole que 1’on fait entrer Ie milieu de la bafe F, pour foutenir a plomb tout Ie corps du Microfcope.

I, eft Ie coulant qui peut être mü fur la tige d’acier L, amp; demeurer a l’endroit de cette tige, oü l’on voudra, par Ienbsp;nioyen d’un petit reflort d’acier placé entre la tige 6c Ie coulant,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_

M ^ eft Ie ^ctit yafe tourné, qui fert d’ornement a la tige,


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Première Partie. Chap. XIII. 47 ïmmediatement au-deffus de l’endroit L, on y voit imcnbsp;petite pincette a boutons marquée N.

O , eft un verre concave , pour fervir de porte-objet aux liqueurs qu’on mettra dans fa concavité.

P , eft une efpece de porte-objet de laiton , compofe dc plufieurs pieces, tellement ajuftées les unes avec les autres,nbsp;qu’on le peut promener fur le pied du Microfcope marquénbsp;R , eft une petite boete de laiton en forme d’une virole ,nbsp;dans laquelle on met des diaphragmes de difterentes ouvertures.

S, nbsp;nbsp;nbsp;S, S , fojit trois petites boules aftailfées , amp; attachéesnbsp;au-deflbus du pied pour luy donner plus de grace.

T, nbsp;nbsp;nbsp;eft une platine dc laiton, fur laquelle on a attaché troi?nbsp;petits reflbrts, qui rendent égal le mouvement du porte-objet marqué P.

Explication du profil de ce M.icrofcope,

Bb b, eft le profil du bouton qui fert de couronnement au Microfcope.

c c, eft le profil de la piece de I’ceil, ou Ton voit le verre oculaire place immediatement au-deftbus du couronnement.

dd, reprefente une autre piece qui porte le verre du milieu , amp; qui eft attaché a un bout de tuyau, au bas duquel eft un diaphragme.

e , eft le corps du Microfcope , done on voir l’épaifteur, que nous avons dir être couvert de chagrin , amp; fervir a rece-voir le tuyau enchafte amp; collé avec la piece f, qui fert dcnbsp;bafe au Microfcope.

g , eft le profil de la bonnette ou porte - lentille, qui fc monte a vis fur le bout d’en-bas de la piece f.

h , eft le profil de la virole de laiton , foudée au bas de la eoulifle marquée i.

1 , eft un quarré ou verge d’acier, au haut de laquelle on voit un petit vafe qui luy fert de couronnement.nbsp;n , eft le profil d’une petite pincette a boutons,nbsp;o , eft le profil d’un verre concave , ou Ton met les lbnbsp;queurs en plus grande quantité que celles qu’on met fur vmnbsp;talc, ou fur un verre plan.

F hi


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4? nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux MrcRoseoPES.

p, nbsp;nbsp;nbsp;cft Ie porte-objet compofé, dont il a été parïé»

q, nbsp;nbsp;nbsp;eft Ie profil du pied du Microfcope.

r, nbsp;nbsp;nbsp;eft celuy de la petite boete ou virole, qui potte les dia-phragmes de dilferentcs ouvertures.

s, nbsp;nbsp;nbsp;s,s, font trois petites boules aftaiftees,pour fervir d’or-,nbsp;neraent au pied du Microfcope.

t, nbsp;nbsp;nbsp;eft Ie profil d’une petite platine de laiton attachée ^nbsp;luie virole , oü Ton fait entrer la petite boete marquée r.

Du foyer de chacm des troü n/erres de ce Microfcope, €gt;* des diverfes dijlances qui jont entreux.

L’Oculaire , qui eft un verre convexe des deux cotez, a huit lignes de foyer j on l a placé au-deffous de l’oeil,ènbsp;üne diftance d’environ fix lignes.

Le verre du milieu, qui eft aufli convexe des deux cotez , a dix'huit lignes de foyer j fa diftance de l’oculaire eft denbsp;douze lignes.

Et la lentille , qui eft de quatre a cuiq lignes de fbyery.eft placée au moins a la diftance de trente lignes du verre dunbsp;milieu j amp; cette même lentille s’en peut éloigner de trente-quatre a trente-cinq lignes, fi l’on veut que ce Microfcopenbsp;falfe paroitre l’objet plus gros qu’il ne fait a la moindre diftance : mais il eft a propos d’avertir que l’objet ne paroftrainbsp;pas fi bien éclairé , étant vü d’une grande diftance, que s’ünbsp;1’étoit d’une moindre.

Des ufages que Ij on peut titer de ce Microfcope d troü 'quot;verres.

En confiderant,par exemple,Ialettre A d’un loüis d’or avee ce Microfcope a trois verres, dont l’effet ordinaire eft de faire paroitre a la renverfe tous les objets qu’on ynbsp;obferve ; on remarque i°. que cette lettre qui eft de relief ynbsp;paroit enfoncée.

2.0. Qjie eet eftet n’arrive pas toutes les fois qu’on te de-fire.

3°. Que fouvent en regardant cette lettre avec beaucoup d’attention , amp;: durant quelques momens , ce qui paroiftbic


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PiiEMiERE Part IE. Chap. XlIL nbsp;nbsp;nbsp;49

cnfoncé , paroit enfuite de relief.

4“. Qii’un cercain mouvement de tête apporte quelquefois du changement dans la maniere de voir i’objet.

5°. En faifant avancer Ie Microfcope fur une table, pendant qu’on y regarde Ie loüis d or , ce qui paroidbit de relief s’y enfonce en apparence , amp; peu de tcms aprés avoir éténbsp;ainli obfervé, on apper^oit tout a coup que Ie relief revient.

6°. Si Ton paflè d un cóté d’une table a l’autre , on eft tout furpris de voir que ce qui venoitde paroitre en relief, paroitnbsp;cnfoncé, amp; au contraire,

7“. Ces elFers differens ne font point apper^us de tousccux qui font ce petit manége , dans lequel on remarque des bi-zarreries extraordinaires, fuivant la force ou la foiblelTe desnbsp;yeux de 1’obfervaceur ; car fouvent une niêmc perfonne ap-pcr^oit Ie méme objet difïèremment, en Ie regardant tantotnbsp;dun ceil 6c tantot de l’autre , 6c cela fucceflivement.

8°. II m’eft arrivé quelquefois qu’ayant obfervé Ie relief du loüis d’or, 8c l’ayant vü comme enfoncé , étant d’un coténbsp;de la table oü étoit pofé Ie Microfcope , la méme chofe m’eftnbsp;encore apparuë 1’étant allé obferver de l’autre cóté de cettenbsp;méme table.

9quot;. II arrive fouvent que quand on regarde l’objet tantot d’iin oeil 6c tantot de l’autre, les objets qui font naturelle-ment de relief y paroiflent creux.

io°. Un de mes amis , Officier d’artillerie, a toujours vu cnfoncé ce qui étoit de relief, quelque lituation qu’il ait prisnbsp;pour obferver la lettre A, dont nous parlons.

11°. Le méme caradere alphabetique d’une piece d argent, produit fur mes yeux les memes effets que nous avons rémar-quez touchant le loüis d’or.

12-°. 11 arrive fouvent qu’en faifant une de ces obfervations,’ il fuffit d’approcher ou d’éloigner 1’oculaire du verre du milieu , pour appercevoir im changement contraire a celuynbsp;qu’on apper9oit auparavant.

ïf. Voicy une autre experience qui n’eft pas moins cu-rieufe que les précedentes j elle confifte a mettre un cachet d argent, qui reptefente un chiffre furie porte-objet du Mi-«rpfeope; cc chilfre , quoyque grave prpfonderoeiit, paroï-


'V

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5© nbsp;nbsp;nbsp;Noüveaux Microscopes.

tra de relief amp; fans aucun enfoncement j cc qui ne furprend

pas peu.

i4«. Quand j’obferve Ie chifFre gravé fur cc cachet, a la luniiere d’une chandelle , vis-Wis laquelle je fuis tourné ynbsp;je vois d’abord Ie creux comme il eft naturellement; unnbsp;moment aprés je Ie jugerois volontiers de relief, fans changer de ütuation , niais en raifonnant fur les ombres qui pa-roilfent, je me trouve oblige de penfer autrement j pareenbsp;que ces mêmes ombres me paroillent toujours oü elles doi-vent être j amp; il en eft de même des eftets de la lumiere ré-panduë fur ce chiffre.

15®. Mais quand je releve Ie cachet amp; ma tête, pendant que j’en obferve la furface , je vois de relief ce qui eft en-foncé j paree que je ne vois plus d’ombre, a caufe du peu denbsp;lumiere que je re^ois alors par la reflexion d’un bonet rougenbsp;que j’ay fur ma tête.

Et fi je regarde obliquement la furface de cc cachet,pendant que la lumiere de la chandelle y tombe a plomb j je nc Ie vois point de relief, paree que je ne re^ois point de lu-miere de fes cnfoncemens.

Ceux qui preferent les Microfcopes a deux verres a celui dont je viens de parler, n’ont qu a fupprimer Ie verre dunbsp;milieu , fans y apporter d’autre changement ¦, ft cc n’eft quenbsp;lorfqu’il s’agira de faire voir la circulation du fang dans lanbsp;queue dun tétart, dans celle d’une lamproye, amp;c.il n’y auranbsp;qu’a mettre une lentille objedive d’un foyer plus court quenbsp;celle qui y eft.

CHAPITRE XIV.

Defcri^tion dquot;une pethe Machine nouvelle, qui contteni trots fortes de Microfcopes, deux petit es lunettes d'approche.

LE deflein que 1’on voit icy au-deflbus de la lettre A ;

reprefente un Microfcope monté fur fon pied ¦, amp; celuy qui eft reprefenté au-deftbus de B en eft Ie profil, fait par

la

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Premiere Parti e. Chap. XIV. 51 la fedion d’un plan vertical qui le divife de haut en has ennbsp;deux parties egales , pour en laire voir Ic dedans j par cenbsp;xiioyen I on decouvre les lieux ou font placez les trois verres Piancheif,nbsp;qui compofent le premier dcs trois Microfeopes.

Celuy de ces verres qui repond a core de la lettre c , elt un oculaire d'environ huit lignes de foyer.

Le verre du milieu , qui fe voit a cóté de la lettre d, a foixante lignes de foyer 8c la difbance d’entfe ces deux verres c , d , pourra étre depuis fix lignes jufqu’a dix ou douze gt;nbsp;de forte que pour faire ce changement de diftance, il feranbsp;, a propos de monter le verre d , dans un bout de tuyau quinbsp;puill'e être facilement haufle amp; bailTe j afin de l’arrêter dans-le lieu ou fon elfet fera le plus convenable aux obfervationsnbsp;que Ton voudra faire , amp; de mettre un diaphragme a I’autrenbsp;bout d’en-bas de ce tuyau i comme cela fe pent voir a cóténbsp;de la lettre f.

La lentille objedive qui repond a cóté de la lettre e , a environ fix lignes de foyer : fa diftance ordinaire du verre dunbsp;milieu fera d’environ quarante-trois lignes. Ainfi s’acheveranbsp;le premier Microfeope, dont les elFets out été rapportez dansnbsp;les Chapitres precedens.

Si Ton veut maintenant faire un fccond Microfeope , dans iequel il 11 y aura que deux verres , il fuftira de fupprimernbsp;celuy du milieu marqué par la lettre d j ce qui fe fait en otantnbsp;le tuyau ou il eft enchalfe, lailTant feulement c , Sc la lentille e.

Et pour faire un troifiéme Microfeope qui puifle fervir a découvrir ce qu il y a de plus beau amp; de plus fingulier dansnbsp;les liqueurs j il faudra oter la lentille e , 8c mettre en fa place line autre lentille de trois lignes au plus de foyer, en re-glaiit fouverture de cette derniere fur ce nouveau foyer jnbsp;ce qui n’eft pas de peu de confequence , quand on veut mé-nager la clarté 8c la diftinflion , qui font deux chofes tres-differentes, Sc qu’il eft nécelfaire d’avoir dans tons les Mi-erofeopes.

Si Ton veut maintenant faire une lunette d’approche , qui faffe paroitre les objets dans leur fituation naturelle , il n’ynbsp;a qu’a fupprimer la lentille marquée c , la lentille e, puis

G


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Noüveaux Microscopes. mcttre en la place de cectc dcrnicrc lemille e , un oculaircnbsp;concave , qui convienne a la longueun du foyer du verre d,nbsp;qui deviendra l’objetfif de cette lunette. Et jl faut remar-quer que Ie concave eft dans une partie de fa monture ,nbsp;placé dans une petite boete pratiquée au-dedans de la foli-dité du couronnement B g h, comme on l’y peut remar-quer.

Enfin s’il étoit nécefiaire , on pourfbit encore poufler la curiofité plus loin , amp;: trouver dans cette machine dcquoynbsp;faire une feconde lunette d’approchc , fans augmenter ienbsp;nombre des verres que nous y avons employé jufqu’a preleiat,nbsp;iaquelle lunette feroit paroitre les objets rcnverfez, a fimitation de celles qui s’appliquent aux niveaux ,.aux quarts denbsp;cercles, amp;a celles qui fervent aux Afttonornes puur faire lesnbsp;pbfervations celeftes,

Póur fexecuter, iln’y auroit qua fe fervir de foculaire c, amp; du verre du milieu marqué d paree que cette lunettenbsp;deviendroit plus longue que la précedente, il faudroit qu’cllenbsp;contint un fccond bout de tuyau, a Tune des extrémitez du-^nbsp;quel ii y aura une petite monture , qui fervira a nrettre fo-(pulaire marqué c.

Ii ne refte plus qua ajuller au bas de la tige dn Microf-pope une petite pincette , pour y attacher les aniniaux tout yivans j amp; a faire des portes-objets qui conviennent aux H-(^ueijrs amp; aux autres objets qu’on veut obferver.

CHAPITRE XV:

Defiription Sun nouveau Mkrojcope univerfel, 0^ de

fes ufages.

ON a defiré depuis long-tems d’avoir un feul Microf-cope qui iut portatif amp;: univerfel, c’eft-a-dire un inf-trument qui puilfe fervir a obferver routes fortes de petits qbjets y les durs , les mols, amp; tout ce qui fe peut voir dansnbsp;i$:s liquides. En voicy» un que fon croit capable de renfer-

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Prïmiere Partïe. Cha|). XV. lïier tous ces avantages, paree qu’il condent routes les cho-fes qui font néceffaires pour faire Teffec de plufeurs Mi«nbsp;Grofcopes j c’elt pourquoy il n’a pas été poffible d’éviter d’ynbsp;faire encrer un grand nombre de pieces tres-differentes lesnbsp;lines des autres , de chacune dcfquelles il faut parler afleZnbsp;exaélement pour en faire comprendre la méchanique amp; 1’u-fage. Mais afin d’entrar facileraent dans ce détail, nous efti-ïnons qu’ll eft bon de fetter les yeux fur la premiere desnbsp;deux Figures reprefentées dans la feiziéme Planche , qui Planchcts'.nbsp;nous montre Ie Microfcopc vu par-devant, amp; dans une éle-vation geometrale , de la même grandeur qu’il a été executenbsp;par Monfieur Ie Febvre Ingenieur en inftrumens de Matlié-matiques jSe ouTon voit d’abord trois relTorts d’une conftruc-tion partiouliere.

Le premier de ces reflbrts eft appliqué au haut de la pie-*

GC marquée A , fes montans fc voyent en BB, preffant Is porte-lentilie F , qui eft derriere eux.

Le fecond marqué c eft attaché en D.

F E , font les montans du troifiéme reftbrf que Ton voit attaché en H , fur une platine I qui eft au-dela.

II faut premierement remarquer que les fominets deS montans de ces trois reflbrts font unpeu courbez en devantnbsp;pour faciliter 1’entrée de quelques pieces plattes amp; mincesnbsp;que Ton mettra derriere eux , comme on rexpliquera cy-aprés, Ces trois reflbrts font aufli un peu courbez vers lenbsp;milieu de leur longueur, pour faire place aux pieces qu’ottnbsp;doit introdurre derriere eüx.

F y eft le premier des deux portes-lentilles nouveaux qu’on peut nommer Eprouvette •, paree qu’il peut fervir anbsp;éprouver de fuite des lentilles de diverfes grofléurs amp; de dif-ferens foyers.

I gt; eft une piece de laiton qüi fert a foutenir une partie des pieces donf on vient dc parler. Cette piece doit avoirnbsp;plus d’épaifleur que les prccedentes, amp; s’cnfonccr un peu'nbsp;dans le milieu fuperieur de la piece a coquille ou elle eftnbsp;Ibudce.

L L, eft un morceau dc glace qui doit être des plus beaux ^ dcs plus tranfparens qu’on puiffe trouver, au milieu dtt-

G- q

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54 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

qacl on a taillé un petit concave , pour y mettre les liqueurs

que l’on voudra obferver.

M M, eft une grande piece de laiton, au liaut de laquelle on a fait une ouverture en forme d’un quarré long , pournbsp;faire palier par-delTus amp; a coulill'e Ie morceau de glace L L,nbsp;quc nous avons appellé ailleurs porte-objet, ou porte-liqueur.

NN , eft une grande rouë a dents , qui fert a conduite la Icndllc au point oü elle doit être , pour qu’on puilfe voir lesnbsp;objets Ie plus diftinétement qifil eft poflible.

O, eft une virole attachée au manche du Microfcope, au haut de laquelle eft un écrou qui re9oit une vis d’acier fou-dce au'dellbus de la piece a coquilles, quj termine Ie bas dunbsp;Microfcope.

Voila fexplication abregée de toutes les pieces villb.les de cctte premiere Figure amp; voicy cellc des pieces que i’onnbsp;yoit dans la feconde , qui en eft Ie profil.

a a a , eft Ie profil d une piece courbée en équcrre , dont

dimenlions font exaétement obfervées dans cette Figure, amp; dans ia préeedente.

b , eft Ie premier des trois reftbrts qui font au-devant de la premiere Figure; il n’eft pas yü dans celle-cy , a caufe denbsp;l’épailTeur du haut de la piece a a a, oü elle s’entonce.

c , eft le fecond relfort que Ton voit attache en d par une vis, ëc fixé en partie par une petite pointe fichée dans la piece A de la premiere Figure , afinqu’ilne puifle tournerd’au-cun cote.

e , eft le fommet de fun des montans du troifieme relfort que 1’on voit attaché en h , s’inlinuer dans un petit trounbsp;fait au haut de la piece a coquilles.

f, eft le premier dcs nouveaux portes-lentilles.

I, reprefente la hauteur amp;: répailfcur dune platine de lai-ton, qui eft foudée par en bas dans Ic milieu de la piece a coquilles qui réponcl au-delfus de la virole O , amp; qui fert ^nbsp;foutenir 8c aftermir la plus grande partie des pieces préce-denres.

1, eft un verre concave ou porte-objet, taillé en bifeaux, pour être fermemcnt arrêté dans une couUfl'e laite fur lanbsp;¦piece marquee m.

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Premiere Partie. Cha|).

n , eft le profil d une grande roue a dents, 6c d’une vis nvee a fon centre.

o, nbsp;nbsp;nbsp;eft la virole qui s’attache au manche du Microfcope jnbsp;comnie il a été dir.

p, nbsp;nbsp;nbsp;eft une regie d’acier rivée en deux endroits de fa lar-geur fur la piece du milieu marquée I.

Cette regie , dont on voit icy la longueur amp; fépaiflcur, eft ouverte par le milieu en forme dun quarre long qui a peunbsp;de largeur ¦, amp;c elle en doit avoir moins que le core horifontalnbsp;dc l’équerre a a a , qui luy eft parallele.

q, nbsp;nbsp;nbsp;eft une piece fa^onnée proprement, au has de laqucllenbsp;il y a un écrou par lequel on fait pallet une vis, dont le boutnbsp;t eft forme en pivot bien rond , pour être mu avec juftelTenbsp;dans un trou fait au bas d’une efpecc de confole marquee t,nbsp;le haut dc, laquelle entre quarrement dans 1’ouvcrture de lanbsp;regie d’acier p, amp; y eft fixe par le moyen d une vis, dont lanbsp;tête fe perd dans fepaifteur de cette regie.

Il faut maintenant remarquer que 1’extrémité fuperieure de la piece q eft en partie quarrée , èc en partie viflee 8cnbsp;que Celle qui eft quarrée fe termine dans fépaifleur de la regie d’acier p , ou elle peut coulcr librement j 8c ce qui eft vifl'énbsp;traverfe le bras horifontal de l’équerre a a , fe terminantnbsp;comme on le voit en s, ou Ton peut remarquer qu’une petite rondelle de laiton en eft enfilee , 8c qu’on a encore misnbsp;par-delTus une petite roue a dents qui a un écrou a fon centre , pour ferret cette rondelle , plus ou moins, fuivant lenbsp;befoin.

u X , eft un quatriéme reflort de laiton fermement attache avec deux petites vis qui entrent dans la piece marquee I.

y, eft le profil d’une piece de laiton mince , courbée 8c recourbée en équerre double , pour foutenir par fon extré-mité fuperieure la virole 8C qui fait relTort paree quelle eftnbsp;fendue en fa partie fuperieure , 8c dans laquelle on fait en-trer le canon z noirci en dedans , 8c garni de diaphragmesnbsp;de diverfes ouvertures.

Voila 1’explication de routes les parties du Microfcope vu de cote j 8c voicy celle de chacune de ces pieces deftinées anbsp;jpart, 8c marquées de lettres fcmblables a celles des Figures

G iij


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%6 nbsp;nbsp;nbsp;N O u V E A ü X M r C R O S G O P E s.

précedentes ; afin qu on y puiïlê avoir recowrs, fi Ton Juge que cela foit néceffaire.

Explication dt tout ce qui efi cmtenu dans U ‘Vlamhe 17 y qui a rapport avec les Figures de la précedente.

AS Eft Ie deffein de Ia partre verticale du devant de la piece de laiton courbée en équerre gt; au derriere denbsp;laquclle, amp;: fur fes deux niontans , on a rivé une piece denbsp;laicon mince, pour fervir d’appuy aux portes - lentilles qui-s’adofFent contre.

Mais auparavant que d’attacher cette piece, il faut avoir creufé en talus Ie devant de la piece A , laiflant la partienbsp;ékvée du coté de la vis , pour loger fextrémité de la queuenbsp;du rellbrt B B, afin que fes montans approchent plus prés denbsp;la piece mince qu’on aura rivee derriere.

Cette preparation étant fiippofée , voicy la méthode que Ton a fuivie pour attacher les deux premiers relforts qui fontnbsp;fiir Ic devant de ce cóté de i’équerre, ön y a premierementnbsp;fait deux trous qui fc voyent au bas de la queue de cettenbsp;piece A, dont Ie fuperieur , qui eft un peu plus grand quenbsp;1’inferieur, fert d’écrou , amp; fon a rivé un petit tenon dansnbsp;I’autre trou , Ie furpaffant feulement de répaiffeur des deuxnbsp;relforts 3 enfuite de cela on a encore fait deisx trous ronds-au bas de chacun des deux relforts B, C, qni conviennenenbsp;tellement aux préeedens , que la queue du premier s’appli-quant dans la cavité faite au-delfous du milieu des montans-de la piece A , on puillc mettre par-dellus ce premier ref-fort B , Ie fecond C, amp; attacher enfemble ces pieces avecnbsp;la vis, dont la tête paroit au-delfous de la lettre D , Figurenbsp;I. i. de la. Planche

EE', eft Ie troifiénie relfort qui s’appliqüe Sr s’attache au-devant de la piece de laiton marquée I:

F, eft Ie premier des deux portes-lentilles , ou 1’on voit une tetine ppur loger la lentillt 3 on Ie fait d’une piece denbsp;laiton gratté tres-mince, dont une moitié eft pliéefur l’autre..

G , eft Ie fecond porte-lentille , qui eft aulïi fait de laiton Bn peu plus fort que Ie précédent.- Le delfein en fait aifex^

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PaEMtERE Par,TIE. Chap. XV, ^ 57 lïonnoitrc ia conftrmïlion i il fuflira, de dire, que la partilt;? dunbsp;deilus cfl: de même largeur que U queue, amp;: que ie coulantnbsp;ièrt a retenir la lentille en place.

LL, eft un morCeau de glace , au milieu duquel on a taillé un concave, qui fert a y retenir une petite goutte denbsp;vinaigre , ou nagent des anguilles.

On peut faire d’autres porces-objets de verre minc« de tncme grandeur ians Ie creufer, au-devant defquels, ft la lentille dont on fe fervira eft d’un tres-court foyer , on mettranbsp;les liqueurs pour les obferver.

M M , eft line platine de laiton, ou il y a une coulifle pouc i'ecevoir les portes-objets précedens.

On en fait plufteurs autres avec du petit carton mince, au milieu defquels on fait une ouverture femblable a cellenbsp;qui fe peut voir au-deftous de la lettre K , ou Ton attachenbsp;des objets pour ctre vus fun apres I’autre , avec des lentillesnbsp;de foyers convenablcs.

XX, eft le quatriéme reflbrt qui eft attache par deux vis' derriere la piece I, amp; imraediatement au-deflus du cote ho-rifontal de l’équerre a a a, de la feconde Figure Planche i6.nbsp;Ce reflbrt eft un peu courbé au fommet, pour faciliter feii-trée d’une platine pliée Sf replice en double cquerre , amp;c ilnbsp;Feft encore par en bas, comme on le peut voir exadementnbsp;exprime dans ion profil, Planche iS.

N N, eft le profil d'une grande roue a dents, amp; d une vis rivee a fon centre.

o, nbsp;nbsp;nbsp;eft le deflein de la virole attachee au manche du Mi-crofeope, au haut de laquelle on a fait un éerou pour y fairenbsp;entrer la vis qui fe voit reprefentée en o , au bas du profil »nbsp;feconde Figure de la Planche i6.

p, nbsp;nbsp;nbsp;eft le plan fuperieur de la regie d’acier que nous avonsnbsp;mis icy, pour faire voir tout ce qui n’a pu ctre reprefenténbsp;dans les Figures de la Planche i6.

q: cette piece «ft affez vifible dans le profil dc l^i Planche U. pour n avoir pas befoin d’une plus ample explication quenbsp;celle qui en a été donnée.

y , eft la reprefentation perfpedive de lu largeur d’une piece de laiton courbée amp; recourbée en double équerre ,

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NoUVE AUX

ICROSCOPES.


au fomniet de laquelle on a foudé une virole marquee amp;.

z z , eft un canon cilinduique qui coule dans la virole qui fait 1’oÖice d'un reflbrt. Ce canon eft garni de diaphrag-mes, amp; noirci interieurement pour en éviter Ie luifant.

Le deflein qui eft marqué des chiffres i,i, 3,4,5 eft une machine particuliere a cc Microfcope , que nousnbsp;avons‘'nommée porte-pincette. On voit qu’elle eft compoféenbsp;de fix principales pieces i f^avoir , d’une petite pincette anbsp;boutons marquée i ¦, dun petit canon vü en z , dont funnbsp;des bouts eft a reflbrt j d'unc charniere chifffée 5, qui tour-nc fur une petite bande de laiton marquée 4 d’une tigenbsp;ronde 5, qui entre dans deux petits canons 6,6, pratiqüeznbsp;a 1’extrémité de la piece 7 , qui doit être de laiton mince.nbsp;De force que par cette difpofltion de pieces, routes difte-rentes les unes des autres, on pourra aifément mouvoir lanbsp;pincette en tous les fens que l’on voudra.

8 nbsp;nbsp;nbsp;, eft une tige de laiton , a l’un des bonts de laquelle on anbsp;monté a vis ou autrcment une pointe d’aiguille, pour fervirnbsp;aux ufages dont il fera bien-tbt parié.

9 nbsp;nbsp;nbsp;, eft un porte-objet d’ébene , noir d’un cote amp; blanc denbsp;I’antre ; il doit être fait a peu prés comme une dame a joüer,nbsp;vers la circoiifcrence de laquelle on a du avoir refervé unnbsp;petit rebord élevé en forme de parapet,pour empêcher quenbsp;Ics petits corps qui fe mettront fur la furface, tant fuperieu-re qu’inferieure, ne puiflcnt rouler en bas.

10 , eft le profil de ce porte-objet , ou Ion voit un petitnbsp;trou rond qui fe remplit d’une cheville de liege, afin qu’cixnbsp;y tourrant la pointe de la tige 8 , la dame 9 y tienne atta-ehce.

Des ufaga de ce jMicrofcofe unwerfit.

NOus fuppofons d’abord que cette Machine ainfi conf-truite, ioit encore accompagnéc de pluficurs lentilles de difterens foyers parfaitement bien taillées, Se bien mon-tees dans des pieces de laiton femblables a celles qui fontnbsp;reprefentées au-deftbus des lettres F , G , Planche 17. aprésnbsp;quoy on fera enétat de faire les experiences qui fuivcnt.

Mais

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Premisre Partie. Chip. XV. nbsp;nbsp;nbsp;59

Mais auparavant que j’entre en matiere , je mc trouve obligé d’avertir , qu’une explication par écrit, quelque ample qu’elle foic , ne donnera jamais Tintelligence qu’il fautnbsp;avoir pour bien conduire toutes -les pieces de ce Microfco-pe , pour preparer les objets qu’on y peut obferver; qu’ennbsp;nioins de deux heures de converfation avec une perfonnenbsp;qui en aura rintelligence, on apprendra plus de chofes, quenbsp;Ton ne feroit durant huit jours, d’une leóture qui rebuteroitnbsp;ceux qui ne font pas accoütumez a lire ces fortes d’explica-tions j c’eft pourquoy je ne diray précifement que ce qu’ilnbsp;faudra dire pourne point ennuyer.

Des Cariom prépare^poiir Jèrvir de pones'ohjets fixes.

LE delfein que Ton peut voir au-delTous de la lettre K Planche 17 , reprefente un des petits cartons, au milieu duquel on a pratiqué une ouverture ronde ou quarrée,nbsp;pour y faire répondre divers corps durs amp; tranfparens, com-me des ailes de mouches, des cheveux, de tres-petites plumes d’oifeaux, des tranches de bois tres-minces, amp;c. qu’onnbsp;y attache avec un peu d’eau gomce , ou quelque autre chofenbsp;d’équivalenr. Ces cartons étant ainfi préparez amp;c mis de fuitenbsp;dans la piece a coulifle de la platine M M, pour y être vusnbsp;avec des lentilles qui conviennent, divertiront agréablemenCnbsp;les fpedateurs par un grand nombre d’objets tous differensnbsp;les uns des autres.

Dti ^orte-pincette, des pieces qui taccompagnent.

CEtte Machine eft d’un grand ufage pour fervir avanta» geufement aux diverfes obfervations que l’on fe propo-fera de faire fur une infinité de petits corps durs ou mols:nbsp;fi ces corps font durs, on les attache a la pincette a boutonsnbsp;marquee r, i, Planche 17 ; s’ils font mols, comme les poux,nbsp;les puces, 6ec. on les pince par la croupe, pour être obferveznbsp;toutvivans, Les mouches d une certaine grolfeurfe peuventnbsp;empaler avec la pointe dc la tige 8, qui fe monte par apresnbsp;dans les deux petits canons 6,6 , de la platine 7. Si ce font

H

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lt;?o nbsp;nbsp;nbsp;Nouviaux Microscopes.

dcs poux de ferins de Canarie qu’on ait defTein d’obfervcr oa trempc la pointe de cette niênie tige dans un pen d’eaunbsp;gomée , affez epailTe pour y faire tenir ces poux. On en faitnbsp;dc inême pour les mittes de fromage , qui paroiflent bieunbsp;dilferentes les unes des autres.

? Plane. iS Fjgurc i.

On peut auffi enduire la petite dame 9 de cette eau go-mec , amp; répandre deffus ces petites betes vivantes qui s’y attachent, amp; qui y demeurent en vie tres-long-terns ¦, amp;c pournbsp;les obferver fur cette dame , on fait entrer dans le trou quinbsp;eft a fon cóté la pointe qui eft au bout de la tige 8 , qui ynbsp;demeure ferme au moyen de la cheville de liege qui le rem-plit exadement. Les petites graines les plus menuës fe pla-cent fur dc femblables dames, blanches ou noires , fuivantnbsp;la couleur des graines qu on y veut voir , amp; Ton employe anbsp;cet effet des lentilles convenables. Cette platine 7, fe placenbsp;au même lieu qu’eft placee celle qui eft marquée M M, dansnbsp;la premiere Figure de la Planche 16. Et il faut remarquer quenbsp;cette piece amp;C la pincette s’y peuvent mouvoir de haut ennbsp;has, de bas en haut, Sz de coté , foit a droit, foit a gauche ;nbsp;mais pour faire avancer la lentille vers Fobjet, ou pour Tennbsp;eloigner, il faut tourner la petite roue * S d’un certain fens,nbsp;puis poufler en avant ouen arriere la partie balfe de l’équer-re marquée a a a , Tarretant par le moyen de cette mcmenbsp;roue ou 1’on juge a propos de I’arreter , prés ou loin de lanbsp;ientille fuivant fon foyer ¦, amp; pour achever de la mettre pré-cifenient au point ou elle doit être pour bien voir I’objet •, ilnbsp;faut appliquer I’ceil tout prochc de la lentille, pendant qu’onnbsp;tient le Microfeope d’unc main ¦, puis faire tourner avec unnbsp;des doigts de la même main, dont on tient le Microfeope ,nbsp;la grande roue marquée N N, a droit ou a gauche , amp; I’arrc-ter dans le moment que vous apperpevrez I’objet le plus dif-jinéfement qu’il fera pofllble,

4 l imitation des deux tiges précedentes, marquées r. amp; 8 , on pourra en conftruire ae diverfes fortes de même longueur dc grofteur j mais de formes routes difterentes en cha-pune de Ipurs excrémitez , fuivant le befoin que 1’on en pour-fa avoir. Par ce moyen Ton étendra 1’univerfalité de cenbsp;pOfte-pincette , amp; en même terns celle du Mierolcope, qui

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Premiere Partis. Chap. XV. nbsp;nbsp;nbsp;èt

tire tous fes avantages de fa bonté y 8gt;c de i’induftrie de celuy qui s’en fert.

*De I'ufage de ce Adicrofiope four les liqueurs*

SI Ton veut maintenant obferver ce qui fepeut découvrir dans une liqueur, il n’y a qua tremper le plus petit boutnbsp;d une plume a ecrire dans une infulion de quclque plante ,nbsp;pour en moüiller le milieu du porte-objet de verre qui feranbsp;enchafle dans la coulilTe de la piece marquee M M , en lanbsp;premiere Figure de la Planche \6. afin de la faire répondrenbsp;vis-a-vis de la lentille qui luy conviendra, de la mettrOnbsp;au point de diftindion. Ainfi Ton verra dans diverfes li^nbsp;queurs des animaux qui y nagent, d’autres qui y rampentnbsp;nagent, H d’autres enfin qui y marchent qui y nagent.

II faut remarquer que pour mettre beaucoup d’anguilles en experiences, il faudra employer le verre concave , 8c ynbsp;mettre une alTez groffe goutte de vinaigre avec le petit an-tonnoir dont nous avons parlé, dans l’ufage des MicrofcopeSnbsp;précedens.

De la circulatioftdu nbsp;nbsp;nbsp;dune nouvelle invention pour

la faire ^oir dans la queue dun petit poijfon $ mmmé Tétart ou Chabot.

’Une des belles découvertes que Ton ait faites dans Iüé -Medccine, eft celle de la circulation dufang ,gt; qui eftnbsp;lüë a Hervée fameux Medecin Anglois, qui la publia ennbsp;l’année J(5z8- ou plutot au Pere Frapaulo , celebre Ecrivaixtnbsp;de fon terns.

Qijelques bons qu’ayent été les raifonnemens amp; les experiences de ces deux fi^avans Hommes , pour établir cette opinion j tous les vieux Dodeurs de ce tcms-la s’éleverenCnbsp;contre cette nouveauté , 8c firent tout ce qu’ils purcnt poutnbsp;la combattre j paree qu’ils manquoient alors d experiencesnbsp;aflez évidentes pour la preuve d une fi belle découverte, Ennbsp;voicy une qui met le fait hors de conteftation.

Pour cela, vous n’avcz qu’a préparer une platme de laiton

H

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'ét nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

mince , de la figure amp; de la grandeur qu eft Ie delTein marqué A B B j préparez auffi une bande de parchemin de la., figure dun quarré long , dont la hauteur foit d’environ i8.nbsp;lignes, amp; d’une longueur fuffifante pour environner les mon-Plancheis. B B de ccttc platine , amp; coller fes deux bouts l’un furnbsp;l’autre : après cela collcz auffi les deux extrémitez de deuxnbsp;petites bandes de niême matiere, d’environ trois lignes denbsp;largeur au devant de cette piece , comme cela paroit auxnbsp;cndroits c c c c , laiffiant libre amp; dégagé tout Ie derriere desnbsp;bandes 3 afin que Ie tout étant bien fee , vous puiffiez pafl’ernbsp;librement entre ces bandes , amp; Ie derriere de la piece denbsp;parchemin doublée, les montans B, B, de la platine de lai-ton A.

Ayez enfuite un petit morceau de glace de verre de peu d’épaifléur , taillé proprement , d’environ huit lignes ennbsp;quarré, dont vous ferez entrer la moitié entre les deux cóteznbsp;d’en-bas de la machine de parchemin, dont je viens de pariet , pour la coller contre fa partie anterieure feulement ,nbsp;ainfi qu’il paroit en D D : coupez adroitement une piece dunbsp;devant de cette machine , qui foit de la figure du tétart, amp;nbsp;faites que cette piece tienne par en haut , comme cela fenbsp;voit au'deffous de la lettre E : paffez enfuite un bout de filnbsp;a l’extiémité du bas de cette piece libre, que vous venez denbsp;préparer , dont les bouts s’étendent a droit 8c a gauche ,nbsp;ainfi qu’il paroit en F ^en forte qu'il y en ait autant d’un có-té qu’il s’en trouve de l’autre 3 comme on Ie peiit remarquernbsp;dans ce deffein.

Lorfque vous voudrez faire voir la circulation du fang dans les veines 8c dans les arteres qui font en la queue d’un tétart,nbsp;vous n’aurez qu’a en placer un au-deflbus dé la piece de par^nbsp;chemin, que vous avez feparée en partie du refte de fa machine , aprés y avoir fait plufieurs grands trous d’épingle , 8cnbsp;humeété d’un peu d’eau 1’endroit oü vous ie voulez enfer-mer , au moyen de la piece qui s’abailTe deffus , amp; du filnbsp;marqué G F G , dont vous Ic liere2; douceinent , afin qu’ilnbsp;puiffie refpirer dans eet état.

Cefte machine étant ainfi préparée, il la faudra porter a la place de celle qui eft marquee M M, en la Fig. i. Pianch§.

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Premiere Partie. Chap. XV, ^5

, faifant repondre la queue du cetart fur le verre qui eft au-deflous, après I’avoir efl’uyé, I’approchant enfuite d une len-^ tille d environ deux ligncs de foyer, vous aurcz le plaiftr denbsp;voir au jour , ou a la faveur d’une chandelle allumee, le fangnbsp;mifl'eler dans un affez grand nombre de veines amp; d’arteres;nbsp;decouvrant en même terns plulieurs autres Phénoménes afleznbsp;curieux a obferver.

Cette nouvelle maniere d’obferver la circulation du fang,

amp;c les aniniaux des liqueurs , eft préferable a routes celles out Ton employe un miroir plan, que Ton ajufte dans une boetenbsp;préparée a cet effet car le mélange qui fe fait de la lumierenbsp;reflechie par les parties folides du devant de la glace , dcnbsp;celle qui part de la furface du vif-argent mêlé avec I’etain »

amp; de ceUe de fair qui fe trouve dans les pores de cet amal-game , ne produit qu’une lumiere confufe , qui empeche le fpedateur d’avoir une parfaite diftinétion de 1’objet qu’il regarde.

Nous fupprimons aufli la Loupe placée entre la lumiere Se 1 objet , que Ton y place dans le deflein d’eclairer davan-tage une petite étenduë de la queue du poilfon j paree quenbsp;cette grande quantite de rayons de lumiere differemmentnbsp;modifiée , bien loin d'etre avantageufc dans cette occafton ,nbsp;elle y nuit beaucoup , en empêchant le fpedateur d’avoirnbsp;une diftindion parfaite de I’objet éclairé de cette maniere.

On peut aufti voir la même chofe , en decouvrant un plus grand champ , ou une plus grande étenduë de la queue dunbsp;tétart 5 en fe fervant d’un petit Microfeope a deux ou a troisnbsp;verres convexes des deux cotez, dont voicy les proportions,

Trofil d un petit Microjeope, compofe de deux ou de trots lentilles convexes des deux cotes^

ON voit an haut de cette Planche le profil des troisIcn- pianchctlj tilles HI K , qui doivent être des plus parfaites , dCnbsp;montées dans le corps du Microfeope, dont le profil fait parnbsp;la fedion d’un plan , paftTant par 1’axe de route fa longueur,nbsp;eft reprefenté au has de cette même Planche , avec les ver^nbsp;f£S qui le compofent,

H ii|

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^4 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

L’oculaire marqué H , d-ott avoir £x lignes de foyer : Tc verre I du milieu fera d un pouce ; K K , qui reprefente Ianbsp;lentille , aura pour Ie moins deux lignes de foyer.

La diftance de foculaire au verre du milieu fera de quin- , ze lignes ou environ j celle du verre du milieu a la lentille ,nbsp;fera de deux pouces ¦, 8c la diftance de fceil a 1’oeulaire, feranbsp;d’environ quatre lignes.

Enfin fi l’on veilt faire unMicrofcope a deux vertes, il n’y aura qu’a fupprimer celuy du milieu, amp; laifl'er Ie refte en fé-tat qu’il fe trouve.

Cc Microfcope a deux ou a trois verres , étant ainfi conf-truit, s’enchalfera dans la virole reprefentée en L j en forte qu’il y foit fermement arrêté. M eft Ie profil de eette virole,.nbsp;qui eft un peu ouvcrte du fens de fa largeur, afin quelle faffenbsp;foffice d’un telfort : fon épailfeur , qui eft vüë en N , doicnbsp;être imaginée plus haute que Ie plan O , fur lequel fa partienbsp;balfe eft enchaflée de dix lignes ou environ en profondeur.

Ce plan O reprefente une petite platine mince de laiton d’environ quatorze lignes en quarré , percé au milieu d’unnbsp;trou rond qui a cinq lignes de diametre , dont fufage eft denbsp;reccvoir la bonnette qui fixe la lentille du Microfcope, com-me cela fe peut remarquer au-delfous de la lettre P , qui eftnbsp;Ie profil de l'épaiffeur de cette platine O.

Cela étant ainfi préparé , on engagera cette platine PQf entre la piece A amp; Ie relfort C de la premiere Fig. Planchenbsp;16 j par cc moyen on aura Ie plaifir d’appercevoir tout ce quinbsp;fera dans une petite goutte d’une infufion mife fur Ie porte“nbsp;objet du Microfcope , Sc d’y découvrir un champ beaucoupnbsp;plus grand que n’eft celuy que fon découvre ordinairemencnbsp;avec une feule lentille, mais avec moins de clarté.

II a encore un avantage particulier , qui eft de fervir a découvrir les objets d’une diftance plus grande que I on ne fe-; roit avec une lentille d’un tres-court foyer.

Ce Microfcope a deux ou a trois verres, étant monté de même que ceux qui font corapofez d’autant de verres , fêr-vira aux memes ufages.

fel.


En continuant de parler des ufages du Microfcope univer-’ nous dirons que pouvant écarter , tant Sc fi peuqu’on Ie


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Premiere Partii. Chap, XV. ^5 TCUt, Ic porte-lendlle de I’objet qu’on veut voir , on a la fa-ciiitc de mcttrc en ufage des lentilles de divers foyers i amp;nbsp;par confequent celuy de faire , avec cettc nouvelle montu-re , un grand nombre d’experiences qu on ne peut pas fairenbsp;avec plufieurs autres d’lme conftrudion differente.

' Comme on peut approcher en un inftant la lentille de pijnchc if. fobjet, avant que de porter le Microfeope a I’osil, amp; ache-ver de la mettre affez prés ou affez loin de fobjet, par lenbsp;moyen de la roue N N, que Ton tourne avec un feul doigtnbsp;de la main qui le tient, cela donne le moyen de promenernbsp;I’objet avec I’autre main, amp; de découvrir route fétendue denbsp;la petite goutte d’eau mife fur le porte-objet , Sc en mémenbsp;terns ce qu’elle contient.

Cette roue N N , fa vis , amp; la piece marquee q s , dans Ic profil de la Planche , font que ce Microfeope a une pro-priete qui confifte , en ce que dans le moment que Ton commence a tourner la roue N N , la lentille part pour s’appro-cher ou pour s’éloigner de I’objet , ce qui fait juger de fanbsp;bonté car étant excellente , fon meilleur elfet paroit a unenbsp;feule diftanee de I’objet j au lieu que fi elle n’étoit que mediocre , fon effer fe feroit voir le meme en des diftances in-égales,

Le nouveau porte-lentille , marqué F , eft fi commode qu’on peut par fon moyen employer des lentilles d’un fi courtnbsp;foyer que Ton voudra , Sc mettre les liqueurs au devant ou PUnchci^.nbsp;au derriere du porte-objet de verre j ce qui donne occafion ^nbsp;d’obferver les poiflbns qui nagent dans ces liqueurs par devant ou par derriere, amp; de découvrir s’ils rampent ou s’ilsnbsp;inarchent fur le porte-objet, ou enfin s’ils nagent dans I’eaunbsp;que Ton examine.

On voit bien que ce Microfeope ainfi conftruit, Sc accom-pagné de routes les pieces qui en doivent faire I’aflortiment, eft prefque univerfel, Sc qu’on peut faire avec cet inftrumentnbsp;routes les experiences dont j’ay parlé dans ce Traité , a lanbsp;referve de quelques-unes qui fe font commodement avec lesnbsp;Mierofeopes a canons, Sc le porte-Loupe ; car il eft évidentnbsp;qu’on ne le peut employer dans les diffedions des petits ani-maux vivans ou morts j lt;|u’il nc peut feryjr u les defiTmer oi i

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'éê nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

les graver élégamment, ni ménie a les tenir enfermez du-^ rant plulieurs mois dans de petites prifons bien éclairées ,nbsp;comme on fait dans les Microfcopes a tombeaux , ou ronnbsp;voit comment les uns y font leurs oeufs, amp; d’autres leurs pe-tits tout vivans; comment ils s’y nourriflent j comment ils ynbsp;changent de couleur ¦, comment ils y combattent ¦, amp; ou enfin Ton découvre avcc beaucoup de plaifir plulieurs efpecesnbsp;de métamorphofes, qu’on ne fe ialle point d’admirer.

CHAPITRE XVL

tAutre nouvem Microjcope miverfel.

VOicy un fecond Microfcope univerfel , plus fimpic quc le precedent, 8e qui a par-deflus cela quelquesnbsp;^vantages qui ne s’y rencontrent pas. On le volt reprefenténbsp;dans cette dix-neuviéme Planche , en deux politions toutesnbsp;dilFerentes j la premiere , eft: une elevation geometrale dunbsp;Microfcope tout enticr vu par devant j la feconde le re-préfence vu de cóté.

Ce Microfcope étant conftruit de plulieurs pieces fembla-bles a celles du précédent , amp; ces pieces ayant icy les mc-mes ufages, nous pallerons légérement par-delfus , nous con-tentant de nous étendre autant qu’il le faudra fur celles qui font d’une nouvelle conftruétion , amp; dont les fonftions fontnbsp;plus parfaites amp; plus commodes.

Explication de la premiere óquot; feconde Figure, qui re^re'fentent le Microfcope tout entter vu par devant de cote'; ou il faut re-marquer qae les grojfes lettres fervent de renvoy k la premierenbsp;Figure; ö‘ les petiies , a la feconde.

A A , eft une piece de laiton foudee par en bas, a une petite piece ronde amp;c platte, ornée de quelques moulures pour fervir de bafe a cette maitrelTe piece , amp; de couronne-ment a la virole du manche fur laquelle elle fe monte a vis,nbsp;comme on le peut remarquer au bas de la feconde Figure.

Cette

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Première Partie. Cha^. XVI. ?7

Cette piece A A , qui reffemble en quclque fa^on a unc petite palette , dont les enfans fe fervent pour jouër au volant , ell; nommée la maitrelTe piece j paree quelle fert anbsp;foutenir amp; a porter les autres parties de ce Microfeope ; fanbsp;longueur, fa largeur amp; fon épaill'eur font exa£tement repré-fentées dans la premiere amp; leconde Figure.

b, eft un canon en forme de quarré long, repréfenté en la feconde Figure, foude par un bout au-delTus du milieu de lanbsp;maitrefte piece A A , ou a a.

c c , eft un autre petit canon creuxSr de même figure , qui entre juftement dans le précédent: ce petit canon eft foudenbsp;a une petite piece de laiton marquee D ou d.

E , ou e e, repréfentent une vis qui dent a la piece d , fur laquelle tourne la roue F F , ou f.

G , ou g , eft un reftbrt d’acier trempé , dont le bas eft attaché fur la maitrefte piece A A, ou a a.

Le bout d’en-haut de ce refl’ort eft feparé en deux parties , formant une efpece de fourchette platte par fes extré-mitez , pour laifter un paflage libre a la vis e e j de maniere que les deux extrémitez du haut de ce reftbrt appuyans con-tre le milieu de la piece marquée d, elles la pouftent conti-nuellement en avant.

Onvoit en la feconde Figure , tant au-deftbus de la lettre h , qu’au-deftus d’i, les bouts de deux petits reftbrts d’aciernbsp;placez , Fun dans le gros canon b , amp; I’autre dans le petitnbsp;marqué c , pour rendre uniforme le mouvement du petitnbsp;canon , Sgt;c du bras horifontal de 1’équerre lil, dont on vanbsp;parler.

L, ou 111, eft une grande piece de laiton, formant une efpece d’équerre , dont la branche horifontale eft toute fim-ple , au lieu que fa verticale eft plus compofée. La branchenbsp;la plus fimple eft femblable a une petite regie ordinaire ,nbsp;dont routes les furfaces oppofees font paralleles entr’elles jnbsp;afin qu’étant ainfi d’égale épaifteur, elle puifte couler libre-ment, amp; d un mouvement égal, dans le conduit qui aura éténbsp;pratiqué au-dedans du petit canon marqué c.

La branche verticale de cette équerre eft conftruite de pieces femblables a celles du Microfeope univerfel préce*

I

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Nouveaux Microscopes. dcnt, reprefentécs dans la Pianche i6. Figure i. amp; par lesnbsp;lettres A , B B, C, amp; expliquées dans Ie Chapitre XV. quinbsp;precede ccluy-cy.

M M , font deux relTorts de laiton attachez fermement l’un a di'oite amp; 1’autre a gauche , de la largeur de la piecenbsp;A A , par Ie moyen de deux vis dont on voit les têtes, amp; denbsp;deux petites goupilles invihbles , qui font rivées aux extré-niitez d’en-bas de ces refl'orts , courbez en deux fens diffc’nbsp;rens , comme on Ie peut remarquer en h amp; en m , afin denbsp;laciliter l’entrée , amp;c fenfoncement des diverfes pieces quinbsp;doivent s’introduire derriere ces mémes refl'orts.

Au milieu de l’épaifleur, amp;c a fextrémité fuperieure de la maitrelfe piece AA, ou a a, il y a une ouverture faite ennbsp;forme dun petit quarré long , dont les moindres córez fontnbsp;égale ment diftans de la largeur de la platine A A, dans la-quelle on fait entrer Ie bras vertical d’une petite regie denbsp;laiton d’environ vingt lignes de longueur, St de trois lignesnbsp;de largeur , pliée par Ie milieu pour former une équerre ,nbsp;dont Ic bout horifontal n porte la virole p , qui fait reflbrt,nbsp;dans laquelle on fait mouvoir Ie canon O , garni de mêmenbsp;que celuy du Microfcope precedent.

Les portes-lentilles, les portes-objets, les portes-pincet-tes, amp;c. s’éxecutent de meme qu ils font reprelentez dans les Planches du premier Microfcope univerfel; amp; les ufages denbsp;toutes ces pieces doivent étre icy les mcnies, c’eft pourquoynbsp;nous n’en parlerons pas.

CHAPITRE XVII.

Explication ^un troijiémc O* demur Microfcope nouveau

Cf* mherfel.

JE vais finir la premiere Partie de ce Livre, par lexpli-cation d’un troifiéme Microfcope nouveau , amp; un peu plus univerfel que Ie précédent , ou nous n’avons employénbsp;que 4es fétarts pour faire yoir la circulation du fang •, au lieii

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Premiere Partie. Chap, XVII.

que dans celuy - cy on y pourra ajuftcr des poiflbns de plu-heurs efpeces, de difFerentes longueurs, amp; de diverfes grof-feurs. Et paree qu’il a d’ailleurs tous les ayantages du précédent , on 1’y dolt préferer; mals comme 11 contlent beaucoup de pieces qui ont un grand rapport a celles de ce Microfeo-pe-la, amp; qu’elles ont été expliquées dans le Chapitre précédent, nous ne devons prefque parler icy que de celles quinbsp;en font difterentes. Et afin d’abreger cette defeription au-tant que nous le pourrons , nous avertifibns que les groflesnbsp;lettres qui fe voyent fur les parties de ce Microfeope, repre-fenté en la premiere Figure de la Planche 20 , fervent denbsp;tenvoy aux petites lettres de même nom , qui font fur leSnbsp;memes parties du profil de ce Microfeope, Figure afirtnbsp;que par ce moyen on puilfe avoir une intelligence plus par-faite de la conllruétion amp;c des ufages de toute cette machine. Mais paree que les proportions de la hauteur , de la lar-geur, amp; de répaifleur du corps de ce Microfeope , dépen-dent de la longueur, de la largeur amp;C de l’épailfeur des poif-fons, dans la queue dcfquels on voudra voir circuler le lang jnbsp;cela fait qu’on ne peut déterminer routes ces chofes qu’apeunbsp;pres , amp; en donner des mefures qui répondent a celles desnbsp;animaux dont le choix eft plus convenable j amp;: d’autant quenbsp;les petits poilTons ont la queue plus mince amp; plus tranfpa-tente que n eft celle des gros, il les y faut préferer, amp; ré-duire la grandeur des parties du Microfeope dans le moin-dre volume qu’il fera poflible , afin d’en faciliter le tranf-port.

Pour cet effet, nous avons juge a propos de donner environ huit pouces de hauteur a toute la machine ^ mats cette Planche n’en ayant pas alfez pour la contenir route entiere,gt;nbsp;nous avons réfolu d’en marquer toutes les dimenfions parnbsp;des mefures exaftes , afin que fur ce détail on la pttifte faci-lement executer. Ainfi nous dirons que le corps du Microfeope eft fait de laiton ; que fa hauteur A B eft divifée ennbsp;deux parties j que la poignée C D a quatre pouces de hauteur ; que fa largeur FF eft de vingt lignes, fon épaifteurnbsp;G H de treize ; que cette poignée eft creufe 6c de figure ci-hndrique un peu applatie , en forte que fes extrémitez font

I i)

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7© nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopen;

dcvenuës ovales, demeurans dans les mêmes proportions cy-delTus marquees.

La feconde partie fuperïeure AI , eft faire a peu prés conime un parallelepipede redangle , dont la hauteur anbsp;vingt-fept lignes; la largeur par Ie bas , tant du devant quenbsp;du derriere , eft de feize lignes , amp; par Ie haut des mêmesnbsp;cótez de dix-huit j amp;c que chacun des autres plus petits có-tez n’a que dix lignes.

Cette même partie A I eft inégalement divifêe en deux autres ¦, celle de deftbus a feize lignes, amp; celle de defl'us onze : les deux cótez de la premiere partie qui touchent la poi-gnée , font ouverts •, amp;c ceux de la feconde , qui répondentnbsp;immédiatement au-delTus, font fermez.

A peu prés vers Ie milieu de la partie fupcricure du devant , amp;: du derriere du corps du Microfcope , on y a attaché deux plattes-bandcs marqvrées 11, dans Ie profil Figure % , qui en occupent touce la largeur , amp; dont les extrémiteznbsp;font entaillées pour fervir de coulifl'e ¦, amp;c au milieu de lanbsp;platte-bande du derriere du Microfcope, on y a foudé imcnbsp;vis m d’environ un pouce de longueur , de deux lignes denbsp;diametre, amp; d un pas aflez gros.

Maintenant dans les entaiiles des deux pieces a coulilTes dont on a parlé, on y fait entrer les cótez creux d’une double éqiierre o o , dont la concavité eft faite en forme d unnbsp;quarré long.

Cette double équerre o o entre a coulifte par Ie devant du Microfcope , amp; fes extrémitez pofterieures, qui font faitesnbsp;en tenons percez, re^oivent unc piece de laiton platte mar-quée pp, qui eft retenuë par deux goupilles j amp; il faut re-marquer i“. que la vis m dont nous venons de parler traverfenbsp;librement Ie milieu de cette piece de laiton •, a”. Qtie cettenbsp;piece de laiton jointe a la double équerre forment un chMisnbsp;quarré qui environne Ie corps du Microfcope , amp; qui pourranbsp;être mu en avant amp; en arriere , pour fervir aux ufages don?nbsp;on parlera cy-après. Et enfin qu au derriere du corps de cqnbsp;Microfcope on y a attaché un reflbrt d'acier marqué q ,nbsp;dans la feconde amp; troifiéme Figure , d’environ trois pouce^nbsp;d? longueur ^ de huit lignes de largeur, donï Felfet eft d@

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Premiere Parti e. Chap. XVII. 71 pouffer le chaflis en arriere j amp; ayant monté une roue den-telee r r fur cette vis ni, done le diametre excede un peu lesnbsp;cotez de la double équerre, elle fervira a poufl'er le chaflisnbsp;d un fens oppofe a celuy du relTort marqué Qj^

Dans les deux cotez creux des pieces a coulilTes, par lo devant du corps du Microfeope, on fait entrer deux lamesnbsp;d’acier s s , aux extrémitez defquelles eft rivee une piecenbsp;platte marquee T , t, Figure i. amp;c z , Planche to. recourbéenbsp;en double équerre , comme on le voit dans le profil de la fe-conde Figure , amp; dans celuy de la cinquiéme, Planche zi.

Le haut de cette partie platte , ainli recourbée, eft coni-pofé de pieces routes femblables a celles du haut du Microfeope précédent; amp; ces pieces doivent avoir icy amp; la a peu prés les mêmes proportions amp; les mêmes ufages.

On voit paroitre au-deftbus des lettres V , V , le haut dei deux reflbrts d’acier, dont les extrémitez inferieures font at-tachées interieurement au corps du Microfeope , par lenbsp;moyen de deux vis dont les tetes paroiftent en X X , amp; cesnbsp;reflbrts font retenus fermement en la fituation qu’on les voitnbsp;par deux petits tenons, dont les bouts paroiftent quelque peunbsp;plus bas que ne font les tetes de ces vis.

Au deflus , amp; au derriere de la partie fuperieure de tout le corps du Microfeope , on y a pratiqué, dans le milieu de fanbsp;longueur amp; de fon épaiflbur, une cavité reguliere d’environ Piafichcio.nbsp;jdix lignes de profondeur, de huit lignes de longueur, 6c d’unnbsp;peu moins d'une ligne d’épaüTeur , pour y faire entrer lanbsp;queue 6c d’une virole i. qui fait reflbrt, amp;C dans laquelle onnbsp;Introduit le canon 1, garni de diaphragmes.

La troifieme Figure de la zi. Planche, reprefente le Microfeope vu par derriere , 6c dans une élevation géometra-ie, oil Ton peut voir la hauteur de la poignée IB couvert© de chagrin , le grand reflbrt d’acier marqué la vis quinbsp;1’attache a peu prés au milieu de cette poignée , la roue den-felée R , montée fur la vis M qui en traverfe le milieu ; lenbsp;refte du corps du Microfeope , le derriere du canon garninbsp;d’un diaphragme , 6c d’une virole qui le retient fur le bordnbsp;de ce canon j 6C enfin une petite partie de tout ce qui fe voitnbsp;jeprefenté au-deflbus de la quatrieme Fig. Planche 2-1.

I ill

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71 nbsp;nbsp;nbsp;NoüVeaux Microscopes.

Cette qviatriéme Figure reprefente une machine eonipo-fee dun porte-canon z z , concave dun cóté amp; convexe de l’autre : on voit au milieu un petit anneau marqué amp; amp; , qucnbsp;Ton a refervé de part d autre de la méme piece dont Ienbsp;canal eft fait, fur Ie milieu duquel on a attaché un refl'ortnbsp;d acier trempé marqué I, qui fe voit terminé en Y Y , dontnbsp;les extrémitez font recourbées d’un fens contraire a celuy dunbsp;canal de laiton marqué z z qui luy répond, afin que ces deuxnbsp;corps ainfi figurez concourent enfemble a retenir les tuyauxnbsp;de verre, d argent ou de laiton, gros amp; menus , dans la ca-vite defquels on introduira les poiflbns au on v voudratnbsp;mettre.

La partle fiaperieure z 2,, de ce porte-canon , eft faice de laiton mince , amp; elle eft de la même grandeur de la mêmenbsp;figure que Ie deffein la reprefente. On y voit en haut amp; aunbsp;inilieu une ouverture en forme d’unquarré long,fur laquellenbsp;on poufle a coulilfe un verre plan de même figure amp; de peunbsp;d’épaiffeur , mais un peu plus grai^d , taillé en bifeaux tout Ienbsp;long de fes plus grands cótez.

tnfin la Figure 5 , qui eft au bas de la Planche zi, eft Ie profil d’une piece qui tient a la platte-bande T, Fig. i. Planche zo , recourbée en double équerre, amp;c fur Ie devant denbsp;laquelle on voit deux doubles rell'orts d’inégales largeur amp;Cnbsp;hauteur, derriere lefquels on introduit Ie porte-lentille , amp; la.nbsp;piece qui doit fervir a foutenir un petit Microfcope a deuxnbsp;ou trois verres convexes des deux cotez , comme il a été ex-pliqué dans l’ufage de l’un dc de l’autre des deux Microfco-pes précedens.

Outre les pieces dont Je viens de parler , qui accompa-gnent celuy-cy , on doit encore l’aftortir d’un porte-pincet-, te, d’un porte-tétart, d’un porte-objet a coulilfe , pour ynbsp;introduire des verres taillez diverfement, èc d’autres portes-objets , qui doivent fervir a des ufages difterens, amp; dont ilnbsp;a été parle ailleurs affez au long , pour n’avoir pas befoinnbsp;d’une plus ample explication.

J’avertiray feulement que la curiofité amp; Ie defir de rendre eet Ouvrage autant parfait qu’il m’a été poffible de Ie faire ,nbsp;mVonr engagez a rechercher les moyens de fatisfairc pleinc-


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Premiere Parti e. Chap. XVIT, 7; ment ceux qui voudront f^avoir fi le fang circule dune mê-inc rnaniere dans des poiflhns d’une même cfpece j s’il fenbsp;meut difFeremnient dans ceux qui font de diverfes natures jnbsp;s’il va plus vite dans les vaiffeaux des uns que dans ceux desnbsp;autres j s’il y eft plus ou moins rouge j ft les globules du fangnbsp;qui paftent d’une artere dans une veine, fe divifent en d’au-tres globules plus petits, ft route la mafte du fang eft uniforme , ou ft on la voir compofee de parties héthérogenes j ftnbsp;les arteres amp;c les veines ne font que des tuyaux recourbez ,nbsp;comme les fyphons j ft Ton voit le fang s’arrêter dans quel-ques vaifteaux d’un même poiffon , pendant que fon mouvement fe continue en d’autres j ft tout le fang d’un petit poiffon , ou de quelque autre animal, comme d’une mitte denbsp;ferin de Canarie, peut ceftTer de fe mouvoir pour quelquenbsp;terns feulement j s’il eft plus épais cn de certains poift’onsnbsp;qu’en d’autres ¦, pourquoy il paroit blanc en quelques-uns, amp;Cnbsp;rouge en d’autres , amp;:c. C’a done été pour fatisfaire ceux quinbsp;nous font I’honneur de nous propofer de femblables quef-tions, amp; pour faciliter la réfolution d’un nombre prefqucnbsp;infini d’autres , qui rendent la Phyftque tres - utile amp; tres-agreable , que j’ay fait conftruire ce troiftéme Microfeopenbsp;univcrfel, dans lequel on pourra facilement appliquer quandnbsp;on voudra , amp;: durant route Tannee , tantot des tétarts 04nbsp;chabots , tantot de petites anguilles , quelquefois des 1am-proyes , d’autres fois de petites ranches ou des carpes , dansnbsp;la queue defquelles on aura le plaiftr d’obferver, comme onnbsp;le va dire , a la iumiere du jour ou a celle d’une chandelle,nbsp;routes les chofes dont je viens de parler. Et avec ce feul Microfeope , accompagné des pieces qui doivent I’aftbrtir s onnbsp;pourra aulft faire routes les experiences dont les deux préce^nbsp;dens Microfeopes font capables,

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74

Nouveaux Microscopes.

CHAPITRE XVIII.

Comment on dolt ajufier une Lamfroye, une Anguille, on un té-tnrt, duns un tuyuu de verre, d'argent ou de laiton. Comment on applique ces tuyaux dans la machine reprefente'e en la Blanche zi. Fig. 4. Et enfin comment cette mème machine doit êtrenbsp;placet dans la capacité du corps du Microfiope.

lOur eet efFet prenez un de ces tuyaux, qui foit un peu plus court que la lamproye , ou l’anguille que Ton ynbsp;voudra faire entrer , 6c tellement conftruit, que l’un de fesnbsp;bouts foit taillé a peu pres comme celuy d une plume a écri-re , pendant que fautre bout du mêine tuyau fe termineranbsp;en pointe un peu émouffée percée , afin que I’animal qu’onnbsp;y fera entrer y puiiTe facilement refpirer. II faut obfervernbsp;que Ie tuyau dans lequel on fera entrer Ie poidbn ne doitnbsp;pas être trop grand, paree qu’il en pourroit fortir de luy-niême , apres l’y avoir fait defcendre , en commen^ant parnbsp;la tête.

Cela fuppofé, arrêtez la queue de I’animal après Tavoir fait furpafler de quelques lignes , Ie bout d’en-haut du tuyaunbsp;taillé obliquement, avec un peu de papier ou de linge , quenbsp;vous ferez entrer dans ce tuyau fans beaucoup prelfer lanbsp;queue de fanimal, qu’il faudra faire répondre fur Ie verre anbsp;coulifle ¦, enfuite de quoy il n’y aura plus qua niettre cettenbsp;machine, ainfi préparée, dans l’efpace vuide du corps de cenbsp;Microfcope , en l’y arrêtant du fens qu’il faut, derriere lesnbsp;reiforts d ader que l’on voit reprefentez en V V,, de la premiere Fig. Planche zo. faifant encore répondre Ie bout de lanbsp;queue de ce poiflbn vis-a-vis la lentille que l’on mettra faci-iement au point de diftindion , par Ie moyen de la grandenbsp;rouë a dents ; alors vous aurez Ie plaifir d’obferver a loifir Ienbsp;mouvement du fang a la lumiere du jour , pu a celle d’unenbsp;chandelle.

Je ne devrois rien dire icy de la préparacion du tétart paree que j’en ay parlé dans i’ufage du premier Microfcope

univerfel,

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Premiere Partie. Chap. XVIII. 7f

unlverfel, ni de plufieurs autres chofes qui ont été expli-quées ailleurs j cependant je me fens oblige de parlei' d une nouvelle maniere de Ics faifir avec beaucoup plus de facilitenbsp;qu'on nc peut faire en fuivant la méthode precedente. Ellenbsp;confifte 1°. a prendre un tuyau de verre comme a b , qui foicnbsp;un peu plus long que n’eft Ie poilTon qu’on y voudra faire en-trer, pour tailler 1’extrémité b, ainh que cela fc voit en lanbsp;Fig. 6. de la zi. Planche.

a°. De faire un autre tuyau c d e , de carton ou de papier, qui puilfe entrer par Ie bout a du premier tuyau , afin de fer-vir a poufler fanimal qu’on y mettra jufqu’au point oü ilnbsp;doit être, pour que fa queue réponde au milieu de la largeurnbsp;du verre dont il a été parlé ci-devant, afin d’y obferver Ienbsp;fang en mouvement. Ces deux tuyaux doivent être ouvertsnbsp;d’un bout a l'autre ¦, afin de donner moyen au poiffon, quinbsp;feta placé dans Ie premier a b, d’y pouvoir refpirer facile-ment.

Pour l’arrêtcr dans ce tuyau de verre , on peut tres-utile-ment fe fervir d’un petit morceau de linge fin amp; moüillé , une partie duquel doit être dans Ie tuyau , l’autre partie s'ynbsp;mettra aufh après y avoir placé fanimal: enfin ce tuyau étantnbsp;ainfi préparé , on Ie fait entrer , comme on fa dit , dans lanbsp;machine qui eft au-deffous dc la Figure 4. Planche zi. Ecnbsp;s’il arrivoit encore qu’aprés avoir ainfi faifi fanimal , il vinenbsp;a feparer fa queue du verre fur lequel on f avoit ajuftée , onnbsp;fy fixeroit une feconde fois mieux qu’elle n’étoit, en appli-quant fur fa partie la plus épailTe une petite bande étroite denbsp;linge fin moüillé , afin qu’elle s’y attache , amp; qu’elle y falTcnbsp;demcurer liable cette partie du poiffon, durant Ie tems desnbsp;obfervations qui s’en fcront.

Cette nouvelle méthode de fixer les lamproyes, les an-guilles , les tétarts , amp;c, dont la groffeur ne furpall'e pas Ie diametre interieur des tuyaux de verre qu’on peur faire entrer dans la machine dont je viens de parler , eft préferablenbsp;a celle dont on s'eft fervi jufqu’a prefent, paree qu’elle évitenbsp;des défauts confide rabies , qui naiflent de fimpoffibilité oünbsp;l’on fe trouve d’avoir des tuyaux de verre affez minces, all’ez

K


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7^ nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

tranfparens, amp; qui foient d’ailieuis exempts des filets qu’on y voit étendus d un bóut a l’autre de leur longueur , ce quinbsp;empêche Ie bon elFet des meilleurs Microfcopes.

II ne refte plus qua dire comment amp; furquoy il faut faifir les poiflbns , dont ia grofièur ne |)ermet pas de mettre ennbsp;ufage la machine qui eft reprefentee au-deflbus de la Figurenbsp;4. Planche zi. Pour eet elFet, il n’y a qu’a preparer unporte-objet de laiton , dont la hauteur amp; la largeur égalent cellesnbsp;des poidbns qu’on y doit appliquer : pour Ie faire , tirez furnbsp;un carton fin, ou fur du laiton qui foit environ de l épailfeurnbsp;de deux cartes a jouër , une ligne droite , longue de deuxnbsp;polices huit lignes, a Tune des extrémitez de laquelle vousnbsp;éleverez perpendiculairement une autre ligne droite d’unnbsp;pouce , afin que par ce moyen vous puilTiez achever un quar-ré long, duquel vous diviferez Ie plus grand cóté fuperieurnbsp;en deux parties égales, prenant enfuite de part d’autrenbsp;de ce milieu deux longueurs chacune de fept lignes , amp;c furnbsp;leur extrémitez vous y éleverez deux perpendiculaires, cha^nbsp;cune de deux pouces fix lignes , pour terminer la hauteurnbsp;des montans du porte-objet : après cela vous prendrez anbsp;droit amp; a gauche de ces montans une largeur de quatre lignes au plus , amp; par les points qui la termine vous tirereznbsp;deux autres lignes paralleles aux deux précedentes.

Divifez enmite en deux parties inégales toute la hauteur de 1’efpace qui fe trouve entre ces deux montans , qu’il fau-dra vuider pour en óter Ie fuperfiu , doiinant un pouce anbsp;celle\l’cn-bas pour la hauteur d’un morceau de glace desnbsp;plus tranfparens qu’on pourra trouver , lequel étant taillé ennbsp;bifeaux a droit amp; a gauche, on le fera entrer a coulifie dansnbsp;deux rainiires bien laites qui feront pratiquées dans l’épaif-feur des montans de ce porte-objet ¦, amp; fur ce verre on def-^nbsp;cendra encore a coulifie une piece de laiton d’environ quatre pouces fix lignes de longueur , dont la partie qui doitnbsp;toucher le fommet du morceau de glace, amp; fe terminer auxnbsp;extrémitez des montans , fera plane , amp;: le refte un peunbsp;creux, amp;; plus large que la partie qui eft au - defl'ous j afinnbsp;que le eotps de ghaque poifibn qui eft convexe , amp; qu’il y

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Premiere Parti e. Chap. XVIII. nbsp;nbsp;nbsp;77

faudra coucher de route fa longueur , s’y puifle mieux ajuf-ter qu’il ne feroic il cette piece étoit platte dans route fon étenduë.

En ótant aprés cela Ie fuperfiu qui fe trouve a droit amp; a gauche de cette nouvelle machine , oir aura Ie porte-objet,nbsp;dont les montans feront plus fermes fi Ton referve affez denbsp;matiere par le has pour les terminer par deux doucines , ac-compagnées de filets quarrez, qui leur fcrviront comme denbsp;bafes, amp;c d un couronnement des plus gracieux qu’on puifienbsp;faire.

On voit bien que la hauteur amp; la largeur de route cette machine , doivent étre proportionnées a celles des poiflbnsnbsp;qu’on y veut faifir , amp; que moins ils auront d’age , plus lanbsp;queue en fera mince amp;: tranfparente, ce qui donnera lieu d’ynbsp;obferver plus agréablement la circulation du fang, que fonnbsp;ne feroit, fi la queue de ces poiffons étoit plus épailï’e, dontnbsp;la raifon eft fi évidente que chacun la peut appcrcevoir,pournbsp;peu d’attention qu’on y donne.

Cela fuppofé , lorfqu’il s’agira d’appliquer fur cette machine une tanche , une carpe , un brocheton , amp;c. vous n’au-rez qu’a y coucher un de ces poifl'ons tout de fon long, en faifant répondre fa queue fur le milieu du morccau de glace , jettant enfuite fur la longueur de tout fon corps une petite bande de moulTeline , moüillée ou non ; puis arrêtant lenbsp;tout avec un petit ruban étroit, vous tranfporterez le porte-objet ainfi chargé entre les deux reflbrts d’acier qui fe voyentnbsp;au-delTous de V V , Figure premiere de la vingtiéme Plan-che , pour faire vos obferyations avec des lentilles qui leurnbsp;conviennent.

Et paree que cette explication pourroit paroitre trop dif' ficile a comprendre , n’étant pas accompagnée d’un defleinnbsp;qui reprefentc la machine dont je parle ; j’ay jugé a proposnbsp;de la reprefenter icy telle que je fay décrite , amp;:d’ajouter en- Pfinehezi.nbsp;core que A B C , eft le porte-objet de laiton.

B C , les montans a rainures.

D, le morceau de glace taillé en bifeaux , pour entrer a coulifle dans les rainures des montans.

jF E, eft une feule piece de laiton ejui eft plane depuis F


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7^ nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.

jufqu’en C, amp; concave dcpuis C iufqu’en E; amp;: que c’eil touc Ie long de cette derniere piece que l’on applique les poifldns,nbsp;en les y faififlant la têce vers E , amp; la queue étenduë fur Ienbsp;milieu du verre marqué D.

Je crois devoir encore dire comment on pourra conferver durant plulieurs mois les poifldns done je viens de parler ,nbsp;afin d’en avoir toujours de plufieurs fortes , foit en efte , foitnbsp;en hyver, pour fervir a faire voir la maniere dont le fang cir-cule dans les vaifleaux dcs uns amp; dans ceux des autres.

Les jattes de bois un peu profondes feront tres-propres pour y conferver les tetarts , en leur donnant tous les jours denbsp;Teau nouvelle , de riviere ou de Fontaine. Et pour faciliternbsp;ce changement fans les toucher , on n’aura qu’a verfer toutnbsp;ce qui fera dans la jatte , dans une pafldire de terre vernif-fée j afin que I’eau s’étant feparée des tétarts , on les puiflenbsp;remettre dans leur vaiflTeau avqc de Fcau nouvelle , amp;c quel-ques petits morceaux de petit pain. J en ay gardé ainfi dansnbsp;mon Cabinet depuis le commencement de l’efté dernier juf-qu’a prefent it. Fevrier 1718. que jWois fait pêcher dans lesnbsp;baflins des Thuilleries , amp; dans celuy du Jardin qui ell aunbsp;Palais de Luxembourg.

Les lamproyes ne font pas fi communes que les tétarts, il les faut faire pêcher aflTez loin de cette Ville , amp; les conferver dans des vaifl'eaux de terre ou de grais , ou Ton met denbsp;feau commune amp; du fable de riviere, dans lequel elles s’en-foncencamp; s’y cachent pour quclque tems. Etquoy qu’on foitnbsp;obligé de changer d’eau aflez fouvent, paree qu’elles y trou-vent leur nourriture, on ne Tefl; pas d’cn faire de même dunbsp;fable , qu’il fufïira de laver une fois oudeux durant huit jours.

Les petites ranches , les carpes amp;c les brochetons, fe peu-vent conferver aflTez de tems, en les mettant dans un vaif-fcau qui leur conviennent, avec autant d’eau de riviere amp;L de pain qu’il en faudra pour les nourrir durant deux ou troisnbsp;jours.

Fin de la premiere Partie,


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NOUVELLES

OBSERVATIONS,

Fakes avec de nouveaux Microfcopes, fur une mulei-tilde innombrable d’infeótcs j amp; d’aurres animaux de diverfes efpecesj qui nakTeiit dans des liqueursnbsp;préparées, èc dans celles qui ne Ie font point.

SECONDE PARTIE.

qAVERTISSEMENT.

P R Is' s avoir expliqué dans Ia premiere Partie de eet Ouvrage , la conftru£tion , amp; quelquesnbsp;ufages de plufieurs nouveaux Microfcopes dnbsp;liqueurs , beaucoup plus parfaits amp;: plus com-

_modes qu’aucun de ceux qui font venus jufqu’a

prelcnc a ma connoilTance j il eft neceiTaire de les mettre en ufage, pour faire 1’Hiftoire anatomique d’une multitude


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z Des Animaux aeriens, terrestres prcfque infinie de tres-petits animaux aëriens, terreftres Ünbsp;aquadques , qui one été jufqu’a prefent inconnus, a caufsnbsp;de leur petitelfe, amp; des grands défauts qui font inféparablesnbsp;des Microfcopes ordinaires.

CHAPITRE PREMIER.

Des Angmües , Sereens gt; ou fetits ‘uers que (on trome dans Ie ‘’vinai^e,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.

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E ji’eft pas d’aujourd’huy qu’on eft afïixré que Ie vinaf^ quot; ^^'gre contient en eamp;édjeaucoup de petites anguilles y maisnbsp;ce n’eft que depuis l’invention du Microfcope , que 1’onnbsp;s’eft apper^u que ces ferpens ont une queue fort aiguë j 5^;nbsp;c’eft ce qui a donné occalioxa a plulieurs perfonnes de croirenbsp;que Ie vinaigre ne piqiioit, que par rimprelTion que ces petitsnbsp;animaux faifoient fur la langue j mais les diverfes experiences que nous avons faites fur ce fujet nous perfuadent, quenbsp;ce n’eft point a ces animaux qu’il faut attribuer l’acidité quinbsp;fe remarque dans cette liqueur; mais feulemenc a fes partiesnbsp;invifibles j puifque nous avons vn de bon vinaigre lans iin-guilies.

Au commencement du mois d’Avril de 1’année k^So.' nous n’apper^ümes aucun de ces infefbes dans du vinaigrenbsp;qui avoit été expofé au Soleil durant quelques heures.

Vers la fin du mois de Juin de la méme année , amp; tout Ie rede de l’elté*^ il étoit difficile de trouver dans Paris dunbsp;vinaigre dans lequel il n’y eüt point d’anguiUes : amp; cela fitnbsp;que bien des gens qui les avoient vüës dans nos Microfcopesnbsp;difcontinuerent de manger de la falade- J’avois beau leurnbsp;dire quelles étoient environ cent mille fois plus petitesnbsp;qu’ils ne les voyoient par ces inftrumens j que la chaleur denbsp;i’eftomach les faifoit mourir en un inftanc •, amp; que , puifqu’ilsnbsp;avoient mangé de la falade jufqu’a prefent fans eii avoirnbsp;reffenti aucune incommodité , ils pouvoient continuer fansnbsp;danger 1’ufage d une chofe qui leur faifoit plaifir. Et quo^tnbsp;que toutes ces raifons leur parullenc affez folides amp; aflez

convain- \

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ET AÖI?ATIQÏJÉS. SêCÓNöE PARTIE. Chap.. ï. J fcörnvaincantes pour les tirer de l’erreuy ou ils étoient; Ianbsp;plupart ne pouvoient;^omprendrê que des ferpens qui leurnbsp;avoient patit plusgt;g.r£is que Ie doigt, èc plus longs que Ie bras,nbsp;ne fiflent quèlque mauvaife impreffion fur les membranes in-terieures de l’eftomach,;^

Ce qur nous engagea a faire quelques experiences pour feparer ces animaux d’avee Ie vinaigre , amp; Ie purger d’uncnbsp;chofe qu’on s’imaginoit capable de nuire a la fanté.

La premiere experience que je fis fut de pafler Ie vinaigre^ au travers d’un tamis allez fiiij mais je connus que les petitesnbsp;anguilles paflbient aulfi avec la liqueur.

z°. Je fis chauffer du vinaigre fur Ie feu fans Ie faire bouil-lir j routes les anguilles perirent fans que la force du vinaigre fut cönfiderablcment diminuée.

J’expofay encore de cette liqueur durant deux heures au Soleil, amp; la même chofe arriva , de maniere qu’au boutnbsp;de quelque tems la plus grande partie de ces animaux furentnbsp;précipitez au fond de la bouteille.

Enfin faifant pafTer Ie vinaigre au travers d’un papier-broüillard, ou d'une chauffe J*fbn aura tout d’un coup la liqueur comme on la vent.

Les animaux dont nous parlous fe multiplient, amp; groflif-fent en peu de tems jufqu’a un certain point 5 amp; on remarque que 1’air leur eft fi nécelTaire , qu’on les voit s’amaffer emnbsp;beaucoup plus grand nombrevers la fuperficie de la liqueur,nbsp;que par tout aiUeurs j amp;c s’ils dcfcendent quelquefois au fondnbsp;du vaifleau, ils remontent bien-tót aprés jufqu’au haut poutnbsp;y refpirer’.-

Si 1’on prend deux bouteilles au commencement du mois de May , amp; qu’on les remplifl'e d’un vinaigre pur, bouchantnbsp;Tune des deux bouteilles, amp;: laiflant l’autre ouverte, on ver-ra dans la fuite des anguilles dans celle - cy , point dansnbsp;l’autre, au moins pendant tout Ie tems qu’elle aura été bien'nbsp;chée.'

eux qui croyent que routes les generations fe font par les'oeufs , difent qu’au commencement des chaleurs certainsgt;nbsp;etits animaux imperceptibles anos yeux,qui volentou nament dans fair, étant comme attirez par les parties fpiritueu-

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4 Des ANiMAUx aeriens , terrestres fes qui s’exalent continuellement du vinaigre, laifTent tom^nbsp;ber des oeufs dans cette liqueur, oü recevant une chalcurnbsp;moderée , amp; caufée par une douce fermentation, ils y peu-vent éclore , amp; fournir ainli en peu de tems les petits ani-maux dont je parle.

Cette maniere de faire naitre les anguilles du vinaigre , ne s’accorde pas avec ce que deux de mes amis ont obfervénbsp;dans quelques petites gouttes de vinaigre mifes dans un Mi-crofcope ; ni avec ce que j’ay vü dans deuxfemblables experiences , dont je parleray a la fin de cette feconde Partie ,nbsp;oü je rapporte exadement les obfervations que j’ay faites furnbsp;deux petites anguilles qui alloient amp; venoient dans les corpsnbsp;de leurs meres.

Cela fuppofé, il ne paroït pas qu’on puilTe rapporter l’ori-gine des anguilles du vinaigre a aucune corruption qu'on pourroit fuppofer y être furvenuë , puilqu’on ne trouve ennbsp;eette liqueur aucun changement fenlible , foit avant ou aprésnbsp;leur naiflance.

Monlïeur Amontons , de 1’Academie Royale des Sciences , m’apporta un jour une petite bouteille de vinaigre dif-tilé, qui étoit d’une force extraordinaire, amp; qui contenoic uia nombrc prodigieux de petites anguilles d’une tres-grandenbsp;vivacité. Je confervay cette liqueur durant quinze mois ounbsp;environ j fans boucher la bouteille •, de forte que s’étant éva-porée, il ne refta plus au fond de cette bouteille qu un fedi-ment fort épais, amp; d’une odeur alfez defagréable.

Ces animaux meurent fouvent d’une efpece de paralylie qui attaque d’abord une partie de leurs petfts corps j fouventnbsp;aulÏÏ on voit qu’clles en guérill'ent en peu de tems , particu-iierement durant les chaleurs de l’efté, pourvü que la tête nenbsp;foit pas attaquée de cette maladie.

II elf alfez rare de voir vivre ces anguilles durant une an-née entierei foit paree qu’elles manquent de nourriture , foit paree qu’elles ne refpirent pas un air alfez chaud, oüelles fenbsp;confervent bien mieux qu’elles ne font ailleurs.

fUnche i.

En A, on voit deux de ces anguilles figurer enfemble , de tellc maniere qu’elles s’accordent a faire des ondulationsnbsp;pareilles; on en voit même quelquefois julqu’a cinq fe mou-yoir ainfi.

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ET AOITATIQUES. SeCONDE PaETiE. Chap. I. J

En B, B , B, B, on en voit quatre autres courbées diver-fement, 6c qui fe débandent avec autant de vicelle que fe-roit un refTort de pendule qu’on auroit plié de mcme qu’ellcs Ie font.

En C il s’en voit une dont Ia queue eft divifée en deux parties } ce qui eft fl rare , qu’en plus de années d’obferva-tions, je n’en ay vu que deux a la queue fourchuë.

Celle qui eft marquee D, a la bouche toute ronde de menie que les précedentes , quoy qu’elles ne foient pas rcpre-fentées de même. On a jugé a propos d’en varier ainfi les defleins , pour fatisfaire ceux qui fe perfuadent que ce fontnbsp;veritablement des ferpens. Comme ces anguilles font d’unenbsp;vivacité extraordinaire , èc qu’elles fe mouvent avec beau-coup jdteftè , on eft oblige d attendre qu’une bonne par-tie de la liqueur que l’on met fur Ie concave de verre foitnbsp;évaporée afin que leur mouvement foit confiderablemencnbsp;rallenti , pour appercevoir leur bouche , èc plufieurs autresnbsp;circonftances particulieres qu’on remarque en ces petitsnbsp;poiffons.

Le peu d’étenduë qu’a cette Planche ne m’a pas permis de les reprefenter de lagrofleur ni de la longueur que je lesnbsp;ay vues 6c fait voir a des perfonnes qui en ont été effrayées.nbsp;Je ne la détermine point icy cette grofleur •, car cela dépend,nbsp;du foyer de la lentille dont on fe fert pour les obferver.

Qgelque attention que j’aye pu donner a obferver la têtc de ces anguilles pour en découvrir les yeux, jc n’ay jamaisnbsp;pü en venir a bout, foit a caufe de leur petiteffe, ou a caufenbsp;que la liqueur vcnant a s’épaiflir 66 a fe deflecher , ellc lesnbsp;eouvre 66 y forme un voile qui ne permet pas qu’on les ap-perqoivc au travers : je fuis cependant tres - afliiré qu’ellesnbsp;en ont; car les détours qu’on leur voit faire pour s’éviter lesnbsp;unes les autres, ne permettent pas d’en douter un moment.

Si 1’onveut conferverles anguilles du vinaigre durant plus d’un an , il faut avoir foin de remplir ladsouteille oü ellesnbsp;font, a mefure que l’évaporation s’en feit.

II eft tres-rarc de voir dans le bon vinaigre d’autres ani-maux mêlez avec les anguilles j mais on en rrouve aftcz fou-vent dans les vinaigres corrompus ou gatez , 66 même en

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Des akiMaux aeriegt;is, terrestres tres-grand. nohjjbre, particulicrement fi l’on y méle bcaucoupnbsp;d’eau communé^ amp; qu’on Ie garde débouché durant plufieursnbsp;femaines amp;c ce qu’il y a de particulier a obfcrver eft , que linbsp;Ton ajoüte une tres-petite goutte de vinaigre ordinaire avecnbsp;celuy oü il £e trouve de ces animaux, ceux - cy periflent ennbsp;un inftant, amp; les premieres anguilles fublillent, amp; même ellesnbsp;paroilTent avoir plus de vigueur qu’elles n’en avoient aupa-ravant.

On verra dans la fuite de cette feconde Partie beaucoup d’autres anguilles , qui ont pris naillance dans des infufionsnbsp;toutes dilFerentes les unes des autres ? amp; qui fopt d’une autrenbsp;nature que celles du vinaigre.

Enfin nous avons encore oblervé que les anguilles du vinaigre fubfilloient dans une infufion de poivre en grain mis dans de l’eau commmie ; amp; que les animaux de cette infufion meurent tout fubitement étant mêlez avec quelque peunbsp;de vinaigre.

CHAPITRE II.

Du 'Tfiftai^re commun.

LEs Vinaigricrs font un fi grand myfterc de la maniere de faire Ie vinaigre , qu’iis ne l'enfeigneni^ a leurs ap-prentifs qu’au bout de fept années- Peut-étre fera-t’on fur-pris de ,ce qu’ils en ufent ainfi , lorfqu’on f^aura Ie peu denbsp;précaution qu’il faut prendre pour faire de bon vinaigre j carnbsp;il fuffit d echauder un baril neuf avec de f eau commune route boüillante , amp;; de mettre en fa placé , Ie plus vite qu’il eftnbsp;poflible , Ie meilleur vin qu’on puilfe avoir , amp; quelque peunbsp;de fel j car c’eft principalement de la bonté du yin que depend celle du vpiaigre,

II faut obferver que Ie vinaigre fe perfedionne mieux amp; fg fair plus proinptement quand Ie vaifleau eft dans un lieunbsp;chaud Se débouché ? que lorfqu’on Ie tient bpuché amp; dans unnbsp;deu froid: ön apra ainfi au bout d’un mois ou deux d’excei::

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ïT AQUATjQüEs. Sécöndë Partie. Chap. n. 7 ïcnt vinaigre •, amp;c pour rentretenir il faudra awip loin de rcm*^nbsp;plir de bon vin Ie même vaifldau, a meiurc q^Cevaporationnbsp;.OU la confommation s’en fera.

Si 1’on vcut que Ie vin s’aigrifTe prom|)tenicnt-, il faut met-tre Ie baril dans un lieu chaud , amp; y meier de tems en tcms la partie la plus claire de la lie du vin, tirée par exprcllion.

Monlieur Hombert, de 1’Academie Royale des Sciences; a propofc une maniere nouvelle de faire du vinaigre avec dunbsp;bon vin , la plus prompte de toutcs : elle conlifte a attachernbsp;une bouteille , ayant environ les deux tiers de fa capaciténbsp;pleine de vin, a un cliquet de moulin : les frequentes fecouf-fcs que la liqueur y revolt brifent teilement fes principes , amp;nbsp;ce qui luy donnok de la douceur , qu’elle devient en peunbsp;d’heures im vinaigre tres-fbrt, qui fe garde long-tems dansnbsp;je même état.

C H A P 1 T R E I I L

Des umaigres compojè^

TOus les vinaigres compofez fe préparent, en y ajoü-’ tant feulement des rofes, ou des fleurs de fureau , denbsp;l’ail, ou de 1’eftragon, 8cc. avec que.lques clous de gerofles,nbsp;amp; un peu de poivre , d on l’aime.

Cette compofition donne de 1’agrément a ces vinaigres j anais elle ne les rend pas exempts de la produftion des an-guilles j tout au contraire, j’en ay plus trouvé dans ces fortesnbsp;4e liqueurs compofécs, que dans Ie vinaigre commun.

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8 De

S ANIMAUX AERIENS, TER.RESTRES

CHAPITRE IV.

Nowvtües ohfervations fur lts Anguilles du ruiriMgre , faites avec U Microfcope reprejenté en U Tlanche feptiéme,

LE 15. Septembre 1710 , fur les neuf heures du foir , jc mis une petite goutte de vinaigre , qui contenoit desnbsp;anguilles , fur un petit concave de verre qui ferc de porte-objet au Microfcope ¦, amp;c je m’avifay de couvrir dun petitnbsp;verre plan des deux cótez Ie defl'us de ce concave , afinnbsp;d’empécher levaporation fubitede la goutte de vinaigre jcenbsp;qui me réüflit parlaitement.

1°. 11 fe forma d’abord au milieu du concave un petit eer--cle d’air extrémement rond , qui ii’occupoit qu’une partic du petit enfoncement , dans Icqucl il ne parut aucune an-guille.

z°. Toute la liqueur fe pla^a dans une elpece de zone i comprife entre la circonference de eet air , amp;c celle qui ter-mine Ie concave de verre : tous les aniniaux qu’on avoit misnbsp;dans Ie concave, fe trouverent rangez dans cette zone com-me dans une prifon.

3° On apper^üt Ie lendemain, dans la même zone , uri grand nombre de petites boules de diverfes grofleurs , quinbsp;paroifibient ombrees 6c éclairées avec tant dart, que plusnbsp;on les conlideroit, plus on les admiroit.

4®. La rondeur de ces boules , qui femblent être de fer oit d’acier, paroit fi exade , amp; leurs furfaces fi polies, qu’it fe-roit impoflible au plus habile ouvricr d’atteindre a une finbsp;grande juftclfe.

Parmy toutes ces boules d’air, on en remarque qui ont bien un pouce apparent.de diametre, d’autres un demi pou-ce i 6c encore de fi petites, que l’on a de la peine a les biennbsp;diftinguer.

Qiioyque ces boules n’ayent d’ellcs - mêmes aucune agitation , on ne lailfe pas d’y reniarquer deux mouvemens parti-

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ET AQüATiQyEs. Seconde Partie. Chap. IV. 9 culiers; celuy que la liqueur leur communique, amp; celuy quinbsp;leur eft caufé par les allées amp; venuës des anguilles qui lesnbsp;poulTent en les rcncontrantj cequi produit un^e£tacle alTeznbsp;agitable , pour récompenfer du terns que l’on employe a lesnbsp;egt;bferver.

Les raifons de routes ces chofes m’ont paru II faciles a trouvcr,que je n’ay pas cru les devoir rapporter. J’omet auflinbsp;plulleurs circonftances dont je ne dis rien , afin de donnetnbsp;aux fpedateurs la fatisfaëtion de les découvrir.

II y a cependant une remarque a faire , qui peut, ce mc femble , fervir a decider une queftion j qui eft de Cfavoir , finbsp;les objets que nous voyons dans tous les Microfcopes en general , font apper9Üs fimplement par une lumiere refléchienbsp;de deffiis ces objets comme il arrive dans les Microfcopesnbsp;oü l’on regarde les objets de haut en bas: ou fi on les apper-9:oic dans les Microfcopes a liqueurs , par les rayons qui lesnbsp;ónt traverfez fimplement, dc qui paflant enfuice au traversnbsp;de la lentille , vont peindre Icurs images fur la retinc ; ou enfin fi on voit ces objets par des rayons de lumiere , qui n’ar-rivent a fceil qu’aprés avoir traverfé les objets, s’ctre reflé-chis a la rencontre des parties folides de la lentille , 6e denbsp;celles des corps qui les renvoyent a l’ceil.

Pour réfoudre folidement routes ces queftions , nous join-drons les experiences de ce Chapitre qui les regardent avec plulleurs autres que l’on verra a la fin de eet Ouvrage , dansnbsp;une Differ ration particuliere.

En couvrant, comme j’ay dit, la petite goutte de vinaigrc qui fe met fur Ie concave, on pourra faeilemcnt tranfportcrnbsp;Ie Microfcope ainfi préparé, amp; faire voir les boules d’air amp;nbsp;les anguilles quand on voudra.

Si pendant que Ton tient Ie Microfcope , 6e que l’on obfer-ve ce qui s’y palfe , on vient a ie tourner rondement avec les doigts amp;c avec affez de viteffe , les boules d’air feront apper-^uës s’y mouvoir d un fens tout oppofé ^ ce qui doit néceffai-jrement arriver : car puifque Ie volume d’air qui compofcnbsp;cliaque boule , eft plus leger qu’un égal volume de la liqueurnbsp;oü elle nage , il s’enfuit que ces boules d’air doivent ctre re-poulfées ver.? Ie Beu d’oü ce mouvement circulaire les élohnbsp;gnojt.

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So I5^ES ANIMAUX AERIENS, TERRESTREs:

Le tranfport qui fe fait du Mierofcope , fei't a multiplied le nombre des boules, eii diminuant leut grofleur par Tagi-;nbsp;ration qu’on leur donne,

Qijand la ehaleur diminue Ibnlibrcmentjon apper^oit^ue’ le mouvement des anguilles diminuc auffi j de forte que le'nbsp;matin elles fe remuentplus diffiGilement que vers le relle duinbsp;jour 3 ce qui vient fans doute de la réfiftance des parties diinbsp;Kquidc ou elles nagent , qui fe trouvent difFeremment agi-tees en dilFerentes parties du jour , dc du plus ou du moinsnbsp;de fouplelTe des organes deftinées au mouvement de ees pe-tits animaux.

Qliand j’obferve dans ce Microfcope les petits globules qu’une pierre a fuül vient d’arracher d’un morceau d’aciernbsp;par un mouvement tres- violent, ils me paroiffent clairs dcnbsp;lumineux du cóté qui fe prefente a mon oeil, en les regardant:'nbsp;a la lumiere d une chandelie, quoyqu’ils foient d’eux-mêmes-tres-opaques ; d’ou je conclus-, que c’eft par reflexion qu’on,nbsp;les vok ainfi dans ee Microfcope a liqueurs , de meme qu’onnbsp;les verroit avec un Microfcope a deux ou a trois verres, s’ils-y étoient regardez comme on y regarde ordinairement les-objets..

Pour comprendre comment fe forment les globules d'air' qui s’obfervenc dans la petite portion de vinaigre oü fe trou-:nbsp;vent les anguillcs 3 il fumra de remarquer que le verre plannbsp;amp; le verre concave qui en eft couvert, ne fe touchent pas li-parfaitcment, qu’il ne s’échape d’entr’eux peu a peu quel-;nbsp;ques particules de laliqueur qui déterminent une égale quan-tité d’air a s’infinuer dans le lieu qu’elles abandonnent 3 8Cnbsp;eet air fe trouvant la égalemcnc preffé de toutes .parts , eftnbsp;contraint de prendre la figure d’une fphere tres-petite d’agt;-bord , mais qui groflit en peu de tems , par l’additionde plu-fieurs autres qui fe joignent enfembie, par le mouvement'nbsp;continuel des anguilles de ce vinaigre qui les pouffent l’uncnbsp;centre l’autre , amp;: qui fouvent eft afl'ez confiderable pour dif-fiper les plus gros de ces globules.

1 Mous n’avan9ons rien icy qu’on ne puifTe obfcrver avec attention 3 mais il efi a propos d’avertir que toutes ces circonf-tanccs ne fe mauifcftent pas en un moment, amp;: que ce qui ne'

fo'

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Et AcKJATiöiJEs. Seconde Partïe. Chap. IV. n fe peut appercevoir dans un tems, fe pourra remarquer dansnbsp;un autre

L’efpace du concatc tetminé par la petite circonference' de la Zone , ne contient ordinairemènt que de l’air, dont lanbsp;figure eft ronde en un fens , amp; platte en un aütre. Cet airnbsp;s’y enferme naturcllement, en y laifl’ant toinber Ie petit verre plan des deux cotez, qui fert de couvercle au concave jnbsp;èc il ne fe trouve dans Ie milieu ni liqUeur, ni anguilles , ninbsp;boules paree que cet air, par fa corapreflion , les en a éloi-gnez pour erï occuper la place d’oü il fuit que Ie vinaigrenbsp;qui I’environne doit comprimer ce peu d’air , amp;c farronditnbsp;comme on Ie voit.

Le jour füivant, a buit heures du matin, j’apper^us deux OU trois de ces anguilles dont le mouvement n’étoit pas biennbsp;libre; leurs corps paroiflbieiit roides, Coiiline fi elles euflentnbsp;été attaquées d une efpece de paralyfie : enfuite la chaleurnbsp;de ma main ayant un peu écliauffé fair qui les environnoit,nbsp;amp; la liqueur ou elles nageoient ¦, la maladie fe diffipa , ellesnbsp;reprirent vigueur , amp; enfin on leur reinarqua autant de forcenbsp;amp;: de foupiefle qu’aux autres.

J’obfervay auffl't'h même tems que le nombre des globules d’air s’y écoit multiplié durant la nüit, amp; qu’une anguille:nbsp;ayant ébranlé la plus grofl’e, l’avoit diflipée en des particu-les invifibles. Une heure après il fe produifit dans la liqueurnbsp;une fort grolfe boule d’air , qui comprimoit celuy qui étoitnbsp;au milieu du concave , en s’y enfon^lnt a proportion de fanbsp;grofleür.

Le lendemain j environ a pareille heure, j’obfervai les anguilles qui fe tranfportoient aiTez librement dans cette liqueur , accompagnées d’une vingtaine de tres-belles boules d’air, dont le tiers me fembloit avoir environ fept a huit li-gnes de diametre , amp;: lés autres plus petites, ne paroiflantnbsp;avóir au plus qu’unc demie ligne ehacune.

Pendant que l’on obferve toutes ces chofes a la itimiere d’une bougie , fi l’on frappe du doigt la partie exterieure dunbsp;Microfcope qui porte les objets, on s’apper^oit fouvent qu’ilnbsp;vient du dehors de tres-petites boules d’air qui s’introduifentnbsp;dans la zone , en fe gliifant entre le porte-objet 6c le petit

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li Des animaux aeriehs, terrestres verre qui fert a Ie couvrir ; d’oü l’on doit coiiclure qu’il fortnbsp;néceffairement de cette zone tour autant de liqueur qu’il ynbsp;entre d’air groflier. Mais ü l’on donne encore quelques pe-tits coups a la piece du Microfcope dont je viens de parler,nbsp;pour y faire entrer davantage d’air , il n’y en entrera pas jnbsp;paree qu’alors tour eft plein, amp;: qu’il faur donner Ie tems anbsp;quelque nouvelle portion de la liqueur de s’évaporer, pournbsp;faire place a de nouvel air.

Le premier ÖC Ie fecond Oftobre je m’apper^us que la liqueur s’étoit épaiffie , que l’efpace circulaire du milieu du concave s'étoit augmenté , amp; que les anguilles avoient plusnbsp;de difficulté a s’y mouvoir. Le troiliéme , de cinq anguillesnbsp;qu’il y avoit encore en vie le fecond, il ne s’y en trouva plusnbsp;qu’une feule vivante, qui mourut le même jour troiliéme anbsp;midy. Ainli ces animaux ont demeuré en vie neuf jours du-rant enfermez dans cette zone,

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J’ay réïtcré plulieurs fois ces mêmes experiences , amp; j’y ay toujours remarqué a peu prés les mêmes chofes. Toute Ianbsp;difference la plus remarquable que j’aye obfervée dans unenbsp;même quantité de vinaigre, a été l’inégalité de tems qu’ellenbsp;a employee a s’évapoter entierement j une de ces gouttesnbsp;ayant été évaporée en neuf jours , une autre en douze , 8cnbsp;une autre en quinze , felon le degré de la chaleur de fair ,nbsp;de la faifon , éc du lieu ou étoic le Microfcope durant cesnbsp;experiences.

CHAPITRE V.

OhfervAtiom fakes fttr plufeurs fortes d^infujtons de poivre en grain, mk a froid dans de l eau commune.

IL y a au moins trente-huit ans que Monlieur Hartfoelcer apporta , de Hollande en France , un nouveau Microfcope a liqueurs , monté d’une feule lentille foufflée, avec le-quel il nous fit remarquer qu’en mettanc infufer a froid desnbsp;grains de poivre noir dans de feau commune , pn y voypit

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ET aquatiques. Seconde ParWe. Chap. V. i; au bout de quelques jours un nombre innombrable de petitsnbsp;animaux, qui nous ont donné occaiion d’obferver pluficursnbsp;chofes tres-hngulieres que nous n’avions point encore vues.

Premierement, par Ie moyen de cette lentille de verre , on a vü des animaux de couleur d or pale , a peu prés de lanbsp;grandeur amp;c de la figure qu on les voit reprefentez dans cettenbsp;Planche , aux endroits marquez B,D,K,H,0,R, L, rianchc t.nbsp;avec de petites taches plus tranfparentcs que Ie refte de leurnbsp;corps.

2°. La figure ovale amp; réguliere fous laquelle ces animaux paroifl'ent ordinairement , èc leur mouvement rapide , nenbsp;permcttent pas de determiner d’abord Tendroitdeleur corpsnbsp;OU eft: la tête 5 mais avec un peu de patience on Ie découvrenbsp;bien-tót, par la direétion fuivant laquelle ils continucnt a fenbsp;mouvoir. D’ailleurs, la liqueur oü ils nagent s’épaiffiÜant in-fenfiblement par l’évaporation de fes parties les plus fubtilesnbsp;amp; les plus agitées, fait diminuer peu a peu la viteffe de cesnbsp;poifibns 5 amp; c’eft alorsque Ton peut a loifir obferver plufieur.snbsp;chofes , qui donnent occafion d’admirer la fagefl’e du Créa-teur jufques dans la moindre partie des petites creatures quenbsp;irous entreprenons de décrire.

3°. On s’apper^oit que deux des animaux de cette infufion avan^ant diredement, l’un de A en B, amp; 1’autre de Cen Dnbsp;s’en retournant, Ie premier fuivant la ligne ponduée B E ,

amp; Ie fecond de D en F.

4°. J'ay quelquefois obfcrvé que deux de ces poilfons , après avoir parcouru l’un la ligne G H , l’autre la lignenbsp;IK, lailfent entr’eux un efpace trop petit pour permettre anbsp;un -troifiéme marqué L, de Ic traverfer 3 celuy-cy pris amp;nbsp;ferré contre l’un amp;c l’autre, s’allonge en fe courbant pour fenbsp;fauver vers M.

II y en a qui après avoir parcouru une ligne droite , comnie N O , tournent fi vite autour du point O , ou eft lanbsp;tête , que leur figure ovale femble devenir circulaire , aprèsnbsp;quoy ils s’élancent vers p avec une promptitude extreme. Etnbsp;-fon en remarque aufli d’aurres, qui après avoir parcouru unenbsp;ligne droite , femblable a QJl , tournent fur leur centre denbsp;grandeur 5c de pefanteur marqué R, trawant ainli un grand

c ij

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Ï4 Des ANIMAUX AERtENS,TERREStRES iiombre de circonferences de cercles concentriques les unesnbsp;aux aiitres ¦, puis s eian^anc avec uiae ¥itefl'e extraordinaire ,nbsp;on les voit parcourir une autre ligne droite marquée S T,nbsp;Voilace que nous avons reinarqué de plus condderable dansnbsp;la premiere infulion, dans laquelle il ne paroiflbit que desnbsp;Ovales ; e’eft ainfi que je nonime ces poillbns : amp; voicy cenbsp;qui nous a paru dans une feconde, obfervée avec des lentillesnbsp;travaillées a la main , amp; taillées au tour , qui eft la manierenbsp;de les faire beaucoup plus parfaites que les précedentes.

La premiere figure reprefente un poillon, que je nonime la Poule hupe'e, dont la tête eft garnie de poil au lieu de plurnbsp;mes : fon mouvement Ie plus ordinaire étoit circulaire. Cenbsp;poifl'on eft Ie feul que j'aye vu dans cette infulion, amp;:je n’ennbsp;ay jamais apper^u de pareil dans aucune de celles que j’aynbsp;préparées.

La feconde efpece de poiflbn, reprefenté a 1’endroit marqué z , font des animaux que je nomme Cornemufes argen-tées, amp; dont je parleray dans la fuite de cette Hiftoire.

La troifiéme , eft une grolTe araignée aquatique , dont la bouelie s’ouvre alTez grande pour engloutir les cornemufesnbsp;précedentes.

La quatriéme figure reprefente deux de ces araignées ac-» couplées , qui tournent enfemblc fur leur centre commun dqnbsp;pefanteur.

La cinquiéme figure en reprefente deux autres aufti accou-plées , mais dont Ie nager s’cxecute en ligne droite. Nous décrirons plus exaftement ces grofles araignées aquatiquesnbsp;vers la fin de cette feconde Partie , en parlant des animauxnbsp;que nous avons vus dans une infulion d un peu d’écorce denbsp;bois de chéne, qui porte Ie gland,

La lixiéme figure reprefente un autre poiflbn , dont Ie corps eft a peu pres femblable a la navette d un Tiflerand,nbsp;II a de grands polls au derriere qui luy fervent de nageoires.

Enfin au-deftbus de 1’endroit marqué fept, on y a reprefenté une fourmiliere de petits infcéles de diverfes figures amp; grolTeurs qui viennent de naitre, qui fervent ordinairementnbsp;de jiourriture aux plu§ gros.

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ÏT AGïïATIOITES. SeCONDE PaRTIE. Cliap. V.

*T)u poivre hlanc.

LE poivre blanc en grain mis en infufion , produira des poillbns d’une grande beauté j mais ce ne fera peut-ccre pas en auffi peu de jours que les précedens. Les grolTesnbsp;cornemufes de cette infulion avancent amp; reculent prefquenbsp;cgalement pendant leur nager. Peu de tems avant que la liqueur oü on les voit foit totalement deffechée , on s’apper-^oit qu elles deviennent plus grolTes qu’elles n’écoient aupa-ravanc^ amp; dans ce moment-la on a Ie plailir d’obferver unnbsp;bon nombre d’ceufs dans ieurs corps ¦, amp; de remarquer qu’unnbsp;moment après qu’elle eft deflechée , leurs corps changentnbsp;tellenient de forme, qu’üs ne paroiïlent plus que comme unenbsp;malle confufe , a caufe de leur grande dclicatelle,

Tgt;h poivre long.

UNe infulion de poivre long mis en cntier dans dc Teau commune , ne donnera pas moins de fatisfadionnbsp;que les deux précedentes; car dans les premiers mois cettenbsp;infulion eft li nette , qu’elle facilite Ie moyen de découvrirnbsp;jufqu’aux parties interieures des poilTons que Ton y trouvenbsp;en grande quantité : amp; ce qui merite quelque attention , eftnbsp;que cette infulion, ni les deux précedentes , n’exalent au-cune mauvaife odeur, quoy qu’elles foient confervées en experience durant plus de quatorze mois. On trouve quelque-rois dans cette infulion , un peu vieillie , des animaux quenbsp;nous avons nommez Chenilles aquatiques ¦ amp; de nouvelles an-guilles , plus grolTes amp;: plus courtes que celles qui fe voyentnbsp;ordinairemcnt dans Ie vinaigre ; mais elles n’y vivent pas ftnbsp;iong-tems a beaucoup pres.

En confervant ces infulions Ie plus de tems qu il eft polli-; ble , 8c en les réïterant dans des faifons öc dans des annéegnbsp;differentes, on apper^oit des animaux dilFerens de ceux quinbsp;font reprefentez dans cette Planche.

Nous finirons ce Chapitre , en avertilTant que ces ppilTona ^outiennent les rigueurs d’un hyver tres - rude amp; tres - long ,

f iii

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i6 Des animaux aeriens,terrestres amp; qu’ils fe confervent en vie au-defTous d’une glacé d’envi-ron deux lignes d’épaifleur j car a mefure que la furtace dcnbsp;l’eau du vaiifeau fe gele , les poiflons s’y enfoncent davan-tage. Mais li vous faites fondre cette glace , amp; que vousnbsp;gardiez cette infulion , vous y verrez ces poiffons, au boutnbsp;d’environ quinze jours d un tems plus doux , en beaucoupnbsp;plus grand nombre qu’ils n’y étoient avant que cette eau futnbsp;gelee.

CHAPITRE VI.

Ohjèrvatiom faites dmant une année entiere, de ce qui s‘efl trouvé dans une infujton d froid de fené.

ENvlron Ie 15. Juillet de Tannée 1710, Je mis infllfer k froid une bonne pincée de feüilles , de queues amp; denbsp;branches de fené; amp; je m'apper^üs qu’au bout d’environ huitnbsp;Jours il y avoit dans cette liqueur quantité de tres-petitsnbsp;corps longuets, feparez les uns des autres fans fe touchernbsp;amp; fans avoir d’autre mouvement que celuy qu’ils pouvoientnbsp;avoir receu de la liqueur oü ils étoient. Et par plulieurs obfer-vations que j’en ay faites a diverfes reptiles, je me fuis per-fuadé que ces corpufcules , que vous voyez en A de la troi-héme Planche , n’étoient autre chofe que de tres-petitesnbsp;parcelles de 1 écorce des branches du fené, amp; non pas lesnbsp;parties des fels contenuës dans ces chofes, comme Ie vouloicnbsp;un Medecin a qui je les fis voir 5 paree que les fels dilfousnbsp;dans autant d’eau qu’il y en avoit, ne s’y font point apper-cevoir , non plus que les parties de fair qui font éparfes dansnbsp;cette infufion.

Tous ces petits corps étant devenus les uns plus pefans ; par l’union de quelques autres les autres plus legers , parnbsp;leur divifion •, ceux-la fe précipiterent au fond de la caraffe ,nbsp;èc ceux-cy monterent a lafurrace de l’eau, poury compofernbsp;une pellicule épaifle , molle amp; opaque , fur laquelle je visnbsp;'paroitre de petirsvers blancs, allcz fenfibles aux yeux nuds.

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ET AQjJATrQUES. Seconde Partie, Chap. VI. 17

Environ huit jours après ces vers difparurenc , amp; je fus affez furpris d en appercevoir de nouveaux , beaucoup plusnbsp;petits que les premiers : ces petits vers vivoient dans la liqueur ,amp; nageoientun peu au-deflbus de fa furface; j’en misnbsp;im dans un petic Microfcope monté d’unc feule lentille denbsp;deux lignes de foyer : fa longueur m’y parut d’environ neufnbsp;lignes: il étoit compofé en partie d’onze petits anneaux : fanbsp;tête étoit ronde a fon extrémité amp; par fautre bout fon corpsnbsp;fe terminoit quelquefois par un plan perpendiculaire a fanbsp;longueur j amp; d’autres fois, par trois petites eminences arron-dies ¦, de maniere que celle du milieu avoir quelque pcu plusnbsp;de faillie que les deux autres.

II paroinoit au - delfous de fa peau un filet tres - blanc , amp; ployé; de maniere que fes deux bouts finifibient vers la queue,nbsp;d’ou ils s’étendoient en droite ligne vers la tete , ou ce filnbsp;étoit recourbé.

I M, reprefente Ie ver, dont la tête eft en 1,8e Ie derriere pianchc j,. en M.

Le fil dont je viens de parler eft vu en N O 5 8e 1’on re-inarquoit qu’il s’allongeoit 8e fe raccourciflbit alternative-ment i 8e par ces divers mouvemens il obligeoit les anneaux de ce ver a s’approcher , ou a s’éloigner un peu les uns desnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'

autres,

Une partie de la liqueur s'étant évaporce pendant plu-fieurs jours , j’augmentay le refte par Taddition d’une eau commune , ce qui détrempa tellement la pellicule qui s’étoicnbsp;formée a la furface de l’infufion, qu elle fe précipita quelquenbsp;tems après au fond du vaifleau , ce qui rendit l’infufion plusnbsp;belle Sc plus tranfparente qu’elle n’étoit auparavant j Sc monbsp;donna en même tems occafion d’obferver un nouveau fpec-tacle , dont je vais vous parler. Trois fortes de nouveauxnbsp;poiffbns fe faifoient appercevoir dans la moindre petitenbsp;goutte que je mettois au Microfcope j f^avoir de tres-petits,'nbsp;des moyens Sc des gros. D, E, F, en font les Figures. Lesnbsp;gros relfenrbloient afl'ez a une Cornemufe , chacun d’euxnbsp;ayant la tête recourbée, comme vous voyez en F j j’y remar-quois aufti deuX mouvemens differens , l’un droit Sc l’autrenbsp;gifculajre j celuy-cy fe faifoit pour rordinajre de F par V Sc

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i8 Des animaux aeriens, terrestres a Ces deux mouvemens qui fe fuccedoient l’un a Tautre?nbsp;étoient affez lents pour être facilement obfervcz.

Dans Ia fuite , je découvris mie fixiéme forte de poiffon mals en petite quandté, dont la figure fe voit en G: ce poiffon ayant aflez de reflemblance a une carpe , peut être ainfinbsp;nommé. Son mouvement s’executoit en ferpentant, décri-vant une ligne courbe a peuprès femblable a la ligne abed,;nbsp;pour arriver de a en r, ou eft la tête.

Après plufieurs jours , il parut un autre poifibn aflez fem^ blable au corbillon d un Oubiieur j fans qu’on put dcviner denbsp;quel cóté étoit la tête, finon lorfqu’on Ie voyoit fe mouvoir ;nbsp;paree que les extrémitez de la longueur étoient en tüut fem~nbsp;blables en apparence^

J’ay vüs ces poiflbns fous les formes reprefentées au -def-fous des lettres K, L : Ie mouvement de ces animaux s’exe-cute par ondulation , amp; aflez lentement,

Tous ces animaux , exceptc les vers , mouroieilt dés que' l’enfon^ois dans la goutte de liqueur qui les contenoit Ienbsp;bout d’une plume trempé dans du vinaigre ¦, èc cette infiifionnbsp;de fené ne faifoit pas fur les anguilles du vinaigre Ie mêmeïnbsp;cflèt que ce vinaigre faifoit fur celles de rinfiilion.

Les animaux de forme ovale , amp;c de moyenne groflèur s’accouplent comme les hannetons , amp; étant ainfi attacheznbsp;Ie plus fort entraine Ie plus foible d’une vitelTe furprenante.

Ces poiflbns ne s’éloignent pas du haut de ces liqueurs paree qu’ils y refpirent de tems en cems un air qui leur con-vient, amp; y trouvent plus de nourriture quen aucun autre en-droit du vaiflbau ou ils fonty amp; s’ils defcendent en bas , ilsnbsp;n’y reftent pas long-tems. On ne peut pas douter de ce quenbsp;j’avance a l’égard des anguilles du vinaigre ; amp; on Ie peutnbsp;tres-facilement obferver dans la bouteilie oü elles font,,avecnbsp;une loupe.

Les animaux des autres liqueurs étant trop petits pour être ainfi apper9Üs j je me fuis avifé d’y cnfoncer un petitnbsp;tuyau capillaire , ayant pris auparavant la précaütion d’ennbsp;boucher Ie haut avec le pouce , que j’en ótois lorfque Ie boutnbsp;inferieur étoit au fond du vaiflèau ; je fetirois eiifuite cenbsp;tuyaa , aprés l’avoir rebouché ,, Sc je mettois fur Ie porte-

objcc.

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ET AöyATIQPES. SeCDNDE PaRTIE. Chap. VI, Vf öbjet beaucoup plus de cetce liqueur qua Tordinaire , prifenbsp;itu fond du vaifl'eau qui la contenoit; cependant je ne voyois-dans cette grolTe goutte que quatre ou cinq aiiimaux, au lieunbsp;que fi j’eufl'e pris autant de la même liqueur au haut du vaif-fêau , j’en eufle trouvé peut-être cent fois davantage.

L’eau tiéde ne fait pas mourir en hyver les poifibns dont nous parlons, au contraire ils femblent s’y mouvoir beaucoupnbsp;plus librement qu’auparavant ¦, niais lorfqu elle eft un peu plus-chaude , ris y perilTcnt tous. II y a done un certain degre denbsp;chaleur qui ks fait vivre, amp; un autre un peu plus lort qulnbsp;les tüë.

Le 30. Jan’C^ier 1711. j’obfervay unc autre forte de poiflbnsy qui vinrent en afl'ez grand nombre dans cette iniufion de fe-né, dont ie nager me parut fingulier ; car en avan^ant di-reftement, ils- ie balan^oicnt a droit amp; a gauche , de inêmenbsp;que feroit un petit bateau conduit par le iil d une eau courante , pendant' qu un homme debout au milieu de ce bateau gt;¦nbsp;panchant tantot dun coteamp;;tantoc d’un autre^ le feroic balancer pout fe diverrir.

J’ajoutay de feau commune pour la feizieme fois, afin d’cit augmenter le volume ,¦ amp;c d’en diniinuer I’cpaifTiirement , Scnbsp;fournir auffi en même terns quelque nouvelle fubftance aux-animaux qui s’y trouvoient.

Je vis le lendemain que ccs animaux s’y mouvoient beau-* coup plus vfte qu’auparavant, Sc fans s’y balancer y dont la-raifon ne pent, ce me femble , être attribuce qu’aU plus denbsp;facilitc que ces poilTons trouvoient a divifer ce liquide.

Ce mcme jour-la , Sc le premier Février , je remarquay d’autres infeftes fi petits , Sc £e mouvans fi vfte, que je n’ennbsp;pus decouvrir la figure. Peu de jours après j’y decouvris d’amnbsp;tres poiffons femblables a celuy qu’on voit en H : la tête finif-foit prefque en pointe , amp;fervoit de gouvetnail a tout le ref-te de fon corps , qui s’accordoit parfaitement avec elle , en'nbsp;avan9ant affez ientement, pour donner la facilite d’obfervet'nbsp;plulieurs chofes qui feroient trop longues a décrirc.

Enfin les gtandes chaleurs qui furvinrent fur la fin du moi'S' de Juillet 1711, durant trois ou quatre jours , firent mourir'nbsp;prefque tous Ics animaux de certe infufion, qui avoit été un©^

d


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2.0

Des animaux aeriens, terrestres année entiere en experience j Sc dans Ie tems que je la vou-lus fupprimer , je m’avifay d en prendre encore une fois, Scnbsp;de la mectre fur Ie porte - objet du Microfcope dont je m’é-cois fervi, afin de voir s’il y auroit quelque nouveauté j Sc j’ynbsp;apper^üs un ver coiirpofé en partie'de treize a quatorze an-peaux, femblables chacun a un bourlet.

A B , eft fa longueur apparente. A , en eft ia bouche toutc ronde, d’autour de laquelle partent trois filets qui s’étendentnbsp;d’une extrémité a l’autre , Sc qui en s’enflant Sc fe défenflantnbsp;font rentrer les anneaux les uns dans les autres, des extré-initez a amp; b, vers Ie milieu D j amp; par cette méclianique ral-longent Sc raccourciflént fucceffivement Ie corps de eet in-feéte. C , marque fa longtieur vüe aux yeux nuds.

CHAPITRE VIL

De tem qui fe trouve dam les huifres d técaiUe 3 de ce que tony apperfoit en pen de Jours ou ctheures,nbsp;après être ouvenes.

ON f9ait qu’il y a des huiftresde diverfes efpeces , tres?

differentes les unes de§ autres, tant par Ie goüt que par la grandeur, amp; la compofition du corps de ces animaux,nbsp;L’huiftre dont nous parlons icy eft un poiftbn de mer quinbsp;fe nourrit entre deux écailles ; il eft fort eftimé d un grandnbsp;nombre de perfonnes, amp; on Ie mange tout en vie.

Ces huiftres jettent leur fray au mois de May, c’eft-a-dire leurs oeufs, d ou les petites huiftres doivent fortir, On a re-marqué qu’au bout de vingc-quatre heures ces petites huiftres avoient de i'écaille, amp; que les meres font malades aprésnbsp;avoir bien frayé, n’étant bien guéries que vers la fin du moisnbsp;d’Aouft fuivant.

Monfieur Mery fameux Anatomifte, premier Chirurgiefn ide l’Hotel-Dicu de cette Ville , Penfionnaire de l’Acadé-rnbsp;mie Royale des Sciences, lut en public un difcours tres-cu-peux fur les huiftres des étangs j mais il manque a ce difeoprs

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ËT AQyATiQjTEs. Seconde Parti E. Chap. VII. It les curieufes obfervations que nous avons fakes lur ces fortesnbsp;d'huiftres ou moules des étangs , ou de celles qu’on trouvenbsp;dans les canaux de Seaux 6e ailleurs.

Samedy 15. Novembre 1710. a midy , je fis ouvrir une de-mic döuzaine d’huiftres , j en mis 1’cau dans un petit verre a boire , 6e je l’y laiflay repofer environ deux heures : cettenbsp;eau me parut trouble 6e d’une couleur de perle fine , ou ti-rant plutót fur la couleur du petit lait, 6e un peu plus épaif-fe, portant au nez une odeur de marée. J’en obiervay unenbsp;tres-petite goutte avee difterens Microfcopes a liqueurs , 6enbsp;je n’y apper^üs rien de particulier qui merite d’etre dit.

Pknehe 4,

4-

Je n’y découvris rien Ie fecond ni Ie troifiéme jour ¦, mais Ie quatriéme au foir je commen^ay d’y voir une aflez grandenbsp;quantité de petites huiftres , belles, tranfparentes , 6e donenbsp;quclques-unes n’avoient pas un mouvement trop rapide pournbsp;m’empêcher de voir la tête 6e Ie refte du corps. Leur grof-feur me parut avoir fait un grand progrès en peu de tems,nbsp;par rapport a celle des animaux que j’ay obfervez dans d’au-tres liqueurs. En voicy une reprefentée en a b c d, dont anbsp;£ft la tête, 6e b c d Ie refte du corps, qui n’êtoit pas égale-ment tranfparent. La forme de leur corps eft changeante 5nbsp;on les voit fe plier 6e replicr en differentes famous: leur mou- ‘nbsp;vement eft quelquefois direêt, 6e d’autres fois circulaire: onnbsp;les appcr9oit fouvent s’entre-choquer, 6e par-la incerromprenbsp;leur courïe , tres-vite en plufieurs, 6e moins en d autres.

Ces animaux étoient aflez gros dés Ie quatriéme jour de leur naiflTance , pour fe faire voir aycc un Microfcope a troisnbsp;vertes d’environ quatre pouces de hauteur, dont la lentillenbsp;objeétivc n’avoit pas moins de cinq lignes de foyer.

Le cinquiéme 6e Ie lixiéme jour , je vis plufieurs de ces animaux parfaitement en repos , de forte que je les crusnbsp;mores j mais en continuant de les obferver, je fus détrompé,nbsp;les voyant nager avee beaucoup de vitefle , les uns allansnbsp;d’un cóté 6e les autres d’un autre , s’entre-frolant fouvent,

6e s’arrêtant quelquefois pour un moment l’un contre 1’autre; puis étant écartcz par d’autres qui faifoient effort pour paf-fer entr’eux, 8e cliangeoicnt de figure fuivant leur manierenbsp;de fe rcncontrer, ou le retreciftement du lieu qu’ils vouloientnbsp;traverfer.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d ij

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et Des animaux aeriens, terrestre.s

On s’appercoit quelquefois qn’unc de ces petites huiitrcs pafl'e fur uu groupe de piuiieurs autrcs fans les ébranler ¦, ccnbsp;qui marque qu’elles n’en font pas touchécs , amp; qu’elles fontnbsp;enyironnces d’afl'ez de liqueur pour faciliter Ie mouvementnbsp;de celles qui nagent par-dell'us.

Ces anirnaux 5’allongent amp;: fe raccourcilfent conliderable-ment amp;c mcine ils s’accouplent, comme on Ie peut voir en a amp; c : ils fe mouvent ainli accouplez d’a vers b, amp; dc c versnbsp;d, long- tcms avant qu’ils ie feparent j de forte que Ie plusnbsp;fort entraine Ie plus foible.

Ces petits animaux tournent bcaucoup plus lentement que jie font ceux de I’inffifion du poivre en grains, ni même ceuxnbsp;du fené.

Le mouvement circulaire des petites huiftres s’execute en deux fa9ons routes differentes premiere les fait voir tour-nant autour de leur centre ¦, amp; la feconde les fait paroitrenbsp;tourner comme fur un point qui feroit vers 1’extrcmité denbsp;leur tête.

L’eau de ces poilldns fe trouve au bout de quelques jours d’une odeur infupportable , mais dans la fuite elle s’adoucitnbsp;conlidcrablement ¦, amp; paree qu’elle eft falée naturellement,nbsp;il y avoit lieu de croire qu’elle fe conferveroit long-tems •, cenbsp;qui n’eft pas arrjvé. L’expericnce npus a appris que la feulenbsp;odeur du vinaigre eft un poifon qui tu.ë ces petites huiftres.

Quoyqu’on ne puiile pas voir les yeux de ces animaux, on peut neanmoins alTurer qu’ils appcr^oivent les objets qui fenbsp;prefentent a eux ¦, puifqu’on remarque certainement qu’ilsnbsp;s’cn écartent en fe mouvant, de qu’ils font des détours tres-,nbsp;frequens pour les éviter.

Le 21. je mis une grofle goutte de cette liqueur fur le por-te-objet du Microfcope , que je portay 6e rapportay de fort loin durant'cinq heures au moins, qu’elle employa a s’évapo-ret entierenient j pendant ce tems - la les petites huiftresnbsp;qu’elle contenoit firent 1’admiratjon de piuiieurs perfonnes anbsp;qui je les montray.

Le 2.1. au foir je trouvay cette eau plus tranfparente qifel-fe n’avoit éte cy-devant , quoy qu’clle fut devenue plus épaifle, du moins elle ne s’étendoit pas 11 facilement fur ie

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ET AQiJATIQUES. SecONÖE PaRTiÉ. Chap, VK. 3LJ poL'te-objec , qu’ellc faifoic auparavant.

JjC mappcrcüs d’ailicurs que ia mêmc’ eau avoit perduë ,cc ere odeur iorce amp; dehigrcable qui s’y faifoic feutir dés lesnbsp;premiers jours j que les animaux s’y étoient.coufiderabieuientnbsp;multipliez j qu’ils fembloient ctre devenus uu peu plus grosnbsp;qu’ils n’éroient 5 amp; enfin il ne ni’en parut plus d’accouplez.

Le lendemain 15. j’obferyay encore les mêmes chofes, a quoy 1’on peut ajoücer ces particularicez,

Qj.ie juique icy je n’ay vu dans cette eau qu’une feule ef-pece d’animaux , prcfque tous d’une même figure, amp; d’une grolleur afiTcz uniforme j fe mouvans tous d’une maniere afieznbsp;égale.

Conamc il eft difficile de porter, avec Ic plus petit bout d’une plume a écrire , un peu de l’eau oü nageiat ces poif-fons, fans enlcver en nrênje teaisquclquc petite portion d’u-ne legere pellicule qui fe forme dés le commencement furnbsp;cette liqueur 5 on eft tout étonné de voir que cette parcelle,nbsp;prefque infenfible aux yeux nuds, paroic dans le Microfeo-pe d’une étenduë extraordinaire ; en forte quelle reflemblenbsp;a une grofle maffe de rocher , chargée d’une multitude extraordinaire de petites creatures.

Ces aninianx femblent fe plairc davantage , amp; trouver fous cette pellicule une nourriture plus propre a leur temperament que par tout ajlleurs, vu le nombre prodigieux quenbsp;nous y appcrcevons: ils y fourmillent les uns fur les autres,nbsp;de maniere que cet endroit-la devient beaucoup moins tranf-parent que les autres.

Le Samedy 15. Decembre 1710. il étoit refté tres - peu d’huiftres viyantes , amp;: même elles parurent diminuées denbsp;groffeur. Le 16. je n’y en remarquay aucune ¦, ainfi mes premieres obfervations fur ces fortes d’aniniaux-la, finirent.

Mais ay ant prévü ce qui devoit arriver , j’ayois déja mis en experience de nouyelle eau 5 deux jours aprés j’apper^usnbsp;de ces animaux tout naiflans , qui paroiftbient avoir environnbsp;deux lignes de longueur une ligne de largeur.

Le i6. amp;C le 17. j apper^us ces hififtres en plus grand nom-fere , fie j’en yis quelques -unes fous la forme d’un huit de chif-fre: c’étoient apparemnient deux petites huiftres accouplées,,

, diij

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14 nbsp;nbsp;nbsp;ANIMAÜX AERIENS, TERRESTRES

L’augnientatioa du froid, répaifliflement (iirvenu a cettc eau par 1’évaporation des parties les plus fubtiles les plusnbsp;agitées , jpiiic a cela Ie défaut de nourriture , les fit enfinnbsp;perir environ ie 50. Janvier 1711.

Dés ce mêmc jour je recommen^ay pour la tróifiéme fois une femblable experience mais depuis ce jour-la jufqu’au

Février, je n’y apper^üs rien que je n’y eufle déja remar-qué. En voyant dans la moindre goutte de cette eau un li grand nombre de ces poifibns , qu il y en avoit , je ne pusnbsp;diftinguer les uns d’avec les autres , tant cette eau en étoitnbsp;obfcurcie j c’eft pourquoy , afin de réciaircir , j’y ajoütay uixnbsp;peu d’eau commune , amp; j’obfervay que ce melange avoit faitnbsp;diminuer fubitement la longueur des huiftres , en les ren-dant prefque touces rondes j mais dans la fuite elles reprirentnbsp;leur forme ovale amp; leur longueur ordinaire. Durant l’efpacenbsp;de deux heures confecutives , j’appliquois fept ou buit foisnbsp;de l’eau fraicKe fur Ie porte-objet, a mefure que la liqueurnbsp;s’évaporoit j amp; j'aurois même pü continuer plus long - temsnbsp;ce manége , fi j’eufle voulu prolonger davantage la vie denbsp;ces animaux ; ainfi cette eau commune , bien loin de leurnbsp;nuire, les accommode fort. II n’en eft pas de même du melange d’une tres - petite goutte d’eau de l’infufion du fenénbsp;avéc celle des huiftres , qui les fait mourir en un inftant.

On remarque encore que Ie melange de l’eau commune avec celle des petites huiftres, les fait devenir plus groflesnbsp;amp; plus claires, pourvü qu’elle ne foit ni trop froide ni tropnbsp;chaude , ce qui les tuëroic, ou du moins arrêteroit leur mouvement pour un tems.

D ans une femblable experience que je fis enfiiite , j’ap-per^us une chofe linguliere que je n’avois pas encore obfer-vée i f^avoir , deux cornes mobiles a la tête de chacun de ces animaux , Icfquelles formoienc enfemble un croiflant,nbsp;cornme on ie voit en e , amp; ces cornes mobiles paroifl'oiencnbsp;auffi quelquefois comme on les voit en d; mais elles étoientnbsp;fi courtes en de certains tems, qu’on avoit de la peine a lesnbsp;voir.

Je m’avifay enfuite d’ajouter a une goutte de Teau des huiftres une tres - petite goutte de vin avec Ie bout d’unc

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Et AQpATroi^Es. Seconde Partie. Chap. VIL plume , amp; je vis cxpirer ces petirs animaiix prcfque fur lenbsp;champ , amp; a mefure que Ie vin fe mêloic avec cette eau , ounbsp;quc les animaux pailbient de l’eau dans Ie vin.

Le 19. Mars , dans un tems aflez chaud , je remarquay que les petites huillres fe manifeftoient dans leur eau beau-coup plucót qu’elles n’avoient fait dans les tems moins chaudsjnbsp;amp; que quelques heures auparavant on y avoit remarqué. unnbsp;grand nombre de petirs corps ronds amp; tranfparens, qui peu-vent palier pour les oeufs de ces poilfons.

Le du méme mois , il paroilfoit dans cette eau tres-peu de petites huilfres j amp; quoy qu’elles tuffent devenuës bien maigres, eiles ne lailToient pas de fe mouvoir tres-vite :nbsp;ce fut pour lors que Ton celfa de vendre dans Paris desnbsp;huillres a fecailie , a caufe qu’elles n’étoient plus bonnes anbsp;manger.

Le 15. Juillet lyri. a midy , je mis dans un vailTeau dc verre de l’eau de fix a fept huillres j amp; le 16. a fept heuresnbsp;du foir j'y obfervay une bonne quantité de petites huillresnbsp;nageant dans cette eau , quoyque le vaill'eau eüt été bouché ¦,nbsp;cc qui femble donnet occalion de penfer que ces animauxnbsp;font produits des oeufs des huillres mêmes , Sc qu’ils ne vien-nenc pas des autres animaux qui volenc ou nagent dans fairnbsp;que nous refpirons.

Le zz, je vis dans cette même eau de deux fortes de nou-veaux animaux , dont plulieurs me parurent de la figin-e Sc grolTeur qu’il paroit en f, s’allongeant öc fe raccourcilTantnbsp;alternative ment d’un inllant a l’autre. Ceux de la fecondenbsp;efpece , dont un feul oil vu en g, fe mouvoient alTez lente-mcnt pour qu on put temarquer en eux les particularitez fui~nbsp;vantes,

On apper^oit vers Ia tête amp; au dcrricre un niouvenient d’ondulation, dans une matiere blanche, lumineufe amp; tranf-parente , laquelle étant bien conliderée , on s’apper^oit qu’-elle ell caufée par les pattes, tant du devant que du derrierenbsp;de ces animaux. On les voit marcher fur le porte -objet dunbsp;Microfeope , fans fortir de l’eau oü ils ont pris nailfance ; SCnbsp;i’on remarque que les pattes de derriere font plus longuesnbsp;que celles du devant. J’ay aulTi vu dans le même tems, Sc

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±6 Des aïtimaux aerieks, tERREst e;es dans la même goutte de cette liqueur, d’autres anirnaux un^nbsp;peu plus grös que les arigurlles du vinaigre', ayant la particnbsp;du derriere de leür corps afle'z groffe amp; arrondic , amp; la têtcnbsp;ün peu plus longue que celle de ces anguilles : leur corps-ccoit moius tranlparcnt amp;: plus court de bcaucoup que ccluynbsp;des anguilles du vinaigre. Ces nouveaux poiflbns , dont oiYnbsp;voit la figure en h, changent de figure a tout momens.

Leur nagcr s’execute aflez lenteinent s Ie mouvement de leur tête , qui eft plus ménuc de beaucoup que Ie refte denbsp;leur corps, approche afl’cz de celuy que j^ay remarqué dansnbsp;les vers de quelques aütres liqueurs j ils ravancent amp; la reti-rent altcrnativcment, ils la portent a droit amp; a gauche , s’ar-fêtant tres - fouvent j comme s’ils avoient peur de quclquc'nbsp;öbjet qui traverferoit leur route.

Le 7.Z. Aouft je fus furpris de ne trouver plus d'huiftres-dans cette eau, ni même aucirn des anirnaux de figure ovale ^ amp;c ce ne fut pas manque de nourrlture, puifque les derniereS-anguilles dont je viens de parler y vivoient. Enfin le j. Sep-tembre, a peine pouvoit - on voir deux anirnaux dans cetternbsp;liqueur j ce qui me la fit abandonner.

Le 2i. Oftobre lyir. nous vimes dans de nouvelle eatf d’huiftres, julqu’au 4. Novembre , les anirnaux reprefenteznbsp;cn i, 1, m , n, o , p , q.

La figure m reprefente ün ver , dont la tête eft en pointe ^ amp; le derriere rond. Celles qui font en n amp; o , reprefententnbsp;deux de ces vers qui fe tiennent eilfemble de deüx faconsnbsp;dilFerentes, Ic plus fort entrainant le plus toible.

En p, vous en voyez un plus gros d’un autre genre, amp; d u-ne autre figure. Enfin au-deflbus de la lettre q, il y en a deux plus petits qui fe tiennent pat le becallant ainfi na^,nbsp;geant de compagnie^

CHAF..

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ÉT aqijatiotes. Seconde Partie. Ch,ip. VIII. 'ty

CHAPITRE VUL

Des itifufions d'oeillets mis dans de L’eau communey chaude

froide,

LE 14. Juillet je mis infufer a froid dans de l’eau com' mune des ceillets qui n’étoient pas encore épanoüis jnbsp;Ie 19. je commen9ay d’appercevoir de tres -petits animauxnbsp;nageant dans l’cau, dont voicy a peu prés la grofTeur amp; lanbsp;figure apparence , marquée en B , Planche 4. Figure i.

Oyelques perfonnes prennent ordinaircment les aninlauX de cette grofleur pour de pctites mouches ; mais c’eft uncnbsp;erreur qui provient ou de ce que Textrem^ petitelTe de cesnbsp;infeétes rend leur efpece équivoque a nos yeux, ou de lanbsp;naauvaife figure de la lentille du Microfcope , défaut tres-eommun aux lentilles foufHées 5 ou de ce qu’elle eft mal pla-cée entre les diaphragmes j ou enfin de ce que Tobjec neltnbsp;pas placé au point de vüë oü il faudroit qu’il fiic.

Le zo. je commen^ay d’en appercevoir de tres-gros y mais^ en petit nombre , ayant le eorps bien tranfparent, amp;: par-femé de petites taches, comme on le peut remarquer en A.

Le zz. les gros me parurent plus beaux amp;c plus longs qu’au-paravant; ils fe mouvoient aufli d’une maniere nouvelle.

Le zj. j’appercüs fur la furface de la liqueur de petirs vers blancs; amp;: un peu au-deffous de cette même furface , j’y visnbsp;un nombre extraordinaire de tres-petits animaux..

Le n. Aouft , la maffe compofée d’une multitude prefque infinie de ces animaux, étoit fi épaiffc fi fourmillante, qu’^nbsp;peine y pouvoit-on difcerner leur figure j amp; Ton remarquoitnbsp;parmy eux quelques gros vers fous la forme reprefentée*nbsp;en C.

Le zo, du même mois j’apper^üs dans une goutte de cette infufion des efpeces d’anguilles, dont on voit la rcprefcnta-tion en E amp; en F , plus grolies amp; plus courtes que celles qu’onnbsp;voit ordinairement dans le vinaigrej ce que je n’avois point

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zS Des auimaux aeriens , terrestres encore vü dans aucune des infuilons ou liqueurs préceden-tes : leur mouvement s executoir a peu prés comme celuynbsp;des ferpens du vinaigre. Ces nouvelles anguilles paroifTentnbsp;tres-blanches vers la tête amp; vers la queue , qu’elles ont tres-courtes ¦, tout Ie refte de leur corps étant d’une couleur d’am-bre plus ou moins claire, felon Ie temps qu’elles avoient de-jiieurées dans cette infufion,

Le ii. j’obfervay un petit ver blanc, que j’avois pris en la furface de cette eau, dont le corps étoit affez tranfparentnbsp;pour me donner la facilité d’obferver au dedans de fonnbsp;corps plulieurs filets blancs , dont les deux du milieu quinbsp;étoient un peu écartez l’un de 1’autre, amp; paralleles entr’eux,nbsp;jfe recourboient vers la tête pour s’unir la, amp; s’étendre juf-qu’a l’extrémité poftericure du corps, au-dela de laquelle ilsnbsp;paroiffoient avancer de plus d’une ligne.

De chacun de ces filets droit Sc gauche , partoient de diftance en diftance d’autres filets blancs qui defcendoientnbsp;de haut en bas, amp; du dos vers le ventre, oü ils pouvoient fcnbsp;joindre,

Ces animaux ont auffi a la tête deux petits points noirs , qui font de veritables yeux j puifqu’ils fe détournent a la pre-fence de quelques petjts objets dont on fe fert pour traverfernbsp;leur chemin.

Au devant de la tête on remarque deux efpeces de crochets , dont ils fe fervent comme d’appuis pour avancer leur corps , par un mouvement femblable a celuy des vers quenbsp;nous voyons ordinaircment fe trainer fur la terre j car ilsnbsp;n’ont point de pieds , leur corps étant diftinguez par plu-fieurs anneaux , qui s’approchent Sc s’éloignent fucceflive-ment les uns des autres, par la contraftion des fibres dontnbsp;nous avons parlé. Vous voyezla figure de eet infeéte en D.

Le dernier Aoufi: 17ii. je vis au moins une douzaine d’an-guilles dans une tres-petite goutte de cette infufion , bien groilés Sc bien eourtes en comparaifon de celles du vinaigre dont le mélange les fait mourir en moins de trois minutes. Et ce qu’il y a de particulier eft , que la tête de cesnbsp;nouvelles anguilles devient immobile , pendant i^ue le reftenbsp;de leur corps fe meut encore.

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ET AQTJATIÖIJES. SeCONDE ParTIE. Chap. Vlll. Z9

L’efFec de ce melange puouve , ce me femble allez , que ces dernieres anguilles font d’une efpece differente de cellesnbsp;du vinaigre; amp; fi cela ne fuffit pas, voicy dequoy convain^nbsp;ere parfaitement de ce que j’avance.

Prenez deux Microfcopes montez de lentilles d’un mêmc foyer, afin de découvtir par la vüë les differences qui fuivent,

1°. Les anguilles du- vinaigre font beaucoup plus longues , plus dégagées , plus blanches , amp;: plus également tranfparen-tes dans toute leur longueur, que celles qui fe trouvent dansnbsp;l’infiifion d’ceillets.

z°. Celles du vinaigre dgurent fouvent plufleurs enfemble, de maniere qu’elles accordent les mouvemens de leur corpsnbsp;avec tant de juffcefïe , que les convexitez amp;: les concaviteznbsp;des unes fe trouvent répondre exaëtement a celles des amnbsp;tres; ce qui n’arrive pas aux anguilles de finfufion dont jenbsp;parle.

f. La tête des anguilles du vinaigre n’eft pas fi groffe que celle de finfuflon d’oeillets.

4°. Ces mêmes têtes different encote en autres chofes.

5°. Le mouvement de celles du vinaigre paroit plus libre amp; plus aifé , que celuy des anguilles de finfufion d’ceillets.

6°. Celles du vinaigre ne font jamais entierement en re-* pos, qu’elles ne foient mortes j amp; j’en ay vü des autres y de-meurer comme immobiles durant plus d’un quart - d’heure ,nbsp;amp; fe remettre enfuite dans un mouvement affez prompt, quinbsp;durera autant de terns que la goutte de liqueur ou eUes na-;nbsp;geoient demeurera k fe deffécher,

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7°. Ces anguilles font beaucoup plus fenfibles au ftoid que celles du vinaigre j car quand les matinées font fraiches onnbsp;a de Ia peine d’en prendre j amp; pour en crouver'je fus obligenbsp;de mettre au Soleil le vaiffeau qui contenoit finfufion ounbsp;elles écoient, amp; de luy laiffer environ un quart-d’heure, aprésnbsp;quoy j’en rrouvay deux tout a la fois.

Enfin lorfque les anguilles du vinaigre font mortes depuis quelque tems , leur corps paroit d’ordinaire comme plu-fieurs noyaux d’olives, enfilez a peu prés comme des grainsnbsp;de chapelets; au lieu que le corps des autres anguilles m’anbsp;toujours paru en fon entier.

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|o Des aniMawx a e r i e ns , terrestb e s

Le 14. Juillct je mis infufcr dans de l’eau boüillante une portion des mêmes ceillcts dont je viens de parler , dans la^nbsp;(^uclle je nc commen^ay a découvrir des aniinaux quc le z^,nbsp;du même mois j ils étoient tres-petits amp; en fort grandnbsp;nombre,

Lc 19. je ne trouvay plus de petits infeóles ; mais je vis de? ;vers allez fenlibles aux yeux nuds, rampans fur la furface denbsp;i’infuüon , oü il s etoit forme une épailTeur d’unc matierenbsp;molle , mais afl'ez ferme pour les foutenir. La grande cha-leur qu’il avoit fait durant quatre jours , fut la caufc de lanbsp;mort des premiers infeótes , ce qui m’obligea a fupprimernbsp;4:ette infufion, beaucoup plutót que je n’aurois fait fans ccla,

CHAPITRE IX.

P'me infujton a froid iun bouquet compop de rops» d^oeillets O* de jajjemin.

Le II, May 1711. je mis infufer a froid , dans de l’eau commune , un bouquet de rofes, d’oeillets amp; de jafle-min, coupé par morceaux, pour le faire entrer plus facile-ment dans un petit yaifl'eau , tenant environ demi-feptier,nbsp;mefure de Paris j amp; je trpuyay au bout de trois ou quatrenbsp;jours un grand nombre de petits animaiix parmi quelquesnbsp;gros : ils fe multiplierenc confiderablement , amp; donnerentnbsp;durant un mois un fpeétacle agréable a plufieurs perfonnes.

Je ferois trop long fi j’entreprenojs de décrire la figure, la couleur amp; les mouvemens de ces animaux j il vaut mieuxnbsp;vous lailTer la fatisfaétion de remarquer toutes ces merveillesnbsp;en les examinant comme j’ay fait.

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Je ne juge pourtant pas a propos de paffer fous filence une forte de nouveaux animaux que je n’avois point encorenbsp;vüs, amp; qui conimencerent a fe faire appercevoir dans cettenbsp;même liqueur le fecond jour de Septembre : c’étoit une ef-pece de limace que je vis, en me fervant d’une lentllle d’en-yiron une ligne de foyer. Toute fa longueur, dans laquclle

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ET AQyATlQJTES, SecONDE PaRTIE. CIl^p. IX.

diftinguay trois parties confiderables, rae parut d’environ dix a douze lignes, amp; fa plus grande largcur de dx a fept li-gnes OU environ.

La premiere partie marquée A en eft la tête, qu clle retire amp; avance par fecoufles lorfqu’elle va lentementj ce qu’elle 7ae fait pas lorfqu’elle nage afl’ez viie.

La feconde partie marquée B eft Ie tronc , amp; C reprefente ia partie du derricre , que eet animal retire fouvent , amp; anbsp;1’extrémité de laquelle on apper^oit comme deux grandsnbsp;polls blancs marquez D , D, qui luy fervent de nageoires.nbsp;Tout fon corps, qui eft blanc tranfparent, femble n étrenbsp;qu’une mafte charnuë compofée de mufcles, amp;: de filets pref-que imperceptibles, qui s’allongent amp; fe raccourciflênt fi ai-fément, que d’une forme ovale affez longue , eet animal fcnbsp;change promptenient en boule.

II cache fouvent fes nageoires D, D fous luy, de maniere qu’on ne les appercoit plus, fans ceft’er néanmoins de mgt;-ger.nbsp;Son corps eft mal terminé ,de forte qu on Ie voit fouvent iousnbsp;une forme incertaine , a caufe du changement qui s’y paftenbsp;par les divers mouvemens de fes mufcles j amp;: même lorfquenbsp;cette limace approche de fa fin , fa figure devient fi inégalenbsp;amp; fi irréguliere , qu’on ne la peut autrenicnt exprimer quenbsp;par Ie deftTein marqué en E, demeurant quelque cems tranf-parente, ainfi qu’un gros grain de fable vu au Microfcope anbsp;liqueurs , ou dans un Microfcope a plufieurs verres , en y regardant comme on fait dans une lunette d’approche pournbsp;obferver les Aftres.

CHAPITRE X.

De t 'infujïon des barheaux 3 ou fetites fleurs hleuës qui ‘xjien^ nem pami les hleds,

LE fecond Juin je mis infufer a froid , dans de Teau commune, les queues d’un gros bouquet de barbeaux ^nbsp;gvec quelques fleur$ j amp; en mênie tems je jettay dans uuf

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31 Des animaux aerieks, terrestres caraffe de verre des mêmes fleurs feules , fur lefquelles jenbsp;Pknchc j. rép^ndis de Peau en fuffifante quantité. Environ douze heu-Fimre z. ^es aprés j’apper^üs dans ces intlifions des animaux de la,nbsp;groireur amp; de la figure qu’on les a reprefentcz en F , par Ienbsp;inoyen d un Microfcope , oü j’avois mis une lentille d’envi-ron une ligne de foyer. Le lendemain au foir j'y vis de quaere fortes d’aniniaux bien tranfparens , de figure ovale , amp;nbsp;d’inégale grofi'eur, fe mouvans diverfement.

Le cinquiéme du même mois je me fervis d’une autre lentille , qui n’a qu’un quart de ligne de foyer, amp; j’apper^us les plus gros animaux comme en G j mais avec beaucoup plusnbsp;de confufion que je ne les avois obfervez au travers de lanbsp;lentille précedente 3 ce qui arrive nécelTairement, quand onnbsp;fe fert des lentilles dont le foyer eft trcs-proche de 1’objet ynbsp;Sc par confequent fort court.

Ces gros animaux changent de figure , même de mouvement en un inftant , s’allongeant 8c fe raccourcilfant de maniere qu’on les méconnoit d’un moment a 1’autre 3 ce quinbsp;fait qu’on prend fouvent en divers tems le même animaïnbsp;pour un autre.

Le j’apper^üs une nouvelle clpece d’animaux , done vous voyez icy toute la grofl'eur la figure en H, qui s’al-longeoit êc fe raccourcifl'oit en nageant dans une tres-petitenbsp;goutte d’eau, fans que j’aye pu remarquer de difference en-tre la têce Se la queue de ce poilTon , que je nomme infedcnbsp;des barbeaux ou chabot : mais paree qu’il doit y avoir unenbsp;partie conftante oü fe trouve la tête de eet animal je la jugcnbsp;a 1’extrémité qui précede ou devance toujours l’autre dans lenbsp;tranfport de tout fon corps.

Le feptiéme , j’obfervay une chofe tres-curieufe en quel-ques-uns des plus grosils avoient une figure ovale terminée alfcz irrégulierement, trainant après eux une longue queuenbsp;d’environ deux pouces, d’une fubftance beaucoup plus blanche amp; plus tranfparente que n’clf leur corps , depuis lequelnbsp;eJle s’étend direêlement en diminuant de grofl'eur, amp; finif-fant comme en pointe , ainfi qu’on le peut voir reprefenté ennbsp;H. Le bout de cette queue, qui eft fouvent cinq ou fix foisnbsp;plus longue que le corps, eft ordinairement attachée a imc

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tr aqpatiqïtes. Seconde Partie, Chap. X. maffe de la matiere groffiere de I’infufion , qui fe colle aunbsp;concave de verre oü la goutte de liqueur eft en obfervation inbsp;amp; alors il y a du plailir a voir I’animal tirer cette molecule ,nbsp;fans la pouvoir entrainer, comme en I ¦, ce qui l’oblige a s’eunbsp;rapprocher de tems en tems a reculons, en repliant fa queue,nbsp;comme en L, qu’il redreffe en s’en écartant avec beaucoupnbsp;moins de viteffe qu’il ne s’en écoic rapproché , allant d’unnbsp;mouvement affez égal d’autres fois on voit cinq ou lix denbsp;ces infeótes attachez autour d’une groffe maffe qui tient fer-mement attachée au porte-objet, dont ils fe rapprochent amp;nbsp;fe retirent tour a tour, comme nous venons de dire.

On obferve que durant eet exercice, il change amp; reprend alcernativement fa premiere figure , amp; que cette queue na-mrellement droite , comme en I, reprend fa direction , anbsp;mefure qu’il fait des efforts pour s’écarter en droite ligne denbsp;ia maffe qui l’enchaine au concave de verre, amp; qu’il entrainenbsp;quelquefois après luy allant direétement.

J’ay remarqué que l’exceflive chaleur de l’air en fit perir nne tres-grande quantité , dc que cinq ou fix jours après il ennbsp;revint d’autres.

II ne m’eft pas permis de douter, après ce que j’ay vu dc CCS derniers animaux , qu’ils n’ayent des yeux , amp; qu’ils nenbsp;voyent •, car on en remarque fouvent deux qui figurent en-femble l’un proche de l’autre fans fe toucher , tournant tousnbsp;deux d’une viteffe fi grande autour d’un même centre, quenbsp;les deux , quoy qu’ovales , ne paroiftbient que comme unnbsp;feul, amp;c tout rond.

On voit au-deffous de M un petit poiffon, dont les extré-mitez font terminées par deux furfaces planes, tellement parallels entr’elles , qu’on n’y apper^oit riea de diftind qui puiffe faire juger du lieu oü eft fa tête : pour Ie connoitre, ilnbsp;iaut obferver fon mouvement , qui s’execute en courbantnbsp;differemment tout fon corps, qui va en avant, formant desnbsp;ondularions tres-lentes de forte qu’il fait peu de chemin ejanbsp;beaueoup de tems,


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^4 E)es ANIMAUX AERiEHS , terrestres

CHAPITRE XI.

D(t Thé mü en infujton^

E 15. Juillec 1711. après avoir mis dans une théhere au-tant de thé amp; d’eau boüillante qu’il en falloit pour fix grandes prifes jj’en mis dans une earaffe de verre, d environnbsp;Pi'ancHe j. demi'fcptier, les feüilles qui refterent aprés I’infufion chau-dej amp; ayant rempli d’eau de fontaine Ie vaifTeau , je laifTaynbsp;repofer cette feconde infufion qui s’en faifort a froid : dixnbsp;jours aprés j’apper^us dans la moindre goutte que je pufl’enbsp;prendre de cette liqueur, une fourmilliere de tres-petits ani-maux de figure ronde , amp; dont Ie mouvement étoit tres-lent,

Quelques jours enfuite, ces pctits animaux y parurent en moindre quantité , mals beaucoup plus ^ros , plüs clairs §£nbsp;plus diftinds qu’auparavant: leur figure etoit ovale, amp; com-me on en voit un feul reprefenté au-defious de N. Le contour apparent de leur corps paroiflbit noir , amp; le refte tres-hlanc amp; tranfparent 3 on les voyoit nager d’une viteffe fur-p renante..

Le corps de ces infectes étoit d’une confiftance fl délicate, qu’ils n’ont confervé leur figure naturelle que deux ou troisnbsp;minutes aprés leur mort.

Le z3. Septemhre j’apper^üs dans la méme liqueur de trois fortes d animaux , f^avoir de tres-petits, amp; en grand nom-bre 3 de moyens, en moindre quantité 3 amp; de gros encore ennbsp;plus petite 3 mais ils nageoient beaucoup plus vite que lesnbsp;autres. Aujourd’huy 8. Dccembre il s’y en trouve encore denbsp;tres -beaux 3 amp; j’ay vu par hazard une grofie anguille dansnbsp;une tres-petite goutte de cette infufion3 ou ^3. voiticy repre-fêntée' toute entiere : elle differe des anguilles du vinaigrenbsp;en ce que fbn corps cft plus court plus gros, amp; que fonnbsp;nager eft de beaucoup plus lent.

L inflrfion qu’on fait des feüilles de thé, tel qu’il vient des. Tndes, étant mifcs a froid dans de l’eau commime , n’a riemnbsp;fait voir d’cxtraordinaire.-

C H AP,

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IT AopATioyis. Seconue Partie. Chap. XII. jy

CHAPITRE XII.

Des infuftons de queues de framboifes, mips d froid dans de I’em commune.

L’Infuflon des queues de framboifes , dans de I’eau commune , eft une de celles qui n acquiert aucune mauvai-fe odeur , depuis le commencement jufqu a la fin , e’eft-a-dire durant deux mois ^ cependant elle produilit en moins de vingt- quatre heures les plus beaux animaux que Tonnbsp;puifle vcir dans les liqueurs , amp; en tres-grand nombre j vousnbsp;en verrez icy les Figures reprefentées en O. Ces poiffons pa- Pianchc f,nbsp;roiflent tres-blancs amp; tranlparens dans le commencement de Figure 4.nbsp;leur naifiance , avec de petites marques fur le corps •, plusnbsp;diaphanes endes endroits qu’en d’autres :cette grande blan-cheur fe change dans la fuite en une couleur jaunatre , Sdnbsp;toujours aflez tranfparente.

On les voit s’allonger fe raccourcir , devenant ovales ou ronds, felon qu’il leur convient , par rapport aux obfta-cles qu’ils trouvent dans leur route. J’en ay vu fouvent deuxnbsp;fe tenir enfemble comme par le bee, ainfi que foirt ordinai-rement deux tourterelles, ou deux pigeons male 6c femellsnbsp;qui fe careftent ^ 6c on voyoit ces animaux fe mouvoir afleznbsp;vice, fans quitter cette attitude reprefentée en P, dans la-quelle on les voit même jufqu aprés leur mort.

Le premier Septembre de I’annec 1711. j’en vis un groupc de huit d une belle couleur d-ambre , 6c d’une grofleur re-marquable, figurant enfemble comme feroient plufieurs dan-feurs qui prendroient plaifir a divertir une compagnie : dansnbsp;de certains momens ils nageoient, 8c marchoient aflez len-tement pour fe faire obferver a loifir : je n’ay pu cependantnbsp;jufqu icy parvenir a découvrir leurs nageoires ou leurs pat-tes ¦, mais le 8. Septembre fuivant, je vis dans cette infufionnbsp;quantité de gros animaux fans aucun petit; 8c parmi eux j’ennbsp;apper^us deux ronds qui ne fe quittoient point j I’un des deux

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3(J Des animaï?x a e r i e ns , terrestr e s avan^oit fur l’autre , coniine font deux jettons fans être couverts totalenient d’autres fois ils fe touchoient feulcmentnbsp;par leurs circonferences , tournant ainfi enfemble conamenbsp;s’ils n’en faifoient qu’un feul, tantót en un fens amp; tantót ennbsp;un autre. Enfin Ie 17. du même mois j’apper^üs dans cetrenbsp;infufion, pour la premiere fois , des animaux femblables anbsp;celuy qui eft reprefenté par Q^, ayant une matiere tranfpa-rente amp; agitée afl'ez regulierement, dont je ne pus difcernernbsp;Ia figure a caufe de la vitefl'e de fon mouvement. Cette matiere eft fituée entre Ic milieu du corps de 1’animal, amp; fanbsp;tête , qui eft immédiatement fous la lettre Q. Peut-être quenbsp;c’eft Ie coeur de ce poiflbn , amp; que les agitations qu'on y ap-per^oit en font Ie fyftole 6c Ie diaftole: ces mouvemens nenbsp;peuvent être remarquez que dans Ie tems que ranimal fcnbsp;meut tout entier 8c tres-lentement.

CHAPITRE XIII.

Des mft^fons de femüil, de fmge, de melon gt; de lt;Tgt;erjus, de ttges de joucy avec les fleurs*

E ir. Aouft 1711- je mis infufer a froid , dans de l’eau

_commune, du fenoüil avec fes tiges, grofles 8c menuesj

Sc Ie 15. enfuivant j’obfervay que dans la moindre goutte que Ton puilfe prendre de cette liqueur, on découvroit une four-miliere compofée d un nombre prefque innombrable de pe-Pianche f. pjs animaux, que nous avons reprefentcz en R, parmi lef-Fignre ƒ. q^els il y en avoir d’autres de figure ronde, 8c environ cinqnbsp;pu fix fois plus gros,

Le ii. Aouft 1711. je mis infiifer a froid des feüilles de fauge , qui ont confervé leur odeur naturelle durant tont Ienbsp;tems de leur infufion : dans fintervalle de douze jours ounbsp;environ, je n’ay vu dans cette liqueur que quelques petitsnbsp;animaux de la groflëur d’un grain de millet, 8c une infinitenbsp;de plus petits , qui ne paroifloient que comme des pointsnbsp;marqiiez fur du papier, avec une plume a écrire taillée des

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ET aoitatiques. Seconde Partie. Chap. XIII. 37 plus fine ; amp;c un peu au-deflbus de la furface de la liqueur, j’ynbsp;apper^us de tres-pecits vers blancs.

Le i8. Septembre je vis dans une goutte de cette niênic eau deux fortes de petits poiffons reprcfentez en S , com-me ils paroifibient vüs avec une lentillc d’une ligne de foyer.

La goutte de liqueur venant a fe delfécher, on voit mourir les gros avant les petits , qui prennent autour des gros desnbsp;arrangemens femblables a celuy qui fe voit icy.

Le iz. Aouft je mis infufer a froid des bayes ou fruits d’é-pinc-vinette , amp; au bout de vingt-quatrc heures j’apper^üs des animaux de la groffeur amp; figure reprefcntée en T, dont Figure s.nbsp;le corps étoit blanc amp; cranfparent 3 mais ils n’ont vécu quenbsp;tres-peu de tems.

Le 15. du même mois , au foir, je mis infufer a froid de petits niorceaux de la cóte d’un melon, avec un peu de lanbsp;chair amp;de fa graine; le lendemain au matin j’apperg:us quel-ques animaux alTez beaux tranfparens , dont on voit lanbsp;figure en V.

Le 30, au matin je ne vis plus dans cette infiifion que de petits corps longuets, blancs Sc tranfparens; comme on lesnbsp;peut voir reprcfentez en X , dans une goutte de la liqueurnbsp;mife au Microfcope, parmi lefquels on apper^oit d’autresnbsp;petits corps moindres que celuy qu’on voit marqué T , fansnbsp;aucun mouvement fenfible ¦, ce qui me fit fupprimer cettenbsp;infufion.

Ayant mis infufer Ic 14. Aouft des grains de verjus en grappe , dans de feau commune Sc froide , j’y apper^üs lenbsp;lo, un grand nombre de fi petits poilfons, que je n’en pusnbsp;diftinguer la figure.

Figure 7,

Le 15. du même mois j’y découvris de deux fortes de poif-fons; les uns de la figure Sc groffeur reprefentée en Y, amp; les autres fi petits , que je n’en pus voir la forme.

Le 4. Septembre je trouvay les petits animaux de ce verjus confiderablemcnt multipliez 3 SC les gros augmentez de volume : j’en vis de ronds qui paroiffoient avoir une bonnenbsp;ligne de diametre , Sc qui étoient joints enfemble , en formant comruc un 8 de chiffre , fe mouvant ainfi tantót circu-lairement, Sc tantót en ligne droite.

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3S Des animaux aeriens , terrestres Le 8. Sepcembre j’apper^üs quantité de petits vei's fur unönbsp;croute formée en la furface de cette infulion, amp; des anguil-les en aflez grande quantité dans une feule petite goutte dcnbsp;ia liqueur.

Enfin le 5. Decenibre j’apper9Üs encore dans cette infu-fion de trois ou quatre fortes de petits poifl'ons, de diverfes srofleurs , de differentes figures, fe riiouvans tres-lentement,nbsp;a caufe de répaifliffement de la liqueur , Sc de raugmenta-tion du froid.

Le Z5. Aouft 1711. je mis infufer a froid, dans de Teaq commune , des tiges amp;c des fleurs de foucy , amp; buit joursnbsp;après j’y vis de trois fortes d’animaux , dontles plus petits fcnbsp;Figure 8. voyent reprefentez en Z Z, les feconds en , Se les derniers,nbsp;qui n’ont pu trouver de place icy, étoient de grofles anguil-les, differentes en efpeces de celles du vinaigre , amp; differences aulTi de celles que j’ay vues dans l’infufion d’oeillets.

Enfin le 8. Septembre je ne trouvay plus dans cette infu-fion qu'une feule efpece de poiffon j les anguilles même é-Coient devenuës invifibles, amp; l’infufion avoit acquis en peu de jours une odeur d’urine fi forte amp; fi défagréable , que jenbsp;fus oblige de la fupprimer.

CHAPITRE XIV.

ïfme infufon de foln nouvem , mis d jroid, dans de l eau eomtnune ^ le Juin 1711.

CEtte infiifion de foiq nouveau neft pas vingt-quatrd heures en experience, fans donner des marqués avan-tageufes de ce qu’op peut voir en elle : En effet, au bout denbsp;cinq OU fix jours on découvre dans une tres-petite goutte denbsp;cette eau, jufqu a cinq ou fix fortes d’animaux vivans, dif»nbsp;ferens en couleur, en groffeur, en figure amp; en mouvement^nbsp;L’extrême délicateffe du corps de ces poiffons les fait mé-connoJtre, dès qu’ils font morts, fur le porte-objet du jMitnbsp;profcope?

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ÊT AQyATlOtTES. SeCONDE pARTlE. Chap. XV. 59 L’odeur de cette infufion , duranc les graiides chaleurs ,nbsp;tres-forte dans les premiers jours ¦, amp;c j’ay rcmarqué quelle avoir un ü grand rapport avec celle des crotins du che-val, que fans voir cette infullon, on alTureroit que ce fontnbsp;des crotins qui la caufent j mais elle diminuë en vieillilTant inbsp;de forte quelle devient dans la fuite tres-fupportable.

Dans la plupart des liqueurs que j’ay vüës, je n’y ay gué-res trouvé de plus gros animaux , de plus tranfparens amp; dc plus nets, ni qui durent plus long - tems que ceux-ci •, puisnbsp;qu’au inois d’Oftobre j’y en apper^ds encore line aflez gran',nbsp;de quantité de gros Sf de petits,

CHAPITRE XV,

Seconde inftijton de foin nouvem,

LE 4. 0£tobre I711. je mis infufer a froid, dans de I’eaw commune , un peu de foin nouveau, dans deux diffe-rens vailTeaux ¦, j’en bouchay un Ie mieux que je pus avec dunbsp;velin bien moüillé , amp; je lailTay l’autre ouvert. Deux joursnbsp;après j’apper^üs dans Tune amp; dans l’autre infiilion de troisnbsp;fortes d’animaux , amp; en aflez grand nombre : cette experience femble tres-propre pour perfuader que ces animauxnbsp;étoient produits des oeufs que d’autres animaux avoient dé-pofez fur ce foingt; amp; non de ceux qui étoient répandus dansnbsp;i’air.

Le 10. du même mois je trouvay plus d’animaux dans unc goutte de finfulion qui avoit été bouchée , que je n en visnbsp;dans une pareille quantité de celle qui ne 1 etoit pas. Onnbsp;peut penfer que la fermentation amp; l’évaporation de la liqueur débouchée, y étant devenuës plus grandes qu’en cellenbsp;de l’autre , elles fiirent les caufes occadonnelles du plus,nbsp;grand nombre de poilFons ^ui s’y font trouv^z,

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40 Des, animauX aeriens, ter re stres

Troijtéme experience faite fur de fembUble firn.

LE 13.0£tobrc je fis boüillir de femblable foin nouveau dans de 1’eau commune, durant plus d’un quart-d’heu-re 3 j’en mis enfuite une égale quantité dans deux vaiffeaux ,nbsp;a peupi'ès de même grandeur 3 j’en bouchay un fur Ie champ,nbsp;Sc même avant que Ie tout fut rcfroidi: je laiflay l’autrc dé-couvert, amp; j’y apper^us des animaux au bout de quelquesnbsp;jours , Sc pas un dans l’infufion qui avoir été bouchéc 3 Scnbsp;après l’avoir gardée ainfi fermée un tems confiderable pournbsp;y trouver quelque infeéle vivanc, s’il y en eüt du venir j maisnbsp;n’y ayant rien trouvé , je la laiflay enfin débouchée , amp; aunbsp;bout de quelques jours j’y en remarquay : ce qui fait com-prendre que ces animaux avoient pris naiflanee des oeufs ré-pandus dans fair-, puifque ceux qui s’étoient pu rencontrernbsp;fur ce foin avoient été ruinez totalement dans l’eau boüil-lante.

CHAPITRE XVI.

Compoftion de plnjieurs infufions tnifès enfimble dms m fenl nuaijfeau.

MEflez enfemble des parties a peu prés égales de l’infufion de fené , de l’infufion de queues de framboi-boifes, de I’infufion de fom , Scc. Sc demie heure après prc-nez a l’ordinaire une feule petite goutte de ce melange , pour la mettre fur Ie porte-objet du Microfcope , afin de l’ynbsp;obferver, amp; vous aurez Ie plaifir de voir dans cette gouttenbsp;de liqueur des animaux de toutes les infufions, dont vousnbsp;aurez fait Ie mélange. A l’occafion de cecy, il eft a proposnbsp;de remarquer que tons ces petics poifl'ons ne fubfifteront pasnbsp;amfi dans ce mélange fi long-tems, a beaucoup prés qu’ilsnbsp;auroient tait, s’ils fulTent demeurez chacun dans fa premierenbsp;infufion. Je croy encore devoir avertir que toutes fortes

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ET AQUATIQUES. SeCONDE PaRTIE. Chap. XVÏÏ. 4! -d’infufions ne font pas propres a donnet ie plaifir de cenbsp;fpeótaclc , vü qu’elles doivent avoir un certain rapport pournbsp;y faire fubiifter les animaux en vie j amp;c c’eft ce que nousnbsp;avons fait voir dans plufieurs des Chapitres de cette fecondcnbsp;Partie.

CHAPITRE XVII.

Onprêwve dans ce Chapitre quil y a de tres-petits animmx qui en devorent de plus gros.

y en a de fi petits qu'tls échüppent mx meillettrs yeux armett de Microjcopes.

hout d'un certain terns en ejlé on de'cowvre des petits poif-Jirns dans l'eau de riviere, oh dans celle de fontaine y fans s'ètrt corrompu'é.

^yiau bout de quatre heures , ó' ntême en moins de tems , on trouve plufieurs efieces de poijjons dans £eau que l’on a donné »nbsp;boire d des oifiaux.

J.t enfin comment les graines ö‘ les plantes doivent être mifes en infufien , pour produtre de bons effets , par rapport aux experiences dont nous parlons.

QUoyquc notre vüë foit a prefent portee par les Microf-copes aufli loin qu’elle peut aller ¦, amp;c que nous ayons conime forcé la nature a nous découvrir une grande partienbsp;de ce qu’elle avoit de plus caché dans les infufions donenbsp;nous parlons dans cette feconde Partie ; je ne doute pasnbsp;neanmoins qu’une infinite d’efpeces d’infeftes , amp; d’autresnbsp;3,nimaux, ne demeurent toujours invifibles , foit par Ie defiant des inftrumens, foit par la foiblelTe de nos organes, foitnbsp;par Ie manque d’application a fuivre Sc a épier ce qui fe palTenbsp;dans une infufion j foit enfin paree qu’il eft difficile , Sc menie impoffible de prendre avec Ie plus menu bout d’une plu^:nbsp;me a écrire , ou autre femblable corps, de routes les diffe-rentes efpeces des petits animaux qui fe peuvent rencontrernbsp;dans une infufion. Je fuis perfuadé , par ma propre experience , qu il y en a qui échapent aii^? plus attentifs j puif-

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42, DëS ANIMAUX AERIENS , TERRESTRES qu’il m’eft arrivé plufieurs fois de n’en trouver qu’un d’unenbsp;feule efpece, dans quelque infuiion particuliere.

L’on découvre , niais rarement, de tres - petits animaux fur Ie poux amp;c fur la puce j amp; je ne doute pas qu’il nè s’ennbsp;puiffe voir encore de bicn plus petits fur Ie corps de ces der-niers , qui les incommodent, amp; qui les devorent enfin •, com-me je l’ay fouvent obfervé , en examinant de certaines mou-ches qui étoient mangées par des animaux environ deuxnbsp;mille fois plus petits qu’elles.

Les infufions d’oeillets, de queues de framboifes, de fené; de tabac de toutes les fortes ,font éclore les oeufs d unc multitude vifible d’infeéles , qui dans les premiers jours font finbsp;menus que l’on a de la peine a les appercevoir, quoy qu’onnbsp;fe ferve d’une lentille qui groflifle confiderablement: amp; celanbsp;nous fait penfer , qu’il peut y en avoir de fi petits dans lesnbsp;liqueurs, que nous manquons de Microfcopes pour nous lesnbsp;faire appercevoir j ou plutbt, que Ie peu de lumiere que cesnbsp;petits animaux font capables de refléchir dans nos yeux, n’eftnbsp;pas fufiifante pour caufer un ébranlement capable de les fairenbsp;fentir.

L’eau commune expofée a fair durant une quinzaine de jours, dun tems aflez temperé, nous prefente aux yeux ar-mez d’un Microfcope quantité de petits poilfons , de grof-feur, de figure amp; de mouvemens differens, qui ne fubfiftentnbsp;que tres-peu de tems, en comparaifon de la plupart de ceuxnbsp;qui s’obfervent dans les infufions des plantes, ou dans cellesnbsp;des drogues telles qu’elles puiflent être , a caufe du peu dcnbsp;nourriture qu’ils y trouvent.

La mêine eau dont je viens de parler étant donriée a boirc aux ferins de Canarie , ou a d’autres oifeaux, nous en prefente d’un jour a Tautre: il s’y en voit fouvent de quatre anbsp;cinq efpeces tres-differentes les uns des autres, amp; tres-pro-inbsp;pres a divertir agréablement Ie fpedateur j paree qu’en unnbsp;moment il y obfervera des anguilles a pen prés femblables anbsp;celles du vinaigre , mais plus courtes: Des limaffes qui s’é-tendent amp;:fe raccourciflent confiderablement, en fc trainantnbsp;Sc s appuyant tantót fur la tête, Sc taniot fiir Ie derriere, ounbsp;i'on voit deux pointes faites en forme d’un follet, avan^ant

allez

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ET AQI/ATroyES. SECONftE PARTïS. Chap. XVII. 45 aflez lentement; ce qui fournic Ie moyen d’obfervcr plufieursnbsp;chofcs aflez curicufes. D’autres fois on voit ces animaux na-ger tres-vite, amp;: alors ils paroifl'ent avoir deux têtes, qui s’é-cartent Sc fc rapprochent alternativement Tune de l’autre :nbsp;leur couleur reffemble ^ celie de l’ambre jaune. Le contournbsp;du corps de ce poiffon fe voit mal terminé j il reffemble a lanbsp;niaffuc d’un Géant, particulierement quand il étend quelquenbsp;peu fon corps du cóté de la tête feulement.

On voit auffi dans cette même eau de petits vers longuets, d’une apparence d’environ quatre a cinq lignes de longueur,nbsp;qui changent de figure en nageant i Sc d’autres animaux affeznbsp;femblables a une Cornemufe : enfin j’y en ay vü encore denbsp;figure ovale , ala referve de l'endroit ou efi: la tcte , qui eftnbsp;un peu applatie; trainant aprés eux une longue queue blanche Sc tranfparente , qui fe termine en une pointe tres-aiguë.

Nous avons toujours mis les tiges des plantes, leurs fefiil-les , leurs fleurs, Sc les fruits en infufion , fans les réduire en poudre, Sc fans les macerer ¦, paree qu’étant autrement pré-parées Sc mifes en infufion, elles rendroient la liqueur opaque Sc trop épaiffe, Sc l’on n'y pourroic rien voir de diftind.

L’écorce des arbres fe met en ipfulion par petits mor-ceaux, de même que le bois des gros arbres, Sc les gros fruits. Les pepins de ces fruits, les grains de poivre, Sc autres cho-fes femblables s’y mettent tout entier.

La fuie de nos cheminées, le tabac grainé, le rapé, Sc ce-luy quon paffe au tamis,produifentde petits animaux jmais on les voit fi confondus avec les menuës parcelles de tousnbsp;ces corps, qu’on n’a aucune fatisfadion des obfervations quenbsp;ion fait fur ces poudres.

Et a l’égard des fucs, tant des fruits que des plantes, on cn feparera la partie la plus groflierc pour mettre le refte ennbsp;infufion dans de l’eau commune , qui les éclaircira fuffifam-ment pour y faire appercevoir fucceffivement routes les pro-'nbsp;dudions dont ces fucs feront capables.

Les experiences précedentes me paroiffent en affez grand nombre , pour ofer entreprendre de jetter les folidemensnbsp;d’une nouvelle hypothéfe, qui puiffe fervir a rendre raifon,


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44 nbsp;nbsp;nbsp;ANlMAtrX AERIENS , TERRESTRES

dc tous les Phénomenes qui regardent les infedes, amp; les au’ tres aniniaux contenus dans les' infulions précedentes •, 65nbsp;même dans routes celles que nous examinerons cy-aprés.

CHAPITRE XYlll

HjpothéJê pour fervir a rendre raifi» de la naiffance, du pro^ grh 3 de la mort des animaux que l on ohferve dans lesnbsp;liqueurs prêparées, dans celles qui ne Ie jont point,

N a cru autrefois que tous les infedes, amp; d’autres pe^

_ tits animaux s’engendroient de corruption; mais de-»

puis que plulieurs celebres PhilofopheSr ont donnez fur cettc matiere les obfcrvatiojis qu’ils ont faites avec beaucoup denbsp;foin amp; d exaditude , on eft revenu de cettC erreur : Hs ontnbsp;prouvé par un grand nombre d’experiences, amp; par des rai-fonnemens inconteftables, que tous les animaux , de quel-que nature qu’ils foient, viennent des oeufs. En effet, comment peut-on comprendre que ralteration amp; la pourrirure ,nbsp;qui nailTent de la divilion amp; de la feparation des parties d’imnbsp;corps en d’autres parties plus petites , puiflènt jamais s’ajan-cer les unes auprès des auctes, amp;: s’unir comme il ie faudroit,nbsp;pour compofer des corps vivans, qui devinffent capables denbsp;chercher de quoy fe nourrir en marchant, en rampant amp;cnbsp;en nageant, amp;: même de produire leur femblable , commenbsp;pon voit que font ceux qu’on tronve dans les infulions desnbsp;plantos l C’eft ce que je ne penfe pas qu’un homme capablenbsp;de reflexion puifle s’imaginer, quelquc effort qu il fafle pournbsp;en vénir a bout.

Mais afin d’avoir de quoy combattre ce préjugé fi dange-» reux a la Religion , en attribuant au hazard, c’eft-a-dire , anbsp;tine caufe qui n’eft ni apparente ni néceflaire, ce qui eft allurement l’ouvrage Ie plus parfait d’une puiflance infinie ; ilnbsp;n’y a qua faire attention aux experiences eontenuës dansnbsp;cette Hiftoire, amp; aux raifonnemens qui fuivent.

La corruption n’eft pas la caifle de la generation d^s pe«

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IT AQyATIQlTES. SeCONDE PaRTIE. Chap. XVIII. 45 tits animaux qui fe voyent, avec le Microfcope , dans I’eaunbsp;des monies, dans celle des huiftres a récailie; puifqu’on lesnbsp;y decouvre avant que ces mêmes eaux foient corrompues,

Elle n’eft pas non plus la caufe de la generation dune infinite de tres-pecits poiflbns que nous avons vus dans differences infiifions j puifque les matieres de touces ces infufions n’etoient point encore akerees ni corrompues , lorfqu’on anbsp;commence a les y voir.

Si la pourriture étoit la caufe de la naiffance des Infeffes que nous appercevons dans une feule infufion , on les y de-vroit voir tous , dés que la maticre infufee feroit pourrie gt;nbsp;ce qui n’arrive pas, puifqu’on les y voit fe fucceder les unsnbsp;aux autres durant plus de treize a quatorze mois.

Si la pourriture contribuoit a la generation des infeffes done nous parlons j plus un corps feroit pourri, plus on y de-vroit voir d’animaux j cependant on voit arriver tout le contraire dans furine que Ton garde plufieurs jours. Dans unenbsp;infufion de poreaux mis dans de I’eau commune, les champignons , une coque d’ceuf remplie d’eau, Sec. font des cho-les que Ton eft obligé de fupprimer en pen de jours durantnbsp;les grandes chaleurs ¦, paree qu’elles choquent I’odorat d’unenbsp;maniere infupportable.

Le fang humain, fans aucun melange, ayant etc expofé a fair durant prés d’un mois , amp; dans un terns affez chaud ,nbsp;n a fait fentir qu’une odeur infupportable ; Sc quoyque j’ayenbsp;mis de I’eau commune dans le même vaiffeau ou il étoit, Scnbsp;examiné ce mélange affez de terns, je n’y ay rien vu qui m’aicnbsp;paru avoir aucune apparence de vie.

On peut encore ajofiter , qu’il y a des corps qui ne chan-gent que peu ou point d’odeur j qui fournifl'ent des animaux differens les uns des autres , durant tout le terns qu’on lesnbsp;garde en infufion.

Voila ce me femble des experiences enfuffifante quantité, pour montrer que ni I’alteration, ni la corruption, ni la mau-vaife odeur , ne font point la caufe de la generation des animaux , tels qu’ils pulffent ecre : cela fuppofe, paffons a féca-bliftement d’une hypothéfe, pour expliquer Ce qui fe voltnbsp;de plus furprenant dans les infufions des plantcs. Je fuppo-

S i)


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Des ANiMAux aeriens, terrestres feray qu’il vole ou nage dans Fair voifin de la terre, lui noni-bre innombrable de tres-petits animaux de diverfes efpeces,nbsp;qüi s’appliquant furies plantes qui leur conviennent,s’y re-ppfent, y prennent quelque nourriture , amp; y mettent au journbsp;leurs petits, pendant que d’autres y dépofent des a-ufs , ounbsp;de nouveaux infe£tes font renfcrmez.

Et enfin que ces mêmes animaux laifl'ent auffi tomber dans Fair qu’ils parcourent, des petits amp; des ceufs , particuliere^nbsp;inent dans les lieux ou ils font arrêtez par des corpufculesnbsp;fpirituéux qui s’échapent continuellement des plantes, amp; ge-neralcment de tous les autres corps, dont les parties ont en-tr’elles quelque mouvement capable de les fubtilifer afi'eznbsp;pour en faire Févaporation,

De plus, il elf a propos de remarquer qu une mcme plan-te peut être la favorite de diverfes efpeces d’animaux , 6e par-la devenir en menie tems la dépofitaire des oeufs amp; desnbsp;petits toutvivans de plufieurs efpeces d’infeótes j d’ou il fuitnbsp;que fon infufion fera fuffifante pour faciliter la naifiance , 6cnbsp;fournir tout ce qui fera nécelTaire a Faccroilfenient de tousnbsp;les differens animaux que nous y appercevrons fuccelliveznbsp;ment j pendant tout Ie tems que durera cette infufion.

CHAPITRE XIX,

Continiiation des experiences fur les Liqueurs,

D'm lt;zfer de terre trouvé par mi des herhes potageres.

J’Ay mis dans un vaifieau de verre, de figure cllindriquCj d’environ trois pouces de diametre, de l’eau commune,nbsp;amp; un ver qui s étoit rencontré parmi des herbes potageres jnbsp;long d’environ deux pouces 8c demi , 6c d’une ligne de dia-,nbsp;metre : je Ic changeay de vaifleau , 6c je luy donnay de nou-:nbsp;veile eau commune. Au bout de trois femaines ou enyiron,nbsp;il y fit de nouveaux excreinens , ee qui me fit juger qu’Unbsp;ayoit |rouvé dans e^tte ean cjuelque nourriture ptopre a Ie

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ET AQÏJATIQPES. SeCONDE PaRTIE. Chap. XIX, 47 faire vivre durant tout ce tems-la. Je pris alors une tres-pe-dte goutte de cette eau; je la mis fur Ie porte-objet de monnbsp;Microfcope a liqueur , amp; j’y vis de deux fortes de poill'onsnbsp;qui nageoient dans cc peu d’eau ; les uns brillans , amp; de figure ovale, n’ayant au plus qu’une deniie ligne de longueurnbsp;apparente , amp; les autres un peu plus gros, taits comme denbsp;petites cornemufes blanches amp;c tranfparentes. Tous ces pe-tirs poiflbns difpariifent au bout de quatre ou cinq jours ;nbsp;peut-être que cela vint de ce que Ie ver les avoit mangez ,nbsp;OU de ce qu’ils étoient morts faute d’avoir trouvé dans cett©nbsp;eau de quoy fe nourrir plus long-tems. Six femaines aprés jenbsp;jettay l’eau de ce vaifleau pour y en mettre d’autre ; troisnbsp;jours aprés j’y apper^us de deux fortes de petits poilfons :nbsp;enfin au bout de trois mois ceverme parut comme lié ou tors;nbsp;en un feul endroit de tout fon corps, ce qui Ie fit mourir aprésnbsp;s’être bien tourmenté durant un jour.

Cette experience , amp;c une feconde toute feniblable , que je fis long-tems aprés , fur un autre ver de terre de mêmcnbsp;nature , fcmblent fuffire pour prouver qu’il y a des animauxnbsp;qui ne lailTent pas de vivre dans l’eau, quoy qu’ils ayent prisnbsp;naifiance fur la terre , oü ils fubliftent ordinairement.

Voicy encore une belle experience qui prouve la mêmc chofe. Ayant mis de la poudre , que 1’on trouve fur de certains fromages , parmy laquelle il y avoit beaucoup de mit-tes vivantes dans de l’eau commune , je m’apper9us qu ellcsnbsp;y vêcurent depuis Ie 2.0. Février jufqu’au ly Mars fuivant,nbsp;durant lequel tems il s’y forma de trois fortes de poilfons ,nbsp;qui ne meritent pas d’etre décrits.

C H APITRE XX.

Dquot;me inft*Jion de Khttbarhe.

La Rhubarbe eft une des drogues purgatives quj dc’ meure Ie plus de tems en infulion dans de l’eau com-p3iun9 , fans qu’on y apper^oiy? aucun poilfon gt; ny qu’ell?

S üj


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4? Des animaux aerïens, terrestkes rende aucune odeur défagréable : je l’ay obfervée durant iiïïnbsp;niois fans y avoir vü aucune chofe de confiderablc. Enfin aunbsp;bout de cinq femaincs je commenpy d’y remarquer anenbsp;feule forte d’animaux, qui ne merite pas quc j’en faife unenbsp;idefcription particuliere gt; nous dirons feuleraent que Ie mélange d une goutte de cette intufion , avcc autant de celle dunbsp;fené , ne fait pas perir les poiffons de Tune ny de l’autrernbsp;cfpece i amp; qu’au bout de quinze jours, les animaux de L’in-:nbsp;fiilion de la Rhubarbe fe font trouvez morts.

CHAPITRE XXL

De Cinfujïon £un champignon, mü a froitl dam de teat^

commune,

L’Infüfion a froid d’un gros champignon, produifit d’urï jour a l’autre une multitude étonnante de treS-petitsnbsp;animaux de figure ronde gt; de la grolleur d’un grain de navette y vüs au Microfcope , qui multiplie environ vingt-cinqnbsp;mille fois lapparence ordinaire de ce grain.

Le troifiéme jour de cette infufion, j’y en découvriS quï ctoient plus gros , amp; dont la tête un peu eourbée fe termi-noit en pointe , hi dont tont Ie corps étoit alfez approchantnbsp;d’une larme de verre.

Une troifiéme efpece parut bien-tot parmy les deux pré-cedentes , s’y tremoulfant extraordinairement fans pourtanc y parcourir plus de deux lignes apparentes de chemin j ilsnbsp;étoient de figure ovale , dont le grand diametre n’avoir aunbsp;plus que deux lignes de longueur : amp; une quatriéme forte fenbsp;prefenta a mes yeux, n’ayant au plus que la douziéme partienbsp;d’un pouce de diametre , formant un contour parfaitementnbsp;rond en apparence.

Cette infiifion devint au bout de cinq ou fix jours d’une: odeur tres-forte , amp; difficile a fupporter : ce fut ators qu’onnbsp;apper9ut de pctits moucherons s’amaffier hc voltiger au-def-fus de fa furface , oü ils demeuroient aflez de tenis pour y

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IP

ET aqjjatioites. Seconde Partie. Chap. XXL 49 (dépofer un grand nombre de tres-petits vermifl'eaux , qui fenbsp;nourriffoient dans la pellicule qui s’y etoit formee.

Cette mauvaifc odeur fe diffipa peu a peu : les morceaux de champignon fe precipiterent au fond du vaifl'eau ¦, la pellicule epailfe qui s’étoit formée a fa furface y tomba aulfi ,nbsp;amp; les vers n y parurent plus. Mais Ion continua de voir dansnbsp;une tres - petite goutte de cette infufion, de petits animauxnbsp;de figure ovale , les uns prefque en repos , amp; les autres ennbsp;grand mouvement.

J’examinay cc champignon avant que de le mettre cn infufion je le trouvay beau, vermeil , amp; frais ceuilly; j'ynbsp;apper9us avec une loupe dun pouce de foyer, deux petitsnbsp;animaux blancs, ayant chacun pour ornement deux bellesnbsp;comes au-devant de la tête , plus longues que n etoit le reftenbsp;de fon corps. Chacun de ces petits animaux paroifloit avoirnbsp;au plus la grolTeur d’un ciron; ce qui me femble prouvernbsp;qu’il y a des animaux qui dépofent leurs petits fur des végé-taux 5 amp; confirmer en même terns une partie de ce quenbsp;nous ayons avancé dans notre hypothele.

CHAPITRE XXII.

Dëf petkes fleurs colorees diverfement ^ qui fi trommt

dans les pre^

SI vous mettez infufer a froid , dans de feau commune J de ces menues fleurs diverfement colorees 6c ceüillicsnbsp;dans un pré , lorfqu’elles font nouvellement épanoüies; vousnbsp;aurez dans I’infufion, au bout de quelques jours, une efpecenbsp;finguiiere de poiffon qu’on peut nommer femelles, a caufenbsp;de la reflemblance qu il y a- On en voit un reprefenté aunbsp;hautde cette Planche , placé entre les lettres ABC; donenbsp;le nager m’a paru aflez lent , amp; s’executer en dandidant?nbsp;Cette lenteur qui fe remarque en luy, nous donne occafionnbsp;de conjeéturer que ces poifibns font tournez en forme d’unenbsp;gourde ^liongée ; paree que I’apparence de leur largeur B C

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50 Des 'animaux aeriens, terrestreS eft toujours égale a elle-même , dans Ie tems que la partiénbsp;C s’abailTe, que B s’éleve.

Sa tête eft immédiatement au-deflbus de la lettre A j ellc ^incline vers B amp; vers C : elle s’allonge aufli amp; fe raccourcit.nbsp;On voit quelquefois tout fon corps devenir rond commenbsp;mie boule , dont la fuperficie paroit inégale amp; raboteufe.nbsp;Le dedans de leur corps eft marqueté de taches longuettes,nbsp;en chacune defquelles on a remarqué un mouvement pe-riftaltique.

On voit fouvent ces animaux fe fróler les uns contre les autres, en fe mouvant affez lentement j amp; on les appercoitnbsp;rarement fe choquer par la tête , qu’ils dirigent durant Icnbsp;nager d’une manicre tres-agréable , en s’cvitant les uns lesnbsp;autres , comme feroient des danfeurs figurant enfemble ,nbsp;dans une entree de balet. Leur corps eft fi tranl^arent qu’onnbsp;y diftingue toutes les parties interieures qui font plaifir anbsp;voir , par le changement de figure amp; de couleur qu’on appercoit dans ces vifcercs , qui brillent lorfqu’ils fe mouventnbsp;d-’une certaine maniere. Et lorfque la goutte de liqueur gt;nbsp;mife fur le porte-objet du Microfcope, vient a s’épailfir parnbsp;révaporation qui sen fait, on appercoit des agitations fur-prenantes, qui les écartent amp; qui les rapprochent les unsnbsp;des autres.

Ces gros animaux paroiflênt tout feuls dans le commencement de 1’infufion j amp;C cc n’eft qu’au bout d’environ quinze jours que Ton commence d’y en appercevoir un aflez bonnbsp;norabre reprcfentez en i j ce qui eft tout le contraire de cenbsp;que j’ay obfervé dans la plupart des autres infufions , ou lesnbsp;petits paroiflênt avant les gros.

Au bout dun mois ou environ tous ces gros poiflóns perif-fent dans I’infufion , oü l’on continue d’obfervcr les petits autant de tems , aprés quoy on n y voit plus rien qui ait vie.nbsp;Or il eft a propos que j’avertifl'e que cette infufion avoit cténbsp;feparée des fieurs gt; 6c comme tirée au clair , pour la mcttrenbsp;dans un autre vaifleau , afin de la pouvoir plus faciiementnbsp;tranfporter en divers endroits de cette Ville.

CHAP,

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ET AQiTATrcitrES. Seconde Partie. Chap. XXIII. jr

CHAPITRE XXIII.

Du petit bafilic qui a une odeur de citron.

NOus avons obfervé quelques jours aprés rinfufion a froid de ce baülic , trois fortes de poifTons \ les pre-miers font vüs au-deflbus du chifïre i j les feconds au-deffousnbsp;du chifFre ^ j amp; ceux de la troiliéme e:^ece font vus a peunbsp;prés comme celuy que Ton a reprefente au-deiïbus du chif-tl-e

Le nager de ce dernier poiffon s*éxecute en ferpentant ; pliant amp;c repliant fon corps diverfement , amp; en tout fens.nbsp;L’odeur de cette infülion a quelque agrément, qui diminuënbsp;de force de jour en jour j amp; cette liqueur ne conferve fesnbsp;animaux qu environ quinze jours ou trois femaines.

Nous avons reprefenté dans cette Planche les poilTons marquez quatre amp; cinq , qui fe font trouvez dans une infu-lion de foin nouveau. La couleur des uns amp; leur figure m’o-bligent de les nominer Cornemufes dorées j amp;: celles des au-tres , Cornemufes argentées. Le poiflbn marqué cinq , fera.nbsp;nommé MalTuë, dont la tête eft èn D.

Ces animaux s’allongent amp; fe raccoTTrcilTent: lis fe plieiu; amp; replient diverfement en nageant.

CHAPITRE XXIV.

dW fedimênt de rvind^e dkrempé d’eau commune»

SI fon met dans le fedimeht du vinaigre , qui fera refté dans un vailTeau après Tévaporation prefque entiere denbsp;cette liqueur, environ dix fois autant d’cau commune quenbsp;de matiere fedimenteufc \ l’on y trouvera au bout de troisnbsp;ou quatre jours des anguilles, amp; une infinité d’animaux tres-petits, dont la figure m a paru incertaine j Sc difficile a dé'

fi

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51 Des an'imaüx a e r. i e ns , terrëstr e s

rhnchc 6. terminer. La Icttre A , du groupe marqué 6 , en cft ia tcte:

les autrcs figures du même groupe font des efpeces de Cor-nemufes, decouvertes dés Ie lendemainde cette experience.

Les anguiilcs de ce vinaigre d’eau m’ont paru plus groil'es que celles du vinaigre ordinaire , vues Tune 1’autre avecnbsp;la iiiéine lentilJe.

Remarques importantes,

S’Il arrive qu on niette infufer , par excmple , du foin dans un vailTeau oü il y avoit eu quelque tems aupara-vaiit une intulion d’une plante , ou de quelques drogues ara-niatiques tres-fortes en odeur , amp; que ce vaiffeau n’ait pasnbsp;été bien lavé aprés cette premiere infufion , la feconde nenbsp;réüflira pas bien j car cette feconde pourroit ne pas convenirnbsp;avec la premiere.

D’ailleurs , l’caii quon tire d’une fontaiiie de cuivre mal étamée , ne convient pas pour bien entretenir la vie de lanbsp;plupart des animaux de nos infullons; paree que cette eaunbsp;acquiert par Ie féjour qu’elle fait dans ce vajlTeau , une qua-lité particuliere qui les empoifonne. J’ay même autrefoisnbsp;oüy dire a Monfieur l’Abbé Bourdelot , Medecin de Mon-feigneur Ie Prince de Condé , que les eauës qui féjournoientnbsp;dans ces fontaines de cuivre mal étamées, étant büës toutesnbsp;pures, caufoient des cours de ventre,

i.' —..... nbsp;nbsp;nbsp;........ ......... n

CHAPITRE XXV»

T)e l^infujion des Barhemx.

LE Oêtobre lyii. je vis pour la premiere fois un nouveau poiffon dans une infufion de barbeaux, dont la fi-fhache s. marquée 7, reprefente Ie premier. A , marque la tête de ce poiflbn, B la queue, C D la iargeur de fon corps ,nbsp;qui paroiflbit divifé fuivant fa longueur par une ligne courbe,nbsp;firée de B vers A.


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ET acetatiques. Seconde Partie. Chap. XXVL ff I-a partie du corps de eet animal qui fe voit du edte marqué C , fembloit être remplie de plulieurs petits globules ,nbsp;nioins traiifparente en eet endroit que du cóté marqué D,

Le col de ce poiflbn qui eft fort long , fe raccourcit de tems en tems, de même que le derriere marqué B : fon nager eftnbsp;d’une lenteur extraordinaire , ce qui me faifoft douter dansnbsp;le commencement que ce fut quelque chofe de vivant. Ccnbsp;poilTon ne dura pas plus de cinq a fix minutes en vie jnbsp;quoy qu il fut difficile d’en rencontrer dans cette infulionnbsp;oü il y en avoit tres-peu ¦, puifqu’en cinq ou fix coups de filets, je n’en pus découvrir que deux , 8c je m’appercns que Figute tf,nbsp;le fecond marqué 8. n’y dura en vie qu’environ autant denbsp;tems que le premier : ce dernier me parut un peu differentnbsp;du premier j car fon corps B C , garni de petits globules , lenbsp;rendoit moins tranfparent qu’il n ctoit en A B, en C D.

CHAPITRE XXVI.

Igt;*unc infujton de foin ’-vieux.

Le i6. Oéiobre 1711, ayant jetté un coup de filet fian» finfixfion d un foin vieux , qui avoit été mis en experience le zo. Aouft précédent; j’y trouvay des animaux dcnbsp;plufieurs efpeces , parmi lefquels il s’en trouva de deux fortes qui meritent une explication particuliere , dont les moin-dres en longueur amp; en grofl'eur paroiffoient au Microfcope ,nbsp;monté d’une lentille d’une ligne amp; dettiie de foyer, commenbsp;il eft reprefenté a cóté du chiffre 9.

A, eft le cóté ou 1’on apper^oit la tête, amp; B Ia queuë , qui fe termine par deux pointes, formant une efpece de fburchesnbsp;blanche Se tranfparente, Sr dont les pointes luy fervent d’ap-puy pour le faire avancer plus facilement, en rampant fiir le'nbsp;porte-objet du Microfcope oü on le met, Ces anilnaüx onenbsp;encore une autre allure qixi s’execute en nageanf tres-vite ^nbsp;fans qu’on puifie s’apperccvoir d’aucun raccourcifi'ement ,- ninbsp;d’aucun allongement fenfible de leur corps,

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54 ÜES ANïMAtrX AERIFNS ; TERRESTRES

Les {econds font des animaux des plus furprenans amp; des plus extraordinaires que j’aye encore vus dans les infulionsnbsp;des plantes, tant pour leur grofleur que pour les autres cir-conftances qui les ac.compagnent; en voicy deux que j'ay re-prefentez en lo, lo, fous deux diverfes tormes marquees A Cnbsp;D Bjamp;ACjEEB. L’endroit qui répond au-deilbus de A ennbsp;défigne la tête , B la queue qui eft fourchuc, C Ie coeur qu’onnbsp;voit mouvoir régulieremcnt,Dies inteftins de eet animal,nbsp;que j’appelleray Chenille aquatique, a caufe de quelques pe-tits rapports de reflemblance qu’elles paroifl'ent avoir avecnbsp;jios ehenilles terreftres. II y en a de deux differentes cou-leurs , les unes font blanches amp; cranfparentes j les autres fontnbsp;d’un jaune pale ¦, celles-ey paroiffent d’prdinaire un peu plusnbsp;grolTes que les autres,

Leur allure s’exccute en appuyant les pointes B fur Ie por-^ te-objet du Microfcope , pour s’étendre en avant tant qu’elles peuvent ¦, puis en appuyant rextrémité anterieure de leurnbsp;corps fur un autre endroit, elles en rapproehent Ie derriere,nbsp;amp;C Gontinuent ainti de fe mouvoir en rampant. On les voitnbsp;fouvent s’arrêter fur un endroit du porte-objet, ou fixant lesnbsp;pointes B , elles allongent amp; raccöurcilTent tout Ie corps anbsp;diverfes reprifes, fans changer fenfiblement Ie lieu oü ellesnbsp;appliquent ees pointes. Ori voit aufti quelquefois tout leurnbsp;corps fe tourner a l’entour du point B, comme un de nos fau-teurs fait tourner tout Ie tien fur fa fete , en faifant mouvoirnbsp;fes pieds comme fur une circonfereii.ce de cercle , done Ienbsp;centre eft a l’endroit ou eft fa tête,

Cette forte d’allure n’eft pas la feule qu on apper9oit en ces chenilles; elles s’élaneent quelquefois avec tant de force , qu’elles parcourent en un inftant une étenduë contidera-ble ëè apparente du porte-objet, ou elles nagent fans fe rac-courcir ni s’allonger davantage qu’elles ont fait dans Ie moment de la premiere fecouffe.

Quand ces chenilles s’arrêtent, on apper^oit pour 1 ordi-dinaire qu’elles ouvreiit une grande bouche matquée A dans la plus grofle des deux , dont on voit les lévres garnies denbsp;poils qui paroiftent noirs, amp;: mus avec beaucoup de vitefl'e jnbsp;fe ^ui fait yoir avec étonnement «|ue les pedts poiftbiis » ^

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ET AOyATlOPES. SeCONBE PaRTIE. Chap. XXVI. 55 les autres corps qui Ie trouvenc n’être éloignez dc Touverturenbsp;de leur bouche , que d’environ unpouce apparent, feniblentnbsp;g’y précipiter.

Dans les premieres obfervations que je fis de ces chenilles, j’apper9Üs un petit corps marqué C, qui fe mouvoit all'ez vitenbsp;amp; réguiierement j je crus d’abord que c’écoit un petit poiflbnnbsp;encore vivant qui s’étoit jetté dans fon eftomac j mais en continuant mes obfervations , je fus oblige de croire que c’étoitnbsp;Ie cocur de la chenille, dont Ie mouvement égal executoit ccnbsp;qu’on nomme fiftole amp; diaftole.

J’apper^us aulli en même tems les inteftins de eet infeéte marquez D , qui formoient une mafle de matiere qui étoicnbsp;dans un mouvement aflez irrégulier. Quand ces chenilles s’ar-rondiflent, ce qu’elles font aflez rarement , Sc qu’elles de-meurent ainfi quelque tems en repos, on voit briller Ie dedans de leur corps , qui paroit fouvent d’une couleur doréenbsp;tres-belle. II y en a d’autres qui paroiflent routes blanches Scnbsp;tranfparentes , fans qu on puiflè diftinguer les parties inte-rieures , comme on les diftingue dans celles dont je viens denbsp;parler, qui apparemment font les males, SC celles-cy les femelles.

Dans de certains momens oh les voit avoir Ie derrière tout herifle de poils, couchez dc E E en B. On les voit auffi avoirnbsp;Ie corps mal terminé, Sc comme s’il étpit fa^onné en dentsnbsp;de fcie. Et en examinant bience contour , on apper^oit quenbsp;ce font des anneaux qu on voit rentrer les uns dans les au-tres, Sc fortjr enfuite avec une promptitude merveilleufe, Onnbsp;apper^oit encore dans de certains momens des filets de nerfsnbsp;prefque imperceptibles, qui s’étcndentde Ia tete a la queuenbsp;de ces chenilles, qui s enflent Sc qui fe défenflent alternati-vernent dans Ie tems qu’elles rampent ¦, Sc font ainfi Ie jeunbsp;curieux a voir, des anneaux qui compofgnt en partie Ie corpsnbsp;jde ces infeétes.

Enfin nous avons encore obfervé que Ic mélange des infii-fions de foin Sc du celery, dont je parleray bien-tot, iie fah foient point perir les animaux de ces deux liqueurs, Sc quenbsp;ce compofé donne lieu a un fpeftacle tres-réjoüiflant i pujf-giie dans la moindre goutte de ce compofé Ie Speétateur ynbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hüi


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^ Des anima ux aeriens , terrestres peut découvrir en un inftantvine douzainc de poiiTons diffé'-'nbsp;tens les uns des autres, amp; li curieux a voit amp;:a obicrvcr ,quenbsp;je ne penfe pas que Ie divertifleinent de la Comédic , ccluynbsp;de l Opera avec touce fa magnificence , ceux des Danfeursnbsp;de cordes , des Sauteurs , amp; des combats tVanimaux , quenbsp;nous voyons dans cette fuperbe ViUe , doivent leur être pré-;nbsp;férez.

Et il eft certain que l’étude de ce que nous remarquons dans ces infufions durant une année , remplic davantage lanbsp;capacité de l’efpcit ,que ne font tous les grands appareiis d’un,nbsp;fefiin des plus magnifiques.

Voicy Ie delTein d^une autre efpece de chenille aquatique,; qui a été pêchée dans une infufion a froid de la queue d’urïnbsp;bouquet, compofé d’oeillets, de jafl'emin, de tubereufes, amp;:nbsp;de quelques autres fieurs ^ qui n’ayant pu trouver place dansnbsp;la lixiéme Planche , a été delfinée amp; gravée de toure fa longueur apparente dans la cinquiéme. Celle-ei differe delapré-cedente, En ce qu'elle eft beaucoup plus longue ^ Quenbsp;fa queue marquee i eft compofée de trois pointes, au lieunbsp;de deux. f . Que fon obferve deux pctits bras a core dunbsp;cceur marqué 5, qui luy fervent d’appuis pour tamper , ècnbsp;pour s’élancer quand elle veut nager ; ce que je n’ay pu re-marquer dans l’autre. 4°. Ojie fes inreftins marquez 4 ne for-nient qu’une malTe , fans aucune divifion ou feparation quinbsp;foit apparente.

Enfin fon n’y découvre ni anneaux , ny filets de nerfy; ny dents de fcie , ny poils dans la longueur de fa queué.nbsp;Tout Ie refte eft icy de même que dans la chenille préce-jnbsp;dente.


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ET AQUATiciaEs, Seconde Partie. Chap. XXVII. 57

CHAPITRE XXVII.

De 1‘infitjton des fleurs diun Citronier,

Planchc

LE 14. Aouft 1713. iin de mes Amis ayaiit mis infufer a froid des fleurs d un Citronier , dans de l’eau commune , il y apper^uc de trois fortes de poiflbns cn pcu de jours,nbsp;qui ne meritoient pas d’etre reprefentez par des figures :nbsp;mais en continuant fes obfervations, il en vit d’autrcs qu’onnbsp;peut appeller Tormes. En voicy une reprefentée en ii, com-me il i’a vüë. Sa tête , que l’on voit aflez large, eft biennbsp;courte j elle eft ornée de deux cornes, a peu prés femblablesnbsp;au bois d’uncerf, amp; comme emboêtée dans func des extré-mitCZ de fon corps , qui paroiflToit comme couvert d’écailles.

Sa queue eft tres-longue, amp; compofée de plufieurs pieces emmanchées Tune dans l’autre ; amp; quoy qu’on n’ait pü dc-couvrir de pieds ou de nageoires autour du corps de cettcnbsp;tormë, neanmoins les divers mouvemens que l’on a obfer-vez dans fes démarches , font aflez juger qu’elle en étojtnbsp;ïiiunie.

CHAPITRE XXVIII.

D'^me infiifion d’anemone 3 furmmmêe U Royale,

La nature qui fe plak a divcrfifier fes productions , amp; qui fe fait admirer dans tous fes ouvrages, continue anbsp;ïxous en donner des preuves dans cette infiilion d’anémone , Planch?nbsp;préparée a l’ordinaire avec de l’eau commune ¦, puifqu’aunbsp;bout d’environ huit jours on apper^ut dans une goutte denbsp;f:ette infufion un animal nouveau, de la grofl'eur amp;: de la figure qu’on 1’a rcprqfenté a 1’endtoit de cette Planche mar-.,nbsp;qué lu

Tout Ie deflTus de fon corps eft couyeft d’un beau mafque

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58 D ES ANIMAUX AERIENS , TERRESTRE^ bieii fornié , de figure humaine , parfaicement bien fait jnbsp;comme on en peut juger par ce dellein , ou Ton voit üx patres amp; une queue , fortant de deffous ce mafque , qui eft cou-,nbsp;ronné d’une coëffure finguiiere.

On voit enfin dans cette Planche, amp; a cóté du iiombre une anguille d’unc confirudion particuliere , que je pédiaynbsp;un jour dans l’eau commune qu’on avoit donné a boire de-puis quaere heures a un de mes ferins de Canarie. Cette an-guilie paroiflbit blanche amp; bien tranfparente, n’ayant riennbsp;dans l’étenduë de tout fon corps qui fut capable d’empêchernbsp;fa parfaite diaphaneïté. Elle me parut plus grolle amp; plusnbsp;courte que celles du vinaigre, amp; d’une compofition bien differente j puifque fa longueur fembloit êrre couverte d’uncnbsp;membrane tres-déliée , tournee en fpirale , formant des an-neaux qui rentroient les uns dans les autres , Sc qui en for-toient avec une facilité merveilleufe.

CHAPITRE XXIX.

Des infiiftons de troü dijferentes portions d’une üge de celeri» mijes a part dam divers ^aifjeaux de lt;uerre,

LE premier Novembre 1711, Je pris une plante de celeri que je mis infufer a froid dans trois vaifleaux de verre;nbsp;ainfi que nous ballons dire : Je mis dans Ie premier vaifleaunbsp;une partie de la tige rompuë en petits morceaux , pour y;nbsp;être mieux rangez •, je verlay par-deffus de l’eau communenbsp;dont j’achevay de remplir Ie vailfeau ; je ne mis que de beaunbsp;Pamp;nche 7. commune dans Ie fecond vaifleau , par-delïus des feüillesnbsp;vertes de cette plante \ amp; dans Ie troifiéme vaifleau je misnbsp;quelques morceaux de la tige de cette plante, avec des feiiil-ies amp; de l’cau.

Le feptiéme jour de ces preparations, j’apper9us pour la’ premiere fois des poiflTons dans chacune de ces liqueurs j j’ennbsp;vis de deux fortes dans le premier vailfeau, 6e d une feulenbsp;efpece dans les dcvix autres.

Mais


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ET AüyATiQUES. Sëconde Partië. Chap. XXÏX. 59 Mais un mois aprés, en examinant exadement chacuncnbsp;de ces liqueurs , je remarquay que ces trois intufions conté-noient environ dix fortes d’aniraaux de diverfes grolTeurs,nbsp;de diverfes figures , amp; de differens mouvemens y dont jcnbsp;vais donnet une explication particuliere; car ii en efl: de ce-cy comrae d’un Tableau d’hiftoire qu’un Peintre celebrenbsp;vient d’achever, Sc qu il fait voir a fes amis, qui felon ie plusnbsp;OU Ie moins de connoiffance qu'ils ont de la Peinture , y dé-couvrent plus ou moins de beauté.

Ccux qui font marquez i amp;c Zy font les plus petits 5 mais Pianche t* ils furpafient en nombre ceux de toute autre eipece qui fenbsp;trouvent dans les trois vailTeaux. Je les reprefente icy de lanbsp;figure amp; de la grofleur que je les ay vus avec la lencille d’uncnbsp;ligne amp; demie de foyer: les plus petits relfemblent a un 8 denbsp;chiffre, quand ils font accouplez , Ie plus fort des deuxnbsp;entraine , en nageant, Ie plus foible.

Ceux qui font reprefentez en z, que je nomme Corncmu-fcs, s’accouplcnt par Ie bec , qu’elles ont un peu courbé amp;c alTez aigu ^ on voit que nonobftant eet accouplement, ellesnbsp;ne laiffent pas de nager tres-vite : leur allure eft afl'ez agréa-ble a voir; elles voyagent dans la goutte de liqueur en s’en-fon9ant Sc fe relevant alternativement, Sc fe tenant ainfi, elles s’écartent Sc fe rapprochent Tune de l’autre y fans s’arrc-ter un feul moment.^

Toutes ces Cornemufes ne lont pas ennerement lembla-bles; il en efl de cela coniine des animaux d’un même genre^ qui a fous luy differentes efpeces.

Les unes nagent feules avec une rapidité extraordinaire pendant que d'autres avancent d’une vitelfe mediocre , SCnbsp;qu’on en voit qui vont tres - lentement: quelques autres de-meurent afléz long-tems en repos; mais la plupart font dansnbsp;une agitation perpetuelle. 11 y en a de longues Sc de courtes,'nbsp;de blanches argentées, de jannes dorées, Sc de brunes.

Une curiofité des plus fingulieres, c’eft d’obfervcr ee qui fe palfe au-dedans, Sc tout autour d’une mafl'e de maticrenbsp;formée d’une tres-petite pellicule, que les meilleurs yeux nenbsp;peuvent dccouvrir fans Microfcope , Sc qui fe prend au hazard a k furface de I’infulion , s’atcachant au bout de la tigc

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Des anïmaux aeriens, terrestres la plus menuë d’une plume a écrire , pour les mettre fur Ienbsp;pórce-objet du Microlcope •, car on y voit fourmiller tous lesnbsp;aniniaux done nous parlons ; ils y font en li grand nornbre ,nbsp;amp; ils s’y remuent avec tant de vitefl'e , qu’on a de la peine anbsp;détourner fa vüë d’un fpcétacle li nouveau amp; ü furprenant:nbsp;aufli croit-on difficilement ce que j’en dis, fi je nétois pretnbsp;de faire obferver routes ces chofes a ceux qui en voudroiencnbsp;douter. II s’en voit dans de certains endroits quelques - unsnbsp;d’accouplez difFeremment j ailleurs il y en a qui s’arrêtentnbsp;faifant Ie ^uet comme des fentinelles , qui femblent appré-hender d’etre furprifes , tandis que d’autres pour aller a lanbsp;découverte, s’cioignent de la made , puis s en rapprochenc ,nbsp;comme s’ils avoient quelque chofe a faire entendre a ceuxnbsp;qui demeurent aux environs.

On voit fouvent dans une autre goutte de la même infu-lion, prife dans un autre endroit du même vailTeau, un fpec-tacle tournouveau, qui donne beaucoup plus de plaifir que l’on n’en a eu aupafavant. On y découvre, par exemple ,nbsp;des efpeces de poilTons longs amp; plats, que j’appelle des fol-les : les voicy reprefentées dans les endroits marquez 3,3,nbsp;comme nous les avons vüës. L’endroit de cc poiflbn Ie plusnbsp;aigu, eft la tête 3 Ie refte de fón corps eft tranfparent, a lanbsp;referve de quelques petites taches brunes que l’on y voit ennbsp;dedans. Les changemens de poftures, amp; la variété des mou-vemens que l’on remarque en ces infeétes , font beaucoupnbsp;plus de plaifir a voir, amp;c donneiit plus de fatisfaétion, que nenbsp;feroit tout ce que Ton en pourroit lire dans une defcriptionnbsp;particuliere.

Dans Ie vaideau ou il n'y a que des feüilles en infudon i on y découvre entr’autres animaux, des poüTons ferablablesnbsp;a ceux qui font exprimez dans les endroits marquez 6. Oqnbsp;voit immédiatement au-deflbus , au-deffus , amp; a cóté de cenbsp;chifFre , une ouverture alTez confiderable qui paroit tantótnbsp;ronde amp; tantot ovale, felon quelle fe prefente a nous. Cettenbsp;grande ouverture eft la bouche de ce poiffon, qui diminuënbsp;ü fort dans de certains momens , qu’on ne la peut plus ap-percevoir. Lc nager de ce poiftbn s’execute en dandinant,nbsp;jde forte qq on Ie yoit balancer , tantpt a droit, puis a gau-

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ET AQiTATioyES. Seconbe Partïe. Chap. XXIX. che , fe conduifant en apparence par des mouvemens circulaires qu’il fait de fa tête. L’on s’apper^oit encore qu’il change de figure en fe pliant 5c repliant, en s’arrondiffant tout anbsp;coup en forme de boule , puis s’allongeant tres-vite pour fenbsp;rcmettre dans fon état naturel. On voit par Ces dclTeins qu’ilnbsp;va en diminuant de grofleur depuis la tcte jufqu’a la queue,nbsp;qui Ie plus fouvcnt n’eft pas tcrminée en pointe car il ref-femble a un pain de fucre coupé vers Ie fommet par un plannbsp;parallele a fa bafe.

Ce poifibn meurt Ie premier de tous ceux qui fe trouvenc dans la petite goutte de ia liqueur , mife cn experience fiir Ienbsp;porte-objet du Microfcope j amp; un peu avant que d’expirer,nbsp;on Ie voit fe mettre en un petit peloton , dont la fuperficionbsp;paroit raboteufe 5c inégale.

Les animaux dont je viens de pariet font fi délicats, qu’ils perdent entierement leur confiftanee, dés que la goutte denbsp;liqueur ou lis nageoient fe trouve évaporée.

Et quoy que tons ces poiflbns nagent tres-vlte dans une étenduë qui n’a pas plus d’une ligne de diametre, 5c qu’ils ynbsp;foient en tres-grand nombre, neanmoins les uns 5C les autresnbsp;s’évitcnt avec tant d’adrefle , qu’on n’en voit point s’entre-choquer ¦, ce qui marque qu’ils ont des yeux.

II n’en eft pas de même d’une autre efpece de poiffons , qui fe découvrent parmy ceux dont j’ay déja parlé , 5c dontnbsp;la plupart femblent n’avoir ny tête ny yeux ; nous les avonsnbsp;reprelentez aux endroits rnarquezq, 4,45on voirleur corpsnbsp;fe terminer par une longue queue blanche 5c tranfparente.nbsp;Nous fommes portez a croire que ces animaux n’ont pointnbsp;d’yeux j paree que faifant route ils n’évitent aucun des corpsnbsp;qui fe trouvent dans leur chemin : on s’apper^oit qif ils recu-lent dés Ie moment qu’ils ont touché a ces obftacles •, auflinbsp;remarque-t-on qu’ils avancent fouvent tres-lentenient, ainlinbsp;que font les aveugles des Quinze-vingts, lorfqu’ils marchentnbsp;dans les ruës de cette Ville , oü il y a d’ordinaire beaucoupnbsp;d’embarras.

Au bout de Ia queue de ces fortes de poiflbns, on y voit fouvent une petite portion de la pellicule qui fe forme furnbsp;iafurface de l’infufion d’oü on les a tirez: ils la tralnent aprés

i ij

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1st Des ANilvlAUX AERïENSi terresitres eux quand elle ne tient point au porte-objet oü Ton met Ianbsp;liqueur i mais lorfqu’elle y tient de maniere que ne pouvantnbsp;Ten detacher, ils reculent vers elle tout a coup, amp; s’en éloi-gnent de nouveau tres-lentement,

Dans la moindre goutte de liqueur que j’aye pu prendre dans le troifieme vaifl'eau ou font mêlées les feüilles , la tigenbsp;amp; la racine j j’y ay trouve une fi grande multitude de petitsnbsp;animaux marquez i , que ceux dpnt on a parlé cy - devantnbsp;avoient de la peine a les traverfer en nageant entr'eux. Ecnbsp;voila ee que j’ay pu obferver depuis le commencement denbsp;ces infulions, jufqu’au troilieme Decembre 1711.

Trois jours apres I’examen des experiences précedentes je remarquay que tons ceux a qui j’avois fait voir une partienbsp;des chofes que nous venons de décrire , prenoient un plailitnbsp;d grand a les conliderer, qu’ils avoient peine a quitter lenbsp;Microfcope préparé d’une feule goutte de Tune ou de I’autrcnbsp;des infufions du peleri, dont je viens de parler en forte quenbsp;pour examiner ce qu'ils appercevoient dans ces trois diffè-rentes infuhons ,il auroitfum d’un feul Speétateur pour m’oc-cuper durant une heure, amp;c quelquefois plus , a préparer lenbsp;Microfcope, amp; a répondre aux dilEcultez qu’il m’auroit faitnbsp;i’honneur de me propofer fur ce qu’il voyoit 1 ce qui m’obli-gea de penfer a une experience que voicyi en forte que s’ilnbsp;arrivoit qu’elle put réülTir , elle feroit tres - commode pournbsp;diniinuer des deux tiers le terns qu il falloit employer pournbsp;obferver les infulions qui étoient dans les trois vaiffeaux denbsp;yerre que je faifois voir I’mie aprés 1’autre ; amp; même pournbsp;tranfporter dans un feul vaiffeau une liqueur ou il y auroitnbsp;dans la moindre goutte qu’on en puiffe prendre , de routesnbsp;ies diverfes efpeces d’animaux qui feroient dans les trois in-,nbsp;fulions de ccleri.

pour voir fi cela réülTiroit, comme je me l’étois imaginé; je pris avec une petite cueilliere a caffé, une portion de I caunbsp;de chaq.u?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j que je verfay fur un linge fin mis au-def-

fus d’un petit verre pour l’y recevoir , aprés avoir traverfé les pores de ce linge; amp; immédiatement aprés je mis une petitenbsp;goutte de cecte eau fur le porte-objet de mon Microfcope,nbsp;§( j’y apper^u§ cf.es animaux d’une beauté a faire plailir ,

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ET aquatioijes. Seconde Partie. Chap. XXïX. de toutes les efpeces que j’avois vues dans les trois intulionsnbsp;examinees féparément, a la referve de ceux en qui j’avoisnbsp;obfei'vé une longue queue , amp; que j’ay nommez Aveugles;nbsp;dont je ne fiis pas furpris j car cetce queue Sc la pellicule quinbsp;s’y attache tres-communément, fuffiloient pour faire obfta-cle a leur palTage , au travers des pores tres-petits du lingcnbsp;dans lequel je les mettois comnie dans un tamis.

Le plaihr que m’avoit d’abord caufé la réüdite de cettc experience ne dura pas long-tems, puifqu’environ trois heu-res aprés je m’apper^üs par une feconde épreuve que pref-que tous les poiflbns de deux efpeces étoient déja morts, Scnbsp;qu’il y en étoit refté tres -peu des autres a proportion de ccnbsp;qu’il y en devoit avoir. Enfin le lendeinain en examinantnbsp;cette même liqueur , je la trouvay encore dénüée d’une par-tie de ceux qui y étoient reftez le jour precedent.

Je ne fuis pourtant pas faché d’avoir imagine ce mélange} car quoy qu’on ne puifle pas conferver tous les animaux quinbsp;s’y remarquent d’abord , on ne laill'e pas d’avoir bien dunbsp;plaifir a obferver le fpe(ffacle qu’elle nous prefente 5 Sc Tonnbsp;peut dire qu’il en eft de cela comme d’une Piece d’anatomienbsp;qui paroic tres-belle , Sc tres-propre a faire admirer fadrelTcnbsp;de ranatornifte, pour nous faire voir toucd’un coup des beau-tez furprenantes, qui ne fubfiftent fouvent qu’autant de temsnbsp;qu’il en a employé dans fa preparation.

' On voit encore de gros poinons ovales, comme en 5, dont on ne peut diftinguer 1’endroit oü eft la tete , que par leurnbsp;divers mouyemens, a caufe de l’égalité de figure Sc de grof-feur qui fe remarquent aux extrémite? du plus grand diame-tre du profil de ces poilTons.

Dans une feconde infufion des feüilles du celeri j'y ay vÖE un nouveau poifTon, dont on voit la figure amp; la groffeur ap-parente au-deflbus du chiffre 7: la tête répond au qhifFre 8,nbsp;oü l’on découvre comme des poils mouvans de tems en tems.nbsp;5on allure eft tres-lente , Sc fa figure inconftante , paroiflantnbsp;tantót fous la forme d’une Cornemufe , Sc tantót fous cell®nbsp;d'un CroilTant.

On apper^oit aufti fouvent des mittes dans l’infufion de Ia‘ jtige du celeri, mile fur le porte-objet du Microfcope, ou

i Üf


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^4 Des animakïx a e r t eks , terrestre § on les voit marcher d’une grande viteffe.

Dans une troiliénie infuhon de celeri je n’ay point apper-9U tant de forces d’animaux , qu’il y en avoir dans les denx premieres, a caufe que les deux vaifleaux ou je mis infufernbsp;cc dernier celeri, avoient fervi a mettre en infuhon de l’oi-gnon dans l’un des deux , amp; un poreau dans l’autre , quoy-que ces deux vaifleaux euiTent été bien lavez auparavant d’ynbsp;mettre Ie celeri.

Les poilfons, que je nomme Aveugles, ouvrent fouvent de grandes bouches, amp; alors on apper^oicque tous les petitsnbsp;corps , qui n’en font qu a un pouce de diftance apparente ,nbsp;femblent s’y précipiter enfoite on voit qu’ils s’en écartentnbsp;par les cotez , comme fl eet animal les repoufloit avec vi-tefle.

On voit aufli aflez fouvent qu’en qnelques-uns de ces der-niers poiflbns, une partie de leur queue eft tournée comme un tire-boure.

Entre 9 amp;: 10 , on voit un autre poiflbn de figure Iphéroi-de ¦, il prend aufli de tems en tems celle qui eft au-deflbus du chiffire n , amp;c d’autres fois celle que Ton voit au - delfous denbsp;IX j Sc c’eft dans cette derniere qufon Ie voit commencer a fenbsp;mouvoir d’unc viceflc ft extraordinaire amp; ft furprenante, qu’ilnbsp;n’eft pas pofllble de la pouvoir exprimer; amp; de tems en temsnbsp;on leur voit faire des culbutes qui ont du rapport avec quel-ques-unes de celles que font nos Sauteurs, qui mettent leurnbsp;têtes entre leurs genoöils , pour tourner en roulant fur unenbsp;fuperficie plane ou fur un chemin uni pratiqué fur Ie pen-',nbsp;chant d’une montagne.

Nous fimes enfuite diverfos autres inftiftons de celeri ; dans lefquelles nous apper^ümes quelques autres poiftbns dif-ferens des précedens : on en voitun au-deflTous du chiffre 15,nbsp;qui reffemble aflyz a une boute ille.

A 1 endroit marqué 14 , on y voit trois comemufes aflez grofles, deux defquelles paroiflent accouplées d’unc autrenbsp;fa^on que celles qui font en i.

Enfin au-delTous du chiffre 15, on y voit un poiffon des plus extraordinaire que l’on en puiffe voir : il eft prefque toutnbsp;rond, èc fon corps eft tout couvert de poils: fon mouvement


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ET AOITATIOUES. SeCONDE PaRTÏE. Chap. XXX. cft a peu prés fcniblable a celuy d’une piroüctte qui tournenbsp;fans guércs changer de lieu.

J'ay reinarqué que I'infufion du celery fe gele plus diffici-lemcnt que celles du foin , du poivre, des écorces de plu-heurs fortes de bois infufées féparémeiit, amp;c. d’oü l’on peut conjeélurer que Ie mouvement particulier des parties denbsp;cettc eau de celery , eft plus grand que n eft celuy de cellesnbsp;des infulions dont je viens de pariër.

CHAP IT RE XXX.

Ve ^lujiems infufiom de paide O d'épid de bied.

AU commencement du mois de Mars de l’année I7t4;

je mis infufer a froid de la paille de bied amp; deux épis, dans de l’eau de fontaine; amp; dés Ie fecond jour de cette in-fufion, j’y apper^üs des poiftbns reprefentez fous Ie chiftre r,nbsp;que je nomme Cornemufes,

II s’y en trouva aufli plufteurs autres femblables a celuy qui eft marqué i, que je nomme Urinal, dont la bouche eftnbsp;au-deflbus de la lettre A: Ie dedans de leurs corps étoit rem- pianchc i,nbsp;pli de quantité de petits corpufcules, les uns blancs amp; tranf-parens, amp;: les autres bruns. Parmi ces deux fortes de poif-fons , j’y en apper^üs d’une troifiéme efpece , que j’ay nonvnbsp;mez Rognons argentez : on les voit reprefentez au nombrenbsp;de quatre , formant un groupe autour du chiftre 5, amp; tour-nant chacun fuivant l’ordre des lettres AC B. Ils fe mbuyentnbsp;aufti d’un mouvement direét amp; alTez lentement.

Le corps de ce poiftbn eft de couleur d’argent mat ; amp; quoyqu’il foit parfemé de petits corps bruns en des endroits,

amp; tout-Tfait opaques en d’autres , il ne laifl'e pas d’etre aflez tranfparent; la tête fe voit en A, le derriere en B , Sr fonnbsp;dos en C.

Une autre efpece de petit poifTon fe fit voir fous une forme ovale , de la longueur d’une ligne ou environ. Peu de jours apres j’y en apper^us d’une quatriéme efpece, que j’ay


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Des animaux aerïens, terrestres nommé Bouteille dorée , a caufe de fa figure la plus conftan-;nbsp;te , amp; de fa couleur.

La bouche A de ce poifTon s’appliquc quelquefois fur u» corps rond qui s’y attache^fortemeiit, de maniere qu’ils pa-roiffent enfuite ne compofer qu’une maffe , qui reffemble anbsp;une gourde flgurée en 6. Et ce qu’il y a de plus furprenant ,nbsp;eft de voir ce poiffon continuer fon nager avec fa proye.

Une cinquiéme efpece de poiffon que j’ay nommé Solles dorées , a caufe de fa figure amp; de] fa couleur, eft vüë icynbsp;dans toute fa longueur, qui eft tres - confiderable i puifquenbsp;depuis fa tcte qui eft en A , jufqu’a fon autre extrémité B ,nbsp;il y a environ vingt lignes : fa forme n’eft pas conftante ,nbsp;puifqu’on Ie voit fc raccourcir amp; s’allonger de moment ennbsp;moment pendant fon nager, qui s’execute tres-vite ^ amp; ennbsp;diverfes fa^ohs.

On juge facilement que ce poiflbn eft plat, a peu prés comme une folie j paree que durant fon nager on voit fenfi-blement augmenter 6e diminuer la largeur de fon corps.

Volcy une feptiéme efpece d'infeéteque nous avons nom^ mé Aveugle , maïs qui differe en quelque chofe des préce-dens. L’endroit A défigne leur bouche, qui eft quelquefoisnbsp;fi grande , qu elle furpaffe la largeur de leur corps. B C eftnbsp;la queue de ces poiflbns, au bout de laquelle on voit unenbsp;pellicule qu’ils trainent aprés eux.

On découvre encore de petits poiflbns de figure ovale, qui font de diverfes groffeurs , parmi lefquels il y en a quinbsp;ibnt en tres-grand mouvement, pendant que d’autres fem-blent étre dans un repos fi grand, qu’on n’auroit pas de peine a croire qu’ils font morts, fi. on ne les voyoit pas , commenbsp;on fait, prendre tout a coup Teflort: vous les voyez repré:;nbsp;fentez entre les queues de deux aveugles.

Dej Sygnes.

JE donne le nom de Sygnes a de certains poiffons que j’ay vus dans cette même infufion de paillc j paree que j’ynbsp;trouve quelque reffemblance exterieure : en voicy trois anbsp;coté des chiffres 8,8,8. L’endrok A marque rextreniite de

leur

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ÉTS AQUATIÖÏTES. Sëconöe Partïe. Chap. XXX. 6f leur tête ¦, B , lextrémité de la queue j amp; C, un gros ventre.nbsp;II s’en voit fouvent de deux efpeccs dans une même petitenbsp;goutte de cette infufion ^ les uns étant tres - tranfparens, amp;cnbsp;les autres aflez bruns au-dedans du corps, oü l’on voit leurnbsp;vilceres en mouvement. Leur nager s’execute affez Icnte»*nbsp;ment, amp; d’une maniere grave , foit en avan^ant, foit en re-culant, OU en tournant.

Ils retirent fouvent la tete vers fendroit marqué 8, com-me s’ils avoient peur de ce qu’ils apper^oivent, en tournant leur tête d un cóté amp;: d’autre : j’en ay vü un dont Ie milieunbsp;du corps fembloit être refl’erré ou diminué de largeur.

Les poiilbns 9,9, font ceux que j’ay nommez Araignées aquatiques, ou Goulus , amp; dont je dois parler alTez au long'nbsp;dans Ie Chapitre XXXII. de cette feconde Partie.

A l’égard de ccluy qui eft marqué 10 , il eft Ie feul de fon efpece que j’aye vu dans rinfufion de paille de bied fa figure approclie aflez de celle d’une bourfe , ou d’un pot aunbsp;lait que nos laitieres portent fur leur tête : fa bouche qui eftnbsp;fort grande , qui fe voit ouverte , fe terme totalement lorsnbsp;qu’il s’allonge pour nager , de maniere qu’on perd de vüc fesnbsp;deux cornes, que foil voit courbées en dedans.

Au - deflbus du chiffre 11 , on voit un poiflbn qu’on peut nommer la petite Solle.

IX amp; 14 , font deux poiflbns de couleur d’eau , dont Ie mouvement étoit des plus lents amp; des plus difficiles a voir, anbsp;caufe de leur petiteffe , qui eft environ mille fois au-deflbusnbsp;de celle d’un cheveu.

Enfin 15 eft un poiflbn , ou plutbt un ver compofé d’uu grand nombre de tres-petits anneaux tournez fpiralement ^nbsp;amp; dont les extrérnitez font terminées en pointes tres-longues amp; tres-fines. Le corps de ce ver eft prefque immobile,nbsp;c’eft pourquoy il eft befoin d’une grande attention pour Icnbsp;fuivre dans fon allure •, amp;l’on a befoin d’un Microfcope aufifnbsp;parfait que 1’eft celuy dont je me fors pour cela.

Voilatout Cé qui eft contenudans cette huitiéme Planche. Er voicy maiiitenant fexplication de ce qui fe voit reprefon-té dans la neuviéme.

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lt;5.;^ Des AN^^^AWx asriens , terrestres

J)cs Grenades aqisati^nes, coitronne'es barbuës^

T’Ay donné ic noni de Grenades aquatiques, couroimées5^ barbuës., aux poiffons que nous avons reprefcntez dansnbsp;cette Planclie •, paree qu’ils m’ont paru avoir quelque reü'em-blance exterieure ace fruit. Je commen^ay ales appercevoitnbsp;Ie matin du premier Juiilet, dans une tres-petite goutte denbsp;I’infiilion de paille de bied, en me fervant d’une lentillc d’n-Planchc jjg ligne amp; demie de foyer.

Ces animaux me parureqt d une belle couleur d’ambre claire amp; tranfparente ^ ce qui me donnoit Ie moyen d’obfer-ver routes les parties interieures de ce poiflbn, que j’apper-cevois des plus brillantes que j’aye encore vüës. La diverliténbsp;des formes fous lefquelles ce poiflbn s’cfl: fait voir, m’obligenbsp;de dire quelque chofe de chacune en particulier. Dans lanbsp;premiere figure on voit quatre petites eminences au-deflbusnbsp;des lettres A B C D, garnies de poils, qui ne reftent pasnbsp;long-tems dans cette fltuation: celle qui répond immédiate-ment au-deflbus de B , fe joint a celle qui eft marquée par Ajnbsp;celle qui eft au-deflbus de C fe joint a D, fi intimement,nbsp;que Ie tout paroit alors, ainli que cela eft vu en la deuxiéraenbsp;figure au-deflbus des lettres AD. Ces éminences groflies ,nbsp;formentles lévres écarcées de la bouche de ce poilfon, dontnbsp;Ie jeu des poils, que I on voit mouvoir dune maniere afleznbsp;uniforme , oblige tous les petits corps , qui font a pcude dif-tance de ces lévres, d’entrer dans fa bouche, amp; d’oü la plu-^nbsp;part font repoufl'ez avec autant de vitelTe , qu’ils en avoieninbsp;jeu pour y entrer.

Toutes les éminences marquées AB CD, de la premiere figure , OU les deux de la feconde , fe retirant quelque peunbsp;vers E, découvrent une efpece de couronne a quatre poimnbsp;ces, femblable a ce qui paroit au-deflbus du chiftre jmaisnbsp;cette couronne fe voit bien-tót recouverte des mêines émi--nences A B C D, qui font tres-mobiles.

On apper^oit un corps en E , dans chacune de ces figix-fes , que je crois être Ie coeur du poiflbn j paree qu’il paroit toujoujrs dans un mouvement égal, SC quon y remarque 3


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IT AQïTATiöjyEs. Secönde Partie. Chap. XXX. conime au nótre j un fyftole amp;; un diaftolé. Ce cceur a unenbsp;liaifon tres-étfoite avec Ie corps marqué F, qui eft plus grosnbsp;que luy, amp; qui peuvent pafler pour les inteftins de eet infecrnbsp;te, qui font toujours dans un mouvement qui fne paroit af-fez régulier : amp; il faut obferver que cette mutuelle eorref-pondance qui eft entre Ie coeur amp; Ie vifcerc F, vient de cenbsp;qu’il y a deux filets de nefs , ou deux petits ligamens en G,nbsp;qui vont de l’un a l’autre , comme on Ie peut remarqueiTnbsp;avec un peu d’attention.

Le cceur femble être divifé en deux lobes, qüe 1’ön apper-^oit s’écarter amp; fe rapprocher Fun de Fautre , en de certains terns; ce qui pourroit bien donner occafion dc penfer que cènbsp;font les poulmons de ce poiffon qui environnent, fon coeurnbsp;amp; c’eft cc que je laiffe a deviner aux fameux Medecins gt; 6c ^nbsp;nos plus illuftres Anatomiftes^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-

Le derriere de ce poiftbn paroït rond amp; fermé en de certains momens, amp;: ouvert en d’autres \ dc alors on apper9oit deux petites éminences pointuës, comme on yoit en H de lanbsp;premiere figure,

J’en ay vu un feui, reprefenté en la quatriéme Figure, qui avoir quatre de ces petites éminences aiguës , placées deuxnbsp;d un cóté de Fanus, Sc deux de Faittre.

C’eft par cette ouverture que Fon volt fortir 8c rentrer* avec beaucoup de vitefle, üne loïigue queue i 1, qui eft beau-Goup plus grofle vers la racine i, qu’elle n’eft ailleurs, L’ex-trémité L de la queue de quelques-uns de ces poilTons , paroit fourchuë: cette queue eft fi blanche Sc fi tranfparente ,nbsp;qu’on en peut tres - facilernent découvrir la méchanique , 8cnbsp;expliquer tous les niouvemcns qu’on y remarque , avec au-tant de facilité qu’un bon Anatomifte en a pour expliquernbsp;tous ceux que nous faifons faire Volontairement a la plupartnbsp;des parties qui compofent notre corps. Cette queue qui eftnbsp;tres-nioblle rentre totalement dans le corps de ce poiftbn jnbsp;de maniere qu’y étant, les inteftins qui font en F la cachentnbsp;entierementj d’ailleurs les petits anneaux qui la compofentnbsp;rentrant les üns dans les autres, ne permettent pas Un librenbsp;paftage a la, lumicre j ce qui fait qu’elle n’eft plus vifible.

On voit de gros oeufs attachez au derriere de eet anima!,

k ij

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70 Des ANIMAtJli AERiEN^ , tlRUESTRES par Ie moyen de quelques filets prefque imperceptibles: il ynbsp;a de ces femelles qiii n’en portent qu’un, il y en a qui ennbsp;portent deux, amp; quelques-unes jufqu’a fix , ce qui cft afie^nbsp;rare j lorfqu’ony en voit tant, ils font plus petits que quandnbsp;il y en a moins.

La queue de ce poifibn frotte ces eeufs a fentrée amp;: a la fortie de fon corps, toutnant de cóté amp;c d’autre avec beau-coup de fouplefie : ces ceuIs paroifl'ent tres-réguliers, biennbsp;briilans pendant qu’ils font pleins mais dés qu’ils font vui-des, on les voit tout plats amp; fans rides , fous une forme ovale , plus tranfparens qu’ils ne fétoient étant pleins j amp; quoy-que vuides, les meres les porrent prefque toujours attacheznbsp;cn croupe , amp;: en nageant, comme elles les portoient aupa-ravant : j’en ay vu un feul feparé du corps de ce poifibn, flo-tant dans la petite goutte d’eau mife en experience fur Icnbsp;porte-pbjet du Microfcope : eet ceuf paroiflbit immobile denbsp;même que tout ce qui étoit au-dedans. J’ay auffi vu deux denbsp;ces oeufs dans Ie corps d’un de ces poiflons, qui paroifibientnbsp;comme on les voit au-deflbus des lettres G G, Fig. 6.

Ces poifibns font tres-réjoüiflfans a voir , particulierement quand ils font des culbutes, paree qu’ils les executent avecnbsp;beaucoup d’adrelTe. 11 s’en voit quelques - uns qui tournen|:nbsp;circulairement, tantót d’un coté sê tantot d’un autre , a 1’en-tour du point F , qui elf Ie centre de pefanteur de l’animal.

Dés que la liqueur eft mife fur Ie porte-objet du Microfcope , on les voit nager tres-libremeiit en avant ^ quelques-uns s’arrêtent enfuite, amp;; c’eft dans ce moment qu’ils donnent ie tems de bien obferyer toutes les circonftances dont nousnbsp;par Ions.

Ils fe frottent quelquefois Fun contre 1’autre; ils fe detour-nent fans fe choquer , 6e on les voit éviter tout ce qui s’op-pofe a leiir chemin d'une naaniere fi adroite j que bien qu’o;x i|e voye pas leurs yeux , on ne peut pas dourer quHls n’ennbsp;foient munis , amp; de tres-bons.

De terns en tems ils appviyent le bout de leur qvieuc fur le porte-objet du Microfcope , amp; dés ce moment - la op voitnbsp;qu’ils avancent tout le corps au-dcla de ce point; qu ils Tennbsp;.^pprochent enfuite Sc 1’en éloignenti puis ils reprennent leuf

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£T AQÜATIQUES. SeCONBE PaRTIE. Chap. XXX!. 71 ailure ordinaire en nageant, fans qn’on puifle reniarquer aurnbsp;cune patte ni aucune nageoire autour de leur corps.

Le iz. Juillet j’apper^us , dans une goutte de I’infufion dont je viens de parler, une chenille aquatique gt; amp; j’ay re-inarqué que les Grenades aquatiques dont je finis icy l’hif-toire, foutiennenc mieux les grandes chaleurs qu’aucun desnbsp;plus gros poill'ons que j’aye cy-devant obfervé dans les infu-fions précedentes •, puifque pour l’ordinaire les gros meurentnbsp;dans ce tems-la plutóc que les petits , ce qui n’eft point encore arrivé a ceux de cette inrufion , oü je viens d’en voirnbsp;jufqu a quatre dans une tres-petite goutte , quoyque la cha-leur foit fort grande ce jour z8. Juillet.

CHAPITRE XXXI.

De la faille d orge, de celle du fégle, de alle d'avoine j O* du bied de Turcfuie 3 chacune de as chofes mife feparémenenbsp;en injujton dans de l eau commune,

JE n’ay pas rapporté dans le Chapitre précédent tout cc que j’ay vu dans les dilFerentes infufions que j’ay faites dcnbsp;la paille de bied ; je me fuis contenté de dire ce que j’y aynbsp;découvert de plus remarquable , m’étant refervé d’avertirnbsp;dans celuy-cy, que 1’air contient dans une faifon ce qu’il ncnbsp;contient pas dans une autre j amp; que les animaux qui régnentnbsp;dans un inêine lieu durant une année entiere, font fouventnbsp;differens de ceux qui s’y voyent dans un autre. Ce font cesnbsp;yarietez qui occupent agréablement les perfonnes qui fe don-ncnt la peine de continuer leurs obfervju^ions, amp;: mênie d’ennbsp;faire en differens lieux, confiderablement éloignez 1’un denbsp;1’autre. Par ces diverfes experieirces on s’éclaircira de plu-fieurs fairs, amp; Ton ne fera pas furpris fi 1’on ne découvre pasnbsp;toujours les mêmes chofes dont je parle, ni pourquoy on ennbsp;(découvrirft d autres dans une femblable infufion dont je n’aynbsp;rien dit; paree que les nouveaux infeéles qu’on y aura apper-0s me feront échapez, ou peut-être a cauf^ que durant la

'.....¦ nbsp;nbsp;nbsp;‘nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Kiij


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71 D ES ANIMAUX AERIENS , TERRESTReS faifon que j’avois prife pouc faire cette experience, il nc s’/nbsp;en trouva point de la méine efpece.

J’ay remarqué , par exemple , dans toute l’année 1714, amp; dans une partie de 1715, un grand noinbre de groffes arai-gnées amp; de chenilles aquatiques , dans fepc ou huic infulionsnbsp;diflerentes; ce qui ne m’étoit pas encore arrivé.

Les differentes infulions a froid de paille d’orge , d’avoi-ne, de fcgle , ^ d’eau commune , faites fépaTément dans des vaïffeaux biea nets , nous ont fournies de tres-beau^Cnbsp;poiflbns ide mêmeque deux autres infulions de bied de Tur-quie taites en divers terns.-

CHAPITRE XXXn.

Tgt;e l écorce de hoü de chêne qm porte Ie gUnd, mtjè en infu-Jton dans de l’eau commune^

' Nviron Ie quinze Decembre de fannée 1714 , je mis in'-^

, fufer a froid de l’écorce de bois de chêne dans de 1’eau commune , dont je templis un grand verre a boire , amp;: du-rant 1’efpace de plus d’un an j’y apper^us fuccelïivement tousnbsp;fianchcio. les poillons reprefentez dans cette Planche, a chacun def-quels j’ay donné un nom particulier ¦, de forte que j’ay jugénbsp;a propos de nommer Ie premier , la Tortuë , ou Ie poilTon knbsp;la queue umbilicale : eet infeéte s’allonge amp; fe raceourciCnbsp;tres-facilement ¦, il prend de tems en tems une figure ronde:nbsp;qu’il ne conferve qu’un moment: on luy voit quelquefois ou-vrir la bouche d’une grandeur furprenante , par rapport a Ianbsp;grolTeur de fon corps j amp; fes lévres , qui forment a peu présnbsp;la circonferencc d’un eerde , font garnies de petits poils,nbsp;dont Ie jeu fait plailir avoir, a caufe que ce mouvement particulier oblige une partie des petits corps , qui fe trouventnbsp;correfpondre vis-a-vis de luy, d’aller fe précipiter dans fortnbsp;'cftomac , ou vray-femblablement la partie qui doit fervir anbsp;Ie nourrir, deraeure , tandis que Ie refte eft vu s’en éloignernbsp;avee vitclTe. Son allure ell des plus linguliere que l’on puiflfe'

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ET A^liTATrcujEs. Sfconbe Partie. Chap. XXXL y, voir; vous en jugerez vous-même par ce que jen vais dire ïnbsp;fa queue que Ton voit attachée a fon corps, a peu prés cora-nie Ie cordon l’eft au nombril d’un enfant qui vient de nai-cre , luy fert comme d’un gouvernail pour luy procurer pref-que tous les mouvemens qu’on luy voit faire. Cette queuenbsp;cü. fort groffe vers fa racine , amp; bien aiguë par fon autre ex-trémicé, oü ellc fe divife en deux parties encore plus aigues,nbsp;qui le joignent li exaétement, qu’il femble aprés cela ne fairenbsp;plus qu’un tout fans aucune feparation.

II arrive quelquefois que ce poilTon attacbe ies bouts écar-tez de cette queue fur le porte-objet du Microfeope; amp; fur ce lieu-la il tourne tout fon corps, en prefentant aux yeux dunbsp;^edateur tantot fon dos qui eft convexe , comme le deflusnbsp;de 1’écaille d’une tortuë, amp;c tantot fon ventre qui paroit con-,nbsp;cave 5 comme le deftbus dc la même écaille.

Et il faut remarquer que fextrémité d’en-bas de ce poif-fon eft ft tranfparente, que fa queue eft égalemcnt vüc, com-me fortant de fa partie convexe ou de la concave.

La feconde figure eft un autre poifl’on a la queue umbllica-le j qui ne differe du premier qu’en ce qu’il a la bouche fer-mée , amp; que fa queue paroit n’avoir aucune feparation.

Et la troifiéme reprefente encore un autre poifl'on de la même efpece que le precedent, quoyque fous une forme unnbsp;peu differente. Ce poiffon paroit ainfi a caufe qu’il retire ennbsp;arriere la partie fuperieure de fa tête qui eft double , amp; dontnbsp;les deux avances, en forme de comes, étoient entieremenCnbsp;couvertes.

Le quatrieme poiffon fera nomme le rat d’eau, a caufe de quelque reffemblance qu’il a avec cet animal; fa tête parolenbsp;fort bien marquée , amp; fes lévres garnies de longs polls , donenbsp;ie mouvement produit le même effet que plulieurs autres,nbsp;dont on a parle plus haut.

Le cinquiéme poiffon fera nommé la patte d’éereviffe , a .caufe des deux bees recourbez qu’on luy voic, dont le mouvement eft tres-lent, de même que left celuy de tout fonnbsp;corps, qui fait tres-peu de chemin en bien du temps j cenbsp;qui facilite le moyen de 1’obferver exaffement , amp; de re-marqu.et dans prefque coiite la longueur de fon corps un affeis

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^4 nbsp;nbsp;nbsp;ANIMAUX AERIÊNS, TEARÏSTAES

bon nonabre de petits globules dorcz amp; brillans.

Le fixiéme poijflfon ayant a peu prés la figure d’une mafluc,' fera ainfi nommé : fa tête eft fort grofle par rapport au reftenbsp;de fon corps qui fe termine en pointe : le dedans de foianbsp;corps eft feiné de petits grains tranfparens amp; opaques, qui fenbsp;font voir diverfement felon ia nianiere dont ils renvoyent lanbsp;lumiere qu’ils ont re^üë.

Je nommeray celuy qui eft marqué 7 , Ia féve de vers a foye; paree que le corps de ce poiflbn eft compofé de plu-fieurs anneaux , amp;: de pluficurs fibres longitudinales , qui fervent a le faire allonger amp; a le raccourcir avec beaucoup denbsp;facilité. La figure de fa tête paroit peu differente de celle denbsp;fa queue, amp; on ne la diftingue guére que par fon nager.

Le huitiéme poiflbn fera nommé Spheroïde , a caufe qu’il reflemble exterieurement a unoeuf, dont les bouts font égauxnbsp;amp; bien arrondis.

Sa tête eft vuë en bant, amp; un peu au-deflbus on y voit urv petit corps qui fe meut tres - régulierement, ce qui me faicnbsp;penfer que ce pourroit bien être le ca'ur de ce poilfon 3 öcnbsp;plus bas on apper^oic plufieurs petits corps ronds amp;: de di-verfes groflfeurs , qui font peut-être des ceufs, que 1’on voicnbsp;agitez par les divers mouvemens du poiflbn, qui s’allonge amp;Cnbsp;fe raccourcit, qui fe plie amp;c déplie diverfement en nageantv

Lorfqu’on donne quelque attention a confiderer le grand nombre d’ceufs que fon voit dans le corps de ces poiflbns ,nbsp;fon n’eft pas fvirpris d un autre nombre prodigieux de cesnbsp;animaux, qui fe voit dans la moindre goutte que 1 on puiflbnbsp;prendre de cette intuflon , amp; 1’on celfe par-la d admirer cet-te multitude étonnante qui paroit amp; qui difparoit en peu denbsp;terns ; puifqiie fon cefle d’en voir de cette nature au boutnbsp;d’environ buit jours , amp;C qu’en leur place il s’en prefente denbsp;nouveaux aux yeux des fpectateurs attentifs , qui n’en lontnbsp;pas moins touchez qu’ils font été des précedens.

En voicy de plufieurs fortes qu on peut nommer anguilles,’ qui difterent entr’elles , amp; qui different encore de celles dunbsp;vinaigre en forte que fon pourra inferer de-la que ce fontnbsp;des poiflbns d’un même genre , amp; de diffet entes elpeces.

Celle qui fe voir reprefentée au-deflbus du chiiire 9 j ni’a

paru

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:ét AöLTATióyËS. SeconBe Partij. CHap, XXXII.

paru blanche èc tranfparente, quoyque prefque toute la longueur de fbn corps fut parfemée dun grand nombrc de pe-tits grains brillans.

Sa grolTeur étoit bien conhderable , par rapport a fa longueur , qui paroifToit n’avoir au plus que deux pouces ¦, amp; la grande vitefl'e de fon mouvement, qui ne luy raifoit parcou-rir que tres-peu d’efpace en affez de tems, marque bien ennbsp;quoy celle-cy diftere des autres.

J’en ay vu deux d’une même efpece dans la feconde infu-fion que j’ay faire d’une ferablable écorcc , qui appuyoient de tems en tems rextrémité de leurs queues fur Ie porte-ob-jet du Microfcope , amp;c qui faifoient autour de ces points fixesnbsp;plufieurs mouvemens alTez agréables a obferver. La longueurnbsp;apparente de chacune de ces anguilles étoic d’enviroii deuxnbsp;pouces, amp;c la groffeur a peu prés comme celle du tuyau d u-ne plume de corbeau.

Au-defibus du chiffre lo. il s’en voit une autre , dont la longueur apparente étoit d’environ centlignes, amp;fa grolTeurnbsp;dans fendroit Ie plus épais de tout fon corps, pouvoit étre denbsp;quatre lignes de diametre.

Sa bouche , qu’elle ouvroit de tems en tems , paroiflbit ronde , amp;c toute la longueur de fon corps étoit munie d’unnbsp;bon nombre de filets tres-menus qui ne fe faifoient pas voirnbsp;a tous momens; amp; au lieu de ces filets on découvroit dansnbsp;d’autres tems une ligne fpirale qui occupoit iiiae érenduë con-liderable de la longueur de fon corps i ce qui fuffit pour ex-pliquer Ie mouvement de cette groflb anguille , qui étoitnbsp;afléz lent pour donner Ie tems de l’obferver agréablement anbsp;la lumiere d’une chandelle, amp;c de voir une belle variété dcnbsp;couleurs dans fétenduë d’une partie de la longueur de fonnbsp;corps, amp; particulierement un rouge tres-vif tirant fur Ienbsp;pourpre : rnais lorfque eet animal venoit a fe raccourcir , ennbsp;rapprochant 1’un de l’autre tous les contours fpiraux du filetnbsp;dont je viens de parler •, toute cette variété admirable denbsp;couleurs s’elFa^oit, amp; dans ce moment Ie tont devenoit brun.

Au-delTous du nombrc ii , on y vojt une autre anguille d’une grande vivacité , qui plie , déplie replie tout fonnbsp;corps en are , fe débandant d’un fens tout contraire au pre-

s

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7^ Des animaux aeriens, ter re stres mier , pour reprendre fubitemcnt la courbure qu’elle avoitnbsp;auparavant , continuant ainli ce manége fans changer quenbsp;tres-pcu de place, n’en occupant qu’autant qu’il luy en falioitnbsp;pour executer fes courbures.

Le nombre u. rcprefente une groffe anguille morte de-puis peu de tems; je l’obfervay Ie 9. K'^ars 1715. a la lumicre d’une chandelle : fa longueur me parut d'environ lix pouces,nbsp;amp; fa plus grande épaifl'eur étoit d environ trois lignes. Ce futnbsp;comme par hazard qué je découvris vers fa queue une petitenbsp;anguille d’environ deux pouces apparens de longueur , quinbsp;fe tremoulToit beaucoup pour forth du ventre de fa mere jnbsp;mais n’en pouvant venir a bout, elle y mourut eiafin. Cettenbsp;óbfervation femble fuffire , pour nous afliirer que les ccufs denbsp;ces anguilles font couvez au-dedans du corps des mcres,nbsp;qu’il n’cft pas facile de parvenir a de femblables découver-ces , a caufe de la vitelTe du nager de ces poilfons j cepeii-dant voicy un moyen fur pour y arriver ; car il n’y a pournbsp;cela qu a attendre que la petite goutte de vinaigre foit pref-que toute évaporée, afin que lalenteur du mouvement desnbsp;anguilles facilite la découverte de ce qu’ellcs contiennent.

Ces obfervations étant faites a ia lumiere d’une chandelle, la diftindion de 1’objet en fera plus belle qu'eile nc feroit anbsp;celle du jour j paree que pouvant s’appuyer fur une table , lenbsp;Microfcope en fera tenu plus ferme , amp; d’ailleurs on re^oicnbsp;moins de faux rayons de lumiere , que fi 1’on obferVoit cesnbsp;mênies chofes a celle du jour.

Par ce moyen nous eumes le plaifir d’obferver dans la fui-]te deux anguilles , durant prés de deux heures , parcourant une étenduë interieure du corps d’une même mere, oü ellesnbsp;alloient de la queue vers la tête, puis revenant de-la vers lanbsp;queue,

Le iC-pohTon ayant quelque relTemblance avec la navette dun Ti lïerand, on luy poiirra donnet ce nom : fon nagernbsp;s’execute également, foit en avan^ant foit en reculant: lorsnbsp;qu'il s’eft allongé on le juge avoir a peu prés deux pouces denbsp;longueur , amp; environ quatre lignes de grofleur, prifes versnbsp;ie milieu de fon. corps j ou 1'on yoit d’autres petits corpufeg-les qui femblent ctre des ccufs.

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ET aoijatiques. Seconde Partie. Chap. XXXII. 77 Les extL'émitez de ce poiffon fe courbent differemment, denbsp;forte qu’elles femblent luy fcrvir de gouvernail, en niêmc

Ccms ae nageoircs.

Le I4^ poilfon peut être nommé Ie bec de Corbin, par rapport a la courbure de fa tête , qui fe termine en pointe ; l’aii-tre extrémité de fon corps eft groffe amp;: arrondie en forme d’unc larme : on voit de longs poils fous la gorge de ce poiflbnnbsp;qui luy fervent de nageoires , en forte qu’enles rernuantla refinance du liquide ou il nage ie fait tourner du cóté de fon dos.

Le 15^ poiflbn fera nommé la petite Araignéc aquatiquc: la figure de ce poiflbn efl femblable a un fphéroïde , fur Ic-quel on remarque plufieurs lignes brunes amp;: parallelcs entr’-elles, qui s’étendent du fens du plus grand diametre de cenbsp;poilfon ¦, amp; entte ces lignes paralleles on y voit plufieurs cor-pufcules plus bruns que le refte de fon corps.

J’ay auflfi remarque que les patres du devant de fa tête étoient plus longues que celles qui font au bout oppofé , amp;nbsp;que celles du milieu de Tune amp; fautre extrémité de tout fonnbsp;corps font plus longues que celles qui font a cóté.

Le 16'= refl'emblant a une larme , fera nommé de ce nom : fon corps efl uniforme 8c tranfparent, de manicre qu’on n’ynbsp;remarque aucune inégalité fcnfible : fon col efl long amp; unnbsp;peu courbé j amp;c fa tête qui va diminuant de grolfeur , fe termine par une petite rondeur.

Le 17' poiflbn fera nommé Limas : fa tête efl ronde, amp; fa queue aiguë: le refte de fon corps eft alfez gros par rapport anbsp;fa longueur, qui devient plus courte dans fon allure qui pa-rolt alfez réguliere.

Le 18' poiflbn a été nommé Chenille aquatique ; il s’en trouve de diverfes efpeces dans plufieurs infufions de plantesnbsp;routes differentes •, amp;r j’ay remarqué en quelques-unes que lesnbsp;poils que nous avons dit ailleurs être comme plantez aux deuxnbsp;iévres de cette chenille, femblent tourner dans de certainsnbsp;momens , comme une molette d’éperon tourneroit en luynbsp;donnaiit un coup de doigt j amp; c'eft ce mouvement qui determine une partie des corps qui font d’une certaine grofl’cur anbsp;fe précipiter dans fa bouche, d’ou ils font enfuite chafl'ezcnnbsp;partie, avec autant de vitefle qu ils en avoient eu pqur y ar-river,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 ij


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Des ANiMAtJX AERIENS , TERRESTRE S

J’ay dc plus obfervé deux petits corps cilindriques, longs d’cnViron une ligne chacun , amp; d’un peu moins de groffeur,nbsp;placez Tuil a droit amp; l’autre a gauche du corps de cette chenille , 6c immédiatement a cóté de fon coeur : ces corps fervent d’appuy a la partie anterieure de I’animal, pour luy donnet la facilité d’avancer dans Ie tems qu’il rampe fur Ie porte-objet du Microfcope.

On a bien de la peine a découvrir ces fortes de petites pattes , a caufe qu’elles font tres-courtes, amp; qu’elles fontnbsp;prefque toujours fous Ie corps de cette chenille , ne lesquot; ennbsp;écartant que tres-rarement.

Le 19' poilfbn fera nommé la groffe Araignée aquatique : fa figure approche de celle d’un ovale j 6c fa bouche un pennbsp;enfoncée fenible quelquefois fenduë jufque vers le milieu denbsp;fon corps. Ses lévres font garnies de petits poils en mouvement , dont la viteffe femble fe communiquer interieurementnbsp;a un petit corps qul eft peut-être le coeur , les poulmons denbsp;ce poiflbn qui 1’environnent.

Le derriere eft aufli garni de poils, qui femblent former une efpece de queue j 6c l’on voit immédiatement au-delTusnbsp;de l’anus , un amas brun de made re que je crois ctre les ex-cremens de ce poiflbn , qui fe nourrit d’autres plus petitsnbsp;poiftbns , que nous avons appellez Cornemufes , 6c qui pa-roiflentfe mouvoir dans leurs corps durant quelque tems.

Le refte du corps de ces araignées eft d'ordinaire rempli de plufieurs petits corpufcules auez irréguliers , qui peuventnbsp;pafler pour des oeufs,

On découvre aufli de ces efpeces de poiflTons dans les in-fufions que Fon prépare avec dc la paille de froment, de eelle d’órge mêlee de quelques épis j dans celle que Fon faitnbsp;avec du bied de Turquie j dans la canne d’Inde •, dans cellenbsp;du bois 6c de Fécorce d’acacias 5 dans celle du poivre ennbsp;grains, 6cc. Toutes ces araignées, qui different les unes desnbsp;autres en quelque chofe, ont du poil tout autour de leursnbsp;corps, couché un peu obliquement de la tête vers la queue jnbsp;ce qu’on peut facilement obferver avec une Icntille de Microfcope d'une ligne ou environ de foyer.

J-9 2.0® poiftbn fera nommé , le poiflon a la grande gueu-.

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et AOïTATlOyES. SeCOKDE PaRTiT,. Chap XXXII. 79 Ie ; paree que fa bouche occupe environ la moitié de routenbsp;la longueur de Ion corps : fa lévre fuperieure furpafl'e denbsp;beaucoup en longueur celle de finferieure ¦, Tune l’autrenbsp;font garnies de petits polls, amp; tout Ie dedans de fon corpsnbsp;cft rempli de petits corpufcules d’inégale tranfparence : en-bn Ie derriere de ce poiflbn eft terminé par une queue afleznbsp;finguliere, amp; dont Ie mouvement eft peu fenftble.

Le zi^ poijfon fera nommé l’Antonnoir , paree que fa figure la plus conftante luy reflemble : on le voit paroitre icy fbus trois formes difterentes j dans celle du milieu on apper-^oit fa bouche ouverte Sc ronde j fes lévres font interieure-ment garnies de petits polls qui fe mouvent tres-vite: fonnbsp;corps eft femé au-dedans de plufieurs petits corps tres-irré-guliers : fa queue, qui eft fort longue , traine fouvent aprésnbsp;elle une petite pellicule attachée a fon extrémitc : on en voitnbsp;un fecond a gauche qui a la bouche fermée j Sc un troifiémcnbsp;du coté droit dont le corps eft plus rond : fa queue formenbsp;dans de certains terns une efpece de tire-boure , qui ne de-meure pas long-tems dans eet état; car la tête de ce poiflbnnbsp;s’éloignant de fon extrémité, les fpires qui paroiflbnt au milieu fe redrefl'enc.

Le xi' poiflbn , qui a ia tête faite en trefle , Sc la queue fourchuë, fera nommé le Poiflbn a la tête treflée , Sc au derriere fourchu : fa bouche eft tres - petite Sc bien ronde : lanbsp;moitié de fon corps , qui eft du cóté de la tête , femble donnet le mouvement a tout le refte qui paroit immobile : eettenbsp;partie qui eft du cóté de la tête eft plus tranfparente quenbsp;1 autre, Sc on fa vü fe plier tres-facllement en tous fens.

Le zf poiflbn reprefenté en AB , fera nommé Chauflbn^ paree qu il en a la figure , Sc que la courbure A C , peut paf-fer pour l’entrée du chauflbn : le dedans du corps de ce poif-fon eft rnuni de plufieurs corpufcules tres - tranfparens, quenbsp;i’on croit être des osufs.

Dans le tems que je me propofols de fupprimer totale-, ment cette infufion , je m’avifay d’en mettre une tres-pe^nbsp;titegoutte fur le porte-objet de mon Microfcope , croyantnbsp;que ce feroit la derniere fois que j’examinerois cette liqueur jnbsp;pais eft l’y regardant je fus tout étonné d’y Yoir un prodige PUncfeen,

' Uij


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8a D ES ANrMAUX AERIENS, TER.RESTRES

des plus ilnguUer que j’aye obl'ervé dans routes les infiifioitó-

précedentes.

C’étoit une efpece particuliere de chenille aquatique , 8c des plus rares, n en ayant pti voir que fept ou huit en diver-fes reprifes, durant tpois jours feiilement j ce qui a fuffi pournbsp;en taire des defleins qui occupent une Planche entiere dansnbsp;laquelle Monficur de Vigneux l’a reprefehtée en huit formeSjnbsp;dincrentes en quelque chofe Tune de l’autre, ainli que nousnbsp;l’avons vuë.

A B , eil Tune des reprefentations de cette efpece de chenille aquatique , oü l’on voit que fon corps eft compofé de pluhcurs anneaux en forme de hourlets , qui rentrent lesnbsp;Planche if, uns dans les autres, en s’approchant du milieu marqué C,

Ce qu’il y a de plus lingulier dans ce nouveau poilfon , ed qu on voit fortir de fa bouche une efpece de trompe , com-pofée de pluheurs pieces engainées Tune dans l’autre , qui fenbsp;découvent en A, D , H , N, R , Y , et amp;.

L’extrémité de cette trompe fe voit percée en D , en H,; en N, en Y, et en Sc, oü ellc eft toute ronde: elle eft refen-duë cn deux parties en R , amp; en trois en A , oü elles fornientnbsp;deux OU trois petites eminences: en L L , on appercoit deuxnbsp;lévres garnies de poiis tres - mobiles- j amp;: en TT , on n’y voitnbsp;aucun poil apparent.

Pendant que nous obfervions routes ces chofes, nous ap-' perfumes tout d’un coup fortir du milieu de la poitrine de eet animal une efpece de corne, reprefentée en F 8t en P ,nbsp;doiit la longueur nous parut compofée de trois efpeces denbsp;falanges d’inégales grofleur , qui rentroient Tune dans l’autre , comme font les tuyaux d’une lunette d’approche quenbsp;l’on veilt raccourcir ; amp; cette corne mouvante décrivoit parnbsp;Tune de fes extrémitez F, P, un are de eerde , en paftantnbsp;tantót de droit a gauche, 8c tantót de gauche a droit j aprésnbsp;quoy elle difparoifloit entierement.

Nous vimes au derriere de ce poifton deux pointes cres-aiguës, comme on les a marquées en B , en E , en O , en S , en Z , amp; cn t- Et lorfque eet animal donne a fa queuenbsp;une certaine fituation particuliere , il en découvre jufqu’anbsp;trois , ainli qu’on les peut voir rcprefentées en I.

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ET AQ^ATicipES Sfcokde Partie. Chap. XXXHï Si Entre R S , on apper^oic cette chenille de toüte fa longueur i amp; en V j Y et amp;, eile y eft vuë plus ou mcins rac-courcie.

CHAPITRE XXXIII.

Suite des Ohfèrvatiom fakes Jur la tnême êcone de bok de chêne, qui étoit lt;^enu flottant fur l’eau de^uknbsp;Montargk jujqud ‘Tark.

En fupprimant I’infufion précedente , je confcTvay une PUnchen.

partie de 1’ccorce , que je fis bien fécher au feu; amp;

Tayanc remife en infufion dans un vaiffeau de fayence bien net, avec de l’eau de la Seine , j’apper9us en diverfes fois,

5Z durant i’efpace d’environ deux mois, les nouveaux poif-fons marqiiez i, i amp;

J’ay nomnié Gland cornu , Ie premier de ces poilTons , a caufe que fa figure approche aflez de celle de ce fruit : fanbsp;tête que I on volt en haut eft ornée de deux efpeces de cor-nes, longues, roides , blanches amp;c tranfparentes , auffi-biennbsp;que Ie refte de fon corps, dans lequel on n’apper^oic aucunnbsp;vifcere, ni aucune tache , Ie tout étant parfaitemeiit égal ,

amp;c Tanimal dans un mouvement tres-lent.

Le fecond , que je nommeray Ie PiroÜctteur concave amp;C convexe , a fon mouvement circulaire : toute fa partie convexe eft garnie d’une fcule rangée de poils, plus longs versnbsp;la queue qu’ils ne font ailleurs : le mouvement de ces poilsnbsp;eft ft rapide amp; ft particulier, qu’il fait tourner circulairementnbsp;e.e poiffon , avec tant de vitefte , que les autres n’en f9au-roient approcher durant fon pirqüettément, qui dure alTeznbsp;long-tems.

Enfin le troifiéme poiftbn fera nommé Volute gt; a caufe qu’il eft tourné fpiralement, de même que le reflbrt qui eftnbsp;renfermé dans le barillet d’une montre de poche: tout fonnbsp;corps eft attaché a une membrane tres-fine , blanche amp;c tranf-parehtc, fe terminant en pointe du c^té de ia tête gt; ^ fe

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Des AMIMAÜX aEriens; terrestreS mouvant circulairement avec affez de ienteur , dont lanbsp;raifon eft affez évidente pour n’avoir pas befoin d’etre ex-pliquée.

CHAPITRE XXXIV.

Des nouveaux foijjom trouve^da?is me infiijton d’écone de bots de chene nenf.

ENviron Ie 15. Decembre de l’année 171^, je mis infu-fcr a froid, dans de l’eau de riviere , plulieurs petits niorceaux d’une écorce tres - épaiffe d’une grofle büche denbsp;bois de chêne neuf, environ deux heures aprés j’y apper^üsnbsp;de petits poiffons, que j’ay nommez Cornemufes argentées:nbsp;amp; Ie 15. Janvier 1717. je coninien^ay a voir dans une tres-petite goutte de cctte eau cinq ou fix nouveaux poiffonsnbsp;d’un même genre, qui me parurent allez confiderables pournbsp;merirer une place dans cette Hiftoire , tant a caufe de leurnbsp;couleur, de leur groffeur, figures amp; mouvemcns differens gt;nbsp;qu’a caufe qu’ils font les feuls de cette nature, que j’aye ap-per^üs durant tont Ie cours de mes obfervations.

FJancheii-

Pour écrire Thiftoire anatomique de ce poiffon , j’ay fait ce que j’ay pu pour trouver un nom qui luy convint ; maisnbsp;ni moy ni ceux a qui je l’ay fait voir , nont pü y réöffir ¦, lanbsp;raifon en eft, que eet infedc ne conferve pas durant unenbsp;minute la même figure fous laquelle il paroillbit un peu au-paravant ¦, de forte qu’en tres - peu de tems on Ie voit fousnbsp;routes les diverfes formes reprefentées en cette Planche tnbsp;cependant Ie defir d’etre , pour ainli dire , Ie parrein d’unnbsp;petit animal aufii rare'que l eft celuy-cy, amp; aulfi curieux anbsp;voir pendant fon nager, a fait que plufieurs perfonnes fe fontnbsp;efforcées de Ie nómmer j mais paree que les uns l’ont apper-cus d’une forme particuliere, les autres d'une autre , cela luynbsp;a fait donner Ie nom de Chenille v celuy de Chauffe ou denbsp;Chauffette , de Guêtre, ou d Elegant : de Naffe •, de poiflbnnbsp;a deux têtes : de Coajpet a bouquin j enfin de Rognon.

' nbsp;nbsp;nbsp;Ceux

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§4 ©ES ANIMAUX AERiEKS ; TERRESTRES vïtefTe , qu’on a eu de la peine d’en fixer une feule attitude.'

Celuy qui fe voit au-deffous de la lettre K, peut étre ap-pellé la MafiTuë j paree que fa bouche qui eft en bas eft tota-lement fermée, amp; que fon corps eft allêz étendu amp; gonflé dans fon milieu pour recevoir ce nom. On voit fes oeufs quenbsp;I’on y a reprefentez par quclques petits globules im peu irréguliers.

Au-deftbus de l’endroit marqué L , il s’en voit un autre , tellement courbé , que reflemblant a une faucifte pliée ennbsp;deux, on luy a donné ce nom.

Au-delTous des lettres M, M, on y voit deux de ces poif-fons morts flibitement , y paroiflant fous une lorme qui ap-proche aftez de celle d’un Rognon , amp;c qui ne font vüs ainfi, qua caufe qu’ils ont été faifis dans eet état au moment denbsp;l’évaporation totale de la liqueur oü on les avoit vus fe trailer un peu avant leur mort.

D ans 1 inftant que ces fortes d animaux celfent de vivre , on les voit devenir blancs Sc tranfparens , de jaune pale qu’ilsnbsp;étoient auparavant: la raifon en eft évidente , puis qu’ellenbsp;eft la même que celle des liqueurs qui paroiffent colorées ,nbsp;étant en gros volume , amp; qui ceftent de Ie paroitre lorfqu’el-les fe trouvent en petite quantité dans des vaifteaux de verrenbsp;de peu d’épaifteur.

N , eft encore un poiflbn de méme genre , qui pour la feffemblanee qu’il a avec une racine appellée Carotte , feranbsp;ïiommé de ce nom.

II s’en voit un autre en O , que j’ay nommé l’Elegant, a caufe qu’il m’a paru nager avec tant de grace , amp; fe tranf-porter d’une maniere fi ^rave amp; fi majeftueufe durant fesnbsp;divers changemens, que je n’ay pu luy refufer ce nom.

P , Q^, R , S , T, V, et X , font encore des poilfons de nicme nature , vüs immédiatement aprés leur mort, fousnbsp;routes les diverfes formes exprimées au-defl'ous de ces mêrnbsp;mes lettres.

Enfin fous la lettre Y , on y voit un poiflbn d’un autre genre, dont la forme approche aflbz d’une efpece de bou-teille ? pour luy donner ce nom, dc qui ch nageant parmi lesnbsp;précedfns, comme parmi un grand nombre d’autres , dont


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ET AoüATiQtTÉs. Seconde Partie. Chap.XXX'V’. je ne diray rien, faifoit rentrer pour un moment Textrémiténbsp;de fon col en dedans.

Le froid s’étant augmenté confiderablement, peu de jours aprés la naiflance de ces gros infeftes , amp; Ic vent du Nordnbsp;s’étanc fait feiitir de plus en plus dans l’endroit ou je demeu-re , le nombre de ces poiflbns eft diminué peu a peu j denbsp;forte qu’au bout d’environ quinze jours j’ay ceffé d en tirefnbsp;de cette infulion.

CHAPITRE XXXV.

DiJJertAtion Jttr la maniere dont on apperfoit les objets qul jont njus au travers des Microfcopes, desnbsp;Lunettes d approche.

LEs fentimens des Pbilofophes fe trouvant partagez fur la maniere dont nous appercevons les objets quandnbsp;nous les regardons au travers des Microfcopes amp; des Lunettes d’appi'oche •, j’ay cru qu’étant muni d’un nombre fulfifancnbsp;de ces machines , je pourrois par diverfes experiences par-venir a connoitre alTez exadement la matiere en contefta-tion, amp;c donner par-la les moyens de décider en faveur desnbsp;Uns OU des autres.

Pour nous conduire avec quelque ordre dans la recherche que nous voulons faire , il eft, ce me fcmble, néceflaire denbsp;bien faire comprendre de quoy il s’aglt : pour eet efiet, jenbsp;diray premierement qu’en difcourant un jour avec M'nbsp;fur la differente maniere de voir les objets differemment po-fez dans les Microfcopes j il remarquoit que dans ceux quinbsp;font montez d’une feule lentille d’un court foyer , 1’objecnbsp;étoit toujours placé entre la lumiere amp; l’oeil j amp; que dans lesnbsp;autres Microfcopes montez de deux ou de trois verres, 1’ob-jet y étoit ordinairement fitué un peu au-dela , ou au-deffousnbsp;de la lumiere qu’il recevoit pour être renvoyée a l’ocil dunbsp;Speélateur.

Ces obfcrvations étant fuppofées, nous convinmes encore

m ij


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Des animau-s: aeriens gt; terrestres que les objets opaques étoienc vüs par reflexion dans les Mi-crofcopes a deux amp; a trois verres, en les y regardant de hautnbsp;en bas. Mais onne peut pas accorder a Monfleur quenbsp;dans les Microfcopes a liqueurs on y apper9oive les objetsnbsp;tranfparens par les rayons de lumiere qui pallent des poresnbsp;de CCS corps fur la retine, oü faifant diverles impreffions ilsnbsp;donnent occaiion a l’ame de les appercevoir.

II faut avoüer que cctte maniere d’expliquer l’apparence des objets tranfparens, qui font vüs dans les Microfcopes anbsp;liqueurs, eft tres-flmple ¦, cependant il n’eft pas difficile d’ennbsp;démontrer la faufl'eté , en prouvant que la lumiere agit dansnbsp;ce dernier Mierofcope de même que dans Ie premier ^ c eft-a-dire , qu’elle y fait encore voir les objets par reflexion ;nbsp;mais d une maniere un peu plus compofée : amp;: que quandnbsp;nous recevons des rayons qui viennent a nos yeux fans s’êtrenbsp;refléchis , aprés avoir traverfé les pores des corps tranfparens , amp;c des rayons refléchis tout enfemble, Ie corps d'oü ilsnbsp;étoient partis nous en pafoifl'oit a la verité plus clair , maisnbsp;toujours avec moins de diftindiqn qu’il n’auroit paru, fl nousnbsp;n’euffions point receu de rayons , qui n’auroient limplementnbsp;fait que traverfer les pores des corps tranfparens. Et pournbsp;nepas confondre lés ideesdiflèrentesque j’avois a loccalionnbsp;des mots de clair amp; de diftin£t,je les définis en cette forte,nbsp;afin d’éviter le^ qonteftations qui pourroient naitre , en Ie?nbsp;cmployant ey-aprés dans mes preuves, fans avoir pris cettpnbsp;precaution.

Je dis done qu’un objet paroit feulement clair, lorfqu’il envoye beaucoup de lumiere dans nos yeiix. Q;u’un objet paroit diftinét, lorfque tous fes points exterieurs envoyent unenbsp;quantité fuflifante de rayons , qui s’aflemblent féparémentnbsp;en autant de divers points de la repne , qu’il y en a dansnbsp;J’objet.

Et qu’un objet paroit en même tems clair amp; diftinét, lors que chaque point de fa fuperficie refléchit dans 1 oeil Ie plusnbsp;de rayons de lumiere qu’il eft jpoflTible amp; que les rayons quinbsp;partent de tous pes points de 1 objet, fe réünilfent en. aptant

divers points de la retine qui leur répondent.

Ceja nbsp;nbsp;nbsp;paflfay aux preuves amp;: aux experience^

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ET AOyATlQJJES. SeCONBE PaRTIE. Chap. XXXIV. gj lt;5ui fuivcnt, en faifant prcmieremciic cömprcnclre que lesnbsp;rayons de lumiere qui ont fimplemcnt traverié les pores desnbsp;corps tranfparens , ne font pas ceux qui nous font apperce-voir ces corps j puifque de tels rayons ne peuvent nous fairenbsp;fentir que ce qu’ils rencontrent en leur cliemin , amp;: que nenbsp;rencontrant que la matiere fubtile contenuë dans ces pores,nbsp;Laquelle ne nous eft nullement fenllble , il s’cnfuit qu’ils nenbsp;nous f^auroient faire appercevoir aucune partie de ces corps.

2.°. Quand par la lenêcre d une ehambre nous regardons les objets de dehors au travers d’une glace de miroirqui fertnbsp;de vitre, nous ceflbns de voir cette glace dés Ic moment quenbsp;nous nous appliquons a bien confidercr ces objets , nousnbsp;les appercevons prefque aufli beaux amp; auffi diftindementnbsp;qu’ils nous paroitroient ü cette glace n’étoit pas pofée en-tr’eux amp; nous j d’oü il ftiit que la glace , ft elle eft bien nette , n’interrompt que tres-foiblement les rayons de lumierenbsp;qui viennent des objets exterieurs puifqu’elle ne changenbsp;rien dans l’apparence de ces objets, ft ce n’eft qu’elle les faitnbsp;paroitre en des lieux ou ils ne font pas, amp; c]uelque peu plusnbsp;bruns qu’ils'ne paroitroient , fans I’interpoiitiop de cettenbsp;vitte.

3°. Si au lieu de porter notre attention au-dela dc ce verre , nous nous bornons uniquement a Ie conftderer •, il eft certain qu’en l’obfervant avec application , nous pourronsnbsp;découvrir s’il a été bien adouci, s’il eft bien poli , s’il n’y anbsp;point de rayes, s’il ne s’y trouve ni bules d’air , ni points ,nbsp;ni ondes , ötc. en un mot, nous y remarquerons jufques auxnbsp;moindres parcicularitcz fenftbles.

II s’agit done maintenant de ffavoir comment nous par-yenons a la connoifl’ance de toutes ces chofes ¦, ft c’eft par Ie moyen des rayons de lumiere qui nous viennent immédia-tement des objets de dcliors ; ou ft ce font d’autres rayonsnbsp;de lumiere que la glace a re§us du dedans de la ehambre , amp;nbsp;qu’elle nous renvoye enfuite, pour nous faire diftinguer toutes ces particularitez j ou enfin ft c ell tout enfcmble de l’uncnbsp;êc de l’autre maniere que nous les obfervons.

1°. Ce n’eft pas par la lumiere immédiatement envoyée des objets exterieurs que j’apper^ois tout ce que je remarque ^

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S8 Des animaux aeriens, terrestres puiCquen les regardantattentivement, je cede d’appercevoirnbsp;la glace, amp; tout ce quelle contient.

z°. Ce ne font point non plus les rayons de lumiere qut venant du Ciel, vers lequel je porte ma vüë , qui me la fontnbsp;appercevoir avec fes défauts de tranfparence , puifque je nenbsp;vois que Ie Ciel par cette fa^on de regarder.

II en favrt done premierement conclure , que j’apper9ois cette gface par les feuls rayons de lumiere qu’elle a regüs dunbsp;dedans de la chambre , qu’elle refléchit enfuire dans mesnbsp;yeux, avec les modifications nécefl'aires pour me faire fentirnbsp;tont ce que j’y diftingue.

D’ailleurs , fi pendant que je vois ainfi la glacé pat des quot;rayons refléchis du dedans de la chambre , ilarrive que j’ennbsp;re^oive encore d’autres qui vieiinent immédiatement dunbsp;Ciel OU de quelque autre objet, ces derniers rayons ne fontnbsp;qu’interrompre l’adion des rayons refléchis, amp; m’empêchentnbsp;d’obferver ce verre auffi exadement que je Ie ferois. Ft jenbsp;fuis d’ailleurs perfuadé, que s’il étoit poflSble de tapiflèr d’unnbsp;noir parfait toute la chambre ou eft cette glacé, on ne pour-roit voir du dedans de cette chambre , que les objets quinbsp;feroient au-dela, amp; non la glace : car fi vous arrêtez a 1’ex-trémité d’un tüyau d’environ trois pouces de longueur , amp;nbsp;d’un pouce de diametre , dont Ie dedans foit Ie plus noirnbsp;qu’il eft poflible’, un morceau de glace bien tranlparente,nbsp;pendant que votre ceil feta applique a 1’autre extrémité dunbsp;même tuyau , regardant par un trou qui occupe Ie centre denbsp;cette extrémité , amp; qui foit plus petit que l’ouverturc de Ia*nbsp;prunelle j en forte qu’aucun rayon, s’il eft poflible, ne puiflfenbsp;fe refléchir de l’interieur de ce tuyau ; vous ne diftinguereznbsp;rien de ce verre , amp; votre vüë fe terminera entierement anbsp;1’objet exterieur oü vous la dirigez.

Après ces obfervations, il ne fera pas difficile d’expliquer comment nous voyons les objets par Ie moyen des Microf-copes a un OU a plufieurs verres , ni de prouver que tousnbsp;les objets n’y font bien vus , que par la feule lumiere ré-fléchie.

1°. Quand au travers d’une feule lentille d’environ trois lignes de foyer , montée dans Ie Microfcope, dont voicy Ie


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dc la premiere Par-

ET AQiTATtauES. Sëconde Partie. Chap. XXXV. * Sp deffein , nous regardons de haut en bas de petits objets, Fianchc 7nbsp;comme des grains de fable répandus fur un corps noir, quinbsp;fert de portes-objets gt; il eft indubitable que nous les apper-cevons par la lumiere que leur furface renvoye a I’ceilnbsp;que s’il étoit poflible d’empêcher que les rayons qui pour-roient les avoir penetrez, ne vinlTent fe meier fur la retinenbsp;avec les rayons refléchis dont je parle , nous en diftingue-rions incomparablement mieux cette fuperficie tournee dcnbsp;notre cóté. Et comme ces objets regardez de cette mêmcnbsp;maniere avec un Microfcope a plulieurs verres , ne fontnbsp;point apper^üs autrement, on en doit conclure, qu’ils fontnbsp;toujours vüs dans de pareilles experiences , par des rayonsnbsp;refléchis ¦, ainfl que nous les verrions de nos yeux nuds, amp;nbsp;nullement par des rayons qui fe rompent ailleurs, que dansnbsp;les verres de ces fortes d’inftrumens.

II refte maintenant a montrer que la même chofe arrive quand nous regardons des objets au travers des Microfcopesnbsp;a liqueurs , tenus dans une direftion femblable a celle quenbsp;nous donnons a une Lunette d’approche , pour obferver cenbsp;qui fe paflTe dans Ie Ciel.

Pour eet eflèt , il faut fe fouvenir de ce que irous avons dit touehant la glace de rairoir appliquée a la tenctre d’unenbsp;£hambre j ffavoir, que nous ne Tappercevons point par lesnbsp;rayons qui nous viennent immédiatement des objets du dehors , en la traverfant {implement; mais par ceux qui, ayantnbsp;penetré les pores de ce verre , font retournez de la furfacenbsp;interieure de la chambre fur les endroits folides de la glace,nbsp;pour entrer dans nos yeux aprés une feconde refléxion j ainlinbsp;les objets ou les parties de ces objets ne font point apper-^uës dans ce Microfcope , par les rayons de lumiere quinbsp;viennent d’abord du dehors, pafTant au travers des endroitsnbsp;tout tranfparens de ces corps •, mais par ceux qui ayant pafleznbsp;par ces mêmcs endroits, reviennent du fond du Microfcope i c’efl-a-dire , de la partie de la lentille , que fouverturcnbsp;du diaphragme lailTe découverte fur leur furface tournee denbsp;notre CQté , amp; s’en refléchilTcnt enfuite jufqu’au fond dcnbsp;foeil, ou ils peignent fimage de ces objets.

Tout cela fe peut encore confirmer par d’autres experien’


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fo Dês animaux aeriens,teb.restres ces •, en voicy une que Ie hazard me fit un jour naitre , quinbsp;me femble tres-propre pour niontrer que nous voyons les ob-jets dans Ie Microfcope a liqueurs par la feule réfiexion de ianbsp;lumiere.

Un tres-petit corps opaque s’étant heureufement trouvé dans une goutte de liqueur placée au milieu du concave ounbsp;porte-objet de verre , fe fit voir d’une belle couleur argentine dans une all'ez grande étenduë de fa furface tournée denbsp;nion coté i amp; eette étenduë ne pouvoit être vuë que par desnbsp;rayons de lumiere refiéchis , pendant que les endroits quinbsp;en étoient un peu éloigncz me paroiflbient tres - opaques jnbsp;paree que la rondeur de eet objet ne permettoit pas que Ianbsp;lumiere refléchie de ces mêmes endroits , vint vers monnbsp;oeiL

Le méme hazard qui a fait trouver Ie corps opaque dont je viens de parler , pofé au milieu du concave ou porte-objet , pourroit bien en faire trouver un autre dans ie mêmcnbsp;iieu, dont les parties feroient 11 defunies ^ li intcrrompuës ennbsp;fa furface , que les rayons de lumiere reflechis fur luy s’y ab-forberoient encierement ¦, d’oü il s’cnfuivroit que n’en reve-nant pas dans rceil du Spcétatcur , ce petit objet paroitroitnbsp;toujours opaque. Ou enfin ce corps opaque occupant tropnbsp;d’efpace vis-a-vis de la lentille, amp; empêchant par-la l’entrécnbsp;des rayons de lumiere, il ne pourroit être vu.

Mais fi 1’on veut faire reiilfir cette experience , il n’y a qu’a prendre une lentille d’un foyer un peu long , commenbsp;dunpouce , amp; donner au diaphragme , dont on doit la cou-vrir, une ouverture qui furpalVe celle du diametre du corpsnbsp;que Ton veut obferver j alors fi ce corps opaque eft propre anbsp;refléchir la lumiere qif il aura re^uë fur fa furface tournéenbsp;vers nous, il ne manquera pas d’etre vu.

On nfobjeftcra peut-être qu’en faifanx rencontrer le corps opaque vis-a-vis le milieu de la flame d’une chandclle , onnbsp;l’y voit fi noir , qite Ton ne diftingue rien du tout en fa fuper-ficie j ce c]ui ne devroit pas arriver.

J’avouë que fi le corps opaque eft trop petit, par rapport A la grofléurdela flame de cette chandelle, il paroitra noir,nbsp;il caufe que la grande quantité de rayons de lumiere gt; qui

vxendra

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tr AeiJATTQtJES. Seconde Partie. Chap. XXXV. 91 Viendra dans l’ociU fera capable d’effacer rimprcflion des foi^nbsp;bles rayons qu’it revolt de l’objet que l’on veut voir.

Poür preuve inconteftable de cette Verité , h nous prenons tin objet plus gros pour faire cette experience , notre oeilnbsp;recevanc alors moins de rayons direds de la flame de cettenbsp;chandelle gt; ce peu de rayons ne nous empêchera pas de voirnbsp;ce corps , Sc c’eft une des principales raifons qui doic nousnbsp;obliger fouvent a diminuer l’ouverture des diaphragmes quenbsp;nous mettons fur les lentilles des MicrofcopesSc ailleurs.

Une autre experience qui prouve certainenient que les ob-jets, comme les anguilles du vinaigre , font vüs par la feule reflexion de la lumiere , qui retourne du fond du Microf-cope fur eux-mêmes •, c’eft que fi l’on applique au cotc platnbsp;du concave ou porte-objet, un diaphragme qui couvrc inê-me une partie du concave oü font ces anguilles, on ne ceflTenbsp;pas pour cela de voir celles qui ne fe trouvent pas dans lesnbsp;rayons de lumiere qui traverfcnt Ie milieu du concave' 6Cnbsp;niême celles qui permettent par leur tranfparence Ie paflagenbsp;de la lumiere qui fouffre réfraStion, en traverfant Ie centrenbsp;du concave , 6c les endroits voifins •, ne paroiftent pas , anbsp;beaueoup prés, fi diftimftcs que celles qui ne repoivcnt la lumiere que par reflexion ¦, Sc Ton eft même fouvent obligé denbsp;détourner quelque peu Ie Microfcope, pour ne pas recevoirnbsp;dans ce moment tant de rayons direéts qui nous empêchentnbsp;de voir Fobjet Ie plus diftinéfement qu’il eft poffible , quoy-que ces rayons Ie faftent paroitre avec plus d’éclat.

Et il faut remarquer qu’en vous fervant d'une lentille d’en-viron trois lignes de foyer , vous rendrez l’experience dont je viens de parler plus fenflble , que ft vous vous ferviez d’mnbsp;ne lentille d’im foyer plus petit j a caufe que celle-cy , fai^nbsp;fant découvrir un moindre champ que 1’autre , les objets unnbsp;peu écartez du trou par oü paffe la lumiere, n’en pourroiencnbsp;pas être apper^üs.

f. Lorlqu’on obferve exaftement les plus groflTes bules d’air formées dans la goutte de vinaigre qui occiipe la coivnbsp;cavité du porte-objet, 6c que pour eet effet on fe fert de lanbsp;flame d’une bougie au lieu du jour , on apper^oit 1’iinagenbsp;,en petit de cette flame qui paroit fur la convexitc de ia bou-


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5)1 Des animaux aeriens, terrestres ie d’air tournee vers nos yeux ¦, ce qui marque infailliblementnbsp;que c’eft par refléxion que nous appercevons cette petitenbsp;image, comme nous la verrions par la refléxion de defliisnbsp;un miroir convexe de métal.

Tout au contraire, on appercevra cette flame plus grofle au-dela de cette bule d’air, qu’on ne l’a vüë en de9a •, pareenbsp;que la concavité du vinaigre , qui touche immédiatement Ienbsp;derriere de la boule d’air, a la proprieté de taire paroitrenbsp;plus groflè l’image de l’objet qui luy eft oppofé.

4°. Si Ton met des grains de fable fut Ie verre concave du Microfcope ouvert par les ebtez , pour donner paflage a lanbsp;lumiere 8c qu’on regarde ces objets de haut en bas , avecnbsp;ce Microfcope élevé a plomb au - defllis d’un corps qui ren-voye a l’ceil des rayons de lumiere au travers de ce concave,nbsp;pendant que ces mêmes grains de fable en refléchiffent auflijnbsp;on les verra avec moins de diftinétion qu on ne feroit , fi onnbsp;les regardoit en mettant a la place de ce corps un morceaunbsp;de drap noir , affez prés du trou inferieur de ce même inf-trument ¦, d’oü il fuit que la lumiere rompuë venant a 1’oeilnbsp;immédiatement , aprés avoir foufFert quelques réfraétionsnbsp;dans ce verre concave , èc dans ces grains de fable , troublenbsp;I’adion des rayons réfléchis , en caufant une fenfation con-fufe de ces objets •, de même que tont ce qui eft peint dansnbsp;un Tableau bien éclairé , y eft vü avec moins de diftindionnbsp;bc de beauté qu’il nc Ie feroit, fl les objets qui l’environnentnbsp;ne luy envoyoient pas par reflexion, une partie de la lumierenbsp;qu’ils re^oivent.

Enfin fi e’étoit la lumiere rompuë qui vient immédiate-ment dans Toeil du Spedateur , aprés avoir traverfé les objets tranfparens , qui nous les fit voir diftindement , il s’en-fuivroit que plus l’oeil recevroit de rayons rompus , plus il découvriroit de parties diftindes dans l’objet ¦, amp; c’eft préci-fement tout Ie contraire de ce qui arrive i puifque a mefurenbsp;que l’on augmentc l’ouverture objedive du Microfcope ,nbsp;pour donner paflage a plus de rayons de lumiere qui entrentnbsp;ïn:tr;iédiatement dans Tteil, aprés avoir été rompus j plusnbsp;i’objet paroit confus.

On objede que pour yoir fl un verre 4e lunette eft bien

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ET AQUATIOFES. SeCONDE PaRTIE. Chap. XXXV. 9? adouci, OU s’il eft bien poli, on Ie regarde en Ie pla^ant en-trc la lumiere amp; Tceil j amp;: qu’ainli nous en jugeons mieuxnbsp;qu’en ie regardant de toute autre maniere j d’oü Ton veutnbsp;conclure que nous voyons les défauts d’adoucifl'ement de cenbsp;verre , par la feule lumiere rompuë , qui vient iinmédiate-ment dans nos yeux , aprcs 1’avoir traverfé.

Cette confequence me paroit tirée avec un peu trop dc précipitation j amp; fans avoir examiné les circonftances qui ac-compagnent Texperience dont il s’agit puifque bien loin denbsp;faire contre nous , elle va nous fervir d un nouveau moyennbsp;pout combattre fopinion en faveur de laquelle on l’appor-te i en faifant comprendre qu il n’eft pas toujours vray denbsp;dire que pour voir fi un verre de lunette eft affez adouci amp;nbsp;aflez poli, on Ie place entre la lumiere amp; Toeil j puifque ceuxnbsp;qui taillent ces verres n’ont pas befoin de les démafliquernbsp;pour connoïtre s’ils ont radouciffement amp;c Ie poliment re-quis: ils ne font pour cela que regarder ce verre en tour-nant Ie dos a la lumiere , pendant qu’ils ia font recevoir aunbsp;verre qui eft attaché a la molette,

On reconnoic même encore aftez bien fi un verre de lunette a les perfections qu’il doit avoir du cóté du travail , lorfqu’il eft détaché de defliis la molette , en Ie regardantnbsp;appliqué fur un morceau de drap noir, pendant qu’il re^oitnbsp;la lumiere prefque a plomb, amp; qu’elle revient de même dansnbsp;nos yeux , ayant Ie dos tourné a la lumiere du jour , afin denbsp;n’en recevoir par refléxion, que de la furface du-verre qu’onnbsp;examine, en Ie remuant doucement, pendant qu’on Ie tientnbsp;ainfi en experience.

II nous refte enfin a prouver qu’en mettant Ie verre entre la lumiere amp; l’ceil, pour Ie regarder comme on Ie propofe ,nbsp;nous Ie voyons ciacorc par refléxion; car pendaht que nousnbsp;l’obfervons dans cette fituation , une partie des rayons denbsp;lumiere qui 1’ont traverfé luy eft renvoyée par les objets quinbsp;font en de^a , amp;: d'oü luy viennent en même tems d’autresnbsp;rayons; en forte que ceux-cy amp;c ceux-la retournent de ce verre a nos yeux , par une feconde refléxion.

De plus, il faut remarquer que fi dans cette experience nous tournons Ie verre que nous voulons obferver exade-

n ij

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94 Des animaux aerie^ts, terrestres ment, vis-a-vis Ie bois d’unc croifée de fcnêtrc gt; afin de rc-cevoir moins de luniiei'c qui fc rompcnt en traverfant cc vcr-re i nous Ie verrons ccrrainement avec plus de diftindion quenbsp;nous ne ferions fans cectc précaution.

Enfin les objets que nous appercevons par Ie moyen des lunettes d’approcjie , ne fe voyent auffi que par la luraierenbsp;qu’ils refiéchiflent a nos yeux j amp;c routes les refradions quenbsp;les rayons foufFrent, en traverfant les verres de ces inftru-mens, ne fervent qu’a nous augmenter lapparerice de Tob’nbsp;iet , a nous Ie faire paróitre plus prochc , plus gros amp; plusnbsp;diftind' •, mais moins clair qu'il ne paroitroit aux yeux nuds,nbsp;amp;c fans Ie fecours des lunettes.

Nous pouvons done maintenant conclurc , que tous les objets apper^us, foit par les Microfcopes en general, foit paries Telefcopes , ne fontvus bien diftindement, que par lesnbsp;feuls rayons refléchis.

S’il arriyoic , Monfieur, qu'aprés avoir examine cette petite DilTertation , vous ne fuffiez pas de mon fentiment , je vous prie de me faire la grace de mettre par écrit ce quenbsp;vous y aurez trouvé de défedueux, tant dans mes raifonne-mens , que dans les experiences dont je les ay accompa-gnez j afin que j’eflaye fi je pourray parvenir a rendre plusnbsp;elaire amp;c plus intelligible la matiere en conteftation.

Vous aurez aufli Ia bonté de nous faire comprendre , i®. Comment en fuivant votre hypothéfe, nous voyons les grainsnbsp;de fable pofez fur Ie porte-objet du Microfcope a liqueur ,nbsp;femblable a celuy qui eft reprefenté en cette figure , Planchenbsp;5’. de la premiere Partie, iorfque nous les regardons de hautnbsp;en bas ?

Comment nous appercevons les mêmes grains de fable par ce même Microfcope, en luy donnant une fituation borifontale?

f, Pourquoy nous les voyons mieux dans Tune de ces 11-tuations, que dans l’autre ?

4°, Et pourquoy encore ces mémes grains de fable paroif-fenf plus bruns , étant vüs dans la diredion horifontale du Microfcope, que d^ins fa verticale ?

Pourquoy il fauc moins donner d’ouverture aux dia-;

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ET AQi/ATIQUr^. SeCONDE PARTIE. Chap. XXXY, 95 •phragmes des ientilles d’un court foyer, qu’a ceux des leii-tilles dont Ie foyer eft plus éloigné du verre ?

6°. Pourquoy les plus petits animaux vilibles des liqueurs, Se les plus petits atomes qu’on y découvre , font-ils mieuxnbsp;apper^üs lorfqu iis font hors du rayon principal, que lorf-qu’ils font dans ce même rayon , ou tout proche.

quot;f. Et pourquoy il y en a de li petits, qu’il n’cft pas pof-fible de les appercevoir dans ia lumiere qui les craverfe di-reftement, en paffant par l’axe de la vilion ou auprés j amp; qu’ils font vüs dans i’ombre, ou hors Ie cone des rayons quinbsp;paü'ent par toute rouverture objeftive du Microfcope ?

8°. Pourquoy nous n’appercevons pas ie concave ou por-te-ohjet de verre, que l’on fuppofe être des plus parfaits , avec autant de diftinélion que nous appercevons les anguil-les du vinaigre , par exemple , qui font fur cette concavité jnbsp;puifque que ce concave eft plus tranfparent que ces meinesnbsp;angTiilles ?

9*’. Pourquoy certains corps opaques font-ils vüs dans Ie Microfcope a liqueurs , en les y regardant comme on regar-de dans une lunette d’approche quoyqu’ii ne pafte aueunnbsp;rayon de lumiere au travers de ces corps ?

Vous verrez , Monfieur, qu 11 n’y a aueun Phénoméne contenus dans les difïicultez que j’ay 1’honncur de vous pro-pofer icy , qui n’ait été réfolu ci-devant, ou qui ne Ie puiftenbsp;étre facilement par l’hypothéfe de la double reflexion desnbsp;rayons de lumiere j amp;: que de plus , il n’eft: pas néccftairenbsp;d’avoir recours aux refradions que la lumiere fouftfe en lesnbsp;traverfant, ft ce n’eft aprés qu’ils font refléchis ; amp; enfin quenbsp;ces refradions fout tres-nuifibles , en un fens j puifque lesnbsp;rayons ainfi rompus , amp;: re9us dans l’ceil immédiatementnbsp;aprés 5 nous cmpêchent de voir les corps avec la menie net-teté amp; la même diftindion, que nous les verrions fans cela.nbsp;Je finis icy ces obfervations , que j’aurois pü poufler iii’nbsp;eoniparablement plus loin, la matiere étant infinie ; puif-qu’elle s’étend a 1’examen de tous les dift'erens êtres qui na-gent dans fair amp; dans ia mer j a tous ceux qui couvrent lanbsp;ftu'face de la terre, de même qu’a ceux qu’elle enferme dansnbsp;fon fein,

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Des akimaüx aeriens, terrxstres

Si j’apprens que eet Ouvrage ait Ie bonheur d’etre agréa-ble au Public , je me trouveray bien récompenfé de la peine Sc de la dépenfe que )’ay faite pour Ie compofer i amp; cela menbsp;donnera peut-êcre lieu d’en faire imprimer bien-tót un autre,nbsp;qui aura pour titre :

Nouvelle Hypothéfê pour expliquer les ejfets de t Amant.

Par Ie moyen de laquelle on pourra non-feulement faire comprendre d’une maniere tres-liniple, ce qui faifoit autrefois l’admiration des plus celebres Philofophes ¦, mais encorenbsp;les raifons dun nonibre furprenant de nouvelles experiences.nbsp;Et quoy qu’on foit bien cloigné de nietcre la pierre d’aimanCnbsp;cn parallele avec l’éclat Sc la dureté du diamant, la beauténbsp;des couleurs celelfes amp; azurées des faphirs, Ie jaune doré denbsp;la topafe, ie vert qu’on admire dans fémeraude , la couleurnbsp;de feu du rubis , celles de violette Sc de pourpre des ame-tilles d’Orient, amp;c. neanmoins on pourra tres - facilementnbsp;prouver , 8c faire voir aux Naturaliftes, que 1’ainiant feul anbsp;plus de vertu que n’en ont enfemble routes les autres pierresnbsp;précieufes : amp; qu une feule des proprietez de l’aimant eftnbsp;beaucoup plus utile , plus nécelfaire amp; plus cftimable , parnbsp;rapport aux ufages que nous en tirons tous les jours , quenbsp;routes celles qu’on a vues des autres pierres précieufes, quinbsp;font maintenant une partie de rornement 6c des defirs dunbsp;beau fexe.

Fin de la feconde amp; derniere fartk.

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TABLE

DES CHAPI TRE S

DE LA PREMIERE PARTIE.

CHAPITRE I. Efcription des Microfco^es dont je me Juk

fervi. nbsp;nbsp;nbsp;Ï

Vefcri^tion öquot; ufage des neuveaux Microfco^es , dont on ^cut Je fer’vir a la lumtere du jour ou anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cellenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d'une chandelle,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i

Des ufagts de ce Aiicrojcofe^ nbsp;nbsp;nbsp;^

CHAP. II. Defcription d'm autre nouveau Microfcope a liqueurs. nbsp;nbsp;nbsp;lo

CHAP. III. Vejcription d*un troijie'me nbsp;nbsp;nbsp;Microfcopenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;liqueurs. li

CH AP. IV. Dejcription amp; ufage $un quatrieme Microfcope tres-ftmple. nbsp;nbsp;nbsp;14

CHAP. V. Confrulfton d'un cinquiéme Microfco^e d liqueurs , par le moyen duquel on pourra employer des lentilles (oufjlees gt;nbsp;de celles qui ne le font point, depuis les plus pet its foyers jufnbsp;quaux plus grands.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;19

CHAP. VI. Tgt;efcription d'un nouveau Microfcope d liqueurs, d'u-ne conBruciion fort finguUere , pour mettre en ufage les lentilles d'un tres-petit foyer.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;xt

CHAP. VII. Defcription ufage d'un nouveau LMicrofcope d, tiges , tres-commode pour obferver toutes fortes de petits objets »nbsp;fott de jour ou de nuit, d la lumiere d'une chandelle.

Ves ufages de ce Microfcope. nbsp;nbsp;nbsp;2,S

CHAP. VIII. Defcription amp; ufage des cMicrofcopes d canon de verre , que quelques perfonnes mmrnent Tombeaux quot;, 0“ d'au-tres , Cimetiere de divers animaux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;50

Defcription du fecond Microfcope nbsp;nbsp;nbsp;d canon.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;51

CHAP. IX. Des ufages que I”on peut ttrer des Microfopes dont je viens de parler.

CHAP. X. T) efcription df ufage d'un treS'petit Microfcope i monte d'une fcule kntHle. nbsp;nbsp;nbsp;41

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TABLE

CHAP. XI. Defcripion d'un tres-fetit Microfcofea deux 'verrei'^ qui re^re^ente les objets dms leur fituntion droite ö“ naturel-^nbsp;Ie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;45:

CHAP. XII. Dejcnptm} ufuge d'une nouvelle Machine, tres-' utile mx Anatomtjles, mx Dejsinaieurs , aux Graveurs, auxnbsp;reintres qui travmllent en Mtgmature ; ö“ generulement ^nbsp;tous ceux qui veulent découvrir ce que les yeux fculs ne peuventnbsp;afpercevoir, 0“ poujfer Leurs Ouvrages m pome le plus huut denbsp;perfection.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;44

Tgt;es ufages de cette Machine^ nbsp;nbsp;nbsp;45

CHAP. XIII. Explication de toutes les parties qui compofent un (Mtcrofcope u trots verres cenvexts des deux cotez..

Explication du profil de ce iJMicrofcope. nbsp;nbsp;nbsp;47quot;

Du foyer de chacun des trois verres de ce Microfcope, 0“ des diver-fes dtflances qui font entr eux. nbsp;nbsp;nbsp;48

Des ufages que Ion peut tirer de ce Microfcope trois verres. la mcme..

CHAP. XIV. Defription d^une petite JCfachine nouvelle , qui contient trois fortes de Microfcopes, amp; deux petites lunettes a ap-proche.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;50

CHAP: XV. Vefcription iun nouveau Microfcope univerfel, é*-de fes ufages. nbsp;nbsp;nbsp;Ji

Des ufages de ce Microfcope univerfel. nbsp;nbsp;nbsp;58'

De la circulation du fangydf ddune nouvelle invention pour la faire voir dans la queuenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d'unnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;petitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poijfon nomménbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tét art etc

Chabot. nbsp;nbsp;nbsp;6%-

Frofil d'un petit Microfcope , compofe de deux ou de trois lentilles convexes des deux camp;tez,.

CHAP. XVI. Autre nouveau Microfcope nbsp;nbsp;nbsp;univerfel.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6$

CHAP. XVII. E.xplicatton d'un tretfieme df dernier Microfcope nouveau 0“ univerfel.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;68

CHAP. XVIII, Comment on doit ajufter une Lamproye, une An-gutlle ou un Té tart t dans un tuyau de verre , d'argent ou de laiton. Comment on applique ces tuyaux dans la Machine repre-fentée en la Planche ti. Fig. 4. Et enfin comment cette mimenbsp;sJMachine doit être placée dans la capacité du corps de ce Microfcope.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;74

Comment amp; furquoy H faut fuifr les poiffons , dont la grojfeur ne-

permet

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DES CHAPITRES.

permet poi de mettre en ufrge La ^Machine prècedente. yè. df

Comment on vourra conferver dmant tlnfteurs mois tons ces poif-

firn. nbsp;nbsp;nbsp;7%

TABLE DES CHAPITRES

de la fecondc amp; dernierc Partic.

CHAPITRE I. quot;7^ Es anguilles , ferpens ou petits vers qut 1 y on trouve dms Ie vinaigre. page 2.nbsp;CHAP. II. igt;u vinahre commun.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;5

CHAP. III. Tgt; es 'vinatgres compojèz.

CHAP. IV. Nouvelles ehfervations fur les mgttilles du vinaigrey fmtes avec Ie Microfcope reprefente' en la Planche feptiéme. 8nbsp;CHAP. V. Objèrvations faites fur plufeurs fortes d'infujions denbsp;poivre en grains» mis d froid dans de l'eau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;it

Zgt;u poivre hLanc.

Du poivre long. nbsp;nbsp;nbsp;la même.

CHAP. VI. Obfervations faites durant une année entiere, de ce qui s'ejl trouve' dans une mfuf on d froid de fené.

CHAP. VII. De Veau qui fe trouve dans les huijlres d l'écaille, dr de ce que l’ony apperpoit enpeude jours ou d'heures, aprèsnbsp;être ouvertes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zo

CHAP. VIII. Des infufons d’eeillets mis dans de l'eau commune ,

chaude amp; froide. nbsp;nbsp;nbsp;xj

CH AP. IX. D'une infufion d froid d’un bouquet compofé de rofes, A’02diets amp; de jaffemm.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;30

CHAP. X. De l'infufion des barbeautc ^ou petitesfleurs bleu'ès qui vtennent parmi les bleds.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jr

CHAP. XI. Du thé mis en infufon, nbsp;nbsp;nbsp;34

CHAP. XII. Des infufons de queues de framboifest mifesd froid dans de L'eau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3^

CHAP. XIII. Des infufons defenoüil, defauge , de melon , de ver jus, de tiges de foud avec les fleurs.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3^

CHAP. XIV D'une infufon de foin nouveau j mis d froid dam de l'eau commune Ie 4gt; J^uin ijih

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TABLE

CHAP. XV. Seconde infde foin nowirent^, nbsp;nbsp;nbsp;59

Troifiéme experience faite jur de femhlahle fotn, nbsp;nbsp;nbsp;.40

CHAP. XVI. Compofition de plttfeurs infufisns mifes enfembte dans un (eul vaifeati.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la même,

CHAP. XVII. Onprouve dans ce Chapitre q_ti*il y a de tres-petit s ammaux qui en devorent de plas gros. nbsp;nbsp;nbsp;41

^Itftly en a de ft pet its quits echapent aux meilleursyeux armexgt; de Mtcrofcopes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la même.-

^uau bout $an certain terns en efie on de'couvre des petits potJJonS' dans I’eau de nvtere , on dans celle de fontaine, fans setre cor-rompu'é.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mcme.r

^tfau bout de quatre heures, nbsp;nbsp;nbsp;mêmenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en moinsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;terns , on trou-

ve plufieurs efpeces de poijjbns dans I'eau que I’on donne d boire dgt; des oifeaux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;même.-

Et enfin comment les graines cfi les plantes doivent être mifes en infufion pour prodmre de bons effets , par rapport aux experiencesnbsp;dont nous parluns..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;même'.

CHAP. XVIII. Hypothefepour fervir nbsp;nbsp;nbsp;dnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rendrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;raifonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la naif-

fame , du progres cf de la mort des ammaux que ton obfer've dansles liqueurs preparées,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans celles qui nele font point. 44

CHAP. XIX, Continuation des experiences fur les liqueurs. 4,4-D’un ver de terre trouue parmi des herbes potageres. la menie..^ CHAP. XX. D’une infufion de Rhubarbe.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;47

CHAP XXI. De I'infufion ditun champignon, mis d froid dans de I'eau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦48

CHAP. XXII. Des pet it es fieurs color ees diverfement ¦gt; qui fe troue-vent dans les prez,. nbsp;nbsp;nbsp;49

CHAP. XXIII. Du petit bafilic qui a une odeur de citron. 5I CHAP. XXIV, D’un fiedimenf de vinaigre détrempe' d’eau commune.

Rm rques import antes. nbsp;nbsp;nbsp;5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a

CHAP. XXV. De I'infufion des Barheaux. nbsp;nbsp;nbsp;la' même.'

CHAP. XXVl. jfune infufion dcfoin vieux. nbsp;nbsp;nbsp;yj.

CHAP. XXVir, De L'infufion des fieurs d'un Citronier. 57 CHAP. XXVIII. D'une irfufion a anemonefurnommée la Boy a*'nbsp;le.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la même.

CHAP. XXIX. Des infufions de trois diifferentes portions d’une tige de celen ¦gt; mifes d part dans divers- vaiffiaux de verre. 58

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DES CHAPITRES.

CHAP. XXX. De ^lufiems infufions de ^uille óquot; d^e^ü de bied.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6^

Des Signes, nbsp;nbsp;nbsp;66

Des Grenades aquatiques , csmonnées ó' harbu'ès. nbsp;nbsp;nbsp;éS

CHAP. XXXI. De la faille d’orge , de celle du fe'gle , de celle d’avoine, 0“ du bied de Turquie ; chacune de ces chops mips fé-farément en infupon dans de Ideau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;71

CHAP. XXXII. De l’ecorce de bok de chêne qui forte Ie gland y mife en infufion dam de h’eau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;72,

CHAP. XXXIII. Suite des Obprvations faites fur la mème écor-, ce de bols de chêne, qui e'toit venu Potant fur l’eau defuis Mon-targis jufqud Paris,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8ï

CHAP. XXXIV. Des muveaux foijjons trouvez dans une infupon d'e'corce de bois de chêne neuf nbsp;nbsp;nbsp;82,

CHAP. XXXV. Difêrtation fur la maniere dont onafferqoit les objets qui font vds au traven des Micropofes, ep des Lunettesnbsp;d’affroche.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sj

Fin de la Table des Chapitres de la premier© feconde Partic,

Des Caraileres amp; de rimprimerie de Jacques Coeiombat , ImprimeiïE ordinaire du Roy, amp; de TAcadémie Royale de Peinrure,

amp; Sculpture. 1718.

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