Hi O
\ , V n ?
i 9 '1
■ i
)■’ ! - 1^
V /^‘
^i''^
*• * e^'‘‘ A^V
-TJV-* ^ nbsp;nbsp;nbsp;-■. ■*^'=' - •»
-.'''- nbsp;nbsp;nbsp;~nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ K--*-»' .^i .. '*
‘n.
',gt;-A ^ -■
•S . ■». 4J T ■
' nbsp;nbsp;nbsp;'v;''■
■rap''-avi \
• nbsp;nbsp;nbsp;.quot;V
gt;- '^.
'vf '-. • :
^ nbsp;nbsp;nbsp;■ : I
-ocr page 2- -ocr page 3- -ocr page 4-Y
1
^ . k-
o'
¦ gt; ; , , ^ -
--â5-ïS^-:'if?*^^â?ÃWquot;.
â 'Vv,
i;-
i'
i
»
â â â -â ^
f
1
ill
DE PLUSIEURS NOUVEAUX
TANT SIMPLES QUE COMPOSEZ;
Avec dc nouvelles obfervations faires fur une multitude innombrable dinfedtes, 6c d autresnbsp;animaux de diverfes efpeces, qui naiflent dansnbsp;des liqueurs préparécs, 6c dans celles qui nenbsp;le font point.
L. J o B L o T, TrofeJJeur Koyal cn Mathenutiques s de I Académie Koynle de Peinture Sculpture i demeu-rant fur le ,^aji de I'Horloge du Talaü, au gros
A PARIS,
Chez Jac QjT t s CoLLOMBAT Imprimeur ordinaire du Ivoy» amp; de IAcademie Royale de Peinture amp;:Seulpturcynbsp;ruë Saint Jacques , au Pelican.
M. DCC. X V11 ï.
AF probations BT PRIVILEGE D If
i-
-ocr page 14- -ocr page 15-Ne partiede eet Ouvrac^e n eft A propre-ment parler , qu unc elpece de Journal des obfcrvatioiis que fay Elites ïur uncnbsp;multitude infinie de tres-pedes animauxnbsp;iiiviiibles a la portee ordinaire de nos yeux.
La fadlité qiie j ay trouvé dans Tiifage de mes nouveaux Microfcopes , ma conduit inlenfiblemencnbsp;plus loin que je ne penfois j amp; nia fait defcendrenbsp;dans un détail qui pourra être ennuycux a ceux quinbsp;ne font pas accoütumez a fuivre la nature dans lesnbsp;operations , amp; qui nont pas appris par experience ,nbsp;que trop de negligence fur des circonfances qui nenbsp;fcmblent reprélenter rien de confiderab-e, a fouventnbsp;privé les Pliyfidens du fruit cuils auroient tire duncnbsp;plus exadie application.
J ay ajoutéa mes obfervations des conje-ftures fur les produdions des differentes cfpeces de petits animaux qui Ie trouvent dans les ltc|ueurs gt; je ne puLnbsp;etre du pard de ceux qui les attribuent a la putrcfac-
-ocr page 16-tion : cette opinion eit dautant moins concevabic i que ce fèroit abandonner aux irrégularitez dn hazardnbsp;des Ouvrages qui fe font toujours dans un ordrcnbsp;qu on ne peut jamais aflcz admirer. Jenay done fub-ibtiié une autre, qui me iemble repondre netcementnbsp;a Ia multitude prefquc infinie de toures mes experiences.
Jay diviié tout eet Ouvragc cn deux Parties: Ia premiere contient la conftrudion amp; les ufages de plu-lieurs Microfcopes, plus commodes amp; plus parfaitsnbsp;qifauciins de ceux c]ui font venus jufqua prefeiit anbsp;ma connoilTancc. On les voit mis en pcrlpedtive furnbsp;vingt-deux Planches, avec les plans amp; les profils quinbsp;font néceflaires pour en bien faire comprendre lanbsp;mechanique amp; iufage. ll y a deux ou trois de cesnbsp;Microfcopes qui lont dunc ctenduë prefque univer-felle, amp; particulierement Ie dernier, qui a cté repre-lenté dans les Pianches zo. amp; zi , fur Icquel on pour-ra monter entres-peu de tems, amp; tout de fuice, non-feulementdcs lentiiles de differens foyers, maisaulïinbsp;de tres-petits Microlcopes a deux amp; a trois verres ,nbsp;depuis un pouce de longueur jufqua trois, dont lesnbsp;plus courts ont des avantages conuderables, commenbsp;de faire paroitrc les objets dans leur fituation droitenbsp;OU naturelle , en les reprefentant clairement amp; dif-tindement j faifant dailleurs PofEce de plufieursnbsp;Loupes de differens foyers, dc tellement condruic ynbsp;que la leiitille objedive y devient oculaire quand onnbsp;veuü, fans changer fcnfiblement la diftance des deuxnbsp;yerres qui Ie compofent , ni Ic lieu qu ils occupentnbsp;dans la monturc.
-ocr page 17-Ét a ce dernier Microfcope univerfcl , on pourra fres-facilement amp; lans embarras appliquer des poif-ibns de differentes longueurs èc groffeurs j amp; mêmenbsp;de diverfes efpeces , comnie des Tetarts , des Gre-noüilles , des Lamproyes, des Anguilles, des Bro-chetons , des Tanches, des Carpes , des Goujons,nbsp;amp;c. en la queue defquels amp; ailleurs , on aura Icnbsp;plaifir de voir les divers mouvemens du fang dans desnbsp;vaifTcaux diverfcmenccourbezj formant entrcux com-me des fypbons, dont les branches Ie rencontrent denbsp;lelie maniere, qu'elies formciit tantöt iin are de eerde , tantbt un angle droit , tantot un obtus ou uil
siiou.
O
On y verra de plus de deux fortes de vailTeaux dc traverfesj tres-menus amp; tres-courts, fituez differeni-ment entre deux plus gros vailTeaux qui font paralle-les entreux , de Fuii defquels on voit Ie fang sécha-per par ces vailTeaux de traverfes , pour palier dansnbsp;fautre a angles droits, aigus, ou obtus, Ec il faut re-marquer qu on ne voit dans ces vailTeaux ni anafto-mofesj ni valvules qui empêchent le Tang de retour-^nbsp;ncr en arriere.
Toutes ces diverfes obfervations, amp; pluGeurs au-tres dont je ne parle point icy, nc peuvent être confirmees que par un grand nombre dcxperiences rei-tcrees, amp; faites avec beaucoup de Toin fur Ics divers fujets dont on vient de parler. Nous en avons déjanbsp;£iic voir une partie a plufieurs perfonnes d un meritenbsp;diftingué , amp; jefpere être dans peu de jours, en etatnbsp;de poulTer encore plus loin que nous n avons fait cesnbsp;;ioaveUes decouYertes;car ayanit fourni plufieurs Mi^
^ ifj
-ocr page 18-AVERTISSEMENT. crofcopcs a de celebres Medecins, a de fameux Anatomises j amp; a plufieurs autres illuftres amateurs denbsp;ces nouveaurez gt; il eft prefque impoffible que chacunnbsp;deux, soccupant ac^réablement a fexamen des effersnbsp;furprenans de la nature, ne découvre tous les joursnbsp;des cliofcs nouvelles amp; fingulieres , dont on pourranbsp;dans peu faire part au Public j, tant par des Conférences particulieres que nous efperons faire, que parnbsp;les Journaux des Spavans, dans lefquels tous ceux quinbsp;les voudront lire , trouveront de quoy augmenter anbsp;Pinfini Ic petit Oiivrage que je donne maintenant aunbsp;Public.
Outre CCS nouveaux Microfcopes , dont on vient de parler, je donne encore des deifeins amp; des explications de piufieurs autres que jay perfedionnez, ennbsp;étendant leurs ufages fans en augmenter confidera-blemenc la dépenfe : on verra, par excmple, dans lanbsp;lOe- Planclie Ie dcifein dun Microfcope a tiges quinbsp;neft pas de mon invention; mats les additions amp; lesnbsp;change mens que j av jugé a propos dy faire , pour-ront peut-être plaire a ceux qui ont quelque edimcnbsp;pour eet inftrument, que nous faifons fervir aux ob-fervations des animaux de piufieurs liqueurs.
Pn corrigeant quelques defauts des Microfcopes a Canon de verre , qui ont encore été nommé Tom-beaux ; j en ay aufll étendu funiverfalité plus loinnbsp;quon n avoic fait jufqtfa prefenc.
On parle de plus dun petit Microfcope a trois ver-res , reprefente fur la 15^. Planche, qui peut aufli fervir a deux verres conveves des deux cótez , en fup-pnmant celuy du miliePi, avec lequel on fera, (i fon
-ocr page 19-AVERTISSEMENT, ^ vcut, en un moment, une petite lunette cl'approcEc,nbsp;qui fera paroitre les objets dans leur fituatiori droitenbsp;OU naturelle.
Le mêmc verre du milieu de ce Microfcopc , Sc fon oculairc , étant placez j comme on le dit, dansnbsp;fon lieu , ferviront a* raire une petite lunette d appro-che 3 qui fera voir les objets dans une fituation tourcnbsp;contraire a la précedentCj iicmployant pourcela qucnbsp;ie corps du Microfcopc même avec ce quil contient jnbsp;èc ce mêmc inftrumeiit étant monté fur un pied quinbsp;luy conviennc, pourra encore fervir a rendre vibblcsnbsp;ics animaux de quelques liqueurs , amp; la circulation dunbsp;fang dans la queue Sc ailleurs, de tous les poiilonsnbsp;qui feront dune grandeur Sc dune groifeur commode pour être applique fans peine a cctte petite machine.
En expliquant les ufagesde cliacun des Microfco-pes qui font repréfentez dans cette premiere Partic ; j ay dit la maniere de preparer une mêmc chofe dif-feremment pour y être appliquée amp; obfervce. Cesnbsp;repetitions mont paru néceifaires en ces eiidroits inbsp;puifquelles fervent a rendre lufage de ces machinesnbsp;plus univerfel j amp; a fatisfaire ceux qui ne veulent avoirnbsp;qu un feul Microfcopc, accompagné dunc explicationnbsp;fuffifamment ctendue pour les inftruire des ufagesnbsp;qudls en peuvent efperer.
La feconde Partic de ce Livre contient douze Planches de même grandeur que les premieres, fur lef-quelles on a exprimé une partis des nouveUes décou-vertes que nous avons fakes, par un grand nombre de Figures delTinées Sc gravées élégamment, repré-
-ocr page 20-AVERTISSËMENT. fentant une multitude prefque infinie de divers ani^*nbsp;maux qui ont été incoiinus jufqua prefenc, amp; qui ontnbsp;été vüs marciiant, rampant nageant dans des eauxnbsp;préparces gt; amp; même dans celles qui ne Ie font point,nbsp;LHiftoire anatomique que nous donnons de Ianbsp;plupart de cesanimaux nouvellement de'couverts, parnbsp;Ia feulc application de quelqucs gouttes prefque in-fenfibles de liqueurs mifes au-devant de mes yeux,nbsp;armez tantót de Fune de nos nouvelles Machines ,nbsp;appellee Microfcope , tantdt dune autre diverfemencnbsp;conflruite , doniic lieu defpcrcr que eet Ouvragcnbsp;pourra être agréable au Public j tant par fa nouveauté , que par futilité que les Pliyficiens, les Medecins ,nbsp;les Chirurgiens , les Anatomiftes , les Chymiftes,nbsp;6c dautres perfonnes en pourront retircr j commenbsp;font les Deflinateurs j les Peintres, les Graveurs, lesnbsp;Fabricateurs dinftrumens de Mathématiques , lesnbsp;Joüaillicrs, les L.^idaires, les Médaillifles, les An-tiquairesj les Verificateurs décritures, les Horlogeurs,nbsp;les Lunetiers , 6cc. puilque par Ie fecours des verresnbsp;de ces Microfcopes, les Arriftes dont on parle , au-ront lavantage de découvrir jufqu aux moindres dé-fauts de leurs Ouvrages , amp; même Ie moyen dc lesnbsp;évitcr, OU du moins dapproclier de plus pres du pointnbsp;ie plus haut de perfeétion j ce quils ne pourioicntnbsp;faire fans ce fecours.
Je nay pü décrire les petits animaux qui fe trou-vent dans toutés les infufions dont il eft parle dans cette feconde Partie, fans leur donner des noms quinbsp;enfiffent comioitre la difference. Pour eet effet, j ajrnbsp;cherché dans la nature des chofes qui me fuffent affez
^nnucs ^
-ocr page 21-cöiinu'és, amp; qui eufTent quelque rapport de rc{ïem-' blance avec les poilToiis que jquot;ay vüs dans mes liqueurs , pour leur donner les mêmes noms quon anbsp;donnez a ces diverfes chofes. Mais nayant pas tou-jours été afTez heureux pour rencontrer de quoy menbsp;farisfaircj fans doute, faute davoir unc connoifTancenbsp;alTez étenduë des divers êtres de la nature, jay éténbsp;contraint de nommer dautres poiiTons aucremeiic, ennbsp;leur donnant des noms qui en marqualTent les inclinations parciculieres , ou leurs mouvemens les plusnbsp;ordinaires. Ainfi jay nommé les premiers Corne-mufes , Ovales , Chenilles aquatiques, Antonnoirs,nbsp;Poules Iiupées, Rognons, amp;c. Etjaydonné auxau-tres les noms dAveugles , de Piroüetteurs j de Gou-lus y dInconftans, de BoufFons ^ dElegans, amp;c.
Enfin on verra une Differtation fur Ia maniere dont les objets font vus dans les Microfcopes, Sc dans lesnbsp;Lunettes dapproche , contenant pluficurs experiences nouvelles, qui donnentoccafionde fe determinernbsp;en faveur de la meilleure des deux opinions qu on synbsp;propofe.
Imprimc aax dépens de TAutesir?
-ocr page 22-P RO B A T ION,
J'Ay lu par Tordre de Monfeigneur Ie Chancelier un Manuferit , qui « poiir ticre; Defcri^itions amp; uja^es de plufieun muyeaux TUkrojcopes, ayec denbsp;noitveUes Ob/irvatiom, amp;c. par M. Joblot Profeflèur Royal en Mathé-mariques. Oiicre les nouveaux Microlcopes que rAuteur y décrit, il ennbsp;perfetUonne pluüeurs aiitres , amp; rapporte quantité d'obfervations fort cu-rieufes qitil a faites avec beaucoup de foin , ainii eet Oiivrage peut êcrenbsp;.iirile amp; agréabJe au Public. A Paris ce treniiéme Novembre 1716.
Gauger.
APPROBATION DE Ü ACADEMIE ROTALE
AU]oiirdhuy Samedy dnquiéme Decembre mil fept cens feize, TA-cadémie seft aflemblée a lordinaire pour les Conierences , Monfieur Joblot y a apporté un Oiivrage quil a compofé , qui a pour titre ;nbsp;Dejcrif)tkns amp; ujages de ptupeuïs nouveaux Mlcrojcopes, tant fimples que compo-; ayec de mnyelles Obfervaiions faites fm une multitude mnombrable dinjec-tes , amp; dautres anitnaux de diverfes efpeces , qui naijj'ent dans des liqueurs pré-gt;nbsp;paiée , amp; dans celles qui ne Ie jont paint.
La Compagnie, aprés avoir éeouté la lecture de la divifion de rout IOu* Vrage , fair en deux Parties , Sc avoir examine plus de trence Planches innbsp;4 , reniplies de Figures deffinées amp; gravées élégamment, repréfentant fesnbsp;n,ouveaux Microfcopes mis en perlpeftive, amp; accompagnez de tons les Plansnbsp;,amp; profils necellaires pour en bien faire comprendre la méchanique amp; Tufage,nbsp;a auffi remarqué que dans la feconde Partie iAuteur met en ufage fes nou-velles Machines, pour faire lhilloire anatomique d une multitu.ie prelquenbsp;Infinie de tres-petits animaiix, qui ont étéjufqu'k prefent inconmis, ^ canfenbsp;de leur petitellè, amp;des grands défauts qui font inféparables des Microfcopesnbsp;ordinaires.
Ceft pourquoy^Ia Compagnie ayant confideré que cet Ouvrage pou-voit êrre tres-agréable au Public , tant par fa nouveauté , que par rutilité que les Pbyficiens, Medecins, Anatomilfes , Chimiftesamp; autres en pour-roient retiree j elle a bien voulu luy accorder la permiffion de fe fervir dunbsp;Privilege que I.e Roy a accordé a ladite Académie.
Du Juin 1714*
SUR ce qui a été reprefenté au Roy, étant en fon Confeil, par foa Académie Royale de Peinnue Sc Sculpture, qiie depiiis quil a plu ^nbsp;Sa Majefté donner a ladite Académie des marqués de fon afteftion, Ellenbsp;s eft appliqiiée a vee foin a ciiltiver de plus en plus les beaux Arts , qui oncnbsp;toujours fait Ioblet de fes exercices , amp; comme la fin que Sa Majefté seftnbsp;propolée dans rétabliffement de ladite Académie, compofée des plus habi-les du Royaume, a été non-feulement que la jenneflè profitk des inftruc-tions qui ie donnenc journellement dans 1Ecole du Modele , des Leconsnbsp;de Geometrie, Perlpeöives amp; Anatomies, amp; a Ia vüê des Ouvrages qui ynbsp;font propofez pour lêrvir dexemples raais encore que Ie Public fut in-formé du progrès qu y font les Arts du Deflein, de la Peinture amp; Sculpture , en luy faifant part des Difcours , Conférences amp; Delcriptions quinbsp;pourroient Ie luy faire connoitre, principalement en multipliant par la gravure amp; imprelïion les beaux Ouvrages de ladite Académie Royale , afin denbsp;les conlêrver ii Ia pofterité , unique moyen de perfeéfionner les Arts, Scnbsp;d exciter de plus en plus lemulation. Acescauses, SaMajestenbsp;defirant donner a ladite Académie, amp; a tous ceux qui la compofent, routesnbsp;les facilitez amp; les moyens qui peuvent contribuer a rendre leurs travauxnbsp;utiles au Public; Le Roy etant en son C0NS11L5 a permis amp;nbsp;accordé k ladite Académie 5 de faire imprimer amp; graver les Delcriptions,nbsp;Memoires, Conférences, Explications, Recherches amp; Oblervations quinbsp;ont été amp; pourront être faites dans les Affemblées de PAcadémie Royalenbsp;de Peinture amp; Sculpture 5 comme auffi les Ouvrages de Gravure en taille-douce OU autrementamp; generalement tout ce que ladite Académie voudranbsp;faire paroitre fous fon nom, foit en Eftampes ou en impreffions , lorfquenbsp;«prés avoir examine amp; approijvé leldits Ouvrages de chacun des particuliersnbsp;qui la compofent, elle les aura jugez dignes detre mis au jour, liiivant amp;nbsp;eonformetNent aiix Statuts amp; Reglemens de ladite Académie , faifant Sanbsp;Majeste tres-exprellês inhibitions amp; défenfes tl tons Imprimeurs , Librai-tes, Graveurs amp; aiitrcs perlbnnes de quelque qiialité amp; condition qu ellesnbsp;Ibient, excepté cekiy qui aura été choili par ladite Académie, dimprimecnbsp;011 faire imprimer, graver ou contrefaire aucuns Memoires, Defcriptions,nbsp;(Conférences amp; autres Ouvrages gravez ou imprimez concernant ou éma-;iez de la fulHite Académie, ni den vendre des Exemplaires contrefaits ennbsp;wille inaniere que ce foit, ni fous quelque prétexte que ce piüfle être, fan?nbsp;/a permiffion exprefle amp; par écrit de ladite Académie, s peine contre cha-
-ocr page 24-am des contrevenans de trois mil livres d amende, confifcation , ranr de tons les Exemplaires contrefaits, que des preflès, caradteres, Planches gras-vées, amp; aucres urenfiles qui auront fervi a les imprimer ¦amp; contrefaire, amp;nbsp;de tons depens, dommages amp; interefts. Veut Sa Majeste' que ie pre-fenr Arreft loit execute dans fon entier , amp; en cas de contravention, S Anbsp;Majeste s en relerve la connoiliance amp; a fon Confeil, amp; icelle inter-dita tons autres Juges. Fait au Conleif dEtat du Roy , Sa Majeste ynbsp;ctant: tenu a Marly le vingt-huit Juin mil fept cens qiiatorze.
Signé, Pheeypeaux»
LOUIS par la grace de Dien Roy de France amp; de Navarre ; Au pre-mi .r notre Fluillier oit Sergent fur ce requis , Nous te mandons amp; coiumandons par ces Frefenres, lignées de notre main, que iArreft dontnbsp;Iextrait eft ci-attaché fous le contre-feel de notre Chancellerie, ce )Onr-d huy donné en notre Confeil dEtat, Nous y étant, tu fignifies ^ tous quifnbsp;appartiendra , a ce quils n en ignorent, amp; fades pour Ion entiere execution , tous A6tes amp; Exploits néceflaires , fans demander autre permiffion ;nbsp;Car tel eft notre plaifir. D o n n e' a Marly le vingt-huitiéme Juin Fan denbsp;grace mil fept cens quatorze , amp; de notre regne Te loixante amp; douziéine,nbsp;L O U1S j Et has, Par le Roy, Phelypeaux.
mil fipt ems quatort^, l'onyéme jour de Septembre , a la requhe de tAcadémie l{gyale de Peinture er Sculpture, éiablie par Sa THajeJié damnbsp;Jin Lousm a Paris; fay ficrre Colin Huijfier Audkneier aux Enquêtes du Palais , demeurant rue de la Juiverie , ParoiJJe faint Germain le Viel, foujftgne »¦.nbsp;fgnifié zsr latffe copie imprimée du prefent Arrefi du Confeil d'Etat du I{oy , amp;nbsp;Commijfion Jur keluy obtemes aux fins y contenués, au Steur Charles Èpbufielnbsp;Syndic de la Communauté des Imprimeurs amp; Libraires de Paris, en leur Bureautnbsp;amp; Chambre Syndicale rue des Islathurins, en parlant d fa perjonne, amp; ce tantnbsp;pour luy que pour les autres Libraires amp;¦ Imprimeurs, a ce quils nen iznorent jnbsp;ait d y jatisfaire, amp; fake feavoir d fa Communauté; lequel Sieur Ifobufel par-lant que defies, a fait réponje tant en fon nom quen ccluy de fes Adjoints eSr de fi$nbsp;Communauté 1 qu il accepte la prefente fignification , amp; qu U nempeche que tenbsp;piejent Arreft pottant Privilége accordé par Sa Trlajefté d fadite Académie fioyalenbsp;de Pewture amp; Sculpture, n ait fon entiere execution ; en fe conformant paYCeux quinbsp;feroni graver amp; imprimer quelques Ouvrages on Eftampes en exet ution dudit Ar-reft, AUX l\eglemens rendu-s au fujet de IImprimerie amp;¦ de la Librame, eSr no-tamment d IArreft du Confeil du 17. OBobre 1704. qui ordonne , que de tous lesnbsp;livres, failles, Eftampes amp; gravures, il en fera fourni , avartt de les expofevnbsp;en vente, hurt Exemplaires en la Chambre Syndicale de la Communauténbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a jigne^
Robustel , Syndic,
Contre laquelle réponje fay, pour ladite Académie, ri'iteré les défenfes portées au fufciit Arreft, amp; proteflé de tout ce quily a d proiefter, Cc laifié copie, tarn dttnbsp;Jujdit Arreft O' Cornmljfion fnr iceluy , que du prejent. Signé , C o e i n , aveCnbsp;paraphe. Contrblé d Paris le 15, Septembre 1714. R. Yyfdio 72- Signé, Pontaint»nbsp;avec paraphe-
Et cn coniequence de TArreft dn Confdl d'Erat ci-deffijs , poftant Privilege , l'A-* eadémic Royale de Peinture, amp; Sculpture a choiü pour fon. linpritncur-Libtaitc , Icnbsp;Sicur Jacques Coclombax Iniprimcur ordinaire du Roy.
¦
¦iii;
Faites avec cles Microscopes tout nouveaux,furune multitude innombrable dinsectes,et dautres Ani-mauxde diverses especes cjui nais sent dans des li-(jueurs preparees etdans celles cjuine Ie sont poinU
Premiere Partie
CHAPITRE PREMIER
folicic
^ant dessein de raporter ce fjuile peutobser-^ver de plus fmg-uiier,et de plus impercep -V* tiblealaümplevüë dans divers inixtes,roie es foit lic|^uides,et fur tuut de debrire les petiCs Aliimaux cpienbsp;[nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;armez,, dexelents Microscopes,^ apercoivent; J cru
I
-ocr page 26-% nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaüx Microscopes;
qiiaprés avoir préparé des infiifions differentes , amp; menie dautres liquides qui doivent fervir de matiere a cette Hif-toire naturelle , il falloit expofer dabord routes les piecesnbsp;des inftruniens que jay employez a ces recherches, Ceuxnbsp;qui auront du goüt pour ces découvertes , pourront verifiernbsp;par eux-mêmes mes experiences , amp; les poufTer plus loinnbsp;que je nay fait.
CHaqjje Microfcope hie paroït avoir fes ufages par-ticuliersj de forte que je ne penfe pas qiion en puiffe inventer aucun qui renfernie feul routes leS; proprietez denbsp;ceux que je vais propofer.
En voicy ün qui paroit exenit des défauts quon remar-que'daris les autresvamp;: plus univerfel que ceux que jay vas: feul , il fervira a routes les experiences quon fait ordinai-rement avec beaucoup dautres diverfement conftruits ; amp;nbsp;quoyquil paroille dabord fort compofé , ón avoüera quilnbsp;eft tres-fimple par rapport a la diverfité de fes effets j il anbsp;même eet avantage , que lon peut comprendre en un inf-tant la maniere de sen fervir , dans lexamen dune infiniténbsp;de nouveaux objets tres-agréables a la vüé, amp; tres-propresnbsp;a prouver la puiffance infinie du Createur , en expofant anbsp;nos yeux rant defpeces danimaux , qui font pevit-etre unnbsp;million de fois plus petits que le ciron, que I on peut regar-der coniine 1Elephant de la plupart de ces infeftes.
Fianche i. Ce Microfcope repréfenté tout entier en A , eft compofé de quatorze a quinze pieces principales.
Pianche i. B, qui eii eft le profil, fait par la fedion dun plan qui fa divifé en deux parties égales, pour en faire voir le dedans ,nbsp;amp; les differentes épaifl'eurs des pieces qui le cbmpofent.'
C, eft la reprefentation dun manche qui fe monte a vif fous; le petit canon cilindrique du Microfcope , ou Ton anbsp;fpudé line virole dans laquelle il y. a un.; écrou/coninie orinbsp;voit dans fe profil B.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
D, eft le defTein dune pétitéhoête ou portedéntiiiè.
E , en
-ocr page 27-Premiere Partie. Chap. I. nbsp;nbsp;nbsp;3
E , en eft le profil j F, lentrée ; amp; G , le deflbus, ou il y a un petit rebord pour foutenir un diaphragme qui doit porter la lentille marquée 1.
I, eft une virole au bord fiiperieur de laquelle on a rcfervé une moulure pour la tenir plus facilement ¦, elle eft refenduënbsp;cn quatrc differens cndroits également efpacez , pour fairenbsp;FelFct dun relfort.
3, eft le plan du deftbus de cette virole : fon ufage eft dc retenir la lentille qui fe met dans la boete D , amp; de Iy affermirnbsp;entre deux petits diaphragmes de plomb placez au centre.
H, nbsp;nbsp;nbsp;eft une platine vüë par devant, au milieu de laquellenbsp;il y a un trou de quatre lignes de diametre , pour recevoirnbsp;plufieurs boetes Tune après 1autre, comme D, dans chacunenbsp;defquelles il y a une lentille , dont le foyer eft different denbsp;celuy de chacune dcs autre s ; ce qui eft tres - avantageuxnbsp;pour réüflir dans les diverfes obfervations que 1on fe pro-pofe de faire,
I, nbsp;nbsp;nbsp;reprefente la même platine vüë par derriere ; L, eft lenbsp;profil de la platine H, ou on voit fepaifleur de la queuë quinbsp;y eft rivée amp; foutenuë par une rofette, comme on le remar-que au bas de la platine H , ou eft fon profil L.
M , eft le deffein dun verre taillé en forme dun quarré long, creufé fpheriquement au milieu , pour porter les gout-tes de liqueurs quon y met , en forte quon puifl'e alfeznbsp;fapprocher de la lentille.
Ce verre M, quon peut nommer porte-objet , amp; qui doit avoir tres-peu dépailfeur dans le milieu , eft taillé en bi-feaux des deux cotez les plus longs, afin quil entre jufte-ment dans une coulilfe reprefentce fur la platine N ; Sc quilnbsp;y foit encore retenu , fi 1on veut, par un levier a refibrt quinbsp;sappuye delfus , ainfi quon le voit exprimé dans le deffeinnbsp;marqué N, amp; mieux encore dans fon profil P O.
O , eft Ic plan tout uni du derriere de cette mcme piece N.
P, eft le profil du reffort de la coulilfe , ou Ton fait en-trer les portes - objets , qui doivent ctre differens amp; noniT-breux , pour faire voir en pen de terns plufieurs fortes de chofes.
-ocr page 28-4 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
eft Ie deffcin d unc autre piece vüe par devant, qu on pjanchc 3. pcut iiommer porte-pincecce , a caufe qu on y en peut inet-tre plufieurs Tune après Pautre gt; tenant Tune un poux , Pau-tre une puce , Sec. que Pon conduit vis-a-vis de la lentiiicnbsp;du Microfcope , pour y étre obfervée de tous cótcz , par lesnbsp;pijnche 3. mouvemens divers de la pincette , quon y tourne commenbsp;on veut; foit en Pavan^ant, foit en la reculant.
R S , eft Ie profil de la pincette quon voit arrêtée fut la piece marquee
T, T, T, T, font difPerens defPeins de plufieurs pincettes a refPort , plus commodes que la precedence , pour pincernbsp;facilement les petits infeftes vivans ou mores quon y veutnbsp;attacher. X, eft la reprefentation dune platine foudéc patnbsp;Ie bas au petit canon cilindrique. Cette piece a deux ouvertures , ia plus grande eft de onze lignes de diametre; onnbsp;y voit Pautre reprefentée dans fa jufte grandeur, amp; dont lesnbsp;ufages feront cy-après expliquez.
V , X amp; Z, font trois pieces qui doivent ctre jointes 6c attachécs cnfemble , de chacune defquelles il faut donnernbsp;une idéé afPez claire pour en faire comprendre la mechanicnbsp;que 6c Pufagc.
V, eft Ie defPein de la premiere des trois pieces dont je viens de parler , vüë par devant jelle a une ouverture rondenbsp;de fix lignes de diametre, 6C trois petits écrous autour del-le , également efpacez : amp; fur Ie même plan on y a rivénbsp;deux pieces un peu élevées pour former une eoulifl'e.
Au derriere de cette même piece marquee par Y, Sc tout a Pentour de fon ouverture , on y a fait une elevation ennbsp;forme de parapet ou dune virole épailPe dune ligne , quinbsp;fe loge amp; tourne librement dans Pouverture ronde de lanbsp;platine X.
Cette platine X, qui eft la feconde amp; la plus grande des trois pieces qui doivent être liées enfcmble, a onze lignes denbsp;diametre pour fon ouverture.
Z, eft la troifiéme qui eft toute ronde par fes bords , 6C de peu dépaifPeur , aufli-bien que les deux précedentes jcllenbsp;eft vüë feulement du cóté poftericur du Microfcope , amp;; ca--ehée du coté oü font les refPorts dacier , dont nous parfo-
-ocr page 29-Premiere Parti e. Chap. Ï. nbsp;nbsp;nbsp;f
tons bien-tot. Louverture qui eft au milieu na que fix li-gnes de diametre : il y a vers le bord de cette circonference trois petirs trous qui répondeut juftement aux trois écrousnbsp;de la platine V.
On a de plus pratique autour de cette platine Z , amp; vers le bord exterieur de fa circonference , un petit canal denbsp;deux lignes de largeur , amp;: de peu de profondeur , pour ynbsp;loger a des diftances égales trois petits reflbrts dacier trem-pez , qui font fixez par un bout mr le fond de ce canal.
Cela fuppofé , il faut maintenant aflembler ces trois pla-tines j amp; pour cet cffet, appliquez le derriere Y de la platine V fur le devant de la platine X j amp; celle qui eft marquee Z , fur le derriere de la même platine X, en forte quc les reflbrts la touchent, faifant aufli repondre les trois trousnbsp;de Tune aux trois trous dc Iautre j amp;c arrêtant enfuite cesnbsp;trois platines ainfl pofées, avec trois petites vis, on aura lenbsp;mouvement de la piece V , doux, egal amp; uniforme , en fortenbsp;quelle demeurera fixe dans tous les endroits ou il fera né-ceflaire qu elie refte.
amp; , repréfente le deflein dune piece compofee dun petit canon cilindrique , dune autre piece a coulifle , d-une virole Planchcnbsp;au-dedans de laquelle il y a un écrou pour y faire entrer anbsp;vis le manche qui fert a foutenir le Microfcope entier ; amp;nbsp;enfin dune petite roue marquee b, au milieu de laquelle il ynbsp;a un écrou.
a , eft la reprefentation du profil de toutes les pieces dont nous venous de parler dans le deflein marqué
c , eft le plan de la largeur du reflbrt attaché interieurc-ment au-dedans du canon , par le moyen de deux petites vis, dont on voit les tetes 6c le corps dans le profil a.
5, 6,7, font trois defleins dune même piece creufe , qui eft faite en forme dun parallelepipede redangle, a laquellenbsp;on a attaché un reffort qui regne le long de fa partie fupe-rieure , comme on voit en la figure 6, amp; une vis a fon extré-mité qui entre dans lécrou de la roue b , doirt Iufage eftnbsp;dapprocher ou déloigner les objets de la platine H, par unnbsp;mouvement uniforme.
5 nbsp;nbsp;nbsp;7 font deux profils de cette nieme piece j 1un dc ces
A ij
-ocr page 30-g nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes;
profils marqué 7 , fait voir Ie dedans de la piece , amp; fautre qui cft reprefcnté par Ie chilfre 5, la fait voir par Ie cóté amp;nbsp;par dehors , afin de voir lepaill'eiir du reflbrt.
d , eft la reprefentation dun gros canon , garni par dedans d un tuyau de velours ou de drap noir , amp; de deux diaphragmes appliquez a fes cxtrémitez.
o , eft Ie profil de ce gros canon cilindrique : f amp; g , en rcprcfentent les diaphragmes.
h , eft nne efpece de virole ou de boete ouverte. des deux cótez, qui fert a arrêter les diaphragmes de diverfes ouvertures , qui fe placenc a 1extrémité objective du gros canon ,nbsp;auquel font attachez deux tenons a jour , par oü pafte unenbsp;efpece de regie a coulifté , foudée a la partie fuperieure dunbsp;petit canon amp;C. Entre les deux tenons de ce. gros canonnbsp;cilindrique , on apper^oit un petit reftbrt dacier trempé ,nbsp;dont 1ufage eft de rendre Ie mouvement du canon plus égal.
La plus grande partie des pieces de ce Microfcope fe peut faire dargent ou de laiton. Les portes-objets doiventnbsp;étre fairs de beaux morceaux de glace des plus tranfparens,nbsp;amp; des mieux choifis. On peut aulTi en faire quelques-uns denbsp;carton , ouvert par Ie milieu , ou de quelqu autre matierenbsp;qui convienne aux divers objets quon y veut mettre , com-me alles de mouches, plmnes nienues de ferins de cana-rie , amp;c.
Nous avons negligé de determiner par des mefixres partie culieres , la grandeur de chaque piece de ce Microfcope jnbsp;paree que les Figures les repréfentent aftez bien amp; aftbznbsp;jufte , dans les mêmes proportions que Monfieur Ie Febvre,nbsp;tres-habile Ingenieur pour la conftruétion des inftrumens denbsp;Mathematiques, les a executées.
Te naurois jamais fait fi je voulois rapporter tous les iifav ges de ce Microfcope \ ceft pourquoy , pour ne pas en-^nbsp;trer dans un détail trop long , je nxe contenteray de dire ennbsp;general , quon Ie peut employer tres - avantageufement anbsp;f examen des petits anim.aux , de leur fang, amp; des autre?
-ocr page 31-Premiere Partie. Chap. T. nbsp;nbsp;nbsp;7
liqueurs contcnucs dans leurs differens vaiffeaux ^ amp; a la dccouverte des moindres particules, rant des mineraux quenbsp;des plantes, ou Ton apper^oit uiie infinite de chofes nou-vellcs dans leurs graines , dans leurs tiges , dans leurs feüil-les 3 dans leurs boutons , dans Jeurs fleurs j Sc enfin dans tou-tes les infufions de chacune de ces parties , ou de pluficursnbsp;enfemble, dont la inoindre goutte contient louvent une multitude prodigieufe de créatures vivantes dune petitefl'e quinbsp;échape aux meilleurs yeux deftituez du fccours de Fart.
Lorfque Fon fe propoFe dexaminer quelqucs-unes des liqueurs dont il eft parle dans cette Hiftoire, il faut enfoncer ic petit bout dun menu baton, ou Fextrémité la plus menuënbsp;dune plume , jufqua profondeur de deux lignes au plus , Scnbsp;vers les bords du vaifteau , y faifant même toucher ce boutnbsp;de plume , pour le porter enfuite charge dun pen de liqueurnbsp;fur le milieu du concave fait fur le porte-objet de verre en-gagé dans la coulilfe , de la piece du Microfeope marquée pi^nchei-N , qui eft decrite cy-devant: par ce moyen une partie dunbsp;pen de la liqueur, qui sétoit attachée au bout de la plume ,nbsp;coulc dans cette cavite duporte-objet, Sc y tonne une gout-telette du diametre dune ligne ou environ , qui paroit aunbsp;Microfeope comme un lac d une vafte ctendue, dans lequelnbsp;on voit nager une quantite furprenante de tres-petits poif-fons de diverfes grofteurs, figures Sc mouvemens.
Nous expliquerons plus loin une nouvelle maniere dap-pliquer le vinaigre fur le porte-objet du Microfeope , plus convenable que celle-cy , parce qu on y peut mettre tres^nbsp;facilement beaucoup plus danguilles jnous dirons fculementnbsp;icy que les lentilles qui grofliflent le plus font les moins pro-pres a obferver ces infeftes , a caufe que la grandeur monf-trueufe foils laquelle ces lentilles les font paroitre , empcchenbsp;de les voir routes entieres j de forte quil fuffit de les obfer-ver avec une lentille denviron une ligne Si. demje de foyernbsp;pourvu quelle foit excellente.
Nous avons déja dit que les poux , les puces, Sc dautres animaux de pareille grolTeur , pouvoient sy obferver toutnbsp;viv,ans , par le moyen des pincettes qu'on ajoutojt a la pla-fine marquée C3^ amp; nominee porte-pincettes j Sc nous ajou-
A iij
-ocr page 32-8 nbsp;nbsp;nbsp;Noüveaüx Microscopes.
tons de plus , que ces niêmes infe£tes pcuvcnt être enfer-niez en un des portes-objets de verre creufé fpheriquementy amp; couvert dune latne fort mince de verre ou de talc , afinnbsp;de les empêcher de fortir de leur prifon.
Pour faire tenir ce convercle plat amp; rranfparent fur Ie concave , on fe fervira dun peu deau gomée , ou de la fim-ple huinidité de lhalene quon y pouflfcra de prés.
On peut encore attacher ces efpeces dinleftes , comme les mittes de fromage , les fourmis, amp;c. fur un petit verrenbsp;plan, OU fur un concave de mêrae matiere , au moyen dunnbsp;peu d'eau gomée dont on Ie moüiile legerenient avec unnbsp;pinceau , ou avec Ie bout du doigt.
Les cheveux, les ailes de mouches, les petites plumes des oifeaux, amp;c. fe peuvent attacher a des portes-objets denbsp;carton fin percez a jour, qui entrent dans la coulifle de lanbsp;Planchc 2. platine N , ou eft attaché Ie petit leviet a rellorc qui Les ynbsp;fixe , pour y être plus facilement obfervez.
Les mouches j amp; dautres animaux de femblable petitefie , sy peuvent obferver toutes entieres, en les traverfant d unenbsp;aiguille, amp;: les regardant dans eet état avec une lentillenbsp;dun foyer proportionné au volume de ces animaux.
Les rubans amp; les étolfcs de foye sattachent en petits morceaux a Tune des pincettes dont on a parlé , ou au boutnbsp;dun poin9on emmanché , qui doit entrer dans Ie petit brasnbsp;eilindrique amp; creux du porte-pincette.
Les grains de fable , les petites graines, la poulTiere quon trouve dans les fleurs , amp; generalement tous les corps dursnbsp;de pareille groffeur , tranlparens ou non, sy peuvent auJiinbsp;voir obferver tres-exadement.
Les grains de fable y paroiflent diverfement, felon les differentes famous de les préparer pour les y regarder.
Premierement , on les peut répandre fur Ie concave ou porte-objer, humeété fimplement de lhalene , en obfervantnbsp;de ny en mettre quautant quil y én faut pour nêtre pas lesnbsp;uns fur les aiitrès, amp; les regarder avec une lentille de deuxnbsp;lignes de foyer feulement j tantót au jour, amp; tantót a la lu-miere dune chandelle ¦, car de ces lumieres differentes iinbsp;naitra differentes fenfations.
-ocr page 33-Premiere Partie. Chap. I. nbsp;nbsp;nbsp;9
Secondement. Si fur ces memes grains de fable vous y faitcs comber unc petite goutte de vinaigre, dans lequel ilnbsp;sy trouve des anguilles, elles vous fourniront un nouveaunbsp;Ipedacle aflez divertiflant, par rapport a Iembarras ou ellesnbsp;le trouvent de fe dégager deritre les mades de rochers for-mées par ces grains de fable qui leur tombent fur le corps,nbsp;par les fecoufl'es quelles leur donnent, en les écartanc les unsnbsp;des autres , pour fe faire un paffage libre.
Troifiémement. Mais comme cette preparation du grais, ou du fable mis fcul fur le concave du verre , ou avec les anguilles , demande beaucoup dadrelle pour éviter quil ne fenbsp;fade des rayes fur ce concave ou porte-objet, qu il faut ta-cher de conferver le plus long-terns quil ellpollible , a caufenbsp;de la difiiculté qui fe trouve a le bien faire; jay juge a propos de chercher un autre moyen de donner le même plahir,nbsp;cn evitant le danger dont je viens de parler.
Pour cec elFet il ny a qua fe fervir dun porte-objet fait d unc lame de laiton, au milieu de laquelle on fait un crounbsp;dune demie ligne de diametre , dans lequel vous mettreznbsp;une petite goutte de vinaigre , que vous pourrez obfervernbsp;feule , ou avec les grains de fable , en les y repandant en.nbsp;petite quantité.
Qüatriémement. Ces grains de fable fe peuvent encore obferver, en les mettant fur un porte-objet débene noire ,nbsp;fait comme une petite dame , au bord de laquelle on y a re-ferve deux petites elevations qui les empechent de toniber ,nbsp;amp; un petit trou fait dans lépaifleur de cette piece , ou Tonnbsp;fera entrer un manche dargent ou de laiton , qui fervira anbsp;la tenir comme en fair , en le fourrant dans le bras du por-te-pincette , amp; regardant ce qui fera delTus ce porte-objetnbsp;de haut en bas , comme on regarde ordinairement les menie s chofes avec un Microfeope a trois verres; puis comparant cette fa^on de voir a la precedence , on remarqueranbsp;plufieurs circonftances qui feront peut-ecre le fujet d'unenbsp;dilfertation aflez propre pour nous inftruire de plufleurs faitsnbsp;nouveaux fur Ioptique.
Toutes les graines amp; les autres corps dune certaine grandeur fe placeront de même , en obfervant de roettre fur
-ocr page 34-lo nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
une dame noire ceux qui feront blancs, amp; ceux qui auront de la tranfparence , éc les opaques fur une autre damenbsp;blanche.
Planche j.
CE Microfcope, quoyque de petit volume , ne laifle pas d etre un des plus commodes que Ton air jufqua pre-fent inventé ; amp; principalement en ce que Ie porte-objctnbsp;conferve a Tégard de la lentille Ie même point de diftancenbsp;qui ne fe dérange pas, en y mettant de la liqueur nouvelle.nbsp;11 eft compofé denviron quinze pieces que Ton a deflinéesnbsp;feparement , afin d en mieux faire connoitre la conftru6lionnbsp;amp; Tufage.
La Figure A eft la repréfentation du Microfcope entier, compofé de routes fes parties.
B, eft une piece débene ta9onnée , vüè par-deflbus , amp; percée a jour dans fon milieu j comme il paroit dans fonnbsp;profil D , OU I on voic un petic rebord x x , abaifte au-def-fous de fon plan inferieur, plus Ou moins haut, felon lépaif-feur de la lentille quon y vent arréter.
Cette piece débene , dont Ie deflbus eft vu en B , pour exprimer non-feulement Ie plan qui sapplique fur la piecenbsp;marquee F , de laquelle on va parler , niais aufli la iargeurnbsp;du rebord x x , celle de la virole , amp; lun des deux dia-phragmes de plomb qui doit couvrir la lentille , font cenbsp;quon nomme ordinaireinent Ie porte-lentille , dont Ie circuit X X doit entrer avec jufteffe d.ans louverture pratiquéenbsp;en F , 6c s y arrêter ainfi montée par Ie moycn de deux pe-tits tenons tournans, qui fe peuvent remarquer a droit 6c anbsp;gauche de cette piece F.
II eft a propos davoir deux montures débene ainfi conf-truites, 8c de les garnir de lentilles dinégales convexitez , pour augmenter plus OU moins lapparcnce des objets.
La Figure E ou F , reprefentc une plaque de laiton , qui
doit
-ocr page 35-Premiere Parti e. Chap. 11. nbsp;nbsp;nbsp;n
doit être attachée avec deux vis fur le corps du Microf-cope , comme on le peut voir en A.
Cette même piece eft vüë en F par-deftiis, amp; en E par le defl'oLis, ou Ton voit le reftbrt courbe qui y eft attaché avecnbsp;deux perils rivez.
Ce relfort que Ton a feparé de la piece E , eft reprefenté tout feul au-deflbus de la lettre H le corps de ce Microf-cope , qui eft une virole de laiton aflez épaifte pour pouvoirnbsp;ctre viflée par dehors , amp; avoir un écrou en dedans , eftnbsp;repréfenté par la Figure O ou N : il doit avoir deux petitsnbsp;bras qui débordent la circonference de fon extrémité fupe-rieure , pour y attacher la piece E avec deux petites vis ,nbsp;comme elle paroit dans cette Figure N.
Cette même virole , au bas de laquelle on a fait une vis ; dolt auffi avoir un écrou en dedans qui luy réponde, commenbsp;on le peut remarquer dans fon profil N j elle doit aufti avoirnbsp;deux ouvertures quarrées a fes cotez oppofez, dela largeurnbsp;chacune d un peu plus du quart de fon circuit , pour rece-voir la piece de laiton repréfentée en T M, qui y doit haulTernbsp;amp; baifter librement, lorfquelle eft pouflee par la piece re-prefentée en ou repouUée par le relfort H i amp;c ceft entrenbsp;cette piece 6c le relfort que m place le porte-objet creufénbsp;foheriquement , de maniere que la concavité de ce verrenbsp;foil tournée vers la piece R, dont je parleray bien-tot.
La Figure CL.eft une autre virole dans laquelle il y a un écrou pour recevoir la vis de la piece O , qui eft le corps dunbsp;Microfcope.
Cette virole a un rebord dentele, pour empecher que les doigts ne glill'ent delfus en la tournant. Cette piece étantnbsp;muë en un fens , force le rellbrt, 6c poulfe la plaque T Mnbsp;vers F j 6c par confequent approche de la lentille le porte-objet quelle foutient, 6c qui seloigne au contraire de cettenbsp;même lentille , en tournant la virole CLdun autre fens.
La Figure marquée par la lettre P , eft le profil de la virole dont on vient de parler , ou fon voit un écrou en dedans.
S, repréfente un canon cilindrique débene tres-noire , fagonné au tour 6c enrichi de quelques moulures , ayant en-
B
-ocr page 36-li nbsp;nbsp;nbsp;NöüVêaux Microscopes.
viron vingt lignes d.e longueur: il eil: percé a jour, d'un bout a lautre , pour laiffer paffer la lumiere , comine on Ie peutnbsp;remarquer par fon profil marqué R. II y a une vis a lun denbsp;fes bouts qui doit entrer dans lecrou interieur du corps dunbsp;Microfcope , amp; a Tautre bout quelques moulures qui ne fervent que dorneniens , amp; un petit enfoncement quon y anbsp;pratique , pour y arrêter un diaphragme marqué V , au milieu duquel on fait un trou plus ou moins grand, fuivant Ienbsp;plus OU Ie moins de lumiere quil faut , pour bien voir lesnbsp;objets qui font tout Ie fujet de notre attention.
Pour fe fervir de ce Microfcope, la lentille étant arrêtée oü nous avons dit qu'elle devoit fêtre , amp;c Ie porte-objet Inbsp;placé entre la piece T M amp; Ie reflbrt ¦, il ny a qua óter Ienbsp;canon S , amp; dans Ie milieu du concave qui fe prefente ,nbsp;mettre avec Ie bout d une plume un peu de la liqueur ounbsp;font les animaux que Ton veut obferver , puis ayant remis Ienbsp;canon, approcher ou éloigner Ie porte-objet de la lentille,nbsp;en tournant ou détournant la virole jufqua ce qu il foitnbsp;au foyer.
Plancheff. A , Repréfente Ie Microfcope tout entier vu de cóté, B, eft Ie profil de ce Microfcope , fait par la feélionnbsp;d un plan qui divife routes fes parties en deux également ,nbsp;pour en voir les diverfes épaifièurs.
C, eft Ie deftein du même Microfcope vu par-devant.
a , a, a , a , reprefentent quatre defl'eins du porte-lentil-le, dans Iun defquels il eft vu de cpté j dans un autre il eft vu par-devant j amp; les deux autres en font des profils, vusnbsp;dans deux fituations differentes , 1 une verticale , Iautrenbsp;horifontale.
b, eft une platine de laiton bien dreftee des deux cotez , un peu recourbée par en bas , amp; ouverte par le haut dunnbsp;grand fron rond on senchaftc Ic porte-lentille , lt;|uon y
-ocr page 37-Premiere Partié. Chap. III. nbsp;nbsp;nbsp;15
arrête fermement par le nioycn de deux petits tenons , rivez Sc mobiles au-devant de cette platine.
On a aufll rive ou foudé au bas de cette niême platine , une vis dacier denviron quinze lignes de longueur , denbsp;deux lignes au moins de diametre , qui sengage a anglesnbsp;droits dans Tépaiffeur de cette meme piece.
c, c , c, c, eft la reprefentation du profil SsC des plans les plus larges dun rcflbrt dacier trempé , amp; recourbé a peunbsp;prés comme font les pincettes de même matiere qui ferventnbsp;a arracher le poil, Sc duquel les branches inégales contri-buent a approcher 8c a eloigner parallelement au porte-objet f, la platine b. Ce telfort qui neft attaché a aucunenbsp;des pieces du Microfcope , sy applique pourtant tres-avan-tageufement, comme on le va dire.
On tait entrer le bout recourbé de la branche la plus courte de ce relfort dans une entaille ou fente faite versnbsp;I extrémité fuperieure de la virole , oü sengage le manchenbsp;du Microfcope. Et lautre bout recourbé du meme reffortnbsp;entre dans deux petites coches taillées aux cótez du bas denbsp;la platine marquée b.
d , d, d , eft une feconde platine qui fait loffice dun reffort , fenduê en fa partie fuperieure , ouverte par fon milieu dun grand trou rond , coudée un peu au-delfous de fonnbsp;extrémité d'en-bas , oü elle eft entaillée en demy eerde ,nbsp;pour embralTer la moitié du petit canon cilindrique, étantnbsp;anêtée dailleurs par une vis qui fe fait voir entre les deuxnbsp;canons du profil B , de tout le Microfcope,
e , e , e , e , reprefentent une troifiéme platine , ouverte comme la précedente dans le milieu de fa plus large partie,nbsp;étant foudée par fa bafe a la virole qui re^oit le manche dunbsp;Microfcope.
On voit au bas de cette même platine e , un petit canon cilindrique Sc creux , denviron huit a neuf lignes de longueur , Sc de deux ou trois lignes au plus de diametre ; on lynbsp;voit appliqué a angles droits Sc foudé : il eft de plus traverfénbsp;de bout en bout d'une vis attachée a la platine b.
Au derriere de la platine e , on y voit deux petits tenons cn forme de crochets , qui fervent a arrêter fermement le
B ij
-ocr page 38-ï4 nbsp;nbsp;nbsp;NóuV'ê'aüX Microscopes.
gros canon au bout duquei on met les diaphragmes de diver-
ics ouvertures.
f, nbsp;nbsp;nbsp;eft Ie porte-objet de verre , plan dun coté , amp; concavenbsp;de lautre, pour y appliquer les liqueurs Sc les autres objetsnbsp;que Ton veut obferver.
Ce porte-objet fe fourre entre les deux platines d, e, de maniere que Ie cócé plan regarde la lentille j amp;c dans cettenbsp;fituation on Ie peut mouvoir felon Ie befoin.
g, nbsp;nbsp;nbsp;g, g, eft une petite roue dentelée , fervant décrou anbsp;une vis attachée a la platine b, dont lufage , joint a celuy dunbsp;refl'ort, eft dapprocher Sr de reculer la lentille de 1objet.
h , h , h, h , eft un gros canon débene qui fert de dia-phragme , amp; qui fe monte derriere la troiftéme platine e , a peil prés comme Ie couvercle dun fucrier , fur Ie fucricrnbsp;même.
Des Defleins auffi corretSls amp; aufll élegans que Ie font ceux-cy , de routes les diverfes pieces qui compofent cenbsp;Microfcope, ne me paroilfent pas avoir befoin d une plusnbsp;ample explication , particulierement ft Ton fe reftbuvient denbsp;ce que nous avons déja dit de quelques pieces qui entrentnbsp;dans la compofttion des Microfcopes précedens , lefquellesnbsp;font femblablcs, ou ont beaucoup de rapport a celles de ce-;nbsp;luy que je viens de décrire,
pofent Ie Microfcope , que je fais ordinairement dé-
Defcri^tion ufa^e im qmtnême Microfcope ms-Jlmple. Planche 7. ABC, font les profils des crois pieces D E F, qui com-
La piece E du milieu , qu on peut nommer Ie corps du Microfcope, contient deux écrous, 1unfuperieur, Sc lautrenbsp;inferieur, qui fe découvrent dans fon profil B, pour receyoicnbsp;les vis des pieces D F.
C , eft Ie profil dune autre piece percée a jour , fiir la-quelle il y ^ une vis , 6c un yerre qui pft concave dtw feul
-ocr page 39-Premiere Partie. Chap. IV. nbsp;nbsp;nbsp;15
eóté , dont Tufage eft de porter les objets quon met deflus pour y être obfervez.
A , eft le profil dune autre piece , ou Ton voitune vis qui fe monte dans Iecrou fuperieur de la piece du milieu mar-quée B. Cette piece A peut être appellee porte-lentille jnbsp;paree quon y en met une entre deux diaphragmes repre-fentez en G, G j amp; on les y fixe avec une petite virole dcnbsp;laiton H, qui fait reflbrt.
Cette lentille I étant ainfi portée proche de 1'ocil , fait découvrir un champ dautant plus grand , quelle en eftnbsp;prés. H ne faut pourtant pas que ce verre foit fi prochenbsp;de Iccil, quil en puifte être terni par la tranfpiration de cecnbsp;organe.
II y a un trou au-deflus du porte-objet F, denviron une ou deux lignes dc diametre, qui permetlepafl'age aux rayonsnbsp;de lumiere qui fervent a eclairer les objets que 1on met furnbsp;le concave F.
Le diaphragme de laiton ou de plomb qui fe met entre la lentille amp; Ioeil , doit avoir une ouverture proportionnécnbsp;au foyer de cette lentille j amp;il faut quelle foit dautant plusnbsp;petite que la lentille aura moins de foyer.
Je mets auffi fouvent un femblable diaphragme O, au-def-fous du concave F, amp; jen proportionne Iouverture aux experiences que jen veux faire, amp;c au plus ou moins dc foyer de ce concave, amp; même a la tranfparence plus ou moinsnbsp;grande des objets placez au concave F , ou on les attachenbsp;differemment. Par exemple , fi vous y voulez mettre dunbsp;fable , de menues graines, ou quelques poudres tranfparen-tes , vous les y ferez fuffifamment tenir , en humedant denbsp;votre haleine ce porte-objet,
Les ailes de mouches ou leurs pattes , les fourmis , les poux , les puces , les mittes de froniage , les plus petitesnbsp;plumes des oifeaux , les cheveux, amp;c. s y arrêtent avec unnbsp;peu deau gomée, ou quelque chofe dcquivalent , quon ynbsp;(Applique en petite quantite , amp;c aux endroits convenables.
On peut auffi enfermer des animaux vivans , comme des mittes avec leurs ceufs, entre le concave F un yerre plannbsp;ties deux cotez, qui foit de peu dépaiffeur,
B ii)
-ocr page 40-ié nbsp;nbsp;nbsp;N ouveaux Microscopes.
Le fang des animaux sy met tout chaud, avec Ie plus petit bout d une plume a écrire.
Les gouttes de leau des huiftres a lécaille, amp; toutes les infufions qui contiennent des animaux aflez gros pour y êtrenbsp;vüs, sy attachent pareillement delles-mêmes.
Les anguilles de vinaigre fe prennent 6e sy mettent avec un petit tuyau de verre en forme dantonnoir , de la grandeur 6e de la figure qui eft icy reprefentée \ ce qui fe pratique tres-facilement en cette forte. Jenfonce dans le vinaigrenbsp;la partie MN de lantonnoir, 6e après lavoir pofée fur monnbsp;concave , jy fais defcendrc la petite goutte de vinaigrenbsp;contenuc dans l'efpace M N , en bouchant la plus large ouverture avec le doigt, pour prefler lair contenu depuis Lnbsp;jufquen M , après quoy on met ainfi ce vinaigre alfez présnbsp;de la lentille pour y voir les anguilles a loifir j puifque cettenbsp;goutte doit être alfez groffe pour nêtre évaporée quen unenbsp;heure ou environ dans un tems temperé.
On peut, fi lon veut, les y conferver durant fept ou buit jours en efté , 6e pendant quinze en hyver, en mettantfur lenbsp;concave ou elles font un petit verre plan des deux cótez ,nbsp;qui empcchera que ce peu de liqueur ne sévapore entiere-ment durant tout ce tems-la , 6e donnera lieu a un fpedaclenbsp;des plus curieux , par les differentes chofes quon y verra ,nbsp;6e dont nous devons parler dans la fuite de eet Ouvrage.
Pour faire auffi que ce Microfcope ferve a diftinguer les petits objets qui ne font pas tranfparens, 6e a les obfervernbsp;comme on le fait avec les Microfcopes a deux ou a troisnbsp;verres \ il ny a qua faire une ou deux ouvertures quarréesnbsp;a cóté de la piece E , qui fert de corps au Microfcope , 8enbsp;mettre ces objets fur le concave, ou fur un autre porte-objetnbsp;qui leur conviennent , tournant au jour lune de ces ouvertures.
On peut tourner plufieurs pieces femblables a celle qui fe voit marquee par F , 8e garnir de dilferens petits corps choi-fis tous les portes-objets comme F qui doivent les foutenir,nbsp;6e être aifément fubftituez les uns aux autres, afin de fairenbsp;roir plus promptement a une ou a plufieurs perfonnes cenbsp;quon y aura appliqué.
-ocr page 41-Premiere Partie. Chap. IV. nbsp;nbsp;nbsp;17
Cc neft pas une ncceflite de multiplier les portes-objets', il fuffira den avoir feulement deux , fifavoir un pour y fixernbsp;ie verre concave C , amp; Iautre marqué F , qui ait un petitnbsp;rebord pour mettre dedans plufieurs cartons fur lefquels onnbsp;aura arrêté divers objets , que Ton placera Fun après Fautrenbsp;fur la piece marquée F, afin de les y obferver.
Le defir que jay eu de fatisfaire la curiofité de plufieurs perfonnes de merite , St la necefïité ou je me fuis trouvé denbsp;tranfporrer dans des lieux éloignez quelques-unes des infu-fions, dont je parle dans la feconde Partie de ce Traité ,nbsp;pour y faire voir dans la moindre goutte de chacune les divers animaux quelle contenoit, mont obligé de cherchernbsp;une invention commode pour fervir a ce tranfport.
En méditant la-defl'us il fe prefenta plufieurs moyens daiTs chacun defquels je trouvois des défauts confiderables,nbsp;qui ne me permettoient de men fervir , que paree que denbsp;meilleurs me manquoient. Je defirois toujours den trouvernbsp;un, tel que le vailfeau oil feroit la liqueur fut fort petit, Stnbsp;débouché même dans le tranfport , fans pourtant que lanbsp;liqueur quon y auroic mife en put fortir delle-meme , ennbsp;quelque fituation quil fe trouvat j que ce vaiffeau fut facilenbsp;a préparer, St enfin fi commode quavec peu* dadreflfe onnbsp;put facilement garnir de liqueurs les portes-objets des Mi-crofeopes dont je me fers.
Toutes les conditions de ce Probleme me parurent da-bord tres-difficiles a remplir j St je puis afliirer quil n y eut que la nécefiité ou jétois den venir a bout qui fut capablenbsp;de mobliger a pourfuivre mes reeherches, Et enfin je ma-vifay d une machine la plus fimple St la plus aifée de toutesnbsp;celles qu on pourroit fabriquer pour Fufage auquel on lanbsp;deftine.
^ Qj eft le profil dune petite phiole de verre along col, faite par un Ernailleur : elle a environ trois pouces de longueur , St la boule fix lignes ou environ de diametre : Fou-verture de Fextrémité P eft dune bonne demie ligne , Stnbsp;cela fuffit pour empeeher la liqueur den fortir delie-même.
i8 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
petites machines , quon peut regarder comme une efpecc particuliere de Thermométre j il taut fourrer en dedans unnbsp;til de laiton R S, plus menu que fon ouverture , après lavoirnbsp;moüillé dans toute fa longueur , en forte quy étant enfon-cé, fon extrémité den-haut furpaife de deux lignes louver-ture qui eft en P , afin quayant plongé Ie menu bout dunbsp;petit antonnoir dans la liqueur dont on veut garnir Ie Thermométre , on porte enfuite fur rextrémité R du fil cenbsp;menie bout N par oü la liqueur seft infinuée a la hauteurnbsp;M N , de deux ou trois lignes , de nianiere que ce fil denbsp;laiton y entre ; puis prefl'ant du doigc 1ouverture fuperieurenbsp;de lantonnoir , 1on tera defcendre la liqueur dans Ie Thermométre P Q.j ce qui fe réïtérera autant de fois quon Ienbsp;jugera a propos: amp; ce Thermométre ainfi préparé fe pourranbsp;tranfporter par tout.
Lorfque 1on voudra garnir dune goutce Ie concave ou porte-objet du Microfcope , il ny aura qua pofer Ie bout Pnbsp;du Thermométre dans ce concave , amp; envelopper fa boulenbsp;avec les doigts, afin quen échaulïant amp; rarefiant quelquenbsp;peu lair quelle contient, il en puiffe faire fortir un peu denbsp;liqueur. Et il faut remarquer que quand on aura mis dunbsp;vinaigre , par exemple dans 1un de ces Thermométres , ilnbsp;ny mudra pas mettre dautre liqueur, paree que la feulenbsp;vapeur du vinaigre feroit mourir fubitement les petits infec-tes de cette liqueur.
Enfin fi lon veut que ces petits Thermométres fervent plufieurs fois , il faudra en faire fortir la liqueur qui y feranbsp;reftée après sen être fervi durant quelque tems; paree quenbsp;venant a sépaiflir par lévaporation , ce qui reftera ne man-¦queroit pas de faire une cralfe affez épaifle pour rendrenbsp;eeite petite machine incapable de fervir une autre fois.
CHAP.
-ocr page 43-19
Première Partïe. CHap. V.
ConJhritSiion dun dnquiéme Microfcope d liqueurs , par Ie moyen duquel on pourra employer des lenülles jouwees, O*nbsp;de celles qui ne Ie font point , depuü les plus petits foyersnbsp;jufquaux plus grands.
CE Microfcope , qui fe voit reprefenté tout entler en A, pigngjic*.
y eft vü a peu prés de la grandeur que nous lavons conftruit j il eft a la verité un peu plus compofé que Ie pré-*nbsp;cedent j mais il a en récompenfe de plus grands ufages ,nbsp;comine il fera facile de Ie comprendre par lexplication quenbsp;nous en allons donner.
La premiere piece de eet inftrunient contient deux vis; dont les pas font égaux : elles font faites fur des cilindres denbsp;differens diametres , comme on Ie peut yoir dans Ie profilnbsp;marqué I.
Cette piece, qui eft creufée interieurement dans toute fa hauteur , a deux diaphragmes , lun en B amp; lautre en C,nbsp;afin de ne laifl'er palier que les rayons de lumiere qui la tra-verferont diredement par Ie milieu de C en B.
La feconde piece marquee i eft cilindrique amp;: creufe dans toute fa hanteur , qvii neft pas confiderable j puifque treisnbsp;lignes au plus fuffilent pour y faire un écrou dun pas de visnbsp;femblable amp; égal a celuy de la plus petite vis de la premierenbsp;piece fur laquelle eet écrou doit être monté.
E, reprefente Ie profil dun verre concave dun cóté , amp; plat d un autre ; fi mince a 1endroit creufé , quil ny ait pasnbsp;plus dépaifleur de verre , que la lentille la plus convexenbsp;dont on fe fervira aura de foyer.
On attache ce verre concave j ou une feüille de talc bien tranfparente, avec un peu deau gomée, en forte que Ie cóténbsp;plat du verre concave foit exterieur j ainfi qu on Ia reprefenté en E ; il eft a propos d avoir au moins deux pieces fcm-blables amp; égales a cette fcconde , Tune qui porte un mor-
-ocr page 44-To- nbsp;nbsp;nbsp;N ouVEAux Microscopes,
ceau de talc , amp;c lautre un verre plan concave , pour fervic
a diverfes experiences.
5, eft une autre piece cilindrique creufe , amp; aflcz haute pour faire qu étant montée a vis , au moyen dun écrounbsp;quon y aura formé , fa bafe L L puifte defcendre jufquaunbsp;dernier pas qui eft fous m m, diametre de la plus grofle visnbsp;faite fur la premfere piece , aprés avoir monté la fecondenbsp;fur la plus petite vis qui eft au haut de cette premiere piece i de forte qu elle fert comme de furtout aux pieces pré-cedentcs i. amp; z.
On pratique au haut de cette piece un rebord tres-mince
fort ouvertdans fon milieu, comme on peut voir en G Gj afin que ce peu depaifteur nempêche pas dapprocher afleznbsp;la lentille des objets que Ton voudra obfcrver.
La quatrieme piece eft un porte-lentille qui a peu dé-paifleur j il eft percé dun trou rond dune grandeur convc-nable a la lentille, amp; aux pieces qui luy fervent de monture.
Qjiand les lentilles font dun long foyer, par exemple de deux a trois lignes, on les y monte a peu prés comme nousnbsp;Iavons dit dans 1explication du Microfcope precedent ¦, SCnbsp;lorfquelles font dun tres - court foyer , il les faut arrêternbsp;entre deux petites platines de laiton gratté tres-mince , ounbsp;entre deux platines de plomb qui foient de peu depaifteur ,nbsp;amp; qui fe colent Tune contre Iautre vers les bords en dedansnbsp;avec un peu deau gomée , ou plutot avec de la cole dontnbsp;les Menuifiers fe iervent.
Cette monture fe doit enchafter dans mie petite piece débene tournée proprement, qui foit dun diametre un peunbsp;plus grand que celuy de la troifiéme piece , ainfi quon lanbsp;voit reprefentée en la quatrieme Figure , ou r, i raarqueiitnbsp;les extremitez de tout le diametre de cette piece quon applique a Ioeil, 6c dont le milieu H eft Iendroit ou la lentillenbsp;eft placee.
Tout cela fuppofe , nous paflerons a Iexplication des ufages de ce Microfcope. Si Ton veut premierement examiner les anguilles du vinaigre , il faudra prendre tres-peunbsp;de cette liqueur avec la petite machine de verre faite ennbsp;forme dantonnoir, dont on a déja parié, Sgt;C faire defcendre
-ocr page 45-2,1
Premiere Partie. Chap, V. cette goutte dans la concavité du porte-objct de verre atnbsp;taché a la piece %, puis monter cette piece fur la plus petitenbsp;vis de la premiere j enfuite on mettra le furtout par-del us,nbsp;amp;; au haut de celle-cy le porte-lentille marqué 4 ,nbsp;promenera fur G G , avec les deux premiers doigts d unenbsp;main, tenant en merne terns avec les deux doigts de 1 autrenbsp;lextrémité D D de la premiere piece , quon tournera d unnbsp;cóté ou dun autre, alin de mettre les objets qui auronc etenbsp;pofez dans le concave , au point de diftinftiqn ou ils doiventnbsp;être arrêtez poury être apper^us comme il faut j a 1 occalionnbsp;dequoy il eft necelfaire davertir, qu on ne voit bien exac-tement ces animaux , que lorfque toute la goutte dp vinai-gre eft prefque eritierement évaporée , particulierement 1nbsp;Ton fe fert dune lentille dun tres-court foyer , a came enbsp;Textrême vicefte avec laquelle ils y nagent au commencement que la liqueur eft trop ftuide.
En fecond lieu , li 1on veut examiner les animaux des autres liqueurs , il vaut mieux fubftituer au verre concave lanbsp;piece ou eft la feiiille de talc , a caufe de la difficulte qu il ynbsp;a a creufer le verre comme il le doit être , pour bien tairenbsp;ces fortes dobfervations avec les plus pctites lentilles. ^nbsp;D'ailleurs , comme il faut moins de liqueurs pour decou-vrir ces derniers animaux , que pour les premiers, 1 evaporation sen fcra plutot, amp; 1on ne tardera pas a appercevoirnbsp;ce quil y a de plus conliderable dans cette petite portionnbsp;de liqueur appliquée fur ce talc.
Ce Microicope a cet avantage par - delfus les autres , quon peut en un inftant eomioitre exadement tous lesnbsp;foyers de dilFerentes lentilles quon y applique lune apresnbsp;Iautre j 6c quoy quon ne Iait imagine que pour les obfer-vations des liqueurs , il peut aufti fervir a examiner tous lesnbsp;pctits corps tranfparens j 6e paree qu on peut mouvoirnbsp;ment la lentille pendant iobfervatian , on a le plaifir denbsp;fuivre un animal dans fon allure , durant tout le temps qu iinbsp;parcourt rétenduè de la goutte de liqueur quon a niife furnbsp;le porte-objet du Microfeope.
Si Ton veut fe fervir de ce Microfeope pour examiner les tbeveux 5 les ailes de mouches , les grains de fable , les
C ij
-ocr page 46-It nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Milt;;r.os COE es.
mittes, amp;c. il faudra faire plufieurs pieces femblabics a la deuxiéme , garnie chacime d une petite feiiille de talc bieunbsp;tranfparente qui tienne en E, amp; attacker aulTi de mêmenbsp;ce quon veut voir, y employant les lentilles qui convicn-?,nbsp;iient le mieux a chacun des objets quon y aura attachez.
Lon f^aura au refte quil y a des objets quil faut exami^ ner a la lumiere dune chandelle , plutbt qua celle du journbsp;pour les bien appercevoir.
Qiie la feconde piece de ce Microfcope doit avoir une ouverture allbz fpacieufe pour pouvoir faciiement otcr la fa-leté que laifTent les liqueurs quon y avoir mifes en expe-^nbsp;rience , tant fur le verre que fur le talc, ce qui scxecute ennbsp;naouillant dun peu de falive un petit linge dont on couvrenbsp;le doigt pour detremper amp;c elTuyer ces endroits , qui doi-vent être tres-nets avant que dy remettre de nouvellenbsp;liqueur.
Et quenfin la plöpart des pieces de ce Microfcope pcu-vent ctre conftruites dargent ou de laiton, débene, amp;c.
Pour pen que 1on falTe de réflexion fur tout ce que nous avons dit de la conftru£tion amp;c des nfages des Microfcopes,nbsp;1 on jugera de la neceflite quil y a den avoir de plus d une
forte, fi Ton delire de fatisfaire pleinement fa curiofité la-delTus,
E deffein A P O, reprefente ce Microfcope tout en« tier.
B , eft une petite platine dargent ou de laiton de peq dépaifleur , au milieu de laquelle eft un trou rond denvironnbsp;riancJjej. quatre lignes de dianietre.
On yoit au haut de cette platine une petitie entaille dun§,
-ocr page 47-Premiere Partie. Chap. VI. nbsp;nbsp;nbsp;ij
ligne en quarré , pour loger un tenon dont on va parler. Au iniiieu du has dc cette platine on y voit -une referve longuenbsp;denviron une ligne ou deux, amp; dun peu nioins de hauteur,nbsp;pour fervir en partie a fixer cette platine fur celle dont jenbsp;yais parler.
C j D, font deux diaphragmes de plomb.
E, eft une feconde platine un peu plus grande que la pré-cedente , amp; de même matiere, au milieu de laquelle on a fait une ouverture ronde égale a celle qui a été faite au milieu de la premiere j amp; au-dela de fa circonference on y anbsp;pratiqué un petit rebord creufe dans répaiffeur de cette platine E , pour y pofer les diaphragmes C, D, comme onnbsp;pofe un tableau dans fa bordure.
On voit au fommet de cette même platine , amp; immedia-tement fous la lettre E, un petit tenon quon peut haufler amp; baiffer, ou le tourner, fi on le fait autrement, pour fervirnbsp;a arrêter le haut de la premiere platine B.
II y a encore au bas de la platine E un petit trou quarré plus long que large , ou 1on fait entrer la petite piece re-courbée qui a été refervée a fextrémité inferieure de lanbsp;premiere platine B ; ainfi on arrête fermement les deux diaphragmes C , D , la lentille du Microfcope que lon placenbsp;adroitement entre ces deux platines.
Cette feconde platine E , dont on voit lepaiftcur dans fon profil au-deftbus de G, eft foudée a angles droits furnbsp;lextrémité dun petit canon F, qui doit coulcr librementnbsp;avec juftefle dans un autre canon plus court marqué P.
Le canonF eft ouveri; par-deftbus dans route fa longueur, afin que la vis attachée a la roue H puifte appuyer fiir lanbsp;fourchette I, qui fait reflbrt, Sc tourner en avan^ant amp;: ennbsp;reculant, pendant que Ton approche de Ioeil, ou quon ennbsp;cloigne la lentille du Microfcope.
H , eft une roue au centre de laquelle on a rivé une vis denviron un pouce de longueur , qui fert a faire mouvoir lanbsp;platine E , que Ion peut nommer porte-lentille.
1,1, eft une piece de laiton ou dargent, vüë de front a droit , afin que Ton en puifte découvrir la largeur gt; amp; denbsp;t-bté a gauche, pour en faire voir 1épaifteur,
C iij
-ocr page 48-Nouveaux Microscopes.
Cette piece eft courbée en équerres , amp; au-deffus de fa courburc on a fait un écrou dans un trou rond, dont on anbsp;retrancbé la pattie fuperieure , pour former du refte unenbsp;efpece de fourchette qui fe voit a fendroit marqué I, donenbsp;on va parler.
Cette petite fourchette sintroduit par-deflbus la vis R , qui en eft pouflee de bas en haut , a caufc du point dappuynbsp;quelle a fur Ie haut de la virole du manche O j ainli cettenbsp;fourchette fait foftice d un reftbrt attaché par fon extrémiténbsp;den-bas, au moyen d une petite vis qui entre dans la virolenbsp;de cc manche , a léndroit marqué N.
Le deflein L , qui eft a gauche , eft la reprefentation dun porte-objetvü par derriere amp;c celuy qui eft du ebté droit lenbsp;reprefente vü par devant.
On voit bien par ces deux figures que le verre concave OU Ton met la liqueur que lon veut obferver , entre a cou-lifte dans une piece de laiton ou dargent de peu dépaifteur,nbsp;dont la conftruótion en découvre afl'ez la méchanique , pournbsp;quon puifl'e fe paffer dune explication plus étenduë que cenbsp;que jen viens de dire, pour en donner rintelligence.
Ce porte-objet fe place au-devant dune troifiéme petite platinc , au milieu de laquelle ( comme au milieu des préce-dentes) 11 y a un trou rond.
Cette petite platine eft foudée fur Fextrémité exterieure du gros canon qui fe voit immediatement au-deffous de lanbsp;iettre A, par le moyen dune ouverture qu on a faite a cettenbsp;platine, amp; de deux efpeces doreilles qui font reftbrt, comme on le peut facilement juger , en jettant pour un momentnbsp;les yeux fiir les endroits marquez Q^, Q^, dans le deffein quinbsp;reprefente le porte-objet L.
On voit en Mun diaphragme faconné au tour, qui fe met au bout exterieur du gros canon A de ce Microfcope. 11 eftnbsp;bon den avoir de plufieurs ouvertures , paree qu une feulcnbsp;ne fuftit pas toujours pour quon puiffe bien diftinguer lesnbsp;animaux de diverfes grolfcurs amp; de diverfes tranfparcnces.
O , eft la reprefentation du manche qui fert a tenir le Microfcope dune main, pendant que lon obferve les liqueurs qui fe mettent l une aprés 1autre fur le porte-objet ou con-
-ocr page 49-Premiere Parti e. Chap..VIT. nbsp;nbsp;nbsp;2-5
cave de verre reprefcnté en L, qui sapproche de loeil, ou qui sen eloigne en tournant dun core ou dun autre, avecnbsp;Ic fecond doigt de la mcme main qui tient le manche dunbsp;Microfcope , la petite roue marquée H.
Enfin il neft pas difficile de comprendre, que ce Microf-cope a encore Tavantage de faire partir le porte-lentille dés le moment que Ton commence a tourner cette roue H , anbsp;caufe que le levier I, pouffant continuellement la vis R denbsp;has en haut, elle Iempeche davoir dautre jeu que celuynbsp;dont elle a befoin pour faire le bon effct que les habiles gensnbsp;dellrent icy.
CEtte petite machine eft faite de trois ou quatre gros Planchei».
fils de laiton ou dargent tirez a la filicre , ayant cha-cun environ trois pouces amp; demi de longueur, un peu plus dune ligne de diametre j de deux doubles équerres ,nbsp;de deux petits refforts , de plufieurs lentilles de differcnsnbsp;foyers, amp; de quelques autrcs pieces dont je vais parler.
On voit ce Microfcope placé debout fur un petit pied au milieu de cette planche , environné des pieces qui doi-vent ralfortir.
La premiere tige E, E , eft refenduë pour former unc pincette , fi commode que chacun sen peut fervir j car ennbsp;preflant les deux petits boutons qui font rivez aux branchesnbsp;de la petite pincette , elle souvre facilement , amp; lorfquenbsp;foil ceffe de les prefler, elle fe ferme delle-même.
La feconde tige B G eft recourbée en équerre , afin quelle puilfe porter dune fa^on convenable les pieces quenbsp;nous avons nommées portes - lentilles, les approcher ounbsp;éioignet des objets que Ion veut obferyer.
-ocr page 50-ié nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
La troifiéme tige H H porte une pointe déguille a Tune de fes extrémitez , pour fervir aux divers ufages dont je par-leray ci-aprés.
Chacune des doubles équerres, que Ton voit en D C D , eft percée en trois endroits 3 f^avoir, dun crou bien rond anbsp;chacune de fes extrémitez , amp; dun autre trou auffi tres-rondnbsp;dans Ie milieu.
Ces équerres font adoffées Tune fur Tautre , amp;: attachées enferable par Ie moyen dun clou rond , li bien rivé par fesnbsp;extrémitez , quon les puill'ent tourner autour de ce mêmenbsp;clou , comme on tourne les deux jambes dun compas autournbsp;de celuy qui les lie enfemble.
Les deux pctits reflbrts courbez en fa^on dun are , font deux pieces minces de laiton ou dargent battuës a froid, denbsp;la longueur de lefpace interieur compris entre chaque double équerre.
Ces reflbrts ainfi courbez doivent être un peu creufez en rond 8c en long fur leurs extrémitez pour recevoir une par-tie d^s tiges, les engager en quelque fa^on, 8c les empêchernbsp;de couler trop librement dans les yeux des équerres.
Enfin lon pafïe deux tiges , par les yeux de chacune de ces équerres, après avoir placé entreux les relTorts qui doivent pouflêr ces tiges, 8c compofer ainfi ce quon peut ap-peller Ie corps du Microlcope.
II faut maintenant parler des autres pieces qui entrent dans la compofition de cette petite machine 3 pour eet ef-fet, nous dirons premierement que la lentille effe uii petitnbsp;morceau de glace bien choifie , taillée de fa^on quelle de-vienne tranchante par fes bords, afin que laxe commun anbsp;fes deux convexitez foit perpendiculaire aux furfaces con-vexes de cette lentille.
Le porte-lentille efl: une piece débene , au milieu de la-quelle on a pratique un trou rond, que je nomme lorbite de la lentille , paree quil la revolt 6c quil fert a fenchailer 3nbsp;de même que la partie de notre crane, nominee de ce nomnbsp;fert a enchaffer lceil qui contient le criftalin, figuré de mê-me que la lentille dont nous parlons, 8c qui a de femblables:nbsp;proprietez.
Lc
-ocr page 51-Premiere Parti e. Chap. VII. 2.7
Pe petit trou qui eft au milieu dun diaphragme de plomb, oil dune autre maticre convenable , qui fe place fur la len-tille j doiit la petite ouverture doit être tournee du cotenbsp;de Toeil, reprefente la prunelle , paree quelle en tait icynbsp;Ioffice.
Le trou qui eft fait dans répailTeur du bord du porte-lentille , fert a mettre le bout G recourbé de la tige B G.
Le porte-objet limple , reprefente en I, eftune piece de-bene noire dun cóté , amp; blanche de Iautre, a peu prés fcni-blable a une dame a j oiler, ay ant autour de fa circonference * une petite elevation en forme de parapet, pour empêchernbsp;que le fable, ou quelque petite graine quon y aura mife, nenbsp;tombe de deftiis.
Cette efpece de dame eft percee dans le milieu de fon épaifleur ^ amp; le trou rond quon y a fait eft rempli d une petite cheville de liege , pour y eufoncer la pointe dunenbsp;grolfe aiguille que Ton voit reprefentee au bout de la tigenbsp;H H.
Le porte-objet MNO, qui doit fervir a Iexamen des animaux qui fe trouvent dans les liqueurs , eft un petitnbsp;tuyau cilindrique dun pouce ou environ de longueur ,nbsp;de huit a neuf lignes de diametre , garni comme on le vanbsp;dire.
Lune des extrémitez de ce tuyau , amp; la plus éloignée dc 1 ocil, eft bouchée d une piece de bois dur , au milieu de la-quelle on a fait un petit trou rond denviron une ligne denbsp;diametre, pour fervir de diaphragme.
On ferme auffi Iouverture M, de ce même tuyau cilindrique , dAine feconde piece de bois tournee , amp;c tellement conftruite , que I on puilfe enchalfer dans fon milieu un petitnbsp;verre concave dun feul cóté feulement, dans le milieu du-quel on met les liqueurs que Ton veut obferver.
II y a un petit trou fait au-dellus dc la fuperficie cilindrique de ce tuyau, tellement accommodé a la groftcur de la pointe daiguille qui eft enchafle en H , quil puifte être ar-rêté fermement fur cette pointe , afin de fervir aux diversnbsp;ufages pour lefquels on deftine ccs pieces.
La Figure P reprefente un diaphragme qui doit être placé
D
-ocr page 52-2,8 nbsp;nbsp;nbsp;Nouvea ux Microscopes.
for Ics Icntilles d un long foyer , qui s'cachalTent dans dcs portes-lentilles fcmblables a celuy qui eft marqué par F j 6^nbsp;on Iy fixe au moyen dune petite viroie a reflbrt, marquécnbsp;par la lettre
Le deffein reprefenté en R eft un petit carton a jour , dans l épaifleur duquel on a placé Iaile d une mouche, pournbsp;faire coniprendre comment on peut arrêter certains objets ,nbsp;afin qu on les puifle facilement obferver étant placez dans lanbsp;pincette.
S, eft un petit tuyau de verre fait en forme dantonnoir, pour fervir comme on Ia déja dit.
Et T , eft une petite bouteille a long col, de Iufage d^ iaquelle on a aufli parlé.
CE Microfeope , quoyque tres-fimple, ne laifte pas dar voir beaucoup dufages. II peut fervir a obferver desnbsp;animaux tres -petits , qui marchent ou qui rampent fur lanbsp;terre j amp; ineme ceux qui volent dans Fair , ou enfin qui na-gent dans des liqueurs préparées , 6c dans celles qui nontnbsp;aucune préparation, II fert aufli pour obferver de tres-petitjnbsp;corps, dans lefquels on nc remarque aucun mouvement apgt;tnbsp;parent, quoyque toutes leurs parties foient dans une agitation continuelle.
Si Ton bat le fofil fur une feiiille de papier blanc, amp; quon ramaflTe une parne de ce qui fera tombé avec une lame dcnbsp;eouteau aimantée , cn obfervant ces petites particules mifesnbsp;for un porte-objet blanc , on aura le plaifir dy voir de pCnbsp;tites boules dacicr tout pur , pendant que Ton en découvriranbsp;qui font moicié acier amp; moitié verre j 6^: enfin dautres quinbsp;feront de verre toutes pures. Et fi Ion fe donne la peinenbsp;dexaminer le papier, les endroits ou font tombées les bou-^nbsp;les paroitront noirs brulez. Je ne marretc pas icy a ren-^nbsp;dre raifon de ces effets , paree quil eft facile de les ex-pliquer,
Laile dune mouche ordinaire nous manifefte des chofes digne dadmiration. Si on 1 obferve exaétement , on vcrtJi
-ocr page 53-Premiere Partie. Chap. VIl.
que fes bords font garnis de deux fortes de poils roides Sc aigus, artiftement rangez, Sc efpacez également. Qiaelle anbsp;dcs veilles Sc des arteres, Sc par confequent qu il s'y fait uncnbsp;circulation de la liqueur qui Ics remplit. Que le tiitu fin Scnbsp;délié de la membrane qui fe trouve entre ces veines Sc cesnbsp;arteres, eft parfemé dun grand nombre dautres poils plusnbsp;petits que ceux qui environnent Taile de la mouche , amp;: qu ilsnbsp;font plantez obliquenient dans Ietenduede cecte membranenbsp;dune maniere tres-fingulierc.
La moindre petite plume dun oifeau , comnie par exem-pie celle dun ferin de Canarie , étant obfervée avec ce Mi-crofeope monté dune lentille denviron deux lignes de foyer, nous fait voir que fa compofition eft telle , que chaque petitnbsp;brin de fa barbe eft une plume route entiere, qui a fon tuyaunbsp;Sc fes brins femblables a ceux de la grofle plume j SC ainfi dcnbsp;fuite.
Le tiftii dun morceau de toile, celuy des rubans de diver-fes couleurs, Sc des taffetas changeans , étant bien obfervez, il nous fera comprendre en un moment ce qui feroit devenunbsp;peut-etre le fujet dune meditation de plufieurs années, ftnbsp;nous neuflions employez que nos feuls yeux , pour regardernbsp;routes ces chofes.
Pour obferver le poux SC la puce tout vivans , durant plu-^ fieurs jours de fuite , il les faut pincer par la croupe avec lanbsp;pincette a boutons ¦, par ce moyen on aura le plaiftr d obferver toutes les parties exterieures du corps de chacun de cesnbsp;animaux domeftiques, que Ton voit quelquefois inquieteznbsp;par dautres animaux qui parcourent leurs corps , Sc quonnbsp;peut nomnier le poux du poux, Sc la puce de la puce j tantnbsp;par le rapport de groffeur des uns a celle des autres , que parnbsp;la figure des petits , Sc celle des gros.
Les mittes de fromage Sc leurs ceufs, les poux des ferins de Canarie , les mittes des poires amp; celles des pommes unnbsp;peu vieilles, sattachent fur un porte-objet noir avec un pennbsp;deau gomée, ou avec la pointe dune aiguille moüillee denbsp;. cette mcme eau, afin de les y voir tout vivans durant pin-lienrs jours de fuite.
Les mouches un peu grolTes , Sc plufieurs autres animaux,
30 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
scmpalent au moyen de la pointe daiguille qui eft au bout de Tune des tiges de ce Microfcope j amp;c par ce moyen Tonnbsp;pourra tres-facilement en examiner routes lés parties exte-rieures, amp; découvrir par-la Terreur des Anciens, amp;: de quel-ques Philofophes modernes, qui fe perftiadent que les mou-clies ne fe tiennent fufpenduës contre les corps fur lefquelsnbsp;ellcs marchent, qua caufe quil fort continuellement de leursnbsp;patres une efpece dhumeur gluante qui les y attache.
Pour obfervcr les anguftles du vinaigre , il faut fe fervir du petit antonnoir marqué S , afin den prendre un peu pour Icnbsp;porter dans Ie concave de verre qui eft au bout du canon ci-iindrique , qui fe monte fur la tige qui porte une pointe ,nbsp;pour y être obfervé.
Et a Tégard des autres liqueurs , on les placera Tune après Tautre dans ce concave de verre , en prenant la précautionnbsp;de Ie rendre net a chaque experience que Ton voudra faire.
quelques perfonnes nomment Tomheaux: nbsp;nbsp;nbsp;dautres,
Cimeüere de divers animaux.
PJatich* 11
CEs Microfcopes , qui font au nombre de trois, amp; qui ne difterent entreux que dans la fa^on de les monter,nbsp;font tres-commodcs amp; tres-utils pour obferver une partie denbsp;ce qui fe pafte tant dans les animaux vivans, que dans ceuxnbsp;qui font morts, depuis la grolTeur 4une puce jufqua cellenbsp;dun haneton.
Le plus fimple eft compofé de fix pieces, f^avoir dun pied pu bafe , dun canon de verre , dun couronnement, de lanbsp;piece de Toeil ou porte-lentille, dune lentille de verre, du-ne vis ou dune petite virole pour arrêter cette lentille,
figme I.
A B C D E, eft le deftein de ce Microfcope entier,
A , eft Tendroit ou sapplique Tceil, pour yoir les pbjcts que Ton a mis dans ee P4ictolqopelt;.
-ocr page 55-Premiere Partie. Cfiap. VIII. 51
B B , reprefente la piece de 1 ceil, ou le porte - lentille qui fe monte a vis dans le couronnement C C , au moyen dunnbsp;écrou quon y a fait pour la recevoir.
D , ell la reprefentation du canon de verre qui eft colle ou enchMe par fes extrémitez dans la partie fuperieure de lanbsp;bafe E E de ce Microfcope, amp;: dans Iinferieure du couronnement CC.
G , eft la lentille dun foyer convenable a la hauteur du Figure canon D ; elle senchall'e dans une cavité pratiquee dans lanbsp;piece de 1ccil B , ou on Iy arrête le plus fermement qu ilnbsp;eft poftible par le moyen dune virole H , au défaut de la-quelle on peut employer une vis , qui fera même plus corn-mode a monter amp; démonter la lentille , lorfqu il fera necef-;nbsp;faire de la nettoyer.
F , eft le plan de la piece ABB, vüë par-deffus.
EtG , reprefente la lentille.
CE fecond Microfcope , qui eft monte dune manierc pianchext.
tres-limple , eft compofe de fept pieces , f9avoir dune Figure t. bafe , dun canon de verre , dun couronnement, de la piece de 1 ceil, dune lentille , dune virole, Sc dune boete quinbsp;luy fert de pied.
A B C D E , eft le deffein du Microfcope tout entier , en-vironné des pieces qui le compofent.
EE, eft la bafe de ce Microfcope , ornee au milieu dc quelques moulures, au-defliis amp; au-deflbus defquelles on anbsp;reprefente deux vis pour y monter létuy F , qui fe voit anbsp;gauche du Microfcope , amp; dont F qui eft a fa droite en eft lenbsp;profil,, pour en faire voir le dedans.
E), reprefente le canon de verre, enchalfé Sc collé par fes extrémitez dans les cavitez pratiquées au-deftus de la bafcnbsp;EE , Sc au-deftbus du couronnement C C ; 6c au haut de cenbsp;couronnement on y a fait un écrou pour recevoir la piece denbsp;imil marquée B B , qui porte ia lentille,
f B B, eft ie plan fuperieur de la piece de Tccil vué par-
Nouveaux Microscopes. defliis, dont le milieu H eft: occupé par la lentille , que Tonnbsp;voit feule du cote droit j amp;: G eft la virole qui arrête cettcnbsp;lentille j paree quelle eft propre a faire relTort.
La piece F , qui eft a gauche du Microfeope , eft fa boete , qui luy fert aufli de bafe, pour le tenir plus facilement.
Le defl'ein aufli marqué F , qui fe voit du cote droit du Microfeope , eft: le profil de cette mcme boete, pour en fairenbsp;voir le dedans amp; fon épaill'eur.
Le troifiéme Microfeope a canon eft conftruit comme Ic fecond, a la referve feulement quil paffe une bafe viffee aunbsp;travers de la piece E E , dans laquelle on a fait un écrou , amp;nbsp;eeft fur le delfus de cette piece viffee que fe pofent les ob-jets pour y être examinez , en hauffant ou en baiffant la visnbsp;qui les foutient.
A Prés avoir expliqué les diverfes manieres de monteir les Microfeopes a canon de verre, il faut dire quelqucnbsp;chofe des principaux ufages que Fon en peut tirer j amp; quoy-que ces Microfeopes ne puiflent point fervir a voir les ani-maux des liqueurs , on ne les doit pas negliger pour cela.'nbsp;Ce que je vais dire de leurs proprietez, fervira a perfuadernbsp;de la neceffité qu il y a de sen fervir.
Pour obferver les petites graines des plantes, amp; pour en découvrir facilement routes les beautez , il les faut répan-dre chacune a part fur des petits portes-objets blancs 8£nbsp;noirs, ou vous aurez mis un peu deau gomee pour les y attacker proprement ¦, afin de mettre après cela ces portes-objets Fun après Fautre fur le fond du troifiéme Microfeope ; car il eft tres-commode pour faire Fexamen de ces graines , amp; dautres petits corps femblables en grofleur que Fonnbsp;veut conferver long-terns.
-ocr page 57-Premiere Partie. Chap. IX.
Les poux des ferins dc Caiiarie, ceux des pouies, les niiL-tcs de tromagc Sc Iciirs amfs, les pedts infettes vivans , qui iont a pen prés de cette grolTeur , peuvent fervir a formernbsp;des groupes dans des Tableaux couverts de ces petits ani-maux vivans j fur chacun defquels on pourra appercevoir desnbsp;chofes furprenantes, tant dans la grolTeuc apparente , dansnbsp;les couleurs , figures amp; mouvemens des parties de ces pe*nbsp;tites creatures , que dans Tinégalité de la durée de leur vie.
On méprife ordinairement ces infeétes , Sc dautres petits animaux, que les hommes difent devoir leur naillance a uncnbsp;matiere corrompue j mais il eft facile de montrer que ce mépris eft injufte , Sc quil neft fondé que fur 1'ignorance de lanbsp;chofe quon méprife , Sc fur le préjugé , qui fait que Ton s i-magine voir les corps tels qu'ils font en eux-memes. II n y anbsp;rien de méprifable dans la nature , Sc tous les ouvrages dcnbsp;Dieu font dignes quon les refpede Sc quon les admire quot;,nbsp;principalement fi Ion prend garde a la limplieité des voyesnbsp;par lefquelles Dieu les a fairs Sc les conferve. Les plus petitsnbsp;moueherons font aufli parfaits que les animaux les plus enor-mes : les proportions de leurs membres font aufli juftes quenbsp;celles des autres Sc il femble menie que Dieu ait voulu leurnbsp;donner plus dornemens quil nen a donné aux plus gros ,nbsp;afin de récompenfer par-la la petitelfe de leur corps,
Ils ont des couronnes , des aigrettes , Sc dautres ajuftc-mens fur leurs têtes qui effacent tout ce que le luxe des femmes peut inventer : Sc I on peut dire que tous ceux qui ne fc font encore fervis que de leurs yeux, nont jamais rien vü dcnbsp;fi beau, de fi jufte , ni même de fi magnifique dans les Palais des plus grands Princes, que ee quon voit avec le Mi-crofcope fur la tete Sc fur le corps dune fimple mouche.
II eft vray que ces chofes font tres-petites , mais elles en, font plus furprenantes, puifquil fe trouve tant de beauteznbsp;ramaflees dans un fi petit fujot j Sc quoyquelles foient com-,nbsp;munes , elles nen font pas moins eftimables.
Si lon enferme dans ee Microfeope a canon de certainc» chenilles , Sc quon les y examine durant quelque tems Sc ènbsp;diverfes reprifes, on les apper^oit routes velues, Sc couver-m de longs poils briilans, de couleurs variées difperféef
-ocr page 58-34 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
avec tant dart, que ce qui nous efFrayoit dabord, fe trouve enfuite un fujet d'admiration j car au bout denviroii cinq ounbsp;fix femaines on les voic quitter un charmant furtout , quinbsp;confcrve tres-long-tems la beauté des couleurs quon y avoitnbsp;vues , pour fe faire voir fous la forme de plulieurs coques anbsp;peu prés femblables a celles des vers a foye , fans quonnbsp;puilTe remarquer en ces coques aucun mouvement apparent:nbsp;mais au bout de quelque tems notrc étonnement femble devoir fe redoubler , en voyant fortir de ces nouvelles prifons gt;nbsp;qui paroiflbient bien fermées , des papillens bien ailez Scnbsp;tout vivans,
Cette métamorphofe apparente , quoyque belle , ne con-tient pas tant de faits furprenans, que nous en avons remar-quez durant prés dun an , a loccaüon dun petit infedc dont je vais parler.
Le dixiéme Juin de lannée je trouvay a terre dans mon cabinet un petit ver, dont les diverfes formes fous lef-quelles je le vis dans un Microfcope a canon de verre , me-ritent bien que jen fafl'e une defcription particuliere , pournbsp;donner lieu a lexplication de tont cc que nous en dirons denbsp;fingulier.
Ce petit ver me parut dabord de couleur brune , tirant fur celle dun calfé qui neft pas encore alTez torrefié. Sonnbsp;corps, qui avoit lix lignes de longueur amp; une amp; demie denbsp;diarnetre, étoitprefque rond dans toute cette dimenfion.
II paroiflbit compofé de onze anneaux, fans y compren-dre la tête, ornée dune efpece de cocluchon arondi par le bas.
Le dernier des anneaux qui terminoit fon corps, finifibic par deux aiguillons courts Sz obtus, qui reprefentoient unenbsp;queue tourchuë.
Tous ces anneaux beaux amp; luifans étoient attachez a une membrane tres-fine Sc blanchatre , que fes contradions Sc fesnbsp;extentions alternatives pouvoient approcher 5z écarter lesnbsp;uns des autres , en rendant eet animal tantót plus court SCnbsp;plus gros, tantót plus long Sc plus menu.
On remarquoit trois petites pattes de cbaque cóté de fon corps, Sc une feule griffe au bout de chacunc, laquelle étoic
dune
li
dune couleur dambre bien foncéc ¦, celles des deux patres les plus proches de fa tête , luy fervoient comme de mainnbsp;pour prendre fa nourriture , amp;pour la porter a fa bouche.
Sa tête étoit ornée de deux yeux bien noirs , placez des deux cótez , au-devant defquels étoient plantées deux peti-tes cornes, compofées de plufieurs articles.
Les premiers jours que je confideray ce petit animal, ii étoit dune vivacité merveilleufe , faifant des fauts qui mar-quoient beaucoup de force amp; de fouplede dans ie fujet quinbsp;les executoic.
Depuis Ie dix Juillet jufquau deuxiéme de Septembre , eet infede en produifit dix autres tres-men,us qui luy refl'em-bloient tous, amp; qui dés Ie premier moment de leur naiflancenbsp;marchoient dune vicelle furprenante. Jen garday un en vienbsp;durant dix jours fans luy donner aucune nourriture j ce quinbsp;ne paroitra pas trop extraordinaire, lorfquon f^aura que fanbsp;mere, pendant une année ou environ, nen confuma pas plusnbsp;que de la groffeur denviron un pois.
Cet infede aprés avoir fait fes petits , quitta entierement fa peau durant vingt-quatre heures , aprés quoy il parut dune blancheur vive amp; plus gros quauparavant , marquantnbsp;même plus de force amp;c de mouvement j quil nen avoiemon-tré depuis plulieurs jours.
On peut dire que cette peau luy tenoit lieu de furtout pour envelopper routes les parties exterieures de fon corps jnbsp;puifquon remarquoit dans cc furtout jufquau mouie desnbsp;yeux, des jambes amp;L des griffes de cet animal.
Jemployai affez de tems a confiderer cet ancien fourreau, fans pouvoir deviner comment linfede avoir pü faire pournbsp;sen dépoüiller , paree que ce vetement étant tout dunenbsp;piece , amp; tres-intimement appliqué fur fon corps, je ne com-prenois pas comment cette nymphe li irréguliere, fi fine Senbsp;fi délicate avoir pu être tirée fans fe rompre. Mais peu denbsp;tems aprés je revins de mon étonnement, amp; je celfai dad-mirer cette méchanique , en découvrant fa fimplicité j carnbsp;cette membrane venant a fe feicher, les fibres qui la com-pofoient fe rell'errant laiflerent voir tout Tartifice , qui con-filloit en une fentc étenduë depuis Ie bec de 1animal jufqua
E
-ocr page 60-3(ï nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
lanus ; laquelle, a mefure que Ie ver en fortoit, fe refermoit en rapprochant par Ie reflort de la pellicule , fes bords 1unnbsp;de Tautre , qui fe joignoient ü juftement quil nétoit pasnbsp;polTible dy appercevoir aucune feparation.
Dés Ie foir mêrae du jour que ce ver eüt quitté fon fur-tout, fa couleur me parut changée car de blanc quil étoit, en deux jours il redevint aulll brun quil avoit été , amp; je luynbsp;vis palTer tout lhyver en eet état. II fut aflez en repos durantnbsp;tout ce tcms-la,ne remuant qu'infenliblement, ne mangeantnbsp;point , ni ne rendant aucun excrement vilible : mais étantnbsp;furvenu quelques beaux jours de Soleil , amp; 1y ayant expofé ,nbsp;il commen^a a sy mouvoir un peu plus quil ne faifoit aupa-ravant, amp; même il mangea quelque peu dun carton qui £er-voit de bafc ou de fond au Microfcope dans lequel je Ie con-fervois.
Sur la fin du mois dAvril je ne luy rcmarquai, pendant neuf jours quil demeura couché fur Ie dos , aucun llgne denbsp;vie , aprés lequel tems je fiis furpris de voir quil travailloitnbsp;fortcment a quitter un fccond furtout, quil poufl'oit tout Ienbsp;long de fon corps , de la tête vers la queue , ou il en reftanbsp;jufquau fixiéme Juin , durant lequel terns je Ie crus mort:nbsp;cependant Ie même jour au foir je mapper9us quil avoit en-tierement quitté cette derniere peau , 5c quil paroilToit fousnbsp;une forme nouvelle, qui ne dilferoit pas moins de la préce-dente , quun ver differe dune mouche. En effet, Ie jflxiémenbsp;Juin a fept heures du matin il sétoit niétamorphofé en unenbsp;mouche tres - linguliere , ayant environ cinq lignes de longueur , èc une ligne un quart de largeur par Ie milieu de fonnbsp;corps.
En obfervant cette mouche, Je remarquai quentre la tête 5c fon corps il y avoit une autre partie en forme danneaunbsp;mobile , que la couleur étoit differente en divers endroits dunbsp;corps 3 Ie delfus de la tête , 8c cette partie en forme dan-^nbsp;neau, étant d un rouge brun, 8c Ie refte ayant une blancheurnbsp;tirant fur Ie reux 3 mais cette couleur blanchatre fe diffipanbsp;cn peu de tenis 3 car deux heures aprés Ie tout parut dunnbsp;rouge brun.
X h place des onze anneaux qui fe diflinguoien? dans h
-ocr page 61-longueur du ver , on voyoit alors tout fon corps long de huit lignes, couvert de deux alles fermes amp; dures.
Au lieu de fix pattes courtes dont jay parlé, on en voyoit fix autres , chacune defquelles avoit pour Ie moins quatrenbsp;fois la longueur des premieres , amp; étoit compofée de troisnbsp;articles 5 étant terminées par deux griffes afiez foibles, aunbsp;lieu dune feule un peu forte.
Les cornes quil avoit au - devant des yeux étoient extré-mement courtes, amp;: celles daprés tres-longues j en forte que fon y remarquoit onze articulations en chacune , dont il ynbsp;en avoit huit qui reffembloient a des grains de chapelets unnbsp;peu ovales.
Le huitiéme Juin au matin , il me parut d une couleur brune , femblable a celle des féves de caffé bien torrefiées.nbsp;Le neuvicme cette couleur devint noiré , èc les pattes de cetnbsp;animal fe firent voir dun rouge brun.
Enfin le treiziéme il fit paroitre quelques excremens dun jaune pale , au lieu que ceux du ver étoient fort bruns, lesnbsp;uns amp; les autres alTez durs , amp; provenans du carton quilnbsp;avoit rongé , amp; qui faifoit, comme jay dit, le fond du Mi-crofcope.
Nous finirons fexplication abregée des ufages de ce Mi-crofcope , cn ajoutant encore, que fon découvre fur le corps des grolfes mouches de tres-petits animaux qui les incom-modent durant leur vie , amp; qui les mangent aprés leur mort:nbsp;ce qui fuffit pour faire comprendre , que ce qui arrive auxnbsp;uns peut arriver de mênie aux autres.
Les araignées que fon y enferme y font leurs oeufs i elles les y ramaffenrpar pelotons, qxrelles enveloppent de leurnbsp;foye pour les conferver de la rigueur du tems , elles viventnbsp;feules enfermées dans ce tombeau durant plus de trois mois ,nbsp;fans y prendre aucune nourriturc apparente. Et fi une grollenbsp;sy trouve enfermée avec plufieurs petites , celles-cy en fontnbsp;mangées ¦, ainfi fon remarque que les unes fervent de nour-riture aux autres.
Si vous enfermez dans cc Microfcope une grolfe araignée avec une mouche ordinaire , aufïï affez groffe , vous aurez lenbsp;plaifir dy voir la mouche dans une grande agitation, pen-
E ij
-ocr page 62-38 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
dant quc Iaraignée y deraeure comme immobile , cöuchéc fur Ie dos , les pattes en lair amp;C écartées les unes des autres 3nbsp;attendant ainli avcc beaucoup de tranquilité quc lamouche,nbsp;laflee de voltiger 9a amp; la , luy tombe fur Ie corps, pour Temnbsp;vironnerde fes pattes, la piquer a la gorge , amp; la faire mou-ril' fubirement, fc contentant den tirer Ie fang fans endom-niager Ie refte de fon corps , qui demeure tres-long-tcmsnbsp;dans fonentier ,amp;jufqua ce quedautres tres-petits infe£tesnbsp;blancs la viennent devorer amp;c manger en partie.
Nous ne dirons rien icy de la conftrudion de la mouche ordinaire , ni de celle de laraignée j paree quil en a éténbsp;parlé aillcur? , amp;c que ce Microfcope a canon ne fuffit pasnbsp;pour en fairb voir aifez exadement les petites parties , quinbsp;ont d ailleurs été examinées avec dautres Microfcopes , amp;:nbsp;reprefentées élégamment par des Figures deffiaées tres-cor-rectement par Monlieur de Vigneux.
On va voir que trois differens portes-objets étant mis fun aprés iautre dans un mênie Microfcope a canon de verre ,nbsp;eauferont trois difFerentes fenfations dun même objet qui ynbsp;fera placé fucceflivement , étant regardé au travers dun©nbsp;mênie Icntille 6c dune même diftance.
Si dans lun de ces Microfcopes a canon de verre, au lieu du fond noir que lon y met ordinairement au - deffous desnbsp;objets blancs , on en met un fait dun mörceau de glace ounbsp;de verre un peu épais, duquel Ie deffous foit brute ou dépo-ii , 6c mis fur une bafe débene noire fous Ie canon du Mi-rnbsp;crofcope 3 les objets qui feront pofez fur Ie cóté poli de cenbsp;morceau de glacé, paroitront comme étant en fair, 8c avecnbsp;dautant plus de relief que ce porte-objet de verre fera plusnbsp;epais, a caufe que la lumiere qui tombe fur la furface polionbsp;du verre , qui fert de porte-objet , ne vient pas en affeznbsp;grande quantité dans ioeil du fpeétateur , pour y faire unenbsp;impreffion affez forre, pour nous faire juger que les objets ynbsp;font placez j 6c ceft ce qui fait paroitre ces memes objeqnbsp;ifomme vus en fair.
Les objets blancs doivent être pofez fur un. fond noir ; ftfiii quen réfléchilTanc Ie moins de lumiere qu'il fera pofli-ble , la fenfation que nous avons des blancs, nen foit pointnbsp;tant akerée,
Les objets noirs amp; les bruns doivent être pofez fur dcs^ fonds blancs; afin que les parties folides de ces corps noirsnbsp;amp; bruns , puilTent nous renvoyer plus de lumiere quelles nonbsp;feroient sils étoient pofez aiileurs.
II fuit des mêmes experiences , quil neft pas indifferent de préferer un fond de couleur a un autre , fi lon veut don-ner un grand relief aux figures peintes dun Tableau. Unnbsp;Chrifl, par exemple, qui fera peint fur la furface dune glace de miroir , qui ne foit point étamée , étant pofée fur unnbsp;fond des plus noirs, paroitra en 1air j fon relief fera vunbsp;dautant plus grand, que la glace, fur laquelle on aura peintnbsp;Ce Cfirift , aura plus dépaifleur.
Aprés avoir parlé des avantages confiderables quon peut cirer des Microfcopes a canon , il faut aufïi dire quelqucnbsp;chofe des défauts qui les accompagnent ordinairement j puisnbsp;eflayer dy remedier , afin de nêtre pas privé des bons ufagesnbsp;qu'on en peut faire.
Ces défauts font au nombre de trois jie premier , qui neft pas confiderable, vient de ce que louverture de la monture,nbsp;OU fon fait un écrou , étant trop petite , par rapport a lanbsp;groffeur du canon , on a de la peine a Ie bicn nettoyer parnbsp;dedans; a quoy on pourra remedier, enfaifant cette ouverture la plus grande quil fera polfible j ou bien il faudra fairenbsp;cn forte que la piece entiere qui couronne le deffus du canonnbsp;puiffe soter amp; remettre quand on voudra.
Secondement. La matiere dont Ic canon eft fait fe trouvc quelquefois li mauvaife, quelle pouffe un fel au-dehors qixinbsp;Iengraiffe , qui le terpit, St le tend commc fêlé en mille eia-
U iij
-ocr page 64-40 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
droits , de forte que perdant fa tranfparence , il devient
inutile.
Lunique remede a ce défaut, eft de tacher den trouver un autre qui convienne ¦, mais paree que cela eft prefque im-poflible , il faudra fe fervir du moyen que je vais donnernbsp;pour en faire un de carton, qui fervira comme Ie précédent.
Enfin, fi Ie canon que Ton deftine a faire un Microfcope eft beau , 8c que fa monture foit faire d un bois qui ne foitnbsp;pas bien fee , il change de figure par la fecherefte , de rondnbsp;quil étoit il devient ovale , amp; Ie canon fe trouvant alors plusnbsp;prefté en des endroits quil neft en dautres , il cafle , anbsp;moins que fa réliftance ne furpafle feftbrt du bois qui fe ref-ferre.
Pour empêcher que les niontures ordinaires ne caffent les canons de verre , il ny a qua les environner par Ie haut 8cnbsp;par Ie bas de deux petites bandes ou ceintures de carton finnbsp;d environ deux lignes de largeur , pour en coller la moitiénbsp;autour de chaque canon, laiflant déborder lautre moitié quinbsp;fervira dentrée aux montures de bois, dans lefquelles on nenbsp;Penfoncera que tres-peu i afin que fi Ie bois vienr a fe relfcr-rer, il nagiiTe que fur la moitié des petites bandes de carton , qui obéïront alTez pour éviter Ie fracas du canon denbsp;verre.
Voicy deux nouvelles méthodes pour fe pafter de canon de verre, en faifant de gros Microfcopes, dontles corps du-rcront tant que lon voudra.
La premiere de ces méthodes confifte a faire un gros tuyau de bois ou de carton bien rond , amp; a louvrir par un feul ounbsp;par plufieurs endroits, pour donner un libre pafl'age a la lu-miere : puis montant ce tuyau préparé , comme fi cétoit unnbsp;tube de verre , on aura un Microfcope , dont les ouverturesnbsp;pourronc , fi on Ie juge a propos , être fermées par des pieces de verre blanc, qu il y faudra coller tres-proprement parnbsp;dedans.
Au lieu de ce canon rond , on peut en conftruire dune autre maniere , qui fera plus agréablc a la vüë , amp; niênie plusnbsp;prompte dans fexccution que la précedente. Pour eet enet,nbsp;prenez un carton fin, duquel vous couperez une bande aflèz
-ocr page 65-Premiere Partie. Chap. X. longue amp; affez large pour y tracer fix ou huit quarrez longs,nbsp;que vous ouvrirez par autant de petites fenêtres de memcnbsp;figure , fur chacune defquelles il faudra coller en dedans desnbsp;pieces de verre blaiic coupées proprement, amp; des plus minces quil fera poflible de trouver , que 1on couvrira par apresnbsp;dun, fecond carton plus petit que le premier , amp; ouvert denbsp;même. Cet efpece de canon, ou plutot ce corps de Microf-cope 5 étant ainfi préparé , il ny aura plus qua tourner unenbsp;monture qui luy convienne , amp; Ton aura un Microfeope pref*nbsp;que parfait dans fa manie re.
Dejeriftton ufage duK tres-petit Microfeope, monte d uns
feule lentille.
CE petit Microfeope , qui na pas plus de neuf iignes de Piancheiz.
hauteur , eft vu tout enticr au-delfous de la lettre A , Figure i* ou de fon profil marqué B : il eft fait comme une petite boete cilindrique ouverte par-delfus amp; par-deflbus , pour donnernbsp;un libre paftage a la lumiere qui fe reflechit de I'objet quenbsp;Ton regardc au travers de la lentille, qui fe place comme onnbsp;la voit dans le profil B de ce Microfeope.
SI vous obfervez un chiffre gravé fur la furface dun cachet dargent, vous 1y verrez dabord enfoncé , de mc-me que nous le voyons de nos feuls yeux j amp; fi Ton continue de le regarder fans changer de fituation , on verra ce mêmenbsp;chiffre dun beau relief, éclairé amp; ombre du même cóté quenbsp;les enfoncemens fetoient auparavant quon cut la fenfationnbsp;de cette derniere apparence.
1'. Si vous continuez a obferver ce chiffre avec la même attention que vous avez fait, ce qui vous paroilToit de reliefnbsp;deviendraenfoncé comme il étoitauparavant,amp;:ainfi dc Üxite,
-ocr page 66-4^ nbsp;nbsp;nbsp;Noüveaux Mies-oscopEs.
^0. II arrive fouvent quayant obfervé ces chofes, fl vous dilcontinuez pour un moment, amp; quenfuite vous recomnien-ciez la même experience ; vous ferez furpris de voir qüe ccnbsp;chifFre , au lieu de Commencer a paroitre comme la premiere fois , ceft-a-dire cnfoncé , il paroit de relief.
4'. Si pendant que Ton eft tourné du coté que vient Ic jour, on fe releve en continuant de regarder la furface dunbsp;cachet , ce qui paroilToit enfoncé femble fe relever tout anbsp;coup , amp; lombre paroit fouvent de part dautre du relief;nbsp;mais li lon continue dobferver ce relief apparent, pendantnbsp;que Ton fe tourne comme il faut pour recevoir Ie jour dunbsp;cóté droit , on voit fombre du cóté doü vient Ie jour , cenbsp;qui ne furprend pas peu. Et au contraire lonibre fera a gau-^nbsp;che , li Ie jour donne fur Ie chilfre , en venant du cóténbsp;gauche.
5°. Si vous obfervez ce qui eft de relief fur la furface dun loüis dor 5 par cxemple , vous Ie verrez toujours de reliefnbsp;en quelque lituation que vous foycz, amp; de quelque jour quilnbsp;foit éclairé.
6. II y a un grand nombre de perfonnes qui obfervent les meines chofes que jay vüës.
7°. II y en a qui voyent toujours enfoncé ce qui 1eft elFec-tivement; amp;c dautres qui apper^oivent toujours Ie contraire.
De routes ces obfervations, que jay faites avec autant de foins quil ma été polTible , il en faut conclure que les diver-fes fenfations que lon a de eet objet ne font produites quanbsp;1 occalion du plus ou du moins de délicatelTe des filets dunbsp;nerf optique, qui font Ie tilTu de la Retine, puifque Ie moin-dre changement qui arrive dans ces filets , eft capable denbsp;faire changer 1'apparence des concavitez du chifffe : amp; a lé-gard de ceux qui voyent toujours enfoncé , ou toujours denbsp;relief une même chofe ; cela narrive qua caufe de la litua-tion conftante amp; uniforme qui fe trouve toujours la mêmenbsp;fur la Retine , pendant quils regardent Ie chiftre.
II eft inutile de s étendre davantage fur les ufages de cc petit Microfcope ; puifquon peut juger , par ce que jennbsp;viens de rapporter, quil peut tres-utilement fervir a obfer-ver tons les petits corps qui peuvent être tenus avee les
doigts
-ocr page 67-45
Premiere Partïe. Chap. XL doigts dune feule main , ou avec des pincettes, pendantnbsp;que Ton tient le Microfcope de Iautre main.
CHAPITRE XL
Dejcripttofi d'un tres-petit Microfcope d deux serres, qui reprefente les ohjets dans leur jituation drokenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;naturelle.
MOnheur de Puget , dont le merite eft aflez connu des S^avans par les divers Ouvragcs quil a donneznbsp;au Public, nous aflure, dans fa premiere lettre écrite au R.
P. Lamy Religieux Bencdiftin , touchant les obfervations quil a faites fur la ftruóture des yeux de quelques infeótes ,nbsp;en parlant des divers effets de deux Microfcopes , Que nbsp;Monlieur Lcevuenhoec raconte , que tons les objets quilnbsp;voyoit multipliez par la cornee dune mouche , luy paroif- «nbsp;foient a rebours. Les hommes , par exemple , avoient la tête «nbsp;en bas 8t les pieds en haut j amp; que cela ne fe pouvoit faire «nbsp;autrement, puifque tons les objets quon voit au travers de nbsp;deux lentilles , paroillent toujours renverfez.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;««
Nous aliens faire voir tout le contraire dans un Microfcope a deux verres convexes, dont voicy les proportions.
A B , eft le Microfcope reprefente dans fon entier, amp; a punchci peu prés de la longueur amp;: de la grofleur qu il a été cxecuté. ^nbsp;C, eft la piece de Iceil, 8c D fon profil, ou eft enchaflenbsp;le verre oculaire.
E , eft le porte-Ientille, amp; F fon profil.
G amp;; H , font deux viroles qui fervent a arrêter les deux verres.
Le foyer du verre oculaire na que quatorze lignes ; ce-luy de la lentille eft dun peu plus de quatre lignes y ^ 1* diftance dentre ces deux verres eft de dix lignes j dou ilnbsp;fuit que deux lentilles femblables a celles dont je viens denbsp;parler , 8C de differens foyers , étant montées dans deuxnbsp;tuyaux, de maniere que Iun des deux puifte etre tellemencnbsp;enfoncée dans Iautre, que le foyer de Iune des lentilles
F
-ocr page 68-44 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux MiCROSCOJES.
palTc au'dela du foyer de Tautre. Ces deux verrcs ainfi nion-tez compoferont un. foicrufcope , par Ie moyen duquelnbsp;on verra les objets dans leur lituacion droite amp; naturelle.
J en ay fait depuis plufieurs autres a deux verres plans con^ yexes, (jui font leffet de trois Microfcopes, de 4. Loupes»
Pefcrititien óufage dme nouvelle Machine-, tres-utile aux Ana-tomifies gt; mx Definateurs , aux Graveurs , aux Peintres qui travatUent en Mignature ; ö' generalement d torn ceux quinbsp;veulent découvrir ce que les yeux feuls ne peuvent affercevoir ^nbsp;amp; foujpr leurs Outrages au foint Ie ^lus haut de ^erfeSlion,
AB , eft Ie pied dun inftrument, que je nomme Porte-loupe , quon peut faire de bois de laiton.
Plawheij. C D , eft un porte-objet, qui peut fe monter a vis ou au-trement , fur la furfaee plane du pied A B , teilement conf-truit, quon Ie puiffe haufler amp; baiffer facilement quand on voudra, amp; niêqie Ie fixer ou il fera befoin.
E , eft une petite tige de laiton , élevée a plomb fur Ie bord fuperieur du pied A B , dune force amp; dune hauteurnbsp;convenable aux diftcrens ufages aufquels on deftine Ie por-te-loupe.
F, F , F, font trois genoüils qui fe fuivent, amp; qui ont une felle liaifon entreux, que chacun peut être mu diverfement,nbsp;pour concourir a produire enfemble un même effet.
Au lieu de ces genoüils , on peut faire trois efpeces de charnieres femblables a pen prés a celles dun eompas com-mun qui sentrefuivcnt, amp; qui foient alfermies par Ie moyennbsp;de trois vis, amp; dautant décrous.
G, eft une virole de laiton, tournee proprement, amp;: dune ouverture qui ioit telle qu'on y puifle enchalTer juftement, amp; Tune aprés lautre , les loupes de differens foyers; amp; même de petits Microfcopes a deux ou trois verres, pour feryirnbsp;;4 des ufages particuliers.
45
H, Reprefente \in oeil placé au-deffus de la Loupe c][uc lon a mife dans la virole G, regardant un petit animal pofé fur Ie porte-objet C D , oü lon place tout ce quenbsp;Ton veut diflèquer , pour defliner daprès les preparationsnbsp;quun habile Anatomifte aura niifes en état detre repréfen-tées fur Ie papier.
On voit bien que lon pourra par ce nioyen parvenir a connoitre la ftrufture de la peau, celle des ongles, des poils,nbsp;amp; la tilTure de prefque toutes les membranes du corps desnbsp;animaux.
Avec ce fecours on peut entreprendre de faire Tanatoniic des gros infedes , amp; de les reprefenter avec autant dexadi-tude , quon en aura employé a les bien preparer.
On a déja découvert la femence de plulicurs plantes, quon sétoit perfuadé , fans raifon, nenavoir point, comme cellenbsp;de fougeres, des moulTes, des truflFes, amp;c.
On a obfervé que Ie fang eft compofé dune ferolité blanche amp; tranfoarente, ou nagent des globules rouges de dift'e-tentes grofleurs- On la vü circüler diverfement dans les vaifleaux de plufieurs animaux vivans, amp; lon a reconnu quenbsp;les veines amp; les arteres ne font que des tuyaux ou des fy-phons recourbez.
La facilité que lon aura de changer de porte-objet, de Loupes, de Microfcopes a deux ou a trois verres, amp; de po-fer fucceflivement differens petits Tableaux préparez,au-def-fous de cette Loupe ou de ces Microfcopes, fourniront desnbsp;moyens nouveaux pour voir parfaitement , amp; en peu denbsp;tems, une grande variété de chofes bien diÖerentes les unesnbsp;des autres.
Enfin il eft facile de comprendre que cette machine ren-ferme aufli tous les ufages des Microfcopes a canon de verre ; amp; que ces canons nayant pas befoin de monture*'s, ils ne feront pas fujets a fe rompre.
-ocr page 70-Nouveaux Microscopes;
Ex^licatio/2 de tomes les parties qui compofènt m Microjcope a trots serres convexes 3 des deux cotes
li'
,N voit dabord dans cette Planche deux grandes Figures deffinées Tune a droite au-deffous de la lettre A, Skftchei4. qui repréfente Vélevation geometrale du Microfcope toutnbsp;entier i amp; lautre qui eft placée a fa gauche en eft Ie profil ,nbsp;fait par la feótion dun plan vertical , quil faut concevoirnbsp;pafler par laxe du Microfcope, pour Ie feparer en deux parties égales, découvrant dans l une de fes moitiez tout Ie dedans de cette machine.
A B B , eft un bouton qui fert de couronnement au Mlcrof-Gope.
C C, eft la piece de foeil, dans laquelle on a fixé Ie verre oculaire.
D D , eft une autre piece , oü Ton a enchaffé Ie verre du milieu. Cette piece eft colée a un petit bout de tuyau, quinbsp;porte un diaphraume a fon extrémité den-bas.
E, eft Ie corps du Microfcope couvert de chagrin, qui fert a recevoir Ie bout du tuyau colé a la piece D D.
F 5 eft la bafe du corps de ce Microfcope.
G 5 eft une bonnette ou porte - lentille , qui fe vifte fur la bafe F,poury demeurer fermement attachée.
H , eft une petite virole de laiton, ornée de quelques mou-lures , foudée a un petit bras, qui eft aufii foudé au coulant reprefenté a cóté de la lettre I.
Ceft dans cette virole que 1on fait entrer Ie milieu de la bafe F, pour foutenir a plomb tout Ie corps du Microfcope.
I, eft Ie coulant qui peut être mü fur la tige dacier L, amp; demeurer a lendroit de cette tige, oü lon voudra, par Ienbsp;nioyen dun petit reflort dacier placé entre la tige 6c Ie coulant,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_
M ^ eft Ie ^ctit yafe tourné, qui fert dornement a la tige,
Première Partie. Chap. XIII. 47 ïmmediatement au-deffus de lendroit L, on y voit imcnbsp;petite pincette a boutons marquée N.
O , eft un verre concave , pour fervir de porte-objet aux liqueurs quon mettra dans fa concavité.
P , eft une efpece de porte-objet de laiton , compofe dc plufieurs pieces, tellement ajuftées les unes avec les autres,nbsp;quon le peut promener fur le pied du Microfcope marquénbsp;R , eft une petite boete de laiton en forme dune virole ,nbsp;dans laquelle on met des diaphragmes de difterentes ouvertures.
S, nbsp;nbsp;nbsp;S, S , fojit trois petites boules aftailfées , amp; attachéesnbsp;au-deflbus du pied pour luy donner plus de grace.
T, nbsp;nbsp;nbsp;eft une platine dc laiton, fur laquelle on a attaché troi?nbsp;petits reflbrts, qui rendent égal le mouvement du porte-objet marqué P.
Bb b, eft le profil du bouton qui fert de couronnement au Microfcope.
c c, eft le profil de la piece de Iceil, ou Ton voit le verre oculaire place immediatement au-deftbus du couronnement.
dd, reprefente une autre piece qui porte le verre du milieu , amp; qui eft attaché a un bout de tuyau, au bas duquel eft un diaphragme.
e , eft le corps du Microfcope , done on voir lépaifteur, que nous avons dir être couvert de chagrin , amp; fervir a rece-voir le tuyau enchafte amp; collé avec la piece f, qui fert dcnbsp;bafe au Microfcope.
g , eft le profil de la bonnette ou porte - lentille, qui fc monte a vis fur le bout den-bas de la piece f.
h , eft le profil de la virole de laiton , foudée au bas de la eoulifle marquée i.
1 , eft un quarré ou verge dacier, au haut de laquelle on voit un petit vafe qui luy fert de couronnement.nbsp;n , eft le profil dune petite pincette a boutons,nbsp;o , eft le profil dun verre concave , ou Ton met les lbnbsp;queurs en plus grande quantité que celles quon met fur vmnbsp;talc, ou fur un verre plan.
4? nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux MrcRoseoPES.
p, nbsp;nbsp;nbsp;cft Ie porte-objet compofé, dont il a été parïé»
q, nbsp;nbsp;nbsp;eft Ie profil du pied du Microfcope.
r, nbsp;nbsp;nbsp;eft celuy de la petite boete ou virole, qui potte les dia-phragmes de dilferentcs ouvertures.
s, nbsp;nbsp;nbsp;s,s, font trois petites boules aftaiftees,pour fervir dor-,nbsp;neraent au pied du Microfcope.
t, nbsp;nbsp;nbsp;eft Ie profil dune petite platine de laiton attachée ^nbsp;luie virole , oü Ton fait entrer la petite boete marquée r.
LOculaire , qui eft un verre convexe des deux cotez, a huit lignes de foyer j on l a placé au-deffous de loeil,ènbsp;üne diftance denviron fix lignes.
Le verre du milieu, qui eft aufli convexe des deux cotez , a dix'huit lignes de foyer j fa diftance de loculaire eft denbsp;douze lignes.
Et la lentille , qui eft de quatre a cuiq lignes de fbyery.eft placée au moins a la diftance de trente lignes du verre dunbsp;milieu j amp; cette même lentille sen peut éloigner de trente-quatre a trente-cinq lignes, fi lon veut que ce Microfcopenbsp;falfe paroitre lobjet plus gros quil ne fait a la moindre diftance : mais il eft a propos davertir que lobjet ne paroftrainbsp;pas fi bien éclairé , étant vü dune grande diftance, que sünbsp;1étoit dune moindre.
En confiderant,par exemple,Ialettre A dun loüis dor avee ce Microfcope a trois verres, dont leffet ordinaire eft de faire paroitre a la renverfe tous les objets quon ynbsp;obferve ; on remarque i°. que cette lettre qui eft de relief ynbsp;paroit enfoncée.
2.0. Qjie eet eftet narrive pas toutes les fois quon te de-fire.
3°. Que fouvent en regardant cette lettre avec beaucoup dattention , amp;: durant quelques momens , ce qui paroiftbic
PiiEMiERE Part IE. Chap. XlIL nbsp;nbsp;nbsp;49
cnfoncé , paroit enfuite de relief.
4. Qiiun cercain mouvement de tête apporte quelquefois du changement dans la maniere de voir iobjet.
5°. En faifant avancer Ie Microfcope fur une table, pendant quon y regarde Ie loüis d or , ce qui paroidbit de relief sy enfonce en apparence , amp; peu de tcms aprés avoir éténbsp;ainli obfervé, on apper^oit tout a coup que Ie relief revient.
6°. Si Ton paflè d un cóté dune table a lautre , on eft tout furpris de voir que ce qui venoitde paroitre en relief, paroitnbsp;cnfoncé, amp; au contraire,
7. Ces elFers differens ne font point apper^us de tousccux qui font ce petit manége , dans lequel on remarque des bi-zarreries extraordinaires, fuivant la force ou la foiblelTe desnbsp;yeux de 1obfervaceur ; car fouvent une niêmc perfonne ap-pcr^oit Ie méme objet difïèremment, en Ie regardant tantotnbsp;dun ceil 6c tantot de lautre , 6c cela fucceflivement.
8°. II meft arrivé quelquefois quayant obfervé Ie relief du loüis dor, 8c layant vü comme enfoncé , étant dun coténbsp;de la table oü étoit pofé Ie Microfcope , la méme chofe meftnbsp;encore apparuë 1étant allé obferver de lautre cóté de cettenbsp;méme table.
9quot;. II arrive fouvent que quand on regarde lobjet tantot diin oeil 6c tantot de lautre, les objets qui font naturelle-ment de relief y paroiflent creux.
io°. Un de mes amis , Officier dartillerie, a toujours vu cnfoncé ce qui étoit de relief, quelque lituation quil ait prisnbsp;pour obferver la lettre A, dont nous parlons.
11°. Le méme caradere alphabetique dune piece d argent, produit fur mes yeux les memes effets que nous avons rémar-quez touchant le loüis dor.
12-°. 11 arrive fouvent quen faifant une de ces obfervations, il fuffit dapprocher ou déloigner 1oculaire du verre du milieu , pour appercevoir im changement contraire a celuynbsp;quon apper9oit auparavant.
ïf. Voicy une autre experience qui neft pas moins cu-rieufe que les précedentes j elle confifte a mettre un cachet d argent, qui reptefente un chiffre furie porte-objet du Mi-«rpfeope; cc chilfre , quoyque grave prpfonderoeiit, paroï-
'V
-ocr page 74-5© nbsp;nbsp;nbsp;Noüveaux Microscopes.
tra de relief amp; fans aucun enfoncement j cc qui ne furprend
pas peu.
i4«. Quand jobferve Ie chifFre gravé fur cc cachet, a la luniiere dune chandelle , vis-Wis laquelle je fuis tourné ynbsp;je vois dabord Ie creux comme il eft naturellement; unnbsp;moment aprés je Ie jugerois volontiers de relief, fans changer de ütuation , niais en raifonnant fur les ombres qui pa-roilfent, je me trouve oblige de penfer autrement j pareenbsp;que ces mêmes ombres me paroillent toujours oü elles doi-vent être j amp; il en eft de même des eftets de la lumiere ré-panduë fur ce chiffre.
15®. Mais quand je releve Ie cachet amp; ma tête, pendant que jen obferve la furface , je vois de relief ce qui eft en-foncé j paree que je ne vois plus dombre, a caufe du peu denbsp;lumiere que je re^ois alors par la reflexion dun bonet rougenbsp;que jay fur ma tête.
Et fi je regarde obliquement la furface de cc cachet,pendant que la lumiere de la chandelle y tombe a plomb j je nc Ie vois point de relief, paree que je ne re^ois point de lu-miere de fes cnfoncemens.
Ceux qui preferent les Microfcopes a deux verres a celui dont je viens de parler, nont qu a fupprimer Ie verre dunbsp;milieu , fans y apporter dautre changement ¦, ft cc neft quenbsp;lorfquil sagira de faire voir la circulation du fang dans lanbsp;queue dun tétart, dans celle dune lamproye, amp;c.il ny auranbsp;qua mettre une lentille objedive dun foyer plus court quenbsp;celle qui y eft.
LE deflein que 1on voit icy au-deflbus de la lettre A ;
reprefente un Microfcope monté fur fon pied ¦, amp; celuy qui eft reprefenté au-deftbus de B en eft Ie profil, fait par
la
-ocr page 75-Premiere Parti e. Chap. XIV. 51 la fedion dun plan vertical qui le divife de haut en has ennbsp;deux parties egales , pour en laire voir Ic dedans j par cenbsp;xiioyen I on decouvre les lieux ou font placez les trois verres Piancheif,nbsp;qui compofent le premier dcs trois Microfeopes.
Celuy de ces verres qui repond a core de la lettre c , elt un oculaire d'environ huit lignes de foyer.
Le verre du milieu , qui fe voit a cóté de la lettre d, a foixante lignes de foyer 8c la difbance dentfe ces deux verres c , d , pourra étre depuis fix lignes jufqua dix ou douze gt;nbsp;de forte que pour faire ce changement de diftance, il feranbsp;, a propos de monter le verre d , dans un bout de tuyau quinbsp;puill'e être facilement haufle amp; bailTe j afin de larrêter dans-le lieu ou fon elfet fera le plus convenable aux obfervationsnbsp;que Ton voudra faire , amp; de mettre un diaphragme a Iautrenbsp;bout den-bas de ce tuyau i comme cela fe pent voir a cóténbsp;de la lettre f.
La lentille objedive qui repond a cóté de la lettre e , a environ fix lignes de foyer : fa diftance ordinaire du verre dunbsp;milieu fera denviron quarante-trois lignes. Ainfi sacheveranbsp;le premier Microfeope, dont les elFets out été rapportez dansnbsp;les Chapitres precedens.
Si Ton veut maintenant faire un fccond Microfeope , dans iequel il 11 y aura que deux verres , il fuftira de fupprimernbsp;celuy du milieu marqué par la lettre d j ce qui fe fait en otantnbsp;le tuyau ou il eft enchalfe, lailTant feulement c , Sc la lentille e.
Et pour faire un troifiéme Microfeope qui puifle fervir a découvrir ce qu il y a de plus beau amp; de plus fingulier dansnbsp;les liqueurs j il faudra oter la lentille e , 8c mettre en fa place line autre lentille de trois lignes au plus de foyer, en re-glaiit fouverture de cette derniere fur ce nouveau foyer jnbsp;ce qui neft pas de peu de confequence , quand on veut mé-nager la clarté 8c la diftinflion , qui font deux chofes tres-differentes, Sc quil eft nécelfaire davoir dans tons les Mi-erofeopes.
Si Ton veut maintenant faire une lunette dapproche , qui faffe paroitre les objets dans leur fituation naturelle , il nynbsp;a qua fupprimer la lentille marquée c , la lentille e, puis
G
Noüveaux Microscopes. mcttre en la place de cectc dcrnicrc lemille e , un oculaircnbsp;concave , qui convienne a la longueun du foyer du verre d,nbsp;qui deviendra lobjetfif de cette lunette. Et jl faut remar-quer que Ie concave eft dans une partie de fa monture ,nbsp;placé dans une petite boete pratiquée au-dedans de la foli-dité du couronnement B g h, comme on ly peut remar-quer.
Enfin sil étoit nécefiaire , on pourfbit encore poufler la curiofité plus loin , amp;: trouver dans cette machine dcquoynbsp;faire une feconde lunette dapprochc , fans augmenter ienbsp;nombre des verres que nous y avons employé jufqua preleiat,nbsp;iaquelle lunette feroit paroitre les objets rcnverfez, a fimitation de celles qui sappliquent aux niveaux ,.aux quarts denbsp;cercles, amp;a celles qui fervent aux Afttonornes puur faire lesnbsp;pbfervations celeftes,
Póur fexecuter, ilny auroit qua fe fervir de foculaire c, amp; du verre du milieu marqué d paree que cette lunettenbsp;deviendroit plus longue que la précedente, il faudroit qucllenbsp;contint un fccond bout de tuyau, a Tune des extrémitez du-^nbsp;quel ii y aura une petite monture , qui fervira a nrettre fo-(pulaire marqué c.
Ii ne refte plus qua ajuller au bas de la tige dn Microf-pope une petite pincette , pour y attacher les aniniaux tout yivans j amp; a faire des portes-objets qui conviennent aux H-(^ueijrs amp; aux autres objets quon veut obferver.
ON a defiré depuis long-tems davoir un feul Microf-cope qui iut portatif amp;: univerfel, ceft-a-dire un inf-trument qui puilfe fervir a obferver routes fortes de petits qbjets y les durs , les mols, amp; tout ce qui fe peut voir dansnbsp;i$:s liquides. En voicy» un que fon croit capable de renfer-
-ocr page 77-Prïmiere Partïe. Cha|). XV. lïier tous ces avantages, paree quil condent routes les cho-fes qui font néceffaires pour faire Teffec de plufeurs Mi«nbsp;Grofcopes j celt pourquoy il na pas été poffible déviter dynbsp;faire encrer un grand nombre de pieces tres-differentes lesnbsp;lines des autres , de chacune dcfquelles il faut parler afleZnbsp;exaélement pour en faire comprendre la méchanique amp; 1u-fage. Mais afin dentrar facileraent dans ce détail, nous efti-ïnons qull eft bon de fetter les yeux fur la premiere desnbsp;deux Figures reprefentées dans la feiziéme Planche , qui Planchcts'.nbsp;nous montre Ie Microfcopc vu par-devant, amp; dans une éle-vation geometrale , de la même grandeur quil a été executenbsp;par Monfieur Ie Febvre Ingenieur en inftrumens de Matlié-matiques jSe ouTon voit dabord trois relTorts dune conftruc-tion partiouliere.
Le premier de ces reflbrts eft appliqué au haut de la pie-*
GC marquée A , fes montans fc voyent en BB, preffant Is porte-lentilie F , qui eft derriere eux.
Le fecond marqué c eft attaché en D.
F E , font les montans du troifiéme reftbrf que Ton voit attaché en H , fur une platine I qui eft au-dela.
II faut premierement remarquer que les fominets deS montans de ces trois reflbrts font unpeu courbez en devantnbsp;pour faciliter 1entrée de quelques pieces plattes amp; mincesnbsp;que Ton mettra derriere eux , comme on rexpliquera cy-aprés, Ces trois reflbrts font aufli un peu courbez vers lenbsp;milieu de leur longueur, pour faire place aux pieces quottnbsp;doit introdurre derriere eüx.
F y eft le premier des deux portes-lentilles nouveaux quon peut nommer Eprouvette , paree quil peut fervir anbsp;éprouver de fuite des lentilles de diverfes grofléurs amp; de dif-ferens foyers.
I gt; eft une piece de laiton qüi fert a foutenir une partie des pieces donf on vient dc parler. Cette piece doit avoirnbsp;plus dépaifleur que les prccedentes, amp; scnfonccr un peu'nbsp;dans le milieu fuperieur de la piece a coquille ou elle eftnbsp;Ibudce.
L L, eft un morceau dc glace qui doit être des plus beaux ^ dcs plus tranfparens quon puiffe trouver, au milieu dtt-
G- q
-ocr page 78-54 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
qacl on a taillé un petit concave , pour y mettre les liqueurs
que lon voudra obferver.
M M, eft une grande piece de laiton, au liaut de laquelle on a fait une ouverture en forme dun quarré long , pournbsp;faire palier par-delTus amp; a coulill'e Ie morceau de glace L L,nbsp;quc nous avons appellé ailleurs porte-objet, ou porte-liqueur.
NN , eft une grande rouë a dents , qui fert a conduite la Icndllc au point oü elle doit être , pour quon puilfe voir lesnbsp;objets Ie plus diftinétement qifil eft poflible.
O, eft une virole attachée au manche du Microfcope, au haut de laquelle eft un écrou qui re9oit une vis dacier fou-dce au'dellbus de la piece a coquilles, quj termine Ie bas dunbsp;Microfcope.
Voila fexplication abregée de toutes les pieces villb.les de cctte premiere Figure amp; voicy cellc des pieces que ionnbsp;yoit dans la feconde , qui en eft Ie profil.
a a a , eft Ie profil d une piece courbée en équcrre , dont
dimenlions font exaétement obfervées dans cette Figure, amp; dans ia préeedente.
b , eft Ie premier des trois reftbrts qui font au-devant de la premiere Figure; il neft pas yü dans celle-cy , a caufe denbsp;lépailTeur du haut de la piece a a a, oü elle sentonce.
c , eft le fecond relfort que Ton voit attache en d par une vis, ëc fixé en partie par une petite pointe fichée dans la piece A de la premiere Figure , afinquilne puifle tournerdau-cun cote.
e , eft le fommet de fun des montans du troifieme relfort que 1on voit attaché en h , sinlinuer dans un petit trounbsp;fait au haut de la piece a coquilles.
f, eft le premier dcs nouveaux portes-lentilles.
I, reprefente la hauteur amp;: répailfcur dune platine de lai-ton, qui eft foudée par en bas dans Ic milieu de la piece a coquilles qui réponcl au-delfus de la virole O , amp; qui fert ^nbsp;foutenir 8c aftermir la plus grande partie des pieces préce-denres.
1, eft un verre concave ou porte-objet, taillé en bifeaux, pour être fermemcnt arrêté dans une couUfl'e laite fur lanbsp;¦piece marquee m.
-ocr page 79-Premiere Partie. Cha|).
n , eft le profil d une grande roue a dents, 6c dune vis nvee a fon centre.
o, nbsp;nbsp;nbsp;eft la virole qui sattache au manche du Microfcope jnbsp;comnie il a été dir.
p, nbsp;nbsp;nbsp;eft une regie dacier rivée en deux endroits de fa lar-geur fur la piece du milieu marquée I.
Cette regie , dont on voit icy la longueur amp; fépaiflcur, eft ouverte par le milieu en forme dun quarre long qui a peunbsp;de largeur ¦, amp;c elle en doit avoir moins que le core horifontalnbsp;dc léquerre a a a , qui luy eft parallele.
q, nbsp;nbsp;nbsp;eft une piece fa^onnée proprement, au has de laqucllenbsp;il y a un écrou par lequel on fait pallet une vis, dont le boutnbsp;t eft forme en pivot bien rond , pour être mu avec juftelTenbsp;dans un trou fait au bas dune efpecc de confole marquee t,nbsp;le haut dc, laquelle entre quarrement dans 1ouvcrture de lanbsp;regie dacier p, amp; y eft fixe par le moyen d une vis, dont lanbsp;tête fe perd dans fepaifteur de cette regie.
Il faut maintenant remarquer que 1extrémité fuperieure de la piece q eft en partie quarrée , èc en partie viflee 8cnbsp;que Celle qui eft quarrée fe termine dans fépaifleur de la regie dacier p , ou elle peut coulcr librement j 8c ce qui eft vifl'énbsp;traverfe le bras horifontal de léquerre a a , fe terminantnbsp;comme on le voit en s, ou Ton peut remarquer quune petite rondelle de laiton en eft enfilee , 8c quon a encore misnbsp;par-delTus une petite roue a dents qui a un écrou a fon centre , pour ferret cette rondelle , plus ou moins, fuivant lenbsp;befoin.
u X , eft un quatriéme reflort de laiton fermement attache avec deux petites vis qui entrent dans la piece marquee I.
y, eft le profil dune piece de laiton mince , courbée 8c recourbée en équerre double , pour foutenir par fon extré-mité fuperieure la virole 8C qui fait relTort paree quelle eftnbsp;fendue en fa partie fuperieure , 8c dans laquelle on fait en-trer le canon z noirci en dedans , 8c garni de diaphragmesnbsp;de diverfes ouvertures.
Voila 1explication de routes les parties du Microfcope vu de cote j 8c voicy celle de chacune de ces pieces deftinées anbsp;jpart, 8c marquées de lettres fcmblables a celles des Figures
G iij
%6 nbsp;nbsp;nbsp;N O u V E A ü X M r C R O S G O P E s.
précedentes ; afin qu on y puiïlê avoir recowrs, fi Ton Juge que cela foit néceffaire.
AS Eft Ie deffein de Ia partre verticale du devant de la piece de laiton courbée en équerre gt; au derriere denbsp;laquclle, amp;: fur fes deux niontans , on a rivé une piece denbsp;laicon mince, pour fervir dappuy aux portes - lentilles qui-sadofFent contre.
Mais auparavant que dattacher cette piece, il faut avoir creufé en talus Ie devant de la piece A , laiflant la partienbsp;ékvée du coté de la vis , pour loger fextrémité de la queuenbsp;du rellbrt B B, afin que fes montans approchent plus prés denbsp;la piece mince quon aura rivee derriere.
Cette preparation étant fiippofée , voicy la méthode que Ton a fuivie pour attacher les deux premiers relforts qui fontnbsp;fiir Ic devant de ce cóté de iéquerre, ön y a premierementnbsp;fait deux trous qui fc voyent au bas de la queue de cettenbsp;piece A, dont Ie fuperieur , qui eft un peu plus grand quenbsp;1inferieur, fert décrou , amp; fon a rivé un petit tenon dansnbsp;Iautre trou , Ie furpaffant feulement de répaiffeur des deuxnbsp;relforts 3 enfuite de cela on a encore fait deisx trous ronds-au bas de chacun des deux relforts B, C, qni conviennenenbsp;tellement aux préeedens , que la queue du premier sappli-quant dans la cavité faite au-delfous du milieu des montans-de la piece A , on puillc mettre par-dellus ce premier ref-fort B , Ie fecond C, amp; attacher enfemble ces pieces avecnbsp;la vis, dont la tête paroit au-delfous de la lettre D , Figurenbsp;I. i. de la. Planche
EE', eft Ie troifiénie relfort qui sappliqüe Sr sattache au-devant de la piece de laiton marquée I:
F, eft Ie premier des deux portes-lentilles , ou 1on voit une tetine ppur loger la lentillt 3 on Ie fait dune piece denbsp;laiton gratté tres-mince, dont une moitié eft pliéefur lautre..
G , eft Ie fecond porte-lentille , qui eft aulïi fait de laiton Bn peu plus fort que Ie précédent.- Le delfein en fait aifex^
-ocr page 81-PaEMtERE Par,TIE. Chap. XV, ^ 57 lïonnoitrc ia conftrmïlion i il fuflira, de dire, que la partilt;? dunbsp;deilus cfl: de même largeur que U queue, amp;: que ie coulantnbsp;ièrt a retenir la lentille en place.
LL, eft un morCeau de glace , au milieu duquel on a taillé un concave, qui fert a y retenir une petite goutte denbsp;vinaigre , ou nagent des anguilles.
On peut faire dautres porces-objets de verre minc« de tncme grandeur ians Ie creufer, au-devant defquels, ft la lentille dont on fe fervira eft dun tres-court foyer , on mettranbsp;les liqueurs pour les obferver.
M M , eft line platine de laiton, ou il y a une coulifle pouc i'ecevoir les portes-objets précedens.
On en fait plufteurs autres avec du petit carton mince, au milieu defquels on fait une ouverture femblable a cellenbsp;qui fe peut voir au-deftous de la lettre K , ou Ton attachenbsp;des objets pour ctre vus fun apres Iautre , avec des lentillesnbsp;de foyers convenablcs.
XX, eft le quatriéme reflbrt qui eft attache par deux vis' derriere la piece I, amp; imraediatement au-deflus du cote ho-rifontal de léquerre a a a, de la feconde Figure Planche i6.nbsp;Ce reflbrt eft un peu courbé au fommet, pour faciliter feii-trée dune platine pliée Sf replice en double cquerre , amp;c ilnbsp;Feft encore par en bas, comme on le peut voir exadementnbsp;exprime dans ion profil, Planche iS.
N N, eft le profil d'une grande roue a dents, amp; d une vis rivee a fon centre.
o, nbsp;nbsp;nbsp;eft le deflein de la virole attachee au manche du Mi-crofeope, au haut de laquelle on a fait un éerou pour y fairenbsp;entrer la vis qui fe voit reprefentée en o , au bas du profil »nbsp;feconde Figure de la Planche i6.
p, nbsp;nbsp;nbsp;eft le plan fuperieur de la regie dacier que nous avonsnbsp;mis icy, pour faire voir tout ce qui na pu ctre reprefenténbsp;dans les Figures de la Planche i6.
q: cette piece «ft affez vifible dans le profil dc l^i Planche U. pour n avoir pas befoin dune plus ample explication quenbsp;celle qui en a été donnée.
y , eft la reprefentation perfpedive de lu largeur dune piece de laiton courbée amp; recourbée en double équerre ,
-ocr page 82-|
NoUVE AUX |
ICROSCOPES. |
au fomniet de laquelle on a foudé une virole marquee amp;.
z z , eft un canon cilinduique qui coule dans la virole qui fait 1oÖice d'un reflbrt. Ce canon eft garni de diaphrag-mes, amp; noirci interieurement pour en éviter Ie luifant.
Le deflein qui eft marqué des chiffres i,i, 3,4,5 eft une machine particuliere a cc Microfcope , que nousnbsp;avons'nommée porte-pincette. On voit quelle eft compoféenbsp;de fix principales pieces i f^avoir , dune petite pincette anbsp;boutons marquée i ¦, dun petit canon vü en z , dont funnbsp;des bouts eft a reflbrt j d'unc charniere chifffée 5, qui tour-nc fur une petite bande de laiton marquée 4 dune tigenbsp;ronde 5, qui entre dans deux petits canons 6,6, pratiqüeznbsp;a 1extrémité de la piece 7 , qui doit être de laiton mince.nbsp;De force que par cette difpofltion de pieces, routes difte-rentes les unes des autres, on pourra aifément mouvoir lanbsp;pincette en tous les fens que lon voudra.
8 nbsp;nbsp;nbsp;, eft une tige de laiton , a lun des bonts de laquelle on anbsp;monté a vis ou autrcment une pointe daiguille, pour fervirnbsp;aux ufages dont il fera bien-tbt parié.
9 nbsp;nbsp;nbsp;, eft un porte-objet débene , noir dun cote amp; blanc denbsp;Iantre ; il doit être fait a peu prés comme une dame a joüer,nbsp;vers la circoiifcrence de laquelle on a du avoir refervé unnbsp;petit rebord élevé en forme de parapet,pour empêcher quenbsp;Ics petits corps qui fe mettront fur la furface, tant fuperieu-re quinferieure, ne puiflcnt rouler en bas.
10 , eft le profil de ce porte-objet , ou Ion voit un petitnbsp;trou rond qui fe remplit dune cheville de liege, afin qucixnbsp;y tourrant la pointe de la tige 8 , la dame 9 y tienne atta-ehce.
NOus fuppofons dabord que cette Machine ainfi conf-truite, ioit encore accompagnéc de pluficurs lentilles de difterens foyers parfaitement bien taillées, Se bien mon-tees dans des pieces de laiton femblables a celles qui fontnbsp;reprefentées au-deftbus des lettres F , G , Planche 17. aprésnbsp;quoy on fera enétat de faire les experiences qui fuivcnt.
Mais
-ocr page 83-Premisre Partie. Chip. XV. nbsp;nbsp;nbsp;59
Mais auparavant que jentre en matiere , je mc trouve obligé davertir , quune explication par écrit, quelque ample quelle foic , ne donnera jamais Tintelligence quil fautnbsp;avoir pour bien conduire toutes -les pieces de ce Microfco-pe , pour preparer les objets quon y peut obferver; quennbsp;nioins de deux heures de converfation avec une perfonnenbsp;qui en aura rintelligence, on apprendra plus de chofes, quenbsp;Ton ne feroit durant huit jours, dune leóture qui rebuteroitnbsp;ceux qui ne font pas accoütumez a lire ces fortes dexplica-tions j ceft pourquoy je ne diray précifement que ce quilnbsp;faudra dire pourne point ennuyer.
LE delfein que Ton peut voir au-delTous de la lettre K Planche 17 , reprefente un des petits cartons, au milieu duquel on a pratiqué une ouverture ronde ou quarrée,nbsp;pour y faire répondre divers corps durs amp; tranfparens, com-me des ailes de mouches, des cheveux, de tres-petites plumes doifeaux, des tranches de bois tres-minces, amp;c. quonnbsp;y attache avec un peu deau gomce , ou quelque autre chofenbsp;déquivalenr. Ces cartons étant ainfi préparez amp;c mis de fuitenbsp;dans la piece a coulifle de la platine M M, pour y être vusnbsp;avec des lentilles qui conviennent, divertiront agréablemenCnbsp;les fpedateurs par un grand nombre dobjets tous differensnbsp;les uns des autres.
CEtte Machine eft dun grand ufage pour fervir avanta» geufement aux diverfes obfervations que lon fe propo-fera de faire fur une infinité de petits corps durs ou mols:nbsp;fi ces corps font durs, on les attache a la pincette a boutonsnbsp;marquee r, i, Planche 17 ; sils font mols, comme les poux,nbsp;les puces, 6ec. on les pince par la croupe, pour être obferveznbsp;toutvivans, Les mouches d une certaine grolfeurfe peuventnbsp;empaler avec la pointe dc la tige 8, qui fe monte par apresnbsp;dans les deux petits canons 6,6 , de la platine 7. Si ce font
H
-ocr page 84-lt;?o nbsp;nbsp;nbsp;Nouviaux Microscopes.
dcs poux de ferins de Canarie quon ait defTein dobfervcr oa trempc la pointe de cette niênie tige dans un pen deaunbsp;gomée , affez epailTe pour y faire tenir ces poux. On en faitnbsp;dc inême pour les mittes de fromage , qui paroiflent bieunbsp;dilferentes les unes des autres.
? Plane. iS Fjgurc i.
On peut auffi enduire la petite dame 9 de cette eau go-mec , amp; répandre deffus ces petites betes vivantes qui sy attachent, amp; qui y demeurent en vie tres-long-terns ¦, amp;c pournbsp;les obferver fur cette dame , on fait entrer dans le trou quinbsp;eft a fon cóté la pointe qui eft au bout de la tige 8 , qui ynbsp;demeure ferme au moyen de la cheville de liege qui le rem-plit exadement. Les petites graines les plus menuës fe pla-cent fur dc femblables dames, blanches ou noires , fuivantnbsp;la couleur des graines qu on y veut voir , amp; Ton employe anbsp;cet effet des lentilles convenables. Cette platine 7, fe placenbsp;au même lieu queft placee celle qui eft marquée M M, dansnbsp;la premiere Figure de la Planche 16. Et il faut remarquer quenbsp;cette piece amp;C la pincette sy peuvent mouvoir de haut ennbsp;has, de bas en haut, Sz de coté , foit a droit, foit a gauche ;nbsp;mais pour faire avancer la lentille vers Fobjet, ou pour Tennbsp;eloigner, il faut tourner la petite roue * S dun certain fens,nbsp;puis poufler en avant ouen arriere la partie balfe de léquer-re marquée a a a , Tarretant par le moyen de cette mcmenbsp;roue ou 1on juge a propos de Iarreter , prés ou loin de lanbsp;ientille fuivant fon foyer ¦, amp; pour achever de la mettre pré-cifenient au point ou elle doit être pour bien voir Iobjet , ilnbsp;faut appliquer Iceil tout prochc de la lentille, pendant quonnbsp;tient le Microfeope dunc main ¦, puis faire tourner avec unnbsp;des doigts de la même main, dont on tient le Microfeope ,nbsp;la grande roue marquée N N, a droit ou a gauche , amp; Iarrc-ter dans le moment que vous apperpevrez Iobjet le plus dif-jinéfement quil fera pofllble,
4 l imitation des deux tiges précedentes, marquées r. amp; 8 , on pourra en conftruire ae diverfes fortes de même longueur dc grofteur j mais de formes routes difterentes en cha-pune de Ipurs excrémitez , fuivant le befoin que 1on en pour-fa avoir. Par ce moyen Ton étendra 1univerfalité de cenbsp;pOfte-pincette , amp; en même terns celle du Mierolcope, qui
-ocr page 85-Premiere Partis. Chap. XV. nbsp;nbsp;nbsp;èt
tire tous fes avantages de fa bonté y 8gt;c de iinduftrie de celuy qui sen fert.
SI Ton veut maintenant obferver ce qui fepeut découvrir dans une liqueur, il ny a qua tremper le plus petit boutnbsp;d une plume a ecrire dans une infulion de quclque plante ,nbsp;pour en moüiller le milieu du porte-objet de verre qui feranbsp;enchafle dans la coulilTe de la piece marquee M M , en lanbsp;premiere Figure de la Planche \6. afin de la faire répondrenbsp;vis-a-vis de la lentille qui luy conviendra, de la mettrOnbsp;au point de diftindion. Ainfi Ton verra dans diverfes li^nbsp;queurs des animaux qui y nagent, dautres qui y rampentnbsp;nagent, H dautres enfin qui y marchent qui y nagent.
II faut remarquer que pour mettre beaucoup danguilles en experiences, il faudra employer le verre concave , 8c ynbsp;mettre une alTez groffe goutte de vinaigre avec le petit an-tonnoir dont nous avons parlé, dans lufage des MicrofcopeSnbsp;précedens.
Une des belles découvertes que Ton ait faites dans Iüé -Medccine, eft celle de la circulation dufang ,gt; qui eftnbsp;lüë a Hervée fameux Medecin Anglois, qui la publia ennbsp;lannée J(5z8- ou plutot au Pere Frapaulo , celebre Ecrivaixtnbsp;de fon terns.
Qijelques bons quayent été les raifonnemens amp; les experiences de ces deux fi^avans Hommes , pour établir cette opinion j tous les vieux Dodeurs de ce tcms-la séleverenCnbsp;contre cette nouveauté , 8c firent tout ce quils purcnt poutnbsp;la combattre j paree quils manquoient alors d experiencesnbsp;aflez évidentes pour la preuve d une fi belle découverte, Ennbsp;voicy une qui met le fait hors de conteftation.
Pour cela, vous navcz qua préparer une platme de laiton
H
-ocr page 86-'ét nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
mince , de la figure amp; de la grandeur qu eft Ie delTein marqué A B B j préparez auffi une bande de parchemin de la., figure dun quarré long , dont la hauteur foit denviron i8.nbsp;lignes, amp; dune longueur fuffifante pour environner les mon-Plancheis. B B de ccttc platine , amp; coller fes deux bouts lun furnbsp;lautre : après cela collcz auffi les deux extrémitez de deuxnbsp;petites bandes de niême matiere, denviron trois lignes denbsp;largeur au devant de cette piece , comme cela paroit auxnbsp;cndroits c c c c , laiffiant libre amp; dégagé tout Ie derriere desnbsp;bandes 3 afin que Ie tout étant bien fee , vous puiffiez paflernbsp;librement entre ces bandes , amp; Ie derriere de la piece denbsp;parchemin doublée, les montans B, B, de la platine de lai-ton A.
Ayez enfuite un petit morceau de glace de verre de peu dépaifléur , taillé proprement , denviron huit lignes ennbsp;quarré, dont vous ferez entrer la moitié entre les deux cóteznbsp;den-bas de la machine de parchemin, dont je viens de pariet , pour la coller contre fa partie anterieure feulement ,nbsp;ainfi quil paroit en D D : coupez adroitement une piece dunbsp;devant de cette machine , qui foit de la figure du tétart, amp;nbsp;faites que cette piece tienne par en haut , comme cela fenbsp;voit au'deffous de la lettre E : paffez enfuite un bout de filnbsp;a lextiémité du bas de cette piece libre, que vous venez denbsp;préparer , dont les bouts sétendent a droit 8c a gauche ,nbsp;ainfi quil paroit en F ^en forte qu'il y en ait autant dun có-té quil sen trouve de lautre 3 comme on Ie peiit remarquernbsp;dans ce deffein.
Lorfque vous voudrez faire voir la circulation du fang dans les veines 8c dans les arteres qui font en la queue dun tétart,nbsp;vous naurez qua en placer un au-deflbus dé la piece de par^nbsp;chemin, que vous avez feparée en partie du refte de fa machine , aprés y avoir fait plufieurs grands trous dépingle , 8cnbsp;humeété dun peu deau 1endroit oü vous ie voulez enfer-mer , au moyen de la piece qui sabailTe deffus , amp; du filnbsp;marqué G F G , dont vous Ic liere2; douceinent , afin quilnbsp;puiffie refpirer dans eet état.
Cefte machine étant ainfi préparée, il la faudra porter a la place de celle qui eft marquee M M, en la Fig. i. Pianch§.
-ocr page 87-Premiere Partie. Chap. XV, ^5
, faifant repondre la queue du cetart fur le verre qui eft au-deflous, après Iavoir efluyé, Iapprochant enfuite d une len-^ tille d environ deux ligncs de foyer, vous aurcz le plaiftr denbsp;voir au jour , ou a la faveur dune chandelle allumee, le fangnbsp;mifl'eler dans un affez grand nombre de veines amp; darteres;nbsp;decouvrant en même terns plulieurs autres Phénoménes afleznbsp;curieux a obferver.
Cette nouvelle maniere dobferver la circulation du fang,
amp;c les aniniaux des liqueurs , eft préferable a routes celles out Ton employe un miroir plan, que Ton ajufte dans une boetenbsp;préparée a cet effet car le mélange qui fe fait de la lumierenbsp;reflechie par les parties folides du devant de la glace , dcnbsp;celle qui part de la furface du vif-argent mêlé avec Ietain »
amp; de ceUe de fair qui fe trouve dans les pores de cet amal-game , ne produit quune lumiere confufe , qui empeche le fpedateur davoir une parfaite diftinétion de 1objet quil regarde.
Nous fupprimons aufli la Loupe placée entre la lumiere Se 1 objet , que Ton y place dans le deflein declairer davan-tage une petite étenduë de la queue du poilfon j paree quenbsp;cette grande quantite de rayons de lumiere differemmentnbsp;modifiée , bien loin d'etre avantageufc dans cette occafton ,nbsp;elle y nuit beaucoup , en empêchant le fpedateur davoirnbsp;une diftindion parfaite de Iobjet éclairé de cette maniere.
On peut aufti voir la même chofe , en decouvrant un plus grand champ , ou une plus grande étenduë de la queue dunbsp;tétart 5 en fe fervant dun petit Microfeope a deux ou a troisnbsp;verres convexes des deux cotez, dont voicy les proportions,
ON voit an haut de cette Planche le profil des troisIcn- pianchctlj tilles HI K , qui doivent être des plus parfaites , dCnbsp;montées dans le corps du Microfeope, dont le profil fait parnbsp;la fedion dun plan , paftTant par 1axe de route fa longueur,nbsp;eft reprefenté au has de cette même Planche , avec les ver^nbsp;f£S qui le compofent,
H ii|
-ocr page 88-^4 nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
Loculaire marqué H , d-ott avoir £x lignes de foyer : Tc verre I du milieu fera d un pouce ; K K , qui reprefente Ianbsp;lentille , aura pour Ie moins deux lignes de foyer.
La diftance de foculaire au verre du milieu fera de quin- , ze lignes ou environ j celle du verre du milieu a la lentille ,nbsp;fera de deux pouces ¦, 8c la diftance de fceil a 1oeulaire, feranbsp;denviron quatre lignes.
Enfin fi lon veilt faire unMicrofcope a deux vertes, il ny aura qua fupprimer celuy du milieu, amp; laifl'er Ie refte en fé-tat quil fe trouve.
Cc Microfcope a deux ou a trois verres , étant ainfi conf-truit, senchalfera dans la virole reprefentée en L j en forte quil y foit fermement arrêté. M eft Ie profil de eette virole,.nbsp;qui eft un peu ouvcrte du fens de fa largeur, afin quelle faffenbsp;foffice dun telfort : fon épailfeur , qui eft vüë en N , doicnbsp;être imaginée plus haute que Ie plan O , fur lequel fa partienbsp;balfe eft enchaflée de dix lignes ou environ en profondeur.
Ce plan O reprefente une petite platine mince de laiton denviron quatorze lignes en quarré , percé au milieu dunnbsp;trou rond qui a cinq lignes de diametre , dont fufage eft denbsp;reccvoir la bonnette qui fixe la lentille du Microfcope, com-me cela fe peut remarquer au-delfous de la lettre P , qui eftnbsp;Ie profil de l'épaiffeur de cette platine O.
Cela étant ainfi préparé , on engagera cette platine PQf entre la piece A amp; Ie relfort C de la premiere Fig. Planchenbsp;16 j par cc moyen on aura Ie plaifir dappercevoir tout ce quinbsp;fera dans une petite goutte dune infufion mife fur Ie portenbsp;objet du Microfcope , Sc dy découvrir un champ beaucoupnbsp;plus grand que neft celuy que fon découvre ordinairemencnbsp;avec une feule lentille, mais avec moins de clarté.
II a encore un avantage particulier , qui eft de fervir a découvrir les objets dune diftance plus grande que I on ne fe-; roit avec une lentille dun tres-court foyer.
Ce Microfcope a deux ou a trois verres, étant monté de même que ceux qui font corapofez dautant de verres , fêr-vira aux memes ufages.
fel.
En continuant de parler des ufages du Microfcope univer- nous dirons que pouvant écarter , tant Sc fi peuquon Ie
Premiere Partii. Chap, XV. ^5 TCUt, Ic porte-lendlle de Iobjet quon veut voir , on a la fa-ciiitc de mcttrc en ufage des lentilles de divers foyers i amp;nbsp;par confequent celuy de faire , avec cettc nouvelle montu-re , un grand nombre dexperiences qu on ne peut pas fairenbsp;avec plufieurs autres dlme conftrudion differente.
' Comme on peut approcher en un inftant la lentille de pijnchc if. fobjet, avant que de porter le Microfeope a Iosil, amp; ache-ver de la mettre affez prés ou affez loin de fobjet, par lenbsp;moyen de la roue N N, que Ton tourne avec un feul doigtnbsp;de la main qui le tient, cela donne le moyen de promenernbsp;Iobjet avec Iautre main, amp; de découvrir route fétendue denbsp;la petite goutte deau mife fur le porte-objet , Sc en mémenbsp;terns ce quelle contient.
Cette roue N N , fa vis , amp; la piece marquee q s , dans Ic profil de la Planche , font que ce Microfeope a une pro-priete qui confifte , en ce que dans le moment que Ton commence a tourner la roue N N , la lentille part pour sappro-cher ou pour séloigner de Iobjet , ce qui fait juger de fanbsp;bonté car étant excellente , fon meilleur elfet paroit a unenbsp;feule diftanee de Iobjet j au lieu que fi elle nétoit que mediocre , fon effer fe feroit voir le meme en des diftances in-égales,
Le nouveau porte-lentille , marqué F , eft fi commode quon peut par fon moyen employer des lentilles dun fi courtnbsp;foyer que Ton voudra , Sc mettre les liqueurs au devant ou PUnchci^.nbsp;au derriere du porte-objet de verre j ce qui donne occafion ^nbsp;dobferver les poiflbns qui nagent dans ces liqueurs par devant ou par derriere, amp; de découvrir sils rampent ou silsnbsp;inarchent fur le porte-objet, ou enfin sils nagent dans Ieaunbsp;que Ton examine.
On voit bien que ce Microfeope ainfi conftruit, Sc accom-pagné de routes les pieces qui en doivent faire Iaflortiment, eft prefque univerfel, Sc quon peut faire avec cet inftrumentnbsp;routes les experiences dont jay parlé dans ce Traité , a lanbsp;referve de quelques-unes qui fe font commodement avec lesnbsp;Mierofeopes a canons, Sc le porte-Loupe ; car il eft évidentnbsp;quon ne le peut employer dans les diffedions des petits ani-maux vivans ou morts j lt;|uil nc peut feryjr u les defiTmer oi i
-ocr page 90-'éê nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
les graver élégamment, ni ménie a les tenir enfermez du-^ rant plulieurs mois dans de petites prifons bien éclairées ,nbsp;comme on fait dans les Microfcopes a tombeaux , ou ronnbsp;voit comment les uns y font leurs oeufs, amp; dautres leurs pe-tits tout vivans; comment ils sy nourriflent j comment ils ynbsp;changent de couleur ¦, comment ils y combattent ¦, amp; ou enfin Ton découvre avcc beaucoup de plaifir plulieurs efpecesnbsp;de métamorphofes, quon ne fe ialle point dadmirer.
VOicy un fecond Microfcope univerfel , plus fimpic quc le precedent, 8e qui a par-deflus cela quelquesnbsp;^vantages qui ne sy rencontrent pas. On le volt reprefenténbsp;dans cette dix-neuviéme Planche , en deux politions toutesnbsp;dilFerentes j la premiere , eft: une elevation geometrale dunbsp;Microfcope tout enticr vu par devant j la feconde le re-préfence vu de cóté.
Ce Microfcope étant conftruit de plulieurs pieces fembla-bles a celles du précédent , amp; ces pieces ayant icy les mc-mes ufages, nous pallerons légérement par-delfus , nous con-tentant de nous étendre autant quil le faudra fur celles qui font dune nouvelle conftruétion , amp; dont les fonftions fontnbsp;plus parfaites amp; plus commodes.
Explication de la premiere óquot; feconde Figure, qui re^re'fentent le Microfcope tout entter vu par devant de cote'; ou il faut re-marquer qae les grojfes lettres fervent de renvoy k la premierenbsp;Figure; ö les petiies , a la feconde.
A A , eft une piece de laiton foudee par en bas, a une petite piece ronde amp;c platte, ornée de quelques moulures pour fervir de bafe a cette maitrelTe piece , amp; de couronne-ment a la virole du manche fur laquelle elle fe monte a vis,nbsp;comme on le peut remarquer au bas de la feconde Figure.
Cette
-ocr page 91-Première Partie. Cha^. XVI. ?7
Cette piece A A , qui reffemble en quclque fa^on a unc petite palette , dont les enfans fe fervent pour jouër au volant , ell; nommée la maitrelTe piece j paree quelle fert anbsp;foutenir amp; a porter les autres parties de ce Microfeope ; fanbsp;longueur, fa largeur amp; fon épaill'eur font exa£tement repré-fentées dans la premiere amp; leconde Figure.
b, eft un canon en forme de quarré long, repréfenté en la feconde Figure, foude par un bout au-delTus du milieu de lanbsp;maitrefte piece A A , ou a a.
c c , eft un autre petit canon creuxSr de même figure , qui entre juftement dans le précédent: ce petit canon eft foudenbsp;a une petite piece de laiton marquee D ou d.
E , ou e e, repréfentent une vis qui dent a la piece d , fur laquelle tourne la roue F F , ou f.
G , ou g , eft un reftbrt dacier trempé , dont le bas eft attaché fur la maitrefte piece A A, ou a a.
Le bout den-haut de ce reflort eft feparé en deux parties , formant une efpece de fourchette platte par fes extré-mitez , pour laifter un paflage libre a la vis e e j de maniere que les deux extrémitez du haut de ce reftbrt appuyans con-tre le milieu de la piece marquée d, elles la pouftent conti-nuellement en avant.
Onvoit en la feconde Figure , tant au-deftbus de la lettre h , quau-deftus di, les bouts de deux petits reftbrts daciernbsp;placez , Fun dans le gros canon b , amp; Iautre dans le petitnbsp;marqué c , pour rendre uniforme le mouvement du petitnbsp;canon , Sgt;c du bras horifontal de 1équerre lil, dont on vanbsp;parler.
L, ou 111, eft une grande piece de laiton, formant une efpece déquerre , dont la branche horifontale eft toute fim-ple , au lieu que fa verticale eft plus compofée. La branchenbsp;la plus fimple eft femblable a une petite regie ordinaire ,nbsp;dont routes les furfaces oppofees font paralleles entrelles jnbsp;afin quétant ainfi dégale épaifteur, elle puifte couler libre-ment, amp; d un mouvement égal, dans le conduit qui aura éténbsp;pratiqué au-dedans du petit canon marqué c.
La branche verticale de cette équerre eft conftruite de pieces femblables a celles du Microfeope univerfel préce*
I
-ocr page 92-Nouveaux Microscopes. dcnt, reprefentécs dans la Pianche i6. Figure i. amp; par lesnbsp;lettres A , B B, C, amp; expliquées dans Ie Chapitre XV. quinbsp;precede ccluy-cy.
M M , font deux relTorts de laiton attachez fermement lun a di'oite amp; 1autre a gauche , de la largeur de la piecenbsp;A A , par Ie moyen de deux vis dont on voit les têtes, amp; denbsp;deux petites goupilles invihbles , qui font rivées aux extré-niitez den-bas de ces refl'orts , courbez en deux fens diffcnbsp;rens , comme on Ie peut remarquer en h amp; en m , afin denbsp;laciliter lentrée , amp;c fenfoncement des diverfes pieces quinbsp;doivent sintroduire derriere ces mémes refl'orts.
Au milieu de lépaifleur, amp;c a fextrémité fuperieure de la maitrelfe piece AA, ou a a, il y a une ouverture faite ennbsp;forme dun petit quarré long , dont les moindres córez fontnbsp;égale ment diftans de la largeur de la platine A A, dans la-quelle on fait entrer Ie bras vertical dune petite regie denbsp;laiton denviron vingt lignes de longueur, St de trois lignesnbsp;de largeur , pliée par Ie milieu pour former une équerre ,nbsp;dont Ic bout horifontal n porte la virole p , qui fait reflbrt,nbsp;dans laquelle on fait mouvoir Ie canon O , garni de mêmenbsp;que celuy du Microfcope precedent.
Les portes-lentilles, les portes-objets, les portes-pincet-tes, amp;c. séxecutent de meme qu ils font reprelentez dans les Planches du premier Microfcope univerfel; amp; les ufages denbsp;toutes ces pieces doivent étre icy les mcnies, ceft pourquoynbsp;nous nen parlerons pas.
JE vais finir la premiere Partie de ce Livre, par lexpli-cation dun troifiéme Microfcope nouveau , amp; un peu plus univerfel que Ie précédent , ou nous navons employénbsp;que 4es fétarts pour faire yoir la circulation du fang , au lieii
-ocr page 93-Premiere Partie. Chap, XVII.
que dans celuy - cy on y pourra ajuftcr des poiflbns de plu-heurs efpeces, de difFerentes longueurs, amp; de diverfes grof-feurs. Et paree quil a dailleurs tous les ayantages du précédent , on 1y dolt préferer; mals comme 11 contlent beaucoup de pieces qui ont un grand rapport a celles de ce Microfeo-pe-la, amp; quelles ont été expliquées dans le Chapitre précédent, nous ne devons prefque parler icy que de celles quinbsp;en font difterentes. Et afin dabreger cette defeription au-tant que nous le pourrons , nous avertifibns que les groflesnbsp;lettres qui fe voyent fur les parties de ce Microfeope, repre-fenté en la premiere Figure de la Planche 20 , fervent denbsp;tenvoy aux petites lettres de même nom , qui font fur leSnbsp;memes parties du profil de ce Microfeope, Figure afirtnbsp;que par ce moyen on puilfe avoir une intelligence plus par-faite de la conllruétion amp;c des ufages de toute cette machine. Mais paree que les proportions de la hauteur , de la lar-geur, amp; de répaifleur du corps de ce Microfeope , dépen-dent de la longueur, de la largeur amp;C de lépailfeur des poif-fons, dans la queue dcfquels on voudra voir circuler le lang jnbsp;cela fait quon ne peut déterminer routes ces chofes quapeunbsp;pres , amp; en donner des mefures qui répondent a celles desnbsp;animaux dont le choix eft plus convenable j amp;: dautant quenbsp;les petits poilTons ont la queue plus mince amp; plus tranfpa-tente que n eft celle des gros, il les y faut préferer, amp; ré-duire la grandeur des parties du Microfeope dans le moin-dre volume quil fera poflible , afin den faciliter le tranf-port.
Pour cet effet, nous avons juge a propos de donner environ huit pouces de hauteur a toute la machine ^ mats cette Planche nen ayant pas alfez pour la contenir route entiere,gt;nbsp;nous avons réfolu den marquer toutes les dimenfions parnbsp;des mefures exaftes , afin que fur ce détail on la pttifte faci-lement executer. Ainfi nous dirons que le corps du Microfeope eft fait de laiton ; que fa hauteur A B eft divifée ennbsp;deux parties j que la poignée C D a quatre pouces de hauteur ; que fa largeur FF eft de vingt lignes, fon épaifteurnbsp;G H de treize ; que cette poignée eft creufe 6c de figure ci-hndrique un peu applatie , en forte que fes extrémitez font
7© nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopen;
dcvenuës ovales, demeurans dans les mêmes proportions cy-delTus marquees.
La feconde partie fuperïeure AI , eft faire a peu prés conime un parallelepipede redangle , dont la hauteur anbsp;vingt-fept lignes; la largeur par Ie bas , tant du devant quenbsp;du derriere , eft de feize lignes , amp; par Ie haut des mêmesnbsp;cótez de dix-huit j amp;c que chacun des autres plus petits có-tez na que dix lignes.
Cette même partie A I eft inégalement divifêe en deux autres ¦, celle de deftbus a feize lignes, amp; celle de defl'us onze : les deux cótez de la premiere partie qui touchent la poi-gnée , font ouverts , amp;c ceux de la feconde , qui répondentnbsp;immédiatement au-delTus, font fermez.
A peu prés vers Ie milieu de la partie fupcricure du devant , amp;: du derriere du corps du Microfcope , on y a attaché deux plattes-bandcs marqvrées 11, dans Ie profil Figure % , qui en occupent touce la largeur , amp; dont les extrémiteznbsp;font entaillées pour fervir de coulifl'e ¦, amp;c au milieu de lanbsp;platte-bande du derriere du Microfcope, on y a foudé imcnbsp;vis m denviron un pouce de longueur , de deux lignes denbsp;diametre, amp; d un pas aflez gros.
Maintenant dans les entaiiles des deux pieces a coulilTes dont on a parlé, on y fait entrer les cótez creux dune double éqiierre o o , dont la concavité eft faite en forme d unnbsp;quarré long.
Cette double équerre o o entre a coulifte par Ie devant du Microfcope , amp; fes extrémitez pofterieures, qui font faitesnbsp;en tenons percez, re^oivent unc piece de laiton platte mar-quée pp, qui eft retenuë par deux goupilles j amp; il faut re-marquer i. que la vis m dont nous venons de parler traverfenbsp;librement Ie milieu de cette piece de laiton , a. Qtie cettenbsp;piece de laiton jointe a la double équerre forment un chMisnbsp;quarré qui environne Ie corps du Microfcope , amp; qui pourranbsp;être mu en avant amp; en arriere , pour fervir aux ufages don?nbsp;on parlera cy-après. Et enfin qu au derriere du corps de cqnbsp;Microfcope on y a attaché un reflbrt d'acier marqué q ,nbsp;dans la feconde amp; troifiéme Figure , denviron trois pouce^nbsp;d? longueur ^ de huit lignes de largeur, donï Felfet eft d@
-ocr page 95-Premiere Parti e. Chap. XVII. 71 pouffer le chaflis en arriere j amp; ayant monté une roue den-telee r r fur cette vis ni, done le diametre excede un peu lesnbsp;cotez de la double équerre, elle fervira a poufl'er le chaflisnbsp;d un fens oppofe a celuy du relTort marqué Qj^
Dans les deux cotez creux des pieces a coulilTes, par lo devant du corps du Microfeope, on fait entrer deux lamesnbsp;dacier s s , aux extrémitez defquelles eft rivee une piecenbsp;platte marquee T , t, Figure i. amp;c z , Planche to. recourbéenbsp;en double équerre , comme on le voit dans le profil de la fe-conde Figure , amp; dans celuy de la cinquiéme, Planche zi.
Le haut de cette partie platte , ainli recourbée, eft coni-pofé de pieces routes femblables a celles du haut du Microfeope précédent; amp; ces pieces doivent avoir icy amp; la a peu prés les mêmes proportions amp; les mêmes ufages.
On voit paroitre au-deftbus des lettres V , V , le haut dei deux reflbrts dacier, dont les extrémitez inferieures font at-tachées interieurement au corps du Microfeope , par lenbsp;moyen de deux vis dont les tetes paroiftent en X X , amp; cesnbsp;reflbrts font retenus fermement en la fituation quon les voitnbsp;par deux petits tenons, dont les bouts paroiftent quelque peunbsp;plus bas que ne font les tetes de ces vis.
Au deflus , amp; au derriere de la partie fuperieure de tout le corps du Microfeope , on y a pratiqué, dans le milieu de fanbsp;longueur amp; de fon épaiflbur, une cavité reguliere denviron Piafichcio.nbsp;jdix lignes de profondeur, de huit lignes de longueur, 6c dunnbsp;peu moins d'une ligne dépaüTeur , pour y faire entrer lanbsp;queue 6c dune virole i. qui fait reflbrt, amp;C dans laquelle onnbsp;Introduit le canon 1, garni de diaphragmes.
La troifieme Figure de la zi. Planche, reprefente le Microfeope vu par derriere , 6c dans une élevation géometra-ie, oil Ton peut voir la hauteur de la poignée IB couvert© de chagrin , le grand reflbrt dacier marqué la vis quinbsp;1attache a peu prés au milieu de cette poignée , la roue den-felée R , montée fur la vis M qui en traverfe le milieu ; lenbsp;refte du corps du Microfeope , le derriere du canon garninbsp;dun diaphragme , 6c dune virole qui le retient fur le bordnbsp;de ce canon j 6C enfin une petite partie de tout ce qui fe voitnbsp;jeprefenté au-deflbus de la quatrieme Fig. Planche 2-1.
71 nbsp;nbsp;nbsp;NoüVeaux Microscopes.
Cette qviatriéme Figure reprefente une machine eonipo-fee dun porte-canon z z , concave dun cóté amp; convexe de lautre : on voit au milieu un petit anneau marqué amp; amp; , qucnbsp;Ton a refervé de part d autre de la méme piece dont Ienbsp;canal eft fait, fur Ie milieu duquel on a attaché un refl'ortnbsp;d acier trempé marqué I, qui fe voit terminé en Y Y , dontnbsp;les extrémitez font recourbées dun fens contraire a celuy dunbsp;canal de laiton marqué z z qui luy répond, afin que ces deuxnbsp;corps ainfi figurez concourent enfemble a retenir les tuyauxnbsp;de verre, d argent ou de laiton, gros amp; menus , dans la ca-vite defquels on introduira les poiflbns au on v voudratnbsp;mettre.
La partle fiaperieure z 2,, de ce porte-canon , eft faice de laiton mince , amp; elle eft de la même grandeur de la mêmenbsp;figure que Ie deffein la reprefente. On y voit en haut amp; aunbsp;inilieu une ouverture en forme dunquarré long,fur laquellenbsp;on poufle a coulilfe un verre plan de même figure amp; de peunbsp;dépaiffeur , mais un peu plus grai^d , taillé en bifeaux tout Ienbsp;long de fes plus grands cótez.
tnfin la Figure 5 , qui eft au bas de la Planche zi, eft Ie profil dune piece qui tient a la platte-bande T, Fig. i. Planche zo , recourbée en double équerre, amp;c fur Ie devant denbsp;laquelle on voit deux doubles rell'orts dinégales largeur amp;Cnbsp;hauteur, derriere lefquels on introduit Ie porte-lentille , amp; la.nbsp;piece qui doit fervir a foutenir un petit Microfcope a deuxnbsp;ou trois verres convexes des deux cotez , comme il a été ex-pliqué dans lufage de lun dc de lautre des deux Microfco-pes précedens.
Outre les pieces dont Je viens de parler , qui accompa-gnent celuy-cy , on doit encore laftortir dun porte-pincet-, te, dun porte-tétart, dun porte-objet a coulilfe , pour ynbsp;introduire des verres taillez diverfement, èc dautres portes-objets , qui doivent fervir a des ufages difterens, amp; dont ilnbsp;a été parle ailleurs affez au long , pour navoir pas befoinnbsp;dune plus ample explication.
Javertiray feulement que la curiofité amp; Ie defir de rendre eet Ouvrage autant parfait quil ma été poffible de Ie faire ,nbsp;mVonr engagez a rechercher les moyens de fatisfairc pleinc-
Premiere Parti e. Chap. XVIT, 7; ment ceux qui voudront f^avoir fi le fang circule dune mê-inc rnaniere dans des poiflhns dune même cfpece j sil fenbsp;meut difFeremnient dans ceux qui font de diverfes natures jnbsp;sil va plus vite dans les vaiffeaux des uns que dans ceux desnbsp;autres j sil y eft plus ou moins rouge j ft les globules du fangnbsp;qui paftent dune artere dans une veine, fe divifent en dau-tres globules plus petits, ft route la mafte du fang eft uniforme , ou ft on la voir compofee de parties héthérogenes j ftnbsp;les arteres amp;c les veines ne font que des tuyaux recourbez ,nbsp;comme les fyphons j ft Ton voit le fang sarrêter dans quel-ques vaifteaux dun même poiffon , pendant que fon mouvement fe continue en dautres j ft tout le fang dun petit poiffon , ou de quelque autre animal, comme dune mitte denbsp;ferin de Canarie, peut ceftTer de fe mouvoir pour quelquenbsp;terns feulement j sil eft plus épais cn de certains poiftonsnbsp;quen dautres ¦, pourquoy il paroit blanc en quelques-uns, amp;Cnbsp;rouge en dautres , amp;:c. Ca done été pour fatisfaire ceux quinbsp;nous font Ihonneur de nous propofer de femblables quef-tions, amp; pour faciliter la réfolution dun nombre prefqucnbsp;infini dautres , qui rendent la Phyftque tres - utile amp; tres-agreable , que jay fait conftruire ce troiftéme Microfeopenbsp;univcrfel, dans lequel on pourra facilement appliquer quandnbsp;on voudra , amp;: durant route Tannee , tantot des tétarts 04nbsp;chabots , tantot de petites anguilles , quelquefois des 1am-proyes , dautres fois de petites ranches ou des carpes , dansnbsp;la queue defquelles on aura le plaiftr dobferver, comme onnbsp;le va dire , a la iumiere du jour ou a celle dune chandelle,nbsp;routes les chofes dont je viens de parler. Et avec ce feul Microfeope , accompagné des pieces qui doivent Iaftbrtir s onnbsp;pourra aulft faire routes les experiences dont les deux préce^nbsp;dens Microfeopes font capables,
-ocr page 98-74
Nouveaux Microscopes.
Comment on dolt ajufier une Lamfroye, une Anguille, on un té-tnrt, duns un tuyuu de verre, d'argent ou de laiton. Comment on applique ces tuyaux dans la machine reprefente'e en la Blanche zi. Fig. 4. Et enfin comment cette mème machine doit êtrenbsp;placet dans la capacité du corps du Microfiope.
lOur eet efFet prenez un de ces tuyaux, qui foit un peu plus court que la lamproye , ou languille que Ton ynbsp;voudra faire entrer , 6c tellement conftruit, que lun de fesnbsp;bouts foit taillé a peu pres comme celuy d une plume a écri-re , pendant que fautre bout du mêine tuyau fe termineranbsp;en pointe un peu émouffée percée , afin que Ianimal quonnbsp;y fera entrer y puiiTe facilement refpirer. II faut obfervernbsp;que Ie tuyau dans lequel on fera entrer Ie poidbn ne doitnbsp;pas être trop grand, paree quil en pourroit fortir de luy-niême , apres ly avoir fait defcendre , en commen^ant parnbsp;la tête.
Cela fuppofé, arrêtez la queue de Ianimal après Tavoir fait furpafler de quelques lignes , Ie bout den-haut du tuyaunbsp;taillé obliquement, avec un peu de papier ou de linge , quenbsp;vous ferez entrer dans ce tuyau fans beaucoup prelfer lanbsp;queue de fanimal, quil faudra faire répondre fur Ie verre anbsp;coulifle ¦, enfuite de quoy il ny aura plus qua niettre cettenbsp;machine, ainfi préparée, dans lefpace vuide du corps de cenbsp;Microfcope , en ly arrêtant du fens quil faut, derriere lesnbsp;reiforts d ader que lon voit reprefentez en V V,, de la premiere Fig. Planche zo. faifant encore répondre Ie bout de lanbsp;queue de ce poiflbn vis-a-vis la lentille que lon mettra faci-iement au point de diftindion , par Ie moyen de la grandenbsp;rouë a dents ; alors vous aurez Ie plaifir dobferver a loifir Ienbsp;mouvement du fang a la lumiere du jour , pu a celle dunenbsp;chandelle.
Je ne devrois rien dire icy de la préparacion du tétart paree que jen ay parlé dans iufage du premier Microfcope
univerfel,
-ocr page 99-Premiere Partie. Chap. XVIII. 7f
unlverfel, ni de plufieurs autres chofes qui ont été expli-quées ailleurs j cependant je me fens oblige de parlei' d une nouvelle maniere de Ics faifir avec beaucoup plus de facilitenbsp;qu'on nc peut faire en fuivant la méthode precedente. Ellenbsp;confifte 1°. a prendre un tuyau de verre comme a b , qui foicnbsp;un peu plus long que neft Ie poilTon quon y voudra faire en-trer, pour tailler 1extrémité b, ainh que cela fc voit en lanbsp;Fig. 6. de la zi. Planche.
a°. De faire un autre tuyau c d e , de carton ou de papier, qui puilfe entrer par Ie bout a du premier tuyau , afin de fer-vir a poufler fanimal quon y mettra jufquau point oü ilnbsp;doit être, pour que fa queue réponde au milieu de la largeurnbsp;du verre dont il a été parlé ci-devant, afin dy obferver Ienbsp;fang en mouvement. Ces deux tuyaux doivent être ouvertsnbsp;dun bout a l'autre ¦, afin de donner moyen au poiffon, quinbsp;feta placé dans Ie premier a b, dy pouvoir refpirer facile-ment.
Pour larrêtcr dans ce tuyau de verre , on peut tres-utile-ment fe fervir dun petit morceau de linge fin amp; moüillé , une partie duquel doit être dans Ie tuyau , lautre partie s'ynbsp;mettra aufh après y avoir placé fanimal: enfin ce tuyau étantnbsp;ainfi préparé , on Ie fait entrer , comme on fa dit , dans lanbsp;machine qui eft au-deffous dc la Figure 4. Planche zi. Ecnbsp;sil arrivoit encore quaprés avoir ainfi faifi fanimal , il vinenbsp;a feparer fa queue du verre fur lequel on f avoit ajuftée , onnbsp;fy fixeroit une feconde fois mieux quelle nétoit, en appli-quant fur fa partie la plus épailTe une petite bande étroite denbsp;linge fin moüillé , afin quelle sy attache , amp; quelle y falTcnbsp;demcurer liable cette partie du poiffon, durant Ie tems desnbsp;obfervations qui sen fcront.
Cette nouvelle méthode de fixer les lamproyes, les an-guilles , les tétarts , amp;c, dont la groffeur ne furpall'e pas Ie diametre interieur des tuyaux de verre quon peur faire entrer dans la machine dont je viens de parler , eft préferablenbsp;a celle dont on s'eft fervi jufqua prefent, paree quelle évitenbsp;des défauts confide rabies , qui naiflent de fimpoffibilité oünbsp;lon fe trouve davoir des tuyaux de verre affez minces, allez
K
7^ nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
tranfparens, amp; qui foient dailieuis exempts des filets quon y voit étendus d un bóut a lautre de leur longueur , ce quinbsp;empêche Ie bon elFet des meilleurs Microfcopes.
II ne refte plus qua dire comment amp; furquoy il faut faifir les poiflbns , dont ia grofièur ne |)ermet pas de mettre ennbsp;ufage la machine qui eft reprefentee au-deflbus de la Figurenbsp;4. Planche zi. Pour eet elFet, il ny a qua preparer unporte-objet de laiton , dont la hauteur amp; la largeur égalent cellesnbsp;des poidbns quon y doit appliquer : pour Ie faire , tirez furnbsp;un carton fin, ou fur du laiton qui foit environ de l épailfeurnbsp;de deux cartes a jouër , une ligne droite , longue de deuxnbsp;polices huit lignes, a Tune des extrémitez de laquelle vousnbsp;éleverez perpendiculairement une autre ligne droite dunnbsp;pouce , afin que par ce moyen vous puilTiez achever un quar-ré long, duquel vous diviferez Ie plus grand cóté fuperieurnbsp;en deux parties égales, prenant enfuite de part dautrenbsp;de ce milieu deux longueurs chacune de fept lignes , amp;c furnbsp;leur extrémitez vous y éleverez deux perpendiculaires, cha^nbsp;cune de deux pouces fix lignes , pour terminer la hauteurnbsp;des montans du porte-objet : après cela vous prendrez anbsp;droit amp; a gauche de ces montans une largeur de quatre lignes au plus , amp; par les points qui la termine vous tirereznbsp;deux autres lignes paralleles aux deux précedentes.
Divifez enmite en deux parties inégales toute la hauteur de 1efpace qui fe trouve entre ces deux montans , quil fau-dra vuider pour en óter Ie fuperfiu , doiinant un pouce anbsp;celle\lcn-bas pour la hauteur dun morceau de glace desnbsp;plus tranfparens quon pourra trouver , lequel étant taillé ennbsp;bifeaux a droit amp; a gauche, on le fera entrer a coulifie dansnbsp;deux rainiires bien laites qui feront pratiquées dans lépaif-feur des montans de ce porte-objet ¦, amp; fur ce verre on def-^nbsp;cendra encore a coulifie une piece de laiton denviron quatre pouces fix lignes de longueur , dont la partie qui doitnbsp;toucher le fommet du morceau de glace, amp; fe terminer auxnbsp;extrémitez des montans , fera plane , amp;: le refte un peunbsp;creux, amp;; plus large que la partie qui eft au - defl'ous j afinnbsp;que le eotps de ghaque poifibn qui eft convexe , amp; quil y
-ocr page 101-Premiere Parti e. Chap. XVIII. nbsp;nbsp;nbsp;77
faudra coucher de route fa longueur , sy puifle mieux ajuf-ter quil ne feroic il cette piece étoit platte dans route fon étenduë.
En ótant aprés cela Ie fuperfiu qui fe trouve a droit amp; a gauche de cette nouvelle machine , oir aura Ie porte-objet,nbsp;dont les montans feront plus fermes fi Ton referve affez denbsp;matiere par le has pour les terminer par deux doucines , ac-compagnées de filets quarrez, qui leur fcrviront comme denbsp;bafes, amp;c d un couronnement des plus gracieux quon puifienbsp;faire.
On voit bien que la hauteur amp; la largeur de route cette machine , doivent étre proportionnées a celles des poiflbnsnbsp;quon y veut faifir , amp; que moins ils auront dage , plus lanbsp;queue en fera mince amp;: tranfparente, ce qui donnera lieu dynbsp;obferver plus agréablement la circulation du fang, que fonnbsp;ne feroit, fi la queue de ces poiffons étoit plus épailïe, dontnbsp;la raifon eft fi évidente que chacun la peut appcrcevoir,pournbsp;peu dattention quon y donne.
Cela fuppofé , lorfquil sagira dappliquer fur cette machine une tanche , une carpe , un brocheton , amp;c. vous nau-rez qua y coucher un de ces poifl'ons tout de fon long, en faifant répondre fa queue fur le milieu du morccau de glace , jettant enfuite fur la longueur de tout fon corps une petite bande de moulTeline , moüillée ou non ; puis arrêtant lenbsp;tout avec un petit ruban étroit, vous tranfporterez le porte-objet ainfi chargé entre les deux reflbrts dacier qui fe voyentnbsp;au-delTous de V V , Figure premiere de la vingtiéme Plan-che , pour faire vos obferyations avec des lentilles qui leurnbsp;conviennent.
Et paree que cette explication pourroit paroitre trop dif' ficile a comprendre , nétant pas accompagnée dun defleinnbsp;qui reprefentc la machine dont je parle ; jay jugé a proposnbsp;de la reprefenter icy telle que je fay décrite , amp;:dajouter en- Pfinehezi.nbsp;core que A B C , eft le porte-objet de laiton.
B C , les montans a rainures.
D, le morceau de glace taillé en bifeaux , pour entrer a coulifle dans les rainures des montans.
jF E, eft une feule piece de laiton ejui eft plane depuis F
7^ nbsp;nbsp;nbsp;Nouveaux Microscopes.
jufquen C, amp; concave dcpuis C iufquen E; amp;: que ceil touc Ie long de cette derniere piece que lon applique les poifldns,nbsp;en les y faififlant la têce vers E , amp; la queue étenduë fur Ienbsp;milieu du verre marqué D.
Je crois devoir encore dire comment on pourra conferver durant plulieurs mois les poifldns done je viens de parler ,nbsp;afin den avoir toujours de plufieurs fortes , foit en efte , foitnbsp;en hyver, pour fervir a faire voir la maniere dont le fang cir-cule dans les vaifleaux dcs uns amp; dans ceux des autres.
Les jattes de bois un peu profondes feront tres-propres pour y conferver les tetarts , en leur donnant tous les jours denbsp;Teau nouvelle , de riviere ou de Fontaine. Et pour faciliternbsp;ce changement fans les toucher , on naura qua verfer toutnbsp;ce qui fera dans la jatte , dans une pafldire de terre vernif-fée j afin que Ieau sétant feparée des tétarts , on les puiflenbsp;remettre dans leur vaiflTeau avqc de Fcau nouvelle , amp;c quel-ques petits morceaux de petit pain. J en ay gardé ainfi dansnbsp;mon Cabinet depuis le commencement de lefté dernier juf-qua prefent it. Fevrier 1718. que jWois fait pêcher dans lesnbsp;baflins des Thuilleries , amp; dans celuy du Jardin qui ell aunbsp;Palais de Luxembourg.
Les lamproyes ne font pas fi communes que les tétarts, il les faut faire pêcher aflTez loin de cette Ville , amp; les conferver dans des vaifl'eaux de terre ou de grais , ou Ton met denbsp;feau commune amp; du fable de riviere, dans lequel elles sen-foncencamp; sy cachent pour quclque tems. Etquoy quon foitnbsp;obligé de changer deau aflez fouvent, paree quelles y trou-vent leur nourriture, on ne Tefl; pas dcn faire de même dunbsp;fable , quil fufïira de laver une fois oudeux durant huit jours.
Les petites ranches , les carpes amp;c les brochetons, fe peu-vent conferver aflTez de tems, en les mettant dans un vaif-fcau qui leur conviennent, avec autant deau de riviere amp;L de pain quil en faudra pour les nourrir durant deux ou troisnbsp;jours.
Fin de la premiere Partie,
» Sv-'S
;^^^T
f^'VI
|
\ |
( Nquot; )(jl |
|
quot; V |
Jjivcaj Scalpsit
FI.
Mi
n
â â -tö--'''. nbsp;nbsp;nbsp;,' â â ''VS-, .
quot; v; '⢠â / 'V â â -â â
â Ã':
i :: nbsp;nbsp;nbsp;V-.
VVv
⢠-»«.â¢â â¢
.i:l- .h -
â¢-V.;
fï' 7â
4.â
Ff. lé'.
j
r
ï
-Ï-.
Aixtres d^eins damp;s-jn^ces cjui cLchevgt;en±4£ tntcr o scape untv nbsp;nbsp;nbsp;TL:i^ _
-ZV
Tl.
|
¦^19 ¦ ^ ¦ | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
iïïl |
F |
i |
1 | |||
|
!r |
iili |
uilii, |
iiii |
ir
NOUVELLES
Fakes avec de nouveaux Microfcopes, fur une mulei-tilde innombrable dinfeótcs j amp; daurres animaux de diverfes efpecesj qui nakTeiit dans des liqueursnbsp;préparées, èc dans celles qui ne Ie font point.
SECONDE PARTIE.
P R Is' s avoir expliqué dans Ia premiere Partie de eet Ouvrage , la conftru£tion , amp; quelquesnbsp;ufages de plufieurs nouveaux Microfcopes dnbsp;liqueurs , beaucoup plus parfaits amp;: plus com-
_modes quaucun de ceux qui font venus jufqua
prelcnc a ma connoilTance j il eft neceiTaire de les mettre en ufage, pour faire 1Hiftoire anatomique dune multitude
z Des Animaux aeriens, terrestres prcfque infinie de tres-petits animaux aëriens, terreftres Ünbsp;aquadques , qui one été jufqua prefent inconnus, a caufsnbsp;de leur petitelfe, amp; des grands défauts qui font inféparablesnbsp;des Microfcopes ordinaires.
[h -
E jieft pas daujourdhuy quon eft afïixré que Ie vinaf^ quot; ^^'gre contient en eamp;édjeaucoup de petites anguilles y maisnbsp;ce neft que depuis linvention du Microfcope , que 1onnbsp;seft apper^u que ces ferpens ont une queue fort aiguë j 5^;nbsp;ceft ce qui a donné occalioxa a plulieurs perfonnes de croirenbsp;que Ie vinaigre ne piqiioit, que par rimprelTion que ces petitsnbsp;animaux faifoient fur la langue j mais les diverfes experiences que nous avons faites fur ce fujet nous perfuadent, quenbsp;ce neft point a ces animaux quil faut attribuer lacidité quinbsp;fe remarque dans cette liqueur; mais feulemenc a fes partiesnbsp;invifibles j puifque nous avons vn de bon vinaigre lans iin-guilies.
Au commencement du mois dAvril de 1année k^So.' nous napper^ümes aucun de ces infefbes dans du vinaigrenbsp;qui avoit été expofé au Soleil durant quelques heures.
Vers la fin du mois de Juin de la méme année , amp; tout Ie rede de lelté*^ il étoit difficile de trouver dans Paris dunbsp;vinaigre dans lequel il ny eüt point danguiUes : amp; cela fitnbsp;que bien des gens qui les avoient vüës dans nos Microfcopesnbsp;difcontinuerent de manger de la falade- Javois beau leurnbsp;dire quelles étoient environ cent mille fois plus petitesnbsp;quils ne les voyoient par ces inftrumens j que la chaleur denbsp;ieftomach les faifoit mourir en un inftanc , amp; que , puifquilsnbsp;avoient mangé de la falade jufqua prefent fans eii avoirnbsp;reffenti aucune incommodité , ils pouvoient continuer fansnbsp;danger 1ufage d une chofe qui leur faifoit plaifir. Et quo^tnbsp;que toutes ces raifons leur parullenc affez folides amp; aflez
convain- \
-ocr page 149-ET AÖI?ATIQÏJÉS. SêCÓNöE PARTIE. Chap.. ï. J fcörnvaincantes pour les tirer de lerreuy ou ils étoient; Ianbsp;plupart ne pouvoient;^omprendrê que des ferpens qui leurnbsp;avoient patit plusgt;g.r£is que Ie doigt, èc plus longs que Ie bras,nbsp;ne fiflent quèlque mauvaife impreffion fur les membranes in-terieures de leftomach,;^
Ce qur nous engagea a faire quelques experiences pour feparer ces animaux davee Ie vinaigre , amp; Ie purger duncnbsp;chofe quon simaginoit capable de nuire a la fanté.
La premiere experience que je fis fut de pafler Ie vinaigre^ au travers dun tamis allez fiiij mais je connus que les petitesnbsp;anguilles paflbient aulfi avec la liqueur.
z°. Je fis chauffer du vinaigre fur Ie feu fans Ie faire bouil-lir j routes les anguilles perirent fans que la force du vinaigre fut cönfiderablcment diminuée.
Jexpofay encore de cette liqueur durant deux heures au Soleil, amp; la même chofe arriva , de maniere quau boutnbsp;de quelque tems la plus grande partie de ces animaux furentnbsp;précipitez au fond de la bouteille.
Enfin faifant pafTer Ie vinaigre au travers dun papier-broüillard, ou d'une chauffe J*fbn aura tout dun coup la liqueur comme on la vent.
Les animaux dont nous parlous fe multiplient, amp; groflif-fent en peu de tems jufqua un certain point 5 amp; on remarque que 1air leur eft fi nécelTaire , quon les voit samaffer emnbsp;beaucoup plus grand nombrevers la fuperficie de la liqueur,nbsp;que par tout aiUeurs j amp;c sils dcfcendent quelquefois au fondnbsp;du vaifleau, ils remontent bien-tót aprés jufquau haut poutnbsp;y refpirer.-
Si 1on prend deux bouteilles au commencement du mois de May , amp; quon les remplifl'e dun vinaigre pur, bouchantnbsp;Tune des deux bouteilles, amp;: laiflant lautre ouverte, on ver-ra dans la fuite des anguilles dans celle - cy , point dansnbsp;lautre, au moins pendant tout Ie tems quelle aura été bien'nbsp;chée.'
eux qui croyent que routes les generations fe font par les'oeufs , difent quau commencement des chaleurs certainsgt;nbsp;etits animaux imperceptibles anos yeux,qui volentou nament dans fair, étant comme attirez par les parties fpiritueu-
4 Des ANiMAUx aeriens , terrestres fes qui sexalent continuellement du vinaigre, laifTent tom^nbsp;ber des oeufs dans cette liqueur, oü recevant une chalcurnbsp;moderée , amp; caufée par une douce fermentation, ils y peu-vent éclore , amp; fournir ainli en peu de tems les petits ani-maux dont je parle.
Cette maniere de faire naitre les anguilles du vinaigre , ne saccorde pas avec ce que deux de mes amis ont obfervénbsp;dans quelques petites gouttes de vinaigre mifes dans un Mi-crofcope ; ni avec ce que jay vü dans deuxfemblables experiences , dont je parleray a la fin de cette feconde Partie ,nbsp;oü je rapporte exadement les obfervations que jay faites furnbsp;deux petites anguilles qui alloient amp; venoient dans les corpsnbsp;de leurs meres.
Cela fuppofé, il ne paroït pas quon puilTe rapporter lori-gine des anguilles du vinaigre a aucune corruption qu'on pourroit fuppofer y être furvenuë , puilquon ne trouve ennbsp;eette liqueur aucun changement fenlible , foit avant ou aprésnbsp;leur naiflance.
Monlïeur Amontons , de 1Academie Royale des Sciences , mapporta un jour une petite bouteille de vinaigre dif-tilé, qui étoit dune force extraordinaire, amp; qui contenoic uia nombrc prodigieux de petites anguilles dune tres-grandenbsp;vivacité. Je confervay cette liqueur durant quinze mois ounbsp;environ j fans boucher la bouteille , de forte que sétant éva-porée, il ne refta plus au fond de cette bouteille qu un fedi-ment fort épais, amp; dune odeur alfez defagréable.
Ces animaux meurent fouvent dune efpece de paralylie qui attaque dabord une partie de leurs petfts corps j fouventnbsp;aulÏÏ on voit quclles en guérill'ent en peu de tems , particu-iierement durant les chaleurs de lefté, pourvü que la tête nenbsp;foit pas attaquée de cette maladie.
II elf alfez rare de voir vivre ces anguilles durant une an-née entierei foit paree quelles manquent de nourriture , foit paree quelles ne refpirent pas un air alfez chaud, oüelles fenbsp;confervent bien mieux quelles ne font ailleurs.
fUnche i.
En A, on voit deux de ces anguilles figurer enfemble , de tellc maniere quelles saccordent a faire des ondulationsnbsp;pareilles; on en voit même quelquefois julqua cinq fe mou-yoir ainfi.
-ocr page 151-ET AOITATIQUES. SeCONDE PaETiE. Chap. I. J
En B, B , B, B, on en voit quatre autres courbées diver-fement, 6c qui fe débandent avec autant de vicelle que fe-roit un refTort de pendule quon auroit plié de mcme quellcs Ie font.
En C il sen voit une dont Ia queue eft divifée en deux parties } ce qui eft fl rare , quen plus de années dobferva-tions, je nen ay vu que deux a la queue fourchuë.
Celle qui eft marquee D, a la bouche toute ronde de menie que les précedentes , quoy quelles ne foient pas rcpre-fentées de même. On a jugé a propos den varier ainfi les defleins , pour fatisfaire ceux qui fe perfuadent que ce fontnbsp;veritablement des ferpens. Comme ces anguilles font dunenbsp;vivacité extraordinaire , èc quelles fe mouvent avec beau-coup jdteftè , on eft oblige d attendre quune bonne par-tie de la liqueur que lon met fur Ie concave de verre foitnbsp;évaporée afin que leur mouvement foit confiderablemencnbsp;rallenti , pour appercevoir leur bouche , èc plufieurs autresnbsp;circonftances particulieres quon remarque en ces petitsnbsp;poiffons.
Le peu détenduë qua cette Planche ne ma pas permis de les reprefenter de lagrofleur ni de la longueur que je lesnbsp;ay vues 6c fait voir a des perfonnes qui en ont été effrayées.nbsp;Je ne la détermine point icy cette grofleur , car cela dépend,nbsp;du foyer de la lentille dont on fe fert pour les obferver.
Qgelque attention que jaye pu donner a obferver la têtc de ces anguilles pour en découvrir les yeux, jc nay jamaisnbsp;pü en venir a bout, foit a caufe de leur petiteffe, ou a caufenbsp;que la liqueur vcnant a sépaiflir 66 a fe deflecher , ellc lesnbsp;eouvre 66 y forme un voile qui ne permet pas quon les ap-perqoivc au travers : je fuis cependant tres - afliiré quellesnbsp;en ont; car les détours quon leur voit faire pour séviter lesnbsp;unes les autres, ne permettent pas den douter un moment.
Si 1onveut conferverles anguilles du vinaigre durant plus dun an , il faut avoir foin de remplir ladsouteille oü ellesnbsp;font, a mefure que lévaporation sen feit.
II eft tres-rarc de voir dans le bon vinaigre dautres ani-maux mêlez avec les anguilles j mais on en rrouve aftcz fou-vent dans les vinaigres corrompus ou gatez , 66 même en
bi)
X
-ocr page 152-'é Des akiMaux aeriegt;is, terrestres tres-grand. nohjjbre, particulicrement fi lon y méle bcaucoupnbsp;deau communé^ amp; quon Ie garde débouché durant plufieursnbsp;femaines amp;c ce quil y a de particulier a obfcrver eft , que linbsp;Ton ajoüte une tres-petite goutte de vinaigre ordinaire avecnbsp;celuy oü il £e trouve de ces animaux, ceux - cy periflent ennbsp;un inftant, amp; les premieres anguilles fublillent, amp; même ellesnbsp;paroilTent avoir plus de vigueur quelles nen avoient aupa-ravant.
On verra dans la fuite de cette feconde Partie beaucoup dautres anguilles , qui ont pris naillance dans des infufionsnbsp;toutes dilFerentes les unes des autres ? amp; qui fopt dune autrenbsp;nature que celles du vinaigre.
Enfin nous avons encore oblervé que les anguilles du vinaigre fubfilloient dans une infufion de poivre en grain mis dans de leau commmie ; amp; que les animaux de cette infufion meurent tout fubitement étant mêlez avec quelque peunbsp;de vinaigre.
CHAPITRE II.
Du 'Tfiftai^re commun.
LEs Vinaigricrs font un fi grand myfterc de la maniere de faire Ie vinaigre , quiis ne l'enfeigneni^ a leurs ap-prentifs quau bout de fept années- Peut-étre fera-ton fur-pris de ,ce quils en ufent ainfi , lorfquon f^aura Ie peu denbsp;précaution quil faut prendre pour faire de bon vinaigre j carnbsp;il fuffit d echauder un baril neuf avec de f eau commune route boüillante , amp;; de mettre en fa placé , Ie plus vite quil eftnbsp;poflible , Ie meilleur vin quon puilfe avoir , amp; quelque peunbsp;de fel j car ceft principalement de la bonté du yin que depend celle du vpiaigre,
II faut obferver que Ie vinaigre fe perfedionne mieux amp; fg fair plus proinptement quand Ie vaifleau eft dans un lieunbsp;chaud Se débouché ? que lorfquon Ie tient bpuché amp; dans unnbsp;deu froid: ön apra ainfi au bout dun mois ou deux dexcei::
-ocr page 153-ïT AQUATjQüEs. Sécöndë Partie. Chap. n. 7 ïcnt vinaigre , amp;c pour rentretenir il faudra awip loin de rcm*^nbsp;plir de bon vin Ie même vaifldau, a meiurc q^Cevaporationnbsp;.OU la confommation sen fera.
Si 1on vcut que Ie vin saigrifTe prom|)tenicnt-, il faut met-tre Ie baril dans un lieu chaud , amp; y meier de tems en tcms la partie la plus claire de la lie du vin, tirée par exprcllion.
Monlieur Hombert, de 1Academie Royale des Sciences; a propofc une maniere nouvelle de faire du vinaigre avec dunbsp;bon vin , la plus prompte de toutcs : elle conlifte a attachernbsp;une bouteille , ayant environ les deux tiers de fa capaciténbsp;pleine de vin, a un cliquet de moulin : les frequentes fecouf-fcs que la liqueur y revolt brifent teilement fes principes , amp;nbsp;ce qui luy donnok de la douceur , quelle devient en peunbsp;dheures im vinaigre tres-fbrt, qui fe garde long-tems dansnbsp;je même état.
TOus les vinaigres compofez fe préparent, en y ajoü- tant feulement des rofes, ou des fleurs de fureau , denbsp;lail, ou de 1eftragon, 8cc. avec que.lques clous de gerofles,nbsp;amp; un peu de poivre , d on laime.
Cette compofition donne de 1agrément a ces vinaigres j anais elle ne les rend pas exempts de la produftion des an-guilles j tout au contraire, jen ay plus trouvé dans ces fortesnbsp;4e liqueurs compofécs, que dans Ie vinaigre commun.
-ocr page 154-8 De
S ANIMAUX AERIENS, TER.RESTRES
LE 15. Septembre 1710 , fur les neuf heures du foir , jc mis une petite goutte de vinaigre , qui contenoit desnbsp;anguilles , fur un petit concave de verre qui ferc de porte-objet au Microfcope ¦, amp;c je mavifay de couvrir dun petitnbsp;verre plan des deux cótez Ie defl'us de ce concave , afinnbsp;dempécher levaporation fubitede la goutte de vinaigre jcenbsp;qui me réüflit parlaitement.
1°. 11 fe forma dabord au milieu du concave un petit eer--cle dair extrémement rond , qui iioccupoit quune partic du petit enfoncement , dans Icqucl il ne parut aucune an-guille.
z°. Toute la liqueur fe pla^a dans une elpece de zone i comprife entre la circonference de eet air , amp;c celle qui ter-mine Ie concave de verre : tous les aniniaux quon avoit misnbsp;dans Ie concave, fe trouverent rangez dans cette zone com-me dans une prifon.
3° On apper^üt Ie lendemain, dans la même zone , uri grand nombre de petites boules de diverfes grofleurs , quinbsp;paroifibient ombrees 6c éclairées avec tant dart, que plusnbsp;on les conlideroit, plus on les admiroit.
4®. La rondeur de ces boules , qui femblent être de fer oit dacier, paroit fi exade , amp; leurs furfaces fi polies, quit fe-roit impoflible au plus habile ouvricr datteindre a une finbsp;grande juftclfe.
Parmy toutes ces boules dair, on en remarque qui ont bien un pouce apparent.de diametre, dautres un demi pou-ce i 6c encore de fi petites, que lon a de la peine a les biennbsp;diftinguer.
Qiioyque ces boules nayent dellcs - mêmes aucune agitation , on ne lailfe pas dy reniarquer deux mouvemens parti-
-ocr page 155-ET AQüATiQyEs. Seconde Partie. Chap. IV. 9 culiers; celuy que la liqueur leur communique, amp; celuy quinbsp;leur eft caufé par les allées amp; venuës des anguilles qui lesnbsp;poulTent en les rcncontrantj cequi produit un^e£tacle alTeznbsp;agitable , pour récompenfer du terns que lon employe a lesnbsp;egt;bferver.
Les raifons de routes ces chofes mont paru II faciles a trouvcr,que je nay pas cru les devoir rapporter. Jomet auflinbsp;plulleurs circonftances dont je ne dis rien , afin de donnetnbsp;aux fpedateurs la fatisfaëtion de les découvrir.
II y a cependant une remarque a faire , qui peut, ce mc femble , fervir a decider une queftion j qui eft de Cfavoir , finbsp;les objets que nous voyons dans tous les Microfcopes en general , font apper9Üs fimplement par une lumiere refléchienbsp;de deffiis ces objets comme il arrive dans les Microfcopesnbsp;oü lon regarde les objets de haut en bas: ou fi on les apper-9:oic dans les Microfcopes a liqueurs , par les rayons qui lesnbsp;ónt traverfez fimplement, dc qui paflant enfuice au traversnbsp;de la lentille , vont peindre Icurs images fur la retinc ; ou enfin fi on voit ces objets par des rayons de lumiere , qui nar-rivent a fceil quaprés avoir traverfé les objets, sctre reflé-chis a la rencontre des parties folides de la lentille , 6e denbsp;celles des corps qui les renvoyent a lceil.
Pour réfoudre folidement routes ces queftions , nous join-drons les experiences de ce Chapitre qui les regardent avec plulleurs autres que lon verra a la fin de eet Ouvrage , dansnbsp;une Differ ration particuliere.
En couvrant, comme jay dit, la petite goutte de vinaigrc qui fe met fur Ie concave, on pourra faeilemcnt tranfportcrnbsp;Ie Microfcope ainfi préparé, amp; faire voir les boules dair amp;nbsp;les anguilles quand on voudra.
Si pendant que Ton tient Ie Microfcope , 6e que lon obfer-ve ce qui sy palfe , on vient a ie tourner rondement avec les doigts amp;c avec affez de viteffe , les boules dair feront apper-^uës sy mouvoir d un fens tout oppofé ^ ce qui doit néceffai-jrement arriver : car puifque Ie volume dair qui compofcnbsp;cliaque boule , eft plus leger quun égal volume de la liqueurnbsp;oü elle nage , il senfuit que ces boules dair doivent ctre re-poulfées ver.? Ie Beu doü ce mouvement circulaire les élohnbsp;gnojt.
-ocr page 156-So I5^ES ANIMAUX AERIENS, TERRESTREs:
Le tranfport qui fe fait du Mierofcope , fei't a multiplied le nombre des boules, eii diminuant leut grofleur par Tagi-;nbsp;ration quon leur donne,
Qijand la ehaleur diminue Ibnlibrcmentjon apper^oit^ue le mouvement des anguilles diminuc auffi j de forte que le'nbsp;matin elles fe remuentplus diffiGilement que vers le relle duinbsp;jour 3 ce qui vient fans doute de la réfiftance des parties diinbsp;Kquidc ou elles nagent , qui fe trouvent difFeremment agi-tees en dilFerentes parties du jour , dc du plus ou du moinsnbsp;de fouplelTe des organes deftinées au mouvement de ees pe-tits animaux.
Qliand jobferve dans ce Microfcope les petits globules quune pierre a fuül vient darracher dun morceau daciernbsp;par un mouvement tres- violent, ils me paroiffent clairs dcnbsp;lumineux du cóté qui fe prefente a mon oeil, en les regardant:'nbsp;a la lumiere d une chandelie, quoyquils foient deux-mêmes-tres-opaques ; dou je conclus-, que ceft par reflexion quon,nbsp;les vok ainfi dans ee Microfcope a liqueurs , de meme quonnbsp;les verroit avec un Microfcope a deux ou a trois verres, sils-y étoient regardez comme on y regarde ordinairement les-objets..
Pour comprendre comment fe forment les globules d'air' qui sobfervenc dans la petite portion de vinaigre oü fe trou-:nbsp;vent les anguillcs 3 il fumra de remarquer que le verre plannbsp;amp; le verre concave qui en eft couvert, ne fe touchent pas li-parfaitcment, quil ne séchape dentreux peu a peu quel-;nbsp;ques particules de laliqueur qui déterminent une égale quan-tité dair a sinfinuer dans le lieu quelles abandonnent 3 8Cnbsp;eet air fe trouvant la égalemcnc preffé de toutes .parts , eftnbsp;contraint de prendre la figure dune fphere tres-petite dagt;-bord , mais qui groflit en peu de tems , par ladditionde plu-fieurs autres qui fe joignent enfembie, par le mouvement'nbsp;continuel des anguilles de ce vinaigre qui les pouffent luncnbsp;centre lautre , amp;: qui fouvent eft afl'ez confiderable pour dif-fiper les plus gros de ces globules.
1 Mous navan9ons rien icy quon ne puifTe obfcrver avec attention 3 mais il efi a propos davertir que toutes ces circonf-tanccs ne fe mauifcftent pas en un moment, amp;: que ce qui ne'
fo'
-ocr page 157-Et AcKJATiöiJEs. Seconde Partïe. Chap. IV. n fe peut appercevoir dans un tems, fe pourra remarquer dansnbsp;un autre
Lefpace du concatc tetminé par la petite circonference' de la Zone , ne contient ordinairemènt que de lair, dont lanbsp;figure eft ronde en un fens , amp; platte en un aütre. Cet airnbsp;sy enferme naturcllement, en y laiflant toinber Ie petit verre plan des deux cotez, qui fert de couvercle au concave jnbsp;èc il ne fe trouve dans Ie milieu ni liqUeur, ni anguilles , ninbsp;boules paree que cet air, par fa corapreflion , les en a éloi-gnez pour erï occuper la place doü il fuit que Ie vinaigrenbsp;qui Ienvironne doit comprimer ce peu dair , amp;c farronditnbsp;comme on Ie voit.
Le jour füivant, a buit heures du matin, japper^us deux OU trois de ces anguilles dont le mouvement nétoit pas biennbsp;libre; leurs corps paroiflbieiit roides, Coiiline fi elles euflentnbsp;été attaquées d une efpece de paralyfie : enfuite la chaleurnbsp;de ma main ayant un peu écliauffé fair qui les environnoit,nbsp;amp; la liqueur ou elles nageoient ¦, la maladie fe diffipa , ellesnbsp;reprirent vigueur , amp; enfin on leur reinarqua autant de forcenbsp;amp;: de foupiefle quaux autres.
Jobfervay auffl't'h même tems que le nombre des globules dair sy écoit multiplié durant la nüit, amp; quune anguille:nbsp;ayant ébranlé la plus grofle, lavoit diflipée en des particu-les invifibles. Une heure après il fe produifit dans la liqueurnbsp;une fort grolfe boule dair , qui comprimoit celuy qui étoitnbsp;au milieu du concave , en sy enfon^lnt a proportion de fanbsp;grofleür.
Le lendemain j environ a pareille heure, jobfervai les anguilles qui fe tranfportoient aiTez librement dans cette liqueur , accompagnées dune vingtaine de tres-belles boules dair, dont le tiers me fembloit avoir environ fept a huit li-gnes de diametre , amp;: lés autres plus petites, ne paroiflantnbsp;avóir au plus quunc demie ligne ehacune.
Pendant que lon obferve toutes ces chofes a la itimiere dune bougie , fi lon frappe du doigt la partie exterieure dunbsp;Microfcope qui porte les objets, on sapper^oit fouvent quilnbsp;vient du dehors de tres-petites boules dair qui sintroduifentnbsp;dans la zone , en fe gliifant entre le porte-objet 6c le petit
-ocr page 158-li Des animaux aeriehs, terrestres verre qui fert a Ie couvrir ; doü lon doit coiiclure quil fortnbsp;néceffairement de cette zone tour autant de liqueur quil ynbsp;entre dair groflier. Mais ü lon donne encore quelques pe-tits coups a la piece du Microfcope dont je viens de parler,nbsp;pour y faire entrer davantage dair , il ny en entrera pas jnbsp;paree qualors tour eft plein, amp;: quil faur donner Ie tems anbsp;quelque nouvelle portion de la liqueur de sévaporer, pournbsp;faire place a de nouvel air.
Le premier ÖC Ie fecond Oftobre je mapper^us que la liqueur sétoit épaiffie , que lefpace circulaire du milieu du concave s'étoit augmenté , amp; que les anguilles avoient plusnbsp;de difficulté a sy mouvoir. Le troiliéme , de cinq anguillesnbsp;quil y avoit encore en vie le fecond, il ne sy en trouva plusnbsp;quune feule vivante, qui mourut le même jour troiliéme anbsp;midy. Ainli ces animaux ont demeuré en vie neuf jours du-rant enfermez dans cette zone,
hl!*!
Jay réïtcré plulieurs fois ces mêmes experiences , amp; jy ay toujours remarqué a peu prés les mêmes chofes. Toute Ianbsp;difference la plus remarquable que jaye obfervée dans unenbsp;même quantité de vinaigre, a été linégalité de tems quellenbsp;a employee a sévapoter entierement j une de ces gouttesnbsp;ayant été évaporée en neuf jours , une autre en douze , 8cnbsp;une autre en quinze , felon le degré de la chaleur de fair ,nbsp;de la faifon , éc du lieu ou étoic le Microfcope durant cesnbsp;experiences.
IL y a au moins trente-huit ans que Monlieur Hartfoelcer apporta , de Hollande en France , un nouveau Microfcope a liqueurs , monté dune feule lentille foufflée, avec le-quel il nous fit remarquer quen mettanc infufer a froid desnbsp;grains de poivre noir dans de feau commune , pn y voypit
-ocr page 159-ET aquatiques. Seconde ParWe. Chap. V. i; au bout de quelques jours un nombre innombrable de petitsnbsp;animaux, qui nous ont donné occaiion dobferver pluficursnbsp;chofes tres-hngulieres que nous navions point encore vues.
Premierement, par Ie moyen de cette lentille de verre , on a vü des animaux de couleur d or pale , a peu prés de lanbsp;grandeur amp;c de la figure qu on les voit reprefentez dans cettenbsp;Planche , aux endroits marquez B,D,K,H,0,R, L, rianchc t.nbsp;avec de petites taches plus tranfparentcs que Ie refte de leurnbsp;corps.
2°. La figure ovale amp; réguliere fous laquelle ces animaux paroifl'ent ordinairement , èc leur mouvement rapide , nenbsp;permcttent pas de determiner dabord Tendroitdeleur corpsnbsp;OU eft: la tête 5 mais avec un peu de patience on Ie découvrenbsp;bien-tót, par la direétion fuivant laquelle ils continucnt a fenbsp;mouvoir. Dailleurs, la liqueur oü ils nagent sépaiffiÜant in-fenfiblement par lévaporation de fes parties les plus fubtilesnbsp;amp; les plus agitées, fait diminuer peu a peu la viteffe de cesnbsp;poifibns 5 amp; ceft alorsque Ton peut a loifir obferver plufieur.snbsp;chofes , qui donnent occafion dadmirer la fagefle du Créa-teur jufques dans la moindre partie des petites creatures quenbsp;irous entreprenons de décrire.
3°. On sapper^oit que deux des animaux de cette infufion avan^ant diredement, lun de A en B, amp; 1autre de Cen Dnbsp;sen retournant, Ie premier fuivant la ligne ponduée B E ,
amp; Ie fecond de D en F.
4°. J'ay quelquefois obfcrvé que deux de ces poilfons , après avoir parcouru lun la ligne G H , lautre la lignenbsp;IK, lailfent entreux un efpace trop petit pour permettre anbsp;un -troifiéme marqué L, de Ic traverfer 3 celuy-cy pris amp;nbsp;ferré contre lun amp;c lautre, sallonge en fe courbant pour fenbsp;fauver vers M.
II y en a qui après avoir parcouru une ligne droite , comnie N O , tournent fi vite autour du point O , ou eft lanbsp;tête , que leur figure ovale femble devenir circulaire , aprèsnbsp;quoy ils sélancent vers p avec une promptitude extreme. Etnbsp;-fon en remarque aufli daurres, qui après avoir parcouru unenbsp;ligne droite , femblable a QJl , tournent fur leur centre denbsp;grandeur 5c de pefanteur marqué R, trawant ainli un grand
c ij
-ocr page 160-Ï4 Des ANIMAUX AERtENS,TERREStRES iiombre de circonferences de cercles concentriques les unesnbsp;aux aiitres ¦, puis s eian^anc avec uiae ¥itefl'e extraordinaire ,nbsp;on les voit parcourir une autre ligne droite marquée S T,nbsp;Voilace que nous avons reinarqué de plus condderable dansnbsp;la premiere infulion, dans laquelle il ne paroiflbit que desnbsp;Ovales ; eeft ainfi que je nonime ces poillbns : amp; voicy cenbsp;qui nous a paru dans une feconde, obfervée avec des lentillesnbsp;travaillées a la main , amp; taillées au tour , qui eft la manierenbsp;de les faire beaucoup plus parfaites que les précedentes.
La premiere figure reprefente un poillon, que je nonime la Poule hupe'e, dont la tête eft garnie de poil au lieu de plurnbsp;mes : fon mouvement Ie plus ordinaire étoit circulaire. Cenbsp;poifl'on eft Ie feul que j'aye vu dans cette infulion, amp;:je nennbsp;ay jamais apper^u de pareil dans aucune de celles que jaynbsp;préparées.
La feconde efpece de poiflbn, reprefenté a 1endroit marqué z , font des animaux que je nomme Cornemufes argen-tées, amp; dont je parleray dans la fuite de cette Hiftoire.
La troifiéme , eft une grolTe araignée aquatique , dont la bouelie souvre alTez grande pour engloutir les cornemufesnbsp;précedentes.
La quatriéme figure reprefente deux de ces araignées ac-» couplées , qui tournent enfemblc fur leur centre commun dqnbsp;pefanteur.
La cinquiéme figure en reprefente deux autres aufti accou-plées , mais dont Ie nager scxecute en ligne droite. Nous décrirons plus exaftement ces grofles araignées aquatiquesnbsp;vers la fin de cette feconde Partie , en parlant des animauxnbsp;que nous avons vus dans une infulion d un peu décorce denbsp;bois de chéne, qui porte Ie gland,
La lixiéme figure reprefente un autre poiflbn , dont Ie corps eft a peu pres femblable a la navette d un Tiflerand,nbsp;II a de grands polls au derriere qui luy fervent de nageoires.
Enfin au-deftbus de 1endroit marqué fept, on y a reprefenté une fourmiliere de petits infcéles de diverfes figures amp; grolTeurs qui viennent de naitre, qui fervent ordinairementnbsp;de jiourriture aux plu§ gros.
-ocr page 161-ÏT AGïïATIOITES. SeCONDE PaRTIE. Cliap. V.
LE poivre blanc en grain mis en infufion , produira des poillbns dune grande beauté j mais ce ne fera peut-ccre pas en auffi peu de jours que les précedens. Les grolTesnbsp;cornemufes de cette infulion avancent amp; reculent prefquenbsp;cgalement pendant leur nager. Peu de tems avant que la liqueur oü on les voit foit totalement deffechée , on sapper-^oit qu elles deviennent plus grolTes quelles nécoient aupa-ravanc^ amp; dans ce moment-la on a Ie plailir dobferver unnbsp;bon nombre dceufs dans ieurs corps ¦, amp; de remarquer quunnbsp;moment après quelle eft deflechée , leurs corps changentnbsp;tellenient de forme, quüs ne paroiïlent plus que comme unenbsp;malle confufe , a caufe de leur grande dclicatelle,
UNe infulion de poivre long mis en cntier dans dc Teau commune , ne donnera pas moins de fatisfadionnbsp;que les deux précedentes; car dans les premiers mois cettenbsp;infulion eft li nette , quelle facilite Ie moyen de découvrirnbsp;jufquaux parties interieures des poilTons que Ton y trouvenbsp;en grande quantité : amp; ce qui merite quelque attention , eftnbsp;que cette infulion, ni les deux précedentes , nexalent au-cune mauvaife odeur, quoy quelles foient confervées en experience durant plus de quatorze mois. On trouve quelque-rois dans cette infulion , un peu vieillie , des animaux quenbsp;nous avons nommez Chenilles aquatiques ¦ amp; de nouvelles an-guilles , plus grolTes amp;: plus courtes que celles qui fe voyentnbsp;ordinairemcnt dans Ie vinaigre ; mais elles ny vivent pas ftnbsp;iong-tems a beaucoup pres.
En confervant ces infulions Ie plus de tems qu il eft polli-; ble , 8c en les réïterant dans des faifons öc dans des annéegnbsp;differentes, on apper^oit des animaux dilFerens de ceux quinbsp;font reprefentez dans cette Planche.
Nous finirons ce Chapitre , en avertilTant que ces ppilTona ^outiennent les rigueurs dun hyver tres - rude amp; tres - long ,
i6 Des animaux aeriens,terrestres amp; quils fe confervent en vie au-defTous dune glacé denvi-ron deux lignes dépaifleur j car a mefure que la furtace dcnbsp;leau du vaiifeau fe gele , les poiflons sy enfoncent davan-tage. Mais li vous faites fondre cette glace , amp; que vousnbsp;gardiez cette infulion , vous y verrez ces poiffons, au boutnbsp;denviron quinze jours d un tems plus doux , en beaucoupnbsp;plus grand nombre quils ny étoient avant que cette eau futnbsp;gelee.
ENvlron Ie 15. Juillet de Tannée 1710, Je mis infllfer k froid une bonne pincée de feüilles , de queues amp; denbsp;branches de fené; amp; je m'apper^üs quau bout denviron huitnbsp;Jours il y avoit dans cette liqueur quantité de tres-petitsnbsp;corps longuets, feparez les uns des autres fans fe touchernbsp;amp; fans avoir dautre mouvement que celuy quils pouvoientnbsp;avoir receu de la liqueur oü ils étoient. Et par plulieurs obfer-vations que jen ay faites a diverfes reptiles, je me fuis per-fuadé que ces corpufcules , que vous voyez en A de la troi-héme Planche , nétoient autre chofe que de tres-petitesnbsp;parcelles de 1 écorce des branches du fené, amp; non pas lesnbsp;parties des fels contenuës dans ces chofes, comme Ie vouloicnbsp;un Medecin a qui je les fis voir 5 paree que les fels dilfousnbsp;dans autant deau quil y en avoit, ne sy font point apper-cevoir , non plus que les parties de fair qui font éparfes dansnbsp;cette infufion.
Tous ces petits corps étant devenus les uns plus pefans ; par lunion de quelques autres les autres plus legers , parnbsp;leur divifion , ceux-la fe précipiterent au fond de la caraffe ,nbsp;èc ceux-cy monterent a lafurrace de leau, poury compofernbsp;une pellicule épaifle , molle amp; opaque , fur laquelle je visnbsp;'paroitre de petirsvers blancs, allcz fenfibles aux yeux nuds.
-ocr page 163-Environ huit jours après ces vers difparurenc , amp; je fus affez furpris d en appercevoir de nouveaux , beaucoup plusnbsp;petits que les premiers : ces petits vers vivoient dans la liqueur ,amp; nageoientun peu au-deflbus de fa furface; jen misnbsp;im dans un petic Microfcope monté dunc feule lentille denbsp;deux lignes de foyer : fa longueur my parut denviron neufnbsp;lignes: il étoit compofé en partie donze petits anneaux : fanbsp;tête étoit ronde a fon extrémité amp; par fautre bout fon corpsnbsp;fe terminoit quelquefois par un plan perpendiculaire a fanbsp;longueur j amp; dautres fois, par trois petites eminences arron-dies ¦, de maniere que celle du milieu avoir quelque pcu plusnbsp;de faillie que les deux autres.
II paroinoit au - delfous de fa peau un filet tres - blanc , amp; ployé; de maniere que fes deux bouts finifibient vers la queue,nbsp;dou ils sétendoient en droite ligne vers la tete , ou ce filnbsp;étoit recourbé.
I M, reprefente Ie ver, dont la tête eft en 1,8e Ie derriere pianchc j,. en M.
Le fil dont je viens de parler eft vu en N O 5 8e 1on re-inarquoit quil sallongeoit 8e fe raccourciflbit alternative-ment i 8e par ces divers mouvemens il obligeoit les anneaux de ce ver a sapprocher , ou a séloigner un peu les uns desnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
autres,
Une partie de la liqueur s'étant évaporce pendant plu-fieurs jours , jaugmentay le refte par Taddition dune eau commune , ce qui détrempa tellement la pellicule qui sétoicnbsp;formée a la furface de linfufion, qu elle fe précipita quelquenbsp;tems après au fond du vaifleau , ce qui rendit linfufion plusnbsp;belle Sc plus tranfparente quelle nétoit auparavant j Sc monbsp;donna en même tems occafion dobferver un nouveau fpec-tacle , dont je vais vous parler. Trois fortes de nouveauxnbsp;poiffbns fe faifoient appercevoir dans la moindre petitenbsp;goutte que je mettois au Microfcope j f^avoir de tres-petits,'nbsp;des moyens Sc des gros. D, E, F, en font les Figures. Lesnbsp;gros relfenrbloient afl'ez a une Cornemufe , chacun deuxnbsp;ayant la tête recourbée, comme vous voyez en F j jy remar-quois aufti deuX mouvemens differens , lun droit Sc lautrenbsp;gifculajre j celuy-cy fe faifoit pour rordinajre de F par V Sc
-ocr page 164-i8 Des animaux aeriens, terrestres a Ces deux mouvemens qui fe fuccedoient lun a Tautre?nbsp;étoient affez lents pour être facilement obfervcz.
Dans Ia fuite , je découvris mie fixiéme forte de poiffon mals en petite quandté, dont la figure fe voit en G: ce poiffon ayant aflez de reflemblance a une carpe , peut être ainfinbsp;nommé. Son mouvement sexecutoit en ferpentant, décri-vant une ligne courbe a peuprès femblable a la ligne abed,;nbsp;pour arriver de a en r, ou eft la tête.
Après plufieurs jours , il parut un autre poifibn aflez fem^ blable au corbillon d un Oubiieur j fans quon put dcviner denbsp;quel cóté étoit la tête, finon lorfquon Ie voyoit fe mouvoir ;nbsp;paree que les extrémitez de la longueur étoient en tüut fem~nbsp;blables en apparence^
Jay vüs ces poiflbns fous les formes reprefentées au -def-fous des lettres K, L : Ie mouvement de ces animaux sexe-cute par ondulation , amp; aflez lentement,
Tous ces animaux , exceptc les vers , mouroieilt dés que' lenfon^ois dans la goutte de liqueur qui les contenoit Ienbsp;bout dune plume trempé dans du vinaigre ¦, èc cette infiifionnbsp;de fené ne faifoit pas fur les anguilles du vinaigre Ie mêmeïnbsp;cflèt que ce vinaigre faifoit fur celles de rinfiilion.
Les animaux de forme ovale , amp;c de moyenne groflèur saccouplent comme les hannetons , amp; étant ainfi attacheznbsp;Ie plus fort entraine Ie plus foible dune vitelTe furprenante.
Ces poiflbns ne séloignent pas du haut de ces liqueurs paree quils y refpirent de tems en cems un air qui leur con-vient, amp; y trouvent plus de nourriture quen aucun autre en-droit du vaiflbau ou ils fonty amp; sils defcendent en bas , ilsnbsp;ny reftent pas long-tems. On ne peut pas douter de ce quenbsp;javance a légard des anguilles du vinaigre ; amp; on Ie peutnbsp;tres-facilement obferver dans la bouteilie oü elles font,,avecnbsp;une loupe.
Les animaux des autres liqueurs étant trop petits pour être ainfi apper9Üs j je me fuis avifé dy cnfoncer un petitnbsp;tuyau capillaire , ayant pris auparavant la précaütion dennbsp;boucher Ie haut avec le pouce , que jen ótois lorfque Ie boutnbsp;inferieur étoit au fond du vaiflèau ; je fetirois eiifuite cenbsp;tuyaa , aprés lavoir rebouché ,, Sc je mettois fur Ie porte-
objcc.
-ocr page 165-ET AöyATIQPES. SeCDNDE PaRTIE. Chap. VI, Vf öbjet beaucoup plus de cetce liqueur qua Tordinaire , prifenbsp;itu fond du vaifl'eau qui la contenoit; cependant je ne voyois-dans cette grolTe goutte que quatre ou cinq aiiimaux, au lieunbsp;que fi jeufl'e pris autant de la même liqueur au haut du vaif-fêau , jen eufle trouvé peut-être cent fois davantage.
Leau tiéde ne fait pas mourir en hyver les poifibns dont nous parlons, au contraire ils femblent sy mouvoir beaucoupnbsp;plus librement quauparavant ¦, niais lorfqu elle eft un peu plus-chaude , ris y perilTcnt tous. II y a done un certain degre denbsp;chaleur qui ks fait vivre, amp; un autre un peu plus lort qulnbsp;les tüë.
Le 30. JanC^ier 1711. jobfervay unc autre forte de poiflbnsy qui vinrent en afl'ez grand nombre dans cette iniufion de fe-né, dont ie nager me parut fingulier ; car en avan^ant di-reftement, ils- ie balan^oicnt a droit amp; a gauche , de inêmenbsp;que feroit un petit bateau conduit par le iil d une eau courante , pendant' qu un homme debout au milieu de ce bateau gt;¦nbsp;panchant tantot dun coteamp;;tantoc dun autre^ le feroic balancer pout fe diverrir.
Jajoutay de feau commune pour la feizieme fois, afin dcit augmenter le volume ,¦ amp;c den diniinuer IcpaifTiirement , Scnbsp;fournir auffi en même terns quelque nouvelle fubftance aux-animaux qui sy trouvoient.
Je vis le lendemain que ccs animaux sy mouvoient beau-* coup plus vfte quauparavant, Sc fans sy balancer y dont la-raifon ne pent, ce me femble , être attribuce quaU plus denbsp;facilitc que ces poilTons trouvoient a divifer ce liquide.
Ce mcme jour-la , Sc le premier Février , je remarquay dautres infeftes fi petits , Sc £e mouvans fi vfte, que je nennbsp;pus decouvrir la figure. Peu de jours après jy decouvris damnbsp;tres poiffons femblables a celuy quon voit en H : la tête finif-foit prefque en pointe , amp;fervoit de gouvetnail a tout le ref-te de fon corps , qui saccordoit parfaitement avec elle , en'nbsp;avan9ant affez ientement, pour donner la facilite dobfervet'nbsp;plulieurs chofes qui feroient trop longues a décrirc.
Enfin les gtandes chaleurs qui furvinrent fur la fin du moi'S' de Juillet 1711, durant trois ou quatre jours , firent mourir'nbsp;prefque tous Ics animaux de certe infufion, qui avoit été un©^
d
2.0
Des animaux aeriens, terrestres année entiere en experience j Sc dans Ie tems que je la vou-lus fupprimer , je mavifay d en prendre encore une fois, Scnbsp;de la mectre fur Ie porte - objet du Microfcope dont je mé-cois fervi, afin de voir sil y auroit quelque nouveauté j Sc jynbsp;apper^üs un ver coiirpofé en partie'de treize a quatorze an-peaux, femblables chacun a un bourlet.
A B , eft fa longueur apparente. A , en eft ia bouche toutc ronde, dautour de laquelle partent trois filets qui sétendentnbsp;dune extrémité a lautre , Sc qui en senflant Sc fe défenflantnbsp;font rentrer les anneaux les uns dans les autres, des extré-initez a amp; b, vers Ie milieu D j amp; par cette méclianique ral-longent Sc raccourciflént fucceffivement Ie corps de eet in-feéte. C , marque fa longtieur vüe aux yeux nuds.
ON f9ait quil y a des huiftresde diverfes efpeces , tres?
differentes les unes de§ autres, tant par Ie goüt que par la grandeur, amp; la compofition du corps de ces animaux,nbsp;Lhuiftre dont nous parlons icy eft un poiftbn de mer quinbsp;fe nourrit entre deux écailles ; il eft fort eftimé d un grandnbsp;nombre de perfonnes, amp; on Ie mange tout en vie.
Ces huiftres jettent leur fray au mois de May, ceft-a-dire leurs oeufs, d ou les petites huiftres doivent fortir, On a re-marqué quau bout de vingc-quatre heures ces petites huiftres avoient de i'écaille, amp; que les meres font malades aprésnbsp;avoir bien frayé, nétant bien guéries que vers la fin du moisnbsp;dAouft fuivant.
Monfieur Mery fameux Anatomifte, premier Chirurgiefn ide lHotel-Dicu de cette Ville , Penfionnaire de lAcadé-rnbsp;mie Royale des Sciences, lut en public un difcours tres-cu-peux fur les huiftres des étangs j mais il manque a ce difeoprs
-ocr page 167-ËT AQyATiQjTEs. Seconde Parti E. Chap. VII. It les curieufes obfervations que nous avons fakes lur ces fortesnbsp;d'huiftres ou moules des étangs , ou de celles quon trouvenbsp;dans les canaux de Seaux 6e ailleurs.
Samedy 15. Novembre 1710. a midy , je fis ouvrir une de-mic döuzaine dhuiftres , j en mis 1cau dans un petit verre a boire , 6e je ly laiflay repofer environ deux heures : cettenbsp;eau me parut trouble 6e dune couleur de perle fine , ou ti-rant plutót fur la couleur du petit lait, 6e un peu plus épaif-fe, portant au nez une odeur de marée. Jen obiervay unenbsp;tres-petite goutte avee difterens Microfcopes a liqueurs , 6enbsp;je ny apper^üs rien de particulier qui merite detre dit.
Pknehe 4,
4-
Je ny découvris rien Ie fecond ni Ie troifiéme jour ¦, mais Ie quatriéme au foir je commen^ay dy voir une aflez grandenbsp;quantité de petites huiftres , belles, tranfparentes , 6e donenbsp;quclques-unes navoient pas un mouvement trop rapide pournbsp;mempêcher de voir la tête 6e Ie refte du corps. Leur grof-feur me parut avoir fait un grand progrès en peu de tems,nbsp;par rapport a celle des animaux que jay obfervez dans dau-tres liqueurs. En voicy une reprefentée en a b c d, dont anbsp;£ft la tête, 6e b c d Ie refte du corps, qui nêtoit pas égale-ment tranfparent. La forme de leur corps eft changeante 5nbsp;on les voit fe plier 6e replicr en differentes famous: leur mou- nbsp;vement eft quelquefois direêt, 6e dautres fois circulaire: onnbsp;les appcr9oit fouvent sentre-choquer, 6e par-la incerromprenbsp;leur courïe , tres-vite en plufieurs, 6e moins en d autres.
Ces animaux étoient aflez gros dés Ie quatriéme jour de leur naiflTance , pour fe faire voir aycc un Microfcope a troisnbsp;vertes denviron quatre pouces de hauteur, dont la lentillenbsp;objeétivc navoit pas moins de cinq lignes de foyer.
Le cinquiéme 6e Ie lixiéme jour , je vis plufieurs de ces animaux parfaitement en repos , de forte que je les crusnbsp;mores j mais en continuant de les obferver, je fus détrompé,nbsp;les voyant nager avee beaucoup de vitefle , les uns allansnbsp;dun cóté 6e les autres dun autre , sentre-frolant fouvent,
6e sarrêtant quelquefois pour un moment lun contre 1autre; puis étant écartcz par dautres qui faifoient effort pour paf-fer entreux, 8e cliangeoicnt de figure fuivant leur manierenbsp;de fe rcncontrer, ou le retreciftement du lieu quils vouloientnbsp;traverfer.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d ij
-ocr page 168-et Des animaux aeriens, terrestre.s
On sappercoit quelquefois qnunc de ces petites huiitrcs pafl'e fur uu groupe de piuiieurs autrcs fans les ébranler ¦, ccnbsp;qui marque quelles nen font pas touchécs , amp; quelles fontnbsp;enyironnces dafl'ez de liqueur pour faciliter Ie mouvementnbsp;de celles qui nagent par-dell'us.
Ces anirnaux 5allongent amp;: fe raccourcilfent conliderable-ment amp;c mcine ils saccouplent, comme on Ie peut voir en a amp; c : ils fe mouvent ainli accouplez da vers b, amp; dc c versnbsp;d, long- tcms avant quils ie feparent j de forte que Ie plusnbsp;fort entraine Ie plus foible.
Ces petits animaux tournent bcaucoup plus lentement que jie font ceux de Iinffifion du poivre en grains, ni même ceuxnbsp;du fené.
Le mouvement circulaire des petites huiftres sexecute en deux fa9ons routes differentes premiere les fait voir tour-nant autour de leur centre ¦, amp; la feconde les fait paroitrenbsp;tourner comme fur un point qui feroit vers 1extrcmité denbsp;leur tête.
Leau de ces poilldns fe trouve au bout de quelques jours dune odeur infupportable , mais dans la fuite elle sadoucitnbsp;conlidcrablement ¦, amp; paree quelle eft falée naturellement,nbsp;il y avoit lieu de croire quelle fe conferveroit long-tems , cenbsp;qui neft pas arrjvé. Lexpericnce npus a appris que la feulenbsp;odeur du vinaigre eft un poifon qui tu.ë ces petites huiftres.
Quoyquon ne puiile pas voir les yeux de ces animaux, on peut neanmoins alTurer quils appcr^oivent les objets qui fenbsp;prefentent a eux ¦, puifquon remarque certainement quilsnbsp;scn écartent en fe mouvant, de quils font des détours tres-,nbsp;frequens pour les éviter.
Le 21. je mis une grofle goutte de cette liqueur fur le por-te-objet du Microfcope , que je portay 6e rapportay de fort loin durant'cinq heures au moins, quelle employa a sévapo-ret entierenient j pendant ce tems - la les petites huiftresnbsp;quelle contenoit firent 1admiratjon de piuiieurs perfonnes anbsp;qui je les montray.
Le 2.1. au foir je trouvay cette eau plus tranfparente qifel-fe navoit éte cy-devant , quoy quclle fut devenue plus épaifle, du moins elle ne sétendoit pas 11 facilement fur ie
-ocr page 169-ET AQiJATIQUES. SecONÖE PaRTiÉ. Chap, VK. 3LJ poL'te-objec , quellc faifoic auparavant.
JjC mappcrcüs dailicurs que ia mêmc eau avoit perduë ,cc ere odeur iorce amp; dehigrcable qui sy faifoic feutir dés lesnbsp;premiers jours j que les animaux sy étoient.coufiderabieuientnbsp;multipliez j quils fembloient ctre devenus uu peu plus grosnbsp;quils néroient 5 amp; enfin il ne nien parut plus daccouplez.
Le lendemain 15. jobferyay encore les mêmes chofes, a quoy 1on peut ajoücer ces particularicez,
Qj.ie juique icy je nay vu dans cette eau quune feule ef-pece danimaux , prcfque tous dune même figure, amp; dune grolleur afiTcz uniforme j fe mouvans tous dune maniere afieznbsp;égale.
Conamc il eft difficile de porter, avec Ic plus petit bout dune plume a écrire , un peu de leau oü nageiat ces poif-fons, fans enlcver en nrênje teaisquclquc petite portion du-ne legere pellicule qui fe forme dés le commencement furnbsp;cette liqueur 5 on eft tout étonné de voir que cette parcelle,nbsp;prefque infenfible aux yeux nuds, paroic dans le Microfeo-pe dune étenduë extraordinaire ; en forte quelle reflemblenbsp;a une grofle maffe de rocher , chargée dune multitude extraordinaire de petites creatures.
Ces aninianx femblent fe plairc davantage , amp; trouver fous cette pellicule une nourriture plus propre a leur temperament que par tout ajlleurs, vu le nombre prodigieux quenbsp;nous y appcrcevons: ils y fourmillent les uns fur les autres,nbsp;de maniere que cet endroit-la devient beaucoup moins tranf-parent que les autres.
Le Samedy 15. Decembre 1710. il étoit refté tres - peu dhuiftres viyantes , amp;: même elles parurent diminuées denbsp;groffeur. Le 16. je ny en remarquay aucune ¦, ainfi mes premieres obfervations fur ces fortes daniniaux-la, finirent.
Mais ay ant prévü ce qui devoit arriver , jayois déja mis en experience de nouyelle eau 5 deux jours aprés japper^usnbsp;de ces animaux tout naiflans , qui paroiftbient avoir environnbsp;deux lignes de longueur une ligne de largeur.
Le i6. amp;C le 17. j apper^us ces hififtres en plus grand nom-fere , fie jen yis quelques -unes fous la forme dun huit de chif-fre: cétoient apparemnient deux petites huiftres accouplées,,
, diij
-ocr page 170-14 nbsp;nbsp;nbsp;ANIMAÜX AERIENS, TERRESTRES
Laugnientatioa du froid, répaifliflement (iirvenu a cettc eau par 1évaporation des parties les plus fubtiles les plusnbsp;agitées , jpiiic a cela Ie défaut de nourriture , les fit enfinnbsp;perir environ ie 50. Janvier 1711.
Dés ce mêmc jour je recommen^ay pour la tróifiéme fois une femblable experience mais depuis ce jour-la jufquau
Février, je ny apper^üs rien que je ny eufle déja remar-qué. En voyant dans la moindre goutte de cette eau un li grand nombre de ces poifibns , qu il y en avoit , je ne pusnbsp;diftinguer les uns davec les autres , tant cette eau en étoitnbsp;obfcurcie j ceft pourquoy , afin de réciaircir , jy ajoütay uixnbsp;peu deau commune , amp; jobfervay que ce melange avoit faitnbsp;diminuer fubitement la longueur des huiftres , en les ren-dant prefque touces rondes j mais dans la fuite elles reprirentnbsp;leur forme ovale amp; leur longueur ordinaire. Durant lefpacenbsp;de deux heures confecutives , jappliquois fept ou buit foisnbsp;de leau fraicKe fur Ie porte-objet, a mefure que la liqueurnbsp;sévaporoit j amp; j'aurois même pü continuer plus long - temsnbsp;ce manége , fi jeufle voulu prolonger davantage la vie denbsp;ces animaux ; ainfi cette eau commune , bien loin de leurnbsp;nuire, les accommode fort. II nen eft pas de même du melange dune tres - petite goutte deau de linfufion du fenénbsp;avéc celle des huiftres , qui les fait mourir en un inftant.
On remarque encore que Ie melange de leau commune avec celle des petites huiftres, les fait devenir plus groflesnbsp;amp; plus claires, pourvü quelle ne foit ni trop froide ni tropnbsp;chaude , ce qui les tuëroic, ou du moins arrêteroit leur mouvement pour un tems.
D ans une femblable experience que je fis enfiiite , jap-per^us une chofe linguliere que je navois pas encore obfer-vée i f^avoir , deux cornes mobiles a la tête de chacun de ces animaux , Icfquelles formoienc enfemble un croiflant,nbsp;cornme on ie voit en e , amp; ces cornes mobiles paroifl'oiencnbsp;auffi quelquefois comme on les voit en d; mais elles étoientnbsp;fi courtes en de certains tems, quon avoit de la peine a lesnbsp;voir.
Je mavifay enfuite dajouter a une goutte de Teau des huiftres une tres - petite goutte de vin avec Ie bout dunc
-ocr page 171-Et AQpATroi^Es. Seconde Partie. Chap. VIL plume , amp; je vis cxpirer ces petirs animaiix prcfque fur lenbsp;champ , amp; a mefure que Ie vin fe mêloic avec cette eau , ounbsp;quc les animaux pailbient de leau dans Ie vin.
Le 19. Mars , dans un tems aflez chaud , je remarquay que les petites huillres fe manifeftoient dans leur eau beau-coup plucót quelles navoient fait dans les tems moins chaudsjnbsp;amp; que quelques heures auparavant on y avoit remarqué. unnbsp;grand nombre de petirs corps ronds amp; tranfparens, qui peu-vent palier pour les oeufs de ces poilfons.
Le du méme mois , il paroilfoit dans cette eau tres-peu de petites huilfres j amp; quoy quelles tuffent devenuës bien maigres, eiles ne lailToient pas de fe mouvoir tres-vite :nbsp;ce fut pour lors que Ton celfa de vendre dans Paris desnbsp;huillres a fecailie , a caufe quelles nétoient plus bonnes anbsp;manger.
Le 15. Juillet lyri. a midy , je mis dans un vailTeau dc verre de leau de fix a fept huillres j amp; le 16. a fept heuresnbsp;du foir j'y obfervay une bonne quantité de petites huillresnbsp;nageant dans cette eau , quoyque le vaill'eau eüt été bouché ¦,nbsp;cc qui femble donnet occalion de penfer que ces animauxnbsp;font produits des oeufs des huillres mêmes , Sc quils ne vien-nenc pas des autres animaux qui volenc ou nagent dans fairnbsp;que nous refpirons.
Le zz, je vis dans cette même eau de deux fortes de nou-veaux animaux , dont plulieurs me parurent de la figin-e Sc grolTeur quil paroit en f, sallongeant öc fe raccourcilTantnbsp;alternative ment dun inllant a lautre. Ceux de la fecondenbsp;efpece , dont un feul oil vu en g, fe mouvoient alTez lente-mcnt pour qu on put temarquer en eux les particularitez fui~nbsp;vantes,
On apper^oit vers Ia tête amp; au dcrricre un niouvenient dondulation, dans une matiere blanche, lumineufe amp; tranf-parente , laquelle étant bien conliderée , on sapper^oit qu-elle ell caufée par les pattes, tant du devant que du derrierenbsp;de ces animaux. On les voit marcher fur le porte -objet dunbsp;Microfeope , fans fortir de leau oü ils ont pris nailfance ; SCnbsp;ion remarque que les pattes de derriere font plus longuesnbsp;que celles du devant. Jay aulTi vu dans le même tems, Sc
-ocr page 172-±6 Des aïtimaux aerieks, tERREst e;es dans la même goutte de cette liqueur, dautres anirnaux un^nbsp;peu plus grös que les arigurlles du vinaigre', ayant la particnbsp;du derriere de leür corps afle'z groffe amp; arrondic , amp; la têtcnbsp;ün peu plus longue que celle de ces anguilles : leur corps-ccoit moius tranlparcnt amp;: plus court de bcaucoup que ccluynbsp;des anguilles du vinaigre. Ces nouveaux poiflbns , dont oiYnbsp;voit la figure en h, changent de figure a tout momens.
Leur nagcr sexecute aflez lenteinent s Ie mouvement de leur tête , qui eft plus ménuc de beaucoup que Ie refte denbsp;leur corps, approche aflcz de celuy que j^ay remarqué dansnbsp;les vers de quelques aütres liqueurs j ils ravancent amp; la reti-rent altcrnativcment, ils la portent a droit amp; a gauche , sar-fêtant tres - fouvent j comme sils avoient peur de quclquc'nbsp;öbjet qui traverferoit leur route.
Le 7.Z. Aouft je fus furpris de ne trouver plus d'huiftres-dans cette eau, ni même aucirn des anirnaux de figure ovale ^ amp;c ce ne fut pas manque de nourrlture, puifque les derniereS-anguilles dont je viens de parler y vivoient. Enfin le j. Sep-tembre, a peine pouvoit - on voir deux anirnaux dans cetternbsp;liqueur j ce qui me la fit abandonner.
Le 2i. Oftobre lyir. nous vimes dans de nouvelle eatf dhuiftres, julquau 4. Novembre , les anirnaux reprefenteznbsp;cn i, 1, m , n, o , p , q.
La figure m reprefente ün ver , dont la tête eft en pointe ^ amp; le derriere rond. Celles qui font en n amp; o , reprefententnbsp;deux de ces vers qui fe tiennent eilfemble de deüx faconsnbsp;dilFerentes, Ic plus fort entrainant le plus toible.
En p, vous en voyez un plus gros dun autre genre, amp; d u-ne autre figure. Enfin au-deflbus de la lettre q, il y en a deux plus petits qui fe tiennent pat le becallant ainfi na^,nbsp;geant de compagnie^
ÉT aqijatiotes. Seconde Partie. Ch,ip. VIII. 'ty
LE 14. Juillet je mis infufer a froid dans de leau com' mune des ceillets qui nétoient pas encore épanoüis jnbsp;Ie 19. je commen9ay dappercevoir de tres -petits animauxnbsp;nageant dans lcau, dont voicy a peu prés la grofTeur amp; lanbsp;figure apparence , marquée en B , Planche 4. Figure i.
Oyelques perfonnes prennent ordinaircment les aninlauX de cette grofleur pour de pctites mouches ; mais ceft uncnbsp;erreur qui provient ou de ce que Textrem^ petitelTe de cesnbsp;infeétes rend leur efpece équivoque a nos yeux, ou de lanbsp;naauvaife figure de la lentille du Microfcope , défaut tres-eommun aux lentilles foufHées 5 ou de ce quelle eft mal pla-cée entre les diaphragmes j ou enfin de ce que Tobjec neltnbsp;pas placé au point de vüë oü il faudroit quil fiic.
Le zo. je commen^ay den appercevoir de tres-gros y mais^ en petit nombre , ayant le eorps bien tranfparent, amp;: par-femé de petites taches, comme on le peut remarquer en A.
Le zz. les gros me parurent plus beaux amp;c plus longs quau-paravant; ils fe mouvoient aufli dune maniere nouvelle.
Le zj. jappercüs fur la furface de la liqueur de petirs vers blancs; amp;: un peu au-deffous de cette même furface , jy visnbsp;un nombre extraordinaire de tres-petits animaux..
Le n. Aouft , la maffe compofée dune multitude prefque infinie de ces animaux, étoit fi épaiffc fi fourmillante, qu^nbsp;peine y pouvoit-on difcerner leur figure j amp; Ton remarquoitnbsp;parmy eux quelques gros vers fous la forme reprefentée*nbsp;en C.
Le zo, du même mois japper^üs dans une goutte de cette infufion des efpeces danguilles, dont on voit la rcprefcnta-tion en E amp; en F , plus grolies amp; plus courtes que celles quonnbsp;voit ordinairement dans le vinaigrej ce que je navois point
' e
-ocr page 174-zS Des auimaux aeriens , terrestres encore vü dans aucune des infuilons ou liqueurs préceden-tes : leur mouvement s executoir a peu prés comme celuynbsp;des ferpens du vinaigre. Ces nouvelles anguilles paroifTentnbsp;tres-blanches vers la tête amp; vers la queue , quelles ont tres-courtes ¦, tout Ie refte de leur corps étant dune couleur dam-bre plus ou moins claire, felon Ie temps quelles avoient de-jiieurées dans cette infufion,
Le ii. jobfervay un petit ver blanc, que javois pris en la furface de cette eau, dont le corps étoit affez tranfparentnbsp;pour me donner la facilité dobferver au dedans de fonnbsp;corps plulieurs filets blancs , dont les deux du milieu quinbsp;étoient un peu écartez lun de 1autre, amp; paralleles entreux,nbsp;jfe recourboient vers la tête pour sunir la, amp; sétendre juf-qua lextrémité poftericure du corps, au-dela de laquelle ilsnbsp;paroiffoient avancer de plus dune ligne.
De chacun de ces filets droit Sc gauche , partoient de diftance en diftance dautres filets blancs qui defcendoientnbsp;de haut en bas, amp; du dos vers le ventre, oü ils pouvoient fcnbsp;joindre,
Ces animaux ont auffi a la tête deux petits points noirs , qui font de veritables yeux j puifquils fe détournent a la pre-fence de quelques petjts objets dont on fe fert pour traverfernbsp;leur chemin.
Au devant de la tête on remarque deux efpeces de crochets , dont ils fe fervent comme dappuis pour avancer leur corps , par un mouvement femblable a celuy des vers quenbsp;nous voyons ordinaircment fe trainer fur la terre j car ilsnbsp;nont point de pieds , leur corps étant diftinguez par plu-fieurs anneaux , qui sapprochent Sc séloignent fucceflive-ment les uns des autres, par la contraftion des fibres dontnbsp;nous avons parlé. Vous voyezla figure de eet infeéte en D.
Le dernier Aoufi: 17ii. je vis au moins une douzaine dan-guilles dans une tres-petite goutte de cette infufion , bien groilés Sc bien eourtes en comparaifon de celles du vinaigre dont le mélange les fait mourir en moins de trois minutes. Et ce quil y a de particulier eft , que la tête de cesnbsp;nouvelles anguilles devient immobile , pendant i^ue le reftenbsp;de leur corps fe meut encore.
-ocr page 175-ET AQTJATIÖIJES. SeCONDE ParTIE. Chap. Vlll. Z9
LefFec de ce melange puouve , ce me femble allez , que ces dernieres anguilles font dune efpece differente de cellesnbsp;du vinaigre; amp; fi cela ne fuffit pas, voicy dequoy convain^nbsp;ere parfaitement de ce que javance.
Prenez deux Microfcopes montez de lentilles dun mêmc foyer, afin de découvtir par la vüë les differences qui fuivent,
1°. Les anguilles du- vinaigre font beaucoup plus longues , plus dégagées , plus blanches , amp;: plus également tranfparen-tes dans toute leur longueur, que celles qui fe trouvent dansnbsp;linfiifion dceillets.
z°. Celles du vinaigre dgurent fouvent plufleurs enfemble, de maniere quelles accordent les mouvemens de leur corpsnbsp;avec tant de juffcefïe , que les convexitez amp;: les concaviteznbsp;des unes fe trouvent répondre exaëtement a celles des amnbsp;tres; ce qui narrive pas aux anguilles de finfufion dont jenbsp;parle.
f. La tête des anguilles du vinaigre neft pas fi groffe que celle de finfuflon doeillets.
4°. Ces mêmes têtes different encote en autres chofes.
5°. Le mouvement de celles du vinaigre paroit plus libre amp; plus aifé , que celuy des anguilles de finfufion dceillets.
6°. Celles du vinaigre ne font jamais entierement en re-* pos, quelles ne foient mortes j amp; jen ay vü des autres y de-meurer comme immobiles durant plus dun quart - dheure ,nbsp;amp; fe remettre enfuite dans un mouvement affez prompt, quinbsp;durera autant de terns que la goutte de liqueur ou eUes na-;nbsp;geoient demeurera k fe deffécher,
'Ht
'''31
' hfl
iilsii
l
f
7°. Ces anguilles font beaucoup plus fenfibles au ftoid que celles du vinaigre j car quand les matinées font fraiches onnbsp;a de Ia peine den prendre j amp; pour en crouver'je fus obligenbsp;de mettre au Soleil le vaiffeau qui contenoit finfufion ounbsp;elles écoient, amp; de luy laiffer environ un quart-dheure, aprésnbsp;quoy jen rrouvay deux tout a la fois.
Enfin lorfque les anguilles du vinaigre font mortes depuis quelque tems , leur corps paroit dordinaire comme plu-fieurs noyaux dolives, enfilez a peu prés comme des grainsnbsp;de chapelets; au lieu que le corps des autres anguilles manbsp;toujours paru en fon entier.
e ij
-ocr page 176-|o Des aniMawx a e r i e ns , terrestb e s
Le 14. Juillct je mis infufcr dans de leau boüillante une portion des mêmes ceillcts dont je viens de parler , dans la^nbsp;(^uclle je nc commen^ay a découvrir des aniinaux quc le z^,nbsp;du même mois j ils étoient tres-petits amp; en fort grandnbsp;nombre,
Lc 19. je ne trouvay plus de petits infeóles ; mais je vis de? ;vers allez fenlibles aux yeux nuds, rampans fur la furface denbsp;iinfuüon , oü il s etoit forme une épailTeur dunc matierenbsp;molle , mais afl'ez ferme pour les foutenir. La grande cha-leur quil avoit fait durant quatre jours , fut la caufc de lanbsp;mort des premiers infeótes , ce qui mobligea a fupprimernbsp;4:ette infufion, beaucoup plutót que je naurois fait fans ccla,
Le II, May 1711. je mis infufer a froid , dans de leau commune , un bouquet de rofes, doeillets amp; de jafle-min, coupé par morceaux, pour le faire entrer plus facile-ment dans un petit yaifl'eau , tenant environ demi-feptier,nbsp;mefure de Paris j amp; je trpuyay au bout de trois ou quatrenbsp;jours un grand nombre de petits animaiix parmi quelquesnbsp;gros : ils fe multiplierenc confiderablement , amp; donnerentnbsp;durant un mois un fpeétacle agréable a plufieurs perfonnes.
Je ferois trop long fi jentreprenojs de décrire la figure, la couleur amp; les mouvemens de ces animaux j il vaut mieuxnbsp;vous lailTer la fatisfaétion de remarquer toutes ces merveillesnbsp;en les examinant comme jay fait.
fhnchc
figUJ'C
Je ne juge pourtant pas a propos de paffer fous filence une forte de nouveaux animaux que je navois point encorenbsp;vüs, amp; qui conimencerent a fe faire appercevoir dans cettenbsp;même liqueur le fecond jour de Septembre : cétoit une ef-pece de limace que je vis, en me fervant dune lentllle den-yiron une ligne de foyer. Toute fa longueur, dans laquclle
-ocr page 177-ET AQyATlQJTES, SecONDE PaRTIE. CIl^p. IX.
diftinguay trois parties confiderables, rae parut denviron dix a douze lignes, amp; fa plus grande largcur de dx a fept li-gnes OU environ.
La premiere partie marquée A en eft la tête, qu clle retire amp; avance par fecoufles lorfquelle va lentementj ce quelle 7ae fait pas lorfquelle nage aflez viie.
La feconde partie marquée B eft Ie tronc , amp; C reprefente ia partie du derricre , que eet animal retire fouvent , amp; anbsp;1extrémité de laquelle on apper^oit comme deux grandsnbsp;polls blancs marquez D , D, qui luy fervent de nageoires.nbsp;Tout fon corps, qui eft blanc tranfparent, femble n étrenbsp;quune mafte charnuë compofée de mufcles, amp;: de filets pref-que imperceptibles, qui sallongent amp; fe raccourciflênt fi ai-fément, que dune forme ovale affez longue , eet animal fcnbsp;change promptenient en boule.
II cache fouvent fes nageoires D, D fous luy, de maniere quon ne les appercoit plus, fans cefter néanmoins de mgt;-ger.nbsp;Son corps eft mal terminé ,de forte qu on Ie voit fouvent iousnbsp;une forme incertaine , a caufe du changement qui sy paftenbsp;par les divers mouvemens de fes mufcles j amp;: même lorfquenbsp;cette limace approche de fa fin , fa figure devient fi inégalenbsp;amp; fi irréguliere , quon ne la peut autrenicnt exprimer quenbsp;par Ie deftTein marqué en E, demeurant quelque cems tranf-parente, ainfi quun gros grain de fable vu au Microfcope anbsp;liqueurs , ou dans un Microfcope a plufieurs verres , en y regardant comme on fait dans une lunette dapproche pournbsp;obferver les Aftres.
CHAPITRE X.
LE fecond Juin je mis infufer a froid , dans de Teau commune, les queues dun gros bouquet de barbeaux ^nbsp;gvec quelques fleur$ j amp; en mênie tems je jettay dans uuf
e «/
-ocr page 178-31 Des animaux aerieks, terrestres caraffe de verre des mêmes fleurs feules , fur lefquelles jenbsp;Pknchc j. rép^ndis de Peau en fuffifante quantité. Environ douze heu-Fimre z. ^es aprés japper^üs dans ces intlifions des animaux de la,nbsp;groireur amp; de la figure quon les a reprefentcz en F , par Ienbsp;inoyen d un Microfcope , oü javois mis une lentille denvi-ron une ligne de foyer. Le lendemain au foir j'y vis de quaere fortes daniniaux bien tranfparens , de figure ovale , amp;nbsp;dinégale grofi'eur, fe mouvans diverfement.
Le cinquiéme du même mois je me fervis dune autre lentille , qui na quun quart de ligne de foyer, amp; japper^us les plus gros animaux comme en G j mais avec beaucoup plusnbsp;de confufion que je ne les avois obfervez au travers de lanbsp;lentille précedente 3 ce qui arrive nécelTairement, quand onnbsp;fe fert des lentilles dont le foyer eft trcs-proche de 1objet ynbsp;Sc par confequent fort court.
Ces gros animaux changent de figure , même de mouvement en un inftant , sallongeant 8c fe raccourcilfant de maniere quon les méconnoit dun moment a 1autre 3 ce quinbsp;fait quon prend fouvent en divers tems le même animaïnbsp;pour un autre.
Le japper^üs une nouvelle clpece danimaux , done vous voyez icy toute la grofl'eur la figure en H, qui sal-longeoit êc fe raccourcifl'oit en nageant dans une tres-petitenbsp;goutte deau, fans que jaye pu remarquer de difference en-tre la têce Se la queue de ce poilTon , que je nomme infedcnbsp;des barbeaux ou chabot : mais paree quil doit y avoir unenbsp;partie conftante oü fe trouve la tête de eet animal je la jugcnbsp;a 1extrémité qui précede ou devance toujours lautre dans lenbsp;tranfport de tout fon corps.
Le feptiéme , jobfervay une chofe tres-curieufe en quel-ques-uns des plus grosils avoient une figure ovale terminée alfcz irrégulierement, trainant après eux une longue queuenbsp;denviron deux pouces, dune fubftance beaucoup plus blanche amp; plus tranfparente que nclf leur corps , depuis lequelnbsp;eJle sétend direêlement en diminuant de grofl'eur, amp; finif-fant comme en pointe , ainfi quon le peut voir reprefenté ennbsp;H. Le bout de cette queue, qui eft fouvent cinq ou fix foisnbsp;plus longue que le corps, eft ordinairement attachée a imc
-ocr page 179-tr aqpatiqïtes. Seconde Partie, Chap. X. maffe de la matiere groffiere de Iinfufion , qui fe colle aunbsp;concave de verre oü la goutte de liqueur eft en obfervation inbsp;amp; alors il y a du plailir a voir Ianimal tirer cette molecule ,nbsp;fans la pouvoir entrainer, comme en I ¦, ce qui loblige a seunbsp;rapprocher de tems en tems a reculons, en repliant fa queue,nbsp;comme en L, quil redreffe en sen écartant avec beaucoupnbsp;moins de viteffe quil ne sen écoic rapproché , allant dunnbsp;mouvement affez égal dautres fois on voit cinq ou lix denbsp;ces infeótes attachez autour dune groffe maffe qui tient fer-mement attachée au porte-objet, dont ils fe rapprochent amp;nbsp;fe retirent tour a tour, comme nous venons de dire.
On obferve que durant eet exercice, il change amp; reprend alcernativement fa premiere figure , amp; que cette queue na-mrellement droite , comme en I, reprend fa direction , anbsp;mefure quil fait des efforts pour sécarter en droite ligne denbsp;ia maffe qui lenchaine au concave de verre, amp; quil entrainenbsp;quelquefois après luy allant direétement.
Jay remarqué que lexceflive chaleur de lair en fit perir nne tres-grande quantité , dc que cinq ou fix jours après il ennbsp;revint dautres.
II ne meft pas permis de douter, après ce que jay vu dc CCS derniers animaux , quils nayent des yeux , amp; quils nenbsp;voyent , car on en remarque fouvent deux qui figurent en-femble lun proche de lautre fans fe toucher , tournant tousnbsp;deux dune viteffe fi grande autour dun même centre, quenbsp;les deux , quoy quovales , ne paroiftbient que comme unnbsp;feul, amp;c tout rond.
On voit au-deffous de M un petit poiffon, dont les extré-mitez font terminées par deux furfaces planes, tellement parallels entrelles , quon ny apper^oit riea de diftind qui puiffe faire juger du lieu oü eft fa tête : pour Ie connoitre, ilnbsp;iaut obferver fon mouvement , qui sexecute en courbantnbsp;differemment tout fon corps, qui va en avant, formant desnbsp;ondularions tres-lentes de forte quil fait peu de chemin ejanbsp;beaueoup de tems,
^4 E)es ANIMAUX AERiEHS , terrestres
E 15. Juillec 1711. après avoir mis dans une théhere au-tant de thé amp; deau boüillante quil en falloit pour fix grandes prifes jjen mis dans une earaffe de verre, d environnbsp;Pi'ancHe j. demi'fcptier, les feüilles qui refterent aprés Iinfufion chau-dej amp; ayant rempli deau de fontaine Ie vaifTeau , je laifTaynbsp;repofer cette feconde infufion qui sen faifort a froid : dixnbsp;jours aprés japper^us dans la moindre goutte que je puflenbsp;prendre de cette liqueur, une fourmilliere de tres-petits ani-maux de figure ronde , amp; dont Ie mouvement étoit tres-lent,
Quelques jours enfuite, ces pctits animaux y parurent en moindre quantité , mals beaucoup plus ^ros , plüs clairs §£nbsp;plus diftinds quauparavant: leur figure etoit ovale, amp; com-me on en voit un feul reprefenté au-defious de N. Le contour apparent de leur corps paroiflbit noir , amp; le refte tres-hlanc amp; tranfparent 3 on les voyoit nager dune viteffe fur-p renante..
Le corps de ces infectes étoit dune confiftance fl délicate, quils nont confervé leur figure naturelle que deux ou troisnbsp;minutes aprés leur mort.
Le z3. Septemhre japper^üs dans la méme liqueur de trois fortes d animaux , f^avoir de tres-petits, amp; en grand nom-bre 3 de moyens, en moindre quantité 3 amp; de gros encore ennbsp;plus petite 3 mais ils nageoient beaucoup plus vite que lesnbsp;autres. Aujourdhuy 8. Dccembre il sy en trouve encore denbsp;tres -beaux 3 amp; jay vu par hazard une grofie anguille dansnbsp;une tres-petite goutte de cette infufion3 ou ^3. voiticy repre-fêntée' toute entiere : elle differe des anguilles du vinaigrenbsp;en ce que fbn corps cft plus court plus gros, amp; que fonnbsp;nager eft de beaucoup plus lent.
L inflrfion quon fait des feüilles de thé, tel quil vient des. Tndes, étant mifcs a froid dans de leau commime , na riemnbsp;fait voir dcxtraordinaire.-
IT AopATioyis. Seconue Partie. Chap. XII. jy
Des infuftons de queues de framboifes, mips d froid dans de Iem commune.
LInfuflon des queues de framboifes , dans de Ieau commune , eft une de celles qui n acquiert aucune mauvai-fe odeur , depuis le commencement jufqu a la fin , eeft-a-dire durant deux mois ^ cependant elle produilit en moins de vingt- quatre heures les plus beaux animaux que Tonnbsp;puifle vcir dans les liqueurs , amp; en tres-grand nombre j vousnbsp;en verrez icy les Figures reprefentées en O. Ces poiffons pa- Pianchc f,nbsp;roiflent tres-blancs amp; tranlparens dans le commencement de Figure 4.nbsp;leur naifiance , avec de petites marques fur le corps , plusnbsp;diaphanes endes endroits quen dautres :cette grande blan-cheur fe change dans la fuite en une couleur jaunatre , Sdnbsp;toujours aflez tranfparente.
On les voit sallonger fe raccourcir , devenant ovales ou ronds, felon quil leur convient , par rapport aux obfta-cles quils trouvent dans leur route. Jen ay vu fouvent deuxnbsp;fe tenir enfemble comme par le bee, ainfi que foirt ordinai-rement deux tourterelles, ou deux pigeons male 6c femellsnbsp;qui fe careftent ^ 6c on voyoit ces animaux fe mouvoir afleznbsp;vice, fans quitter cette attitude reprefentée en P, dans la-quelle on les voit même jufqu aprés leur mort.
Le premier Septembre de Iannec 1711. jen vis un groupc de huit d une belle couleur d-ambre , 6c dune grofleur re-marquable, figurant enfemble comme feroient plufieurs dan-feurs qui prendroient plaifir a divertir une compagnie : dansnbsp;de certains momens ils nageoient, 8c marchoient aflez len-tement pour fe faire obferver a loifir : je nay pu cependantnbsp;jufqu icy parvenir a découvrir leurs nageoires ou leurs pat-tes ¦, mais le 8. Septembre fuivant, je vis dans cette infufionnbsp;quantité de gros animaux fans aucun petit; 8c parmi eux jennbsp;apper^us deux ronds qui ne fe quittoient point j Iun des deux
-ocr page 182-3(J Des animaï?x a e r i e ns , terrestr e s avan^oit fur lautre , coniine font deux jettons fans être couverts totalenient dautres fois ils fe touchoient feulcmentnbsp;par leurs circonferences , tournant ainfi enfemble conamenbsp;sils nen faifoient quun feul, tantót en un fens amp; tantót ennbsp;un autre. Enfin Ie 17. du même mois japper^üs dans cetrenbsp;infufion, pour la premiere fois , des animaux femblables anbsp;celuy qui eft reprefenté par Q^, ayant une matiere tranfpa-rente amp; agitée afl'ez regulierement, dont je ne pus difcernernbsp;Ia figure a caufe de la vitefl'e de fon mouvement. Cette matiere eft fituée entre Ic milieu du corps de 1animal, amp; fanbsp;tête , qui eft immédiatement fous la lettre Q. Peut-être quenbsp;ceft Ie coeur de ce poiflbn , amp; que les agitations qu'on y ap-per^oit en font Ie fyftole 6c Ie diaftole: ces mouvemens nenbsp;peuvent être remarquez que dans Ie tems que ranimal fcnbsp;meut tout entier 8c tres-lentement.
E ir. Aouft 1711- je mis infufer a froid , dans de leau
_commune, du fenoüil avec fes tiges, grofles 8c menuesj
Sc Ie 15. enfuivant jobfervay que dans la moindre goutte que Ton puilfe prendre de cette liqueur, on découvroit une four-miliere compofée d un nombre prefque innombrable de pe-Pianche f. pjs animaux, que nous avons reprefentcz en R, parmi lef-Fignre . q^els il y en avoir dautres de figure ronde, 8c environ cinqnbsp;pu fix fois plus gros,
Le ii. Aouft 1711. je mis infiifer a froid des feüilles de fauge , qui ont confervé leur odeur naturelle durant tont Ienbsp;tems de leur infufion : dans fintervalle de douze jours ounbsp;environ, je nay vu dans cette liqueur que quelques petitsnbsp;animaux de la groflëur dun grain de millet, 8c une infinitenbsp;de plus petits , qui ne paroifloient que comme des pointsnbsp;marqiiez fur du papier, avec une plume a écrire taillée des
-ocr page 183-ET aoitatiques. Seconde Partie. Chap. XIII. 37 plus fine ; amp;c un peu au-deflbus de la furface de la liqueur, jynbsp;apper^us de tres-pecits vers blancs.
Le i8. Septembre je vis dans une goutte de cette niênic eau deux fortes de petits poiffons reprcfentez en S , com-me ils paroifibient vüs avec une lentillc dune ligne de foyer.
La goutte de liqueur venant a fe delfécher, on voit mourir les gros avant les petits , qui prennent autour des gros desnbsp;arrangemens femblables a celuy qui fe voit icy.
Le iz. Aouft je mis infufer a froid des bayes ou fruits dé-pinc-vinette , amp; au bout de vingt-quatrc heures japper^üs des animaux de la groffeur amp; figure reprefcntée en T, dont Figure s.nbsp;le corps étoit blanc amp; cranfparent 3 mais ils nont vécu quenbsp;tres-peu de tems.
Le 15. du même mois , au foir, je mis infufer a froid de petits niorceaux de la cóte dun melon, avec un peu de lanbsp;chair amp;de fa graine; le lendemain au matin japperg:us quel-ques animaux alTez beaux tranfparens , dont on voit lanbsp;figure en V.
Le 30, au matin je ne vis plus dans cette infiifion que de petits corps longuets, blancs Sc tranfparens; comme on lesnbsp;peut voir reprcfentez en X , dans une goutte de la liqueurnbsp;mife au Microfcope, parmi lefquels on apper^oit dautresnbsp;petits corps moindres que celuy quon voit marqué T , fansnbsp;aucun mouvement fenfible ¦, ce qui me fit fupprimer cettenbsp;infufion.
Ayant mis infufer Ic 14. Aouft des grains de verjus en grappe , dans de feau commune Sc froide , jy apper^üs lenbsp;lo, un grand nombre de fi petits poilfons, que je nen pusnbsp;diftinguer la figure.
Figure 7,
Le 15. du même mois jy découvris de deux fortes de poif-fons; les uns de la figure Sc groffeur reprefentée en Y, amp; les autres fi petits , que je nen pus voir la forme.
Le 4. Septembre je trouvay les petits animaux de ce verjus confiderablemcnt multipliez 3 SC les gros augmentez de volume : jen vis de ronds qui paroiffoient avoir une bonnenbsp;ligne de diametre , Sc qui étoient joints enfemble , en formant comruc un 8 de chiffre , fe mouvant ainfi tantót circu-lairement, Sc tantót en ligne droite.
f ij
-ocr page 184-3S Des animaux aeriens , terrestres Le 8. Sepcembre japper^üs quantité de petits vei's fur unönbsp;croute formée en la furface de cette infulion, amp; des anguil-les en aflez grande quantité dans une feule petite goutte dcnbsp;ia liqueur.
Enfin le 5. Decenibre japper9Üs encore dans cette infu-fion de trois ou quatre fortes de petits poifl'ons, de diverfes srofleurs , de differentes figures, fe riiouvans tres-lentement,nbsp;a caufe de répaifliffement de la liqueur , Sc de raugmenta-tion du froid.
Le Z5. Aouft 1711. je mis infufer a froid, dans de Teaq commune , des tiges amp;c des fleurs de foucy , amp; buit joursnbsp;après jy vis de trois fortes danimaux , dontles plus petits fcnbsp;Figure 8. voyent reprefentez en Z Z, les feconds en , Se les derniers,nbsp;qui nont pu trouver de place icy, étoient de grofles anguil-les, differentes en efpeces de celles du vinaigre , amp; differences aulTi de celles que jay vues dans linfufion doeillets.
Enfin le 8. Septembre je ne trouvay plus dans cette infu-fion qu'une feule efpece de poiffon j les anguilles même é-Coient devenuës invifibles, amp; linfufion avoit acquis en peu de jours une odeur durine fi forte amp; fi défagréable , que jenbsp;fus oblige de la fupprimer.
CHAPITRE XIV.
CEtte infiifion de foiq nouveau neft pas vingt-quatrd heures en experience, fans donner des marqués avan-tageufes de ce quop peut voir en elle : En effet, au bout denbsp;cinq OU fix jours on découvre dans une tres-petite goutte denbsp;cette eau, jufqu a cinq ou fix fortes danimaux vivans, dif»nbsp;ferens en couleur, en groffeur, en figure amp; en mouvement^nbsp;Lextrême délicateffe du corps de ces poiffons les fait mé-connoJtre, dès quils font morts, fur le porte-objet du jMitnbsp;profcope?
-ocr page 185-ÊT AQyATlOtTES. SeCONDE pARTlE. Chap. XV. 59 Lodeur de cette infufion , duranc les graiides chaleurs ,nbsp;tres-forte dans les premiers jours ¦, amp;c jay rcmarqué quelle avoir un ü grand rapport avec celle des crotins du che-val, que fans voir cette infullon, on alTureroit que ce fontnbsp;des crotins qui la caufent j mais elle diminuë en vieillilTant inbsp;de forte quelle devient dans la fuite tres-fupportable.
Dans la plupart des liqueurs que jay vüës, je ny ay gué-res trouvé de plus gros animaux , de plus tranfparens amp; dc plus nets, ni qui durent plus long - tems que ceux-ci , puisnbsp;quau inois dOftobre jy en apper^ds encore line aflez gran',nbsp;de quantité de gros Sf de petits,
LE 4. 0£tobre I711. je mis infufer a froid, dans de Ieaw commune , un peu de foin nouveau, dans deux diffe-rens vailTeaux ¦, jen bouchay un Ie mieux que je pus avec dunbsp;velin bien moüillé , amp; je lailTay lautre ouvert. Deux joursnbsp;après japper^üs dans Tune amp; dans lautre infiilion de troisnbsp;fortes danimaux , amp; en aflez grand nombre : cette experience femble tres-propre pour perfuader que ces animauxnbsp;étoient produits des oeufs que dautres animaux avoient dé-pofez fur ce foingt; amp; non de ceux qui étoient répandus dansnbsp;iair.
Le 10. du même mois je trouvay plus danimaux dans unc goutte de finfulion qui avoit été bouchée , que je n en visnbsp;dans une pareille quantité de celle qui ne 1 etoit pas. Onnbsp;peut penfer que la fermentation amp; lévaporation de la liqueur débouchée, y étant devenuës plus grandes quen cellenbsp;de lautre , elles fiirent les caufes occadonnelles du plus,nbsp;grand nombre de poilFons ^ui sy font trouv^z,
-ocr page 186-40 Des, animauX aeriens, ter re stres
LE 13.0£tobrc je fis boüillir de femblable foin nouveau dans de 1eau commune, durant plus dun quart-dheu-re 3 jen mis enfuite une égale quantité dans deux vaiffeaux ,nbsp;a peupi'ès de même grandeur 3 jen bouchay un fur Ie champ,nbsp;Sc même avant que Ie tout fut rcfroidi: je laiflay lautrc dé-couvert, amp; jy apper^us des animaux au bout de quelquesnbsp;jours , Sc pas un dans linfufion qui avoir été bouchéc 3 Scnbsp;après lavoir gardée ainfi fermée un tems confiderable pournbsp;y trouver quelque infeéle vivanc, sil y en eüt du venir j maisnbsp;ny ayant rien trouvé , je la laiflay enfin débouchée , amp; aunbsp;bout de quelques jours jy en remarquay : ce qui fait com-prendre que ces animaux avoient pris naiflanee des oeufs ré-pandus dans fair-, puifque ceux qui sétoient pu rencontrernbsp;fur ce foin avoient été ruinez totalement dans leau boüil-lante.
MEflez enfemble des parties a peu prés égales de linfufion de fené , de linfufion de queues de framboi-boifes, de Iinfufion de fom , Scc. Sc demie heure après prc-nez a lordinaire une feule petite goutte de ce melange , pour la mettre fur Ie porte-objet du Microfcope , afin de lynbsp;obferver, amp; vous aurez Ie plaifir de voir dans cette gouttenbsp;de liqueur des animaux de toutes les infufions, dont vousnbsp;aurez fait Ie mélange. A loccafion de cecy, il eft a proposnbsp;de remarquer que tons ces petics poifl'ons ne fubfifteront pasnbsp;amfi dans ce mélange fi long-tems, a beaucoup prés quilsnbsp;auroient tait, sils fulTent demeurez chacun dans fa premierenbsp;infufion. Je croy encore devoir avertir que toutes fortes
-ocr page 187-ET AQUATIQUES. SeCONDE PaRTIE. Chap. XVÏÏ. 4! -dinfufions ne font pas propres a donnet ie plaifir de cenbsp;fpeótaclc , vü quelles doivent avoir un certain rapport pournbsp;y faire fubiifter les animaux en vie j amp;c ceft ce que nousnbsp;avons fait voir dans plufieurs des Chapitres de cette fecondcnbsp;Partie.
Onprêwve dans ce Chapitre quil y a de tres-petits animmx qui en devorent de plus gros.
y en a de fi petits qu'tls échüppent mx meillettrs yeux armett de Microjcopes.
hout d'un certain terns en ejlé on de'cowvre des petits poif-Jirns dans l'eau de riviere, oh dans celle de fontaine y fans s'ètrt corrompu'é.
^yiau bout de quatre heures , ó' ntême en moins de tems , on trouve plufieurs efieces de poijjons dans £eau que lon a donné »nbsp;boire d des oifiaux.
J.t enfin comment les graines ö les plantes doivent être mifes en infufien , pour produtre de bons effets , par rapport aux experiences dont nous parlons.
QUoyquc notre vüë foit a prefent portee par les Microf-copes aufli loin quelle peut aller ¦, amp;c que nous ayons conime forcé la nature a nous découvrir une grande partienbsp;de ce quelle avoit de plus caché dans les infufions donenbsp;nous parlons dans cette feconde Partie ; je ne doute pasnbsp;neanmoins quune infinite defpeces dinfeftes , amp; dautresnbsp;3,nimaux, ne demeurent toujours invifibles , foit par Ie defiant des inftrumens, foit par la foiblelTe de nos organes, foitnbsp;par Ie manque dapplication a fuivre Sc a épier ce qui fe palTenbsp;dans une infufion j foit enfin paree quil eft difficile , Sc menie impoffible de prendre avec Ie plus menu bout dune plu^:nbsp;me a écrire , ou autre femblable corps, de routes les diffe-rentes efpeces des petits animaux qui fe peuvent rencontrernbsp;dans une infufion. Je fuis perfuadé , par ma propre experience , qu il y en a qui échapent aii^? plus attentifs j puif-
-ocr page 188-42, DëS ANIMAUX AERIENS , TERRESTRES quil meft arrivé plufieurs fois de nen trouver quun dunenbsp;feule efpece, dans quelque infuiion particuliere.
Lon découvre , niais rarement, de tres - petits animaux fur Ie poux amp;c fur la puce j amp; je ne doute pas quil nè sennbsp;puiffe voir encore de bicn plus petits fur Ie corps de ces der-niers , qui les incommodent, amp; qui les devorent enfin , com-me je lay fouvent obfervé , en examinant de certaines mou-ches qui étoient mangées par des animaux environ deuxnbsp;mille fois plus petits quelles.
Les infufions doeillets, de queues de framboifes, de fené; de tabac de toutes les fortes ,font éclore les oeufs d unc multitude vifible dinfeéles , qui dans les premiers jours font finbsp;menus que lon a de la peine a les appercevoir, quoy quonnbsp;fe ferve dune lentille qui groflifle confiderablement: amp; celanbsp;nous fait penfer , quil peut y en avoir de fi petits dans lesnbsp;liqueurs, que nous manquons de Microfcopes pour nous lesnbsp;faire appercevoir j ou plutbt, que Ie peu de lumiere que cesnbsp;petits animaux font capables de refléchir dans nos yeux, neftnbsp;pas fufiifante pour caufer un ébranlement capable de les fairenbsp;fentir.
Leau commune expofée a fair durant une quinzaine de jours, dun tems aflez temperé, nous prefente aux yeux ar-mez dun Microfcope quantité de petits poilfons , de grof-feur, de figure amp; de mouvemens differens, qui ne fubfiftentnbsp;que tres-peu de tems, en comparaifon de la plupart de ceuxnbsp;qui sobfervent dans les infufions des plantes, ou dans cellesnbsp;des drogues telles quelles puiflent être , a caufe du peu dcnbsp;nourriture quils y trouvent.
La mêine eau dont je viens de parler étant donriée a boirc aux ferins de Canarie , ou a dautres oifeaux, nous en prefente dun jour a Tautre: il sy en voit fouvent de quatre anbsp;cinq efpeces tres-differentes les uns des autres, amp; tres-pro-inbsp;pres a divertir agréablement Ie fpedateur j paree quen unnbsp;moment il y obfervera des anguilles a pen prés femblables anbsp;celles du vinaigre , mais plus courtes: Des limaffes qui sé-tendent amp;:fe raccourciflent confiderablement, en fc trainantnbsp;Sc s appuyant tantót fur la tête, Sc taniot fiir Ie derriere, ounbsp;i'on voit deux pointes faites en forme dun follet, avan^ant
allez
-ocr page 189-ET AQI/ATroyES. SECONftE PARTïS. Chap. XVII. 45 aflez lentement; ce qui fournic Ie moyen dobfervcr plufieursnbsp;chofcs aflez curicufes. Dautres fois on voit ces animaux na-ger tres-vite, amp;: alors ils paroifl'ent avoir deux têtes, qui sé-cartent Sc fc rapprochent alternativement Tune de lautre :nbsp;leur couleur reffemble ^ celie de lambre jaune. Le contournbsp;du corps de ce poiffon fe voit mal terminé j il reffemble a lanbsp;niaffuc dun Géant, particulierement quand il étend quelquenbsp;peu fon corps du cóté de la tête feulement.
On voit auffi dans cette même eau de petits vers longuets, dune apparence denviron quatre a cinq lignes de longueur,nbsp;qui changent de figure en nageant i Sc dautres animaux affeznbsp;femblables a une Cornemufe : enfin jy en ay vü encore denbsp;figure ovale , ala referve de l'endroit ou efi: la tcte , qui eftnbsp;un peu applatie; trainant aprés eux une longue queue blanche Sc tranfparente , qui fe termine en une pointe tres-aiguë.
Nous avons toujours mis les tiges des plantes, leurs fefiil-les , leurs fleurs, Sc les fruits en infufion , fans les réduire en poudre, Sc fans les macerer ¦, paree quétant autrement pré-parées Sc mifes en infufion, elles rendroient la liqueur opaque Sc trop épaiffe, Sc lon n'y pourroic rien voir de diftind.
Lécorce des arbres fe met en ipfulion par petits mor-ceaux, de même que le bois des gros arbres, Sc les gros fruits. Les pepins de ces fruits, les grains de poivre, Sc autres cho-fes femblables sy mettent tout entier.
La fuie de nos cheminées, le tabac grainé, le rapé, Sc ce-luy quon paffe au tamis,produifentde petits animaux jmais on les voit fi confondus avec les menuës parcelles de tousnbsp;ces corps, quon na aucune fatisfadion des obfervations quenbsp;ion fait fur ces poudres.
Et a légard des fucs, tant des fruits que des plantes, on cn feparera la partie la plus groflierc pour mettre le refte ennbsp;infufion dans de leau commune , qui les éclaircira fuffifam-ment pour y faire appercevoir fucceffivement routes les pro-'nbsp;dudions dont ces fucs feront capables.
Les experiences précedentes me paroiffent en affez grand nombre , pour ofer entreprendre de jetter les folidemensnbsp;dune nouvelle hypothéfe, qui puiffe fervir a rendre raifon,
44 nbsp;nbsp;nbsp;ANlMAtrX AERIENS , TERRESTRES
dc tous les Phénomenes qui regardent les infedes, amp; les au tres aniniaux contenus dans les' infulions précedentes , 65nbsp;même dans routes celles que nous examinerons cy-aprés.
N a cru autrefois que tous les infedes, amp; dautres pe^
_ tits animaux sengendroient de corruption; mais de-»
puis que plulieurs celebres PhilofopheSr ont donnez fur cettc matiere les obfcrvatiojis quils ont faites avec beaucoup denbsp;foin amp; d exaditude , on eft revenu de cettC erreur : Hs ontnbsp;prouvé par un grand nombre dexperiences, amp; par des rai-fonnemens inconteftables, que tous les animaux , de quel-que nature quils foient, viennent des oeufs. En effet, comment peut-on comprendre que ralteration amp; la pourrirure ,nbsp;qui nailTent de la divilion amp; de la feparation des parties dimnbsp;corps en dautres parties plus petites , puiflènt jamais sajan-cer les unes auprès des auctes, amp;: sunir comme il ie faudroit,nbsp;pour compofer des corps vivans, qui devinffent capables denbsp;chercher de quoy fe nourrir en marchant, en rampant amp;cnbsp;en nageant, amp;: même de produire leur femblable , commenbsp;pon voit que font ceux quon tronve dans les infulions desnbsp;plantos l Ceft ce que je ne penfe pas quun homme capablenbsp;de reflexion puifle simaginer, quelquc effort qu il fafle pournbsp;en vénir a bout.
Mais afin davoir de quoy combattre ce préjugé fi dange-» reux a la Religion , en attribuant au hazard, ceft-a-dire , anbsp;tine caufe qui neft ni apparente ni néceflaire, ce qui eft allurement louvrage Ie plus parfait dune puiflance infinie ; ilnbsp;ny a qua faire attention aux experiences eontenuës dansnbsp;cette Hiftoire, amp; aux raifonnemens qui fuivent.
La corruption neft pas la caifle de la generation d^s pe«
-ocr page 191-IT AQyATIQlTES. SeCONDE PaRTIE. Chap. XVIII. 45 tits animaux qui fe voyent, avec le Microfcope , dans Ieaunbsp;des monies, dans celle des huiftres a récailie; puifquon lesnbsp;y decouvre avant que ces mêmes eaux foient corrompues,
Elle neft pas non plus la caufe de la generation dune infinite de tres-pecits poiflbns que nous avons vus dans differences infiifions j puifque les matieres de touces ces infufions netoient point encore akerees ni corrompues , lorfquon anbsp;commence a les y voir.
Si la pourriture étoit la caufe de la naiffance des Infeffes que nous appercevons dans une feule infufion , on les y de-vroit voir tous , dés que la maticre infufee feroit pourrie gt;nbsp;ce qui narrive pas, puifquon les y voit fe fucceder les unsnbsp;aux autres durant plus de treize a quatorze mois.
Si la pourriture contribuoit a la generation des infeffes done nous parlons j plus un corps feroit pourri, plus on y de-vroit voir danimaux j cependant on voit arriver tout le contraire dans furine que Ton garde plufieurs jours. Dans unenbsp;infufion de poreaux mis dans de Ieau commune, les champignons , une coque dceuf remplie deau, Sec. font des cho-les que Ton eft obligé de fupprimer en pen de jours durantnbsp;les grandes chaleurs ¦, paree quelles choquent Iodorat dunenbsp;maniere infupportable.
Le fang humain, fans aucun melange, ayant etc expofé a fair durant prés dun mois , amp; dans un terns affez chaud ,nbsp;n a fait fentir quune odeur infupportable ; Sc quoyque jayenbsp;mis de Ieau commune dans le même vaiffeau ou il étoit, Scnbsp;examiné ce mélange affez de terns, je ny ay rien vu qui maicnbsp;paru avoir aucune apparence de vie.
On peut encore ajofiter , quil y a des corps qui ne chan-gent que peu ou point dodeur j qui fournifl'ent des animaux differens les uns des autres , durant tout le terns quon lesnbsp;garde en infufion.
Voila ce me femble des experiences enfuffifante quantité, pour montrer que ni Ialteration, ni la corruption, ni la mau-vaife odeur , ne font point la caufe de la generation des animaux , tels quils pulffent ecre : cela fuppofe, paffons a féca-bliftement dune hypothéfe, pour expliquer Ce qui fe voltnbsp;de plus furprenant dans les infufions des plantcs. Je fuppo-
S i)
Des ANiMAux aeriens, terrestres feray quil vole ou nage dans Fair voifin de la terre, lui noni-bre innombrable de tres-petits animaux de diverfes efpeces,nbsp;qüi sappliquant furies plantes qui leur conviennent,sy re-ppfent, y prennent quelque nourriture , amp; y mettent au journbsp;leurs petits, pendant que dautres y dépofent des a-ufs , ounbsp;de nouveaux infe£tes font renfcrmez.
Et enfin que ces mêmes animaux laifl'ent auffi tomber dans Fair quils parcourent, des petits amp; des ceufs , particuliere^nbsp;inent dans les lieux ou ils font arrêtez par des corpufculesnbsp;fpirituéux qui séchapent continuellement des plantes, amp; ge-neralcment de tous les autres corps, dont les parties ont en-trelles quelque mouvement capable de les fubtilifer afi'eznbsp;pour en faire Févaporation,
De plus, il elf a propos de remarquer qu une mcme plan-te peut être la favorite de diverfes efpeces danimaux , 6e par-la devenir en menie tems la dépofitaire des oeufs amp; desnbsp;petits toutvivans de plufieurs efpeces dinfeótes j dou il fuitnbsp;que fon infufion fera fuffifante pour faciliter la naifiance , 6cnbsp;fournir tout ce qui fera nécelTaire a Faccroilfenient de tousnbsp;les differens animaux que nous y appercevrons fuccelliveznbsp;ment j pendant tout Ie tems que durera cette infufion.
D'm lt;zfer de terre trouvé par mi des herhes potageres.
JAy mis dans un vaifieau de verre, de figure cllindriquCj denviron trois pouces de diametre, de leau commune,nbsp;amp; un ver qui s étoit rencontré parmi des herbes potageres jnbsp;long denviron deux pouces 8c demi , 6c dune ligne de dia-,nbsp;metre : je Ic changeay de vaifleau , 6c je luy donnay de nou-:nbsp;veile eau commune. Au bout de trois femaines ou enyiron,nbsp;il y fit de nouveaux excreinens , ee qui me fit juger quUnbsp;ayoit |rouvé dans e^tte ean cjuelque nourriture ptopre a Ie
-ocr page 193-ET AQÏJATIQPES. SeCONDE PaRTIE. Chap. XIX, 47 faire vivre durant tout ce tems-la. Je pris alors une tres-pe-dte goutte de cette eau; je la mis fur Ie porte-objet de monnbsp;Microfcope a liqueur , amp; jy vis de deux fortes de poill'onsnbsp;qui nageoient dans cc peu deau ; les uns brillans , amp; de figure ovale, nayant au plus quune deniie ligne de longueurnbsp;apparente , amp; les autres un peu plus gros, taits comme denbsp;petites cornemufes blanches amp;c tranfparentes. Tous ces pe-tirs poiflbns difpariifent au bout de quatre ou cinq jours ;nbsp;peut-être que cela vint de ce que Ie ver les avoit mangez ,nbsp;OU de ce quils étoient morts faute davoir trouvé dans cett©nbsp;eau de quoy fe nourrir plus long-tems. Six femaines aprés jenbsp;jettay leau de ce vaifleau pour y en mettre dautre ; troisnbsp;jours aprés jy apper^us de deux fortes de petits poilfons :nbsp;enfin au bout de trois mois ceverme parut comme lié ou tors;nbsp;en un feul endroit de tout fon corps, ce qui Ie fit mourir aprésnbsp;sêtre bien tourmenté durant un jour.
Cette experience , amp;c une feconde toute feniblable , que je fis long-tems aprés , fur un autre ver de terre de mêmcnbsp;nature , fcmblent fuffire pour prouver quil y a des animauxnbsp;qui ne lailTent pas de vivre dans leau, quoy quils ayent prisnbsp;naifiance fur la terre , oü ils fubliftent ordinairement.
Voicy encore une belle experience qui prouve la mêmc chofe. Ayant mis de la poudre , que 1on trouve fur de certains fromages , parmy laquelle il y avoit beaucoup de mit-tes vivantes dans de leau commune , je mapper9us qu ellcsnbsp;y vêcurent depuis Ie 2.0. Février jufquau ly Mars fuivant,nbsp;durant lequel tems il sy forma de trois fortes de poilfons ,nbsp;qui ne meritent pas detre décrits.
La Rhubarbe eft une des drogues purgatives quj dc meure Ie plus de tems en infulion dans de leau com-p3iun9 , fans quon y apper^oiy? aucun poilfon gt; ny quell?
S üj
4? Des animaux aerïens, terrestkes rende aucune odeur défagréable : je lay obfervée durant iiïïnbsp;niois fans y avoir vü aucune chofe de confiderablc. Enfin aunbsp;bout de cinq femaincs je commenpy dy remarquer anenbsp;feule forte danimaux, qui ne merite pas quc jen faife unenbsp;idefcription particuliere gt; nous dirons feuleraent que Ie mélange d une goutte de cette intufion , avcc autant de celle dunbsp;fené , ne fait pas perir les poiffons de Tune ny de lautrernbsp;cfpece i amp; quau bout de quinze jours, les animaux de Lin-:nbsp;fiilion de la Rhubarbe fe font trouvez morts.
LInfüfion a froid dun gros champignon, produifit durï jour a lautre une multitude étonnante de treS-petitsnbsp;animaux de figure ronde gt; de la grolleur dun grain de navette y vüs au Microfcope , qui multiplie environ vingt-cinqnbsp;mille fois lapparence ordinaire de ce grain.
Le troifiéme jour de cette infufion, jy en découvriS quï ctoient plus gros , amp; dont la tête un peu eourbée fe termi-noit en pointe , hi dont tont Ie corps étoit alfez approchantnbsp;dune larme de verre.
Une troifiéme efpece parut bien-tot parmy les deux pré-cedentes , sy tremoulfant extraordinairement fans pourtanc y parcourir plus de deux lignes apparentes de chemin j ilsnbsp;étoient de figure ovale , dont le grand diametre navoir aunbsp;plus que deux lignes de longueur : amp; une quatriéme forte fenbsp;prefenta a mes yeux, nayant au plus que la douziéme partienbsp;dun pouce de diametre , formant un contour parfaitementnbsp;rond en apparence.
Cette infiifion devint au bout de cinq ou fix jours dune: odeur tres-forte , amp; difficile a fupporter : ce fut ators quonnbsp;apper9ut de pctits moucherons samaffier hc voltiger au-def-fus de fa furface , oü ils demeuroient aflez de tenis pour y
-ocr page 195-IP
ET aqjjatioites. Seconde Partie. Chap. XXL 49 (dépofer un grand nombre de tres-petits vermifl'eaux , qui fenbsp;nourriffoient dans la pellicule qui sy etoit formee.
Cette mauvaifc odeur fe diffipa peu a peu : les morceaux de champignon fe precipiterent au fond du vaifl'eau ¦, la pellicule epailfe qui sétoit formée a fa furface y tomba aulfi ,nbsp;amp; les vers n y parurent plus. Mais Ion continua de voir dansnbsp;une tres - petite goutte de cette infufion, de petits animauxnbsp;de figure ovale , les uns prefque en repos , amp; les autres ennbsp;grand mouvement.
Jexaminay cc champignon avant que de le mettre cn infufion je le trouvay beau, vermeil , amp; frais ceuilly; j'ynbsp;apper9us avec une loupe dun pouce de foyer, deux petitsnbsp;animaux blancs, ayant chacun pour ornement deux bellesnbsp;comes au-devant de la tête , plus longues que n etoit le reftenbsp;de fon corps. Chacun de ces petits animaux paroifloit avoirnbsp;au plus la grolTeur dun ciron; ce qui me femble prouvernbsp;quil y a des animaux qui dépofent leurs petits fur des végé-taux 5 amp; confirmer en même terns une partie de ce quenbsp;nous ayons avancé dans notre hypothele.
dans les pre^
SI vous mettez infufer a froid , dans de feau commune J de ces menues fleurs diverfement colorees 6c ceüillicsnbsp;dans un pré , lorfquelles font nouvellement épanoüies; vousnbsp;aurez dans Iinfufion, au bout de quelques jours, une efpecenbsp;finguiiere de poiffon quon peut nommer femelles, a caufenbsp;de la reflemblance qu il y a- On en voit un reprefenté aunbsp;hautde cette Planche , placé entre les lettres ABC; donenbsp;le nager ma paru aflez lent , amp; sexecuter en dandidant?nbsp;Cette lenteur qui fe remarque en luy, nous donne occafionnbsp;de conjeéturer que ces poifibns font tournez en forme dunenbsp;gourde ^liongée ; paree que Iapparence de leur largeur B C
-ocr page 196-50 Des 'animaux aeriens, terrestreS eft toujours égale a elle-même , dans Ie tems que la partiénbsp;C sabailTe, que B séleve.
Sa tête eft immédiatement au-deflbus de la lettre A j ellc ^incline vers B amp; vers C : elle sallonge aufli amp; fe raccourcit.nbsp;On voit quelquefois tout fon corps devenir rond commenbsp;mie boule , dont la fuperficie paroit inégale amp; raboteufe.nbsp;Le dedans de leur corps eft marqueté de taches longuettes,nbsp;en chacune defquelles on a remarqué un mouvement pe-riftaltique.
On voit fouvent ces animaux fe fróler les uns contre les autres, en fe mouvant affez lentement j amp; on les appercoitnbsp;rarement fe choquer par la tête , quils dirigent durant Icnbsp;nager dune manicre tres-agréable , en scvitant les uns lesnbsp;autres , comme feroient des danfeurs figurant enfemble ,nbsp;dans une entree de balet. Leur corps eft fi tranl^arent quonnbsp;y diftingue toutes les parties interieures qui font plaifir anbsp;voir , par le changement de figure amp; de couleur quon appercoit dans ces vifcercs , qui brillent lorfquils fe mouventnbsp;d-une certaine maniere. Et lorfque la goutte de liqueur gt;nbsp;mife fur le porte-objet du Microfcope, vient a sépailfir parnbsp;révaporation qui sen fait, on appercoit des agitations fur-prenantes, qui les écartent amp; qui les rapprochent les unsnbsp;des autres.
Ces gros animaux paroiflênt tout feuls dans le commencement de 1infufion j amp;C cc neft quau bout denviron quinze jours que Ton commence dy en appercevoir un aflez bonnbsp;norabre reprcfentez en i j ce qui eft tout le contraire de cenbsp;que jay obfervé dans la plupart des autres infufions , ou lesnbsp;petits paroiflênt avant les gros.
Au bout dun mois ou environ tous ces gros poiflóns perif-fent dans Iinfufion , oü lon continue dobfervcr les petits autant de tems , aprés quoy on n y voit plus rien qui ait vie.nbsp;Or il eft a propos que javertifl'e que cette infufion avoit cténbsp;feparée des fieurs gt; 6c comme tirée au clair , pour la mcttrenbsp;dans un autre vaifleau , afin de la pouvoir plus faciiementnbsp;tranfporter en divers endroits de cette Ville.
CHAP,
-ocr page 197-ET AQiTATrcitrES. Seconde Partie. Chap. XXIII. jr
Du petit bafilic qui a une odeur de citron.
NOus avons obfervé quelques jours aprés rinfufion a froid de ce baülic , trois fortes de poifTons \ les pre-miers font vüs au-deflbus du chifïre i j les feconds au-deffousnbsp;du chifFre ^ j amp; ceux de la troiliéme e:^ece font vus a peunbsp;prés comme celuy que Ton a reprefente au-deiïbus du chif-tl-e
Le nager de ce dernier poiffon s*éxecute en ferpentant ; pliant amp;c repliant fon corps diverfement , amp; en tout fens.nbsp;Lodeur de cette infülion a quelque agrément, qui diminuënbsp;de force de jour en jour j amp; cette liqueur ne conferve fesnbsp;animaux qu environ quinze jours ou trois femaines.
Nous avons reprefenté dans cette Planche les poilTons marquez quatre amp; cinq , qui fe font trouvez dans une infu-lion de foin nouveau. La couleur des uns amp; leur figure mo-bligent de les nominer Cornemufes dorées j amp;: celles des au-tres , Cornemufes argentées. Le poiflbn marqué cinq , fera.nbsp;nommé MalTuë, dont la tête eft èn D.
Ces animaux sallongent amp; fe raccoTTrcilTent: lis fe plieiu; amp; replient diverfement en nageant.
dW fedimênt de rvind^e dkrempé deau commune»
SI fon met dans le fedimeht du vinaigre , qui fera refté dans un vailTeau après Tévaporation prefque entiere denbsp;cette liqueur, environ dix fois autant dcau commune quenbsp;de matiere fedimenteufc \ lon y trouvera au bout de troisnbsp;ou quatre jours des anguilles, amp; une infinité danimaux tres-petits, dont la figure m a paru incertaine j Sc difficile a dé'
fi
-ocr page 198-rhnchc 6. terminer. La Icttre A , du groupe marqué 6 , en cft ia tcte:
les autrcs figures du même groupe font des efpeces de Cor-nemufes, decouvertes dés Ie lendemainde cette experience.
Les anguiilcs de ce vinaigre deau mont paru plus groil'es que celles du vinaigre ordinaire , vues Tune 1autre avecnbsp;la iiiéine lentilJe.
SIl arrive qu on niette infufer , par excmple , du foin dans un vailTeau oü il y avoit eu quelque tems aupara-vaiit une intulion dune plante , ou de quelques drogues ara-niatiques tres-fortes en odeur , amp; que ce vaiffeau nait pasnbsp;été bien lavé aprés cette premiere infufion , la feconde nenbsp;réüflira pas bien j car cette feconde pourroit ne pas convenirnbsp;avec la premiere.
Dailleurs , lcaii quon tire dune fontaiiie de cuivre mal étamée , ne convient pas pour bien entretenir la vie de lanbsp;plupart des animaux de nos infullons; paree que cette eaunbsp;acquiert par Ie féjour quelle fait dans ce vajlTeau , une qua-lité particuliere qui les empoifonne. Jay même autrefoisnbsp;oüy dire a Monfieur lAbbé Bourdelot , Medecin de Mon-feigneur Ie Prince de Condé , que les eauës qui féjournoientnbsp;dans ces fontaines de cuivre mal étamées, étant büës toutesnbsp;pures, caufoient des cours de ventre,
LE Oêtobre lyii. je vis pour la premiere fois un nouveau poiffon dans une infufion de barbeaux, dont la fi-fhache s. marquée 7, reprefente Ie premier. A , marque la tête de ce poiflbn, B la queue, C D la iargeur de fon corps ,nbsp;qui paroiflbit divifé fuivant fa longueur par une ligne courbe,nbsp;firée de B vers A.
ET acetatiques. Seconde Partie. Chap. XXVL ff I-a partie du corps de eet animal qui fe voit du edte marqué C , fembloit être remplie de plulieurs petits globules ,nbsp;nioins traiifparente en eet endroit que du cóté marqué D,
Le col de ce poiflbn qui eft fort long , fe raccourcit de tems en tems, de même que le derriere marqué B : fon nager eftnbsp;dune lenteur extraordinaire , ce qui me faifoft douter dansnbsp;le commencement que ce fut quelque chofe de vivant. Ccnbsp;poilTon ne dura pas plus de cinq a fix minutes en vie jnbsp;quoy qu il fut difficile den rencontrer dans cette infulionnbsp;oü il y en avoit tres-peu ¦, puifquen cinq ou fix coups de filets, je nen pus découvrir que deux , 8c je mappercns que Figute tf,nbsp;le fecond marqué 8. ny dura en vie quenviron autant denbsp;tems que le premier : ce dernier me parut un peu differentnbsp;du premier j car fon corps B C , garni de petits globules , lenbsp;rendoit moins tranfparent quil n ctoit en A B, en C D.
Igt;*unc infujton de foin -vieux.
Le i6. Oéiobre 1711, ayant jetté un coup de filet fian» finfixfion d un foin vieux , qui avoit été mis en experience le zo. Aouft précédent; jy trouvay des animaux dcnbsp;plufieurs efpeces , parmi lefquels il sen trouva de deux fortes qui meritent une explication particuliere , dont les moin-dres en longueur amp; en grofl'eur paroiffoient au Microfcope ,nbsp;monté dune lentille dune ligne amp; dettiie de foyer, commenbsp;il eft reprefenté a cóté du chiffre 9.
A, eft le cóté ou 1on apper^oit la tête, amp; B Ia queuë , qui fe termine par deux pointes, formant une efpece de fburchesnbsp;blanche Se tranfparente, Sr dont les pointes luy fervent dap-puy pour le faire avancer plus facilement, en rampant fiir le'nbsp;porte-objet du Microfcope oü on le met, Ces anilnaüx onenbsp;encore une autre allure qixi sexecute en nageanf tres-vite ^nbsp;fans quon puifie sapperccvoir daucun raccourcifi'ement ,- ninbsp;daucun allongement fenfible de leur corps,
hi)'
54 ÜES ANïMAtrX AERIFNS ; TERRESTRES
Les {econds font des animaux des plus furprenans amp; des plus extraordinaires que jaye encore vus dans les infulionsnbsp;des plantes, tant pour leur grofleur que pour les autres cir-conftances qui les ac.compagnent; en voicy deux que j'ay re-prefentez en lo, lo, fous deux diverfes tormes marquees A Cnbsp;D Bjamp;ACjEEB. Lendroit qui répond au-deilbus de A ennbsp;défigne la tête , B la queue qui eft fourchuc, C Ie coeur quonnbsp;voit mouvoir régulieremcnt,Dies inteftins de eet animal,nbsp;que jappelleray Chenille aquatique, a caufe de quelques pe-tits rapports de reflemblance quelles paroifl'ent avoir avecnbsp;jios ehenilles terreftres. II y en a de deux differentes cou-leurs , les unes font blanches amp; cranfparentes j les autres fontnbsp;dun jaune pale ¦, celles-ey paroiffent dprdinaire un peu plusnbsp;grolTes que les autres,
Leur allure sexccute en appuyant les pointes B fur Ie por-^ te-objet du Microfcope , pour sétendre en avant tant quelles peuvent ¦, puis en appuyant rextrémité anterieure de leurnbsp;corps fur un autre endroit, elles en rapproehent Ie derriere,nbsp;amp;C Gontinuent ainti de fe mouvoir en rampant. On les voitnbsp;fouvent sarrêter fur un endroit du porte-objet, ou fixant lesnbsp;pointes B , elles allongent amp; raccöurcilTent tout Ie corps anbsp;diverfes reprifes, fans changer fenfiblement Ie lieu oü ellesnbsp;appliquent ees pointes. Ori voit aufti quelquefois tout leurnbsp;corps fe tourner a lentour du point B, comme un de nos fau-teurs fait tourner tout Ie tien fur fa fete , en faifant mouvoirnbsp;fes pieds comme fur une circonfereii.ce de cercle , done Ienbsp;centre eft a lendroit ou eft fa tête,
Cette forte dallure neft pas la feule qu on apper9oit en ces chenilles; elles sélaneent quelquefois avec tant de force , quelles parcourent en un inftant une étenduë contidera-ble ëè apparente du porte-objet, ou elles nagent fans fe rac-courcir ni sallonger davantage quelles ont fait dans Ie moment de la premiere fecouffe.
Quand ces chenilles sarrêtent, on apper^oit pour 1 ordi-dinaire quelles ouvreiit une grande bouche matquée A dans la plus grofle des deux , dont on voit les lévres garnies denbsp;poils qui paroiftent noirs, amp;: mus avec beaucoup de vitefl'e jnbsp;fe ^ui fait yoir avec étonnement «|ue les pedts poiftbiis » ^
-ocr page 201-ET AOyATlOPES. SeCONBE PaRTIE. Chap. XXVI. 55 les autres corps qui Ie trouvenc nêtre éloignez dc Touverturenbsp;de leur bouche , que denviron unpouce apparent, feniblentnbsp;gy précipiter.
Dans les premieres obfervations que je fis de ces chenilles, japper9Üs un petit corps marqué C, qui fe mouvoit all'ez vitenbsp;amp; réguiierement j je crus dabord que cécoit un petit poiflbnnbsp;encore vivant qui sétoit jetté dans fon eftomac j mais en continuant mes obfervations , je fus oblige de croire que cétoitnbsp;Ie cocur de la chenille, dont Ie mouvement égal executoit ccnbsp;quon nomme fiftole amp; diaftole.
Japper^us aulli en même tems les inteftins de eet infeéte marquez D , qui formoient une mafle de matiere qui étoicnbsp;dans un mouvement aflez irrégulier. Quand ces chenilles sar-rondiflent, ce quelles font aflez rarement , Sc quelles de-meurent ainfi quelque tems en repos, on voit briller Ie dedans de leur corps , qui paroit fouvent dune couleur doréenbsp;tres-belle. II y en a dautres qui paroiflent routes blanches Scnbsp;tranfparentes , fans qu on puiflè diftinguer les parties inte-rieures , comme on les diftingue dans celles dont je viens denbsp;parler, qui apparemment font les males, SC celles-cy les femelles.
Dans de certains momens oh les voit avoir Ie derrière tout herifle de poils, couchez dc E E en B. On les voit auffi avoirnbsp;Ie corps mal terminé, Sc comme sil étpit fa^onné en dentsnbsp;de fcie. Et en examinant bience contour , on apper^oit quenbsp;ce font des anneaux qu on voit rentrer les uns dans les au-tres, Sc fortjr enfuite avec une promptitude merveilleufe, Onnbsp;apper^oit encore dans de certains momens des filets de nerfsnbsp;prefque imperceptibles, qui sétcndentde Ia tete a la queuenbsp;de ces chenilles, qui s enflent Sc qui fe défenflent alternati-vernent dans Ie tems quelles rampent ¦, Sc font ainfi Ie jeunbsp;curieux a voir, des anneaux qui compofgnt en partie Ie corpsnbsp;jde ces infeétes.
Enfin nous avons encore obfervé que Ic mélange des infii-fions de foin Sc du celery, dont je parleray bien-tot, iie fah foient point perir les animaux de ces deux liqueurs, Sc quenbsp;ce compofé donne lieu a un fpeftacle tres-réjoüiflant i pujf-giie dans la moindre goutte de ce compofé Ie Speétateur ynbsp;¦nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hüi
^ Des anima ux aeriens , terrestres peut découvrir en un inftantvine douzainc de poiiTons diffé'-'nbsp;tens les uns des autres, amp; li curieux a voit amp;:a obicrvcr ,quenbsp;je ne penfe pas que Ie divertifleinent de la Comédic , ccluynbsp;de l Opera avec touce fa magnificence , ceux des Danfeursnbsp;de cordes , des Sauteurs , amp; des combats tVanimaux , quenbsp;nous voyons dans cette fuperbe ViUe , doivent leur être pré-;nbsp;férez.
Et il eft certain que létude de ce que nous remarquons dans ces infufions durant une année , remplic davantage lanbsp;capacité de lefpcit ,que ne font tous les grands appareiis dun,nbsp;fefiin des plus magnifiques.
Voicy Ie delTein d^une autre efpece de chenille aquatique,; qui a été pêchée dans une infufion a froid de la queue durïnbsp;bouquet, compofé doeillets, de jafl'emin, de tubereufes, amp;:nbsp;de quelques autres fieurs ^ qui nayant pu trouver place dansnbsp;la lixiéme Planche , a été delfinée amp; gravée de toure fa longueur apparente dans la cinquiéme. Celle-ei differe delapré-cedente, En ce qu'elle eft beaucoup plus longue ^ Quenbsp;fa queue marquee i eft compofée de trois pointes, au lieunbsp;de deux. f . Que fon obferve deux pctits bras a core dunbsp;cceur marqué 5, qui luy fervent dappuis pour tamper , ècnbsp;pour sélancer quand elle veut nager ; ce que je nay pu re-marquer dans lautre. 4°. Ojie fes inreftins marquez 4 ne for-nient quune malTe , fans aucune divifion ou feparation quinbsp;foit apparente.
Enfin fon ny découvre ni anneaux , ny filets de nerfy; ny dents de fcie , ny poils dans la longueur de fa queué.nbsp;Tout Ie refte eft icy de même que dans la chenille préce-jnbsp;dente.
ET AQUATiciaEs, Seconde Partie. Chap. XXVII. 57
CHAPITRE XXVII.
Planchc
LE 14. Aouft 1713. iin de mes Amis ayaiit mis infufer a froid des fleurs d un Citronier , dans de leau commune , il y apper^uc de trois fortes de poiflbns cn pcu de jours,nbsp;qui ne meritoient pas detre reprefentez par des figures :nbsp;mais en continuant fes obfervations, il en vit dautrcs quonnbsp;peut appeller Tormes. En voicy une reprefentée en ii, com-me il ia vüë. Sa tête , que lon voit aflez large, eft biennbsp;courte j elle eft ornée de deux cornes, a peu prés femblablesnbsp;au bois duncerf, amp; comme emboêtée dans func des extré-mitCZ de fon corps , qui paroiflToit comme couvert décailles.
Sa queue eft tres-longue, amp; compofée de plufieurs pieces emmanchées Tune dans lautre ; amp; quoy quon nait pü dc-couvrir de pieds ou de nageoires autour du corps de cettcnbsp;tormë, neanmoins les divers mouvemens que lon a obfer-vez dans fes démarches , font aflez juger quelle en étojtnbsp;ïiiunie.
CHAPITRE XXVIII.
La nature qui fe plak a divcrfifier fes productions , amp; qui fe fait admirer dans tous fes ouvrages, continue anbsp;ïxous en donner des preuves dans cette infiilion danémone , Planch?nbsp;préparée a lordinaire avec de leau commune ¦, puifquaunbsp;bout denviron huit jours on apper^ut dans une goutte denbsp;f:ette infufion un animal nouveau, de la grofl'eur amp;: de la figure quon 1a rcprqfenté a 1endtoit de cette Planche mar-.,nbsp;qué lu
Tout Ie deflTus de fon corps eft couyeft dun beau mafque
-ocr page 204-58 D ES ANIMAUX AERIENS , TERRESTRE^ bieii fornié , de figure humaine , parfaicement bien fait jnbsp;comme on en peut juger par ce dellein , ou Ton voit üx patres amp; une queue , fortant de deffous ce mafque , qui eft cou-,nbsp;ronné dune coëffure finguiiere.
On voit enfin dans cette Planche, amp; a cóté du iiombre une anguille dunc confirudion particuliere , que je pédiaynbsp;un jour dans leau commune quon avoit donné a boire de-puis quaere heures a un de mes ferins de Canarie. Cette an-guilie paroiflbit blanche amp; bien tranfparente, nayant riennbsp;dans létenduë de tout fon corps qui fut capable dempêchernbsp;fa parfaite diaphaneïté. Elle me parut plus grolle amp; plusnbsp;courte que celles du vinaigre, amp; dune compofition bien differente j puifque fa longueur fembloit êrre couverte duncnbsp;membrane tres-déliée , tournee en fpirale , formant des an-neaux qui rentroient les uns dans les autres , Sc qui en for-toient avec une facilité merveilleufe.
LE premier Novembre 1711, Je pris une plante de celeri que je mis infufer a froid dans trois vaifleaux de verre;nbsp;ainfi que nous ballons dire : Je mis dans Ie premier vaifleaunbsp;une partie de la tige rompuë en petits morceaux , pour y;nbsp;être mieux rangez , je verlay par-deffus de leau communenbsp;dont jachevay de remplir Ie vailfeau ; je ne mis que de beaunbsp;Pamp;nche 7. commune dans Ie fecond vaifleau , par-delïus des feüillesnbsp;vertes de cette plante \ amp; dans Ie troifiéme vaifleau je misnbsp;quelques morceaux de la tige de cette plante, avec des feiiil-ies amp; de lcau.
Le feptiéme jour de ces preparations, japper9us pour la premiere fois des poiflTons dans chacune de ces liqueurs j jennbsp;vis de deux fortes dans le premier vailfeau, 6e d une feulenbsp;efpece dans les dcvix autres.
ET AüyATiQUES. Sëconde Partië. Chap. XXÏX. 59 Mais un mois aprés, en examinant exadement chacuncnbsp;de ces liqueurs , je remarquay que ces trois intufions conté-noient environ dix fortes daniraaux de diverfes grolTeurs,nbsp;de diverfes figures , amp; de differens mouvemens y dont jcnbsp;vais donnet une explication particuliere; car ii en efl: de ce-cy comrae dun Tableau dhiftoire quun Peintre celebrenbsp;vient dachever, Sc qu il fait voir a fes amis, qui felon ie plusnbsp;OU Ie moins de connoiffance qu'ils ont de la Peinture , y dé-couvrent plus ou moins de beauté.
Ccux qui font marquez i amp;c Zy font les plus petits 5 mais Pianche t* ils furpafient en nombre ceux de toute autre eipece qui fenbsp;trouvent dans les trois vailTeaux. Je les reprefente icy de lanbsp;figure amp; de la grofleur que je les ay vus avec la lencille duncnbsp;ligne amp; demie de foyer: les plus petits relfemblent a un 8 denbsp;chiffre, quand ils font accouplez , Ie plus fort des deuxnbsp;entraine , en nageant, Ie plus foible.
Ceux qui font reprefentez en z, que je nomme Corncmu-fcs, saccouplcnt par Ie bec , quelles ont un peu courbé amp;c alTez aigu ^ on voit que nonobftant eet accouplement, ellesnbsp;ne laiffent pas de nager tres-vite : leur allure eft afl'ez agréa-ble a voir; elles voyagent dans la goutte de liqueur en sen-fon9ant Sc fe relevant alternativement, Sc fe tenant ainfi, elles sécartent Sc fe rapprochent Tune de lautre y fans sarrc-ter un feul moment.^
Toutes ces Cornemufes ne lont pas ennerement lembla-bles; il en efl de cela coniine des animaux dun même genre^ qui a fous luy differentes efpeces.
Les unes nagent feules avec une rapidité extraordinaire pendant que d'autres avancent dune vitelfe mediocre , SCnbsp;quon en voit qui vont tres - lentement: quelques autres de-meurent afléz long-tems en repos; mais la plupart font dansnbsp;une agitation perpetuelle. 11 y en a de longues Sc de courtes,'nbsp;de blanches argentées, de jannes dorées, Sc de brunes.
Une curiofité des plus fingulieres, ceft dobfervcr ee qui fe palfe au-dedans, Sc tout autour dune mafl'e de maticrenbsp;formée dune tres-petite pellicule, que les meilleurs yeux nenbsp;peuvent dccouvrir fans Microfcope , Sc qui fe prend au hazard a k furface de Iinfulion , satcachant au bout de la tigc
i
-ocr page 206-Des anïmaux aeriens, terrestres la plus menuë dune plume a écrire , pour les mettre fur Ienbsp;pórce-objet du Microlcope , car on y voit fourmiller tous lesnbsp;aniniaux done nous parlons ; ils y font en li grand nornbre ,nbsp;amp; ils sy remuent avec tant de vitefl'e , quon a de la peine anbsp;détourner fa vüë dun fpcétacle li nouveau amp; ü furprenant:nbsp;aufli croit-on difficilement ce que jen dis, fi je nétois pretnbsp;de faire obferver routes ces chofes a ceux qui en voudroiencnbsp;douter. II sen voit dans de certains endroits quelques - unsnbsp;daccouplez difFeremment j ailleurs il y en a qui sarrêtentnbsp;faifant Ie ^uet comme des fentinelles , qui femblent appré-hender detre furprifes , tandis que dautres pour aller a lanbsp;découverte, scioignent de la made , puis s en rapprochenc ,nbsp;comme sils avoient quelque chofe a faire entendre a ceuxnbsp;qui demeurent aux environs.
On voit fouvent dans une autre goutte de la même infu-lion, prife dans un autre endroit du même vailTeau, un fpec-tacle tournouveau, qui donne beaucoup plus de plaifir que lon nen a eu aupafavant. On y découvre, par exemple ,nbsp;des efpeces de poilTons longs amp; plats, que jappelle des fol-les : les voicy reprefentées dans les endroits marquez 3,3,nbsp;comme nous les avons vüës. Lendroit de cc poiflbn Ie plusnbsp;aigu, eft la tête 3 Ie refte de fón corps eft tranfparent, a lanbsp;referve de quelques petites taches brunes que lon y voit ennbsp;dedans. Les changemens de poftures, amp; la variété des mou-vemens que lon remarque en ces infeétes , font beaucoupnbsp;plus de plaifir a voir, amp;c donneiit plus de fatisfaétion, que nenbsp;feroit tout ce que Ton en pourroit lire dans une defcriptionnbsp;particuliere.
Dans Ie vaideau ou il n'y a que des feüilles en infudon i on y découvre entrautres animaux, des poüTons ferablablesnbsp;a ceux qui font exprimez dans les endroits marquez 6. Oqnbsp;voit immédiatement au-deflbus , au-deffus , amp; a cóté de cenbsp;chifFre , une ouverture alTez confiderable qui paroit tantótnbsp;ronde amp; tantot ovale, felon quelle fe prefente a nous. Cettenbsp;grande ouverture eft la bouche de ce poiffon, qui diminuënbsp;ü fort dans de certains momens , quon ne la peut plus ap-percevoir. Lc nager de ce poiftbn sexecute en dandinant,nbsp;jde forte qq on Ie yoit balancer , tantpt a droit, puis a gau-
-ocr page 207-ET AQiTATioyES. Seconbe Partïe. Chap. XXIX. che , fe conduifant en apparence par des mouvemens circulaires quil fait de fa tête. Lon sapper^oit encore quil change de figure en fe pliant 5c repliant, en sarrondiffant tout anbsp;coup en forme de boule , puis sallongeant tres-vite pour fenbsp;rcmettre dans fon état naturel. On voit par Ces dclTeins quilnbsp;va en diminuant de grofleur depuis la tcte jufqua la queue,nbsp;qui Ie plus fouvcnt neft pas tcrminée en pointe car il ref-femble a un pain de fucre coupé vers Ie fommet par un plannbsp;parallele a fa bafe.
Ce poifibn meurt Ie premier de tous ceux qui fe trouvenc dans la petite goutte de ia liqueur , mife cn experience fiir Ienbsp;porte-objet du Microfcope j amp; un peu avant que dexpirer,nbsp;on Ie voit fe mettre en un petit peloton , dont la fuperficionbsp;paroit raboteufe 5c inégale.
Les animaux dont je viens de pariet font fi délicats, quils perdent entierement leur confiftanee, dés que la goutte denbsp;liqueur ou lis nageoient fe trouve évaporée.
Et quoy que tons ces poiflbns nagent tres-vlte dans une étenduë qui na pas plus dune ligne de diametre, 5c quils ynbsp;foient en tres-grand nombre, neanmoins les uns 5C les autresnbsp;sévitcnt avec tant dadrefle , quon nen voit point sentre-choquer ¦, ce qui marque quils ont des yeux.
II nen eft pas de même dune autre efpece de poiffons , qui fe découvrent parmy ceux dont jay déja parlé , 5c dontnbsp;la plupart femblent navoir ny tête ny yeux ; nous les avonsnbsp;reprelentez aux endroits rnarquezq, 4,45on voirleur corpsnbsp;fe terminer par une longue queue blanche 5c tranfparente.nbsp;Nous fommes portez a croire que ces animaux nont pointnbsp;dyeux j paree que faifant route ils névitent aucun des corpsnbsp;qui fe trouvent dans leur chemin : on sapper^oit qif ils recu-lent dés Ie moment quils ont touché a ces obftacles , auflinbsp;remarque-t-on quils avancent fouvent tres-lentenient, ainlinbsp;que font les aveugles des Quinze-vingts, lorfquils marchentnbsp;dans les ruës de cette Ville , oü il y a dordinaire beaucoupnbsp;dembarras.
Au bout de Ia queue de ces fortes de poiflbns, on y voit fouvent une petite portion de la pellicule qui fe forme furnbsp;iafurface de linfufion doü on les a tirez: ils la tralnent aprés
i ij
-ocr page 208-1st Des ANilvlAUX AERïENSi terresitres eux quand elle ne tient point au porte-objet oü Ton met Ianbsp;liqueur i mais lorfquelle y tient de maniere que ne pouvantnbsp;Ten detacher, ils reculent vers elle tout a coup, amp; sen éloi-gnent de nouveau tres-lentement,
Dans la moindre goutte de liqueur que jaye pu prendre dans le troifieme vaifl'eau ou font mêlées les feüilles , la tigenbsp;amp; la racine j jy ay trouve une fi grande multitude de petitsnbsp;animaux marquez i , que ceux dpnt on a parlé cy - devantnbsp;avoient de la peine a les traverfer en nageant entr'eux. Ecnbsp;voila ee que jay pu obferver depuis le commencement denbsp;ces infulions, jufquau troilieme Decembre 1711.
Trois jours apres Iexamen des experiences précedentes je remarquay que tons ceux a qui javois fait voir une partienbsp;des chofes que nous venons de décrire , prenoient un plailitnbsp;d grand a les conliderer, quils avoient peine a quitter lenbsp;Microfcope préparé dune feule goutte de Tune ou de Iautrcnbsp;des infufions du peleri, dont je viens de parler en forte quenbsp;pour examiner ce qu'ils appercevoient dans ces trois diffè-rentes infuhons ,il auroitfum dun feul Speétateur pour moc-cuper durant une heure, amp;c quelquefois plus , a préparer lenbsp;Microfcope, amp; a répondre aux dilEcultez quil mauroit faitnbsp;ihonneur de me propofer fur ce quil voyoit 1 ce qui mobli-gea de penfer a une experience que voicyi en forte que silnbsp;arrivoit quelle put réülTir , elle feroit tres - commode pournbsp;diniinuer des deux tiers le terns qu il falloit employer pournbsp;obferver les infulions qui étoient dans les trois vaiffeaux denbsp;yerre que je faifois voir Imie aprés 1autre ; amp; même pournbsp;tranfporter dans un feul vaiffeau une liqueur ou il y auroitnbsp;dans la moindre goutte quon en puiffe prendre , de routesnbsp;ies diverfes efpeces danimaux qui feroient dans les trois in-,nbsp;fulions de ccleri.
pour voir fi cela réülTiroit, comme je me létois imaginé; je pris avec une petite cueilliere a caffé, une portion de I caunbsp;de chaq.u?nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j que je verfay fur un linge fin mis au-def-
fus dun petit verre pour ly recevoir , aprés avoir traverfé les pores de ce linge; amp; immédiatement aprés je mis une petitenbsp;goutte de cecte eau fur le porte-objet de mon Microfcope,nbsp;§( jy apper^u§ cf.es animaux dune beauté a faire plailir ,
-ocr page 209-ET aquatioijes. Seconde Partie. Chap. XXïX. de toutes les efpeces que javois vues dans les trois intulionsnbsp;examinees féparément, a la referve de ceux en qui javoisnbsp;obfei'vé une longue queue , amp; que jay nommez Aveugles;nbsp;dont je ne fiis pas furpris j car cetce queue Sc la pellicule quinbsp;sy attache tres-communément, fuffiloient pour faire obfta-cle a leur palTage , au travers des pores tres-petits du lingcnbsp;dans lequel je les mettois comnie dans un tamis.
Le plaihr que mavoit dabord caufé la réüdite de cettc experience ne dura pas long-tems, puifquenviron trois heu-res aprés je mapper^üs par une feconde épreuve que pref-que tous les poiflbns de deux efpeces étoient déja morts, Scnbsp;quil y en étoit refté tres -peu des autres a proportion de ccnbsp;quil y en devoit avoir. Enfin le lendeinain en examinantnbsp;cette même liqueur , je la trouvay encore dénüée dune par-tie de ceux qui y étoient reftez le jour precedent.
Je ne fuis pourtant pas faché davoir imagine ce mélange} car quoy quon ne puifle pas conferver tous les animaux quinbsp;sy remarquent dabord , on ne laill'e pas davoir bien dunbsp;plaifir a obferver le fpe(ffacle quelle nous prefente 5 Sc Tonnbsp;peut dire quil en eft de cela comme dune Piece danatomienbsp;qui paroic tres-belle , Sc tres-propre a faire admirer fadrelTcnbsp;de ranatornifte, pour nous faire voir toucdun coup des beau-tez furprenantes, qui ne fubfiftent fouvent quautant de temsnbsp;quil en a employé dans fa preparation.
' On voit encore de gros poinons ovales, comme en 5, dont on ne peut diftinguer 1endroit oü eft la tete , que par leurnbsp;divers mouyemens, a caufe de légalité de figure Sc de grof-feur qui fe remarquent aux extrémite? du plus grand diame-tre du profil de ces poilTons.
Dans une feconde infufion des feüilles du celeri j'y ay vÖE un nouveau poifTon, dont on voit la figure amp; la groffeur ap-parente au-deflbus du chiffre 7: la tête répond au qhifFre 8,nbsp;oü lon découvre comme des poils mouvans de tems en tems.nbsp;5on allure eft tres-lente , Sc fa figure inconftante , paroiflantnbsp;tantót fous la forme dune Cornemufe , Sc tantót fous cell®nbsp;d'un CroilTant.
On apper^oit aufti fouvent des mittes dans linfufion de Ia jtige du celeri, mile fur le porte-objet du Microfcope, ou
^4 Des animakïx a e r t eks , terrestre § on les voit marcher dune grande viteffe.
Dans une troiliénie infuhon de celeri je nay point apper-9U tant de forces danimaux , quil y en avoir dans les denx premieres, a caufe que les deux vaifleaux ou je mis infufernbsp;cc dernier celeri, avoient fervi a mettre en infuhon de loi-gnon dans lun des deux , amp; un poreau dans lautre , quoy-que ces deux vaifleaux euiTent été bien lavez auparavant dynbsp;mettre Ie celeri.
Les poilfons, que je nomme Aveugles, ouvrent fouvent de grandes bouches, amp; alors on apper^oicque tous les petitsnbsp;corps , qui nen font qu a un pouce de diftance apparente ,nbsp;femblent sy précipiter enfoite on voit quils sen écartentnbsp;par les cotez , comme fl eet animal les repoufloit avec vi-tefle.
On voit aufli aflez fouvent quen qnelques-uns de ces der-niers poiflbns, une partie de leur queue eft tournée comme un tire-boure.
Entre 9 amp;: 10 , on voit un autre poiflbn de figure Iphéroi-de ¦, il prend aufli de tems en tems celle qui eft au-deflbus du chiffire n , amp;c dautres fois celle que Ton voit au - delfous denbsp;IX j Sc ceft dans cette derniere qufon Ie voit commencer a fenbsp;mouvoir dunc viceflc ft extraordinaire amp; ft furprenante, quilnbsp;neft pas pofllble de la pouvoir exprimer; amp; de tems en temsnbsp;on leur voit faire des culbutes qui ont du rapport avec quel-ques-unes de celles que font nos Sauteurs, qui mettent leurnbsp;têtes entre leurs genoöils , pour tourner en roulant fur unenbsp;fuperficie plane ou fur un chemin uni pratiqué fur Ie pen-',nbsp;chant dune montagne.
Nous fimes enfuite diverfos autres inftiftons de celeri ; dans lefquelles nous apper^ümes quelques autres poiftbns dif-ferens des précedens : on en voitun au-deflTous du chiffre 15,nbsp;qui reffemble aflyz a une boute ille.
A 1 endroit marqué 14 , on y voit trois comemufes aflez grofles, deux defquelles paroiflent accouplées dunc autrenbsp;fa^on que celles qui font en i.
Enfin au-delTous du chiffre 15, on y voit un poiffon des plus extraordinaire que lon en puiffe voir : il eft prefque toutnbsp;rond, èc fon corps eft tout couvert de poils: fon mouvement
ET AOITATIOUES. SeCONDE PaRTÏE. Chap. XXX. cft a peu prés fcniblable a celuy dune piroüctte qui tournenbsp;fans guércs changer de lieu.
J'ay reinarqué que I'infufion du celery fe gele plus diffici-lemcnt que celles du foin , du poivre, des écorces de plu-heurs fortes de bois infufées féparémeiit, amp;c. doü lon peut conjeélurer que Ie mouvement particulier des parties denbsp;cettc eau de celery , eft plus grand que n eft celuy de cellesnbsp;des infulions dont je viens de pariër.
AU commencement du mois de Mars de lannée I7t4;
je mis infufer a froid de la paille de bied amp; deux épis, dans de leau de fontaine; amp; dés Ie fecond jour de cette in-fufion, jy apper^üs des poiftbns reprefentez fous Ie chiftre r,nbsp;que je nomme Cornemufes,
II sy en trouva aufli plufteurs autres femblables a celuy qui eft marqué i, que je nomme Urinal, dont la bouche eftnbsp;au-deflbus de la lettre A: Ie dedans de leurs corps étoit rem- pianchc i,nbsp;pli de quantité de petits corpufcules, les uns blancs amp; tranf-parens, amp;: les autres bruns. Parmi ces deux fortes de poif-fons , jy en apper^üs dune troifiéme efpece , que jay nonvnbsp;mez Rognons argentez : on les voit reprefentez au nombrenbsp;de quatre , formant un groupe autour du chiftre 5, amp; tour-nant chacun fuivant lordre des lettres AC B. Ils fe mbuyentnbsp;aufti dun mouvement direét amp; alTez lentement.
Le corps de ce poiftbn eft de couleur dargent mat ; amp; quoyquil foit parfemé de petits corps bruns en des endroits,
amp; tout-Tfait opaques en dautres , il ne laifl'e pas detre aflez tranfparent; la tête fe voit en A, le derriere en B , Sr fonnbsp;dos en C.
Une autre efpece de petit poifTon fe fit voir fous une forme ovale , de la longueur dune ligne ou environ. Peu de jours apres jy en apper^us dune quatriéme efpece, que jay
Des animaux aerïens, terrestres nommé Bouteille dorée , a caufe de fa figure la plus conftan-;nbsp;te , amp; de fa couleur.
La bouche A de ce poifTon sappliquc quelquefois fur u» corps rond qui sy attache^fortemeiit, de maniere quils pa-roiffent enfuite ne compofer quune maffe , qui reffemble anbsp;une gourde flgurée en 6. Et ce quil y a de plus furprenant ,nbsp;eft de voir ce poiffon continuer fon nager avec fa proye.
Une cinquiéme efpece de poiffon que jay nommé Solles dorées , a caufe de fa figure amp; de] fa couleur, eft vüë icynbsp;dans toute fa longueur, qui eft tres - confiderable i puifquenbsp;depuis fa tcte qui eft en A , jufqua fon autre extrémité B ,nbsp;il y a environ vingt lignes : fa forme neft pas conftante ,nbsp;puifquon Ie voit fc raccourcir amp; sallonger de moment ennbsp;moment pendant fon nager, qui sexecute tres-vite ^ amp; ennbsp;diverfes fa^ohs.
On juge facilement que ce poiflbn eft plat, a peu prés comme une folie j paree que durant fon nager on voit fenfi-blement augmenter 6e diminuer la largeur de fon corps.
Volcy une feptiéme efpece d'infeéteque nous avons nom^ mé Aveugle , maïs qui differe en quelque chofe des préce-dens. Lendroit A défigne leur bouche, qui eft quelquefoisnbsp;fi grande , qu elle furpaffe la largeur de leur corps. B C eftnbsp;la queue de ces poiflbns, au bout de laquelle on voit unenbsp;pellicule quils trainent aprés eux.
On découvre encore de petits poiflbns de figure ovale, qui font de diverfes groffeurs , parmi lefquels il y en a quinbsp;ibnt en tres-grand mouvement, pendant que dautres fem-blent étre dans un repos fi grand, quon nauroit pas de peine a croire quils font morts, fi. on ne les voyoit pas , commenbsp;on fait, prendre tout a coup Teflort: vous les voyez repré:;nbsp;fentez entre les queues de deux aveugles.
JE donne le nom de Sygnes a de certains poiffons que jay vus dans cette même infufion de paillc j paree que jynbsp;trouve quelque reffemblance exterieure : en voicy trois anbsp;coté des chiffres 8,8,8. Lendrok A marque rextreniite de
ÉTS AQUATIÖÏTES. Sëconöe Partïe. Chap. XXX. 6f leur tête ¦, B , lextrémité de la queue j amp; C, un gros ventre.nbsp;II sen voit fouvent de deux efpeccs dans une même petitenbsp;goutte de cette infufion ^ les uns étant tres - tranfparens, amp;cnbsp;les autres aflez bruns au-dedans du corps, oü lon voit leurnbsp;vilceres en mouvement. Leur nager sexecute affez Icnte»*nbsp;ment, amp; dune maniere grave , foit en avan^ant, foit en re-culant, OU en tournant.
Ils retirent fouvent la tete vers fendroit marqué 8, com-me sils avoient peur de ce quils apper^oivent, en tournant leur tête d un cóté amp;: dautre : jen ay vü un dont Ie milieunbsp;du corps fembloit être reflerré ou diminué de largeur.
Les poiilbns 9,9, font ceux que jay nommez Araignées aquatiques, ou Goulus , amp; dont je dois parler alTez au long'nbsp;dans Ie Chapitre XXXII. de cette feconde Partie.
A légard de ccluy qui eft marqué 10 , il eft Ie feul de fon efpece que jaye vu dans rinfufion de paille de bied fa figure approclie aflez de celle dune bourfe , ou dun pot aunbsp;lait que nos laitieres portent fur leur tête : fa bouche qui eftnbsp;fort grande , qui fe voit ouverte , fe terme totalement lorsnbsp;quil sallonge pour nager , de maniere quon perd de vüc fesnbsp;deux cornes, que foil voit courbées en dedans.
Au - deflbus du chiffre 11 , on voit un poiflbn quon peut nommer la petite Solle.
IX amp; 14 , font deux poiflbns de couleur deau , dont Ie mouvement étoit des plus lents amp; des plus difficiles a voir, anbsp;caufe de leur petiteffe , qui eft environ mille fois au-deflbusnbsp;de celle dun cheveu.
Enfin 15 eft un poiflbn , ou plutbt un ver compofé duu grand nombre de tres-petits anneaux tournez fpiralement ^nbsp;amp; dont les extrérnitez font terminées en pointes tres-longues amp; tres-fines. Le corps de ce ver eft prefque immobile,nbsp;ceft pourquoy il eft befoin dune grande attention pour Icnbsp;fuivre dans fon allure , amp;lon a befoin dun Microfcope aufifnbsp;parfait que 1eft celuy dont je me fors pour cela.
Voilatout Cé qui eft contenudans cette huitiéme Planche. Er voicy maiiitenant fexplication de ce qui fe voit reprefon-té dans la neuviéme.
-ocr page 214-lt;5.;^ Des AN^^^AWx asriens , terrestres
TAy donné ic noni de Grenades aquatiques, couroimées5^ barbuës., aux poiffons que nous avons reprefcntez dansnbsp;cette Planclie , paree quils mont paru avoir quelque reü'em-blance exterieure ace fruit. Je commen^ay ales appercevoitnbsp;Ie matin du premier Juiilet, dans une tres-petite goutte denbsp;Iinfiilion de paille de bied, en me fervant dune lentillc dn-Planchc jjg ligne amp; demie de foyer.
Ces animaux me parureqt d une belle couleur dambre claire amp; tranfparente ^ ce qui me donnoit Ie moyen dobfer-ver routes les parties interieures de ce poiflbn, que japper-cevois des plus brillantes que jaye encore vüës. La diverliténbsp;des formes fous lefquelles ce poiflbn scfl: fait voir, mobligenbsp;de dire quelque chofe de chacune en particulier. Dans lanbsp;premiere figure on voit quatre petites eminences au-deflbusnbsp;des lettres A B C D, garnies de poils, qui ne reftent pasnbsp;long-tems dans cette fltuation: celle qui répond immédiate-ment au-deflbus de B , fe joint a celle qui eft marquée par Ajnbsp;celle qui eft au-deflbus de C fe joint a D, fi intimement,nbsp;que Ie tout paroit alors, ainli que cela eft vu en la deuxiéraenbsp;figure au-deflbus des lettres AD. Ces éminences groflies ,nbsp;formentles lévres écarcées de la bouche de ce poilfon, dontnbsp;Ie jeu des poils, que I on voit mouvoir dune maniere afleznbsp;uniforme , oblige tous les petits corps , qui font a pcude dif-tance de ces lévres, dentrer dans fa bouche, amp; doü la plu-^nbsp;part font repoufl'ez avec autant de vitelTe , quils en avoieninbsp;jeu pour y entrer.
Toutes les éminences marquées AB CD, de la premiere figure , OU les deux de la feconde , fe retirant quelque peunbsp;vers E, découvrent une efpece de couronne a quatre poimnbsp;ces, femblable a ce qui paroit au-deflbus du chiftre jmaisnbsp;cette couronne fe voit bien-tót recouverte des mêines émi--nences A B C D, qui font tres-mobiles.
On apper^oit un corps en E , dans chacune de ces figix-fes , que je crois être Ie coeur du poiflbn j paree quil paroit toujoujrs dans un mouvement égal, SC quon y remarque 3
IT AQïTATiöjyEs. Secönde Partie. Chap. XXX. conime au nótre j un fyftole amp;; un diaftolé. Ce cceur a unenbsp;liaifon tres-étfoite avec Ie corps marqué F, qui eft plus grosnbsp;que luy, amp; qui peuvent pafler pour les inteftins de eet infecrnbsp;te, qui font toujours dans un mouvement qui fne paroit af-fez régulier : amp; il faut obferver que cette mutuelle eorref-pondance qui eft entre Ie coeur amp; Ie vifcerc F, vient de cenbsp;quil y a deux filets de nefs , ou deux petits ligamens en G,nbsp;qui vont de lun a lautre , comme on Ie peut remarqueiTnbsp;avec un peu dattention.
Le cceur femble être divifé en deux lobes, qüe 1ön apper-^oit sécarter amp; fe rapprocher Fun de Fautre , en de certains terns; ce qui pourroit bien donner occafion dc penfer que cènbsp;font les poulmons de ce poiffon qui environnent, fon coeurnbsp;amp; ceft cc que je laiffe a deviner aux fameux Medecins gt; 6c ^nbsp;nos plus illuftres Anatomiftes^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Le derriere de ce poiftbn paroït rond amp; fermé en de certains momens, amp;: ouvert en dautres \ dc alors on apper9oit deux petites éminences pointuës, comme on yoit en H de lanbsp;premiere figure,
Jen ay vu un feui, reprefenté en la quatriéme Figure, qui avoir quatre de ces petites éminences aiguës , placées deuxnbsp;d un cóté de Fanus, Sc deux de Faittre.
Ceft par cette ouverture que Fon volt fortir 8c rentrer* avec beaucoup de vitefle, üne loïigue queue i 1, qui eft beau-Goup plus grofle vers la racine i, quelle neft ailleurs, Lex-trémité L de la queue de quelques-uns de ces poilTons , paroit fourchuë: cette queue eft fi blanche Sc fi tranfparente ,nbsp;quon en peut tres - facilernent découvrir la méchanique , 8cnbsp;expliquer tous les niouvemcns quon y remarque , avec au-tant de facilité quun bon Anatomifte en a pour expliquernbsp;tous ceux que nous faifons faire Volontairement a la plupartnbsp;des parties qui compofent notre corps. Cette queue qui eftnbsp;tres-nioblle rentre totalement dans le corps de ce poiftbn jnbsp;de maniere quy étant, les inteftins qui font en F la cachentnbsp;entierementj dailleurs les petits anneaux qui la compofentnbsp;rentrant les üns dans les autres, ne permettent pas Un librenbsp;paftage a la, lumicre j ce qui fait quelle neft plus vifible.
On voit de gros oeufs attachez au derriere de eet anima!,
k ij
-ocr page 216-70 Des ANIMAtJli AERiEN^ , tlRUESTRES par Ie moyen de quelques filets prefque imperceptibles: il ynbsp;a de ces femelles qiii nen portent quun, il y en a qui ennbsp;portent deux, amp; quelques-unes jufqua fix , ce qui cft afie^nbsp;rare j lorfquony en voit tant, ils font plus petits que quandnbsp;il y en a moins.
La queue de ce poifibn frotte ces eeufs a fentrée amp;: a la fortie de fon corps, toutnant de cóté amp;c dautre avec beau-coup de fouplefie : ces ceuIs paroifl'ent tres-réguliers, biennbsp;briilans pendant quils font pleins mais dés quils font vui-des, on les voit tout plats amp; fans rides , fous une forme ovale , plus tranfparens quils ne fétoient étant pleins j amp; quoy-que vuides, les meres les porrent prefque toujours attacheznbsp;cn croupe , amp;: en nageant, comme elles les portoient aupa-ravant : jen ay vu un feul feparé du corps de ce poifibn, flo-tant dans la petite goutte deau mife en experience fur Icnbsp;porte-pbjet du Microfcope : eet ceuf paroiflbit immobile denbsp;même que tout ce qui étoit au-dedans. Jay auffi vu deux denbsp;ces oeufs dans Ie corps dun de ces poiflons, qui paroifibientnbsp;comme on les voit au-deflbus des lettres G G, Fig. 6.
Ces poifibns font tres-réjoüiflfans a voir , particulierement quand ils font des culbutes, paree quils les executent avecnbsp;beaucoup dadrelTe. 11 sen voit quelques - uns qui tournen|:nbsp;circulairement, tantót dun coté sê tantot dun autre , a 1en-tour du point F , qui elf Ie centre de pefanteur de lanimal.
Dés que la liqueur eft mife fur Ie porte-objet du Microfcope , on les voit nager tres-libremeiit en avant ^ quelques-uns sarrêtent enfuite, amp;; ceft dans ce moment quils donnent ie tems de bien obferyer toutes les circonftances dont nousnbsp;par Ions.
Ils fe frottent quelquefois Fun contre 1autre; ils fe detour-nent fans fe choquer , 6e on les voit éviter tout ce qui sop-pofe a leiir chemin d'une naaniere fi adroite j que bien quo;x i|e voye pas leurs yeux , on ne peut pas dourer quHls nennbsp;foient munis , amp; de tres-bons.
De terns en tems ils appviyent le bout de leur qvieuc fur le porte-objet du Microfcope , amp; dés ce moment - la op voitnbsp;quils avancent tout le corps au-dcla de ce point; qu ils Tennbsp;.^pprochent enfuite Sc 1en éloignenti puis ils reprennent leuf
-ocr page 217-£T AQÜATIQUES. SeCONBE PaRTIE. Chap. XXX!. 71 ailure ordinaire en nageant, fans qnon puifle reniarquer aurnbsp;cune patte ni aucune nageoire autour de leur corps.
Le iz. Juillet japper^us , dans une goutte de Iinfufion dont je viens de parler, une chenille aquatique gt; amp; jay re-inarqué que les Grenades aquatiques dont je finis icy lhif-toire, foutiennenc mieux les grandes chaleurs quaucun desnbsp;plus gros poill'ons que jaye cy-devant obfervé dans les infu-fions précedentes , puifque pour lordinaire les gros meurentnbsp;dans ce tems-la plutóc que les petits , ce qui neft point encore arrivé a ceux de cette inrufion , oü je viens den voirnbsp;jufqu a quatre dans une tres-petite goutte , quoyque la cha-leur foit fort grande ce jour z8. Juillet.
JE nay pas rapporté dans le Chapitre précédent tout cc que jay vu dans les dilFerentes infufions que jay faites dcnbsp;la paille de bied ; je me fuis contenté de dire ce que jy aynbsp;découvert de plus remarquable , métant refervé davertirnbsp;dans celuy-cy, que 1air contient dans une faifon ce quil ncnbsp;contient pas dans une autre j amp; que les animaux qui régnentnbsp;dans un inêine lieu durant une année entiere, font fouventnbsp;differens de ceux qui sy voyent dans un autre. Ce font cesnbsp;yarietez qui occupent agréablement les perfonnes qui fe don-ncnt la peine de continuer leurs obfervju^ions, amp;: mênie dennbsp;faire en differens lieux, confiderablement éloignez 1un denbsp;1autre. Par ces diverfes experieirces on séclaircira de plu-fieurs fairs, amp; Ton ne fera pas furpris fi 1on ne découvre pasnbsp;toujours les mêmes chofes dont je parle, ni pourquoy on ennbsp;(découvrirft d autres dans une femblable infufion dont je naynbsp;rien dit; paree que les nouveaux infeéles quon y aura apper-0s me feront échapez, ou peut-être a cauf^ que durant la
'.....¦ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Kiij
71 D ES ANIMAUX AERIENS , TERRESTReS faifon que javois prife pouc faire cette experience, il nc s/nbsp;en trouva point de la méine efpece.
Jay remarqué , par exemple , dans toute lannée 1714, amp; dans une partie de 1715, un grand noinbre de groffes arai-gnées amp; de chenilles aquatiques , dans fepc ou huic infulionsnbsp;diflerentes; ce qui ne métoit pas encore arrivé.
Les differentes infulions a froid de paille dorge , davoi-ne, de fcgle , ^ deau commune , faites fépaTément dans des vaïffeaux biea nets , nous ont fournies de tres-beau^Cnbsp;poiflbns ide mêmeque deux autres infulions de bied de Tur-quie taites en divers terns.-
, fufer a froid de lécorce de bois de chêne dans de 1eau commune , dont je templis un grand verre a boire , amp;: du-rant 1efpace de plus dun an jy apper^us fuccelïivement tousnbsp;fianchcio. les poillons reprefentez dans cette Planche, a chacun def-quels jay donné un nom particulier ¦, de forte que jay jugénbsp;a propos de nommer Ie premier , la Tortuë , ou Ie poilTon knbsp;la queue umbilicale : eet infeéte sallonge amp; fe raceourciCnbsp;tres-facilement ¦, il prend de tems en tems une figure ronde:nbsp;quil ne conferve quun moment: on luy voit quelquefois ou-vrir la bouche dune grandeur furprenante , par rapport a Ianbsp;grolTeur de fon corps j amp; fes lévres , qui forment a peu présnbsp;la circonferencc dun eerde , font garnies de petits poils,nbsp;dont Ie jeu fait plailir avoir, a caufe que ce mouvement particulier oblige une partie des petits corps , qui fe trouventnbsp;correfpondre vis-a-vis de luy, daller fe précipiter dans fortnbsp;'cftomac , ou vray-femblablement la partie qui doit fervir anbsp;Ie nourrir, deraeure , tandis que Ie refte eft vu sen éloignernbsp;avee vitclTe. Son allure ell des plus linguliere que lon puiflfe'
-ocr page 219-ET A^liTATrcujEs. Sfconbe Partie. Chap. XXXL y, voir; vous en jugerez vous-même par ce que jen vais dire ïnbsp;fa queue que Ton voit attachée a fon corps, a peu prés cora-nie Ie cordon left au nombril dun enfant qui vient de nai-cre , luy fert comme dun gouvernail pour luy procurer pref-que tous les mouvemens quon luy voit faire. Cette queuenbsp;cü. fort groffe vers fa racine , amp; bien aiguë par fon autre ex-trémicé, oü ellc fe divife en deux parties encore plus aigues,nbsp;qui le joignent li exaétement, quil femble aprés cela ne fairenbsp;plus quun tout fans aucune feparation.
II arrive quelquefois que ce poilTon attacbe ies bouts écar-tez de cette queue fur le porte-objet du Microfeope; amp; fur ce lieu-la il tourne tout fon corps, en prefentant aux yeux dunbsp;^edateur tantot fon dos qui eft convexe , comme le deflusnbsp;de 1écaille dune tortuë, amp;c tantot fon ventre qui paroit con-,nbsp;cave 5 comme le deftbus dc la même écaille.
Et il faut remarquer que fextrémité den-bas de ce poif-fon eft ft tranfparente, que fa queue eft égalemcnt vüc, com-me fortant de fa partie convexe ou de la concave.
La feconde figure eft un autre poiflon a la queue umbllica-le j qui ne differe du premier quen ce quil a la bouche fer-mée , amp; que fa queue paroit navoir aucune feparation.
Et la troifiéme reprefente encore un autre poifl'on de la même efpece que le precedent, quoyque fous une forme unnbsp;peu differente. Ce poiffon paroit ainfi a caufe quil retire ennbsp;arriere la partie fuperieure de fa tête qui eft double , amp; dontnbsp;les deux avances, en forme de comes, étoient entieremenCnbsp;couvertes.
Le quatrieme poiffon fera nomme le rat deau, a caufe de quelque reffemblance quil a avec cet animal; fa tête parolenbsp;fort bien marquée , amp; fes lévres garnies de longs polls , donenbsp;ie mouvement produit le même effet que plulieurs autres,nbsp;dont on a parle plus haut.
Le cinquiéme poiffon fera nommé la patte déereviffe , a .caufe des deux bees recourbez quon luy voic, dont le mouvement eft tres-lent, de même que left celuy de tout fonnbsp;corps, qui fait tres-peu de chemin en bien du temps j cenbsp;qui facilite le moyen de 1obferver exaffement , amp; de re-marqu.et dans prefque coiite la longueur de fon corps un affeis
-ocr page 220-^4 nbsp;nbsp;nbsp;ANIMAUX AERIÊNS, TEARÏSTAES
bon nonabre de petits globules dorcz amp; brillans.
Le fixiéme poijflfon ayant a peu prés la figure dune mafluc,' fera ainfi nommé : fa tête eft fort grofle par rapport au reftenbsp;de fon corps qui fe termine en pointe : le dedans de foianbsp;corps eft feiné de petits grains tranfparens amp; opaques, qui fenbsp;font voir diverfement felon ia nianiere dont ils renvoyent lanbsp;lumiere quils ont re^üë.
Je nommeray celuy qui eft marqué 7 , Ia féve de vers a foye; paree que le corps de ce poiflbn eft compofé de plu-fieurs anneaux , amp;: de pluficurs fibres longitudinales , qui fervent a le faire allonger amp; a le raccourcir avec beaucoup denbsp;facilité. La figure de fa tête paroit peu differente de celle denbsp;fa queue, amp; on ne la diftingue guére que par fon nager.
Le huitiéme poiflbn fera nommé Spheroïde , a caufe quil reflemble exterieurement a unoeuf, dont les bouts font égauxnbsp;amp; bien arrondis.
Sa tête eft vuë en bant, amp; un peu au-deflbus on y voit urv petit corps qui fe meut tres - régulierement, ce qui me faicnbsp;penfer que ce pourroit bien être le ca'ur de ce poilfon 3 öcnbsp;plus bas on apper^oic plufieurs petits corps ronds amp;: de di-verfes groflfeurs , qui font peut-être des ceufs, que 1on voicnbsp;agitez par les divers mouvemens du poiflbn, qui sallonge amp;Cnbsp;fe raccourcit, qui fe plie amp;c déplie diverfement en nageantv
Lorfquon donne quelque attention a confiderer le grand nombre dceufs que fon voit dans le corps de ces poiflbns ,nbsp;fon neft pas fvirpris d un autre nombre prodigieux de cesnbsp;animaux, qui fe voit dans la moindre goutte que 1 on puiflbnbsp;prendre de cette intuflon , amp; 1on celfe par-la d admirer cet-te multitude étonnante qui paroit amp; qui difparoit en peu denbsp;terns ; puifqiie fon cefle den voir de cette nature au boutnbsp;denviron buit jours , amp;C quen leur place il sen prefente denbsp;nouveaux aux yeux des fpectateurs attentifs , qui nen lontnbsp;pas moins touchez quils font été des précedens.
En voicy de plufieurs fortes qu on peut nommer anguilles, qui difterent entrelles , amp; qui different encore de celles dunbsp;vinaigre en forte que fon pourra inferer de-la que ce fontnbsp;des poiflbns dun même genre , amp; de diffet entes elpeces.
Celle qui fe voir reprefentée au-deflbus du chiiire 9 j nia
paru
-ocr page 221-paru blanche èc tranfparente, quoyque prefque toute la longueur de fbn corps fut parfemée dun grand nombrc de pe-tits grains brillans.
Sa grolTeur étoit bien conhderable , par rapport a fa longueur , qui paroifToit navoir au plus que deux pouces ¦, amp; la grande vitefl'e de fon mouvement, qui ne luy raifoit parcou-rir que tres-peu defpace en affez de tems, marque bien ennbsp;quoy celle-cy diftere des autres.
Jen ay vu deux dune même efpece dans la feconde infu-fion que jay faire dune ferablable écorcc , qui appuyoient de tems en tems rextrémité de leurs queues fur Ie porte-ob-jet du Microfcope , amp;c qui faifoient autour de ces points fixesnbsp;plufieurs mouvemens alTez agréables a obferver. La longueurnbsp;apparente de chacune de ces anguilles étoic denviroii deuxnbsp;pouces, amp;c la groffeur a peu prés comme celle du tuyau d u-ne plume de corbeau.
Au-defibus du chiffre lo. il sen voit une autre , dont la longueur apparente étoit denviron centlignes, amp;fa grolTeurnbsp;dans fendroit Ie plus épais de tout fon corps, pouvoit étre denbsp;quatre lignes de diametre.
Sa bouche , quelle ouvroit de tems en tems , paroiflbit ronde , amp;c toute la longueur de fon corps étoit munie dunnbsp;bon nombre de filets tres-menus qui ne fe faifoient pas voirnbsp;a tous momens; amp; au lieu de ces filets on découvroit dansnbsp;dautres tems une ligne fpirale qui occupoit iiiae érenduë con-liderable de la longueur de fon corps i ce qui fuffit pour ex-pliquer Ie mouvement de cette groflb anguille , qui étoitnbsp;afléz lent pour donner Ie tems de lobferver agréablement anbsp;la lumiere dune chandelle, amp;c de voir une belle variété dcnbsp;couleurs dans fétenduë dune partie de la longueur de fonnbsp;corps, amp; particulierement un rouge tres-vif tirant fur Ienbsp;pourpre : rnais lorfque eet animal venoit a fe raccourcir , ennbsp;rapprochant 1un de lautre tous les contours fpiraux du filetnbsp;dont je viens de parler , toute cette variété admirable denbsp;couleurs selFa^oit, amp; dans ce moment Ie tont devenoit brun.
Au-delTous du nombrc ii , on y vojt une autre anguille dune grande vivacité , qui plie , déplie replie tout fonnbsp;corps en are , fe débandant dun fens tout contraire au pre-
s
-ocr page 222-7^ Des animaux aeriens, ter re stres mier , pour reprendre fubitemcnt la courbure quelle avoitnbsp;auparavant , continuant ainli ce manége fans changer quenbsp;tres-pcu de place, nen occupant quautant quil luy en falioitnbsp;pour executer fes courbures.
Le nombre u. rcprefente une groffe anguille morte de-puis peu de tems; je lobfervay Ie 9. K'^ars 1715. a la lumicre dune chandelle : fa longueur me parut d'environ lix pouces,nbsp;amp; fa plus grande épaifl'eur étoit d environ trois lignes. Ce futnbsp;comme par hazard qué je découvris vers fa queue une petitenbsp;anguille denviron deux pouces apparens de longueur , quinbsp;fe tremoulToit beaucoup pour forth du ventre de fa mere jnbsp;mais nen pouvant venir a bout, elle y mourut eiafin. Cettenbsp;óbfervation femble fuffire , pour nous afliirer que les ccufs denbsp;ces anguilles font couvez au-dedans du corps des mcres,nbsp;quil ncft pas facile de parvenir a de femblables découver-ces , a caufe de la vitelTe du nager de ces poilfons j cepeii-dant voicy un moyen fur pour y arriver ; car il ny a pournbsp;cela qu a attendre que la petite goutte de vinaigre foit pref-que toute évaporée, afin que lalenteur du mouvement desnbsp;anguilles facilite la découverte de ce quellcs contiennent.
Ces obfervations étant faites a ia lumiere dune chandelle, la diftindion de 1objet en fera plus belle qu'eile nc feroit anbsp;celle du jour j paree que pouvant sappuyer fur une table , lenbsp;Microfcope en fera tenu plus ferme , amp; dailleurs on re^oicnbsp;moins de faux rayons de lumiere , que fi 1on obferVoit cesnbsp;mênies chofes a celle du jour.
Par ce moyen nous eumes le plaifir dobferver dans la fui-]te deux anguilles , durant prés de deux heures , parcourant une étenduë interieure du corps dune même mere, oü ellesnbsp;alloient de la queue vers la tête, puis revenant de-la vers lanbsp;queue,
Le iC-pohTon ayant quelque relTemblance avec la navette dun Ti lïerand, on luy poiirra donnet ce nom : fon nagernbsp;sexecute également, foit en avan^ant foit en reculant: lorsnbsp;qu'il seft allongé on le juge avoir a peu prés deux pouces denbsp;longueur , amp; environ quatre lignes de grofleur, prifes versnbsp;ie milieu de fon. corps j ou 1'on yoit dautres petits corpufeg-les qui femblent ctre des ccufs.
-ocr page 223-ET aoijatiques. Seconde Partie. Chap. XXXII. 77 Les extL'émitez de ce poiffon fe courbent differemment, denbsp;forte quelles femblent luy fcrvir de gouvernail, en niêmc
Ccms ae nageoircs.
Le I4^ poilfon peut être nommé Ie bec de Corbin, par rapport a la courbure de fa tête , qui fe termine en pointe ; laii-tre extrémité de fon corps eft groffe amp;: arrondie en forme dunc larme : on voit de longs poils fous la gorge de ce poiflbnnbsp;qui luy fervent de nageoires , en forte quenles rernuantla refinance du liquide ou il nage ie fait tourner du cóté de fon dos.
Le 15^ poiflbn fera nommé la petite Araignéc aquatiquc: la figure de ce poiflbn efl femblable a un fphéroïde , fur Ic-quel on remarque plufieurs lignes brunes amp;: parallelcs entr-elles, qui sétendent du fens du plus grand diametre de cenbsp;poilfon ¦, amp; entte ces lignes paralleles on y voit plufieurs cor-pufcules plus bruns que le refte de fon corps.
Jay auflfi remarque que les patres du devant de fa tête étoient plus longues que celles qui font au bout oppofé , amp;nbsp;que celles du milieu de Tune amp; fautre extrémité de tout fonnbsp;corps font plus longues que celles qui font a cóté.
Le 16'= refl'emblant a une larme , fera nommé de ce nom : fon corps efl uniforme 8c tranfparent, de manicre quon nynbsp;remarque aucune inégalité fcnfible : fon col efl long amp; unnbsp;peu courbé j amp;c fa tête qui va diminuant de grolfeur , fe termine par une petite rondeur.
Le 17' poiflbn fera nommé Limas : fa tête efl ronde, amp; fa queue aiguë: le refte de fon corps eft alfez gros par rapport anbsp;fa longueur, qui devient plus courte dans fon allure qui pa-rolt alfez réguliere.
Le 18' poiflbn a été nommé Chenille aquatique ; il sen trouve de diverfes efpeces dans plufieurs infufions de plantesnbsp;routes differentes , amp;r jay remarqué en quelques-unes que lesnbsp;poils que nous avons dit ailleurs être comme plantez aux deuxnbsp;iévres de cette chenille, femblent tourner dans de certainsnbsp;momens , comme une molette déperon tourneroit en luynbsp;donnaiit un coup de doigt j amp; c'eft ce mouvement qui determine une partie des corps qui font dune certaine groflcur anbsp;fe précipiter dans fa bouche, dou ils font enfuite chafl'ezcnnbsp;partie, avec autant de vitefle qu ils en avoient eu pqur y ar-river,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 ij
Jay dc plus obfervé deux petits corps cilindriques, longs dcnViron une ligne chacun , amp; dun peu moins de groffeur,nbsp;placez Tuil a droit amp; lautre a gauche du corps de cette chenille , 6c immédiatement a cóté de fon coeur : ces corps fervent dappuy a la partie anterieure de Ianimal, pour luy donnet la facilité davancer dans Ie tems quil rampe fur Ie porte-objet du Microfcope.
On a bien de la peine a découvrir ces fortes de petites pattes , a caufe quelles font tres-courtes, amp; quelles fontnbsp;prefque toujours fous Ie corps de cette chenille , ne lesquot; ennbsp;écartant que tres-rarement.
Le 19' poilfbn fera nommé la groffe Araignée aquatique : fa figure approche de celle dun ovale j 6c fa bouche un pennbsp;enfoncée fenible quelquefois fenduë jufque vers le milieu denbsp;fon corps. Ses lévres font garnies de petits poils en mouvement , dont la viteffe femble fe communiquer interieurementnbsp;a un petit corps qul eft peut-être le coeur , les poulmons denbsp;ce poiflbn qui 1environnent.
Le derriere eft aufli garni de poils, qui femblent former une efpece de queue j 6c lon voit immédiatement au-delTusnbsp;de lanus , un amas brun de made re que je crois ctre les ex-cremens de ce poiflbn , qui fe nourrit dautres plus petitsnbsp;poiftbns , que nous avons appellez Cornemufes , 6c qui pa-roiflentfe mouvoir dans leurs corps durant quelque tems.
Le refte du corps de ces araignées eft d'ordinaire rempli de plufieurs petits corpufcules auez irréguliers , qui peuventnbsp;pafler pour des oeufs,
On découvre aufli de ces efpeces de poiflTons dans les in-fufions que Fon prépare avec dc la paille de froment, de eelle dórge mêlee de quelques épis j dans celle que Fon faitnbsp;avec du bied de Turquie j dans la canne dInde , dans cellenbsp;du bois 6c de Fécorce dacacias 5 dans celle du poivre ennbsp;grains, 6cc. Toutes ces araignées, qui different les unes desnbsp;autres en quelque chofe, ont du poil tout autour de leursnbsp;corps, couché un peu obliquement de la tête vers la queue jnbsp;ce quon peut facilement obferver avec une Icntille de Microfcope d'une ligne ou environ de foyer.
J-9 2.0® poiftbn fera nommé , le poiflon a la grande gueu-.
-ocr page 225-et AOïTATlOyES. SeCOKDE PaRTiT,. Chap XXXII. 79 Ie ; paree que fa bouche occupe environ la moitié de routenbsp;la longueur de Ion corps : fa lévre fuperieure furpafl'e denbsp;beaucoup en longueur celle de finferieure ¦, Tune lautrenbsp;font garnies de petits polls, amp; tout Ie dedans de fon corpsnbsp;cft rempli de petits corpufcules dinégale tranfparence : en-bn Ie derriere de ce poiflbn eft terminé par une queue afleznbsp;finguliere, amp; dont Ie mouvement eft peu fenftble.
Le zi^ poijfon fera nommé lAntonnoir , paree que fa figure la plus conftante luy reflemble : on le voit paroitre icy fbus trois formes difterentes j dans celle du milieu on apper-^oit fa bouche ouverte Sc ronde j fes lévres font interieure-ment garnies de petits polls qui fe mouvent tres-vite: fonnbsp;corps eft femé au-dedans de plufieurs petits corps tres-irré-guliers : fa queue, qui eft fort longue , traine fouvent aprésnbsp;elle une petite pellicule attachée a fon extrémitc : on en voitnbsp;un fecond a gauche qui a la bouche fermée j Sc un troifiémcnbsp;du coté droit dont le corps eft plus rond : fa queue formenbsp;dans de certains terns une efpece de tire-boure , qui ne de-meure pas long-tems dans eet état; car la tête de ce poiflbnnbsp;séloignant de fon extrémité, les fpires qui paroiflbnt au milieu fe redrefl'enc.
Le xi' poiflbn , qui a ia tête faite en trefle , Sc la queue fourchuë, fera nommé le Poiflbn a la tête treflée , Sc au derriere fourchu : fa bouche eft tres - petite Sc bien ronde : lanbsp;moitié de fon corps , qui eft du cóté de la tête , femble donnet le mouvement a tout le refte qui paroit immobile : eettenbsp;partie qui eft du cóté de la tête eft plus tranfparente quenbsp;1 autre, Sc on fa vü fe plier tres-facllement en tous fens.
Le zf poiflbn reprefenté en AB , fera nommé Chauflbn^ paree qu il en a la figure , Sc que la courbure A C , peut paf-fer pour lentrée du chauflbn : le dedans du corps de ce poif-fon eft rnuni de plufieurs corpufcules tres - tranfparens, quenbsp;ion croit être des osufs.
Dans le tems que je me propofols de fupprimer totale-, ment cette infufion , je mavifay den mettre une tres-pe^nbsp;titegoutte fur le porte-objet de mon Microfcope , croyantnbsp;que ce feroit la derniere fois que jexaminerois cette liqueur jnbsp;pais eft ly regardant je fus tout étonné dy Yoir un prodige PUncfeen,
' Uij
8a D ES ANrMAUX AERIENS, TER.RESTRES
des plus ilnguUer que jaye obl'ervé dans routes les infiifioitó-
précedentes.
Cétoit une efpece particuliere de chenille aquatique , 8c des plus rares, n en ayant pti voir que fept ou huit en diver-fes reprifes, durant tpois jours feiilement j ce qui a fuffi pournbsp;en taire des defleins qui occupent une Planche entiere dansnbsp;laquelle Monficur de Vigneux la reprefehtée en huit formeSjnbsp;dincrentes en quelque chofe Tune de lautre, ainli que nousnbsp;lavons vuë.
A B , eil Tune des reprefentations de cette efpece de chenille aquatique , oü lon voit que fon corps eft compofé de pluhcurs anneaux en forme de hourlets , qui rentrent lesnbsp;Planche if, uns dans les autres, en sapprochant du milieu marqué C,
Ce quil y a de plus lingulier dans ce nouveau poilfon , ed qu on voit fortir de fa bouche une efpece de trompe , com-pofée de pluheurs pieces engainées Tune dans lautre , qui fenbsp;découvent en A, D , H , N, R , Y , et amp;.
Lextrémité de cette trompe fe voit percée en D , en H,; en N, en Y, et en Sc, oü ellc eft toute ronde: elle eft refen-duë cn deux parties en R , amp; en trois en A , oü elles fornientnbsp;deux OU trois petites eminences: en L L , on appercoit deuxnbsp;lévres garnies de poiis tres - mobiles- j amp;: en TT , on ny voitnbsp;aucun poil apparent.
Pendant que nous obfervions routes ces chofes, nous ap-' perfumes tout dun coup fortir du milieu de la poitrine de eet animal une efpece de corne, reprefentée en F 8t en P ,nbsp;doiit la longueur nous parut compofée de trois efpeces denbsp;falanges dinégales grofleur , qui rentroient Tune dans lautre , comme font les tuyaux dune lunette dapproche quenbsp;lon veilt raccourcir ; amp; cette corne mouvante décrivoit parnbsp;Tune de fes extrémitez F, P, un are de eerde , en paftantnbsp;tantót de droit a gauche, 8c tantót de gauche a droit j aprésnbsp;quoy elle difparoifloit entierement.
Nous vimes au derriere de ce poifton deux pointes cres-aiguës, comme on les a marquées en B , en E , en O , en S , en Z , amp; cn t- Et lorfque eet animal donne a fa queuenbsp;une certaine fituation particuliere , il en découvre jufquanbsp;trois , ainli quon les peut voir rcprefentées en I.
-ocr page 227-ET AQ^ATicipES Sfcokde Partie. Chap. XXXHï Si Entre R S , on apper^oic cette chenille de toüte fa longueur i amp; en V j Y et amp;, eile y eft vuë plus ou mcins rac-courcie.
En fupprimant Iinfufion précedente , je confcTvay une PUnchen.
partie de 1ccorce , que je fis bien fécher au feu; amp;
Tayanc remife en infufion dans un vaiffeau de fayence bien net, avec de leau de la Seine , japper9us en diverfes fois,
5Z durant iefpace denviron deux mois, les nouveaux poif-fons marqiiez i, i amp;
Jay nomnié Gland cornu , Ie premier de ces poilTons , a caufe que fa figure approche aflez de celle de ce fruit : fanbsp;tête que I on volt en haut eft ornée de deux efpeces de cor-nes, longues, roides , blanches amp;c tranfparentes , auffi-biennbsp;que Ie refte de fon corps, dans lequel on napper^oic aucunnbsp;vifcere, ni aucune tache , Ie tout étant parfaitemeiit égal ,
amp;c Tanimal dans un mouvement tres-lent.
Le fecond , que je nommeray Ie PiroÜctteur concave amp;C convexe , a fon mouvement circulaire : toute fa partie convexe eft garnie dune fcule rangée de poils, plus longs versnbsp;la queue quils ne font ailleurs : le mouvement de ces poilsnbsp;eft ft rapide amp; ft particulier, quil fait tourner circulairementnbsp;e.e poiffon , avec tant de vitefte , que les autres nen f9au-roient approcher durant fon pirqüettément, qui dure alTeznbsp;long-tems.
Enfin le troifiéme poiftbn fera nommé Volute gt; a caufe quil eft tourné fpiralement, de même que le reflbrt qui eftnbsp;renfermé dans le barillet dune montre de poche: tout fonnbsp;corps eft attaché a une membrane tres-fine , blanche amp;c tranf-parehtc, fe terminant en pointe du c^té de ia tête gt; ^ fe
-ocr page 228-Des AMIMAÜX aEriens; terrestreS mouvant circulairement avec affez de ienteur , dont lanbsp;raifon eft affez évidente pour navoir pas befoin detre ex-pliquée.
ENviron Ie 15. Decembre de lannée 171^, je mis infu-fcr a froid, dans de leau de riviere , plulieurs petits niorceaux dune écorce tres - épaiffe dune grofle büche denbsp;bois de chêne neuf, environ deux heures aprés jy apper^üsnbsp;de petits poiffons, que jay nommez Cornemufes argentées:nbsp;amp; Ie 15. Janvier 1717. je coninien^ay a voir dans une tres-petite goutte de cctte eau cinq ou fix nouveaux poiffonsnbsp;dun même genre, qui me parurent allez confiderables pournbsp;merirer une place dans cette Hiftoire , tant a caufe de leurnbsp;couleur, de leur groffeur, figures amp; mouvemcns differens gt;nbsp;qua caufe quils font les feuls de cette nature, que jaye ap-per^üs durant tont Ie cours de mes obfervations.
FJancheii-
Pour écrire Thiftoire anatomique de ce poiffon , jay fait ce que jay pu pour trouver un nom qui luy convint ; maisnbsp;ni moy ni ceux a qui je lay fait voir , nont pü y réöffir ¦, lanbsp;raifon en eft, que eet infedc ne conferve pas durant unenbsp;minute la même figure fous laquelle il paroillbit un peu au-paravant ¦, de forte quen tres - peu de tems on Ie voit fousnbsp;routes les diverfes formes reprefentées en cette Planche tnbsp;cependant Ie defir detre , pour ainli dire , Ie parrein dunnbsp;petit animal aufii rare'que l eft celuy-cy, amp; aulfi curieux anbsp;voir pendant fon nager, a fait que plufieurs perfonnes fe fontnbsp;efforcées de Ie nómmer j mais paree que les uns lont apper-cus dune forme particuliere, les autres d'une autre , cela luynbsp;a fait donner Ie nom de Chenille v celuy de Chauffe ou denbsp;Chauffette , de Guêtre, ou d Elegant : de Naffe , de poiflbnnbsp;a deux têtes : de Coajpet a bouquin j enfin de Rognon.
§4 ©ES ANIMAUX AERiEKS ; TERRESTRES vïtefTe , quon a eu de la peine den fixer une feule attitude.'
Celuy qui fe voit au-deffous de la lettre K, peut étre ap-pellé la MafiTuë j paree que fa bouche qui eft en bas eft tota-lement fermée, amp; que fon corps eft allêz étendu amp; gonflé dans fon milieu pour recevoir ce nom. On voit fes oeufs quenbsp;Ion y a reprefentez par quclques petits globules im peu irréguliers.
Au-deftbus de lendroit marqué L , il sen voit un autre , tellement courbé , que reflemblant a une faucifte pliée ennbsp;deux, on luy a donné ce nom.
Au-delTous des lettres M, M, on y voit deux de ces poif-fons morts flibitement , y paroiflant fous une lorme qui ap-proche aftez de celle dun Rognon , amp;c qui ne font vüs ainfi, qua caufe quils ont été faifis dans eet état au moment denbsp;lévaporation totale de la liqueur oü on les avoit vus fe trailer un peu avant leur mort.
D ans 1 inftant que ces fortes d animaux celfent de vivre , on les voit devenir blancs Sc tranfparens , de jaune pale quilsnbsp;étoient auparavant: la raifon en eft évidente , puis quellenbsp;eft la même que celle des liqueurs qui paroiffent colorées ,nbsp;étant en gros volume , amp; qui ceftent de Ie paroitre lorfquel-les fe trouvent en petite quantité dans des vaifteaux de verrenbsp;de peu dépaifteur.
N , eft encore un poiflbn de méme genre , qui pour la feffemblanee quil a avec une racine appellée Carotte , feranbsp;ïiommé de ce nom.
II sen voit un autre en O , que jay nommé lElegant, a caufe quil ma paru nager avec tant de grace , amp; fe tranf-porter dune maniere fi ^rave amp; fi majeftueufe durant fesnbsp;divers changemens, que je nay pu luy refufer ce nom.
P , Q^, R , S , T, V, et X , font encore des poilfons de nicme nature , vüs immédiatement aprés leur mort, fousnbsp;routes les diverfes formes exprimées au-defl'ous de ces mêrnbsp;mes lettres.
Enfin fous la lettre Y , on y voit un poiflbn dun autre genre, dont la forme approche aflbz dune efpece de bou-teille ? pour luy donner ce nom, dc qui ch nageant parmi lesnbsp;précedfns, comme parmi un grand nombre dautres , dont
ET AoüATiQtTÉs. Seconde Partie. Chap.XXX'V. je ne diray rien, faifoit rentrer pour un moment Textrémiténbsp;de fon col en dedans.
Le froid sétant augmenté confiderablement, peu de jours aprés la naiflance de ces gros infeftes , amp; Ic vent du Nordnbsp;sétanc fait feiitir de plus en plus dans lendroit ou je demeu-re , le nombre de ces poiflbns eft diminué peu a peu j denbsp;forte quau bout denviron quinze jours jay ceffé d en tirefnbsp;de cette infulion.
LEs fentimens des Pbilofophes fe trouvant partagez fur la maniere dont nous appercevons les objets quandnbsp;nous les regardons au travers des Microfcopes amp; des Lunettes dappi'oche , jay cru quétant muni dun nombre fulfifancnbsp;de ces machines , je pourrois par diverfes experiences par-venir a connoitre alTez exadement la matiere en contefta-tion, amp;c donner par-la les moyens de décider en faveur desnbsp;Uns OU des autres.
Pour nous conduire avec quelque ordre dans la recherche que nous voulons faire , il eft, ce me fcmble, néceflaire denbsp;bien faire comprendre de quoy il saglt : pour eet efiet, jenbsp;diray premierement quen difcourant un jour avec M'nbsp;fur la differente maniere de voir les objets differemment po-fez dans les Microfcopes j il remarquoit que dans ceux quinbsp;font montez dune feule lentille dun court foyer , 1objecnbsp;étoit toujours placé entre la lumiere amp; loeil j amp; que dans lesnbsp;autres Microfcopes montez de deux ou de trois verres, 1ob-jet y étoit ordinairement fitué un peu au-dela , ou au-deffousnbsp;de la lumiere quil recevoit pour être renvoyée a locil dunbsp;Speélateur.
Ces obfcrvations étant fuppofées, nous convinmes encore
m ij
Des animau-s: aeriens gt; terrestres que les objets opaques étoienc vüs par reflexion dans les Mi-crofcopes a deux amp; a trois verres, en les y regardant de hautnbsp;en bas. Mais onne peut pas accorder a Monfleur quenbsp;dans les Microfcopes a liqueurs on y apper9oive les objetsnbsp;tranfparens par les rayons de lumiere qui pallent des poresnbsp;de CCS corps fur la retine, oü faifant diverles impreffions ilsnbsp;donnent occaiion a lame de les appercevoir.
II faut avoüer que cctte maniere dexpliquer lapparence des objets tranfparens, qui font vüs dans les Microfcopes anbsp;liqueurs, eft tres-flmple ¦, cependant il neft pas difficile dennbsp;démontrer la faufl'eté , en prouvant que la lumiere agit dansnbsp;ce dernier Mierofcope de même que dans Ie premier ^ c eft-a-dire , quelle y fait encore voir les objets par reflexion ;nbsp;mais d une maniere un peu plus compofée : amp;: que quandnbsp;nous recevons des rayons qui viennent a nos yeux fans sêtrenbsp;refléchis , aprés avoir traverfé les pores des corps tranfparens , amp;c des rayons refléchis tout enfemble, Ie corps d'oü ilsnbsp;étoient partis nous en pafoifl'oit a la verité plus clair , maisnbsp;toujours avec moins de diftindiqn quil nauroit paru, fl nousnbsp;neuffions point receu de rayons , qui nauroient limplementnbsp;fait que traverfer les pores des corps tranfparens. Et pournbsp;nepas confondre lés ideesdiflèrentesque javois a loccalionnbsp;des mots de clair amp; de diftin£t,je les définis en cette forte,nbsp;afin déviter le^ qonteftations qui pourroient naitre , en Ie?nbsp;cmployant ey-aprés dans mes preuves, fans avoir pris cettpnbsp;precaution.
Je dis done quun objet paroit feulement clair, lorfquil envoye beaucoup de lumiere dans nos yeiix. Q;uun objet paroit diftinét, lorfque tous fes points exterieurs envoyent unenbsp;quantité fuflifante de rayons , qui saflemblent féparémentnbsp;en autant de divers points de la repne , quil y en a dansnbsp;Jobjet.
Et quun objet paroit en même tems clair amp; diftinét, lors que chaque point de fa fuperficie refléchit dans 1 oeil Ie plusnbsp;de rayons de lumiere quil eft jpoflTible amp; que les rayons quinbsp;partent de tous pes points de 1 objet, fe réünilfent en. aptant
divers points de la retine qui leur répondent.
Ceja nbsp;nbsp;nbsp;paflfay aux preuves amp;: aux experience^
-ocr page 233-ET AOyATlQJJES. SeCONBE PaRTIE. Chap. XXXIV. gj lt;5ui fuivcnt, en faifant prcmieremciic cömprcnclre que lesnbsp;rayons de lumiere qui ont fimplemcnt traverié les pores desnbsp;corps tranfparens , ne font pas ceux qui nous font apperce-voir ces corps j puifque de tels rayons ne peuvent nous fairenbsp;fentir que ce quils rencontrent en leur cliemin , amp;: que nenbsp;rencontrant que la matiere fubtile contenuë dans ces pores,nbsp;Laquelle ne nous eft nullement fenllble , il scnfuit quils nenbsp;nous f^auroient faire appercevoir aucune partie de ces corps.
2.°. Quand par la lenêcre d une ehambre nous regardons les objets de dehors au travers dune glace de miroirqui fertnbsp;de vitre, nous ceflbns de voir cette glace dés Ic moment quenbsp;nous nous appliquons a bien confidercr ces objets , nousnbsp;les appercevons prefque aufli beaux amp; auffi diftindementnbsp;quils nous paroitroient ü cette glace nétoit pas pofée en-treux amp; nous j doü il ftiit que la glace , ft elle eft bien nette , ninterrompt que tres-foiblement les rayons de lumierenbsp;qui viennent des objets exterieurs puifquelle ne changenbsp;rien dans lapparence de ces objets, ft ce neft quelle les faitnbsp;paroitre en des lieux ou ils ne font pas, amp; c]uelque peu plusnbsp;bruns quils'ne paroitroient , fans Iinterpoiitiop de cettenbsp;vitte.
3°. Si au lieu de porter notre attention au-dela dc ce verre , nous nous bornons uniquement a Ie conftderer , il eft certain quen lobfervant avec application , nous pourronsnbsp;découvrir sil a été bien adouci, sil eft bien poli , sil ny anbsp;point de rayes, sil ne sy trouve ni bules dair , ni points ,nbsp;ni ondes , ötc. en un mot, nous y remarquerons jufques auxnbsp;moindres parcicularitcz fenftbles.
II sagit done maintenant de ffavoir comment nous par-yenons a la connoiflance de toutes ces chofes ¦, ft ceft par Ie moyen des rayons de lumiere qui nous viennent immédia-tement des objets de dcliors ; ou ft ce font dautres rayonsnbsp;de lumiere que la glace a re§us du dedans de la ehambre , amp;nbsp;quelle nous renvoye enfuite, pour nous faire diftinguer toutes ces particularitez j ou enfin ft c ell tout enfcmble de luncnbsp;êc de lautre maniere que nous les obfervons.
1°. Ce neft pas par la lumiere immédiatement envoyée des objets exterieurs que japper^ois tout ce que je remarque ^
m iij
-ocr page 234-S8 Des animaux aeriens, terrestres puiCquen les regardantattentivement, je cede dappercevoirnbsp;la glace, amp; tout ce quelle contient.
z°. Ce ne font point non plus les rayons de lumiere qut venant du Ciel, vers lequel je porte ma vüë , qui me la fontnbsp;appercevoir avec fes défauts de tranfparence , puifque je nenbsp;vois que Ie Ciel par cette fa^on de regarder.
II en favrt done premierement conclure , que japper9ois cette gface par les feuls rayons de lumiere quelle a regüs dunbsp;dedans de la chambre , quelle refléchit enfuire dans mesnbsp;yeux, avec les modifications nécefl'aires pour me faire fentirnbsp;tont ce que jy diftingue.
Dailleurs , fi pendant que je vois ainfi la glacé pat des quot;rayons refléchis du dedans de la chambre , ilarrive que jennbsp;re^oive encore dautres qui vieiinent immédiatement dunbsp;Ciel OU de quelque autre objet, ces derniers rayons ne fontnbsp;quinterrompre ladion des rayons refléchis, amp; mempêchentnbsp;dobferver ce verre auffi exadement que je Ie ferois. Ft jenbsp;fuis dailleurs perfuadé, que sil étoit poflSble de tapiflèr dunnbsp;noir parfait toute la chambre ou eft cette glacé, on ne pour-roit voir du dedans de cette chambre , que les objets quinbsp;feroient au-dela, amp; non la glace : car fi vous arrêtez a 1ex-trémité dun tüyau denviron trois pouces de longueur , amp;nbsp;dun pouce de diametre , dont Ie dedans foit Ie plus noirnbsp;quil eft poflible, un morceau de glace bien tranlparente,nbsp;pendant que votre ceil feta applique a 1autre extrémité dunbsp;même tuyau , regardant par un trou qui occupe Ie centre denbsp;cette extrémité , amp; qui foit plus petit que louverturc de Ia*nbsp;prunelle j en forte quaucun rayon, sil eft poflible, ne puiflfenbsp;fe refléchir de linterieur de ce tuyau ; vous ne diftinguereznbsp;rien de ce verre , amp; votre vüë fe terminera entierement anbsp;1objet exterieur oü vous la dirigez.
Après ces obfervations, il ne fera pas difficile dexpliquer comment nous voyons les objets par Ie moyen des Microf-copes a un OU a plufieurs verres , ni de prouver que tousnbsp;les objets ny font bien vus , que par la feule lumiere ré-fléchie.
1°. Quand au travers dune feule lentille denviron trois lignes de foyer , montée dans Ie Microfcope, dont voicy Ie
dc la premiere Par-
ET AQiTATtauES. Sëconde Partie. Chap. XXXV. * Sp deffein , nous regardons de haut en bas de petits objets, Fianchc 7nbsp;comme des grains de fable répandus fur un corps noir, quinbsp;fert de portes-objets gt; il eft indubitable que nous les apper-cevons par la lumiere que leur furface renvoye a Iceilnbsp;que sil étoit poflible dempêcher que les rayons qui pour-roient les avoir penetrez, ne vinlTent fe meier fur la retinenbsp;avec les rayons refléchis dont je parle , nous en diftingue-rions incomparablement mieux cette fuperficie tournee dcnbsp;notre cóté. Et comme ces objets regardez de cette mêmcnbsp;maniere avec un Microfcope a plulieurs verres , ne fontnbsp;point apper^üs autrement, on en doit conclure, quils fontnbsp;toujours vüs dans de pareilles experiences , par des rayonsnbsp;refléchis ¦, ainfl que nous les verrions de nos yeux nuds, amp;nbsp;nullement par des rayons qui fe rompent ailleurs, que dansnbsp;les verres de ces fortes dinftrumens.
II refte maintenant a montrer que la même chofe arrive quand nous regardons des objets au travers des Microfcopesnbsp;a liqueurs , tenus dans une direftion femblable a celle quenbsp;nous donnons a une Lunette dapproche , pour obferver cenbsp;qui fe paflTe dans Ie Ciel.
Pour eet eflèt , il faut fe fouvenir de ce que irous avons dit touehant la glace de rairoir appliquée a la tenctre dunenbsp;£hambre j ffavoir, que nous ne Tappercevons point par lesnbsp;rayons qui nous viennent immédiatement des objets du dehors , en la traverfant {implement; mais par ceux qui, ayantnbsp;penetré les pores de ce verre , font retournez de la furfacenbsp;interieure de la chambre fur les endroits folides de la glace,nbsp;pour entrer dans nos yeux aprés une feconde refléxion j ainlinbsp;les objets ou les parties de ces objets ne font point apper-^uës dans ce Microfcope , par les rayons de lumiere quinbsp;viennent dabord du dehors, pafTant au travers des endroitsnbsp;tout tranfparens de ces corps , mais par ceux qui ayant pafleznbsp;par ces mêmcs endroits, reviennent du fond du Microfcope i cefl-a-dire , de la partie de la lentille , que fouverturcnbsp;du diaphragme lailTe découverte fur leur furface tournee denbsp;notre CQté , amp; sen refléchilTcnt enfuite jufquau fond dcnbsp;foeil, ou ils peignent fimage de ces objets.
Tout cela fe peut encore confirmer par dautres experien
fo Dês animaux aeriens,teb.restres ces , en voicy une que Ie hazard me fit un jour naitre , quinbsp;me femble tres-propre pour niontrer que nous voyons les ob-jets dans Ie Microfcope a liqueurs par la feule réfiexion de ianbsp;lumiere.
Un tres-petit corps opaque sétant heureufement trouvé dans une goutte de liqueur placée au milieu du concave ounbsp;porte-objet de verre , fe fit voir dune belle couleur argentine dans une all'ez grande étenduë de fa furface tournée denbsp;nion coté i amp; eette étenduë ne pouvoit être vuë que par desnbsp;rayons de lumiere refiéchis , pendant que les endroits quinbsp;en étoient un peu éloigncz me paroiflbient tres - opaques jnbsp;paree que la rondeur de eet objet ne permettoit pas que Ianbsp;lumiere refléchie de ces mêmes endroits , vint vers monnbsp;oeiL
Le méme hazard qui a fait trouver Ie corps opaque dont je viens de parler , pofé au milieu du concave ou porte-objet , pourroit bien en faire trouver un autre dans ie mêmcnbsp;iieu, dont les parties feroient 11 defunies ^ li intcrrompuës ennbsp;fa furface , que les rayons de lumiere reflechis fur luy sy ab-forberoient encierement ¦, doü il scnfuivroit que nen reve-nant pas dans rceil du Spcétatcur , ce petit objet paroitroitnbsp;toujours opaque. Ou enfin ce corps opaque occupant tropnbsp;defpace vis-a-vis de la lentille, amp; empêchant par-la lentrécnbsp;des rayons de lumiere, il ne pourroit être vu.
Mais fi 1on veut faire reiilfir cette experience , il ny a qua prendre une lentille dun foyer un peu long , commenbsp;dunpouce , amp; donner au diaphragme , dont on doit la cou-vrir, une ouverture qui furpalVe celle du diametre du corpsnbsp;que Ton veut obferver j alors fi ce corps opaque eft propre anbsp;refléchir la lumiere qif il aura re^uë fur fa furface tournéenbsp;vers nous, il ne manquera pas detre vu.
On nfobjeftcra peut-être quen faifanx rencontrer le corps opaque vis-a-vis le milieu de la flame dune chandclle , onnbsp;ly voit fi noir , qite Ton ne diftingue rien du tout en fa fuper-ficie j ce c]ui ne devroit pas arriver.
Javouë que fi le corps opaque eft trop petit, par rapport A la grofléurdela flame de cette chandelle, il paroitra noir,nbsp;il caufe que la grande quantité de rayons de lumiere gt; qui
vxendra
-ocr page 237-tr AeiJATTQtJES. Seconde Partie. Chap. XXXV. 91 Viendra dans lociU fera capable deffacer rimprcflion des foi^nbsp;bles rayons quit revolt de lobjet que lon veut voir.
Poür preuve inconteftable de cette Verité , h nous prenons tin objet plus gros pour faire cette experience , notre oeilnbsp;recevanc alors moins de rayons direds de la flame de cettenbsp;chandelle gt; ce peu de rayons ne nous empêchera pas de voirnbsp;ce corps , Sc ceft une des principales raifons qui doic nousnbsp;obliger fouvent a diminuer louverture des diaphragmes quenbsp;nous mettons fur les lentilles des MicrofcopesSc ailleurs.
Une autre experience qui prouve certainenient que les ob-jets, comme les anguilles du vinaigre , font vüs par la feule reflexion de la lumiere , qui retourne du fond du Microf-cope fur eux-mêmes , ceft que fi lon applique au cotc platnbsp;du concave ou porte-objet, un diaphragme qui couvrc inê-me une partie du concave oü font ces anguilles, on ne ceflTenbsp;pas pour cela de voir celles qui ne fe trouvent pas dans lesnbsp;rayons de lumiere qui traverfcnt Ie milieu du concave' 6Cnbsp;niême celles qui permettent par leur tranfparence Ie paflagenbsp;de la lumiere qui fouffre réfraStion, en traverfant Ie centrenbsp;du concave , 6c les endroits voifins , ne paroiftent pas , anbsp;beaueoup prés, fi diftimftcs que celles qui ne repoivcnt la lumiere que par reflexion ¦, Sc Ton eft même fouvent obligé denbsp;détourner quelque peu Ie Microfcope, pour ne pas recevoirnbsp;dans ce moment tant de rayons direéts qui nous empêchentnbsp;de voir Fobjet Ie plus diftinéfement quil eft poffible , quoy-que ces rayons Ie faftent paroitre avec plus déclat.
Et il faut remarquer quen vous fervant d'une lentille den-viron trois lignes de foyer , vous rendrez lexperience dont je viens de parler plus fenflble , que ft vous vous ferviez dmnbsp;ne lentille dim foyer plus petit j a caufe que celle-cy , fai^nbsp;fant découvrir un moindre champ que 1autre , les objets unnbsp;peu écartez du trou par oü paffe la lumiere, nen pourroiencnbsp;pas être apper^üs.
f. Lorlquon obferve exaftement les plus groflTes bules dair formées dans la goutte de vinaigre qui occiipe la coivnbsp;cavité du porte-objet, 6c que pour eet effet on fe fert de lanbsp;flame dune bougie au lieu du jour , on apper^oit 1iinagenbsp;,en petit de cette flame qui paroit fur la convexitc de ia bou-
5)1 Des animaux aeriens, terrestres ie dair tournee vers nos yeux ¦, ce qui marque infailliblementnbsp;que ceft par refléxion que nous appercevons cette petitenbsp;image, comme nous la verrions par la refléxion de defliisnbsp;un miroir convexe de métal.
Tout au contraire, on appercevra cette flame plus grofle au-dela de cette bule dair, quon ne la vüë en de9a , pareenbsp;que la concavité du vinaigre , qui touche immédiatement Ienbsp;derriere de la boule dair, a la proprieté de taire paroitrenbsp;plus groflè limage de lobjet qui luy eft oppofé.
4°. Si Ton met des grains de fable fut Ie verre concave du Microfcope ouvert par les ebtez , pour donner paflage a lanbsp;lumiere 8c quon regarde ces objets de haut en bas , avecnbsp;ce Microfcope élevé a plomb au - defllis dun corps qui ren-voye a lceil des rayons de lumiere au travers de ce concave,nbsp;pendant que ces mêmes grains de fable en refléchiffent auflijnbsp;on les verra avec moins de diftinétion qu on ne feroit , fi onnbsp;les regardoit en mettant a la place de ce corps un morceaunbsp;de drap noir , affez prés du trou inferieur de ce même inf-trument ¦, doü il fuit que la lumiere rompuë venant a 1oeilnbsp;immédiatement , aprés avoir foufFert quelques réfraétionsnbsp;dans ce verre concave , èc dans ces grains de fable , troublenbsp;Iadion des rayons réfléchis , en caufant une fenfation con-fufe de ces objets , de même que tont ce qui eft peint dansnbsp;un Tableau bien éclairé , y eft vü avec moins de diftindionnbsp;bc de beauté quil nc Ie feroit, fl les objets qui lenvironnentnbsp;ne luy envoyoient pas par reflexion, une partie de la lumierenbsp;quils re^oivent.
Enfin fi eétoit la lumiere rompuë qui vient immédiate-ment dans Toeil du Spedateur , aprés avoir traverfé les objets tranfparens , qui nous les fit voir diftindement , il sen-fuivroit que plus loeil recevroit de rayons rompus , plus il découvriroit de parties diftindes dans lobjet ¦, amp; ceft préci-fement tout Ie contraire de ce qui arrive i puifque a mefurenbsp;que lon augmentc louverture objedive du Microfcope ,nbsp;pour donner paflage a plus de rayons de lumiere qui entrentnbsp;ïn:tr;iédiatement dans Tteil, aprés avoir été rompus j plusnbsp;iobjet paroit confus.
On objede que pour yoir fl un verre 4e lunette eft bien
-ocr page 239-ET AQUATIOFES. SeCONDE PaRTIE. Chap. XXXV. 9? adouci, OU sil eft bien poli, on Ie regarde en Ie pla^ant en-trc la lumiere amp; Tceil j amp;: quainli nous en jugeons mieuxnbsp;quen ie regardant de toute autre maniere j doü Ton veutnbsp;conclure que nous voyons les défauts dadoucifl'ement de cenbsp;verre , par la feule lumiere rompuë , qui vient iinmédiate-ment dans nos yeux , aprcs 1avoir traverfé.
Cette confequence me paroit tirée avec un peu trop dc précipitation j amp; fans avoir examiné les circonftances qui ac-compagnent Texperience dont il sagit puifque bien loin denbsp;faire contre nous , elle va nous fervir d un nouveau moyennbsp;pout combattre fopinion en faveur de laquelle on lappor-te i en faifant comprendre qu il neft pas toujours vray denbsp;dire que pour voir fi un verre de lunette eft affez adouci amp;nbsp;aflez poli, on Ie place entre la lumiere amp; Toeil j puifque ceuxnbsp;qui taillent ces verres nont pas befoin de les démafliquernbsp;pour connoïtre sils ont radouciffement amp;c Ie poliment re-quis: ils ne font pour cela que regarder ce verre en tour-nant Ie dos a la lumiere , pendant quils ia font recevoir aunbsp;verre qui eft attaché a la molette,
On reconnoic même encore aftez bien fi un verre de lunette a les perfections quil doit avoir du cóté du travail , lorfquil eft détaché de defliis la molette , en Ie regardantnbsp;appliqué fur un morceau de drap noir, pendant quil re^oitnbsp;la lumiere prefque a plomb, amp; quelle revient de même dansnbsp;nos yeux , ayant Ie dos tourné a la lumiere du jour , afin denbsp;nen recevoir par refléxion, que de la furface du-verre quonnbsp;examine, en Ie remuant doucement, pendant quon Ie tientnbsp;ainfi en experience.
II nous refte enfin a prouver quen mettant Ie verre entre la lumiere amp; lceil, pour Ie regarder comme on Ie propofe ,nbsp;nous Ie voyons ciacorc par refléxion; car pendaht que nousnbsp;lobfervons dans cette fituation , une partie des rayons denbsp;lumiere qui 1ont traverfé luy eft renvoyée par les objets quinbsp;font en de^a , amp;: d'oü luy viennent en même tems dautresnbsp;rayons; en forte que ceux-cy amp;c ceux-la retournent de ce verre a nos yeux , par une feconde refléxion.
De plus, il faut remarquer que fi dans cette experience nous tournons Ie verre que nous voulons obferver exade-
n ij
-ocr page 240-94 Des animaux aerie^ts, terrestres ment, vis-a-vis Ie bois dunc croifée de fcnêtrc gt; afin de rc-cevoir moins de luniiei'c qui fc rompcnt en traverfant cc vcr-re i nous Ie verrons ccrrainement avec plus de diftindion quenbsp;nous ne ferions fans cectc précaution.
Enfin les objets que nous appercevons par Ie moyen des lunettes dapprocjie , ne fe voyent auffi que par la luraierenbsp;quils refiéchiflent a nos yeux j amp;c routes les refradions quenbsp;les rayons foufFrent, en traverfant les verres de ces inftru-mens, ne fervent qua nous augmenter lapparerice de Tobnbsp;iet , a nous Ie faire paróitre plus prochc , plus gros amp; plusnbsp;diftind' , mais moins clair qu'il ne paroitroit aux yeux nuds,nbsp;amp;c fans Ie fecours des lunettes.
Nous pouvons done maintenant conclurc , que tous les objets apper^us, foit par les Microfcopes en general, foit paries Telefcopes , ne fontvus bien diftindement, que par lesnbsp;feuls rayons refléchis.
Sil arriyoic , Monfieur, qu'aprés avoir examine cette petite DilTertation , vous ne fuffiez pas de mon fentiment , je vous prie de me faire la grace de mettre par écrit ce quenbsp;vous y aurez trouvé de défedueux, tant dans mes raifonne-mens , que dans les experiences dont je les ay accompa-gnez j afin que jeflaye fi je pourray parvenir a rendre plusnbsp;elaire amp;c plus intelligible la matiere en conteftation.
Vous aurez aufli Ia bonté de nous faire comprendre , i®. Comment en fuivant votre hypothéfe, nous voyons les grainsnbsp;de fable pofez fur Ie porte-objet du Microfcope a liqueur ,nbsp;femblable a celuy qui eft reprefenté en cette figure , Planchenbsp;5. de la premiere Partie, iorfque nous les regardons de hautnbsp;en bas ?
Comment nous appercevons les mêmes grains de fable par ce même Microfcope, en luy donnant une fituation borifontale?
f, Pourquoy nous les voyons mieux dans Tune de ces 11-tuations, que dans lautre ?
4°, Et pourquoy encore ces mémes grains de fable paroif-fenf plus bruns , étant vüs dans la diredion horifontale du Microfcope, que d^ins fa verticale ?
Pourquoy il fauc moins donner douverture aux dia-;
-ocr page 241-ET AQi/ATIQUr^. SeCONDE PARTIE. Chap. XXXY, 95 phragmes des ientilles dun court foyer, qua ceux des leii-tilles dont Ie foyer eft plus éloigné du verre ?
6°. Pourquoy les plus petits animaux vilibles des liqueurs, Se les plus petits atomes quon y découvre , font-ils mieuxnbsp;apper^üs lorfqu iis font hors du rayon principal, que lorf-quils font dans ce même rayon , ou tout proche.
quot;f. Et pourquoy il y en a de li petits, quil ncft pas pof-fible de les appercevoir dans ia lumiere qui les craverfe di-reftement, en paffant par laxe de la vilion ou auprés j amp; quils font vüs dans iombre, ou hors Ie cone des rayons quinbsp;paü'ent par toute rouverture objeftive du Microfcope ?
8°. Pourquoy nous nappercevons pas ie concave ou por-te-ohjet de verre, que lon fuppofe être des plus parfaits , avec autant de diftinélion que nous appercevons les anguil-les du vinaigre , par exemple , qui font fur cette concavité jnbsp;puifque que ce concave eft plus tranfparent que ces meinesnbsp;angTiilles ?
9*. Pourquoy certains corps opaques font-ils vüs dans Ie Microfcope a liqueurs , en les y regardant comme on regar-de dans une lunette dapproche quoyquii ne pafte aueunnbsp;rayon de lumiere au travers de ces corps ?
Vous verrez , Monfieur, qu 11 ny a aueun Phénoméne contenus dans les difïicultez que jay 1honncur de vous pro-pofer icy , qui nait été réfolu ci-devant, ou qui ne Ie puiftenbsp;étre facilement par lhypothéfe de la double reflexion desnbsp;rayons de lumiere j amp;: que de plus , il neft: pas néccftairenbsp;davoir recours aux refradions que la lumiere fouftfe en lesnbsp;traverfant, ft ce neft aprés quils font refléchis ; amp; enfin quenbsp;ces refradions fout tres-nuifibles , en un fens j puifque lesnbsp;rayons ainfi rompus , amp;: re9us dans lceil immédiatementnbsp;aprés 5 nous cmpêchent de voir les corps avec la menie net-teté amp; la même diftindion, que nous les verrions fans cela.nbsp;Je finis icy ces obfervations , que jaurois pü poufler iiinbsp;eoniparablement plus loin, la matiere étant infinie ; puif-quelle sétend a 1examen de tous les dift'erens êtres qui na-gent dans fair amp; dans ia mer j a tous ceux qui couvrent lanbsp;ftu'face de la terre, de même qua ceux quelle enferme dansnbsp;fon fein,
-ocr page 242-Des akimaüx aeriens, terrxstres
Si japprens que eet Ouvrage ait Ie bonheur detre agréa-ble au Public , je me trouveray bien récompenfé de la peine Sc de la dépenfe que )ay faite pour Ie compofer i amp; cela menbsp;donnera peut-êcre lieu den faire imprimer bien-tót un autre,nbsp;qui aura pour titre :
Par Ie moyen de laquelle on pourra non-feulement faire comprendre dune maniere tres-liniple, ce qui faifoit autrefois ladmiration des plus celebres Philofophes ¦, mais encorenbsp;les raifons dun nonibre furprenant de nouvelles experiences.nbsp;Et quoy quon foit bien cloigné de nietcre la pierre daimanCnbsp;cn parallele avec léclat Sc la dureté du diamant, la beauténbsp;des couleurs celelfes amp; azurées des faphirs, Ie jaune doré denbsp;la topafe, ie vert quon admire dans fémeraude , la couleurnbsp;de feu du rubis , celles de violette Sc de pourpre des ame-tilles dOrient, amp;c. neanmoins on pourra tres - facilementnbsp;prouver , 8c faire voir aux Naturaliftes, que 1ainiant feul anbsp;plus de vertu que nen ont enfemble routes les autres pierresnbsp;précieufes : amp; qu une feule des proprietez de laimant eftnbsp;beaucoup plus utile , plus nécelfaire amp; plus cftimable , parnbsp;rapport aux ufages que nous en tirons tous les jours , quenbsp;routes celles quon a vues des autres pierres précieufes, quinbsp;font maintenant une partie de rornement 6c des defirs dunbsp;beau fexe.
fervi. nbsp;nbsp;nbsp;Ï
Vefcri^tion öquot; ufage des neuveaux Microfco^es , dont on ^cut Je fervir a la lumtere du jour ou anbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cellenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d'une chandelle,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
Des ufagts de ce Aiicrojcofe^ nbsp;nbsp;nbsp;^
CHAP. II. Defcription d'm autre nouveau Microfcope a liqueurs. nbsp;nbsp;nbsp;lo
CHAP. III. Vejcription d*un troijie'me nbsp;nbsp;nbsp;Microfcopenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;liqueurs. li
CH AP. IV. Dejcription amp; ufage $un quatrieme Microfcope tres-ftmple. nbsp;nbsp;nbsp;14
CHAP. V. Confrulfton d'un cinquiéme Microfco^e d liqueurs , par le moyen duquel on pourra employer des lentilles (oufjlees gt;nbsp;de celles qui ne le font point, depuis les plus pet its foyers jufnbsp;quaux plus grands.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;19
CHAP. VI. Tgt;efcription d'un nouveau Microfcope d liqueurs, d'u-ne conBruciion fort finguUere , pour mettre en ufage les lentilles d'un tres-petit foyer.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;xt
CHAP. VII. Defcription ufage d'un nouveau LMicrofcope d, tiges , tres-commode pour obferver toutes fortes de petits objets »nbsp;fott de jour ou de nuit, d la lumiere d'une chandelle.
Ves ufages de ce Microfcope. nbsp;nbsp;nbsp;2,S
CHAP. VIII. Defcription amp; ufage des cMicrofcopes d canon de verre , que quelques perfonnes mmrnent Tombeaux quot;, 0 d'au-tres , Cimetiere de divers animaux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;50
Defcription du fecond Microfcope nbsp;nbsp;nbsp;d canon.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;51
CHAP. IX. Des ufages que Ion peut ttrer des Microfopes dont je viens de parler.
CHAP. X. T) efcription df ufage d'un treS'petit Microfcope i monte d'une fcule kntHle. nbsp;nbsp;nbsp;41
-ocr page 244-CHAP. XI. Defcripion d'un tres-fetit Microfcofea deux 'verrei'^ qui re^re^ente les objets dms leur fituntion droite ö naturel-^nbsp;Ie.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;45:
CHAP. XII. Dejcnptm} ufuge d'une nouvelle Machine, tres-' utile mx Anatomtjles, mx Dejsinaieurs , aux Graveurs, auxnbsp;reintres qui travmllent en Mtgmature ; ö generulement ^nbsp;tous ceux qui veulent découvrir ce que les yeux fculs ne peuventnbsp;afpercevoir, 0 poujfer Leurs Ouvrages m pome le plus huut denbsp;perfection.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;44
Tgt;es ufages de cette Machine^ nbsp;nbsp;nbsp;45
CHAP. XIII. Explication de toutes les parties qui compofent un (Mtcrofcope u trots verres cenvexts des deux cotez..
Explication du profil de ce iJMicrofcope. nbsp;nbsp;nbsp;47quot;
Du foyer de chacun des trois verres de ce Microfcope, 0 des diver-fes dtflances qui font entr eux. nbsp;nbsp;nbsp;48
Des ufages que Ion peut tirer de ce Microfcope trois verres. la mcme..
CHAP. XIV. Defription d^une petite JCfachine nouvelle , qui contient trois fortes de Microfcopes, amp; deux petites lunettes a ap-proche.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;50
CHAP: XV. Vefcription iun nouveau Microfcope univerfel, é*-de fes ufages. nbsp;nbsp;nbsp;Ji
Des ufages de ce Microfcope univerfel. nbsp;nbsp;nbsp;58'
De la circulation du fangydf ddune nouvelle invention pour la faire voir dans la queuenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d'unnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;petitnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poijfon nomménbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tét art etc
Chabot. nbsp;nbsp;nbsp;6%-
Frofil d'un petit Microfcope , compofe de deux ou de trois lentilles convexes des deux camp;tez,.
CHAP. XVI. Autre nouveau Microfcope nbsp;nbsp;nbsp;univerfel.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6$
CHAP. XVII. E.xplicatton d'un tretfieme df dernier Microfcope nouveau 0 univerfel.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;68
CHAP. XVIII, Comment on doit ajufter une Lamproye, une An-gutlle ou un Té tart t dans un tuyau de verre , d'argent ou de laiton. Comment on applique ces tuyaux dans la Machine repre-fentée en la Planche ti. Fig. 4. Et enfin comment cette mimenbsp;sJMachine doit être placée dans la capacité du corps de ce Microfcope.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;74
Comment amp; furquoy H faut fuifr les poiffons , dont la grojfeur ne-
permet
-ocr page 245-permet poi de mettre en ufrge La ^Machine prècedente. yè. df
Comment on vourra conferver dmant tlnfteurs mois tons ces poif-
CHAPITRE I. quot;7^ Es anguilles , ferpens ou petits vers qut 1 y on trouve dms Ie vinaigre. page 2.nbsp;CHAP. II. igt;u vinahre commun.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;5
CHAP. III. Tgt; es 'vinatgres compojèz.
CHAP. IV. Nouvelles ehfervations fur les mgttilles du vinaigrey fmtes avec Ie Microfcope reprefente' en la Planche feptiéme. 8nbsp;CHAP. V. Objèrvations faites fur plufeurs fortes d'infujions denbsp;poivre en grains» mis d froid dans de l'eau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;it
Zgt;u poivre hLanc.
Du poivre long. nbsp;nbsp;nbsp;la même.
CHAP. VI. Obfervations faites durant une année entiere, de ce qui s'ejl trouve' dans une mfuf on d froid de fené.
CHAP. VII. De Veau qui fe trouve dans les huijlres d l'écaille, dr de ce que lony apperpoit enpeude jours ou d'heures, aprèsnbsp;être ouvertes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zo
CHAP. VIII. Des infufons deeillets mis dans de l'eau commune ,
chaude amp; froide. nbsp;nbsp;nbsp;xj
CH AP. IX. D'une infufion d froid dun bouquet compofé de rofes, A02diets amp; de jaffemm.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;30
CHAP. X. De l'infufion des barbeautc ^ou petitesfleurs bleu'ès qui vtennent parmi les bleds.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jr
CHAP. XI. Du thé mis en infufon, nbsp;nbsp;nbsp;34
CHAP. XII. Des infufons de queues de framboifest mifesd froid dans de L'eau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3^
CHAP. XIII. Des infufons defenoüil, defauge , de melon , de ver jus, de tiges de foud avec les fleurs.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3^
CHAP. XIV D'une infufon de foin nouveau j mis d froid dam de l'eau commune Ie 4gt; J^uin ijih
-ocr page 246-CHAP. XV. Seconde infde foin nowirent^, nbsp;nbsp;nbsp;59
Troifiéme experience faite jur de femhlahle fotn, nbsp;nbsp;nbsp;.40
CHAP. XVI. Compofition de plttfeurs infufisns mifes enfembte dans un (eul vaifeati.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la même,
CHAP. XVII. Onprouve dans ce Chapitre q_ti*il y a de tres-petit s ammaux qui en devorent de plas gros. nbsp;nbsp;nbsp;41
^Itftly en a de ft pet its quits echapent aux meilleursyeux armexgt; de Mtcrofcopes.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la même.-
^uau bout $an certain terns en efie on de'couvre des petits potJJonS' dans Ieau de nvtere , on dans celle de fontaine, fans setre cor-rompu'é.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mcme.r
^tfau bout de quatre heures, nbsp;nbsp;nbsp;mêmenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en moinsnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;denbsp;nbsp;nbsp;nbsp;terns , on trou-
ve plufieurs efpeces de poijjbns dans I'eau que Ion donne d boire dgt; des oifeaux.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;même.-
Et enfin comment les graines cfi les plantes doivent être mifes en infufion pour prodmre de bons effets , par rapport aux experiencesnbsp;dont nous parluns..nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanbsp;nbsp;nbsp;nbsp;même'.
CHAP. XVIII. Hypothefepour fervir nbsp;nbsp;nbsp;dnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rendrenbsp;nbsp;nbsp;nbsp;raifonnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la naif-
fame , du progres cf de la mort des ammaux que ton obfer've dansles liqueurs preparées,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dans celles qui nele font point. 44
CHAP. XIX, Continuation des experiences fur les liqueurs. 4,4-Dun ver de terre trouue parmi des herbes potageres. la menie..^ CHAP. XX. Dune infufion de Rhubarbe.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;47
CHAP XXI. De I'infufion ditun champignon, mis d froid dans de I'eau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;¦48
CHAP. XXII. Des pet it es fieurs color ees diverfement ¦gt; qui fe troue-vent dans les prez,. nbsp;nbsp;nbsp;49
CHAP. XXIII. Du petit bafilic qui a une odeur de citron. 5I CHAP. XXIV, Dun fiedimenf de vinaigre détrempe' deau commune.
Rm rques import antes. nbsp;nbsp;nbsp;5nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a
CHAP. XXV. De I'infufion des Barheaux. nbsp;nbsp;nbsp;la' même.'
CHAP. XXVl. jfune infufion dcfoin vieux. nbsp;nbsp;nbsp;yj.
CHAP. XXVir, De L'infufion des fieurs d'un Citronier. 57 CHAP. XXVIII. D'une irfufion a anemonefurnommée la Boy a*'nbsp;le.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la même.
CHAP. XXIX. Des infufions de trois diifferentes portions dune tige de celen ¦gt; mifes d part dans divers- vaiffiaux de verre. 58
-ocr page 247-CHAP. XXX. De ^lufiems infufions de ^uille óquot; d^e^ü de bied.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6^
Des Grenades aquatiques , csmonnées ó' harbu'ès. nbsp;nbsp;nbsp;éS
CHAP. XXXI. De la faille dorge , de celle du fe'gle , de celle davoine, 0 du bied de Turquie ; chacune de ces chops mips fé-farément en infupon dans de Ideau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;71
CHAP. XXXII. De lecorce de bok de chêne qui forte Ie gland y mife en infufion dam de heau commune.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;72,
CHAP. XXXIII. Suite des Obprvations faites fur la mème écor-, ce de bols de chêne, qui e'toit venu Potant fur leau defuis Mon-targis jufqud Paris,nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8ï
CHAP. XXXIV. Des muveaux foijjons trouvez dans une infupon d'e'corce de bois de chêne neuf nbsp;nbsp;nbsp;82,
CHAP. XXXV. Difêrtation fur la maniere dont onafferqoit les objets qui font vds au traven des Micropofes, ep des Lunettesnbsp;daffroche.nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sj
Des Caraileres amp; de rimprimerie de Jacques Coeiombat , ImprimeiïE ordinaire du Roy, amp; de TAcadémie Royale de Peinrure,
amp; Sculpture. 1718.
-ocr page 248- -ocr page 249- -ocr page 250- -ocr page 251- -ocr page 252- -ocr page 253- -ocr page 254- -ocr page 255-t Vea^4njjrhauai nbsp;nbsp;nbsp;darid- Heato damp;snbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4
^l^idamp; ce^j^oc^cpj^lojL ayiru^(ilt;zns cl^ ^in^Ttsz^xru' d'oe^Mets .
a'XT'. 1:03^1
-ocr page 256-|
aliM' mil «IKSMIV* |
I j
Rt * .
'v\, .','.'X'.vv'^ 'v.'^S' va.'A - ,;'a ^\- 'V'nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.A' v A ¦¦ ¦ A
t.'
%
f
ilt;
* ¦
gt;1.
-s
¦tCiSgt;
'%
cl
n
m
/
J
T
^ nbsp;nbsp;nbsp;gt; TttM
''1^
' I V
' 0^
ii.
-ocr page 257- -ocr page 258- -ocr page 259-CcttcPLcu'icke cantiamp;rrt baiitce qui S cs(r 'i^ü dcpUcs rcnhcu''ci'iLcd'lc^;'
deins nexif sartes d.infLisxci'is
dc Cde-ny mu' datxs dclamp;OLLConvnuuzc. nbsp;nbsp;nbsp;Pi-
12
-V®
«ï- Oo ^ 0 0 .
© 6 i) © ©
® e e ©o'®
® Él ^
10
m
'1
1
ï.'%
¦ /'i'
i
r
r
«- 'gt;/lt;*^,\. /gt;
i:- ^ - nbsp;nbsp;nbsp;¦' t
vV
f'it ¦
uife.v..tr-,
¦.,^¦'=gt;'*gt;1:* jt*-v'-'*.,.'-
. nbsp;nbsp;nbsp;''TfSBr»-. lt;ni«»afc,*rv^iKW'
de léccynsz de Sots de Ch^ZAffhej
I ^ ; rnbsp;I ^5
if
'
;
I)ej Poifscm^ tro nbsp;nbsp;nbsp;a fij urvc in/iuion ajroril decor cc
;' â-'M â â -'Pâ
m
-ocr page 275- -ocr page 276-jsJ-..'«;.;,'aflt; nbsp;nbsp;nbsp;®jii( .'
^ gt;
I
V
rf-^ .
'1e^ nbsp;nbsp;nbsp;'1* i
«y â nbsp;nbsp;nbsp;Vnbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\
6-% . . nbsp;nbsp;nbsp;';5
. 'â¢;» â.t-v'^V-''^.,